La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS (1925)
- . 50 fr. I Union postale : Un an.
- 25 fr. J — Six mois............
- Prix du numéro : i franc.
- France et Colonies : Un an.
- — Six mois
- LES CENT VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DECENNALES (1873-J912)
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- Paris. — Imprimerie Lahure, rue /de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
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- «Hl/ xwV-'
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE 1925 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES. DE L'ACADÉMIE DE M.ÉDECINB
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE - N° 2648
- 3 JANVIER 1925
- LA NATURE
- REVUE DES SCIE1NC.ES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON
- . Lit Nature a publié déjà deux articles à l’occasion du terrible tremblement de terre qui désola le Japon le 1er septembre 1923, Dans le premier, paru le lendemain de la catastrophe (n° 2581, du 22 septembre 1923)., =
- M. Troller a résumé d’une façon précise et claire nos connaissances générales au sujet des bouleversements de l’écorce terrestre dont on peut dire qu'ils sont presque réguliers tout le long de la chaîne des î es asiatiques (Japon, îles de la Sonde, Ce’ebès;. Le second, publié le 17 novembre (n° 2389), .nous apportait des échos directs du cataclysme, recueillis par un témoin.
- U nous arrive aujourd’hui diverses études scientifiques et techniques, analysant les phénomènes et pré-
- cartes, graphiques, sismogrammes et dessins qui l’accompagnent.
- Le premier est un important travail publié sous
- Fig-, i. — Soulèvement de la région de Jogashimo, Sud-Est de la péninsule Miura.
- Fig. 2.-— Colonnades renversées à Ueno, Tokyo.
- cisant les conditions dans lesquelles s'est déroulé l’effrayant scénario de ce drame qui a coûté la vie à environ 150 000 personnes et entraîné la destruction de 600000 maisons.
- C’est à ces documents palpitants que sont empruntées les indications de ce troisième article et les
- i3’ Année- — 1" Semestre-
- la direction du Conseil national des recherches du Japon, par le Dr Ima-mura, chargé de la direction de l’Institut sismologique de Tokyo, par suite du décès du professeur Omori. Il est intitulé simplement Preliminary Note on the Great Earthquake of S. E. Japan on sept. 1, 1923. Le second est une plaquette de M. K. Uchida, Ingénieur hydrographe de la marine japonaisé. Le troisième est une étude du Dr Mo-tohori Matsuyama, Professeur de géologie théorique à l’Université de Kyoto, sous le titre de Notes on the nature of the hwanio Earthquake, Japan, on sept. 1, 1925.
- Une particularité émouvante du travail du Dr Imamura, c’est qu’il a assisté en personne à l’épouvantable séisme dont ses notes donnent en quelque sorte une cinématographie scientifique. Il
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON
- faut ici lui laisser la parole : « J’élais justement à l’Institut sismologique. Tout d’abord, le mouvement fut plutôt lent et faible* de sorte que je ne le pris point pour le précurseur d’un choc si formidable. Gomme d’habitude, je commençai à estimer la durée des tremblements préliminaires et cherchai à déterminer la direction des mouvements principaux. Mais bientôt les oscillations prirent de l’amplitude et, trois ou quatre secondes après le début, j’éprouvai un choc vraiment violent. Sept ou huit secondes passèrent et la maison se mit à remuer énergiquement. Il me parut cependant que ces oscillations ne devaient pas encore constituer la partie principale du mouvement. Nous étions à la douzième seconde depuis le début, lorsque se produisit une énorme vibration que je pris cette fois pour le commencement de la phase essentielle. Le mouvement, au lieu de s’atténuer alors progressivement comme d’usage, se mit au contraire à croître en intensité très rapidement, et, au bout de 4 à 5 secondes, je sentis qu’il avait atteint son maximum, Pendant ce temps, les tuiles pleuvaient du toit et je me demandais si le Mtiment résisterait ; ou non. Je reconnus parfaitement les directions des mouvements principaux qui étaient nord-ouest ou sud-est. Durant les dix secondes suivantes, le mouvement, quoique encore violent, devint moins terrible et se transforma graduellement en secousses plus lentes et cependant plus fortes. Pendant quelques minutes, nous ressentîmes un mouvement ondulatoire comme celui qu’on éprouve sur un bateau lorsque le vent souffle, secoués de temps à autre par de sérieux après-chocs (aftershocks). Cinq minutes après le début, je me levai pour voir les instruments. »
- Cinq minutes ! Trois cents secondes !
- Par quelles émotions dut passer le cerveau du savant pendant que les aiguilles sismographiques affolées traçaient leurs composantes sur les tablettes imperturbables! Et la Mort fauchait à grands coups autour de lui! Quelle singulière et palpitante éloquence prennent pour nous ces courtes phrases sobrement descriptives d’un bouleversement fantastique, et sous lesquelles n’apparaît aucune trace d’émotion.
- Parmi les instruments enregistreurs de l’Institut, un seul inscrivit les oscillations jusqu’au bout et encore seulement pour la composante est-ouest. Notre figure 3 donne la reproduction du sismo-gramme de cet appareil, dont l’index donne un agrandissement du double. Les instruments donnant des agrandissements de 15 à 120 ne fournirent que des indications partielles, utiles pourtant.
- La figure 5 représente le sismogramme complet dont il vient d’être parlé. En P, c’est le commencement du tremblement (à 2 heures 58 minutes 41 secondes) ; a indique le commencement du phénomène principal. En 2 commence la série des ébranlements d’après choc, à 3 heures 1 minute 9 secondes. Les minutes de temps sont distinguées
- par les ttt inscrits sur la composante verticale (D = down = bas ; U = np = haut). On voit que, après les trois vagues distinctes abc, cde, efg, chacune d’une durée de 1,55 seconde, la plume de la composante horizontale nord-sud sauta en dehors des limites du papier. Seule la plume chargée d’inscrire la composante est-ouest continua son service. 11 est curieux de jeter un coup d’œil sur la courbe résultant de la composition des deux éléments est-ouest et nord-sud des trois vagues pour lesquels l’appareil fonctionna normalement. Cette courbe a été tracée par le D' Imamura et nous la reproduisons figure 4. Elle permet de se faire une idée de la complication des ébranlements et de leurs résultats sur le sol.
- Ces résultats ont été consignés, en ce qui concerne les personnes et les maisons dans un tableau inséré au travail du Dr Imamura. Ils ont affecté une dizaine de préfectures, mais particulièrement celle de Tokyo et Celle de Kanagawa qui comprend les deux cités de Yokohama et Yokosuka.
- Les accidents de personnes se chiffrent par :
- 99351 morts, 105733 blessés et 43476 disparus.
- Il y eut d’autre part :
- 128266 maisons complètement détruites;
- 126 233 détruites partiellement ;
- 447128 brûlées ;
- et 868 abîmées par l’inondation.
- Pour la préfecture de Tokyo et la ville, les chif-
- Préfecture Cilc
- 68215 59065
- 42155 15 674
- 59304 1 055
- 20179 5886 :
- 54 652 4250 •
- 577907 566272
- 71
- Dans la ville de Yokohama, particulièrement importante par sa colonie d’Européens, on a enregistré :
- 25440 morts, 42 055 blessés, 3183 disparus.
- 11615 maisons détruites, 7992 détruites partiellement, et 58 981 brûlées.
- On remarquera que l’action du feu a été particulièrement désastreuse. Le Dr Imamura attribue une bonne partie des dégâts occasionnés par le feu et qui représentent 95 pour 100 du total, au fait que le système de protection contre l’incendie était tout à fait défectueux dans la capitale.
- A titre de comparaison, nous donnons ici (fig. .6), d’après le Dr Masuyama, une reproduction du sismogramme enregistré à Sendai. Sendai, à 450 km au Nord de Tokyo, est] le siège d’une université japonaise très importante.
- Dans l’article du 17 novembre 1925, M. Debeau-puis note, on se le rappelle, que le 2 septembre fut aussi tragique que le 1er. C’est que le 2 sep-
- fressont respectivement de :
- Morts.....................
- Blessés. ......
- Disparus. . ' ....
- Maisons détruites. . . .
- — détruites partiellement.
- — brûlées...............
- — détruites par l’eau. .
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- LE TREMBLEMENT Dfi TERRE DU JAPON —. zrz::::: 3
- tembre, on eut une seconde édition de la catastrophe. La terre trembla de nouveau elles ruines s’accumulèrent. La figure 5 représente, d’après le
- Il y eut, par la suite, de nombreux mouvements parfois violents, et dont le travail du D'Tmamura relate les principaux dans un tableau statistique. Le
- Fig. 3. — Le premier jour du tremblement de terre de Tokyo. Sismogramme enregistré par le DT Jmamura le icr septembre i</23.
- P, commencement 2 h. 58'44"; a, commencement de la portion principale ; b, après chocs à 3 h. oi' 49".;- /, marque des minutes successives. (J.a couibe du haut est l’enregistrement de la composante horizontale Nord-Sud, la courbe du milieu celle de la composante horizontale Est-Ouest, la courbe du bas. celle delà composante verticale.)
- I)1 Imamura, le'sismogramme enregistré à Tokyo même ce second jour, et presque exactement 24 heures après le premier (le début du phénomène se plaça à 2 heures 4(5 minutes 55 secondes).
- principal est du 14 janvier 1924. Son sismogramme est encore fort impressionnant. Le mouvement commença à 20 h. 50 min. 24 sec, et dura beaucoup moins longtemps que pelui du Ie'septembre.
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- Fig. 4. —Mouvement horizontal résultant au début du, tremblement de terre dit, jor septembre.
- Les déplacements sous-marins de moins de 30 mètres ne sont pas notés. Les petites flèches indiquent, pour la région où elles sont placées, la direction du mouvement initial. On voit le long de la côte, en divers points, des lignes parallèles au rivage. Elles indiquent la hauteur atteinte par les lames d’eau lancées sur la terre, le littoral. Chaque ligne correspond à une hauteur de 5 mètres. Le raz de marée (tunami) a atteint 12 mètres à Atami, 9 mètres à Ito, au nord de l’ileOsima, à Àinomana.
- Cette carte est utilement complétée par les suivantes empruntées au travail tout récent du professeur Màtsuyama. Dans la première (fig. 8), des flèches indiquent, pour un grand nombre de points, là direction des oscillations par . la position des murs et des monuments détruits, et soulignent la complexité des mouvements sismiques. Quelques chiffres indiquent, dans la baie de Sagami, d’énormes déplacements de fond, en particulier un exhaussement de 400 mètres à côté d’un enfoncement de
- Parmi les marques imprimées au sol par le cataclysme du 1/2 septembre doivent figurer, pour une part importante, les changements de relief. Ces changements sont indiqués dans la carte figure 7 dressée par le Dr Imamura. Cette carte définit la région dévastée. Voici l’explication de ses différentes notations. Les courbes isosismiques sont de deux sortes. Celles en traits forts limitent les régions où plus de 30 pour 100 des maisons ont été détruites. Celles en traits plus fins les régions où les destructions ont été comprises entre 5 et 50 pour 100. Les régions où le sol s’est affaissé sont indiquées en hachures. Celles où il s’est relevé, sont indiquées par un pointillé plus ou moins dense (').
- 1. Voici quelques chiffres relatifs à la hauteur des soulèvements et rffaDsemci.ts consécutifs au tremblement de terre.
- .A Tokyo, affaissement de moins de 5 centimètres à l’ouest de la rivière Sumida, et de 28 à 55 à l'est.
- Dans la péninsule Bo So, soulèvement presque général. On enregistre 8 centimètres à Hunabasi. 11 près de Tiba. 15 près de Yawata. 32 près de Kisaradu. 69 près de Huttu. 91 près de Sanuki. 121 près de Taxeoka. 134 près de Kaliyama. 157 près de: llodyo. 182 près de Kokonoc. 99 à Ka-mokawa. 51 à Kominalo.
- Au sud de Tokyo, le soulèvement commence, près de Kawasaki et on note 10 centimètres près de Yokohama. 75 près de llu-disawa. 85/90 à Kamakura. 159 à la station marégraphiqu'e d'Aburalubo, dans Pile de Misaki.
- De Hudisawa et en suivant la côte de la baie de Sagami vers l’ouest, on a noté un exhaussement de :
- 105 centimètres en l’île Tigasaki. 182 .à Oiso. 201 près de Umesawa. 188 à Kodu.
- 121 près de Odawara. 72 près deManaduru.-10 près d’Atami. 14 près d’Àziro. 5 à Ito.
- 250 mètres, ce qui représente une dénivellation totale de 650 mètres.
- Le service hydrographique de la marine japonaise a effectué dans. la baie de nombreux sondages qui ont servi à établir une carte à grande échelle donnant en même temps , que les variations du sol sous-marin celles relevées à terre sur les côtes. De
- Fig. 5. — Le second jour du tremblement de terre. Sismo gramme enregistré à Tokyo le 2 septembre iqi3 à partir de 2 h. 46'55"..
- P, commencemént des tremblements préliminaires; S, commencement de la portion principale.
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON
- Simoda à lto, il y a eu un léger affaissement de 30 centimètres. Plus haut, un faible exhaussement, qui a atteint progressivement 2 mètres à l’est de la péninsule de Miura. Sur toute la côte ouest de la péninsule de Bo So, la côte s’est élevée de 1 à 2 mètres.
- La figure 9 montre, d’après le professeur Matsu-yama, le point original du cataclysme, dans les environs de Kozu.
- Les déterminations du savant japonais fixent à une trentaine de kilomètres de profondeur le lieu où se sont élaborés les phénomènes cataclystiques.
- Une troisième carte (fig. 10), représente la constitution générale des terrains. géologiques dans la région éprouvée. C’est naturellement sur les sols les moins résistants [alluvions, diluvien et ter^ tiaire) que la puissance de l’action volcanique s’est fait particulièrement sentir.
- Si cette action s’est fait remarquer essentiellement, au point de vue matériel, par des ruines de constructions, donnant peu d’indications sur la direction horizontale des chocs — cette direction est donnée par celle de la chute des fûts de lanternes publiques — il y a eu un certain nombre de cas dans lesquels elle a été inscrite d’une manière qu’on peut qualifier de directe* sur le sol lui-même. Le D1’ Imamura a relevé un certain nombre de ces cas dans son inspection des diverses parties de la région sinistrée. En voici quelques-uns.
- A Kodu, une petite construction en bois de 4 mètres sur 4, a été déplacée de 91 centimètres dans la direction nord-e^t. A Odawara, une maison d’un étage, également en bois/ et d’une superficie de 8 mètres sur 5 s’est avancée de 35 centimètres dans la même direction. Une autre de 10 mètres sur 10 a été déplacée de 1 m. 30, et une quatrième de 7 mètres sur 7 de 75 centimètres, toujours dans la même direction.
- Dans son article de septembre 1923, M. Troller k indiquait, d’après le grand sismologue Omori, l’échelle des dégâts matériels causés par un tremblement de terre en fonction de « l’accélération maxima imprimée à un point du sol ».
- Pour 4200 mm. : un quart des cheminées d’usines détruites, détruites également les maisons anciennes ou de mauvaise construction.
- Fig. 6. — Sismogramme enregistré à Sendaï, au Nord de Tokyo, le jour de la grande catastrophe, ier septembre iq23.
- Pour 2000 mm.: toutes les cheminées détruites, presque toutes les maisons en briques détruites ou abîmées. *
- Pour 2500 mm. : toutes les maisons en briques sérieusement endommagées ou détruites, 3 pour 100 des maisons en bois détruites également.
- Pour 4000 mm. : 50 à 80 pour 100 des maisons en bois to talement détruites.
- Au-dessus de 4000 mm.: à peine quelques habitations en bois résistent.
- On s’expliquera l’importance du cataclysme du 1er septembre 1923, en relevant les chiffres signalés par le Dr Imamura. A Kodu, au nord de la baie de Sagami, l’accélération aurait atteint 4900 mm. dans le sens horizontal et 3500 dans le sens vertical. A Kama-mura, où un fameux monument de Bouddha en bronze a été déplacé d’une trentaine de centimètres , l’accélération fut de 5900 mm. A Tokyo et à Yokohama, elle fut très différente d’une partie de la ville à l’autre. Elle varia de 2000 à 5900 mm.
- Le professeur Matsuyama, dans son mémoire, consacre un paragraphe au rappel des plus importantes manifestations sismologiques qui ont éprouvé la région, le théâtre du tremblement de terre de 1923.
- Ces manifestations ont eu lieu :
- Le 1er mars 1653;
- 31 déc. 1703, soit 70,8 ans plus tard 25 août 1782 — 78,3 —
- 11 fév, 1853 —70,5 —
- 1er sept. 1925— 70,6 —
- Il semblerait résulter de la comparaison de ces chiffres une sorte de périodicité des grands tremblements destructifs. Cependant on ne saurait tirer de là de conclusion bien précise, pas plus que de l’estimation à une trentaine de kilomètres sous terre, de l’origine des mouvements.
- La grosse question qui se pose et que divers savants ont cherché vainement jusqu’ici à résoudre est celle de savoir si le tremblement de terre peut se prévoir et quels sont les moyens les plus efficaces d’en atténuer les désastres.
- Une seule chose paraît certaine, c’est que où la terre a tremblé, elle tremblera. L’histoire du Japon est une illustration de cet axiome. Après chaque catastrophe, on oublie peu à peu la secousse et le danger, et on reparffpour une nouvelle période
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON
- Fig. — C.irle sismologique des régions affectées par le tremblement de terre; montrant notamment
- les régions soulevées ou enfoncées.
- de tranquillité relative. C;t oubli des calamités est inhérent à la nature humaine. Il est peut-être même la condition essentielle du progrès. On ne saurait en eiïêt s’hypnotiser, dans la contemplation du passé. Quand on laboure, dit l’Écriture Sainte, il ne faut jamais regarder derrière soi, mais seulement devant. Cependant, regarder devant soi ne signifie pas se désintéresser des moyens de parer au< catastrophes aléatoires ou certaines. Bien au contraire. Il est certain, par exemple que, si Ton avait suivi au Japon les conseils donnés depuis vingt ans par Omori et le D' Imamura, en organisant la protection contre les incendies résultant fatalement des grands tremblements destructifs, on eût pu éviter pas. mal de pertes de vies humaines. Peut-être bien que si les Japonais n’eussent point abandonné les méthodes de construction inspirées à leurs ancêtres par le danger permanent du volcanisme et des séismes, nombre de ruines matérielles eussent été épargnées.
- C’est, il le semble bien, de ce côté-là que doivent tendre désormais tous les efforts. De ce côté, c’est-à-dire vers l’adaptation de la construction au système d’instabilité du sol. La seule prévision de la catastrophe est insuffisante dans un pays sur-
- peuplé. Elle ne permet guère que de fuir. Et encore n’indique-t-elle pas sûrement la direction dans laquelle la fuite devrait être tentée !
- Dans le cas du tremblement de terre qui vient de nous occuper, voici comment leD1 Imamura résume les présages annonciateurs : abaissement du niveau de l’eau, éruption anormale de geysers, dépression
- 9 ‘1Q » 30 dO 50
- Fig. 8. — Carte montrant la direction des oscillations sismiques dans l’aire éprouvée.
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- LES PROGRES DES REDRESSEURS A MERCURE .7
- barométrique vers le nord-est du Japon, entraînant une dépression secondaire dans le nord de la région dévastée. Enfin grande activité sismique de la zone d’agitation environnante et soulèvement du sol de la partie ébranlée.
- Il y a là évidemment des signes avant-coureurs ; mais leur précision dans le temps est très faible. Elle n’est pas immédiate et il. n’existe pas d’échelle de référence permettant d’établir le délai, même approximatif, qui peut séparer du moment du désastre celui de l’apparition de tel ou tel des symptômes énumérés plus haut.
- Selon toute vraisemblance, l’immense courbe jalonnée d’iles, qui s’étend de la pointe du Kamtchatka aux Philippines se trouve en bordure d’une ligne de moindre résistance de la croûte terrestre, d’une succession de fissures ou de cassures, d’une
- ,__Jé
- -oh a. ma.
- Fig. ç.— Le premier tremblement de terre (ier septembre 1928), son point de départ.
- nomènes inconnus dans les régions stables des eonli-nents surhaussés.
- Quoi qu’il en soit, on peut dire que la science sismographique a devant'elle un formidable avenir. Et il n’est point douteux que, dans cet avenir, les savants japonais, particulièrement intéressés à la question de la prévision des tremblements du sol, ne jouent un rôle de tout premier plan. En attendant, il n’est nullement douteux non plus que d’ici quelques années, les habitants de Tokyo et de Yokohama ne considèrent la catastrophe de septembre 1925, malgré son horreur, comme un événement d’un passé aboli, à classer à côté de ceux de 1635, 1703, 1785 et 1853. La statistique, appuyée sur ces dates, leur donne soixante-dix ans environ de tranquillité relative !
- Oublier, dira-t-on 1 II est difficile d’oublier de
- ==jr_ TOKYOj
- I I Aluvium 1——^ Btlu.tst.um ' .
- Terkcury 1 :i Mesozoic ! p I Palac cote lÉÉt*! Granit Plukonic Rocks l'-'-'-'l Erupliire Rort-s j
- ËJLj Serpentine ajtd otkers [
- •Oshima.
- Fig. io. — Carte géologique de la région éprouvée, dressée par le professeur Matsurama.
- chaîne de plaies terrestres, tantôt relativement cicatrisées, tantôt en éruption purulente. Le Pacifique est dans ces parages extrêmement profond ; un sondage japonais vient justement d’y découvrir récemment une fosse dont la profondeur bat tous les records connus. On conçoit parfaitement qu’une différence de 10000 mètres dans l’épaisseur delà croûte terrestre puisse donner naissance à des phé-
- semblables accidents! Difficile? Mais non! Ne sont-ils pas nombreux déjà chez nous et autour de nous ceux qui, au bout de six ans, sont en train d’oublier, ou ont déjà oublié, que la guerre de 1914/1918 nous a coûté 1 500000 morts, soit dix fois plus d’hommes jeunes que le tremblement de terre de 1923 n’a fait perdre d’hommes et de femmes de tout âge au Japon? .Léopold Reverchon.
- LES PROGRÈS DES REDRESSEURS A MERCURE
- La Nature a déjà parlé des redresseurs à mercure de grande puissance dans le n° 2437 du 18 décembre 1920. Tout a été dit sur ce nouveau genre de convertisseur de courant n’exigeant pas de travail mécanique et sur les artifices de montage qu’on emploie pour obtenir un courant continu constant lorsqu’on part d’un courant alternatif monophasé ou triphasé.
- Il est certain que dans les milieux industriels, on
- n’ignore rien du principe du redresseur à mercure, ni de son mode de construction. En somme, on a conservé le système dû à Cooper Hewitt (1902) avec cathode de mercure à la base et anodes de fer, le tout enfermé dans un récipient dans lequel on fait le vide.
- La seule disposition qui a varié est celle du récipient qui, au lieu d’être constitué par une ampoule
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- LES PROGRÈS DES REDRESSEURS A MERCURE
- 0 20 40 60 80 100 150 200 Kw.
- Fig. i. — Courbes de rendement.
- de verre, est devenu métallique et a pris la forme d’un grand cylindre. Il est bien évident que la question des joints était d’une importance capitale. La découverte par Brown Boveri d’un joint étanche pour des vides de l’ordre de 0,001 mm de mercure a fait faire un pas considérable aux redresseurs. On a pu aborder le groupe à grande puissance, passer brusquement de quelques kilowatts à 1000 kw et plus.
- Nous ne rappellerons donc pas la théorie des redresseurs, déjà exposée dans l’étude précitée, mais nous insisterons sur les nouveaux champs d’action ouverts à ces appareils. Le plus important est sans contredit la traction.
- Les qualités du redresseur pour la traction. — La transformation du Courant alternatif en courant continu dans le redresseur se fait sans l’intermédiaire d’enroulements, de masses de fer et de parties, tournantes, par une simple commutation produite dans les arcs de l’appareil. Il en résulte que les pertes dans le fer et par frottement sont complètement éliminées. Il ne reste donc que les pertes qui se produisent à l’intérieur; elles correspondent aux pertes dans le cuivre d’un convertisseur rotatif.
- Mais il convient de remarquer qu’il y a une différence dans l’importance de ces pertes avec le cas des machines tournantes. En effet, dans Tare, la perte est égale au produit de la chute de tension par l’intensité (ceci est une formule générale pour tout appareil utilisant du courant continu). Or, dans le redresseur, la chute de tension est absolument indépendante de l'intensité; elle est constante à toute charge. Il s’ensuit que la perte p — e I est simplement proportionnelle à l’intensité.
- Au contraire, dans ün appareil tel que les convertisseurs rotatifs, on sait que la chute de tension est proportionnelle à I, puisqu’elle est égale à R I, R étant la résistance intérieure de la machine. Il s’ensuit que les pertes sont proportionnelles au carré de l’intensité. La différence est donc capitale et à l’avantage du redresseur. Nous allons, par des formules très simples, donner une idée du rendement de ces appareils.
- Le rendement'est, comme on le sait, égal .au rapport de la puissance transformée El (E étant la tension continue, I le courant correspondant) à cette puissance augmentée des pertes;
- On a donc : rendement
- IE
- E
- IE -h le E-be • Dans les redresseurs, e est une constante égale à environ 18 volts. Cette simple formule que tout le monde peut retenir, montre que le rendement est constant à toutes charges et qu’il est d’autant plus grand que la tension de service est plus grande. Pour 500 volts, par exemple, le rendement sera
- 500 cm K ,nn
- 5lTM8 = 96’5 P°ur 100-Pour 600 volts, il atteindrait 97 pour 100.
- La figure 1 permet de comparer les rendements globaux obtenus dans trois installations de même puissance (200 kw à 800 volts), dont l’une est équipée avec un redresseur, la seconde avec une commutatrice et la troisième avec un groupe moteur générateur.
- On voit tout de suite que la supériorité du redresseur y ressort nettement. C’est surtout aux fortes variations de charge qu’elle est visible. Ce sera évidemment le cas de la traction pour laquelle la charge moyenne n’est qu’une fraction de la puissance normale du convertisseur. Si nous admettons, par exemple, que pour une puissance installée de 200 kw on ait une puissance moyenne de-80 kw, la figure 1 nous montre que les rendements moyens sont les suivants : 62 pour 100 pour le moteur générateur, 83 pour 100 pour la commutatrice et 94 pour 100 pour le redresseur.
- On a contrôlé ces chiffres dans une installation d’essai alimentée, d’abord par une commutatrice, ensuite par un redresseur. Le rendement journalier, mesuré, dans les deux cas, a été de 86,8 pour 100 pour la commutatrice et de 94,1 pour 100 pour le redresseur. Pour une puissance débitée de 1042 kw-h, le redresseur en absorbe 1110, tandis que l’énergie absorbée par la commutatrice est de
- ——- = 1203 kw-h. L’économie réalisée par le
- UjOpo
- redresseur est donc de 93 kw-h par jour, soit environ 33 900 kw-h par an. En tablant sur un prix
- S < < Primaire
- Fbint
- mëtitre
- lorpf/on
- Fig. 2. — Schéma de montage d’un convertisseur hexaphasé.
- (Primaire : triphasé — secondaire : hexaphasé.)
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- LES PROGRÈS DES REDRESSEURS
- -%0')
- A MEfte
- moyen de 10 centimes par kw-h, on obtient avec le redresseur une économie annuelle de 5590 francs représentant environ le dixième des frais d’installations. Nous empruntons ces chiffres au rapport de M. Odermatt, ingénieur de la Société anonyme Brown Boveri.
- L’application à la traction. — L’alimentation des réseaux: de traction par courant continu à haute tension, 1500 à 5000 volts, conquiert chaque jour plus de partisans. Les cinq premières sous-stations débitant du courant continu sous 1575 volts ont été fournies à la Compagnie des Chemins de fer du Midi par la Compagnie Électro-mécanique (fig. 5).
- La puissance totale installée en redresseurs à vapeur de mercure dans ces sous-stations est de 19 200 kw.
- Comme la récupération de h puissance des trains à la descente est rendue irréalisable par l’effet de soupape du redresseur, on a remédié à cet inconvénient en installant aux endroits de plus grande pente une station de com-mutatrices. Il en résulte une utilisation complète des avantages des deux méthodes de transformation. Ce sont précisément les excellents résultats de la Compagnie des Chemins de fer du Midi qui ont décidé le Métropolitain à confier à la Compagnie Électro-Mécanique la fourniture et le montage des redresseurs, dans la gare de la Nation (fig. 4). Cette installation d’essai est destinée à fixer d’une manière définitive les usagers avant la généralisation de l’emploi des redresseurs à vapeur de mercure sur tout le réseau. Cette généralisation est décidée en principe.
- Tous les Parisiens ont vu (et beaucoup ne se sont peut-être pas doutés de la qualité de ee qu’ils voyaient) les appareils en' question qui sont disposés dans
- un espace réduit d’une longueur de 26 m. et d’une largeur de 5,50 m. Non seulement on y a logé les redresseurs, mais encore les transformateurs et leurs tableaux.
- L’alimentation de cette sous-station s’effectue par deux câbles, dont un de secours, reliés au réseau de l’usine génératrice du quai de la Bâpée et fournissant par l’intermédiaire des seclionneurs du courant triphasé à 5000 volts, 25 périodes : seconde aux
- barres. Celles-ci desservent les deux transformateurs à primaire triphasé et secondaire hexa-phasé qui alimentent les redresseurs.
- L’enroulement secondaire forme deux étoiles dont les extrémités sont reliées aux six anodes d’un cylindre et les deux points neutres sont réunis à travers une inductance spéciale dite bobine d’absorption dont le point milieu constitue le pôle négatif de la distribution à courant continu (%• 2).
- L’explication de l’utilité de la bobine d’absorption est simple. On voit, d’après la figure 2, que le conducteur de retour du réseau continu est connecté à la bobine de telle sorte que ses deux enroulements sont traversés en sens opposé. L’effet de self-induction de ces deux enroulements sur un circuit magnétique commun est de produire un empiétement des courants déphasés (décalés de 60°) de sorte que deux phases travaillent en même temps. Il en résulte une diminution de la valeur efficace des courants de phase, accompagnée d’une meilleure utilisation du transformateur et du redresseur. Cette bobine provoque une diminution de la chute de tension de l’installation.
- L’enroulement primaire est monté en étoile et comporte deux prises supplémentaires sur chaque
- Fig. 3. — Compagnie des chemins de fer du Midi.
- * Sous-lîation de Lannemezan. 4 groupes transformateurs redresseurs à vapeur de mercure dodècaphasès, 1200 kilowatts — i5oo volts courant continu.
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- 10 — LES PROGRÈS DES REDRESSEURS A MERCURE
- phase pour le réglage de la tension à d= 5 pour 100. Grâce au couplage série-parallèle des deux moitiés de chaque phase, on peut alimenter le transformateur sous les tensions de 5000 et 10 000 volts en vue de l'élévation de la tension actuelle (5000 v.) à 10 000 volts.
- - Il y a lieu de signaler que le changement ultérieur du nombre de périodes, 50 au lieu de 25, n’obligera pas à changer l’installation, comme ce serait le cas avec des convertisseurs rotatifs. Tout au plus, cette
- clenchement et de déclenchement du disjoncteur de la cathode. Les positions de ces interrupteurs sont indiquées par des lampes vertes et rouges. Un panneau est réservé aux services auxiliaires. Il comporte le voltmètre pour le circuit d’allumage, deux relais à contact temporisés dont le but est indiqué ci-après.
- Lorsqu’on met en route le groupe moto-pompe qui sert à faire le vide dans les cylindres qui contiennent les arcs, un premier relais temporisé spécial se met en action et, au bout de 3 minutes, il
- Fig. 4. — Une sous-station de redresseurs du métropolitain. Sous-station Nation - 1100 kilowatts, 600 volts continus.
- modification entraînera-t-elle une perte insignifiante de rendement.
- La protection de chaque redresseur du côté continu est obtenue à l’aide d’un interrupteur automatique unipolaire à soufflage magnétique qui est à déclenchement à maximum d’intensité sur le circuit à courant continu et à minimum de tension sur le circuit à courant alternatif. La commande se fait par électro-aimant.
- Le tableau de la sous-station est composé de dix panneaux de marbre montés sur un châssis métallique. Sur le marbre de chaque panneau sont disposés un voltmètre et un ampèremètre à courant continu, un ampèremètre d’excitation, un ampèremètre à courant alternatif pour le côté primaire, le commutateur de commande s distance de l’interrupteur à haute tension et les boutons d’en-
- provoque l’ouverture du robinet principal de vidé mettant ainsi en communication le groupe redresseur et la pompe à mercure d’une part, avec la pompe rotative et l’atmosphère ambiante d’autre part. On sait, en effet, que le vide est obtenu en deux étapes : la pompe à vide préalable actionnée par un moteur asynchrone qui crée un vide d’environ 0,02 mm. de mercure, la pompe à vide élevé, pompe à vapeur de mercure genre Langmuir qui porte ce vide à 0,001 mm.
- Les interrupteurs tripolaires sont alors fermés à l’aide des commandes à distance. Il en résulte que les transformateurs principaux sont en service et que les anodes principales des deux cylindres sont alimentées. Le groupe qui alimente les anodes d’allumage se met alors automatiquement en marche et la résistance de mise en charge est branchée aux
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- LES PROGRES DES REDRESSEURS A MERCURE..........: i I
- Fig. 5. — Diagramme de la charge de sortie au poste de la Nation (Jig. 4) le 5 mars 1924.
- bornes des redresseurs. Il y a ensuite allumage des anodes principales qui débitent sur la résistance de mise en charge.
- Enfermant les disjoncteurs qui protègent le côté continu des redresseurs et ceux de départ aux voies, on fait fonctionner un second relais temporisé qui met, au bout d’un certain temps, la résistance de mise en charge hors circuit.
- A parLir de ce moment, il n’est plus besoin de surveillance. On voit que la mise en marche de l’installation est singulièrement facile, surtout lorsqu’on la compare à celle des groupes convertisseurs ordinaires.
- La Sous-Station Nation a été mise en service le
- 10 août 1923. Le diagramme de la figure 5 donne une idée des pointes journalières. On voit que les redresseurs peuvent résister à des à-coups de puissance considérables.
- Il est intéressant de reproduira les rendem mis
- obtenus aux diverses charges. Ils peuvent se résu mer
- dans le tableau suivant :
- 1/4 l'2 o.'i 4/4 S/4
- charge, charge, charge, charge, charge
- Rendements obtenus. 95,5 94,8 95,1 95,1 92,8
- — garantis. 92,2 95,4 95,5 92,9 92,5
- La valeur obtenue pour le rendement moyen journalier est donc de 92,5 environ, ce qui est supérieur
- Fig. 6. — Sous-station de la Chapelle.
- Service de laminoir. 1800 kilowatts, 680 volts continus. (Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de Denain-Anzin.)
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- 12 ========= LES PROGRÈS DES REDRESSEURS =A MERCURE
- de 10 pour 100 au meilleur rendement des commu-tatrices assurant le même service.
- Tous ces résultats très satisfaisants dépassent le plus souvent les garanties du'constructeur. Il est bon de remarquer qu’ils ont été obtenus peu de temps après la mise en service des appareils. Les redresseurs ne donnaient donc pas encore leur maximum de rendement. H faut tenir compte de la formation ; le redresseur est un peu comme l’accumulateur ; il s’améliore en vieillissant.
- Exemples d’applications des redresseurs. — A ) Société d'électricité de la région de Valencienne s-Anzin. — Cet exemple est encore une installation de traction. La Société a installé à Fresnes et à Denain un groupe redresseur constitué par un cylindre alimenté par transformateur tri-hexaphasé avec bobine d’absorption. Ces groupes alimentent un réseau de tramways. Ils ont une puissance unitaire de 180 kw. Us transforment le courant triphasé à 10000 volts, 50 pér : sec en courant continu à 600 volts.
- Ces deux groupes fonctionnent depuis 1922 et donnent toute satisfaction.
- B) Alimentation de moteurs de' laminoirs. — La Compagnie Electro-mécanique a réalisé une installation de ce genre dans les usines de la Société des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de Denain et Anzin à la sous-station dite de La Chapelle (fig. 6).
- Cette sous-station, d’une puissance de 1.800 kw, comprend trois redresseurs du type, le plus récent d’une puissance de 600 kw. Le courant triphasé à 500 volts, 50 pér : sec est transformé en courant continu à 680 volts.
- Les deux moteurs de laminoirs alimentés sont l’un de 1500 ch, l’autre de 1800 ch.
- C) Alimentation d'appareils de levage. — La Chambre de Commerce de Rouen et la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans ont commandé, l’une pour l’alimentation des grues du port de Rouen, l’autre pour celle de cabestans, des groupes redresseurs qui seront mis prochainement en service,
- La première installation comprend deux groupes dont la puissance unitaire est de 550 kw qui sont destinés à transformer du courant triphasé à 500 volts, 50 pér : sec en courant continu à 550 v. La deuxième installation comporte deux groupes d’une puissance unitaire de 580 kw destinés à la transformation du courant triphasé 5500 volts 50 pér. : sec en courant continu à 650 v.
- JDj Installations à l’étranger. .— A l’heure actuelle, le redresseur Brown Boveri se répand dans le monde entier.
- En Belgique, la Société John Cockerill a équipé une sous-station de 4400 kw comportant 8 cylindres qui transforment le courant triphasé à 6150 volts 50 pér : sec en courant continu 550 volts.
- L’installation de la ville de Delft comporte, pour le service d’électricité, un groupe de 250 kw sous 1200volts continus: La sous-station deZweilütsehinen
- du chemin de fer de l’Oberland Bernois comprend un groupe de 650 kw sous 1550 volls continus.
- La sous-station du service de l’électricité de La Haye comprend un groupe de 400 kw sous 1200 volts continus. La sous-station de Saint-Pan-cras à Londres de la London Midland and Scottish Railway comprend deux groupes de 580 kw sous 2500 volts.
- Actuellement, on achève le matériel destiné aux Chemins de fer japonais et au chemin de fer électrique Turin-Lanzo-Ceres.
- L’installation du redresseur du chemin de fer du gouvernement japonais comprendra trois groupes analogues à ceux qui ont été fournis à la Compagnie des Chemins de fer du Midi. Ils seront munis de transformateurs tri-hexaphasés à double enroulement secondaire.
- Le courant triphasé est à 10000 ou 20000 volts, 50 pér : sec le courant continu sera à 1200 ou 1500 volts ; la puissance de chaque groupe est de 1600 kw à 1500 volts et 1500 kw à 1200 volts. Les surcharges que l’on admet sont 25 pour 100 pendant 30 minutes, 40 pour 100 pendant 3 minutes et 100 pour 100 par à-coup. La mise en service est prévue pour le début de l’année 1925.
- Quant au chemin de fer électrique de Turin-Lanzo-Ceres, il comportera un cylindre de 800 kw à 4000 volts alimenté du côté primaire par du courant triphasé à 21 000 volts 50 pér : sec. Le redresseur marchera en parallèle avec deux groupes convertisseurs rotatifs composés d’un moteur triphasé actionnant deux génératrices continues de 325 kw chacune à 2000 volts en série.
- Les surcharges prévues sont 25 pour 100 pendant 30 minutes, 50 pour 100 pendant 15 minutes et 100 pour 100 pendant une minute.
- L’énümération qui précède ne concerne qu’une petite partie des installations effectuées par la Société Brown Boveri, Elle donne une idée de la diversité des applications des redresseurs.
- Conclusions. — La question de l’application pratique des redresseurs est entrée dans une nouvelle phase lorsque le joint étanche a été découvert par Brown Boveri. A l’heure actuelle, l’utilité de ces appareils et leur supériorité sur les convertisseurs rotatifs et les commutatriees ne se discutent plus.
- Non seulement les redresseurs ont été adoptés en Europe, mais ils pénètrent en Amérique et au Japon.
- L’avantage primordial du redresseur est de se prêter avec la meilleure grâce du monde aux à-coups de courant et d’avoir une insensibilité absolue aux courts-circuits. En outre, le rendement est excellent à toutes charges.
- L’encombrement est très réduit. Les appareils de ce genre peuvent être installés dans des locaux exigus. Gomme ils sont silencieux, ils peuvent être placés au voisinage des habitations. Leur commande peut être automatique ou se faire à distance par ün système simple.
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- IMMORTALITÉ ET RAJEUNISSEMENT
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- Les bâtis des redresseurs n’ont pas besoin de * socle en béton comme les machines rotatives puisqu’il n’y a 'aucun effort. On peut se contenter de poser les appareils sur le sol.
- II. est facile de réaliser des groupes de 1000 kw avec des tensions continues de 1500 à 5000 volts. Cette disposition serait pratiquement impossible avec un collecteur. Il est donc bien évident que le problème de la traction continue à haute tension se ; trouve très simplifié.
- Or, on sait qu’en élevant la tension continue, on
- tiquement aucune usure et on peut dire que les réparations sont réduites au minimum. Lorsqu’on compare ces dernières à celles qui peuvent résulter de l’emploi des convertisseurs rotatifs et des com-mutatrices, l’avantage est nettement pour les redresseurs.
- Les redresseurs à vapeur de mercure à grand débit se montrent donc nettement supérieurs et ils se développent de plus en plus. Le Métropolitain, après avoir constaté l’avantage de l’installation de la Nation, va la généraliser dans ses sous-stations.
- Fig.-7. — Sous-station souterraine de la place du Vieux-Marché à Rouen. 297 kilowatts — 270 volts continus. Force et Lumière.
- réduit notablement le coût de la ligne et des sous-statiôns. En même temps, le rendement est amélioré.
- L’économie sur les frais de personnel est très sérieuse. Les frais d’entretien sont minimes. Les électrodes travaillent dans le vide; il n’y a doncpra-
- Peu à peu se dessine une nouvelle orientation des idées vers l’emploi du courant continu à haute tension dans la' traction électrique, emploi rendu possible par le redresseur à mercure.
- F. G.
- IMMORTALITÉ ET RAJEUNISSEMENT
- Tel est le titre d’un récent ouvrage que le Dr S. Me-talnikov vient de consacrer à une question passionnante entre toutes (q.
- 1. Immortalité et rajeunissement dans la biologie moderne, par S. ïïetalnikov. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion. Paris, 1924.
- S’il est vrai que l’observation est la base de toute science, il semble qu’il n’y a pas un fait mieux établi que le suivant. Tout être vivant est mortel ; la mort est la conclusion inévitable de la vie ; fait tellement évident qu’il a servi de point de départ à toutes les religions qui se partagent l’humanité ; fait en même temps, si paradoxal, si décevant pour l’esprit humain, si décourageant
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- 14 ------IMMORTALITÉ ET
- que toutes les religions ont cherché à en dégager leurs adeptes par la certitude d’une vie future.
- : Que répond la science à cette question de l’immortalité de l’être vivant?
- Le xixe siècle qui a vu apparaître avec Pasteur une solution peut-être provisoire/mais en tout cas lumineuse, du problème de la génération spontanée a vu aussi se poser l’énigme de notre durabilité ou de notre fragilité dans le temps.
- Parcourons le monde vivant; qu’y voyons-nous?
- Les bactéries, êtres extrêmement inférieurs et mal différenciés, sont immortels au sens le plus large du mot: dépourvus de fonction sexuelle, dans des conditions favorables, ils se divisent indéfiniment et sans laisser de déchet. « 11 n’y a pas de mort, puisqu’il n’y a pas de cadavre », la bactérie se propageant en deux parties égales qui à leur tour peuvent se diviser a Vin fini. La question de l’immortalité des bactéries ne se discute même pas.
- Dans le même cas se trouvent la plupart des levures et les champignons, tous asexués ; chez les champignons supérieurs cependant il existe déjà un cadavre ; une partie des cellules, le mycélium du « chapeau » par exemple, constitue un déchet.
- Passons aux végétaux supérieurs. On connaît des conifères, les Séquoia de Californie, les cèdres du Liban, notamment, qui comptent déjà plusieurs millénaires.
- Ils meurent de mort accidentelle, mais on ne leur connaît pas de mort naturelle, c’est-à-dire de terme'obligé de l’existence qui s’annonce par un veillissement, une déchéance progressive. La bouture que Jussieu rapporta du Liban et qui est devenue le fameux cèdre du Jardin des Plantes témoigne de la vitalité de ces organismes.
- La pratique du bouturage et de la greffe vulgarisée entre les mains des horticulteurs est implicitement une preuve de l’immortalité de nombreux végétaux supérieurs.
- Dans le monde animal, la chose n’est plus aussi simple*
- C’est chrzles infusoires que Weissmann fit les observations qui devaient le conduire à la retentissante controverse sur l’immortalité des protozoaires. Ici d’ailleurs, Metalnikov parle d’expérience personnelle, ayant poursuivi pendant de nombreuses années des travaux sur la culture du Paramœcium. Chose à noter, les premières expériences sur l’immortalité des infusoires avaient en somme échoué pour des raisons de technique.
- Il a suffi de travailler dans des conditions plus parfaites pour les voir se prolonger jusqu’à un nombre illimité de générations successives, même, en dehors de toute conjugaison. Celle-ci, dans les expériences de ce genre, doit être éliminée, parce qu’elle provoque la formation de lignées nouvelles et le rajeunissement des individus en observation.
- Chez les animaux supérieurs, nous constatons l’inler-vtntion de facteurs beaucoup plus complexes. Lorsqu’un polype ou un ver se reproduit par division, toute une quantité de leurs cellules contribuent à laformalion d’un être nouveau de la même façon qu’un infusoire qui se divise en deux. Ces cellules sont donc immortelles au même titre. Tandis que les vers peuvent être coupés en plusieurs morceaux, les mollusques ne se régénèrent que partiellement. Les escargots auxquels on a enlevé les cornes les renouvellent; mais un ëscargot qu’on a coupé en plusieurs pièces est irrémédiablement voué à la mort. Chez les vertébrés, ce sont les représentants
- RAJEUNISSEMENT ....................-..-...-........-
- inférieurs, tels que tritons et salamandres qui peuvent régénérer leur queue ou leurs patte.s. Chez eux comme chez les mollusques, il n’est plus question de reproduction par division (*).
- Tout d’abord, il existe une catégorie de cellules incontestablement immortelles, ce sont les cellules sexuelles, les germes. Depuis le premier homme ou depuis l’ancêtre lointain de la lignée jusqu’au dernier de ses descendants s’il en est un, il est évident qu’il existe une série ininterrompue qui se continue de génération en génération dans laquelle ovule et spermatozoïde apparaissent tous deux comme immortels.
- Encore pourra-t-on objecter que par leur fusion, ils constituent un être nouveau où ils disparaissent tous deux. La fécondation apparaît donc comme le phénomène sauveur et indispensable à la conservation de l’espèce. Quant aux autres cellules, l’observation vulgaire à laquelle on attribue l’autorité du bon sens ne nous apprend que trop qu’elles sont irrémédiablement vouées dans les circonstances naturelles à la déchéance et à la mort.
- Mais nous avons vu plus haut que les résultats d’une observation varient d’après les conditions de l’expérience. En prenant des précautions spéciales, en améliorant la technique, n’obtiendrons-nous pas des résultats supérieurs à ceux qu’obtient la nature? En d’autres mots, considérant la mort comme un fait secondairement apparu au cours de l’évolution des espèces, quelles méthodes pouvons-nous mettre en œuvre pour l’éliminer comme la résultante d’une simple faute technique.
- La possibilité de cultiver les tissus in vitro a imposé le principe de l’autonomie et de la vie indépendante des éléments cellulaires. Voilà 12 ans-que des cellules conjonctives se multiplient dans un flacon ! C’est un fait assez minime dans l’histoire des progrès de l’homme dans la conquête de l’immortalité, mais c’est un fait gros de conséquences doctrinales.
- Les recherches sur le vivant effectuées au cours des 50 dernières années sur les causes du vieillissement ont jeté la lumière sur deux ordres de phénomènes.
- Partant de la physiologie comparée, Metchnikoff s’est fait le protagoniste de la théorie de l’intoxication intestinale ; il constate que le gros intestin est un vaste foyer de putréfaction et que les produits de déchet qufs’y élaborent sont sclérosants ; ce sont eux qui à la longue intoxiquent les éléments nobles et entraînent le veillissement et la mort. Malgré l’impulsion qu’il a donnée à ces études, il semble que les conclusions de Metchnikoff rencontrent de moins en moins de partisans.
- Brown-Séquard a attiré l’attention sur un aulre facteur de jeunesse : l’action vivifiante des glandes sexuelles. Si l’idée était juste — et elle date du D1' Fausl — sa méthode — par ingestion de glandes sexuelles — est aujourd’hui complètement abandonnée. Mais l’idée a été le point de départ de l’opothérapie et spécialement dans l’étude du rajeunissement, elle paraît avoir donné entre les mains de Steinach, de Réitérer et de Voronoff des résultats temporaires mais encourageants.
- En résumé, beaucoup d’organismes inférieurs et certains végétaux supérieurs sont immortels. D’autre part, en tenant compte de la fécondation dont le mécanisme intime nous échappe, mais qu’il est très légitime à la lumière des travaux de Loeb et de Delage cle considérer comme une excitation cl’ordre physico-chimique, tous les
- 1. E. Metchnikoff. Eludes sur la nature humaine, 5e édition, p. 557.
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- LA NATURE — N° 2649
- 10 JANVIER 1925
- La Science en famille.
- ECLIPSES ET OCCULTATIONS
- Dans l’année 1925, il y aura quatre éclipses, et, de ces quatre éclipses, il y en aura deux de visibles en France. Ce sont l’éclipse de Soleil du 24 janvier, et l’éclipse de Lune des 8 et 9 février.
- Ces deux phénomènes seront assez remarquables et on ne devra pas manquer de les signaler à l’attention de la jeunesse.
- C’est une occasion toute naturelle d’expliquer aux jeunes gens des deux sexes en quoi consiste une éclipse, qu’elle soit de Lune ou de Soleil, et de leur montrer combien sont ridicules les terreurs qu’elles inspirent aujourd’hui encore, même dans les pays les plus civilisés, à des malheureux qui sont vraiment par trop en retard sur leur époque.
- C’est ainsi que le 29 juillet 1878, il y eut une belle éclipse totale de Soleil visible aux Etats-Unis, et un nègre devenu fou de terreur et persuadé que la fin du monde était imminente, n’eut pas le courage d’en être témoin. 11 égorgea sa femme et ses enfants, puis il se suicida.^
- C’était un nègre, diront certaines gens disposés à croire que la race à laquelle ils appartiennent est immensément supérieure aux autres et ne partage pas leurs faiblesses. Pour les rendre plus modestes, citons-leur quelques lignes de Fontenelle, l’admirable auteur des Dialogues sur la pluralité des mondes :
- « Et nous, n’eûmes-nous pas belle peur il n’y a que trente-deux ans, à une certaine éclipse de Soleil, qui, à la vérité, fut totale (‘). Une infinité de gens ne se tinrent-ils pas enfermés dans des caves? Et les philosophes qui écrivirent pour nous rassurer n’écrivirent-ils pas en vain ou à peu près? Ceux qui s’étaient réfugiés dans les caves en sortirent-ils? »
- On répondra qu’il y a 270 ans de cela, et que, depuis cette époque, l’esprit humain a fait des pro-
- I. 11 s’agit de l'éclipse du 12 août 1654. Depuis, les Parisiens ont pu revoir le même spectacle le 11 mai 1724, et ils ne le reverront pas avant l’année 2026.
- Fig. 2. — Conditions générales de la production des éclipses.
- Fig. i. — Le Soleil AA' projette derrière la Terre B B' un cône d'ombre OCBB'.
- grès. Nous ne nions pas ceux-ci, mais ils ne sont pas aussi considérables qu’on pourrait le souhaiter. Il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans ses souvenirs pour se persuader que la superslition populaire n’est pas morte. Que de gens ont attribué à la comète de Halley les inondations de 1910 ! Et pourtant, à l’heure actuelle (8 novembre), notre pays, qui n’avait pas besoin d’une nouvelle calamité, est ravagé par le même fléau, sans qu’il se produise aucun phénomène anormal dans le ciel. On ne voit ni comète, ni éclipse, mais les gens superstitieux ont complètement oublié ce qu’ils disaient il y a 14 ans.
- De même, on peut se souvenir que, vers la fin de l’année. 1900, l’idée que l’on allait changer, de siècle portait le trouble dans certains esprits. Que sera-ce dans trois quarts de siècle? On reverra alors des scènes qui nous reporteront au temps de Robert-le-Pieux et du pape Silvestre.
- Cherchons maintenant à donner, aussi clairement que possible, l’explication de ces impressionnants phénomènes.
- Tandis que la Terre, dans le cours d’une année, fait sa révolution autour du Soleil, la Lune l’accompagne fidèlement en tournant elle-même autour de notre globe. La durée d’une « lunaison », c’est-à-dire de l’intervalle de temps qui sépare deux nouvelles Lunes ou deux pleines Lunes consécutives est de. 29 j. 12 h. 44 m. 2 s. 8. Notre année solaire contient donc 12 lunaisons et une fraction. On sait, depuis longtemps, que 223 lunaisons font, à peu de chose près, 18 années tropiques et 11 jours. Cette période, après laquelle la concordance des mois lunaires et des années se rétablit, est le '.sur os ou nombre - d’or des Anciens. Les Chaldéens connaissaient déjà cette période, .que leur avaient, révélée leurs patientes observations, prolongées sans doute pendant bien des siècles, et ils s’en servaient pour prédire le retour des éclipses.
- La Lune se meut, avons-nous dit, autour de nous et l’orbite, qu’elle décrit est une courbe plane, une ellipse dont le centre de la Terre
- i.
- I 3’ Année. — 1 ' Semestre.
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- *18
- ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
- Aspect
- de .
- \ /'Eclipse
- Lune
- Terre
- Soleil
- Fig. 3. — Cas d’une éclipse de Soleil vue partiellement.
- occupe un des foyers, mais les éléments de cette orbite sont soumis à de furtes perturbations provenant surtout de l’action du Soleil.
- Cette orbite se trouve dans un plan incliné sur l’écliptique, et la valeur de cette inclinaison n’est pas constante, elle varie entre 5° 0f et 5° 18'. De plus, ce plan ne coupe pas l’écliptique toujours suivant la même droite; cette droite, la ligne des nœuds, se déplace en tournant autour de son milieu et fait un tour complet en 18 ans 2/3 environ.
- Or, pour qu’il y ait éclipse, il faut que le Soleil, la Terre et la Lune soient en ligne droite, ou que la ligne des nœuds passe par le Soleil et la Terre. La Lune se trouve alors nécessairement dans le plan de l’orbite de la Terre, autour du Soleil et c’est pourquoi on donne à celle-ci le nom d'écliptique. Si la Terre se trouve entre les deux autres astres, comme le cône d’ombre qu’elle projette va au delà de la Lune, celle-ci pénétrera dans ce cône, ne recevra plus la lumière du Soleil, et cessera d’être visible, du moins en grande partie, parce qu’il y a toujours un certain nombre de rayons solaires réfractés par notre atmosphère, qui parviennent jusqu’à notre satellite.
- Si la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre, elle projettera aussi un cône d’ombre derrière elle, et les parties de la surface terrestre atteintes par ce cône d’ombre seront momentanément privées de lumière. Le rapide mouvement de la Lune sur la sphère céleste fait que la tache d’ombre se déplace promptement sur la Terre ; aussila durée totale d’une éclipse de Soleil ne peut-elle dépasser 7 min. 58 s. à l’équateur et 6 min. 10 s. à Paris. Nous avons déjà dit, mais il est bon delerappeler, qu’en 1868, le 18 août,
- la Lune était à peu près aussi rapprochée de la Terre qu’elle peut l’être, tandis que le Soleil était à peu près à son maximum d’éloignement. La durée de l’éclipse fut exceptionnellement longue et atteignit 6 min. 57 s. C’était une circonstance très favorable permettant des études d’astronomie physique bien plus faciles à faire que dans le cas d’une éclipse ne durant que deux ou trois minutes, qui est le plus ordinaire; les astronomes, les Français en particulier (Janssen, Rayet), se montrèrent à la hauteur de leur tâche et nous révélèrent quelques-uns des secrets de la constitution du Soleil.
- Il n’est sans doute aucun de nos lecteurs qui n’ait observé plusieurs éclipses dans sa vie, surtout des éclipses de Lune, et cependant ces dernières sont beaucoup moins nombreuses que celles de Soleil: en effet, dans une période de 18 ans et 11 jours, il y a en moyenne 71 éclipses, dont 43 de Soleil et 28 de Lune. Dans une année, il y a au plus 7 éclipses (5 ou 4 de Soleil, 2 ou 5 de Lune) et au moins deux qui sont alors des éclipses de Soleil.
- Comment expliquer cette contradiction?
- C’est que, lorsque la Lune est éclipsée, elle perd réellement sa lumière et cesse d’être visible pour tous les points de la Terre au-dessus de l’horizon desquels elle se trouve ; c’est-à-dire pour toute une moitié de notre globe. Au contraire le Soleil, pour être éclipsé, n’est pas éteint, et, en dehors de la petite tache d’ombre causée par la rencontre du cône circonscrit à la fois au Soleil et à la Lune, on ne se doute pas qu’il y ait rien d’anormal.
- Que les éclipses solaires soient de beaucoup les plus nombreuses, il n’y a pas à s’en étonner :
- Fig-. 4. — Cas de l'éclipse totale de Soleil pour un point et partielle pour un autre.
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- ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
- Fig. 5. — Cas de l’éclipse annulaire.
- il suffit de considérer la figure 1 pour s’en assu- ; rer. j
- En effet, si l’on considère le cône A OA' circonscrit i à la fois au Soleil et à jla Terre, il est clair que, j pour qu’il y ait éclipse de Lune, celle-ci doit pénétrer dans la partie C de ce cône, et, pour qu’il y ait éclipse de Soleil, c’est dans la partie D de ce cône que la Lune doit pénétrer. Or, on voit immédiatement que celte partie D est beaucoup plus large que ’la partie C, et par suite, la Lune doit y pénétrer plus souvent.
- Du reste, la Lune peut pénétrer dans la partie du cône située entre la Terre et le Soleil, sans que celui-ci soit éclipsé totalement. Il se peut, en effet, que le cône d’ombre projeté par la Lune ne s’étende pas jusqu’à la Terre; mais, si on prolonge ce cône d’ombre au delà de son sommet, pour la portion de la surface terrestre rencontrée par cette seconde nappe l’éclipse sera annulaire, et, pour le milieu de cette portion, l’éclipse sera en même temps centrale.
- Nous n’irons pas plus loin, et nous nous bornerons à dire qu’une éclipse de Soleil peut s’observer avec une lunette, si l’on en a une à sa disposition ; mais alors, pour préserver l’oeil du danger que lui ferait courir la concentration des rayons solaires par l’objectif, il faut avoir soin de placer un verre noirci devant l’oculaire. II ne faut pas oublier que ce verre noirci peut être lui-même une occasion de danger, car il arrive souvent que, dilaté inégalement par la chaleur, il se brise, et l’œil risque d’être atteint par un de ses éclats.
- Le plus simple est de regarder à l’œil nu, en le couvrant par le verre noirci, qui ne présente alors aucun danger. On préparera ce verre soi-même, en l’exposant à la flamme d’une bougie, et en ayant soin de le mouvoir pendant ce temps, de crainte
- que la chaleur, trop grande à une certaine place, ne le fasse casser.
- On peut encore, et tout simplement, observer le phénomène en le regardant dans une mare d’eau bien tranquille. Yu de cette manière, il frappe beaucoup les enfants, et le célèbre astronome suisse Rudolf Wolf, mort en 1895, à l’âge de 77 ans, racontait volontiers qu’il avait fait sa première observation astronomique, celle de l’éclipse de Soleil du 29 novembre 1826, à l’âge d’environ 10 ans, et qu’une simple flaque d’eau lui avait servi d’instrument.
- On peut noter les effets de l’obscurcissement du Soleil sur les plantes et les animaux. Mais le plus curieux, sans contredit, c’est de voir, quand l’éclipse est totale, les étoiles apparaître autour du Soleil obscurci. On a longtemps espéré que ces éclipses permettraient de découvrir des planètes inlra^mer-curielles, s’il en existe; mais, jusqu’à présent, cet espoir a été trompé.
- Quand nous parlons d’éclipse totale, nous n’oublions pas leur rareté. Mais, avec les facilités de déplacement dont nous jouissons à présent, ce phénomène imposant est assez curieux pour mériter qu’on se déplace pour le voir. Il semble que, pour ceux à qui leur situation de fortune laisse la libre disposition de leur temps, aller en Amérique ou au Japon pour jouir de ce rare spectacle, serait un voyage d’agrément tout indiqué, pendant lequel, assurément, ils trouveraient sans doute bien d’autres occasions de s’instruire.
- La prochaine éclipse, celle du 24 janvier, ne sera pas totale chez nous (*) ; mais les trois quarts du
- 1. Pour jouir du phénomène dans toute sa beauté, il faudra se rendre dans la région des grands lacs de l’Amérique du Nord. Quelle belle occasion de voir la chute du Niagara, et bien d’autres choses curieuses et instructives!
- Fig. 6. — Mécanisme de l'éclipse de Lune.
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- diamètre solaire seront obscurcis, et cela nous promet- déjà un très curieux spectacle.
- Espérons que le mauvais temps ne nous empêchera pas d’en jouir.
- Il nous a privés déjà, le 5 du mois de novembre, d’observer ' une curieuse occultation de Mars par la Lune.
- C’est, pour le dire en passant, un phénomène frappant que celui de l’occultation d’une planète ou d’une' belle étoile par la Lune, et les astronomes chaldéens n’ont pu faire autrement que de le remarquer et d’en conclure que, de tous les corps célestes, la Lune est le plus voisin de nous.
- Ils ont pu voir aussi les planètes s’occulter entre elles, et aussi occulter les étoiles.
- Seulement, vu la faiblesse de leur diamètre, ces occultations sont beaucoup plus rares que celles que produit la Lune.
- Elles n’en sont que plus curieuses. L’astronome Darquier, qui vivait dans la seconde moitié du xvme siècle et habitait Toulouse, observa un certain jour l’occultation d’une petite étoile par la planète Uranus, alors nouvellement découverte. H est probable que c’est là un fait unique en son genre, car Uranus est à peine visible à l’œil nu.
- Sans s’occulter absolument, les planètes peuvent se rapprocher beaucoup l’une de l’autre, au point de paraître se toucher, pour celui qui les contemple à l’œil nu. C’est ainsi que Lalande nous apprend que, le 26 décembre 1796, Mars et Jupiter étaient extrêmement rapprochés, et que ce spectacle attirait l’attention du public, qui s’inquiète beaucoup trop peu, en général, des phénomènes célestes, à moins que ceux-ci ne lui inspirent des terreurs absurdes.
- Ces rapprochements d’astres, le plus souvent fort éloignés, se nomment des appulses.
- La Lune peut aussi occulter des étoiles. Notamment, en janvier et avril 1924, on a pu observer l’occultation de la belle étoile a Taureau (Aldé-baran).
- Ces phénomènes ont longtemps servi à déterminer les longitudes.
- A ce point de vue, ils offrent plus d’avantages que les éclipses de Soleil et surtout de Lune, vu la netteté avec laquelle on les observe.
- Citons à ce propos quelques lignes de M. Faye :
- « Rien en effet de plus frappant, de plus décisif que ce phénomène. Je me rappelle encore la vive impression que j’éprouvai la première fois que j’observai l’occultation d’une étoile. Elle devait avoir lieu par le bord obscur, mais non tout à fait invisible, .de la Lune. J’étais bien prévenu, et pourtant, lorsque je vis cette belle et brillante étoile disparaître instantané ment au moment où elle fut touchée par l'écran céleste, sans qu’aucun affaiblissement, aucun changement dans sa lumière s’y fût montré, je restai stupéfait et j’oubliai de noter l’instant.
- Voilà un phénomène qui nous révèle d’une manière frappante l’immense distance des étoiles et l’absence d’atmosphère autour de notre satellite ».
- Nous devons savoir gré aux occultations de nous avoir appris cette dernière particularité sur laquelle nous avons récemment assez insisté pour qu’il soit inutile d’y revenir. Mais elles nous rendent un autre service, celui de nous permettre de mesurer avec exactitude en degrés, minutes et secondes, le diamètre de la Lune.
- Les occultations sont assez rares, parce qu’en temps ordinaire, il n’y a qu’un petit nombre d’étoiles qui aient assez d’éclat pour être visibles à l’extrême voisinage de la Lune. Il n’en est pas de même quand celle-ci est totalement éclipsée.
- Alors, pendant la durée du phénomène, on peut observer un grand nombre d’immersions et d’émersions de petites étoiles qui ne seraient pas visibles si la Lune n’était pas plongée dans le cône d’ombre de notre globe. On est donc dans d’excellentes conditions pour déterminer le diamètre de notre satellite dont la connaissance a une grande importance.
- Il y a une quarantaine d’années, grâce à l’initiative des astronomes de l’observatoire de Poulkova, on a profité de plusieurs éclipses totales de Lune pour faire cette détermination.
- Il y aurait encore beaucoup à dire sur les éclipses et notamment sur leur application à la chronologie. Peut-être y reviendrons-nous plus tard; mais, pour aujourd’hui, nous en resterons là.
- E. Doublet.
- LES MARINES DE GUERRE DU PACIFIQUE
- L’Océan Pacifique est actuellement, quoiqu’en ait son nom, le point du monde sur lequel semblent s’accumuler les noirs nuages, porteurs des futures tempêtes.
- Nous avons récemment (La Nature, n° 2630) décrit la flotte d’une des puissances, les États-Unis, qu’on pourrait s’attendre à voir s’affronter, si un conflit doit jamais se produire dans ces» lointains parages. Il n’est peut-être pas inutile de présenter
- aux lecteurs de La Nature les autres acteurs éventuels de ce drame possible.
- Le premier en importance, après les États-Unis, est sans contredit le Japon, représenté par sa marine de guerre, toujours puissante, en dépit des réductions imposées par l’accord de Washington et accep-tées par l’Empire du Soleil Levant.
- En réalité, le Japon est dans une période de très grande activité au point de vue naval. Il y a
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- actuellement, d’après des renseignements de source anglaise, 84 navires de toutes tailles, en construction ou en achèvement à flot. 11 est à remarquer que le désir du Japon de garder secrètes les caractéristiques de ces bâtiments se manifeste dans le fait que tous sont ou ont été mis en chantier au Japon %même, malgré l’évidente économie qu’on aurait trouvée à confier la construction de quelques-uns d’entre eux à des chantiers étrangers.
- Nous verrons plus loin la composition de la flotte dont le Japon dispose actuellement. Nous rappellerons seulement qu’aux termes des accords de Washington, les marines de guerre des deux pays (États-Unis et Japon) doivent rester dans le rapport 5- à 3, le chiffre 5 se rapportant aux États-Unis. Mais en réalité, ces accords et par conséquent cette proportion ne visent que les grands bâtiments de combat, et certaines catégories de bâtiments comme les porte-avions. Four les croiseurs, on a seulement fixé un tonnage maximum : 100000 tonnes et un calibre maximum : 203 mm. Il n y a pas de limitation de nombre, pas plus que pour les sous-marins, torpilleurs, mouilleurs déminés, etc. (').
- Ce que nous disons plus haut montre que le Japon, tout en respectant scrupuleusement la lettre du traité, a l’intention de développer intensément la partie de sa flotte pour laquelle il a les mains libres.
- 11 est bon de dire, pour tenir la balance égale, que l’etfort auquel le Japon se prépare, en construisant beaucoup de croiseurs et de petites unités, ne tend à rien d’autre qu’à rétablir l’équilibre avec son principal et puissant adversaire éventuel, qui en possède une très grande quantité, notamment plus de 200 grands torpilleurs, mis en chantier aux derniers mois de la guerre et qui sont de types excellents.
- A ne prendre que les chiffres, on pourrait donc
- f. Je crois utile de rappeler ici les principales dispositions fixées par le traité de Washington.
- L’Angleterre et les Efats-Unis peuvent avoir chacun un tonnage global de 550 000 tonnes de cuirassés, le .lapon 550 000, Ja France et l’Italie chacune 175 000 tonnes.
- Le calibre maximum de l’artillerie des cuirassés est de 406 mm. Les croiseurs, en nombre illimité, ne peuvent pas déplacer plus de 100 000 tonnes. Le calibre maximum de leurs canons : 205 mm. Aucune limitation n’a pu être imposée pour les sous-marins.
- Fig. i. — Le Nagato, silhouette d’un cuirassé japonais.
- penser que la proportion 5 à 5 (Étals-Unis-Japon) est à peu près conservée. Mais la formule, comme le dit un excellent écrivain anglais, Sir Herbert Russel, dans le Naval and Military Record, est une ombre vaine. Elle ne tient pas compte, parce qu’elle ne le pouvait pas, du facteur vital qu’est, en pareille matière, la valeur de l’homme qui est derrière le canon, lhe man bekind thegun. Aucune évaluation comparative des forces navales (des forces, en général, d’ailleurs) ne peut être exacte, si on n’y fait entrer la valeur propre du personnel. Et c’est là une évaluation bien difficile. Il seraittrès imprudent particulièrement de n’en pas tenir compte lorsque entre en jeu le peuple japonais, avec ses qualités bien connues d’énergie, d’endurance et de mépris de la mort.
- Mais me voici entraîné à sortir du cadre purement maritime du problème qui se pose assez dramatiquement dans le Pacifique. Il fayt cependant faire connaître les raisons en vertu desquelles ce problème se pose.
- Le Japon est formé d’un territoire qui présente, à peu de chose près, la même surface que les îles Britanniques. Mais ce territoire porte et doit nourrir
- 10 millions d’hommes de plus que l’Angleterre qui est déjà surpeuplée. C’est vraiment une situation critique, et on comprend l’absolue nécessité pour lé Japon de chercher des terrains d’expansion. Or il est bien à craindre qu’il ne puisse les obtenir par des voies pacifiques ; lui-même ne paraît pas le croire.
- 11 n’est donc pas improbable qu’il cherche à prendre ce qu’on ne voudra.pas lui donner, ët il semble s’y préparer, dans la mesure, je le répète au point de vue naval, que lui permet le respect des traités. Préciser le point sur lequel tombera l’orage, s’il doit éclater, est chose impossible. Sera-ce vers la
- Chine, dont l’état anarchique laisse sans doute entrevoir des possibilités de démembrement et où la Mandchourie apparaît bien tentante? Sera-ce vers les Philippines dont l’archipel prolonge si bien celui du Japon; sera-ce ailleurs? Les circonstances en décideront sans doute, et je ne veux pas jouer au prophète.
- Ceci dit, voici de quoi se compose la flotte japonaise d’après des documents officiels :
- 6 grands cuirassés lancés de 1914 à 1920, déplaçantde 30 à.33000ton-
- Fig. 2. — Coupe et plan des cuirassés japonais type Nagato et Mutsu.
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- Fig. 3. — Le Mulsu, cuirassé jaf-onais.
- nés, donnant une vitesse de 25 nœuds. Quaire d’entre eux portent chacun 12 canons de 535 mm., 20 de 152 mm., avec 6 tubes lance-torpilles ; les 2 derniers : 8 canons de 406 mm., 20 de 140 mm. et 8 tubes.
- 4 croiseurs de bataille de 27500 tonnes, mis à l’eau en 1912 et 1913, filant 27 nœuds ; 5, armésrde 8 canons de 556 mm., 16 de 152 mai., 8 tubes lance-torpilles.
- 8 croiseurs cuirassés datant en moyenne de 1900, jaugeant de 7 à 10000 tonnes et pouvant être considérés comme sans grande valeur militaire s’ils devaient avoir à paraître devant une flotte sérieuse.
- 4 navires porte-avions ; deux d’entre eux sont des croiseurs de bataille de 27 000 tonnes, dont la destination a dû être changée à la suite des accords de Washington.
- 20 croiseurs légers de 5000 tonnes en moyenne, dont 14 tout récents donnant 55 nœuds, armés de 7 canons de 159 mm. et 8 tubes lance-torpilles. Inutile de faire remarquer l’importance de cette Hotte de croiseurs, dans une guerre où il y aurait lieu de courir sus au commerce ennemi.
- 52 torpilleurs de 1100 à 1550 tonnes, filant 54 nœuds, portant 4 canons de 120 mm. et 6 tubes lance-torpilles.
- 56 torpilleurs de 600 à 1000 tonnes, 55 nœuds,
- 5 pièces de 120 mm. et 5 tubes.
- 65 sous-marins dont 7 ep construction.
- En raison de la limitation du nombre et de l’armement des cuirassés, prescrite par les accords de Washington, le sous-marin apparaît comme une des armes principales auxquelles sera remis le sort du conflit possible dans le Pacifique. Or, il n’est pas douteux qu’à ce sujet l’activité du Japon se déploie tout particulièrement.
- D’après des renseignements venus d’Amérique, on trouverait dans la flotte japonaise trois types de sous-marins :
- 1° Les navires de 800 à 950 tonnes pour la défense des côtes, avec une vitesse en surface de 17 nœuds, 6 tubes lance-torpilles, un canon à tir rapide et un rayon d’action de 8000 milles.
- 2° Un type de 1500 à 2000 tonnes pour l’attaque des côtes ennemies et du commerce flottant, possédant un important approvisionnement de torpilles, avec 1 ou 2 canons et un certain nombre déminés. Rayon d’action 10 000 milles.
- 5° Enfin un type de 3000 à 7500 tonnes pour les opérations jusque sur les côtes les plus éloignées, des croiseurs sous-marins dont les plans avaient été étudiés et établis par l’ingénieur allemand P’iamm
- Fig. 4. — Le cuirassé japonais Yamoshiro.
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- Fig. 5. — Le croiseur de bataille Kérisbima en action aux manœuvres de igrg.
- seraient cuirassés contre les projectiles, les bombes et les grenades sous-marines. Ils pourraient porter 2 canons de 20 cm., 40 torpilles et un approvisionnement de combustible permettant de couvrir 25 000 milles. C’est dire qu’ils pourraient traverser le Pacifique..sans se ravitailler. L’équipage aurait un logement spacieux et confortable.
- Mais il est bien évident qu’un conflit dans le Pacifique touchera aux intérêts d’une foule de nations. Il est donc opportun de savoir quelles forces navales sont, dans les parages, à la disposition des puissances appelées à surveiller de près les événements, et peut-être éventuellement à y prendre part.
- Les peuples voisins sont tout d’abord les Chinois.
- La marine chinoise ne s’est jamais relevée du coup qu’elle a reçu dans sa lutte contre la flotte japonaise. Ce qu’il en reste participe à la vie chaotique de cette masse invertébrée qu’est la Chine actuelle. Récemment quelques navires (appartenant à quel parti?) se sont présentés devant Shangaï avec l’intention de bombarder la ville indigène, entreprise qui n’offrait pour eux aucune espèce de danger, toute riposte de la terre devant être impossible. Les amiraux alliés se sont formellement opposés à cette démonstration d’allure plutôt pittoresque.
- Voici en quoi consiste actuellement sur le papier la flotte chinoise : 6 croiseurs légers dont 5 de 2500 à 5000 tonnes et 1 de 4500 tonnes. Les deux plus récents datent de 1911, les 4 autres de 1898.
- Donc valeur militaire à peu près nulle, navires bons à figurer seulement dans des semblants de révolutions ! Les listes de la flotte chinoise portent encore les noms de 5 destroyers de 590 tonnes construits en 1912 et filant 52 nœuds. C’est là sans doute le plus clair de la puissance navale du Céleste Empire.
- Le territoire russe de Vladivostock confine à la Corée, possession japonaise, et à la Mandchourie, déjà nommée, que prolonge la Corée. Les forces navales russes existant dans cette partie de l’ancien empire des tsars pourraient donc avoir un rôle à jouer en cas de conflit. Mais en existe-t-il ? En fait, les renseignements qu’on peut avoir à ce sujet signalent en tout la présence de 6 ou 7 toi pilleurs de 550 tonnes et de 4 mouilleurs de mines. Mais le gouvernement des soviets fait grand état en ce moment d’un projet grandiose qui consisterait à expédier à Vladivostock la totalité des forces navales disponibles dans la mer Baltique, soit deux grands cuirassés datant de 1911, le Marat et la Commune de Paris (que la France doit donc être honorée du choix de ces noms!) peut-être un ou deux croiseurs légers et quelques grands torpilleurs, en tout, dit-on, 25 unités.
- Mais ce qu’on sait de l’état de ces navires, petits et grands, les montre dans une condition qui a été longtemps déplorable, et n’a pu s’améliorer que partiellement, malgré les semblants de manœuvres que les bolchevicks, grands maîtres en l’art de
- Fig. 6. — Le Oh-I, croiseur japonais léger.
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- 24 :-----: LES CANALISATIONS D’EAU SOUS PRESSION EN ACIER
- bluffer, ont fait exécuter il y a quelques semaines. Et il y a loin de Cronstadt à Vladivostock.
- De plus l’envoi par le gouvernement des soviets aux mers de Chine de la presque totalité de ses forces navales n’irait pas sans éveiller de fortes susceptibilités et déjà, la presse anglaise ne manque pas de faire observer qu’avant d’arriver à Vladivostock, l’escadre soviétique aurait à traverser un certain détroit de Tsushima, aux cuisants souvenirs !
- D’autres nations encore ont des intérêts considérables dans le Pacifique, l’Angleterre d’abord, parce qu’elle en a partout et qu’elle y est puissamment représentée par ses Dominions et colonies diverses. La Hollande y joue également un rôle im-
- portant par ses possessions de la Sonde, pour la défense desquelles elle entretient sur place un certain nombre de navires de guerre, parmi lesquels on compte au moins 12 à 15 sous-marins.
- La France intervient également avec notre domaine indochinois, nos îles du Pacifique, Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Hébrides. Le pavillon français y flotte actuellement sur une division de 5 croiseurs cuirasséset un assez grand nombre de petites unités.
- Tels sont quelques-uns des facteurs du problème quelque peu angoissant devant lequel se trouve actuellement notre pauvre monde déjà si troublé. a Di avertite omen! »
- Cl Sauvaiue-Jourdax.
- LES CANALISATIONS D’EAU SOUS PRESSION EN ACIER
- SYSTÈME MANNESSMANN
- Depuis quelque temps, la question de la matière devant constituer la tuyauterie d’amenée et de distribution d’eau soulève dans les milieux intéressés d’assez vives discussions. Les uns sont pour la fonte (4), d’autres pour l’acier (2).
- Jusqu’à l’apparition sur le marché français du tuyau d’acier laminé sans soudure, la fonte était, dans notre pays, l’unique matière employée pratiquement pour les conduites d’eau dans les conditions ordinaires de travail et de prise en tranchées souterraines. Ce n’était qu’en des cas spéciaux comme ceux des conduites forcées, c’est-à-dire sous fortes pressions et de gros diamètres, principalement dans les installations hydro-électriques, qu’on lui préférait le tuyau en ciment armé(°), le tuyau en fonte frettée d’acier (4), ou encore celui en acier aminé soit rivé, soit sans soudure.
- Les statistiques montrent que l’industrie du tuyau d’acier progresse de jour en jour, concurrençant le
- LL.Bonnet, ingénieur.De quoi le tuyau, demain, sera-t-il fait? de fonte ou d’acier?
- 2. 0. Ilocit, ingénieur : Les canalisations souterraines. Fonte ou acier? (Conférence faite en mars 1922 à l’Association des ingénieurs de l’Université de Liège.)
- 5. La Nature (n° 2623) : « Les tuyaux en ciment armé pour conduites d’eau sous pression », par M. Bousquet.
- 4. Le tuyau fretté est un tuyau dont la face externe porte des saillies annulaires tournées soigneusement pour y appliquer à chaud des frettes en acier qui augmentent considérablement sa résistance, et lui permettent de supporter des pressions auxquelles la fonte seule, même sous les plus fortes épaisseurs pratiques, ne résisterait pas. Bar suite, en cas de rupture, la fuite est limitée à la distance comprise entre.deux frettes consécutives, et la quantité d’eau qui s’en échappe est beaucoup plus faible que celle qui s’échapperait d’un tuyau de fonte nue.
- tuyau en fonte et cette fois dans les installations courantes pour lesquelles elle fait valoir le poids moindre, la grande flexibilité permettant dès lors à
- la conduite d’épouser les sinuosités du tracé, la plus grande longueur utile, d’où économie sur, les joints et la main-d’œuvre, sa grande résistance aux chocs et à la casse dans le transport comme dans la manutention, tandis que le tuyau en fonte est coûteux de transport et de pose en raison de son poids et de sa' fragilité; sa rigidité fait qu’il se rompt dès qu’il se produit un affaissement du terrain; il est enfin sujet à des ruptures soudaines provoquées par des tensions intérieures ou par la transformation moléculaire plus ou moins rapide connue sous le nom de destruction graphitique.
- Sans doute le tuyau en acier n’a point comme le tuyau en fonte d’aussi longs certificats de longévité, et pour cause, puisqu’il y a tout au plus un demi-siècle que cette industrie s’est créée, et si au début et durant plusieurs années, il y a eu par-ci par-là des déboires, c’est qu’alors le tuyau qui était généralement nu, était fait avec de l’acier extra-doux, tandis que depuis une trentaine d’années, le tuyau qui est goudronné à chaud intérieurement et extérieurement, et de plus revêtu de jute asphalté (fig. 1) est fait avec de l’acier Martin demi-dur.
- Des relevés de parties de tuyauteries posées de 1900 à 1905, pratiqués ces temps derniers, notamment dans le Doubs (Morteau), en Alsace (Colmar) et surtout dans les Pays Rhénans (Bour-sur-Sarre, Griesborn, Schiffweiller, Schaffhausen, Schwalbach, Geislautern, Hostenbach, etc.), ont montré la parfaite tenue du tuyau en acier. Au surplus, ajoutent
- Fig." i. — Tuyau en acier sans soudure système Mannesmann.
- Coupe montrant le joint et le revêtement en jute asphalté.
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- Fig 2. — Vue générale du laminoir oblique Mannesmann, aux Aciéries et Usines
- à tubes de la Sarre.
- Le lingot est transformé en un bloc creux qui constitue l'ébauche du tuyau sans soudure.
- les « aciéristes », le tuyau en acier est-il depuis i Par contre, les fondeurs prétendent que l’enve-longtemps presque exclusivement utilisé en Aile- , loppe en jute asphalté ne soustrait pas l’acier à magne, en Autriche et aux Ltats-Unis. I l’action corrosive à laquelle il est sensible par sa
- Fig. 3. — Vue générale du laminoir finisseur dit à pas de pèlerin. L'ébauche à parois épaisses est transformée en un tuyau à^cotes sensiblement définitives.
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- composition, soit de l'humidité tellurique, soit des sels du sol, soit encore de l’éleclrolyse. Les chances de destruction s’augmenteraient encore de la difficulté d’enrober convenablement les-joints sur le tas, après la pose et de réparer l’enveloppe extérieure par les trous de prise de branchements. Et en raison même de la teneur en carbone de la fonte, le tuyau en fonte serait infiniment moins sujet à l’oxydation que le tuyau en acier et résisterait mieux aux agents extérieurs de destruction.
- Enfin, ils soulignent le long passé du tuyau en fonte, et il en est, en effet, qui datent du xvne siècle. C’est ainsi qu’on pouvait remarquer à la Foire de Lyon (1925) dans un stand de la Métallurgie et de la Mécanique générale, un bout de tuyau en fonte, enveloppé dans sa gaine de tartre et de boue, provenant de la vieille canalisation desservant les jardins du château de Versailles. Ce tuyau intact, malgré ses 240 ans d’existence, montrait sur une entaille polie à la lime, l’inaltérabilité de son grain. Était égalementexposé un autre tronçon de tuyau en fonte provenant d’une canalisation posée en 1835 dans -l’Isère et remise en service en 1922.
- Si, par endroits, des tuyaux en-fonte ont dû être relevés parce que attaqués intérieurement ou extérieurement par des agents chimiques ou mécaniques, et ont même été remplacés par des tuyaux en acier, l’inverse aussi s’es.t produit, déclarent-ils, avec plus ou moins d’importance, ces dernières années, en Italie, en Australie (conduite de Cool-gardie), aux ittats-Cnis (conduite d’adduction de Rochester City N. Y), ces deux conduites n’étant pas toutefois du système Mannessmann.
- Peut-on, des arguments invoqués par les uns et par les autres, tirer une conclusion d’ensemble? A notre avis, non, et nous pensons que vouloir généraliser des faits isolés, aussi bien d’un côté que de l’autre, est contraire à toute méthode scientifique d’observation et de contrôle. Rejeter dans un projet de distribution d’eau le tuyau en fonte ou prohiber le tuyau en acier sont choses à ne pas faire si elles ne sont pas motivées par une sérieuse étude technico-financière, et à cet égard, on ne peut qu’approuver les services des Ponts et Chaussées, du Génie rural et des Compa-
- gnies de chemins de fer français qui mettent l’un et l’autre en concurrence. C’est aussi l’avis d’un homme extrêmement connu et estimé des hygiénistes et dès hydrauliciens, M. le Dr Imbeaux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, professeur du cours d’hydraulique à l’École Nationale des Ponts et Chaussées.
- Afin que nos lecteurs puissent se faire une idée du tuyau laminé sans soudure en acier, nous croyons utile d’indiquer comment il est fabriqué et quelles sont ses principales caractéristiques.
- Ce sont les Allemands qui ont fait faire les plus grands pas à cette fabrication. L’invention remarquable du laminoir oblique par les frères Max et Reinhard Mannessmann — de célèbre mémoire —
- a été le point de départ de cette nouvelle industrie. Complétée par des trains finisseurs de différents genres, miseaupointnon seulement en Allemagne, mais aussi en France, en Belgique, en Angleterre, elle est arrivée à une perfection telle que l’on fabrique maintenant couramment en une seule chauffe, en partant d’un lingot rond, des tuyaux sans soudure d’une longueur de 14 et 15 m., d’un diamètre allant de 40 à 525 mm, aux épaisseurs normales, n’ayant besoin enfin d’aucun étirage au sortir du train.
- Dans le procédé Mannessmann, le tube laminé sans soudure est obtenu par le passage d’un lingot d’acier, porté au rouge vif par une chaude préalable, dans deux laminoirs successifs. Le premier dit train perceur se compose essentiellement de deux cylindres dont les axes non parallèles présentent une légère obliquité l’un par rapport à l’autre. Il s’y produit un corroyage intense de l’acier par lequel le lingot initial devient une ébauche de tuyau, autrement dit un tube court, trapu, à parois épaisses, mais déjà évidé régulièrement de bout en bout.
- Cette ébauche est alors reprise par le train finisseur dit « au pas de pèlerin », par l’intermédiaire duquel l’ébauche est automatiquement forgée, allongée, amincie et calibrée, donnant finalement le tuyau de section, épaisseur et longueur prévues.
- A sa sortie du précédent laminoir, le tuyau est dressé à la presse, et soumis, s’il y a lieu, à un étirage complémentaire à froid au banc habituel ou à chaud par un train réducteur; une chaude en bout
- Fig. 4. — La cuve goudronneuse.
- Les tuyaux finis sont goudronnés par simple immersion, après réchauffage préalable.
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- permet de matricer les extrémités suivant les profils désirés d’emboîtements, brides, tulipes, etc., selon les types d’assemblage et les pressions de service adoptés. Enfin le tuyau préalablement tiédi est entièrement goudronné par immersion, puis enveloppé d’un revêtement par bande de jute imprégné d’asphalte chaud.
- Un avantage du tuyau ainsi produit, c’est,, pour les canalisations ordinaires, la forme particulière que l’une des extrémités du tuyau présente lorsqu’il sort du laminoir; son bout arrière est, en effet, constitué par une sorte de pavillon conique raccordant le diamètre et l’épaisseur du tuyau fini, au diamètre et à l’épaisseur de l’ébauche qui lui a donné naissance. Cette particularité facilite donc la préparation des bouts femelles de la conduite auxquels on doit donner la forme bien connue des bouts femelles des tuyaux en fonte. Ainsi avec le tuyau à recouvrement, d’épaisseur uniforme jusqu’à son extrémité, tout un travail de refoulement ou de renforcement était nécessaire ; ici un simple coup de presse suffit.
- Le métal employé est de l’acier obtenu au four Martin-Siemens; les charges sont constituées de matières premières de haute qualité, fontes hématites, exemptes de phosphore et de ferrailles lourdes. En outre, le pétrissage dû aux passes de laminage lui assure une homogénéité de texture remarquable. C’est ainsi que pour les tuyaux destinés à être enterrés, l’acier utilisé est de la nuance mi-dure, caractérisé par une résistance de 75 kg, un allongement de 12 à 15 pour 100 environ, enfin des
- teneurs moyennes en carbone (C), manganèse (Mn) et silicium (Si) respectivement de 0,55, 0,75 et 0,50.
- Les illustrations (fig. 2 à 6) aimablement communiquées par la Société des Aciéries et Usines à tubes de la Sarre, propriétaire depuis la guerre des établissements Mannessmann. de Burbach (8 fours Martin de 15 à 50 tonnes et 1 four électrique) et de Bour-sur-Sarre (5 laminoirs d’une capacité de production totale annuelle de 100 000 tonnes de tubes et tuyaux laminés à chaud de 50 à 545 mm de diamètre extérieur) montrent les diverses opérations dont il est question plus haut(i).
- Le tuyau en acier étant par sa nature flexible, il lui est donc possible de supporter, sans craindre de se rompre, les déformations auxquelles il peut être exposé du fait d’un mouvement ou d’un affaissement du sol. Cela a son importance dans
- Fig. 6. — Essai hydraulique en usine d’un élément de canalisation [J tuyaux assemblés bout à bout).
- Les tuyaux sont soumis à une pression intérieure de 75 kg .
- 1. D’autres firmes fabriquent en France le tuyau lamine sans soudure en acier pour canalisation d’eau, cilons notamment : Société des tubes de Yincey; Société métallurgique de l’Ariège; Société des tubes de Valenciennes etDenain; Société métallurgique de Montbard-Aulnoye ; Société de Louroil et Recquignies, etc.
- Particulièrement, cette dernière société .fabrique le tuyau sans soudure suivant un procédé différent dit de la centrifugation, lequel consiste à verser du métal en fusion dans une lingolière animée d'un mouvement de rotation (1000 tours-minute). Avec ce procédé on n’obtient pas directement le tuyau, mais une ébauche creuse qu’on réchauffe dans un four à gaz, puis dégrossit sur un mandrin entre les cylindres d’un train à cannelures demi-rondes ; après une dizaine de passes, le corroyage du tube est achevé. Ajoutons que le procédé Louroil, en permettant de couler rapidement tout le contenu d’un four Martin de 5à 10 tonnés, se prête bien, lui aussi, à une production intensive et économique.
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- Fig.
- Cintrage en tranchée.
- les agglomérations où le terrain est souvent fouillé ou exposé aux trépidations de lourds et rapides camions automobiles, dans les districts miniers, dans les régions de montagnes, enfin.dans les pays à tremblements de terre.
- Cette même flexibilité permet aussi de faire épouser à la conduite la plupart des sinuosités du parcours, du moins quand ces dernières sont d’une courbure compatible avec les déformations élastiques ou permanentes dont est susceptible la conduite suivant son diamètre (fig. 7), ce qui supprime des pièces de raccord coûteuses par elles-mêmes et par les joints complémentaires qu’elles comportent, comme aussi pour les petits diamètres d’assembler les tuyaux sur une grande longueur au bord de la tranchée — les joints sont alors mieux exécutés — et descendre la conduite progressivement*en place sans inconvénient (fig. 8).
- Relativement à - sa résistance, disons que pour les applications courantes de distribution d-’eau (ou de gaz), le tuyau en acier est soumis en usine à l’épreuve hydraulique de 60 atmosphères, soit une sécurité quatre fois plus grande que celle du tuyau de fonte.
- Jusqu’à environ 175 mm de diamètre, une conduite en acier pèse moitié moins (25 kg au lieu de 50) que la conduite en fonte; au delà, la différence est moins grande., mais encore sensible. Les conséquences de ce moindre poids du tuyau en acier sont de nature, on le comprend, à procurer une économie de transport, de frais de manutention et de pose.
- La longueur des tuyaux en acier système Mannessmann est la même pour tous les diamètres; elle peut
- atteindre 14 et même 15 m. alors que pour la fonte les longueurs sont de 4, 3 et 2 m. 50 suivant les diamètres et aussi parce qu’ils sont coulés verticalement. Le nombre de joints est donc de cinq, quatre ou trois fois moins grand; par suite, économie des matières premières nécessaires au joint, économie aussi de* main-d’œuvre, plus grande rapidité de pose et, ce qui est également intéressant, moindres risques de fuites.
- Si le tuyau en fonte est parfois l’objet de suintements auxquels d’ailleurs il est souvent possible de remédier, il n’en est rien avec l’acier. Enfin la paroi intérieure du tuyau en fonte étant plus rugueuse, il s’ensuit que la perte de charge(^ est un peu plus élevée; il résulte d’expériences faites notamment en Italie par les ingénieurs Pallachini et Pazini, que pour une charge et un débit donnés, la section d’une conduite d’acier peut être seulement de 8 à 9/10 de ce qu’elle devrait être dans le cas d’une conduite en fonte.
- Au moyen de la soudure autogène dont l’emploi se généralise de plus en plus, il est dès lors possible de réaliser en acier toutes les formes de raccord que la fonte, il faut en convenir, permet d’obtenir si facilement par coulée. D’ailleurs rien n’empêche d’utiliser les raccords en fonte comme aussi ceux en acier coulé. Les prises-raccords sur la conduite en place peuvent se faire pour l’acier exactement comme pour la fonte avec collier de serrage; on peut également souder au chalumeau des tubulures de raccord.
- Pour placer une tubulure sur un tuyau en acier, on découpe tout d’abord proprement avec un instrument très tranchant l’enveloppe de jute asphalté sur
- 1. Théoriquement la perte de charge se définit par la différence entre la pression de départ et celle d’arrivée; pratiquement, elle se trouve augmentée par les frottements, les remous, etc., pour lesquels la forme, la nature et le tracé de la conduite jouent un rôle important.
- Fig. 8.
- Descente d'un long tronçon de conduite Mannesmann dont les joints ont été exécutés hors la tranchée.
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- la surface nécessaire; le découpage . du métal s’opère assez vite en raison de son peu d’épaisseur. Une fois le raccord posé et la pression remise sur la conduite, il faut avoir bien soin de réparer l’enveloppe de jute asphalté et recouvrir la tubulure comme on a recouvert le tuyau, c’est-à-dire sans laisser aucune solution de continuité, autrement comme le dit M. Iloch, l’acier laissé à nu ne tarderait pas à se corroder ; son épaisseur plus faible le mettrait dès lors en état d’inférjorité, malgré son homogénéité et sa compacité parfaite. Si l’on prend soin d’opérer à une température suffisante, l’adhérence de la partie nouvelle à la partie ancienne est assurée au mieux.
- Comme pour les raccords, tous les joints.mis en œuvre pour les tuyaux en fonte sont applicables aux tuyaux en acier ; les plus courants sont ceux obtenus par matages de filasse goudronnée et de plomb. Notons que l’acier étant plus résistant, ce dernier matage peut se faire avec plus de force et sans avoir à craindre de faire sauter un morceau de la tête du tuyau, comme cela pourrait se produire avec la fonte. Pour le cas où le joint devrait participer aux déformations que des mouvements prononcés du sous-sol imposeraient à la conduite, un type de joint coulissant rappelant les presse-étoupes, le joint Schalke (fig. 0) peut être pratiqué sans la moindre difficulté sur le tuyau en acier système Mannessmann. De plus, ce même tuyau, grâce à la forme de sa tête de laminage, permet le joint fileté mâle et femelle sans déformation du tuyau (fig. 10). Ainsi qu’il a été dit plus haut, on peut encore établir des joints soudés à l’autogène lesquels réalisent pratiquement, pour toutes distances, les conduites monoblocs.
- La nécessité de mettre à l’abri de la corrosion les canalisations souterraines a été reconnue de tout temps, puisque les tuyaux en fonte sont recouverts à chaud d’une couche soit de goudron d’usine à gaz, soit de la solution Angus Schmith. Mais ces enduits qui apportent au point de vue chimique une protection chimiquement parfaite, s’étant montrés en pratique d’une résistance mécanique insuffisante, les établissements Mannessmann décidèrent de les compléter en les renforçant par un revêtement continu fait d’une bande de jute asphalté, enroulée en spirale et posée également à chaud. Non seulement les tuyaux comportent cette enveloppe, mais
- Fig. io. — Joint précis à emboîtement fileté.
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- Fig. g. — Joint Schalke pour canalisations établies en terrains mouvants et miniers.
- aussi, nous l’avons vu, toutes les pièces nécessaires à leur appareillage : raccords, réductions, tés, courbes, etc., ce qui fait que le système entier d’une conduite est enfermé à l’intérieur d’une gaine continue de jute asphalté, imperméable, imputrescible et dont l’élasticité se prête aux flexions de la conduite même.
- En outre, cette enveloppe est un isolant diélectrique préservant ainsi le tuyau de l’action électrolytique provoquée par les- courants vagabonds qui sillonnent le sous-sol chaque fois que la terre, normalement ou par accident, est utilisée comme conducteur de retour à la Centrale. On sait qu’en particulier dans les régions dotées d’un réseau de tramways ou de chemins de fer électriques, les rails ne ramènent à l’usine génératrice qu’une fraction du courant mis en jeu, le-reste y revient par le sol, où il circule en empruntant naturellement les cheminements de moindre résistance, notamment les conduites métalliques à parois nues. De ce fait, les dégâts causés à ces conduites aux endroits où les courants électriques les quittent, peuvent être des plus graves : une corrosion électrolytique insidieuse s’installant aux points de sortie du courant, rongera et bientôt perforera la conduite sans qu’il soit pratiquement possible d’intervenir pour s’opposer à ces dégâts.
- Il faut reconnaître que l’action et le processus de cette corrosion électrolytique ont été, au cours de ces dernières années, l’objet de sérieuses études, lesquelles ont montré notamment que le danger est très réduit quand la différence de potentiel rail-conduite tombe dans le voisinage du feeder de retour, à 1 ou 1 1/2 volts. On conseille(*) enfin de prendre les précautions suivantes :
- 1° Rendre les rails aussi bons conducteurs que possible en les reliant par soudure électrique ou autogène, et s’ils ne sont pas soudés, en les réunissant par un gros fil de cuivre (8 mm au moins) ;
- 2° Si la différence de potentiel dépasse 1 volt, établir de nouveaux conducteurs de retour munis d’une résistance parfaitement réglable de façon que tous les points d’attache soient au même potentiel ;
- 3° Réaliser la plus grande résistance possible entre les rails et la terre par la pose des rails sur
- 1. Approvisionnement et distribution de l'eau, par - MM. Rutot, Questionne et Pulzeys.
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- du gravier ou du ballast, où encore sur une couche de béton (0 m. 15) revêtue d’une couche d’asphalte (0 m. 015);
- 4° Enfin écarter l’humidité; rejeter l’utilisation du sel pour la fusion de la neige; supprimer les jonctions métalliques entre les rails et la terre ainsi que tout contact métallique entre les conduites ou les rails et les câbles ; isoler dans des gaines les conduites voisines des rails; poser ces mêmes conduites et tous appareils en liaison avec elles au moins à 1 m. de distance des rails.
- Aux caractéristiques précédentes, il convient d’ajouter que presque toujours le prix du tuyau en acier est bien inférieur à celui du tuyau en fonte, c’est du moins ce que montrent à ce jour plusieurs grosses adjudications publiques. Il doit en résulter par voie de conséquence un moindre prix total, four-
- niture, transport et travail exécuté. Évidemment en l’état actuel des choses, cette différence de prix a son importance et il ne reste plus aux techniciens, selon les principes de l’économie industrielle, qu’à l’établir en fonction de la longévité de la matière employée.
- On comprend que la « durée de vie » soit, à l’égard de semblables travaux, un point capital; il faut quelle soit rémunératrice, c’est-à-dire telle que l’amortissement, sur une période étendue de l’installation projetée et réalisée, soit le plus léger possible aux budgets communaux. Autrement dit cette rémunération ne peut exister que si l’échéance de remplacement — puisque tout s’use ici bas — du réseau initial est, suivant les circonstances locales, suffisamment différée.
- M. -Bousquet.
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- Séances de novembre 1924.
- Le sang veineux de la thyroïde. — MM. Gley etChey-mol ont constaté que fa thyroïde de la chèvre est particulièrement riche en iode et les prises de sang efférent de cette glande leur ont permis de dosep la teneur en élément I. Dans les tableaux qu’ils publient, on trouve la preuve chimique de la sécrétion interne de la thyroïde.
- Le dosage quantitatif du thorium X. —M. F. Gazzoni signale un mode opératoire basé sur l’emploi de l’ammoniaque ou de l’eau oxygénée et qui lui a permis, par une série de cinq précipitations, de séparer 90 pour 100 du thorium X d’une préparation de radiothorium, ayant un rayonnement y équivalent à celui de 2 rng. de radium environ.
- Les muscles orbitaires des reptiles. — L’étude de M. E. Leblanc a porté sur le caméléon qui présente, parmi les reptiles, la musculature orbitaire la plus développée ; celle-ci est d'ailleurs supérieure en puissance relative à celle des vertébrés supérieurs et des primates avec laquelle elle présente une grande similitude; enfin elle explique le mécanisme du globe et l’amplitude, comme la rapidité, de mouvements, si opposés à la lenteur coutumière de l’animal. Sur ce point, M. Leblanc estime que le caméléon rappelle les grands Dinosauriens de l’ère secondaire.
- Les éthers oxydes. — La note de M. l’abbé Sanderens indique les quantités d’acide sulfurique concentré ou étendu qui fournissent les meilleurs rendements pour l’éthérification du propanol, du butanol,. des alcools isobu-tylique et isoamylique. Elle précise aussi les conditions de transformation en carbures des alcools secondaires.
- Au sujet du courant électrique. — Reprenant l’hypothèse d’Ampère et les différentes idées de Gauss, de Weber et de Maxwell, M. F. Guéry conclut en faveur de la théorie de Weber qui, satisfaisant à la loi de l’induction et conduisant, pour l’énergie relative de deux circuits fermés, à la loi de Neumann, s’accorde avec la théorie électromagnétique et la conception du courant
- considéré comme circulation de charges égales et de signes contraires.
- La formation de l’image latente en photographie. — M. René Àudubert reprend les résultats d’expériences, sur la photovoltaïcité des sels d’argent, qui donnent une explication simple du mécanisme de cette formation. A son sens, cette interprétation n’exclut ni la possibilité de processus photochimiques plus complexes,-ni l’action sensibilisatrice de la gélatine que caractérise, on le sait, son pouvoir de fixer les halogènes.
- Les massifs exotiques .de Sulens et des Aunes. — Les recherches de M. Léon Moret concluent pour la formation de ces deux massifs savoyards, isolés sur le Flysch autochtone du grand synclinal de Serraval-le-Reposoir, à un empilement de morceaux de nappes pouvant être homologués avec les trois entités tectoniques des Préalpes médianes, de la nappe du Flysch du Niesen et des Préalpes bordières.
- La chlorophylle chez les algues marines. — Pour M. Lubimensko qui a déjà montré que la concentration du pigment dans les chloroplastes présente un caractère héréditaire, la faible quantité de chlorophylle retenue dans les tissus doit constituer un caractère spécifique des algues, et de ce fait le chimisme de la photosynthèse chez ces plantes présente sans doute des particularités qu’on ne retrouve pas chez les plantes supérieures.
- A propos des boues activées. — Des observations de M. Lucien Cavel, il ressort qu’il est indispensable de n’envoyer aucune [eau d’égout même très faiblement acide, dans les stations d’épuration. La nitrification deviendrait impossible et, la boue perdant ses propriétés actives, les colloïdes fixés tout d’abord reprendraient la phase dispersée (peptisation).
- La rive méridionale du lac Léman. — M. Kilian signale les divers complexes qui caractérisent les formations quaternaires de la région de collines et de plateaux, étagés au sud du lac, en gradins successifs. Ses explo-
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- rations récentes lui permettent de reconstituer l’histoire géologique des divers phénomènes qui, dès la seconde moitié de le période quaternaire, ont produit, par leur succession, la disposition actuelle des terrains déterminant l’alimentation et la formation des sources minérales d’Evian. Seule, la conception du professeur Kilian explique, à la fois, la constance de composition, la nature, l’importance du déhit et la pression constante de la source Gâchât.
- .4 propos de la planète Mars. — Les observations de M. F. Baldet ont été faites au cours de l’opposition de 1924, avec la lunette de 0,85 m. et de 16 m. de distance focale de l’Observatoire de Meudon. Elles confirment celles de M. Antoniadi et, pour M. Baldet qui n’a trouvé aucune trace d’un réseau géométrique de « canaux » filiformes, les formations sur Mars sont aussi irrégulières que le sont les formations terrestres.
- Paul B.
- CONSTITUTION CHIMIQUE DES COMBUSTIBLES MINÉRAUX
- Depuis longtemps, l’analyse élémentaire a permis de reconnaître que les charbons contiennent une forte proportion de carbone (75 à 95 pour 100), de l’oxygène, de l’hydrogène, de l'azote et divers composés minéraux que l’on retrouve après incinération à l’état de cendres. Mais, dans le cours du dix-neuvième siècle on ne s’était guère occupé de rechercher les combinaisons chimiques dans lesquelles ces différents éléments se trouvent engagés. Sans doute, la complication du problème avait rebuté les chimistes qui s’y étaient essayés; quant aux techniciens, ils semblent avoir eu quelque tendance à considérer les, combustibles fossiles comme des sortes d’éponges de carbone imbibées de produits volatils qui se dégageaient par calcination en vase clos dans la fabrication du gaz d’éclairage. Ainsi qu’on le verra par la suite, rien n’est plus inexact que cette conception dont on peut encore trouver trace dans quelques ouvrages technologiques. Mais ce n’est que depuis peu de temps que l’on a cherché à déterminer la constitution chimique des houilles et, dans ce but on a, en ces dernières années, poursuivi un grand nombre d’études dont je voudrais donner ici un rapide exposé.
- Il était naturel de penser à appliquer [la méthode d’observation microscopique qui a donné de si importants résultats pour la pétrographie et pour l’étude des alliages métalliques. C’est ce qu’a fait Mme Stop, qui, en observant au microscope et en photographiant des lames minces coupées dans les combustibles fossiles, a réussi à y distinguer quatre constituants différents auxquels elle a donné les noms de fusain, durain, clairain et vilrain. Au point de vue chimique, on a reconnu que le fusain est le plus riche des quatre en carbone et se distingue en outre par son inaptitude à fixer l’iode : ceci indique qu’il ne doit contenir que des espèces saturées.
- Divers liquides organiques sont susceptibles d’enlever aux houilles des quantités de matières plus ou moins, importantes : il y avait là le point de départ d’une méthode de fractionnement fréquemment employée au laboratoire. On a essayé successivement le phénol fondu, l’aniline, le tétrachlorure de carbone, le benzène, etc. Toutefois, il est difficile de trouver un solvant qui enlève au charbon une quantité de produit appréciable sans risquer d’en modifier la composition par réaction chimique ou dépolymérisalion.
- Par la pyridine, Boudouart avait extrait une substance résineuse décomposable à basse température ; la houille traitée avait perdu la propriété de donner par calcination un coke aggloméré. Le benzène bouillant a été employé par M. Pictet qui, après quatre jours de traitement, a réussi à enlever à la houille 0,25 pour 100 de produits où il a caractérisé les composés suivants : carbures hydro-aromatiques saturés et non saturés; alcools
- aromatiques; bases azotées. Avec les lignites, les résultats sont complètement différents. On obtient un 'produit solide dans lequel on a identifié des constituants analogues à ceux qui existent dans les cires végétales et dans la cire d’abeille.
- Il était indiqué d’essayer une autre méthode de fractionnement régulièrement employée en analyse immédiate, je veux dire la méthode de distillation. De fait, on sait depuis plus de 100 ans que la calcination de la houille en vase clos au-dessus de 1000° permet de séparer différents produits ; c’est le principe de la fabrication du gaz d’éclairage imaginé par Philippe Lebon. Les corps ainsi obtenus se distinguent en les trois catégories suivantes :
- 1° Un résidu solide ou coke ;
- 2° Un gaz combustible renfermant de l’hydrogène, de l’oxydô de carbone, des carbures éthyléniques, des carbures benzéniques, du formène, de l’hydrogène sulfuré, de l’ammoniac, du gaz carbonique, de l’azote, du sulfure de carbone et des composés cyanogénés;
- 5° Des produits condensables sous forme visqueuse appelés goudrons. La nature chimique des goudrons varie avec la qualité des houilles traitées et la façon dont la distillation est conduite : toutefois on y rencontre toujours la série des dérivés aromatiques (benzène et homologues, phénol, naphtaline, anthracène, etc.).
- Si on effectue la calcination à température plus basse, la nature des produits obtenus est complètement différente. En opérant à 458° sous pression réduite, M. Pictet a recueilli des goudrons contenant des carbures hydroaromatiques saturés et noîi saturés, des carbures formé-niques, des alcools hydro-aromatiques, des phénols et des hases organiques. Ces produits sont analogues à ceux qui ont été extraits par traitement au benzène : on est donc conduit à supposer que les carbures aromatiques présents dans les goudrons du gaz d’éclairage n’existent pas dans la houille crue, 'mais proviennent de décompositions pyrogénées. De même l’ammoniac et l’hydrogène n’apparaissent dans les gaz de calcination 'qu’au-dessus de 800°. Ceci confirme bien ce que nous disions en commençant, à savoir qu’il importe de ne pas assimiler les phénomènes qui accompagnent la carbonisation à une simple volatilisation physique.
- Tels sont les seuls résultats auxquels ont conduit dans l’étude des combustibles fossiles les méthodes classiques de l’analyse immédiate : suivant la discipline habituelle, on est amené à les compléter par l’étude de l’action que les réactifs chimiques exercent sur les houilles.
- -Les halogènes sont susceptibles de se fixer sur certains charbons comme ils le fout sur des composés non saturés : Ceci laisse supposer que ces charbons peuvent être hydrogénés.
- De fait, dès 1869, Berthelot avait réussi à transformer
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- la houille en huile par action de l’acide iodhydrique en tubes scellés. Plus récemment, Bergius a fait agir l’hydrogène sous pression à la température de 400° ; 80 pour 100 du charbon traité serait ainsi transformé en un liquide combustible dont la composition chimique n’est pas encore précisée; d’après l’inventeur, il y aurait là le point de départ d’une méthode industrielle permettant de préparer les carburants.
- L’oxygène se combine lentement à certains charbons dès la température ordinaire, plus rapidement à 100°. Cette réaction est intéressante au point de vue technique : les combustibles oxydés ont en effet une puissance calorifique réduite, et leur aptitude à se transformer en coke aggloméré est diminuée dans de notables proportions. Enfin, les oxydations lentes se changent parfois en oxydations vives, et ceci explique les incendies spontanés observés dans les soutes, plus spécialement dans le cas des lignites.
- Fischer a fait passer à froid un courant d’ozone dans de l’eau contenant en suspension du charbon pulvérisé, et a obtenu de la sorte une solution brune dont la nature n’a pas été déterminée. Le même savant a employé au lieu d’ozone de l’air comprimé aune température comprise entre 120 et 200° ; 50 pour 100 du combustible traité était transformé en des produits solubles dans la soude, parmi lesquels il a été possible de caractériser des acides benzoïque et phtalique : ces acides ayant une structure cyclique, on se trouve conduit à admettre la préexistence dans le charbon de combinaisons à chaînes fermées.
- Quoi qu’il en soit, les méthodes classiques de la chimie ne fournissent que bien peu d’indications sur la constitution des houilles : ceci tient à ce que les agents physiques et chimiques n’agissent en général que sur une faible portion des constituants. La preuve en est fournie par le peu d’importance des extraits obtenus par dissolution. La masse principale réagit seulement quand interviennent des actions violentes, comme il arrive dans la calcination en vase clos à température élevée ,ou dans la combustion vive à l’air. Mais alors les transformations subies par les molécules sont trop profondes pour que l’on puisse tirer des conclusions quelconques relativement à leur structure primitive.
- Ceci a conduit à essayer une méthode indirecte consistant à suivre l’évolution des produits à partir desquels les combustibles fossiles ont pris naissance. On part d’une hypothèse universellement admise aujourd’hui d’après laquelle tous les charbons se forment par transformation de tissus végétaux. Or, on connaît relativement assez bien la constitution de ces tissus, et d’autre part il existe dans la nature des charbons d’âges variables. En particulier, les tourbes et les lignites représentent, selon toute vraisemblance, des états intermédiaires entre les végétaux et les houilles proprement dites. Il est donc possible de présumer l’évolution des constituants primitifs du squelette végétal* et, par extrapolation, d’en déduire la nature même des corps existant dans la houille.
- Si l’on fait abstraction de l’eau, les végétaux supérieurs renferment en moyenne ,95 pour 100 de matières organiques, et 5 pour 100 des produits minéraux. La partie organique au point de vue élémentaire contient approximativement 50 pour 100 de carbone, 40 pour 100 d’oxygène, de l’hydrogène et de l’azote. On y a caractérisé des hydratas de carbone, des cires et des résines.
- Les hydrates de carbone appartiennent à la classe des
- polysaccharides, et les plus abondants se rangent dans la catégorie des celluloses qui sont des corps blancs, insolubles dans l’eau, solubles dans un réactif spécial appelé liqueur de Schweilzer.
- Par action du bisulfite de soude sur les tissus végétaux, on n’altère pas la cellulose mais on extrait suivant les espèces 20 à 40 pour 100 de lignines. 11 n’y a guère plus de dix ans que l’on a étudié la constitution et les propriétés des lignines, et que l’on a reconnu qu’elles avaient toujours une structure cyclique ana'ogue à celle des composés aromatiques ou hydro-aromatiques.
- Les cires et les résines n’entrent que pour une faible proportion dans la composition des bois ; il semble toutefois que ce soit à partir de ces corps que prennent naissance les produits enlevés aux combustibles par action des dissolvants. On a mentionné déjà que l’extrait ben-zénique des lignites se rapprochait des cires végétales.
- C’est par des fermentations anaérobies que les végétaux se transforment en combustibles fossiles : dans le cas de la tourbe, ces fermentations ont lieu sous l’eau ; elles se produisent au sein de la terre pour les lignites et les houilles. Or il a été établi que les lignines sont susceptibles par des traitements convenables accomplis au laboratoire à l’abri de l’air de, donner naissance aux produits connus sous le nom d’acides humiques. Ces acides, de constitution mal connue, sont solubles dans les alcalis : ils se retrouvent dans les tourbes et les lignites mais non pas dans les houilles, où existent au contraire des produits analogues à ceux que donnent les acides humiques par polymérisation sous l’influence de la chaleur. Le rôle de la lignine paraît ainsi prépondérant dans la formation des combustibles fossiles : et comme ce corps, ainsi d'ailleurs que les acides humiques, a une structure cyclique, on est conduit à admettre que les constituants correspondants des houilles ont la même constitution.
- Fischer et Schrader avaient tout d’abord supposé que la cellulose n’intervenait pas dans la formation des charbons ; ils admettaient en effet que la fermentation des produits cellulosiques donnait uniquement naissance à des corps liquides ou volatils disparaissant dans les profondeurs du sol. Il paraît, aujourd’hui que cette conclusion est trop absolue : néanmoins, le rôle de la cellulose est vraisemblablement moins important que celui de la lignine.
- De tout ceci, on peut déduire que les composés existant dans les houilles présentent pour la plus grande partie une structure aromatique ou hydro-aromatique : c’est là à peu près tout ce que l’on peut dire de certain. Il est à souhaiter que les études entreprises sur ce sujet soient poursuivies avec méthode. 11 n’est pas en effet de corps plus employé que le charbon soit dans les opérations industrielles, soit dans la vie domestique; il est donc intéressant d’en connaître la constitution. Sans doute, cette connaissance n’est pas de grande utilité lorsqu’il s’agit simplement de brûler de fa bouille dans un foyer : mais tout le monde s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que c’est là une opération quelque peu barbare, et qu’il convient de développer de plus en plus les procédés grâce auxquels on extrait préalablement tous les composés liquides ou gazeux qu’un combustible peut fournir, le résidu solide ou coke étant seul brûlé intégralement. Or la préparation de ers divers composés est complexe, et seule la connaissance exacte de la constitution du charbon primitif en permettra la conduite rationnelle. René d’Okceau. ' .
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2650.
- 17 JANVIER 1925
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN ALGERIE
- Secousses sismiques des environs de la ville d’Alger.
- L e littoral méditerranéen de l’Afrique septentrionale a ressenti à diverses époques des tremblements de terre qui ont occasionné de grandes catastrophes et anéanti plusieurs villes, tant à l’époque romaine qu’à celles arabe et turque. Depuis la conquête de l’Algérie, à la fin du siècle dernier, des villes comme Dellys, Ténès, Blida, El Affroun et d’autres furent presque anéanties. Ces dernières années, les communes de Cavaignac et de Chasseriau subirent des dégâts assez importants et ces communes à l’heure actuelle sont à peine relevées de leurs ruines. 11 y a quelques semaines, de nouvelles secousses sismiques se firent sentir aux environs d’Alger, mais ne firent en général que peu de dégâts.
- Le 5 novembre 1924, vers 18 h. 58, une violente secousse qui dura près de 15 secondes ébranla toute une zone de 150 km environ. A l’Observatoire de la Bouzarea, où cette secousse fut enregistrée par le sismographe, d’après les renseignements communiqués par M. Gonessiat, le distingué directeur de l’établissement, l’ébranlement fut si prononcé qu’il se prolongea pendant plus de 2'0 minutes sur la
- Fig. i. — Les effets du tremblement de terre du 5 novembre à Boufarik.
- L’église : désaxement du clocher.
- Une des pendules de l’Observatoire fut arrêtée. Les oscillations ont eu une grande amplitude, mais
- Fig. 2 et 3. — Les effets du tremblement de terre du 5 novembre à Boujarik. Maison entièrement détruite. Campement dans les rues.
- feuille et un des styles enregistreurs fut violemment projeté hors du cadre de l’appareil.
- Fig. 4. — Campement en plein champ (Ferme Linarès).
- elles n’ont pas eu une rapidité assez grande pour êlre destructives.
- La ville d’Alger et l’Observatoire de la Bouzarea, qui est situé à plus de 400 m. d’altitude, se trouvent dans la zone ondulatoire à une vingiaine de kilomètres de l’épicentre. Les régions voisines de l’épicentre ont subi des dégâts matériels assez importants, mais heureusement, il n’y a eu que deux victimes, dont une, le jeune Guardiola, qui a succombé.
- Assez nombreuses sont les maisons qui se sont écroulées, vu la nature argileuse et marneuse des terrains du Sahel.
- Ces divers mouvements sismiques se "sont renouvelés avec plus ou moins d’intensité depuis'le 5 novembre dernier jusqu’au 13 inclusivement; mais, de. nouveaux mouvements oscillatoires viennent de
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- 53* Année. — l,r Semestre.
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- Fig. 5. — Carte indiquant les communes éprouvées dont les habitants vivent en partie sous la tente.
- Le cercle représente la zone de l’épicentre. ;
- se faire sentir le 2 et le 5 décembre ainsi qu’il résulte des communications faites à la presse par l’Observatoire de la Bouzarea.
- Mardi, 2 décembre, le sismographe a enregistré deux secousses, l’une à 15 h. 52 et l’autre a 23 h. 27 ; elles étaient relativement très faibles.
- Le mercredi 3, deux autres secousses ont aussi été enregistrées.
- La première, la plus violente, s’est produite à 2 h. 31 ; elle a été ressentie avec le numéro 3.
- La seconde, beaucoup plus faible, a eu lieu à 5 h. 21.
- Gomme pour les séismes du mois de novembre, l’épicentre paraît être situé à une profondeur de 25 à 50 km et au même endroit.
- Un fait singulier au sujet de la dernière secousse : entre 5 heures et 5 h. 50 des meubles ont été ébranlés, mais chose curieuse, cette secousse n’a pas été enregistrée au sismographe.
- Au moment où ces lignes sont écrites, le 4 décembre, trois nouvelles secousses viennent de s’inscrire au sismographe à 12 h. 27, 12 h. 55 et 12 h. 45. Les deux premières, la seconde surtout, du degré 4, ont été ressenties à Alger. Aucune communication n’est encore parvenue de l’intérieur.
- Espérons que ces mouvements sismiques nouveaux n’ont occasionné aucun dégât. Rien n’est
- plus triste dans la zone de l’épicentre, que de voir pendant cetté saison pluvieuse presque tous les habitants obligés de camper soîis des tentes militaires pour éviter d’être ensevelis sous les maisons dont la plupart sont inhabitables.
- A l’époque précédant la conquête de l’Algérie, on sait, d’après la correspondance des Consuls du xvme siècle, que les tremblements de terre commençaient en hiver, continuaient pendant des périodes de plus de 6 mois, pour redoubler d’intensité pendant la période estivale.
- Henri Murat.
- Bou9ie
- Boufaric
- Fig. 6. — Rose sismique des secousses du 5 novembre.
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- INSTINCT ET TREMBLEMENT DE TERRE
- Stanislas Meunier, à la page 225 de son intéressant ouvrage La Terre qui tremble (Delagrave) cite Le Gentil, lequel écrivait : « Une demi-heure avant que la terre s’agite, tous les animaux paraissent saisis de frayeur, fuient, sortent de leurs trous, etc. ». Il cite encore Dolo-mieu parlant des chiens de Messine et autres animaux. Meunier paraît admettre que les animaux sentent les secousses « quelques secondes » avant nous, ou qu’ils ont des moyens qui nous sont inconnus. En tout cas ces faits sont établis.
- Mais beaucoup de gens vous diront : « C’est l’instinct ! »
- Dans ma jeunesse, vers 1875, un professeur de collège, pasteur en disponibilité, nous disait : « L’homme a l’intelligence, mais l’animal a l’instinct ! Il a été donné à l’animal et à l’insecte en même temps qu’ils furent créés et il leur a été donné parfait, ils l’ont depuis toujours, etc, ». Après quoi il n’y a plus qu’à admirer les merveilles de l’instinct et cet état d’admiration est la meilleure des conditions pour ne rien comprendre!
- Nous avons eu dans la région d’Alger une suite de séismes commencée le 5 novembre à 18, h. 45. La toute première secousse, ou mieux le tout premier groupe de secousses, groupe s’étendant sur une quinzainedesecondes de temps, fut du beaucoup la plus importante.
- Les séismes qui suivirent au cours de trois semaines allèrent en s’atténuant. L’épicentre était à Boufarik, joli bourg situé à 27 km d’Alger. Aucun dégât à Alger même, mais à Boufarik des cloisons détruites, des coins de chambres Ventre-bâillant, etc. Pour la sensibilité humaine le tremblement n’est pas allé au delà de 75 km de Boufarik.
- Ce jour-là, vers 16 heures, je travaillais à notre bibliothèque municipale centrale. C’était un travail de recherches intéressant et absorbant, mais malgré cela j’avais été frappé au cours de l’après-midi par une bizarre sensation de froid après un début de la journée très chaud pour la saison. Depuis, cette observation d’un refroidissement insolite m’a été apportée par une autre personne. Vers 16 heures j’ai de l’oppression, de la dyspnée nerveuse, la tête un peu lourde, mais je suis habitué à tout cela, je sais que ce sont les variations électro-magnétiques, ou hygrométriques, prodromes d’orage ou de sirocco qui en sont cause. Mais vers 17 heures tout s’accentue d’une façon anormale et je sens une névralgie lancinante à la tempe gauche et dans l’orbite de l’œil gauche; or, comme je n’ai jamais de névralgies à la tête, je commence à être vraiment intrigué.
- Puis vient comme une anxiété, une inquiétude encore toute physique, ensuite une vraie émotion. Mon appréhension augmente, j’abandonne mon travail, je me lève automatiquement comme poussé et je vais au balcon ouvert sur la baie d’Alger, .le crois que j’y suis allé avant tout pour mieux respirer. Là l’aspect étrange du paysage me frappe : par beau temps, sans vent, une lumière jaunâtre, bizarre, une brume légère anormale qui n’est pas d’humidité, car il fait très sec, ce n’est pas une brume de sirocco. Jusqu’à ce moment rien de net dans ma conscience en fait d’idées, je n’ai pas encore commencé à penser, à imaginer. Pour ce cas, la théorie de l’émotion dite de James-Lange s’applique très bien; ce sont bien les centres nerveux du système vaso-moteur, centres des émotions, qui ont été touchés avant les centres d’associations.
- Je me vois encore mettant le pied droit sur la dalle du balcon et au moment où j’y mets le pied gauche j’entends en moi un mot: « Cataclysme»! C’est évidemment la résultante de toutes les sensations et. perceptions précédentes s’objectivant dans ma conscience sous forme d’une idée générale, sans images à cet instant. Le cas vaut que l’on s’y arrête. Le mot-idée « cataclysme » est comme une pancarte synthétique utile qu’au cours de ma vie mon esprit a fini par planter sur un tas d'images diverses, parentes, acquises successivement, puis reléguées dans l’archive du subconscient. Quand je dis (( cataclysme », « attraction», a justice », « amour », etc., je n’ai pas d’images dans l’instant, mais je sais ce que je dis, je pourrais l’instant d’après donner un exemple en le sortant du tas. Ensuite, mais ensuite seulement, les images constitutives de l’idée générale « cataclysme » sont entrées à leür tour dans le champ de la conscience, comme sortant de l’ombre.
- Il y a eu alors comme une dissociation consciente de l’idée générale et les images, plus ou moins étroitement associées, sont apparues à peu près comme suit, mais ceci est une description grossière de la réalité : lumière bizarre — éclipse? — soleil — Flammarion — orage électrique — Moreux,.et enfin le tremblement de terre?
- Je suis rentré dans la salle et j’ai appelé un ami travaillant dans une autre salle. Je l’ai amené .sur le balcon en lui disant : a Voici un aspect étrange du paysage; nous aurons peut-être un tremblement de terre. » — A noter ici que je n’avais jamais assisté à des séismes. Au bout d’une demi-heure environ mon malaise étaitdissipé. Je suis revenu chez moi et là je me suis installé, confortablement étendu, sur un canapé pour lire. Environ deux heures après, à 18 h. 45, j’entends un puissant grondement souterrain, mon canapé est mû par tin' roulis comme une couchette de paquebot, je lente de m’agripper au dossier, je le manque et je me reçois sur les pieds debout sans savoir comment! J’épargne au lecteur les détails familiaux et urbains qui suivirent, détails pittoresques, mais ici oiseux.
- Le lendemain matin mtm ami arrive à la bibliothèque et me dit en souriant : « Je vous proclame prophète ! C’est un pressentiment ? » — Je réponds : « Je ne crois pas, c’est tout ce que j’ai en moi d’animal qui a réagi, mais nous avons peut-être là l’explication de l’instinct des animaux en pareil cas ».
- Prenons maintenant > la théorie récente de l’abhé Moreux. Que dit le savant astronome? D’abord perturbation violente dans le soleil, accompagnée d’un orage électro-magnétique soleil-terre. A celte variation de chaleur solaire sont consécutives des accumulations plus ou moins grandes de condensations diverses, donc condensations de masses, variations de masses et de poids, par endroits. Le déplacement de l’axe de rotation dé là Terre cherchant sans cesse son équilibre peut alors se faire plus où moins brusquement; si minime que soit une telle variation, elle est grande à notre échelle. Ensuite, plus ou moins rapidement, viennent les effets tectoniques dans la croûte terrestre aux endroits de plissements et de fractures, avec ou sans volcanisme suivant les endroits propices. Or, ces condensations prennent un certain temps, c’est là l’idée particulière • à Moreux, lequel a prédit juste plusieurs tremblements de terre.
- Ce que j’ai senti vers 17 heures, c’est l’orage électromagnétique, c’est là le phénomène initial senti'par les ani-
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- L’OCCLUSION DES GAZ DANS LES SOLIDES
- maux et par certains nerveux ! Tout le reste n’est que consécutif !
- Dans le treillis de la causalité, le tremblement de terre de 18 h. 45 n’est qu’une bagatelle infime, un effet minuscule de l’orage solaire. « Une bagatelle »! Yoilà qui ne sera évidemment pas l’opinion des habitants de Boufarik, car pour eux le susdit petit effet apparaît comme une cause de malheurs divers.
- Je n’ai pas pré-senti, je n’ai pas pré-vu, un déplacement de masses souterraines qui ne s’est réalisé qu’à 18 h. 45. Gardons le terme : « pressentiment » pour quand on a besoin de l’hypothèse psychométrique de l’avenir préexistant (voir Maeterlinck dans Le Temple enseveli, p. 286). J’ai prédit et j’ai prédit juste per combinazione, comme disent les Italiens, là où nous disons : par hasard, et ils disent bien mieux. Par une combinaison d’événements, je me suis trouvé ce soir-là à Alger. J’aurais pu me trouver autre part, être affecté, et prédire faux — pour l’endroit de mon séjour. Ou encore le petit séisme de Boufarik aurait pu se produire à l’occasion d’un autre orage solaire et pas de celui-là, car les conditions souterraines d’un séisme humainement sensible dans cette région peuvent être variables et j’aurais prédit faux.
- Pour les autres secousses beaucoup moins importantes, j’ai senti de l’oppression environ une heure avant, mais ceci n’est pas à retenir, mon imagination étant alors influencée par le souvenir du premier séisme. Trois autres personnes parmi mes connaissances sont à citer. Deux d’entre elles ont senti cette après midi-là une anxiété inhabituelle. La troisième a perçu principalement le refroidissement anormal et a pensé : tremblement de terre, parce qu’elle se souvenait fort bien du séisme de 1867 à Alger, précédé du même fait.
- Récapitulons la chaîne probable commune à l’homme
- et aux animaux : sensations anormales à la périphérie, vibrations et tensions nerveuses anormales, excitation anormale des centres nerveux du système vaso-moteur, centres des émotions, anxiété physique, émotion, enfin inquiétude. Alors l’homme comme l’animal ne peut rester en place, l’inquiétude devient agitation, mouvement, marche vers le dehors, vers l’air. Pour les animaux il suffit d’aller jusqu’au chaînon émotion inclusivement, déterminant le changement de lieu. Il n’est aucunement nécessaire de se figurer que l’animal prévoit quoi que ce soit d’autre, qu’il quitte la maison, le poulailler, son gite, etc., par un sentiment de danger futur. Nul besoin d’invoquer qu’une poule au cours de son existence en tant qu’espèce (phylogénèse) a accumulé les expériences de poulaillers détruits.
- Je ne nie aucunement l’instinct pris dans le sens mémoire acquise par l’espèce, bien au contraire! Je dis que dans le cas qui m’occupe cette explication n’est pas nécessaire.
- Admettons simplement un ébranlement nerveux de genre anormal dù à l’orage solaire et le reste s’explique dans ses grandes lignes. Aucun besoin dans notre cas du mot instinct (*). Encore un coin de la métaphysique des . magisters qui s’effondre, dirait Rabaud (2).
- Y. Cornetz,
- Bibliothécaire de la ville d’Alger
- 1. Franken a pu réunir 8 définitions du mot instinct pour les physiologistes et 12 pour les psychologues! Voir là-dessus : Y. Cornetz, Les Explorations et les Voyages des Fourmis, p. 154 (Flammarion).
- 2. Voir le travail capital de Rabaud, La Biologie des Insectes, avant, pendant, après J.-H. Fabre, dans Journal de Psychologie, du 15 octobre 1924.
- L’OCCLUSION DES GAZ DANS LES SOLIDES
- La préparation des gâteaux feuilletés.
- Très fréquemment les solides renferment des quantités considérables de gaz occlus, depuis les savons flottant sur l’eau, dans lesquels on a injecté de l’air pour diminuer leur densité, jusqu’aux cendres volcaniques qui constituent un verre si rempli de bulles gazeuses qu’elles ont une densité inférieure à celle de l’eau, en passant par les plumes colorées des oiseaux dont nous avons parle précédemment.
- Il est un cas intéressant d’occlusion des gaz dans les solides qui a été étudié en particulier par Tyndall, c’est celui où le système a la structure lamellaire. Tyndall a montré que cetfe structure se produit lorsqu’une masse homogène est soumise à la pression dans des conditions telles qu’elle puisse céder et s’écouler dans une direction normale à celle de la pression. L’expérience qu’il a réalisée pour illustrer cette proposition est extrêmement simple : de la cire blanche, refroidie et comprimée de façon à s’écouler latéralement, peut ensuite être découpée en lamelles d’une minceur extraordinaire. Le même
- phénomène se présente à une très grande échelle dans la nature, et c’est à lui que l’on doit la formation des ardoises.
- Plus modeste, la cuisinière qui prépare de la pâte feuilletée n’en applique pas moins inconsciemment le même principe. Tyndall, dans son livre Fragments of Science, écrit ce qui suit : « Le clivage de nos collines est accidentel, mais dans le cas de la pâte feuilletée, il est intentionnel. Le pâtissier a cherché à conserver une série de surfaces de faible résistance suivant lesquelles le gâteau puisse se diviser en plaques.
- La pâle feuilletée ne doit pas être trop fatiguée, de plus on doit la rouler sur une table froide pour empêcher le beurre de fondre et de se diffuser dans la masse, ce qui rendrait celle-ci plus homogène et moins facile à diviser. La pâte feuilletée est donc simplement un cas exagéré des propriété de clivage de l’ardoise. »
- II. Vigneron.
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- LA MINE DE HOUILLE
- L’industrie houillère est une des plus importantes de la France, tant par le rôle économique et social du produit qu’elle extrait que par le nombre des ouvriers qu’elle emploie. En 1924 la France a produit environ 5 700000 tonnes de houille par mois et occupé 290000 ouvriers mineurs. Au mois d’octobre l’extraction a dépassé pour la première fois 4 millions de tonnes. On sait que le bassin principal est celui du Nord et du Pas-de-Calais qui, après
- ployés à l’abatage du charbon et les autres, soit 59000, à divers travaux du fond sur lesquels nous reviendrons ultérieurement. En résumé, sur 64000 •4-25000 — 89 500 ouvriers, 25000 seulement ou 28 pour 100 se consacraient à la tâche caractéristique du mineur. Encore n’avons-nous pas fait état des ouvriers employés au jour dans des ateliers annexes des mines et qui en font en réalité partie intégrante, comme les cokeries, les fabriques de
- Fig. i. — Machine d’extraction à vapeur dans une mine de houille.
- 6 années d’efforts ininterrompus, s’est à peu près complètement relevé des sauvages dévastations que les Allemands lui infligèrent volontairement à la fin de la guerre.
- Dans une mine de charbon, le point principal est évidemment le chantier souterrain où l’ouvrier attaque la veine de houille. Mais si l’on examine le nombre des7 ouvriers spécialement affectés à ce travail, on remarque qu’il n’est pas très important. Tous les ouvriers sont loin heureusement de passer leur journée dans les postures pénibles popularisées par l’image ou par la sculpture de Constantin Meunier. C’est ainsi qu’au lei janvier 1925, il y avait dans les mines du Pas-de-Calais 25 000 ouvriers qui ne descendaient jamais au fond (ouvriers dits des travaux de jour) contre 64000 travaillant au fond. Dans ce dernier nombre 25 000 ouvriers étaient em-
- briquettes et de boulets de charbon. Dans les autres bassins, on observe des résultats analogues. Dans les bassins les plus favorisés, comme ceux delà Ruhr, cette proportion reste encore au-dessous de 50 pour 100.
- Nous avons, dès le début de notre exposé, attiré l’attention sur les chiffres précédents pour faire comprendre quelle vaste organisation gravite autour du mineur type qui s’appelle en langage des mines le « piqueur », pour lui faciliter sa tâche, augmenter son rendement et évacuer jusqu’à la surface les produits de son travail.
- Le fond de la mine avec ses innombrables galeries constitue un corps où les problèmes les plus importants sont des problèmes de circulation. Et nous entendons ce terme dans son sens le plus général : il ne convient pas en effet de le restreindre à la circulation du charbon abattu par le piqueur, ,eit
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- LA MINE DE HOUILLE
- qui s’éloigne vers le jour : il y a la circulation du personnel qui va à son travail ou en revient, celle des bois de mine qui vont soutenir le poids des terrains dans les chantiers èt encore celle cfe l’air comprimé qui va seconder le piqueur pour abattre le charbon, de l’air ordinaire qui va balayer le grisou redoutable qui suinte du charbon et la chaleur qui sè détache de toutes les roches aux profondeurs considérables où descendent actuellement les éxploi-tations, circulation du courant électrique qui actionne
- formations jusqu’à son chargement en wagon.
- L'abatage du charbon. — Nous supposons l’ouvrier arrivé à son chantier. Il s’est au préalable muni à la surface d’une lampe qui lui est affectée en propre et d’un repas froid qu’il mangera au milieu de son travail pendant une demi-heure de repos. Descendu par la cage d’extraction jusqu’à l’étage où il travaille, il a fait à pied un trajet d’une vingtaine de minutes pour aller du puits à son chantier. Dans la législation française, la durée du
- Fig. 2.— Machine dextraction électrique. (Mines de Lens. Photographie communiquée par les Ët. Schneider.) A gauche, le moteur électrique (derrière Les 3 cadrans indicateurs). A droite, le tambour d’enroulement des câbles. Les 2 pièces verticales reliées à de fortes tringles supportent lés sabots des freins. Devant le machiniste, entre le moteur et le tambour, l’indicateur et l’enregistreur de vitesse de la cage (aiguille noire sur cadran blanc) et l’indicateur de position de la cage avec ses tiges filetées.
- les locomotives des voies principales, la circulation de l’eau qui descend en abondance dans les chantiers par les fissures du sol et'qu’il faut remonter à la surface.
- Au jour,, c’est-à-dire à la surface, se trouvent, outre les bureaux, les sources de l’énergie consommée au fond de la mine — sources d’électricité et d’air comprimé ;— les installations qui secondent le mineur dans son travail,: lampisterie, bains-douches, ventilateurs; les machines d’extraction et les ateliers qui rendent le charbon propre à la vente : criblage, lavoirs, usines à agglomérés, fours à coke.
- Dans la description dès travaux de la mine, nous commencerons par le travail fondamental, celui de l’abatage. Nous suivrons ensuite le charbon abattu dans la suite de ses mouvements et des trans-
- trajet d’aller et retour entre le chantier et le jour est comptée au mineur comme temps de travail. Aussi les compagnies houillères ont-elles aménagé le plus de puits possible pour servir à la descente du personnel afin de réduire au minimum le temps mort des trajets.
- Les veines de houille sont d’épaisseur variable. Dans le nord de la France, on n’exploite pratiquement pas celles qui ont moins de 40 cm d’épaisseur et on n’en rencontre pas qui dépassent 4 m. Dans le bassin de Saint-Étienne, on en trouve des plus épaisses. Les veines dont l’exploitation est la plus avantageuse ne sont pas forcément les plus épaisses comme on serait tenté de le croire et l’on obtient d’excellents résultats avec celles qui ont environ 1 m. 25.
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- Le nombre d’ouvriers occupés à l’abatage dans un chantier qu’on appelle encore « taille » n’est souvent que de 2 ou 5 : Dans certains cas, qui ne sont pas encore très fréquents, il peut s’élever à une vingtaine (longues tailles).
- Le procédé d’abatage le plus simple est l’abatage au pic,l’outil essentiel du mineur d’autrefois et qui est encore fort répandu. En brisant la houille avec son pic, l’ouvrier s’efforce de faire le plus de gros morceaux de charbon possible , car leur valeur est plus grande que celle des poussières ou fines.
- Pour augmenter la quantité de charbon abattu par le piqueur, et faciliter sa tâche, on a cherché à substituer au pic des moyens plus puissants. Depuis une dizaine d’années, on a assisté) à un développement considérable de ces moyens.
- \ Ce sont principalement le mar-, teau piqueur et' lés explosifs.
- Le marteau piqueur est une sorte de pic mû par l’air comprimé au lieu de l’être par le piqueur.
- C’est un instrument dont le poids est d’environ 7 kg, que le mineur tient à la main et dont il dirige l’action. 11 n’a pas encore paru indiqué d’employer le marteau piqueur dans toutes les veines, mais son usage s’est beaucoup développé*
- En conséquence, il a fallu établir au jour des compresseurs d’air et actuellement on voit dans toutes les galeries de mines des tubes d’acier qui conduisent l’air comprimé jusqu’aux chantiers.
- La pression nécessaire au fonctionnement du
- marteau est d’environ 4 kg par centimètre carré. Les compresseurs du jour compriment l’air à 7 kg. La différence des pressions sert à parer aux fuites qui se produisent aux nombreux points de canalisation et à surmonter les frottements de l’air dans les conduites. Le nombre des marteaux piqueurs
- est passé :
- dans le bassin de Saint-Etienne de 116 en 1915 à 520 en 1925 ;
- dans le bassin du Pas-de-Calais de 745 en 1911, à 1592 en 1915, à 2870 en 1925 bien que la reconstitution des dommages de guerre n’y soit pas encore achevée.
- Dans ce dernier bassin, le tonnage abattu au marteau représente près de 2 millions de tonnes, soit 16 pour 100 de la production totale contre 4,2 pour 100 en 1915. Et même, dans certaines exploitations, cette proportion s’élève à l’heure actuelle à près de 50 pour 100.
- Cette transformation des méthodes d’abatage a nécessité une extension considérable des compresseurs installés au jour et c’est certainement un des points remarquables parmi les travaux effectués au jour depuis une dizaine d-’années.
- La puissance des compresseurs s’est élevée : dans le bassin de Saint-Étienne, de 4800 ch en 1915 à 16 500 ch en 1924.
- Dnns le bassin du Centre (Carmaux), de 1940 ch eh 1915 à 5500 ch en 1924. j Dans le bassin du Pas-de-Calais, la reconstitution n’est pas achevée, mais déjà le 51 décembre 1925
- fümi
- Fig. 3. — Vue d’ensemble d’un puits avec chevalement métallique.
- (Mines de Dourges. Photographie communiquée parles Ét. Schneider.) La silhouette d-’un homme placé au premier plan donne l'échelle et permet d’apprécier la très grande hauteur du chevalement au-dessus du sol. — La balustrade du sommet permet également de mesurer le diamètre des vastes poulies d’enroulement du câble ou molettes.— Le bâtiment en béton armé qui entoure le chevalement est celui où arrivent les berlines chargées. Le bâtiment contenant la machine d'extraction n’est pas figuré sur la photographie. Il serait à gauche. —- Au fond, les bâtiments métalliques perchés sur des colonnes sont ceux où le charbon est criblé avant son chargement dans
- des wagons.
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- la puissance des compresseurs dépassait notablement le chiffre de "1915 qui était de 48 000 ch. On remarque aussi que les compresseurs à vapeur disparaissent rapidement devant les compresseurs électriques. Ce progrès de l’éleciricité dans les mines, nous aurons l’occasion de le constater à nouveau à plusieurs reprises.
- Le rôle de l’explosif dans l’abatage se développe également beaucoup.
- Dans le bassin du Pas-de-Calais, le tonnage abattu à l’explosif s’est élevé en 1925 à 1540000 ton-
- Les explosifs employés dans les mines et plus spécialement dans les couches de charbon doivent naturellement être étudiés et manipulés spécialement afin de réduire au minimum les risques d’explosion de grisou et des poussières.
- En résumé, le charbon abattu autrement qu’à la main représente 11+16 = 27 pour 100 de l’extraction totale pour l’année 1925.
- La durée de présence de l’ouvrier mineur est de 8 heures, dont 6 h. 1/4 à 6 h. 1/2 de travail effectif contre 7 h. 1/2 en 1915. La production
- Fig. 4. — Vue d’ensemble d’un puits avec chevalement en béton armé.
- (Mines de Dourges. Photographie communiquée par les Et. Schneider.)
- Mêmes observations que pour la photographie précédente. On aperçoit les câbles. Au premier plan, sur le sol, berlines de forme spèciale chargées de bois de ^mine.
- nés, soit 11 pour 100, nécessitant une consommation de 75 grammes d’explosif par tonne. Dans certaines mines, la proportion s’élève à 50 pour 100. Ici encore il y a progrès depuis la guerre.
- La consommation d’explosif par tonne extraite a augmenté de 59 à 56 gr., soit 45 pour 100 depuis 1915.
- Dans le bassin de Saint-Étienne, elle est passée de 47 à 77 gr., par tonne extraite, en augmentation de 65 pour 100.
- Rappelons que, dans les mines, les explosifs sont aussi utilisés au creusement des galeries et que cette application en consomme beaucoup plus que l’abatage proprement dit.
- moyenne d’un ouvrier piqueur est d’environ 6 tonnes 1/2 dans le bassin de Saint-Étienne, 2 tonnes 1/2 dans le bassin du Pas-de-Calais. La diversité de ces chiffres provient de l’organisation toute différente du travail dans les 2 bassins houillers. Le piqueur de Saint-Étienne ne se préoccupe que d’abattre le charbon, celui du Pas-de-Calais effectue en outre certains travaux accessoires.
- Ces différences de condition sont la conséquence ; du caractère différent du gisement, mais la production moyenne des mines par ouvrier varie assez peu en France quand on passe d’un bassin à un autre.
- S.
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- L’ÉPILOGUE DE L’EXPÉDITION D’AMUNDSEN
- Les craintes que nous exprimions il y a quelques mois (n° du 24 mai 1924) sur le succès de l’expédition Amundsen se sont malheureusement réalisées. Un radio lancé le 9 novembre dernier et capté par la station de T. S. F. du Spitsberg annonce son échec définitif.
- Ainsi que nous l’avons précédemment raconté, Amundsen se proposait d’atteindre le Pôle nord en faisant véhiculer son navire captif dans la banquise par le courant marin qui sillonne de part en part le bassin arctique. On sait depuis le voyage de Nansen que dans le vaste océan, au milieu duquel passe le sommet boréal de l’axe de rotation de notre globe, les
- se manifester suivant la même trajectoire, dans trois ou quatre ans la traversée du bassin arctique serait achevée en passant dans les parages du Pôle. Malheureusement aussitôt après que l’expédition eut atteint le 76°16', de fraîches brises de nord-ouest persistèrent pendant plusieurs semaines de suite ; elles eurent naturellement pour effet de repousser dans le sud la banquise avec le navire qu’elle retenait prisonnier. Au début de décembre 1923 le Maud se trouva ainsi ramené à 185 km en arrière du point où il se trouvait au commencement de septembre. Après cela la dérive, au lieu de reprendre en direction nord-ouest, porta dans l’ouest, si bien que
- 3.XD.23
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- Fig. i. — La dérive du Maud dans l’Océan Arctique.
- eaux superficielles dérivent en direction nord-ouest depuis les abords septentrionaux du détroit de Bering jusque dans les parages du Pôle, puis à partir de ce point vers le sud-ouest, vers le Grôn-land oriental, entraînant les glaces dans un lent mouvement de translation.
- A la fin d’août 1922, après trois ans d’efforts, le navire de l’expédition, le Maud, placé sous le commandement du capitaine Wisting, réussissait à entrer dans la banquise en dérive au nord du détroit de Bering. Rappelons que trois semaines auparavant, le chef de la mission, Amundsen, avait débarqué sur la côte septentrionale de l’Alaska pour tenter de son côté un raid en avion vers le Pôle.
- Pendant le second semestre de 1922 et le premier de 1923, le Maud propulsé par le courant progressa dans la direction désirée, et, le 6 septembre 1923, il parvenait au 76° 16' de latitude nord par 163° de longitude est. Dès lors, il n’y avait plus qu’à s’armer de patience ; si la dérive continuait à
- dans les premiers jours de 1924, l’expédition arrivait près de la côte orientale de l’archipel de la Nouvelle-Sibérie. De ce fait, la situation devint singulièrement alarmante; il es.t, en effet, de toute évidence que contre la longue et large digue ébréchée que forment ces îles en travers de l’océan polaire, les glaces poussées par le courant doivent presser avec force; en approchant de ces terres, le Maud risquait donc d’être écrasé ou tout au moins arrêté dans sa marche. C’est cette dernière éventualité qui s’est réalisée.
- Au printemps 1924, la dérive reprit en direction nord-ouest, le long de l’ile de la Nouvelle-Sibérie. Le 9 août dernier, annonce le radio reçu récemment, le Maud se trouvait au delà de cette terre, dans le bras de mer la séparant de l’archipel de Long, par 76° 25' de latitude et 143° de longitude est, soit à 9 milles (près de 17 km) plus au nord que le point atteint le 6 septembre 1923. A ce moment, une débâcle partielle rendit la liberté
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- ÉPILOGUE DE L’EXPÉDITION D’AMUNDSEN
- au navire qui depuis deux ans n’était plus qu’un corps mort se mouvant avec la banquise au gré des vents et des courants. Le capitaine profita aussitôt de cette circonstance pour essayer de doubler l’archipel de la Nouvelle-Sibérie. Par suite de l’accumulation des glaces autour de ces terres, cette tentative échoua. Les Norvégiens ne se découragèrent pas pour cela; ils contournèrent parle sud l'archipel (Q, puis passèrent sur la côte ouest de l’île Kotelnoï. N’était-ce pas dans cette région qu’en 1893 Nansen avait commencé son célèbre voyage? Peut-être dans ces mêmes parages le Maud rencontrerait-il le courant qui avait véhiculé le Fram vers l’extrême nord? Celte fois encore la chance ne favorisa pas les explorateurs. Des amas de glace aussi denses que ceux qui les avaient arrêtés au nord de l’île de la Nouvelle-Sibérie les empêchèrent de progresser’dans la direction désirée.
- Ainsi, de tous côtés la voie se trouvait fermée ; en conséquence les Norvégiens se voyaient contraints d’abandonner définitivement leur projet de dérive à travers le bassin arctique. Ils résolurent alors de rentrer en Europe en faisant route dans l’ouest, le long de la côte septentrionale de Sibérie, mais dans cette direction ils se heurtèrent également à des banquises infranchissables. Pour sortir de l’étau dans lequel ils étaient enserrés, il ne leur restait d’autre ressource que de revenir dans l’est, vers le détroit de Bering, et, le 27 août, après avoir traversé le détroit de Laptev qui sépare les îles de la Nouvelle-Sibérie du continent asiatique, ils arrivaient à 7 milles du cap Baranov, à l’est de l’embouchure de la Kolyma. Dans cette région, le Maud se heurta à des glaces non moins épaisses que celles qu’il avait rencontrées autour de l’archipel de la Nouvelle-Sibérie ; ne pouvant se frayer un passage, le capitaine prit alors le parti d’aller mouiller derrière les îles des Ours. Encore une fois les vaillants explorateurs étaient condamnés à un hivernage. L’expédition se trouve actuellement bloquée à quatre milles au nord de l’île des Quatre-Piliers, une des terres de ce groupe insulaire, donc non loin de l’île d’Ajan où elle a hiverné en 1919-1920. Depuis 1918 c’est le sixième hiver que ces marins passent dans l’océan glacial de Sibérie (1 2). L’histoire de l’exploration polaire ne renferme point,
- 1. Le radio expédié le 9 novembre manque de clarté; il est par suite impossible de rétablir avec certitude l’itinéraire de l’expédition dans ces parages. Des quotidiens norvégiens supposent que, sous le nom de Nouvelle-Sibérie, le capitaine du Maud a voulu désigner non seulement l’archipel de la Nouvelle-Sibérie, mais encore celui de Long, et croient par suite que l’expédition a traversé le détroit séparant ces deux groupes insulaires, et essayé ensuite de faire route dans l’ouest de Kotelnoï. Après quoi, trouvant la route barrée dans cette direction, l’expédition est revenue dans l’est et a traversé le détroit de Laptev.
- 2. Arrêtée par les glaces dans sa navigation le long de la côte septentrionale de Sibérie en direction du détroit de Bering, elle a passé l’hiver 1918-1919 près du cap Tchéliouskine, la pointe suprême verstle nord du continent asiatique, celui de 1919-1920 à l’île d’Ajan, à l’est de l’embouchure de la Kolyma, enfin celui de 1920-1921 sur la côte sibérienne à l’entrée septentrionale du détroit de Bering. Après être
- croyons-nous, d’autre exemple d’un équipage ayant séjourné aussi longtemps au milieu des glaces.
- Le message reçu récemment signale qu’à la suite d’un choc violent, au cours d’une convulsion de la banquise, une voie d’eau, de faible débit heureusement, s’est ouvertedansla partie arrière du Maud, et, ce qui est beaucoup plus grave, que la provision d’huile de graissage pour le moteur est presque épuisée; il n’en reste plus que pour une marche de 36 heures, Le navire devra donc revenir à la voile vers le détroit de Bering ; dans ces conditions, là navigation sur cette mer qui est restée encombrée de glaces durant ces dernières années pourra réserver de nouveaux déboires aux intrépides Norvégiens.
- Barement, expédition n’a été poursuivie par une mauvaise chance aussi persistante. En dépit de prodiges d’énergie, elle n’a pu accomplir aucun des principaux articles de son programme; |grès cinq ans d’efforts infructueux elle se voit contrainte d’abandonner l’exploration du bassin arctique; on sail, d’autre part, que l’été passé, Amundsen a dû renoncer à son projet de vol vers le Pôle, faute de pouvoir payer comptant les avions nécessaires à son entreprise.
- Quoi qu’il en soit, d’importants résultats ont été acquis au cours de ces laborieuses campagnes. Pendant les nombreux hivernages du Maud sur la côte nord de Sibérie, le Dr Harold Ulrik Sver-drup, chargé des travaux scientifiques du bord, a recueilli, avec le concours de ses compagnons, d’abondantes observations intéressant toutes les branches de la géophysique. Il a, en outre, exploré la presqu’île des Tchoutkes, cette région extrême du continent asiatique demeurée en grande partie mystérieuse et en a étudié les primitifs habitants, les TchouktchesetlesLamoutesQ). Enfin, au cours des navigations du Maud et de sa dérive avec la banquise, des mesures très précises de la température de la mer et de la salinité à différentes profondeurs ont été effectuées, lesquelles apportent de précieuses informations sur la circulation océanique dans le bassin polaire.
- Gomme nous le rappelons plus haut, au dernier moment, Amundsen n’a pu accomplir le raid aérien vers le Pôle qu’il avait combiné, par suite de l'impossibilité dans laquelle il s’est trouvé de payer avant le départ les avions qu’il avait commandés. Après ce nouveau déboire, le sympathique explorateur a dû demander la liquidation judiciaire de ses biens personnels. Jusqu’ici pas une voix ne s’est élevée ni dans le gouvernement ni dans le parlement norvégiens pour venir au secours de cet homme probe et désintéressé qui, par ses exploits, a valu à son pays une gloire retentissante et qui l’honore grandement.
- demeurés à Seattle (Etats-Unis) pendant l’hiver 1921-1922, les Norvégiens ont ensuite hiverné en 1922-1925 et en 1923-1924 au milieu des glaces en dérive à travers l’océan glatial de Sibérie.
- 1. Le récit de cette exploration a été publié dans la relation des deux campagnes de 1918-1919 et 1919-1920, qu’Amundsen a publiée sous le titre de Nordostpassaç/en (Le passage du Nord-Est).
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- FAITS NOUVEAUX OU PEU CONNUS CONCERNANT LES FOURMIS = 43
- Son expédition a déjà coûté à la Norvège de grosses sommes et la situation budgétaire oblige à la parcimonie, dit-on. Mais est-ce que chaque année, l’état norvégien ne consacre pas des millions à entretetenir des organismes administratifs inutiles, dont le pays ne retire ni profit ni honneur ?
- Malgré ces coups répétés de la mauvaise fortune, Amundsen ne s’est pas laissé abattre. Loin de renoncer à son projet, il a décidé d’en poursuivre l’exécution, et, afin de se procurer les sommes necessaires pour désintéresser ses créanciers, payer les frais du retour du Maud et monter une nouvelle expédition aérienne polaire, il poursuit depuis plusieurs mois une campagne de conférences aux Etats-Unis. Sa persévérance lui a valu un premier succès. Un mécène américain a mis à sa disposition une somme de 100000 dollars. De son côté, l’Aéro-club de Norvège a pris en main l’organisation de son prochain raid polaire, et s’occupe de son côté de réunir les fonds nécessaires. D’après le programme qui vient d’être publié, l’expédition prendra comme point de départ la côte occidentale du Spitsberg et de là accomplira le voyage vers le Pôle aller et retour; Amundsen renonce ainsi à la traversée complète du bassin arctique du Spitsberg à la côte nord de l’Alaska, en passant par le Pôle, que primitivement il se proposait d’entreprendre. La distance à couvrir est d’environ 1100 km dans chaque sens. Deux appareils seront employés, des Dornier Wal, lesquels seront montés par les pilotes norvégiens les plus expérimentés, les lieutenants de vaisseau Riiser-Larsen et Dietrichson. Les avions doivent être livrés en février, et, le départ aura lieu en mai prochain.
- Une seconde exploration aériepne dans la zone arctique est annoncée, celle-ci au moyen d'un dirigeable. Le 25 novembre dernier, devant la Société
- norvégienne de Géographie, le capitaine de zeppelin Bruns, a exposé un programme de voyage également à travers le bassin polaire. Partant de Mourmansk, sur la côte nord de la Laponie russe, un aéronef se dirigerait vers la terre François-Joseph, puis de là vers le Pôle, d’où il rejoindrait l’Alaska. A ce projet le professeur Fridtjof Nansen a donné l’appui de sa haute autorité; il a même annoncé son intention de participer au voyage. On fait valoir qu’avec un zeppelin on pourra exécuter des observations scientifiques beaucoup plus précises et plus complètes qu’avec un avion. Cette entreprise n’est encore qu’à l’état de projet, ni le capital nécessaire n’est réuni, ni l’aéronef construit. En raison de s dépenses considérables qu’elle entraînera, ses promoteurs ont émis l’idée de lui donner un caractère, international.
- Peut-être ce projet d’exploration polaire recouvre-t-il une manœuvre politique. On sait que les hangars de Friedriehshafen servant à la construction des zeppelins doivent être démolis en vertu du traité de Versailles et que les Allemands cherchent à éluder cette clause. En se couvrant du haut patronage de Nansen et en invoquant l’intérêt supérieur de la science, ne serait-il pas possible d’obtenir la conservation de ces établissements? Sms leur maintien il serait en effet impossible de construire le dirigeable nécessaire à l’exploration des régions encore inconnues avoisinant le Pôle nord. Le thème prête à copieuses variations, que la propagande allemande si habile,,si insidieuse, saura utiliser. En tout cas, le capitaine Bruns continue sa campagne, et,, après avoir développé son projet à Oslo (l), il vient de l’exposer à Copenhague. Chiiies Rabot.
- 1, Nom de Kristiania depuis le 1er janvier 1925.
- FAITS NOUVEAUX OU PEU CONNUS CONCERNANT LES FOURMIS
- Le savant genevois Auguste Forel vient de publier sa dernière œuvre et de couronner de la sorte une longue carrière d'entomologiste.
- Né le 1er septembre 1848 d'un père suisse et d'une mère française, il passa sa première enfance dans le village de Lonay, sur les bords du lac Léman. C'est là que s'éveilla très tôt son goût pour. l'étude des fourmis, a Dès l'âgè de cinq ans, dit-il, les fourmis,"'lés guêpes, les escargots, les petites bêtes, en général, firent mon unique bonheur, les fourmis surtout... Ce fut ainsi que j'observai avec passion la vie des insectes, faisant, comme le Monsieur Jourdain de Molière faisait sa prose, dè la science sans le savoir. »
- Plus tard, en diverses parties de la Suisse, à Morges, à Vaux, à Lausanne, à Zurich, puis au cours de grands voyages en pays lointains, se donnèrent libre jeu les goûts du jeune savant et furent jetées les bases de ces deux œuvres : « Les
- Fourmis de la Suisse » et a Le Monde social des fourmis ». '
- Le cinquième et dernier volume du « Monde social des fourmis’ » est] paru. Aussi le moment nous semble venu d'esquisser à grands traits, non pas félat actuel de toutes nos connaissances sur les fourmis, mais un certain nombre de faits nouveaux ou peu connus concernant leurs mœurs.
- Nous étudierons successivement, après une courte introduction, les nids des fourmis puis les rapports de ces insectes avec les plantes.
- Les fourmis appartiennent au même ordre d’insectes que les abeilles et les guêpes. On les rapprocherait plus volontiers des termites si l’on s’en tenait à leurs mœurs et à leur aspect global; mais leur anatomie, jointe à la nature de leurs métamorphoses, en font incontestablement des Hyménoptères.
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- Rappelons seulement deux faits qui nous seront indispensables par la suite. D’abord les fourmis, au sortir de l’œuf, sont des larves apodes et peu mobiles (fig. 1) dont les ouvrières doivent prendre soin. Elles les nourrissent et les transportent d’un endroit à un autre de la fourmilière suivant les heures de la journée.
- Bien soignées et nourries copieusement, les larves ne tardent pas à subir une première métamorphose qui les transforme en nymphes. Celles-ci peuvent être nues, comme chez la Myrmica ruhra, notre fourmi rouge ordinaire. D’autres fois les nymphes sont au contraire enveloppées dans un cocon ressemblant à celui des vers à soie. Dans le cas de notre Formica fusca, on peut voir, à l’intérieur d’une même fourmilière, des nymphes qui restent nues, tandis que d’autres ont un cocon. Celui-ci, lorsqu’il existe, est tissé par la larve* au moment où elle va se métamorphoser. Nous verrons, à propos des « fourmis tisseuses », que certaines larves possèdent des glandes à soie énormes.
- En dehors des métamorphoses, le second fait important relalif aux fourmis est leur polymorphisme. On appelle ainsi l’existence de plusieurs sortes d’individus dans une même fourmilière. Il y a toujours des femelles fécondes ou reines, des mâles et des femelles stériles, plus connues sous le nom d'ouvrières. Parfois s’ajoutent des soldats qui ne sont que des ouvrières de grande taille et portant de fortes mandibules.
- La plus grande espèce de fourmis connue est VAnomma Wilwerthi que représente notre figure 2. La femelle atteint 42 mm de longueur. Les mâles sont ailés. Quant aux ouvrières, elles sont de trois sortes : des grandes, des moyennes et des petites. Les grandes sont les soldats auxquels sont confiés les gros ouvrages et surtout la défense du nid, ainsi que les expéditions guerrières.
- On connaît à l’heure actuelle plus de 7500 espèces, races et variétés de fourmis. Chacune d’elles présente un minimum de trois formes différentes (femelle, mâle, ouvrière). Il en résulte un total approximatif de 25000 sortes de fourmis répandues sur toute la surface de la terre. Une Myrmécologie complète, avec description de toutes ces formes et de leurs mœurs, constituerait un immense ouvrage d’une centaine de volumes. Loin de nous, par conséquent, l’intention de donner dans cet article une idée même approximative de la variété des fourmis. Tout diffère entre elles (fig. 3), depuis la forme générale du corps jusqu’aux plus minimes détails de l’ornementation : les unes sont presque rondes et hérissées de piquants; d’autres sont allongées comme des fils ou aplaties à la façon des cloportes. Les mandibules sont courtes et dentées ou plus ou moins longues et crochues au bout; celles des « fourmis amazones », notamment, sont arquées et pointues et leur servent à transpercer le cerveau de leurs ennemis.
- Les nids des fourmis. — Ce qui frappe tout d’abord, c’est la variété de ces habitations creusées les unes dans la terre, les autres dans le bois, tandis que certaines d’entre elles, construites en carton, pendent aux arbres des forêts tropicales. D’ailleurs, il existe aussi des fourmis qui utilisent les cavités naturelles des plantes et des rochers, ou qui s’installent sans scrupule dans les nids d’autres insectes.
- Si l’on réfléchit au nombre considérable des espèces, races et variétés de fourmis, ainsi qu’aux différences des milieux où elles sont appelées à vivre, on ne trouve pas étonnant que leurs nids offrent une telle multiplicité d’aspects. Il va de soi que les fourmis ne peuvent nidifier de la même manière au Brésil et dans l’extrême nord de la Norvège, en France et au Sahara, dans une plaine basse et sur des cimes alpines de 5000 ou 4000 mètres. En Europe, d’une manière générale, la plupart des fourmis vivent dans la terre; au désert, elles creusent leur nid dans le sable ; c’est aux arbres qu’elles le suspendent en pleine forêt tropicale. Ainsi les nids des fourmis sont parfaitement adaptés aux circonstances extérieures.
- D’autre part, les nids des fourmis ne ressemblent en aucune manière à ceux des abeilles et des guêpes. Construits en cire ou en carton, les nids de ces dernières ont des cellules polygonales (alvéoles) dont la structure est instinctivement fixée par hérédité pour chaque espèce. Les nids des fourmis sont, au contraire, presque tous irréguliers et variables dans une même espèce. Leurs galerips et leurs chambres, plus ou moins spacieuses, s’enchevêtrent sans plan défini.
- Nous retrouverons, à propos d’autres instincts des fourmis, une plasticité de même ordre que celle qui existe dans leurs instincts constructeurs. Peu nous importe, d’ailleurs, que ce soit considéré comme une supériorité ou une infériorité des fourmis par rapport aux autres Hyménoptères. Négligeons systématiquement les hypothèses pour nous en tenir aux faits.
- Les nids les plus répandus en Europe sont creusés dans la terre. Ils dépassent rarement 30 ou 40 centimètres de profondeur et les galeries souterraines s’espacent de plus en plus à mesure qu’on s’enfonce ou qu’on s’éloigne du centre. C’est avec leurs mandibules que nos fourmis indigènes creusent et déblaient. Les petites particules de terre sont portées au dehors les unes après les autres. Le plus souvent, elles sont déposées à l’orifice principal du terrier, où elles ‘constituent une sorte de cratère. En forêt, les Formica pratensis, rufa, sanguinea construisent plutôt un dôme composé de matériaux très divers : aiguilles de pins et de sapins, débris de feuilles, petites pierres, etc.
- Tout cela est d’ailleurs très connu, soit par les observations qu’on a pu faire soi-même, soit par les nombreux récits que l’on trouve jusque dans les ouvrages de classes.Moins connu est le dôme creux
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- de certaines espèces (fig. 4). Quelques fourmis (.Lasins niger et L. flavus) recouvrent l’entrée de leur nid d’une voûte creuse de maçonnerie, maintenue par des tiges et des feuilles d’herbe verte, sur lesquelles se tiennent les ouvrières avec leur couvée. Forel pense que ce sont des sortes d’étuves destinées à recueillir et accumuler la chaleur du soleil. Dans les montagnes, on a constaté que les dômes creux de Lasius flavus sont toujours inclinés dans la direction du soleil levant (sud-est).
- Au moins aussi industrieux que les fourmis précédentes, le Tachymyrmex turrifex du Texas élève une tour en terre maçonnée sur l’orifice principal de son nid. La construction de plusieurs fourmis de l’Amérique du Sud affecte la forme d’un sablier. Celle de la Pheidole Sykesii de l’indeest entourée d’une demi-douzaine de remparts circulaires, dont le rôle est inconnu.
- A l’opposé des hardis maçons dont nous venons de parler, certaines fourmis de montagnes font leur nid suus des pierres plates qui leur tiennent lieu de dôme ou de voûte. Il suffit de soulever la pierre pour trouver, di-
- ------- I rectement sous elle,
- I des couloirs et des - chambres remplis de
- ^ larves, de nymphes et
- 4<r , j d’œufs. La pierre joue
- " ^ ‘ ici absolument le même
- rôle qu’un dôme maçonné ; elle réchauffe la couvée des fourmis en accumulant la chaleur des rayons solaires.
- Tandis qu’à 2000 ou 3000 m. d’altitude les fourmis éprouvent le besoin de se réchauffer, celles qui habitent les régions désertiques creusent des terriers profonds pour se soustraire, dans une certaine mesure, à l’ardeur du soleil. Au sud de l’Algérie, Forel a trouvé un nid de M essor arenarius d’au moins 1 m. 50 de profondeur et se prolongeant dans le sable sous une surface de terrain de 50 à 100 m. carrés. Ce nid présentait en outre de vastes chambres et des greniers.
- Le sable est de nature molle et pulvérulente. L’emporter grain à grain serait trop lent. Aussi les Conomyrmex exsanguis, les Dorymyrmex ensifer et d’autres ont des psammophores, sortes de longs poils fixés au menton et jouant le rôle de ramasse-sable.
- Fig. 2. -- La plus grande fourmi connue (Anomma Wilwerthi).
- A, mâle ailé ; B, femelle (42mm.); C, soldat; D, E, ouvrières.
- Fig. 1. — Différents types de larves (A, B, C) et œufs (D) de fourmis.
- Voilà pour les mineurs du sol. Il y a maintenant les ébénistes qui travaillent le bois avec les fortes dents de leurs épaisses mandibules. C’est ainsi qu’un beau jour, un orage abat un grand arbre, dont on trouve le tronc percé de part en part parles galeries du Camponotus ligniperdns. Ces mêmes fourmis s’attaquent souvent aussi, comme les termites, aux poutres des maisons, des chalets, des ponts, etc.
- Il doit être pénible de creuser en jouant des mandibules pour d’aussi petits êtres que les fourmis, dont la taille varie de 8 à 42 mm (fig. 2). Aussi voit-on certaines espèces s’établir dans les cavités naturelles des plantes et des rochers. Les tiges naturellement creuses des Cecropia du Brésil sont toujours habitées par des fourmis très urti-cantes du type Azteca Mülleri. En Afrique, ce sont des acacias, dont les épines creuses offrent aux fourmis le vivre et le couvert (fig. 5). Enfin, les botanistes ont cru devoir donner le nom de Myrme-coda (p.upp.7)?, fourmi; wSeïov, édifice public) à des plantes épiphytes dont les tubercules ont la structure interne labyrinthiforme qui convient aux fourmis. Notre figure 6, extraite comme toutes les autres du livre de Forel, montre un nid d’Irido-
- Fig. 3. — Différents tytes de fourmis
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- myrmex rnyrrnecodiœ dans un bulbe d’Hydnophy-lum au Siam.
- Un des faits les plus remarquables, à notre avis, parmi tous ceux qui sont exposés dans le grand ouvrage de Forel est la construction, par certaines fourmis, de nids en carton suspendus aux branches d’arbres. De tels nids abondenl en Amérique tropicale, à Madagascar et dans l’Inde. La figure 7 représente un grand nid de Cremastogaster Emmæ, découvert par Forel à Madagascar. On voit, à côté, la: main d’un indigène, qui permet de juger de la dimension réelle du nid (environ 50 cm). L’autre nid, celui de la figure 8, dédié à l’aneienne reine Ranavalo de Madagascar, est situé entre plusieurs rameaux et présente un tout autre aspect. Son extérieur est un feutrage de fibres ligneuses entrecroisées en tous sens.
- Il est probable que les fourmis produisent leur carton au moyen d’une sécrétion de leurs glandes mandibulaires. Néanmoins une étude sérieuse fait encore défaut à ce sujet.
- On sait mieux d’où provient la substance du nid des Polyrhachis et des Oëcophylla qui habitent l’Afrique, l’Asie et l’Australie. Ces fourmis méritent le qualificatif de tisseuses. Leurs nids, à une ou à plusieurs cases, sont formés de matériaux divers (feuilles, poils, plumes, etc.) unis entre eux par une trame de soie. On croyait autrefois que celle-ci était produite par les ouvrières elles-mêmes. Or l’Anglais Ridley a découvert cette chose surprenante et presque incroyable qu’elles se servent de leurs propres larves comme un tisserand travaille avec sa navette. Ce sont les larves qui produisent la soie et les ouvrières qui la tissent. La figure 9, imitée de Doflein, indique comment procèdent deux équipes d’ Oëcophylla smaragdina pour coudre ensemble deux feuilles d’arbres : une des équipes rapproche les bords des feuilles; l’autre les coud.
- Rapports des fourmis avec les plantes, — L’étude des nids des fourmis nous a révélé une variété surprenante. La plupart des corps de métiers sont représentés chez ces petits êtres, depuis les mineurs et les maçons jusqu’aux tisserands. Au point de vue de l’industrie de l’habitation, les fourmis sont donc nettement supérieures aux abeilles et aux guêpes. Nous allons voir qu’elles pratiquent aussi la culture sous diverses formes.
- Les fourmis moissonneuses sont connues depuis la plus haute antiquité. Un passage de la Bible est ainsi formulé : « Va, paresseux, vers la fourmi; regarde ses voies et sois sage ... elle prépare en été son pain et amasse durant la saison de quoi marn-ger. » Ce judicieux précepte de Salomon s’accorde d’ailleurs avec certains règlements du Talmud qui ont pour but de déterminer à qui appartiennent et doivent faire retour les graines de froment trouves dans les greniers des fourmis. D’autre part les
- auteurs païens, Horace, Virgile, Plaute, ont fait maintes allusions aux mêmes faits dans leurs poèmes de la nature.
- Il faut dire que les fourmis moissonneuses ne se rencontrent que sous les climats chauds, notamment en Palestine, en Algérie, en Italie et en Grèce. La France n’en possède que très peu sur la Côte d’Azur, et c’est une des raisons pour lesquelles les naturalistes de notre pays ont nié, jusque vers la fin du xixe siècle, l’existence de greniers dans certaines fourmilières.
- Les premières recherches scientifiques sur les fourmis moissonneuses sont celles de l’entomologiste anglais J.-T. Moggridge, qui observa les Messor barbaruset Messor slructor, de 1870à 1872, aux environs de Menton et de Nice.
- Voici les faits réduits à leur plus simple expression. Quand on observe un nid' de Messor, il n’est point difficile ni rare d’assister à des allées et venues d’ouvrières portant des graines entre leurs mandibules. Elles sont allées au loin les cueillir sur des plantes et les apportent à leur nid. Là, d’autres ouvrières s’en saisissent et les nettoient. Capsules vides, téguments, mauvaises graines sont rejetées. Quant aux « bonnes graines », elles sont mises en tas dans des chambres spéciales de la fourmilière, véritables greniers, où elles peuvent se conserver pendant plusieurs mois. On a pu extraire d’un seul r nid de Messor un demi-litre de graines de 35 espèces différentes.
- Chose remarquable, les graines conservées par les fourmis ne germent pas. J.-T- Moggridge a examiné plus d’un millier de graines provenant de 22 fourmilières différentes ; sur ce total, 27 seulement offraient des traces de germination. N’omettons point d’ajouter que. les greniers de fourmis sont toujours humides et que les graines y séjournent parfois pendant huit mois, d’octobre à mai, dans les meilleures conditions possibles pour la germination.
- Pourquoi donc ne germent-elles point?
- Plusieurs hypothèses ont été émises à ce sujet. Quelques observateurs ont cru voir ies fourmis venir sécher leurs graines au soleil après une période de pluie. D’autres ont admis qu’elles rongent les germes dès qu’ils sortent et les empêchent ainsi de vider les graines de leurs réserves nutritives. Certains naturalistes, dont J.-T. Moggridge, ont même été jusqu’à dire que les fourmis connaissent l’art du brasseur. Elles favoriseraient un début de germination et par suite l’hydrolyse de l’amidon, qui deviendrait du sucre, comme cela se produit pour l’orge de brasserie. Puis les fourmis sauraient arrêter la germination juste au moment où le sucre, entièrement constitué, commencé à être absorbé par la jeune plantule. *
- Toutes cës hypothèses, — sauf pourtant la seconde qui est sans doute la plus vraisemblable, — prêtent aux fourmis des instincts tellement extraordinaires qu’ils en deviennent presque inad-
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- missibles. Gardons-nous cependant de conclure. Les Souvenirs entomologiqu.es de Fabre nous ont habitués à tant d’autres merveilles de l’instinct!
- Ce qui semble devoir faire repousser définitivement l’hypothèse des « fourmis brasseuses », c’est que nombre d’observateurs, en particulier Emery et Neger, ont assisté au repas de ces insectes. Loin de sucer délicatement le contenu soi-disant sucré de leurs graines, elles en rongent à grands efforts la portion farineuse. Les vieilles ouvrières ont les mandibules usées par ce travail.
- Nous avons dit, au début dé l’étude des fourmis moissonneuses, qu’elles rejettent hors de leur nid les « mauvaises graines ». Gelles-ci peuvent germer sur le dôme de la fourmilière et simuler un jardin planté et entretenu par les fourmis. Ce n’est évidemment qu’une illusion, mais qui pourtant ne doit pas conduire à rejeter en bloc tout ce qui concerne la .culture des plantes chez les espèces des genres Atta, Pogonomyrmex, Acromyrmex et autres.
- Des naturalistes dignes de foi ont donné des renseignements indiscutables sur ces fourmis.
- Belj^ a observé les Atta au Nicaragua en 1874. Môller a étudié les Acromyrmex au Brésil en 1893. Forel a pris part à leurs travaux, soit en déterminant les fourmis elles-mêmes, soit en examinant leurs plantations.
- Les Atta et les Acromyrmex causent de grands ravages en coupant les feuilles des arbres ; elles les réduisent en petits moreeaux au moyen de leurs mandibules et les emportent à leur nid. Ge qu’elles en font ensuite est assez inattendu. Des feuilles longtemps mordillées et ramollies par la salive résulte une masse spongieuse où ne tarde pas à se développer le mycélium d’un champignon (Rhozites) voisin des Amanites. C’est ce mycélium qui sert d’aliment aux fourmis ainsi qu’à leurs larves.
- Fait capital : le champignon ne peut vivre en dehors des fourmilières, de même que les fourmis
- Fig\ 5. — Nids de jourmis établis dans des tiges creuses {D) ou dans des épines {B, C, H).
- Fig. 4. — Dôme creux recouvrant l’orifice d’un . nid de Tapinoma erraticum.
- K, dôme ; Er, sol ; Min, galerie souterraine.
- ne peuvent être privées sans inconvénient de leur champignon. Une symbiose ou association à bénéfices réciproques s’est établie entre le champignon et la fourmi; leurs vies sont liées d’une manière indissoluble.
- Les récits de Belt et de Môller excitaient encore la' curiosité du monde savant, lorsque von Ihering découvrit un fait plus extraordinaire encore que tous les autres. Chez Atta sexdèns, il vit la femelle vierge emporter dans son vol nuptial une pelote de mycélium, vestige de son dernier repas, puis s’en servir pour commencer une nouvelle culture dans la nouvelle fourmilière dont elle est la fondatrice. En même temps qu’elle pond ses œufs, elle prend soin de son petit jardin et le fume de ses excréments. 11 y a, dans le livre de Forel, des photographies la représentant au cours de cette occupation. Aucun doute ne subsiste donc : les fourmis champignonnistes ne sont pas un mythe. Restent à expliquer bien des choses dans leur comportement. Mais, comme dit Forel, « les faits sont là, patents. Gardons-nous-de les altérer par des hypothèses ».
- Abordons un autre aspect de la culture des plantes par les fourmis.
- Au Brésil,, dans les territoires inondes par l’Amazone, on peut apercevoir sur les arbres des boules variant de la grosseur d’une noix à celle d’une tête humaine .Vues de près et surtout après dessiccation, ces masses plus ou moins sphériques se montrent spongieuses et creusées de galeries. La matière constituante est de l’humus aggloméré par un enchevêtrement de fines racines. A l’intérieur des galeries et des cases circulent des fourmis appartenant aux genres Camponotus, Azteca, Gremasto-g aster.
- Ge sont là des jardins suspendus créés de toutes pièces par les fourmis en question, habiles architectes autant qu’adroits jardiniers. Au début, une petite boule de terre, grosse comme un pois, a été ensemencée de certaines graines que connaissent les fourmis. Puis les petites plantes issues de ces graines ont servi de charpente à des- couches succès-
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- Fig. 6. — Nid d'Iridomyrmex myr- Fig. 7. — Nid de Cremastogas- Fig. 8. — Nid de Cremastogaster mecodiæ dans un bulbe d’Hydno- ter Emmæ suspendu à un arbre. Ranavalonæ. Madagascar.
- phytum. Siam. Madagascar. D'après Forel. D’après Forel.
- sives d’humus, sans cesse ajoutées à la boulette primitive. Ainsi, peu à peu, la sphère a augmenté de volume^fig. 10).
- Les botanistes ont déterminé les plantes que cultivent les fourmis dans leurs jardins suspendus. Ce sont des épiphytes assez spécialisées, exigeant des amas d’humus, surtout une Gesnériacée, une Broméliacée, une Peperonia et quelques autres. Le naturaliste Lie les a toujours vues sur les jardins des fourmis et jamais ailleurs. C’est à croire que ces plantes ont absolument besoin d’être cultivées par les fourmis et ne peuvent croître, si l’on peut dire, à l’état sauvage.
- En somme,: « les fourmis sèment et cultivent leurs épiphytes spéciaux qui, sans cela, ne pourraient pas se maintenir en vie. D’autre part ces plantes leur procurent la faculté de construire des nids sur les arbres. Ces nids ont, grâce aux racines des épiphytes, la consistance nécessaire pour résister aux violentes pluies tropicales, ainsi qu’aux rayons brûlants du soleil ».
- Ajoutons , que les fourmis, ne pouvant ni maçon-
- ner, ni creuser des nids durables dans les terrains inondés des rives de l’Amazone, les jardins suspendus leur tiennent lieu de toute autre demeure. JMême sur les arbres morts, ils demeurent longtemps vivaces, tandis que les autres épiphytes isolées et non cultivées par les fourmis périssent bientôt.
- En présence de tous ces faits, A. Forel ne peut comprendre le scepticisme persistant de quelques entomologistes. 11 se dégage de son livre une sorte d’apothéose des fourmis, dont les instincts simulent en maintes circonstances l’intelligence humaine et qui sont parvenues à occuper une place immense à la surface de la terre, depuis les régions les plus froides jusqu’à l’équateur, du niveau des plaines au sommet des montagnes, dans les déserts comme dans les forêts tropicales.
- C’est bien un « monde social » que celui des fourmis. Jamais titre d’ouvrage ne fut mieux choisi, jamais, en outre, mieux justifié par une telle accumulation de faits prodigieux.
- Léon Bertik,
- Agrégé de l’Université.
- Fig. 9 et 10.
- A gauche : Fourmis tisseuses (Œcophylla smargdina) unissant deux feuilles
- par des fils desoie sécrétés par leurs larves.
- A droite : Jardins suspendus de f ourmis (Azteca) du Brésil.
- L* Gerant : P. Masson — Imprimerie I.ahube, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE - N” 2651
- 24 JANVIER 1925
- L’AUTODROME DE LINAS
- La Nature, dans un article qui suscita un vif interet ('), entretenait naguère ses lecteurs de l’auto-drome hardiment construit à Turin, sur le toit de ses ateliers, par la Société des Usines Fiat, et dont le périmètre est de 1160 m., avec une largeur de 24 m.
- L’Amérique et l’Angleterre, où l’industrie automobile est très développée, possèdent depuis longtemps des autodromes où les constructeurs peuvent
- qui, à 4 km au sud, arrose la bourgade d’Arpajon, célèbre maintenant par sa foire aux haricots, déroule paisiblement son cours au milieu de prairies situées à 44 m. seulement au-dessus du niveau de la mer.
- La pente du coteau étant fort rapide, cette différence d’altitude de 118 m., qui serait insignifiante en région montagneuse, n’en est pas moins fort impressionnante dans le Bassin parisien, et l’auteur de ces lignes, qui naquit dans cette vallée de l’Orge,
- Fig. i. — Vue du sommet des tribunes.
- La vue, du sommet des tribunes, s’étend sur les vallées de l’Orge, de la Juine, de l’Essonne et de la Seine.
- faire leurs essais, mais la France, jusqu'ici, n’avait pas suivi ce mouvement.
- Cette lacune est maintenant comblée, et nous disposons, à l’heure actuelle, de deux autodromes, l’un à Miramas, dans la banlieue de Marseille ; l’autre, plus important, dans la région parisienne.
- C’est à l’initiative de M. Lamblin, dont le nom est bien cornu des sportsmen, et qui se donna tout entier à celte œuvre, que nous devons ce dernier que l’on peut, d’ores et déjà, considérer comme un modèle du genre.
- Dans la région comprise entre Arpajon et Mar-coussis, à l’ouest de la petite localité de Linas, qui a donné son nom à l’autodrome, se trouve un plateau dont l’altitude atteint 162 m., alors que l’Orge
- 1. La Falure, n° 2575 (11 août 1925, page 95), «. Un autodrome sur le toit d’une usine ».
- 63' Année — 1" Semestre.
- n’en connut réellement la grâce riante et la beauté discrète que du jour où elles, lui furent révélées du sommet de la tribune provisoire qu’a fait édifier la Direction de l’Autodrome, à 155 m. au-dessus du thalweg.
- De là-haut, en etfet, la vue s’étend non seulement sur cette vallée, mais sur de vastes territoires verdoyants, parsemés çà et là des taches sombres que font d’épais boqueteaux, et arrosés par l’Orge, la Juine, l’Essonne et la Seine pour se perdre, à l’horizon, à ces hauteurs qui s’élèvent, à 20 et25 km de là, aux confins de la Brie, sur la rive droite du fleuve.
- Et cela seul vaut une visite à l’autodrome, et une place aux tribunes.
- Cet autodrome a été construit tout entier sur le Domaine de Saint-Eutrope, dont le château moderne,
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- Fig. 2. — Ligne droite au pied des tribunes.
- La longueur de chaque ligne droite n’est que de 200 mètres.
- flanqué d’une élégante tourelle, se dres;e hardiment au sommet et au bord même de la colline escarpée qui limite, de ce côté, la vallée de l’Orge. Transformé en restaurant, ce château, en raison même de sa situation, ne sera pas le moindre attrait de l’Autodrorne.
- Lors de notre visite, vers la fin de septembre, la piste, entièrement terminée depuis quelques
- semaines, était essayée chaque jour, à la grande satisfaction des touristes et des professionnels, et de superbes vitesses y étaient réalisées.
- Cependant, les déboisements n’avaient commencé qu’en février 1924, et les premiers travaux au début de mars, et l’on reste stupéfait de voir avec quelle rapidité ces travaux furent poussés.
- On se l’explique, d’ailleurs, lorsque l’on sait que 1500 contremaîtres et ouvriers : bûcherons, terrassiers, cimentiers, maçons, charpentiers, menuisiers et forgerons, emportant des salaires journaliers de près de 50 000 fr., entraînés parla foi ardente de M. Lamblin, sous l’autorité bienveillante autant que ferme de M. Letorey, directeur del’autodrome, aidé d’ingénieurs spécialisés, travaillèrent d’arrache-pied pendant 7 mois pour que la piste pût être inaugurée en automne.
- Et l’on y parvint puisque cette inauguration eut lieu en octobre 1924. Elle fut d’ailleurs un véritable triomphe, au cours duquel tombèrent de nombreux records du monde.
- La piste qui permit cette hécatombe mesure, à la corde, 2500 m., avec une largeur de 18 m. Construite
- Fig. 3. — Virage Ouest.
- Pour l’établissement de ce virage, il fallut entailler le sol.
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- Fig. 4. — Virage .Est.
- La partie inférieure de ce virage est au niveau du sol.
- tout entière en ciment armé, à la surface rendue | légèrement rugueuse à l’aide de la boucharde, ou rouleau de métal présentant des aspérités, ceci afin d’obtenir une adhérence plus parfaite des roues et d’éviler le dérapage, elle présente une particularité très intéressante : le peu de développement des lignes droites. Celles-ci, en effet, ne mesurent,, chacune, que 200 m., soit 400 m. pour les deux.
- Les 2100 m. de piste qui restent comprennent 4 raccordements et deux virages, la longueur totale de ces 4 raccordements étant supérieure à celle des 2 virages. Ces raccordements constituent donc la majeure partie de la longueur de la piste, et l’expérience a montré que cette disposition est très heureuse. Le passage des lignes droites aux virages s’effectue ainsi presque insensiblement, et l’entrée et la sortie de ces virages en sont grandement facilitées.
- Le sol du plateau s’inclinant de j l’Ouest à l’Est, la construction de cette piste a nécessité d’importants travaux de terrassement. Il a fallu, en effet, afin d’obtenir une parfaite horizontalité à la corde, entailler le sol au virage Ouest, et enlever un énorme cube de terre. La partie inférieure de la piste, c’est-à-dire la partie proche de la corde, se trouve donc, à l’Ouest, au fond d’une profonde excavation, alors que cetfe même partie se trouve au niveau du sol au virage Est.
- Si cette inclinaison du terrain a obligé à de nombreux terrassements à l’Ouest, elle a, par contre, facilité le relèvement du virage qui peut, ainsi, s’appuyer en grande partie sur
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- le sol. La hauteur de la partie supérieure desvirages, qui atteint 10 m. au-dessus de la partie la plus bassa, est telle, cependant, qu’il a bien fallu la soutenir, car elle s’élève encore, dans sa partie la plus élevée, de 5 m. au-dessus du sol.
- On y est parvenu au moyen d’une double rangée de poteaux en ciment armé, les uns, les poteaux extérieurs, soutenant la partie la plus élevée de la piste, les autres placés concentriquement et à l’intérieur de ceux-ci.
- Ces poteaux, placés uniformément à 5 m. 50 les uns des autres, soutiennent une poutre, également en ciment armé, placée transversalement à leur partie supérieure. Leur hauteur, pour ce virage Ouest, et pour les poteaux extérieurs, est au maximum de 5 m, mais varie sur tout le pourtour, en raison du re-lèvementplus ou moins accentué du virage. Tous les dix poteaux, chaque poteau est doublé pour plus de sécurité.
- Les poteaux placés concentriquement et à l’intérieur de ceux-ci ont nécessairement une hauteur moindre, puisqu’ils soutiennent une partie moins élevée du virage, et variable, elle aussi,
- suivant qu’ils sont à l’entrée des raccordements ou, au contraire, sous le milieu du virage.
- Sur les poutres placées au sommet des poteaux, et qui suivent le pourtour des virages sont posées des poutrelles, également en ciment armé, espacées de 70 cm, et disposées perpendiculairement à la piste, dans le sens des rayons de l’arc décrit par le virage. Le sol de la piste s'appuie sur ces poutrelles.
- La construction du virage Est, élevé entièrement au-dessus du sol, a nécessité l’emploi de poteaux beaucoup plus nombreux, — toute la piste devant être portée par ces poteaux, — et mesurant, pour les plus élevés, 12 m. de hauteur au-dessus du sol. Les lignes concentriques de poteaux, en nombre variable de l’entrée des raccordements à la partie la plus élevée des virages, et de hauteurs variables, soutiennent toutes également une poutre sur laquelle sont posées les poutrelles portant le sol de la piste, et qui sont disposées de même que pour le virage Ouest; •
- Le nombre total des poteaux soutenant les rac-
- Fig. 6. — Soutènement du virage Ouest.
- Ce virage est soutenu par des poteaux en ciment armé de 5 mètres de hauteur
- au maximum.
- cordements et les virages est d’environ 4000, tous de hauteur variable suivant leur emplacement. Ce nombre est assez éloquent par lui seul pour que nous nous dispensions de tout commentaire.
- Aux entrées et sorties des raccordements, une barrière en planches réunies par des traverses, et inclinée, par rapport à la partie supérieure du sol de la piste, d’environ 90°, a été élevée pour protéger les coureurs quittant les lignes droites. Cette barrière est maintenue à sa partie supérieure par des tirants horizontaux de bois venant s’appuyer sur des poteaux, de bois également, et verticaux, fixés à la poutre supérieure de ces raccordements,
- Une loge en bois était édifiée, en septembre, à la partie supérieure du virage Est. Une s’agissait alors
- que d’une installation provisoire. Cette loge sera-t-elle enlevée ? En construira-t-on, au contraire, de nouvelles? Rien de définitif n’est encore décidé.
- Pour la construction de la piste, il a été fait usage de 6 bétonnières Cam-pistron qui ont produit environ 7000 à 8000 m3 de béton armé, et ceci donne une idée de l’importance de ces travaux.
- 11 convient d’ajouter que des garages pour voitures ont été aménagés sous le virage Est. Ces garages, à l’heure actuelle, peuvent abriter de 600 à 700 voitures.
- Tout autour de la piste, et intérieurement, a été aménagée une zone de protection pour les spectateurs. Il va sans dire que des passages souterrains permettent de circuler sous la piste pendant les courses.
- Mais il ne suffit pas de construire une piste admirable et permettant les plus folles vitesses. Encore faut-il permettre aux amateurs d’émotions fortes d’assister à ces luttes homériques et à ces chutes de records. Pour cela, il fallait construire une tribune, et, le temps manquant pour élever une construction définitive, —car on voulait être prêt pour l’inauguration, —on monta en hâte une tribune provisoire, qui n’en est pas moins fort imposante.
- Celle-ci, construite en sapin, mesure, en effet, 190 m. de longueur avec une largeur à la base de 22 m. 50, et une hauteur de 17 m. à sa partie la plus élevée.
- Soutenue par 7 rangées de solides poteaux de
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- Fig- 7• — Soutènement du virage Est.
- Les poteaux soutenant le virage Est atteignent 12 mètres de hauteur.
- hauteurs différentes pour chacune de ces rangées, elle présente une telle quantité de tirants, d’aissel-liers, d’arbalétriers et de croisillons qu’il semble impossible de les dénombrer, non plus que la quantité de boulons, d’écrous, de vis et de clous entrés dans cette construction. De l’ensemble - se dégage, en même temps qu’une élégance, due au parfait emploi de tous les matériaux, une impression de force et de robustesse.
- Bâtie, elle aussi, au sommet de la colline, cette tribune est visible de fort loin, et nous l’avons distinguée, à l’œil nu, après de 25 km.
- Sur cette charpente légère en même temps que résistante sont établis 30 gradins hauts chacun de 40 cm. A raison de 50 cm par, spectateur, cette tribune pourrait donc donner place à 2x190x30=11 400 spectateurs. Leur nombre, cependant, ne pourra guère dépasser 11000, en raison de la place occupée par les issues des escaliers, au nombre de 42, en trois étages de 14 chacun, qui permettent d’accéder aux divers étages de gradins.
- Cette tribune, nous l’avons dit, n’est que provisoire.
- Elle sera remplacée par une ou plusieurs tribunes en ciment armé, construites au même endroit, et couvertes en partie. Rien d’ailleurs n’est encore décidé quant au nombre et aux dimensions de cette ou de ces tribunes.
- L’administration de l’autodrome se propose d’établir une piste plus longue, qui atteindra 12 km 500, avec une largeur de 10 m., et qui sera
- construite autour de la piste actuelle, avec prolongements vers Bruyères-le-Châtel. Le sol de cette piste sera recouvert d’un revêtement bitumineux, et elle viendra se raccorder à la piste en ciment armé existant actuellement, ou piste de vitesse, le long des lignes droites et en face de la tribune.
- Ce parcours, volontairement très accidenté, comportera au total 25 virages, dont quelques-uns très difficiles.
- Il comprendra, en outre, des sections en ligne droite et présentera des descentes et des rampes de 5, 7, 7 1/2, 8 et 12 pour 100, avec des parcours très sinueux à flanc de coteau.
- Deux parties de cette route, d’environ 3 km chacune, seront parallèles et séparées seulement par un intervalle de 2 mètres.
- Il a été prévu des raccordements qui permettront des parcours de longueurs et de difficultés différentes.
- Usera possible, ainsi, de varier les épreuves.
- Les sinuosités de cette route, les virages difficiles, les descentes et les rampes permettront une comparaison facile non seulement entre les moteurs, qui devront d’ailleurs être très étudiés, mais encore entre toutes les autres parties delà voiture : robustesse du châssis, changements de vitesse, freins, embrayages, etc.
- Ils montreront, également, l’habileté des conducteurs.
- Cette piste permettra donc des essais dans des conditions se rapprochant davantage des conditions des courses sur routes, avec cette dif-
- Fig. 8.
- Travaux d'aménagement de la zone de protection.
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- Fig. 9. — Tribune.
- La tribune, de 193 mètres de longueur, compte 3o gradins et peut contenir 4000 spectateurs.
- férence qu’on n’y rencontrera pas les usagers habituels de la route.
- Elle sera réalisée, espère-t-on, pour le 25 mai, et, en tout cas, pour le grand prix de l’A. C. F. de 1925, qui se courra sur ces pistes.
- Le Ie1'dimanche, 19 juillet, sera réservé au Grand prix de tourisme, et le second, 26 juillet, au grand prix de vitesse. Entre ces deux épreuves se disputeront le Grand prix des motocyclettes et celui des cyclecars.
- L’Autodrome, à ce moment, sera sans doute pourvu du chronométrage électrique des courses d’automobiles dont La Nature a déjà parlé (l), ou de l’un des systèmes automatiques de chronométrage sportif qu’elle a également étudiés (2).
- Jusqu’à présent, les chronométrages des courses ont été efîec-. tués par des chronométreurs officiels de l’A. G. F. ou de l’U. V. F., chargés du pointage des tours.
- Les résultats sont immédiatement annoncés aux spectateurs par des hauts-parleurs, des speakers et par des tableaux d’affichage.
- Ajoutons que pour faciliter aux sporlsmen l’accès de l’Autodrome, l’administration a fait élargir des
- 1. La Nature, n° 2574 (4 août 1923,
- p. 79). « Chronométrage électrique des
- courses d’automobiles. »
- 2. La Nature, ,n° 2592 (8 .décembre 1923, p. 357). « Les systèmes automatiques de chronométrage sportif. »
- routes déjà existantes (la largeur de l’une d’entre elles, notamment, a été portée à 12 m.) et a créé d’autres routes.
- L’ensemble de tous ces travaux, qui seront continués, permettra de se rendre plus facilement et plus agréablement au premier des autodromes français à qui sa situation près de Paris, dans un site ravissant assurera, nous n’en doutons pas, un flot toujours croissant de spectateurs, de sports-men et de touristes.
- Il ne reste plus qu’à y enregistrer de nombreux records !
- Georges Lanor ville.
- Fig. 10. — Tribune.
- Profil et charpente de la tribune mesurant 22 m. 5o de largeur sur 17 mètres de hauteur.
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- LE MOTEUR ANDREAU
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- Le moteur à explosion ne s’est guère modifié, quant au principe du fonctionnement, depuis l’invention du cycle à quatre temps et de celui à deux temps.
- Certes les perfectionnements mécaniques sont nombreux, tant au point de vue de la qualité du métal employé, qtie de la disposition des organes et de l’agencement des combinaisons mécaniques. Toujours est-il qu’en raison même du principe qui régit le moteur, le rendement reste médiocre, car on n’utilise guère que 20 à 25 pour 400 au maximum de l’énergie que dégage la combustion de l’essence.
- Cette faiblesse de rendement est due à plusieurs causes. La principale, et à celle-là il n’y a pas de remède, c’est la limitation imposée au rendement de toute machine thermique par le principe de Carnot.
- Le rendement théorique maximum, on le sait, est fixé par la température atteinte dans le cylindre au moment de l’explosion. Mais, on est bien loin encore, dans les moteurs existants, du rendement théorique. Cette imperfection tient à des causes nombreuses.
- Pour le bien comprendre, et pour bien voir les raisons qui ont guidé l’inventeur de l’intéressant moteur que nous décrirons plus loin, il n’est pas inutile de rappeler le schéma du fonctionnement du moteur à explosion usuel.
- Nous prendrons le cas du moteur à 4 temps, à un seul cylindre. On sait
- qu’un tel moteur comporte un piston se déplaçant d’un mouvement alternatif dans son cylindre; le piston est muni d’une tige ou bielle qui par l’intermédiaire d’une manivelle communique un mouvement de rotation continu à l’arbre moteur. Ce système de commande, d’une grande simplicité, est universellement adopté. Cependant, nous allons le
- Fig. i. — Dans un moteur ordinaire à bielle et manivelle, le piston se déplace d’un mouvement alternatif entre deux positions limites, toutes les courses du piston sont égales.
- voir, il est en partie responsable des imperfections du moteur.
- Pour chaque demi-révolution de l’arbre moteur, entre les 2 points morts,
- début du Ie.’'temps
- JL
- Arrivée des\, gaz Frais çxT
- /1 spiratio
- mm"
- du Z ? temps
- du 31 temps
- L impresi ion
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- lyjfosïcTn
- l'ëtenie
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- du b-?temps
- i . /'expulsion des _LI gaz brûlés
- 1 ’chappt ment
- Fig.
- Les 4 temps égaux d’un moteur ordinaire.
- Fig. 3.
- Le diagramme théorique d’un moteur ordinaire.
- La surface en pointillé indique le travail qui serait gagné si la détente pouvait etre poussée jusqu’à la pression atmosphérique.
- le piston décrit dans le cylindre un trajet bien déterminé, toujours le même, entre 2 positions extrêmes invariables! et Il(fig.l).
- Au premier temps (premier demi-tour de l’arbre), temps d’admission (fig. 2), le piston aspire les gaz frais et descend de sa fin de course I à sa fin de course II.
- Au deuxième temps, le piston remonte de II à 1 en comprimant les gaz frais.
- Au troisième temps (détente), l’explosion se produit, la pression et la température augmentent brusquement dans la chambre, puis le gaz se détend, refoulant le piston de la position I à la position II C’est le temps moteur.
- Au quatrième temps, temps d’échappement, le piston remonte de la position II à la position I, en refoulant à l’extérieur les gaz brûlés; il laisse nécessairement la chambre A remplie de gaz brûlés et encore chauds.
- Et c’est là une première cause de pertes : les gaz brûlés limitent la quantité de gaz frais susceptible d’être introduite dans la cylindrée au temps suivant. De plus les gaz frais qui arrivent s’échauffent et se dilatent au contact des gaz brûlés. La masse utile de combustible admise se trouve ainsi diminuée.
- Etant donné que le volume du cylindre se trouve imparfaitement rempli de gaz frais, on n’obtient
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- IÏI-----
- Fig- 4-
- Schéma du mécanisme du moteur Andreau
- pas une pression d’explosion du mélange égale à la pression théorique que l’on serait en droit d’espérer. Ou a cherché à remédier à ce défaut par la suralimentation.
- Si nous examinons maintenant ce qui se passe à la détente, on constate que l’on utilise mal la force élastique des gaz. Leur évacuation commence, en effet, sous une pression restante de 3 kg environ, ils ont encore une température de plus de 700°. Une partie de l’énergie de la combustion est donc entièrement perdue.
- Non seulement elle est perdue, mais elle a des effets nuisibles : échauffement exagéré des parois, des soupapes, des conduites d’échappement, échappement bruyant.
- La figure 3 représente le diagramme théorique d’un moteur à explosions : les courses du piston sont portées en abscisses, les pressions en ordonnées ; la surface en hachures du diagramme, représente, on le sait, le travail effectif du moteur. On y voit clairement que si la eourse de détente pouvait être prolongée jusqu’à la pression d’admission le travail utile serait sensiblement augmenté. Mais la chose est impossible avec la classique commande par bielle et manivelle.
- La caractéristique essentielle du moteur Andreau réside précisément dans l’abandon de ce mode d’entraînement. L’inventeur lui a substitué une combinaison mécanique ingénieuse, néanmoins assez simple, qui lui permet d’imprimer au piston des courses inégales : une course d’échappement plus longue que celle d’admission ^ ce qui assure une vidange
- parfaite de la chambre d’explosion, et une course de détente plus longue que la course de compression, ce qui procure une augmentation substantielle de travail moteur. Il a ainsi réalisé, en matière de moteur, une des créations les plus intéressantes de ces dernières années.
- Examinons tout d’abord comment est réalisée la commande du piston. Nous montrerons ensuite quel est le fonctionnement du moteur.
- Le piston B (fig. 4) se déplace dans le cylindre A. Sa tige C est reliée en F au sommet d’un système articulé constitué comme suit ; il comporte une première biellette D articulée en F et qui entraîne la manivelle E, commandant l’arbre moteur 0.
- En F est articulée une deuxième biellette G, reliée de même à la manivelle H solidaire d’un deuxième arbre O' parallèle au premier. Les arbres 0 et O' sont rendus solidaires l’un de l’autre par un système d’engrenages qui impose à l’arbre 0' une vitesse moitié de celle de 0.
- Si l’on étudie le mouvement du point d’articulation F quand les deux arbres tournent, l’un entraînant l’autre, on trouve que le point F décrit une courbe K de forme assez compliquée en apparence; cette forme dépend naturellement des dimensions des diverses pièces qui constituent le système articulé. Moyennant un dimensionnement convenable, on a la forme représentée sur la figure 4.
- Pendant que l’arbre fait les deux tours de rotation qui correspondent aux 4 temps du cycle, le point F décrit la courbe K dans le sens de la flèche; les points 1, 2, 3, 4 où la tangente à la courbe est horizontale sont les points morts. Quand l’articulation F est en 1, le piston B occupe-la position I, tout au fond du cylindre ; puis F parcourant l’arc 1, 2, le piston descend de I à II; F décrit ensuite l’arc 2, 3 ; le piston remonte de la position II a la position III ; puis F décrit l’arc 5, 4, le piston redescend de III à IV ; enfin F revient de 4 en 1 et le piston remonte de la position IV à la position I. Les deux tours de l’arbre 0 sont achevés, le piston a effectué 4 Courses alternativement descendantes et ascendantes ; mais l’on voit qu’elles sont toutes inégales.
- Il est facile maintenant de comprendre ce qui se passe dans le cylindre au cours de ces 4 courses successives.
- i ....
- m.....
- iv........
- Il
- Aspiration Compression Explosion Echappement et détente
- Fig, 5.
- Les 4 temps inégaux dit moteur Andreau.
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- LE MOTEUR ANDREAU ..: - .= 57
- 1° Admission. — Au début, le piston occupe la position I (fig. 4 et 5). presque au fond du cylindre, qui, bien entendu, est établi sans chapelle. On supprime donc l’espace mort et l’aspiration qui se fait dès le début delà course est très vive : les gaz frais se précipitent dans le cylindre, et n’ont aucun contact avec les gaz brûlés entièrement expulsés au temps précédent.
- Le remplissage de la cylindrée se fait donc complètement, à une température faible et, pour cela, il est nécessaire de prévoir une large soupape d’aspi-
- 5° Détente. — 'Après l’explosion, le piston se trouve chassé énergiquement. Il descend de la posi*-tion III à la position IV et les gaz se détendent derrière lui. Cette course de détente est, comme on le voit, très longue par rapport à celle de compression. Il est à remarquer, d’autre part, que pendant ce temps, qui est le seul temps moteur, celui au cours duquel le piston subit les plus fortes poussées, la bielle décrit l’arc 5-4 de la courbe K. (fig. 4) ; cet arc dans sa plus grande partie est pratiquement confondu avec l’axe du cylindre. Autrement dit, la
- Fig. 6. — Le moteur Andreau au banc d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers.
- ration, qui ne puisse gêner les gaz au début de la course. Le piston redescend jusqu’à la position II, de fin d’admission qui détermine le volume de la cylindrée.
- L’aspiration est ainsi beaucoup plus complète que dans un moteur ordinaire, de même alésage et de même puissance, tournant au même régime, pour lequel la course d’admission est le double de celle du moteur Andreau.
- .2°. Compression. — Le piston remonte de la position II à la position 111. Il comprime le mélange au taux de compression choisi. L’espace compris entre I et III représente la chambre de compression.
- Le déplacement du piston est moins important que dans le moteur ordinaire; la cylindrée étant plus parfaite, on obtient une compression de taux plus élevé.
- bielle n’offre pas d’obliquité pendant cette partie du cycle et il en résulte la suppression de la plus grande partie des frottements du piston sur les parois d.u cylindre; dans le moteur ordinaire, au contraire, la bielle offre la même obliquité à chaque temps et la pression latérale du piston sur le, cylindre est maxima pendant le temps moteur. Le dispositif Andreau diminue donc les chances d’ovalisation du cylindre.
- L’une des bielles travaille à la compression et l’autre à la traction (l’obliquité maximum de la tige ne se produit qu’à la fin de l’aspiration et au point mort, c’est-à-dire, au moment où le piston n’a ni vitesse, ni pression sur sa face supérieure).
- La longue course de détente permet aux gaz brûlés -de se détendre d’une façon complète pour arriver à une pression restante de 100 grammes seulement supérieure à la pression atmosphérique. On béné-
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- LE MOTEUR ANDREAU
- a, au début de l’aspiration ; b, à fin d’aspiration ; c, au début de la détente ; d, à demi-détente;
- e, au début de l’échappement.
- A, soupape d’admission ; ~E7 soupape et orifice d’échappement ; F, axe du piston; G, articulation triple: G I, GH, bicllettes; J, K, arbres-vilebrequins; M,N,.roues dentées.
- ficie donc, dans l’utilisation de la détente, de la différence entre cette pression faible et celle qui reste (environ 3 kg) dans le fonctionnement du moteur ordinaire.
- 4° Échappement. — Le piston remonte de la position IV à la position 1. La différence de course entre la détente et l’aspiration permet de prévoir une ouverture d’échappement de grande section dans le cylindre même, à fin de course dans la position IV (fig. 4 et'5), de sorte que les gaz s’échappent par cette ouverture dans une proportion de près de 80 pour 100. Le piston, en remontant, recouvre cet orifice d’échappement, les gaz sont repoussés par la face supérieure du piston et s’évacuent par la soupape d’échappement qui s’ouvre dans le fond du cylindre.
- Nous revenons alors au début de la période d’admission, le piston arrivant au contact du fond du cylindre. On supprime toute contre-pression et les gaz brûlés sont évacués d’une façon complète.
- En résumé on a : une petite course d’admission, unb course plus petite de compression, une longue coûrse pour la détente et une plus longue course encore pour l’échappement.
- L’effort moteur produit se trouve recueilli sur deux arbres, car on peut considérer l’articulation triple F comme un deuxième axe de piston fonctionnant dans des conditions parfaites de graissage et de refroidissement.
- Si l’on examine (fig. 8) deux diagrammes comparatifs, celui du moteur ordinaire et celui du moteur Àndreau, on voit que la partie hachurée représente le gain qui résulte du nouveau dispositif. Il y a évidemment une perte mécanique due aux frottements supplémentaires du système articulé de transmission et au rendement des engrenages, mais elle se trouve compensée par l’absence d’obliquité de la bielle au temps moteur. Le piston n’est plus qu’un simple organe porte-segments; le temps de compression étant plus court est favorable à la suppression des fuites et des pertes de température.
- La tige du piston travaillant en bout peut avoir un coefficient de sécurité moins élevé et l’ensemble est alors plus léger que dansl’équipemént normal, ce
- qui est un avantage pour les régimes à vitesse élevée.
- En comparant les épures de la durée des 4 temps sur l’arbre moteur, on constate que le temps moteur du système Andreau intéresse 1/3 de tour alors qu’il n’est que de moins de 1/4 dans le moteur ordinaire. En dehors de cette souplesse plus grande, on peut varier le calage des deux arbres et mettre le moteur d’accord avec les exigences des divers combustibles.
- Le vilebrequin qui tourne à demi-vitesse peut non seulement être employé comme arbre à cames pour les commandes des soupapes, mais il rend disponible immédiatement une prise directe de vitesse moitié et cela peut, dans certains cas, simplifier les installations.
- La suppression des efforts du piston sur les parois au moment du temps moteur recommande l’usage de ce système pour les moteurs sans soupapes à chemises concentriques, car on diminue l’importance des frottements et on réduit par suite la complication du graissage si gênante dans ce genre de moteur.
- Des essais ont été effectués au Laboratoire des Arts et Métiers avec un moteur monocylindrique, qui fut réalisé aux frais de l’Office'National des Recherches et des Inventions. Sur ce moteur, quia tourné pendant 1500 heures, on a constaté que les organes n’avaient aucune usure, particulièrement sur l’articulation triple F de la figure 4.
- Les consommations enregistrées permettent de prévoir que, pour des cylindrées moyennes de mo-
- ...pression d'explosion
- Courses d'admission
- xr .
- Fig. 8. — Diagramme comparé du moteur Andreau et d'un moteur ordinaire.
- La partie hachurée représente le gain théorique de travail.
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- LE LÉZARD VERT
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- teurs de voitures et de camions, on arrive à moins de 160 grammes d’essence ordinaire par cheval, cette consommation pouvant être abaissée à 110 et à 120 grammes dans les moteurs d’aviation. C’est la consommation du moteur semi-Diesel auquel on ajoute les avantages de la marche à l’essence.
- Il n’y a aucune difficulté d’usinage, même s’il s’agit d’un moteur à plusieurs cylindres. On ne trouve, en effet, dans la construction que des organes de fabrication normale ; vilebrequins, bielles, engrenages. L’étude cinématique et dynamique, l’équilibrage des forces d’inertie sont par contre compliqués, mais on agit sur des variables nombreuses et
- le moteur peut être rendu facilement plus parfait que le moteur ordinaire correspondant.
- Les résultats qui ont été obtenus avec ce moteur ont été exactement ceux que l’étude théorique préalable avait fait prévoir, sans modifier aucune pièce. On peut affirmer dès maintenant qu’il y a là un perfectionnement considérable du moteur à essence, au double point de vue de la puissance massique et de l’économie des carburants qui atteint près de 60 pour 100.
- M. Andreau vient de recevoir pour ce moteur le premier prix Jean Barès de l’Office national des Recherches et des Inventions. E.-H. Weiss.
- LE LÉZARD VERT
- Le Lézard vert est tellement gracieux qu’il inspire de la sympathie, même aux personnes qui éprouvent de la répugnance pour les Reptiles, en général. Il élit domicile dans le talus d’un fossé ou au pied d’une haie; tantôt, il creuse son trou lui-même ; tantôt, il occupe le terrier abandonné par un Rongeur : Campagnol ou Mulot; tantôt, il s’établit dans une fissure de rocher. D’ailleurs, il se ménage ordinairement plusieurs abris auxquels il a recours tour à tour, quand il se croit en danger, et dont il ne s’éloigne jamais beaucoup.
- Le Lézard vert, La-certa viridis Duméril et Bibron, est commun partout, pendant la belle saison ; mais principalement dans les tranchées des voies ferrées, où se retirent, du reste, un grand nombre de Reptiles. Le Lézard vert ne grimpe pas aux arbres, mais il monte sur les buissons, sur les fortes haies, pour se chauffer au soleil, ou pour chasser des Insectes.
- Pendant les heures brûlantes de l’été, ce Lacer-tien fuit les pierres exposées au soleil et cherche un peu de fraîcheur sous les herbes, quand il ne préfère pas se retirer dans son trou. S’il a plu abondamment, il se tient, au contraire, dans les lieux découverts et élevés, car il redoute la trop grande humidité.
- C’est en novembre que le Lézard vert commence à hiverner. Seul — ou en groupe de quelques individus — il se réfugie dans un trou de terre ou de rocher. Immobile, les yeux clos, il n’est, cependant, pas plongé dans un engourdissement total. Il ne sort pas avant la première quinzaine de février :
- plus frileux que le Lézard des murailles, on ne le voit pas, comme celui-ci, venir se chauffer aux rayons de soleil des belles journées d’hiver. Pendant la période d’hibernation, la vie des Reptiles n’exige qu’une faible dépense, et le Lézard vert, comme ses congénères, subsiste sur sa réserve de graisse. Cette réserve est constituée par deux masses de graisse, d’un jaune plus ou moins accentué, placées de chaque côté de la partie postérieure de l’abdomen. Rondes ou plates, ces masses sont d’autant plus jaunes qu’elles sont moins volumineuses. M. Raymond Rollinat — dans les travaux de qui nous puisons la substance de cet article — a remarqué que la réserve de graisse se résorbe davantage chez le Lézard qui hiverne dans un endroit sec et bien abrité, — c’est-à-dire dans un milieu favorable à une vie assez active — tandis que le Lézard ayant passé l’hiver dans un trou de terre humide et froid, conserve une réserve graisseuse encore considérable quand reviennent les beaux jours.
- Toujours est-il que le Lézard vert ne commence à se nourrir que vers le milieu du mois de mars. En avril, son appétit augmente, et les mois suivants, il mange beaucoup. Les Insectes, les petits Crustacés et les Mollusques, composent essentiellement le régime de cet utile animal. Ayant examiné le contenu d’estomacs de Lézards verts, M. Rollinat a trouvé des Chenilles rases et des chenilles velues, des Hélices, des débris de gros Coléoptères, Hannetons et Courtilières, des Sauterelles, de petits Mollusques, etc. Une seule fois, le naturaliste reconnut un grain
- Fig. i. ~~ Tête de Lézard vert.
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- 60 ....... LE LEZARD VERT
- de rahin rouge, et il est évident que les dégâts causés par l’aimable Saurien sont insignifiants.
- A partir d’octobre, l’appétit diminue. En possession d’importantes réserves de graisse, le Lézard vert, prêt à prendre ses quartiers d’hiver, cesse peu à peu de s’alimenter.
- Quand un Lézard vert s’est emparé d’une proie, il la serre entre ses mâchoires non extensibles; si elle est très volumineuse, il emploie une pierre, du bois, ou simplement le sol, comme point d’appui pour la déchirer et pouvoir l’avaler. Après quoi, comme tous ses pareils, le gourmand se pourléche de sa fine langue bifide.
- Le Lézard vert mue plusieurs fois au cours de son existence active; l’épiderme se détache par lambeaux. Et lorsque ce petit animal apparaît en robe neuve, il est d’une éclatante beauté : constellé d’émeraudes, les yeux brillants, vif et gai, c’est un joyau vivant.
- Il n’est pas seulement intéressant par sa beauté et par son utilité, il mérite notre sympathie par son caractère courageux.
- Ayant des ennemis nombreux et redoüta-bles, le Lézard vert ne craint pas de lutter pour défendre chèrement sa vie. La Belette, particulièrement, s’attaque souvent à lui, et parfois la victoire couronne la vaillance du'Saurien ; il lui arrive de se retirer du combat en laissant sur le terrain un morceau de sa queue encore palpitante et dont le, Mustélidé se saisit, en manière de compensation. Les Chats et aussi les Faucons détruisent beaucoup de Lézards verts et, dans leur jeune âge, ceux-ci deviennent fréquemment les victimes des Vipères et de quelques espèces de Couleuvres. Cependant, un Lézard vert adulte se défend fort bien contre une Vipère -aspic de grande taille et malgré les morsures répétées du Serpent venimeux, le Saurien sort vainqueur du duel. M. Rollinat, ayant expérimenté ce fait, dans ses cages de Reptiles, croit que les grands Lézards dévorés par les Vipères, sont des animaux trouvés, par elles, morts ou blessés à mort. On a donc fait au Lézard vert une réputation de méchanceté imméritée, puisqu’en réalité, c’est un brave qui se défend.
- Il se laisse facilement approcher, mais s’il craint d’être capturé, il s’enfuit prestement en fendant avec bruit les broussailles. Il n’est pas à recommander de le prendre à la main, parce qu’en ce faisant, on peut briser sa queue fragile. Certains naturalistes savent l’immobiliser, puis lui présentent à mordre une petite branché d’arbre ou une
- pièce de monnaie luisante. M. Rollinat a eu l’ingénieuse idée de créer une sorte de lasso pour capturer les Lézards et les Ophidiens. Tout à l’extrémité d’une canne à pêche, composée de plusieurs morceaux s’emboîtant les uns dans les autres et pouvant former un bâton de marche, un nœud coulant estfixé, nœud de fil noir, dont le diamètre est de 4 cm pour le Lézard vert. Le Saurien, paresseusement couché, ne prend pas garde à la perche dirigée vers lui, si l’on a soin d’éviter que l’ombre du corps de l’opérateur ou l’ombre de la perche ne vienne s’interposer entre le soleil et l’animal. On lui passe doucement le nœud coulant autour du cou; on relève la perche brusquement et l’animal s’agite au bout de la canne. Se voyant pris, il cherche à mordre; on peut couper le fil après avoir mis le Lézard au-dessus du récipient qui doit le recevoir ; on peut encore lui offrir un objet à mordre, et, pendant ce temps, on le prend pour le dégager du nœud coulant.'
- Toutefois, il est fréquent de faire connaissance avec les. petites dents aiguës du Reptile, dents qui produisent, d’ailleurs, une blessure insignifiante, un peu ennuyeuse parce que lë Lézard vert maintient ses mâchoires serrées pendant quelque temps. De cette habitude, qu’a le petit animal, de mordre avec obstination, sont nées de grossières croyances ayant cours dans les campagnes, qui ne valent pas la peine d’être cilées ici.
- G est aux premiers beaux jours de février ou de mars que le Lacerta viridis se risque à mettre son museau dehors ; il sort de sa retraite, aux heures ensoleillées, mais sans s’éloigner. En avril, la jolie bête, tout à fait réveillée, songe à se reproduire; alors les mâles se querellent et se battent pour la conquête d’une belle. Au’ cours d’un combat, il n est pas rare que la queue d’un des adversaires reste sur le terrain; dans ce cas, ce n’est pas une mutilation définitive, l’organe brisé se reforme et, peu à peu, devient presque pareil à ce qu’il était avant 1 accident. Parfois, à l’endroit de la blessure, apparaissent deux et même trois bourgeons qui, en se développant irrégulièrement, donnent à l’animal deux ou trois queues d’inégales longueurs.
- Le mois de mai est la véritable période des noces du Lézard vert. Quant à la ponte, elle a lieu de mai a octobre. La femelle dépose ses œufs, au nombre de 5 à 21, sous une motte de terre, dans une fissure du sol, ou dans un trou qu’elle creuse elle-même dans la terre ou dans le sable. Pour creuser ce trou, elle travaille au moyen de ses pattes antérieures
- de sable. (Photo Rollinat.) •
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- LE LÉZARD VERT
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- et de son museau ; elle rejette au dehors la terre ou le sable, à l’aide de ses pattes postérieures. Elle façonne de la sorte un trou au bout d’un couloir étroit. Une journée lui suffit pour creuser sa galerie dans le sable.
- Après s’être un peu reposée, elle pond des oeufs d’autant plus petits qu’ils sont plus nombreux et non collés ensemble. Puis, elle se retire, sans clore l’entrée du trou de ponte, et sans plus s’occuper de ses œufs.
- La figure 2 montre des œufs de Lézard vert dans une banquette de sable, près des rails (près d’Argenton-sur-Creuse, Indre ; grande ligne à 2 voies, de Paris à Toulouse, et où passent de nombreux trains). M. Rollinat a ouvert la galerie de ponte, creusée par la femelle. Les œufs du fond sont tels qu’ils ont été déposés par la femelle ; ce qu’on voit sur eux est du sable ; il y en avait 13. Les 7 œufs qui sont en avant ont été déplacés afin de montrer ceux du fond.
- Les œufs mesurent, en moyenne, de 15 à 18 mm de longueur sur 10 à 13 mm de largeur. Assez arrondis, ils sont blancs, parcheminés, élastiques ; la chaleur solaire les fait éclore. Les petits Lézards nouvellement nés sortent du trou de ponte et courent se cacher sous les pierres, sous les herbes, partout où peut se dissimuler leur corps minuscule.
- Généralement, la femelle de Lézard vert ne fait qu’une seule ponte dans l’année; mais si elle se nourrit bien, elle peut en faire deux.
- M. Rollinat a tenté la délicate expérience qui consiste à faire éclore les œufs du Lacertien dont nous parlons. Et le patient naturaliste vit ses efforts couronnés de succès, grâce à l’ingénieuse boîte d'élevage qu’il imagina.
- En bois de chêne, un peu épais, cette boîte mesure 25 cm de hauteur, 33 de largeur et 40 de longueur; elle n’a pas de fond, mais en dessus, elle est fermée par un couvercle muni de crochets
- Fig. 4. — Préliminaire d'accouplement de Lézards verts dans un terrarium. (Photo Rollinat.)
- Lézard vert mâle adulte, élevé dans un des terrariums de M. Rollinat.
- et de charnières ; ce couvercle se compose d’un cadre de bois sur lequel de la toile métallique est tendue. Pour la rendre plus résistante, la boîte est peinte.
- Dans un endroit bien exposé au soleil, un trou est pratiqué dans la terre d’un jardin, pour y placer la boîte, dont la partie supérieure doit sortir de 8 cm au-dessus du niveau du sol. Jusqu’au niveau du sol extérieur, la boîte est remplie de sable de rivière. Quatre morceaux d’ardoise, enfoncés verticalement et complètement dans le sable, forment un rectangle dont les côtés, parallèles à ceux de la boîte, sont à 6 cm de ces derniers. Dans ce rectangle, on retire le sable pour obtenir une chambre profonde de 6 cm et recouverte par une ardoise de dimension couvenabie. En somme, on obtient une boîte à . parois et à couvercle d’ardoise, et à fond de sable, contenue dans une boîte en bois.
- Sur le sable qui constitue le fond de la boîte interne, on pose de la mousse que l’on arrose assez abondamment avant d’y déposer les œufs qui doivent être « rangés en ligne, ponte par ponte ». Puis, le couvercle d’ardoise ferme cette boîte interne, et doit être garni d’une épaisse couche de mousse sur laquelle s’abaisse, enfin, le couvercle en toile métallique de la boîte de bois.
- Les œufs demandant, pour éclore, de l’humidité et de la chaleur, il est nécessaire de visiter la chambre d’élevage tous les jours ou tous les deux jours, afin d’arroser, si besoin est, la mousse et le sable, en ayant soin de ne pas mouiller les œufs. En cas de grande sécheresse, il est bon d’humecter la couche de mousse située entre les deux couvercles. Au contraire, s’il pleut fortement, si cette couche est trop imprégnée d’eau, il faut la retirer et la remplacer par une nouvelle couche de mousse sèche, qui sera protégée par plusieurs ardoises disposées sur la toile métallique. En effet, les œufs redoutent la trop grande humidité autant que la trop grande sécheresse.
- Au moyen de cette espèce de couveuse, M. Rollinat est parvenu à faire éclore les œufs du Lézard
- Fig. 3.
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- vert et, aussi, des œufs de la Couleuvre à collier et de la Couleuvre vipérine. Il a pu se livrer ainsi à des observations extrêmement intéressantes.
- On peut dire, d’une manière générale, que cette couveuse est parfaite pour les Lézards, également parfaite pour les Serpents, et plutôt mauvaise pour les Tortues (1).
- Une centaine de jours après la ponte, le petit Lézard fend la coque qui l’emprisonne : à plusieurs reprises, au moyen de sa dent caduque, placée à l’extrémité de la mâchoire supérieure, il coupe l’enveloppe parcheminée. Par l’ouverture ainsi obtenue, le menu Saurien sort la tête, regarde autour de lui et passe la langue sur le bout de son museau, puis se dégage complètement et fait son entrée dans le monde. Agile, il songe tout de suite à se mettre en sûreté sous un abri quelconque, et, peu après, il donne la chasse aux petits Insectes qui composent son régime.
- Mais le petit Lézard ne sort pas toujours de l’œuf aussi rapidement, et parfois il s’écoule un, deux ou trois jours entre la première incision faite à l’enveloppe et la naissance du jeune animal. Cela dépend de la température et de l’état de la petite bête.
- La dent caduque se détache soit dès l’éclosion, soit de un à cinq jours après.
- Pendant le développement de l’embryon, les œufs augirn nient de volume, et la coque laisse apercevoir, par places, le fœtus, quand s’approche la date de l’éclosion.
- En naissant, le petit Lézard vert mesure 70 à 86 mm de longueur totale. Il a les parties supérieures du corps brun vert, à reflets bronzés et les parties inférieures jaune verdâtre relevées de reflets roses, les flancs sont rayés de clair. A six mois, les petits lézards ont une coloration moins foncée qu’à leur naissance, et ils mesurent, en moyenne, de 110 à 156 mm de longueur.
- La croissance du Lézard vert, est, comme celle de tous les Reptiles, fort lente. Dans sa première année, il paraît aimer à vivre en compagnie de quelques-uns de ses pareils.
- À deux ans, son costume prend la coloration de celui des adultes.
- A trois ans, il mesure 250 millimètres de longueur, au moins. C’est à cet âge seulement qu’il est en état de se reproduire, et peut-être même les femelles ne le sont-elles que dans leur quatrième année.
- Cependant les sujets élevés en captivité et bien nourris, se développent plus rapidement, ainsi que le prouvent les plus récentes observations de M. Rollinat.
- Le savant erpétologue a eu des Lézards verts provenant d’œufs pondus dans ses cages, développés dans ses couveuses, élevés en cage, puis en terrarium, qui, bien alimentés, et grandissant assezvite,
- I. Au lieu de la mettre en couveuse, il est préférable de laisser en place la ponte de Tortue et de la recouvrir d’une cloche de verre, afin de hâter le développement de l’embryon.
- se sont reproduits dans leur deuxième année. La jeune femelle captive ne pond qu’une fois dans sa deuxième année ; elle peut pondre deux fois dans sa troisième année.
- La figure 5 montre un Lézard vert mâle, âgé de deux ans, provenant d’une ponte déposée par une femelle dans le sable humide d’une des cages de M. Piollinat, ponte placée tout de suite dans une de ses couveuses installées dans son jardin. Né en couveuse en septembre 1920, ce Lézard fut élevé en cage, puis en terrarium. Photographié le 28 août 1922, il mesurait alors près de 50 centimètres de longueur : suralimenté, il avait grandi très vite.
- La figure 4 représente des préliminaires d’accouplement. Deux mâles ont saisi la femelle par la queue. L’un des mâles est celui de la figure 5. Ces Lézards sont nés chez M. Rollinat en septembre 1920; ils ont été photographiés le 4 juin 1922.
- Il existe plusieurs variétés de Lézards verts.
- Le vrai Lézard vert, type de l’espèce, est d’un beau ton vert, plus ou moins clair, en dessus ; la tête et la queue sont un peu marquées de brun. En dessous, il est d’un beau jaune, taché de bleu sous la tête et à la gorge (fig. 1).
- La variété piquetée aies parties supérieures vertes couvertes de points noirs, qui peuvent former des dessins. Les parties intérieures ne présentent rien de particulier. -
- La variété à deux raies se distingue par la couleur brune des parties supérieures et par deux raies blanc jaunâtre sur chaque flanc, soulignées par des taches noires. Les parties ^inférieures sont comme celles du. Lézard vert type.
- Ces variétés et le type s’accouplent entre eux; ils donnent naissance à des individus bizarrement costumés. Chez le Lézard vert, la belle couleur jaune des parties inférieures semble une parure de noce, car elle fait place, après l’accouplement, à une teinte jaune pâle, légèrement verdâtre.
- La taille des mâles est un peu supérieure à celle des femelles. Le mâle très adulte peut atteindre 51 à 54 cm. de longueur totale (dont 20 à 22 cm. de queue). Quant à la femelle, elle peut mesurer 55 cm. de longueur totale (dont 21 cm. de queue).
- Le Lézard vert est intelligent ; il se familiarise aisément. Après quelques semaines de captivité, il connaît son maître qui peut, sans crainte d’être mordu, le prendre, lui caresser le dessous de la gorge, ou lui offrir, du bout des doigts, quelques friandises.
- La cage du Reptile doit être garnie de sable légèrement humide et de mousse sèche. Le captif se nourrit de Lombrics, de Blattes et de Mouches; il aime à avoir toujours à sa disposition un récipient rempli d’eau pure. En hiver, il disparaît dans le sable de sa cage, laquelle doit être maintenue dans une pièce dont la température ne descend pas au-dessous de 5°.
- On cite quelques exemples dë Lézards verts qui vécurent longtemps en domesticité. Entre autres,
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- LA RÉACTION DE BESREDKA
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- le Lézard de l’illustre naturaliste de Quatrefages se signala par sa gentillesse. Ce petit animal mangeait de tout, excepté des aliments salés; il goûtait particulièrement les Mouches, le miel, les confitures, les fruits bien mûrs. Le savant remarqua chez son élève une extrême finesse d’ouïe et une prédilection pour les sons mélodieux. Très fréquemment, de Quatrefages prenait sur lui son aimable Lézard, il l’emportait blotti dans ses vêtements, et quand il pénétrait dans une pièce où se jouait de la musique, le joli Saurien passait curieusement la tête au-dessus delà cravate de son maître ; posé sur le parquet, il
- allait vers l’instrument qui se faisait entendre et s’il s’agissait d’un flageolet ou d’une flûte, il donnait, paraît-il, de visibles marques de joie. Impassible quand résonnait la grosse caisse, il frémissait en entendant les cymbales....
- Sans doute en apprivoisant le Lézard vert, y a-t-il encore beaucoup de choses intéressantes à observer sur les facultés et sur les mœurs de ce charmant animal. Alex. Feuillée-Billot,
- de le « Société nationale d'Acclimatation de France »
- et de la « Société d’Uistoire naturelle de Loir-et-Cher ».
- LA RÉACTION DE BESREDKA
- 11 a’est pas besoin', dans la tuberculose avancée, de substituer à la clinique une réaction de laboratoire pour affirmer le diagnostic de cette affection. Mais les médecins savent combien le diagnostic de la tuberculose au début est chose délicate. Que de fois devant un état chronique mal défini, devant un syndrome atypique, le médecin hésite, à prononcer, le mot terrible et le patient et son entourage se bercent de vains espoirs !
- D’autre part, il est peu d’affections où le diagnostic précoce ait une importance aussi capitale pour le pronostic. Ceci explique l’intérêt qui s’attache à toutes les données de laboratoire susceptibles de nous éclairer en pareilles circonstances.
- Les lecteurs de La Nature savent (Q quels éléments ont été tirés de la recherche du bacille tuberculeux ou des réactions de l’individu vis-à-vis de son poison, la tuberculine. C’est toute l’histoire—déjà longue depuis 1882 — du bacille de Koch : bacilloscopie et ses variantes telles que l’homogénéisation, l’inoscopie, cuti-réaction de von Pirquet, ophtalmo-réaction de Calmette, examen histologique et autopsie, il n’est pas une affection ou l’ingéniosité des travailleurs ait accumulé autant de données à côté de l’examen clinique.
- Mais tandis que les unes — telles que la cuti-réaction — sont d’une sensibilité exagérée, les autres tel le diagnostic d’autopsie manquent d’opportunité. Ce qui intéresse le médecin, c’est beaucoup moins un antécédent lointain et sans suites que lui révèle la cuti-réaction que l’état actuel de son malade, c’est la responsabilité qu’a dans le cas clinique présent le redoutable bacille.
- Or c’est là le point qu’élucide la réaction de Besredka.
- Cette réaction est l’application à la tuberculose de la méthode ingénieuse inventée par Bordet et Gengou, connu sous le nom de réaction de fixation du complément.
- On sait en quoi elle consiste : si l’on mélange une culture microbienne (antigène),, des globules rouges et du sérum (complément), puis qu’on y ajoute du sang chauffé à 5fi°, les globules se dissolvent et colorent le liquide en rouge quand l’individu qui a fourni le sang est sain ; ils restent intacts et le liquide est incolore quand celui-ci est atteint de la maladie provoquée par les mêmes microbes que ceux de la culture.
- La réaction de Bordet a été appliquée, en dehors de ses usages fréquents en science pure, à l’étude clinique de nombreuses affections. Sa principale difficulté est la préparation d’un bon antigène. C’est ainsi que Wassermann l’a appliquée à l’élude de la syphilis sitôt que le spirochète de Schaudinn a été découvert et que Wein-
- 1, La Nature, n° 2494, 21 janvier 1922.
- berg a pu l’appliquer au diagnostic du kyste hydatique le jour où il a pu tirer de celui-ci un extrait approprié.
- Son application ù la tuberculose ne-pouvait manquer d’être poursuivie. La série des recherches fut inaugurée par Widal et Le Sourd dès 1901 et continuée par de nombreux expérimentateurs avec des antigènes variés et des résultats contradictoires.
- Le mérite de Besredka a consisté d’abord à découvrir le milieu de culture sur œuf pour cultiver le bacille tuberculeux; ce milieu lui a permis de réaliser une technique bien définie et de l’appliquer à l’étude de la tuberculose expérimentale. Il a pu constater ainsi que la fixation du complément s’opérait grâce à son antigène, parallèlement à l’évolution de la maladie. L’apparition des anticorps est donc beaucoup moins un processus de défense que la signature d’une infection active, d’une évolution microbienne.
- Depuis sa première publication, plusieurs auteurs ont publié leurs, résultats obtenus en médecine humaine et animale et leur opinion à son sujet.
- Il est permis d’en conclure que cette réaction concorde dans une proportion élevée avec l’apparition clinique de la tuberculose. Ce qui manque peut-être le plus à ces travaux, c’est de suivre les cas en apparence contradictoires et de voir si l’évolution ultérieure ne vient pas confirmer un diagnostic sérologique plus précoce que le diagnostic clinique. C’est la tâche que poursuit depuis plusieurs années le professeur Rieux au Val-de-Grâce, dans le milieu militaire spécialement favorable à ce travail.
- Dès lors, on voit la multiplicité de ses applications ; sauf chez le nourrisson où la cuti-réaction, beaucoup plus facile, donne des renseignements suffisants, sauf là où la présence du bacille dans les excreta enlève tous les doutes, elle est véritablement, en pathologie humaine, l’équivalent de ce qu’est la réaction de Wassermann pour la syphilis. Il n’y a pas lieu d’entrer ici dans le détail des réserves qui s’imposent, confusion possible avec la syphilis et le paludisme. En médecine vétérinaire, elle intervient utilement pour la surveillance des vaches laitières.
- Quand on songe combien souvent la tuberculose au début est difficile à dépister et combien souvent la nature tuberculeuse d’une lésion est difficile à déterminer dans les milieux militaires et navals, en cas de contrat d’assurance, pour l’application de la loi des pensions, on comprend combien la réaction de Besredka est précieuse et combien son emploi mérite d’être généralisé (Q. E. L.
- 1. Pour les lecteurs qui s’intéressent spécialement au sujet, il va paraître incessamment un ouvrage sur la « Réaction de fixation dans la Tuberculose », par A. Ukiuin, de l’Institut Pasteur. Masson et Cie, éditeurs.
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- NOUVEL ACCUMULATEUR INSULFATABLE
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- Quand on dispose d’une énergie électrique dont on n’a pas l’emploi immédiat, on 1’ « emmagasine » dans une batterie à’accumulateurs qui la restitue à volonté, au bout de plusieurs heures ou de plusieurs jours, voire au bout de quelques semaines. Or, quand on étudie les phénomènes dont un accumulateur électrique est le siège, on se rend compte que le merveilleux appareil, inventé par G. Planté, n’agit pas à la manière d’un simple réservoir. Durant Ja période de décharge, il fonctionne comme une pile et fournit du courant, grâce aux réactions chimiques qui s’accomplissent entre ses éléments constitutifs.
- En particulier, l’accumulateur au plomb, le seul utilisé pratiquement, se compose d’un électrolyte (acide sulfurique étendu), d’une cathode en plomb spongieux et d’une anode formée de peroxyde de plomb agissant comme dépolarisant. Les électriciens pensaient jusqu’ici que la chaleur, dégagée dans les transformations chimiques, se retrouvait sous forme d’énergie électrique dans le circuit extérieur sur lequel on branchait l’accumulateur, les mêmes phénomènes se reproduisant, d’ailleurs, en sens inverse durant la charge. En réalité, comme les récents travaux de M. Charles Féry le prouvent, les choses ne se passent pas si simplement et la théorie de la double sulfatation, actuellement régnante, doit subir une refonte complète. L’habile physicien, en s’appuyant sur les seuls résultats expérimentaux et en écartant toute hypothèse, vient de démontrer, en effet, que la réaction réversible de l’accumulateur au plomb s’exprime par l’équation suivante :
- Pb* + S0*H*+Pba08 = Pb*S0*H- 2Ph02-}-H20.
- Fig. i. — Nouvel accumulateur Féry insuifatable,ayantsubiun commencement de décharge.
- A, Matière poreuse immobilisant les 2 électrodes; B, plomb réduit; C, Région transformée en sulfate plombeux.
- Il ne se forme donc pas de sulfate plombique aux deux électrodes et, en outre, ce composé ne prend jamais naissance dans une décharge normale. Ce sel blanc, peu soluble et, isolant, se produit d’une façon accidentelle; il donne lieu, en ce cas, à la « sulfatation », grave défaut des accumulateurs ordinaires au plomb et cause de leur usure rapide. .
- En résumé, l’appareil de Planté fonctionne comme toutes les piles : un sel du métal attaqué se forme
- au pôle négatif en ramenant le dépolarisant de l’électrode positive à un degré inférieur d’oxydation.
- La décharge spontanée de l’accumulateur provient de l’action combinée de l’électrolyte et de l’oxygène sur la plaque négative, selon la réaction :
- Pb2 + S04H2 + 0=Pb*S0*-hH*0.
- Puis quand on ne se sert pas d’une batterie déchargée, l’action devient plus profonde et le sulfate plombique apparaît suivant la formule :
- Pb2 SO4 -F- SO1 H2 -f-ü =2S0*Pb-|-Hs0.
- Il suffit alors, pour remédier à l’inconvénient de la sulfatation, de soustraire l’électrode négative à l’action de l’oxygène de l’air et aussi à la matière active, endothermique et très instable, qui entoure le pôle positif.
- Guidé par les considérations précédentes, M. Féry a imaginé un accumulateur au plomb insulfatable en appliquant les dispositions générales de sa pile à dépolarisation par l’air. On se rappelle que dans ce dernier appareil, il immergea le zinc au fond du vase afin de le protéger contre l’action oxydante, de l’atmosphère, cause déterminante de l’usure locale. La photographie (fig. 1) représente un de ces nouveaux éléments ayant subi un commencement de décharge.
- On y voit en À la matière poreuse qui immobilise les deux électrodes, en C la couche noire transformée en un sulfate plombeux Pb2S04 et en B le plomb réduit, qui, constituant l’électrode négative, repose au fond du récipient.
- Cet accumulateur insulfatable réalise un important progrès technique, puisque abandonné au repos durant 26 mois, il perd seulement 66 pour 100 de sa charge tandis que, d’après Jumau, un élément ordinaire se décharge au bout de 4 mois environ. Il possède, en outre, une force électromotrice élevée, une résistance intérieure assez faible et une régénération électrolytique peu coûteuse. Aussi le nouvel appareil trouvera sans doute, comme la pile sèche du même électricien, de nombreux débouchés dans la télégraphie et l’industrie.
- Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2652.
- 31 JANVIER 1925
- ROUTES MIGRATOIRES DE LA CIGOGNE BLANCHE
- Comme la mouette rieuse^), la cigogne blanche a fourni d’excellents résultats aux ornithologues qui ont entrepris en grand le « baguage » des oiseaux, dans le but de connaître ceriaines particularités de leurs mœurs et les. voies par lesquelles ils émigrent. Il est à remarquer que la cigogne blanche (Ciconia c. ciconia L.) témoigne de la confiance envers l’homme, s’il lui donne des preuves de bienveillance. En Allemagne, en Hollande, par exemple, elle est presque partout bien accueillie et parfois même vénérée; dans beaucoup d’endroits, les habitants facilitent l’installation de son nid : tantôt c’est une vieille roue fixée à plat sur un bâtiment, tantôt c’est un panier, une caisse ou simplement des planches qu’on attache sur le toit des maisons et qui attirent les cigognes, complètement rassurées par ces bons procédés. Grâce à cette sociabilité, les chercheurs ont facilement pu baguer de nombreux cigogneaux se trouvant encore au nid. C’est ce qu’a fait notamment le directeur de l'Observatoire ornithologique de Rossit-ten, M. Thienemann, en Prusse orientale.
- C’est aussi ce qui fut fait, sur les instances de cet éminent ornithologue, dans d’autres contrées allemandes. Les mêmes essais furent tentés par la Centrale Ornithologique de Budapest et par divers expérimentateurs, en Hongrie, en Hollande, au Danemark, en Suède, en Russie.
- . Les résultats de ce « baguage » en masse ne se firent point attendre et actuellement on a pu former un frappant tableau de l’état des. migrations des représentants de l’espèce Ciconia c. ciconia, qui habitent les pays susindiqués. Leurs quartiers d’hiver sont situés en Afrique australe, c’est-à-dire dans les territoires des lacs de l’est et du Zambèze, dans le désert de Kalahari, au Transvaal, en Orange et au Cap. Ainsi donc, la cigogne blanche, en faisant le voyage de son pays d’origine, qui se trouve dans le nord de l’Europe, jusqu’à son quartier d’hiver, et inversement, survole presque la moitié du globe. En effet, si l’on suppose que les voyages d’aller et de retour sont effectués en ligne directe, ils comprennent une longueur d’environ deux fois neuf mille kilomètres pour une cigogne originaire du Jutland, Mais l’oiseau n’accomplit pas la route en ligne droite; au contraire, il opère des détours vers l’est ou l’ouest et allonge par consé-
- I. Voyez La Nature du 20 décembre 1924.
- quent sa migration. C’est ce qu’ont prouvé les reprises de cigognes baguées, lesquelles ont permis de jalonner deux routes migratoires : l’une mène en Afrique par le sud-est de l’Europe, l’autre par le sud-ouest. .
- Rouie du sud-est. — Elle part de l’Europe septentrionale ou de l’Europe centrale, passe par la Hongrie et oblique vers les Balkans et l’Asie Mineure, atteint la Syrie, la Palestine, passe .en Égypte, suit le cours du Nil, arrive à la « chaîne » des lacs de l’est et ainsi jusqu’en Afrique australe. Certaines cigognes, partant du Nil, visitent le centre del’Afrique et les territoires du lac Tchad et du Congo.
- Route du sud-ouest. — Elle a été déterminée grâce à des trouvailles, dont voici quelques exemples ;
- j’indique d’abord la localité où l’oiseau a été annelé, puis le lieu de reprise :
- 1. — Fribourg-en-Brisgau (Grand - Duché de Bade), le 15 juin 1912. — Département de Saône-et-Loire, 1912.
- 2. — Fribôurg-en-Brisgau, le 14 juin 1912. — Gap (Hautes-Alpes), le 1er septembre 1912.
- 3. —Offerdingen-en-Brisgau, le 27 mai! 913. — Département de l’Aveyron, 15 août 1913.
- 4. —Fribourg-en-Brisgau, le 13 juin 1913. — Montpellier (Hérault), le 8 août 1913.
- 5. —Fribourg-en-Brisgau, le 7 juin 1913. — Département du Gard, le 16 août 1913.
- 6. — Fribourg-en-Brisgau, le 26 juin 1911. — Département des Basses-Pyrénées, le 9 août 1911.
- 7. — Cassel (Prusse), le 15 juin 1910. —Barcelone (Espagne), fin août 1910.
- 8. — Marbourg (Prusse), le 9 juin 1912. — Barcelone, le 9 août 1912.
- On s’étonne de ce que, comme le' montrent les exemples ci-dessus, les cigognes originaires du sud de l’Allemagne, émigrent si tôt. La plupart se trouvent dans le Midi de la France et en Espagne, déjà au commencement d’août ou vers le milieu de ce mois, alors que leurs congénères, habitant le nord de la Germanie, sont encore dans leur pays.
- Des trouvailles n’ont pas été, que je sache, faites dans le sud de l’Espagne, au delà de Barcelone. Mais, de l’avis des chercheurs et notamment de M. deLucanus (Die Rcilsel des Vogelzuges), la route migratoire du sud-ouest de l’Europe doit continuer vers le Maroc, par Gibraltar, et s’allonger vraisemblablement, ensuite par le Sahara, c’est-à-dire par l’Àhaggar et le Tibesti montagneux, vers le Nil Blanc
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- 53‘ Année. — 1" Semestr*.
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- 66......... ROUTES MIGRATOIRES DE LA CIGOGNE BLANCHE
- ou le lac Tchad, le Congo, et aboutir en Afrique australe.-Dans les pays montagneux qui traversent le Sahara du nord-ouest au sud-est, existent des cours d’eau et des terrains humides couverts d’une abondante végétation, où les cigognes migratrices trouvent une table bien garnie qui leur permet de se restaurer avant de continuer leur voyage au-dessus du désert.
- Des observations dignes de foi laissent d’ailleurs admettre que la route migratoire du sud-ouest de l’Europe passe par Gibraltar et se poursuit vers le Sahara.
- Au cours d’un voyage dans le Sahara, le baron de Schweppen-bourg trouva, à la fin de mars 1914, des cigognes blanches dans l’Ahaggar.
- En avril 1890, le docteur Stochow, allant de Tanger à Fez, observa des troupes de cigognes qui retournaient vers , l’Europe ; elles venaient du sud, donc du Sahara, et non de la côte de l’Atlantique.
- Enfin, d’après Har-tert, de fortes bandes de cigognes se reposèrent à l’intérieur du Sahara, prèsd’lu Salah, en août 1912.
- Lorsqu’on cherche à connaître le motif qui pousse les cigognes à faire un si grand détour, soit à Test, soit à l’ouest, pour émigrer vers le sud de l’Afrique, on est amené à diverses présomptions théoriques, comme il arrive souvent dans les problèmes de biologie. Si les cigognes ne. se dirigent pas en ligne droite vers leurs quartiers d’hiver, Æ'est sans doute pour effectuer le voyage dans de meilleures conditions, plus commodément, pour faire étape au bon endroit quand le besom de nourriture et de repos l’exige ; c’est probablement aussi pour éviter un vol fatigant au-dessus des Alpes. Ces conjectures semblent se vérifier pour la route migratoire du sud-est de l’Europe. En effet, les régions arrosées par le Danube, les plaines d’Asie Mineure, les territoires riches en sources de l’Euphrate et du Tigre, la vallée du Jourdain, sont autant de lieux propices à la réfection des cigognes. Mais on est moins porté à
- admettre que la route du sud-ouest offre des facilités aux voyageuses. Si quelques terrains fertiles situés dans les parties montagneuses du Sahara, rendent la traversée du désert moins pénible aux cigognes, par contre, il y a sur la route des régions dont le passage expose les oiseaux en question à autant de difficultés et de privations qu’un voyage par les Alpes.
- En tout cas, on s’étonne de ce que les deux routes migratoires précitées sont ce que nous appellerons des routes continentales ; élit s ne passent au-dessus d’aucune grande étendue d’eau. Et l’on admet que le détour qui caractérise chacune des voies d’émigration, à l’ouest et à. l’est, est peut-être dû' à certaine répugnance qu’éprouvent les cigognes à survoler la Méditerranée.
- Les cigognes baguées qui furent reprises sur la route du sud-ouest, étaient originaires du Grand-Duché de Bade, de la Hesse-Nassau, de la Thuringe occidentale, donc du sud-ouest de l’Allemagne. Les cigognes originaires de la Poméranie, du Schles-wig, du Brandebourg, du Mecklembourg. du Hanovre, du Brunswick et delà Saxe, de même que celles du Danemark, delà Suède, de la Russie septentrionale, de l’Autriche et de la Hongrie, suivent à de très rares exceptions près, la voie du sud-est. Il apparaît donc que la route migratoire dépend de la situation géographique du lieu de nidification : les cigognes originaires du nord et du nord-est de l’Europe émigrent par l’Asie Mineure et la Palestine; celles du nord-ouest, par l’Espagne et Gibraltar.
- En tout cas, pour ce qui concerne spécialement l’Allemagne, le Weser semble former la limite entre les contrées habitées par les cigognes voyageant par le sud-ouest et les contrées habitées parles cigognes voyageant par le sud-est. Mais il est fort probable, comme paraissent le montrer certaines trouvailles, que les cigognes originaires des territoires bordant le Weser, émigrent par les deux voies migratoires.
- A
- Fig. 2. — Direction de l’émigration des cigognes blanches.
- Les lignes en petits traits indiquent, à gauche, la route du sud-ouest, et à droite, la route du sud-est.
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- UN DOUBLE LEVER DE SOLEIL
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- Deux oiseaux annelés à deux ans d’intervalle, etnés au même endroit, c’est-à-dire àOsterwieck (llarz), non loin du cours d’eau précité, ont été repris, l’un à Francfort (Main), donc sur la route du sud-ouest, l’autre à Chemnitz (Saxe), route du sud-est.
- Il n’y a que de rares exceptions à la règle. Parmi les nombreuses cigognes retrouvées, quelques-unes seulement avaient émigré par des routes sortant du cadre des a oies habituelles. Par exemple, un oiseau annelé en Hollande, fut repris en Sibérie.; un.autre bagué en Prusse orientale fut tué en Italie; un autre encore, originaire de la Hongrie, fut abattu dans le sud de l’Italie. Ces cas exceptionnels sont assez difficiles à expliquer. Il faut admettre que des individus partent parfois isolément, à l’aventure, et s’égarent. Du reste, les cigognes voyagent ordinairement en troupes et il est certain que les vieux individus montrent la route aux novices.
- Quant au voyage de retour, il s’effectue par la même voie que celui d’aller. Le baron de Schvvep-penbourg n’a-t-il pas vu au mois de mars, dans l’Ahaggar, des cigognes blanches qui volaient vers le sud-ouest de l’Europe? Stochow n’a-t-il pas fait la même remarque sur la roule de Fez à Tanger? D’autre part, le retour par l'Asie Mineure est prouvé par de nombreuses cigognes abattues en cours de voyage. En outre, d’après ce qu’affirment MM. J. Sehenck et 0. Herman, membres éminents de la Centrale Onithologique de Budapest, d’importantes réunions de plusieurs milliers de cigognes ont lieu chaque année, aussi bien au printemps qu’en automne, dans le sud-est de la Hongrie. Voilà une pieuveque Ciconia suit la même route aux deux périodes d’émigration.
- Plus de 100 cigognes furent reprises à proximité immédiate ou aux environs des lieux où elles avaient été annelées au nid. Parmi ces échassiers, il y en avait de tous âges, c’est-à-dire de un à douze ans. Nombre d’entre eux revinrent même nicher à l’endroit où ils avaient été marqués au nid.
- A celte auirè règle, il y a également dé temps en temps une exception. Il est cependant rare qu’une cigogne soit trouvée en été dans une contrée d’où elle n’est pas originaire. M. F. de Lucanus signale qu’un individu, annelé à Lunebourg (Hanovre), fut repris deux ans plus tard à Sbrquitten (Prusse orientale); un autre, bagué à Viborg (Jutland), fut trouvé trois ans après, en juin, près de Riga; et
- un troisième âgé de deux ans, originaire de l’est de la Prusse, fut abattu pendant Fété à Damas. Comme Damas est située sur la route migratoire du sud-est, il est à supposer que la cigogne, au cours de son voyage de retour, aura dû interrompre sa migration pour une cause qu’il est difficile de fixer, peut-être par suite d’une maladie. Quant aux deux autres individus, il est possible qu’ils se soient accouplés, dans leurs quartiers d’hiver, avec des congénères originaires d’une autre contrée, et les aient accompagnés au retour; il est également possible que ce soit des individus restés célibataires et, par ce fait, devenus nomades.
- Les expériences de « baguage » autorisent donc d’affirmer qu’il est de règle, chez les cigognes de revenir au lieu de naissance pour s’y reproduire, et que, par conséquent, la population de cigognes d’un territoire se complète chaque année, principalement grâce aux individus qui y ont vu le jour, comme c’est le cas chez les mouettes rieuses.
- Lesdites expériences ont en outre prouvé que les cigognes âgées, d’un an, encore inaptes à la reproduction, ne réintègrent parfois pas, au printemps, leur patrie, mais vivent en nomades à l’étranger, pendant leur secondé année d’âge.
- Enfin, on a constaté que certaines cigognes, âgées de plusieurs années, mais non accouplées, reviennent passer la bonne saison au pays de naissance, où elles errent seules ou en petites troupes. Autrefois, on prenait pour des mâles ces oiseaux non mariés. M. Thienemann, ayant fait des recherches, trouva sur 11 cigognes vivant en célibataires, 5 mâles et 6 femelles. Parmi les mâles, il y avait un individu de trois ans. Chez tous ces exemplaires, même les plus âgés, les organes de la reproduction n’étaient que très peu développés.
- Il ressort de cette dernière constatation que, contrairement à ce que l’on a supposé longtemps, les cigognes non appariées, vivant en nomades dans leur patrie pendant la saison de reproduction, ne sont pas des mâles en surnombre. Il y a plutôt lieu d’admettre que, dans les deux sexes, tous les vieux oiseaux ne nichent pas chaque année. Au reste, comme l’indique la proportion des femelles par rapport aux mâles, chez les onze cigognes reprises par M. Thienemann, l’ancienne supposition que, dans l’avifaune, il y a plus de mâles que de femelles, ne se vérifie pas toujours. Arm. Mercier.
- Un phénomène d’optique atmosphérique.
- UN DOUBLE LEVER DE SOLEIL
- En lecteur de La Nature, M. Jean Eugène Goetz, I professeur au collège San-Felipe, à Riobamba (Équateur), nous adresse la curieuse observation ci-des-sous : « Le 20 août dernier, étant sur la Cordillère des Andes de l’Équateur, au cours d’une ascension
- I au cratère du volcan Tungurahua — un des plus actifs et des plus élevés du monde — nous avions passé la nuit, à près de 4000 mètres Celle-ci avait été très froide (plusieurs degrés au-dessous de zéro).
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- UN DOUBLE LEVER DE SOLEIL
- « Le jour commença à poindre. La plaine orientale équatorienne s’étendait devant nous à perte de vue. Tout à coup, vers 6 heures moins un quart, une lueur extrêmement rouge frappe nos yeux. Nous apercevons la mer de nuages qui recouvre toute la plaine orientale et, à l’extrémité, l’horizon en feu, d’un feu qui embrasait le ciel.... Au bout de 5 ou 6 minutes de l’apparition de ce spectacle grandiose, le Soleil se lève en un disque rouge, mais sans rayons, de façon qu’on pouvait le regarder sans difficulté!... Peu à peuple disque'monte, énorme, majestueux, sur le firmament embrasé. Tout à coup, il disparaît comme derrière un gros nuage, de manière qu’on n’en voie plus la moindre trace. Cependant le ciel est limpide, sans nuages, sauf ceux qui couvrent la plaine comme une mer houleuse.
- « Au bout de 6 minutes, un second Soleil se lève sur l’horizon radieux, éclatant de blancheur, cette fois.
- « Le premier n’était qu’une image parfaitement réfléchie par l’atmosphère.
- . « N’ayant jamais vu chose pareille, je pensais avoir été le jouet d’une illusion, ou bien que le Soleil avait traversé des nuages stratifiés à l’horizon. Un mirage paraissait impossible à cette heure... Bref, je persistais à croire à une illusion, lorsqu’un de mes compagnons, explorateur de l’Orient équatorien, me dit avoir vu le même phénomène, plusieurs années auparavant, dans les plaines orientales, dans des conditions identiques, etc.
- « Pouvez-vous m’indiquer quelque explication de ce singulier phénomène, qui, sans doute, doit se reproduire dans certaines conditions atmosphériques de réflexion totale? »
- L’observation de notre correspondant est fort curieuse, et nous le remercions de nous l’avoir communiquée. Elle appelle quelques réserves nécessaires avant de tenter une explication.
- Ainsi, on doit regretter que le mode de disparition de la première image solaire ne soit pas précise. « Tout à coup, il disparaît comme derrière un gros nuage. » Cette phrase ne permet pas de se faire une idée de la cause de cette disparition;
- Si le Soleil était réellement passé derrière un nuage, ce nuage devait être situé extrêmement loin des observateurs, tellement loin que l’épaisseur d’air interposée, air chargé de brume même légère, ne permettait pas de le voir. Or, le Soleil a un diamètre moyen de 30' d’arc. En Équateur, il se lève en 2 minutes environ. Par conséquent, il aurait mis environ 2 minutes pour disparaître derrière le
- nuage, où on l’aurait vu progressivement disparaître
- — le déplacement d’un nuage vu de si loin est pratiquement nul — en 2 minutes.
- Si la disparition de l’image du Soleil avait été mieux observée — de préférence avec une jumelle
- — on aurait peut-être été immédiatement fixé sur la cause du phénomène.
- Ainsi, s’il y avait une réflexion totale sur quelque chose, il est probable que l’on aurait vu urî des b.ords du faux soleil disparaître, la limite de la lumière semblant gagner peu à peu toute l’image, jusqu’à l’effacer complètement.
- Ici, encore, le phénomène aurait disparu en deux minutes environ. Si l’on avait pu scruter attentivement la première image solaire, on aurait sans doute pu se rendre compte, même avec une jumelle, si l’on avait affaire à une image directe ou à une image réfléchie, ce dernier cas donnant une image bien moins définie que le premier.
- Enfin, il eût été intéressant de savoir si l’apparition du Soleil vrai s’est produite à la place de la première image rouge observée ?
- Nous comprenons très bien que M. Goetz n’ait pas fait ces diverses constatations, puisque, en présence de la première image peu éclatante — qu’il prenait pour le Soleil — il ne pouvait un seul instant penser que l’astre du jour se lèverait réellement ensuite éblouissant de lumière.
- Nous en sommes donc réduits, faute de précisions, à admettre l’exactitude des faits signalés par notre correspondant.
- Peut-on alors expliquer cette apparition d’un faux soleil suivie du lever du vrai Soleil ?
- La chose n’est pas absolument impossible, grâce à la connaissance que nous avons aujourd’hui de la composition de l’atmosphère supérieure, et aux travaux de Durand-Gréville, Teisserenc de Bort, du Dr Heim, etc. *
- Durand-Gréville, dont la science déplore la perte relativement récente, a fait une étude complète de l’albe ou second crépuscule (’). On désigne sous ce nom un phénomène crépusculaire se produisant le matin, avant le lever du Soleil, ouïe soir après son coucher . -
- Par les journées claires, le soir, par exemple, on constate qu’après le coucher du Soleil, il se produit peu à peu un assombrissement du ciel à l’Est puis, ensuite, ce ciel s’illumine à nouveau, pour s’obscurcir finalement au bout d’un certain temps. Si l’on observe plus particulièrement le ciel oriental, on constate, dès le coucher du Soleil, qu’une pre-T. L’Astronomie, 1909, p. 54 à 44.
- Fig. i. — Explication du second crépuscule.
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- mière ombre de la Terre s’élève lentement, donnant l’impression d’un ciel couvert (quand la Lune brille à l’Est, le contraste de la Lune éclatante dans cette ombré est très curieux). Aii bout d’un quart d’heure au moins et généralement 55 minutes, la partie inférieure de cette bande d’ombre s’éclaire, le tout s’élevant peu à peu, puis enfin apparaît la seconde ombre de la Terre. Et cet.ensemble monte lenlement, au fur et à mesure que le Soleil descend. ^ « On ne pouvait douter, dit Duiand-Gréville, « qu’un faisceau'lumineux, envoyé par le Soleil « suivant une voie à déterminer, pénétrât oblique-« ment dans le cône d’ombre terrestre. »
- Et Durand-Gréville ajoute : « On peut donc « affirmer avec certitude que, partout où il se lève, « le Soleil envoie vers l’Ouest des rayons infléchis, « qui forment un autre demi-cône lumineux. Con-« clusion : il existe constamment à l’intérieur du « cône d’ombre terrestre, un cône ou du moins un « conoïde lumineux crépusculaire de même axe.
- « Ce cône n’éclaire jamais la base des cumulus, il ne s’abaisse donc pas au-dessous de 1600 mètres. »
- A quelle altitude se fait l’introduction des rayons crépusculaires? Les expériences de Teisserenc de Bort, dans ses lancers de ballons-sondes, ont révélé, entre 11 et 15 km d’altitude l’existence d’une zone d’inversion de température. C’est à cette altitude que Durand-Gréville place la zone d’entrée des rayons du second crépuscule. Le Dr Heim, de Zurich, avait proposé cette explication autrefois, mais il croyait avoir trouvé la cause d’une réflexion spécu-laire des rayons solaires dans une couche atmosphérique située à 80 km de hauteur.
- Et Durand-Gréville résume tous les faits connus dans la figure ci-jointe (fig. 1).
- « Elle est tracée, dit-il, sur un plan passant par l’observateur O et par les centres de la Terre et du Soleil. PP' est la limite de la pénombre; TT' est le rayon tangent à la surface terrestre : il devrait -se
- réfléchir suivant TO'". En réalité, tout rayon RC, venant du Soleil, traverse — entre C (altitude des cirrus, 9 à 10 km) et R', point d’une couche d’inversion — des couches de densités irrégulièrement décroissantes; Il se réfléchit suivant R'R". A l’aller et au retour, il subit dans les couches sans doute d’inversion, une série de réflexions... et il ne redescend pas jusqu’à la surface de la Terre, etc. »
- Essayons maintenant d’expliquer la première image solaire vue par M. Goetz, au moyen de cette figure, et en apportant toute la prudence qu’il convient de conserver pour ce phénomène dont la réalité n’est pas indiscutablement prouvée. J
- Les observateurs se trouvaient en O"'à 40(K)-m. d’altitude (donc bien au-dessus du minimum' de 1600 m. où peut atteindre le rayon d’albe). Ils recevaient directement les rayons réfléchis, tels que R'R?/, et ont pu voir, en premier, l’image du Soleil donnée par cette réflexion sur la couche d’inversion. Mais on conçoit qu’une telle image devait être peu lumineuse, par suite du long parcours du* rayon lumineux dans l’atmosphère, puis de la diffusion et de la déperdition d’une grande partie des rayons sur les différentes surfaces d’air, n’agissant pas comme des miroirs parfaits. C’est pour cela que l’on doit regretter l’absence dé précisions sur l’aspect - de la première image. Ensuite les observateurs Ont. assisté au lever du Soleil quand le rayon PB' est passé par 0”.
- En pratique, en raison de la très faible courbure de la surface terrestre, l’angle OTO"' est très ouvert et le passage^du rayon R'R" au rayon PP' peut se faire en quelques minutes.
- En résumé, la première image solaire vue par les observateurs du Tungurahua a pu être produite par des réflexions dans la couche d’inversion qui donne naissance à Palbe ou second crépuscule?
- Ein. Tott.hkt.
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- LE LABORATOIRE PSYCHOTECHNIQUE
- de la Société des Transports en commun de la Région Parisienne.
- Dans un de ses dépôts, situé rue du Hainaut, non loin du parc des Buttes-Chaumont, la Société des transports en commun de la Région Parisienne (S. T. C. R. P.) vient d’installer un original laboratoire, dans lequel M. J.-M. Lahy et ses collaborateurs appliquent les nouvelles méthodes de la psychotechnique à la sélection des conducteurs des 1565 autobus et des 2500 tramways qui circulent journellement dans les rues de la Ville-Lumière.
- Les hommes, à qui incombe la tâche difficile de mener ces voitures ou ces trains à travers le dédale d’artères si fréquentées et parfois si encombrées, doivent posséder une rare habileté professionnelle afin d’éviter les accidents dans la mesure du possible.
- Aussi maintenant, après avoir soumis les candidats machinistes a des examens médicaux ordinaires propres à s’assurer du bon fonctionnement de leurs poumons et de leur cœur, de leurs yeux où de leurs oreilles et autres organes essentiels, la Compagnie leur fait subir un certain nombre d’épreuves concernant leur force, leur résistance à la fatigue, leur attention, leur mémoire, leur émotivité, l’exactitude de leurs gestes. En un mot, où étudie toutes lëS réactions que produisent; sur leurs nerfs et' leurs muscles, des manifestations extérieures analogues à celles qu’ils rencontreront sur leur route, au cours de leur besogne quotidienne. On obtient ainsi un classement scientifique permettant d’obtenir une meilleure utilisation des individus, d’écarter imine-
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- diatement les sujets inaptes, de placer dans un autre service les conducteurs fatigués; car indépendamment des candidats, on examinera, de temps en temps, tout le personnel roulant ainsi que les conducteurs ayant causé un accident grave, même si l’on ne relève aucune faute à leur charge De cette manière, non seulement la Conppagnie ne dépensera pas, en frais d’apprentissage inutiles, des sommes assez rondes, mais la sécurité du public y gagnera beaucoup.
- Ces généralités posées, visitons successivement 1
- techniciens désignent aujourd’hui sous ce nom l’aptitude que possèdent les individus recevant des excitations variables par leur nature et leur intensité d’y répondre par des réactions caractéristiques plus ou moins rapides. On conçoit l’importance pour le machiniste de posséder cette qualité au plus haut degré, car au cours de son travail journalier son attention doit se porter tantôt sur des signaux, tantôt sur les profils de la voie, tantôt sur des ' points d’arrêts prévus ou brusques et sur les autres
- Fig. i. — Salle obscure du Laboratoire psychotechnique de la S. T. C. R. P. pour l'étude de Vattention diffusée des wattmen.
- Le sujet tient dans la main droite une presselle avec laquelle il ferme, au moment voulu, un circuit électrique. Le courant allume des phares autour de l’écran cinématographique et de petites lampes sur le pupitre de l’examinateur. Un chronoscope d’Arsonval mesure les temps de réaction du machiniste aux divers signaux sonores et visuels.
- les différentes salles du laboratoire psychotechnique de la rué du Hainaut afin de nous rendre compte des diverses fonctions mentales et motrices qu’on y observe au moyen d’appareils enregistreurs nouveaux ou perfectionnés en vue de celte étude spéciale.
- Entrons d’abord dans la pièce obscure où se trouvent les dispositifs propres à mesurer Vattention diffusée (fig. 1), « fonction essentielle du travail du machiniste » comme l’écrit avec juste raison M. L. Bacqueyrisse, directeur général de l’exploitation et des services techniques de la S. T. C. B. P.
- Mais avant de décrire l’installation expérimentale permettant d’étudier l'attention diffusée, il nous parait opportun de la définir. La plupart des psycho-
- incidents de la route. A toutes ces excitations variées, il lui faut répondre par des gestes professionnels et souvent en un temps très court, qu’il s’agisse de mettre son véhicule en marche, de ralentir ou d’accélérer la vitesse, de sabler ou de freiner.
- Au laboratoire psychotechnique, la présentation des tests relatifs à l’attenlion diffusée s’effectue de la façon suivante. On place le sujet dans une pièce obscure assis devant une table, sur un fauteuil qui ressemble au siège des conducteurs d’autobus parisiens. Il tient dans la main droite une presselle lui servant à fermer, au moment voulu, un circuit électrique. D’une part, ce courant allume des petites lampes disposées devant le pupitre de l’examinateur qui se tient à quelque distance dans la même pièce
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- et il déclenche également des signaux sur le tambour d’un appareil enregistreur situé dans une salle voisine. La main gauche de l’homme plonge dans un godet contenant de l’eau et intercalé dans un circuit galvanométrique. Ce dernier dispositif sert à mesurer le réflexe psycho-galvanique (fig. 2) au cours d’une expérience, comme nous l’indiquons plus loin. Enfin les pieds de l’individu examiné reposent sur deux pédales fonctionnant de façon différente : l’une réagit quand on presse sur ses ressorts, l’autre lorsqu’on les relâche. En outre, la manette et les pédales ainsi que les signaux auditifs ou visuels employés comme épreuves d’attention diffusée, sont encore reliés électriquement à un chronographe d’Arsonval, vu ici sur la table à droite du psychotechnicien. L’organe principal de cet instrument, destiné à mesurer les temps de -réaction, est un ressort faisant tourner une aiguille, devant un cadre divisé, 'a la vitesse d’un tour par seconde. Un régulateur de Pickering lui assure une marche constante pendant une dizaine de minutes environ. Un axe formé de deux parties, l’une restant en connexion avec les roues du mécanisme, l’autre s’engrenant sur celle-là, grâce à un plateau à bords dentés qui mord sur une galette feutrée, transmet le mouvement à l’aiguille tandis qu’un léger ressort, collant l’axe mobile de cette dernière contre l’axe fixe, détermine l’engrenage. L’autre face du plateau mobile, porteur de l’aiguille, constitué par du fer doux, regarde un petit électro-aimant. Quand un courant passe dans celui-ci, le plateau de l’axe mobile se trouve attiré, les dents s’éloignent du feutre et l’aiguille reste immobile ; mais lorsque le circuit est ouvert, le petit ressort assure à nouveau l’engrenage du plateau denté contre le disque feutré. Si les rouages marchent, l’âxe fixe tourne en entraînant l’aiguille du
- Fig. 2. — Mesure du réflexe psycho-galvanique.
- Le sujet tient dans la main droite une presselle, sa main gauche plonge dans un godet contenant de l’eau et intercalé dans un circuit galvanométrique, ses pieds peuvent s’appuyer le cas échéant sur des pédales. On voit en arrière les observateurs et la cabine du cinéma.
- chronographe qui indique, en centièmes de seconde, le temps écoulé entre l’excitation et la réaction. D’une façon générale, une fois le sujet assis sur le fauteuil expérimental, on lui fait subir plusieurs sortes d’épreuves d’attention diff usée. Tantôt on allume devant lui des phares de diverses couleurs fixées autour d’un écran sur lequel on projette des scènes cinématographiques variées. Les éclats lumineux se succèdent selon un ordre et un rythme déterminés au préalable, mais on complique le problème, en faisant retentir au cours d’une expérience, des klaxons et des sonneries. Chaque signe optique ou auditif correspond à des mouvements de manette ou de pédales que le machiniste doit exécuter sans tenir compte des distractions qui le sollicitent. Toutes ces réactions s’inscrivent automatiquement sur le tambour enregistreur.
- Quittons un moment la salle obscure pour voir fonctionner, dans une pièce voisine,Yapparsü enregistreur des tests d’attention diffusée (fig. 5). Les 4 styles (qu’un des opérateurs
- Fig. 3. — Salle des appareils enregistreurs.
- Les 4 styles inscrivent sur le tambour les courbes qui correspondent au signal des excitations, au pied gauche, au pied droit, et à la main droite du
- wattman.
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- Fig. 4 — Mesure de la jatigabililè au dynamographe Henry.
- est en"train de régler, correspondent, le premier au signal des excitations, les autres au pied gauche, au pied droit et a la main droite. Devant le personnage porteur d’une blouse blanche, on voit les organes d’entraînement : sur la table, le sélecteur réglant l’ordre des excitations et la roue dentée dont remplacement irrégulier des contacts sur son pourtour commande la durée respective de ceux-ci. Le pendule fixé sur le panneau mural conditionne le temps d’allumage des lampes.
- Les courbes d’enregistrement des tests auditifs et visuels s’étudient sur un graphique ; on en déduit, entre autres caractéristiques, la rapidité, la régularité et l’homogénéité.
- La plus importante d’entre ces trois qualités, pour évaluer l’aptitude d’un machiniste, est d’ailleurs la régularité des temps de réaction, calculée sur trente épreuves. La rapidité, sauf les cas de lenteur^ extrême de réaction* ne constitue ni un signe d’infériorité, ni un signe de supériorité professionnelle.
- Revenons maintenant à la salle obscure pour étudier le réflexe gal-vano-psychique (fig. 2). Ce phénomène, aux causes probablement très complexes, fournit cependant un excellent test de l’émotivité, fort
- utile à connaître dans le cas présent. A quoi servirait, en eflet, qu’un machiniste, donne d’excellentes réactions psychomotrices dans le calme du laboratoire s’il se trouble à la moindre excitation émotionnelle? Pour se rendre compte de ce réflexe on place deux doigts de la main gauche du sujet dans des godets à eau. Puis on l’intercale dans un circuit électrique où se trouve un pont de Wheat-stone et un galvanomètre. A l’instant où il exécute un test d’attention diffusée, on le soumet à une émotion brusque, tel le bruit d’un klaxon. Alors la résistance de son corps s’accroît ou diminue. Le phénomène s’accuse par une déviation du galvanomètre, déviation variable selon les individus et les chocs émotifs. A la'S. T. C. R. P., on a trouvé une relation étroite entre cet examen et l’épreuve du mannequin jeté inopinément en avant d’un tramway ou d’un autobus. Ce dernier procédé sert à déceler le sang-froid des machinistes dans les écoles d’apprentissage et permet d’éliminer ceux qui en manqueraient au moment du danger.
- De son côté, le clynarnographe Henry (fig. 4) donne des renseignements très précieux sur la fatigabilité des candidats machinistes. L’organe essentiel de cet appareil est une poire eri caoutchouc, remplie d’un kg de. mercure et terminée par un collet permettant de la -raccorder à un tube de métal, de manière :à laisser seulement déformable la partie sphérique de l’enveloppe. Sous la pression de la main ou des doigts, le mercure, en montant plus ou moins dans le tube gradué, soulève une masse de fer. Celle-ci, par l’intermédiaire d’un fil enroulé autour d’une poulie de réduction convenable ( 1/6), actionne une plume qui trace les pressionssur un cylindre recouvert de papier quadrillé millimétrique et auquel un mouvement d’horlogerie imprime une vitesse uniforme de rotation (1 mm. par seconde).
- L’expérimentateur, en pressant la poire, s’attache
- Fig. 5. — Mesure de la suggestibilité motrice au moyen de l’appareil Binet.
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- à obtenir et à conserver la pression maxima jusqu’à épuisement. Tandis quune double graduation fixée sur la planchette indique la pression totale et le travail, l’aire de chacune des courbes enregistrées par le cylindre tournant, mesure ce qu’on nomme, assez improprement du reste, le travail statique, autrement dit le produit de la pression moyenne par la durée de l’effet des fléchisseurs des doigts. Or M. Henry et Mlle Joteyko ont démontré expérimentalement que, pour connaître en kilogrammes le travail de même dépense, c’est-à-dire l’énergie disponible de ces muscles, il suffit de diviser par 120 le nombre de kilogrammes-seconde représentés par Faire statique. En tout cas, la courbe expérimentale présente une descente d’autant plus rapide que l’homme se montre moins résistant à la fatigue.
- Gomme autre facteur, en relations très étroites avec les aptitudes professionnelles des agents, l’expérience a indiqué la suggestibilité motrice que les aides de M. Lahy mesurent avec l'appareil de Binet,(fig. 5) très employé du reste, dans les laboratoires de psychologie expérimentale. Ce dispositif comporte deux roues, que l’on peut faire tourner au moyen de manivelles et sur la gorge desquelles passe une courroie sans fin les rendant solidaires. L’expérimentateur imprime un mouvement à l’une cFelles qui entraîne la roue libre du sujet. Celui-ci, les yeux bandés, doit suivre aussi exactement que possible les impulsions reçues, soit que le psychotechnicien s’arrête brusquement de tourner la manivelle, soit qu’il diminue ou accélère la vitesse de rotation. Quand le machiniste résiste ou continue ses Tnouvements après que l’opérateur a cessé les siens, le nombre des tours de sa roue est inférieur ou supérieur à celui des gestes du dernier. Deux plumes enregistrent les mouvements des roues sur un tambour enduit de noir de fumée. On garde ainsi
- Fig. 6. — Vue de face de la plate-forme expérimentale.
- En arrière du machiniste, on voit l'examinateur qui préside aux péripéties du voyage imaginaire.
- une trace exacte du mouvement suggéré, de sa durée et de sa vitesse comparée à la vitesse initiale imprimée par l’observateur. Aussi on compare très exactement par l’appareil Binet la suggestibilité motrice de deux individus. La différence, entre les graphiques d’un sujet normal et d’un autre plus ou moins suggestible, rapportée à 100, représente son indice de suggestibilité positif en cas de résistance et négatif dans le cas de prolongation de ses gestes. Le nombre zéro donnera donc un résultat parfait et plus le test sera mauvais, plus la valeur arithmétique de l’indice sera grande.
- Maintenant, comme les statistiques des accidents causés par les conducteurs d’autobus et de tramways ont montré que beaucoup provenaient de l’incapacité des agents à apprécier convenablement les vitesses et les distances, on étudie au laboratoire psychotechnique leur aptitude sous ce rapport, à l’aide d’un tachodomètre (fig. 6) ou banc mesurant 4 mètres de longueur. Derrière l’échelle graduée régnent des rails sur lesquels peuvent se déplacer 5 petits chariots, animés de vitesses différentes, grâce à une petite dynamo et à un système de pou-
- Fig. 7. — Appréciation des vitesses et des distances au moyen du tacho-domèlre ou banc de 4 mètres sur les raiis duquel peuvent se déplacer , 3 petits chariots porteurs de disques.
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- lies réglables à volonté. Ces mobiles, cachés à la vue du sujet qui s'assoit sur une chaise, face à l’appareil, portent des tiges surmontées de petits disques (noir, vert ou rouge) et seuls visibles. Le test comporte plusieurs séries d’épreuves. Tantôt on prend tous les chariots, on en place un à chaque extrémité du banc tachodométrique et le troisième à l’aulre bout, tantôt on en utilise deux seulement disposés au début de l’expérience, soit presque côte à côte à une des extrémités du banc, soit un à chaque bout. L’examinateur fait cheminer ces mobiles à des vitesses variables et le sujet doit indiquer aussi rapidement que possible dans quel ordre les disques les surmontant se croiseront et à quel point de l’échelle graduée se fera la rencontre. A la S. T. C. P».
- P., on tient compte de la rapidité et de l’exactitude des réponses.
- Pour terminer, nous signalerons comme épreuve psychologique importante, les tests de la plate-forme (fig. 7 et 8). Installé comme dans la réalité, le futur watt-man a sous la main tous les appareils de manœuvre, et de contrôle, qui se trouvent sur un tramway. Devant lui, se déroule un film représentant les multiples incidents de la rue et derrière lui, se tient, devant un pupitre surélevé par rapport à la plate-forme, l’organisateur des péripéties de ces voyages imaginaires.
- Les scènes cinématographiques typiques s’inscriront sur Je tambour d’un enregistreur en même temps que les gestes du conducteur. Suivant la nature des obstacles qui se présentent à ses yeux, ce dernier doit frapper sur le timbre, s’arrêter, sabler les rails, freiner, etc. Du reste, en agissant sur le dispositif de freinage, le machiniste commande la vitesse de projeelion sur- l’écran. En outre, un poids très lourd, monté sur le cinématographe, simule l’inertie du tramway, en sorte qu’après l’arrêt de ce volant, le film continue à se dérouler durant quelques secondes. Bien que ce soit la rue qui circule et non le véhicule, cet ingénieux système donne bien au wattman l’illusion de la réalité. . '
- Telles sont grosso modo, les méthodes employées au laboratoire de la S. T. C. R. P. L’étude détaillée
- des graphiques a permis de vérifier le rapport entre les procédés psychotechniques et la valeur professionnelle des machinistes, examinés par séries successives de 50. Afin de simplifier le travail de classement, on a déterminé pour chaque agent la qualité de ses tests d’attention diffusée et de suggestibilité motrice en tenant simplement compte, pourjes temps de réaction, de la régularité et d.el’homogé-. néilé. Puis on a partagé les individus examinés en 10 déciles ou catégories psychotechniques groupées de la manière suivante : le 1er décile correspond à très bon; les 2e et 3e déciles à bon, les 4e, 5e, 6e, 7e déciles à moyen ; les 8e et 9e déciles à mauvais et le 10e décile à très mauvais. Ensuite pour dresser la liste définitive des candidats par ordre de mérite, on introduit la notion des valeurs compensatrices, c’est-à-dire que si un sujet possède une supériorité fonctionnelle ou motrice très marquée, elle supplée à l’insuffisance de certaines autres aptitudes, sauf quand cette intériorité se révèle par trop grande. Jusqu’à plus ampleinformé, enappli-quant les principes précédents et en prenant comme base de son classement les trois principales fonctions (suggestibilité motrice j réactions motrices et attention diffusée), la S. T. C. R. P. admet 4catégories psychotechniques : 1° Très bon pour un ou plusieurs tests ; 2° Bon ou moyen pour un ou plusieurs tests sans un seul très mauvais ; 3° Très mauvais pour un ou plusieurs tests, bon, moyen, mauvais pour les autres ; 4° suspect au point de vue psychopathique. Ces classes sont subdivisées elles-mêmes en plusieurs groupes sauf les deux dernières.
- D’ailleurs, afin de-vérifier l’exactitude de leurs conceptions, les habiles techniciens comparèrent, pour 136 machinistes de tramways ou d’autobus, les résultats des épreuves psychotechniques avec les notes professionnelles et 85 fois pour 100 les deux classements coïncidèrent.
- La valeur du procédé était démontrée. Grâce à cette sélection scientifique , les inaptes se trouvent éliminés avantleur entrée à l’école des machinistes d’où réduction sensible des dépenses de la Compagnie, qui n’aura plus à payer d’inutiles apprentissages, sans
- Fig 8. — Vue arrière de la plate-forme.
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- compter que la sécurité du public y gagnera. Si l l’on envisage le problème au point de vue social, l’application des méthodes psychotechniques présente également des avantages en mettant les individus à la place désignée par leurs aptitudes physiologiques et en leur évitant bien des déboires.
- Enfin le laboratoire, que M. Lahy dirige avec une' autorité légitime, ne classe pas seulement des candidats, mais il procède encore à des examens périodiques du personnel roulant. Indépendamment d’une visite médicale, les machinistes y passeront dorénavant tous les'cinq ans jusqu’à 45 ans, tous les trois ans de 45 à 54 ans et chaque année au delà. Les conducteurs d’autobus et de tramways mêlés à un
- l accident sur la voie publique (qu’ils soient fautifs ou non) y subiront également des contrôles psycbo -techniques variés. Quoique peu nombreux encore, ces examens occasionnels ont fourni de très utiles indications; dans certains cas, ils ont fait découvrir chez les agents, des troubles organiques récents, des tares psychiatriques que les médecins contrôlèrent ultérieurement. Enfin les psychotechniciens tireront sans doute de précieux enseignements des observations faites dans le nouveau laboratoire, pour perfectionner leur outillage expérimental et ’ pour augmenter la précision de leurs méthodes.
- Jacques Boyer.
- La Science en famille.
- LE TRICENTENAIRE DE CASSINI I
- C’est une mode qui a toute notre approbation que celle de célébrer le centenaire des hommes qui ont rendu de grands services à la patrie et à l’humanité. Dans ces dernières années, ces commémorations ont été nombreuses, et ont été l’occasion, pour des écrivains et des orateurs de mérite, de nous rappeler la gloire de Colbert, de Molière, de Pascal, de Pasteur, de Lazare Carnot, sans oublier celle de Napoléon.
- Le nom de Cassini, qui est indissolublement uni à l’histoire de l’astronomie française, a eu le plus vif éclat, mais le temps l’a un peu terni. Il serait toutefois fâcheux que le tricentenaire de l’homme qui a illustré ce nom, et qui a fondé une famille dont quatre membres successifs ont marché sur ses traces et siégé, après lui, à l’Académie des Sciences, passât tout à fait inaperçu.
- Jean-Dominique Cassini naquit le 8 juin 1625, à Perinaldo, ou Pec-Regnault, dans la partie du comté de Nice qui est restée italienne. Cassini nous fait d’ailleurs remarquer que cette localité avait autrefois dépendu de la Provence. Sa maison natale existe, ou du moins existait encore il y a trente ans, mais l’étroitesse de la rue où elle se trouve ne permettait pas de la photographier.
- Il fit, avec beaucoup de succès, ses études au collège des Jésuites de Gênes et réussit particulièrement en poésie latine, ce qui ne l’empêcha pas d’étudier, dès lors, la philosophie et même la théologie.
- Mais les mathématiques, à cause de leur évidence,
- le charmèrent tout particulièrement, comme jadis Descartes, et il alla bien au delà des éléments, car, dès cette époque, il était au courant du calcul des tables astronomiques. Il s’occupa même un instant de l’astrologie, mais il reconnut bientôt qu’elle n’est qu’extravagance, et il se montra ainsi, à la fleur de l’âge, plus avancé que beaucoup de ses contemporains, justement estimés d’ailleurs. Il se fit un devoir de détromper, à cet égard, quelques-uns de ses amis, entre autres le marquis de Malvasia, et ils perdirent leurs illusions,- peut-être avec regret, mais il leur fallut bien se rendre à l’évidence.
- En 1649, il alla compléter ses études à Bologne, et, l’année suivante, il devenait professeur d’astronomie à l’illustre Université de cette ville. Il remplaçait un savant célèbre, Cavalleri, qui fut un des précurseurs de Newton et de Leibnitz dans l’invention du calcul infinitésimal.
- A Bologne, Cassini fit beaucoup d’observations astronomiques, notamment sur la comète de 165*2. et il construisit la célèbre méridienne de l’église de Sainte-Pélrone, qui lui permit de déterminer la valeur de l’obliquité de l’écliptique, qu’il trouva de 25° 29', la réfraction horizontale (de 32 à 33'), de prouver que la parallaxe du Soleil est presque insensible. Il donna plus tard à cette parallaxe la valeur 10", et aujourd’hui, on s’accorde à lui reconnaître la valeur 8",8, enfin il montra que le diamètre apparent du Soleil, qui diminue en s’éloignant. du périgée, ne diminue pas à proportion
- Fig. i.
- Portrait de Cassini.
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- comme le mouvement de cet astre dans l’écliptique, Kepler avait déjà senti cette vérité, mais n’avait pu en persuader les astronomes.
- Cette méridienne de Sainte-Pétrone a eu quelque importance dans la carrière- de Cassini, car il lui consacra un ouvrage dont il fit hommage à la reine Christine de Suède, qui avait dû quitter la France à la suite du meurtre de Monaldeschi. Il était dans la destinée de l’astronome d’entrer en rapports avec plusieurs souverains.
- Et tout d’abord, avec le pape Alexandre VU, auquel la ville de Bologne l’envoya à propos de différends qui s’étaient élevés entre elle et sa voisine Ferrare. L’irrégularité du cours du Pô et de ses affluents, le danger qu’elle faisait courir aux riverains qui cherchaient tous à se sauver aux'dépens d’autrui, étaient l’origine de ces difficultés.
- Â partir de ce moment, pendant plusieurs années, Cassini remplit les fonctions d’ingénieur hydraulicien et s’occupa non seulement de régler le cours du Pô et des rivières qui s’y jettent, mais aussi celui de la Chiana, qui, à l’origine, affluent du Tibre, a été artificiellement transformée en un affluent de l’Arno. Un savant illustre, Viviani (le dernier disciple de Galilée) fut son collaborateur à cette occasion.
- Deux hommes aussi éminents ne se bornèrent pas à remplir strictement leur mission technique : « Ils firent en même temps, nous dit Fontenelle, des observations sur les insectes qui se trouvent dans les galles et dans les nœuds des chesnes, sur des coquillages de Mer en partie pétrifiez et en partie naturels qu’ils déterrèrent dans les montagnes de ce Païs-là ; ils poussèrent même leur curiosité jusqu’à des antiquitez que les observateurs de la Nature, assez occupez d’ailleurs, dédaignent quelquefois comme des effets trop incertains et trop casuels du caprice des Hommes, ils tirèrent de la terre beaucoup d’urnes sépulcrales' et des inscriptions Ilétrusques. Mais ce qu’il y eut de plus considérable, ce fut qu’en ce même lieu, M. Cassini fit voir à M. Viviani les éclipses de Soleil dans Jupiter, causées par les Satellites, et qu’il en dressa des Tables et des Épjiémérides. Le Disciple de Galilée eut le plaisir d’être témoin des progrès qu’on fai-soit en suivant le pas de son Maître. » .
- La découverte des quatre premiers satellites de Jupiter (on en compte à présent huit), faite à peu près simultanément par Simon Marius et par Galilée, eut une grande importance, et, tout d’abord, elle popularisa les idées coperniciennes. Au point de vue pratique, elle ne fut pas moins digne d’intérêt, et Galilée reconnut tout de suite que les éclipses de ces petits astres permettraient de déterminer les longitudes terrestres avec une précision jusqu’alors inespérée, seulement il fallait des tables annonçant d’avance et avec exactitude l’instant de ces phénomènes. Mais malgré tout son génie, Galilée ne réussit point* à construire de telles tables, les documents nécessaires lui manquaient.
- — C’est Cassini qui, le premier, parvint (1667), à donner des tables suffisamment exactes, et, en 1693, il en publia de nouvelles, grandement améliorées. C’était un immense service rendu à la géographie et à la navigation.
- Ces éclipses d’un satellite dans l’ombre de la planète, que nous pouvons observer d’ici, sont tout à fait analogues à nos rares éclipses de Lune, quoique beaucoup plus fréquentes. Mais les habitants de Jupiter, à supposer qu’il y en ait, ce qui est fort douteux, peuvent aussi voir les petits compagnons de leur immense planète, passer entre le Soleil et celle-ci, et, pendant un temps plus ou moins long, projeter leur ombre sur sa surface, éteignant momentanément la lumière de l’astre du jour et produisant une éclipse de Soleil. En 1665, Cassini sut distinguer ces ombres des satellites des tachés, fixes ou passagères, que l’on peut remarquer sur la surface de la planète. Ces taches fixes lui furent l’occasion d’une autre découverte, celle de la» durée de la rotation de Jupiter autour de son axe. Cette durée fut fixée par lui à 9 h. 56 m. et c’est encore le nombre que donne VAnnuaire du Bureau des longitudes. Ce que Cassini ne remarqua pas, c’est que la rotation de Jupiter, comme celle du Soleil, a une durée variable selon qu’on la détermine à l’Equateur ou à une autre latitude. Selon Y Annuaire, cette durée varie entre 9 h. 50 et 9 b. 56.
- De même, il détermina, à trois minutes près, la durée de la révolution de Mars, mais n’osa pas se prononcer sur' celle de Vénus. En quoi il fut bien inspiré, car, à l’heure actuelle, on ne sait pas encore bien si Vénus tourne sur elle-même comme les autres planètes, ou bien si, analogue en cela à la Lune, elle ne tourne pas toujours une même face vers le Soleil, en sorte que la durée de sa rotation serait égale à celle de sa révolution.
- Il semble que, raisonnant par analogie, il aurait dû admettre le mouvement de la Terre autour de la ligne de ses pôles et tout le système de Copernic. Mais jamais il ne se prononça nettement sur ces points épineux. Il ne faut pas oublier qu’il avait dix-sept ans lorsque mourut Galilée, et qu’il était Italien.
- Tous ces travaux, que n’entravaient pas, à ce qu’il semble, ses fonctions d’ingénieur civil et même militaire, car, à certaines époques, on lui confia des travaux de fortification, attirèrent sür lui l’attention de toute l’Europe ; vers 1668, il jouissait d’une renommée universelle.
- Aussi, Louis XIV et Colbert, qui auraient voulu que la France s’annexât, pour ainsi dire, toutes les gloires scientifiques et artistiques des autres pays, lui firent-ils des avances flatteuses, et l’invitèrent à venir passer au moins quelques années chez nous. — Cela n’alla pas sans difficultés, car le souverain-pontife tenait à conserver un tel homme, — la gloire de ses Etats, mais tout finit par s’arranger, et Cassini arriva à Paris le 4 avril 1669 ; il fut présenté au Roi le 6. L’astronome ne savait que fort mal le
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- LE TRICENTENAIRE DE CASS!NI 1
- français, mais Louis XIV, à qui Mazarin ne parlait jamais qu’en italien, se servit de cette dernière langue et l’entretien se fit sans difficulté. À l’Académie, Cassini aurait voulu ne faire ses communications verbales ou écrites qu’en latin, mais on le pria de n’en rien faire, et il écrivit d’abord en un français douteux, mais que corrigeait volontiers un de ses collègues, l’abbé Gallois, savant universel, qui mettait autant de zèle à la propagation des découvertes d’autrui qu’à son instruction personnelle. Il va sans dire qu’il ne fallut pas à Cassini un temps très long pour posséder notre idiome.
- La construction de l’Observatoire de Paris, commencée en 1667, n’était point achevée lorsque Cas-
- Provisoirement, Cassini loua une maison et un jardin à La Ville-l’Evêque, et aidé par Couplet, il se mit à observer sans retard. Les observations qu’il fit sur les taches du Soleil donnèrent 27 jours pour la rotation de cet astre. Avant lui, on se bornait à dire que cette rotation dure environ un mois.
- Enfin, le 14 septembre 1671, il put s’installer à l’Observatoire encore rempli d’ouvriers mettant la dernière main à l’œuvre, et, le soir même, par les fenêtres de son appartement, tourné vers le nord, il commençait à observer. Saturne fut le premier objet qui attira ses regards, et l’année n’était pas achevée qu’il lui avait découvert un nouveau satellite. On n’en connaissait encore qu’un, découvert par
- Fig. 2. — Le château de Thury, près de Clermont (Oise).
- sini arriva en France ; il trouvait le plan magnifique, mais il estimait que le bâtiment serait peu propre aux observations, surtout à cause des trois tours dont il est flanqué au nord, à l’ouest et à l’est, qui devaient rendre impossible d’appliquer aux murs quatre grands quarts de cercle, capables, par leur grandeur de marquer distinctement non seulement les minutes, mais les secondes d’arc. Cassini aurait voulu que le bâtiment même de l’Observatoire fût un grand instrument. Perrault s’efforça de donner, dans la mesure du possible, satisfaction à l’astronome, et ne put y réussir parfaitement. Mais, quand on visite l’édifice, on oublie cette imperfection, car il est impossible- de voir le grand escalier, où l’architecte a rassemblé à plaisir toutes les difficultés que peut offrir la coupe des pierres, ainsi que la grande salle méridienne du second étage, sans être frappé d’admiration et on ne peut refuser à Perrault d’avoir été un des plus grands architectes qui aient jamais vécu.
- Huyghens. Cassini devait porter le nombre de ces satellites à cinq. Aujourd’hui on en connaît dix.
- Avant d’abandonner Saturne, n’oublions pas de mentionner qu’enl677, il reconnut que son merveilleux anneau n’est pas simple; il le voyait formé de deux moitiés séparées par ce qu’on appelle la division de Cassini. On sait qu’à l’heure actuelle on admet que ces anneaux ne sont pas des corps solides, mais qu’ils sont formés d’une multitude de particules distinctes, marchant à côté les unes des autres.
- Le séjour de Paris devint agréable pour l’astronome italien, et il ne tarda pas à abandonner toute idée de retour dans sa patrie, si bien que le 14 juin 1673, il fut naturalisé Français. La même année, il épousa une fort belle personne, nommée Geneviève Delaître, fille du lieutenant général de Clermont en Beauvaisis, qui lui apporta en dot des terres immenses, traversées par le méridien de Paris, et le château de Thury, qui appartient encore à" leurs descendants.
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- 78 == UN ESSAI DE CATALOGUE COLLECTIF DES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS
- De cette union naquirent deux fils, dont le. second,-Jacques (1677-1756), marcha sur les traces de son père. L’aîné, Jean-Baptiste, entra dans la Marine et fut tue à la bataille de la Hou gu e, le 29 mai 1692. Parmi les descendants du grand astronome, il y a eu bon nombre de militaires, et Lun d’eux, Alexis deCassinî, fut tué en Espagne, en 1809. Tout récemment, le lieutenant de Vuillefroy-Cassini a continué cette tradition, et a mérité, pendant la dernière guerre, la décoration de la Légion d’honneur ainsi qu’une très brillante citation.
- Cassini ne quiLla la France quepourfaireun voyage en Italie en 1695. Celui fut une occasion de revoir et de vérifier sa fameuse méridienne de Sainte-Pétrone. Mais, tout en menant une vie sédentaire, il contribua grandement aux progrès de la géographie. Il transforma l’.Observatoire, — dont il n’était pas directeur, comme on le dit souvent, mais où il avait une prépondérance naturelle sur ses confrères de l’Académie qui, comme lui, habitaient cet édifice, — en une école d’astronomie où se formèrent des observateurs de toute origine, civils ou militaires, prêtres ou laïques, qui firent plus tard, en des points très variés de la surface du globe, des observations dont la combinaison avec celles que l’on faisait à Paris fit disparaître les erreurs monstrueuses qui déparaient les cartes géographiques. On connut alors avec quelque exactitude la position d’un certain nombre de localités de l’Extrême-Orient. De même, les observations de Cassini, combinées avec celles que Rieher fit en 1672 à Cayenne, donnèrent la position de cette ville, ainsi que la parallaxe de Mars, et, par suite, celle du Soleil.
- Il croyait avoir trouvé la lumière zodiacale; en fait, elle était connue depuis longtemps. Ce qui a plus d’importance, c’est qu’il en donna une explication qui ne s’écarte pas beaucoup de celle qu’on admet à présent : pour lui, cette lumière est causée par une matière quele Soleil projette hors de lui, et qui va bien au delà de l’orbite de Vénus. Quoi qu’il en soit, la lumière zodiacale, qui se voit surtout en mars, après, le coucher du Soleil, ou en septembre avant son lever, est un phénomène encore mal connu qui mérite qu’on l’observe avec assiduité.
- L’abbé Picard avait, en 1669, mesuré un arc de méridien, s’étendant entre Malvoisine, village du Gâtinais, et Sourdon, à cinq lieues en deçà d’Amiens. Il en résulta qu’on connut le rayon de la sphère terrestre avec une approximation suffisante pour
- que Newton pût s’y fier, et il en résulta la connaissance de la loi de l’attraction universelle. — Cassini et La Hire en 1683, reprirent ce grand travail et mesurèrent le méridien de Paris d’une extrémité du royaume à l’autre. — Jacques Cassini fit connaître les résultats de cette mesure dans son traité De la grandeur et de la figure de la Terre, Paris, 1718.
- On sait que les descendants de Cassini continuèrent l’œuvre de leur illustre aïeul. Grâce à eux, la géodésie fut, au xvme siècle, une science française, et noire pays leur dut une carte qui fut le modèle de tous les travaux analogues qui ont suivi, et qui a rendu d’immenses services.
- Grâce à sa vigoureuse constitution, Cassini vieillissait sans cesser de travailler. En 1709, il faisait encore une communication à l’Académie. — Mais l’âge finit par lui apporter la plus redoutable des infirmités. En 1711, il devint aveugle. Son intelligence resta toutefois intacte, et, pour se distraire, il composait des vers latins ou italiens, ou bien il s’entretenait volontiers avec des jeunes gens d’avenir, tels que Joseph-Nicoîas Delisle, auquel en 1710, il communiqua sa méthode pour représenter une éclipse de Soleil par la projection d’un parallèle terrestre sur un plan. Delisle généralisa la méthode, en faisant usage d’un globe. Quand sa machine fut faite, Cassini, privé delà vue, se servit de ses mains pour s’en rendre compte, et y réussit parfaitement.
- Il mourut le 14 septembre 1712, âgé de quatre-vingt-sept ans et trois mois.
- Avant de déposer .ses restes dans les caveaux de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, ses descendants firent mouler sa figure, et ce moulage, conservé pieusement, se voit encore à Thury. Il est étonnant que notre grand Observatoire n’en possède pas une copie [l). E. Douhlet.
- 1. Nous ayons du, à notre grand regret, abréger beaucoup. — Nous ne pouvons finir toutefois sans dire que Cassini consacra des heures nombreuses à l’étude de la Lune, et qu’il en résulta une collection de dessins qui ont été la base d’une grande carte de notre satellite, gravée en 1692, mais dont le cuivre a été malheureusement détruit. Cassini IV en publia une réduction en 1787.
- Depuis 1811, l’Observatoire possède une très belle statue en marbre de Cassini I. Elle est due au ciseau de Moitié. Au tribunal de Clermont, se trouve une copie en plâtre de cette statue. Ajoutons que, dans cette petite ville, sur la principale promenade publique, on voit un buste de Cassini. III, le principal auteur de la carte de France. Le nom de Cassini est resté populaire à Thury et dans les environs.
- UN ESSAI DE CATALOGUE COLLECTIF DES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS
- L’Inventaire des périodiques scientifiques.
- L’important travail bibliographique, dont l’Académie des Sciences a entrepris la publication, est en bonne voie d’exécution, si l’on en juge par la communication faite à ses collègues, dans la séance du 5 janvier dernier, par M. Alfred Lacroix, secrétaire
- perpétuel, en déposant sur le bureau le deuxième fascicule qui vient de paraître. Tous les périodiques dont le titre commence par les lettres allant de À à / M se trouvent actuellement énoncés avec l’indication des bibliothèques qui les possèdent.
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- UN ESSAI DE CATALOGUE COLLECTIF DES BIBLIOTHEQUES DE PARIS = 79
- Nul n’ignore Fimportance des publications périodiques pour tous ceux qui se livrent à des recherches personnelles ou qui désirent simplement se tenir au courant du progrès des sciences. C'est qu’elles ne se bornent pas, en effet, à rendre compte des résultats définitivement acquis, et cela d’une façon plus rapide que ne peuvent le faire les ouvrages proprement dits. Elles font connaître les tentatives de tout genre, les projets et même les rêves, montrant, si l’on peut dire, la science en état de gestation.
- Les périodiques existent malheureusement en si grand nombre qu’aucune bibliothèque ne peut avoir la prétention de les posséder tous. Leur diversité d’origine, la multiplicité des parties qui les composent compliquent le service du contrôle. Changeant souvent de format, parfois même de nom, constitués à l’occasion par de simples feuilles volantes, iis demandent, pjur être mis en ordre et conservés, toute la vigilance des bibliothécaires .
- Quelques bibliothèques ont entrepris de faire connaître par des catalogues imprimés les périodiques qu’elles détiennent, mais ces catalogues ne concernent qu’une faible partie des bibliothèques et qu’une partie plus faible encore de l’immense masse des périodiques. En fait, le travailleur intellectuel, qui désirait consulter un périodique peu courant, n’avait jusqu’ici qu’une seule ressource : faire le tour des bibliothèques de Paris jusqu’à ce qu’il eût trouvé ce qu’il désirait.
- Ce sont ces courses et ces démarches que l’Inventaire des périodiques a réussi à lui éviter en groupant ensemble les périodiques détenus par Tl5 bibliothèques de Paris, qui sont les plus importantes au point de vue scientifique et les plus facilement accessibles.
- Cent quinze bibliothèques ont en effet contribué à l’établissement de ce catalogue collectif, où renonciation du titre de chaque périodique se trouve suivie de l’indication des bibliothèques qui le possèdent en tout ou en partie. Afin d’éviter toute perte de temps et de permettre à chacun de consulter, dans la bibliothèque la plus proche de son domicile ou de ses occupations habituelles, l’année ou le numéro du périodique qui l’intéresse, les bibliothèques représentées par des sigles (BN. Bibliothèque Nationale, BSG : Bibliothèque Sainte-Gene- |
- viève,FM: Faculté de Médecine... etc.) sont classées, au-dessous du nom du périodique, sous trois alinéas distincts :
- 1° Celles qui possèdent la collection complète.
- 2° Celles qui en p >ssèdent seulement des fractions importantes.
- o° Celles qui n’en détiennent que des fragments.
- Point n’est besoin, en effet, de traverser Paris pour avoir à sa disposition une collection complète, si l’on a tout près de chez soi la seule année qui intéresse, et la consultation des. seuls fragments peut suffire, dans bien des cas, à celui qui désire seulement savoir dans quel esprit est conçue une publication.
- Portant sur plus de 16 000 périodiques, l’Inventaire ne fait pas seulement connaître où se trouvent ceux qui sont les plus connus et les plus souvent cités dans les travaux des savants.
- Il révèle l’existence de nombreuses publications, jusqu’ici presque ignorées parce qu’elles ne circulaient qu’entre les groupements restreints qu’elles intéressaient directement, mais qui, par les matériaux quelles contiennent, peuvent satisfaire la curiosité d’un public beaucoup plus nombreux et l’aider à compléter sa documentation.
- Beux tables assez étendues termineront ce recueil et en faciliteront l’usage.
- La première énumère, dans l’ordre géographique des pays et des villes, toutes les académies , sociétés, institutions... etc., dont les publications figurent dans l’Inventaire. Elle doit permettre à celui qui connaît le nom d’une société ou d’un corps, niais qui a oublié le titre exact de ses publications, de les retrouver sans difficulté.
- La seconde table, rattachant à des mots de matière les périodiques consacrés à des sujets spéciaux, doit permettre également au travailleur de retrouver celui ^dont il ne se rappelle plus le titre. Elle constitue en outre une sorte de bibliographie restreinte de cette spécialité et permet au chercheur d’étendre le cercle de ses. lectures à des périodiques qu’il ne connaissait pas encore.
- Léon Bultingaiue.
- Bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Université de Paris.
- gio. Annales de la Faculté des sciences de Marseille. 1891 -> Marseille ot Paris, t\.
- BN. I. IA. ENS. SP U EP. 1900—>. 10. 1900-1912 Mu 1909-7g 1 a. ONM. * 1891-1912 SFE, 1892 1920. SG. *1891-4-1896-4-1898-1899. BSG FM (fragments)
- X019. Annales.de micrographie, spécialement consacrées à la bactériologie, aux protophy tes et aux protozoaires (Miquel) 188^-1898. Paris, 8.
- BN. CFE. EA. FM. FPh, IP. Mu. VG AcM. UGé. 1893-1897.
- SZ. (fragments).
- St3. Journal (The) of the Franklin Institute oî the State of Pennsylvania. 1826 Philadelphia, 8.
- EM. 1. SÊt.
- BN. 1894 EMPC. 1881-1912 (lac.). EPT. 1920. F Mi igoi. ÏCF. 1879-1919. SGI. 1918 SFE. 1886-^.
- Pho. SAF. (fragments).
- Fig. 1. — Quelques fiches de périodiques.
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- L’AILE D’AVION A INCIDENCE PROGRESSIVE
- Les journaux nous rapportent d’Allemagne, où elle vient d’être réalisée, une intéressante expérience. Elle a trait à une nouvelle surface d’avion.
- Après .divers essais de laboratoire, il s’agissait, pour les constructeurs, de démontrer expérimentalement la valeur d’une surface placée sous^ une incidence progressée. Dans ce but, fut construit un appareil, dénommé « Fock-Wulf».
- Aux essais, sa voilure originale donna les résultats qu’on en attendait : un rendement aérodynamique de premier ordre. A tel point qu’aujourd’hui, la limousine « Fock-Wulf » équipée avec un moteur de 75 ch seulement, transporte quatre personnes dans des conditions d’économie jusqu’ici inconnues.
- L’expérience est concluante : elle condamne la surface actuelle, dont l’incidence est uniformément positive,et elle met en lumière les avantages de l’aile nouvelle fixée sous une incidence progressive.
- *
- * *
- Qu’est-cc donc, cette incidence progressive ?
- C’est une torsion de l’aile qui fait que la partie placée près du fuselage présente une incidence négative par rapport à la trajectoire
- tandis que l’autre partie së trouve être sous une incidence positive.
- La surface construite par les Allemands est, en outre, replacée tout à l’extrémité sous une incidence négative et ce, pour des raisons d’équilibre.
- L’aile de l’oiseau voilier présente cette conformation et c’est sans doute ce modèle de la Nature qui a inspiré les ingénieurs allemands.
- En effet, voici figure 1, 2 et 5, des ailes de grands oiseaux voiliers africains (vues par l'arrière).
- La déformation est très apparente.
- On constate : 1° une incidence négative près du corps de l’oiseau, en a et ce, jusqu’en b; 2° une incidence positive des mains ou fouets, de b en c, avec un retournement des rémiges à l’extrémité.
- Cette déformation de l’aile pendant le vol est un des secrets dont l’ensemble a engendré ce « mystère » du vol à voile qui n’est en somme qu’un phénomène mécanique très simple.
- des compressions latérales de l'air — compressions créées parla forme même de l’aile — il se produit une réaction propulsive sous la partie de l'aile placée suivant l'incidence négative.
- Et cette réaction qui pousse l’appareil, dans le sens même de sa translation normale, réduit considérablement l’effet des forces opposées qui, elles, sont engendrées parTextrémité de l’aile, celle qui est placée sous une incidence positive.
- On peut dire que l’aile de l’oiseau voilier, comme la surface du « Fock-Wulf », est un système cilaire sustentateur-propulseur : un propulseur puissant et... économique.
- Par là, n’est-ce pas, on aperçoit les avantages que les Allemands ont su ti-
- rer de la Nature.
- copie
- de la
- (Milvua Korschum) Milan
- Fig. i. — Ailes vues par l’arrière.
- Partie a b placée sous une incidence négative pendant le vol. Partie b c placée sous une incidence positive pendant le vol.
- *
- * *
- Mais, dira-t-on, en quoi réside la supériorité de cette surface à double incidence? Sous l’action de la pesanteur d’une part, et d’autre part, sous l’effet
- *
- * *
- Heureusement pour notre amour-propre, si la réalisation s’est faite en Allemagne, du moins l’idée est française.
- Il suffit de relire La Nature pour s’en convaincre (1).
- Dans le numéro du 14 août 1920 par exemple, on trouvera un article sur « le vol à voile » où l’incidence progressive, c’èst-à dire néga-- est nettement décrite.
- tive — positive de l’aile
- On pourra prendre quelque intérêt à l’exposé de la théorie elle-même, qui sous une forme concise, met en relief les forces propulsives qu’engendre l’aile voilière.
- Enfin, on remarquera particulièrement le dessin de la figure 1, qui représente l’aile voilière vue d’arrière.
- On constatera l’existence de cette incidence progressive que, jusqu’ici, nos contructeurs français ont dédaignée.
- Vont-ils enfin doter de nouvelles ailes notre aviation naissante?
- Les idées françaises, seraient-elles décidément vouées aux réalisations de l’étranger?
- "Après l’expérience allemande du « Fock-Wulf », il serait regrettable que notre industrie aéronautique eut dit son dernier mot.
- Et il est dès maintenant certain que le- moment est venu pour elle de s’inspirer enfin des principes du vol à voile.
- II. Licrette.
- l.Yoir les numéros du 14 a,oùt 1920, 21 octobre 1922, 10 février 1925, 4 août 1925.
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- la nature
- — 7 FÉVRIER 1925
- — N* 2653
- LA MESURE DU TEMPS ABSOLU EN GÉOLOGIE
- Le Temps est pour le géologue une notion toute relative. En général aucun élément ne lui permet d’en effectuer la mesure précise. Cependant on conçoit quel puissant intérêt s’attacherait à la connaissance de la durée absolue des différentes phases de l’histoire de notre globe. Les auteurs américains notamment, dans leurs ouvrages de vulgarisation, et parfois aussi dans des travaux de science pure, font en principe état de nombre d’années, de siècles ou plutôt de millénaires, pour frapper l’imagination de leur lecteur et essayer d’éveiller dans son esprit l’idée du long Passé de la Terre. En fait, ces évaluations numériques sont basées, dans la plupart des cas, sur de simples hypothèses.
- La chronologie d’après les feuillets saisonniers des glaciers quaternaires. —
- Pourtant des données assez précises nous sont fournies par divers ordres d’observations. Les plus exactes résultent de l’étude minutieuse des strates post-glaciaires du Quaternaire des contrées baltiques et de la région des Grands Lacs nord-américains.
- Gérard de Geer a montré qu’au Spitzberg, par exemple, circulent en toutes saisons, sous la calotte glaciaire, des torrents d’eau liquide qui remanient les éléments de la moraine de fond ; après les avoir triturés et roulés, ils les déposent le long du tracé de leurs thalwegs, où ces cailloutis formeront, si le glacier vient à disparaître, des alignements de collines identiques aux « âsar » de Suède ou aux « eskers » d’Irlande. À l’aval, ces formations grossièrement détritiques passent à des deltas sablonneux, qui s’édifient, dans bien des cas, sur les bords d’une large nappe d’eau peu profonde due au barrage d’un torrent sous-glaciaire par une moraine. D’autres fois le cours d’eau peut aller jusqu’à la mer sur le rivage de laquelle se précipitent les éléments minéraux que le fleuve transporte. Les études de G. de Geer ont montré que ces diverses conditions étaient déjà réalisées-dans les contrées'baltiques au Quaternaire récent.
- On sait que les eaux de fusion des glaciers ont une couleur laiteuse due aux nombreuses et très fines particules d’argile quelles tiennent en suspen-
- sion. De part et d’autre du delta sablonneux des torrents sous-glaciaires se déposent, dans le fond des lacs ousür le bord de la mer, des boues : mais cette sédimentation n’a lieu qu’aux périodes où les eaux de fusion des glaciers viennent troubler les eaux dés lacs ou de la mer, c’est-à-dire en été. Il y a interruption de la sédimentation chaque hiver. G. de Geer a donné à ce dépôt argileux saisonnier le nom de « varve » (du vieux nom Scandinave hvorf, feuillet se répétant périodiquement). Un examen microscopique de chaque lit permet d’y distinguer la sédimentation de printemps, celle d’été (à éléments plus gros) et enfin celle d’automne. De
- plus le dépôt varie avec les fluctuations périodiques du climat : il y a des feuillets relativement épais qui résultent de précipitations correspondant à des années plus chaudes et d’autres assez minces dus à des années plus froides.
- Lorsqu’une calotte glaciaire ou « inlandsis » est en voie de recul progressif, comme c’était le cas en Scandinavie au Quaternaire, elle abandonne en avant d’elle de petites moraines successives, tandis que se forme chaque année dans les nappes d’eau frontales un nouveau feuillet, transgressif généralement par rapport aux dépôts argileux plus anciens.
- Ainsi se 'trouve édifié en quelque sorte un véritable chronomètre enregistrant le Temps de recul de l’inlandsis, et aussi l’espace perdu par la calotte glaciaire : on peut, grâce à cet appareil naturel, construire graphiquement la courbe des variations périodiques du climat, en un lieu donné des contrées riveraines de la Baltique, pour un espace de temps correspondant en général à quelques centaines d’années. En suivant une même moraine frontale on arrive ainsi à dresser une suite de graphiques se superposant les uns aux autres : les géologues Scandinaves sont parvenus à suivre de proche en proche ces séries de feuillets synchrones depuis la Norvège, par la Suède, jusqu’en Finlande.
- Une étude faite suivant la même méthode et portant sur les varves déposées en amont de lignes de moraines de plus en plus anciennes permet d’établir des graphiques qui se superposent en partie
- Fig.-i. — Corrélation des « valves » dans l’Amérique du Nord (icourbe supérieure) avec l’échelle des temps en Suède (courbe inférieure).
- Les nombres indiquent le nombre d’années avant la fin de la période glaciaire; les lignes verticales montrent l’épaisseur des « varves »; les parties ombrées identifient les « varves ». (D’après de Geer.)
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- 82 -.-----"= LA MESURE DU TEMPS ABSOLU EN GÉOLOGIE
- les uns aux autres. L’ensemble formé par la juxtaposition de tels graphiques, après élimination des segments communs se rapportant à des feuillets contemporains les uns des autres, donne une courbe continue. L’éminent professeur de l’Université de Stockholm a pu démontrer par ce procédé que l’abandon du territoire de la Suède par l’inlandsis baltique avait mis 6000 ans à se réaliser, depuis la
- que ceux dressés d’après les données recueillies en Suède. Les années de grande fonte des glaciers ont été les mêmes pour les deux vieux blocs nord-atlantiques : grâce à elles, on possède donc des points de repère pour établir des synchronismes de détail dans l’histoire au Quaternaire récent de la Scandinavie et de la région des Grands lacs nord-américains.
- Des feuillets saisonniers ont été tout récemment
- MILLE-
- NAIRES
- II
- 1 ap. J.-C. lav.-J.-C.
- II
- III
- IV
- V
- VI
- VII
- \1II
- IX.
- X
- XI
- XII
- XIII
- XIV
- XV
- XVI
- . XVII
- XVIII
- XIX
- XX
- HISTOIRE DE LA RALTIQOE
- FLORE
- EN SCANDINAVIE
- ' Les plantes du Nord émigrent vers le Sud.
- f Steppes ; arrivée de < l’Epicea et du , Hêtre.
- Mer à Littorines
- Lac à Ancyles
- Mer à Yolclia
- Savanes. Tilleul et Cliène.
- ^Arrivée en Scanie r du Cliêne.
- tPin, Orme, Cou-) drier en Scanie.
- Flore à Dryas.
- CLIMAT
- EN SCANDINAVIE
- Suballanlique, humide, froid.
- Subboréal, sec et tiède
- (cf. Moscou).
- PHENOMENES GLACIAIRES EN SCANDINAVIE
- CIVILISATIONS EN SCANDINAVIE
- Maritime, doux,
- Boréal, sec, tempéré.
- Subarcticjuc.
- Arctique.
- (cf. Groenland).
- Période historique.
- Age du Fer.
- Age du Bronze Age du Cuivre.
- Néolithique.
- Azilien
- (Maglemosc).
- L’inlandsis se retire sur les montagnes ; mo raines de l’üpland, des îles Aaland.
- Phase de Finlande: mo-', raines de Frederik-| slad, lac Yetlcrn, Norr-i kopirig.
- Phase de Gothenburg : moraines de Scanie, Sccland, Fionie, Eo-i méranic. '
- Phase du Jutland : mo raines du Brandebourg' (m. terminales).
- CIVILISATIONS EN ÉGYPTE
- Age du Fer.
- i -f
- t 1
- Age du Bronze b
- I
- Y CD
- i w
- ' t . |
- Age du Cuivre, x
- Potiers ) de Damiette.
- ss -J S 55
- Scanie jusqu’aux « isefjelds » actuels des montagnes de la Norvège.
- L’histoire de la Scandinavie, au Quaternaire récent, peut être présentée en partant de ces données chronologiques, complétées par les documents que fournissent les coupes des tourbières et l’examen comparatif des outillages lithiques et métalliques comme le montre le tableau ci-dessus.
- G. de Geer a, dans ces dernières années, étendu sa méthode de mesure des temps post-glaciaires du bouclier baltique au bouclier canadien, notamment aux abords des lacs Huron et Temiscaming. Les graphiques qu’il a rapportés de ses voyages en Amérique, ont exactement la même allure générale
- repérés par W. E. David dans le Cambrien et le Carbonifère de l’Australie, où se trouvent également des formations glaciaires : ils ont servi de base à un essai de chronologie absolue tenté par ce géologue.
- Les varves du Carbonifère inférieur d’Australie se rapporteraient à une période d’au moins 10000 ans, et les feuillets saisonniers du Cambrien inférieur à un laps de temps de 12 000 ans au minimum.
- J’ai été moi-même amené à me demander si des alternances extrêmement ténues de filets sablonneux rouges et blancs ou jaunes du Trias de Madagascar ne seraient pas aussi la trace de changements de
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- -----......LA MESURE DU TEMPS
- saison, au lieu d’être entièrement attribuables à des phénomènes secondaires de diagénèse.
- La chronologie d’après le recul des glaciers quaternaires. — L’ampleur géographique du recul des glaciers Scandinaves qui se trouvent donc déterminée avec précision au point de vue chronologique peut servir de base aux calculs de la durée des principales phases de l’ère quaternaire.
- A. Rutot, admettant une vitesse de retrait de la calotte baltique de 1 km en 20 ans, a établi comme suit la chronologiepréhistoriquede l’Europe moyenne :
- ABSOLU EN GÉOLOGIE ....................—: 83
- faut aujourd’hui considérer comme définitivement acquise la période de 12 000 ans pour les temps post-glaciaires. Ce nombre est intermédiaire entre ceux de 8 à 9000 admis par Prestwich et par W. Uphamet celui de 16 000 donné par Albert Ileim et G. de Mortillet. Ces mêmes auteurs attribuent à la dernière grande période glaciaire une durée moyenne de 25 000 ans (Prestwich et W. Upham) et de 100 000 ans (Albert Heim et G. de Mortillet).
- Le nombre de 50 000 années calculé par A. Rutot, est identique à celui admis par Becker et vient se
- Fig. 2. — Section à travers les couches de Lamarre, Woodsville [États-Unis). [D'après R. W. Sayles.)
- MILLÉNAIRES civilisations préhistoriques
- VIII* av. J.-C. à aujourd’hui. Néolihiquc et âge des métaux.
- XXVIII* à VIII*. Magdalénieii-Azilicii.
- XXXIV* à XXVIII*. Aurignacien-Solulrécn.
- L* à XXXIV*. A ch eu 1 ée n-Mou sté ri c n (dernière
- glaciation,'.
- XC* à L*. Prcchcllécn-Cliellécn.
- Le dernier nombre de ce tableau est tout à fait arbitraire.
- M. Boule a réuni dans son livre : Les Hommes fossiles, les principaux résultats numériques auxquels sont arrivés, par des méthodes fort diverses et de valeur très inégale devant la critique scientifique, les savants qui ont voulu se rendre compte de la durée des temps quaternaires. A mon avis, il
- placer précisément entre les termes extrêmes de 25000 et de 100000. La durée totale des temps pléistocènes et néopléistocènes, qui seraient de 100 à 150000 ans pour W. Upham et de 250 à 240000 pour G. de Mortillet,, pourrait être de même ramenée à un nombre moyen de 200000 années.
- La chronologie d'après la formation des tourbières quaternaires. — Une tentative de corrélation des unités'de temps et des variations climatiques a été tout dernièrement tentée par E. Dachnovski en partant de l’étude des tourbières quaternaires des États-Unis et de l’Europe : elle est résumée dans le tableau de la page suivante.
- La chronologie d'après la formation des deltas dans les lacs quaternaires.— Une méthode d’évaluation du temps, de même ordre que celle basée sur les varves, a été employée depuis longtemps par les
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- 84 . ' :-; LA MESURE DU TEMPS ABSOLU EN GÉOLOGIE
- AMÉRIQUE DU NORD EUROPE
- VÉGÉTATION GLACIATIONS MILLÉNAIRES INDUSTRIES GLACIATIONS VÉGÉTATION ET FAUNE
- ÈT FAUNE HUMAINES
- Forêts et marais à sphaignes. .Forêts. Marais (Mastodontes). Port-lluron. 300 à aujourd’hui. 1800 av. J.-G.-500ap. J.-C. IYM800 YI Ie-Ye Age du Fer Age du Bronze Age du Cuivre Néolithique » : i » Daim 1 Forêtset marais à sphaignes (1800 à aujourd’hui). Forêts de hêtres et de sapins, bruyères (3000-1800). Marais à sphaignes (VII0-11I° mill.).
- Forêts.
- Marais.
- ' Forêts. Marais
- (Mastodontes).
- i Lacs marginaux. '
- 1 (XIe—VIIe ^mill ).
- Val para iso
- (XYIIle-XVIe mill.),^
- Blooming (XXYe mill.). Shelleville (XXVIIIe mill.). Wisconsin (XXX Ye-XXXe mill.)
- VIIIe
- Av. le XVIIIe—VIII0
- XXXe
- Azilicn
- Magdalénien
- Solutréen
- Aurignacien
- Moustéricn
- Geschnitz (Xe-VÜIe mill )
- Forêts de chênes. Marais.
- | Forêts de bouleaux et de pi ns
- /(XVllIe-XVlIemiU.)| Marais et slePPes-
- Toundra à dryas (Rennes)
- Steppes (Chevaux).
- géologues suisses : elle utilise dans le calcul du Temps la vitesse de formation des délias dans les lacs. Les nombres fournis autrefois par Albert Heim pour les deltas de la Reuss et de la Muota, dans le lac des Quatre-Cantons, ont été récemment l’objet d’un travail de révision de la part de L. W. Collet.
- Au lieu des 16000 ans indiqués par Heim, Collet trouve, pour la période postérieure au stade de retrait de Bühl, seulement 10000 ans, l’ablation sur le versant nord des Alpes devant être ramenée de 0 m. 0006 (chiffre admis par Heim) à 0 m 00057 par an. Au stade de Bühl correspondent, dans les Alpes, des stations du Magdalénien, telle que celle de Schweizersbild.
- Cette donnée précise de L. Collet est d’autant plus intéressante qu’elle rentre dans le cadre des nombres fournis, comme on l’a vu, par d’autres méthodes de calcul à A. Rutot et E. üaehnowski, qui'situent la fin du Magdalénien vers le commencement du VIIIe millénaire et son début avant le XVIIIe, peut-être vers le XXVIIIe; d’autre part L. Boule place la fin du Paléolithique de l’Europe occidentale au IXe millénaire av. J.-C.
- La chronologie d’après les dépôts du Nil. —-Les géologues ont aussi tenté de se servir pour mesurer le Temps, des limons déposés par les grands
- fleuves des contrées de très ancienne civilisation. Un quai antique, découvert par C. Legrain dans le temple de Ivarnak, a conduit à admettre pour l’exhaussement annuel de la vallée du Nil à Thè-bes, un coefficient de 0 m. 0009061. Dans la Basse-Egypte, la surélévation résultant du dépôt des limons serait de 0 m. 00126 par an, nombre peu différent de celui calculé pour la région de Thèbes.
- Les sondages profonds effectués vers l’entrée du delta ont trouvé sous 20 m. de limons, des poteries, des briques et même, à Damiette, un crâne humain. Les potiers qui avaient façonné ces objets vivaient il y a 16000 ans d’après les calculs basés sur la vitesse actuelle d’exhaussement du sol en Basse-Égypte.
- Les forages ont traversé entre 20 et 50 m. des graviers alternant avec des sables et révélant, par leurs caractères physiques, un régime torrentiel du Nil remontant à une période antérieure à la nôtre de 16 à 24? 000 ans au moins, car les sondages effectués jusqu’à ce jour n’ont pas encore atteint le substratum du Quaternaire.
- Les potiers de Damiette du XVe millénaire représentent la population de l’Égypte pendant la période intermédiaire entre lesEnéolithiques prédynastiques habitant la vallée en Haute-Égypte (vers 5000 av.
- Fig. 3. — Couches saisonnières dans l’argile glaciaire de Squantum. (D'après R. W. Sayles.)
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- LA MESURE DU TEMPS ABSOLU EN GÉOLOGIE
- J.-C.)et les Paléolithiques des plateaux aujourd’hui désertiques.
- La chronologie d'après la formation des patines de roches désertiques. — On a tenté aussi, pour mesurer le Temps, d’utiliser la patine des silex taillés, par exemple. Ainsi les outils de Wadi Sheikh, dans la région de Thèbes, qui remontent à la période prédynastique (5 à 7000 ans av. J.-G.) et sont toujours demeurés exposés à la surface du sol, sont à peine altérés et ne présentent jamais ni les teintes chaudes, ni le lustre caractéristique des pièces /
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- Cheliff la place dans une région climatologiquement comparable aux pierres écrites des Ivsours oranais. Or, sa patine est identique à celle des gravures rupestres dites libyco-berbères. Des mesures de Flamand, il résulte que la patine des dessins libyco-berbères a en moyenne 0 mm. 08 d’épaisseur, tandis que celle des gravures à buffles antiques de Ksar el Àhmar, Àflou, etc., ont de 0,1 à 5 mm. Si les gravures libyco-berbères remontent, d’après ces données pétrographiques, à 2000 ans environ, les ' dessins de buffles dateraient de 2500 à 75000 ans.
- Fig-. 4. — Lits de transition de l’argile glaciaire dans la presqu'île de Squantum, Mass.
- (D’après R. W. Sayles.)
- paléolithiques des environs de Thèbes ou d’Abydos. Celles-ci se rencontrent habituellement à la surface des deux terrasses d’alluvions anciennes dominant la vallée actuelle de 88, et de 113 m. C. G. Seligman vient de les retrouver en place, non patines bien entendu, dans une troisième terrasse située seulement à 20 m. au-dessus du thalweg moderne et synchronique de notre moustérien.
- G. B. M. Flamand.a fait une étude pétrographique remarquable sur les patines des « Pierres écrites » nord-africaines. 11 a pris comme base de comparaison la patine du monument romain le plus méridional de l’Algérie : cette pierre, par l’inscription qu’elle porte, se trouve exactement datée (174 ap. J.-C.).
- Sa position géographique vers la tête du
- L’écart de ces derniers nombres est évidemment considérable.
- Les résultats des investigations des savants qui se sont occupés de ces dessins à des points de vue divers, varient d’ailleurs dans les mêmes proportions. Se basant sur l’analogie d’une de ces figures avec la représentation habituelle d’Ammon-Ra sur les monumènts de l’ancien Empire égyptien, les historiens concluent queles figurations rupestres du Sud-oranais* datent de la seconde moitié du IIe millénaire. D’autre part des préhistoriens ont fait remarquer que les images rupestres algériennes sont identiques à des gravures égyptiennes attribuées pour le moins au IVe millénaire et parfois même aux Ve et VIe millénaires,. G. B. M. Flamand a cru reconnaître dans des dessins de l’Atlas saharien, un
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- 86 ===== LA MESURE DU TEMPS
- homme armé d’unehache néolithique; le néolithique égyptien embrasse du VIe au XXe millénaire. Cependant le regretté professeur de l’Université d’Alger admet aussi le synchronisme des gravures des Ksours et de la terrasse de 5-10 m. des vallées sahariennes, terrasses qu’il attribue au Pléistocène récent. Citte dernière considération reporterait une partie des gravures rupestres aux temps moustériens évidemment plus anciens en Afrique qu’en Europe où le calcul de Rutot les place après le 50e millénaire. De cet ensemble de données on voit qu’il est possible d’admettre pour les gravures des Ksours une période embrassant de 2500 à 75000 ans, comme on est conduit à l'admettre d’après l’épaisseur des patines.
- La chronologie d’après la radioactivité des roches. — La comparaison de la teneur en hélium ou en plomb et de la teneur en uranium de divers minerais radioactifs permet une détermination de l’âge des roches dans lesquelles ils sont inclus. Cimme on a pu préciser la quantité d’hélium ou de plomb produite par 1 gr. d’uranium en un an, on peut en déduire l’ancienneté de formation du terrain. Les Valeurs obtenues par de tels calculs rentrent bien dans le cadre de la chronologie relative démontrée par les études géologiques : de deux minéraux, celui que ses relations de gisement indiquent comme étant le plus ancien, se trouve être également le plus vieux d’après son âge mesuré en années suivant le degré de dégradation de son uranium. Par cette méthode on est conduit à faire remonter à plus de 1000000000 d’années les strates de l’écorce terrestre qui renferment les premiers fossiles parvenus jusqu’à nous après avoir échappé à l’action du métamorphisme, c’est-à-dire le Cambrien.
- Dans une vue synthétique récente des mouvements de la croûte terrestre, le professeur J. Joly, géologue de l’Université de Dublin, spécialiste de l’étude de la radioactivité des roches, distingue trois phases successives pour un même cycle géologique : 1° une période de tranquillité relative (phase de repos) ; 2° un mouvement de descente des continents par rapport aux océans, ayant pour conséquence une large transgression; 5° un exhaussement des continents entraînant l’exondation dévastés surfaces et synchronique d’une compression horizontale donnant naissance à des plissements (phase d’oro-génèse).
- Les géologues, dit J. Joly, admettent que l’histoire de la terre reconstituée par la stratigraphie, a comporté 4 ou 5 de ces cycles. D’autre part l’ensemble des périodes géologiques correspond à 150 ou 170 millions d’années, nombres basés sur les statistiques de la dénudation et sur la dégradation du thorium.
- Chaque cycle géologique aurait ainsi duré 40 millions d’années environ, dont 25000000 pour la phase de repos. Ce dernier nombre est obtenu en considérant : 1° la proportion moyenne de substance radio-active contenue dans un basalte, d’après les analyses de nombreux échantillons de laves ;
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- 2° le temps nécessaire à l’accumulation par radio-a1 livité, dans le basalte solide, support général des continents, de la quantité de chaleur latente de fusion nécessaire à la transformation de cette roche en une masse fondue. Un tel changement d’état physique a dû s’accompagner d’un allègement du bain basaltique dans lequel les continents se sont alors de plus en plus enfoncés pour satisfaire à la loi d’isostasie et ont ainsi permis la large transgression de début de chaque phase d’activité diastro-phique. La chaleur latente de fusion diffusera alors à travers les aires marines : 8 000 000 d’années suffisent, d’après J. Joly, pour dissiper entièrement l’accumulation de chaleur réalisée par les 25 000 000 • d’années de radioactivité de la période de repos. Le basalte, en retournant ensuite à l’état solide, détermine, parle jeu de l’isostasie, l’affaissement et l’exon-, dation des continents, en même temps que la compression qui en résulte donne naissance à un plissement.
- Ainsi donc la phase tectonique alpine aurait été précédée d’une période de calme ayant commencé au Trias, il y a 40000000 d’années; de même la phase tectonique hercynienne viendrait après une époque de repos ayant débuté au Dévonien il y a 80000000 d’années; plus anciennement encore, la phase tectonique calédonienne aurait suivi des temps sans activité orogénique à partir du Cambrien, à plus de 1 000000000 d’années de nous.
- Ces tout récents calculs de J. Joly sont basés sur l’étude des halos pléochroïques bien connus qui entourent les petits cristaux contenant de l’uranium ou du thorium inclus dans les micas des granités. Ces halos consistent en un grand nombre de lignes dues au bombardement des rayons a émis par l’uranium et le thorium et produits par la désintégration de ces corps. Cette élégante méthode d’investigations pour estimer le Temps a donné des nombres un peu plus faibles que ceux obtenus précédemment par lord Rayleigh et le Dr Holmes.
- Les recherches de ces physiciens avaient attribué à la broggérite de Moss, en Norvège, un âge de 925000 000 d’années. Des roches de l’Archéen de la même contrée avaient révélé à ces savants des durées de temps encore bien plus grandes. Un minerai de fer éocène aurait même eu, d’après un calcul portant sur l’hélium, 30000000 d’années.
- H. N. Russel, d’autre part, est arrivé, en se basant sur l’accumulation de plomb devant exister dans la croûte terrestre, à envisager comme durée probable de la formation de cette croûte, un faible multiple de 1 milliard d’années.
- Nous sommes loin avec ces nombres de la limite de 20000 000 d’années fixée par lord Kelvin pour la durée de la chaleur solaire dans le passé. D’ailleurs aujourd’hui des astronomes comme A. S. Eddington, par l’étude de l’étoile variable o de Cephée, arrivent à des conclusions toutes différentes : à leurs yeux le temps limite admis par lord Kelvin devrait être multiplié 500 fois pour obtenir le nombre de
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- LA PAILLE, APPOINT DE L’AGRICULTURE A LA PAPETERIE
- moindre durée de l’évolution solaire antérieurement à nous. On arriverait ainsi à un ordre de grandeur de 10 000000000 d’années qui nous place tout à fait en dehors du cadre delà géologie. Nous sommes ainsi conduits aux temps antérieurs aux phases de dépôts des terrains directement accessibles à nos investigations. Le métamorphisme général, en
- I remaniant fondamentalement les roches de la croûte terrestre en profondeur, notamment sous les géosynclinaux, a détruit à jamais pour nous tout fil conducteur dans ce très lointain passé de notre planète.
- L. Joleaud.
- Maître de Confèrences à la Sorbonne.
- LA PAILLE, APPOINT DE L’AGRICULTURE A LA PAPETERIE
- Le papier, quel qu’il soit, est fait de cellulose; la maîtrise du bon fabricant de papiers réside dans le choix des celluloses et dans leur appropriation.
- Les celluloses idéales sont le chanvre, le lin, le coton. Mais l’industrie, trop pratique pour utiliser ces végétaux coûteux de première issue, se borne à les récupérer dans les vieux cordages, linges, déchets et chiffons de toutes catégories. Aussi le premier stade de ces matières cellulosiques dans les papeteries est le triage des ballots de chiffons dans des salles appropriées. D’imposantes équipes de femmes y procèdent à des classements méticuleux par sortes et couleurs, dépouillent préalablement les chiffons de toutes les matières étrangères, telles que boutons, agrafes où-pièces métalliques.
- Le second stade est le passage des éléments cellulosiques dans les salles de lessivage, de blanchiment et d’égouttage.
- Lavée à profusion, dépouillée de ses moindres restes de produits chimiques du lessivage et du blanchiment, la cellulose, alors à point, est tirée des réserves pour entrer opportunément dans les tritu-rateurs-mélangeurs que les professionnels appellent les piles, ou piles hollandaises, du nom delà nation qui, la première, substitua au mortier les grands bacs de trituration en ciment armé.
- Jadis, l’ouvrier pilonnait les éléments cellulosiques à tour de bras jusqu’à leur réduction parcellaire en molécules microscopiques. D’où le nom de piles resté aux triturateurs modernes, bien que la cellulose n’y soit plus pilée.
- C’est ce mélange ou pâte liquide des piles qui, déversé sur l’avant-partie de la machine à papier dite table de fabrication et laissant égoutter son eau dans une fosse sous-jacente, au travers d’une toile tamisante roulant en continu sur des galets, se solidifiera petit à petit, sera amené par un jeu compliqué de transporteurs tissés en laine dits coucheurs et montants, jusque sur des batteries de cylindres-tambours creux chauffés à la vapeur, puis redescendra, à l’état de nappe solide et continue, s’enrouler sur la bobine extrême.
- De là, la bobine sera reprise, débobinée, lissée, satinée sous les calandres, puis coupée à l’aide de coupeuses mécaniques ingénieuses, aux différents formats usités : couronne, coquille, raisin, jésus, grand aigle, etc., etc.
- Les besoins annuels de la France, en pâtes à
- papier, sont approximativement d’un demi-million détonnes. Le commerce des déchets est loin, à beaucoup près, de subvenir même au dixième d’une si formidable consommation.
- Aussi, au fur et à mesure de la progression ininterrompue des besoins, a-t-on eu recours aux celluloses de première issue, extraites directement des végétaux nobles les plus idoines aux pâtes à papiers. Pour mémoire, je rappelle la pâte de sapin épicéa, fournie surtout par la Scandinavie, concurrencée fortement par l’Allemagne et l’Europe centrale; ensuite, l’alfa, richesse naturelle de l’Algérie, de la Tunisie, et du Maroc.
- Cette richesse était autrefois exploitée exclusivement par l’Angleterre et complètement négligée en France. Cette situation fâcheuse se modifie actuellement; deux usines de pâte d’alfa se sont depuis trois ans construites en France et commencent leur exploitation.
- La France possède encore une autre source de cellulose très abondante et de bonne qualité : la paille.
- L’emploi de la paille pour la fabrication de papiers communs est connu depuis longtemps. Mais tandis que la Hollande et l’Allemagne savent depuis longtemps en extraire des celluloses à usage de magnifiques papiers carteuxet blancs, bien des techniciens chez nous combattent encore l’utilisation de la paille pour fabriquer les papiers d’écriture et d’impression.
- Quoi qu’il en soit de l’emploi de la paille pour la fabrication des papiers de qualité, elle joue en France un rôle considérable dans l’industrie dite des demi-cellulosés ou demi-pâtés, matière première des papiers d’emballage et de paquetage dont la production croît sans interruption .
- Dans le seul quadrilatère jalonné par Saint-Omer et Wardrecques (Pas-de-Calais), Hondschoote et Gravelines (Nord), six grandes fabriques à papier n’utilisent, chaque année, pas moins de 100000 tonnes de paille dans l’ensemble, pour la fabrication des demi-celluloses ou demi-pâtes. „
- De sérieux perfectionnements ont été apportés récemment dans la technique du traitement de la paille. Ils sont dus à M. Raymond Fournier et sont exploités par la Société la Paille industrielle.
- Jusqu’à ce jour, la première phase de transformation des matières végétales en demi-pâte écrue,
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- avait nécessité l’emploi d’un matériel considérable de lessiveurs gigantesques, de piles imposantes, etc. Elle exigeait un temps fort long qui, dans l’éventualité la plus favorable, n’élait jamais inférieur à sept ou huit heures.
- Les procédés Fournier évitent ces inconvénients. Quoique'visant spécialement les pailles, ils peuvent s’appliquer à la plupart des végétaux ; leur caractéristique est d’assurerlatransformation en pâte en un temps excessivement court qui ne dépasse jamais une heure. Bien souvent ce temps peut être réduit
- delà fabrication du papier. Les autres matières ont leurs fonctions particulières respectives dans la végétation. Elles ne servent en quelque sorte, que de liant, pour agglomérer les fibres de cellulose. Ce sont les matières dites incrustantes. Il faudra les éliminer aussi radicalement que possible pour arriver à la meilleure transformation possible en pâte à papiers. La plupart ne sont solubilisables que sous l’action de liqueurs alcalines à doses variables, à basse ou haute température, sous celle de solutions acides ou sous l’intervention de l’oxygène à l’état naissant.
- Fig i. — Une salle de triage de chiffons dans une grande papeterie (Papeterie de la Roberlsau
- „ à Strasbourg).
- à vingt minutes. Gela avec un matériel simple, de dimensions réduites.
- Généralités sur la cellulose et sa préparation — De façon générale, les cellules végétales sont composées d’un noyau entouré de protoplasma, entouré lui-même d’une membrane cellulosique.
- Chimiquement, les différents corps entrant dans la membrane des végétaux sont :
- Les corps cellulosiques ou cellulose proprement dite:
- La lignose, vasculose, ligno-cellulose ;
- La pectose, pecto-cellulose;
- La cuto-cellulosé ;
- Des matières minérales diverses .
- La cellulose proprement dite (cellulose allongée) est la seule ayant une réelle valeur au point de vue
- La cellulose est un hydrate de carbone dont la composition est représentée assez exactement par la formule (G6 II10 0S)U. Sa teneur d’humidité normale varie de 6 à 12 pour 100.
- Elle résiste assez bien à l’action hydrolytique des alcools, des acides et des oxydants et a peu de ten-d ance à s’unir aux corps halogénés. C’est une substance translucide, blanche par lumière réfléchie, solide, d’une certaine élasticité et d’une densité voisine de 1,5.
- L’eau, l’alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles sont pratiquement sans action sur la cellulose, soit à froid, soit à chaud. Néanmoins la vapeur d’eau tend à la désagréger et à la transformer en hydrocellulose (G6 II10 O5, H2 Q) insoluble dans l’eau.
- L’acide chlorhydrique à froid et en solution
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- moyennement concéntrée est aussi pratiquement sans action sur la cellulose. Pourtant une action très prolongée, par exemple dans le cas des pâtes insuffisamment lavées après l’opération du blanchiment à l’aide de chlorures décolorants, amène graduellement la destruction des papiers.
- ' L’acide sulfurique et * en général les acides forts : azotique, phos-phorique, peuvent, suivant certaines conditions, modifier la cel-" lulose préparée pour pâte à papier et permettre l’obtention du parchemin végétal.
- Les alcalis carbona-tés et' même à l’état caustique, en solutions faibles et moyennement concen- très, n’at-taqu en t s e n sible-ment pas la cellulose ni à
- chaud, ni à froid.
- La cellulose ne deviendra une pâte à papier avantageusement utilisable que lorsque, après éliminalion des matières incrustantes, elle aura été traitée mécaniquement afin d’opérer la séparation aussi complète que possible des celluloses fibreuses qui la composent, lesquelles auront été amenées, tant en longueur qu’en épaisseur, à des dimensions qui tout en leur laissant la souplesse et la solidité de leur état naturel, les approprieront aux tables de fabrication des machines.
- Dans la pratique, la pâte à papier industrielle n’est que rarement composée exclusivement de cellulose fibreuse pure. Certaines pâtes courantes, aptes à faire de très beau et bon papier, contiennent souvent de 10 à 20 pour 100 de matières naturelles autres que la cellulose pure. D’autres employées pour les papiers ordinaires : journal, emballages, cartonnages, en contiennent parfois plus de 50 pour 100.
- Quand les pâtes ou demi-pâtes seront obtenues à
- Fig, 2. — Schéma du dispositif d’ensemble du procédé continu chimico-mécanique R. Fournier.
- A, toile sans fin d’amenèe de la paille; B, hache-paille; C, boîte à poussières; D, aspirateur; D D, tuyau d’aspiration ; E, trémie de chargement ; F, distributeur ; G, élément de l’appareil cuiseur; H, goulotte d’évacuation de la matière cuite; K, trémie; L, vis sans fin de distribution; M, chambre de travail (désintégrateur); N, trémie recevant la demi-pâte'; O, presse continue; P, cône;laveur de la pâte; R, toile sans fin'conduisant à la sablière, au presse-pâte, au blanchiment ou à un lavage final ; S, récupération de la lessive ; T, réservoir pour lessive récupérée ; V, récupération de la première eau de lavage ; W, réservoir de la première eau de lavage; X, pompe pour le déplacement des lessives usagées et eaux de lavage; Y, conduite pour le déplacement des lessives usagées et eaux de lavage ; Z, décanteur centrifuge ; T T, réservoir des lessives usagées décantées; W-X, réservoir de lessive neuve pour renforcement des lessives usagées.
- la suite d’opérations multiples : coupage de la matière, lessivage, lavage, défibrage, on pourra les blanchir, le plus souvent, par le chlore ou un de ses composés.
- En lait, l’industrie papetière utilise pour transformer les plantes en pâtes, deux procédés : le premier basé sur l’emploi de l’acide sulfureux, utilisé surtout pour les végétaux très lignifiés, comme les bois ; l’autre basé sur l’emploi de la soude caustique ; il agit rapidement et économiquement. Mais il est surtout utilisé pour le traitement des matières à croissance rapide et de nature peu lignifiée : la paille, les roseaux, par exemple ; c’est cette méthode qui sert de base aux procédés Fournier. -
- Ils sont d’ordre mécanique. Il me faut donc, avant de les expliquer, résumer quelques considérations sur le défibrage mécanique, parce qu’il est le complément obligatoire de toutes les opérations de lessivage ; en quelque sorte la base réelle de la fabrication du papier.
- Partant de ce qu’en industrie courante on n’obtient qu’une désincrustation imparfaite des matières cellulosiques, faute de pouvoir pousser suffisamment le traitement chimique, l’art de la papeterie consiste à séparer complètement les unes des autres, les fibres très fragiles sans les endommager. Car leur longueur est bien souvent inférieure à 5 millimètres et leur diamètre est de l’ordre de deux centièmes de millimètre (0 mm., 01 à 0 mm., 25).
- C’est pour ce travail que s’impose classiquement la pile hollandaise, perfectionnement mécanique de l’ancien pilonnage à la main. La pile fournit en ’ moyenne en quatre heures de marche (y compris le chargement et le déchargement) 150 kg de pâte,
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- LA PAILLE, APPOINT DE L’AGRICULTURE A LA PAPETERIE
- avec une dépense de 14 ch pendant trois'heures (au total 45 ch-heure), soit un rendement de 3kg, 353 de pâfe par ch-heure.
- En résumé, les inconvénients des procédés habituels peuvent se résumer à ceci : 10 longue .durée de cuisson pour désincruster; 2° nécessité d’une forte élévation de pression et de température pendant ce temps-là; 3° concentration décroissante des lessives au fur et à mesure de la désagrégation; 4° comme conséquence, désincrustation toujours plus ou moins imparfaite 5° d’où nécessité d’un défibrage mécanique, long; 6° enfin, discontinuité des différentes opérations.
- Le procédé R. Fournier. — Le procédé Raymond Fournier est fondé sur l’action de lessives alcalines à la température d’ébullition à l’air libre.
- À la suite d’essais faits sur le papyrus dont la structure est éminemment poreuse et qui, par conséquent, se laisse désincruster de sa vasculose ou autres incrustants à basse température, à l’inverse d’autres végétaux, comme la paille, également peu lignifiés mais de texture serrée, Raymond Fournier est arrivé à cette observation que le résultat du lessivage variait peu, que l’opération eût lieu à l’air libre ou sous pression.
- Pourquoi?Parce que, grâce à la porosité, la fibre se trouve en contact immédiat avec la lessive.
- D’autre part, comme le blanchiment se pratique toujours sur des matières aussi parfaitement défibrées que possible, l’idée lui vint de broyer la matière cellulosique de texture serrée, afin d’en faciliter la désincrustation par les solutions de soude faibles. Ce qui est indispensable pour le blanchiment ne devait vraisemblablement pas nuire au succès du lessivage.
- Les essais furent couronnés d’un plein succès.
- Les résultats constatés étaient au moins égaux à ceux obtenus par le lessivage classique. Baymond Fournier fut ainsi amené à concevoir un appareil qui ne broyât pas la matière cellulosique, mais la désintégrât par frottement des parties constituantes, au sein même de la lessive bouillante et pendant toute la durée de la cuisson.
- Par ce moyen, les fibres se détachent presque complètement les unes des autres, au fur et à mesure que la couche qui les retient se trouve amollie par suite de l’action de la lessive. Une nouvelle couche se présente alors à l’action de la soude ét ainsi de suite, jusqu’à désintégration complète des fragments.
- En vue d’éviter que les fibres séparées des fragments et isolées continuent à souffrir sans objet de l’action de la lessive et du frottement des parties les unes contre les autres, l’appareil Fournier est disposé sous forme de cylindre divisé en compartiments.
- Les parois de ces compartiments sont constituées par des plaques en tôle perforée, perforations de formes différentes qui varient suivant les plantes traitées. .
- Leur section va en diminuant de la première à la dernière plaque. La dernière plaque peut avoir des perforations, dont les dimensions soient telles qu’elles ne permettent le passage qu’à des fibres isolées. Dans chaque compartiment se trouve un agitateur qui oblige la matière (à tous les états de désintégration) à rester en |uspension.
- Le passage des fibres, ou amas de fibres, d’ùn compartiment dans l’autre, se fait simplement et presque exclusivement par l’action de la circulation de la lessive.
- La désintégration se fait donc dans les meilleures conditions possibles, au point de vue de la conservation des fibres, puisqu’elle a lieu par le frottement des matières végétales entre elles, et au milieu de la lessive qui joue le rôle de lubrifiant. En somme, cest un tamisage dans des conditions spéciales, qui rend les fibres à la sortie de l’appareil en même temps que la lessive.
- La séparation des fibres et de la lessive s’opère sur un tamis rotatif suivi d’un, essorage La pâte est lavée, par un système quelconque, dès récupération des lessives entraînées. La lessive, chaude encore, fait retour à l’appareil après avoir été décantée par un système approprié et régénérée par addition d’une quantité déterminée de lessive neuve.
- Pour obtenir un bon rendement des procédés de transformation continue des matières végétales en pâte à papier, il est intéressant que l’installation soit faite en hauteur, de façon que la matière première soit montée au départ à la partie la plus haute de l’installation puis, par gravitation, arrive à la partie basse, de niveau avec les appareils destinés à l’utilisation.
- Si l’on veut suivre le schéma du dispositif on voit que la paille est amenée par une toile sans fin A(fig. l.)_
- De la toile sans fin, la paille passe dans un hache-paille (B) qui la réduit en fragments de 1 à 2 centimètres de longueur.
- Les fragments sont alors aspirés par un ventilateur D, à travers une canalisation (D D). Les poussières et dans quelques cas les nœuds sont recueillis dans une boîte à poussière (G).
- L’aspirateur (D) déverse les fragments de paille sur le plancher supérieur de l’installation et ces fragments sont poussés dans la trémie (E) qui doit être de dimensions suffisantes pour pouvoir assurer l’alimentation pendant environ deux heures. Dans cette trémie, un distributeur F assure la régularité de l’alimentation. >
- De là, la paille par portions égales est conduite dans un appareil cuiseur dont (G) figure un élément. Le cuiseur est disposé de telle sorte, qu’une fois rempli, une portion de paille cuite sorte par la goulotte (H), par suite de l’introduction d’une portion de paille fraîche par le distributeur (F).
- Pendant toute la durée de translation, d’une extrémité à l’autre du cuiseur (G) composé de un ou plusieurs éléments, la paille est soumise à un mou-
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- vement de rotation à l’aide d’un arbre portant des doigts. Ce mouvement de rotation est contrarié par des doigts fixés à la paroi interne du cuiseur. La translation, la rotation et le freinage de ces deux mouvements ont pour résultat un frottement peu violent, mais continu des fragments de paille entre eux.
- Le cuiseur (G) est chauffé, soit directement, soit indirectement, à la plus haute température possible et les ouvertures d’introduction et d’évacuation de la matière doivent être disposées pour diminuer l’évaporation dans la mesure du possible.
- Si la température et la concentration de la lessive sont suffisantes, la paille, au moment où elle est évacuée du cuiseur (G) par la goulette (H) se présente sous forme d’un magma dont toutes les parties sont dans un ' état avancé de désagrégation et parfaitement pénétrées par la lessive.
- La durée complète de la cuisson varie de quinze à quarante-cinq minutes. De la goulotte (H), le magma tombe dans une trémie (K). De là, il est conduit régulièrement par une vis sans fin (L) munie d’un nettoyeur assurant l’avancement de la matière en empêchant sa rotation, dans la chambre de travail (M). Pendant toute la durée du travail, de la lessive est introduite de façon continue dans l’appareil qui est chauffé par un moyen approprié.
- La chambre de travail (M) est en réalité la partie capitale du dispositif. Elle se compose en principe, d’un corps (D) tronconique, divisé en compartiments séparés les uns des autres par des plaques perforées
- (F)-
- Dans l’axe de la chambre et traversant les plaques (E) se trouve un arbre (G), tournant à la vitesse de 4 à 600 tours, sur lequel sont fixées des lames (H). La première de ces lames est coupante et forme cisaille avec la première plaque (F).
- Les autres lames (H) ne sont pas coupantes et sont disposées de façon à ne pas pouvoir frotter sur les tôles perforées.
- Les tôles perforées (E) ont des perforations dont la section va en diminuant de la première à la dernière plaque. Leur nombre, la section de leurs ouvertures varient avec les matières à traiter et le résultat à obtenir.
- Quand la matière entre dans la chambre de tra-
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- vail (M), elle est d’abord cisaillée par le couteau (G) et la plaque de coupe (F). Cette partie de la chambre n’est indispensable que dans les cas où l’on traite des matières à filaments assez longs telles que le chanvre, lin, coton, jute, phormium, etc., et en général pour les déchets de tissage et de filature.
- Après le passage de cette première plaque (F) la matière n’est plus soumise à aucun effort de cisaillement. Elle est simplement entraînée : 1° dans un mouvement de rotation, par suite de la rotation des lames non coupantes ; 2° dans un mouvement de la translation dû à la circulation ininterrompue de la lessive.
- Les plaques perforées opposant un obstacle à la circulation des matières fibreuses, il se produit entre les différentes parties constituant la masse un
- frottement dont le résultat est une désintégration qui complète l’action du cuiseur.
- Lorsque des fragments de matière ont atteint des dimensions assez réduites, ils sont entraînés par le courant de lessive à travers les perforations de la plaque qui leur fait obstacle et passent dans le compartiment voisin et ainsi de suite de compartiment en compartiment, jusqu’à désintégration suffisante et évacuation de la matière.
- Ce travail de frottement dans les différents compartiments et ce tamisage à travers les plaques perforées, augmentent et renouvellent les surfaces, par conséquent facilitent l’action de la soude et permettent la séparation presque complète des fibres.
- Le magma qui sort de la chambre (M) est composé :
- a) de fibres ou fragments de fibres ;
- b) de lessive de soude, quï contient les matières extractives dissoutes.
- Ce magma tombe dans une trémie (P), et de là dans un système de presse continue (0) d’un modèle quelconque.
- A ce moment, la lessive s’en sépare, s’écoule dans un réservoir (T). La demi-pâte formant résidu est lavée dans un tambour (P) à l’aide d’eau chaude, qui entraîne une partie de lessive et une grande partie des matières solubles. Cette première eau de lavage est mise en réserve dans un réservoir (W).
- Les lessives usagées et les premières eaux de lavage sont, à l’aide d’une pompe (X), remontées par une canalisation (Y) dans un décanteur centrifuge
- Fig. 3. — Coupe du désintégrateur ou chambre de travail dans le procédé Fournier.
- L, vis sans fin; B, cylindre d’amenée; C, arbre porte-lames ; D, corps delà chambre; E, plaques perforées ; F, plaque découpé; G, couteau formant cisaille avec la plaque de coupe; H, lames non coupantes.
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- (Z) et mises en réserve dans un réservoir (TT), d’où elles retournent sans arrêt dans la circulation, qui est enrichie régulièrement par de la lessive neuve provenant du réservoir (WX).
- À partir de ce moment, on se trouve en présence d’une demi-pâte qui peut être utilisée de multiples façons :
- a) Telle quelle et sans autre lavage, elle peut être menée par la toile sans fin (R) à un presse-pâte pour, de là, être expédiée dans des papeteries où elle subira un nouveau lessivage en appareil fermé ou en lavage. Sous cette forme elle peuf, grâce à la soude qu’elle contient, être conservée un temps très long, sans aucune crainte de moisissures, etc.
- b) Elle peut aussi être menée dans un appareil laveur, d’où elle sortira exempte de lessive. De là conduite dans une sablière, elle se débarrasse de toutes les matières étrangères qu’elle contient. A ce * moment elle est prête à être utilisée pour obtenir des papiers ordinaires et solides.
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- Parmi toutes les. branches de l’activité humaine, la géographie est assurément la plus intéressée aux problèmes de climatologie qui’ concernent l’histoire de la Terre, et c’est elle qu’il faudrait interroger tout d’abord : or c’est elle, au. contraire, qui nous pose le plus de questions embarrassantes, et on le comprend sans peine si l’on examine son passé et son développement.
- Qu’était en effet le• géographe, récemment encore? Un touriste curieux et avide de nouveautés, un voyageur attiré par l’émotion et la poésie de la nature, les incidents dramatiques ou pittoresques, dont les récits cliquetaient du bruit des sabres, pistolets et carabines, razzias et expéditions de représailles. Et, sur tant de témoignages troublés par l’enthousiasme, grossis par le soleil des tropiques, modifiés par la distance, le temps, les soucis de la narration, l’homme de cabinet devait entreprendre une description de la Terre, énumération de montagnes, de fleuves, de lieux habités : c’était une collection de faits, ramassés sans plan ni méthode, réunis parfois sans critique.
- On voulut enseigner cette encyclopédie disparate et l’on commit la faute de créer des chaires pour des individus, non pour une Science : et c’est ainsi que la Géographie eut à graviter autour des Facultés des Lettres, où elle n’avait que faire, où elle ne savait guère trouver les concours utiles qui lui étaient indispensables comme des méthodes de saine critique scientifique.
- C’est à des influences extérieures que la Géographie dut un brusque développement dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, abandonnant les vieux errements sous la pression de l’astronome, du physicien, du botaniste et du géologue, pour entrer dans une voie scientifique et féconde, pour aller à la recherche des causes, pour étudier la genèse des formes de la surface. Si l’on veut assister à cette évolution, rien n’est plus instructif que de lire les rapports annuels consciencieux que rédigea Charles Maunoir pendant trente ans : on y voit la part croissante de la géographie mathématique, de l’océanographie, de la géologie, de la physique du globe en un mot.
- MÉTÉOROLOGIE :::.:=
- c) Elle peut aussi à ce moment être conduite aux appareils de blanchiment qui lui donneront les qualités suffisantes pour lui permettre d’entrer dans la composition des meilleures sortes de papiers d’impression et même de papier à écrire.
- L’examen du prix de revient montre que le procédé Raymond Fournier réalise, par rapport aux procédés classiques, une grande économie de combustible et de force motrice, et aussi de main-d’œuvre; cette dernière économie est d’une importance particulière 'a notre époque.
- Il est à noter que ces économies ne sont pas acquises aux prix d’un matériel plus encombrant ou plus coûteux.
- Le matériel nécessaire à la mise en œuvre du procédé Fournier est en effet d’un prix d’achat moindre que le matériel ordinaire et son entretien plus facile.
- J.-Emile Barbier.
- MÉTÉOROLOGIE
- Il était trop évident que l’étude et la mesure des saillies et des dépressions sous-marines, du point de vue descriptif, ne pouvait pas plus former un but que constituer l’ambition limitée d’une science et, depuis longtemps, Peschel s’était préoccupé de rechercher des lois de proportion et d’harmonie entre les parties immergées et les régions submergées de la surface terrestre. Le monde immergé, trois fois plus étendu que le monde émergé, posait toute une série d’énigmes : les varia* tions de la température avec la profondeur, là vie animale et végétale d’immenses régions, le régime de tous ces courants qui glissent et se côtoient,, se traversent ou se mélangent, en amenant de formidables brassages de la matière liquide ; les actions de la lumière et de la pression sur la surface, les solutions et précipitations. C’est ainsi que, à la suite de Maury, l’étude des courants marins imprimait à l’Océanographie une impulsion précieuse avec Mühry, Vallès, Savy, Lenthéric, etc....
- Puis le problème s’élargit encore, en liaison intime avec la géologie ; Delesse insiste à juste titre sur le grand intérêt des dépôts qui se forment dans le fond des mers actuelles : leur étude permet de restaurer par la pensée les mers des époques antérieures et, par le présent, nous fait connaître le passé du globe. Car le jour où les progrès de l’océanographie auront permis de définir, en chaque point, la provenance et la vitesse de formation des sédiments, le jour où l’on aura clairement établi les rapports qui lient le développement de tel ou tel groupie d’animaux marins avec les circonstances ambiantes, il ne restera plus qu’à combiner ces données avec ce que l’on sait déjà du relief continental, du régime des eaux courantes et des éléments de la surface : alors, les anciens dépôts géologiques, avec les fossiles qu’ils renferment, prendront à nos yeux une signification autrement précise et maint indice, aujourd’hui négligé ou inaperçu, nous mettra sur la voie de quelque conclusion formelle relative à l’état du globe au moment considéré.
- Dès 1871, Delesse et de Lapparent insistaient avec raison sur les rapports intimes qui existent entre la géologie et la géographie : quels sont les effets de l’atmo-
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- sphère, des rivières et de la mer sur les phénomènes actuels, sur les montagnes et, en général, sur les dislocations subies par l’écorce terrestre? Au cours des siècles, notre globe a subi toute une série de transformations que la géologie s’est donné la tâche de retracer; à la géographie, évoluant sous forme de géographie physique, il appartient d’étudier le jeu des organes qui règlent actuellement l’économie de toutes les forces en'présence, d’observer, de définir le rôle des continents, des océans, et de mesurer les actions diverses qui, tantôt se manifestent avec une formidable puissance, tantôt accumulent en des forces qui nous dépassent de beaucoup l’effet d’intégration d’actions minimes, inappréciables mais constantes, tantôt enfin se subdivisent en délicats éléments de vie.
- Dans cet ordre d’idées, on peut dire qu’aucun auteur ne fut plus autorisé et plus éloquent que de Lapparent pour entraîner le géographe à des études complètes de géologie : son action fut infiniment féconde.
- Il y eut certes quelques excès, au détriment d’autres études utiles, mais oscillations inévitables à la recherche de l’équilibre juste : pendant quelque temps, la géographie fut presque exclusivement de la géologie. Et, cependant, parallèlement, s’élaient développées les organisations météorologiques destinées à étudier les actions de la surface : Poey, Tarry, etc... cherchaient les lois des cyclones et tempêtes; la météorologie cosmique naissait, liaisons des astres entre eux, relations du Soleil avec la météorologie terrestre, influences diverses sur les climats et sur la vie — tous les problèmes de géophysique paraissent surgir simultanément.
- On n’avait pas imaginé, dès le début, qu’il pût y avoir de liaisons intimes entre la forme de la surface et les conditions physiques ambiantes : on allait même jusqu’à les croire indépendantes parce qu’elles le sont dans leurs causes premières. Mais tout se tient étroitement : sui'-face et agents physiques réagissent incessamment l’un sur l’autre « de sorte que l’on peut dire — selon l’image de De Lapparent — que l’outil employé à l’aplatissement de l’écorce est en partie déterminé, dans sa direction comme dans son intensité, par la forme de l’objet auquel il doit s’attaquer ».
- Ainsi se pose de lui-mêftie le problème dans son ensemble : chercher les liens qui unissent les divers accidents de la surface, reconstitution du passé dans une vue d’ensemble et évolution des formes à travers les diverses périodes géologiques. Dans 'son Traité de géologie (1900), de Lapparent a magistralement précisé ces questions : une vaste synthèse, au vingtième siècle, doit conduire à un atlas montrant, à chaque période géologique, la répartition des terres et des mers, la distribution des flores et des faunes.
- Par contre, si les liens réels entre. la géologie et la géographie ont conduit à une union particulièrement intime, la géologie, dans le même temps, se développait au point de se transformer; le système pentagonal connut son heure de célébrité ; après quoi, pour les continents, dans leur ensemble et dans leurs détails, on établit la nécessité d’affecter des formes triangulaires (Schrœder) ; puis ce fut le succès de la théorie tétraédrique avec ses conséquences multiples.
- A travers toutes ces hypothèses, la géographie se rapproche progressivement des sciences d’observation, et particulièrement, à l’heure actuelle, de la Météorologie : « il ne faut pas oublier, écrivait de Lapparent, que la géographie du temps présent n’est qu’une étape dans la longue série des transformations superficielles de notre
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- planète », mais c’est en poursuivant cette étude du présent que l’on pourra illuminer la recherche du passé.
- * *
- Ceci suffit à faire comprendre qu’il serait particulièrement malaisé d’éxposer simplement et dans son ensemble la question de la constance ou de la variabilité des climats, car elle se rattache étroitement non seulement à celle des influences cosmiques et de la périodicité des phénomènes de l’atmosphère, mais aussi à quantité de problèmes difficiles de notre histoire géologique et de l’interprétation des restes d’un passé lointain.
- Fût-elle ainsi limitée en apparence à un seul chapilre de l’histoire du globe, cette question nécessiterait une compétence encyclopédique parce que toutes les connaissances humaines s’y viennent enchevêtrer de façon très complexe : pour tracer dans ses grandes lignes les conditions météorologiques de la surface, il faut connaître le régime de l’air et celui des eaux ; pour en apprécier les changements, il est indispensable qu’une synthèse critique mette en leurs places respectives îes milliers de faits connus sur les terrains, les sédiments, les érosions glaciaires, les empreintes, tous les éléments manifestes de la vie de la planète avec leurs réactions mutuelles.
- Et, cependant, il serait bien passionnant de pouvoir ainsi tracer l’histoire de la Terre par une vaste synthèse des faits météorologiques, géologiques et géographiques ; car l’on peut déplorer chaque jour davantage que, faute d’organisation, le travail individuel ait trop souvent un mauvais rendement — il faut savoir le reconnaître avec franchise et regarder la vérité en face. Les faits abondent. Restons sur le terrain météorologique et géographique. Tous les voyageurs, malgré leurs travers ou leurs défauts, eurent une qualité, l’enthousiasme : ils ont fait des observations météorologiques, magnétiques, innombrables ; tout cela est inutile et perdu, il faut bien l’avouer ; car, faute d’être classés, dépouillés, collationnés, confrontés et discutés au fur et à mesure, tous ces documents reposent mollement dans les archives de maintes sociétés de géographie.
- Le dépouillement et la discussion progressive dés archives n’ayant jamais été faits, ce serait aujourd’hui une œuvre gigantesque à entreprendre avec méthode, et l’on ne voit nullement naître, à l’heure présente, le goût de pareilles entreprises; et, par là, en fait, des millions d’observations sont inutiles qui auraient pu rendre service.
- Bien mieux. On a créé, exprès, de nombreuses stations météorologiques : chacune d’elles n’a pas seulement étudié en détail ses moyennes, les écarts, les variations,* accidents remarquables des éléments qu’elle observe journellement. Erreur d’organisation, erreur de méthode ! Peu de postes bien organisés, complets, poussant la recherche jusqu’aux conclusions, rendraient peut-être plus de services généraux que d’innombrables' stations incomplètes, éphémères, en grande partie stériles ; et, critiquant la situation de la météorologie, Bernard Brunhes lui aussi déplorait déjà cette tendance, « .... alors que l’esprit français obéit si volontiers à la tentation d’élaborer a priori, sans nul souci du passé... ».
- Le même défaut se retrouve chez maints et maints historiens et géographes, accumulant toute leur vie des notes personnelles qui pourraient être précieuses et sont condamnées à disparaître avec eux parce qu’aucune fraction de leur labeur n’est organisée : tout est consacré à l’inspiration individuelle et, chaque fois, les mêmes
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE RATIONNEL
- recherches devront être recommencées par tous'leurs successeurs.
- Les conditions météorologiques d’un lieu, combinées avec la situation géographique et le relief d’ensemble, engendrent le climat du pays, sans qu’il soit utile ici de préciser le sens du mot climat, qu’il est très difficile de définir complètement; et le climat, à son tour, se combine avec le relief détaillé du terrain, ses qualités physiques et sa composition, afin de déterminer la nature du paysage en même temps que les circonstances d’où dépend la mise en valeur de la région par l’homme. C’est donc la connaissance simultanée, pour chaque point du globe, des formes et propriétés de la surface et des conditions météorologiques, qui doit constituer le principe de la géographie physique.
- Envisagée de la sorte, on voit assez que la question du climat.se présente sous mille aspects différents : elle dut donc attirer l’attention d’hommes très divers, recherchant des conclusions de natures très différentes— ce qui nécessiterait déjà une longue bibliographie. Puis chaque auteur, selon son origine, sa formation et sa tournure d’esprit, a discuté les éléments d’observation ou les statistiques avec un sens particulier, et quelquefois dans des directions
- opposées : les questions sont fort souvent entremêlées, parfois de la manière la plus confuse, et il serait indispensable de grouper toutes ces recherches avec un plan, une méthode constante et régulière.
- Pour utiliser tous les documents d’archives dans une discussion méthodique, pour rendre la pensée de tant d’auteurs différents issus de disciplines distinctes et souvent contradictoires, pour se reconnaître dans l’inextricable fouillis des faits et des hypothèses, la meilleure bonne volonté sera défaillante et il faudrait grouper des chercheurs divers, désireux de collaborer à un plan d’ensemble : alors, on pourra simplifier les mêmes idées maintes fois brassées et reprises, pour n’en garder que la partie essentielle ; on pourra élaguer les écrivains ou vulgarisateurs de vingtième mouture, qui n’ont fait qu’encombrer la science par une littérature folle et désordonnée.
- Mais aussi, par cet effort de classification et de synthèse, grâce à l’union étroite de la Géographie et dé la Météorologie, on pourrait écrire une belle ébauche de la question générale des variations du globe, en tenant compte des exigences du géologue, de l’astronome et du physicien : je souhaite que l’importance d’un tel but puisse tenter dps chercheurs différents et les pousser à une intime collaboration. Jean Mascart.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE RATIONNEL
- Il n’y a que très peu de temps qu’on se préoc- I cupe en France de l’éclairage rationnel des ateliers, magasins, etc. Jusqu’à ces dernières années, les lampes étaient distribuées au petit bonheur, aucune considération scientifique ne dirigeant leur installation.
- Nous avons été devancés dans cette voie par les Anglais, et surtout les Américains.
- La lumière d’un atelier ou d’un magasin doit cependant être distribuée avec précision ; elle a peut-être plus d’importance que l’espace et elle constitue un des meilleurs facteurs du travail à grand rendement.
- Chaque ouvrier -travaille d’autant mieux qu’il est mieux éclairé. Physiquement, la lumière convenable protège ses yeux et guide ses mains, en même temps qu’elle accroît son habileté. Moralement, elle accroît sa confiance en soi puisqu’il travaille avec plus de précision.
- Le rendement., est singulièrement amélioré par l’éclairage rationnel. Un objet mal éclairé risque d’être détérioré par un coup d’outil donné à faux.
- Pratiquement, d’après des observations nombreuses, on peut dire qu’un éclairage correct augmente la production de 10 pour 100 environ, diminue les détériorations de 25 pour 100 et diminue également de 25 pour 100les accidents.
- Examinons le problème. Quelles conditions doit remplir l’éclairage idéal? De nombreuses observations ont pu être faites pour déterminer tous les inconvénients des multiples installations existantes et finalement on est arrivé aux conclusions ci-après auxquelles il faut s’efforcer de satisfaire :
- a) Absence jde reflet ;
- b) Intensité suffisante ;
- c) Direction convenable des rayons lumineux ;
- d) Bonne diffusion ;
- e) Constance de la source de lumière;
- f) Eclairement convenable sur les murs et les plafonds ;
- g) Simplicité, sécurité et économie.
- 1° Le reflet. Le reflet occasionne une fatigue sérieuse de l’œil, qui se traduit par des maux de tête, une indisposition au travail, du matériel gâché et parfois des accidents.
- Les yeux sont les organes les plus délicats et tous les efforts doivent tendre à leur éviter la fatigue d’accommodation. Le diamètre de la pupille règle le taux de lumière qui entre. Sous l’influence du reflet, la pupille se contracte d’une manière exagérée; il en résulte qu’on est obligé de rapprocher l’œil de la pièce qu’on travaille, ce qui est mauvais. Au contraire, dans les conditions de lumière normale, la pupille est dilatée normalement et permet une distance de vision avantageuse pour la sécurité du travail.
- 2° L'intensité suffisante. Qu’entend-on exactement par cette désignation un peu trop imprécise? En somme, les diverses industries et les diverses opérations d’une même industrie, exigent des intensités lumineuses différentes. Ce qui doit fixer, c’est la quantité de lumière qui entre dans la pupille. Or, cette lumière provient de l’objet que l’on travaille. L’éclairement de l’objet est donc le facteur important. La lumière qu’il renvoie dans l’œil dépend non seulement de celle qu’il reçoit, mais encore de son pouvoir réfléchissant qui est extrêmement variable.
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- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE RATJONNEL
- Une surface blanche, par exemple, réfléchit environ 80 pour 100 de la lumière incidente, tandis qu’une surface noire ne renvoie qu’une fraction très faible.
- On doit donc se préoccuper, dans un atelier donné, du pouvoir réfléchissant moyen des outils et des matériaux à façonner. La qualité du travail à effectuer est ‘aussi un facteur qui entre en jeu. C’est ainsi qu’un travail grossier exige moins d’éclairage qu’un travail deprécision. Un atelier de tissage, par exemple, doit être pourvu d’un éclairage suffisant pour manier avec aisance les fils individuels.
- Cette intensité d’éclairement a été fixée par de nombreuses expériences. Voici, à titre d’indication, les chiffres admis par la Compagnie Benjamin de Londres :
- Garages d’automobiles Bougies-mètre. 3 2
- Boulangeries 43
- Ateliers de tissage 54
- Fonderies (moulages grossiers, char-
- gement) Fonderies (moulages de précision, 32
- fabrication des noyaux). . . . . 54
- Ateliers de machines, travail de préci-
- sion . 107
- Tours de précision 86
- Scieries 43
- Imprimerie (Linotype) 107
- Magasins 22
- Quais . 22
- Nous avons choisi à dessein des : installations
- très diverses pour mieux marquer la différence des éclairements exigés.
- 5° Direction convenable des rayons lumineux. Cette condition a comme conséquence immédiate la suivante.
- Un certain nombre de petites sources lumineuses devront être installées de préférence à quelques sources plus puissantes. 11 y a, en effet, dans le premier cas, une meilleure répartition de la lumière, une élimination complète des ombres et une protection contre la gêne provoquée pendant le travail de l’ouvrier par son ombre propre.
- Si ces conditions sont réalisées, la lumière vient d’une direction convenable pour que l’éclairement de l’objet façonné facilite le travail.
- 4° Bonne diffusion. La diffusion élimine les ombres et les reflets. C’est, d’ailleurs, une des raisons, et même la principale, pour laquelle la lumière du jour est supérieure à n’importe quel éclairage artificiel.
- Pour obtenir la diffusion convenable avec la lumière artificielle, il faut obliger les rayons lumineux directs à passer au travers d’un matériel translucide, ou utiliser des grandes surfaces réfléchissantes. On peut également installer des éléments tels que les rayons de plusieurs sources tombent sur l’objet à éclairer. La diffusion diminue l’effort d’accommodation des muscles de l’œil et, en permettant
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- à plus de lumière d’entrer, elle améliore l’aptitude de l’œil à voir.
- 5° Constance de la source. Il est évident qu’il faut éviter la variation d’intensité lumineuse, car elle a les mêmes inconvénients que les reflets. Un gros progrès a été fait dans la voie de la constance de l’intensité lumineuse avec le développement de la lampe demi-watt.
- 6° Eclairement convenable sur les murs et les plafonds.
- On a trouvé, par de nombreuses expériences, qu’il convenait d’avoir un éclairement modéré sur les murs et les plafonds. Cette condition ne peut être chiffrée, elle varie avec la disposition des locaux, l’enduit des murailles et des plafonds, etc.
- 7° Simplicité, sécurité, économie. Il y a lieu, après avoir cherché à satisfaire à tous les desiderata précédents, de rechercher la simplicité, la facilité d’entretien et le faible prix de revient. Tout ceci dépend principalement des réflecteurs choisis.
- Moyen de réaliser l'éclairage rationnel. — Il y a actuellement quatre types principaux d’éclairage qui sont utilisés dans l’industrie. Ce sont : l’éclairage général, l’éclairage localisé, l’éclairage général et localisé combinés, l’éclairage général modifié.
- L’éclairage général s’obtient en utilisant des réflecteurs conçus scientifiquement, disposés à une hauteur et à un intervalle uniformes. Les avantages principaux sont une bonne diffusion, l’absencè.de reflets ou de places obscures et enfin la distribution convenable de la lumière sur le travail.
- Il ne peut donc être question de distribuer des lampes au hasard. Le projet d’éclairage sera effectué en tenant compte de toutes les données physiques et de la quantité de lumière nécessaire à l’installation.
- Dans l’éclairage localisé, on prévoit des lampes pour chaque ouvrier. Ce système a des inconvénients. D’abord plus il y a de lampes, plus il y a de courts-circuits possibles, ensuite les reflets existent forcément, soit pour l’ouvrier qui utilise la lampe, soit pour son voisin. Le seul avantage est évidemment une économie d’installation lorsque les machines sont largement espacées.
- Il faut considérer également que chaque ouvrier a des tendances à régler son éclairage personnel sans s’occuper de son voisin. Le temps dépensé est du temps perdu; de plus, les yeux se fatiguent.
- - L’éclairage général et l’éclairage localisé combinés constituent un système qui entraîne avec lui les défauts du précédent. Il faut veillera ce que l’éclairage général soit suffisamment intense pour éviter les contrastes trop accentués qui amènent des accidents.
- Lorsqu’il est nécessaire de prévoir un éclairage plus intense de quelques parties d’un atelier, on peut installer des lampes puissantes munies de plus grands réflecteurs au-dessus de ces emplacements. On peut ainsi maintenir les éléments éclairants à une hauteur et à un emplacement uniformes. Ce système possède tous les avantages de l’éclairage
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE RATIONNEL
- ?:Fî-
- Fig. i. — Réflecteur convenant pour l’éclairage de grandes surfaces.
- général et aucun des inconvénients des autres systèmes.
- Qualités à exiger des réflecteurs. — La fonction essentielle d’un réflecteur est d’intercepter les rayons qui n’atteindraient pas l’objet à éclairer sans sa présence et de les diriger vers ce dernier.
- Il doit également arrêter tous les rayons qui viendraient directement dans l’œil de l’observateur et qui l’aveugleraient.
- Il y a quatre types de réflecteurs qui sont généralement employés.
- On voit en figure 1 un système qui réfléchit seulement les rayons qui iraient normalement vers le haut et qui permet à l’œil d’apercevoir le filament. Il est bien évident que ce système ne peut être employé que dans des emplacements où l'on doit éclairer
- Fig. 2. — Réflecteur pour éclairage général.
- de grandes surfaces et où les ouvriers ne risquent pas en travaillant d’avoir la vision directe du filament.
- Le système de la figure 2 est un peu meilleur pour la protection de l’œil. Il conviendra à l’éclairage général.
- Le système de la figure 3 est d’un diamètre plus faible par rapport à celui de la lampe. La lampe est pratiquement cachée à la vue directe. Il conviendra pour les endroits où il est nécessaire d’avoir une grande concentration de lumière.
- La figure 4 représente un réflecteur conçu pour un éclairage à la fois horizontal et vertical. Il conviendra à l’éclairage des surfaces verticales. On s’en servira également partout où l’on utilise des grues roulantes. On peut ainsi projeter une lumière convenable sur les marchandises à [manipuler sans gêner en rien les opérations mécaniques.
- Il y a plusieurs sortes de surfaces réfléchissantes utilisées pour les réflecteurs. D’abord l’émail vitreux
- qui est pratiquement fondu sur le réflecteur. L’avantage de cette matière est de permettre un nettoyage rapide. La surface ne se craquelle pas et a une durée plus longue que celles qui sont constituées par une autre matière. L’émail vitreux résiste bien aux émanations acides et préserve le métal du réflecteur de la rouille.
- On peut également passer sur le réflecteur une couche de peinture émaillée, ce qui réduit le coût initial, mais il convient de remarquer que la fumée, le gaz et les émanations d’acides le décolorent et. rendent le nettoyage impossible. Le revêtement craque.
- On emploie aussi de l’aluminium spécial, mais le
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- i
- i
- Fig. 3. — Réflecteur cachant la lampe à la vue directe.
- prix est élevé et les inconvénients sont presque du même ordre que ceux de la peinture émaillée.
- D’après tout ce'qui vient d’être dit, le projet d’éclairage d’un atelier déterminé comportera les opérations suivantes :
- 1° Chercher dans une table expérimentale l’intensité lumineuse nécessaire pour éclairer le local. 2° Trouver le nombre de lumens (unités de flux lumineux) qui sont nécessaires pour donner cette intensité. 3° Diviser la surface à éclairer en rectangles et diviser le nombre de lumens par le nombre de rectangles au centre desquels on placera une lampe. On a ainsi le nombre de lumens par lampe, et une table donne la lampe qui possède les qualités requises. 5° Déterminer par les formules usuelles la hauteur à laquelle on doit placer les lampes.
- Fr. Collin.
- I
- Fig. 4. — Réflecteur pour éclairage a la fois / horizontal et vertical.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- Ouest
- Fig. i. — Coupe longitudinale des tranchées H et L des fouilles de MM. Depéret, Arcelin et Mayet, au Crot-du-Charnier montrant la disposition des sépultures rencontrées au cours des fouilles.
- i. Squelette d’une femme et i' deux squelettes d’enfants; 2. Squelette d'homme trouvé dans un foyer et dalles dressées; 3, Squelette d’homme avec dalles dressées; 4. Squelette d’homme avec dalles dressées ; 5. Squelette de femme, sans dalles dans l’épaisseur même de la couche à ossements de chevaux ; 6. Squelette d’homme dolichocéphale, de type nordique, dans une couche d’èboulis ferrugineux avec poteries néolithiques ; 7. Squelette de jeune fille du huitième siècle de notre ère. (D’après Vllluslration, sur les indications de MM. Mayet et Arcelin.)
- LE GISEMENT PREHISTORIQUE DE SOLUTRE (SAONE-ET-LOIRE)
- Les nouvelles découvertes faites en 1924.
- L’intérêt qu’avaient suscité, en 1925, les fouilles importantes faites à Solutré, dans le célèbre gisement préhistorique du Grot-du-Charnier par MM. Depéret, Arcelin et Mayet, s’est encore accru au cours des recherches de l’été dernier.
- Tout récemment, à l’Académie des Sciences, les
- savants lyonnais ont exposé les résultats de leur campagne de fouilles d’août-septembre 1924(1). Ces résultats ont confirmé et complété ceux de l'année précédente, dont il a été rendu compte ici même
- 1. Communication faite le 8 décembre 1924.
- Fig. 2. — Aurignacien IV. Squelette incomplet, sectionné au niveau des membres inférieurs par une tranchée pratiquée en i8~3. A gauche remblaiement de cette tranchée. Au-dessus'de la tête, trois dalles qui en marquaient l’emplacement (ossements dégagés à la brosse; dalles non déplacées.)
- N° 2(554. — 14 février 1925- 7 — 97
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- LE GISEMENT PRÉHISTORIQUE DE SOLUTRÉ
- Fig. 3. — Tête osseuse du quatrième Fig. 4. — Tête osseuse du cinquième ..squelette {homme) aurignacien de squelette {femme) aurignacien de
- Solutré, vue de face. ^ Solutré, vue de face.
- (La Nature, .5 novembre 1923) et qui peuvent être résumés ainsi :
- 1° Découverte de trois squelettes complets — une femme, deux hommes — trouvés à une petite profondeur au-dessous de la couche intacte à ossements de chevaux, dite magma de cheval, dont l’àge aurignacien est bien établi par l’outillage lilhique qu’elle renferme. ’
- 2° Intention de sépulture démontrée par l’alignement rigoureusement Est-Ouest des squelettes, la tête regardant le soleil levant; par la présence de deux dalles un peu au-dessus et en arrière de la tête de chaque corps ; enfin, par le fait qu’un de ceux-ci avait été brûlé en partie, dans un foyer contenant des silex aurignaciens.
- 3° Apport de documents d’une incontestable valeur pour la connaissance des hommes de l’époque auri-gnacienne, ces trois, squelettes étant à rapporter au groupe des Cro-Ma-gnons, mais témoignant de notables variations dans ce type humain quaternaire.
- En continuant, vers l’ouest, la tranchée qui avait fait découvrir les trois squelettes aurignaciens, MM, De-péret, Àrcelin et Mayet ont retrouvé îe magma de cheval, épais, compact et intact. Immédiatement au-dessous, apparut un quatrième squelette, squelette d’homme dont l’âge aurignaeiën était affirmé non seule-
- mént par sa...situation stratigraphi-
- que, mais;aussi par l’outillage de pierre taillée identique à celui qui accompagnait les squelettes mascu-
- lins nos 2 et 5 : burins sur angle de lame tronquée, -burins à deux pans, lames et pointes à dos rabattu, pointe pseudo-moustérienne, grattoir épais portant à l’autre extrémité un burin à deux pans, etc. Trois dalles calcaires dressées étaient au niveau de la tête. Les jambes avaient été tronçonnées et détruites par une fouille étroite de l’abbé Ducrost, en 1873, que notre tranchée a recoupée.
- Les quatre premiers squelettes aurignaciens étaient sensiblement équidistants, séparés par un intervalle de 1 m. 50 à 2 m. Ce même intervalle, franchi après le squelette n° 4, permit d’aborder l’extrémité inférieure d’un cinquième squelette. C’était celui d’une jeune femme gisant, non plus au-dessous de la couche à ossements de chevaux, mais dans l’épaisseur même de cette couche, sans trace de remaniement. Il était évident que le corps avait été inhumé pendant la période de formation du magma de cheval, lequel n’est autre chose qu’un amas de débris de cuisine des Aurignaciens chasseurs et mangeurs de chevaux. Aucune dalle ne marquait l’emplacement de cette sépulture n° 5.
- L’intention de sépulture des deux nouveaux squelettes se trouve attestée par les constatations, suivantes :
- 1° Ces deux squelettes continuaient d’une manière rigoureuse l’alignement Est-Ouest de ceux
- Fig. 5. — La joule des curieux au Crot-du-Charnier lors de la • découverte du cinquième squelette aurignacien.
- Avancement de la tranchée N.
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- LE GISEMENT PREHISTORIQUE DE SOLUTRÉ
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- découverts en 1925, avec face regardant également à l’Est.
- 2° Le squelette féminin découvert en 1924 n’avait aucune dalle de pierre au niveau de la tête. Par contre, le sujet masculin n° 4 avait deux dalles placées de champ sur les côtés de la tête et, en outre, une troisième dalle perpendiculaire aux deux autres, dressée en arrière du crâne. Il y avait donc dans le rite funéraire aurignacien de légères variations dont la signification nous échappe. Les résultats acquis à Solutré en 1924 viennent donc confirmer et étendre ceux de 1925 sur ce point, important en préhistoire, des sépultures de l’époque aurignacienne.
- L’étude anthropologique détaillée des squelettes précédents sera publiée ultérieurement par le Dr Mayet. Du moins est-il possible d’indiquer dès maintenant qu’ils se présentent avec les caractéristiques suivantes :
- N° 4. Homme d’une quarantaine d’années, ayant une taille d’environ 1 m. C7— 1 m. 70, dolichocéphale tendant à la brachycéphalié (indice céphalique : 77,89), à crâne relativement élevé, à face large, basse, aux pommettes proéminentes avec orbites quadrangulaires, basses, élargies transversalement, donnant un indice orbitaire de 69,7 à gauche, où l’orbite est intacte.
- N° 5. Femme d’une trentaine d’années. Même taille que le squelette féminin n° 1 : 1 m. 55 à 1 m. 55. Indice céphalique traduisant une tendance nette vers la brachycéphalié: 85,24. Face large et très basse. Orbites de forme ovalaire-oblique, méso-sèm'es (indice : 86,5). Nez large. Mandibule remarquablement haute et robuste.
- Il y a une frappante ressemblance entre ce squelette féminin qui terminait la série aurignacienne et le squelette féminin qui la commençait.
- Dans nombre de groupes ethniques, les femmes sont de petite taille et les hommes de grande taille : pareil fait n’est donc pas pour surprendre ici, d’autant moins que. « le plus Cro-Magnon » des trois Aurignaciens de Solutré, est d’une taille sensiblement moins élevée que les deux autres. L’hypo-
- Fig. 7- — Quelques formes de silex taillés, — pointes — des foyers aurignaciens de Solutré. Cet outillage se rencontre dans la couche à ossements de chevaux et dans les foyers sous-jacents.
- Fig. 6. — Squelette d'un dolichocéphale de type Nordique, datant vraisemblablement de l’époque néolithique. Homme d'une cinquantaine d’années atteint de rhumatisme vertébral cervical.
- Photographie prise en place avant extraction du squelette encore partiellement enfoui dans la couche d’éboulis ferrugineux.
- thèse, formulée précédemment, de femmes provenant d’un groupe ethnique différent, plus ou moins éloigné morphologiquement des Cro-Magnons, reste néanmoins encore plausible.'
- Les fouilles de MM. Depéret, Areelin et Mayet ont, en 1924, donné des résultats tout à fait intéressants sur les époques post-paléolithiques. Contrairement à leurs espérances, ils n’ônt rencontré au-dessus de la couche à ossements de chevaux, aucune trace d’habitat solutréen ou magdalénien. En fait, les Solutréens ont campé surtout en dehors de l’emplacement du Crot-du-Charnier et sur une très petite étendue de celui-ci. Les Magdaléniens stationnèrent un certain temps, mais seulement sur quelques mètres carrés, tandis que l’habitat des Aurignaciens dépassait un hectare. Plus tard, vers la partie nord-ouest du Crot, les Néolithiques, les Gallo-Romains, les Barbares, s’installèrent à leur tour. Ces divers niveaux archéologiques sont régulièrement superposés sans mélange ni déplacement quelconque des couches de l’éboulis.
- C’est ainsi que dans une couche d’éboulis de couleur ferrugineuse de 0 m. 70 d’épaisseur, immédiatement superposée à la couche à ossements de chevaux, fut dégagé un squelette masculin d’un type très différent de celui des Aurignaciens : dolichocéphale de type Nordique, d’âge vraisemblablement néolithique. Des fragments de poteries grossières en contact avec les ossements indiquent bien qu’il ne s’agissait pas là d’un homme paléolithique. Ce malheureux était atteint d’une maladie exceptionnelle aujourd’hui : un ihumatisme vertébral cervical chronique qui avait soudé les vertèbres du cou par une série de ’travées osseuses.
- Plus haut encore,, dans la même tranchée — tranchée L du protocole des fouilles — au-dessus de l’éboulis ferrugi-
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- LE GISEMENT PRÉHISTORIQUE DE SOLUTRE
- Charnier, d’une série de niveaux renfermant des sépultures s’échelonnant de l’époque aurigna-y a quinze à vingt - jusqu’à des temps assez proches de
- il
- Fig. 8 et g. — Industrie solutréenne. Armatures foliacées ou pointes de poignard, de javelot, etc., qui, à Solutré, caractérisent l’industrie lithique rencontrée au-dessus de la couche à ossements de chevaux.
- neux, se trouvait une couche d’éboulis meuble, noirâtre, parsemée de tessons de poteries de facture variée, épaisse de près de 1 m. en moyenne. Là, furent recueillis divers squelettes, peu.ou pas fossilisés.
- L’un d’eux, d’une adolescente, était formellement daté par une boucle d’oreilles à chaton polyédrique (époque carolingiene ou précarolingienne dont l’ancienneté a été précisée par un spécialiste bien connu, M. Léon Coutil, des Àndelys).
- Enfin, tout à fait en haut du Crot-du-Cbarnier, au sommet d’un monticule qui dominait de 12 m. le fond de la tranchée L, le professeur George Grant MacGurdy, de New-Haven (États-Unis), et des élèves de l’École américaine de recherches préhistoriques, cordialement invités par MM. Depéret, Arcelin et Mayet, ont mis au jour plusieurs sépultures en série, disposées parallèlement, d’un âge assez récent, se plaçant entre le ive et le vme siècle de notre ère, plus probablement de l’époque barbare.
- Deux tombes avec parois en dalles brutes, rappelant les sépultures à cistes, par ce coffrage de pierres plates posées de champ, dégagées à proximité des squelettes précédents, une fibule et un anneau de bronze de type relativement récent, viennent appuyer l’hypothèse de eet âge.
- Il résulte de la campagne de fouilles de 1924, à Solutré, la mise en évidence, avec une parfaite netteté, d’une superposition régulière, au Crot-du-
- cienne mille ans -historiques nous.
- L’un des résultats les plus importants a été de constater d’une manière définitive l’absence totalè de remaniements et de mélanges, invoqués trop longtemps pour discréditer la station préhistorique de Solutré et les recherches faites, il y a un demi-siècle, par ses premiers explorateurs : Adrien Arcelin, H. de Ferry, abbé Ducrost, etc.
- De plus, MM. Depéret, Arcelin et Mayet ont apporté, grâce à cette campagne de fouilles admirablement conduite, une nouvelle et précieuse contribution à la connaissance de nos lointains ancêtres des temps paléolithiques par une série unique dècinq documents de paléontologie humaine de toute première valeur.
- Fig. io. — Invité aux fouilles de Solutré, le professeur MacGurdy, de New-IIaven (U. S. A.), procède au repérage d’une sépulture de l’époque barbare.
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- LE CIMENT FONDU
- L’Industrie commence actuellement à préparer en grand un nouveau ciment dont les principales propriétés sont un durcissement très rapide et une résistance extrêmement grande à l’eau de mer.
- Ce nouveau ciment a reçu des noms rappelant son aspect ou son mode de fabrication : ciment noir, ciment fondu, ciment électrique, électro-ciment, ciment électro-fondu. Toutes ces dénominations désignent à peu près le même produit, et en fait, le terme de « ciment fondu » est le plus généralement employé.
- La découverte et la fabrication de ce ciment sont-dues au savant français, M. Jules Bied, à qui l’art, de la construction est déjà redevable de travaux extrêmement intéressants. Ce sont des recherches méthodiques conduites par lui-même, au laboratoire, en vue d’obtenir un liant hydraulique indécomposable par l’eau de mer et les ' eaux sulfatées, qui l’ont amené à la découverte d’un ciment à haute teneur en alumine préparé par fusion au four électrique. C’est grâce à sa teneur élevée en alumine que ce nouveau ciment possède, au premier degré, cette propriété d’être indécomposable.
- Les éléments constitutifs du ciment Portland et du ciment fondu sont, au fond, les mêmes (silice, alumine, fer, chaux), mais dans des proportions différentes. On pourrait peut-être se demander quel est le rôle du fer dans le ciment. Mais le fer est tout simplement une impureté du ciment et c’est une impureté inévitable parce que le minerai d’alumine d’où l’on part, bauxite, contient des quantités appréciables de fer.
- Alors que dans le ciment Portland, la composition moyenne est la suivante :
- Silice................ 25
- Alumine........ 7
- Chaux............... 64
- Fer................. 4
- Divers. . . . .-....... 2
- dans le ciment fondu la proportion d’alumine est beaucoup plus élevée :
- Silice .... ..... . . . 10
- Alumine 42
- Chaux 42
- Fer ............ 6
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, pour réaliser la préparation du ciment, il faut obtenir la fusion des constituants. La température à atteindre est élevée et située vers 1450°. Elle s’obtient très aisément au four électrique. Ces fours ont une puissance de 1000 à 2000 ch; grâce à ces appareils, les usines qui produisent actuellement ce ciment peuvent déjà fabriquer plusieurs centaines de tonnes par jour. La consommation d’énergie électrique est de 1000 à 1400 kilowatts-heure à la tonne.
- Les constituants sont chauffés dans le four jusqu’à fusion complète. Le ciment obtenu sort à la partie inférieure des fours par un trou de coulée ménagé dans la paroi réfractaire. C’est après solidification, une matière compacte, de couleur foncée, dans laquelle on distingue des parties' métalliques parfois très volumineuses. Ces parties métalliques, sont en grande partie constituées par du fer. On les éliminera dans la suite au moyen d’un
- trieur magnétique. Le broyage de ce ciment est réalisé dans de grands broyeurs rotatifs, opération qui doit être très poussée pour avoir une grande finesse, ce quhne s’effectue.pas sans l’usure assez rapide des appareils, car les morceaux de ciment fondu raient le verre.
- La fabrication du ciment fondu est assez onéreuse. Dans l’état actuel de cette fabrication, elle n’est encore pratiquement réalisable que’dans les régions privilégiées où l’on peut trouver de l’énergie électrique à bas prix et. où le minerai d’alumine, la bauxite, est un produit régional (Far, Bouches-du-Rhône, Hérault, Ariège, Ardèche).
- Les usines actuellement en fonctionnement sont celles de Pavin de Lafarge, à Moutiers en Savoie ; celle de la Société des Forces Motrices de l’Agout, à Luzière, 'dans le Tarn ; celle du Teil, dans l’Ardèche.
- Ainsi que nous l’avons dit, ce ciment a. une qualité merveilleuse, celle de résister à l’eau de mer. Les remarquables éludes de M. Candlot ont expliqué le (processus de désagrégation des mortiers par les eaux sulfatées et par l’eau de mer. M. Candlot a montré que cette destruction est provoquée par la formation d’un sulfo-aluminate de chaux qui cristallise en absorbant 15 molécules d’eau et en augmentant considérablement de volume. Sous l’action de l’eau de mer, qui est riche en sulfate, ce sulfo-aluminate se forme en cristaux volumineux ; le gonflement en résultant provoque l’éclatement des massifs.
- Or il est actuellement reconnu que le ciment fondu oppose une résistance absolue aux phénomènes de cristallisation rappelés ci-dessus. Le sulfo-aluminate de chaux ne se forme pas.
- A cause de sa prise rapide, ce nouveau ciment peut être appliqué entre deux marées. Le durcissement marche très rapidement ; au bout de 24 à 48 heures, il a déjà acquis une résistance supérieure à celle des meilleurs ciments Portland après 28 jours.
- Le ciment fondu était connu d’ailleurs avant la guerre, mais sa fabrication industrielle ne fut vraiment entreprise que pendant la guerre, au cours de laquelle elle rendit les plus grands services : une réserve de 300 tonnes était constamment tenue à la disposition des armées. Son emploi permit de monter de grosses pièces sur des plates-formes d’artillerie, trois jours après l’achèvement, alors qu’auparavant, il fallait attendre six semaines, il servit également à la construction d’abris blindés pour mitrailleuses.
- On s’en sert aussi pour le repavage rapide des rues de Paris : trois jours après la confection de la chape, on pose les pavés de bois qui ne s’y enfoncent pas au passage ultérieur des voitures; on pourrait commencer la pose 24 heures après la fin du gâchage. Auparavant, on attendait plus d’une semaine, et les pavés pénétraient dans la chape.
- Les emplois de ce produit ne cessent d’angmenfer. Les entreprises privées et les grandes administrations l’ont adopté après des essais minutieux. La consécration industrielle a ainsi couronné les efforts de ceux qui ont réussi, après une mise au point longue et onéreuse, à doter notre pays d’un nouveau matériau d’origine et de fabrication bien française. I. Lazennec,
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- LE TIRAGE NATUREL ET LE TIRAGE FORCÉ
- Les lourdes fumées noires, qui embrument l’atmosphère des grandes villes et des centres industriels, sont en majeure partie constituées par des gaz qui tiennent en suspension dans leur sein d'innombrables particules de charbon non brûlé. Outre que, pour de multiples raisons, ces nuages sont dangereux pour les poumons qui les respirent, ils renferment une appréciable quantité de combustible, qui s’échappe dans l’atmosphère, sans avoir fourni les calories qu’on lui demandait.
- En effet, la combustion du charbon, que* pour plus de simplicité, nous assimilerons, un instant, à du carbone pur, est réglée par les lois de la chimie :
- C -f- 20 = CO2 -f- 94 calories 52
- Cette formule nous apprend qu’il faut 32 gr. d’oxygène pour brûler complètement 12 gr. de carbone. '
- Cet oxygène, qui, pour la circonstance, est emprunté à l’air atmosphérique, doit traverser la couche de charbon en ignition et se mélanger à lui ; puis, après s’être transformé en gaz carbonique et avoir circulé dans les divers appareils à chauffer, s’échapper au dehors.
- Pour que la combustion soit complète, il est donc nécessaire de faire passer sur le charbon la quantité d’air correspondant exactement à la formule ci-dessus.
- Quand l’air est en proportion trop minime, il y a production d’oxyde de carbone, qui, s’il n’est pas brûlé lui-même, entraîne à la cheminée Un atome de carbone inutilisé (atmosphère réductrice). Quand il y a excès d’air (atmosphère oxydante) c’est que le tirage est trop violent; par conséquent, la consommation de charbon est trop forte.
- Si le tirage est mal réglé et si certaines particules de charbon sont entraînées par la dépression de la cheminée sans avoir été mises au contact de l’air qui peut les brûler, c’est alors qu’elles s’échappent en noirs tourbillons.
- La question du bon fonctionnement des foyers revient donc à créer dans le système une dépression qui soit capable de faire passer sur le charbon la quantité d'air nécessaire et suffisante pour en assurer la combustion complète.
- Le tirage idéal devra, par conséquent, être réglable et, une fois réglé, invariable tant que la même allure de combustion sera maintenue.
- L’appel d’air pour cela peut être créé de diverses façons :
- D’abord par tirage naturel (cheminées ordinaires) ;
- Par soufflage sous le foyer ;
- Par tirage forcé.
- Les cheminées ordinaires employées dans l’industrie sont des troncs de cônes creux à faible rayon en briques ou en ciment, à l’intérieur desquels montent les fumées chaudes.
- Le tirage naturel est ainsi basé sur la différence
- de densité des gaz chauds de la cheminée et la densité de l’air atmosphérique ambiant.
- On suppose, dans la pratique, que la densité des gaz, prise dans les mêmes conditions de température et dépréssion, est la même que celle de l’air, c’est-à-dire 1 gr. 293 par litre pour 0° de température et 760 mm de pression intérieure.
- Dans ces conditions, si nous appelons t et T les températures de l’air et des gaz, P la pression atmosphérique en millimètres de mercure et H la hauteur de la cheminée en mètres, le tirage théorique (dépression) à la base de la cheminée sera égal à :
- r 273
- L*73 +
- 275
- il
- -j- t 2/0 —(—
- Ce tirage est la valeur de la dépression en millimètres d’eau que l’on mesurerait au pied de la cheminée de II mètres remplie de gaz à T°, les gaz ne s’écoulant pas, c’est-à-dire le registre étant complètement fermé.
- Quand on ouvre le registre, les gaz se mettent en mouvement et le tirage utilisable, le seul intéressant, est égal au tirage théorique diminué des pertes par frottement dans la cheminée et de la pression dynamique à la sortie.
- En utilisant la formule du tirage théorique, on peut déjà facilement se rendre compte des inconvénients du tirage naturel et dresser le tableau suivant, qui donne les hauteurs de cheminées nécessaires pour obtenir des dépressions de 10, 20, 30, 40 mm à la base de la cheminée en utilisant des températures de sortie de gaz de 100°, 200°, 500°, et en supposant la température de l’air extérieur uniformément égale à 15° dans tous les cas :
- Dépressions en millimètres.
- T fumées. 10 20 30 40
- 100° . . . 34 68 1Ô0 135
- 200° . . 21 42 62 83
- 300° . . . 16 52 48 64
- tableau nous montre que, pour des tempéra-
- tures de sortie de fumées comprises entre 400® et 200°, températures qui sont généralement utilisées pour allier à un tirage suffisant une utilisation normale et rationnelle des calories, il faut des hauteurs de cheminées considérables.
- Ainsi, pour produire une dépression de 50 mm d’eau à l’extrémité d’un carneau qui évacue des gaz à 100°, il faut une cheminée de 100 m. de haut, si l’on admet une température ambiante de 15°. Mais si la température est de 40°, comme cela arrive en été au plein soleil, l’installation doit également fonctionner; il faut alors une cheminée de 135 m. de haut.
- Il convient encore d’ajouter aux inconvénients que présentent les cheminées de briques :
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- LE TIRAGE NATUREL ET LE TIRAGE FORCÉ
- 103
- Une grande irrégularité de dépression, qui est fonction de la température et de l’état de l’atmosphère ;
- Un mauvais rendement mécanique ;
- Un rendement manométrique défectueux, par suite de la forme tronconique rétrécie imposée par les lois de la stabilité au lieu de la forme tronconique évasée qu’exigent les lois de l’écoulement des gaz;
- Un encombrement énorme, c’est-à-dire un prix élevé, qui s’augmente souvent de frais accessoires, comme la construction de fondations, parfois énormes ou d’échafaudages importants pour les réparations extérieures.
- Le tirage naturel, très simple par sa conception, est donc néanmoins une hérésie, son rendement mécanique n’atteint souvent pas 2 pour 100. 11 est très irrégulier, esclave des variations atmosphériques et des sautes de vent. D’autre part, son action sur la combustion n’est réglable qu’au moyen de registres.
- Si la cheminée a été prévue suffisamment haute pour assurer dans les plus mauvaises conditions le tirage nécessaire, il faudra, pour obtenir une marche régulière, que le chauffeur surveille constamment ses feux et agisse surde registre, sans discontinuer.
- Pour supprimer tous ces inconvénients, les recherches se sont portées sur le tirage forcé et l’on est arrivé tout naturellement à deux conceptions jumelles:
- 1° Gréer une compression à l’avant du système (foyers soufflés).
- 2° Produire une dépression en queue du système (aspiration des fumées).
- Un des premiers dispositifs employés dans les chaufferies de machines à vapeur fut l’éjecteur; c’est un appareil dans l’axe duquel la vapeur provenant de la chaudière arrive par une tuyère, tandis que l’air est aspiré latéralement.
- Le mélange se produit ; puis il est ensuite dirigé par l’intermédiaire d’un ajutage divergent sur le foyer.
- Ce système a lui-même l’inconvénient de consommer une quantité de vapeur appréciable (environ 8 à 10 pour 100 de la vapeur produite par la chaudière); ainsi le rendement est toujours faible. Ce résultat défectueux à pour cause la perte de charge subie par l’air. On le force en effet à passer par le canal très étroit d’une soufflerie où, pour obtenir le débit voulu, on l’oblige à atteindre des vitesses considérables, pour le laisser se détendre ensuite dans un cendrier à large section. Cette perte de charge qui est proportionnelle au carré de la différence des vitesses du fluide avant et après passage à l’orifice de l’éjecteur, est d’autant plus forte que la section du cendrier est plus grande,
- 'Fig. i. — Installation de tirage induit Prat à un seul ventilateur.
- D'autre part, les jets de chalumeau, les dards, provoquent en certains points de la masse en igni-tion du foyer, des combustions plus vives, des trous dans le feu, et déterminent l’entraînement de poussières qui encrassent les carneaux.
- La solution la plus logique du problème du tirage mécanique était donc l’emploi du ventilateur.
- Suivant les différentes façons d’utiliser celui-ci, on peut d’ailleurs distinguer plusieurs genres de tirages.
- Le tirage par insufflation.
- Le tirage par aspiration.
- Le tirage mixte.
- Le tirage par induction.
- Dans le premier, le ventilateur aspire de l’air généralement chauffé par un passage dans un récupérateur, puis le rejette sous la grille, où s’active la combustion; en créant ainsi à l’intérieur du système une pression supérieure à la pression atmosphérique, il active l’évacuation des fumées, qu’il pousse de proche en proche, pour finir par les expulser au dehors.
- Dans le tirage aspiré direct, le ventilateur, placé en queue du système, aspire les fumées pour les envoyer ensuite dans la cheminée. Dans ce cas, la totalité des gaz chauds à évacuer passe dans le ventilateur, et il est nécessaire pour qu’il en soit ainsi de placer ùn registre entre la prise de gaz du ventilateur et l’orifice de sortie de ce dernier. Le registre est ouvert en cas de tirage naturel ; par contre, il est fermé, si l’on veut employer le tirage aspiré. Avec ce dispositif, on peut d’ailleurs envisager un tirage mixte en plaçant le registre à la position de demi-ouverture et en faisant fonctionner le ventilateur à vitesse ralentie.
- Mais, en général, on utilise le premier de ces modes de tirage, c’est-à-dire le tirage aspiré proprement dit.
- Les ventilateurs employés dans ce système sont alors de dimensions importantes, mais dans certains cas, où les volumes de gaz à évacuer exigeraient des appareils trop encombrants, on choisit des ventilateurs plus petits qui travaillent avec un moins bon rendement.
- Pour les dépressions moyennes, on est conduit, dans le tirage aspiré, à des vitesses de rotation des ventilateurs assez faibles qui ne permettent pas l’accouplement direct avec des moteurs électriques et l’on est appelé à commander les ventilateurs par une courroie. Lorsque les dépressions à produire sont très importantes et supérieures à 60 mm, les ventilateurs deviennent plus petits et tournent plus vite ; on peut dans ce cas les accoupler à des moteurs électriques; de plus, leur faible encombrement per-
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- met de les employer aisément dans les chaufferies. ) Lorsque le régime de marche des appareils à ! desservir est extrêmement variable, le tirage aspiré a l’inconvénient de ne pas bénéficier du tirage naturel; alors aux petites allures, pour produire une dépression relativement très faible, il faut dépenser une puissance importante. Il est même certains types d’appareils de tirage qui ne comportent pas le dispositif permettant la marche au tirage naturel.
- Dans le tirage induit (tirage Prat), une partie seulement des gaz traverse le ventilateur et, passant par l’orifice d’un éjecteur situé dans l’axe de la cheminée, sert à entraîner l’autre partie.
- Les avantages de cette méthode résident alors
- Un souffleur à vapeur peut d’ailleurs servir de secours.
- Pour les grandes installations où la production de vapeur doit satisfaire à toutes les exigences les plus diverses de fonctionnement, on utilise deux ventilateurs placés comme l’indique la figure 2 sur deux faces opposées de l’embase.
- On peut ainsi obtenir toute la gamme des allures, en laissant d’abord agir le tirage naturel, puis ensuite et successivement, en lui adjoignant l’aide du premier ventilateur et enfin celle du second, ces aides étant d’ailleurs réglables puisqu’elles sont fonction de la vitesse de rotation des ventilateurs.
- Dans le tirage induit, il sera toujours possible
- Fig. 2. Fig. 3. — Installation de tirage induit
- Installation de tirage dans le cas d’évacuation de fumées acides,
- induit Les gaz à expulser ne passent '
- à 2 ventilateurs. pas dans le ventilateur qui est alimenté par
- l’air atmosphérique.
- PiS- 4- .
- Installation de tirage induit dans
- une cheminée en briques.
- dans le faible encombrement du système, dans son bon rendement et surtout dans la souplesse de son fonctionnement et de son utilisation.
- Pour les installations moyennes à marche intermittente, mais soutenue, ne présentant pas de très grands écarts d’allure, on emploie le dispositif de la figure 1, qui représente une installation de tirage induit « en circuit ».
- L’escargot E du ventilateur est fixé intérieurement sur une joue de l’embase A. La conduite de refoulement ne présente ainsi qu’un coude léger pérmet-tant de-situer exactement le souffleur S dansTaxe de l’appareil.
- Les parties tournantes, c’est-à-dire la turbine T et son arbre portent des paliers P et P' reposant sur un socle amovible M qui peut être aisément amené sur le côté par glissement sur les rails inférieurs.
- d’utiliser des ventilateurs qui travailleront sur leur orifice équivalent de meilleur rendement et d’avoir dès vitesses de rotation qui permettent l’accouplement direct avec des moteurs électriques.
- Tous les dispositifs de tirage induit sont surmontés d’une cheminée tronconique évasée dé tôle, ayant à la base l’angle de 7° réclamé par les lois de l’écoulement des gaz.
- La puissance absorbée dans le tirage induit est aux plus fortes allures supérieure à celle qui est nécessaire dans le tirage aspiré. Cependant il faut réfuter, à te sujet, un raisonnement un peu simpliste qui consiste à dire que le tirage induit a un mauvais rendement, parce qu’il agit à la manière d’un éjecteur. En effet, dans les éjecteurs, on se sert de l’énergie d’un fluide moteur étranger pour entraîner la totalité du fluide à mouvoir. Dans le tirage induit, au contraire, le fluide moteur est une
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- parlie clu fluide à mouvoir. On augmente son énergie à. l'aide d’un ventilateur et on reporte, par l'intermédiaire de l’éjecteur, une partie seulement de cette énergie sur le fluide induit. Le rendement de l’éjecteur ne s’applique donc qu’à une partie du fluide total et, en outre, qu’à une partie de la dépression totale à produire, puisque l’autre partie de cette dépression est fournie par le tirage naturel.
- Enfin l’éjecteur employé dans le tirage induit met en jeu des fluides à des pressions extrêmement voisines.
- En outre, et c’est là le gros avantage du tiràge
- Pourcentage en acide carbonique élevé ;
- Basse température des fumées ;
- Utilisation des combustibles maigres, menus et poussiéreux, c’est-à-dire bon marché.
- Pour augmenter le pourcentage d’acide carbonique, il faut proportionner la quantité d’air au poids de charbon brûlé et nous savons que la cheminée à tirage induit satisfait à cette condition par sa facilité de réglage.
- Mais le principal facteur qui règle le gaz carbonique dépend de l’épaisseur du feu. Avec le tirage
- Fig. 5. — La chaufferie en construction de la centrale des Mines de Courrières. Installation à tirage induit avec cheminées tronconiques en tôle/
- induit sur le tirage aspiré, pour les installations où la dépression est variable et inférieure à 60 mm, la puissance moyenne absorbée par le tirage induit est très inférieure à celle absorbée par le tirage aspiré.
- Mais ce n’est pas là le seul avantage du tirage induit.
- Envisageons successivement tous les autres :
- D’abord la réduction des coûts d’établissement s’explique par la suppression des cheminées et carneaux, coûteux par eux-mêmes et par les terrassements et fondations qu’ils exigent. Elle se double par l'économie réalisée sur les terrains et Les bâtiments et par la diminution du nombre de chaudières de réserve nécessaires.
- La possibilité de réaliser une vaporisation économique est un autre avantage du tirage induit; en effet, pour obtenir la vapeur au meilleur prix il faut réaliser les conditions suivantes :
- par cheminée ordinaire où la dépression produite est généralement faible, la hauteur de combustible sur la grille est toujours faible aussi, l’allure de combustion ne dépassant pas le plus souvent 80 kg par mètre carré. Or, avec le tirage induit, on peut facilement atteindre une consommation horaire de 125 kg, ce qui supprime les trous dans le feu, oblige l’air à traverser une épaisseur de charbon plus forte, le force à abandonner une plus grande partie de son oxygène, élève notablement la température du foyer et assure une fumivorité complète.
- Un autre avantage du tirage induit, est de pouvoir assurer l’indépendance des unités de production de vapeur dans les chaufferies modernes ; en effet, par suite de la grande élasticité et de la grande facilité de mise en service, il devient aisé de satisfaire aux demandes en vapeur variables avec le minimum de chaudières en marche.
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- Enfin, un intérêt primordial lorsqu’il s’agit d’assurer un service public de force motrice ou d’éclairage, c’est l’accroissement de sécurité qu’assure l’emploi de cheminées individuelles au lieu d’une cheminée unique. Cette disposition des cheminées indépendanies a été adoptée par toutes les plus grandes centrales du monde entier.
- D’ailleurs, si l’on ne veut pas perdre le bénéfice d’une ou de plusieurs cheminées en briques existantes, on peut, comme l’a fait la Société des cheminées Louis Pratà la station centrale de Milan, à la Société d’Électricité de Paris et à l’Ouest-Lumière à Puteaux, installer une cheminée en tôle à tirage induit dans l’intérieur des cheminées en briques (fig. 4). On conserve tout le bénéfice du tirage naturel correspondant à la hauteur de la cheminée, de sorte que la puissance exigée pour produire l’accélération du tirage nécessaire devient infime.
- Ainsi, à la station de Milan, chacune des cheminées de 75 m. de hauteur renfermé un transformateur de pression aspirant les gaz de 6 générateurs Babcock et Wilcox de 575 m2 de surface de chauffe chacune. Avant l’installation du tirage induit, ces cheminées donnaient une dépression naturelle de 516 mm assurant aux chaudières une vaporisation unitaire de 8000 kg; après l’application de celui-ci, la production de vapeur a atteint 14000 kg, le tirage à la base de la cheminée dépassant 50 mm.
- De plus, l’emploi du tirage induit permet l’utili-'sation de charbons médiocres et en général de combustibles très maigres qui ont l’avantage d’être bon marché et de brûler sans produire de fumée.
- Enfin, une question qui est à l’ordre du jour et qui est étudiée dans tous les Congrès et Expositions de Chauffage industriel, c’est le réchauffage de l’air.
- Avec le tirage naturel, le problème est un cercle vicieux. En effet, la dépression est d’autant plus
- forte à la base de la cheminée que les gaz sortent plus chauds. Donc le tirage naturel et la récupération sont deux éternels ennemis, puisque chacun vit aux dépens de l’autre. "
- La Marine marchande alimente depuis longtemps ses foyers en air chaud et elle obtient les meilleurs résultats.
- Actuellement, dans les chaufferies terrestres, on emploie simultanément des réchauffeurs d’eau et-d’air; de cette façon, on tire le meilleur parti possible des calories contenues dans les fumées. Or, de telles installations ne peuvent être réalisées que par le tirage induit, car, d’une part, elles opposent une résistance importante à l’écoulement des fumées et d’autre part, elles diminuent considérablement le tirage naturel, puisque les fumées sortent généralement vers 120°.
- On peut d’ailleurs concevoir des installations de tirage mixte où le ventilateur souffle simultanément dans l’éjecteur et sous la grille. ;
- L’élude succincte des différents systèmes de tirage que nous venons de faire nous permet de choisir celui qui convient le mieux pour une installation donnée.
- Nous ne reviendrons que pour mémoire sur le tirage naturel, dont le seul avantage est sa sécurité..
- Pour des dépressions variant de 0 à 60 mm, nous avons vu que le tirage induit avait de nombreux avantages sur le tirage aspiré.
- Dans le cas où la dépression à fournir se maintient constamment supérieure à 60 mm, le tirage aspiré reprend l’avantage sur le tirage induit. Ce dernier conduirait en effet à des puissances trop élevées.
- Mais dans tous les cas, on doit prévoir une installation permettant de passer facilement au tirage naturel, pour parer aux inconvénients d’un arrêt accidentel du ventilateur. Jacques Sénart.
- LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE... PAR LES OCÉANIENS
- Il est de notion courante que l’Amérique fut décou- t verte par Christophe Colomb, lors de son premier voyage, en 1492 et qu’elle ne fut connue en Europe que par le récit qu’il fit et les indigènes qu’il ramena au roi d’Espagne en mars 1495.
- Mais était-elle totalement inconnue auparavant?
- Récemment, M. de la Roncière a retrouvé (*) à la Bibliothèque Nationale une carte, vraisemblablement établie entre 1487, date du retour de Barthélemy Diaz du Cap de Bonne-Espérance et 1495, date du retour de Colomb, et probablement par quelqu’un de l’entourage de ce dernier, peut-être son frère Barthélemy Colomb, où figurent déjà une île du Brésil, une Anlille êl une île des Sept-Cités, sur l’emplacement de l’Amérique.
- Henri Yignaud (2) avait déjà longuement examiné les
- 1. Ciiarles de la Roncière. La carie de Christophe Colomb. 1 vol., Paris, 1924.
- 2. Henry Vignabd. Histoire critique de la grande entreprise de Christophe Colomb. 2 vol., Paris,
- dires sur lesquels Colomb'avait pu s’appuyer pour projeter sa sensationnelle exploration.
- D’autre part, on a réuni de nombreux témoignages de voyages antérieurs, dont un des plus curieux est l’inscription runique, datée de 1502, trouvée dans le Minnesota, où M. Roland a pu lire que 8 Suédois et 22 Norvégiens étaient passés là, venant de la Nouvelle-Ecosse et allant vers l’ouest j1).
- Les relations entre l’Europe et l’Amérique datent donc d’une époque très reculée, et celles précolombiennes ne furent oubliées que parce que peu nombreuses et non suivies de récits écrits ou imprimés.
- Si l’on s’est beaucoup occupé de celles-ci, on a à peu près complètement négligé jusqu’ici celles qui ont pu exister sur le versant pacifique, entre les régions de l’ouest de l’Amérique et les continents les plus voisins : Asie et Océanie. Cela tient à de multiples causes : l’in-
- 1. Voir la reproduction de cette inscription dans La Nature, n» 1890, 1909,
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- LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE... PAR LES OCÉANIENS
- suffisance des rapports entre les civilisations occidentale et orientale, l’état primitif des indigènes d’Océanie qui n’ont pas connu l’écriture, le manque de traces archéologiques. Là encore, on s’en va répétant que la première traversée du Pacifique fut faite en 1520 par Magellan, qui y mourut. S’il est bien le premier Européen à a\oir franchi le Grand Océan, était-il aussi le premier homme? De même que Colomb eut des prédécesseurs ignorés, Magellan semble bien avoir eu des précurseurs inconnus, d’après toute une série de faits récemment établis.
- *
- * *
- Les zoologistes connaissent depuis longtemps nombre d’animaux dont on trouve des espèces très voisines ou identiques sur les deux rives du Grand Océan. Des deux salamandres géantes, l’une, Gnyptobranchus japonicus, habite -les ruisseaux des montagnes du Japon, l’autre, Cryptobranchus alleyheniensis, ceux des états de l’est des Etats-Unis. Le lézard Lygosoma latérale se rencontre en Chine, au Japon et au Mexique, dans le sud et l’est des Etats-Unis; les autres espèces du même genre sont connues de Nouvelle-Zélande, d’Australie, de Chine, du Japon. Le seul parent de l'alligator du Mississipi-vit actuellement en Chine, dans le Yangtse. Les serpents verts, Liopeltis et Cyclophis, du Mexique et de Californie, se retrouvent dans l’Asie méridionale et orientale. Les tortues de la famille des Chelydridés sont limitées aux Montagnes Rocheuses, au Mississipi, au Guatemala, à l’Equateur et à la Nouvelle-Guinée. Les serpents du groupe des Aglyphes ne sont répandus que dans l’Asie du sud-est et la Papouasie; cependant, un genre se retrouve en Amérique centrale. Si les pythons sont surtout australiens et sud-asiatiques, une espèce (Lopocemus bicolor) vit au sud du Mexique. Les mollusques terrestres du genre Bulimulus du sud de la Californie et de la Bolivie, du Pérou et du Chili, ont leurs plus proches parents, Placostylus, entre la Nouvelle-Zélande et les îles Salomon. Les isopodes terrestres du groupe des Sphérilloninés s’étendent de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, de la Polyné ie, du sud-est de l’Asie et du Japon au sud-ouest%de l’Amérique du Nord.
- Les botanistes ne connaissent pas moins de rapports entre les deux rives du Pacifique et, dès 1859, Asa Gray signalait la frappante similitude entre la flore de l’Asie orienlale èt celle des états de l’est des Etats-Unis; Hooker, Engler, d’autres ont insisté sur ces analogies.
- La concordance de toutes ces observations, auxquelles s’ajoulent de nombreuses découvertes paléontologiques, ont conduit beaucoup de géologues à admettre des connexions terrestres à travers le Pacifique à différentes époques. Les uns ont supposé un ou plusieurs soulèvements successifs à travers le Japon, les îles Kouriles, le Kamtchatka, le détroit de Behring ou les îles Aléoutiennes et l’Alaska. D’autres, dont Gould le premier, en 1854, remarquant les affinités entre l’Australiej la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Guinée d’une pari, les. côtes occidentales d’Amérique d’autre part, ont émis l’hypothèse d’un continent pacifique, d’une Pacifide, qui aurait existé à l’époque crétacique, et aurait pu persister jusqu a une période géologique plus ou moins récente.
- Mais tout cela est antérieur, et de beaucoup, aux migrations humaines à travers les mers.
- Comment peut-on imaginer que des primitifs, disposant seulement de barques légères, sans moyens de se guider exactement, aient pu se lancer à travers l’immensité dé l'Océan Pacifique et aborder sur le bord opposé sans se perdre, corps et biens, avant d'atterrir? Une carte des courants marins permet de le comprendre. On y voit, trois voies d’eau portant d’Asie en Amérique : 10 le Kouro-Sivo, frère du Gulf Stream, qui se forme au sud du Japon, longe ses îles, s’incurve vers l’est, atteint la côte américaine au nord de San-Francisco et çe divise en deux branches dont la plus étroite va vers l’Alaska, et se recourbe au sud des îles Aléoutiennes et la plus large loDge au sud la Californie et le Mexique; 2° le contre-courant équatorial qui va droit à l’est, de Mindanao et Gilolo, dans les Philippines, au golfe de Panama; 5° le courant australien de l’est qui va de la Tasmanie et du sud de la Nouvelle-Zélande, le long du 45° de latitude sud, jusqu’à l’Amérique duSud contre laquelle il se divise en deux branches, l’une vers le Pérou du nord, l’autre vers le Cap llorn au sud.
- Ces trois courants ont-ils servi à transporter des indigènes d’Asie et d’Océanie en Amérique?
- Dans les temps modernes, on a vu à maintes reprises des jonques japonaises aborder en Amérique. En 1815, l’une d’elles fut rencontrée par un brick anglais à 340 milles au large du Cap Conception, 17 mois après son départ d’Osaka, avec seulement 5 survivants à bord. Eu 1832, une autre aborda à Oahu, dans les îles Sandwich; en 1833, encore une au cap Flatterv, dans l’Oregon ; la même année, les Indiens du Port Greiiville, dans l’île Vancouver, capturèrent les trois survivants d’une jonque japonaise et les réduisirent en esclavage, etc., etc.
- La traversée du Pacifique par de petits voiliers, préméditée ou accidentelle, n’est donc pas chose impossible. A-t-elle été effectuée avant la traversée du Pacifique par des Européens et a-t-elle laissé des traces?
- *
- Jusqu’à ces dernières années, on n’en savait rien.
- Ce n’est que depuis 1909 que l’on commenoe à soupçonner les migrations des Australiens et des Mélanéso-Polynésiens en Amérique..
- A celte date, le l)r Rivet, reprenant une idée autrefois émise par ten lvate, puis par de Qualrefages, montra^) que, par leurs caractères osléologiques, les anciens habitants de la partie méridionale de la péninsule californienne et de la race sud-américaine, dite race de Lagoa Santa, présentaient des affinités très nettes avec la race hypsisténocéphale de Mélanésie, et cette thèse vient d’être entièrement confirmée récemmment par R. Yerneau (2).
- De leur côté, Graebner (5), E. Nôrdenskiold (4), le Père Schmidt(5) ont signalé les similitudes remarquables qui
- 1. Ilivet (P.). «Recherches anthropologiques sur la Basse-Californie » t Journal de la Société des Américanistes de Paris, nouv. série, t. VI, 1909, p., 147-253.
- 2. Verneau (R.). « Crânes d’indiens de la Colombie. I/élê-ment Papoua en Amérique ». L’Anthropologie, Paris, t. XXXIV, 1924, p. 355-38G.
- 5. Graebmer (F.). « Die melanesische Rogenkultur und ihre Verwandten » Anthropos, Sl-Gabriel-Môdling, t. IV, 1909, p. 726-780, 998-1032.
- 4. Nordensiîiold (Erland). « Une contribution à la connaissance de l’anlhropogéographie de l’Amérique ». Journal de la Société des Américanistes de Paris, nom. série, t. IX, 1912, p. 1925.
- 5. Schmidt (P. YV.). « Kulturkreise und Knlturschichten in Südamerika ». Zeitschrift fur Ethnologie. Berlin, t. XLV 1915, p. 1014-1124.
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- existent entre les civilisations américaines et mélanéso-polynésiennes.
- Sans prétendre donner la liste "complète des faits qui méritent d’être retenus,* le Dr Rivet a signalé les suivants : le hamac, les masques de danse, les instruments à battre les écorces textiles, les kipu, les ponts de iane suspendus, le propulseur de.flèches, la sarbacane, Parc à balle, la massue de pierre en forme d’étoile, les têtes-trophées, la flûte de Pan. le tambour à signal, la teinture ikatten, le procédé de culture en gradins, la cérémonie du potlach, la coutume des mutilations digitales en signe de deuil, etc....
- L’anthropologie et l’ethnographie attribuent donc aux Mélanésiens un domaine fort étendu en Amérique.
- En ce qui concerne la présence des Australiens en Amérique, on retrouve les mêmes ordres de. faits.
- Verneaut1 2) a signalé la présence chez les Patagons d’un type ethnique platy-brachycéphale, qui est nettement australoïde, et récemment au Congrès international des Américanistes de Gôteborg, V. Lebzelter a présenté un crâne Ona encore plus caractéristique à ce point de vue.
- . Graebner (a) et le Père Schmidt (3 4) ontde leur côté insisté sur les caractères australiens de la civilisation fuégienne : il y a lieu de mentionner notamment les manteaux de peau, les huttes en forme de ruches, la technique du tressage du cordon. A ces données anthropologiques et ethnographiques, le Dr Rivet, grâce à sa connaissance approfondie des langues américaines, vient d’ajouter un argument décisif tiré de la linguistique.
- Le 12 décembre dernier, M. Meillet présentait à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une communication sur « les Mélano-Polynésiens et les Australiens en Amérique, » dans la laquelle le Dr Rivet transforme définitivement l’hypothèse qu’il avait soutenue en une certitude.
- Jusqu’ici, on n’avait trouvé qu'un seul lien enlre les langues asiatiques et américaines : une parenté probable, sinon certaine entre l’eskimo et l’ouralien récemment signalée par M. Sauvageot(^). D’un seul coup, M. Rivet a découvert deux groupes linguistiques américains étroitement apparentés, sans aucun doute, à des langues océaniennes.
- Le premier groupe, connu sous le nom de groupe Iloka, compte un grand nombre de tribus qui s’échelonnent, avec quelques solutions de continuité,, le long de la côte du Pacifique, depuis le sud de l’Orégon jusqu’à l’isthme de Tehuantepec, sur 27 degrés de latitude environ (entre les 43° èt 16e).
- Voici quelques exemples pris parmi les 140 rapprochements lexicogrâphiques que le Dr Rivet a pu noter entre le Hoka et le Mélanéso-Polynésien, dans un vocabulaire de 100 mots seulement : ^
- $ *
- Mélanéso-Polynésien, Hoka.
- al, ahi, liai,
- aha, ha, awa, kiodlho, balnha, na,
- ai’bre, bois, ahi, ahe, ai, gai, feu.
- bouche, haha, aha, vaha, xca,
- canot, rame, gain, valuha, celui-là, na,
- 1. Verseau (F.). Les anciens Patagons, Monaco, 1903.
- 2. Graebker, op. cit.
- 3. Schmidt, op. cit.
- 4. Sauvageot (Agrélien). « Eslcimo et Ouralien ». Journal de la Société des Américanistes de Paris, nouv. série, t. XVI, 1924, p. 279-316. <fc
- Mélanéso-Polynésien. Hoka.
- chanter, himene, ihmin, *
- été, hora, hurà-o,
- grand, • matoi, mato,
- dent, niho, nyo. yo,
- femme, xvahine, huagen,
- homme, tama, tama,
- homme, opa, üpâ.
- moi, inya, inyau, nyaa,
- lune, hura, ola, hüllâ, hcilâ,
- mer, tasi, tasi, eau,
- nez, ihu, ihu,
- aile, varu, üiualü,
- sel, asi, . si, athl,
- soleil, laa, la, alla, ala, la,
- tête, upoko, epok,
- toi, ma, mu, me, maa, ma,m'o,mi
- voir, kutea, kite, hila, küüa.
- Le second groupe, connu par les américanistes sous le nom de groupe Tson, comprend les indiens appelés communément Patagons, avec leur branche fuégienne, les Ona.
- Les affinités avec l’Australien ressortent des quelques exemples suivants, prélevés sur une liste de 70 concordances du même ordre, relevées dans un vocabulaire australien extrêmement pauvre.
- Australien. Tson.
- bois, feu, ula, (w) nia, ol, hui,
- cuisse, lana, lena, tanin,
- cheveu, âlun, yal, aal,
- cheveu, chick, Isek,
- dent, yorra, yarra, era, orr, horr,
- eau, kun, kuno, hïïnû, kon, kono,
- .eau, kallan, karra,
- excrément, ganin, guna, gunon, ganun.
- feu, Itala, kalia, kar, braise,
- feu, makka, maka.
- kangourou, kula, kurë, kore. gol, gain, golen, puma,
- homme, nonga, nungar, nooken, nuken, nuka,
- langue, taie, t’ ali, utala, iâal, tal, tare,
- lune, mana, menian, amama.
- main, mar, mura, marr, mar,
- nez, oro, orro, woro, wuru, or,hor,orr’e,urr,
- oreille, yuri, your, ouïe,
- os, ko, ôko, ko, kôo,
- os, gulu, gulara, kolula,.
- pied, o-kal, . kel,
- pierre, duruk, yârul, druka,
- pierre, ÿiarr,
- poitrine, ammu, jam, omen,
- poitrine, ooko, okü,
- poumons, noIdag, estomac, hunda, gollâ, sein,
- sang, guara, gwaro, xvuar, huaarr,
- Il est à noter que le Tson possède les rares mots communs à la presque totalité des dialectes australiens, qui sont, comme l’on sait, profondément différenciés.
- Les deux vocabulaires comparatifs établis par le Dr Rivet montrent que les mots que le Hoka et le Tson ont conservés respectivement du Mélanéso-Polynésien et de l’Australien sont à peine altérés. C’est là un fait sur
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- prenant si l’on songe au temps considérable qui a dû s’écouler depuis que ces deux langues se sont séparées du tronc originel. Il apporte la preuve qu’unè langue peut évoluer parfois avec une extrême lenteur, cette stabilité étant sans doute liée à la stabilité de la civilisation du peuple qui la parle. Les deux groupes indigènes qui en offrent un si frappant exemple, sont en effet parmi les tribus américaines qui ont le moins changé au cours des âges la technique du tressage au cordon.
- Cette remarquable concordance des données de l’anthropologie, de l’ethnographie et de la. linguistique, dont le Dr Rivet a déjà signalé d’autres exemples en Amérique1, montre que, partout où le brassage des peuples n’a pas été trop intense, la solidarité des caractères physiques, ethnographiques et linguistiques peut être mise en lumière et, en tout cas, mérite d’être recherchée.'
- La date à laquelle les Australiens et les Mélanésiens sont arrivés en Amérique ne peut être naturellement fixée avec précision. On peut affirmer toutefois qu’elle est très ancienne. L’archéologie montre, en effet, que certains des éléments culturels dont l’origine mélanésienne semble bien démontrée, lepropulseur,la flûte de Pan et les têtes-trophées par exemple, apparaissent dès les horizons les plus anciens delà civilisation du littoral péruvien. Les données anthropologiques conduisent à la même conclusion. En effet, si le squelette a conservé des caractères qui permettent de mettre en évidence la présence d’éléments mélanésiens ou australiens dans certaines tribus indiennes, les caractères extérieurs (couleur de la peau,
- 1. Rivet (P.). « Aires de civilisation, aires linguistiques, aires anthropologiques. L’A?ithropologieT>, Paris, t. XXXI, 1921, p. 118-119.
- aspect des cheveux, etc...) n’en ont pas gardé de traces appréciables. Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique, cette uniformisation d’aspect des tribus américaines était déjà réalisée sous la double influence du milieu et du métissage (cette dernière ayant été certainement la plus efficace) ; or, il a fallu, sans aucun doute, de nombreux siècles pour que ce résultat soit atteint. Le Dr Rivet suppose que la migration australienne a dû précéder la migration mélanéso-polynésienne. En effet, il y a tout lieu de supposer qu’elle a emprunté la voie des îles pour atteindre l’Amérique et cette voie n’était libre qu’avant l’occupation de ces îles, par les Mélanéso-Polynésiens. Le passage des Australiens en Polynésie semble d’ailleurs confirmé par l’archéologie.
- Si extraordinaires que puissent paraître ces immenses migrations maritimes effectuées par un peuple aussi primitif que les Australiens, il faut les accepter devant les faits, qui en attestent la réalité. De l’avis des géologues, la disparition du continent plus ou moins continu qui a pu exister entre l’Amérique et l’Australie, remonte à une époque bien antérieure à celle où l’homme a fait son apparition. D’autre part, la conquête de l’Amérique par les Océaniens, ou plus exactement la pénétration de ceux-ci sur la côte occidentale est certainement de beaucoup antérieure à l’arrivée des Européens sur la côte orientale. Dans quelle mesure ont-ils contribué à la formation de la race indienne? quelles races plus primitives ont-ils pu recontrer ?
- Le fait capital que le Dr Rivet vient d’apporter à la question du peuplement de l’Amérique est certainement un des plus importants qu’on ait connus. Il ouvre de nouveaux horizons insoupçonnés aux problèmes de l’origine des races humaines.
- René Merle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1924.
- Le vol des albatros. — M. P. Idrac a pu représenter, par une série de schémas, les manœuvres opérées par ces oiseaux dans les mers du Sud. L’étude analytique des diverses trajectoires observées indique que, la vitesse aérodynamique pouvant varier de 15 à 18 m., le vol à voile ne commence à être possible que pour un vent d’au moins 6 m. à la couche basse, la hauteur de la couche supérieure à laquelle l’albatros doit s’élever pour obtenir le meilleur résultat étant plus grande par vent fort que par vent faible.
- Le régime des courants du détroit de Gibraltar. — Une croisière acoomplie, en 1925, par VAlmirante Lobo a permis à M. Rafael de Buen de montrer que les eaux atlantiques, en direction de l’ouest vers l’est, changent de caractères en dépassant la ligne Punta-Europa à Punta-Allima, par suite des deux courants qui, venus de l’est, emportent des eaux très chaudes et denses. Le mélange est rendu plus facile dans le sens perpendiculaire à celui du détroit et qui est pris par les courants côtiers, espagnols et marocains.
- La lumière réfléchie par les Insectes. — Les cétoines et les scarabées, à éclat métallique, polarisent cireu-lairement la lumière et l’examen, fait à l’analyseur, montre que les rayons sont gauches, à l’exception de
- ceux qui figurent à l’extrémité rouge du spectre. Pour la majorité des couleurs, le sens de rotalion est le même que celui des rayons réfléchis par les cristaux liquides des sels de cholestérine et l’insecte, pour cette propriété optique, ne possède pas de plan de symétrie, mais montre un arrangement hélicoïdal, à la façon d’une coquille de gastéropode. Il se comporte comme si la cuticule qui l’enveloppe avait été taillée dans une seule lame de tissu polarisant les rayons circulairement.
- La réduction de l’acide sulfurique. — M. Yila, recherchant les conditions assurant le maximum de réduction, a trouvé que la réaction : S04H3 + 4 H2 = 4H20 + 1PS s’effectue, avec un rendement théorique, lorsque le- mélange des vapeurs acides et du gaz H circule sur une masse de contact,-constituée .par de la silice chauffée entre 700 et 900°. •
- Les tubercules frais de VUmibilicus pendulinns. — Si l’amidon est très répandu dans le règne végétal, l’hexobiose qui se forme, dans son hydrolyse par l’amylase, n’avait jamais été jusqu’ici retirée directement des végétaux. En étudiant les Crassulacées, M. Marc Bridel a constaté que les tubercules frais de V Umibilicus pendu-linus D. C. retiennent ce sucre, comme aliment de réserve, et il a pu en obtenir, à l’état cristallisé, près de 4 gr. pour 100. Paul B.
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- NOUVEAU SYSTÈME DE PROTECTION DES GRATTE-CIEL
- CONTRE L’INCENDIE
- En raison de l’élévation des gratte-ciel, les pompes les plus puissantes se montrent souvent incapables de combattre les incendies qui s’y déclarent. Aussi jusqu’à ces dernières années, quand un feu éclatait dans un édifice de plus de dix étages, situé dans une grande ville des Etats-Unis, les pompiers abandonnaient l’immeuble à son malheureux sort! Ils cherchaient simplement à préserver des flammes les maisons environnantes. Toutefois les constatations faites, au cours de très importants sinistres, incitèrent les techniciens de l’autre côté de l’Atlantique à étudier le problème de plus près.
- Parmi les solutions adoptées, le système Grinnel,
- qui paraît le plus en vogue aujourd’hui, a été installé dans plusieurs sky-scrapers américains. Il fonctionne, en particulier, dans le colossal « building » (fig. 1) qui abrite les nombreux services de Y Union Central Life Insurance de Cincinnati (Ohio). Ayant pour principal objectif d’éloigner les dangers d’incendie provenant des foyers extérieurs, les dispositifs qu’il comporte permettent de déclencher, d’une manière presque automatique ou fout au moins très rapide, une nappe d’eau considérable sur les fenêtres et les portes des façades exposées au danger.
- La station de pompage (fig. 2), installée en A dans les sous-sols du bâtiment (schéma fig. 2) com-
- frig. J — Le gratte-ciel qui abrite les services de PUnion Central Life Insurance à Cincinnati.
- Au cours de l’essai, l’eau des pompes monta jusqu'au belvédère de l’immeuble sis à i3o m. environ au-dessus du niveau de la rue.
- Fig. 2. — A droite : Schéma du sy stème.général de protection contre l’incendie installé dans le gratte-ciel de TUnion Central Life Insurance.
- A, station de pompage; B et C, connexions avec la canalisation urbaine; D, horloges-veilleuses nocturnes ; E, boites de signaux d’alarme ; K et T, réservoirs accumulateurs d’eau.
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- LA PROTECTION DES GRATTE-CIEL CONTRE L'INCENDIE
- prend deux pompes, l’une à vapeur, l’autre élec- ( trique. En pleine marche, la première fournit 5400 litres et la seconde 8160 litres d’eau à la minute. On a placé cette dernière à un niveau de 5 m. 66 plus élevé afin qu’en cas d’inondation de la chambre des chaudières, elle puisse continuer à fonctionner au moyen d’une énergie étrangère.
- A l’intérieur de l’immeuble, 3 colonnes verticales, reliées par des embranchements horizontaux, élèvent
- ( 9e étage; sur le côté sud, elles régnent entre le 17e et le 5e étage. Toutes ces tuyauteries en fer forgé assurent, en un clin d’œil, le ruissellement extérieur avec abondance (fig. 4). D’autre part, des connexions sur rues B et C peuvent s’aboucher soit avec les machines de la station de pompage du sous-sol, soit avec les canalisations municipales. Enfin les ouvertures du dispositif distributeur sont tournées, en bas vers chaque fenêtre et l’eau s’égoutte en
- Fig. 3. — La station de pompage installée dans les sous-sols de l’immeuble. Elle comprend 2 pompes, l’une électrique, l’autre à vapeur.
- l’eau envoyée par les pompes jusqu’aux réservoirs accumulateurs R, T et aux tuyaux distributeurs correspondant aux ouvertures des différents étages de l’édifice. Près des colonnes montantes de la façade principale, se tiennent pendant la nuit, sur chaque palier, les gardiens de ronde qui ont, sous la main, des horlogqs-veilleuses D et des boîtes téléphoniques E afin d’alerter, le plus rapidement possible, le personnel ou les pompiers.
- Des soupapes, ménagées sur les tuyaux distributeurs aux endroits voulus, rendent aisée la mise en service du nombre d’orifices nécessaires pour combattre le feu en n’importe quel endroit du sky-scraper où il se déclare. Sur la façade ouest, les colonnes d’arrosage descendent du 17e jusqu’au
- mouillant complètement la façade. Grâce à ces ingénieuses combinaisons, le jet de ruissellement monte sans peine jusqu’au belvédère du gratte-ciel, sis à 130 m. environ au-dessus du niveau de la rue. De leur côté, les pompiers de Cincinnati ont pu, avec 5 de leurs puissants engins automobiles (fig. 5) mis en batterie sur la chaussée, envoyer 13 600 litres d’eau à la minute dans le système alimentant le rideau d’arrosage de l’immeuble. Aussi on estime que l’installation Grinnel met désormais le siège de la « Central Life » à l’abri des plus violents incendies. Puisse l’avenir ne pas démentir l’optimisme de son constructeur !
- Jacques Boyer.
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- Fig. 5. — Mise en batterie des 3 pompes municipales de Cincinnati.
- Elles peuvent envoyer par minute i36oo litres d’eau dans la tuyauterie système Grinnel.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue de Fieurus, à Paris.
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- LA NATURE - N° 2655
- ’ Wl
- 21 FÉVRIER 1925
- La Tunisie possède dans ses territoires du Sud à climat désertique, de très belles oasis, situées dans d’immenses cuvettes largement arrosées.
- C’est dans ces oasis que poussent en abondance les palmiers-dattiers dont quelques variétés produisent les fruits les plus appréciés de l’Afrique du Nord.
- Les palmiers les plus réputés pour la qualité de leurs dattes sont ceux du Djerid, abréviation de « Bled el Djerid » (\ille des Palmiers) et du Nel'zaoua.
- Il existe d’autres palmeraies, notamment à'Gabès,. mais comme il manque à leurs arbres l’une des conditions indispensables à la maturité des fruits, une température suffisamment élevée, ceux-ci ne sont pas d’assez bonne qualité pour être recherchés pour l’exportation. C’est que, suivant un proverbe arabe bien connu, il faut que les dattiers aient : « les pieds dans l’eau et la tête dans le feu ».
- A Gabès, ils ont les pieds dans l’eau, mais la tête manque du feu dont elle ne peut se passer.
- Il en est de même pour tous les dattiers qui croissent au bord de la mer, par exemple à Zarzis et dans l’île de Djerba; la fraîcheur des vents met obstacle à la maturation des fruits.
- C’est surtout dans le Djerid que les dattiers trouvent les conditions nécessaires à la production des dattes exquises et sucrées universellement estimées.
- On désigne sous le nom de Djerid une sorte d’isthme entre le Chott-el-Djerid et le Chott Rharsa.
- Cet isthme comprend quatre oasis : Tozeur, El-Oudian, Nefta et El Hamma. *
- Ces oasis sont particulièrement riches en sources. Tozeur à lui seul en compte cent cinquante qui paraissent toutes provenir de la même nappe. Elles ont une température de 20 à 30° et se réunissent avant leur entrée dans l’oasis en un seul cours d’eau aussitôt divisé en grandes artères portant le nom de « seguias » correspondant chacune à fin quartier bien déterminé.
- Lorsque les seguias principales arrivent au point où elles doivent se partager en seguias secondaires, pour irriguer les jardins, la division se fait au moyen de troncs de palmiers' couchés en travers, qui ne laissent passer l’eau que suivant le calibre d’encoches taillées dans leur épaisseur (fig. 2). Ces encoches sont bouchées avec de la terre glaise.
- Lorsque l’heure de la distribution est arrivée, un gardien spécial donne le signala coups de trompe et enlève le bouchage en terre. Aussitôt l’eau se précipite, mesurée par l’encoche, dans les seguias. secondaires correspondantes.
- La quantité d’eau à laquelle chaque propriétaire a droit est réglée par un appareil très ingénieux, la « gadous », une sorte de sablier à l’eau.
- La dernière goutte de la gâdous épuisée, le gardien bouche à nouveau l’encoche et ouvre la suivante.
- Les jardins sont en moyenne, arrosés deux fois, par semaine, mais la fréquence et la quantité d’eau déli-8 — Mo
- , Fig. 2.:— L’irrigation.des dattiers par. une seguia. 53* Année. — 1" Semestre-
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- LES DATTES TUNISIENNES
- vrée sont variables suivant les droits acquis par les différents propriétaires.
- Le palmier se cultive en damier. Les jardins sont divisés en rectangles dont la terre relevée sur les bords, détermine, en vue de l’irrigation, autant de petits bassins, au centre ou sur les arêtes desquels, à des distances variant de 6 à 10 m., s élèvent les palmiers. Ce mode de plantation, le plus ancien, tombe cependant en désuétude et les indigènes ne paraissent plus s’assujettir à l’observation de figures géométriques très régulières.
- Les palmiers sont soignés par des « khammès », sorte de fermiers ayant droit au cinquième du produit. Leur métier est dur. Indépendamment des grandes opérations : la fécondation et la récolte dont nous parlerons tout à l’heure, ils doivent élaguer avec soin les branches gourmandes, revêtir le pied de chaque palmier d’un parement en terre'pour abriter les racines, réparer constamment les canaux et régler l'arrosage, toutes choses qui, pour être bien faites, demandent, d’un bout de l’année à l’autre, des soins pénibles et constants, d’autant plus que les palmiers sont très nombreux.
- En effet, d’après le recensement effectué en novembre 1921, ilexiste dans l’ensemble des palmeraies 2158 000
- palmiers-dattiers dont la moitié environ en pleine production. L’autre moitié comprend 700 000 pieds âgés de moins de 20 ans et 400 000 palmiers mâles non productifs. En admettant que les 700000 pieds âgés de moins de 20 ans produisent Une demi-récolte, on arrive encore à un total de 1 500000 palmiers producteurs.
- Le palmier se reproduit par plants. On trouve sur les racines femelles fécondées de jeunes pousses (gharsa) que l’on détache avec soin et que l’on plante dans une excavation de 0 m. 50, quand le terrain est sec, et moindre, quand le sol est humide, ce qu’il faut du reste éviter au début. On préserve le gharsa de la chaleur du jour et de la fraîcheur de la nuit au moyen d’une sorte de chapeau en tiges de palmier serrées et liées à leur extrémité supérieure, de telle sorte qu’elles présentent, au premier abord, l’aspect d’une ruche.
- Pendant quarante jours le palmier ne doit être
- Fig. 3. — La rècolle des dattes.
- arrosé que de deux « glel » (cruches) par jour. Mais alors, les branches vertes commencent à se montrer au travers des interstices de l’abri et l’arrosage se fait comme pour les adultes.
- Ainsi élevé, un palmier produit à 5 ans. Les fruits sont encore de médiocre qualité, mais ils s’améliorent graduellement et à 8 ans, il est en plein rapport. D’ailleurs, pour que ses fruits deviennent vraiment succulents, les fleurs femelles doivent être fécondées par les Heurs mâles.
- La fécondation a lieu artificiellement au printemps. On admet qu’un pied mâle suffit pour cinq cents pieds femelles.
- Cette opération se fait de la manière suivante.
- Au moment où les fleurs des régimes des deux sexes qui se présentent dans une gaine brune vont se développer, on cueille le régime de l’arbre mâle appelé « doggar », encore tout serré et on le porte au marché où il fait l’objet d’un petit commerce.
- Le khammès grimpe dans l’arbre femelle, sépare les brindilles de ce régime du pédoncule et introduit les brindilles de fleurs de doggar, chargées de pollen entre les brindilles du régime frugifère. Il entoure enfin ce régime d’une espèce de tissu naturel tiré de l’arbre même et il réunit le tout avec une foliole provenant également de l’arbre.
- Cette foliole maintient la ligature pendant le temps nécessaire pour l’accomplissement de l’acte fécondant, favorisé par les oscillations produites par le vent. Puis, la foliole se dessèche, le nœud se défait et le régime fécondé se développe librement.
- La fécondation se pratique généralement du 15 mars au 15 avril et la récolte s’effectue du commencement de novembre à fin janvier.
- La récolte des dattes présente des tableaux vraiment pittoresques. Tout au haut de l’arbre géant — il atteint jusqu’à 20 et 25 mètres — un homme armé d’une serpe coupe le régime avec beaucoup de précaution, afin d’éviter la chute des dattes. Il saisit par le pédoncule le régime détaché et, doucement, le passe à un homme placé sous la couronné de l’arbre. Celui-ci le passe à un autre installé plus bas, qui le passe à un troisième, et ainsi de suite le long du tronc, jusqu’à ce que, de main en main,
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- LES ACTIONS CHIMIQUES DE LA LUMIÈRE == 115
- comme dans une chaîne d’incendie, le régime arrive jusqu’au sol (fig. 5).
- Cette manœuvre est pénible et délicate, car le régime pèse parfois plus de 10 kilos, et il faut le passer d’une main, tandis que de l'autre on se retient au tronc.
- Au pied de l’arbre sont accumulés des régimes coupés, des couffins, des sacs et des paniers, dont les ânes et les chameaux attendent (fig. 4), le bât sur le dos, le chargement. Plusieurs indigènes sont occupés à un premier triage.
- Les dattes en parfait état sont destinées à l’exportation.
- Il existe environ 150 variétés de dattes qui peuvent être classées en deux groupes principaux : dattes sèches et dattes molles.-
- Les premières, caractérisées par une peau dure et sillonnée de rides, ne conviennent pas à la clientèle euro-péenne; elles sont consommées sur place ou expédiées dans le Nord de la Régence et en Algérie pour la nourriture des indigènes.
- Les variétés à chair molle, étant pour la plupart trop riches en miel et ne se desséchant qu’impar-faitement, elles ne supportent pas le transport et le commerce* d’exportation ne peut, dès lors, s’y intéresser.
- Elles sont consommées sur place par les gens riches qui, pour les conserver fraîches pendant des mois entiers, les mettent dans des ou très* parfaitement closes (btana).
- Ils les mangent avec du lait; c’est là un mets très recherché.
- Quant aux dattes tombées' de l’arbre, elles sont utilisées pour la nourriture des animaux, spécialement des chèvres et des vaches dont le lait contracte alors un parfum, très agréable.
- En somme, parmi les variétés à chair molle, une seule possède les qualités requises pour l’exportation, c’est celle que les Arabes appellent le « doigt delà lumière » (Deglat-en-Nour). La « Deglat-en-Nour est une datte magnifique, particulièrement fine, de couleur dorée, transparente, à la chair succulente; elle est, en outre, d’excellente conservation.
- Ainsi qu’il ressort de notre exposé, la culture des dattes a une importance marquée dans nos régions de l’Extrême-Sud.
- Notre « dégla » en particulier jouit d’une réputation exceptionnelle dans les pays de consommation : la France, l’Algérie, l’Italie, la Grèce, l’Égypte et Malte, où on les expédie par bateaux, de Tunis ou des ports de la Côte orientale, comme le prouvent éloquemment les quelques chiffres ci-dessous indiquant les exportations des trois dernières campagnes :
- Dattes fines :
- 12.850 quintaux valant 3.592.352 fr. 14.784 — — 3.696.035 —
- 19.412 — — 4.853.090 —
- Dattes communes :
- 1920. . 15.843 quintaux valant 1.265.013 fr
- 1921. . 10.877 — — 1.087.665—
- 1922. . 26.851 — — 2.685.154 —
- De plus en plus, du reste, grâee à la propagande
- active faite dans ce sens par l’administration des territoires du Sud auprès des producteurs et des négociants en dattes à Tozeur, Deggache-el-Oudiane et Nefat, ceux-ci s’attachent à n’expédier que des fruits mûrs, sains et de bonne conservation, qualités qui valent à ces fruits une réputation largement méritée et qui assurent à la contrée une réelle prospérité. L. Kuentz.
- s
- Fig. 4. — L'expédition des dattes. *
- 1920.
- 1921.
- 1922.
- 1 •'Ct.i:
- LES ACTIONS CHIMIQUES DE LA LUMIÈRÈ
- 1. Les actions chimiques de la lumière solaire, qui se manifestent dans le blanchiment, dans la production de la couleur verte des végétaux, dans l’altération de certaines couleurs, etc., sont connues depuis longtemps; mais ce sont les recherches modernes qui ont établi la
- sensibilité pour la lumière de très nombreuses réactions chimiques.
- La lumière peut agir sur les réactions s’effectuant entre gaz, entre liquides ou entre solides : l’eau de chlore donne de l’oxygène qui se dégage et de l’acide chlorhydrique
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- LES ACTIONS CHIMIQUES DE LA LUMIÈRE
- qui reste dissous, le phosphore blanc se transforme en phosphore rouge, le cinabre (sulfure de mercure) noircit, l’hydrogène et *le chlore, sans action l’un sur l’autre dans l’obscurité, se combinent, lentement en lumière diffuse, avec explosion à la lumière solaire. Les radiations peuvent favoriser soit la formation d’un composé, comme dans le cas d’un mélange d’hydrogène et de chlore, soit la destruction d’une combinaison, comme dans le cas de l’hydrogène phosphoré qui se décompose en hydrogène et en phosphore.
- La lumière peut intervenir de deux manières différentes. Parfois elle ne fait qu’accélérer une réaction qui se produirait dans l’obscurité avec une vitesse moindre; elle joue en quelque sorte le rôle d’un lubrifiant qui supprimerait les frottements chimiques. Son action est dite catalytique. Elle'peut aussi intervenir par l’énergie qu’elle apporte et rendre possible une réaction qui, d’après les prévisions de la thermodynamique, ne devrait pas se produire. Ces deux effets peuvent coexister.
- La comparaison suivante, empruntée à Bouasse, fait bien comprendre le double rôle que peut jouer la lumière dans les réactions chimiques : « Un âne tire une voiture, il reçoit des coups de fouet de son conducteur: la lumière joue-t-elle le rôle de l’âne ou le rôle du conducteur?
- « Remarquez que si l’âne manque de bonne volonté, s’il n’avance qu’à coups de fouet, il existe une quasi proportionnalité entre le chemin parcouru et le nombre des coups de fouet. Tout de même, si les coups sont, en un sens, la cause du chemin parcouru, personne ne cherchera une équivalence entre le travail dépensé par le conducteur pour mouvoir son fouet et le travail fourni par l’àne. Si même l’âne est soucieux de ses devoirs, un coup de fouet suffira pour qu’il abandonne le pré dont il tond l’herbe, et qu’il marche noblement jusqu’à extinction de chaleur naturelle; le travail du bras du conducteur devient insignifiant.
- « Un cas cependant permettrait d’assigner au conducteur le rôle prépondérant, celui où l’âne serait paralytique et où par surcroît la voiture devrait remonter une côte : si effectivement elle remonte la côte, c’est le conducteur qui a tout fait.
- « Le problème du rôle de la lumière dans les réactions dont elle est l’occasion ou la cause, problème posé voici plus de quatre-vingts ans, se divise donc naturellement en deux, suivant que rien n’empêche les réactions de se produire spontanément, ou qu’elles ne peuvent se produire qu’en raison d’une aide extérieure ».
- Dans les réactions susceptibles de se produire spontanément, la lumière joue souvent un rôle indispensable de déclenchement. Mettons de l’hydrogène et du chlore dans un ballon ; la thermodynamique prévoit qu’il doit se former de l’acide chlorhydrique ; or, dans l’obscurité il ne se produit rien. Plaçons le ballon au soleil, la réaction a lieu avec explosion, elle s’effectue même à la lumière diffuse lorsque le mélange est formé de volumes égaux des deux gaz. Il n’y a absolument aucune relation entre l’énergie lumineuse nécessaire au déclenchement et l’énergie libérée par la réaction, comme dans la comparaison de Bouasse, il n’y a aucun rapport de quantité entre le coup de fouet et le travail accompli par l’âne. « La lumière, indiquait dès 1865 Marcelin Berthelot, joue un rôle analogue à celui d’une allumette qui servirait à incendier un bûcher. »
- Un grand nombre de réactions, une fois amorcées par la lumière, continuent toutes seules. Un papier enduit d’une solution aqueuse de chlorure d’or ne change pas de couleur dans l’obscurité. Si on l’expose un instant au
- soleil et qu’on le reporte dans l’obscurité alors que la partie insolée ne présente qu’une coloration à peine perceptible, la réduction du sel continue et le papier noircit. Dans l’action du chlore sur le chlorure d’éthyle, si bien étudiée par Régnault, la réaction une fois amorcée par les rayons solaires continue à l’ombre et ne s’arrête pas, même après la fin du jour.
- Quel est le mécanisme du déclenchement provoqué par lalumièré? Nos connaissances sur ce point sonL encore fort peu précises. Dans certains cas probablement, la lumière produit, en très petites quantités, un corps de la nature d’un catalyseur qui atténue les frottements chimiques; dans d’autres cas, réchauffement local, dù à la combinaison de très faiblçs quantités de réactifs facilite la réaction. Mais aucune relation n’existe entre l’énergie lumineuse que reçoit le système et l’importance des effets produits.
- Aussi, bien des actinomètres qui ont été proposés pour mesurer l’intensité d’un faisceau lumineux par les actions chimiques qu’ils déterminent, ne semblent pas avoir une base théorique solide. Tout ce qu’on peut espérer c’est que, dans des conditions exactement identiques, la réaction se produise jusqu’au même degré, sous l’influence d’un mêrne faisceau de lumière agissant pendant le même temps.-Mais il n’existe aucune proportionnalité entre l’énergie lumineuse reçue et la quantité des réactifs combinés. L’emploi des plaques photographiques pour la comparaison des faisceaux lumineux impose une technique délicate. Les impressions photographiques des faisceaux à comparer doivent être produites sur la même plaque, autant que possible il faut s’arranger pour que la source lumineuse étudiée et la source de comparaison, agissant pendant le même temps, déterminent le même noircissement (Q.
- La lumière peut rendre possible, grâce à l’énergie qu’elle apporte, des réactions qui, sans elle, ne s’accompliraient pas spontanément, jouant le rôle de l’àne qui remonte la côte en tirant le fardeau. Ces réactions sont beaucoup plus rares que celles où la lumière ne joue qu’un rôle de déclenchement. Dans le domaine de la lumière visible, Marcelin Berthelot n’est parvenu à en signaler qu’un petit nombre d’exemples. Le domaine de l’ultra-violet est beaucoup plus riche en possibilités de cet ordre. Daniel Berthelot a montré qu’un grand nombre de réactions, dites endothermiques, c’est-à-dire ne pouvant s’accomplir que par absorption de chaleur, s’effectuejit sous l’action de rayons ultra-violets de fréquence convenable. Il a fait une étude complète de la décomposition en oxyde de carbone et alcool qu’éprouvent, dans ces conditions, les cétoses. Dans le cas du lévulose, en particulier, il a pu établir, avec la collaboration dé Gaudechon, que la quantité d’oxyde de carbone dégagée et, par suite, le poids de lévulose décomposé, sont proportionnels à la quantité de lumière absorbée et permettent de la mesurer. Ce travail établit de façon définitive que la lumière peut fournir l’énergie nécessaire à la réalisation de phénomènes chimiques qui, d’après les prévisions de la thermodynamique, ne devraient pas s’accomplir.
- 2. Généralement, l’intervention de la lumière devient de plus en plus énergique au fur et à mesure qu’on
- 1. L’action photographique ne dépend pas seulement du produit de l’intensité du faisceau lumineux par le temps de pose; étant donné un faisceau lumineux agissant pendant un certain temps, on n’aura pas le même noircissement en réduisant au dixième l’intensité du faisceau et multipliant par dix le temps de pose, ou inversement.
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- LES ACTIONS CHIMIQUES DE LA LUMIERE ===== 117
- s’approche du violet; sou activité augmente encore dans l’ultra-violet.
- D’après Daniel Berthelot, le rôle delà fréquence vibratoire dans la lumière serait comparable à celui de la température dans la chaleur. De même qu’il n’est pas indifférent de posséder une calorie à 1000° ou une calorie à 0°, qu’on peut tirer de la première un travail mécanique bien plus grand que de la seconde, qu’on peut avec la première réaliser des réactions chimiques sur lesquelles la seconde est inefficace, de même l’activité de la lumière est d’autant plus grande que la fréquence vibratoire est plus élevée. La chimie des hautes fréquences est assez comparable à celle des hautes températures ; la lampe en quartz à vapeur de mercure peut remplacer, dans bien des cas, le four électrique.
- Ainsi, à la température ordinaire, l’eau est un corps liquide, inerte et stable; chauffée à haute température, elle se scinde en ses constituants et fournit un mélange d’hydrogène et d’oxygène qui constitue le plus puissant explosif connu sous un poids donné; l’action des rayons ultra-violets réalise, à basse température, la même transformation. A la température ordinaire, l’anhydride carbonique est un gaz inerte, sans énergie chimique; sous l’influence d’une température élevée ou par l’intervention de rayons ultra-violets, il donne un mélange détonant d’oxyde de carbone et d’oxygène. De même, hautes températures et rayons ultra-violets transforment l’oxygène en une forme polymérisée d’une grande activité chimique, l’ozone.
- Daniel Berthelot et Gaudechon ont utilisé la haute qualité énergétique des rayons ultra-violets pour reproduire le mécanisme le plus important de restauration d’énergie chimique qui fonctionne dans le monde : l’assimilation chlorophyllienne. Si on expose aux rayons ultra-violets un mélange d’eau et d’anhydride carbonique, le premier effet est une décomposition : l’anhydride carbonique se dédouble en oxyde de carbone et oxygène, l’eau, en hydrogène et oxygène. L’oxyde de carbone est un composé incomplet ; il tend à se saturer et se combine, sous l’influence de la lumière ultra-violet te, à l’hydrogène qui se trouve, comme lui, à l’état naissant; de cette réunion résulte le plus simple des hydrates de carbone, l’aldhéyde formique qui se condense et se polymérise ensuite pour donner les sucres végétaux. On voit avec . quelle simplicité le sucre, type des aliments énergétiques, peut être obtenu aux dépens de l’anhydride carbonique et de la vapeur d’eau de l’air.
- Parmi les autres réactions que Daniel Berthelot a réussi à effectuer avec les rayons ultra-violets, mentionnons la synthèse des composés quaternaires à partir de l’anhydride carbonique COa et de l’ammoniaque Nil3. Sous l’influence des rayons ultra-violets, le mélange de ces deux gaz donne naissance au plus simple des composés quaternaires, l’amide formique, qui représente le point de départ des substances albuminoïdes ou protéiques, bases de la matière vivante.
- fg; Les rayons ultra-violets ne produisent pas seulement |des synthèses ; ils décomposent la plupart des corps organiques, etla photolyse, oudécompositionparlalumière, paraît même être un phénomène plus général que l’élec-trolyse ou décomposition par le courant électrique.
- Les dégagements gazeux de la photolyse rappellent, à certains égards, ceux des fermentations. Ce n’est là qu’une des multiples analogies des rayons ultra-violets et des ferments. Daniel Berthelot, enfermant diverses catégories d’aliments (sucres, corps gras, protéines) dans un ballon de quartz et faisant agir sur eux les rayons ultra-
- violets, a réalisé leur digestion artificielle dans des conditions d’asepsie rigoureuse et en l’absence de tout ferment.
- C’est sans doute à cette action décomposante des rayons ultra-violets sur les substances albuminoïdes que doivent être rattachées leurs propriétés bactéricides. Microbes et ferments sont rapidement détruits par les rayons ultraviolets dont l’emploi a été préconisé pour la stérilisation de l’eau (*).
- L’étude générale des actions chimiques des radiations conduisit Daniel Berthelot à admettre la possibilité d’actions réversibles entre la lumière et les phénomènes chimiques : (( Dire, qu’il y a réversibilité, écrit-il, c’est dire que la lumière d’une fréquence donnée envoyée, sur le système chimique y prôduit une réaction déterminée et qu’inversement la réaction s’accompagne d’une émission de lumière de fréquence définie.
- (( Ce dernier point parait d’abord insolite. On n’est pas habitué à associer à l’idée de réaction chimique l’idée d’émission de lumière. Dans la pratique cette émission passe presque toujours inaperçue, soit qu’elle soit trop faible pour être saisie (étant donné que les chimistes n’ont pas l’habitude d’opérer dans l’obscurité), soit qu’elle se produise en dehors du spectre visible. Cependant, il faut bien admettre la généralité du phénomène si l’on veut appliquer les principes de la thermodynamique. .
- « C’est pourquoi, il y a une douzaine d’années, j’ai exprime l’idée que cette émission de lumière présentait un caractère beaucoup plus général qu’on ne l’admettait à ce moment.
- « J’ai d’ailleurs, pour de très nombreuses expériences exécutées avec les rayons ultra-violets, montré que les réactions photochimiques offraient une variété insoupçonnée avant ces études, qui ont beaucoup élargi ce chapitre de la science. »
- 3. Peut-être l’action de la lumière sur l’ensemble des phénomènes chimiques est-elle plus importante et plus générale qu’on ne l’a cru jusqu’ici.
- C’est un jeu un peu puéril que de chercher à deviner ce qu’eût été l’Histoire si tel événement ne s’était pas produit, si tel homme n’était pas né. Il apparaît au moins comme aussi difficile de concevoir ce qu’eût été le monde, privé d’un agent physique aussi essentiel que la lumière, ce mot étant pris dans son sens le plus général et désignant l’ensemble des radiations de toute nature, visibles ou non, dont nous sommes entourés. Beaucoup d’entre elles, à coup sûr, agissent suivant des modes qui nous sont encore inconnus et il faudrait bien de l’imagination pour deviner ce que nous deviendrions sans elles. Un romancier qui n’en est pas dépourvu, J.-II. Rosny aîné, a écrit un roman fort peu banal « La force mystérieuse)) en prenant pour thème la perturbation qu’apporterait aux conditions de la vie, une sorte de maladie de la lumière se traduisant par l’affaiblissement ou l’anéantissement de la partie violette et bleue du spectre et un renforcement du rouge. Dans-cette histoire fantaisiste mais attachante d’un grand drame de l’humanité,, la lumière apparaît comme une force nécessaire, dont la disparition ou l’affaiblissement entraîneraient pour nous les pires calamités.
- Il est curieux de signaler qu’il y aurait bien peu de retouches à apporter au roman pour mettre les faits imaginés par l’auteur en harmonie avec une théorie générale des phénomènes, pressentie par Trautz; Duclaux,
- 1. Signalons, en passant, les-dangers que présente le maniement continu de ces rayons : ils occasionnent des « coups de soleil » et des conjonctivites très douloureuses.
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- 118 ======== LES ACTIONS CHIMIQUES DE LA LUMIÈRE
- développée presque simultanément et d’une manière indépendante par J. Perrin et par Lewis, qui rattache toute réaction chimique à l’action de la lumière.
- L’idée générale de cette théorie a surgi spontanément en de nombreux esprits. Comme l’a dit, précisémeift à cette occasion, Arrhénius, si ce n’est pas la preuve qu'une idée est exacte, c’est une présomption pour qu’elle soit raisonnable et pour que sa discussion soit féconde.
- On admet que les molécules de l’infinie variété des corps sont formées par le groupement, suivant des modes très divers, d’un petit nombre d’atomes. L’apparition ou la disparition d’une substance par réaction chimique consiste dans l’apparition ou la disparition brusques de certaines molécules, par dislocations, regroupements ou réarrangements, mais sans rupture d’atomes. L’étude des réactions chimiques devient alors l’étude des conditions dans lesquelles se brisent ou se nouent les liens qui unissent les atomes.
- Il vient tout d’abord à l’esprit que les séparations ou associations d’atomes doivent se produire lorsque les molécules, dans leur agitation incessante, se heurtent avec une violence suffisante. En fait, cette hypothèse très simple, trop simple — il s’en faut que les voies de la nature soient aussi simples qu’on le croyait autrefois — n’a rien donné. J. Perrin et Lewis ont été amenés à supposer que ces dislocations et ees regroupements d’atomes se produisent sous l’influence du rayonnement, c’est-à-dire, au sens le plus général du mot, de la lumière qui jaillit sans cesse des parois de toute enceinte.
- Pour J. Perrin et Lewis, c’est la lumière, invisible ou visible, produite par les parois, qui apporte l’énergie nécessaire à la production des réactions, chimiques. Toute décomposition de molécules s’accomplirait grâce à l’absorption d’une certaine lumière; toute combinaison entraînerait l’émission de lumière; autrement dit, il n’y aurait pas de réaction chimique sans émission ou absorption de lumière. C’est, comme on le voit, une conception beaucoup plus générale que celle de Daniel Berthelot pour qui l’émission et l’absorption de lumière ne se produisent que dans un nombre limité de réactions, dites réversibles.
- Considérons, par exemple, la réaction qui semble la plus simple : A ^ A' consistant en un regroupement des atomes dans une molécule ; c’est ce que les chimistes appellent une transformation isomérique (*)•
- La molécule atteint ainsi un état « critique » instable d’où elle retombe d’elle-même dans l’état A' en perdant de l’énergie. S’il n’y a pas production de travail mécanique, cette énergie doit être perdue sous forme de lumière rayonnée. La transformation exactement inverse est probablement possible, l’absorption de cette même lumière ramenant la matière dans l’état critique, d’où elle pourra tomber dans l’état initial A, en rayonnant de l’énergie. Ainsi toute réaction chimique se fait toujours en deux phases, l’une avec absorption et l’autre avec émission d’énergie ; c’est-à-dire, tout au moins, en l’absence de travail mécanique, avec absorption puis émission de lumière.
- On peut, de façon générale, symboliser la réactiojn par laquelle le corps passe, en traversant l’état critique C d’un état stable A à un autre état stable A', en écrivant :
- 1 Exemple : Il existe deux gaz nettement distincts répondant à la formule C4H10 : l’un est liquéfiable à la température -{-0,6 (butane), l’autre à—10°,5 (isobutane), ces deux corps sont dits isomères et le passage de l’un à l’autre sera réalisé par une transformation isomérique.
- L + A G —-v A' + U,
- L désignant un gain d’énergie dû à l’absorption d’une certaine radiation de fréquence /’, fixée en même temps que les états A et C, et L' une perte d’énergie due à l’émission d’une lumière dont la fréquence f' est fixée par les états C et AG
- En accord avec la théorie des quanta, les déductions théoriques de J. Perrin l’ont conduit à admettre que, pour passer d’un état stable à un autre, toute molécule élémentaire doit absorber un quantum hf d’énergie rayonnante d’une fréquence déterminée.
- 4. .1. Perrin s’est demandé s’il n’était pas possible d’étendre la théorie aux transformations radio-actives. Ges transformations impliquent, comme on le sait, l’apparition et la disparition simultanées de certains atomes. Dans la désintégration spontanée du radium, chaque atome fait explosion, après une vie moyenne qu’aucun des nombreux essais tentés jusqu’ici n’a permis de modifier, en projetant, en sens inverse, un atome d’hélium et un atome d’émanation.
- On peut rendre compte des faits en supposant que le radium est déjà un état critique dont la transformation est spontanée; c’est la théorie généralement adoptée de la radio-activité. Mais, il ne serait pas impossible, pense J. Perrin, qu’il s’agisse d’une transformation provoquée par l’absorption d’une certaine radiation, amenant le noyau du radium en un état critique fugitif susceptible d’exploser spontanément. La réaction s’écrirait, dans ce cas :
- L -f- Ra —>- Em -f Ile + W ;
- XV représentant l’énergie cinétique des rayons a (projectiles d’hélium) et des rayons a (projectiles d’émanation) produits par l’explosion atomique.
- L’invariance des propriétés radio-actives oblige à admettre que ce rayonnement excitateur, s’il existe, est le même en tous les points du globe : il doit donc être extrêmement pénétrant et ne peut jaillir que des régions profondes de la Terre et des divers astres. J. Perrin, pour rappeler que ce pouvoir pénétrant doit être extraordinairement élevé, bien supérieur à celui des rayons X les plus durs que nous connaissions, lui donne le nom de rayonnement ultra-X.
- Les divers essais tentés pour soumettre la théorie de J. Perrin au contrôle expérimental ont été jusqu’ici infructueux. Piccard a constaté que l'uranium X garde la même vie moyenne au sommet et à la basé d’une mom tagne. J. Perrin et Holweck ont établi, par des méthodes tout à fait différentes, que le radium A et le radium B ne paraissent pas sensibles à un rayonnement issu du sol.
- « Après ces tentatives, on pensera sans doute plus volontiers que la radio-activité est « spontanée ». La vérification restera pourtant utile pour chaque élément radio-actif, et particulièrement pour ceux dont la vie moyenne est très longue, comme l’uranium ou le thorium (en sorte qu’on ne soit pas étonné du débit qui serait nécessaire pour' le rayonnement issu du sol). » (J. Perrin.)
- 5. *La théorie radio-chimique est loin d’être universellement admise. « C’est là, à mon sens, écrit Daniel Berthelot, une exagération ; les formules classiques des équilibres où interviennent la température, la pression,, les chaleurs .de réaction ne sont pas encore près d’être détrônées et il ne semble pas que l’on puisse faire rentrer toute la chimie dans le cadre de la photo-chimie. » Il
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- LE CONTROLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- existe un assez grand nombre de faits dont elle semble impuissante à rendre compte. Des retouches seront nécessaires. Mais elle suscite, à l’heure actuelle, de nombreuses recherches dans les directions les plus variées, ce qui témoigne de sa fécondité. Elle est extrêmement séduisante par la belle unité qu’elle fait apparaître
- 119
- dans l’infinie variété des phénomènes physiques ou chimiques, tous tributaires d’une même cause, la lumière, qui apparaît comme la grande force de. la nature, créatrice et destructrice des mondes.
- A. Boutaric,
- professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- LE CONTRÔLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- I. — La mesure et l'enregistrement de la vitesse.
- La régularité de la marche des trains et la vigilance des mécaniciens constituent d’importants éléments de sécurité. La marche est régulière, lorsque le train franchit les divers points du parcours aux moments prévus par l’horaire; le mécanicien peut se baser, pour savoir s’il y a lieu de modifier l’allure, sur le retard ou l’avance au passage de certains points qui lui servent de repères. Cette façon de procéder présente un gros inconvénient : des vitesses , dangereuses, eu égard au tracé de la voie, peuvent être atteintes sans que le mécanicien s’en rende compte.
- Rien n’est plus difficile en effet, même pour les personnes les plus expérimentées, que d’apprécier à sa juste valeur la vitesse d’un train : selon les sujets, suivant que le convoi traverse une plaine aux vastes horizons ou qu’il passé au voisinage d’arbres ou d’habitations, ou dans une tranchée, cette appréciation peut très facilement être entachée d’une erreur de 15 à 20 pour 100.
- C’est afin d’obvier à ces difficultés que l’on a rendu l’emploi des indicateurs de vitesse obligatoire — en France tout au moins. L’instrument qui paraît résoudre le mieux le problème est le chrono tachymètre Flaman ; actuellement, cet appareil est adopté par la Ceinture, l’Est, l’Etat, le Nord, le P.-L.-M. et de nombreux chemins de fer étrangers non seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis.
- Le chronotachy-mètre Flaman (fig. 1 ) est un indicateur en-registreurfie vitesse, basé sur un principe purement mécanique ; il est muni d'un mouvement d’horlogerie étudié tout spécialement pour fonctionner
- A, arbre à vis sans fin mû par le avec régularité, en
- .mouvementd’horlogerie;B,came ,, . ,
- en spirale d’Archimède ; C, style ; . dépit des chocs et
- O, levier mobile autour de E obli- trénixl otinn^ï înp-
- gèant.le style à tourner sur lui- °fs irep«*awo“S me même pendant le mouvement vitàbles Sur une lo-ascensionnel,afin d’assurer 1 usure uniforme.de Ja pointe. comotive.
- Remonté à la main avant le départ, le mouvement d’horlogerie peut fonctionner durant deux heures; mais un dispositif à cliquets assure automatiquement le remontage pendant la marche du train.
- Ce mouvement d’horlogerie assure la rotation d’un'e came spiraliforme à axe horizontal, qui fait un tour en 10 minutes, et d’un arbre vertical, muni de quatre cames, qui fait un tour en 4,8 secondes; ce dernier permet la mesure, l’indication et l’enregistrement de la vitesse, au moyen d’un mécanisme mû par l’une des roues delà loco-inotive.
- Ce mécanisme assure en outre le déroulement, à raison de 5 mm par km, d’une bande de papier métallisé sur laquelle des styles en laiton tracent
- Fig. 3. — Chronogramme en, dents de scie tracé par le style des temps de l’appareil' Flaman.
- On y lit en A, B, C, D, E, F, G, II, I, R des arrêts[suc-< cessifs de 2, 3, t, i, r, 2, x, 5, 3 et 5 minutes.
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- LE CONTROLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- Fig. 4..— Le mécanisme de la mesure des vitesses de P appareil Flaman.
- marche, le papier se déplace et le style trace un chronogramme présentant l’aspect d’une denture de scie (fig. 3), la partie curviligne formant avec l’horizontale un angle d’autant plus petit que la vitesse est plus grande. Le chronogramme, dans lequel les ordonnées indiquent les temps, et les abscisses les espaces, permet de déterminer avec précision la durée du trajet d’un point à un autre.
- Le mécanisme de mesure des vitesses (fig. 4) comporte essentiellement deux roues à rochet M et E dont le mouvement, provoqué par la rotation d’une came à quatre bossettes B, est réglé par un arbre à cames H, engrené avec le mouvement d’horlogerie par l’intermédiaire d’un échappement à ancre A battant le cinquième de seconde. Cet arbre fait un tour en 24 battements, soit en 4,8 secondes. Les roues à rochet M et E sont folles sur un arbre I. Lorsque la locomotive est au repos, la goupille dont est munie chacune de ces roues est tou-
- Secondes
- 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 ZI 2Z 23 24 1
- 12 3 4
- Battements
- Action du levier t
- Action du levier U
- Enb r
- Position du cliquet moteur C
- Maintenue
- Miirtenue p.ir S
- Etat de laroue de mesure M
- Pos°"du cliquet de maintien V.
- Main tenue
- Etat de la roue E
- Fig. 5. — Tableau schématisant le fonctionnement du mécanisme de la mesure des vitesses.
- respectivement les diagrammes des temps et des vitesses. Un canevas convenable (fig. 7), imprimé sur la bande de papier, rend très facile la lecture des indications tracées par les styles. Cette bande a une longueur de 35 m, elle permet donc d’enregistrer un parcours de 7000 km.
- La came spirali forme est taillée selon la formule d’Archimède : les rayons vecteurs étant proportionnels aux déplacements angulaires, le style des temps s’élève d’un mouvement uniforme pendant un tour de là came et retombe ensuite au niveau du départ (fig. 2).
- L’axe de cette came est muni, à son extrémité, d’uné aiguille se mouvant sur un cadran .
- Si, la locomotive étant immobile, le mouvement d’horlogerie est mis en action le stylet trace des traits verticaux* superposés, dans ce cas, le papier reste fixe; mais dès que la machine se met en
- Fig. 6. — Schéma du mécanisme indicateur et enregistreur de vitesse.
- M, roue de mesure ; E, roue enregistreuse ; P, engrenage à pignons d’angle; J, arbre de l’aiguille indicatrice A; K, roue dentée commandant le style S au moyen de la crémaillère C ; C' crémaillère fixe.
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- LE CONTROLE DE LA MARCHE DES TRAINS ====== 121
- Æ0&
- sens de lamarelie
- Fie,r. 7. — Diagramme tracé par un train express Paris-Le Havre.
- jours en contact avec la butée correspondante.
- La came à quatre bossettes est calée sur un arbre qui, par l’intermédiaire d’une manivelle à coulisse en prise avec un toc fixé à une roue, et d’engrenages appropriés, tourne à une vitesse proportionnelle à celle atteinte au même instant par la locomotive. Cette came pousse quatre fois par tour, un levier L sur lequel est articulé un cliquet C qui, à chaque impulsion, fait tourner d’une dent la roue de mesure M. Un cliquet s assure la fixité de la roue de mesure entre les impulsions successives, pendant une période de 5,6 secondes; au bout de ce temps, une came. S, calée sur l’arbre, agit sur la queue du cliquet et dégage la roue de mesure, cependant que le cliquet C est écarté de ladite roue par le levier t que commande la came T : le ressort dé rappel r ramène la roue de mesure à sa position initiale. Un levier u, commandé par la came U, maintient le cliquet C à l’écart des dents de la roue de mesure
- jusqu’à la fin de la période de 1,2 seconde. Grâce à l’emploi de deux cames différentes (T et U) pour la commande du cliquet G, la période de mesure (5,6 secondes, soit 1/1000 d’heure) est limitée avec toute la précision désirable.
- Le déplacement angulaire de la roue de mesure, pendant la période considérée, est fonction de la
- rotation de la came à quatre bossettes et, par suite, de la vitesse moyenne réalisée par la machine durant cette période. On remarquera que le sens de la rotation de la came B est absolument indifférent; l’enroulement du papier étant lui-même commandé par un mécanisme comportant un excentrique, un cliquet et une roue à rochet, l’appareil Flaman mesure les vitesses aussi bien en marche arrière qu’en marche avant.
- L’enregistrement du déplacement angulaire de la roue de mesure est obtenu au moyen d’une roue à rochet E, munie d’un ressort de rappel r' et d’une
- 1.1Q Km. p. h.
- — ----SB7---À 110'
- 110 k-
- sons Oe ha marche
- Fig. S. — Diagramme tracé par un train omnibus.
- 130'Km. ph.
- 90
- la mmtrM
- Fig. ç — Diagramme tracé par un train omnibus de banlieue (Saint-Lazare- Versailles R. D.)
- 1. Départ de Paris-Saint-Lazare; 2, Arrivée à Versailles R. D; 3. Manœuvres en gare ; 4. Départ de Versailles.
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- 122 ===== LE CONTRÔLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- Lpar nnn.
- 130 Km. pii.0n!m4 par Km,
- sens de là marche
- Fig. io. — Diagramme montrant que la locomotive a patiné en certains points du parcours (r, 2, 3, 4.)
- goupille e; cette dernière entre en contact avec la goupille m 'de la roue de mesure, soit lorsque la vitesse mesurée pendant la période en cours atteint une valeur plus grande que celle obtenue pendant la période précédente, soit dès que la mesure est terminée : à ce moment la came V, appuyant sur la queue du cliquet v, laisse la roue E libre d’obéir à 1 l’action du ressort r'.
- La roue enregistreuse ne reste libre que pendant 0,2 seconde à peine; elle conserve la position que lui a assignée la roue de mesure pendant 4,6 secondes, à moins que la vitesse augmentant, la roue de mesure arrive à dépasser l’angle atteint durant la précédente période : dans ce cas, les goupilles m et e viennent en contact et la roue enregistreuse se trouve contrainte à obéir aux impulsions transmises par la roue de mesure.
- En doigt D, calé sur l’arbre I et appuyé sur une goupille fixée à la roue enregistreuse par un ressort, oblige l’arbre à suivre tous les mouvements de la roue enregistreuse.
- Un engrenage à pignons d’angle P (fig. 6) transmet ces mouvements; en les amplifiant à un arbre horizontal J, muni d’une aiguille À pouvant se déplacer sur un cadran semi-circulaire.
- Une roue dentée K, montée sur l’arbre J, engrène une crémaillère munie d’un style en laiton qui trace sur la bande de papier le diagramme des vitesses moyennes, mesurées par périodes de 3,6 secondes. Ce diagramme permet de contrôler la marche des trains ; les vitesses excessives ou insuffisantes, les ralentissements, les arrêts et les stationnements sont enregistrés et les tracés étant parfaitement nets et précis, il est facile de se rendre compte, à première lecture, de l’allure du train.
- D’autre part, le papier se déroulant proportionnellement au chemin parcouru, on peut aisément déterminer sur le diagramme les divers points du trajet : il suffit de connaître la distance qui les sépare de la gare de départ, on arrive ainsi à savoir si le mécanicien a respecté les consignes limitant les vitesses des trains, pour le franchissement de telle station, de telle bifurcation.
- La courbe tracée par le style des temps, indique d’une façon précise la durée des arrêts, de 30 sec. à 10 min. et supprime ainsi les contestations qui souvent se produisaient à ce sujet entre les
- agents des gares et les mécaniciens.
- Les diagrammes obtenus présentent des aspects divers qui varient selon le travail effectué par la locomotive, suivant la nature du train.
- La figure 7 montre le diagramme de la marche d’un train express de la ligne de Paris au Havre : la vitesse n’a jamais dépassé le maximum de 85 km à l’heure, prévue pour ce train; la courbe des vitesses présente trois fléchissements : A, B,C.
- Connaissant l’abscisse d’une gare donnée, Meulan-Hardricourt, par exemple, on peut déterminer, à l’aide d’une réglette graduée en millimètres, les lieux où se sont produits les ralentissements. On trouve ainsi que le premier, tracé à 56 mm de l’abscisse de Meulan, a été provoqué à 7,2 km. de là : c’est-à-dire près de Gargenville; que le deuxième coïncide avec la traversée de la gare de Mantes ; et que le troisième est survenu près de Bonnières. Le deuxième ralentissement montre que le mécanicien a respecté une limite de vitesse imposée par les règlements; une rapide enquête permettra de savoir si les deux autres sont justifiés.
- Le même diagramme montre qu’aprèsune marche à l’allure moyenne de 75 km. à l’heure, la vitesse est tombée (D), à zéro en l’espace' de 500 m. ; on peut même voir, par le nombre de « gradins » tracés par le style des vitesses, que l’arrêt a été obtenu en 57 sec. environ (4 sec.,8 X 12). La courbe des temps fait connaître, en E, que le stationnement a duré 1 minute.
- Les machines des trains omnibus tracent des diagrammes reconnaissables à la fréquence des arrêts. La figure 8 montre quelle est l’allure d’un tel train. Le chronogramme indique des stationnements successifs de 4, 3, 2 min., aux gares A, B, C, séparées les unes des autres par des distances de 7, 5 — 6,2 —5 km.
- Un long stationnement s’est produit en E, les deux traits verticaux dont l’un est beaucoup plus épais que les autres prouve en effet qu’après l’arrivée du train, la machine a parcouru une centaine de mètres au plus et a subi un arrêt pendant lequel le style des temps a pu passer à plusieurs reprises sur la même ligne ; l’importance du stationnement
- Fig. 11. — Diagramme relevé sur une locomotive ayant pris un train en écharpe.
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- 123
- UN POISSON NOUVEAU EN BRETAGNE
- est indéterminée : on sait seulement qu’elle est de n minutes, plus x fois 10 minutes.
- Les trains omnibus de banlieue présentent des courbes très caractéristiques (fig. 9) : les arrêts sont si rapprochés que, le plus souvent, le tracé des vitesses présente des maxima en pointe, l’arrêt devant être obtenu alors que la machine vient de terminer son démarrage.
- Lorsque l’adhérence des roues motrices est insuffisante, la machine patine : cet incident est enregistré sous forme de maxima anormaux (fig. 10) qui, s’ils sont répétés, peuvent justifier un retard.
- Enfin un dernier diagramme (fig. 11), relevé sur une locomotive à la suite d’un tamponnement, prouve incontestablement que 20 sec. avant la col-
- lision, le train marchait à la vitesse de 80 km à l’heure. A qui incombe la faute ? au mécanicien ou à l’un des garde-signaux? L’enquête le déterminera peut-être ; mais ici encore, le machinisme apporte son précieux concours : à l’appareil Flaman peuvent être adjoints des dispositifs de répétition et d’enregistrement des signaux. Nous en entretiendrons prochainement nos lecteurs.
- Même réduit à son rôle d’indicateur enregistreur de vitesses, le chronotachymètre Flaman constitue un instrument de contrôle de premier ordre ; sa présence sur les locomotives délivre les mécaniciens du souci d’apprécier la vitesse, les renseigne à coup sûr et stimule leur vigilance.
- André Bourgain.
- UN POISSON NOUVEAU EN BRETAGNE
- La Castagnole (Brama Raii).
- M. R. Legendre vient de communiquer à la Société zoologique de France d’intéressants renseignements sur un poisson, la castagnole, Brama Raii BL, non encore signalé jusqu’ici sur les côtes françaises de l’Atlantique et'qu’il a observé à maintes reprises à la criée de Concarneau, seulement depuis l’été de 1923. Nous empruntons au Bulletin de cette Société les renseignements suivants.
- Brama Raii n’est pas rare en Méditerranée, puisqu’on la vend parfois sur certains marchés. Carus, dans son Prodomits Faunæ Mediterraneæ, donne une longue liste des points où sa présence a été signalée, des côtes d’Espagne et de Majorque à celles de Dalmatie et de Croatie, en passant d’une part par Alger et d’autre part par Gênes, Naples, la Sicile, Messine et l’Adriatique. Récemment, l’expédition du Thor a permis à Johs. Schmidt de recueillir et de décrire des stades post-larvaires de cette espèce.
- Sur la côte méditerranéenne française, Brama Raii est rare à Nice où Risso l’a mentionnée, très rare à Cette où Doumet l’a signalée, rare à Marseille où Marion et Gourret l’ont vu capturer : par 10 à 25 m. à Ratonneau (Gourret), par 200 à 250 brasses dans la pêche aux palan grès (Gourret). Gourret indique comme exceptionnelle une pêche de 19 kg de ces poissons, de 35 à 45 cm de long, effectuée le 16 octobre 1892. En 1769, Duhamel du Monceau avait figuré cette espèce d’après un spécimen provenant de la côte de Provence.
- En Grande-Bretagne, Brama Raii a été figurée et décrite, dès 1686, par Willughby, d’après un individu ramassé le 18 septembre 1681 sur le sable, à mer descendante, à Mildlesburgh Marsh, près de l’embouchure de la Tees, en mer du Nord. On en a recueilli depuis sporadiquement, le long des côtes d’Angleterre, d’Irlande et surtout d’Ecosse, tant à l’Ouest qu’à l’Est, le plus souvent échoués, morts ou mourants, pendant ou après des tempêtes. En
- 1875, Cornish en recueillit un exemplaire, pendant une tempête, près de Penzance; Couch dit en avoir pris un à l’hameçon en Cornouailles ; ce sont les points les plus proches de Bretagne où la présence de Brama Raii ait été signalée.
- On connaît encore cette espèce aux Féroé, près des côtes norvégiennes et danoises. On la trouve également sur la côte atlantique d’Espagne, en hiver seulement d’après Navarete. Pellegrin [l) en a vu aux Halles de Paris, parmi des poissons de chalut provenant des côtes du Portugal et du Maroc. Enfin, un exemplaire du British Muséum est indiqué comme provenant du Cap de Bonne-. Espérance. Des jeunes ont été rencontrés au large, dans l’Atlantique, au nord du tropique du Cancer (Schmidt) (2) et un peu au sud de l’équateur (Lütken).
- Chose curieuse, tandis que Brama Raii semble ainsi avoir une distribution géographique très étendue, des Féroé au Cap, elle n’était signalée dans aucun des récents travaux de faunistique' relatifs aux côtes françaises de la Manche et de l’Atlantique et seuls, Cuvier et Valenciennes en avaient parlé : « Nous apprenons, disent-ils, par M. Le Sauvage, qu’il en a été pêché une à Caen, l’année dernière ». (1828.)
- Cela tient vraisemblablement à ce que Brama Raii est un poisson du large qui n’approche de la côte qu’exceptionnellement, notamment par les mauvais temps. On admet en effet qu’il vit dans les eaux assez profondes. Les individus apportés à Concarneau avaient d’ailleurs été capturés par des thonniers, au large, sur les lieux mêmes où ils pêchent le germon.
- 1. J. Pei.legrin. Sur quelques poissons intéressants du marché de Paris (3e note). Bull. Soc. Zool., t. XXXVII, 1913, p. 521.
- 2. Johs. Schmidt and A. Stbubberg. Mediterranean Bramidæ and Trichiuridæ. Report on the Datiisk Oceanogr. Exped.
- I 1908-10, vol. II. Biol., A. 6, 1918.
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- UN POISSON NOUVEAU EN BRETAGNE
- D’après les renseignements recueillis par M. Legendre auprès des pêcheurs, l’explication de l’abondance soudaine des Brama Baii sur le marché de Concarneau serait la suivante : durant l’été de 1925, la pêche au thon fut particulièrement mauvaise ; à diverses reprises, les bateaux revinrent à terre, même après des absences prolongées, sans avoir pris suffisamment de germons pour acheter les vivres nécessaires à un nouveau départ. Aussi se mirent-ils à recueillir, en vue de les vendre, les autres poissons qui mordaient aux lignes.
- Or, la nuit, d’après leurs dires, et la nuit seulement, ils voient souvent en grand nombre des Brama Bail tout près de la surface; le jour, par contre, ils n’en observent jamais. Les hommes de quart de nuit mettaient donc à la mer leurs lignes et capturaient ces brèmes jusqu’au : '
- moment précé- É
- dant l’aurore où jr
- le thon recom- \
- mence à mordre T
- aux hameçons. *
- Tous les thon-niers disent que, certaines nuits, les brèmes pullulent et qu’ils en prendraient beaucoup plus avec des hameçons moins gros |
- que ceux employés pour le germon.
- Quoi qu’il en
- soit, les arrivages sont parfois abondants. Le 15 septembre, par exemple, on put compter une centaine de ces poissons sur les tables de la criée de Concarneau, dont 57 rapportés par un seul bateau qui les avait pris l’avant-veille au soir.
- En effet, les Brama Baii ne se conservent pas comme les germons dont la chair résiste d’une manière extraordinaire à la putréfaction. Dès le deuxième jour, elles se ramollissent, s’altèrent et commencent à sentir, si bien que les thonniers ne peuvent apporter à terre que les poissons pêchés la veille, ou au plus tôt l’avant-veille, pendant leur voyage de retour.
- Si les renseignements fournis par les pêcheurs se confirment, il en faudrait conclure qu’en août et septembre, Brama Baii abonde au large des côtes sud de la Bretagne et qu’elle n’y vient à la surface que la nuit, disparaissant pendant le jour dans les profondeurs.
- Les pêcheurs méditerranéens donnent le nom de castagnoles à divers poissons qui ressemblent plus ou moins aux brèmes par leurs formes. Celle dont il est question ici, Brama Baii, est un beau poisson, couleur d’acier bleui, ayant une cinquantaine
- Fig. i. — La castagnole (Brama Raiij.
- de centimètres de long, 15 à 1.8 de haut, fortement aplati dans le sens transversal et dont le poids dépasse fréquemment un kilogramme.
- On l’écorche d’un seul coup sur chaque face. Après l’avoir fendu et vidé, on obtient alors deux épaisses masses musculaires, deux « filets », sans arêtes, qui peuvent être facilement préparés et cuisinés. De l’avis de tous ceux qui en goûtèrent, cette chair est sèche et délicate, comparable à celle du Saint-Pierre (Z en s faber), et l’on peut considérer la castagnole comme un poisson fin.
- Brama Raii possède un estomac très musclé et qui paraît extensible, à la sortie duquel débouchent cinq appendices pyloriques inégaux. Dans le but de connaître la nourriture de ce poisson, M. Legendre en a ouvert un certain nombre. L’estomac est généralement plein ; d’un magma
- blanchâtre plus ou moins digéré, dans lequel on peut distinguer des Amphipodes de l’espèce. Eu-themisto bispi-nosa Boeck,. des Schizopodes de l’espèce Mega-nyctiphanesnor-vegica (Sars) et plus rarement des débris de poissons.
- Le plus souvent, on observe un mélange des
- deux espèces de Crustacés; parfois une seule est représentée; c’est ainsi que dans un seul estomac se trouvaient 245 Euthemisto bispinosa et dans un autre 115 Meganyctiphanes norvegica.
- Les poissons sont méconnaissables; un estomac en contenait un, plié en trois, sans tête ni queue, réduit aux masses musculaires entourant la colonne vertébrale qui mesuraient 19 cm de long ; un autre renfermait, au milieu d’Euthemisto, un poisson d’environ 5 cm paraissant être un Scopélidé.
- On sait que les Euthemisto forment une bonne part de la nourriture des germons et que les thonniers, qui les appellent « crevettes rouges », estiment la présence du poisson et mettent leurs lignes à l’eau quand ils aperçoivent les taches rouges que forment les bancs de ces « crevettes ». Meganyctiphanes norvegica est ce Schizopode phosphorescent, très commun dans tout le nord de l’Atlantique où il est également bien connu des pêcheurs.
- Les sacs pyloriques sont pleins d’une bouillie visqueuse, épaisse, blanche, sans particules distinctes:
- L’intestin, dans sa partie antérieure, contient la même pâte et ce n’est que près de son extrémité postérieure, là où ses parois s’amincissent par
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- UN POISSON NOUVEAU EN BRETAGNE
- réduction de la musculature qu’on trouve de fins débris bruns, chitineux, provenant surtout des Eulhemislo.
- En résumé, d’après l’examen des contenus stomacaux, Brama Raii prend une nourriture semblable à celle des Germons qui fréquentent les mêmes eaux.
- On est assez peu fixé sur la période de reproduction de Brama Bail. En Méditerranée, Navarete indique le printemps, Risso, l’été; Gourret a observé des mâles aux testicules bien développés, et des femelles aux ovaires mûrs en juillet et en août.
- phales, etc. Le plus volumineux et le plus fréquent est un Cestode intramusculaire : Anthocephalus gi-gas (Cuvier 1817), Wagner 1854 = Ggmnorhgnchus reptans (Rud. 1819). L’un d’eux, qu’on put extraire complètement, mesurait 1 m. 34 et traversait plusieurs fois toute la longueur de la masse musculaire d’une brème de 52 cm; son scolex sortait des muscles sous la peau, sur la face ventrale, vers le tiers antérieur, tout près de deux cysticerques de la même espèce, l’un invaginé, l’autre évaginé. Fran-cayiglia, qui a longuement étudié Y Anthocephalus gigas aux points de vue parasitologique et toxicolo-
- Fig. 2. — Castagnoles sur une labié de la criée de Concarneau. A droite : un pêcheur écorche un de ces poissons.
- Schmidt a recueilli des jeunes en mars, juillet et août et Lo Bianco, dans la baie de Naples, en automne (octobre-décembre). Tous les individus vus à Concarneau en septembre étaient vides.
- Cuvier disait déjà, en 1829, de Brama Raii :
- « C’est un bon poisson, de couleur d’acier bruni,, « qui devient grand, mais qui est tourmenté par « des vers intestinaux de beaucoup de sortes ». H est en effet l’hôte de nombreux parasites. En 1825, Briganti signalait que le poids des seuls parasites intramusculaires peut atteindre jusqu’au huitième du poids de l’hôte et Francaviglia a trouvé, en 1909, 75 gr. de vers dans un individu de 756 gr., soit le dixième du poids du corps, çe qui doit être un record. M. Legendre n’a pas observé de Brama Raii aussi « tourmentées », mais il a'rencontré un certain nombre de parasites différents : octocotyles, tétrarhynques, trématodes digénétiques, bothriocé-
- gique, raconte qu’au marché de Catane où des Brama Raii sont fréquemment apportées, les profanes qui ignorent la nature parasitaire des hôtes de la Castagnole ou Poisson-Lune, ainsi qu’on appelle en Italie ce poisson, les prennent pour de la graisse et préfèrent les poissons gras aux maigres qui sont cependant seuls indemnes; ils estiment la viande des premiers plus tendre, ce qui est vrai à cause de la dégénérescence graisseuse des muscles envahis par le Cestode; les marchands affirment d’ailleurs que la graisse des poissons frais se transforme en vers quand ils s’altèrent et ils vendaient les poissons parasités jusqu’à 6 lires le rotolo (800 gr.) en 1909. Les brèmes abondamment lardées de Cestodes sont donc considérées comme des poissons particulièrement fins et délicats, accessibles seulement, parleur prix élevé, aux bouches les plus I riches» A Concarneau, il n’en est pas encore. de
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- même. Les pêcheurs ont baptisé ce poisson, nouveau pour eux, du nom d’« Hirondelle de mer ».
- Bien souvent, les thonniers, ne sachant qu’en faire, les distribuaient gratuitement. Ceux qui passaient en vente à la criée trouvaient au début difficilement preneurs; leur cours s’éleva à mesure qu’on les connut mieux, sans dépasser deux francs pièce à la fin de la saison. Quelques-uns, achetés par des mareyeurs, furent expédiés au loin et il est possible que plusieurs aient abouti aux Halles de Paris ; les autres étaient surtout acquis par les hôtels qui les servaient à leurs clients ; fort peu trouvèrent acheteurs dans la population indigène.
- Verra-t-on leur pêche s’organiser, se développer et devenir commerciale? En tout cas, il y faudrait des hameçons plus petits que ceux des thonniers et un retour rapide des bateaux à terre.
- Quelques individus avaient déjà été rapportés, les étés précédents, par des thonniers, en divers points de la côte. Leurs arrivages ont continué l’été dernier et M. Legendre nous dit qu’on a même commencé à ep mettre en conserves, à titre d’essai.
- Est-ce le début d’une nouvelle industrie de pêche ? En tout cas, ces observations biologiques ne manquent pas d’intérêt.
- Daniel Ci. au de
- «ai»
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et décembre 1924.
- Accumulateur au plomb insulfaiable. — On sait que, sous sa forme ordinaire, l’accumulateur se décharge instantanément et perd toute sa charge en quatre mois, comme l’a indiqué Jumau.
- Ses précédents travaux ont montré à M. Féry que la seule réaction réversible dans l’appareil est la suivante : Pb2 + S04H2 + Pb205 S04Pb2 + 2Pb02 + II» 0. Jamais, dans un travail normal, il ne se forme de sulfate aux deux électrodes, ainsi que le voulait la théorie jusqu’ici admise et, pour éviter toute décharge instantanée, il suffit de soustraire le pôle négatif à l’aclion combinée de l’électrolyte et de l’oxygène. En appliquant, à l’accumulateur, les dispositifs de montage qui ont léussi dans la pile au sel d’ammoniac, à dépolarisation par l’air, M. Féry a pu construire un appareil qui présente tous les avantages d’une pile sèche et ne perd, mensuellement, que 4 pour 100 (et non 25). de sa charge.
- Les gaz dans le sang frais, putréfié ou congelé. — La putréfaction se révélant par la formation d’hydrogène sulfuré et l’augmentation de l’acide carbonique, la détermination de ces deux éléments donne des indications précises et M. Kohn-Abrest, qui a mis au point une méthode de dosage, indique que l’analyse des gaz parait le meilleur moyen pour contrôler là fraîcheur des sangs et des matières animales ; de plus, par la congélation, la putréfaction est non seulement arrêtée, mais ses premiers effets se trouvent annihilés.
- Un fréquencemètre éleclrolytique de construction simple. — L’appareil imaginé par M. A.-P. Rollet est basé sur les phénomènes d’oxydation et de réduction successives que subit une électrode d’argent quand on électro-lyse une solution alcaline en courant alternatif de basse fréquence.
- Ces deux phénomènes chimiques inverses peuvent être enregistrés automatiquement en fonction du temps. Le déplacement vertical de l’électrode par rapport a la surface de l’électrolyte donne naissance, durant le passage du courant, à des zonês alternativement oxydées et réduites recouvrant la partie émergée de l’électrode d’argent.
- Il est possible ainsi de mesurer la fréquence avec précision.
- Sur le déplacement des métaux alcalins par le fer-— On sait que les métaux K et Na sont capables de déplacer le fer de toutes ses combinaisons. MM. Hackspill et Grandadam montrent que cette réaction est en réalité un équilibre chimique qui, en vase clos chauffé à une température uniforme, est très favorable à la mise en liberté de fer. Par contre, si l’on opère dans le vide en présence d’une paroi froide, il est possible d’obtenir du potassium ou du sodium eu parlant du mélange d'un sel de ces métaux et de fer réduit. C’est ainsi que la célèbre réaction de Gay-Lussac et Thénard (préparation de potas- . sium par la potasse et le fer chauffés au-dessus de 1000°) se produit dès 600° dans le vide avec formation d’oxyde Fe203 au lieu de Fe504.
- La fleur du jasmin d’Espagne. — Devant les opinions contradictoires de A. liesse et de Yan Soden, M. R. Cerighelli, utilisant le réactif de Denigés, a recherché et dosé l’indol dans les fleurs de Jasmin-uni grandiflorumh. cultivé à Grasse pour Ja parfumerie. Il admet, à la suite de ses travaux, que la substance mère du groupe indi-gotine constitue un élément normal de la fleur étudiée, où il s’accumule pendant la nuit. 11 continue de se dégager^de la fleur coupée, et c’est par le procédé de l’enfleurage, ou extraction par les corps gras, qu’on en obtient les plus grandes quantités.
- Une nouvelle écrevisse dans les eaux françaises. — M. Léger a recueilli dans le Cher quelques spécimens de crustacés qui, dépourvus de pleurohranchie sur le der-1 nier somite thoracique, présentent tous les caractères de l’espèce américaine Cambarus affinis Say. Sur leur origine, on ne saurait être fixé, mais l’essentiel est qu’ils peuvent atteindre une longueur de 12 à 14 cm., qu’ils prennent à la cuisson une belle teinte rouge sombre et que leur chair, plus ferme que celle de nos écrevisses indigènes, rappelle, par son goût, celle de la langouste.
- La dissémination de la fièvre aphteuse. — Au dire de M. Lebailly qui a poursuivi, à plusieurs reprises, des expériences d’une durée de quinze jours, malgré toutes les apparences, le rôle des mouches doit être considéré comme nul, pour la propagation naturelle de la contagion. Paul B.
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- LA CITÉ DE L’AVENIR
- Les grandes villes, dans tout le monde civilisé, s’étendent et se congestionnent chaque jour davantage. Cette évolution, contre laquelle les moralistes clament en vain, semble obéir à une loi obscure, mais fatale. Ainsi, en France, malgré la guerre qui a décimé notre population, les villes continuent à s’accroître, et les campagnes se dépeuplent. Paris compte à.l’intérieur de ses murs, entre lesquels il étouffe, près de 3 millions d’habitants; l’agglomération de Paris et de sa banlieue immédiate représente près de 4 millions d'habitants. Ces chiffres sont dépassés, et de loin, par des villes telles que Londres, qui compte 7 700 000 habitants, New-York qui en réunit 5 6*20 000 et qui continue à se développer avec une vertigineuse rapidité. Il semble bien que le pouvoir d’attraction des grandes villes est d’autant plus grand que la densité de leur population est plus élevée : les ressources accumulées sur un étroit espace, la multiplication et la facilité des relations et des échanges de tous genres entre les habitants représentent des avantages précieux, qui expliquent aisément l’attirance des grands centres. Une grande cité est, avant tout, un organe de transit et de circulation rapide : circulation de pensées, de marchandises et de personnes ; c’est là une condition primordiale de son existence. Mais ici apparaît une limite que la nature semble imposer au développement de ces gigantesques organismes : les besoins de la circulation dans une ville augmentent plus vite encore que la population ; les moyens de l’assurer, si largement conçus qu’ils aiènt été, deviennent rapidement insuffisants.
- On s’en aperçoit bien à Paris : au temps de Louis XIV, Boileau se plaignait déjà des embarras de la capitale, qui n’était pourtant qu’une petite vdle comparée à la cité d’aujourd’hui. Depuis, on a créé de larges avenues, on a multiplié les moyens de transport rapides,’ et cependant les grandes artères de Paris, aériennes et souterraines,'sont de plus en plus encombrées ; l’excès-dé circulation finit par rendre la circulation impossible.
- La situation, à cet égard, est encorè beaucoup plus difficile dans les grandes villes américaines ; elles sont toutes, cependant, plus modernes que Paris ; mais nourries par un pays actif et prospère, de plus de 100 millions d’habitants, elles grandissent a une cadence prodigieusement accélérée. Si la progression actuelle se poursuit, on estime que dans 50 ans New-York possédera de 12 à 15 millions d’habitants, Chicago 10 millions^
- Un tel développement pose de difficiles problèmes de transport que les administrateurs, les ingénieurs, les urbanistes, s’efforcent de résoudre au jour le jour. Les publications techniques des États-Unis nous apportent fréquemment l’écho de leurs préoccupations, et l’esquisse des solutions proposées. Les uns se bornent à réclamer des mesures de police rigoureuses; d’autres, les sages, préconisent des amélio-
- rations partielles. Il y a, enfin, les hommes d’imagination . qui se plaisent à reconstruire tout ou partie de la cité sur des bases entièrement nouvelles. L’expérience du passé donne à penser que ces fous sont peut-être les sages de demain. Les projets du grand Paris d’Haussmann ont été, en leur temps, considérés comme l’œuvre d’un rêveur dangereux; le Paris moderne ne peut plus s’en contenter. Notre métropolitain, à son début, a été traité de folie mégalomane ; tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il est devenu insuffisant.
- Un de nos confrères de New-York, M. Gernsback, directeur du Radio News, Science ancl Invention, vient de synthétiser, d’une façon frappante, les plus audacieuses conceptions des urbanistes américains, en y ajoutant, en outre, un peu de fantaisie de son cru. La figure que; nous reproduisons ci-contre représente le cœur d’une grande ville dans 50 ans, tel que l’imagine M. Gernsback.
- C’est une des grandes rues, du futur New-York, elle est bordée d’immenses gratte-ciels. Cette rue est à quatre étages : l’étage supérieur est réservé aux automobiles légères et aux piétons; mais le piéton lui-même aura évolué ; il ne marchera plus, il roulera sur des patins électriques empruntant leur énergie à une ligne parcourue par un courant électrique à haute fréquence; les automobiles, elles aussi, seront électriques et fonctionneront suivant le même système. M. Gernsback, on le voit, a repris sous une forme pittoresque l’idée émise, ici même, peu de temps avant sa mort, par le grand inventeur français Maurice Leblanc.
- Le deuxième étage de la rue est occupé par un chemin de fer électrique, un métropolitain à grande vitesse, le troisième étage reçoit un chemin de fer continu, gigantesque tapis roulant, a 5 plates-formes mobiles animées chacune d’une vitesse différence. Enfin l’étage inférieur est réservé aux camions. ’
- Le sous-sol est lui-même percé de souterrains livrant passage à tout un réseau de voies électriques parcourues par des express qui relient les différents quartiers de la ville et de la banlieue.
- Le ciel de la ville future est, bien entendu, sillonné d’avions, de dirigeables et même d’Kèli-coptères ; au sommet des gratte-ciels sont aménagées des plates-formes d’atterrissage. De hautes tours captent l’énergie produite par des chutes d’eau et transmise sans fil à travers l’espace au moyen des ondes hertziennes. L’énergie solaire est captée elle aussi. M. Gernsback prévoit même, que dans un demi-siècle, nos descendants sauront agir sur les éléments météorologiques; les plus hauts immeubles sont coiffés d’un dispositif, sur lequel l’auteur ne s’explique pas, mais qui est évidemment destiné à faire, à volonté, la pluie et le beau temps.
- Les maisons de l’avenir, ressemblent beaucoup, extérieurement, à celles d’aujourd’hui ; mais intérieurement, elles seront très différentes : elles sont
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- LA CITÉ DE L’AVENIR
- hermétiquement closes ; leurs murs sont à double paroi, comme une bouteille Thermos et assurent une isolation parfaite contre la chaleur, le froid et la
- meuble. L’éclairage est assuré- par la lumière froide. Chacun peut recevoir chez soi le cinéma par radio. Nous n’insisterons pas davantage sur le rêve de
- Fig. l. — La cité de Vavenir:
- poussière; on chauffe électriquement en hiver, on refroidit artificiellement en été ; l’air est constamment renouvelé au moyen de ventilateurs et de canalisations puisant de l’air pur et filtré au sommet deTim-
- 41. Gernsback. Ce n’est , pour l’instant qu’un rêve amusant et que chacun peut développer ou amplifier à son gré.
- , R. Yu.LF.KS.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2656
- 28 FÉVRIER 1925
- LE PROBLEME LUNAIRE
- Comment se pose ce problème?
- À la vérité, notre satellite, comme tous les astres que nous étudions, présente aux astronomes urte foule de problèmes. Veut-on l’étudier au point de vue sélénologique, par analogie avec la géologie de de notre planète, pour en retracer l’origine, le passé, et découvrir par exemple, la loi de formation de ses montagnes ? Ou bien veut- on s’arrêter à décrire son aspect ou à y déceler les traces évanouissantes d’une atmosphère extrêmement peu dense ?
- Toutefois en astronomie on est convenu d’entendre sous le nom de théorie de la Lune ou de problème lunaire, l’ensemble des formules posées d’une manière ou d’une autre, suivant les différentes méthodes, pour pouvoir, par leur moyen, assigner la place que notre satellite a occupée ou bien occupera dans le ciel à une époque donnée, la. difficulté énorme du problème oblige les astronomes modernes à ne pas porter trop loin leurs prétentions et. à se contenter de donner cette position, pour un laps de temps s’étendant sur 200.ans, avant ou, après notre époque, avec une érreùr allant tout au plus à ± 8" sur sa longitude.; Pour des époques plus éloignées on est obligé dé se contenter d’une précision beaucoup moindre.
- - Or, à quoi tient cette difficulté?.
- Dans toutes les sciences on rencontre quelque problème — résolu ou toujours réfractaire —qui a donné, ou donne encore, la plus grande somme de travail aux chercheurs, exigeant parfois des siècles de recherches sans qu’on en ait pu dire le dernier mot. En Mécanique céleste c’est le problème des trois corps qui s’est présenté dès le débuta Newton
- lorsqu’il découvrit la loi de la gravitation universelle, en vertu de laquelle, dans notre système solaire, on ne peut se borner à étudier le mouvez ment d’une planète autour du soleil, comme si elle était toute seule : on doit avoir égard aussi aux attractions perturbatrices des autres planètes, d’où le
- problème des u corps, que l’on réduit à celui de 3 corps, en considérant l’action perturbatrice des planètes principales une à une.
- On sait que des 12 intégrales qu’aurait exigées la résolution dé ce problème par les méthodes classiques sous la forme canonique, on ne pouvait en trouver que 8 tout au plus. De sorte que la solution élégante, mais pas pratique, surtout à cause du peu de convergence des séries — qu’a donnée de ce problème assez récemment M. Sud-man, n’a pu être trouvée que par un chemin détourné. Toutefois, si cette solution a donné une grande satisfaction à l’amour-propre des mathématiciens, elle n’a été d’aucun avantage aux astronomes, qui doivent fout réduire à la pratique et composer les 3,4, ou 5 volumes in-folio contenant les Tables du mouvement de la Lune, à l’aide desquelles les calculateurs peuvent préparer son éphéméride, d’année en année, pour les Almanachs ou grandes Ephémérides dont font usage les astronomes et les navigateurs.
- , C’est; à dessein que nous avons nommé ces derniers, parce que pendant les deux siècles qui ont précédé notre époque, la résolution du problème lunaire intéressait surtout les voyageurs de l’Océan, qui dans les observations de notre satellite — surtout de ses distances aux principales étoiles —trou
- 9 - 129
- Fig. i. — James Bradlty.
- Ce grand astronome anglais qui commença à Greenwich la série d’observations du limbe lunaire, sur lesquelles reposent, pour une large partie, les théories modernes de la Lune.
- 63' Année. - V’ Semestre.
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- LE PROBLÈME LUNAIRE
- vaient le moyen de déterminer la longitude du navire, tandis que sa latitude était donnée par l’observation des hauteurs méridiennes du Soleil ou de la Lune Par là on faisait le point.
- On comprend donc que les Académies des sciences et les Amirautés aient proposé des prix à différentes reprises, pour engager les théoriciens à perfectionner la théorie de la Lune, de manière à permettre de fixer la position du vaisseau dans un rayon de quelques lieues.
- Aujourd’hui, par la télégraphie sans fil, l’heure du
- sibilité de construire des tables lunaires basées exclusivement sur la loi de Newton, les théoriciens de la France, de l’Italie, de l’Angleterre et de l’Allemagne épuisèrent leur génie à composer des théories delà Lune de plus en p'us parfaites. Aux noms glorieux de Clairaut, d’Alembert, Eiiler, Laplace vinrent s’ajouter ceux de Damoiseau, Plana, Poisson, Ponté-coulant, Lubbock, Adams, Hansen, Delaunay, Hill, Newcomb, et enfin le nom d'Ernest Brown, professeur à l’Université de New-Haven.
- Nous n’avons cité que les principaux, car la liste
- Fig. 2. — L’image de la Lune en phase très avancée permettant l’observation du cratère Mùsting A, donnant avec plus de précision la position du centre de notre satellite.
- (Photographie obtenue à l’Observatoire de Paris avec le grand équatorial coudé.)
- 1er méridien est transmise plusieurs fois dans la journée aux navigateurs et à tous ceux qui ont besoin de la connaître. Toutefois, soit dans les voyages d’exploration terrestre, soit même en mer, on peut se voir privé des appareils nécessaires pour recevoir l’heure du 1er méridien. Il est donc toujours utile de pouvoir la déterminer soi-même par les observations de la Lune.
- La difficulté du problème. — En tout cas, jusqu’au commencement du xixe siècle, on se croyait obligé de se servir de tables de la Lune non fondées entièrement et exclusivement sur la loi d’attraction, mais plus ou moins largement entachées d’empirisme, par les termes additionnels que l’expérience — d’après les observations — indiquait, sans que là théorie en eût pu démontrervl’existence, l’origine. Mais dès que Laplace eut démontré la pos-
- pourrait être allongée en donnant les noms de savants qui ont étudié telle partie ou telle autre du problème très difficile des perturbations lunaires, soit de la part du Soleil, soit de la part de quelques planètes. A la vérité, l’action de ces dernières a été démontrée très faible, surtout par M. Radau. Au bout de 200 ans, par ces perturbations, la longitude de la Lune ne varie pas même de 3" ! Il y a aussi des inégalités dépendant de la forme de la Terre et de la Lune. Enfin, il faut compter avec l’action indirecte des planètes, qui, en modifiant lentement les éléments de l’orbite terrestre, font varier la position de la Lune et par conséquent son mouvement et les perturbations de ce dernier.
- Mais le gros des perturbations de la Lune dans son mouvement autour de la Terre est dû au Soleil. On a souvent affirmé que ce fut une chance pour
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- Kepler de n’avoir à sa disposition que des observations grossières de Mars, sur lesquelles il était à craindre une erreur de :_t 1' et parfois davantage. On dit que par là, l’effet des perturbations étant effacé, ce grand savant put découvrir la forme elliptique des orbites planétaires, qui lui aurait échappé s’il avait disposé d’observation atteignant la précision moderne ± 1". Mais, si l’on y regarde de plus près, on se convaincra que, à l’aide de nos observations elles-mêmes, prises tout au moins dans leur ensemble, on décélérait aussi bien la forme elliptique des orbites.
- Il en va autrement pour la Lune, pour laquelle l’ellipse képlérienne ne donne pas une approximation suffisante. L’ellipse, même en première approximation, ne représente que grossièrement le mouvement de notre satellite.
- Mais Képler n’eut pas à s’occuper de la Lune. - -
- D’où vient la très grande difficulté du problème lunaire et la grandeur de l’écart entre l’ellipse et l’orbite effectivement décrite par la Lune?
- Onlecomprendra en ayant égard aux conditions favorables qui ont permis aux géomètres de résoudre — pratiquement et par des approximations successives — jusqu’à la limite de précision des données actuelles, le problème des trois corps.
- Laissons de côté le fait que la planète perturbatrice et la planète perturbée se meuvent dans le même sens ; arrêtons-nous aux autres conditions favorables suivantes :
- 1° Le corps central, le Soleil, a une masse énormément plus grande que la planète perturbatrice, les masses de toutes les planètes prises ensemble ne faisant pas la 800e partie de celle du Soleil;
- 2° L’excentricité et l’inclinaison des orbites delà
- planète perturbée et de la perturbatrice sont très faibles.
- Lorsqu’il s’agit des perturbations des planètes, une autre condition favorable est que leurs distances sont presque toujours assez grandes.
- Ce n’est pas le cas de la distance du Soleil à la Lune, mais alors il faut avoir égard aux perturbations que le Soleil produit sur le mouvement des satellites. Nous y reviendrons dans un instant.
- Donc, quand l’astre perturbateur est le Soleil et le corps central la Terre, dont la masse est à peine le 335432e partie de celle de l’astre perturbateur, les conditions changent énormément.
- Les méthodes classiques de Lagrange, de La-place et de Le , Verrier ne suffisent plus du tout.
- S’il s’agit des satellites des planètes, pour la plupart :
- a) La masse du corps central, la planète, n’est pas aussi petite que celle de la Terre par rapport au Soleil ;
- b) Les masses des satellites sont de très petites fractions de celle de la planète à laquelle ils appartiennent;
- c) La distance d’un satellite au
- Soleil est énormément plus grande que la distance du même satellite à sa planète ;
- d) Le mouvement du satellite est assez rapide, de sorte qu’il ne reste pas longtemps dans la même position par rapport au Soleil, dont l’action perturbatrice ne s’éxcerce pas longtemps dans le même sens. Par là les variations des éléments du satellite ne s’accumulent pas.
- e) On peut ajouter que les excentricités des orbites de la plupart des satellites sont très petites, souvent insignifiantes.
- Il y a toutefois quelques satellites qui se trouvent dans des conditions exceptionnelles, comme c’est le
- Fig. 3. — L’instrument des passages de L’Observatoire de Greenwich avec lequel Bradley a effectué des mesures de la position de la Lune„
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- cas de Titan, sous le rapport de la masse, et des satellites VIII et IX de Jupiter dont la distance au Soleil est relativement très petite, si on la compare à leur distance à la planète. Toujours est-il que notre satellite se trouve dans des conditions exceptionnelles. Sa masse est presque la 81e partie de celle de la Terre ; sa distance moyenne au Soleil est à peine 389 fois plus grande que sa distance à la Terre.
- Enfin, si l’on ajoute que nous observons la Lune relativement de très près, de sorte qu’à la distance moyenne de 38 400 km, un petit déplacement d’à peine 1863 mètres de notre satellite le long de son orbite nous apparaît sous un angle de — quantité appréciable — on comprend combien les perturbations lunaires doivent nous apparaître plus grandes que celles de n’importe quel corps céleste sinon en elles-mêmes, du moins par l’effet qu’elles produisent sur le lieu delà Lune que nous observons de si près. Dans le monde de Jupiter — qui n’est cependant pas le plus éloigné de nous — il faudrait un déplacement linéaire 2000 fois plus grand pour produire une variation de 1".
- Les travaux récents sur la théorie de la Lune. — Après ce coup d'œil rapide sur les difficultés du problème lunaire, il nous reste à voir comment on s’est efforcé de le résoudre.
- Malgré les premiers essais de Newton et les belles recherches de Glairaut, et même après les trois(1) théories de la Lune composées par Euler, dans la pratique on se servait toujours de tables basées largement sur l’empirisme. On n’avait pas une confiance absolue dans la théorie de l’attraction; aussi, même du temps de Laplace, les observateurs se servaient d’éphémérides composées d’après les tables de Mayer, de Burg et de Burkhardt, toutes entachées d’empirisme. Enfin la Connaissance des temps adopta les tables construites d’après la théorie de Damoiseau, qui du reste n’étaient pas tout à fait exemptes de termes empruntés à l’expérience et, en tout cas, ne donnaient la position de notre satellite qu’avec des écarts de ± 20" par rapport aux observations. D’ailleurs Damoiseau, dans sa théorie numérique de la Lune, n’avait envisagé qu’à peu près 40 inégalités. Plana, dans sa théorie algébrique, en 3 vol, in-4°, est allé beaucoup plus loin, en ayant égard à une centaine d’inégalités, sans toutefois que les tables basées sur sa théorie eussent donné une exactitude sensiblement supérieure. Cela tient en partie à ce que plusieurs valeurs numériques dans la théorie de Plana étaient fautives.
- Nous avons dit théorie numérique et théorie algébrique. Nous pouvons ajouter aussi théorie mixte. Dans une théorie numérique, comme celles de Damoiseau et de Hansen (celle d’Airy n’a pas été conduite à bonne fin), après avoir établi les équations différentielles du problème et indiqué la marche que l’on va suivre pour les intégrer, on
- 1. La troisième a été à peine ébauchée par ce grand géomètre. Elle a été reprise par Ilill, Adams, Brown.
- introduit pour quelques-unes des constantes (moyens mouvements de la Lune et de la Terre, parallaxe et masse de la Lune, etc.) les meilleures valeurs numériques dont on dispose à cette époque, et l’on procède aux développements relatifs aux différentes inégalités en envisageant toujours leur mise en tables. Cette manière de faire est évidemment plus expéditive; mais elle présente l’inconvénient de moins parler à l’esprit et de se prêter beaucoup moins qu’une théorie purement algébrique à la substitution d’autres valeurs numériques plus parfaites des constantes. Or, les observations faites pendant les 15 ou 20 ans qu’exige la préparation d’une théorie de la Lune — jusqu’à la construction des tables, — apportent nécessairement des perfectionnements à nos connaissances sur ces constantes. Avec une théorie numérique on doit refaire presque le travail tout entier.
- Au contraire une théorie purement algébrique donne plus de satisfaction à l’esprit, car on y laisse indéterminées les valeurs des constantes et on n’introduit des nombres qu’au dernier moment, lorsqu’il s’agit de préparer les fondements des tables de la Lune. On comprend la supériorité d’une théorie algébrique au point de vue mathématique, mais il n’est pas aussi facile de se former une idée des développements effroyables qu’exige une pareille théorie, qui doit être complète comme l’exige l’état actuel de la science. Nous avons dit que la seule théorie de Plana prend 3 gros volumes in-4° ; nous pouvons ajouter que la théorie beaucoup plus complète de Delaunay, avec tous les développements, compléments, additions et rectifications, prendrait 10 volumes, sans marquer sur la théorie — pourtant si simple et si courte de Hansen — un progrès en rapport avec le travail qu’elle a exigé. Et dire que sans les perturbations dues à l’action directe des planètes, Delaunay a tenu compte de 1400 inégalités, c’est-à-dire de 1400 exceptions aux lois de Képler !
- Ajoutons, que, même dans une théorie algébrique, on ne peut se passer d’avoir égard aux valeurs numériques des constantes — des éléments ou données relatives à la Lune, à la Terre et au Soleil — pour savoir où s’arrêter dans les développements des séries qui autrement seraient infinies. Par exemple, suivant la nature des perturbations, Delaunay s’est arrêté tantôt aux termes du 6e ordre, tantôt à ceux du 7e et ainsi de suite jusqu’au 9e ordre. Ce qui l’a guidé dans ces différents ordres d’approximations, c’était bien la connaissance de certaines valeurs numériques, ou du moins de leur ordre de grandeur. Cela étant, des esprits pratiques se demandent s’il n’est pas préférable de s’en tenir aux théories numériques, en leur apportant les perfectionnements qu’exige l’état actuel de nos connaissances.
- Aussi aujourd’hui préfère-t-on les théories mixtes, dans lesquelles on introduit, quand c’est nécessaire, les valeurs d’un très petit nombre de constantes, Sous ce rapport la récente théorie de M. Brown
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- marque un progrès considérable. Il a bien raison I d’écrire que sa théorie n’est pas numérique et même qu’elle est algébrique, car au fond, il n’emprunte aux observations qu'une seule valeur numérique, celle du rapport du moyen mouvement de la Lune à celui de la Terre, valeur qui repose surplus de 2500 ans d’observations et qui est connue avec tant de précision que40 ans d’observations modernes n’ajouteront rien à sa connaissance.
- Même pour ce qui concerne la disposition des tables, M. Brown a fait preuve d’une aptitude et
- I faites sur notre sphéroïde, telles que celles d’arcs de méridiens ou de parallèles ou bien les mesures de l’intensité de la pesanteur. Mais la théorie de la Lune est toujours réfractaire sur certains points et nous présente des anomalies inexplicables. Aussi n’est-il pas décourageant, qu’après tant de recherches théoriques, après avoir poussé aussi loin que possible tous les développements, après avoir gardé tous les termes pouvant se monter tout au plus à 0",01, M. Brown, ainsi que d’autres l’avaient fait avant lui, ait été obligé d’introduire un terme em-
- Fig. 4 — Le grand équatorial coudé de l’Observatoire de Paris avec lequel a été construite la célèbre carte photographique lunaire de Lœwy et Puiseux.
- habileté extraordinaires pour les simplifications. Par exemple il a trouvé souvent le moyen de grouper dans la même table les termes provenant de perturbations de source différente. Il n’a négligé aucun terme qui dans son maximum pouvait atteindre dr 0",01 ; mais pour quelques termes il est allé jusqu’à 0",001 et même au delà. II a aussi indiqué les modifications à apporter à ses tables lorsqu’on possédera de meilleures valeurs de là parallaxe et de la masse lunaires, etc.
- A ce sujet, il est étonnant que, pour bien représenter les observations lunaires, il ait dû adopter la 1
- valeur cjgj-jj Pour l’aplatissement terrestre, lorsque
- nous savons qu’il ne reste tout au plus qu’une erreur
- 1
- d'une unité sur le dénominateur de la valeur de qqw
- Av i ?U
- à laquelle nous conduisent des mesures directes
- pirique atteignant plusieurs secondes, dont la période est de 257 ans? Or, ce terme résiste à toutes les recherches théoriques et ne peut être expliqué d’aucune façon par la loi d’attraction ; ce qui a fait dire à Newcomb et à Brown que probablement, dans le mouvement de la Lune, il intervient quelque autre force, outre l’attraction. H est à espérer que les relativistes ne viendront pas nous dire que cela tient à ce que l’ancienne mécanique rationnelle n’est pas assez rationnelle et ne suffit pas !
- Il ne serait pas inutile de faire remarquer que, dans les perturbations lunaires, telle méthode qui réussit bien pour le nœud n’offre pas le même avantage lorsqu’il s’agit des inégalités du périgée, etc.,1' de sorte que dans la théorie de la Lune on ne peut s’en tenir toujours à la même méthode. Aussi les astronomes et les géomètres apprécieront l’œuvre savante de M. Andoyer qui s’attache à perfection-
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- lier quelques points de la théorie de Delaunay.
- Un dernier détail : tout le travail de M. Brown èt de son calculateur, jusqu’à la formation des tables, n’a pris qu’environ 10 000 heures pour les deux ensemble. Si l’on avait voulu atteindre
- la même exactitude avec la méthode de Delaunay,
- on aurait dû y employer presque dix fois plus de
- travail! T n
- Jean BoccARDt.
- Correspondant du Bureau des Longitudes.
- LES COLLOÏDES
- I. Définition. — Les chimistes ont été amenés à distinguer, à la suite de Selmi et de Graham, deux catégories de corps s’opposant l’une à l’autre : les cristalloïdes et les colloïdes.
- Celte distinction était basée sur les caractères suivants :
- 1° Lorsque les cristalloïdes se séparent de leur solution aqueuse, ils ont tendance à former des cristaux; les colloïdes, au contraire, ont tendance à se séparer d’une telle solution en formant des masses amorphes, semblables à de la colle.
- 2° Les cristalloïdes diffusent facilement à travers certaines membranes, telles que vessie de porc ou parchemin (dialyse), tandis que les colloïdes ne diffusent pas du tout ou seulement avec une extrême lenteur.
- On a reconnu une nature colloïdale à diverses substances extraites de tissus animaux et végétaux (hémoglobine, albumine, chlorophylle, caoutchouc, amidon, tanin, cellulose, laine, soie, etc.) et aussi à un grand nombre de produits fabriqués dans les laboratoires (précipités d'alumine, d’hydrate ferrique, silice, ferrocyanures de métaux lourds, savons, nombreuses matières colorantes, etc.).
- II. Structure des colloïdes. — L’étude cryoscopique et optique des solutions colloïdales donne des renseignements sur leur structure.
- a) Etude cnjoscopique. — L’abaissement cryoscopique, c’est-à-dire l’abaissement du point de congélation, d’une solution colloïdale ou, comme l’on dit, d’un sol (hydrosol si le solvant est l’eau, aleoosol si le solvant est l’acool, etc.) est très faible.
- Cet abaissement A est exprimé par la formule M
- A r= K - dans laquelle G est la concentration, M le poids L
- moléculaire du corps dissous et K l’abaissement moléculaire du solvant ; nous voyons que si, pour une concentration donnée, A est petit, M doit être grand. C’est d’ailleurs ce que l’expérience confirme.
- Nous pouvons déjà en conclure que les molécules des colloïdes sont de très grande taille.
- b) Etude optique. — Les. solutions colloïdales ont très souvent un aspect trouble, et lorsqu’un rayon lumineux les traverse, il reste visible tout le long de son parcours comme s’il traversait une atmosphère de poussières ; ceci a lieu même lorsqu’il s’agit de solutions qui paraissent aussi limpides que l’eau pure.
- De plus, les sols présentent un aspect différent suivant qu’on les regarde du côté de la lumière incidente ou.du côté opposé ; ce phénomène n’a cependant rien de commun avec celui de la fluorescence ; car, alors que les sçdutions fluorescentes, telles que le pétrole, diffusent de la lumière ordinaire, les solutions colloïdales diffusent de la lufnière polarisée comme le font les. suspensions de poussières.
- L’examen de toutes ces propriétés nous permet de supposer que les solutions colloïdales sont des suspensions
- dans un liquide de petits grains excessivement fins, invisibles au microscope, même avec les plus forts grossissements.
- Cette hypothèse est pleinement vérifiée lorsqu’on examine les colloïdes à l’ultramicroscope. On sait qu’à l’aide de cet instrument on peut observer des particules dont le diamètre ne dépasse pas 2 p.p. (0 mm,000 002), alors qu’avec le microscope ordinaire les corps qui ont moins de 0;i,2 (0mm,0002) de diamètre ne sont déjà plus visibles. Si l’on examine une solution colloïdale à l’ultramicroscope, on voit une infinité de points lumineux animés d’un mouvement de trépidation (mouvement brownien) : les sols sont donc bien constitués par un liquide dans lequel nage une multitude de particules solides, nommées micelles, de un millionième à un dix-millième de millimètre de diamètre.
- Nous possédons en outre un moyen, relativement simple, de vérifier l’existence de ces grains, c’est la filtration : si l’on verse une solution colloïdale sur un filtre en collodion, dont la texture est beaucoup plus fine que oelle du papier ou de la porcelaine, le liquide traverse le filtre, mais les micelles sont retenues et forment sur les parois une masse gélatineuse.
- On pourrait se demander pourquoi ces particules ne se déposent pas au fond des vases. Mais il ne faut pas oublier qu’une sphère tombe dans un liquide d’autant plus lentement que son diamètre est plus petit ; ainsi le calcul montre qu’une bille de verre de Ojj.,01 (taille bien supérieure à celle d’une micelle) mettrait 16 ans pour parcourir 1 cm.; aussi, pratiquement, la chute des micelles demeure imperceptible.
- Cependant on peut, dans certaines conditions (addition de réactifs chimiques, action de la chaleur), séparer rapidement les micelles du liquide dans lequel elles sont en suspension ; leur agglomération forme une masse amorphe, nommée gel : on dit qu’il y a coagulation de la solution colloïdale. Ce phénomène varie avec là nature des colloïdes.
- „ Certains colloïdes, tels que la gélatine, sont liquides à chaud et redeviennent solides lorsqu’ils sont refroidis : on a là un phénomène réversible. Les solutions colloïdales de cette catégorie ne sont pas coagulées par des quantités considérables d’acide, base ou sel.
- D'autres colloïdes, tels que l’albumine, liquides à froid, se troublent lorsqu’on les chauffé et ne se redissolvenl pas complètement par refroidissement : le phénomène n’est plus réversible. Les solutions de ce genre coagulent si on leur ajoute, suffisamment d’acide, de sel ou de base.
- Enfin la plupart des colloïdes synthétiques, tels que l’hydrate ferrique, le sulfure d’arsenic, ne sont pas altérés par la chaleur, mais une trace de substance étrangère provoque la formation du gel.
- . Nous, verrons plus loin comment s’explique cette propriété.
- IIL Constitution des micelles. — Faisons l’analyse
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- des mîcélles préalablement séparées par filtration du liquide dans lequel elles sont en suspension. Nous trouvons que la composition du dépôt retenu par le filtre n’est pas simple et qu’elle varie avec le mode de préparation du colloïde. En dosant, par exemple, du feriocya-nure cuivrique colloïdal oblenu en précipitant du ferrocyanure de potassium par un sel de cuivre, on remarque que le précipité ne correspond pas à un composé défini : du potassium des réactifs a été entraîné et les proportions de cuivre et de potassium varient avec le sel de cuivre utilisé. Ainsi, au lieu d’avoir le corps répondant à la formule Fe (CN)6 Cu2 que nous pensions avoir obtenu, nous irouvons :
- Fe (CN)6 Cu1’89 K0’25 avec l’acétate de cuivre,
- Fe (CN)6 Cu1'945 K0,11 avec le nitrate,
- Fe (CN)6 Cu1’896 K0’206 avec le sulfate, ce qui nous indique que nous avons préparé un complexe de formule :
- Fe (C )6 Cu2» - Fe (CN)6 K4.
- De même les micelles d’un hydrosol d’hydrate ferrique préparé par hydrolyse de Fe Cl5 pourront être représentées par la formule :
- Fe (OH)3, - Fe Cl3 n
- que nous pouvons écrire : n Fe (OH)5, Fe Cl3.
- Nous voyons donc qu’une micelle est constituée par deux composés : l’un, qui est en grande quantité, [Fe (OH)5] donne son nom au colloïde; l’autre, qui est en faible proportion [Fe Cl3], provient des réactifs utilisés dans la préparation ; ce deuxième corps pourrait être considéré comme une impureté, mais nous allons voir qu’au contraire il constitue la partie active du colloïde.
- C’est en effet de ce deuxième composé que dépendent plusieurs propriétés des hydrosols. Ainsi, l’expérience montre que la coagulabilité augmente au fur et à mesure qu’on élimine (par dialyse) cette soi-disant impureté. Lorsqu’on coagule un hydrosol par addition d’un sel, c’est encore ce corps qui joue le rôle actif. Par exemple, une petite quantité de sulfate de polasium, K2 SO4, ajoutée à l’hydrate ferrique colloïdal précédent, provoque la formation d’un hydrogel à la suite d’une réaction entre K2 SO4 et Fe Cl3, réaction qui a eu pour effet de remplacer Cl de la micelle par SO4 selon le schéma
- ___n Fe (OH)3, Fe2 Cl6 + 5 K* SO4
- n Fe (O'H)VFe* (SO4)3 + 6KC1.
- La partie de micelle qui entre en réaction étant en très faible proportion, on conçoit qu’il suffise d’une quantité fort minime de réactif pour coaguler ces colloïdes.
- Les faits précédents nous permettent de comparer les micelles à des molécules de cristalloïdes ; elles ne diffèrent de ces dernières que par leur plus grande taille et par leur complexité.
- Cette analogie entre micelles et molécules est complète au point de vue éleclrochimique:
- Lorsqu’on fait passer le courant électrique dans un colloïde coloré, on voit la couleur se rassembler autour d’une électrode, tandis qu’autour de l’autre le liquide est ir colore De plus, l’analyse des régions cathodique et anodique, faite après le passage du courant, montre que •la micelle s’est scindée en deux parties qui se sont dirigées chacune vers une électrode différente; en un moi le colloïde s’est ionisé.
- Quels sont les ions qui existent dans une solution colloïdale? Dans notre hy drate ferrique la coupure se fait suivant le schéma :
- « Fe (0Il)3Fe | Cl3
- La micelle donne donc 2 sortes d’ions : un ion complexe, qu’on nomme parfois granule, et un certain nombre [d’ions [simples, dont la charge électrique totale est égale et de signe contraire à celle du granule.
- Complétons notre connaissance de la micelle par un aperçu sur la constitution du granule dont nous venons de révéler l’existence. Celte question demeure encore dans le domaine de l’hypothèse. L’une des nombreuses théories émises admet que le granule résulte de la condensation de plusieurs molécules simples qui se sont combinées successivement les unes aux autres. Certains auteurs vont même jusqu'à dire que les granules sont de petits cristaux très peu solubles et de taille différente, ce qui explique pourquoi ils ne croissent pas comme le font les germes d’un cristalloïde et que leurs solutions évaporées ne donnent pas de dépôt cristallin.
- Celte hypothèse du cristal micellaire a pu être vérifiée sur quelques hydrosols — tels que les métaux colloïdaux — par la diffraction des rayons X.
- IV. Adsorption. — Chacun sait que le vin rouge se décolore en passant sur le noir animal, qu’un gaz tel que CO, SO2 ou NH5 contenu dans un flacon disparaît à l’intérieur d’un morceau de charbon de bois qu’on introduit dans le récipient. On dit que la matière colorante du vin, que le gaz ont été adsorbés.
- Le mécanisme de l’adsorption n’est pas connu, mais ce phénomène est incontestablement Lé à la grande surface que présente le corps adsoibant. Exemple : une masse donnée de platine en lame ad^oibe 1 volume d’hydrogène, tandis que la même masse de platine pulvérulent (noir de platine) adsorbe 114 volumes de ce gaz. Tout se passe comme si les molécules adsorbées étaient venues se colh r à la surface des petits grains absorbants sans qu’il y ait ni réaction chimique, ni dissolution.
- Tout comme les particules de charbon ou les métaux pulvérulents, les colloïdes peuvent se comporter comme corps adsorbants ; il n’y a d’ailleurs pas lieu de s’en étonner puisque nous venons de voir qu’ils renferment un nombre considérable de fines particules dont la surface totale est énorme : ainsi, un colloïde contenant 0.05 milligr. d’or sous la forme de 1012 micelles ayant chacune 15 pp. de diamètre a une surface totale de 6 cm2; une suspension d’alumine à 15 pour 100 renfermant 2 xlO*5 particules donne une surface de 1 m2. Les exemples d’adsorption par les colloïdes abondent : le phénomène de la teinture peut être expliqué par une adsorption, en particulier la teinture par colorants directs sur fibres végétales; l’alumine précipitée adsorbe les matières colorantes et donne ainsi des laques. L’adsorp-tion permet aussi d’expliquer certains processus de la tannerie : avant qu’elle réagisse chimiquement, la matière tannante est certainement adsorbée par la peau. Le nettoyage du linge par les savons est dû à l’action dissolvante de leurs solutions alcalines èt à l’adsorption des poussières par les micelles du savon.
- Y. Pression osmotique. — Si, dans la partie inférieure d’une éprouvette à moitié remplie d’eau, on introduit une solution de permanganate de potasse, la surface de séparation des deux liquides est d’abord très nette; l’eau pure, moins dense que la solution saline, occupe la partie supérieure du vase; mais peu à peu, cette couche d’eau se colore en rose à partir de la base : on dit que le permanganate a diffusé dans l’eau. Les molécules de ce sel sont donc soumises à une force, plus grande que la pesanteur, force qui les oblige à se répandre dans l’eau de la même manière qu’un gaz occupe tout l’espace libre qu’on lui offre.
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- Si maintenant,; nous séparons tes deux couches de liquides par une membrane hémi-perméable, c’est-à-dire laissant passer l’eau et arrêtant le sel, les molécules de celui-ci auront encore une tendance à passer dans l’eau ; par suite, elles exerceront sur la membrane une pression appelée pression osmotique.
- Que la solution de cristalloïde soit ionisée ou non, la pression osmotique est toujours proportionnelle à la concentration, Lorsque les solutions ne sont pas ionisées, celles qui ont même concentration moléculaire (même nombre de molécules-grammes par litre) ont des pressions osmotiques égales, et cela quelle que soit la substance dissoute (cette pression est égale à 24 atm. environ pour une solution unimoléculaire). Mais lorsque les solutions sont ionisées, la pression osmotique est égale au produit de la pression osmotique d’une solution non ionisée de même concentration par le nombre des ions ; ainsi une solution décinormale de soude (2 ions : Na et Oïl) a une pression osmotique de
- 24 x ^ X 2 = 4,8 atm,
- - Les solutions colloïdales possèdent également une pression osmotique, mais les lois qui la régissent ne sont pas aussi simples que les précédentes. La loi relative aux électrolytes s’applique encore : la pression osmotique est proportionnelle au nombre de micelles et au nombre d’ions engendrés par l’ionisation de ces micelles. Mais la loi relative à la concentration n’est plus exacte : la pression osmotique des hydrosols augmente généralement plus vite que leur concentration.
- VI. Relation entre la stabilité et la pression osmotique des colloïdes, — Lorsqu’on concentre une solution saline, il y a cristallisation au moment où la saturation est atteinte; la pression osmotique est alors maximum. De même, si nous concentrons une solution colloïdale (par filtration à travers un filtre de collodion), il arrive un moment où il y a coagulation : la concentration a alors atteint une pression osmotique limite.
- La stabilité des colloïdes dépend donc de leur pression osmotique, et l’étude expérimentale nous apprend qu’ils sont d’autant plus stables que leur pression osmotique limite est plus élevée. On constate, par exemple, que cette pression limite est faible chez les colloïdes qui coagulent par addition d’une faible quantité de sels ; elle est peu élevée également chez ceux qui ont tendance à déposer ou encore chez ceux dont le coagulum ne se dissout plus.
- Comme la pression osmotique des hydrosols dépend du nombre des micelles et des ions, les causes faisant
- varier l’ionisation produiront des changements dans la stabilité (le nombre de micelles est sensiblement constant). Ainsi l’addition d’ions polyvalents se substituant aux ions monovalents de la micelle diminue le nombre total des ions, et peut amener la coagulation ; c’est ce qui se produit lorsque nous remplaçons les six ions Cl de notre hydrate ferrique par trois ions SO4. La température influe également sur l’ionisation : en général elle la fait décroître; cependant elle l’augmente parfois; c’est le cas de la gélatine qui —nous l’avons vu, — se solidifie à froid. Ajoutons encore que la présence d’ions communs à ceux de la micelle diminue l’ionisation par action homo-ionique. Enfin, l’ionisation des micelles varie lorsque celles-ci adsorbent une substance quelconque.
- L’étude de ces facteurs de variation de la stabilité des colloïdes nous donne une explication des phénomènes de coagulation signalés plus haut. .
- Dans ce chapitre, nous ne pouvons passer sous silence l’existence des colloïdes protecteurs. Les colloïdes instables, tels que les hydrosols métalliques, peuvent être protégés contre la coagulation par l’addition d’un colloïde stable qu’on appelle colloïde protecteur. Par exemple, l’hydrosol d’or vire du rouge au bleu sous l’action d'une trace de chlorure dé sodium Na Cl; si on lui ajoute un peu de colle, de gélatine, d’albumine ou d’empois d’amidon, il ne vire plus, même avec beaucoup de Na Cl.
- Cette notion de colloïde protecteur reçoit une application importante dans la préparation des émulsions photographiques : des solutions aqueuses de nitrate d’argent et de bromure d’ammonium mélangées donnent un précipité de bromure d’argent; mais si au lieu de solutions, aqueuses on prend deux solutions de ces sels dans : la gélatine, le bromure d’argent ne précipitera plus; il restera à l’état colloïdal et le tout constituera le gélatino-i bromure d’argent.
- On peut expliquer cette protection en admettant que les grosses micelles du colloïde instable adsorbent les petites micelles stables du colloïde protecteur, et. que l’ensemble possède des propriétés se rapprochant de celles dü colloïde protecteur.
- Conclusion.—En résumé, cette rapide étude nous ; montre que cristalloïdes et colloïdes ont des propriétés ! communes; ces deux catégories de corps ne sont plus, comme on l’a cru longtemps, séparées par un fossé-infranchissable; il y a tout lieu de croire qu’entre petite micelle et grosse molécule il y a toutes les transitions | possibles.
- i Marcel Remy.
- j , Ingénieur-chimiste I. C. S,.- ;
- LA PORCELAINE ELECTROTECHNIQUE
- Les installations de transmission de force électrique à grande distance prennent chaque jour un développement plus considérable, les tensions sous lesquelles circule le courant dans les fils conducteurs aériens suspendus entre poteaux sont de plus en plus élevées et, par suite, il est indispensable que les isolateurs sur lesquels reposent ces conducteurs soient de parfaite qualité. Ils doivent'non seulement résister à la tension élevée du courant
- j
- t qui passe, mais aussi être capables de suppor-; ter les grands efforts mécaniques, dus au poids ; dés longues portées de câbles et aux secousses du | vent.
- ; La matière la plus couramment utilisée pour la ^ composition des isolateurs est encore la porcelaine. 1 On emploie également le verre, surtout pour les ] basses tensions, le basalte fondu, produit intéres-I sant et de grand avenir, mais c’est surtout les cloches
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- LA PORCELAINE ÉLECTROTECHNIQUE
- de porcelaine que l’on rencontre le plus fréquemment à l’heure actuelle.
- Lorsqu’il s’agit uniquement de suspendre et d’isoler des fils télégraphiques ou téléphoniques, dont la tension électrique est pour ainsi dire négligeable, il est évident que la simple cloche avec gorge pour la fixation du fil est amplement suffisante; mais aujourd’hui, avec les tensions élevées en usage, l’isolateur est devenu un organe beaucoup plus complexe. Il comporte en général plusieurs grandes cloches d’un profil étudié avec soin ; on superpose ces éléments les uns aux autres et l’on obtient alors une pièce parfois monumentale, qui oppose au passage du courant vers les poteaux-supports
- Fig. i. — Salle de broyage et de préparation de la pâte.
- Tambours tournants et filtres-presses.
- intervient. Ajoutons que ces objets se fabriquent, en général, par grandes séries, car en raison des grandes longueurs des lignes de transmissions, l’équipement exige le plus souvent un très grand nombre de pièces identiques.
- On a donc modifié de façon profonde le procédé primitif employé pour la fabrication de la porcelaine de ménage, bien que les principes suivis soient absolument les mêmes. Les diverses opérations de la fabrication sont surveillées avec beaucoup plus de soin ; les produits finis sont soumis, avant livraison, à une véri-
- Fig. 2. — 'Après pourriture, la pâte de porcelaine est battue dans des malaxeurs. Elle peut alors être moulée.
- une route très longue sur la porcelaine. Naturellement, plus les tensions sont élevées, plus l’isolateur est grand et plus il présente de gorges compliquéés.
- La fabrication de ces pièces exige dès soins minutieux, beaucoup plus attentifs encore que pour les objets de porcelaine utilisés dans la vie courante. Le moindre défaut créera un point faible par où le courant s'échappera, brisant l’isolateur- et créant un redoutable court-circuit. Il faut; pour les isolateurs une parfaite homogénéité, car pour supporter les efforts mécaniques des fils, la résistance mécanique de la matière
- Fig. 3. — Préparation d’isolateurs par tournassage.
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- Fig. 4. — Moulage d’isolateurs à la presse à main.
- fîcation attentive et à de sèvères essais électriques et mécaniques.
- Il est donc intéressant d’examiner les diverses opérations de la fabrication d’un isolateur et nous prendrons comme type des procédés modernes appliqués en France, ceux qui sont suivis aux anciens établissements Parvillée frères et Cie.
- La porcelaine, on le sait, s’obtient en cuisant une pâle plastique faite d’un mélange de kaolin et d’une certaine proportion de substances dites dégraissantes (feldspath, sable, etc.) qui empêchent, lors du séchage, le fendillement et le retrait.
- Le choix et le dosage de ces matières ont évidemment une importance primordiale. Les matières premières sont mises en silos et sont amenées par wagonnets à l’atelier de broyage et de préparation-de la pâle;
- Ce broyage s’elïectue, avec une addition importante d’eau dans des tambours tournants et le produit liquide obtenu est soumis au filtre-presse, j La. pâte très compacte, obtenue au sortir de ces filtres, est mise dans un lieu humide où elle reste pendant plusieurs mois, c’est ce qu’on appelle la pourriture de là pâte. Après cette période, la pâte est soumise à l’opération du batiage, dans des malaxeurs analogues à ceux que l’on emploie dans les diverses industries. La pâte est prête alors pour le moulage.
- Celui-ci s’effectue de différentes façons suivant la naîure des produits que l’on veut fabriquer. On pratique ainsi, pour les isolateurs de petites dimensions, le moulage à la presse à main ou à manivelle, puis pour des isolateurs plus importants, le moulage au balancier à vis à main, comme ceux que l’on emploie. dans les ateliers mécaniques de découpage de petites pièces.
- Ce sont là uniquement des machines utilisées pour des isolateurs à basse tension; mais, lorsqu’on a affaire à des pièces de dimensions importantes, il est nécessaire de recourir à d’autres procédés. La pâte est d’abord mise en forme, très grossièrement, à la main, c’est-à-dire qu’on prend le volume de pâte nécessaire pour la fabrication d’une pièce et un ouvrier lui donne une forme très grossière. On passe cette masse sur la machine, sur laquelle une sorte de piston de fonte descend et comprime la matière dans un moule, ce qui donne la forme extérieure. Une mac hine du même genre fait l’opération analogue pour donner la forme intérieure à la pièce.
- Un autre procédé de fabrication, employé pour la haute tension, est le tournassage. La pâte est séchée en pains; on la travaille ensuite au tour, absolument comme s’il s’agissait d’une pièce de laiton. Cette opération est surtout utile pour des pièces longues à gorges nombreuses et de diamètre relativement petit.
- Le coulage « au broc » se fait en versant la pâte délayée dans des moules en plâtre. Cette matière absorbe l’eau de la bouillie et il se forme une couche de pâte à peu près raffermie sur les parois du moule. Lorsqu’elle a acquis une certaine épaisseur, on peut, si cela est utile, écouler le reste de la pâte, ce qui produit le creux dans l’objet. Un moyen plus moderne est d’effectuer le moulage dans des moules à coulage sous pression. La pâte circule dans une série de tuyaux, grâce à l’action d’une pompe et elle est
- Fig. 5. *
- Préparation d’isolateurs par coulage ati « broc ».
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- Fig. — Salle de fours continus.
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- très vaguement les fours primitifs. C’est ainsi que dans les installations les plus modernes, les batteries de fours sont disposées circulairement dansunesalle immense et le chauffage des fours se fait au gaz ; on a alors une propreté de fabrication remarquable et une grande rapidité de mise en route.
- À la sortie du four, on obtient des pièces séparées que l’on doit ensuite, assembler pour former un isolateur complet. Ces pièces séparées sont essayées électriquement sous des tensions très élevées, la cloche étant renversée et remplie d’eau, le fil conducteur plongeant dans l’eau.
- Toutes les pièces qui se conduisent d’une façon parfaite sont
- Fig. 8. — Préparation d’isolateurs par coulage sous pression.
- comprimée dans les moules. Les pièces obtenues doivent être en général vérifiées et parfois retouchées, notamment dans les pièces par coulage où il faut enlever les coutures venant des joints du moule en deux pièces. Après le retouchage, on procède à l’émaillage, c’est-à-dire qu’on trempe les pièces dans Témail. Après un nouveau séchage, il n’y a plus qu’à envoyer l’objet à la cuisson; pour cela on dispose toutes les pièces dans des cazettes qui sont étagées les unes sur les autres, les pièces y sont disposées de manière qu’elles ne se touchent pas. On place toutes ces cazettes dans des fours.
- Les fours actuels ne rappellent que
- Fig. ç. — Montage des isolateurs.
- Les cloches dont ils se composent sont scellées les unes aux autres.
- alors envoyées à l’atelier de scellement, d’où sortent les isolateurs complets. Ceux-ci n’ont plus qu’à être vérifiés électriquement, comme on l’a fait pour les parties détachées et enfin mécaniquement, en les soumet tant à des efforts de traction dans un atelier d’essais mécaniques.
- La France a toujours occupé le premier rang dans l’industrie des produits céramiques et en particulier les isolateurs électriques en porcelaine à haute tension produits dans ses usines, ont conquis les faveurs du marché mondial. La qualité, universellement reconnue de ses matières premières, la perfection des outillages d’usine et
- Fig. ïo. — Essai électrique des cloches qui forment les isolateurs. Les cloches, remplies d’eau, sont soumises à l’action d’un courant à haute tension. ~
- de leurs laboratoires constituent tout le secret de ce succès. E.-1L Weiss.
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- L’Abîme Bertarelli (Istrie) et le Chourun Martin (Dévoluy).
- Les Italiens viennent d’effectuer, les 1er et 2 novembre 1924, l’exploration du goufïre ou puits naturel le plus profond qui ait été visité jusqu’à présent : 581 m. de creux total. Il est situé sur le haut plateau de l’Istrie, à Raspo] (région dite de la Cicceria, très sauvage et desséchée), vers 695 m. d’altitude, a 53 km. au sud-est de Trieste et à 9 km. au nord-est de Pinguente. Il établit le record de la profondeur en matière d’abîmes connus : on l’appelait localement « grotta délia Marna ».
- L’investigation en avait été commencée le 16 avril 1922 par plusieurs membres de la « Societa Alpina delle Giulie » de Trieste. Au fond d’une doline
- Apollonio, Gradenigo, B. Astori, Marœvich, A. Perko, etc., en tout 22 personnes.
- Après une journée de laborieux efforts, le Ie1' novembre, on parvint, dans la nuit, à 345 m. de profondeur, par une demi-douzaine de puits superposés, dont le plus important mesure 130 m. à pic. La largeur des derniers se réduit en un point à 30 cm,
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- Coupe
- schématique du Chourun
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- EA MARTEL 31 Juillet 8 1" Août 1899
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- Fig. i. — Coupe de Vabîme Bertarelli.
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- Fig. 2. — Le Chourun Martin.
- (entonnoir naturel) d’une vingtaine de mètres de profondeur, une caverne en pente assez douce avait été visitée jusqu’à l’orifice (à 50 m. sous terre) d’un puits naturel (en roche calcaire), qui semblait peu profond et où l’on ne put alors accéder faute d’échelle. En 1924, un autre groupement sportif de Trieste, l’Association du 30 octobre, entreprit une. série de descentes qui, par des puits successifs, parvinrent à 500 m. de profondeur sans atteindre le fond (MM. Prez et Tarabochia, le 20 septembre). 1 ’ Devant les difficultés rencontrées, les 2 sociétés « décidèrent d’organiser en commun une dernière tentative de grand style », sous la direction de MM. Antonio Béram et L. Y. Bertarelli, président du Touring Club Italien, avec MM. Br. Boegan,
- permettant bien juste de se couler dans la crevasse. C’est miracle que le gouffre n’ait pas été bouché ici. Entre 2 heures et 9 heures du matin, le 2 novembre, les escouades de manœuvre échelonnées aux différents étages du gouffre et munies de téléphones, restèrent sans nouvelles de la « patrouille de pointe » (M. Apollonio, V. Malusa, G. Cesca, G. Tevini). Celle-ci réussissait pendant ce temps à visiter une galerie très peu inclinée, large de 0 m. 80 à quelques mètres et haute de 6 à 10 m. en moyenne, parcourue par un ruisseau souterrain et décrivant de nombreux zigzags. On y trouva une petite caverne de 14 m. de diamètre, sous un abîme intérieur à voûte invisible, puis, au bout de 360 m., des éboulis qui bloquaient tout passage, à la pro-
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- fondeur totale de 381 m. Le plan et la coupe ci-contre dressés par MM. Apollonio et Béram, et gra cieusement communiqués par la. Soc. Alpina Giulie montrent la disposition de l’ensemble, conforme à maintes constatations analogues, mais moins profondes, dans tous les , ays calcaires.
- L’expédition a duré 35 heures du 1er novembre (9 heures matin), au 2 novembre (18 heures).
- Le matériel employé comprenait 500 m. d’échelles de cordes, 150 m. d’échelles en fil d’acier, incommodes à descendre, mais faciles à transporter, quatre appareils téléphoniques (1000 m. de câble), des kilomètres de cordages, de puissants phares à acétylène, etc.
- Pour arrêter les chutes de pierres on dut caler, entravers du grand puits de 130 m., deux gros troncs de peupliers, par dessus lesquels passaient les cordes et les échelles. L'orifice n’ayant que 4 m. de largeur, ce dispositif de sûreté put être heurecsemi nt réalisé. Comme « agents de liaison », MM. Jt nul et de Vecchi demeurèrent 20 heures consécutives eu bas du grand puits de 130|m. (température : 8° C.), exposés à tous les genres d’açcidents.
- Lui-même, le président L. V. Bertarelli passa toute une journée dans le gouffre et descendit jusqu’à 245 m. de profondeur (5e puits) pour aider aux manœuvres.
- Aussi, et en raison de l’intérêt particulier qu’il témoigne pour les rétentes explorations souterraines italiennes, — et de la participation personnelle qu’il y apporte, — la Grotta délia Marna a-t elle été débaptisée séance tenante et dénommée « abîme Bertarelli ».
- Non seulement cet exploit « spéléologique » fait le plus grand honneur à ses participants et constitue une véritable nouveauté géographique, — mais encore l’intérêt scientifique de la trouvaille est considérable, aux points de vue tectonique et hydrogéologique.
- On avait déjà constaté, —- et la carte géologique au 1/200 000 de F. Saeco de la Vénétie Julienne (Istrie), publiée en 1925 par la Soc. Alp. Giu. et l’Istituto geografîco militare confirme — que la doline etla caverne d’ouverture se trouvent dans les calcaires marneux, parfois arénacés et généralement imperméables, de Féocèné moyen. Le calcaire liburnien de l’éocène inférieur alfleure, sur 400 m. de largeur, à 1600 m. au nord-est ; et à 2 km., le crétacique supérieur (turonien) se trouve redressé, à 1037 m. (Monti délia Verna).
- Or, les mai nés ont été absolument perforées sur 50 m. d’épaisseur par les absorptions d’eau qui , creusèrent plus bas les puits verticaux.. (C’est pour- ! quoi dans le pays même, l’èntréé du gouffre s’appe-lait la Grotta délia- Marna.) > ^ ' (.B
- C’est le phénomène que j’ai si souvent constaté ? aux abîmes des Causses, à la grotte de Pcne-Blanque : (Haute-Garonne), en Belgique, etc. (V. Nouveau j Traité des Eaux souterraines, 1921, p. 321).
- Trois ruisseaux se précipitent encore au gouffre
- après les grandes pluies, comme dans beaucoup d’autres abîmes du Carso. Ils furent jadis bien plus puissants.
- La forme verticale des six puits dans le calcaire nummulitique (sur 295 m. de hauteur), achève de prouver que le creusement s’est fait par érosion de haut en bas, et nullement par effondrement de bas en haut.
- Dans la galerie du fond, on a retrouvé sur 56 m. d’épaisseur le calcaire bitumineux à forte odeur fétide de l’étage liburnien (éocène inférieur) ; ce calcaire très dur se prête peu à la formation de grandes cavernes. C’est ainsi que les dimensions de la galerie sont faibles.
- . Le plan ci-contre fait voir comment la galerie du ruisseau s’est pratiquée, comme dans toutes les rivières souterraines, aux dépens des cassures préexistantes du sol. Et surtout l’abîme non bouche' n’aboutit pas à Y imaginaire nappe d’eau, considérée comme la gruncl-Wasser ou le niveau hydrosta-ligue du Carso.
- Il conduit à un drain souterrain, pourvu de quatre affluents verticaux (cheminées des voûtes), dont le dernier est malencontreusement obstrué, quant à présent. L’altitude atteinte au fond est de 514 m. Le plus proche « val de drainage » est celui de la Fiumera qui, vers 46 m. d’altitude, rejoint le Quieto, sous Pinguente (150 m.). C’est dans ce val qu’il faut chercher enlre 50 et 200 m. d’altitude la résurgence des eaux du nouvel abîme. La Fiumera elle-même naît vers 300 m. d’altitude à 10 km. au Sud de Raspo.
- On devra aussi étudier les alluvions et matériaux de remplissage de la galerie du ruisseau, pour essayer de déterminer l’âge de son creusement. Et il importe de déblayer l’éboulis qui a arrêté la marche, de façon à pouvoir continuer l’exploration. Dès maintenant, la coupe géologique du gouffre confirme l’existence des grands plissements tectoniques reconnus par les géologues en travers de la péninsule istriote.
- Nous avons dit, en effet, qu’à 2 km au nord-est de l’orifice du gouffre, le crétacique turonien est redressé à 1057 m. d’altitude, tandis que le calcaire liburnien éocène se trouve au fond dès 550 m. d’altitude seulement : l’abîme est donc bien dans un synclinal. Et il en est de même à la fameuse Foiba de Pisino (altitude 190 m.) à 25 km au sud-ouest, que j’ai explorée et décrite en 1895 et 1896 (Y. Les Abîmes, 1894, p. 478 et La Nature, n°1274, 30 octobre 1897).
- Ces constatations tectoniques souterraines sont fort importantes : elles interviendront peut-être utilement quelque jour dans les controverses relatives aux fameux charriages et aux mylonites (V. le beau livre de P. Termier. A la gloire de la Terre, 2e; édit.. 192 4)., (,7
- : Il importe de souligner un curieux parallèle entre ceL aLîmc Eerlarelli et celui du Chourun-Martin, en Dévoluy.
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- Ce dernier, découvert en 1899, eit également dans le créta-cique supérieur (séno-nien).
- Ouvert à 1580 m. d’altitude, il se compose aussi de plusieurs puits successifs, atteignant au moins 310 m, de profondeur (mesurés) et peut-être même 400 ou 500 m.
- le quatrième puits sondé n’a pas moins de 140 m. à pic.
- Certains indices ont fait penser qu’il était suivi d’un cinquième mesurant peut-être 200 m.
- Le tout doit aboutir à un ré-eau de cavernes ou de ruisseaux souterrains, qui ont pour résurgences les abondantes fontaines des Gillardes, (altitude 863 m. 6 et 867 m. 2 Niv. gén ) à l exiré-miié nord du Dévoluy.
- Si on avait pu achever l’exploration du Chourun-Martin, on aurait certainement acquis des données précieuses, pour guider les recherches qui sont actuellement effectuées au dehors, en vue du captage souterrain de l’eau des Gillardes et de son utilisation comme force motrice.
- Mais le Chourun-Martin n’a pu être visité que jusqu’à 70 m. de profondeur (Y. Bull. Soc. Etudes des Hautes-A Ipes, 1902, et Spé-léologie au xxe siècle, 1905, p. 64), à cause des dangers de la descente, du défaut de main-d’œuvre et des coûteux dispositifs de sécurité nécessaires à combiner à l’intérieur.
- L’entrée du 3e puits ne mesure pas moins
- Fig. 3 - D.ms le second puits du Chourun-Martin (3i juillet i8og).
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- par MM. Apollonio et Béram fait bien voir comment il s’en est fallu de peu que le gouffre Bertarelli ne fût bouché à 245 m. seulement. . '•
- Un tronc d’arbre et quelques pierres eussent suffi ici pour en faire un cul-de-sac, comme pour presque tous les abîmes explorés jusqu’à présent.
- Dans le Carso spécialémén-t,: une telle déconvenue s’est manifestée, à quelques unités près, parmi lés mille à douze cents gouffres déjà visités. Il en est de même en France (Gausses, Vaucluse, Ardèche, Dauphiné, Jura, Pyrénées, Provence).
- De telle sorte qu’en réalité d’aucun abîme, même obstrué, on ne saurait dire qu’on ait véritablement atteint le fond. Dans beaucoup, quand on pourra entreprendre des déblaiements ou des élargissements de fissures, on aboutira certainement aux vrais réservoirs et réseaux d’eaux souterrains alimentant les résurgences : par exemple à l’Aven Armand (Lozère, éboulis à 210 m.); à Jean-; Nouveau (Vaucluse, éboulement à 178 m.). Mais c’est là une « œuvre de l'avenir » ! (V. La Nature nos 1 ü98. 9 déc. 1905; 1706, 3fév. 1906, etc.).
- E.-A, MxVrtel.
- Fig. 4. — Orifice de Vabîme Bertarelli.
- (Phot. A. Ivancich).
- de 15 à 20 m. de diamètre et il serait fort compliqué d’y installer, contre les avalanches souterraines de pierres et de neige (fig. 5), plusieurs barricades d’arrêt comme à l’abîme Bertarelli. Actuellement une telle entreprise entraînerait des dépenses véritablement prohibitives.
- D’autant plus que ce chourun est haut placé dans une région désolée et des montagnes rébarbatives, loin de tout centre d’action et des routes d’accès. Tandis qu’à l’abîme Bertarelli, Trieste a fourni toutes sortes de concours matériels, et que notamment les agrès et apparaux ont pu être transportés jusqu’à l’orifice même par des camions automobiles. Heureux les audacieux spéléologues italiens qui ont pu vaincre ainsi toutes les difficultés de leur exploit! La curieuse coupe (fig. 1) dressée
- Fig. 5.
- Mode d’attache de l’échelle dans Vabime Bertarelli.
- (Phot. A. Ivancich).
- Le Gerant : P. Massok — Imprimerie Lauike, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE
- - N" 2657
- 7 MARS 1925
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DES ARTS DÉCORATIFS
- Une Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes doit s’ouvrir à Paris, le 15 avril prochain et, bien qu’une arme'e d’ouvriers travaille activement à l’édification de ses divers pavillons, elle suivra sans doute la tradition des solennités analogues : elle ne sera pas prête à l’heure dite ! Mais cela d’ailleurs ne nuira probablement pas à son succès, que tout jusqu’ici semble
- remarquables productions dans le domaine actuel des arts décoratifs.
- Comme nos diverses photographies (fig. 1, 2 et 5) le montrent, les bâtiments destinés à abriter tous ces chefs-d’œuvre de l’industrie et de Farti-sanat modernes s’élèvent en plein cœur de Paris, sur les deux rives de la Seine entre les Champs-Elysées et l’Hôtel des Invalides. Ils s’étendent sur
- Fig. i. — Les travaux de l’Exposition des Arts décoratifs. (Vue piise de l’Hôtel des Invalides. Février 1925.)
- faire prévoir, industriels ou artisans des Deux Mondes, sculpteurs sur bois ou sur métaux, céramistes et dessinateurs de tissus de France ou de l’étranger, s’apprêtent en foule à y apporter leur concours, sous une forme que les organisateurs ont voulu absolument moderne. Toutes les copies de style ancien, que les nouveaux riches et les snobs se disputent aujourd’hui à coups de billets de banque, seront rigoureusement bannies de ces originales assises du progrès. Quelle que soit la matière travaillée et quelle que soit sa destination, chaque objet exposé devra posséder une forme rationnelle, gracieuse, parfaitement adéquate à son but et être, en outre, d’une irréprochable facture. Si le jury s’attache à observer de telles directives, cette exposition mettra en relief les plus
- une superficie de 28 hectares. Le long du fleuve on a installé, sur la rive gauche, des restaurants français et la section des moyens de transport, puis vis-à-vis, sur la rive droite, les pavillons et les restaurants étrangers. Un peu plus loin, le long du cours Albert Ier, l’Exposition d’Horticulture, un village français et la section coloniale.
- La porte d’honneur, exécutée d’après les plans de MM. A. Ventre et Henry Favier, s’ouvre sur l’avenue Nicolas II (fig. 2); elle offre la splendide perspective du pont, de T Esplanade et du dôme des Invalides. Sur l’Esplanade, en face des vieux canons de bronze, évocateurs de nos guerres, l’architecte en chef de l’Exposition, M. Charles Plumet, a placé — étrange contraste avec le monument de Mansard — le pacifique « Cours des Métiers » aux fontaines
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- Alexandre III.
- harmonieuses et aux verts bosquets. D'un côté du vaste quadrilatère, un théâtre édifié sur des données nouvelles par M. Auguste Perret, fait pendant à l’originale bibliothèque de M. Huillard, tandis qu’en bordures des quinconces régnent deux longues galeries flanquées à leurs extrémités de tours monumentales de 50 m. de hauteur (fig. 5). Dans ces quatre tours, dont les silhouettes massives dominent de haut les bâtiments de l’Esplanade, on célébrera tous les produits alimentaires tirés de notre sol. A l’étage supérieur de chacun de ces édifices, des restaurants régionaux, esthétiquement aménagés, permettront aux gastronomes d’apprécier à nouveau la renommée séculaire de la vieille cuisine française.
- A peu de distance, se dresseront, entre autres bâtiments, les pavillons de Lyon, de Roubaix-Tourcoing, de Mulhouse, du célèbre peintre verrier Lalique et de la. Manufacture nationale de Sèvres. Quant à l’emplacement qui recouvre la gare des Invalides et sur lequel des dallages en verre interdisaient de bâtir de trop lourdes constructions, M. Jacques Lambert y a planté de gracieux décors architecturaux, de délicats pylônes* des massifs d’arbustes et de plantes au milieu desquels s’aperçoivent, çà et là, les palais des grands magasins parisiens.
- Maintenant, si nous franchissons la Seine en prenant le pont Alexandre III, nous rencontrerons les pavillons étrangers, entre autres ceux de la Belgique (fig. 4), de la Grande-Bretagne, de l’Autriche, du Japon, de la Tchécoslovaquie, de la Pologne, de la Suède, du Brésil, de la Grèce, de la Yougoslavie, du Danemark, de la Suisse, de l’Espagne, etc. Poursuivant notre visite, nous pourrons voir aux abords du Petit-Palais — (non compris dans l’en-ceinie de l’Exposition) — les pavillons régionaux de France. Parmi les mieux réussis de ces derniers aü point de vue des lignes architecturales caractéristiques, distinguons ceux de la Normandie, de la Provence et de l’Alsace (fig. 6) dont la construction
- e."t malheureusement peu avancée, au moment où nous écrivons ces lignes.
- Circulons rapidement à travers les rues encore boueuses du « village moderne » d ois lequel MM. Agache, Guimard, Silmershcim et autres architectes ont appliqué, avec ingé-nio iié, les heureuses conceptions de l’esthétique urbaine, malgré les conditions imposées par la municipalité parisienne de respecter ses arbres, ses canalisations d’eau, de gaz. et d'électricité.
- Délaissant les expositions florales et le vaste bâtiment consacré aux envois pittoresques de nos colonies, entrons dans le Grand Palais, complètement transformé pour la circonstance. Un escalier, d’allure grandiose, se développe face à l’entrée principale et la piste du rez-de-chaussée se trouve partagée en deux parties, réservées l’une à la section française, l’autre aux sections étrangères. Là, se grouperont les manifestations artistiques du commerce de luxe des Deux Mondes.
- Nos grandes maisons de couture de la rue de la Paix, nos joailliers les plus réputés, nos ferronniers d’art, nos fabricants de soieries de Lyon, nos verriers de Nancy et mille autres de nos artisans y feront admirer leur habileté professionnelle, leur
- Fig. 3.
- Construction d'une des tours monumentales de 3o mètres 'avec restaurant à l’étage supérieur.
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- goût sur et leurs artistiques créations sans cesse renouvelées.
- Telles sont, grosso modo, les dispositions adoptées par le Commissariat de l’Exposition internationale des Arts décoratifs dirigé par M. Ferdinand David.
- D’une façon générale, on ne verra pas, comme dans les précédentes exhibitions, une débauche de staff sur les bâtiments dont les sobres lignes architecturales se trouveront simplement rehaussées par quelques motifs de sculpture, de céramique, de mosaïques et surtout par d’innombrables fleurs répandues à profusion autour des pavillons pour donner aux visiteurs l’illusion de se promener dans un riant jardin. En outre, des fêtes de nuit qui viendront accroître l’intérêt de celte manifestation, auront pour cadre merveilleux la Seine et ses rives.
- Enfin la Commission d’admission, présidée par M. François Carno!, a réparti les industries en 5 groupes : architecture, mobiliers, parure et théâtre. Indépendamment des objets scéniques,
- mg. 5.
- Pavillon d’Alsace.
- big. 4. — Pavillon de Belgique.
- cette dernière classe comprend les arts de^la vie et du jardin. On se rend compte par ce court résumé que la prochaine Exposition embrasse tout ce qui « peut contribuer à rendre notre vie plus confortable, plus souriante et mieux parée », selon le vaste programme des organisateurs. Elle aura un égal intérêt pour les artistes et les artisans créateurs de modèles, pour les industriels chargés de la fabrication, pour les commerçants, acheteurs ou vendeurs et pour le public, qui doit se servir de tous ces objets. Les exposants n’aurontd’ailleurs pas à se plaindre des condilions dans lesquelles s’engage cette lutte pacifique. Ils pourront présenter leurs œuvres delà façon la plus favorable, soit dans des pavillons isolés pour les expositions collectives d’artistes et d'industriels français ou étrangers, soit dans les galeries de l’Esplanade des Invalides, dans les stands réservés à des groupements de moindre importance ou à des expositions individuelles, soit pour les objets fabriqués en série dans le hall du Grand Palais.
- Puissent donc nos artistes, nos techniciens et nos commerçants attester bientôt, aux yeux du monde, que les Français travaillent toujours à apporter dans la cité future un peu plus de bien-être et de beauté!
- Jacques Boye 11.
- LA SYNTHESE ORGANIQUE DANS LE MONDE VEGETAL") '
- Le problème de la synthèse organique dans le règne répétai est un des plus vastes par l’étendue des investigations qu’il nécessite, un . des plus complexes par l’enchevêtrement des phénomènes qu’il embrasse, un des 1. Résumé d’une conférence faite le 17 février 1925, devant la Société de chimie biologique.
- plus transcendenlaux par les hypothèses qu’il suggère, aussi a-t-il suscité de très nombreuses recherches dans tous les domaines de la Science.
- Si l’on embrasse d’un coup d’œil d’ensemble toutes les hypothèses qui ont et,é formulées pour expliquer l’enchaînement des différentes élaborations de la plante,
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- on peut les classer en deux catégories, basées sur deux conceptions différentes de la synthèse organique naturelle : Une conception purement physico-chimique et une conception biogénétique. La première, la plus classique, suppose une longue série de réactions successives, assez semblables à celles que nous employons dans nos laboratoires, s’en différenciant seulement par la mise en œuvre de catalyseurs spéciaux, plus variés, plus efficaces, plus spécifiques que les nôtres. A cette conception se rattache, en premier lieu, l’hypothèse de Baeyer, qui place l’aldéhyde formique à la base de la synthèse des glucides (hydrates de carbone). Le premier stade de l’assimilation •chlorophyllienne sera exprimé par l’équation : ï • CO* + H*0 = HCHO + 0*
- Aeide carbonique + eau = aldéhyde formique + oxygène, l’énergie nécessaire à cette réaction étant empruntée à la lumière solaire.
- La réduction de l’acide carbonique en aldéhyde formique a pu en effet être effectuée in vitro, par voie purement- chimique et même photochimique, soit sous l’action des radiations ultraviolettes (D. Berthelot), soit en lumière visible, en présence d’un catalyseur (Baly, Cho-dat). Le formol, par aldolisation, conduirait au glucose, processus en tous points analogue à celui que Fischer mit en œuvre dans ses remarquables synthèses des sucres.
- Le glucose à son tour, par un phénomène de condensation, se transformerait en amidon, en passant par divers stades de complexités croissantes (di, tri, polysaccharides, dexlrines diverses) (A. Maige), vraisemblablement grâce à l’action réversible de la diastase amylolytique (Grafe, Onslow).
- La synthèse des lipides (graisses) dériverait, elle, de celle des acides gras et de celle de la glycérine, l’une et l’autre issues des glucides. Quant aux protides, ils auraient pour générateurs les acides aminés, formés eux-mêmes par l’action de l’ammoniaque (provenant des nitrates) sur les produits de dégradation des sucres et résulteraient de l’enchaînement progressif de ces peptides en polypeptides, peptones et protéines. -
- Mais c’est en vain qu’on a cherché à mettre en évidence dans la plante la moindre trace de la plupart des étapes intermédiaires dont cette théorie prévoit l’existence. impossible de déceler le formol dans la synthèse du glucose, la moindre dextrine dans la formation de l’amidon : au contraire, il résulte des observations déjà anciennes de Girard, de Brown et Morris, confirmées dernièrement par Belval, que le saccharose apparaît avant le glucose, aussi bien dans la betterave que dans les céréales. Jamais non plus on n’a pu saisir de composés intermédiaires dans la formation des lipides, et il est bien difficile d’affirmer que les acides aminés, isolés de la plante, sont des formes de transition au cours d’une édification de la molécule protidique plutôt que des produits de dégradation hydrolytique.
- Gomment concilier avec la théorie de la synthèse graduelle l’impossibilité où nous sommes de déceler les étapes intermédiaires aussi bien au cours des élaborations' synthétiques primaires qu’à l’occasion des transformations secondaires?
- Des solutions particulières ont été'proposées par différents auteurs. Pour les uns, il faudrait substituer à l’aldéhyde formique comme produit primaire dans la théorie de la fonction chlorophyllienne, l’aldéhyde glycûlique (Rouge), pour d’autres l’acétylméthylcarbinol (Mazé),ete.
- Pour L. Maquenne, la réduction de CO2 et la polymé-
- DANS LE MONDE VÉGÉTAL —...........................
- risation du radical ainsi formé seraient simultanées. Ce savant explique ce phénomène, qu’il attribue à la nature colloïdale de la chlorophylle, par un jeu ingénieux de formules, rendant compte chimiquement de ce processus.
- Le problème de la genèse des lipides reste plus obscur encore : les uns, abandonnant l’hypothèse d’une origine glucidique pour chercher dans des alcools à poids moléculaires élevés, formés directement par une modalité de l’action chlorophyllienne, les précurseurs des acides gras (Scurti), les autres continuant à étudier par analogie avec le métabolisme de ces substances dans l’organisme animal les produits intermédiaires hypothétiques de nature hydrocarbonée (1. Smedley.)
- La participation des sucres à la genèse des acides aminés et à l’édification des protides a également ses adversaires (Baly).
- Si nous abordons enfin la synthèse de tous les autres principes immédiats de la plante : essences, tanins, alcaloïdes, etc., là encore nous nous trouvons en face de théories les plus contradictoires sur leurs, origines et sur le mécanisme chimique qui préside à leur formation.
- Notre conception biogénétique lève toutes ces difficultés en déclarant l’inutilité de la recherche de tous ces stades hypothétiques. En effet, en tant qu’être organisé, la synthèse principale de la plante consiste avant tout dans l’élaboration de nouvelles matières organisées. Aussi croyons-nous avoir le droit de transposer en chimie biologique la grande loi biogénétique de F. Muller : Vontogénie n’est que la reproduction de la phylogénie ; mai.s une reproduction infiniment accélérée, dans laquelle les étapes intermédiaires de la longue évolution naturelle sont à peine ébauchées, quelques-unes même complètement absentes. Celte tachygenèse, faculté inhérente à tout phénomène héréditaire, nous la retrouvons dans la synthèse des substances organiques, quand nous voyons le protoplasma, aux catalyseurs multiples, réaliser d’emblée, par des processus réactionnels simultanés, l’édification des composés les plus différenciés. Le problème se pose de façon toute différente suivant qu’on cherche à remonter à l’origine du mécanisme employé par la plante, au cours de la phylogénie, pour amener une substance au stade de complexité que nous lui voyons aujourd’hui, ou bien que nous envisageons sa synthèse actuelle. Celle-ci ne sera le plus souvent qu’une réplique si rapide de celle-là que nous resterons impuissants à percevoir la moindre étape intermédiaire et,que la synthèse des substances les plus compliquées nous apparaîtra souvent somme surgissant d’emblée (Max Polo-novski).
- Ce qui distinguera en outre la genèse naturelle de nos synthèses chimiques habituelles et lui prêtera un cachet tout particulier, c’est la spécificité des types qu’elle reproduit : avec un minimum de matériaux les plus simples? la plante édifie ses substances les plus différenciées suivant une orientation héréditaire préformée en son germe. Mais, accessoirement, par le seul jeu des lois d’équilibre chimique, il se produit dans ce milieu colloïdal éminemment plastique de nombreuses substances cristalloïdes. Ces composés d’élaboration secondaire peuvent être éliminés comme déchets ou réagir à leur tour sur le miüeu qui leur a donné naissance, continuant ainsi à joue» un rôle dans le métabolisme intermédiaire de te cellule. ,
- Michel Polonovski,
- professeur à la Faculté de Médecine de Lille.
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- LA MESURE DE LA VITESSE DES AVIONS AU VOISINAGE DU SOL
- Il est très fréquemment nécessaire de déterminer la vitesse en palier d’un avion-, par rapport à l’air, au voisinage immédiat du sol. Ce problème se présente, soit que l’on veuille simplement mesurer cette performance, à laquelle est attaché l’intérêt sportif que l’on sait, soit que l’on cherche à tarer l’anémomètre installé sur l’avion et que l’on utilisera ultérieurement pour la détermination des vitesses
- Fig. i. — Là cabine du photographe à l’une des extrémités de là base.
- L’observateur déclenche son appareil au passage de l’avion; en même temps, se produit un signal électrique qui va s’inscrire sur un enregistreur au bâtiment central.
- parfaitement visible en vol (base de mesure des vitesses); en outre, un barographe très sensible,; ou mieux un statoscope de précision, placé sous ses j yeux et qu’il peut consulter à tout instant lui permet de conserver une altitude invariable. j
- Les diagrammes relevés par l’un ou l’autre de; ces instruments permettent du reste, après coup, de; se rendre compte de la correction de l’expérience.
- Fig. 2. — L’intérieur de la cabine photographique.
- L’appareil photographique, installé sur un massif de béton, tourillonne autour d’un axe parallèle à la base que suivent les avions. L’opérateur est relié téléphoniquement avec le poste d’enregistrement,
- en palier aux différentes altitudes, pour contrôler le vol, ou comme instrument de navigation. Ce problème a été résolu, d’une façon particulièrement intéressante, par le Service Technique de l’Aéronautique, à l’aérodrome de Villacoublay. Nous allons montrer par quels ifioyens. -
- Il suffit, en principe, pour déterminer la-vitesse de l’avion, de lui faire\(arcqjjrk*-une horizqntale, W ras du sol (altitudq^raieHetli^où éfale à ^0vrnv)fr Deux observateurs notent tes épcjpgfcs des passages dans deux plans perpendiculaires à cetté*horizonr taie et séparés par une distance connue.
- Pour aider le pilote à décrire sensiblement une ligne droite horizontale, on l’astreint à suivre une route rectiligne sur toute la longueur utilisée, et
- Étant donné la difficulté d’évaluer avec précision l’influence du vent, on opère par vent nul ou de vitesse négligeable (inférieure £^3 m.), dirigé suivant la .base, que l’avion parcourt successivement .dans les deux sens.
- La distance séparant les deux observateurs doit vôtre suffisante pour que l’on puisse se rendre compte , (pai^élude .dû diagramme de l’anémomètre enregistreur) que la vitesse est bien la vitesse de régime, au nombre de tours adopté pour le moteur et qu’elle n’a pas été artificiellement accrue par un piqué plus ou moins- prononcé, précédant le passage sur la base; elle ne doit pas être trop considérable, sous peine d’acoroitre le nombre et par suite l’importance des inévitables changements de direction
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- lèÔ = LA MESURE DÉ VITESSE DES
- F/e- 3. — Le poste central d’enregistrement avec- ! l'appareil enregistreur Boulitteen fonctionnement.
- et d’allilude et de ne fournir qu’une vitesse moyenne très différente de la vitesse vraie. L’expérience a montré que l’on obtenait de bons résultats avec une base de 4 à 5 km. La base de Yillacoublay mesure 4610 m. 10 (longueur réduite à l’horizon).
- Or, les avions que l’on utilise couramment dans la pratique atteignent maintenant des vitesses de l’ordre de 250 km à l’heure. La durée d’un passage à cette vitesse sur la base est de Tordre de 60 secondes. Si Ton désire une erreur relative maxima de 1 / 100e sur la vitesse, il faut que Terreur commise par chacun des observateurs soit inférieure à 0,5 seconde. L’expérience a montré que cette équation personnelle pouvait facilement dépasser une valeur triple.
- Pour éliminer cette équation personnelle, on a étudié et mis au point à l’aérodrome du Service Technique de l’Aéronautique, le dispositif expérimental ci-après.
- A chaque extrémité de la base est installé un appareil photographique (du type ordinaire 18 X,24 grand champ, utilisé par l’Aéronautique militaire). Porté par une tourelle spéciale, installé sur un massif de béton, il tourillonne autour d’un axe parallèle à la base et perpendiculaire à son plan de repère. On peut vérifier son orientation, aussi souvent qu’il est nécessaire, par visée sur des balises très éloignées, et le modifier, s’il y a lieu, après rupture de scellés convenables (fig. 1 et-2).
- AVIONS AU VOISINAGE DU SOL =
- Au passage de l’avion, l’observateur déclenche son appareil. Le déroulement du rideau (déroulement dont la durée totale de la course est de Tordre de 1/15 de seconde) produit au milieu de sa course, au moyen d’une came, un contact électrique, se traduisant, sur un enregistreur convenable placé à environ 2 km de là, vers le milieu de la base, dans le bâtiment central du Service Technique de l’Aéronautique, par le top d’une plume que commande un électro-aimant (fig. 5).
- Le signal s’inscrit sur une bande de papier entraînée par l’enregistreur. Sur la même bande un chronomètre, indépendant du mouvement d’entraînement, inscrit la seconde. Un régulateur réglable et un changement de vitesse, montés sur le mouvement d’entraînement, permettent d’obtenir l’inscription de la seconde à l’échelle convenant le mieux à l’essai que Ton fait.
- Pendant que l’avion parcourt la distance séparant les observateurs, on utilise une vitesse de déroulement du papier de 2 mm par seconde environ Lorsque l’avion approche de chacun des observateurs (auquel l’opérateur central veillant sur l’enregistreur est relié téléphoniquement) on donne à cette vitesse une valeur de 1cm par seconde qui permet pour la lecture des temps une précision du 1/25 de seconde. On peut du reste, si besoin est, aller jusqu’à 5 cm par seconde, ce qui donnerait le 1/100 de seconde.
- L’enregistreur proprement dit est construit par la maison Boulitte.
- Il est d’un emploi fréquent dans les laboratoires et dans toutes les stations où des mesures de temps sont à effectuer (sections de repérage par le son, par exemple).
- La vérification du chronomètre inscrivant la seconde (et même, si on le désire, le 1/5 de seconde) présente une importance capitale. Elle est faite systématiquement, avant tout essai, au moyen de deux chronomètres de marine, réglés sur la Tour Eiffel, et conservant le temps avec une très haute précision (fig. 4).
- Fig. 4-
- Les chronomètres étalons.
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- LA MESURE DE VITESSE DES AVIONS AU VOISINAGE DU SOL
- On a ainsi, 1res exactement, les instants auxquels les photographies ont été prises à l’une et à l’autre extrémité de la hase. L’examen des photographies permet ensuite de préciser la situation exacte de l’avion à chacun de ces instants. On connaît en effet la longueur de l’avion, ce qui permet d’évaluer l’échelle de la photographie et d’effectuer les petites correc'ions nécessaires pour tenir compte de l’écart de la position de l’avion par rapport au plan de repère. On possède alors tous les éléments néces-
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- que l.’on rencontre couramment en aéronautique et qui mettent en jeu des intérêts considérables, de laisser, comme toutes les méthodes d’enregistrement, une trace écrite et vérifiable par tous de la conduite de l’expérience.
- Pratiquement, l’erreur relative sur la mesure des vitesses est ainsi de. l’ordre de 1 /l 000 pour un avion faisant 20U km à l’heure.
- Ajoutons quelques mots sur l’utilisation, pour la détermination des vitesses en palier aux differentes
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- Fig. 5. — Reproduction d’une photographie prise au cours d’une mesure de vitesse sur une hase.
- Le trait vertical matérialise le plan de repère. Les deux passages successifs de l’avion devant l’opérateur sont
- photographiés sur la même plaque.
- saires pour calculer la vitesse de l’avion avec la précision voulue.
- Dans je but de réduire au minimum le nombre de plaques photographiques utilisées, on prend sur la même plaque deux passages successifs de l’avion devant le même observateur. Compte tenu de l’orientation Est-Ouest de la base et du fait qu’on désire seulement une silhouette de l’avion, aucune précaution spéciale n’est à observer. On prend du reste ces photographies par tous les temps.
- Au cours de plusieurs mois d'utilisation, après d’innombrables essais sur des machines volantes offrant toute la gamme des vitesses que l’on peut rencontrer, le procédé a été mis au point et s’est révélé très pratique. Outre sa haute précision, il présente l’avantage énorme peur les compétitions
- altitudes, des résullals de mesure de la vitesse au sol.
- Nous avons vu avec quelle haute précision on peut avoir cette caractéristique. C’est à ce procédé ou à un procédé du même ordre que l’on est toujours contraint de s’adresser. 11 ne suffit pas en effet d’étalonner au « tunnel aérodynamique » avec toute la précision désirable, un indicateur de vitesse et de l’installer ensuite sur l’avion ; l’expérience a montré que les indications de cet instrument étaient toujours influencées, et dans une proportion considérable, par le voisinage des différentes parties de l’avion. Il n’est pas plus possible de prévoir Jes variations des indications de l’anémomètre que de les annuler. Et l’on est ainsi conduit dans 1ous les cas à procéder à un tarage direct, ou étalonnage de cet indicateur de vitesse monté sur l’avion.
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- LE THÉ D’INDOCHINE
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- Le vol d’étalonnage consiste én une série "de 6 passages, 3 allers et 3 retours, faits à trois régimes nettement différents du moteur — pour avoir 3 valeurs nettement différentes de la vitesse — un même régime étant conservé pour deux passages consécutifs aller et retour. Les temps de passage sont mesurés comme il a été expliqué précédemment.
- On peut alors en rapprochant les indications de l'anémomètre (généralement enregistreur) des nombres trouvés directement pour les vitesses au sol, construire la courbe de tarage de cet anémomètre (compte étant tenu de la densité de l’air calculée au moyen des indications du barographe et du thermomètre, l’air étant supposé moyennement humide). La connaissance de cette courbe de tarage permet ultérieurement, par la seule exécution d’une série de paliers à différentes altitudes (où la pression et
- la densité sont enregistrées) de calculer la vitesse par rapport à l’air de l’avion à ces altitudes. On en construit ensuite la courbe dont la considération est d’une importance capitale, aussi bien pour le calcul ou la vérification des autres performances que pour le choix d’un avion répondant à des besoins déterminés. La plus intéressante à considérer est la vitesse de l’avion à l’altitude dite d’utilisation, variable avec l’espèce de l’avion étudié (avion de chasse, de bombardement de jour ou de nuit, de corps d’armée, de transports, etc...), à laquelle l’avion est considéré comme devant naviguer normalement. C’est à cette altitude d’utilisation que l’hélice de l’avion est « adaptée », et que très fréquemment à l’heure actuelle les avions présentent leur vitesse maxima.
- R. VUXEP.S.
- LE THE D’INDOCHINE
- On peut poser en principe que dans la lutte économique conduite contre nous avec tant d’âpreté, un des éléments de la victoire, et non le moindre, consisté à réduire, dans ses extrêmes limites, les importations des pays à change onéreux.
- Or si nous voulions examiner avec quelque soin la liste, trop longue, des matières premières importées, nous constaterions que bien peu d’entre elles se refusent à une production méthodique de notre soi. Mais en nous servant de ce terme, nous n’entendons pas, bien entendu, en limiter la portée à nos terres métropolitaines.
- Il est temps d’appliquer dans toute son ampleur la formule de l’Assemblée Constituante disant : « Le commerce colonial doit être considéré comme une affaire de famille et comme s’il était.fait entre deux régions d’un même pays ».
- Combien longtemps, à notre grand détriment, nous nous sommes éloignés de ce principe !
- Il semble cependant qu’un vent favorable venant du large, de là-bas, de nos terres lointaines, nous ramène vers.des idées plus saines.
- Et puisqu’un courant dont, depuis un quart de siècle, nous nous efforçons de montrer la nécessité, se crée enfin, hâtons-nous de le soutenir et de le diriger.
- Ce vers quoi nous devons tendre avant toutes
- WSstSÊSsmBÊm
- Fig. /. — Plantations de thé à Ceylan.
- choses, c’est produire nos substances alimentaires d’abord, nos matières premières industrielles ensuite. Ce sera le principal facteur qui aura une
- répercussion immédiate sur le coût de la vie.
- Et parmi ces produits, ceux qui constituent les boissons hygiéniques : thé, café, cacao méritent de retenir l’attention.
- Le thé, de plus en plus, prend place parmi les produits dont l’importation grandit. La France et ses colonies utilisaient, en 1920, 5 500000 kilogrammes de thé et cette quantité s’accroît chaque année au point d’avoir déjà doublé.
- C’est un chiffre important. On est tenté d’y voir comme cause principale la coutume de plus en plus accentuée du « thé de cinq heures » auquel tant d’établissements élégants nous convient et qui fait partie intégrante de la vie de toute une classe de la société. Que l’on se détrompe cependant. Ce qui est la cause principale de l’accroissement rapide de l’importation du thé, c’est la consommation qu’en font les indigènes de nos colonies. -t
- Sans surprise, on apprendra que l’Indochine en importe 1000 tonnes environ. Mais ce qui peut étonner davantage, c’est que le Maroc en employait 2545 tonnes, environ le double de ce que nous consommons en France, 1250 tonnes.
- Enfin, la Tunisie, l’Algérie, le Sénégal en impor-
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- LE THÉ D'INDOCHINE : v: ...—- 153
- tcnt 705 tonnes, ce qui complète le total indiqué.
- Voilà donc un marché important, eu égard à la valeur du produit. Il n’est donc pas sans intérêt de savoir quelle est la part de production qui revient à nos colonies et surtout si celles-ci, suivant les vœux que nous exprimons, sont capables de pourvoir à la totalité de nos besoins et, s’entend, en produits de bonne qualité qui puissent satisfaire à toutes les exigences.
- De quoi donc dépend la qualité du thé et par quoi est-elle caractérisée? Telle est la première question qui se pose et qui exige, pour y répondre, la recherche des conditions climatériques et culturales qui caractérisent la région apte à çette culture.
- Le thé, dont la culture en Chine remonte à la plus haute antiquité, est resté, jusqu’aux temps modernes, le privilège de cette contrée. Ce n’est qu’au siècle dernier que sa culture a été entreprise aux Indes, à Java et enlin à Ceylan. Les planteurs de cette île s’adonnaient spécialement à la production du café jusque vers 1880. Mais la maladie du caféier (Hëmileia vaslatrix) détruisit toutes les plantations. Il fallut chercher une autre culture. On entreprit celle du thé qui réussit pleinement. Cependant, les conditions climatériques imposées à la plante différaient totalement de celles où en Chine l’on obtient les meilleurs produits. De fait, le thé de Ceylan diffère sensiblement du thé de Chiné. Mais un lancement habile a su triompher de ses imperfections et l’imposer au public qui s’y est accoutumé au point de lui donner parfois la préférence sur les autres provenances.
- C’est là ce que l’on peut appeler, sans contraste, une aberration du goût. Il n’est pas douteux que l’arome fin et délicat, le parfum délicieux du thé de Chine ne peut dans aucun cas être remplacé, pour le palais d’un fin gourmet, par ces produits hauts en couleur, généralement forts, parfois même âcres, que produisent les contrées plus chaudes où la culture a été introduite et si largement répandue. . .
- Des questions de goût, il est difficile de discuter.
- Fig. 3. — Cueillette du thè au Japon.
- Cependant l’étude chimique peut préciser des qualités ou des défauts intrinsèques dont la valeur reste indiscutable. Sans vouloir entrer ici dans une étude de fond de ce sujet, il ne semble pas sans intérêt de préciser certains points.
- Si, en effet, l’analyse chimique seule ne peut préciser la qualité organoleptique du thé au point qu’un produit donnant à l’examen des dosages satisfaisants peut cependant être peu agréable au goût, il n’en est pas moins vrai qu’elle détermine la valeur intrinsèque du produit. Expliquons-nous. Le thé renferme deux produits de base dont l’analyse détermine nettement la quotité, ce sont la caféine et les tanins. L’action active de la caféine est nettement établie médicalement. Elle exerce sur l’organisme normal une influence utile. Celle des tanins est différente et si, dans certains cas pathologiques, son influence peut, semble-t-il, s’exercer utilement, il est incontestable qu’ingérée à dose élevée et d’une façon continue, cette substance peut exercer une influence nocive sur la paroi stomacale au point de provoquer des spasmes douloureux et que dans tous les cas elle agit d’une façon peu favorable sur la digestion. ! .
- Il résulte de ces faits que l’analyse qui précisera le dosage de ces deux matières nous fixera déjà sur les qualités chimiques du thé. et sur l’action utile ou nocive qu’il peut exercer. La comparaison du thé, sous ce point de vue, n’est donc pas sans intérêt. Or que nous montre cette analyse? que. les thés d’Indochine sont, dans les bonnes sortes, riches en caféine et pauvres en tanins, c’est-à-dire qu’à ce point de vue spécial ils réunissent une double qualité. Les chiffres suivants précisent la question, ils sont dus aux analyses récentes de M. le Dr J.-B. Deuss, chimiste de la station du thé
- à Java. Tanin. Caféine. Matières dissoutes
- par infusion.
- Java. 6 à 20 % 2,7 à 4,4% 16 à 26 %
- Chine. 5 à 10 2 à 5,7 - 16 à 22
- Indochine. 5 à 8 3,2 à 4,1 16 à 25
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- 154 -.......... L’EMPLOI DES FLUOS1LICATES
- Ces indications précisent le fait qu’au point de vue chimique les thés d’Indochine se rapprochent surtout des thés chinois dont, peut-on dire, ils accentuent encore la qualité par une proportion plus élevée de caféine et plus faible de tanin.
- Est-ce à dire qu’en l’état actuel les thés indocbi-nois sont les meilleurs? Loin de nous une semblable assertion. Nous reconnaissons en toute franchise que les thés indoehinois sont loin de valoir le thé de Chine au point de vue de l’arome et du goût.
- C’est que ces qualités qui font, en somme, la seule base à laquelle, non sans quelque raison, s’attache le consommateur sont dues à d’autres causes que celles que décèle l’analyse. Elles proviennent des procèdes de récolte et de fabrication et des matières employées pour les parfumer.
- Jusqu’à présent, il faut le reconnaître, la culture du theier n’a pas été suivie avec suffisamment de méthode. Or il importe que la plantation, la taille, la récolte, d’abord, la préparation ensuite soient conduites suivant des règles nettement établies et
- dont il est dangereux de s’écarter. Ce n’est qu'en les suivant de près que l’on arrive à donner aux produits toutes leurs qualités. Enfin, il importe de ne pas oublier que le thé de Chine doit une partie de son arôme à l’adjonction de fleurs qui lui communiquent leurs parfums. Ce sont des jasmins, des magnolia, des oliviers odorants dont les corolles sont surtout employées.
- Tous ces procédés techniques, tenus longtemps secrels par les Chinois sont aujourd'hui connus. Il faut les appliquer si Ton veut armer à donner à nos produits indoehinois, qui ont loutes les bases d’un thé de parfaite qualité, la valeur réelle à laquelle ils sont en droit de prétendre.
- La France et ses colonies ouvrent à ces produits de larges débouchés, nous avons les moyens d’en obtenir sur le sol de nos possessions asiatiques. Hàtons-nous d’en tirer profit au mieux des intérêts et des producteurs et du consommateur.
- J. Dvbowski,
- Membre de .l’Académie d’agriculture, Professeur à l’Institut agronomique.
- L’EMPLOI DES FLUOSILICATES
- Pour le durcissement et l’imperméabilisation des calcaires et des ciments.
- L’usage des fluosilicates pour le durcissement des pierres et l’imperméabilisation des cuves de ciment, dont l’emploi est si fréquent dans de nombreuses industries, gagnerait à être, connu plus qu’il ne l’est.
- Depuis de longues années, on a cherché, par différents moyens, à obtenir ce résultat. Les nombreux remèdes proposés n’ont pas toujours été très efficaces. Un de ceux qui fut longtemps en faveur consiste dans l’emploi des silicates alcalins. Au point de vue chimique, ce n’est pas là une solution du problème ; car, pour durcir la pierre, le bon sens disait qu’il fallait n’y introduire que de la pierre, c’est-à-dire une substance que la pluie ne puisse enlever sans aucune chance d’y laisser de sels hygrométriques. Or les silicates alcalins y font pénétrer, à la vérité, de la silice, qui est l’élément durcissant par excellence, mais y laissent des carbonates alcalins, potasse ou soude, qui la rendent hygrométrique.
- On a cherché à insolubiliser par un badigeonnage terminal à l’acide hydrofluosilicique. On espérait ainsi former avec la potasse ou la soude un hydrofïuosilicate peu soluble. Mais ce n’élait là qu’une illusion, car d’une part, l’acide hydrofluosilicique ne pénètre pas la pierre dans ces conditions ; il se trouve de suite décomposé par le calcaire de sa surface ; il le bouche et ne peut y pénétrer. De l’autre, la pénétrât-il et pût-il fixer l’alcali à l’état de fluosilicate, cela n’avancerait guère, puisque les fluosilicates alcalins, ainsi que M. Kessler l’a montré autrefois, sont tout aussi bien décomposés à froid par les calcaires que les silicates ; le résultat est le même, car tout l’alcali se trouve mis en liberté — d’ailleurs, rien n’est plus difficile que de précipiter un sel sur un autre en quantité équivalente dans l’intérieur d’une pierre poreuse.
- L’emploi des silicates présente un inconvénient plus grave encore : il expose la pierre à s’effriter par la gelée.
- En voici l’explication : le silicate, en |se séchant, forme un vernis complètement imperméable à l’eau et très résistant. Si ce vernis se forme à la surface de la pierre, et si celle-ci vient à subir la gelée, l’eau qu’elle contient s’accumule en glace et fait éclater le bloc de pierre qui la retient. Dr, il suffit, pour que ce vernis se formes et cela malgré toutes les prescriptions de densité du liquide à employer, que la pierre se sèche un peu trop rapidement, que le silicate ait été emplojé en excès, qu’un coup de soleil en produise une dessiccation trop rapide.
- Pour ces differentes raisons, l’emploi des silicates, pour le but que nous décrivons, n’a eu jusqu’ici que peu de succès.
- Dans ces derniers temps, on a parlé d’un procédé particulier, le barytage qui consiste à imbiber la pierre d’eau de baryte. Cette base, un peu plus soluble que la chaux, ne l’est pas assez pour remplir suffisamment les pores de la pierre. Elle engendre, comme la chaux, un caibonate, en attirant l’acide carbonique de l’air,, et ce carbonate n’est pas aussi dur que la silice.
- A l’encontre des silicates qui rendent gélives les pierres qui ne le sont pas, les fluosilicates sont au contraire susceptibles de rendre ingélives celles qui le sont.
- Les pierres calcaires tendres, très abondantes en France, offrent sur les pierres dures, au point de vue de la construction, de très grands avantagés artistiques et économiques. Elles sont plus agréables d’aspect et de ton et elles présentent de plus nombreuses variétés qui répondent à tous les besoins des divers effets architecturaux et ornementaux. Elles sont moins coûteuses d’extrac-lion, de transpoit, de taille,, de sculpture.
- Cependant, ces pierres présentent des causes d’infériorité qui consistent dans l’un ou dans plusieurs des défauts suivants : elles sont ordinairement trop perméables à l’eau ; beaucoup sont gélives ou délilescentes ; d’autres
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- SUR LE DÉPLACEMENT DU POLE
- sont trop rugueuses et par suite trop salissantes ; toutes sont trop peu résistantes aux chocs extérieurs ainsi qu’à l’usure occasionnée par la pluie ou les frottements.
- Or ces défauts disparaissent aujourd’hui par l’application sur place d’un procédé fort remarquable dû à M. Kessler, de Clermont-Ferrand, procédé basé sur l’action toute spéciale d’une certaine classe de sels introduite par lui dans le commerce et dans l’industrie : les fluosi-licates de magnésie, de zinc, d’alumine. Ce procédé est appelé la « fluatation » des pierres. Il consiste à imbiber la pierre tendre à durcir d'une solution de fluosilicate. Ce sel, aussitôt introduit dans la masse de la pierre, s’y transforme rapidement et complètement en une pierre qui n’est attaquable ni par Peau, ni par aucun agent atmosphérique. Il la durcit, et en remplit les pores. Il arrête instantanément l’effrilement des pierres. Il permet de les lisser et de les polir par les mêmes moyens qu’on emploie pour polir le marbre.
- Nature de la réaction chimique. — Lorsque la dissolution d’un fluosilicate imprègne un calcaire, elle s’y infiltre, plus ou moins vivement, quelquefois avec une certaine effervescence, quelquefois sans action apparente.
- Cette effervescence, qui a pour effet de ralentir l’inhibition, peut être évitée en brossant bien, au préalable, la surface de la pierre et en diluant convenablement la solution.
- Il est d’ailleurs à remarquer que même lorsque cette effervescence ne se produit plus à l’extérieur de la pierre, elle ne s’en produit pas moins à l’intérieur. Elle est due à un dégagement d’acide carbonique dont l’effet mécanique est d’ailleurs très heureux parce qu’il empêche le fluosilicate de pénétrer dans la pierre au moment où ses pores sont assez bouchés pour que l’eau y entre difficilement, et assez ouverts cependant pour permettre à celle qui a pu s’infiltrer d’en sortir pour venir se congeler à l’extérieur, lorsque la température descend au-dessous de zéro.
- Nous avons dit précédemment que le fluosilicate, introduit dans un calcaire, se transforme lui-même en une pierre, insoluble comme le calcaire. Ainsi nous pren-. drons comme exemple le fluosilicate de magnésie. Voici la réaction qui se passe entre ce sel et le calcaire.
- MgSi Fl° 2 CO3 Cn
- 1-luosilicaie de Carbonate de magnésie chaux
- _ Si O2 + MgFl2' 2 CaFO 2 CO2
- Silice Fluorure de Ruoruiedu Acide
- magnésium calcium carbonique
- On voit donc, d’après cette opération que les produits de la réaction sont constitués par de la silice, du fluorure, de magnésium, du fluorure de calcium, trois corps insolubles.
- Ainsi, le sel qu’on introduit dans la pierre à un état très soluble s’y fixe en matériaux absolument insolubles, que, ni la pluie, ni la gelée, ne peuvent en faire sortir.
- Avec le fluosilicate de zinc la réaction est de même ordre.
- Il est d’ailleurs facile de vérifier cette réaction au laboratoire en filtrant une solution de fluosilicate au travers d’une tranche de calcaire poreux ; on remarquera qu’il ne passe que de l’eau pure.
- Emploi des fluosilicates. — Le durcissement des calcaires, de récipients cimentés, peut être aisément obtenu au moyen des fluosilicates que nous venons de citer.
- Ainsi le fluosilicate de magnésie, sel crisf allisé obtenu pour la première fois par M. Kessler, se dissout très facilement dans l’eau, et la solution obtenue est très stable à l’air. Pour se servir de ce sel, le mieux est de préparer une solution à 40 pour 1 U() environ, dans de l’eau tiède. On la fait boire, avec un pinceau de crin, par la pierre que l’on veut durcir, jusqu’à ce qu’elle refuse d’en prendre.
- Dans les grandes surfaces, il y a avantage à remplacer le pinceau par un appareil pulvérisateur semblable à ceux qu’on emploie pour le sulfatage de la vigne. On peut arriver ainsi à obtenir des résultats tels qu’un morceau de craie se laLse difficilement entamer par une lime d’acier.
- Le fluosilicate de magnésie est le sel le plus employé pour cet usage. Parfois on l’emploie en mélange avec du fluosilicate d’alumine pour durcir les citernes cimentées qu’on utilise en Algérie pour recevoir les vendanges ou pour faire le vin.
- Le fluosilicate de zinc est également un sel bien cristallisé. Il est plus soluble dans, l’eau que le sel de magnésie. Pour l’utiliser on en fait une solution à 60 pour 100. Il s’emploie comme le sel de magnésie et produit les mêmes effets. Il blanchit davantage la pierre. La solution est inaltérable.
- Le fluosilicate d’alumine est à réaction acide et s’obtient difficilement à l’état cristallisé. Il ob-true énergiquement les pores de la pierre, et durcit instantanément les pierres les plus tendres.
- Tous les enduits à base de chaux grasse ou hydraulique se durcissent comme les calcaires, par ce procédé. Us deviennent ainsi plus durs, moins perméables à l’eau et plus tenaces.
- Les cimerfts et les pierres agglomérés par du ciment reçoivent de précieuses modifications par la «fluatation ». On peut ainsi leur conférer une grande imperméabilité.
- Lorsque le ciment est sec, on l’imbibe aussi profondément que possible et jusqu'à refus de fluosilicate de magnésie. La solution doit être suffisamment diluée pour pouvoir pénétrer facilement dans le ciment. On laisse sécher douze heures environ.
- Le plâtre, de même que le ciment, peut être durci et imperméabilisé par un traitement identique.
- Il n’est pas douteux que l’usage de ces sels se répande abondamment et contribue à rendre de grands services dans bien des cas. J. Lazennkc.
- SUR LE DÉPLACEMENT DU POLE
- Après la mort de Th. Albrecht, Wanach, du Bureau géodésique de Potsdam, fut chargé de la direction du travail international des latitudes. Or, de nombreuses critiques avaient été présentées au travail des latitudes, notamment par Radau, Grossmann, Ross, Hirayama, Schumann, Buchwaldt, Boccardi,Favaro, et tant d’autres,
- critiques qui se rapportaient principalement au mode de réduction des observations-des stations internationales. Convaincu de la justesse d’une grande partie de ces critiques, Wanach a repris le travail de réduction depuis le commencement : il laisse de côté le terme z (terme de Kimura) qui n’a pas de base théorique, et, selon Buch-
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- waldt, jouait le rôle d’ordurier pour ramasser tout ce qui avait été négligé, afin de revenir à la formule primitive Acp = x Cos X + y sin X ;
- il put alors tracer' de nouveaux diagrammes de la pol-hodie depuis juin 1900.
- Assurément, les polhodies de Wanach ne sont plus, ni si simples, ni si régulières que celles d’Albrecht : on sent bien que tout polissage a été laissé de côté, ce que manifestent de-fréquentes saillies brusques, et même des boucles tout à fait inexplicables. Mais elles ont, en tout cas, l’avantage de correspondre avec plus de précision au résultat brûlai des observations, et viennent confirmer l’opinion de divers astronomes qui estiment que la précision des observations, déduite des erreurs probables, n’est qu’apparente et ne correspond nullement à la réalité des résultats obtenus (*)..
- Après cette réduction générale des observations de 1900 à 1914, Wanach s’est efforcé de tirer le meilleur parti possible des observations ultérieures : ici, par suite de la guerre, les déterminations n’ont été faites avec plus ou moins de régularité que dans les trois stations de Carlo-forte (Sardaigne), TJldah (Californie) et Mizusawa (Japon). Dans ce dernier groupe . de réduction, Wanach s’est efforcé d’éliminer l’effet de l’imprécision des déclinaisons des étoiles, ainsi que celui de leurs mouvements propres, et même — ce qui paraît douteux — de l’imparfaite connaissance du tour de vis du micromètre dans les différentes stations. Les conclusions de la discussion, s’étendant alors sur toute la série des observations depuis 1900, peuvent être groupées et résumées de la façon suivante :
- 10 La durée de 434 ou 435 jours de la période principale du déplacement du pôle n’est qu’une moyenne entre des périodes assez variables, qui peuvent s’écarter de 30 jours de cette durée moyenne — ce qui vient confirmer sans grande modification les résultats antérieurs : ainsi donc, de même qu’il y a de grandes oscillations dans l’amplitude des spires de la polhodie, il s’en trouve pareillement dans les durées de ces spires.
- 11 existe donc une énorme différence entre les 304 jours de la période constante théorique, extérieure, et ta période variable observée ayant pour moyenne 435 jours : et il ne faudrait pas oublier de* mentionner que, tirant prétexte de cet écart considérable, certains astronomes ont pu déclarer que les variations constatées dans les latitudes pourraient dépendre d’un phénomène bien différent de celui que faisait prévoir la théorie de la rotation de la Terre, quand on introduit les valeurs de ses moments d’inertie principaux.
- 2° On a essayé d’expliquer l’allongement de la période théorique :
- a) Par le défaut de rigidité absolue dans notre globe, dont la rigidité est inférieure à celle de l’acier ;
- b) Par un déplacement du pôle d’inertie lui-même — que Ton avait pris pour origine des coordonnées du pôle instantané — sur le sphéroïde terrestre : d’après la théorie, on sait que Taxe polaire d’inertie, fixe dans la Terre, devrait entraîner celle-ci dans l’espace dans son mouvement conique autour de Taxe instantané fixe dans l’espace et, par conséquent, mobile dans l’intérieur du globe.
- A ce sujet, on peut citer les remarques de Boccardi
- 1. Il est inutile de rappeler ici les exemples très nombreux que nous offre l’histoire scientifique dans les déterminations successives d’une même grandeur, chaque, détermination sortant largement de l’erreur probable qui avait été minutieusement affectée à la détermination précédente.
- sur le peu d’avantage qu’il y aurait, pour la géodésie, à ramener les latitudes, les longitudes et les azimuts, que Ton détermine couramment, à un pôle moyen qui n’est pas fixe ; on aboutirait à cette étrangeté d’avoir à indiquer . l’époque à laquelle correspondent ces éléments, après les avoir ramenés au pôle moyen de l’époque ! H vaudrait peut-être alors autant ne faire aucune réduction, et se borner à donner les coordonnées, latitudes, etc... obtenues, en en indiquant l’époque;
- 3° Les valeurs des constantes dont on s’est servi, pour la réduction au jour des positions des étoiles observées dans les six stations, sont exactes : du moins, il ne résulte pas de corrections certaines et bien garanties des milliers d’observations dont on dispose et cela, surtout, pour la valeur 20"47 de l’aberration, valeur qui se trouve la moins exacte quand on la compare aux constantes de la précession et de la nutation.
- Ainsi donc, les fortes corrections de -f- 0"06 à 4- 0"07 proposées par d’importants auteurs comme Küstner, Fergola, Doolitlie et d’autres, peuvent être rejetées dès à présent; en se servant de toutes les observations de Pino, Boccardi avait obtenu -f- 0"015. Mais ce résultat lui-même ne peut être considéré comme définitif;
- 4° Le terme z de Kimura a été reconnu d’origine météorologique, ce qui confirme une- hypothèse qui donna lieu à d’ardentes polémiques : il est, par conséquent, tout à fait extra-polaire;
- 5° Des observations faites de 1914 à 1920 dans les trois seules stations qui restent en activité, Wanach conclut une correction globale de + 0"07 ; il s’agit d’un déplacement du pôle d’inertie vers Carloforte; mais, dans un travail beaucoup plus récent et fort important, Walter Lambert indique un déplacement vers l’Amérique du Nord.
- Le problème est bien difficile et, on le voit, la question n’est pas encore tranchée.
- La direction des opérations ultérieures pour les problèmes si complexes que soulève le déplacement du pôle fut confiée à Kimura par l’Union Géodésique et Géophysique internationale : il était impossible de faire un choix plus autorisé. Kimura, dès le début, n’a presque rien changé au plan d’Albrecht, et il fait également appel à la libre collaboration d’autres observatoires que ceux qui sont exclusivement consacrés aux latitudes : il a présenté d’importants rapports aux conférences de Rome (1921) et de Madrid (1924), qui nous tiennent parfaitement au courant de l’état de la question, car il est de toute évidence qu’elle n’a pu, en quatre ans, faire des progrès sensationnels.
- Il reste à préciser et à compléter deux groupes de recherches :
- a) Loi du mouvement polaire ;
- b) Nature exacte et causes des variations de latitudes non-polaires — terme z si l’on veut, notamment.
- Pour le premier groupe, il est tout à fait suffisant de continuer le travail international des observations de latitudes, tel qu’il existe actuellement, et sous cette réserve qu’il serait grandement désirable de voir augmenter autant que possible le nombre des stations. La supériorité de cette collaboration internationale est généralement reconnue sur les points suivants :
- 1° Exemption des erreurs de déclinaison des couples d’étoiles ;
- 2° Exemption de quelque variation systématique, si elle existe, dépendant de la latitude et du lieu d’observation ;
- 3° Homogénéité de l’instrument et identité des
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- époques de commencement et de fin d’une même série — ce qui fait rentrer dans l’identité des étoiles;
- 4° Concentration de toute l’attention des observateurs sur un travail limité et défini ; ils né sont pas distraits par d'autres nécessités et d’autres recherches.
- Cependant, et malgré tous ces avantages, il ne faut pas croire que le travail international des latitudes permette d’obtenir une précision exceptionnelle, comme les calculs d’Albrecht s’efforçaient de le mettre en évidence; car, pour des recherches aussi délicates, l’habileté, le zèle, la passion qu’apporte l’observateur j ouent un très grand rôle et certaines stations particulières ont obtenu des précisions supérieures.
- Pour le second groupe, il est nécessaire d’observer des étoiles brillantes à des ascen-ions droites variées, assez brillantes pour que, dans la même journée, elles puissent être observées aussi bien au méridien que sur le premier vertical, et, cela, pendant toute l’année. La latitude nord de 45° est le seul parallèle propice pour une telle recherche, avec 4 étoiles brillantes susceptibles de passer au zénith : .p Aurigæ, <1 Urse Majoris, ô Cygni, a Cygni.
- Utilisant la situation favorable de l’Observatoire de Pino, Boccardi a fait de longues séries d’observations de
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- ces étoiles au premier vertical, obtenant des résultats très satisfaisants et mettant notamment en évidence la déviation de la verticale qui résulte de l’attraction lunaire; outre Turin, d’autres observatoires ont encore une latitude analogue et favorable, tels que : Pola, Bordeaux et, aux Etats-Unis, Orono et Minneapolis.
- La coopération précise, le partage exict du travail, font encore défaut, alors qu’une discipline très étroite serait indispensable, pour des observations simultanées dans le premier vertical et au méridien pour confirmer les variations de latitude non-polaires sur les deux composantes, ce qui rendrait l’explication des résultats beaucoup plus aisée que sur une seule composante.
- D’ailleurs, plus généralement, la collaboration volontaire d’un grand nombre d’observatoires fixes et répartis un peu partout devient nécessaire pour élucider les problèmes si difficiles que soulève la question du déplacement du pôle, spécialement dans la zone équatoriale et sur l’hémisphère sud où ils sont fort rares : de telles observations joueront un rôle capital à l’avenir, surtout dans le second groupe des recherches sur les variations non-polaires.
- Ce sera, il faut l’espérer, l’œuvre de demain.
- Jean Mascart,
- Directeur de l’Observatoire de Lyon.
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- Séances de décembre i914 et janvier 1925.
- La puissance d'une installation électrique et son réglage automatique. — Le rendement d’une machine descend, on le sait, d’autant plus vite que la charge s’éloigne davantage de sa puissance normale et, dans la pratique courante, les machines électriques travaillent la plupart du temps sous des charges non seulement extrêmement variables et intermittentes, mais encore très petites par rapport à cette puissance normale ; d’où il résulte que le rendement pratique s’abaisse nettement au-dessous de sa valeur maximum. Pour obvier à cet inconvénient, au lieu de remplacer la machine unique par une série de dispositifs permettant d’augmenter ou de diminuer le nombre d’unités en marche, suivant que la charge monte ou baisse, M. Michel Doloukhanoff a imaginé de réaliser automatiquement le groupement de ces machines de telle manière qu’à chaque moment la puissance des éléments en marche soit pratiquement égale à la charge demandée.
- La méthode est applicable aux alternateurs, transformateurs, moteurs d’industrie, de chemins de fer, de tramways, etc. ;
- Hydrogénation et déshydrogénation directe de l'acé-napthylène. — En dirigeant des vapeurs de ce carbure, entraînées par un excès d’hydrogène, sur une traînée de nickel réduit et chauffé vers 150°, M. Goswami a obtenu un liquide que la distillation fractionnée permet de séparer en tétrahydro et décahydro bouillant respectivement à 240° et à 235°. En opérant sans hydrogène, vers 300°, l’auteur a préparé, avec un excellent rendement, l’acé-naphtylènej en cristaux jaunes, fondant à 92°, pour donner un liquide entrant en ébullition à 270°.
- La présence de l’éthane dans le grisou. — Le gaz qui circule dans les galeries de mine se compose géné-
- ralement de méthane, de gaz carbonique, d’azote et d’oxygène, et l’analyse s’en fait, dans la majorité des cas, par la combustion eudiomélrique. Or, cette méthode peut laisser subsister des doutes sur la nature même des hydrocarbures qui accompagnent le méthane. On doit lui préférer les procédés de liquéfaction et de fractionnement, mis en œuvre par M. P. Lebeau, pour l’étude d’un échantillon gazeux provenant des mines de Gagnières (Gard) où ce savant a reconnu l’existence de l’éthane, dans la proportion de 2,17 pour 100.
- L'action de l'acide sulfurique dilué sur les champs de céréales. — Depuis près d’une vingtaine d’années, M. Rabaté préconise les pulvérisations d’acide S04I4* très étendu qui agissent, à la fois, sur la terre, sur les plantes et sur divers parasites. La fertilisation du sol, la destruction des mauvaises herbes, la préservation contre certains parasites, comme ceux qui causent le piétin du blé, se traduisent par une augmentation moyenne de récoltes de 200 à 300 kg de grain par hectare, pour une dépense totale qui, même à l’heure actuelle, n’atteint pas 100 francs.
- La classification du paléolithique 'ancien. — Depuis 1883 et suivant les indications de G. de Mortillet, on admet la division de cet étage géologique en Chelléen, Acheulêen et Mouslérien, ces termes s’appliquant à des types d’industries lithiques successifs et non à des stades bien définis, du point de vue stratigraphique. Pour M. Ch. Depéret, qui a pu étudier les magnifiques outils paléolithiques recueillis par Commont et se faire une idée exacte des relations qui lient les types industriels caractéristiques de chaque niveau de graviers ou de limons, avec les diverses étapes du creusement de la vallée de la Somme aux temps quaternaires,, il serait
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- nécessaire de détacher du Chelléen un élage paléolithique plus ancien que les graviers de Chelles, en lui donnant le nom de Préchelléen, déjà employé par Commont pour désigner l’outillage très ancien de la terrasse d’Abbeville.
- La fixation du chloroforme par le système nerveux central et les nerfs périphériques. — Ce problème a déjà fait l’objet d’un certain nombre de travaux dus à Nieloux et à Mlle Frison, et il a été repris par Nicloux et A. Yovanovith, après leur mise au point d’un micro--dosage du chloroforme dans le sang et les tissus. Le lableau des résultats fournis par l’élude du cerveau, du bulbe, du cervelet et des nerfs pneumogastrique et scialique des chiens, soumis à l’action de l’anesthésiant, montrent que les nerfs périphériques, plus que le système nerveux central, fixent le chloroforme en quantité notable. On sait d’ailleurs, par les recherches de Lapicque et Legendre, que l’anesthésie générale s’accompagne de modifications très importantes de la myéline des fibres nerveuses, qui gonfle sur toute son étendue et particulièrement piès des étranglements de Ranvier.
- Présence générale du nickel et du cobalt dans la terre arable. — D’une série d’analyses conduites par MM. G. Bertrand et Mokragnatz, il résulte que ces métaux existent dans la plupart des terres de France étudiées par les deux savants, comme dans les échantillons qui leur sont parvenus d’Allemagne, de Danemark, d’Italie, de Roumanie et de Serbie. Pour le nickel, on peut admettre une teneur de quelques centigrammes, par kilog de terre sèche (de 0,5 à 5,8) ; pour le cobalt, cetté teneur oscille entre quelques dixièmes de mg. et de 11,7 mg. Quant à l’origine de ces métaux, on la trouverait parfois dans des infiltrations d’eaux minérales venues des profondeurs, mais on doit voir une cause
- L’ACTION DES RAZ DE MARÉE SUR
- Entonnoirs et
- J’ai pu prendre sur le fait et photographier, lors du raz de marée du 40 janvier 1924, sur les dunes des côtes de Vendée, l’action des vagues déferlant, à mer presque basse, sur des plages à peine inclinées, et s’avançant, avec une grande vitesse, hautes de plusieurs mètres, vers des falaises, à pic, de 5 ou 4 mètres de hauteur. '
- I. Le Raz de Marée. — Ces vagues, qu’un homme courant sur 100 à 150 m. eût de la peine à devancer (*), arrivaient se plaquer, encore hautes de plusieurs mètres, sur la muraille dunaire, plus ou moins recouvertes de végétation ancienne, et, de là, sautaient par-dessus, pour retomber à 5 ou 6 m. plus loin.
- A Saint-Gilles-sur-Vie, au niveau de la Garenne de Retz, c’est-à-dire de l’embouchure de la Vie aux premiers rochers de la côte (Bretignolles), des vagues, très hautes ont réussi à produire ainsi :
- a) de larges rigoles, de 5 à 5 m. d’étendue en largeur et longues de 5 à 10 m. (Est-Ouest) ;
- b) De grands entonnoirs, précédés d’une rigole du même genre, les reliant au sommet de l’estran,
- i. O bservation matérielle.
- générale d’enrichissement de la terre arable en nickel dans les fines particules, en suspension dans l’espace interplanétaire, qui tombent continuellement à la surface de notre globe.
- Un procédé de régénération du gaz des dirigeables. — Lorsque la force ascensionnelle est devenue insuffisante, par suite de rentrées d’air, on procède en général à ces opérations longues et coûteuses que sont Un dégonflement, puis un regonflement avec du gaz pur, hydrogène ou hélium. On pourrait y suppléer, d’après MM. Biquard et Chenu, par une simple circulation gazeuse entre le ballon, ou les ballonnets, et des appareils épura-•teurs appropriés, circulation établie de telle manière que le circuit gazeux comprenne toute la capacité du ballon, ou des ballonnets reliés entre eux en série, et l’appareil épurateur. Dans le cas de l’hydrogène, cet appareil serait analogue à ceux qu’on emploie pour extraire cet élément du gaz à l’eau; dans le cas de l’hélium, il comprendrait une série d’absorbeurs, à charbon de bois maintenu à la température de l’air liquide.
- La constante d'hydrolyse du sucre. — 11 semblait que la réaction d’hydrolyse du saccharose par les acides étendus dût obéir rigoureusement à la loi d’action de masse, c’est-à-dire que le rapport de la vitesse d’interversion à la quantité de sucre non transformé était indépendante de la concentration du liquide étudié. M. Colin et Mlle Chaudun viennent de constater que cette vitesse croit plus vite que la concentration et que cet accroissement dépend du catalyseur employé. Dans ces conditions, l’interpr étation du phénomène, due aux chimistes anglais Moran et Lewis, reste sans portée générale.
- Paul B.
- LES FALAISES DUNAIRES EN VENDÉE
- îlots découpés.
- et plus ou moins profonds. — L’un d’eux avait près de 8 m., avec un diamètre de 20 m. environ.
- c) A Saint-Jean de Mont, au contraire, où lafalaise dunaire est bien moins haute et atteint à pt ine deux mètres, j’ai constaté, au niveau de la station balnéaire, en dehors des rigoles citées ci-dessus, un phénomène tout autre : la production d'îlots sableux, ovalaires, à grands axes non parallèles, mais perpendiculaires au rivage, découpés dans la dune comme à l’emporte-pièce par des vagues les contournant, et restant là, comme un morceau de dune, taillé au couteau, au sommet de l’estran !
- C’est, je crois, la première fois qu’on signale de tels effets dus à un raz de marée, sur une côte sablonneuse, très plate. Et c’est pourquoi je crois utile de consigner, avec quelques détails et les photographies nécessaires, dans une revue scientifique, ces conséquences d’un phénomène, d’ailleurs rare, qui fut presque subit et ne dura, au demeurant, que quelques instants, mais se répéta plusieurs fois en 2 à 5 heures.
- Les rigoles. —- Dans le raz de marée, l’Océan attaque donc par en haut ! Le flot arrive sous forme
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- d’une vague immense, ayant parfois 5 à 6 m. de hauteur.
- . Douée d’une puissance inouïe, cette vague, qui marche verticale, ou presque, comme un mur d’eau mobile, butte entière contre la falaise ; alors sa partie supérieure, ne trouvant pas devant elle d’obstacle, continue à avancer en gerbe et s’étale. L’eau on retombant creuse un trou, plus ou moins large, suivant, la forme de la vague. L’eau, qui se retire ensuite vers la mer, de par la pente, ramène avec elle le sable ; et, suivant la largeur du maximum de la vague, creuse une rigole en conséquence.
- Le phénomène se répétant plusieurs fois au même endroit, celle-ci peut atteindre 0 m. 30 à 0 m. 50 de profondeur (fig. 1) au milieuj et parfois bien davantage (fig. 3).
- Dans certains points, cette rigole est fort large et atteint 5 à 6 m. (fig. 2). D’autres fois elle ne dépasse pas 2 à 3 m. (fig. i ).
- La végétation est, bien entendu, complètement
- Fig. 2. — Un petit entonnoir à rigole, entre la jetée de la Garenne et la Villq Notre-Dame.
- enlevée partout; et il reste à l’intérieur un sable fin, mouillé, avec des débris d’algues et même des galets apportés par le flot. Ces galets peuvent être parfois très gros.
- Ce qui caractérise hérigole, c’est qu’elle ne débute qu’à 4 m. ou 2 m. an-dessus de l'estran : ce qui prouve bien l’action de la mer par le haut ! Quand la dune est trop élevée, il n’y a pas production de rigole, naturellement. Seuls les embruns passent par-dessus le sable, mais ne sont pas capables de déraciner les végétaux (Carex, etc.). De plus, à son niveau, la dune est tranchée comme au couteau, à pic et verticalement (fig. -4). Le bas de la falaise n’est ni affouillé ni grignoté (fig. 5). Toute cette partie semble décapée de façon parfaite et sans fausse manœuvre. La dune de sable fin semble avoir été préparée à dessein et est nettement verticale.
- Les entonnoirs. — Au bout de certaines rigoles se trouvent creusés des entonnoirs.
- Ceux ci se sont produits quand de très hautes et fortes vagues sont, après placage violent de la masse d’eau sur la dune, retombées de haut sur le sable. Elles l’ont affouillé par en haut, brassé fortement dans un trou, et, à l’aide de la production
- Fig. i. — Les dunes de la Garenne de Retz, à Siint-Gilles-suf-Vte [Vendée), après'le raz de marée du ç-io janvier IQ24.
- concomitante d’une rigole, ce sable est alors retourné sur l’estran. — Toute végétation a disparu, bien entendu.
- On est certain que ce n’est pas le vent seul qui a pu produire ces entonnoirs, vu les rigoles et vu la présence, dans leur fond, de gros galets de mer et de masses d’algues.
- L’un d’eux (fig. 3) était creusé à 5 m. de l’eslran, au-dessous d’une falaise de 3 m., avec rigole profonde de 1 m. 50, large de 1 m. et avait 20 m. de diamètre et 8 m. de profondeur. Creusé en cône renversé, il montrait, quelques jours après le raz de marée, des ondulations superbes, celles-ci produites par le vent sur le sable desséché.
- Attaque de la falaise. — À ce raz de marée, l’épaisseur de la Garenne de Retz a diminué de 3 à 6 m. de large, sur une étendue d’au moins 10 km, au sud de l’embouchure de la Vie. De nombreuses parcelles de propriétés privées ont été enlevées par la mer, grâce au phénomène, habiluel et ordinaire, du grignotage par la base, sur lequel nous revenons plus loin.
- Les ilôts. — A Saint-Jean de Mont, mêmes rigoles qu’à Saint-Gilies, mais pas d’entonnoirs, la mer basse étant trop éloignée de la dune, d’ailleurs trop
- Fig. 3. — Intérieur du grand entonnoir de la dune. A droite : rigole allant au rivage.
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- Fig. 4. — Deux aspects de la falaise à Saint-de-Mont (Vendée). Au premier plan : îlots isolés far l'érosion.
- peu élevée. L’eau s’est bornée à passer par-dessus partout, c’est-à-dire en nappe très élargie : d’où pas d’entonnoir.
- Par contre, productions d'îlots, que le flot, contournant des parties sableuses, mélangées d'argile et plus résistantes, a découpés, dans cette petite falaise haute de 1 à 2 m. à peine (fig. 4).
- Nos photographie (fig. 4, a) en montrent deux, voisins; et l’un de ces derniers (fig. 4, b) à plus grande échelle.
- On voit que la végétation n’a pas disparu au niveau de la calotte, de ces îlots ; que leurs flancs sont taillés à pic, mais découpés irrégulièrement, comme avec un couteau.
- La sorte de ciment qu’ont, aggloméré les sables, est ici constitué surtout par les détritus du calcaire E01 ène, qui forment les rochers sous-marins.
- Ce phénomène ne s’est pas produit à Saint-Gilles-sur-Vie, parce que là ce ciment manque, les rochers étant des schistes à séricite !
- Sur le Pont d’Yeu voisin, le ciment en question est d’ailleurs capable de coller les uns avec les autres les petits galets de mer, pendant que le bas-fond reste découvert aux grandes marées.
- II. Action des grandes marées. — Les grandes marées ordinaires, même favorisées par un vent très violent et cyclonique et au moment même du maximum de hauteur de la mer, n’ont jamais causé de phénomènes semblables : îlots, entonnoirs et rigoles ! J’ai pu le vérifier lors de la tempête qui a
- Fig. 6. — Villa de la Plage, après la marée du ' 26 novembre IÇ24.
- sévi, dans la même région, le 26 novembre 1924, et n’a duré que de 5 à 5h. dePaprès-midi (15àl7 h.).
- Ce jour-là, malgré la violence du vent de Sud-Est, le flot n’a, au début, fait que grignoter la falaise dunaire. Mais, quand le vent passa au Sud-Ouest, alors, le flot attaqua de face ; et l’eau, parvenue tout en haut de la plage, disloqua le sable à la base de la dune, sur une hauteur de 0 m. 50 à 0 m. 40, et une profondeur aussi grande!
- Le sable parti, alors une tranche de falaise se détacha comme un mur, qui tombe de 0 m. 30 à pic, comme une maçonnerie, mais sans se désagréger (fig. 5), et sans surtout que le flot enlevât en haut la végétation.
- C’est par ce mécanisme qu’à Saint-Gilles, une villa
- Fia. 5. — Descente ni bloc d'un pan de falaise larve de 40 cm. à la Garenne de Retz, après la grande marée du 26 novembre 1924.
- a été désarçonnée, défoncée et s’est effondrée sur un coin ultérieurement, au niveau delà plage (fig. 6). Le sol sur lequel elle portait ayant été enlevé par la mer, elle resta un moment suspendue dans l’air; puis toute sa partie ouest dégringola avec fracas.
- Ce jour-là, la Dune perdit sur plus de 2 km de longueur, plus de 2 m. d’épaisseur!
- Ces diverses actions marines ont depuis 40 aris à peine, fait disparaître une épaisseur de soixante-dix m. de la Dune, à la Garenne de Retz, ce qui donne une moyenne de deux m. par an.
- Comme' on le voit, la mer gagne sur la terre sableuse et va vite.
- Comme cette Garenne n’a plus par endroits que 10 à 20 m. de large, sous peu ce cordon dunaire coupera; et les villes de Saint-Gilles et Croix-de-Yie, futures villes d Ys vendéennes, disparaîtront sous les flots, comme les Bœufs de Noirmoutiers et Belesbat, l’antique hermitage affectionné dé G. Clemenceau. Dr Marcel Baluouix.
- Secrétaire général d’honneur de la Société piéhistorique française.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lafiniie. 9, rue de Fleuras, s Pans.
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- L’OASIS DU KAOUAR ET LA PREHISTOIRE DU SAHARA ORIENTAL
- Une carte du continent africain. Sur celle-ci, une immense étendue désertique, le Sahara : 4000 kilomètres de l’Est à l’Ouest, 2500 kilomètres du Nord au Sud.
- Dans sa partie orientale, une ligne N.-S., de Tripoli au lac Tchad : c’est sensiblement le 15e degré de longitude Est de Greenwich.
- Sur cette ligne, à 1500 kilomètres de Tripoli, à 700 kilomètres du Fezzan et à 500 kilomètres du Tchad — exactement entre les parallèles 18° 39' et 19° 29' — le seul lieu habité par des sédentaires entre ces deux derniers points, l’Oasis du Kaouar et son agglomération principale, Biima, chef-lieu du Cercle Kaouar-Tibesti, tout à fait à l’Est du Sahara français.
- L’Oasis du Kaouar, visitée pour la première fois, en 1 822, par Denham et Clap-perton, puis, successivement, par Vogel, Barth,
- Rohlîs, Nachli-gal, colonel Mon-teil, lieutenant Ayam, a été occupée, en 1906, par le lieutenant Crépin et ses mé-haristes soudanais. L’un de nous y séjourna, depuis la guerre, près de vingt mois. li en a rapporté de nombreux matériaux d’éludes et une abondante documentation, tout spécialement en ce qui a trait à la préhistoire.
- L’Oasis du Kaouar occupe une vaste dépression longitudinale qui a dû servir de lit à un ancien oued (cailloux roulés, dépôts alluviaux) et qui se trouve N° 2658 — 14 mars 1925.
- limitée à l’Est par une falaise gréseuse très découpée et, à l’Ouest, par des dunes dont le sable est une perpétuelle menace.
- Comparativement aux oasis de l’Afrique du Nord, la densité des palmiers est faible et leur répartition très irrégulière. Les zones verdoyantes où poussent dattiers, diverses mimosées et les graminées sahariennes..., où sont plantés quelques légumes, alternent avec les zones incultes dans lesquelles la saturation du sol par lenatron rend toute culture impossible.
- Climat saharien : 40° à 50° à l’ombre, d’avril à août, et près de 0° pendant les nuits de décembre et de janvier : vents violents et fréquents ; air très sec; pluies exceptionnelles (7 mm. d’eau en vingt mois). Du fait de la sécheresse, l’oasis n’existerait
- plus depuis longtemps sans la présence d’une nappe aquifère, peu profonde, qui apporte l’hupaidité sans laquelle toute vie serait impossible.
- La faune est très réduite. Elle comprend quelques animaux domestiques : cheval, âne, dromadaire, mouton, chèvre. Le chien et le chat n’existent pas. Comme bêtes sauvages : gazelle, quelques rares antilopes addax, chacal, fennec ou renard des sables, gerboises, rats, souris. Quelques oiseaux : épervier, pérénoptère (poule de Pharaon), corneille, moineau mange-mil, mtrle noir et blanc, pigeons, coqs et poules —
- il — 161.
- Fig. 2. — Le puits rfe Dibbella, où est mort Warington, l’interprète de l’explorateur Vogel, à i3o kilomètres au sud de Biima, entre le Kaouar et le Tchad.
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- L’OASIS DU KAOUAR Er LA PRÉHISTOIRE DU SAHARA ORIENTAL
- et aussi quelques oiseaux migrateurs, canards,
- hérons cenirés, qui se reposent dans l’oasis avant de reprendre leur vol. Des reptiles : trois sortes de lézards, une longue couleuvre rose, le céraste ou vipère cornue.
- Neuf villages sont échelonnés dans l’oasis : Bihna, le plus important ; Dirkou, dont les salines fournissent un nalron que les indigènes emploient dans le traitement de -*-*****—--*-***-*.
- toutes leurs ma- ï? 'v-A \
- ladies ; Aney, ^™
- dernier village au Nord, etc.
- Chacun de ces villages est pourvu, en son centre, d’un tata — vaste construction aux murs
- élevés et épais
- — qui sert de refuge aux habitants et à leurs troupeaux en cas d’aitaquepar des pillards venus de la Tripolitaine ou du Tibesti. 5200 habitants y vivent pauvrement. Abstraction faite de six cents anciens captifs ou descendants de ceux-ci, originaires du centre africain, tous appartiennent aux races Toubbou et Ka-nouri. Ceux-ci donnent, comme étant leur pays d’origine, l’Yémen et les contrées plus orientales' de l’Arabie. C’est peu
- probable. Leur armée par migraLion dans le Kaouar remonte assez loin, toutefois sans dépasser un millénaire. Or d’abondants gisements de silex admirablement travaillés datent d’une époque bien antérieure et témoignent d’un peuplement lointain de l’oasis. • :
- Massacres èt pillages par les pirates du désert : ils ravagèrent et détruisirent souvent les villages de l’oasis, jusqu’au moment où son occupation par nos tirailleurs soudanais vint assurer quelque tranquillité 1 aux habitants qui se livrent à divers petits travaux agricoles, mais délaissent toute industrie.
- Fig. 3. — La région de l’oasis du Kaouar (Sahara sud-oriental), far le capitaine Prévost.
- Leur existence est misérable. Dattes sèches et quelques légumes forment la base de la nourriture. Ceux qui possèdent des salines ou des palmiers améliorent ce dur régime en se procurant, auprès des caravaniers del’Aïr et du Kanem, du beurre, du mil; de la viande sèche d’antilope, des poissons boucanés du Tchad. Jadis, le Kaouar se trouvait sur la grande voie commerciale de Tripoli au Tchad.
- Aujourd’hui, elle est à peu pries abandonnée èn raison des communications plus faciles avec la côte occidentale d’Afrique.
- .La seule grande caravane est celle organisée chaque année par les Touaregs d’Àgadès, fortw de 6000 à 8000 chameaux, pour échanger divers produits contre du sel et des dattes.
- Les vieux habitants regrettent le passage des longs convois des négriers conduisant en Tripolitaine leur « bois d’ébène » et les caravaniers arabes qui, nombreux, descendaient vers le Soudan. C’était l’âge cl’or. Ces étrangers trouvaient chez les habitants et surtout auprès des habitantes aux mœurs faciles,
- un accueil aussi bienveillant qu’intéressé. Ils prodiguaient de nombreux cadeaux et apportaient la prospérité dans l’oasis.
- Aujourd’hui, celle-ci rongée par les dunes, envahie par les sables, n’abritant plus qu’une population chaque jour plus réduite, disparait lentement.
- Les Toubbous et les Kanouris qui l’habitent sont des noirs métissés et chez lesquels l’apport de sang-blanc se reconnaît plus ou moins d’un individu â l’autre. Il se traduit par la régularité et la finesse des traits, la couleur de la peau variant du plus beau noir au chocolat plus ou moins foncé, au rouge
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- brun, voire 'a la teinte olivâtre. Sobriété, maigreur, résistance à la fatigue (surtout chez les Toubbous) sont remarquables. Le revers de la médaille : le vol, la fourberie, le mensonge et une répulsion invincible pour le moindre travail.
- Tous professent, sans grande conviction, la religion musulmane Ils appartiennent aux sectes Senous-siste, Tidjania et lüiadria.
- Les hommes ont adopté le costume haoussa : la gandoura ample, avec ou sans broderu s sur le côté gauche et le pantalon très large. Ils sont coiffés d’un petit bonnet en colon blanc ou du chèche rabattu à la façon de celui des Touaregs. Sous la gandoura, suspendus au cou, des sachets de cuir contenant quelques versets coraniques, ou de petits objets destinés à conjurer le mauvais sort. Presque tous les Toubbous ont la tête couronnée de ces sachets.
- Les femmes — volontaires, méchantes, se battant constamment entre elles, plus fourbes et menteuses que les hommes, ce qui n’est pas peu dire — sont extrêmement coquettes. Elles s’habillent d’une sorte de péplum à rayures bleu azur ou bleu foncé, agrafé sur l’épaule gauche et dont le côté gauche, ouvert, laisse apercevoir une jupe courte, avantageant les formes,, n’atteignant pas les genoux. Une étoffe de teinte sombre tient lieu de châle. À part les élégantes, la plupart sont dépourvues de sandales. La parure joue un grand rôle chez ces femmes du Kaouar... comme chez beaucoup d’autres. Bracelets, anneaux de jambe, bagues, ornements de chevelure, sont aussi nombreux que possible, généralement en argent. La verroterie est de plus en plus délaissée (fig. 9).
- La chevelure mérite une mention spéciale. Disposée en petites tresses fines, elle encadre le visage sans s’allonger au-dessous de la nuque. Chaque tresse disparaît sous une épaisse couche de lap-lap, matière très spéciale composée de beurre rance, de
- terre et de sulfure d’antimoine. Deux boucles de cheveux, également recouvertes, du même produit, garnissent chaque côté du front. L’aspect de cette coiffure et l’odeur qui s’tn dégage n’ont rien de séduisant.
- A chaque oreille, traversant le lobule, une boucle en argent, ou de petits cylindres en verre rouge, longs de deux à trois centimètres. Un même bâtonnet de verre, ou un morceau de roseau, traverse l’aile droite du nez à sa base et constitue un ornement original.
- Polygamie ou mariages successifs sont la règle. Les mariages sont célébrés par les marabouts et donnent toujours lieu à une petite fête où, en l’absence de mil, la danse supplée au festin. Le divorce suit assez souvent le mariage qui ne dure parfois que quelques jours. Bien que condamné par la loi coranique, l’adultère est loin d’être rare. Toubbous et Kanouris ne se mariaient, il y a quelques années encore, qu’entre individus de même race. Aujourd’hui, ils commencent à s’unir malgré les désaccords qui semblent les séparer.
- Les fêtes musulmanes sont célébrées sans aucun faste. En revanche, comme les femmes aiment le chant et la danse, un tam-tam est organisé à la moindre occasion.
- . Les cases sont construites d’une
- f façon sommaire, en terre natronée,
- en roseaux, rarement en pierres (village d’Aney excepté). La pluie dissout le natron des constructions en terre et pendant les averses -— heureusement exceptionnelles — les occupants, craignant de voir leur abri s'effondrer sur eux, vont chercher un refuge sous les palmiers de l’oasis. Les huttes cubiques en roseaux laissent filtrer à l’intérieur les rayons du soleil ; les vents violents, fréquents, leur livrent de durs assauts et les réduisent trop souvent à ne plus être qu’un amas informe de branchages — fort heureux sont les habitants quand
- Fig. 5. --'Les salines abandonnées et l’oasis de Dirkou (Kaouar.)
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- l’incendie ne vient pas achever de détruire ce qui reste. Les dégâts sont vite réparés et les quelques nattes, calebasses, pots en terre, qui composent le mobilier sont vite remplacés et à peu de frais.
- Tel se présente, esquissé à grands traits, l’aspect actuel du Kaouar. Tel vient de le voir, en le traversant, la mission automobile qui tout récemment, s’est dirigée de Tunis vers N’guigmi (Tchad) à travers le Sahara oriental.
- On a peine à croire, devant cette aridité grandissante du sol et cette misère de la vie humaine dans cette région, qu’il y eut là, dans des temps préhistoriques pas extrêmement éloignés, un pays florissant. Gomme preuve : l’abondance de l’outillage en pierre taillée et en pierre polie dans une nombreuse série de gisements découverts ou explorés par l’un de nous (capitaine Prévost). Ces stations préhistoriques ont livré une très belle, une très intéressante industrie dont les éléments pourraient être recueillis par milliers si ce n’étaient les difficultés du transport ultérieur.
- On les rencontre dans toutes les directions, mais l'a plupart resteront à jamais ignorés en raison de l’impossibilité de dévier les itinéraires de courses des rares points d’eau qui jalonnent strictement la roule à suivre dans le Sahara. Il n’est pas douteux qu’il y a dix, quinze millénaires et plus, celui-ci, sans être très verdoyant, se trouvait largement irrigué par des fleuves nombreux, présentait de vastes zones de pâturages, de grands espaces fertiles où vivaient de nombreuses tribus nomades ou sédentaires. Le nombre élevé des stations préhistoriques, relevées dans le Sahara sud-oriental par le capitaine Prévost, vient à l’appui de celte conclusion, qui est une de celles sur lesquelles insiste le plus. M.-L. Ra-bourdin, qui fut le « préhistorien » de la première Mission Flatters, en 1879 :
- ' « La découverte de silex taillés dans le Sahara cenlral, prouve d’une façon certaine que le désert n’a pas toujours été aride et inhospitalier; mais qu’au contraire, c’était un pays fertile et habité..... » (’). .... A___
- 1. Bulletin de là Société d’Anthropologie de Paris, 1881, p. 152 et suivantes.
- Le capitaine Prévost a recueilli tantôt des pièces qu’on peut qualifier de paléolithiques — à Àggueur, à Emi-Madana, où lames, pointes, grattoirs ont de grandes analogies typologiques avec les pièces de notre aurignacien français; à Midjigatem où l’outillage prend allure de formes solutréennes, etc. —- tantôt, et le plus souvent, un outillage franchement néolithique : à Bilma, Dirkou, Szeg-guedin, Termitt, Casisde Fachi, etc.
- Au surplus voici la liste des gisements qui ont fourni les nombreux documents lithiques qu’il a rassemblés :
- Bilma, Dirkou, Emi-Tchouma, Achenouma, Aggueur, Emi-Madana, dans le Kaouar; Szegguedin, à 180 km au Nord de Bilma ; puits de Braoun, au S.-E, de Bilma; Midjigatem, au sud de Bilma; divers points innommés entre Bdmael Fachi, dans la région du Ténére'; Oasis de Fachi, à 160 km à l’ouest de Kaouar; Angletin, Fergassan, Termitt, à 250 km. au sud de Fachi.
- Les roches employées par les « Hommes de l’âge de la pierre » du Sahara sud-oriental sont : le silex — silex de toute nature, opaque, translucide, et de toutes couleurs, certaines très vives, à tons chauds, donnant au petit outillage, un aspect merveilleux, — le quartz hyalin, le quartz de filon, des quarlzites, des grès siliceux très fins, diversement colorés; de l’hématite; des roches volcaniques, etc.
- Le silex a toujours été importé. Les grès et quarlzites sont des roches locales; le basalte et autres roches volcaniques abondent dans le Sahara oriental (Midjigatem, région du Ténéré.)
- Sans qu’il y ait lieu d’entrer ici dans un exposé technique — qui est à réserver pour un mémoire
- Fig-, -p. — Rocher rf’Emi-Tchouma (Kaouar). Tata au sommet, village au pied de la roche.
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- spécial — une brève énumération complétant la série des photographies insérées dans le présent article, donnera une idée de l’outillage en pierre recueilli dans le Kaouar et les régions avoisinantes.
- Quelle est l’ancienneté relative des diverses séries de pièces ? il est impossible de l’indiquer. La stratigraphie archéologique saharienne est jusqu’ici inexistante. Le manteau de sables qui a lustré, rodé, parfois rongé la surface et les arêtes des outils, qui les a ensuite ensevelis et protégés, apparaît plus ou moins épais : simple question de direction des courants aériens, de disposition des replis du sol.... Parfois, le sable est passagèrement déblayé par le vent et passagèrement aussi la station préhistorique se trouve dénudée, les silex gisant sous le soleil qui donne à leurs belles couleurs des teintes admirables.
- La morphologie n’apporte que des renseignements problématiques. Sur notre sol français où l’analyse des industries quaternaires est souvent poussée jusqu’à ses détails les plus infimes, la typologie paléolithique n’apporte que trop souvent de cruels déboires à ses fidèles. Que lui demander, à cette typologie trompeuse, dans la préhistoire saharienne à peine ébauchée?
- Nous dirons donc simplement :
- Des pierres taillées, unifaces le plus souvent, quelquefois bifaces : des lames, des pointes, des racloirs, des rabots, des oulils carénés, des armatures foliacées, etc., qui trouvées en Europe, seraient incontestablement classées comme paléolithiques ;
- Des pierres taillées que l’on peut affirmer être néolithiques : pointes de flèches avec ou sans pédoncule, pointes de flèches à base rectiligne (triangu-
- Fig. g et 10.
- A droite : Malia, ancien chef pillard du Sahara oriental, rallié à la France (type Toubkou.) A-gauche : Jeune femme toubbou.
- Village de Derkou, au centre du Kaouar.
- Le tala du village vu de l’oasis.
- laires) ou à base concave (en croissant), pointes de flèches à bords tranchants ou à bords denticulés, etc. sans toutefois qu’aient été rencontrées ces pointes de flèches si spéciales à encoches latérales signalées par notre ami regretté G.-B. M. Flamand sous le nom de pointes de flèches en forme de « tour Eiffel » dans le Tidikelt (Aoulef) — armatures de sagaies, de javelots — couteaux — trancbets avec taille habile de la pièce et polissage des deux faces du biseau — haches polies, épaisses par rapporta leur longueur, avec tranchant court et ne représentant pas un angle bien aigu..., enfin certaines pièces qui échappent à toute description et dont celle figurée ici (fig. 13, n° 14) est un exemple.
- A côté de l’outillage lithique proprement dit, tout un groupe d’objets de parure : plaquettes en hématite, pendentifs et pierres perforées de colorations variées, perles de pierre avec ou sans trou de suspension, des rondelles découpées dans des coquilles d’œufs d’autruche, des grains de collier... et aussi quantité de percuteurs sphériques pour le débitage des roches siliceuses.
- Les habitants actuels du Kaouar n’ont gardé aucun souvenir des ancêtres lointains qui façonnaient la pierre si habilement. Tous, comme il est général dans les autres régions sahariennes, ils attribuent cet outillage lilhique aux djinns (génies) et sont très satisfaits de pouvoir donner cette explication.
- Cependant, en étudiant d’un peu près des séries de pièces suffisamment nombreuses, on trouve dans l’industrie néolithique du Kaouar confirmation de ce que peuvent apprendre géographie et linguistique.
- Carrefour de la grande voie allant de la Méditerranée vers le Tchad et de celle suivie de l'Air, au Borkou et, de là, à travers le désert de Lybie, jusqu’à l’Égypte, le Kaouar a subi l’influence des populations du Nord de l’Afrique, celle des populations noires (nigritiques) de l’Afrique équatoiiale et celle des Égyptiens.
- Les caractères nilotiquesde la langue des Tibbous confirment cette dernière influence et font même supposer une origine par migration d’origine lointaine
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- Fig, il. — Q ieljues pièces fréquentes dxns les séries du “ tybe paléolithique ” du Kaouar.
- 1,2,3, racloirs carénés ou rabots, unifaces. 4, armature foliacée, abords denîiculésde Bilma. 5, hache polie type “ africain, ” court, à tranchant épais ; roche de couleur claire et verdâtre indéterminée. 6, couteau ? 7, couteau? racloir? armature? de Bilma, finement travaillé sur ses deux faces (le pédoncule est brisé). 8, pointes de flèches à bords lissés ou denticulês. (Toutes ces pièces sont figurées 2/3 grandeur naturelle.)
- de ce groupe important île la population du Sahara j Sud-Oriental. j
- .Le Néolithique du Kaouar est fortement apparenté j au Néolithique de l’Jigyple. Il suffit, pour s’en con- ; vaincre, de feuilleter les Origines de l'Egypte par j J. de Morgan et de voir les très nombreuses figures !
- qui se rapporteraient avec une absolue exactitude à des silex du Kaouar. Ces Néolithiques autochtones de de l'Égypte pré-dynastique vivaient il y a 9000 à 12 000 ans : la chronologie égyptienne nous donne ainsi un repère pour l’ancienneté du Néolithique dans le Kaouar.
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- Mais l’outillage de type paléolithique‘Ml pourrait bien être contemporain du précédent ou à peine plus ancien. Tant que nous n’aurons que la morphologie de l’outillage comme base de discussion, aucune conclusion ne sera possible :1e Néolithique d’Égypte et d’ailleurs a donne 1anl de pierres taillées, tant de lames, de grattoirs, de pointes variées!
- Beaucoup des « types » de pointes de flèches, recueillies par le capitaine Prévost, se retrouvent idenliques en Europe comme dans nos gisements français néolilhiquee, comme aussi dans les gisements néolithiques d’Asie— et l’on est amené à
- Sud-Tunisien, Sahara central, Sahara méridional, sud-oriental, etc. Déjà au point de vue ethnique, on a quelque peine à' établir des notions précises. Comment éviter des inductions erronées, des généralisations exagérées et trompeuses, en présence de quelques silex se rapportant à une population nombreuse, ayant vécu durant de nombreux millénaires dans un Sahara tout différent du désert actuel? Poser la question, c’est déclarer l’impossibilité d’y répondre présentement.
- Seule, jusqu’à maintenant, se dégage la notion d’une grande uniformité de civilisation impliquant
- Fis;. i3. — 12, armature de lancé? ou pièce d’attribution incertaine, unifacefde Termitt. 13, pointes de flèches de Bilma, à bords crénelës. dc type foliacé, à pédoncule et barbelures, à base rectiligne. 14-, tranchet finement poli, en hématite, et perçoir ou burin d’attribution incertaine en roche noire, siliceuse provenant de Bilma. 15, hache taillée, à tranchant poli d’Angleton. 16, hache polie, étroite et allongée, en hématite, de Bilma. (12, 15, 16, demi-grandeur naturelle; les autres pièces, grandeur naturelle.)
- cette conclusion 1res générale de l’universalité de la culture néolithique, de sa diffusion à la surface de tout l’ancien continent soit par migrations humaines — ce qui n’est que partiel, — soit par courants commerciaux — ce qui est plus général, — soit surtout parce que cette culture correspond à un stade évolutif humain qui se retrouve un -peu partout, mais à des intervalles de temps peut-être considérables.
- C’est dire la vanité des classifications typologiques d’outillages et l’incertitude des rapprochements que Ton pouirait établir entre telles ou telles régions, simplement parce que leur outillage de pierre pré-, sente de grandes analogies.
- Plus spécialement pour la préhistoire saharienne, la documentation est encore trop réduite pour essayer d’isolcr des industries Ethiques régionales et séparer à ce point de vue Mauritanie, Tidikelt,
- des rapports constants, des relations permanentes entre les Préhistoriques qui vivaient dans l’immense région saharienne de la Mauritanie au Tibesti, du Nigtr au Sud Algérien. C’est ainsi que le capitaine Cortier, explorant la vallée du Timlensi, au sud de l’Adrar (Sahara Central-Méridional) a signalé (J) l’abondance des poinles de flèches d’un travail très fin, à bords souvent dentelés, à pédoncule et barbelures ou foliacées, losangiques, véritables réductions, clans ces dernières formes, des armatures de type solutréen associées à des haches polies en hématite, à des haches en silex taillé, longues et partiellement polies et aussi à des haches «nègres » très épaisses et à biseau très court... Mais c’est là toute l’industrie lilhique des gisements du K aouar, à plus d’un millier de kilomètres à vol
- 1. Mission Cortier (1908-1909-1910) Notice de Préhistoire Saharienne, Paris. Laroze, éditeur, 1914.
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- LA CRESSERËLLE =
- dois au, vers l’Est.. Tout récemment, un des savants qui connaissent le mieux les industries lilhiques préhistoriques du Sahara, M. Maurice Reygasse(de Té-bessa), nous signalait la très grande analogie des pièces du Kaouar, que nous lui avions soumises, avec celles d’autres régions très distantes du Sahara, notamment avec celles du Sahara algérien. En fait, il faut dépasser les confins sahariens pour que l’outillage de pierre subisse l’influence des civilisations péri-méditerranéennes. Loin de ces zones proches de la mer, le Sahara préhistorique garde toute son unité et cette uniformité des « fossiles psychiques » humains fait naître l’idée d’une population assez
- i homogène, d’un groupe ethnique compact sur lequel ne s’étaient pas encore exercés — sinon faiblement — les innombrables métissages qui donnent une variété extrême à sa population actuelle (*), groupe ethnique dont les Touaregs des massifs montagneux du Sahara central : Touaregs Kel-Àhaggar (ïïoggar), lvel-Ahnet et Azdjers (Tassili) sont peut-être restés les représentants les moins mélangés.
- Capitaine Mauics Prévost Dr Lucien Mayet.
- de l’Infanterie coloniale Chargé de cours de P déontologie humaine à l’Université de Lyon.
- 1. Pour quelques détails, voir l'article dcM. René le Cuite. Les populations sahariennes, dans La Sature, 9 juin 1923.
- LA CRESSERELLE
- Comment nichent les Cresserellès.
- En haul, vers la nue, un vieux, très vieux château-fort.... Accroupi à la cime du mont rocailleux, tassé par les ans, il se meurt lentement. Les décades se succédant l’ont décrépi et ses débris, pêle-mêle, s’épandent le long des sentes roides qu’elles encombrent.
- Au flanc de la montagne, de grands rochers dressent des pans abrupts auxquels nulle végétation n’a pu s’accrocher. Au pied de ces escarpements, des épicéas opaques, d’un vert si sombre qu’il paraît noir, agitent leurs grandes branches flexibles, semblables à des bras gigantesques qui imploreraient les éléments.
- Où les sapins n’ont pas étouffé toute vie végétale, s’accumule le hérissement de la flore épineuse et rêche des sols incultes. Tout a, sur le mont, allure sauvage et les fougères, les bruyères qui se bousculent sur les arêtes schisteuses revêtent elles-mêmes un aspect rébarbatif.
- En bas, la rivière bouillonne et va, grondante, à travers les blocs de quartz jaillis de son lit, crevant ses ondes. Sans cesse, ils lui barrent le chemin, la repoussant de tous leurs angles aigus et rudes, si rudes que les flots ne peuvent les polir. Ses vagues qui roulent pleines de reflets et sur lesquelles danse de l’écume, courent follement, agitées de remous umultueux, à travers la vallée tout couvertes de
- 1. Le mot Cresserelle, dans la plupart des dictionnaires, s’écrit Crécerelle;-mais les autorités ornithologiques, Degland et Gerbe, en France, Alph. Dubois, en Belgique, par exemple, écrivent Cresserelle. Ceci dit parce que des lecteurs pourraient ontester l’orthographe du mot. !
- chênes auxquels se mêlent parfois des hêtres élancés et toujours des épicéas.
- L’antique château domine fièrement le roc, la rivière, les bois touffus et les plateaux qui s'étagent, là-bas très loin, vers l’horizon.
- Apre nature, fauue farouche. Hermines et putois rôdent parmi les décombres. Sous les blocs amoncelés des tours écroulées gîte un renard. Un vieux blaireau misanthrope s’est creusé à travers les ébou-lis une galerie qui le mène en une oubliette au fond de laquelle il a trouvé un logis idéal sous des moellons effon-drés formant voûte. Des chauves-souris, dans les souterrains, sont suspendues, tête [en bas, attendant le crépuscule propice à la chassé aux insectes amis de la nuit;. Dans les épicéas folâtrent des écureuils; roux, gris ou noirauds, selon leur race ou les saisons et qui prudemment s’écartent des corneilles noires qui hantent aussi la ramure des résineux. Et au plus épais des sapins q u-’en ténèbre. l’ombre-des vieux remparts, des hulottes ont; trouvé refuge en un recoin assombri.
- Brumes et frimas' dissipés, des oiselets aimables viennent animer la flore exubérante des lieux.
- Quand l’été décline, des faucons pèlerins aux mœurs errantes viennent souvent se camper sur le plus haut*•dés murs, semant l’effroi parmi les corneilles choucas qui y vivent en colonie et faisant fuir à tire-d’aile les crësserelles qui affectionnent cet habitat tourmenté. Corneilles et cresserelles savent que le pèlerin ne dédaigne pas faire ripaille aux dépens de leurs espèces. Les cresserelles sont
- Fig-, i. — Cresserelle femelle couvant dans l'anjraciuosité d’un mur.
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- au reste hôtes familiers du vétuste manoir. Volon-tierscependant elles se rapprocheraient des demeures humaines et l’homme, n’y perdrait pas, car ces faucons lui rendraient d’incalculables services. Elles peuvent en effet être comptées parmi les plus utiles des volatiles. C’est par centaines qu'une cresserelle détruit annuellement, campagnols, mulots, hannetons, tipules, bêtes nuisibles extraordinairement. Mais l’homme s’acharne à détruire ces rapaces, défenseurs incomparables des récoltes si on les laissait accomplir l’œuvre pour laquelle ils ont été créés. Un exemple entre cent montre l’effroyable destruction que l’on accomplit de ces oiseaux peu méfiants et fort aisés à mettre à mal. Une Fédération colombophile belge, accordant des primes pour la capture des oiseaux de proie, reçut une année plus de 6000 de ceux-ci. Or, il se trouvait parmi eux plus de 85 pour 100 de cresserelles absolument inoffensives pour les pigeons. Avisés de l’utilité de ce falconidé, les colombophiles le rayèrent aussitôt de la liste des rapaces dont la tête est mise à prix.
- Mais les cresserelles du vieux château ont échappé aux dangers qui quotidiennement les menacent et voici qu’avril ne sera bientôt plus qu’un souvenir. L’heure a sonné qui leur indique que créer souche nouvelle doit être le souci du moment,
- Le couple qui, l’année précédente, nicha en cette sauvage région, a expulsé de son domaine ses derniers rejetons. Avec lui, sans cependant faire bande, ils avaient vécu tout l’hiver aux abords des ruines, errant à deux lieues à la ronde. Au reste, ces jeunes, avisés par l’instinct, se rendent compte d’eux-mêmes que pour eux et leurs ascendants, le cantonnement ne serait pas assez vaste. Sans trop se faire prier, ils sont donc allés ailleurs chercher un habitat nuptial, car eux aussi sont sollicités par le renouveau.
- Il est assez curieux de constater que l’époque des
- Fig. 2. '— La cresserelle mâle.
- accord; illes survenant, tous les liens de famille disparaissent chez les oiseaux qui ne nichent pas en colonie. Les enfants deviennent pour les parents d’irréconciliables ennemis et les tils combattent farouchement le père si celui-ci s’égare sur leurs terres. Pour nul oiseau, il n’apparaît cependant que la jalousie soit en jeu, puisque toujours la femelle du possesseur du cantonnement se joint à son compagnon pour expulser l'intrus qui se hasarde en des lieux où il n’a que faire.
- Autre constatation intéressante sitôt que toutes les dispositions pour la nidification ont été prises par un couple, toute son animosité vis-à-vis de ses pareils disparaît et très souvent il laisse s'installer dans ses environs d’autres oiseaux de son espèce, sans manifester la moindre colère, sans revendiquer ses droits de premier occupant.
- 11 n'est plus aujourd’hui, de toute, la petite tribu, que deux cresserelles qui vivent isolées. Comme mai est proche, elles se livrent aux jeux amoureux. Le mâle eii son bel habit teinte brique trop cuite, fait le beau aux côtés de sa dame. Au-dessus des ruines, il exécute de grandes envolées joyeuses, lançant à tous les échos les éclatantes sonorités de ses appels énamourés. De temps à autre, soudainement immobilisé, très haut dans
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- la nue, il papillonne, les ailes grandes ouvertes qu’il ! agite à petits coups rapides, comme lorsqu’il explore de sa vue perçante les champs sur lesquels s’agitent les muridés malfaisants. Mais le jour des noces est proche et les deux oiseaux sont aujourd’hui en quête de l'emplacement de leur home saisonnier.
- L’an dernier, un ancien nid de corneille bâti dans les sapins, constitua pour leurs petits un berceau parfait qui ne leur coûta nulle peine. Les cresse-rèlles jugent bien inutile de se construire un nid alors qu’il en existe tant à leur taille et tout prêts à servir à leurs desseins. Comme la majorité des rapaces, elles préfèrent en ceci la besogne faite. Elles imaginent donc que, cette année, elles pourront Tutiliser encore, dussent-elles y donner un coup de balai, le réparer ou le consolider quelque peu par l’apport de menues branchettes.
- Malheureusement leurs espoirs sont déçus. Dans ce nid abandonné, des hulottes, plus précoces qu’elles, se sont installées et l’une d’entre elles y couve trois œufs blancs, tout ronds. Les cresserelles qui sautillaient de branche en branche pour se rapprocher de ce logis éventuel, les aperçoivent fort Hiën lorsque, à leur vue, dame Hulotte, se relevant d’un sursaut, se pose, agressive, sur le rebord du vieux nid, en faisant claquer ses mandibules, tandis que ses yeux bruns, grands ouverts, luisent dans la pénombre de la sapinière. Les cresserelles n’insistent pas : une hulotte qui couve est inexpugnable. Elles savent aussi que ces nocturnes ne sont pas toujours commodes et se rappellent avoir vu, un matin et bien qu’il fît grand jour, un de ces chats-huants se jeter aux trousses d’une grosse buse qui s’était inconsidérément aventurée trop près de sa nichée et qui, effarée par cette réception inattendue, prenait le large hâtivement.
- Déçues, nos cresserelles parcourent à présent les bouquets de sapins, à la recherche d’une autre demeure. Une bauche d’écureuil les tente un instant. Cette grosse boule toute feutrée de molles herbes desséchées ferait, aplalie convenablement, peut-être bien leur affaire. L’une après l’autre, du bec, des pattes, nos cresserelles bousculent l’amas d’herbages, en élargissant le sommet, étirant de-ci de-là dès touffes sèches. Mais l’une d’elles — est-ce un geste voulu? — délaissant cette besogne, va soudainement se percher à l’extrémité de l’une des branches qui soutient le refuge du rongeur et aussitôt pousse un appel, significatif certainement, car l’oiseau demeuré sur le nid, le quitte immédiatement. Le charme primitivement découvert à la bauche de l'écureuil n’existe plus et les deux faucons s’envolent. Vraisemblablement remplacement n’est pas favorable : en face du sapin, il n’est certainement pas un espace libre suffisamment vaste à leur gré. Aussi elles renoncent à leur projet d’installation. Le désordre du nid, de grands paraphes blancs qui maculent les rameaux proches, révéleront seuls dans la suite, quelles furent les intentions des rapaces.
- Ce n’est du reste que faute de mieux, que le gîte du petit hôte velu de la forêt, attire la eresserelle et ce n’est que par caprice, semble-t-il, qu’elle s’approprie occasionnellement la demeure de l’agile quadrupède.
- En rôdant à l’aventure, les faucons sont descendus vers la rivière. Sur un grand peuplier qui croît sur la berge, un nid de pie que hérisse son dôme d’épines, retient leur attention et ils vont l’examiner. Ils ne s’y attardent pas. Il doit sans aucun doute celer en son enchevêtrement un vice rédhibitoire sérieux, car les cresserelles affectionnent tout particulièrement les nids de pie.
- On en voit même qui s’emparent d’un nid nouvellement construit par ces corvidés, éloignant ceux-ci manu militari, les obligeant, à force de persécutions à leur céder une habitation péniblement édifiée. Mieux encore : il se découvre parfois — rarement cependant, — enfouis sous quelques matériaux neufs, des œufs de pie gisant sous la couvée d’une eresserelle qui, sans nul scrupule, a occupé là demeure de l’infortunée « agasse », ne se souciant aucunement des droits incontestablement établis de celle-ci.
- Un autre nid de corneille qui s’étale dans un chêne paraît maintenant avoir pour elles quelque attrait. Il est vétuste à souhait, plein à bord de feuilles mortes qui se décomposent lentement et qui donneraient aux œufs un peu de cette humidité qui est si favorable à leur éclosion. Les rapaces hésitent cependant à en prendre possession. À plusieurs reprises, ils y reviennent, allant entre temps visiter une crevasse d’un de ces rochers qui se dressent au flanc de la monlagne. Mais si cette anfractuosité est suffisamment vaste pour l’usage qu’ils veulent en faire, elle n’est certes pas à la hauteur désirable, ce dont semblent se convaincre les oiseaux qui, à plusieurs reprises, l’un succédant à l’autre, papillonnent devant l’ouverture, lui tournant le dos, avant de s’accrocher au rebord de celle-ci ou de se poser sur une saillie du roc toute proche. Ce n’est qu’exceptionnellement que les cresserelles installent leur nid à moins d’une dizaine de mètres de hauteur. Si elles s’établissent assez souvent à une vingtaine de mètres d’élévation sans que cela étonne, on estime qu’un de leurs nids se trouvant à quelques pieds du sol ainsi qu’il en a été découvert en de rares circonstances, est le fait d’un caprice si étrange qu’il est toujours considéré comme une bizarrerie accidentelle, comme une anomalie.
- Finalement les oiseaux renoncent et à la crevasse, et au vieux nid de corbine. En allant voir celui-ci de plus près, on s’aperçoit qu’il a servi de lieu de repos à un loir qui y est revenu maintes fois au cours de ses randonnées nocturnes, car il s’y trouve d’indiscutables traces de son passage et de sa digestion. Le nettoyage du nid nécessiterait-il trop de travail? C’est possib e. Mais il est probable aussi que la méfiance intervient quelque peu en l’occurrence. La prudence est pour la gente ailée une
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- assurance de sécurité et les cresserelles imaginent peut-être, et non sans raison, que leur couvée, déposée en cet endroit, pourrait avoir à pâlir d’une visite du loir, ennemi des oiseaux.
- Une aire d’épervier sur laquelle parfois elles déjeunèrent d’un souriceau, ne les séduit pas non plus, bien qu’elle soit merveilleusement dissimulée dans le fouillis des ramilles sèches entourant des sapins qui n’ont pas encore été émondés. C’est à peine si, au passage, elles y jettent un coup d’œil distrait. Cette aire aurait cependant pu leur servir; semblables nids sont employés par d’autres d’entre elles, mais vraiment elle est aujourd’hui trop délabrée et ne vaut pas une réparation.
- Maintenant, ce sont les anfractuosités d’une vieille carrière qui reçoivent la visite des rapaces ; de même les cavités d’un four à chaux hors d’usage.
- Faute d’emplacement plus favorable ou uîie fantaisie les y poussant, il est des leurs qui se sont établies de temps à autre dans de tels endroits. Mais nos oiseaux ne se sont pas attardés à ce projet. Carrière et four à chaux sont sans doute, à leur avis, tout au plus bons pour leur servir d’observatoire à l’automne alors que le faucon pèlerin les écarte du manoir.
- lit c’est vers celui-ci que finalement les cresserelles se tournent. Elles connaissent toutes les ressources des ruines, savent combien certaines crevasses du haut donjon sont commodes. Ce ne seront pas les choucas qui déjà couvent dans les creux à d^mi cachés sous les lierres qui les gêneront. Cresserelles et corneilles ch mcas vivent en bonne intelligence ou plutôt s’ignorent, les unes ne s’inquiétant de coutume pas des autres, au temps de la nidification.
- Nos falconidés, pressés par l’époque qui s’avance, ont'enfin pris une résolution : ils nicheront au faîte du donjon, dans l’alvéole d’un gros moellon qui a culbuté dans le vide. L’aménagement du home est tôt fait. Quelques grands brins secs d’une plante morte, s’érigent à l'orifice du trou; un peu de feuilles morte ont été jetées dans celui-ci un soir de tempête. Les unes, fauchées du bec, sont poussées négligemment à l’intérieur de l'anfractuosité, les
- autres ramenés vers le centre de l’excavation et le logis est prêt. Un peu de duvet que perdra la couveuse au cours de l’incubation complétera ce fruste rembourrage.
- Dans ce nid primitif, cinq beaux œufs d’un jaune ocreux, marbrés de marron avec tant de libéralité que la couleur de fond a presque disparu, reposent bientôt, que dame Cresseretle se met à couver avec assiduité. Elle ne paraît pas plus mal a l’aise que dans un nid de eorbine ou sur une bauche d’écureuil et le gîte vaut évidemment celui qu’elle aurait trouvé dans la crevasse des rochers, dans un éboulis de la carrière ou entre des pierres du four à chaux. Dans le choix de son home, là cresserelle n’est guidée, semble-t-il, par aucune règle et il lui importe peu — quoique l’expérience eût dû l’avertir — que ses rejetons soient obligés de demeurer plus longtemps à sa charge quand ils sont élevés dans le creux d’un trou ou d'un roc, que lorsqu’ils grandissent dans un vieux nid construit sur un arbre.
- Dans les premiers, l'abîme qui s’ouvre sous elles, exige que les petites cresserelles aient atteint leur plein développement avant qu’elles songent à quitter leur berceau, faute de < quoi elles risqueraient une culbute fatale.
- Nées sur un arbre, elles peuvent plus tôt prendre l’essor, car il leur est loisible- d’exercer leurs ailes en allant, dès qu’elles sont emplumées, se percher sur les branches proches du nid, voletant de l’une à l’autre.
- Les poursuites continuelles dont les cresserelles sont l’objet les rendent farouches, mais chose curieuse, cette humeur sauvage ne les empêche pas de nicher quelquefois au milieu des agglomérations et même la grande ville, malgré ses bruits multiples, la perpétuelle agitation qui y règne, ne les effraie pas. Témoin ce couple qui avait élu domicile en un creux de l’église de La Chapelle, l’un des quartiers les plus populeux de Bruxelles. Malheureusement pour les pauvrettes, des colombophiles s alarmèrent et firent détruire la nichée. Faut-il dire que dans la cavité, on ne découvrit pas de restes de pigeons. Il ne s’y trouvait que des pelotes contenant des débris de. souris et quelques plumes d’un
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- moineau peut-être ramassé mort dans une gouttière.
- La cresserelle n’est en re'alité pas un ennemi des oiseaux et ceux-ci ne semblent pas la craindre. Des cresserelles qui papillonnent au-dessus d’eux n’inquiètent pas les moineaux qui pillent les champs de céréales. Par contre, quand elles planent au-dessus des prés, les hochequeues jaunes les poursuivent avec des cris de colère, les suivant parfois sur de longues distances. Dans les villes, les martinets, avec de frénétiques criailleries, les encerclant dans un tourbillonnement d’ailes, les pourchassent résolument. Et toujours les cresserelles passent paisiblement leur chemin, sans paraître même songer à se saisir d’une proie qui vient pour ainsi dire se jeter dans leur bec. Ne sont-ce pas là indications précieuses quant aux instincts ordinaires de la cresserelle?
- Aussi pourquoi détruire sans merci ces gracieux
- faucons ? Pourquoi ne pas les laisser s’installer dans les villes? Imagine-t-on l’attrait que revêtiraient nos hauts monuments par suite de la présence de quelques cresserelles, si jolies, si joyeuses, qui animeraient merveilleusement les édifices, hantés seulement à présent par les choucas, les moineaux et les martinets. Mais ce serait vraiment trop beau....
- Il est cependant des villes, dans les pays du Sud, qui abritent sans que personne leur cherche noise, de véritables colonies de cresserelles. Ne serait-il pas souhaitable qu’il en soit ainsi chez nous?
- Voilà, en tout cas, pour nos législateurs, bonne occasion d’intervenir, en ajoutant à la liste des oiseaux qu’ils décrètent utiles, le nom de la cresserelle dont le rôle dans la nature est beaucoup plus profitable à l’agriculture que celui de maints insectivores, objets de lois protectrices. Au surplus, la protection des uns ne contrarierait en rien la protection des autres. L. Coopman.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1925.
- La valeur nutritive de l'escargot. — A l’état frais, la chair de YHelix pomatia, de consommation courante, contient de 10 à 16 pour 100 de matières azotées, de 0,72 à 1,08 de mat. grasses et de 2 à 2,6 de mat. extractives, comprenant le glycogène et les sucres réducteurs. Or, l’escargot préparé se réduit au pied et à la parlie antérieure du corps, tandis qu’on élimine le foie et les organes qui y sont attachés. Pour M. Léger, c’est là une lourde erreur : en supprimant le tortillon, on enlève la plus grande partie de la substance nutritive et notamment la plus digestible et la plus savoureuse.
- La présence normale de l'oxyde de carbone dans le sang. — Une nouvelle série d’analyses ducs à M. Maurice Nicloux indique, sans contestations possibles, qu’il J existe dans le sang un gaz qui : 1° se combine à l’hémoglobine en donnant un composé stable et présentant les deux bandes d absorption de l’hémoglobine oxycarbonée: 2° est déplacé par le bioxyde d’azote in vitro et l’oxvgène pur in vivo. On ne saurait ainsi mettre en doute la présence du gaz CO dans le sang, présence déjà signalée par Nestor Gréhant et L. G. de Saint-Martin.
- Élections. — Au cours du mois de décembre 1024, MM. Georges Claude et Paul Séjourné ont été élus en remplacement de MM. de Chardonnet et du prince Roland Bonaparte. Le premier de ces savants fait ainsi partie de la section des Applications de la Science à l’Industrie, et le second figure parmi les Académiciens libres.
- Les schistes hydrocarburés du Jura franc-comtois. — Suivant qu’on s’adresse aux gîtes de la partie orientale ou de la partie occidentale, on trouve des asphaltes ou des hydrocarbures d’imprégnalion, la région de Bel-ley fournissant des schistes riches en soufre, dont les produits de distillation s’utilisent à là préparation de l’ichtyol. M. J. Grosjean et M. Dosios ont fait porter leurs recherches sur les zones à Posidonomyes du Toarcien,
- dont l’épaisseur peut atteindre 40 m. avec une puissance moyenne de 5 à 6 m. Les huiles fournies par la distillation fractionnée ne contiennent, en général, qu’une faible proportion d’essences, mais leur teneur en produits solaires peut atteindre 50 pour d 00, pour 50 d’huile de graissage et de paraffine. Avec les eaux ammoniacales, on devrait obtenir de 7 à 12 pour 100 de sulfate d’ammoniaque par tonne.
- Le déplacement des métaux alcalins par le fer. — Avant de reprendre l’expérience classique de Gay-Lussac et Thénard (5 Fe-f-4 KoH Fe3 04+ 2 H*—{— 4 K) qu’ils ont réalisée avec un rendement élevé, entre 600 à 650°, MM. ïlaekspill et Grandadam ont étudié l’action du fer sur les chlorure, bromure, iodure, cyanure, carbonate et sulfate de potassium. Le métal Fe déplace dans le vide, à une température plus ou moins élevée, les métaux K, Na, etc., de leurssels et de eurs hydrates; et dans la plupart des cas, il est possible de recueillir l’élément alcalin ; dans d’autres, on démontre seulement sa présence par le dégagement d’hydrogène que produit un courant de vapeur d’eau passant dans le creuset où se fait la réaction.
- La formation directe des oxychlorures de mercure. — M. Palabou a déjà indiqué que, dès la température ordinaire, l’oxyde HgO s’unit au sublimé IlgCl2, en présence d’eau, même si l’on opère dans des tubes en silice fondue qui ne saurait apporter la moindre trace d’alcali Reprenant à + 15°, les essais faits par Toda à + 55°. ce même savant indique que les trois oxychlorures IlgO. 2HgCl2, 2 HgO. IlgCl2 et 4HgO. IlgCl2 peuvent prendre naissance directement au contact d’eau et d’alcool si la température est assez basse. Le premier de ces sels doubles ne se forme pas au-dessus de -f- 50°, mais une fois obtenu, il peut être amené à -p 100° sans se décomposer. „ Paul B.
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- LE CRACKING DES HUILES MINÉRALES
- Définition. — Lorsqu’on distille des pétroles bruts, dans les conditions ordinaires et à la pression atmosphérique, on obtient en moyenne les produits suivants :
- 2 pour 100 d’éther de pétrole distillant entre 45° et 70°.
- 12 pour 100 d’essence de pétrole distillant entre 70° et 120°.
- d’hui, en l’état de paix, la production nécessaire à l’industrie, au tourisme, aux multiples emplois du moteur.
- 11 est donc ' fatalement arrivé que les qualités d’essences devenaient de plus en plus mauvaises, parce que l’industrie du raffinage ne laissait dans ces essences que juste la quantité de gazoline pour les rendre inflammables, et ceci en vue d’augmenter
- Fig. i. — Le cracking des huiles miuér.tles par le procédé Dabbs. A gauche : les réservoirs ; à droite les appareils de crackingproprement dit. Remarquer les chambres de réaction au pied des déphlegmaleurs qui
- rectifient l’essence produite. .
- 60 pour 100 de pétrole lampant distillant entre 120° et 280°.
- 16 pour 100 d'huiles lubrifiantes distillant entre 280° et 400°.
- 2 pour 100 de paraffine.
- 6 pour 100 de coke et de goudron.
- 2 pour 100 de pertes sous forme de gaz.
- Comme on le voit, l’huile lampante entre pour plus de moitié dans la composition des pétroles, tandis que la proportion des essences ou gazolines n’atteint pas 20 pour 100, ce qui a permis cependant de satisfaire à la consommation jusqu’à ces dernières années.
- Les besoins formidables créés par la guerre, par l’aviation, par l’automobilisme sont venus changer la face des choses.
- Or, c’est un fait, les quantités d’essences naturelles, c’est-à-dire naturellement contenues dans les pétroles, sont loin d’atteindre, même aujour-
- le rendement. Malgré les perfectionnements apportés aux carburateurs, les quantités d’essences ainsi obtenues ne sauraient répondre aux exigences mondiales.
- 11 faut signaler cependant l’heureuse tentative faite pour extraire les essences de pétrole des gaz qui se dégagent de certains gisements pétrolifères. En soumettant ces gaz à de fortes compressions et à des refroidissements méthodiques, on peut arriver aisément à en séparer les carbures liquides. Cette industrie, encore nouvelle, a permis de parer un peu au déficit, mais n’est pas arrivée à le combler. -
- Le « eracking » des huiles minérales, par contre, nous offre maintenant le moyen d’obtenir une très grande production d’essence. Alors que la distillation des pétroles et le traitement des gaz ne donnaient que des essences existant déjà dans ces produits, le phénomène du « cracking » permet
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- LE CRACK1NG DES HUILES MINÉRALES
- aujourd’hui une véritable fabrication d’essence par la transformation des huiles lourdes en huiles légères.
- Le a cracking » (de « to crack », se briser) peut être défini : la transfoimation des hydrocarbures à haut point d’ébullition en hydrocarbures à bas point d’ébullition.
- Sous l’action de la chaleur, sous l’action de la pression, aidées éventuellement par la présence de catalyseurs, les grosses molécules, qui sont les constituants des huiles lourdes, se dissocient,
- raie lourde en faisant passer ses vapeurs dans un tube chauffé au rouge. Il trouva qu’il s’était formé de l’hydrogène et que du carbone s’était déposé dans le tube. Ce dépôt prouvait que la dissociation avait été poussée trop loin.
- En 1871, Thorpe et Young remarquèrent qu’en chauffant de la paraffine sous pression et en distillant, on obtenait des hydrocarbures liquides, de la série du méthane et de l’éthylène.
- En 1875, Friedel et Craft obtinrent des hydrocarbures légers en chauffant du pétrole avec du
- « craquent » et donnent naissance à dé petites molécules beaucoup plus légères qui sont les constituants de l’essence de pétrole.
- C’est là une découverte dont la portée est incalculable et dont l’intérêt industriel est immense si l’on en juge d’après les entreprises industrielles très importantes qui se sont montées pour industrialiser cette invention.
- Premières recherches sur le cracking, — Il est assez curieux de noter que la'découverte du crai king est due au hasard. La décomposition des huiles lourdes en huiles légères a été en effet remarquée pour la première fois en 1861, en Amérique, d’une façon accidentelle, par un simple ouvrier. C’est de cette époque que datent les nombreux travaux entrepris dans cette direction.
- .. En 1865, Breite.nlohner distilla de l’huile miné-
- chlorure d’aluminium ou des oxydes métalliques, tels que ceux de fer, de zinc, de cuivre.
- En 1885, Armstrong et Miller, en chauffant des huiles minérales à haute température, obtinrent des huiles légères.
- En 1887, l’Américain Benton obtenait un brevet pour « des perfectionnements apportés aux méthodes et aux moyens de raffinage du pétrole brut et des rebuts de pétrole ». Dans ce procédé, les huiles lourdes étaient forcées de traverser une série de tuyaux (hauffés dans un four, sous une pression de 200 kg par centimètre carré. Les produits étaient conduits dans une chambre où les hydrocarbures se condensaient et où l’on obtenait des huiles légères.
- Opération industrielle du cracking. — De très ! nombreux brevets ont été pris sur cette question, mais, d’une façon générale ces . différents, brevets, à
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- LE CRACKING DES HUILES MINÉRALES
- quelques modifications près, sont relatifs à des procédés de chauffage de l’huile lourde à « craquer », soit dans des chaudières, soit dans des tubes.
- Ainsi dans le procédé Carton, on chauffe l’huile lourde, sous une pression de 5 atmosphères, dans de grandes chaudières de 1000 litres. Le produit de la pyrogénation se rend par un très long serpentin refroidi dans une chambre de condensation, où l’essence formée se liquéfie.
- Dans le procédé Lamplough, le cracking a lieu en présence de vapeur d’eau et d’un catalyseur qui est le nickel.
- L’utilisation des grandes chaudières pour la réac-
- téristique l’emploi de grattoirs agissant comme tiges de raclage dans l’intérieur des tubes. Dans ce procédé, il est à noter également que l’on ne se sert pas de catalyseurs. Les tubes ont 20 centimètres de diamètre et 3 m. 50 de long. Us sont répartis par séries de dix dans des fours garnis de briques réfractaires, Le rendement atteindrait 42 pour 100 d’essence.
- L’huile résiduelle du cracking peut naturellement être soumise à un nouveau cracking et fournit à nouveau une autre proportion intéressante d’essence,
- Le procédé le plus en faveur actuellement et qui paraît devoir être le plus répandu est le procédé
- Fig. 3.
- Batterie ds io unités pendant le nettoyage à la vapeur.
- tion du cracking offre un avantage énorme : sa simplicité. Elle n’est pas sans présenter un grave inconvénient : les dangers d’explosion ou d’incendie, dangers dus aux quantités très grandes de produits mis en œuvre.
- En opérant la réaction dans de simples tubes, la conduite des opérations est beaucoup plus facile.
- Aussi dans le procédé Hall, on refoule l’huile sous la pression de 4 à 5 kg, et à une vitesse de 300 litres à l’heure, dans des tubes de 0 m. 025 de diamètre, et de 20 m. de long. Les tubes contiennent du nickel comme catalyseur et sont chauffés à 550° environ. Le rendement en essence distillant au-dessous de 150° est de 33 pour 100.
- L’inconvénient du procédé des tubes consiste en des dépôts de carbone, qui occasionnent un encrassement nécessitant de fréquents nettoyages.
- Le procédé Riltman, adopté par le service des mines aux Ltats-Unis, a principalement pour carac-
- Dubbs. Les journaux techniques pétroliers font beaucoup de bruit autour de ce procédé, et les usines d’ailleurs nombreuses qui l’exploitent auraient produit, pour la seule année 1923, plus de 11 millions d’hectolitres d’essences, c’est-à-dire beaucoup plus que la consommation française n’en aurait absorbé.
- D’après les renseignements fournis par M. Guiselin dans la revue Le Pe'trole, les caractéristiques de ce procédé sont les suivantes :
- La totalité des capacités formant l’ensemble de l’appareil, depuis la chaudière, jusqu’aux réservoirs de réception, travaille sous pression.
- L’huile mise en œuvre, additionnée d’huile de retour, est seule admise à circuler dans des serpentins chauffés extérieurement, et placés dans un logement distinct du foyer, afin d’être protégés de l’action trop directe des flammes.
- C’est seulement après leur passage dans ces serpentins que les huiles lourdes sont introduites dans
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- LE CRACKING DES HUILES MINÉRALES
- une capacité isolée, ealorifugée et dans laquelle se produit le cracking.
- ‘Dans cette véritable chambre de réaction, les huiles perdent leur vitesse de déplacement, elles s’y reposent.
- Sous l’influence de ce repos, elles abandonnent d’une part les parties solides, qui s’amassent au fond de celte chambre, et les parties légères volatiles, qui s’élèvent vers les organes de rectification et de condensation complétant l’appareillage de toutes les installations de cracking.
- La réaction s’opère à 450°, sous une pression de 9 à 10 kg.
- Un type usuel d’usine est fait pour travailler 500 barils de résidus de pétrole par jour. 11 comprend un four à
- Dêphlegmateur Conduit de vapeur
- , Conduit de Chu de chaude
- 2 chambres, dont l’une loge le serpentin formé d’un faisceau de 50 tubes d’acier étirés à froid, de 10 centimètres de diamètre et de 9 mètres dé longueur et terminés, à leurs extrémités, par des tampons de visite en bronze d’aluminium.
- C’est dans celte partie tubulaire que les huiles sont portées progressivement à la température convenable, avant d’être introduites dans la chambre
- utilisation économique, autrefois difficile, donnera désormais naissance à un fort tonnage en essence. ' .
- Il y a lieu d’espérer, d’autre part, que l’application du cracking ne sera pas limitée au traitement des huiles lourdes de pétrole, et que l’on pourra l’appliquer au traitement des huiles de schiste, de tourbe, de lignite. A ce sujet, il nous parait utile de mentionner un essai tout récent qui vient d’être fait sur le goudron de lignite de Mailbac (Aude) par l’ingénieur Pélroff (d’après Le Petrole).
- En carbonisant à basse température du lignite de Mailhac, il a obtenu ainsi un goudron qu’il a soumis au cracking par le procédé Mon y, en vue d’essayer d’en retirer des carburants légers.
- 5 kil. 856 de ce goudron ont été introduits dans une marmite en fer de 10 litres chauffée au gaz. Au-dessus du
- Conduit de vapeur Condensateur
- Bac de réception du distillât
- Séparateur
- Tuyau dechappement f Resenvç du distillât / du distilla
- Tuyau du distillât
- Héfhigèrant
- Héservçir pour résidus
- Jau pour\\ résidus Pompe pour l'huile chaude r—---------
- -Conduit de l'huife froide
- O
- Tutulure de chauffe Drain de secours ^
- 1 î
- -ŒD
- V
- Tuyau dalimentât"." directe
- Pompe
- d'alimentation
- Réservoir d'huile brute
- lig. 4. — Schéma du procédé Dubbs pour le cracking.
- de
- réaction.
- Comme nous l’avons dit plus haut, les huiles soumises au cracking, après passage dans le serpentin, tombent dans cette chambre. Les parties les plus volatiles s’élèvent alors par un très long col de cygne jusqu’au dêphlegmateur. Cet appareil, formé d’un cylindre contenant deux séries de plateaux perforés, produit la rectification énergique des vapeurs, en même temps que le réchauffage des huiles destinées à l’alimentation des serpentins.
- Le procédé Dubbs est actuellement mis en oeuvre aux Etats-Unis, au Mexique, au Japon, dans 85 usines de sociétés pétrolifères fort importantes, et il en existera prochainement i 2 autres. Ce succès est dû aux hauts rendements en essence légère obtenus par le passage de l’huile lourde dans l’appareil.
- L’introduction du procédé industriel du cracking aura ainsi permis aux huiles lourdes brutes de qualité inférieure d’apparaître sur le marché. Leur
- goudron se trouve placée une toile métallique supportant un catalyseur, dont la nature est e n-core gardée secrète.
- La marmite est surmontée de son dôme portant une colonne déphlegmatrice ayant pour but d’y renvoyer les
- produits lourds non encore transformés.
- Les produits légers, au fur et à mesure de leur formation, arrivent en haut de la colonne, et de là passent dans un serpentin condenseur à la sortie duquel ils sont refroidis. M. Petroff a obtenu ainsi, à partir de 5 kil. 856 de goudron de lignite, 5 litres 455 d’essence non rectifiée, ayant une densité de 0,855, et d’où on a pu séparer par rectification 2 litres de carburant léger, bouillant au-dessous de 200°.
- Ce produit a été essayé comme carburant dans les moteurs par le laboratoire de l’Automobile-Club de France et a donné d’excellents résultats.
- Cette simple expérience montre combien est grand le champ d’application du procédé du cracking. Il serait désirable que ce procédé pût être étendu aux huiles minérales brutes de schiste ou de lignite que nous pouvons obtenir en France.
- J. Lazekxlc.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laudre, 9 rue de Fleurus, à Paris
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- LA NATURE — N° 2659 —.—..........-......- ........: 21 MARS 1925
- CRAPAUDS, GRENOUILLES ET RAINETTES
- Fig. i. — Rainette (Hyla Pickeringii) mâle coassant en faisant gonfler son sac vocal. (Photo au magnésium.)
- D’une manière générale, les Batraciens sont peu connus du public.
- A part les Grenouilles et les Crapauds vulgaires, maintes espèces passent inaperçues et leurs noms mêmes sont ignorés. Cet état de choses est dû à ce que la plupart des Batraciens ont des mœurs nocturnes et se tiennent tapis, pendant le jour, soit à l’ombre d’une pierre, soit parmi les joncs et les nénuphars d’une pièce d’eau.
- Pour admirer les Batraciens dans toute leur activité nocturne, il faut savoir profiter d’une nuit tiède et humide, pendant les mois d’avril, de mai et de juin qui correspondent à la période nuptiale de ces animaux. Mme Phisalix a pu capturer en moins d’une heure, sur un chemin rural des environs de Besançon, par nuit d’orage, 122 Salamandres terrestres, b5 Crapauds ordinaires et oOCra-pauds accoucheurs. Remarquons, d’autre part, que plusieurs des photographies illustrant cet article ont été prises la nuit, à la lueur du magnésium. C’est la nuit que les Batraciens manifestent toute leur activité. Ils craignent, en effet, la chaleur qui dessèche leurs téguments nullement protégés par des écailles.
- Une autre raison qui éloigne le public de l’observation des Batraciens est le dégoût irraisonné que lui inspirent ces animaux. Certaines personnes même les craignent à l’instar des strpenls. Aucun être cependant n’est plus inoffensif qu’un Batracien. Les Crapauds n’ont pas de dents; quant aux Grenouilles, elles en ont de si petites que le danger d’une mor-
- sure est absolument illusoire. Reste la fameuse question du venin des Crapauds et des Salamandres. Il est bien établi, notamment par les travaux de Mme Phisalix, que les Batraciens ont, en effet, un venin exsudant de leurs glandes cutanées. Mais ce venin, qui peut provoquer tout au plus un éternuement ou un larmoiement désagréable, ne peut en aucune manière être injecté à l’homme, faute de crochets venimeux ou de dard analogue à ceux des serpents et des guêpes.
- Délivrons-nous donc de toute crainte et abordons l’étude de quelques traits de mœurs parm i les plus intéressants que nous offrent hs Crapauds, les Grenouilles et les Rainettes. En France, des auteurs récents comme R. Rollinat et Mme Phisalix, en Angleterre Boulenger, en Amérique A.-H Wright nous ont dévoilé sur la biologie de ces êtres des faits dont plusieurs ont une grande portée générale et méritent d’être connus. Il est aussi très simple de se rendre compte par soi-même de plusieurs des faits que nous allons exposer.
- Si l’on ouvre par exemple des Grenouilles à la fin de l’hiver et au printemps, à des dates échelonnées de janvier à avril, l’évolution des organes génitaux peut être suivie pas à pas. Les femelles, à ce point de vue, sont beaucoup plus intéressantes que les mâles.
- Les Grenouilles femelles ont dans le corps, au niveau des reins, deux ovaires où se constituent les œufs. Puis ceux-ci passent dans deux longs tubes contournés, les oviducles, qui les conduisent au dehors. Tout au début du printemps, ou mieux à la fin de l’hiver, les ceufs se trouvent encore dans les ovaires qui sont très gonflés et très. noirs (fig. 3, A).
- Fig. 2. — Grenouille (Rana palustris) mâle coassant.
- Remarquer ses deux sacs vocaux qui font saillie de chaque côté de la tête, aux angles de la bouche. (Photo au magnésium.)
- 53' Année. — 1" Semestre
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- 178 .... -.CRAPAUDS, GRENOUILLES ET RAINETTES
- Un peu plus tard, les ovaires se vident et les œufs s’engagent en chapelet dans les oviductes où ils se gonflent et deviennent en partie transparents (fig. 3,^B). ' '
- Ensuite les oeufs contenus dans chacun des oviductes se rassemblent à l'extrémité terminale de ees derniers (fig. 5, G) et y séjournent parfois plusieurs jours avant d'être pondus.
- La ponte n’a lieu qu’un peu plus tard.
- Le mâle et la femelle y prennent part.
- Cet acte, auquel on ne peut assister en général que la nuit, a été étudié récemment en détail par A.-H. Wright.
- Ce biologiste américain a choisi comme champ d’observation la pointe sud du lac Cayuga, au voisinage d’Ithaca (Etat de New-York).
- Des visites quotidiennes, de nuit et de jour, lui ont
- La ponte se fait à des époques variables selon les espèces. Les premières apparues au sortir de l’hivernage pondent évidemment les premières, en avril. Ce sont, aux États-Unis, les Ranci pipiens et sylüatica ainsi que la Hyla Pickeringii.
- Par contre, les dernières sorties de leur retraite d’hiver (Rana clamata et catesbiana) déposent leurs œufs jusqu’en juillet et août.
- On distingue les œufs des diverses espèces à plusieurs caractères : coloration, coûsistance, diamètre, densité, mode de groupement. •
- Un pôle des œufs est toujours noir tandis que l’autre est blanc ou jaunâtre.
- Certains œufs flottent à la surface de l’eau (Rana clamata, catesbiana, Hyla versïcolor) ; les autres, plus denses, vont au fond. Le diamètre varie de 0,9 à 2,4 millimètres. Quant au nombre, il va
- Fig. 3.
- Comment se forment et se développent les œufs d’une grenouille.
- Ov, ovaires ; O.i, oviductes ; Cl, cloaque ; R, reins ; A, œufs contenus dms les ovaires; B, œufs contenus
- dans les oviductes ;
- C, œufs contenus dans la partie terminale, très remplie, des oviductes.
- permis de suivre sur place tous les phénomènes de la vie chez 8 espèces de Batraciens. Les photographies reproduites ici font saisir la vie intense de cette population de Grenouilles, de Crapauds et de Rainettes.
- Les 8 espèces de Batraciens observées par À.-H. Wright furent les suivantes : un Crapaud (Bnfo americanus), 5 Grenouilles (Rana pipiens, syl-vatica, palustris, clamata et catesbiana), 2 Rainettes (Hyla versicolor et Pickeringii).
- La ponte a lieu d’ordinaire la nuit, mais se poursuit quelquefois durant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
- Le mâle saisit la femelle à bras-le-corps et la serre solidement.
- La ténacité des deux animaux est telle qu’on peut les tuer séparément ou ensemble sans leur faire lâcher prise.
- Après séparation, la femelle porte souvent sur sa poitrine des empreintes très visibles (fig. 4) dues à la pression exercée par les bras du mâle.
- de un millier (Hyla Pickeringii) à 20 000 chez Rana catesbiana. D’une manière générale, plus les œufs sont petits, plus ils sont nombreux.
- Les Grenouilles (Rana) pondent en a;nas sur les plantes aquatiques (fig. 5). On voit sur la figure G deux grenouilles en train de déposer leurs paquets d’œufs le long d’une tige qui leur sert de promenoir, Plus volontiers les Rainettes (Hyla) répartissent leurs œufs par petits groupes sur les feuilles ou même les pondent isolément (fig. 8). Enfin les Crapauds font de leurs œufs des chapelets qui s’enroulent autour des objets environnants. Ceci nous amène à raconter l’histoire fort curieuse d’un Crapaud européen, YAlytes obsletricans ou Crapaud accoucheur, auquel Mme Phisalix a consacré, il y a peu de temps, un article dans la Revue d'histoire naturelle appliquée.
- h'Alytes vit en France et à Paris même (au Jardin des Plantes) bien qu’il soit à peu près inconnu du public en raison de ses mœurs nocturnes. C’est pourtant le plus terrestre, le moins craintif et le
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- CRAPAUDS, GRENOUILLES ET RAINETTES .t-~:-r;:,— 179
- plus accommodant de nos Crapauds. 11 se distingue à première vue de tons les autres par sa peau plus finement granuleuse, ses pupilles verticales et son odeur aliacée. Sa taille est aussi plus petite (5 cm) que celle du Crapaud vulgaire.
- « Dans chaque Alyte mâle, dit Mme Phisalix, il y a l’étoffe et les goûts d’un bon père de famille et même d’un père de plusieurs familles, car toutes les femelles lui agréent, pourvu qu’elles consentent a lui confier leur précieux fardeau. » On conçoit que ce fardeau est le chapelet d’œufs. Le mâle l’en-tortüle autour de ses pattes postérieures et vaque ensuite à ses occupations comme si rien n’était. De temps en temps il se baigne. Les bains deviennent plus fréquents à mesure qu’approche la période d’éclosion des œufs. Enfin, au bout d’un temps qui varie de 24 à 44 jours, les jeunes têtards prennent naissance à l’occasion d’un bain et se mettent à nager. Le mâle est ainsi dégagé de sa haute mission qu’il a remplie, semble-t-il, avec tout le dévouement dont il est capable.
- La durée d’incubation que nous avons vu être de 44 jours au maximum chez YAlyles obstelricans se réduit quelquefois à 5 jours chez le Bufo ame-ricanus. Entre ces durées extrêmes se placent une
- Fig. 4.
- Grenouilla (Rana pipiens) portant sur la poitrine des empreintes des pattes du mâle.
- Fig. 6. — Grenouilles en train de pondre sur une plante aquatique.
- série d’intermédiaires, d’ailleurs fortement influencés par la température extérieure. À. If. Wright cite les exemples suivants. Les trois espèces : Rana pipiens, R. sylvatica et Ilyla Pickeringii, qui pondent de la fin de mars au commencement de mai, ont une durée d’incubation de lia 24 jours. Au contraire, les espèces Rana clamata, R. cates-biana et Ilyla versicolor, pondant de la fin de mai jusqu’en juillet et même en août, en une saison plus chaude de l’année, éclosent au bout de 3 à 6 jours.
- Les œufs de Rana pahiüris, déposés en eau profonde, exigent une incubation de 11 à 21 jours; ceux de Bufo americanvs, pondus dans des flaques d’eau de faible profondeur et plus exposés à l’ardeur du soleil, se développent en beaucoup moins de temps (3-12 jours). Au laboratoire, l'incubation de tous les œufs indistinctement est régie par la température selon ce qu’indique le tableau ci-après :
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- 180 —....... CRAPAUDS, GRENOUILLES ET RAINETTES
- leur évolution individuelle. Or, il y a une relation entre la durée du développement, la grosseur des œufs et la date de la ponte. Plus les œufs sont petits et la ponte tardive, plus lente est la série des transformations qui aboutissent à la forme adulte. On conçoit un rapport causal : l’œuf étant petit et pauvre en matières nutritives, l’éclosion se fait tôt et la larve est obligée de subvenir plus vite, par elle-même, aux besoins de son alimentation.
- Mais venant au monde à une époque avancée de l’année, elle est saisie par le froid de l’automne avant
- Fig. 8. — Développement de Rana clatnala.
- B. est le têtard au moment de l’apparition des pattes postérieur îs. G, disparition de la queue caractérisant
- les batraciens Anoures.
- Température. Incubation.
- 6-10° 17-24 jours
- •10-15° 11-18 —
- 13-15° 7-11 —
- 15-21° 4-8 —
- 21-27° 3-5 —
- C’est un bel exemple de dépendance entre les êtres vivants et le milieu dans lequel ils se trouvent. Nous en verrons tout à l’heure un autre non moins intéressant.
- Ce qui sort de l’œuf, chez les Batraciens, n’est pas un être semblable à l’adulte mais une larve ou lëlard qui en diffère profondément. Ces faits sont bien connus et enseignés dans tous les cours de sciences naturelles. Mais la comparaison entre plusieurs espèces rassemblées en un même lieu fournit des renseignements complémentaires que À. H. Wright mentionne dans son mémoire déjà cité.
- Les Batraciens du lac Cayuga se répartissent en deux groupes : les uns accomplissent toute la série de leurs métamorphoses en une saison ; les autres orit besoin de plusieurs années pour mener à terme
- d’avoir terminé toutes ses métamorphoses. Par conséquent, ces dernières s’interrompent et reprennent l’année suivante.
- Fig. y.
- Ponte de rainette (H. versicolor) sur des feuilles de Pôtamogeton.
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- LES PROTÉINES .. — __ 181
- Espèce. Ponte. Diamètre des œufs, en millimètres. Durée de la vie larvaire, en jours.
- R. sylvatica. . mars-avril 1.8-2.4 44-85
- R. pipiens . . mars-mai 1.6-1.8 60-80
- R. palus tris. . avril-mai 1.6-1.9 75-90
- R. clam cita. . mai-août 1.2-1.7 1 an
- R. catesbiana. juin-juillet 1.2-1.7 2 ans
- Plus longue est l’existence larvaire, plus, évidemment, doit être grande la taille du lêtard. Mais cette taille est variable au cours de la vie. En effet, le têtard grandit jusqu’au moment où apparaissent ses pattes postérieures. Ensuite il se raccourcit comme le montre la figure 9.
- Il peut même arriver que le têtard soit plus grand que l’adulte. C’est le cas de Ranci calesbicina : à l’apparition des pattes postérieures, la longueur du corps est environ de 145 mm, et la taille définitive des femelles est d’un quart plus petite (110 mm).
- Sans même aller chercher des exemples en Amérique,notre Crapaud accoucheur (Alytes obstetri-cans), qui mesure adulte 50 mm, a près de 70 mm sous sa forme larvaire. Les métamorphoses ont de ces conséquences curieuses chez les Batraciens comme dans le groupe des Insectes.
- Léon Bertin.
- Agrégé de l’Université.
- LES PROTÉINES
- En traduisant « Les Protéines » de J. Loeb (*), le professeur H. Mouton vient d'élever un magnifique monument funéraire à la mémoire de l’illustre savant quelques mois à peine après sa mort.
- A première vue, l’ouvrage peut paraître un sujet de pure chimie, mais c’est l’œuvre d’un biologiste et, à ce titre, il a une profonde portée biologique; il est Yopns nltimvm, presque la conclusion, de cette séiie d’études de Lmb qui va de la parthénogenèse expérimentale au déterminisme de l’inslinct et des tropismes et qui partout cherche, sinon à réduire les actes vitaux à des phénomènes chimiques, au moins à trouver en ceux-ci les lois qui régissent ceux-là.
- Dans la fécondation, qui semble bien la caractéristique la plus essentielle de la vie, Loeb, par des actions chimiques, provoque chez les oursins les deux temps initiaux du développement : formation de membrane, puis divbion cellulaire, après quoi le piocessus de croissance déclenché se poursuit jusqu’à l’animal adulte.
- Dans la division cellulaire qui semble un tout parfaitement agencé, il montre qu’il suffit d’une influence physique pour provoquer la division nucléaire sans que pour cela la division protoplasmique s’ensuive.
- Les protéines ou albumines constituaient une sorte de sanctuaire des processus vitaux. La vie paraissait impossible sans elles ; elles échappaient aux lois communes des corps definis par l’investigalion chimique ; de même que la fermentation était apparue à Pasteur inséparable de la vie cellulaire — distinction que Büchner devait établir plus tard — la vie paraissait indissolublement liée à la structure mystérieuse des albumines et par là même elle était inaccessible à la méthode scientifique.
- Les protéines n’ont pas encore livré le secret de leur structure intime, l’analyse n’a pu nous donner qu’une grossière approximation de la constitution chimique de quelques-unes d’entre elles et la synthèse n’a pu remonter avec Fischer qu’aux polypeptides. Mais désoimais, grâce surtout aux travaux de Michaelis, de Loeb et de Sôrensen, elles sont rentrées dans les cadres établis pour la chimie « classique » et c’est celte démonstration résultant de tout un ensemble de monographies que Loeb a exposée dans « les Protéines ».
- A l’origine de l’ornière qui a fait dévier les chimistes
- 1. J. Loeb. Les 'protéines. Traduction française de M. Mou-on. Alcan, Paris.
- et les physiciens dans l’étude des substances « vivantes », se trouve le travail mémorable de Graham sur les colloïdes et les cristalloïdes, les unes étant diffusibles et cristallisables, les autres ne l’étant pas et tendant au contraire à former des agrégals où elles se dérobent aux lois communes régissant les cristalloïdes. Les protéines se rangent toutes parmi les subîlances colloïdes et elles sont les plus compliquées d’entre elles ; au point de vue chimique, elles échappent à la loi des proporiions définies ; t lies semblent fixer indifféremment et sans s’ionher les acides et les buses ; au point de vue physique, leur solubilité, leur pression osmotique, leur viscosité sont capricieuses ; enfin, elles forment, à l’occasion, des pseudosolutions dans les solvants, c’est-à-dire des suspensions comparables a des suspensions d’argile.
- Une des expériences fondamentales qui ont conduit Loeb à son sysième est celle de W.-B. Hardv, exécutée en 1900. Elle e»t de plus intéressante au point de vue de l’histoire des sciences, parce qu’elle montre combien un fait, même parfaitement observe, est d’une interprétation délicate.
- Hardy observe que le blanc d’œuf convenablement préparé et précipité par l’ébullition forme dans l’eau distillée une suspension, qui,portée dans un champ électrique, se meut dans des directions opposées st Ion que le liquide a une réaclion acide ou alcaline et reste indifférent au point isoélectrique qui correspond à la neutralité ou plus exactement au point où la protéine n’est pas ionisée. Ce n’est que peu à peu d’ailleuis, et grâce à nombre d’autres faits, que la portée du phénomène s’est trouvée dégagée et Loeb cherche à le mettre en évidence pour lui donner toute son importance, car c’est faute d’en avoir tenu compte que des expériences, en appa-, rence précises, ont conduit aux résultats les plus discordants.
- En réalité, il montre avant tout que la protéine est une substance amphutère pouvant entrer en combinaison avec les acides et les bases pour former des sels, prenant tantôt le rôle d’anion, tantôt de cation, ou enfin quittant ce double rôle pour être, au point isoélectrique, un corps non ionisé, neutre.
- Loeb lui-même a montré l’ionisalion de la gélatine par une expérience aussi frappante qu’ingénieuse : on prend de la gélatine en poudre fine, on la mélange à diverses solutions d’acidité et d’alcalinité déterminées,
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- 182 .LE RENFLOUEMENT DE LA “ LIBERTÉ ”
- %lle est ensuite traitée au nitrate d’argent à la chambre noire et lavée; en milieu, alcalin (p II > 4,7) elle se combine à l’argent du nitrate, en milieu acide (pli < 4,7) ; elle se combine au ferrocyanure de potassium donnant, par une réaction colorée en noir ou bleu, des séries de teintes plus ou moins accusées, selon qu’elle se comporte en anion ou en cation vis-à-vis de ces agents.
- Il n’est pas sans intérêt de s’attarder un moment sur la portée de celte mesure. En chimie élémentaire, on établit généralement la notion d’acide et de base sur le virage du bleu de tournesol ; parfois aussi on recourt à la solution alcoolique de phénolphtaléine et il existe actuellement un grand nombre d’indicateurs colorés qui forment précisément une gamme dans la déterminât ion du pli. Or, ces différents index donnent des seuils de virage différents ; non seulement, une même substance peut agir sur le tournesol et laisser indifférente la phénolphtaléine, mais un même corps peut être alcalin au tournesol et acide à la phénolphtaléine; bref, les notions d’acidité et d’alcalinité étaient restées, jusqu’à ces temps-ci des notions empiriques et conventionnelles. La méthode de mesure par le potentiel électrique au contraire est une mesure de haute précision basée sur l’hypothèse des ions d’Arrhenius et sur le signe que portent les ions libres en plus ou moins grand nombre. Le pli ou potentiel des ions II, bien qu’hypothétique, est une quantité parfaitement mesurable et qui, tout en ne coïncidant pas exactement avec la notion d’acidité courante mais douteuse, s’en rapproche suffisamment pour pouvoir s’y substituer sans bouleverser nos notions courantes à ce sujet. Le pli se mesure d’après la conductibilité électrique au moyen de l’électrode à hydrogène, dont il sort tous les jours des modèles de plus en plus simples et perfectionnés.
- C’est au point isoélectrique (pH = 4,7), point limite entre acidité et alcalinité et précisé avec toute la rigueur voulue que la pression osmotique, la viscosité, la conductivité, le gonflement, la différence de potentiel sont au minimum.. Pour.un produit identique à lui-même, les nombres qui les expriment sont constants. Dès lors, nombre de faits d’ordre pratique et théorique vont se trouver singulièrement éclairés. L’ovalbumine cristallisée, la gélatine et la caséine du lait sont obtenues à un degré
- LE RENFLOUEMENT
- Le H septembre 1911, le cuirassé Liberté, de 15 000 tonnes, saulait dans la rade de Toulon à la suite d’un incendie produit par la décomposition de ses poudres. C’est seulement au bout de treize ans et demi, le 1 ü février 1925, que la partie principale de cette épave tragique vient d’être échouée dans un grand bassin de l’arsenal pour y être démolie. La photographie que nous en reproduisons montre à quel point l’explosion l’avait disloquée, et fait comprendre que son renflouement ait été si difficile.
- L’avant du cuirassé avait été presque pulvérisé, et ses débris gisaient au fond, sur une surface de plusieurs hectares, où la plupart se trouvent encore actuellement. La partie arrière, longue de 77 mètres et pesant plus de 9000 tonnes, avait été chassée
- de pureté suffisant pour se prêter à ess études. Les solutions de protéines vont dans certaines conditions se comporter exactement comme des cristalloïdes. C’est ainsi que tantôt de faibles, lanlôt de fortes concentrations de sels sont nécessaires pour provoquer leur précipitation; dans l’un des cas, il faut admettre qu’on se trouve en présence d’une pseudo-solution, c’est-à-dire d’une suspension ; dans l’autre, d’une solution véritable.
- Phénomènes physiques dépendant de conditions physiques, c’est-à-dire rapports entre solvant et corps dissous, .phénomènes chimiques dépendant de la réaction du milieu et des combinaisons dans lesquelles entre le colloïde, voilà les deux ordres de faits confondus dans les anciennes théories et qui à la lumière des théories modernes apparaissent distincts.
- Faut-il citer les applications biologiques qui dès à présent dérivent de la notion du pH? En Amérique, la culture des bactéries ne se fait plus sans que le milieu ne soit mesuré au p\\ ; en France, on est resté jusqu’ici assez réfractaire; l’expérience a cependant montré combien pour certains organismes une variation minime de de ce pli peut être funeste.
- Chez les organismes supérieurs, la constance du milieu intérieur n’est pas moins importante. Une légère aciïose peut causer des troubles graves et conduire à la mort, caractérisée par une acidification immédiate.
- D’autre part, les actions chimiques, qui se passent physiologiquement chez l’organisme sain, évoluent dans une marge très étroite.
- Mais le principal intérêt des recherches de Loeb était plus élevé; le but poursuivi était d’ordre philosophique ; les organismes se montrent de toute manière aussi soumis aux lois physico-chimiques que les corps minéraux; au fur et à mesure de nos progrès, nous onsta-tons l’unité des lois fondamentales de la matière et nous voyons reculer le domaine du vitalisme. .
- Plus la biologie avance, moins elle demeure vitaliste.
- Par sa contribution à l’étude des aspects physico-chimiques de la vie, Loeb a mérité de se voir appliquer ce qu’il disait de la découverte de la zymase par Buchner : « Through his discovery, Biology wis relieved of an other fragment of Mysticism ».
- E. L
- DE LA “ LIBERTE ”
- à une cinquantaine de mètres par le souffle de l’explosion et reposait, dans la vase épaisse de 6 mètres environ, sous 10 mètres d’eau. Elle émergeait en partie, et la marine procéda elle-même, aussitôt après le sinistre, à l’enlèvement de presque tous les débris accessibles au-dessus de la surface. La guerre vint avant qu’elle eût adopté une solution pour le renflouement de l’épave principale. En 1919, l’étude fut reprise, et aboutit à une mise en adjudication des travaux. Divers projets furent présentés.
- On écarta celui qui consistait à détruire l’épave au moyen d’explosifs, car, dans la vase, on aurait agi à l’aveuglette. Pour la même raison, il n’était pas possible de passer sous la coque un grand nombre de chaînes ou de câbles accrochés à deux navires placés de part et d’autre : ce procédé, comme le
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- ..... -............ LE RENFLOUEMENT
- précédent, n’est guère applicable que sur des fonds de sable ou de roche.
- Des entrepreneurs proposèrent de construire autour de l’épave un batardeau à l’intérieur duquel on aurait pu la démolir après assèchement. C’est ainsi que les Américains avaient procédé pour le Maine, coulé à la Havane. Mais cette opération, qui ne fut même pas complète, avait coûté 5 millions de francs en 1911 : le procédé parut trop onéreux.
- La dislocation de l’épave empêcha d’adopter la solution du cofferdam, c’est-à-dire d’un batardeau
- DE LA » LIBERTÉ ” —— 183
- principe, en découpant tranche par tranche les parties qu’il ne pourrait pas faire flotter.
- Disons tout de suite que ce découpage n’cut pas lieu, parce qu’il n’était pas possible : il aurait fallu se servir d’explosifs, et, outre les difficultés que nous avons déjà indiquées, cette manière de procéder eût compromis l’étanchéité des compartiments vidés auparavant, et risqué de faire exploser des projectiles demeurés dans l’épave. C’est pourquoi M. Sidensner ne put réussir à renflouer la Liberté. Il faut ajouter qu’on ne connaissait pas le poids à
- [Fig. i. — L’avanl de la Liberté vu de bâbord, au fond du bassin.
- entourant sa partie la plus ^avariée ; l’étanchéité aurait été impossible à obtenir, surtout pour la partie enfouie dans la vase et dont l’état était entièrement inconnu.
- Enfin, on jugea trop hardie la proposition, intéressante cependant, qui consistait à recouvrir l’épave d’une grande cloche à plongeur sous laquelle on aurait travaillé à l’air comprimé.
- On donna donc la préférence au projet présenté par M. Sidensner, ancien ingénieur de la marine russe, qui avait relevé, en 1917, le cuirassé Impératrice Marie, coulé à Sébastopol à la suite d’une explosion de soutes, et collaboré, en 1919, au renflouement de notre cuirassé Mirabeau échoué dans la mer Noire. Dans les deux cas, il avait employél’air comprimé pour chasser l’eau des compartiments envahis, et il comptait appliquer encore le même
- soulever, aucune exploration complète n’ayant encore eu lieu, et que l’oxydation des tôles, après dix ans de séjour sous l’eau, allait rendre le relevage particulièrement délicat.
- Le contrat fut signé à la fin de juillet 1921. Les deux entrepreneurs de la région provençale, associés à M. Sidensner, acceptèrent en paiement de vieilles coques de navires condamnés, dont la marine estimait la valeur à 4 millions et demi. En fait, les dépenses, jusqu’à l’entrée de la Liberté au bassin, atteignirent 7 millions et demi, mais le procédé adopté a sans doute été le plus économique qui fût possible.
- Les travaux avancèrent d’abord rapidement. Le vieux croiseur Latouche-Tréville fut accosté à l’épave et on y installa des compresseurs capables de donner 60 mètres cubes d’air comprimé par minute,
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- ainsi que des dynamos génératrices auxquelles s’ajouta la puissance électrique transmise de l’arsenal par un câble immergé.
- Au moyen d.e sas. placés sur les tourelles qui émergeaient, on enleva d’abord les munitions de l’arrière, qui n’avaient pas explosé. Les soutes étaient asséchées à l’air comprimé, et vidées aussitôt. L’opération se fit sans accident, et à la fin de février 1922 elle était terminée. En même temps on gagnait vers l’avant, mais avec une peine croissante. L’épave ne bougeait pas. En mai 1922 on eut cependant de légers indices de soulèvement. On essaya de refouler la vase qui collait à l’arrière et on attela sur les arbres de l’hélice et sur l’étambot deux vieux sous-marins capables de donner chacun 225 tonnes de poussée verticale quand ils étaient c empiétement immergés. Alors l’arrière commença de monter, le 22 septembre 1922, un an après le début des travaux. Mais l’avant restait immobile.
- On continua donc de vider des compartiments en renforçant leurs cloisons.
- On atteignit ainsi la chaufferie et ses soutes ; on avança quelque peu les sous-marins, et on accrocha au paquet de tôleries déchirées de l’avant quatre flotteurs métalliques capables de soulever ensemble un peu plus de 500 tonnes. En juin 1925 l’arrière émergeait tout à fait, mais l’avant restait ancré dans la vase. Des essais de traction par remorqueur ne donnèrent aucun résultat. L’emploi de l’air comprimé ne semblait plus possible puisqu’il n’y avait pas de pont pour fermer la partie encore immergée, et l’entreprise paraissait définitivement arrêtée.
- Les entrepreneurs firent alors appel à un autre technicien, M. Henri Faure, ancien ingénieur en chef de la marine, qui avait renfloué à Bizerte, en 1905 et 1907, les sous-marins Farfadet et Lutin coulés par accident. M. Faure prit la direction des travaux à la fin de septembre 1925.
- Il s’efforça d’abord d’évaluer le poids de l’épave et la position de son centre de gravité. Cette évaluation ne pouvait être qu’approximative pour la vase et les amas de ferraille de la partie avant; on les estima à 400 tonnes, ce qui, déduction faite de la poussée de l’eau sur la masse immergée, donnait
- un poids total, sur le fond, de 900 tonnes environ. Il s’agissait d’obtenir, par allégement et par l’adjonction de flotteurs, un effort égal, et, en outre, de faire flotter la Liberté droite, avec un tirant d’eau de 9 m. 50 environ, pour qu’elle put être remorquée jusqu’au bassin.
- Pour cela, on devait enlever des poids importants — 500 tonnes — dans la partie avant, lester l’extrême arrière de 1200 tonnes au moins afin d’obtenir le redressement longitudinal, et gagner encore quelques compartiments à l’air comprimé ; en outre, on avancerait les flotteurs le plus possible en les immergeant autant qu’on pourrait, on installerait deux chalands convenablement renforcés au-dessus des sous-marins, et on draguerait tout
- autour de l’épave dans la région enlisée, afin de dégager la vase qui ancrait les tôleries et dont l’adhérence contribuait à retenir la Liberté sur le fond.
- L’enlèvement de tôles et de plaques de cuirasse fut extrêmement pénible.
- Pour pénétrer dans les étroits alvéoles de la membrure où l’on pourrait dévisser les boulons à coup de masse, on dut découper au chalumeau une bande de tôle de 60 mètres de long, en travaillant dans un couloir d’un mètre de large. Il fallait aussi couper la tôle du pont cuirassé, tenue par des goujons sur le can supérieur de la cuirasse. Tout cela était déjà difficile à l’air libre, à cause de la dureté et de l’épaisseur du métal ; dans le petit espace dont on disposait, le travail était encore bien plus malaisé et n’allait pas sans dangers. Il y eut quelques commencements d’intoxication, malgré l’emploi de
- masques à gaz. Sous l’eau, on utilisa un chalumeau sous-marin qui venait d’être mis au point et qui rendit de précieux services.
- La mise en place du lest à l’extrême arrière nécessita la construction d’un épontillage très serré pour empêcher l’arrachement des membrures. Cette partie du navire fut transformée en une véritable galerie de mine, où l’on put loger, sans y causer de déformation sérieuse, 550 tonnes de plaques de cuirasse et de gueuses et 650 tonnes d’eau derrière des cloisons étayées et cimentées.
- On gagna plusieurs compartiments, vers l’avant,
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- LE RENFLOUEMENT DE LA “ LIBERTÉ ..= 185
- ÇtmufTenie PT ^S^anS^^Condemk'~^ès~i
- Fig. 3.
- Position de Vépave en septembre iç23.
- à l’air comprimé, et l’on ouvrit à l’air libre la plupart de ceux qui étaient déjà vides, en renforçant convenablement leurs cloisons. On débarrassa aussi la chaufferie de son matériel, ce qui allégea l’épave de 140 tonnes.
- La drague qui pendant ce temps travaillait autour de la coque accrochait continuellement des débris et il fallait souvent faire dégager sa benne par les scaphandriers. C’est ainsi que l’on reconnut la présence, à toucher l’une des quilles de roulis, d’une tourelle renversée, enfouie dans la vase, et qu’on ne put enlever. Cette épave accessoire fut très gênante parce qu’elle empêchait de tirer les chaînes des sous-marins vers l’avant, et qu’elle risquait de crever celui de ces sous-marins qu’on immergeait au-dessus d’elle.
- Les chaînes dont on se servait étaient du calibre de 76 mm. — le plus fort qui existe dans notre marine — et éprouvées à une traction de 155 tonnes. Mais elles portaient souvent à faux, et il y eut plusieurs ruptures qui auraient pu causer de graves accidents. Grâce aux précautions prises, aucun homme ne fut sérieusement blessé, mais il fallut recommencer jusqu’à cinq fois certaines opérations de mise en place des sous-marins ou des flotteurs.
- Quant au passage de ces énormes chaînes sous la coque de la Liberté, on peut se figurer quelle peine il donnait et même quels dangers il présentait, car le scaphandrier qui en était chargé devait ramper en tenant un fil d’acier, à travers la vase, sur une distance de 24 mètres, pour passer d’un bord de
- Couple 71
- /Epave dljne tourelle de {%
- Fig- 4-
- Coupe de l’épave, par le couple n° 70. Position en septembre iga3.
- l’épave à l’autre. Il y fallait des hommes spécialement entraînés et courageux.
- Enfin, l’accrochage des flotteurs, dans une région où les points d’attache manquaient complètement, exigea une ingéniosité peu commune et des dispositions particulières dans chaque cas. Mais, le 27 mars 1924, six mois après la reprise des travaux, tout fut prêt et l’on fit une tentative de renflouement.
- L’épave fut complètement décollée, sauf sur une surface de 6 mètres sur 8 à l’avant, et pivota de quelques mètres sous l’action d’un remorqueur. Cependant elle ne flottait pas encore. Les calculs que cette expérience permit de faire avec exactitude montrèrent que les poids inconnus, évalués d’abord à 400 tonnes, étaient en réalité de 1100 tonneaux. On se trouvait donc dans l’obligation d’ajouter un effort de 700 tonnes au moins à ceux qui étaient déjà appliqués à l’épave.
- On ne pouvait guère songer à mettre en prise un plus grand nombre de flotteurs importants : la place manquait, aussi bien en longueur qu’en hauteur, et les tôles n’étaient pas assez solides pour supporter leur traction. M. Faure fit cependant construire quelques flotteurs souples donnant ensemble une force ascensionnelle de 90 tonnes, et qui étaient plus faciles à placer que les flotteurs métalliques. Ces flotteurs, imaginés par lui, sont en tissu caoutchouté entouré de grosse toile et destinés à être introduits, pliés, à l’intérieur des compartiments d’un navire submergé où des scaphandriers les déroulent et les gonflent d’air. Dans le cas de la Liberté ils ont été utilisés comme flotteurs extérieurs et munis d’élingues à cet effet.
- Mais il fallait, en outre, produire un très grand allégement de l’épave, et M. Faure décida de vider les compartiments situés à l’avant (chambres de condensation), malgré leur très mauvais état et les difficultés qu’on devrait rencontrer dans ce travail.
- Les cloisons y étaient bouleversées, déchirées, rebroussées dans tous les sens, et formaient un enchevêtrement de tôles à angles vifs au milieu desquelles les scaphandriers risquaient à tout instant de couper leur vêtement ou leur tuyau d’air. L’accès même de ces compartiments était presque fermé par les débris qui l’obstruaient. Au moyen du
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- 186 LA STEREOSCOPIE
- chalumeau sous-marin, on commença de découper ces fragments un à un, en les enlevant ensuite à l’aide d’une grue. Quand on put pénétrer à l’intérieur, on vit que rien n’y était étanche et qu’il s'agissait nt>n de réparer et de consolider, mais de reconstruire en grande partie. C’est ce que l’on fit.
- Mais la reconstruction dans de telles conditions fut une œuvre de patience et d’habileté ‘vraiment extraordinaire. Il fallait, bien entendu, utiliser tout ce qui pouvait servir, prendre appui sur tout ce qui était encore capable de résistance. On devait donc reconstruire par morceaux, en apportant des pièces de tôle qu’on ajustait sur place, et dont on assurait la fixation et l’étanchéilé par les moyens les plus variés et les plus incommodes. L’ensemble a exigé 150 tôles de dimensions diverses, que l’on renforçait par des ridoirs, des tirants et des chaînes pour leur permettre de supporter la pression de l’air comprimé. Ce travail n’a pas duré moins de cinq mois, et s’il a pu être mené à bien, c’est parce que l’on avait des scaphandriers d’une adresse exceptionnelle.
- L’assèchement des chambres de condensation permit d’enlever au moins 500 tonnes de vase et de ferrailles qu’on découpait au chalumeau sous-marin. On allégea encore l’épave de 50 tonnes de tôles, on gagna plusieurs petits compartiments dans les fonds, et enfin on put remettre les flotteurs en prise pour opérer le soulèvement définitif.
- Toutes ces opérations étaient longues par elles-mêmes, et leur durée était encore augmentée par les incidents journaliers : ruptures de chaînes, ava-
- LA STÉRÉOSCOPIE t
- Malgré le développement prodigieux de la photographie, une des branches les plus intéressantes de cette science, la photographie stéréoscopique, semble être délaissée à la fois par les professionnels et le plus grand nombre des amateurs Pourtant la stéréoscopie donne aux épreuves la vie dont sont dépourvues les photographies ordinaires, met en évidence les reliefs, sépare les différents plans et corrige les illusions dues à la perspective. Trop souvent, d’un beau paysage dont on désire conserver le fidèle souvenir, on n’obtient par la photographie ordinaire qu’une image sans caractère et peu satisfaisante. Au contraire, une image stéréoscopique, donnera toujours un résultat des plus heureux. Depuis quelques années d’ailleurs, les applications scientifiques de la stéréoscopie se sont largement développées : l’astronomie lui doit des découvertes d’une importance capitale ; la topographie y trouve également des moyens d’action et des progrès qui dépassent toute espérance. M. Golardeau vient de publier récemment un très remarquable traité général de stéréoscopie qui permet de juger de l’intérêt de la question et de son importance. Nous lui ferons
- r SES APPLICATIONS
- ries des circuits électriques, fuites imprévues dans les cloisons’du compartimentage. Le mauvais temps, en outre, causait d’autres retards : dès que le vent soufflait avec une certaine force, il fallait éloigner les pontons accostés à l’épave, et interrompre les travaux, quelquefois pendant plusieurs jours. Il y avait souvent de quoi se décourager, et le (hef ainsi que son personnel durent faire preuve d’une patience et d’une obstination peu communes.
- Mais la méthode suivie était bonne, et on le vit quand, au début de février, l’avant de l’épave se décolla enfin de la vase sous l’effort des flotteurs. Il n’y eut plus qu’à faire descendre ceux-ci de manière qu’ils pussent donner toute leur puissance et amener le tirant d’eau de la Liberté à 9 m. 80, minimum nécessaire au remorquage à travers la rade. Pendant cette dernière opération, qui fut menée avec une grande prudence (on mit six heures à parcourir 4500 mètres), le Latouche-Tréville fut maintenu accosté à l’épave pour lui fournir l’air comprimé jusqu’au dernier moment.
- D’autres procédés auraient permis un renflouement plus rapide et même plus sûr. Dans l’état de destruction où était la Liberté, l’emploi de l'air comprimé était particulièrement difficile. Mais, l’opération ayant été commencée par ce moyen, on ne pouvait renoncer aux résultats déjà obtenus et changer de méthode. Le renflouement a été effectué, finalement, avec le minimum de dépense, mais a nécessité une habileté technique d’autant plus grande et tout à fait remarquable.
- Henri Bernay.
- SES APPLICATIONS
- de fréquents emprunts dans les lignes qui vont suivre.
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- Toute la stéréoscopie repose sur un postulat fondamental que l’expérience de tous les jours impose d’une manière évidente. Ce postulat est le suivant : quand nous examinons avec nos deux yeux simultanément un objet matériel, il s’en forme, sur nos deux rétines, deux images qui ne sont pas absolument identiques et dont la différence est fonction des dimensions en profondeur de l’objet examiné. C’est cette différence qui est la causé^rincipale de la sensation de relief.
- En examinant les figures 4 et 2 dans lesquelles Oj et 02 représentent les yeux, on voit facilement que les images sont nettement différentes pour chacun d’eux. La distance O, 02 est la distance qui sépare les deux yeux et est en moyenne 63 mm. On voit que les images peuvent différer considérablement l’une de l’autre. C’est ainsi que dans le cas de la figure 1 en particulier, pour l’œil gauche les deux points A et B semblent confondus, tandis que l’œil
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- LA STÉRÉOSCOPIE ET SES APPLICATIONS ..... .....: 187
- droit les aperçoit nettement séparés. Ce n’est que par une longue éducation acquise dès l’enfance, que la combinaison d’images aussi dissemblables nous avertit que l’objet a de la profondeur et nous en fournit pour ainsi dire une mesure qualitative.
- Au contraire, quand on regarde un tableau, les deux images sont exactement identiques et c’est pourquoi on n’éprouve jamais qu’une sensation de relief très incomplète. Il est même préférable, ainsi que le recommandent certains peintres, de n’examiner les tableaux qu’avec un seul œil, afin de mieux apprécier l’interprétation des profondeurs, par l'artiste. En effet, c’est l’emploi du second œil qui vient avertir que l’objet examiné est plan.
- Si par des artifices optiques on arrive à produire sur les deux rétines simultanément des images ai bt c.j, a2 b2 c2 par exemple, identiques à celles qu’en donnerait un objet naturel et si en même temps nos yeux sont accommodés et orientés comme dans la vision directe, l’observateur éprouvera la sensation optique de l’existence réelle de l’objet en question. C’est le principe de la stéréoscopie.
- L'hyperstéréoscopie que l’on réalise en prenant deux photographies avec des objectifs séparés par une distance supérieure à celle des yeux donne des apparences très curieuses et mérite un examen approfondi. Dans l’hyperstéréoscopie, la distance qui sépare les deux images n’est plus égale à la distance séparant les deux yeux, mais est considérablement plus grande et atteint parfois plus de 100 m. Voyons quelles sont les propriétés des images qui en découlent.
- Supposons que l’on photographie un objet ayant en profondeur la dimension AB (fig. 5) à l’aide d’un appareil stéréoscopique dont les objectifs 0t02 sont séparés par une distance double de celle des yeux. On obtiendra les images A,B, sur l’épreuve de
- Fig. 2.
- Vision binoculaire d’un objet.
- A*
- Bk
- .. _________\
- Oj O Z
- Fig. i. — Les points AB confondus pir l'œil O, sont séparés par l'œil 02-
- gauche et A,B, sur l’épreuve de droite, dont les centres sont séparés, pendant l’exécution de la photographie, par le même intervalle que les objectifs. Simultanément, supposons que l’on photographie un objet A'B' de dimensions deux fois plus petites que A,B, mais situé deux fois plus près de l’appareil dont les objectifs O', et 0'2 sont eux aussi deux fois plus rapprochés que précédemment. Les images obtenues sont A'1B,1 et A'2B'2 et il suffit de regarder la figure pour se rendre compte que ces images sont identiques à celles obtenues dans le premier cas.
- Ainsi donc, si nous photographions un objet avec un appareil stéréoscopique dont l’écartement des objectifs est double de celui des yeux, puis que l’on tire une épreuve destinée au stéréoscope dans lequel les images sont à l’écartement normal des yeux, la sensation que l’on éprouvera sera celle d’un objet deux fois plus petit que l'objet réel, mais deux fois plus rapproché. Le résultat est d’ailleurs général : si l’on prend une photographie stéréoscopique avec un écart des objectifs égal à N fois celui des yeux, la sensation éprouvée, en examinant la photographie au stéréoscope, sera la même que si l’on avait pris, avec un appareil ordinaire, la photographie d’un objet N fois plus petit que l’objet réel et en même temps N fois plus rapproché de l’observateur.
- Quel avantage résulte de ce fait au point de vue de la sensation du relief? En un mot quel intérêt y a-t-il à examiner à 50 cm une réduction au dixième d’une statue, plutôt que d’examiner à 5 m. la statue elle-même? D’après ce que nous avons dit sur la vision binoculaire, l’avantage est évident. Bien que chaque partie du sujet présente à l’œil le même diamètre apparent dans les deux cas, la faculté de perception binoculaire s’exerce avec plus d’intensité sur la statuette que sur la statue grandeur nature, elle permet de mieux apprécier le modelé et l’importance des parties saillantes ou rentrantes. C’est ainsi, par exemple, que l’objet AB (fig. 4) ne présente qu’une surface plane à l’examen de l’observateur dont les yeux sont en 0,0;;. Au contraire la réduction au tiers A ,Bâ située trois fois plus près de l’observateur lui permet d’apprécier le modelé de l’objet, en particulier la gorge circulaire qu’il présente et qui était invisible à l’examen de l’objet lui-même.
- En d’autres termes, plus un objet est situé loin de l’observateur, plus les deux images qu’en perçoivent les deux yeux sont analogues et par contre plus la sensation de relief s’atténue, puisque c’est justement la différenciation des deux images qui en est la cause primordiale. C’est ainsi qu’un monument, une chaîne de montagnes, une ville, lorsqu’on les regarde d’une grande distance, paraissent comme
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- LA STEREOSCOP1E ET SES APPLICATIONS
- plats, tous les plans confondus, peints en quelque sorte sur une toile tendue à l’horizon, supprimant complètement l’impression de profondeur. L’effet est particulièrement net lorsque l’on regarde une chaîne de montagnes. Bien que les différents pics soient en réalité séparés par de larges et profondes vallées, ils semblent être situés sur le même plan. De même, lorsque l’on regarde une photographie stéréoscopique ordinaire, si les premiers plans apparaissent bien détachés dans l’espace, les objets plus lointains perdent tout relief et on éprouve l’impression de regarder un diorama, avec quelques premiers plans garnis d’objets matériels, le reste du paysage étant peint sur une toile de fond.
- Une question se pose immédiatement à l’esprit. A quelle distance cesse
- l’appréciation visuelle J
- du relief? La réponse est très simple. Supposons que l’ensemble à examiner soit constitué par un plan P et un objet A situé en avant (fig. 5). Tant que les deux yeux supposés en et . 02 projetteront l’image de A en deux points différents du plan P, les deux images étant alors dissemblables, la vision binoculaire nous fera sentir que A est en avant de P. Au contraire, quand l’image de A se projettera pour les deux yeux au même
- opposition avec la tranche d'épaisseur D qui sera la tranche efficace dans laquelle le relief se fait sentir par rapport au plan du fond.
- Le tableau suivant donne les épaisseurs de ces deux tranches pour diverses valeurs de D'.
- Distance du plan P D épaisseur D' épaisseur
- au dernier plan de la de la
- du sujet. tranche efficace. tranche neutre
- ^ m 0m995 0m005
- 51,1 4-87 0m13
- 10ni 9m52 0m48
- 20m 18m18 lm42
- 50m 40m 10m
- 100m 67m 35m
- 500m 143m 557'"
- 1.000- 166m 834m
- 10.000ni 196m 9.804in
- infini 200111 infini
- point du plan P, ou plus exactement, lorsque les deux points A\ et A'2 seront si près l’un de l’autre que leur distance tombera au-dessous de la limite perceptible à l’œil, la vision binoculaire ne fonctionnera plus et le point A semblera être sur le plan P. 11 en sera a fortiori de même de tous les points situés dans la tranche comprise entre A et P.
- Si l’on admet que l’écartement moyen des yeux h est 63 mm et que le pouvoir séparateur de l’œil est de 1 minute environ (*), on trouve facilement que le relief binoculaire cessera de se faire sentir quand entre D distance du point A à l’observateur et D' distance du plan P à l’observateur existera la relation :
- D—_________-______ .
- 1-1-0,005 D'
- Dans ces conditions, tous les points compris dans la tranche D’—Dne se détacheront plus du plan P. On appellera cette tranche la tranche neutre, par
- 1. C’est-à-dire que les deux points A'jA'a sont placés en chiffres ronds à une distance de l’oeil égale à 5400 fois la distance qui les sépare.
- Ce tableau nous apprend que sur un plan de fond placé par exemple à 50 m., un objet ne se détachera en relief que s’il est au moins à
- 10 m. en avant du plan. Pour un paysage dont les derniers plans sont à
- 11 km, le relief cesse à partir de 196 m. de l’observateur, c’est-à-dire que sur une fraction égale à 2 pour 100 seulement de la profondeur totale du sujet, on aura la sensation du relief!
- Nous venons de voir combien est faible notre pouvoir d’appréciation du relief, puisque pour un paysage s’étendant pratiquement jusqu’à l’infini, tout objet, situé à plus de 200 m. de nous, semblera dessiné sur l’horizon. Pour corriger cette imperfection et augmenter la portée de la vision binoculaire, il suffit, comme on s’en rend facilement compte d’après la figure 5, d’augmenter la distance O/k,.
- En effet, si les points A\A'Î paraissent confondus, en doublant les distances on double également la distance de A\ à A'a, et les points se séparent. Si la distance des deux stations de prise de vues est de 63 cm au lieu de 63 mm, la portée de la vision binoculaire au lieu d’être limitée à 200 m. s’étendra jusqu’à 2 km. On réalisera alors l’hyper-stéréoscopie. Il est bien évident que, pour la distance des stations, certaines règles doivent être suivies; il serait absurde de vouloir photographier un monument situé à 500 m. en utilisant une base de 1 km. Aussi uous reste-t-il à dresser quelques indications sur le choix de la base optima dans chaque cas particulier.
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- = LA STÉRÉOSCOPJE ET SES APPLICATIONS
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- * * *
- La grandeur delà base à employer est limitée par la condition que l’effort d’accommodation à faire dans l’examen de l’objet reconstitué ne varie que d’une quantité inappréciable physiquement, entre ses premiers et ses derniers plans. Sans entrer dans le détail des calculs, d’ailleurs élémentaires, on arrive, pour un œil normal, à la formule :
- 2D (P H-D)
- 1UU P
- qui donne la longueur de la base B en fonction de P, profondeur du sujet et de D, distance de l’observateur aux premiers plans du sujet. Donnons quelques exemples d’application de cette formule.
- On veut photographier un buste placé devant une tenture. Pour avoir une image suffisamment grande, l’appareil est placé à 1 m. 50. La distance du premier plan du sujet à la tenture est 0 m. 30. Quelle est la base donnant le relief le plus vif possible?
- On a ici D = 1,50, P = 0,30 ; la formule donne B = 0m18.
- Autre exemple : on veut photographier du haut d’un belvédère un massiE mmilagneux manquant l’horizon à 11 km et dont les premiers plans sont à 4 km de l’observateur. Quelle base adopter?
- On a ici P —11—4 = 7 km, D = 4 km ; la formule donne B = 126 m.
- Enfin, dans le cas où le paysage s’étend pratiquement jusqu’à l’infini on prend comme longueur de base, le cinquantième de la distance des premiers plans.
- La formule précédente suppose que dans les deux stations de photographie, les axes des objectifs sont parallèles. Il faut veiller à réaliser aussi exactement que possible cette condition. Pour cela, on vise un objet très éloigné, situé autant que possible au dernier plan, et on l’amène à la croisée des fils du réticule du viseur dans les deux stations. Ou bien, on repère, sur chacun des fils, deux points remarquables que l’on ramènera sur ces traits à la seconde station.
- Quant aux différences de
- niveau entre les deux stations, elles ont moins d'importance, et quelques mètres pour une base de 100 m. n’empêchent pas d’avoir un bon résultat.
- *
- * *
- A côté de la photographie purement artistique et documentaire, l’hyper-stéréoscopie peut rendre des services extrêmement précieux dans un grand nombre de sciences. Nous allons examiner rapidement quelques-unes de ses applications.
- A? A'i______________p
- Af---^
- t-L
- O,
- Fig. 5.
- Détermination de la distance limite d’appréciation du relief.
- A
- \B
- C’est ainsi qu’en météorologie, l’hyperstéréo-scopie permet l’enregistrement des éclairs, des nuages, des arcs-en-ciel, en fournissant les éléments d’appréciation de leur distance et de leur forme. Si on se rappelle qu’une base de 290 m. permet d’avoir lerelief maximum jusqu’à 600 km, on comprend combien le problème pratique est simple.
- En astronomie, en prenant par exemple deux photographies de Saturne à vingt-quatre heures d’intervalle, comme pendant ce temps le déplacement de l’astre fournit une base de plusdel 500000 kilomètres, on obtient des vues qui, examinées au stéréoscope montrent Saturne et ses satellites comme suspendus dans l’espace en avant des étoiles fixes formant le fond du tableau.
- Pour les étoiles fixes, en prenant des photographies séparées par des intervalles de temps suffisants (plusieurs années s’il le faut) on obtiendra des résultats précieux faciles à apprécier directement, tandis qu’on ne les a actuellement que par des mesures micrométriques extrêmement délicates.
- La cartographie et la topographie ont trouvé dans la stéréoscopie un auxiliaire des plus intéressants, tant pour l’interprétation des résultats que pour leur établissement.
- En particulier, il est extrêmement simple de transformer une carte donnée en courbes de niveau, d’une lecture souvent pénible, en un couple d’épreuves stéréoscopiques donnant le relief du système des courbes. Il suffit pour cela de calquer chacune des courbes successivement sur une feuille de papier à laquelle on donne un décalage constant en passant d’une courbe à la suivante, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite suivant qu’il s’agit de l’épreuve destinée à l’œil droit ou à l’œil gauche. On a pu même aller beaucoup plus loin, et en prenant sur le terrain des vues stéréoscopiques à grande base, il est possible de tracer au bureau de dessin les courbes de niveau et la carte de la région photographiée. Des appareils spéciaux, stéréocomparateurs et stéréo autographes, exécutent même l’opération automatiquement.
- Fig. 4. — Le relief s’apprécie mieux sur l’objet réduit et rapproché, que sur l’objet AB (grandeur nature
- mais plus éloigné).
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- En aviation, en prenant avec un appareil photographique ayant son axe vertical, deux vues d’un même paysage à quelques secondes d’intervalle, on réalise une épreuve stéréoscopique dans laquelle le relief du terrain apparaît avec une netteté et une vigueur particulières.
- Enfin, il est bien évident que dans un grand nombre de cas, la stére'oscopie pourrait rendre des services apprcciabhs. S’agit-il de présenter à un acheteur un meuble d’art, une statue, voire même une machine ou une automobile, si le vendeur dispose d’épreuves stéréoscopiques convenablement prises, l’acheteur appréciera beaucoup mieux que par la vue d’une simple pholographie les particularités des objels qui lui sont présentés.
- * ' *
- Avant de terminer cet exposé rapide delà stéréo-scopie, il nous reste à dire un mot de la stéréoscopie pseudoscopique. Sous cette désignation d’aspect rébarbatif, on classe les apparences vraiment remarquables que l’on observe lorsque, dans une épreuve stéréoscopique, le cliché destiné à être vu par l’œil droit est examiné avec l’œil gauche et inversement, en un mot, lorsque l’on intervertit les images.
- On constate dans ce cas que la sensation de relief est renversée : les premiers plans d’un objet reconstitué tendent à passer au dernier plan et inverse-
- ment. Une pyramide pleine se transforme en pyramide creuse. Par suite de ce déplacement des plans dans l’espace, si l’on examine un paysage, l’œil a de la peine à s’y reconnaître, car la sensation oplique du relief peut alors être justement opposée à celle qui découle des autres éléments d’appréciation de ce relief, tels que la répartition des ombres, le recouvrement matériel des objets les uns par les autres, leurs dimensions relatives, etc. Dans certains cas cependant, l’examen pseudoscopique est intéressant, en particulier lorsqu’il s’agit d’épreuves radiographiques. Si, par exemple, la partie importante du sujet radiographié est au dernier plan dans l’examen normal, l’observateur se trouvera gêné par les objets placés en avant, malgré leur transparence apparente. Au contraire, par l’observation pseudoscopique, la partie intéressante se trouvera ramenée en avant et il sera possible d’apprécier d’une façon beaucoup plus nette la position des objets.
- On voit, par le rapide et très incomplet exposé que nous venons de faire, que la stéréoscopie mérite de retenir l’attention à la fois des photographes et des savants par suite des ressources nouvelles qu’elle met à leur disposition. 11 est à souhaiter que le nombre de ceux qui en feront usage aille en croissant; ils en tireront à la fois plaisir et profit.
- II. Viukeroin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1925.
- La nature et la variation de l’aldéhyde contenue dans le sang. — C’est à Gaube et à M. Guerbet que l’on doit les premières observations touchant la présence de produits volatils et réducteurs dans les liquides de l’organisme, mais ces savants n’avaient pas indiqué si ces composés existent préformés dans le sang ou s’ils proviennent de la décomposition, par la chaleur, de quelque autre produit. Pour M. René Fabre, c’est à la première hypothèse qu’il faut s’ar/ èter et ses recherches sur le sang d’un chien dépancréaté, prélevé au cœur, lui ont montré que, dans le diabète expérimental, l’insuline fait complètement disparaître l’acide acétique. Cette remarque présente un très grand inléièt pour fixer l’action de l’insuline sur le métabolisme des hydrates de. carbone.
- La météorite de Roda. — M. Lacroix a repris l’étude d’un échantillon conservé au Muséum et provenant de la météorite dépourvue de chondres et de fer métallique tombée, au printemps de 1871, à Roda (province de Huesca, Espagne). Composée de feldspath, d’hyperslhène, d’olivine, de chromite et de pyrrholite, celte roche doit être distinguée des diogénites et considérée comme constituant un type distinct d’achondrites auquel M. Lacroix attribue le nom de rodite.
- Le pouvoir catalytique de l'alumine, suivant son état
- de pureté. — M. André Charriou a tenté l’élude systématique des variations de ce pouvoir pour un corps sur lequel on a fixé, par absorption, de petites quantités d’autres matières et les premiers essais ont porté sur-la décomposition de l’éther ordinaire par la chaleur en présence d’alumines, chargées d’acide sulfurique ou phosphorique, de chaux ou d’oxydes (CaO, CuO, TuO5, Tu203, etc.). Il résulte des faits acquis que les catalyseurs dont l’action semble dépendre de leur très grande pureté voient leur activité fortement diminuée par l’absorption de corps étrangers, sauf dans le cas où ceux-ci sont eux-mémes des catalyseurs énergiques, comme on devait s’y attendre.
- Les ylucosides de quelques orchidées indigènes. — Ayant déjà indiqué que le loroglossoside, glucoside du Loroglossum hircinum Rieh., existe dans seize autres espèces d’orchidées appartenant aux genres Orthis, Ophrys, Epipactis et Cephalanthera, M. P. Delauney l’a recherché dans Goodyera repens R. Br., Limidorum abortivum Svv., Spiranthes autumnalis Rich,, Orcliis uslulala L., espèces chez lesquelles la caractérisation biochimique des glucosides hydrolysables par l’émulsine avait d’ailleurs conduit à un résultat positib L’extiaelion du loio-glossoside a été faite soit par épuisement à l’élher acétique, soit par extraction à l’eau et addition d’én ulsine à la solution déféquée au sous-acétate de plomb. Les résultats
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- UNE ORIGINALE: DÉCORATION LUMINEUSE ===== 191
- acquis indiquent, comme vraisemblable, la présence du' glucoside en question dans les quatre espèces précitées.
- . L'action des rayons Rônlgen sur la cholestérine . — Les premières expériences de M. A. F. Rotïo ont cherche à fixer le rôle de la cholestérine dans le développement des tumeurs, et des essais conduits sur des rats blancs confirmaient la diminution de sa concentration dans le sérum des malades soumis à la Rôntgenlhérapie. Les nouvelles recherches de ce savant sont relatives à l’action des rayons Rôntgen sur la cholestérine en solution chloroformique à 0,02 pour 100. En opérant avec des rayons mous, non filtrés, une exposition de soixante minutes a suffi a amener une destruction à peu près complète, avec formation d’un produit oléagineux, vert sombre, exhalant une odeur aromatique.
- Le moteur Andreau. — M. Andreau, soumet à l’Académie un nouveau moteur dont le cycle se rapproche du cycle complet à explosions, tel qu’il a été uti-
- lisé par Atkinson en 1882. Les essais très complets ont fait ressortir une consommation minima de 195 gr. d’essence par ch.-h., avec un rendement organique de 0,75 et un rendement thermodynamique qui dépasse 0,40. La quantité relativement faible de chaleur à évacuer de cette 'nouvelle machine . semble rendre 'possible la réfrigération par l’air.
- La réduction des oxydes d’azote en présence des acides'SOU* et S0311-. — Les pertes chimiques, dans les chambres de plomb des vitrioleries, sont dues principalement à des phénomènes de réduction qui amènent les oxydes supérieurs de l’azote à l’état Âz20, AzO, AzII5, etc. Pour M. André Glaire la réduction du bioxyde AzO par l’anhydride SO2 croit avec la dilution de l’acide sulfurique; elle augmente très rapidement lorsque la concentration s’abaisse de 35 à 25 pour 100 et le produit de la réaetion est le protoxyde Az20, avec des traces d’azote.
- Paul B.
- UNE ORIGINALE DECORATION LUMINEUSE
- Au cours des dernières années, les techniciens de l’électricité ont rénové l’art de la décoration lumineuse en substituant aux illuminations fixes, de rapides alternances d’allumage et d’extinction automatiques des appareils d’éclairage. Ces successions d’ombre et de lumière, ces clignotements variés, ces ondoyantes fulgurations des enseignes d’aujourd’hui donnent un as pect féerique aux rues des grandes villes. En principe, les dispositifs employés pour réaliser de telle s merveilles sont simples, mais on peut varier, à l’infini les effets obtenus, soit en modifiant la répartition ou la coloration des lampes, soit en changeant la distribution de la lumière. D’une façon générale, l’installation d’un motif lumineux de ce genre comporte un petit moteur électrique analogue à ceux qu’on utilise pour les machines à coudre, par exemple. Cette dynamo, branchée d’ordinaire sur le courant du secteur urbain, actionne, d’un mouvement lent et continu, un commutateur spécial qui allume et éteint, par intervalles, les lampes disposées sur un panneau transparent figurant, en traits de feu, la scène à représenter. Du reste, les intéressés apprécient, à l’égal du public, de telles installations, car elles se
- traduisent pour eux par une très notable, diminution de la consommation électrique. Effectivement comme les lampes ne restent pas allumées d’une
- façon continue et se « reposent » pendant un certain laps de temps au cours de leur fonctionnement, la durée de leurs filaments se trouve augmentée, si bien que l’économie d’électricité ainsi réalisée atteint parfois jusqu’à 50 à 60 pour 100.
- Aussi les constructeurs s’ingénient sans cesse à agrémenter les enseignes lumineuses et créent, chaque jour, des motifs d’illumination de plus en plus compliqués pour satisfaire les goûts de leur clientèle. En particulier, les firmes parisiennes importantes leur commandent souvent de flamboyantes décorations susceptibles d’attirer les regards des passants. L’une des dernières créations les plus originales du genre fut la farandole de pierrots et de pierrelies (fig. 2) qui s’envolait sur le ciel de Paris devant la façade des grands Magasins du Louvre, pendant le mois de décembre et les fêtes du jour de l’An.
- Dévoilons donc les machineries de cette artistique scène lumineuse construite par les établissements Jacopozzi, qui ne sont pas d’ailleurs à leur coup d’essai! Le premier pierrot blanc vu vers la droite
- Fig. i.
- Commutateur automatique et moteur électrique d’une des séries de 7 ballom de la farandole lumineuse.
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- 192 .....UNE ORIGINALE DÉCORATION LUMINEUSE
- lançait avec sa main un ballon de feu d’environ 1 mètre de diamètre au dessus des toits de la Capitale. Puis en rendant le mouvement continu pendant toute la durée de l’illumination, la boule fulgurante rebondissait aussitôt. Le ballon du pierrot occupant la place n° 4 se déplaçait de même tandis que sa compagne n° 7 faisait rebondir le sien du bout du pied.
- Techniquement ces effets de chute et de rebondissement s’obtenaient par décomposition successive
- moteur électrique de 1/10 de cheval et qui tourne à 3000 tours actionne chaque série de commutateur. Grâce à des engrenages démultiplicateurs, on parvient à réaliser la vitesse voulue de l’arbre des cames.
- Dans cette décoration lumineuse, on remarquait aussi le semis d'étoiles qui constellaient, de-ci delà, la façade du Louvre jusqu’à la galerie du faîte.
- Ces astres, en bois découpé, de différentes grandeurs, étaient équipés, sur chacune de leurs faces,
- Fig. 2. — Décoration lumineuse installée sur la façade des Grands-Magasins du Louvre en décembre 1924. Elle représente une farandole de Pierrots et de Pierrettes au-dessus de Paris.
- du mouvement d’une série de 7 ballons avec allumage indépendant et se suivant en cascade. Les divers fils de commande desdits ballons aboutissaient à un commutateur automatique (fig. 1) composé d’un axe portant les deux séries d’organes suivants :
- 1° Quatorze cames rotatives dont on avait calculé la surface pour qu’au passage progressif devant chaque balai, l’allumage restât seulement sur un ballon.
- 2° Cinq cames destinées à allumer le mouvement de la main simultanément et synchroniquement avec le départ ainsi qu’avec l’arrivée du ballon.
- Il faut 14 cames quoiqu’il n’y ait que 7 ballons, car 7 d’entre elles commandent le mouvement de chute et les autres la remontée. D’autre part, un
- avec une lampe dite « solaire » d’intensité différente. Une série de commutateurs, mis également en marche par des petits moteurs, assuraient le scintillement de la voûle céleste lilliputienne, grâce à des ruptures brusques s’opérant à la vitesse de 4 à 7 par seconde. Quant à la vision de Paris, elle s’obtenait au moyen de toiles, posées sur des châssis et dont la légère peinture au vernis n'altérait pas la transparence. Enfin on avait reculé suffisamment les soutiens intermédiaires pour qu’aucun chevron ne vînt gêner les rayons des 2500 lampes, disposées à 50 cm en arrière de cet artistique panorama où l’on distinguait sous la neige, avec leur silhouette familière, les principaux édifices de la Ville-Lumière depuis la basilique de Montmartre jusqu’à la Tour Eiffel. Jacques Dover.
- 1 « Gérant : P. Masson — Imprimerie Lahdre. 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE
- L’INDUSTRIE DU ROTIN
- 28 MARS 1925
- I. Qu'est-ce que le rotin? — Les rotins, ou rotangs, appelés aussi Joncs de l’Inde, constituent, dans la famille des Palmiers, un genre spécial, auquel Linné a donné le nom de Calamus (Cala-mus L.).
- Les espèces, nombreuses — on en compte une cinquantaine — sont toutes caractérisées par leur lige grêle, noueuse, formée d’une succession d’entrenœuds, qui s’étend sur les arbres ou rampe sur le sol, à la façon des lianes, et peut atteindre une longueur considérable. Certaines dépassent 200 mètres et peuvent en avoir jusqu’à 300. I es feuilles, fixées aux nœuds, sont engainantes, longues, effilées, et se terminent par une vrille ou par une épine. Elles portent à leur surface un grand nombre de piquants de faible longueur. Les Heurs sont dioïques, petites, et de couleur rosée ou vert pâle. Le fruit, très dur, a un peu l’aspect d’une pomme de pin. Il est utilisé pour la fabrication de menus objets.
- Les entre-nœuds, très nombreux, ont une longueur variable, de 15 à 60 centimètres généralement.
- Les rotins ne poussent que dans la zone tropicale, de climat très chaud et ti'ès humide.
- On les trouve spécialement dans les Iles de la Sonde, à Bornéo, dans les Iles Moluques et Célèbes, aux Philippines, en Birmanie et dans l’Indo-Chine, en Australie et en Afrique (équatoriale *et occidentale). Les seuls qui soient utilisés actuellement et qui donnent lieu à une industrie active sont ceux de la Malaisie et de la presqu’île de Malacca. Ils sont connus sous le nom de rotin ou jonc de l’Inde.
- Parmi les diverses espèces on distingue en parti -culier :
- Calamus scipionum, qui fournit les cannes appelées Joncs.
- Calamus viminalis, très flexible, avec lequel on confectionne les badines et les meubles en jonc.
- Calamus draco, qui pousse dans les Indes orientales et les îles de la Sonde, et dont les tiges d’un
- Fig. 2. — Atelier pincipal où se font le triage, l’énouage et le fendage.
- Au second plan : les fendeuses. Au fond : les planeuses.
- 63' Annét — I"
- Fie. i. — Lavage du rotin. Un tonneau laveur chargé.
- beau jaune pâle servent à faire les cannes dites rotins. Ce sont les fruits de.ee dernier qui fournissent en majeure partie la résine de couleur rouge foncé connue sous le nom de sang dragon, et qui est utilisée par la pharmacie et l’industrie des-vernis.
- On distingue commercialement deux grandes variétés de rotins :
- 1° Les rotins maigres, recouverts d’une écorce luisante, d’aspeet émaillé, formée de silice, de silicate de chaux et de magnésie, avec seulement des traces de fer, et une petite proportion de matière cellulosique. Cette écorce possède cependant une quantité de pores microscopiques qui permettent la respiration de la plante.
- Ce sont les rotins de qualité supérieure, dont les meilleurs sont originaires de Bornéo et de Sumatra.
- 2° Les rotins gras. Ceux-ci ne sonl pas recouverts de la carapace brillante qui caractérise les précédents. Elle est remplacée par une écorce analogue à celle du bambou, mais de plus grande résistance. Leur tissu est imbibé de matières grasses et de résines. Ils constituent des rotins de qualités inférieures aux premières.
- La différence de nature de ces deux variétés est facilement mise en évidence par un simple passage de la main à la surface des tiges. Les premières sont glissantes et lisses”, tandis que les secondes causent une légère adhérence â la peau.
- II. Préparation des rotins aux lieux d’origine. — Coupe. — Les rotins, après la cueillette, sont débarrassés de leurs feuilles et coupés en tronçons de longueurs variables suivant l’espèce, généralement de 4 mètres à 6 m. 50, de telle sorte que la différence des diamètres aux deux extrémités soit aussi peu sensible que possible.
- De'se'maillage. — Cette opération, qui n’a lieu que pour les rotins maigres, les débarrasse de leur carapace siliceuse par des torsions et des flexions répétées en tous sens. Il sont ainsi rendus plus souples et plus flexibles
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- L’INDUSTRIE DU ROTIN
- Fig 3. — Calibrage.
- Le rolin désémaillé prend le nom de rotin loonlie. Pour certains emplois cependant, on utilise le rotin tel quel, avec son écorce, il s’appelle alors rotin ségah.
- Calibrage. — Celte opération consiste, comme son nom l’indique, à faire un classement des rotins par grosseurs, le diamètre en étant compté en millimètres.
- Triage. — Enfin, un nouveau classement, dans chaque categorie de grosseurs, est fait suivant la couleur des tiges. La plus claire et la plus uniforme donne le choix supérieur. Ce triage permet également d’éliminer les tiges défectueuses, en particulier celles qui sont molles et sans résistance, celles qui sont irrégulitres, avariées ou tachées, et les tiges vertes, c’est-à-dire non arrivées à maturité complète. Il peut être également accompagné d’un lavage et d’un soufrage qui donnent les rotins washecl. Ceux qui ne subissent pas celte opération portent Je nom de unwashed. On peut aussi avoir des rotins lavés (vvashed) premier choix et des rotins non lavés (unwa-hed) premier choix.
- Bottelage. — Enfin ces diverses manipulations se terminent par la mise en hottes des tiges de rotin, soit droites, soit recourbées en deux, pour celles dont la longueur l’exige. Les bottes ainsi préparées pèsent de 22 à 30 kilogrammes suivant la qualité et l’origine. Elles sont alors prêtes pour l’expédition.
- Au point de vue de leur utilisation industrielle, on classe les rotins de la façon suivante :
- 1° Rotins maigres de toutes qualités et origines destinés à la fabrication du rolin filé pour sièges cannés, et des éclisses pour meubles.
- 2° Rotins maigres, utilisés pour la vannerie.
- 3° Ptolins gras pour la fabrication du rotin filé et des éclisses de qualité inférieure pour la petite vannerie.
- 4° Rotins gras destinés, en vannerie, à la fabrication de paniers de toute nature.
- Les rotins de vannerie ne sont pas triés préalablement par couleur.
- 5° Rotins gras servant à la fabrication des meubles de jardins et des cannes.
- Le rotin destiné à la filature doit être en baguettes saines, sans moisissures, et avoir une couleur aussi claire que possible, et de teinte très uniforme, sans taches, ni défauts, à surface bien lisse.
- Sa longueur doit être grande et son diamètre très régulier. Les entre-nœuds, le plus long possible, doivent être séparés par des nœuds sans saillie trop sensible. Souples et flexibles, ils doivent en outre présenter une grande résistance à la traction.
- Quant à la moelle, elle doit être très blanche, nerveuse, à fibres longues et bien agglomérées.
- Au. rotin destiné aux travaux de vannerie, on ne demande que d’être sain, très flexible et résistant. La couleur en particulier a peu d’importance.
- La tige du rotin est formée simplement d’une partie interne, fibreuse, bien homogène et de consistance uniforme dans toutes ses parties, entourée par Yécorce que nous avons définie, ou robe. Elle ne renferme donc pas de moelle-, cependant, on désigne — improprement — sous ce nom, la partie interne lorsqu’elle a été séparée de l’écorce par la fendeuse. Les minces lanières d’écorce ainsi obtenues, et auxquelles adhère encore une petite quantité de moelle, qu’on élimine ensuite, constituent les brins fendus.
- Ce sont les diverses phases des opérations que subit le rotin dans les filatures, et les appareils utilisés pour les effectuer que nous allons étudier en détail.
- 111. La Filature du rotin, — Les bottes, arri-
- Fig. 4. — Fendeuse.
- Le cylindre supérieur de la 3° paire au i*r plan a cté déplacé pour laisser voir la moelle séparée des brins fendus.
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- L’INDUSTRIE DU ROTIN
- vant à l'usine, sont, après un classement sommaire par origine et grosseur, mises en magasin, sur des claies qui les isolent du sol afin d’éviter leur détérioration.
- Avant toute opération de fabrication, le rotin doit subir un lavage énergique à grande eau, chaude de préférence, qui le débarrasse des poussières et impuretés de toute nature adhérant à sa surface,- et qui peuvent provenir des manutentions et du transport.
- Le lavage s’effectue dans de grands tambours rotatifs horizontaux (fig. 1), appelés tonneaux laveurs, et dont la section, polygonale, permet, pendant la rotation, un brassage énergique des tiges. Celles-ci sont introduites, telles qu’elles sortent des bottes, par des ouvertures latérales à fermeture étanche. Lorsque le tonneau est chargé, les portes sont refermées et l’eau est introduite, puis l’appareil est mis en mouvement. Après quelques heures de lavage, la rotation est arrêtée, et, lorsque l’eau a été évacuée, le rotin, parfaitement propre, est retiré du laveur.
- Dans certaines usines, on fait suivre ce lavage préliminaire d’un soufrage, dont le but est, en décolorant les tiges, de leur donner une teinte plus uniforme, et en outre de leur assurer une meilleure conservation.
- Les rotins sont disposés verticalement dans une chambre, de préférence en bois, ou revêtue intérieurement de feuilles de plomb, résistant à l’action des vapeurs sulfureuses, au centre de laquelle est placé un réchaud dans lequel on fait brûler du soufre. La chambre de soufrage une fois garnie des rotins encore humides venant du lavage, on allume le soufre le soir et l'opération dure toute la nuit. Le lendemain matin, l’action de l’anhydride sulfureux est terminée, et les rotins, extraits, sont amenés par des wagonnets, dans un atelier, vaste et bien éclairé (fig. 2), où un ouvrier, très entraîné à ce travail spécial et délicat, procède à leur classement par couleur.
- Nous avons vu que le rotin était formé d’une
- Fig. 6. — Filière.
- La moelle brute introduite àdroite ressort à gauche séparée en plusieurs brins fins. Au milieu de l’appareil on distingue les copeaux produits par l’outil.
- Fig. 5. — Machine à planer (séparée de son bâti).
- Le brin fendu introduit par la gauche est tranché en épaisseur par le couteau horizontal et ses bords sont régularisés par les deux petits couteaux posés sur champ. On distingue les trois copeaux qui en résultent.
- série d’entre-nœuds. Les nœuds, constitués par une petite fraction de la feuille qui a été arrachée après la récolte, ont un peu l’aspect de ceux de certains roseaux aquatiques de nos pays. Ils sont peu saillants, mais détruisent la rectitude de la tige, et il importe de les faire disparaître. Des machines spéciales ont été construites pour effectuer celte opération, mais toutes n’ont pas donné des résultats parfaits. L'énouage se fait donc, actuellement, soit mécaniquement, soit à la main. Dans ce dernier cas, il est fait par des ouvrières, au moyen de lames de rasoirs fixées dans un manche (on emploie les lames des rasoirs de fabrication quelque peu défectueuse, inutilisables pour leur usage normal). De la main droite, l’ouvrière applique la lame contre la tige, parallèlement à sa surface, au niveau du nœud, et, de sa main gauche, fait tourner la tige d’un tour complet; le nœud est enlevé régulièrement d’un seul coup.
- Une fois le rotin débarrassé des nœuds, il importe de le calibrer très exactement de façon à en tirer le meilleur parti possible en évitant les déchets, par l’utilisation, pour son fendage, de l’outil correspondant le mieux à son diamètre.
- Celui-ci est mesuré avec précision, au demi-millimètre, au moyen d’un calibre métallique formé d’une règle d’acier horizontale portant des encoches de largeurs croissantes du numéro le plus fin au plus grand (fig. 3). On fait ainsi un second classement, par grosseurs, qui donne, d’une part les rotins de petit calibre, ayant moins de 9 millimètres de diamètre, et d’autre part, ceux de gros calibres, de 9 millimètres et plus, dont les usages sont différents.
- Après calibrage, les tiges de rotin sont fendues, dans leur longueur, d’une façon très spéciale, par une machine appelée machine à fendre ou fen-deuse (fig. 4).
- Elle se compose de deux jeux successifs de deux cylindres horizontaux superposés, tangents, montés
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- L’INDUSTRIE DU ROTIN
- Fig. — Les pièces principales de la fendeuse, de la machine à planer et de la filière.
- 1, guide à diamètre variable de la fendeuce ; II, différents types d’étoiles à divers états d’usure; III, Couteaux de planeuses (tranchage en largeur); iV, couteaux de pla-neuses (tranchage en épaisseur; ; V, Differents types de filières.
- sur des axes dont ils sont solidaires, et dont une extrémité engrène avec une roue dentée motrice, actionnée par le mouvement général de l’usine, tandis que l’autre tourne librement dans un palier susceptible de se déplacer verticalement avec une faible amplitude, réglée par des ressorts à boudin et des vis à écrous. Cette mobilité est destinée à permettre un léger écartement des cylindres au passage des tiges de rotin entre eux, quel que soit le calibre de celles travaillées par la fendeuse. La tige, introduite par un orifice pratiqué dans le bâti de la machine, entre ces cylindres, est saisie par eux et amenée dans un guide (1, fig. 7) formé de deux mâchoires horizontales maintenues par des ressorts qui leur permettent un écartement variable au passage des saillies qui peuvent subsister à la place des nœuds, et suivant également le calibre du rotin.
- En face du guide est fixé solidement l’outil fen-deur, appelé étoile (III, fîg. 7), en raison de sa forme. Il se compose d’une pièce d’acier trempé dur, comprenant une lame centrale circulaire, autour de laquelle rayonnent, normalement à ses génératrices, un certain nombre de lames rectilignes. La lame circulaire, de diamètre différent suivant l’outil, et correspondant à la grosseur du rotin à débiter, découpe, dans la partie centrale de la tige et sur toute sa longueur, une baguette parfaitement cylindrique qui constitue la moelle brûle, tandis que les lames rayonnantes détachent l’écorce en lanières plus ou moins nombreuses et fines qui portent le nom de brins fendus (I, fig. 8).
- Enfin, une troisième paire de cylindres, disposés comme les précédents, saisissent, à l’arrière de l’étoile, le rotin fendu, et l’obligent, par traction, à passer de toute sa longueur dans l’outil et à y subir intégralement l’action des lames. Ce sont les cylindres tireurs.
- La moelle est recueillie dun côté, les brins fen-
- dus, de l’autre, leurs manipulations ultérieures, comme leurs usages, étant différentes.
- Au sortir de la fendeuse, le brin présente une largeur un peu irrégulière et une certaine épaisseur (11, fig. 8), car il est formé, outre l’écorce, d’une quantité de moelle qu’il convient d’éliminer afin de lui donner la plus grande finesse possible. Pour cela, on le travaille sur une machine spéciale, la machine à planer, dont il existe différents modèles utilisés concurremment quelquefois dans la même usine. Nous en décrirons un seul, le principe restant le même dans tous. Elle a pour but de donner aux brins fendus une section parfaitement régulière aussi bien en épaisseur (mesurée au 1/10 de mm) qu’en largeur (mesurée au 1/4 de mm).
- La machine à planer (fig. 5) se compose essentiellement d’un disque d’acier, épais de quelques millimètres, monté sur un axe horizontal et dont la périphérie est légèrement concave. A sa partie supérieure et tangentiellement à lui, tourne, avec une très grande rapidité, obtenue par des engrenages multiplicateurs, un petit cylindre de très faible diamètre suivant sa longueur, un grand nombre de fines cannelures. Le brin, introduit entre deux guides, écorce en dessous, est saisi entre le cylindre supérieur qui l’entraîne par sa rotation rapide, et le disque inférieur dans la concavité duquel s’encastre l’écorce, et poussé avec une grande vitesse contre la lame plate, très effilée et horizontale d’un couteau d’acier (IV, ûg. 7) fixé à plat sur le bâti, qui le tranche et en détache la totalité de la moelle qui s’enroule et dégage l’appareil.
- En arrière de ce dispositif, deux disques superposés saisissent l’écorce et la font passer entre les lames de deux autres couteaux de forme analogue au premier, mais plus petite (III, fig. 7), et posés sur champ. Ceux-ci rognent les bords de l’écorce à la largeur voulue, et les rendent ainsi parfaitement rectilignes et parallèles.
- Le brin est soigneusement recueilli par l’ouvrière.
- Fig. 8. — Rotins débités.
- 1, Rotin brut après passage à La fendeuse; II, brins fendus; III, moelle découpée en lanières ; IV, moelle filée.
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- Les déchets de moelles, inutilisables à l’usine, sont revendus à très bas prix et servent à faire des liens pour l’agriculture.
- Les brins prennent le nom de cannes ou de lames, suivant qu’ils ont de 1 mm 5/4 à 5 mm ou 5 mm 1/2 et plus de largeur, examinés et vérifiés minutieusement, débarrassés de toutes les parties défectueuses qu’ils pourraient encore contenir, ils sont mesurés dans leur épaisseur et leur largeur avec une précision extrême, leur finesse en largeur et en épaisseur, faisant leur qualité et leur prix.
- Travail des moelles. — Nous avons vu que la fendeuse séparait le rotin en deux parties, l’écorce ou brin fendu, et la moelle brute. Celle-ci, utilisée pour de très nombreux emplois, subit un nouveau travail destiné à lui donner des formes et des dimensions variées suivant sa destination ultérieure. Ce travail s’opère à la filière.
- La filière (fig. 6) est de construction analogue à la fendeuse ; la disposition de ses différentes parties est semblable, mais ses dimensions sont un peu plus grandes. L’outil tranchant en est constitué par un bloc d’acier cylindrique, trempé dur, dans lequel sont percés de part en part, dans le sens longitudinal et en couronne, un certain nombre de trous circulaires, variables en diamètre et en nombre suivant la grosseur des moelles à obtenir (V, fig. 7) La tige de moelle venant de la fendeuse, est introduite entre deux séries de deux cylindres horizontaux superposés, tangents, qui la saisissent fortement et la font passer à force — après un guide qui la dirige — (et qui, celui-ci, a un diamètre fixe puisque la moelle est rigoureusement cylindrique), dans l’outil découpeur, à la sortie duquel, [d’autres rouleaux, identiques aux premiers, la reprennent pour l’obliger à passer de toute sa longueur dans la machine.
- On détache ainsi une série de moelles de la finesse voulue autour d’une partie centrale qui, en raison même de la disposition de l’outil traneheur, a une forme polygonale à faces concaves (IV, fig. 8). Celle-ci peut, par un nouveau passage à la filière, être rendue cylindrique.
- ; Les grosseurs de filés obtenus ainsi sont extrê-
- Fig. io. — Atelier de la filature.
- fig. g — Peinture et vernissage des moelles.
- mement variables et peuvent atteindre une finesse extrême, jusqu’à 1 mm de diamètre, c’est-à-dire à peu près la grosseur d’une ficelle de très petit,numéro. Généralement, les diamètres sont compris entre 1 mm et 4 mm.
- On peut avoir besoin de moelles, non plus cylindriques comme celles que nous venons d’obtenir, mais de formes diverses : plates (III, fig. 8), carrées, plan-convexes, ovales, etc. Des outils de formes appropriées, placés dans la filière, permettent de les fabriquer avec la même facilité.
- Les cylindres de la filière, comme ceux de la fendeuse, peuvent travailler avec un certain jeu, réglé par des vis et des ressorts de façon que des moelles de diamètres différents puissent passer entre eux, sans autre modification que celle de leur serrage.
- Les moelles débitées peuvent n’avoir pas une teinte très uniforme ; en outre, pour divers usages spéciaux, on peut avoir besoin de moelles parfaitement blanches, par exemple pour la fabrication des meubles. Il convient , par conséquent, de les blanchir.
- Le blanchissage se fait au chlore ou à l’eau oxygénée.
- Dans le premier procédé, du chlore finement pulvérisé est agité énergiquement dans de l’eau pour assurer sa bonne répartition et une action homogène sur les moelles. Celles-ci sont placées dans de grandes cuves en ciment dans lesquelles on fait arriver l’eau chargée de décolorant, et y séjournent quelques heures. Elles sont ensuite retirées, et, après un lavage très complet à l’eau acidulée pour éliminer toute trace de chlore, exposées . à l’air pour être séchées.
- Les moelles peuvent encore être vernies. A cet effet, on les dispose, après les avoir mouillées, sur des cadres métalliques de leur longueur, portant sur chacun de leurs petits côtés des pointes sur lesquelles sont recourbées les extrémités des tiges, formant ainsi un crochet qui les maintient (fig. 9).
- Les cadres garnis sont portés 'a l’étuve, où la température, soigneusement réglée, provoque, par évaporation totale de l’humidité qu’elles contenaient* une forte tension des moelles. Cette dessiccation doit
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- être conduite de telle sorte qu’elle soit lente et ne puisse causer, par un brusque retrait, la rupture des tiges.
- Lorsqu’elle est terminée, les cadres sont appor-, tés dans l’atelier de peinture et posés à plat sur des! supports (fig. 9). ;
- ; Les moelles sont tout d’abord frottées énergiquement à la toile verrée, qui en égalise parfaitement: la forme en détruisant les aspérités et les quelques! fibres qui pourraient s’en être détachées. Après ce premier ponçage, on passe, avec un pinceau large et plat, une première couche de la peinture choisie, qui constitue en réalité un remplissage, c’est-à-dire qu’elle comble les légères dépressions qui peuvent subsister à la surface des moelles, mais elle ajoute en même temps son épaisseur aux parties faiblement saillantes que le ponçage préalable aurait laissées et qui devront disparaître par un second passage à la toile verrée.
- Auparavant les cadres sont reportés à l’étuve pour faire sécher la première couche de peinture. Ceci fait, les moelles subissent un deuxième ponçage qui égalise définitivement leur surface, et une seconde couche de peinture, qui sera la dernière. Après nouveau séchage à l’étuve on a des tiges parfaitement cylindriques et de couleur très-uni forme sur toute leur longueur.
- Afin de leur donner une plus belle apparence, ou pour des usages particuliers, elles sont recouvertes d’un vernis qui les rend remarquablement lisses et brillantes. Un nouveau séchage à l’étuve donne les moelles vernies complètement terminées. Les extrémités tordues sont enfin coupées et les moelles, de longueurs égales, sont empaquetées et portées au
- magasin des produits finis, ou elles sont déposées sur des étagères à claire-voie.
- Commerce et usages du rotin. — Les emplois du rotin. — Les usages du rotin sont multiples. Les moelles, entières ou fendues, servent pour la fabrication des meubles de jardin, de plage, en carrosserie automobile pour la garniture des capotages de voitures. Les rotins entiers sont employés également pour constituer les parties rigides des meubles. Certaines variétés particulièrement belles donnent les cannes appelées « joncs » et « rotins ». D’autres, très flexibles, sont utilisées pour la confection de manches de fouets, de cravaches, d’objets pour le battage des tapis, de paniers de toutes sortes, des corbeilles.
- Le brin fendu est utilisé pour le « cannage » des sièges. Les moelles, flexibles et souples, peuvent remplacer les baleines de corsets ou de parapluies ; très fines, on les place dans le bas des chapeaux, où elles maintiennent la garniture intérieure du cuir.
- On confectionne également des nattes en moelle, et certains déchets sont utilisés pour la fabrication des paillassons, etc....
- On voit qu’il s’agit là d’une très grosse industrie, assez peu connue, cependant, et mise en œuvre dans un nombre d’usines restreint.
- Les photographies qui illustrent cette étude ont été prises dans les Ateliers de Malaunay (Seine-Inférieure) de la « Société française des Produits du Rotin » à qui nous adressons tous nos remerciements pour nous avoir permis si aimablement de nous documenter pour les lecteurs de La Nature.
- Georges Gallois.
- LES PRECIEUSES NOIX DU CHAULMOOGRA
- Les publications médicales d’Europe et d’Amérique commencent à s’occuper de cet arbre, et l’on peut prédire que son nom bizarre, au parfum exotique, aura bientôt droit de cité dans toutes les langues qui s’écrivent. Car l’huile de chaulmoogra est le seul remède que l’on ait découvert jusqu’à ce jour contre l’horrible maladie qui fut le cauchemar de l’Europe, au moyen âge, et qui sévit encore dans de trop nombreuses régions de l’Asie, de l’Afrique et de l’Océanie : la lèpre, s’il faut l’appeler de son nom.
- Les vertus de cette plante sont connues en Ane tropicale, surtout dans l’Est de l’Inde, en Birmanie, en Indochine, depuis un temps immémorial, etd’on doit supposer que les Européens qui séjournèrent ou voyagèrent dans ces pays n’accordèrent aucune créance aux dires des indigènes et ne virent dans la précieuse drogue qu’un « remède de bonne femme », puisque sa puissance curative ne parvint à la connaissance du monde civilisé que vers 1900.
- Or, d’après M. J.-F. Rock, qui a consacré au
- sujet un article très documenté dans le National Géographie Magazine, au retour de la mémorable expédition que nous allons exposer, cette ignorance ou ce mépris paraît inexplicable. Non seulement l’emploi de cette huile contre les maladies de la peau et surtout contre la lèpre est général dans les contrées que nous venons de nommer, mais les livres sacrés des Birmans lui consacrent plusieurs i récits. Ils parlent, en particulier, d’un roi birman, qui régna plusieurs siècles avant la fondation dm bouddhisme, et qui, atteint de là lèpre, s’exila; volontairement au plus profond d’une forêt, où il se1 nourrit des feuilles et des fruits du chaulmoogra.j Après sa guérison, il reprit le pouvoir.
- Il est possible que la façon toute primitive qu’onU les médecins indigènes d’administrer le remède ait paru suspecte aux Européens. Ils ne se contentent pas d’employer l’huile à l’usage externe, mais, en outre, la font boire aux malades, chez qui elle pro^ voque presque toujours des vomissements et engendre des troubles intestinaux.'
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- LES PRECIEUSES NOIX DU CHAULMOOGRA ===== 19?
- Quoi qu’il en soit, l’arbre qui produit cette huile fut découvert, durant les premières années de ce siècle, par un voyageur, M. Iiurz, et décrit par un savant anglais, Sir George King, qui lui donna le nom de Taraktogenos kurzii. L’huile fut étudiée par un savant américain, le Dr Frederick B. Power, qui sut en extraire les deux principaux constituants, qu’il appela acide chaulmoogrique et acide hydno-carpique. Ses travaux furent repris et continués par le Dr A. L. Dean,de l’Université de Hawaï, archipel qui est considéré comme un des principaux foyers de la lèpre en Océanie.
- On sait que le gouvernement américain dut reléguer les lépreux à Molokai, île que le dévouement d’un missionnaire français, le père Damiens, a rendue fameuse, car ce héros, qui s’était consacré à la consolation de ces malheureux, contracta la lèpre, et mourut après des années de souffrances.
- Ce fut en 1921 que le D' Dean, après avoir fabriqué la quantité de ces deux acides que pouvait fournir l’huile obtenue par le gouvernement américain, commença son traitement sur deux cents lépreux, en leur administrant simultanément ces deux acides par des injections intramusculaires.
- Les résultats constatés ont été stupéfiants : ces deux cents malades ont pu quitter la léproserie et retourner dans leurs familles, fait sans précédent, puisque Molokai n’avait jamais rendu un de ses relégués, tous condamnés à y attendre la mort. Les personnes ainsi rendues à la liberté sont tenues de se présenter tous les deux ou trois mois devant les autorités médicales. Mais on peut les considérer comme radicalement guéries, puisque les symptômes de la maladie n’ont pas réapparu. L’huile de chaul-moogra a donc fait ses preuves.
- Bien avant que ces remarquables résultats eussent été officiellement constatés et publiés, les savants intéressés à la question attirèrent l’attention du gouvernement américain sur la rareté de la bienfaisante huile et sur sa cherté, en démontrant que son prix subirait une hausse considérable dès que les guérisons obtenues à Molokai seraient connues du public. Ils suggérèrent qu’il serait profitable d’établir des plantations de ehaulmoogra dans une des possessions tropicales des Etats-Unis.
- Cette façon de voir fut partagée par le Ministère de l’agriculture américain, qui chargea un de ses jeunes savants, M. J.-F. Rock, explorateur agricole attaché au Bureau of Plant Induslry, de découvrir dans les forêts indo-chinoises des semences de chaul-moogra. Nous allons voir que l’exécution de ce programme, dont l’exposé tient en quelques mots, entraîna une expédition laborieuse et dangereuse.
- Nous regrettons de ne pouvoir faire de plus copieux emprunts à l’intéressante relation de M. Rock, qui fourmille de détails géographiques et ethnographiques sur des régions à peine explorées. Nous devrons nous contenter d’analyser les passages qui exposent ses efforts dans sa « chasse à l’arbre », car il s’agissait là d’une véritable chasse, puisque
- le jeune botaniste devait explorer des forêls immenses à la recherche d’une essence rare. Il convient de remarquer que le Taraktogenos kurzii est une espèce sauvage, qui ne se rencontre dans la jungle que par petits « bouquets » disséminés, dont Remplacement n’est connu que de quelques initiés.
- Débarquant à Singapore, M. Rock prenait passage sur un des trains qui font le service entre ce port et Bangkok. La distance n’est que de 1600 km, mais il faut 5 jours et 5 nuits pour la franchir. Les trains ne circulent que le jour, et les voyageurs doivent passer les nuits dans des auberges que M. Rock ne vante pas pour leur confort.
- Pendant son séjour dans la capitale siamoise, le voyageur visita les jardins du temple Bentchama Bopit, plantés de maikrabaos (Jhjdnocarpus anthel-mintica) qui fournissent une : huile comparable à celle du ehaulmoogra. Il tenta vainement d’apprendre le pays d’oïigine de cet arbre. Ce ne fut qu’au cours de son voyage qu’il obtint le renseignement, le Maikrabao poussant à l’état sauvage dans la région de Korat (Siam oriental). Il se détourna de sa route pour obtenir quelques plants de cette espèce, qu’il expédia aux Etats-Unis avec des plants de chêne d’une espèce dont les glands sont comestibles.
- A Chiengmai, importante ville du Siam septentrional, M. Rock loua une maison flottante (fig. o) qui, manœuvrée par un équipage de Laotiens, lui fit descendre le Meh-Ping, fleuve tortueux et torrentueux, barré de 41 rapides. Après plusieurs semaines de navigation, l’explorateur atteignit enfin le village de Raheng, et continuait le voyage à pied, à travers une chaîne de montagnes couvertes d’épaisses forêts vierges, où abondaient tigres, léopards et serpents, avec des arbres hauts de plus de 50 m. Après une marche de sept jours, la caravane atteignait le dernier hameau siamois, nommé Mesawt, près de la frontière birmane.
- Là, M. Rock louait trois charrettes à buffles, et, par une route assez bien entretenue, s’engageait dans la région montagneuse de Rawkereik, où . il découvrait son premier bouquet de ehaulmoogra. Malheureusement, les arbres n’étaient même pas en fleurs, et il lui aurait fallu attendre au moins six mois pour en obtenir des fruits.
- Sur les conseils d’un vieux chef, l’explorateur se dirige sur une autre chaîne, où, lui affirme-t-on, il trouvera les semences qu’il vient chercher de si loin. Nouvelle déception ! Quand, au prix d’une marche longue et pénible, à travers des forêts peuplées de bêtes féroces et d’insectes venimeux, il atteint enfin la région indiquée, ce n’est que pour trouver un des sosies du Taraktogenos kurzii.
- Des semaines et des mois se passent à suivre ainsi de décevantes pistes. Avant d’abandonner la partie, M. Rock tentera un dernier effort, et le voilà parti pour Rangoon, capitale de la Birmanie, où il espère obtenir du Service forestier des renseignements .utiles et précis. Il y apprend que le district de Ghindwin, situé à l’extrême nord du royaume,
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- pourrait bien être l’habitat de l’espèce dont il s’est juré d’obtenir des semences, coûte que coûte.
- Il se met. en. route vers cette région lointaine sans autre escorte que deux indigènes. Voyageant tantôt par chemin de fer, tantôt par bateau, tantôt à pied, il atteint le village de Monywa, sur le haut cours du Chindwin, affluent de l’Irraouaddy, où il a le plaisir de constater que l’on vend couramment des noix de chaulmoogra dans les bazars. C’est un premier encouragement.
- Dès le lendemain, il s embarque sur une grande jonque, qui, remontant péniblement la rivière, atteint deux jours plus tard la petite ville de Mawlai, où il apprend que les forêts de chaul-moogras se trouvent encore à plusieurs journées de distance, au fond de la jungle.
- Muni de lettres qui le recommandent officiellement aux chefs de village, il obtient facilèment des porteurs, et atteintdeux jours plus tard le village de Khoung-Kyew. A quelques lieues de là, il se trouve pour la première fois en présence d’une forêt de Taraktoge nos kurzii (fig. 1).
- Mais il est dit
- que la malchance le poursuivra jusqu’au dernier moment, car les arhres n’ont pas donné de fruits cette année.
- Le chef du village ranime ses espoirs en lui apprenant qu’une localité plus éloignée a été favorisée par une récolte exceptionnelle. Le vaillant explorateur se remet en route, et atteint Kyokta, hameau situé au centre d’une jungle épaisse, hantée de troupeaux d’éléphants et de carnassiers. Et enfin, le lendemain, il peut contempler une forêt de véritables chaulmoogras chargés de fruits mûrs (fig. 2), que les quarante coolies qui l’accompagnent se mettent en devoir de récolter. Une ourse, qui les
- Fig. i. — Un bois de Chaulmoogra, prés de Khoung-Kyeid.
- attaque, est mise en fuite, et srn ourson est capturé. Un tigre de grande taille rôde autour de la caravane, qui, chargée de sacs remplis de précieuses semences, reprend le chemin du village.
- Dès son retour au campement, M. Rock s’occupa d’assurer la conservation de son butin. Les graines de chaulmoogra sont très sensibles aux changements de température, et leurs germes sont rapidement tués par la sécheresse. Patiemment, il les roula
- une à une dans du charbon de bois pulvérisé et les enveloppa de papier huilé. Il se proposait de repartir le lende-mainmalin, mais une effroyable tragédie, que nous conterons, bien qu’elle n’ait qu’un rapport indirect avec notre sujet, retarda son départ de vingt-quatre heures.
- Le grand tigre qui avait épié la caravane au cours de la cueillette l’avait suiviejus-qu’au village. Durant la nuit, il avait surpris sur une plantation voisine trois femmes et leurs enfants endormis dans une hutte, et les avait tous égorgés, à l’exception d’un petit garçon de cinq ans, resté le seul témoin de l'horrible massacre. Le bambin, frappé d’un coup de patte qui lui avait déchiré le dos, avait été projeté dans le feu de bivouac, où il s’était grièvement brûlé le bas de la jambe gauche. Malgré son piteux état, le courageux enfant avait pu se traîner jusqu’au village.
- Les appels des gongs et des tambours réunissaient aussitôt tous les hommes, qui, s’armant de lances et de coutelas, se dirigeaient sur la plantation. M. Bock, qui les accompagnait, décrit le spectacle sanglant qu’il eut sous les yeux. Les malheureuses victimes, redoutant le froid de la nuit, s’étaient empilées dans une hutte qui n’avait qu’une étroite issue, elles y avaient été prises comme dans une
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- trappe. Les cadavres étaient littéralement déchiquetés. Seule manquait une petite fille, et une traînée de sang montrait que le monstre l’avait emportée dans la jungle.
- Renonçant à le poursuivre, les villageois édifiaient une hutte dont la porte retomberait derrière le tigre, si la faim l’amenait à toucher .à l’appât disposé au fond du piège. Et quel lugubre appât : le cadavre mutilé d’une des victimes.
- Eu lisant dans la relation de M. Rock la description de la nuit qui suivit ces préparatifs, on songe
- hig. 2. — La jonque de M. Rocks au Si-im.
- aux récits de Rudyard Kipling; et on se prend de pitié devant la rude existence de ces peuplades primitives qui vivent dans la jungle indienne.
- « Le sommeil était impossible, écrit l’auteur. La pluie tombait à torrents; le tonnerre grondait sans arrêts ; des éclairs fulgurants ajoutaient leurs luéurs sinistres aux mystères de l’épaisse jungle qui nous entourait, et dont les arbres géants prenaient des formes fantastiques. Puis, dans le fracas, retentirent soudain les barrits stridents d’un troupeau d’éléphants sauvages. Tout semblait craquer autour de nous.... Un cyclone dévastateur faisait rage.... »
- Ce ne fut qu’au lever du jour que M. Rock put juger de l’étendue du désastre. Les éléphants avaient écrasé de nombreuses huttes dans la périphérie du village, détruit les greniers à provisions, piétiné les
- plantations. En outre, ils avaient dévoré toute la récolte de riz que les habitants avaient rentrée quelques jours auparavant. Les malheureux paysans voyaient s’ouvrir devant eux une période de disette... « Le ciel pleurait lugubrement sur cette sombre tragédie... »
- Mais le tigre s’était laissé prendre, et M. Rock se hâta d’aller contempler le monstre, dont la colère rageuse était épouvantable â voir et à entendre. Il fut tué à coup de lance, et apporté triomphalement au village.
- Liz- 3. — Feuilles et fruits du Chaulmoogra.
- Les graines si difficilement acquises par l’intrépide explorateur ont servi à établir, tant aux Etats-Unis que dans leurs possessions tropicales, des plantations dont M. J.-F. Rock se contente de dire qu’elles sont pleines de promesses. Mais le chaulmoogra demande huit à dix ans avant de produire des fruits. H s’ensuit qu’une période d’attente devra s’écouler avant que le remède puisse être mis à la disposition des médecins dans le monde entier.
- Comme nous l’indiquions au début de cet article, deux cents lépreux seulement ont pu être traités en raison de la rareté de l’huile disponible; et, dans ce même archipel, plusieurs centaines de malades attendent, dans une angoisse mortelle, la production du remède qui leur rendra la santé et la liberté.
- Nous aimons à croire que nos autorités coloniales
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- LA MICROBALANCE
- suivent de très près les remarquables expériences des Iles Hawaï, et qu’elles ont mis à l’étude la création de plantations de cbaulmoogras à Madagascar et en Indochine, où les lépreux, hélas! se comptent par centaines, sinon par milliers.
- On ne louangera jamais trop les efforts si noblement tentés par le Ministère de l’Agriculture Américain et par son Bureau of Plant lndustry pour
- organiser le bon combat contre une horrible maladie qui décime ou menace d’exterminer des populations entières, comme on le voit dans certaines îles de la Polynésie. Quant à M. J.-F. Rock, il ne nous paraît pas exagéré de dire qu’il mérite de figurer parmi les bienfaiteurs de l’humanité, par sa courageuse opiniâtreté dans la chasse aux graines de chaul-moogra. Y. Forbix.
- LA MICROBALANCE
- pesant le millième de milligramme.
- En 1910, Emisch, professeur à la Teehnische Hochschule de Gralz avait montré la possibilité de manipuler de très petites quantités de substances.
- De 1910 à 1914, le professeur Pregl, de î’Universiié de Gratz, mit au point une série de méthodes de chimie analytique permettant d’opérer avec précision sur de très petits volumes. C’est ainsi qu’en 1911, il indiqua un procédé de dosage du carbone et de l’hydrogène sur 7 à 13 milligrammes de matière, un dosage d’azote, sur 4 à 8 milligrammes ; en 1913, un moyen de doser le soufre et les halogènes sur 2 milligrammes seulement.
- En 1917, Pregl publia un manuel de ses techniques qui eut en pays de langue allemande un très grand succès ; celles-ci ont un tel intérêt que l’Académie des Sciences de Stockholm décerna, en 1925, le prix Nobel de chimie à leur auteur.
- En France, on ignora, jusqu’à la fin de la guerre, les techniques de Pregl qui constituent la microanalyse. Mais après l’armistice, lorsqu’on réorganisa l’Université de Strasbourg, le professeur Nicloux, nommé à la chaire de chimie biologique de la Faculté de Médecine, trouva dans l’Institut qu’il occupa, l’outillage nécessaire et le livre de Pregl. Son préparateur, M. Georges Welter, alla faire un stage à l’Institut de Gratz, auprès du professeur Pregl et bientôt après, il faisait connaître au public français les microméthodes en traduisant l’ouvrage autrichien Q).
- 4. La microanalyse organique quantitative, par F. Pregl. Traduit par Georges "Welter. Préface de Maurice Nicloux, 4 vol. in-8, 223 p., 47 fig. Presses Universitaires, Paris, 4923.
- L’Institut de chimie biologique de Strasbourg devint le centre français des recherches de micro-analyse. De nouvelles méthodes y furent créées que M. Nicloux fit connaître, notamment dans une conférence de la Société chimique de France, le 5 juin dernier (Q. De nombreux élèves sont déjà venus à Strasbourg s’initier à ces techniques nouvelles, très simples, mais minutieuses.
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- Bien que beaucoup des microméthodes soient volumétriques, certains dosages nécessitent des pesées et celles-ci doivent être faites avec la plus grande précision.
- Une balance extrêmement sensible, une microbalance, est donc à la base de la microanalyse; c’est l’instrument capital du laboratoire et il a fallu la créer.
- Le temps est loin où l’on admirait comme un
- chef-d’œuvre inégalable la balance du capitaine
- Kater, qui servit à déterminer la valeur du « bushel » anglais et qui pesait 90 kilogrammes avec une sensibilité de 1/1 750000.
- On sait que la sensibilité d’une balance dépend de la position de son centre de gravité, de la longueur de ses bras de fléau, des déplacements de son aiguille qu’on allonge autant qu’on peut et dont on suit les mouvements au moyen d’un cathéto-mètre, d’une loupe ou même d’un microscope.
- L’inconvénient des grandes sensibilités, c’est la lenteur et la durée des oscillations, qui allongent
- 1. La microanalyse organique quantitative, par Maurice Nicloux. Bull. Soc. chim. de France, septembre 4924, p. 4047. Masson et Cie, éditeurs, Pâtis.
- PLATEAU
- PLATEAU
- Fig. j.
- Schéma de la microbalance de Kuhlmann.
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- LA MIOROBALANCE
- exagérément la durée de chaque mesure et limitent l’emploi des balances trop sensibles.
- Un important progrès fut accompli par Curie et par Collot quand ils imaginèrent d’amortir les oscillations et de rendre les balances de haute précision apériodiques.
- En 1901, parurent les premiers appareils de ce genre, et M. d’Ocagne, alors chef du service des instruments de précision du Ministère des Travaux publics, signalait en 1903, dans une conférence au Conservatoire des Arts et Métiers, les avantages qu’elles réalisaient en augmentant considérablement la rapidité des pesées de haute précision.
- « C'est, disait-il, d’une part l’amplification optique des oscillations, par la projection d’un réticule fixé à l’aiguille, qui est dû à M. Collot; d’autre part, l’amortissement des oscillations obtenu, soit comme l’a imaginé M. Curie par la compression de l’air entre deux cylindres de cuivre au moyen d’une cloche en aluminium suspendue sous chaque plateau, soit comme l’a proposé M. Collot dans la plongée de l’extrémité de l’aiguille dans l’huile de vaseline. Dans ces cas les déplacements de l’aiguille s’apprécient au moyen d’un microscope micrométrique. »
- La théorie de ces instruments peut être formulée comme suit :
- L’équation classique d’équilibre de la balance est
- dans laquelle :
- « est l’angle d’inclinaison du fléau ;
- p représente l’excès de masse dans l’un des plateaux ;
- I la distance du couteau central à chacun des couteaux d’extrémité;
- M la masse du fléau ;
- d la distance entre l’arête du couteau central et le centre de gravité du fléau.
- II en résulte, si la balance est bien réglée, que la
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- ImiUigr.
- vu au microscope
- Schéma de la micrnbalance de Longue.
- Fig. 2.
- Fig. 3. — La microbalance apériodique de Longue.
- surcharge p est rigoureusement proportionnelle à la tangente de la déviation.
- Pour mesurer cette dernière, l’aiguille porte un micromètre rectiligne sur lequel on lit directement la tangente de la déviation et par suite la valeur de la surcharge.
- Dans ce but l’amortisseur stabilise le fléau très rapidement dans sa position d’équilibre plus ou moins inclinée suivant la surcharge.
- Pour faire une pesée, on place le corps à peser sur le plateau de gauche et les poids sur celui de droite jusqu’au décigramme, à ce moment, on laisse la balance osciller puis s’arrêter d’elle-même par l’effet des amortisseurs et on lit la position du trait vertical de l’oculaire sur la division micrométrique. Pour avoir le poids exact du corps, il suffit d’ajouter aux poids, placés sur le plateau, le nombre des centigrammes, milligrammes et dixièmes lus sur le micromètre.
- Sur ces données, A. Collot etC. Longue construisirent et perfectionnèrent divers modèles devenus classiques, de balances apériodiques avec amortisseurs à air ou à liquide pouvant peser jusqu’à 1000 gr. et sensibles à 1/10 de milligrammes.
- Plus récemment, pour les travaux d’essayeurs, C. LqpgW établit une balance d’essais apériodique de la pp^lé dé 20 gr. et sensible à .1/100 de milligramme Oq a ainsi des sensibilités de l’ordre du deux et du dix-millionième, mais cela est encore insuffisant pour la microanalyse.
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- Pregl s’est servi d’une microbalance, construite par lvuhlmann, de Hambourg. C’est une balance de précision ordinaire, très soigneusement construite, comportant un fléau de 70 millimètres, divisé sur toute sa longueur en cent parties égales par des encoches (fig. 1) sur lesquelles on peut déplacer un cavalier de 5 milligrammes. Chaque déplacement du eavalier de gauche à droite, d’une encoche à la suivante, correspond à une surcharge de 0 mg. 1 sur le plateau de droite. Le déplacement du cavalier,
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- 204 LA BAUXITE
- d’un bouta l’autre du fléau, correspond donc à un poids de 10 milligrammes. Les poids supérieurs au centigramme sont placés sur un des plateaux. Pour apprécier les poids inférieurs au dixième de milligramme, on regarde dans un miroir grossissant l’image de la grande aiguille médiane qui se déplace devant une échelle graduée en 10 divisions de chaque côté du zéro. On lit à gauche, puis à droite les positions extrêmes de l’aiguille pendant une oscillation et on en fait la moyenne qui donne le centième de milligramme. Enfin, on évalue au Jugé la fraction comprise entre deux traits successifs qui donne le millième de milligramme.
- La balance de Kuhlmann, robuste, aux couteaux remarquablement taillés, permet la pesée de petites masses à 0,002 mg. près ; celle des plus grosses masses est précise au moins à 0,01 mg. près. Elle est donc parfaitement utilisable pour les microanalyses.
- Mais, comme on ne pouvait s’en procurer en France, Longue a, sur les conseils des chimistes français et en particulier de Nicloux, étudié l’application des balances de haute précision qu’il avait déjà réalisées aux exigences plus grandes des nouvelles techniques chimiques.
- Après plus de deux ans d’un travail difficile, il a réussi à construire une microbalance pesan t 20 grammes aù millième de milligramme, comme celle de Kuhlmann, et présentant en plus l’avantage d’être apériodique et amortie.
- La microbalance apériodique comprend tous les organes fondamentaux d’une balance apériodique ordinaire, mais aux dimensions réduites appropriées (fig. 2).
- Le support fixe est du modèle original à deux colonnes de À. Collot père.
- On dispositif classique met au repos le fléau, les étriers et les plateaux, lorsqu’on n’utilise pas l’instrument.
- Un microscope indépendant et fixe avec réticule réglable permet de lire la tangente de l’inclinaison sur le micromètre mobile porté par l’aiguille.
- Un miroir orientable l’éclaire et des amortisseurs à air stabilisent, très rapidement, l’ensemble oscillant dans sa position d’équilibre plus ou moins inclinée suivant la surcharge.
- Le micromètre, divisé de 0 à 1000, est cbitfré par dizaines et la lecture des traits donne un nombre de Irois chiffres. En outre le grossissement du microscope à réticule est suffisant pour permettre de lire à coup sûr par interpolation le dixième de l’intervalle entre deux traits consécutifs, ce qui fournit le quatrième chiffre représentant la dernière décimale.
- Mille divisions correspondant à un centigramme, la lecture donne d’un seul coup les milligrammes, dixièmes, centièmes et millièmes.
- Exemple : 875,6 représentent : 8 mg. 756.
- Pour faire une pesée on procède d’abord comme avec une balance ordinaire en employant les masses étalonnées jusqu’au dernier centigramme.
- Puis on lit d’un seul coup sur le micromètre les quatre derniers chiffres du résultat.
- L’instrument est prévu pour peser 20 g., dans chaque rplateau, à 1/1000 mg. près, c'est-à-dire à un vingt-millionième près.
- La précision est en rapport avee cette extrême sensibilité, car la lecture au micromètre exclut l’emploi de cavaliers, l’évaluation et le dénombrement des élongations et, par conséquent, les causes d’erreurs mécaniques ou physiologiques y inhérentes.
- Pour assurer la fidélité, des perfectionnements ont été apportés dans le principe et l’exécution mécanique des détails. Une suspension compensée d’un principe nouveau élimine notamment l’influence de l’excentrement de la charge sur le plateau.
- Par-dessus tout, l’économie de temps considérable réalisée sans que la précision ni la sécurité des résultats en souffrent, caractérise cette microbalance apériodique comme un instrument moderne capable du maximum de précision dans le minimum de temps.
- M. Nicloux, qui l’a longuement expérimentée, a contrôlé sa fidélité, sa sensibilité, sa faible sensibilité aux variations de température.
- Elle rend les mêmes services que celle de Kuhlmann, a la même sensibilité, mais permet des pesées plus rapides, plus faciles et un contrôle beaucoup plus aisé du zéro.
- Elle fait grand honneur à la construction française.
- À. B.
- LA BAUXITE
- Son importance industrielle, Ses applications nouvelles.
- Jt y a moins de 70 ans, avant que raluminium et ses dérivés eussent vu le jour, il eût paru chimérique de dire que les gisements français de bauxite auraient l’importance qu’ils ont actuellement.
- Ce minerai, sans valeur à cette époque, est devenu une sorte de produit précieux : les Allemands, avant la guerre, en étaient de grands amateurs et nous le payaient un bon prix. Ils en liraient d’ailleurs des profits considérables,
- C’est que les applications de la bauxite ('), tant blanche que rouge, sont des plus variées :
- 1. Rappelons que la bauxite est une roche éminemment tendre, composée surtout d'alumine hydratée et d'hydrate ferrique, avec, comme impuretés, de la chaux, de la silice, de la magnésie et de l’acide litamque. Certains ont voulu y voir des spinelles ou sibco-aluminates de fer, voire même des ferrites ou ferrâtes d’alumine complexes.
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- LA BAUXITE —.. .~ 205
- Matière première indispensable pour la préparation de l’alumine pure, destinée aux diverses fabrications de l’aluminium, ses résidus désaluminés servent comme pigment rouge d’un pouvoir colorant considérable (rouges dits « de fer
- Fabrication des sels d’alumine purs et des aluns purs, pour la teinture, l’épuration des eaux et autres applications (1 2) ; peintures antirouilles, peintures sous-marines « antifouling » ; produits employés dans la fonderie pour empêcher les pièces fondues d’adhérer aux moules ; produits de charge du caoutchouc,. destinés à donner aux produits fabriqués tels que les bandages pour poids lourds et les bandes de roulement, les qualités d’antidérapance (( maxima » ; catalyseur énergique, tels sont en résumé les applications principales de la bauxite.
- Mais en voici une nouvelle et récente : la bauxite rouge est l’agent par excellence de la décoloration et de la désulfuration des pétroles bruts et de toutes les essences, huiles tant légères que lourdes, des graisses d’origine minérale. Cette propriété étudiée par la « Burmah Oil », dès 1908, a fait l’objet des recherches de Dunstan, Thole, Remfry, O’Brien, etc., qui ont mis le procédé au point.
- Si tout ce qui est avancé sur ces travaux est bien exact, ce serait pour nos beaux gisements de Provence et des Cévennes, un surcroît d’activité et de prospérité dont notre pays n’aurait qu’à se louer.
- Rappelons d’ailleurs que depuis longtemps, la terre de pipe, la terre à foulon « fuller erde », les kieselguhrs, la floridine'ont été employés pour décolorer les matières grasses. Les huiles non comestibles (huiles d’olive dites « d’enfer » huiles basses de grignons, huiles obtenues par épuisement de toutes sortes de tourteaux) étaient depuis longtemps décolorées avec des terres très légères, agissant par leurs vacuoles d’air.
- L’ensemble des recherches que nous venons de signaler n’a fait que résumer et définir les conditions de travail avec la bauxite, leur donner un caractère de méthode, de précision qui lui manquait jusqu’ici (3). On peut dire qu’à la lumière des concepts nouveaux de la chimie des colloïdes, on a réussi à déterminer exactement les conditions « optima » dans lesquelles les huiles à décolorer et la bauxite devaient être mises en contact : qualité, grosseur de la bauxite, température et durée de l’action, modes de filtration, récupération de l’huile contenue dans le catalyseur lui-même, tout a été étudié avec le plus grand soin.
- 1. Les rouges dits « de fer » les plus vifs, sont ceux du Golfe Persique : il en exisle aussi de beaux, en Espagne (Valence, Murcie). Mais n’oublions pas que la teneur en Fe‘203, n’est qu’un critérium très relatif, au point de vue de la couleur. En elîet, cerlains ocres, plus riches que d’autres en Fe203, n’ont pas, loin s’en faut, une puissance colorante correspondant à leur teneur élevée ei Fe203.
- 2. Fabrication des rubis et saphirs, corindons en parlant des aluns ammoniacaux.
- 3. Il serait néanmoins injusle de ne pas rappeler ici les travaux de Guiseliu et Haudricourt, qui, dès 1912, avaient publié une étude théorique complète sur le traitement des pétroles tant, bruts que raffinés, par les terres argileuses, sur les modifications que ce traitement leur faisait subir. Distillations faites avant et après. Pour nos lecteurs que la question intéresserait. Cf. l’opuscule fort intéressant intitulé Action des terres argileuses sur les /pétroles naturels et leurs dérivés, édité chez Cillard, 49, rue des Vinaigriers, Paris. — Les Matières grasses, 1924, n08 191, 192, 193, 194 du 15 mars 1924. — Le Pétrole, nos 3 et 4 dus 1er et 15 juillet 1924.
- a) Grosseur optima de la bauxite pour l’emploi efficace, comme décolorant et désulfurant des industries du pétrole et connexes (vaselines, paraffines, etc.).
- Suivant O’Brien la grosseur efficace de la bauxite correspondrait au passage dans un tamis de 20 mailles à 90 mailles au i>ouce carré. Nous insistons sur; ce mot : au pouce carré, car on définit habituellement la finesse d’une poudre par le numéro du tamis, qui est le nombre de mailles au pouce linéaire, c’est-à-dire un nombre de mailles au pouce carré égal au carré du nombre employé couramment.
- En somme, la grosseur de la bauxite doit être comprise entre les 20 mailles au pouce carré (grosseur de maïs) et 90 mailles au pouce carré (grosseur de millet). Cette bauxite ne doit pas contenir plus de 25 pour 100 de « fines », c’est-à-dire de grosseur inférieure aux 90 mailles au pouce carré.
- b) Préparation de la bauxite avant l'emploi. Elle doit être grillée entre 350° et 400°. L’expérience de longues ,années a prouvé qu’à cette température,, l’humidité et l’eau combinées étaient expulsées, et que, par suite, le minerai contenait le maximum de pores, ce qui est une condition sine qua non de l’action catalysante de la bauxite comme désulfurante et décolorante.
- Pour s’assurer de l’efficacité décolorante d’une bauxite, ^les chimistes de la « Burmah Oil Cy » ont imaginé un appareil qu’ils ont appelé « ergomètre » et qui est basé sur le principe suivant :
- Alors que l’analyse chimique d’une bauxite ne donne que des résultats décevants, il est un autre phénomène dont l’observation est un critérium absolu de la valeur d’une bauxite. C’est l’élévation de température qui se produit, quand on mouille les mêmes quantités de bauxite neuve, ou régénérée par le grillage, par la même quantité d’un kérosène ou pétrole raffiné. Plus cette élévation est considérable, plus la bauxite a de valeur comme décolorant et désulfurant (').
- Elle est en général de 12° à 14° pour 50 gr. de bauxite saturée de kérosène.
- Une fois la bauxite grillée, elle doit être refroidie vivement, à l’abri du contact de l’air.
- c) Température, durée et mode de l'action des bauxites sur le kérosène.
- Voici un tableau donné par O’Brien qui synthétise la relation existant entre les températures du traitement et le soufre restant.
- Un kérosène contenait 0,170 pour cent de soufre :
- Températures de tiltration. Soufie restant %
- 10 0,091
- 20 0,087
- 30 0,085
- 40 ...... 0,084
- 50 0,086
- 60 ...... 0,077
- 70 0,075
- 80 0,072
- 90 0,068
- îoo .
- 1. L’addition d’eau à des bauxites neuves ou régénérées, donne lieu aussi à des élévations de température encore bien plus grandes (3 à4 fois plus) que l’addition d’un même volume de kérosène. Mais l’expérienc e a prouvé que ce facteur0 dépendant d’une foule de variables inconnues, ne signifiait rien
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- NOUVELLE MACHINE A LAVER, STÉRILISER ET SÉCHER LA VAISSELLE
- . Donc, en ce qui concerne la désulfuration, la température optima de fibration serait de 100°.
- En ce qui concerne la décoloration (car décoloration et désulfuration ne sont nullement concomitantes), c’est au contraire à froid qu’elle est maxirna.
- Le mode d’action des kérosènes sur la bauxite peut avoir lieu, soit par simple percolation du kérosène sur une masse immobile de bauxite, soit par mélange intime suivi de fdlration.
- Mais l’expérience de plusieurs années de la Burmah Oil Gie » penche vers le système de percolation.
- Mais là, on opère au moyen de percolation raisonnée ou fdlration en série. C’est ainsi qu’on dispose plusieurs filtres ou percolateurs, en série : le 1er est garni avec de la floridine, ou kieselguhr spécial de Floride, que l’expérience a prouvé être un décolorant actif et puissant, alors que, comme désulfurateur, son pouvoir est faible. Les fdtres pu percolateurs qui suivent sont garnis de granules de bauxite de la grosseur indiquée précédemment.
- Lorsqu’on s’aperçoit que la bauxite d’un compartiment ne désulfure plus activement, on- l’enlève et on la calcine vers -400°, en évilant de produire des « fines ». La bauxile ainsi régénérée, peut servir encore un certain nombre de fois.
- Nous ne nous étendrons pas outre mesure sur ce procédé. Mais nos lecteurs conviendront bien que nous pouvons trouver un intéressant débouché en Angleterre et aux Etats-Unis qui ne possèdent que peu de gisements de bauxite, comparativement à nos montagnes de Provence. Les pays purificateurs d’huiles végétales peuvent également devenir nos clients. Et nous-mêmes, nous pouvons purifier utile-
- ment les graisses brutes de pétrole (vaselines, paraffines, etc.) sans être tributaires de l’étranger. Ainsi, pour fixer les idées, telle graisse brute de graissage paie actuellement 40 Irancs de droits aux 100 kg qui, transformée en vaseline « filante » extra, paierait 240 francs de droits. Il y a là de petites industries susceptibles d’être créées et qui exigeraient peu de capitaux.
- Pour terminer ce court aperçu, n’oublions pas de noter les travaux entrepris par de puissantes firmes italo-fran-çaises sur l’ulilisation du « silica-gel » pour la purification et la décoloration des matières grasses les plus diverses.
- Nous avons décrit ici l’exploitation par l’Italie, de ses gigantesques bancs de bauxile, en vue de l’extraction successive des :
- a) sels de potassium,
- b) d’aluminium,
- avec, comme sous-produits, un gel de silice hydratée colloïdale, en grande quantité.
- Or, de récents travaux ont prouvé que ce gel de silice hydratée colloïdale, peut, traité convenablement par une calcination modérée, servir de décolorant des matières grasses, et les désulfurer à' bon compte. (Cf. à ce sujet, l’article de Guiselin : Le Pétrole, n 5 du 1er et du 15 juillet 1924.)
- 11 nous revient d’une source autorisée que la filiale d’une de nos plus puissantes sociétés de chimie industrielle et d’électrochimie (*) va mettre ce produit nouveau sur le marché. Albert Mutin.
- 1. Une usine existe à Pieirc-Bénile près Oullins (Rhône) qui traite les leucites
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1925.
- La présence des corps organiques fossiles dans les marbres de l'Uruguay. — L’ensemble formé par la grande série cristalline qui longe l’Océan et la série de Gondwana, qui repose sur elle, se présente comme une immense étendue de schistes redressés et percés par des anus de roches ignées les plus diverses, et le calcaire, alternant avec les rothes, tantôt en feuillets, tantôt en minces couches, fournit des marbres dont certaines vaiiélés sont d’une grande beauté. En examinant le
- massif de Nueva Carrai a, M. Maurice Lugeon a été frappé par la jrésence d’une roche à fond vert sombre et piquetée d’une multitude de petites taches rouges. Ces dernières ne sont autre chose que des débris fossiles héma-tisés et dans quelques-unes on reconnaît des fragments de tests d’échinodermes. Ces restes fossiles découverts pour la première fois dans la série du vieux socle cristallin uruguayen semblent fixer à la roche une origine silurienne. Paul B.
- NOUVELLE MACHINE A LAVER, STÉRILISER ET SÉCHER LA VAISSELLE
- Je décrivais dernièrement dans La Nature (n° 2647) une machine à laver la vaisselle fonctionnant sans pompe ni moteur et ne nécessitant qu’une canalisation d’eau sous pression; mais cette canalisation n’existe pas partout, notamment à la campagne, et il m’a paru intéressant de réaliser une machine de construction encore plus rustique et plus économique, pouvant fonctionner immédiatement en tout endroit, sans exiger aucune installation de plomberie, aucune canalisation d’eau, de gaz ou d’électricité.
- Malgré sa grande simplicité de construction et de fonctionnement, cet appareil permet non seulement de laver rapidement et sans efforts la vaisselle familiale, mais encore d’en assurer la stérilisation et le
- séchage sans le moindre essuyage et dans toutes les conditions d’hygiène désirables.
- Ici encore, le panier tournant, qui est disposé de telle façon que les assiettes à laver s’y trouvent placées exactement comme les aubes d’une turbine hydraulique ou comme les pales d’un ventilateur centrifuge (fig. 1), fonctionne successivement comme roue hydraulique élévatoire et comme ventilateur centrifuge. Mais ce panier, disposé verticalement, comme il sera dit plus loin, au lieu dé tourner sous l’action d’une projection d’eau, est actionné directement à la main à l’aide d’une manivelle calée sur son arbre, de telle sorte que, au cours de sa rotation, chaque assiette se remplit d’eau de lavage qu’elle élève pour la laisser retomber sur les autres
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- assiettes lorsque son inclinaison est suffisante. Le rinçage et la stérilisation à l’eau bouillante terminés, l’appareil devient ventilateur et assure par un essorage énergique et une abondante ventilation, ie séchage très rapide des assiettes.
- Gomme nous l’avons indiqué, le panier, au lieu d etre horizontal, doit ici être plus ou moins incliné ou même complètement vertical afin d’éviter la formation d’une nappe d’eau conLinue susceptible de prendre un mouvement giratoire sous l’action de la rotation. Gette disposition permet un lavage parfait avec une quantité d’eau très réduite. Il faut aussi que les assiettes soient inclinées par rapport aux rayons du panier, de telle sorte qu’elles puissent, même avec une très petite quantité d’eau dans laquelle elles ne plongent que partiellement, fonctionner comme des augets se remplissant d’eau, l’élevant et la laissant retomber lorsque, par suite de leur rotation, leur inclinaison se modifie.
- Gomme le montrent clairement nos différentes figures, la machine est constituée par une cuve en forme de demi-sphère aplatie munie de deux poignées formant pied, et dont l’une est légèrement incurvée intérieurement, et l’autre extérieurement, de façon à donner trois points d’appui procurant une bonne stabilité. Le bord de cette cuve est évasé pour former une rigole dans laquelle vient reposer le couvercle, de même forme possédant. également deux poignées analogues, permettant de le manier avec facilité et formant pied pour l’utiliser comme un récipient ordinaire pour tout usage accessoire.
- Dans des. paliers portés par la cuve repose un arbre horizontal possédant un moyeu dont les rayons supportent deux couronnes en fil de fer eu en tôle, possédant des encoches inclinées; l’arbre horizontal porte de plus des plateaux emboutis entre les-
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- Fig. 2.
- Rangement des assiettes dans le panier tournant
- Fig, i. — Les assiettes sont disposées dans le panier tournant comme les aubes d'une turbine hydraulique ou comme les pales d’un ventilateur centrifuge.
- quels sont fixées les extrémités des ressorts recourbés en boucles qui maintiennent les assiettes dans les encoches. La partie centrale de ces ressorts se prolonge vers les couronnes de façon à pouvoir être facilement atteinte par une des mains de l’opérateur qui peut ainsi écarter à tour de rôle chaque ressort en introduisant avec l’autre main les assiettes entre ces ressorts et les encoches comme l’indique la figure 2.
- Une manivelle amovible permet de donner un mouvement de rotation rapide à l’arbre et aux assiettes qu’il supporte. L’eau de lavage et de rinçage peut être chauffée directement dans l’appareil par un brûleur à gaz. La cuve peut être vidée soit simplement par sa rotation autour de l’une des poignées qui forment pieds, soit par un robinet d’évacuation.
- L’arbre horizontal, avec l’ossature qu’il supporte, peut aisément être retiré afin de pouvoir utiliser la cuve aux usages les plus variés. Il peut également être remplacé par un tambour tournant permettant de laver le linge.
- On peut munir chaque machine de plusieurs paniers instantanément interchangeables et pouvant recevoir des pièces de vaisselle de formes différentes. C’est ainsi que la figure 5 montre un panier dans lequel les couronnes à encoches sont remplacées par une série de raquettes en fil métallique reliées par des cercles et contre lesquelles viennent s’appliquer les bords des tasses maintenues par des ressorts curvilignes.
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- L’utilisation de l’appareil que nous venons de décrire est des plus simples. Après y avoir placé les assiettes, en les fixant entre les boucles des ressorts et les encoches des couronnes, on verse dans la cuve l’eau de lavage qui ne doit immerger que le bas des assiettes, on ferme le couvercle et on tourne pendant quelques instants la manivelle (fig. 3). Dans cette rotation, le bas de chaque assiette plongeant dans l’eau soulève suffisamment cette eau pour en remplir tout le creux de l’assiette; la rotation se poursuivant, cette eau se déverse sur les parties des assiettes qui ne plongent pas directement dans l’eau de lavage et assure leur nettoyage. On peut ainsi elfectuerle lavage de nombreuses assiettes avec une très faible quantité d’eau.
- Le lavage terminé et l’eau de lavage évacuée soit par le robinet de vidange, soit par basculement de la cuve comme il a été indiqué plus haut, on verse dans l’appareil une petite quantité d’eau bouillante et on tourne de nouveau quelques courts instants la manivelle.
- Après évacuation de l’eau de rinçage il suffit de tourner de nouveau rapidement la manivelle (fig. 4) pour assurer l'essorage immédiat des assiettes et leur très rapide séchage par circulation de l’air entre ces assiettes formant elles-mêmes pales de ventilateur.
- Gomme on le voit, le lavage mécanique de la vaisselle peut ainsi supprimer tout ce que cette opé-
- ration a ordinairement de désagréable et de répugnant; mais ce qui est plus important pour l'hygiène domestique, il permet de plus la stérilisation de la vaisselle à l’eau bouillante et évite sa contamination par le malpropre torchon d’essuyage.
- J.-L. Breton.
- Membre de rinsliuit.
- Fig. 5. — Pankr pour le lavage dis bols et tasses.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahvre, 9, rue de Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2661. .. :v . . : 4 AVRIL 1925
- LES PROGRÈS DE LA TRACTION SUR LES VOIES NAVIGABLES
- Fig. i. — Convoi de bateaux chargés halés électriquement sur le canal de Saint-Quentin.
- On a souvent reproché à la navigation fluviale son insuffisante rapidité.
- De fait, la marche lente des convois apparaît comme un anachronisme à l’époque de la vitesse sur les chemins de fer et du vol prestigieux de l’avion dans flair. Cependant, des progrès ont déjà été réalisés sur nos rivières et canaux, et des tendances se manifestent de plus en plus en vue d’une transformation de la traction sur les routes d’eau.
- La traction d'avant-guerre sur le réseau national. — 11 suffit de jeter un regard en arrière pour se rendre aisément compte qu’il y a dix ans seulement cette traction était encore singulièrement archaïque.
- La traction électrique n’était pratiquée, à la veille de la guerre, qu’aux abords uniquement de Douai, sur les 25 km. du canal de la Sensée et sur 27 km. du canal de la Deule (borne 5 à l’écluse de Don). Un service de halage funiculaire avait été organisé dans le souterrain de Mont-de-Billy, du canal de l’Aisne à la Marne, long de 250 m., tandis que le touage était intronisé au bief de partage des canaux de Bourgogne (5450 m.) et du Nivernais, dans les 4877 m. du tunnel de Mauvages, du canal de la Marne au Bhin, et sur le bief de partage du caqal de Saint-Quentin, de Lesdins au Bosquet (20 km.).
- Enfin des porteurs fréquentaient le canal des Ardennes. Le remorquage à vapeur, fréquemment employé sur les rivières à courant libre (Aisne, Baïse, Charente, Doubs inférieur, Garonne, Loire, Marne, Maine, Oise, Rance, Rhône, Saône, Seine, Yonne), avait légèrement pénétré les canaux (canal
- de l’Est, canal de Tancarville, canal latéral à la Garonne, canal de Bouc). On devra reconnaître, toutefois, que la part réservée au halage animal demeurait excessive, surtout en ce qui concerne les canaux, dont moins de 250 km. étaient relativement modernisés en matière de traction. Cette stagnation était d’autant plus regrettable que l’Allemagne avait, simultanément, perfectionné son outil de navigation intérieure.
- La guerre devait, tout naturellement, déterminer dans ce domaine, comme dans tant d’autres, une profonde évolution. De nombreuses voies de circulation furent détériorées au cours des hostilités, qu’il fut nécessaire de reconstituer après l’armistice. On envisagea donc un programme étendu de transformations du matériel.
- La traction électrique et son extension. — L’administration des Travaux Publics, en réorganisant le canal de Saint-Quentin après le conflit, devait logiquement songer à électrifier une voie à trafic intensif, chargée d’assurer les communications entre le Nord et la capitale.
- Il fut décidé, en conséquence, d’équiper une ligne de tracteurs sur rails depuis Janville, sur le canal de l’Aisne, jusqu’à Chauny (54 km.), où commence le caDal de Saint-Quentin, sur le canal de Saint-Quentin, de ce point à Cambrai (95 km.), sur l’Escaut, enfin de Cambrai à Etrun (Escaut canalisé) (16 km.), en conjonction avec le réseau de la Société de Halage électrique du Nord, concessionnaire depuis 1907 des lignes dont nous avons parlé plus haut.
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- Fig. 2. La sous-station du Moulin Brûlé près de Saint-Quentin, alimentant la traction électrique sur une partie du canal de Saint-Quentin.
- 53’ Année — 1" Semestre-
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- LES PROGRES DE LATfiAfêEU&tf SUR LES VOIES NAVIGABLES
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- La section Janville-Lesdins est en fonctionnement depuis 1924, et le touagc du bief de partage1 a'été électrifié. D’autre part, la traction électrique a été remise au point entre Etrun (Bassin-Rond) et Béthune (75 km.).
- L’expérience ainsi effectuée a permis de dégager certaines conclusions pratiques.
- La durée du trajet du Bissin-Rond à Béthune demande trois jours, ou 25 km. par jour, non comprises les attentes au départ et aux écluses. Malheureusement, celles-ci sont souvent trop longues, et l’on a vu des bateaux immobilisés 4 jours au sas de Courchelettes. D’un autre côté, l’utilisation des tracteurs en 1923 n’a pas été parfaite, tant s’en faut, de l’avis de l’ingénieur en chef Notté. Le nombre des bateaux-kilomètres halés s’est élevé seulement à 27,3 par journée de tracteur, alors que les appareils peuvent tirer 2 bateaux à 4 km. à l’heure.
- Il faut attribuer ce médiocre résultat à des causes diverses : exigences des mariniers qui craignent la vitesse , simultanéité des tractions mécanique et animale, trématage difficile
- avec les chevaux, formation d’amas, par suite de la raréfaction de la cavalerie aux périodes chargées, enfin mauvais état delà voie. Il apparaît également qu’on limite à tort officiellement le nombre des bateaux halés.
- Sur le canal latéral à l’Oise, où certaines sujétions sont évitées, on a pu, au contraire, enregistrer un rendement de 52 bateaux-kilomètres par journée de tracteur, et cela malgré la fréquence des écluses sur la voie de Saint-Quentin, la concurrence animale et les crues de l’Oise.
- Néanmoins, les bénéfices acquis’ et la nécessité d’accroître la capacité des voies du Nord ont déterminé l’Administration à envisager une considérable extension du programme initial.
- On a projeté d’équiper avec le même système partie de la section Bélhune-Calais, c’est-à-dire les canaux d’Aire et de Neulossé, sur 53 km., avec 4 tracteurs en service, réalisant 24 km. dé parcours journalier pour la section Aire-les-Fontinettes, et 8 tracteurs, parcourant chacun 20 km. sur la section Aire-Béthune.
- Des dispositions analogues seraient prises pour
- Fig. 3. — Halage d’une péniche au pont-canal de Liverdun par le tracteur Cheneau.
- l’exploitation de l’Escaut entre Etrun et Condé, soit sur 36 km., et pour celle de la Deule entre Don et Marquette (21 km. 6).
- On a pu calculer qu’avec un tracteur de 13 k\v, et en admettant un rendement de 80 %, la dépense par kilomètre-bateau s’élèverait à 1 kw-h. 02 avec une section mouillée de voie de 50 m2, et 0,57 avec 50 m2 ; en augmentant de 50 pour 100, la vitesse, soit 3 km. à l’heure, on devrait tabler sur 2 kw-h. 53 et 0,91 ; en la portant à 4 km., il faudrait dépenser 4 kw-h.84 et 1,74. On voit que la dépense s’accroît sensiblement avec l’accélération et diminue beaucoup avec l’augmentation de Ja section mouillée. 11 y a donc intérêt à multiplier plutôt le nombre des bateaux halés, et à ne pas chercher
- avant tout la vitesse. Des calculs de M! Notté ont aussi permis d’estimer comparati v e-ment comme suit le prix de revient des transports suivant le nombre des bateaux tirés : 5,69 pour une unité; 3,71 pour 2; 4 pour 3; 4,36 pour 4, en faisant état de sassements de 15 minutes et en envisageant un parcours de 5 km sur section mouillée de 60 m2 (moyen Escaut).
- Le tracteur sur rail rencontre, toutefois, des détracteurs. Aussi a-t-on imaginé d’autres modes de traction, plus souples, et susceptibles de s’adapter à des voies conçues à l’origine pour la traction animale. Le tracteur sur rail exige de gros frais d’éta-olissement, la réfection des ouvrages d’art, parfois d’une réalisation difficile, et les chemins de halage ne lui sont pas toujours accessibles. Les immobilisations élevées ne se justifieraient que pour des voies très fréquentées et pour un trafic intensif.
- C’est la raison pour laquelle fut inaugurée en 1887 par M. Maurice Lévy la traction funiculaire du canal Saint-Maur, abandonnée dans la suite, parce que l’on n’avait point un moteur approprié au câble sans fin, et que les dispositifs étaient trop massifs. Le souterrain du Mont-de-Billy fut aménagé d’une manière analogue. Les progrès de l’électricité ont toutefois permis de résoudre les difficultés et de reprendre la question avec avantage.
- Le halage funiculaire électrique. — Sur l’initiative de M. l’Ingénieur en chef Imbeaux, le canal de la Marne-au-Rhin a été pourvu sur deux points, à Jarville et sous le tunnel de Mauvages, d’un système
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- LES PROGRES DE LA TRACTION SUR LES VOIES NAVIGABLES --- 211
- Fig. 4. — L’écluse n" 3o du canal de la Marne au Rhin.
- Scrlie d’un bateau par le halage funiculaire Cheneau, par temps de glaces.
- nouveau, dù à la Compagnie générale électrique de Nancy. Celui-ci consiste essentiellement dans un câb!e sans fin, porté par des pylônes disposés le long des berges. Chaque section de câble mesure de 2 à 300 m., et est actionnée par un cabestan électrique. Les bateaux sont accrochés au filin par. une amarre ordinaire, munie d'un dispositif particulier à son contact avec le câble, en vue d’interdire tout vrillage. Le système permet de remorquer les convois à la vitesse de 5 à 4 km. à l’heure. Malgré les bons résultats enregistrés et les efforts de M. l’Ingénieur en chef Imbeaux, la méthode n’a pas été généralisée.
- Un appareil concurrent a été expérimenté avec succès sur le canal de Saint-Maurice. Le tracteur Cheneau, qui a fait l’objet de vives discussions dans les derniers Congrès de Navigation, comporte un câble porteur, au-dessous duquel roule, par l’intermédiaire de deux roues verticales, un carier. Celui-ci renferme le mécanisme, et supporte un moteur électrique de 10 ch. Deux paires de roues horizontales, actionnées par le moteur, assurent la traction. La pression de ces dernières sur le câble qu’elles pincent est obtenue par la réaction du filin de traction sur le crochet d’attelage.
- Un frein automatique permet à l’appareil de rester
- immobile pendant les arrêts, même si le câble est en pente. Le démarrage s’obtient par un simple jeu de commutateur. Le courant est fourni au moteur par un fil supporté par les pylônes du câble. L’appareil de traclion pèse 600 kg. Le marinier peut aisément commander lui-même l’instrument de son bateau. La souplesse de ce procédé permet de franchir sans difficultés les rétrécis, les souterrains, de traverser les ponts, etc.
- Le halage funiculaire est, toutefois, sérieusement menacé actuellement par le halage automobile sur berge.
- Le halage automobile. — Dès avant la guerre, en 1912, la compagnie générale de Navigation avait songé à adapter l’automobile à la traction des bateaux. Un appareil de 2 tonnes, marchant à la vitesse de 3 km. 6, fut mis à l’essai de Saint-Jean-de-Losne à La Roche (212 km.). Pendant les hostilités, en vue d'intensifier le trafic fluvial, on imagina d’appliquer des tanks au même office. Le tracteur pesait 6 tonnes, et son moteur développait 35 ch. Celte innovation rendit d’incontestables services sur le canal latéral à la Marne à la fin de 1918. Mais le tank présentait de graves défauts : il défonçait les chemins de halage, accélérait trop la vitesse des convois et provoquait des remous préjudiciables à la solidité des berges; la puissance excessive du moteur rendait la traction onéreuse, enfin le tirage par l’arrière était contraire à toute logique. La tentative n’eut pas de lendemain.
- On en revint au tracteur de 1912.
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- 212 — : PAR QUELLES ROUTES
- Quatre auto-tracteurs furent livrés, du poids de 200 kgr. et pourvus de moteurs de 12 ch. Calculés pour haler à 4 km., ces engins consommaient 1 litre à 1 litre 2 au km., en tirant une péniche de 225 tonnes.
- i En 1910, un autre tracteur a été essayé sur le canal de Saint-Maurice. Il ne possédait qu’un moteur de 8 ch. Ses roues arrière portaient une sorte de chenille en pavés de bois. Un treuil, placé sur le 'châssis, permettait les démarrages, la machine 'étant immobile. Le bateau en marche, le tracteur Remplissait son office. Les inconvénients du remor-'quage par l’arrière étaient supprimés, la traction 's’opérant par le milieu.
- : Cependant, depuis lors, la traction fluviale automobile n’avait pas fait un grand pas, lorsqu’il apparut que la chenille saharienne pourrait être assouplie avec avantage à une utilisation de ce genre. Après quelques tâtonnements, MM. Régresse et Hinstin semblent avoir parfaitement surmonté toutes les difficultés antérieurement constatées. Récemment, des essais concluants ont été exécutés dans le canal de Saint-Maurice, décidément prédestiné. Le tracteur de 15 ch est susceptible de fournir une vitesse maximum de 50 km., mais on estime qu’il ne dépassera guère 5 km. à l’heure en halage, et 8 km., en convoyant du matériel vide. La direction porte à la fois sur les roues avant et sur la chenille. L’attache se trouve non pas au
- ÉMIGRENT LES BÉCASSES ...
- centre absolu, mais au centre du poids arrière. La traction s’effectue ainsi sans à-coups, et sans fléchissement du câble. L’adhérence est parfaite, et, même par temps de pluie, les berges ne subissent aucune détérioration.
- La dépense s’élève à 5 litres d’essence par heure, soit 1 litre au kilomètre, démarrages et retour compris. Lors des expériences auxquelles nous avons assisté, le premier kilomètre, avec une péniche chargée de 500 tonnes, a été couvert en 12n38, le second en 14m28. Au retour, un bateau vide étant attelé au tracteur, on a enregistré 8m32 et 9m26. Une grande société se dispose à appliquer cette formule sur un grand nombre de voies d’eau françaises.
- Ces progrès n’empêchent pas l’administration d’envisager l’extension du remorquage. C’est ainsi qu’on a prévu la suppression de la traction animale sur des voies comme l’Aa, le canal de Calais et celui de Bourbourg et l’usage de 6 remorqueurs. On ne saurait donc nier la tendance à perfectionner un outil précieux à bien des titres, et resté, à travers le temps, beaucoup plus archaïque que tous les autres. La transformation de l’outillage devra, d’ailleurs, s’accompagner d’une réorganisation des méthodes d’exploitation de la voie fluviale, aujourd’hui surannées. Une telle évolution est largement préconisée par l’administration des ponts et chaussées ; on peut espérer la voir réalisée dans un temps relativement court. Auguste Pawlowski.
- PAR QUELLES ROUTES EMIGRENT LES BECASSES
- La bécasse étant un oiseau-gibier très poursuivi des chasseurs, le « baguage » de cette espèce a procuré des résultats extraordinairement favorables, en raison du grand nombre d’individus abattus chaque année.
- Voici quelques trouvailles signalées par Journal für Ornithologie ; elles permettent de former un frappant tableau de la migration. J’indique d’abord le lieu et la date du « baguage », ensuite le lieu et la date de la trouvaille :
- 1. Héligoland, 12 novembre 1909; Emsteck (Oldenbourg), 12 octobre 1910.
- 2. Kent (Angleterre), juin 1910; Porto (Portugal), 28 décembre 1910.
- 3. Héligoland, 6 novembre 1911 ; Jonkoping (sud de la Suède), 16 août 1912.
- 4. Héligoland, 10 septembre 1911 ; Forserum (sud de la Suède), 20 août 1912.
- 5. Héligoland, 27 octobre 1911; département de la Haute-Saône (Franoe), 20 mars 1915.
- 6. Gatschina (Pétrograd), 3 juin 1911 ; département du Gers (France), 12 décembre 1911.
- 7. Gatschina, 21 juillet 1912; Visignano (Istrie),
- décembre 1912. -•••..• -
- 8. Gatschina, 27 juillet 1912; Landau (Pala-tinat), 24 mars 1915.
- 9. Milleschau (Bohême), 11 juin 1915; Corse, 4 janvier 1914.
- 10. Gatschina, 9 juillet 1913; Ostende, 4 janvier 19-14.
- 11. Gatschina, 16 juillet 1913; Kent (Angleterre ) ,15 novembre 1914.
- 12. Yorkshire (Angleterre), 27 avril 1915; Sainte-Eulalie (département des Landes, France), 16 novembre 1913.
- Il a été signalé aussi que des bécasses, annelées en Angleterre, ont été tuées en Espagne.
- Les résultats indiqués ci-dessus permettent de déterminer comme suit plusieurs routes migratoires :
- 1. Scandinavie — Midi de la France, en survolant la mer du Nord et en passant par l’Allemagne. Direction de la route : sud-ouest.
- 2. Russie septentrionale —Midi de la France, par l’Allemagne. Direction de la migration : sud-ouest. C’est sur cette voie que se trouvait la bécasse tuée à Landau (Palatinat).
- 3. Russie septentrionale — territoire méditerra-
- néen, en passant par l’Autriche, la Hongrie, l’Italie, la Sicile. Direction de la voie migratoire : sud-ouest. —- -......- - - •••
- 4. — Russie septentrionale — Belgique et Angleterre. Direction de la route : ouest.
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- PAR QUELLES ROUTES ÉMJGRENT LES BÉCASSES =1 213
- 5. Bohême — Corse. Cette direction est propre à la route 5.
- 6. Angleterre, Midi de la France et la péninsule hispanique. Direction de la route : sud.
- En Grande-Bretagne, de nombreuses bécasses annelées ne quittèrent pas le pays. Certaines d’entre elles, originaires du nord de l’Angleterre et du nord de l’Ecosse, furent trouvées en hiver aux côtes ouest et sud de l’Irlande. Plusieurs autres, originaires des mêmes lieux, hivernèrent dans le sud de l’Angleterre. Une autre encore, née dans le Yorkshire, fut reprise dans le sud de l’Ecosse. Enfin, une vingtaine d’individus s’éloignèrent très peu du lieu de leur naissance.
- De ces constatations on peut conclure qu’en Angleterre, Scolopax rusticola est principalement sédentaire et nomade. Llle y entreprend des voyages vers le sud ou le sud-ouest, c’est-à-dire dans l’une ou l’autre des directions les plus suivies par les grandes migrations.
- La bécasse peut être rangée parmi les espèces qui reviennent‘après l’hiver au pays natal. Ainsi, un jeune individu bagué au nid, en Bohême, le 29 mai 1914, fut tué le 18 avril 1916, à environ 300 pas du lieu où il avait été marqué.
- M. Thienemann, directeur de l’Observatoire ornithologique de Rossitten, et M. YVeigold, ancien directeur de l’Observatoire d’Héligoland, se sont particulièrement occupés de la migration des bécasses, lesquelles passent souvent en grand nombre à la Ivurische Nehrung (Courlande) et à Iléligoland. Ils invitèrent les fonctionnaires de l’administration des Forêts, ainsi que les journaux cynégétiques, à les aider dans leurs recherches. Les renseignements obtenus furent intéressants (Journal fiir Ornithologie, 1909, 1910, 1911, 1912) :
- Le 17 octobre 1908, un passage extraordinairement important de bécasses eut lieu en Prusse orientale. Il s’étendit principalement dans le nord de la province, le long du Frisches-Haff et du Kuri-
- Fig. 2. — Routes migratoires des bécasses.
- sches-ïïaff, tandis que très peu d’oiseaux apparurent dans la partie sud de la contrée. Ces bécasses étaient vraisemblablement originaires des pays baltiques et du nord de la Russie. Presque à la même date, des
- Fig. i. — Tête de bécasse.
- passes abondantes furent observées dans les pays ci-après : le 18 octobre en Haute-Silésie, le 19 près de Plauen (Saxe) et en Bavière moyenne, les 16 et 17 dans l’est de la Moravie, enfin les 17 et 18 en Carinthie.
- Comme les bécasses arrivèrent en Silésie, en Saxe et en Bavière', un ou deux jours après leur passage en Prusse orientale, on ne peut qu’être de l’avis de M. Thienemann, c’est-à-dire admettre qu’une liaison existait entre toutes ces passes et que la migration, qui s’effectuait par la Prusse orientale, continuait à travers l’intérieur du pays dans la direction du sud-ouest. L’exactitude de cette opinion, selon M. de Lucanus (Die Ratsel des Vogehuges), fut d’ailleurs confirmée par le fait qu’en 1908, aucun passage de bécasses ne fut signalé dans l’ouest de la Prusse, en Poméranie et dans le territoire bordant la mer du Nord, de sorte qu’il eût été difficile, sinon impossible, de concevoir une migration continuant de la Prusse orientale vers l’ouest, le long des côtes. «
- Mais pour ce qui concerne les bécasses observées les 16 et 17 octobre dans l’est de la Moravie, et aux mêmes dates en Carinthie, il faut émettre une autre opinion, puisque ces dates devançaient d’un jour — ou concordaient avec — celles de la forte passe en Prusse orientale. Il y a donc lieu d’accepter qu’il s’agissait, en l’occurrence, d’une autre migration, laquelle n’était pas en connexion immédiate avec celle propre à la Prusse orientale.
- Ainsi donc, lors de la grande migration qui eut lieu pendant l’automne de 1908, deux routes quasi parallèles se formèrent, allant du nord-est au sud-ouest, et dont l’une menait de la Russie septentrionale, par la Prusse orientale, vers la Silésie et la Bavière, et l’autre, de la Russie septentrionale, par la Pologne, vers la Moravie et la Carinthie, pour atteindre l’Italie. Les bécasses tuées à landau (Pa-latinat) et dans le département du Gers (voyez plus haut la liste de quelques trouvailles) se trouvaient évidemment sur la première de ces routes migratoires, car lesdits lieux de trouvaille sont situés sur le prolongement de la voie allant de la Prusse orientale vers le sud-ouest, parla Bavière, cette voie formant d’ailleurs la liaison la plus brève entre le département du Gers, Landau et Petrograd. Non seulement, les deux trouvailles précitées autorisent
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- 214 PAR QUELLES ROUTES ÉMIGRENT LES BÉCASSES
- à confirmer l’opinion de M. Thienemann, sur la continuation du voyage des bécasses, de la Prusse orientale vers le sud-ouest, par la Bavière, mais elles la complètent à merveille, puisqu’elles indiquent le prolongement de la migration jusque dans le Midi.
- Une déduction analogue est à faire, concernant la ligne migratoire allant par la Pologne vers la Moravie et la Garinthie, pour les bécasses originaires de Gatschina et de Bohême, lesquelles furent trouvées en Istrie et en Corse. Ces oiseaux, qui avaient atteint le but de leur voyage, ont montré que la route passant par la Carinthie se prolonge vers les territoires méditerranéens.
- D’après M. de Lucanus (/oc. cil.), de forts passages de bécasses eurent lieu respectivement à Rossitten, au début d’octobre 1909, à Iléligoland et dans l’est de la Frise, en novembre de la même année. En 1910, des passes abondantes s’effectuèrent de nouveau au début d’octobre à Rossitten, les 30 et 51 octobre et au début de novembre, à Iléli-goland, dans les îles Frisonnes et dans l’est de la Frise. Ces deux années, les migrations de bécasses qui eurent lieu dans l’est et l’ouest de l’Allemagne, différèrent tant de date, qu’il est impossible d’établir entre elles une connexion. Ce furent bien deux migrations indépendantes. Les bécasses venant du nord'de la Russie et passant en Prusse orientale, continuèrent, comme celles de 1908, leur voyage vers le sud-ouest, par la Bavière, tandis que les bécasses passant par Iléligoland et l’est de la Frise, étaient sans cloute des oiseaux Scandinaves ayant survolé la mer du Nord pour atteindre le continent .
- En ce temps-là, d’importants passages de bécasses furent observés, pendant la première quinzaine de novembre, en Rhénanie, en Westphalie, dans l’Oldenbourg, dans les montagnes des deux côtés du Rhin jusqu’à la Forêt Noire, ainsi que dans la vallée du Mein et de la Kingig. Ils constituaient évidemment le prolongement de la migration remarquée dans les territoires de la mer du Nord. De la Forêt Noire, les bécasses ont vraisemblablement continué leur voyage par les Vosges vers le Midi de la France, l’Espagne et peut-être le nord de l’Afrique, où il est connu que ces oiseaux passent l’hiver en grand nombre. D’après les renseignements que l’on possède, l’arrivée de la migration à la côte de la mer du Nord s’étendait alors des bouches de l’Elbe jusqu’à Ems, d’où les oiseaux continuaient vers le sud-ouest, via Aix-la-Chapelle-Hanau et la vallée du Rhin.
- Il ressort clairement de ces remarques, qu’une voie migratoire ne se déroule pas en un étroit ruban, comme une route terrestre, mais bien sur une large étendue.
- L’île Rugen, située sur la côte poméranienne, sert
- aussi de porte d’entrée à la migra!ion. D’innombrables bécasses, que l’on doit supposer venir du sud de la Suède, s’y assemblent chaque année, avant de traverser l’Allemagne dans la direction du sud-ouest.
- Dans les territoires méditerranéens, la péninsule des Balkans et l’ouest de l’Asie Mineure sont aussi très affectionnés des bécasses pendant l’hiver. Ces régions forment une zone particulière de migration, dont la Russie moyenne paraît être l'binterland.
- Ces résultats obtenus par le « baguage )) des bécasses et les observations recueillies sur les voyages de ces oiseaux, ont permis de déterminer comme suit les pays situés sur les routes migratoires :
- 1° Angleterre, France, péninsule hispanique, nord de l’Afrique;
- 2° Scandinavie, .Jutland, territoire de la mer du Nord, vallée du Bhin, vallée du Rhône, Midi de la France, Espagne, Maroc;
- 5° Suède, île Rugen, Allemagne moyenne, sud de la France, Espagne, Maroc;
- 4° Nord de la Russie, côtes de la mer Baltique et de la mer du Nord, territoires de la Mmche ;
- 5° Nord de la Russie, Prusse orientale, Silésie, Bavière, Palatinat, sud de h France, Espagne, Maroc ;
- 6° Nord de la Russie, Moravie, Carinthie, Istrie, Italie (Corse et Sardaigne), Sicile, Tunisie;
- 7° Russie moyenne, presqu’île des Balkans, Asie Mineure.
- A l’exception de la ligne allant vers l’ouest en longeant les côtes, toutes les autres voies mènent au sud ouest à travers le continent.
- Comme les routes migratoires ont un front très large et qu’en outre les oiseaux se disséminent encore en voyageant, il en résulte que les territoires situés entre ces routes reçoivent aussi la visite des oiseaux.
- Remarquons encore un fait curieux ; venant de Pétrograd, les bécasses prennent trois directions différentes, ce qui prouve que les oiseaux originaires d’une même zone de nidification choisissent différents quartiers d’hiver et voyagent par diverses routes.
- Noyons enfin à quelle vitesse moyenne voyagent les bécasses. En 1908, l’apparition des oiseaux fut signalée le 17 octobre sur la côte de la Baltique (Prusse orientale); le 18, les oiseaux arrivaient en Haute-Silésie et le 19 en Bavière moyenne. Comme rien ne fut signalé dans les territoires sis entre les pays précités, il est évident que les bécasses les ont survolés en une nuit, faisant ainsi un parcours moyen d’environ 400 à 500 km par jour.
- Arm\nd Meriuer.
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- EXTRACTION DE L’HUILE DES GRAINES ET AMANDES PAR DISSOLVANTS
- Les méthodes d’extraction de l’huile au moyen de dissolvants sont une application spéciale du principe de la diffusion que l’on emploie en sucrerie. De même que le sucre de Ja betterave est extrait en soumettant les cossettes à des lavages par l’eau et en les distillant ensuite pour recueillir le sucre, de même on extrait la matière grasse ou l'huile en lavant la graine par un dissolvant approprié : essence minérale, benzine, trichloréthylène. Le dissolvant pénètre la cellule, dissout et entraîne l’huile. On distille cette solution. Comme le dissolvant a une température d’ébullition beaucoup plus basse que
- Longtemps après, les « sulfureurs », notamment dans le Midi, n’osaient traiter encore que des gri-gnons d’olives fermentés et des déchets d'huileries pour en retirer des huiles noirâtres, acides et de mauvaise odeur.
- Le procédé Bataille résolvait donc, dès le début, le remplacement des presses par un procédé plus rationnel, d’un meilleur rendement et donnant des huiles souvent plus belles, les frais de fabrication et dé main-d’œuvre étant extrêmement réduits.
- Ce procédé nouveau rencontra une opposilion assez vive de la part de ceux qui se trouvaient dejï
- Arrivée d'eeu froide
- Echappe mi d'air JT~3ne colonne d'hude
- Schéma d'une installation d'extraction d'huile par dissolvant système Bataille.
- Sortie d 'eau chaude
- Réchauffeur iubulai/^\
- Sortie d'eau condensée
- ixlracleurj
- 'Arrivée de vapeur-
- Sortie d'eau
- celle de l’huile, il s’évapore et l’huile est recueillie dans le distillateur.
- Cependant si le principe est le même dans les deux industries, l’application en est très différente. Tout d’abord, à l’avantage de la sucrerie, le dissolvant, dans le cas des huiles, est un produit de valeur que l’on doit récupérer et que l’on réutilise indéfiniment, en tenant compte évidemment d’une perte inévitable qui se réduit, en pratique, à 1 /2 kg de dissolvant par 100 kg de matière travaillée.
- De plus, la graine diffusée doit être obtenue à l’état sec, afin qu’elle se conserve. Elle ne doit contenir aucune trace de dissolvant, afin qu’elle soit comestible pour le bétail.
- Le premier appareil d’extraction par dissolvants pour le travail direct des graines oléagineuses, fut créé en 1892, par Édouard Bataille. Deux usines importantes furent montéespour extraire, des graines de lin, de colza et de .coton, l’huile sans pression préalable des graines, et l’on obtint des huiles comestibles et des huiles industrielles. Ces deux usines furent installées entre 1892 et 1895.
- montés avec des presses et qui se souciaient de la création d’usines concurrentes, mieux outillées et susceptibles de produire dans de meilleures conditions.
- Aujourd’hui, les procédés Bataille sont employés dans le monde entier. Ils permettent de retirer les matières grasses de certains produits, maïs et arachides par exemple, et d’obtenir, après cette extraction complète, des farines utilisables dans l’alimentation humaine.
- Pendant la guerre, les farines, de maïs que l’on mélangeait au froment , sans les avoir dés huilées entièrement, contenaient encore des matières grasses, des huiles essentielles qui avaient une action néfaste sur le consommateur. Actuellement, les farines destinées à certains produits alimentaires de régime sont déshuilées dans des extracteurs par dissolvants.
- Voici comment l’on satisfait, par ce procédé, aux conditions essentielles de l’extraction de l’huile : on obtient tout d’abord une huile non seulement aussi bonne qu’avec les presses, mais encore plus pure, car on évite les débris végétaux, les résines,
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- 216 EXTRACTION DE L’HUILE DES GRAINES ET AMANDES PAR DISSOLVANTS
- l’eau, les mucilages, que la pression fait sortir avec l’huile. Le dissolvant entraîne l’huile seule. Celle-ci est suffisamment pure pour être employée immédiatement aux services industriels, notamment pour l’huile de lin qui, dans le traitement par la pression, doit être longuement décantée et filtrée.
- Les huiles comestibles extraites par dissolvants se raffinent mieux et plus facilement que les autres. Le déchet qui est constitué par le tourteau, dans les procédés anciens, est un aggloméré de matières plus ou moins pulvérulentes, qui contiennent toujours une certaine proportion de matières grasses, d’où rancissement et fermentation. Enfin, il doit être concassé ou moulu pour être donné au bétail. Se conservant difficilement, il communique parfois à la viande un goût rance et fade.
- La graine dés-huilée par dissol-vants n’a été broyée que très légèrement, ou même seulement aplatie pour faciliter la pénétration du dissolvant dans les cellules.
- Elle a donc, à peu de chose près, son aspect primitif; elle se conserve bien, car elle n’a ni matière grasse, ni humidité et son exportation est facile. Le degré d’azote est augmenté par suite de l’extraction complète de la matière grasse et de la diminution de poids qui en résulte.
- Quant au matériel utilisé, ainsi que nous allons le voir, il est léger et facile à transporter et à installer. C’est du matériel de chaudronnerie, relativement peu coûteux et non fragile.
- Quant à la main-d’œuvre, c’est une simple surveillance, en dehors du chargement et du déchargement de l’appareil.
- Une installation d’extraction par dissolvants se compose d’un extracteur avec un distillateur à double fond, d’un condenseur avec réservoir également à double fond. Dans chaque organe une cloison étanche sépare les deux compartiments. Ces appareils sont construits en tôle d’acier épaisse avec trou d’homme, orifice de chargement et de déchargement en fonte avec porte à charnières et joints à emboîtements tournés pour réaliser une étanchéité absolue.
- La colonne d’absorption où passent tous les échappements qui, par barbotage dans l'huile, abandonnent le dissolvant entraîné, se trouve sur chaque installation.
- Le fonctionnement est des plus simples : la matière est chargée dans l’extracteur, le dissolvant est introduit par le fond sous la tôle perforée, il vient du réservoir. Il monte à travers la matière, chasse l’air qui se rend à la colonne d’absorption ; il dissout l’huile, et une fois arrivé à la partie supérieure, la solution grasse est sipho-née dans le distillateur.
- Lorsqu’on agit avec des dissolvants plus légers que l’huile, un système de robinets permet de faire arriver le dissolvant par le haut et de le faire sortir parle bas. La solution est chauffée par des serpentins de vapeur, le dissolvant distille et ses vapeurs, sarts se refroidir, redeviennent liquides dans le condenseur. Le dissolvant retourne alors presque bouillant sur la matière, dissout une nouvelle quantité d’huile qu’il entraîne au distillateur. On a ainsi une opération continue ; le dissolvant, régénéré et chaud, agit sur la matière jusqu’à épuisement complet des matières grasses.
- On s’aperçoit que l’extraction est terminée à la
- Fig. 2. — Typ? d’extracteur simple système Bataille. Le condenseur-réservoir est à terre.
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- EXTRACTION DE L’HUILE DES GRAINES ET AMANDES PAR DISSOLVANTS 217
- Fig. 3. — Montage d’un groupe de 6 extracteurs simples indépendants système Bataille pour le travail direct des graines parjdissolvant.
- Fig. 4. — Les sècheurs.
- On voit une extrémité de ces appareils employés ici pour le séchage des grignons d’olive avant extraction.
- coloration des niveaux, en général après 6 ou 8 heures. Ou arrête à ce moment le retour du dissolvant à l’extracteur et on laisse ce dernier se vider dans le distillateur de tout le dissolvant qu’il contient. On soulève le clapet supérieur pour laisser rentrer de la vapeur de dissolvant dans l’extracteur afin qu’il se vide de son liquide. La vapeur remplace le liquide chaud qui s’écoule, elle se répand à travers la masse et la réchauffe.
- . Gomme on continue la distillation, le reste des vapeurs se rend au condenseur. Mais le dissolvant condensé ne retourne plus à l’extracteur, il continué sa route dans les dernières spires du condenseur, où il se refroidit complètement avant de s’écouler dans le réservoir. Il ne reste donc plus que de l’huile dans le distillateur.
- Dès qu’il n’y a plus de liquide dans l’extracteur, on lance de bas en haut le courant de vapeur d’eau, qui entraîne ainsi jusqu’aux dernières traces de vapeur de dissolvant se trouvant dans la matière. Ces vapeurs sont envoyées au condenseur. La vapeur d’eau reste sèche, passe sur la matière chaude, elle ne se condense pas et traverse très facilement la matière sans la mouiller. De même, on fait barboter de la vapeur dans l’huile du distillateur pour entraîner les dernières traces de dissolvant. On vérifie au niveau que tout le dissolvant est intégra- ' lement remonté dans le réservoir. Après le passage de la vapeur qui dure 1 h. 1/2 environ, on retire
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- alors la matière déshuilée, parfaitement désodorisée, et on retire également l’huile qui ne présente aucune trace d’odeur de dissolvant. Pratiquement, la matière déshuilée est sortie à 1 i pour 100 d’humidité. On la fait passer dans une vis d’Àrchimède, qui la ramène à 8 ou 10 pour 100 d’humidité. Quant à l’huile qui, pendant le barbotage de vapeur, a été chauffée à 110° environ, elle n'a aucune trace d’humidité.
- L’installation comprend en outre, en dehors des organes dont nous avons parlé, un réchauffeur de vapeur, destine à“ fournir de la vapeur détendue très sèche à une température très éloignée du point de saturation pour abréger et faciliter l’opération. On prévoit aussi des extracteurs automatiques d’eau et de dissolvant.
- Cette installation offre toute sécurité, car sur le passage des vapeurs et des gaz, il n’y a que deux clapets et aucun robinet. Les clapets peuvent être ouverts au moyen d’une tige inférieure qui se soulève ; mais, en aucun cas, ils*" ne peuvent être maintenus fermés. Des soupapes de sûreté limitent la pression de la vapeur dans les tuyaux, dans le cas où la vapeur arrive en excès.
- Il n’y a donc aucune possibilité de surpression, aucune cause de fuite, tout se passe en vase clos, et si l’on observe les précautions élémentaires : absence de feu, fermeture des robinets qui pourraient laisser couler du dissolvant, on a la sécurité la plus grande. r
- Dans les salles d’extraction, où sont en circulation jusqu’à 400 hectolitres d’essence, on ne perçoit aucune odeur. Naturellement, l’interdiction de fumer est absolue. L’installation électrique est faite sous plomb avec interrupteurs extérieurs, les lampes sont à double enveloppe. Le sol de la salle
- cimentée a les bords relevés, pour qu’en cas d’accident, le liquide ne se répande pas au dehors.
- Un atelier d’extraction d’huile de ce genre est ainsi beaucoup moins dangereux qu’un simple garage d’automobiles où se trouvent des stocks d’essence dans des bidons minces, et où les précautions ne sont pas aussi rigoureuses que cel’es que nous venons d’indiquer.
- Ajoutons que le trichlorure d’éthylène est un dissolvant qu’on peut employer avantageusement, puisqu’il est rigoureusement ininflammable.
- La capacité généralement choisie pour le traitement des graines oléagineuses est de 50 hectolitres, et le chargement par opération est de 2 tonnes d/2. Chaque opération dure 8 à 10 heures avec une consommation de 500 kg de vapeur à l’heure, ce qui représente 16 kg de charbon environ pour 100 kg de graines.
- On sait déjà que la perte du dissolvant est, en pratique, de 0 kg 5 pour 100 kg de matière traitée. Un seul ouvrier suffît à la conduite de deux ou trois appareils et l’huile est extraite en une seule opération.
- Quand on utilise l’essence de pétrole rectifiée, bouillant de 60 à 80°, on obtient des huiles sans mucilage, plus pures que les huiles de pression, plus facilement raffinables et ayant des qualités comestibles aussi parfaites, parfois même très supérieures, comme par exemple avec le colza, le lin ou le coprah.
- Un barbotage de vapeur dans le vide désodorise complètement l’huile et enlève tout goût de dissolvant. Par le "fait même, on a remarqué que l’on enlevait également tous les goûts des graines, et c’est de là qu’est née l’industrie du raffinage des huiles que nous examinerons ultérieurement.
- E. Weiss.
- LA CYANAMIDE CALCIQUE
- Son importance dans l’Industrie et en Agriculture.
- La cyanamide calcique, découverte par Frank en '1895, est le sel de calcium de la cyanamide. La cyanamide, connue depuis 1858, a pour formule brute Cù2H2; on peut la considérer comme étant le nitrjle^de l’acide car-bamique :
- 0 = C<“ 0=C .SEC-HH.
- ncide carbonique acide carbamique cyanamide Ses deux atomes d’hydrogène sont substituables par les métaux, et l’on peut obtenir des corps de formule N = CNM2(M étant un métal monovalent) et N ~ CNM' (M' étant un métal bivalent). La cyanamide calcique dérive donc de la cyanamide proprement dite par substitution, à ses deux atomes d’hydrogène H2, d’un atome de calcium.
- 1. Principe de la préparaton de la cyanamide calcique. — La cyanamide de calcium se prépare en faisant agir l’azote sur le carbure de calcium à haute température :
- C2Ca + N2 —CN2 Ca -f C
- Cette réaction est exothermique; il suffit de l’amorcer par un chauffage préalable du carbure vers 900° pour qu’elle se propage et se continue d’elle-même.
- La vitesse de la réaction augmente avec la température ; mais il ne convient pas, toutefois, de dépasser H 00° car, dès que celte température est atteinte, la cyanamide calcique se décompose d’une façon appréciable et redonne du carbure et de l’azote.
- La présence de certains sels, tels que les fluorures et chlorures alcalins et alcalino-terreux, le carbonate de potasse, augmente également d’une façon très sensible la vitesse de la réaction. Ainsi, en opérant avec 15 pour 100 de chlorure de calcium Ca Cl2, la proportion d’azote fixé est supérieure à 19 °/0 au bout de 4 heures, alors que, en l’absence de ce corps, pour la même température et le même temps, le taux d’azote fixé n’atteint même pas 2 pour 100. Les explications que l’on a données de cette action favorable des sels étrangers sont hypothétiques : comme, après l’azotation, on retrouve intact îe sel ajouté, on se borne à dire que ce sel joue le rôle de catalyseur,
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- mot très commode pour expliquer ce que l’on ne sait pas exactement.
- En raison de son prix peu élevé, c’est généralement Ca Ci2 que l’on utilise ; cependant on lui préfère parfois le fluorure de calcium CaF2 qui n’a pas l’inconvénient d’être déliquescent comme le précédent. En France on n’ajoute pas de catalyseur au carbure.
- On s’est demandé si la transformation du carbure de calcium en cyanamide calcique se faisait directement ou par des réactions intermédiaires. Cette question n’a pas encore élé étudiée sérieusement et l’on n’a pu émettre que des hypothèses.
- IL Fabrication de la cyanamide calcique. — La fabrication de la cyanamide comporte la préparation préalable d’azote aussi pur que possible et de carbure de calcium.
- fl) Préparation de l'azote. — L’azote se retire de l’atmosphère qui, pratiquement, en est une source inépuisable. Autrefois, cette extraction utilisait des réactions chimiques : on absorbait l’oxygène de l’air par du cuivre chauffé au rouge ; le gaz restant était constitué par un mélange d’azote et d’argon ; l’oxyde de cuivre formé était ensuite réduit par le gaz à l’eau et le cuivre élait ainsi régénéré. Mais aujourd’hui on a remplacé ce procédé par la distillation fractionnée de l’air liquide qui donne de l’azote beaucoup plus pur (99,6 pour 400), sans trace d’argon et à un prix plus avantageux (procédé fieorges Claude).
- Cependant, la liquéfaction préalable de l’air est une opération coûteuse et des raisons d’économie ont fait chercher d’autres procédés de fabrication de l’azote. Une des meilleures solutions consiste, comme dans Je premier procédé, à éliminer l’oxygène de l’air à l’état de combinaison : on fait passer l’air sur un excès de coke chauffé au rouge; dans qes conditions, la combustion du charbon donne uniquement de l’anhydride carbonique et l’on obtient un mélange de 4 volumes de N2 pour 1 volume de CO2.
- 4 N2 + O2 + C -v 4 N2 + CO2
- ;iir
- Il suffit ensuite d’absorber le gaz carbonique. A Knapsack, près de Cologne, celte absorption se fait par l'eau dans de grandes tours en fonte remplies de cylindres de terre cuite; l’eau arrive à la partie supérieure, tandis que les gaz cheminent en sens inverse sous une pression de 25 atmosphères. Les dernières traces d’acide carbonique sont éliminées par la soude caustique, et l’oxyde de carbone que l’azote pourrait contenir est enlevé par une solution ammoniacale de chlorure cuivreux.
- b) Préparation du carbure. — Quant au carbure de calcium, chacun sait qu’on l’obtient en chauffant ensemble au four électrique de la chaux et du charbon :
- Ca O -}- 5 G —C2 Ca -j- CO
- Afin de pouvoir réaliser ultérieurement une azotation régulière et complète, le produit ainsi obtenu est pulvérisé très finement dans des broyeurs à boulets; cette opération, en apparence très simple, nécessite cependant certaines précautions : l’acétylène qui pourrait se dégager forme avec l’air un mélange détonant dont les limites d’inflammabilité sont très larges, et la moindre étincelle suffit pour provoquer une explosion ; pour éviter des accidents on réalise la pulvérisation dans un courant d’azote sec.
- c) Azotation. Nous avons vu que la réaction de fixation de l’azote sur C2 Ca dégageait suffisamment de chaleur pour maintenir la masse à la température nécessaire pour une azotation rapide. Un moyen fort simple
- pour amorcer la réaction est le chauffage électrique au moyen d’une résistance intérieure.
- Les premiers fours utilisaient ce procédé ; ils étaient constitués par un creuset en tôle percé de trous, entouré d’un revêtement calorifuge et rempli par la masse de carbure. Le courant arrivait par une baguette de charbon ou de carborundum entourée d’un tube en fer; cette gaine empêchait la fusion du carbure au contact de l’électrode, ce qui eût donné une masse imperméable ne s’azo-tant pas.
- C’est encore ce genre de fjur qu’emploie la Société des produits azotés a Bellegarde, où l’on traite 4500 kg de carbure par four; on fait passer le courant pendant 20 heures, puis la réaction se poursuit d’-elle-même pendant 48 heures. En 1948, les Etats-Unis montèrent une usine à cyanamide comprenant 1536 fours de ce modèle, alimentés par 42 fours à carbure donnant chaque jour 60 tonnes de C2 Ca à 80 pour 400 et par une installation Claude comprenant 30 colonnes à distiller l’air liquide, et fournissant journellement 300 tonnes d’azote.
- Afin de diminuer les frais de main-d’œuvre, on a cherché à réaliser une fabrication continue de cyanamide. De nombreux brevets ont été pris dans ce but et plusieurs systèmes furent essayés ; parmi les plus intéressants, signalons l’emploi de fours analogues au four Medge pour le grillage des pyrites dans la fabrication de l’acide sulfurique ; ces fours sont d’un emploi courant en Norvège, où ils donnent de bons résultats. Comme catalyseur, on prend le fluorure de calcium Ca F2, dont le point de fusion est plus élevé que celui de Ca Cl2, et par conséquent ne rend pas la masse pâteuse. La matière solide tombe d’un plateau à l’autre, tandis que l’azote, qui s’est préalablement chauffé autour du four, circule en sens inverse. Il suffit de chauffer l’appareil au moment de la mise en marche; la température se maintient ensuite aussi longtemps que l’appareil est alimenté.
- Les Allemands utilisent à Knapsack un four d’un modèle tout différent, breveté par Polzeniusz et capable de produire 30 tonnes de cyanamide en 24 heures. Cet appareil est constitué essentiellement par un cylindre horizontal en tôle, long de 35 m, et de 2 m. de diamètre, avec une porte à chaeune de ses éxtrémités. Le carbure mélangé à 10 pour 100 de CaÇl2 est mis dans des caisses en tôle chargées sur des wagonnets ; ' ceux-ci roulent sur des rails d’un bout à l’autre du cylindre qu’ils traversent en 20 heures environ. A quelques mètres de la porte d’entrée, des carneaux de briques entourent le four sur une longueur de 4 m. 50. L’amorçage se fait par combustion de gaz pauvre dans ces carneaux : la première rame de wagonnets est placée dans cette partie chauffée du four ; l’azote arrive par une canalisation située près de la porte de sortie, entre alors en réaction, puis on introduit peu à peu de nouvelles charges de solides; tout d’abord ceux-ci se chauffent au contact des gaz (N2 -f- argon) qui ont pu échapper à la réaction, puis ils subissent l’azotation ; enfin, dans la dernière partie du four, la cyanamide formée cède ses calories à l’azote froid arrivant à l’intérieur et son refroidissement s’achève en même temps par un courant d’air qui circule autour de cette partie du four. Une fois le régime normal atteint, la chaleur dégagée par la combinaison de masses aussi considérables est plus que suffisante et, non seulement il n’est plus nécessaire de calorifuger le four comme on le fait dans les autres installations, mais on est, au contraire, obligé de refroidir la zone de la réaction ; ce refroidissement s’effectue encore par l’air.
- HL Propriétés de la cyanamide — La cyanamide
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- LA CYANAMIDE CALCIQUE
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- obtenue par ces différents procédés se présente sous l’aspect d’une masse compacte noire bleuâtre (coloration due à la présence de charbon) ; elle possède une odeur alliacée due au dégagement de petites quantités d’acétylène et d’hydrogène phosphoré qui proviennent du carbure non transformé.
- Sa composition cente'simale n’est pas constante, mais varie pour chaque procédé et d’une opération à l’autre; cette composition se rapproche des limites suivantes :
- Azote 20 à 21 -o O “3 O O
- Carbone 17 à 19,5 —
- Chlore 5 à 6,5 (provenant de Ca CP)
- Chaux Silice \ 49 à 57 pour 100
- Oxyde de fer ( Anhydride phosphorique. ) 1 à 2
- ce qui correspond à 60 à 65 pour 100 de CN2Ca pur; il reste 0,5 à 1,5 pour 100 de C2 Ca qui n’a pas réagi.
- L’une des propriétés les plus intéressantes de lacyana-mide est sa façon de se comporter vis-à-vis de l’eau. Déjà, à la température ordinaire, l’eau réagit sur elle et l’on peut obtenir successivement :
- CN2 II2 CNO N H4 C0<^ü* co\oSîl4
- cvanamide cyanatc virée carbonate
- d’ammonium d’ammonium
- et en même temps des produits de condensation :
- _ C/NH2 NII — c/vîî*
- — l\NH — CN
- dicyandiamide guanidine
- N r</NII2
- N H2 — C^ \n
- \n = C\NIP
- tricyanamide.
- Ces réactions sont très lentes; mais, à une température supérieure à 100°, la transformation est rapide et il se forme uniquement de l’ammoniac.
- CN2 Ca + 3 112 O -> 2 NH3 + CO3 Ca.
- 1Y. Application industrielle de la cyanamide. — a) Fabrication de l'ammoniac. — L’utilisation principale de la cyanamide dans l’industrie est la fabrication de l’ammoniac; celui-ci est, dans la plupart des cas, transformé en acide nitrique qui, on le sait, est une matière première indispensable à l’industrie des explosifs et des matières colorantes. Par suite, on conçoit que la production de la cyanamide ait subi un accroissement considérable depuis 1914. C’est ainsi que son tonnage, qui s’élevait en 4913 à 230000 t. pour le monde entier, est passé à 866 000 t. en 1917. Pendant la guerre, l’Allemagne, privée des nitrates du Chili, a dû rechercher d’autres sources d’acide nitrique ; elle a résolu ce problème en fixant l’azote atmosphérique, d’abord par l’intermédiaire de la cyanamide (sa production en cyanamide qui était de 30 000 t. pour l’année 1913, est montée à 500 000 t. pour 1915), puis par le procédé Haber qui donne l’ammoniac par combinaison directe de l’azote et de l’hydrogène (sa production en cyanamide est redescendue à 400.000 t. pour 1917). La cyanamide a joué en France un rôle aussi considérable au cours des hostilités ; en 1913 nous n’en fabriquions dans nos usines de Notre-Dame de Briançon (Savoie) que 8000 t., mais en 1917 ces usines furent considérablement agrandies et de
- nouvelles installations, en particulier celle de Bellegarde, sont arrivées à nous fournir 100 000 t; de cyanamide; nous avons pu parer ainsi aux effets de la guerre sous-marine.
- Comment réalise-t-on la transformation de la cyanamide en ammoniac? Simplement en la décomposant par l’eau suivant la réaction signalée précédemment. L’opération a lieu dans des autoclaves de formes et de dimensions variant avec les usines, chauffés à la vapeur directe sous 10 ou 12 atmosphères. La vitesse de la réaction est augmentée par le carbonate de soude, la soude caustique, le chlorure de calcium. On n’est pas d’accord sur le rôle de ces substances, on admet parfois que le carbonate de soude empêche la polymérisation de la cyanamide calcique et de l’ammoniac en ammoniaques composées (guanidine, dicyandiamide, etc...) dont l’azote n’est plus transformable en ammoniac par la vapeur d’eau. Dans cette opération, la presque totalité de l’azote donne de l’ammoniac (le reste est perdu à l’état de polymères) sous forme de solution aqueuse de laquelle on retire le gaz ammoniac. L’exlraction de ce gaz est obtenue par une distillation fractionnée dans les colonnes à plateaux : l’ammoniac arrive sur le plateau supérieur, tandis que de la vapeur d’eau est injectée par le bas; le gaz ammoniac se dégage, remonte la colonne, traverse un réfrigérant qui condense la vapeur entraînée et s’échappe vers les gazomètres.
- Les expériences du chimiste alsacien Kühlmann en 1858 sur l’oxydation de l’ammoniac ont permis, 80 années plus tard, de préparer de l’acide nitrique à partir de ce gaz. Le procédé consiste essentiellement à faire passer un mélange d’ammoniac et d’air (8 pour 100 d’air) sur un catalyseur approprié (Pt, Fe203); l’oxygène de l’air transforme l’ammoniac en un mélange d’oxydes d’azote :
- 2 NH5 -|- 5 O 2 NO -j- 3 H20.
- Cette réaction dégage une grande quantité de chaleur, de sorte qu’il suffit de l’amorcer par un chauffage préalable du catalyseur. Les vapeurs nitreuses formées sont ensuite absorbées par l’eau en présence d’un excès d’air et donnent alors, par des réactions bien connues, de l’acide nitrique étendu. L’ammoniac utilisé dans cette opération doit auparavant être débarrassé de ses impuretés : PH3, H2S, Sill4, etc... qui constituent un poison pour le catalyseur; pour cela, on lui fait subir un lavage à la soude caustique dans de grandes tours remplies d’anneaux de Raschig.
- Tel est le principe de la transformation de la cyanamide en acide nitrique. Ce procédé, né pour les besoins de la guerre, cède actuellement le pas devant les procédés de synthèse directe de l’ammoniac (procédés Haber et Georges Claude) qui donnent un gaz exempt de phosphore et de silicium, les ennemis des catalyseurs.
- b) Autres emplois industriels. — En dehors de cette application, la cyanamide peut encore servir à la préparation de produits d’importance secondaire : cyanures, urée, dicyandiamide.
- C’est ainsi que la cyanamide, traitée par le sel marin en présence de charbon à la température de fusion, peut donner du cyanure de sodium :
- CN2 Ca + 2 NaCl + C 2 NaCN + CaCl2.
- corps dont il est fait une grande consommation dans les mines d’or pour l’extraction du métal précieux. Ce fut là le premier emploi de la cyanamide ; mais, pendant la guerre du Transvaal (1899-1902), le travail dans les mines aurifères étant entravé, l’industrie des cyanures
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- subit une crise et l’on chercha d’autres débouchés pour la cyanamide ; c’est à ce moment que l’on s’aperçut que ce corps possédait un pouvoir fertilisant comparable, dans bien des cas, à celui du sulfate d’ammonium.
- Y. Emploi de la cyanamide calcique en agriculture. — a) Mode d'action. — Quand la cyanamide est dans le sol, elle se transforme en Nil3, urée (qui peut donner le carbonate d’ammonium GO3 (NH4)2 par fixation de 2II20) et dicyandiamide, par des phénomènes d’hydratation et de polymérisation déjà signalés. A côté de ces ré actions qui sont dues aux agents physico-chimiques du sol, il s’en produit d’autres dues aux micro-organismes. Certains de ces organismes nitrifient l’azote de la cyanamide par des mécanismes encore peu connus ; ces bactéries nitrifiantes souffrent légèrement au début de la présence de la cyanamide, mais elles s’adaptent peu à peu au nouveau milieu lorsque les doses d’engrais ne sont pas trop élevées.
- b) Résultats expérimentaux. — Les premières expériences faites en France et en Italie tendaient à prouver que la cyanamide est un pohon violent pour les graines et les jeunes plantes, qu’elle réussit mal lorsqu’on l’applique en couverture ou lorsqu’on l’emploie dans des terrains trop maigres. La dicyandiamide aurait, elle aussi, au dire des Allemands, une action nocive ; mais d’après des études plus récentes, ces troubles physiologiques attribués à la dicyandiamide ne seraient appréciables que lorsque ce corps existe dans le sol en proportions élevées, et depuis quelques années les agriculteurs l’emploient même comme engrais.
- Les tableaux suivants, qui résument des essais faits sur diverses cultures, vont nous montrer que, contrairement à l’opinion généralement répandue, la cyanamide peut être considérée comme un engrais de première qualité; le tout est de savoir l’employer.
- a) Foin (*).
- Nature de l’engrais Poids du loin sec [(quintaux par hectare)
- Cvanamide 56,9
- Sulfate d’ammoniac . . 57,4
- Témoin 50,6
- b) Blé et avoine (2).
- Nalure de l’engrais Supplément |de grains sur le témoin (quintaux par hectare)
- Blé Avoine
- Cyanamide enfouie avant les
- semailles 8,9 4,5
- Cvanamide enfouie aux se-
- mailles 9 5,7
- Sulfate d’ammoniac. . . . 1,70 1,5
- c) Pommes de terre. Tubercules (quintaux par Nature de l'engrais hectare) Fécule 3/0 Fécule à l'hectare (quintaux) ê
- Cvanamide. . . 197,4 27,0 54,5
- Sulfate d’ammon. 228,5 25,1 52,8
- Témoin.... 255,9 19,0 44,8
- 1. Un a ajouté 47 kg d’azule par hectare, soit 255 kg de cyanamide.
- 2. Dans les essais b) et c), le sol avait reçu 40 kg u’azote par hectare, ce qui correspond à 200 kg de 0N2Ca.
- La cyanamide est donc nuisible au développement des tubercules ; par contre elle élève leur teneur en fécule.
- Les résultats peuvent varier d’une façon considérable selon le mode d’application de la cyanamide. Voici quelques-uns des résultats d’expériences réalisées en prenant pour base le nitrate du Chili enfoui par hersage (rendement = 100) avec une même dose d’azote par hectare.
- Pommes
- Nature de l’engrais Orge Avoine de terre
- é enfoui par hersage. . y 0 40 44
- CN2Ca) — à la charrue. . 07 70 64
- ( appliqué en couverture 19 75 53
- ( enfoui par hersage. . 100 100 100
- N03Na | — à la charrue. . 89 121 99
- [ appliqué en couverture 8 66 116
- Naturellement tous ces chiffres n’ont rien d’absolu ; pour chaque essai, les résultats, variables avec la nature du sol et le mode d’application de l’engrais, dépendent aussi des agents atmosphériques : température, gelées, pluies, etc., tous facteurs indépendants de notre volonté et dont l’influence est difficile à contrôler ; en outre, l’action fertilisante de la cyanamide se fait sentir non seulement sur la récolte qui suit son incorporation au sol, mais encore sur les récoltes suivantes (c’est même la seconde récolte qui semble bénéficier le plus de cette action). Mais, dans leur ensemble, ces expériences mettent en évidence la grande valeur fertilisante de la cyanamide et nous indiquent les meilleures conditions de l’emploi de cet engrais.
- c) Utilisation pratique. — La cyanamide donne les meilleurs rendements en l’enfouissant dans le sol avant les semailles à une profondeur d’environ 20 cm. Cet enfouissement favorise la transformation de la cyanamide en composés assimilables qui ne risquent pas d’entraver la germination comme la cyanamide pourrait le faire. La dose est de 200 à 225 kg par hectare; pour de plus fortes teneurs, il est recommandé de lui ajouter de la tourbe humide, du terreau, des feuilles pour activer sa transformation. On la mélange quelquefois également à d’autres engrais : kaïnite, superphosphates, mais ces procédés ne semblent pas avantageux.
- La cyanamide n’est pas livrée aux agriculteurs telle qu’elle sort des fours ; on doit d’abord la pulvériser, puis détruire par l’eau le carbure qu’elle contient encore. Ce dernier traitement a un triple avantage : l’acétylène est parfois considéré comme nuisible à la végétation, ensuite on évite les accidents qui pourraient se produire dans les magasins contenant des stocks de cyanamide brute où à bord des navires qui la transportent ; enfin le produit humecté d’eau devient granuleux et sous cette forme il est plus facile à semer. Cependant si l’humidité est trop grande et si l’épandage n’a pas lieu immédiatement (cas général), l’eau peut commencer à réagir sur la cyanamide et amener quelques pertes en azote. Un bon procédé consiste à faire agir la vapeur d’eau ' en quantité juste suffisante pour la destruction du carbure de calcium ; malheureusement un autre inconvénient surgit : les grains retombent en poussière, puis le produit s’agglomère (surtout celui qui renferme du chlorure do calcium très avide d’eau), foisonne et crève les sacs. On a alors proposé le granulage par compression du produit humecté d’eau, et l’on obtient ainsi des grains solides qui ne foisonnent pas.
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- UN APPAREIL NOUVEAU POUR LA PHOTOGRAPHIE EN COULEURS
- Cette cyanamide granulée est avantageusement remplacée par la cyanamide Huilée, préparée en malaxant la cyanamide avec de Peau et ô pour 100 d’huile minérale épaisse en ayant soin d’éviter tout échauffement excessif de la masse ; le produit ainsi obtenu est noir, onctueux au toucher, non poussiéreux et n’est plus désagréable à semer, même par grand vent.
- Conclusion. — En 1898 le célèbre physicien Crookes signalait, dans une conférence sensationnelle, la situation critique dans laquelle allait se trouver à brève échéance l’humanité entière en raison de l’accroissement constant de la population mondiale et de la stabilité de la production en vivres. Or les gisements de nitrate de soude du Chili, les seuls de notre globe, devant être épuisés avant la fin de ce siècle, nous aurions donc des raisons sérieuses
- UN APPAREIL NOUVEAU POUR I
- La photographie en couleurs est un problème qui jusqu’à présent n’est encore qu’à moitié résolu. La première méthode employée consistait à employer
- Fig. j. — Vue de l’appareil Wellser.
- d’être inquiets, smon pour nous, du moins pour les générations futures, si nous ne pouvions tirer parti de cette immense réserve d’azote libre (582 x 1013 tonnes) que constitue l’atmosphère terrestre. Les travaux d’une pléiade de chimistes ont rendu possible la fixation de cet azote et sa transformation en produits assimilables par les végétaux, et nous voilà rassurés. La cyanamide que nous venons d’étudier sommairement constitue une solution, non des moins pratiques, de ce problème vital.
- Marcel Remy. f1)
- Ingénieur-chimiste. L. C. S.
- N. D. L. R. — Depuis la rédaction de cet article, M. Marcel Remy est mort brusquement, à t’àge de 24 ans. Nous adressons à sa famille et notamment à son frère, M. P. Remy, egalement notre collaborateur, nos vives condoléances.
- PHOTOGRAPHIE EN COULEURS
- méthode du professeur Miethe ; il permet la photographie rapide et simultanée du même objet sur trois plaques, et assure'en même temps une mani-
- Plaque bleue
- ti!ire rouge
- ~~ ~~ Objectif
- Principe de l’appareil de prise de vues Welker.
- trois plaques répondant aux trois couleurs fondamentales, c’est-à-dire le rouge, le bleu et le jaune. Les combinaisons de ces trois tonalités donnent des effets de couleurs qui approchent de la réalité. En tout cas ce principe a été adopté pour l’impression en couleurs. Lumière a adopté une autre méthode employant des petits corpuscules d’amidons colorés. Depuis ces deux inventions, les recherches dans le domaine de la photographie en couleur sont restées à peu près stationnaires.
- En ces derniers temps un nouveau pas en avant a été fait : il s’agit d’un essai de reproduction de la photographie en couleur sur papier, en nombre indéterminé d’exemplaires. Cette invention est due à un chercheur allemand, M. Joseph P. Welker. Son invention est un progrès évident de l’ancienne
- pulation facile pour la reproduction des photographies ainsi obtenues.
- Le principe de la prise de vue est le suivant : on introduit dans la chambre noire deux glaces disposées de façon que les rayons lumineux traversant l’objectif se divisent en donnant simultanément trois images absolument identiques.
- Devant chaque plaque, et il y a trois plaques, se trouve un « filtre » coloré : bleu, rouge et vert. Naturellement la plaque qui donnera les tonalités jaunes a un filtre bleu, la plaque aux couleurs rouges — un filtre vert et la plaque pour les tonalités bleues — un filtre rouge. L’esquisse ci-jointe explique d’une façon schématique le processus optique que nous venons de décrire. L’appareil de Wcrner est effectivement une merveille de précision tech-
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- UN NAVIRE ABANDONNÉ ERRE DEPUIS j7 MOIS DANS L’ATLANTiQUE 223
- nique, répondant complètement à l’obligation essentielle que les contours de l’image donnée, les ombres soient absolument identiques sur les trois plaques.
- L’appareil a été construit par les ateliers Steinheil et l’objectif par Zeiss.
- La reproduction des épreuves donne lieu à une manifestation très intéressante dans sa simplicité relative.
- Tout d’abord on obtient de chaque plaque un diapositif (l’agrandissement de l’image ne joue ici aucun rôle). Ensuite les plaques sont déposées dans des bains spéciaux : un bain bleu pour les plaques bleues, un jaune pour les jaunes, etc. Un papier spécialement préparé est apposé sur la plaque bleue pendant un temps déterminé. Ce papier reçoit les tonalités bleues de la plaque et nous obtenons ainsi
- le partie bleue de l’image en couleur. Le même papier passe ensuite sur la plaque jaune et enfin sur la rouge. La photographie en couleur est prête. Pour obtenir les effets lumineux et les tonalités exactes, il faut naturellement chercher les tonalités primitives exactes en même temps qu’il faut mesurer exactement le temps de l’exposition et le temps de la copie. Telle est, en résumé, l’invention de Welker. Actuellement, après de nombreuses recherches et expériences, on est enfin arrivé, dans plusieurs’ateliers photographiques de Berlin, à perfectionner pratiquement cette invention. On obtient depuis peu des photographies en couleurs complètement satisfaisantes et ayant en tout cas cet avantage sur l’ancienne photographie en couleurs qu’on peut les commander à la douzaine. C. de D
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier et février 1925.
- Un minéral nouveau : la diisserlite — Dans le Djebel Debar, au nord-est de Hammam Metkhoutine, dans la province de Constanline, où l’on a signalé des roches arsenicales, M. Barthoux a pu étudier une roche de couleur verdâtre souvent scoriacée, imprégnée de cristaux visibles seulement à la loupe et rappelant par l’aspect certaines mimétiques. De densité 5,75 et de dureté 5,5, le minéral étudié fournit des cristaux, aplatis suivant la base et de l’ordre de grandeur du quart de millimètre ; il est soluble dans l’acide chlorhydrique étendu, mais laisse un résidu blanc d’arséniate de chaux, lorsqu’on le traite par le même acide concentré. M. Barthoux le dédie à M. Düssert et lui attribue la formule (As04j3(FeAl)3(CaMg)3(0H)'J, ce qui en fait une espèce voisine de l’arséniosidérite.
- Les agents de transformation des toxines en antitoxines, — Les précédents travaux de MM. A. Berthelot et G. Ramon ont montré qu’une toxine, même [très nocive, comme la toxine diphtérique, pouvait se transformer en un corps nouveau qu’ils dénommèrent antitoxine et qui, bien que dépourvu de toute toxicité, n’en possède pas moins ‘les qualités antigènes m vivo (pou-
- voir floculanl) et in vitro (pouvoir immunisant), du produit d’origine. Cette transformation peut s’obtenir par l’action combinée de la chaleur et du formol, et les nouveaux essais des mêmes savants indiquent qu’elle se réalise notamment avec l’acroléine, l’héxaméthylène-tétramine et l’aldéhyde éthylique ou crotonique.
- Les granités et rhyolites broyés du Morvan. — La région montagneuse limitée par Château-Chinon, le bassin d’Autun, Montsauche et Saint-Brisson présente de larges zones, formées de rhyolites et de granités, dont la consolidation date du Dinantien et qui ont été prises dans les derniers plissements hercyniens. M. Albert Michel-Lévy a remarqué que ces roches présentaient des parties broyées et envahies par de très fines et très nombreuses lamelles de biotite, formées postérieurement au broyage, à la façon des enclaves de certaines roches volcaniques du Mont-Dore, comme l’a signalé M. À. Lacroix. Pour M. Lévy, ces granités et ces rhyolites écrasés et condensés fournissent la preuve de broyages hercyniens profonds, pénétrés par les gaz et les vapeurs de fumerolles d’un magma granitique sous-jacent. Paul B.
- UN NAVIRE ABANDONNÉ ERRE DEPUIS 17 MOIS DANS L’ATLANTIQUE
- Il s’agit d’un voilier de 1000 tonnes, le Governor Parr, qui avait quitté le port d’ingram (Nouvelle-Écosse) en septembre 1925 avec un chargement de bois pour Buenos-Ayres. Le 5 octobre, après une tempête, son équipage dut l’abandonner à quelque cent milles au sud de Terre-Neuve. Là commence l’existence errante du Governor Parr, dont voici un résumé :
- En novembre 1925, il est rencontré, nous dit le Naval and Militari) Record, par le paquebot anglais Saxonia, qui envoie une embarcation le reconnaître. Il n’y a personne à bord, le navire noyé jusqu’au pont, est maintenu à Ilots par sa cargaison de bois et paraît en assez bon état. Deux de ses mâts sont encore debout.
- En décembre, le cutter garde-côtes Seneca, des
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- 224 ===== UN NAVIRE ABANDONNÉ ERRE DEPUIS 17 MOIS DANS L’ATLANTIQUE
- États-Unis, dont la mission consiste à débarrasser les Ilots de ces « derelicts » dangereux, part à sa recherche, le retrouve, mais doit rentrer au port, ayant subi lui-même des avaries.
- Un autre cutter, le Tanipa, retrouve le Governor Parr à 300 milles dans l’est du point où il avait été abandonne. Il prend l’épave 'a la remorque, mais manquant de charbon, il doit bientôt renoncer. On se doute d’ailleurs, de la difficulté extrême qu’il y a à remorquer une masse de bois de 1000 tonnes complètement immergée.
- En février 1924, le derelict est rencontré à 300 milles dans l’est du dernier point. Mais le 13 avril, le Majestic, du White Star Line, le retrouve à 250 milles plus près de la côte des Etats-Unis. Il est revenu sur sa trace.
- En juin, il est signalé par le vapeur américain Olen. Son beaupré, ses ancres, la cabine du pont, sont intacts, et l’épave navigue le pont horizontal.
- En juillet, elle est aperçue au large de la côte du Portugal, sur la route des navires allant aux Canaries. Un remorqueur est envoyé de Lisbonne avec mission de la détruire, mais le mauvais temps force le petit bâtiment à rentrer au port.
- Le 8 août, le paquebot Z aria, faisant route vers le cap dé Bonne-Espérance, rencontre le Governor Parr, qui continue sa tranquille promenade. Le temps est beau et on décide d’en finir avec ce fantôme en y mettant le feu. On répand de la paraffine sur les parties sèches et on l’allume en deux points. Puis le Z aria, confiant dans le succès de son opération, reprend sa-course.
- Le 11 août 1924, le steamer Umlali constate que l’incendie dure toujours. Mais le 13, liberia, passant par ces parages, constate que rien ne brûle plus et que le derélict est toujours là.
- Depuis cette époque, on n’a plus entendu parler du Governor Parr. Mais cela ne veut pas dire qu’il ait, enfin, coulé. 11 est probable que saisi par le courant dirigé vers l’Ouest que provoquent les vents alizés du N.-E. dans les parages des Canaries, il est en] train, comme l’ont lait quelques autres derelicts restés célèbres par leur longévité, de boucler la boucle de l’Atlantique et que s’il n’a pas été rencontré depuis août 1924, c’est qu’il sc trouve dans des parages peu fréquentés.
- On conçoit sans peine quel danger ces épaves mo-
- biles constituent pour la navigation. Elles sont un objet de grande crainte pour les marins, qui ne savent jamais exactement sur quel point de leur route ils sont exposés à les rencontrer. Les tentatives, très dignes d’encouragement d’ailleurs, que le service hydrographique des États-Unis fait pour détruire ces écueils flottants ne peuvent donner que des résultats partiels. La plupart de ces derelicts sont en effet des navires en bois, chargés de bois, et on ne voit pas comment s’y prendre pour les faire disparaître. Ils ne peuvent couler tout seuls ; si on les fait sauter, les madriers de la cargaison s’éparpillent, et chacun devient un derelict ; l’incendie ne peut détruire que les parties au-dessus de l’eau, le remorquage de pareilles masses immergées est une entreprise vouée à l’insuccès.
- En somme, il faut s’en remettre pour les voir disparaître, au temps qui accumulera sur leurs diverses parties les algues et les coquillages dont le poids finira par les entraîner au fond, ou aux courants qui pourront les faire échouer sur des bas-fonds.
- Quoi qu’il en soit, le Governor Parr, abandonné le 3 octobre 1923 et aperçu, pour la dernière fois, le 13 août 1924, avait, sous la poussée du Gulf-Stream et autrés courants, parcouru en 9 mois 1/2 le trajet tracé sur la carte ci-jointe, soit environ 3200 milles à la vitesse de 10 milles ou 18 kilomètres par 24 heures.
- Les statistiques du bureau spécial des États-Unis indiquent qu’il y a toujours près de 20 derelicts en mouvement dans le Nord Atlantique, et que leur existence moyenne, en cette qualité, était de 30 jours. L’un d’eux a été suivi pendant 31 mois. Un autre resté célèbre, est le schooner américain L. While, qui, abandonné en. mars 1888, au large de la côte des Etats-Unis, fut retrouvé en janvier 1889 échoué sur une des îles Hébrides, ayant parcouru, dans les 10 mois, une distance de 7500 kilomètres.
- Le danger de ces épaves flottantes est évident. Beaucoup de navires qui en ont rencontré ont péri sans laisser de traces. Rappelons qu’en 1900, le paquebot lonian, de l’Allan Line, en trouva une sur sa route et dut rentrer au port avec une déchirure de 15 mètres dans sa coque. ’ '
- U* Sauyaike Jourdain.
- Terre-
- Neuve
- lîSSÎi ^
- Amérique
- du, '
- Nord
- .Cuba sargasses
- tfp>/>Trajet de l'épave ^ Couratira
- Fig. 1. — Trajet parcouru par l’épave du Governor Parr du 3o octobre iça3 au i3 août ig24.
- Ut Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.abure, 9. rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2662
- 11 AVRIL 1925
- Le problème de la répétition des signaux sur les locomotives ne s’est pas imposé à l’attention des techniciens dès le début de l’exploitation des chemins de fer : ce n’est guère que, depuis un quart de siècle que l’on s’occupe sérieusement de la question. .
- Tant que les trains n'ont atteint les grandes vitesses que d’une façon exceptionnelle, que leur fréquence n'a pas exigé la présence d’un grand nombre de signaux, que les locomotives ont pu être munies de hautes cheminées, la répétition des signaux ne présentait que peu d’intérêt, carie mécanicien pouvait facilement surveiller la voie. Aujourd'hui, il n’en est plus de même : peu à peu, les vitesses moyennes élevées sont devenues de rigueur et l’augmentation du. trafic a obligé à hérisser les voies ferrées d'une multitude de signaux. D’ailleurs, la nécessité d’accroître le tonnage des trains a entraîné celle d’établir des machines de plus en plus puissantes, de plus en plus encombrantes, et, actuellement, les locomotives atteignent presque les dimensions du gabarit, ce qui a obligé à réduire la cheminée à sa plus simple expression. De ce fait, il résulte que souvent la fumée et la vapeur sont rabattues par le vent contre les flancs de la locomotive et rendent précaire la visibilité des signaux.
- Les conditions de la conduite des trains sont donc maintenant bien différentes de ce qu’elles étaient autrefois, d’autant plus que les machines puissantes consommant beaucoup plus d’eau et de charbon que celles de jadis, exigent plus d’attention de la part des mécaniciens.
- Le brouillard, si gênant pour la navigation, l’est aussi pour les trains, bien que dans une moindre mesure, car il diminue de beaucoup la visibilité des signaux et le ralentissement de la marche est un
- — Disque de ralentissement muni d’un crocodile.
- expédient incompatible avec la régularité du service, surtout lorsqu’il s’agit d’une ligne à trafic intense. À elle seule, la répétition des signaux sur les locomotives ne peut suffire à supprimer les accidents ; mais conjuguée à une signalisation rationnelle, elle est capable d’en prévenir un certain nombre, d’entre les plus graves.
- Il semble que diverses catastrophes, parmi lesquelles on peut citer celles de Villepreux (1910) et de Melun (1913) auraient pu être évitées si la répétition des signaux avait été appliquée. , , .
- Depuis de longues années déjà, un dispositif provoquant le déc'enchement d’un sifflet spécial, au passage d’un signal de ralentissement fermé, est utilisé par la Compagnie du Nord; mais des considérations d’ordre tant technique que psychologique ont empêché de généraliser l’emploi de cet appareil.
- Ici, en effet, nous nous trouvons en présence d’un problème qu’il est difficile de résoudre conformément aux principes admis en matière de sécurité.
- Alors que les signauxde chemins de fer sont établis de façon à se fermer automatiquement en cas de mauvais fonctionnement et à: donner ainsi le maximum de sécurité, le répétiteur de signaux, lorsqu’il ne fonctionne pas, ne fournit d’ordmaire aucune indication. , :
- La répétition des signaux implique une liaison entre la locomotive et la voie ; c’est là le point délicat de tous les systèmes en présence. La vitesse des trains rend précaire le fonctionnement de la plupart des dispositifs
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- Fig. i
- 63' Année. — 1" Semestre
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- Fig. 3. — Crocodile Colas.
- purement mécaniques ; le givre et la neige entravent le passage du courant, dans les répétiteurs basés sur l’emploi d’un contact électrique.
- En outre, bien que le fonctionnement des répétiteurs fui quelque peu aléatoire, il était à craindre que, se fiant à l’appareil, les mécaniciens en vinssent à ne plus apporter toute l’attention désirable à l’observation visuelle des signaux.
- On voit quel danger il y aurait à installer sur les locomotives des répétiteurs forcément imparfaits, sans prendre certaines précautions.
- Ces particularités n’avaient pas échappé aux services techniques des chemins de 1er ; aussi la répétition des signaux Sur les locomotives était-elle considérée comme plus nuisible qu’utile.
- Les progrès réalisés en la matière depuis quelques années ont permis de vaincre toutes les objections et le problème est maintenant considéré comme résolu d’une façon satisfaisante.
- Les appareils adoptés par les réseaux français fonctionnent au moyen d’un courant électrique qu’une brosse métallique portée par la locomotive recueille sur un contact de quelques mètres de long, le crocodile. Ce contact est placé dans l’axe de . la voie; il est relié à une pile par l’intermédiaire d’un commutateur que commande le signal.
- Le répétiteur peut être établi, soit pour répéter tous les signaux de ralentissement, qu’ils soient ouverts ou fermés, soit pour fonctionner en présence des signaux fermés seulement.
- Les signaux d’arrêt absolu et les sémaphores sont toujours précédés de signaux de ralentissement; on estime, en France tout au moins, que la répétition sur les locomotives ne doit s’appliquer qu’à ces derniers, les seuls qui risquent de passer inaperçus en raison de la vitesse, et on adjoint aux signaux d’arrêt des porte-pétards ou des détonateurs automatiques.
- La répétition des signaux de ralentissement ouverts^présente l’avantage de réaliser un contrôle permanent du fonctionnement des appareils répétiteurs.
- Les crocodiles actuellement en usage sont construits de façon à éviter au’ant que possible les inconvénients résultant de la formation de givre ou de glace sur la surface du contact. j; . .
- Sur les chemins de fer de l’État, on atteint ce but en employantdes longerons surmontés de deux paires de lames symétriquement inclinées d’environ 50° sur
- l’horizontale (fig. 1) ; ces lames présentent aux brosses des locomotives de longues arêtes sur lesquelles givre et glace n’ont que peu d’adhérence.
- Les Ceintures, l’Est, le Nord, le P-L..-M. et le P.-O. se servent du contact Colas. Ce modèle consiste en un gros tube plat (fig. 3), fermé à chacune de ses extrémités et rempli de pétrole ; de petits cylindres de feutre plongeant dans le liquide et protégés en dessus par des bouchons de cuivre, assurent un suintement continuel de pétrole sur le « dos » du crocodile. Dans ces conditions, la glace et le givre n’adhèrent que difficilement à ce contact et la brosse de la locomotive peut remplir son office, en dépit des intempéries.
- La source d’électricité est généralement une pile de 15 volts.
- Le nombre des locomotives étant approximativement deux fois moins élevé que celui des signaux de ralentissement, on avait d’abord pensé à placer les piles sur les machines; c’est une pratique à laquelle il a fallu renoncer : les trépidations et les pertes de courant qui se produisaient par la brosse, au moment où les locomotives stationn fient au-dessus de tas de mâchefer, polarisaient rapidement les piles. D’ailleurs il arrivait parfois que la brosse entrait en conlact avec un appareil de voie non isolé électriquement : il en résultait des déclenchements intempestifs du répétiteur:
- Actuellement les piles sont placées à terre. L’entretien qu’elles exigent, les précautions qu’il est nécessaire de prendre en hiver pour en empêcher le gel,[en font une source d’électricité aussi incommode qu’onéreuse ; aussi a-t-on songé à appliquer aux répétiteurs de signaux un générateur de courant plus pratique, celui-là même qui a fait ses preuves sur l’automobile.
- La magnéto Colas présente des particularités qui en font un instrument original, parfaitement adapté à cette application spéciale.
- Elle est mise en action seulement à l’instant voulu, par le moyen d’une rampe de déclenche-
- • Fig. 4. — Magnéto Colas- et son induit.
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- ment fixée aux traverses, sur le côté de la voie. Celte rampe est disposée à la hauteur convenable pour obliger à s’incliner une brosse métallique capable d’osciller autour d’un axe horizontal. Le balai est solidaire d’une came, maintenue verticale par deux ressorts à boudin placés symétriquement, de part et d’autre du mécanisme, dans des tubes ; lorsque la came est verticale, la bossette maintient un levier, relié par une bielle et une manivelle à un arbre muni de deux induits.
- Lorsque la brosse s’incline la bos-selte cesse de maintenir le levier et un ressort fait tourner l’arbre d’un angle suffisant pour provoquer la formation de courants dans les induits. Ces derniers sont bobinés en sens inverse l’un de l’au tre : ils produisent donc des courants de sens contraire; ils sont décalés entre eux, afin de permettre de recueillir au distributeur le courant de l’un ou celui de l’autre, l’induit inutilisé à l’instant considéré étant mis en court-circuit. Le courant obtenu dans ces conditions a un sens bien déterminé.
- Un dispositif ingénieux met à la masse le fil d’alimentation des relais de l’appa-reil répétiteur, pendant le réarmement de la magnéto, ce qui se produit dès que la rampe de déclenchement est dépassée. A ce moment, les ressorts à boudin enfermés dans les tubes ramènent, en ctfet, le mécanisme à la position initiale. La vitesse du mouvement de ce mécanisme est absolument indépendante de celle de la locomotive; elle dépend seulement de la puissance des ressorts. La magnéto Colas a été étudiée en vue de son application à un répétiteur fonctionnant au contact de tous les crocodiles; selon que le signal est ouvert ou fermé, le courant circule dans l’un ou l’autre sens. Nous verrons plus loin, en examinant le mécanisme répétiteur, comment ce résultat a pu être obtenu.
- Les Chemins de fer de l’Etat ont essayé avec suc-
- Fig. ù. — Mécanisme enregistreur de l’appareil Augereau.
- cès un appareil répétiteur fonctionnant au moyen d’ondes électriques. Ce système ne présentait pas une supériorité évidente sur ceux adoptés par les Compagnies. D’ailleurs à défaut d’un modèle unique, il fallait tout au moins que les instruments placés sur les locomotives fussent combinés de façon à fonctionner avec l’un quelconque des divers types d’appareils à crocodile disposés sur les lignes françaises. Ces considérations ont amené l’abandon du répétiteur radioélectrique dont on n’a conservé que le dispositif connu sous le nom de serrure Augereau.
- Cet appareil est un organe électro-pneumatique qui déclenche une sirène d’alarme et inscrit un signe particulier sur la bande de papier de l’enregistreur Flaman, lorsqu’il est mis en action par un courant électrique ; il se réarme automatiquement*
- La serrure Augereau (fig. 5) comporte un électroaimant non polariséB, relié d’une part à la brosse A, par un fil isolé, d’autre part à la masse. Le noyau de l’éleclro-aimant consiste en un cylindre de fer doux surmonté d’une tige de cuivre ; dès qu’un courant passe dans l’électro-aimant, la pièce polaire de forme annulaire, qui entoure la tige du noyau, attire le cylindre de fer doux : l’armature se soulève, pousse la palette d’accrochage E, et le levier F, libéré, oscille autour de son axe, sous l’action du ressort Rj.
- L’axe de ce levier est éehancré de façon telle que la section résultante G, présente.un cran sur lequel appuie un épaulement de la pièce H. Dès que le levier F, en oscillant, cesse de maintenir H, cette dernière pièce obéit à la pression du ressort U2 et, en s’abaissant, fait tourner, la poignée du robinet 1 l’air
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- lHâman J^.A,~î'"lrp.Ki!L
- Sens de la marche
- Fis,T- / — Diagramme tracé par un chronotachymètre Flaman muni du répétiteur Augereau.
- comprimé du réservoir principal du frein accède au cylindre de commande de la sirène d’alarme et, par l’intermédiaire d’un piston J, soulève le clapet K : la sirène se fait entendre ; mais le piston J en se mouvant, a découvert l’orifice L et l’air comprimé se rend dans le cylindre de réarmement M. La tige du piston N relève la pièce H, celle-ci ferme le robinet 1 et, par la pression du talon 0 sur le levier F, ramène ledit levier à la position initiale et l’oblige à s’enclencher avec la palette E, après que l’air comprimé s’est échappé du cylindre M, la pièce H est de nouveau maintenue par l’axe du levier L : l’appareil est réarmé.
- L’enregistrement des signaux fermés, sur la bande de papier du chronotachymètre Flaman, est obtenu au moyen d’une came taillée dans la pièce H, Un galet </ fixé à un levier / (fîg. 6) mobile autour de l’axe o est appuyé sur la partie concave de cette came par le ressort f. Lorsque la pièce H s’abaisse, le profil convexe se présente devant le galet, et le pousse : la coulisse sinueuse pratiquée dans la crosse c du levier/ oblige à s’abaisser un ergot e rivé sur un porte-style, fixé en a au bâti de l’appareil ; le style s, qui traçait sur le diagramme une ligne horizontale, inscrit un trait vertical dirigé vers le bas.
- La présence d’un trait vertical au-dessous de la ligne horizontale établit indubitablement que la locomotive a franchi un signal fermé et il est facile de voir, par l’examen du diagramme, si le mécanicien a obéi à l’ordre de ralentissement : par contre, l’absence du trait vertical ne prouve pas que le signal était réellement ouvert : le répétiteur a pu ne pas fonctionner, soit par suite d’un mauvais contact entre la brosse et le crocodile,"soitén raison de l’impuissance de la pile'.
- La possibilité de « ratés » oblige à considérer le répétiteur comme un adjuvant qui ne peut en aucun cas suppléer à la vigilance du mécanicien ; c’est pourquoi on a ajouté au mécanisme un dispositif spécial en vue de prévenir tout amoindrissement de la vigilance du mécanicien.
- Ce résultat est obtenu au moyen d’une came H', capable de se mouvoir de haut en bas, soit sous l’action d’un afflux d’air comprimé dans le cylindre de vigilance Y ; soit par suite d’une traction sur la tige T, soit encore par suite de la chute de la pièce H. Dans ce dernier cas, nous l’avons vu, le style trace un trait vertical au-dessous de l’horizontale; mais si, pendant le mouvement de IU, H reste fixe, le galet g rencontre une came concave. Il suffira donc que le mécanicien tire de haut en bas la tige T (fig. 5) ou appuie sur la manette du robinet V, dès qu’il aura aperçu le signal fermé, pour que la coulisse de la crosse c oblige l’ergot e à s’élever et que le style trace un trait vertical au-dessus de l’horizontale. La came H' est attachée à la pièce H par un ressort qui tend à maintenir la concavité de H' à la hauteur du profil convexe de H et ramène IL à la position initiale dès que la traction sur T a cessé, ou que l’air comprimé s’est échappé du cylindre Y, en passant par le sifflet S. Le fonctionnement de ce sifflet, avertit le mécanicien de l’enregistrement de la preuve de sa vigilance, sur la bande de papier de l’indicateur enregistreur Flaman. On remarqùera qu’il est impossible au mécanicien qui se serait laisser surprendre, de tracer le trait de vigilance au moment même où la sirène l’avertit1: il ne peut le faire seulement lorsque la came convexe est remontée.
- La présence d’un chronotachymètre sur la locomotive permet ainsi d’obtenir un supplément de sécurité d’un appareil qui, autrement, risquerait de provoquer la négligence du mécanicien et d’ajouter celle-ci à ses propres imperfections.
- La figure 7 montre l’aspect du diagramme obtenu avec un enregistreur Flaman muni du répétiteur Augereau. On voit, en A, sur la ligne horizontale xy tracée par le style répétiteur de signaux, un trait dirigé vers le haut-suivi, quelques millimètres plus loin, d’un trait dirigé vers le bas : le mécanicien a manœuvré le robinet de vigilance dès qu’il a vu le signal fermé et l’a franchi, le diagramme des vitesses prouve qu’il a ralenti aussitôt. En B, un trait de vigilance auquel ne succède aucune trace de
- Fig. 8. — Schéma montrant le fonctionnement > de la magnéto Colas
- au franchissement d’un signal fermé.
- Fig. ç. — Schéma montrant le fonctionnement I de la magnéto Colas.
- au franchissement d’un signal ouvert.
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- signal fermé montre que le signal s’est ouvert quelques secondes seulement avant le passage du train , ou que que le répétiteur n’a pas fonctionné. Si le mécanicien n’a pas vu le disque ou l’annonciateur en temps utile et, surpris, n’a ouvert le robinet de vigilance qu’après avoir entendu la sirène d’alarme, le diagramme enregistre sa négligence (C). Enfin, la présence en D d’un trait dirigé vers le bas que ne précède ni ne suit aucun signe de vigilance, établit que le mécanicien ne s’est préoccupé ni du signal, ni de sa répétition et sa responsabilité se trouvera très sérieusement engagée le cas échéant.
- Les chemins de fer du Nord, de l’Est, et de P.-L.-M. emploient le répétiteur des Ateliers Vau-canson, qui utilise, non pas l’air comprimé comme l’appareil Augereau, mais le mouvement de l’arbre moteur du chrono-tachymètre Flaman. Comme dans le modèle précédent, le déclenchement est provoqué électriquement; mais l’électro-aimant est polarisé, ce qui en augmente la sensibilité.
- L’emploi de relais polarisés présente en outre un avantage des plus intéressants : il permet de réaliser la répétition et l’enregistrement de la position des signaux de ralentissement.
- L’appareil ainsi disposé comporte deux électro-aimants polarisés en sens contraire, dont les enroulements sont combinés avec les polarités de façon telle que l’un des relais ait sa force attractive annulée lors du passage d’un courant de sens déterminé, cependant que le flux magnétique de l’autre se trouve exalté.
- Selon que le courant recueilli par la brosse sur le crocodile est positif ou négatif, l’un ou l’autre des électro-aimants se trouve momentanément désaimanté et abandonne son armature à l’action d’un ressort antagoniste.
- Lorsque la source d’électricité est une pile, le changement de sens du courant est obtenu en remplaçant le commutateur simple par un commutateur inverseur. Si l’on emploie la magnéto Colas (fig. 8) qui, ne l’oublions pas, produit au moment
- Fig; ii, — Vue arrière du, chronotachymèlre Flaman muni d’un répétiteur Vaucanson.
- Fig. io. —Appareil répétiteur des ateliers Vaucanson.
- Le mécanisme représenté ci-dessus a été récemment. modifié quelque peu.
- où elle est déclenchée deux courants de sens contraire, l’action du distributeur, combinée à celle d’un commutateur commandé par le signal et de deux brosses de contact, détermine le choix du courant convenable.
- Le distributeur comporte trois secteurs : D1, — D2, Ds. Lorsque l’arbre de la magnéto commence son mouvement angulaire, l’induit II est en court-circuit par le secteur D2, cependant que le courant de l’induit I trouve par D4, la brosse Bt, le crocodile, la brosse B2 et les secteurs D3 et P2, une issue vers les relais B4 et R2. Si le signal est fermé, aucun autre circuit n’offre passage à ce courant ; le relai Rt abandonne son armature et le répétiteur annonce qu’un signal fermé a été franchi. L’arbre des induits continue ensuite son mouvement angulaire et le secteur perdant le contact du balai F, le court-circuit qui mettait l’induit I hors de cause se trouve rompu ; mais alors le courant émanant de 1 ne peut parcourir qu’un circuit passant par l’induit II, les relais et la masse : aucun effet magnétique ne pouvant résulter de deux courants simultanés, sensiblement égaux et de sens contraire, les relais 1^ et R2 restent excités.
- Si au contraire, le signal est ouvert (fig. 9) le crocodile est connecté au rail par le commutateur S :
- le courant émis par l’induit I, lorsque l’arbre de la magnéto entre en mouvement, trouve ainsi un circuit moins résistant que le précédent ; et par suite le relai ne reçoit aucun courant. Mais l’arbre de la magnéto continuant son déplacement angulaire, le court-circuit qui, par le secteur D2 absorbait le courant de l’induit II, se trouve supprimé et ce courant accède aux relais, après avoir franchi le secteur D3, la brosse B?, le crocodile, le commutateurs et la'masse : le relais R2, en lâchant son armature, déclenche le mécanisme de telle façon
- Fig. 12.
- Vue avant de l’appareil Flaman avec répétiteur.
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- que le répétiteur annonce un, signal ouvert.
- Le réarmement de la magnéto produit, dans chaque induit, un courant dont le sens est inverse de celui obtenu lors du déclenchement ; afin que ces courants ne troublent pas le fonctionnement du répétiteur, on les élimine en mettant les relais — et par conséquent les induits — en court-circuit. On obtient ce résultat au moyen d’un disque métallique A, calé sur l’arbre des induits; un doigt E, dont un côté est revêtu d’une plaquette isolante pénètre en une encoche pratiquée dans le disque : lorsque la magnéto se déclenche, le disque tourne dans le sens de la flèche et touche la plaquette isolante du doigt E ; lorsqu’elle se réarme, le disque tourne dans le sens opposé et établit, avec la partie métallique du doigt E, le contact qui produit le court-circuit désiré.
- Le fonctionnement d’un relais, sous l’influence i d’un courant, libère un levier à cliquet qui entre alors en contact avec une came spéciale fixée sur l’arbre moteur du chronotachy-mètre Fl aman.
- Ce levier met en mouvement, par l’intermédiaire dune roue à rochet maintenue entre les impulsions par un cliquet d’arrêt, un arbre A muni de trois cames (fig. 10) qui commande lé mécanisme répétiteur. Cet arbre effectue un tour pendant que l’arbre moteur en fait vingt, ce qui correspond à un parcours de 120 mètres]; lorsque le. tour est terminé, une came écarte le levier de l’arbre moteur et toutes les pièces reviennent à la position initiale, le: mécanisme est réarmé.
- Les armatures des relais (fig. Il) sont fixées à un balancier; selon les relais en cause, l’une ou l’autre des extrémités de ce balancier met en contact avec une came, un levier de commande. Le relais JL lâche son armature au passage dés signaux fermés et met en prise la came inférieure ; une tige à crémaillère T (fig. 10), poussée par un cliquet moteur et bloquée ensuite par un cliquet de maintien, ouvre la valve commandant la sirène ; elle est ramenée à la position initiale par un ressort de rappel, dès que l’arbre du répétiteur étant sur le point d’achever son mouvement, les cliquets se trouvent dégagés de la crémaillère. Si le signal franchi est ouvert, c’est le relais R2 qui agit et met en prise la came supérieure, le timbre repentit jusqu’à ce que l’arbre à cames ait fait un tour complet. Les cames de commande des organes de répétition portent des goupilles qui, lorsque le tour se termine, agissent sur les leviers L, et L2 et
- appliquent l’armature déclenchée contre son électro-aimant.
- Pendant que tourne l’arbre du répétiteur, le style Bj (fig, 12) fait plusieurs allées et venues dans le sens vertical, !e papier se déplaçant pendant ce mouvement, il en résulte un trait épais d’une lisibilité parfaite, produit par la juxtaposition des traces du style. Selon que le balancier a oscillé dans un sens ou dans l’autre, le trait est au-dessus ou au-dessous de l’horizontale; dans le premier cas, il établit que le signal franchi était fermé ; dans le second, il monl re que le signal éta t ouvert lors du passage du train.
- La répétition, par un timbre, des signaux ouverts, est d’une utilité très contestable; d'ailleurs on estime maintenant qu’elle nepre'sente que des inconvénients et on se contente de plus en plus d’enregistrer fis signaux ouverts, sans les répéter.
- Le style d’enregistrement de la position des
- signaux se déplaçant tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, on ne pouvait songer à l'uLiliser pour tracer les lignes de vigilance. L’addition au chrono-tachy-mètre d’un levier L permettant de soulever le style des temps a tourné la difficulté.
- Ainsi que le montre la figure 13 les lignes de vigilance a, b, c, se distinguent nettement des traits verticaux M, JN, 0, du diagramme des temps; lorsque le hasard veut que les deux tracés e, 0 soient superposés, la pointe formée au-dessus de l'horizontale supérieure du papier par la ligne de vigilance, en révèle la présence. Cette ligne ne peut donc, en aucun cas, être confondue avec une autre et son absence prouve que le mécanicien n’a pas montré toute la vigilance désirable. On voit, sur la figure 13 que ce dernier cas s’est présenté au franchissement des signaux ouverts D et F.
- Beaucoup d’autres appareils ont été imaginés, en vue d’assurer la répétition des signaux dans l’abri des locomotives; mais l’expérience a démontré que combinés au chrono-tachymètre Flaman, le dispositif Augereau et le répétiteur deN Ateliers Vaucanson pouvaient être considérés comme les mieux appropriés.
- Les solutions actuelles sont le fruit de longues expériences; elles ne sont pas parfaites, puisque l’on compte encore une moyenne de « ratés » atteignant 2 0/0 ; néanmoins, grâce aux précautions prises, elles coopèrent à la sécurité.
- Les instruments que nous avons examinés contrô-
- 10min
- Signaux ouverts
- Indicateur Ramait T.2.V. 5*
- sens delomarcht
- Fig. i3. — Diagramme tracé par un chronotachymètre Flaman muni a’un répétiteur Vaucanson.
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- LA BOMBE CALORIMÉTRIQUE DE BERTHELOT ====== 251
- lent la marche des trains avec /’intervention des mécaniciens ; on a cherché à faire mieux encore et l’on s’efforce de réaliser maintenant lé contrôle automatique, Bien cjue les appareils conçus en vue d'atteindre ce but ne soient encore que dans la
- période d’essais, nous croyons qu’il sera intéressant d’étudier cette dernière forme du contrôle de la marche des trains, qui est peu!-être celle de l’avenir.
- André Bourgain.
- LA BOMBE CALORIMÉTRIQUE DE BERTHÉLOT ET LA NOUVELLE BOMBE MOUREU- LANDRIEU
- Son remplacement par une bombe d’un type nouveau. (*)
- Le 16 décembre 1918, la bombe calorimétrique du Collège de France, construite par Berthelot en 1885, éclatait au cours d’expériences entreprises,
- minutes auparavant je tenais la bombe entre les mains...
- La bombe de Berthelot, si souvent décrite, était,
- Fig. i. — La bombe Moureu-Landrieu (à gauche) et l'ancienne bombe Berthelot (à droite).
- pendant la guerre, sur des réactions violentes à allure explosive.
- L’explosion eut lieu dans mon laboratoire, et, par un heureux concours de circonstances, elle ne causa aucun accident de personne. Mais quelques
- i. Note présentée à Y Académie des Sciences dans sa séance du 25 février 1925.
- comme on le sait, composée de trois parties : le corps, la tète et le couvercle d’acier. C’est ce dernier qui avait cédé, et, entraînant la tête, il avait été sa-loger dans le plafond du laboratoire, à plus de 5 mètres au-dessus de la table de travail, qui, elle, avait été écrasée parle corps de la bombe.
- La destruction de la bombe du Collège de France
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- 232 .... .... LA BOMBE CALORIMETRIQUE DE BERTHELOT
- Fig. 2.
- Lx bombe Moureu-Landrieu démontée.
- était une perte sensible pour la Science française.
- Sortie la première des études de Berthelot et de Vieille, elle avait été employée pendant plus de trente ans, par des générations de thermochimistes, à la détermination des chaleurs de combustion, et, au moment où elle disparaissait, elle était encore, malgré les glorieux souvenirs qui s’attachaient à son long passé, un incomparable instrument de travail. Heureusement elle avait servi de modèle à un petit nombre d’autres bombes calorimétriques, qui se trouvent réparties dans quelques laboratoires de France et de l’Etranger.
- Il y a en particulier, à l’heure actuelle, une bombe de tous points semblable à l’ancienne bombe du Collège de France, dans le laboratoire de Mjjltaniel Berthelot, à Meudon. Elle fait partie depuislohgtemps du laboratoire modèle de thermochimie qu’avait autrefois créé Marcelin Berthelot, et elle a servi au maître et à ses élèves pour la détermination d’un grand nombre de chaleurs de combustion.
- 2. Les études thermochimiques ont repris depuis quelques années une importance nouvelle. Les publications sur les chaleurs de combustion se sont faites en ces derniers temps plus nombreuses et les déterminations plus précises. 11 n’était donc pas possible de laisser le laboratoire de Marcelin Berthelot, où avaient été déterminées la plupart des chaleurs de combustion' connues, privé de bombe calorimétrique. ""
- J’ai donc pris la résolution de remplacer l’instrument disparu.
- Mais à ce moment s’est présenté un problème d’un ordre nouveau. La bombe de Berthelot a un revêtement de platine très épais, pesant dans son ensemble 1300 gr. environ. Or, tandis qu’à l’époque où Berthelot avait établi les plans de son appareil le platine coûtait un peu moins cher que l’or, au moment, au contraire, où furent entreprises les études pour la construction d’une bombe nouvelle, lé platine coûtait beaucoup plus cher que l’or. Une bombe exactement semblable à l’ancienne aurait exigé une dépense si considérable que son atquisi-tion aurait été rendue impossible à la plupart de ; nos laboratoires.
- Au lieu donc de me borner à faire reprodùire purement et simplement l’ancien modèle (et cette solution eût été certes la plus commode) j’ai considéré comme un devoir de consacrer efforts et ressources à la création d’un type nouveau de bombe, ayant les mêmes avantages que celle de Berthelot, mais d’un prix beaucoup moins élevé.
- J’ai eu la bonne fortune, pour pouvoir mener cette oeuvre à bien, de pouvoir m’assurer le concours de l’un des héritiers de la pensée de Marcelin Ber-telot, Philippe Landrieu, dont le nom fait autorité en thermochimie (1).
- La description complète de la nouvelle bombe ne saurait trouver sa place ici. Je me bornerai donc à donner sommairement ses constantes principales :
- Le revêtement intérieur en platine, qui seul est réellement inattaquable au cours des combustions et donne une sécurité complète, fut conservé, et l’on s’efforça de diminuer la quantité de platine employée.
- Nous fûmes ainsi amenés à rejeter la forme donnée par Berthelot à la fermeture de sa bombe : au lieu d’une tête ajustée par frottement, fermeture qui nécessite l’emploi d’un poids important de platine, on eut recours à une fermeture avec joint de plomb, et collerette.
- A la suite de longs tâtonnements, au cours des-
- 1. Je crois devoir rappeler que la dernière publication de Berthelot-fut une .note de thermochimie, présentée à l’Académie quelques jours avant sa mort, et qui portait, à côté de celle du maître, la signature dç son collaborateur Philippe Landrieu. " •
- Fig. 3. — Une expérience calorimétrique avec la bombe Moureu-Landrieu.
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- LA FLORE DES MONTS DE BRETAGNE —1:::-.., : „ 233
- quels se produisirent quelques accidents (dont l’un fut assez grave), le diamètre de l’ouverture fut notablement réduit, afin de diminuer les effets de la pression sur le couvercle. Le corps de la nouvelle bomben’a plus comme celui de l’ancienne une forme cylindrique, mais la forme d’une bouteille à large goulot.
- La réduction de la quantité de platine employée, due à la modification de la fermeture, n’étant pas encore suffisante, on chercha à diminuer le poids du métal précieux qui sert au revêtement du corps, et, pour cela, on remplaça l’ancien revêtement formé d’une feuille de platine épaisse par un revêtement composé de trois couches intimement unies, soit 2/10 de millimètre de platine, 4/10 de millimètre d’or et 4/10 de millimètre de cuivre, le tout soigneusement laminé en une feuille unique exactement appliquée sur le corps de la bombe.
- On obtint ainsi un revêtement épais et résistant, qui,grâceàla couche de cuivre, se soude parfaitement à l’acier (ce qu’on n’aurait pu ob tenir directement avec l’or), et qui, grâce à la couche de platine renforcée par une couche d’or épaisse, donne un revêtement complètement inattaquable. La quantité de platine fut ainsi réduite dans une très forte proportion, puisque la nouvelle bombe n’en contient plus que 128 gr. au lieu de 1300 gr., soit environ dix fois moins.
- La nouvelle bombe, qui dans la série des essais porte le n° 3, est actuellement en service dans mon laboratoire du Collège de France.
- Elle a jusqu’ici servi à la détermination de plus de 100 chaleurs de combustion, et je puis dire qu’elle nous a donné entière satisfaction, tant par sa résistance que par ses facilités de manipulation.
- 3. Ces études sur la construction et l’emploi d’une nouvelle bombe nous ont naturellement conduits à un travail d’ensemble sur les méthodes calorimétriques.
- Celles-ci ont été perfectionnées, les calorimètres ont été modifiés, pour diminuer les échanges de chaleur avec l’extérieur et réduire au minimum les corrections, jusqu’ici incertaines, de refroidissement et de réchauffement. Un outillage perfectionné fonctionne à l’heure actuelle dans mon laboratoire ; il permet de déterminer les constances calorimétriques avec la précision du millième.
- J’espère ainsi que le laboratoire de thermochimie du Collège de France, qui du vivant de Marcelin Berthelot fut le véritable centre des études thermochimiques dans le Monde, va retrouver une part de son activité, et qu’il reprendra bientôt sa place à côté des grands laboratoires étrangers qui, sur le terrain de la calorimétrie, l’avaient un moment dépassé. .
- Ch. Moureu,
- Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France.
- LA FLORE DES MONTS DE BRETAGNE
- J’ai exploré, il y a quelque vingt ans, les deux chaînes d’éminences qui parcourent la Bretagne et qui ne méritent guère le nom de montagnes puisque leurs points culminants atteignent à peine 400 m. f
- Je voudrais aujourd’hui inviter les lecteurs de La Nature qui aiment à la fois la Bretagne et les plantes,' à me suivre dans, ce curieux pays et j’espère leur montrer, en botaniste* que je suis, qu’il ' présente" un . sujet d’études intéressant. Ces deux chaînes sont :.les Montagnes Noires et les Montagnes d’Àrrée.
- La chaîne des Montagnes Noires s’étend, dans le Finistère, de l’Ouest à l’Est, jusque vers Gourin,
- où elle entre à peine dans le Morbihan pour se continuer, au delà dans les Côtes-du-Nord. Le point
- culminant : le Menez-Hom que nous visiterons d’abord, atteint 330 m. d’altitude.
- Au point de vue géologique, « la masse du « Menez appar-« tient, d’après « Barrois, géo-« logue le plus « autorisé en ce « qui concerne « la Bretagne, au « Silurien infé-« rieur (terrain « primaire ou de « transition,) é-« tage du grès « armoricain. Ce grès blanc, homogène à grains « fins de quartz et de mica blanc, constitue le « trait le plus saillant du Menez-Hom et des Mon-« tagnes Noires. On le suit d’un bout à l’autre du
- Fig. 1.—La pierre branlante du Huelgoat.
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- 234 ========= LA FLORE DES MONTS DE BRETAGNE
- « bassin du Finistère dont il forme le faite méri-« dional» (1).
- Le site du Menez-Hom fut occupé, à cette époque reculée, par de nombreuses bouches volcaniques émettant des pluies de lapilli, de cendres, de coulées de laves (2).
- Ou peut se faire conduire de Chateaulin au Menez-Hom. On traverse le beau viaduc. Bientôt apparaissent les premiers sommets des Montagnes Noires : les « trois cochons », les .« trois canards », le Me-nez-Braz (255-246 m.).
- La Chapelle de Sainte-Marie, au pied du Menez, contient un très curieux lambris sculpté, représentant dit-on, la légende des frères Côme et Damien.
- En montant vers le point culminant, par des sentiers, d’ailleurs faciles à perdre, nous chevauchons parmi les ajoncs épineux ( Ulex Galtii) au travers du Molinietum, association des Landes où domine une graminée : Molinia coerulea. C’est la Guinche dont on fait les matelas du pauvre, avec tout un cortège de bruyères : Erica cinerea, Callnna vulgaris. Le Simelhis planifolia montre rarement sa jolie étoile blanche, ordinairement fréquente dans cette association.
- Les parties humides offrent de belles touffes de la Fougère royale [Osmunda regalis) égayée par les jolies petites fleurs bleues du W ahlenbergia hede-rocea ; le jaune d'or de celles du Narihecivm Ossifragvm et les élégantes petites têtes blanches du Rhyncospora alba.
- Enfin, nous arrivons au culmen du Menez (530 m.) où l’on voit une sorte de cratère en pierres (Castel-Douar).
- Quoi qu’on m’ait dit de l’étendue du panorama, il me cause un moment de surprise et d’admiration.
- 1. Ch. Barrois. Comptes rendus. Éxcars. Soc. qéol. Fr. Finistère, 1886.
- 2. Ch. Barrois. Mém. sur les éruptions du Menez-Hom. Bull, de la Càrte yéolog. Fr. (1889).
- Au N.-E., la rivière de Chateaulin déroule ses méandres capricieux ; son embouchure sinueuse est masquée, vers Landevennec. La presqu’île de Crozon est plus distincte avec ses nombreuses découpures. Plus au N. la pointe de l’Armorique s’allonge dans la rade de Brest. Enfin, un rayon de soleil éclaire les maisons blanches de la ville de Brest que Ton distingue bien à la jumelle.
- Au delà, le Cap Saint-Mathieu se perd dans les brumes de 1 horizon, marquant l’infléchissement des côtes bretonnes vers la Manche.
- Plus près de nous, le Cap de la Chèvre allonge à l’Ouest son profil si curieux, presque fantastique, tandis qu’au Sud, la merveilleuse baie de Douarnenez, fermée à l’horizon par la pointe du Raz, nous apparaît dans toute sa calme splendeur.
- Mais revenons « à nos moutons » malgré l’absence de ceux-ci.
- La Flore est celle de la silice et la présence de toute une série de plantes silicicoles confirme absolument la tradition qui représente ces sommets comme jadis couverts de forêts.
- Le Myrtille — Vaccmium Myrtillns dont les baies bleu-mauve se vendaient jadis au marché sous
- Fig. 3. — La cascade de Saint-Fier bot.
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- LA FLORE DES MONTS DE BRETAGNE
- Fig. 4. — Le Ménage de la Vierge {Huelgoat).
- le nom de « Lucets », véritable syl-vicole, abonde partout. Des éboulis ravinés sont encombrés d’une association de plantes des bois : Anémone nemorosa, le Chèvrefeuille;
- (Lonicera Periclymenum,) Melam-pyrum pralense, Epilobium angus-lifolium; la Grande Luzule (Luzula maxima) abonde jusqu’au sommet des plus hauts rochers avec de belles Fougères : Polystichum F'dix Ma s (Fougère mâle) et P. dilaiatum ; une forme de Polypodium vulgare nommé par un botaniste breton bien connu, M. Picquenard : variété dryoplülum. Ces fougères croissent entre les pierres, sous les petits buissons formés par des arbustes nains : le Sorbier (Sorbus aucu-paria), le Saule cendré (Salix cinerea), la Bourdaine (Rhamnus Frangula). J’aperçois enfin, blottis sous les fougères et sous les pierres, le clou de l’excursion : deux pieds de Lycopodium Selago (fig. 8.) devenu très rare ici et que Chateaubriand, je crois, faisait cueillir par sa Velleda. « J’irai chercher le Selago » (1). Malgré nos recherches les plus attentives, je n’ai pu en découvrir d’autres pieds sur la montagne.
- Dans les endroits plus humides, une tribu d’hy-grophiles étend son tapis fleuri mêlées à des mousses : Hypnum triquetrum, etc. A l’extrémité N.-E. du massif principal du Menez, des chevaux en liberté bondissent non loin de moi.
- Je reviens à l’auberge en passant près de la poétique fontaine de granit de Sainte-Marie du Menez. *
- * *
- 1. Le Selago était en grande vénération parmi les nations celtiques. Un druide l’arrachait avec cérémonie et en exprimait un suc renommé surtout pour la vue. Il est douteux cependant que la plante à laquelle Linné a appliqué ce nom soit bien celle des anciens (Theis, Glossaire).
- Les Monts d'Arrée, plus au Nord, commencent dans le Finistère, vers Botmeur, La Feuillée, et se poursuivent jusqu’à l’entrée des Côtes-du-Nord, formant vers Callac une sorte de cuvette, en rejoignant la chaîne des Montagnes Noires. Nous l’aborderons vers le centre de cette cuvette : au Huelgoat.
- Le massif granitique du Huelgoat constitue, nous dit Barrois, « une petite cheminée elliptique de « f6 km sur 9 km complètement isolée des autres « massifs granitiques delà région. Il est entouré, de toutes parts, de formations siluriennes et dévo-« niennes (*). »
- Le grand attrait du Huelgoat, pour le botaniste, réside en la présence d’une petite fougère : YHyme-nophyllum Wilsoni (fig. T.) C’est au Ménage de la Vierge, magnifiques blocs de granit punctiformes que l’on peut recueillir, non sans peine, cette rareté.
- En suivant la route, à l’Est de l’hôtel de France, on arrive au pont : à gauche, le grand étang; à droite, un éboulis de blocs énormes de granits de forme généralement arrondie, sous lesquels on entend sourdre la cascade. On prend, à travers bois, un joli sentier qui conduit à la pierre branlante (tig. 1), cueillant en chemin, le beau Verbas-cum nigrum.
- Ce bloc énorme de granit (80000 kg dit-on) en équilibre instable, oscille très visiblement sous noire poussée. C’est, d’après Joanne, la plus belle pierre branlante dans toute la Bretagne. Revenant au Ménage de là Vierge (fig. 4), il faut se laisser glisser sur le derrière pour recueillir de belles plaques à'Hymenopkyllum Wilsoni, malheureusement appelé, croyons-nous, à disparaître là, avec des blocs devenus la proie des carriers.
- '1. Ch. Barrois. Le massif granitique du Huelgoat. Bull. Soc. géol. Fr. (1886).
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- LA FLORE DES MONTS DE BRETAGNE
- Fig. 6. — Château du Rusquec.
- Ce vandalisme honteux a-t-il continué? a 0! ménage charmant, pas assez ménagé,
- « D'où YHymenophyllum sera déménagé. »
- On revient par les bois qui longent le ruisseau de la cascade, rejoignant la route par un pont de pierre rustique, romantique, au sein d’un paysage délicieux dit : Le Pont-rouge (fig. 2).
- Un petit voyage à Saint-Herbot nous réserve une autre station, plus abondante peut-être, mais d’un accès plus diflicile encore, de la petite fougère, à la Cascade de Saint-Herbot (fig. 4), que nous gagnons en passant par le Château du Rusquec (xvie siècle).. Une grande vasque monolithe en granit, armoriée (fig. 6), au milieu de hêtres superbes; les ruines du château, les beaux arbres, les pelouses moussues, donnent à ce site un charme sauvage exquis. Un hêtre superbe, le plus beau que j’aie jamais vu, même en Alsace, abrite les sylvicoles : Conval-laria multiflora, grand muguet aux jolies fleurs pendantes; Oxalis acetosella abonde avec la jolie Corydale à fleurs jaunâtres Corydalis claviculata ; Andwsœmum officinale et sous les chênes (Quercns sessiliflora) des fougères élégantes : Polystichum œmu-lum et P. dilalatum.
- Nous voici enfin à la fameuse Cascade de Saint-Herbot (fig. 4). La circulation sur ces blocs n’est pas facile ; je commets l’imprudence de montrer les Hymenophyllum à de jeunes garçons qui nous regardent; ils s’élancent aussitôt comme des chamois à travers les blocs et nous rapportent de beaux groupes. Heureusement que la fougère se défend d’elle-même, par sa station, contre la dévastation.
- N’oublions pas, avant de quitter Saint-Herbot, de visiter la chapelle du xvie siècle, véritable bijou avec son jubé en bois sculpté, merveille d’élé-
- gance et de bon goût, où l’on voit attachées des queues de vaches guéries par le Saint des épizooties. Sur les murs de la chapelle croît Y Asplénium Trichomanes et à la porte le Chenopodium Bonus Uenricus qu’on mange comme épinards. Au bas des murs, le joli Chrysosplenium oppositifolium et la Laitue des murailles (Lactuca muralis) avec la verveine (Verhena offcinalis).A.\ix environs de Saint-Herbot près du bois de Pénnanech, nous récoltons une des raretés bretonnes : une jolie Gentiane (Erythræa diffusa.
- Ayant visité le point culminant des Montagnes Noires, le Menez-Hom, nous tenons à atteindre celui des montagnes d’Arrée: Saint-Michel de Bras-parts (391 m.). Nous nous y rendons de Huelgoat par la Feuillée et Botmeur. La tourbière du Yeun-Elez, que nous rencontrons d’abord, occupe le fond d’une cuvette à fond granitique. C’est une tourbière qui offre la végétation habituelle de ces stations caractérisées par une mousse (Sphagnum) dont nous avons déjà parlé dans notre récent article sur les
- Fig. 7. — Hymenophyllum Wilsoni.
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- LA FLORE DES DES MONTS DE BRETAGNE
- marais de i’Erdre à Nantes Q). Nous eûmes le plaisir d’y récolter la petite Orchidée dont nous avons raconté l’histoire et que notre compagnon M. Pic-quenard découvrit là avec nons (Malaxis paludosa). Nous ne reviendrons donc pas sur cette flore dont M. Denis nous a donné récemment une esquisse dans le Bulletin de la Société linnéenne de Normandie (t. V, 1922).
- La montée au Mont Saint-Michel est d’abord très rude ; elle se divise en plusieurs étages. Nous sommes comme au Menez-Hom sur le grès armoricain (Silurien inférieur) et nous retrouvons la végétation des landes avec le Molinié tum (Molinia cæ-rulea) et bientôt le Vac-cininm Myrtillus nous apparaît aussi avec son cortège de sylvicoles :
- Sorbus aucuparia ; Pi-rus dômestica ; Po-ly podium v u Ig are ;
- V eron ica ofpeina lis.
- Enfin, au sommet même, autour de la chapelle, le Fraisier des bois (Fragaria vesca), curieux vestige de la végétation primitive. De la Chapelle, la vue est d’une immense étendue : le panorama est plus vaste, mais cependant moins beau, moins varié, moins saisissant qu’au Menez-Hom ; quelques pins clairsemés et mal venus se voient çà et là et sur les rochers Silene montana, ,4s-plenium trichomanes et Sedum anglicum.
- En descendant, nous trouvons un seul pied de Lycopodium Selago, devenu décidément rarissime.
- *
- * *
- Il nous reste à visiter les bois magnifiques qui s’étendent de Huelgoat à la Mine de plomb argentifère abandonnée.
- Nous rencontrons d’abord le Goufl're (fig. 5), belle chute d’eau qui nous montre des tapis presque inaccessibles d’une petite fougère très voisine de celle du Ménage de la Vierge avec laquelle elle fut longtemps confondue : YHymenophyllum tunbrid-gense. Ce ravin borde la route de Loc-Maria ; des mousses variées s’y montrent : Mnium punctalum; Isothecium myosuroides, Hypnum undulatum et
- I. La Nature, n° 2630, 30 août 1924.
- sa forme viridis et des fougères, d’élégantes graminées, etc.
- Les boules énormes du gouffre sont des granits mais dans la tranchée de la grande route voisine, on observe le contact de ce granit avec les schistes de Porsguen (Dévonien).
- Le Bois de la Lande est sur le Dévonien. A la Cou-draie, je vois de gigantesques sapins argentés (Abies pectinata), arbre des régions montagneuses, spécial même d’après Drude, à la région alpine. Ils semblent se plaire ici. Ils ont2 m. de circonférence; quelques Châtaigniers se montrent en arrivant aux futaies de hêtres (Fa-gus sylvatica) véritablement admirables, les plus belles que j'ai vues depuis celles des environs d’Altkirch. Quelques chênes sont mélangés (Quércus sessili-flora). Le sous-bois est presque uniquement constitué par le Myrtille (Vaccinium Myrtillus); viennent ensuite des futaies de Pins sylvestres (Pinus syl-veslris) avec quelques bourdaines (Rhamnus frangula) en sous-bois.
- La route du Camp d’Arlus, que je prends ensuite, traverse de superbes futaies alternant d’essences diverses : futaies d’Epiceas (Picea excelsa) très belles avec leur sous-bois dénudé, aux belles*mousses vert d’émeraude, semées de blocs de granit énormes (nous sommes rentrés dans la région granitique), plus loin futaies de Chênes, de Pins sylvestres. Tous ces bois ont un grand aspect sauvage. J’arrive à la Chambre d'Ar-tus, agglomération de roches dominant le ravin du Ménage de la Vierge dans une futaie d’Epiceas, le décor est admirable. Au clair de lune il doit être saisissant. On croit voir les druides!
- L’If, Taxus baccata, se montre çà et là dans les tailles où le bûcheron les a respectés. Ils sont évidemment spontanés là, quoique rares et probablement propagés par les oiseaux qui mangent leurs baies. Ce sont de petits arbres aux rameaux étalés, comme épandus ; même aspect d’ailleurs, que ceux que j’ai vus dans la Forêt de Paimpont dont le propriétaire, M. Levesque, m’a écrit qu’il les y croyait spontanés. Cette question de la spontanéité de l’If en Bretagne a été fort controversée. Crouan a pris partie pour l’affirmative. Emile Gadeceau.
- Fig. 8. — Lycopodium Selago.
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- LES RÉSINES DE CONIFÈRES
- M. G. Dupont, professeur à la Faculté des Sciences de Bouleaux, a fait sur ce sujet, le 17 mars 1925, devant la Société de Chimie biologique, une intéressante conférence que nous résumons ci-dessous.
- Les résines de conifères sont des sucs oléagineux qui s’écoulent des plaies ouverles dans le tronc des conifères et plus particulièrement des pins. La résine de pin est couramment désignée en France, sous le nom de gemme.
- Ces résines sont formées d’une solution plus ou moins complète, dans une essence volatile, Yessence de térébenthine, d’un produit fixe, le galipot.
- Les essences de térébenthine ont des propriétés variables avec leur origine. La plupart des essences de térébenthine contiennent des proportions généralement dominantes de pinène C10 II16. Mais, alors que certaines essences sont à peu près exclusivement constituées de ce carbure (essence d’Alep, essence de pin laricio, etc.), d’autres sont des mélanges, en proportions variables, de pinène et de nopinène (essence du pin maritime, la plupart des essences d’Amérique, essence du pin sylvestre, etc.) ; d’autres essences encore contiennent, en outre, des pinènes et en fortes proportions, d’autres carbures terpéniques comme le carène (essence du Pinus longifolia) ; dans d’autres encore, le pinène fait presque complètement défaut (telle est l’essence du pin pignon qui est presque uniquement constituée de limonène).
- Enfin, certaines essences, plus rares il est vrai, ne contiennent même plus de terpènes; telle est l’essence du Pinus Sabiniana Douglas, dont le constituant presque unique est Fheptane noimal.
- Les galipots varient également de composition en passant d’une variété de pin à une autre.
- Les galipots ordinaires sont toutefois presque uniquement constitués d’acides isomères de formule C20II5002. Mais alors que le galipot d’Alep ne contient à l’origine du moins, qu’un seul constituant, l'acide alépique, celui du pin maritime, par exemple, en contient probablement quatre dont deux ont été nettement isolés: l’acide dextropimarique et l'acide lévopimarique.
- Les acides résiniques présents dans la gemme fraîche et qui constituent la majeure partie des galipots, sont très instables. Sauf l’acide dextropimarique qui est stable, ils s'isomérisent sous l’influence des acides ou de la chaleur ; l’isomérisation conduit en générai à une forme intermédiaire très soluble, puis à un deuxième stade, qui est le même pour la plupart de ces acides, l'acide abiéiique. Cet acide est isomorphe des stades intermédiaires d’isomérisation ; on l’obtient à partir de toutes les colophanes, étudiées jusqu’à ce jour, par traitement de ces dernières par Yacide chlorhydrique.
- On désigne sous le nom de colophane le produit de transformation du galipot sous l’influence de la chaleur dans le traitement industriel do la gemme. Cette colophane est un mélange comportant principalement les stades de transformation plus ou moins avancécdes acides primitifs; elle est donc principalement formée d’une solution réciproque d’acides isomorphes et par suite, comme les verres (solution réciproques de silicates isomorphes), elle n’est que lentement cristallisable.
- Entre les essences de térébenthine et les acides résiniques qui les accompagnent dans la gemme de pin, il semble exister une relation étroite d’origine. Les faits actuellement connus sont d’accord avec l’hypothèse suivante :
- La cellule qui, dans l’arbre, produit la résine (cellule résinogène), donne naissance à une molécule-mère de formule Cl0lll60. Cette matière se transforme, sous l’influence de certaines diastases, d’une part (par perte d’oxygène) en carbure, d’autre part (par fixation d’oxygène et perte d’eau sur deux nouvelles molécules) en acide suivant la relation globale :
- 3 C10IlI(i0 = C10ll16 4- C20H3°02 +11-0.
- Des problèmes nombreux se posent, dans ce domaine, à la chimie biologique, en particulier : l’isolement de cette matière-mère hypothétique, la recherche de l’origine des matières résineuses dans la plante et des causes des variations considérables de pouvoir rotatoire des terpènes produits par une même variété d’arbres, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 19:15.
- Les propriétés mécaniques des aciers après revenu et l’influence de la trempe. — Un nouveau travail de MM. Léon Guillet et Poitevin porte sur les aciers au carbone, pour étudier la pénétration de la trempe. La conclusion en est une loi déjà vérifiée pour les aciers nickel-chrome : lorsque la rature du métal permet de produire par trempe des composés métalliques différents, les résultats des essais mécaniques indiquent, qu’à égalité de dureté finale après revenu, la résilience est meilleure pour les états complètement trempés qui aboutissent au stade martensite pure et, inversement, à égalité de résilience après revenu, la dureté finale est d’autant plus élevée que la dureté de trempe est plus forte.
- Le noircissement des orobanches au cours de leur dessiccation. — Pour la plupart des plantes, ce phénomène est dû à l’action soit d’un ferment (laccase, tyro-sinase) sur un principe de nature phénolique, soit de l’émulsine sur un glucoside (aucubine, arbutine, mono-tropéine, etc.). Or, les orobanches ne fournissent aucun glucoside dédoublable par l’émulsine. Par contre, elles ont donné à MM. Bridel et Charaux l'orohancho-side qui, sans phénomène d’hydrolyse, s’oxyde grâce à un ferment particulier) en laissant une matière colorante brune, insoluble dans l’eau et renfermant tous les composants du glucoside générateur.
- Paul B.
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- LA CITÉ UNIVERSITAIRE DE PARIS
- La crise du logement atteint son paroxysme dans les grandes villes où elle affecte surtout les familles nombreuses, les classes moyennes et les professions libérales. En particulier, l’angoissant problème du loyer se pose pour les étudiants dont les parents habitent la province et qui veulent venir à Paris pour suivre les cours des divers établissements d’enseignement supérieur. Vu la cherté actuelle de l’existence, en effet, ces jeunes gens se demandent, avec anxiété, s’ils pourront achever leur instruction. Heureusement on cherche, de divers côtés, à porter remède à une situation si désastreuse pour l'avenir intellectuel de la France et la Cüé Universitaire (fig. 1), qu’on édifie le long du boulevard Jourdan, en face du Parc Montsouris, est un premier pas dans cette voie.
- Cette fondation, due à l’initiative de Deutsch de la Meurthe et à l’appui de M. Ilonnorat, ancien ministre de l’Instruction Publique, s’élève entre la Porte d’Arcueil et la porte de Gentilly. Le 9 mars 1923, on commença la construction des bâtiments qui la composent et dans lesquels pourront se loger, à bon "compte, 300 étudiants ou étudiantes. On escompte l’achèvement de la plupart de ces pavillons pour la fin de la présente année.
- Selon le vœu de son promoteur, la future Cité Universitaire, bâtie sur les plans de l'architecte Lucien Béchmann, diffère notablement comnte aspect d’une caserne ou d’un pensionnat. De vastes cours plantées d’arbres, des pelouses, des terrains de tennis et de foot-ball séparent les divers corps de bâtiments que réunissent entre eux des pergolas vitrées (fig. 4). L’aménagement intérieur des chambres d’étudiant est gai et confortable. Par une grande baie, la lumière entrera dans chacune de ces pièces dont l’ameublement comporte un lit-divan, un bureau, une bibliothèque, une penderie-armoire et un lavabo qu’une tenture dissimule aux yeux des visi-
- Lavabo
- Grande Baie
- fhnderieTehture Tablette LD
- Ut
- divan
- Fauteuil
- Chaise
- Radiateur
- Fig. 2.
- Plan d’une chambre d’étudiant de la Cité Universitaire,.
- Fig. i. — Un des bâtiments d’angle de la Cité Universitaire, dans lequel se trouvera une salle de réunion pour les étudiants.
- teurs quand l’occupant ne s’en sert pas (fig. 2); Aussi, grâce à ces dispositions esthétiques, la chambre ressemblera pendant la journée à un cabinet de travail meublé d’une façon moderne. Dans cette ambiance, si différente des dortoirs de lycées, les futurs avocats, médecins ou professeurs se plairont sans doute. D’ailleurs dans des salles de réunions (fig. 1), de conférences, de lecture, de concert ou dans le restaurant coopératif qu’abritera un pavillon central flanqué d’une svelte tour carrée, les habitants de la Cité Universitaire causeront, discuteront, échangeront leurs idées, joueront ou se délasseront de leur labeur quotidien. Bientôt, en outre, ils pourront voisiner avec les étudiants étrangers dont les logements s’édifieront à côté.
- L’administration municipale a voulu contribuer, pour sa part, à l’embellissement de la nouvelle ruche intellectuelle. Tout autour de ces gais pavillons, destinés à remplacer les sordides « hostel-leries » de la Montagne Sainte-Geneviève où les « escholiers » de jadis couchaient sur la paille, la Aille de Paris installe? un immense parc d’une étendue de 18 hectares, sur l’emplacement des anciennes fortifications, au nivellement desquelles M. Forestier, conservateur du Bois de Boulogne, procède actuellement. Ce parc comportera de nombreux terrains de sport ainsi qu’une piscine et une nouvelle station du chemin de fer de Sceaux le
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- 240 :: ; LA CITÉ UNIVERSITAIRE DE PARIS
- Fig. 3. — Vue d’ensemble à vol d’oiseau de la Cité Universitaire de Paris en construction
- près du parc de Montsouris.
- desservira, cette"1 ligne le traversant. Ainsi les étudiants pourront se rendre facilement du carrefour Médicis, voisin des Faculte's et des grandes Ecoles,
- jusqu’à la pimpante Cité Universitaire qui leur tiendra lieu de foyer familial.
- ^ Jacques Boyer.
- Fig. 4. — Une des pergolas réunissant 2 groupes de bâtiments de la Cité Universitaire.
- Lt Gerant : P. IIasso». — Imprimerie Lahuse, 9, rue de Fleuras, Paris.
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- LA NATURE - N° 2663
- 18 AVRIL 1925
- ^0
- LE VOL SANS BATTEMENT dKaLBATROS OU COMMENT VOLENT
- LES ALBATROS
- J’ai exposé, dans un article du 9 septembre 1922 de La Nature, quelques considérations sur le vol à voile des oiseaux des pays chauds qui utilisent des courants ascendants thermiques dont mes expériences en Afrique avec différents appareils (et
- jours clés remous particuliers) et 'dans les régions froides, des courants thermiques analogues à ceux des pays chauds. Leur étude était des plus difficiles, car l’observateur, à bord d’un navire essentiellement instable, est mal placé pour étudier les diverses
- Fig. t. — Albatros en vol, d’après un film de M. Idrac. En haut, montées et descentes; en bas, virages.
- particulièrement un thermomètre électrique très sensible à spirale de platine amené au voisinage immédiat des oiseaux) avaient révélé l’origine et le mode d’emploi par les vautours et les milans1.
- Or il y a en haute mer certaines espèces d’oiseaux qui volent de longues heures et même des journées entières, se dirigeant à leur gré sans donner aucun mouvement des ailes. Ce mode de vol à voile paraissait devoir être de nature tout à fait différente de celui étudié jusqu’ici, car il ne semblait pas devoir y avoir en mer loin des côtes (où se produisenttou-
- 1. Pour plus de détails, voir Éludes expérimentales sur le vol à voile (thèse). Vivien, éditeur. 48, rue des Écoles, Paris, et l’Aérophile (janvier et mars 1922).
- lluctuations du vent. Enfin l’habitat du plus intéressant d’entre eux : l’albatros, se trouve dans des régions extrêmement éloignées; cet oiseau est en effet d’un intérêt particulier en raison de sa grande envergure (5 m. 50), de son fort allongement (les ailes ont de 20 à 22 cm de largeur moyenne), et de sa grande charge au mètre carré, puisqu’il pèse 9 kg en moyenne pour 0.60 mètre carré de surface portante.
- Le grand albatros se rencontre dans l’hémisphère sud entre 40 et 60° de latitude dans l’Atlantique et un peu plus haut dans le Pacifique ; il s’approche très rarement des côtes habitées et niche dans des îles désertes ou à peu près, hors de la route des
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- 53* Année. — 1*' Semestre.
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- LE VOL SANS BATTEMENT DES ALBATROS
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- Fig. 2.
- Le phare de la Jument.
- paquebots ; telles Kerguelen, Tristan da Gunba, File Bouvet, la Ge'orgie du Sud. etc...
- C’est dans les parages de cette dernière île qu’envoyé en mission par l’Office national des Inventions, j’ai été les étudier en février et mars 1924.
- Cette île, située dans un climat polaire et environnée toute l’année d’icebergs, n’est fréquentée que par quelques pécheurs de baleine; un navire argentin en fait annuellement le service.
- Toutefois avant de partir dans ces régions, j’ai voulu faire une étude un peu approfondie des vents du large en un point plus stable qu’un navire, et situé cependant en plein milieu de la haute mer.
- Sur nos côtes, il n’y a guère que le phare de la Jument qui réponde à cés conditions -r’ ce phare, complètément isolé au large de l’île d’Ouessant, est construit sur une sorte de pic sous-marin ; la tour émerge seule de l’Océan ;
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- bre 1923 pour la Géorgie du Sud. Je pus y observer, non seulementle grand Albatros, mais aussi d’autres oiseaux, tels que certains pétrels, pélicanoïdes, etc., qui pratiquent le même genre de vol.
- Il y a deux cas de vol à voile que pratiquent parfois ces oiseaux et que nous écarterons systématiquement de la discussion qui va suivre. C’est d’abord le cas des courants ascendants créés par la marche des navires : à l’arrière des navires (ou plutôt sous le vent relatif), il y a une vague d’air ascendante que les oiseaux utilisent souvent, et les personnes qui ont quelque peu navigué ont vu ainsi les mouettes suivre parfois des journées entières les navires. Elles utilisent une colonne d’air ascendante due à la rencontre des deux masses d’air séparées par la coque et qui se rencontrent à l’arrière (l’origine du nuage de poussière qui suivent une automobile est identique).
- Les indigènes de la Côte d’ivoire utilisent très ingénieusement sur l’eau un phénomène analogue. Avec leurs petites pirogues, ils suivent parfois des heures entières sans donner un coup de pagaye le bateau à vapeur qui fait le service de la lagune (fig. 4). Pour cela, ils s’efforcent au début de donner en
- pagayant à leur pirogue la vitesse du bateau, puis se placent sur la partie avant d’une des vagues du train d’ondes qui suit le sillage du navire. Après cela, ils n’ont.plus qu’à gouverner, se trouvant sur un plan incliné liquide qui suit le bateau, ce qui leur permet d’obtenir sans etfort une vitesse de 7 à 8 noeuds. De même les oiseaux
- se placent sur la partie ascendante de Fa vague d’air qui suit le navire.
- Il y a en second lieu le cas des oiseaux volant au ras des vagues dans le cas ou les vagues et le vent ont des vitesses très différentes : ceci crée en effet, ainsi que Font montré des expériences directes faites au pied du phare de laJunent d’Ouessant, des courants ascendants locaux suffisant à les sus-
- Fig. 3. — Vent de terre et vent de mer. Diagrammes comparés de la vitesse du vent, en haut ; au phare de la on n’y aborde jamais et Jument, en bas : à l’Institut aèrotechnique de Siint-Cyr. pour y pénétrer, il faut, d’une;des fenêtres delà
- tour, lancer un câble à la chaloupe et se faire haler par ce câble. Mais si ce phare est d’un accès difficile, on a l’avantage d’y être tout à fait dans les conditions du large au-dessus de la grosse houle de l’Océan qui passe sans déferler au pied de la tour.
- Je pus, grâce à la complaisance de la Direction des phares, y séjourner 5 semaines en octobre 1925.
- J’y constatai d’abord que le vent de mer est en moyenne beaucoup plus régulier que le vent de terre (fait confirmé cet hiver par MM. Huguenard,
- Magnan et Planiol avec un anémomètre à fil chaud)
- (fig. 3.)l)c plus, les enrégistrements que j’yai obtenus paraissaient indiquer qu’il est difficile de trouver, dans les fluctuations de vitesse et de direction du vent à hauteur constante, une énergie suffisante à sustenter les oiseaux. Enfin, les variations de température, très faibles dans ce cas,' ne suffisaient pas à expliquer le vol des oiseaux de mer sous nos latitudes par des courants thermiques.
- Les recherches semblaient donc devoir s’orienter dans une autre voie lorsque je partis fin décem-
- Lig. 4.
- Un indigène pagayant dans le sillage d’un vapeur, à la Côte d'ivoire.
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- LE VOL SANS BATTEMENT DES ALBATROS ..— 243
- tenter. Les oiseaux volent alors très bas et manœuvrent de manière à rester très longtemps sur la face sustentatrice des vagues et peu de temps sur l’autre.
- Mais en dehors de ces deux cas, loin des remous du navire, et même quand les vagues et le vent ont des vitesses peu différentes, les ;lbatros volent à voile pourvu qu’il y ait un vent suffisant. Le manège’ qu’ils emploient est alors tout à fait différent.
- On les voit d’abord raser la surface de l’eau, de préférence entre deux vagues ou du côté de la vague opposée au vent, en faisant un virage. Lorsque ce virage les amène à être sensiblement face au vent, ils montent à peu près en ligne droite jusqu’à ce qu’ils atteignent une altitude de l’ordre de 10 à 15 m. Ils font alors un nouveau virage, soit à droite, soit à gauche, suivi d’une descente vent arrière ou vent latéral qui les ramène au voisinage delà surface de la mer oit ils répètent le même manège et ainsi indéfiniment.
- Ils suivent donc une route sinueuse, composée d’une série de virages entrecoupés de descentes. Les figures ci-jointes, les unes en plan coté, les autres en perspective donneront une idée des trajectoires suivies (fig. 5 et 6).
- Les oiseaux utilisent l'une ou l’autre de ces tra-iecloires suivant la direction qu’ils veulent suivre. Les virages sont en général très raides. Nous avons
- virage supérieur
- virage inférieur
- virage supérieur
- virage inférieur virage inférieur
- virage supérieur
- virage .inférieur
- Fig. 5. — Types divers de trajectoires d’albatros, vues en perspective.
- Le vent vient de l’horizon vers l’observateur; les ailes blanches sont vues en dessus, celles hachurées en dessous.
- emporté plusieurs appareils télémétriques, prismes biréfringents, lunettes de Rochon, etc., mais étant donnée la faible hauteur à laquelle ils montent, j’ai employé le moyen le plus simple et le plus exact qui consistait à monter dans les haubans du mat arnire et à comparer l’horizon à la hauteur maxima. Quand l’oi-
- Plan des trajectoires des albatros entre deux couches d’air cotées o et 12 mètres.
- mesuré sur des clichés des inclinaisons du plan des ailes de 66°. On peut compter qu’en moyenne les ailes sont inclinées de 55°.
- On constate que le vol à voilé commence vers 4 m. 50 à 5 m. de vent à la couche basse où l’oiseau fait son virage inférieur (on pouvait mesurer ce vent assez exactement au moyen de fumées quand lèvent était arrière et qu’il n’y avait qu’à évaluer la différence entre la vitesse du vent et celle du navire qui faisait environ 10 nœuds, soit 5 mètres par seconde).
- La hauteur à laquelle montent les oiseaux pour une trajectoire d’un type donné, est plus grande par vent fort que par vent faible. Pour les exulans elle .était en moyenne de l'ordre de K m. pour les vents faibles et atteignait 15 m. pour les vents forts. Pour évaluer ces hauteurs, j’avais
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- LE VOL SANS BATTEMENT DES ALBATROS
- Fig. 8. — Fo/s pétrels montrant leurs trajectoires périodiques. (D’après les films de M. Idrac.)
- seau atteint la ligne d’horizon, sa hauteur est celle de l’observateur. Je pouvais sur le navire monter ainsi jusqu’à 24 m. au-dessus de la ligne de flottaison. La hauteur maxima observée a été (et tout à fait exceptionnellement) de 21 mètres.
- Quant à la vitesse des oiseaux, elle a été mesurée au moyen d’un cinématographe automatique, fort obligeamment prêté par la Sociétéd’mformation documentaire par films (production Mestre). L’appareil prenait 17 vues à la seconde. Ayant noté l’altitude de l’opérateur et la vitesse du vent, on opérait ensuite pai restitution photographique au moyen démesures micrométriques sur les clichés. J’ai ainsi trouvé que la vitesse aérodynamique de l’albatros pouvait varier entre 14et28m.par seconde. Elle était en moyenne de 24 m. au virage inférieur et de 19 au virage supérieur. La moyenne totale a été de 22 m. pour le grand albatros et de 20m. pour le mélanophris.
- Pour expliquer ce vol et ces manœuvres, la première pensée qui se présente à l’esprit est qu’ils utilisent des irrégularités du vent ou des courants .ascendants, en relation avec les différentes phases de la manœuvre. Or il faut remarquer que la manœuvre ci-dessus décrite des albatros se fait avec
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- Fig. <). — Vitesse du vent où vole Valbatros.
- une période assez constante, qui dépend de la trajectoire suivie (elle est un peu plus courte pour les trajectoires des derniers types que des premiers), mais qui, pour une trajectoire donnée et une espèce d’oiseaux donnée, varie fort peu. Je relève à titre d’exemple sur mon cahier d’expériences les nombres suivants :
- Exulans
- (trajectoire b)
- Nombre Temps en de cycles, secondes.
- 41 420
- 14 422
- 11 418
- 20 217
- 5 48
- 10 110
- 5 51
- 6 59
- 10 108
- 6 63
- Mélanopkris
- (trajectoire b à c)
- Pétrel
- (ossil'rage géant) (trajectoire a);
- Pelécanoïdes
- (trajectoire b à c)
- Nombre Temps en N'omlre Trinps en de cycles, secondes, de cycles, secondes.
- Nombre Temps en de cycles, secondes.
- 5
- 3
- 4 3
- 5 5 5
- 33
- 24 28
- 25 40 56 38
- 6 57
- 6 62
- 6 54
- Moyenne de la période : 9 sec. 6
- 5 24
- 5 27
- 6 55
- 4 20
- Moyenne de la période
- 5 sec. 2
- Moyenne de la péiiode : 7 sec. 3
- Moyenne de la période : 10 sec. 7
- Les oiseaux des divers types ont souvent été observés volant à voile simultanément. Si donc ils utilisaient des variations périodiques du vent en relation avec les différentes phases de la manœuvre, il faudrait pouvoir trouver simultanément dans le vent naturel des variations périodiques de vitesse ou d’inclinaison du vent, dont les périodes soient celles indiquées ci-dessus, ces périodes se maintenant constantes pendant des journées entières, avec des vents de directions variées, de vitesses variées, et au-dessus de houles de longueurs d’onde variées; il faudrait de plus que les amplitudes de ces oscillations soient de grandeur suffisante pour expliquer la sustentation; or, il ne semble pas que ce lait, à priori peu probable, ait été démontré jusqu ici. De plus, même dans ce cas, on devrait voir les oiseaux voisins l’un de l’autre taire leur montée et leur
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- LE VOL SANS BATTEMENT DES ALBATROS ======== 245
- Fig. io. — Vols de pétrels montrant leurs trajectoires périodiques. (D’après les films de M. Idrac.)
- descente simultanément. Or, j’ai eu maintes fois l’occasion de voir des oiseaux très voisins opérer leurs manœuvres sans aucun accord,
- D’ailleurs, pour m’assurer sur place de ce qui se passait, j'ai suspendu à quelques mèfres au-dessus du pont du navire un tube de Venturi relié à un manomètre enregistreur. Voici des enregistrements obtenus dans des cas où la distance de l’oiseau au moment de sa montée a pu être évaluée. (J’ai choisi des oiseaux se trouvant sensiblement dans la direction d’où venait le vent relatif 'à l’appareil, de manière que celui-ci reçoive les variations ‘ayant passé sur l’oiseau.) On ne voit sur cette courbe, au moment de l’arrivée de la masse d’air ayant passé sur l’oiseau, aucune variation nette d’augmentation ou de diminution du vent coïncidant avec la montée dont la durée est environ 2 secondes (fig. 9.)
- L’étude des courants ascendants a été faite au moyen de fumées lancées par des appareils fumigènes portés par des flotteurs qu’on lançait du bateau. C’était à peu près le seul moyen de faire une évaluation de courant ascendant quand l’opérateur est soumis à des mouvements verticaux plus ou moins désordonnés qu’on ne peut évaluer que grossièrement avec un accéléromètre. Il faut toutefois avoir soin de n’opérer qu’avec une marche du navire telle que lèvent relatif du navire vienne de la région arrière, de manière que le flotteur abandonné sur la mer se trouve au bout de peu de temps hors de la zone perturbée (fig. 11.)
- On constate alors que, jusqu’à quelques mètres, il se produit des remous ascendants et descendants, d’assez faible amplitude d’ailleurs ; mais les albatros passent au traAœrs sans s’en préoccuper, aussi bien dans les remous ascendants que dans les descendants. De plus, les albatros, au cours de leur virage inférieur, ne cherchent pas le côté de la vague où se trouve le courant ascendant, mais le côté de la vague où le vent est le plus faible. Lorsque "la vague est de courte longueur d’onde, sa vitesse est inférieure au vent et l’expérience montre que le vent est plus faible sur la face opposée au vent que sur l’autre où se trouve le courant ascendant. Or, dans ce cas, surtout si les pentes des vagues sont fortes, l’oiseau choisit kj face opposée au vent. L’oiseau cherche
- donc une zone où le vent est faible au cours de son virage inférieur.
- Enfin on ne peut invoquer une réaction quelconque de la houle sur le vent, caries albatros peuvent faire ces manœuvres sur une mer unie ne présentant que de petites vagues de 0m,25 de levée, ainsi que j’ai pu le constater dans une baie de la Terre de Feu; dans cette même baie, au voisinage même de ces oiseaux, je constatai par contre une importante croissance du vent avec la hauteur. Or cette croissance est beaucoup plus importante qu’on pourrait le supposer à priori, puisqu’entre 0m,50et20 mètres de hauteur, la vitesse du vent passe en moyenne (cela dépend beaucoup de l’état delà mer) du simple au double. La figure 14 représente une courbe résultant d’un grand nombre de mesures que j’ai faites : elle donne la loi de croissance moyenne du vent avec la hauteur dans le cas d’une mer dans l’état d’agitation moyen observé dans le sud.
- Cette augmentation du vent avec la hauteur est sans doute due à un effet de frottement du vent contre les vagues, ce qui le ralentit près de la surface de l’eau. Le manège de l’oiseau revient donc à monter et à descendre pour trouver des différences de vitesses suffisantes à le sustenter ; ce qu’il ne saurait trouver d’une manière régulière en restant à hauteur constante.
- Fig. ii. — Zone perturbée {en hachures) autour d’un navire en dehors de laquelle les observations ont été faites.
- a, vent absolu, t, marche du navire. c, vent relatif du navire.
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- 246
- LE VOL SANS BATTEMENT DES ALBATROS
- Fig. 12. — Appareils de mesure.
- A gauche, flotteur muni d’un appareil fumigène; à droite, tube de Venturi avec girouette et manomètre enregistreur.
- L’accroissement du vent avec la hauteur n’étant rapide que dans les vingt premiers mètres, ceci explique pourquoi on ne voit pas ces oiseaux gagner une altitude plus grande. Oron peut montrerpar le calcul qu’il est possible à un oiseau d’utiliser les variations de vitesse du vent s’il se présente face au vent quand le vent croît et vent arrière quand il décroît. Son manège a donc pour but de créer artificiellement des rafales régulières en se présentant face au vent à la montée (donc par vent croissant) et vent arrière à la descente ^donc par vent décroissant).
- Il faut toutefois montrer, en partant des nombres expérimentaux trouvés que la décroissance du vent en hauteur ainsi obtenue est suffisante pour expliquer leur sustentation. Nous ne développerons pas ici ce calcul, qui a été exposé en détail dans la Technique Aréonauticjne du 15 janvier 1925 et dans le Bulletin des Inventions du 1er mars. Disons seulement que ce calcul a été fait en ne partant d’aucune hypothèse spéciale, si ce n’est que l’albatros a une finesse (*) de 0m,05 à 0m,07 suivant le cas, c’est-à-dire qu’il est assimilable à un excellent^planeur,
- 1. On désigne par finesse le rapport entre la résistance à l’avancement et la force portante.
- Fig. 14. — Courbes donnant la croissance du vent en hauteur.
- hypothèse vraisemblable. Or ce calcul, qui s’appuie sur les données expérimentales et repose sur les formules très simples couramment employées dans la dynamique des avions, permet d’arriver aux conclusions théoriques suivantes.
- 1° Les manœuvres étudiées ci-dessus ne sont possibles que pour des oiseaux possédant une grande vitesse aérodynamique (c’est-à-dire une grande vitesse par rapport à l’air) ; ceci explique pourquoi les vautours, milans, elc., ne la pratiquent pas.
- 2° Dans le cas des albatros dont la vitesse aérodynamique peut varier de 15 à 28 mètres d’après nos observations, le vol à voile ne commence à être possible que pour un vent d’au moins 6 mètres à la couche basse.
- 5° La hauteur de la couche supérieure à laquelle doit s’élever l’oiseau pour obtenir le meilleur rendement est plus grande par vent fort que par vent faible; elle doit être en moyenne de 10 à 12 mètres.
- 4° Là iseau ne peut lutter contre le vent sans perdre de terrain qu’avec des trajectoires des types
- j
- .. Vitesse du vent
- •___Vitesse de propagation de fa vague
- Fig. i3. — Oiseau faisant son virage inférieur.
- La courbe en pointillé indique les variations de la vitesse du vent en divers points au-dessus des vagues; on voit que l’oiseau se place à l’endroit où le vent est minimum.
- c et d (fig. 6) et ne peut en aucun cas remonter un vent de plus de 16 mètres à la couche moyenne, sans être entraîné par rapport à la mer.
- Or ces déductions théoriques sont d’accord avec les observations qu’il m’a été donné de faire dans les mers du sud.
- Nous somme: donc bien en présence, dans le cas des albatros, de l’utilisation d’une nouvelle forme de l’énergie interne de l’air; l’augmentation de vitesse avec la bailleur dans les couches inférieures, augmentation due à ce fait que les couches les plus basses sont ralenties par un effet de frottement sur la mer et les vagues.
- Comme conclusion de cette étude, je dirai qu’il y a trois sortes de vol à voile actuellement bien connues :
- Le vol à voile utilisant les courants ascendants créés par des obstacles.
- Le vol à voile utilisant le phénomène de la friction de l’air contre le sol qui se traduit par une croissance du vent avec la hauteur. Enfin celui qui utilise les courants ascendants thermiques dans les pays chauds et parfois dans les pays tempérés.
- Jusqu’ici les avions humains sans moteur n’ont encore fait que copier le premier de ces vols. Il paraît peu probable qu’ils puissent imiter le second, en raison de la faible hauteur à laquelle il doit se pratiquer (au-dessus d’une vingtaine de mètres la croissance du vent devient infime), et aussi en
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- RECTIFICATION DE LA LUM/ÈRE DES TUBES AU NÉON
- raison des manœuvres compliquées et des virages brusques qu’il nécessite.
- Par contre il parait possible que l'on puisse utiliser le troisième, les courants ascendants thermiques, quoique non sans de grosses difficultés. Toutefois, alors que des manœuvres analogues à celles des alba-
- 247
- tros nécessiteraient une forte charge au mètre carré et une grande vitesse aérodynamique, il faudra, pour utiliser les courants ascendants thermiques, une faible charge au mètre carré et une faible vitesse aérodynamique, jointes de plus à une grande finesse. M. Idrac.
- RECTIFICATION DE LA LUMIÈRE DES TUBES AU NÉON
- . M. Georges Claude a présente à L'Académie des Sciences, le 25 mars dernier, la communication suivante qui révèle un nouvel effet lumineux réalisable avec les lampes à néon, aujourd'hui si appréciées pour leurs effets décoratifs.
- J’ai obtenu dans un travail sur la rectification de la lumière du néon des résultats assez curieux que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie.
- Dans les tubes à néon-mercure employés pour donner la lumière bleue, et spécialement dans ceux de faible diamètre (8 à 10 mm extérieurs), les variations de température influent beaucoup sur la qualité de la lumière.
- Quand la température est élevée, seul le spectre du mercure est visible ; si elle s’abaisse progressivement, quelques lignes du néon apparaissent d’abord, puis la lumière blanchit, rosit, et finalement rougit. Cela provient évidemment de ce que, à mesure que le tube refroidit, la tension de vapeur du mercure diminue progressivement et que le néon prend dans le transport des charges électriques un rôle de plus en plus prépondérant.
- Or, constituons un de ces tubes d'une succession de tronçons de gros et de petit diamètre (fig. 1) : la densité de courant étant plus grande dans les tronçons étroits, la température y sera plus élevée.
- Une déduction trop hâtive des constatations précédentes m’avait donc fait penser que dans les sections étroites et chaudes, on aurait la lumière du mercure, et dans les sections larges et froides la lumière du néon. On obtiendrait ainsi, outre des effets décoratifs intéressants, la correction de la lumière du néon par la lumière du mercure à l’aide d’un seul tube, résultat pratiquement impossible jusque-là.
- De fait, le résultat cherché a bien été obtenu, mais d’une façon précisément inverse de celle que
- //////////s. Z//S///////S, y//////////v
- '//////////s y//////////z ///'////////.-
- V'.NWWWV'NWWWo-.nvnW'NsWsWs.nnSNWn.nnWW.N'.NW^N-wWSs-vn.WNNS'xSSWsNN
- Fig. 2.
- j’attendais : pour un certain régime, d’ailleurs assez élastique, non seulement les parties larges, si elles sont pas trop froides, donnent la lumière du mercure, et pas celle du néen, mais les parties rétré-
- cies, donc les plus chaudes, fournissent la lumière du néon, et pas celle du mercure.
- Une expérience instructive va nous aider à comprendre cette double rectification imposée par les faits à ma conception primitive.
- Dans des conditions de régime convenables, aug-
- l— _______f-----1________J--------1 r~
- —T “1______________T I_____________J~ L—
- Fig. i.
- mentons brusquement le courant d’un tube ordinaire néon-mercure marchant en lumière bleue; nous observons que la lumière du néon apparaît subitement, éteignant presque celle du mercure. Cependant, cet effet est fugace : après quelques secondes, le courant plus intense volatilise plus de mercure; celui-ci reprend le dessus et éteint le néon.
- Cette expérience nous apprend qu’un mélange donné de néon et de mercure peut vibrer en mercure à faible densité de courant et en néon à forte densité; elle nous confirme en outre que plus le mélange s’enrichit en mercure, plus difficilement il vibre en néon.
- Or, dans notre dispositif à tronçons alternativement gros et étroits, la densité de courant est automatiquement faible dans les gros tronçons, et grande dans les autres : il est donc naturel que les gros vibrent en mercure et les petits en néon.
- On peut pourtant se demander pourquoi ce dernier effet est permanent, et non fugace comme je le disais tout à l’heure d’un tube ordinaire. Il semble, en effet, que le chauffage plus fort des tronçons étroits y provoquant une volatilisation plus grande du mercure devrait amener rapidement ici encore l’extinction du néon. C’est cependant une erreur, car ia tension du mercure en tous les points de l’enceinte est ici gouvernée par le principe de la paroi froide, laquelle est,, en l’espèce, celle des tronçons de grosse section : la teneur en vapeur de mercure des petits tronçons ne peut donc augmenter ; le mercure en excès qui s’y trouve est bientôt transporté sur les surfaces froides et, après une mise en régime plus ou moins longue, lat lumière du néon y peut subsister indéfiniment.
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- = LA SUPERHETERODYNE ET LA SUPERRÉACTION
- En résumé, malgré le mal-fondé de mon point de départ, je suis donc arrivé à ce résultat curieux, et qui intéressera sans doute les physiciens, d’un mélange gazeux de teneur uniforme donnant au môme moment, dans des régions délimitées à volonté d’une même enceinte, le spectre du mercure ou celui du néon.
- J’ajoute que de tels tubes sont facilement fabriqués (fig. 2) en introduisant dans un tube de diamètre uniforme des tronçons de tubes plus petits et d’un diamètre interne convenable. On conçoit d’ailleurs qu’il suffit de varier les longueurs respectives des tronçons successifs pour modifier à volonté la teinte de la lumière résultante. Georges Clxude,
- Membre rie l'Institut.
- LA SUPERHÉTÉRODYNE ET LA SUPERRÉACTION
- Étude comparée de leurs propriétés et de leur évolution.
- Le 14 novembre 1922, il y a donc maintenant plus de deux ans, M. Armstrong expliquait dans une conférence fort intéressante, organisée par « les Amis de la T. S. F. », les principes du dispositif de réception nouveau, qu’il venait de mettre au point aux Etats-Unis, dispositif qu’il avait nommé superrégénérateur, ou de superréaction. Les résultats d’expériences remarquables indiqués dans cette conférence, et la simplicité de construction, tout au moins apparente, des appareils décrits, devaient, aussitôt connus, susciter l’enthousiasme de nombreux amateurs de T. S. F. français, qui n’avaient jusqu’alors connu l’invention que par la lecture d’articles plus ou moins exacts de revues étrangères, ou par l’étude de traductions françaises, généralement peu explicites, et assez mal adaptées.
- Le dispositif superhétérodyne, déjà réalisé en France par M. Lévy vers la fin de 1917, sous sa forme primitive, et décrit dans la notice de M. Gutton parue à cette époque, n’était cependant encore employé que par quelques amateurs éclairés, lorsqu’en mai 192.3 un de nos articles de La Nature, qui était une des premières études de vulgarisation parue en France sur ce sujet, et relatant des essais exécutés en France, permit à nos lecteurs de connaître les principes du procédé et la disposition des éléments constituant les appareils, de se rendre compte aussi, par l’indicatron de quelques exemples très nets de résultats obtenus, des multiples avantages de ce mode de réception. Les très nombreuses lettres reçues par nous à cette époque nous ont suffisamment démontré l’intérêt manifesté par les amateurs pour ce dispositif encore mal connu du public, et même la surprise éprouvée par nos eor respondants en apprenant les résultats d’audition indiqués dans cet article, résultats pourtant réguliers et relatés sans aucune exagération optimiste.
- Depuis cette époque, qui semble déjà lointaine,
- car chaque jour qui passe modifie en radiotech-nique les théories et leurs applications, et, par suite, les procédés de réception, quel usage ont fait les amateurs de T. S. F., et plus spécialement les amateurs français, de ces deux dispositifs spéciaux, dont ils connaissaient les principes? De nombreux auteurs et journalistes techniques se sont d’ailleurs, par la suite, efforcés de les faire connaître avec encore plus de détails, en décrivant des montages pratiques comportant de légères modifications, en exposant également les résultats très variables obtenus par eux, et en concluant enfin, suivant ces résultats mêmes, soit dans un sens tout à fait péjoratif, soit dans un sens extrêmement laudatif.
- En fait, de très nombreux amateurs français ont tenté des essais de superréaction dès le moment où ils ont connu la manière de réaliser un poste superrégénérateur ; mais il faut avouer que, la plupart, actuellement, ont abandonné ces essais en alléguant que le réglage de l’appareil était extrêmement difficile, l’audition toujours désagréable et couverte par des sifflements insupportables, la sélectivité absolument nulle, et ainsi, en réalité, la réception absolument impossible en pratique.
- Quelques autres, au contraire, qui, d’ailleurs, sont généralement des-opérateurs déjà habiles, ont décrit avec enthousiasme les merveilleux résultats qu’ils obtenaient, résultats impossibles à réaliser par tout autre procédé de réception, à égalité du nombre d’étages d’amplification surtout. D’autre part, des constructeurs ont étudié des modèles, dont le fonctionnement semble régulier, et qui peuvent être employés facilement par l’amateur « moyen ».
- La vogue du dispositif superhétérodyne n’a, au contraire, cessé de croître depuis le moment où il a commencé à être connu des amateurs. Cette vogue
- Rh
- kv. —
- Fig. i.
- Lampe dètectrice à réaction.
- Montage simple.
- La bobine de réaction L. est couplée, à couplage variable, avec le circuit oscillant d’entrée L,C, ; l’amortissement de ce circuit est ainsi diminué et il en résulte une augmentation d’amplification à la limite d’accrochage.
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- LA. SUPERHÉTÉRODYNE ET LA SUPERRÉACTION 249
- atteint actuellement son apogée aux Etats-Unis et en Angleterre, où il est un des appareils les plus employés, et où presque chaque journal radiotech-nique lui consacre un article dans chacun de ses numéros.
- Un grand nombre d’amateurs français l’utilisent actuellement avec succès, et ce nombre s’accroît chaque jour. Deux causes, cependant, retardent encore la diffusion de ce procédé, comme nous l’indiquerons dans le cours de cet article; d’une part, la complexité apparente de l’appareil fait trop souvent craindre aux sans-filistes débutants les difficultés de construction et de réglage qui sont bien loin d’être réelles; d’autre part, beaucoup d’« usagers » de la T. S. F. désireraient acquérir de tels postes chez le constructeur, mais hésitent à y consacrer, surtout étant données les conditions économiques actuelles, la somme relativement élevée qui serait nécessaire.
- Quoi qu’il en soit, ces deux intéressants montages ne présentent donc plus pour les amateurs français l’attrait immédiat de la nouveauté. Il n’est cependant pas trop tard, bien au eontraire, pour leur consacrer une étude comparée. Des expériences qui ont duré ainsi plusieurs années ont permis de déterminer leurs mérites et leurs inconvénients respectifs, car tout appareil de T. S. F. présente et présentera toujours des inconvénients, il faudrait aller au pays de l’Absolu pour y trouver l’appareil vraiment parfait.
- Il en est absolument de même, d’ailleurs, dans toutes les industries. Il faut toujours plusieurs années avant qu’un procédé nouveau soit entré dans la pratique courante, et mis au point suivant les nécessités momentanées ou locales. Il est donc fort regrettable, et les amateurs de T. S. F. trop épris de merveilleux pourraient appliquer ce principe, de s’enthousiasmer trop vite en lisant la simple description d’un appareil nouveau qui n’a pas encore été soigneusement expérimenté.
- L’expérience personnelle, avec ses irréfutables et trop souvent décevantes démonstrations, vient ensuite calmer cet enthousiasme irréfléchi. Par une réaction psychologique bien connue, on en arrive ainsi à juger injustement un procédé qui peut avoir de très réels mérites. Seule l’expérimentation patiente et scientifiquement dirigée permet de tenter en toute impartialité d’énoncer des opinions... qui seront exactes au moins pendant quelque temps.
- Hétérodyne ondes courte.
- Appareil
- d'accord
- Collecteur
- d'ondes
- \ Détecteur xf 1 “T Ampliïïcateur
- \avecétaqe . T T pour grandes ondes
- HF Circuits accorde
- sur grande longueur d'onde
- Fig. 3. — Principe du dispositif super hétérodyne.
- Osciil
- ~— 4 à
- Fig. 2. — Montage superrégé aérateur à 2 lampes, la première détectrice, la deuxième oscillatrice, utilisant la variation de la résistance positive (montage du Dr Titus).
- C,, condensateur variable à vernier de o,5! 1000 de microfarad; C2R2, condensateur shuntè de détection, 0,1/1000 de mrcrofarad shunté par 4 à 5 mègohms; C3 et condensateurs fixes de 2/1000 de microfarad; L4L2, bobines d’accord et de réaction. L, et L3, bobines de grille et de plaque de l’oscillatrice.
- Nous pensons donc qu’il peut être intéressant de comparer ces deux dispositifs avec les données précises que nous possédons aujourd’hui, et d’indiquer, sommairement, les modifications qu’ont subies les modèles primitifs; modifications qui avaient pour but soit d’atténuer leurs inconvénients, soit de les adapter aux conditions de réception, qui varient chaque jour, suivant les émissions elles-mêmes.
- Avant tout, il nous semble utile de rappeler encore une fois au lecteur les principes des appareils, et d’abord d’exposer en quelques lignes et d’une façon tout au moins assez superficielle, le fonctionnement d’un poste superrégénérateur.
- Dans un dispositif à réaction ordinaire, une simple lampe détectrice à réaction, par exemple, on sait, que, lorsqu’on se maintient à la limite et en deçà de la position d’accrochage, pour la réception des émissions radiophoniques, l’augmentation d’amplification constatée provient de la diminution d’amortissement, c’est-à-dire de la diminution de résistance, du circuit oscillant, qui agit sur la grille d’entrée (fig. 1) ; tout se passe, et on peut le vérifier facilement, comme si l’on introduisait dans ce circuit une résistance négative. Mais on ne peut utiliser au maximum cet etfet d’amplification ; lorsqu’on a dépassé une certaine limite, dite « d’accrochage », des oscillations prennent naissance, et les « sifflements » produits de ce fait dans les écouteurs téléphoniques empêchent toute réception.
- Le dispositif de superréaction a pour but de permettre la complète utilisation de la rétroaction en empêchant la naissance.de ces oscillations, même lorsqu’on dépasse le réglage limite de la réaction ordinaire.
- On a utilisé, à cet effet, une lampe montée en
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- hétérodyne, c’est-à-dire en génératrice locale d’oscillations, et dont la fréquence des oscillations est relativement basse par rapport à la fréquence des ondes reçues, provenant du poste émetteur. Cette fréquence d’hétérodyne est de l’ordre de 10 000 périodes, par exemple, alors que la fréquence des ondes au-dessous de 300 mètres de longueur d’onde dépasse un million.
- La lampe oscillatrice est utilisée pour faire varier, soit la tension de grille de la lampe à réaction (variation de la résistance positive), soit la tension de plaque (variation de la résistance négative), suivant une fréquence égale à celle de ses oscillations. Ces variations de résistance permettent d’arrêter, dès après leur naissance, les oscillations de la lampe à réaction qui auraient tendance à se perpétuer et à empêcher la réception. La lampe à réaction ne se trouve en état d’oscillation que pendant de très courts instants (de l’ordre de 1/10 000e de seconde). Après détection, on obtient un courant moyen, dont l’intensité reproduit les variations d’intensité des ondes reçues, et, en definitive, la réception est très amplifiée et théoriquement sans déformation.
- Les résultats sont d’autant meilleurs que la fréquence des ondes reçues est plus grande par rapport à la fréquence des ondes locales émises par l’hétérodyne auxiliaire. C’est pourquoi l’appareil ne reçoit bien que les ondes courtes, c’est pourquoi aussi les émissions radiotélégraphiques sur ondes entretenues sont plus amplifiées que les émissions radiophoniques, parce que, dans ce dernier cas, on ne peut diminuer la fréquence de l’hétérodyne au delà d’une certaine limite supérieure aux fréquences usuelles delà parole. Quant aux émissions sur ondes amorties, elles sont très mal reçues, ce qui d’ailleurs peut être quelquefois un avantage lorsqu’on est « brouillé » par des transmissions de ce genre.
- Ceci posé, les dispositifs de superréaction peuvent comprendre une, deux ou trois lampes. Dans le premier montage, la lampe est utilisée à la fois comme amplificatrice détectrice et oscillatrice (hétérodyne) ; dans le deuxième, la première lampe est détectrice et amplificatrice, <.t la deuxième oscillatrice ou inversement; enfin, dans le troisième la première lampe peut être amplificatrice, la deuxième oscillatrice, et la troisième détectrice.
- C’est le modèle à deux lampes, notons-le, qui semble le plus efficace et le plus facile à régler pour la réception des émissions radiophoniques. On voit, par exemple, sur la figure 2, le schéma d’un montage de ce genre. L’effet de superréaction est obtenu par variation de la tension de grille (résistance positive) de la première lampe. On voit, en effet, que l’espace filament-grille de la lampe oscillatrice est en dérivation sur le circuit oscillant d’entrée L, C15 de la première lampe. Puisque la deuxième lampe est montée en oscillatrice, la résistance de son espace filament-grille varie constamment, suivant la fréquence de ses oscillations, et il en résulte des
- variations de résistance correspondantes du circuit oscillant de grille L, G,.
- Ges explications, bien qu’assez superficielles, en réalité,,peuvent paraître encore complexes, mais le principe du dispositif superhélérodyne peut être indiqué plus rapidement, ou du moins plus simplement.
- L’appareil est basé sur un proce'dé par changement de fréquence, c’est-à-dire qu’au lieu de faire agir directement les signaux reçus par l’antenne ou le cadre sur l’appareil de réception, on transforme ces signaux en modifiant la fréquence de leurs oscillations au moyen d’une oscillatrice locale, et qu’on fait agir après cette transformation seulement, les oscillations résultantes sur l’amplificateur ordinaire.
- Le schéma de la figure 5 indique, d’ailleurs, le principe du dispositif. Les ondes incidentes sont reçues par le cadre ou l’antenne ; après leur passage dans l’appareil d’accord, elles passent dans un détecteur, précédé ou non d’étages à haute fréquence; ce détecteur est relié à un circuit oscillant accordé sur une grande longueur d’onde, et agissant par induction sur un deuxième circuit identique relié à un amplificateur, normalement destiné à recevoir des émissions de grande longueur d’onde. Une hétérodyne pour ondes courtes agit sur le circuit d’entrée par couplage électrostatique ou électromagnétique.
- Cette hétérodyne produit des oscillations locales, qui, par interférence avec les oscillations des ondes incidentes, déterminent des battements de fréquence inaudible. Ges battements, après détection par le premier détecteur, peuvent se décomposer en un courant continu et en oscillations de fréquence inaudible. Ce sont ces oscillations de fréquence inaudible qui sont transmises, par le moyen des circuits oscillants accordés, à l’amplificateur par grandes ondes, qui les amplifie en haute fréquence, les détecte, et les amplifie en basse fréquence, absolument comme des signaux ordinaires de grande longueur d’onde. On retrouve la modulation primitive sans aucune distorsion.
- S’il s’agissait de recevoir les émissions en ondes entretenues, on utiliserait une deuxième hétérodyne pour grandes ondes, disposée à proximité de l’amplificateur pour grandes ondes ; cette deuxième hétérodyne est évidemment inutile pour la réception des émissions radiophoniques.
- D’après son principe même, l’appareil s’établit facilement à l’aide d’éléments séparés ; la figure 4 montre un exemple de montage pour la réception sur cadre.
- La superhétérodyne et la superréaction sont donc de principes tout à fait différents, comme on le constate par ces indications. Dans le premier appareil, on transforme les ondes reçues en ondes plus longues et plus faciles à amplifier ; dans le deuxième, on se sert simplement d’un artifice pour permettre d’utiliser au maximum la puissance d’amplification d’une lampe à réaction. Cependant ces deux procé-
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- dés présentent un point commun, qui est la modulation des oscillations incidentes par une lampe hétérodyne, dont le rôle d’ailleurs est assez différent dans les deux cas, comme on l’a vu.
- Indiquons maintenant les propriétés essentielles et aussi les inconvénients de ces dispositifs.
- La superréaction est un procédé extrêmement puissant pour la réception des ondes courtes ; à ce point de vue même, seul le dispositif superhétérodyne peut lui être comparé, et nous avons fait remarquer que l’amplification obtenue était d’autant plus forte que la longueur d’onde des émissions à recevoir était plus petite. Avec deux lampes seulement d’un dispositif superrégénérateur, il est possible d’obtenir sur un petit cadre une audition en très fort haut-parleur des émissions provenant de postes radiophoniques rapprochés émettant sur ondes courtes; à Paris et en banlieue, par exemple, il sera aisé d’entendre de cette façon les radio concerts des P. T. T. ou du Petit Parisien.. On signale avec des appareils de ce genre de bonnes réceptions des radio-concerts anglais effectuées à plus de 1000 kilomètres ; on a même pu entendre des émissions américaines en Europe avec assez de facilité.
- La simplicité relative de montage d’un tel poste, permet de le réaliser sous une forme très complète de dimensions réduites, et même d’établir des modèles facilement transportables (fig. 5). On peut utiliser des lampes à faible consommation permettant l'emploi des piles pour le chauffage et la tension de plaque, et la boîte contenant l’appareil peut ainsi contenir les batteries d’alimentation et le cadre de réception, comme l’indique la photographie. On obtient alors un poste portatif puissant qui peut rendre de grands services.
- 11 faut avouer, cependant, que la réception est plus difficile, lorsqu’il s’agit d’émissions très faibles qui ne seraient pas perçues à l’aide d’une simple détectrice à réaction orJinaire. On peut dire, en général, qu’il est facile de recevoir en très fort haut-parleur avec un dispositif superrégénérateur les
- Fig. 5.
- Poste superrégénérateur à 2 lampes, modèle portaiij, avec cadre de réception à Vintèneur de la boite du poste. (Poste. Titus.)
- —B--
- Fig. 4 — Dispositif superhétérodyne. Réception sur cadre. (Eléments séparés.t
- C.,CaC.-„ condensateurs variables de i/iooo de microfarad ; S,, bobine exploratrice de l’hétérodyne H ; Ss, bobine de couplage; S3 et S*, bobines de longueur d’onde supérieure à 3ooo mètres environ, montées dans une boîte B de couplage. A, amplificateur pour grandes ondes, avec 2 étages au moins à haute fréquence avant détection. H', hétérodyne pour ondes longues.
- émissions reçues très faiblement au casque avec une lampe détectrice à réaction.
- La sélectivité de l’appareil, d’autre part, n’est pas plus accentuée que 'celle d’une lampe détectrice à réaction, et rien dans le principe du procédé, en réalité, n’est destiné à accroître la sélectivité. 11 sera donc toujours nécessaire, même si d’autres raisons n’interviennent pas, d’utiliser un cadre comme collecteur d’ondes ou un appareil d’accord Tesla pour la réception sur antenne. Malgré ces précautions, il est évident que l’élimination d’émissions provenant de postes puissants et voisins sera toujours très difficile lorsqu’on voudra écouter des transmissions lointaines et de longueurs d’onde voisines de celles des émissions à recevoir. A Paris, par exemple, il sera très difficile de recevoir les émissions anglaises lorsque les postes parisiens sur ondes courtes sont en action.
- Nous avons cependant noté que l’appareil amplifiait très mal les émissions sur ondes amorties; dans certains cas, cette propriété sera précieuse puisqu’elle permettra d’éviter les brouillages par les transmissions des bateaux et des postes côtiers.
- Le réglage du poste se réduit, en somme, à trois manœuvres essentielles : variation du couplage des bobines de la lampe à réaction et de celles de l’oscillatriee, réglage du condensateur d’accord. D’ailleurs le couplage des bobines de l’oscillatriee peut rester invariable pour une gamme assez étendue de longueurs d’onde, et le réglage se réduit à deux manœuvres principales. Un a peut-être exagéré la difficulté de ces manœuvres, et il semble que tout amateur qui a déjà l’habitude d’utiliser une lampe détectrice à réaction puisse apprendre à régler très rapidement un poste superrégénérateur bien construit.
- Il est cependant encore un réglage qui est essentiel pour le bon fonctionnement de l’appareil, c’est celui du chauffage des filaments. Le chauffage des I filaments doit varier solidairement avec la tension
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- de plaques, et, bien entendu, suivant le type de lampes employées. Le réglage influe sur le fonctionnement de la lampe oscillatrice, et également sur celui de la détectrice, et il importe, avant tout, d’employer des rhéostats extrêmement progressifs, si l’on désire obtenir une audition pure.
- D’ailleurs, s’il est impossible de faire disparaître complètement le sifflement continu caractéristique du procédé, le réglage habile du chauffage des filaments permet de l’atténuer, à tel point qu’il est absolument imperceptible lorsqu’on reçoit une émission forte. L’audition est alors fort agréable, et l’on peut dire que l’appareil est absolument régulier et permet d’obtenir des réceptions pures et même capables de satisfaire un musicien, lorsqu’on désire recevoir des émissions de postes puissants et relativement rapprochés. A Paris, par exemple, il est* possible d’obtenir des auditions des radio-concerts des postes des P. T. T. et du Petit Parisien avec une netteté et une pureté fort satisfaisantes.
- L’audition des émissions faibles, qui est possible, comme nous l’avons indiqué, est cependant, en général, moins pure, surtout parce que le réglage devient plus difficile dans ces conditions.
- On peut cependant remarquer que l’emploi d’une lampe d’émission comme oscillatrice rend ce réglage plus facile.
- Un inconvénient assez grave du procédé consiste dans l’énorme amplification des parasites qu’il produit, et qui est surtout gênante pour la réception des émissions faibles. C’est pour cette raison que la réception sur cadre est particulièrement indiquée, bien que la réception en Tesla sur antenne soit employée par quelques amateurs.
- Enfin, par son principe même, le dispositif n’est destiné qu’à la réception des ondes courtes. Cette particularité n’est pas un inconvénient aux Etats-Unis où les postes de broadcasting emploient uniquement des ondes courtes, mais elle est un inconvénient en France où de nombreux amateurs désirent des appareils « omnibus » permettant de recevoir avec une modification simple les émissions de 250 mètres à 5000 mètres environ de longueur d’onde.
- En résumé, dans Vétat actuel de la question (nous indiquerons dans un prochain article les modifications que des expérimentateurs s’efforcent de réaliser), on peut dire'qu’un poste superrégénérateur est un appareil de construction relativement simple, ou de prix d’achat assez modique, n’exigeant que des accessoires peu nombreux, et extrêmement puissant pour la réception des ondes courtes, mais des ondes courtes seulement. Relativement peu sélectif,
- il est surtout destiné à la réception sur cadre ou sur antenne intérieure, par suite de sa facilité à amplifier les parasites. Bien que son réglage ne soit pas aussi difficile qu’on peut souvent le penser, ce n’est cependant pas, en général, un appareil destiné aux usagers de la T. S. F., c’est-à-dire à ceux qui ne possèdent pas de connaissances techniques, et veulent simplement faire l’acquisition d’un poste de T. S. F. pour avoir le plaisir d’écouter les radio concerts. Dans le cas de la réception d’émissions provenant de postes puissants ou rapprochés, il peut seulement convenir à cet usage, comme nous l’avons indiqué. C’est essentiellement un dispositif d’essais, mais qui est extrêmement intéressant, peut être étudié avec profits, et rendra de grands services à l’amatèur éclairé, notamment grâce à ses qualités de simplicité et de mobilité qui permettent de s’en servir en voyage ou en automobile, par exemple; il
- ne mérite, en tout cas, nullement l’injuste mépris ou indifférence que professent quelques amateurs, peut-être auparavant les plus enthousiastes d’ailleurs.
- Le dispositii superhétérodyne, lui, s’il présente des inconvénients, du moins ne présente pas ceux du superrégénérateur.
- Appareil extrêmement puissant pour la réception des ondes courtes, puisqu’il permet, par exemple, l’audition des radio-concert s anglais sur petit cadre à plusieurs milliers de kilomètres, il permet également la réception des émissions des ondes moyennes jusqu’à 5000 mètres environ de longueur d’onde, lorsqu’il est construit « ad hoc ».
- Il permet avec facilité la réception des émissions très faibles, qui ne seraient même pas perçues au casque avec une lampe détectrice à réaction. Cette propriété tient d’une part à l’appoint d’énergie produite par l’hétérodyne pour ondes courtes, et d’autre part à l’adjonction facile d’étages d’amplification à haute fréquence avant la première détectrice (pour la réception des signaux de longueurs d’onde supérieures à 150 mètres environ).
- Le réglage du poste paraît complexe à première vue, mais il est, en réalité, fort simple. Il peut se ramener, le plus souvent, à deux manœuvres principales ; réglage du condensateur d’accord et réglage du condensateur de l’hétérodyne pour ondes courtes. Ces manœuvres n’exigent d’ailleurs aucune précautions spéciales, l’opérateur pouvant s’approcher des appareils sans crainte de troubler le réglage.
- Mais les plus grands avantages de l’appareil résident peut-être surtout dans sa grande régularité de fonctionnement et dans ses qualités de sélectivité.
- Fig. o. — Superhétérodyne en éléments séparés.
- I, hétérodyne ; II, boîte d’accord et de couplage entre l’hétérodyne et le circuit ondes courtes; III, détecteur précédé de 2 étages haute fréquence; IV, amplificateur pour grandes ondes.
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- Par son principe même, le dispositif a pour but de transformer les ondes courtes en ondes plus longues, de fréquence pratiquement à peu près constante, quelle que soit la longueur d’onde des signaux reçus entre des limites déterminées. On comprend donc également que les résultats obtenus, et l'amplification produite, soient extrêmement réguliers et ne dépendent que fort peu de la longueur d’onde des émissions que l’on veut recevoir.
- Les qualités de sélectivité de l’appareil sont déterminées par la présence des circuits oscillants S3 C2 et S4 G- placés entre la détectrice petites ondes et l’amplificateur pour grandes ondes (voir fig. 4). Ces circuits sont accordés sur une certaine longueur d’onde, et, si les bobines S3et S4 sont peu couplées, des oscillations de fréquence suffisamment différentes de la fréquence propre des circuits ne pourront être transmises. En pratique, cette règle n’est pas absolue, mais il
- est absolument net ---------
- que seule une bande resserrée de fréquence sera transmise.
- Or si deux émissions de longueurs d’onde différentes viennent agir sur l’appareil après la première hétérodynation, il demeure entre les battements résultants la même différence de
- fréquence qu’entre les oscillations incidentes. Supposons, par exemple, que les circuits oscillants soient accordés sur 20 000 périodes, que l’une des émissions sur ondes courtes ait une fréquence de 1 000 000 et l’autre de 1 200 000, après hétérodynation on obtiendra des battements de 20 000 périodes et de 220 000 périodes, et seuls évidemment les premiers seront transmis.
- Appareil puissant et très sélectif, de fonctionnement absolument régulier, permettant la réception sur une gamme étendue de longueurs d’onde, la superhétérodyne est donc un montage remarquable, dont les seuls inconvénients proviennent de son principe même. Bien que l’on puisse le réaliser facilement avec des éléments séparés, que l’amateur possède
- Fig.
- déjà le plus souvent (fig. 6), le nombre de ces éléments est forcément assez grand, et par suite l’ensemble assez complexe; le nombre des étages nécessaires n’est d’ailleurs jamais inférieur à six. Il en résulte aussi, malgré l’emploi des lampes à faible consommation, que les accessoires nécessaires pour son fonctionnement seront également assez nombreux. Les appareils du commerce seront généralement, pour la même cause, d’un prix assez élevé (fig. 7).
- On ne peut comparer complètement que des choses comparables, et les dispositifs superrégénéra-teurs et superhétérodynes ne remplissent pas le même but, bien qu’on puisse leur trouver des points communs, comme nous l’avons montré. L’appareil superhétérodyne représente un poste
- omnibus qui peut être utilisé à l’exclusion de tout autre par l’usager et l’amateur éclairé.
- Sans posséder la -i plupart des qualités
- de son rival, le dispositif superrégénérateur mérite cependant des essais nombreux et approfondis, et une étude attentive ; il n’est pas, lui, l’appareil omnibus, destiné aux usagers, mais c’est un poste complémentaire dont la possession et la réalisation vaudront à l’amateur patient l’agrément de nombreuses heures d’intéressantes expériences.
- Il nous restera maintenant à décrire dans un prochain article l'évolution des modèles primitifs des appareils que nous venons d’étudier, et les modifications qui y ont été apportées pour améliorer leur fonctionnement et atténuer les inconvénients que nous avons cités.
- Nous croyons aujourd’hui avoir suffisamment exposé les principes et les propriétés essentielles de ces procédés; notions d’ailleurs connues, mais qui nous ont semblé devoir être précisées, suivant le désir de nombreux lecteurs de « La Nature ».
- P. Héjiardiisquer.
- — Superhétèrodyne type Radio L. L. montée avec des éléments interchangeables.
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- Séances de février 1925.
- La viande dans l’alimentation des poissons. — M. Charles Richet a déjà indiqué que pour les animaux carnivores, tels que le chien, la vie ne peut se prolonger lorsque l'alimentation comprend uniquement de la viande cuite, alors que ces mêmes sujets présentent une santé
- et une robustesse admirables si on les nourrit seulement de viande crue. Aidé de MM. Oxner et J. Richard, ce même savant a fait porter une série d’études sur des poissons fournis par l’Institut Océanographique de Monaco. Les résultats obtênus ont mis en lumière des faits ana-
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- logues; ce qui tend à montrer que la cuisson détruit des vitamines ou qu’elle modifie des albuminoïdes musculaires, en les rendant ainsi difficilement assimilables.
- Une. nouvelle méthode d'examen de l’intérieur des perles. — Le principe appliqué par M. B. Szilard consiste à observer la matière noyée dans un liquide d’indice de réfraction convenablement choisi et fortement illuminée, en dessous, par un faisceau de lumière condensée. Dans ces conditions, il ne se produit^aucune réflexion à la surface et les rayons pénètrent dans l’intérieur de la perle étudiée. Seules, les perles cultivées au moyen des noyaux de nacre présentent des stries parallèles, s’éteignant à la limite même du noyau. Ces stries constituent un indice certain de l’origine et, comme l’image visible peut être photographiée, on a là un procédé d’examen d’autant moins discutable qu’il permet, par la suite, de mesurer l’importance du noyau, par rapport aux couches concentriques, lorsqu’il ne s’agit pas de perles naturelles.
- Sur la formation de l’ambre mal naturel. — On admet que les gisements de Kœnigsherg, dans la « terre bleue », ont été produits par des coulées de résine provenant d’un conifère aujourd’hui disparu, le Pinus suc-cinifer. Se basant sur une suite d’expériences qui ont porté sur des colophanes et des gommes de pêcher ou de cerisier, M. Ch. Chéneveau suppose qu’à l’époque tertiaire l’influence de la température des régions balli-ques, alors tropicales, jointe d’ailleurs au long temps écoulé, a suffi à rendre mat l’ambre transparent, à la pression atmosphérique, en présence d’eau qui venait sans doute du sul sur lequel coulait la résine.
- Les étapes de la coagulation vitale. — Lorsqu’il s’agit d’une action toxique ou infectieuse, son mécanisme consiste en une déshydratation du cyloplasma qui peut paralyser même les échanges nutritifs et les oxydations. Cette opinion de M. Jules Amar se trouve confirmée par ses dernières études sur des feuilles de fusain. Ainsi, la vie cellulaire exige un taux d’hydratation en rapport avec l’intensité de ses opérations intimes et l’état physique du protoplasma. L’eau se trouve dans un tel état d’équilibre avec cette matière vivante que celui-ci cesse ou se modifie dès qu’intervient un agent coagulant. Il n’en existe pas moins un domaine de coagulation réversible oïi des procédés physiologiques permettent au protoplasma de récupérer ses propriétés, celles-ci n’étant profondément altérées qu’au delà d’une certaine dose toxique. Au total, comme le montre M. Amar, l’intoxication est cellulaire ; elle agit par coagulation et par déshydratation progressives.
- A propos des pythons réticulés. — Mme Phisalix a pu pratiquer l’autopsie d’un Python asiatique, d’une longueur de 5 m. 75 et du poids de 53 kg, en captivité depuis lv»12 et mort de froid dans le trajet de Londres à Paris. Les conclusions fournies par cette opération sont d’ordres physiologique et pathologique. Elles indiquent en effet que, malgré l’intégrité et la période d’activité de l’appareil ovarien, la ponte de ces serpents ne s’effectue pas avec un rythme fréquent, du moins en captivité ; puis, par la substitution de kystes inertes, blancs, fibreux et résistants, au tissu splénétique, elles confirment les idées émises sur les fonctions de la rate chez les vertébrés supérieurs.
- Un nouveau type de roche éruptive alcaline méso-crate. — Une récente mission en Orient a permis aux Pères Licent et Teilhard de Chardin de rapporter, du sud-ouest de l’Ordos, une série de roches parmi lesquelles le professeur Lacroix a reconnu deux variétés éruptives, riches en œgyrine, dont l'une constitue un type lithologique nouveau. Elle paraît, à l’œil nu, essentiellement forméed’aiguilles d’œgyrine verte, au milieu desquelles se présentent de grands cristaux d’un feldspath gris violet. Il s’agit là d’une syénile riche en pyroxine sodique (60 pour 100), de forme aciculaire et d’une structure comparable à celle de la lujaviile, qui fournit le point central d’une série lithologique allant de celte dernière roche, pauvre en silice, à la fasibitikite quartzi-que, sans renfermer d’ailleurs d’eudialyle. M. Lacroix propose de lui affecter le nom d’ordosile et montre l’intérêt qu’il y aurait à trouver son gisement en place, peur voir si elle forme de grandes masses homogènes ou constitue seulement un faciès de variation d’une syénile.
- Le montage rationnel des instruments à cordes. — La dernière note du professeur Broca montre qu’on peut arriver à de meilleurs résultats que ceux fournis par la pratique aux grands luthiers, pour avoir une série d’ondes complexes autour du chevalet, en constituant les pieds de celui-ci de façon rationnelle; c’est-à-dire en les taillant en surface bombée ou pyramidale, ou munie d’un petit clou à tête ronde, puis en collant autour une lame de liège perce'e d’un trou, pour la tète de ce clou, enfin en munissant la face extérieure d’une petite lame de ressoi t sur laquelle se prend l’appui. Pour éviter que cette lame blesse le vernis de la table d’harmonie, on y adapte une mince lame d’érable qui joue encore le rôle de matelas élastique. Enfin, il est indispensable de donner au tire-cordes un appui punctiforme sur le sifflet du bas et de n’employer pour l’ajustage des divers éléments que de la colle de gomme, en très faible quantité.
- Les sources de quelques stations alpestres, pyrénéennes ou cévenoles et la composition de certains gaz naturels. — L’étude de M. Robert Castagné a mis en œuvre le mode opératoire utilisé par MM. Moureu et Lepape, les mesures se faisant avec l’appareil de Chéneveau et Labordc. Elles indiquent là puissance radioactive des eaux de grand débit d’Aix-les-Bains, où elle atteint 73 mg. Ra (Alun), chiffre inconnu jusqu’ici pour les sources françaises; elles montrent la radioactivité importante des eaux pyrénéennes, notamment à Bagnères, en opposition avec la tiès faible activité des sources cévenoles, et signalent enfin la présence du radon dans les gaz des puits de pétrole de Gabian.
- Un réactif d’emploi très général du ferricum. — Depuis les travaux de Liebig et Wôhler, on sait que l’alloxane et l’alloxanthine fournissent, l’une avec les sels ferreux, l’autre avec les sels ferriques et en milieu ammoniacal, un composé de couleur bleue. Reprenant à ce sujet un de ses précédents travaux, M. G. Dnigès décrit un procédé qui, basé en partie sur la facilité avec laquelle le ferricum est solubilisé en milieu alcalin par les acides alcools, fait de l’alloxanthine un réactif extrêmement sensible du fer, même s’il est engagé dans des complexes tartriques ou citriques qui rendent impuissantes les méthodes habituelles. Paul B.
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- Un singulier phénomène physique.
- CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES A HAUTE TENSION ET ÉCHAPPEMENTS DES CHEMINÉES DE LOCOMOTIVES A VAPEUR
- L’électrification par étapes des chemins de fer suisses, en laissant coexister temporairement locomotives à vapeur et automotrices électriques a permis d’observer un phénomène physique des plus curieux : le mélange de fumée et de vapeur émis par la locomotive, à l’arrêt ou en marche, au-dessous delà conduite à haute tension, semble parfois animé d’une palpitation interne rythmée et très rapide.
- Le phénomène est d’ailleurs fugace et ne s’observe pas à tout coup ; ses conditions, passablement mystérieuses encore, ne se réalisent que très passagèrement. On ne le constate jamais dans les nuages compacts de gouttelettes d’eau qui forment le panache classique de la locomotive à vapeur, ni dans les volutes épaisses de fumée de charbon vomies par le foyer quand on active son tirage ou qu’on le charge, non plus encore dans le mélange nourri de ces deux éléments au démarrage du train, quand le mécanicien force de vapeur.
- C’est, semble-t-il, précisément au moment où il restreint l’apport de vapeur et qu’elle se raréfie dans le mélange que la singulière palpitation naît soudain, pour peu d’instants.
- Ceci est une première indication sur la nature intime du phénomène : présence de vapeur d’eau, d’eau de condensation peut-être également, mais alors en gouttelettes très fines et peu visibles.
- Le rythme même de la palpitation fournit un deuxième indice; il est, au jugé, de l’ordre de dix à vingt par seconde; or, le courant alternatif a une fréquence d’environ dix-sept périodes par seconde, sous 15 000 volts.
- Enfin les caractères optiques même de l’apparition nous guident; la palpitation n’est pas visible dans la nuit, tandis qu’elle l’est de jour, même en lumière forte. t Ceci écarte donc l’hypothèse d’une luminosité propre sous l’influence de l’électrisation, ou de quelque modalité interne de décharge lumineuse du genre de ce qu’on observe dans le cumulo-nimbus quand il donne de la grêle.
- De jour, la fluctuation se voit particulièrement bien dans deux cas : panache blanchâtre sur fond sombre et panache sombre sur ciel clair, deux apparences qui par-
- lent aussitôt pour un changement d’opacité et, corrélativement, d’albedo de la masse vaporeuse.
- Dès lors une explication se précise, voire s’impose ; nous sommes en présence d’un phénomène où des con -densations soudaines alternent avec des évaporations brusques, au rythme de la tension alternative et du champ électrostatique qui l’accompagne, ceci pour un certain état de saturation delà vapeur d’eau éjectée.
- Vraisemblablement des gouttelettes se forment et se redissolvent dans l’atmosphère chaude des éjections de la locomotive; d’où opacité et albedo périodiquement changeants.
- La vérification expérimentale de cette hypothèse devenait intéressante; je l’ai tentée. A défaut de courant alternatif de la fréquence requise, j’ai opéré à l’aide d’une bobine d’induction (Klingelfuss) commandée par une hélice de Roget plongeant dans le mercure et interrompant rythmiquement le courant primaire une dizaine de fois par seconde, en produisant des tensions de l’ordre de 50 à 40 000 volts. Le plateau de l’éclateur était relié à une tige métallique isolée dans l’espace et aboutissant à quelques centimètres de l’orifice étroit par lequel la vapeur, en un jet délié, s’échappait du bouilleur.
- On chauffait l’eau au moyen d’un réchaud électrique pour éviter la production d’ions perturbateurs par une combustion. De fait, aussi longtemps que la bobine ne fonctionnait pas, le jet de vapeur demeurait presque invisible. Sitôt l’inducteur en service et le champ électrique produit autour du conducteur figurant la ligne à haute tension, le jet changeait d’aspect, devenant blanc et opaque à la fois, ce qui le rendait bien visible.
- Cette visibilité fluctuait au rythme précis de l’interrupteur. Le degré de changement dépendait d’ailleurs de la polarité, s’accusant davantage quand elle était positive.
- Cette simple expérienc-, si elle n’imite pas dans tous ses détails le phénomène remarqué dans les fumées des locomotives à vapeur, l’éclaire quelque peu et corrobore J. l’idée d’un processus de condensation d'origine électrique.
- P.-L. Mercamo.n.
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- APPAREIL POUR LE REVÊTEMENT INTÉRIEUR DES BOITES DE CONSERVES
- M. Legendre ayant signalé l’an dernier l’abondance croissante des langoustines sur la côte sud de Bretagne (La Nature n° 2627) et indiqué à ce propos la difficulté de les préparer en conserves, comme les autres crustacés d’ailleurs, dans des boîtes de fer-blanc qui noircissent à leur contact, l’Office national des Recherches et Inventions avait demandé qu’on lui signalât les procédés utilisables pour isoler les viandes du fer-blanc.
- C’est là, en effet, une question d’ordre général, puisqu’on constate le noircissement par sulfuration
- aussi bien avec les muscles de homards, langoustes, crabes, langoustines, qu’avec la viande de porc, les tripes et même certains laits concentrés.
- Dans le cas des tripes et des rillettes, l’habitude s’est établie d’employer uniquement des pots de terre ou de grès qui ont l’inconvénient d’être des emballages lourds et fragiles.
- Pour les crustacés, les, morceaux de chair sont isolés de la boîte par un papier sulfurisé qui ne protège pas complètement, si bien que le contenu de certaines boîtes se tache et est souvent refusé par les
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- acheteurs, quoique le noircissement ne soit pas un indice de toxicité.
- Parmi les solutions proposées' a l’Office national, il en fut de très diverses : vernis de toutes sortes, mais qui doivent remplir de multiples conditions : supporter sans craqueler le sertissage et la stérilisation à 120°, ne pas donner des produits solubles dans la conserve, ne pas altérer son goût.
- Une autre, fort ingénieuse, fut présentée par M. Guillemin qui, fabricant de tripes à Caen, avait eu de nombreux déboires à cause de l’altération de ses conserves et avait tranché la difficulté en revêtant
- On imagine aisément le fonctionnement de l’appareil.
- Dans un premier temps, le cylindre recouvert de son manchon est abattu sur la pile de feuilles d’aluminium (fig. 2). L’une d’elles est saisie avec les mains, enroulée, son extrémité qui dépasse rabattue, pour former le fond. Un point de gomme fixe la feuille en place (fig. 3). Le cylindre est alors relevé et coiffé de la boîte de ler-blanc. Un coup de pompe (fig. 4) gonfle le cylindre, déplisse la feuille d’aluminium et l’applique sur la paroi et le fond. En relevant le piston de la pompe, on libère le cylindre
- Fig. Im — L’appareil de M. Guillemin pour doubhr d’une feuille d’aluminium l’intérieur des boîtes de conserves.
- 1. L’appareil démonté. 2. Le cylindre posé sur la pile des feuilles d’aluminium.
- 3. L’enroulement d’une feuille. 4. L’application à l’intérieur d’une boite de fer-blanc, au moyen de la pompe.
- l’intérieur des boîtes d’une feuille d’aluminium.
- La revue Recherches et Inventions vient de décrire le dispositif que M. Guillemin a imaginé pour faire rapidement, industriellement, ce revêtement intérieur.
- Son appareil (fig. 1) comprend un socle en bois, sur lequel sont fixés (de gauche à droite sur la figure) un châssis portant la pile des feuilles d’aluminium, un cylindre qui peut être abaissé sur la feuille supérieure ou relevé'et fixé par une encoche, une petite pompe à main reliée à l’intérieur du cylindre par un tube de caoutchouc. Le cylindre est creux, son diamètre approprié est un peu plus petit que la boite de fer-blanc à protéger, sa paroi est formée d’un sac de caoutchouc extensible recouvert d’un manchon protecteur qu’on voit isolé sur la table à gauche, inextensible sauf sur une bande génératrice étroite.
- et l’on .peut enlever la boite qui est prête à être remplie de conserves.
- Pour la fermer, on place sur l’ouverture, comme d’habitude, un disque de fer-blanc, mais doublé d’une feuille circulaire d’aluminium de même dimension. Le sertissage fixe d’un seul coup les deux disques.
- Les boites doublées d’aluminium de M. Guillemin ont déjà fait leurs preuves pour les conserves de tripes, les plus délicates à garder en bon état à cause du liquide qu’elles contiennent et de leur activité chimique. Nul doute qu’elles apportent une solution pratique à l’un des problèmes les plus difficiles de l’industrie de la conserve et ne soient applicables à beaucoup d’autres produits alimentaires qui réagissent avec l’étain du fer-blanc.
- A. B.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie 1 astoe, 9, rue de Fleuras, à Pans
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- LA NATURE. — N° 2664. — —^=1: „ - ------== 25 AVRIL 1925
- LE CONTRÔLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- III. Le contrôle automatique. (Voir Nos 2662 et 2655.)
- Ainsi que nous l’avons vu précédemment, les locomotives et au'omotrices des chemins de fer français sont pourvues de chronotaehymètres enregistreurs et de répétiteurs de signaux. Cette solution est des plus satisfaisantes, puisque le mécanicien peut, à tout instant, se rendre compte de la vitesse atteinte et qu’il est averti, lors du franchissement de signaux fermés, par un mécanisme qui l’oblige cependant à surveiller la voie avec toute la vigilance désirable.
- En certains pays étrangers, notamment aux Etats-Unis, on a pensé qu’il était préférable de faire agir les signaux non pas sur un répétiteur, mais bien sur le frein lui-même ; le mécanisme se substitue complètement au mécanicien et le contrôle de la marche devient automatique.
- L’opportunité de faire agir les signaux sur le frein, plutôt que sur un appareil répétiteur est très discutée. On peut, en effet, se demander, en admettant que toutes les dispositions voulues soient prises pour éviter que les « ratés » aient de fâcheuses conséquences, si un mécanisme sera capable de réaliser le freinage dans les conditions voulues pour que le ralentissement, commencé au franchissement d’un annonciateur, aboutisse à une immobilisation au pied d’un signal d’arrêt fermé ; on admet que, dans les conditions les plus défavorables, un train peut être arrêté sur une distance de 1000 m. ; mais il arrive souvent que des circonstances lo aies obligent à placer l’annonciateur à une distance plus faible du signal d’arrêt.
- D’autre part, il arrive fréquemment qu’un train rencontre un annonciateur fermé, puis un sémaphore ouvert : le convoi subira un arrêt inutile, à moins que ce deïnier signal puisse agir à temps sur le contrôleur automatique et amener ainsi le desserrage des freins, ou bien que le mécanicien puisse neutraliser le mécanisme. Dans ce dernier cas, il esta craindre que l’habitude s’établisse, chez les mécaniciens, de débloquer chaque fois que l’appareil serrera les freins : le contrôleur automatique ne jouerait plus alors que le rôle d un avertisseur, ce qui justifierait la condamnation du système.
- Il convient encore de remarquer que sur les grands réseaux, il existe des trains de types variés,
- Fig. i. — Vue extérieure de l'appareil Uudolausse. (.Modèle iç20 )
- depuis le train léger ne comportant que huit voitures au plus, jusqu’au lourd convoi de 80 wagons chargés ; (omment assurer automatiquement un freinage permettant d’obtenir l’arrêt de ces divers trains sur une même distance ? Ajoutons enfin que la plupart des wagons entrant dans la composition des trains de petite vitesse n’ont pas de frein continu et qu’alors le contrôleur automatique ne pourrait agir que sur la locomotive et les quelques wagons munis du frein Westinghouse qui seraient en liaison pneumatique avec elle.
- Il faut aussi considérer que des fonctionnements intempestifs présentant les plus graves inconvénients sont à craindre : un train peut se trouver arrêté sous un tunnel, sur une bifurcation, et pro^-voquer une perturbation dans la circulation. Il est même possible qu’un train précédant de peu un rapide soit ainsi arrêté à tort : dans ce dernier cas, le contrôle automatique ferait naître un risque de télescopage, alors que son but essentiel est
- Fig. 2. — Circuit de voie Rodolausse.
- Le crocodile O est relié à la pile P, par b si le signal est fermé, par A si l’aiguille est disposée pour donner accès à la voie déviée V, ou encore par un essieu E si un train occupe le canton suivant.
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- LE CONTROLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- Fig. 3. — Déclencheur mécanique Rodolausse.
- Protégé à sa partie supérieure par un manchon en caoutchouc, la tige, verticale quand le signal est fermé, se trouve couchée à côté du rail quand la voie est libre.
- précisément de prévenir les accidents de ce genre.
- Les collisions résultent d’an mauvais fonctionnement des freins ou des signaux, d’une infraction aux règlements, d’une négligence dans l’observation des signaux, ou encore de la rencontre de wagons en dérive. Elles ne représentent qu’une faible partie du nombre total des accidents, mais leurs conséquences sont tellement graves que tout le possible doit être tenté pour les éviter.
- Parmi les autres accidents graves, les déraillements tiennent une grande place ; ils sont causés, soit par un excès de vitesse dans une courbe, soit par le mauvais état du matériel roulant, soit encore par une déformation de la voie, par l’enlre-bâille-ment d’une aiguille abordée par la pointe; ils peuvent aussi être provoqués par des obstacles placés sur la voie.
- Un bon appareil de contrôle automatique devrait permettre d’empêcher absolument ces accidents dans tous les cas où il appartient au mécanicien de les prévenir. On voit combien la question est complexe.
- Bien conçus et dotés d’une liaison sure avec la voie, de tels appareils semblent pourtant capables de procurer une sécurité plus grande encore que le répétiteur, car au lieu de se borner à avertir le mécanicien, ils interviennent d’une façon active.
- La liaison peut être mécanique ou électrique. Une pédale placée sur la voie et un pendentif ou une chaînette disposés sous la locomotive constituent une transmission mécanique.
- Un tel dispositif a été employé jadis pour le déclenchement des répétiteurs Àugereau. Les liaisons de ce genre sont très simples, mais on reproche à la plupart d’entre elles de fonctionner parfois d'une façon intempestive, d’être rapidement détériorées par les chocs et d’être à peu près inutilisables en hiver, dans les régions sujettes à d’abondantes chutes de neige.
- L’électricité se prête à la réalisation de transmissions de divers types : l’action du signal peut se faire sentir sur la locomotive au moyen d’un contact isolé ou crocodile sur lequel vient frotter une brosse
- métallique également isolée portée par la machine, ou à l’aide d’un circuit de voie spécial et d’un boggie à roues isolées, ou encore, par l’intermédiaire d’un inducteur fixe et d’un induit placé sous la machine. Enfin on a essayé sur les chemins de fer de l’Etat des transmissions par ondes hertziennes et la Compagnie des chemins de fer d’Orléans a fait des expériences de commandes à distance de trains électriques parcourants à haute fréquence utilisant le circuit d’alimentation. Ce dernier procédé offre un grand intérêt en raison delà facilité avec laquelle il permettra, sur les lignes électrifiées, d’obtenir une liaison continue entre les signaux et les loco-nntives ou automotrices et même entre les trains.
- Il y a déjà longtemps que l’on étudie la question du contrôle automatique ; mais ce n’est que depuis peu qu’il existe des appareils réellement capables d’assurer effectivement la sécurité en cas de défaillance du mécanicien. En France, 1’ « Office central d’Études de Matériel de Chemin de fer » a estimé que deux des systèmes proposés étaient particulièrement intéressants ; c’est ainsi que la Compagnie d’Orléans et les Chemins de fer de l’État ont été respectivement chargés d’essayer l’appareil Rodo-lausse et le contrôleur automatique Regan.
- L’appareil Rodolausse (fig. 1) fonctionne au moyen soit de contacts électriques du type crocodile, soit de déclencheurs mécaniques.
- Combiné avec un circuit de voie approprié (fig. 2) le crocodile peut déclencher le mécanisme du contrôleur automatique, non seulement lorsque le signal correspondant est fermé; mais aussi quand l’aiguille est entre-bâillée, ou en raison de la présence d’un train sur la voie, ce qui, éventuellement, fait ressortir la faute de l’aiguilleur, ou encore lorsque l’aiguille est disposée de façon à donner accès à une voie de garage.
- Le déclencheur mécanique (fig. 5) consiste en une légère tige métallique capable d’osciller autour d’un axe horizontal perpendiculaire à l’axe de la voie. Couchée parallèlement au rail quand la voie est libre, celte tige est relevée verticalement lorsque le signal est fermé; frappée au passage du train par une chaînette disposée à l’avant de la locomotive, elle se couche, puis se relève lentement, sous
- Fig. 4. — Déclencheur fixe Rodolausse établi pour provoquer le déclenchement du frein en pleine voie.
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- LE CONTRÔLE DE LA MARCHE DES TRAINS
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- l’action d’un ressort conjuguée avec celle d’un frein à air : la force vive produite par le choc de la chaînette est ainsi absorbée sans qu’il en résulte aucune détérioration.
- Outre les contacts mécaniques reliés aux signaux, il peut être placé sur la voie des déclencheurs fixes (fig. 4) provoquant une limitation automatique de vitesse. II existe aussi un modèle de déclencheur amovible (fig. 5) permettant aux ouvriers de la' voie d’imposer un ralentissement déterminé à tous les trains traversant une section en réfection ; aux conducteurs de protéger leur train arrêté en pleine voie.
- Tendue entre un crochet fixe et la tige d’une valve pneumatique V (fig. 6), à la hauteur voulue, pour frapper les tiges de contact en position verticale, la chaînette X portée par la locomotive ouvre ladite valve lorsqu’elle reçoit un choc et permet à l’air comprimé de pénétrer sous un piston P qui agit sur un levier G et déclenche le mécanisme du contrôleur automatique.
- Ce mécanisme peut également être déclenché par le passage d’un courant dans l’électro-aimant R.
- Le levier G maintient, par un tenon E, la roue dentée D, dont le centre de gravité b est fortement désaxé. Un secteur édenté a se trouve normalement en regard d’une vis sans fin C, taillée sur l’arbre vertical A, lequel reçoit un mouvement de rotation de l’une des roues porteuses de la locomotive ou du tender. Une came F est solidaire de la roue dentée D.
- Lorsque le levier G, sous l’influence d’un courant électrique ou d’une pression pneumatique, libère le tenon E, la roue D qui est en équilibre instable se met en mouvement dans le sens de la llèche ; les dents entrent en prise avec la vis sans fin et la roue est alors obligée d’effectuer un tour entier; ce après quoi elle se trouve de nouveau immobilisée par l’extrémité du levier l) et prête pour un nouveau déclenchement. Un tour de la roue D correspond à un parcours de 1 km, distance maximum sur laquelle l’arrêt doit être obtenu. L’aiguille L, mobile autour
- de l’axe O et commandée par le régulateur à boules B, se déplace en regard d’un arc de cercle gradué sur lequel on peut lire la vitesse atteinte.
- Un leviir lv est maintenu tangent à la came F, par un ressort S ; dès que la roue D se met en mouvement, le profil de la came s’abaisse sous le levier K,
- - Schéma de l’appareil une V1S ^xee Rodolausse. sur ce levier vient
- Fig. 6
- Fig. 5. — Déclencheur Rodolausse amovible.
- C’est une simple tige métallique B, munie sur le côté d’une agrafe permettant de la fixer au rail. La présence sur la voie est signalée au mécanicien pu' un pétard A ; en voit en C un déclencheur amovible plié.
- en contact avec le levier N, l’oblige à s’abaisser et à entraîner l’aiguille de contrôle M.
- Si le mécanicnn n’agit pas sur le frein, l’aiguille de contrôle se rapproche peu à peu de l’aiguille des vitesses L et, la pression de k continuant à s’exercer sur le levier N, le talon de l’aiguille de contrôle pousse la tige T et ouvre ainsi la valve W placée sur la conduite générale du frein : une dépression se produit aussitôt dans cette conduite et provoque un ralentissement progressif qui peut aller jusqu’à l’arrêt. Si le mécanicien intervient avant que les aiguilles L et M se soient touchées, la diminution de la vitesse se traduit par un déplacement de l’aiguille L; il suffit qu’une certaine distance soit toujours maintenue entre ces deux aiguilles, pour que la valve W n’entre pas en action.
- L’appareil Rodolausse permet en outre de limiter automatiquement la vitesse dans les courbes, pendant la traversée de gares ou de chantiers de travaux.
- Ce résultat est obtenu au moyen d’un second contact, crocodile ou tige de voie : selon que ce déclencheur est situé à une distance approximative de 80, 170 ou 250 m. du premier, la vitesse maximum se trouve limitée à 60, 45 ou 50 km à 1 heure. La réception d’un courant par la brosse ou d’un choc par la chaînette actionne non seulement le levier G, mais aussi le levier coudé G' (fig. 8), qui présente trois échancrures sur l’une de ses branches et deux sur l’autre.
- Le premier contact provoque le déclenchement de la roue D, mais ne produit en G' qu’une oscillation sans aucune conséquence, le levier II étanl, à ce moment, immobilisé par le doigt I, calé sur le même axe que la roue L>.
- Lé second contact fait osciller G et G': depuis le premier contact, le doigt I a tourné d’un angle proportionnel à la distance parcourue par la locomotive; selon que ce doigt se trouve en regard de l’évidement 1, 2 ou 5 du levier H, l’extrémité dudit levier s’engage dans la première, la deuxième
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- ou la troisième échancrure delà branche inférieure du levier coudé. Le second contact, par l’intervalle qui le sépare du premier, assigne au levier coudé une position qu’il occupera jusqu’au moment où le doigt I achèvera une révolution et viendra appuyer sur le levier H, à moins qu’un troisième contact survenant, le levier coudé G' se dégage auparavant.
- Quand le levier H maintient le levier coudé G-, ce dernier est disposé de façon telle que le levier K soit arrêté pendant son mouvement de haut en bas, par l’une des échancrures que présente la branche supérieure du levier coudé, ou par l’extrémité de cette branche. L’aiguille de contrôle 31 s’abaisse plus ou moins, suivant que le levier K est calé parla première, la deuxième ou la troisième échancrure et indique une vitesse limite de 60, 45 ou 30 km à l’heure : si le mécanicien n’intervient pas, l’appareil provoque, dès que les aiguilles L et M entrent en contact, un freinage qui cesse aussitôt que la vitesse tombe au-dessous de la valeur voulue.
- Une manette, se mouvant sur un secteur gradué permet, en abaissant l’aiguille de contrôle L par l’intermédiaire d’une came et d’un levier, de fixer au train, avant le départ, une limite de vitesse qui ne pourra être dépassée.
- L’appareil Rodolausse fixe en outre, à la vitesse possible, une limite qui varie en fonction de la pression capable d’agir sur le frein à air comprimé. A cet effet, un cylindre c (fig. 8), qui contient un piston p muni d’un ressort de rappel, est en communication avec la conduite générale du frein, La tige t, fixée sur le piston, commande un levier à trois
- branches /, présentant ' une came de profil convenable pour rapprocher l’aiguille de contrôle M du levier K, de la quantité voulue pour que la vitesse ne puisse jamais atteindre une valeur dangereuse eu égard à la capacité d’arrêt dn frein continu.
- Celte disposition supprime une cause d’accidents.
- Lorsque la vitess1. ne dépasse pas 15 km à l’heure, le freinage automatique ne se produit pas : la tige T (fig. 10), qui commande la valve \V, selrouve immobilisée par une griffe g qui s’engage au-dessous d’un écrou e, l’aiguille des vitesses L s’étant alors abaissée suffisamment pour faire pression, par l’intermédiaire de la vis de réglage v sur le levier coudé L Enfin, le mécanicien peut, à tout instant, paralyser le mécanisme et reprendre le contrôle de la marche.
- Les déplacements de l’aiguille de contrôle et de l’aiguille des vitesses sont enregistrés sur une bande de papier.
- L’appareil Rodolausse a été essayé à plusieurs reprises, dans le cours de i’anné° 1922, sur la ligne de Paris à Orléans : les résultats en vue desquels il a été construit, ont tous été atteints. Ces expériences ont montré pouriant que quelques perfectionnements de détail étaient désirables.
- C’est pourquoi les modèles construits depuis comportent, en plus des organes précédemment décrits, un dispositif de contrôle ultime de l’inaction du mécanicien, et un mécanisme permettant de régler le contrôle des arrêts sur 1090 m. ou sur 500 m. L’appareil enregistreur a été perfectionné et fournit maintenant un diagramme (fig. 9) analogue à celui tracé par le chrono-tachymètre Fla-
- Fig. 8. — Quelques détails de l’appareil Rodolausse (Modèle icjiS.)
- 260 ========= LE CONTRÔLE DE LA MARCHE DES TRAINS
- Fig- 7• — Appareil Rodolausse ouvert (modèle 1922).
- !
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- 30 mm.
- 120 Km.p.h.
- Fig. g. — Diagramme tracé par le mécanisme enregistreur de l’appareil Rodolausse (modèle J g? 4).
- A, courbes des vitesses ; B, .courbes de limite de vitesse (décalée de 6.5 m/m. à droite de la précédente) ; C, courbes des temps; le papier est entraîné proportionnellement aux espaces parcourus, à raison de 5 millimètres par kilomètre ; pendant les arrêts (C'), il est est entraîné par le mouvement d horlogerie, à raison de 5 millimètres par heure, ce qui permet de déterminer exactement la durée d’un arrêt important.
- Le franchissement des signaux ouverts est indiqué par de petits traits perpendiculaires à une horizontale MN.
- Les déclenchements sont indiquas par des pointillés F, F, G, H, I et les neutralisations par des perforations sur la ligne des 25 minutes (0). La longueur des pointillés indique la curée des fieinages automatiques.
- On voit, en P, un freinage lent sur grande distance, provoqué par une diminution de la pression dans la conduite générale du frein. Les traces des dents du cylindre d entraînement, espacées de 5 millimètres, permettent d'apprécier les distances ; des traces intercalaires se succèdent de 5 en 5 centimètres et facilitent la lecture. •
- man, mais sur lequel on peut voir, outre les courbes de (empset de vitesses, une ligne de limite de vitesse. D’ailleurs chaque freinage automatique met en mouvement une aiguille qui pique le diagramme : on peut ainsi savoir aisément en quels points ils se sont produits. Un dispositif semblable perfore également le graphique chaque fois que le mécanicien annule les conséquences du déclenchement de l’appareil.
- La durée et l’intensité du freinage sont fonction du profil de la came F (fig. 6) ; cette came est maintenant amovible et il en existe un jeu, de sorte que l’on peut obtenir, dans tous les cas, une courbe de freinage rationnelle adaptée à la nature du train.
- L’appareil peut encore comporter un dispositif agissant sur le régulateur, s’il s’agit d’une locomotive à vapeur, ou sur le contrôleur des moteurs, dans le cas où la traction est électrique.
- Sur les lignes électrifiées, le contrôleur automatique Rodolausse peut être combiné avec un circuit spécial (fig. il) pour assurer dans tous,les cas une protection parfaite des trains ; ce qui permettrait, le cas échéant, d’augmenter notablement l’intensité de la circulation.
- La Compagnie du Chemin de fer d’Orléans pro-
- Fig. jo. — Dispositif ‘limitant l’intervention de l’appareil Rodolausse aux vitesses svpérùures à j5 km. à l'heure.
- cédera, dans quelques semaines, sur la ligne de Sceaux, à de nouveaux essais.
- Le point délicat réside dans la liaison avec la wie, bien que le déclencheur à tige paraisse réellement supérieur au crocodile dont les ratés atteignent encore une proportion de 2 pour 100. Néanmoins,par l’emploi simultané du crocodile et du déclencheur Rodolausse, la liaison peut être considérablement améliorée, les ratés effectifs n’étant plus alors que le quotient de ceux des deux transmissions. Il ne semble pas téméraire de penser avec 1 inventeur que les prochains essais démontreront que, dans ces conditions, le pourcentage des ratés nedépasse guère 0,004.
- Le contrôleur automatique IVgan, lui, n’utilise guère que des organes électro-pneumatiques.
- Cet appareil, qui est en service depuis cinq ans sur le Chicago Rock Island, fst disposé de façon à satisfaire aux desiderata formulés par Y American Railroad Association.
- Fonctionnant au moyen d’une rampe isolée conjuguée avec un circuit de voie analogue à celui utilisé par les blocks automatiques, il provoque l’arrêt si un rail du canton considéré est cassé ou enlevé, si ce canton est déjà occupé, là où des voies se coupent ou convergent; aux bifurcations; si le train risque d’en rencontrer un autre; enfin si une aiguille est entre-bâilbe ou déformée. Cet appareil comporte en outre un dispositif déclenchant le frein, lorsque la vitesse dépasse le maximum fixé au préalable.
- La rampe de contact C (fig. 12) du contrôleur automatique Rrgan consiste en une lame de cuivre maintenue verticalement entre deux cornières de-fer; ce contact a une longueur de près de 3<> m., il est disposé en avant du signal, à une distance suffisante pour que, s’il y a lieu, le train soit arrêté avant d’avoir franchi le sémaphore ou le carré d’arrêt absolu.
- Les pôles d’une pile Pc peuvent être respectivement reliés, d’une part, au contact C, d’autre part à la voie, par l’intermédiaire de l’armature du relais Rc et du commutateur 1. Lorsque le signal est ouvert et que la voie est libre, le contact est ton-
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- Fig. il. Circuit de commande du contrôleur automatique Rodolausse sur ligne électrifiée.
- Le train A a rencontré successivement les crocodiles de ralentissement C et C' et le crocodile C" et s’est arrêté à une station. Si le train A est resté en gare, l'arrêt du train B sera provoqué non par le crocodile G”, mais par le fil 2 connecté alors avec le rail isolé par l’intermédiaire du contrôleur Rodolausse du premier train : il sera donc obtenu avant l’arrivée en gare. Le train B arrêté derrière le train A serait ensuite protégé lui-même par le fil 4.
- necté au pôle positif; en se fermant, le signal manœuvre le commutateur I : il en résulte le renversement de la polarité ou l'isolement du, contact C, selon qu’il s’agit d’un signal de ralentissement ou d’un signal d’arrêt. Lorsque le canton est occupé, la pile de voie Pu étant mise en court-circuit par les essieux des véhicules, le relais Rv cesse d’être alimenté, laisse tomber son armature et le contact se trouve isolé, même si le signal na pas fonctionné. Il en est de même si un rail venant à se rompre, le circuit de voie ne peut se fermer sur le relais après le passage d’un train.
- Un boggie de la locomotive ou dutender porte un frotteur, disposé de façon à entrer en contact avec les rampes spéciales et à être soulevé par elles. Le sabot de ce frotteur peut tourner librement autour d’un axe vertical : l’usure est ainsi répartie sur toute la surface. La tige du frotteur porte un distributeur, manchon en matière isolante sur lequel sont fixées deux plaquettes de cuivre ; elle est surmontée d’un piston que l’air comprimé de la conduite générale du frein tend à repousser de haut en bas, de sorte que le sabot du frotteur exerce sur les rampes une pression suffisante pour que le contact soit assuré, en dépit du givre ou de la neige.
- L’expérience montre que ce type de contact, bien que capable de fonctionner parfois d’une façon intempestive, est le plus sûr de tous ceux qui ont été imaginés jusqu’à ce jour : aux États-Unis, où le climat est plus rude qu’en France, on ne compterait guêpe, pendant la plus mauvaise période de l’année, que 0,002 déclenchement s défectueux sur 1000.
- Les plaquettes de cuivre en se déplaçant devant des mâchoires, pendant les mouvements de va et vient du frotteur, déterminent diverses modifications dans les circuits électriques de l’appareil. La tige du frotteur, creuse, est en communication avec la partie supérieure du cylindre à air comprimé : sa rupture détermine le
- Les autres pièces du contrôleur Regan sont disposées dans la partie suspendue du véhicule moteur ; elles se composent d’une pile, d’un relais, d’un régulateur à for, e centrifuge, d’une valve électro-pneumatique et d’un bouton de déblocage.
- Tant que le frotteur est abaissé, le courant de la pile P ni (fig. 13) alimente d’une part le relais R, en suivant le circuit fermé par la palette a, les mâchoires h et j, et la palette b\ d’autre part, l’électro-aimant de la valve, en passant par la palelle c. Le noyau n de l’électro-aimant E, étant maintenu à la position supérieure par l’action du courant, le clapet 1 res e ouvert et le cylin ire G est en communicaûo 1 avec le réservoir prima pal du frein : t’air comprimé, par l’intermédiaire du piston P et de sa tige tient le clapet 3 appliqué con're son siège.
- Quand il en est ainsi, l’appareil n’agit pas sur les freins et le mécanicien seul contrôle la marche du train.
- Lorsque le frotteur est soulevé, le distributeur met d’abord le relais en communication d’une part avec la rampe de contact, d’autre part avec la masse, puis rompt en j le circuit d’alimentation du relais R par la pile Put. Si la rampe de contact est reliée au pôle positif de la pile Pc (tig. 11), cette dernière se substitue à la pile de la machine pour ce qui concerne l’alimentation du relais R et aucune autre modification ne se produit dans la position respective des divers organes de l’appareil.
- serrage immédiat des freins.
- Pv, pile de voie ; R, relais de voie ; Pc, pile de contrôle ; 1, commutateur commandé parle signal ; C, rampe de contact.
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- Conduite générale
- du frein
- Réservoir
- principal
- du
- frein a air comprimé
- Fig. 1.3.
- — Schéma du contrôleur automatique Regan montrant la position occupée par les divers organes lorsque le' relai R est utile.
- F, flotteur; M, masse; V, robinet de manœuvre du frein ; W, èlectrovalve : C, rampe de contact.
- Si la rampe est reliée au pôle négatif delà pile Pc, i l’alimentation du relais R n’est pas interrompue ; mais la polarité étant inversée, l’armature du relais oscille, rompt les contacts et en produit de nouveaux : le circuit de la pile P m se ferme alors sur l’électro-aimant E par C' et l’interrupteur I. Ce dernier, commandé par un régulateur à force centrifuge, ne laisse passer le courant que si la vitesse ne dépasse pas le maximum prévu lors du réglage. Pendant l’oseillation de l’armature du relais, l’électro-aimant E cesse d’être alimenté; mais l’interruption ne dure pas assez longtemps pour que le mécanisme pneumatique puisse se mettre en mouvement.
- L’armature du relais R conserve la même position après le franchissement de la rampe, car le courant de la pile P m, qui excite alors les relais, passe par //, j, h et a' : le courant reçu de la pile Pc, lors du passage sur la rampe de contact a renversé la polarité d’une façon durable. Il faudra que le frotteur rencontre une rampe à voie libre pour que l’armature du relais reprenne la position primitive et rétablisse les contacts en a, b, c.
- Selon que la vitesse est supérieure ou inférieure au maximum pour lequel on a réglé le régulateur, le courant de l’électro-aimant E sera interrompu ou maintenu; dans le premier cas, il sera d’ailleurs rétabli dès que la réduction de vitesse prévue aura été obtenue.
- Si la rampe de contact est isolée, le soulèvement du frotteur prive de courant le relais R; l’armature cessant d’ê re attirée, oscille, prend une position médiane, sous 1’influence de la pesanteur et la conserve apres que la rampe est franchie : les conlacls qui permettaient à la pile Pm d'exciter l’électro-aimant E sont rompus et ne sont pas remplacés, le noyau n s’abaisse, applique le clapet J contre son siège et le clapet 2 laisse l’air comprimé, qui maintenait le piston P, s’échapper par o.
- La pression exercée par l’air comprimé sur le petit piston P' cessant d’être annihilée par la pression identique qui se faisait sentir sous le grand piston P, la tige s’abaisse (fig. 14), la sou pape 4 isole du réservoir principal la conduite générale du frein et la soupape 5 met ladite conduite en com-
- Fig. 14. — Contrôleur Regan.
- Position occupée par les divers organes lorsque le relai R n’est pas utile.
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- munication avec l'atmosphère en o' : le frein entre en action, sans que le mécanicien poisse laire qooi que ce soit pour en entraver le fonctionnement.
- Si l'alimentation de l’élcctro aimant E est interrompue par I, en raison de la vitesse, elle reprend dès que le ralentissement prévu est obtenu; dans ce cas, l'interrupteur 1 la contrôle constamment : la valve fonctionne tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre et empêche la vitesse de s'écarter notablement du chiffre fixé.
- Si, au contraire, l’alimentation de l’éleclro-aimant E est interrompue parce que le relais R a cessé d’être excité, elle ne pourra être rétablie ‘qu’après l’arrêt du train, par une pression sur le bouton B disposé en un endroit où le mécanicien ne peut accéder qu’en descendant de sa machine. Cette opération permet au courant de la pile Pm de passer par d", k, /, d’exciter le relais R et de retourner à la pile par m et n ; l’armature du relais établit aussitôt les contacts a', b' et c : le train peut repartir; mais la vitesse est limitée jusqu’au moment ou une rampe, en liaison avec un signal ouvert, aura fait osciller l’armature du relais et, en rétablissant les contacts a, b et c, aura permis au courant de la pde d’alimenter l’électro-aimant E, sans passer par l’interrupteur I.
- Cet appareil a été essayé par les Chemins de fer de l’Etat, près de Liancourt-Saint-Pierre, sur la ligne
- PÊCHEURS DE ‘
- Dans la presqu’île du Cotentin, on nomme verdrière ou paille nie certaine herbe marine que l’on coupe et recueille exactement comme le foin dans les riches prairies normandes... à cette différence près qu’on opère dans l’eau salée! Verdrièredésigne plutôt la plante à l’état marin; pailleule, à l’état desséché. Quant au terme de « pêcheur », il ne convient qu’à demi en l’occurreiice ; mais il est d'usage courant. Ce que l’on fait de cette herbe de mer... voilà une chose peu connue du public, et qui mérite d être examinée.
- Qu’est-ce donc- au juste que la verdrière? Tout simplement la Zostera marina, pn français Zostère, mot tiré du grec où il signifiait à la fois végétation marine et ceinture. Ce n’est point une algue, mais bien une phanérogame ou plante à fleurs, de la famille des naïadées, croissant submergée sur les côtes de presque toutes les mers. Elle vit sur les fonds de sable recouverts de tangue, fixée au sol par son pied, et dresse verticalement ses longues feuilles très minces d’un vert superbe, qui ondulent comme une chevelure au gré des courants. Les zostères forment de véritables prairies sous-marines, dont les grosses masses restent en dehors des laisses de marée. Quand elles ont été arrachées par les lames, elles viennent « au plein » où, roulées en tas, elles sèchent sur les grèves : c’est là le vrai
- “ VERDRIÈRE ” : :.............:............=
- de Paris à Dieppe, le 28 janvier 1921 ; il a fonctionné d’une façon satisfaisante.
- Le contrôleur automatique Regan peut être combiné avec le chrono-tachymètre Flaman: on peut ainsi connaître, en examinant le diagramme, quelle indication donnait tel ou tel signal, tors du passage du Irnin et ce qu’a fait le mécanicien.
- On reproche à cet appareil de fonctionner toujours d’une façon identique, indépendamment de la composition du train et du profil de la ligne, et de ne pas assurer un freinage progressif. L’obligation de freiner et de débloquer avec douceur, pour éviter les ruptures d’attelages, celle d'attendre le franchissement d’un signal à voie libre pour reprendre la vitesse normale, risquent fort de causer des perles de temps inutiles.
- Sans aucun doute l’appareil Regan est perfectible.
- Les prochains essais montreront vraisemblablement que les contrôleurs automatiques sont déjà capables de procurer un accroissement tangible de sécurité. Combinés au « blork-système » automatique, ces appareils pourront vraisemblablement donner aux mécaniciens les avantages que les aiguilleurs tirent des enclenchements, mécanismes qui, en liant le jeu des aiguilles à celui des signaux, empêchent presque toutes les fausses manœuvi’es.
- André Rourgain.
- ‘ VERDRIÈRE ”
- varech, bien qu’on donne aussi vulgairement ce nom aux débris du goémon (algues brunes diverses).
- Comme le goémon, notre verdrière fait un excellent engrais pour la culture et on la recueille partout à cet effet. Mais elle a bien d’autres utilisations. Il se pourrait (je manque de précisions sur ce point), qu’on la coupe aux fins industrielles dans plusieurs régions maritimes de France; mais je crois bien que nulle part on ne se livre plus activement à ce travail que sur la bande côtière de notre Cotentin occidental comprise entre les petits bourgs de Pirou et d’Agon, où s’échelonnent Gouville, Lin-verville, Gonneville et Blainville. Certains disent même que c’est une industrie absolument particulière à cette côte. Les habitants de ces localités, moitié cultivateurs et moitié marins-pêcheurs, comme il convient à de bons Normands, trouvent dans le commerce de la verdrière une ressource sérieuse et s’y adonnent presque tous depuis de longues années. Le centre des opérations se tient k Gouville. C’est là qu’au mois de septembre dernier j’ai eu l’occasion de pratiquer cette « pêche » en compagnie d’un brave cultivateur de la commune.
- La coupe se fait pendant l’été, du milieu de juillet à la fin de septembre, et seulement à l’époque des grandes marées, trois jours durant chaque fois :
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- PÊCHEURS DE “ VERDR1ERE ’
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- la mer, qui se retire fort loin dans ces parages, découvre alors suffisamment pour qu’on puisse atteindre la région des vastes étendues de zistères et fouler du pied la prairie marine sans se mouiller plus haut que la ceinture. Les uns s’y rendent avec
- côte dans une carriole, que nous laissons sur la grève parmi bien d’autres, les chevaux mis à rebours dans les brancards mangeant leur botte de luzerne, nous embarquons au Jusant avec tout le matériel nécessaire : filets, faux, paniers, vêtements de re-
- 1, embarquement des pécheurs de verdrière. 2, pêcheur aiguisant sa faux. 3, le fauchage des zostères. 4, fauchage et enlèvement au filet. 5, la verdrière est embarquée dans le doris. 6, retour des bateaux à la côte.
- des charrettes, en utilisant une longue ligne de plateaux rocheux pointant vers le large ; d’autres y vont à pied, dans l’eau même; mais le plus grand nombre se sert de l’embarcation bien connue sous le nom de doris. Les seuls Gouvillais en ont une flottille d’au moins 80 unités, chacune appartenant à une famille de cultivateurs riverains. Venus à la
- change, vivres (fig. 1). Et bientôt, louteune théorie de doris s’avancent doucement à l’aviron dans la direction du rocher qui porte là-bas le phare du Senequet, sur une Manche plate superbe qu’illumine un soleil resplendissant; à bord, il y a maris, femmes, enfants, amis, tout le monde aujourd'hui est à la mer.
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- Quelques ronds dans l'eau pour trouver une bonne place, quelques instants d’attente pour permettre à la marée de baisser, et l’on mouille sur un grappin; les doris évitent. Sous un demi-mètre d’eau claire, les zostères se dressent sur le fond plat, toutes inclinées dans le même sens par le léger courant. Les hommes « capèlent » leurs frusques de rebut, sautent pieds nus à la mer. Ils s’en vont à quelque distance en amont de l’embarcation, donnent un coup de pierre à leurs lames (fig. 2), et les grandes faux, plongées dans l’eau jusqu’à mi-manche, entrent en jeu (fig. 3). Les zostères, tranchées près de leur pied, dérivent, montent à la surface où apparaissent de tous côtés leurs lanières d’un vert d’émeraude. Parfois, une exclamation retentit parmi les faucheurs : c’est un congre ou une vieille qui vient de filer dans la verdrière; inutile de courir après! Mais parfois aussi c’est un homard: et alors on peut, avec plus de chances de succès, prendre un petit filet pour lui donner la chasse. Cependant les femmes, qui ont passé des culottes de grosse toile, et les plus jeunes enfants se sont mis a l’eau à leur tour : à eux incombe la tâche de recueillir la verdrière flottante.
- Il y a deux manières de s’y prendre. Quand la mer est agitée, et surtout quand le courant trop fort entraîne trop vite les herbes, on emploie de grands filets de barrages analogues à des sennes; chaque bateau en possède au moins deux, roulés autour de leurs piquets. Ces filets mesurent une quinzaine de mètres de longueur sur un mètre vingt de haut environ ; ils ont de très larges mailles et portent un piquet pointu à peu près tous les mètres. On les pique dans le sable en quart de cercle, dans le sens où dérivent les herbes, en les appuyant en arrière sur quelques perches inclinées Quand une masse suffisante de zostères s’est accumulée contre cette barrière, on saisit le filet par chaque bout, on le déplante et on ferme la poche. Mais si la mer est calme, bien tranquille comme aujourd’hui, on se contente de recueillir la verdrière au moyen de filets à main en forme de raquettes, qu’on nomme par ici libelles (fig. 4). Ne croyez pas que ce soit un mince travail : les herbes mouillées pèsent lourd et, quand le filet en contient une pleine poche, il faut faire un sérieux effort, continuellement répété, pour le déverser dans le canot (fig. 5) ; lorsque le tas commence à s’élever, la difficulté augmente. L’eau ruisselle de partout et monte dans le doris, l’usage de l’écope devient nécessaire.
- Il y a maintenant sur chaque bateau un énorme monceau de verdrière qui sent bon la végétation marine. La marée a renversé, le flot monte. A l’horizon s’élèvent de gros nuages sombres* : encore une belle journée qui n’aura pas de lendemain, en ce déplorable été de 1924! Les équipages rallient chacun leur bord (fig. 6), on lève l’ancre, la flottille entière met le cap sur la côte bordée de dunes claires. Deux hommes se relayent aux avirons, tandis que les autres, assis sur le plat-bord ou sur l’humide
- » VERDRIERE ” ...................... .........
- moisson de la journée, cassent la croûte et boivent un coup.
- Inutile de décrire comment les pêcheurs de verdrière qui vont faire leur récolte en voiture rapportent leur butin. Mais il existe à Gouville et aux environs un autre mode de transport, très original, employé surtout par les gens à pied. Ceux-ci se servent d’un grand panier rond appelé dramme en morte-eau, on voit souvent sur la grève, près de la dune, quelques-uns de ces engins à demi remplis par le sable qu’apporte le vent, et ils intriguent toujours les baigneurs non avertis (fig.7). Ces paniers, faits d’osier, ont quelquefois deux mètres de diamètre ; leurs bords peu élevés portent des boucles en branchages. C’est dans ces paniers que les pêcheurs empilent la verdrière en une haute colline qu’ils maintiennent en place au moyen de cordes transversales passées dans les boucles. Leurs faux piquées dessus, ils laissent le flot ramener les drammes, à moins qu’ils ne les halent au bout d’un câble.
- Doris chargés et drammées surmontées d’un fanion que tirent des femmes en [culottes (fig. 8) arrivent tous ensemble au plein, près des carrioles; c’est le plus pittoresque-et le plus joyeux mêli-mêlo. Vite, car la marée monte ferme, les charrettes sont attelées et, dans l’eau presque jusqu’à l’essieu, accostent doris et drammes. On y charge la verdrière (fig. 9) — quelques-uns l’emportent simplement sur des civières — puis les doris regagnent leur havre abrité tandis que les voitures pleines grimpent péniblement les charricres de la dune, chevaux tous muscles saillants.
- Derrière la rangée de dunes côtières s’étend, sur une largeur d’un à deux kilomètres, une région intermédiaire entre la terre arable de la campagne normande et la grève aride. On la nomme la mielle (fig. 10). -Il y pousse une herbe courte et rude que paissent quelques moutons et où viennent picorer des troupeaux d’oies ; par endroits, la terre sablonneuse apparaît. La mielle n’est point plate, elle ondule en larges vallonnements que le vent balaye en tous sens. Cette région constitue un bien communal et chaque année, au commencement de juillet, se fait dans les mairies des bourgs situés en arrière la location des emplacements pour le séchage de la verdrière. Au cours des marées, la récolte a d’abord été mise en meules. Puis, la morte-eau venue, on étend la verdrière sur la mielle en couches qui n’ont pas plus de trois à quatre centimètres d’épaisseur ; ce travail est généralement fait par les femmes. Sous l’action de la rosée nocturne et des pluies si fréquentes sur nos côtes de l’ouest, les herbes marines perdront leur salin ; sous celle du vent et du soleil — elles fument à la chaleur de midi — elles se dessécheront. L’oxydation s’accomplit rapidement; la verdrière noircit, en même temps qu’elle se recroqueville, se frise. On ne là retourne pas. Bientôt, sur le vert des pentes, on voit se détacher de tous côtés de grands carrés et de grands rectangles | sombres qui exhalent sous la brise une odeur péné-
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- PÊCHEURS DE “ VERDR1ÈRE ” —— v::..::."-- 267
- trante; cela donne à fela contrée un curieux aspect. Cette première préparation dure au moins un mois. Un beau matin, les propriétaires arrivent, rassemblent la pailleule au râteau, en font de grosses bottes (fig. H) qu’ils chargent sur leurs voitures;
- en plus du poids, soit 1 100 livres. Aussitôt pesées, les bottes sont entassées dans des granges, d’où elles sortiront au fur et à mesure des commandes pour être mise? en balles.
- Chaque marchand possède, à cet effet, une presse
- 7, drammes sur la grève, entre deux marées. 8. remorquage d’une drammèe. 9, la verdrière est chargée sur une charrette. 10, la verdrière est étendue sur la mielh. 11, la pailleule est mise en bottes. 12, pesage de la récolte.
- en route pour l’établissement du marchand spécialiste !
- Dans la cour de c*t établissement, sur de grandes balances à plateaux de bois, les bottes sont pesées (fig. 12). Avant la guerre, le prix moyen était de 60 francs les 1000 livres ; depuis les cours ont monté à 200, à 300, puis à 600 ; en 1924, ils ont atteint 950 francs ! Mais l’acheteur demande 10 pour 100
- spéciale. Cet appareil se compose d’une boîte à fortes parois, dont un côté à charnières peut s’ouvrir pour enfourner la pailleule. Quand la boîte a été bien close, on fait descendre verticalement, au moyen d’une roue tournant sur une vis métallique, un robuste plateau de bois qui comprime très fortement la pailleule et la réduit aux dimensions voulues. Il sort de la presse une masse rectangulaire mesu-
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- rant à peu près 1 m. 20 sur le grand sens et pesant 50 kg environ ; on la cercle aussitôt de fil de fer. Quelques jours plus tard, les balles sont chargées sur des wagons à la gare de chemin de fer la plus proche, celle de Coutances, d’où on les expédie au loin.
- Telles sont les diverses opérations du coupage et du séchage des zostères. A dire vrai, une exploitation intensive doit avoir des inconvénients : les récollants prennent à même un capital qui ne se recons-tiiue peut-être pas aussi rapidement que l’herhe luxuriante des prés de Normandie ; et d’autre part, nous ne sauriens oublier que h s masses de zostères sont les lieux de ponte reconnus d’une foule de poissons... Quoi qu’il en soit, cette industrie est absolument licite, entre les dates précédemment indiquées. Disons maintenant quelques mots sur l’utilisation de la récolte.
- Voilà quelques années, on se servait delà pailleule seul» ment pour faire des matelas, des paillasses, des traversins, des coussins divers, notamment des cous.-ins de voitures. Cette industrie du « crin végétal » avait déjà une grosse importance ; elle estplus
- florissante que jamais. Mais le champ des utilisations s’est beaucoup élargi; la pailleule, qui ne se brise pas comme la paille, et présente une souplesse plus grande, qui a une longue durée, qui coûte moins cher, qui est beaucoup moins rare aujourd’hui et beaucoup plus économique que la fibre de bois, constitue une matière d’emballage de tout premier ordre et fait maintenant à cet égard l’objet de grosses demandes. On s’en sert pour emballer les meubles et tous les produits manufacturés fragiles : instruments délicats, verrerie, etc. Elle peut servir longtemps et conserve admirablement tout ce qu’on lui confie. On l’utilise pour mettre à l’intérieur des cloisons quand on veut empêcher tout son de se propager; on en fait des bourres pour l’artillerie lourde; on en fait des litières pour les animaux domestiques, que sais-je encore? Et l’on peut prévoir bien d’autres utilisations dans l’avenir.
- Tout cela explique la montée progressive des prix, qui vient justement payer de leurs peines les intéressantes et courageuses populations de nos côtes bas-normandes. Lucien Jouenne.
- LES RÉCENTS PROGRÈS DES FOURS A COKE
- Dans un article très comp’et, M. Pierre Lemoine a exposé aux lecteurs de la Natuie les détails de la fabrication du coke métallurgique et de la distillation dessous-produits divers tirés de la houille (voir La Nature, n° 2487 du 3 décembre 1921). Nous nous propœons d’attirer cette fois l’attention sur les rérents progrès réalisés dans la fabrication du coke.
- Les progrès que l’on re« herche dans cette voie peuvent èire de divers s espères. Les uns ont trait à la fabrication des sous-produits et visent notamment à en accroître la qualité et la quantité. Les autres ont trait à la fabrication proprement dite du coke métallurgique.
- A propos des premiers, nous avons nous-même décrit les disposiiifs nouveaux qui s’appuient sur la distillation à basse température. Nous n’y reviendrons donc pas aujourd’hui et nous nous bornerons à envisager les progrès de la 2me espèce.
- Parmi les avantages recherchés, les plus importants concernent la distillation du charbon, la qualité du coke et la diminution de la main-d’œuvre.
- I. Distillation du charbon. — On sait que la distillation du charbon s’effectue dans de vastes cornues en terre réfractaire ou fours à coke qui sont chauffés au gaz. La construction des fours à coke est coûteuse et leur durée ne dépasse guère une vingtaine d’années. On peut l’évaluer en moyenne à une centaine de mille francs par four (tous accessoires et bâtiments annexes compris). L’amortissement delà construction et les réparations représentent dans ces conditions une notable partie du prix de revient de la transformation d’une tonne de charbon en coke.
- On a donc cherché à faire produire à un même four le maximum de fournées dans une année de son existence, c’est-à-dire à diminuer le temps nécessaire à la cuisson du gâteau de coke. Rappelons que dans les fours construits avant la guerre cette durée atteignait couramment 30 heures.
- Un moven simple consistait à augmenter la température de chauffage Dans ces conditions, le flux de chaleur à travers les parois du four est plus grand et la température finale est atteinte plus vite. Le chauffage au gaz avec réchauffage préalable de l’air de combustion au moyen de récupérateurs permet d’augmenter la température de chauffe, et l’on peut atteindre 1250° dans les conduits verticaux où passent les flammes sur les parois latérales du four à coke (voir fig. 2, conduit c), mais il a fallu vaincre alors une difficulté nouvelle : aux températures élevées ainsi réalisées, les briques réfractaires autrefois normalement employées deviennent pâteuses et la solidité du four est gravement compromise. On a remédié à cet inconvénient en substituant aux briques réfractaires ordinaires des briques de silice dont le point de fusion est beaucoup plus élevé. Leur teneur en silice dépasse 95 pour 100. De plus leur conductibilité calorifique est meilleure, ce qui concourt à l’obtention du résultat cherché.
- La durée de cuisson a pu être ainsi nettement réduite. Ce progrès a été réalisé à la veille de la guerre et a pris un grand développement.
- Un autre moyen, qui a été employé concurremment avec le premier, consiste à diminuer la lar-
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- LES RECENTS PROGRES DES FOURS A COKE ======== 269
- geur des fours. Les anciens fours étaient des caisses rectangulaires, hautes d’environ 2 m. 50 et larges d’environ 60 cm. La transformaiion du charbon en coke commence naturellement par les
- On sait que le chauffage a lieu principalement par les faces latérales. La cokéfaction avance donc à peu près parallèlement aux faces du four avec une vitesse d’environ 25 mm par heure. Les deux plans
- Fig. i. — Four a coke type actuel (haut et étroit) en briques de silice.
- La porte fermant le four du milieu a été enlevée pour montrer les dimensions intérieures. (Cliché communiqué par la Société des Fours à coke et Installations métallurgiques, à Paris).
- parties voisines des parois et progresse lentement i jusqu’au cœur. Le cœur sera évidemment plus vite atteint s’il est moins éloigné des parois, c’est-à-dire si le four est plus étroit. On peut donc conclure qu’ily a avantage à rétrécir les fours.
- de cokéfaction devraient donc se rejoindre dans le plan médian du gâteau. En fait, les choses ne se passent pas aussi simplement.
- La cokéfaction avance un peu plus vite en bas du four et dans les fours larges anciens, cet inconvé-
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- LES RÉCENTS PROGRÈS DES FOURS A COKE
- dirigent alors de haut en bas. D’autres muh tiplient les subdivisions de la rampe inférieure. La figure 2 n’en montre que deux : les brûleurs de la moitié gauche sont en
- nient est bien plus sensible, en sorte que l’on perd un temps précieux à cokéfîer la partie supérieure du plan médian. Pendant ce temps, le coke qui est voisin des parois continue à subir l’action des flammes : il se surchauffe et devient moins propre aux usages métallurgiques. Les fours étroits réduisent la perle de temps provoquée par la cokéfaction du plan médian et l’excès de cuisson.
- Actuellement, on descend couramment jusqu’à 45 cm et on a construit des fours de 30 cm. La durée de cuisson dans un four de 45 cm en briques de siliee est d’environ 18 heures et on a réalisé des fours qui cuisaient en moins de 10 heures. Cette durée peut se calculer au moyen de la vitesse de progression indiquée plus haut (25 mm par heure). Toutefois, il faut tenir compte de l’humidité contenue dans les charbons. Quand elle est abondante, son évaporation absorbe de la chaleur et allonge un peu la cuisson.
- Pour maintenir à un taux raisonnable la charge du four malgré la diminution de sa largeur, on a augmenté sa hauteur et sa longueur, c’est-à-dire développé les parois latérales. Ceci n’a pas d’inconvénient pour le chauffage, puisqu’il a lieu précisément par les parois latérales. La hauteur dépasse 3 m. et atteint même 4 m. quand la qualité des charbons le permet. La longueur est d’une douzaine de mètres. Dans ces conditions, le gâteau de coke obtenu présente tout à fait, quand il sort du four, l’aspect d’une feuille verticale incandescente.
- Pour que le^ flammes qui s’élèvent ainsi sur 4 m. de haut au lieu de 2 m. comme dans les anciens fours chauffent le gâteau d’une manière régulière, il a fallu prendre diverses précautions dont nous nous bornons à signaler la nécessité, sans les décrire longuement. Certains constructeurs ne disposent plus les brûleurs aussi simplement que l’indique la figure 2 qui s’applique aux fours larges et bas : ils ajoutent une 2me rampe de brûleurs à mi-hauteur du four ou bien au sommet et les flammes se
- On subdivise couramment en six.
- En résumé, les batteries actuelles de fours à coke se composent de fours étroits et hauts construits en briques de silice et à cuisson rapide. Les figures 3 et 1 montrent un four large, et un four moderne étroit.
- On est arrivé à traiter 29 tonnes de charbon par 24 heures avec des charges de 12 tonnes et une durée de cuisson de 11 heures, mais il convient de dire que ces pratiques ne sont pas encore en usage en France pour diverses raisons.
- II. Diminution de la main-d'œuvre. — Le travail dans les cokeries était déjà grandement mécanisé avant la guerre. C’est ainsi que toute la manutention du charbon depuis les lavoirs jusqu’à la mise en place dans les fours était mécanique. 11 en était de même du défournement du coke. L’extinction du coke et son transport jusqu’aux wagons ou jusqu’au criblage étaient les seules opérations manuelles. C’est de ce côté qu’ont été dirigés les efforts. Rappelons qu’une batterie moderne produit assez couramment 600 tonnes de coke par jour, le chargement d’un train de marchandises de 40 gros wagons. On aura ainsi une idée de la main-d’œuvre nécessitée par la manutention du coke.
- Le transport du coke du four aux wagons s’effectue de manières très diverses. Dans certains cas, le coke, en sortant du four, est poussé par la défour-neuse sur une sole inclinée à environ 30° et sa progression vers les wagons est ainsi facilitée.
- Dans d’autres batteries, on garde la sole plate et ce sont de vastes pelles mécaniques qui viennent racler le sol.
- Enfin un type qui se répand assez rapidement
- Fig. 3. -- Batterie de fours en fonctionnement.
- On assure l’ètanchèité de la fermeture des portes au moyen d’argile.
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- est celui de « Goke-car » : la sole est supprimée complètement, ou plutôt il n’existe qu’un fragment de sole inclinée qui vient se placer successivement devant tous les fours au moment du détournement. Cette sole est portée par un wagon ou « Coke-car » que traîne une petite locomotive. Le Coke-car se meut lentement pendant le défournement, ce qui a l’avantage de répandre le coke sur la sole en couche mince et régulière, circonstance très favorable à une bonne extinction, au lieu que sur les soles ordinaires, le coke incandescent reste en tas et par conséquent l’eau d’extinction éteint trop la périphérie et malle cœur. Une bonne extinction doit charger le coke d’aussi peu d’eau que possible, car la vaporisation de cette humidité dans le haut fourneau réclame de la chaleur sans profit. Dans les batteries à sole, l’extinction continue à se faire a la main au moyen de lances à eau. Avec le coke-car, on conduit le coke sous une douche : il suffît ainsi d’une demi-tonne d’eau pour éteindre une tonne de coke.
- Dans les batteries modernes, la dépense de main-d’œuvre est d’environ une demi-journée d’ouvrier pour obtenir une tonne de coke. Cette somme, aussi réduite qu’elle paraisse, constitue encore la plus grosse partie des frais de cokéfaction.
- 111. Économie de la chaleur. — Rappelons que l’onchaufîe les fours au moyen des gaz qui se dégagent du charbon pendant la cokéfaction. Dans les fours sans réchauffage préalable de l’air de combustion (fours sans régénérateurs) ce réchauffage absorbe presque tout le gaz distillé. Dans les fours à régénérateurs, au contraire, on peut disposer d a peu près la moitié des gaz pour des usages extérieurs (moteurs à gaz, chaudières, éclairage des villes, etc.).
- Le gaz des fours à coke étant un gaz excellent de pouvoir calorifique élevé (5600 calories), il y a un grand intérêt à en consacrer le moins possible au chautfage des fours. En raccourcissant la durée de cuisson comme cela a lieu dans les nouveaux fours, on réalise une première économie sur la chaleur nécessaire à la distillation et, par suite, le volume du gaz distillé qu’on peut employer à d’autres usages que le chauffage des fours est plus grand. En pratique et dans des circonstances favorables on arrive à se contenter de 45 pour 100 du gaz pour le chauffage et à disposer du reste, soit 55 pour 100.
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- On a aussi cherché à disposer pour les usages extérieurs, notamment pour l’éclairage des villes, de la totalité du gaz en lui substituant pour le chauffage un gaz de moindre valeur. A cet effet, on a employé le gaz de gazogène et le gaz de haut fourneau. Quand on utilise ces gaz qui sont pauvres en calories, il est nécessaire de faire traverser les récupérateurs de chaleur aussi bien par le gaz que par l'air de combustion, tandis que dans la méthode ordinaire on ne réchauffe préalablement que l’air.
- La cokéfaction du charbon est une réaction chimique pratiquement neutre au point de vue thermique, de sorte que la chaleur du chauffage sert, en dehors des pertes par rayonnement ou combustibilité, à distiller l’humidité des fines à coke et surtout à porter le charbon à la température de cokéfaction qui est d’environ 750 degrés. On conçoit donc qu’une économie notable serait réalisée si l’on récupérait la chaleur du coke incandescent quand il sort du four. Tel est le but du système Sulzer qui se propose d’employer cette chaleur au chauffage des chaudières. C’est un courant de gaz carbonique qui sert d'agent de transmission de la chaleur entre le coke incandescent, et les chaudières. La quantité de chaleur théoriquement nécessaire est d’environ 450 calories. En fait, on en dépense couramment de 600 à 700, c’est-à-dire à peu près le dixième du pouvoir calorifique du charbon enfourné.
- IV. Conclusion. — Les fours à coke se contentaient, il y a 40 ans, de transformer le charbon en coke. On ne se préoccupait pas de recueillir les sous-produits liquides solides ou gazeux et on laissait une partie assez notable du charbon se consumer pour assurer le chauffage de la masse. Le premier progrès consista dans la récupération des sous-pro-duits liquides et précieux pour l’industrie des matières colorantes et l’automobile, des sous-produits solides comme les engrais ammoniacaux et le brai. Plus tard, l’attention se porta sur le gaz. Ce point est devenu plus important encore depuis que les cokeries ont entrepris de se substituer aux usines à gaz pour les distributions de gaz dans les villes. Enfin, on a cherché à réduire au minimum, les frais de premier établissement des batteries de fours à coke et les frais d’exploitation, principalement ceux de la main-d’œuvre. Pu. S.
- LA TEMPÊTE DU 26 FÉVRIER 1925
- et ses effets sur la falaise dunaire de Saint-GilLes-sur-Vié.
- La Nature du 7 mars 1925 a publié plusieurs ( vrierde la môme année, qui sont tous différents, on photographies, montrant la façon dont les Dunes de a pu constater, à l’aide doces documents, comment la Garenne de Retz, à Saint-Gilles-sur-Béttaut, ont | le flot, à la cote de 6 mètres au-dessus de zéro, des été attaquées, lors d’une tempête cyclonique, qui a j plus basses mers, affouille le sol, au sommet de eu lieu le 26 novembre 1924, au moment même de l’estran et détruit des épaisseurs considérables, à la la pleine mer d’une grande marée, de 1 m. 10 à base des Dunes. La mer est, en effet, une terrible peine ! « consommatrice » de sable !
- Sans parler des effets du ras de marée du 9 fé- Eh bien, le 26 février 1925, une nouvelle tem-
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- LA TEMPETE DU 26 FEVKJER 1925
- Fig. 1 — La villa “La Plage ” à Saint-GUles-sur-Vie, après la tempête du 26 février
- pèle, qui s’est produite dans les mêmes conditions, avec, une marée de 1 m. 07 seulement, et avec un vent relativement moii s effrayant, a produit en certains point* de la même falaise et en particulier au niveau de la station balnéaire, des désastres encore plus étonnants, si I on peut dire. On va pouvoir en juger d’après nos photographies.
- Certes, comme en 19 24, une petite maison a été détruite ainsi que le prouve l’une de ces photographies (partie gauche, fig. 1), et ses murs sont tombés à l’eau !
- Mais les murailles de la villa voisine (La Plage, fig. 1), ont été mises au jour au niveau de leurs fondations dans la dune, lesquelles sont encore aujourd'hui parfaitement visibles, entre les herbes de la falaise qui les cachent désormais. Cette construction est actuellement au ras de l’à-pic et peut s’effondrer cet été au dessèchement de son sous-sol très mobile. Il ne persiste aucune terrasse à. son niveau du côté ouest.
- — Qui plus est, un peu plus au sud, une autre construction bien plus importante, Y Atlantique, qui était pi otégée par un perré en ciment arme de 5 mètres de hauteur et avait devant elle, à l’ouest, un terre-plein de 5 à 8 métrés de largeur, se présente aujourd’hui dans l’état indiqué par notre seconde photographie (fig. 2).
- Non seulement toute la défense en ciment dont on voit des débris à gauche a été emportée, mais l’océan en furie, furieux de cette résistance, s’est acharné sur ce point et a af-fouillé cette partie de la dune d’une façon telle que toute la terrasse, correspondant à l’escalier de Y Atlantique, a été détruite, malgré sa
- puissance en largeur et en hauteur!
- On dirait qu’une carrière de sable a été établie, de facm voulue, au-devant de la villa, malgré les protections établies à son niveau depuis de longues années.
- Jamais la mer n’avait en cette contrée produit, en attaquant au sommet de l’estran et à la cote des hautes nmrs d’équinoxe (6 mètres), de tels désastres irréparables.
- Cela tient à ce que le sable de la plage est aspiré par l’océan avec les vents de sud-ouest et à ce que, par suite, l’estran s’abaisse notablement.
- Il en ré-ulto que le flot reste au pied de la falaise dunaire pendant plusieurs heures; et il a alors tout le temps de la « grignoter » par le bas : ce qui produit les effondrements constatés dès 1924.
- Ci's murailles de sable, de plusieurs mètres, descendent verticalement, puis s’étagent; mais le vent, se mettant bientôt de la partie, brouille tout, et bientôt ce n’est plus qu’un « horrible mélange » où I on ne peut plus rien distinguer!
- Mais, au début du phénomène, les faits, comme nous l’avons montré précédemment, sont très nets.
- Ajoutons que dans cette tempête, sur les parties dénudées de certaines dunes (où l’on avait eu le tort de désherber, c’est-à-dire d’enlever la végétation spontanée) on a vu se former des « tourbillons de sable» enlevés parle vent, qui venait tranquillement les déposer dans le thalweg, situé à l’est, c’est-à-dire dans le lit de la rhière La Vie, autrement dit le port même de Saint-Gilles !
- Marcel Baudoujîn.
- /,« Garant : P. — Imprimerie rs. P, Vue de Fiouriw, Pari*.
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- LA NATURE.
- N° 2665.
- 2 MAI 1925
- UN GRAND FLEUVE SAHARIEN : LA SAOURA
- Les nuées de mystère qui recouvraient le Sahara, comme le Utham cache le visage du Touareg commencent à se dissiper. Mais la lumière s’est l'ait attendre.
- En réalité, jusqu’au xixe siècle, le Sahara constituait un barrage de sable et de cailloux plus infranchissable qu’un océan.
- A l’heure qu’il est, le Grand Désert a été traversé en tous sens. Il existe de nombreuses pistes paisibles ; certaines régions sont ouvertes au tourisme ; mais, par contre, il existe en marge des chemins réputés sûrs, des territoires tout à fait insoumis et dont la carte n’a jamais été levée.
- Le Sahara participe à cinq bassins géographiques : l’Océan Atlantique, la Méditerranée, la Mer Rouge, l’Océan Indien et... le Sahara lui-mème, car beaucoup de cours d’eau vont s’v jeter ou, mieux, s’y perdre dans la terre altérée.
- La Saoura est le plus long, le plus beau des oueds sahariens (lig. I). Quelle définition peut-on donner d’un oued saharien? C’est un fleuve un cours d’eau où il n’y a jamais d’eau.
- Au début d’un voyage dans la région saharienne, on traverse les rivières sans s’en douter. La caravane y campe parfois pendant la nuit. C’est très dangereux et, dans la Saoura, les détachements militaires reçoivent l’ordre de ne pas le faire. Il arrive —- pas tous les ans évidemment —qu’après qu’un orage a éclaté dans l’Atlas, le flot survient sur. un front de 500 m. avec une vitesse de cheval au galop, balayant tout sur son passage. La caravane étant surprise, il y a perte de marchandises, parfois noyade d’hommes ou de chameaux.
- Pourtant, après un certain temps, le Saharien néophyte détermine aisément la présence d’un oued. On reconnaît la vallée vide, il y a des sebkras, un peu plus de végétation qu’ailleurs.
- Dans la Saoura, l’oued n’est mort qu’en apparence ; l’eau coule souterrainement jusque bien au delà de Beni-Abbès. Il suffit de creuser dans le lit de la rivière pour obtenir de l’eau.
- On sait quelle est l’importance historique des fleuves dans la vie des peuples. La Saoura, qui .pré-
- sente les apparences d’un fleuve mort, n’échappe pas à cette règle. Elle constitue un axe vital entre des faciès sahariens topiques : le désert de sable et le désert pierreux.
- Cet axe concentre vers lui toutes les activités des nomades comme l’axe d’un champ de forces magnétiques oriente irrésistiblement la limaille de fer.
- Les oueds principaux qui forment la Saoura sont le Guir, l’Oued Déchar et le Zousfana.
- L’eau est courante dans le Guir jusqu’aux gorges de Tazouggcrt. Au delà de Bou-Denib, le large lit de la rivière est encombré de
- /COLOMS-SÉCHA*
- ii#1" 1CLI ofc-
- JU>&EKI-A»&£5
- DJ OUF
- gros tamarins pro- Fig. i. — La Saoura, pices aux embusca- voie naiurelle entre l’Europe des. C’est le pays et h higei.
- des Doui-Ménia, Berbères qui élèvent de beaux chevaux et qui cultivent l’orge.
- L’Oued Bécliar traverse une contrée tout à fait aride et, l’oasis de Colomh-Béchar ne se maintient
- que grâce au barrage édifié par les indigènes en travers de la rivière.
- La vie est plus concentrée, quoique bien intermittente dans le Zousfana. Son eau provient des sources thermales (31° 5) de Figuig. L’eau coule à fleur de sol sur une distance de quelques kilomètres. Puis, elle disparaît sans laisser de traces, pour réapparaître à la surface du sol à Tharit, à la faveur d’une faille. Elle y entretient la vie dans quelques palmeraies, puis elle s’évanouit de nouveau dans le sol.
- Ou es T
- Fig. 2. — Coupe schématique de la Saoura à Beni-Abbès (les hauteurs sont fortement exagérées.)
- NA, nappe aquifère. E, foggara. PE; puits évents. PB, puits à.bascule. PF, palmiers irrigués par foggara ou par source. PP, palmiers irrigues par puits à bascule.
- La Saoura, née de la réunion du Guir et de la Zoûsfana, est donc un immense fleuve vide orienté grossièrement du nord-ouest vers le sud-est et souvent bordé de falaises escarpées (lig. 2)._ : j
- On imagine volontiers l’oasis comme une corbeille de verdure au sein du désert5, la tache verte autour du puits vivifiant. Dans la Saoura, il n’en est pas ainsi : il n’y a qu’une t seule oasis depuis Figuig. Tharit, jusqu’à la zone d’épandage de Touat.
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- ! J O.
- 53' Année- — 1" Semestre-
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- UN GRAND FLEUVE SAHARIEN : LA SAOURA
- C’est, le fleuve lui-mème qui constitue un mince ruban de verdure, une oasis d’une longueur de plus de 1000 km,'entre le néant qui l’étreint à l’ouest et à l’est, sur tout son parcours. Les chroniqueurs arabes parlent avec enthousiasme de la « Rue de Palmiers » (lig. 4). Cependant, tout comme dans les rues de banlieue, il y a plus de terrains vagues que de maisons, ici il y a de nombreux lacets du ruban de verdure qui sont dépourvus de Palmiers et même de toutes espèces de plantes !
- La plupart des Palmiers sont plantés dans le lit de l’oued. C’est là qu’ils y ont bien, comme le dit le proverbe arabe, « le pied dans Peau et la tête dans le leu ». Malgré cela, il faut encore arroser la base îles arbres pour qu’ils puissent résister à l’implacable évaporation. On creuse dans la rivière des puits à bascule appelés ici ghellaras (lig. 2 : P. JL) Imaginez le travail de galérien que -constitue pour la population haratin le fait de puiser, pendant les 565 nuits annuelles, des milliers d’outres ou délions d’eau pour apaiser la soif perpétuelle des dattiers !
- Il existe souvent dans la Saoura un moyen original d’irrigation : ce sont les foggaras (lig. 2 : F.). Ce sont de grossières galeries de mines dont le développement, atteint parfois de nombreux kilomètres. C’est un véritable travail de taupe effectué pour amener l’eau à la base des Palmiers. Les fogçjaras possèdent de nombreux puits d’aérage : puits évents (lig. 2 : P. F.) et les terres extraites du sol restent autour du regard du puits comme d’énormes taupinières.
- La Saoura est bordée à l’ouest par la Hammada ou désert pierreux (lig. 5) et à l’est par une mer de sable, : le Grand Erg occidental (fig. 5).
- Fig. 3. —La Hammada du Guir {désert pierreux.)
- Quelle est l’origine des dunes de ce
- Grand Erg‘
- On a cru pendant longtemps que l’érosion éolienne, était primitive et prépondérante. M. le Professeur Gautier, d’Alger, est le premier qui ait déclaré celle hypothèse inadmissible. On pensait que le vent avait trié les matériaux provenant de la désagrégation des roches delà façon suivante : les cailloux se sont peu déplacés, les sables, ont été emportés surtout vers les dépressions et abandonnés là par le vent, les poussières argileuses ont été soulevées et emportées beaucoup plus loin encore.
- L’opinion que je me suis faite dans le Grand Erg occidental de la Saoura est toute différente de l’ancienne dans ses prémisses, et elle corrobore celle de M. le Professeur Gautier.
- L’Atlas marocain a déjà dù perdre plusieurs .centaines de mètres de hauteur depuis Père tertiaire.
- L’érosion par l’eau fut prépondérante au début, alors que, le Sahara était steppique. Il y a eu des pluies diluviennes au Tertiaire et au Quaternaire, ainsi qu’en témoigne le lit primitif de la Saoura, dont les falaises escarpées sont distantes de plusieurs kilomètres. C’est, à cette époque que des éléments de la flore tropicale soudanaise ont pu parvenir jusqu’à la Saoura. Certains végétaux ont pu s’y maintenir et ils y constituent des reliques, tel le Gommier du Soudan (Acacia lortilis).
- L’oued a donc charrié des quantités immenses de matériaux vers le sud. Ceux-ci se sont déposés dans le même ordre géodynamique que les matériaux des fleuves d’Europe. Les gros cailloux n’ont pas quitté la partie montagneuse. Les cailloux roulés et les graviers ont, été poussés plus loin. Les sables et les argiles sont allés le plus loin des sources. Mais
- l’oued saharien n’a pas 1 de niveau de base comme
- . i - v le fleuve qui se jette dans la mer. Il a donc une immense zone d’épandage où les matériaux vont se, colmater : ce sont les sables, le$ argiles et les couches de sel. En réalité l’oued s’est bouché maintes fois, augmentant perpétuellement devant lui la masse de sable et d’argile. De plus, chaque fois qu’un bouchon a été formé, Y oued a du changer de cours. On constate que depuis le nord de Tharit jusqu’au sud du grand Erg occidental, la quantité de sable va en augmentant jusqu’à former des dunes qui atteignent 200 m. de hauteur.
- Plus tard, les immenses zones de bouchage, ne recevant plus suffisamment d’eau, la végétation s’v est fortement réduite. D’après l’exploration du capitaine Augiéras (1921), le nord de Tombouctou et la Mauritanie, qui sont des déserts atténués, ont leurs sables encore fixés et peu élevés. Alors, les argiles sont devenues la proie des vents et ces seules poussières ont été transportées au loin; car leur ténuité est extrême. •
- L’action éolienne est donc secondaire et accessoire. Le veut a creusé, raviné, modelé le sable sur place. L’erg ne se déplace pas dans les limites delà mémoire humaine. Les guides indigènes reconnaissent telle ou telle dune qu’ils n'avaient plus'revuo depuis de nombreuses années et elle sert de point de repère, de génération eu génération.
- Une faible partie, de l’eau coule encore sous le manteau de sable et elle y entretient une végétation moins languissante que sur la hammada.
- Le chenal actuel de la Saoura reste bien tracé, car il survient parfois uue crue formidable qui, eu quelques jours, balaie tout sur son passage., Cette
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- UN GRAND FLEUVE SAHARIEN : LA SAOURA
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- érosion fluviale de si courte durée, mais de grande puissance, produit le même résultat peut-être que l’action continue, mais lente, de nos fleuves.
- La Saoura est l’oued saharien dont les crues sont les plus violentes, et ce sont celles qui pénètrent le plus loin au cœur du désert.
- Maintenant, il se peut aussi que dans la période des temps géologiques et peut-être historiques, le grand Erg occidental ait bougé en bloc ou que les sinuosités de son contour aient varié par suite d’un vent dominant. Mais cela ne sera prouvé ou infirmé que lorsqu’on aura étudié durant de longues années non pas la fréquence du vent, mais sa puissance d’action sur le déplacement des grains de sable.
- Le manteau de sable ne cache pas partout le substratum. Areg ou erg signifie veine en arabe. Il y a dans le Grand Erg occidental des couloirs à peu près dépourvus de sable. De l’ouest à l’est, l’Erg est presque infranchissable, même lorsqu’on met pied à terre et qu’on traîne le méhari derrière soi. Aussi, les nomades ne le franchissent-ils jamais dans ce sens pour celle raison et aussi parce qu’ils craignent de se perdre en marchant sans points de repère bien connus d’eux.
- Malgré le sable, le réseau des oueds bouchés apparaît en de nombreux endroits. Certains ont encore un cours souterrain, car les puits sont alignés suivant leur direction. I)e plus, lors des grandes pluies, il existe encore parfois des tronçons d’oueds qui contiennent de l’eau durant quelques jours. Le district de l’Erg est par conséquent beaucoup plus humide que la Hammada, le sable retenant dans ses profondeurs une grande quantité d'eau qui monte par capillarité.
- Dans ces pays désolés, les ofliciers français et les nomades parlent de pâturages sans la moindre dérision. Il y a des pâturages d’hiver ou d’été, de bons et de mauvais pâturages. Mais comme il n’y a qu’une plante, tous les vingt ou... cinquante mètres, paître
- Fig. 5. — Dans le grand Erg occidental.
- Fig. 4. — La Rue de Palmiers à Béni-Abbés.
- constitue pour le chameau un exercice extrêmement ambulatoire. Aussi les « prairies » sahariennes sont-elles immenses! En voici un exemple. La Compagnie saharienne des Méharistes de la Saoura possède 500 chameaux dont 150 en patrouille pendant 6 mois et 150 autres au pâturage pour refaire leur bosse. Pour ces 150 chameaux, il faut une prairie de 15 000 à 20000 km2, c’est-à-dire qu’une surface grande comme un département serait juste assez grande pour nourrir cinquante chameaux. De plus, il est strictement défendu aux indigènes de passer avec leurs bêtes dans cette « prairie » militaire, et même d’y venir puiser quelques litres d’eau de boisson aux trois puits existants.
- Les oasis de la Saoura ne datent que du xme siècle. Elles ne sont vraiment habitables que grâce au chameau. Or, beaucoup de gens croient encore erronément que cette bête fut de tous temps indissolublement liée à l’histoire du Sahara. Il n’en est rien et ce n’est qu’après la chute de l’Empire romain que le chameau à une bosse parvint avec les Arabes en Tripolitaine.
- Le grand Erg occidental, qui longe la rive gauche de la Saoura, marque la limite de l’invasion arabe avec la grande peuplade des Chambaa. Sur la Hammada de la rive droite, se dérobent les blancs Derabers, proches parente des Touaregs, anciens autochtones du Nord de l’Afrique. De tous temps, les Palmiers de la Saoura ont appartenu aux nomades. Aussi l’histoire de ce pays n’est-elle qu’un tissu de luttes sanglantes entre les différentes peuplades férocement ennemies, pour garder la suprématie, dans la « Rue de Palmiers ».
- La région de la Saoura est infiniment, plus pauvre que le Sud-Algérien. Rien loin de pouvoir exporter des dattes, les indigènes n’en ont pas suffisamment pour attendre la récolte suivante. Le pillage constitue une des
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- SUR LA VITESSE MOYENNE DU VENT
- modalités de la lutte perpétuelle contre la faim. La France, ayant le devoir de protéger l’Oranie, entreprit la conquête de la Saoura et elle l’acheva en 1909. Cependant, tout le Sahara occidental est encore insoumis. Le maréchal Liautey estime avec raison que « le Maroc utile » doit être débarrassé des dissidents de l’Atlas avant qu’on puisse songer à la pacification des pirates qui sillonnent la Hammada de la Saoura et le Tafilalet.
- La Saoura constitue la route naturelle de l’Europe au Niger. Le premier Européen qui y passa fut le Français Caillé. C’est en 1828 qu’il réussit, en se déguisant et en bravant mille périls, à faire cette traversée du Sahara. La région fut, durant plusieurs siècles, sous l’autorité plus nominale qu’effective des sultans du Maroc. Elle fait actuellement partie du Sahara français qui, administrativement, porte le nom de Territoires de Sud-
- C’est un pays d’avenir — tout est relatif — non par sa valeur intrinsèque, mais comme voie de transit entre l’Europe et l’Afrique équatoriale. Le chemin de fer transaharien ne se réalisera probablement jamais tel que nous le concevons actuellement, c’est-à-dire avec des locomotives à vapeur
- et à charbon. Le problème pourrait avoir une solution élégante et rapide si, d’après une découverte récente, on réussissait à utiliser, pour les moteurs à explosion, les huiles végétales, si abondantes au Soudan.
- L’élan est donné : les automobiles à chenilles ou à [six roues circulent dans la Saoura. Mais ce n’est encore là qu’une étape dans l’histoire de la pénétration africaine.
- Le général Laperrine est le premier qui ait osé risquer la traversée du Sahara en avion. Il a payé cette audace de sa vie.
- En 1924, les compagnies sahariennes ont aménagé des terrains d’aviation à Colomb-Béchar, Igli, Béni-Abbès et Ouallen.
- Au début de cette année déjà, les aviateurs français ont traversé le Sahara du Nord au Sud. Un aviateur belge a suivi la même route pour atteindre la colonie du Congo belge.
- Le Transsaharien de demain, c’est l’avion, qui nous conduira de Paris au Soudan, de Bruxelles au Congo en survolant la Saoura et le Tanezrouft irrémédiablement vaincus. p y rp
- Docteur es sciences.
- SUR LA VITESSE MOYENNE DU VENT
- 11 n’est pas d’élément atmosphérique, plus que le vent, sur lequel les connaissances des météorologistes soient rudimentaires et souvent contradictoires.
- Certes, le vent fut soigneusement étudié pour les manifestations d’ensemble, pour sa répartition dans les cyclones ou autour des dépressions, mais on reste en plein mystère si l’on pose des questions sur sa structure intime : on sait que, comme la pluie, il procède par bouffées ou rafales, dont on ignore l’origine et les lois, et dont on calcule l’intensité à partir de la vitesse moyenne par des procédés grossiers et aléatoires : sans doute, on connaît les transports de poussières volcaniques par des vents tels que les contre-alizés, [mais on ne sait rien sur le transport de l’air dans les vents ordinaires, et la méconnaissance est absolue pour la répartition des vitesses.
- Les meilleurs auteurs déclarent que le mouvement de l’air qui constitue le vent [s’effectue dans une direction qui est toujours très voisine de l’horizontale, son inclinaison ne dépassant pas généralement quelques degrés, dans un sens ou dans l’autre, de sorte que, dans la pratique, le vent peut être regardé comme horizontal : ici, donc, les frottements seraient négligeables. Pour expliquer que la déviation du vent, par rapport au gradient barométrique, est en général assez grande, on invoque aussi ce fait que les frottements subis par l’air dans ses mouvements sont toujours faibles : deuxième preuve convergente.
- Or bien d’autres observations sont en sens inverse : à la limite de deux courants de directions différentes, il se produit par frottement de grandes vagues que les formes des nuages attestent depuis longtemps et qui, dès les débuts de l’aviation, ont été retrouvées dans les ((, trous d’air » ou le « plaquage » à l’atterrissage ; lorsque
- des instruments furent établis sur la Tour Eiffel, l’action du sol se fit encore subir sur la variation diurne du vent au sommet; tous les météorologistes admettent que la vitesse du vent augmente très rapidement quand on s’éloigne du sol — et voilà trois preuves d’actions d’un frottement considérable, preuves contradictoires avec les premières et qui ne paraissent pas embarrasser les auteurs.
- (tuant à l’affirmation que le vent est sensiblement horizontal, elle est tout aussi gratuite : elle tient, simplement, aux difficultés des mesures de la composante verticale.
- Il faut bien reconnaître que la détermination de la vitesse du vent est plus délicate qu’il ne semble a priori. La mesure de la force instantanée, comme avec un anémomètre à pression, est d’une utilisation difficile dans la pratique courante, et par là peu employée et l’on s’est rabattu sur la recherche d’éléments moyens, comme ceux que fournissent la girouette et l’anémomètre ordinaire ; pour être sensible, l’instrument doit avoir une faible masse; sa solidité exige une forte masse, d’où les à-coups brusques que l’on observe dans les grands vents, car l’inertie de l’instrument fait qu’il part mal, et s’arrête tout aussi mal en dépassant les positions ou vitesses voulues.
- Outre cés exigences contradictoires, l’appareil doit être placé assez haut, de façon à être dégagé des remous du sol — sans autres précisions. Mais on peut affirmer que les vitesses de vent fournies par presque tous les observatoires météorologiques sont très sujettes à caution, et c’est peut-être là l’origine la plus grave des difficultés de la prévision du temps : bien peu de stations ont, pour observer, un pylône comparable à celui de Clermont-Ferrand ; et qu’est cela, puisque l’on
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- admet par ailleurs que le sol réagit au sommet de la Tour Eiffel ! '
- Or, au cours de divers mémoires très remarqués, des savants tels que Huguenard, Magnan et Planiol se sont attaqués de façon très heureuse à la connaissance de la structure du vent, pour en tirer des éléments de premier ordre pour les météorologistes. Et, en étudiant tout récemment les variations de la vitesse avec l’altitude (l), ils mettent en évidence le rôle de l’importance relative des accidents de surface et apportent deux conclusions dignes d’attention : d’abord, en s’éloignant du sol, l’augmentation rapide de la vitesse du vent n’est pas une loi générale; puis, les frottements sont tels que les vagues près du sol peuvent arriver, comme au bord de la mer, à se retourner complètement dans une volute, avec la possibilité de créer des tourbillons à axe horizontal et perpendiculaire à la direction du vent.
- A propos de ces intéressants résultats je voudrais pouvoir rappeler que les problèmes si complexes soulevés par le vent ont été un sujet d’études à l’Observatoire de Lyon, depuis sa fondation. Ch. André se préoccupa d’abord d’étabir un mode d’enregistrement correct et continu de la direction du vent (2); puis il fit établir un mât de 15 m. avec un anémomètre spécial pour mesurer la composante verticale. On observa que la vitesse verticale était tantôt dans un sens, tantôt dans Vautre : on crut que ces résultats qui surprenaient tenaient soit à la difficulté d’orienter l’instrument, soit à une trop grande proximité du sol, et les expériences ne furent pas publiées. En réalité, le fait nous paraît aujourd’hui expliqué : on ne s’attendait qu’à étudier des variations de vitesse et l’on fut déconcerté par les volutes complètes, ou tourbillons à axe horizontal.
- Mais la climatologie, avec ses statistiques, peut apporter ici encore deux indications précieuses.
- Ch. André avait fort bien choisi les stations de l’observatoire de Lyon, notamment avec 5 postes rapprochés dont les altitudes varient de 0 à 450 m. En comparant les éléments moyens, pression et température, de ces stations on constate des différences systématiques et alternées entre la pression calculée et la pression observée : l’atmosphère est donc constamment en mouvement dans le sens vertical, comme s’il existait un mouvement général descendant pendant la nuit et ascendant pendant le jourf3); une telle oscillation est analogue à la variation
- 1. Comptes rendus, 17 novembre 1924.
- 2. Comptes rendus, t. 88 (1879), p. 858.
- 5. Ch. André. « Sur les mouvements verticaux de l'atmosphère ». Comptes rendus, t. 107 (1888), p. 705 et Mémoires de l’Académie de Lyon, t. 30 (1898), p. 37.
- diurne que Teisserenc de Bort avait constatée entre Clermont et le Puy-de-Dôme (•).
- Ceci comporte déjà un enseignement : les différences d’altitudes par le baromètre devront être déterminées pendant les périodes de calme, entre les deux oscillations opposées; on constate également que ce sont les heures les plus favorables pour de bonnes observations astronomiques.
- Je voudrais dire encore quelques mots, rapidement, d’un second procédé entièrement différent pour mettre en évidence l’importance du frottement et celle des remous causés par les obstacles. Considérons une de nos stations, sur un plateau planté de-ci de-là lors de son établissement : l’anémomètre est à 7 m. 70 du sol et la girouette à 9 m. 50, assez dégagés, et l’installation peut être considérée comme satisfaisante. Je donne (fig 1) le graphique des vitesses annuelles du vent sur lequel on constate immédiatement : au début, pas d’arbres ou
- 1920 1925
- 1905 1910
- Fig. i. — Variations du vent en raison de la croissance d de la coupe des arbres.
- très petits ; ceux-ci poussent progressivement et la vitesse moyenne diminue régulièrement; en 1909, à 60 m. de là, on arrache deux petits bouquets de pins qui gênaient un autre instrument et la vitesse moyenne croit brusquement; on constate de nouveau un fléchissement constant, la girouette fait des tours complets, l’anémomètre s’arrête dans des irents assez forts; on éfête des arbres placés à 16 m. de là (10 mai 1922) et la vitesse moyenne.augmente encore rapidement.
- Ceci légitime suffisamment ce que nous disions sur la difficulté d’avoir de bonnes indications sur la vitesse et la direction du vent, avec de fâcheuses répercussions sur le tracé des cartes utilisées pour la prévision du temps.
- Jean Mascart.
- 1. Association française pour V Avancement des Sciences. 1884.
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- Séances de Février 1925.
- Le bassin crétacé de la Haute Moulouya. — De la note de M. J. Savornin, on doit retenir que c’est non seulement sur la rive droite du fleuve, mais aussi sur l’autre rive, au moins jusqu’aux abords cl’Ait Boulmane, que le développement du Cénomanien se manifeste. Tout le bassin supérieur de la Moulouya est ainsi une aire synclinale de crétacé. La série est continue, depuis l’Albien détritique et partiellement continental jusqu’au Campanjen fossilifère, et même le Maëstrichtien, en passant par le Cénomanien à gypses et à huîtres, M. Savornin
- fait encore valoir la transgression progressive du Crétacé Moyen sur le Bathonien, le Bajocien, le Lias, les schistes paléozoïques et le noyau granitique de la Haute Moulouya, en indiquant que la séparation tectonique du Grand et du Moyen Atlas était à coup sûr ébauchée dès le début du crétacé moyen.
- L’action des carbonates sur l’acidité des sols. — On sait (pie les rendements culturaux de nombreuses plantes, agricoles sont amoindris par l’acidité de l’humus, qui
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- aiTÔle la fixation de l'azote par les bactéries. Pour la neutraliser, M. V. Vincent préconise le carbonate de chaux bien qu’il s’agisse là d’un sel insoluble, mais qu’on peut employer, en toute saison, sans nuire aux semis cl qui convient aux terres légères où la chaux serait nuisible, si l’on en exagérait la dose.
- Quelques poissons africains. — Une seule espèce des Plrraclolæntidés était connue jusqu’ici elle avait été signalée en 1900 dans le delta du Niger par le f)r Ansorge. et décrite par G.-A. Boulenger. Or, ces mômes poissons ont été retrouvés, depuis, dans le Haut Congo et M. J. Pelle-grin a pu étudier six échantillons, péchés dans la Sangha, qui permettent d’ajouter une nouvelle l'orme à celle jusqu’ici connue de cette famille et, en même temps, de signaler certaines particularités, comme des tubercules nuptiaux, productions d’origine dermique qui siègent sur les écailles du corps, sur la tète et même quelquefois sur les rayons des nageoires.
- La photolyse des acides bibasiques. — Des expériences de I). Berlhelot et Gaudechon ont déjà établi que les deux groupements COOH ne présentent pas la même résistance aux radiations lumineuses. Dès le début de
- l’ultra-violet moyen, il se formerait un acide monobasique RII.COOll ; puis, à l’apparition de radiations de longueur Dpi u, ce produit intermédiaire donnerait de l’acide carbonique et un carbure. M. Volmar a fait porter l’action d’une lampe à vapeur de mercure sur des solutions à 1 pour 100 d’acides oxalique, malonique, sucei-nique ou glutarique, et les résultats qu’il fournit à l’Académie montrent que l’introduction dans une molécule d’acide d’un deuxième carboxvle augmente sa «sensibilité à la lumière, la longueur d’onde active étant d’autant plus grande que les deux groupes COOH sont plus voisins. Mais l’action réciproque de ceux-ci cesse rapidement quand la chaîne s’allonge.
- La constitution chimique du cristallin normal ou pathologique. — Les analyses de MM. M. Labbé et Lava-gna ont porté sur des organes de chevaux. Elles font ressortir, dans la cataracte, un changement du contenu protéique normal, une désintégration sensible de l’albumine, en meme temps qu’une augmentation des ainino-acides et des produits d’hydrolyse incomplets des albuminoïdes. Ces résultats mettent en lumière la protéolyse intense qui paraît accompagner l’évolution de la cataracte. Paul B.
- LA LAMPE D’ÉCLAIRAGE THERMIONIQUE ET LES TUBES FLUORESCENTS DE RISLER
- Les tubes à gaz .raréfié, traversés par un courant électrique convenable, produisent des lumières de colorations diverses, de plus en plus utilisées pour réaliser de très jolis effets décoratifs.
- Un jeune physicien,
- M. Rislcr, a cherché à améliorer encore ces effets, et à mieux utiliser l’énergie mise en jeu dans la luminescence électrique des gaz en combinant la lumière de luminescence provenant du tube à gaz raréfié avec la phosphorescence de certaines substances (sulfures de zinc, de calcium, etc.) contenant des traces d’impuretés et incorporés au verre formant l’enceinte des tubes à gaz. Par ce procédé, on reconstitue des sources lumineuses aux nuances variées.
- Une des difficultés rencontrées dans la réalisation de ces sources dp lumière si agréables à l’œil était la nécessité de trier strictement dans les radiations de courte longueur d'onde’ ou actiniqucs (violet et ultra-violet) émanant du gaz luminescent, la radiation excitatrice, de la substance phosphorescente.
- M. Risler a commencé, il y a plusieurs années déjà des recherches sur ce sujet. Il les a poursuivies au Laboratoire Charles Henry à la Sorbonne, et
- récemment il songea à utiliser la propriété curieuse qu’ont, les sulfures de ziuc phosphorescents, additionnés de sulfure de cadmium, d’être sensibles même à
- des radiations pauvres en rayons actiniqucs (Guntz). Dès lors, ce merveilleux transformateur de lumière qu’est le sulfure de zinc, peut corriger à volonté, suivant les procédés Risler, la lumière émise par les différents tubes à gaz raréfiés utilisés aujourd'hui : tubes à azote et à gaz carbonique, à néon, néon-mercure, vapeur de mercure, etc...
- En France, en Angleterre, en Espagne, les tubes luminescents de Risler commencent à se répandre, mêlant agréablement leurs notes artistiques et, leurs couleurs variées.
- Mais ce n’est pas sur le résultat de ces travaux déjà appliqués dans l’industrie de l'éclairage que nous voulons aujourd’hui attirer l’attention de nos lecteurs.
- A la suite des travaux de Claude, de Moore et autres physiciens inventeurs des lampes à vapeur de mercure, des tubes à azote, à acide carbonique et à néon, M. Risler a songé à utiliser, comme radiations excitatrices, les vapeurs émises par des sels
- Fig. i. — L'ampoule à cathodes convergentes.
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- métalliques à leur température de dissociation. Il a obtenu ainsi des sources lumineuses remarquables, sans interposition de substances fluorescentes.
- Des essais effectués sur le gallium nul donné naissance à la formation d’un tube à luminescence violette. A sa température de dissociation, le sodium donne une lumière; de luminescence jaune, le cæsium une bleue, le thallium uiie verte.
- L’émission de ces vapeurs métalliques est produite dans des tubes par le bombardement électronique provenant de la cathode portée à une haute
- d’augmenter ou de diminuer, à volonté, la tension et la fréquence du courant dérivé.
- Lorsque l’atmosphère du tube luminescent se raréfie par suite des phénomènes d'absorption des molécules gazeuses par les parois et les électrodes d’entrée de courant, le courant électrique d’alimentation emprunte le circuit dérivé et traverse le dispositif de disrupture, acquérant ainsi une énergie potentielle supérieure. Alors la cathode' s'échauffe en provoquant 1 émission de particules électrisées et le bombardement direct des sels métalliques. Les va-
- Fig. 2. — Formation d’un tube fluorescent Risler au Laboratoire de Physiologie des
- Sensations à la Sorbonne.
- De gauche à droite, on voit successivement le “piège” à’anhydrique phosphorique, les vases à magnésium et à air
- . liquide et le tube-fluorescent.
- j température par le passage du courant électrique. Le bombardement électronique,est, en fait, un phénomène analogue à l’élcctrolysc d’une substance chimique en solution. La formation d’ions électropositifs ou électronégatifs détermine des courants de ; déplacement dans le circuit. Il s’ensuit la production d’une lumière de’ luminescence caractéristique à chaque sel métallique.
- : Pour réaliser pratiquement un tube à vapeurs i métalliques, on soude au tube principal ou à la lampe une ampoule de verre appropriée ; cette ampoule est branchée sur un circuit de dérivation ; les deux branches de ce circuit sont reliées à deux cathodes à disque dont le faisceau électronique converge sur le sel métallique. Un dispositif de disrupture, intercalé dans le circuit, permet en outre
- peurs récupérées de la sorte se propagent dans le tube principal et le maintiennent automatiquement à une pression constante (fig. 1).
- La formation d’un tube ainsi constitué sur des vapeurs métalliques, exige un travail de purgeage minutieux. Les métaux ou leurs sels, de même que les substances organiques ne se maintiennent jamais à letat de pureté ; ils fixent plus ou moins la plupart des corps simples, ils sont le siège d’oxydations, de réductions, de transformations allotropiques.
- Aussi, retrouve-t-on dans des corps considérés comme « chimiquement purs », de l’azote, de l’hydrogène, de l’acide carbonique, etc... La technique du vide nécessite ici des opérations assez compliquées pour éliminer ces gaz inutiles. En eflet,
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- les pompes à vide, même les plus perfectionnées, comme la pompe moléculaire dé Gaede par exemple, ne suffisent à ce travail préparatoire qu autant que les gaz occlus à l’intérieur du verre, ou fixés sur les sels métalliques soumis au bombardement sur les électrodes d’entrée du courant, ont été soigneusement expulsés. Les moyens ordinaires utilisés pour la formation des tubes à gaz raréfiés en général (absorption de l’azote par un fil de tungstène incandescent, de l’hydrogène par du phosphore recouvrant l’anode, des gaz résiduels par la volatilisation d’un ruban de magnésium dans le vide au moment du pompage), seraient, dans ce cas particulier, nettement insuffisants si l’on ne prenait soin d’utiliser le pouvoir absorbant du charbon aux basses températures (neige carbonique, air liquide, etc.,.)
- On remarque dans la photographie ci-contre (fig. 2) le « piège » à anhydride phosphorique, le récipient de charbon, le vase à double paroi à air liquide, le ruban de magnésium et le filament de tungstène recouvert de phosphore rouge. Avec ces moyens, un technicien expérimenté arrive rapidement à la fluorescence du verre et au vide absolu.
- Il ne reste plus qu’à faire subir au tube des décharges électriques d’intensité croissante jusqu’à un degré maximum correspondant à son régime normal.
- Après le purgeage du tube et des électrodes, le dispositif de l’admission des gaz par cathodes convergentes maintenant la pression constante, et les aiguilles du voltmètre et de l’ampèremètre restant fixes, indiquant ainsi la constance du débit
- et de la tension, le tube peut être considéré comme formé et le sépare facilement au chalumeau (fig. 4). Dès lors, il fonctionnera aussi longtemps qu’il y aura de la vapeur dans le sel cristallisé. Lu se basant sur un sel de métal alcalin, on peut tabler sur une durée de 12 500 heures pour dix grammes de sel à la pression de 1 millimètre de mercure, sous un régime de six ampères.
- Les tubes Risler ont une conduc-livité correspondant exactement au potentiel d’ionisation du gaz chimiquement pur. Si on les alimente, à l’aide d’un transformateur de haute tension, d’une bobine de Ruhmkorft ou d’un résonateur de haute fréquence, la lumière provoquée devient alors parfaitement stable et capable de donner jusqu’à 275 bougies par mètre. Dans certains cas de pureté supérieure du mélange gazeux, ou lorsqu’on fait le vide sur certains gaz (azote, néon), on peut même alimenter un tube luminescent en utilisant l’étincelle de disrupture à plusieurs coupures, sans transformateur de tension.
- Enfin, de toutes récentes observations et non des moins intéressantes, ayant trait à l’utilisation de l’effet thermionique pour la provocation d’une lumière de luminescence, ont permis à M. Risler de constater qu’avec un dispositif constitué par une batterie de chauffage et un filament de tungstène incandescent, l’émission électronique était suffisante pour provoquer des phénomènes de luminescence de l’ion gazeux. Des filaments recouverts d’oxyde de thorium ont donné aussi à M. Risler des résul-
- Fig. 4. — Mesure des 'constantes d’un motif luminescent monté sur courant hante tension.
- Devant l’opératrice, se trouvent l’ampèremètre et le voltmètre, à droite le transformateur, le rhéostat, puis le motif luminescent qui cclàire seul le laboratoire
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- tats remarquables en raison des propriétés spécifiques des oxydes et des corps radioactifs en général. On sait, en effet, que la plupart de ces * corps radioactifs émettent des particules « alpha-» dont le pouvoir ionisant est susceptible de remplacer, sur un mélange gazeux, l’action mécanique de l’émission électronique d’un filament incandescent. Des essais en cours au Laboratoire Ch. Henry avec différents dérivés du radium ont déjà donné des résultats inespérés.
- Les conséquences de cette adaptation remarquable de l’effet Edison sont évidemment considérables. En utilisant le principe de la lampe à deux ou à trois électrodes, M. Risler a réalisé une première lampe luminescente. Cette lampe qui peut être branchée directement sur le secteur (110 volts) est constituée, de la façon suivante : un filament auquel on peut donner toute forme convenable est chauffé en tension réduite et placé à une certaine distance d’une plaque et grille, ou encore d’une armature métallique qui en remplit les fonctions. Puis on plonge tout cet équipement dans une atmosphère gazeuse à une pression de 0,1 millimètre de mercure. Ce mélange gazeux, variable à volonté, peut être constitué par les gaz suivants : hydrogène, néon, vapeur de mercure, hélium. L’électron, attiré par la plaque ou la grille maintenue à l’état positif, détermine la luminescence d’un mélange gazeux quelconque sur son parcours. L’émission électronique étant en fonction directe de l’élévation de tension de la plaque, on peut augmenter à volonté la vitesse de précipitation des particules électrisées négativement. D’autre part, si l’on emploie un filament thorié ou uranie ou recouvert d’ionium, le résultat se trouve encore accru. Du reste, les éléments dérivés du radium : ionium, polonium, formeront sans doute, dans un avenir prochain les éléments principaux de ce genre d’éclairage.
- Nos lecteurs voient d’ici les avantages inappréciables, au point de vue de l’éclairage, d’une source de lumière d’nn rendement particulièrement écono-
- Fig. 5. — Un motif décoratif luminescent.
- inique. Le filament, en effet, ne nécessite guère qu’une énergie potentielle de 4 à 6 volts pour son chauffage sous une intensité de deux ampères.
- Le même procédé permet, en outre, d’illuminer des tubes à gaz raréfiés directement en basse tension. On sait, par exemple, que les tubes à néon nécessitent l’emploi de transformateurs d’un maniement dangereux et difficile à cause de leur encombrement et de leur poids. Le dispositif de M. Risler que nous avons vu fonctionner au Laboratoire de Physiologie des sensations permet déjà l’alimentation de tubes vidés sur le néon à 99,5% de pureté avec une intensité lumineuse remarquable.
- Sur les tubes de grande longueur, le dispositif adopté par le savant inventeur, supprime la chute de tension aux électrodes. Dans ce cas particulier, le filament de tungstène ou de tungstène thorié est placé soit en spirale à l’intérieur ou à l’extérieur de l’électrode d’entrée du courant, soit longitudinalement à l’intérieur de cette même électrode.
- Dans le cas de fonctionnement sur le courant alternatif, l’électrode d’entrée de courant fera fonction de plaque, sa charge étant positive à chaque alternance.
- Le filament sera chauffé directe-
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- ment, sur le secteur à l’aide d’un transformateur réducteur de tension ; sur le courant continu, on n’adaptera le- dispositif qu’à l’électrode positive,
- | Ainsi, chaque jour nous rapproche de la solution de l’éclairage par luminescence dont les bases sont vrai-seniblablemcntl’effet thermionique et la radioactivité.
- ; Conjointement à ses études sur la luminescence, M. Risler s’intéressa aussi à l'application thérapeutique des tubes à gaz raréfiés.
- ? Tout d’abord, l’utilisation du circuit de dérivation automatique, lui a permis de réaliser un dispositif de réadmission directe des gaz à l’intérieur des tubes à Rayons X du type focus.
- | Le dispositif se compose d’une chambre et de Beux pointes dont on peut varier l’écartement pour mesurer T étincelle équivalente à la pression intérieure de l’ampoule, nécessaire à la production de rayons X mous. Lorsque le tube « durcit », le courant électrique d’alimentation emprunte le circuit de dérivation, l’étincelle jaillit entre les pointes de l’éclateur ; l’air contenu dans la chambre se dilate èt fait pression sur la colonne de mercure qui découvre un poreux en magnésie calcinée à travers lequel l’air s’infiltre et pénètre dans l’ampoule. Le tube ayant repris son fonctionnement normal, le courant d’alimentation reprend 'automatiquement son premier circuit. Ce dispositif supprime pour le praticien les plus gros inconvénients des anciens tubes à gaz utilisés pour la production des Rayons X.
- Signalons, pour terminer, d’autres recherches de M. Risler, dans un domaine différent du précédent, mais qui s’y rattache cependant. M. Risler a étudié la valeur thérapeutique des radiations monochromatiques. On sait que l’ultra-violet s’emploie avec succès dans la cure des plaies superficielles et fistuleuses, dermatoses de toutes natures, dans le lupus et quelquefois meme les néosarcomes.
- En irradiation généralisée, Fullra-violet a donné aussi d’excellents résultats dans des cas de rachitisme, de tuberculose infantile (de Gennes) ou
- chirurgicale. Dans ce domaine, les essais effectués au Laboratoire de Physiologie des Sensations ont porté -sur l’action sélectée du violet et de l’ultraviolet; à cet effet, la lumière de la lampe à vapeur de mercure est émise par un tube en verre dur, d’une forte teneur en oxyde de nickel. Ces tubes appropriés à la forme des organes à irradier, pourront s’adapter aux appareils de haute fréquence réalisés déjà pour la diathermie, d’après les données de M. le professeur d’Arsonval. On pourra également, à l’aide de ce dispositif, porter à demeure la radiation bienfaisante. Afin de favoriser l’action des radiations sélectées dans telle ou telle longueur d’onde, M. Risler varie la composition des mélanges gazeux raréfiés. A cet effet, on ajouLc au tube à vapeur de mercure, des chlorures de calcium, de cæsium, ou de gallium. Le praticien pourra donc déterminer, par ses observations personnelles, l’action prépondérante des spectres différents à longueurs d’ondes déterminées.
- Dans le même ordre d’idées, la méthode fluoroscopique lui a permis d’étudier la transparence pour I’infra-rouge de matières plastiques chargées ou non.
- Certains filtres, ainsi réalisés, utilisent l’action efficace de la plus grande partie du spectre infra-rouge. (55 %). L’action spécifique de cette rad iation trouve non seulement son application directe dans le traitement des affections rhumatismales, mais encore il est prouvé que ses propriétés antagonistes aux radiations de courte longueur d’onde (rayons X), donnent d’excellents résultats dans les dermites, consécutives à l’action de ces radiations dangereuses. Des essais confirmant ces expériences sont actuellement en cours.
- Enfin, dans un autre domaine, les sulfures de zinc à base de cadmium étendus en pellicules minces sur la lampe à mercure ou sur un écran mis devant les charbons de l’arc, rendent inolfensivcs, pour les opérateurs cinématographistes, la lumière de ces sources sans trop diminuer leur pouvoir.
- Jacques Boyeii.
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- I. La direction par la Radiogoniométrie. — II. Le câble directeur.
- Gomment peindre l’anxiété du navigateur aérien perdu dans la brume, lorsque sa provision d’essence s’épuise et qu’il va se trouver dans l’obligation d’atterrir ou... d’amerrir. La dérive peut avoir entraîné l’aéronef au-dessus d’obstacles de toutes sortes dont l’évocation peut faire trembler les coeurs les. plus fermes.... Il est parfaitement inutile de développer ce thème : tout le monde est d’accord sur l’utilité des signaux qui peuvent guider le pilote vers l’aérodrome le plus voisin.
- Actuellement, la technique dispose de différents procédés de signalisation dont nous nous proposons d’examiner les mérites : phares, hertziens et cadres d’orientation ; câbles électriques terrestres et cadres appropriés; projecteurs de lumière intensive ou aérophares, qui constituent la signalisation à grande distance; dispositifs spéciaux qui permettent-!’atterrissage même, lorsque les premiers signaux ont conduit le pilote au-dessus du port.
- Radiogoniométrie. — Historique. — Rappe-
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- Ions que l’idée d’utiliser un cadre mobile pour déterminer la direction d’un poste de T. S. F. ou d’un phare hertzien spécialement aménagé pour orienter les navigateurs, appartient à M. André Blondel, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, membre de l’Académie des Sciences (1).
- Nous avons eu l’honneur d’expérimenter cette méthode dans l’Iroise, entre les îles d’Ouessant et de Sein, où nous avions, en 1912, installé des radio-phares à émissions hertziennes musicales, construits parla Société française radioélectrique.
- Les signaux étaient reçus par l’intermédiaire d’une lantenne de forme spéciale tendue entre l’avant et, l’arrière du bateau (fig. 1 et 2) en passant au sommet des nuits. Cette antenne était appelée aérien d’orientation. On ne songeait alors cependant qu’aux navires.
- Lorsque l’aérien, c’est-à-dire le plan de symétrie
- Fig. 2. — Schéma d’un cadre mobile d’orientation.
- ABFG, projection verticale de l’une des spires enroulées sur le cadre mobile autour de l’axe xy ; K, condensateurs d'accord; D, détecteur; t, téléphone.
- du navire était dans la direction du poste d’émission, les signaux étaient perçus avec le maximum d’intensité. Comme il pouvait être plus facile, d’ailleurs, de repérer l’annulation des sons, on combina deux aériens de telle sorte que les réceptions s’annulaient lorsque le cap du navire était vers le phare hertzien.
- Il était difficile d'utiliser ces appareils ; il fallait tourner le navire suivant tous les azimuts, manœuvre peu goûtée des marins. On ne pouvait, non plus, demander aux navigateurs d’utiliser des abaques qu’avait tracés M. Blondel pour- éviter de détourner le bateau de sa route, cette commodité se payant de trois déterminations d’intensité relative des signaux, dans chacun des demi-aériens et dans l’aérien total. Aussi, malgré leur réel intérêt, ces méthodes ne furent.pas suivies. Il en a été de même du procédé Tosi-Bellini qui exigeait deux cadres
- 1. Communication du général Ferrié à l’Académie de Mariné (Séance de mai 1924).
- Fig. j. — Schéma d’un aérien d’orientation.
- Cet aérien en fils de cuivre de haute conductibilité est disposé dans l’axe du navire ; il est isolé électriquement de ses supports. A,B„ A» B2, antennes ; K K, K», condensateurs ; M» figger ; D, détecteur ; t, téléphone ; T, f2, prises de terre.
- récepteurs à 90° pour l’excitation d’une petite bobine mobile qui, théoriquement, devait agir, à la manière de l’aérien unique, mais plus commodément, puisque cette bobine se manœuvrait à la main : les erreurs en mer enlevaient tout intérêt à ce dispositif. Il n’était pas pratique, non plus, de mesurer la distance du navire au phare hertzien en fonction de l’intensité perçue.
- La radiogoniométrie se heurtait à deux difficultés : faible intensité des signaux, aériens peu maniables ; l’une entraînant l’autre, car pour avoir des signaux suffisamment intenses, on ne pouvait songer à réduire les dimensions de l’aérien à celles d’un cadre manœuvrable à la main et non plus fixé au navire.
- Cadres d'orientation. — Les amplificateurs à trois électrodes allaient permettre à M. Armagnat de mettre au point le cadre mobile Blondel et Ferrié (fig. o).
- On sait que si l’on enroule sur un petit cadre dont les dimensions dépendent de la longueur d’onde du poste émetteur, soit dans le plan de ce cadre, soit autour de sa surface prismatique extérieure, une certaine longueur de fil formant, avec un condensateur, un circuit relié à un dispositif détccteur-ampli-ficateur-téléphone, on peut,, en faisant tourner le cadre autour de l’axe vertical qui le maintient, produire des annulations et un maximum de son qui ont permis, par exemple, pendant la guerre, de déterminer la situation des postes de T. S. F. de l’ennemi.
- Le calcul d’un tel cadre n’olfre aucune difficulté
- ^ tmission# du phare hertzien
- Fig. 3. — Caractéristique du poste émetteur.
- Les cordes issues du point O dans les différents azimuts du cadre sont proportionnelles à la différence de potentiel entre les armatures du condensateur pour la position considérée; OA, maximum de réception; O a, réception lorsque le cadre fait un angle a avec la direction du poste émetteur Oa = OAcosa.
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- Fig. 4. — Emplacement du ex ire mobile d'orientation sur un avion.
- spéciale ; le condensateur à capacité variable permet d’ailleurs d’assurer, en tout cas, la résonance indispensable entre les différents circuits.
- Recherche de la direction d'un poste émetteur. — Lorsque la résonance est obtenue, l’intensité du son perçu au téléphone sera maximum pour cos et— 1, c’est-à-dire quand le plan du cadre sera dans la direction du poste émetteur.
- II est facile de tracer la caractéristique du poste récepteur en portant, autour d’un point 0, dans les différentes directions un vecteur proportionnel à la tension maximum reçue dans chaque direction.
- Dans la direction du poste émetteur, la tension
- est^m° = 0À; dans une direction faisant avec la
- première un angle a, elle a pour valeur : OÀ cos a. Le lieu du point À se compose donc de deux cercles tangents en 0 (fig. 5). On voit donc très nettement que la réception est maximum quand le plan du cadre est dans la direction du poste et quelle devient nulle, si l’on met le cadre dans une direction perpendiculaire.
- On place donc sur un navire ou sur un aéronef (fig. 4), un petit cadre, qu’on installera facilement,
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- Fig. 6. — Compensateur Mesny.
- AG, compensateur Mesny; K, condensateur d’accord; AA', armature fixe du compensateur; M, armature mobile du condensateur; T, prise de terre.
- par exemple, dans la carlingue d’un avion et qu’on fait tourner autour de son axe vertical.
- Mais, -si l’on a bien un maximum dans la direction du poste émetteur, cet effet n’est pas susceptible de fournir une indication précise, la décroissance des sons autour de cette position, n’étant pas assez rapide, on préfère donc repérer les'positions à'annulation des signaux. Nous disons, les positions, car l’annulation a lieu non dans une direction unique, mais dans tout un secteur ; le détecteur, le téléphone et l’oreille, ne formant pas un système d’une sensibilité parfaite.
- Soit en effet Y (fig. 5) la tension minimum permettant la perception. Si nous traçons, autour de l’axe vertical du cadre, un cercle de rayon Y, il coupe la caractéristique double en quatre points, de sorte que lorsqu’on fait tourner le cadre, on trouve une zone de silence entre les directions a h et a' b'.
- Pratiquement, à bord de l’avion, le cadre porte
- Direction
- démissions
- Fig. 5. — Recherche de l'azimut du poste émetteur.
- O, axe de rotation du cadre vertical ; U U', caractéristique d’orientation du cadre; V, tension minima de perception du son ; ab, a'b' sont les positions limites d’audition entre lesquelles s’étend le secteur où on n’entend rien.
- un cercle gradué qui se déplace devant un index permettant, lorsqu’on fait tourner le cadre, dans un sens, puis dans le sens opposé, de noter les positions où le son s’annule : la bissectrice de l’angle ainsi déterminé est l’orientation cherchée.
- Compensateur Mesny — Les erreurs sont peu importantes ; on peut déterminer à terre les corrections à apporter dans chaque cas, aux indications fournies par la méthode, comme on le fait pour les boussoles d’orientation.
- On peut d’ailleurs diminuer les dimensions du secteur d’extinction et les erreurs systématiques à l’aide du compensateur imaginé par M. Mesny. C’est un condensateur très simple à trois armatures dans l’air (fig. 6), deux fixes À sont réunies aux extrémités du cadre ; la troisième M, mobile, est reliée à la coque du navire ou à la masse métallique de l’avion.
- On règle le compensateur à terre en observant un poste puissant. En faisant tourner le cadre, on obtient l’annulation. Par tâtonnements et en agissant sur l’armature mobile du condensateur, on arrive à
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- un réglage qui donne une extinction très nette dans un secteur très réduit.
- À bord, il faut prendre des précautions contre l’humidité, la présence des masses métalliques, les champs créés par les étincelles des bougies et les circuits des magnétos. On ne peut d’ailleurs se borner à gouverner droit sur le radiophare d’après les indications du cadre sans tenir compte de la dérive; on parcourrait ainsi une courbe qui allongerait le chemin plus ou moins suivant la dérive, en moyenne un tiers en plus que la laxodromie, plus court chemin d’un point à un autre sur la surface de l’ellipsoïde terrestre. Il faut donc faire le point à l’aide d’un ou mieux de deux phares hertziens et calculer sa route d’après la dérive.
- Un autre procédé permettrait d’ailleurs de conduire, d’une manière plus précise, les navigateurs aériens.
- Guidage par câbles électriques, — Si l’on fait passer des courants alternatifs de haute fré-
- Lig. 8. — Élimination du brouillage provenant des magnétos.
- Le grand cadre p est perpendiculaire aux lignes de force du champ directeur D ; le petit cadre P est perpendiculaire au champ des magnétos ; les courants induits par ce champ dans les cadres se retranchent.
- quence (56 000 périodes par exemple) dans des lignes télégraphiques ou dans des câbles spécialement établis (mais il vaut mieux se servir des lignes existantes dont le trafic n’est d’ailleurs pas troublé par ces fréquences inaudibles) on engendrera des champs électro-magnétiques susceptibles d’induire, dans des cadres placés sur les avions, des courants dont la réception renseigne très nettement sur la route à suivre.
- M. Loth, qui avait préconisé ce dispositif pour faciliter l’entrée des navires dans les ports à l’aide de câbles sous-marins, est arrivé à rendre parfaitement nets les phénomènes, tout d’abord inutilisables sur avions à cause des parasites.
- Le champ créé par le courant de haute fréquence autour de la ligne télégraphique présente la forme indiquée sur la figure 7, et s’élève à une grande altitude. Un cadre installé sur un avion sera traversé par un flux qui dépendra de l’orientation de l’avion qui le porte : lorsque le cadre sera parallèle aux
- DANS LA BRUME
- Fig. p. — Lignes de force dans un plan vertical normal au cadre.
- Lorsqu’un avion se dirige vers le câble directeur, son cadre horizontal procure une audition qui croît de A à B, décroît un peu ensuite pour croître à nouveau, devient très forte au voisinage de C.
- lignes de forces du champ, le flux traversé devient minimum et il paraîtdonc facile de déterminer ainsi la direction des lignes de force et par conséquent l’orientation du câble, que l’on pourrait, suivre dans la nuit ou dans la brume.
- Elimination des champs des magnétos. —• Mais les magnétos peuvent créer des champs beaucoup plus intenses que le champ du câble directeur. On distingue un champ à haute fréquence, gênant uniquement les ondes hertziennes et un champ dont la fréquence est proportionnelle à la vitesse de rotation du moteur, gênant l’orientation au moyen des câbles directeurs. Le premier champ est dû aux étincelles d’allumage ; le second, aux circuits de la magnéto et il est assez facile de l’éliminer.
- Si l’on place, près des magnétos, un petit cadre auxiliaire susceptible d’embrasser la plus grande partie du champ qu'elles émettent, le cadre principal étant orienté dans un plan, normal à la direction du champ des câbles directeurs mais tangent aux lignes de force du champ perturbateur, on peut arriver (fig. 8) à ce que, dans l’ensemble des deux cadres, les effets du champ des magnétos soient égaux et de signes contraires, tandis que les courants induits par le champ provenant du câble directeur, s’ajoutent.
- Montage. — Finalement, le dispositif comprend trois cadres principaux : un horizontal, un longitudinal, un transversal.
- Les variations de l’intensité dans le cadre horizontal permettent de savoir si l’on s’éloigne ou si
- Fig. ç. — Montage du chercheur.
- Les cadres principaux, longitudinal L et transversal T, sont en parallèle avec les petits cadres l et t, de sorte que les champs D et d sont eux-mêmes parallèles. Il suffit de tourner la bobine b à l’intérieur des petits cadres jusqu’à l’annulation des courants induits. A ce moment, b est normal au câble directeur.
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- 286 == A PROPOS DE LA NOIX DE CHAULMOOGRA ET DE LA LÈPRE
- l’on se rapproche du cable directeur; Je cadre longitudinal permet de suivre ce câble, les indications du cadre longitudinal étant d’ailleurs vérifiées par des indications contraires du cadre transversal. En réalité, les phénomènes sont un peu plus complexes, leur analyse nous entraînerait trop loin, il suffît de connaître, en gros, leurs manifestations.
- Un chercheur permet de déterminer l’angle de l’avion avec ce fil d'Ariane tendu sur la terre. Deux petits ' cadres sont mis en parallèle avec les cadres longitudinaux et transversaux dont ils subissent ainsi les effets ; de sorte que ces petits cadres donnent naissance à un champ exactement dirigé comme le champ provenant du câble directeur et capté par les grands cadres. Par conséquent, si l’on place à l’intérieur des petits cadres une bobine mobile, elle s’orientera dans la direction du champ.
- On peut aussi renforcer les effets en couplant les deux cadres, dans un sens ou dans l’autre, au moyen d’un inverseur ; la position de l’inverseur pour laquelle le son perçu est renforcé donne des précisions sur la direction des lignes de force et par conséquent sur la situation de l’avion relativement au câble directeur.
- D’ores et déjà ce système qui présente l’inconvénient d’exiger des raisonnements (mais on peut l’améliorer) serait précieux pour mesurer la dérive à l’aide de quelques tronçons de câbles, aménagés à de grands intervalles sur les lignes suivies ; car on ne saurait engager des dépenses aussi considérables que celles qui résulteraient de la généralisation des câbles directeurs.
- Dans un prochain article, nous étudierons le balisage lumineux.
- Kt>mo.ni) Marcotte.
- A PROPOS DE LA NOIX DE CHAULMOOGRA ET DE LA LÈPRE
- M. le D' de Champeaux, médecin principal de la Marine en retraite, vous adresse une intéressante lettre qui complète sur plusieurs points importants le récent article de M. Forbin ; nous la publions ci-dessous :
- J’ai lu avec beaucoup d’intérêt, dans le numéro de La Nature du 28 mars 1925, l’article de M. Forbin sur Fe-mploi de l’huile extraite des semences de la plante dite chaulmoogra dans le traitement de la lèpre — et surtout le récit du voyage si périllenx exécuté par l’Américain Rock dans le haut Siam et la haute Birmanie pour se procurer des fruits et par suite des semences du précieux arbuste.
- Mais dans l’historique que. l’auteur consacre au médicament, il a commis involontairement quelques erreurs, sans doute faute de documents :
- Ainsi c’est à tort qu'il déclare que les Européens ayant séjourné dans l’Inde ou en Birmanie ou y ayant voyagé n’accordaient aucune créance aux dires des indigènes et ne voyaient dans la précieuse drogue qu’un remède de bonne femme, puisque sa propriété curative ne parvint à la connaissance du monde civilisé que vers 1900.
- Parmi les Européens cités doivent figurer des médecins ; or je vais prouver que ceux-ci n’ignoraient pas l’huile de chaulmoogra au point de vue curatif s’ils ne la connaissaient pas au point de vue botanique.
- Longtemps avant 1900, les vertus curatives de l’huile de chaulmograa dans le traitement de la lèpre étaient connues et employées par des médecins des colonies tant françaises qu’anglaises. En effet, le traité de pathologie exotique du docteur français Maurice. A'ielly, médecin en chef de la marine et des colonies (*), professeur aux écoles de médecine navale, contient une relation assez complète (vu l’époque) de la lèpre considérée dans les différents pays ; il cite les ouvrages des divers auteurs qui s’en sont occupés jusqu’à l’époque de la publication du livre, c’est-à-dire en 1881 ; enfin il ne néglige pas de parler des divers médicaments employés
- 1. Avant 1900, les deux services étaient sous la même direction (Ministère de la Marine et des Colonies).
- dans le traitement de la lèpre tels que le suc d’edzzacou (euphorbiacée), l’hydrocotvle asiatique (ombcllileres) et surtout l’huile de chaulmograa à laquelle il consacre plusieurs lignes. Or cette dernière drogue avait été employée dans l’Inde par Moreheard, à la Réunion par les docteurs Leclerc et Vinson, médecins de la marine française (1878) et cette médication n’avait pas été abandonnée. Le traitement employé par ces deux praticiens y est fort bien décrit : concurremment avec un traitement externe composé de bains, de frictions diverses, l’huile de chaulmoogra est administrée à l’intérieur exclusivement par le premier et à la fois intra et extra par le second médecin. D’après Vinson, la léproserie de la Ravine Saint-Jacques, à la Réunion, était déjà (en 1878) un lieu où les lépreux trouvaient parfois la guérison et très souvent l’amélioration de leur maladie.
- M. Rock a eu le mérite d’obtenir après un voyage long et périlleux (dont le récit est excessivement intéressant) des fruits et par suite des graines de la précieuse plante en quantité suffisante pour organiser des plantations. Mais M. Rock a tort de considérer cette ignorance ou ce mépris île l’usage de l’huile de chaulmoogra comme inexplicable : c’est à la difficulté de se procurer Je médicament qu’il faut attribuer surtout la non-généralisation de son usage.
- Ce n’est pas le gouvernement américain qui, apiès la prise de possession des Sandwich, relégua les lépreux à l’ile de Morokaï ; quelques années auparavant, à une époque où ce pays était indépendant et sous le gouvernement d’un roi, la léproserie de Morokaï existait ; lors de mon passage en 1885 et 1884, elle fonctionnait : dans cette ile existait une vaste localité au bord de la mer, bornée du côté de terre par île hautes montagnes infranchissables ; les lépreux confirmés qui y étaient confinés ne revenaient plus dans leur famille. Mais il existait aux environs d’Honolulu (capitale des Sandwich dans l’ile d’Oakou) une léproserie d’attente où séjournaient quelque temps les lépreux avant leur envoi à Morokaï ; je fus visiter cette localité dite Morakoï pendant deux séjours que je (is aux Sandwich, en 1885 et 1884. Lors de mon passage, le traitement par l’huile de chaul-
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- moogra n’élait pas connu dans ces îles et le souvenir du père Damien y était encore vivace. Aussi on ne peut que féliciter le Dr Déan des résultats qu’il a obtenus en 1920 à Morokaï.
- La maladie ne sévissait pas seulement sur les indigènes, mais encore sur les Européens en contact avec les lépreux : le père Damien était mort de la lèpre ; à Morokaï, j’ai vu une sœur de charité blanche qui portait des signes de lèpre. On citait à mon passage une dame européenne atteinte d’un commencement de lèpre et habitant llonolulu, qui avait refusé de s’exiler à Morokaï et avait préféré quitter le pays. — Elle s’était rendue à San Francisco d’où elle était revenue complètement guérie plusieurs années après. Je n’ai pu savoir quel traitement elle avait suivi.
- D’ailleurs en Océanie on attribuait la cause de la lèpre à l’usage du poisson cru qui constituait la principale nourriture des indigènes avec le poï (espèce de pain fait avec la farine de la racine d’une espèce d’arum de la famille des nénuphars).
- Pour moi le poisson cuit n’a pas la même influence (si elle existe) que le poisson cru ; dans la province de France que j’habite, la Bretagne, la population mange énormément de poisson (rarement cru, sauf les coquillages), les lépreux y sont excessivement rares. Il faut pour les voir se rendre dans les l'êtes locales ou pardons et bien examiner les mendiants qui y pullulent ; on y constate quelques cas de lèpre mutilante (surtout aux extrémités : doigts et pieds) et cette lèpre n’est, pas considérée, peut-être à tort, comme contagieuse. Elle a d'ail-
- leurs souvent été confondue avec la syringomyélite ou maladie de Morvan (du nom d’un médecin, membre de l’Académie de médecine, exerçant à Lesneven près de Brest dans la seconde moitié du siècle dernier). Un médecin levantin le Dr Zambaco pacha, ancien interne des hôpitaux de Paris, membre de l’Académie de Médecine (que j’avais connu à Constantinople) est venu en mission en Bretagne il y a une trentaine d’années et a établi formellement que l’on désignait souvent sous le nom de maladie de Morvan (excessivement rare suivant lui) des cas de lèpre.
- On me pardonnera, je l’espère, ces digressions à propos de l’article paru dans La Nature sur les fruits du chaulmoogra et leur usage thérapeutique. Mais il était nécessaire de rappeler que des médecins français avaient employé longtemps, avant les médecins américains cités, l’huile de chaulmoogra dans le traitement de la lèpre, et que les propriétés curatives de ce médicament étaient connues et usitées avant 1900.
- Aujourd’hui, on cherche beaucoup trop de résultats thérapeutiques dans l’étude des vaccins et des sérums ; on néglige la bienfaisante nature, l’étude des médicaments végétaux, de leurs dérivés, de leur qui ont rendu jadis tant de services. Peut-être finira-t-on par trouver pour la-.guérison de la tuberculose (qui produit aujourd’hui-smaateamtra plus de ravages que la lèpre n r) n autrefois) un dérivé végétal aussi efficace que l’huile de ' ' ( chaulmoogra dans le traitement de la lèpre. '
- D P a lasse de Champeaux. j'yvut.gXve
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- Médecin principal de la Marine en retraite.
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- LE RÉFRACTOMÈTRE DIFFÉRENTIEL A DOUBLE DÉVIATION DE M. A. BERGET
- Principe de l’instrument. — Ce Féfracto-mètre est destine à donner la valeur de l’indice d’un liquide de composition quantitative inconnue, par rapport à celui d’un liquide de meme nature, mais de composition connue. Par exemple, il sert à connaître par l’intermédiaire du phénomène de la réfraction, le degré de salinité d’une eau de mer inconnue par rapport à la salinité d’une eau de mer type, prise comme étalon. Son principe est le suivant
- (fiF- U-
- Deux cuves en glace à faces parallèles sont disposées à l’intérieur l’une de l’autre. La plus petite, à section carrée, contient le liquide à étudier d’indice inconnu, N ; lapins grande, à section rectangulaire renferme le liquide étalon, d’indice connu n. Les faces des deux cuves sont disposées à 45° les uns des autres.
- Un faisceau de rayons parallèles, I, I, envoyé par un collimateur, tombe normalement sur la cuve extérieure. Si les deux cuves renferment le même liquide,'l'ensemble- se comporte comme une lame à faces parallèles, et le faisceau incident ne subit aucune déviation. Mais si le liquide de la cuve intérieure est d’indice plus élevé que celui de la cuve extérieure, les deux moitiés du faisceau incident subissent chacun une déviation D, de sorte qu’à la.
- sortie, on a deux faisceaux divergents, faisant entre eux un angle 2 I). On mesure cet angle à l’aide d’une lunette dont l’oculaire porte un réticule mobile commandé par une vis micrométrique à tambour divisé, qui fournit l’écart entre les deux images de la fente du collimateur données par la double déviation.
- La relation entre les indices N, n et l'angle D est donnée par les équations :
- sin D = n sin ©
- sin (<p -+~ 45°) — - cos |8
- sm Ao
- ANC -
- N . .
- : - sm 8 n
- d’où l’on déduit la condition de fonctionnement :
- S < » ~, ou -<1,224.
- ..y/2 - "
- L’instrument est très sensible. Dans le modèle décrit, on obtient une déviation 1) qui se mesure par 205 divisions du tambour pour une différence d’indices N — n égale à 0,00007. Cela fait, en chiffres ronds, 200 divisions pour une différence d’indices d'un millième.
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- 288 : LE RÉFRACTOMÊTRE DIFFÉRENTIEL A DOUBLE DÉVIATION
- Ajoutons que l’action de la température est négligeable, pourvu que les deux liquides soient à la même température, car ils sont, forcément (c’est le principe de l'instrument), d’indices très voisins et la correction de température est la même pour les deux.
- Pour savoir si l’indice du liquide intérieur, X, est plus grand que celui du liquide extérieur n, on fait glisser, à l’aide d’une coulisse, l’ensemble des deux cuves de droite à gauche, de façon que l’axe optique du collimateur, au lieu de rencontrer les deux demi-prismes rectangulaires (comme cela a lieu pour la position A) n’en rencontre plus qu'un seul (position B). On a alors, dans le champ de la lunette, une image de la fente vue directement en B, et une autre vue après réfraction. Si celle-ci est à gauche de l’image directe, l’indice xX est plus grand que l’indice n.
- L’instrument doit être employé de la façon suivante.
- Fig. i. Principe
- du réfraclomèlre.
- On place le liquide éLalon dans la cuve extérieure ; on fait deux déterminations de I), successivement avec deux liquides de composition connue. On obtient ainsi deux déviations Dj et l)2 correspondant aux doux compositions Si et S2 de deux liquides connus. Gela fait, on met le liquide inconnu dans
- la cuve intérieure ; on a ainsi une déviation A.
- Comme le calcul, aussi bien que l'observation, montre que, jusqu’à une différence d’indices de 0,01, la déviation est proportionnelle, on aura aisément la composition inconnue S du liquide étudié, car les trois points A, B, X doivent être en ligne droite (fig. 2).
- On portera donc A en ordonnée, et l’abscisse co rr es pondante fera connaître la composition inconnue, S, du liquide étudié. Il faut avoir soin d’opérer, pour les trois mesures, avec la même mise au point des deux images de la fente.
- Des verres de couleur placés devant la fente permettent d opérer en lumière monochromatique, et tous les réglages sont prévus pour les mises au point et l’emploi du micromètre.
- Cet instrument, remarquablement construit par la maison Pellin, est d’un usage précieux pour l’appréciation des faibles différences de composition de liquides de même nature, comparés l’un à l’autre (solutions salines, acides, huiles, essences, etc...), et la rapidité de son emploi le recommande particulièrement, aussi bien que la faible quantité "de liquide qui est nécessaire (quelques centimètres cubes).
- Alphonse Berget,
- Proi’esseur à l’InstRut Océanographique.
- Fig. 2.
- Détermination de la composition d’un liquide.
- Fig. 3. — Aspect du champ dans la lunette. 1, fil fixe; 2, fil mobile.
- Fig. _/. — Le réfracta mètre Berget.
- Le (icrnnl : 1’. tt\sso\. — Imprimerie Luiuiœ, 9, nie do Fleuras, Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2666.
- 9 MAI 1925
- LES NOMS DE LIEUX
- La publication, qui touchera bientôt à sa fin, du magistral ouvrage posthume d’Auguste Longnon : Les noms de lieu de la France (') a rappelé l’attention sur la toponymie, branche longtemps négligée de la linguistique.
- Le fondateur de cette science fut, en France, Jules Quicherat; Longnon en fut, jusqu’à sa mort, le maître incontesté, un maître qui ne laissa pas de disciples immédiats pour continuer son œuvre. Cet enseignement disparut avec lui.
- Nous avons pensé qu’il y avait utilité à le faire revivre, au moins par intermittences, en consacrant à l’étude des noms de lieux une de nos conférences de l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
- Bien quelle tente souvent les géographes et les historiens, la toponymie relève avant tout de la linguistique.
- Pour avoir méconnu cette vérité élémentaire, il y a une quinzaine d’années, le géographe Raoul de Félice, qui s’était
- attaqué aux difficiles et complexes problèmes des noms de rivières, s’attira une dure mais juste critique de M. Meillet. Mais il y a des historiens linguistes, comme M. Camille Jullian, et Longnon lui-même ne vint à la linguistique qu’à travers la géographie et l’histoire.
- Le linguiste doit être à la fois romaniste (it dialectologue, celtisant et même un peu germaniste ; il ne saurait s’occuper de la région pyrénéenne s’il ignore le basque. Il lui faut, en outre, des connaissances touchant l’histoire non seulement politique, mais économique et sociale. Il doit ensuite et surtout se pénétrer des leçons de la géographie phy-
- 1. Publié en fascicules à Paris (chez .Champion), depuis 1920; trois fascicules ont paru, le quatrième est sous presse. En dehors de cet ouvrage fondamental, on ne peut guère citer, et encore seulement à titre historique, comme travail d’ensemble, que le petit volume de Quicherat : De là formation française des anciens noms de lieux (Paris, 1867). Comme travaux spéciaux, on consultera avant tout ceux de MM. Antoine Thomas, Camille Jullian, d’Arbois de Jubain-ville-, etc.
- 53' Année- — 1“ Semestre-
- théologie.
- Fig. /.
- sique et humaine et, à l’occasion, de la M. Camille Jullian a étudié la toponymie de la banlieue parisienne, la carte géologique à la main : il a reconnu ainsi l’existence de telle source, aujourd’hui aveuglée, d’où telle localité a tiré son nom; il a établi par ce moyen comment les villas rurales gallo-romaines, embryons de futurs villages, se sont installées au milieu des terrains les plus faciles à mettre en culture, tandis qu’à l’époque franque ces
- domaines se sont morcelés pour un défr ichemen t plus étendu.
- I. Les couches historiques des noms de lieux français. — Les noms de lieux sont, dans l’ensemble, les éléments les plus archaïques de la langue ; ce sont eux qui permettent de remonter le plus loin dans le passé.- Alors que les quarante mille mots de la langue française renferment à peine une quarantaine de radicaux gaulois, il n’est pas, en dehors du sud-ouest, d’arrondissement, il n’est même guère de cantons où l’on ne rencontre, parfois nombreux, des noms de lieux d’origine gauloise, voire antérieurs à l’arrivée des Gaulois en Gaule, soit au vie siècle avant notre ère.
- Il existe en effet un résidu considérable de noms qu’on ne peut expliquer ni par le latin, ni par le gaulois. Notre connaissance imparfaite de la langue gauloise doit nous rendre évidemment très prudents. Toutefois un ensemble de présomptions, dans le détail desquelles nous ne saurions entrer ici, nous permet souvent d’établir que nous sommes en présence de mots préceltiques. L’une de ces présomptions est d’ordre géographique : voici par exemple le nom de l’Adour, Alur, radical qu’on retrouve dans le nom de l’Arroux (Atur-avos) : comme les Gaulois n’ont pas colonisé la région de l’Adour, et que les Ibères n’ont jamais gagné la région de l’Arroux (Morvan), ce radical est sûrement antérieur à l’arrivée des Gaulois et des Ibères en Gaule f1).
- 1. Nous ne parlerons pas des fioms de lieux, peu nombreux, d’origine ibère, limités à la région pyrénéenne, ni des
- 19. — 289.
- Noms de lieux d'origine gauloise. I. Répartition des composés dont le second élément est duros.
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- Ces noms, qu’on peut appeler toponymes primaires, se rencontrent parmi des noms de localités, quelques noms de montagnes, mais surtout parmi les noms de rivières, les plus archaïques de tous. Les noms des cours d’eau les plus importants de la France, comme la Seine, la Loire, la Garonne, le Rhône, l’Ailier, la Meuse, etc., sont en majorité d'origine préceltique.
- Un certain nombre de ces mots paraissent devoir être attribués au ligure, langue indo-européenne encore plus mal connue que le gaulois et qui devait former l’anneau intermédiaire entre celui-ci et le groupe italique. Par suite du refoulement des populations qui le parlaient, le ligure était déjà concentré dans la région alpestre, entre Chambéry, Nice et Gènes, à l’époque de César, et il dut y vivre encore quelques siècles. Une de ses caractéristiques est la fréquence toponymique du suffixe ascus, asca (avec ses variantes osais, usais), si fréquent dans le Sud-Est. Des toponymes comme Thiérache(Teorasca, contrée au N.-E. de la Picardie), Vénasque (Haut-Aragon, au S. de Luchon) permettent de jalonner l’extension primitive de la langue ligure, Mais tout ce qui est préceltiqu ou pré-ibère n’est pas nécessairement ligure. Par exemple une forme comme Arar, qui paraît présenter le redoublement d’un radical ar (eau ou rivière) (*),. ne doit pas appartenir à une langue indo-européenne. On conçoit que de telles recherches, réservées à des spécialistes et infiniment délicates, ne peuvent être poursuivies qu’avec une extrême prudence.
- Avec les noms de formation gauloise (2), nous marchons sur un terrain déjà plus solide. Beaucoup de noms de localités remontent à cette époque (3).
- Les uns sont des composés, dont un élément (généralement le second) est dunos (oppidum), duros (citadelle), magos (champ de foire, ville commercante), briva (pont, etc.), l’autre étant de préférence une épithète (novios, nouveau, vindos, blanc), ou un nom d'homme,
- Citons, par exemple, sous les formes latinisées, Uxellodunum, Issoudun (oppidum élevé), Lugdu-num, Lyon (oppidum brillant), Brivodurum, Briare (citadelle du pont), Noviomagus, Noyon (nouveau marché), Rigomagus, Riom (champ ou marché du roi), Nemetodurum, Nanterre (citadelle du tem-
- quelques noms grecs, comme Agde, Antibes, Nice, apportés au bord de la Méditerranée par les colonies helléniques. Nous laisserons aussi de côté les noms basques, bas-bretons, tlamands et alsaciens, catégories -qui demandent chacune une éludé spéciale.
- 1. Cette racine se rencontre dans beaucoup de rivières de l’est et du sud-est (M/m, l'Arc, Arula, l’Aar; Arauris, l’Hérault, ; etc. ) ; en se dégradant, elle a formé un. suffixe [Is-ara, Liseré et l’Oise; -Sm-am, la Sèvrc, etc.).
- ‘•2. Pour le gaulois, on consultera l'excellent livre de G. Dottix, La langue gauloise, (Paris, Klincksieck).
- 5. Les Gaulois ont laissé aussi quelques noms de rivières, comme Sauconna (Saône). Malrona (Marne, sens : rivière « mère ».) En dehors- des composés et dérivés, les noms gaulois du type Üun [dunos), ou Prive [briva], sont peu nombreux.
- pie, etc.). Le premier élément de Autecioduruin, Auxerre, Iciodurum Issoire, Iciomngus Usson (Haute-Loire), Laucidunum Loudun, Virodunum Verdun, etc., est un nom d’homme. Gomme le gaulois n'a pas disparu tout d’un coup, il s’est formé sur le même modèle, après la conquête romaine, des hybrides gallo-latins comme Augustodunum Autun (oppidum d’Auguste), Castellodunum Ghà-teaudun (oppidum du château).
- D’autres toponymes gaulois sont des dérivés. Des deux séries les plus nombreuses, la plus ancienne est formée avec la finale oudos (accentuée sur le premier o), procédé qui a été encore usité pendant la conquête romaine. Le premier élément peut être un nom d’arbre, comme dans Chasseneuil (de cassanos, chêne, en gaulois), Verneuil (de vernos, aulne), Valeuil (de ab altos, pommier), une particularité topographique (Mareuil, de la racine mar, étang, Nanteuil, de nantos, vallée), un nom d’homme, etc. Certains éléments sont obscurs.
- L’autre suffixe, encore plus fréquent, qui s’est surtout développé sous la domination romaine, esi acos, latinisé en acuni. Il désignait à l’origine une. « villa » rurale, autour de laquelle se développa plus tard un village, et il s’ajoute, comme l’a montré d’Arbo'is de Jubainville, au nom du possesseur primitif. La majorité des noms de propriétaires sont latins, ce qui permet de situer la date de ces formations vers les ml‘-ive siècles de notre ère Citons Albiniacum, Aubigny (Nord), Aubignac (Midi), PauUacum, Pouilly, Pauillac, etc.
- Une transformation de sens fort intéressante, vers le me siècle de notre ère, a remplacé, sauf dans le sud-est ('), le nom traditionnel des chefs-, lieux de cités par celui de la peuplade gauloise dont chacune était la capitale. : Lutetia est ainsi devenue Parisiis (par ellipse de : civitas de Parisiis en latin vulgaire), d’où Paris ; Autricum est devenu Carnulis, Chartres; Avariaim, Bilurigis, Bourges ; Augusloritum, Lemovicis, Limoges, etc.
- Les noms de formation latine sont nombreux dans la toponymie française. Le Midi, surtout le sud-est, région la plus romanisée de toutes, où le suffixe ac est rare, offre à la place le suffixe anuni accompagnant en général le nom du possesseur primitif : Avezan (Aviti-anum), Paulian (Pau-lianum) etc. Les suffixes ariwu, elum, osurn, (surtout au féminin) accompagnent des désignations topographiques, évoquant des mines ou carrières, (Argentaria Argentières, Petraria Per-rières), des endroits d’élevage (.4nuenlaria Arnteu-tières, de armentum, gros bétail; Capraria, Gabrière, Che.vrières), surtout des arbres et plantes (Fraxinetum [frêne] Freycinet, Fresnay; Casta-netum [châtaignier|, Catenov, Chatenay; Betul-letum [bouleau], Boiilay, Bouloy; Nucetuni [noyerJ, Noisy ; Fraxinosa, Freneuse ; Pennncaria [per-
- 1. Et à l'exception de quelques métropoles comme Toulouse, Bordeaux, Houen.......
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- Pervénchères, Provenchères, etc.). Los ies ici, ina, sont également bien représentés.
- La civilisation gallo-romaine a laissé clos traces profondes dans la toponymie, qui évoque le culte des dieux, les établissements balnéaires, les routes, les aqueducs, les industries. Citons entre autres Mercœur, Mercoire (Mercure), Fangeux {Fanum Jovis, temple de Jupiter), Fort-Vendres (Portas Veneris, port de. Vénus); Aix, Ax, Fax (Aquin, eaux), Evian (Aquianum, dérivé de aqua), Ba-gueux, Bagnoles, Banyuls (dérivés de balneum, bain); Entrées (strata, route); Ahug (aquæduclus), Arcueil (dérivé de « arc ») ; Félines, Flines (fi-gulina, atelierde potiers) ; Forges,
- Fa ve rg es , Fa-b règne (fabrica, l’orge).
- Les éléments germaniques, apportés avec les grandes invasions, se manifestent. d’abord par des noms de peuplades qui avaient fondé des colonies, comme Alternant, Almenè-ches (Alamaiis),
- Allain, Allaines (Alains), Ganda-lou (Vandales),
- Marina gne (Mar-eomans), Sar-mazes, Ser niaise (Sarmates), Sas- , sogne (Saxons), etc. : tris te évocation des bandes barbares dont la Gaule fut la proie. Mais l’élément le plus important, est fourni par les noms de personnes, possesseurs des domaines qui se créèrent à l'époque franque sur le morcellement des domaines gallo-romains. Les toponymes affectent cette fois la forme, non plus de dérivés, mais de composés dont le deuxième élément est soit ville ou son dérivé villiers, soit court (latin co-horlein, accusatif de cohors; car lis à l’époque franque), répandu surtout à l'Est. Ces formations sont spéciales à la langue d’oïl. Citons, à titre d’exemple, Amblaincourt, Bet tan court, Concourt, Ansonville, Badonville, llambervillieis, etc. bien entendu, le nom du possesseur peut être aussi gallo-romain (Bornainville, etc.). L’ordre inverse est beaucoup moins fréquent ( Villeniomble= Villa Mummuli ; Courfavon).
- En bourgogne et en Suisse romande, les llur-gondes ont répandu l'usage de leur suffixe in g,
- qui, sous la forme eus, ans, ange au féminin (*), forme maints noms de lieux dont le premier élément est un nom de personne; les Francs ont aussi acclimaté ce suffixe? en Lorraine. Rappelons Gommera ns. L oidians (de Lo vin gus), Thieff'rans (de Teotfrid), Gondrexange, etc.
- Mais c’est en Normandie que l’influence germanique a exercé l’empreinte la plus profonde. A la langue noroise (Scandinave) remontent beaucoup de noms de lieux apportés par les compagnons de llollon. Ce sont surtout, des composés dont le second terme représente le norois bekker (ruisseau), budh
- (cabane), dal (vallée), flodh (golfe), mar (é-lang; même racine qu’en gaulois), loft (masure), etc. : Bol-bec (ruisseau de Boll, nom d’homme), Cric-quebœuf (cabane de 1’é g 1 i se), Fieppedalle ( vallée profonde), Vit te fleur (embouchure blanche), Bouquetof (masure du hêtre), etc. Le premier élément est parfois obscur.
- La vie religieu-
- Pig. 2
- Noms des lieux d’origine gauloise. IL Répartition des noms pourvus de la finale vialos.
- Les hachures croisées indiquent la région à densité maxima.
- se, st intense au moyen âge, a laissé des Iraces importantes dans la toponymie : Bazauges, Ba-souges, Bazoches
- représentent, basilica, église; Ozouer, Ovouer,cJ)ra-(loux, Loradoux, F « oratoire » (généralement une chapelle à un carrefour de forêt) ; les variantes dit monasterinm, avec son diminutif monasleriolum, sont innombrables (Mouliers, .Monlier, Monestier; Montreuil, Montereau, Monislrol, etc.), sans compter les composés (Faremouiier, Romain-mot ier).
- Vers le début de l’époque capélienne, le non) du saint patron de l'église lendit, souvent à remplacer comme surnom, puis tomme nom, celui de la localité. Beaucoup de noms ont été ainsi transformés : Saint-Denis a supplanté Caiulliacum, Saint-Cloud un ancien Novigenlum, etc. Celle formation a été précédée historiquement par deux
- 1. Ce .suffixe s’est souvent confondu au masculin avec le sufllxe gaulois /nais, ou le suffixe laliu amis, au féminin avec le suflixe latin anica : question délicate qui a donné lieu à de nombreuses discussions.
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- autres : dans la première, dont la seule trace est, en Eure-et-Loir, Belhomert (Beatus Laudomarus), l’épithète était beatus -, ce fut ensuite dominus, mais seulement en langue d’oïl (Dompierre, Dam-pierre— dom Pierre; Dammarie, Üonnemarie = dame Marie), surtout en Lorraine (Dombasle = dom Basle ; Domèvre = dom Èvre, etc.).
- Constituée au xme siècle dans ses grandes lignes, la toponymie française a été complétée ensuite par des noms de nouvelles localités (Le Havre), de domaines seigneuriaux (Bel-Air, La Folie, Plaisance), et surtout par les noms des lieux-dits, qui datent, pour la plupart, des deux ou trois derniers siècles de l’ancien régime.
- 11. Principes généraux et enseignements de la toponymie. —Au point de vue linguistique, la toponymie envisage les noms de lieux sous trois aspects : dénomination originaire, transformations, substitutions .
- L’étude comparée des désignations originaires montre qu’en Europe au moins, en tout temps et en tous lieux, les hommes ont recouru aux mêmes procédés : désignations d’ordre géographique empruntées à la géographie physique (montagne, vallée, rocher, source, rivière, confluent, golfe, arbres, plantes), et à la géographie humaine (gué, pont, route, carrefour; port, marché, sanctuaire, fontaine, château, bains, industries), parfois à des particularités historiques, noms de peuples, colonies étrangères; — désignation à l’aide d’un nom d’homme qui est le premier possesseur du domaine, le fondateur de la ville, un conquérant ou un personnage qu’on veut honorer (Forum Julii (Jules César] Fréjus; Aoste, Augst, Oust, de Augusta, ville consacrée à Auguste; Gratianopolis [ville de Gratien] Grenoble), ou encore un nom de divinité ou de saint qui protège la ville.
- Les transformations d’un nom donné à travers l’histoire sont de deux sortes. Phonétiques d’abord : le nom de lieu évolue suivant la phonétique de la langue en usage dans la région : c’est ainsi que le latin fabrica aboutit régulièrement à Fabrègue en Provence, Fargue au Sud-Ouest, Farge en Auvergne et Limousin, Faverge en Savoie, Forge en langue d’oïl; que les noms en acum aboutissent à ac dans le Midi, ay, ey, y dans le Nord, etc. On ne peut faire aucune recherche toponymique sans connaître avec précision la phonétique historique de tous les dialectes.
- Comme les noms communs, les noms de lieux sont sujets, en outre, à des altérations d’ordre analogique, et ensuite à des cacographies.
- Dans la première catégorie, voici d'abord les ellipses, comme celles d'Agathe Tuchè (la bonne fortune, en grec), réduite à Agathe, d’où Agde. Ce sont ensuite, dé jà plus nombreuses, les agglutinations et déglutinations d’initiales, par confusion avec l’article ou une préposition : on voit ainsi un ancien Avaleuil devenir Valeuil, Oblincum Le Blanc,
- Layanurn L'Hay, Aupec (compris Au Pec), donne naissance à Le Pecq, et Celmans (de Cenomannis), compris cel (ce) Mans se transforme en Le Mans. Innombrables enfin les attractions homonymiques (ou étymologies populaires) qui ont amené Jome-vilie à Jumeauville, Mesnil Maiulan à ïénilmon-
- tant, le pom (pommeau) du Cantal à Plomb du Cantal, qui ont transformé des Faux (hêtre) incompris en Fous, qui ont créé des saints imaginaires en muant Centeny ou Saincy ou Saint-Eny et Saint-Cy.
- Les cacographies, qui abondent déjà dans les cartulaires et pouillés du moyen âge, se sont multipliées dans les cartes modernes, d’où elles ont souvent passé dans la nomenclature officielle. Rochas, puis le Club alpin (*), sans compter les topony-mistes, ont dénoncé nombre de ces bévues qui déshonoraient, surtout dans le Midi, les premières cartes de l’État-major. On a rétabli, dans les éditions récentes, le col pyrénéen d'Arrius qui avait été transcrit « col de Darius », et son voisin « de mille aures » (des mille vents) qui était devenu facétieusement « col de Mvlord », Mais les Grenoblois tiennent à leur Casque de Néron, transformation du Neiron (noiraud) sous la plume d’officiers férus d’histoire romaine, et la compagnie P.-L.-M. conserve à sa gare, voisine de Marseille, le nom de Pas-des-Lanciers, francisation par calembredaine du pas de l'ansié[pas de l'angoisse (2)] provençal, mauvais tour joué par la danse à la linguistique.
- On a déjà pu soupçonner, chemin faisant, quelques-uns des enseignements que la toponymie apporte à la linguistique, à l’histoire, à la socio-
- logie.
- Là toponymie est la principale source des documents qui nous permettent d’aborder l’étude des langues prélatines de la Gaule et d’en retrouver les débris. Même pour les langues connues comme le latin, elle nous apporte de précieuses contributions en nous montrant, par exemple, par quel processus s’est effectuée la disparition progressive et la fusion des cas en latin vulgaire.
- Elle nous permet de reconstituer des aires linguistiques très anciennes, en nous indiquant à la fois leur extension géographique générale et les régions de densité maxima, qui, offrant le plus grand nombre de toponymes d’une espèce linguistique, ont été un foyer d’expansion ou le dernier centre de résistance après refoulement.
- Nous avons vu que le ligure, après s’être étendu des Ardennes en Aragon, fut refoulé dans nos Alpes, où l’on trouve la plus grande proportion de noms en asc et ose.
- Quant, aux toponymes gaulois, la car Le, des composés en duros, formation qui ne survécut guère à la conquête romaine, nous montre les débris dans l’Est, en Helvétie, en Rhénanie, d’une influence cel-
- 1. Voir notamment la Montagne de janvier-février 1920.
- 2. Passage hanté jadis par des bandits : d’où l’angoisse des voyageurs.
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- tique qui ne s’y manifeste, plus pour les dérivés en oialos, d’une époque postérieure en moyenne, mais qui ont au contraire gagné vers l’ouest sous la domination romaine, leur foyer d’expansion principal étant dans la région parisienne. Plus récents enfin, les noms gallo-romains en cicum se rencontrent dans toute l’ancienne Gaule, à l’exception de l’extrême sud-est.
- Autre exemple : celui des noms de lieux norois en Normandie. La répartition de ceux-ci nous prouve que la colonisation Scandinave n’a pas affecté également toute la Normandie : le sud y a échappé, et le maximum de densité est offert par le pays de Gaux et la région de Rouen. Faits que l’histoire confirme, ainsi que la répartition des types d’habitations rurales (‘R
- Les déplacements de langues sont aussi confirmés ou révélés par la toponymie. Seules deux petites régions de France, dans les pays actuels de langue d’oïl, présentent des noms de lieux en ac, en contradiction avec la phonétique. La première est située à l’est de la frontière du bas-breton celtique : l’histoire nous apprend que cette région fut celtisée, par les envahisseurs venus de Grande-Bretagne, du vie au ixe siècle, et qu’ensuitc la langue romane reprit le dessus (2). Pour l’autre région (sud de la Saintonge et de l’Angoumois), l’histoire est muette, mais la toponymie nous suffit pour établir que cette région parla un langage de langue d’oc pendant une
- Limite orient sot. du breton
- e Limite sentent actue/te (approx.j ofe ta tangue d'oc-: Aire des noms de = lieux en ~ âç -= dans ta Bretagne romane
- Aire des noms de lieux en -3C-1 dans les CParentes
- Pig. 4. — Quelques limites linguistiques de l’ouest.
- partie du moyen âge. La finale de Cognac, Jonzac,
- 1. Voir notre article du 26 janvier 1924, p. 58.
- 2. Le changement de ac en ay, é ou y eut lieu précisément en langue d'oïl dans cet intervalle, ce qui explique qu’il ait atteint Sévigné (prés Vitré) et épargné Sévignac près Broons, N.-O. de Rennes).
- est aussi probante à cet égard que Yni du pays de Conienge (au). Comminges, du lat. Convenicum), qui a permis à M. Antoine Thomas de prouver (l), d’après ce seul changement de v en m, que ces Convènes parlaient ibère à l’époque romaine.
- Quant aux enseignements d’ordre sociologique,
- COTES 0» NORD;
- ,/ ILE ETI
- Aire approximative /. des noms de /feux " d'origine Scandinave
- Aire de densité maxima
- de ces noms de Peux
- Fig. 3. — Répartition des noms de lieux d’origine noroise en Normandie.
- ils sont multiples. Le relevé des composés gaulois en magos montre le développement des centres commerciaux en Gaule, tandis que les localités en dunos, duros, briga, indiquent l’organisation des centres militaires et des points de défense. D’Àrbois de Jubainville a pu reconstituer, grâce aux noms de lieux en acum, l’évolution de la propriété en Gaule, qui, de collective, devint individuelle par suite du développement de la culture des céréales : le maximum de densité de ces noms se trouve dans les grands centres arables (Limagne moyenne et basse Loire, bassin parisien, etc.), qui ont été mis en valeur à l’époque gallo-romaine, tandis que les noms en ville et en court, on l’a vu, jalonnent les défrichements opérés à l’époque franque (notamment celui de la forêt des Carnutes, entre Chartres et Orléans, de la Lorraine moyenne, etc.). Le changement des chefs-lieux de cités, qui, dans le latin du troisième siècle, a fait passer civitas de Parisiis du sens de « cité (2) des Parisii » à « ville de Paris » , est l’indice d’un profond bouleversement social : c’est la disparition des peuples, qui étaient tout, c’est la prééminence de la terre, à laquelle l’homme se rive de plus en plus, et qui aura pour point d’aboutissement le servage féodal et la territorialité des coutumes remplaçant la personnalité des lois : toute une révolution en germe dans un simple changement toponymique.
- Albert Dauzat.
- Directeur à l’École des Hautes Éludes.
- 1. Essais de philologie française, p. i.
- 2. Entendu au sens antique.
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- VENDREDI 13
- Vendredi 13 lévrier 1925! vendredi 15 mars!! qui ne nous préserveront pas d’un vendredi 15 novembre ! ! ! Ce double retour me rappelle avoir entendu M. Emile Corel, bien avant qu’il fût Membre de l’Institut et Ministre de la Marine, affirmer que, dans le calendrier grégorien, le 15 du mois revient le vendredi un peu plus souvent que les autres jours de la semaine. Autorisé à publier cette curieuse remarque, je m’excuse de n’v joindre qu’une démonstration qui m’est personnelle.
- I. Examinons le calendrier à partir de 1901 ; nous verrons d’abord le cycle julien ramener les années bissextiles en 1904, 1908, ...2000, qui sera bissextile et ainsi de suite jusqu’à 2096. Les années 2100, 2200, 2300 ne seront pas bissextiles, en vertu de la réforme grégorienne. A partir de 2501 le cycle grégorien recommencera, chaque année étant bissextile ou commune exactement comme celle qui l’avait précédée de 400 ans.
- Il y a plus. Ces 400 ans forment un nombre entier de semaines. En effet, chaque année commune comprend 52 semaines et 1 jour (565 = 52 X 7 -j- 1 ), donc 400 années forment d’abord un nombre exact de semaines augmenté de 400 jours. 11 faut ajouter autant de jours qu’il y a d’années bissextiles ; il y en aurait 100 si la réforme' grégorienne n’avait rejeté 2100, 2200 et 2500 au rang d’années communes. 11 en reste 97. La somme 497 est divisible par 7.
- Ainsi le cycle grégorien constitue pour le calendrier une période, qui se reproduit telle quelle avec le même jour de la semaine pour le môme quantième du mois. Les 15 février, 15 mars et 15 novembre 2325 seront des vendredis.
- Etudions donc la période grégorienne. ,
- II. Remarquons d’abord que sept cycles juliens successifs forment un nombre entier de semaines et constituent une période de 28 ans.
- Cette période règne tant qu’on n’approche pas des années exceptionnelles 2100, 2200, 2300. Partant de 1901, nous voyons son domaine s’étendre jusqu’à 2096 (190— 28 x 7). De 2097 à 2105 s’écoulent 7 années communes distinctes; de même de 2197 à 2205. Enfin, 84 étant égal à 28x5, nous n’aurons affaire qu’à la période de 28 ans de 2104 à 2187 et aussi de 2204 à 2287. Inscrivons les trois durées périodiques à la première colonne du tableau I, sur lequel nous écrirons 1 à 400 au lieu de 1901 à 2300. Portons en troisième colonne les séries de sept années communes et complétons. L’année 400 (en réalité 2300) n’est pas bissextile ; ins-crivons-la à part, etc.
- Tableau I.
- Période grégorienne et périodes de 28 ans.
- Périodes Fractions Hors Vendredis
- le 28 ans. ' de période. période. 13.
- 1-19(5 556
- 197-205 12
- 204-287 144
- 288-290 16
- (24-28) -h (1-4) 297-303 12
- 504-587 144
- 588-599 22
- (28)+ (1-11) 400 2
- («) 688
- TU. Étudions maintenant la période de vingt-huit ans.
- Cherchons quels furent les vendredis 15, c’est-à-dire les dimanches 1er du mois, en 1901.
- Cette année commença un mardi. En effet, les 24 ans qui se sont écoulés depuis ont fait avancer le Ie1' janvier dans la semaine, d’abord de 24 jours, auxquels il faut en ajouter 6 autres pour les années bissextiles ; en tout 30, soit finalement 2 jours. Or le 1er janvier 1925 était un jeudi.
- Pour trouver quel jour commencèrent les autres mois de 1901, écrivons sur la première ligne du tableau II les initiales des noms de ces mois (suivies, dans les cas ambigus, de la finale) et sur une seconde ligne l’excès du nombre de jours de chaque mois sur 28, soit 4 semaines; sur une troisième, inscrivons d’abord le mardi 1er janvier.
- Tableau 11.
- Tendredis 15 dans 7 des premières années delà période 1901-28.
- Mois. J F Ms Al Mi .In Jl At S O N D
- 5 0 5 2 5 2 5 5 2 5 2
- 1er jour en 1901. Ma V V L Me S L J 1) Ma V D
- Vendredi 15 en 5 5 5 fi 10 2 fi 9 1 5 5 1
- Le lor février avance de 5 jours dans la semaine sur le 1er janvier ; c’est, donc un vendredi et ainsi de suite.
- Nous voyons que, les mois de septembre et de décembre, le 1er est un dimanche en 1901. Inscrivons 1 sous ces mois.
- Que se pàsse-t-il les premières années suivantes ?. Le Ier juin, qui était un samedi en 1901, devient un dimanche en 1902 ; inscrivons ce fait. Les trois vendredis qui figurent sur le tableau donnent des dimanches en 1905.
- Le jeudi 1er août 1901 n’engendre pas un dimanche en 1904, mais bien un lundi, à cause du 29 février. Il faut aller jusqu’en 1909 (au bout de 8 ans, dont 2 bissextiles) pour trouver une avance de 10 jours (7 + 3) qui ramène un dimanche. Laissant de coté l’année bissextile 1904, nous irons du mercredi 1er mai 1901 jusqu’en 1910 (9 ans dont 2 bissextiles) pour trouver une avance de 11 jours (7 -j- 4) qui ramène un dimanche. Continuant à remonter la semaine, nous placerons sans difficulté des chiffres sous les mardis et lundis.
- Reportons alors, sur un nouveau tableau 111, les résultats acquis.
- Une première colonne porte les années de 1 à 28 ; inscrivons en face les mois qui ont des vendredis 15 dans les sept années déjà étudiées ; laissons dans une colonne spéciale janvier et février.
- A partir de 1901 les vendredis 15 septembre et 13 décembre n’attendront pas 28 ans pour reparaître.
- La période se divise elle-même en intervalles inégaux. Nous retrouverons des vendredis aux mêmes jours :
- 1° en 1907 (au bout de fi ans, dont 1 bissextile).
- 2° en 1918 (11 ans dont 5 bissextiles).
- 5° en 1929 (11 ans, dont 5 bissextiles).
- Inscrivons ( U) et (1") en face de 7 et 18.
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- VENDREDI 13 = - = 295
- Tahi.f.au III. — Vendredis de la période 1901-28.
- 1 S, D 15 (9') At
- 2 Jn 16 (10- -5) 0
- 5 F ; Ms, N 17 (6') Al, Jt
- 4 (9- -10) Mi 18 (1") S, D
- 5 Jr; O 19 (2") Jn
- 6 Al, Jt 20 (5- 9) F ; At
- 7 (!') S, D 21 (10)) Mi
- 8 (2- -3) Ms, N 22 (5") Jr; O
- 9 At 25 (6") Al, Jt
- 10 Mi 24 (1- 2) Jn
- 11 (5') Jr; O 25 (3") F; Ms, N
- 12 (6- -'!) S, D 26 (9") At
- 15 (2') Jn 27 (10") Mi
- 14 (3') F ; Ms, N 28 (5- 6) Jr; Al, Jt
- Les années 5 et 9, qui sont à quatre ans de distance
- de 1, se reproduisent de la même façon au bout de 0, 11 et 11 années.
- Inscrivons ce fait.
- • Les années 2, 6, 10, paires non bissextiles, se reproduisent comme 18 au bout de'11, 6 et 11 ans.
- L’année 5, qui précède une bissextile, comme 7, reparaît au bout de JJ, I l et 6 ans.
- Le tableau comprend donc trois fois des années constituées respectivement comme les 7 années, 1, 2, 3, 5, 6, 9, 10. Celles-ci, étant toutes différentes, commencent par chacun des jours de la semaine et leur ensemble contient le même nombre de fois ces différents jours aux mêmes quantièmes du mois (inférieur à 29).
- L’ensemble des sept bissextiles, toutes différentes, est également symétrique et par suite aussi l’ensemble des 28 années de la période.
- Ces 28 ans forment 28 X 12 mois ; chaque quantième revient au même jour de la semaine 4X12, soit 48 fois.
- Ajoutons que les bissextiles ne sont pas absolument isolées. Ainsi 8, qui commence six ans (dont un 29 février) après 2, reproduit d’abord Jr et F 1902; les mois suivants reproduisent ceux de 3, ce que nous avons indiqué par la notation (2 — 3). De même pour 12, qui reproduit partiellement 6 et 7 (que nous avons appelé 1 ') au bout de 6 ans et 5 ans, etc....
- Cette remarque nous permet de compléter le tableau III.
- Nota. — Au lieu de rechercher les différents types d’années dans la période 1-28, nous aurions pu désigner chacun d’eux par le jour où tombe le 1er janvier, en indiquant si l’année est commune ou bissextile. Nous aurions dit : les années I, 197 sont des années (Ma) 204, bissextile, est (Ma)', donc aussi 288. A partir de là jusqu’en 296 se déroule une série qui s’écrit immédiatement :
- (Ma)' (J) (V) (S)' (D)' (Ma) (Me) (J) (Y)'. ;
- L’année 297 est D; 304 est (D)', ainsi que 388, et le siècle s’achève par la série :
- (D)' (Ma) (Me) (J) (V)' (D) (L) (Ma) (Me)' (V) (S) (D) (L).
- Ce sont ces deux séries que nous allons retrouver, sous nos premières notations, au paragraphe suivant.
- IY. Revenons au tableau I.
- Inscrivons d’abord en face des parties exactement périodiques les nombres 356 (48x7) et 144 (48x5) de vendredis 13.
- Inscrivons de même 12 pour les années 197-205 et 297-305.
- L’année 204 commence comme 197 et 1. Etant bissextile, elle est identique à 24. 11 en est de même de 288 ; la suite 288-296 reproduit les années 24 à 28, puis 1 à 4, qui contiennent 1b vendredis 13. Réportons ces résultats sur le tableau I.
- On verra de même que l’année 304 et par suite 588 reproduit 28 ; donc les années 588-399 reproduisent
- 28, suivie de 1 à il (22 vendredis 15) ; enfin 400 est du type 6 (2 vendredis 15).
- ' Faisons la somme ; nous trouvons 688 vendredis 15 pour l’ensemble de la période grégorienne.
- Y. Passons aux autres jours de la semaine.
- Ecrivons la liste complète des 22 années dans lesquelles nous venons de compter les vendredis 13, mais, chaque fois qu’il y aura lieu, remplaçons une année par son égale du rang le plus bas (21 par 10, 22 par a, etc.), Nous aurons :
- 24,5,9,10,28,1,2,5,4,
- 28,1,2, 3, 4, 5,6,1,8,9,10,5,6; ce qui se répartit ainsi entre diverses années :
- Années 12556910 4 8 24 28
- 5 2 3 2 2 2 2 2 1 1 2 fois.
- Extrayons 2 fois les 7 premières années dont l’ensemble contient, nous le savons, 24 vendredis, samedis ... 15 ; il reste :
- Années 1 3 4 8 24 28
- 11 2 I I 2 fois.
- Cette fois, nous avons consommé la réduction des années communes ou bissextiles en séries symétriques de 7.
- Relevons sur le tableau II le nombre de fois que les différents jours reviennent le 1er du mois dans l’année 1
- et inscrivons ces nombres dans une colonne verticale ; l’année 5 commençant 2 jours plus tard, nous devons faire descendre chaque chiffre de deux rangs. L’étude de l’année 4 nous fournira une nouvelle colonne, qu’il suffira de faire glisser sur elle-même pour obtenir celles afférentes aux années 8, 24 et 28.
- Années 1 5 4 8 24 28
- D V = V15 2 5 1 2 1 5 16
- L S' 2 1 2 1 2 1 . 12
- Ma D 2 2 2 2 5 1 15
- Me L 1 2 1 5 1 2 15
- J Ma 1 2 2 1 1 2 15
- V Me 5 1 3 1 2 1 15
- 8 J 1 1 1 2 2 2 12
- Faisons la somme des chiffres inscrits sur une même
- ligne horizontale en multipliant par 2 ceux des années 4 et 28, nous aurons les totaux inscrits à la colonne finale. Us sont tous égaux au moins à 12. C’est-à-dire que les 8 années résiduelles contiennent les éléments de 7 années symétriques; ainsi les différents jours de la semaine reviennent tous le même quantième du mois (inférieur à 29) un nombre de fois au moins égal à
- 356 + 144 +144 + 12 + 12 + 24 +12 == 684.
- A ce nombre commun il faut ajouter, pour le 15 du mois, les chiffres suivants, relatifs à chaque jour de la semaine, qui se répartissent symétriquement par rapport au vendredi :
- Ma Me J V S D L * 1 5 0 4 0 5 1
- ce qui donne, pour la période grégorienne
- Vendredis 15 688
- J et S 684
- Me et D 687
- L et Ma 685
- La période grégorienne contient 4800 mois ; la moyenne est approximativement 685,7 ; on voit que l’inégalité reconnue par M, Émile Borel n’est pas criante. Elle ne porte que sur la répartition de 12( unités entre 7 jours. D’ailleurs elle ne peut pas nous inquiéter. Nous vivons à une époque privilégiée où le vendredi 13 est réduit à la portion congrue. Il en sera ainsi pour nos descendants jusqu’en 2188. Espérons que, d’ici là, on aura de nouveau réformé le calendrier.
- C. Raveac.
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- LE VOL NOCTURNE DANS LA BRUME
- III. Le balisage lumineux.
- Fig. i. — Relèvements des faisceaux d'un aèrophare pour divers états de transparence atmosphérique.
- Pour là commodité de la représentation, l’échelle des hauteurs est beaucoup plus grande que l’échelle des distances horizontales.
- La T. S. F.,'les câbles directeurs, constituent des guides excellents pour les avions dans la nuit et dans la brume, mais ils rendent nécessaire, à bord, l’installation de dispositifs un peu compliqués qui peuvent.se détraquer. Si l’aviateur n’a pas alors d’autres moyens à sa disposition, le danger persiste, d’où l’utilité de signaux lumineux pour lesquels l’œil est un récepteur toujours prêt, toujours précis, donnant sans raisonnement et sans calcul, par réflexes, la route à suivre.
- Énorme puissance lumineuse nécessaire. — Dans une atmosphère très pure, le moindre signal lumineux se voit de fort loin et, s’il n’v avait jamais de brume, les phares ne seraient pas nécessaires : l’illumination des villes serait bien suffisante. On se contenterait de délimiter l’aérodrome par des réseaux lumineux offrant une apparence caractéristique, et l’on pourrait employer à cet effet des dispositifs analogues aux enseignes lumineuses des cinémas, que l’on aperçoit de. fort loin en avion.
- Un appareil optique : lentilles de Fresnel diop-triques ou catadioptriques, réflecteurs Mangin ou projecteurs paraboliques, se comporte comme une source lumineuse secondaire ayant très sensiblement l'éclat de la source placée en son foyer. Dans le faisceau lumineux, les éclairements varient en raison inverse du carré des distances ; du moins cette loi théorique serait observée dans une atmosphère idéale.
- Mais, en réalité, les particules et vésicules qui se trouvent toujours dans l’air absorbent une partie du flux lumineux. On a pris l’habitude de considérer la valeur relative du flux qui reste après la traversée d’une épaisseur d’air de 1 km ; on donne à cette valeur a le nom de coefficient de transparence atmosphérique. Bouguer a trouvé que ce coefficient n’était jamais plus grand que 0,975 au voisinage du sol; en revanche il s’abaisse beaucoup lorsque la brume paraît et il n’est pas rare de constater des valeurs de a, égales ou inférieures à 0,5.
- L’éclairement à la distance x, au lieu d’être —
- I \
- est — ax. x2
- On peut faire le calcul en supposant I
- aussi grand qu’il est possible de réaliser industriellement une grande intensité lumineuse; dès que le coefficient a s’abaisse, l’éclairement ne tarde pas à devenir très faible à une certaine distance du phare (1). Nous laissons à nos lecteurs le soin de faire ce calcul extrêmement simple et nous citerons tout de suite l’exemple du phare électrique de Gris-Nez, qui n’a pas moins de 50 millions de bougies, ce qui est considérable, mais dont la portée, une fois sur dix, s’abaisse au-dessous de 15 milles marins.
- Ce qui est vrai pour un phare maritime dont on peut concentrer le faisceau dans la direction de l’horizon maritime s’aggrave encore davantage quand il s’agit d’un aérophare dont les signaux doivent s’apercevoir d’une zone très étendue.
- Pour s’en convaincre, il suffit de penser aux caractéristiques des deux grands phares d’aviation qui ont été réalisés.
- Phare de grande puissance à lentilles de Fresnel.
- 1. Avec un coefficient de transparence atmosphérique 0,5, la portée d’un phare fixe de 100 millions de bougies décimales, ne serait que de 20 kilomètres (moins de 11 milles marins).
- So/ênoide pour l'entretien du mou-, vement pendu- f laine \ f/
- Optique a coupole ogivale ,
- Masse
- pendulaire
- réglable
- Moteur commandant te mouvement de rotation
- Fig. 2. — Aèrophare à éclats réguliers.
- L’optique tourne de façon à émettre 4 faisceaux visibles de l’horizon aü zénith. L’intensité est convenablement renforcée dans la direction susceptible d’assurer au phare sa plus grande portée. Le système lumineux est en outre animé d’un léger mouvement pendulaire, de façon à assurer, dans tous les cas, la plus grande portée lumineuse possible. .
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- LE VOL NOCTURNE DANS LA BRUME ... ——r 297
- — La Maison Barbier-Bénard s'est inspirée des principes des phares maritimes qu’elle construit depuis longtemps. Pour s’en tenir aux types courants, elle à construit des appareils optiques de 50 cm de distance focale; mais pour augmenter la puissance lumineuse, elle a mis en parallèle, dans la meme lanterne, quatre optiques doubles. Dans chaque optique, le flux lumineux est concentré en deux minces pinceaux de directions opposées, chacun des pinceaux étant fourni par le cratère positif d’une lampe à arc de 120 ampères sous 65 volts. x\insi, 8 lampes éclairent 8 panneaux d’optique et donnent une série de faisceaux lumineux qui se conjuguent en deux directions opposées. L’ensemble tourne à la manière d’un phare maritime de façon à illuminer tout l’horizon et à provoquer, chez les observateurs, la sensation d’éclairs.
- Il est .facile d’évaluer la puissance d’un tel feu. Deux panneaux d’optique semblables donnent des faisceaux dont l’intensité lumineuse est en raison des carrés des distances focales (cela parce que les intensités, toutes choses égales d’ailleurs, sont entre elles comme les carrés des surfaces utiles). L’expérience montre qu’un feu de 0,50 de distance focale, illuminé par les mêmes lampes, donne 60 à 70 millions de bougies; une optique de 0,50 de distance 25
- focale donnera donc 7_ = 2,77 fois cette puissance
- y
- et la juxtaposition parfaite de quatre faisceaux lumineux doit porter à 11 le multiplicateur, c’est-à-dire que la puissance doit être voisine de 600 ou de 800 millions de bougies, suivant la perfection de l’exécution.
- Fig. 4. — Aérophare donnant un groupe de 3' éclats.
- Fig. 3. — Aérophare tournant et oscillant. Amplitude des faisceaux lumineux par temps moyen.
- Phare de grande puissance à miroir doré. — La Maison Sautter-Harlé arrive à une puissance analogue en juxtaposant, non plus des optiques de phare maritime, mais des miroirs de projecteurs de 2 m. de diamètre et 1 m. 15 de distance focale.
- Ces deux miroirs ont été calés sur un socle tournant d’une maniéré uniforme. La vitesse de rotation et le calage des miroirs étant d’ailleurs réglable afin de choisir le meilleur rythme pour caractériser le signal.
- Ces miroirs sont éclairés par des arcs à courant continu de 220 ampères sous 70 ATolts, l’intensité pouvant être poussée à 500 ampères, non sans quelques difficultés d’ailleurs.
- Prix de revient. — Les prix de premier établissement et d’exploitation de ces grands phares sont énormes. Les lampes des optiques Barbier-Bénard consomment ensemble 85 environ ; celles des miroirs Harlé 57 ; il faut d’ailleurs y ajouter le travail perdu dans les rhéostats indispensables pour éviter les papillotements des arcs. Dans le phare B. B. comprenant 8 lampes, la majoration de puissance est de 50 pour 100 ; dans le S. H. où il n’y en a que deux, eette majoration atteint 100 pour 100; de sorte que les dynamos du premier sont de 150 et celles du second, 105 environ.
- Il faudra par conséquent songer à diminuer cette puissance par temps clair ; on pourrait alors se contenter de lampes moins intenses mais beaucoup plus économiques, telles que les lampes à incandescence de grande intensité que nous avons fait connaître dans notre article sur les phares maritimes.
- Une question se pose sans doute dans l’esprit de nos lecteurs. Quel est le meilleur phare? l’optique de verre taillé ou le miroir doré? Le miroir est plus simple, plus facile à installer, moins coûteux, mais plus fragile peut-être; les optiques ont en leur faveur la longue expérience des phares maritimes et il est encore bien difficile actuellement de départager les avis!
- Relèvement et amplitude des faisceaux. — Mais une question beaucoup plus importante se pose pour la navigation aérienne.
- Nous savons que, dans le but d’augmenter
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- Lampes à , incandescent
- Fig. 5. — Aérophare pour aérodromes.
- Tambours dioptriqucs superposés. Optique de o,25o de distance focale. Éclairage et éclipseur électriques.
- l’énorme puissance qui devient nécessaire en temps brumeux, on doit agir, en même temps, sur la surface des appareils optiques et sur l’éclat ou brillance des sources illuminantes.
- L’éclat intrinsèque des lampes a bénéficié des progrès incessants de l’éclairage. De 8 bougies par centimètre carré pour les anciens becs à mèches multiples, il est passé à 55 pour les manchons incandescents à vapeur de pétrole, à 70 pour les lampes à incandescence à filament de carbone, à 150 pour les lampes à filament de tungstène, 600 pour le filament Nernst, 1000 pour le filament de tungstène dans une atmosphère inactive, 10000 à 55000 pour le cratère positif de l’arc électrique ; on est arrivé à 100000 bougies par centimètre carré en plaçant un arc dans une atmosphère comprimée. Il est difficile d’imaginer qu’on puisse aller beaucoup plus loin dans les circonstances actuelles....
- Quant au calcul de l’optique, une complication se présente immédiatement.
- L’éclairage uniforme de tout le ciel à la fois serait un gaspillage d’énergie et il est plus économique de concentrer le flux lumineux pour produire des éclals, groupés de manière à caractériser le feu, dirigés vers les zones intéressantes, et tournant de façon à nalayer tout l’horizon ; mais il faut encore songer à diriger convenablement ce flux lumineux.
- Si l’on fait abstraction, tout d’abord, de la réfraction atmosphérique et de l’absorption produite par la brume, on tire une première règle de la répartition
- des intensités suivant des directions plus ou moins inclinées, qui montre combien on doit privilégier les directions assez voisines de l’horizontale, qui assurent, au faisceau sa plus grande portée possible. Cette première règle se renforce encore, si l’on fait intervenir l’absorption atmosphérique avec une exception toutefois en faveur des rayons au zénith, en cas de brume intense du sol : la seule chance qui reste alors de percer la couche opaque étant de la traverser dans sa moindre épaisseur.
- On pourrait donc, pour un état brumeux déterminé, diriger le faisceau lumineux dont on connaît la composition, les intensités et l’amplitude, suivant une direction que l’on pourrait calculer pour assurer l’efficacité maximum.
- Mais l’état de transparence de l’atmosphère est essentiellement variable.
- Faisons abstraction de la convexité de la terre et de la courbure des rayons lumineux par suite de la réfraction atmosphérique et représentons (fig. 1 ) le faisceau lumineux principal d’un phare P qui assurerait, par temps moyen à l’altitude de 4000 m. une portée PA ; l’aéronef resterait alors dans le faisceau en se rapprochant du phare pendant son cheminement AB, un faisceau secondaire beaucoup moins intense suffirait ensuite à défaut d’une vision directe du contour du faisceau principal.
- Mais si la transparence diminue, de sorte que la portée soit réduite de PA à PC', on ne verra plus rien de l’altitude 4000 m. et il faut alors relever le faisceau en CPD ; le cheminement pendant lequel le signal est visible est alors CD.
- Si PDj est la plus faible portée que la puissance
- Fig. 6. — Éclipseur à acétylène.
- Le.gaz arrive par O, et alimente la veilleuse par 03, ainsi que la capacité limitée par la membrane déformable b; celle-ci tirant sur n découvre l’orifice g. Un éclat se produit en b tandis que le gaz accumulé se consume. Sous l’action du ressort t, la membrane revient à sa position primitive, refermant le conduit .g.
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- Fig. ~. — Projecteur A. Bochet pour la recherche des aéronefs.
- lumineuse soit capable d’assurer, neuf fois sur dix par exemple, il faudrait que le faisceau lumineux lut mobile dans l’angle APDj et dirigé suivant les variations de la transparence atmosphérique.
- Il serait bien difficile d’exiger une pareille manœuvre des gardiens de phare et surtout de donner les directives indispensables pour réaliser cette meilleure efficacité du signal par tous les temps.
- D’ailleurs cetle précaution serait illusoire. Nous avons négligé, jusqu’à présent, la réfraction atmosphérique qui courbe les rayons. La longue observation des portées des phares co-tiers a fourni des résultats empiriques, qu’il serait audacieux d’appliquer aux phares d’aviation plus éloignés de la mer et des effets de convexion qu’elle occasionne, mais qui montrent cependant que le coefficient de réfraction est extrêmement variable, de sorte que, non seulement on ne peut le calculer, mais encore qu’on peut difficilement prévoir les limites extrêmes de ses effets.
- Phares tournants et oscillants. — Il ne suffit donc pas de faire tourner le phare pour promener le faisceau
- Pig. 8. — Commande dit projecteur A. Bochet d'après les indications du tèlésilemètre.
- On aperçoit an fond la roue du dispositif de commande.
- lumineux intense sur tout l’horizon ; il faut encore balayer toute la zone utile; c’est-à-dire faire osciller le phare dans un angle un peu plus grand que ÀPD/, afin de tenir compte des variations de la réfraction.
- En combinant la période d’oscillation pendulaire du système optique avec la période de rotation, on peut s’arranger pour que la zone intéressante soit complètement balayée, en quelques tours de l’appareil, pendant un temps relativement court.
- La figure 2 représente un aérophare à éclats réguliers basé sur ce principe.
- Dès lors, aussitôt que la distance d’un aéronef au phare sera celle de la portée du faisceau lumineux, dans les conditions de transparence atmosphérique du moment, l’aéronef, évoluant à l’altitude moyenne, sera certain d’apercevoir le phare (fig. o). Si le signal comporte plusieurs faisceaux, il est possible que, par suite du mouvement d’oscillation, un des faisceaux puisse se dérober aux regards du pilote ; mais ne vaut-il pas mieux d’avoir toutes les chances d’apercevoir au moins l’un des faisceaux que de vouloir percevoir tout le signal en diminuant beaucoup la probabilité de cette perception, plus complète?
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- D’ailleurs, dès qu'on a vu un faisceau, il suffit, de se rapprocher du centre d’émission pour être certain de distinguer tous les faisceaux et, par conséquent d’identifier le phare. Pour un aviateur perdu, un seul rayon serait une indication d’un prodigieux intérêt, en admettant même qu'il ne puisse se douter du phare qui l’envoie.
- Dispositifs optiques: — A la faveur de cette première indication, le navigateur pourra, en tout, cas, se rapprocher d’un aérodrome dont les feux secondaires, par leurs situations relatives et leurs caractères, le renseigneront complètement.
- Les systèmes optiques applicables dans ces phares sont très variables. Que l’on emploie des lentilles de Fresnel ou des miroirs de verre ou de métal, les combinaisons possibles seront nombreuses.
- Dans les aérophares principaux, on pourra utiliser des lentilles de Fresnel analogues à celles des phares maritimes pour assurer la plus grande concentration de lumière dans la position occupée par l’aéronef à la limite de portée. Des portions de lentilles seront disposées pour prolonger, jusqu’au zénith, les faisceaux principaux avec une intensité qui pourra décroître suivant les valeurs indiquées par les calculs précédents. Un autre.groupe de lentilles enverra un faisceau intense vers le zénith en cas de brouillard.
- Si ]’on emploie des réflecteurs de verre ou de métal, qui, plus légers, se prêtent mieux au mouvement d’oscillation dont nous avons fait comprendre l’intérêt, on utilisera, par exemple, pour projeter la lumière dans les directions privilégiées, des miroirs paraboliques analogues à ceux des projecteurs de guerre et de marine. En outre, pour assurer la prolongation des faisceaux jusqu’au zénith, on obtiendrait une répartition lumineuse convenable à l’aide de cylindres verticaux ou légèrement inclinés à directrice parabolique.
- On peut aussi disposer, autour d’une même source lumineuse, un certain nombre de miroirs et de cylindres identiques (fîg. 4) de façon à obtenir plusieurs éclats groupés. . Pour obtenir n éclats et conserver, entre deux groupes de signaux un intervalle égal à trois fois celui qui sépare les éclats dans un même groupe, il suffit de décaler l’axe de chacun
- des réflecteurs de ——soit 72° par exemple pour
- émettre régulièrement trois éclats groupés. Ce dispositif peut être complété par des miroirs plans ou paraboliques renvoyant vers le ciel les rayons qui, dirigés vers la terre, seraient perdus. On peut aussi recueillir, à Laide d’une optique auxiliaire, et concentrer dans les directions utiles, les rayons qui échapperaient aux réflecteurs.
- Phares secondaires. — Dans les feux secondaires de moindre portée, on pourrait s’en tenir à des optiques fixes répartissant convenablement la lumière dans tout le ciel.
- Mais dans ce cas, pour caractériser le signal, il faut produire des occultations et des éclats à l’aide de dispositifs clignoteurs ou éclipseurs (fîg. 5).
- Si la source est un manchon incandescent illuminé au gaz d’éclairage, au gaz d’huile ou à l’acétylène, on pourra, automatiquement, à l’aide des déformations d’une membrane sous laquelle on fait arriver le gaz, interrompre périodiquement le courant principal et le rétablir suivant un rythme donné : le réallumage se faisant à l’aide d’une veilleuse alimentée par une déviation du courant gazeux (fig. 6).
- Si l’on emploie une lampe électrique, on peut utiliser un éclipseur pendulaire avec contacts de mercure dont le mouvement est entretenu h l’aide d’un solénoïcle recevant périodiquement le courant grâce à un autre système de contacts à mercure. On peut aussi utiliser un compositeur de signaux constitué par des contacts poussés par un système de cames.
- Atterrissage. — Les signaux que nous venons d'examiner permettent à l’avion d’arriver en vue du terrain. L’atterrissage exige l’éclairement, du terrain lui-même, ce qui est facile, et l’indication de la direction.
- Si les appareils d’éclairage du terrain sont mobiles, l’orientation de la tache lumineuse formée par l’ensemble de cet éclairage peut constituer une indication suffisante.
- On peut préciser cette indication par celle de l’orientation du vent ; il suffit que le té d’atterrissage de jour, sorte de grande girouette qui s’oriente dans le vent, soit éclairé, ou mieux commande un. projecteur dont le faisceau serait le guide le plus sûr.
- Un dispositif plus compliqué consisterait à répartir circulairement, autour de l’aérodrome, un certain nombre de feux, de telle sorte que, sous l’influence d’-un distributeur commandé par la girouette, trois feux seulement restent éclairés formant un triangle isocèle : l’aviateur se dirigerait en passant à égale distance des deux feux les plus rapprochés formant la base du triangle et dans la direction du feu le plus éloigné formant le sommet.
- On peut aussi placer l’un derrière l’autre, sur un chariot mobile, deux grands cercles lumineux, de-sorte que l’aviateur manoeuvrant pour voir le petit cercle exactement au centre du grand, se trouve dans la bonne direction, déterminée ainsi d’une manière précise. L’un des cercles peut être coloré ou remplacé par un carré ou un losange.
- Conjugaison des différents appareils de balisage nocturne. — La T. S. F., c’est-cà-dire des phares hertziens capables d’émettre automatiquement sur chaque aérodrome des signaux caractéristiques, est le meilleur moyen de signalisation à grande distance Ou peut d’ailleurs combiner deux radiophares de façon à déterminer un alignement hertzién analogue à un alignement lumineux.
- Les phares oscillants à grande puissance compléteraient utilement les indications des phares hertziens. Ces phares seraient eux-mêmes complétés par des feux secondaires placés à proximité des aérodromes dont le terrain serait également éclairé.
- On ne peut songer, pour des raisons d’économie,
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- rrr—--------—...........LES CHUTES
- à généraliser l’emploi des câbles directeurs de M. Loth, mais il serait utile de disposer, à de grands intervalles, sur les parcours habituels, des longueurs suffisantes de câbles susceptibles d’orienter les navigateurs et de leur fournir de précieuses indications sur leur dérive.
- Les câbles directeurs auraient aussi une autre utilité par temps de brume. On entourerait l’aérodrome d’un cercle directeur, à une distance telle qu’il suffirait à l’aviateur guidé jusque-là par quelques câbles rayonnants, par la T. S. F. ou même par un phare puissant, de couper à ce moment rallumage de son moteur et de manœuvrer pour atterrir : il apercevrait bientôt le terrain éclairé et serait sauvé.
- Car le grand ennemi de l’aviation, la brume, est le plus difficile à vaincre.
- Les dispositifs que nous venons d’étudier suffiraient à la rigueur, mais il vaut mieux, en cette matière, disposer d’une surabondance de moyens.
- On pourrait donc utilement se servir des projec-
- LES CHUTES
- Les chutes du Niagara sont considérées, à juste titre, comme F une des merveilles du monde. Chaque année, plus de 1 500 000 personnes viennent
- U NIAGARA -----------—--------- == 301
- teurs de recherche et de défense contre aéronefs.
- Un avion perdu par la brume a réussi à se rapprocher de l’aérodrome dont il n’aperçoit rien. A terre, un télésilemètre s’est orienté sur le son provenant des moteurs de l’aéronef ; cet appareil permet de diriger un de ces gros projecteurs du système À. Bochet (fig. 7 et 8) qui va prendre l’avion dans son faisceau et ne plus le quitter. Même si l’observateur placé sur l’aérodrome ne voit pas l’avion, l’aviateur peut percevoir le rayon sauveur.
- On voit que, en attendant mieux, certains dispositifs de secours dont le matériel se trouve disponible, pourraient rendre de grands services.
- Il ne faut pas croire d’ailleurs que nous avons épuisé le sujet ; nous n’avons parlé ni des ballons lumineux, ni de l’association de signaux sonores à des signaux lumineux ou hertziens afin de donner des indications de distance comme celles que l’on peut tirer de l’intervalle entre un éclair et un coup de tonnerre. Edmond Marcotte.
- DU NIAGARA
- entier : aussi chaque fois qu’il a été question d’utiliser pratiquement leur énorme réservoir d’énergie, dans tous les pays s’est élevé un concert de protes-
- Fig. i. — Les chutes du Niagara, vues en avion.
- en contempler les -magnificences rendues aisément accessibles par la proximité de grands centres urbains et par de nombreux aménagements. Tout ce qui touche aux célèbres cataractes intéresse l’univers
- tâtions et de lamentations. Les états riverains, Etats-Unis et Canada, ont passé outre, et ont bien fait, on peut le proclamer aujourd’hui. Les chutes du Niagara fournissent actuellement aux contrées
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- A Chute américaine B Chute canadienne \ Cascades
- Goat fs /and
- ( Ile de ta Chèvre)
- l'ig. 2. — Carie des chutes du Niagara montrant le recul progressif de la chute canadienne.
- environnantes une unissante île plus île 1 million de chevaux, et leur beauté n’en a point souffert, bien au contraire, les travauxeolïectuéi;, pour en capter la force motrice, ont prolongé leur existence, menacée par les forces mêmes de là nature et non par l'homme.I . > ;
- Le Sniilhsùnian Institution de Washington vient de publier une petite brochure rédigée par M. S. S. Wyer, ,sous une forme simple et schématique,- pour instruire le public américain des éléments essentiels de la question du Niagara. Car il y a une question du Niagara qui ne laisse pas'd’être quelque peu complexe. Cette brochure contient à cet égard des renseignements fort intéressants, même pour le public français.
- Rappelons d’abord la situation et le rôle géographique,' 'uniques au monde, du Niagara. Celui-ci n’est au fond, qu'un court tronçon du fleuve Saint-LaUrent, tronçoiFlong de 1(3 km environ et servant d’émissaire à l’immense bassin l acustre qui comprend les cinq lacs Nippigon, Supérieur, Michigan, Uiifbn et Erié ; la rivière Niagara fait communiquer le lac Erié avec le lac Ontario qui se déverse lui-même dans l’Atlantique par le Saint-Laurent.
- L’altitude moyenne du lac Erié est de 174 m. 54; celle du lac Ontario de 74 m. DS; la dénivellation totale le long de la rivière est donc de 100 m. environ; l’ensemble de la rivière forme un rapide, coupé à 5 km du lac Erié par les cataractes pru-
- DU NIAGARA ' ....................;...
- promeut dites. 11 y a, en ellèt, 2 cataractes, juxtaposées et séparées l’une de l’autre par une île : Goat Islanil (Ile de la Chèvre). La frontière qui sépare les Etats-Unis du Canada suit une ligne située dans le bras principal de la rivière ; elle laisse l’une des chutes, la moins importante, aux Etats-Unis ; la chute américaine, qui reçoit 6 pour 100 du débit total de la rivière, a une hauteur de 50 m. 90; la chute canadienne, qui débile 96 pour 100 du volume total, a une hauteur de 49 m. 58. La largeur de la chute américaine est de 504 m., celle de la chute canadienne est de 912 m.
- Le débit moyen de la rivière, d’après les moyennes établies dans les 64 dernières années, est de 5085 nr par seconde ou plutôt serait de 5085 nr, si certains prélèvements, non restitués, n’étaient effectués d’une part, par la ville de Chicago sur le lac Michigan, qui détourne 226 nr’par seconde, d’autre part, parle canal Welland qui, pour créer une voie navigable entre l’Erié et l’Ontario, contourne les chutes et détourne 122 m3 par seconde.
- 11 est facile de calculer l’énorme puissance qui se dépense dans cette gigantesque cataracte ; si elle était totalement utilisée, on pourrait en tirer plus de 6 millions de chevaux, puissance équivalente à la richesse totale de la France en houille blanche.
- Mais un traité intervenu entre le Canada et les Etats-Unis, le 5 mai 1910, a limité les emprunts d’eau permis pour la création d’usines hydrauliques ; la dérivation maxima permise est de 1585 m3 par seconde, dont 1019 pour le Canada et 566. pour les Etats-Unis; ce qui représente au total une puissance d’environ 1 million de ch. Les maxima prévus par le traité sont aujourd’hui atteints, mais nul prélèvement nouveau n’est possible pour l’instant; ainsi il n’y a actuellement aucune crainte nouvelle, à concevoir au sujet des dangers qu’un excès d’industrialisation pourrait faire courirà la calaraete et à son aspect pittoresque.
- Mais il semble bien que.la. brochure de M. S. S. Wyer ait pour objet de préparer l’opinion publique ; américaine une modification de la politique suivie depuis 1910. L’auteur consacre en eiï'et tout un chapi-
- Echelie en Km.
- Fig. 3. — Le bassin d'alimentation du Niagara.
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- ......: UN NOUVEAU TYPE DE
- tre à calculer le débit minimum nécessaire pour conserver aux deux cataractes leur beauté, qui elle aussi constitue une richesse pour le Canada eL les États-Unis. Il trouve ainsi le chill're de 1416 m3 par seconde, débit nécessaire également pour assurer le balayage des glaces à la fin de la saison d’hiver. En tenant compte des prises nécessaires pour Chicago, pour les canaux de navigation, et de celles déjà effectuées pour les usines hydrauliques eu service, M. Wyer. conclut qu’il reste un débit disponible de 2486 m3 par seconde, qui pourrait sans inconvénient être dérivé et appliqué à la production d’énergie électrique.
- Ce serait une puissance globale de 2 500 000 ch qui serait ainsi récupérée. Ou conçoit .qu’une telle richesse, laissée en sommeil, provoque des regrets, d’autant plus que le site offre des facilités exceptionnelles pour les travaux.-
- La puissance hydraulique aménagée dans un espace très réduit autour du Niagara est déjà presque égale à la puissance totale des usines de houille blanche réparties sur tout le territoire français. On imagine aisément le surcroît de prospérité que donnerait aux régions voisines l’aménagement supplémentaire pour lequel plaide M. Wver.
- NAVIRE DE GUERRE .........................— 303
- Parmi ses arguments, il en est un qui présente une grande valeur. La dérivation des eaux, loin de faire courir un danger aux cataractes, les protège. En effet, le travail de l’érosion, surtout sur la chute canadienne, est terriblement rapide. La crête du. déversoir de la chute américaine ne recule guère que de 5 cm par an; mais, pour la chute canadienne, le recul est de près de 1 m. 50 par an ; eu effet les eaux s’y précipitent dans une sorte d’étrangie-ment en forme de V, générateur;de remous.fournir dables et destructeurs. La forme célèbre, en fer à cheval, de la chute s’accentue d’année en année ; le rapide se taille dans la. paroi de la cataracte une nouvelle gorge;. .... . , .
- En diminuant le débit du fleuve, on diminuerait en même temps son énergie destructive. Mais M. Wyer ne pense pas que ce soit un remède suffisant pour assurer la pérennité du merveilleux paysage.
- Il préconise la construction d’iles artificielles ou d’une digue submergée, en amont de la chute, afin d'uniformiser le débit du fleuve le long de la crête du déversoir.
- R. XlLLERS.
- UN NOUVEAU TYPE DE NAVIRE DE GUERRE
- . - 1 ' ’Â;:
- Le croiseur sous-marin anglais X-l.
- L’emploi du sous-marin dans.les guerres navales de l’avenir, s’il doit s’en produire, est une-question qui s’impose à l’attention.
- On'doit' admettre, en effet, que ce-type de navire,' né d’hier, y figurera dans un rôle tout à fait autre que celui auquel il a été appelé de 1914 à 1918. Prétendre l’y borner serait le vouer à disparaître comme inutile, tant sont devenus puissants et effectifs les moyens dont on dispose actuellement pour prévenir et déjouer son attaque ou rendre son arme, la torpille, inefficace ou à peu près.
- Ces moyens sont d’une part les détecteurs et appareils d’écoute, très perfectionnés dont tous les bâtiments peuvent être aujourd’hui munis.
- Grâce à eux, on entend venir l’ennemi à grande distance et on connaît sa position avec exactitude. Le navire ainsi prévenu a donc le temps de modifier sa route et sa vitesse de façon à le semer rapidement. . -
- S’il y a eu surprise et que le navire de combat n’ait pas le temps de se dérober à la torpille, celle-ci trouvera sur les flancs du cuirassé des obstacles, bulges, caissons de protection, compartimentage spécial, qui réduiront à peu de chose les dégâts de l’explosion, si même ils ne les annihilent pas complètement./ :
- Il est donc apparu que pour tirer parti du sous-marin et des qualités si précieuses qui lui -sont propres, il ty avait nécessité d’étendre ses moyens d’action, et de tendre à l’égaler, en le rendant plus
- redoutable, à un certain nombre d'unités de surface, torpilleurs, petits çroiseurs, croiseurs auxiliaires, mouilleurs et dragueurs de mines, etc.
- 1 On a-dotie eherehé-à4e-perfectio«her, d'abord en le rendant autonome. Qwiy arrive par un accroissement des dimensions' qui "permettent de placer à son bord , un équipage assez nombreux dans des conditions de confortable suffisant, puis des machines plus puissantes, et surtout un approvisionnement important de combustible. Ainsi agencé le sous-marin peut traverser les Océans, ou tenir de longues croisières sans l’assistance de personne.
- On a résolu ensuite de le douer d’une grande vitesse pour la navigation en surface. On lui permet ainsi de poursuivre et rattraper l’ennemi qu’il se juge apte à combattre. On l’arme d’une artillerie relativement puissante, bien protégée, on défend ses flancs et son [pont par une cuirasse légère, mais cependant capable de résister aux obus de l’artillerie de moyen calibre qu’il peut avoir à affronter.
- En somme, le sous-marin que l’on prépare devient un véritable petit croiseur qui, en plus des qualités et moyens propres à ce genre de navire, gardera l’avantage énorme de pouvoir disparaître sous les eaux lorsqu’il le jugera à propos.
- Le type de sous-marin que je viens de décrire se trouve très exactement reproduit dans le X-l, bâtiment dont les plans ont été préparés eL exécutés en grand secret:par l’Amirauté Anglaise et qui va prochainement entrer en service.
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- 304 -- UN NOUVEAU TYPE DE NAVIRE DE GUERRE
- Ce qu’on connaît maintenant de ce navire suffit à le classer comme le prototype d’un genre nouveau, qu’on peut appeler le croiseur sous-marin et devant lequel s’ouvre un avenir sans doute important. Voici, quelles sont les principales caractéristiques du X-l.
- Longueur : 106 mètres avec 9 mètres de largeur et 5 mètres de tirant d’eau. Le pont central qui est surélevé, la partie des flancs qui restent apparents lorsque le navire est en demi-plongée, et la tour de commandement, sont recouverts d’un blindage léger. Deux tourelles placées à l’avant et à l’arrière de la tour centrale, renferment chacune deux canons de 157 mm. à tir rapide. Il doit y avoir encore
- une idée de la façon dont le X-l se présentera au combat en surface.
- La partie centrale du navire qui porte les tourelles et la tour de commandement ou blockhaus est légèrement surélevée. Dans la position de demi-plongée, tout le reste du navire disparaîtra sous l’eau et sera par conséquent relativement à l’abri des projectiles. La partie centrale offrira une cible fort petite et d’ailleurs protégée contre les coups dangereux, et les 4 canons de 157 mm, ayant un commandement important, pourront faire de bonne besogne, sans compter celle qui reviendra aux torpilles que pourront lancer les tubes sous-marins.
- Fig. 2. — Le croiseur sous-marin X-i, photographié après son arrivée a Portsmoulh.
- Photo Cribb à Portsmoulh.
- quelques pièces contre avions, mais il n’en est pas fait mention dans les descriptions officielles. Nous ne connaissons pas non plus le nombre des tubes lance-torpilles et des torpilles, mais ce dernier est sans doute considérable.
- D’après les dernières nouvelles, la vitesse atteinte par le X-l dans ses essais en surface aurait été de 51 nœuds !
- Inutile de faire remarquer l’importance de cet élément de puissance qui ferait du X-l, à ce point de vue, l’égal des navires les plus rapides, mais je dois ajouter qu’il règne encore un certain scepticisme sur la vitesse réellement obtenue. En plongée, le X-l pourra donner 10 nœuds. L’équipage comptera 100 hommes, officiers compris. Destinés à faire de longs séjours à la mer, ils disposeront d’installations aussi confortables que possible, et de logements spacieux et aérés.
- Le X-l, très rapide, puissamment armé, gardant la faculté de disparaître sous l’eau sera donc un adversaire redoutable.
- 11 reste cependant à savoir, si, de par son fort tonnage et ses grandes dimensions, il pourra conserver la souplesse d’évolution et la rapidité de plongée qui ont été jusqu’à présent les qualités propres au sous-marin et qui lui sont indispensables.
- Les essais du X-l ont été laborieux. Il ne faut pas trop s’en étonner puisqu’il s’agit là d’uii type tout à fait nouveau et que les problèmes a résoudre en sa personne sont nombreux et compliqués.
- Lorsque tout sera-mis au point, le croiseur sous-marin entreprendra une longue croisière d’endurance qui sera comme la consécration de ses essais. Il ira ainsi jusqu’à Singapour, et il est probable qu’il y restera pour appuyer l’importante flotte que l’Angleterre rapproche peu à peu du Pacilique, par précaution. G1 Sauvaire Jourdan.
- I/cxamen de la figure ci-dessus, et, les données que nous venons d’indiquer permettent de se faire
- Le Héraut : l1. Masso.n. — Imprimerie Lviiuhe, 9. rue te Fleurus, Pans.
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- LA NATURE.
- N® 2667.
- 16 MAI 1925
- NOUVEAU GÉNÉRATEUR A COURANT CONTINU DE 600 000 VOLTS
- Les physiciens s'efforcent de percer le mystère de la constitution des atomes. Comme les anciens alchimistes, ils travaillent activement à découvrir les lois de la transmutation de la matière, mais au lieu d’employer les moyens empiriques ou les recettes cabalistiques pour explorer les régions atomiques encore inconnues, ils s’adressent à des procédés scientifiques. Us poursuivent, de proche en proche, l'investissement de la « citadelle « escarpée, qui constitue l'atome. Ils cherchent à pénétrer au cœur de cette « forteresse » inviolée, à réduire le noyau central, en le « ‘bombardant, » avec des « projectiles » cathodiques rapides ou électrons. Ces infatigables pionniers espèrent arriver, de la sorte, à désintégrer artificiellement les atomes. En tout cas, s’ils ne parviennent pas à résoudre le problème, ils feront au cours du « siège » méthodique qu’ils entreprennent, des découvertes sans doute insoupçonnées.
- Jusqu’ici cependant la portée de leurs « canons » électriques se trouve limitée, et l’on n’est pas encore parvenu à réaliser les potentiels élevés qui seraient nécessaires pour faire brèche dans l’atome.
- Sans doute, on est arrivé, en courant alternatif, à des tensions déjà respectables : il existe aux Etats-Unis une installation à 2 millions de volts. Mais pour ces expériences de bombardement dans des tubes à vide, il faut du courant continu ; les vieilles machines statiques encore en honneur dans les laboratoires où elles rendent de signalés services ne permettent guère de dépasser les voltages de l’ordre de 100000 volts, et ne fournissent qu’un courant infime.
- La machine à haute tension et puissance, élevée peut fournir l'énergie électrique necessaire, mais il faut redresser le courant : là réside actuellement la difficulté.
- L es seuls redresseurs auxquels on peut faire appel dans ce cas sont les appareils connus sous le nom de kénotrons, d’un usage fréquent aujourd’hui dans les installations productrices de rayons X péné-
- trants. Ils reposent sur le phénomène suivant découvert par Edison et familier à tous les amateurs de T. S. F. Comme l’a montré, en effet, le grand •électricien américain si l’on met dans une ampoule vide d'air, un filament porté à l’incandescence par un courant électrique et une électrode métallique isolée, le fluide peut circuler entre cette électrode et ledit filament quand ce dernier est à un potentiel négatif par rapport à celle-là. Le transport d’électricité s’opère par l’intermédiaire d’électrons, émis par le .filament incandescent. Mais si le filament devient posi-l’autre électrode négative, l’ampoule ne laisse plus passer aucun courant. On voit ainsi qu’elle ne laisse pas seulement filtrer une alternance d’un courant alternatif, elle fait l’office de soupape.
- Cette propriété a été appliquée d’abord par Fleming à de petits redresseurs de faible puissance, sous tensions peu élevées. Puis, les progrès de la technique aidant, on passa à des tensions de plus en plus élevées et l’on est enfin parvenu au moderne kénotron, réalisé par Langmuir et ses collaborateurs de la General Electric C°, et perfeci-tionné en France par la Société Gaifl'e-Gallot-Pilon. Le kénotron actuel, employé dans l’appareil qui fait l’objet du présent article, laisse passer, dans un sens, un courant de l’ordre de 100 milliampères avec une chute de tension inférieure à 1000 volts. Quand le courant change de sens, le kénotron s’oppose au passage de tout courant pour des tensions pouvant atteindre 150000 volts.
- Si l’on intercale un kénotron dans le circuit' d’un courant alternatif à haute tension, on ne laisse donc passer qu’une alternance, toujours de même sens Celle-ci peut alors être employée à charger un condensateur.
- Le kénotron s'oppose à la décharge eu sens inverse du condensateur ; il joue le rôle d’un clapet se refermant hermétiquement dans l’intervalle de deux charges consécutives. On peut ainsi charger à refus le condensateur et le potentiel de celui-ci s’élève en proportion, en vertu de la pro-
- 2Q. — 505
- big. i — M. Jean Perrin dans son laboratoire.
- 53“ Année- — 1“ Semestre-
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- NOUVEAU GÉNÉRATEUR A COURANT CONTINU DE 600000 VOLTS
- big. 2. — Le générateur à 600000 volts construit pour le laboratoire de AI. Jean Perrin par les Etablissements Gaiffe-Galloi-Pilon.
- priété fondamentale bien connue des condensateurs électriques.
- Bien entendu, le kénotron doit pouvoir résister aux potentiels en opposition du condensateur et de l’alternance non utilisée du courant d’alimentation, c’est-à-dire au double de la tension d’alimentation.
- Le condensateur ainsi chargé pourra débiter de l’électricité, sous une tension élevée, toujours de même sens, et sensiblement constante si la capacité du condensateur est grande. Cette émission de courant continu a lieu dans les intervalles où le kénotron ne charge pas le condensateur. Un tel kénotron permet de charger un condensateur à 75 000 volts et d’en obtenir un débit continu de 50 milliampères avec une variation de voltage ne dépassant pas 5 pour 100.
- Sur le même transformateur,’on peut monter ên sens inverse un autre kénotron associé à un autre condensateur et utiliser alors la deuxième alternance et en montant en série les deux condensateurs, de façon que leurs potentiels s’ajoutent, on obtiendra dans les ampoules des potentiels de 150 000 à 150 000 volts avantageusement utilisés aujourd’hui en radiothérapie profonde. Deux groupes identiques associés en série permettent d’obtenir 500 000 volts.
- S’autorisant de ces constatations expérimentales et en apportant de très heureux perfectionnements à leurs modèles, de transformateurs basés sur les principes précédents, les Etablissements Gaillè-Gallot et Pilon viennent d’augmenter la portée dé ces « canons » bombardeurs d’atomes. Le professeur d’Arsonval a présenté, à une des dernières séances de l’Académie des Sciences de Paris, leur nouveau générateur à courant continu, qui doit produire une tension de 600 000 volts, (lig, 2). Grâce à un td potentiel, le professeur Perrin, au
- laboratoire duquel est destinée cette « artillerie lourde », compte envoyer des « projectiles » cathodiques suffisamment efficaces pour démolir les premiers « ouvrages » du « camp retranché » où s’abritent les atomes.
- L’augmentation de tension s’obtient facilement par l’adjonction aux extrémités du générateur à 500000 volts précédemment établi par la même firme, de 5 groupes 150000 volts, isolés du sol à l’aide de plates-formes montées sur des isolateurs et des transformateurs d’isolement.
- Le schéma (fig. 5) indique le montage adopté O11 voit, en Cx G2,... C^, les condensateurs; eu Kt, K2,... K8 les kénotrons assurant la sélection des-alternances du courant alternatif; en S,, S2, S5 et S4 les circuits secondaires des transformateurs
- Et g. 3.. ; .
- Schéma du moulage du géuéralciir.
- • .C,Câ...’C«, condensateurs ; E, sphères de o*'5o de diamètre K, K2... Ks,’kénotrons ; P, P. Pr, l\, primaires des transformateurs 'liante tension ; Ps P„, primaires des transformateurs -intermédiaires; S, S2 Ss S*., secondaires des transformateurs haüte tension ; S:i S„, secondaires des transformateurs intermédiaires ; I, self de réglage.
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- LES FLEURS DE L’AIR
- haute.'tension, tandis que se trouvent en 1*1, P2, 1*3, P4> les primaires de ces derniers dont ou connecte les extrémités ï^et P4 aux secondaires S5etScde transformateurs intermediaires supportant une tension de 150 000 volts, et destinés à faciliter l’isolation de l’appareil par rapport au sol.
- Les enroulements primaires Pt, P4 sont au poleu-liel de 150 000 volts par rapport à la terre et les enroulements primaires P2[ P3, P5, PG sont connectés à la source de cduraht' alternatif. En outre, on intercale dans le dispcisitif une self I qui permet de régler le potentiel atix bornes dés circuits primaires et par suite le potentiel aux bornes des enroulements secondaires haute tension ainsi que le potentiel de charge des condensateurs.
- Les kénotrons sont de grosses ampoules de verre, rigoureusement vidées. Elles portent deux bras diamétralement opposés qui servent à. livrer passage aux supports des électrodes et aux conducteurs qui les alimentent. Ces électrodes sont placées au centre de l'ampoule; la cathode est un filament de tungstène porté à l'incandescence par un courant ([lie fournit un petit transformateur auxiliaire débitant 7 à 8 ampères sous quelques volts. L’anode est un cylindre de molybdène entourant la cathode.
- Dans les différents circuits, on a prévu des résistances destinées à amortir les émissions de haute fréquence susceptibles de se produire à la suite de décharges brusques des condensateurs, provoquées par une étincelle entre 2 points du circuit. Afin d’éviter les effluves accidentels, les conducteurs à haute tension se composent, comme, on le voit sur notre figure 2, de gros tubes terminés par des sphères d’au moins J0 cm de diamètre.
- Jusqu’à présent, du reste, les constructeurs du nouvel appareil ne l’ont pas fait marcher à 1)00000 volts, ils utilisent seulement les potentiels explosifs entre les deux grosses sphères de 50 cm de diamètre représentées en E sur Je schéma (fig. 5)
- 307
- et qu’on aperçoit au milieu de l’installation sur notre photographie (fig. 2). A ce voltage élevé, l’étincelle mesure I m. 20 entre pointes.
- (jrace au puissant matériel ainsi réalisé, M. le professeur Perrin se propose, d’entreprendre une série de recherches sur la constitution des-alomes. Le. remarquable outil dont sou laboratoire va être doté n’a pas encore la puissance nécessaire pour atteindre les profondeurs mystérieuses du noyau atomique. Mais n’esl-il pas permis d’anticiper un peu sur l’avenir, et de supposer créée l’arme électrique nécessaire, pour faire pénétrer une charge positive supplémentaire dans le noyau? A un corps simple, on en aura alors substitué un autre occupant un rang plus élevé dans l’échelle des nombres atomiques établie par Museler. Ainsi l’on peut entrevoir, dans un temps plus ou moins éloigné, la découverte de la véritable pierre philosophale. Le jour où l’on aura réussi à augmenter la « portée » du merveilleux engin jusqu’à 10 millions de volts et à récupérer l’énergie libérée au moment de la fixation d’une charge positive supplémentaire sur le noyau atomique, l’homme, maître de l’énergie atomique, pourra envisager en toute tranquillité l’épuisement des gisements de charbon et de pétrole. 11 pourra fabriquer à sa guise les corps simples qu’il est forcé aujourd’hui d’aller arracher à l’état de minerais dans les profondeurs terrestres. L’or, devenu un vil métal, cessera d’être le maître du monde.
- Quel que soit, d’ailleurs, le sort réservé à ces rêves scientifiques, le nouveau générateur à courant continu de 600000 volts aura pour résultat immédiat de fournir une source de rayons X très pénétrants, qui facilitera l’étude des corps au moyen des ces mystérieuses radiations, méthode destinée à compléter et même peut-être à supplanter l’analyse spectrale ordinaire..
- Jaccmts lloviaî.
- LES FLEURS DE L’AIR
- Les Hispano-Américains ont donné tique de flores del aire à de jolies broméliacées qui croissent dans les forêts boisées de l’Uruguay voisines du Brésil austral : les arbres en mut parfois recouverts, même après leur mort. Ce ne sont pas des plantes parasites et c’est improprement qu’on les a rangées dans la catégorie des végétaux épiphyles, attendu qu’elles s’accrochent parfois à des rochers slériles ou même vivent complètement séparées du sol. Leurs fleurs,
- (,n général, sont, très parfumées et montrent un riche coloris.
- La Tillandsia dianthoïde ( Tilktnd-
- le nom poé- | sia aianthoïdea ltossi) est une ides plus intéres-
- Pig. i. — Tillandsia dian-thoïde.s, broméliacée épiphyle de P Uruguay.
- sautes. Son nom est tiré de celui du botaniste suédois Tillands et de. la ressemblance de ses touffes avec le feuillage de l’œillet. Elle a été importée en Europe en 1810 et, à l’état naturel, habite'T'Uruguay et la République Argentine : cette broméliacée, de taille réduite, est bien connue des amateurs de plantes exotiques.
- En Amérique, elle forme des touffes entourant parfois étroitement les rameaux supérieurs des arbres et composées de rosettes, de feuilles soit acaùles, soit pourvues d’un can-dex [dus ou moins allongé et courbé.
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- LES FLEURS DE L’AIR
- Fig. 2.
- •Vue très amplifiée d’un lépidole de Tillandsie.
- Go, collerette plissèe de la caissette du lépidote Pa, cellules du parenchyme aqueux.
- Fig. 3. — Coupe verticale d’une feuille de Tillandsie dianthoïde.
- O, ouverture du stigmate aquifère; Co, collerette festonnée et plissèe ; C, cuticule ; Cu, couche épidermique sous-cuticulaire ; pa, parenchyme aqueux ; pv, parenchyme vert ; Cu', cuticule de la face inférieure. (Dessin très grossi, semi-schématique.)
- Les feuilles sont canaliculées, nombreuses, pourvues sur les deux faces de ce que les botanistes considèrent comme des écailles qu’ils désignent sous le nom de lépidoles (du grec lepis, écaille et oiôs, oreille). L’inflorescence est en épi simple, avec bractées d’un beau rouge foncé parfois rose, le calice est à sépales rouges membraneux, les pétales d’un très riche violet tirant sur le pourpre. Une excellente relation en a été donnée par Ed. André (in Rev. hort., 11)05).
- Les Tillandsies dianthoïdes ne se fixent pas seulement sur les arbres, mais elles s’accrochent aussi sur des falaises à pic une fois que leur embryon a germé et qu’une radicule s’y est développée, mais elles n’ont pas de racines proprement dites, ni de suçoirs, comme certaines plantes parasites. Un support de bois, non résineux, sans sphagnum, nipolv-podes, même mort, leur suffit. Elles se suspendent en longues draperies prolifères qui fleurissent et grainent dans cette singulière situation. Que la température ou simplement leur propre poids vienne à les détacher, elles s’écroulent au bas de la falaise, le vent les roule à travers la Savane en grosses boules errantes composées de centaines ou de milliers de rosettes qui ne cessent de parcourir toutes les phases de leur végétation dans des conditions qui sembleraient d’abord impossibles.
- Ce qu’il y a d’étrange, c’est que ces plantes peuvent se passer non seulement d’être fixées dans le sol, comme l’immense majorité des végétaux verts, mais encore de puiser, dans le sol ou dans le suc d’autres végétaux, quand elles sont parasites, les aliments nécessaires à leur existence. Pour elles, il faudrait créer une catégorie spéciale puisque celle des parasites ou même des épiphytes ne convient pas à ces plantes vertes aberrantes — on pourrait même dire anarchistes — parfois.errantes, nomades, vivant sans le secours de la terre. Peut-être, pourrait-on leur donner le nom de plantes anagroles
- (du grec â (privatif) et âgrùs, terre de culture).
- Puisque la vie de végétaux chlorophylliens peut se perpétuer, dans certaines circonstances, sans le secours des racines, on peut imaginer quelle prodigieuse révolution économique mondiale surviendrait si, par un artifice, on pouvait rendre anagrotes toutes les plantes aujourd’hui cultivées à l’aide de quantités d’engrais très onéreux, de machines compliquées et coûteuses et d’une main-d’œuvre qui devient de plus en plus rare et d’un prix de plus en plus élevé. Un peu d’eau, quelques poussières minérales, l’acide carbonique, l’azote et l’oxygène de l’air suffiraient à tout. C’est bien, en réalité, ce qui se produit en partie par la symbiose des microorganismes bactériens et des légumineuses, dans l’association de l’algue verte et du champignon achloro-phyllien dans les lichens, etc.
- Pour la Tillandsie dianthoïde, une grande quantité de lumière n’est pas même nécessaire. Grâce à l’amabilité de MM. Jahandier, les savants auteurs du livre Les Iles d'or, depuis quinze ans, j’en possède plusieurs touffes qui passent toute l’année en plein air, simplement suspendues par un fil de fer aux feuilles d’un palmier. Ce sont des végétaux robustes qui ont supporté, sans paraître en souffrir, de longues périodes de sécheresse et de fortes chaleurs aussi bien que des hivers relativement rigoureux où le thermomètre est descendu parfois jusqu’à — 5° pendant la nuit. Elles n’ont jamais montré traces de racines et se sont comportées aussi bien renversées que dressées. Chaque année elles ont donné des jolies fleurs pourprées en épi.
- On conçoit facilement que ces plantes chlorophylliennes paradoxales aient'depuis longtemps excité la curiosité des biologistes; les hypothèses pour expliquer leur singulière indépendance n’ont pas manqué. Après avoir constaté que les feuilles peuvent absorber des sels, en particulier ceux qui
- Sporodochium
- mur
- mm Amas de fw conidies
- * Conidiophores
- cPun poil
- Filaments
- conidiens
- 'i-.Un des gros rameaux du sporodochium
- Fig. 4. — Champignon du genre Volutella.
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- LES FLEURS DE L'AIR rr—t-- : —— = 309
- contiennent de l’azote, on a pensé que ce dernier élément indispensable à la vie de tout organisme, était fourni par l’atmosphère qui renferme des traces de composés nitreux et ammoniacaux formés pendant les orages sous l’action de l’électricité ou simplement émanés du sol. L’eau de pluie qui les dissout, l’acide carbonique, l’oxygène de l’air avec quelques poussières minérales soulevées par le vent auraient suffi pour le reste. On a objecté que la quantité de composés azotés contenus dans l’air, à l’état de sels, est trop minime pour suffire aux besoins des masses de broméliacées sans racines, ni suçoirs, dont on a constaté la présence dans certaines forêts tropicales et l’on a pensé que ces végétaux trouvaient une nourriture azotée, suffisante dans les détritus végétaux qu’ils retiennent dans les interstices de leurs feuilles. Récemment un auteur est allé plus loin, jusqu’à les assimiler aux plantes prétendues carnivores, à tort d’ailleurs (1).
- Les broméliacées épiphytes, a-t-il dit, retiennent constamment « une quantité d’eau formant des mares peuplées par une riche faune ». On y trouverait non seulement de nombreux cadavres d’insectes phytophages : coléoptères, acariens, larves de membracidés, etc., mais encore des larves d’insectes non phytophages,' qui y vivent normalement. Cela peut être vrai pour la Tillandsie utriculée des Antilles, par exemple, que l’on ne peut cultiver qu’en serres en Europe.
- Cette broméliacée est, en effet, très remarquable par les espèces de réservoirs que forment les feuilles; l’eau qui s’y amasse fournit au sein des forêts brûlantes une boisson excellente et toujours fraîche pour l’homme et les animaux.
- Rien de semblable n’existe chez Tillandsia dianthoïdea non plus que la sécrétion d’une abondante quantité de gomme servant soi-disant à engluer les insectes et a les digérer grâce à une amylase et à une trypsine qu’elle contiendrait. Les
- 1. "Voir la légende des plantes carnivores et le mode d’alimentation des Tillandsia. Ann. de la Soc. linnéenne de Lyon, LXIV, p. 1-40.
- Fig. 6. — Touffe de Tillandsie dianthoïde, privée de racines pendant i5 ans, puis plantée dans du terreau humide. Elle a donné naissance à un c&udex,,soriede rhizome recourbé horizontalement.
- Fig. 5. — Touffe de Tillandsie dianthoïde vivant depuis i5 ans sans racines, en plein air, simplement suspendue sous un palmier par 'un fil de fer.
- insectes capturés ou noyés dans les mares étant digérés, les acides amidés résultant de cette digestion, serviraient d’aliment azoté. Ce qu’il y a de surprenant c’est que des larves vivantes arrivent à vivre normalement dans ces sortes d’estomacs. Il est vraisemblable que cette prétendue digestion des insectes est, comme je l’ai montré, pour les plantes dites insectivores, l’œuvre des microorganismes ou. autres champignons vivant des matières en décomposition. En tout cas, je le répète, tout cela n’a rien de commun avec ce que l’on rencontre chez Tillandsia dianthoïdea, où il n’v a ni mares d’eau, ni-insectes englués ou noyés.
- Mes plantes sans racines, au bout de leur fil de fer depuis des années, semblaient un défi jeté à la science et m’apparaissaient comme un obsédant point d’interrogation. Je résolus de les interroger moi; meme.
- Les prétendues écailles ou lépidotes des botanistes, qui garnissent les deux faces des feuilles, présentent une structure très élégante et des plus curieuses. Vues au microscope, on dirait une coquette corbeille ou encore une de ces petites caissettes en papier plissé dans lesquelles les confiseurs mettent des fruits confits, en particulier des cerises. Elles semblent construites pour recevoir et retenir des particules solides et même une très petite quantité de liquide. Tour fond est garni de grosses cellules, dont l’assemblage et les rapports avec des éléments plus profonds permettent de comparer ces minuscules organes aux stomates aquifères de certaines plantes, des Népenthés, par exemple.
- Dans ces petites cupules, le microscope m’a révélé la présence non pas d’une faune, mais d’une flore abondante réprésentée par des microbes, des Schizomycètes en chaînettes ou torula, des levures isolées, parfois en voie de multiplication, des spores, des particules amorphes, probablement de nature minérale et même des cristaux. En outre, d’une manière très constante et cela à de longs intervalles de temps et en toute saison, j’ai trouvé des filaments cloisonnés, dont il a été possible de déterminer la nature grâce à la grande obligeance et à la compé-
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- tenee spéciale de MM. Dufrénoy et. Arnaud, les savants mycologues de la Station de pathologie végétale du Ministère de l'agriculture, auxquels j’exprime tous mes remerciements.
- Ces filaments, je les obtenais à volonté en raclant la surface des feuilles et rem mettant les lépidotes ainsi détachés entre deux lames de verre avec de l’eau et le tout placé dans une chambre humide. Mais je ne pus connaître-leur origine qu’en examinant de très petits et fort curieux champignons blancs qui s’étaicilt développés à'ia surface d’une feuille de Tillandsie qui était morte et que j’avais conservée dans uti flacon stérilisé contenant un peu d’eau. J’ai pu alors voir en place dans leurs rapports naturels non seulement les filaments cloisonnés qui m’avaient depuis longtemps fort intrigué, mais encore les spores et les autres parties qui furent reconnues, dans la préparation envoyée à la Station de parasitologie végétale, pour être des pièces d’un champignon appartenant au genre Volute lia, mais dont l’espèce n’a pas encore été déterminée.
- 11 est intéressant de faire remarquer que les Yolutelles, champignons hypomycètes de la famille des tuberculariées, ne sont pas considérés comme des végétaux parasites, qu’il ne s’agit pas par conséquent d’une maladie, mais bien d’une véritable symbiose. On sait que si les plantes vertes sont incapables de fixer directement l’azote- libre de l’atmosphère, il n’en est pas de même des champignons, végétaux achlorophylliens. On peut admettre alors que l’azote nécessaire à la vie de nos plantes anagrotes, c’est-à-dire dépourvues de racines, leur est fourni indirectement par les détritus résultant de la vie et de la mort des végétaux inférieurs, qui constituent la flore des lépidotes des Tillandsies dianthoïdes lesquels ne seraient pas, par conséquent, des carnisnrcs, mais bien des végétariens.
- En revanche, leurs commensaux ne peuvent vivre dans les caissettes que grâce à une exsudation légèrement, acide, qui m’a paru sucrée, fournie par les lépidotes’. On se trouverait donc en présence d’une véritable symbiose; Les spores des volutelles se développent magnifiquement sur pomme de terre, carottes, choux, navets, pois stérilisés et humectés. Il est malheureusement peu probable qu’ils consentiraient à fonder .avec nos végétaux domestiques des. coopératives et que leur mutualisme se bornera à secourir les plantes vertes sans racines, qui, de leur qpté, paraissent-se soucier fort peii de ce que le sol, avec ses engrais ruineux, pourrait offrir si elles pouvaient acquérir des racines. C’est ce que nous diront bientôt nos essais de symbiose expérimentale. . ,
- J’ajouterai que l’année dernière j’avais planté dans du terreau une touffe double de Tillandsie. Il, est bien poussé quelque chose dans la terre, mais ce n’est pas une racine véritable : c’est un caudex, c’est-à-dire une de çes fausses tiges se rapprochant du stype d’un palmier ou d’un rhizome. Mais cet organe n’est, ni. ascendant comme une tige, ni descendant comme une racine; il se recourbe pour adopter une position, intermédiaire, horizontale, sollicité sans doute par deux influences cosmiques d’égale force, mais de sens contraire, comme celle qui fait pousser les tiges vers le ciel et plonger les racines vers le centre du globe, en vertu du géotropisme.
- Cet organe hybride qui paraît inutile, se couche et devient indifférent, à ce qu’il semble, tout au moins, pour l’instant. Il y a là matière à réflexion d’un ordre plus général en ce qui concerne, par exemple, l’influence de la gravitation terrestre sur le comportement des* organismes vivants, dont l’étude a été, à mon avis, beaucoup trop négligée jusqu’à présent. 'Raphaël Dubois.
- Professeur honoraire iiTUniversilé de Lyon.
- LES SONDAGES EN MER
- L’aveugle se sert d’un bâton pour guider ses pas au milieu des ténèbres. Le navire, en mer, est trop souvent aveugle ; les nuages lui cachent le ciel, le brouillard lui bouche l’horizon, lui dissimule les obstacles dangereux et arrête les rayons sauveurs des phares. Il faut alors au pilote un bâton comme à l’aveugle : ce bâton lui est donné par la sonde, avec laquelle il tâte le fond de la mer; ses indications lui permettent de rechercher les chenaux à l’entrée des ports et de .s’écarter des hauts-fonds périlleux au voisinage des côtes. Mais la sonde ordinaire est d’un maniement lent et difficile; elle donne des renseignements précieux, mais trop espacés. Aussi, en ces dernières années, un grand mouvement s’est-il dessiné pour doter la navigation de moyens pratiques, rapides et sûrs, lui permettant de sentir, en quelque sorte, le fond de la mer. Ou
- PAR LES ULTRA-SONS
- a imaginé ainsi de nombreuses méthodes de sondage au son, parmi lesquelles il faut citer celles de Behm, en Allemagne; de Fessenden et de Rayes, aux Llats-Unis ; de Marti, en France.
- Au premier rang de ces procédés, inspirés par la physique, se classe aujourd'hui la méthode des ultra-sons. 7'..'.
- Née et développée ’en’"France, .conçue pendant la guerre par Un grand inventeur, M. Chilowski;1 admirablement1 mise au point par 'un éminent phy-i sicien M. Làngevin ‘(Voir ''La" Nature^ n° 2572, 21 juillet 1925), elle es) actuellement en voie de se conquérir un domaine pratique de la plus haute importance.
- Toute une série d’appareils nouveaux et in-, génieux ont été réalisés; ils mettent désormais à la disposition dés marins des outils rapides, précis
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- et commodes qui contribueront puissamment à la securité de la navigation.
- Avant d’en donner la description, rappelons en quoi consiste essentiellement la méthode. Les ultrasons ne sont pas autre chose que des ondes sonores, se propageant dans le milieu élastique qu’est l’eau. L’oreille humaine ne peut, percevoir les sons dont la fréquence dépasse 20 000 vibrations par seconde, encore de tels sons ne sont-ils perçus que dans des cas exceptionnels. Les ondes dont la fréquence est supérieure seront dites ultra-sonores. Il n’y a pas, du reste, de distinction tranchée entre les sons et les ultra-sons. Les uns et les autres se propagent de la même manière dans les milieux élastiques ; leur vitesse de propagation dans l'eau est voisine de 1480 m. par seconde. L’absorption de l’énergie vibratoire sonore dépend de la fréquence et augmente rapidement a vec elle. Les ondes ultra-sonores ont donc une pénétration moins grande que les ondes sonores de basse fréquence; a priori, il semble qu’il y ait là un inconvénient. Mais voici où réside l’avantage.
- Lorsque l’on fait émettre des sons par une plaque circulaire, la théorie de la diffraction montre que les rayons sonores issus de cette plaque forment un cône, dont l’angle au sommet est d’autant plus étroit que les dimensions de la plaque sont plus grandes par rapport à la longueur d’onde du son émis. La longueur d’onde est inversement
- proportionnelle à la fréquence (elle est égale à
- Y étant la vitesse du son, f la fréquence). Si donc on fait vibrer une plaque à une fréquence sonore assez élevée, on produira un faisceau sonore étroit, qui se propagera en divergeant fort peu; on peut, grossièrement, le comparer à un étroit pinceau lumineux; comme ce dernier il sera renvoyé, par un obstacle réfléchissant, dans une direction bien déterminée suivant laquelle se concentrera la majeure partie de l’énergie réfléchie. Une onde sonore de basse fréquence, au contraire, sc propage dans tous les sens autour du point d’émission ; elle rencontre l’obstacle en tous les points d’une large surface et en chacun d’eux se réfléchit encore dans tous les sens ; il est donc impossible avec elle d’obtenir une émission dirigée ; de plus,
- Fig. 2. — Un projecteur ultra-sonore relire de son enveloppe.
- On aperçoit les fragments de quartz serrés entre deux éprisses lames d’acier.
- Bobine
- Amplificateur
- tntenrupt f
- Oscillographe [
- Quartz
- Fig, i. — Schéma de principe des appareils de sondage à ultrasons.
- dès que l’obstacle réfléchissant s’éloigne quelque peu, l’énergie réfléchie dans une direction donnée et reçue sur une surface de grandeur donnée n’est plus qu’une fraction infime de l’énergie émise.
- On comprend ainsi l’immense avantage des ultrasons. Si par exemple l’on veut effectuer un sondage en mer, on utilisera un faisceau vertical ; on émettra un signal de courte durée et l’on mesurera le temps qui s’écoule entre le départ du signal et le retour de l’écho.
- Un appareil de sondage ultra-sonore comprend donc essentiellement un émetteur, un récepteur et un chronographe précis.
- Les fréquences ultra-sonores actuellement utilisées sont comprises entre 40000 et 100000 périodes par seconde.
- L’émetteur et le récepteur sont toujours constitués par le condensateur à quartz piézoélectrique, imaginé par M. Langevin. Entre deux lames d’acier d’épaisseurs calculées est collée soit une lame mince, soit une mosaïque de lames minces de quartz, dont les faces sont disposées perpendiculairement à un axe binaire du cristal. Ce sandwich de quartz et d’acier, grâce à des phénomènes de résonance, a la propriété surprenante d’amplifier énormément les propriétés émettrices du quartz; sous la même différence de potentiel, on fait sortir 625 fois plus d'énergie du système quartz-acier que d'un quartz seul (fig. 2, o et 4).
- Cette émission se réalise en soumettant le condensateur aux alternances de tension électrique d’un générateur d’ondes hertziennes, d’une fréquence convenable.
- Le quarlz se met alors à vibrer mécaniquement à la même fréquence; il émet des ultra-sons.
- Au retour, le même quartz sert de récepteur; les vibrations élastiques qui lui sont imprimées par l’écho sonore sont retraduites par lui en oscillations électriquea que l’on détecte et amplifie par les pro-
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- Fig. 3. — Vue extérieure d’un projecteur ultra-sonore à quartz, dans son enveloppe métallique.
- cédés habituels de la T. S. F., et que l’on enregistre au besoin. L’observation s’effectue au moyen d’un oscillographe qui subit une première déviation au départ du signal, signal très court durant au maximum 1/1000e de seconde; une seconde déviation se produit au retour de l’écho. L’intervalle de temps qui sépare les deux crochets de l’oscillographe est proportionnel à la profondeur (celle-ci sera égale à
- J t désignant l’intervalle de temps en
- Jî
- secondes).
- On verra sur la figure 1 le schéma d’un appareil de sondage, avec les’ éléments essentiels qui entrent dans la composition de tous les appareils actuels à ultra-sons.
- Les signaux d’émission, très brefs, sont engendrés en produisant une étincelle dans le circuit primaire d’une bobine de Ruhmkorlf, dont le primaire 1 est alimenté par la batterie d’accumulateurs 2, le secondaire est en 4; un interrupteur rotatif cà cames 3, produit à chaque tour une interruption et une étincelle, toutes les secondes par exemple;, dans le primaire; le secondaire .4 de la bobine alimente un circuit d’excitation par choc, formé d’un condensateur 6, d’une self 7 et d’un éclateur multiple 8; un train d’ondes électriques amorties est ainsi engendré dans le circuit générateur des ondes ultra-sonores qui comprend la self 8, avec un condensateur dp réglage 9, reliée aux bornes du quartz ; celui-ci émet alors un train d’ondes ultra-sonores amorties.
- L’émission du train d’ondes électriques, à chaque tour de. l'interrupteur; provoque par l’intermédiaire de F amplificateur 10, un. courant dans l'oscillographe 12; celui-ci est animé d’un mouvement synchrone de celui de l’interrupteur. Si l’oscillographe est un oscillographe à miroir, le courant de départ provoque une déviation du miroir et le déplacement
- d’une image, déplacement qui se produit à partir d’un point fixe sur une échelle graduée, cà cause du synchronisme établi entre le mouvement de l’interrupteur et celui de l’oscillographe. Dans les appareils enregistreurs, il provoquera de même la déviation d’une plume à partir d’une ligne fixe tracée sur une bande enregistreuse.
- L’écho produit sur le fond revient au condensateur à quartz et fait naître, de même, un courant dans l’amplificateur et provoque une nouvelle déviation de l’oscillographe.
- La distance entre cette déviation et celle du départ sur l’échelle ou sur la bande donne la profondeur.
- Dans un tel dispositif, le chronographe qui mesure le temps est en définitive l’oscillographe lui-même, à qui l’on communique, par un moyen convenable, un mouvement de rotation uniforme de vitesse connue. Dans l’appareil enregistreur Marti, l’oscillographe à stylet inscripteur est entraîné tout entier dans le mouvement de rotation. Dans le sondeur Langevin-Florisson, seul le rayon lumineux d’un oscillographe à miroir est animé d’un mouvement de vitesse connu.
- Enfin dans un troisième appareil, le sondeur à basculeur électronique Langevin-Touly, le temps est mesuré suivant un principe tout différent.
- Nous allons décrire sommairement ces 5 appareils.
- I. Appareil Marti à enregistrement graphique continu. — L’élément distinctif de l’appareil Marti est l’oscillographe électromagnétique à plume stylet (oscillographe Abraham, fig. 4). Il est connecté en permanence à l’amplificateur de réception ; d’autre part il est monté à l’extrémité d’un bras support O
- Fig. 4. — Tracé du graphique dans l’appareil * enregistreur Marti.
- E, feuille de papier enfumé; B, Bras-support tournant autour de l'arbre R et portant à une extrémité l’oscillographe O, à l’autre le contrepoids M.
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- Fig. 5. — L’enregistreur Marti : le moteur d’entraînement, l’oscillographe sur bras support rotatif; le bâti sur lequel se déroule le papier enregistreur.
- tournant autour d’un axe À, avec vitesse constante de un tour en 5 secondes. Le poids de l’oscillographe est équilibré par un contrepoids M. La plume s’appuie sur une bande de papier enfumé de 15 cm de large, se déplaçant horizontalement d’un mouvement lent et régulier. Dans ces conditions, pendant une partie de sa rotation, la plume stylet trace sur le papier une courbe qui est à peu près un arc de cercle transversal à la feuille; la bande de papier se déplace d’un millimètre par tour, la plume y trace donc des cercles régulièrement espacés de 1 millimètre.
- A chaque tour du bras support, au moment où la plume vient mordre sur le papier, la machine déclenche, par un contact électrique, l’émission ultra-sonore; le départ se manifeste par un crochet dont l’origine, si l’appareil est bien réglé, se trouve toujours sur une droite parallèle à la longueur de la feuille, qui indique en quelque sorte le zéro des profondeurs, ou plus exactement le niveau du quartz émetteur. L’oscillographe a un amortissement suffisant pour que sa plume revienne très rapidement à sa position normale, avant le retour de lecho et avant que la plume soit sortie de la bande de papier.
- Le retour de l’écho se manifeste par une nouvelle déviation de la plume, et un deuxième crochet apparaît sur l’arc de cercle tracé par celle-ci.
- La distance entre l’origine de ce crochet et la droite de départ est proportionnelle à la profondeur; si l’on connaît exactement la vitesse de rotation du bras support, on peut en déduire aisément l’intervalle de temps qui sépare les deux crochets, et par suite la profondeur exacte. On peut même graduer transversalement la feuille, en hauteur d’eau. Dans l’appareil Marti cette graduation est effectuée automatiquement par un organe spécial, au fur et à mesure que la feuille se déroule.
- Comme le montre la reproduction d’un graphique de sondage (fîg. 6) il est aisé de suivre les origines des crochets d’écho, elles se placent sur une ligne facile à suivre et qui n’est autre chose que le profil en long du fond sous-marin, suivant la route décrite par le bâtiment.
- La précision de l’appareil repose sur la constance de la vitesse de rotation du bras support, assurée au moyen d’un moteur à vitesse constante avec régulateur de vitesse, construits par la maison Boulitte.
- L’appareil que nous venons de décrire sommairement permet de.sonder entre 6 m. et 200 m., à raison d’un coup de sonde toutes les 5 secondes.
- On se rend compte aisément des services qu’un tel appareil peut rendre à la navigation et à l’hydrographie; le sondage, opération fondamentale de l’hydrographie, et auxiliaire indispensable de la navigation rapide, est toujours un travail assez complexe et lent quand on l'effectue avec les moyens
- Fig. 6.
- Un graphique de sondage relevé en mer par l’enregistreur Marti.
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- big. T- — Principe de Vanalyseur optique Langevin-Florisson
- I. Lampe à filament rectiligne. 2. Cylindre tournant percé d’une fente hélicoïdale. 3. miroir de l’oscillographe. 4, échelle transparente sur laquelle le point lumineux 5 indique la profondeur.
- usuels, même les plus perfectionnés, qui reposent tous sur l’immersion d’une ligne à plomb. Avec l’appareil Marti, on peut donner, sans difficultés, plus d'un millier de coups de sonde à l’heure, sans autre manœuvre que celle de surveiller, dans une paisible cabine, un appareil relativement simple, et les résultats s’inscrivent sur un document qui peut ensuite être étudié à loisir pour dresser des cartes précises. Récemment, un bateau hydrographe du Service hydrographique de la Marine a pu, ainsi, faire le parcours de Saint-Malo à Cherbourg par le passage accidenté de la Déroute, en sondant sans arrêt, malgré le mauvais temps, et rapporter de cette expédition un profil ininterrompu, qui a immédiatement révélé et comblé de nombreuses et dangereuses lacunes dans les cartes actuelles, pourtant établies avec une grande ( onscience et fréquemment re visées.
- II. Sondeur Langevin-Florisson. — La partie caractéristique de cet appareil est l’analyseur optique ; il constitue en quelque sorte le cerveau du sondeur ultra-sonore. C’est lui qui coordonne automatiquement les diverses opérations du sondeur et fournit l’indication de la profondeur sur une échelle graduée devant l’œil de l’observateur.
- Comme l’oscillographe tournant du système Marti, mais avec des moyens différents, il remplit les fonctions suivantes :
- 1° Décel optique des signaux et de leurs échos;
- 2° Mesure du temps d’écho, c’est-à-dire de la profondeur et affichage de celle-ci sur une échelle graduée ;
- o° Déclenchement des émissions ultra-sonores également espacées dans le temps (à raison d’une émission par seconde) ;
- 4° Centralisation et réalisation automatique des diverses commandes du sondeur.
- Voici comment fonctionne le système :
- Une plaque dépolie verticale (iig. 8) est graduée en profondeur d’eau à une échelle déterminée ; sur cette plaque se déplace verticalement, de haut en bas un point lumineux animé d’un mouvement rectiligne uniforme, de vitesse égale à la demi-vitesse du son dans l’eau à l’échelle de la graduation.
- Le dispositif chronographiquc qui produit le mouvement uniforme du point lumineux déclenche l’émission ultra-sonore lorsque ce point passe devant le zéro de la graduation; ce départ est indiqué à l’observateur par l’apparition d’une dent dans la trajectoire lumineuse (fig. 8).
- Lors de l’arrivée de l’écho, le point lumineux subit un second déplacement latéral, une nouvelle dent apparaît sur l’échelle et marque la profondeur. La plaque dépolie, donne ainsi une représentation schématisée, du sondage véritable, elle .figure une coupe verticale de la mer au-dessous du navire; on y voit le trait lumineux cheminant vers le fond (à la demi-vitesse du train d’ondes ultra-sonores), et son retour est marqué par une dent.
- L’analyseur répétant, une fois toutes les secondes, l’opération précédente indique pratiquement en permanence la profondeur de la mer sous le navire.
- Le mouvement à vitesse constante du point lumineux est obtenu à l’aide du dispositif représenté schématiquement sur la figure 8.
- Le filament rectiligne 1 d’une lampe électrique est disposé suivant l’axe d’un cylindre opaque 2, percé d’une fente hélicoïdale faisant un tour exactement sur le cylindre; un miroir sphérique o donne, sur une échelle translucide 4, un point lu-
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- big. 8. —L’échelle graduée de l’analyseur Langevin-Florisson.
- La première dent, tracée par le point lumineux au départ du signal, est toujours en face du zéro de la graduation ; en face de la seconde dent, tracée par le point lumineux à l’arrivée de l’écho, on lit la profondeur.
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- LES SONDAGES EN MER PAR LES ULTRA-SONS
- mineux 5, image du point lumineux du filament vu du sommet du miroir à travers la fente.
- Le cylindre 2 tourne autour de son axe d’un mouvement rigoureusement uniforme. Il est, à cet effet, entraîné par un petit moteur synchrone spécial (moteur phonique), qu’alimente un courant continu coupé à fréquence rigoureusement constante par un diapason particulier (tikker Gueritot). Le point lumineux 5 a donc un déplacement rectiligne de vitesse constante.
- L’axe du moteur phonique entraîne, en outre, le
- placé sur le navire à proximité de la passerelle, par exemple dans la chambre des cartes. Un seul observateur est nécessaire pour le manier; it suffit d’appuyer sur un bouton pour voir apparaître le point lumineux sur l’échelle et lire d’une façon continue la profondeur du fond sous le bâtiment (fig. 11). Pour arrêter le sondeur, il suffit de fermer la porte de l’analyseur.
- Le sondeur Langevin-Florisson est actuellement en service dans la marine de guerre française et permet”de sonder depuis 6 m. jusqu'à 560 mètres.
- l'tg.q. — Photographie de /’intérieur de l'analyseur optique Langevin-Florisson. i. Oscillographe à miroir; 2. Tikker Gueritot; 3. Moteur phonique et contacts; 4. Cylindre renfermant la lampe électrique; 5. Échelle de lecture et son viseur mobile, vus de profil.
- rupteur qui déclenche l’émission du signal ultra-sonore, à chaque passage du point lumineux au zéro de la graduation.
- Le miroir o est le miroir d’un oscillographe très sensible connecté en permanence à l’amplificateur de réception et dévié en conséquence par l’émission de départ et par leeho; son axe d’oscillation est parallèle à celui du cylindre 2. Les déviations du miroir produisent donc sur la trajectoire lumineuse du point 5 des dents transversales.
- La figure 9 est une photographie de l’analyseur optique avec tous les éléments qui viennent d’être décrits.
- L’analyseur, relié par une ligne à 8 conducteurs au meuble d’émission et au projecteur à quartz, est
- Il est à noter que l’appareil 11e donne pas seulement, la profondeur : à un observateur expérimenté la forme et les dimensions du crochet decho fournissent de précieuses indications sur la forme et même la nature des aspérités du fond.
- III. Appareil à basculeur électronique Langevin-Touly. — Dans cet appareil, comme nous l’avons indiqué, la mesure du temps qui sépare le signal d’émission et l’écho s’effectue par un procédé tout différent de celui employé dans les appareils précédents. M. Langevin a eu, ici, recours aune méthode de lecture directe, dont, le principe a déjà été utilisé par M. Cotton, dans ses instruments de repérage au son. Elle consiste à mesurer l’intervalle de temps par l’intermédiaire d’une quantité d’électricité, cm-
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- Fig. 10. — JJ analyseur optique de l’appareil Pig. n. — Montage d’un sonieitr-Langevin-Florisson
- Langevin-Florisson. à bord d’un navire.
- La porte ouverte laisse voir les appareils de manœuvre et A. Analyseur optique; B. Ligne de liaison électrique; l’échelle de lecture des profondeurs. C. Meuble émetteur électrique ; D, Projecteur ultra-sonore.
- pruntée à un courant d’intensité constante et que l’on fait passer dans un appareil de mesure, galvanomètre ou fluxmëtre. Si, dans celui-ci, en effet, on fait passer un courant d’intensité constante, amorcé au moment de l’émission du signal et coupé par l’écho, l'appareil de mesure donne une indication proportionnelle à l’intervalle de temps écoulé entre le départ et le retour du signal.
- Le rôle essentiel est joué par un organe basculeur à lampes électroniques, comprenant deux lampes à 5 électrodes couplées de façon croisée, comme l’indique schématiquement la figure 12,
- La grille de la lampe 1 est connectée à la sortie de l’amplificateur qui amplifie le signal d’écho; la grille de la lampe 2 est connectée au circuit d’émission. D’autre part, la grille de la lampe 1 est réunie à la plaque de la lampe 2, et inversement la grille de 2 est connectée à la plaque de 1 ; les deux lampes réagissent ainsi mutuellement l’une sur l’autre.
- Ce système, dans les conditions ordinaires de fonctionnement stable, n’a que deux régimes de stabilité ; le courant de la batterie d’accumulateurs 3 passe dans une seule lampe et pas du tout dans l’autre, ou vice versa, suivant la valeur du potentiel imposé à la grille; ceci posé, le' système est monté pour que, par exemple, le départ du signal ouvre la lampe 1 ; celle-ci débite alors un courant constant qui dévie l’aiguille d’un galvanomètre monté dans le circuit-plaque. Lorsque l’écho revient à l’appareil, il agit sur la grille de la lampe 1, ferme cette
- lampe; la lampe 2 s’ouvre et le courant bascule, en même temps que le galvanomètre est mis hors circuit. L’indication fournie par le galvanomètre donne une mesure exacte de la profondeur. On peut, sans difficulté, la traduire par le déplacement d’un point lumineux sur une échelle convenablement graduée, la profondeur s’y lira immédiatement.
- Les phénomènes qui jouent dans le basculeur sont très rapides, et par suite permettent d’utiliser des trains d’onde très courts ; on peut ainsi effectuer des sondages à très petites distances ; car étant donné la grande vitesse de déplacement de chaque train d’ondes sonores, il faut, aux petites profondeurs, des émissions très courtes pour que l’on puisse distinguer, dans le bref intervalle de temps qui les sépare, le signal d’émission de son écho,
- M. Langevin a pu, avec cet appareil, effectuer des mesures de distance de l’ordre du mètre.
- L’appareil à basculeur a les mêmes avantages de
- Basculeur
- Fig. 12. — Schéma du sondeur à basculeur.
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- rapidité et de précision que les deux précédents. Il est peut-être d’une construction plus délicate; mais il a le-mérite de comporter le minimum d’éléments ; en particulier il n’exige aucun moteur, aucune pièce en mouvement. Son encombrement et son poids sont extrêmement réduits. Il semble que ce soit l’appareil idéal pour les petits ou moyens batiments.
- Tous les appareils que nous venons de décrire ont été construits pour sonder depuis les petites profondeurs jusqu’à 200 ou 400 m. Nous avons vu qu’on réussissait sans peine à mesurer les petites profondeurs, et c’est là cependant un problème difficile en raison de la brièveté des intervalles de temps à mesurer. Mais le lecteur se demandera sans doute si l’on ne peut sonder aussi aux grandes profondeurs; des appareils de grands fonds sont actuellement à l’étude ; l’intérêt en est très grand pour les navires câbliers et pour les études océanographiques, mais le sondage aux profondeurs faibles et moyennes seul intéresse actuellement la navigation commerciale. Aussi s’est-on appliqué tout d’abord à donner satisfaction à ses besoins. Le sondage aux grandes profondeurs peut s’effectuer avec les mêmes dispositifs que ceux qui viennent d’être décrits, sous réserve de quelques modifications. Ainsi M. Marti effectue actuellement
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- en Méditerranée, avec un enregistreur identique à celui que nous avons décrit, des sondages à plus de 1000 m. Pour aller plus loin encore, il faudra seulement augmenter l’énergie émise par le quartz. Il est à noter qua’ux profondeurs moyennes l’énergie nécessaire est infime. Pour les fonds de 3000 à 4000 m., il faudra sans doute, faire rayonner au quartz une puissance de 1 à 2 kilowatts.
- Le sondage en mer est pour l’instant la plus importante des applications des ultra-sons. Il apporte au navigateur une aide dont le prix ira constamment en grandissant avec les progrès que ces mêmes ultra-sons feront faire aux cartes marines. Dès maintenant, le capitaine d’un navire peut, grâce à ces ondes si faciles à émettre, palper pour ainsi dire en permanence le fond de la mer sous son bâtiment.
- Mais, on peut encore prévoir bien d’autres applications, notamment la détection des obstacles latéraux sous l’eau, la cartographie rapide des fonds lacustres, le jaugeage des grands réservoirs, l’étude des marées en pleine mer; on peut envisager la création de phares ultra-sonores à l’entrée des ports ; peut-être, enfin, les ultra-sons fourniront-ils sous peu un moyen pour échanger des signaux et des communications entre sous-marins immergés.
- À. Troller.
- Une espèce qui se meurt :
- LE BISON
- L’Homme est le pire ennemi des animaux sauvages ; à mesure que la population humaine s’accroît, que les forêts disparaissent sous la cognée pour faire place aux cultures et aux prairies, les fauves ont des moyens d’existence de plus en plus restreints ; ils sont en outre harcelés sans trêve par l’Homme, qui dispose, pour leur faire la chasse, d’engins de plus en plus perfectionnés. Les espèces quittent donc les régions où elles avaient vécu jusqu’alors et se réfugient dans les endroits inhabités par l’Homme ; là, ce dernier les poursuivra et continuera à les traquer ; d’abord en voie d’extinction, ces formes disparaîtront tôt ou tard de la surface du globe.
- Nous avons actuellement de nombreux exemples d’espèces en voie d’extinction. Le Lion, qui d’après Aristote (Historiæ animalium, vm, §28), n’était pas rare dans le nord de la Grèce et qui, raconte Hérodote (Historiarum, vn, 124-127), mangeait les Chameaux de l’armée de Xerxès en Péonie (Bulgarie actuelle), a disparu depuis longtemps de ces régions ; il a quitté de même la Syrie et la Palestine, où la Bible mentionne sa présence à plusieurs reprises (Juges, Psalim. xiv, 5, 6, 8 ; Samuel(l), xvii, 34, 36, 37; Samuel (2), xxni, 2ü ; Rois (1), xiii, 24, 25, 28; Rois (2), xvii, 25; Chroniques (1), xi, 22 ; Psaumes xc, 15).
- D’EUROPE
- Le Loup a été exterminé dans les lies Britanniques, de même que l'Ours brun, qui y a disparu au xe siècle et le Sanglier dont le dernier exemplaire a été tué près de Stavely, dans le Westmoreland, entre 1650 et 1685. Ges animaux ne seront bientôt plus qu’un souvenir en France P), et il.en sera de même à bref délai pour le Castor, le Lynx, le Bouquetin, le Cerf ; Girafe, Rhinocéros, Hippopotames, Eléphants sont, eux aussi, en voie de disparition, ainsi que les Mammifères aquatiques (Cétacés, Siréniens). .
- De nombreuses espèces se sont éteintes totalement pendant les temps historiques ; tel est le cas des Moas, oiseaux gigantesques qui ont disparu de la Nouvelle-Zélande vers 1770; du Dronte, autre oiseau de grande taille qui s’est éteint aux îles de France et de la Réunion vers 1695 ; de l’Aurochs (Bos primigenius Boj.), dont le dernier représentant est mort dans la forêt de Jaktorow en 1627.
- Nous venons d’assister, ces années dernières, à l’extinction presque complète du représentant le plus renlarquable de la faune européenne : le Bison d’Europe (Bisou honasus L.). La Nature a entretenu ..plusieurs fois déjà ses lecteurs de ee.ma-
- 1. Les Ours étaient encore abondants dans les Vosges au xvie et au milieu du xvne siècle ; le dernier d’entre eux a été abattu prés de Munster en 1780. •
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- Fig. i. — Bison « bondissant », de la caverne . d’Al ta mira {Espagne), d’après Cartailhac et Breuil.
- gnifique Bovidé, que les Français désignent parfois à tort sous le nom d’Aurochs (J). Le Bison habitait autrefois une grande partie de l’Ancien Monde : on en a trouvé des ossements en Sibérie (bords de l’Irtych), sur les côtes de l’Océan glacial arctique, dans les tourbières de Bischvviller en Alsace, et même en Espagne. Aux temps préhistoriques, il peuplait le Midi de la France et l’Espagne : nos ancêtres Font représenté dans les grottes ^ qu’ils habitaient (ex. : les Bisons d’argile de la caverne du Tue d’Audoubert (Ariège), le Bison bondissant de la caverne d’Altamira). Les auteurs de l’Antiquité le signalent en Grèce (Aristote), en Europe centrale (Pline, Sénèque); des récits plus récents indiquent son existence aux temps historiques dans le Turkestan, au Caucase, en Russie, en Suède méridionale, en Angleterre, en Suisse (sa limite d’extension vers le Sud étant, dans cette région, le Val di Chiana[Rütimeycr]); Siegfried-le-Fort en tua un individu sur la rive droite du Rhin, dans les collines de l’Odemvald, voisines de la Forêt-Noire (et non dans les Vosges, comme le dit Brehm). La présence du Bison dans les Vosges n’a pas été signalée d’une façon certaine : les Bübalus, queFortunat, évêque de Poitiers, Grégoire de Tours, Jonas, historien du moine de Luxeuil, Saint-Colomban, mentionnent au vie siècle dans ces montagnes, sont très probablement des Aurochs (Bos primige-nins).
- L’aire de répartition du Bison, qui, -on le voit, a recouvert pendant longtemps la plus grande partie de l’Europe, s’est restreinte de plus en plus à mesure que l’Homme a défriché : l’espèce a disparu de Suède au xi° siècle, d’Angleterre an xii°, de
- 1. La Nature : 19045, II, p. 15 (V..Loiuhs) ;
- 1907, I, p. ‘278 (Y k h.mu loi-k). Voir en outre, pour ce qui concerne le Bison d’Amérique,
- La Nature, 1890, II. p. 591 (E. Gaktàiui.u.) ;
- 1905, I, p. 134 (H. du YxnuiSYj ; 1907, II, p. Iô2 (Y. Fonni.v) ; 1908, U, p. mr (11. Bi.or}.
- France au xive; elle a survécu en Poméranie jusqu’en 1564, en Prusse orientale jusqu’en 1755, en Transsylvanie jusqu'en 1790. A la lin du xviii® siècle, les Bisons ne forment plus dans l’Ancien Monde que deux troupeaux cantonnés l’un dans la forêt de Bialovviecza, en Lithuanie, l’autre dans le Caucase.
- La forêt de Bialovviecza a une superficie totale de 128 000 hectares, dont 120 000 sont occupés par les arbres, 8 000 par des marais, des terrains cultivés et des chemins ; à son intérieur sont dispersés une trentaine de villages et la petite ville de Bialo-wiecza; le 1/4, peut-être le 1/5 de la forêt n’a jamais été touché par la hache; là, le paysage a conservé l’aspect qu’il avait il y a des milliers d’années ; en certains endroits, les arbres abattus par les tempêtes, entrelacés avec une végétation plus jeune, forment des barrières infranchissables ; ailleurs, on ne trouve que d’épais fourrés d’épines. C’est cette forêt presque vierge qui servit de refuge pendant de longues années aux derniers exemplaires des Bisons en Europe. Les rois de Pologne, puis les tsars russes prirent ces animaux sous leur protection ; les rois punissaient de la peine de mort le braconnier qui tuait un Bison ; :ce châtiment, à vrai dire, n’était jamais appliqué/ mais les habitants vivaient sous une grande terreur ; les tsars, au début de leur domination, déportaient le tueur de Bison en Sibérie ; par la suite, cette peine fut remplacée par une amende de 5000 roubles, de nombreux gardes étaient chargés de la surveillance du troupeau et leur apportaient du fourrage pour l’hiver. Malgré ces mesures protectrices, l’importance du troupeau ne s’est pas accrue sensiblement au cours des 100 dernières années : réduit à 500 tètes après la guerre de Napoléon, en 1812, le troupeau en comptait 500 en 1820, 817 en 1840, 1578 en 1860, 579 en 1880, 405 en 1890, 700 en 1905 ()•
- I. Renseignements donnés par J. Sztoixma.nn. Ann. zool. Mus. pot. Ilisl. nat., II, 1924.
- Fig. 2. — Bison dessiné-snr la paroi de la caverne des Eyzies
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- C’est-que les causes de mortalité sont demeurées nombreuses : de temps en temps, les souverains organisaient de grandes chasses, où'20, 50, 40 Bisons étaient massacrés ; om bien ils faisaient traquer les animaux, et en capturaient quelques-uns pour les- faire vivre dans les jardins zoologiques ou les parcs à gibiers. Dans ces battues, le troupeau perdait non seulement les animaux-tiies ou pris, mais
- En outre des maladies épidémiques causées par des Distomes et, surtout, par la Bactérie Septicæmia hæmorrhagica bovum ont causé de nombreuses victimes (la septicémie a tué 40 Bisons en J 908 ; la distomatose en a emporté 65 entre 1873 et 1892). Enfin l’administration n’a rien fait pour améliorer l’espèce en supprimant les individus faibles, chétifs, tarés, ainsi que les taureaux trop vieux et les vaches stériles ; il y a toujours eu à Bialowiecza deux fois plus de çf que de $ ; les vieux taureaux chassaient les plus jeunes du troupeau et comme eux-mêmes ne pouvaient couvrir toutes les vaches, une grande partie de celles-ci n’étaient pas fécondées. A noter aussi que, les accouplements se faisant entre parents, la race dégénérait peu à peu (diminution de la fécondité, rachitisme, réduction des glandes mammaires) (Buchner) ; l’introduction de taureaux du troupeau du Cau-
- Fig. 3. — Bisons de Lithuanie, dans la forêt de Bialowiecza.
- aussi ceux qui, pourchassés, fourbus, mouraient de fatigue ou de congestion pulmonaire.
- Les souverains commirent encore la faute de diminuer sensiblement rétendue de la forêt en faisant à la périphérie des dons de terrains à des particuliers, et surtout celle d’introduire dans la forêt de nombreux colons qui travaillaient dans des ateliers, cultivaient la terre ou exploitaient les bois ; cette population fournit un important contingent de braconniers ; elle fut, de plus, la cause d’un remue-ménage continuel, nuisible au gibier, surtout au moment de la reproduction ; en outre les colons lâchaient leurs chevaux et de nombreuses bêtes à cornes dans les pâturages qui étaient- destinés à nourrir les Bisons ; on a calculé qu’un Bison adulte, (pii mange journellement en captivité,-] 6 kg de -foim et 16 à 24 litres d’avoine, n’avait à sa disposition dans la forêt, en été, que 6 le g 4 de foin par jour! (le manque de nourriture augmenta encore le jour où l’on commit la faute énorme d’élever dans la forêt un nombre considérable d’autres, animaux sauvages (Cerfs, Chevreuils, Daims, Elans, Sangliers) afin d’avoir des tableaux plus riches aux chasses impériales.
- Fig. 4. — Jeune bison de Lithuanie, au Jardin zoologique de Londres.
- case aurait sans doute permis d’éviter cette déchéance.
- La guerre de 1914-1918 allait hâter rapidement la disparition des Bisons de Bialowiecza. Le troupeau comptait 757 tètes..au début de 1914, et ce nombre se maintint jusqu’à la retraite de l’armée russe en l'il 5; les , troupes allemandes et des partisans russes détruisirent alors un grand nombre d’individus ; cependant les Allemands réussirent par la suite à paralyser complètement le'.braconnage ; ils ali attirent les vieux taureaux et 'les vaches' stériles pour rendre l’espèce plus féconde et, eii 1918, il
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- demeurait 200 Bisons. Mais après nos victoires d’octobre et novembre 1918, les troupes allemandes du front oriental se mirent en débandade ; la solda-
- tesque en retraite, les partisans russes, les indigènes chassèrent le gibier ; les Bisons surtout étaient convoités par les paysans affamés, de sorte qu’en
- mars 1919, il n’en restait plus que quelques têtes; le dernier d’entre eux a été tué le 12 avril 1919 par des braconniers (II. Kriothe, in Sztolcman).
- Sur le troupeau du Caucase, les renseign ements sont moins précis ; on croit qu’il comptait 2000 têtes environ vers 1870, 1000 en 1895 et 700 à peine au début de ce siècle ; les braconniers, moins bien surveillés qu'à Bialowiecza, y faisaient de véritables hécatombes (le plus célèbre d’entre eux, Labazàn, a avoué avoir tué 18 Bisons dans sa vie !) ; ces dernières années, les bolcheviks ont, paraît-il, massacré jusqu’au dernier Bison circas-sien, en se servant au besoin de la mitrailleuse.
- Il n’existe donc plus actuellement aucun Bison d’Europe en liberté ; les exemplaires qui vivent encore — il y en aurait plus de 70 — sont dispersés dans des parcs particuliers (troupeaux du duc. de Bedford à Woburn Abbey, du prince de Pless à Pszczyna en Haute-Silésie, du prince de Hohen-lohe dans les Monts Tatra) et dans divers jardins zoolo-giq’ues (Budapest, Berlin, etc.).
- Il se fonde une Ligue internationale pour la défense du Bison d’Europe; souhaitons qu’elle réussisse à reconstituer un important troupeau et qu’elle opère le sauvetage de l’espèce.
- P.-A. Bmiv.
- Fig. 5. — Bisons d’argile de la' caverne du Tue d’Audoubert (Ariège), photographie de M. Max Bégouen.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahcre, 9, rue de Fleuras, Paris.
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- LA NATURE. — N° 2668
- 23 MAI 1925
- ŒUFS ET NIDS D’OISEAUX
- Les manifestations de l’instinct, chez les animaux, ont toujours attiré l’attention des amis de Ja nature,. Parmi ces manifestations, il n'en est guère de plus curieuses que celles qui concernent la conservation de l’espèce et plus spécialement l’entretien de la progéniture. J’ajouterai qu’il n’en est point de plus intéressantes, de plus admirables même, que la nidification des oiseaux et tous les actes qui l’accompagnent.
- On n’ignore pas que l'instinct est autre chose que l’intelligence. Un acte instinctif est inné; un acte dû à l’esprit s’acquiert souvènt par l’éducation. Loin de moi la pensée que les animaux ne font pas preuve parfois d’intelligence; mais la même manifestation de l’esprit ne sera pas égale, au point de vue de la perfection, chez tous les individus d’une même espèce, tandis qu’un acte instinctif aura une valeur identique, sera absolument analogue, chez tous ces individus. C’est, du reste, ce qui paraît étonner le plus les observateurs. Lorsque de jtîunes animaux font un travail pour la première fois, ils le finissent aussi bien que leurs aînés, et pourtant sans avoir reçu la moindre leçon, ni copié quelque modèle. Il existe toutefois des circonstances qui obligent l’animal soit à simplifier, soit à modifier, soit encore à compléter certain travail, toujours accompli de même façon jusqu’alors. En pareil cas, il y a certainement une manifestation de l’esprit et cette manifestation, cet agissement, n’est pas du à l’hérédité. ,
- Les troglodytes (vulgairement et erronément appelés « roitelets ») nichent près du sol, et le berceau qu’ils établissent pour leur progéniture consiste en une grosse pelote de mousse et de feuilles, avec entrée sur le côté. Dails un jardin sc trouvait un noyer qui avait une tendance à dévier
- en croissant. Pour
- corriger cette déviation, le propriétaire fit entourer l’arbre de lil de fer que l’on fixa* à la muraille et qui maintint le noyer ; afin que celui-ci ne fut pas blessé par le cable, on l’enveloppa de forte toile. Savez-vous ce que le propriétaire remarqua au printemps suivant? Sous la toile protectrice, à deux mètres environ de bailleur, un couple de troglodytes avait établi ses pénates : le nid était fait simplement de mousse et l’intérieur capitonné d’une épaisse couche de poils* de laine et de qucl-
- Fig. 2. — Nid fait de brins par la rousserolle effarvate; il est attaché à 3 joncs.
- crues plumes. La partie supérieure et une bonne
- partie de la paroi latérale toile et le tronc, que les jugé bon de ne pas modifier; de cette façon, ils avaient épargné les trois quarts de leur travail. Un jour, j’ai trouvé un nid de troglodyte dans un tas de foin; if était fait uniquement de feuilles brunes. ’ Après recherches, je découvris un tas de feuilles semblables dans un fossé voisin. Cela me prouvait encore que les oiselets avaient cherché à épargner la besogne. Une autre fois j’en découvris un dans ' un tas de fagots à la lisière d’un bois ;' il était entiè-
- étaient formées par la petits oiseaux avaient
- d’un nid de.pièt-
- rement confectionné de mousse ;* j’eus, ce; jobr-là, la joie d’assister a la sortie des pelils; c’était’ admirable et comique en même temps. Quelle impatience
- chez la marmaille réclamant - sans cesse une mi-
- nuscule becquée ! Et quelle diligence chez les parents empressés à satisfaire leur nombreuse progéniture! Huit' gosses bien portants, insatiables, à ravitailler sans cesse, de T aurore’ au crépusculeA Mais'passons....
- En Angleterre, on a trouvé un nid de héron, édifié presque" entièrement ’au moyen de fil de fer mince, auquel étaient mêlées quelques branchettes.
- Beaucoup d’exemples prouvent que les oiseaux emploient, à la nidification, les matériaux qu’ils trouvent le plus facilement et à profusion, meme si ces matériaux sont bizarres ou disparates. C’est ordinairement dans le voisinage des habitations que l’on observé cës faits étranges. : '
- Un dè mes correspondants m’écrivait l’an dernier : « Le garde d’un bois des environs de Wavre (Belgique) m’a remis, il y a quelque huit ans, un nid de loriot très curieux, que mes amis ont pu admirer longtemps chez moi. Il était attaché à l’extrême fourche d’une branche'de hêtre", au moyen de bouts de ficelle rouge et de rubans .à'emballer imprimés. Quarante pour cent au moins du nid étaient formés de billets de tramway, de ficelle et de serpentins de papier; tout cela constituait les restants d’un pique-nique et le garde avait trouvé mon adresse grâce aux rubans imprimés, à
- Il y a quelques années, j’ai vu un nid de-merle placé dans un tas de fil de fer barbelé.
- Kearlon a raconté ce qui suit: « Le gobé-mouchés gris construit habituellement" son nid au moyen de brins d’herbe, de radicelles, de mousse, de crins ét de plumules. Or, on a découvert dans Hyde-Park, «à
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- 53* Année- ~t 1" Semestre-
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- Londres, un nid de gobe-mouches fait de vieilles allumettes et de papiers à cigarettes. Des fumeurs, habitués de Hyde-Park, avaient d’ailleurs veillé à ce
- que ces singuliers matériaux se trouvassent à' la disposition des oiseaux, en plus grande quantité et plus facilement accès si blés, que les matériaux ordinairement utilisés. Pour se procurer ceux-ci, il eût fallu que les gobe-, mouches [fissent de nombreuses randonnées assez lointaines. ». Ce fait nous montre combien les oiseaux savent s’adapter sagement aux circonstances.
- En Suisse, on a découvert un nid de moineau qui consis-
- Fig. 3. — Nid de mésange tait uniquement en rëmiz, pendu à une branche. pctits ressorts d’horlogerie.
- En ce qui concerne particulièrement l’emplacement des nids, il existe parfois des exceptions à la règle. Ainsi le.cincle d’eau situe son nid dans les cavités et crevasses, le long des ruisseaux et cours d’eau, parfois derrière une chute. En ce dernier cas, le cinclc est obligé de traverser la chute quand il arrive au nid ou qu’il le quitte. En Ecosse, un observateur a constaté qu’un merle d’eau avait mis son nid sur un arbre. En examinant attentivement les environs et les bords du ruisseau servant de séjour à l’oiseau en question, l’observateur put se rendre compte qu’il n’y existait aucun trou, ni fente propice à la nidification du cincle. Celui-ci, par la force des choses, était devenu arboricole : il s’était, lui aussi, sagement adapté aux circonstances .
- Les poules d’eau cachent leur nid dans les roseaux et autres plantes hydrophiles. Or, on a vu, en Hollande, un oiseau de cette espèce qui avait établi le sien sur le ressort d’une charrette à moitié immergée dans un étang.
- Les ornithophiles, qui s’occupent de la protection des oiseaux savent qu’il est possible d’attirer ceux-ci dans les jardins, en leur offrant des nichoirs. Eh bien ! j’ai vu des nids de moineaux à des endroits vraiment imprévus : dans la cloche d’une gare de chemin de fer, dans un canon, dans la gueule d’un lion de pierre. On a trouvé des nids de mésanges dans de vieilles cafetières, dans des boîtes à biscuits, dans des pots à confiture, dans des corbeilles, dans des moyeux de wagons, dans des réverbères,'
- dans des boites aux lettres, dans de vieilles pompes, etc.
- Le troglodyte, le plus petit de nos oiseaux indigènes, dont je vous ai parlé assez longuement déjà au début du présent article, est parfois réellement singulier dans le choix de l’emplacement de ses pénates : un jour je trouvai sort nid dans la couronne d’épines d’un vieux Christ, dans un cimetière ; l’an dernier, j’en découvris un autre dans la maçonnerie d’un puits à ciel ouvert en campagne. La même année, un correspondant me signalait qu’à Callenelle (Hainaut), un troglodyte avait jugé très simple et commode d’installer le berceau de ses petits dans la poche du veston d’un ouvrier travail-, lant dans une fabrique d’appareils en béton; l’ouvrier accrochait chaque jour son veston dans la cour; il eut la bienveillance de ne pas déranger l’oiseau dans ses allées et venues et la couvée fut* paraît-il, menée à bien. , ;
- Un autre de mes correspondants a vu un nid de rossignols de muraille dans une boite en fer-blanc de 15 cm de hauteur, abandonnée par hasard dans, l’embrasure d’une fenêtre de fournil. « Trois couples de mésanges, m’a-t-il écrit, ont habité respectivement une boite en fer de masque contre les gaz asphyxiants, une boîte à conserves, un tuyau de drainage en ciment. Trois briquets ont occupé une boite à vernis, une boite à masque, un tuyau en ciment. Un troglodyte a choisi une noix de coco vidée, pendant qu’un autre cachait son nid dans un cornet en carton bitumé placé horizontalement sous une tourelle. »
- Il y a quelques années, un couple d’hirondelles plaça son nid sous un wagon à marchandises qui faisait chaque jour la navette entre Amsterdam et Zutphen (Hollande) : la couvée eut un sort heureux.
- Beaucoup d’oiseaux, principalement ceux nichant à terre, font en sorte de cacher leur nid et le dissimulent si bien, que, seul, un observateur expert
- dans la fiente-
- Fig. 4. — Fente de rocher dans laquelle un ornithophile suisse trouva à Saint-Maurice, il y à quelques années, un nid' IrichodromC (grimpereau de murailles.)
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- parvient à le découvrir. Je citerai, comme exemple, le nid du pipit des prés. Beaucoup d’oiseaux de marais, dont le nid est situé à faible hauteur ou flotte même sur l'eau, sont aussi très prudents : lorsque la femelle couveuse doit s’absenter plus ou moins longtemps, et que son conjoint ne la remplace pas, les deux époux ont grand souci de recouvrir soigneusement leur nid au moyen de feuilles et de roseaux, de sorte qu'il est impossible de distinguer la couchette sous les débris de végétaux, que l’on croit plutôt amoncelés par le vent. Ainsi agissent les grèbes et la plupart des canards.
- Les oies et les canards, qui se reproduisent dans les régions septentrionales, emploient, pour tapisser intérieurement leur nid, une forte couche de duvet qu’ils s’arrachent à la poitrine et au ventre. Lorsqu’ils doivent s’absenter, ils n’omettent jamais de. recouvrir leur nid de duvet. Les habitants des susdites régions connaissent ce fait depuis toujours et en profitent largement en recueillant le duvet sur les nids, là où les palmipèdes vivent en colonies; mais forcément, ces oiseaux finissent par devenir complètement nus aux parties inférieures du corps.
- Il ne serait pas difficile de diviser les oiseaux en groupes, d’après la façon dont ils arrangent leur nid et les matériaux qu’ils emploient. Il y aurait ainsi des maçons comme les hirondelles, des charpentiers connue les pics, des feutriers comme les pinsons et certains fringilles, des tresseurs comme la plupart des. petits chanteurs, des tisserands comme la mésange rémiz et quelques gentils exo-, tiques, des mineurs comme les eotyles de rivage et les martins-pêcheurs, etc.
- U existe pourtant des oiseaux qui ne font pas de nid et déposent leurs œufs à même le sol, sans aucune préparation. Ce sont surtout des habitants de rochers solitaires et inaccessibles situés le long des cotes des contrées arctiques; par exemple : le fou de Bassan, les pingouins, les goélands, etc. Je citerai aussi le gravelot qui, lui aussi, n’est pas un architecte. Mais, ainsi que plusieurs vadeurs séjournant sur les rivages, il a soin de surélever, avec de petits cailloux, les bords de la dépression dans la-
- Fig. 6. — Couvée de grèbe caslagneux dont les œufs diffèrent de forme.
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- quelle il pond, s’il juge qu’une averse pourrait faire glisser ses œufs. D’autres oiseaux, comme le vanneau, creusent une cavité peu profonde dans le sol. Un fait curieux prouve combien-la-Nature est prévoyante : les œufs des espèces en question sont en
- forme de toupie et toujours placés dans le nid avec le fin bout dirigé vers l’intérieur ; de cette manière ils tiennent moins de place et sont couvés plus
- Fig.'5. — Aid de mésange à longue queue.
- facilement et plus régulièrement. ÀU reste, des œufs de cette forme ne pourraient rouler loin sur une surface unie. '
- Les nids consistant, en une dépression aménagée par les oiseaux, avec des radicelles, des poils et des plumules, constituent une transition vers dés formes plus parfaites. D’autre part,' les espèces faisant usage, de trous, cavités où excavations, qu’elles creusent elle-mêmes dans les murs, les 'arbres, les Berges, ou qu’elles trouvent par hasard à leur disposition, se préoccupent bien peu de la garniture du nid. Dans les nids de pics, par exemple, les œufs' sont déposés sur une mince couché de menus copeaux; dans les galeries des martins-pêcheurs, on trouve les œufs sur un amas d’arêtes de poissons et autres débris de nourriture. Les moineaux, étourneaux et choucas amoncellent dans leurs trous dillé-rents matériaux qu’ils ne prennent guère la peiné d’arranger. . . .
- Les aquatiques construisent souvent des nids flottants, qui, parfois, ne sont attachés à aucune plante environnante. Dé tels nids sont constitués d’un amas de végétaux hydrophiles entraînés lés uns par les autres ; on pourrait les comparer à des radeaux; ils déplacent tant d’eau qu’ils ne risquent aucunement de faire naufrage. Certains oiseaux des marais se montrent plus prudents, eu attachant le leur à des tiges de roseaux ou en l’établissant suides joncs qu’ils ont soin de plier a l’endroit choisi pour domicile.
- Bassons aux nids mieux installés et qui nécessitent un talent d’architecte. Divisons-les en nids' ouverts et en nids à toiture. Le toit de ces derniers’ est parfois trouvé d’avance, grâce à remplacement’ du nid; voyez la demeure de l’hirondelle rustique,
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- ou bien les reproducteurs l’édifient eux-mêmes; par exemple, l’hirondelle de fenêtre, la pie, le troglodyte, la".mésange à longue queue. Evidemment, si l’un de ces oiseaux rencontre un endroit propice à la nidification et permettant d’épargner la construction d’une toiture, il s’y installe avec satisfaction.
- Ou a beaucoup écrit sur la couleur protectrice des œufs : il y a, en effet, des œufs dont la nuance est telle qu’on les distingue difficilement; ce phénomène semble du à une sorte "de mimétisme. Aussitôt la ponte terminée, la femelle couve assidûment et est ordinairement nourrie par son conjoint ; chez certaines espèces, le male remplace son épouse à certaines heures. Chez les canards et autres aquatiques, le mâle ne s'occupe plus de sa concubine, ni de la couvée après l’appariement; en l’occurrence, la femelle a toujours soin, comme nous l’avons dit, de cacher sa nichée, lorsqu’elle est obligée de s'absenter.
- Fait remarquable les œufs des oiseaux nichant dans les troncs et endroits sombres, sont blancs. Mais les œufs des colombidés sont également blancs, quoiqu’ils gisent dans des nids ouverts. De même pour ceux de certains oiseaux de rivage apparaissent d’un blanc immaculé sur le sable.
- Inversement, la pic et le sansonnet, qui pondent dans des nids abrités par-dessus, ont des œufs colorés.
- Les couleurs protectrices des œufs ont incontestablement une signification au point de vue de la conservation de l’espèce, et elles sont constantes, comme toutes les autres caractéristiques se rapportant au même but de la Nature. Que ce but disparaisse, les caractéristiques perdent leur constance et deviennent variables. Ce phénomène apparaît clairement chez nos animaux domestiques. Une chose est néanmoins à constater : les œufs d’un même oiseau sont fréquemment de couleur identique, mais pas chez tous les individus d'une même espèce. L’expérience m’a prouvé que cette règle comporte aussi des exceptions. Les œufs d’un seul nid diffèrent parfois non seulement de couleur, mais de forme et de dimensions, par exemple, chez les fauvettes, le grèbe castagneux, etc. Quoi qu’il en soit, on ne doit pas oublier ici que dés oiseaux de différentes espèces pondent quelquefois dans le même nid. Nous l’avons constaté chez des merles et grives, chez des faisans, perdrix et autres gallinacés. On a observé, en Angleterre, qu’un canard chipeau et une perdrix avaient pondu dans le même nid. Kearthon raconte :
- « L’été dernier, je visitais les ruines de Saint-Cuthberg, en compagnie d’un ami habitant les environs. Cet ami me fit voir un nid de goéland à manteau noir contenant trois œufs, sur lesquels couvait un eider. Les deux oiseaux avaient pondu l’un près de l’autre. Le goéland, ou l’un de ses congénères, avait cassé, puis gobé les œufs de l’eider ; les coquilles vides se trouvaient encore près du nid. Sous l’influence de la fièvre de couvaison, l’eider s’était immédiatement emparé du nid de goéland et poursuivait inconsciemment l'incubation d’œufs qui ne lui appartenaient pas ».
- A noter encore que le nombre d’œufs peut varier d’une couvée à l’autre. Beaucoup d’oiseaux 11e commencent l’incubation qu’après en avoir pondu quelques-uns. Et, chose intéressante, en enlevant périodiquement un œuf, par exemple, tous les deux
- jours, il est possible d’accroître la ponte chez certaines espèces, m ê m e considérablement. C’est ce que fout les Néerlandais avec les canards tadornes et les vanneaux. C’est aussi ce que nous faisons avec nos poules domestiques.
- Les oiseaux qui vivent en colonies, ou qui éprouvent une certaine difficulté à élever leur progéniture, 11e pondent 0 r d in ai renient qu’un œuf unique. Tels sont les thalassidromes, les plongeons, les guillemots, les pingouins, le fou de Bassan, le macareux, etc. Ils doivent faire parfois d’assez longues randonnées pour chercher la nourriture de leur petit. Les pigeons pondent deux œufs ; les pigeonneaux ont besoin, pendant longtemps, de la tutelle de leurs parents, qui les nourrissent d’une bouillie laiteuse sécrétée par les glandes du jabot.
- Les hirondelles de mer et la plupart des mouettes ont des couvées de deux ou trois œufs, les vanneaux et beaucoup d’oiseaux de marais en pondent quatre.
- Contrairement à ceux-là, les oiseaux qui élèvent sans peine leurs nichées, fournissent- d’importantes couvées : tels sont les canards et surtout les gallinacés, comme les perdrix. Aussitôt qüe les poussins sont séchés après leur éclosion, “ils suivent leurs parents pour rechercher de quoi se sustenter.
- Nous disions tout à l’heure que le nombre d’œufs varie parfois d’une couvée à l’autre. Cette différence de nombre peut être de 1 à 4 chez les rapaces, de 5 à 8, voire jusque 15 et Ifi chez les canards, de 5 ou 6 à 6 ou 12 chez les mésanges, de 10 à 18 ou 20 chez les perdrix. Quand il y en a plus de 20 dans un nid de perdrix, ils proviennent probable-
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- ment de deux mères, ce qui est d’ailleurs assez fréquent.
- La sollicitude instinctive que manifestent les femelles à l’égard de leurs nichées est digne d’admiration. Beaucoup de mères étonnent l’observateur par leur extraordinaire courage; grâce à des attaques brusques et imprévues, elles parviennent fréquemment à éloigner des ennemis beaucoup plus grands et plus forts. D’autres mères essaient d’arriver, par la ruse, au but qu’elles ne peuvent atteindre par la force. Les oiseaux d’eau et de rivage, disciplinés entre tous, usent d’artifices nombreux pour éloigner leurs ennemis. La femelle du tadorne fait l’éclopée, traîne l'aile pour attirer le chasseur vers elle et l’éloigner de ses poussins surpris. Le vanneau, à la vue du dénicheur, crie très fort et s’efforce de faire croire qu’il est tout près de sa nichée, pendant qu’il éloigne ainsi le ravisseur de son but ; mais dès que, par hasard,
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- L’approvisionnement en essences et en huiles nécessaires aux moteurs à explosion, chaque, jour plus nombreux dans notre pays, est une question de. haut, intérêt national. Nous, ne pouvons guère prendre en main un journal sans qu’il nous transmette l’écho parfois bizarrement déformé, des efforts accomplis pour trouver dans la métropole et les colonies des. ressources de cette nature et nous affranchir, autant que possible, d’une importation étrangère très onéreuse.
- Cependant, jusqu’à ces dernières années, on s’était peu préoccupé de cette question et, tout au moins pour les carburants, on s’adressait presque uniquement, aux produits légers de la distillation des pétroles étrangers.
- Nous entendons par carburants, les combustibles employés dans les moteurs à combustion interne, tels que les moteurs de voitures ou camions automobiles. Les principales conditions qui leur sont imposées de ce fait sont les suivantes :
- 1° La substance, soit à l’état de vapeur mélangée à l’air, soit à l’état de gouttelettes minuscules en suspension dans l’air, doit donner lieu à une combustion rapide et toutefois progressive.
- !20 Cette combustion doit se faire sans résidu appréciable pouvant provoquer l’encrassage du moteur.
- 5° Si le carburant est, formé d’un mélange de sub- , stances différentes, il doit rester homogène quelles que soient les conditions de température et d’humidité qui peuvent se présenter couramment.
- 4° Il ne doit pas contenir d’agents chimiques suscep-. tibias de corroder les surfaces métalliques.
- 5“ Le volume nécessaire à un approvisionnement normal doit être aussi faible que possible afin de diminuer l’encombrement.
- 6° Enfin, de toute évidence, le prix du carburant doit être le plus bas possible.
- . Il a fallu l’énorme accroissement de la consommation chez les producteurs eux-mêmes, les inquiétudes que détermine l’exiguïté des réserves connues et sans doute aussi, notre situation financière assez défavorable, pour qu’on s’attaquât franchement au problème.
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- il s’approche de ses petits, il se tait et laisse penser au dénicheur, par une indifférence jouée, qu’il est loin de ce qu’il convoite. Le courlis, la pie de mer, ainsi que d’autres échassiers et même des passereaux comme les fauvettes, usent de stratagèmes analogues.
- Nous pourrions citer cent autres faits d’un captivant intérêt concernant la conduite des oiseaux pendant leur nidification et l’élevage de leurs petits. Ces exemples prouvent fréquemment que les oiseaux n’agissent pas toujours mécaniquement sous l’influence de l’instinct,, mais qu'ils obéissent consciemment aux exigences des actes à accomplir. Ces actes sont donc alors d’une volonté réfléchie. Pour les observer, il faut savoir faire preuve de patience et..de persévérance. Mais aussi, quelle inépuisable source de saine jouissance pour l’ami de la Nature!
- * A. Mercier.
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- Dès aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique deviennent dés importateurs d’essences. Les pétroles russes ne se trouvent pratiquement pas sur le marché et on ne peut en espérer un approvisionnement régulier avant un délai assez long. La production roumaine et galicienne ne peut nous parvenir que par des routes assez longues et l’activité des grands pays voisins suffira à l’absorber.
- Enfin, quelles que soient nos possibilités d’achat, nous avons tout intérêt à nous affranchir de celte dépendance, tant pour éviter des contraintes politiques internationales, que pour diminuer le lourd fardeau annuel de un milliard de francs, prix de notre importation.
- La seule région française qui produise industriellement du pétrole est le bassin de Pechelbronn (Alsace). Connu et. exploité depuis bien longtemps (première concession en 1627), il n’a cessé depuis la guerre, d’intensifier sa production qui atteint 70 000 tonnes d’huile brute par an, donnant 5 à 4 pour 100 d’essences naturelles, soit environ 2500 tonnes. On sait, en effet, que la proportion d’essences légères du pétrole brut, comme aussi la nature chimique et le pourcentage de ses autres constituants, varie suivant les régions dont il provient ; cette proportion d’essences est d’ailleurs toujours assez faible et arrive dans certaines huiles brutes (Mexique par exemple) à être nulle. Quoi qu’il en soit, la production annuelle d’essences naturelles de Pechelbronn est environ égale à notre consommation quotidienne; et, s’il est vrai que par des procédés de craquage, c’est-à-dire de dégradation des molécules lourdes, on peut obtenir 4 à 5 fois plus d’essences, c’est au détriment des huiles lampantes et des huiles de graissage et le vide à combler est toujours considérable. Il faut remarquer d’ailleurs que les huiles de graissage ont une importance pratique aussi grande que les carburants proprement dits. Les producteurs de Pechelbronn ont perfectionné l’extraction des huiles de graissage d’une façon très intéressante.
- La recherche de nouveaux gisements est activement poussée sur bien des points du territoire ; elle a donné jusqu’ici des résultats médiocres. Cependant les der-
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- niers sondages dans lTléraull (Gabian) soûl plus encourageants et.méritent de retenir l'attention.
- D’antre pari, on a cherché à obtenir par des moyens chimiques des succédanés du pétrole, à partir d’un rer-lain nombre de produits coinbusiibles naturels. .Nous nous proposons de décrire brièvement les recherches, effectuées dans ce sens. Les efforts se sont surlout orientés vers la préparation de succédanés des essences de pétrole, de sorte que le problème du pétrole synthétique se confond de bien près avec celui des carburants, mais embrasse de plus la question des huiles de graissage. .
- Les sources des succédanés possibles- ou effectifs du pétrole sont des matières provenant soit de la minéralisation plus ou moins avancée des végétaux (houille, lignite, tourbe et leurs dérivés), soit des végétaux vivants (alcools, huiles végétales et chlorophylle), soit enfin des animaux (huiles et graisses).
- La houille. — Le sol français est moyennement riche en houille ; la production annuelle normale peut atteindre une quarantaine de millions de tonnes. Les ; mines d*u Nord et du Pas-de-Calais ont produit, d’octobre . l(.12o à octobre 1924, 24700000 t. dont une partie relativement faible a donné dans les fours à coke 1 800 000 t. de cote.
- On sait que la carbonisation de la houille donne, outre le coke, des gaz et des goudrons, de qualité et de com- : position variables suivant la nature des houilles et les conditions de la pyrogénation. Il faut distinguer dans les méthodes de pyrogénation deux classes qui donnent des résultats bien différents au point de vue des carburants :
- 1° La carbonisation à haute température (800 à 1200°), la seule qui soit, depuis longtemps d’ailleurs, entrée dans le domaine industriel.
- 2° La carbonisation à basse température (vers 400 à 1)00°) qui a donné lieu récemment à de nombreuses recherches, sans qu’on puisse dire toutefois que le problème soit complètement élucidé.
- La carbonisation à haute température. — La carbonisation à liante température est. effectuée surtout pour obtenir du coke métallurgique et du gaz par des procédés qui sont vulgarisés depuis longtemps. Au point de ; vue des produits de distillation, elle est caractérisée :
- 1° Par des goudrons comprenant des fractions légères (xylols), des huiles phénoliques, naphtaléniques, anthra-céniques, de plus en plus lourdes, enfin du lirai.
- Tous ces produits, qui sont de constitutions apparentées à celle du benzène C6H6 et appartiennent à là « famille aromatique )), présentent, une grande stabilité.
- Il s’ensuit que ceux d’entre eux dont le poids moléculaire ou toutes autres propriétés ne conviennent pas à l’emploi dans un m.pleur .à combustion interne sont très diffic'i lement craquables en produits plus légers ;
- 2° Des gaz comprenant essentiellement 'du méthane GH4 et de l’hydrogène,'mais aussi du benzol (i) (benzène et toluène) séparé dans le débenzolage et de l’éthylène G4 H4.
- Parmi les sous-produits des goudrons, le benzène, le toluène, les xvlènes se prêtent bien à l’emploi comme carburants. Mais l’industrie en absorbe des quantités considérables comme solvants et pour la préparation des matières colorantes et des explosifs. Il y aurait néanmoins intérêt à ' carboniser une plus grande proportion de notre production de houille pour mieux utiliser les ressources qu’elle nous offre.
- La naphtaline extraite des huiles moyennes se prête
- 1. Ce terme est improprement employé dans le commercé pour désigner la ligroïne provenant du pétrole.
- assez difficilement à.l’emploi direct comme carburant à cause de la facilité avec laquelle elle cristallise. Elle nécessite donc : l’emploi de moteurs spécialement construits mi elle circule fondue dans des organes chauffés. Néanmoins on peut l’employer, dans les moteurs courants en dissolution à 30 pour 100 dans le benzol en ajoutant le plus souvent de poli tes quantités de produits qui abaissent la température de séparation de la naphtaline (Cosmoline). Mais précisément ces produits ont généralement dès propriétés plus ou moins corrosives qui semblent nuisibles aux surfaces métalliques. , ,
- On a aussi pu transformer la naphtaline, en carburants liquides par hydrogénation. Ile l’hydrogène, provenait en particulier du gaz de houille, peut être employé à saturer les valences doubles de cette molécule en donnant des produits tels que :
- G10 H12 tétrahvdronaphtaline.
- G10H18 décahydronaphtaline.
- Cette réaction exige l’emploi de produits purs et d’un catalyseur, c’est-à-dire d’une substance qui augmente les vitesses de réaction sans être sensiblement altérée. Un des plus courants est le nickel réduit obtenu par l’action de l’hydrogène pur sur l’oxvde de nickel chauffé ou encore par calcination du formiate de nickel (brochet).
- La tétrahvdronaphtaline a été employée par les Allemands mélangée à d’autres carburants (carburant national allemand), pendant la crise des carburants que la guerre leur faisait subir. Ses principaux inconvénients sont un grand pouvoir dissolvant qui par ailleurs la fait utiliser pure (tétralin.e) comme solvant industriel et son haut point d’ébullition. En effet, dès qu’il existe un jeu entre le piston et le corps de pompe du moteur, ses vapeurs vont se . condenser en dissolvant les , lubrifiants des organes de frottement qui ne tardent pas à gripper.
- Les huiles lourdes de goudron ne peuvent être employées que dans des moteurs industriels du type Diesel, mais ce serait une solution des plus séduisantes que d’adapter les moteurs des voitures automobiles à l’emploi de ces produits relativement abondants et bon marché.
- Dans les gaz de houille épurés et débenzolés, la partie intéressante est constituée par l’hydrogène, le méthane, et l’éthylène (2 pour 100).
- L’hydrogène peut, être séparé par liquéfaction des autres constituants du mélange. Il peut servir, concurremment avec l’hydrogène du gaz à l’eau aux hydrogénations donnant lieu à la formation de produits carburants.
- Le méthane trouye son emploi dans l’alimentation des moteurs à combustion interne fixes; quelques voitures automobiles même fonctionnent avec ce gaz, transporté sous pression dans des réservoirs qui doivent, être légers et résistants.
- Nous parlerons ultérieurement de la transformation possible du méthane en acétylène et en cvclanes. . 1
- L’élhylène peut., par fixation d’eau, être transformé en alcool éthylique. (Nous renvoyons à l’emploi de l’alcool comme carburant.)
- La distillation à basse température. — On a vu que les produits distillables de la carbonisation de la houille varient, progressivement d’ailleurs, lorsqu’on abaisse la température de l’opération.
- Vers 1000M2000 on n’obtient par tonne de houille qu’une cinquantaine de kilogrammes des goudrons décrits précédemment et ne contenant pour ainsi dire pas de composés hydrocarbonés à chaînes longues, mais presque uniquement des produits de la série aromatique; au
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- contraire vers 400°-600°, les goudrons sont plus abondants (GO à 100 kg par tonne de houille) et contiennent des produits naphténiques et aliphatiques susceptibles d’ètre craqués.
- En un mot, ce serait un véritable pétrole s’il ne contenait une proportion énorme de phénols supérieurs (jusqu’à 50 pour 100) ; ces produits qui sont surtout des homologues plüs ou moins compliqués du vrai phénol et qui n’en contiennent malheureusement que des traces infimes, sont difficilement utilisables. Leur hydrogénation môme est difficile ét coûteuse, Comme toujours, des opérations, très intéressantes au point de vue théorique, ne peuvent sortir du domaine du laboratoire pour entrer dans celui de l’industrie que le jour où des perfectionnements techniques leur permettent d’ètre rémunératrices.
- Il faut donc se garder des emballements prématurés sur telle ou telle découverte, mais il importe cependant que les efforts soient encouragés et poursuivis.
- Les huiles moyennes autres que les phénols peuvent donner, par craquage, des essences plus légères qui, dans certaines conditions, sont de bons carburants et des huiles de graissage plus lourdes.
- La plupart des phénomènes de craquage sé ramènent en effet à la décomposition de molécules de grandeur moyenne qui donnent à la fois des produits plus légers et des produits plus lourds, ceux-ci par condensation ou polymérisation de certaines fractions de molécule.
- Plusieurs réactions de cette nature peuvent sè superposer, de sorte, qû’en fin de compte, on se trouve en présence de résultats très complexes qu’il est néanmoins possible d’orienter par un emploi judicieux de la température et. de la pression. La dégradation des molécules peut aller jusqu’à la formation d’un dépôt de carbone qui n’est pas une des moindres difficultés auxquelles donnent lieu ces phénomènes.
- On peut diviser les procédés de craquage en 4 catégories principales :
- 1° Le craquage en agissant seulement sur la température de la substance;
- 2° Le.craquage sous pression. L’action d’une, pression croissante en maintenant des conditions analogues de température est de diminuer lés produits extrêmes (gaz, et charbon) auxquels donne naissance le craquagë.
- t;-~ Elle permeUr. certaines molécules non saturées de se polymériser en donnant un hydrocaihurè saturé, inodore et ne présentant plus les 'inconvénients de combustion incomplète et charbonneuse des hydrocarbures non saturés. Par exemple bn ailra :
- 2 (Cil5 - Cil = CH — Cil5)-VCIP — CH — CH — CH5
- Cil3 — Cil — dl — Cil3
- 5° Le ' craquage en utilisant,, en outre de la température et dé la pression, un catalyseur (surtout le chlorure d’aluminiüm anhydre) dont nous avons défini le rôle d’accélérateur de réaction.
- 4° Le craquage sous pression d’hydrogène avec ou sans catalyseur. L’action hvdrogénante de ce gaz à l’état moléculaire (libre) est d’ailleurs sujette à discussion, "car il est difficile de démêler si l’hydrogénation de certains produits obtenus ne s’est pas faite à partir d’hydrogène contenu dans la matière initiale.
- C’est à cette méthode qu’il nous semble convenable de rattacher le procédé du Dr Bergius pour l’hydrogénation directe de la houille dont les composants sont soumis à l’action de la température et à l’action possible de l’hydro-•gène sous pression.
- Les gaz de la pyrogénation à basse température contiennent environ 5 pour 100 d’éthylène qui peut servit à faire de l’alcool.
- Enfin le semi-coke obtenu peut être transformé en gaz à l’eau et celui-ci permet la synthèse de l’alcool méthylique.
- Les mêmes principes de distillation à basse température s'appliquent aux dignités. Nous en possédons des réserves considérables (1 à 2 milliards de tonnes) beaucoup moins riches en goudrons que les dignités saxons, mais donnant cependant 70 litres de goudron anhydre par tonne. Cette réserve précieuse en combustible liquide justifierait une étude poussée de la question et en particulier de l’utilisation comme combustible du semi-coke obtenu, afin d’équilibrer le prix d’extraction.
- De plus, la teneur élevée des lignites en soufre (3 à 9 pour 100), se traduit par un dégagement abondant de gaz sulfhydrique qui permet l’exploitation du gaz comme un véritable minerai de soufre.
- (A suivre.) H. Winkler et L. Jacqué.
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- Généralités. — Tout père de famille s’assure de la stabilité de sa maison et, même apres cela, il a soin (de, prendre, au moins, l'assUrance, contre rincehdie. v_
- L’homme, condamné h tpasser quelques instants sur dette .petite planète, entre un 'berceau et un tombeau,(doit bien se poser la question de la stabilité de sa demeure. Toutefois, comme ce qui pourrait en comprprtiettre l’existence serait avant tout le manque de stabilité dù mônde: entier, l’homme est amené par ïa force des. choses à pousser plus loin son regard et à étudier les conditions de stabilité de l’uniters.
- À la vérité cette recherche peut paraître prétentieuse, car, connaissons-nous l’univers entier ? A en
- croire quelques savants, l’univers est infini, et, alors, quels que soient les perfectionnements que les astronomes apporteront à leurs moyens d’investigation, ils n’en atteindront jamais les limites. Il faut donc nous borner à examiner la stabilité de la partie de l'univers qui est accessible à/nos recherches. Et, avant tout, de quoi se compose cet univers?
- La réponse n’est pas difficile, car l’astronomie nous dit que c’est un ensemble d’astres, c’est-à-dire de corps lumineux ou obscurs, plus ou moins grand%, plus ou moins condensés. La matière cosmique est répandue dans l’espace, tantôt sous la forme d’astres brillants, différant assez entre eux par leur volume et par la quantité et la couleur de
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- Fig. i. — Trajectoires du Soleil el de la Terre.
- la 1 umière qu’il projettent : ce sont les étoiles, géantes, moyennes ou naines,, vieilles ou jeunes.
- .L’univers contient aussi des corps obscurs, Comme le sont les-planètes et leurs satellites, dans
- notre système. 11 y a aussi d’immenses étendues de matière très peu condensée, qui peuvent être lumineuses ou obscures; ce sont les nébuleuses. Enfin, si l’on ajoute les comètes et les essaims d’étoiles filantes, on a bientôt fait l’inventaire de l’univers, tel que nous le connaissons. Ces corps sont dispersés au hasard, parait-il ; mais, toutefois, il existe des groupements, qui ne sont pas toujours ceux que l’œil nous montre comme tels, le rapprochement pouvant dépendre seulement d’un effet de perspective.
- Outre les groupements bien connus, ceux des planètes autour de leur soleil ou de deux ou plusieurs étoiles dans les systèmes doubles ou multiples, on a constaté dans l’univers des groupements à grande échelle : ce sont d’abord les amas d’étoiles et sur une échelle des millions de fois plus grande, deux courants d’étoiles, c’est-à-dire deux suites d’étoiles affectées de mouvements propres dans la même direction et du même ordre de grandeur. Ces deux courants se rencontrent et s’entre-croisent sans se confondre, sous un angle d’au moins 120°. Dernièrement on a découvert un troisième courant secondaire.
- Nous venons de donner un coup d’œil d’ensemble à l’univers, dont aucune description poétique ne peut nous donner une image adéquate, car notre soleil, tout en étant. 1 501 200 fois plus grand que notre Terre, ne figure dans cesj courants célestes que comme un grain de poussière dans un tourbillon soulevé par le vent.
- Mais cet univers est-il stable ?
- Pour parler de la stabilité du monde au point de vue de la mécanique rationnelle, il faudrait connaître toutes les masses dont il se compose, tous les
- Fig. 2. — Grandeurs comparées de quelques étoiles.
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- mouvements dont elles sont animées. Or, cela nous est impossible; mais, puisque il nous suffit de savoir si funivers dans son ensemble, dans ses grandes lignes, est stable, la réponse ne peut être qu’affirmative.
- Toutefois ce qui nous intéresse davantage, c’est la stabilité au sens physique, qui — chose étrange ! — se confond ici avec le sens moral ordinaire, populaire, si l’on veut, de la stabilité. En effet, le public ne s’intéresse pas beaucoup aux questions subtiles et élevées des hautes mathématiques sur l’équilibre stable ou instable ; il veut savoir si
- milliers d’années à les franchir, ces spectacles ne font qu’exciter notre curiosité !
- De même qu’une rencontré entre des autobus ou desdrains- ou bien l’incendie d’une maison au boulevard Saint-Jacques, ne compromettent pas la stabilité, la sécurité de Paris, ces conflagrations dans les astres, que d’aucuns attribuent à des rencontres de corps célestes, ne compromettent aucunement la stabilité générale du monde.
- Comment nous alarme la science. — En parlant de chocs et de conflagrations nous avons, peut-être, jeté l’alarme dans l’esprit de nos lecteurs : car, au
- Lig. 3. — Le système solaire.
- l’immense mécanisme dé l’univers fonctionnera bien indéfiniment, sans chocs, arrêts ou bouleversements:.
- Heureusement nous pouvons le rassurer sur ce point. Sans doute, nous assistons à des conflagrations célestes et notamment au. phénomène des étoiles nouvelles (novæ), qui s’allument subitement dans le ciel ou passent instantanément parfois de la 11e grandeur à la lre et même au delà. Même sans ces cas extraordinaires d’incendies célestes, nous trouvons dans les innombrables étoiles variables des fluctuations de lumière, dont un certain nombré s’expliquent par des éruptions. Oui, le xiel îious présente de ces spectacles qui, s’ils étaient vus dé près, nous rempliraient de frayeur ; mais à des dis-'-tances si grandes que Ja lumière -— tout en parcourant 299 860 km par seconde — emploie des
- fond, les hommes prévoyants se disent : que nous importe que l’univers dans son ensemble soit stable, que les accidents de route dont quelques astres isolés sont les victimes ne troublent pas la sécurité du mécanisme général? Dans des cas pareils on a bien le droit d’être égoïste et de se préoccuper de sa propre conservation. Ici on peut bien dire ! « Après moi, le déluge ! » Occupons-nous de notre petite planète. Est-elle exposée à des chocs avec d’autres corps célestes ou à des conflagrations ?
- Tout le reste ne nous touche pas de près et peut donner lieu à des discussions oiseuses, métaphysiques, si l’on veut, mais pas du'tout pratiques pour nous. ' . . : : ( :
- ; Ici, comme partout ailleurs, comme toujours, la voix du bon sens est dans le vrai. Voyons donc si notre planète court le danger de chocs, d’ebranle-
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- monts, de catastrophes, dont les astronomes se plaisent à retracer le tableau.
- ' Les causes des désastres redoutés pourraient être internes ou externes. Commençons par les premières. Est-ce que l’état de notre globe, sa constitution interne nous exposent à des effondrements, à des bouleversements?' Depuis longtemps les géologues et les antres savants qui s’occupent de la constitution de notre planète se sont convaincus, qu’il faut renoncer à l’idée d’un globe à l’état fluide par. incandescence, dans son intérieur, et recouvert d’nrie mince couche de matière solidifiée et froide. Non, si dans l’intérieur de notre planète il existe dès filons métalliques fluides, ils y sont en trps petit nombre et dispersés par-ci par-là. Si de temps en temps il arrive quelque tremblement de terre, dû au tassement des matériaux internes, ou bien des éruptions volcaniques, dues à des causes analogues, d’un côté ces phénomènes ne sont aucunement une preuve de l’existence de ce que l’on appelait autrefois le feu central, et, d’autre part, bien que ces phénomènes prennent parfois des proportions qui nous effraient; au fond, il ne touchent nullement à la stabilité du globe.
- Sans doute, par les considérations précédentes chaque habitant de notre, planète n’est pas rassuré dans son particulier, individuellement ; mais là il n’v a rien à faire. Si l’on est né sous une mauvaise étoile, si la destinée de quelqu’un est de mourir écrasé sous un toit, resterait-il constamment en plein air ; un aigle lui laisserait tomber sur la tête la carapace d’une tortue et il en serait écrasé !
- •Allons plus loin et demandons-nous si la Terre, en tant qu’elle fait partie du système solaire, n’a rien à craindre de scs voisines, les autres planètes.
- Y a-t-il à redouter une rencontré désastreuse? Pour que cela eût lieu, l’aspect, les conditions, les dispositions internes de notre système planétaire devraient être assujetties à des changements importants. Actuellement les orbites sont à peu près des cercles, elles sont à fort peu près couchées sur.le même plan, à de grands intervalles les unes des autres. Ces heureuses circonstances empêchent tout choc et nous assurent la stabilité ; mais en sera-t-il toujours ainsi ?
- La Mécanique céleste nous apprend que, d’après la loi delà gravitation, les planètes produisent les unes sur les autres des perturbations qui font varier leurs mouvements et même les éléments de leurs orbites ; or, on peut se demander si ces variations atteignent des valeurs pouvant compromettre la stabilité actuelle de notre système. Ce sont surtout les distances moyennes au soleil, ou les grands axes de ces orbites elliptiques qui par leurs variations pourraient donner lieu à des rapprochements et à des chocs. Les distances entre les planètes sont si grandes que, même de fortes variations dans les excentricités ne les rapprocheraient pas beaucoup ; sauf pour les planètes intérieures sur lesquelles les perturbations à cause de la petitesse des masses per-
- turbatrices. ne sont ’pas considérables. Mais si les grands axes variaient an point que les orbites des planètes empiétassent les unes sur les autres, leurs rencontres seraient probables.
- Dans les ouvrages de science populaires on dit que, grâce au théorème de Laplace sur l’invariabilité des grands axes, nous sommes assurés que les distances moyennes des planètes au soleil ne subiront que de.: petites variations périodiques, c’est-à-dire qu’elles ’ n’iront pas en s’accumulant avec les siècles, comme il arrive au contraire pour les perturbations des autres éléments des orbites, par exemple, les excentricités et les inclinaisons. Quant aux longitudes des -périhélies et des nœuds, elles varient de manière à faire parcourir à ces points des circonférences entières sur la sphère céleste.. On dit que les grands axes ne subissent que de petites fluctuations à courte période. Mais ici il faut compléter ce qu’enseignent les petits manuels de cosmographie et déclarer que l’invariabilité des grands axes, ou la stabilité à la Laplace, n‘a lieu que tant qu’on se borne, dans les calculs, aux premières puissances des masses de planètes, qui sont de très petites fractions par rapport à celle du soleil.
- Quand on pense à avoir égard aussi aux deuxièmes puissances des masses ou à leurs produits deux à deux, on ne démontre que la stabilité à la Poisson, par laquelle les grands axes repasseront un nombre indéfini de fois par leurs valeurs primitives, mais après avoir subi des variations qui peuvent être très grandes, peut-être même sans limites. Enfin, si l’on tient compte des troisièmes puissances, on trouve des perturbations séculaires même pour les grands axes.
- Et alors? Le lecteur avisé peut bien dire : si, par suite de ces variations, notre Terre subit un choc, par exemple avec le colosse Jupiter ; si elle s’en va en miettes, à quoi servira la démonstration théorique des mathématiciens, selon laquelle les éléments de l’orbite parcourue par ces débris de notre planète reviendront au bout de quelques millions d’années à leurs valeurs primitives ?
- Si dans leurs formules, les mathématiciens réduisent les planètes à des points matériels se choquant sans se briser et pouvant, après le choc, revenir à leurs positions primitives, la voix du bon sens proteste avec raison contre de telles suppositions et contre une stabilité théorique qui ne nous préservera pas de la destruction.
- Encore, s’il n’y avait à envisager que les causes internes à. notre petit système solaire; mais W. Ilerschel découvrit que le soleil n’est pas fixe dans l’espace,, qu’il se déplace avec son cortège de planètes, de satellites et de comètes, vers un point du ciel qu’on appelle l'apex. Les études postérieures, poursuivies depuis plus d'un siècle, n’ont fait que. confirmer cette importante découverte, en fixant mieux la position de l’apex et en déterminant la vitesse dont le soleil est animé dans ce mouvement, qui est de 16 à 20 km par seconde.
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- Or, où nous mène; le soleil? Il nous amène avec lui dans cet immense -océan de l’univers tout parsemé d’écueils, c'est-à-dire de corps, de masses cosmiques dont la rencontre serait pour nous fatale.
- Les anciens eux-mêmes, sans avoir aucune idée de la translation de notre système dans l'espace, avaient entrevu la possibilité d’un ébranlement, d’un bouleversement du monde, et, avaient mis dans la bouche de l’un de leur héros la boutade suivante :
- Si fractus illabatur orbis (') impavidum me ferlent ruinæ.
- Mais personne ne pouvait prendre au sérieux cette fanfaronnade, car celui qui faisait cette affirmation savait bien qu’au cas d’un ébranlement général, il aurait été le premier à se casser le cou, et personne ne se serait occupé de lui pour vérifier s’il restait fidèle à sa promesse de courage stoïque. •
- : Comment la science elle-même nous rassure. — La conclusion de nos recherches paraît désastreuse. Eh bien, non ! La science est un peu comme la lance d’Achille, qui après avoir fait des blessures et des plaies, avait la vertu de les guérir rien que par son toucher. Oui, si la science nous fait entrevoir des dangers de rencontre, de tamponnement, de collision entre les véhicules du ciel, elle-même peut nous rassurer. Et savez-vous quelle branche du savoir humain vient calmer nos effrois et rendre de la tranquillité à nos esprits? C’est une science ou, du moins, une vaste théorie dont l’esprit de raillerie assez répandu dans le monde dés profanes prétend pouvoir se moquer; mais pour laquelle les penseurs ont eu toujours la plus grande estime, car ils en comprennent la portée philosophique qui échappe au gros public. Je veux parler de la théorie des probabilités. Oui, que les esprits superficiels aiment à plaisanter sur une confiance qui
- 1. Quand même le monde entier s’effondrerait, ses ruines me frapperaient sans émotion.
- Qrbite de la T&ppç
- big. 4. — Distance de la Terre au Soleil comparée a la grosseur de celui-ci.
- ne repose que sur le calcul des probabilités'; les hommes de science pourront leur répondre que toutes les affaires, toutes les entreprises, même les plus graves, tpie notre vie tout entière repose sur la probabilité, sans 'que la plupart d’entre eux perçoivent cet état des choses.
- En effet, vous vous embarquez sur un bateau qui va vous conduire à travers l’océan, au Brésil, à l’Argentine, en Australie ; vous montez sur un train rapide qui va bientôt atteindre une vitesse de 90 km à l’heure ; vous montez sur un avion qui va vous faire traverser les airs avec une vitesse de 150 à 200 km à l’heure. Est-ce que ces voyages ne vous exposent pas à de graves dangers? Au contraire, les rencontres et les chutes sont si fréquentes que l’on aurait envie d’en revenir au vieux temps, lorsqu’on faisait son testament avant d’entreprendre le voyage de Rome ou de Vienne.
- Eh bien ! Plut à Dieu que les moyens de locomotion dont nous nous servons sans la moindre pré occupation eussent la millième partie de la sécurité que nous donnent nos voyages à travers l’espace céleste ! D’après les statistiques on peut évaluer à 1/10000 la probabilité d’un accident de route, d’une rencontre de trains, etc. Or, savez-vous quelle est la probabilité de la rencontre de notre soleil par un autre corps céleste? Par des jaugeages sur la distribution des astres, on peut affirmer qu’en chiffres ronds, il y a dix quatrillons à parier contre un qu'aucune rencontre n’aura lieu ! Et s’il s’agit d’étoiles appartenant au même essaim, il est évident que la probabilité d’une rencontre est pratiquement nulle.
- Le lecteur s’étonnera peut-être ; mais, si le public n’est pas bien renseigné sur les dimensions de l’univers, sur la manière dont les astres y sont clairsemés, c'est un peu la faute des ouvrages d’enseignement, plutôt que celle des livres de vulgarisation scientifique. Prenons un exemple : cherchez le traité de géographie ou de cosmographie que vous avez
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- étudié. Vous y verrez le soleil représenté sur un cercle de 10 millimètres de diamètre et à 4 ou 5 centimètres de distance, la Terre représentée par un petit cercle de 5 millimètres de diamètre. Or, dans une image pareille, les proportions sont faussées d’une manière incroyable. Avec un soleil de 10 millimètres de diamètre, celui de la Terre devrait être de moins d’un dixième de millimètre, et la distance des centres devrait être de 1 mètre et 20 centimètres ! Si au contraire on voulait donner 5 millimètres au diamètre de la Terre, la distance au soleil devrait être portée à 59 mètres environ !
- Sans doute, on ne peut donner aux gravures de pareilles dimensions. On fait la Terre beaucoup plus grande qu’elle ne devrait l’être, on la rapproche énormément du soleil, pour que le phénomène des saisons soit bien saisi. Mais peut-être n’insiste-t-on pas assez sur la disproportion qu’on est forcé de laisser subsister entre les images et la réalité.
- Et il s’agit ici des distances entre des corps de notre petit système! Si nous passons à l'espace interstellaire, les distances d'une étoile à l’autre — même dans un amas stellaire, où elles sont groupées — se mesurent par des billions de kilomètres. Mais le cas des amas ne nous concerne pas. Nous pouvons affirmer que les étoiles sont, en moyenne, dispersées avec des intervalles de centaines de tril-lions de kilomètres Avec ces données, il est facile de voir qu’il est aussi peu probable que notre système en rencontre un autre que l’est une rencontre entre deux morceaux de bois jetés au hasard de deux ports très lointains de la Méditerranée supposée libre de tout courant.
- Voici comment le calcul des probabilités nous rassure.
- La stabilité de notre système dans son intérieur. — Revenons à notre petit système pour faire des remarques complémentaires. Nous avons vu que ce que la mécanique céleste nous apprend sur les variations des grands axes, lorsqu’on a égard dans les calculs aux puissances supérieures à la pre mière, des masses planétaires, n’èst pas de nature à nous rassurer.
- Avant tout il faut savoir que la distinction entre perturbations périodiques et séculaires est plutôt une question de méthode de calcul que de principe. Gyldèn et d’autres ont même cherché à éliminer des calculs les perturbations séculaires. Sans donner pleine confiance à leurs efforts — car leurs développements ne paraissent pas tout à fait suffisants — on peut affirmer que toutes les perturbations, soit qu’elles dépendent de la position respective des planètes, prises deux à deux, sur leurs orbites, soit quelles proviennent de la position respective des orbites, sont périodiques, la période atteignant parfois des centaines de mille ans. En effet, au bout de quelques centaines de milliers d’années les planètes de notre système reviendront aux positions initiales, aux positions de l’origine, après
- avoir passé par toutes les dispositions possibles.
- D’un autre côté, les théories géologiques et cosmogoniques nous assurent qu’il faut compter par centaines de imillions d’années l’ancienneté du-monde. Il s’ensuit qu’à traversées âges les planètes, et leurs orbites, ont pris successivement, les unes par rapport aux autres, toutes les positions possibles. Les collisions, les désastres célestes, s’il devait en arriver par suite de l’accumulation des perturba tions pendant quelques centaines de mille ans, ont eu lieu. Ce qui reste debout est assuré pour tous les siècles à venir.
- Du reste les orbites des grosses planètes pourraient s’entre-croiser sans que le danger d’une col lision entre elles eût une probabilité appréciable En effet, dans l’anneau des 1000 petites planètes connues — sans parler des milliers qui restent à découvrir — il y en a dont les orbites s’enchevêtrent les unes sur les autres sans qu’il arrive des chocs.
- On pourra trouver une confirmation du principe énoncé ci-dessus — c’est-à-dire que les collisions qui étaient possibles ont dû avoir lieu, et que maintenant il n’y a plus rien à craindre — dans le fait suivant. Ce qui pourrait donner lieu à dés perturbations compromettant la stabilité de notre système serait avant tout une exacte commensura-bilité entre les moyens mouvements de deux planètes, par exemple d'une petite planète avec Jupiter, car alors les variations des grands axes iraient en s’accumulant. Or, dans l’anneau des petites planètes on a constaté des lacunes qui correspondent préci sément à des moyens mouvements égaux à 2 ou à 3 fois celui de Jupiter, dont les perturbations sont prépondérantes.
- Cela nous amène à formuler les deux hypothèses suivantes :
- Ou, à l'origine, comme maintenant, il n’y a pas eu de planète occupant ces lacunes ; ou bien, s’il y en avait, les fortes perturbations de la part de •Jupiter, à cause de l’exacte commensurabilité, ont donné lieu à des collisions qui ont produit leur destruction.
- Ajoutons que les annales de la mécanique céleste nous présentent un exemple lumineux de la puissance de cette science. L’illustre Lagrange eut à s’occuper d’une manière tout à fait théorique de l’un des cas où le problème des trois corps peut être résolu complètement. C’est le cas d’une petite planète ayant un moyen mouvement identique à celui de Jupiter. Lagrange trouva qu’une pareille planète ne pourrait échapper aux perturbations que si sa distance du soleil était égale à sa distance à Jupiter. Quand ces trois astres se trouvent aux sommets d’un triangle équilatéral, l’action de Jupiter est la même sur le soleil et sur l’autre planète, donc pas d’attraction différentielle, pas de perturbations. Cette recherche de Lagrange n’attira pas beaucoup l’attention des astronomes, puisqu’elle ne trouvait pas son application. Mais voilà que, un siècle plus tard, on découvre d’abord une,
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- ensuite deux, enfin cinq petites planètes dont le moyen mouvement— surtout pour les deux premières — est à fort peu près égal à celui de Jupiter--Quel triomphe pour la théorie lorsqu’on dut constater que ces astres se trouvaient précisément dans les conditions prévues pour leur stabilité ! Pour être exact*••nous- devons dire qu’il restait toutefois un très petit écart prévu par.la théorie elle-même, dans le sens que ces petites planètes accomplissent de très petites oscillations, que l’on appelle Librations, autour du sommet du triangle équilatéral. Le poète avait bien raison de chanter.
- Il est avec le ciel des accommodements.
- Il est possible qu’à l’origine, outre ces cinq planètes, il y en avait d’autres dont le moyen mouvement était égal à celui de Jupiter, mais n’étant pas placées dans les conditions nécessaires pour leur stabilité, elles ont été détruites par des chocs.
- Nous avons vu que la probabilité de la rencontre
- de notre soleil avec une étoile est pratiquement nulle. Quant aux exemples de conflagrations dans des astres auparavant obscurs, s’il reste encore des astronomes qui les attribuent à des rencontres, l’opinion presque générale est que ces phénomènes sont dus ou au frottement avec une nuée de poussière cosmique ou à des éruptions internes. Il suffirait d’une pluie très abondante de météorites sur un corps obscur pour y produire l’incandescence.
- Or, notre soleil est déjà bien embrasé et la rencontre de quelque nuée, cosmique ne compromettrait aucunement son existence. Au contraire, on a acquis la conviction que des chutes de matériaux cosmiques, par exemple des débris de comètes, ont lieu presque continuellement sur le soleil.
- La conclusion de cet article, la voici : l’univers est très stable. Plût à Dieu que, dans les choses de ce bas monde, on rencontrât la même stabilité !
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- CLÉMENT ADER
- Un grand Français vient de disparaître. Clément Aller vient de mourir à l’âge de 84 ans. On lui avait donné le surnom mérité de père de 1-aviation. Il fut en effet, non seulement le premier homme qui s’envola sur un engin plus lourd que l’air, niais encore, il fut, à un moment où personne ne prévoyait l’essor dé la navigation aérienne, le prophète et l’apôtre de l’aviation. Ses anticipations, bien plus précises et surprenantes que celles d’un Wells par exemple,, ont toutes été réalisées avec une étonnante exactitude. Bien avant que l’aéroplane n’existât pratiquement, il comprit et proclama l’importance militaire et commerciale de l’aviation et posa les principes île sou organisation ; bien des années plus tard, les directives qu’il avait exprimées ont été suivies. Longtemps il prêcha dans le désert; mais il put vivre assez longtemps pour recevoir la suprême récompense qu’il avait rêvée, voir tout ce que son génie avait pressenti devenir une réalité.
- Avant de se consacrer au problème du vol humain, Ader avait acquis déjà une juste notoriété par de nombreuses inventions. Le téléphone, alors à ses débuts, l’avait attiré ; on lui doit de nombreux perfectionnements apportés à cet appareil, et notamment la création du théatrophone qui lit sensation à l’Exposition d’EIectri-cité de 1881.
- Ces travaux lui avaient procuré une petite fortune qu’il décida de consacrer à la réalisation de l’aviation à moteur.
- Ader était un ardent patriote; nos revers de 1870 avaient fait sur lui une impression profonde; il prévoyait une nouvelle conflagration plus terrible que la première, et il voulait donner à la France une arme nouvelle qui lui assurerait clans la guerre future une supériorité indiscutable. Animé par cette noble inspiration, il se met à la besogne dès 187b. Supposant le problème résolu, il conçoit d’abord dans ses grandes lignes l’organisation cl’une armée aérienne, et les tâches militaires réservées aux engins volants pour qui il crée le nom d'avion. Parlant de là, il se fixe les types d’appareils
- à réaliser. Il s’attache à l’observation et à l’étude du vol des oiseaux, des courants atmosphériques.
- Enfin, en 1882, il commence l’étude et la construction d’un premier avion, L’Eole, en forme de chauve-souris. En 1890, commencent les premiers essais de l’Eole, dans le parc d’Armainvilliers. Le 9 octobre 1890, l’Eole monté par l’inventeur fit une première envolée de 50 m. à faible hauteur. L’année suivante à Satory sur piste rectiligne de 800 m., l’Eole, toujours monté par l’inventeur, fait un vol de 100 m., mais il sort de la piste et va s’abîmer contre un obstacle.
- M. de Freycinet, alors ministre de la guerre, s’intéressa à ces expériences et au mois d’octobre 1891 décida de les faire continuer par le département de la guerre pour la défense nationale.
- « Comblé de joie, dit Ader, nous fîmes un projet général : Fondation d’une école d’aviation et d’avionne-rie. Etablissement d’un arsenal pour la construction des avions. Stratégie et tactique aérienne. Création d’une armée aérienne aviatrice. »
- Un grand laboratoire fut bâti tout exprès, d’où sortit 1 ’avion n° 3, celui qui est aujourd’hui exposé au Conservatoire des Arts et Métiers. Dans la pensée de l’inventeur> cet engin était destiné à devenir un avion torpilleur, nous dirions aujourd'hui un bombardier. Il avait la forme générale d’une chauve-souris et était mû par un moteur à vapeur pesant 3 kg par cheval commandant 2 hélices à 4 pales. La réalisation mécanique était remarquable pour l’époque. Ader- prévoyait du reste l’emploi ultérieur de moteurs à essence. Le 12 octobre 1897, l’avion fit un premier tour de piste de 1500 m. par petites envolées. Les essais reprirent le 14 octobre 1897, en présence du général Mensier, directeur du génie, et du général Grillon. Le temps était mauvais, le vent soufflait par rafales; néanmoins l’avion profitant d’une accalmie quitta le sol et fit une envolée cle 500 m. ; mais le vent reprenant très fort, Ader instinctivement coupa la force motrice, l’appareil vint atterrir brusquement sur un terrain accidenté et se brisa.
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- Le ministre delà guerre, découragé* abandonna Ader, ce fut un grand malheur ; l’inventeur, presque ruiné, n’avait plus les moyens de.continuer, ses travaux, il brida les plans de ses appareils et, la mort dans l’àme, renonça à poursuivre ses travaux. Sans doute l’avion n" 5 n’eùt jamais donné un engin réellement pratique ; mais Aller était dans la bonne voie et s’il eut pu continuer son effort, il est certain 'qu’il aurait abouti. Les appareils de Farman, de Voisin, de Santos-Dumont, de Blériol qui commencèrent à voler en 11108, n’avaient pas fait mieux que celui d’Ader à leurs débuts.
- Du fait de l’abandon d’Ader, des éludes, des expériences qui représentaient pour la France une avance précieuse ont été entièrement perdues. La malheureuse décision du Ministère de la Guerre de 1897 a retardé de 10 ans l’éclosion de l’aviation française et la naissance de l’armée aérienne; d’auiant plus que les travaux d’Ader étaient restés secrets et furent complètement ignorés de tous les chercheurs de la glorieuse phalange de 1907-1908.
- En 1909, Ader, dans un livre remarquable, expose ses idées sur l’armée aérienne, celles précisément qui l’ont guidé dans ses recherches. Il la voit constituée pailles avions torpilleurs, lançant sur les villes des bombes de • 1 à 100 kg, par des avions de reconnaissance rapides et par des avions de ligne protégeant les premiers dans leurs
- missions, attaquant les avions ennemis à la grenade, les troupes à terre à la grenade ou à la fléchette; il prévoit l’organisation des camps d’aviation et leur répartition commandée par les nécessités stratégiques, il prophétise le rôle de l’avion marine bombardant les cuirassés et revenant se loger dans un navire porte-avion. Il prévoit encore l’intervention de l’artillerie contre avions qu’il dénomme artillerie verticale. Il entrevoit la révolution que l’aviation imposera à la fortification. Il fixé a 1000 avions l’effectif de l’armée aérienne.
- En 1909, l’aviation naissait; les pouvoirs publics comprenaient l’importance de ce nouveau mode de locomotion. Pourtant la voix du grand pionnier ne fut pas entendue. Mais cette fois, elle ne se fît pas entendre tout à lait en vain. Les belles leçons, données dans son livre l'Aviation militaire, n’ont pas été perdues, et lorsqu’en 1914, il fallut presque improviser l’année aérienne, il n’est pas douteux qu’elles en ont inspiré les organisateurs. La guerre a donné a toutes les vues prophétiques d’Ader les plus éclatantes confirmations.
- Justice lui a été rendue tardivement; sur ses derniers jours, Ader qui n’avait reçu jusqu’alors aucune récompense nationale, a été nommé commandeur de la Légion d’honneur. Le Gouvernement s’est honoré en décernant au grand inventeur des obsèques nationales.
- A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de
- Élection.- — En remplacement de M. E. Berlin, M. Eugène Fichot a été élu Membre de la Section de Géographie et Navigation.
- La mesure des courants extrêmement faibles. — Basée sur l’emploi d’un double condensateur à air, dont l’armature intérieure est unique, tandis que l’armature extérieure est formée de deux parties isolées l’une de l’autre, M. Szilard a imaginé une méthode qui ne comporte aucune mesure de temps et dont les résultats ne dépendent ni du réglage de l’électromètre, ni de la fuite spontanée. Elle permet de mellre en évidence des courants de l’ordre de 10-5 U. E. S. et de mesurer, avec des erreurs absolues de cette grandeur, des courants cent mille fois plus intenses.
- Les propriétés hémostatiques de la pectine. — MM. Violie et de Saint-Rat décrivent les expériences qui leur ont indiqué la propriété qu’a la pectine de se coaguler, en présence de sels de calcium, sous l’action de la pectàse. Les solutions de pectine employées étaient à la dose de 1 pour 100 et la pectase se retirait de la luzerne fraîche, suivant la méthode de G. Bertrand et Mallévre, par saturation du jus au chloroforme.
- L’électrolgse des acétates alcalins. — Comme'solvant de ces sels, M. J. Salauze a employé l’alcool méthylique. Dans i ces conditions, les phénomènes d’oxydation sont évités et, si l’anode est inattaquable par les ions CH3 CO 0., sa nature a une influence moindre que si l’on opère en milieu aqueux. Enfin, si en présence de l’eau, le rendement en étliane atteint 85 pour 100, en milieu méthylique, il monte à 95.
- Les gaz naturels dans la Limagne d'Auvergne. — M. Fric a pu analyser les bulles gazeuses, venant à la surface de l’eau qui remplit les trous de sonde au Puv-
- mars 1925.
- de-Ia-Poix, à l’est de Germont-Ferrand. La teneur en. méthane atteint J 9,8 pour J 00, contre 75,8 d’acide carbonique et 4,6 de gaz. résiduels comptés comme azote. Dans les prélèvements laits à 10 km de là, à Pont-du-Ghfdcau, le carbure figure pour un chiffre plus élevé (57 pour 100) et sa présence est à rapprocher de Pexis-tencc des huiles analogues au pétrole signalées dans le sous-sol de la région.
- L’activation du suc. pancréatique. — Inactif vis-à-vis des protéines, lorsqu’il est recueilli pur et aseptique par catéthérisme du canal de Wirsung, le suc pancréatique n’acquiert la faculté de les digérer que par addition soit de sels calciques, soit, d’un enzvmoïde, comme l’entéro-' kinase. Or, M. Lisbonne indique un troisième mode d’activation, l’acidification qui, probablement, libère la trypsine active du trypsinogène.
- Lés limons quaternaires et les sols qui en dérivent. —- Ces limons présentent un développement considérable dans le Saint-Quentinois et. le Carnbrésis et sur les plateaux-, à des altitudes comprises entre 125 et 150 m,, M. A. Demolon a pu effectuer de nombreux prélèvements. on des points où, sous le sol arable, on trouvé nettement superposés la terre à briques, Tergeron et le limon rouge fendillé moyen. D’après de Lapparenl, ce serait là le résidu des anciens dépôts de sables et argiles tertiaires, soumis à l’action du ruissellement. Quant aux sols de culture qui dérivent de la terre à briques, ils sont, décalcifiés, parce que facilement défloculés sous l’action des pluies, et pour corriger- ces dénudations qu'accompagne une diminution de la fertilité, il y à lieu de recourir à toutes pratiques tendant à ralentir le processus de peptisation par lavage, comme le chanlage | et l’emploi des engrais humiques. Paul B.
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- MONTAGE RATIONNEL DES INSTRUMENTS A CORDE
- Quelques jours avant sa mort, M. le professeur André Broca, dont nous avons rappelé les principaux travaux dans un précédent numéro avait présenté la note suivante à VAcadémie des Sciences (séance du 16 février 1925.)
- Dans un instrument à corde, le son est transmis à la caisse de résonance par les deux pieds du chevalet, et par l’appui que le tire-cordes prend sur le sillet dû bas.
- On ne peut prendre appui sur un corps vibrant que par un point d’une ligne nodale, nous devons donc penser que les pieds du chevalet, les deux points d’appui de l’àme et l’attache du tire-cordes sont des points de ligne nodale de la table d’harmonie.. On peut,vérifier le l'ait en saupoudrant la table d’harmonie d’un violon de poudre de liège, et, faisant vibrer. La forme voûtée empêche d’avoir des résultats tout à fait nets-pour toutes les notes, niais au début de la, vibration, on voit la ligne nodale se dessiner ainsi.
- L'appui punctiforme des éléments d’appui solides, intermédiaires entre les cordes et la table serait donc tout à fait utile au point de vue du son, car une ligne nodale est en général constituée par l'interférence de deux ondes qui s’annulent. Mais si elles s’annulent sur la ligne nodale, elles se composent à petite distance de celle-ci pour donner des vibrations croissantes jusqu’aux ventres. Donc si,
- Pig. 2. — Moulage du chevalet.
- Fig. i. —- Un violoncelle et un archet étudiés par M. Broca.
- aux environs d’un poinjt d’annulation, la vibration est très petite, elle existe cependant, et si on la bride par un appui intempestif, on gène la formation du son dans le corps sonore. • . '
- On vérifie très aisément ces principes avec des verges'vibrantes ou' des tubes vibrant comme des verges. __ y _
- Il est probable, qu’une grande partie de l’art des grands luthiers a consisté à trouver-empiriquement la forme de table permettant d’avoir autour des pieds du chevalet, une série d’ondes complexes, donnant une loi de variation de l’amplitude autour de la ligne nodale assez lente pour qu’on puisse prendre l’appui du chevalet et celui de Filme qui est voisine, sur une surface finie........
- C’est d’ailleurs pour brider le moins possible la vibration de la table que les chevalets ont des pieds amincis vers leurs bords.
- Mais on peut arriver à de beaucoup meilleurs résultats en constituant rationnellement les pieds du chevalet.
- Pour cela, le pied est taillé en surface bombée ou pyramidale, ou encore munie d’un petit clou à tète ronde. On colle autour de ce pied une lame- de liège percée d’un Irou pour la tète du clou et l’on colle sur la face extérieure une petite lame de
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- MONTAGE RATIONNEL DES INSTRUMENTS A CORDES
- ressort sur laquelle la tète du clou prend appui. Si l’on monte un chevalet ainsi construit, on a les meilleurs résultats, la lame de ressort empêchant la pointe d’entrer dans la table et sa grande flexibilité ne gênant pas les petites vibrations autour de la ligne nodale.
- Mais la lame de ressort blesserait le vernis de la table d’harmonie, il faut donc, au point de vue de la conservation de l’instrument, coller par-dessus une mince . lame d’érable, qui jouera encore le rôle de matelas élastique et ménagera la table autant qu’un pied ordinaire de chevalet.
- De même l’àme, au lieu d’être taillée à grand’peine en sifflet pour s’adapter bien exactement à la table et au fond, sera taillée en surface bombée à ses deux extrémités, iet celles-ci seront engagées dans des bouchons de liège convena-blement creusés et collés sur le bois de l’àme.
- Les âmes ainsi constituées sont peut-être un peu plus difficiles à placer que les âmes ordinaires, mais c’est une difficulté très relative puisque, tout en n’étant pas luthier, j’ai pu faire moi-même cette opération.
- D’ailleurs, si l’introduction est un peu délicate, le réglage, c’est-à-dire la partie vraiment artistique du montage, est infiniment plus aisée, le seul desideratum étant une longueur telle que l’écrasement du bouchon soit convenable. D’ailleurs si les aines beaucoup trop serrées ou beaucoup trop lâches sont mauvaises, il y a une tolérance très grande, beaucoup plus grande qu’avec l’ancien montage.
- Le tire-cordes prend, dans les montages actuels, un appui en deux points sur le sillet du bas. On peut aisément, au moyen d’un lien en 8, obtenir un appui punctiforme, qui améliore beaucoup le son.
- Enfin, pour répartir tout à fait uniformément la
- également
- Fig.
- pression des pieds du chevalet sur la table, malgré- les petites irrégularités -du bois et la différence de dureté des fibres du sapin, il est très utile d’interposer quelques épaisseurs de peau de chamois.
- L’emploi de la peau de chamois introduit encore une amélioration, l’amortissement des vibrations transversales des chevalets d’où résulte une remarquable simplification du son et une grande facilité [d’attaque, la période troublée du début de la synchronisation étant rendue beaucoup . moins importante.
- Il faut
- coller tous les éléments avec de la colle de gomme en très petite quantité, ce qui, loin de nuire à la table d’harmonie, est pour elle une cause de conservation, la peau protégeant le vernis contre le chevalet, tout en le laissant absolument intact, comme on peut le .voir en décollant la peau, même sans grande précaution.
- Ce collage est d’ailleurs absolument indispensable vu l’intensité extraordinaire de son ainsi obtenue, qui, sans cela, cause des déplacements rapides du chevalet et de l’âme.
- Il faut également maintenir le haut du chevalet soit par un lien adapté au bout de la touche et au tire-cordes, soit par un l'une des cordes.
- Avec ces précautions, les instruments gagnent notablement en qualité, en puissance et en facilité, de jeu, comme la pratique Ta vérifié..
- Les essais ont été faits, avec l’aide très compé^-tente de M. Blondelet, sur cinq violoncelles et deux violons, qui ont gardé entre eux les mêmes rapports de qualité qu’avant la transformation, mais sont tous devenus des instruments de qualité .exceptionnelle par rapport à -ceux qui sont munis de
- 3. — Montage du lire cordes.
- agrafage
- l'ancien montage.
- AmhuvDkoca
- Le Gérant : P. 51ass<..\. — Imprimerie Laiix.hi-:, 0, rue rie Fleures, Paris.
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- Fig. i. — Albinisme imparfait {œil normal) chez un Chelidon de fenêtre {à gauche) et une hirondelle de cheminée (à droite.)
- Fig. 2. — Albinisme imparjail chez u 11
- Rapace : Busard des marais.
- big. 3. — Hochequeue gris : individu albinos imparfait à gauche, normal à droite.
- LES ABERRATIONS DU PLUMAGE DES OISEAUX
- • Les singularités abondent dans le monde des oiseaux. Cette constatation semblerait même déjà être une de ces bizarreries, étant donné que l’on s’imagine de coutume qu’il n’est point de bêtes aussi parfaitement identiques que les représentants de la gent emplumée, pris dans une même espèce.
- En réalité, il n’est dans le règne animal nul groupe où, du coté physique comme du côté caractère, du côté « moral », on ne rencontre de si nombreuses différences. Le plumage, le chant, la façon de vivre, de s’adapter, de nicher, sont autant de points sur lesquels des dissemblances, quelquefois étonnantes, apparaissent, Même pour qui veut approfondir la question, il est bien malaisé de se former une opinion vraiment exacte 'lorsqu'on observe une même espèce dans des cantonnements de topographies différentes ou qu’on compare une race à une autre.
- C’est au surplus ce qui met en désaccord, de temps à autre, les ornithologues qui se continent dans l’étude de la faune ailée d’une seule région.
- L’une des plus intéressantes singularités qu’offrent les oiseaux est sans contredit celle relative aux modifications de plumage, parfois surprenantes et inattendues.
- Nous ne parlons pas de ces différences que ne perçoit pas l’œil du profane et qui indiquent nettement à l’or-nithophile spécialisé, non seulement le caractère d’un oiseau déterminé, mais aussi quelquefois son cantonnement précis ; de ces légères distinctions dans la forme, la couleur, à peine sensibles, mais très caractéristiques cependant, qui signalent que l’oiseau est de la race de la montagne ou de celle de la vallée, qu’il est originaire de la plaine ou du grand bois, tout en n’étant cependant pas une variété.
- N° 2669, — 50 mai 1925.
- Telle race locale possède par exemple un miroir plus large qu’une autre vivant en un habitat plus éloigné ; telle autre est revêtue d’une livrée plus claire ou plus foncée que sa voisine ; d’autres encore ont des marques déterminées plus ou moins nombreuses. Mais ces modifications exigent pour être reconnues, l’œil exercé d’un amateur expert.
- Nous n’entendons pas non plus parler de ces distinctions de couleur, de structure, de port, qui font qu’un oiseau est plus « beau » que son voisin, par ses nuances plus régulièrement réparties, plus pures, plus nettement délimitées. Pour des yeux avertis * tout cela a une importance qui se manifeste dans les expositions ornithologiques où les juges sont chargés de désigner le plus beau sujet d’une centaine de spécimens d’une même espèce.
- Il serait certes intéressant de tenir compte de toutes ces caractéristiques de formes locales qui rassemblées constitueraient une merveilleuse documentation et une précieuse contribution à l’histoire des espèces.
- Les dissemblances que nous
- l:ig. 4. — 1. Le merle blanc. Albinisme parfait el yeux rouges. 2. Albinisme parfait chez une Corneille choucas. 3. Albinisme parfait chez un geai glandivure, ara; miroir azuré.
- allons passer en revue n’exigent pas de connaissances spéciales : elles ne passent jamais inaperçues. Il s’agit'eu effet de l'albinisme, de l’isa-bellisme, du flavisme ou lutéis-me, du mélanisme, qui, en certains cas, transforment le plumage d’un oiseau si complètement que: le
- non-initié estimera être eu présence d’une espèce particulière, d autant plus que ces aberrations peuvent être complètes ou partielles, offrant des apparences plus ou moins déroutantes.
- Dans l’albinisme parfait, le sujet a ce que l’on appelle les « yeux rouges », avec un plumage complètement blanc. C’est.-un véritable albinos, dont la
- 22. — 557.
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- LES ABERRATIONS DU PLUMAGE DES OISEAUX
- chair est rose pale, le bec et les pattes d’un blanc presque diaphane, l’iris pour ainsi dire translucide, la prunelle rouge. Cet albinisme parfait est le moins commun.
- L’albinisme imparfait est plus fréquent. L'oiseau blanc a l’œil normal, le plumage seul étant décoloré entièrement.
- Quant à l’albinisme partiel, il ne porte, que sur une partie plus ou moins étendue du plumage, qui seule est modifiée.
- Un oiseau est atteint d’isabellisme, lorsque son plumage a pris une couleur isabelle, une teinte café au lait plus ou moins prononcée. Dans l’isabellisme, on ne remarque que fort exceptionnellement, pour ainsi dire jamais, une modification de la couleur de l’œil. Il n’est qu’une ou deux observations qui signalent un oiseau isabelle avec les yeux rouges.
- Le mélanisme est, au contraire, de l’albinisme, non une décoloration des plumes, mais un afflux de pigment, les plumes du spécimen ainsi transformé ayant pris une coloration noire plus ou moins accentuée, envahissant plus ou moins complètement le plumage.
- Le mélanisme parfait est une aberration extrêmement rare.
- Le flavisme ne se rencontre guère plus souvent, attendu qu’il constitue une aberration parfaite. L’oiseau revêt alors un plumage d’un jaune plus ou moins pâle. C’est une dégénérescence de couleur qui se rencontre chez les oiseaux dont la teinte dominante est le verdâtre. Tarins, verdiers, bruants jaunes, serins cinis présentent exceptionnellement cette anomalie.
- Celle-ci est au surplus partielle le plus souvent, apparaissant soit chez un bruant qui a la tète entièrement d’un beau jaune, chez un tarin qui a les ailes ou le vertex citron, un verdier dont les parties supérieures sont jaune clair, un ci ni qui emprunte quelque peu la teinte d’un canari. Encore faut-il pour ces différents oiseaux ne pas se laisser abuser par des variétés régionales dont le plumage est fort variable.
- C’est l’albinisme partiel qui offre le plus de surprises. Rien n’est plus étrange, en effet, que ces manifestations. Cette anomalie qui se localise, comme nous l’avons dit, sur l’une ou l’autre partie du plumage se présente sous les formes les plus pittoresques. Tantôt elle est symétrique, intéressant, par exemple, les deux ailes, deux endroits opposés de la tête ou des flancs.
- D’autres fois elle a une apparence qui fait dire que l'oiseau est « tapiré », c'est-à-dire -que les
- plumes blanches s’éparpillent sur tout le corps sans ordre, mais aussi quelquefois presque régulièrement, au point que le volatile devient l’image d’un damier. Certains de ces oiseaux peuvent n’avoir que la tète blanche, ne porter qu’un simple collier du plus étrange effet, être nantis seulement d’une queue immaculée. Généralement la plus grande fantaisie se donne libre cours, une aile seule étant atteinte, ou bien rien que quelques rémiges, des rectrices, des couvertures des ailes, une partie de la tête, ces modifications portant tout aussi bien sur plusieurs parties du plumage que sur une seule région du corps.
- Les expositions ornithologiques, les musées montrent à suffisance que les aberrations de plumage ne sont, en réalité, pas aussi rares qu’on
- l’imagine, sauf l’albinisme et le mélanisme purs.
- Les oiseaux le plus souvent atteints d’aberration sont ceux dont le plumage normal ren ferme le plus de teintes brunâtres,tout au moins chez certaines espèces. Les accenteurs, les fauvettes paraissent réfractaires à ces anomalies, tandis que les grives atteintes de cette « maladie a sont légion. L’isabelli sme notamment est pour ces dernières une aberration très commune. Il en est de même pour les pipits des prés, les moineaux. En ce qui concerne ceux-ci il est aisé de constater le peu de rareté des teintes intermédiaires de l’isabellisme en examinant les bandes de pierrots qui peuplent les parcs publics. Les alouettes présentent aussi des spécimens relativement nombreux sur lesquels l’isabellisme se marque d’une façon plus ou moins prononcée. Chez les bécasses, les bécassines, cette forme d’aberration est chose courante, tout comme, fait plus curieux, chez le pinson qui semblerait plutôt devoir être sujet.au flavisme. Constatation curieuse,Tes spécimens de ce dernier passereau de teinte isabelle sont généralement des femelles.
- Quant à l’albinisme partiel qui se manifeste par la présence de plumes blanches en une région quelconque de la livrée, il apparaît également chez nombre d’espèces. Les grives sont encore ici au premier rang, tout autant que les linottes qui, étrangeté caractéristique, étant donné leur plumage brun, ne sont que bien rarement atteintes d’isabellisme. Chez les linottes, ces aberrations partielles sont d’autre part singulièrement irrégulières.
- Parlerons-nous ici du moineau domestique chez qui l’albinisme partiel paraît se cantonner plus volontiers aux ailes, à la queue, plus rarement à la
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- LES ABERRATIONS DU PLUMAGE DES OISEAUX
- tête. Les pinsons ordinaires, les pinsons cl’Ardenne, ne sont pas non plus exempts de ces malformations plus rares chez les insectivores coureurs, les pipits et les alaudidés, si sujets à l’isabellisme. Il convient aussi de placer dans la catégorie des volatiles souvent marqués d’aberrations partielles, le faisan vulgaire ou de Colchide chez qui le plumage bigarré n’est plus pour provoquer l’étonnement.
- Les « victimes » de l’albinisme parfait sont assez souvent des oiseaux ayant le plumage noir. Le merle blanc n’est plus digne du dicton auquel un de ses ancêtres lointains avait donné naissance et le corbeau blanc — qui n’est de coutume qu’une corneille — héros de tant de légendes où il jouait un rôle maléfique, n’inspire, plus qu’une curiosité mitigée. L’albinisme est aussi très fréquent chez les hirondelles que leur plumage sombre prédispose à cette transformation.
- Beaucoup de sujets, parmi ces espèces endeuillées, ne portent cependant que la marque de l’albinisme partiel qui les fait tapirées, bigarrées, avec parfois la moitié du plumage modifiée ou n’avant que quelques plumes blanches dispersées sur le corps. L’isabellisme est par contre rare chez les oiseaux noirs.
- Les albinos se rencontrent dans toutes les espèces, exceptionnellement chez les unes, telles h$ rapaces, les grimpeurs, les alcédinidés, les rallidés, moins encore les palmipèdes, assez fréquemment chez beaucoup de passereaux.
- Le mélanisme, qui donne au plumage des oiseaux qui en sont atteints une teinte noire plus ou moins prononcée, est infiniment plus rare que l’albinisme, cliezl es volatiles vivant en liberté. C’est encore chez le moineau que cette variation se constate le plus souvent. Le bouvreuil semble y être aussi quelque peu exposé, quelquefois aussi les grives, les bruants, les sizerins. Comme l'albinisme, le mélanisme modifie au reste- le plumage de nombre d’es-
- Fig. — Albinisme partiel citez un Canard col-verl $.
- Fig. 6. — Albinisme imparfait chez un rouge-gorge.
- pèees, mais plus particulièrement des granivores.
- Un des plus rares spécimens connus de celle aberration est un serin cini, capturé non loin des Plateaux de Iierve, en Belgique. Ce cini a le plumage d’un noir profond sur la plus grande partie du corps, cette teinte étant très pure sur la tète, la gorge, la poitrine, le ventre. Le dos noir également, est cependant zébré de quelques stries longitudinales moins foncées. Le croupion est jaunâtre, les sous-caudales blanchâtres. La queue est. complètement noire, ainsi que le bec et les pattes. On sait que le plumage normal du serin cini se rapproche beaucoup de celui du canari vert. Cet oiseau conservé en volière a mué sans qu’aucune modification ait été constatée dans son plumage.
- On pourrait encore mentionner à litre de curiosité un faisan vulgaire chez lequel le mélanisme est fortement accusé et qui fut tiré par un chasseur bruxellois. Ce gallinacé a normalement la poitrine, les flancs d’un rouge bai éclatant à reflets dorés, avec plumes bordées de noir violet, les parties inférieures brun roussàtre. Chez cette aberration, elles sont d’un beau noir profond ; la tète est également d’un noir pur, ainsi que le cou. Le dos, tout en demeurant d’un rouge bai à reflets violets, est beaucoup plus noirâtre que chez les individus au plumage normal, le centre des plumes étant plus foncé que d’habitude, Le collier blanc a disparu, remplacé par un très léger glacis oereux peu apparent. Seules quelques plumes de la poitrine ont la pointe finement teintée d’ocre. La caroncule écarlate entourant l’œil subsiste telle que chez un sujet ordinaire.
- Des cas de mélanisme s’observent assez souvent en volière, mais ils n’ont aucun rapport avec ceux rencontrés à l’état sauvage. Ils sont de coutume provoqués par l’abus du chanvre donné comme nourriture. Les chardonnerets, les bouvreuils, les tarins, les alouettes sont principalement sujets à ce mélanisme que l’on pourrait dire artificiel.
- On constate presque toujours que les couleurs
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- vives du plumage ne sont pas touchées parles aberrations dont nous nous occupons. Le rouge, le jaune, le -bleu, par exemple ne se modifient que fort rarement. C’est ainsi que le masque rouge du chardonneret conserve sa pureté, devient même plus brillant ; que le rouge-gorge ne perd pas son beau plastron roux vif, que le pic vert s’adorne toujours de sa huppe rouge, le geai de son miroir azuré, alors que tout le reste du plumage est modifié.
- Les exceptions à cette sorte de règle sont de grandes raretés et nous n’avons vu que fort peu de sujets de ce genre. Parmi eux étaient notamment un chardonneret, un rouge-gorge et un martin-pêcheur capturés dans les Ardennes.
- Le chardonneret en question avait le masque, d’un beau jaune d’or, le martin-pêcheur était complètement blanc et le rouge-gorge avait toutes les parties ordinairement rousses, d’un blanc pur. Ce rouge-gorge était pour le surplus une aberration curieuse en tous points. Il avait toutes les parties du corps : la gorge, le front, les sourcils, les taches des couvertures des ailes (attributs du mâle) qui sont d’un roux vif chez les sujets normaux, d'une blancheur éclatante. Toutes les autres parties du corps, olivâtres normalement, étaient d’un beau gris perle. Il est intéressant de faire un rapprochement, étant donné la rareté du cas, entre ce rouge-gorge et celui d’origine anglaise qui figure au Bri-tish Muséum. Chez celui-ci, le front, la gorge, les parties inférieures sont également blanc pur, mais légèrement bordés de rouille, le reste du corps étant gris foncé, nuancé d’un peu d'olivâtre sur le dos.
- Une autre curiosité à signaler, en ce qui concerne les oiseaux de plumage noir atteints d’albinisme, est que leurs yeux prennent une teinte bleu fortcé, presque noire, caractéristique chez les corneilles. Ceci se remarque encore plus souvent chez les pies, fort sujettes aux aberrations.
- Quelles sont les causes de ces aberrations de plumage? En réalité, c’est encore un des mystères de la science ornithologique ; c’est une inconnue qui ne paraît pas sur le point d’être résolue. On a émis à ce propos de multiples hypothèses, mais aucune ne peut intégralement expliquer ce phénomène, aux aspects fort contradictoires.
- On constate que le pigment des plumes fait défaut, qu’il est coloré différemment de la normale, mais c’est tout.
- On a avancé que l’on se trouvait en présence d’une modification des globules sanguins. Cette supposition pêche évidemment par la hase. Elle se comprendrait à la rigueur si toujours l’albinisme était complet, le mélanisme, le flavisme parfaits. Mais elle tombe d’elle-même quand il s’agit d’aberration partielle. Les globules sanguins modifiés n’épargneraient pas une partie du plumage.
- Une affection des organes reproducteurs de l’un des parents qui a été incriminé par d’autres, ne peut non plus jouer un rôle en l'occurrence. Toute
- la nichée serait alors anormale. Or dans un nid, un ou deux jeunes seulement sont atteints de cette anomalie, leurs frères ou sœurs montrant un plumage parfaitement régulier.
- Pour d’aucuns, c’est l’alimentation qui seule est en cause. Erreur encore certainement. Les fauvettes sont réfractaires aux aberrations; par contre chez les grives elles sont courantes. Or les fauvettes et- les grives sont insectivores et baccivores pour ainsi dire au même degré. Si la nourriture était en jeu, tous les oiseaux d’un même cantonnement, là où se trouvent des aberrations, devraient, en majorité, être anormaux, tout au moins en ce qui concerne les granivores, se pourvoyant des mêmes graines ou baies fournies par la flore locale. Or ce n’est certainement pas le cas.
- D’autre part, la captivité ne ramène que bien rarement le plumage d’une aberration vers l’état normal. Tout au plus, après la mue, le plumage perd-il parfois un peu de son lustre et encore c’est exceptionnel chez les oiseaux bien soignés. Même l’albinisme s’accentue souvent et c’est notamment le cas pour les pinsons et les alouettes que l’on peut facilement observer.
- Ceci indiquerait que l’alimentation n’est pour rien en l’occurrence, la nourriture étant complètement transformée alors que l’oiseau vit en captivité. La cause disparue, les effets ne perdureraient pas et la mue survenant, l’aberration serait alors éliminée.
- Néanmoins, en ce qui concerne le mélanisme résultant de la nourriture — le chanvre — fournie à un oiseau captif, il est évidemment du à l’alimentation. Mais l’aberration est alors artificielle complètement et un changement de régime avant la mue le fait disparaître. Il s’agit ici d’une modification provoquée par les propriétés colorantes des graines, se transmettant par le sang, aux plumes en formation, lors de la mue. Ceci se constate au reste parfaitement lorsque les éleveurs utilisent des produits spéciaux pour colorer le plumage de leurs sujets, des canaris notamment. Le pigmentage entrepris, au cours de la mue, par un éleveur novice, laisse toujours une partie du plumage en teinte normale. Il ne faut pas oublier non plus que l’on sc trouve en ces circonstances en présence d'une pratique qui l'once le. plumage, mais ne le décolore pas. Ici n’intervient aucun des facteurs agissant dans la nature.
- 11 semblerait plutôt que l’on doive chercher la raison de ces singularités non pas dans un état général de l’oiseau, non pas. dans son alimcntationj mais plutôt dans une modification des cellules de formation de la plume. Peut-être s’agit-il simplement d’une lésion maladive ou autre des follicules dans lesquelles les plumes se développent, lésion où altération qui serait générale dans l’albinisme ou le mélanisme parfait, locale dans l’albinisme partieL plus ou moins grave dans l’isabellisme. Fait à retenir en effet, il arrive que lorsqu’on arrache à un oiseau des plumes de la queue, d’une aile, une ou
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- L’ACTINOGRAVURE
- plusieurs de celles-ci peuvent repousser décolorées, blanches le plus souvent.
- Il est aussi curieux de mentionner une autre aberration constatée sur les pinsons ordinaires, bien que rarement. C’est celle qui donne à ces passereaux une magnifique teinte vineuse extrêmement, prononcée, répandue sur tout le plumage, y compris la tête, n’épargnant que les plumes normalement blanches qui restent telles ainsi que celles qui sont naturellement noires.
- Chose singulière encore, ni l’albinisme, ni le mélanisme, ni le flavisme ne sont des « maladies ». transmissibles. La progéniture d’un couple dont un oiseau est atteint d’une aberration s’est, dans tous les cas cà ma connaissance, lors d’élevage en volière, toujours présentée en plumage normal de l’espèce. Il s’agissait ici de su jets ayant au moins trois quarts d'albinisme. En cas d’albinisme complet, les œufs n"étaient pas fécondés
- L. CoOPM.’VtV.
- L’ACTINOGRAVURE
- L’art de la gravure sur pierre ou sur métal exige, outre des cpnnaissances professionnelles étendues, un matériel qui, réduit à l’indispensable, reste compliqué, encombrant et coûteux. L’actinogra-vure permet de transformer un cliché photographique en planche gravée ; la technique, en est simple, le matériel restreint et la dépense minime.
- Son principe est le suivant :
- La gélatine d’un cliché négatif est imprégnée ou recouverte d’une matière colorante inactinique laissant l’image suffisamment apparente. Si l’on enlève la gélatine avec une pointe, suivant la figuration du cliché, on obtient un dessin au trait qui sur l’épreuve positive apparaîtra comme une gravure.
- Outillage et installation. — En tant que gravure, la plume grattoir des retoucheurs et quelques grattoirs aiguilles suffiront. Ces derniers pourront se
- confectionner aisément en emmanchant profondément dans des hampes, de bonnes aiguilles d'acier
- de grosseurs différentes, la hampe est ensuite taillée comme un crayon et la pointe libérée de quatre à cinq millimètres est soigneusement affûtée en biais sur la pierre à aiguiser.
- Le pupitre à retouche qui doit maintenir le cliché et l’éclairer par transparence est un plan incliné muni d’un verre dépoli, en regard duquel un miroir reflète la lumière du jour. Le pupitre à
- Fig. i.
- Un portrait traité par Vactino gravure.
- retouche peut recevoir aussi un éclairage artificiel, ce dernier moyen est peu recommandable, la proximité de cette source de lumière fatiguant les yeux.
- Choix du cliché. — Pour l’inte r p r é t a t i o n des clichés photographiques (plaques ou films) en gravure, nous conseillerons en général des négatifs nets et vigoureux, qu’il s’agisse de portraits, de paysages ou de reproductions quelconques.
- Eviter néanmoins les instantanés au soleil qui donnent trop de noirs opaques. Pour les portraits, les figures ne seront pas trop petites, elles atteindront au moins 5 à 4 cm sur le cliché.
- Préparation. — L’i-nactinisation qui consiste à colorer en rouge un cliché doit être particulièrement observée ; le négatif, bien lavé et séché est prêt à recevoir le colorant.
- Pour cette opération, on peut procéder de deux façons : 1° la coloration de la gélatine du cliché par le rouge d’aniline, au moyen de la solution suivante préparée à froid :
- Aniline rouge orange en poudre
- (du commerce)................ 5 gr.
- Alcool dénaturé.................. 60 c. c.
- Faire dissoudre èt ajouter :
- Eau bouillie..................... 60 c. c.
- Le cliché est plongé deux minutes dans la solution ; (l’excédent de colorant peut resservir).
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- L’ACTINOGRAVURE
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- Manipuler l’aniline avec précaution, elle possède un grand pouvoir tinctorial et tache la peau.
- Le cliché est ensuite mis à sécher, horizontalement, «à l’abri de toute poussière ; après dessiccation complète, il est prêt, à la gravure.
- 2° La projection de rouge sur le cliché par faérographe :
- Pour cela délayons dans l’eau un mélange de carmin et de jaune d’aquarelle de manière à obtenir la consistance de l’huile légère, l’aérographe vaporisera fortement cette couleur à la surface du cliché en y formant un enduit inactinique et suffisamment transparent. Le travail des demi-teintes apparaîtra plus visiblement ainsi, que par l’imprégnation d’aniline.
- Les films s’inactiniseront par l’aérographe.
- Gravure. — Disposons notre cliché sur le pupitre à retouche et au grattoir-aiguille suivons les lignes essentielles de l’image photographique, qui, par la transparence de la gélatine, fournit ainsi un calque sans pareil.
- Les traits ou tailles seront tracés d'une main ferme et souple,-('eux devant donner des noirs au tirage de l’épreuve seront bien appuyés et mettront, à nu le verre du cliché, les demi-teintes s’obtiendront par des tailles plus superficielles. A chaque taille, le grattoir doit enlever un copeau de gélatine.
- Veiller à ce que les traits soient fins et, observer les solutions de continuité..
- Tirage des épreuves au cours du travail. — Quand les lignes d’enveloppement sont données, il est utile de tirer une épreuve de premier état (même tirage que pour une épreuve photographique ordinaire) pour se rendre compte du travail accompli.
- On peut remédier à une taille défectueuse en la recouvrant de rouge, au pinceau. Si le cliché a été bien inaetinisé, l’image photographique doit être abolie, les tailles apparaissant seules sur l’épreuve.
- Continuer le travail des tailles en se guidant par des épreuves de 2d ou de 5e état, s’il y a lieu ; ces opérations sont surtout utiles pour les débuts de l’actinograveur.
- L’examen préalable de bonnes estampes gravées (modernes ou anciennes), suivant le genre que l’on veut traiter, est des plus importants.
- L’observation des lignes, leur sens, leur amplitude, leur croisement, leur parallélisme, vous indiqueront la technique à suivre.
- Le tirage des estampes gravées se fait sur papier photographique bromure ordinaire ou chamois (donnant de beaux noirs). L’impression de ce papier se fait dans la chambre noire à la lumière artifi-
- cielle dilïusée (interposition d’un écran translucide) .
- Le tirage peut se faire aussi à la lumière du jour sur papier au citrate, ou auto-vireur.
- La lanterne d’agrandissement donne aussi des réductions souvent intéressantes de clichés gravés, dans le cas où l’on désire des images précises à petite échelle.
- Voici exposées les parties essentielles de cet art graphique ; l’amateur aura probablement des insuccès au début, ils seront vite vaincus s’il fait montre de persévérance.
- La difficulté principale réside dans le travail à l’envers sur un cliché négatif, guidez-vous par une épreuve tirée avant la préparation.
- Un mot sur l’imprégnation à l’aniline : un cliché ainsi préparé démontre que l’on peut .obtenir aisément des verres colorés, a usage de laboratoire, à l’aide de vieilles plaques photographiques.
- La pointe sèche sur métal est des plus difficiles.
- Pour obtenir les noirs et les grisés ou demi-teintes, il faut des opérations diverses et délicates; l'ébarbage et l’aciérage des planches de cuivre qui précèdent un tirage d’eslampes limité.
- L ’ ac-ti nogr a vu r e don ne à la fois les noirs et les demi-leintes, de plus le tirage est, illimité.
- L’aetinogravurc est le trait d’union entre le dessin et la photographie avec laquelle elle fournit des. estampes de caractère artistique, scientifique ou industriel.
- Les épreuves originales de l’actinogravure seront facilement [reproduites par la photogravure ou la phototvpie quand il s’agira d’illustrer une œuvre, un travail, un catalogue.
- Dans le cas de cliché actinogravé, au trait (sans grisés), ledit cliché pourra impressionner directement par contact, le zinc bichromate du photograveur ou la dalle bichromatée du phototypiste sans nécessiter l’intervention préalable de la reproduction au collodion, 1 œuvre de l’actinograveur sera ainsi rendue intégralement par les arts graphiques industriels.
- Le dessin photographique. — Nous avons vu comment on pouvait interpréter une image photographique en gravure, de même on peut produire un dessin sans le concours de l’image photographique.
- Prenons de préférence une plaque au lactate d’argent, dont l’épaisseur de gélatine est mince, exposée à la lumière blanche, développée à fond, puis fixée elle donnera une surface noire
- Fig-, 2.
- Un paysage largement traité.
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- VOITURES ELECTRIQUES A ACCUMULATEURS
- opaque qui constituera la planche à graver.
- Un dessin décalqué à la sanguine et reporté sur la gélatine inversera le calque que le grattoir reproduira et complétera s’il y a lieu. Un tel travail est dif(icile, il permet néanmoins un avantage unique sur les autres arts graphiques, celui d'obtenir par
- la plaque). Dans ce cas le pupitre à retouche n’est pas utile, mais le tirage des estampes ne peut se faire qu’avec un appareil de reproduction par réflec-tion.
- Disons pour terminer et ce, à titre d’indication, que le principe de l’aclinogravure trouve son appli-
- /'/"'• 3 el 4. — Dessins Irailés par l'aclinogravure.
- une seule opération les noirs durs, les grisés et l’aspect du crayon dans toutes ses demi-teintes, ce dernier effet est réalisé par des tailles à plat, perpendiculaires à la gélatine, avec la plume-grattoir du retoucheur.
- Ce genre de dessin peut s’exécuter plus facilement sur papier photo noirci (comme nous l’avons vu pour
- cation en chromogravurc industrielle et que son processus permettra de remédier en partie au repérage défectueux des épreuves de chromos. Cette étude est trop longue pour trouver place ici, nous y reviendrons quelque jour.
- Georges Lutigineaux.
- VOITURES ÉLECTRIQUES A ACCUMULATEURS
- Aujourd’hui où la question du carburant devient angoissante pour l’automobile, il est intéressant de remarquer les efforts faits par quelques constructeurs pour ramener à l’ordre du jour la voiture électrique. Cette tentative est malheureusement trop ignorée du grand public, et il convient de fixer brièvement l’état actuel des choses.
- Rappelons tout d’abord que les véhicules électriques, premières voitures automotrices depuis le tramway parisien de 1882, virent, après une
- courte vogue, se dresser un inquiétant rival : le moteur à explosions. La lutte fut brève; progressant à pas de géants, ce dernier ruina l’essor de la voiture à accus encore trop imparfaite qui ne tarda pas à disparaître de France. Aujourd’hui, grâce aux progrès réalisés en matière de mécanique et d’électricité, et favorisée par le marasme où se trouve l’automobile thermique, elle tend à reprendre une bonne place dans la locomotion. Abandonnant ses formes primitives, la voiture électrique conserve
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- VOITURES ELECTRIQUES A ACCUMULATEURS
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- Fig. i. — Camionnette électrique A. E. M.
- acluellcmont l'apparence de sa rivale; le capot reste le même et sert à dissimuler soit le moteur, soit une partie des accus, l’autre se trouvant sous le siège du conducteur ou sur les marchepieds dans la voiture de maître qui peut ainsi conserver sa ligne svelte et élégante, et sous le châssis dans le véhicule industriel oh le souci du pratique passe avant celui de l’eslhétique.
- Les automobiles électriques sont de deux types principaux : 1° à moteur unique; 2° à deux moteurs indépendants.
- Voitures à accumulateurs à moteur unique. — Ce type de voiture trouve principalement son emploi dans la voiture de maître et la camionnette légère. Le moteur, dissimulé sous le capot, très fréquemment' un moteur série à deux collecteurs, assure la marche du véhicule par l’intermédiaire d’une hoite de vitesse et d’un différentiel.
- Les accumulateurs se composent soit de GO éléments de traction au ferro-nickel, soit de 42 au plomb. Leur eapacitépeut varier de 225 à 550 ampères-heure en 5 heures ; ils sont placés sous le siège et dans des coffres à l’arrière ou sur le marchepied, et alimentent le moteur par l’intermédiaire d’un eombinateur du type à tambour, servant à réaliser divers couplages des induits et inducteurs suivant les besoins de la jiiarche. Une pédale, actionnant un
- interrupteur, coupe à fond de course le courant principal entre les accumulateurs 'et le eombinateur que l’on peut alors manœuvrer sans dommages pour les contacts; ramenée à sa position première par un ressort antagoniste, elle rétablit le circuit en passant par une série de résistances qui s’éliminent au fur et à mesure. Toute erreur de conduite est rendue impossible par un système de verrouillage qui empêche rigoureusement de manipuler le levier du eombinateur sans avoir au préalable ag sur la
- L’équipement électrique de la voiture comporte en outre un dispositif de freinage (moteur débitant sur résistances), d’éclairage et divers accessoires, volt-ampèremètre, compteur, indicateur de vitesse, etc.
- Voitures à accumulateurs à deux moteurs indépendants. — Rencontré surtout sur les camions de fort tonnage et les camionnettes, ce dispositif comprend : deux moteurs directement placés sur l’essieu arrière qui attaquent les roues par l’intermédiaire d’une couronne dentée intérieurement. Le grand avantage de cette disposition est la simplification des transmissions, la suppression du différentiel, organe essentiellement délicat.
- D’autre part, la grande gamme de vitesses que l’on peut donner à la voiture par couplages appropriés des moteurs permet de supprimer le changement de vitesse mécanique, non moins importante source d’ennuis.
- Comme dans le cas précédent, nous retrouvons ici eombinateur et contacteur, freinage électrique, avec ou sans récupération, suivant l’excitation, shunt ou série des moteurs.
- On peut encore diviser les véhicules à traction électrique en trois classes selon leur tonnage, et voici pour chacune d’elles, résumée dans ce tableau, une moyenne grossièrement arrondie des chiffres caractéristiques :
- Fig. 2.
- Autobuo électrique Renault. Société alsacienne de constructions mécaniques.
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- VOITURES ÉLECTRIQUES A ACCUMULATEURS ========= 345
- Camionnette
- légère Camionnette Camion.
- kilogs kilogs kilogs
- Poids total en
- charge . . . 2700 4590 à 4800 12 à 13 000
- Charge utile. .. 680 1040à 1650 5000à5600
- Poids des accus. 800 800 1600
- km h km li km h
- Vitesse raaxima. 25 à 50 20 à 25 12 à 16
- Vitesse moyenne 18 à 20 17 à 20 11 à 14
- Fig. 3. — Camionnette électrique Berliet 700 kg.
- Avenir des véhicules électriques. — L’extension prise en Italie par ce genre de voitures permet d’envisager leur réussite en France. À Milan particulièrement, elles sont chose courante sous forme de taxis, voitures d’arrosage, d’enlèvement des immondices, de livraisons, etc. L’une des firmes qui les exploite existe déjà, et prospère depuis plus de trois années. En France, à Lyon notamment, les
- Fig. 4. — Autobus électrique de Lyon.
- autobus à accumulateurs ont fait une heureuse apparition (fig-. 4.)
- Cependant, il sied de remarquer que si la voiture électrique a de très intéressantes qualités, on ne saurait toutefois l’employer à tort et à travers; utilisée en dehors de son rayon d’action nettement délimité, elle exposerait son propriétaire à de graves mécomptes. Alors que l’automobile à essence est nettement supérieure, disons même, seule utilisable pour les longues randonnées, la voiture à accumulateurs se montre beaucoup plus avantageuse pour les petits parcours (80 km environ), ne nécessitant pas de grandes vitesses (transports urbains et suburbains), donnant lieu à de fréquents arrêts; point de pénible mise en route, ni de ralentis onéreux ; la voiture ne consomme que lorsqu’elle roule. On a donc intérêt à l’adopter pour toutes livraisons en ville, services municipaux, transports en commun, taxis, postes, etc. La propreté, l’absence de bruit, d’odeurs désagréables,.de dégagements de gaz nocifs, la facilité de conduite, le minimum de délicatesse, tout est réuni dans la voiture électrique. En outre, comparé au moteur à explosions brutal par sa conception même, le moteur
- électrique possède une souplesse qui augmente le confort et double la durée du véhicule. Le seul entretien est celui de la batterie d’accumulateurs, entretien minime., trop connu pour qu’il y ait lieu d’en parler ici, et qui peut être encore réduit par l’emploi d’éléments au ferro-nickel. Enfin, un bon point pour la voiture électrique, est la confiance apportée par plusieurs ’gros constructeurs d’automobiles français qui en ont envisagé la fabrication.
- Mais le grand développement de ce mode de transport est intimement lié à l’extension des postes de recharges encore trop espacés. Il serait très souhaitable de les voir se multiplier comme l’ont fait les distributeurs d’essence. Chaque garage devrait en être muni, et l’on arriverait ainsi normalement à l’auto électrique à longue baleine. Leurs propriétaires n’hésiteront pas a se lancer s’ils ont la certitude de pouvoir recharger le cas échéant. On peut même déjà entrevoir la disparition du dernier obstacle, l’immobilisation périodique de la voiture pendant la recharge par l’interchangeabilité des accus. Cette manière d’opérer en exigerait la standardisation, chose que nous savons en bonne voie de réussite.
- Quoi qu’il en soit, la voiture à accumulateurs ne peut pas être idéalement pratique du jour au lendemain. Telle qu’on nous la présente actuellement, elle est à même de remplacer avantageusement d’automobile thermique dans les divers cas précités. Le reste se fera petit à petit, si le public, rendu un peu sceptique par l’échec d’un premier essai, veut bien aujourd’hui lui accorder, tout entière, la
- Fig. 5. — Camionnette de la Société pour le développement des véhicules électriques.
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- PÉTROLE SYNTHÉTIQUE ET CARBURANT NATIONAL
- Fig. (>. — Tableau de charge d’accumulateurs pour i5 véhicules.
- confiance qu’elle semble devoir mériter. Toute la question est là. Enfin, pour convaincre les incrédules et les pessimistes, les démonstrations, qui seront faites à l’Exposition de la houille blanche à
- Grenoble, viendront appuyer cet aperçu par des faits et des chiftres loujours plus persuasifs que les paroles.
- Daniel Mormkfi.
- PÉTROLE SYNTHÉTIQUE ET-CARBURANT NATIONAL (Suite)
- L’alcool. — Les carburants que nous avons passés en revue jusqu’ici (*) étaient extraits directement de la houille ou des lignites. Nous allons examiner maintenant une autre catégorie de produits carburants que nous pourrions produire très abondamment en France et qui, s’ils présentent quelques difficultés dans leur emploi, sont néanmoins une ressource précieuse.
- Les alcools, et. particulièrement l’alcool éthylique et l’alcool méthylique, peuvent être brûlés dans les moteurs à explosion. On a souvent avantage à les additionner d’autres carburants qui facilitent, le démarrage, un peu dur si l’on emploie l’alcool seul.
- L’alcool éthylique s’obtient principalement par la fermentation de matières sucrées d’origine végétale. Les .plus employées sont, fournies par la betterave, le topinambour, le maïs, etc. Les produits sucrés peuvent également provenir de matières végétales contenant de l’amidon ou des substances similaires après leur trans-L Voir n” 2668.
- formation en sucres, soit par action de réactifs chimiques, soit par action de ferments, c’est-à-dire d’êtres organisés sécréteurs de réactifs.
- C’est ainsi, que l’amidon, extrait par exemple de la pomme de terre, s’hydrate en donnant, du dextrose par l’action tle la vapeur d’eau. Par fermentation, on obtient ensuite des alcools.
- Les papeteries qui extraient la cellulose du bois par le procédé au sulfite, utilisent leurs eaux résiduaires pour fabriquer des alcools. Dans la fabrication d’une tonne de cellulose, on obtient environ 8 m3 d’eaux résiduaires contenant 1,6 pour 100 de sucres transformables en alcools, et. provenant de l’hydrolyse des substances ana-1 logues à l’amidon qui accompagnent la cellulose dans le bois.
- Enfin les sucreries font fermenter les mélasses dont on ne peut plus extraire de sucre, mais qui en contiennent encore une proportion importante, et obtiennent de la sorte des quantités considérables d’alcool éthylique.
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- PÉTROLE SYNTHÉTIQUE ET CARBURANT NATIONAL -
- Nous avons signalé qu’on peut obtenir de l’alcool éthylique à partir de l’éthylène contenu dans le gaz d’éclairage. Berthelot avait déjà réalisé la combinaison de l’éthylène avec l’acide sulfurique, sous forme d’acicle sulfo-vinique, puis la décomposition de ce dernier par l’eau, avec formation d’alcool et d’acide sulfurique.
- En résumé, cela revient à une fixation d’eau.
- C*H* + H*0->-CaH# OH.
- éthylène. alcool éthylique.
- Les travaux de MM. De Loisv, Damiens et Piette ont réussi à rendre industrielle cette réaction par l’emploi, comme catalyseur, des sels cuivreux qui augmentent la vitesse cle réaction par formation d’un complexe intermédiaire.
- L’alcool éthylique qui est employé mélangé à d’autres carburants, comme le benzol ou l’essence de pétrole, ne donne avec eux des mélanges homogènes qu’à la condition d’avoir été préalablement déshydraté. L’alcool de distillerie contient 5 à 0 pour 100 d’eau en volume. Pour l’en débarrasser, on le distilla sur la chaux vive (procédé Lorielte) ; on peut, encore le déshydrater en lui faisant parcourir une colonne où circule en sens inverse de la glycérine (procédé Mariller), ou bien en l’additionnant d’une quantité de benzène telle, qu’à la distillation, l’eau passe entièrement avec, le mélange ternaire eau-alcool-benzène. En principe, le « carburant national » français consiste en un mélange de 10 pour 100 d’alcool éthylique déshydraté avec 90 pour 100 d’essence.
- Une autre fabrication, celle de 'Yalcool méthylique, fait partie des problèmes que nous examinons. Jusqu’à ce jour, la seule source d’alcool méthylique était la distillation sèche du bois; on obtient ainsi, en môme tem<ps, de l’acide-acétique, de l’acétone, etc... Pays pauvre en bois, la France ne peut en fabriquer, par ce procédé, que des quantités très faibles; les principaux producteurs sont les Etats-Unis et la Hongrie.
- On a trouvé le moyen de fabriquer par synthèse à partir du gaz à l’eau, c’est-à-dire de la houille, l’alcool méthylique et des hydrocarbures. Les procédés employés paraissent d’une importance capitale et méritent d’être décrits avec quelque détail.
- D’une façon générale, ils consistent à faire passer sur un catalyseur convenable, un mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène (gaz à l’eau) comprimé à 150 ou 200 atmosphères et chauffé entre 200° et 400°. On doit obtenir les réactions :
- CO -U 2 H2 -* CH3 OH
- oxvdo de carbone. alcool méthylique.
- “ CO2 + 3 H2 -*• Cil3 OH + H2 O
- Mais selon la nature du catalyseur on obtient égalemen I des réactions telles que la suivante :
- GO + 5 II2 CH4 + H2 0.
- On a donc des hydrocarbures.
- Dans le cas de la fabrication exclusive de l’alcool méthylique, la présence de traces de fer est prohibitive, à tel point que tout l’appareillage, y compris les conduites de gaz, doit être en cuivre. Au contraire, en présence de fer, on obtient surtout des alcools supérieurs, des acides et des hydrocarbures, mélange complexe, que son inventeur, Franz Fischer, a nommé le « synthol ».
- Pour la synthèse de l’alcool méthylique, la température optima semble être aux environs de 500° et varie d’ailleurs avec l’activité du catalyseur. Ce dernier peut être constitué par des mélanges très complexes et variés d’oxydes métalliques et de métaux, dont certains sont décrits dans les brevets allemands de la Badische Anilin und Soda Fabrik et les brevets français de M. G. Patart. Nous pouvons en résumer l’action de la façon suivante :
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- le catalyseur de la réaction de synthèse proprement dite est vraisemblablement un sous-oxvde provenant d’un oxyde métallique approprié, contenu dans la masse catalytique (oxydes d’uranium, de chrome, de vanadium, de tungstène, etc.). Mais, pour la formation de ce sous-oxyde, il est nécessaire que la masse de contact contienne, soit un métal (zinc, cuivre), soit un oxyde facilement réductible en métal. Les sels de fer et de nickel, ainsi que les produits alcalins, doivent être soigneusement évités. Enfin les gaz réagissants doivent être convenablement épurés.
- Pour la fabrication du synthol, le gaz à l’eau, débarrassé de l’hydrogène sulfuré et des autres composés du soufre, passe sous une pression d’une centaine d’atmosphères et vers 400° ou 500° sur un catalyseur tel que la limaille de fer potassée, ou encore du ferromanganèse imprégné *de carbonates alcalins. On obtient ainsi de l’alcool méthylique, d’autres produits oxygénés (alcools, aldéhydes et mêmes acides) et enfin une huile composée d’hydrocarbures et présentant de grandes analogies avec certains pétroles naturels.
- Il est intéressant de signaler que le professeur Sabatier, en faisant passer un mélange d’oxvde de carbone et d’hydrogène sur du nickel réduit pur avait obtenu une des réactions qui sont réalisées dans la fabrication du synthol : la formation du méthane.
- Des efforts du même genre que ceux que nous venons de décrire et qui ont été signalés au dernier Congrès français de la Motoculture (1924), se sont attachés à produire synthétiquement des carburants à partir des gaz naturels ou du gaz à l’eau transformé en méthane par la réaction de Sabatier citée plus haut.
- Le procédé consiste à faire passer le méthane dans l’arc électrique et à provoquer dans ces conditions la réaction connue de Berthelot :
- 2 CH4 -> C2 H2 -f- 5 H2
- On obtient donc de l’acétylène dilué dans l’hydrogène. Ce mélange gazeux se polymérise sous l’action de la chaleur et de catalyseurs en donnant naissance à des hydrocarbures cycliques; on peut à leur tour les hydro-' gêner par les procédés classiques et on obtient ainsi des carburants. Cette méthode, très élégante au point de vue chimique, rencontre quelques difficultés dans l’application industrielle, car les réactions sont limitées : tout le problème consiste à produire l’acétylène à bon compte. Ce procédé, qui a su retenir l’attention, exigera peut-être encore quelques efforts avant de conduire au but cherché.
- Enfin, nos colonies peuvent trouver une ressource très utile dans l’emploi comme carburants des huiles végétales ou des produits qu’on peut en extraire. Il est intéressant de signaler les travaux remarquables du professeur Mailhe, qui a pu transformer ces huiles — éthers-sels d’acides gras — par l’action du chlorure de zinc et de la chaleur en carbures d’hydrogène. utilisables dans un moteur.
- Les renseignements, forcément sommaires et incomplets, que nous avons donnés dans ces deux articles, permettent de se faire une idée des efforts considérables qui se sont appliqués à résoudre le problème des carburants.- Si les solutions définitives ne sont, peut-être pas immédiates, les travaux effectués nous ont acquis cependant des résultats déjà intéressants et qui suffiraient à justifier le labeur qui se poursuit, comme beaucoup des espérances qui y sont attachées;
- II. Winklek et L. Jacqué.
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- LES LIMITES DE VÉGÉTATION DANS
- La plupart des phytogéographes ont consacré une bonne partie de leurs études à déterminer des limites de végétation et à rechercher leurs causes. Ils ne sont pas arrivés à des résultats probants.
- Ceci provient sans doute de la méthode employée. Ces auteurs (sauf peut-être Grisebach) choisissaient arbitrairement quelques plantes dont ils traçaient la limite totale. Or, s’il est déjà difficile d’avoir des renseignements précis, d’une part sur les limites de végétation, d’autre part, sur les conditions climatiques, quand on n’étudie qu’une région peu étendue, cela devient presque impossible lorsque ces recherches portent, par exemple, sur l'Europe entière.
- J’ai préféré me borner à une région restreinte : le nord et l’est de la France, mais en y étudiant par contre toutes les plantes qui y croissent spontanément (1).
- Les influences qui agissent sur ces limites sont assez variées, mais celle du climat est de beaucoup la plus importante ; c’est la seule que j’étudierai dans ce court résumé.
- On peut la rencontrer sous quatre formes :
- 1° Influence de la chaleur nécessaire à la maturation. (Carte 1.)
- — Près de 60 plantes sont limitées vers le N.-O. par une ligne dirigée du S.-O. au N.-E. (parfois de 0.-S.-0. à E.-N.-E.), c’est-à-dire, en général, de la Loire-Inférieure aux Ardennes. Naturellement, il ne s’agit pas d’une limite unique, ni même d’une série de lignes parallèles; Bien plus, ces limites se coupent parfois, mais leur allure générale est sensiblement la même.
- Cette direction était déjà connue, mais presque uniquement pour deux plantes cultivées : la vigne et le maïs. Toutefois, les explications fournies jusqu’à présent sont discutables. De Candolle(2) invoque sa théorie des sommes. Je crois en avoir démontré l’inexactitude.
- . 1. On trouve tous les détails sur ces influences dans mon ouvrage : Études sur les Émîtes de végétation dans le nord et lest de la France, Paris, Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1923.
- 2. Géographie botanique raisonnée, 2 vol. Paris, Victor Masson, 1855.
- LE NORD ET L’EST DE LA FRANCE
- ~ L’influence qui agit dans l’espèce est la chaleur de l’été nécessaire à la maturation des graines. En me servant des travaux de M. Angot(1), qui avait déterminé les isothermes théoriques ramenés au niveau de la mer, j’ai tracé les isothermes réels, compte tenu de l’altitude. On constate alors que les chaleurs d’été nécessaires à la maturation peuvent se traduire par une ligne intermédiaire entre celle des màxima moyens et celle des moyennes mensuelles, pendant la période qui précède la maturation. Pour la plupart des plantes considérées, ce
- serait une ligne intermédiaire entre celle de 50°, maxima moyens d’août et celle de 17° 5, moyennes mensuelles d’août.
- On remarque naturellement que de nombreuses limites venant de la Loire-Inférieure n’atteignent la vallée de la Seine qu’après avoir décrit une courbe vers le Sud, rejetées par les collines du Perche, ou sont déviées vers le N.-O. pendant la traversée de la Seine où, en raison de l’altitude moindre, la température est plus élevée.
- 2° Influence des gelées de printemps. (Carte 2. ) — On constate qu’un nombre de plantes presque aussi important que celui de la catégorie précédente a, dans notre région, une limite presque perpendiculaire à la précédente, par conséquent dirigée N.-O.-S.-E. ( approximativement Seine-Inférieure à Côte-d ’Or ) et limitant l’extension vers le N. -E. ).
- Certaines plantes peuvent d’ailleurs appartenir à deux groupes (1 et 2 ou plus rarement 2 et 5).
- Il est indiscutable qu’il s’agit bien là aussi d’une influence climatique : beaucoup de ces limites de végétation sont brusquement rejetées vers le S. lorsque, venant du N.-O,, elles arrivent aux collines de la Puisaye et au Morvan.
- I)e Candolle n’avait pas constaté cette limite. Par contre, Grisebach l’avait aperçue, mais en dehors de notre région, pour-le Hêtre et le Châtaignier (2).
- 1. Etudes sur le climat de la France. Annales du Bureau central météorologique. Années 1884, 1903, 1904, 1911, 1913i 1914 (Paris, Gauthier-Villars).
- 2A La végétation du globe, traduit par P. de Tciuhatcheff (Paris, Baillière et fils, 1877).
- CARTE 1
- Août
- Moyennes mensuelles Maxime moyens
- 111111111 Zone oûsont centonnéeslaplupart des limites de Veyétationl/ord-Ouest
- Fig\ i. — Moyennes mensuelles et maxima moyens d’août et limites de végétation nord-ouest.
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- LES LIMITES DE VÉGÉTATION DANS LE NORD ET L’EST DE LA FRANCE 349
- D’ailleurs, il l’avait ensuite confondue avec la limite des plantes atlantiques que nous étudierons plus loin.
- Ce sont les froids qui influent, non pas les froids de l’hiver comme le pensait Grisebach, mais les froids tardifs du printemps.
- Ceci, pour plusieurs raisons : d’abord parce que, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels, l’appareil végétatif se trouve en hiver dans des conditions telles que les gelées, même intenses, n’ont que rarement un effet funeste.
- D’autre part, la ligne des froids d’hiver dans notre région n’est pas une ligne N.-O.-S.-E; sans qu’il soit utile de la déterminer d’une façon précise, il semble bien que l’isotherme de janvier n’y serait pas éloigné de la direction N.-S.
- Cette influence des gelées de printemps peut être caractérisée pour la plupart de ces espèces, par une lign e qui serait intermédiaire entre celle de — 2° (minima moyens d’avril) et celle de 0° (minima moyens de mai) avec légère influence de la ligne de
- 9°,5 (moyennes mensuelles d’avril).
- 3° Plantes atlantiques. — On trouve une liste de plantes (très sensiblement moins nombreuses dans notre région que celles des deux catégories précédentes) dont Faire forme une bande le long de l’Océan depuis le Portugal, et s’étend pour certaines espèces le long de la Manche, et même parfois de la Mer du Nord. Ce sont les « plantes atlantiques ». La majorité d’entre elles occuperait en France, la moitié occidentale et leur limite serait donc dirigée à peu près du nord au sud. (Carte 5.)
- Mais si ce type de plantes est parfaitement connu,
- CARTE 3
- Lignes d'égale amplitude
- entre lesmoyennesdumoislepluscliaudetdumoislepAisfl'oiddelannée
- .entre les mêmes moyennes mais pendant la période végëtati ve .entre les extrêmes pendant la période végétative . entre les extrêmes de Mai
- | Zone où sont cantonnées laplupart aeshmïtèsdesplantesatlantupii
- Fig. 3. — Les limites de végétation des plantes atlantiques.
- CARTE 2
- , lignes de gelée (Avril) .Moyennesmensuelles .
- , Minima moyens
- (Mai)
- Fig. 2.
- Les limites de végétation nord-est.
- on est moins fixé sur l’influence qui les limite ; évidemment, c’est le voisinage de l’Océan. Mais dé quelle façon ce voisinage agit-il?
- 1° On pouvait penser d’abord à l’humidité. Celle-ci doit être envisagée sous trois formes :
- a) Quantité de pluie. C’est encore dans les remarquables travaux de M. Angot (loc. cit., 1912 et 1913, t. I) que nous trouvons les renseignements nécessaires.
- Or, si nous consultons la carte qui indique le régime des pluies pour l’année, nous voyons que la région qui reçoit une quantité vraiment importante de pluie (800 mm) ne forme même pas une bande continue dans le N.-O. et l’O., mais seulement des îlots qui, sauf au voisinage du Massif Central, ne s’éloignent pas du littoral de plus d’une cinquantaine de kilomètres.
- Mais, va-t-on dire fort justement, ce qui importe, c’est moins la quantité de pluie annuelle que celle qui tombe pendant la période de végétation. Or, à ce point de vue, l’explication n’est pas plus satisfaisante, au contraire. En effet, le littoral ne reçoit vraiment une plus grande quantité de pluie que pendant l’hiver.
- b) Jours de pluie. L’étude du nombre des jours de pluie ne donnerait pas de résultat plus satisfaisant. Prenons un exemple :
- Paris est compris, d’après M. Angot, dans les stations à régime maritime, et Nancy dans les stations à régime continental. Or, sauf pour le mois d’avril, lé nombre des jours de pluie est plus élevé
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- 350 --— ACADÉMIE DES SCIENCES
- à Nancy qu’à Paris pendant la période de végétation.
- Nous avons vu que Paris est compris dans Faire de la plupart des plantes à affinités occidentales. Il est d’ailleurs, le plus souvent, très voisin de leur limite. Nancy, au contraire, est tout à fait en dehors de leur aire.
- c) L’humidité pourrait être enfin envisagée sous la forme de l’humidité atmosphérique. Mais les indications fournies sur ce point par les stations météorologiques sont si peu sûres, qu’il est impossible d’en tirer des conclusions.
- 2° Puisque l’humidité ne parait pas être l’influence prédominante, revenons à la température.
- Reportons-nous à la carte tracée par M. Angot pour l’amplitude de la variation annuelle (/oc. ci!., 1905). Les lignes d’égale amplitude ont, dans les Pays-Bas, une direction S.-S.-E., puis, arrivées dans le Bassin de Paris, elles prennent assez sensiblement la direction S.
- C’est donc l’amplitude de la variation qui détermine nos limites de végétation. En effet, on conçoit très bien qu’une plante ne puisse supporter de trop grandes variations de température.
- Mais cette amplitude peut être étudiée sous plusieurs formes. L’une qui est usuelle : différence entre les moyennes du mois le plus froid et du mois le plus chaud ; les autres qui consistent en modifications que j’ai cru nécessaire d’y apporter : limitation à la période de végétation, différence entre les extrêmes et non plus entre les moyennes, enfin amplitude de la variation quotidienne.
- L’étude de chacune de ces formes conduit aux résultats suivants : l’influence dominante se traduirait, pour la plupart des plantes, par une ligne intermédiaire entre la ligne de 12° 5 (égale amplitude pendant la période végétative, c’est-à-dire entre
- la variation mensuelle en mai), avec influence du nombre de jours de pluie qui devraient être d’au moins 15 pour mai et 9 en été.
- 4° Influence de la sécheresse de l’été. — On constate qu’un certain nombre de plantes sont limitées vers le S. par une ligne qui, partant du N.-O. de la France, décrit une courbe vers le N. autour de Paris, et revient sur les montagnes du Centre.
- De Candolle avait étudié une de ces plantes. Pour expliquer sa limite, il écarte nettement l’influence de la température et ne retient que l’humidité.
- L’humidité ne doit pas être écartée complètement., mais elle ne doit intervenir qu’à titre secondaire; en principe, c’est l’excès de chaleur qui limite ces plantes vers le S.
- Cette conclusion est d’ailleurs, comme les précédentes, conforme à nos observations journalières; dans nos régions, nous savons que la chaleur qui semblerait devoir être fatale à une espèce, ne l’est plus si elle reçoit une humidité suffisante.
- La chaleur nuisible serait exprimée par une ligne intermédiaire entre la ligne de 51° (maxima moyens) et celle de 17°,5 (moyennes mensuelles de juillet) ligne que ces plantes pourraient cependant dépasser vers le Sud, dès que la quantité de pluie excéderait, en juillet, 60 mm.
- Toutes ces influences climatiques ont un point commun. En effet, tandis que la plupart des anciens auteurs, qui avaient cherché le rapport entre le climat et la limite de végétation, s’étaient basés, notamment dans la théorie des sommes, sur 1 influence totale d’un facteur climatique pendant toute la vie végétative, je crois, au contraire, qu’il ne faut envisager une influence climatique — nécessaire ou nuisible — que pendant une certaine période de la vie de 1 espèce. Axmié Guillaume,
- Docteur de l’Univ. de Paris (Sciences naturelles), Docteur en droit.
- mars et juillet) et celle de 26° (égale amplitude de
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1925.
- Les volcans secondaires des Monts Dore et la période | glaciaire. — D’après M. Glangeaud, ces dômes, coulées-dômes ou volcans à cratère, cjui se sont édifiés suivant des lignes de fractures sur les flancs d’un appareil éruptif, dominé par une ou plusieurs bouches maîtresses, ont joué un rôle très important dans les répartitions des dépôts morainiques et la distribution des vallées, le plus souvent glaciaires qui entaillent l’édifice volcanique. La note du savant géologue s’attache surtout à l’étude du volcan de Saint-Pierre-Colamine (Puy-de-Dôme) et de ses abords, en indiquant que la topographie actuelle du volcan du Sancv a été, d’une façon générale, fixée par les nombreux cratères secondaires qui se dressèrent successivement sur ses flancs, puis, labourés et démantelés par les glaciers, furent ainsi fortement mis en relief.
- La détermination des grandes altitudes. — Chauffé par un ccuranl, au voisinage de 1(100°, un fil métallique
- reste en équilibre de température lorsque la chaleur due à l’effet Joule est dissipée par rayonnement et surtout par convection. Dans ces conditions, la température du fil dépend de la densité de cette atmosphère et il est possible de prévoir une relation entre la pression et la température d’une masse gazeuse d’une part, et la température d’équilibre du fil. Si le métal de ce dernier présente un coefficient de temp. convenable, on utilisera la mesure de la résistance du fil à celle de sa température d’équilibre, et on en déduira la densité de l’atmosphère. Dans ces conditions l’intensité du courant électrique traversant le fil, transporté à diverses hauteurs, sera fonction de celles-ci et il pourra servir à des mesures altimétriques, si l’appareil est maintenu à température constante. Ces remarques ont permis à MM. Huguenarcl, Magnan et Planiol de construire un dispositif à fil chaud qui présente, par rapport aux baromèlres, une sensibilité huit fois plus grande vers'14000 m.
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- ...... = LA LANGOUSTE “
- Un massif éruptif de l'ouest de Madagascar. — Chaîne montagneuse fermée, de 14 km. environ de diamètre et située entre les fleuves Ranobe et Manambao, l’Antalika-Ambereny est, au dire de M. Louis Barrabé, un gros massif éruptif qui a légèrement soulevé et métamorphosé les sédiments permo-triasiques dans lesquels il a fait intrusion. On ne saurait le considérer comme un volcan et, malgré sa forme circulaire, il semble qu’on se trouve devant un laccolite, l’àge de l’intrusion étant certainement postérieur aux couches du Trias qui ont été soulevées.
- L’hexainétkglène-tétramine et les végétaux. — Ajouté à faibles doses à une solution minérale, ce dérivé azoté du formol a exercé, dans les précédentes expériences de MM. E. et G. Nicolas, une action favorable sur le poids frais et le développement, tant en surface qu’en nombre, des feuilles de deux variétés de haricot. Les nouveaux essais conduits sur la variété naine de l’Ermitage et du S inapis alba L. indiquent que très probablement l’hexa-méthylène-tétramine peut constituer un aliment azoté pour toutes les cellules végétales, qu’elle soit absorbée en nature ou après dissociation par des bactéries.
- MARTINIQUAISE” ......351
- L’état du cerveau h la naissance chez- le Chimpanzé. — On sait qu’à la naissance le cerveau de l’homme pèse environ 350 gr., soit le septième du poids du corps et que, subsphérique, il possède déjà tous les sillons fondamentaux. L’autopsie d’un jeune Chimpanzé (Troglodytes niger L.) a indiqué à Mlle F. Coupin que, chez cet Anthropoïde, le cerveau doit se comporter comme celui cl’un nouveau né humain du point de vue pondéral ; il possède tous les plissements fondamentaux du néopallium, mais l’encéphale tend déjà vers la forme aplatie et allongée qu’il possédera, plus accentuée chez l’adulte.
- Le dosage du carbone dans les substances organiques. — MM. Desgrez et Vivario soumettent un procédé de dosage du carbone urinaire total, basé sur l’oxydation sulfochromique. Des tubes contenant du ferrocvanure de potassium et du borax suivent un tube renfermant de l’oxydé cuivrique et placé sur une grille à combustion; ils fixent le chlore et l’acide II Cl qui se dégagent et l’acide CO2 formé est ensuite absorbé à l’état de carbonate. Le procédé donne des résultats exacts si l’on opère en présence d’un grand excès de bichromate Cr2 O71(2 et d’acide sulfurique aussi concentré que possible. P. B.
- Une nouvelle venue sur le marché parisien.
- LA LANGOUSTE “ MARTINIQUAISE ”
- (Panulirus argus Latr.).
- Depuis 1916, époque à laquelle la Langouste royale (Panulirus regius, de Brit. Cap.) fit son apparition aux Halles centrales sous le nom de Langouste « marocaine », probablement parce qu’on n’en trouve pas une seule sur les côtes du Maroc, le marche français et, surtout, le marché parisien, sont habitués à recevoir des Langoustes coloniales.
- A l’époque où l’excellent crustacé mauritanien fut introduit sur le marché, on ignorait à peu près tout de nos Colonies, surtout la présence, sur les côtes de certaines d’entre elles, d’intéressantes Langoustes ; en sorte que cette malheureuse bète fut fort mal accueillie, des mareyeurs, d’abord, qui voyaient en elle une concurrente déloyale à la langouste vulgaire et s’imaginaient que son arrivée allait faire tomber lamentablement le prix de cette dernière, mais aussi du public, surpris de sa couleur verte et de ses bandes jaunes!
- A o francs ou 5 fr. 50 le kg, personne n’en voulait, en sorte que les premiers importateurs firent plutôt de mauvaises allaires et il s’en fallut de peu que la pèche n’en lut abandonnée. Mais, grâce à une propagande sérieuse, grâce à la distribution gratuite, dans certains milieux, de quelques centaines de ces Crustacés, elle finit, cependant, par acquérir droit de cité; nous la trouvons, aujourd’hui 1er mai, entre 15 à 25 fr. le kilog. au détail et il n’y en a jamais assez. Les temps sont bien changés! .
- L’importation, en France, de celle Langouste, a
- atteint certaines années jusqu’à près de 400 000 individus et si elle commence à diminuer un peu, — les pêcheurs s’en plaignent, parait-il, — c’est qu’on n’a pris aucune espèce de précaution administrative pour la protéger.
- Les pécheurs, comme les chasseurs, sont insatiables. S’ils pouvaient, d’un seul coup de filet, prendre toutes les langoustes d’un canton, ils el feraient volontiers, quitte à crier, le lendemain, à tous les échos, leur irritation de ne plus trouver de Crustacés là où il y en avait tant la veille... et de menacer le Gouvernement des foudres de tous leurs députés !
- Les mareyeurs, donc, d’une part, et le public de l’autre, n’ont pas été autrement surpris de voir arriver ces jours derniers une langouste nouvelle, apportée des Antilles et à laquelle-, pour cette raison, on a, justement, cette fois, donné le nom de « martiniquaise ».
- La « martiniquaise » a eu plus de chance que la « marocaine ». Elle a, tout de suite, -conquis le public et la petite enquête que nous avons pu faire aux Halles nous a montré qu’elle est unanimement appréciée et se vend, avec la plus grande facilité, à peu près aussi cher que la langouste vulgaire, peut-être un peu plus que la « marocaine ». Elle a atteint, en efïet, le dernier jour de vente d’une cargaison arrivée ces jours-ci et rapidement épuisée, 16 à 18 francs le kg au détail.
- Les naturalistes ont baptisé, officiellement, celte
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- LA LANGOUSTE “ MARTINIQUAISE ”
- langouste, du nom de Panulirus argus Latr. qui est synonyme de Panulirus americanus Lamk., langouste américaine.
- Je ne donnerai pas ici, bien entendu, les caractères scientifiques de ce Crustacé, mais simplement ceux qui permettent à n’importe qui de le reconnaître-au premier coup d’œil.
- La couleur, à l’état frais, est un mélange de jaune, de vert et de violet qui, suivant cpie telle ou telle nuance domine, donne à l’ensemble une teinte générale un peu différente. De plus, les 2e,
- 5e et 6e anneaux de l’abdomen portent chacun, dorsalement, une paire de larges taches jaunes latérales et, un peu plus vers le centre, une petite tache de même couleur, de chaque côté de la ligne médiane.
- Les oe et 4e anneaux abdominaux port e n t, également, une tache jaune latérale, mais beaucoup moins nette que les précédentes et qui peut manquer, quelquefois .
- Nous avons, à plusieurs reprises, soit dans nos publications, soit dans nos conférences, signalé la présence de cet intéressant Crustacé dans les eaux antillaises et il y a environ un an, nous avons fourni à des armateurs intéressés, tous les renseignements nécessaires sur les gisements de cette langouste et, grâce - à quelques hardis marins bretons, à peu près les
- mêmes du reste qui sont allés, les premiers, sur les côtes de Mauritanie chercher la langouste royale, la France est, maintenant, dotée d’un produit colonial nouveau.
- Pour le moment, ce Crustacé arrive sur le marché d’une façon sporadique; mais la pèche va s’organiser et, d’ici peu, le nombre des bateaux qui se risqueront à traverser l’Atlantique sera, espérons* le, suffisant pour que la « Martiniquaise » se rencontre aux Halles à peu près en permanence !
- Mais cette langouste n’est pas localisée aux côtes de la Martinique; nous en avons reçu, également,
- hig. /.
- La langouste martiniquaise (Panulirus argus Latr.)
- de la Guadeloupe et du Brésil où elle est commune sur toute la côte jusqu’à Rio-de-Janeiro. C’est celle que l’on trouve en Guyane et d’une façon générale dans toute la mer des Antilles et dans le Golfe du Mexique, débordant au Nord sur les côtes de l’Amérique Septentrionale et au Sud, sur celles des Guyancs et du Brésil.
- C’est la langouste couramment consommée dans les Antilles françaises ou elle se vendait, il y a seulement quelques années, de 0 fr. 50 à 1 franc, suivant la taille. Les prix doivent être maintenant bien changés!
- C’est un très joli animal, qui peut atteindre, facilement, 5 à 4 kg.
- Sa taille peut aller jusqu’à 40 à 45 cm, de la partie antérieure de la tète jusqu’à l’extrémité de la queue.
- Celles qui arrivent aux Halles ne dépassent guère 1200 à 1500 grammes.
- On sait cpie, sur les côtes de Madagascar, on rencontre cinq espèces de langoustes différentes. La distance considérable qui sépare la Grande-Ile de la Métropole et la traversée de la mer Rouge, rendront impossible, industriellement parlant, le transport de ces Crustacés en France, à l’état vivant. Mais nous espérons en revoir (car nous en avons déjà vu), et cette fois en quanti tés commerciales, transportées cuites sur place et en chambres froides. On commence à en faire des conserves en boîtes soudées.
- Tous nos efforts doivent tendre, en effet, à faire venir dans la Métropole les langoustes vivantes,
- toutes les fois que la chose est possible; sinon,
- transportées en chambres froides après cuisson sur place et, à défaut, en boites soudées. Il est inadmissible qu’avec toutes les langoustes que nous avons dans nos Colonies, nous soyons encore tributaires en France de la fabrication anglaise!
- A. Giiuvec.
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fléurus, Pans;
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- NATURE.
- N° 2670.
- 6 JUIN 1925
- “ L’HOMME-SINGE ” DU SUD DE L’AFRIQUE
- Sous ce titre sensationnel, les journaux anglais des premiers jours de février 1925 ont annoncé, d’après un câblogramme arrivé à Londres le 4 février, la découverte, dans l’Afrique du Sud, d’un crâne, le « Taungs Slcull », qui réaliserait, plus encore que le Pithécanthrope, l’intermédiaire tant cherché entre les grands Singes et l’Homme. Ces articles, reproduits ou paraphrasés par quelques journaux français, émurent singulièrement un grand nombre de lecteurs, si j’en jiige par les questions qui me furent posées de divers côtés, et auxquelles d’ailleurs je ne pouvais répondre, en l'absence de renseignements émanant d’une source autorisée.
- Aujourd'hui, il n’en est plus de même, grâce à divers articles publiés par Nature. Le premier, en
- crânien s’articulait exactement, par sa région frontale fracturée, à un autre morceau de roche dans lequel se voyait une portion de mandibule. Et un minutieux travail de préparation permit de dégager du calcaire tout un squelette facial dont M. Part nous donne des photographies, d’ailleurs trop réduites et assez mal venues (fîg. 1).
- Dès lors, on pouvait voir, au premier coup d’œil, qu’il s’agissait, non d’un vulgaire Cercopithèque, mais d'un Singe anthropoïde rappelant le Corille et le Chimpanzé. Et la découverte devenait d’autant plus intéressante que les Singes anthropoïdes fossiles ne nous sont connus jusqu’à présent que par des fragments de mâchoires, tandis qu’ici on se trouve, pour la première fois, en présence d’un
- Francfort. A gauche, norina facialis ; à droite, norma lateralis. (.D’après Nature.)
- parallel sulcus.
- lunate sulcus.
- Fig. 2. — Tracé dioptographique du crâne et du moulage endocranien de /’Australo-pithecus alricanus (i 13 grandeur naturelle). (D’après Nature.)
- date du 7 février est du au professeur Raymond A. Part, de l’Université de Witwatersrand à Johannesburg. En voici le résumé.
- Vers la fin de 1924, Miss Joséphine Salmons, élève et collaboratrice du professeur Part, apporta à ce dernier le crâne fossilisé d’un Singe qui lui avait été confié par son propriétaire, M. Izod, des mines du Rand. Cette pièce avait été extraite d’une formation calcaire formant falaise à Taungs, localité située à 80 milles au Nord de Kimberley, sur la principale ligne de la Rhodésie, dans le Rechua-naland. Elle gisait à 50 pieds de profondeur et à une distance horizontale de 200 pieds, où les travaux d’exploitation de la Northern Line Company avaient permis de la découvrir.
- M. Part consulta sur cette trouvaille son collègue à l’Université, M. Young, professeur de géologie, qui avait étudié la région et qui avait rapporté du même gisement diverses autres pièces paléontolo-giques, notamment un moulage naturel endocranien d’un Singe, un second moulage analogue et plus volumineux et quelques morceaux de roche calcaire renfermant des fragments osseux.
- En manipulant les échantillons du professeur Young, M. Part vit que le grand moulage intra-
- document beaucoup moins incomplet, donc d’étude plus facile et plus instructive. Disons tout de suite qu’il s’agit d’un jeune individu n’ayant œncore que sa première molaire définitive.
- En dehors de ce fait, déclare M. Part, ce document est important « parce qu’il nous révèle une race éteinte de Singes intermédiaire entre les Anthropoïdes actuels et l’Homme (« Apart from this evidential completeness the specimen is of importance hecause it exhibits an extinct race of apes intermediate betiveen living anthropoids and man »). C’est bien ce que nous avaient annoncé les quotidiens d’Angleterre et de France qui, cette fois, avaient servi à leurs lecteurs un gibier plus sérieux qu’un vulgaire « canard ». -Voyons les arguments sur lesquels le professeur Part hase son importante affirmation.
- Tout d’abord, dans son ensemble, le crâne parait plus « humanoïde » qu’anthropoïde. Il est nettement dolichocéphale et présenterait un développement cérébral relativement plus considérable, par rapport au développement facial, que chez un jeune Gorille ou un jeune Chimpanzé d’âges comparables.
- Les arcades orbitaires n’ofl'rent. pas la moindre
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- 53" Année- — 1" Semestre.
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- saillie, contrairement à ce qui s’observe chez les Singes anthropoïdes même jeunes.
- Les orbites et le front qui les surmonte ont un aspect humain étonnant (« amazingly human a). Les orbites ne sont pas sub-rectangulaires comme citez les grands Singes actuels, mais presque circulaires. La région ethmoïdale offre aussi des caractères humains. « Les os malaires, les arcades zygomatiques, les maxillaires, la mandibule, tout, dit l’auteur, trahit un caractère délicat et humanoïde. »
- Le prognathisme facial est faible, à peine plus élevé que chez des Bushmen. Les os nasaux ne sont pas complètement soudés dans leur partie inférieure et celle-ci se tient au-dessus des bords orbitaires inférieurs, comme chez l’Homme. Il n’y a pas d’épine nasale, mais des gouttières, comme chez les Singes et quelques hommes.
- « En second lieu, dit AL Dart, la dentition est humanoïde plutôt qu’anthropoïde. » La première molaire permanente est seule sortie des deux côtés (ce qui correspond pour un enfant humain à l’àge de six ans). Les matériaux manquent pour faire des comparaisons avec la dentition de lait des grands Singes. On peut noter toutefois qu’ici les canines ne dépassent que faiblement le bord général des dents des mâchoires, à peine un peu plus que les canines de lait humaines. Il n’y a pas de diastème entre les canines et les prémolaires, contrairement à ce qui s’observe sur les dentitions de lait des Anthropoïdes. Les canines inférieures montrent des facettes d’usure provenant du frottement des canines et des incisives latérales supérieures. Les incisives sont presque verticales comme chez l’Homme. Le contour général de la région dentaire de la mâchoire supérieure est parabolique, toujours comme chez l’Homme.
- « En troisième lieu, la mandibule est aussi humanoïde qu'anthropoïde. » Sa région symphy-siennc a un bord antérieur plus vertical que chez les Singes et même qu’à la. mâchoire de Piltdown, à peine moins vertical qu’à la mâchoire d’Heidelberg. Le fossile ne montre pas cette expansion horizontale du bord inférieur près de la région sympliy-sienne, le simüm shelf du Chimpanzé et de la mâchoire de Piltdown (‘j. Ici ce bord est massif, arrondi, comme chez Y Homo Ileidelbergensis.
- Les caractères humains de ce remarquable fossile ne sont pas limités à la face. Le trou occipital occupe une position très avancée à la hase du crâne. Le fossile devait donc avoir une attitude plus droite que les Anthropoïdes modernes. Les pieds devaient être adaptés à la marche et les mains, plus affranchies de leur fonction primitive de locomotion, devaient être des instruments plus délicats jouant déjà un grand rôle pour l’évolution progressive. En même temps, elles pouvaient servir à l’attaque et à la défense, comme en témoignent l’aspect de la face et l'atrophie des canines.
- 1. Voir II. Boute, Les• Hommes fossiles,- é<l. p. 168. Paris; Masson, 19‘2r>..
- DU SUD DE L’AFRIQUE ................,___
- Le moulage de l'intérieur de la boite cérébrale, si heureusement conservé en grande partie (iig. 2), permet de faire des observations non moins intéressantes.
- La capacité crânienne ne peut être appréciée que par d’assez vagues comparaisons. Il est raisonnable de croire, dit l’auteur, que la forme adulte du fossile avait un cerveau de grandeur absolue au moins égale à celle du Gorille. Et il y a des raisons de penser que ce cerveau était d’un type particulier, instrument au service d’une intelligence plus grande que celle des Anthropoïdes actuels. On peut en effet se rendre compte que la proportion relative de la matière cérébelleuse était plus considérable que chez le Gorille. Au lieu de présenter l’aplatissement pré- et post-rolandique caractéristique des Anthropoïdes vivants, cette région offre ici un contour arrondi et « bien rempli » indiquant un heureux développement des facultés d’association et d’activité intelligente. Le « sillon parallèle » garde un caractère pithéeoïde, mais le suie us lunalus est rejeté en arrière, vers le pâle occipital, par un développement général des territoires d’association pariéto-temporo-occipi taux.
- Ces caractères placeraient le fossile sur un plan intellectuel plus élevé que celui des Anthropoïdes actuels. Les êtres que ce fossile représente possédaient la vision stéréoscopique, l’usage à un degré supérieur de leurs mains et de leurs oreilles et, par suite, la faculté d’associer avec la couleur, la forme, l’apparence générale des objets, leur poids, leur texture, leur flexibilité, ainsi que la signification des sons émis par eux. « En d’autres termes, dit’ l’auteur, leurs yeux voyaient, leurs oreilles entendaient et leurs mains maniaient les objets avec une perfection plus grande que chez les Singes actuels,1 et répondant mieux au but à atteindre. »
- On serait ainsi en présence d’un « stock préhumain », ni Chimpanzé, ni Gorille, qui posséderait une série, de caractères différentiels jusqu’ici inconnus dans le stock des Anthropoïdes.
- Le nouveau fossile représenterait un groupement supérieur à celui des Anthropoïdes actuels par les caractères de la face, des mâchoires et du cerveau. Ce ne serait pas, comme le Pithécanthrope, un Singe à caricature humaine, mais un être aux caractères progressifs, répondant exactement à ceux qui doivent combler la lacune entre l’Homme et son ancêtre simien. AL Hart propose donc, d en faire le type d’une nouvelle famille, les Homo-Sinûadæ et d’appeler le premier représentant connu de ce groupe : Auslralopilhecus. afrimnus, pour rappeler à la fois son gisement très méridional et le continent qui l’a fourni, en concordance avec l’opinion de Darwin que l’Afrique doit être le berceau de l’espèce humaine.
- En lisant ce résumé de l’intéressant article de AI. Hart, on s’étonnera d’y constater une grave lacune.
- /U n’y a, nulle part, la moindre indication sur l’àge
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- “ L’HOMME-SINGE ” DU SUD DE L’AFRIQUE
- géologique du curieux fossile. Cela peut ne pas avoir une grande importance aux yeux d’un pur anatomiste. Il n’en est pas de même aux yeux d’un paléontologiste.
- On ne manquera pas d’être frappé également par ce fait que le fossile étudié est un jeune individu. Or, tout le monde sait que les jeunes Singes se rapprochent des enfants des Hommes par beaucoup de caractères. En faisant celte observation, je ne veux pas diminuer l'intérêt de la communication de M. Dart, qui renferme des faits curieux et nouveaux. Je veux simplement faire quelques réserves sur la portée de tous ces faits. On ne saurait émettre un jugement définitif sur la découverte nouvelle que d’après le mémoire détaillé que nous annonce l’auteur et que tous les savants vont attendre avec impatience.
- Qu’en pensent les savants anglais, si passionnés aujourd’hui pour tout ce qui touche à la Paléontologie humaine et à la Préhistoire? Nature, dans son numéro du 14 février, nous a donné l’opinion des plus qualifiés.
- Pour Sir Arthur Keith, le savant anatomiste du Surgeons College, il y a lieu d’être prudent. Le nouveau fossile ne lui parait être qu’une forme nouvelle, d’ailleurs remarquable, de Singe anthropoïde. On peut le caractériser en disant qu’il offre une tendance générale à conserver des caractères infantiles. Il doit être incorporé au groupe Chimpanzé-Gorille.
- Le professeur Elliot Smith proclame l’importance de la découverte du professeur Dart qui fut son élève. Il veut pourtant attendre d’autres informations pour se prononcer sur tous les points. A scs yeux les caractères les plus significatifs sont ceux du moulage endocranien. Il est prêt à admettre qu’il a été trouvé un singe « dont le cerveau montre la voie conduisant au cerveau humain ».
- Sir Arthur Smith Woodward parle en paléontologiste qu’une longue expérience des fossiles a rendu particulièrement prudent : il ne croit pas que YAm-tralopithecvs' présente beaucoup plus de caractères « humains » qu’un jeune Chimpanzé. Avant de connaître les crânes des grands Singes fossiles de l’Inde, on ne peut savoir si les ancêtres de l’Homme étaient africains ou asiatiques. Le nouveau fossile ne saurait avoir une grande importance à ce point de vue.
- Enfin, le I)1' Duckworlb, professeur d’anthropologie à Cambridge, présente à peu près les mêmes remarques, mais sur un ton un peu plus enthou-siale.
- En somme, les naturalistes anglais, tout en étant, avec juste raison, heureux et fiers de celle nouvelle découverte effectuée sur un territoire africain de l’Empire britannique, se montrent fort sages dans l’appréciation du travail descriptif de leur confrère, le professeur Dart, dont ils considèrent, semble-t-il, les conclusions comme un peu hâtives.
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- Tout récemment, dans son numéro du 18 avril 1925, Nature a publié un article de R. Broom, paléontologiste et géologue dont les travaux sur les Reptiles fossiles de l'Afrique du Sud sont bien connus des spécialistes. Il s’est rendu à Johannesburg où il a pu étudier à son aise YAustralopifhecus. Il partage les idées du professeur Dart et son enthousiasme va jusqu’à donner le dessin d'une restauration du crâne de l'adulte et à dresser un arbre généalogique des Singes anthropoïdes et des Hommes où l’Australopithèque joue un rôle capital, en établissant un lien entre le groupe des Singes antropo-morphes actuels et YEoanthropus de Piltdown, considéré comme l’être humain le plus inférieur Le Pithécanthrope de Java figure en belle place, comme rameau dérivé, tout près de la brandie de l’Australopithèque.
- Je n’insiste pas sur ces considérations dont la hardiesse, je dirai même la témérité, ne saurait échapper à tout homme de science blanchi sous le harnais. Mais je dois, en terminant, appeler l’attention de mes lecteurs sur une autre partie de l’article de Broom qui est à mes yeux beaucoup plus intéressante.
- D’après les indications données par Dart sur le gisement, nous l’avons vu plus haut, on ne pouvait se faire aucune idée de l’âge de ce crâne fossile.
- Or, M. Broom nous apporte, sur ce point, de précieuses indications. La falaise de calcaire dolomi-tique de Taungs, d’où le fossile a été extrait « à une profondeur de 50 pieds », est une formation géologique d’âge primaire et ne saurait renfermer des Singes fossiles. Mais cette masse calcaire, comme beaucoup de ses pareilles, a été creusée de cavernes et c’est dans une de ces galeries souterraines coupée par l’exploitation du calcaire qu’a été trouvé le crâne de YAuslralopithecus dans un dépôt sableux cimenté par des concrétions de carbonate de chaux. D’après Broom, ce fossile ne saurait donc remonter au delà du Pléistoeène, c’est-à-dire au delà de la « période humaine », pour employer l’expression de l’auteur, qui ajoute que le crâne de Taungs est peut-être même aussi récent que celui de Y Homo Rhodesiensis, dont j’ai parlé ici même (La Nature du 17 déc. 1921) au moment de sa découverte.
- Il est clair que cette constatation est de nature, sinon à diminuer l’intérêt de la trouvaille de Taungs, du moins à inciter à beaucoup de, prudence ceux qui seraient tentés de lui faire jouer un rôle important dans l’histoire généalogique des grands Singes et des Hommes. U n’en reste pas moins que la découverte de Taungs, venant après celle de Broken Hill, nous donne une fois de plus l’impression que nous pouvons attendre beaucoup des recherches-futures dans le vaste et encore si mystérieux continent africain.
- Marcellin Boule,
- Professeur au Muséum.
- Directeur de l’iuslitutde Paléontologie humain
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- ASCENSEURS AUTOMATIQUES
- La manœuvre des ascenseurs et des monte-charge exige presque obligatoirement la présence d’un homme, qui monte avec les personnes ou les colis et qui assure en temps voulu la fermeture des portes, la montée ou la descente, l'ouverture de la cage lorsque le véhicule est arrivé à destination. La manœuvre des boutons, qui produit la mise en marche et l’arrêt automatique, doit se faire avec suffisamment de précautions pour que la cage arrive au niveau de l’étage prévu; mais la charge varie et quand la commande se fait par câble, celui-ci peut être soumis à des allongements plus ou moins importants. Il est donc extrêmement rare que l’on arrive du premier coup à mettre la cage à niveau avec un étage.
- S’il s’agit de colis peu encombrants, d’ascenseurs servant au transport des personnes, cet inconvénient n’est pas prohibitif, mais si l’on a affaire à des transports par wagonnets qui circulent sur des voies, il est indispensable que le plancher de l’ascenseur soit rigoureusement sur le même plan que le plancher de l’étage, afin que la voie puisse se raccorder sans difficultés.
- Enfin la présence d’un homme occupé uniquement à diriger les manœuvres est justifiée, si l’on a affaire à des exploitations avec un seul ascenseur; mais s’il s’agit de magasins et . d’entrepôts importants, comme ceux que l’on peut rencontrer dans les ports on dans les grandes villes, on engage une dépense de salaires que l’on peut éviter grâce à une centralisation de la commande de la mise en marche, de l'arrêt et même de la fermeture et de l’ouverture des portes au moyen d’un poste central électrique de commande.
- L’une des premières installations de ce genre a été réalisée à l’entrepôt de Brooklyn, dans le port de New-York. Les bâtiments sont desservis par plus de 24 km de voies ferrées; on peut y assurer le déchargement simultané d’une douzaine de navires et les entrepôts proprement dits comportent 2 bâtiments principaux avec une surface de planchers et de halls de 49 hectares, permettant d’entreposer 15 000 wagons de marchandises.
- Le chargement et le déchargement de ces 15 000 Wagons exigent des manutentions considérables; le transport horizontal se fait par wagonnets qui peuvent former de véritables trains remorqués par des tracteurs. Il est nécessaire de monter ces wagonnets tout chargés dans les étages et l’on a ainsi 90 monte-charge, 18 sur les cages et 7 dans les entrepôts principaux.
- La manutention simultanée atteint 1500 tonnes par heure et c’est pourquoi, afin d’éviter un nombre exagéré d’ascenseurs et de monte-charge, on a établi ces engins de transport avec soin, pour cent traliser les commandes. Ces appareils fonctionncn-sans conducteurs; la manœuvre se fait par boutons, à distance, avec un réglage très exact des
- arrêts aux étages, qui permet de sortir les wagonnets des cabines sans les faire accompagner par un homme. Il faut compter 90 hommes ainsi] supprimés, réalisant, au tarif américain, une économie de 800 000 francs par an, tout en évitant les abus venant du fait des conducteurs, les arrêts, les temps morts et autres pertes appréciables.
- Les monte-charge sont installés par groupes, ce qui facilite la surveillance. Chaque groupe dessert une division et comporte 7 à 10 ascenseurs. De cette manière, on est presque sur qu’un ascenseur au moins est disponible, sans qu’on soit obligé d’attendre. Dans chaque groupe, un petit bureau à proximité est occupé par un homme qui dispose d’un pupitre analogue à celui d’un standard téléphonique.
- Sur la paroi verticale, chaque ascenseur est représenté par une colonne de signaux lumineux blancs où chaque lampe correspond à un étage. Au-dessus de chaque colonne est une lampe de couleur; quand elle est allumée, cela signifie que toutes les portes de la cage correspondante sont fermées et qu’on peut mettre la cabine en marche. Ceci s’obtient au moyen de boutons placés sur la table horizontale. Des appareils téléphoniques relient les ascenseurs à la centrale.
- Supposons par exemple qu’on ait besoin, dans un groupe, d’une cabine au septième étage, pour y charger des marchandises destinées au troisième étage. On téléphone à l’opérateur; celui-ci se rend compte que la lampe rouge brille pour l’ascenseur numéro 5, lequel est arrêté au sixième étage puisque sa lampe blanche, correspondant à cette rangée, brille. Les portes étant fermées, l’opérateur appuie sur le bouton numéro 7 ; la lumière blanche s’éteint dès que la cabine quitte le sixième étage, la lampe blanche du septième étage s’allume dès que la cabine est arrivée à l’étage désiré.
- Automatiquement les portes s’ouvrent et la lampe rouge s’éteint; l’opérateur ne peut de nouveau mettre en marche que lorsque les portes sont refermées, c’est-à-dire lorsque la cabine sera chargée et que l’ouvrier aura appuyé sur le bouton spécial. A ce moment la lampe rouge s’allume, le conducteur appuie sur le bouton numéro o; le monte-charge descend jusqu’à cet étage et ainsi de suite.
- Lorsqu’on doit consacrer, pendant un certain temps, un ascenseur à un service spécial, la commande téléphonique n’est plus nécessaire, l’opérateur se rendant compte de la suite des opérations uniquement par l’extinction et l’allumage des lampes. On gagne donc un temps considérable dans le service.
- Il est possible de rendre chaque ascenseur indépendant, car les cabines sont munies d’un levier de manœuvre permettant d’assurer leur marche, levier qui ne peut être utilisé tant que l’ascenseur fait partie du groupe.
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- ASCENSEURS AUTOMATIQUES
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- Fig•
- Au point de vue de la manœuvre même, la fermeture et l’ouverture des portes se font automatiquement. L’ouverture des portes s’amorce dès que la cabine s’approche de l’étage où elle doit s’arrêter et pendant cette ouverture, le réglage de l’arrêt exact se produit comme nous l’indiquerons ci-après. La porte se déplace d’abord horizontalement dans la cage, puis verticalement pour laisser passer les wagonnets.
- Le réglage automatique et précis des arrêts est indispensable, quand on emploie l’appareil au transport de wagonnets ou de chariots.
- Ce réglage est dit réglage « micro » et il a été appliqué tout récemment aux ascenseurs que l’on a installés dans les nouveaux magasins du Printemps à Paris.
- Le mouvement du moteur est transmis au tambour des cables d’ascenseurs au moyen d’une vis hélicoïdale; le moteur peut tourner à deux vitesses soit la vitesse normale, soit le tiers de cette vitesse. Le réglage comporte lui aussi un moteur à frein et une vis hélicoïdale ; il est relié au moteur proprement dit de l’ascenseur par le frein électromagnétique principal rotatif.
- Voici comment fonctionne le système :
- Lorsqu’on presse sur le bouton, l’appareil de mise en marche ou contrôleur automatique détermine le démarrage du moteur principal pour la montée ou pour la descente. À une distance déterminée de la station où la cabine doit arriver, l’appareil de réglage automatique fait les connexions nécessaires pour que le moteur passe de sa vitesse normale au tiers de cette vitesse et ensuite s’arrête.
- Il n’y a aucun frein prévu entre l’arbre du moteur et la roue à vis sans fin qui commande le tambour des câbles. Le frein est de l’autre côté où
- i. — Le controleur d’un groupe d’ascenseurs, dans sa cabine, d’où il commande la manœuvre de tous ces ascenseurs.
- se trouvent un disque et les mâchoires des freins, lesquelles sont libérées sous l’action d’un électro-aimant, dès que le moteur principal est parcouru par du courant électrique. Au contraire les mâchoires de freinage agissent sur le disque et arrêtent, le moteur dès que celui-ci ne reçoit plus de courant.
- Dans le fonctionnement, l'ascenseur ne s’arrête jamais exactement à la hauteur des étages, car les masses en mouvement exercent leur influence sur le frein et de plus, suivant que la cabine est chargée ou vide, on a une différence dans les arrêts.
- Le dispositif de réglage comporte ntl - commutateur monté sur la cabine qui détermine la rotation du moteur accessoire dans un . sens ou dans
- l’autre. Des galets roulent sur les.guides
- le long des
- Efectra de frein
- Fig. 2. — Fonctionnement du moteur électrique d’un ascenseur à réglage micro.
- parois mêmes de la cage du monte-charge et assurent la mise en marche du moteur auxiliaire. Si la cabine s’est arrêtée trop haut, le galet du levier supérieur met le moteur auxiliaire en marche pour faire descendre; l’inverse se produit si la cabine s’est arrêtée trop bas.
- Dès que le moteur auxiliaire reçoit du courant, un électro-aimant libère les organes de son freinage et le moteur fait tourner un manchon d’accouplement au moyen d’une vis hélicoïdale et d’une roue dentée, aussi longtemps que la cabine ne sera pas exactement au niveau voulu. A ce. moment précis, le circuit qui alimente le moteur auxiliaire est coupé, l’électro également et les organç^ de freinage agissent pour provoquer l’arrêt du moteur de réglage.
- Ces dispositions assurent une rapidité très grande dans les diverses manutentions; les exploitations mo-
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- 358 — ...—: SUR LE “ RAYON VERT ”
- dernes demandent aujourd’hui dos moyens de ce genre très perfectionnés, non seulement pour diminuer la main-d’œuvre, mais aussi pour donner aux différents appareils Je maximum de rendement. La suppression complète des ouvriers manœu-
- vres d’ascenseurs, la centralisation des commandes du fonctionnement sont certainement des dispositifs modernes indispensables, lorsqu’on a en service un grand nombre d’ascenseurs ou de monte-charge. E. Weiss.
- SUR LE “ RAYON VERT ”
- Le phénomène d’optique atmosphérique connu sous le nom de « Rayon Vert » conserve encore, malgré les progrès de la Science, une apparence quelque peu mystérieuse qui lui vaut l'intérêt du public, chaque fois que ce phénomène est évoqué devant lui. La soudaineté de son apparition, sa rareté relative, la merveilleuse limpidité du rayon « émeraude » d’après certaines relations, sont certainement parmi les causes qui ont donné çet attrait particulier au « Rayon Vert ».. Jules Verne a contribué à « populariser » ce jeu d’optique aérienne dans un de ces romans qui ont charmé notre enfance et dans lequel une idylle charmante se termine heureusement le jour où le fameux rayon éblouissant, jaillit,enfin, au coucher du soleil !
- La Nature a reçu très souvent des observations, des communications sur le « Rayon Vert » et même sur des phénomènes attribués à ce rayon, mais n’ayant aucun rapport avec lui. Nous ne reviendrons pas sur ces observations qui ont été en partie publiées ici (*) et nous n’entreprendrons pas de les discuter, ce qui pourrait nous entraîner assez loin, en raison de la multiplicité des faits rapportés.
- Nous nous proposons, dans cette courte étude, de montrer en quoi consiste exactement le Rayon Vert, d’en donner l’explication et d’exposer les recherches méthodiques dont il a été l’objet.
- Fréquence de l’apparition du Rayons Vert. — Tout d’abord, que ce soit au lever ou au coucher du Soleil, le phénomène n’est pas rare, mais il est difficile à voir et il faut souvent, pour cela, une bonne part de chance.
- 1. La Nature . 1 avril 1923 (n° 2557) : observations de M. Michel Haret; 23 juin 1923 (n° 2567) : observations de M. Effère ; 8 septembre 1923 (n° 2579) : observations de M. le capitaine de frégate Chrétien; 10 novembre 1923 (œ 2588) : observations de M. l’amiral Huguet ; 22 décembre 1923 (n° 2594) : observations de M. le Dr F. Santschi. Nous conseillons à nos lecteurs de se reporter à ces divers articles, après avoir lu les renseignements rapportés plus loin. La plupart des faits énoncés trouveront ainsi leur explication.
- En ce qui nous concerne, nous l’avons maintes fois recherché, sans jamais parvenir à le voir, que ce soit à la mer, en plaine ou en montagne, à l’œil nu ou à la jumelle.
- Un de nos lecteurs, le lieutenant-colonel Gay, nous écrivait précisément, il y a peu de temps, que la lecture du roman de Jules Verne, alors qu’il faisait ses classes au Lycée de Marseille, lui avait donné le vif désir de voirie fameux « rayon ». Âpres avoir maintes fois contemplé les beaux couchers de Soleil sur la Méditerranée, c’est bien longtemps après, en 1921, qu’un hasard heureux lui permit d’apercevoir le « Rayon Vert » à Gaveux-sur Mer (Somme).
- Il est possible que certains climats soient plus favorables que d’autres, notamment ceux dans lesquels la transparence atmosphérique est très grande, permettant au Soleil de garder tout son éclat jusqu'à l’horizon.
- Le Dr F. Santschi rappelait ici même (') que de Kairouan « où l’air est généralement très sec et le ciel pur, c’est derrière la chaîne de l’Atlas, qui se déroule à plus de 50 km. de la ville, que le Soleil montre ce rayon. Le phénomène s’y constate aisément, c’est pour moi, dit-il, une sorte de sport que de le surveiller, je l’ai fait constater à plusieurs personnes et je croyais le fait admis par tout le monde ».
- Notre collaborateur, M. “Lucien Rudaux, de son observatoire de Donville, près Granville (Manche), qui domine la mer d’une altitude de 55 mètres, a vu le Rayon Vert au moins une centaine de fois. Nous parlerons plus loin de ses remarquables observations .
- « En Champagne, pendant la guerre, écrivent MM. A. Danjon et G. Rougier — dans une étude (2) à laquelle nous ferons de larges emprunts pour cet article, il nous a été donné d’observer souvent le Rayon Vert et de le montrer à de nombreuses personnes ».
- 1. La Nature, n° 2594, 22 décembre 1923, p. 193.
- 2. « Le Rayon Vert », par A. Danjon et G. Rougier. LAs-tronomie, décembre 1920, p. 513 à 518.
- i n
- Fig. i. — La frange verte vue dans une jumelle.
- I. Une grande partie du Soleil, déformée par les réfractions inégales de l’atmosphère, est encore visible ; l’éclat du disque cache celui de la frange verte à l’oeil nu. — II. Le disque proprement dit s’évanouit (partie comprise entre le gros trait et ia ligne d'horizon) et le Rayon Vert devient visible à l’œil nu.
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- Ainsi donc, et sans insister davantage, nous dirons que le phénomène n’est pas rare, le tout est... de le voir ! -
- Conditions d’apparition du Rayon Vert. — Quelles sont les circonstances les plus favorables à la production du Rayon Vert? Une très grande
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- Lorsque le Soleil se couche, aussitôt après la disparition du disque, on voit, à la place où le dernier segment éblouissant vient de disparaître, un petit segment lumineux, de couleur verte, qui persiste une seconde ou deux. Parfois, ce petit segment vert présente une intensile merveilleuse, qui frappe
- Fig. 2. — Observations diverses de la ‘‘•frange verte” à la lunette. (Dessin de L. Rudaux.)
- 1,2, Coucher] du Soleil derrière des crêtes montagneuses éloignées de 40 kilomètres environ, observé du Soum-de-Lèche (Basses-Pyrènèes), altitude 1600 mètres, en avril 1913. 3. La frange verte est non seulement visible contre le bord solaire, mais elle est seule apparente aux deux extrémités du segment, le petit sommet lointain de gauche l’isolant surtout complètement. Cette observation suffirait, à elle seule, à combattre l’hypothèse d’un mauvais achromatisme de la lunette utilisée. 4. Coucher du Soleil au-dessus de la mer, la frange verte est, en quelque sorte, •‘vermichlaire” par suite du bouillonnement de l’image. 5. Coucher de la frange verte (V) surmontée d’une frange bleue (B). 6. Dessin très agrandi montrant la frange verte sous un fort grossissement (170 diamètres). L’image “bouillonne” et le dessin est plutôt une interprétation, très exacte d’ailleurs, de ce qu’éprouve l’observateur.
- transparence atmosphérique est tout d’abord nécessaire. « Pour que le Rayon Vert se produise, le Soleil, dit M. Lucien Rudaux, doit être très brillant, de telle sorte que l'œil ne puisse le fixer même à l’horizon. En outre, il semble que le phénomène est favorisé si, en même temps, l’image Solaire, vue dans une lunette, présente des déformations assez considérables . »
- vivement les observateurs. La coloration peut tirer sur le bleu et même sur le violet. Ainsi, le 4 août 1925, par un temps remarquablement clair, le lieutenant-colonel Gay, dont nous citions plus haut les observations, utilisant une jumelle à prismes extra-lumineuse, a eu la grande surprise de voir, à la suite d’un magnifique Rayon Vert, et le suivant immédiatement, un Rayon Violet, moins
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- Fig. 3. — Observation « permanente » du Rayon Vert.
- L’observateur marchait dans le sens de la flèche. La montagne éloignée s’àbaissant vers la droite, le segment supérieur du Soleil rasait le sommet de la montagne et, en marchant vite, l’observateur a pu voir le « point vert » pendant 5 à 6 minutes au moins, l’efl'et de son déplacement annulant celui du mouvement diurne.
- brillant, mais très nettement visible. Une personne observant à côté de lui, au moyen d’une jumelle, a fait la même observation. « Quelques jours plus tard, écrit-il, un coucher de Soleil, par temps clair, montrait, de façon indiscutable, l’existence du Rayon Bleu. »
- M. Lucien Rudaux a vu une fois, de son observatoire de Donville, avec sa lunette de 0 m. 095, munie d’un oculaire de grossissement 100, l’atmosphère présentant alors une extraordinaire pureté, successivement le Rayon Yert, le Rayon Bleu et le Rayon Violet. Ils ne furent pas vus simultanément, mais successivement, le vert se transformant en bleu, puis le bleu en violet. On verra plus loin la raison de cette succession de couleurs.
- Aspect du phénomène dans les instruments d’optique. —MM. Danjon et Rougier, dans l’étude
- Fig. 5. — Aplatissement régulier du Soleil au voisinage de l’horizon, produit par la réfraction atmosphérique. (Photographie L. Rudaux.)
- L’absorption atmosphérique, exagérée par la photographie, se fait surtout sentir à la partie inférieure de l’astre. A droite, on a reproduit la même image, mais en la tournant de go degrés. Une illusion d’optique fait paraître le So-eil encore plus aplati dans) cette position, où l’on n’a pas l’habitude de le voir.
- à laquelle nous faisions allusion plus haut, s’expriment comme suit :
- « Voici ce que révèle l’observation à la jumelle : pendant la dernière minute qui précède le coucher, alors qu’une fraction notable du Soleil est encore visible, le disque ondulant, mais bien tranché, est entouré d’une frange verte (fig. 1, I). Tant que le disque n’est pas entièrement couché, la frange n’est pas visible à l’œil nu. Elle le devient brusquement — et c’est alors qu’apparaît le Rayon Vert — au moment précis où le disque s’évanouit définitivement sous l’horizon (fig. 1, II).
- « Avec un grossissement encore plus fort, 100 fois par exemple, l’analyse du phénomène est complète : la frange verte est visible avant le coucher du Soleil pendant dix minutes au moins, bordant la moitié supérieure du disque, tandis que la moitié inférieure est entourée d’une frange rouge. L’épaisseur des franges, d’abord très petite (quelques secondes d’arc) croît à mesure que le Soleil descend, et attein t parfois une demi-minute d’arc. La frange verte, particulièrement visible, est souvent hérissée de flammèches de même couleur qui semblent glisser le
- i.
- Fig. 4. — Le Rayon Vert vu au-dessus de l’horizon, le 16 juillet 1404. (Dessins de L. Rudaux.)
- 1. Déformation « en colonne » du Soleil à l’horizon, produite par une couche atmosphérique très absorbante et réfringente. — 2. Le Soleil descendant, lorsque la frange verte très lïimineuse a, seule, dépassé la couche absorbante qui, elle, ne laissait passer que très peu de la lumière du disque, le Rayon Vert est apparu.
- long du bord jusqu’au point le plus haut, à mesure que le Soleil s’abaisse ; elles se détachent parfois de la frange et restent isolées pendant quelques secondes avant de s’éteindre. »
- M. Lucien Rudaux a effectué un très grand nombre d’observations de la frange verte, dans des conditions extrêmement variées (fig. 2). Certains de ses dessins (fig. 2, nos 4 et fi) montrent l’aspect des « flammèches » signalées par MM. Danjon et Rougier.
- Hypothèse du contraste. — Ces observations à la lunette montrent déjà la fragilité de l’hypothèse du contraste, par laquelle on a cherché, parfois, à expliquer le Rayon Vert. Le Soleil couchant est rouge orangé, disait-on, et l’œil perd toute sensibilité à cette couleur, en suivant peu à peu la disparition de i’astre du jour. Lorsque le Soleil s’efface totalement derrière l’écran que forme l’horizon, l’œil qui a conservé toute sa sensibilité au vert, éprouve
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- aussitôt une sensation lumineuse verte, etc.
- Les observations du Rayon Vert faites le matin, au lever du Soleil—observations assez nombreuses, comme on le verra plus loin — vont à l’encontre de cette explication, puisque, quand le Rayon Vert jaillit, l’œil n’a pu être fatigué auparavant par l’éclat du Soleil 1
- M. Lucien Rudaux, de son observatoire de Don-
- extrêmemenl vive et de très courte durée, ne rap-lant en rien l’impression qui subsiste dans l’œil comme couleur complémentaire, à dégradation lente... j’aurais peut-être hésité à me prononcer si, cçrtain jour, alors que tournant depuis assez longtemps le dos au Soleil couchant, sans qu’il subsistât sur la rétine aucune impression, je me retournai brusquement, et je vis très nettement le Rayon Vert
- Ing. 6. — Influence des réf ractions inégales de l’atmosphère sur la forme du Soleil à son coucher.
- (Photographies L. Rudaux.)
- . 1, 2, 3, 4, 5. Dans ces clichés, l’absorption atmosphérique, dont l’effet est accru par la photographie, atténue l’éclat du Soleil; celui-ci se couche rouge et le Rayon Vert ne se produira pas. — 6, 7, 8, 9. Le disque solaire, coupé par l’horizon,- reste très lumineux; il présente des déformations très curieuses résultant.des réfractions inégales de l’atmosphère, et sa couleur est jaune ou plutôt orangée. L’apparition du Rayon Vert, dans ces conditions, est presque certaine.
- ville, a pris généralement soin, pour ne pas être ébloui, de regarder le Soleil par réflexion au moyen d’une glace sans tain, n’observant directement le Soleil ou ne mettant l’œil à la lunette qu’au moment même où le dernier segment solaire disparaissait à l’horizon. L’œil reposé, il a vu ainsi, bien souvent, le Rayon Vert.
- Mais voici une observation qui parait donner le coup de grâce à l’hypothèse du contraste. Elle a été faite par un lecteur de La Nature, M. Ch. Renard, à Rouen : « Rien que je ne crusse guère à cette explication (par la couleur complémentaire) — écrit-il —- du fait que le Rayon Vert est toujours constitué par une couleur d’un vert émeraude
- sans aucune vision préalable de la lumière solaire « déjà disparue ».
- Observations diverses et observations répétées du Rayon Vert. — Voici à présent quelques observations typiques qui révèlent, quoique faites à l’œil nu, le mécanisme du phénomène.
- M. Raymond 'Whitehead, à Castletown, Isle of Man (Angleterre), a signalé le 1er juin 1919 (*) que le Soleil, se couchant par une soirée délicieuse, derrière une montagne éloignée de 5 km. environ, et dont le profil était en pente, il a pu, en marchant très vite, dans une direction parallèle à la montagne, voir le Rayon Vert pendant 5 à 6 minutes au moins.
- 1. L’Astronomie, octobre 1921, p. 404.
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- Fig. 7. — Photographie montrant l’importance des réfractions inégales de l’atmosphère, qui peuvent, parfois, détacher des parties du disque (voir à la partie supérieure la petite bande horizontale séparée du disque). Comparer cette photographie à la figure 1 et au dessin de la figure 2 (2). Le Soleil se couche derrière un rideau de cumulus très éloignés, et le bas du disque est”, de ce fait, très irrégulier. (Photogr. L. Rudaux.)
- Grâce à son déplacement rapide et à la pente du profil montagneux, dont l'abaissement était le même que celui du Soleil, il a réussi, dit-il, à ne pas perdre la dernière « étincelle verte » de l'astre du jour (fig. 0).
- M. Camuset, à Brétigny-sur-Orge (Seine-et-Oise) (r) écrivait : « Le U juin 1921, je me trouvais en chemin de fer, sur la ligne de Paris à Etampes, à l’heure du coucher du Soleil. Le ciel était très clair. L’horizon formait une ligne sinueuse, de sorte que grâce au déplacement rapide du train, trois fois le Soleil disparut et réapparut. Chaque réapparition était accompagnée de.la vision nette du Rayon Vert. Ce fait se répéta trois fois. Le Rayon Vert n’était pas visible chaque fois que le Soleil disparaissait ».
- M. le D1' F. Santschi écrit (2) : « Un soir je me rendais à Tunis par chemin de fer. Entre cette dernière ville et Saint-Germain, la ligne se trouve coupée à angle droit par une autre ligne qui, s’élevant peu à peu dans la plaine au moyen d’une longue rampe, franchit la première sur un pont. Je surveillais donc-par la portière le coucher du Soleil, qui se faisait derrière cette rampe et pus voir le Rayon Vert dans des conditions normales de netteté. Peu après, le train ayant passé le pont, le Soleil se retrouva à l’horizon, et je pus le voir disparaître une deuxième fois, émettant encore le même Rayon Vert... »
- M. Ch. Renard, à Rouen, dans une notice adressée à La Nature, à la suite d’observations du Rayon Vert faites aux Petites-Dalles en août 1925, écrit : « Au sujet de ce phénomène, je signalerai que, bien antérieurement à ces observations, il m’arriva de provoquer, à diverses reprises, à quelques instants d’intervalle, l’apparition du Rayon Vert, en me promenant, à la fin du jour, sur les quais de Rouen. Voici dans quelles circonstances : « Me trouvant sur le quai de Paris, je voyais le Soleil près de disparaître derrière la ligne de la forêt de Roumare, à la gauche de Canteleu ; le ciel était particulièrement
- 1. Observation parue, à Répoque, dans La Nature.
- 2. La Nature, n° 2594, 22 décembre 1923, p. 195.
- clair et la luminosité très grande, conditions éminemment favorables à la manifestation du Rayon Vert. Avançant lentement en me rapprochant du pont Corneille, vint un moment où le parapet du pont cacha la ligne d’horizon ; lors de la disparition du Soleil derrière le parapet, je vis très nettement le Rayon Vert et, en reculant précipitamment de quelques pas, je pus reconstituer la reproduction du Rayon Vert dans des conditions identiques ».
- Voici donc quatre observations particulièrement précises, d’autant plus que, pour deux d’entre elles, les auteurs ont procédé, en quelque sorte volontairement, à la répétition de l’observation (‘).
- Les observations répétées du Rayon Vert ne sont pas rares.
- M. Lucien Rudaux rapporte que, se trouvant sur la mer du Nord, par forte houle, il a pu voir le fameux rayon par deux fois, successivement, et à deux instants très rapprochés, au moment où le navire remontait du creux des lames et où le Soleil, à chaque fois, réapparaissait.
- M. le capitaine de frégate Chrétien écrivait (2) : « Nous naviguions dans les parages des Canaries.... Au moment où nous ne voyions plus qu’une faible partie du disque, le bateau s’enfonça dans un creux de lame, et cet abaissement de notre œil précipita le phénomène, le Rayon Vert apparut nettement. La crête de la lame suivante, en soulevant le bâtiment, éleva notre œil; nous revîmes de nouveau le Soleil et une deuxième fois le Rayon Vert... ».
- Voici un cas de répétition plus rare. M. Malburet, de Hyères (Var), écrit à la Société astronomique de France : « Je m’étais installé, le 24 janvier 1925 — jour de l’éclipse de Soleil — au bord même de la mer. Bien plus, au moment du coucher du Soleil, je me suis avancé presque à l'extrémité d’une minuscule jetée, me plaçant même à genoux afin d’être plus près de la surface de l’eau. Dans ces circonstances, j’ohservai une première fois, à l’immersion de la corne est du Soleil éclipsé, le Rayon Vert. Le phénomène fut très net. La corne ouest venant à son tour à s’immerger, le Rayon Vert fut encore visible ».
- M. Lucien Rudaux a pu, d’autre part, effectuer
- 1. lin avion partant du sol au moment même du coucher du Soleil et s’élevant progressivement doit pouvoir suivre le Rayon Vert pendant un certain temps (T.).
- 2. La Nature, n° 2579, 8 septembre 1923, p. 74.
- II PüciiPJ}
- Fig. 8. — Effet de la dispersion atmosphérique sur l’image du Soleil, au moment de sa disparition à l’horizon.
- :! HH', horizon. X , centre de l’image verte.
- .'•/ R, centre de l’image rouge.
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- SUR LE “ RAYON VERT ”
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- une observation du Rayon Vert avant le coucher du Soleil (fig. 4).
- Dans les diverses observations précédentes, l’explication apparaît : la fameuse frange verte, reconnue à la jumelle, a dépassé seule l’écran constitué soit par les montagnes éloignées, soit par le remblai d’une voie ferrée, soit par le parapet d’un pont, la crête d’une vague, le rideau de brume, etc.
- Tous les témoins insistent sur la limpidité de l’air au moment de l’observation.
- La réfraction atmosphérique. —
- Pourquoi y a-t-il une frange verte bordant la partie supérieure de l’image du Soleil?
- L’atmosphère terrestre, à partir des régions les plus élevées, est une masse gazeuse de densité croissante ; un rayon lumineux, pénétrant dans ce milieu, est d’autant plus dévié que la densité est plus forte. C’est le phénomène bien connu de la réfraction atmosphérique. Le rayon, en pénétrant dans l’atmosphère, se courbe vers le sol. 11 en résulte que, lorsqu’il est reçu par un observateur, celui-ci croit le voir venir d’un point plus élevé qu’il ne vient en réalité.
- Ainsi, à l’horizon même, où la réfraction est de 36' 36", on voit encore le disque entier du Soleil
- Fig. g. — L’observatoire temporaire de MM. A. Danjon et G. Rougier pour l’étude du Rayon Vert, sur une terrasse de la Cathédrale dt Strasbourg. La vue s’étend à une très grande distance.
- (diamètre,'30' à 31') alors qu’il est déjà complètement couche. '
- On sait que l’aspect aplati du Soleil — ou de la Lune — au moment du lever et du coucher, est dù à l’action de la réfraction atmosphérique. Lorsque bord inférieur du Soleil est juste à l’horizon, ce bord est, en réalité, relevé de 36',80. Le bord supérieur n’est relevé que de 30', 17 et sa hauteur apparente est d’environ 0° 20'.
- Fig. io. —Speclrograùhe installé sur la cathédrale de Strasbourg par MM. A. Danjon et G. Rougier pour l’étude du Rayon Vert.
- L’objectif photographique, tout à fait à droite (derrière le triàngle de bois) forme l’image du soleil sur la fente, que l’on voit juste au-dessous de l’oculaire de la petite lunette. Celle-ci sert de pointeur pour suivre le Soleil. A l’intérieur du spectrographe, un prisme de flint d’indice 1,75, très dispersif; un objectif de collimateur de o"2Ô de foyer; un objectif de chambre Zeiss de o”‘5o de foyer formant l’image sur la plaque photographique contenue dans le châssis, tout à fait au bas à gauche. Pour suivre le Soleil, ou plutôt telle partie du Soleil que l’on désire, la fente est maintenue horizontale; l’appareil est mobile sur un pivot et sa partie antérieure glisse sur une rampe d’inclinaison, déterminée à l’avance. Une vis micrométrique, mue à la main, permet de donnera l’ensemble le mouvement nécessaire. Les expositions des plaques ont été de deux minutes. 1
- Ainsi, le diamètre vertical solaire est d’environ 20' tandis que le diamètre horizontal conserve sa valeur, environ 50'. Cette action de la réfraction est particulièrement sensible dans la photographie reproduite ici (fig. 5). Et pour rendre l’aplatissement plus frappant, on donne, à droite de la première image placée normalement, la même image tournée de 90'>.
- Le phénomène n’est pas toujours aussi simple en raison des densités inégales de l’air, dont le pouvoir réfringent diffère d’une couche à l’autre. Le Soleil, à l’horizon, peut prendre parfois des formes extrêmement curieuses (fig. 6 et 7).
- La dispersion atmosphérique. — La réfraction, seule, ne saurait expliquer le Rayon Vert et le phénomène est plus complexe. En traversant l’atmosphère, un rayon lumineux se disperse. Les rayons violets et bleus sont plus déviés que les rayons rouges et orangés. 11 en résulte, d’après ce que nous venons de voir, que les rayons violets et bleus paraîtront venir d’un point plus élevé que les rayons
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- rouges et orangés. Ainsi, une étoile, au lieu de paraître comme un simple point lumineux, apparaîtra — surtout vers l’horizon, où la déviation des rayons est maximum — comme un petit spectre vertical, le violet en haut, le rouge en bas.
- MM. Danjon etRougier rappellent, dans leur étude déjà citée, que la théorie qui a rallié le plus grand nombre de suffrages pour expliquer le Rayon Vert est celle de la dispersion atmosphérique normale :
- « Proposée, disent-ils, par Thollon, Sohncke, Schülke, Ekama, etc., elle a été reprise, ici même ('), par M. Ch.-Ed Guillaume ».
- Mais à l’horizon juste, où, comme nous l’avons vu, la réfraction dépasse 35', la distance du rouge moyen au vert moyen n'est que de 10" environ. C’est là un angle très petit et pour l’observer il faut déjà un grossissement important.
- « Si au lieu d’une étoile, source rigoureusement ponctuelle, ajoutent MM. Danjon et Rougier, on observe un astre étendu comme le Soleil, les diverses couleurs se recouvrent en grande partie, et le phénomène se réduit, au total, à une irisation des bords supérieur et inférieur (flg. 8). La moitié supérieure est bordée d’une frange comprenant les couleurs de courte longueur d'onde, le bord inférieur est frangé de rouge. Le décalage entre les images rouge et verte est encore de 10" à l’horizon, ce qui donne l’épaisseur des franges colorées. On peut en déduire la durée de visibilité du rayon vert ; en admettant que le coucher du Soleil dure 2 minutes, on trouve que, pendant 2/5 de seconde, la frange verte reste seule sur l’horizon. »
- D’après ce que nous savons de la dispersion, le Soleil devrait être bordé non de vert, mais de violet et de bleu à la partie supérieure. L’observation montre que ces couleurs sont absentes du spectre du Soleil couchant.
- « On sait, disent les auteurs du mémoire, que les molécules d’air et les poussières en suspension diffusent la lumière en raison inverse de la quatrième puissance de la longueur d’onde. La transmission des courtes longueurs d’onde, à travers une épaisseur d’air considérable, est donc pratiquement nulle, tandis que le vert et surtout le rouge sont transmis en proportion encore appréciable.... Quand la transparence de l’air est très grande, la frange est azurée, ce que nous avons constaté à deux reprises cet été (1920). Thollon rapporte même qu’il l’a vue nettement bleue à l’observatoire de Nice. »
- Nous avons cité plus haut des observations du Rayon Violet et du Rayon Dieu
- Mais la théorie de la dispersion normale n’explique pas entièrement le phénomène du Rayon Vert. Cette théorie assigne à la visibilité du fameux rayon une durée maximum de 2/5 de seconde.
- « Or, tous les observateurs sont d’accord pour dire qu’elle peut atteindre 2 secondes. Il faut donc, ajoutent MM. Danjon et Rougier, admettre que la
- 1. Dans Y Astrotiomie, 1919, p. 515.
- frange verte est plus large que ne l’indique le calcul ci-dessus. Comme on ne peut pas invoquer des variations du pouvoir dispersif de l’air assez grandes pour expliquer l’élargissement observé, Julius (*) s’est adressé à la dispersion anomale, phénomène qui consiste en ce que l’indice de réfraction d’un milieu possédant un spectre d’absorption constitué par des raies ou des bandes présente des valeurs anormales pour des longueurs d’ondes très voisines de celles de ces raies ou de ces bandes.
- « L’air possédant un spectre de raies et de bandes d’absorption, il suffit d’admettre que certaines de ces raies ou bandes possèdent la dispersion anomale pour avoir là un moyen d’expliquer un élargissement, même considérable, des franges de dispersion. Au voisinage des raies telluriques, l’indice de l’air pourra prendre des valeurs très supérieures à sa valeur normale. Mais, bien entendu, la dispersion anomale n’agira que sur de très petits intervalles de longueurs d’onde au voisinage des raies telluriques, et le spectre de la frange et du Rayon Vert ne comprendra que ces longueurs d'onde : en d’autres termes, avec une dispersion pas trop grande, le spectre du Rayon Vert comprendra le spectre d'absorption de l'air, mais renversé. Dans la théorie de la dispersion normale, au contraire, le spectre du Rayon Vert sera identique à celui du Soleil couchant, à cela prés que le rouge en sera écarté par la dispersion atmosphérique. »
- Et Julius, dans l’article cité plus haut, conseille, pour trancher la question, d’étudier le spectre du Rayon Vert. Il ne dissimule pas les difficultés de ce travail.
- Étude spectroscopique du Rayon Vert. — MM. Danjon et Rougier ont pensé, cependant, que cette étude pouvait être facilitée du fait que la frange verte, que l’on ne voit à l’œil nu que pendant une ou deux secondes, est visible, à l’aide de moyens puissants, pendant une dizaine de minutes.
- Astronomes tous deux à l’Observatoire de Strasbourg, ils ont eu l’excellente idée d’installer leur spectrographe sur la fameuse, cathédrale qui domine la ville et d’où la vue s’étend à une énorme distance (fig. 9). Ils ont construit un spectrographe spécial, très lumineux, précédé d’un objectif de grande ouverture donnant sur la fente la partie de l’image du Soleil dont on désirait photographier le spectre. La légende de la figure 10 donne, succinctement, les caractéristiques de ce spectrographe.
- Les expositions ont été faites sur plaques panchromatiques, ayant une courbe de sensibilité analogue à celle de l’œil. Grâce à la luminosité de l’appareil, les durées de pose étaient de deux minutes seulement pour obtenir le spectre des franges.
- Et voici les conclusions de MM. Danjon et Rougier tirées de l’examen de leurs clichés :
- « Le spectre du Rayon Vert ne diffère de celui du Soleil couchant que par la suppression du rouge, séparé par la dispersion atmosphérique
- 1. Archives néerlandaises, série42, tome YI, 1901, p. 385.
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- (fig. H. spectre du haut); inversement, la frange du bord inférieur est limitée au rouge extrême, pour la même raison (fig. 11, spectre du bas). Les raies telluriques, nombreuses et nettes, ont identiquement même aspect sur ces spectres et sur celui du centre du disque, enregistré comme spectre de comparaison sur les mêmes clichés (fig. 11, spectre du milieu). Autrement dit, aucune trace de dispersion anomale n’est perceptible, aucun renversement des raies telluriques. » Et les auteurs concluent :
- a Ces résultats tranchent la question d’une manière définitive : la seule théorie acceptable est celle de la dispersion normale ».
- Il semble donc, cependant, qu’une seule objection subsiste, celle soulevée par Julius au sujet de la durée pratique du Rayon Vert, plus longue que ne l’indique le calcul basé sur la dispersion de l’air.
- « Cette difficulté, disent MM. Danjon etRou-gier, est plus apparente que réelle ; elle tient au caractère simpliste des hypothèses sur lesquelles repose ce calcul : homogénéité des couches d’air superposées, diminution régulière de l’indice de l’air à mesure que l’on s’élève, etc.
- Or, en fait, la structure de l’atmosphère est loin de satisfaire aux conditions supposées. Les déformations bien connues du Soleil couchant prouvent surabondamment l’existence d’irrégularités dans la réfringence de l’air et l’inexactitude grossière des hypothèses sur lesquelles, en première approximation, reposent les calculs de dispersion. Un examen approfondi de la question montre que les déformations du disque s’accompagnent d’augmentations notables de l’épaisseur de la frange verte, par suite de la durée de visibilité du Rayon Vert. Il ne subsiste donc aucune objection à la théorie de la dispersion normale. » Voilà, si l’on peut dire, une question réglée. Grâce aux expériences de MM. Danjon etRougier, le Rayon Vert perd un peu de son caractère mystérieux, mais il trouve une. éclatante explication, de caractère définitif et simple^).
- 1. Dans la 2e édition de Meleorologische Optik de PRiuvmt-Exxeu (Vienne et Leipzig, 1922), pages 901 à 905, on lit, au § 152, à l'article sur le Rayon Vert (Grüner Stralil) que la théorie de la dispersion a été coidirmée par la nouvelle recherche spectroscopique de MM. A. Danjon et G. Rougier. « Il suffit alors de la dispersion normale at de l’absorption de la partie
- Le Rayon Vert de Vénus. — S’il subsistait un doute quelconque, l’observation inédite (*) ci-après suffirait à le dissiper immédiatement. Nous en devons la communication à MM. E. Rauer, professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg et A. Danjon, astronome à l’observatoire de Strasbourg. Le 24 août-1922, pendant un séjour à l’observatoire Vallotau Mont Blanc, à l’altitude de 4547 mètres, ces deux savants ont été témoins du phénomène suivant : La planète Vénus était près de l’horizon, pendant une bonne période de visibilité, et l’un des observateurs l’examinait à l’aide d’une lunette (objectif de 0 m. 090 ; grossissement 150), tandis que l’autre observateur la suivait à la jumelle.
- La planète paraissait double : l’une de ses images, celle du bas, était rouge, l’autre était verte. Un intervalle obscur, assez large, séparait les deux images.
- Cette première observation montre déjà le rôle de la dispersion atmosphérique, qui étale les images suivant la verticale. Elle indique aussi le rôle de l’absorption, lorsque la lumière traverse une grande épaisseur d’air : le spec-troscope montre alors que, dans ce cas, le spectre se compose de deux bandes, l’une dans le vert, l’autre dans le rouge, avec suppression complète du jaune et de l’orangé. Le bleu est supprimé par la difiusion atmosphérique.
- Dans le cas actuel, l’épaisseur d’air traversée par la lumière de Vénus put être évaluée à 50 atmosphères au début de l’observation et à 60 atmosphères au moins lorsque la planète disparut à l’horizon sensible, représenté par des collines situées bien au delà du Jura. f
- Quand la planète fut très rapprochée de l’horizon, l’observateur à la lunette vit, tout à coup, l’image rouge s’éteindre, puis quelques secondes après, ce fut le tour de l’image verte !
- Le phénomène fut perçu par l’autre observateur,
- médiane du spectre par la vapeur d’eau pour expliquer le Rayon Vert. » Cette apréciation de la Meteorologîsche Optik est un hommage rendu à la valeur des travaux des deux astronomes de Strasbourg.
- 1. Nous remercions ici les auteurs d*avoir bien voulu réserver à La Nature, la priorité de cette rarissime observation (N. D. L. R.).
- Frange inférieure
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- Fig. ii. — Spectres des diverses parties du Soleil couchant, photographiés par MM. A. Danjon et G. Rougier. On remarquera, sur ces trois spectres, l’identité des bandes de Brewster. Si l’on transporte le spectre inférieur sur le spectre du haut, on reproduit identiquement le spectre du milieu. La frange verte, cause du Ra3ron Vert, et la frange rouge, ont donc des spectres complémentaires.
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- qui ne pommait, à la jumelle, séparer les deux images, de la manière suivante. Vénus lui apparaissait comme un gros point orangé qui, brusquement, tourna au vert et garda cette teinte jusqu’au coucher définitif.
- Ainsi ce Rayon Vert de Vénus vu par deux physiciens particulièrement habitués aux observations de précision, dans des conditions éminemment favorables (altitude très élevée du lieu d’observation, pureté'remarquable de l’air, grande réfraction et forte absorption) ne laisse évidemment aucun doute quant à la véritable théorie du phénomène : action simultanée de la dispersion et de l’absorption éteignant le milieu du spectre visible (*).
- Le Rayon Vert du matin. — On a vu, par les observations publiées plus haut, que le Rayon Vert ne se reproduit pas uniquement le soir. MM. Danjon et Rougier rapportent deux observations du Rayon Vert faites le matin. La dispersion atmosphérique, agissant aussi bien au lever qu'au coucher, le Rayon Vert doit évidemment apparaître au début du lever du Soleil.
- De Maubeuge écrit (1 2 *) : « Le 19 septembre 1898, le Soleil s’est levé derrière le massif de Sinaï, à environ 10° au-dessus de l’horizon, en lançant à la première seconde de son apparition un rayon lumineux d’un vert émeraude absolument pur et net. L’atmosphère, sèche, était d’une grande pureté.... »
- On remarquera qu’au moment de l’observation le Soleil était à 10° au-dessus de l’horizon, et la dispersion à cette hauteur était très réduite.
- Julius, d’après le mémoire de MM. Danjon et Rougier, rapporte le fait ci-après : «... en voyageant aux Indes Orientales, j’ai eu plusieurs fois la bonne
- 1. Lu Hayon Vert de Vénus a été observé le 7 janvier 1900, à 7 b. 50 du soir, par les passagers du Saint-Laurent, se rendant de Santander à la Martinique. Le navire se trouvait alors par 20° de latitude Nord et 57° de longitude Ouest. Ciel merveilleusement, pur. Au moment où Vénus disparut à l’horizon, elle envoya un magnifique Rayon Vert. L’observation a été faite indépendamment par deux groupes de passagers, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière du navire, lesquels auparavant ne s’étaient pas entretenus de la question du Rayon Vert. [L'Astronomie, mai 1900, p. 236.)
- 2. Comptes rendus de l'Académie des Sciences.
- l. CXXVII, 1898, II, p. 453.
- fortune d’observer le phénomène, d’abord le 16 mars, près de la Sicile... enfin le 29 mars, très distinctement, au lever du Soleil. »
- Voici une autre observation, du Dr F. Santschi (*), «... J’ai cherché à le surprendre au lever de l’astre. La chose m’a été permise cet été, car, couchant sur la terrasse de ma maison, je pouvais le voir de mon lit. Le Rayon a été vu ainsi deux fois sur une vingtaine d’observations. Il est très difficile à bien saisir, car il est ou paraît être bien plus rapide que le soir (*). C’est peut-être parce que l’œil perd du temps, à le chercher, le point d’émergence du Soleil ne pouvant être précisé ; on est toujours surpris par la brusquerie de son apparition. »
- Le capitaine de frégate Chrétien a également observé deux fois le Rayon Vert au lever du Soleil (5).
- En résumé, le Rayon Vert, résultat de la dispersion atmosphérique, est un phénomène qui, par temps pur et horizon dégagé de brumes et de nuages, doit se produire deux fois par jour, au lever et au coucher du Soleil. MM. Danjon et Rougier écrivent que « c’est un phénomène rarement observé parce qu’on s’imagine, à tort, qu’il est rare ».
- Voici les vacances qui approchent, c’est-à-dire, pour beaucoup, l’exode à la campagne, en montagne, à la mer, et à une époque où, d’ordinaire, l’atmosphère est pure.
- A présent, chers lecteurs, que vous savez combien le Rayon Vert est un phénomène relativement fréquent, attachez-vous h l’observer et que les favorisés veuillent bien nous transmettre leurs observations. Nous réunirons volontiers les résultats de celles-ci en un article, eh nous estimant heureux si nous avons pu faire profiter quelques-uns d’entre vous de la vision de ce beau phénomène d’optique aérienne ; En. Touchet.
- 1. La Nature, n° 2594, 22 décembre 1925, p. 195.
- 2- Au lever, l'atmosphère ne doit pas présenter les densités inégales observées le soir, à la suite de réchauffement du Soleil agissant pendant toute la journée, la frange verte peut ainsi être moins étalée, donc plus brillante et se lever plus vite (T).
- 3. La Nature, n° 2579, 8 septembre 1923, p. 75.
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- Séances de mars et avril jq25. .
- Élections. — Au cours du mois de mars, MM. Henry Scott, Roland ïliaxter et René Etriller ont été élus (]orrespondanls,les premiers pour la section de Botanique, le troisième pour la section d’Anatonne et Zoologie..
- Le n oleur à explosion de s Frères Nie pce. — En se conformant aux descriptions qui accompagnent le brevet délivré le 20 juillet 1808, M. Clergct a pu reconstituer l’appareil qui valut à l’Académie un rapport de Lazare Carnot et de BertLollef, et l’on ne saurait désormais dénier aux inventeurs de la photographie et de l’hélio-
- gfavure' : a) remploi des'combustibles "pulvérisés, dosés mécaniquement dans une boîte d’injection au moyen d’un-'•distributeur rotatif; b) l'injection du combustible dans unmehambre de combustion à l’aide d’une chasse d’air -comprimé; .c).l&.cljon directe de l’explosion sur un fluide agissant par réaction pour la propulsion d’un bateau; d) l’emploi d’accumulateurs d’énergie empruntant à la puissance de l’explosion ce qu’il faut, pour actionner tous les auxiliaires nécessités par une machine à action directe.
- Au sujet du moteur à explosion, on doit donc citer
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- Nicéphore et Claude Niepce avant Lenoir dont l’appareil à gaz remonte seulement à 1860.
- La décomposition de l’eau oxygénée par l’hydroxyde nickeleux. — Tandis que le peroxyde d’hydrogène donne lieu à un dégagement de gaz oxygène, il ne se produit aucun changement dans le degré d’oxydation du sel métallique qui semble ainsi rester identique à lui-mème. Mlle Suzanne Yeil indique que, par contre, on constate une. évolution des propriétés magnétiques de Phydroxyde, ainsi que de celles de son oxyde calciné, phénoinènes qui dépendent d’ailleurs des conditions particulières de l’expérience.
- Un prétendu affaissement du sol de -la France. — Suivant le professeur Schmidt, de Munich, et le géologue Emmanuel Kayser, le sol français aurait subi, depuis une trentaine d’années, un affaissement progressif, croissant du sud au nord et d’une vitesse moyenne d’environ 25 mm par an. Son origine remonterait à l’époque postglaciaire. La note de M. Charles Lallemand réduit à néant les affirmations des deux savants allemands et montre avec quelle légèreté ils ont présenté, comme vérités établies, des hypothèses qu’une étude plus attentive des faits signalés eût montré n’ètre que de simples illusions.
- La sélection acoustique en radiogoniométrie. — La France est le premier pays qui ait réalisé des radio-phàres de 1000 111. de longueur d’onde à ondes entretenues modulées. Ce type d’onde donne autant de précision pour la radiogoniométrie que les ondes amorties musicales, sans en avoir les inconvénients. Par contre, un navigateur écoutant plusieurs radiophares risquerait de subir une gène d’autant plus grande que la direction de ces postes de signaux serait plus voisine. A cette difficulté, M. André Blondel propose plusieurs solutions et montre que l’écoute au radiogoniomètre d’émissions en ondes entretenues, modulées par plusieurs postes entendus simultanément, peut être facilitée par le réglage en résonance musicale d’un ou plusieurs étages île l’amplification en basse fréquence du poste récepteur.
- La vitesse de cristallisation du gypse. — Comme
- suite aux travaux commencés avec M. P. Jolibois, M.L. Chasse vent étudie la variation, avec la température, de la vitesse de cristallisation des solutions sursaturées de sulfate calcique et il applique la remarque qu’elle devient sensiblement nulle au-dessus de 60° à la préparation d’un plâtre extrêmement résistant, par compression après addition d’une quantité d’eau inférieure à celle qu’on emploie, en général, au moment du gâchage.
- Un nouveau glucoside : le rhamnicoside. — En laissant évaporer à l’air une décoction d’écorce de Nerprun, additionnée d’eau de chaux, les Chinois obtiennent une matière colorante, dont le générateur vient d’ètre isolé par MM. Bridel et Charaux. Il s’agit du rhamnicoside, de formule C26 II30 O15,4 H2 O, poudre blanche, formée de fines aiguilles, solubles dans l’alcool à 90“ ou à 70°, et se combinant avec les bases pour donner des sels cristallisés peu solubles dans l’eau.
- Son dédoublement acide laisse du rhamnicogénol (49,48 pour 100) et un mélange équimoléculaire de glucose et de xylos e.
- La dissémination des levures dans les vignobles. — MM. Ecl. Sergent et Rougebief ont repris de nouvelles expériences sur des plants de carignan, dans le domaine de Ivouha, près d’Alger. Elles ont pleinement confirmé l’opinion déjà émise par ces savants, à savoir que les poussières ne jouent aucun rôle dans la dissémination des levures sur les raisins, tandis qu’une action importante doit être attribuée aux insectes et notamment aux drosophiles.
- Les jrropriétés optiques des milieux troubles résineux. — Les résines solides, transparentes, dont l’indice de réfraction est 1,5 environ, se laissant traverser par des particules d’eau d’indice 1,33, forment des milieux optiquement troubles, dont l’étude, faite'pour l’absorption et la diffusion par le spectrophotoinètre de Féry, ont montré qu’ils obéissent à la loi clé Lord Rayleigh, généralisée par Boutaric. Pour M. C. Chéneveau, qu’elles soient naturelles ou artificielles, les résines mates, qu’on peut considérer comme inverses des suspensions de résines dans l’eau, se comportent à la façon des milieux troubles à grosses particules. Paui, B.
- JOSEPH VALLOT (1854-1925)
- Le grand montagnard, Joseph Vallot (né le 16 février 1854 à Lodève, Hérault), vient de mourir le Il avril, à Nice, où il s’était fixé dès. avant la guerre. é
- lie fortes études en nos établissements d’enseignement supérieur (Sorbonne, Collège de France, Muséum) firent de lui un savant dans toute l’acception du terme : botaniste, géologue, géodésien et topographe, physicien, météorologiste, physiologiste, etc., il sut rendre extraordinairement féconde son intelligente curiosité naturelle et sa vigoureuse capacité d’alpiniste. Et il employa avec la plus louable largesse les facilités d’une grande fortune, pour le meilleur profit de la science.
- La botanique d’abord parut devoir l’absorber Flore du Sénégal, 1882; recherches physico-chimiques sur la terre végétale, 1885; Flore du pavé de Paris, 1884; Guide du Botaniste à Cauterets, 1886, et. il .se composa un magnifique herbier de plus de 100000 échantillons. Puis les Pyrénées le retinrent et lui fournirent cinq études pyrénéennes trop peu connues (non mises dans le commerce). Destruction des pics granitiques, oscillations des glaciers, comblement des lacs (1887), le sapin, formation des marmites de géants (1890, avec Henri Vallot). Cependant, dès 1880, il était en haut du Mont Blanc, qui le prit définitivement en 1886 par une première série d’expériences physiologiques.
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- Du 27 au 50 juillet 1887, avec M. F. M. Richard et les deux guides Sarroz et Payot, il accomplit le haut fait célèbre de passer trois jours et trois nuits sous la hutte, sur notre plus grande cime des Alpes (Ann. C. A. F. pour 1887, p. 15 à 48; La Nature, 10 sept. 1887). Et c’en fut fait, pour toute son existence (ou à peu près) « d’être un nouveau de Saussure » de la célèbre montagne et d’y développer les travaux de Bravais, Martins, Lepileur, Lortet, Tyndall, Forel, Yiolle, etc.
- Méthodiquement et successivement, J. Yallot crée ou entreprend : son refuge et son observatoire des Bosses (à 4562 et 4547 m.) en 1890; des observations sur la catastrophe de Saint-Gervais (12 juillet 1892); la carte du Mont Blanc au 20 000e, commencée en 1892 avec son cousin Henri Yallot (mort en 1922);
- (les premières feuilles sont seulement sur le point de paraître, et ni l’un ni l’autre des deux auteurs n’aura eu hélas la joie de les voir publiées. Du moins notre ami Joseph Yallot a pu lire et approuver l’article que nous avons déjà préparé sur cette grande œuvre) ; la constitution de la Société des Observatoires du MontBlanc(1908, après la. disparition de l’éphémère édicule posté au sommet par M. Janssen en 1895); des recherches souterraines dans les abîmes et cavernes du Larzac et de l’Hérault (voir La Nature, U mars 1895); toute une organisation météorologique de la Côte d’Azur; une station climatologique à Nice; un jardin botanique à Lodève; des expériences capitales sur l’héliothérapie. Celles-ci lui permirent de rendre pendant la guerre, comme infirmier bénévole à Nice, les plus bienfaisants services militaires ; et même un chemin de fer transporteur des Ilonches au Col de l’Aiguille du Midi, dont la partie inférieure a été livrée à l’exploitation en 1924.
- Son œuvré écrite est considérable : nombreuses notes à l’Académie des Sciences et mémoires dans les Sociétés savantes, dix articles aux Annuaires du Club alpin (1886-1899), la Photographie en montagne (1899),’ et surtout les sept volumes in-4° des Annales de ,l’Observatoire du Mont Blanc; cet important recueil contient ses travaux personnels sur la topographie du Mont Blanc, l’actinométrie
- solaire, le baromètre, les glaciers et leur intérieur (études sous-glaciaires), le mouvement des neiges, les tempêtes, la « soi-disant » érosion glaciaire, la vie aux hautes altitudes, etc. On y trouve aussi les résultats obtenus par les divers spécialistes auxquelles l’Observatoire des Bosses ouvrait si largement son hospitalité ; mai des montagnes (Egli-Sinclair), pétrographie (Duparc), lumière solaire (Andresen), météorologie (Mougin et Bernard), cures d’altitude (Dr Küss), etc.
- Ses deux dernières publications furent un bel atlas de l'Évolution de la cartographie de la Savoie et du Mont Blanc (1922), et i l’important Réseau trigonornétrique du massif du Mont Blanc (avec Henri Yallot, 1924), qui donne et figure les ; éléments des 457 cotes. nouvelles ou rectifiées depuis 1892 : Mont Blanc, 4807 m. au lieu de 4810 ; Dôme du Goûter, 4257 m. 5 (pour 4551); Aiguille du Goûter, 5786 m .2 (5845); Chamonix, 1040 m. 8 (1050), etc.
- Fin 1924, il préparait encore une «.géologie de la partie élevée du Mont Blanc » et un « petit traité des glaciers ». « Yous recevrez tout cela cet hiver » (lettre du 17 novembre 1924). Cependant une opération assez, grave venait de l’atteindre. Mais il avait promis de « mourir sur la brèche ». 11 a fourni la preuve superbe {de ses exceptionnelles adresse et endurance d’alpiniste en exécutant (1921) sa 34e ascension du Mont Blanc à l’âge de 67 ans ; toutefois il dut en avouer sa fatigue.
- Il fut président de plusieurs sociétés savantes et sportives, notamment du Club alpin français (1907-1908), Grand Prix des Sciences physiques à l’Académie des Sciences, correspondant du Bureau des Longitudes et (trop tardivement) officier delà Légion d’honneur (15 janvier 1925), au titre fort justifié de l’Éducation physique (Ministère de la Guerre).
- Son bon accueil et son affabilité étaient proverbiaux; il apportait une inépuisable complaisance à répondre à tous les services qu’on lui demandait. Son amitié fut un honneur.
- Et Joseph Vallot restera un modèle accompli de chercheur sagace et énergique, d’utile travailleur infatigable et de généreux savant. -
- I ; E.-A. Martel. •
- Fig. i. — Joseph Vallot.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.aiicre, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE. — N° 2671.
- 13 JUIN 1925
- SAINT-PIERRE ET MIQUELON
- Nos petites îles de Saint-Pierre et Miquelon, simples établissements de pèche, près des Bancs de Terre-Neuve^), sont en général assez ignorées du public, et même des fins gourmets, qui savent pourtant apprécier une succulente brandade de morue.
- Bien modeste assurément la place qu’elles occupent sur la mappemonde, et plus petite encore la
- forment un archipel composé de trois terres prin cipales, fort inégales en dimensions : Saint-Pierre, Miquelon, lTle-aux-Chiens, auxquelles viennent s’adjoindre quantité de rochers inhabitables, dotés de noms pittoresques : le Grappin, les Grap-pinots, le Flétan, le Gros Nez, l’ile Pelée, l’Enfant Perdu, les Canailles, etc. La superficie totale est de 24 J 59 hect. 69 ares, dont 2600 pour Saint-
- Fig. i. — Saint-Pierre : un coin de la Ville haute, avec vue sur la rade.
- mention qui leur revient dans l’histoire des races de l’Amérique Septentrionale.
- Si vous jetez un regard sur la région des Bancs, elles vous apparaissent comme, des points minuscules, au Sud-Ouest de la grande terre, à 16 km de la Pointe de Lameline, par 46° 46’ de latitude Nord et 58° 50' de longitude Ouest.
- Ces îles, qui se trouvent à 5780 km de Brest,
- 1. Située entre le 46°50' et le 51° 40' de latitude Nord, entre le 52° 35' et le 59° 30' de longitude Ouest, la grande Ile de Terre-Neuve se place en travers du Golt'e de Saint-Laurent, à l’Est du Labrador, dont elle est séparée par le détroit de Belle-Isle. On compte 60 milles du Cap Breton et 10 milles du Labrador.
- L’ile mesure 316 rn. du Cap llay au Gap Breton et 317 m. du Cap Anguille au Cap Spear. La superficie. est évaluée à 46 000 milles carrés ; le circuit costier a 6000 milles. La population est d’environ 250 000 babilants. Le Grand Banc de Terre-Neuve, situé au Sud-Est de l’ile, est long d’environ 500 km, sur une largeur de 360, avec une profondeur moyenne de 45 mètres.
- 53* Année- — Semestre-
- Pierre et 50 seulement pour l’Ile-aux-Chiens, tandis que les deux Miquelon couvrent lune 9000 hectares et l’autre 11 500 (l).
- En réalité, ces îlots lointains, perdus tout là-bas dans la brume et les flots, mais uniquement peuplés de Français pur sang, sont moins une colonie qu’un prolongement de la Mère-Patrie au delà du Grand Lac Salé que forme l’Atlantique. En dépit de leur isolement, au milieu des établissements anglais de Terre-Neuve et du Canada, ils constituent sans contredit la plus française de toutes nos Colonies, ou, mieux encore, un coin de la vieille France perdu dans l’océan (2).
- 1. De la superficie totale, il convient de déduire les eaux intérieures, évaluées approximativement à 1136 hectares,-dont 120 pour Saint-Pierre et 1016 pour Miquelon. •
- 2. Le bateau-courrier, qui dessert Saint-Pierre, touche à Sydney, Nouvelle-Ecosse (185 m.) pendant l’été, mais,, durant lTiiveriiage. il doit gagner Halifax (385m.) pendantquela-Baie de Sydney est e-lavée par les glaces. Boston se trouve à 670 milles
- I et New York à 895 milles de Saint-Pierre. ta» -i
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- « Les trois îles qui la composent semblent trois pierres détachées du collier magnifique de nos côtes bretonnes et portées là-bas par quelque tempête d’avant l’histoire ; la ressemblance des deux pays est singulière et frappante ; meme ciel gris et pluvieux, même lumière mélancolique pour éclairer la falaise qui baigne ses pieds de granit dans des eaux en révolte. Le paysage des terres n'est égayé par aucun arbre et les ruisseaux qui se tordent, comme des anguilles dans l’océan, ne donnent à ce rocher que le printanier sourire de rares prairies (1)....
- Saint-Pierre. — L’Ile de Saint-Pierre est un rocher aride, au sol granitique et tourmenté, avec des mamelons, tels que le Pain-de-Sucre et la Vigie, qui n’atteignent pas 200 m. d’altitude : amas de roches croulantes, en partie revêtues de mousses et de lichens, aux flancs totalement dénudés, ou parsemés d’une végétation roussâtre et rabougrie, à demi enfoncée dans les replis des roches natives, qui conservent parcimonieusement quelques traces de terre végétale.
- « Saint-Pierre, ditassezjudicieu-sément Robert de Caix, n’est qu’un désert rocheux et tourbeux, de 6 à 7 km de diamètre. Sans doute, au Sud-Est, Pile se prolonge par une région basse et presque plane, où un grand nombre de Saint-Pierrais entretient un petit carré de pommes de terre, de choux et de radis, mais ces surfaces cultivées sont une minuscule exception, presque une violence faite à la nature. A chaque pas, la roche crève la couche de terre végétale qui la recouvre seulement par endroits comme une loque.... Dans le creux de cette terre bossuée, des aunes, des sapins, des genévriers forment une brousse inextricable. Mais tous sont des arbres nains, qui semblent ne pas oser s’élever dans l’air hostile et restent cramponnés au sol, sur lequel ils rampent de toutes leurs branches. » En résumé, c’est une forêt vierge, mais unique en son genre, où l’on marche non pas sous la ramure, mais sur la cime des arbres... et à l’ombre de son chapeau !
- Pour le voyageur qui arrive d’Europe, le premier aspect n’a rien de séduisant. « Figurez-vous, a dit un globe-trotter, une vaste étendue d’eau salée;
- 1. J. de Bo.nxeeox. Le Journal, 2 mars [903.
- puis, au milieu de l’eau, des rochers entassés, tels Pélion sur Ossa; enfin, sur ces rocs mêmes, installées à la diable et distribuées en longues perspectives, plusieurs rangées de constructions en bois... et vous avez une idée de Saint-Pierre. De l’eau, des rochers, des cabanes : voilà tout le paysage, quand il est éclairé par le soleil; mais, lorsque vient la brume, — et elle vient souvent, pendant les mois d’été, — on ne voit plus rien, rien que la brume opaque, froide, intense! .. »
- Le tableau est loin d’être flatté; mais tout le monde sait, là-bas, que nos habitations de ville ne sont point des cabanes de pêche, et que le home Saint-Pierrais n’a rien à envier, sous le rapport de l’élégancc et du confortable, aux villas suburbaines
- de la banlieue de Paris.
- Il fait bon vivre dans nos petites maisons de bois, coquettes et fleuries; enfin, telle charbonnier de Paul üéroulède, le Saint-Pierrais est le maître chez soi !
- L’Ile a 26 km de pourtour, 7 km 1/2 de long et 5 1/2 dans la plus grande largeur.
- Les flancs sont accores, inabordables; mais, par contre, la rade est fort bien abritée, pourvue de quais en bois, avec cales et appontements. Autour de Saint-Pierre se groupent un petit nombre d’îlots de moindre importance; l’île Verte, la plus éloignée, avec un phare, qui appartient aux gens de Terre-Neuve; le Grand-Colombier, à l’entrée de la Baie, séjour choisi des oiseaux de mer et siège attitré de la République des Calculots (Voyez Chateaubriand : Le génie du christianisme) ; le Petit Colombier, tout voisin; l’île aux Pigeons, l’île aux Vainqueurs, qui sert de lazaret; l’île Massacre, ancien domaine des Sire, où l’on dépeçait autrefois les baleines, et enfin l’He-aux-Chiens, peuplée de hardis Normands, les premiers pêcheurs du monde à la turbutte! »
- Le chef-lieu de la Colonie, Saint-Pierre, s’étend sur le littoral, au Sud-Est de l’île, et les, habitations, entièrement en bois, s’échelonnent au flanc des collines, dominées par un gigantesque Calvaire.
- Les principales constructions de la ville ancienne, plusieurs fois ravagée par l’incendie, sont édifiées en matériaux résistants, avec toitures incombustibles.
- Lig. 2. — Une '“ Habitation ” et ses graves. (Photo de la Société “ La Morue française ”.)
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- L’église en ciment armé, spaciease et richement décorée à l’intérieur, présente à distance, avec sa tour carrée et trapue, l’aspect d’une poudrière. Plusieurs routes carrossables permettent de circuler en bicyclettes et en voitures à chiens, voire meme en automobiles (') pour se rendre à Robinson et à Savoyard, au Diamant, au Cap à l’Aigle et à Galantry, à l’anse à Pierre, à l’anse à Ravenel, à l’anse à l’Allumette, qui sont les principaux lieux de pèche, pendant la saison, c’est-à-dire de Pâques à la Saint-Michel. Les deux câbles, anglais et français, viennent aboutir à Saint-Pierre. La Tète de Galantry est surmontée d’un phare à éclats, visible à 18 milles au large; un second phare, le Feu Rouge fixe, se trouve au milieu de la ville ; un troisième, surmonte la balise de la Vache, à l’extrémité de la Pointe aux Canons, autrefois Pointe du Cimetière. Une vieille batterie, en ruines, remplace le champ du repos, où dormaient les anciens colons. Tout récemment, un nouveau feu a été installé sur le Petit Saint-Pierre à l’entrée de la rade.
- Depuis 1918, et grâce à son état de prospérité croissante, la Colonie Saint-Pierraise s’est enrichie de nouvelles fondations tout à fait imprévues, par lesquelles s’inaugure une période de réorganisation et de progrès.
- On a commencé par bâtir, à l’extrémité du Cap à l’Aigle, un gigantesque Frigorifique. Après avoir été éprouvé par le feu, le Frigo, qui a coûté nombre de millions, sert présentement de dépôt de charbon pour les chalutiers. Cette colossale bâtisse, qui écrase de sa masse hautaine les modestes cabanes des petits pêcheurs, sans égayer beaucoup le morne paysa'ge, se reflète dans les ondes du Rarachois.
- Une station radio télégraphique a été établie à la Tête de Galantry, tout près du phare, qui domine la Passe du Sud-Est : deux postes de secours relient Langlade et-Miquelon avec le chef-lieu de la Colonie.
- Désormais, le Pays des Morues est en communication directe avec la Tour Eiffel. On ne pourra plus dire maintenant que Saint-Pierre est le bout du monde.
- 1. On compte actuellement 50 camions et 4 voitures automobiles.
- big. 4. — Un appontement. (Photo “ La Morue française
- big. 3. — L'église de Saint-Pierre.
- ... nea s 'il, terris
- Ultima Thule!...
- L’Ue-aux-Chiens. — Une passe d’environ 900 m. de largeur sépare Saint-Pierre de l’Ue-aux-Chiens, située à l’Est, et cpii protège la Rade et le Bara-chois contre les vents du large et les envahissements de la banquise hivernale. Aride et basse, cette digue naturelle, longue de 4800 m., sur 400 m. de largeur moyenne, occupe une superficie de 50 hectares environ, et compte 4 km de pourtour, en suivant toutes les sinuosités du rivage. Le point culminant est un massif de roches, qui porte le nom de Mont-à-Regrets A la pointe Leconte, au Sud-Est, se trouve placé un feu fixe, rouge et blanc, qui pèut être aperçu de 7 milles en mer.
- Une batterie, depuis longtemps désarmée, commandait autrefois l'entrée, de la Passe, du côté Nord près de l’anse à Tréhouart. Face à Saint-Pierre, et bordant la rade, le village aligne ses maisons basses sur une seule rue; partout, le sol rocheux est disposé en graves, pour le séchage de la morue. L’église, aux amples dimensions, flanquée en façade d’un élégant clocher, domine toute l’agglomération.
- Miquelon. —- L’ile de Miquelon, également rocheuse, mais avec des fonds cultivables, s’étend dans la direction du Nord, sur une quarantaine de kilomètres et comprend deux parties bien distinctes : la Grande Miquelon, au nord et la Petite Miquelon, appelée aussi Langlade, plus au sud.
- Cette dernière n’est séparée de Saint-Pierre que par un canal de 4 à 5 kilomètres, assez curieusement appelé La Baie. Le courant rapide, les lames courtes et brutales font de ce passage un coin redouté des vieux loups de mer anglais, qui l’ont surnommé la Gueule d’Enfer, « Mouth of the Hell ». Le cap qui le domine porte aussi le nom de Cap au Diable; et donne au site un aspect quelque peu dantesque.
- Les anciens avaient érigé un calvaire, en face du Grand Colombier, sur la Pointer-Henry, qui porte,
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- sur les cartes de 1765, le nom de Pointe-à-la-Croix. Langlade est un plaisant rendez-vous, pendant la belle saison, pour les pêcheurs, chasseurs et amateurs de far-niente. On y trouve des étangs et des ruisseaux regorgeant d’anguilles et de truites saumonées, des coteaux boisés, où la tanière de Maître Renard voisine avec les terriers de Jeannot-Lapin, des fourrés où nichent les perdrix, des marais peuplés d’oiseaux aquatiques et migrateurs ; on y trouve même des fraises sauvages délicieuses et des framboises; en général, une végétation autrement riche et pittoresque que sur tout le reste de l’archipel. II ne faut pas perdre de vue que ces îles furent autrefois boisées, aussi bien que les côtes de Terre-Neuve. On y trouvait encore des arbres pour la construction des bateaux, vers 1767. C'est alors que la population acadienne se vit contrainte au déboisement, à la suite des mesures ‘draconiennes prises par les Bos-tonnais pour empêcher toute livraison de charbon aux malheureux insulaires.
- On y trouve plusieurs fermes, entretenues avec soin, aussi riches en volailles qu’en bétail ; une petite chapelle votive, dédiée à Ste Phi-lomène ; enfin un chalet de l’administration, résidence d’été, qui porte le nom pompeux de Gouvernement. Ce pavillon, entouré de grands arbres, domine la verdoyante vallée de la Belle-Rivière, dans un site enchanteur, mais vraiment trop fréquenté, à l’époque de la canicule, par les moustiques ou maringouins...
- L’ile de Langlade mesure 14 kilomètres de long, et 15 kil., dans sa plus grande largeur, avec un pourtour total de 42 kilomètres.
- Au Sud-Est, sur les rochers détachés de la Pointe-Plate, on a érigé, en 1882, un phare de premier ordre, avec sirène, qui a une portée de 20 milles.
- La Grande et la Petite Miquelon (Langlade) sont soudées l’une à l’autre par une immense dune de sable fin, large de 500 mètres en moyenne et mesurant 12 kilomètres de long. Fortifiée de part et d’autre par les Buttereaux (monticules de sable), cette digue naturelle dépasse de deux mètres à peine le niveau des grandes marées ; elle va s’élargissant aux deux extrémités, notamment vers le N. où s’est formé un vaste étang, appelé le Grand Barachois (autrefois le Havre des Dunes), peuplé de loups marins.
- Fig. 5. '— Le vallon de la Belle-Rivière, à Langlade et le >< Gouvernement
- L’isthme de Langlade fut plusieurs fois brisé par la violence des vagues. En 1757, il y avait là un chenal large de 500 m., avec deux ou trois brasses d’eau à mer basse, qui se referma en 1781. Ilne se passe guère d’année sans que cette langue de sable, mouvante et traîtresse, ne soit le théâtre de quelque dramatique naufrage. C’est la Nécropole des Navires et, en effet, aussi loin que se porte le regard, on ne voit, de-ri de-là, que carcasses ruinées, à moitié enfouies et qui, vues à distance, à la marée montante, donnent l’illusion de quelque monstre marin échoué sur la plage. La Grande Miquelon a 56 km de longueur, sur 24 de large et 110 de tour.
- L’intérieur, montagneux, renferme des pyrites de fer et de cuivre, des gisements d’ocre jaune, des schistes ardoisiers !et des sources ferrugineuses.
- -* La rade est
- largement ou-* • . ^ - verte aux vents
- . , ' ,r ‘ ' - d’est, face aux
- - : lies Brunett, qui
- 1 .1 , : ' sont de Terre-
- Neuve. La Grande Anse, formant le fond de la baie, décrit un arc de cercle de quatre kilomètres, qui vient s’appuyer, au Sud, sur le Chapeau de Miquelon, dont le Plateau de la Chatte n’est que le prolongement sous-marin, et,
- au Nord, sur la Pointe du Cap.
- Cette masse rocheuse du Cap de Miquelon, depuis le Nid de l’Aigle jusqu’au Phare du Cap Blanc, formait autrefois un îlot distinct, séparé par un bras de mer, dont « La Grande Etang » est le dernier vestige. Le village actuel, construit au pied delà colline du Calvaire, s’étend, au bord de l’eau, sur une dune sablonneuse, dont l’ossature est formée par des bancs de galets que la mer de l’Ouest accumula depuis des siècles.
- Mais, il parait assez probable, à la première inspection du site, que la bourgade primitive, s’étendait autrefois de l’autre côté du Pont, au sud de la Baie, entre l’Etang du Chapeau et l’Etang de Miquelon. Des blocs de pierre, gisant dans la vase, indiquent les appontements détruits; les traces de constructions sont-toujours visibles sur le plain, en longeant la colline, entièrement déboisée et répartie en parcs multiples, qui ne sont autres que d’anciens jardins. Au sud du village anéanti, le Chemin des Roses, serpente à travers les églantines, le long de la crête, dans la direction de Mirande.
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- La bourgade actuelle des Miquelonnais se trouve à cinquante kilomètres environ du chef-lieu de la Colonie.
- Elle possède une seule rue, longue de deux kilomètres, séparant une double rangée de maisonnettes en planches, fort basses, mais très confortables, séparées les unes des autres par des clôtures de piquets, qui entourent les iardins Construite en bois, tout comme les maisons des pécheurs, la petite église est richement décorée de sculptures et autres spécimens d’art local, où le fini du travail achève de relever le manque de prétention.
- Ce petit village de 70 feux est l’unique centre de population, en dehors de la Pointe-au-Cheval très éloignée, de Belliveau, de Mirande, de Pousse-Trou, aujourd’hui abandonnés, ainsi que Michaux et le
- Fig. 6. — Arrivée du courrier au “ Gouvernement ” de Langlade.
- Cap Vert. Les autres anses, qui marquent pour la saison les lieux de pêche, portent des noms dont la saveur pittoresque rappelle le bon vieux temps ; le Gros Gabion, le Boyau, la Coupée, la Grande Devalée, le Cap-Percé, l’Anse à la Garonne et l’Anse à Poutine. La bourgade de Miquelon comprend trois sections : au centre, la Ville, avec l’église, l’administration, la mairie, la gendarmerie, les écoles; puis, la Pointe au Sud, et l’Anse, à l’opposé. Les habitants se répartissent d’eux-mêmes en trois catégories : les Villains, les Lanciers, les Pointus! La rade ne possède ni quais, ni apponte-ments ; on y débarque au petit bonheur, parfois même sur les glaçons, au risque de prendre un bain froid intempestif. Pourtant il ne serait pas impossible de procurer un abri aux navires, en creusant un port
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE L
- à Grenoble (Mi
- Une Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme vient d’ouvrir ses portes le 21 mai dernier à Grenoble, et l’intérêt quelle suscite un peu de toute part nous invite à indiquer dès aujourd'hui l'effort.que l’industrie et le commerce ont réalisé à cette occasion. \
- de toute sécurité dans l’Etang, qui communique avec la mer. Le projet fut envisagé à diverses reprises, et l’on apporta même de France des blocs de pierre taillée, qui ont servi de bases aux piliers du ponl sur le Goulet.
- Le contrefort du Cap Blanc, battu par les vagues en furie, supporte un phare de 2e ordre, à feu tournant, construit en 1885, dont la portée est de 15 à 20 milles. Deux rayons rouges partant, l’un de.ce phare, et l’autre de la Pointe-Plate, font converger leurs faisceaux lumineux sur les Veaux-Marins, récifs aussi dangereux que sournois.
- *
- * *
- Saint-Pierre, Miquelon, l’Ile-au\ Chiens, ccs trois îlots sont les derniers vestiges de nos royales colo-
- Fig. 7.
- Le frigorifique en construction (içi8-iç20).
- nies de la Nouvelle France. Il faut reconnaître, avec Robert de Caix, que « ce débris d’empire semble bien mélancolique et minuscule à qui, des mornes de Saint-Pierre, l’embrasse d’un seul coup d’œil, voyant l’horizon de la mer monter à l’Ouest, comme à l’Est de cette dernière relique du plus magnifique domaine qui se soit jamais offert à une nation européenne ».
- Et pourtant, sur ce Rocher, perdu parmi les vastes possessions britanniques, à mille lieues de Paris, une pléiade de vaillants marins, à la foi profonde et au cœur fidèle, monte la garde autour du drapeau tricolore, et, seule dans son splendide isolement, maintient avec constance le prestige du nom français !
- A. David.
- 1 HOUILLE BLANCHE ET DU TOURISME
- i-Octobre 1925).
- L’ancienne place forte qu’était Grenoble, enclose dans une enceinte fortifiée à la Vauban et une large zone militaire de terrain inculte qui la complétait, s’épanouit hors de ses murailles. C’est l’Exposition Internationale de la Houille Blanche et du Tourisme qui en a été l’occasion, et en profite la
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- première, puisque c’est sur l’emplacement même des anciens talus démolis, sur les anciens fossés comblés, au milieu des bois de la zone militaire, que s’élève l’Exposition.
- Les deux grandes sections, Houille Blanche et Tourisme, occupent chacune de vastes emplacements dont les centres sont respectivement marqués par le Palais de la Houille Blanche et le Palais du Tourisme. M. Jaussely, architecte en chef de l’Exposition, a su adapter l’ensemble au cadre sans pareil qui l’entoure, et le visiteur a un spectacle véritablement unique, lorsque, de l’entrée principale, il voit en
- réunis en tète par une forte semelle, l’ensemble étant 'entretoisé par un chaînage longitudinal et des poutres réunissant entre eux les pieds d’un même arc.
- Pour s’assurer contre toute déformation due à un tassement possible des pieux, les constructeurs ont été amenés à utiliser la semi-articulation, système Chenille, dont l’armature est constituée par des fers ronds en forme de 8, juxtaposés les uns à côté des autres. Le béton suit la forme des aciers et au croisement présente une section très faible permettant de légers mouvements.
- La hauteur des axes, à la clef, est de 22 mètres
- Transporte et industries touristiques
- PLACE
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- Fig, i. — Plan de VExposition.
- face de lui partir les deux allées qui mènent aux Grands Palais. L’un, celui du Tourisme, se détache sur le fond des hautes falaises calcaires du massif de la Chartreuse, l’autre, le Palais de la Houille Blanche, étend sa longue ligne d’arcs jumelés sur un fond de grands arbres verdoyants, au-dessus desquels, la chaîne de Belledonne dresse sa magni-’ fique sierra et ses glaciers éclatants.
- Palais de la Houille Blanche. — Il se compose d’une grande nef de cent quatre mètres de longueur et de vingt-sept mètres de largeur avec une galerie annexe de six mètres qui court sur toute sa face postérieure. Vingt-deux arcs en béton armé, jumelés deux à deux, constituent l’ossature du Palais. Tout le terrain de l’Exposition est une argile grasse incapable de supporter de gros poids. Il a fallu aller chercher le bon sol à treize mètres, en moyenne, au-dessous du sol naturel, par un battage de pieux en béton, Chaque pied d’arc repose sur trois pieux
- environ; mais elle est assez fortement réduite par le plancher qui est surélevé de quatre mètres au-dessus du sol naturel. Le Palais ne comporte pas d’étage, mais seulement une galerie intérieure, de trois mètres de large, qui fait le tour complet de l’édifice. Elle s’épanouit, aux deux extrémités, pour former deux vastes balcons où l'on accède par des escaliers monumentaux, en béton armé également.
- La façade principale est constituée par un grand motif central ; d’autres motifs, plus petits, correspondent chacun à un groupe d’arcs.
- Tous ces motifs portent trois vasques par où s’écoulent, en cascade, de minces filets d’eau ; ceux-ci forment une draperie liquide, descendant jusque dans de petits bassins placés à leurs pieds. Le grand motif central reproduit, à une échelle plus vaste, le même effet d’eau coulant de vasque en vasque dans une grande niche décoréede caissons avec mosaïque, aux tons chauds et dorés.
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- Fig. 2. — Le Palais de la Houille B tanche.
- Commencé en juillet 1924. Etat des travaux en décembre ; étant donné l’urgence, il a fallu coffrer tous les arcs en même temps. Le premier arc n’a pas d’articulation, car le pignon le rendra indéformable. (Photo Oddoux.)
- Au-dessus du vestibule extérieur, une terrasse accessible au public permet d’embrasser, d’un coup d’œil général, le bel ensemble, que constituent à ses pieds, les fontaines lumineuses, la tour d’orientation et les divers autres pavillons.
- Les Fontaines lumineuses.
- Conçues, en même temps que le Grand Palais, de façon à réaliser avec lui un ensemble unique d’effet d’eau, les fontaines lumineuses s’épanouissent devant le Palais de la Houille Blanche en une série de bassins en fer à cheval entourant un bassin circulaire. Les uns et les autres comportent une suite de cascades amenant l’eau dans une pièce d’eau intermédiaire, parallèle à lafaçade du Palais, et celle-ci la déverse à son tour, par une série de chutes dans le grand Bassin qui s’étend jusqu’au pied des arbres du parc.
- Plusieurs jets d’eau, des plus variés comme aspect, animent le paysage. Au centre, un grand jet de trente-cinq mètres s’élève plus haut que la toiture du Palais. — Les pompes, qui alimentent les fontaines lumineuses, sont placées sous les bassins; un groupe distribue l’eau aux jets ordinaires, pomme d’arrosoir, jets en spirale, etc. Une pompe spéciale reprend cette eau, déjà sous pression, pour la soumettre à une force capable de l’élever à trente-cinq mètres de hauteur.
- Des systèmes de projecteurs noyés, dont chaque jet occupe le centre, peuvent rendre lumineuses,
- la nuit, toutes les gouttelettes d’eau qui jaillissent des fontaines.
- La Tour d’Orientation. — Une des attractions, qui sera certainement la plus courue, est la Tour de quatre-vingt-cinq mètres, qui élance, au centre des trois vallées du Grésivaudan, basse Isère et Drac, ses sobres et élégantes lignes. Du bout de la plateforme située à soixante mètres au-dessus du sol, la vue est incomparable ; car l’observateur étant éloigné suffisamment des montagnes, le tour d’horizon est plus complet que des belvédères des monts environnants. Le Touring-Club doit d’ailleurs y installer une table d’orientation extrêmement détaillée.
- Fondée aussi sur pieux en béton armé, s’appuyant sur le gravier de la nappe aquifère qui fournit l’eau aux nombreux puits artésiens de la région, la tour est formée de huit grandes nervures qui montent d’un seul élan jusqu’à la terrasse de soixante mètres. Sur cette hauteur, elles ne sont reliées entre elles que par trois larges enrayures, correspondant également aux paliers de l'escalier.
- Pour rompre la monotonie d’une ascension fastidieuse, l’architecte a eu l’idée très originale de faire faire à l’escalier deux révolutions en suivant le plan octogonal de la tour, puis, avant d’arriver à l’étage, de le faire recroqueviller sur lui-même, et se terminer par un colimaçon qui l’amène au palier.
- Les cages des colimaçons servent,
- Fig. 3. — Le Palais de la Houille Blanche.
- Vue extérieure pendant la pose du plancher. On remarque les fers en attente pour la galerie antérieure qui est coffrée au fond ainsi que les escaliers. (Photo Oddoux.)
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- Fig. 4. — Le Palais de la Houille Blanche, façade principale. (Photo Oddoux.)
- en même temps, à relier à l’ossature générale les deux poteaux qui portent les guides de l’ascenseur. Ce sont les seuls points d’appui que prennent, une lois sur deux, ces poteaux, du rez-de-chaussée jusqu’au premier balcon, soit, deux accrochages pour soixante mètres.
- La flèche supérieure, où l’ascenseur ne monte pas, haute de vingt-cinq mètres, est sur un plan plus exigu que la première partie, et repose en porte à faux sur les nervures maîtresses; elle se termine
- par une boule qui sert de scellement à la flèche métallique surmontant l’édifice.
- Le Palais du Tourisme. — Construit en charpente bois et stall, de façon à avoir l’imposant aspect d’une construction en pierre de taille, le Palais du Tourisme se partage la première place comme monument avec le Palais de la Houille Blanche. Il contient la salle des Congrès et la salle de projection où se déroule, sans interruption, un film sur la Houille Blanche et le Tourisme. Les nombreux dio-
- Fig. 5. — La Tour d’orientation et la chaîne de Belledonne.
- La Tour était en construction et venait de dépasser 60 mètres. A gauche : l’ossature du Palais des Colonies. A droite derrière les arbres, le Palais de la Houille Blanche. (Photo Oddoux.)
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- ramas, et tout ce qui a trait au tourisme, en général, y trouvent leur place.
- Les Transports touristiques, les Industries touristiques et le Tourisme rétrospectif. —L’énoncé seul de ces tiLres définit le programme d’utilisation des trois édifices qui couvrent un espace considérable dans la partie nord de l’Exposition. Depuis la vieille chaise à porteurs et le plus primitif traîneau du tourisme rétrospectif, jusqu’aux cars les plus modernes, habitués des grands circuits automobiles, et l’avion des grands raids, toute la gamme des modes de locomotion est y exposée.
- Les transports touristiques et le tourisme rétrospectif représentent, à l’Exposition, les pavillons où la charpente métallique a eu droit de cité, ainsi que l’annexe du Grand Palais delà Houille Blanche, et le Hall des chemins de fer.
- Le Hall des chemins de fer. — Les fidèles des dernières expositions reconnaîtront peut-être cette grande carcasse métallique, car c’est là une char pente habituée des expositions qui se sont succédé depuis deux décades au moins. Aujourd’hui, habillé de staff et peint en vert clair, nous le verrons abriter les plus modernes créations des compagnies de chemin de fer. Un embranchement spécial le dessert ainsi que l’annexe du Palais de la Houille Blanche et celui des Sections Etrangères.
- Sections étrangères. — C'est encore un des pa-
- Lig. 6. — Le pavillon du Tourisme. (Photo Oddoux.)
- lais les plus importants, qui abrite les stands de la houille blanche dans les pays étrangers. Son plan, presque carré, lui donne une forte impression de grandeur. C’est un curieux spécimen de charpente en bois démontable, où le constructeur a jugé intéressant de remplacer le boulon ordinaire par un tube fileté avec écrous. Ce pavillon fait partie de l’ensemble entourant l’esplanade des fontaines lumineuses. Le pavillon de l’Italie dressé en arc de cercle lui est symétrique.
- Le Palais des Colonies. — Le Palais des Colonies est le premier qui s’offre au regard, dominant la clôture d’enceinte, lorsque l’on arrive vers la porte
- Fig. — Le village alpin. (Photo Oddoux.)
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- d’entrée monumentale. Construit sur plan triangulaire, il dressevers le ciel, trois coupoles, au style exotique, en laissant, en son milieu, une cour spacieuse. Le Tourisme aux Colonies se revèle ici par l’attrait de ses plus belles régions. Les monuments et les sites magnifiques de notre empire colonial s’imposent aux regards de tous sous forme de photographies, dioramas, projections, reconstitutions, maquettes, etc. Les produits manufacturés et autres de l’industrie indigène de ces divers pays y trouvent aussi leur place.
- Le Restaurant de luxe. — Particulièrement élégant, le Restaurant de luxe s’encadre dans un groupe de beaux arbres qui l’ombragent. Devant l’entrée et sa terrasse, quatre bassins circulaires animent le paysage. Le kiosque à musique est à proximité et les consommateurs pourront, enecoutant l’orchestre, admirer devant eux les cascades du Grand Palais, les brillants effets d’eau et les jeux de lumière des fontaines.
- Les Nations étrangères. — Certains pays ont accordé leur concours de façon très importante, puisque certains ont des bâtiments leur appartenant en propre. La Suède dresse, à côté de la Tour d’Orientation, un pavillon complètement en bois, dans le style du pays. L’Italie est aussi représentée, et les travaux de son édifice sont terminés. L’Allemagne enfin a donné son adhésion et expose à Grenoble.
- Beaux-Arts. Théâtres. Grands Réseaux. Sociétés et Industries diverses. —- Un palais est réservé aux beaux-arts, peinture et sculpture, qui ont toujours été très en honneur dans le Dauphiné, et y ont pris ces dernières années un essor particulièrement grandissant. La peinture de paysage, spécialement, semble avoir vu son extension liée au progrès de l’Industrie touristique. C’est pourquoi les dirigeants de l’Exposition ont pensé, avec juste raison, qu’une manifestation de cet ord^e serait très bien placée dans le cadre d’une Exposition Internationale de la Houille Blanche et du Tourisme. Les sujets de montagne seuls ont admis dans les œuvres picturales ; en sculpture, seuls les motifs d’ordre sportif y ont accès.
- Les grandes Compagnies de chemin de fer se sont groupées pour exposer dàns un pavillon des Grands Réseaux toutes les merveilles pittoresques et touristiques que desservent chacune d’elles.
- Enfin de nombreuses sociétés sportives et touristiques telles que le Touring Club de France, le Club Alpin Français, et bien d’autres, participent acti-
- vement à l’entreprise générale de vulgarisation qu’est l’Exposition du Tourisme, en installant d’authentiques refuges de montagne, et de haute montagne, qui iront plus tard jalonner les voies d'ascension des Alpes du Dauphiné.
- Les Industries locales, autres que celles intéressant la Houille blanche et l’Electricité, et qui se sont taillé la part du lion, sont dignement représentées et parfois de façon originale. Témoin, une firme de biscuits très connue, qui se propose de fabriquer ses biscuits, avec les opérations successives réalisées sous les yeux des consommateurs, et de les servir sortant tout chauds des fours automatiques.
- Enfin un théâtre, en plein air mais abrité des intempéries, permettra de donner un attrait supplémentaire aux fêtes qui doivent se succéder pendant la durée de l’Exposition.
- Le Village Alpin et les Jardins. — Un peu reculé, derrière le cours d’eau qui traverse le terrain de l’Exposition, le Village Alpin déroule une rue capricieuse, bordée de maisons représentant les types les plus caractéristiques des habitations des Alpes. A l’entrée, le moulin alimenté par le ruisseau schématise la plus primitive réalisation de la houille blanche. En face, c’est le four banal, puis les mas, haberts ou chalets du Vercors, de la| Chartreuse, de la Savoie, dressent leurs silhouettes caractéristiques. La rue s’élargit en une place dont la fontaine, sorte de cuveau, aux douves massives et inégales, rappelle leQueyrasau premier coup d’oeil. D’ailleurs, deux ou trois maisons de cette pittoresque vallée entourent la place. A côté d’elles, si gaies avec leurs balcons pleins de fantaisie, la maison de l’Oisans prend un aspect sévère. Enfin, l’Eglise est flanquée du mur de son petit cimetière dont l’entrée reproduit le portique de celui de la Grave.
- Derrière le Village Alpin, s’étend un jardin plein de rocailles, où les plantes alpines les plus variées fleurissent chaque jour. De nombreux sapins ombragent les allées tortueuses comme des sentiers de montagne, qui conduisent à la fosse aux ours, au pavillon forestier, à celui de la pisciculture, au parc des chamois, et à une multitude d’autres chalets rustiques.
- Nul doute que les collections variées qu’ils contiennent ne viennent concurrencer, auprès des visiteurs, les merveilles de la houille blanche et du tourisme que présentent les Grands Palais et d’autres édifices bien plus importants.
- Pierre Vuillet.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- UNE NOUVELLE EXPÉRIENCE DE MICHELSON
- M. Michelson, le célèbre physicien américain de l’Université de Chicago, vient d’effectuer, en collaboration avec M. Gale, une expérience qui suscitera certainement une grande sensation dans les milieux scientifiques. Nul n’ignore aujourd’hui qu’il y a
- trente-sept ans, en 1887, M. Michelson réalisait, par des moyens extrêmement précis, une expérience d’optique destinée à mettre en évidence le mouvement de translation de la Terre par rapport à l’espace environnant ; les résultats négatifs de cette
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- expérience ont été, à la grande surprise de son auteur, le point de départ de la révolution scientifique qui a abouti aux théories relativistes.
- En 1887, les physiciens admettaient généralement que la .lumière est un phénomène vibratoire transmis par un milieu spécial, l’éther. Une question importante se posait : l’éther est-il immobile dans l’espace et insensible au mouvement des corps qui sont plongés dans son sein? Ou bien est-il entraîné complètement ou partiellement par les corps en mouvement? Une expérience de Fizeau, répétée maintes fois, démontrait d’une façon péremptoire que l’éther n’est pas entraîné par les corps en mouvement. Il est donc immobile dans l’espace, et constitue un milieu au repos absolu. On doit par suite en conclure la possibilité de mettre en évidence, par des expériences d’optique sur la Terre qui est animée d'un mouvement de translation et de rotation au milieu de cet éther, l’existence d’un vent d’éther.
- L’expérience de Michelson, exécutée pour la première fois en 1882, reprise avec plus de précision en 1887, avait pour objet de déceler le vent d’éther provoqué par la translation de la Terre, vent dont l’existence, en raison de l’expérience de Fizeau, ne faisait alors aucun doute. A l’étonnement général, l’expérience de Michelson démontra, d’une façon | tout aussi péremptoire, l’absence de tout vent d’éther dû au mouvement de translation de la Terre; et l’on en devait conclure à l’entraînement total de l’éther.
- Comment concilier cette contradiction absolue entre deux expériences, l’une et l’autre irréfutables? La tâche n’était pas aisée ; elle a provoqué les méditations et les travaux des physiciens et mathématiciens les plus éminents, les Lorentz, les Poincaré, pour aboutir aux théories d’Einstein et de ses adeptes.
- La nouvelle expérience de Michelson sera, certes, moins révolutionnaire; car son résultat pouvait être également prévu par la théorie de l’éther au repos absolu, ou par celle de la relativité généralisée. Elle ne renverse donc rien; mais elle est remarquable par la petitesse de l’effet à mettre en évidence ; elle met en relief une fois de plus l’habileté expérimentale des physiciens qui ont pu la réaliser, malgré les difficultés à vaincre.
- Voici, d’après une brève communication de MM. Michelson et Gale, dans notre confrère anglais Nature, le dispositif employé.
- Une série de tuyaux, de 0 m. 50 de diamètre, sont disposés horizontalement sur le sol et y dessinent un circuit rectangulaire de 603 m. de long sur 354 m. de large. Pour éviter toutes perturba-
- tions dues aux mouvements de l’air et aux différences de température, la pression de l’air dans les tuyaux était réduite à 1/4 de centimètre au moyen d’une pompe de 50 chevaux. L’une des extrémités du circuit est double comme le montre la figure 1. En A, un faisceau lumineux issu d’une lampe à arc est divisé par une lame à faces planes parallèles à 45°, légèrement dorée, en deux faisceaux qui grâce à un jeu de lames à 45° parcourent le circuit l’un dans le sens des aiguilles d’une montre, l’autre en sens inverse.
- Admettons que l’éther soit au repos absolu, et la Terre immobile autour de son axe. Les deux faisceaux circulant en sens inverse, décrivent dans l’éther des trajets rigoureusement égaux ; mais, par suite du nombre de réflexions différent pour les deux circuits, les phases des vibrations sont modifiées, et diffèrent d’un circuit à l’autre; des interférences doivent se produire et donner naissance à des franges dont on peut calculer l’espacement. Mais la Terre tourne autour de son axe, d’un tour en 24 heures ; elle entraîne les tuyaux et les lames réfléchissantes ; ceux-ci vont à la rencontre des rayons lumineux qui se propagent dans le sens des aiguilles d’une montre, s’éloignent au contraire des rayons qui vont en sens inverse. Le parcours des deux faisceaux, par rapport au système des lames réfléchissantes, cesse donc d’être le même, d’où un déplacement des franges d’interférence que l’on peut calculer.
- Si C désigne la vitesse de la lumière, w la vitesse angulaire de la Terre, 9 la latitude du lieu de l’expérience, X la longueur d'onde de la lumière employée, et S la surface comprise à l’intérieur du rectangle formé par les axes des tuyaux, ce déplacement exprimé en nombre de franges est donné
- , „ , ^ 4So> sin 9
- par la formule I) = —^---------
- Dans les conditions où se trouvaient placés MM. Michelson et Gale, le calcul montre qu’ils devaient observer un déplacement de 0,236 de frange. Ils ont trouvé comme moyenne de 269 observations le chiffre de 0,230 qui représente un accord très satisfaisant entre le calcul et l’expérience ; le résultat vérifie dojjc complètement la formule employée, formule très facile à établir dans l’hypothèse de l’éther immobile, mais qui peut se déduire aussi de la théorie de la relativité généralisée.
- L’expérience de MM Michelson et Gale est identique, en principe, à l'expérience réalisée par M. Sagnac, à Paris, il y a plusieurs années, et donne les mêmes résultats. Mais l’expérience de Sagnac portait sur un système de rotation animé d’une vitesse angulaire de 2 tours par seconde, c’est-à-dire
- / :a f— —*
- L h' y 3 ^
- Fig. i. — Schéma de Vexpérience de MM. Michelson et Gale.
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- tournant 172 800 fois plus vite que la Terre; ceci suffit à mettre en évidence l’extraordinaire habileté des physiciens américains.
- Ainsi, alors que l’on ne peut mettre en évidence le vent d’éther dû à la translation de la Terre, on peut, au contraire, déceler celui qui provient de sa rotation.
- M. J.-M. Jeans, l’éminent physicien de Cambridge, tire les conséquences suivantes de l’expérience de Michelson.
- La formule employée pour calculer, a priori, le déplacement des franges suppose essentiellement que la vitesse de la lumière dans l’espace est rigoureusement la même pour les deux faisceaux inter-férents.
- Donc, indépendamment de toute hypothèse sur l’éther, l’expérience semble prouver que la vitesse
- de la lumière dans l’espace reste la même, que la lumière se propage dans le sens de la rotation de la Terre ou en sens inverse. Ce qui est d’accord avec la théorie de la relativité.
- La première expérience de Michelson pouvait recevoir trois explications :
- a) Il n’y a pas d’éther; b) il y a un éther qui accompagne la Terre dans son mouvement ; c) il y a un éther, immobile dans l’espace ; les corps qui se meuvent dans son sein subissent une contraction dont la valeur est donnée par la formule de Lorentz, Fritz Gérald.
- La nouvelle expérience de Michelson et Gale, comme celle de Sagnac, force à rejeter l’hypothèse b. Il reste à choisir entre les interprétations a et c ; et l’expérience n’a pas encore fourni de raisons décisives pour préférer l’une à l’autre. A. T.
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- Les machines modernes tournent aujourd’hui à des vitesses de plus en plus grandes; il est donc très difficile d’analyser les particularités de leur mouvement, car on ne peut en réalité voir les pièces dans leur état normal de fonctionnement.
- Cependant, dans beaucoup decas,l’observation des mouvements des diverses pièces est importante ; pour co n s t a-ter, par exemple, sur un moteur si tous les organes se comportent bien.
- S'agit-il de regarder le fonctionnement des soupapes commandées par un arbre à cames‘1 II est évident qu’à une allure réduite, la tige du poussoir suit exactement le profil de la came. Lorsque la vitesse augmente, les forces d'inertie interviennent et il arrive à certains moments que la came et la tige ne sont plus en contact, des chocs en résultent. Or, on ne peut prévoir exactement à l’avance des effets de ce genre, seul l’examen permet’ de se rendre compte des phénomènes qui se produisent.
- Le moyen consiste à examiner au ralenti les mouvements des pièces, à les suivre sous une vitesse apparente moindre que celle à laquelle elles se déplacent ; ce sont les méthodes stroboscopiques, dont le principe est le suivant :
- Si l’on regarde une pièce qui tourne à 50 tours par seconde, pièce sur laquelle on a figuré un point blanc à la peinture ; si l’on éclaire cette pièce toutes les demi-secondes, au moyen d’un éclair rapide lumineux, la pièce aura fait 15 tours entre deux éclairs successifs et le point blanc doit se retrouver au même point exactement chaque fois qu’il est
- éclairé. lien résulte que pour l’œil de l’observateur la pièce semble immobile.
- Si l’on fait varier maintenant d’une façon très faible l’intervalle de temps entre deux éclairs successifs, le pointblanc aura fait par exemple 15 tours plus i/'200e de tour. L’observateur verra donc le point blanc avancer de 1 /200e de tour à chaque demi-seconde ou de 1/100e de tour par seconde. Le tour complet sera en apparence exécuté par le point blanc en 100 secondes et on aura ralenti le mouvement dans la proportion de 3000 à 1.
- On peut même faire tourner apparemment le point blanc en sens inverse, en diminuant l’intervalle entre deux éclairements, de manière que la pièce fasse, dans le cas particulier que nous avons pris, 15 tours moins 1 /200e de tour entre deux éclairs. On obtient donc une représentation analogue à celle du cinéma au ralenti.
- Ces méthodes stroboscopiques, très employées au laboratoire, ne sont pas encore complètement entrées dans la pratique industrielle, faute de moyens simples d'application.
- Généralement, les appareils employés sont constitués par des disques perforés et l’observateur n’aperçoit la pièce à examiner que lorsqu’une fenêtre passe devant lui. Pour avoir quelque chose d’exact et de précis, il est indispensable que la vitesse de rotation du stroboscope soit bien déterminée, mais il est difficile d’avoir une grande exactitude dans les mesures
- On a utilisé également des diapasons munis de pla-
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- quettes percées d’une fente étroite et placées sur les branches. Lorsque le diapason vibre, les fentes viennent en coïncidence d’après la période vibratoire du diapason. Ce procédé est peu pratique, d’une précision faible, et il est nécessaire de disposer d’un grand nombre de diapasons pour répondre à tous les cas. On a imaginé également de regarder par une fenêtre qui s’ouvre et se ferme à des périodes déterminées. On éclaire la pièce à étudier suivant une fréquence également déterminée par des éclairs d'une lampe au néon, les décharges sont réglées» par le mouvement du mécanisme, l’éclair ne se produit que tous les 100 tours. Cet appareil exige une adaptation spéciale d’engrenages.
- Une réalisation très intéressante de la méthode stroboscopique est celle qui a été faite récemment par M. le professeur Guillet, de la Faculté des Sciences de Paris, en utilisant une lampe balla-deuse au néon, de À. Bertrand.
- Voici quel est le fonctionnement :
- La partie vibrante est formée d’une lame métallique line dont le mouvement oscillatoire se trouve
- Fig. 3. — Appareil complet avec sa lampe.
- entretenu par un électro-aimant qui reçoit le courant d’une batterie de quelques éléments.
- Le courant est supprimé par la corde elle-même au moment de son passage à la position d’équilibre ; le contact est placé au voisinage immédiat du point d’attache et une vis micrométrique stable permet de régler ce contact.
- On obtient la modification de la fréquence de la corde par degrés insensibles, en faisant varier sa tension au moyen d’une vis munie d’une large tête divisée, dont l’étalonnage a été établi pour qu’on puisse lire directement la fréquence correspondant à chaque tension.
- La corde, dont la vibration est entretenue électriquement, ouvre et ferme le circuit primaire de la bobine d’induction, dont le secondaire alimente une. lampe au néon formant baladeuse et, par suite, pouvant être amenée facilement à proximité de la pièce à étudier, et ceci quelle que soit sa position.
- La fréquence de l’éclair de la lampe au néon suit exactement la fréquence de la corde; on peut ensuite, à chaque instant, suivre un mouvement quelconque, au moyen de cette lampe, de façon extrêmement commode.
- Voici quelques applications de cet appareil :
- Dans l’industrie automobile, le stroboscope à
- .Fig. 2. — Lampe au néon de forme rectangulaire.
- lampe au néon permet l’examen de l’ensemble des pièces d’un châssis avec son moteur, et de déceler, par exemple, le mauvais fonctionnement des soupapes, les défauts de fonctionnement d’un rupteur de magnéto, les vibrations parasites de pièces et permet d’en mesurer les amplitudes, de déterminer la cause de bruits insolites toujours si délicats à localiser.
- Dans la construction de toutes les machines à grande vitesse, il permet de déceler les flexions, les torsions d’arbres; par suite, de déterminer plus facilement les vitesses critiques. Il facilite l’étude des problèmes de lubrification, etc. Il peut être également utilisé avantageusement dans la construction d’engrenages, de turbines, d’hélices, etc., etc....
- Dans l’industrie du textile, le stroboscope est d'une grande utilité pour l’impression sur tissus ou papier ; il permet d’augmenter la vitesse et, par suite, le rendement de la machine qui jusqu’ici devait tourner à faible vitesse pour permettre à l’opérateur de suivre l’impression. On trouve également son application dans les filatures et tissages, fabriques de dentelles, constructions de machines à coudre, etc.
- On peut établir aussi un type de stroboscope pour l’observation en plein jour. E. Weiss.
- commande par arbre à cames.
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- LA PLUIE ARTIFICIELLE
- Peut-on provoquer artificiellement la pluie? C’est une question que se posent, en temps de sécheresse, tous les agriculteurs, et que ceux-ci posent à leur tour aux savants. Bien des moyens ont été proposés ; certains ont été expérimentés, sans que jamais jusqu’ici des résultats positifs aient été obtenus.
- Le problème n’en est pas moins intéressant et digne des investigations des savants. Il vient d’être examiné à nouveau par M. Ch. Maurain, à la suite d’une question posée au Comité de Météorologie de YOffice National des Recherches et Inventions. M. Maurain vient de publier à ce sujet un article dans la Revue de cet Office. Nous le résumons ci-dessous.
- M. Maurain rappelle tout d’abord les expériences effectuées autrefois par J. Violle, pour déterminer l’influence d’explosions sur les nuages orageux.
- « Des engins étaient enlevés par des ballons et munis d’un cordon Bickford qui en provoquait l’explosion à la hauteur convenable; ou bien le ballon était relié au sol par un fil d’acier permettant de produire l’allumage électriquement; parfois encore, le ballon contenait un mélange d’hydrogène et d’air et constituait lui-même l’engin. Au cours de ces essais, on a constaté une fois la séparation d’un nuage orageux en deux parties au moment çle l’explosion, mais toutes les autres expériences ont été négatives.
- D’autre part, on a parfois constaté la formation de nuages après une explosion puissante; tel a été le cas, par exemple, lors des explosions effectuées en mai 1924 dans le centre de la France, à La Courtine, en vue de l’étude de la propagation des ondes dans l’atmosphère et dans le sol. Le mécanisme de cette formation est probablement le suivant : en certains points de l’atmosphère il peut se produire une sursaturation; la quantité de vapeur d’eau peut dépasser, même de beaucoup, celle qui correspond à la saturation normale, si l’atmosphère est bien pure, exempte de ces particules appelées germes de condensation, qui existent en grand nombre au voisinage du sol, et dont il sera parlé plus loin. Or les produits de l’explosion peuvent constituer de. tels germes, qui font cesser la sursaturation s’il s’en rencontre une aux points de l’atmosphère où ils parviennent., et provoquer ainsi la condensation de la vapeur d’eau en excès, d’où la formation de nuages (ce qui ne veut pas dire production de pluie, nous reviendrons tout à l’heure sur ce point).
- Le même phénomène, la formation brusque de nuages, paraissant provenir de la cessation d’une sursaturation, a été observé aussi parfois au cours de vols d’avions ; ce sont alors les produits de la combustion lancés dans l’atmosphère par l’échappement qui font cesser la sursaturation.
- Il n’est donc pas douteux qu’il est possible de faire cesser une sursaturation atmosphérique; on pourrait obtenir dans certaines conditions le même résultat par des actions électriques. On sait que parfois une décharge électrique atmosphérique est suivie d’une pluie abondante ; les phénomènes qui se produisent alors sont sans doute plus complexes que l’action indiquée ci-dessus et sont très mal connus.
- Mais ce qu’on ignore actuellement, c’est la fréquence des sursaturalions dans l’atmosphère, leur importance, et la manière d’en reconnaître a priori l’existence. C’est
- seulement quand on aura sur ces points étendu nos connaissances qu’on pourra aborder de manière utile le côté pratique du problème, — s’il se présente de manière favorable.
- Des investigations serrées sont donc avant tout nécessaires, pour déceler les sursaturations dans l’atmosphère et en déterminer la fréquence : études de laboratoire et observations méthodiques en plein air.
- Que sait-on actuellement sur ce sujet? Assez peu de chose en somme. Ce que l’on sait sur les modes de condensation de la vapeur d’eau sursaturée montre que les sursaturations doivent être rares dans les couches inférieures de l’atmosphère. Coulier en 1875, puis Ait Kon ont mis en évidence l’existence dans ces régions de germes de condensation : poussières, fumées, etc., qui fixent les molécules d’eau et les obligent à se condenser en fines gouttelettes restant en suspension ; si la pression de la vapeur d’eau venait, par exemple à la suite d’un abaissement de température, à dépasser celle qui correspond à la saturation, la vapeur en excès se condenserait aussitôt sur les germes, toujours nombreux au voisinage du sol, môme à la campagne, en montagne et sur les glaciers. Certains de ces germes sont électrisés, ce sont les gros ions de Langevin.
- On sait que le nombre des germes diminue avec l’altitude; mais on est très mal fixé sur la loi de décroissance. On peut admettre toutefois que dans les couches assez élevées de l’atmosphère, il n’en existe plus. Mais l’expérience montre qu’il existe constamment dans l’atmosphère des centres électrisés, positifs ou négatifs, beaucoup plus petits que les gros ions signalés ci-dessus, et capables eux aussi de provopuer des condensations de la vapeur d’eau sursaturée. Le nombre de ces petits ions augmente avec l’altitude, de quelques centaines par centimètre cube au ras du sol, il est 2-ou 5 fois plus grand à 6000 ou 7000 mètres. Ces petits ions n’agissent pas absolument de la même façon que les germes ou les gros ions; ils ne font cesser la sursaturation que lorsque celle-ci atteint une intensité telle que la vapeur d’eau soit en quantité 4 fois plus grande environ que celle qui correspond à la saturation normale. Ainsi la présence de ces ions laisse une forte marge de sursaturation. Mais rien ne prouve qu’ils soient les seuls agents intervenant pour provoquer les condensations.
- En tout cas la saturation d’une portion de l’atmosphère dépend avant tout de changements de température dans cette masse, et l’on ne voit pas bien comment l’homme pourrait exercer une influence sérieuse sur les circonstances naturelles qui interviennent dans ces phénomènes.
- La vapeur condensée en petites gouttelettes liquides ou même solides, en suspension dans l’air, forme des brouillards ou des nuages ; mais les nuages ne sont pas la pluie, ne pourrait-on forcer un nuage à se résoudre en pluie? *
- Si les nuages restent en suspension dans l’air, c’est que les gouttelettes qui les composent sont de très petites dimensions ; la résistance et la viscosité de l’air rendent leur chute extrêmement lente; celle-ci est souvent de l’ordre de quelques millimètres par seconde, à peine; pendant le temps de chute, la goutte a le temps de se vaporiser.
- Pour qu’il y ait pluie, il faut donc qu’il se forme des
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- ...- -.....—= LA TROMBE DU 3 AOUT i
- gouttes assez grosses pour tomber rapideme'nt. On con-nait mal le mécanisme suivant lequel ces grosses gouttes se forment clans la réalité. Quels moyens se présentent à l’esprit pour accélérer ce processus un peu mystérieux?
- « Il faudrait, dit M. Maurain, agir sur la grosseur des gouttes; des mouvements intenses peuvent avoir cet effet, en favorisant les chocs entre gouttelettes et la captation des plus petites par les plus grosses ; peut-être l’extension des connaissances sut la formation de la pluie suggérera-t-elle des interventions d’autre sorte. L’idée qui se présente est de provoquer des explosions à l’intérieur du nuage; des expériences négatives de ce genre
- 924 SUR LE LAC LÉMAN =r...............383
- ont été rappelées au début de cette note ; il a été fait de très nombreuses expériences analogues au cours des essais de lutte contre la grêle, à t’aide d’engins spéciaux, canons ou fusées paragrèles; bien qu’une efficacité de ces engins soit admise par certains, il est bien difficile de la préciser, et l’absence de renseignements définis sur cette question spéciale de la grêle, malgré le nombre immense des expériences faites, montre combien il serait difficile de se faire actuellement une idée de la possibilité d’agir sur la formation de la pluie.
- Nous conclurons donc que la pluie artificielle n’est encore qu’un rêve. X....
- LA TROMBE DU 3 AOÛT 1924 SUR
- Le dimanche 5 août 1924, vers 8 heures du matin (HEC), une trombe remarquable est apparue sur le Haut Lac Léman et y a développé tous les caractères typiques de ce phénomène encore si mystérieux. De par le nombre d’observations précises auxquelles elle a donné lieu et parce qu’on a pu la photographier excellemment, cette trombe mérite une description détaillée.
- Photographies, dessins et descriptions mettent bien en lumière, dans le météore, les trois parties classiques : la chape massive de nuages supérieur* le corps tubulaire et l’élargissement inférieur^ te « buisson ». La plupart des observateurs ’ rî ont \ remarqué l’étrange phénomène qu’au movpùit d&J son plein épanouissement. Toutefois, M.’ Moillen, chauffeur des Chemins de fer fédéraux, de sa hfed-motive arrêtée à Rivaz, en a pu voir la naissance : à la surface du lac une agitation se manifesta soudain (7 h. 56 m.fj et tout aussitôt une colonne fumeuse sembla descendre des nuages supérieurs jusqu’à l’eau. À Lausanne, M. Matîert de Pernay, s’aidant d’un petit théodolithe, a pu faire une série de constatations infiniment précieuses et qui à elles seules suffiraient. En voici la chronométrie :
- 8 h. 05 : Le tube vaporeux est nettement visible; il est très sombre et légèrement incliné dans le sens de sa marche qui est celle du nuage dont il émane, soit WNW-ESE. Il semble avoir un mouvement de giration extrêmement rapide.
- 8 h. 05 : La pointe inférieure remonte.
- 8 h. 14 : Le tube vaporeux a presque complètement disparu; une centaine de mètres supérieurs se voient seulement encore.
- 8 h. 15 : Le tube vaporeux se reforme instantanément jusqu’à la surface du lac. Le phénomène est aussi intense que la première fois. Maximum d’intensité pendant 4 minutes.
- 8 h. 19 : L’extrémité pointue inférieure remonte de nouveau. Le tube vaporeux s’éclaircit et semble se désagréger. Le mouvement giratoire est moins violent.
- 8 h. 24 : Nouvelle recrudescence. Le tube de vapeur se tord.
- LE LAC LÉMAN (LAC DE GENÈVE)
- 8 h. 25 : La pointe inférieure remonte rapidement.
- 8 h. 26 : Le sommet de la trombe se détache du nuage supérieur.
- 8 h. 27 : Disparition complète du phénomène.
- Si ..j’ajoute 1° que la trojpbe dérivait de l’WNW vèrs l’ESE à la vitesse, modérée, dé quelque 20 km-h., pour sa partie supérieure qui prit peu à peu de l’avance sur l’extréqûté inférieure, en donnant à la colonne une incuïYqnon dans le sens de la dérive; 2° qu’à sa phasejtdùÜe, le corps du météore apparaissait nettement tubulaire (certains ont cru y voir descendre de l’eau tandis que dés masses vapo-, rtiuses se^seraient élevées à sa surface extérieure) ; >|>0 que là. plupart des observateurs notent un mouvement giratoire amis le sens des aiguilles d’une montre ; enfin 4° que beaucoup insistent sur la violence des remous créés à la surface 'de l’eau, le lecteur aura une idée assez complète de ce curieux objet. Mais ce qui rend le présent météore spécialement intéressant, c’est qu’il a été possible d’en déterminer les dimensions approximatives ; les nombreuses lignes de visées repérées par nos correspondants sur des détails de la côte opposée du lac et la netteté de la photographie prise d’Ouchy par M. Henri Fontannaz et que nous reproduisons ici, permettent de situer la trombe et de la mesurer aussi. Le météore complètement développé était à 5 km environ au sud de Paudex, hameau riverain à l’est de Lausanne et à quelque 6 km d’Ouchy ; cela donne pour la partie tubulaire une hauteur de 500 m. et une largeur de 40 m. environ. Le buisson avait un diamètre double.
- La trombe a parcouru 5 à 6 km avant sa disparition.
- Un point .très important pour la théorie est la nature du nuage dont le tourbillon émanait. Seuls d’ailleurs les observateurs situés un peu haut et un peu loin du lac.ont pu s’en rendre un compte suffisant; ils le donnent comme un nuage d’orage, unique masse de vastes dimensions, un cumulo-nirribus très sombre à sa partie inférieure, clair à sa partie supérieure, fort élevé d’après le Dr Cevcy, qui le voyait de son sanatorium de Sylvana-Epalinges,
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- 384 ' : LA TROMBE DU 3 AOUT 1924 SUR LE LAC LÉMAN
- vers 820 m. d’altitude. Cette disposition nuageuse est conforme à nos connaissances. Moi-même ai pu faire, le 31 juillet 1895, à 6 h. 5/4, et toujours sur le Haut-Léman, lors d’une trombe aussi, une constatation identique.
- Y a-t-il eu des précipitations concomitantes au phénomène? La plupart des observateurs du 5 août 1924 n’y font aucune allusion. Seul M. Jaquerod signale que quelques minutes après la résorption du météore, la pluie tombait en masse dans le secteur Meillerie-Saint-Gingolph-Vevey, donc sur la droite du parcours de la trombe.
- D’autre part, chacun insiste sur le calme général
- Il semble y avoir concordance avec la fréquence saisonnière des orages, mais discordance quant à la fréquence horaire :
- 1741, août, 7 heures.
- 1742, juillet, 6 heures.
- 1764, août, .? .
- 1795, uovembre, 8 h. 1/2.
- 1827, août, 19 heures.
- 1852, décembre, ? .
- 1885, été, ? .
- 1887, août, 7 h. 1/2.
- 1892, juillet, 18 h. 3/4.
- 1895, juillet, 6 h. 5/4.
- . . Fig. 1. — La trombe du 3 août 1924 sur le lac Léman à 8h2.
- La trombe au large de Paudex, en plein développement. (Photo Fontannaz.)
- de l’atmosphère lacustre. Le 3 août 1924, à 7 h. 1/2, la Suisse était sous l’influence d’un anti-cyclone (765 mm) du golfe de Gascogne; une grande aire à 760 mm s’étendait sur l’Autriche et la Roumanie. Vents faibles et changeants, à composante W, dans nos parages; température à Lausanne (Champ de l’Air) 14", pression réduite 763 mm, calme. A Cla-rens 18° et 763 mm aussi. Temps orageux ; la veille il avait tonné sur le lac. Une embellie a suivi la dissipation de la trombe et l’héliographe a enregistré 8 h. 4 de soleil à Lausanne ce jour-là.
- Le météore du 3 août 1924 11’est pas une rareté véritable pour la contrée ; le Léman et surtout son Grand-Lac est hanté par les trombes. La statistique en compte au moins 14 depuis 1741, soit une par treize ans, en moyenne. Il s'en faut en effet qu elles se répartissent régulièrement dans l’intervalle; le petit tableau ci-après démontre que le météore favorise à la fois les heures du matin et les mois chauds.
- 1894, septembre, ? .
- 1913, juillet, 6 h. 1/4.
- 1924, août, 8 h. 1/4.
- Cette répétition du phénomène sur la nappe du Léman est frappante. Sans doute l’heureuse disposition des rives lui permet moins qu’ailleurs d’échapper à la découverte, ce qui avantage la statistique, mais il semble y avoir en outre quelque raison, spécifique d’une telle fréquence, à découvrir encore. La configuration du lac et des montagnes qui l’enserrent y joue probablement un rôle éminent par les conjonctures météorologiques qu’elle conditionné. Il faudra étudier en détail ces situations météorologiques, mais bien des données nous échappent et nous échapperont toujours pour ce travail délicat et de longue haleine.
- P.-L. Mkhcanton.
- Le Gérant : P. Massok.
- Imprimerie Laiiuhe, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
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- LA NATURE. — N° 2672.
- 20 JUIN 1925
- LA CULTURE RATIONNELLE ET INTENSIVE DE LA VIGNE
- sous le climat méridional.
- La viticulture doit emprunter à la physique, à la chimie, à la biologie, c’est-à-dire à la science et aux découvertes récentes des savants, des données permettant de réaliser de grands progrès culturaux.
- La vulgarisation des méthodes, basées sur les observations et les recherches scientifiques, est donc une œuvre de haute importance et on doit savoir
- M. Maroger à son vignoble modèle de Livières, près, de Calvisson (Gard). Ce principe — qui est, en somme, celui de la méthode du Üry-farming appliquée à la culture des céréales dans les contrées chaudes et sèches — se justifie par cette observation « que les vignes étant, à l’état sauvage, des végétaux ligneux à grand développement, doués d’une très
- Fig\ i. — Sulfatage des vignes. Chargement de la sulfateuse avec groupe moto-pompe.
- gré aux techniciens, aux praticiens qui, pour l'avenir de la culture de la vigne en France, consacrent à cette œuvre, tous leurs efforts.
- Dans cet ordre d’idées, il nous paraît utile, nécessaire même, de signaler le vif intérêt que présente une méthode de culture de la vigne préconisée et appliquée avec succès, depuis bien des années, par un viticulteur émérite, M. Ernest Maroger, président de l’Office agricole départemental du Gard, méthode dont la valeur pratique a été consacrée par l’attribution à son auteur du prixGrimaud de l’Académie d’Agriculture de France.
- La prospérité du vignoble méridional est dominée par le problème de la conservation de l’eau dans le sol, bien plus que par ceux de l’abondance et de la composition des fumures.
- Tel est le principe ou du moins l’un des principes fondamentaux de la méthode appliquée par
- grande longévité, armés de vrilles qui leur permettent de grimper au sommet des plus grands arbres, on commet une erreur évidente lorsqu’on veut appliquer à la culture de cette espèce la plus précieuse, la vigne française, des conclusions tirées de la culture des végétaux herbacés ou d’observations faites dans la culture des plantes annuelles. »
- Dans un substantiel et très édifiant ouvrage (*) que tous les viticulteurs devraient lire avec la plus grande attention, M. Maroger expose tout au long le processus de la méthode de culture rationnelle et intensive qu’il applique au vignoble de Livières; il y ' explique les principes de ladite méthode qui lui permet d’obtenir des rendements considérables : 185 hectolitres de vin à l’hectare, alors que les viti-
- 1. E. Maroger. La Goutte d'eau. Culture intensive de la vigne dans le Bas-Languedoc, 1 vol. 428 pages, 26 planches hors texte. • -
- E3' Année- — 1*r Semestre-
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- Fig. 2. — Tracteur à chenille, avec outils relevés, employé au grattage ou façons superficielles du sol.
- culteurs voisins n’obtiennent qne 50 à 60 hectolitres à l’hectare en moyenne (récolte de 1924).
- La vigne, dans le midi, non seulement se prête à la culture à grand espacement et à grand développement foliacé, mais sa vigueur et ses rendements croissent, dans une certaine mesure, en proportion de l’espace réservé à chaque souche. Les résultats obtenus à Livières, dans la culture à grand développement, paraissent justifier la révision d’un certain nombre d’idées généralement admises sans examen par les viticulteurs du Bas-Languedoc, idées relatives aux labours, à la fumure, à la taille, à l’espacement, etc., sans parler de la répercussion de ces idées nouvelles sur une foule d’autres questions d’une utilité incontestable, telles que la défense des vignes contre les maladies et les insectes nuisibles, ou l’avenir qui. attend les cépages issus de l’hybridation, opinion exprimée par M. G. du Grès, professeur d’Agriculture, adjoint à la Direction des Services Agricoles du Gard.
- Les grandes directives de la méthode suivie par M. Maroger, méthode dont les principes essentiels s’adaptent à la culture de la vigne sous le climat méditerranéen, souvent chaud et sec en été, s’énoncent comme suit :
- 1° Il faut emmagasiner l’eau dans le sol et l’y garder le plus longtemps possible, jusqu’au moment où la plante en a besoin ; faciliter la pénétration de l’eau dans le sol et son absorption.
- 2° Ce résultat ne peut être obtenu que par des façons de culture superficielles, incessantes durant toute l’année.
- 5° Pour pouvoir cultiver en toutes saisons, il ne faut pas que les pampres rampent sur le sol ; il faut que les interlignes soient toujours libres. 11 en découle la nécessité du palissage sur fils de fer et de l’entrelaçage.
- 4° Grâce au palissage, on peut pratiquer la taille à longs bois d’un an qui, seule, peut donner de gros rendements, assez réguliers, et qui, seule, permet à la vigne d’utiliser les dons qu’elle a reçus de la nature.
- 5° Cette chaîne forme un tout dont on ne doit rien retrancher; c’est-à-dire que ces principes sont inséparables ; l’inobservation d’un seul de ces principes fausse le résultat.
- Par les façons culturales fréquentes, on satisfait aux conditions qui découlent de l’application des principes scientifiques ; en influençant le travail des micro-organismes et, par conséquent, en intensifiant leur activité, on facilite l’action des ferments nitri-ficateurs, grâce à l’eau emmagasinée dans le sol; l’azote atmosphérique qui s’accumule surtout dans les parties éclairées du sol est fixé; en influençant indirectement le sous-sol, le développement du système radiculaire est facilité ; le grillage du raisin est évité puisqu’on évite, par ces façons mettant l’eau à la disposition de la plante, l’eflêt des hautes températures estivales et des sécheresses prolongées.
- Les vignes de Livières, conduites sur fils de fer, d’après la méthode de M. Maroger, qui offre une certaine analogie avec le système imaginé par le docteur Guyot, montrent une vigueur remarquable, qui peut étonner les partisans de la culture en souches basses, avec taille courte, mode de culture ancestral qui est pratiqué dans les quatre départements méditerranéens, où les coutumes routinières ont subsisté, malgré les exemples de résultats brillants dus à l’application de méthodes scientifiques. Les vignerons du pays prédisaient l’épuisement total des souches en peu d’années, du fait de la conduite de la vigne selon les principes rénovateurs suivis au vignoble de Livières. Or, il s’est produit un phénomène absolument "contraire : plus les vignes ont produit de grosses récoltes, plus elles ont été taillées long, plus aussi elles sont devenues vigoureuses. Bien mieux encore : depuis que la loi a rendu obligatoire la déclaration des récoltes de vins, on a pu se rendre compte, parles chiffres exprimant les rendements, de l'énorme différence qui existe entre Je rendement moyen à l’hectare des vignes de Livières et celui des vignes de la commune de Calvisson où se trouve le domaine, ainsi que celui des communes
- Fig. 3. — Souche palissée sur 4 fils de Jer, après la taille et l’atlachage.
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- voisines, dont l’ensemble forme le terroir essentiellement viticole de « La Yaunage ».
- Le graphique que nous présentons (fig. 7) indique les rendements moyens en hectolitres, à l’hectare, dans les neuf communes formant la vallée de « La Yaunage » comparés au rendement moyen du vignoble de Livières, durant une période de dix-huit années (de 1907 à 1924).
- De 1907 à 1925, tandis que la moyenne des rendements, par hectare, à Livières était de 141 hectolitres, dans les communes voisines, elle n’était que de 59 hectolitres. Le rendement moyen de Livières appliqué aux sept communes de « La Yaunage », pendant le même temps, représenterait une production de 4 loi 564 hectolitres, au lieu de 1 910 767 hectolitres.
- Les hauts rendements mis en relief par ces chiffres ne sont pas acquis au détriment de la qualité des yins. À Livières, on produit des vins de 9’ avec de l’Aramon donnant plus de 150 hectolitres à l’hectare, tandis que de nombreux viticulteurs n’obtiennent que de 6° à 7°, avec ce même cépage et les anciennes méthodes de culture.
- Ces résultats ne sont pas obtenus au moyen de fortes fumures et de plantations très serrées (comme dans certaines terres très riches du département du Gard) ni à coup d’engrais chimiques, ni par des avances de fonds à long terme considérables. Les frais de production, ramenés à l’hectare, ne diffèrent pas sensiblement de ceux de la plupart des domaines d’importance moyenne du département du Gard. La fertilité des terres du vignoble de Livières, qui s’étend sur 59 hectares, est entretenue par des
- Fig. 4. — Souche palissée sur 6 fils de fer, après la taille et Vattachage.
- binages répétés, des façons culturales superficielles, très intensives et constantes durant toute l’année, lesquelles donnent la possibilité de faire une taille largement généreuse de quatre et même huit sarments longs (1 mètre environ) de l’année, produisant d’énormes récoltes, sans que la vigne manifeste le moindre dépérissement.
- Ainsi, dans ce mode de culture, le rôle des fumures passe au second plan, au point de vue de la production, tandis que les cultures superficielles constantes restent nettement au premier plan. Les engrais ne sont plus, alors, que des adjuvants; les binages constituent l’essence même de la santé et de la productivité de la souche. M. Maroger, par sa méthode raisonnée scientifiquement, confirme les observations des savants agronomes qui estiment que les plantes peuvent trouver en quantités suffisantes, dans le sol et dans l’atmosphère, tous les éléments fertilisants nécessaires à leur développement, à leur vie. Dans ces conditions, les fumures deviendraient exceptionnelles et ne seraient appliquées qu’aux cas spéciaux, à bon escient.
- Cette thèse paraît avoir sa justification dans les faits constatés dans le vignoble de Livières.
- Pendant dix années consécutives, la fumure n’y a été appliquée' qu'avec des déchets de laine de Mazamet, à raison de 800 grammes par pied de vigne.
- Les déchets de laine, dosant 1,5 pour 100 d’azote organique, ont été employés à l’exclusion de toute espèce d’engrais tels que nitrates, phosphates et engrais potassiques. Pendant ces dix années, on a toujours obtenu des récoltes notablement supérieures — du double au triple — de celles des vignobles du voisinage.
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- La fumure indiquée ci-dessus correspond, à peine, à 45 kg d’azote par hectare.
- En présence des résultats : grosses récoltes, même en ne donnant que de petites fumures, on est autorisé à conclure que les façons aratoires exercent une action particulièrement efficace. Elles j agissent, à la fois, sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol. Le rôle de l’eau dans la fécondité des terres est de grande importance, à tel point que cette fécondité, cette productivité est régie par la capacité du sol pour l’eau, car seuls les principes nutritifs solubles sont directement assimilés par les plantes. Ce rôle primordial de l’eau est mis en pleine lumière dans la méthode de culture de la vigne pratiquée par M. Maroger, qui considère que, généralement, le viticulteur fait fausse route en attribuant aux engrais une influence prépondérante sur le rendement, cette influence appartenant à l’eau, tout au moins dans les régions à climat sec.
- Le caractère dominant de cette méthode est donc de garder l’eau dans la terre, d’emmagasiner l’eau des pluies, des neiges, des rosées, de lutter contre l’évaporation par tous les moyens dont on peut disposer, de forcer l’eau véhiculant les sucs nutritifs, de passer par les radicelles de la plante, d'assurer l’afflux de sève vivifiante, au lieu de laisser cette eau se perdre dans les interstices de la terre. Si l’on ne retenait pas dans le sol les pluies d’hiver, la vigne dépérirait et ne pourrait mûrir son fruit.
- Pour maintenir l’humidité nécessaire, les arrosages d’été sont indiqués, mais pour arroser suffisamment il faut beaucoup d’eau, de sorte que, seuls, les propriétaires privilégiés sous Ce rapport peuvent disposer de la quantité d’eau nécessaire. Mois il est possible, à tout viticulteur, d’ameublir une couche de terre sur une épaisseur de 5 cm, qui suffit pour empêcher une trop rapide évaporation, et conserver l’eau dans le sol. On arrive à ce résultat par des grattages incessants, pratiqués en hiver comme en été, lesquels font disparaître les mottes, les crevasses et les mauvaises herbes. Il est démontré, expérimentalement, qu’il faut que la terre contienne 10 cà 20 pour 100 d’eau pour que la vigne donne son maximum de rendement (fig. 2).
- Les façons superficielles constantes ont d’autres avantages considérables ; elles permettent d’accroître la fertilité de la terre par l’habile mise en œuvre des microbes utiles qui s’y trouvent, notamment de tirer parti du pouvoir fixateur d’azote des azoto-bacters, microbes aérobies qui, associés à d’autres groupes de' microbes, peuvent fixer, à l’état pur, des quantités considérables d’azote, comme l’ont montré les brillants travaux de M. E. Ivayser, maître de conférences de microbiologie à l’Institut national agronomique. Les azolobacters sont inégalement répartis dans un même sol; ils sont très nombreux dans les couches supérieures, bien ameublies. La fixation d’azote diminue avec la profondeur ; elle dépend aussi de la proportion d’humidité dans
- lé sol. D’après Lipman, la teneur en eau optimum serait de 20 pour 100 environ et l’activité des azo-tobcicters fixateurs d’azote se manifesterait surtout entre 20° et 50°, conditions qui généralement sont réalisées sous le climat méridional et suivant les saisons : il y a un maximum au printemps et un autre en automne.
- Etant donné que, pour maintenir constamment ameublie une couche de terre d’environ 5 cm d’épaisseur, et permettre ainsi aux azolobacters — qui ont besoin d’air et de soleil — de porter au maximum leur pouvoir fixateur d’azote, les grattages superficiels du sol sont nécessaires en tout temps, il faut que la vigne soit taillée de telle sorte qu’on puisse effectuer aisément ces façons culturales souvent renouvelées; il est évident que la taille « en gobelet » ne donne pas la possibilité d’obtenir ces résultats, car à partir du mois de juin, époque à laquelle l’évaporation est le plus intense, les pampres, rampant sur le sol, empêchent le fonctionnement des instruments de travail.
- Les grattages superficiels, en toutes saisons, ne peuvent se faire aisément et sans dommage pour la vigne qu’en palissant les pampres sur fils de fer et en les entrelaçant dès que les sarments atteignent 50 à 55 cm de longueur, jusqu’au moment où la souche atteint son maximum de végétation, soit au bout de trois mois, environ.
- M. Maroger démontre clairement, par les faits de la pratique, que la méthode rationnelle de culture de la vigne comporte le palissage, une expérience de 54 années lui ayant prouvé qu’en transformant le gobelet en vignes palissées, on double et, bien souvent, on triple la récolte, dès l'année même de cette transformation. Le procédé de taille longue constitue une partie essentielle de sa méthode avec les façons d’ameublissement superficiel du sol renouvelées durant toute l’année, l’entrelaçage des pousses annuelles et le rabattage des ceps âgés.
- Ce mode de conduite de la vigne, au domaine de Livières, s’est toujours montré de beaucoup supérieur, dans ses résultats, au mode de conduite en gobelets bas, à f écartement de i m. 50 à 1 m. 60 au carré, auquel sont soumises, dans la Yaunage, les vignes complantées principalement en cépages Àramon, Àlicante-Bouschet, Carignan, Chasselas et Clairette.
- En outre, l’espacement entre les ceps a une très grande importance. Les plantations serrées, comprenant 4000 à 5000 pieds à l’hectare, ne sont pas à préconiser parce que, au bout de 5 ou 4 ans, les racines et les radicelles empiètent les unes sur les autres, la souche s’étiole et dépérit, et les racines n’ont pas assez de force pour s’enfoncer profondément dans le sol. Les plantations établies à l’espacement de 2 m. 50 sur 1 m. 50, ce qui correspond à 2666 pieds à l’hectare, permettent à chaque souche ? de disposer d’une superficie de 5 m2 75, pour étendre ses racines, tandis que dans les plantations à 1 m. 50 au carré, chaque souche n’a qu’une
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- superficie de 2 m2 25. Or, le rendement n’est pas en raison du nombre de pieds à l’hectare, mais du volume du système radiculaire, de son développement qui lui permet de s’enfoncer profondément dans le sous-sol et de donner à la souche une grande vigueur, élément d’une fructification abondante.
- L’expérience prouve que l’on peut adopter un espacement plus grand encore que celui indiqué ci-dessus, soit 5 m. sur 2 m., correspondant à 1665 pieds à l’hectare, ce qui donne à chaque pied une superficie de 6 m2.
- Les plantations à larges espacements donnent la possibilité d’employer, pour les cultures faites dans les interlignes, des gratteuses très larges, actionnées par des attelages de chevaux ou par des moteurs ou motoculteurs. Les façons sont, ainsi, mieux effectuées et plus rapidement que dans les vignes à petits espacements; il y a moins de risques d’abîmer les souches et les grappes que dans les plantations serrées. Ce sont là de réels avantages qui s’ajoutent à ceux qui caractérisent la méthode appliquée par M. Maroger à son vignoble de Livières. *
- La vigne y est palissée sur fils de fer, soutenus par des piquets en fer à T ou en cornières qui non seulement constituent le mode de conduite le plus pratique, mais permettent de réaliser, dès la deuxième année, une notable économie. Les piquets sont espacés de 5 à 6 m. environ et enfoncés jusqu’à une profondeur de 50 cm dans la terre. Le fil de fer placé le plus bas est à 40 cm du sol. Les autres fils de fer sont étagés à 25 ou 50 cm l’un de l’autre. Avec 4 rangées de fils de fer, les piquets doivent avoir 1 m. 65 de longueur; avec 6 rangées de fils de fer, la longueur des piquets est de 2 m. 15 (fig. 5 et 4).
- Les plus grands intervalles sont préférables, car ainsi les rameaux ont plus de place ; ils sont plus aérés et ensoleillés et les grappes sont moins serrées les unes contre les autres. Les piquets sont plantés verticalement, sauf ceux de tète, qui sont inclinés
- ZangJade
- Livières
- big. y. — Rendements moyens de chacune des 9 communes formant la vallée de « La Vannage, » depuis que la déclaration de récolte est obligatoire jusqu'à IQ24 inclus, soil 18 années, comparés au rendement moyen de Livières pendant le même temps.
- Fig. 6. — Tracteur à chenille équipé pour le sulfatage des vignes.
- de façon que leur tête s’écarte des précédents. C’est aux piquets de tête que sont fixés les fils de fer des differents étages.
- Sur les piquets supportant 4 fils de fer (piquets bas), les sarments à fruits de l’année sont disposés sur les deux fils inférieurs : deux à droite, deux à gauche; la longueur de chaque sarment est d’environ ! m. ; le cep supporte, sur les fils de fer, environ 4 m. de rameaux à fruits. Sur les piquets supportant 6 fils de fer (piquets hauts) les fils inférieurs portent 8 rameaux à fruits, dont 4 à droite et 4 à gauche de la souche, ce qui représente environ 8 m. de rameaux à.fruits de l’année. Dans les deux cas, les deux fils de fer supérieurs sont toujours réservés pour l’entrelaçage.
- Depuis 6 années consécutives les vignes conduites sur piquets hauts donnent, en poids, 20 pour 100 de plus de raisins que celles conduites sur piquets bas. Les portions de sarments supprimées à la taille représentent, en moyenne, sur 100 souches, un poids de 460 gr. par pied, pour les piquets bas et exactement 1 kg par pied, pour les piquets hauts, différence qui démontre bien la supériorité des résultats obtenus en conduisant la vigne sur 6 fils de fer superposés, c’est-à-dire avec piquets hauts, de sorte que plus la vigne monte haut et s’étend en tous sens, plus elle fructifie. Ainsi, on peut donc obtenir des rendements supérieurs par le seul fait d’élever la souche plus haut et en lui faisant développer des longs bois nombreux. Les engrais n’interviennent pas dans cette expérience, ni les cultures quelconques. La vigne, dans les deux cas, est traitée de façon identique; seule la taille diffère. Il semble que les racines augmentent en longueur et en grosseur, en proportion de la végétation, et qu’il se produit un appel de sève partant de la radicelle jusqu’à la frondaison. Les pampres, plus hauts et .plus nombreux sur les piquets hauts que sur les piquets bas, rendent les racines plus prolifères, très nombreuses sur les souches hautes et s’étendant dans tous les sens, en profondeur et en surface, alors que les rameaux conduits sur fils de fer avec piquets bas sont moins vigoureux (fig. 5).
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- Le surplus de 20 pour 400 de récolte obtenu en dirigeant la vigne sur 6 rangées de fds de fer (piquetsr hauts) ne coûte donc absolument rien, et l’on se rend compte de la quantité importante de fumier et d’engrais chimiques complémentaires qu’il faudrait employer pour récupérer ces 20 pour 400 de surplus de récolte sur cette même surface.
- La caractéristique de la taille pratiquée au vignoble de Livières est, essentiellement, une taille longue, à bois renouvelés chaque année. Elle est inséparable des autres principes culturaux constituant la méthode (mode de plantation, palissage, entrelaçage, façons superficielles toujours renouvelées ou grattages d’été). La taille comporte, au minimum, 4 sarments longs, chacun ayant, en moyenne, 44 à 48 yeux, dont beaucoup sortent doubles et parfois triples, et un ou deux coursons choisis judicieusement, à deux yeux, pour former la souche l’année suivante et avoir des bois nouveaux, bien placés.
- Cette taille longue donne de 5 à 8 fois plus de bourgeons que la taille en gobelet. Elle se.résume à ceci : Débarrasser la souche de tous les sarments malingres ou mal aoûtés, en les taillant tout ras; garder tous les bois sains, vigoureux, assez longs et parfaitement aoûtés. Parmi les sarments qui restent après cette première opération, choisir les plus beaux à quelque point qu’ils soient situés, coucher ces sarments sur les fils de fer inférieurs, ainsi qu’il est dit plus haut, et les palisser à l’aide.d’une attache faite d’un bout de fil de fer du plus petit diamètre. Après attachage, raser les sarments qui restent. Les sarments palissés doivent toucher l’extrémité des sarments des ceps voisins, de façon qu’il n'y ait pas d’intervalle d’une souche à l’autre.
- Les deux fils de fer supérieurs sont réservés à l'entrelaçage, maintenant les pampres nouveaux dans une position érigée, condition indispensal.de pour laisser le passage libre dans les interlignes pendant toute l’année, pour les façons superficielles comme pour toutes les autres opérations, notamment les traitements (soufrages, sulfatages, etc.), avec des appareils à grand travail, actionnés par un cheval, traitant deux rangées de vigne, sur les deux faces, en un seul passage. Les gelées sont moins nuisibles aux vignes palissées qu’aux vignes en gobelet, parfois même les premières sont indemnes quand les secondes sont atteintes.
- À vrai dire, par cette méthode de palissage, il y a un retard de maturité d’au moins quinze jours, parce que les grappes sont plus éloignées du sol et que le rayonnement de la chaleur emmagasinée ne les touche pas d’aussi près. La formation du sucre est plus lente, mais on remédie facilement à cet inconvénient en retardant la cueillette, ce qui, d’ailleurs, permet d’obtenir des moûts titrant de 8° à 9°,5 d’alcool, avec de l’Àramon donnant plus de 450 hectolitres à l’hectare, alors que de nombreux viticulteurs du voisinage n’obtiennent que 6° à 7° d’alcool avec ce même , plant et les anciennes méthodes de culture.
- Une maturité retardée peut présenter des avantages sous le climat méridional, à cause de la main-d'œuvre. Mais, si au lieu de fixer les longs bois jusqu’à 4 m. de hauteur, on les rabaisse en les courbant et fixant la pointe dans le sol, la maturité est peu retardée, de quelques jours, au plus, pour une production double ; ainsi l’inconvénient est évité, la méthode gardant tous ses avantages.
- Les façons aratoires superficielles sont effectuées à une profondeur de 5 cm, au maximum, à l’aide de la herse canadienne ou d’outils à ressorts, aérant et émiettant le sol. Une petite déchausseuse à un cheval passe tout près des ceps.
- Les entre-deux, sous les fds de fer, n’ont guère que 20 à 25 cm de largeur. On les ameublit avec des raclettes quand le terrain est assez souple et qu’il n’y a pas trop de mauvaises herbes. Dans le cas contraire, le binage se fait à l’aide de houes à main carrées.
- Le palissage des vignes permet de recourir à la motoculture, en employant un tracteur à chenille, de 80 cm de largeur et d'une puissance disponible au crochet d’attelage de 42 ch.
- Ce tracteur, d’un poids relativement faible, peut virer sur place et ne tasse pas la terre. Les outils attelés derrière ce tracteur sont de petits « cultivateurs y montés sur lames vibrantes.
- Un treuil, actionné par le moteur, permet de relever complètement ou d’abaisser les outils promptement pour effectuer les virages dans les fourrières. Le tracteur travaille sur 4 à 6 hectares, en 8 heures, suivant qu’il fonctionne dans des parties du vignoble à espacement de 4 m. 50 ou de 2 m. 50.
- Les sulfatages des vignes, comme traitement contre les maladies cryptogamiques, se font, à Livières, à l’aide de sulfateuses à grand travail (fîg. 4), qui enveloppent chaque rangée de ceps d’un brouillard intense pénétrant toutes les parties de la souche.
- Les soufrages se font aussi à l’aide de soufreuses à grand travail, actionnées par traction animale.
- Les sels de cuivre sont employés à l’état de sulfate de cuivre ou de verdet neutre ou gris.
- La sulfateuse se compose d’un train de deux roues sur lequel est fixé un récipient en cuivre assez fort pour supporter plus de 5 ou 6 kg de pression. Ce récipient est un cylindre de 1 m. 52 de longueur sur 70 cm de diamètre fermé aux deux extrémités ; un trou fdeté, de 5 cm environ de diamètre, est fermé hermétiquement par un bouchon en cuivre. Le récipient a une capacité de 5 hectolitres ; il est muni d’un manomètre.
- Un groupe moto-pompe est attelé à une charrette portant un tonneau contenant e hectolitres de solution de verdet.
- La sulfateuse traite deux rangées complètes de vigne en un seul passage, chaque rangée recevant la pulvérisation du jet d’en haut, de trois jets à droite de la rangée et de trois jets à gauche (fîg. 6).
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- LES PERCEURS DE COFFRES-FORTS ET
- LEUR OUTILLAGE PERFECTIONNÉ 391
- En ce qui concerne les fumures, il convient d’insister particulièrement sur ce fait, qui tranche singulièrement avec le grand principe agronomique en vertu duquel on doit restituer au sol les éléments fertilisants prélevés par les récolles, à savoir que, depuis plus de 50 ans, on obtient, au vignoble de Livières, de gros rendements avec des fumures très faibles. Pendant près de 15 années consécutives, la fumure a été composée de déchets de laine dosant 1,5 pour 100 d’azote, à raison de 800 gr. par pied, ce qui correspond à 45 kg par hectare, environ. Parfois, on n’a incorporé au sol que du superphosphate, à la dose de 400 kg par hectare, et toujours on a obtenu des rendements deux fois et demie plus importants que ceux des vignobles des communes environnantes, bien que le degré de fertilité des terres de Livières ne soit pas, en moyenne, plus élevé que celui des terres de ces communes. La quantité d’azote exporté par les récoltes, à Livières (vin, sarments, feuilles), dépasse de beaucoup la quantité d’azote rapporté par les fumures annuelles.
- Logiquement, on peut déduire de cette constatation qu’avec la méthode de M. Maroger, il est pos-
- sible, en l’appliquant rationnellement, de réduire les fumures ou même, parfois, les supprimer, sans que la vigne en souffre. On parvient à maintenir et même accroître la fertilité des terres par la seule pratique des façons aratoires. Dès lors, l'épuisement des terres des vignobles pourrait être combattu par la fréquence des binages, aussi bien et même plus avantageusement que par des apports d’engrais.
- Telle est la conclusion qui se dégage de l’étude approfondie des conditions de culture de la vigne sous le climat méridional, suivant la méthode rationnelle, très habilement conçue et appliquée par l’éminent viticulteur de Livières, méthode en parfait accord avec les observations et les travaux scientifiques qui caractérisent les plus grands progrès de l’agronomie moderne. En s’inspirant des principes si généreusement propagés par M. Ernest Maroger, la viticulture française verra s’ouvrir une ère nouvelle, dans le sens de l’exploitation toujours plus productive et, partant, plus rémunératrice, de la précieuse ampélidée.
- Henri Blin.
- Lauréat de l’Académie d’Agriculture de France.
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- Parmi les « chevaliers de la pince-monseigneur », les cambrioleurs de coffres-forls forment une classe à part. Ils se tiennent au courant des progrès réalisés dans la fabrication des blindages et des ser-
- rures afin de pouvoir mener à bien leurs criminelles entreprises. Ils augmentent sans cesse la puissance de leurs outils et perfectionnent leur technique, car les constructeurs spécialistes s'efforcent, eux aussi,
- Fig. /. — Les blindages des coffres-forts modernes résistent aux ciseaux et aux burins à froid. Agrandissement des trous laissés par un burin sur un fragment de tôle de coffre-fort.
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- Fig. 2. — Essais d’attaque d’un coffre-Jorl.‘ Strasbou-rg, décembre IQ22.
- Les cambrioleurs ont essayé de percer la porte àla foreuse;' mais la plaque était trop, épaisse; ils ont alors attaqué le coffre par-derrière.
- de trouver des meubles, de plus en plus sûrs, pour abriter la fortune des honnêtes gens. Exposons donc les méthodes employées par les malandrins, au cours de leurs derniers exploits, qui curent surtout pour théâtres des banques, des bureaux de poste et des bijouteries.
- Autrefois, les voleurs défonçaient les coffres-forts en arrachant les boulons au moyen de ciseaux à froid et d’une masse. Mais, aujourd’hui, la force et les parois lisses des tôles leur permettent d’utiliser très rarement le burin (fig. 4). Ils font alors appel aux derniers progrès de la technique du travail des métaux.
- Ils emploient souvent des perceuses et des cbi-gnolles électriques.
- Quand ils peuvent remiser leur matériel, un peu à l’avance, dans rimmeuble même où ils se proposent d’opérer, ils choisissent souvent aussi un chalumeau oxyacétylénique pour fondre les serrures (fig. 4). Sans compter une « trousse » très complète avec cisailles, vilebrequins, clefs anglaises, rossignols, lampes de poche et autres accessoires utiles pour leur sinistre besogne (fig. 5.), leur outil-
- lage comprend alors deux tubes d’un poids respectable l’un pour l’acétylène, l’autre pour l’oxygène. Ces deux cylindres qu’on rencontre dans le commerce (système Magondeaux ou Fouché par exemple) portent à leur partie supérieure un mécanisme d’échappement de gaz et deux manomètres. Dans le cambriolage d’un bureau de poste de la rue Vauve-nargues, à Paris (mars 1922), les drôles opérèrent de la sorte. Le principal accusé avait apporté, dans la cave au-dessus de laquelle se trouvait la caisse, l’attirail indispensable; puis, la. nuit de l’exécution venue, lui et ses acolytes avaient percé le plancher afin de pénétrer dans le bureau du receveur. Arrivés là, les bandits avaient attaqué le coffre-fort au chalumeau. Naturellement, pour atténuer le bruit et masquer la lueur du jet oxyacétylénique, ils tendirent des couvertures ou des paravents. .
- Quelquefois, les perceurs de coffres-forts mettent à profit les propriétés de la thermite : mélange d’aluminium et d’oxyde de fer. Placée dans un creuset et enflammée au moyen d'une tige de magnésium chauffée électriquement, cette substance dégage une température de 5000° susceptible de fondre les blindages d’acier en certains points.
- Une fois que l’ouverture pratiquée est suffisante, le voleur passe le bras et s’empare du trésor convoité. On sait d’ailleurs que ce procédé, inventé par le chimiste allemand Goldschmidt, a des applications plus morales, entre autres la soudure aluni ino-thermique des rails de tramways.
- Mais poursuivons notre enquête sur les émules d’Arsène Lupin. Quelques cambrioleurs ne reculent pas devant l’usage de la dynamite pour éventrer les coffres-forts lorsqu’ils « travaillent » dans les maisons inhabitées. En ce cas, ils introduisent, dans le trou de la serrure, la cartouche, qu’ils font exploser en la reliant à une mèche. Celle-ci doit brûler assez longtemps pour que le dynamiteur puisse mettre sa « précieuse » personne en sûreté avant l’explosion. Du reste, pour amortir le bruit, les rusés compères recouvrent presque toujours le coffre-fort de matelas ou d’épaisses couvertures.
- La police française a eu également maille à partir, depuis une vingtaine d’années, avec des malfaiteurs
- Fig. 3. — Foreuse électrique portative saisie bar la police lors d’un cambriolage.
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- Fig. 4. — Un exemple du matériel de cambrioleurs modernes.
- Chalumeaux oxyacétyléniques qui servirent à percer le coffre-fort du bureau de poste de la rue Vauvenargues
- à Paris (mars 1922).
- Fig. 5. —; Outils laissés sur place par les cambrioleurs du bureau de poste de la rue Vauvenargues à Paris (mars 1922).
- Pince monseigneur, cisailles, vilebrequins, lampes électriques, ciels anglaises, rossignols, lampes
- électriques de poche, etc.
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- Fig. 6. — Reconstitution par le service de l’Identité judiciaire du cambriolage de la bijouterie strasbourgeoise.
- /” phase : travail à la foreuse électrique portative.
- Fig. 7- —Reconstitution par le Service de l’Identité judiciaire du cambriolage de la bijouterie strasbourgeoise. 2' phase : introduction de la pince âmentonnet dans le petit orifice pratiqué à la perceuse afin d’agrandir les déchirures de la tôle.
- Fig. 8. — Le dernier cri du progrès en matière d'outillage pour cambrioleurs. — Outils laissés sur place par les cambrioleurs de la bijouterie du faubourg Saint-Antoine {février iç25).
- A côté de la chignolle, en bas à gauche, on voit la nouvelle scie circulaire sur roulements à billes, avec sa tige filetée, ses couronnes de rechange et sa clef.
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- très au courant des lois de Yélectrotechnique. Ainsi, par exemple, le voltage élevé n’empêcha pas une bande d’apaches de voler des fils de cuivre tandis que d’autres bandits s’adressèrent à Y électricité pour crocheter le coffre-fort de leur victime. Une bande de malandrins opéra même avec un attirail des plus simples : manche creux de bois, fragment de charbon de cornues et assiette.’ Ils commencèrent par couper des fils électriques qu’ils relièrent, à travers la tige creuse du bois, au morceau de charbon. Puis, appuyant ce dernier sur la serrure, ils provoquèrent, en quelques minutes, la fusion d’une plaque d’acier épaisse de plus de 5 cm et purent alors fouiller à loisir le coIre-fort. L'assiette, traversée par les fils conducteurs, avait uniquement pour but d’empêcher l’éblouissement de l’opérateur au cours de sa besogne. L’habile voleur ne fut pas non plus « ébloui » par la vue du trésor qu’il découvrit ce jour-là, car il se composait seulement d’une liasse de fonds russes : le diable n’avait pas bien récompensé son astucieux serviteur!
- De leur côté, les bandits, qui opérèrent à Strasbourg en décembre 1922, mirent en œuvre des procédés techniques très étudiés. Voici, du reste, comment M. Bayle, le savant directeur de l’Identité judiciaire et ses collaborateurs, ont reconstitué les scènes de l’audacieux cambriolage de cette bijouterie alsacienne. Le coffre-fort respectable, auquel les voleurs s’attaquèrent, pesait 445 kg. et mesurait I m. 45 de hauteur sur 70 cm de largeur (fig. 2). Chacun de ses côtés se composait de deux plaques d’acier séparées par un intervalle rempli de gravats. L'épaisseur de la paroi externe mesurait 6 mm et celle de la lame intérieure 4 mm. Une porte également à double paroi, dont la première était épaisse de 10 mm, le fermait et entre les deux tôles se trouvait logé le mécanisme de serrurerie. Celui-ci actionnait d’abord un petit pêne, puis trois gros pênes dormants venant s’engager derrière le Cadre métallique de l’armature du meuble. En outre, un système spécial permettait de brouiller le fonction-
- big. io. — L’orifice percé par la nouvelle scie permet au cambrioleur de passer le bras à travers la paroi et de s’emparer aisément des objets renjermès dans le coffre.
- big. g. — Comment avec la nouvelle scie circulaire, les cambrioleurs perforent un coffre.
- nernent des pênes dormants et d’obtenir ainsi une fermeture secrète.
- Comme traces d’effraction, on remarquait sur le devant du coffre-fort 6 trous très rapprochés les uns des autres et mesurant chacun 10 mm de diamètre. À l’arrière et vers la partie supérieure, existait une ouverture intéressant les deux parois et manifestement obtenue par la déchirure des tôles. Diverses constatations et expériences permirent à M. Bayle d’indiquer aux juges, dans son rapport, la technique des cambrioleurs strasbourgeois.
- D’après le savant expert, les « artistes » ne continuèrent pas le premier essai de découpage, qu’ils avaient tenté sur le panneau de la porte en pratiquant les 6 trous à la mèche. La résistance de la tôle d’acier les rebuta sans doute. Us attaquèrent alors de façon identique le fond plus faible du coffre-fort. En cet endroit, ils découpèrent un quadrilatère en faisant des trous contigus et purent avoir, de la sorte, une première ouverture. Vu la régularité des orifices et l’épaisseur du métal, les malandrins durent se servir d’une foreuse électrique portative analogue à celle que les inspecteurs de police trouvèrent plusieurs fois sur les lieux de cambriolages similaires. Ces appareils se branchent à la place d’une lampe électrique et, étrange ironie du sort, la victime fournit le courant nécessaire pour la dépouiller !
- Une fois cette première ouverture effectuée, le
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- voleur introduit d’ordinaire une pince à mâchoire et à long manche, mais dans l’affaire de Strasbourg l’outil employé devait avoir un mentonnet spécial et de configuration inusitée jusqu’ici, d’après les empreintes relevées sur la face extérieure des tôles. Cette pince possédait, en outre, un biseau tranchant qui cisailla la lame intérieure.
- D’autre part, afin de mesurer le temps mis par les cambrioleurs pour fracturer le coffre-fort et vérifier les conclusions de son enquête, l’habile directeur du Service de l’Identité judiciaire pratiqua à la perceuse (fig. 6), à l’arrière du coffre-fort, une petite ouverture rectangulaire et introduisant, dans cette dernière, la pince avec mentonnet et biseau (reconstituée par le mécanicien du laboratoire, (fig. 7), il provoqua des déchirures dans la tôle, semblables en tous points à celles produites par les auteurs du cambriolage de Strasbourg : foulures du métal sur la face extérieure, entailles perpendiculaires sur la paroi interne et craquelures rayonnantes du vernis autour de l’endroit travaillé! L’opération dut nécessiter au moins deux hommes et 5 ou 4 heures de « turbin ». Enfin, comme d’après le procès-verbal, du chef de la brigade mobile, on -avait trouvé des casiers à bijoux intacts en dehors du coffre-fort et que ceux-ci ne pouvaient sortir par l’orifice pratiqué, un des malfaiteurs avait du passer le bras afin d’appuyer sur le petit pêne pour ouvrir la porte non fermée au secret. A moins toutefois que le coffre-fort n’ait été ouvert et les boîtes à bijoux laissées dehors, à côté de lui. Le mécanisme de fermeture ne portait, en effet, aucune trace d'effraction.
- D’ailleurs l’art difficile des perceurs de coff res-forts se perfectionnant de jour en jour, examinons pour terminer la valise abandonnée par les « as » de la profession dans une bijouterie du faubourg Saint-Antoine qu’ils tentèrent de dévaliser au mois de février 1925. Indépendamment des mèches, limes, tarauds, chignolle et autres outils habituels, on y voyait une scie circulaire d’un modèle spécial montée sur roulement à billes avec tige filetée et dispositif d'accrochage (fig. 8). A côté d’elle, gisait une grande clef pouvant s’adapter sur la tête de sa
- tige filetée et plusieurs couronnes de rechange. Cet instrument ne figurait pas encore jusqu’ici parmi l’attirail des dangereux spécialistes. Mais M. Bayle et ses émérites collaborateurs n’eurent pas de peine à en reconstituer le mode d’emploi (fig. 9). Au moyen de la chignolle munie d’une mèche, les malfaiteurs percèrent deux trous dans la tôle extérieure, puis taraudant ces orifices, ils fixèrent, à l’aide des 2 vis du dispositif d’accrochage, leur scie sur la tôle. Ils montèrent alors sur la tête de la tige filetée la grande clef et en tournant celle-ci de gauche à droite, ils actionnèrent l’appareil de façon à découper, dans le métal, un trou circulaire. Pour une tôle de 4 mm d’épaisseur, l'opération exige une demi-heure. Après quoi, un des voleurs engageant le bras jusqu’à l’épaule, soulagea aisément le coffre-fort de son contenu (fig. 10). Heureusement pour les honnêtes gens, la nouvelle scie, malgré ses robustes dents, son agencement ingénieux et ses pièces de rechange ne saurait entamer les aciers spéciaux de certains coffres-forts blindés. Néanmoins les inspecteurs de police la rencontrèrent plusieurs fois au cours des dernières semaines.
- Des élèves de la même « école » de cambriolage fracturèrent effectivement, de façon identique, en mai 1925, le coffre-fort d’une usine de la rue Saint-Fargeau, à Paris. Mais tous les chevaliers de la chignolle ne sont pas si au courant des méthodes « up to date ». Témoins les cambrioleurs qui, dans la nuit du 15 au 16 mai 1925, pénétrèrent dans les bureaux parisiens de notre confrère des Etats-Unis le Brooklyn Daily Eagle. Après avoir fouillé les tiroirs, ils forcèrent avec des pinces et une pioche l’armature de la cassette. Celle-ci trop peu épaisse céda sous la pesée. Le butin fut, du reste, assez maigre : 100 dollars environ. Mais des malfaiteurs aussi novices pouvaient s’en contenter !
- En définitive, les savants policiers connaissent tous les outils des perceurs de coffres-forts, qui s’émoussent souvent, d’ailleurs, sur les plaques des meubles destinés à abriter l’argent, les bijoux ou autres trésors des « sales » bourgeois !
- Jacques Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1925.
- La décomposition catalytique des chlorures d’acides. — Par analogie avec les aldéhydes, au contact de métaux réduits les chlorures d’acides aromatiques doivent se dédoubler en oxyde de carbone et dérivé halogéné du carbure. Mais s’il s’agit d’un chlorure d’acide aliphatique, on arrive au gaz chlorhydrique et au carbure éthylénique. Les expériences de M. A. Mailhe ont porté sur les chlorures d’isovaléryle, d’isobutyrilè, d’acétyle et de benzoïle. Elles ont parfaitement confirmé les résultats auxquels s’attendait leur auteur.
- Un nouveau dispositif pour réduire les pertes de puissance en altitude. — Par augmentation progressive et simultanée de la cylindrée, de la course et de la compression volumétrique, M'. L. Damblanc est arrivé à obtenir un gain de puissance de 55 pour 100, par rapport aux moteurs ordinaires, tout en gardant à l’appareil rrne grande souplesse de manœuvre et en diminuant la consommation en carburant, par suite d’un rendement thermique élevé. L’encombrement du dispositif est négligeable et, toutes choses égales, le poids du moteur
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- par cheval est ramené à Okg 700. 11 n’y a aucun danger d’incendie et, même au cas de grippage ou de blocage du dispositif, le moteur peut continuer à tourner.
- Sur la constitution chimique du cristallin normal et du cristallin pathologique, — Les déterminations de MM. H. Labbé et F. Lavagna ont porté sur des organes de chevaux, où ils ont déterminé des teneurs en eau, en azote total et en azote titrable au formol pour séparer ensuite les protéines et doser l’azote de la fraction soluble de l’albumine. Leurs analyses font ressortir, dans la cataracte, une modification du contenu protéique normal et une désintégration sensible de l’albumine, avec une augmentation fort nette des acides aminés.
- Il semble ainsi qu’une protéolyse intense accompagne l’évolution des cataractes.
- Le Grand Atlas oriental. — Il s’agit là du Djebel Hadid (montagne de feu) où, tout récemment encore, les populations indigènes exploitaient les minerais susceptibles d’être traités au charbon de bois. Avant M. Savornin, aucun géologue n’avait visité cette région qui, comme l’Ayachi, faisait partie des reliefs du grand Atlas déjà plissés et particulièrement émergés, lors de la transgression albo-cénomanienne. L’Oum Chakourt était alors une île et tous ces faits indiquent que l’ébauche structurale du Grand Atlas remonte à des temps fort anciens. Paul B.
- L’ÉVOLUTION DES DISPOSITIFS SUPERHÉTÉRODYNE ET SUPERRÉGÉNÉRATEUR
- Nous avons exposé, dans le numéro 2665 de La Nature, une étude comparée des dispositifs superhétérodyne et superrégénérateur ; au cours de cette étude, nous avons indiqué les avantages et les inconvénients inhérents à ces deux procédés de réception extrêmement intéressants, et les plus puissants qui. existent actuellement en radio-technique.
- Il nous reste maintenant à noter les modifications successives subies par ces dispositifs depuis leur invention jusqu’à l’époque actuelle; ces modifications ayant pour but d’atténuer les inconvénients spéciaux déjà signalés, ou de donner au poste des qualités nouvelles.
- Les constructeurs et les inventeurs se sont d’abord efforcés de résoudre, à propos de la super-réaction, les problèmes suivants.
- Lampe oscillatnice K~Zoom
- Lampe oscillatnice fréquence ioooo
- haut -parleur
- Fig. I.
- Lampes de la Western Electric Cy. 11, batterie de ioo volts ; IL et B, batteries de 22 volts ; B, batterie de 7 volts ; L, L2 variomètre de couplage pour ondes courtes; C, condensateur de 0,5/1000 microfarad; C2 1/1000 microlarad; Gs 2/1000 microfarad; Ç4 1/1000 microfarad; Cti 5/iooomicrofarad ; C„ 5/iooo microfarad; C7 et C8 2/1000 microfarad; K, bobine de choc de 1 henry.
- Montage de superréaction à double variation employé par M. Armstrong en novembre 1922.
- 1° Rendre le poste très simple, et d'un réglage aussi facile que possible; le réaliser sous une forme réduite et pratique.
- 2° Améliorer la pureté des auditions obtenues. 5° Augmenter la sélectivité de l'appareil.
- 4° Rendre possible la réception des émissions de longueurs d’onde moyennes, usitées en Europe pour la radiophonie.
- Examinons successivement ces différentes questions qui ont provoqué de fort intéressantes recherches.
- Bien que de montages assez simples par leur principe même, les premiers appareils de superréaction comportaient un grand nombre d’éléments, dont la détermination semblait indispensable pour la mise au point définitive du poste, et le nombre de réglages utiles était relativement important, ce qui rendait assez difficile l’usage de l’appareil.
- Ainsi, dans l’appareil à deux lampes et double variation utilisé en France en 1922 par M. Armstrong (11g. î), les réglages . étaient au
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- 398 = LES DISPOSITIFS SUPERHETÉRODYNE ET SUPERRÉGÉNÉRATEUR
- Fig. 3. — Poste américain réalisé suivant le schéma de la fig. 2 avec son cadre de réception et son liaut-barleur.
- nombre de quatre, soit le réglage du circuit d’accord (condensateur C,), le réglage de la réaction (couplage des bobines L, et L2), le réglage de la fréquence de modulation, et le réglage de l’intensité de^cette modulation (condensateurs C2 et C3).
- Les postes du même genre construits aux Etats-Unis à cette époque étaient encore plus complexes,
- Lig. 5. — Le montage de la figure 3 réalisé dans une petite boite en èbênislerie.
- Les bobines de l’oscillatrice L- et L, sont des bobines massées, fixées dans la partie gauche de l’appareil, la bobine mobile L4 est adaptée à un volet à charnières retenu par les deux crochets de gauche. Les bobines L, et L2 de la détectrice à réaction sont des enroulements en nid d’abeilles que l’on voit à droite du poste.
- comme le montre la figure 2, représentant d’ailleurs le schéma d’un poste très puissant, quicom-porte un étage d’amplification à basse fréquence à transformateur Tr. Ce poste était réalisé sous une forme assez pratique, mais cependant relativement encombrante, et le nombre des cadrans et manettes que l’on peiif remarquer sur la partie antérieure de la boîte qui le contient (fig. 3) indique assez la complexité des réglages à effectuer.
- On a reconnu actuellement, comme nous l’avons exposé dans notre dernier article, la supériorité
- pratique du montage de superréaction à deux lampes, la première lampe étant détectrice et superrégénératrice, et la deuxième oscillatrice (fig. 4) ; ce ^montage est d’ailleurs employé surtout pour la
- Del
- mmw
- ~ ÔOà
- Fig. 4. — Montage superrégénêrateur simplifié à 2 lampes, la Première détectrice, la seconde oscillatrice utilisant la variation de la résistance positive (système du Dr Titus).
- C{ condensateur variable à vernier de o,5/iooo microfarad ; 0<jR2 condensateur shunté de détection, 0/1000de microfarad shuntè par 4 à 5 mégohms ; C3 et C.v, condensateurs fixes de 2/[ooo de microfarad ; L, Ls bobines d’accord et de réaction ; L3 et Lj bobines de grille et de plaque de l’oscillatrice.
- réception des émissions radiophoniques sur ondes courtes.
- Nous avons également indiqué que les réglages de ce poste n’étaient plus essentiellement qu’au nombre de deux ; soient : le réglage du condensateur d’accord et le réglage du couplage des inductances de réaction L! et U2. Le couplage des bobines de l’oscillatrice peut, en réalité, rester à peu près constant, et seule l’intensité de ehauffage des filaments des lampes doit être soigneusement étudiée.
- Un tel poste peut être monté dans une boîte en ébénisterie de dimensions très réduites, qui porte les bobines sur deux de ses côtés (fig. 5) ; sur la plaquette supérieure sont fixés les douilles de lampes, les rhéostats et le condensateur de réglage, sans compter évidemment les bornes de connexion.
- Fig. 6. — Appareil de superréaction, modèle portatij, forme valise, prêt à fonctionner (I) et replié pour le transport (II).
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- On peut aussi construire un appareil portatif, monté dans une sorte de valise, avec son cadre de réception et ses piles d’alimentation (fig. 6); on emploie dans ce cas, des lampes à faible consommation.
- Quelles sont les modifications, maintenant, qui ont pu être apportées aux appareils pour améliorer la pureté des réceptions? Le soin apporté au montage de tous les éléments, à la perfection des contacts entre autres, l’amélioration de la qualité des rhéostats et des piles de tension de plaque ont une influence certaine. Il ne faut pas oublier, en effet, que dans ce poste à très grande amplification, le moindre défaut de montage produit des bruits qui sont amplifiés dans d’énormes proportions et troublent vite l’audition.
- L’emploi d’une petite lampe d’émission comme lampe oscillatrice,' le réglage minutieux du chauffage des filaments et de la tension de plaque per-
- Fig. 8. — Autre montage de supermodulation.
- A, lampe modulatrice et amplificatrice. B, lampe hétérodyne. C, lampe superrégénératrice détectrice. D, lampe oscillatrice.
- mettent de réduire dans de grandes proportions le sifflement continuel si désagréable dans cet appareil.
- Le dispositif superrégénérateur est destiné, par son principe même, uniquement à la réception des émissions sur ondes courtes. Cette particularité est assez gênante en France, comme nous l’avons indiqué, lorsque l’amateur désire recevoir les émissions radiophoniques sur ondes moyennes.
- Pour remédier à cet inconvénient, un constructeur a eu l’idée d’associer les principes de la superhétérodyne et de la superréaction et de réaliser, pour ainsi dire, une superhëtérodyne à l'envers.
- On module les courants cà haute fréquence des ondes moyennes, reçues par le cadre, de façon à obtenir des battements de très haute fréquence, qui peuvent ensuite être traités comme des émissions sur ondes courtes et, par suite, amplifiés très fortement au moyen d’un dispositif de superréaction ordinaire.
- On peut réaliser cette modulation d’un assez grand nombre de manières différentes ; les figures 7 et 8 montrent des exemples pratiques d’exécu-
- Fig. 7. — Dispositif de « super modulation » du Dr Titus.
- A, lampe modulatrice et amplificatrice. B, lampe hétérodyne. C, lampe superrégènératrice détectrice. D, lampe oscillatrice.
- tion. On reconnaît en C et D sur ces schémas la lampe détectrice et superrégénératrice et la lampe oscillatrice du montage superrégénérateur ordinaire de la figure 4.
- Les courants de haute fréquence des ondes moyennes recueillis par le cadre sont appliqués cà la grille de la lampe À, amplificatrice et modulatrice. La plaque de cette lampe est alimentée en courant alternatif à haute fréquence par la lampe hétérodyne B. Les battements à très haute fréquent e résultants sont transmis, par l’intermédiaire du bobinage Et, au circuit oscillant E2 C2, qui est accordé sur 500 m. de longueur d’onde, par exemple, et amplifiés par l’appareil de superréaction, comme s’il s’agissait d’ondes courtes ordinaires.
- La figure 8 indique une autre manière d’effectuer la modulation; mais le fonctionnement du poste et le rôle des lampes restent.les mêmes. L’espace filament-grille de la lampe hétérodyne B est intercalé dans le circuit de plaque de la lampe modulatrice À.
- Le réglage d’un poste de ce genre est nécessaire-
- Fig. g. — Essais de montage sur table d’un dispositif de supermodulalion.
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- 400 == LES DISPOSITIFS SUPERHÉTÉRODYNE ET SUPERRÉGÉNÉRATEUR
- Fig. io. — Montage cï « ultra-réaction » du Dr Titus à 3 lampes.
- ment plus difficile que celui d’un appareil super-régénérateur ordinaire, c’est d’ailleurs essentiellement un appareil d’essai qui peut encore recevoir des perfectionnements de détails. Les premiers résultats obtenus seraient, d’après le constructeur, fort encourageants.
- Il est d’ailleurs facile pour un amateur assez éclairé de réaliser « sur table » un poste de ce genre, il suffit d’avoir assez de place disponible pour ne pas trop rapprocher les éléments du montage, ce qui risquerait de compliquer le problème (fig. 8).
- Mais le même constructeur a réalisé ensuite un autre montage, qui, outre ses qualités plus grandes de sensibilité pour la réception des émissions sur ondes moyennes, présente des propriétés sélectives beaucoup plus accentuées que le dispositif superrégénérateur ordinaire, dont nous avons indiqué les défauts au point de vue de la sélection.
- Ce poste peut comprendre trois ou quatre lampes (fig. 9 et. 10) et le constructeur a donné au système le nom d'ultra-réaction. La première lampe détectrice et superrégénératrice du montage de superréaction classique à deux lampes est alors remplacée par deux ou plusieurs lampes en cascade.
- Considérons, par exemple, le schéma 10. On reconnaît en C la lampe hétérodyne ordinaire avec ses: bobines L3 et L.(. Les oscillations de haute fréquence transmises par le cadre agissent sur une
- première lampe À qui est détectrice et qui reçoit les récepteurs téléphoniques dans son circuit de plaque. Mais cette première lampe À est reliée à une deuxième B au moyen d’un transformateur à haute fréquence accordé Tj, dont le secondaire S2 est accordé par le condensateur variable C2. C’est cette deuxième lampe qui comprend la bobine de réaction C, du montage ordinaire.
- On obtient à la fois un effet d’amplification et un effet de sélectivité dû à la présence du circuit accordé S2 C2.
- L’appareil comporte évidemment deux réglages supplémentaires, réglage du condensateur de résonance C2 et réglage du couplage des bobinages S* et S2, mais ce dernier couplage est, en quelque sorte, solidaire de celui des bobines L4 et L2.
- La figure 1 f représente un) schéma de poste un peu plus complexe, comportant deux lampes intermédiaires B et B', et le réglage du système,
- Fig. il.
- Montage d'ultra-réaction à 4 lampes.
- moins employé d’ailleurs, devient. ainsi nécessairement beaucoup plus délicat.
- ) La réalisation d’un tel poste n’offre cependant aucune difficulté spéciale, et il est très facile de le monter dans une boite en ébénisterie de dimensions restreintes (fig. 12). Les lampes utilisées peuvent être quelconques, on obtiendra pourtant d’excellents résultats en employant une petite lampe d’émission comme lampe oscilla trice.
- En résumé, tout en demeurant encore essentiellement un dispositif d’essais, le poste superrégénérateur a pu être simplifié et amélioré très efficacement; de nouveaux montages ont été étudiés, ils permettront peut-être d’apporter au système primitif les qualités qui lui font encore défaut.
- Dans un troisième et dernier article, nous étudierons enfin très prochainement la question si intéressante de l’évolution de la sUperhétérodyne, dont le nombre des applications augmente chaque jour.
- r P. HÉMARDINQUICR.
- Le-Gérant : P. Masson. — Imprimerie ImimtE, 9, rue de Fleuras, Pans. — 1925.
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- 27 JUIN 1925
- LES ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE
- A propos du centenaire de sa découverte.
- On centenaire de la photographie
- dans un Congrès international qui se tiendra à Paris du 29 juin au 4 juillet 1925. Les promoteurs de la solennité ont choisi avec raison la Capitale de la France pour commémorer cette importante conquête scientifique. La découverte des procédés permettant d’obtenir, par l’action de la lumière, Vimage durable de tous sujets réels est en effet, d’origine essentiellement française.
- Il semble cepen-dant malaisé d’assigner une date précise à une invention dont la « mise au point » — cela soit dit sans jeu de mot, — exigea de nombreux tâtonnements !
- Vers la fin du xyiii13 siècle, Thomas Wedgwood, troisième fils du célèbre potier anglais, conçut l’idée du dessin photographique que son collaborateur Humphry Davy exposa dans un mémoire publié dans le Journal de la Société Royale de Londres en
- 1802. Cependant, comme le constate M. Georges Pontonniée dans sa récente Histoire de la découverte de la photographie (1925), l’application des propriétés du nitrate d’argent à la copie des tableaux ou à la réalisation des profils ne constituait guère pour ce précurseur avisé « qu’une vision confuse, une chimère perdue dans la brume et l’imprécision des rêves ». De son côté, le physicien aéronaute Charles se serait servi, dans ses cours du Conservatoire des Arts et Métiers, d’un papier enduit pour peindre des silhouettes de personnages, mais il mourut sans décrire la préparation dont il se servait.
- Somme toute, Niepce aborda, le premier, sous son véritable jour, ce difficile problème que Da-
- 53’ Année- — 1" Semestre-
- Fig. i. — Portrait de Nicéphore Niepce, Daguerre et A. Poitevin. .
- Médaillons photographiques sur émail vitrifié. Conservatoire des Arts et Métiers.
- guerre, devenu ultérieurement son associé, résolut par des moyens plus pratiques. Issu d’une vieille famille bourguignonne. Joseph Nicéphore Niepce naquit à Chalon-sur-Saône, le 7 mars 1765. Un précepteur prêtre l’instruisit d’abord dans la maison paternelle avec ses deux frères Claude et Bernard. Un peu plus tard,'les petits écoliers suivirent les
- cours d'un collège voisin tenu par les pères de la Congrégation de l’Oratoire et pendant leurs moments de loisirs, ils s’occupaient déjà à fabriquer des jouets et des machines en bois avec de simples canifs. Selon la coutume de l’époque, ses parents destinaient le cadet Nicéphore à l’état ecclésiastique, mais une fois ses études achevées, comme il était encore trop jeune pour être ordonné prêtre, il professa, quelque temps, dans un établissement tenu par les Orato-riens à Angers.
- Puis, quand la Révolution éclata, Niepce abandonna la carrière
- ecclésiastique pour le métier des armes. Nommé sous-lieutenant le 10 mai 1792, il prit part à l’expédition de Sardaigne, passa l’année suivante, comme lieutenant, à l’armée d’Italie, et assista à plusieurs affaires meurtrières contre les Autrichiens. Attaché peu après à un état-major, il fut alors atteint dm typhus. Une fois guéri, il dut changer de profession à cause de sa santé chancelante et de sa mauvaise vue. Il logeait, en ce moment, à Nice chez une dame Ro-méro dont il épousa la fille, déjà veuve, mais spirituelle, jolie et de cinq ans plus âgée que lui (1794). Nommé au mois de novembre suivant membre du district de Nice annexé depuis peu à la France, il démissionna pour venir se fixer à Saint-Roch, petit village dé la banlieue niçoise. De son côté, son frère
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- = LES origines de la photographie
- I'ig. 2. — Reproduction-héliographique d’une gravure représentant le cardinal d’Amboise,
- Obtenue par Nicéphore Niepce en 1824 au moyen de son procédé au bitume de Judée.
- dore, copiait alors des gravures, mais comme la partie chimique l’intéressait plus que le côté artistique, il chercha des substances protectrices susceptibles de servir de réserve contre l’action de l’acide. Afin'de s’épargner le soin de dessiner, il essaya de découvrir le mode d’action de la lumière sur ces vernis pour pouvoir copier automatiquement les estampes.Toutefois, avant d’ohtenir des images « photographiques », il lui fallut créer le matériel nécessaire. 11 se servit, pour cela, de la chambre obscure connue depuis le xme siècle. Mais comme l’assemblage' simple des lentilles donnait des images défectueuses à cause de l’aberration de sphéricité, de l’aberration chromatique, de la distorsion, de l’astigmatisme et du coma, Niepce imagina de diaphragmer l’ouverture afin d’avoir des épreuves directes plus nettes soif sur papier, soit gravées sur pierre où sur métal, dans la chambre obscure même au moyen de. substances colorées, décolorées ou décomposées par la lumière; Il commença à employer sans succès la résine de gaïac ou le phosphore. Puis en 1817 il s’adressa au bitume (le Judée pour copier une estampe sur une pierre, une plaque de verre ou de métal enduites de vernis modifié par la lumière. Il reproduisit d’abord des images par transparence, puis il cher-
- Claude, après avoir été embarqué pendant trois ans sur un navire de l’État, venait de quitter le service et il ne tarda pas à rejoindre son aîné. Les Niepce, possesseurs d’une quinzaine de mille livres de rente, purent suivre, dès lors, leurs goûts d’inventeurs d’abord dans leur paisible maison de Saint-Roch, puisa partir de 1801 au foyer paternel que leur mère habitait encore. Ce n’est pas le lieu de décrire ici toutes les recherches scientifiques qu’ils y poursuivirent, car elles sont étrangères cà l’objet de notre étude; faisons cependant une exception en faveur de leur pyréo-iophore. Ce moteur à explosion, véritable ancêtre de nos'moteurs modernes, breveté en 1807, actionna un bateau sur letang de Battrey à Saint-Loup, puis sur la rivière de Saône, et enfin à Bercy sur la Seine. Mais, malgré un rapport favorable de Ber-thollet et de Carnot à l’Académie des Sciences, ces essais de traction automobile ne réussirent pas et ruinèrent à peu près leurs promoteurs. Toutefois les déboires ne les rebutèrent pas et comme aux environs de 1815 la lithographie, récemment inventée par le munichois Senefelder, commençait à se vulgariser en France, Niepce en s'attachant à en perfectionner la technique devait enfin trouver le chemin de là gloire; Nicéphprè Niepce, aidé de son fils Isi-
- l'ig. J.—: Portrait, '.de. Daguexre;:. _l ' ; D'apres une lithographie de 1839. Collection de J Boyer.
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- ch a à réaliser, dans la chambre noire, des reproductions de la nature. Après de multiples essais, il vit qu’une couche mince de bitume de Judée exposée à l’air blanchissait un peu et, chose plus remarquable, se dissolvait difficilement.
- Une fois ce point acquis, il étendit un peu de ce vernis sur une surface d’étain, puis après l’avoir laissé sécher, il posa dessus une gravure rendue translucide au moyen du pétrole et qui servait de cliché. Après deux ou trois heures d’exposition à la lumière du jour, la gravure apparaissait sur le bitume en une vague image blanchâtre. Il plongeait alors la plaque dans du pétrole ; les parties impressionnées ne se dissolvaient pas, tandis que le vernis, placé sous les noirs de la gravure, disparaissait dansle dissolvant. Finalement on avait sur l’étain une contre-épreuve de la gravure. Et en tirant sur celle-ci une épreuve par contact, il obtint une copie par transparence. Il donna à son procédé le nom d'héliogravure.Mais pour recueillir, dans la chambre noire, une image sur une surface sensible à la lumière et la rendre permanente, Niepce éprouva beaucoup de difficultés, car les tons dégradés chevauchaient l’un sur l’autre et l’image, moulée par les rayons lumineux dans l’épaisseur de la couche impressionnée, demeurait confuse. Néanmoins Niepce parvint en 1822 à réaliser une véritable photographie au moyen du bitume de Judée comme le prouve une lettre adressée à son père et conservée au Musée de Cbalon. Il nommait « points de vue » les épreuves ainsi obtenues à la chambre obscure.
- Au cours des années suivantes, le sagace inventeur perfectionna sa méthode. Les épreuves représentant le Cardinal d’Amboise tirées sur papier, au moyen delà planche héliographique originale, témoignent de l’excellence des résultats acquis de la sorte. Niepce, somme
- Idg. 4. — Chambre noire ayant appartenu à Daguerre.
- Conservatoire des Arts et Métiers.
- toute, imitait les graveurs. Il coulait sur ses planches un bain d’acide faible qui creusait le métal là où le vernis avait été enlevé. Une fois les morsures ache^ vécs, on dissolvait celui-ci avec de l’alcool. Mais pour les « points de vue » formés de tons fondus les uns dans les autres et moulés dans l’épaisseur de la couche, Niepce après dépouillement exposait la planche de métal au-dessus de quelques grains d’iode dont les émanations coloraient l'image en proportion du vernis restant.
- Vers cette époque, Daguerre poursuivait, de son côté, l’étude du même sujet. Né le 18 novembre 1787 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise) Louis Jacques Mandé' Daguerre était le fils d’un humble huissier qui le plaça chez un architecte d’Orléans où se révélèrent ses aptitudes de dessinateur. Cependant la Capitale l’attirait et il entra peu après chez le peintre décorateur Degotti, qui le distingua. Malgré sa jeunesse, il exécuta alors divers décors pour F Ambigu et l’Opéra-Comique; puis sa notoriété s’affirmant de plus en plus, il travailla avec Pierre Prévost à l’exécution de divers panoramas. Enfin vers 1822, il imagina un dio-rama, variante de ces derniers, qui jouissaient a'ors d’une grande vogue. Le spectacle dioramique comprenait une représentation de paysages ou de vrais objets, posés dans les premiers plans et qui se mêlaient insensiblement à d’autres accessoires peints sur des plans intermédiaires et à une grande toile de fond éloignée d’une quinzaine de mètres des spectateurs. L’ensemble donnait l’illusion de l’espace et delà réalité. Mais à ees artifices ordinaires, Daguerre, qui s’était
- MS. 5. -r- Vue dès Tuileries sur plaque d’argent obtenue 'par Dagüérrc en r83q, .
- Conservatoire des Arts et Métiers.
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- associé le peintre Bouton pour exploiter son diorama, joignit un éclairage variable, afin d’ajouter la mobilité des effets à la sensation de perspective aérienne. Ces changements à vue émerveillaient les spectateurs contemporains; Daguerreemployait la chambrenoire pour dessiner les tableaux du diorama, ce qui, dès 1825, le conduisit à s’occuper de la fixation des images qui s’y peignaient. Trois ans plus tard, l’ingénieur-optieien Charles Chevalier le mit en relation avec Nicéphore.Niepce.et le 14 décembre 1829 les deux chercheurs associaient leurs efforts.
- D’après - les termes du contrat « Monsieur Daguerre s’engage à travailler au perfectionnement de la découverte de M. Niepce qui consiste dans la reproduction spontanée des images reçues dans la chambre noire » et il apporte à la communauté sa « nou- *
- velle combinaison de chambré noire, ses talents et son industrie» :
- Us devaient l’un et l’autre se partager les bénéfices.
- Conformément aux clauses de leurtraité,Niepce communiqua à Daguerre tous ses secrets techniques et dès lors les tentatives heureuses de celui-ci s’aiguillèrent dans la voie de la réussite. Niepce eut beau succomber à une attaque d’apoplexie le 5.juillet 1855, le daguerréotype n’allait pas tarder à sortir de l’héliogra-phie. Dès 1855, Daguerre procédait de la façon suivante. Il étendait de l’iode par frottement au tampon sur une plaque d’argent qu’il mettait dans la chambre obscure et qu’il retirait après une assez courte exposition à la lumière. Il plaçait ensuite cette plaque au-dessus d’un vase rempli de mercure chauffé, qui dessinait alors les blancs du sujet. Cependant l'image réalisée n’était pas « fixée », et si on l’examinait au grand jour, l’iodure d’argent continuant à s’impressionner ne tardait pas à l’effacer. Il fallut encore deux ans de persévérant labeur et d’essais répétés pour découvrir une méthode de fixation. .
- Entre temps, Isidore Niepce s’était substitué à son père dans l’acte d’association, mais son travail demeura purement honoraire ; aussi Daguerre, après sa géniale trouvaille du mercure, exigea la disparition du nom de Niepce sur l’acte d’association sans modifier toutefois les clauses d’argent. En la circonstance, il « se montra avide de gloire, mais non de gain » et poursuivit seul le perfectionnement de
- son œuvre. Il obtint alors la permission de prendre les monuments de Paris au daguerréotype. II.installait son pesant matériel sur un chariot et le promenait à travers les rues de la Capitale. Les badauds avaient le temps de s’assembler autour de l’opérateur, car les « poses » duraient alors une demi-heure et plus. Cela constituait une excellente réclame pour le procédé et si une souscription ouverte chez un notaire parisien de mars à août 1858 n’eut pas le moindre succès, la découverte éveilla une légitime curiosité dans le monde savant. J.-B. Dumas, Biot et Arago entre autres s’y intéressèrent. L’Angleterre offrit d’acheter leur secret aux intéressés pour la somme de 200.000 francs. Isidore Daguerre voulut d’abord en réserver le bénéfice à son pays. Il s’adressa donc à l’Académie des Sciences
- qui chargea de Humboldt,Biotët Arago de se rendre à l'atelier de la rue des Marais du Temple (près de la place de la République actuelle) et de lui faire un rapport. A la séance du 7 janvier 1859, Arago rendit compte de sa visite tà la docte compagnie et sa communication suscita dans le monde entier le plus vif enthousiasme. « Cette découverte si inattendue, si magnifique, écrit l’abbé Moigno, le vulgarisateur scientifique, fondateur du « Cosmos», occupa les cent bouches de la Renommée et le nom de Daguerre devint le plus européen de l’époque. » Sur ces entrefaites, un malheureux incendie détruisit le diorama le 5 mars 1859 et ruina Daguerre qui alla demeurer sur le boulevard Saint-Martin, n° 17, en face de l’Ambigu Comique. Entre temps, un physicien anglais, Fox Talbot, réclama la priorité de cette invention (fixation et conservation au jour des images de la chambre obscure). Mais Arago n’eut pas de peine à défendre les droits de Niepce et de Daguerre. Comme nous l’indiquons plus loin, les dessins photogéniques de Talbot netaient, du reste, que des copies par contact sur. papier sensible. Le savant britannique donna seulement, le 20 février, quelques détails sur sa façon d’opérer ; il venait de trouver un papier assez sensible pour être impressionné par le soleil dans la chambre noire et il indiqua seulement en mars l’hyposulfite comme fixateur. De son côté, Hippolyte Bayard, chef de bureau au Ministère des Finances, entreprit une série d’essais, dès la communication d'Arago. Seize
- l'îg. 6. — Grand appareil pour prise de daguerréotype construit par Lerebours en 184g.
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- jours plus lard, il montrait des épreuves imparfaites, mais il apportait le 15 mai à Biot, le 20 mai à Àrago des p>hotographies positive s sur papier obtenues directement à la chambre obscure et le 24 juin suivant, il exposait 50 documents similaires dont la plupart existent encore. Le modeste fonctionnaire précéda donc Talbot sinon dans ses expériences au moins dans sa réussite de la photographie sur papier.
- Quoi qu’il en soit,v à l’instigation d’Arago, le Ministre de l'Intérieur proposa à la Chambre des députés, le 15 juin 1859, d’accorder à « Daguerre, une pension annuelle et viagère de 6000 francs et à M. Niepce fils, une pension annuelle de 4000 francs» pour la cession du procédé de « M. Niepce père, avec les améliorations de M. Daguerre et du dernier procédé de M. Daguerre servant à fixer les images de la chambre obscure ».
- Dans l’exposé des motifs du projet de loi, le Ministre ajoutait : « Vous vous associerez à une pensée qui a déjà excité une sympathie universelle et vous ne souffrirez pas que nous laissions jamais aux nations étrangères la gloire de doter le monde savant et artiste d’une des plus merveilleuses, découvertes dont s’honore notre pays ». La Chambre des Députés adopta la loi dans la séance du 5 juillet et la Chambre des Pairs dans celle du 50 juillet 1859. Puis devant les deux Académies des Sciences et des Beaux-Arts réunies, le 19 août 1859, Arago décrivit dans un rapport' célèbre le mode d’obtention
- Fig. 8. — Statue de Daguerre àZJBry-sur-Marne.
- Fig. 7• — Niepce de Saint-Victor {1805-18^0) Inventeur de la photographie sur verre.
- Portrait gravé à l’aide de son procédé en i853 et que possède actuellement la Société Française de Photographie.
- du daguerréotype. Ce document constitue Y acte officiel de naissance de la photographie, mais les erreurs historiques et la partialité n’y manquent pas. En particulier, le grand astronome attribue faussement à Porta l’invention de la chambre noire et la construction des chambres à mains. S’il entrevoit le splendide développement de l’invention, on peut lui reprocher, avec M. Georges Pontonniée, d’avoir un peu trop laissé dans l’ombre le génie de Niepce et surtout de n’avoir pas montré que « le daguerréotype est l’héliographie améliorée ».
- Voici, en tout cas, comment opérait alors Daguerre. Il étendait une mince couche d’iodé sur une plaque argentée qu’il plaçait dans la chambre noire d’où il la retirait après une pose suffisante pour la soumettre aux vapeurs de mercure. Sous l’action de cet agent chimique, l’image latente, invisible jusque-là, apparaissait peu à peu. Bayard, dès la fin de 1859 et Talbot en 1841 appliquèrent la méthode de Daguerre, mais en substituant le papier aux planches métalliques. Toutefois, leurs techniques opératives et les résultats pratiques étaient inférieurs au daguerréotype. Bayard obtenait bien des épreuves excellentes dont quelques-unes conservées dans les archives de la Société française de photographie font encore, après 85 ans, l’admiration des spécialistes avec leurs harmonieuses demi-teintes, mais son procédé exigeait des poses de vingt minutes. Quant à Talbot, de 1859 à 1841, il réalisait de différentes manières ses dessins photogéniques sur papier, traduisant d’abord par du noir, les lumières de l’objet copié; mais pour avoir l’image positive, il recopiait à nouveau son dessin négatif sur un deuxième papier sensibilisé à l’iodure d’argent. ‘
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- Après l’exposition à la chambre noire, il développait lans un bain d’acide gallique additionné d’acide ècétique -et d’un peu de nitrate d’argent, il finit ènsuite ses épreuves au moyen de l’hyposulfite de soude. Cependant si Talbot mourut en 1877 chargé d’honneurs par ses compatriotes, ses photographies manquaient de finesse, car le grain du papier se trouvait grossi par l’impression de l’épreuve positive sous la négative et, en outre, elles finissaient par s’évanouir à la longue. Aussi les rares professionnels qui s’en servirent ne tardèrent pas à l'abandonner.
- \ Au contraire, le daguerréotype jouit pendant une dizaine d’années de la faveur publique, malgré la fragilité des images» Divers chercheurs s’efforcèrent, du reste, d’en simplifier la technique.
- Notons parmi les auteurs de perfectionnements intéressants, le grand physicien Fizeau qui, en mars 1840, renforça les noirs et accrut la solidité de l’image au moyen du virage à l’or. En janvier 1841, le môme savant augmenta la sensibilité de la plaque en exposant celle-ci après iodage et pendant un temps très court aux vapeurs d’une dissolution de brome dans l’eau. De leur côté, les constructeurs s’attachèrent à alléger l’encombrant matériel primitif. Dès 1829, le baron Séguier décrivit une chambre dont le poids et le volume ne dépassaient pas le tiers de celle employée par Daguerre.
- L’opticien Chevalier construisit l’année suivante un « photographe portatif » ou attirail daguerréotype complet dont la chambre avec son objectif démontable, son magasin de plaques, sa lampe à alcool, ses boîtes à iode et cà mercure pesait seulement 14 kilos! En outre, le « photographe » possédait un objectif à verres combinés achromatiques. Deux lentilles suffisaient pour le portrait et pour faire des paysages on remplaçait celle d’avant par une autre. Les opticiens Lerebours et Duron, en se servant des lentilles à foyer très court et en réduisant les dimensions de l’image, obtinrent des portraits au soleil avec interposition de verres bleus en 2 ou o minutes. De leur côté, les professeurs autri-
- chiens Ettinghausen et Petzval calculèrent une formule d’objectif composé de 4 lentilles accouplées que Voigtlander construisit et qui raccourcissaient la pose d’un tiers. Enfin le français Gaudin photographia des nuages chassés par le vent (mai 1841) et au mois d’octobre suivant adressait à l’Académie des Sciences de Paris une vue instantanée du Pont Neuf avec voitures et piétons en marche, prise en un dix-neuvième de seconde, d’après ses dires.
- Tous ces perfectionnements rendirent possible et aisé le portrait sur plaque daguerrienne ( 164 mm. x216 mm.). De nombreux ateliers s’établirent alors dans les grandes villes de France. Dès 1841, les professionnels opéraient déjà « par tous les temps » , portraituraient les gens ou exécutaient des travaux photographiques sur plaques, demi-plaques (164x108), tiers de plaque (140.-X 82), quart et môme huitième de plaque (60x 40).
- . Mais après. avoir at-, teint- sa perfection vers 1845, la daguerréotypie ne tarda pas à être détrônée par la photographie sur verre, découverte par Niepce de Saint-Victor en 1846. Ce sagace inventeur, né à Saint-Cyr près de Chalon-sur-Saône, était cousin deNicéphore Niepce. Officier de cavalerie, il tenait garnison à Paris quand il imagina son procédé mis au point de 1847 à 1850. Au début, il employa d’abord l’amidon et l’iodure, puis la gélatine qu'il abandonna finalement pour l’albumine. Il étendait sur la plaque de verre une couche mince de blancs d’œufs additionnée de quelques gouttes d’io-dure de potassium, et la sensibilisait dans un bain de nitrate d’argent. Il réalisait, de la sorte, une surface; impressionnable par les rayons chimiques et d’une: extrême finesse. Par la suite, il accrut la sensibilité de ses plaques en mélangeant au blanc d’œufs 2 ou 5 grammes de miel et en augmentant la dose d’io-dure de potassium. Il put alors atteindre la rapidité de la plaque daguerrienne : 2 ou 3 secondes pour un paysage, 5 à 8 secondes pour un portrait.
- Dès ce moment, la vogue de la plaque daguerrienne tomba, car l’image en noir et blanc tirée sur papier l’emportait incontestablement sur celle-ci
- Fig. q. — La maison où mourut Daguerre à Bry-sur-Marne.
- Détruite pendant la guerre de 1870, elle fut rèôdifiée sur un autre plan.
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- L'ELECTRIFICATION DES GRANDES CAVES DU SAUTERNAIS
- tant sous le rapport du prix que de l’esthétique-. Aussi les techniciens s’attachèrent, à partir de cette époque, à améliorer la photographie sur verre. Dès août 1849, Blanquart-Evrard avait simplifié la formule de préparation des négatifs sur verre et donné en même temps que Talbot, celle d’un papier positif albuminé. Mais surtout l’anglais Scott Archer, en substituant le co llodio njx 1 ’ al b um i ne (1851), permit à son compatriote Fry d’obtenir des clichés d’une finesse : inconnue auparavant et en une pose très courte (2 à 5 secondes). La plaque photographique argentée représenta dès lors le passé.
- L'avènement des clichés sur verre et les photo-tvpies sur papier avaient fait oublier Daguerre quand il mourut à Bry-sur-Marne le 10 juillet 1851, laissant sa veuve dans une situation voisine de la misère. La pauvre femme n'avait, en effet, pour vivre que la moitié de la pension de son mari. Aussi quand, deux ans plus tard, elle voulut marier sa nièce, elle dut vendre sa modeste demeure à la Congrégation des dames de Sainte-CIotilde de la rue de Reuilly à Paris qui en fit une maison de retraite. Mme Daguerre se réserva toutefois un petit logement dans l’atelier témoin du labeur de son génial époux. Elle y mourut en 1857 et repose maintenant à côté de son mari, dans le cimetière de Bry-sur-Marne. Le mausolée dont la Société française de photographie assure l’entretien depuis 1805 est d’ailleurs fort simple; au-dessous du médaillon qui représente le grand « artiste peintre chimiste » une inscription rappelle que la Société libre des Beaux-Arts érigea cette tombe à ses frais. Quant à l’habitation de Daguerre, détruite au cours des furieux combats qui se livrèrent dans ce village les
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- 50 novembre, 1er et 2 décembre 1870, lors du siège de Paris, elle fut réédifiée sur un autre plan.
- Bref, depuis 1850 la daguerréotypie a pour ainsi dire disparu. Mais le procédé au collodion donna depuis lors un essor considérable à la photographie, ; Des ateliers de photographes s’établirent dans les; villes de quelque importance et procurèrent à' nombre de gens une lucrative profession. Bien! mieux, l’art naissant créa une série d’industries' annexes. Des ébénistes construisirent des chambres noires, des physiciens, étudièrent la composition des verres, la taille et la combinaison des lentilles de façon à réaliser des objectifs de plus en plus fins, de plus en plus lumineux. Les fabricants de produits chimiques trouvaient là, eux aussi, d’intéressants débouchés.
- Plus près de nous, à la suite des recherches de Poitevin, de Gaudin, de Stas et de Chardon, les frères Lumière en approvisionnant les ateliers de plaques rapides au gélatino-bromure d’argent devaient affranchir les photographes des fastidieuses opérations du procédé au collodion. Les Nadar, les Disderi, les Carjal, les Pierre Petit et autres professionnels émérites du Second Empire pouvaient donc dédaigner les acerbes croquis publiés contre eux dans les journaux illustrés de l’époque tel, par exemple, le célèbre « Monsieur Prudhomme devan t l'objectif » de Daumier! Les caricaturistes eurent pour eux les rieurs du jour, mais l’avenir appartenait à la photographie. Le caustique crayon de quelques dessinateurs jaloux n'empêcha pas l’art des Niepce et des Daguerre de prendre un merveilleux développement.
- Jacques Boyku
- La transformation de l’industrie moderne.
- L’ÉLECTRIFICATION DES GRANDES CAVES DU SAUTERNAIS
- Le Sauternais et ses limites. — La France possède des vins incomparables et dont la renommée a atteint les confins du monde. La réputation des Jobannisberg ou des Tokay n’est point usurpée, mais elle est éclipsée par la gloire des Montrachet et des Meursault bourguignons, de la Coulée de Séran angevine, du Youvray,. tourangeau, de l’Hermitage rhodanien, et surtout dès Sauternes girondins, pour ne parler que des vins blancs.
- Le Sauternais, terre d’élection de la vigne, n’occupe cependant qu’une médiocre superficie, une soixantaine de kilomètres carrés, de la vallée de la Garonne à l’amont de Bordeaux, entre Cérons et Langon, le long de la ligne de Bordeaux à Cette,
- Cinq communes seulement ont droit légal d’employer pour leurs vins l’appellation de « Sauternes » : Barsac, Preignac, Sauternes, Bommes et Fargues, localités de un à deux milliers d’habitants qui vivent plus ou moins de la culture ou du négoce des raisins. Il convient toutefois d’observer que, con-
- trairement à ce qu’on pourrait supposer, et à cé qu’on peut constater dans d’autres régions viticoles, comme le Languedoc ou le Médoc, le vignoble n’absorbe pas la totalité du territoire. On y pratique simultanément l’élevage— c’est ainsi qu’au château Guiraud on nourrit des troupeaux de bovins réputés — et l’exploitation du pin, la lande de Gascogne débordant sur le Sauternais. La physionomie du pays n’est donc pas uniforme, mais, variée. A côté des cépages illustres, on peut même admirer des parcs somptueux peuplés d’arbres séculaires, qu’on est tout surpris de rencontrer dans ces parages. Le sol lui-même ondule gracieusement, tantôt étalant au soleil des croupes couvertes de ceps, tantôt abritant dans des replis des prairies verdoyantes.
- Le terrain et le climat. — La qualité exceptionnelle des produits du Sauternais tient à plusieurs causes naturelles. Tout d’abord, le terrain est particulièrement propice à la culture de la vigne. Au-dessous d’un humus peu épais, un banc calcaire de
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- Fig. i. — Arrivée de la vendange au cuvier. Déchargement au moyen du palan électrique. (Installation du château La Montagne à Preignac.)
- 70 à 80 cm. assure à la plante la silice, dont elle est avide. Plus bas, un lit glaiseux retient l’humidité. Dans certains cas même, on rencontre une véritable accumulation de minéraux anciens, quartz, agates, serpentines, calcédoines ou cornalines, qui influent sur le bouquet du vin.
- Le choix des cépages, sélectionnés avec soin, le mode de plantation jouent auési un grand rôle dans la valeur des produits. Mais le climat est d’une efficacité plus certaine encore. On a tendance à admettre que le soleil suffît pour déterminer la qualité et la richesse d'un vin. Or, les expériences tentées à Chypre, en Californie, en Australie, où la température est particulièrement élevée, n’ont causé que des déboires. Un soleil de feu, une lumière trop crue, un air trop sec concourent à durcir le raisin, à parcheminer sa peau.
- Le grain du Sauternais emprunte partie de sa supériorité et de sa souplesse à la finesse de son enveloppe.
- Le climat girondin favorise, en effet, la maturation du raisin. Il est tempéré et humidifié par le voisinage de l’Océan, mais plus encore dans le Sauternais, par une brume légère qui, chaque matin, s’élève de la Garonne. 11 n’est point téméraire de considérer, à ce point de vue, l’action bienfaisante des fleuves.
- L’Hermitage ne doit-il rien au Rhône, le vin d’Anjou à la Loire, le Johannisberg au Rhin, le Tokay à la Theiss ?
- Dans le Rordelais, en outre, la cueillette est généralement accompagnée de - beaux jours, privés de
- pluies qui délaveraient les grains et les dessécheraient, en les dépouillant de leur sucre. Grâce à la Providence, le Sauternais peut récolter normalement des raisins titrant 14 à do degrés d’alcool et o à 5 de sucre.
- Le traitement de la vendange et l’électrification des grandes caves. — Il est aussi un facteur qui a contribué largement à l’obtention des vins exceptionnels. De tous temps, les propriétaires se sont appliqués à perfectionner les procédés de vinification. Toutefois, depuis deux ans, une transformation profonde a révolutionné les grandes caves du Sauternais. L’électricité conquérante a imposé ici sa loi, comme partout, et rien n’est plus curieux et plus instructif qu’une visite dans les « Châteaux » fameux, complètement modernisés par les progrès de la science industrielle.
- La vendange est apportée dans la cour du château par une charrette — voire par un camion. Elle est contenue dans un récipient de métal, le Douil, d’une capacité variant de 250 jusqu a 900 kg de raisins. Ce douil porte à sa partie supérieure deux oreilles. Au Château-Yquem — le plus illustre des crus de blanc du monde — on déverse simplement le douil dans le cuvier, qui est en bois épais. Au Château-la-Montagne, du colonel Milleret, pour faciliter les opérations consécutives, le cuvier a été relevé à la hauteur d’un entresol. Le douil est donc saisi par un palan actionné par un moteur de 1 ch 5, et glissant le long d’une poutre métallique. On hisse le bac au niveau voulu, on amène le
- Lig. 2. — La nouvelle installation du cuvier au clïàteau La Montagne à Preignacf
- Au fond.a gauche : déversement d’un douil de vendange dans la maie du fouloir ; au •premier plan à gauche ; èmietteuse ; à droite : deux presses hydrauliques et pompes à transvaser le vin. (Force motrice utilsée|: 5 moteurs électriques d’une puissance globale de 7,5 ch et i moteurj-.à ^pétrole de , secours.)
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- L’ELECTRIFICATION DES GRANDES CAVES DU SAUTERNA1S ------- 409
- palan au-dessus du cuvier, et on fait basculer le douil.
- Dans des caves de négociants, où la vendange parvient par grandes quantités à la fois, comme chez M. Lacoste, de Prèignac, on a prévu la possibi-bilité de stocker une série de douils, sur des wagonnets, avant de les vider dans le cuvier.
- Le cuvier, ou maie, porte, à l’un de ses angles, un fouloir électrique de plusieurs types. Au Chateau-la-Montagne, l’appareil est constitué par deux cylindres à cannelures. À Prèignac, on emploie une vis sans fin de cuivre, tournant dans une auge, en partie formée d’un treillis. À Yquem, M. de Lur-Saluces a fait construire un engin dont la conception revient à M. Paul, l'éminent directeur de la compagnie du Midi. Celui-ci a eu l’idée ingénieuse d’adapter au foulage du vin le moulin à couteaux de la cidrerie et de le prolonger à sa base par un bec mobile.
- Les premiers jus, les moûts, s'écoulent, dans tous les cas, au pied de la maie, dans une rigole, ou conquet qui aboutit à une vaste fosse, entièrement tapissée de verre et aménagée sous le dallage de béton de la balle de préparation.
- Le raisin tombe, de son côté, dans une cage de bois, à claire-voie, disposée sur la plate-forme d’un wagonnet sur rails. Celui-ci vient s’encastrer sous le plateau d’une presse hydraulique, qu’actionne un moteur de 1 ch à 1 ch 5. Le plateau de cette presse est immobile, mais le wagonnet et sa cage sont élevés progressivement vers le plateau ; il convient que l’opération soit conduite avec un certain doigté, pour éviter une compression trop brutale. Le jus s’égoutte par les interstices de la cage, et va rejoindre dans la fosse le moût du cuvier.
- Le wagonnet et son contenu sont alors dirigés vers l'émietteuse, vaste cylindre à couteaux intérieurs, prolongé par un tamis. Un moteur de 2 ch 9 à 5 ch le met en mouvement. Dans certaines installations, comme à Prèignac, le remplissage delemiet-tcuse se fait avec un palan électrique. L’instrument projette au dehors les grappes dont l’écrasement
- Fig. 4. — Château Yquem. Vue générale.
- pourrait introduire dans le jus dés éléments d’amertume, et renvoie les pulpes dans la cage.
- Celle-ci est soumise, ensuite, à une seconde pressée, beaucoup plus énergique et rapide que la première, parfois à une troisième.
- Le raisin est ainsi épuisé, les jus étant toujours recueillis dans la fosse. 11 suffira, en fin de compte, de pomper ces derniers avec des pompes électriques, fixes ou mobiles (moteur d’un cheval) et de les distribuer dans les tonneaux, alignés dans un chai, parallèle à la halle du cuvier.
- Au Château-la-Montagne, on a pu évaluer de 15 à 20 minutes la durée du foulage pour le traitement de 1000 kg de vendange, à un quart d’heure le travail de. l’émietteuse, à 10 minutes le premier pressage. Dans ces conditions, on peut aisément débiter 25 à 50 barriques par jour, sans opérer la nuit, le débit dépendant d’ailleurs de l’arrivage de la récolte qui exige beaucoup de soins.
- L’énergie est fournie soit par un secteur, comme à la Montagne ou chez M. Lacoste, soit par un tracteur mobile comme à Yquem, soit, provisoirement, par un moteur à pétrole, à Chateau-Guiraud.
- Cependant pour parer à tous les aléas de l’électricité industrielle, on a installé des moteurs de réserve à pétrole, du type -Japy (4 ch).
- Les cuviers, d’ailleurs très clairs et d’une admirable tenue, sont naturellement éclairés à l’électricité, comme les caves elles-mêmes — de plain-pied — pourvues soit de lampes mobiles à glissières montées sur trolleys, soit de lampes sur bambous.
- L’électrification du Sauternais ne s’est pas arrêtée
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- là. Le courant anime ici la scie avec laquelle on débite les caisses (5 ch), là les pompes à eau du château; plus loin une essoreuse-filtre, qui, à la vitesse de 1500 tours à la minute, épuise les toiles de filtrage, et permet de recueillir 6 à 7 litres de vin jadis perdu. Le bénéfice à cet égard n’est pas mince, si l’on considère la valeur intrinsèque de ce produit de luxe.
- 11 n’est pas sans intérêt de tracer le schéma d’une installation électrique modèle, comme celle du Châ-teau-la-Montagne. Du transformateur de 5 kw., branché sur le secteur,partent 6 fils, dont 5 d’éclairage, qui aboutissent à un tableau placé dans le cuvier. Une ligne lumière est réservée à l’éclairage des chais et de la halle, une ligne force indépendante à la pompe à vin.
- Une seconde ligne force alimente les presses, une '.autre est liée à un disjoncteur proche de la maie, lequel envoie de l’énergie soit au palan et au fouloir, jumelé avec l’émietteuse, soit à la pompe à eau extérieure. Celle-ci, à son tour, commande la scie.
- En limitant ainsi l’effort simultané, on a pu réduire la puissance du transformateur, qui, dans certaines entreprises, atteint 25 kvv.
- Les frais d’exploitation dans le Sauternais et la fraude. —Le Sauternais ne produit jamais plus de 2000 bouteilles de vin par hectare de vigne. Il en résulte que la récolte est très limitée. D’un autre côté, les dépenses de production sont considérables. M. Ferrouillat signalait récemment à l’Académie d’Agriculture que, dans le Sauternais, on devait tabler sur 8500 fr. par hectare.
- Les barriques seules coulent aujourd’hui 150 fr. l’une, et, en 1920, elles ont valu jusqu’à 240 fr. Ceci tient à ce qu’elles sont établies avec des bois de chênes de choix, qu’on ne trouve plus guère qu’en Amérique. Or, il faut renouveler le fut à chaque cuvée. Il faut tenir compte également qnele
- vin doit demeurer trois ans en tonneau, avant d’être mis en bouteilles, outre que la fermentation, lente dans les bois, doit être surveillée avec une attention continue. Il faut, réaliser une limpidité parfaite et empêcher le bouillonnement par l’acide carbonique, qui entraînerait la disparition du bouquet.
- En présence de telles sujétions et des aléas de la culture, exposée aux injures du temps, il n’est pas surprenant que le prix des grands Sauternes soit très élevé.
- Le vin de 1921 est coté en gros -à Bordeaux 50000 fr. le tonneau (1000 bouteilles). Il n’est donc pas possible d’acheter du véritable Sauternes de grande marque à des prix dérisoires pour l’époque, comme on en offre trop souvent en égarant le public. Il se vend, à la vérité, cinq ou dix fois plus de produits du Sauternais, crus classés et autres, qu’on n’en récolte. La fraude la-plus éhontée s’exerce à la faveur de la réputation des Sauternes. On trompe même sur les grands crûs, en dépit de l’estampage du bouchon, de la capsule et de l’étiquette. Quant aux vins sans parchemin, on pousse l’audace jusqu'à en élaborer avec des moûts d’Algérie, de la glycérine, de la saccharine et des poisons de laboratoire.
- Sans doute d’aucuns verront-ils dans cette supercherie la rançon du succès. Elle risque pourtant de compromettre lè renom des plus illustres de nos vins blancs. Aussi les grands propriétaires, enfin groupés en syndicat de Sauternes et Barsac, les seigneurs de haute lignée d’Yquem, de Vigneau, de la Montagne, de Guiraud, de Suduiraut, de Ray-mond-Lafon, ont-ils déclaré la guerre aux imposteurs. Celle-ci n’aura, néanmoins, l’issue qu’elle doit comporter que si la consommation est bien pénétrée de ce principe que les vrais produits du Sauternais, d’un prix de revient considérable, sont fatalement très chers, et ne sauraient être vendus au rabais.
- Auguste Pawlowski,
- Fig. 5. — Installai ions électriques du cuvier à Yquem.
- CAMILLE FLAMMARION
- Camille Flammarion !... nom prestigieux, harmonieux, prodigieux. Flammarion ! c’est le ciel étoilé avec ses myriades de soleils ; c’est la Voie lactée tout empoussiérée d’étoiles ; ce sont les univers lointains, ce sont les planètes, ces autres « terres du ciel » ; ce sont les autres humanités ; c’ést la vie universelle ;. c’ést la Science, bonne, bienfaisante; c’est l’horreur /
- du mal, des guerres ; c’est la paix universelle, la’ poésie, l’ascension vers la Vérité, par la Science...
- Voilà tout ce qu’évoque en nous le nom du grand astronome, du « vulgarisateur », du penseur, dé l’écrivain, du poète, du philosophe qui vient de disparaître.
- La vie de Camille Flammarion est un magnifique
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- exemple de travail, de volonté soutenue ; la retracer ici à grands traits est un devoir pour cet te Revue, qui a eu le grand honneur de le compter au nombre de ses collaborateurs.
- Flammarion est né le samedi 26 février 1842, à Montigny-le-Roi, chef-lieu de canton du département delà Haute-Marne. Son père était cultivateur et, pendant sa jeunesse, il n’avait pas quitté les champs :
- « Je suis donc fils de campagnards, s’écrie Flammarion, véritable enfant de la Nature (J) ».
- Ses parents désiraient lui donner une bonne et solide instruction : dès quatre ans il savait lire; à six ans, il était l’élève le plus fort de sa classe.
- Flammarion aimait à rappeler, parmi ses souvenirs d’enfance, deux faits astronomiques, deux observations d’éclipses de Soleil, qui laissèrent en lui une impression ineffaçable : la première éclipse, celle du 9 octobre 1847, était annulaire pour la Haute-Marne; la seconde, celle du 28 juillet 1851, était seulement partielle (60 centièmes ià Montigny-le-Roi.)
- Voilà, si l’on peut dire, le début de la carrière astronomique de Camille Flammarion : « Je me sentais profondément ému et rempli d’admiration, dit-il, à la pensée que les savants pouvaient calculer d’avance la marche des astres dans le ciel )).
- À neuf ans, il commence l’étude du latin. Hti 1855, âgé de 11 ans, il entre à la maîtrise de la cathédrale de Langres. La belle comète de cette année-là ne fait qu’accroître sa curiosité, il l’observe et en prend un dessin. En 1855 et 1854, il fait diverses observations sur la formation du brouillard; sur la visibilité du Mont Blanc ; sur les chrysalides et la formation des papillons, etc.
- 1. Mémoires biographiques et philosophiques d'an astronome. : . .
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- Les parents de Flammarion jouissaient d’une modeste aisance. Mais entré 1855 et 1856, ils tombèrent à la ruine complète et vinrent à Paris. Le jeune Camille vint lesyrejoindrelel septembre 1856, et comme la vie est dure, on décide de lui faire apprendre un métier. Non sans peine, on trouve à le placer comme apprenti chez un graveur-ciseleur, où il serait nourri et logé. Le soir, le labeur terminé, il se met à travailler; il apprend seul l’anglais, il se perfectionne en algèbre, en géométrie et nourrit
- l’espoir de passer son baccalauréat. Jamais couché avant minuit, bien souvent le clair de Lune remplace la bougie absente pour lire et écrire.
- En mai 1858, le jeune travailleur tombe malade, résultat du surmenage intellectuel s’ajoutant au travail physique de l’atelier. En venant le soi-' gner, le médecin r e m arque un gros manuscrit de 500 pages, intitulé Cosmogonie .universelle(*), écrit par son malade.
- Étonnement et presque incrédulité du brave docteur qui reconnaît là une intelligence supérieure. Il revient quelque temps après voir le jeune homme et lui annonce qu’ayant fait parler de lui à M. Le Verrier, il va entrer comme élève astronome à l’Observatoire de Paris.
- Le jeudi 24 juin 1858, Flammarion est reçu par le Directeur de l’Observatoire et entre, avec quelle émotion, le lundi 28 juin 1858, dans ce temple d’Uranie. Ecoutons son enthousiasme :
- « L’avenue de l’Observatoire et le jardin du Luxembourg me parurent un paradis, une contrée céleste, dont je devenais le citoyen, et je sentis que j’entrais définitivement dans ma voie, si longtemps cherchée. »
- De 1858 à 1861, cet enthousiasme est quelque
- 1. Cet ouvrage a paru plus tard sous le titre: Le Monde avant l’apparition de l’Homme.
- Fig. i. — Camille Flammarion. 26 février 1842 — 3 juin iq25. (Cliché L. Grimpel.)
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- peu diminué. Flammarion qui, entre temps, a passé ses examens du baccalauréat ès sciences et ès lettres, est au Bureau des Calculs, astreint k une besogne administrative qui ne convient guère à son tempérament : « à côté de l’admirable astronomie mathématique, à côté de la mécanique céleste, il y avait pourtant place pour une recherche plus idéale, plus poétique, plus vivante. » Ces considérations l’amènent à écrire son premier ouvrage : La pluralité des Mondes habite's, qu’un heureux concours de circonstances lui permet de faire imprimer. Composé en 1861, cet ouvrage parait en 1862; il obtient aussitôt un énorme succès.. L’irascible Le Verrier « avait le caractère le plus épouvantable’ qui se puisse imaginer », il congédie le jeune auteur de l’Observatoire, séance tenante, un élève-astronome ne doit pas être un élève-poète !
- Le Verrier avait — de par son caractère — un nombre considérable d’ennemis. Cette situation permit à Flammarion, victime du Directeur-dictateur, d’entrer bientôt comme calculateur au Bureau des Longitudes. En 1862 et 1863, il calcule, pour la Connaissance des Temps des années 1866 et 1867, les valeurs des ascensions droites et des déclinaisons de la Lune.
- La réputation du jeune astronome commence à grandir, il est sollicité de divers côtés pour collaborer à des revues et journaux scientifiques. Le 1er février 1865, il entre dans le journalisme littéraire par sa collaboration à la Revue française. De 1864 à 1869, il est chargé de la direction scientifique du Cosmos.
- Dans Y Annuaire du Cosmos, il publie plusieurs études importantes sur l’Astronomie stellaire, sur les Univers lointains (1865), sur Limité de force et l’unité de substance (1866).
- En août 1864, commence sa collaboration scientifique au Magasin pittoresque. En décembre 1864, il compose (pour paraître au premier numéro de janvier 1865 de ce journal), des cartes de la position des planètes et une description des phénomènes célestes visibles pendant l’année 1865. C’est le point de départ de cet Annuaire astronomique et météorologique publié d’abord (1865 à 1884) dans le Magasin pittoresque; de 1885 à 1892 dans la revue VAstronomie, puis de 1895 jusqu’en 1925 en volumes séparés. Il a ainsi rédigé cet annuaire, lui-même, pendant soixante et un ans !
- L’activité et la réputation de Flammarion ne cessent de croître. Ses publications se multiplient en même temps qu’il est sollicité de tous côtés. 11 publie en février 1865 Les Mondes Imaginaires et les Mondes réels; en juillet 1865, Les Merveilles célestes. En octobre 1865, nous le trouvons professeur à l’Association polytechnique; il fait à l’Ecole Turgot un cours d’Astronomie qui attire de nombreux auditeurs
- Le 12 janvier 1866 paraît son premier article dans un journal quotidien : Le Siècle. Cet article a pour titre : « La Composition chimique des astres
- révélée par l'analyse de leur lumière ». Successivement, L'Événement, le Voltaire, le Temps, T Illustration s’attachent Flammarion comme collaborateur.
- En 1866, Camille Flammarion inaugure les Conférences du Boulevard des Capucines. Ces conférences obtiennent immédiatement un succès considérable. Elles sont accompagnées de projections à la lumière oxhydrique par Molteni. Les projections sont des photographies des figures des Merveilles célestes.
- Entre temps, Flammarion loue une terrasse rue Gav-Lussac, il y installe une lunette de Om. 108 et peut enfin observer dans un observatoire à lui. La Nova de la Couronne vient d’apparaître, il peut la suivre dans ses fluctuations d’éclat.
- Pendant l’hiver 1866-1867, il écrit son septième ouvrage : Dieu dans la Nature ou le Matérialisme et le Spiritualisme devant la Science moderne. Il réunit, en un premier volume, un certain nombre d’études et d’articles, sous le titre : Etudes et lectures sur T Astronomie. Neuf volumes s’échelonneront de 1867 à 1880.
- Les problèmes de l’atmosphère, de cette enve-voppe gazeuse dont les variations sont parfois s,i nuisibles aux observations astronomiques, préoccupent Flammarion. Il songe à écrire un ouvrage sur L'Atmosphère. Pour mieux étudier les phénomènes, il veut les constater sur place même, et entreprend une série d’ascensions aérostatiques. La première eut lieu le 50 mai 1867, elle fut suivie de 11 autres, la dernière en 1880. Flammarion a réuni le compte rendu de ces ascensions dans un volume intitulé : Mes voyages aériens.
- Il imagine en 1867 un photomètre pour mesurer les grandes différences de lumière des nuages. Il se servira plus tard, lors de l’éclipse de Soleil du 22 décembre 1870, de cet appareil, pour mesurer la variation lumineuse au cours de l’éclipse.
- Il est nommé président de la Société aérostatique de France en juin 1867, puis Président du Cercle parisien de l’Enseignement.
- Il traduit et publie, en 1868, Les derniers jours d'un philosophe, de sir Humphry Davy.
- Les conférences du Boulevard des Capucines ont un tel retentissement que, de tous côtés, on demande à Flammarion de les répéter : de 1868 à 1870, il fait donc, à Bruxelles, Anvers, Ostende, Bruges, Gand, Yerviers et dans diverses villes de France, des conférences sur l’Astronomie.
- En 1869, il publie les Contemplations scientifiques.
- La guerre éclate bientôt ; Flammarion, pendant l’investissement de Paris, est capitaine du génie, observateur au château de la Muette, où l’on a installé un poste d’observation, muni de puissantes lunettes permettant de régler le tir des forts sur les pièces allemandes qui bombardent Paris.
- La paix signée, l’activité scientifique de Flammarion s’étend à toutes les branches de la science et, pour ne pas exagérer l’étendue de cette étude bio-
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- graphique, il nous faut à présent renoncer à l’ordre chronologique.
- Travaux scientifiques. — Après le départ de Le Verrier, Flammarion put entrer, de nouveau, en 1876, à l’Observatoire de Paris, pour y effectuer notamment une très importante série de mesures d’étoiles doubles qui parurent en 1878 sous le titre : Les étoiles doubles, Catalogue des Étoiles multiples en mouvement.
- Au cours de ce travail, Flammarion reconnut l’irrégularité de marche de la troisième étoile du système ternaire du Ç Cancer. Il a découvert également que le compagnon d'Aldébaran, de 11e grandeur, ne restait pas sensiblement fixe, comme on le croyait alors, mais qu’il était animé d’un mouvement propre très sensible et indépendant de celui d’Aldébaran.
- Citons quelques-uns des titres des communications publiées par Flammarion dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Plus de 60 communications, sur les sujets les plus divers, ont été données par lui depuis le 20 mai 1867, date de la première : Variation de la lumière pendant les éclipses; Anomalies présentées par les observations magnétiques de Paris ; Corrélation entre le magnétisme terrestre et l’activité solaire ; Influence de la lumière sur les êtres vivants ; Production des sexes chez les vers à soie ; Expériences de radioculture ; Statistique de la pluie à Paris; Observation de la lumière zodiacale; Etude des étoiles filantes; Variations à la surface de la Lune; Liste des éclipses du xxesiècle; Formule permettant de calculer la durée de chute d’une planète sur le Soleil ; Relation entre la durée de rotation des planètes et leur densité : Sur la rotation de Vénus ; Sur l’anneau de Saturne ; Sur les étoiles doubles en mouvement et la 61e du Cygne, etc., etc.
- La planète Mars. — De toutes les planètes, Mars est celle qui s’olîre à nous dans les meilleures conditions d’étude : distance très faible aux oppositions, atmosphère presque toujours limpide laissant voir tous les détails de la surface. Si d’autres planètes du système solaire— à part la Terre — sont habitées, Mars est certainement une de celles-là. Aussi, cette « terre du ciel » a-t-elle toujours attiré l’attention de Flammarion, qui en a poussé l’étude aussi loin que le permettaient les instruments en sa possession. En dehors d’un grand nombre d’articles et d’études parus notamment dans l'Astronomie, il a réuni l’ensemble de toutes les observa-
- tions de cette planète publiées de 1656 à 1900 en deux gros volumes : La planète Mars et ses conditions d'habitabilité (T. I, 1892; T. II, 1909). Le tome III est, hélas, inachevé.
- Enseignement de l’Astronomie — En 1877, Flammarion publie Les Terres du ciel, description des conditions particulières à chacune des planètes du système solaire, puis un Grand Atlas céleste comprenant cent mille étoiles, et 51 cartes, dont celles deM. Ch. Dien.
- En 1880, paraît Y Astronomie populaire. Cette exposition si pittoresque, si attrayante, si vivante, des grandes découvertes de l’astronomie, obtient un succès inouï. L’Académie des Sciences décerne à l’auteur le prix Montyon. L’ouvrage est publié en livraisons séparées; actuellement (1925) il en esta son 129e mille. Il est traduit dans toutes les langues. La réputation de Camille Flammarion est, désormais, universelle.
- Le goût de l’astronomie a gagné des milliers de lecteurs, avides à présent de connaître, de voir les merveilles que leur a décrites le grand vulgarisateur de l’Astronomie.
- Flammarion leur donne aussitôt (1881 ) le guide pratique qui leur permettra de se reconnaître au milieu des constellations : les Étoiles et les Curiosités du Ciel. Successivement, il publie une grande carte céleste, un planisphère mobile, une carte de la Lune, un globe de la Lune, un globe de Mars.
- Mais il faut songer aux débutants, à tous ceux qui veulent s’instruire dans la science du ciel sans en faire une étude approfondie. Pour eux, l’astronome français écrit : Qu est-ce que le Ciel ? Initiation astronomique ; Histoire du Ciel ; Astronomie des Dames ; Petite astronomie descriptive, etc.
- Tous les phénomènes de la nature ont retenu l’attention de Flammarion. Après T Atmosphère (1871) et le Monde avant l’apparition de T Homme (1885) il publie : Tremblements de Terre et Éruptions volcaniques, puis L'Eruption du Krakatoa, les Caprices de la Foudre, les Phénomènes de la Foudre et Contemplations scientifiques.
- Camille Flammarion a le don de faire aimer la Science, de la rendre attrayante. Ses ouvrages philosophiques et littéraires y ont largement contribué. Après Lumen, conçu dès l’année 1885, il a publié Récits de l'Infini, Histoire d'une Comète, la Fin du Monde, Uranie, Stella, Rêves étoilés, Voyages dans le Ciel, Contes philosophiques, Dans
- Fig. 2. — U Observatoire de Juvisy.
- Fondé par Camille Flammarion. (Cliché F. Quénisset.)
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- le Ciel et sur la Terre, Clairs de Lune, Excursions sur les autres mondes, Mémoires biographiques et philosophiques d'un astronome, etc.
- Etudes psychiques. — Dès sa jeunesse, Flammarion s’est préoccupé du grand problème de la destinée humaine. Dans ses mémoires, il raconte ses angoisses lorsque, âgé seulement de 7 ans, il se trouva un jour sur le chemin d’un enterrement? Dès 1865, il rédigea un petit livre de 152 pages intitulé : Des forces naturelles inconnues qui devint, beaucoup plus tard, en 1906, Les forces naturelles inconnues. Il effectua un grand nombre d’expériences personnelles et se livra à de nombreuses enquêtes. Leur ensemble a été réuni ou résumé dans L'Inconnu et les problèmes psychiques, puis dans les trois volumes de La Mort et son Mystère. Son dernier volume, paru à la fin de 1925, porte le titre Les maisons hantées.
- Fondation de l’Observatoire de Juvisy. — Un admirateur passionné des ouvrages et des idées de Camille Flammarion M. Méret, lui fit don, en décembre 1882, d’une belle propriété sise à la Cour de France, à Juvisy-sur-Orge (Seine-et-Oise). L’apôtre de l’Astronomie populaire peut enfin réaliser son rêve : il y installe un observatoire doté d’un équatorial de 0 m. 24 d’ouverture, instrument unissant pour l’époque.
- La production de cet établissement devient bientôt importante. Les observations sont faites soit par M. Flammarion lui-même, soit par ses collaborateurs et notamment par son fervent disciple et ami F. Quénisset. Les études planétaires occupent- la-première place au programme, et Mars la première place dans ces études. Tous les phénomènes célestes sont dessinés, observés, photographiés. Deux comètes y ont été découvertes. On y a procédé à une j révision des nébuleuses du catalogue de Messier." ;
- Une station météorologique et une station de radioculture complètent l’observatoire.
- De nombreuses expériences sur l’influence de la lumière sur les animaux et les plantes sont effectuées dans les petites serres colorées du parc de Juvisy.
- Fondation de « l’Astronomie », de la Société astronomique de France et d’un observatoire populaire. — Dans son livre L’Astronomie populaire, Camille Flammarion émettait le vœu (en 1879) de voir les,lécteurs'de cet ouvrage s’unir pour fonder une Société astronomique, une Revue astronomique et un Observatoire populaire. Dès 1882, il put créer L’Astronomie, revue mensuelle d’Astronomie, de •Météorologie et de Physique du globe. Le 28 janvier 1887, il fondait, au moyen de collaborateurs de cette revue, d’astronomes et d’amis de la Science, la Sociétéjastronomique de France. Celle-ci, dès 1889, possédait un observatoire à son siège social; 28 rue Serpente, à Paris. Flammarion a été le premier président dé la -Société astronomique de France '(années 1887 et 1888) et depuis il en était le secrétaire général. ? - -- ; /
- Le cadre de cette notice ne nous permet pas de nous étendre davantage sur le détail de la vie et des travaux de celui dont la science déplore la perte toute récente. La grande préoccupation de sa vie était de « populariser » la science sans la rendre « vulgaire », de la faire aimer, de montrer le bien qu’elle peut apporter. C’était un pacifiste par excellence, ami de la Paix, du Beau, du Bien. C’était aussi un grand Français de cœur, et il s’élevait avec force contre l’injustice et la violence. L’agression allemande de 1914 et les atrocités ennemies l’avaient profondément révolté et dans une étude sur La mentalité allemande dans VHistoire il a flétri, comme il convient, la conduite^les agresseurs.
- Peu d’hommes connu, comme Camille Flammarion, une « popularité » aussi grande et il faut citer les noms de Gambetta, Victor Hugo, Pasteur, Henri Poincaré, pour en trouver de semblable. Tous les pays lui avaient décerné leurs distinctions honorifiques les plus élevées. Il était commandeur de la Légion d’honneur. En France, cependant, l'Institut n’avait pas cru devoir Facciieillir dans son sein.
- Rarement — exception faite pour les fondateurs des grandes religions et des grandes doctrines —
- , homme eut une telle influence sur les- esprits. Les / adeptes de ses idées se comptent par milliers et il- y . a bien peu d’astronomes actuels, officiels ou amateurs, dont l’attachement à la science n’ait eu poùr point de départ la lecture des livres de Flammarion.
- Le saivant astronome avait épousé, le 18 août 1874, Mlle Sylvie Pétiaux-Hugo, qui'fut, pendant de longues années, la collaboratrice assidue et dévouée de tous les travaux de son mari. Elle mourut le 25 février 1919.
- Depuis, Camille Flammarion a épousé, en secondes noces, Mlle Gabriellè Renaudot, une admiratrice enthousiaste' de ses travaux. Il lui laisse la tache, lourde et délicieuse, de poursuivre son œuvre inachevée. Si l’Observatoire de Juvisy et la Société astronomique de France ont, à présent, leur avenir assuré, l’aide précieuse d’amis ne leur est pas moins indispensable. Mais Camille Flammarion avait encore pour vingt ans de travail, comme il se plaisait à le répéter souvent, il laisse plusieurs livres en partie écrits, des articles incomplètement terminés, d’autres ouvrages à mettre à jour, telle cette Astronomie populaire qui a vieilli un peu vite, dépassée par les progrès si rapides de la Science.
- En adressant ses respectueuses condoléances à la veuve de l'éminent astronome, La Nature souhaite de lui voir compléter l’œuvre du Maître, trop tôt enlevé à la Science f1).
- Em. Touchet.
- L. Cet article a été radiotéléphone simultanément par.les Stations. de l’École supérieure des Postes et Télégraphes,
- ; Paris, et les Stations de Lyon et de Toulouse, le mercredi •j ,:T7 juin 4925.;'-*- ----- ----y •— —
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et de mai 1925.
- , Le radium et la catalase du foie. — Suivant une technique déjà indiquée, MM. Maubert, Jalpuslre. et Lemay ont utilisé des solutions de catalase au 1 /5000, avec de l’eau oxygénée, et ils ont pris comme sel radi-fère du bromure de radium pur, dissous dans l’eau distillée. Ils ont été amenés à conclure que l’émanation du radium, génératrice des rayons a, active la catalase du foie, si 011 l’emploie à faibles doses, alors qu’à doses massives elle la paralyse. Mais à la différence du bromure de thorium X, il faut tenir compte d’une action affaiblissante des radiations (t et y.
- Le rhamnicosule. — Poursuivant leur étude sur le glucoside générateur du vert de Chine, extrait de l’écorce de Nerprun purgatif, MM. Marc Bridel et Charaux ont étudié son hydrolyse par les poudres fermentaires de Cornus sanguinea. Ils ont isolé le rhamnicogénol, qu’il faut considérer comme un dérivé oxyméthylanthi a-quinonique, répondant à la formule C15 H12 O6, et rentrant ainsi dans la catégorie des anthranols, en donnant par oxydation une pentahydroxyméthylanthraquinone.
- La réalisation de la photographie intégrale. — Lip-mann a posé le principe d’une plaque sensible, caractérisée par la propriété d’enregistrer elle-même un grand nombre d’images du sujet et de donner à l’observation directe, par transparence, la représentation dudit sujet, avec son relief et même avec les variations d’aspect que l’on pourrait obtenir en déplaçant la tête devant lui. Dans un pli cacheté déposé en 1908 et dont il vient de demander l’ouverture, M. Estanave indique un dispositif, constitué par un assemblage de 50 loupes stanhopes juxtaposées et de distance focale 9 mm,, pour une base carrée de 3 mm. de côté. Chacune d’elles, noircie sur les faces latérales et convenablement diaphragmée, est une petite chambre photographique. On peut ainsi enregistrer sur une même plaque 50 images du sujet qui, regardées par
- transparence du côté lenticulaire des loupes, fournissent une image unique, et celle-ci se déplace soit par rapport aux bords de la plaque, soit par rapport à l’image d’objets divers, suivant l’orientation de l’œil.
- Le damasquinage à l'étain. — M. Georges Le Roy a procédé a un examen, très détaillé d’une épée en lcr, conservée à Rouen dans les Archives de la Commission des Antiquités et, à son étonnement, les creux des dessins gravés dans le fer aciéré de la laine étaient remplis par un métal de couleur blanche où il reconnut non de l’argent, mais de l’étain. C’est là la preuve d’un damasquinage, jusqu’alors insoupçonné chez les artisans du Moyen ;îge et qui fut vraisemblablement pratiqué non par martelage mais, étant donné le point de fusion assez bas de l’étain (255°), réalisé par coulée dans, les creux gravés, l’épée étant maintenue au voisinage de 220-240. Il y avait là une méthode plus facile, plus rapide et moins coûteuse que le damasquinage à l’argent, sans doute réservée aux armes de parade. *
- Le bertillonnage des tableaux modernes. —M. Roger Grandgérard indique que la plupart des tableaux contemporains possèdent, dans leur support, un filigrane caractéristique : le quadrillage irrégulier delà toile ou la zébrure du panneau de bois. Or, par la radiographie, il existe un moyen sûr de faire apparaître extérieurement cette trame et de la superposer par transparence au motif qui la revêt. La note de M. Grandgérard donne quelques précisions sur la prise des clichés originaux et leur conservation, Il est ainsi établi que, pour nous, le cliché radiographique d’un tableau moderne original pourrait, dans l’avenir, fournir, par une confrontation avec le cliché d’une peinture de même apparence extérieure, la preuve indiscutable de l’authenticité ou de la falsification.
- • 1>aui. B.
- ECHOUAGE D’UN BALEINOPTERE
- Le 8 mai 19-25,1111 eétaçé assez yolpmineux venait s'échouer sur la côte atlantique* au niveau de la Garenne de Retz (')* dans l’anse des deux Rochers, commune de Brétignolles (V). Le lieu dit. du Grand Rocher, à 150 mètres au nord duquel était l’animal, se trouve au sud de l’ancienne embouchure désormais obstruée du fleuve Le Jaunay.
- Je n’ai pu l’étudier et le photographier que quelques jours après.
- , Le eétacé est arrivé au rivage la tète la première ; et les plus hautes vagues de la grande marée de la pleine lune du début du mois l’ont placé presque perpendiculairement à la falaise, avec une queue un
- 1. La Nature du 7 murs et du 25 avril 1925 a fait connaître les effets dès dernières tempêtes de l’hiver-sur -lès dîmes qui forment la falaise de cette Garenne. Nous y renvoyons le-leeteur. . ] — v. ’> -
- peu oblique au nord-ouest, à environ 50 mètres du sommet de l’estran.
- Couché sur le sable de œtte plage assez en pente, il était renversé sur son flanc droit, montrant au nord (lig. 4) sa face ventrale, à plis parallèles caractéristiques du genre ; au sud son dos, et en haut son côté gauche; le droit reposant sur le sol était invisible (fîg. 1 et 2). •
- La gueule, largement ouverte, montrait une langue épaisse et des fanons très courts, vite enlevés. La queue reposait, à plat, sur le sol (fig. 5).
- La très petite nageoire dorsale, très rapprochée de la queue, en forme de demi-croissant, n’avait guère que 0 m. 40 X 0 m. 15; elle était de coloration blanc jaunâtre, aveemne partie noire (*).
- La nageoire'pectorale, visible par le côté gauche, 1. Je l’ai-conservée.
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- ÉCHOUAGE D’UN BALE]NOPTÈRE
- était libre ; mais peu longue : au maximum, 0 m. 90 ; avec une largeur de 0 m. 25, de coloration moitié blanche et moitié noire, mais sans le chevron typique du B. Rostratus.
- A o mètres, du côté du ventre, de la queue était l'organe, indiquant qu’il s’agissait d’une femelle, long de 0 m. 40.
- l/abdomen était entièrement blanc, avec le flanc gauche noir pour la moitié supérieure.
- Les plis caractéristiques des baleinoptères étaient au nombre de 46, au niveau de cette nageoire pectorale ; étendus de l’extrémité postérieure de cet
- Events sans protubérance ; ce qui élimine le B. Ju-bartis.
- La queue avait 1 mètre de hauteur ; chose curieuse, les deux ailerons portaient des touffes de poils, ressemblant à une chevelure. Gela est tout à fait différent de l’aiguillon du B. musculus, espèce beaucoup plus serpentiforme d’ailleurs (sorte de poils de blaireau !)
- Dimensions principales : Longueur maximum, 7 m. 75. — Largeur, 1 mètre. — Circonférence totale : 5 m. 5). — Hauteur, 1 mètre. — Poids : 3500 kg. — Distance des évents au bec, 1 m. 20.
- Fig-, i à 4. — Baleinoptera ratiatus (n. sp.).
- 1. Face dorsale : tête. — 2. Face dorsale : corps. — 3. Gueule et yeux. — 4. Face ventrale : queue.
- organe au bec, ils décrivaient une grande courbe, à peine ondulée, très élégante. L’ensemble se terminait en arrière en éventail et les plis ne s’arrêtaient pas brusquement, comme dans le B. bleu {B. Sib-baldii), à queue colossalement haute d’ailleurs.
- Le flanc et le dos, tachetés de noir, sur fond blanc jaunâtre, présentaient des bandes ovalaires, parallèles h la colonne vertébrale, d’un noir de goudron 1 On doit donc dire que l’animal avait le dos tout blanc, avec des bandes formées. Or, cela ne ressemble pas au B. rostratus, dont le dos, chez l’adulte, est très noir et entièrement woi?’(L.bureau).
- La tête ressemblait à celle d’un brochet, avec une mandibule beaucoup plus longue et plus vaste que la mâchoire supérieure ( l m. 50 contre 1 m. 20), à pointe très aiguë (caractère de l’espèce rostrata).
- J'ai conclu qu’il ne pouvait s’agir, quoique l’animal fut. une très jeune femelle susceptible d’avoir une peau à coloration différente de celle de l’adulte, du B. rostrata, à raison de la queue à chevelure, de la forme et des couleurs delà nageoire dorsale très petite chez le B musculus, où, d’autre part la mandibule est arrondie, au lieu d'être pointue! Il s’agit donc, je crois, d’une espèce nouvelle, à laquelle on peut donner le nom de B. ratiatus, en souvenir du pays où elle est venue échouer pour révéler son existence (de ratiatus, pays de Retz).
- J’insiste sur l’élégance de plis ondulés du ventre chez cette espèce. Ils sont très nombreux, très différents de ceux des autres espèces et décrivent des courbes très fines, qui ont fait l’admiration de tous les visiteurs. Dr Marcel Baudouin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de FleUrus, Paris. — 1925.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE — 1925
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abîme Bertarelli, 141.
- Académie des Sciences : comptes rendus des séances, 30, 109, 126, 157,172, 190, 206, 223, 238, 253, 277, 334, 350, 566, 596, 415.
- Accumulateur insulfatable, 6L 126.
- — : voitures électriques, 343. Acénaphtylène : hydrogénation, 157. Acétates alcalins : électrolyse, 334. Acidité des sols : action des carbonates,
- 277.
- Aciers après re.venu et trempe, 238. Acide sulfurique : action sur les céréales, 157.
- — : réduction, 109.
- Actinogravure, 341.
- Ader (Clément), 333.
- Affaissement prétendu du sol de la France, 367.
- Aile d’avion à incidence progressive, 80. Albatros : vol, 109, 2il.
- Alcalins : déplacement par le fer, 172. Aldéhyde contenu dans le sang, 190. Algérie : tremblements de terre, 33. Algues marines : chlorophylle, 30.
- Alpes : massifs de Sulens et des Aunes, 30.
- Altitudes grandes : détermination, 350. Alumine : pouvoir catalytique, 190. Ambre mat naturel : formation, 254. Amérique : découverte par les Océaniens, 106.
- Amorphophalles, 15.
- Amundsen : épilogue de l'expédition, 41. Andreau : moteur, 55, 191.
- Arts décoratifs : exposition internationale, 145.
- Ascenseurs automatiques, 556.
- Atlas oriental, 397.
- Australopithèque, 353.
- Autodrome de Lina=, 49.
- Aviation : dispositif pour réduire les pertes de puissance en altitude, 396. Aviation : vol nocturne dans la brume, 282, 296.
- Avions : mesure de la vitesse près du sol, 149.
- Azote : réduction des oxydes, 191.
- B
- Baleinoptère : échouage, 415.
- Bauxite, 204.
- Bécasses : migrations, 212.
- Bertillonnage des tableaux modernes, 415.
- Besredka : réaction, 63.
- Bibliothèques de Paris : catalogue collectif, 78.
- Bison d’Europe, 317.
- Boîtes de conserves : revêtement intérieur, 255.
- Bombes calorimétriques de Berthelot et Moureu-Landrieu, 231.
- Boues activées, 30.
- Bretagne : flore des monts, 233.
- — : poisson nouveau, 123.
- Broméliacées, 307.
- . 1 c.
- Canalisations en acier d’eau sous pression, 24.
- Carbonates : action sur l’acidité des sols, 277.
- Carbone : dosage dans les matières organiques, 351.
- Carburant national et pétrole synthétique, 325, 346.
- Cassini I : tricentenaire, 75.
- Castagnole en Bretagne, 123.
- Catalase du foie et radium, 415. Catalogue collectif des bibliothèques de Paris, 78.
- Catalyse par l’alumine, 190.
- — des chlorures d’acides, 396.
- Caves du Sauternais : élcctrilication, 407. Céréales : action de l’acide sulfurique
- dilué, 157.
- Cerveau du chimpanzé à la naissance, 351. Chaulmoogra et lèpre, 286.
- — : précieuses noix, 198.
- Chemins de fer : contrôle de la marche,
- 119.
- Chimie de la lumière, 115.
- Chimpanzé : cerveau à la naissance, 351. Chloroforme : fixation par le système nerveux et les nerfs, 158. Chlorophylle chez les algues marines, 30. Cholestérine : action des rayons Rôntgan. 191.
- Chutes du Niagara, 3Ôi.
- Cigogne blanche : routes migratoires, 65. Ciment fondu, 101.
- Cité de l’avenir, 127.
- — universitaire de Paris, 239. Coagulation vitale : étapes, 254.
- Cobalt dans la terre arable, 158.
- Coffres forts : percdirs et leur outillage,
- 391.
- Colloïdes, 134.
- Combustibles mnéraux : constitution chimique, 31.
- Conducteurs électriques II. T. et échappement des cheminées de locomotives, 255.
- Coke : progrès des fours, 268.
- Conifères : résines, 238.
- Conserves : revêtement intérieur des boîtes, 255.
- Contrôle de la marche des trains, 119* 225, 257.
- Supplément au n“ 2075 de La Nature du 27 juin 1925.
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- Courants du détroit de Gibraltar, 109. Courant électrique : théorie, 30. Courants extrêmement faibles : mesure, 334.
- Cracking des huiles minérales, 173. Crapauds, grenouilles, rainettes, 177. Cresserelle, 168.
- Cristallin : constitution chimique, 278, 397.
- Croiseur sous-marin anglais A-l, 303. Cuirassé Liberté : renflouement, 182. Cyanamide calcique, 218.
- D
- Damasquinage à l’étain, 415.
- Dattes tunisiennes, 113.
- Décoration lumineuse originale, 191. Détroit de Gibraltar : courants, 109. Deutsch de la Meurthe : fondation universitaire, 259.
- Dirigeables : régénération du gaz, 158. Dissolvants pour l’extraction des huiles, 215.
- Dunes de Vendée : action des raz de marée, 158.
- D tisser tite, 223.
- E
- Eau oxygénée : décomposition par l’hy-droxyde nickeleur, 367.
- Éclairage électrique rationnel, 94.
- Éclipses et occultations, 17.
- Écrevisse nouvelle en France, 126.
- Électricité : puissance d’une installation et réglage automatique, 157.
- Électricité : théorie du courant, 30.
- Électrification des caves du Sauternais, 407.
- Électrolyse des acétates alcalins, 334.
- Escargot : valeur nutritive, 172.
- Éthane dans le grisou, 157.
- Éthers-oxydes, 30.
- Expédition Amundsen : épilogue, 41.
- Exposition des Arts décoratifs, 145.
- — de Grenoble, 373.
- Extraction des huiles par dissolvants, 215.,
- F
- Falaises dunaires de Vendée : action des raz de marée, 158.
- Fer : déplacement des métaux alcalins, 126, 172.
- Ferricum : réactif, 254.
- Fièvre aphteuse : dissémination, 126. Flammarion, 410.
- Fleurs de l’air, 307.
- — les plus grandes du monde, 15. Flore des monts de Bretagne, 235. Fluorescence : tubes de Risler, 278. Fluosilicates : emplois, 154.
- Foie t catalase et radium, 415. Fondation Deutsch de la Meurthe, 239. Fours à coke : progrès, 268.
- INDEX ALPHABÉTIQUE =
- Fourmis : faits nouveaux, 43. |
- Fréquencemètre électrolytique simple, ! 126.
- G
- Gaz des dirigeables : régénération, 158.
- — naturels de Limagne, 334.
- — : occlusion dans les solides, 36.
- — du sang frais, putréfié, congelé,
- 126.
- Générateur à courant continu de 600 000 volts, 305.
- Géographie et météorologie, 92.
- Géologie : mesure du temps absolu, 81. Gibraltar : courants, 109.
- Glueosides nouveaux, 367, 415.
- — : d’orchidées, 190.
- Gouffres : record, 141.
- Granités broyés du Morvan, 223. Gratte-ciel : protection contre l’incendie, 110.
- Grenoble : exposition de la houille ‘ blanche et du tourisme, 375. Grenouilles, crapauds, rainettes, 177. Grisou : présence de l’éthane, 157.
- Gypse : vitesse de cristallisation, 367.
- H
- Hexaméthylène-tétramine et végétaux, 351.
- Homme-singe du sud de l’Afrique, 353. Houille ^blanche : exposition de Grenoble, 373.
- — : mine, 37.
- Huile : extraction par dissolvants, 215. Huiles minérales : cracking, 173. Hydrogénation de l’acénaphtylène, 157. Hydrolyse du sucre : constante, 158.
- I
- Image latente photographique : formation, 50.
- Immortalité et rajeunissement, 13. Incendie : protection des gratte-ciel, 110. Indochine : thé, 152.
- Insectes : lumière réfléchie, 109. Instinct et tremblement de terre, 35. Instruments à corde : montage rationnel, 254, 335. -
- J
- Japon : tremblement de terre, 1. Jasmin d’Espagne : fleur, 126. Jura : schistes hydrocarburés, 172.
- - K
- /
- Kaouar : oasis, 161.
- L
- Laboratoire psychotechnique, 69.
- Lac Léman : rive méridionale, 30. Langouste « martiniquaise », 351. Lavage de la vaisselle : nouvelle machine, 206.
- Léman : rive méridionale, 30.
- Lèpre et chaulmoogra, 286.
- Levures : dissémination dans les vignobles, 367.
- Lézard vert, 59.
- Lieux : noms, 289.
- Limagne : gaz naturels, 334. '
- Limons quaternaires, 334.
- Linas : autodrome, 49.
- Lumière : actions chimiques, 115.
- — : décoration originale, 191.
- „, réfléchie par les insectes, 109.
- ! tune : problème, 129.
- M
- Machine à laver la vaisselle, 206. .
- Madagascar : massif éruptif de l’ouest, 351.
- Mannessmann : canalisations en acier, 24. Marbres de l’Uruguay : corps organiques fossiles, 206.
- Marines de guerre du Pacifique, 20. Mars, 31.
- Météorite de Rosa, 190.
- Météorologie et géographie, 92. Michelson : nouvelle expérience, 379. Microbalance, 202.
- Migrations des bécasses, 210.
- — de la cigogne blanche, 65.
- Mine de houille, 37.
- Miquelon et Saint-Pierre, 369.
- Monts Dore : volcans secondaires, 350. Morvan : granités et rhyolites broyés, 223. Moteur Andreau, 55, 191.
- — Damblanc, 396.
- — à explosion desfrères Niepce, 366. Moulouya : bassin crétacé, 277.
- N
- Navire errant 17 mois dans l’Atlantique, 223.
- Navire de guerre nouveau, 303.
- Néon : rectification de la lumière, 247. Nerfs : fixation du chloroforme, 158. Niagara : chutes, 301.
- Nickel : décomposition de l’eau oxygénée 367.
- Nickel dans la terre arable, 158.
- Nids d’oiseaux, 321.
- Niepce : moteur à explosions, 366. Noms de lieux, 289.
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- 0
- Oasis du Kaouar, 161.
- Océaniens en Amérique, 106.
- Occlusion des gaz dans les solides, 36.
- Occultations et éclipses, 17.
- Œufs d’oiseaux, 321.
- Oiseaux : aberrations du plumage, 337. — : œufs et nids, 321.
- Optique dans les milieux troubles résineux, 367.
- Orbites des reptiles : muscles, 30.
- Orchidées indigènes : glucondes, 190.
- Orobanches : noircissement, 238.
- Oxychlorures de mercure : formation directe, 172.
- Oxyde de carbone : présence normale dans le sang, 172.
- P
- Pacifique : marines de guerre, 20.
- Paille en papeterie, 87.
- Paléolithique ancien : classification, 157. Papeterie : emploi de la paille, 87. Pêcheurs de verdrière, 264.
- Pectine : propriétés hémostatiques, 334. Perles : nouvelle méthode d’examen, 254. Pétrole synthétique et carburant national, 325, 346.
- Photographie en couleurs : appareil nouveau, 222.
- Photographie : formation de l’image latente, 30.
- Photographie intégrale : réalisation, 415. » Photographie : origines, 401.
- Photolyse des acides bibasiques, 278. Planète Mars, 31.
- Pluie artificielle, 382.
- Plumage des oiseaux : aberrations, 337. Poissons africains, 278.
- Poisson nouveau en Bretagne, 123. Poissons : viande dans l’alimentation, 253. Pôle : déplacement, 155.
- Porcelaine électrotechnique, 136; Préhistoire : gisement de Solutré, 97.
- — du Sahara oriental, 161. >
- Protéines, 181.
- Psychotechnique : laboratoire, 69. Pythons réticulés, 254.
- R
- Radiogoniométrie : sélection acoustique, 367.
- Radium et calalase, 415.
- INDEX ALPHABETIQUE
- Rainettes, grenouilles,.crapauds, 177. Rajeunissement et immortalité, 13. Rayons Rôntgen : action sur la cholestérine, 191.
- Rayon vert, 358.
- Raz de marée : action sur les dunes de Vendée, 158.
- Réaction de Besredka, 63.
- Rectification de la lumière des tubes au néon, 247.
- Redresseurs à mercure : progrès, 7. Réduction des oxydes d’azote, 191. Réfractomètre différentiel Berget, 287. Renflouement de la Liberté, 182. Reptiles : muscles orbitaires, 30. Résines de conifères, 238. Rhamnicoside, 415.
- Roche éruptive alcaline mésocrate, 254. Roda : météorite, 190.
- Rotin : industrie, 193.
- S
- Sahara oriental : préhistoire, 161. Saint-Pierre et Miquelon, 369.
- Sang : gaz, 126
- — : présence normale de l’oxyde de carbone, 172.
- Sang : teneur en aldéhyde, 190.
- Saoura : 275.
- Sauternais : électrification des caves, 407. Schistes hydrocarburés du Jura, 172. Sols : action des carbonates sur l’acidité, 277.
- Soleil : double lever, 67.
- Solides : occlusion des gaz, .36.
- Solutré : gisement préhistorique, 97. Sondages en mer par ultra-sons, 310. Sources et gaz naturels, 254. Stéréoscopie et ses applications, 186. Stroboscope à lampe au néon, 380.
- Suc pancréatique : activation, 334. Sucre : constante d’hydrolyse, 158. Superhétérodyne et superréaction, 248.
- — et superrégénérateur, 397. Synthèse organique végétale, 147. Système nerveux : fixation du chloroforme, 158.
- î
- T
- Tableaux modernes : bertillonnage, 415. Tempête du 26 février 1925, 271. Temps absolu : mesure en géologie, 81. Terre arable : présence du nickel et du cobalt, 158.
- Thé d’Indochine, 152.
- Thorium X : dosage quantitatif, 30. Thyroïde : sang veineux, 30.
- Tirages naturel et forcé, 102.
- ............... .....419
- Toxines : transformation en antitoxines, 223.
- Traction sur les voies navigables : progrès, 209.
- Trains : contrôle de la marche, 119, 225, 257.
- Tremblements de terre en Algérie, 33.
- — et instinct, 35.
- — du Japon, 1.
- Trombe sur le lac Léman, 383.
- Tubes fluorescents de Risler, 278.
- — au néon : rectification de la lumière, 247.
- Tunisie : dattes, 113.
- U
- Ultra-sons : sondages en mer, 510. Umbilicuspendulinus: tubercules, 109. Univers stable, 327.
- V
- Vaisselle : nouvelle machine à laver, 206.
- Vallot (Joseph), 367.
- Végétation : limites dans le nord et l’est de la France, 348.
- Végétaux : synthèse, 147.
- Vendée : action des raz de marée sur les falaises dunaires, 158.
- Vendredi 13, 294.
- Vent : vitesse moyenne, 276.
- Verdrière : pêcheurs, 264.
- Vigne : culture rationnelle et intensive, 385.
- Vignobles : dissémination des levures,367 »
- Vitesse des avions : mesure près du sol, 149.
- Voies navigables : progrès de la traction, 209.
- Voies électriques à accumulateurs, 343.
- Vol des albatros, 109, 241.
- Volcans secondaires des Monts-Dore et période glaciaire, 550.
- w
- Watmen : examen psychotechnique, 69.
- Z
- Zostères : pêche, 264.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- B. A. — La microbalance, 202. — Appareil pour le revêlement intérieur des boîtes de conserves, 255.
- B. (Padl). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 30, 109,; 126, 157, 172, 190, 206, 223,238, 253, 277, 334, 350, 566, 396, 415.
- Barbier (J-Emile). — Ta paille, appoint de l’agriculture à la papeterie. 87.
- Baudouin (Dr Marcel). — Action des raz de marée sur les falaises dunaires en Vendée, 158. — La tempête du 26 février 1925, 271. — Echouage d’un baleinoplère, 415.
- Berget {Alphonse). — Réfractornètre différentiel à double déviation, 287.
- Bérnay (Henri). — Le renflouement de la Liberté, 182.
- Bertin (Léon). — Faits nouveaux ou peu connus concernant les fourmis, 45. — Crapauds, grenouilles, rainettes, 177.
- Blin (Henri). — La culture rationnelle et intensive de la vigne, 585.
- Boccardi (Jean). — Le problème lunaire, 129. — L’univers est-il stable? 327.
- Boule (Marcellin). — L’homme-singe du sud de l’Afrique, 353.
- Boubgain (André). — Le contrôle de la marche des trains, 119, 225, 257.
- Bousquet (M ). — Canalisations en acier d’eau sous pression, 24.
- Boutaric (A.). — Les actions chimiques delà lumière, 115.
- Boyer (Jacques). — Les Amorphoplialles, 15. — Accumulateur insulfatable, 64. — Laboratoire psychotechnique de la S. T. C. R. P., 69. — Protection des gratté-ciel contre l’incendie, 110. — L’Exposition internationale des Arts décoratifs, 145. — Décoration lumineuse originale, 191. — La cite universitaire de Paris, 239- — Lampes d’éclairage thermioniques et tubes fluorescents de Risler, 278. — Nouveau générateur à courant conlinu de 600 000 volts, 305. — Les perceurs de colfres-forts et leur outillage perfectionné, 391. — Les origines de la photographie, 401.
- Breton (J.-L.). — Nouvelle machine . à laver, stériliser et sécher la vaisselle, 206.
- Biioca (André). — Montage rationnel des instruments à cordes, 535.
- Bultingaire (Léon). — Catalogue collectif des bibliothèques de Paris, 78.
- C. (F.). — Progrès des redresseurs à mercure, 7.
- Claude (Daniel). —Un poisson nouveau en Bretagne, 123.
- Claude (Georges). — Rectification de la lumière des tubes
- au néon, 247.
- Collin (Fr.). — L’éclairage électrique rationnel, 94.
- Coopman (L.). — La cresserelle, 168. — Les aberrations du plumage des oiseaux, 337.
- Cornetz (V.). — Instinct et tremblement de terre, 35.
- D. (C. de). — Appareil nouveau pour la photographie en couleurs, 222.
- Dauzat (Aldert). — Les noms de lieux, 289.
- David (A.). — Saint-Pierre et Miquelon, 369.
- Doublet (E.). — Eclipses et occultations, 17. — Tricentenaire de Cassini, I, 75.
- Dubois (Raphaël). — Les fleurs de l’air, 307.
- Dybowski (J.). — Le thé d’Indochine, 152.
- Feuillée-Billot (A.). — Le lézard vert, 59.
- Forbin (V.). — Les précieuses noix du chaulmoogra, 198.
- Gadeceaü (Emile). — La flore des monts de Bretagne, 233.
- Gallois (Georges). — L’industrie du rotin, 193.
- Gruvel (A.). — La langouste « martiniquaise », 351.
- Guili.auie (André). — Les limites de végétat’on dans le nord et l'est de la France, 348.
- IIémardinquer (P.). — Superhétérodyne et superréaction, 248. — Evolution des dispositifs superhétérodyne et su-perrégénérateur, 597.
- Hutin (Albert). — La bauxite, 204.
- Idrac (M.). — Le vol des albatros, 241.
- Jacqué (L.). — Voir Winkler (IL).
- Joleaud (L ). — La mesure du temps abso’u en géologie, 81.
- Jouenne (Lucien). — Pêcheurs de verdrière, 264.
- Kuextz (L.).'— Les dattes tunisiennes, 123.
- L. (E.). — Immortalité et rajeunissement, .13. — Réaction de Besredka, 63. — Les protéines, 181.
- Lanorville (Georges). — L’autodrome de Linas, 49. ,
- Lazennec (J.). — Le ciment fondu, 101. — L’emploi des fluosilicates, 154. — Le craeking des huiles minérales, 173.
- Liurette (IL). — Aile d’avion à incidence progressive, 80.
- Lutigneaux (Georges). — L’actinogravure,' 341.
- Marcotte (Edmond). — Le vol nocturne dans la brume, 282, 296.
- Martel (Eî-A.). — Le record des gouffres, 141. — Joseph Vallot, 367.
- Mascart (Jean). — Géographie et météorologie, 92.— Déplacement du pôle, 155. — Sur la vitesse moyenne du vent, 276.
- Mayen (Dr Lucien). — Voir Capitaine Marius Prévost.
- Mercanton (P.-L.). — Conducteurs électriques à haute tension et échappements des cheminées de locomotives, 255. — La trombe du 3 août 1924 sur le lac Léman, 384.
- Mercier (A.). — Routes migratoires de la cigogne blanche, 65. — Par quelles routes émigrent des bécasses, 212. — (Eufs et nids d’oiseaux, 321. i .
- Merle (René). — La découverte de l’Amérique par les Océaniens, 106.
- Mounièr (Daniel). — Voitures électriques à accumulateurs, 343.
- Moureu (CH.).'— La bombe calorimétrique de Üerlhelot et la nouvelle bombe Moureu-Landrieu, 231.
- Murat (Henri). — Les tremblements de terre en Algérie, 33.
- Orceau (René d’). — Constitution chimique des combustibles minéraux, 31.'
- Palasne de Champeaux (D’). — A propos de la noix de chaulmoogra et de la lèpre, 286.
- Pawlowski (A.). — Progrès de la traction sur les voies navigables, 209. — L’électrification des grandes caves du Sauternais, 407.
- Polonovski (Michel). — La synthèse organique dans le monde végétal, 147.
- Prévost (Capitaine Marii’s) et Mayet (Dr Lucien). — L’oasis du Kaouar et la préhistoire du Sahara oriental, 761.
- Rabot (Charles). — L’épilogue de l’expédition Amundsen, 41.
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- ——:...........: :.......... ..........~ LISTE DES
- Raveau (G). — Vendredi 13, 294.
- Rémy (Marcel).— Les colloïdes, 134.—La cvanamide calcique, 218.
- Rémy (P.-A.). — Le bison d’Europe, 317.
- Reverchon (Léopold). — Le tremblement de terre du Japon, 1.
- S. — La mine de houille, 37 — Récents progrès des fours à coke, 268.
- Sauvaire-Jourdan (G1). —Les marines de guerre du Pacifique, 20. — Un navire abandonné erre depuis 17 mois dans l'Atlantique, 223. — Un nouveau type de navire de guerre, 303.
- Sénart (Jacques). — Tirage naturel et tirage forcé, 102.
- T. (A.). — Clément Ader. 535. — Nouvelle expérience de Michelson, 579.
- Trrs (D.-A.). — Un grand fleuve Saharien la Saoura, 275.
- Tocciiet (Em.). — Double lever de soleil, 07. — Sur le rayon vert, 358.— Camille Flammarion, 410.
- AUTEURS ", 421
- Troi.ler (à.). — Les sondages en mer par les ultra sons, 510.
- Vigneron (H.). — L’occlusion des gaz dans les solides, 56. — T.a stéréoscopie et ses applications, 186.
- Villers (R.), — La cité de l’avenir, 127. — Mesure de la vitesse des avions près du sol, 149. — Les chutes du Niagara, 301.
- Vuillet (Pierre). — L’Exposition internationale de la houille b'anche et du tourisme, 375.
- Weiss (E.-H.). — Le moteur Andreau, 55. — La porcelaine électrotechnique, 156. — Extraction des huiles par dissolvants, 215. — Ascenseurs automatiques, 556. — Stroboscope à lampe au néon, 368.
- Winki.er (11.) et Jacqué (L.). —Pétrole synthétique et carburant national, 325, 346.
- X. — La pluie artificielle, 382.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.) 30, 109, 126,
- 157, 172, 190, 206, 223, 238, 253, 277, 334, 350,
- 366, 396 ....................................... 415
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Eclipses et occultations- (E. Doublet).............. 17
- Double lever de soleil (E. Todchet)................. 67
- Tricentenaire de Cassini I (E. Doublet)................. 75
- Problème lunaire (J. Boccardi)....................... . 129
- Déplacement du pôle (J. Mascart)........................155
- Vendredi 15 (C. Raveau).................................294
- L’univers est-il stable? (J. Boccardi)..................327
- Camille Flammarion (E. Touchet).........................410
- Planète Mars............................................ 30
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Occlusion des gaz dans les solides (II. Vigneron) ... 36
- Actions chimiques de la lumière (A." Boutaric) .... 115
- La microbalance (A. B.).................................202
- Réfractomètre différentiel à double déviation (A. Ber-
- get)............................................... 287
- Montage rationnel des instruments à cordes (A. Broca). 335
- Nouvelle expérience de Michelson (A. T.)..............579
- Montage rationnel des instruments à cordes. . . . 254
- Vitesse de cristàllisation du gypse.................. . 347
- Propriétés optiques des milieux troubles résineux. 367
- 2. Chimie.
- Constitution chimique des combustibles minéraux (R.
- d’ORCEAu).................................... . . . 31
- Colloïdes (M. Remï)....................................154
- Le cracking des huiles minérales (J. Lazennec) .... 173
- Bombe calorimétrique de Berlhelot et nouvelle bombe
- Moureu-Landrieu (Ch. Moureu). . . ..................251
- Dosage quantitatif du thorium X....................... 50
- Ethers-oxydes........................................ 30
- Réduction de l’acide sulfurique........................109
- Déplacement des métaux alcalins par le fer. . . . 126 Hydrogénation de Vacénaphlylène........................157
- Présence de l'éthane dans le grisou.................157
- Présence du nickel et du cobalt dans la terre arable. 158
- Constante d’hydrolyse du sucre......................158
- Déplacement des métaux alcalins par le fer. . . . 172
- Formation directe des oxychlorures de mercure. . 172
- Pouvoir catalytique de l’alumine....................190
- Réduction des oxydes d’azote en présence de S0'tll%
- et SCP IF.........................................191
- Réactif du ferricum.................................254
- Photolyse des acides bibasiques.....................278
- Electrolyse des acétates alcalins...................334
- Dosage du carbone dans les substances organiques. 551
- Décomposition de l’eau oxygénée par l’hydroxyde
- nickeleux.........................................367
- Nouveau glucoside : la rhamnicoside.................567
- Décomposition catalytique des chlorures d’acides . 356
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- • 1. Géologie. — Physique du globe.
- Le tremblement de terre du Japon (L. Reverchon) . . 1
- Tremblements de terre en Algérie (II. Murat) .... 33
- Mesure du temps absolu en géologie (L. Joleaud). . . 81
- Massifs exotiques de Sulens et des Annes ..... 50
- Rive méridionale du Léman......................... 30
- Schistes hydrocarburés du Jura franc-comtois. . . 172
- Météorite de Roda.................................190
- Corps organiques fossiles dans les marbres de l'Uruguay ................................................206
- Minéral nouveau : la düssertite...................223
- Granités et rhyoliies broyés du Morvan............223
- Formation de l’ambre mat naturel..................254
- Nouveau type de roche éruptive alcaline mêsocrate. 254
- Sources et composition des gaz naturels..............254
- Bassin crétacé de la haute Moulouya...............277
- Gaz naturels de la Limagne...........................334
- Limons quaternaires et sols qui en dérivent. . . . 334
- Volcans secondaires des Monts-Dore et période glaciaire ............................................. 350
- Massif éruptif de l’ouest de Madagascar ..... 351
- Prétendu affaissement du sol de la France............367
- Grand Atlas oriental.................................397
- 2. Météorologie.
- Géographie et météorologie (J. Mascart).............. 92
- Action des raz de marée sur les falaises dunaires en
- Vendée (Dr BI. Bauduoin)..........................158
- La tempête du 26 février 1925 (Dr M Baudouin) . . . 271
- Sur la vitesse moyenne du vent (J. Mascart).......276
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 423
- Le rayon vert (E. Touchet). ............ 358
- La pluie artificielle (X...)............382
- Trombe du 3 août 1924 sur le lac Léman (P.-L. Mer-canton) ................................383
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Immortalité et rajeunissement (E. L.)............... 13
- Instinct et tremblement de terre (V. Cornetz) .... 35
- Faits nouveaux ou peu connus concernant les fourmis
- (L. Bertin)..................................• . . 43
- Le lézard vert (À. Feuillée-Billot)................. 59
- Routes migratoires de la cigogne blanche (A. Mercier). 65
- Poisson nouveau en Bretagne (D. Claude).................125
- La cresserelle (L. Coopman)..............................168
- Crapauds, grenouilles, rainettes (L. Bertin).............117
- Protéines (E. L.). *.................................... 177
- Par quelles routes émigrent les bécasses (A. Mercier) . 212
- Le vol des albatros (M. Idrac)...........................241
- Le bison d'Europe (P.-A. Rémy)..........................517
- Œufs et nids d’oiseaux (A. Mercier)......................321
- Aberrations du plumage des oiseaux (L. Coopman). . . 557
- La langouste martiniquaise (A. Gruvel)........... . 551
- Ëchouage d’un baleinoptère (Dr M. Baudouin)..............415
- Sang veineux de la thyroïde............................. 30
- Muscles orbitaires des reptiles......................... 30
- Vol des albatros...................................... 109
- Lumière réfléchie par les insectes......................109
- Ecrevisse, nouvelle en France............................126
- Fixation du chloroforme par le système nerveux et
- les nerfs............................................ 158
- Présence normale de l'oxyde de carbone dans le
- sang................................................. 172
- Nature et variation de l'aldéhyde contenue dans le
- sang..................................................190
- Action des rayons Rdntgen sur la cholestérine. . . 191
- La viande dans l’alimentation des poissons .... 253
- Nouvelle méthode d'examen de l’intérieur des perles. 254
- Pythons réticulés........................................254
- Quelques poissons africains............................. 278
- Constitution chimique du cristallin. ....... 278
- Activation du suc pancréatique...........................354
- Cerveau du chimpanzé à la naissance......................351
- Constitution chimique du cristallin......................397
- Radium et catalase du foie........................... . 415
- 4. 'Botanique. — Agriculture.
- Les amorphophalles (J. Boyer)....................... 15
- Dattes tunisiennes (L. Kuentz).......................113
- Synthèse organique dans le monde végétal (M. Polo-
- novsivi)..........................................147
- Thé d’Indochine (.1. Dvmwsiu) .......................152
- Les précieuses noix du chaulmoogra ( V. Forbin) . . . 198
- Flore des monts de Bretagne (E. Gadeceau)............233
- Pêcheurs de verdrière (L. Jouenne) .......... 264
- Les fleurs de l’air (R. Dubois) .....................307
- Limites de végétation dans le nord et l’est de la France
- (A. Guillaume)....................................548
- La culture rationnelle et intensive de la vigne (II. Blin) 385 Tubercules frais de l’Vmbilicus pendulinus .... 109
- Chlorophylle chez les algues marines................ 30
- Fleur du jasmin d’Espagne......................... . 126
- Action de l'acide sulfurique dilué sur les champs
- do céréales.......................................157
- Glucosides de quelques orchidées. . .................190
- Résines des conifères...........................O 238
- Noircissement des orobanches au cours du leur dessiccation ..........................................258
- Action des carbonates sur l’acidité des sols.........277
- Héxaméthylène-tétramine et végétaux..................351
- Dissémination des levures dans les vignobles . . . 367
- Rhamnicoside.........................................415
- V. — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Epilogue de l’expédition Amundsen (C. Rabot) .... 41
- Gisement préhistorique de Solutré......................... 97
- Découverte de l’Amérique parles Océaniens (R. Meule). 106
- Record des gouffres (E.-A. Martel)........................141
- L’oasis du Kaouar et la préhistoire du Sahara oriental
- (M. Prévost er Dr L. Maykt)..........................161
- Un grand fleuve saharien : La Saoura (D.-A. Tirs) . . 273
- Les noms de lieux (À. Dauzat)...........................289
- Les chutes du Niagara (R. Yillers)......................301
- L’homme-singe du sud de l’Afrique (M. Boule) .... 553
- Joseph Yallol (E.-A, Martel)..............................367
- Saint-Pierre et Miquelon (A. David).......................369
- Régime des courants du détroit de Gibraltar. ... 109
- Classification du paléolithique ancien....................157
- VI. - HYGIÈNE. — MÉDECINE.
- Réaction de Besredka (E. L.)................... 65
- Laboratoire psychotechnique (J. Boyer)............ 69
- Appareil pour le revêtement intérieur des boites de
- conserves (A. B.)..............................255
- A propos de la noix de chaulmoogra et de la lèpre (Dr Palasne de Champeaux) ............ 286
- Boues activées................................... 50
- Gaz du sang frais, putréfié ou congelé.........126
- Dissémination de la fièvre aphteuse...............126
- Valeur nutritive de l’escargot. . . ...........172
- Agents de transformation des toxines en antitoxines 223
- Etapes de la coagulation vitale................ . 251
- Propriétés hémostatiques de la pectine...........334
- Damasquinage à l’étain . ........................ 415
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- i. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Paille : appoint de l’agriculture à la papeterie (,T.-E.
- Barbier). ................................................. 87
- Ciment fondu (J. Lazennf.c)..................................101
- Tirage national et tirage forcé (J. Sénart)................102
- Emploi des lluosilicates (J. Lazennec).......................154
- Industrie du rotin (G. Gallois)..............................193
- La bauxite (A. Hutin)........................................204
- Nouvelle machine à laver, stériliser et sécher la vaisselle (J.-L. Breton)................................... 206
- Extraction des huiles par dissolvants (E. Weiss). . . . 215
- Cyanamide calcique (M. Rémy).................................218
- Stroboscope à lampe ou néon (E. Weiss).......................380
- Les perceurs de coffres-forts et leur outillage (J. Boyer) 591 Propriétés mécaniques des aciers après revenu et influence de la trempe.......................................238
- 2. Photographie.
- La stéréoscopie et ses applications (H. Vigneron). . . . 186 Appareil nouveau pour la photographie en couleurs
- (C. de D.)........................................ 222
- L’actinogravure (G. Lutigneaux).......................341
- Les origines de la photographie (J. Boyer)............401
- Formation de l’image latente en photographie. . . 30
- Réalisation de la photographie intégrale...............415
- Bertillonnage des tableaux modernes .................415
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- 424 . '' .... TABLE DES
- 3. Électricité
- Progrès des redresseurs à mercure (F. G.). . . . V , 7
- Nouvel accumulateur insulfatable (J. Boyer)......... 64
- Eclairage électrique rationnel (F. Collin). . . .• . . 94
- Porcelaine électrotechnique (E -11. Weiss)...............136
- Décoration lumineuse originale (J. Boyer) ....... 191
- Rectification de la lumière des tubes au néon (G. Claude). 247 Superhétérodyne et superréaction (P. IJemabdinquer) . 248
- C inducteurs électriques à haute tension et échappements des cheminées de locomotives (P.-L. Mercan-
- ton)................................................255
- Lampes d’éclairage thermioniques et tubes lluorescents
- de Risler (J. Boyer); . . . . ..................... 278
- Nouveau générateur à courant continu de 600 000 volis
- (J. Boyer)................................. ... . 505
- Voilures électriques à accumulateurs (û. Mounier) . '. . 343
- Exposition internationale de la houille blanche et du
- tourisme (P. Vdillet). . . I.....................'. 373
- Evolution des dispositifs superhétérodyne et superrégé-
- néraleur(P. IIémardinquer)..........................597
- Electrification des caves du Sauternais (A. Pawlowsk'i). 407
- Théorie du courant électrique.......................... 30
- Accumulateur insulfatable............................ 126
- Fréquencemètre éleclrolytique simple...................126
- Puissance d'une installation électrique et son réglage
- automatique........................................ 157
- Mesure des courants extrêmement faibles . . • . . 334
- Sélection acoustique en radiogoniométrie. ..... 567
- 4. Travaux publics. — Art d® l’ingénieur.
- Canalisation en acier d’eau sous pression (M. Bousquet) 24
- La mine de houille (S.)................................... 57
- Protection des gratte-ciel contre l’incendie (J. Bôyer) . 110
- La cité de l’avenir (R. Villers). ........................127
- L’Exposition internationale des Arts décoratifs (J. Boyer) 145 La cité universitaire de Paris (J. Boyer).....................239
- MATIÈRES
- Récents progrès des fours à coke (Ph. S.) ". '. . . . . 268
- Ascenseurs automatiques (E. Weiss). 356
- 2 ... 6. Transports.
- Autodrome de Linas (G. Lanorvili.e).................. 49
- Le moteur Andreau (E -H Wejss)....................... 55
- Contrôle de la marche des trains (A. Bourgain). . . . 119
- Progrès de la traction sur les voies navigables (A. Paw-
- , lowski) .....’................................... 209
- Contrôle de la marche des trains (A. Bourgain). 2i5, 257
- Pétrole synthétique et cirburant national (H. Winkler et. L. Jacqdé) ................. 325, ’ 346
- Moteur Andreau................................... .191
- Le moteur à explosion des frères Niepce..............366
- 6. Aviation et aéronautique. ^
- Aile d'avion à incidence.progressive. (11. Liurett.e). . . 80
- Mesure de vitesse des avions près du sol (R. Villers) . 149
- Le vol nocturne dans la brume (E. Marcotte). 1 282, ,296
- Clément Ader (A. T.).......: . . \ . . . . '. . . ' 335
- Régénération du gaz des dirigeables................ . 158
- Détermination des grandes altitudes . ............350
- Dispositif pour réduire les perles de puissance en altitude......................................... 396
- 7. Marine.
- Les marines de guerre du Pacifique (Commandant Sauva ire-Jourdan) ...................................... 20
- Renflouement de la Liberté (H. Beunay).................182
- Un navire abandonné erre depuis 17 mois dans l’Atlantique (Sauvaire-Jouhdan) ................................223
- Nouveau type de navire de guerre (Sauvaire-Jourdan). 303
- Les sondages en mer par ultra-sons (A. Troller) . . . 310
- 8. Divers. „
- Catalogue collectif des bibliothèques de Paris (L. Bultin-gaire)............................................... 78
- FIV DtS TABLES
- — Imprimerie Laiicrk. 9. rue de pleurus. a Paris. 1925.
- Le Rérant : P. Masson.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indiçation d’origine.
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- N° 2648. — 3 Janvier 1925.
- INFORMATIONS
- vjp A Supplément.
- A propos du phénomène de Magnus. — Nous avons rappelé dans notre numéro 2615 les beaux travaux du colonel Lafay, professeur à l’Ecole .Polytechnique, sur le phénomène de Magnus. Ces travaux ont servi de point de départ à l’ingenieup allemand Flettner, l’inventeur du bateau à rotors. Celui-ci, du reste, l’a reconnu avec beaucoup de franchise dans une conférence à l’Association maritime allemande. Le colonel Lafay nous signale que notre article laisserait croire que Magnus a observé l’augmentation de poussée sur un cylindre tournant placé dans un vent perpendiculaire à son axe. Il n'en est rien : les expériences de Magnus étaient purement qualitatives et n’ont mis en évidence que le changement de direction de la poussée; c’est bien M. Lafay qui le premier a remarqué et mis en évidence le fait singulier et important que constitue l’augmentation de la poussée, observation dont le Dr Flettner a tiré le parti que l’on sait, et qui sans nul doute recevra encore d’autres applications importantes.
- Signalons à ce propos que M. Lafay a publié en mai 1912 dans la Revue de mécaniquç un mémoire détaillé sur le phénomène de Magnus.
- Une méthode pour résoudre électriquement les problèmes d'aérodynamique. Lorsqu’on étudie au laboratoire la valeur d’un modèle d’aéroplane, on est amené à le placer dans un tunnel où règne un courant d’air de vitesse connue et bien régulière, et l’on mesure les forces exercées par ce courant d’air sur les surfaces étudiées. Il est important aussi de déterminer la distribution du courant d’air autour du modèle, autrement dit, ce que l’on appelle les filets d'air, ou les trajectoires des différentes particules d’air autour de l’obstacle. Lorsqu’on aborde ce problème théoriquement, par les formules de l’hydrodynamique, on est conduit à des équations mathématiquement identiques à celles qui déterminent le potentiel dans un champ électrostatique contenant un corps conducteur; les filets d'air du premier cas correspondent aux lignes équipo-tentielles du second cas. Le mouvement d’un fluide parfait autour d’un obstacle tel qu’une aile d’aéroplane peut ainsi être déterminé en traçant les lignes équipo-tentielles autour d’une aile en métal placée entre deux plans parallèles portés à différents potentiels. Cette méthode curieuse est actuellement employée avec succès par la section aérodynamique du National Physical Laboratory de Londres ; elle a construit un appareil qui permet de déterminer ainsi très rapidement et avec précision la forme des filets d’air autour d’un obstacle.
- Un réservoir en ciment, imperméabilisé au moyen d’un enduit au bitume, est rempli d’eau. Ce réservoir mesure 1 m. 5o de long, o m. 7$ de large, o m. 38 de haut. Deux minces plaques d’aluminium y sont plongées, parallèlement aux longs côtés. Entre ces deux plaques, on maintient au moyen d’un petit alternateur une différence de potentiel, de fréquence audible.
- L’obstacle à étudier est plongé dans l’eau entre les deux feuilles d’aluminium.
- Pour déterminer les lignes équipotentielles, on se sert de deux électrodes exploratrices. Elles consistent en tubes de verre capillaires à l intérieur desquels est scellé un mince fil de platine faisant une légère saillie en dehors du verre. L’une des électrodes est fixée en un point convenable du réservoir, l’autre est montée sur la tige d’un pantographe, l’extrémité de celle-ci est munie d’une pointe d’acier qui se déplace sur une feuille à dessin placée à côté du réservoir; elle y reproduit exactement le mouvement de l’électrode mobile Les deux électrodes sont connectées à un amplificateur basse
- fréquence à 3 lampes. L’observateur porte un casque téléphonique relié à l’amplificateur. Il déplace l’électrode jusqu’à ce que les téléphones deviennent silencieux; les deux électrodes sont alors au même potentiel ; on répète l’opération aussi souvent qu’il est nécessaire; on explore ainsi la ligne équipotentielle définie par 1 électrode fixe. Ceci terminé, on change la position de l’électrode fixe et l’on recommence. On peut ainsi tracer un réseau aussi serré qu’on le veut de lignes équipotentielles.
- ^ Lorsque le modèle est électriquement isolé, on obtient ainsi les filets qui correspondent à un écoulement laminaire du fluide. Pour se placer dans le cas où il y a des tourbillons autour de la surface étudiée, il faut donner à celle-ci un potentiel déterminé par rapport aux plaques.
- Le verre organique Pollopas. — Ce produit fort curieux est très transparent, ce qui a lui valu cette épithète de verre ; mais par sa constitution chimique il est bien différent des produits généralement désignés sous ce nom. C'est en effet un produit de la condensation de l’urée au. moyen de la formaldéhyde. Il a été obtenu par deux savants autrichiens, MM. Pollack et Ripper. Voici, sur ce sujet, quelques renseignements extraits d’une étude de la Revue des produits chimiques, résumée par le Génie civil.
- La forme initiale du produit de condensation -obtenu est liquide, mais sous l’action de la chaleur il se solidifie et acquiert les propriétés d’un verre spécial, non fragile, très transparent, se travaillant facilement sous toute forme voulue, par exemple au tour, insoluble dans l’eau et dans l’alcool, offrant une homogénéité qui le rend parfaitement utilisable pour certaines applications optiques spéciales.
- La préparation se fait en condensant l’urée parla formaldéhyde, en évitant un excès de ce dernier corps, et en réglant la gélification du produit de condensation liquide par l’admission de sels alcalins (acétate de sodium en particulier).
- L’un des principaux emplois envisagés pour le Pol-lopas serait la fabrication de certains verres spéciaux, perméables aux rayons ultra-violets et n’absorbant que les radiations ayant des longueurs d’ondes inférieures à 3oo g-g.. On réalise, à l’aide du Pollopas, des verres organiques doués de propriétés optiques variables, l’indice de réfraction du Pollopas pouvant varier entre i,g et i,54 (qui représente à peu près l’indice de réfraction du cristal de roche), alors que l’indice de réfraction du flint-glass varie entre 1,9044 et 1,5257.
- La densité du Pollopas, égale à 1,44, est faible et se place au-dessous de celle du quartz (a,o5), de la porcelaine (2,24-2,49) et du verre ordinaire (2,5-3,g).
- La dureté, qui atteint 2,g5 à l’échelle de Mohr, dépasse un peu la dureté de la galalithe (2,8), sans atteindre celle de la nacre (3,i).
- Par contre, le Polloffas a une faible résistance au frottement.
- Il est très facile de le colorer en le faisant bouillir quelques instants en solution alcaline en présence de matières colorantes chauffées.
- On peut l’utiliser encore pour fabriquer différents objets de parure et de bimbeloterie, pour faire des vitres d’automobile, des vitres de serre, pour fabriquer des objets de voyage légers et non fragiles, pour faire des enseignes ordinaires et des enseignes lumineuses.
- Les plus hautes altitudes. -— Les ouvrages de géographie fourmillent d’erreurs en ce qui concerne les
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- INFORMATIONS
- altitudes des montagnes. Cela tient à ce que leurs auteurs prennent trop souvent pour des résultats définitifs des estimations provisoires d’explorateurs, mal outillés ou insuffisamment entraînés au maniement des appareils de visée, des baromètres et des thermomètres anéroïdes spéciaux. En outre, les explorateurs mettent souvent leur point d’honneur à surélever les montagnes qu’ils explorent, et cela de très bonne foi, en s’autosugges-tionnant.
- C'est l’Himalaya et le Karakoram qui présentent les cotes les plus élevées :
- Everest 8882 m. Chouyo : 8189 m.
- Chagari 8611 m. Davalaghiri •. 8180 m.
- K*nchenjung;a C 8577 m. Pic Bread : 8140 m.
- (2 cimes) [ 8343 m. Munga Parbat : 8120 m.
- Makalu 8470 m. Pic Roi George : 8068 m.
- à l’heure actuelle dans
- II
- n y a que ces 10 cimes
- le
- monde qui dépassent ou semblent dépasser 8000 mètres.
- Par contre, les trois cimes suivantes, auxquelles l’on attribuait autrefois plus de 8000 m., sont déchues aujourd’hui de cette grandeur usurpée.
- 2 cimes.
- Gaourisankar : 7022 m.
- Teram Tangri 7472 m. ou Kangri : 7410 m.
- Jadis le Gaourisankar était confondu avec l'Everest. Après l’Himalaya et le Karakoram, les massifs asiatiques où l’on trouve les plus fortes altitudes sont les suivants :
- Cotes maxinxa
- Mouz-Tag ou chaîne de Kachgarie : 7800 m.
- Hindou-Kouch afghan (Mts Tiritchimir) : 77 * 0 -
- Kouen-Lun : 75oo —
- Oustoun Tagh (Tibet) : ySoo —
- Alpes du Seu-Tchouan (M13 Ta-choué-Ch an : 7500 —
- Aling-Gangri (Tibet) : Transalaï (Pic Kauffmann) : 73oo —
- 7137 — '
- Tien-Chan (Khan Tengri) : 6991 —
- Ces deux dernières montagnes sont dans le Tur-kestan russe. Il semble qu’aucune autre chaîne de montagnes asiatique n’atteigne ou ne dépasse 7000 m. Nous ne saurions trop insister sur ce fait que certaines de ces valeurs sont provisoires et sujettes à révision et à modifications.
- En dehors de l’Asie, les cotes les plus élevées sont les suivantes :
- * AMÉRIQUE
- 1 Aconcagua 6960 m. ( Juncal : 6500 m. ) au sud
- Andes ) ( 6700 m. < Navarro : 6500 m. [ de la
- [lluascaran ^ m ( Polleras : 6300 m. ) Cumbre.
- Alaska : Mac Kinley 6240 m.
- Longtemps on a cru que les Andes dépassaient
- 7000 m.; c’était une erreur. Par contre, on n’a découvert qu’en 1909-11, au sud de la passe de la Cumbre. un massif de plus de 6000 m. (65oo, 6I00, 63oo) Dans l’Amérique du Nord, le Mac Kinley est la seule altitude actuellement connue qui dépasse 6000 m.; viennent ensuite le Logan (5q55 m.) et le Saint-Elie (5407 m.), tous deux dans l’Alaska, l’Orizaba (565o m.) et le Popoca-tépetl (5438 m.) au Mexique.
- En Afrique, les plus hautes altitudes se rencontrent dans l’Afrique orientale (Kenia, Tanganyka, Congo belge) :
- Kilimandjaro ( lvibo : _ 58g3 m.
- (2 cimes) ( Maourensi : 536o —
- Rouwensori : Pic Marguerite : 5i20 m.
- Renia ( Batian : 5ii2 —
- (2 cimes) ( Nelian : 5100 —
- Aucune autre montagne africaine n’atteint 5ooo m. En Ethiopie, le Ras Dachan a 4626 m. ; au Maroe, le Tam-jourt aurait 45oo m.> l’Ari Aïade atteint 4a5o m., l’Ouanhérian 4200 et l’Iéni 4*7^ m.; viendraient ensuite le J4koumi 3910 m. et l’Aïachi ,8750 m. A Madagascar, le Tsaratanana. n’a que 2880 m. Au Tibesti, l'Erai Koussi a 3400 m. et dans l'Erythrée, dans la région de l’As-mara, le mont Socïa s’élève à 3oi3 mètres.
- Bananes séchées et farine de banane. — L’Agronomie coloniale nous apprend que depuis plus de vingt-cinq ans on procède, dans, un certain nombre de colonies, françaises et étrangères, à la préparation de bananes séchées et de farine de banane.
- Malgré les efforts qui ont été faits pour vulgariser l’emploi de ces deux produits dans l’alimentation, il ne semble pas que les résultats obtenus soient satisfaisants. Soit que la présentation de la banane séchée laisse souvent à désirer, soit qu’elle n’ait pu être vendue encore à un prix suffisamment avantageux pour le consommateur, les débouchés qui lui sont offerts paraissent peu importants.
- La farine de banane entre, on le sait, dans la composition d’un certain nombre d’aliments dits « réparateurs », mais seulement en quantité suffisante, dit-on, pour justifier certaines appellations commerciales. Sous la forme farineuse ou séchée, la banane est loin de connaître le succès du fruit à l’état frais.
- Des colonies françaises, Madagascar est la seule qui ait exporté en 1923, 10 24^ kg de bananes séchées et 68 kg de farine de banane. Parmi les colonies étrangères, la Jamaïque a exporté, de 1917 à ion, des quantités de bananes séchées ayant l<es valeurs suivantes :
- Années 1917. . . 769 livres sterling.
- — 1918. . . . . 6.880 —
- — lyiffi • • . . 25.433 —
- —- 1920. . . . . ri.774 - —
- — 1921. . . . . 5.109 —
- Cette colonie anglaise des grandes Antilles exporte également de la farine de banane, mais les quantités n’en sont pas mentionnées spécialement dans les statistiques d’exportation. Il en est de même pour les Etats fédérés malais, l’Ouganda, le nord de Bornéo, Sainte-Lucie, La Trinidad, la Côte-d’Or, le Sud africain.
- Il n’est pas possible, actuellement, de connaître l’importance de la consommation française de farine de banane et de bananes séchées, car ces deux produits sont confondus dans les statistiques douanières, avec les t fruits de table secs, autres », dont ils subissent le tarif.
- L’atmosphère des étables et la tuberculose. — C’est un fait connu que le séjour dans des étables a été souvent préconisé contre certaines affections des poumons et particulièrement contre la tuberculose. Mais on pouvait croire cette pratique abolie II n’en est rien. Un jeune médecin qui vient de succéder à un de ses confrères âgé de près de 80 ans, dans une région assez élevée du Jura, constate que parmi la clientèle de son prédécesseur il y avait des tuberculeux qui avaient été soignés apparemment avec succès par cette méthode singulière. A ce sujet, M. Pierre Bonette expose dans La Presse Médicale qu’au cours du xvui® siècle, Quesney préconisait l’air des étables k vache à un phtisique qu’il prétendait avoir guéri de cette manière. Un autre médecin du xvnie siècle, Trécourt, employait le même procédé. Colombier, illustre hygiéniste militaire, s’est montré, par contre, peu convaincu des heureux effets de cette méthode et il remarque que, pas plus ses confrères que lui, n’ont réellement observé de guérisons chez les phtisiques par ce procédé Cependant, le 12 novembre i832, Lamartine écrivait au sujet de sa fille qu il avait envoyée se soigner en Syrie : « J’ai retrouvé Julia bien rétablie. Je lui ai fait construire une étable à vache donnant sur une fenêtre et s’ouvrant sur son lit. Cet air onctueux et la bonté de l’air l’ont remise complètement ». Malgré l’optimisme du grand poète, la pauvre enfant mourait le 6 décembre suivant.
- Ainsi l’air onctueux des étables ne semble pas faire de miracles, et l’air pur des hauteurs, lui semble préférable.
- Rue d’un nouveau genre à Chicago. — Cette nouvelle rue qui permettrait de résoudre le problème de la circulation vient d’être expérimentée à Chicago ; elle comprendrait deux voies : l’une supérieure et à ciel ouvert, l’autre souterraine sur tout son parcours.
- La première, de près de 26 m. de large, est exclusivement réservée aux piétons et aux automobilistes; la seconde ne sert qu’aux camions ou autres véhicules lourds et comporte trois parties : r° la vole elle-même qui est appelée à devenir l’artère principale d’approvisionnement des marchés de la ville; 20 une sorte de quai de 2 m. 60 environ de large, réservé au chargement et au déchargement des voitures ; enfin 3“ une autre voie, large de 7 m. 60, qui servira de trafic entre* Chicago et le lac Michigan.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ojj-i Automobilisme
- Fig. i. — Le protège-chambre.
- Le protège-chambre Repusseau. —L’automobiliste prudent évite d’entreprendre une randonnée un peu longue sans s’être muni d’une chambre à air de
- rechange ; accessoire du reste fort peu encombrant; la chambre de rechange, placée dans un sac en caoutchouc, est logée en général dans le coffre à outils Malheureusement la sage précaution est bien souvent inutile; la fragile chambre , au voisi -nage d’objets métalliques , secoués en tous sens par les cahots de la route, est exposée à mille dangers, et trop souvent, au moment où une crevaison rend son emploi nécessaire, on s’aperçoit qu’elle est coupée et qu’elle aussi a besoin de réparations; d’où pertes de temps, fatigue, énervement. Le protège-chambre Repusseau remédie bien simplement et fort ingénieusement à ce fâcheux inconvénient. C’est une boîte en tôle émaillée, dans laquelle se loge la chambre convenablement pliée ; elle est en a pièces, articulées à charnière l’une sur l’autre; la partie supérieure porte une lucarne dans laquelle on fait passer la valve; lorsque la chambre est logée dans sa boîte, on donne un petit coup de pompe qui gonfle très légèrement la chambre à air ; celle-ci se trouve alors bloquée dans le protège-chambre; elle ne peut plus se déplacer dans son logement, et par suite ne peut s’user par frottement. On visse le bouchon de valve et l’on peut désormais placer la chambre à air dans la boîte à outils, sans crainte qu’ellé ne soit détériorée par le contact et les chocs avec les objets voisins.
- Eu vente chez Mangot, 3o, avenue de la Grande-Armée, Paris. Prix 3o francs.
- Fig. a.— Chambre à air à l’intérieur du protège-chambre.
- Obturateur électrique de prise d’air.— Le démarrage d’un moteur d’automobile est une opération souvent pénible, surtout par les temps froids. Soit que l’on opère à la manivelle, soit qu’on agisse avec le démarreur électrique, même si le carburateur est bien réglé, s’il comporte un correcteur, on est presque toujours obligé de noyer le carburateur pour faciliter l’arrivée d’essence et de boucher la prise d’air avec un chiffon afin de
- constituer un mélange plus riche qui facilite le départ.
- Ceci encore n’est pas trop malaisé, mais l’on est quelquefois obligé de verser de l’essence dans le cylindre par les décompresseurs.
- De toute façon, on est obligé de lever le capot et de vérifier parfois si l’allumage donne bien. L’opération est longue et ennuyeuse ; elle se traduit toujours par une perte d’essence, et si l’on fait le démarrage à la manivelle, par une courbature pour le conducteur.
- Si 1 on utilise uniquement le démarreur électrique, on ne tarde pas à vider complètement la batterie, car le moteur de démarrage exige une intensité de courantélevée.
- Comme la plupart des voitures disposent de l’équipement électrique, tout au moins pour l’éclairage, un constructeur a pensé qu’il était intéressant de commander automatiquement, par l’électricité, un appareil qui viendrait obturer la prise d’air du carburateur au moment du démarrage, de façon à faciliter la constitution d’un mélange riche.
- Cet appareil est formé d’un disque obturateur d’entrée d’air qui est actionné par un éWtro-aimant. Le bobinage de l’électro-aimant fait partie du circuit du démarreur électrique, de sorte que lorsqu’on appuie sur la pédale de démarrage automatique, on manœuvre le volet obturateur.
- Dans le cas où l’on démarre seulement à la manivelle on prévoit l’installation d’un bouton de contact qui commande automatiquement l’obturateur.
- Cet appareil est très simple, il se monte au moyen de vis sur la cloche ou sur la prise d’air du carburateur. Il n’y a aucune manœuvre préparatoire à la mise en marche, ni pénible, ni dangereuse. On n’a plus besoin de noyer le carburateur, donc il en résulte une économie d’essence, et on prolonge la durée de la batterie d’accumulateurs qui n’est, plus mise à contribution de façon excessive par un démarreur électrique tournant pendant plusieurs minutes.
- Enfin, toutes les manipulations sont d’une propreté extrême ; le chauffeur n’a aucunement besoin de relever le capot ni de toucher à quelque organe pour faciliter le départ de la voiture.
- Appareil « Le Pelma », M. J. Luzena, 13g, quai d’Asnières, Asnières.
- r> Photographie
- Cuve « Summum » pour traiter les clichés en plein jour. — La cuve « Summum » a été étudiée et réalisée pour permettre de développer, fixer et laver les clichés en plein jour. Elle comporte une cuve dont le couvercle amovible est serrable au moyen de deux vis sur une bague de caoutchouc assurant l’étanchéité. Deux orifices munis de chicane permettent de verser les bains dans la cuve sans voiler, ni éclabousser les clichés et de pratiquer un lavage aussi prolongé et renouvelé qu’on le désire. Les clichés sont placés dans un panier, au nombre de 6 ou de 12 (dos à dos, verre contre
- Fig. 6. — Cuve « Summum ».
- verre) au moyen d’un manchon chargeur, en plein jour, sinon dans la chambre noire. On ferme et serre le couvercle, puis on introduit un développateur lent par le bouchon qu’on ferme ensuite afin de pouvoir retourner la cuve toutes les 5 minutes environ. Le temps révolu, on vide le liquide, on lave, puis on égoutte et on fixe à l’hyposulfite, qu’on fait suivre d’un lavage final, sans avoir eu à toucher aux clichés qu’on sort seulement après toutes les opérations terminées.
- Constructeur: M. Louis Leullier, 1, quai d'Austerlitz, Paris, i3e.
- Lè cinétype, appareil cinématographique d’amateur. — En cinématographie, l’amateur recule devant le prix du film normal. Certains constructeurs l’ont déjà compris, mais par une réduction excessive du for-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Fig. 7. — Le Ci né type en prises de vues.
- mat, ils ont diffusé des appareils qui sont plutôt des jouets. En réalité, il faut pouvoir obtenir un écran minimum de 1 m. io de côté et faire défiler un film pendant un quart d’heure au moins pour donner des séances
- de projection intéressantes.
- Guidés par ces considérations, les établissements Mol-lier viennent d’établir un cinéma d’amateur,le «Cinétype», qui utilise des films, négatifs ou positifs obtenus en coupant un film normal dans la longueur. On peut donc se procurer facilement le film nécessaire en achetant le film normal qu’on trouve partout et en le coupant avec la petite cisaille circulairé qui a été étudiée à cet effet, ou en s’adressant aux fournisseurs habituels de films. L’appareil, comme on le voit, n’utilise qu’une perforation pour le guidage du film et cependant les résultats obtenus montrent qu’on obtient ainsi un fonctionnement irréprochable.
- Le « Cinétype » est avant tout un appareil de prise de vues comportant des châssis de ao m. correspondant à 2000 vues, puisque les dimensions des clichés sont 9X mm. On peut prendre les vues, soit avec un pied photographique et une manivelle, dans le cas des longues prises de vues; soit à la main, en utilisant un moteur à ressort, pour les photographies animées qui n’exigent pas plus de 100 vues.
- Une fois le film négatif obtenu, le « Cinétype » sert de tireuse et permet d’obtenir autant de films positifs qu’on le désire. Enfin, en remplaçant les châssis par un dispositif de lanterne de projection, le « Cinétype » permet de piojeter le film sur un écran de 1 m. 20.
- La photographie animée est donc ainsi mise à la portée des amateurs, puisque la dépense en films est réduite des 3/4- Et cependant les dimensions des images sont encore suffisantes pour que l’appareil puisse être utilisé pour la documentation et pour l’enseignement. Grâce à l'apport des amateurs, on peut compter qu’il se formera rapidement une intéressante collection de films qui aidera à la diffusion de l’appareil.
- L’appareil se présente sous la forme d’une boîte élégante entièrement métallique (fig. 7). Ses dimensions sont 160 X i5o X 75 mm; son poids est de 1 kg 85o.
- La descente du film se fait par une came et une griffe, mais celle-ci est à double denture afin de pouvoir passer même les films détériorés. L’appareil comporte deux débiteurs afin que la marche soit absolument régulière et l’usure du film moins grande. Le film est enfermé dans deux châssis d aluminium. Ceux-ci sont interchangeables, de sorte que l’on peut emporter un nombre quelconque de châssis; le chargement des châssis peut se faire en plein jour. L’appareil est muni de deux objectifs dont l’un sert pour la prise de vues et l’autre pour la projection.
- ! Pour servir de projection, l’appareil est monté sur un support muni de l’enrouleuse à bobine. Un dispositif se monte sur l’appareil pour recevoir la bobine supérieure avec une réenrouleuse de film (fig. 8).
- Constructeurs : établissements Mollier, 40» rue Vi-gnon, Paris, 8e.
- «S-Ns. Objets utiles <**4»
- Disque lumineux pour publicité. — Nous avons vu, au Salon des Appareils ménagers, un appareil de
- Fig. 8. — Le Cinétype en projection.
- publicité et d’annonce, nouveau et tout à fait ingénieux. C’est un disque de glace, rond, carré ou de toute autre forme, dont le bord est taillé en biseau et sur lequel on a gravé l’inscription qu’on désire. Une lampe électrique est placée en son milieu, masquée par devant et par derrière au moyen d’un cabochon, de telle façon que les
- rayons lumineux ne peuvent passer qu’à travers l’épaisseur de la glace.
- Celle-ci reste donc obscure, sauf les inscriptions entaillées et le biseau du bord qui s’éclairent vivement. L’effet obtenu est des plus heureux.
- Suivant la grandeur du motif, on peut placer une ou plusieurs sources de lumière qui restent toujours invisibles et contribuent à la décoration.
- L’inscription peut être choisie dans un but de publicité, ou pour fournir des indications, telles que : « sortie », « téléphone », etc.
- Etablissements Moerch et Roumet, 49> rue de Cambrai, Paris, 196.
- A grippe-linge « Maxima ». — L’agrippe-linge est une lame de cuivre nickelé, épousant la forme du re-
- Fig. 10. — Agrippe-linge « Maxima ».
- bord de la baignoire et se fixant en dessous par une vis de serrage. Elle est recouverte d’une gaine de caoutchouc munie de dents.
- Deux agrippe-linge, écartés de 60 ou 70 cm, permettent d’étendre sur le rebord les serviettes, le linge, et d’être certain qu’elles ne tomberont pas à terre ni qu’elles ne couleront dans la baignoire.
- L’appareil est fabriqué par M. E. Baudot, aa, avenue de la Grande-Armée, Paris.
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- VARIETES
- TERRIBLE ÉPIZOOTIE DANS LES MONTS AUVERGNE EN 1692
- En compulsant d’anciennes archives, j’ai découvert un document curieux relatif à une épizootie, à un tel point extraordinaire qu’on serait en droit d’en nier l’existence, si la pièce originale que je transcris sans aucune altération de style ou d’orthographe n’avait tous les caractères d’une authenticité absolue. IL s’agit, en l’espèce, d’un procès-verbal dressé par le juge châtelain de la ville de Besse, voisine du Mont-Dore, à la requête des consuls en fonction, l’année 1692.
- « L’an mil six cent quatre vingt douze et le traize juin, pardevant nous Ligier Besseyre advocat en parlement, châtelain de la Ville de Besse et mandement de Ravel, Et Guillaume Godivel Lieutenant et Guillaume Faure substitut du procureur fiscal en Ladite Chastelenie, sont comparus Mr° Jacques Palut et Michel Pissavin consuls de Laditte ville l’année présente fesant tant, pour eux que pour le reste du corps de la Communautté, marchands hânts de Laditte Ville, lesquels nous ont dit que par un accident aussi funeste que déplorable, les hânts de cette Ville de Besse qui ont droit de mettre dans la montaigne des FraUx (') appartenant à Laditte Ville, des brebis, moutons, chèvres, pour faire pascaiger auroient l’année présente mis dans laditte montaigne le nombre de traize à quatorze cents moutons, brebis ou chèvres, tous lesquels bestiaux dans moingt de trois sepmaines ont péris et sont morts par une maladie aussi inoüye que extraordinaire. La peau du ventre leur ayant pourry et le ventre tombé à mesme temps à terre, à la reserve de six vingt qui restent sous la garde et conduitte de Claude Pons, dit Marot; mais cette contagieuse maladie ne s’est pas seulement arrestée aux brebis, moutons et chèvres, car plusieurs particuliers marchands hânts de Laditte ville qui avaient mis le nombre de trois cents vasches dans lad. montaigne des Fraux, ont ressenty des effets plus sensibles de la malignité et contagion desdites montaignes, car le onzième du présent Lesd. marchands qui avoient le süsd. nombre de vaches dans les montaignes, estant voulu visiter leurs bestiaux trouvèrent dans l’endroit où couschaient lesd. vasches le nombre de soixante dix vasches mortes de la même maladie que les brebis, moutons et chèvres. La peau du ventre leur ayant crevé et le ventre tombé à terre, ce qui ne causa pas une pettite alarme ; et d’autant plus que dans les montagnes voisines on y trouvoit journellement des bœufs et vasches étouffées de la même maladie; ce qui obligea lesd. hânts d’avoir recourds au ciel et d’implorer son secours par des prières publiques et des processions généralles qui se firent pour ce subjet.
- « Le lendemain douzième du présent les susdits marchands, et hânts allarmés à juste titre d’un tel accident estant allés le jour pour voir ce qui y estait arrivé de nouveau parmi les bestiaux, trouvèrent un pareil nombre de bestiaux que le jour précédent estouffés de la mesme maladie, dans l’endroit où ils couschoient, et comme il est bon et nécessaire pour le bien publiq de prévenir les suites fascheuses d'une telle contagion, et qu’il est de l’interest publiq d’y remédier à bon heure. C’est pourquoy, nous requis susd. consuls, de vouloir nous transporter dans lesdites montaignes des Fraux pour dresser procès verbail de l’estât et mortallité desd. bestiaux, et ensuite ordonner que les marchands et hânts se desferont dans huict jours des brebis, moutons et chèvres qui restent que vasches, pour esviter un plus grand désordre, et mortallité et que celles qui sont mortes dans lesd. montaignes seront enterrées six pieds sous terre, dont ils .nous ont recquis acte pour leur vailloir et servir ee que de raison en temps et lieu.
- 1. Cette montagne se trouve dans le voisinage du lac Pavin.
- « Surquoy nous châtelain et lieutenant susdits avons octroyé acte de leurs dires ét remonstrances ; et apprès avoir ouy le substitut dudit procureur fiscal, et conformément auxd. réquisitions, adcistés de M6 Guillaume Ribeyre nostre greffier, nous nous sommes transportés dans lad. montaigne des Fraux et estant au milieu d’icelles, à l’endroit appellé le Lac de Lestounadiou, avons trouvé le susdit Claude Pons, dit Marot, garde des chèvres et brebis, des habitants de lad. Ville, qui gardoit six vingt brebis, moutons et chèvres, auquel nous aurions demandé si c’estoit toutes les brebis, moutons et chèvres de la Ville, et s’il n’avait pas accoustumé d’en garder un plus grand nombre, et pour nous en fère sa déclaration luy avons enjoinct de nous en fère le serment de dire la vérité, lequel après avoir fait led. serment au cas requis, nous a dit que le petit nombre que nous voyons sous sa garde, de brebis, moutons, chèvres, n’est que le reste de traize cent brebis, moutons et chèvres, que les hânts de lad. Ville de Besse luy avoient donné à garder pour l’estivaige, tous lesquels moutons, brebis, chèvres ont péris dans moingt de trois sepmaines d une maladie de contagion surprenante, la peau du ventre leur crevant et partageant, le ventre tombant à terre et les brebis à mesme temps tombant roides mortes.
- « De là nous estant transportés dans la barguière ou bercail où couschoient les vasches, avons trouvé le nombre de soixante dix vasches mortes de la susd. maladie, la peau du ventre leur ayant crevé, le ventre par terre. Après quoy nous ont requis lesd. consuls de vouloir aussi nous transporter dans les montaignes de Betheyre et du Grallat attenant aud. Fraux, pour y dresser nostre procès verbail de la mortallité arrivée aux bestiaux d’icelles. Estant dans celle de Betheyre nous avons trouvé trante six vaches mortes de la süsd. maladie ; et de là, estant allés dans celle de Grallat avons trouvé le nombre de douze vaches crevées et mortes de la mesme maladie.
- « De tout quoy nous ont les susd. consuls requis acte pour leur valloir ce que de raison, requièrent et demandent qu’il soit fait déffanses aud. Pons, dit Marot, d’en garder d’avantaige (plus longtemps) dans lad. montaigne sur payne de vingt livres d’amende, et enjoinct aux particuliers à qui appartiennent lesd. brebis de s’en défaire dans huict jours, sur payne de confisquation, et aux marchants d’enterrer à six pieds sous terre les susd. vasches pour empescher l’infection et leur ordonner aussi de se défaire dans huict jours pour tout deslay du restant des vasches, à payne de confisquation, et ce pour esviter la contagion et infection dans les montaignes voisines.
- « Sur quoy avons octroyé auxd. consuls et hânts acte de leurs dires et remonstrances et du contenu du présent procès verbail. Et sera nostre présente ordonnance exécutée nonobstant oppositions quelconques.
- « Expédié auxd. sieurs Consuls pour leur vailloir et servir ce que de raison. » Signé : Ribetre,
- greffier.
- Il serait intéressant de savoir quelle est cette terrible épizootie caractérisée, d'après le document que nous publions, par la gangrène de la paroi abdominale, suivie de la chute des viscères. Malgré nos recherches, nous n’avons pu trouver trace de cette maladie dans les manuels de médecine vétérinaire que nous avons consultés. Quelque lecteur de La Nature, mieux informé, pourrait-il nous aider à éclaircir ce mystère?
- J. Chataing,
- Membre de l’Académie des Sciences et Belles-Lettres de Clermont-Ferrand.
- "WA
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour emmancher un marteau. — Par suite des chocs violents que subit la tête du marteau, la liaison avec le manche diminue assez rapidement. Habituelle-
- ment on cherche à remédier à cet inconvénient en enfonçant dans le bois une languette de fer qui fait exercer un effort sur les parois de l’ouverture, mais bientôt
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- cette languette se détache et tout est à recommencer. Un petit truc fort simple permet de tourner la difficulté. Tl suffit, au moyen d’une scie à métaux, de faire dans la
- languette deux fentes au tiers de la largeur, puis à la lime de tailler en biseau deux des nouvelles languettes extrêmes dans le même sens et la languette centrale en sens inverse. Après avoir fait dans la tête du manche un trait de scie ayant une épaisseur à peu près égale à celle de la petite pièce ainsi préparée, on met tout en place et frappe avec un autre marteau; les lamelles en s’écartant s’enfoncent profondément dans le bois et l’outil se trouve ainsi emmanché solidement.
- Comment on emmanche un balai. — La pratique courante, lorsque l’on veut emmancher un balai, est de tailler au couteau l’extrémité du manche jusqu’à ce qu’elle soit susceptible d’entrer dans l’ouverture du balai ménagée à cet effet. Or le manche est presque toujours en bois blanc, c’est-à-dire très tendre, et après peu de temps de service, il se produit un jeu que l’on ne peut empêcher même par l’emploi de clous ou de vis.
- Voici comment il faut opérer : au lieu de tailler le manche, on frappe en tournant au moyen d’un marteau de façon à comprimer les fibres du bois de l’extrémité jusqu’à ce que l’on ait atteint un diamètre suffisant pour faire pénétrer le manche dans l’ouverture du balai. On emmanche alors comme d’habitude en mettant le balai en l’air et frappant le manche sur le sol ; quand il a atteint le fond de la cavité, on peut être certain que l’ustensile se comportera parfaitement à l’usage, car l’humidité de l’air en gonflant le bois tendra à faire reprendre à celui-ci sa forme primitive et on aura réalisé une liaison parfaite.
- Avantages des moulages en vulcsnite pour les très petites pièces préhistoriques. — MM. le Dr Marcel Baudouin et Bouland, dentiste, nous communiquent l'intéressante note ci-dessous :
- (( Les moulages ordinaires, exécutés en plâtre, des très petites pièces préhistoriques, silex taillés ou ossements, ont le grand inconvénient, surtout quand elles sont très minces, comme certaines pointes de flèche ou certains ossements, d’être d’une très grande fragilité et par suite d’un transport très difficile.
- En présence de ces réels inconvénients du plâtre,
- mène le meilleur, nous avons eu l’idée d’employer, pour ces moulages particuliers, vu la réelle valeur de ces documents, la substance employée par les dentistes pour exécuter leurs appareils prothétiques, c’est-à-dire la vulcanite, variété de caoutchouc traité d’une façon spéciale.
- Les résultats obtenus sont parfaits. Les moulages sont très légers, puisque la densité de la vulcanite est moitié moindre que celle du silex vulgaire (î,3o), mais très résistante et nullement fragile.
- Des spécimens, tels que des pointes de poignard, en silex du Grand Pressigny, ne pèsent pas plus de 7 gr. et cependant ne sont pas le moins du monde flexibles.
- Le seul inconvénient de cette matière est son prix élevé et le prix de la main-d’œuvre, qui exige un outillage ad hoc. Mais cette objection n’a pas d’intérêt pour les grands musées, où l’on peut recourir aux bons offices d'un technicien, dentiste ou non, vu la difficulté des moulages en plâtre des pièces très fines (par exemple perles, bracelets, etc.).
- Il est certain que cette méthode est inutile pour les gros silex taillés (coups de poing; haches polies, etc.) ; mais elle rendra des services pour les très minces et petites haches plates en cuivre, par exemple.
- La vulcanite permet d’obtenir, avec une réelle précision, la reproduction des plus fines retouches de la pierre, voire des gravures sur pierres et sur os de la période paléolithique. Et cela n’a rien d’étonnant, étant donné la perfection à laquelle certains dentistes atteignent dans la fabrication de leurs dentiers.
- De plus, elle a l’avantage d’avoir parfois une structure d'apparence fibrillaire, qui aide à la reproduction de l’os, le plâtre donnant toujours, même le plus fin, des « grenus » qui, parfois, altèrent l’aspect du silex.
- Enfin, par l’incorporation facile d’une substance colorante choisie à dessein, on peut obtenir des moulages qui ont la couleur exacte des silex reproduits (type Pressigny, par exemple), ou des roches dures les plus diverses (chloromélanite, etc ).
- Les essais, que nous avons faits avec les métaux fusibles, type Darcet ou Melotte, s’ils sont très pratiques pour les très petites pièces (perles, etc.), n’ont pas cet; avantage de l’incorporation d’une couleur quelconque. »
- Bouillon de légumes pour malades. — Ce bouillon très rafraîchissant et qui agit surtout par les sels alcalins contenus dans les légumes est obtenu ainsi :
- Prendre * litres d’eau, a5o gr. de pommes de terre, 200 gr. de carottes, 5o gr. de navets, 5o gr. de poireaux, 5 gr. de sel, un peu de céleri et de persil.
- Emincer ces légumes, les jeter dans une partie seulement de l’eau salée et bouillante, puis ajouter peu à peu le restant de l’eau nécessaire pour le bouillon. Couvrir la casserole, laisser cuire 4 heures, passer le bouillon.
- 1*q
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. -— L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses -- M. Bertaux, à Epinal. — 1° Le titrage de Veau oxygénée s’effectue ainsi : on fait une dissolution de 3 gr 16 de permanganate de potasse pur dans un litre d’eau distillée, chaque centimètre cube de cette solution correspond à o cc 56 d’oxygène.
- Ou met alors dans un verre un cent, cube d’eau oxygénée, environ 5o cc. d’eau distillée et un cent, cube d’acide sulfurique pur, puis tout en agitant, on fait tomber goutte à goutte la solution de permanganate contenue dans une burette graduée, jusqu’à faible coloration rose persistante, soit n cent, cubes de solution de permanganate employée, le litre de l’eau oxygénée essayée sera N X o.56
- Pour une eau au titre commercial de 12 volumes, la valeur de N est de 21 cc. 4; 2° Vous trouverez tous ren-
- seignements sur les diastases dans les ouvrages suivants.
- Les diastases, par Duclaux. Les diastases et leurs applications par Pozzi-Escot Editeur,.Masson, 120, boulevard Saint-Germain ; 3° Rien de plus facile que de nettoyer les bouteilles ayant contenu de l’huile, un peu d’eau tiède additionnée de soude caustique (potassium des peintres, que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs), un coup de goupillon, suivi d’un bon rinçage à l’eau tiède, etia bouteille redevient aussi limpide que si elle n’avait jamais contenu de corps gras.
- Professeur J. L. P., à Nancy. — i° Sous le nom de Liscol, on vendait il y a quelques années, pour polir le bords des cols que l'usage avait rendu rugueux, la com-posilion suivante :
- Cire blanche................65 grammes
- Talc ...................... . 35 —
- 20 Pour teindre en brun presque noir les peaux de lapins, lièvres, etc , on commence par dégraisser la peau tannée dans un bain à peine tiède de carbonate de soude et de savon (température ne dépassant pas 3o°) et rince parfaitement. D’autre part on prépare les deux solutions :
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- BOITE AUX LETTRES
- y
- A Paraphénylène diamine. . . . ioo grammes
- Alcool dénaturé............. 5oo cent cubes
- Eau ordinaire............... 5oo —
- B Bichromate de potas i .... 5o grammes Eau ordinaire. ....... 1000 cent cubes
- Ces deux solutions sont mélangées à parties égales juste au moment de l'emploi, puis on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table poil en dessus. La teinte se développe peu à peu et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ : il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge. Après séchage on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile.
- M. Ch. JV., à Genève. — Les siccatifs pour carrelages sont de deux sortes, ceux à l’alcool ou siccatifs à l’esprit et ceux au vernis ou siccatifs à l’essence ; voici
- quelle est leur composition : i° Siccatif à l’esprit :
- Ocre rouge ou jaune........... 4^o grammes
- Vernis incolore à l’alcool. . . . xuoo cent cubes a0 Vernis à l’essence :
- Ocre rouge ou jaune........... 4üo grammes
- Vernis gras à la colophane . . . iooo cent cubes
- Nous avons également indiqué un enduit pour carrelages à base de colle forte dans la Boîte aux Lettre du n° 2639, x'r novembre 1924, page 143, réponse à Mme de Reverseaux, veuillez bien vous y reporter.
- Vardé Judrain, à Paris. — x° Pour dérouiller le fer et l’acier on frotte avec un tampon imprégné de la solution suivante :
- Eau ordinaire. . ..............1000 cent cubes
- Protochlorure d’étain ..... 5o grammes Acide tartrique. . ............ 5 —
- Lorsque la rouille a disparu par suite de la réduction de l’oxyde de fer, laver et polir avec un peu de rouge d’Angleterre délayé dans de l’huile minérale. — N.-B. Le protochlorure d’étain se prépare très facilement en faisant dissoudre à chaud dans l’acide chlorhydrique étendu des feuilles de papier à chocolat ancien modèle, qu’il ne faut pas confondre avec les feuilles actuelles presque toujours en aluminium; 20 II est inutile de partir du nickel ou de l’argent métalliques pour préparer les sels destinés à la galvanoplastie, le sulfate de nickel ammoniacal et le nitrate d’argent sont courants dans le commerce; 3° L’emploi de monnaies, outre qu’il est interdit, donnerait des bains à composition mixte qui ne se comporteraient pas normalement; 40 Voici sommairement comment il faut opérer pour l'argenture et le nickelage :
- Argenture. — Faire .dissoudre dans 10 litres d’eau :
- Nitrate d’argent................x5o grammes
- Cyanure de potassium pur . . . 25o —
- Agiter jusqu’à dissolution complète et filtrer. L’argenture se fait habituellement à froid, sauf pour les très petits objets. Le fer, l’acier, le zinc, le plomb et l’étain doivent être préalablement cuivrés ; on les argente ensuite à chaud. Les objets bien décapés à la potasse et à l’acide sont passés au nitrate de mercure, puis plongés dans le bain électrolytique. Quand le courant est trop intense les pièces grisonnent, noircissent et laissent dégager des gaz. L’anode doit être en argent. Les bains vieux donnent de meilleurs résultats que les neufs ; on vieillit artificiellement ceux-ci en y ajoutant un à deux centimètres cubes d’ammoniaque liquide par litre de bain. La marche est normale lorsque l’anode grisonne au-moment du passage du courant et reblanchit si on vient à l’interrompre.
- Nickelage. — Le bain est constitué par :
- Sulfate de nickel ammoniacal . . 940 grammes
- Eau ordinaire chaude........... 10 litres
- Après refroidissement, filtrer comme précédemment. Les pièces également décapées avec soin sont transportées rapidement dans le bain au moyen de crochets, sans y toucher avec les mains. En bonne marche on doit déposer environ 2 grammes de nickel par heure et par décimètre carré. Quand le courant est trop intense, le dépôt est noir ou gris.
- M. de Vibraye, à Reignac (Indre-et-Loire). — Le suif0-carbonate de potasse est de fabrication courante comme insecticide ; vous le trouverez chez tous les marchands de produits chimiques, tels que Chenal et Douilhet, 23, rue de la Sorbonne, Pelliot, 24» place des Vosges, Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois, etc.
- M. S. A., à Bourges. — x° L'aspirine est en réalité l’acide salicylacétique. Sous l’influence des alcalis ou des acides étendus elle se dédouble en acides salicylique et acétique ayant tous deux des propriétés antiseptiques bien connues. Il est donc tout à fait normal d'employer l’aspirine pour empêcher la putréfaction de l'eau dans laquelle on conserve des fleurs, attendu que c’est par le développement des micro-organismes à propriétés réductrices que cette eau privée d’oxygène devient impropre à la vie du végétal.
- Tous les antiseptiques sont susceptibles de jouer le même rôle, à la condition qu’ils ne deviennent pas eux-mêmes toxiques. L’aspirine paraît dans ce cas avoir une supériorité, celle de ne se décomposer que très lentement, à mesure pour ainsi dire de l’alcalinisation de l’eau par la fermentation ammoniacale. La solubilité de l’aspirine est de 2 pour 1000, il n’y a donc pas à craindre d’en mettre un excès ; 2“ Le badigeon pour plafonds se prépare ainsi :
- Pour quatre mètres carrés à couvrir prendre Blanc d’Espagne. ....... 1000 grammes
- Eau ordinaire.................... 5oo —
- Broyer le blanc d’Espagne et le délayer peu à peu en y ajoutant l’eau, teinter légèrement avec de l’oütremer ou une trace noir d’ivoire, laisser « infuser » ainsi que disent les peintres pendant 24 heures pour que l’imprégnation soit complète.
- D’autre part mettre en contact pendant le même temps :
- Colle de peaux de lapins .... 100 grammes
- Eau ordinaire.................. 1000 —
- Liquéfier ensuite au bain-marie et y verser la détrempe précédente rendue homogène.
- Avant application bien nettoyer la surface à recouvrir en la débarrassant de l’ancien enduit, cela au moyen d’une éponge imbibée d’eau tiède.
- Employer enfin la préparation ci-dessus chaude de préférence, en donnant le coup de brosse dans le sens d’où vient la lumière des fenêtres, jamais en travers, ce qui ferait apparaître les coups de pinceau.
- Le badigeon dont nous venons de donner la formule se tx'ouve tout préparé en pâte, chez les marchands de couleurs sous le nom de « blane gélatineux » qu’il suffit d’étendré d’eau tiède pour l’emploi, jusqu’à consistance convenable ; 3° La teneur en sel ammoniac du liquide excitateur pour piles Lëclanché n’a aucune importance, la seule condition à réaliser est que la saturation ne soit pas atteinte, lorsque l’évaporation de l’eau, entre les visites, amène une concentration. Cette saturation se produit lorsqu’il y a 35 gr. de sel pour 100 gr. d’eau; dans la pratique, une dose de 5o gr. de sel ammoniac par litre d’eau employée représente une bonne dilution; 4° L’enlèvement de l'écriture sur vieux parchemins est subordonnée à la nature de l’encre employée ; s’il s’agit d’encre de Chine, il n’y a rien à faire ; dans le cas d’encre au gallate de fer, employer l’eau de Javel très étendue, rincer à fond, passer dans une solution d’acide chlorhydrique à 2 ou 3 pour 100, puis rincer à nouveau et laisser sécher sous tension ; 5° Un excellent moyen de faire réapparaître les écritures, lorsqu’elles sont à base de sels de fer, consiste à transformer en sulfure de fer noir verdâtre le fer qui est contenu dans le papier. Pour cela on prend une boite en carton ayant environ dix centimètres de hauteur et dont la largeur ainsi que la hauteur sont déterminées par les dimensions de l’écrit. Le couvercle de la boîte est remplacé par une feuille de verre et, à mi-hauteur, sur des taquets, on dispose un cadre sur lequel est tendue une mousseline destinée à supporter le papier ou le parchemin. Au fond de la boîte, on met alors une ou deux soucoupes dans lesquelles on verse quelques centimètres cubes de sulfhydrate d’ammoniaque jaune, tel qu’il est employé dans les laboratoires pour l’analyse chimique; on met le cadre en place avec le document rendu humide par un coup d’éponge et recouvre de la vitre. Sous l’influence des vapeurs de sulfhydrate, on voit peu à peu l’écriture apparaître d’abord en brun puis en noir et il est facile d’en effectuer la lecture. N.-B. — Le sulfure de fer s’oxydant assez facilement à l’air, les caractères ainsi reconstitués n’ont qu’une durée assez précaire, il est donc indispensable de conserver ensuite les pièces entre des feuilles de carton serrées fortement et bien empaquetées ; on peut du reste tourner la difficulté en prenant des photographias, ce qui est facile.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le grand Ampère , par Louis De Launay, membre de l’Institut, i vol. 274 p. Perrin et Ci* éditeurs, Paris, 1925. Prix ; 12 francs.
- Les fêtes encore récentes du centenaire des découvertes électriques d’Ampère ont remis en lumière l’œuvre scientifique d’Ampère; profondeur, originalité et variété en sont les caractéristiques. Mais si cette œuvre est bien connue, on sait moins bien dans quelles conditions elle a jailli du cerveau de son créateur. A vrai dire, bien rares sont les cas, dans l’histoire des sciences, où une telle question puisse recevoir une réponse; le savant cache sa vie, et nous ne savons jamais que peu de choses des conditions d’éclosion des chefs-d’œuvre scientifiques. M. De Launay a pu heureusement combler cette lacune pour Ampère ; grâce à une correspondance intime, jusqu’ici inédite, il a réussi à reconstituer entièrement le roman douloureux et passionnant de la vie d’Ampère et montrer comment chez ce grand sentimental, chez ce puissant imaginatif, les drames de la vie intime, les crises de conscience religieuse ont réagi sur la production intellectuelle. Il montre aussi que les merveilleux mémoires d’Ampère sur l’électrodynamique ne jont qu,’un accident dans son existence; ils ont trop fait oublier les autres travaux d’Ampère, en mathématiques, chimie, philosophie, tous marqués au coin du génie. Dans cette belle étude psychologique, M. De Launay nous fait à la fois comprendre, aimer et mieux admirer ce malheureux grand homme dont toute la vie fut une longue souffrance imméritée, et ’qui aujourd’hui nous apparaît comme l’un des bienfaiteurs de l’humanité.
- La déduction relativiste, par Emile Mrterson, i vol. in-8°, 3g6 p., Payot, Paris. Prix : i5 francs.
- Ce livre se rattache étroitement aux travaux antérieurs de l’auteur : Identité et Béalité (2e édition, 1912, Alcan) et : De VExplication dans les Sciences (Payot, 1921). Tout comme il l’avait fait à l’égard de conceptions analogues, M. Meyerson étudie, dans ce nouvel ouvrage, celles de M. Einstein et de ses continuateurs à un point de vue strictement limité, à savoir en cherchant à dégager les procédés de pensée mis en œuvre par ces savants et par leurs adhérents. Par contre, il fait, dans la mesure du possible, abstraction de l’aspect purement scientifique des théories de la relativité, qu’il considère comme relevant uniquement de la compétence du physicien.
- Examinant ces hypothèses comme une phase déter-minée de la physique, comme un phénomène qui s’est produit à un moment précis dans l’évolution du savoir humain, M. Meyerson arrive à conclure que le relativisme, loin d’être, comme on l’a souvent affirmé, ou du moins insinué, un phénomène en quelque sorte tératologique, constitue, tout au contraire, un produit normal de la science, c’est-à-dire une théorie que celle-ci a engendrée en se conformant entièrement aux règles qu’elle a de tout temps suivies dans* cet ordre d’idées.
- Tel est le but et l’intérêt de ce nouveau travail de l’éminent philosophe qu’est M. Meyerson? cet ouvrage aura le même retentissement dans les milieux philosophiques que De VExplication dans les Sciences.
- Les fours électriques industriels et les fabrications électrothermiques, par j. Escard, 2e édition, 1 vol. 16 x 25 de vin, 674 p- avec 265 fig , 40 pl. Dunod, éditeur. Paris, 1924. Prix : broché 80 francs.
- On connaît l’importance industrielle des fours électriques qui jouent un rôle chaque année plus considérable dans l’industrie. Le regretté J. Escard avait consacré à cette question un gros volume, très clair et très complet, où étaient passés en revue les différents types dé four, leur mode de construction et leur mode d’emploi dans les diverses applications. Cet utile ouvrage, très solidement documenté, a été vite épuisé. La nouvelle édition sera donc la bienvenue, car elle reste l’ouvrage le plus complet sur la question.
- The National Physical Laboratory (Report for the year iga3) 1 vol. 238 p., 4a fig- Editeur: His Majesty’s Stationery Office, Londres, 1924. Prix : x3 sh. 6 d.
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- Ce rapport contient le résumé des nombreux travaux effectués pendant l’année 1923 au National Physical Laboratory de Londres. Ces travaux sont les uns de pure science, les autres, les plus nombreux, sont faits en vue d’applications industrielles; ils s'étendent sur tous les domaines de la physique. Ils révèlent une organisation de premier ordre, un outillage excellent, une direction active et savante, un personnel nombreux et choisi. Nul doute que l’industrie anglaise ne tire le plus grand bénéfice de cet ensemble de recherches importantes, conduites avec l’esprit le plus scientifique, et avec des dispositifs souvent nouveaux et fort ingénieux.
- Du Cameroun au Caire par le désert de Libye, par Bruneau de Laborie. i vol. in-18 jésus, 24 fig » 2 cartes, E. Flammarion éditeur, Paris, 1924. Prix : 14 francs.
- En 1923, M. Bruneau de Laborie a traversé tout le Continent africain, depuis la côte du Cameroun jusqu’à Alexandrie en Egypte; voyage pittoresque et paisible dans sa première partie à travers le Cameroun, le Tchad et le Ouadaï, régions aujourd’hui pacifiées et en voie de prospérité ; ce parcours est entrecoupé de grandes parties de chasse au lion, à l’éléphant, à l’hippoDOtame et au rhinocéros. A Abecher, l’explorateur décide de gagner Alexandrie en traversant le désert de Libye, tentative audacieuse, qu’aucun Européen n’avait encore réussie. Il s’agissait non seulement de se lancer dans un dangereux désert, aux rares oasis ; mais les maîtres du pays sont les fameux Senoussia dont les dispositions à l’égard d’un chrétien semblent devoir être peu amicales. Bruneau de Laborie, sans escorte, sans armes, se fie^pure-ment et simplement à l’hospitalité musulmane : confiance récompensée par un accueil loyal et aimable, qui lui permet de réussir la difficile entreprise. Non sans péripéties émouvantes, le voyageur put ainsi visiter les oasis de Koufra, au cœur du désert de Djalo en Cyrénaïque : il rapporte sur|la route suivie de précieux renseignements. Dans le livre qui vient de paraître, on lira le récit sans apprêt, mais captivant, de ce beau voyage qui a valu à son auteur, cette année, la grande médaille d’or de la Société de géographie.
- Au centre de VAmérique du Sud inconnue, par H. de Wavrin. i vol. in-8 écu, 20 pl. hors texte. Pierre Roger et Cie, éditeurs, Paris. Prix : 10 francs.
- L’auteur a passé 7 ans dans les régions peu connues, parfois quasi inexplorées, du Paraguay, du Matto» Grosso, du Nord-Ouest de l’Argentine, de Chaco, de l’est de la Bolivie. 11 en a rapporté d’inléressantes observations sur les richesses économiques de ces pays et les mœurs de leurs habitants. Il a eu l’occa sion d’étudier de près les tribus indiennes, dont certaines vivent encore là à l’état sauvage, sans contact avec les blancs, et dont la plupart sont en voie de prompte disparition.
- Si
- Les noms de personnes : ongine et évolution, par Albert Dauzat, i vol. in-16, 211 p. Delagrave, Paris, éditeur. Prix : 7 francs.
- D’où viennent les noms de familles et les prénoms •! Que signifient-ils ? Comment ont-ils été créés et ont-ils évolué à travers les âges Comment reconnaître dans quelle région ils se sont formés ? Autant de questions que se pose souvent la curiosité du public sans pouvoir recevoir satisfaction, car il n’existait jusqu’à ce jour aucun ouvrage d’ensemble sur les noms de personnes français.
- Cette lacune, M. Albert Dauzat vient de la combler. L’auteur, bien connu par ses travaux sur la langue française et les patois, a écrit, à l’intention du grand public, ce petit livre, scientifiquement documenté, de lecture claire et attrayante II traite tour à tour des noms de baptême et prénoms, des noms de famille (qui constituent la partie la plus importante), des surnoms et des pseudonymes. Un aperçu rapide consacré aux noms de personnes dans l’antiquité et chez les nations voisines de la France complète cet ouvrage, riche en exemples et en faits curieux.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2649
- 10 Janvier 1925
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- INFORMATIONS
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- La radiotéléphonie en Russie. — On connaît assez peu en France actuellement le développement pris en Russie par la radiotechnique, et seule la publication des travaux réalisés en Russie sur « le cristadyne » a récemment attiré l’attention des amateurs français sur l’activité des ingénieurs russes.
- Un de nos lecteurs de Moscou, M. Gotmân, nous communique d’intéressants détails sur les postes radiotélé-phoniques de « l’Union des républiques socialistes soviétiques ».
- Des stations émettant régulièrement sont installées à Moscou, à Léninegrad (ex-Petrograd) et à Nijni-Novgorod.
- A Moscou, il existe deux postes émetteurs. Le premier a été inauguré au commencement de ipUi par le commissaire du peuple aux postes, télégraphes et téléphones, c’est la « station centrale radiotéléphonique de Moscou » ; sa longueur d’onde est de 3aoo m. L’horaire des émissions est le suivant : à 14 h. 40 (heure de Moscou), nouvelles politiques et météorologiques ; à 19 h. i5 (heure de Moscou), nouvelles politiques et quelquefois de la musique, du chant, etc. Les radio-concerts ont lieu les dimanches, jours de fête et quelquefois le mercredi, de 21 h. 10 à a3 h.
- La langue employée est le russe, mais quelquefois aussi l’esperanto.
- Avant le commencement de l’émission on envoie le signal radiotélégraphique « RDW ». L’opérateur commence ensuite par les mots « Allô, Allô Eto Govoryt moscovskaïa tsentralnaxa radio-telefonia stantsia imeni Kominterna » (on parle de la station centrale radio-téléphonique de Moscou).
- La seconde station de Moscou est beaucoup moins puissante que la première station de « Kominterne » ; cette deuxième station est celle du « commissariat des affaires militaires » située au faubourg de Moscou-Socol-niki.
- Les émissions du poste sont organisées par le « bureau d assistance aux radio-amateurs » et ne sont pas régulières. Le Journal officiel Pravda publie d’ailleurs l’horaire de ces émissions. Il existe également à Moscou un journal radiotechnique destiné aux amateurs, intitulé Radio Linbitel.
- L’absorption des matières fertilisantes par les feuilles. — On a fait, à l’Institut agricole de Munich, des expériences en vue de se rendre compte de la possibilité de nourrir les plantes en répandant, en pulvérisation sur leurs feuilles, des solutions composées d’engrais dilués.
- Ces expériences ont montré, d’une façon très nette, que les plantes tirent parti des matières fertilisantes qui leur sont apportées par cette voie.
- On a cultivé de la moutarde, du tabac, de l'orge dans des pots de verre remplis de sable stérile mélangé d^, terreau de feuilles, en y ajoutant des engrais complets ou incomplets. Dans la série des pots sans azote, par exemple, on a répandu en pulvérisation, sur la moitié des plantes de chaque pot, une solution au centième de nitrate d’ammoniaque (875 milligr. d’azote par pot). Toutes les plantes ainsi traitées se sont développées beaucoup plus vigoureusement que leurs voisines non traitées du même pot, et ont donné, à la récolte, un poids plus élevé de matière sèche.
- Des divers engrais essayés sur le tabac, les phosphates de potasse et d’ammoniaque ont été les plus actifs, puis le nitrate d’ammoniaque et ensuite le sulfate de potasse et le chlorure de potassium, dont l’action paraît avoir été masquée par les conditions de l’expérience. On n’a obtenu aucun résultat avec des pulvérisations de sels de chaux et de magnésie.
- Un gratte-ciel à Rome. — Jusqu’ici le record de la hauteur pour les gratte-ciel était détenu par le Wool-1vorik Building, de New-York, dont l’extrême sommet se dresse à 225 m. au-dessus du sol.
- Mais voici, nous dit Bâtiment et Travaux publics, que l’ancien monde se propose de ravir au nouveau monde cette supériorité, si toutefois on peut dire que c’en est une. . ..
- Il est, en effet, sérieusement question d’édifier un gratte-ciel de 80 étages — et le plus haut du globe — dans la Ville-Eternelle.
- Projetée par l’architecte romain Palanti, cette construction s’élèverait à 335 m., par conséquent elle serait un peu plus haute que notre Tour Eiffel ; la façade serait longue de près de 3oo m. Elle renfermerait 45oo chambres, 100 grandes salles et un gymnase destiné à l’entraînement des athlètes.
- Les plans sont actuellement exposés au Ministère des Affaires étrangères, à Rome.
- Durcissement accéléré du béton au moyen du chlorure de calcium. — Après des essais favorables sur les routes en béton de ciment, la Direction des routes de l’Etat d’Illinois (Etats-Unis) a donné les directives suivantes : le chlorure de calcium sera employé pour le durcissement des revêtements en béton, à raison de 1 kg 5oo par mètre carré, il sera sec et sera distribué bien uniformément sur toute la surface, 6 à 8 heures après le bétonnage.
- Le chlorure de calcium, très hygroscopique, enlève 1 humidité du béton ; il s’infiltre en outre dans sa masse, maintenant ainsi une hydratation continuelle du ciment. Dans ces conditions, on a obtenu, nous dit la Revue du Béton armé, après deux semaines, une résistance du béton sensiblement égale à celle que l’on obtenait au bout d’un mois, avec le traitement habituel de sa surface, c’est-à-dire en recouvrant le béton soit de sable, soit de terre mouillée.
- Pavage en briques pour automobiles. —On a procédé, il y a quelques mois, dans une rue du village d Ermenonville, à un essai de pavage, en briques jointes au ciment qui donnerait jusqu’ici de bons résultats.
- Des tombereaux de sable fortement chargés et pesant environ 4^00 kg y sont passés en grand nombre, montrant que la résistance à l’écrasement était parfaite.
- Cet essai répondait à une suggestion faite auparavant par le syndicat d’initiative de. Sentis, à savoir : la création d’une piste pour automobiles, faite avec ledit procédé, sur le bas-côté des routes pavées présentant à cet effet une largeur suffisante, ce qui devait donner satisfaction à tous les usagers de la route : automobiles sur le pavage en briques et charrois hippomobiles sur le pavé ordinaire.
- Notons que ce dispositif est déjà en usage aux Etats-Unis, où depuis 19ri il a fait ses preuves. 4600000 t. de briques y sont annuellement utilisées.
- Christiania redevient Oslo. —- La capitale de b Norvège change de nom à partir du >cr janvier 1925, ou plus exactement elle reprend celui qu’elle portait avant 1624. Fondée en 1047, Oslo avait été détruite par un incendie en 1624, sous le règne de Christian II, roi de Danemark et de. Norvège ; elle avait été reconstruite par ce prince qui lui avait imposé son nom. Toutefois les vieux quartiers, où subsistaient quelques maisons de bois échappées au sinistre, avaient gardé l’ancien nom. L’évêque luthérien de Christiania portait toujours le titre d’évêque d’Oslo. Le Storthing a rendu à la capitale son nom, qui rappelle l’époque de l’indépendance norvégienne, antérieurement à l’annexion par le Danemark et à l’union avec la Suède.
- La ville tire son originalité non pas de ses monuments ni.de sa construction, mais de sa position au fond d’une baie admirable, immense lac qu’un long et étroit goulet relie au Skager-Rack; il faut monter à Holmen-kollen., magnifique promenade au nord d’Oslü, pour pouvoir la contempler dans toute sa beauté. Sur l’autre rive de la baie, se trouve un petit faubourg, Oscarshall, où l’on peut visiter le musée national Folkemuseum. De splendides collections permettent d’y étudier l'histoire du costume, de l’habitation et de la navigation en Norvège; on y admire notamment une barque de guerre des anciens Wikings, les rois de la mer. Rollon, le fondateur de Rouen et du duché de Normandie (927), était un Wiking, originaire d’AîefeWd (pron. ; O'isoun’d).
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- INFORMATIONS
- Dakar, district fédéral. — Par décret du 21 octobre 1924> les deux communes de plein exercice de Dakar et de Gorée ont été détachées de la colonie du Sénégal pour constituer un district indépendant. Ce district est administré par le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale française, qui en arrête le budget spécial en commission permanente du Conseil du gou-vernemeot, après avis des Conseils municipaux de Dakar et de Gorée.
- Jusqu’ici Dakar faisait partie dé la colonie du Sénégal et était administré par un lieutenant-gouverneur, ayant une délégation de pouvoirs du gouverneur du Sénégal-
- La question de la capitale est toujours très délicate pour une fédération. Parfois la capitale sera une ville quelconque d’un des membres de la fédération, sans aucun privilège : c’est le cas d’Ottawa au Canada. D’autres fois, le chef-lieu d’un des Etats ou colonies jouera le rôle de capitale fédérale. C’est le cas du Vénézuéla avec Caracas, de l’Australie avec Melbourne, de l’A. E. F. avec Brazzaville, de la Russie avec Moscou, de l’Allemagne avec Berlin, de la Suisse avec Berne.
- Mais le plus souvent, la capitale fédérale constituera une unité administrative distincte ! cette solution inventée par les Etats-Unis d’Amérique avec Washington est actuellement la plus répandue : Washington aux Etats-Unis, Mexico au Mexique, Rio-de-Janeiro au Brésil, Buenos-Ayres en Argentine, Vienne en Autriche, etc. Parfois on construira une ville spéciale pour y établir le siège de la Fédération : c’est le cas de Washington sur un lambeau de terre, détaché en 1801 de la Virginie; c’est le cas de Dalgetty en Australie; c’est enfin le cas de Corumba, dans un nouveau district fédéral, détaché de l’Etat de Goyaz, pour le Brésil. Parfois enfin les services administratifs fédéraux seront partagés entre plusieurs villes : l’Union of South Africa a son Parlement au Cap, son pouvoir exécutif à Prétoria, son pouvoir judiciaire à Bloemfontein ; le Common-wealth of Australia a une partie de ses services administratifs à Sydney; le Reichsgericht de l’Allemagne siège à Leipzig. Pour Dakar, l’A. O. F. a adopté la solution américaine.
- Le bassin de l’Obi. — Le professeur J. Schokalsky a. fait paraître dans le n° de septembre-octobre 19^4 de La Géographie une étude sur la longueur des rivières de la Russie d’Asie. Après avoir fait la critique des divers procédés de mesures, faites sur la carte, il aboutit à recommander l’emploi du compas. Il donne ensuite les longueurs de l’Obi et de ses principaux affluents.
- Ce fleuve sibérien est constitué par la réunion des rivières Bia et Katoune, qui confluent par 54°9/ de longitude Est et 5.2°4' de latitude Nord. La Bia a à son confluent une longueur de 237 km 100 et la Katoune atteint 599 km 800. De ce confluent à l’embouchure dans l’Océan Glacial Arctique, on mesure 32g5 km. La longueur de l’Obi peuj donc être estimée à 3 894 km 800, si l’on prend comme base de calcul la source du Katoune. Elle équivaut donc sensiblement à celle de la Volga (3690 km d’après Hickmann), laquelle est le fleuve le plus long de l’Europe ; mais le chiffre de 5ooo km que donnait Fàllex en 1906 est réellement excessif. Trop fortes aussi les évaluations de Tilho en 1883 (45ii km) et de l’Annuaire du Bureau des Longitudes (4100).
- Les principaux affluents de l’Obi sont :
- km
- Ichim...................... 1.944 >8
- Tobol.......................... 1.179,4
- Konda............................ 669,3
- Demjank^......................... 53^,6
- Tchumjck................... 44°,0
- Tcharjck ........................ 427»7
- Tara............................. 42^,o
- Turtas . . . . 317,7
- Ina.............................. 3o3,g
- La superficie du bassin du Tobol est de 38g 910 km* et celle du bassin de lTchim est évaluée à i3a i$o km*\ Viennent, ensuite l'a Konda avec 63 740 km2 et la Katoune avec 61. aob km2. ,
- Gafl et la phrénologie. — Il n’est peut-être pas d’hommes qui, après avoir été plus célèbre, n’aient été plus décriés que Gall et ses disciples, Spurzhein et Combe. Pourtant, Gall n’était pas le premier venu et il a fait véritablement œuvre de chercheur aux idées hardies.
- On en a eu une nouvelle preuve dans une série de travaux anglais qui viennent de paraître à la suite des circonstances bizarres que voici.
- Le 27 mai 1829, un adepte enthousiaste de la phrénologie, William Ramsey Henderson junior, consacra Une somme d’argent assez importante à l’avancement et à la diffusion de la science qui faisait ses délices. Les exécuteurs de ses volontés attribuèrent d’abord un prix à Combe pour un livre intitulé : « Essais sur la constitution de l’homme considérée dans ses relations avec les objets extérieurs ». Mais, il ne semble pas que depuis ces temps lointains, le fonds ainsi créé par Henderson junior ait contribué à faire sortir de l’ombre des travaux bien importants.
- Quoi qu’il en soit, en 1906, les administrateurs de ce fonds Henderson « résolurent de consacrer une partie de l’argent à réunir des faits utiles à l’étude de l’anthropologie et en rapport plus spécialement avec la conformation du crâne de l’homme et avec la grandeur et1 la configuration du cerveau et des grands centres cérébraux. » A la suite de cette résolution 'qui correspond à ce qu’aurait voulu Gall lui même, plusieurs savants éminents ont été chargés de faire des séries de conférences sur des sujets limités, correspondant au programme ainsi fixé. Ce fut d’abord le professeur Elliot Smith, puis sir James Crichton Browne et enfin sir Arthur Keith qui en furent chargés.
- Le professeur Elliot Smith a montré comment Gall et Spurzheim ont attiré l’attention sur l’importance des circonvolutions cérébrales et de la substance grise de l’écorce, sur les renflements cervicaux et lombaires de la moelle épinière, montrant ainsi qu’ils en savaient davantage en ce domaine que la plupart de leurs contemporains. Sir James Crichton Browne a fait voir que si Gall avait une méthode strictement inductive, il se laissa entraîaer, sur la foi de renseignements insuffisants, à des conclusions aventureuses et que si la phrénologie d’autrefois a disparu, il y en a actuellement une nouvelle, puisque nous savons que c’est le cerveau qui modèle le crâne et que de l’inspection d’un cerveau nous pensons pouvoir être bientôt en état de déterminer les potentialités mentales de son propriétaire.
- Ainsi Gall tenait un peu du charlatan et de l’homme de génie. En se basant sur des théories insuffisamment creusées, il a cherché à éblouir ses compatriotes, mais il a souvent eu des vues profondes Quoi qu’il en soit, la munificence de son admirateur, Henderson, ne s est pas montrée inutile puisqu’elle a provoqué la publication de travaux intéressants et contribué ainsi manifestement aux progrès de la science (*).
- L’exportation du blé russe en 1923-1924. — Un .rapport dressé par la légation de Danemark à Moscou d’après les statistiques russes et publié par le journal du Ministère des Affaires étrangères de Danemark ([Jdenrigsministerieis Tidskrift) évalue à 3,1 millions de tonnes la quantité de blé et de denrées alimentaires exportée par la Russie pendant la période s'étendant du i01' août 1923 au ier juillet 1924. La plus grande partie a été expédiée par les ports de la mer Noire : Novoros-sisk (701000 t.), Odessa (480000 t.), Nicolayevsk (43îooo t.); d’autre part Leningrad (Petrograd) a envoyé à l’étranger 268 000 t. de céréales. Les principaux acheteurs ont été l’Allemagne (674000 t.), les Pays-Bas (622 000t.), le Danemark (268000 t.), la France (2160001 ). Le transport de ces céréales a été effectué par 715 vapeurs représentant 2,7 millions de tonnes environ; 45o pour les provenances de la mer Noire, 265 pour celles des ports du nord. Dans ce mouvement, le pavillon britannique tient le premier rang avec 169 unités; ensuite viennent le pavillon italien avec 88 navires, pour l’Allemagne avec 65. Charles Rabot.
- t. The-Henderson Trust Lectures : I, The Old arid the he1'' Phrenology, by professor G. Élliôt Smith; H, The Story of tlie Brain, by Sir James Crichtori-Browne ; ÎII, Phrenologicai Studies of the Slcull and Brain ’Câsf of Sir Thomas Br'oxVne of Korwich, bySiï. Arthui Keith, London and Edinfiurgh : Oliver and Boy cl, éditeurs, 1924.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- Fig. i. — Le « Cent-Vues ». Prise de vues.
- Le «Cent-Vues », appareil photographique d’amateur. — En photographie, la grosse dépense, celle qui limite véritablement la diffusion, c’est la consommation
- en clichés ou en films négatifs et positifs; donc la solution est dans l’emploi exclusif du format réduit qui a l’avantage d’ailleurs de correspondre à des appareils plus portatifs et moins coûteux, réduisant ainsi du même coup la première dépense d’équipement. Pour le négatif, aucun inconvénient à le réduire autant que possible : c’est un intermédiaire qu’on n’utilise pas directement. Pour le positif, il n’en est pas de même. L'utilisation directe d’un positif de petit format étant impossible, il faut ou bi» n passer du négatif au positif par agrandissement, si on veut un positif de dimension suffisante pour être directement utilisable, ou bien, pour pousser l’économie jusqu’au bout, conserver au positif ses dimensions rédui’es et l’utiliser par projection. C’est là la solution qu’ont cherchée les établissements Mollier en réalisant le « Cent-Vues » qui permet de faire defiler devant une nombreuse assistance un grand nombre de clichés dans le minimum de temps. Ils ont choisi le format optimum, que l’expérience du cinéma a fixé, 18x24 mm, si l’on veut pouvoir obtenir de belles épreuves. A cette dimension, le film cinématographique normal, utilisé par rouleaux de 2 m., abaisse à o fr. o5 le prix du cliché négatif.
- Construit tout en métal, élégant, solide, peu volumineux, cet appareil reçoit des petits châssis contenant 2 m. de pellicule cinématographique perforée sur laquelle 100 vues de 18 mm X 24 mm peuvent être prises (fig. 1).
- La manœuvre du bouton pour le changement d’image et l’armement de l’obturateur sont très rapides. On peut prendre très facilement une vue toutes les trois secondes. L’objectif anastigmat Hermagis est à monture hélicoïdale et permet la mise au point exacte d’un portrait aussi bien que d’un panorama. Grâce à sa grande luminosité (F. 3, 5), on peut opérer par tous les lemps et tous les réglages de pose se font par le diaphragme. Les châssis sont interchangeables en plein jour; on peut donc en emporter plusieurs suivant le nombre de vues que l’on désire prendre pendant un voyage.
- L’appareil lui-même sert pour la projection et l’agrandissement (fig 1 et 3). La lanterne, munie d’une lampe à bas voltage, se glisse dans une coulisse pratiquée à l’arrière de l’appareil. On obtient un écran très lumineux de 1 m. 5o de côté pour la projection, celle-ci ne comporte aucune déformation, l'objectif étant le même que pour la prise de vues (fig. 2). Le support spécial destiné à l’agrandissement permetl’ob-tention d’épreuves agrandies encartes postales ou i3 X 18 d’une façon automatique et aussi facilement que l’on tire des épreuves avec les appareils ordinaires. Un commutateur permet d’allumer alternativement la lanterne de projection ou la lampe rouge fixée sur le support (fig. 4). Une petite tireuse d’un fonctionnement très simple sert à tirer les positifs sur film pour la projection ou la vision directe dansun petit appareil spécial ; le Monorama (fig. .*>). La vision agrandie des films donne aux images une apparence de relief très accentuée.
- Les films peuvent également servir pour les appareils
- Fig. 2. — Le « Cent-Vues » équipé avec une lanterne à projection.
- de projections automatiques de publicité utilisant les films cinématographiques.
- Le « Cenl-Vues » donne aux possesseurs de ces
- Fig. 3. — Tireuse montée sur support d’agrandissement.
- appareils la possibilité de faire leurs vues eux-mêmes. En résumé, un sou par cliché négatif, et un sou par
- hmial...
- Fisr. — Le support d’agrandissement, monté avec el « Monorama » pour le tirage des films j positifs destinés à la projection.
- cliché positif, pour une séance de projection avec le « Cent-Vues ». L’appareil élégant et peu volumineux (i2ox5ox5o mm) pèse 65o gr.
- Une trousse a été composée, qui renferme, outre l'appareil, le support, la lanterne, la tireuse et les accessoires de développement, en un mot tout le matériel nécessaire pour prendre des vues, tirer des épreuves agran- . dies et projeter des filmsposi- ' Le !< Monorama »;
- tifs.
- Constructeurs : Etablissements Mollier, 40, rue Vi-gnon, Paris.
- Automobilisme *«t»
- Dispositif de rallumage électrique et d’extinction des phares à acétylène des automobiles. — Ce dispositif permet d’éteindre ou d’allumer °à volonté et instantanément un [phare à acétylène.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- L’allumage est obtenu électriquement d’une façon très ingénieuse.
- En voici le principe : pour un même écartement des électrodes, l’étincelle électrique éclate plus facilement dans un gaz à la pression atmosphérique que dans un gaz comprimé comme celui qui est contenu dans un cylindre de moteur à explosions à la fin du temps de la compression.
- Si donc on réunit la borne d’une bougie b d’allumage du moteur à un conducteur dont l’extrémité sé trouve en a à i ou a mm d’un conducteur relié à la masse, le moteur étant en marche, on aura en a une série d’étincelles capables d’allumer une flamme.
- Un interrupteur i, d’un type spécial, permet d’interrompre ou de rétablir à volonté la continuité du conducteur b i a et d’obtenir les étincelles, soit à la bougie b (marche normale), soit en a (allumage du phare).
- Au dispositif électrique d’allumage, on adjoint simplement un robinet r placé sur la canalisation entre le générateur ou réservoir et le bec, et qui permet d’interrompre ou de rétablir le courant d’acétylène qui se dirige vers le bec.
- L’interrupteur i est placé sur la manette l du robi-
- Fig. 6. — Schéma du dispositif do M. Banal.
- ces oxydations ne gênent pas le (fonctionnement, car le pointeau, en raison de sa dureté, écrase les grains d’oxyde et pénètre jusqu’au métal sain. Par suite du jeu du pointeau dans son guide, le point de contact change fréquemment et l’usure est insignifiante.
- Signalons une précaution utile. Lorsque par le dispositif ci-dessus on allume un phare sans précaution, il peut se produire parfois un allumage un peu bruyant dû à la combustion d’un mélaDge d’air et de gaz. Cet inconvénient, qui ne se produit que lorsque la voiture est arrêtée, peut être très facilement évité en prenant soin de fermer le robinet de gaz pendant quelques secondes pour le rouvrir ensuite juste au moment où l’on produit les étincelles.
- En marche, par suite du tirage, le mélange détonant ne se forme jamais et on peut allumer ou rallumer sans interrompre au préalable le courant gazeux.
- Le système peut être appliqué à toutes les lanternes d’une voilure dont il permet l’allumage en marche.
- Ce dispositif nous est signalé par M. Barrai, ingénieur, à Bouchemaine (Maine-et-Loire), qui l’a expérimenté sur un phare Besnard monté sur une quadrilette Peugeot; les résultats obtenus ont été très satisfaisants; l’allumage initial du phare est toujours obtenu sans difficulté; en cours de route il peut éteindre très fréquemment le phare ; toutes les fois que le Code de la Route prescrit la suppression des feux aveuglants.
- Le rallumage est instantané et la marche du moteur n’est pas, pratiquement, influencée par l’opération.
- Volant de direction décentré « More-Room ». —
- Ce volant (fig. 7), que l’on voit sur certaines voitures américaines, se distingue par un dispositif de décentre-ment, grâce auquel il est possible d’en repousser la roue d’environ 20 cm vers la tête de la voiture et de dégager ainsi l’accès du siège (fig. 8). Une fois bloqué en position de marche, il est absolument fixe et rigide.
- Avec ce type de volant nullement disgracieux, l’automobiliste obtient le maximum de confort, de commo- 7 Volant de direction
- j;.* . j? - .j i decentre « More-Boom ».
- dite et d agrément dans la
- conduite de sa voiture.
- Sa construction est simple, le mécanisme parfait. La roue est en noyer ciré et en aluminium soigneusement
- net r, mais sa manœuvre est indépendante, en sorte que la main qui actionne la manette peut à volonté établir en a un courant d’acétylène ou le supprimer, provoquer en ce point une série d’étincelles électriques ou les supprimer.
- On détermine facilement la région où il est avantageux de placer les électrodes pour réaliser les trois conditions suivantes :
- 1® Allumage immédiat.
- a° Eviter la formation des dépôts charbonneux qui se déposent sur les électrodes lorsque celles-ci sont trop près de la flamme.
- 3° Eviter que le dispositif, porlant ombre sur le réflecteur, ne diminue l’intensité du faisceau projeté.
- Cette région est celle où se produirait l'étincelle dans l’appareil figuré sur le croquis.
- Les électrodes peuvent être constituées par un métal quelconque à condition qu’il ne soit pas trop oxydable fie cuivre par exemple). Elles sont maintenues sur le tube porte-bec par une simple agrafe portant une garniture isolante.
- L’interrupteur i doit être construit spécialement pour la haute tension. Le type suivant a donné de bons résultats. Le contact se produit entre un pointeau conique en acier, d’angle au sommet obtus, et une pièce de laiton ou de bronze légèrement bombée. En circuit ouvert, la distance des deux bornes est 8 à 10 mm de façon à ne pas être franchie par l’étincelle.
- Au moment du conctact, il peut y avoir des étincelles entre les surfaces et, par suite, des oxydations légères,
- Fig. 8. — Vue d’un volant « More-Room » sur une auto.
- poli. On peut l’installer facilement et rapidement sur les voitures de toutes marques.)
- Constructeur : The Neville Steering Wheel and Ma-nufacturing Company, Wayne (Michigan) U. S.
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- VARIETES
- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES GLANDS
- Description et provenance. — Les glands sont produits par les chênes, arbres généralement de première grandeur, très répandus dans nos forêts, mais je me bornerai à signaler les deux espèces qui en forment le fond : le chêne pédoncule et le chêne rouvre. (Famille des Amentacées, tribu des Cupulifères, genre Quercus.)
- Le gland peut être considéré comme un akène contenant une grosse graine. Il est enveloppé à sa base d’une cupule résultant de l’accroissement, après la fécondation de la fleur, de l’involucre qui l’entourait. La constitution des nombreuses écailles fournit de très bons caractères pour la détermination des espèces. Suivant celles-ci, les glands parviennent à maturité en une saison de végétafion ou bien ne prennent la première année qu’un très faible développement qu’ils achèvent dans la seconde année. On les divise en deux catégories : a) les glands amers ; b) les glands doux.
- a) Glands amers. — Ils doivent leur amertume à un principe âpre qu’ils renferment et qui les rend inutilisables pour l’homme, à moins qu’on ne l’ait enlevé par des macérations et lavages avec de l’eau contenant i à i pour ioo de carbonate de soude et une torréfaction. Ils sont fournis par le chêne pédoncule \Quercuspedun-eulata), le chêue Rouvre (Ç. sessiliflora) nommé aussi Drillard, Durelin, le chêne Tauzin (Q. Posa), etc.
- b) Glands doux. — Gomme ils ne contiennent pas d’amertume, ils sont directement comestibles et entrent dans l’alimentation humaine. Ils sont produits par le chêne Ùeuse (Q. Tlex), appelé vulgairement chêne vert, commun dans le sud et l’ouest dé la France et un peu moins dans la vallée du Rhône ; par le chêne B allô te (Q. Ballota), par le chêne de Castille {Q. Castellana), par le chêne grec (Q. œsculus) qu’on trouve sur tout le pourtour méditerranéen.
- Récolte et conservation pour Valimentation. — Les chênes n'offrent pas des récoltes constantes, elles sont souvent triennales. On récolte généralement les glands en octobre lorsqu’ils sont tombés d’eux-mêmes, à moins qu’on ne les fasse consommer sur place par les porcs. Dans le premier cas, quand on veut les conserver pour nourrir les animaux à l’arrière-saison, il faut prendre les précautions suivantes : les faire sécher en les étendant à l’air libre ou sur un plancher sec dans un grenier, ou encore, pour être plus certain de leur conservation, en les introduisant dans un four quelques heures après que le pain en a été retiré, et en les soumettant à plusieurs pelletages pour activer l’évaporation de l’eau de végétation. L’hec.olitre de glands pèse de 70 à 75 kg à l’état vert et de 45 à 48 kg à l’état sec.
- On les entasse dans des sacs ou dans une futaille sèche par lits de 10 cm d’épaisseur alternant avec des lits de sable sec de même épaisseur, et l’on a soin de maintenir la futaille dans un endroit très aéré à l’abri de l'humidité. Toutefois, il y a des personnes qui, au contraire, les conservent sous l’eau. Ce mode ne me paraît pas recommandable à moins que l’eau ne soit salée.
- Utilisation. — Les glands, en raison de leur composition, c’est-à-dire selon qu’ils sont doux ou amers, entrent dans l’alimentation humaine ou animale.
- Alimentation humaine. — Les glands doux ont été et sont encore les seuls glands utilisés à cause de la forte proportion d’amidon qu ils contiennent, 35 à 18 pour xoo. On en a préparé du pain, des farines alimentaires, un succédané du café, une bière et de l’alcool, mais je me limiterai aux trois premiers usages.
- Pain. — Le gland, d’après Pline, était employé comme aliment dans les temps de famine, on en faisait de la farine et du pain. La loi des Douze Tables permettait à chacun de recueillir son gland qui serait tombé sur le fond d’autrui. On savait faire une différence entre la saveur des diverses sortes de glands; ceux que l’on désignait sous le nom de « veillottes » passaient pour plus doux que les autres.
- Cornélius Alexander dit que les habitants de Thias ou Sio se maintinrent et gardèrent leur ville, encore qu’elle
- fût étroitement assiégée, n’ayant d’autre munition que les veillottes, de sorte qu’ils contraignirent l’ennemi à lever le siège.
- Les temps modernes, relate Couverchel, fournissent un pareil exemple de détresse. En France, lors de la disette de 1709, les malheureux furent obligés d’avoir recours à cette chétive nourriture. Réduit en farine et converti en un pain grossier, le gland fut, alors, l’objet d’une consommation considérable. Le même fait se produisit, d’après Béquillet, en l’année de disette 1770. Durant les guerres de la Révolution et du premier Empire, les habitants de certaines campagnes en utilisèrent aussi une grande quantité.
- De nos jours on consomme encore les glands doux bouillis ou rôtis à la façon des châtaignes, en Espagne, en Portugal, en Algérie, en Corse et en Grèce. M. Du-cornet rapporte « que les glands du chêne-liège ou Sur-rier sont mangés en Espagne où on les fait cuire sous la cendre. Ceux du chêne rouvre sont mangés en Ecosse, en Norvège et même en Westphalie où l’on en fait une sorte de pain. D’après les récits de nos prisonniers, il semble que les Allemands en font une consommation importante à l'heure actuelle. »
- Les glands fournis par le chêne yeuse (Quercus Ilex) prennent, paraît-il, en cuisant, un goût de noisette qui les fait rechercher par les habitants des campagnes.
- Farines alimentaires. — Les deux plus connues sont lè Racahout des Arabes et le Palamoud. Le premier, qui est très utilisé en bouillie pour les enfants, comprenait primitivement de la poudre de glands doux enfouis pendant quelque temps dans la terre, puis séchés et torréfiés, avec du cacao, de la farine de riz et de la vanille. Le Palamoud, consommé en Orient, en différait par l’addition de farine de maïs. Les recettes qu’on en donne aujourd hui dans les formulaires ne mentionnent plus la poudre de glands doux.
- Café de glands. — On torréfie les glands doux comme les grains de café verts, puis on les moud dans un moulin et on met la poudre infuser dans l’eau bouillante. La dose est de i5 gr. par tasse d’infusion. On peut également employer ce café en mélange avec le lait. Les glands doux ont servi comme succédané du véritable café, surtout lorsqu’il fut presque impossible à ce dernier d’entrer en France lors de la guerre continentale. On les a employés parfois aussi pour le falsifier.
- Alimeniation animale. — Les glands amers, du moins en France, en forment uniquement la base. De tous les animaux de la ferme, le porc est celui qui s’en nourrit avec le plus de facilité et même d’avidité sous tous les états, aussi bien verts et entiers que broyés ou cuits. Chez nous on ne lui donne que des glands amers, mais il paraît qu’en Espagne on le nourrit aux glands doux et que c’est à ceux-ci que les jambons de ce pays doivent leur supériorité.
- L’alimentation des porcs avec les glands verts est la raison pour laquelle on conduit, depuis bien longtemps, ces animaux dans les bois et les forêts à cette forme de pâturage qu’on nomme la glandée, mais qui ne peut avoir lieu que dans des conditions bien déterminées.
- Glandée. — On appelle ainsi le droit de conduire les porcs dans les bois et les forêts pour leur faire consommer les glands tombés sur la terre. Ce droit peut être un droit d’usage, ou bien il est concédé par le propriétaire. Dans les forêts dfe l’Etat, la glandée est concédée par adjudication publique (article 53 du Code forestier); la durée ne peut excéder trois mois, et l’époque de l’ouverture est fixée par l’administration forestière. Dans les bois des particuliers, la glandée ne peut s’exercer que dans les parties de bois déclarées accessibles par la même administration.
- Les glands sont aussi consommés par les autres animaux et, bien qu’au début, à l’état vert, ils ne soient pas généralement bien acceptés par les chevaux, les bœufs et les moutons, ils ne tardent pas, cependant, à s’y accoutumer. Ils sont pris encore plus facilement par les chevaux et les vaches lorsqu’ils sont écorces, séchés
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- et moulus. Habituellement, on les distribue entiers ou' concassés : dans ce dernier cas on les fait le plus souvent entrer dans des barbotages avec de l’eau ou du petit-lait ou avec des pommes de terre cuites.
- On doit éviter l’excès de cet aliment qui pourrait provoquer des accidents. Les doses qu’on ne doit pas dépasser sont les suivantes : pour les chevaux, les bœufs et les vaches. 4 kg de glands verts ou a kg 5oo de glands secs ; pour les moutons 5oo à 800 gr. ; pour les porcs i3oo à i5oo gr. ou 800 à 1000 gr. selon leur poids.
- Les volailles de basse-cour et même les pigeons et les faisans peuvent être alimentés avec les glands ordinaires qu’ils préfèrent broyés et cuits, seuls ou incorporés à des pâtées
- Composition. — Les glands contiennent, d’après les tables de Kellner, les éléments suivants .
- Glands frais Glands secs
- non non
- décortiqués. décortiqués.
- Pour i.u). Pour mo.
- Eau 5o 15
- Protéine brute . . 3,3 ’» ,7
- Graisse brute . . 2,4 4i 1
- Principes extractifs non azotés. 36,3 61,6
- Cellulose brute . . 6,8 xi, 6
- Cendres I ; 2 1.0
- 100.0 100,0
- Les glands sont donc des aliments relativement
- pauvres en protéine et ep graisse, mais riches en amidon, c’est-à-dire en hydrates de carbone. 60 kg de glands sont équivalents à 100 kg de bon foin.
- A. Truflli:.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’n bondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de lu Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et. du nombre des correspondances, il 11e peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. —A propos du hoquet (n° 203g) : M. Yallory, abonné à La Nature, nous écrit :
- « Un récent numéro de La Nature sur la guérison du hoquet indique un nombre de remèdes suffisamment élevé pour entraîner la conviction qu’aucun d’eux n’est bien efficace. Se pourrait-il donc que celui que je vais dire n’ait pas été découvert mille fois? Inutile de s’efforcer d avoir peur; inutile de s’abreuver; pas besoin de marteau à se cogner au crâne; point de plume à chatouiller l’intérieur des narines.
- Mon remède n’utilise ni les bras, ni les jambes, ni aide, ni outillage, Il est à la portée d un prisonnier, d’un manchot, d’un cul-de-jatte.
- Il demande seulement qu'on ait le hoquet.
- Qui a le hoquet possède un diaphragme... et le moyen de s'en servir :
- Inspirez lentement, largement, puissamment, du ventre, des pectoraux, des épaules, pendant 20, 3o secondes, ou plus si vous pouvez.
- Expirez de même. Recommencez Je parie mille contre un qu’en trois coups, parfois en deux, peut-être même en un seul, vous guérissez tous les hoquets ordinaires. J’en ai fait cent fois l’expérience sur tous sujets. Et c’est très aisé à comprendre.
- Réponses. — M. Badie-Levet, à Tunis. — iu Pour glacer le linge on commence par préparer la mixture
- suivante :
- Savon blanc en copeaux.............. 10 grammes
- * Blanc de baleine..................... 5 —
- Gomme adragaute...................... 1 —
- Eau non calcaire................... 100 —
- Après avoir pulvérisé la gomme adragante on la fait gonfb r pendant 24 heures dans la moitié de l’eau, on chauffe ensuite pour la dissoudre. D’autre part on amène à dissolution, en chauffant le savon dans le reste de l’eau et on y incorpore le blanc de baleine. On mélange enfin les deux solutions et on agite jusqu à refroidisse-sement, ce qui donne une pâte fluide.
- Le produit ainsi obtenu est employé à la dose de une ou deux cuillerées à café par litre d’empois à l’amidon préparé de la façon ordinaire, cette dose peut être augmentée sans inconvénient.
- On obtient un résultat encore plus complet en amidonnant le linge comme d’habitude et le repassant. On délaie alors dans un peu d’eau tiède une à deux cuillerées de la préparation ci-dessus et avec une éponge ou un morceau de flanelle on humecte la surface du linge repassé. Un second coup de fer bien chaud donne alors un glaçage parfait; 20 L‘alcool employé pour la stérilisation de j^a peau avant opération doit être au moins à 90° GL.
- On frotte pendant cinq minutes avec un tampon de coton imprégné de cet alcool qui peut être sans inconvénient l’alcool dénaturé du commerce ; 3° L'acide salicylique ou acide ortboxybenzoïque est obtenu en faisant passer un courant de gaz carbonique dans le phénate de sodium. Par suite, le produit Fabriqué renferme toujours un peu de phénol qui n’a pas été éliminé malgré la purification. Ce phénol en milieu alcalin s’oxyde à l’air en donnant une matière colorante brune. C’est pour cette raison que le phénol de préparation un peu ancienne est coloré en rose. Le brunissement des solutions d’acide salicylique ne leur enlève aucune propriété antiseptique. Si on veut dan» une certaine mesure éviterce brunissement. c’est l’intervention de l’air qu’il faut empêcher beaucoup plus que celle de la lumière, qui cependant favorise 1 oxydation, quand l’oxygène est présent.
- Cercle civil d’Orléansville, Algérie. — Il est facile d'enlever l’étain à la surface du cuivre en utilisant la propriété de l’étain de se dissoudre dans une solution étendue d’acide chlorhydrique, chaude, alors que le cuivre n’est pas attaqué. Le mieux serait évidemment de plonger entièrement l’objet dans la solution chlorhydrique, mais, s’il ne s agit que de plaques blanchâtres, des touches répétées seront probablement suffisantes. Après rinçage, un passage au tripoli redonnera le brillant nécessaire.
- M. J. Mendousse, à Auch. — Le moyen le plus simple d’éviter dans une large mesure l’oxydation du fer dans les radiateurs est de se servir, pour les remplir, d’eau pré-lablement bouillie, par suite privée d’air, et de faire ensuite le plein en prenant les mêmes précautions. Si on se trouve à proximité d’une usine, on peut avantageusement utiliser les eaux de retour et, dans de nombreux cas, à la maisoa faire un emprunt sur la circulation du chauffage, soit en eau condensée, soit en eau déjà chauffée.
- M. F Ândreu, à Mahon (Espagne). — La préparation des cartons pour peinture à l’huile s’effectue ainsi :
- On donne une couche de colle de peaux et laisse bien sécher Ensuite on ponce légèrement à la pierre ponce pour faire disparaître les rugosités et passe alors une couche assez épaisse de couleur blanche préparée à 1 huile, dont le pigment est constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche, oxyde de zinc et blanc d’Espagne. (Eviter le blanc de céruse qui noircit aux émanations sulfureuses.)
- Après séchage parfait, on donne un léger ponçage pour uniformiser. — N.-B. On peut ajouter, si on désire un ton crème, une pointe de terre de Sienne.
- M. Th. Negruzzi, à Iasi (Roumanie). — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement la question des régulateurs automatiques pour incubateurs et étuves. L’article publié dans le n° 2^79 de La Nature, que nous vous avons envoyé, donne des indications précises sur les principaux systèmes de régulateurs de température en usage pour la conduite des incubateurs ou couveuses artificielles.
- Cette question est traitée dans des articles épars
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- dans des revues d’aviculture et dans certains ouvrages d’aviculture contenant un chapitre consacré à l’incubation artificielle. Voyez, notamment, l’ouvrage intitulé V incubation artificielle et le matériel d'aviculture, par C. Maréchal, ingénieur agricole, i vol. (s’adresser à l'auteur, à la revue Chasse et Pêche, Bruxelles, 72, rue de la Concorde). Pour plus amples renseignements bibliographiques concernant les livres dans lesquels cette question est étudiée, voyez à la Librairie Agricole delà Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob (6e).
- M. E. F., rue Gambetta, Niort (Deux-Sèvres). — Documentation sur la fabrication industrielle des confitures avec jus ou pulpes de fruits, jus pectineux de pommes et marcs de pommes.
- Sur la technologie générale industrielle de fabrication des confitures, voir l’ouvrage Les Confitures, par Jacques Michel-Rousset, 1 volume (Librairie Desforges, Paris, 29, quai des Grands-Augustins, 6e); Nouveau manuel du Confiseur, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°). Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement la fabrication avec des jus de fruits ou pulpes de fruits conservés, jus de pommes et marcs de pommes, mais nous signalons les rapports suivants présentés à la « Semaine nationale du cidre » en mai 1923 : La concentration des jus de pommes, par E. Barbet; Conditions de concentration des jus de pommes, par Dépassé ; Traitement des jus de pommes, par Warcollier; Rapports et études sur les industries de la pomme, par Ch. Lambert; Extraction des produits confiturables de la pomme (jus et marcs), par.). Renotte (Voir « Semaine nationale du cidre », Paris, 23, avenue de Messine, 8e); Mission d’études au pays de la Pomme (Confiturerie, jus concentrés), 1918, 1 brochure (Services agricoles des chemins de fer d’Orléans, Paris, 1, place Valhubert, i3°). Pour renseignements sur la confiturerie industrielle de pomme, s’adresser à M. Warcollier, Directeur de la Station pomologique du Calvados, rue de Geôle, à Caen; et pour installations industrielles, à M. Charles Arnou, 16, rue du Débarcadère, Paris, 17°.
- M. F. M , avenue de la Grande-Armée, Paris. — Vous trouverez des indications concernant le procédé le plus pratique et le plus économique pour fendre et exploiter les souches des arbres abattus, en consultant à ce sujet le directeur de la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (i2*)‘ D’autre part, vous pourriez vous adresser à M. Claudius Tho-masset, ingénieur-constructeur, à La Cluse (Ain), spécialisé dans les machines pour la fente du bots sous toutes ses formes, et vous renseigner également auprès de M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, 26, cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux, en relation avec des spécialistes de l’exploitation et des industries du bois.
- M. J. D., boulevard de la Croix-Rousse, Lyon. — Pour documentation sur la culture du mûrier, l’élevage et la nourriture des vers à soie, voici les ouvrages traitant ces questions : Traité sur le ver à soie du mûrier et sur le mûrier, par Lambert ,et Maillot, 1 vol.; Sériciculture, par P. Vieil, 1 vol.; Mûriers et vers à soie,
- par Gobin, x vol. ; Le ver à soie du mûrier. Son élevage,
- 1 brochure, par Ed. Zacharewicz; Conseils aux éducateurs de vers à soie, par de Boullenois, 1 vol.; Manuel pratique du sériciculteur, par H -Alph. Blanchon, 1 vol. ; Cours de sériciculture pratique, par Laurent de l’Ar-bousset, 1 vol. ; Traité du ver à soie, par Malpighi et Maillot, 1 vol. ; Petit traité sur le ver à soie du mûrier, par Marius Galfard, 1 brochure ; Etudes sur les maladies des vers à soie, par Pasteur, 1 vol. ; Régénération des vers à soie par l'éducation en plein air, par J.
- Jeannel, 1 brochure; Traité de zoologie agricole et
- industrielle, chapitre sur la sériciculture, par P. Brocchi, 1 vol. ; Manuel de filature, iIe partie, Elevage des vers à soie, par D. de Prat, 1 vol. ; Le ver à soie, son élevage et son cocon, par Jean de Loverdo, 1 vol. ; La sériciculture en Corse, par Eug. Maillot, 1 brochure; Nouvelles races de vers à soie du mûrier, par le même,
- 1 brochure ; Manuel pratique de la soie. Education des vers, etc., par- A. Villon, x vol. ; Composition chimique des coques dés fêufs des vers à soie, par Verson, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6e); Coûlet, éditeur, Montpellier) ; La sériciculture à Madagascar, par Em. Prudhomme, i' vol. ; La sériciculture aux colonies, par Patll MMrbh&l* 1 vol; Èa séricïcuttuVe en
- pays tropical, par A. Fauchère, x vol. ; J.es vers à soie sauvages de Madagascar, par Grangeon, 1 vol., et les articles sur la sériciculture publiés dans la revue L’Agriculture pratique des pays chauds (Société d’éditions coloniales, Paris, 17, rue Jacob, 6e).
- M. M. P., Ciry-le-Noble (Saône-et-Loire). — i* Documentation sur la culture et les débouchés de l’osier. — Indépendamment de très nombreuses études parues dans les principaux journaux et revues agricoles, il y a, notamment, les ouvrages suivants : O&iériculture (Etude botanique, culture, industrie, commerce, centres osié-ricoles et vanniers de France, vanneries diverses), 1 volume, par Eugène Leroux; La culture de .l’osier (oseraies, culture, récolte, préparation pour la vente, commerce, usage, etc.), 1 volume, par Félicien Lesourd ; Encyclopédie de l’osier (osiers commerciaux, usages, bibliographie de l’osier, vente, transports, vannerie, etc.), 1 vol. par Gaston de Là Barre ; Les oseraies françaises, par le même. 1 volume; Culture de l’osier, par A. Dam-seaux, 1 volume.
- 20 Documentation sur la Cardère ou Chardon à foulon : voir les chapitres consacrés à cette plante dans les ouvrages suivants : Les plantes industrielles, 1 volume, par L. Bréiignière; Plantes industrielles, 1 volume, par Henri Hitier (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob 6e). 11 y a, en outre, divers articles publiés dans les journaux agricoles, notamment dans le numéro du xo mars 19x4 du Bulletin des Halles (Paris, 33, rue Jean-Jacques Rousseau, xer), dans un numéro de 1924, du journal Le Fermier (Paris, 8, Faubourg Montmartre, 9e); et dans les numéros des 7 et 14 septembre 1919, du Réveil agricole (Marseille, i5, quai du Canal).
- M. L. Arnaud, à Grenoble. — Voici une adresse de maison se chargeant de la projection d’anaglyphes : Etablissements Gaumont, 5g, rue Saint-Roch, Paris (ier).
- T. S. P. — M. Albert Penchinat, à Nîmes (Gard). — i°Pour recevoir sur cadre de 1 m. 5o de côté, au casque, les concerts parisiens à 600 km de Paris, il faut utiliser deux étages d’amplification à haute fréquence, une lampe détectrice, et un étage d’amplification à basse fréquence à transformateur.
- La liaison des étages à haute fréquence peut se faire par résistances (pour ondes moyennes seulement), par bobinages apériodiques ou à noyaux de fer mobiles; la réaction peut être électrostatique ou électromagnétique.
- Dans le cas d’emploi des bobinages à noyaux de fer mobiles il est inutile d’employer un dispositif de rétroaction séparé. Vous pourrez d’ailleurs trouver dans la Pratique Radioélectrique des détails sur le choix des éléments à utiliser.
- 2° Voici des adresses de constructeurs de pièces détachées pour le montage des postes :
- Dubois, an, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Chabot,'43, rue Richer, Paris.
- 3° Voici des adresses de fabricants de postes comprenant plusieurs étages à haute fréquence :
- Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris.
- Etablissements G. M. R., 8, boulevard de Vaugirard, Paris.
- M. IL. de Marsay, à Chemillé (Indre-et-Loire). — Lé filtre employé en T. S, F. pour l’alimentation des amplificateurs sur le courant continu d’un secteur a pour but d’atténuer les irrégularités du courant « dit continu » et d’empêcher la propagation vers l’amplificateur des courants à haute fréquence qui produiraient des bruits fâcheux de réception.
- Vous pouvez trouver des filtres ou des éléments pour monter les filtres à la maison « Ferrix » 64, rue Saint-André-des-Arts, à Paris).
- Librairie « Veritas », à Anvers (Belgique). — Les relais microphoniques sont des appareils sensibles, mais délicats. Lorsqu’ils sont bien construits, ils peuvent rendre de bons services, mais il est évident qu’ils ne peuvent pas remplacer les amplificateurs à lampes comme pureté d’amplification et ne peuvent prétendre à la régularité de fonctionnement des amplificateurs à basse fréquence.
- M. P. Petit de Plus à Brive (Corèze). — Nous ne pensons pas qu’il y ait des inconvénients à ce que votre fil de prise de terre traverse une pièce dans laquelle se trouvent le» filé d’étlftiragè électrique.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Mélanges de mathématiques et de physique, par Émile Picard, secrétaire perpétuel de l’Academie des Sciences. i vol. in-8 ( a5-16), de 3*>4 p- Gauthier-Villars et Cic, éditeurs, Paris, 1934. Prix : 25 francs.
- M. Emile Picard est surtout connu comme l’un des plus éminents parmi les mathématiciens français contemporains. Mais son activité ne s’est pas limitée au domaine des mathématiques pures, et il a porté sur l’ensemble de la science moderne, sur ses tendances et ses méthodes un regard pénétrant. Il est en même temps un écrivain remarquable ainsi qu’en témoigne sa récente élection à T Académie Française. Ces qualités diverses éclatent dans le présent volume où sont réunies à côté d’études mathématiques des réflexions profondes sur la physique et la mécanique, ainsi que des biographies d’une haute valeur historique et littéraire. Parmi celles-ci. nous signalerons l’éloge „du grand mathématicien Hermitte, la vie du célèbre géomètre Abel, ainsi qu’une magnifique étude sur le physicien Fizeau et sur l’évolution de l’optique moderne. Ce volume contient également la reproduction d’une étude critique sur les théories de la relativité, publiée il y a quelques mois dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Researches on Fungi, par A.-H. Reginald Besllek, vol. III. The Production and Liberation of Spores in Hymonomycetes and Uredmeie. 1 vol. in-8, 611 p., 227 fig. LoDgmans, Green and Co, Londres. Prix : relié 3o sh.
- L’auteur, professeur de botanique à l’Université de Manitoba, poursuit les recherches sur la production et la dispersion des spores des champignons auxquelles il a déjà consacré deux volumes. Celui-ci est consacré à des espèces fort communes, telles que les coprins, curieux par le polymorphisme de leurs basides et l’auto-digestion de leurs lames, qui sèment chacun des millions de spores. Un chapitre est consacré aux champignons phosphorescents, un autre aux agarics parasites d’autres agarics ; un autre encore aux curieux champignons qui émettent leurs spores la nuit. La deuxième partie traite des urédinées dont l’émission des spores présente également nombre de particularités intéressantes. L’ensemble comporte nombre de renseignements nouveaux, fruits d’une observation personnelle attentive et qui intéressera vivement tous les mycologues.
- Histoire de la sécrétion gastrique, par M. Lœper, 1 vol. in-8, 120 p.. 25 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 10 francs.
- L’estomac sert au brassage et à la digestion des aliments ; ces deux fonctions sont connues de toute antiquité, mais l’importance qu’on leur attribue a beaucoup varié au cours des siècles. M. le Dr Lœper retrace cette histoire depuis Hippocrate et Aristote jusqu’à nos contemporains. Chemin faisant, il ressuscite maint nom oublié, quoique intéressant comme représentant d’une époque, et passe en revue des conceptions physiologiques qui souvent, sous une apparence désuète, cachent un grand fond de vérité. Nous voyons ainsi défiler, après Galien et Ambroise Paré, Paracelse, van Helmont, Deloboé, Harvey, Haller, Réaumur, Spallanzani, Hunter, Senebier, Beaumont qui le premier observa une fistule humaine, Claude Bernard, pour aboutir à Pavlov et à la sécrétion psychique. On comprend mieux, après avoir lu ce livre attrayant, l’immense effort qui a conduit aux connaissances actuelles sur la digestion.
- Hygiène sociale des enfants du premier âge, par Mlle le Dr G. Labeaume, i vol. in-8, 146 p. Massou et Gio, Paris. Prix : 10 francs.
- La lutte contre la mortalité infantile, cause grave de dépopulation, exige une connaissance exacte de la situation et de l’efficacité des divers moyens dont on dispose. Ce livre est un bilan et un programme. Il donne d'abord la statistique dé la mortalité de o à
- I an, selon les pays, les milieux, les maladies, la situation des enfants. Il énumère ensuite les principales causes de mortalité et les classe par ordre d’importance. Il passe en revue les multiples œuvres qui s’occupent des enfants : dispensaires, abris, pouponnières, maternités, étudie leur fonctionnement, signale leurs défauts, montre ce qu’ils doivent être et finalement il décrit un plan d’organisation du pays pour coordonner tous les efforts. Bien documentée, l'oeuvre de Mlle Labeaume doit servir de base à tous progrès futurs.
- Principes d’hygiène et de médecine coloniales, par le Dr M. Nf.veu-Lemuhe. i vol. in-8, 278 p., x33 fig. Société d’édiiions géographiques, maritimes et coloniales, Paris. Prix : 16 francs.
- Guide pratique d’hygiène pour l’Européen vivant ou séjournant dans les pays chauds. L’auteur, qui connaît ceux-ci par expérience, rappelle les principaux caractères des climats tropicaux, leur action sur l’organisme non acclimaté, et aborde bientôt les maladies parasitaires les plus fréquentes. Il décritles grandes endémies coloniales : paludisme, dysenterie ; les grandes épidémies : choléra, pesta, fièvre jaune, puis les autres maladies communes à toutes les régions tropicales : ankylostomiase, lèpre, filariose, éléphantiasis, ophtalmies, etc. Il passe ensuite en revue les autres maladies localisées seulement à un continent, puis les animaux et les végétaux dangereux pour l’homme. Enfin, un dernier chapitre, très précis, résume les règles d hygiène que l’Européen doit observer pour son habitation, son habillement, son alimentation, les soins corporels, la prophylaxie générale. Ce livre sera l’utile conseiller de tous les coloniaux.
- Les tissus féminins, par Mme L Doresse. i vol. 124 p , 35 fig. L. Eyrolles, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- Ce petit volume résume agréablement les connaissances indispensables à toute femme intelligente sur les matières premières qui servent à fabriquer ses vêtements : laine, coton, soie naturelle et artificielle, lin, chanvre, ainsi que sur la façon dont ils sont mis en œuvre. Il y ajoute de sages conseils qui permettront aux lectrices de distinguer la nature et les qualités des tissus qu’elles achètent.
- Le ravitaillement de la Belgique pendant l occupation allemande, par Albert Henry, i vol. in-8, 210 p. Histoire économique et sociale de la guerre mondiale (série belge). Presses Universitaires, Paris.
- On connaît les difficultés qu’ont éprouvées pendant la dernière guerre tous les pays d’Europe pour le ravitaillement de leurs populations. En France, M. Legendre a consacré, dans les Leçons de la guerre, un volume entier à ce problème, sous le titre « Alimentation et Ravitaillement ». En Belgique, la question de la nourriture fut plus aiguë qu’en aucun autre pays par suite de l’occupation allemande ; elle n’avait pas encore donné lieu à une étude d’ensemble. M. Albert Henry, directeur général au Ministère de l’Agriculture de Belgique, secrétaire général pendant la guerre, du Comité national de secours et d’alimentation, en fait, dans ce livre, un exposé très détaillé et très complet.
- II rappelle les ressources et les besoins de la Belgique avant la guerre, expose sa situation en 1914, les premières mesures prises à la déclaration de guerre, puis les effets de l’invasion. On sait que s’organisa alors un ravitaillement d’état, auquel prirent part diverses nations étrangères. On trouvera ici l’histoire de ces efforts, souvent courageux et de leur réussite pour la sauvegarde d’une population, malgré des difficultés de tous ordres. Le résultat, tout le monde le connaît, ce fut la possibilité de vie, quoique fort précaire, du peuple belge, placé dans la situation la plus effroyable qu on pût imaginer. Basé sur les documents^ officiels, le récit de M. Henry fait revivre ces jours douloureux, il souligne la générosité des neutres, le courage des organisateurs.de ce ravitaillement. Ç’est un livre de science et surtout d’histoire., .
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- LA NATURE
- Supplément.
- JpD
- N° 2650
- INFORMATIONS
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- ! f 4,7 Janvier 1925
- ÎU.,* p,
- r
- ,
- Nécrologie.— Le Dr Bergonié. —Le 2 janvier 1925, à Bordeaux, Je Dr Bergonié est mort à la suite de brûlures contractées au cours de ses recherches sur l’action thérapeutique du radium. Le Dr Bergonié a héroïquement et délibérément sacrifié sa vie, pour tenter de délivrer l’humanité d’un- terrible fléau : le cancer. Successivement on dut l’amputer de plusieurs doigts de la main droite, puis du bras tout entier. Quinze jours avant sa mort, il recevait du maréchal Pétain, interprète de la gratitude du pays, les insignes de grand croix de la Légion d’honneur. Le même jour, sur son initiative, on posait à Bordeaux la première pierre du bâtiment destiné à abriter le centre régional de lutte contre le cancer; c’est le premier centre anticancéreux de France.
- Le professeur Bergonié était né en i85y à Gasseneuil (Lot-et-Garonne). Il fit ses études de médecine qu’il compléta par une étude approfondie de la physique. Professeur de physique à la Faculté de médeeine de Bordeaux, il consacra la plus grande partie de ses efforts à des études de physiologie et aux applications médicales de l’électricité; notamment à celles des rayons X, puis du radium. Pendant la guerre, directeur d’un centre radiologique, il inventa un appareil permettant de déceler dans les tissus la présence de projectiles. Il possédait une grande ingéniosité, et on lui doit un grand nombre de dispositifs pratiques.
- La production de champs magnétiques très intenses. —Un grand intérêt scientifique s’attache à la réalisation d’électo-aimants produisant des champs magnétiques puissants. On aurait ainsi un moyen d’investigation et d’action sur les propriétés intimes de la matière. Mais cette réalisation est extrêmement difficile : pour produire des champs magnétiques puissant-, il faut placer autour d’un noyau de métal magnétique, fer doux en général, de section donnée, un nombre aussi grand que possible d'ampères-tours. Les courants intenses que l’on est ainsi amené à faire circuler dans un espace restreint produisent un échaufïement considérable et il faut évacuer la chaleur dégagée. D’où des difficultés de construction considérables; les plus puissants électro-aimants dont disposent les laboratoires ne peuvent guère donner des champs magnétiques de plus de O'vooo gauss. Or on a montré que pour agir sur les courants électroniques qui, suivant les théories modernes de la matière, existent à l’intérieur de tout atome, il faudrait des champs magnétiques d’au moins 1 >00000 gauss. Avec les électro-aimants classiques, on ne peut envisager la réalisation de cette puissance que dans des appareils gigantesques.
- Un physicien anglais, M. Wall, de Shefiield, s’est proposé de tourner cette difficulté en créant un dispositif qui produit des champs magnétiques d une intensité jamais atteinte jusqu’ici, mais pendant un temps très court. Il a, sur ce principe, construit un appareil remarquable par ses petites dimensions.
- L’idée directrice est la suivante : si l’on fait passer un courant électrique dans une bobine, pendant un temps assez bref, on peut sans inconvénient donner à ce courant une intensité presque illimitée. A l’intérieur de la bobine traversée par ce courant, il se développe un champ magnétique puissant, qu’il est inutile de renforcer avec un noyau de fer doux. Pour créer ce courant électrique de courte durée, mais très intense, M Wall se sert d’un condensateur de grande capacité, chargé à un potentiel élevé et que l’on décharge à travers la bobine. Ainsi dès ses premiers essais, il faisait passer dans une bobine de 100 tours de fil, de 3 cm de long, un courant de 3ooo ampères et obtint, à l’intérieur de celle-ci, un champ magnétique de plus de ia5 000 gauss. Le condensateur avait une capacité de 600 microfarads et était chargé à 2000 volts au moyen d’une dynamo à courant continu haute tension. La bobine est plongée dans une cuve à huile.
- Gette méthode, aussi simple qu’élégante, a permis tout d’abord de réaliser, sur des échantillons de métaux ujagnétiques, la série des mesures magnétiques classiques, mais avec un appareillage beaucoup plus simple que celui habitüellëïnent en usage.
- En septembre dernier, M. Wall annonçait que, avec un solénoïde bobiué à raison de 2S, *) tours par centimètre et un condensateur de 700 microfarads chargé à 185o volts, il a obtenu un champ de plus dc4oo 000 g*uss
- Enfin, le 20 décembre dernier, dans la revue anglaise Nature, il annonce qu’avec ce même disp >aitif il a réalisé des décharges de plus de 23 000 ampères et créé des champs de plus de 700000 gauss. Il ajoute, mais sans donner de détails, qu’il a déjà réalisé des champs de 1 400000 gauss, et que, moyennant certaines modifications en cours d’exécution, il espère bientôt atteindre le chiffre fantastique de 10 millions de gauss.
- Les recherches du pétrole en France — Nos lecteurs connaissent le succès du sondage entrepris à Gabian (Hérault) sur l'initiative du Comiié scientifique consultatif du Pétrole. Ce n’est pas le seul point de la France où des recherches soient entreprises. Une campagne d’explorations souterraines assez active est actuellement entamée pour tenter de découvrir, dans notre sous-sol, des hydrocarbures minéraux. M Brunschweig, ingénieur au Corps des mines, expose dans le Génie civil l’état actuel de toutes ces investigations II constate que 7 forages sont en cours d’exécution, qu’une concession et 11 permis de recherches ont été institués par décret, et qu’une vingtaine de demandes de permis de recherches exclusifs sont à l’instruction De tels chiffres dénotent une réelle activité, surtout si l’on observe que le début de ce mouvement remonte à peine à i9»9-
- Les recherches de pétrole se partagent en deux catégories, celles entreprises par 1 Etat, et celles qui sont dues à 1 initiative privée.
- Les premiers forages de l’Etat ont été exécutés en 1919 et 19*0 dans le Puy-de-Dôme. Le forage de Mars-d’Artrières, commencé en 1919 fut arrêté vers 4°° m. par la renconlre d’une source geysérienne d’eau chargée de gaz carbonique.
- Le forage de Puy-Crouelle dans la même région rencontra plusieurs niveaux pétrolifères dont les plus importants furent ceux de 600 m. et de 800 m. On recueillit environ 2 tonnes de pétrole Malheureusement il se produisit, au niveau de 840 m , un écrasement du tubage qui ne put être réparé et entraîna l’abandon du forage.
- La campagne de forages de l’Etat, interrompue faute de crédit-, fut rep ise m 1928 Un nouveau forage a été entrepris d-ns le Puy-de-Dôme, à Beaulieu, à quelques centaines de mètres de celui de Puy-Crouelle. Il atteint actuellement la profondeur de 55<> m., il a traversé de petits niveaux imprégnés ; 1 approfondissement se poursuit. Un autre forage va être incessamment attaqué à Mirabel, près de Riom (Puy-de-Dôme).
- En dehors du Puy-de-Dôme, l’Etat a entrepris le sondage de Gabian (Héraultj dont on sait le succès, et un sondage à Ferrières près de Gournay-en-Bray (Seine-Inférieure). Ce dernier, en cours d’exécution, atteint actuellement une profondeur de 420 m.
- Passons maintenant aux recherches d’initiative privée.
- La Société de Recherches et d’Hydrocarbures a entrepris en 1920 une série de forages, près de Vaux-en-Bugey (Ain), surtout pour la recherche du gaz naturel. L’un d’eux, en 1921, a rencontré une venue importante de gaz sous pression ; celle ci a été captée et alimente aujourd’hui l’éclairage de la ville d’Ambérieu au moyen d’une conduite de 6 km. Le débit utilisé est de 1 nullier de mètres cubes par jour. Prochainement sera installée une verrerie qui consommera 10 000 m3 de ce gaz par jour.
- Dans le Puy-de-Dôme, quelques petits forages de moins de 100 m. et des travaux de galeries ont été effectués au Puy de la Poix, ils n’ont rencontré que des épanchements de bitumes. Un sondage de 3oo m. a été exécuté sans résultat à Gimèaux de 1921 à 1923.
- Les Basses-Pyrénées et les Landes ont provoqué également de sérieux efforts : 3 forages sont en cours dans la région de Castagnède. près de Salies-de-Béarn ; le premier est parvenu à la profondeur de 750 m., les deux autres à a5o m. L’un d’eux a donné lieu en nôVembre ig'24 A un jaillissement d’eau et de gaz fchar-
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- INFORMATIONS
- gés d’bydrocarbares. Un autre forage à Sainte Suzanne, près d’Ortbez, atteint actuellement, la profondeur de 75o m. Enfin 8 permis exclusifs de recherches ont été délivrés dans ces deux départements.
- Dans les Pyrénées-Orientales, un sondage en cours d’exécution près de Ponteilla atteint actuellement une profondeur de 600 m. environ.
- Enfin, dans la région de Gabian, à la suite du jaillissement de pétrole dans le sondage de l’Etat, un certain nombre de permis ont été demandés par plusieurs S ciétés autour du périmètre réservé par l’Etat, et les travaux de forage sont sur le point de commencer.
- La Mission de l’Equateur — Dans le volume consacré à la 47e session de l'Association française pour l’Avancement des Sciences, le colonel Perrier résume les travaux de la mission française, dite Mission de l’Equateur, qui mesura de 1809 à 1906 un arc de méridien de 6° entre la ville équatorienne de Tulcan, près de la frontière de Colombie, et le port péruvien de Peyta. Les géodésiens étaient des officiers du Service Géographique de l’Armée française. Rappelons que de 173s à 17Ü trois membres de 1 Académie des Sciences, Bougner, La Condamine et Godin, avaient mesuré un arc méridien de 3° entre Mira (nord de Q ùto) et Tarqui (sud de Cuenca) La nouvelle triangulation s’est accrochée aux sommets des deux Cordillères, qui enferment entre elles le p'ateau interandin; 149 points ont été fixés avec une haute précision.
- Les valeurs données jusqu’ici pour les principaux sommets de la R publique <ie l’Equateur ont été revisées Voici les nouvelles cotes :
- Chimborazo. 6 572 m. Carihuaipazo . ( 5.028 m.
- * Cotopaxi . . 5.897 — (2 cimes) . . . ( 4995 —
- Coyambé . . 5.791 — Sincholaga . . 4-QOt —
- * Antisana . . 5 705 — Quilindana . . 4 878 —
- Altar .... ( 5.3a1 — Corazon .... 4-79* —
- (2 cimes) . . ( 5.13o — * Pichincha . . . ( 4-79° —
- Iliniza . . . ( 5.266 — (2 cimes) . . . ( 4 701 —
- (2 cimes) . . | 5.2:3 — Rumina hui . . 4 720 —
- :: Sangaï . .* . 5 a3o — Cerro-Hermoso. 4.63g —
- Tunguragua. 5.040 — Ataeazo. . . . 4.454 —
- Nous avons marqué d’un astérisque les volcans en activité. Notons que le Cotopaxi est le plus élevé des volcans actuellement en activité dans le monde et que sur les deux cimes du Pichincha. l’une le Guagua (cote 4-79°) est en activité, tandis que l’autre, le Rucu, estéteinte. Les autres cimes sont des volcans éteints Les unes et les autres appartiennent aux Andes, sauf le Cerro Hermoso, qui est à l’écart dans l’est, dans le bassin de 1 Amazone (Oriente).
- La limite des neiges perpétuelles sous cette latitude est d’environ 4-5oo m- ! l’Atacazo ne l’atteint pas. Le Chimborazo a été gravi pour la première fois par Whymper en 1880 et le Cotopaxi par Reiss et par Stübel en 1872.
- Quito, la capitale de la République de l’Equateur, est à 2 816 m., Cuenca à 2.533 m., Ambato à 2.597 111 et Mocha à 3 275 m d’altitude. Dune manière générale, sauf pour Quito, ces cotes sont moins élevées que celles admises antérieurement.
- Le jute. — Le jute est un des textiles de sparterie les plus employés qui soient actuellement. Sa production est un quasi-monopole de l’Inde anglaise qui manufacture des maintenant plus de la moitié de sa production Son commerce est pour ainsi dire monopolisé par l’Angleterre; Londres en est le grand marché.
- La culture de cette plante est localisée dans le Bengale. Elle exige des conditions de climat très particulières : une chaleur très forte et très constante et une extrême humidité. En outre, elle a besoin d'une main-d’œuvre très abondante et peu coûteuse. C’est avant tout une petite culture familiale.
- La production est sujette à de très grandes variations d’une année à l’autre. Voici quelques chiffres pour l’Inde anglaise en balles de 183 kilogrammes.
- igi4-i5. 10.480.900 (chiffre maximum).
- 1919-20. 8.537.3oo (année moyenne).
- 1922-23. 4.236.828 (année déficitaire).
- A l’heure actuelle, Londres, Dundee, Bombay et Calcutta sont les quatre principaux centres de l'industrie
- du jute. Avant la guerre, l’industrie française occupait une place honorable; elle mettait en œuvre de 90000 à 100000 t. de jute par an; elle était concentrée dans la vallée de la Somme (Abbeville, Amiens) et dans le département du Nord. Le principal port d’importation était Dunkerque, où était le marché français; le jute était acheté directement à Londres.
- La guerre a porté un coup terrible à cette industrie en France. En 1920, l’im ortation était tombée à 58700 t . dont i8g t. venant des colonies françaises, en fait de 1 Indo-Chine seule La France a de ce chef payé i5o millions de francs aux Anglo-Indiens et 92 I 5oo fr. seulement à l'Inio-Chine. La culture du jute trouve de bonnes conditions climatériques en Indo-Chine, mais, comme elle est peu rémunératrice, les indigènes la délaissent.
- La vraie solution pour la France consiste à développer dans ses possessions les cultures de remplacement : da ou chanvre de Guinée; une espèce à’Hibiscus, dite jute syrien, dans la région d’Alep; paca de Madagascar, etc.
- Les récoltes de France en 1924. — Nous avons récemment publié (n° 2646) les résultats de la récolte de blé. Voici ceux des cultures diverses que communique l’Office des renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture. On a indiqué entre parenthèses les chiffres de 192 ! à titre de comparaison.
- Quintaux
- 1924 1923
- Sarrasin 4.23 1.5fio (3.2^0.9'ü)
- Maïs en grains 4.600.23o (3.219.100)
- Millet 118.5-20 (72.5oo)
- Haricots secs 1.011.480 (625.35o)
- Lentilles 42.3go (42..85)
- Pois secs 169.040 1173.73o)
- Fèves 471.710 1407.83o)
- Féveroles 35 3.270 (137.010)
- Pommes de terre 1 55.125.4 0 (99.1 > 6.8 - 0)
- Topinambours 21.178.930 ( 1 2.99’.o5o)
- Betteraves à sucre .... 51.377 600 (37.870.280)
- Betteraves de distillerie. . 7.401.710 (6.694.020)
- Betteraves fourragères . . Rulabagas et. navets fourtv- 222.647.780 (175 867.960J
- gers 38.264.8io (î5 060.700)
- Choux fourragers Prairies artificielles (trèfle, 67.680.23o (07.084.3 20)
- luzerne, sainfoin). . . . 121.407.3oo (113.991.670)
- Prairies temporaires . . . 15.082.700 (12.023.000)
- Fourrages verts annuels . Ti7.45t.880 191 .66 <. 120)
- Prés naturels 175.312.800 (166 5oo.o3o)
- Tabac 244.8ot (n5i.583)
- Comme on le voit, presque toutes les productions sont plus abondantes que celles de l’année précédente.
- Nouvelles de 7\ S, T. 'S'S-gfc
- Essais de retransmissions. — Le poste de Radio-Paris a effectué plusieurs essais de retransmission des émissions du poste anglais de Chelmsford Ces essais avaient lieu après 22 heures et ont dû certainement fort intéresser les amateurs qui ne possèdent pas un poste récepteur assez puissant pour écouter directement les émissions anglaises.
- Nouvelles émissions radiophoniques. — La T. S. F. Moderne indique que le poste « Radio-Lyon » serait le poste Radiola qui était autrefois installé à Radiola. La station émet sous 483 m. L’horaire des émissions est le suivant : 12 h., 17 h. 15, 20 h. 3o.
- Le poste radiophonique d’Agen a fait quelques essais sur 34o m., vers 19 h. 3o. Ces émissions sont souvent troublées par celles des postes allemands.
- Communications transatlantiques sur ondes trèi courtes. — M. Pierre Louis, l’amateur bien connu d’Orléans, a réussi à établir une communication bilatérale avec le poste américain U8BC à l’aide d’une puissance inférieure à 80 watts. Les longueurs d’onde employées étaient de 38 et 40 m. seulement. C’est la première fois qu’une longueur d’onde aussi courte a permis d’établir une communication bilatérale à si grande distance (5ooo km.).
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Travaux publics
- Le goudronnage des routes au moyen de goudron déshydraté système Wilton. — Le problème de la « Route » est bien plus un problème financier qu’un problème technique, attendu, en effet, que nos différents budgets routiers actuels ne permettent pas de faire les dépenses qu’exigent notamment les pavages, les chaussées bétonnées ou les revêtements bitumeux sur bétons qui ont, au cours de ces dernières années et un peu partout, fait ou montré leurs preuves.
- Sans doute l’entretien de ces sortes de revêtements est peu onéreux tant qu’ils sont en parfait état d’emploi, mais leur prix de première exécution est le plus souvent prohibitif, d où cette impossibilité d’en généraliser l’utilisation autant qu’il conviendrait.
- Cependant le problème ne paraît pas être insoluble, car il n’y a pas que les revêtements spéciaux d’un prix élevé qui peuvent donner à la route les qualités requises pour la circulation automobile actuelle, et même future.
- Puisqu’il est reconnu que le macadam ordinaire est, comme frais de premier établissement, le revêtement économique par excellence, mais qu’il est, par la suite, trop coûteux d’entretien, parce qu’il n’est pas à même
- bestiaux, pouvant s’altérer dans les fossés des routes, sont de ceux que réclament le plus nos industries de paix et celles de guerre.
- Toufgfois ce que nos usines à gai n’ont pas fait, quelques entreprises de goudronnage ont tenté de le faire; elles ont essayé la déshydratation préalable au moyen de dispositifs parmi lesquels il y a lieu de retenir celui dû à l’ingénieur anglais Wilton.
- Le principe de ce procédé consiste à traiter d’une façon continue le goudron en masses très faibles et à une pression telle que les vapeurs d’eau ou de benzol ne puissent se dégager; on laisse ensuite tomber la pression dans une boîte de détente; les vapeurs se dégagent et sont condensées et recueillies d’une part, tandis que le goudron déshydraté et disséminé s’écoule d’autre part, prêt à être utilisé.
- Le fait d’opérer sous pression vers 1700 produit un véritable « cracking » en sorte que le rendement en huiles légères du procédé Wilton est nettement supérieur à celui des autres procédés, et le goudron obtenu se rapproche davantage du brai.
- Une telle installation peut d’ailleurs être considérée comme un premier pas vers la distillation complète; elle est comprise de manière que plus tard, si l’importance de l'usine à gaz le justifie, l’on puisse facilement
- Serpentin distillatoire Boîte de détente RéchaufPeup Réfrigérant Séparateur Bac dàlimentation Pompe daliment0.11 Epurateur
- Fig. 1. — Schéma de la déshydratation des goudrons par le procédé Wilton.
- de résister à la circulation automobile, la solution consiste donc à l’améliorer afin de lui donner les qualités d’un des revêtements modernes indiqués plus haut.
- Il est avéré qu’un goudronnage superficiel parfaitement exécuté, sur un macadam neuf, avec du goudron bien approprié, conserve cette chaussée en bon état durant plusieurs années, si le goudron forme une couche bitumineuse en surface, et si ce tapis ou feutrage superficiel est soigneusement entretenu et renouvelé chaque année La pratique montre que la dépense n’est point aussi élevée que l’ou pourrait le croire.
- Mais les professionnels, ingénieurs ou architectes-voyers savent que le goudronnage est malgré tout une opération délicate et même difficile à réaliser, et que c’est également une erreur de penser que l’on peut en toutes circonstances obtenir d’excellents résultats avec n’importe quel goudron d’usines à gaz. En général, ces goudrons bruts se saponifient, et s’ils peuvent atténuer la formation de la poussière, ils ne suppriment pas la boue, dans la plupart des cas. Parfois aussi ils sont nuisibles à la végétation.
- Il est donc nécessaire, pour obtenir un bon résultat, de remplacer, dans les travaux de construction de chaussées rurales ou urbaines, le goudron et même les brais de houille, d’ailleurs fort sensibles aux variations de températures, par des produits également de grande résistance, de même prix sinon moins coûteux, anti-boueux et antipoussiéreux, enfin sans effet nuisible sur la végétation.
- Jusqu’ici les gaziers français ne se sont pas préoccupés de mettre sur le marché un goudron préparé spécialement en vue de ce nouveau débouché : la route. Outre le grave défaut de n’avoir avec le goudron ordinaire qu’une chaussée de durée très faible, on perdait aussi 10 à 3o pour ioo de constituants de grande valeur marchande, en partie par évaporation, en partie par entraînement avec les eaux de pluie. Or, ces produits, s’ils sont nocifs pour la culture comme aussi pour les
- ajouter, aux unités existantes, les appareils permettant le traitement complet des goudrons.
- L’appareil fonctionne pratiquement sans surveillance avec une consommation insignifiante de combustible et les eaux ammoniacales recueillies ne sont jamais chargées de goudron. En tout cas, l’absence de tout danger d’incendie réside dans la faible masse de goudron en circulation dans l’appareil, ce qui n’est pas un des moindres avantages pour les gaziers et pour les distillateurs.
- On peut utiliser l’appareil, soit seulement pendant les heures de jour, soit jour et nuit, d’une façon continue, suivant l’importance des besoins. Selon le nombre des condenseurs installés, on peut pousser beaucoup plus loin le fractionnement de la distillaûon Autrement dit, une installation peut être prévue pour différentes puissances et répondre aux cas suivants : i° Déshydratation du goudron; a0 DébeDzolage des huiles de lavage;
- 3e Premier fractionnement des huiles de créosote;
- 4” Premier fractionnement des huiles minérales.
- Le fonctionnement général d’une installation est le suivant : le goudron brut traverse les appareils, refoulé par une pompe qu’indique le schéma d’ensemble (fig. 1). Il passe d’abord dans l’économiseur où le goudron déjà traité lui cède sa chaleur; il entre ensuite à la partie inférieure d’un serpentin qui sert de cornue distillatoire. Le chauffage est assuré au moyen d’un foyer Wilton alimenté au poussier. Grâce à sa circulation rapide ascendante et sous pression, dans un espace aussi réduit, il êst impossible qu’aucun bouchage par le brai se produise.
- Le goudron sort du serpentin à la température et à la pression nécessaires pour obtenir les fractions que l’on désire ; il entre alors dans la boîte de vapeur où une détente se produit; l’eau et les huiles se séparent et leurs vapeurs sont dirigées vers les condenseurs disposés de façon à séparer tous les fractionnements voulus. Par gravité, le goudron déshydraté se rend de la
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- boîte de vapeur aux économiseurs, et de là aux dépôts.
- Les différentes unités sont étudiées pour toute production à partir de 4^o litres à l’heure ; elles peuvent séparer jusqu’à 5o pour ioo d’eau et d’huiles légères.
- Il est probable que le service des Ponts et Chaussées imposera prochainement l’emploi d’appareils de déshydratation, car actuellement les essais de goudronnage sont suivis scientifiquement et donnent lieu à des prélèvements et à des analyses des produits mis en oeuvre. L’administration française arrivera sans doute à réclamer des conditions-types dans ses cahiers des charges comme cela existe depuis longtemps à l'étranger.
- Nous donnons ci-dessous des analyses de goudrons obtenus avec le procédé Wilton en regard de la spécification-type anglaise. M. Bousquet.
- Ponls et ('.haussées. Turnbridae Wells.'" Waltham Crocs. Aldcrshot.
- Densité 1ir9 à 1,24 I ,012 1 t T 9 7 Traces 1,190
- Eau Moins de 1 0/0 —
- Distillation frac-
- tionnée du gou-dron d é s li t-draté :
- Fraction 1700. Moins de 2 0/0 I , 10 r,i8 T ,
- ' I7O-27O .2 à 18 0/0 11,195 iS,o8 10,
- Carbone libre . Supérieur à 16 0/0 3o, 5 '9-92 i;.
- Ammoniaque. . Moins de 70 millig 24, 86, 14,
- Phénols o5, 24, 72,
- Déshydratation des goud?ons par le procédé Wilton : Société Wilton pour l’exploitation des procédés chimiques et foyers brevetés, 2 33, boulevard Antoine-Gauthier, à Bordeaux (Gironde).
- L’ensemble est d’ailleurs peu encombrant. Ea retirant les nœuds des cylindres, on glisse le petit tube dans le
- Fig. 3. — Prise de l’appareil.
- plus grand, les encoches face à face et l’on enroule à l’intérieur, en spirales, la corde que l’on pousse à fond au fur et à mesure. Deux couvercles terminent l’appa-
- Fig. 4. — Exercices d’assouplissement exécutés avec le « Soupless X ».
- Tîygiene
- Le « Soupless X ». — La pratique des exercices de gymnastique est des plus salutaires, non seulement pour le développement de l’organisme, pour la rectification des anatomies disgracieuses, mais encore pour l’entretien de la santé chez l’homme bien portant. Il existe divers exerciseurs dont la plupart sont basés sik l’élasticité de cordes en caoutchouc ; ils ont l’inconvénient, à la longue, de se détendre et ne peuvent permettre la graduation raisonnée des exercices
- Au Concours Lépine se trouvait exposé un appareil de gymnastique original, peu encombrant et tout à fait rationnel. Il est simplement composé de deux cylindres creux, comportant chacun des fentes longitudinales sur la moitié de sa longueur. Ou engage dans ces fentes une cordelette qui est préparée avec un certain nombre de nœuds. En plaçant cette corde de manière que le cylindre se trouve dans le creux de la main et que la corde passe entre 1 index et le doigt du milieu, on peut maintenirles mains à un écartement bien déterminé et effectuer ainsi les divers exercices d’assouplissement qu’une notice détaillée établie par l’inventeur de l’appareil, explique à ceux que ces exercices intéressent.
- La pratique journalière, matin et soir, de cet appareil pendant quelques minutes, redresse les dos ronds, remédie aux déformations de la colonne vertébrale et empêche les gens d’âge de prendre du ventre.
- Tous les mouvements de gymnastique suédoise gagnent à être exécutés avec l’appareil en main, pour avoir plus de précision et de force. On gradue les exercices en enfilant la corde dans des nœuds successivement plus rapprochés, ce qui augmente la difficulté des mouvements.
- Les appareils ont une longueur de corde plus ou moins importante suivant la dimension du sujet, que Fou mesure les bras en croix, entre les points de jonction de chaque index avec chaque doigt du milieu.
- reil que l’on peut facilement placer dans un sac, dans une poche, dans une valise.
- Le « Soupless X » est en vente i5, rue Monge, Paris.
- Objets utiles
- Porte-bouteille Pratico. — Ce petit appareil est constitué par une sorte de coulot en sangle, formé de deux croisillons et par quatre montants assemblés dans le haut par une couronne. Dans cette calotte on introduit le fond de la bouteille à transporter. Les deux bras de sangle comportent un anneau qui peut coulisser et qui vient coiffer le goulot de la bouteille, de façon que celle-ci se trouve maintenue bien verticalement quand on la porte par la poignée.
- Ce système extrêmement simple permet de porter sans embarras un litre ou une bouteille; il laissera confier les commissions ménagères à un enfant sans crainte que le bris d’une bouteille ou d’un litre porté dans les bras occasionne un accident grave à la suite d’une chute. En portant une bouteille séparément on évitera
- également le contact malodo- „. t , , ...
- rant d’une bouteille de pétrole 5; ~ ue 1
- ou d’essence avec les provi- " .A r
- sions contenues dans un panier. Enfin le porte-bouteille lui-même peut se plier et mettre en poche pour rapporter le soir une bouteille de liquide quelconque. Cette monture est aussi tout indiquée pour le touriste et dans ce cas un modèle plus robuste comme tissu est prévu.
- Ainsi que nous le disions plus haut, l’usage d’un porte-bouteille de ce genre est presque indispensable pour les ménagères, surtout dans les quartiers populeux où souvent de très jeunes enfants sont chargés de com missions et risquent de se blesser atrocement par suite d’une chute et du bris du récipient lorsqu’ils sont chargés d’une bouteille ou d’un litre.
- Constructeur : L. Favrot et Cie, 28, rue Serpente, Paris.
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- VARIETES
- L'UTILISAT ION DES FRUITS SAUVAGES : LES BAIES DE GENIÈVRE
- Le ^genévrier commun (Juniperus commuais). Coni- [ fères, qui produit ces fruits, porte aussi, selon les régions, les noms de Péterot, Pétrot, Potron. Dans le Nord, c’est un arbrisseau toujours vert, souvent buis-sonnant, pouvant atteindre, parfois, jusqu’à 3 m. de hauteur ; il est très répandu dans les landes, les bruyères, les forêts, sur les coteaux pierreux et dénudés. Dans les jardins et les parcs du Midi il forme un arbre de 5 à 6 m. de hauteur et son tronc peut acquérir de o m. io à o m. 3o de diamètre.
- Description. — Ces fruits, appelés improprement baies, sont formés par les chatons femelles réunis en cônes dont chacun est constitué par trois écailles soudées ensemble après la fécondation, contenant trois ovules qui se convertissent en graines osseuses de la grosseur d’un pois. Les fruits sont verts pendant les deux années de leur développement, et ce n’est qu’après ce délai qu’ils mûrissent et prennent, alors, la coloration bleu noir à maturité complète. C’est pour cette raison qu’on voit toujours sur le même pied des fruits verts et des fruits mûrs.
- La saveur de leur pulpe assez molle, à la fois douce, amère et aromatique, dépend de leur composition qui renferme une huile essentielle, à fonctions d’éthers d’alcools terpéniques, un glucoside : la junipérine, jusqu’à 3o à 35 pour ioo de sucre, une petite quantité de résine et d’acides malique et acétique, etc.
- Récolte. — Elle a lieu dans les mois d’octobre et de novembre en ne cueillant seulement que les baies bien mûres, de nuance bleu noirâtre, et luisantes. On les étend en couches minces sur des elaies très serrées, dans un grenier ou un séchoir en ayant soin de les remuer souvent pour éviter toute moisissure. Leur dessiccation cause toujours la perte d’une partie de leur arôme et de leurs propriétés médicinales. On les conserve dans des sacs ou dans des caisses fermées par une toile métallique à mailles serrées, et on les place dans un endroit bien aéré.
- Utilisation. — Basés sur les propriétés aromatiques, stimulantes, stomachiques, digestives, toniques, etc., de ces baies, leurs emplois sont assez nombreux dans l'alimentation humaine, la liquoristerie et la médecine.
- Alimentation humaine. — Les baies n’y figurent guère que comme condiments pour accompagner la choucroute ou quelques petits gibiers à plumes, principalement les grives On s’en sert aussi pour le fumage des jambons au-dessous desquels on les brûle dans des chambres spéciales. Quant à l’alimentation animale elle n’existe que pour les oiseaux de basse-cour qui en sont friands et dont elles parfument la chair.
- C’est surtout à titre d’adjuvants qu’elles entrent dans la préparation d’un grand nombre de boissons économiques, soit seules comme pour la genevrette, soit en mélange avec plusieurs fruits à la dose de ioo gr. environ, par hectolitre. Ces baies les rendent non seulement plus agréables, mais elles contribuent aussi à assurer leur conservation. La plus connue de ces boissons est la genevrette dont voici la préparation.
- Genevrette — Il en existe deux sortes : l’une simple, l’autre composée. La première, qui ne comporte que les baies de genévrier seules, a été remplacée depuis longtemps par la seconde. Il en existe plusieurs recettes, celle-ci est une des meilleures.
- On prend pour un hectolitre 4° litres de baies, 4o litres d’orge et i kg 5oo de fruits sauvages, de préférence cependant des pommes et des poires. On met l’orge dans une chaudière avec une quantité d’eau suffisante pour la recouvrir; on chauffe à feu vif et on fait jeter 3 à 4 bouillons. On y ajoute alors les genièvres et les fruits, on porte de nouveau à l’ébullition, puis on verse le tout dans un fût contenant déjà 5o litres d’eau potable et l’on parfait le volume de l’hectolitre On abandonne à la fermentation et quand elle est presque terminée on soutire dans un. fût légèrement méché, on passe les substances sur un tamis, on réunit ce liquide au premier, on complète les ioo litres, on colle, s’il y a lieu, et I on consomme de suite.
- Dans certaines régions, lorsque la fermentation est achevée, on tire le liquide et, dès le second jour, on remplace par de l’eau potable le liquide qu’on a enlevé;
- on continue jusqu’à ce que le liquide n’ait plus de goût. Ailleurs, on fait avec les baies torréfiées mélangées à l’orge une excellente boisson de ménage.
- Liquoristerie. — Les baies de genièvre servent à la préparation d’une eau distillée, d’un esprit, d’un ratafia, d’un vin et surtout à la fabrication du spiritueux si répandu aujourd’hui, le genièvre Les trois derniers présentant le plus d’intérêt, je vais donner pour chacun d’eux une recette choisie entre les meilleures.
- Ratafia :
- Baies de genièvre . . 5oo grammes.
- Cannelle.............. i5 —
- Girofle ...... 5 —
- Muscade................ 5 —
- Alcool à 900........... a litres.
- Sucre. ....... 3 kg
- Eau potable............ a litres 1/2.
- On choisit des baies récentes et bien mûres qu’on laisse entières et on les met macérer 43 heures dans l’alcool. On soutire celui-ci, on fait infuser les baies dans un litre d’eau chaude à 5g° durant 12 heures et on passe sans expression On réunit ces deux liquides, on y fait macérer i5 jours les trois aromates, on passe et on filtre. On fait, d’autre part, avec le sucre et l’eau un sirop clarifié qu’on mélange avec le liquide alcoolique et l’on met en bouteilles.
- Vin. — Il ne faut pas le confondre avec le vin de genièvre diurétique à base de vin blanc et dans lequel
- entre du nitrate de potasse :
- Baies de genièvre .... 1 kg
- Sucre....................... 1 kg 5oo
- Eau potable..................10 litres.
- On prend des baies fraîches et bien mûres qu’on écrase et délaie dans l’eau portée entre 4o° et 4^, on y ajoute le sucre et ii5 gr. de levure de grain, on brasse fortement le tout et on l’abandonne à la fermentation. On peut aussi l’aromatiser pour la quantité ci-dessus avec 25 gr. de graines de coriandre concassées ou i5 gr. de racines d’angéliqüe incisées.
- Quand le vin s’est éclairci, on le soutire dans une petite tourie pour qu’il achève sa fermentation, puis on le met en bouteilles après l’avoir filtré, s’il en est besoin. Ce vin" est agréable à boire quand on peut le garder pendant un an au moins, en fût, et quelques mois en bouteilles,
- Genièvre. — L’eau-de-vie qui porte ce nom constitue un spiritueux beaucoup plus répandu dans les pays septentrionaux, notamment en Angleterre, sous le nom de « gin », que chez nous où sa fabrication est, cependant, assez importante pour être l’objet d’une réglementation particulière.
- Bien qu’il en existe plusieurs recettes à l’étranger, le genièvre est toujours de l’eau-de-vie de grains préparée avec de l’orge maltée, de l’orge entière, du seigle, de l’avoine ou même du maïs. Ces diverses sortes de grains sont employées en proportions convenables et sacchari-fiées au moyen de la dijastase. La fermentation terminée, on distille le liquide. Dans l’eau-de-vie obtenue on met infuser des baies de genièvre (mais pas toujours), et on la soumet à une rectification qui en relève le degré alcoolique. On parfume parfois aussi cette eau-de-vie avec de l’anis, du cumin ou d’autres graines, selon le goût du consommateur.
- La marque la plus estimée est le « Schiedam », genièvre hollandais, à base d’orge fermentée avec des baies et distillé avec le plus grand soin
- En France, d’après le décret du 19 août 1921, Titre III, Eaux-de-vie, Art. 6. La dénomination de « genièvre » est réservée à l’eau-de-vie obtenue dans les conditions prévues à l’article 15 de la loi du 3o mars 1902, par la distillation simple, en présence des baies de genièvre, du moût fermenté de seigle, de blé, d’orge ou d’avoine. Toutefois, le même décret admet, en ce qui concerne ce spiritueux, les trois dénominations suivantes relatives à sa vente :
- i° Genièvre (celle qui précède) ; 20 Genièvre fantaisie : mélange de genièvre et d’alcool neutre ou d’esprit de vin (ce mélange ne doit devoir sa saveur qu’au genièvre
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- qu’il contient; 3° Genièvre artificiel : mélange de génievre et d’alcool neutre dont la saveur a été renforcée par addition d’essences, ou d’alcool neutre seulement aromatisé avec des essences ou distillé sur des baies de genièvre.
- Emplois médicinaux. — Les parties employées du génévrier sont : le bois comme sudorifique et antisyphilitique, les féuilles et sommités comme purgatives ;
- les baies comme stomachiques et diurétiques. Les baies servent à préparer des fumigations pour assainir les appartements, une infusion, 20 gr. par litre et un vin diurétique.
- Dans les hautes vallées de la Durance on en fabrique un extrait qui remplace le miel et sert à aromatiser les tisanes. Les Lapons boivent l’infusion de baies de genièvre chaude à l’instar du thé. A. Tbuellk.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Contre les vers de bouchons. — Plusieurs lecteurs ont répondu à la question posée dans, le n° 2645 du i3 décembre.
- Mme Claverie nous a écrit : <c La seule façon que je connaisse et que j’ai essayée maintes fois est simplement de faire bouillir dans de l’eau, une demi-heure au moins, les bouchons, quelques heures avant de les employer. En les retirant de l'eau, on les met à tremper dans de l’alcool à 900 ou dans de l’eau-de-vie jusqu’au moment de les employer. Il faut les employer dans la journée où où ils ont bouilli. Ainsi préparés, si l’on met de la cire à cacheter et qu’on bouche les bouteilles, ils peuvent rester intacts des années. Pour la consommation courante je ne mets même pas de cire. »
- M. Schaefer nous a indiqué une recette en partie différente : « Le moyen pour remédier à cet accident est d’une simplicité très grande et en outre peu coûteux.
- a Les bouchons bien bouillis et mis chauds sont placés d’après la méthode habituelle. Ensuite les goulots sont trempés dans un lait de ciment, une légère pellieule de ciment reste fixée et se durcit. Votre bouchon est désormais à l’abri. Pour déboucher lors de l’emploi, un petit coup d’un marteau de bijouterie détache très bien cette enveloppe protectrice et le bouchon vient sans dommage. Le peu de ciment qui reste ne nuit pas lors d’un nouvel usage de la bouteille. J’emploie ce moyen depuis toujours, après l’avoir reçu d’un vieil oncle grand amateur de bons vins qui, lui, pratique ce système depuis plus de 25 ans. On peut cimenter sur des bouteilles peu attaquées, mais si le vin est de valeur, il vaut mieux rebouchonner. »
- Enfin, M. le Dr Legras a signalé quelques précautions à prendre pour le casier à bouteilles : « En ce qui concerne les bouteilles nouvellement bouchées, les placer dans un casier métallique désinfecté par la flamme d une lampe à souder et dont les 4 pieds trempent dans des récipients contenant du pétrole ou de l’huile à brûler. »
- Etiquettes de jardin. — A qui de nous n’est-il pas arrivé, lorsque nous voulions lire le nom d’une plante, de nous trouver en face d’un bois pourri, d’une dénomination effacée ? Certains systèmes sont certainement efficaces, mais non à la portée de l’amateur. La plaque émaillée nous semble la meilleure, mais, presque seul, l’Etat fastueux peut se permettre un tel luxe. Le genre, la famille peuvent mériter, dans une Ecole, de telles étiquettes; mais quelques dizaines de variétés de rosiers, de dahlias, et autres plantes, ne supportent pas la coûteuse plaque d’émail. Le tube de verre soudé au feu, puis, après introduction de l’étiquette, manié à la flamme pour former boucle d’attache, demande du temps et une certaine habileté dans le maniement du verre. La fragilité de cette matière nous fera rejeter, aussi, le tube dans lequel on glisse le nom à protéger et que l’on ferme, ensuite, à ses deux extrémités par un bouchon. Le jardinier de profession qui veut un travail rapide se contentera de l’étiquette en bois ; s’il est plus soigneux, de l’étiquette en zinc. Nous disons « s’il est plus soigneux », car, avant d’écrire sur le métal, il devra le laver soigneusement pour enlever l’oxyde qui se forme à sa Burface et qui, d’ailleurs, se reformera par la suite et effacera l’écriture tracée avec une encre spéciale. Pour éviter cette oxydation, on a préconisé, très ingénieusement, de plonger la plaque dans une dissolution de celluloïd dans l’acétone, mélange dangereux, coûteux et s’évaporant facilement. Une personne habile et prudente peut tirer grand profit, cependant, de ce conseil.
- Un moyen assez curieux a été conseillé; c’est celui d écrire les renseignements désirés sur un bristol relativement épais ; l’encre de Chine est l’encre requise. On plonge, ensuite, l’étiquette dans de l’huile de lin; quand le bristol est complètement imprégné, on suspend l’étiquette qui égoutte; au bout de trois ou quatre jours, l'huile siccative étant sèche à la surface, on met l’étiquette en place. Ce travail est sale, long, le résultat est ‘mauvais dans le temps, car l’oxydation, continuant son effet, durcit l’huile siccative à ce point, au bout de quelques mois, que le bristol casse comme du verre. Jusqu’à ce qu’une autre personne veuille bien nous donner un moyen plus efficace, nous préconisons la méthode suivante. Faire dissoudre, au bain-marie, 4o gr. de paraffine dans 100 gr. d’essence de térébenthine et, cela, dans un flacon à large ouverture. Quand la dissolution est totale, y plonger le bristol ou l’étiquette en bois, sur lesquels on aura fait son inscription à l’encre de Chine. L’essence de térébenthine servira de véhicule parfait pour amener la paraffine aux fibres les plus internes du bristol et du bois; cette dernière étiquette devra rester plus longtemps dans le mélange qui sera aussi chaud que possible. Quelques secondes après avoir été retirées du bain, les étiquettes peuvent être suspendues au lieu voulu par un fil de fer galvauisé. Le flacon retiré du bain-marie verra son contenu se prendre en masse et prêt à reservir en cas de besoin. La chaleur solaire, le froid, l’humidité, la pluie sont sans effet sur des étiquettes ainsi traitées. Jacques Makuni,
- Docteur en Pharmacie.
- La soudure de l’aluminium. —La soudure de l’aluminium a occupé et occupe encore bien des cerveaux de techniciens, et le nombre des brevets pris sur la question n’a fait que s’accroître depuis que les applications de l’aluminium, dans l’économie domestique et dans les industries les plus diverses, ont augmenté elles-mêmes.
- Dans bien des cas, il s’agit de céments plutôt que de soudures proprement dites, qui ne résolvent le problème que bien incomplètement et bien imparfaitement. La difficulté principale de la soudure de l’aluminium consiste en la formation à la surface de l’aluminium d’une couche d’alumine qui est mince et terriblement tenace : elle empêche le contact entre le métal qui sert de soudure et l’aluminium sous-jacent.
- Une autre difficulté dans la soudure de l’aluminium est la suivante :
- Les métaux qui servent à souder l’aluminium forment avec ce dernier un couple qui diminue la durée de la soudure, et cela d’autant plus que sera grande la force électromotrice de contact.
- La plupart des alliages les plus divers que l’on vend pour la soudure de l’aluminium sont à base d’étain ; on les emploie avec ou sans flux.
- D’autres soudures constituent des pâtes ou céments qui donnent des soudures, n’ayant de soudure que le nom.
- On a bien constitué des alliages d’aluminium et d’autres métaux.
- Mais la preuve que le problème n’a été que bien imparfaitement résolu, c’est que la Deutsche Gesellschaf t für Metalkunde a offert, en 1921, un prix qui a été décerné en 1923, pour la meilleure soudure d’aluminium.
- C’eBt l'Aktien. Ges. für Anilin Fab., qui a gagné ce prix en octobre 1924 (cf. Zeit. für Àngewandte Chernie, 1924, 37.532 et Chemical Age, 1924, p. *366).
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- D’après le professeur Bauer, ce n’est pas tant de la nature du mêlai employé que dépend le succès de la soudure de l’aluminium, que de celle du flux décapant.
- Le gagnant de ce concours était un produit dénommé « Sudal » 21, flux qui n attaque nullement la surface de l’aluminium, mais qui dissout l’alumine elle-même. Tel est le cas d’un certain mélange de chlorures alcalins et de chlorure de zinc. Ce dernier dissout les oxydes des métaux contenus dans le métal soudeur; de plus le mélange x Na Cl -(- y K Cl -f- z Zn CD doit avoir un point de fusion inférieur au point de fusion du métal soudeur. (Brevet allemand Appl. 38 008.)
- Avec ce Sudal 21 on peut souder l’aluminium avec du métal soudeur très variable suivant les cas d’espèce :
- Zinc, étaiu, plomb, antimoine, bismuth, cadmium, alliages étain plomb, alliages d’aluminium les plus divers peuvent être employés.
- Pour les points qui doivent supporter des efforts
- considérables, le zinc pur s’impose C’est ainsi qu’on a fait des soudures d’aluminium à aluminium, en bout, qui ont admirablement résiste à des torsions et à des pliages.
- L’étain et ses alliages réussissaient, mais ne valaient pas le zinc.
- Pour la vaisselle en aluminium, les alliages d’aluminium et d’étain s’imposent pour des raisons sanitaires. Malgré les actions électrolytiques, des soudures faites au moyen du flux Sudal 21 ont pu supporter victorieusement 1 action de l’eau salée à 1 pour 100
- Voici la façon dont on emploie le Sudal 21 : on couvre l’endroit à souder d’une pâte aqueuse de Sudal; on chauffe. Le flux fond et 1 aluminium brille d’uu éclat d’argent. Le métal soudeur adhère alors parfaitement. Ou refroidit et on lave le flux à l’eau chaude.
- Avec du soin, un bon choix du métal soudeur, la couleur de-la soudure est la même que celle de l’aluminium.
- Albert Hutjn.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service dp la Boite aux Lettres dp La Natur® oblige 0 limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractèri- d’intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut et.re, en général, répondu immédiatement
- Rectification. — A propos de la preuve de la mort réelle (n° 164')• — M. le professeur Rebello, de l’Institut de Pharmacologie de la Faculté de médecine de Lisbonne, nous écrit :
- « La Nature du 22 novembre dernier a publié dans sa section « Hygiène et Santé » un article du Dr Icard (de Marseille) sous le titre La preuve de la mort réelle par le procédé du séton.
- Le 4 mars 1922, j’ai eu l’honneur de communiqxier à la réunion biologique de Lisbonne (C. R. de la Biologie, t. LXXXVI, p 615) un procédé parfaitement analogue à celui que le Dr Icard vient de rendre public. Cette note préliminaire, après avoir eu la publicité de la Société de Biologie de Paris, sous le titre r.a réaction actuelle des tissus au bleu de bromothymol Une méthode pour le diagnostic de la mort réelle a été développée en deux articles. Un de ceux-ci, Le contrôle de la réaction actuelle des tissus animaux par les fils indicateurs. Une méthode pour le diagnostic de la mort, a paru dans les Archives internationales de pharmacodynamie et de thérapie (Vol XXVI, fasc. V-VI, 1922); l’autre article a été publié la même année dans Archivo de Medicina legal, de Lisbonne (Vol. I, 1922). »
- M. le Dr Icard, à qui nous avons communiqué cette observation, nous répond :
- « Le Dr Silvio Rebello, comme moi, préconise le signe de la sèro-réaction : son travail date de 1922. Or, depuis de longues années j’utilise ce signe dans mes fonctions de médecin certificataire des décès des indigents de la ville de Marseille, bien que ce ne soit qu’en 1919 que j’ai fait ma première communication sur ce signe à la Société de Pathologie comparée communication publiée par les Annales d'Hygiène et de Médecine légale en 1919, c’est-à-dire trois ans avant la publication du mémoire du Dr Silvio Rebello.
- Dans ma communication de 1919, je n’ai pas cru devoir parler de l’emploi du séton, mais la méthode des fils indicateurs pour le diagnostic de la mort a été indiquée par moi, il y a bientôt 3o ans. Vous trouverez la description de cette méthode dans mon livre : La mort réelle et la mort apparente, récompensé par l’Académie des Sciences en 1895, et publié par la maison Alcan en 18Ï7 (page n3 et page 121). J'employai alors les fils passés en séton pour reconnaître la mort réelle en injectant du ferrocyanure de potassium ou de l’iodure de potassium*'; la mort était indiquée par la coloration bleue ou violette que prenait le fil sous l’action de certains réactifs suivant que j’avais injecté du ferrocyanure de potassium ou de l’iodure de potassium, »
- Réponses. —• M. Carlos Aioal de Souza, Sanlos. — Voici les adresses des fabricants des tuyaux en.béton armé décrits dans le n° 2623 de J.a Native.
- i° Ed Zublin et C‘°, 23, rue Fiukma», à Strasbourg; 20 Léon Bilié, ingénieur-constructeur, 37, Graude-Rurq Nogent-sur-Marne (Seine).
- Ii existe aussi deux autreR dispositifs de tuyaux Lès estimés, mais non décrits par moi, parce que certains déjà connus; s’adresser à :
- 3° Aimé Bonna, 75, rue d’Arijou, Paris; 40 Henri Lossier, 1, boulevard Thiers, Argenteuil (Seine).
- Pour le ciment fondu, vous pouvez vous adresser aux firmes ci-dessous :
- 5° Société anonyme des chaux ft ciments de Lafarge et du Teil, à Viviers (Ardèche); 6° Société générale des chaux et ciments, 82, boulevard Saint-Germain, à Paris; 70 Société coloniale des chaux et ciments Port-land de Marseille, à Lestaque (Bouches-du-Rhône) ; 8° Ciment électrique, Bureau d’organisation économique, 12H, rue de Provence, à Paris; 90 Ciment roc-fer, 128, rue Jean-Jaurès à Levallois Perret (Seine).
- M B , à Haïti. — Une invasion de chauves-souris, lorsqu’elle est due à une exces*ive multiplication dans un même lieu, ne peut être 1 abattue que par la chasse directe, notamment par le repérage des nids. Il s’agit probablement de l’espèce dite roussette, très répandue sous les climats tropicaux. En tout cas, le moyen de destruction doit comporter, pour être vraiment pratique, la destruction des nids dans tous les lieux accessibles. Vous pourriez essayer du poison à placer dans les lieux fréquentés par les chauves-souris : appâts empoisonnés avec de la strychnine ou de l’arsenic, pièges placés dans le voisinage des nids. Les mœurs des chauves-souris, sous votre climat, diffèrent de celles des chauves-souris qui vivent dans nos pays. Les grandes chauves-souris ou roussettes, des contrées tropicales, sont frugivores, tandis que celles qui existent sous nos climats sont insectivores et, par conséquent, sont des mammifères utiles.
- La pullulation des chauves-souris, au point d’avoir le caractère d’une véritable invasion, nécessite une chasse organisée, au besoin la chasse au fusil, concurremment avec la destruction des jeunes et des nids.
- M. Dard, à Limonest, Rhône. — La fabrication du silicate de soude consiste à fondre un mélange de sable et de carbonate de soude sec, la réaction suivante se produit :
- t 3 (Si02H~ C0-> NV = Si* O t Na a |- COL
- Le silicate qui sort du four a le même aspect que le verre ordinaire, on le dissout dans l’eau bouillante et il se sépare une certaine quantité de silice, de sorte que le silicate dissous est plus alcalin, cette solution qui marque environ 200 B. est alors concentrée à 35° B., ce qui fait encore déposer une nouvelle quantité de silice. La composition du silicate qui reste définitivement en dissolution est sensiblement celle du métasili-cate Si O3 Na2, .c'est-à-dire celle que vous aviez présumée.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Traité d'Electricité atmosphérique et tellurique, publié sous la direction de E. Mathias, par MM. J. Bosler, Dr P. Loisel, R. Dongier, Ch. Maurajn, G. Girousse, R. M f sis y. i vol. in-8, xx-58o p. avec fig. Edition des Presses Universitaires de France, Paris, 1914. Prix : 40 francs.
- C’est un sujet d’un intérêt passionnant que celui de l’électricité atmosphérique, parce qu’il est intimement lié à tous les phénomènes qui régissent la vie sur notre globe, et parce que, malgré d’immenses travaux, il est encore tout chargé de mystères à élucider, de problèmes à résoudre, et qu’il offre aux chercheurs un vaste champ d’exploration à peine défriché. Mais avant de s’engager dans cette voie il importe de savoir quel est l’état actuel de ce chapitre de la science. Tel est le programme de l’important ouvrage dont M. Mathias, le savant physicien de l’Observatoire du Puy de Dôme, a dirigé la rédaction. C’est le seul ouvrage d’ensemble qui existe actuellement en France sur la question, le beau livre de Chauveau sur l’électricité atmosphérique n’étant pas encore achevé. Voici le plan de l’ouvrage dont chaque chapitre a été écrit par un spécialiste : le champ électrique de l’atmosphère, sa mesure, ses variations, l’ionisation atmosphérique, sa mesure, étude des diverses causes qui le provoquent, étude des courants de conduction, et mesure de la mobilité des ions dans l’air ; la radioactivité de l’air, des roches et des eàux; les décharges électriques dans l’air; feux Saint-Elme, foudre, aurore polaire, avec une étude complète de paratonnerres; l’électricité dans les précipiiations atmosphériques et dans les orages; la propagation des ondes hertziennes et les perturbations naturelles qu’elles subissent; étude des courants telluriques.
- Cent problèmes pratiques de T. S. F., par Hémakdin-quer. 1 vol 161 p., 100 fig. Masson et C10, éditeurs. Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage est en quelque sorte le fruit d’une collaboration entre l’auteur et les lecteurs de La Nature-, les nombreuses questions posées à notre collaborateur de T. S. F. lui ont inspiré l’idée de grouper les principaux problèmes d’ordre pratique qui se posent pour l’amateur installant et utilisant un poste récepteur, et d’en indiquer la solution. Voici les principales questions qui font l’objet de l’ouvrage : Quelle antenne, quel cadre choisir ou construire pour entendre une émission à une distance donnée ? Comment réaliser des appareils d’accord ? Comment améliorer les réceptions sur galène ? Comment choisir le système d’amplificateurs ? Quels sont les avantages des divers systèmes de réception? Choix des accessoires. Emploi des appareils de mesures. Les causes de pannes, etc. Ce petit ouvrage de caractère éminemment pratique nous paraît de nature à rendre de grands services à de nombreux amateurs, en leur permettant de se tirer rapidement d’embarras, dans des cas très nombreux.
- L’électricité à la campagne (Distribution, utilisation), par M. Porchet. 1 vol. i5o p., 6a fig. Hachette, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce petit livre groupe très habilement les notions théoriques élémentaires et les renseignements d’ordre pratique nécessaires pour permettre à tout agriculteur d’utiliser au mieux le courant électrique. Il lui indique comment se fait une installation, et les précautions à prendre, comment on achète du courant et sur quelles bases s’établissent les tarifs. Il examine enfin avec quelques détails les règles administratives qui régissent les distributions électriques et les diverses subventions qui peuvent être accordées aux syndicats de distribution.
- Comment un amateur peut traiter les métaux par le tour, par S. Damien, i vol. 104 p-, 57 fig. Flammarion, éditeur, Paris, 1924- Prix : 5 francs.
- L’auteur, après avoir indiqué les types de tours
- qui peuvent convenir à un amateur, montre comment on tourne une pièce Chaque manœuvre est décrite avec précision : le centrage, la mise au rond, le montage et l’entraînement de la pièce à tourner; le choix des outils; la détermination des angles de coupe; le chariotage; le planage; le finissage; le moletage, etc. Un chapitre spécial est consacré à la confection des outils de tour, à 1 aflûlage de ces outils; il se termine par des exemples de tournage de pièces particulièrement délicates.
- Die Fermente und ihre Wirkungen, par le Prof. Carl Oppenheimer, 5° édition, Georg Thiemer éditeur, Leipzig. Livraisons I, II et III. Pages 1 à 480, grand in-8°. Prix : 1 dollar 60 la livraison.
- La fermentation est connue des hommes depuis des millénaires. Mais ce n’est que bien récemment qu’on est arrivé à se rendre compte à la fois de l’immensité du domaine des ferments et de leur signification. A l’origine on appelait fermentation les réactions qui donnent un dégagement de gaz. Plus tard on a confondu fermentation et putréfaction. Ce n’est guère qu’avec Robiquet qui découvrit, dans les amandes amères, une substance « albuminoïde » capable de dissocier l’amygdaline en acide cyanhydrique et en sucre, que le problème commença à être conçu dans son ampleur. Lavoisier lui-même, en effet, n’avait pas vu dans la fermentation alcoolique autre chose qu’un phénomène purement chimique Plus tard, avec ses théories vitalistes, Pasteur n’admit, dans la fermentation, qu’un phénomène lié à la vie, c’est-à-dire, en somme, le métabolisme des micro-organismes. En 1886 encore, Arthus affirmait que les ferments ne peuvent guère être considérés comme des « substances ». Aujourd’hui, cependant, on ne doute plus que les ferments aient une constitution chimique, bien que celle-ci soit encore loin d’être élucidée. Il est probable cependant qu’elle se rapproche beaucoup des albuminoïdes. Ils doivent donc être considérés comme des substances catalytiques fabriquées par la cellule vivante sans que d’ailleurs leur action soit liée à des phénomènes vitaux proprements dits.
- Telle est la définition à laquelle arrive Cari Oppenheimer dans l’ouvrage considérable qu’il consacre aux ferments et dont la cinquième édition est en train de paraître. Les 3 premières livraisons de cet ouvrage qui contiendra plus de 1600 pages, grand in-8, comprennent la chimie générale des ferments Dans cette partie est inclus le très remarquable chapitre que Richard Kuhn consacre à la chimie physique et à la cinétique des ferments. On juge par là de l’ampleur de cet ouvrage dont la première édition date de a5 ans et qui, comme son auteur le remarque non sans une légitime fierté, a joué et joue encore un rôle dans l’histoire de nos connaissances sur les ferments.
- Etudes histologiques sur les peroxydases animales, par Marcel Prenant, i vol. in-8, iSq p., 9 fig., 1 planche. Archives de Morpologie générale et expérimentale. Doin, Paris. Prix : 20 francs.
- Les ferments oxydants ont été peu étudiés jusqu’ici, bien que d’excellents réactifs permettent de les déceler. L’auteur a examiné leur répartition dans les cellules, à travers toute la série animale et même chez certains végétaux. Il a.ainsi accumulé de nombreux documents fort importants, mais qui ne permettent pas d’attribuer à ces ferments une fonction unique, caractérisant certaines cellules ou certains organes, par exemple l’appareil respiratoire. La conclusion est qu’il existe probablement un très grand nombre de peroxydases, de structures chimiques très diverses et de fonctions non moins variées.
- Que savons-nous de « l’au-delà »? par Henry Dechar-bogne. 1 vol. in-16, 248 p., Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Série d’observations tendant à démontrer que l’âme peut se manifester indépendamment du corps. 11 reste à savoir ce qu’elles v'aleut.
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- LÀ NATURE
- N° 265i
- Supplément.
- 24 Janvier 1925
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- INFORMATIONS
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- V*-.
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- Quelques nouvelles résines synthétiques. — Nous avons déjà signalé la fabrication, à partir de l’urée d’un produit transparent, moulable et ayant certaines propriétés du verre.
- Yoiei, dans le même ordre d’idées, quelques autres réalisations :
- H. John obtient des résines transparentes de condensation du formol, avec la cyanamide de calcium, sans partir de l’urée (qui est toujours assez dispendieuse). Il opère la lixiviation des « fines » de cyanamide de calcium (qui sont des sous-produits de la granulation de la cyanamide pour des buts agricoles) avec de l’eau contenant à saturation de l’anbydride carbonique.
- Cette lixiviation a lieu entre 3o et 4o°.
- On filtre et l’on concentre la solution qui contient enlre autres produits :
- Cyanamide, dicyanodiamide, urée, carbonate de calcium, guanidine, etc.
- On ajoute du formol en quantité voulue ; on obtient ainsi une masse gélatineuse, qui se cornifie par la suite.
- On enlève les sels de calcium, soit avant, soit après la condensation, par l’addition en quantité convenable soit d’acide sulfurique, soit d’acide oxalique. Bien que leur présence, dit-on, ne gêne pas celte condensation.
- Pendant la durée de la condensation, on ajoute de l’acide chlorhydrique, de manière à maintenir une légère acidité.
- On aurait ainsi des produits techniques moins coûteux que ceux obtenus avec l’urée.
- On arrive ainsi en traitant l’acétaldéhyde (obtenue en partant de l’acétylène), par des alcalis, à des résines synthétiques qui seraient, dit-on, intéressantes, et ce, sans addition du coûteux formol.
- Les alcalis doivent agir, dit on, à l’état d’atomisation, sur les aldéhydes atomisées elles-mêmes.
- On fait aussi agir la chaleur sur les aldhéhydes seule, ou sur les produits de condensation desdites, sans ajouter aucun alcali.
- Ces résines sont ensuite durcies et fixées par l’addition d’un composé métallique.
- Ainsi la résine alcaline d’acétaldéhyde, qui se ramollit vers iio°/i5o°, ne se ramollit plus qu’à aoo°, quand on emploie des quantités convenables d’alumine, comme agent de condensation.
- Notons qu’outre l’acétaldehyde, on emploie pratiquement l’aldol, la crotonaldéhyde, etc.
- Le produit connu sous le nom de « Papite » (brevets Moureu et Lepape) est obtenu au moyen de l’aldéhyde acrylique, ou acroléine qui n’est autre que de la glycérine moins deux molécules d’eau.
- CsH805 — a I-I* O = C3H40.
- acroléine
- L’acroléine peut être extraite des sous-produits de savonnerie et de glycérinerie. Elle semble avoir un avenir intéressant. Elle est actuellement manufacturée, dit-on, sur un pied industriel.
- L’acétaldéhyde est actuellement manufacturée en France, par les établissements Kuhlmann, Alais La Camargue, Société d’électrochimie, etc., en Italie par les usines de Darfo-Brescia, en Amérique par la Shavi-nigane Falls, etc., en Allemagne par quelques firmes.
- Elle est vendue sous deux formes :
- Soit sous celle d’acétaldéhyde vraie bouillant à ai0 et transportable en simples bidons ordinaires à pétrole, sauf l’été.
- Soit sous celle d’acétaldéhyde (para) bouillant à no°, et d’un transport dénué de dangers.
- Avec ce dernier produit, une addition de traces, d’un acide minéral fort (sulfurique) suivie d’une distillation, donne le produit bouillant à ax0. Albert Hutin.
- La fabrication du magnésium. — Le magnésium, métal plus léger encore que l’aluminium, a trouvé en ces dernières années, grâce à cette qualité, des usages industriels importants. On l’emploie aujourd’hui à la confection de certaines pièces de moteurs et d’avions.
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- Autrefois le seul usage industriel imp^tab.t du n$gné-sium était son emploi en poudres fabill^rdié^^j®®®11131' mables, notamment pour la photographie instantanée dans les endroits obscurs. Le magnésium brûle avec une belle flamme riche en rayons actiniques. On peut être surpris qu’une substance si facilement inflammable soit utilisée sans autres précautions à bord d’automobiles et surtout à bord d’avions où le moindre risque d’incendie doit être pourchassé. En fait le magnésium ne peut prendre feu que lorsqu’il est en poudre fine ; massif, il ne s’en flamme guère plus aisément que le fer, qui lui-même, à l’état pulvérulent, pi end feu spontanément (fer pyrophorique).
- Ainsi le magnésium n’offre nul danger de combustion, c’est-à-dire d’oxydation rapide. Mais sa grande affinité pour l’oxygène peut faire craindre une tendance à l’oxydation lente, à la corrosion; cependant, comme une telle oxydation doit produire une couche de magnésie, substance inattaquable, on n’aperçoit pas a priori de raison pour que le magnésium soit ün métal plus sensible aux corrosions que l’aluminium qui à la longue, on le sait, se recouvre spontanément dans l’air d’une mince couche protectrice d’alumine.
- Or, dans les premières tentatives d’emploi du magnésium, on constata que ce métal se corrodait avec une redoutable rapidité.
- Cette dangereuse propriété provenait des impuretés incluses dans le métal par suite de son mode de préparation.
- La fabrication du magnésium a été d’abord mise au point en Allemagne, où elle s’opérait par électrolyse du chlorure de magnésium fondu, additionné de chlorure de sodium et de chlorure de potassium fondus, en vue d’obtenir un bain à bas point de fusion.
- Cette méthode, d’une application délicate, laissait dans le métal des impuretés dangereuses, notamment du sodium métallique et des chlorures, ceux-ci capables de dissoudre la magnésie, et par là d’empêcher celle-ci de former une pellicule protectrice.
- L’élimination de ces impuretés dangereuses n’a pu s’effectuer qu’au prix d’un traitement long et coûteux ; e’est alors seulement que le magnésium est entré dans la classe des métaux industriels, mais avec un prix de revient très élevé.
- Un nouveau procédé de fabrication a été récemment mis au point aux Etats-Unis par la American Magnésium Corporation. La qualité et le prix du métal ainsi obtenus laissent entrevoir pour le magnésium une carrière industrielle beaucoup plus vastequel’on n’avaitæpu l’espérer jusqu’alors.
- Ce procédé consiste à électrolyser la magnésie (MgO) mélangée à des fluorures fondus, notamment du fluorure de magnésium. L’électrolyse s’effectue dans un four électrique spécial, dont le revêtement est constitué avec l’électrolyte même, non fondu, qui au contact des parois froides reste à l’état solide. La magnésie est mise dans le bain d’une façon continue ; le magnésium métallique est retiré à une électrode; à l’autre électrode, qui est en charbon, se porte l’oxygène qui s’unissant au carbone se-dégage sous forme d’oxyde de carbone.
- Les réactions qui se produisent au cours de cette électrolyse sont sans doute assez complexes. Mais l’important est le résultat final: le magnésium ainsi obtenu ne contient évidemment ni sodium, ni chlorures, puis-qu’aucune des substances n’était présente dans les matières premières mises en œuvre. e
- L’épuration difficile, nécessaire dans l’ancien procédé, est ici supprimée.
- Le métal obtenu présente en effet une remarquable résistance aux agents de corrosion usuels ; en outre les alcalis sont sans action sur lui, et il résiste même à l’action de l’acide fluorhydrique.
- On étudie actuellement un traitement qui permettra d’obtenir du magnésium et des alliages de magnésium ayant une résistance élevée à l’attaque par l’eau salée.
- L’évolution de nos connaissances sur la structure chimique des matières protéiques. — M. A.
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- INFORMATIONS
- Blanchetière a fait, le 18 novembre dernier à la Société de Chimie Biologique, une conférence remarquablement documentée sur ce sujet important et qui touche de si près aux mécanismes mystérieux de la vie.
- L’expression « matières protéiques » est synonyme de matières albuminoïdes. Ce sont des corps organiques azotés de structure en général très complexe et qui jouent un rôle essentiel dans tous les organismes vivants. Malgré de très nombreux travaux, la lumière n’est pas encore faite entièrement sur leur constitution chimique.
- Voici, résumé, d’après M. Blanchetière, l’état actuel de la question.
- « Nos premières notions positives sur cette structure remontent aux travaux de Schutzenberger, mais les grandes lignes n’ont été définitivement fixées que par les travaux de Curtius et d’Emile Fischer; le premier obtint des chaînes peptidiques de synthèse dont, malheureusement, 1 amino-groupe terminal était bloqué par un benzoyle dont il fut impossible de se débarrasser. E. Fiseher, en substituant au chlorure de benzoyle un chlorure d’acide chloré, réalisa d’abord l’allongement de la chaîne peptidique par l’amino-groupe Puis, ayant obtenu les chlorures de peptides chloracylés, parvint à allonger la chaîne peptidique à la fois par le carboxyle et par l’amino-groupe. Les peptides de synthèse ainsi obtenus s’étant montrés identiques aux peptides isolés de l'hydrolyse ménagée des protéines, nul doute qu’un des modes d'enchaînement était ainsi établi
- Mais, à côté des peptides, on rencontre régulièrement dans les produits d’hydrolyse des diacipipérazines, dont la présence dans la molécule protéique expliquerait un certain nombre de particularités : production d’amides et de nitriles dans la distillation pyrogénée, différences d’action des ferments protéolytiques, mécanisme d’action de ceux-ci, formation d’a-amino-acides et de leurs peptides dans l’organisme animal, formation de l’asparagine et de la glutamine, comportement des protéines vis-à-vis des bases. Il y a donc lieu d’admettre, au moins comme hypothèse de travail, que les protéines sont formées de chaînes peptidiques reliées par des anneaux pipérazines, conformément à une hypothèse émise par Fischer lui-même.
- Récemment, des raisons physiologiques (formation de noyaux pyroliques dans la graine en germination) et chimiques (formation d indol et de scatol dans les produits de réduction de la gliadine) ont amené Trœusegaard à regarder les matières protéiques, non comme des enchaînements peptidiques, mais comme des enchaînements polycliques d’oxypyrrols. Les noyaux, d’oxypyr-rols étant labiles, la formation d’a-amino-acides s'expliquerait par rupture du noyau par hydrolyse. En stabilisant les noyaux par acylation ou alkylation, en se plaçant dans des conditions qui évitent l’hydrolyse, et en réduisant les protéines alkylées ou acylées, on obtient de nombreux noyaux pyrroliques qui doivent préexister dans la molécule primitive. On doit observer toutefois que ce sont les p-oxypyrrols qui conduisent aux a-ami-no-acides et que le noyau pyrrolique n’est labile que dans les a-oxypyrrols. En outre, la fixation d’eau sur ces enchaînements polycycliques conduit à prévoir des indols substitués dans le noyau benzénique, qui n’ont guère été rencontrés dans l’organisme à l’exception, peut-être, de l’oxytryptophane.
- Les groupements secondaires des amino-acides peuvent, dans certains cas, avoir un rôle actif dans la constitution des protéides. Si les w-NH2 et le groupement guanidique restent libres, si les oxhydrydes alcooliques et phénoliques ne paraissent jouer qu’un rôle secondaire, le groupement imidzol parait jouer un rôle important en se combinant, sous forme glucosi-dique, à laBcopule hydrocarbonée, par son atome d’azote imidé. Les thiogroupes ont fait l’objet d’importants t.cavaux, qui paraissent démontrer l’ubiquité du soufre dans la molécule protéique; malgré cela la lumière est loin d’être faite à leur sujet : la cystéine joue un rôle de premier plan, soit soub sa forme réversible cystéine T cystine, soit sous la forme cyclique attribuée par Ward à cette dernière, soit encore sous les formes anhydrides internes mono-moléculaires annoncées par Dixon et Thunnicliffe.
- D’autres formes (thio-acides, thio-peptides, thio-pipé-razines, etc,), sont aussi k prévoir.
- La présence, dans les produits d’hydrolyse, de petites quantités d’ammoniaque et de CO2 s’explique, pour la première, par la présence de groupements amides et, vraisemblablement, de quelques groupes amino-acides et peut-être par des peptides hydantoïnes.
- Enfin, comme le soufre, le phosphore existe sous plusieurs formes, l’une fixe, l’autre facilement enlevable par hydrolyse acide Cette dernière fraction paraît exister sous forme d’éther, toutefois l’éthérification ne porte pas sur la copule hydrocarbonée, puisque la paranucléine obtenue par Reh, et qui renferme la totalité de P de la caséine, ne donne pas la réaction de Molisch.
- Le topinambour et sa transformation en lévulose. — R. S. Jackson et J. Profitt de Y American Chemical Cy (’) ont décrit récemment un procédé permettant de tirer un profit élevé de la culture du topinambour, appelé par les Anglais artichaut de Jérusalem.
- Certains de nos lecteurs ignorent peut-être combien ce tubercule bon marché et souvent déprécié est savoureux. Dans certaines campagnes, on le réserve aux porcs néanmoins. Et cependant, ce tubercule qui a le goût de l’artichaut est excellent, accommodé de la même façon que ce dernier. Il a l’inconvénient, ayant une forme très irrégulière, d’être long à éplucher.
- Mais, d’autre part, il est d une productivité énorme, et il s’accommode des terres les plus médiocres. Une fois dans une terre, il se reproduit sans soins, uniquement par les petits tubercules qui y séjournent.
- Ces tubercules contiennent de io à 12 pour 100 de lévulose, une fois l’inuline convertie en lévulose.
- Les tubercules lavés, râpés, sont acidifiés par de l’acide sulfurique à 10 gr. de S04H2 par litre et chauffés à 700, durant 3o minutes On neutralise alors avec la chaux. On filtre. Ce filtrat a une teneur en lévulose de 60 pour 100. On précipite alors le lévulate de chaux en faisant couler le jus d’un côté, le lait de chaux de l’autre, par fractions équivalentes. On a ainsi un précipité grenu de lévulate de chaux, facile à filtrer. En opérant différemment, on aurait un précipité difficile à filtrer.
- On récupère en lévulate de chaux 85 pour 100 du lévulose contenu dans le topinambour.
- La carbonatation du lévulate de chaux donne un jus à 94 pour 100 de pureté.
- 11 y aurait lieu de poursuivre ces essais, pour les appliquer, s’il y avait lieu, chez nous.
- N’oublions pas qu’il existe aussi, dans nos colonies du nord de 1 Afrique, un rhizome qui croît spontanément. et qui prolifère d’une façon considérable : l’asphodèle. Si nous étions agencés pour en faire une récolte méthodique, pour centraliser les récoltes, pour faire des semis systématiques, nul doute que l’inuline contenue abondamment dans les rhizomes d asphodèle serait utilisable. Aibert Hutin.
- Danger de certaines poudres cosmétiques. — La vieille poudre d’amidon a été détrônée par la poudre de talc moins putrescible et on cherche encore aujourd’hui à trouver des produits remplissant encore mieux le rôle protecteur de ces cosmétiques. On est ainsi arrivé à utiliser des sels minéraux et, entre autres, le stéarate de ziDc. Mais il semble que cette substance ne soit pas sans de très graves inconvénients, au moins chez les nourrissons. A plusieurs reprises, aux Etats-Unis où elle est fréquemment utilisée, on a vu des cas d’intoxication sévère qui se sont terminés 5 fois par une mort, le plus souvent très rapide. Est-ce*le zinc qui agit à lui tout seul ou l’acide stéarique joue-t-il un rôle dans ces phénomènes ;1 C’est ce que nous ignorons encore, toujours est-il qu’il serait préférable de s’en tenir, au moins pour les nourrissons, à la vieille poudre d’amidou fréquemment renouvelée et dont on connaît bien les propriétés tout à fait inoffensives. Il serait également bien utile que toutes les poudres à usages cosmétiques soient soumises aux mêmes règles que les médicaments, c’est-à-dire portent leur formule imprimée sur l’étiquette, car leur destination à l’usage externe n’exclut pas, comme on le voit, une action toxique à 1 égard desquels les adultes ne sont peut-être pas aussi immunisés qu’on le croit.
- 1. Chem. 'Brade. 17 octobre 1924, p. 45ÿ.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- T. S. F.
- L’emploi du Crystavox comme complément des récepteurs à valves. — Nous avons poursuivi pendant un mois, à ioo km de Paris environ, une série d’études concernant le Crystavox.
- Ce sont ces études que nous allons faire connaître aux amateurs.
- Disons tout d’abord qu’en utilisant une antenne en nappe trifilaire de 5o m. de longueur, il nous a été possible de recevoir sur galène et Crystavox : F. L. et Radio-Paris en bon haut-parleur (compréhension nette des paroles à 5 m. du pavillon). De Chlemsford, certains sons étaient audibles dans les mêmes conditions. Nous avons également obtenu les P. T. T. audibles à 3o cm du pavillon à condition d’utiliser à l’accord un Tesla à primaire apériodique, primaire et secondaire constitués par du fil de bronze nu de 3o/io bobiné en cylindre, en l’air, sur carcasse-support d’ébonite, tous autres montages d’accord ne nous ayant rien donné de convenable.
- Désirant obtenir mieux, c’est-à-dire faire du puissant haut-parleur, nous avons combiné le Crystavox avec des montages à lampes.
- Nous en avons utilisé trois avec un plein succès, tous trois avec valves radio-micro alimentées par piles (piles Ilydra spéciales). Nous avons monté : i° une lampe détectrice à réaction; a0 une lampe en réflexe avec détection sur galène ; 3° deux lampes : une détectrice à réaction suivie d’une basse fréquence à transformateurs.
- Le premier dispositif avait été réalisé précédemment en combinaison avec galène ; il nous avait permis, lors d’une conférence donnée à la Garenne-Colombes, de faire entendre les postes parisiens à 5o m. du haut-parleur (sur seule galène, le même soir, l’audition emplissait une salle contenant une centaine de personnes).
- C’est ce premier dispositif combiné que nous allons décrire de préférence, par suite de l’intérêt considérable qu’il présente pour les amateurs.
- Sur un plateau d’ébonite d’environ 20 cm sur 3o cm, avaient été disposés :
- Un système d’accord, réaction à couplage variable à nids d’abeilles interchangeables, le condenssfteur d’accord, le détecteur à galène, une valve et un rhéostat de chauffage combiné permettant d’utiliser soit des lampes ordinaires, soit des valves à faible consommation, un jeu de combinateurs permettant de passer de galène à lampe. Sous le plateau étaient disposés l’ensemble de condensateur-shunté de détection usuel et un conden-
- Fig. 1. — Montage combiné galène ou lampe, avec Crystavox.
- sateur de sortie. A côté de ce plateau et sur le même socle, le Crystavox dont l’alimentation était effectuée par la source de chauffage (dans le cas d’emploi de radio-micro seule, cette source est divisée en deux parties : 4 volts pour le chauffage de la lampe et 3 volts pour le Crystavox, cependant nous avons pu faire fonctionner l’appareil très normalement en n’utilisant que 4 volts communs aux deux appareils).
- Le schéma de montage de cet ensemble eBt représenté par la figure 1.
- Voici les valeurs des divers composants :
- Les inductances L et Ré, d’accord et de réaction, sont des nids montés dans un support spécial bien connu, leur valeur dépend des longueurs d’ondes à recevoir.
- . C’est le condensateur d’accord (à vernier), de un millième.
- Tout autre système accord-réaction peut être utilisé et nous préconiserons volontiers l’emploi de variomètres.
- juujlX
- XBF
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- Fig. 2. — Montage combiné galène ou lampe (dispositif réflexe).
- Dt, détecteur à galène quelconque, l’ensemble C, R est le bloc détecteur, C2, condensateur shunt de 2 millièmes environ.
- On voit un ensemble de quatre distributeurs et d’une clé de mise en service du Crystavox.
- Pour la réception sur galène, K étant fermé, on réalise M,, N,, X,, Ylt et pour réception sur lampe, M2, N„, X9. Ya.
- Remarquons qu’au point de vue commercial, il serait plus simple de remplacer ces multiples distributeurs par deux jacks à combinaisons.
- Nous conseillons également, conseil commun à tous ces montages, de ne pas attaquer directement le Crystavox à la sortie de la valve, car les enroulements de ses électros ne sont pas faits pour subir le courant continu de tension élevée venant de la lampe, mais de disposer à l’entrée du Crystavox un transformateur de rapport 1/1.
- Le troisième dispositif (détectrice plus basse fréquence) est extrêmement simple à réaliser, puisqu’il suffit de compléter celui que nous venons de décrire par une valve montée en basse fréquence à transformateur de rapport i/5.
- Nous ne le conseillons que pour la réalisation de grandes puissances ou de grandes portées, il fait littéralement « hurler j> le Crystavox, qu’il faut alors régler soigneusement pour lui conserver la parfaite pureté qui caractérise son audition.
- Pour la même raison et pour éviter toute déformation, nous ne saurions trop conseiller de toujours se tenir assez loin de l’accrochage.
- Tous ces dispositifs donnant un excès de puissance, on a toute possibilité de la diminuer pour obtenir — ce qui est mieux — une netteté correcte.
- Le second dispositif (Réflexe) est une combinaison des deux précédents, il réalise en effet, avant le Crystavox, deux étages d’amplification sur une seule lampe.
- Sa puissance est comparable à celle du troisième montage, mais il est plus délicat à bien établir et à bien régler, tout au moins au début. .
- Il nous a donné, à la campagne, en bon haut-pai’leur, le poste anglais de Bournemouth (compréhensible à plus de 5 m ).
- Sur la figure 2, LL4 est le système d’accord en Tesla que complètent les capacités C et C, de un millième.
- On peut supprimer C et travailler simplement avec L couplée à Llt c’est-à-dire sur circuit antenne-terre apériodique, circuit bon en particulier pour réception des P. T. T. sur antenne longue (secteur par exemple).
- Les condensateurs C3, Cs et C4 sont de deux millièmes et sont fixes.
- En Dt, est un détecteur, à galène ordinaire, celui-ci est
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- SCIENCE APPLIQUEE
- placé dans un circuit spécial comprenant un transformateur sur haute fréquence Tr H F et une basse fréquence Tr BF.
- Ces deux transformateurs devront être extrêmement soignés, le transfo H. F. adapté aux longueurs d’ondes à recevoir et le B F de rapport i/3 de préférence.
- Le Crystavox est monté comme d’ordinaire, il est bon de le munir d’une clé de coupure d’alimentation et d’un transformateur d’entrée de rapport i/i non représentés.
- Nous pensons que ces dispositifs pourront rendre d’éminents services aux amateurs par leur simplicité, leur faible consommation, leur puissance et leur réglage facile, c’est pourquoi nous avons tenu à les publier.
- J. Roussel,
- Secrétaire Général de la S. F. E. T. S. F,
- *»> Objets utiles
- Ferme-porte automatique à ressort. — On connaît les ferme-portes à frein hydraulique ou à air comprimé, leur pose exige certaines précautions et nécessite un réglage particulier. Un constructeur français a imaginé d’étudier un appareil basé sur un principe nou-
- Fig. 3. — Ferme-porte automatique à ressort.
- veau en se servant du ressort à boudin qui est le plus simple de tous les ressorts. L’appareil assure la fermeture de la porte par un frein à frottement qui se met en action vers la fin de la course de la fermeture et qui donne un ralentissement doux et progressif,
- L appareil comporte donc un dispositif moteur. Il utilise l’extension d’un ressort à boudin qui a été étudié de manière qu’il exerce sur la porte une force constante, qu-1 que soit l’augle d’ouverture de cette dernière. Si l’on veut inverser le système suivant le sens de fermeture de la porte, l’opération est facile et à la portée du monteur ou de l'amateur le plus inexpérimenté.
- Le dispositif retardateur consiste en un frein mécanique qui est mis en œuvre par un galet, agissant sur une commande hélicoïdale, le galet roulant sur une sorte de rail en hélice. Cette commande équilibre à chaque instant l’effort et le freinage grâce à la force vive de la porte. Celle-ci se ferme donc avec une vitesse toujours égale, quelle que soit la poussée qui lui est communiquée ; c’est le pas de l’hélice-frein qui détermine la vitesse de la fermeture.
- L’ensemble de l’appareil est d’une conception originale et l’aspect est d’une grande légèreté ; les pièces mécaniques simples et robustes, qui le constituent, font que son prix de fabrication est réduit. L’appareil ne nécessite jamais aucun réglage, pas même au moment de la pose.
- La disposition du ressort à boudin et du frein ne permet aucune comparaison avec les vulgaires ressorts parfois employés qui sont mal commodes et dont l’action est parfois brutale.
- L’usure du disque frein ne présente aucun inconvénient, car, outre que le disque peut être changé facilement, son épaisseur permet un très long usage et le jeu @e rattrape automatiquement, Tout l’ensemble peut
- rester à découvert comme le représente la figure ou être enfermé dans un carter d’aluminium si on le désire.
- Constructeur : Paul Ollagnon, 6, rue du Chambon, Saint-Etienne.
- Gobelets hygiéniques en papier. — La propreté, l’hygiène et la sécurité exigent qu’on ne devrait boire
- Fig. /,. — Gobelet, <c Yortex » déplié.
- aux fontaines publiques ou aux prises d’eau potable installées dans les ateliers, bureaux, etc., que dans un gobelet en papier aseptisé, individuel, n’ayant jamais servi.
- Le gobelet « Yortex » (fi g. 4) remplit toutes ces conditions ; fabriqué en papier sulfite blanc traité à la paraffine, il ne communique à l’eau ni goût ni odeur. Il est conçu de telle sorte que sa surface interne ne subit aucun contact des doigts.
- Plié pour tenir moins de place (fig. 5), il s’ouvre de
- Fig. 5. — Distributeur de gobelets « Yortex » (oSo pièces).
- façon à demeurer rigide pendant l’usage. Eufin, il reste imperméable durant ?4 heures.
- Fabricant : the Yortex Manufacturing Company, N° 421, Western Avenue, Chicago (U. S.).
- Décrasse-peignes. — Voici un appareil permettant de supprimer les brosses à peignes qui généralement ne donnent pas grande satisfaction.
- Il se compose de fils métalliques qui sont fixés dans deux montures métalliques. Ces montures comportent
- Fig. G. — Décrasse-peignes.
- un trou à leur extrémité, ce qui permet de les enfiler dans un tendeur métallique en ferme d’U évasé.
- En remontant la monture le long des branches, on peut régler la tension des fils et l’on passe le peigne sur cette sorte de grille qui gratte parfaitement l’intérieur des dents.
- Le nettoyage de l’appareil, une fois qu’il a servi, se fait très simplement en le passant dans une flamme. Il est non seulement nettoyé, mais complètement aseptisé et peut resservir sans crainte de contamination.
- Fabricant : Laur, 16, rue Bezout, Paris.
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- VARIETES
- SUPERFICIE ET POPULATION DES CONTRÉES DE LA TERRE
- VERS 1920
- Sous ce titre, M. Henri Bunle, du Service de la sta* tistique générale de la France, a fait à la XV8 Session de l’Institut international de Statistique, à Bruxelles, octobre 1913, une communication dont la valeur documentaire est exceptionnelle.
- Le volume du compte rendu de cette Session vient de paraître et nous retirons des cinquante et quelques pages du texte de M. Bunle les chiffres suivants, faits de clarté, de précision et donnés avec le maximum possible d’exactitude.
- I. Superficie et population de la terre vers 1920.
- Superficie (millions de kilomètres carrés).
- Parties du monde. Vers 1920.
- Europe . . 10.1
- Afrique . . 30.5
- Asie . . 41.9
- Amérique du Nord . . 25.6
- — du Sud . . 18.4
- Océanie . . 11 0
- Ensemble . . . . . 137 5
- Population (millions d’habitants).
- Europe................................ 451
- Afrique.................................. 450
- Asie................................. £56
- Amérique du Nord.............. . . . . 144
- — du Sud......................... 57
- Océanie................................... 09
- Ensemble..........1,819
- 1t. Superficie et population de l’Europe vers 1920.
- Abréviations : R, recensement; F Superficie en kilomètres évaluation. Population Densité en par milliers kilomètre
- Pays carrés d’habitants çarré.
- Royaume-Uni, avec Man. Iles
- anglo-normandes (R. 1921). Danemark avec les Féroë 314,950 47.397 151
- (R. 1921) 44,416 3,288 74
- Islande (R. 1920) 104,785 95 0,9
- Norvège (R. 1920) ..... 323,793 2,649 8,2
- Suède (R 1920) Spilzberg et terres boréales : 448,277 5,904 13
- Jan Mayen, François-Joseph 87,000 — —
- Europe septentrionale. 1,323,221 59,333 45
- Finlande (R. 1920) 577,415 3,364 10,1
- Esthonie (R. 1922) 47,550 1 /H0 23
- Lettonie (E. 1922) 65,791 1,850 28
- Lithuanie (E. 1921) [a] . . . 55,257 2,308 42
- Russie d Europe (R. 1920). . 4.638,591 102)533 22
- Europe orientale. . . 5.184,604 111,165 21
- Pologne (R. 1921) (b). . . . 4-0*5 9 000 28,221 70 ’
- Dantzig, ville libre (R. 1918). Tchéco.-Slovaquie (R. 1921). . 1,920 352 185
- 140,485 13,596 ' 97
- Autriche (R. 1920) ..... 81,879 6,476 79
- Hongrie (R. 1920) 92,720 7,946 86
- Liechtenstein (E. 1916) . . . 159 11 70
- Suisse (R. 1920) 41,298 5,880 94
- Rép. allemande (R. 4919) . . 468,680 59,181 126
- Sarre (territoire) (E. 1919. . 1,921 676 352
- Europe centrale . . . 1,232,395 120,339 98
- Pays-Bas (R. 1920) 34,186 6,811 200
- Luxembourg (R. 1916;. . . . 2,586 264 101
- Belgique (R. 1920) 30,443 7,462 245
- France (R. 1921) 550,986 59,210 71
- Monaco (E. 1922) 1,5 23 15,600
- Europe occidentale . 618,202 53,800 87
- (a) Y compris le territoire de Memel.
- (b) Y compris la région de Wilna, attribuée à la Pologne par la Conférence des Ambassadeurs en mars 1923.
- Pays
- Portugal, avec les Açores, sans
- Madère (II. 1920).........
- Espagne, sans les Canaries et les posses. africaines (II.
- 1920).....................
- Andorre (E. 1899)............
- Gibraltar (II. 1921).........
- Saint-Marin (E. 1919). . . .
- Italie (R. 1921).............
- Fiume, ville libre (E. 1918) .
- Malte (R. 1921)..............
- Albanie (E. 1920)............
- Grèce et Crète (II. 1920). . . Turquie d'Europe (E. 1920) .
- Bulgarie (R. 1920)...........
- Serbie, Croatie, Slovénie (R.
- 1920) ....................
- Roumanie (E. 1915 (c) . . . Thasos (Egypte) (E. 1920) . .
- Europe méridionale .
- Superficie Population Densité
- en en par
- kilomètres milliers kilomètre
- carrés d’habitants carré.
- 91,133 5,834 64
- 497,882 20,881 42
- 452 5 11
- 5 19 3,708
- 61 12 197
- 309,000 38,836 126
- 20 65 5,250
- 501 212 698
- 40,000 1,500 37
- 150,890 5,556 37
- 3,000 1,000 ?)7>7)
- 103,146 4 ,861 47
- 248,987 12,017 48
- 295,142 16,292 55
- 40ïi 12 50
- 1,740,422 107,102 01
- EUROPE . . '.......... 10,098,844 451,739 45
- III Superficie et population de l’Afrique vers 1920.
- Egypte (R. 1917) ......
- Soudan égypto-britannique. . Territoire de Tanger. . . . .
- ! Belges (Congo) (Ev. 1920) Britanniques (Ev. 1921) . Espagnoles (Ev. 1920). . Françaises (Rec. 1921). . Italiennes (Ev. 1921) . . Portugaises (Ev. T920). . Libéria (République,de) . . . Ethiopie ou Abyssinie .... Lacs Tchad, Tanganika et Nyassa......................
- Total...................
- 950,000 12,750 14
- 2,630,000 4,000 1,0
- 600 60 100
- 2,565,000 15,000 7
- 8,787,587 42,563 4,8
- 253,908 678 2,7
- 10,157,225 45,796 5,5
- 2 ,019,000 1,651 0,8
- 2,060,581 7,985 5,9
- 95,400 1,500 10
- 1,120,000 10,000 9
- 75,400 ï) <(
- 30,474,701 131.753 4,3
- IV. Superficie et population de l’Asie vers 1920.
- Russie d’Asie et (protect.) . .
- Turquie d’Asie...............
- Iledjaz......................
- Arabie indépendante..........
- Oman.........................
- Perse........................
- Afghanistan..................
- Possessions britanniques. . .
- Népal........................
- Bhoutan......................
- Possessions portugaises . . . Possessions françaises ....
- Siam.........................
- Chine et pays vassaux. . . . Japon (avec Corée, l-’or-mose), etc...................
- ASIE....................
- 17,098.597 51,313 1
- 913.875 15,465 14
- 441,000 1,050 2
- 2.279,000 l,00:l 0
- 191,000 500 3
- 1,045,000 9,500 6
- 558 ,000 6,300 11
- 5,294,861 531,652 63
- 154,000 5,600 38
- 24,000 300 13
- 4,307 655 152
- 861,555 21,924 26
- 6°0,000 9,022 15
- 11,138,400 445,175 40
- 682,057 77,920 114
- 41,888,452 955,376 23
- V. Superficie et population de l’Amérique vers 1920. A. Amérique du Nord.
- Groënland établissement da-
- nois) (R. 1921) 88,100 14 0,2
- Groënland (Glaciers) .... 2,081,900 )> J)
- Alaska (aux Etats-Unis) (R.
- 1920) Possessions britanniques du "1 ^ *Jt.)0 55 0,01
- Nord (R. 1921) 11,051,528 9,050 0,8
- Saint-Pierre et Miquelon (à la
- France (R. 1921) 240 4 17
- Les cinq grands lacs 245,161 » D
- Région du Nord . . . 14,997,259 9,123 0,6
- (c) Y compris la Bessarabie,
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-
-
-
- VARIETES
- Superficie Population Densité
- en en par
- kilomètres milliers kilomètre
- carrés. d’habitants. carré.
- Elals-Unis (sans Alaska, Porto-
- Rico, Grands Lacs). .... 7,839,582 105,827 14
- Etats-Unis mexicains (E. 1921) 1,987,201 13,888 7
- Guatemala (R. -1921) •. . 109,724 2,005 18
- Honduras britannique (E 1921) 22,270 45 2
- Honduras indépendant (R.1921). 114,070 637 4,6
- Salvador (E. 1921) 21.100 1,400 60
- Nicaragua (R. 1920) .... 128.550 638 5
- Costa-Rica (E. 1920) 48,410 468 10
- Panama (R. 1919) 80.250 401 4,7
- Zone du canal de Panama (aux Etats-Unis) (R. 1920). . . 1,565 23 17
- Région du Sud. . . . 2 519,580 19,505 8
- Cuba (E. 1919) Porto-Rico (aux Etats-Unis) (R 1921) 114,524 .2,889 25
- 8.897 1,300 146
- Républica dominicana (R. 1921) 48,577 897 18
- Haï'i (R. 1919) 28,676 1,631 57
- Indes occid. brilann. (avec Ba-hama etBermüdes.) (E. 1921 ). 51,745 542 1,742 55
- Iles Vierges (E. U.) (R. 1911). 26 76
- Antilles françaises (R. 1921) . 2.765 474 169
- Antilles (avec Baliama et Bertnudes) '. 255,526 8,959 . 58
- AMÉRIQUE DU NORD. 25,591,547 143,414 5,6
- B. Amérique du Sud.
- Yénézuéla (R. 1921). . . .. . 1,020,400 2,412 2,5
- Guyane britannique (R. 1921). 251,753 298 1,5
- Guyane française (R. 1921). . 90,000 44 0,6
- Possess. néerland. (Surinam et Curaçao (R. 1920) .... 120,370 161 1,3.
- ^Région du Nord-Est . 1 .46-2,52 i 2,915 9
- Superficie en kilomètres carrés. Population en milliers d’habitants. Densité par . kilométré carré.
- Brazil (Brésil) (R. 1920) 8,485,824 51,235 3.0
- Paraguay (E. 1917) ..... Uruguay (E. 1920) Argentina (Républica) (E. 1921) Possess. britann (Iles Falldand et Géorgie du Sud) (R. 1921) 253,100 186,926 2,797,113 19,425 1,000 1,495 8,70.0 3 4 7 5 0,1
- Région du'Sud-Est. . 3,256,564 11,198 3,4
- Chile (Chili) (R. 1920) . . . Bolivia (Bolivie) (E. 1915) . . Peru (Pérou) (E. 1919) . . . Ecuador (Equateur) (E. 1915) Colombia (Colombie) (R. 1918) 750,592 1,599,200 1,582,832 301,030 1,148,400 5,755 2.890 7,500 2,000 5,855 5 1.5 . 5,.> 6.6 5,1
- Région du Pacifique. 5,173,054 21,800 4,2
- AMÉRIQUE DU SUD. 18,377,965 67,148 3,6
- VI. Superficie et population de l’Océanie vers 1920.
- Possessions :
- Américaines (Etats-Unis) (Pi.
- 1920) 3!5,563 10,628 54
- Britanniques (R. 1921). . . . 8,691,388 8,634 1
- Françaises (R. 1921) 54,651 138 5 9 8
- Japonaises (Carolines, Ma-riannes, Marshall (R. 1920). 2.476 68 27
- Néerlandaises (R. 1920). . . 1,-896,557 49,161 26
- Portugaises (Timor et Kam-bing) (E. 1920 18,989 395 24
- ' OCÉANIE 10.959,404 69.024 6,3
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - I /abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter- strictement les réponses aux lettres présentant un. caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Lampes à arc à électrodes de tungstène. La lampe Pointolite. — Dans notre numéro du 20 décembre 1914. nous avons décrit une lampe à arc à électrodes de tungstène pour travaux microphotographiques. Nous avons indiqué que cette lampe appartenait à la catégorie des lampes dites Pointolite. A ce propos, la Edison Swan Electric Co Ltd, 1^3, Queen Victoria Street, Londres, nous avise que le mot Pointolite est une marque de fabrique dont elle est propriétaire en France, et que cette désignation ne^peut s’appliquer à aucune lampe d’une autre origine.
- Réponses. — M. P. Gauthier, à Nantes. — Nous vous remercions pour la communication de l’observation du bolide du 21 septembre, déjà signalé dans La Nature (Bulletin astronomique, n° a638). Votre observation sera jointe à la précédente, à toutes fins utiles.
- M. L. L., Noisy. — Il est rare d’observer des moustiques ailés en cette saison. Ceux qui vous importunent proviennent vraisemblablement d’une flaque d’eau stagnante située dans une pièce chauffée et qu’il faudrait supprimer.
- M. M. B., à Addis-Abeba. — i° Documentation sur la culture de l’Agave. Voyez l’ouvrage suivant : L’Agave, culture et exploitation. (Etude de la plante, espèces, zones, terrains, création d’une plantation, récolte, extraction des fibres, machines employées, utilisation), 1 volume par Félicien Micbotte, 24 francs. L’étude sur La pulpe de défibrage du hennequen. (Agave rigida, var Sisa• land), par P. Dechambre, A. Hébert et F. Heim, publiée dans le n° 75 de la revue L’Agriculture pratique des pays chauds, 4 francs (Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 17, rue Jacob, 6e); 2° Documentation sur la culture du géranium pour
- essence; voyez : Cultures du Midi, de l’Algérie et de la Tunisie, par Charles Rivière et H. Lecq, 1 volume; Les cultures coloniales. Plantes industrielles, par H. Jumelle, 1 volume. Les cultures sur le littoral de la Méditerranée. par E. Sauvaigo, 1 volume. Géranium et Pélargonium, culture et multiplication, par Mallet et Verlot, 1 volume. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e, où l’on peut demander en outre indication d’ouvrages traitant la culture du géranium rosat pour la production de l’essence de géranium.)
- M. L. le T. Le Peux, Juillac-le-Coq (Charente). — Ie Documentation sur la culture industrielle du cassis (rendement, débouchés, etc.). Voyez l’ouvrage intitulé : La culture, la vente et Vindustrie du Cassis (variétés, culture, récolte, usages, débouchés en France et à l’étranger, industrialisation, etc ), par J. Vercier, professeur d horticulture de la Côte-d’Or, rue de Mont-chapet, à Dijon (1 volume, 4 fr. 5o).
- 2° Documentation sur la culture de l’osier et la vannerie. Voyez les ouvrages suivants : Osiériculture, par Eugène Leroux (1 volume, 10 fr.) : La culture de l’osier, par Félicien Lesourd (t volume, 3 fr.) ; Culture de l’osier, par A. Damseaux (1 volume, 4 fr. 5o) ; Encyclopédie de l'osier (osier, vannerie), par Gaston de La Barre (1 volume); Les oseraies françaises, par le même (1 volume); Plantes industrielles, par Henri Hitier (1 volume, 10 fr.). Pour ces ouvrages, voyez à la librairie agricole de la maison rustique. Paris, 26, rue Jacob, 6e.
- Dr L. F. — i® Nous supposons qu’il s’agit d’une toiture en ciment volcanique laquelle alors se compose :
- a) D’une couche de sable tamisé, très fin et très sec, de 2 à 3 mm d’épaisseur.
- b) De 4 épaisseurs de papier à joints chevauchés, collées entre elles par les couches de ciment volcanique appliquées chaudes.
- c) Au-dessus, on répand sur une épaisseur de 2 à 3 mm soit du sable fin, soit des cendres de charbon ou encore des scories pilées très fines.
- d) Puis d’une couche de gravier de rivière (ou gravillon) de 3 à 5 mm d’épaisseur parfois légèrement liée avec du sable argileux.
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-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Quand la terrasse est destinée à la circulation, on remplace le gravillon par un béton maigre de ciment Portland, lequel peut être recouvert d’un dallage en ciment, asphalte, carreaux de terre cuite, céramique ou mosaïque.
- SI l’on veut faire un jardin, on substitue au gravillon de la terre végétale d’une épaisseur appropriée à la culture, o m. 20 par exemple.
- Tout ceci vous montre que pour une semblable couverture il y a lieu d’établir une charpente horizontale d’une assez grande résistance.
- 20 Dans une construction en ciment armé, la fixation des bâtis dormants des portes, fenêtres, châssis, etc., dépend de l’épaisseür des parois, c’est-à-dire suivant que celles-ci comportent ou non des feuillures. Dans tous les cas, on utilise soit des pattes à scellement, soit des boulons scellés également dans le ciment et traversant le bâti.
- M. Théobald, à Paris. — Dans la formule de bain électrolytique pour nickelage noir, que nous avons reproduite, il est bien évident que pour garder en suspension un excès de carbonate de zinc il faut en avoir ajouté; dans la pensée de l’auteur de la formule, cela revenait à dire que l’on assurait la neutralité du bain par addition de quelques grammes dudit sel, jusqu’à ce qti’un excès soit révélé par un trouble persistant. 2” L'anode doit être en charbon, car en réalité le dépôt électrolytique est un mélange de nickel et de carbone. 3° La densité de courant est comprise entre o,3 et 1 ampère par décimètre carré. 4° La formule suivante de bain électrolytique nous a été récemment indiquée
- comme très bonne pour le nickelage noir :
- Sulfate double de nickel et d’ammonium . . 60 gr.
- Hyposulfite de sodium........................ 5o —
- Ammoniaque liquide........................... 5o —
- Eau distillée.............................. 1000 —
- M. A. Bollinckx, à Bruxelles. — Le salpêtrage des murs a pour cause initiale l’ascension par capillarité des matériaux solubles contenus dans le sol et qui circulent ainsi dans les murs grâce à l’eau qui y es\ contenue. La première condition à réaliser est d’assécher ces murs et on y réussit fort bien en plaçant dans ceux-ci des sortes de draias en terre poreuse. C’est sur ce principe qu’est établi le procédé Knapen dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Pour renseignements complémentaires, s’adresser à la Compagnie générale d’assèchement, 54, rue de la Bienfaisance, Paris, qui applique cette méthode.
- M. A. Mertens, à Anvers. — Le fluate de magnésie nous paraît tout indiqué pour l'enduisage de vos bacs à saumure en ciment armé. On opère de la façon suivante : Lorsque le ciment est sec, passer avec un pinceau une couche de fluate de magnésie, puis 11 heures '"'après une autre couche et 12 heures après la deuxième couche, en passer une troisième, mais avec la solution étendue de ôo pour 100 d’eau. Laisser sécher complètement et mettre les bacs en service. Vous trouverez du fluate de magnésie à la maison Teisset- Kessler, à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme.
- M. Poutchy, à Marseille. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 2642 du 2a novembre 1924, p. 167.S’il s’agissait d’obtenir une teinte chamois, prendre pour teindre votre cuir un jaune au Btéarate avec une pointe de rouge, également au stéarate, tous deux dis sous dans la benzine suivant les indications que nous avons données.
- M. J. Lefebvre, à Douai, — Voici comment on procède pour obtenir les titres dorés sur le dos des livras : on enduit la partie qui doit porter le titre d’une solution de blanc d’œuf, faite en délayant un blanc dans trois fois son volume d’eau. On laisse bien sécher, passe avec un pinceau une couche légère d’huile d’olives, puis applique une feuille d’or battu qui est ainsi retenue par l’huile. Eu égard au prix de la matière, on a soin de découper la feuille d’or juste aux dimensions. Le . transport se fait avec un pinceau plat à poils longs et doux que l’on passe légèrement sur la joue que l’on a frottée d’un peu de graisse, Eaeuite on tamponne avec un coton pour faire adhérer la feuille. Il reste alors à fixer l’or aux endroits voulus; pour cela .on chauffe le fer à dorer ou le composteur portant le titre et on appuie assez fortement. L’or qui a été eu contact avec le métal chaud reste sur le cuir et résiste au frottement; au contraire, dans les parties non chauffées, l’or
- -55g _31
- inutile peut être enlevé avec un tampon d’ouate. Le chauffage du fer demande un peu d’habitude, mais elle s’acquiert facilement ; s’il y a excès de chaleur, la dorure est ternie, l’insuffisance empêche l’or de prendre. L’outil doit être posé bien d’aplomb et sans pression exagérée, ce qui empâterait les caractères. 2“ Les maisons qui suivent fournissent tout le matériel nécessaire pour la dorure et la reliure des livres : Alivon et Malouin, 35, rue Lacépède, 5e. Bourgault, 7 rue Chariot. Crépin, même adresse. Caplain, 1, rue Gozlin (place Saint-Germain-des-Prés ). Longien, 58, rue d’Hauteville. 3e Machines à laver le linge, Didion, 8, avenue de la République, à Bagaolet, Seine. Le Nec plus ultra. 172, faubourg Saint-Martin. La lessiveuse-laveuse Home, 291, rue Saint-Denis. La Merveilleuse Pollet, n5, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. 4* Machine à laver la vaisselle : Motolaveur SACAM, 11, rue des Petits-Champ?, Paris.
- M. Hervochon, à Nantes. — Pour donner au cuivre rouge le ton brun chocolat, tremper les objets bien dégraissés dans la mixture ci-dessous, contenue dans
- une bassine de cuivre non étamée.
- Chlorhydrate d’ammoni^qu *. . 45 grammes.
- Acétate de cuivre............. 25 —.
- Carbonate de cuivrp........... 25 __
- Acide acétique.................10 cent, cubes.
- Eau ordinaire.................1000 —
- Porter à l'ébullition et maintenir celle-ci jusqu’au moment où la teinte voulue est obtenue. Rincer à l’eau pure, sécher dans la sciure de bois.
- M. de Beaurepaire, à Chalon-sur-Saône. — Nous pensons que les ouvrages suivants répondront à votre désir : Guide de manipulations chimiques élémentaires-, métalloïdes, métaux et analyse qualitative simple, par Jeanson. Manipulations élémentaires de chimie générale et d’analyse ; métalloïdes, métaux, chimie organique, notions d’analyse qualitative et quantitative, par G. Noble. Editeur Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain.
- J. M. A., à Paris. — Vous trouverez tous renseignements sur la fabrication du papier dans les ouvrages suivants : Le Papier, par Charpentier, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. Fabrication des celluloses de papeterie autres que celles du bois, par Montessus de Bailore, même éditeur. Le Bois, chapitres Pâtes de bois mécanique et Pâtes de bois chimique, par Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens. Manuel pratique du Fabricant de papiers, par Desmarest, éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Thibessard, à Villerupt. — Votre pharmacien a parfaitement raison, c’est surtout par décomposition pyrogénée que le benjoin développe son odeur; aussi pensons-nous que vous obtiendrez le meilleur résultat pour parfumer vos appartements en faisant brûler de temps à autre quelques « clous fumants » ou « trochis-ques odorants » que vous pourrez facilement préparer ainsi.
- Prendre : ®
- Benjoin pulvéris; . . . 80 gr.
- Baume de Toiu ... 20 —
- Santal citrin.........20 —
- Charbon de bois léger, 5oo Nitrate de potasse. . . 40 —
- Mucilage de gomme adragante : quantité suffisante. Mélanger les substances réduites en poudre et faire avec le mucilage une pâte ferme que l'on moule en petits cônes de 3 cm de hauteur.
- Le mucilage est lui-même obtenu avec :
- Gomme adraganto . .10 gr. Eau froide...........90 —
- On met la gomme en contact avec la quantité d’eau indiquée ; quand elle est bien gonflée ou passe avec forte expression dans un linge et rend homogène par battage.
- M. R. de Simpel, à Bruxelles. — L’encre pour rubans de machines à écrire a habituellement une composition voisine de celle qui suit :
- Violet de Paris . ... 5 gr.
- Savon mou........ V 5 —
- Glycérine......... 20 —
- Alcool à 9S..... i5 —-
- Eau distiilée..... 55 —
- Laisser digérer pendant quelque temps dans un flacon bien bouché, puis passer sur toile fine pour séparer les impuretés.
- 'te
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-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique sur le fonctionnement du moteur à explosions, par R. Bardin. i vol. i3a p., 74 fig- Desforges, éditeur, Paris, 1914' Pri* : i5 francs.
- Ce volume contient une étude sommaire du fonctionnement du moteur à explosion et la description des pièces essentielles qui le constituent. L’auteur a cru bon de faire précéder cet exposé d’un rappel des définitions mécaniques où il a réussi à accumuler les obscurités et les erreurs.
- Le mécanicien d’automobile, par R. Bardin (2e édition).
- 1 vol. 68 p., 37 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 fr. 5o.
- L’auteur indique sommairement comment on règle et met au point un moteur, comment on vérifie et entretient une voiture.
- Le carburateur, par R. Bardin (4° édition). 1 vol. 104 p., 67 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1924. Prix : 4 fr. 70.
- Cet ouvrage explique très clairement le fonctionnement des carburateurs et donne une bonne description des principaux modèles en usage en France.
- Das Pflanzenreich Regni vegeiabilis Conspectus, par A. Engler. Fasc. 88, Cucurbitaceae, Cucurbileae, Cucumerinae, par A. Cogniaux et H. Habms. i vol. in-8, 246 p , 26 fig. W. Engelmann, Leipzig. Prix : 3r marks.
- Nous ayons récemment répété tout le bien qu on pense de l’ouvrage classique d’Engler. Voici un nouveau fascicule consacré aux Cucurbitacés et aux groupes voisins, contenant la description de toutes les espèces du monde, avec leurs habitats, leurs principaux caractères étant représentés par des figures très bien faites et fort claires.
- Le peuplier, dot pour vos enfants, rentes pour vos vieux jours, par A. Sibilie. i vol. in~i6, 100 p , 52 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 5 francs.
- Le peuplier est un arbre à croissance rapide qui permet d’utiliser des terrains marécageux et dont le bois est, chaque jour, plus, demandé. Le rapport-argent du peuplier est considérable ; c’est donc un des meilleurs placements que puisse faire un père de famille. L’auteur qui a lui-même planté des peupliers donne tous les renseignements pour mener à bien cette entreprise : choix des variétés, pépinières, plantations, soins, etc. Un barème pour le cubage des peupliers a été ajouté.
- Comment l’agriculteur peut vérifier sa feuille d'impôts sur les revenus, par A. Sauzede. i br. in-8, 43 p. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 3 francs.
- L’auteur étudie en treize chapitres, courts et clairs, les principaux points sur lesquels doit, se porter l’attention des intéressés, notamment : bénéfice imposable de l’exploitation agricole, calcul de l’impôt sur les bénéfices agricoles, déclarations con-cernant cet impôt, impositions sur le bénéfice réel, impôt sur les terrains d’agrément, impôt général sur le revenu, déductions et réductions sur les impôts, sur les revenus, lecture de l’avertissement, réclamations, recouvrement.
- Himalaia, Caracorum e Turchestan Cinese (1913-1914), par F. de Fiuppi, 1 vol. in-4, 452 p., 290 grav.,.40 pl. h. texte, 3 cartes, N. Zanichelli, Bologne, 3o mai 1924. Prix : 200 lire.
- Ce bel ouvrage magnifiquement illustré raconte « l’expédition scientifique italienne » de Filippi que nous avons résumée au n° 2620 (21 juin 1924)- Les
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- photographies desAmonuments religieux (du Cashmir, Ladsk, Yarkand, etc.), du glacier de Rimu, de la vallée du Yarkand sont particulièrement remarquables et les grands panoramas merveilleux. Les trois cartes démontrent l’importance de cette exploration : 1 itinéraire (au 2 5oo 000e) situant le massif entier du Caracorum avec ses cinq immenses glaciers de Hispar, Biafo, Balloro, Siacen, Rimu et ses 8611 m., le second sommet de la terre); au 25ooooe pour le haut plateau du Depsang et de lapasse Caracorum (5574 m.); au t00 000e pour le glacier Rimu, chevauchant si singulièrement (à 5495 m.) la grande ligne de faîte de partage des eaux qu’il s’en écoule, au sud, un affluent de l’Indus, le Sciaiok, et, au nord, le Yarkand qui va se perdre aux sables du Tarim. Il y a peu d’exemples d’une telle disposition topographique, en tout cas pas sur une pareille échelle.
- Essai de métaphysique matérialiste, par R. Guyon. 1 vol. in-16, 177 p. A. Costes, Paris. Prix : 6 fr. 75.
- L’auteur, qui voit dans le matérialisme la doctrine triomphante de demain, étudie les rapports du matérialisme et de la métaphysique dans les problèmes de la substance, du temps, de l’espace et aboutit à la conclusion que le spiritualisme nous dupe et empêche de connaître la vérité.
- Les langues du monde, par un groupe de linguistes sous la direction de A. Meillet et M. Cohen, 1 vol. in-8, 811 p., cartes dans le texte et 18 cartes linguistiques hors texte. Collection de la Société de Linguistique de Paris. Edouard Champion, Paris. Prix : 95 francs.
- Nos lecteurs connaissent les doctrines linguistiques de M. Meillet par l’étude parue dans le n° 2567 de La Nature, mais ils savent peut-être moins l’activité et l’autorité qu’il a su donner à l’école linguistique française contemporaine. Une pléiade de savants s’est groupée sous sa direction, chacun étudiant spécialement une langue ou un groupe de langues, selon des méthodes éprouvées. Ce livre représente le bilan de nos connaissances actuelles : inspiré, dirigé par le maître, réuni, unifié par son disciple Cohen, remarquablement présenté par un éditeur et un imprimeur consciencieux, il est un monument de la science française.
- M. Vendryes y étudie les langues indo-européennes (indo-aryen, iranien, arménien, hellénique, albanais, italo-celtique, germanique, baltique et slave) ; M. Marcel Cohen les langues chamito-sémitiques (sémitique, égyptien, libyco-berbère, couchitique) ; M. Sauvageot les langues finno-ougriennes et samoyèdes; M. Deny les langues turques, mongoles et tongouzes ; M. Eii-séèv les langues japonaise, coréenne, aïnou, hyper-boréennes ; M. Autran les langues propres de l’Asie antérieure ancienne ; M. Lacombe la langue basque ; M. Troubetzkoy les langues caucasiques septentrionales ; M. Meillet les langues caucasiques méridionales; M. Jules Bloch les langues dravidiennes; M. Przyluski les langues sino-tibétaines et austro-asiatiques ; M. Ferrand les langues malayo-polyné-siennes ; M. Meillet les langues de l’Australie ; M. De-lafosse les langues du Soudan et de la Guinée ; M. Homburger les langues bantou, bochimanes et hottentotes ; M. Rivet les nombreuses langues américaines.
- Pour chacune, des indications sont données sur les limites des territoires où on les parle et des cartes nombreuses figurent cette extension géographique ; des statistiques montrent, quand il est possible, l’importance des groupes humains qui s’en servent; les innombrables parlers locaux sont réunis en langues et celles-ci en « familles de langues » vraiment peu nombreuses, montrant le formidable et admirable travail de synthèse déjà réalisé.
- Ce bilan ouvre des horizons nouveaux sur l’histoire, la géographie, l’évolution des civilisations du globe. C’est dire qu’il sera un livre de références précieux pour tous les intellectuels et non seulement pour les linguistes auxquels il est indispensable.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2652
- 31 Janvier 1925
- INFORMATIONS^
- Un laboratoire radiotechnique sur un bateau. — La Société française d’études de T. S. F. avait organisé à Paris une salle de conférences et un laboratoire d’essais destinés à ses membres. De plus, un poste d’émission modèle avait été installé en banlieue (8-Aé). Pour des raisons financières, et aussi pour des raisons d’ordre technique, le comité technique de la Société avait décidé le déplacement du laboratoire et du poste.
- Ne sachant alors, vu la crise des logements, où les installer, il vient de prendre la décision originale d’équiper complètement un ancien remorqueur en ciment armé, et de le transformer en un laboratoire et poste émetteur flottants. L’avantage de cette solution sera double; elle permettra d’abord d’installer avec toutes les facilités désirables les appareils, groupes, générateurs et batteries qui serviront aux expériences ; elle permettra ensuite de déplacer facilement ce poste laboratoire suivant les nécessités des études envisagées, et même de l’amener dans des villes de province desservies par des canaux, et où se trouvent de nombreux groupements affiliés à la société.
- L’idée initiale, qui a peut-être suscité cette curieuse et originale décision, a sans doute été suggérée par le
- Fig. i. — Un poste de T. S. F. à fiord.
- fait suivant. En septembre dernier, la société avait organisé une excursion en Seine à bord d’un bateau spécialement affrété à cet effet et qui comportait une antenne prismatique et des appareils de réception et d émission (fig. i) Cette excursion, à laquelle de nombreux sociétaires prirent part, eut le plus grand succès et permit de réaliser d’intéressants essais de réception et d’émission, en liaison avec les postes d’amateurs de la région parisienne.
- Le développement de l’automobile électrique à l’étranger. — D’après la revue DAS, tandis qu’à Paris et en France la voiture électrique périclite faute d’entente entre les constructeurs d’accumulateurs et les producteurs d’énergie, à l’étranger, au contraire, elle prend un essor remarquable.
- L’ingénieur français Krieger avait cédé, en Allemagne, en 1906, les brevets de ses véhicules; en 1907, la société qui les lui avait achetés avait déjà traité avec les villes de Berlin, Hambourg, Munich, Dusseldorf, Brême, etc., pour leur fournir les véhicules municipaux et avec des compagnies exploitant des fiacres électriques.
- En 1908 et 1909, toutes les villes avaient déjà des services publics d’automobiles électriques, ayant des postes-charges parfaitement agencés.
- En Amérique, qui est cependant le pays par excellence de l’essence à bon marché, il existerait plus de 5o 000 voitures électriques.
- En Angleterre, il y avait avant la guerre peu d'automobiles électriques ; actuellement, on en compterait plus de 6 000.
- Il est à souhaiter que tous les efforts faits à l’étranger et les résultats obtenus à cet égard ne soient pas lettre morte pour ce qu’on tente depuis quelque temps en France.
- Un grand paquebot à moteur Diesel. — Le moteur Diesel a pris, on le sait, une grande place dans la marine commerciale. Sa construction n’évolue qu’assez lentement en procédant par une succession de perfectionnements de détails. Mais, de progrès en progrès, cet engin s’adapte chaque jour davantage aux diverses exigences delà navigation. Jusqu’ici le moteur Diesel marin a été presque exclusivement appliqué aux bâtiments destinés au transport des marchandises. Mais aujourd’hui, il commence à faire son apparition sur les paquebots à voyageurs. C’est là une nouvelle et importante étape qu’il est utile de signaler. A titre d’exemple, nous pouvons citer le paquebot Oorange construit par le Fair-field Shipbuilding and Engineering C° à Jovan (Angleterre) pour une compagnie de navigation de la Nouvelle-Zélande. C’est le premier grand paquebot rapide mis en service, mû par un moteur Diesel. D’autres sont en construction. Il déplace 23 000 tonnes; mesure 180 m. de long, 11 m. au maître-couple. 11 pourra transporter 1 3oo passagers et une importante cargaison. Il naviguera entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, à la vitesse moyenne de 17,5 nœuds. Sa machinerie comporte 4 moteurs attaquant chacun un arbre porte-hélice. Ces moteurs sont à 6 cylindres du type Sulzer, à 2 temps simple effet. Leur puissance totale approche de 20 000 ch.
- La suture des plaies et les fourmis. — Depuis près d’un siècle, les chirurgiens ont imaginé des dispositifs permettant de rapprocher et de fixer les lèvres des plaies sans le service d’aiguilles et de fil. Ce furent d abord les serres-fines de Vidal de Cassis qui commencèrent à être utilisées dans la première moitié du xixe siècle, et qui sont constituées par des sortes de pinces qu’un ressort tient fermées. Plus tard furent inventées les agrafes de Michel qui sont une petite plaque de métal qu’on replie avec un instrument sur les lèvres de la plaie. Il ne faudrait pourtant pas croire que ces dispositifs, si ingénieux et si utiles qu’ils soient pour faire rapidement une suture, aient apporté une idée nouvelle. En réalité, depuis fort longtemps les chirurgiens utilisaient des procédés tout à fait semblables. La preuve en est qu’on trouve ceci dans les œuvres de Fabrice d’Aquapendente :
- « Lorsque l’intestin blessé n’est pas sorti de l’abdomen on doit le tirer doucement, puis rapprocher les lèvres de la plaie et les maintenir dans cette position. Albucasis y arrive... avec des fourmis à grosse tête. On prend une de ces fourmis qui a les mâchoires ouvertes, on l’approche des deux lèvres rapprochées de l’intestin de telle manière qu’elle les saisisse. On coupe aussitôt le corps de la fourmi et on laisse la tête en place. On prend autant de fourmis qu’il est nécessaire pour réunir les lèvres de la plaie. «
- Notons avec Fabrice d’Aquapendente que cette méthode n’est pas facilement applicable en hiver, saison où les fourmis sont difficiles à trouver.
- Le chirurgien arabe Albucasis ou, plus exactement, Albu Kasim auquel Fabrice d’Aquapendente fait allusion est mort en iox U Mais déjà, longtemps avant lui, le talmudiste Abbai recommande aussi des fourmis pour fermer certaines petites plaies. Les insectes désignés par Albu Kasim portent le nom en hébreu de « nimu-lines ». Ce nom désigne le Scarites Pyracmon, qui est un scarabée de la famille des Carabides.
- Ces procédés sont encore utilisés aujourd’hui par des peuplades plus ou moins civilisées. Mocquery l’a vu employer par les indigènes du Brésil chez qui des plaies suturées par 6 et 8 têtes de fourmis seraient choses relativement communes. Les Monténégrins emploient également un procédé analogue. Quant aux Serbes l’insecte qu’ils utilisent n’a pas encore été déterminé, semble-t-il.
- Tels sont les respectables et ingénieux ancêtres des serres-fines de Yidaî de Cassis et des agrafes de Michel.
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- INFORMATIONS
- L’Indo-Chine préhistorique — L'Avenir du Tonkin signale une très remarquable découverte faite par M. Mausuy, du Service géologique de l’Indochine, dans une grotte du massif des Bac Son (Montagnes du Nord), à Dông Thuoc. Là, au-dessous d’uu niveau supérieur renfermant des instruments eu belle pierre polie, M. Mansuy a trouvé un niveau riche en pierre façonnée suivant une technique plus archaïque — haches, grattoirs, pilons, polissoirs, etc. — et parmi cet outillage deux squelettes très anciens, fossilisés. Un ctàne, notamment, a permis des mensurations véritablement surprenantes.
- Il y a dix huit ans)"en 1906, dans la grotte de Phôbinh Gia, M. Mansuy avait; mis au jour deux crânes, étudiés dans la suite par le professeur Verneau, du Muséum de Paris, qui les a rapprochés de la belle race blanche occidentale de l’Europe, aux temps paléolithiques : les Cro-Magnons.
- Ces crânes de Phô binh Gia étaient allongés (dolichocéphales) comme la plupart de ceux découverts jusqu’ici appartenant aux premiers groupes humains européens alors que les crânes Indochinois actuels sont ronds (brachycéphales). Mais le crâne de Dông Thuoc présente une dolichocéphalie excessive qui ne peut être comparée qu’à celle des Papous de la Nouvelle Guinée, les hommes les plus dolichocéphales connus.
- Il est donc probable que cette race s’étendait autrefois jusqu’en Indo-Chine et le Tonkin aurait été habité d’abord par des Négroïdes byperdolichocéphales, fabriquant des outils en pierre grossièrement taillée, mais au tranchant poli — pièces qu'on ne trouve pas en Europe — puis par des hommes, probablement des blancs, qui travaillaient la pierre et la polissaient avec une rare perfection.
- Les époques historiques nous montrent la persistance de ces petits Nègres aux îles Andamans, aux Philippines, dans la péninsule malaise. -
- Le D‘ Legendre a bien indiqué combien le type négroïde et le type blanc le plus pur étaient fréquents sur les territoires les plus reculés delà Chine, et avec certains anthropologistes (Mayet) il n'est pas éloigné de penser que la race jaune n’est que la résultante d’un métissage intense entre blancs et noirs, durant des centaines de millénaires et entre des centaines de millions d’individus.
- Les découvertes de M. Mansuy ne peuvent qu’appuyer cette hypothèse.
- Les ouvriers étrangers à Paris. —• Le nombre des ouvriers étrangers résidaut à Paris et dans le département de la Seine va toujours en augmentant. A la fin de 19 »4, 187.781 avaient fait leur déclaration à la préfecture de police.
- Les principales nationalités représentées parmi les salariés étaient :
- Italien?. . . . 55.087 Roumains............4.904
- Belges .... 20.946 Luxembourgeois. . . 4*692
- Russes. . . . 18.157 Marocains..............4-335
- Polonais . . . 17,435 Tchéco-Slovaques . . 3.389
- Suisses. . . . 14.422 Grecs..................3.554
- Espagnols . . 14.137 Arméniens.............3.3gi
- Anglais. . . . 5.385 Hongrois...............2.512
- Les autres nationalités avaient moins de 2.5oo représentants.
- 86.820 commerçants, financiers et industriels avaient également fait leur déclaration. Il y avait . en tout 274.601 cartes d’étrangers délivrées.
- Les principales professions parmi les salariés étaient :
- Manœuvres ; 4°-ooo (Espagnols, Marocains,
- Belges, Italiens) ;
- Domestiques d’hôtel : i5.ooo (Suisses, Luxembour-
- geois, Belges) ;
- Mécaniciens : 17,000 (Russes, Polonais, An-
- glais);
- Bâtiment : 22.000 (Italiens) ;
- Employés de banque
- et de commerce : 25.000 (Américains, Anglais,
- Suisses) ;
- Tailleurs et fourreurs ; »5.5oo (Polonais, Russes, Hongrois).
- 11 y avait 6.000 étudiants étrangers.
- Nombreux sont malheureusement les étrangers qui
- n’ont pas fait leur déclaration de séjour, malgré le décret du 23 octobre 1924, qui la rend obligatoire, ou qui ont fourni de faux papiers (Allemands du Reich se faisant passer pour Russes, Luxembourgeois, Suisses ou Tchéco-Slovaques).
- Les musulmans dans l’Inde Française. — Dans son numéro de décembre 1924, France-Islam, publie sur les musulmans dans l’Inde Française une chronique que nous reproduisons ci-après :
- « Au recensement de 1921, la population des Etablissement? français dans l'Inde s’élevait à 269 279 habitants. Au point de vue religieux, ils se décomposaient 00228978 brahmanistes, 28641 chrétiens, 16960 musulmans.
- Les 16960 musulmans se répartissaient comme suit
- entre les 5 comptoirs :
- Karikal............. 6.981
- Pondichéry . ......... 4.227
- Mahé................ 2.779
- Chandernagor ...... 2.723
- Yanaon................ 299
- Total. . . . 16.960
- C’est à Mahé qu’ils étaient proportionnellement le plus nombreux, soit un quart de la population »
- Si l’on tient compte des quelques dizaines de mille de musulmans habitant l’Inde portugaise (Diu, Damâo), on peut estimer à 69 millions le nombre total des musulmans dans l’Inde (Béloutchietan et Birmanie compris).
- ' La population du Chili. — Le Chili avait au recensement du i5 décembre 1920 une population de 3754723 habitants pour une superficie de 780572 km*. On comptait 115 7b3 étrangers contre i34524 en 1907 (Péruviens : i5o88; Boliviens ; 6011 : Espagnols :
- 24 775; Italiens : 1 x 535; Allemands ; 8551, etc.).
- Géographiquement, le Chili forme une étroite bande côtière, qui s’étend entre le 180 et le 55° de latitude S. ; c’est la Phénicie de l’Amérique du Sud. Il se divise eu trois zones, qui sont du nord au sud : la région minière, la région agricole et la région des forêts et pêcheries. Le cap Horn est son point le plus méridional (55°3t' lat. S.).
- Administrativement, il se divise en 24 provinces, dont nous donnons ci-après la liste, avec la population évaluée au ier janvier 1922 :
- Aconcagua . . 116.082 Llanquihué . . i3g.665
- Antofagastrt. . 176.827 Mageltanè? . . 29.846
- Aranco. . . . 60.110 Malleco . . . 122.3o5
- Ataeama . . . 47.210 Maule . . . . 113.452
- Bio-Bio . . . 107.810 Nubie .... 170.725
- Cantin. . . . 197.751 O’Higgiui . . 120.5o5
- Chiloé . . . . ii2.oi3 Santiago . , . 698.242
- Colchagna . . 166.826 Tacna .... 3g.668
- Coacepcion. . 248.872 Talca .... 134.141
- Coquimbo . . 159.117 Tarapacâ . . 69.872
- Curicd . . . . 108.243 Valdivia . . . 179.499
- Linarès . . . 119.989 Yalparaiso . . 823.469
- 80 pour 100 de la population vivent dans les provinces du centre entre 3i0 et 4i° lat S. De 1907 à 1920, la population s’est accrue surtout dans les provinces périphériques (Antofagasta et Magellan), ainsi que dans celles de la Fjontiera (Cantin, Yaldivia). Elle est encore très faible dans la Patagonie occidentale (Llanquihué, Chiloé, Magellan), qui pour 261 000 km* n’avait que 185 5oo habitants le i5 décembre 1920 et en aurait eu 481 5a4 le i" janvier 192*. La densité de la populatiou variait entre 31,8 dans le nord de la zone agricole (Aconcagua, Yalparaiso, Santiago) et 0,7 par kilomètre carré dans la Patagonie occidentale en 1920.
- En 1920, 12 villes dépassaient le chiffre de So 000 habitants :
- Santiago . . . 507.000 Vinadel Mar. CO O O O
- Yalparaiso . . 182.000 Chilian . . . 31.000
- Concepcion. . 65.ooo Ternuco. . . 28.000
- Antofagasta. . 5i.000 Yaldivia. . . 27.000
- Iquiqué . . . 37.000 Talcahuano . 22.000
- Talca .... 36.ooo Punta Arenas 20.000
- Ces ïî villes renfermaient à elles seules de la populatiou totale. 27,7 pour xoo
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS *925 0)
- L’Astronomie étend son domaine — qui n’est pas des moindres dira-t-on, — et conquiert les foules. Le moment serait-il proche « où les habitants de notre planète vivront presque tous en sachant où ils sont et en se doutant des merveilles de l’univers ? »
- Nous lisons en effet, dans The Journal of the Royal Astronomical Society (2), une information bien faite pour nous réjouir. Il s’agit de l’acquisition par une ville d’un réfracteur de 9 pouces — soit o“,2a5 — de diamètre et de l’édification d’un observatoire municipal. Le Conseil de cette cité décida, le 16 juillet 1924, de faire l’achat de l’instrument, et d’ériger aussitôt un observatoire, afin d’employer ce télescope pour l’étude de la planète Mars qui allait bientôt se trouver en opposition.
- L’observatoire a été officiellement inauguré le 26 août (quel bel exemple de rapidité municipale!) et le Maire, dans son discours, fit allusion à l’importance de l’Astronomie et à la part qu’elle a eue dans la suppression des superstitions des siècles passés.
- Il dit encore que ce télescope serait utilisé pour l’instruction des visiteurs et — il l’espérait — pour des recherches astronomiques.
- J’entends que l’on me demande où se trouve cette cité heureuse dont les habitants pourront s’offrir les joies des contemplations sidérales? Evidemment ce n’est pas en France, ni en Europe, c’est le plus loin possible, juste aux antipodes, à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Cette fois, c’est du nadir que nous vient la lumière!
- II faut rendre justice au président de la Société astronomique de Nouvelle-Zélande, sir Frédérick Chapman, dont l’insistance a su décider le Conseil de la cité à faire l’acquisition d’un observatoire déjà puissant, et féliciter le maire, M. R.-A. Wright, d’avoir compris et exposé le rôle important de l’Astronomie pour l’éclairement des esprits.
- Et maintenant, une leçon se dégage de cette information. Paris, capitale intellectuelle du monde, n’a pas d’observatoire populaire. Dans un temps, il y eut, au Trocadéro, fondé par le regretté Léon Jaubert, un observatoire, muni de plusieurs télescopes, où le public, sans formalités aucune, pouvait, chaque soir de beau temps, observer le ciel et recevoir les enseignements nécessaires. Le temps a fait son œuvre et après la mort du fondateur, l’observatoire a disparu. Il existe bien un observatoire à Paris, celui de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, où le public est admis à certains jours. Son installation, malgré tous les efforts de la Société, est modeste, car il ne reçoit aucune subvention spéciale, et il est à souhaiter qu’elle soit développée. L’exemple offert par la ville de Wellington sera-t-il suivi par ailleurs, et notamment par la grande ville de Paris? Le moment, pour certains, paraîtra peut-être mal choisi; mais si l’on songe aux sommes considérables souvent gaspillées pour des cortèges, des mascarades ou des feux d’aitifice — dont il ne reste rien — on souhaiterait de voir une petite partie de ces sommes mise au service de l’astronomie, en vue de l'édification d’un observatoire populaire important, ouvert à tous, au même titre que les bibliothèques, musées, conservatoires, etc. Paris a ses observatoires météorologiques; pourquoi n’aurait-il pas son observatoire astronomique ?
- I. Soleil. — L’équinoxe de printemps se produira le ai mars, à 3h. A cette époque de l’année, les nuits et les jours ont la mê ne durée. La déclinaison du Soleil qui était de — 70 40' le ier, atteint -f- 4° 4" le 3i et la durée du jour, de ioh5;7,n le ior arrive à 1 ah45“ le 3i.
- Voici le temps moyen à midi vrai pendant le mois de mars :
- Dates. Heures du passage (t. m. Gr.). Dates. Heures du passage (t. in. Gr.).
- Mars 1er I2h 3“ i3* Mars l7 i ih 59“ i3"
- — 3 I2h 2m 49s — *9 nh 58“ “38
- — 5 I2h 2ra 23s — 21 1 ih 58“ 2S
- — 7 I 2h i™ 55s — 23 iih 57“ 2fis
- — 9 I 2h l“ 25s — 25 1 ih 56“ 5os
- _ 11 Iîh xft S O — 27 1 ih 56“ i3s
- — i3 I2h Om 2 18 — a9 1 ih 55“37s
- — i5 Ilh 59m48s — 3i ii1'55“ os
- 1. Toutes les heures données en ce « Bulletin astrono-
- mique » sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps moyen de Greenwich, compté deoh à a4h, à partir de minuit.
- 2. Vol. XYIII, n° 143, novembre 1924.
- Observations physiques. — Le Soleil est en période de minimum, et peut-être même ce minimum est-il passé ? Continuer les observations physiques, dessins et photographies des taches et facules.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est visible chaque soir de beau temps — et sans clair de Lune — à l’Ouest. On pourra la voir notamment, dès l’arrivée de la nuit complète, du i3 au mars. On observera ses limites parmi les étoiles; noter son intensité et sa couleur. On pourra, avec avantage, en prendre des photographies. Pour cela, placer sur une monture équatoriale un appareil muni d’un objectif extra-lumineux (ouverture f/j, f/3,5, ou mieux f/2). Employer des plaques extra-rapides avec anti-halo.
- M. F. Quénisset, puis M. Jean Dufay ont obtenu de très utiles photographies de la lumière zodiacale en se servant d’un condensateur de lanterne d’agrandissement, Ces condensateurs, même très diaphragmés, ont des aberrations considérables, et il vaut mieux employer un objectif moins ouvert, tel qu’un objectif f/4 et poser davantage, ce qui est possible avec une monture équatoriale, en suivant une étoile guide. Dans ce cas, la lumière zodiacale et les étoiles sont nettes, seuls l’horizon et les objets terrestres sont « flous », puisqu’ils ne participent pas au mouvement diurne.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire vers minuit, les 18 et 19 mars, autour de (3 Vierge. La lueur anti-solaire est une sorte de plage faiblement lumineuse, située juste à l’opposé du Soleil, visible dans les nuits très pures et loin de toute lumière artificielle. Son diamètre est de quelques degrés. On l’explique soit par des corpuscules gravitant autour de la Terre et éclairés juste de face dans cette position, et mieux par une sorte de queue de la Terre, analogue à la queue des comètes, queue formée, par les minuscules particules en provenance de l’atmosphère et chassées par la répulsion de la lumière solaire. ”
- II. Lune. — Voici le tableau des phases de la Lune pour le mois de mars 1935 :
- P. (). le 2, à i2h 7“ I D. Q. le 17, à 17h a 1m P. L. le 10, à 14ha 1m j N. L. le 24, à 14* 3m
- Age de la Lune, le i01 mars, à minuit légal (oh) = 5J,g; le 25 mars =01,4. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 25. Et pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 5 = -)- 20° 11'; le 18 = — 20°i6'.A ces d ates, la Lune sera, lors de son passage au méridien, à sa plus grande ou à sa plus petite élévation du mois au-dessus de l’horizon.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 mars, à i3h.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 mars, à ih.
- Lumière cendrée de la Lune. — On pourra surtout l’observer le matin, du 16 au 21 mars et le soir du 27 au 3i.
- Occultation d’étoile par la Lune. — Le 7 mars occultation de 227 B Cancer (gr. 6,4), de23h37ni à oh36m
- le 8.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront du a3 au 28 mars, au moment de la Nouvelle Lune de l’équinoxe. Les voici, avec leur coefficient (demi-amplitude) pour Brest :
- Dates. Marée du matin. Marée du soir
- Mars a3 o“,9o o“,g5
- — 24 om,99 1 “, 0 2
- 25 i”,o4 i“,o5
- — • 26 im,o4 i“,oi
- — 27 o“,q8 o“,94
- — 28 o“,88 o”,82
- III. Planètes. - — Le tableau ci- après, établi
- des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mars 1925 :
- sê 35 gjp
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à & lJL & sion et VISIBILITÉ
- MARS Paris. de Paris (4) Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- , 6 6b IX*1 2m 9‘ i7b4o” 23h 6m — 58 4-5' 32' t6'; 8 Verseau .
- Soleil . . . | 16 6 5 11 59 3i 17 55 23 43 — 1 5o 3a 12,0 Verseau , s>
- 26 5 44 11 56 3a 18 11 0 20 + a 7 32 6,0 Poissons
- 6 6 3q 12 8 17 37 23 8 — 720 5,0 cp Verseau 1 Le soir, à la fin du mois.
- Mercure. . J 16 fi 28 12 38 18 48 0 18 + 1 39 5,4 1 Poissons > Plus grande élongation,
- 26 6 10 i3 0 19 5i 1 21 + 10 18 6,6 '£ Poissons ; le 3o.
- 6 i: IO 11 18 16 25 22 20 — 11 47 10,0 1 D Verseau ,
- Vénus. . . 16 . 5 56 1 I 25 16 54 s3 7 — 715 10,0 cpVerseau > Inobservable.
- 26 5 40 I I 32 I 7 23 23 53 — 223 9,8 «Poissons ,
- 6 8 28 16 0 23 3i 3 3 + 18 i3 5,4 ô Bélier
- Mars. . . . 16 8 5 i5 46 23 27 3 29 -+ 19 58 5,2 Pléiades > Encore visible le soir.
- 26 7 44 t5 3 \ 23 2 } 3 56 —j- 2 x 28 5,o Pléiades
- Jupiter. . . 16 3 23 7 11 48 19 18 22 12 33,2 yJ-X2 Sagitt.' Le matin, avant l’aurore.
- Saturne . . 16 22 8 3 7 8 6 i4 49 — i3 34 16,4 P Balance Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 16 6 3 11 47 17 31 23 3o — 3 09 3,2 11 Poissons Inobservable.
- Neptune. . 16 14 3-i 21 46 5 0 9 3î l5 2 2,4 7 Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l'heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible à la fin du mois, arrivant à sa plus grande élongation le 3o mars, à ig1*, à i8°48' à l’Est du Soleil. On pourra le rechercher dès le 25 mars. Il sera favorablement placé pour être observé, en raison de sa déclinaison boréale assez élevée. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stell
- Mars 2 "o-99 — I, I
- — 7 0.99 — 1.4
- — 12 o-97 — i.4
- — 'f 0,90 — i,3
- — 22 0,76 — 0,9
- — 27 0,57 — 0,4
- Venus s’approche de plus en plus de sa conjonction supérieure. Elle se lève quelques minutes avant le Soleil et se couche avant lui. Elle est donc inobservable pendant ce mois, sauf pendant le jour, où un équatorial devient nécessaire pour la trouver.
- Le tableau suivant montre qu’elle est presque en conjonction (disque très voisin de 1,00) :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stell;
- Mars 2 0,97 —~3,4
- — 7 0,98 — 3,4
- — 12 0,98 — 3,4
- — *7 0-99 — 3,4
- — 22 0,99 — 3,4
- — 27 0,99 — 3,4
- Mars est encore un peu visible le soir, se couchant vers 2 3h 3om. Les observations sont finies pour cette apparition, le diamètre de la planète étant à présent réduit par l’éloignement à 5 secondes environ.
- Jupiter devient visible le matin et les observations vont pouvoir recommencer. La plus petite lunette suffit pour voir le disque aplati, les bandes nuageuses et les quatre principaux satellites.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Mars Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 6 5b 36m III E.c.
- 6 5 39 II E.c.
- 6 5 45 I O.c.
- 8 5 14 11 P.f.
- 14 4 52 I E.c.
- i5 5 17 II P.c.
- i5 5 3o I P.f.
- DATE Mars Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- i5 5h 32“ II O.f.
- 22 5 12 I P. c.
- 22 5 3o II 0 c
- 23 4 46 I Era.
- 24 5 9 II Era.
- 3i 3 5i I P. f.
- Saturne est à présent bien visible dans la seconde partie de la nuit, se levant dès 2 2h.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du i3 mars igaô :
- Grand axe extérieur ......................... 40”,82
- Petit axe extérieur........................ 14",23
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau............... .............. -f-200 24'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -f- r 90 1 os
- Le signe -f- indique que c’est la face nord de l’anneàu qui est éclairée par le Soleil et qui est visible actuellement.
- Voici les élongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne. Ce satellite est de la grandeur 8,5 ; il est visible avec une lunette de 5o mm d’ouverture.
- Mars
- Dates. Élongation orientale. Élongation occidentale.
- 4 — 2ih,7
- 12 i8\8 —
- 20 -- I Qh,Q
- 28 i6\8 —
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 12 mars, à i3h. Il est donc invisible en ce moment.
- Neptune, dont l'opposition a eu lieu le 10 février dernier, est visible encore presque toute la nuit. Pour le trouver, il suffira de dessiner, l’œil à la lunette, les étoiles visibles jusqu’à la grandeur 8,5 dans un carré de x/a degré de côté, en plaçant dans l’angle du bas à droite l’étoile 7 Lion (Image droite).
- En comparant ce dessin plusieurs jours de suite avec la même région du ciel, on trouvera immédiatement Neptune.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- lie 8, à 7% Neptune en conjonction avec la Lune, à o°i 9' S
- Le 8, à 22 , Mercure Le i4i à i5\ Saturne' Le 19, à 7h, Jupiter Lem, à io\ Vénus Le a3, à i7h, Uranus Le a3, à 2ih, Vénus Le 35, à x9h, Mercure Le 29, à ah, Mars
- — Uranus,ào°42'S.
- — la Lune, à 20 44'S.
- — laLune,à2° 6'S.
- — Uranus, ào°47'S.
- — la Lune, à a0 4o'N.
- — la Lune, à a0 6' N. —- la Lune, à 6° 51'N.
- — laLune,àfi° o'N.
- Etoiles filantes. — Le 7 mars, M. Denning indique deux radiants actifs, l’un dans la région de (î Scorpion (par 233° et —180), l’autre près de y Hercule (par 244° et -f- i5°.)
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le x5 mars, à 23b33m; le 18, à ao4 a3”. Ces minima sont visibles à l’œil nu.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- "V. Constellations. —Voici l’aspect de la Voûte céleste le Ier mars vers aih ou le i5 mars vers aoh (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités sidérales visibles avec de petits instruments) :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar, v, a3 h, 57 ) ; les Gémeaux (8, Ç, x, amas); le Cocher (14, M. 37).
- Au Nord : La Petite Ourse (a, la Polaire); Céphée (8, p, x, £) ; Cassiopée (rj. t).
- A l’Est : La Vierge (y, 84, 54, 17); la Chevelure; le Lion (Régulus, y, 54).
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Sud : L’Hydre (e, 54, M. 68); le Navire, la Licorne, le Petit Chien (Procyon, S. 1126).
- A l'Ouest : Le Taureau (a, x, 9, M. 1) , le Bélier (y, V). Au Sud-Ouest : Orion (a, ç, M. 3i).
- Au Nord-Ouest : Cassiopée. Em. Touchet.
- ><
- VARIETES
- A PROPOS DE PLANTES RARES
- Le nombre est assez grand des plantes qu’on peut appeler rares, localisées, endémiques. Peut-être y aurait-il intérêt, sans prétendre faire l’inventaire de toutes, d’en citer quelques-unes, bien connues des botanistes, mais non des profanes. Au Narcisse des Glénans (n° 2637) et au Saxifrage à feuilles d’épervière (u* 2643), nous ajouterons les suivantes :
- 1. Abyssum pyrenaicum, Lapeyrouse Hist. abr. Pyr., p 371, connu seulement sur le rocher calcaire dit « le Soler », au-dessus de la Font-de-Comps, dans les Pyrénées Orientales, où nous l’avons récoltée pour notre herbier et quelques amis, en 1896.
- 2. Centaurea corymbosa, Pourret in Act. acad. Toulouse^. p. 3io, dans les escarpements calcaires des collines de la Clappe, sur le littoral occitanien, non loin de Narbonne, à l’endroit dit « le Rec ».
- Il y a lieu de remarquer que ces deux plantes ne sont connues, dans le monde entier, que d’une seule localité, ce qui n’est pas le cas du Saxifrage susdénommé, baptisé par les auteurs hongrois Waldstein et Kitaibel, et qui habite tout le nord de l’Europe : Spitzberg, Nouvelle-Zemble, Norvège, Russie arctique, Sibérie, Amérique arctique, et aussi la Hongrie, la Croatie, la Trans-sylvanie et la Styrie ; quant aux Narcissus calathinus, N. pulchellus et N. reflexus, qu’on trouve aux îles des Glénans, dans le Finistère, principalement dans 1 îlot du Drenec (cf. Rouy, Fl. Fr. t. i3, p. 38), ils appartiennent aussi à la flore du Portugal. Mais continuons la chasse aux plantes rares, bien que moins localisées que les deux premières.
- 3. Saponaria bellidifolia, Smith Spicil. bot., 1, p. 5, découvert par notre compatriote Puech, instituteur à Tournemire. sur les maigres pâturages du Larzac, (Aveyron), à la Devèze de Lapanouse de Ternon, trouvé récemment dans les Pyrénées par notre ami l’abbé J. Soulié au cirque de Gavarnie, et M. le Dr D. Manuel Llenas dans le val d’Aran, en Espagne.
- 4. Lithospermum Gastonii, Bentham ap. DC. Prodr., 10, p. 83, confiné dans les rochers herbeux de rares vallées ou pics des Basses-Pyrénées.
- C^tte plante porte le nom de Gaston Sacaze, son inventeur.
- Une autre plante rare de celte région, et qui s’avance jusque dans les Pyrénées centrales, est YErodium Ma-nescavi, Tosson in Ann. sc. nat., 1847, p. 2o5, t. 11, dont le nom de l’inventeur, Manescau, a servi pour la formation du terme spécifique, Manescavi.
- 5. Statice sinuata, Linné spéc., 3g6, du littoral méditerranéen indiqué seulement, en France, aux Iles d'Byères et au lazaret de Nice.
- 6. Statice diffusa, Pourret in Act. Toulouse, 3, p. 33o, de l’Ile Sainte-Lucie, près La Nouvelle (Aude), où elle restera abondante tant que les terrains saumâtres ne seront pas conquis par l’agriculture.
- 7. Statice Companyonis, Grenier et Billot ap. F. Schultz. Arch. fl. Fr. et AU., p. 338. Petite plantule des terrains salés près la gare de Leucate (Aude), où nous l’avons vue abondante durant les six années d’actives herborisations aux alentours de La Nouvelle. Nous la considérons comme une forme locale du 5. duriuscula
- Gir. et nullement hybride. Elle n’a rien des parents supposés, S. confusa et S. echinoïdes.
- 8. Statice cuspidata, Delort ap. F. Schultz Arch. fl. Fr. et AIL, p. 164, S. Delorti Grenier, pl. exs. Autre belle et délicate plantule de Leucate et de l’île Sainte-Lucie, peu connue, tout comme les Statice Delibi, Aubouy, pl. exs. in Soc. Rochel. et S. Legrandi, Gautier et Timbal, in Bull. Sc. pkys. et nat. Toulouse, 4, p. 4 (1877-78), qu’on trouve, le premier à Palavas (Hérault), et le second dans les mêmes terrains salés entre la gare de Leucate et la station balnéaire de La Franqui.
- Du littoral méditerranéen ou de l'Océan, on pourrait citer de ce groupe ou de la famille des Plombaginées bien d’autres formes intéressantes, entre autres cette merveilleuse espèce à tiges frutescentes se terminant en petit panicule multiflore de grandes fleurs roses, le Limonastrum monopetalum, Boirs. Ile Sainte-Lucie, et le long de la voie ferrée, sur les 92 km qui séparent la gare de La Nouvelle et celle de Leucate, que nous avons parcourus bien des fois avec de vaillants compagnons.
- 9. Alkanna lutea, Moris in Enum. sem. hort. Taur, (1846), connu de deux ou trois localités du Var aux Pyrénées-Orientales, et que nous avons découvert autour de Barcelone, sur le massif du Tibidabo.
- 10. Cirsium e chinât uni DG. Fl. Fr., 5, p. 465 que Gauthier indique sur les Gorbières, dans Catalogue des Pyrénées-Orientales, et que nous avons découvert nous-même dans l’Aude, sur les Garrigues de La Nouvelle, de Sigean, de Lapalme et de Fiton, et enfin à Baree* lone, sur le riche massif du Tibidabo.
- 11. Centaurea pallidula Rony in Rev. bot. syst , 2, p. 147, qu’on n’a pas encore vu hors de la Cerdagne française et espagnole, mais où elle n’est pas rare sur les coteaux ensoleillés.
- 12. Xatardia scabra, Meissner Gen. 145, qui ne s’éloigne pas de l’imposant massif du Puigmal. Nous l’avons vu sur les versants français et espagnol, sur les pentes à éboulis schisteux des hautes vallées.
- Bien que la plante soit dédiée à un pharmacien de Trats de Mollo, du nom de Xatart, nous pensons que les exigences de l’euphonie, ici comme en cent cas pareils, commandent la permutation des consonnes. On a donc écrit Xatardia et Xatarlia, et nous-même, dans nos exsiccata « Fl. d’Espagne », nous avons suivi les deux graphies.
- 13. Carex Grioleti, Rœmer ap. Schkuhr Riedgr., 2, p. 96, f. 209, sur les bords du Donaréon, affluent du Var.
- Nous avons trouvé cette rare espèce dans les endroits les plus sombres des *. barrancos » du Tibidabo. ,
- La liste pourrait s’accroître indéfiniment de noms peu connus : Galiurn setaceum, Asplénium, tetrarchiæ, Geum ceretanicum, Meniha ceretanica, Euphorbia dendroi-des, etc., sans entrer dans les espèces qui ne sortent pas de la Corse ; mais en tout il faut savoir se borner.
- F. S*NNEN
- Membre honoraire do la Société Ivoianique de l'rance,
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- Jteo
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Errata. — Le tir en avion. — Dans cet article (n° 2647 de La Nature) il faut lire, page 406, dans le 3e exemple : au lieu de figures 2 et 5, figures 2 et 7.
- De même dans le 4e exemple : figure 5 au lieu de figure 7.
- Page 410, a8 colonne, 20e ligne, on devra lire : « une ligne de mire spéciale non parallèle à la ligne de mire naturelle, sauf dans le cas de tir dans l’axe ».
- Communications. — Aspect du ciel à l’Est au coucher du Soleil. — Un de nos lecteurs, M. W. Groubé, à Fez (Maroc), signale une observation qu’il lui a été donné de faire le ier décembre. Pendant le coucher du Soleil, et à la partie orientale de l’horizon, juste à l’opposé du Soleil, il a aperçu sur des cirrus gris-violets deux larges rayons lumineux convergeant au-dessous de l’horizon. A mesure que le Soleil descendait, les rayons sont devenus de plus en plus ternes. La teinte de ces rayons était rosâtre.
- L’observation de notre correspondant n’offre aucun caractère de rareté. Lorsque le Soleil vient de se coucher, il éclaire encore la haute atmosphère d’une couleur rose. S’il existe des nuages clairsemés importants à l’horizon ouest ou mieux un peu au-dessous de l’horizon, ils projettent une ombre rectiligne dans cet éclairage rose du ciel, les parties dans l’ombre paraissant bleues. Gomme les rayons solaires sont parallèles, ils convergent à l’opposé du Soleil de la même manière qu’ils divergent à partir de lui. L’effet est celui que produirait un pseudo-soleil situé au-dessus de l'horizon oriental à une distance angulaire égale à celle du vrai Soleil au-dessous de l’horizon occidental. On peut d’ailleurs fréquemment suivre un rayon depuis sa sortie à l’horizon ouest jusqu’à son coucher, à l’horizon est.
- Réponses. — M. R. D., à Pont-du-Château. — r Le travail effectif ou travail immédiatement utilisable sur l'arbre de couche d'une machine à valeur se mesure à l’aide du frein dynamométrique de Prony, qui est constitué par une lame souple en fer ou en acier garnie de frottoirs en bois et embrassant une surface très grande d’un tambour ou d’une poulie calée sur l’arbre de couche. Les deux extrémités de ce lien traversent une barre rigide munie elle-même d’un frottoir, des écrous de serrage, dont le point d’appui se tiouve sur la barre, permettent de tendre le frein et de faire appliquer fortement les frottoirs sur la jante de la poulie. Le frein devenu solidaire de la poulie tend à tourner avec elle. On dispose les choses de telle sorte que le mouvement tende à relever la barre rigide. D’autre part, on charge celle-ci d’un poids P, lequel s’ajoutant au poids mort p de l’appareil maintiendra la barre horizontale. Quand ce résultat est obtenu, il y a équilibre entre le travail dépensé en frottement et le travail de la force P -j- p agissant sur l’extrémité d’un levier de longueur l, on aura donc pour un tour un travail égal à (P -J-p)%tcl et pour n : 60 tours par seconde une puissance de
- (P-f-p) 2fiîn (P -]- p) nzln
- ——— =--------------—— ----- en chevaux-vapeurs.
- bo X 75 45oo r
- Ou si on veut l’exprimer en Poncelets de xoo kgm.
- poncelels.
- 60 X 100 6000
- a0 II est absolument inutile de chercher à réutiliser un tonneau ayant contenu du carbonyle, pour y mettre du vin, tous les traitements seraient inefficaces ; il est donc préférable en même temps que plus économique de faire l’acquisition d’une futaille en bon état.
- 3° Pour détruire les chenilles qui mangent vos légumes, vous pouvez employer le savon-pyrèthre qui est ainsi composé :
- Savon noir............... 3 kg
- Eau chaude...............10 litres
- Après dissolution on incorpore à la solution :
- Poudre de pyrèthre. . 1 kg 5oo
- Puis on étend avec
- Eau froide..............90 litres.
- Pour l’emploi on met 3 à 4 litres de cette solution mère dans un hectolitre d’eau et arrose à la tombée delà nuit.
- A. B., à Lyon. — La composition des cirages est très variable. Suivant qu’ils sont destinés à des cuirs mats ou à des cuirs brillants, vous trouverez dans l’ouvrage Encres et cirages, par de Keghel, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille, un très grand nombre de formules, parmi lesquelles vous pourrez choisir celles qui vous conviennent particulièrement.
- M. G. Berlin, à Nancy. — i° Le dépôt qui se forme dans les bouilloires est en général constitué par un mélange de carbonate et de sulfate de chaux ; lorsque ce dépôt n’est pas de formation trop ancienne, on peut le plus souvent le dissoudre en faisant bouillir dans le récipient de l’eau sucrée, qui amène la chaux à l’état de sucrate de chaux soluble. Dans le cas qui vous occupe, le nickel ne sera nullement attaqué, et il n’en résultera aucun dommage pour le métal. 20 La coloration brune laissée sur les doigts après écalage des noix vertes est due à l’oxydation à l’air des glucosides contenus dans la coque, cette matière colorante est soluble dans les acides dilués ; il suffit donc après l’opération de passer les doigts dans l’eau acidulée par un peu d’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) pour enlever les taches.
- M. Dagand, à Lyon. — T Ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, un excellent moyen de destruction des mites est le tétrachlorure de carbone, dont on imbibe un tampon de coton placé dans un flacon à large col. Ce flacon est mis ouvert dans le placard ou la malle qui renferme les vêtements, les vapeurs qui se dégagent peu à peu se répandent dans l’espace libre et tuent rapidement les mites. Bien entendu si on vient à ouvrir le placard à. plusieurs reprises, il faut recharger le tampon en tétrachlorure de carbone celui-ci devant toujours être présent pour empêcher l’établissement de nouveaux inseetes. 20 Le seul moyen véritablement efficace de détruire les moustiques est de répandre à la surface de toutes les eaux stagnantes avoisinant les habitations une couche de pétrole ou d’huile de schiste. C'est par ce procédé que les Américains ont fait presque complètement disparaître les fièvres paludéennes dues au transport des trypanosomes par les moustiques.
- M. Videau, à Bordeaux. —• La raideur des peaux tannées dont vous nous parlez tient à ce qu’elles n’ont pas pendant le mégissage été palissonnées, c’est-à-dire étirées sur les bords arrondis d’une planche placée de champ lorsqu’elles étaient encore demi-sèches. Nous pensons qu’il conviendrait pour remédier à ce défaut de commencer par imprégner la peau côté chair avec un mélange à parties égales d’eau et de glycérine, puis, lorsqu’elles auront repris une certaine souplesse, de les palissonner comme il est indiqué plus haut. Cette opération doit être progressive et faite dans tous les sens, de manière à décoller les fibrilles du derme agglutinées par le tannage.
- M. L. G., à Saint-Claude. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 26^5 du i3 décembre 1924, page 190 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- Bibliothèque municipale d’Alger. — i° La température de vitrification des émaux est comprise entre 55o° et 12000 suivant la nature des constituants de l’émail, il ne peut donc être question d’émailler une soudure à l’étain et au plomb qui fond à 240°, car la soudure se liquéfierait avant l’émail. 20 Comme substitut à l’émail dans cette condition, vous pourriez essayer la gomme laque blanche additionnée d’un pigment minéral, tel que le vermillon, le bleu de Prusse, le chromate de plomb, etc. ; la température de fusion de la gomme laque étant de beaucoup inférieure à celle de la soudure, il n’y aura ainsi aucunement à craindre l’altération de cette dernière. Bien entendu il ne s’agira que d’un simili émail.
- Br R., à Toulon. — Réponse à votre question a été donnée dans le n8 2645 du i3 décembre 1924, page 190, nous vous prions de vous y reporter.
- M. Widdmann, à Versailles. — Le rebouchage des fissures dans la fonte peut s’effectuer d’une façon suffisamment durable par le moyen suivant :
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- BOITE AUX LETTRES
- Prendre :
- Fleur de soufre . . . 200 grammes.
- Plombagine..........100 —
- Fondre le soufre avec précaution de manière qu’il ne s’enflamme pas et y incorporer la plombagine, couler le mélange sur une pierre polie et laisser prendre en masse, après refroidissement réduire cette masse en poudre.
- Pour réparer, mettre dans la fente une quantité suffisante de la poudre ci-dessus, puis chauffer à feu doux, terminer par un coup de fer à souder de chaque côté de la pièce pour lisser.
- Si c’est un trou qu’il faut réparer, introduire d’abord dans ce trou un rivet que l’on matera légèrement, puis souder comme précédemment. Dans le cas qui vous occupe d’une cloche de calorifère, il faudra évidemment éteindre le feu pour qu’une réparation soit possible, celle-ci ne pouvant être effectuée en marche.
- M. II. Jean, à Toulon. — Nous pensons que l’ouvrage La Coutellerie de la Bibliothèque professionnelle, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille, vous donnera satisfactions sur les conditions techniques d’un bon travail industriel.
- M. Georges Poulet, à Paris. — La disposition que vous avez en vue pour produire le vide est ingénieuse, mais sera peu pratique, attendu que le vide ne se produit que par refroidissement de l’air préalablement chauffé au moyen de l’alcool, qui s’enflamme. Il faudra, avant de recommencer, attendre le refroidissement du récipient, ce qui demandera un certain temps et motivera un fonctionnement à longues intermittences, avec un vide bien faible à chaque combustion, puisque le vide aura à se répartir dans deux récipients, dont le second dispose, dites-vous, d’environ cinq fois plus d’air. Il sera nécessaire de répéter l’opération un très grand nombre de fois avant d'avoir un résultat appréciable. A notre avis les petites pompes dont on dispose aujourd’hui d’une façon courante, Pompe à ventouses « Aspir » par exemple (Constructeur, Henri Bosredon, 56, boulevard Saint-Jacques, Paris, 14'), permettront une solution beaucoup plus commode du problème.
- M. André, à Paris. — Nous ne connaissons pas le duplicateur auquel vous faites allusion, il ne nous est par suite, pas possible de vous renseigner sur son principe.
- II. Teodoro, à Santa Rita. — Le biselage des verres ne présente aucune difficulté, il s’effectue à la meule de grès bien mouillée et d’un grain assez fin pour ne pas produire d’éclats. Quelques essais vous feront acquérir rapidement le tour de main nécessaire.
- T. S. P. — M. le baron de Sambrecy de Sorgue, à Millau (Aveyron). — i° Vous pourrez trouver dans La Pratique radioélectrique ou dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F. tous les renseignements nécessaires pour le choix et l'installation d’un poste récepteur. Pour avoir de bons résultats de réception en haut-parleur, à la distance-à laquelle vous vous trouvez, il est bon d’employer deux étages à haute fréquence avant la détection, et une ou deux lampes à basse fréquence, soit au total un appareil de réception comprenant 5 lampes. Les étages à haute fréquence peuvent être à liaison apériodique ou semi-apériodique par bobinages avec ou sacs noyau de fer. On peut également utiliser un étage à haute fréquence à résonance et un autre apériodique;
- Voici des adresses de fabricants construisant des postes à plusieurs étages à haute fréquence : Etablissements G. M. R., *8, boulevard de Vaugirard, Paris ; Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris.
- M. A. Prévost, à Besse-sur-Issole |Var). — Il existe maintenant en France des lampes spécialement destinées à Vamplification à basse fréquence pour l’audition en très haut-parleur, ces lampes ont une faible résistance intérieure, 6000 à 8000 ohms, et leur courant de plaque peut atteindre 20 milliampères pour une tension plaque de 160 volts au maximum. Ces lampes sont fabriquées actuellement par la Radiotechnîque, 12, rue La Boétie, Paris.
- M. J. C., à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). — Il est facile de se rendre compte du bon état des enroulements d’un transformateur à basse fréquence. Il suffit d’utiliser dans ce but une pile et un voltmètre ou milli-ampèremètre. Vous pourrez trouver dans CentProblèmes
- pratiques de T. S. F. toutes les indications nécessaires pour réaliser simplement ces essais.
- M. Thorin, à Cherbourg (Manche). — 1° Les vario-mètres sont spécialement destinés à la réception des émissions sur ondes courtes ; ils permettent de réaliser l’accord des circuits de grille (accord) ou de résonance (plaque) avec le minimum possible de capacité. En outre, leur emploi supprime l’usage indispensable d’un condensateur variable d’accord ou de résonance, et rend possible son remplacement par un condensateur fixe;
- a® Voici des adresses de constructeurs de variomètres : Igranic (Messinesi concessionnaire), 125, avenue des Champs-Elysées, Paris; Etablissements Isodio, 3, rue Martre, à Clichy (Seine);
- 3“ Il est à peu près indifférent d’employer un transformateur de sortie à noyau de fer droit. Par contre, pour réaliser la liaison à basse fréquence entre les étages d’un amplificateur, les transformateurs à circuit magnétique fermé permettent d’obtenir une amplification supérieure. Il est cependant nécessaire pour éviter les effets fâcheux de distorsion, surtout en radiotéléphonie, d’utiliser des éléments bien étudiés. Vous pourrez trouver dans La Pratique radioélectrique une étude sur les montages comparés des deux modèles de transformateurs.
- M. Buclon, à Paris. — Il est assez facile d’utiliser l’amplificateur à quatre étages à résistances que vous possédez pour réaliser un dispositif superhétérodyne. Vous pourrez trouver dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F. tous les détails nécessaires pour exécuter cette adaptation.
- M. Joseph Ricard, à Eygalières (Bouches-du-Rhône). — i® Pour charger les accumulateurs de votre voiture en utilisant le courant triphasé à 110 volts de votre secteur, il faut utiliser un redresseur de courant. Une valve « Tungar », ou un redresseur à armature vibrante genre relais, vous donnera de bons résultats;
- Nous ne pensons pas que la ligne d’éclairage, située perpendiculairement à la direction de votre antenne, doive vous causer de sérieux troubles d'audition. Vous pourriez d’ailleurs utiliser comme antenne cette ligne d’éclairage elle-même en employant un dispositif d’accord à primaire apériodique, comme nous l’avons indiqué dans La Nature. Il faudrait alors, bien entendu, utiliser un condensateur d’arrêt en série, afin d’éviter de désastreux courts-circuits;
- 3° Il est inexact, comme vous semblez le croire, qu’il suffise de construire un transformateur ordinaire pour chauffer les filaments des audions d’un amplificateur à l’aide du courant d’un secteur, et que ce dispositif permette de remplacer les accumulateurs de chauffage. En réalité, on utilise presque toujours des transformateurs à prise médiane, et il est nécessaire de réaliser un montage spécial de l’amplificateur pour obtenir des résultats de réception suffisants. Nous avons donné déjà d’ailleurs des indications à ce sujet dans les « Chroniques de T. S. F. ». Nous vous conseillons, en tout cas, de veiller à la bonne exécution du circuit magnétique de votre transformateur. Vous n’indiquez pas, d’ailleurs, la façon dont il est réalisé. Autant que possible, choisissez des tôles de 3/io mm d’épaisseur, et réalisez le secondaire avec du fil de 16/10-ou même de 20/10 mm de section. Vous pouvez employer 5oo tours au primaire et 22 au secondaire.
- M. Gobinon, à Moscou (Russie). — Nous vous remercions de votre communication que nous avons fait connaître aux lecteurs de La Naturej
- 2° Nous ne comprenons pas très bien comment est monté le câble téléphonique que vous voulez utiliser comme antenne; mais il nous semble, en tout cas, que vous pouvez obtenir de bonnes réceptions en utilisant un dispositif d’accord à primaire apériodique du genre du « Collector » décrit dans La Nature ;
- 3° Pour utiliser le courant continu de 240 volts d’un secteur, il faut utiliser un petit accumulateur en tampon pour le chauffage des filaments, le voltage est abaissé avec des lampes à incandescence servant de résistances. Pour la tension plaque, on abaisse la tension avec un rhéostat à des lampes à incandescence et ou utilise un circuit-filtre formé, si l’on veut, par deux condensateurs de 3 microfarads et les enroulements d’uu transformateur à basse fréquence de rapport i. Vous trouverez dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F. des détails sur ce procédé.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La vie sur Mars, par l’abbé Th. Moreux, i vol. 96 p., 28 fig, 2 pl. hors texte. Doin, éditeur, Paris, 1924-Prix : 3 francs.
- La planète Mars, notre voisine, est cette année passée au plus près de notre globe, et le public, à qui les romanciers et les nouvellistes ont rebattu les oreilles des habitants de Mars, s’est demandé si cette proximité n’allait pas permettre aux Terriens d’entrer en rapports avec leurs frères de l’autre planète. L’abbé Moreux, qui a fait de très nombreuses observations personnelles de Mars, leur répond. Il montre d’abord avec quelle prudence il faut peser les affirmations des astronomes eux-mêmes, et à quelles erreurs conduisent l'insuffisante connaissance des propriétés du télescope, ou une science trop rudimentaire du dessin. De là est née avec Schiaparelli la légende des canaux, avec Lowell celle des oasis. En réalité, rien ne nous permet d’affirmer la présence sur Mars d’êtres organisés et pensants ; cependant l’observation y constate la présence d’une végétation ; mais l’atmosphère raréfiée de la planète, son peu d’humidité excluent l'existence d’une vie animale active. L’auteur conclut que Mars nous offre un état intermédiaire entre la Terre et la Lune.
- Ma vie et mon œuvre, par Henry Ford, i vol. 318 p. Payot, éditeur, Paris, 1925, Prix : i5 francs.
- Henry Ford, fils d’agriculteur, est attiré dès son enfance vers la mécanique par une vocation impérieuse; petit mécanicien de village, il construit de ses mains une voiture à vapeur, puis un moteur à explosion. En 1892, âgé de 3o ans, il fabrique à temps perdu sa première automobile, puis avec d’infimes ressources, il s’établit fabricant d’automobiles.
- Aujourd’hui, il est le plus grand fabricant du monde ; ses usines sortent chaque jour plusieurs milliers de voitures, et le petit mécanicien est devenu, dit-on. l’homme le plus riche de l’univers. Dans ce livre où il raconte sa vie et expose ses idées, il explique ce prodigieux succès. Sa recette au fond est simple : ténacité, économie, volonté de toujours mieux faire et de donner avant tout satisfaction à une clientèle de plus en plus large, éviter les emprunts, les crédits et les spéculations, vendre bon marché et à petits bénéfices une marchandise de bonne qualité, payer généreusement ses ouvriers et collaborateurs, mais exiger d’eux un travail parfait; tels sont ses principes directeurs. Ils ne sont pas nouveaux; ce sont ceux qui en particulier guidaient en France, voici trois quarts de siècle, les créateurs des grands magasins, Boucicaut par exemple, et tant d’autres qui ont fait d’honorables ou brillantes fortunes. M. Ford est beaucoup moins novateur qu’il ne le croit. De même ses formulés d’économie politique et sociale ne sont pas neuves, tant s’en faut. Mais la façon dont l’homme a su mettre en œuvre ses principes directeurs offre le plus haut intérêt pour les industriels, les sociologues et le grand public.
- La teinture et l’impression expliquées par la chimie, par A. Letellier. i vol. 5ga p., 80 fig., 8 fac-similés en couleur. J. Hermann, éditeur, Paris, 1924. Prix : 35 francs.
- Ce livre comprend deux parties bien distinctes : la première est consacrée au rappel des lois fondamentales de la chimie et aux éléments de la chimie organique nécessaires pour comprendre la constitution des matières colorantes ; sous une forme très personnelle, l’auteur montre la genèse de nos connaissances chimiques et le rôle essentiel joué par les savants français dans leurs progrès. La seconde partie est consacrée à la pratique même de la teinture, du bïan-
- ' chiment et de l’impression; elle étudie successivement la teinture, les différents apprêts de la laine, la teinture de la soie, les impressions sur soie, la teinture du coton et les divers apprêts du coton, puis plus succinctement ceux des textiles, tels que lin, chanvre, jute; il passe ensuite aux impressions sur papier et à l'étude des laques et des encres; à la coloration des cuirs ; il termine par le blanchiment et l’impression du coton.
- Les Champignons du Globe, par H. Goüpin, Tome v et dernier, 1 vol. de 318 p. et i58 pl. Edité par l’auteur, 5, rue de la Santé, Paris. Prix : i35 francs.
- Notre collaborateur, chef des travaux de botanique à la Sorbonne, vient de terminer son grand ouvrage sur les Champignons du Globe par ce cinquième volume, qui renferme 158 planches, presque toutes consacrées aux Urédinées (Rouilles des plantes) et, surtout, à ceux que les mycologues ont groupés sous le nom de Fungi imperfecti, c’est-à-dire « Champignons imparfaits y>, et qui comprennent une multitude d’espèces nuisibles aux végétaux — la plupart cultivés — et aux animaux. C’est la première fois, croyons-nous, que ces êtres si intéressants et si imparfaitement connus sont l’objet d’une iconographie aussi copieuse; nul doute que les naturalistes et les cultivateurs n’en tirent un grand profit pour l’étude des cryptogames ravageurs de nos cultures et de nos forêts ; il y a encore là une foule de travaux à faire et les chercheurs n’auront /[ue l’embarras du choix pour fixer leur attention et diriger leurs recherches.
- Physiologisehe Pflanzenanatomie, par G. Haberlandt, 6° édition, revue et augmentée, x vol in-8, 6;i p., 295 fig. Engelmann, Leipzig. Prix : 19 marks; relié, 22 marks.
- Voici la 6a édition de l’ouvrage classique du professeur de botanique de l’université de Berlin, dont la première date de 1884. C’est dire son succès continu auprès des botanistes et des étudiants allemands. Il le doit à sa parfaite documentation que rfflète la bibliographie placée à la fin de chaque chapitre et à l’ordre de son exposition. L’auteur traite successivement des cellules des plantes, des tissus, des organes de soutien, des enveloppes, des systèmes mécaniques, puis des organes d’absorption, d’assimilation, de circulation, de réserves, d’aération, de sécrétion et d’excrétion, de mouvement; des dispositifs sensoriels et d’exeilation ; de l’épaississement, secondaire des tiges et des parois. Cette classification des données anatomiques en chapitres physiologiques traitant chacun d’une fonction donne à l’ouvrage un grand intérêt et renouvelle souvent les questions traitées dans d’autres livres d’un point de vue plus morphologique.
- Microscopie de l’œil vivant, par F. Koby, i vol, in-8, 240 p., 43 fig. Masson et^C'0, Paris. Prix : j5 francs.
- Depuis 19x1, les ophtalmologistes disposent, pour observer l’œil vivant, de deux appareils précieux : le microscope binoculaire de Czapski, la lampe à fente de Gullstrand Grâce à eux, il est maintenant permis de voir à un fort grossissement les divers milieux de l’œil ; la conjonctive, la cornée, la chambre antérieure, l’iris, le cristallin, le corps vitré et d’y déceler les moindres troubles, les lésions à leur début. On imagine les services que peut rendre un tel examen pour connaître la pathologie de l’œil, intervenir dès le début des accidents, suivre les progrès au cours du traitement. Ces appareils sont encore peu répandus en France et c’est pourquoi le D1 Koby a écrit ce livre. Dans une série de chapitres consacrés chacun à un des organes de l’œil, il décrit la technique de choix, l’aspect de l’œil normal, les anomalies congénitales, les modifications séniles, Jes lésions traumatiques, les altérations pathologiques qu’on peut observer. Il le fait chaque fois avec une grande expérience, en mettant en garde contre les difficultés et les erreurs d'interprétation. C’est un nouveau chapitre d’oculistique qui commence et non le moins important.
- Catalyse et ses applications, par le Dr YV. Kopxczewskx, 1 broch. in-4» 4^ p-, Yigot, frères, Paris.
- Bonne mise au point de l’état actuel de nos connaissances sur la catalyse, son mécanisme, ses applications industrielles et médicales.
- le secret de la Dourada, par Léon Creux, i vol. in-16, ?4o p., illustré. Ducrocq, Paris. Prix : 7 francs.
- Roman d’aventureB scientifiques se passant au • Brésil, dans lequel les inventions et les faits merveilleux abondent !
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2653 7 Février 1925
- INFORMATIONS
- Le début de l’hiver 1924-1925 dans le nord Scandinave. — Ce n’est pas seulement en France que l’hiver i924'I9î5 est remarquable par l’élévation anormale de la température. Le même phénomène se produit dans le nord Scandinave.
- A Copenhague, le n janvier, telle était la douceur de l’air que l’on aurait pu se croire en mai, écrit le Ber-lingske Tidendê, un des quotidiens de cette ville. La veille le thermomètre avait marqué -f- 4° à i5 heures et -f- 3° à minuit.
- A Oslo (Kristiania) la température moyenne de décembre dernier s'est élevée à + 2°,5, en excès de 6° sur la normale. Depuis un siècle, jamais une pareille moyenne thermique n’avait été observée à cette époque de l’année, et il faut remonter à près d’un siècle, à 1827, pour rencontrer une valeur qui s’en rapproche. Cette année-là la moyenne de décembre dans la capitale de la Norvège fut de -f- i°,5. Dans toute la Norvège les chutes de neige ont été rares et peu abondantes, et chaque fois qu’il s’en est produit, elles ont été presque immédiatement suivies d’un dégel; aussi bien la plus grande partie du pays a-t-elle offert le spectacle absolument extraordinaire d’un Noël sans neige. Même dans le nord de la péninsule cette anomalie s’est manifestée.
- Le a5 décembre, à Mosjôen, petite ville de la côte ouest, non loin du cercle polaire, par 65° 40' de latitude, la neige faisait complètement défaut et il régnait un temps de printemps rapporte le journal d’Oslo, Aflen-posten. Dans les îles voisines, ajoute le correspondant de ce quotidien, des troupes de palmipèdes qui viennent estiver dans ces parages étaient déjà arrivées et le bétail pacageait sur les prairies encore vertes, alors qu’en temps ordinaire il est soumis au régime de la stabulation. Bien plus, le 21 janvier, on enregistrait près du cap Nord la température extraordinaire de + 6° 8 !
- Ce régime météorologique a entraîné des conséquences économiques fâcheuses dans le sud-ouest de la péninsule, heureuses au contraire dans ses régions orientales et dans tout le bassin de la Baltique L’absence de neige paralyse la vidange des exploitations forestières de la Norvège méridionale; les coupes ont été effectuées comme d’habitude; elles ont même été vendues, mais jusqu’ici le traînage n’ayant pü être organisé, il demeure impossible de les amener aux bords des rivières qui les transportent par flottage aux ports d’embarquement à destination de l’étranger. Une hausse sur les bois du nord est donc probable?
- D’autre part, la douceur de la température laissant libres les nappes d eau prises ordinairement en hiver, les pêcheurs manquent de la glace nécessaire pour l’expédition de leur poisson. En janvier a lieu sur les côtes de Norvège une très importante pêcherie de hareng; pour permettre l’exploitation de ses produits à l'état frais, on a donc dû improviser des fabriques de glace, annonce le Tidens Tegn d'Oslo.
- Par contre, dans la Baltique, la douceur de la température favorise les industries maritimes en déterminant une prolongation de la saison de navigation. Généralement, à la fin de décembre et au début de janvier, les ports des golfes de Bothnie, de Finlande et de Riga sont bloqués et d’épais et larges champs de glace frangent les côtes de ces bras de mer. Par exemple, durant la première semaine de janvier 192c, l’accès de la Finlande par mer se trouvait fermé par de solides banquises, comme le montrent les intéressantes cartes du gel de la mer pendant l’hiver 1920-1921 publiées par l’Institut thaîassologique de Finlande tout récemment publiées (Jâàt vuona 7920-/927 laatinut Gunnar’Granqvist [avec un allemand], Helsingfore, 1924> avec 11 cartes). Cette année-ci, au contraire, les glaces sont restées peu abondantes. À la date du 7 janvier, Gefle et Sundsvall (côte suédoise du golfe de= Bothnie) restaient ouverts à la navigation, de même Abo, à l’extrémité sud-otiest de la Finlande. Sur la rive méridionale du golfe de Finknde, à la même date, Narva était encore libre de glaces, pareillement le golfe de Riga.
- Le régime météorologique anormal qui distingue l’hiver 1924-1925 en Scandinavie,, est dû à la prédominance des vents du sud-ouest. A plusieurs reprises
- ces brises ont acquis une très grande force, et tant en décembre qu’en janvier les côtes de Norvège ont été assaillies par de terribles tempêtes qui Ont causé non seulement des sinistres maritimes, mais encore des dégâts à terre. Chaules Rabot.
- Encore le phénomène de Magnua. — La récente discussion soulevée par le « rotor Flettner » montre une fois de plus combien les revendications de priorité et de nationalité sont décevantes et oiseuses en matière scientifique, sauf si elles remettent en lumière dès faits oubliés. Or, on oublie le plus souvent quelque chose ou quelqu’un. Personne n’a relevé, à ma connaissance, que dans un mémoire additionnel à l’ouvrage de Gabriel Guilbert, Nouvelle méthode de prévision du temps, 1919, p. 331, mémoire intitulé Action d’un courant aérien horizontal sur un tourbillon vertical,Je regretté Bernard Brunhes énonce la loi suivante, textuellement :
- Un courant horizontal exerce sur un tourbillon vertical une force horizontale perpendiculaire au courant et dirigée de la droite vers la gauche du courant si le tourbillon est sinistrorsum [en sens inverse des aiguilles d’une montre), de la gauche vers la droite du courant si le tourbillon est dextrorsum.
- Cette loi découlait d'expériences fort bien conduites par Brunhes. Dans une cage vitrée il créait un tourbillon gazeux par le moyen d’un moulinet de Weyher et dirigeait sur lui un violent courant d’air à l’aide d’une tuyère. Il observait les déplacements de l’axe dans les sens indiqués et une sonde lui permettait de mesurer les variations corrélatives de pression. Un jet dp 3o mm dirigé sur un tourbillon de 1000 tours par minute (moulinet) le déplaçait de quelque 1 cm.
- Brunhes recherchait une explication physique de certaine règle donnée par Guilbert pour le déplacement des dépressions atmosphériques. P.-L. Mekcanton
- Professeur à Lausanne.
- Le record des ouvrages d'art sur une voie ferrée ; la ligne Nice-Coni. — Ce record est certainement détenu en France par la ligne Niec-Col de Tende, en construction depuis 1909. Cette ligne constitue le tronçon français de la ligne franco-italiennê Nice-Coni ; elle réalisera une nouvelle percée des Alpes destinée à faciliter le trafic entre 1 Italie du Nord et la France du Sud.
- Cette ligne emprunte un tracé extrêmement accidenté, à travers des vallées étroites, profondément encaissées, à pentes très raides. Aussi toutes les difficultés se sont-elles trouvées comme accumulées; à plaisir, et leur solution a exigé la mise en œuvre de toutes les ressources de l’art de l’ingénieur.
- Elles se sont traduites par l’exécution d’un nombre inusité d’ouvrages d’art ; certains viaducs par leur audace et leur élégance sont de véritables modèles et ajoutent au pittoresque de ces régions sauvages, peu fréquentées jusqu’ici faute de moyens de communications, mais qui prendront désormais un réel attrait touristique.
- De Nice à la frontière italienne, la ligne nouvelle se développe sur 58 km et arrive à l’altitude de 1873 m. au col de Tende.
- Sur ce parcours se succèdent 41 tunnels d’une longueur totale de 21 5oo m. et 62 ponts ou viaducs ayant une longueur totale de 1920 m. Ainsi plus de la moitié du trajet est en ouvrages d’art et encore ce chiffre ne comprend ni les murs de soutènement, ni les remblais, ni les ponts d’une ouverture inférieure à 4 m.
- Parmi les tunnels, le plus remarquable est celui du col de Braüs, par lequel la ligne passe de la vallée du Paillon à celle de la Bevera; ce souterrain mesure SgSg m. de long; c’est le plus long tunnel entièrement situé en territoire français. Sa construction s’est heurtée à de très graves difficultés ; en effet, à partir du kilomètre 4600 et sur plus de 1000 m., le souterrain est entièrement creusé dans l’anhydrite, ou dans un mélange d’anhydrite et de gypse. L’anbydrile est, à juste litre, la terreur des ingénieurs. Cette roche n’est autre chose que du sulfate de chatix anhydre, ou, si l’on veut, du plâtre anhydre. C'est une pierre dure,- mais qui au contact de l’eau ou de l’humidité atmosphérique se gonfle
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- INFORMATIONS
- et se délite avec un foisonnement d’environ a5 pour ioo. Aucune maçonnerie, aucune protection ne peut résister à la poussée qui résulte d’une telle augmentation de volume : aussi un ouvrage creusé dans l’anhydrite est-il perpétuellement exposé, ppndant et après les travaux, aux écrasements et aux éboulements. Le seul remède est de remettre la roche à l’abri des venues d’eau et du contact de l'humidité atmosphérique. Après de nombreux accidents au cours des travaux, les ingénieurs chargés de la construction de la ligne ont réussi à mettre en œuvre des moyens efficaces pour combattre les dangers de l’anhydrite; les infiltrations ont été arrêtées par des barrages et des drainages judicieusement établis. D’autre part, la surface de l’anhydrite, aussitôt mise à nu par l’excavation, était recouverte d’une triple couche de goudron la mettant à l’abri de l’humfdité de l’air.
- Le tunnel du Mont Grazian, long de 3888 m., par lequel la ligne passe de la vallée de la Bévera à celle de la Roya, est remarquable parce fait que son entrée et sa sortie sont en territoire français, mais la plus grande parlie en est située sous le territoire italien.
- Parmi les nombreux ponts et viaducs de la ligne, on peut citer : le viaduc en maçonnerie del’Escarène, long de 220 m., formé de i i arches ; le pont de Saorge, du type Séjourné, en maçonnerie également qui, d’une seule portée de 4o m., franchit la vallée de la Roya à plus de 56 m. au-dessus de la vallée, le pont de Searassoué, dn type Séjourné, également sur la Roya, qui franchit la rivière à m. au dessus du niveau d’étiage des eaux sur une arche de 48 m. de portée, une arche de i3 m. et deux de 11 m. Sigualons encore le très curieux pont sur la Bevera, l’ouvrage franchit la rivière sous un angle très aigu et s’appuie sur une pile assise non pas dans le lit même du torrent, mais sur les deux berges ; cette pile est formée par une voûte en Y renversé enjambant le cours d’eau ; le sommet de ce V eBt à plus de 24 m. au-dessus du niveau des eaux.
- Le phénomène de la cavitation dans les hélices. — De nombreux auteurs ont parlé du phénomène de la « cavitation » des hélices sans pouvoir s’accorder sur la définition exacte. Les uns prétendent que les cavités ou « poches » se forment sur la face arrière des ailes d’hélices, d’autres assurent qu’on peut les faire apparaître sur les deux faces. Tous ont peut-être raison, car on peut faire apparaître ces effets suivant la vitesse employée et les bassins d’expériences sont suffisamment outillés à l’heure actuelle pour rendre la cavitation visible.
- Quelle que soit la forme affectée par le phénomène, il est évidemment gênant au point de vue du rendement et on a dû assigner pour les projets d’hélice une vitesse circonférentielle maxima que certains ingénieurs estiment être 3 000 m. : min. environ, soit 5o m. : seconde.
- Nous n’avons pas entendu dire que dans la marine française, on ait utilisé des vitesses d’hélice entrai' nant la cavitation. Pour cette raison, nous attendions avec une certaine impatience les expériences entreprises sur quelques scouts et destroyers américains pour lesquels la vitesse critique dont nous venons de parler ci-dessus est nettement dépassée. A priori, nous ne pourrons pas évidemment voir la cavitation, mais nous serons tentés de l’accuser formellement lorsque nous constaterons des divergences entre les puissances et les nombres de tours des essais comparés âüx puissances et au nombre de tours déduits des expériences effectuées sur des modèles.
- On avait constaté — dans les essais des destroyers, qui furent faits les premiers — des différences assez considérables. Or, la vitesse circonférentielle des hélices était d’environ 3 600 no. : min. Comme celle des hélices des scouts atteignait 3900 m. : mia., on pensait que les divergences constatées seraient beaucoup plus grandes. Or, d’après 1 Engineering du2i novembre 1924, on a été très surpris de trouver des différences relativement faibles.
- De plus, un fait fort intéressant découle des résultats obtenus. A mesure que le tirant d’eau augmente, les différences diminuent.
- C’est ainsi que 1’ « Omaha » présente des différences faibles tandis que le « Richmond » dont-le tirant d’eau est plus faible a montré les plus grandes divergences.
- Est-il normal, dans ces conditions, d’accuser la cavi-
- tation seule:’ Telle qu’on la décrit, elle signifie que les filets d’eau « décollent » de la surface de d'hélice. Or, lorsque le déplacement s’accroît, la poussée s’accroît ainsi que le recul de l’hélice. La cavitation ne peut dépendre que de la vitesse relative des filets d'eau par rapport aux éléments d’aile d hélice. Elle devrait donc augmenter avec le tirant d’eau, d’après ce qui précède. Comme l'expérience montre le contraire, il faut donc chercher l’explication ailleurs.
- Les ingénieurs américains des constructions navales prétendent qu’ils ont constaté au cours des essais de modèles que l’air pouvait parfois cheminer le long des chaises d’arbre porte-hélice. Or, lorsque le tirant d’eau est faible, les bras supérieurs de ces chaises sont très près de la surface si le bâtiment est sans différence de tirant d’eau. II faut également tenir compte de la lame de sillage et du changement d’assiette à grande vitesse.
- Si la chose est exacte, il est évident qu’un trouble considérable peut être introduit par la présence des bras des chaises, particulièrement dans le cas de mer légèrement clapoteuse. 11 peut y avoir formation d’un véritable tube d’air qui, à vitesse croissante, arrive à créer des remous dans lesquels travaille l’hélice.
- dette constatation a eu pour résultat de faire examiner de nouveau les essais qui avaient été effectués en 1921 sur les destroyers construits durant la guerre et après. La formation des remous est évidemment plus facile, car le bras supérieur de la chaise affleure la surface dans toutes les conditions de temps. La formation des remous est donc infiniment plus facile que sur les scouts.
- Une première objection se pose tout de suite. Si la théorie du glissement de l’air le long d’un bras de la chaise est exacte, on doit diminuer l’effet en créant une résistance au glissement. Par exemple, on peut laisser la surface brute de fonte au lieu de la polir. On a fait des expériences sur un petit modèle; ces expériences ont confirmé la théorie.
- Il s’ensuit que, puisqu’un remous existe depuis la surface jusqu’à la zone où travaille l’hélice, on doit voir dans ce fait la raison possible des divergences constatées. D’autre part, si cette théorie est exacte, on supprimerait l’inconvénient en ne prévoyant plus sur les nouveaux bâtiments rapides de bras supérieur pour supporter la chaise. II conviendrait alors d’augmenter la section du bras inférieur ou même de mettre deux bras inférieurs.
- 11 serait très intéressant que des expériences fussent faites en France. On en déduirait peut-être des précisions intéressantes sur le phénomène de la cavitation dont tout le monde parle sans savoir exactement en quoi il consiste. F. G.
- Les importations françaises de pétrole depuis 60 ans — La Revue pétrolifère publie une intéressante statistique des importations de pétrole en France depuis 186U A cette époque, on recevait par an 11 i51 tonnes ayant une valeur de 5 g54 947 francs; en 1923, on reçut 1 364 662 tonnes, soit plus de cent fois le tonnage primitif, dont la valeur atteignit 1 266 o33 000 fr., soit 200 fois celle de i863,
- En 1863, la France reçut 9476 tonnes d’huiles de pétrole et de schistes bruts et 1676 tonnes d’huiles raffinées, soit 85 pour 100 des premières. En 1872 apparurent les essences pour 7302 tonnes; en 1876, les huiles lourdes pour io5 tonnes. En 1923, les huiles brutes représentent seulement 706 tonnes, les huiles raffinées 3oi o38, les essences 735 573, les huiles lourdes 204 4o5, les résidus de péirole ii2 65o, les brais 5225, les paraffines 4956, la vaseline io5 tonnes.
- On voit le développement de la consommation atteint depuis 60 ans. On en jugera mieux encore parle tableau suivant.
- Au nées Quantités totales en tonnes Valeur des importations en millions de francs.
- 1863 .... n . 151 5)9
- i873 .... 51.039 17,0
- i883 .... 125 709 24,5
- i893 .... 295.708 25,1
- 1908 . . . . 532 o54 - 67,5
- 1913 ..... 7i8.333 -167,5
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Fig. i. — Montage en Testa ordinaire.
- Pr bobinage primaire; S, secondaire; G,, condensateur d'accord du primaire; ( i2, condensateur d'accord du secondaire; M, commutateur série parallèle.
- -oB.
- C,
- -oBi
- Bobinages pour montages à primaire apériodique. On sait en quoi consistent les montages à primaire apériodique, qui dérivent des montages eq Tesla ordinaire (fig. k). Dans ce dispositif bien connu, un bobinage d’accord primaire P, monté dans le circuit antenne-terre, est accordé au moyen du condensateur variable C,, connecté en série ou en parallèle à l'aide du commutateur M bipolaire. Ce bobinage P est couplé à couplage variable avec un autre bobinage secondaire S, et les oscillations sont ainsi transmises, par induction, au circuit secondaire, formé par le bobinage S et son condensateur variable de secondaire C2. Ce circuit secondaire est alors accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir, et le récepteur de T. S. F. est branché aux bornes B4 du circuit.
- Le montage le plus simple à primaire apériodique dérive directement de ce montage (fig. 2). Le bobinage primaire P est réduit à quelques spires, et le circuit antenne-terre est désaccordé, c’est-à-dire qu’on ne l’accorde plus exactement sur la longueur d’onde des émissions à recevoir. On choisit pour une gamme assez étendue de longueurs d’onde le nombre de spires du bobinage P, et l’on n’ajoute dans le circuit primaire aucun autre organe de réglage, ni inductance, ni condensateur variable.
- Ce bobinage primaire est fortement couplé, à couplage fixe le plus souvent, avec le bobinage secondaire S, et le circuit secondaire SCj est établi de la manière ordinaire, et accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir. Le poste récepteur est connecté aux bornes Bj de ce circuit.
- Ce montage, très simple, présenté le double avantage suivant : -
- i° Il permet un réglage très rapide, consistant, le plus souvent, dans l’unique manœuvre du condensateur
- secondaire.
- 20 II donne la possibilité d’employer une antenne de grande longueur pour la réception des ondes courtes, c’est ainsi qu’on peut quelquefois utiliser, à l’aide de ce montage, une canalisation électrique ou un fil téléphonique comme antenne de fortune avec de bons résultats.
- Dans ces derniers cas, il est nécessaire d’employer dans le circuit primaire un condensateur fixe d’arrêt C'1( qui évite les fâcheux courts-» circuits (fig. 3).
- On pourrait objecter contre ce procédé que la sélectivité obtenue est bien moindre que dans un dispositif Tesla ordinaire à couplage variable et primaire accordé, et que l’énergie recueillie est moins grande que dans le cas de la résonance du primaire. En fait, on obtient d’excellents résultats de réception des émissions sur ondes courtes et même sur ondes moyennes.
- c;
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- Fig. a. — Montage simple à primaire apériodique.
- I’, primaire apériodique, lormé de quelques spires couplées follement avec le secondaire.; S, se^ conduire accordé par le condensateur variable ; B B.,, bornes reliées à l’appareil de réception.
- w (§) 3^
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- Wmffî
- Fig, 3. — Montage à primaire apériodique avec condensateur d’arrêt C/.
- Comment réaliser un dispositif de ce genre ? On peu 1 établir facilement soi-même, comme nous 1 indiquerons dans une prochaine chronique, mais les constructeurs ont établi de nombreux petits accessoires pour faciliter ces montages. Nous avons d’ailleurs déjà décrit dans La Jhature 1 appareil <( Collector » basé sur le même principe.
- Un nouveau bobinage, le modèle « Igronic », se présente sous la forme d’une bobine duolatérale ordinaire avec monture à broches jumelées (fig. 4). Le bobinage est exécuté sur un mandrin isolant ajouré, afin de réduire les pertes par diélectrique; ce mandrin a 90 mm de diamètre. Les extrémités du bobinage duolatéral viennent aboutir à une broche et à une douille B4 et B5, comme pour une bobine ordinaire, la monture s’adaptant à un support quelconque fixe ou mobile.
- Mais, sur ce même mandrin, sont enroulées en même temps les quelques spires qui constituent le primaire apériodique du montage, et les extrémités de ce deuxième bobinage viennent aboutir aux bornes Bj et Ba.
- L’élément permet donc la réalisation immédiate du montage simple à primaire apériodique. Il suffit de relier la borne Bj à l’antenne, la borne B2 à la terre, et de considérer la bobine duolatérale comme le bobinage
- B,
- ''B.
- Fig. 4. — Bobinage Igronic.
- B,, borne relié 3 à l’antenne; B2, borne reliée à la terre; B3 etB4, broche et douilles ordinaires de la bobine duolatérale secondaire.
- secondaire à accorder. S’il y a lieu, on intercalera entre la terre et la borne B2 un condensateur fixe d’arrêt.
- Deux modèles sont présentés, l’un pour la gamme 75-180 m., l’autre pour la gamme 3oo-6oo m. Dans le premier cas, le bobinage duolatéral comprend environ a5 spires et a un coefficient de self-induction d’environ 3o microhenrys. Dans le deuxième cas, le bobinage comprend quelque 100 spires et a un coefficient de self-induction d’environ 5oo microhenrys.
- P. Hemardinquer.
- s*> Chauffage
- Le poêlé « Rayon d'or ». — Le récent Salon des Appareils ménagers a montré un nouveau poêle fort ingénieusement conçu et capable de donner un excellent rendement calorifique.
- Construit tout en tôle, il présente une forme extérieure rectangulaire qui permet de le placer devant n’importe quelle cheminée ; un modèle simple présente l’avantage d’être bon marché ; un modèle plus luxueux et nickelé peut avoir sa place même dans les pièces élégantes (fig. 5).
- Son épaisseur n’est que de 18 cm.
- Comme le montre la figure 6, l’intérieur comporte un cendrier à ouverture de tirage réglable et un foyer amovible dont la grille est prévue pour brûler à volonté du bois, de la tourbe, du lignite, des briquettes. Les gaz brûlés montent à la partie supérieure, le long d’un plan incliné, circulent autour d’un four et redescendent vers la buse d’échappement
- Ce long circuit permet d’utiliser au maximum les calories dégagées par la combustion. En outre, autour
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- du four, se trouvent des tubes disposés verticalement et ouverts à leurs deux: extrémités ; l’air froid y entre par le bas, s’échauffe au contact des parois et sort
- Le « Rayon d'or ».
- Fig. 5.
- réchauffé à la partie supérieure, augmentant ainsi le rendement.
- On a prévu un réservoir d’eau formant bain-marie qui peut se placer sur le poêle et servir à réchauffer des aliments ou à fournir à tout instant de l’eau chaude.
- Air chaud
- Air froid
- Porte du foyer
- Grille
- Cendrier
- F o u r
- Fig. 6. — Coupe du poêle « Rayon d’or ».
- Bien conçu, le poêle « Rayon d’or » est un des meilleurs moyens de chauffage domestique qu’ont ait imaginés.
- Constructeurs : Le Rayon d’or, 63, avenue des Champs-Elysées, Paris, 8°.
- Chauffe-pieds naturel sans feu « Eurêka ». — La construction de ce chauffe-pieds est basée sur la radiation de la chaleur humaine, dans un milieu évitant toute déperdition de la chaleur émise.
- Cette chaleur ne pouvant s’échapper de cet appareil suffit pour envelopper les pieds dans une douce chaleur (environ + a5° C) grâce au calorifuge qui entoure complètement les pieds. II n’y a donc plus à s’inquiéter de la dépense d’un combustible (charbon, pétrole, essence, électricité, etc.) plus ou moins malsain, coûteux et dangereux.
- On n’ignore pas que toutes les chaufferettes : au charbon, au bois, à l’électricité, ont pour principal inconvénient de brûler les chaussures, elles sont nuisibles à la santé, car, en outre de l’oxyde de carbone qu’elles dégagent,
- elles attirent l’air froid sur les pieds qui se trouvent ainsi congestionnés par l’appel d’air froid sur le dessus, alors que le dessous des pieds est très chaud : d’où, la naissance de rhumes. Un des avantages de YEureka, c’est précisément d’envelopper entièrement les pieds, en
- Fig. 7. — Chauffe-pieds « Eurêka ».
- dessus, en dessous etpar côté pour les chevilles; ils sont de ce fait à l’abri des courants d’air.
- Dans les chancellières, le grave défaut est de laisser les chevilles des pieds à l’air libre; quand les poils sont aplatis, ils n’isolent plus et il faut jeter cet accessoire qui n’est plus utilisable. Dans Eurêka, la caisse en bois acajou okoumé contreplaqué, ciré ou verni, ne se jette pas ; les matelas soni interchangeables et leur composition ne s’aplatit pas.
- Fabricant M. Adr. Padiras, 9, place Bourgogne, à Bordeaux.
- Le Chauffe-express. — Le « Chauffe-express » est un appareil destiné à faire bouillir un litre de liquide en 1 minute 1/2, environ, sans avoir besoin d’utiliser ni poêle, ni réchaud, ni aucun appareil de chauffage. C'est un broc à double paroi dont 1 intérieur est creux et forme cheminée. Le liquide est introduit dans la double paroi par le bec, qui servira ensuite à le verser lorsqu’il sera chaud. Il est ainsi exposé à la chaleur par une très grande surface. Le « Chauffe-Express » permet de chauffer de l’eau sans dépense, car il suffit d’un vieux journal, de copeaux de bois, d’herbes sèches, de feuilles
- Eau chaude
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- Fig. 8. — Le « Chauffe-express
- sèches, qu’on allume à l’intérieur de l’appareil pour avoir de l’eau chaude presque instantanément.
- Cet ingénieux appareil, qu’on voyait au récent Salon des Appareils ménagers, rendra service à tous, particulièrement en voyage, à la campagne, quand on désire un peu d’eau chaude sans disposer d’un foyer allumé.
- Constructeur ; Le Rayon d’or, 63, avenue des Champs-Elysées, Paris.
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- VARIETES
- LES NOUVELLES FAÇONS DE PLANTER LES ARBRES FRUITIERS
- Quand vous plantez un arbre fruitier, vont répétant les grand s-prêtre s de l’orthodoxie horticole, apportez dans cette tâche délicate les soins les plus méticuleux, comme, si séparant un nourrisson du sein de sa mère, vous vouliez l’adapter à un nouveau milieu. >
- Dès l’arrachage, ménagez bien attentivement son appareil radiculaire, le chevelu surtout. Ne tardez point de faire la toilette du jeune protégé (habillage) ; inspectez minutieusement ses racines et sa ramure ; rafraîchissez ici, raccourcissez là, allégez ailleurs, et rectifiez si besoin est.
- S’il fait sec, enrobez les premières dans quelque bouillie protectrice, sinon fertilisante (pralinage). En attendant la mise en terre, couchez le patient dans une fosse et recouvrez ses racines (mise en jauge) pour leur conserver la fraîcheur. y
- Si l’arbre a voyagé dans de mauvaises conditions, s’il a été malmené par un froid rigoureux, ménagez-lui un dégel lent, sans secousse funeste.
- Vous aurez préparé, a ou 3 mois à l’avance, bien défoncé et largement fumé, le jardin fruitier à créer. Au moment voulu, c’est-à-dire en novembre, ou en mars sous les climats froids et dans les terrains argileux, humides, creusez un trou, mais pas très profond, — que ce ne soit pas un tombeau, — mettez au fond la terre de la surface. plus fertile, en formant un monticule sur lequel vous asseyez le jeune arbre. Etalez soigneusement ses racines sur ce mol oreiller; glissez délicatement entre elles une terre légère mélangée avec du terreau ou du fumier bien décomposé, et assaisonnée de quelques engrais chimiques. De temps à autre tapotez légèrement avec la main sur la base de la tige, pour faire glisser, sans malmener le chevelu, source d’énergie et de vie, le bienfaisant mélange dans les multiples interstices.
- N’enterrez pas trop le collet, ni surtout la greffe, si vous ne voulez pas voir votre élève s’affranchir un jour, délaisser son pied nourricier. Aidez-vous en cela d’une règle ou d’un cordeau niveleurs, en vous rappelant qu’un mètre de terre remuée s’affaissera dans la suite de 10 cm environ.
- Vous aurez eu soin, aussi, de donner à l’arbre la même orientation qu’il avait en pépinière. Et surtout, ne l’oubliez pas, surtout ne piétinez pas son pied au fur et à mesure que vous le couvrez de terre ; tout au plus un peu vers la fin, et encore si celle-ci n’est pas humide; vous dérangeriez le bon ordre que vous avez voulu établir dans l’agencement des racines, ou risqueriez de les blesser, ou encore de former un magma funeste à l’aération.
- Voilà ce que nous dicte le praticien traditionaliste, ce que nous enseigne la parole ex cathedra du maître : allez et croyez, magister dixit! Il y a bien entre spécialistes quelques divergences. Si la motte doit accompagner les arbres à feuilles persistantes, n’est-elle pas plutôt nuisible chez ceux qui, en hiver, perdent leur feuillage? Faut-il ou non couper le pivot? Ne vaut-il pas mieux enterrer la greffe aux orangers et aux oliviers, par exemple, en prévision de quelque gelée funeste, ce qui permettrait alors le recépage régénérateur? Doit-on tailler au moment de la plantation, ou plus tard dans l’année, ou pas du tout? Hippocrate dit oui, mais Galien dit non, et le Normand ni oui ni non ; cela dépend de l’espèce, fruits à pépins, fruits à noyaux, etc.
- Pourquoi donc ces multiples précautions; renvoyez aux vieilles lunes toutes ces restrictions assujétissantes, disent quelques novateurs, que parfois les théories révolutionnaires n’effraient pas, mais qui font jeter les hauts cris aux arboriculteurs avertis.
- Voici d’abord quelques pratiques qui n’ont rien de bien subversif. M. René Rouault a transplanté avec succès des arbres en mai, donc en pleine végétation, la nuit entre 9 heures du soir et 3 heures du matin. M. Sylvestre Sicard met en terre autour des racines des tuyaux en poterie percés de trous, pour faciliter l’aération. Un Hindou, sir Jagadis Chunder Bose, anesthésie d’abord l’arbre au chloroforme pour lui éviter toute souffrance quand on l’extirpe du sol, surtout s’il est encore pourvu de tout son feuillage. M. Van Huile laisse au fond du trou de plantation un tronc de cône de terre dure sur lequel il assied le sujet.
- Si pour une raison quelconque, saison tardive, dessèchement des racines, froid intense, etc., l’arbre reste languissant, un Américain, M. E. S. Goff, lui impose un abreuvement forcé à l’eau distillée. Il sectionne une assez grosse racine, l’engage dans un tube en caoutchouc dont il attache l’autre extrémité au sommet du végétal, ou mieux un peu plus haut, à une perche, et le remplit de liquide. Les bons effets de ce cordial aqueux se manifestent parfois déjà après 48 heures. MM. Simon, Lachs, Mokrzetski, etc., font franchement de la sérothérapie végétale, mais seulement avec des arbres âgés, malades, épuisés; l’eau contient alors divers sels nutritifs.
- Mais voici où nous heurtons plus ou moins vivement de front les théories en cours. Un Anglais, M. Spencer U. Pickering, est grand partisan du damage. Il y a, dit-il, une certaine analogie entre la germination des graines et l’émission des radicelles par les racines. Ces deux phénomènes s'accomplissent beaucoup mieux quand il y a contact réel des organes avec le sol humide, c’est-à-dire avec l’eau, que dans l’air saturé de vapeur d’eau. Dans les terres légères, sablonneuses, le damage donne des résultats faibles ou négatifs. Dans les terrains humides, ét surtout argileux, il constitue d’abord une condition défavorable pour le développement de l’arbre; mais lorsqu il est limité à la petite portion occupée par les racines, celles-ci s’en échappent bientôt pour s’étendre au delà de l’aire battue. Les meilleurs sols sont ceux quijfavorisent le plus les deux phénomènes cités plus haut, par suite de leur richesse en différents principes organiques solubles, de nature probablement azotée.
- L’auteur a expérimenté, comparativement, sur plus de aooo sujets, pommiers, poiriers, abricotiers, pêchers, pruniers, framboisiers, groseilliers, etc., dans 17 localités de diverses régions, à sols de compacité variée.
- On n’enlève que quelques pelletées de terre pour obtenir une cavité superficielle; on y met l’arbre avec ses racines telles quelles, recouvre de terre, que l’on dame fortement jusqu’à ce qu’elle devienne bourbeuse et tremble comme une gelée. Dans les expériences, le tassement était tel que le sol restait très dur la première année, et que l’on distinguait très facilement encore, 2 ou 3 ans après, les arbres soumis à ce traitement rien qu’en pressant le sol avec les pieds. Après le damage on jetait au pied de l’arbre une ou deux pelletées de terre meuble, afin que, dans le but de rendre les expériences absolument comparables, on pût enlever à la houe les mauvaises herbes poussées autour des pieds damés, comme on le faisait aux témoins.
- Le nouveau bois formé par l’arbre damé dans la première année suivant la plantation dépassait de 40 pour 100 celui de l’arbre non damé, et cette supériorité s’accentuait encore la deuxième année. Les jets étaient plus épais et plus nombreux. Parfois l’accroissement du nombre des branches ne s’accusait que dans la deuxième saison; c’est lorsque les réserves emmagasinées dans le bois étaient insuffisantes et vite épuisées par la formation de nouvelles racines. Enfin, le rapport des arbres fut, dans quelques cas, légèrement diminué pendant les premières années, par suite de leur plus vigoureuse croissance; mais le fait n’était qu’exceptionnel.
- M. Stringfelow, un Américain, partant de ce principe que les racines doivent se développer obliquement,dit qu'il faut d’abord supprimer toutes celles que porte l’arbre au moment de la plantation,* à quelques centimètres du pivot, puis planter celui-ci dans un petit trou fait au plantoir, à peine capable de le contenir, et cela sans aucun travail préparatoire du terrain, en sol dur. On enfonce jusqu’au-dessus du collet, puis on tasse fortement la terre. Ce mode opératoire oblige le nouveau système radiculaire à s’infléchir vers le bas, échappant ainsi à la sécheresse et au froid.
- L’arbre est alors plus rustique, plus vigoureux, plus robuste, moins sujet aux maladies, et surtout moins exposé à perdre ses fruits.
- Quant à la ramure, l’auteur est tout aussi radical, pour se conformer aux lois de l’équilibre.
- Supposons qu’il s’agisse d’un poirier de 2 ans, ou plus; il supprime toutes les- ramifications de la tige, et
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- même la couronne ou la tête, si c’est un futur plein-vent. Le sujet est ainsi réduit comme à l’état d’une simple bouture.
- Les Américains affirment que c’est là le seul moyen d’avoir de beaux arbres, vigoureux et fructifères.
- Dans les expériences comparatives conduites chez nous avec le poirier, on a trouvé que la méthode mixte est meilleure que l’américaine. Gomme dans cette dernière, on supprime encore toutes les racines secondaires, mais on laisse sur la tige un certain nombre de ramifications. S’il s’agit d’un sujet en couronne, on raccourcit seulement les branches principales, et on plante comme à l’américaine, au plantoir ou à la bêche, mais dans un sol préalablement remué à a5 cm et fumé
- à faible dose. De tels arbres auxquels on a laissé quelques ramifications sur la tige ont donné plus de radicelles, tout d’abord, et dans la suite des sujets plus fructifères que ceux qui avaient été plantés à l’américaine, à l’état de bouture.
- Ainsi donc, la méthode mixte, qui consiste à équilibrer avant la plantation les deux systèmes aérien et souterrain, est meilleure que l’américaine, dans laquelle on supprime toutes les ramifications aériennes. Mais il est certain que celle-ci est plus commode et plus rapide.
- Il serait intéressant, quand on a une grande quantité d’arbres à planter, de l’essayer aussi, comparativement avec les autres. Antonin Rolet.
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- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. —A propos de l’élevage du renard argenté en France. — M. E. G. Hait, de Mulhouse, nous écrit : « Je lis dans les Informations de votre n° 2646 du 20 décembre des indications de M. De-chambre sur l’élevage du renard argenté dans les Alpes de Savoie.
- « Cela vous intéressera peut-être d’apprendre qu’un groupe alsacien a fondé il y a quelques mois une société par actions « Vosges Fox Farm », avec siège social à Thannenkirch (Haut-Rhin), au capital d’un million environ, dont le but est de faire de l’élevage de renards argentés dans les environs de cette localité (altitude 800 m. environ). Il y a 3 jours, je lisais dans le Journal d’Alsace et de Lorraine qu’un envoi de 45 animaux reproducteurs était arrivé du Canada pour cette société. »
- Réponses. —- M. T., rue Engel-Dollfus, Mulhouse (Haut-Rhin). — Préparation des olives de table. — L’olive verte est d’abord soumise au confiment en liqueur alcaline, puis au lavage à l’eau claire, et mise en saumure.
- Dans les ménages, le confiment se fait en mettant les olives fraîches dans une lessive formée par un mélange de cendres de bois et d’eau. Souvent, on range les olives dans un récipient contenant une solution alcaline de soude ou de potasse à 6° Baumé. Pratiquement, on obtient cette solution en mélangeant de la chaux éteinte à des cendres de bois dans les proportions de 1 de cendres pour 2 de chaux, en poids.
- On dispose le mélange dans un vase cylindrique en bois ou en verre — un baril, par exemple — au fond duquel on étend un lit de paille. On verse de l’eau à la partie supérieure et, par un robinet adapté à la partie inférieure, on soutire, au bout d’un ou deux jours, le liquide chargé de potasse. On prend la densité de la solution et on l’amène à marquer 6° Baumé. Les olives y sont mises à macérer pendant quelques heures, puis fortement lavées à l’eau pour entraîner l’alcali; ensuite, on les met dans une saumure contenant 60 gr. de sel pour 800 gr. d’eau environ par kilogramme d’olives. On parfume en ajoutant quelques tiges de fenouil.
- Dans l’industrie, on emploie l’une ou l’autre des deux
- formules de lessive suivantes :
- i° Cendres de bois............4 parties.
- Chaux................. . i —
- Carbonate de soude .... 1 —-
- 20 Cristaux de soude du commerce , .................. . 1 —
- Chaux grasse............... 1 —
- Ces ingrédients étant mis par couches successives dans un récipient muni d’un orifice d’écoulement à la partie inférieure, on verse de l’eau bouillante, la filtration s’effectue à travers la masse, on ajoute de l’eau pour avoir une densité de 5° à 6° Baumé. La lessive doit agir pendant 12 heures au moins.
- M. F. P. P. (Dordogne). — L’emploi du crüd ammoniac comme matière fertilisante ne doit se faire qu’avec prudence parce qu’il contient des cyanures très nuisibles à la végétation, lesquels ont des effets durant 3 ou 4 mois. Appliqué à la dose de i5oo ou 2000 kg par hectare, il détruit toute végétation et ne peut être employé comme engrais que pour un semis ou une plantation à exécuter 4 mois plus tard (betteraves, avoine, etc.), car c’est seulement après ce laps de temps que ses propriétés fertilisantes se manifestent. Eu conséquence, nous ne vous conseillons pas d’employer le criid ammoniac dans vos vignes, du moment qu’il ne s’agit pas d’une plantation nouvelle à effectuer, mais d’un vignoble déjà créé. La fumure rationnelle doit, d’ailleurs, être composée d’engrais phosphatés, potassiques et azotés employés habituellement : superphosphate ou scories de déphosphoration, chlorure de potassium ou sylvinite, sulfate d’ammoniaque ou nitrate de soude, fumure minérale dont la formule et les quantités de chaque engrais ne peuvent être déterminés que d’après la nature du sol — que vous n’indiquez pas — et les besoins de la vigne, en égard aux proportions d’éléments fertilisants prélevés par la récolte. Sur ce dernier point, il vous faudrait prendre avis du directeur des Services agricoles de la Dordogne, M. Charles Bacon, à Périgueux.
- M. A. B., à Paris. — i° Le radiateur Le Sorcier peut chauffer indifféremment à la vapeur ou par circulation d’eau chaude ; dans le premier cas, il convient pour un chauffage intermittent et, dans le second, pour un chauffage continu. Un perfectionnement important apporté à la construction de l’appareil permet d’obtenir un rendement calorique qui vous donnera satisfaction pour l’emploi prévu.
- 20 IL peut parfaitement être utilisé pour le chauffage de serres; l’emploi du pétrole comme combustible permet une très sérieuse économie; d’autre part, une particularité de construction supprime radicalement l’odeur ; consultez la notice que vous adressera le constructeur, M. Lucien Bregeault, 18, rue Yolta, Paris, 3e.
- 3e Yoir l’article paru dans La Nature du 12 janvier 199.4.
- L. C. M., à Lillebonne.— i° La mesure de l’alcalinité ne donne aucun renseignement sur la teneur d’une eau en sels calcaires ou magnésiens, lesquels sont cause du tartrage des chaudières. La méthode de choix est évidemment une analyse chimique, mais on peut d’une façon rapide avoir une indication suffisante en déterminant le degré hydrotimétrique. Ce procédé est basé sur l’observation qu’une eau ne commence à mousser, après addition de savon, qu’au moment où tous les sels de chaux et de magnésie Bont précipités, La liqueur de savon est une solution alcoolique telle qu’employée dans une burette spéciale (burette de Boutron et Boudet), il faut en verser la valeur de a3 divisions dans 40 cm5 d’une solution de chlorure de calcium à o gr. 25 par litre, pour obtenir une mousse persistante. L’essai de l’eau se fait dans les mêmes conditions sur 40 cm5 et au moment où un anneau de mousse se maintient à la surface, on lit le nombre de degrés de liqueur de savon employée, chaque degré correspond à o gr. to de carbonate de calcium par litre d’eau essayée. On admet généralement qu’au-dessus de 3o° hydrotimétriques,
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- BOITE AUX LETTRES
- les eaux ne sont plus susceptibles d’emplois industriels, c’est alors qu’il faut les épurer comme vous le faites au carbonate de soude et à la soude caustique en précipitant la chaux à l'état de sulfate de calcium et de carbonate neutre. Le chiffre de io° auquel vous faites allusion après épuration doit être un degré hydrotimélriqae et non alcalimétrique. Vous trouverez le matériel pour ce genre d’opérations sous le nom de nécessaire de Boutron et Boudet chez tous les fournisseurs de laboratoires, par exemple Chenal et Douilhet, aa, rue de la Sorbonne. a0 L’adresse de Y Annuaire de biologie est, 3o, avenue Reille, Paris, 14e.
- M. Ch. Guillon, à Coudes, Puy-de-Dôme. — i° Pour le bronzage du cuivre en noir brun , veuillez vous reporter à la réponse faite à M. Hervochon de Nantes dans un des derniers numéros. 20 L’argenture par en~ duisage se pratique ainsi. Prendre :
- Nitrate d’argent. . . 10 grammes.
- Sel de table......... 5o —
- Crème de tartre. . . 3o —
- Broyer à sec très finement ce mélange, de manière à obtenir une poudre bien homogène. Au moment de l’emploi, délayer juste la quantité nécessaire dans un peu d’eau et en former une pâte que l’on applique sur l’objet en cuivre ou laiton, préalablement bien décapé. Laisser en contact quelque temps, puis frotter avec un tampon de chiffon propre, finalement rincer et brillanter à la peau de chamois.
- M. G. D., à Saint-Raphaël. — i° Si les taches de rouille sur votre suspension en fer forgé ne sont pas très étendues et si le métal n’est pas « gravé », le moyen suivant vous permettra de remettre l’objet en bon état. Prendre :
- Savon noir.................. 5o gr.
- Blanc d’Espagne pulvérisé . 100 —
- Au moment de l’emploi délayer un peu de la pâte ainsi obtenue avec quelques centimètres cubes d’une solution sa urée de prussiate jaune (ferrocyanure de potassium) et frotter les parties rouillées au moyen d’un tampon imprégné de la mixture. Pour terminer, rincer à l’eau pure, sécher rapidement, puis passer une couche très légère de vaseline, à moins que vous ne préfériez vernir avec une solution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone. N.-B. Le ferrocyanure étant toxique, bien se laver les mains après les manipulations précédentes. 2° Vous trouverez le répertoire des objets exposés au Concours Lépine dans le Journal Le Petit fabricant, organe des exposants, 15 r, rue du Temple, Paris, 3’.
- M. V. Àkjlas, à Athènes. — Les pigments minéraux employés pour la confection des peintures possèdent une couleur propre due à leur constitution, par exemple l’oxyde de fer est rouge, l’oxyde de chrome est vert, etc. Ce n’est que dans le cas où l’on veut présenter sous l’aspect minéral les couleurs d’aniline que l’on a recours à la formation de laques en précipitant du sulfate de baryte au sein d’une solution aqueuse de la couleur d’aniline choisie, la fixation de la matière colorante a lieu par un phénomène d’adsorption et il est bien entendu que la masse servant de support doit dans ce cas être incolore pour ne pas modifier la teinte du colorant. Ce support est en réalité une charge, puisque par lui-même il ne joue pas le rôle de pigment. Comme les couleurs d’aniline sont pour la plupart peu stables à la lumière, les laques ainsi obtenues présentent le même inconvénient. Les ouvrages suivants vous permettront d’étudier plus complètement cette question si elle vous intéresse : Couleurs et vernis, par Halphen. Couleurs et Peintures, par Coffignier, tous deux sont édités par Baillière, 19, rue lîautefeuille à Paris.
- M. Clerc, à Bruxelles. — Le bon éclairage que peut fournir votre lanterne de vélo dépend moins de l'huile que de la façon dont sa combustion s’effectue. En général, cette combustion a lieu dans un espace confiné, l'arrivée d'air est insuffisante et l’évacuation de l’acide carbonique se fait mal. Une bonne huile de colza convient parfaitement, mais il faut, par des ouvertures convenablement ménagées, et au besoin par addition d’une cheminée, assurer une bonne circulation de l’air. a0 Les huiles minérales doivent être préférées aux huiles animales en vue du graissage des roulements, ces dernières présentant le défaut de s’épaissir assez rapidement. 3° Nous ne connaissons pas d’ouvrages autres que ceux dont vous parlez sur la question. 4* Ainsi que
- nous l’avons répété à plusieurs reprises, nous ne pouvons étudier toutes les spécialités qui paraissent sur le marché ; d’après les indications que vous donnez, il s’agit probablement d’une solution dans la benzine de noir au stéarate. 5° Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur les produits Cédar-Mops que ceux parus dans La Nature du 16 août 1924, n° 2628.
- M. Martin, à Gap. — 1» A notre avis, le meilleur moyen de détruire les mouches dans un appartement est de répandre dans l’air, au moyen d’un petit soufflet, de la poudre de pyrèthre fraîche, puis de fermer pendant une heure ou deux, on balaye ensuite les mouches tombées à terre et on les brûle. 20 Pour les empêcher de pénétrer, garnir les fenêtres d’une fine toile métallique, type garde-manger, qui est de prix minime et que l’on fixe par de la semence sur un cadre en bois amovible que l’on peut enlever pendant ia saison d’hiver. 3° Pour nettoyer le mercure, il suffit de l’introduire dans un cornet de papier rugueux dont la pointe très fine est ouverte, le mercure qui s’écoule est propre, toutes les impuretés res'ant fixées au papier. 4° Les couleurs dites à la gouache sont obtenues par broyage du pigment avec de l’eau gommée additionnée parfois de sucre. Cette eau gommée se prépare en faisant digérer de la gomme arabique en excès, avec de l’eau de manière qu il y ait saturation. Les principales formules sont les suivantes :
- Gouaehe blanche
- Blanc d’argent. . . . 100 grammes.
- Solution de gomme . 100 -
- Eau ordinaire. ... 20 —
- Gouache rouge
- Rouge de Venise. . . 3o grammes.
- Solution de gomme . i5 —
- Sirop de sucre ... 5 —
- Eau ordinaire. ... uo —
- Gouache jaune
- Jauue de chrome . . 100 grammes.
- Solution gommeuse. 4o —
- 5° Avec quatre lampes, vous devez obtenir la réception à la distance que vous indiquez. 6° Pratiquement, pour projeter des préparations microscopiques, il est préférable dépasser par un cliché microphotographique, obtenu extemporanémeat avec tout le soin désirable et qui présente l’avantage d’être toujours à la disposition pour l'enseignement.
- M. Graindorge, à Besançon — i° La lampe à arc avec électrodes de tungstène Philips donne, comme la lampe à arc ordinaire, une concentration de la lumière en un point de grand éclat- intrinsèque, mais ce point est absolument fixe. Elle ne demande aucune surveillance ni réglage, de plus l’amorçage de l’arc est entièrement automatique et ne nécessite pas un rapprochement des électrodes. Cet automatisme est obtenu électriquement sans aucun dispositif mécanique; l’arc est amorcé par une décharge ~ à lueur produite dans l’atmosphère gazeuse de la lampe, décharge qui cesse quand l'arc est amorcé.
- La lumière est produite par deux sphères de tung-slène qu’un arc jaillissant entre elles porte 4 l’incandescence. Ces deux sphères très proches l’une de l’autre constituent le foyer lumineux et ont un diamètre de 1 mm pour la lampe à i,3 ampère et de a mm pour la lampe 2,5 ampères; la puissance lumineuse atteint 2© à 25 bougies par millimétré carré. La lampe à arc avec électrodes de tungstène Philips ne fonctionne que sur un reseau de 220 volts et en série avec une résistance qui limite 1 intensité à i,3 ampère dans la lampe petit modèle et 2,5 ampères dans le grand modèle. La construction de cette lampe se fait en deux types, l’un horizontal, l'autre vertical dont le premier est caractérisé par le grand rapprochement des électrodes de l’ampoule de verre. Lorsque dans l’appareil de projection, on ne veut utiliser qu’une sphère comme source lumineuse, la seconde peut être facilement masquée par un diaphragme, ou bien on peut disposer la lampe de façon que les deux sphères soient situées l une derrière l’autre dans l’axe optique de l’appareil. 20 Nous n’avons pas connaissance qu’un tour de maia spécial soit nécessaire pour la préparation du tungstate destiné aux écrans radiographiques, en dehors de l’addition éventuelle d’un sel de radium ou de mésothorium pour exciter la luminescence.
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- Principes d’algèbre et d’analyse, par Emile Bobel. i vol. in-8, 3n p., 56 fig. Bibliothèque d’éducation scientifique. Albin Michel, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- M. Borel vient de créer sous le titre de « bibliothèque d’éducation scientifique » Une nouvelle collection destinée à donner à ses lecteurs le moyen d’acquérir une solide connaissance scientifique, sans préoccupation d’examens ni de concours. Le premier volume, qu’il a écrit lui-même, est consacré aux mathématiques ; deux autres du même auteur suivront sur le même sujet. Leur but est, en partant des connaissances élémentaires acquises au lycée ou à l’école primaire supérieure, d’initier le lecteur non professionnel aux méthodes d’analyse indispensables aujour-d hui pour aborder les diverses sciences expérimentales et de lui révéler la beauté et la grandeur des théories mathématiques. Ce premier livre, consacré aux principes d’algèbre et d’analyse, utilise à fond l’équation linéaire ou du premier degré et en tire loutes les conséquences utilisables : dérivées et intégrales, fonctions logarithmique et exponentielle, équations différentielles linéaires, jusqu’aux dérivées partielles et aux différentielles totales, intégrales curvilignes. On connaît la clarté d’esprit et le bonheur d’exposition de l’auteur. Ses lecteurs trouveront dans ce premier livre le plaisir et la facilité de comprendre des notions admirablement présentées.
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour igs5. 1 vol. in-16, 686 p., 5 cartes célestes en couleurs, et 2 cartes magnétiques. Gauthier-Villars et Ci0, éditeurs, Prix : broché 6 fr. 5o, relié 9 francs.
- L’Annuaire des Longitudes pour *925 est, comme ses devanciers, précieux par le nombre de documents qu’il contient.
- Divisé en cinq chapitres principaux : Calendrier, Terre, Astronomie, Mesures légales, Données géographiques et Statistiques démographiques^, l’Annuaire étudie les divers calendriers, fait connaître la position relative des astres, indique les mesures légales françaises et étrangères, le tonnage des navires, le mouvement des populations, etc.
- L’Annuaire 1925 publie en outre les deux Notices scientifiques suivantes : L’influence de la rotation terrestre sur la physionomie des marées, par M. E. Fichot; les tubes à émission électronique et leurs applications à l’astronomie, par le général Ferrie.
- Cette petite Encyclopédie d’un format commode, imprimée avec soin par Gauthier-Villars et C10, a sa place indiquée dan3 tontes les bibliothèques.
- Classified list of published Bibliographies in Physics (1910-1922), par Karl K. Darrow. i vol. 102 p., publié par The National Academy of Sciences. Washington, 1924.
- Cette bibliographie mentionne les principaux ouvrages généraux et travaux de physique publiés de 19io à 1922. Les mémoires cités ont été dépouillés dans les principaux périodiques français, anglais, allemands, autrichiens, américains. Cependant, il est à noter que l’auteur a exclu les comptes rendus de l’Académie des Sciences à cause de la brièveté des communications. Cette omission est regrettable, car beaucoup de savants français limitent leurs publications à celle des comptes rendus, et ainsi beaucoup de travaux de valeur n’ont pas été mentionnés par 3e bibliographe américain.
- Critical Poiêniials, by K. T. Compton et F. L. Mouler. 1 vol. 135 p., publié par le National Research Council of the Academy of Sciences. Washington, 1924.
- Lorsqu’un électron soumis à l’action d’un champ électrique se meut dans une atmosphère gazeuse, il peut en heurter les molécules, et ces chocs se mani-
- - lestent par divers phénomènes. Les collisions peuvent être élastiques, et l’électron rebondit simplement sur la molécule heurtée; mais pour certaines valeurs, nettement déterminées de la vitesse de l’électron, ou, ce qui revient au même, du potentiel du champ accélérateur, valeurs dites potentiels critiques, des phé-
- nomènes tout différents spparaissent; l’électron peut arracher à l’atome un ou plusieurs électrons ; c’est le phénomène de l’ionisation ; il peut aussi simplement déplacer certains de ces électrons et exciter des radiations lumineuses; l’étude de ces phénomènes d’ionisation et d’excitation lumineuse est un des plus intéressants chapitres de la physique moderne; elle permet de préciser nos connaissances sur le mécanisme du passage de l’électricité à travers les gaz, sur celui des radiations lumineuses et sur la constitution de la matière. Les deux mémoires de MM. Compton et Mohler constituent un excellent exposé de la question. Celui de M. Gompton est consacré à la description et à la discussion des diverses méthodes de mesure des potentiels critiques. Celui de M. Mohler résume les résultats obtenus jusqu’ici, il montre comment ils viennent confirmer les lois découvertes par les spectroscopistes, relatives aux séries de raies spectrales et comment ils en expliquent simplement le mécanisme, à l’aide de la théorie quantique de l’atome de Bohr.
- l.iving Organisms. An Account of their Origin and -Evolution, par Edwin S. Goodrich, i vol, in-8, 200 p., 60 fig. Clarendon Press, Oxford. Prix relié : 6 sh.
- Petit livre darwiniste écrit pour servir d’introduction à l’étude de l’évolution organique. L’auteür rappelle les caractéristiques de la matière vivante, la structure cellulaire des organismes, leur reproduction et leur mort; après une courte discussion de l’origine de la vie, il aborde les grandes théories du darwinisme et de l’hérédité : variation, facteurs d’hérédité, détermination du sexe, lutte pour la vie et sélection naturelle, sélection sexuelle et isolement, phylogénie, évolution paléontologique et psychologique. Il traite ces sujets de la façon la plus classique, mais en groupant un grand nombre d’arguments et en tenant compte des recherches récentes.
- Les Combarel'les, aux Eyzies (Dordogne), par le D' L. Capital, l’abbé H. Breuil, et D. Peykony. i vol. in-4, 192 p., 128 fig., 58 pl. Institut de Paléontologie humaine. Masson et Ci0, Paris. Prix : 200 francs.
- La découverte de la grotte des Combarelles, et celle de Font-de-Gaume, en 190 r, ont été le point de départ des recherches sur l’art paléolithique des parois de cavernes qui se sont étendues ensuite aux Pyrénées, à l’Espagne et ont donné de si précieux et si curieux résultats. Les trois auteurs de cet ouvrage y pénétrèrent ensemble le 8 septembre 1901 et y découvrirent successivement un ensemble de figures si complet qu’on a pu appeler les Eyzies, la « Chapelle Sixtine » de la préhistoire. Les représentations d’hommes et surtout celles d’animaux y abondent : félins, canidés, ours, mammouths, rhinocéros, ruminants, chevaux, traités avec un art exquis et un accent de vérité qui révèlent de grands artistes.
- Ces merveilles sont figurées dans les 58 planches de ce magnifique ouvrage, dans ses 128 figures et dans deux longues bandes reproduisant les deux parois de la galerie. Nous y reviendrons dans un prochain article, mais nous devons dire ici l’imp.or-tanee de ce volume, véritable panthéon de l’art le plus ancien, et la richesse de son illustration qui permet d’étudier dans tous leurs détails leur exactitude, leur naturalisme, les gravures d’une exécution si sûre et si vraie des premiers sculpteurs connus.
- Le démon dans ses incarnations dramatiques, 1 vol. in-12, 64 p. (Collection des Clochers de France). J. Peyronnet, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur, l’érudit de théâtre bien connu, étudie le personnage du diable à la scène, à travers les âges. Il le montre successivement dans le Livre de Job, dans le Mystère d'Adam (xna siècle), dans le Miracle de Théophile de Rutebeuf, puis dans Marlowe, Calde-ron [El magico prodigioso), le Faust de Goethe, le démon de Termontoff, le Caïn de Byron, etc. On suit avec intérêt les variations que prend à travers les siècles, dans la littérature, la figure inquiétante du diable.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2654
- 14 Février 1925’
- La pluie dans la région parisienne. — Il y a exactement vingt ans, Jaobert publiait dans les Annales de l’Observatoire municipal de Montsouris une étude sur la répartition des chutes de pluie à Paris et dans ses environs. M, L. Besson vient de la reprendre dans les Annales des Services techniques d’hygiène de la Ville de Paris au moyen des observations recueillies pendant 5 ans, de 1919 à 1924, dans 53 stations couvrant Paris et ses environs immédiats.
- Les hauteurs moyennes annuelles de pluie en millimètres y sont de :
- Paris.
- La Monnaie............. 553 Necker . . . . . . . 576
- Jardin des Plantes . . 555 Yaugirard.........588
- Observatoire national. 561 Auteuil . ........592
- Office national météor. 535 Passy . . . ..........601
- Square Louis XVI . . 551 Montmartre........53g
- Lariboisière........... 566 La Villette . . v . . 563
- Hôpital Saint-Louis . 556 Buttes-Chaumont . . 677
- Hôpital Saint-Antoine. 559 Belleville........5go
- Porte d’ivry...... 585 Ménilmontant .... 606
- Montsouris.........571
- Fig. 1. — Courbes pluviométriques delà région parisienne.
- Banlieue.
- Saint-Ouen (cimetière) 566 Ivry-sur-Seine .... 670
- Aubervilliers...........55o Bagneux.................567
- Petit-Pantin . . . . . 5g5 Chôisy-le-Roi . . . . 523 Pavillons-sou*-Cois. . 5g5 Belle-Epine ..... 5^3
- Saint-Denis.............56ï Fresnes ....... 606
- Asnières................5og Petit-Bicêtre...........656
- Colombes . . . . . .546 Juvisy......................566
- Pierrefitte............ 583 Vaucluse ...... 5g8
- Le Bourget..............567 Jardin d’Acclim a lotion 538
- Sevran..................58o Sèvres ..... . . 572
- Saint-Mandé.............598 Saint-Cloud............5/(8
- Montreuil ...... 564 Versailles. . . . . \ 542
- Joinville...............55g Trappes.................576
- Parc Saint-Maur . . . 574 Villepreux................586
- Ville Evrard............6i3 Marly...................628
- Brévannes . ..... 5g3 Montesson.....................5i3
- M. Besson a, d’après ces données, tracé la carte pluviômétrique ci-jointe (fig. 1). Elle ressemble étroitement à celle que Jaubert avait établie en 1905. On y voit que Paris reçoit un minimum de pluie dans le centre ef le nord-ouest tandis qu’un maximum important couvre le plateau de Châtillon et pénètre en pointe dans Passy; un autre aborde au nord-est les collines de Belleville et Ménilmontant; au sud-est un autre minimum relatif couvre la vallée de la Seine, tandis qu’au sud-ouest le maximum de pluie tombe sur la région de Versailles.
- La radiotélégraphie par ondes çourtes et la propagation des ondes hertziennes. — Nous avons rendu
- compte dans notre n° 2^27 (9 août 1924) des belles expériences de M. Marconi effectuées au moyen d’ondes hertziennes de courte longueur. Ces expériences étaient exécutées avec des ondes de 100 m. de longueur. Elles ont révélé, contrairement à l’opinion Universellement admise jusqu’alors, que les ondes courtes se prêtent mieux que les ondes longues aux transmissions à grande distance. Elles peuvent en outre, dans une certaine mesure, être dirigées. Depuis lors, M. Marconi a continué ses travaux et a montré que pendant le jour, la portée des messages hertziens s’accroît notablement encore quand on passe de l’onde de 100 m. à l’onde de 3a m. ; il a pu par ce moyen établir une communication à toute heure du jour et de la nuit entre l’Angleterre et l’Australie, et cela en ne dépensant qu’une très faible énergie, 12 kw seulement. Ces découvertes ne manqueront pas de révolutionner à brève échéance la technique de la T. S. F
- En même temps, elles posent à nouveau le problème théorique de la transmission des ondes hertziennes autour du globe. Comment expliquer que ces ondes électromagnétiques ne se propagent pas sphériquement autour de leur point d’émission, ce qui entraînerait comme conséquence la dissipation dans l’espace de presque toute l’énergie rayonnée, et l’impossibilité de recevoir des signaux à grande distance. Il est évident que les ondes s’incurvent dans la haute atmosphère, soit par réflexion, soit par tout autre mécanisme. On admet souvent qu’il existe à une certaine hauteur, variable du reste au cours de la journée, une couche atmosphérique raréfiée et ionisée, donc conductrice, qui formerait écran et réfléchirait ou diffuserait les ondes. C’est l’hypothèse de la couche de Heaviside. Cette théorie a fait l’objet de nombreuses discussions parmi les théoriciens de la T. S. F., et elle est aujourd’hui considérée comme peu satisfaisante, le mécanisme qu’elle fait intervenir étant insuffisamment précisé.
- Un savant anglais, M. Larmor, vient de perfectionner cette théorie, dans un travail remarquable, dont nous allons donner un aperçu d’après un résumé de M. J. A. Fleming, paru dans la revue anglaise Nature.
- Lorsqu une onde électrique traverse une région de l’atmosphère ionisée, elle met les ions en vibration. Si ceux-ci viennent choquer une molécule gazeuse, il y a dissipation d’énergie et l’onde s’affaiblit.
- Si le libre parcours moyen de l’ion est grand (10 fois par exemple) par rapport à l'élongation maxima qui lui est imprimée par la vibration, il n’y aura que très peu de chocs, donc très peu d’énergie dissipée; mais la constante diélectrique du milieu sera diminuée et la vitesse de l’onde sera augmentée. Larmor montre qu’à une certaine altitude il existe une région dans laquelle peut se propager cette onde hertzienne accélérée et légèrement affaiblie, et qu’il suffit d’une densité d’ions relativement faible pour assurer cette propagation. Il démontre que l’augmentation de vitesse des ondes ,dé-pend de la densité des ions et du carré de la longueur d’onde; tandis que l’absorption d’énergie dépend du produit de cette densité d’ions par la longueur d’onde.
- L’augmentation de vitesse à la partie supérieure du front d’onde se traduit par une courbure du rayon hertzien qui lui fait suivre le contour de la Terre. Larmor, dans sa théorie, précise les conditions nécessaires pour produire la courbure voulue.
- Il ressort de ces considérations, que, pour une densité d’ions donnée, les ondes longues sont plus absorbées que les courtes ; mais les ondes longues ont plus d’énergie au départ. Chaque rayon hertzien a un trajet déterminé entre le poste transmetteur et le récepteur; les rayons correspondant aux ondes courtes suivent un trajet situé à une altitude plus élevée, dans une région où la densité d’ions est plus forte et plus constante ces rayons de courte longueur d’onde transmettent moins d’énergie au départ ; mais ils trouvent une compensation dans le fait qu’ils circulent à cette altitude plus haute, où l’ionisation de l’atmosphère Leur imprime la courbure voulue, en même temps qu’ils sont moins affectés par les variations diurnes de l’ionisation.
- Le rayon de grande longueur d’onde, au contraire, se propàge principalement dans une région de l’atmosphère
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- INFORMATIONS
- où l’ioaisalion varie beaucoup suivant les heures du jour ou de la nuit; aussi est-il moins absorbé la nuit que le jour.
- Les vernis à l’huile de bois de Chine. — MM. F.-H. Rhodes et T.-J. Potts (Chem. Met. Engin., n° 12, septembre igî3). ont exposé les résultats de leurs recherches sur les matières qui empêchent la gélatinisation de l’huile de bois de Chine.
- Cette huile se prend eu gelée lorsqu’elle est chauffée, de sorte que l’on ne peut pas préparer de l’huile de bois cuite comme on le fait pour d autres huiles siccatives.
- Certaines substances ajoutées à l’huile de bois s’opposent à la gélification, et parmi celles-ci la glycérine a donné le résultat le plus satisfaisant. Il suffit d'en introduire une petite quantité (5 pour 100 par exemple) pour retarder considérablement la gélification.
- L’huile de bois de Chine, additionnée de glycérine et d’une quantité de linoléate de plomb suffisante pour que l’huile contienne o,oj pour 100 de plomb, a été cuite à 280° C. jusqu’à ce qu elle ait pris la consistance requise. Après refroidissement, elle a été mélangée avec un peu d’essence de térébenthine et étendue sur une plaque de verre.
- La dessiccation se produit rapidement, et il en résulte une pellicule ÜBse, transparente et tenace.
- On obtient ainsi de bons vernis en ajoulant encore à l’huile de bois de Ghice traitée de cette façon des résines coumaroniques.
- La gomme-laque synthétique. — Une société d’industrie électro-chimique de Munich produit de la gomme-laque synthétique en partant de l’acétylène.
- On passe d’abord de l’acétylène à l’aldéhyde acétique. Par condensation et polymérisation, ce dernier est d’abord converti en une résine tendre qui se transforme, par polymérisation supplémentaire, en une résine dure ressemblant à la gomme-laque naturelle.
- Le produit, vendu sous le nom de Wacker-Shellack, est livré au commerce en diverses qualités. On l’emploie dans 1 industrie du meuble pour le polissage et pour les enduits mats. Il entre dans la composition de vernis pour objets tournés; il sert de liant et d’enduit pour les plâtres et les objets en pierre artificielle; on en fait usage également comme adhésif dans l’industrie électrochimique et pour les amorces ; il entre dans la composition des vernis à l’alcool et des vernis isolants.
- En utilisant, pour dissoudre la gomme-laque synthétique, de l’alcool dérivé du carbure de calcium, on peut produire un vernis mat à 40 pour 100 environ de celte gomme-laque, vernis qui, ainsi, est en entier un produit de transformation de l’acétylène.
- Nouvel appareil d’arrachage et dessouchage des arbres. — A Gazinet (Gironde) ont été faites d intéressantes démonstrations d’arrachage des pins et de dessouchage à l’aide d’un appareil consistant simplement en un treuil monté sur un tracteur automobile et pouvant se déplacer par ses propres moyens.
- Ce nouvel appareil a arraché très facilement des souches en travaillant jusqu’à une distance de 200 m.
- Le système consiste à encercler la souche par un filin d’acier dont une extrémité est reliée au treuil.
- La souche est arrachée en 6 ou 7 secondes.
- Avec cet appareil on arrache, en une heure, i5 souches de 5o à 3oo kg.
- Le filin, amarré à une hauteur de 4 m- à. un pin mesurant 23 m. de hauteur, a arraché cet arbre avec sa souche en 5 secondes.
- Ce nouvel appareil, d’une grande puissance, paraît appelé à rendre de réels services dans l’exploitation forestière.
- La population des Indes néerlandaises. — Les Indes néerlandaises avaient au recensement de novembre 19 jo une population globale de 49 35o 000 habitants. Au point de vue administratif, elles se divisent en deux groupes : Java et Madoura d’une part, les possessions extérieures de l’autre. Les îles de Java et Madoura sont divisées en 17 résidences; les possessions extérieures forment ig provinces et 1 district.
- Java et Madoura, sur une superficie de i3i43okm2, correspondant à celle de la Roumanie de 1912, avaient une population de 34 984 117 habitants, scfit plus de
- 266 habitants au kilomètre car~é. Cette population se partageait en :
- Indigènes . Européens . Chinois . . Arabes. . . Divers. . .
- 34.433.47b 135.288 384.218 57.80b 3.383
- Les possessions extérieures, pour une superficie totale de i7b8 7io km2, avaient une population de 14 36b Gb3 habitants. Les plus importantes sont : Sumatra, 49° 377 km2; Nouvelle-Guinée (partie hollandaise), 416194km2, y compris les îles qui en dépendent; Bornéo (partie hollandaise), 535 638 km2; Célèbes, 186918 km2; Timor (partie hollandaise), 68~4°2 km2. Viennent ensuite les Moluques, Billiton, Bali, Lumhok, Soumbava, Florès, Vetter, Soumba, etc.
- La population se répartissait comme suit :
- Indigènes .............. i3.871.144
- Européens..................... 34.420
- Chinois . . . . . . • 4 >5.419
- Arabes.................. 17.1 ï 5
- Divers........................ 17.946
- Dans l’ensemble de la colonie on comptait donc : 169708 Européens, 809647 Chinois, 44 91 * Arabes, u <29 divers. La plupart des Européens étaient Hollandais fonctionnaires, planteurs, ingénieurs et missionnaires. .
- Au point de vue religieux, l’Islam prédominait (environ 40 millions) ; le bouddhisme est en pleine régression et la plus grande partie des Javanais eux-mêmes sont devenus musulmans. Après les mahométans, les animistes sont les plus nombreux. Les Chinois sont bouddhistes, confucianistes ou taoïstes.
- Au point de vue ethnographique, la race malaise est de beaucoup la plus importante. Elle s’est mélangée d’éléments arabes et hindous à Sumatra et d’éléments indous à Java, Des Arabes se sont également métissés avec les habitants des Moluques. A Bornéo on trouve dts Dayaks et dans la Nouvelle-Guinée des Papous.
- La Hollande, petit pays en Europe (6 86 5 000 hab. en 1920), est donc une grande puissance coloniale et en même temps la seconde puissance musulmane du Monde, grâce aux Indes néerlandaises.
- Les prix Barés de l’Office national des Recherches et des Inventions pour 1924. — L’Office National des Recherches et des Inventions distribue chaque année quatre prix d’une valeur globale de i5 000 francs, créés par M. Jean Barés pour les inventeurs, pères d’au moins 3 enfants.
- Cette année, le ier prix a été attribué à M. Andreau pour son moteur à 4 courses inégales et détente prolongée, qui vient d’être décrit dans La Nature (n° 2661).
- Le 2e prix a été décerné à M. Jannin pour un dispositif très ingénieux d’épuration des huiles de moteurs d’automobiles qu’il a imaginé au cours de ses recherches sur l’usure des diverses pièces des voitures et qui permet de prolonger la durée d’existeoce des véhicules.
- Le Y prix va à M. Nicole pour une série d’inventions d’une grande ingéniosité : scie circultire coupe-bûches, signaux lumineux clignotant s pour automobiles, réclames lumineuses, commutateurs électriques, etc.
- Enfin, le 4° prix récompense un employé des chemins de fer, M Sautreau, qui a imaginé un nouveau dispositif de fixation des rails sur les traverses des chemins de fer, capable de diminuer les risques d’accidents et les frais d’entretien.
- Les propositions d’invention pour les prix Barés de 1925 peuvent être adressées à l’Office National des Recherches et des Inventions, i, avenue du Maréchal-Gallieni, à Bellevue (Seine-et-Oise).
- Congrès international pour l’étude et la protection des oiseaux. — Sous les auspices du Gouvernement luxembourgeois, les ligues belge, française et luxembourgeoise pour la protection des oiseaux organisent un congrès international qui se tiendra à Luxembourg du i3 au 16 avril prochain. Une exposition aura lieu pendant le Congrès. S’adresser à M. Jean Morbach, secrétaire général, 34» rue de l’Industrie, Escb/Alzette (Luxembourg).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Construction
- Le Pare-gel « Le Vigilant ». — Cet appareil (fig. i) peu encombrant évite de vider le réservoir en absorbant, en temps de gel, la surpression formée par l’augmentation de volume de l’eau, cette augmentation étant d’environ 8 à io pour ioo du volume de l’eau changée en glace. -
- Comme on le voit, il est en forme de cloche établie en matière inoxydable, de volume, de force et de poids calculés de telle sorte que son fonctionnement soit automatique sous l’action de la gelée. On comprend que quand la glace se forme elle emprisonne l’appareil, l’air se trouve dès lors refoulé à l’intérieur de la cloche, laissant s’opérer la dilatation de l’eau et ainsi empêche le réservoir d’éclater (fig. a).J
- Aussitôt que l’on vient à tirer de l’eau, la pression diminuant, l’air reprend son volume.
- Pour de grands réservoirs, d’autres phénomènes entrent en jeu, ce qui rend l’automaticité encore plus grande. En effet, dans les petits réservoirs, il n’est pas tenu compte de la chaleur spécifique de l’eau du réservoir ni de la chaleur de transformation ou de changement d’état. Or plus est grand un réservoir, plus est sensible l’influence du premier phénomène.
- On sait que c’est à 4° que l’eau occupe le plus petit volume, c’est donc à partir de cette température que la différence de densité se fait sentir ; l’eau inférieure des réservoirs est encore à 4° alors que la partie supérieure est à o°.
- Dans le « Vigilant », si le haut de la cloche contenant de l'air est en contact avec la glace, le bas est par contre en contact avec de l’eau à 4°> ce qui échauffe l’air de la cloche et fait fondre la glace autour d’elle (fig. 3). Dans ces conditions, il suffit du plus petit décollement de celle-ci pour qi^e l’eau s’infiltrant par cette minime ouverture aille se répandre à la surface et annule la surpression. Au contact de l’air extérieur, cette eau se fige et augmente l’épaisseur de la glace, mais sans danger pour le réservoir, puisqu’elle forme, au contraire, calorifuge.
- Quant à la chaleur de transformation de l’eau en glace, on n’ignore pas que chaque kilogramme d’eau en se transformant abandonne à ses voisins 8o calories, c’est-à-dire de quoi chauffer 8o kilogrammes d’eau à i°. Lorsque la glace a formé dessus et autour du réservoir un manteau résistant de plus en plus au froid, cette chaleur se perd très peu, et c’est ainsi que l’on constate en hiver même rigoureux, qu’il reste toujours une partie liquide dans les réservoirs.
- Par conséquent, plus unréservoirestgrand,plus la dif-
- Fig. i.
- Fig. 2 et 3.— Mode d’actiondu « Pare-Gel ».
- férence de densité est proche de la surface, et plus la chaleur se transmet au pare-gel.
- Sa pose est des plus faciles : on pend l'appareil l'anneau en haut, on le plonge dans le liquide, on laisse flotter; c’est tout. Un tableau donné par le constructeur indique combien il faut d’appareils de ce genre pour un réservoir de force et de capacité données.
- Constructeur : Etablissements le Pare-gel « le Vigilant », i, rue de Châteaudun, à Nogent-s.-Marne (Seine).
- . H(t
- Automobilisme
- Le Sparkophone Linnus. — La bougie est pour les automobilistes une source d’ennuis, d’autant que lorsqu’un défaut de bougie se produit la difficulté est de reconnaître la bougie défaillante. L’appareil en question a pour but de parer à cette difficulté.
- Comme le montre la gravure, le Sparkophone Linnus ressemble à un récepteur téléphonique; c’est un accessoire élégant, tenant peu de place, et dont les organismes sont complètement à l’abri.
- Alors que d’autres systèmes de vérification de bougies montrent simplement si une bougie est court-circuitée, le Sparkophone fait mieux : si l’étincelle est faible, le son perçu au récepteur sera faible aussi; le bruit sera, au contraire, intense quand l’étincelle est forte ; aucun bruit ne (< Sparkophone Linnus ».
- sera perçu lorsque la
- bougie sera court-circuitée. On l’emploie comme ci-après : on fait tourner le moteur, on place le récepteur à l’oreille, on appuyé la borne fendue sur la borne de la bougie et on met l’autre en contact avec la masse.
- Constructeur : Linnus Motor Units, rue du Chalet, à Lyon-Villeurbanne (Rhône).
- Cyclisme
- Poignée-support de bicyclette. — Le cycliste éprouve souvent de la difficulté pour tenir sa bicyclette
- Fig. 5. — Poignée-support de bicyclette.
- à la main, lorsqu’en 'campagne il se trouve 'obligé de passer des obstacles dans les endroits difficiles, ou simplement encore s’il est forcé de porter sa bicyclette pour monter un escalier. Une petite poignée robuste,
- Fig. 6. — Utilisation de la poignée-support.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- terminée à chaque extrémité par deux brides de serrage, constitue une prise facile entre les deux tubes du cadre qui partent du pédalier.
- Ainsi que le montre la figure, cette poignée rend la manœuvre beaucoup plus pratique. Les deux brides étant articulées sur le boulon de serrage, la barre reste horizontale et, étantdonné le montage en forme de "V des deux tubes de fourche, elle reste bien fixe à sa position sans pouvoir glisser. — Fabricant : M. Ruinnet, 2 bis, boulevard Gallieni, Argenteuil (Seine-et-Oise).
- Objets utiles <*
- Chauffeur d’eau ambulant. — Il est nombre de cas, à la campagne, où l’on aimerait disposer rapidement d’eau chaude pour dégourdir l’eau de boisson des
- liers de nickelage et de décapage, on utilise des appareils basculants vide-touries qui évitent la perte de liquide et empêchent des accidents; mais généralement, ces appareils basculent et ne sont pas suffisamment maintenus dans une position déterminée.
- Un vide-touries intéressant, qui était exposé au Concours Lépine présente des crochets doubles qui permettent de retenir la charge à l’avant comme à l’arrière et qui fixent la tourie dans une position inclinée à la volonté de celui qui se sert de l’appareil.
- On place sur la tourie une cannelle à prise d’air qui est maintenue par un crochet de fixation sur le panier d’emballage de la tourie. Cette cannelle s’adapte très rapidement et permet le tirage de tous liquides, aussi facilement que l’on effectue le tirage en fûts. On réalise ainsi une manipulation commode des liquides dangereux,
- Fig. 7. — Chauffeur d’eau ambulant Julien. Fig. 8. — Fonctionnement de l’appareil.
- animaux de la ferme en hiver, pour prendre un bain, pour tiédir des bouillies anticryptogamiques à pulvériser dans les vignes ou sur les arbres fruitiers, voire pour échauffer l’eau nécessaire au gâchage du plâtre ou du béton, etc., etc.
- M Julien a imaginé dans ce but un chauffeur d’eau ambulant remarquable par sa simplicité. C’est un foyer cylindrique en tôle muni de poignées, dans lequel on a placé une grille qui permet de brûler bois, pailles, brindilles, sarments de vignes, genêts ou tout autre combustible de faible valeur. Il est surmonté d’un chapeau conique continué par un tuyau qui assure le tirage. A l’intérieur du chapeau est enroulé un serpentin qui se termine d’un côté par un robinet verseur, de l’autre par une tétine. On réunit cette dernière par un tuyau de caoutchouc à une canalisation d’eau ou un réservoir. Le feu allumé, le robinet ouvert, on obtient très rapidement de l’eau tiède ou chaudé selon la vitesse d’écoulement.
- Le « Chauffeur d’eau ambulant Julien » est construit parla Sacam, 11, rue des Petits-Champs, Paris, xer.
- Appareils vide-touries. — Pour la manipulation de liquides emmagasinés dans des touries, manipulation II fréquente dans les industries chimiques, dans les ate- )|
- || sans aucune perte, ni aucun risque de corrosion pour les
- Fig. g. — Appareil vide-touries.
- mains de l’ouvrier. — Constructeur : Morvant Henri, 19,rue Yictor-Hugo, Garges-les-Gonesse (Seine-et-Oise).
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- VARIETES
- LA RADIOPHONIE ET LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
- On sait les controverses qu’a suscitées en France la question de la propriété intellectuelle à propos de la diffusion par radiophonie des oeuvres littéraires, artistiques ou scientifiques. Grâce à la bonne volonté de tous, cette question est heureusement sur le point d’être résolue en France, et « le Comité international juridique de la T. S. F. » a mis l’exposé de ce problème à l’ordre du jour de ses séances. Il n’en est pas moins vrai qu’il est absolument essentiel pour l’avenir de la radiophonie qu’un accord complet soit conclu entre les Sociétés de radiophonie et les Sociétés des auteurs, après que chacun des intéressés aura pris conscience de son véritable intérêt.
- Nous croyons utile à ce propos de signaler une étude allemande intéressante se rapportant à cette question et parue dans le Badio-Umschau, dont M. E. Kleiber, de Colmar, a eu l'amabilité de nous adresser une traduction littérale. L’auteur allemand s’efforce d’indiquer les services que la radiophonie peut rendre aux auteurs.
- Lorsqu’on parle « d’auteurs », à propos de cette question, il ne faut pas seulement songer à désigner des écrivains ou des compositeurs; des inventeurs et même des interprètes d’œuvres personnelles quelconques peuvent également être considérés comme des « auteurs ». Il s’agit, en somme, de savoir quelle est l’importance de la radiophonie considérée comme moyen de vulgarisation des œuvres et du nom d’un artiste.
- On constatera, de suite, sans même posséder de renseignements statistiques exacts sur le nombre des auditeurs, qu’à l’heure actuelle, un artiste, créateur ou exécutant, ne pourra mépriser la radiophonie, s’il ne veut pas subir un grand préjudice vis-à-vis de ses confrères.
- La valeur d’un auteur est déterminée par sa popularité; le mot valeur étant pris au sens américain, c'est-à-dire que l’on veut désigner la « valeur mercantile » de l’individu. C’est là évidemment un point de vue très matérialiste, qui n’a souvent aucun rapport direct avec la valeur intrinsèque de l’artiste. D’ailleurs, on a pu remarquer, en tous temps, que ce ne sont pas toujours les auteurs les plus lus qui sont en même temps les meilleurs. Au contraire, les poètes réellement créateurs n’ont quelquefois eu qu’un cercle très limité d’admirateurs, cercle qui ne s’étendait que peu à peu, et au bout de très longtemps, ou même qui demeurait fort restreint.
- En parlant de la popularité procurée par la radiodiffusion d’ouvrages littéraires ou d’œuvres quelconques, on ne doit cependant nullement considérer cette popularité comme un moyen d’augmenter la valeur mercantile de l’auteur, car cette question spéciale concerne essentiellement l’auteur lui-même, et c’est à lui qu’il appartient ou non de tirer profit de sa célébrité. Il faut simplement discerner la vulgarisation de ses œuvres, leur meilleure pénétration dans les classes inférieures de la société, et surtout dans des milieux qui diffèrent sensiblement des milieux littéraires ou artistiques. Seuls, généralement, le nombre relativement restreint de membres qui composent ces sortes de petites sociétés esthétiques lisent des journaux ou des revues littéraires spéciales, achètent des œuvres d’auteurs encore inconnus.
- La très grande importance de la radiophonie réside essentiellement dans cette influence efficace sur la vulgarisation immédiate, non seulement du nom d’un auteur, mais encore de son œuvre en elle-même. De la sorte, il eat possible de rendre compréhensible un travail original à tout un public, impossible ou très difficile à atteindre par d’autres moyens normaux. Dans ce cas, il importe de faire connaître l’œuvre avant de faire connaître la personnalité de son auteur; ainsi que l’écrivait George Sand à Flaubert : « L’homme n’est rien, l’œuvre est tout ».
- La radiophonie n’agit d’ailleurs pas sur les auditeurs, comme un livre ou un journal sur les lecteurs;.on peut
- dire que l’auditeur est presque obligé d’accorder à l’ouvrage entendu une attention beaucoup plus forte que s’il lisait le même ouvrage. La lecture d’un livre exige, avant tout, un effort d’attention de la part du lecteur; pour le sans-filiste à l’écoute, au contraire, une attention pour ainsi dire automatique est déjà assurée par la suppression de tout bruit gênant provenant de l’extérieur (surtout pour l’écoute au casque). L’attention de l’auditeur ne dépend plus que de sa facilité d’assimilation et de compréhension habituelle. S’il n’y a pas eu de diminution de cette faculté par excès de fatigue provenant du travail journalier ou par suite d’émotions, la radio-conférence rendra beaucoup plus accessible à l’auditeur l'œuvre présentée, que ne pourrait le faire la lecture occasionnelle d’un ouvrage qui ne concerne peut-être pas du tout, en général, les questions qui intéressent le sans filiste.
- Les programmes radiophoniques sont, le plus souvent, très variés; aussi l’auditeur ne pourra être rebuté, dès l’abord, par l’étrangeté d’une matière qu’il ignorait, et son attention sera, peut-on dire, régénérée à chaque instant par suite des changements du programme.
- Un autre phénomène très important est encore et surtout à considérer.
- L’auditeur n’entendra très souvent que des fragments d’œuvres littéraires, poétiques ou musicales, et souvent aussi il voudra connaître complètement l’œuvre dont il a entendu ces fragments.
- Là peut-être réside, pour un auteur, la plus grande importance de la radiophonie, puisqu’elle fait naître chez ses auditeurs le désir de s’occuper d’ouvrages qu’ils n’auraient jamais eu l’occasion de connaître sans elle.
- On atteint ainsi un but déjà poursuivi depuis fort longtemps par d’autres moyens de propagande. De tout temps, des fragments d’ouvrages littéraires ou artistiques ont été envoyés en guise de prospectus pour attirer l’attention du public sur des ouvrages importants.
- Des éditeurs ont souvent réalisé des fascicules d’un prix modique, prix qui ne représentait même pas les frais d’impression, et dans lesquels ils publiaient des nouvelles, dés feuilletons, mais essentiellement des fragments de romans de leurs auteurs. Il est facile de comprendre la raison de ces publications ; le lecteur qui les a parcourues a bientôt le désir de connaître entièrement le roman commencé. De même, le journaliste présente à ses lecteurs des romans-feuilletons paraissant dans de nombreux numéros ; c’est en faisant naître l’intérêt du lecteur pour l’ouvrage en cours qu’il parvient quelquefois à obtenir des abonnements.
- Le nombre toujours croissant des auditeurs augmente naturellement aussi l’importance du rôle joué par la vulgarisation d’un ouvrage ou du nom de son auteur. De plus, la radiophonie prend une importance toute spéciale, en dehors des grandes villes. Les auditeurs qui habitent la province ou la campagne sont privés de la possibilité de fréquenter lés théâtres et ont aussi beaucoup moins l’occasion d’avoir recours à des bibliothèques; la radiophonie permet à ceux-là de connaître directement les œuvres et lés auteurs.
- L’influence très forte de l’auteur sur l’auditeur, obtenue grâce à des relations plus directes, comme nous l’avons expliqué, demeure le privilège incontesté de la radiophonie, et, si l’on ajoute que sa portée est, en quelque sorte, illimitée, on conçoit facilement qu’un auteur ne devrait plus actuellement manquer de recourir à la radiophonie pour vulgariser ses œuvres et son nom. Par aucun autre moyen, il n’est possible de réaliser^une meilleure pénétration des œuvres de nos grands maîtres, poètes, écrivains philosophes ou musiciens, dans la masse même du public, et pour une dépense relativement infime.
- Les intellectuels devraient donc contribuer de tout leur pouvoir au perfectionnement et à l’amélioration continuelle de la radiophonie, p. Hémardinquei^.
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- <9^0 BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfA oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être,' en général, répondu immédiatement
- Réponses—à Divion,Pas-de-Calais. — i°Vous trouverez de l’huile de cèdre et de l’huile de bois de Chine en petites quantités chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne.’'20 Nous avons reproduit ces formules à titre documentaire et non comme résultats d’une expérimentation, nous ne savons par conséquent si pratiquement elles donnent satisfaction.
- M. L. T., à La Londe. — On peut utiliser les poussières de charbon des diverses façons suivantes.: i° Prendre :
- Argile grasse............ 12 kg 5oo
- Eau. ......... 12 kg 5oo
- Poussier.................75 kg 000
- Faire un mélange bien homogène et pilonner la masse
- dans des moules en bois, laisser sécher une dizaine de jours, démouler, puis empiler de façon à permettre une circulation d’air qu| achèvera la dessiccation.
- 20 Prendre :
- Argile grasse............75 kg
- Chaux éteinte en poudre. 25 kg
- Ajouter 10 à i5 kg de ce mélange à 85 kg de poussier, délayer alors avec une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte ferme et mouler comme précédemment.
- 3° Enfin, on peut également utiliser comme matière agglutinante 10 pour 100 de ciment ajoutés au poussier avant empâtage par l’eau.
- A. C., à Pointe Pescade. — i° La constatation de la radioactivité est basée sur l’ionisation des gaz et la propriété qu’ils acquièrent de ce fait de décharger les corps électrisés. Cet examen s’effectue au moyen de l’électroscope de Curie et Laborde qui est constitué par un électroscope à feuilles d’or ou d’aluminium, dont l’une des armatures est en communication avec un plateau sur lequel est placé le corps radiant. Après avoir chargé ce condensateur de manière à provoquer l’éloignement des feuilles d’or, on met en place le produit radiant et on observe si les feuilles montrent un fléchissement. Pour opérer quantitativement, on note le temps nécessaire pour qu’il y ait un déplacement déterminé des feuilles et on compare au temps que demande un corps de radioactivité connu pour produire le même résultat. On peut également procéder par compensation en rechargeant l’armature d’une quantité d'électricité égale à celle perdue dans un temps donné. Cette quantité d’électricité peut être fournie en proportion bien déterminée par le quartz piézoélectrique de Curie, constitué par une lame de quartz taillée parallèlement à l’axe principal et perpendiculairement à l’axe de symétrie binaire. Deux faces opposées sont argentées ; si on vient à exercer une traction sur la lame de quartz, lès couches d’argent se chargent d’électricités contraires proportionnelles à l’effort de traction. On peut mesurer celle-ci par des poids connus placés sur un étrier fixé à la lame de quartz et libérer des quantités d’électricité déterminées. Comme complément aux indications ci-dessus, voir dans La Nature, n° 2507 du 12 janvier 1924» l’article que nous avons publié sur 1’ « Institut du Radium ». 20 Analyse générale des Eaux, par Touplain, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. 3e Les Gîtes miniers et leur prospection, par Roux Brahic, ingénieur des Mines, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. 40 La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction, elle peut être employée indifféremment pour
- chaussures, sacoches, harnais, etc.
- Essence de térébenthine . '. 3oo gr.
- Cire jaune....................x5o —
- Bleu de Prusse................. 5 —
- Carmin d’indigo . . . . . 2,5 —
- Noir animal................ 2 5 —
- ' Faire dissoudre au bain-marie la cire dans l’essence, ajouter les produits colorants, retirer du feu et remuer jusqu’à refroidissement complet.
- M. le Jy Bernard, à La Pinède (Yar). — 1“ Les fromages de remplacement auxquels vous faites allusion
- étaient, paraît-il, des fromages de soja, leur importation a cessé dès que les Américains ont été à même de produire en quantité suffisante les fromages normaux au lait de vaches et on comprend qu’ils préfèrent actuellement exporter à l’étranger une production nationale plutôt que le résultat d’une fabrication dont la matière première, la graine de soja, venait du Japon. Si cette question vous intéresse, vous pourrez consulter l’ouvrage Le Soja et son lait végétal, par L. Rouest, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, qui vous mettra au courant des applications économiques de cette précieuse graine, laquelle mériterait d être mieux connue en Europe.
- 2“ Za noix de coco râpée et sèche est aujourd’hui un produit courant à la portée des particuliers, vous la trouverez dans la plupart des succursales de provinces, des épiceries Potin, Damoy, ainsi que dans les grandes épiceries locales, personnellement nous nous en sommes ainsi procuré très facilement.
- H, M. R. (Charente-Inférieure). — Pour donner aux impressions en couleurs sur papier l’aspect des peintures à l’huile sur toile on mouille l’épreuve et on place au dos un morceau de toile à mailles accentuées, le tout est alors mis sous presse entre des feuilles de papier buvard de telle façon que les mailles se reproduisent en creux au verso, en même temps qu’elles donnent un relief au recto. Après séchage, on enduit la face visible d’une couche légère de vernis à tableaux et on monte l’épreuve comme d’habitude, en ne fixant à la colle que le haut de la gravure sur le support.
- M. G. D., à Chalon-sur-Saône. — Le papier hygrométrique, qui par son changement de couleur révèle l’humidité de l’air, se prépare de la façon suivante :
- Prendre :
- Gélatine blanche............ 10 grammes
- Chlorure de cobalt.......... x —
- Eau distillée. ....... 100 —
- Faire macérer la gélatine dans l’eau pendant douze heures, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter le chlorure de cobalt. Pour l’emploi, étendre la solution chaude au moyen d’un pinceau sur du papier ordinaire, laisser sécher, puis découper ou plisser suivant la réalisation que l’on a en vue. — N. B. Le chlorure de cuivre, sel très hygrométrique, peut également être employé dans les mêmes conditions.
- M. Allard, à Sherbrooke (Canada). — La gravure du verre à l’acide fluorhydrique donne des traits transparents lorsqu’on emploie l'acide liquide, c’est-à-dire à l’état de dissolution et au contraire des traits opaques en faisant agir la vapeur acide qui se dégage en arrosant du fluorure de calcium avec de l’acide sulfurique. Cependant, quand on veut obtenir des dessins très opaques, on effectue dans la pratiqùe la gravure soit au jet de sable avec caches, soit à la meule ; les oppositions avec les parties non traitées sont ainsi beaucoup plus accentuées.
- M. Dubourget, à Saint-Cloud (Algérie). — Si le durcissement -du cuir de votre valise ne provient que de son séjour prolongé dans un grenier trop sec, il vous sera facile de lui rendre sa souplesse en l’imbibant d'eau glycérinée, puis en laissant le cuir s’imprégner complètement dans toute son épaisseur. Grâce à la glycérine qui restera dans les pores de la peau, cette glycérine ayant un pouvoir hygroscopique marqué, il ne se produira plus de durcissement.
- M. L. G., à Châlons-sur-Marne. — Pour remettre en état de service vos tonneaux qui ont contenu du vinaigre, il faut d’abord commencer par saturer toute acidité résiduelle au moyen d’une solution chaude de carbonate de soude à 5 pour 100 (cristaux du commerce). Bien rincer à plusieurs eaux, puis détruire le ferment acétique (Mycdderma aceti) par un bon soufrage en faisant brûler dans le tonneau une mèche soufrée suivant la technique habituelle. La condition essentielle pour réussir est de prolonger chacune de ces opérations un temps suffisant pour que l’effet cherché se produise et de faire des rinçages abondants.
- Mairie de Montbéliard. — Un moyen très simple qui réussit généralement, quand les taches d’encre ne sont pas trop anciennes, consiste à tremper l’étoffe, que l’on a repliée en quatre, de manière à former une pointe, dans.tfu lait chaud puis à malaxer doucement dans le liquide ; les granules qui constituent le noir des encres
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- au gallate de fer sont ainsi mobilisés dans l’émulsion laiteuse et expulsés des interstices dans lesquels ils sont logés. Ce procédé n’est applicable qu'aux encres noires dites ordinaires, obtenues par le procédé classique à la noix de galles et au sulfate de fer, non aux encres d’aniline qui devraient être traitées par procédés spéciaux, suivant la nature de la matière colorante de l’encre; ainsi que de celle ayant servi à la teinture du drap, des recherches de laboratoire seraient alors nécessaires.
- M. Frémont, à Troissy (Marne). — i° Pour pouvoir redresser vos plateaux d’èbonite il est nécessaire de les tremper préalablement dans l’eau chaude et de les mettre sous presse encore tièdes; 20 La prise de contact de votre pédale d'auto a subi un recuit au moment de la formation du court-circuit, ce qui lui a enlevé son élasticité; il faudrait, pour la lui rendre, l’écrouir par un martelage, mais il vous sera probablement difficile de disposer d’une masse assez résistante qui devra être placée à l’intérieur pour cette opération A notre avis, le mieux serait de demander une pièce de rechange à la maison qui a fourni l’équipement.
- M. Saugerun, à Paris. — 1" La fluatation est certainement le procédé le plus efficace pour empêcher les pierres gélives de s'effriter, la pratique en est très simple en prenant la précaution que la pierre soit propre, ravalée et brossée avant fluatation, sans quoi les poussières qui la noircissent se trouveraient durcies, feraient corps avec elle et produiraient des rayures. En outre, au moment du passage au fluate, la pierre doit être suffisamment sèche pour absorber le liquide durcissant. On emploie généralement une solution de fluate de magnésie à 400 B qui constitue la solution mère. Une première couche est donnée d’abord avec cette solution mère étendue de son volume d’eau et on laisse sécher douze heures de façon que le liquide pénètre profondément. Le lendemain on passe une seconde couche de la solution type, mais sans y ajouter d’eau; deux ou trois jours après la pierre est durcie. Pour une pierre de porosité moyenne, il faut environ 3oo gr de fluate à 4o° B par mètre carré ; 20 Le plâtre peut également être fluaté; vous trouverez les produits accessoires pour ce travail à la maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand qui vous donnera en même temps tous renseignements complémentaires pour les cas spéciaux.
- Cercle du champ de Mars, à Montélimar. — D’après les recherches effectuées par Kling et Florentin au laboratoire municipal de Paris, on peut rendre les corps incombustibles, ou, pour parler plus exactement, incapables dé brûler avec flamme, en opérant ainsi :
- i° Pour les tissus neufs, les tremper dans le bain sui-
- vant :
- Acide borique.......................... 5o grammes
- Borax (borate de soude cristallisé). 60 —
- Eau ordinaire..........................1000 —
- Laisser égoutter, puis suspendre à l’air jusqu’à dessiccation complète.
- a0 Pour les toiles et tissus peints, pulvériser à deux reprises à l’envers une solution ignifuge obtenue la première fois en mettant ^5 gr par litre du mélange précédent et la seconde fois i5o gr par litre. Cette manière de procéder a été reconnue la meilleure par les expérimentateurs qui l’ont étudiée depuis igi3; le mélange ne compromet pas la solidité de la fibre et est sans action sur les couleurs à l’exception de la laque géranium et de la laque bleu lumière.
- M. Le Dr Servas, à Bourg. — Vous pourrez certainement vous procurer des couleurs aux stéarates ou couleurs solubles dans les corps gras chez Chenal et Douilhet, ai, rue de la Sorbonne ou, Neveu, 16, rue Monsieur-Le-Prince.
- A. R. S — à Gannat. — La caractéristique de l’obtention des émaux est de préparer des mélanges de silicates et d’oydes métalliques, tels que le point de fusion soit notablement inférieur à celui du support. Eu égard à la diversité des applications, chaque cas doit être étudié en particulier. Voici les ouvrages que vous pourrez consulter au point de vue technique : La fabrication des émaux et l’émaillage, par Randeau. Manuel pratique de l’émaillage sur métaux, par Millenet. — m,maillage de la tôle et delà fonte, pratique de l’émaillage moderne, parGiünwald; éditeur Dunod, 91, rue Bonaparte. Fabrication des émaux et couleurs vitrifiables, émaillage sur métaux précieux, communs ou terres cuites, par Reboulleau, Magnier et Romain ; éditeur Mulo, 12, rue
- Hautefeuille. Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche; éditeur, Dunod.
- M. G. Tardj, à Pleterje (Yougoslavie).—A notre grand regret, nous ne pouvons, nous occuper d’analyses particulières; si la recherche de la composition des produits que vous nous avez soumis présente pour vous un intérêt autre que celui de curiosité, nous pourrions transmettre ces échantillons à un laboratoire compétent; il faudrait compter environ 5o francs par analyse.
- M. Milliat, à Aib-les-Bains. — Pour donner au fer forgé une teinte agréable on chauffe légèrement la pièce et frotte à la surface avec un morceau de cire jaune. Ensuite on passe l’objet dans la flamme fuligineuse produite par la combustion d’un morceau de chiffon imbibé de beuzine. N.-B. — Effectuer de préférence cette opération en plein air, à cause de la fumée et pour éviter tout danger d’incendie.
- 54263. — Les déchets de schistes ou ardoises sont utilisés pour la fabrication de tuiles ou de pierres d’ardoises de la façon suivante : après pulvérisation, on pratique un criblage, puis la poudre humectée d’eau est malaxée par passage entre des cylindres. La pâte bien homogène ainsi obtenue est moulée, séchée, puis cuite au four comme les tuiles ordinaires.
- D’après un brevet pris par M. Jarnouen de Villartay, on peut également, après pulvérisation, mélanger la poudre à du ciment dans la proportion de a5 de ciment et 75 d’ardoise, ce mélange doit être fait à sec et d’une façon parfaite. On ajoute alors peu à peu une quantité égale d’eau, ce qui donne une pâte que l’on moule sous forte pression. Après démoulage le produit est mis à sécher à l’air pendant une quinzaine de jours, puis plongé dans l’eau durant 24 heures. Finalement, on laisse sécher à nouveau, ce qui demande suivant la saison de quatre à six semaines.
- Enfin un dernier procédé d’utilisation des déchets d’ardoises consiste à ajouter au produit du broyage environ 20 pour 100 d’argile grasse, puis à humecter d’eau en quantité suffisante pour donner une masse plastique que l’on moule, sèche et cuit comme dans le premier procédé.
- Les schistes calcinés sont des déchets d’ardoises que l’on passe au four avant broyage, la cuisson peut être effectuée dans un four quelconque au bas duquel on recueille les produits calcinés (procédé Bayard).'Les matériaux ainsi obtenus entrent dans la fabrication des tuiles et briques courantes, surtout comme matière de dégraissage destinée à éviter le retrait et le fissurage.
- M. Cabuzol, à Paris. — i° Le marron d’Inde ou semence de YÆsculus Hippocastanum (Sapindacées) est effectivement employé comme médicament. Depuis longtemps, Genevoix a préconisé l’huile que l’on en retire comme antigoutteux et antirhumatismal, celle-ci étant utilisée en frictions. Plus récemment, le Dr Artault de Vevey a montré que l’argyrescine contenue dans le marron d’Inde avait une action spéciale sur la circulation veineuse, calmait les douleurs et abaissait le bourrelet hémorroïdal. Dans ce cas, on fait usage de la teinture obtenue facilement en faisant digérer 200 gr de marrons frais divisés en menus morceaux dans un litre d’alcool à 900. La dose est de 10 à i5 gouttes avant chacun des principaux repas.
- Souvent on associe la teinture de marron d’Inde aux teintures contenant des principes ayant une action analogue, on prescrit par exemple souvent les gouttes anti-
- hémorroïdales suivantes :
- Teinture de marrons d’Inde. . 10 grammes
- — d’hamamelis........... 10 —
- — de viburnum .... 5 —
- — d’hydrastis............ 5 —
- Même posologie que précédemment.
- 20 Pour enlever le vernis sur les objets en cuivre vernissés il suffit de les plonger dans une solution bouillante de soude caustique à 4 ou 5° B, ce que l’on obtient facilement en étendant la lessive du commerce (potassium des peintres) de sept à huit fois son volume d’eau. Après rinçage à fond et séchage dans la sciure de bois, on revernit avec un vernis pour métaux de teinte appropriée que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- M. Barraud, à Libourne. — Nous ne connaissons aucun moyen d’enlever le pétrole qui se trouve dans votre vin ; à notre avis il n’y a rien à faire en cette circonstance.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Quatre conférences sur la théorie de la relativité, par Albert Einstein, faites à l’Université de Princeton, traduction française par Maurice Solovine. i vol. in-8 de 96 p. Gauthier-Villars, Paris, 192,5. Prix : 12 francs.
- Ces quatre conférences rédigées en 1921 ont pour but de mettre en lumière les idées principales et les méthodes mathématiques de la théorie de la relativité. L’auteur s’est appliqué à traiter les questions fondamentales d’une façon telle que l’ensemble puisse servir d’introduction à tous ceux qui connaissent les éléments des mathématiques supérieures, mais qui ne peuvent consacrer trop de temps et d’effort à cette matière.
- Sur 1‘électrodynamique des corps en mouvement, par A. Einstein, traduit par M. Solovine, i vol. in-16 de n-56 p. avec un portrait de l’auteur. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- M. Solovine nous donne en français la traduction du célèbre mémoire d’Einstein sur la relativité restreinte ; publié en 1905 dans les Ânnalen der Physik. G était la première publication d’un jeune savant, alors complètement inconnu et dont le nom ne devait sortir de l’ombre que quelques années plus tard avec des travaux tout différents. Ce mémoire représente la première contribution d’Einstein aux théories relativistes qui depuis ont soulevé et soulèvent encore tant de controverses. Tous ceux qui désirent se faire une opinion personnelle, d’après les pièces originales du procès plutôt que d’après des commentaires souvent infidèles, liront avec intérêt la traduction de M. Solovine.
- L’isotopie et les éléments isotopes, par Mme Pierre Curie, i vol., 210 p. (Recueil des Conférences-Rapports), édité par le Journal de Physique. En vente aux Presses universitaires de France, Paris, 1934. Prix : 22 fr. 5o.
- Dans ce volume, l’illustre savante s’est proposé de représenter aussi complètement que possible la naissance et l’évolution de la notion fondamentale aujourd’hui d’isotopie. L’isotopie a été reconnue tout d’abord parmi les radioéléments. Mme Curie rappelle l’histoire de leur découverte et montre comment l’étude chimique et électrochimique de ces éléments aboutit nécessairement à la notion -d’isotopie. Elle montre ensuite comment l’analyse par les rayons positifs, grâce aux travaux de J.*J. Thomson et d’Aston, a conduit à généraliser cette notion pour tous les éléments chimiques. Puis elle résume, dans un brillant chapitre, nos connaissances actuelles sur la structure des atomes ; elle termine en décrivant les essais de séparation des éléments isotopes non radioactifs, et en indiquant les résultats obtenus.
- Oscillations électriques, par H. Bouasse. i vol. 378 p., 217 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1924. Prix : 2S fr.
- Dans ce volume qui est le premier d’une série de quatre consacrée à la physique de la T. S. F., l’auteur étudie, en physicien et en professeur, la production des oscillations électriques, c’est-à-dire des courants deRaute fréquence. L’ouvrage débute par l’étude de la décharge d’un condensateur, puis il montre comment on mesure les caractéristiques en haute fréquence d’un circuit : self, induction mutuelle, capacité : chapitre très important à la fois du point de vue pédagogique et du point de vue pratique ; on trouve ensuite une étude approfondie du couplage des circuits, puis celle des principaux générateurs d’oscillations : alternateurs, bobine d’induction, arcs, et celle des moyens de détection.
- L’ouvrage se termine par une élude très sommaire des tubes à gaz raréfié. La préface traditionnelle des ouvrages de M. Bouasse est consacrée à l’étude du syllogisme; ce rappel d’un chapitre de la logique formelle est encore, sous la plume de M. Bouasse, une sorte de satire. -
- La T. S. F. pour tous. Revue mensuelle. E. Ciiirqn, éditeur, Paris. Prix : ao francs par an pour la France.
- Yoiei un nouveau périodique consacré à la T. S. F.; il est rédigé spécialement à l’usage des amateurs, même dénués de toutes connaissances préalables en la matière ; il se propose notamment de publier des plans d’appareils faciles à construire soi-même et de guider dans leurs installations les débutants encore inexpérimentés.
- Problèmes d’électrotechnique (avec solutions développées et applications numériques), par Ad. Curghod. i vol. 594 p., 181 fig., 5 planches hors texte. Librairie scientifique Albert Blanchard. Paris, 1925. Prix : 48 fr.
- Cet ouvrage contient 96 problèmes se rattachant aux différents chapitres de l’Electrotechnique, telle qu’elle est enseignée aujourd’hui dans toutes nos écoles d’électricité, c’est-à-dire qu’ils visent surtout la construction et le fonctionnement des dynamos, alternateurs, moteurs et transformateurs. Ces problèmes sont tous traités complètement, avec applications numériques, et en même temps l’auteur donne toutes les explications théoriques nécessaires pour permettre au lecteur de comprendre la solution. Grâce au choix heureux des questions, le livre de M. Cur-chod se présente comme l’auxiliaire indispensable de tous les étudiants en électricité, il leur montre comment, dans les applications pratiques, on utilise effectivement tout le bagage théorique rassemblé dans les cours qui leur sont professés.
- Annuaire de la houille blanche française, publié par A. Pawlowski (8° année 1924-1925). 1 vol. i53p. En vente à la Revue générale d'Electricité, 12, place de Laborde, Paris.
- Cet annuaire renferme les caries des divers réseaux électriques utilisant la houille blanche, des nolices sur les sociétés de distributions électriques alimentées par chutes d’eau et sur les divers établissements industriels utilisant des chutes d’eau. Signalons en outre une intéressante causerie de M. Pawlowski sur l’alliance de la houille noire et de la houille blanche, une note de M. Tochon sur la situation économique des entreprises hydroélectriques en 1923, deux rapports sur l’aménagement de la Meuse et celui de la Tinée„
- Nouvel ailas Larousse, par Léon Abensour. i vol. 456 p,, x519 photographies, n3 cartes ou dessins, 32 cartes hors texte en couleur, 5o cartes hors texte en noir, Larousse, éditeur. Paris. Prix: broché, 90 fr.
- Cet ouvrage ne répond pas à la définition ordinaire des atlas, mot employé en général pour désigner un recueil des cartes géographiques. Ici l’auteur a voulu dessiner, à grands traits, un véritable panorama du monde, aussi expressif que possible, aussi fidèle que le permet un cadre nécessairement étroit pour une tâche aussi grandiose. Aussi a-t-il adjoint à des cartes, la plupart bien exécutées, une description résumée des principales régions du globe accompagnée d’une série de photographies représentant les paysages les plus caractéristiques. L’ensemble forme un fort beau livre aussi attrayant qu’instructif.
- Shaman, Saiva and Sufi. A Study of the Evolution oj Malay Magic, par R.-O. Winstedt. i vol. in-8°, 191 p., Constable et Co, Londres. Prix : relié, 12 sh.
- L’auteur, qui fait partie du service civil malais, a vécu dans cette péninsule depuis 32 ans; il y a étudié les croyances magiques des habitants que l’on confond généralement en Europe en un seul système alors que l’on peut y distinguer un animisme évolué vers un rite muslim, et plus ou moins mélangé d’hindouisme et de shamanisme. Il décrit les principales croyances aux dieux, aux esprits, aux spectres, les charmes, le rituel des cultures, celui des réunions et des sacrifices, des naissances, des mariages, de la mort. C’est un remarquable ensemble d’observations bien faites sur un groupe très primitif, mais influencé depuis longtemps déjà par ses contacts avec l’Inde et la Chine.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2655
- 21 Février 1925
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- INFORMATIONS
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- Fig- i. — L’éclipse de Soleil du 24 janvier 1925, à Antibes. 16 il. 14 ni. (i’holo Jiirson.)
- Eclipse totale de soleil du 24 janvier S925. — Ainsique l’avait annoncé La Nature, cette éclipse n’était visible que partiellement dans toute la France où les conditions d’observation n’étaient guère favorables, la plus grande phase se produisant peu de temps avant le
- conclu r du soleil.
- Sur la Côte d’Azur, la pureté et la sécheresse habituelles de l'atmosphère ainsi que la durée du jour, plus longue qu’à Paris, permettaient d’espérer d’intéressantes observations et photographies de ce passage de notre satellite devant le soleil.
- Alors que depuis plusieurs mois, le ciel était resté presque continuellement découvert, quelques nuages survenus ce jour-3à ont procuré des craintes aux observateurs, mais de nombreuses éclaircies, notamment au moment de la plus grande~phase, ont permis de bonnes observations et photographies.
- Ainsi, l’on remarquera sur la photographie jointe à cette note que malgré le peu de hauteur des deux astre» au-dessus de l’horizon, leurs disques se détachent nettement, tant sur le ciel que sur la surface éclipsée.
- Il peut être intéressant pour les amateurs, en vue de prochaines éclipses, de savoir que celte photographie, vu l’impossibilité de déplacer^un instrument puissant, a été obtenue avec une chambre i3X 18 à soufflet, munie d’un objectif 18x24 symétrique, dont la lentille antérieure avait été enlevée de façon à doubler la longueur focule, et, en conséquence, la grandeur de l’image au foyer.
- La distance focale étant de 48 cm, l’image du soleil était, au foyer, de 4 mm 8. A défaut d’un objectif j8X24, un objectif i3Xi8 également dédoublé donnerait encore une image intéressante montrant parfaitement l’écliancru-reproduite parle disque lunaire.
- On utilisera , pour ce genre de photographie, le plus petit dis -phragme, la plus grande vitesse d’instantanéité, ainsi que des plaques pour positif s, en raison tant de leur faible sensibilité que de la finesse de leur grain.
- Une autre photographie, moins
- spécialement astronomique, montre un aspect de l’éclipse au-dessus de lamerjfig. 2). A. Jabson,
- Anrien administrateur de l’Observatoire de la Société astronomique de. France.
- Fig. 2. — Photographie de l’Éclipse au-dessus de la mer. (Photo Jm-son.)
- Une nouvelle comète Wolf. — L’année 1924 a été pauvre en comètes. La dernière de l’année est un minuscule objet nébuleux, vu de la Terre s’entend, de x6° grandeur. Elle a été découverte à l'observatoire de Konigstuhl le 21 décembre dernier, parle professeur Max Wolf. Le Dr A. Kahrstedt en a calculé des éléments elliptiques
- d’après trois observations des 22, 23 et 25 décembre, lééments qui assigneraient à la comète une période de 11 ans environ. Mais on conçoit l’extrême précarité d’un calcul basé sur un arc d’ellipse aussi faible, et il convient d’attendre des observations sur une durée plus longue pour être fixé sur la forme de l’orbite.
- Cette comète n’augmentera pas beaucoup d’éclat, parce que se rapprochant du Soleil, sa distance de la Terre augmente. Elle se trouve dans le Taureau et se dirige vers Aldébaran.
- M.. Baldet, dans L’Astronomie, ajoute que les éléments provisoires de l’orbite ont une certaine ressemblance avec ceux de la comète Faye, qui doit passer au périhélie en septembre prochain. Mais il n’y a pas identité.
- Le tremblement de terre du 8 janvier 1925 dans la Cote-d’Qr. — M. Bidault de l’Isle nous communique les observations suivantes :
- A 2 h. 49. une secousse sismique très nette a été ressentie à Dijon. Beaucoup de personnes ont été réveillées et entendirent leurs portes craquer, leurs meubles tressaillir et meme se déplacer. Celles qui n’étaient pas endormies perçurent peu avant un grondement sourd et comme lointain. Immédiatement après, elles éprouvèrent une sorte de balancement qui dura quelques secondes. Il n’y eut qu’une seule secousse perçue. D’une façon générale, à Dijon, les quartiers les plus secoués furent ceux, construits sur les terrains tertiaires (oligocène), taudis que les terrains plus mous (alluvionnaires), absorbèrent en quelque sorte l’ondulation.
- A la station météorologique de Larrey, les styles des deux baromètres enregistreurs tracèrent un crochet de 1 mm environ en dehors de leur courbe normale.
- La Commission de Météorologie de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Dijon, a décidé, dans sa dernière réunion (31 janvier), de centraliser toutes les observations qui pourront lui être adressées sur ce séisme. M. Gasser, secrétaire de la Commission, est chargé de les recueillir.
- La secousse a été ressentie dans presque tout le département de la Côte-d’Or, sauf dans sa partie occidentale. À Semur, en effet, le frémissement du sol a été imperceptible. Du reste à î Observatoire de la Guette, situé à 25 km à 1 ouest de Semur à vol d’oiseau, aucune secousse importante n a été enregistrée. Le bolomètre ou baromètre à poids qui fait fonction d’enregistreur de secousses, en attendant l'installation du sismographe, n’a marqué qu’un mouvement insignifiant malgré sa sensibilité II semble que ce séisme, qui s’est cantonné dans les régions situées à l’est de la ligne de partage des eaux, soit l.effet d un tassement léger et profond des terrains dans la dépression de la Haute-Saône continuée par la région basse située entre le Jura et les Vosges (région de Belfort).
- L’inslinct et les tremblements de terre. — M. R. de Montessus de Ballore, frere du célébré sismologue, nous écrit à ce sujet la lettre suivante :
- (( Il m est difficile de laisser passer cette assertion de votre collaborateur (Instinct et tremblement de Terre, La Nature, 17-1-25, p. 35) : que « ces faits sont établis » ; il est question des animausc dont l’instinct prévoit les tremblements de Terre.
- F- de Montessus.de Ballore, dont les travaux ont l’au-torite que 1 on sait, a étudié cette question spécialement, 1 a fait etudier officiellement dans les nombreux observatoires du Chili et est arrivé.à cette conclusion : que jamais en aucun cas, il n’a pu être constaté qu’un animal quelconque avait pressenti un tremblement de Terre, quelque intense qu’il fût ».
- La périodicité des grands hivers. — L’éminent climatologiste que fut E. Renou (') a signalé que les grands hivers, tout en étant fort inégalement distribués, ne se disséminaient pas cependant d’une façon arbitraire, mais formaient des groupes naturels de 4 à 6 autour d’un hiver plus rigoureux que les autres qu’il appelait hiver central, et il appliquait à ceux qui raccompagnent la dénomination d’hivers latéraux.
- 1. Décédé en avril 1902, directeur de l’Observatoire du Parc-Saint-Maur.
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- INFORMATIONS
- La loi de leur distribution est évidente, il le fit voir en 1861, ils se reproduisent après des intervalles de 4i ans ou un peu plus; seulement, de temps en temps, la période s’efface ou plutôt est masquée, éprouve pour ainsi dire une perturbation, le froid se disséminant sur un plus grand nombre d’hivers plus espacés, généralement moins longs et moins rigoureux. Mais en moyenne ces grands hivers occupent un espace de io à 22 ans et laissent un autre intervalle à peu près égal sans hivers notables.
- Les périodes de 1542, 1624, 1748 sont des périodes du trouble dans lesquelles les hivers, au lieu d’être concentrés dans un espace de 20 à 22 ans, s’allongent de manière à aller presque rejoindre les périodes voisines; mais il ne parait pas que la période manque jamais, ni qu’elle soit iroublée deux fois de suite.
- Tableau des grands hivers, par groupes, depuis le xvc siècle :
- 1416
- 1400, 1420, 1422.
- 1458
- i43a, r458, 1460, 1464,
- 1500 *
- '434, '4 39- i îo3, 15o8,
- 1542
- 15;»-4, 18, 15 44, '4
- 1582
- 156 », iôji, 1584, i5gi, 1
- 1624
- i6o3, i(io8, 1616, 1621, 1624, 1621, i036, iG3$.
- 1665
- iGJj'i, i658, 1660, i663, i<)65, 1670, 1672, 1677. 1707
- i6g5, 1696, 1709, 1716.
- 1748
- 1729, 1740, 17(2, 17 rj 5, 1747, *748, 17>4.
- 1755, 1757, 1758, 1763, 1766, 1767, 1768.
- 1789
- J776, 1784, 1789, 1795, 1799, i8J2.
- 1830
- 1814, 1820, i8a3, 1829, «830, r838, 18.J 1, 1S47.
- 1871
- 1854, i855, j8(3j, 1871, 1872, 1880, 1881.
- 1912
- 1888, 1891, 1893, 1895, 1909,, 1917, 1918.
- Or nous sommes donc précisément dans une période troublée qui échelonne les hivers rigoureux de façon irrégulière et plus espacée ; c’est ainsi que les hivers du début de eette période (ceux de 1888 et 1891) sont presque voisins de ceux de 1880 et 188 r, terminant la période précédente, et il paraît très probable que ceux qui doivent la terminer seront répartis au nombre de trois ou quatre peut-être d’ici l’année ig36.
- Le mécanisme dépolarisant de la pile électrique Léclanché. — La pile Léclanché est, de tous les types de piles électriques, le plus employé. Il est peu de maisons où l’on n’en trouve quelque exemplaire, par exemple pour alimenter la sonnerie électrique. On sait comment elle est constituée : dans une solution aqueuse de chlorhydrate d’ammoniaque plongent une électrode négative en zinc et une électrode positive en charbon ; cette dernière est entourée d’une matière dépolarisante, en général agglomérée avec le charbon. Le dépolarisant est le bioxyde de manganèse qui se combine avec l’hydrogène dégagé à l’électrode positive ; telle est du moins l’explication élémentaire presque universellement admise pour le mécanisme de la dépolarisation dans le pile Léclanché. Mais cette explication si simple s’accorde mal avec les faits observés. A une récente réunion de la Société des Electriciens, M. Maurice Leblanc faisait observer que si l’on mesure la masse de l’oxygène perdu par le bioxyde de manganèse pendant le fonctionnement d’une pile, elle est de beaucoup inférieure à celle que théoriquement il aurait dû perdre. M. Féry, à cette occasion,’a déclaré qu'en effet les réactions qui entrent en jeu dans une pile à bioxyde de manganèse sont assez mal connues et sont certainement complexes. Une preuve en est donnée par ce fait que la force électromotrice d’une pile de ce genre,est i,5 volt, c’est-à-dire plus grande que celle d’une pile à dépolarisation par
- l’air, qui est de 1,4 volt ; alors que théoriquement elle devrait être plus faible puisqu’il faut alors fournir de l’énergie au bioxyd^-de manganèse pour lui arracher son oxygène. Il se pourrait dès lors que la dépolarisation ne fût pas due au bioxyde de manganèse, mais à un oxyde supérieur. M. Hollard, à la suite de recherches expérimentales, pense que la dépolarisation doit être attribuée à l’hydr»te Mn (OH)4. La complexité du problème ainsi posé est encore démontrée par le fait que les diverses variétés de bioxyde de manganèse du commerce ne conviennent pas toutes pour la fabrication des piles, sans que l’on en sache exactement les raisons. Pendant la guerre, le manganèse étant fort rare, l’Administration des P. T. T. ne pouvait se procurer les variétés spéciales habituellement employées pour la confection des piles qu’elle utilise ; on s’est alors servi de bioxyde de manganèse obtenu par régénération de vieilles matières. La plupart des piles ainsi fabriquées se sont montrées nettement inférieures à celles dans lesquelles entre du bioxyde frais.
- rose.
- Un des succédanés bon marché des essences de
- L’oxyde de diphéDyle est le produit,
- qui, en faibles proportions, communique aux savons de toilette communs une odeur rappelant celle de l’essence de roses, mais à la condition d’un dosage discret et d’un mélange habile.
- Le diphénylméthane ^6^3^)CH2 lui ressemble beaucoup, mais il est moins puissant.
- Le diphényloxyde est dix fois plus puissant que l’essence de géranium rosa algérienne. Bien entendu, il n’approche pas du parfum de celle-ci comme finesse.
- Si l’on en croit VAmerican Parfumer and Essential OU Record, de décembre 192 4, et le Chemical Trade, du
- 9 janvier 1925, si l’on ajoute aux terpènes de rose
- 10 pour 100 de diphényloxyde, on obtient un produit assez agréable, à odeur de rose, pour savons de toilette.
- Son parfum est stable à l'égard des alcalis, de la chaleur, et de la lumière. Il se dissout bien dans la plupart des cas.
- Son mélange avec les essences de géranium rosa, de gingergrass et de bois de santal, donne un succédané de rose économique, puisque 5 à 6 onces peuvent parfumer 45 kg de savon.
- On falsifierait la lavande avec 5 pour 100 de diphényl-otyde et des essences de lavande, d’aspic, de thym, de romarin et de bornéol. On obtiendrait ainsi une lavande très économique.
- Pour obtenir des bouquets, le même pourcentage de diphényloxyde, avec du musc xylol, de l’essence de bois de cèdre, de l’essence de piment, de l’aldéhyde cinnamique et a5 pour 100 de terpinéol, avec addition d’essence de citron, donnerait de bons résultats.
- Albert Hutin.
- Concours général de camions à gazogènes de 1925. — Dans une réunion tenue à la Direction des Essences sous la présidence de M. J.-L. Breton, membre de l’Institut, le Comité scientifique du pétrole vient de décider d’organiser pour le i5 septembre 1925 un concours général de camions à gazogènes.
- Cette manifestation sera placée sous le patronage commun de l'Office National des Combustibles liquides, de l’Office national des Recherches et Inventions, de l’Automobile Club de France et du Ministère de la Guerre. La collaboration de l’Automobile-Club de Belgique est également envisagée.
- La préparation du programme du concours a été confiée à un jury présidé par M. Kœnigs, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des Sciences de Paris. Ce programme et les conditions du concours feront l’objet prochainement d’une communication au Journal Officiel.
- Les épreuves, qui se dérouleront dans la région du Nord, comporteront un parcours de 2000 km environ. Elles pourront être suivies d’essais au banc. Le bois, le charbon de bois, le coke, les agglomérés pourront être employés comme combustibles, à l’exclusion de la houille crue.
- Les engagements seront recueillis par l’Automobile-Club de France.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Indicateurs de niveau d’essence pour automobiles. — La nécessité des appareils de mesure et des appareils indicateurs à distance se fait de plus en plus sentir dans le tourisme automobile. Les tableaux des voitures comportent toute une série d’appareils pour indiquer la tension de la batterie, le niveau des différents liquides qui servent à alimenter le moteur, à le refroidir, etc , etc., la pression de graissage, la vitosse de la voiture et en général tout ce qu’un automobiliste soucieux de la bonne marche du véhicule, de sa conduite facile, est désireux de pouvoir connaître à chaque instant.
- En particulier, les appareils indicateurs d’essence se sont développés récemment; ils sont parfois basés sur des principes originaux. Nous allons en indiquer quelques-uns.
- Niveau Lujac. — Examinons d’abord le niveau Lujac. Cet, appareil est très simple. Il a été étudié au début en vue de résoudre certains problèmes se rapportant à la navigation maritime, notamment pour mesurer le combustible qui reste dans les réservoirs à mazout des sous-marins, pour indiquer d’une façon permanente le
- tirant d’eau à la passerelle du commandant.
- On l’a adapté à la navigation aérienne et à l’automobile. C’est un manomètre qui, en réalité, mesure la pression exercée par le liquide du réservoir, pression qui dépend évidemment du niveau du liquide, et dont les variations peuvent servir à indiquer celles du niveau.
- Le principe est celui , , de 1 équilibre des li-
- Fig. i. - Le principe du niveau quides de différentes
- B^ac‘ densités. Pour plus de
- compréhension, ramenons le fonctionnement à celui d’un tube en S, dont la branche la plus haute contient un liquide formant manomètre; la branche la plus basse plonge dans le liquide dont le niveau est à mesurer.
- Entre ces deux branches se trouve interposé un liquide de plus grande densité ou liquide différentiel, qui sert à transmettre les pressions d’une branche à l'autre. Par suite, lorsqu’on agit sur la surface du liquide à mesurer, le liquide de la branche supérieure se place à un certain niveau qui dépend de cette pression et toute variation de l’une correspond à une différence de niveau de l’autre.
- Comme la quantité de liquide manométrique est constante, son niveau qui s’élève plus ou moins donnera l’indication cherchée ; cela avec une graduation correspondant à la quantité de carburant disponible, et par déduction à la quantité brûlée pour un parcours déterminé.
- La forme adoptée par le niveau en pratique met en mouvement des quantités faibles de liquide. Elle remédie à la dilatation due à la chaleur, ou amplifie les fluctuations des liquides formant équilibre et on supprime l’évaporation causée par la tension de vapeur du liquide manométrique.
- Spiro-jauge. — Cet appareil est basé sur le fonctionnement d’un flotteur qui, en remontant une rampe hélicoïdale, fait tourner une aiguille indicatrice sur un cadran.
- Le « Spiro-jauge » est constitué par un tube métallique à ailette creuse, assemblé à ses deux extrémités : la partie inférieure porte un flan embouti supportant l’axe de la vis centrale, en haut une pièce forme cuvette dans laquelle est fixé le cadran.
- Un flotteur en liège, spécialement traité pour fonctionner dans tous liquides, reçoit deux guides et un ergot ; celui-ci, formaut guide dans l’ailette creuse du tube, empêche le flotteur de tourner.
- (rù
- B
- Jjf/Veeu variable-
- : à. mesurer.
- tel
- Liquide
- manométrique
- I
- = QitterenUel
- Une tige métallique tordue en hélice, le pas étaut égal à la hauteur du réservoir, porte à sa base un axe en métal dur reposant sur la partie inférieure emboutie. Cette tige commandée par les déplacements verticaux du flotteur qu’elle traverse fait un tour de cadran pour la hauteur totale du réservoir. Une aiguille est fixée à sa partie supérieure.
- La cuvette d’assemblage porte en outre :
- 10 Une rondelle en feutre formant obturation des projections de liquides :
- 2° Un cadran portant les indications de contenance du réservoir.
- Le couvercle et sa glace avec les joint* assurent l’étanchéité de l’ensemble, même pour les réservoirs en charge.
- Le « Spiro-jauge, type bouchon », se visse instantanément sur la collerette du bouchon de remplissage qu’il remplace 11 est établi pour des types de réservoirs de série.
- Indicateur jaugeur Corset. — Cet ..
- appareil indicateur à distance repose uniquement sur le principe du fonctionnement d’un flotteur, ce qui est évidemment un système simple et rustique de niveau industriel. Mais dans le cas d’un réservoir fixe, il est facile relativement d’avoir à distance l’indication du niveau.
- 11 suffit de disposer d’une série de poulies et de contre-poids, mais la chose est beaucoup plus délicate avec le réservoir d’essence d’une voiture. On se contente fréquemment de monter sur le réservoir même un
- Fig. 2.
- Fig. 3. — Le mécanisme de l’indicateur de niveau Corset.
- cadran, dont l’aiguille est actionnée par une tige reliée au flotteur.
- Il est évident que pour placer ce cadran indicateur à distance, il est nécessaire d’équiper une transmission spéciale mécanique qui soit indéréglable et qui donne constamment des indications nettement comparables Dans l’appareil Corset, ce problème a reçu une solution originale au moyen de poussoirs spécialement étu-
- Fig. 4-— Installation de l’indicateur Corset.
- diés, qui se trouvent logés dans un tube de euivr parfaitement lisse intérieurement. Tous les poussoirs sont constitués par une tige de laiton, dont une extrémité est formée par une olive, en acier; l’autre, au contraire, est une pointe à 900, quand il s’agit de» parties droites du tube. La tête est en forme de demi-sphère pour les ogives devant se loger dans les partie»
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- courbes. Grâce à des bagues d’arrêt, les poussoirs ne peuvent sortir des tubes en cas de démontage.
- Le flotteur placé à l’extrémité d’un bras de levier entraîne dans ses déplacements une ogive, dont la forme est sensiblement conique. Ce cône a la tête en bois. Un galet se trouve maintenu continuellement en contact,
- grâce à un res-sort qui est placé à l’intérieur du cadran.
- Pour faciliter le démontage de l’appareil, la transmission se ti’ouve divisée en plusieurs tronçons qui sont réunis par des raccords hermétiques.
- L’ense m bl e est donc entièrement à l’abri de l’air, de la poussière et de l'humidité.
- Onpeutcrain-dre que les frottements jouent un rôle considérable, mais comme les poussoirs peuvent avoir des longueurs différentes, on agence la transmission pour qu’elle suive facilement tous les contours du tube L’usure de ces poussoirs est pour ainsi dire nulle, mais si elle se produit on peut la rattraper par un raccord de réglage qui est prévu sur le boîtier
- Comme la dilatation des appareils de transmission est la même que celle du tube qui forme l’envelojjpe, il en résulte que la chaleur et le froid n’ont aucune influence sur les indications de l’aiguille.
- Ce système est d’ailleurs susceptible de recevoir industriellement des applications intéressantes
- Auto-consommètre — Cet appareil mesure exactement la consommation d’essence au moyen d’un organe supplémentaire qui joue le rôle de flotteur et qui fonctionne également comme un élévateur d essence.
- Il est constitué par une cuve de mesure E qui est munie d’une tubulure, la partie supérieure T, qui sert à l’arrivée d essence et par suite au réservoir de la voiture. Une autre tubulure Ta également placée à la partie supérieure est reliée à la tubulure d’admission du moteur et elle sert à faire l’aspiration dans l’élévateur.
- A la partie inférieure se trouve la tubulure de vidange T3 qui se rend au carburateur La tubulure T4 sert à l’èxpulsion d’air et la tubulure T5 va au compteur auxiliaire. /
- Dans cet appareil, on a monté un flotteur F4 sur un axe au moyen de bielles. Il commande l'ouverture et la fermeture des clapets Ca, C3, C4 qui correspondent aux tubulures de mêmes indices. Le flotteur est verrouillé par les eliquets K4 ou Ks. Lorsqu’il est accroché par le premier cliquet Kt, il ferme les clapets de vidange C3 et d'air C4; il ouvre en grand le clapet d'aspiration Ca.
- Le moteur aspire donc dans l’appareil et fait monter l’essence du réservoir dans la cuve E qui se remplit. Le flotteur Ft est alors submergé. Un deuxième flotteur Fa monté sur le même axe A suit le niveau du liquide. Lorsque la quantité d’un litre d’essence est admise dans la cuve, ce flotteur agit sur un poussoir, il libère le flotteur F4 en repoussant le cliquet Kt.
- À son tour, le flotteur F! monte à la surface et s’accroche au cliquet Ka. Dans son mouvement, il a fait agir les bielles, il a fenmé l’aspiration et ouvert les clapets de vidange et d’air.
- L’eçsence n’arrjve plqs, mais elle se trouve dans un
- réservoir intermédiaire Z, d’où elle peut se rendre au carburateur.
- Le flotteur a également entraîné le poussoir en face du cliquet Ka, l’essence s’écoule donc, elle entraîne le flotteur Fâ mobile qui, lorsqu’un litre d’essence a été vidé, agit sur le poussoir qui repousse le cliquet Ka, ce qui libère le flotteur F,. Celui-ci tombe par son propre poids, revient s’accrocher au cliquet Kt et rétablit l’appareil dans la situation où nous l’avons prise au début, et ainsi de suite.
- C’est donc en réalité un compteur qui mesure et débite un litre seulement à la fois. Le clapet d’air en se soulevant commande le compteur totalisateur qui marque une unité, c’est-à-dire un litre, et l’on connaît, à un litre près, la quantité d’essence consomnée.
- Tout litre indiqué est livré à la consommation du moteur.
- La réalisation mécanique de l’appareil présente des particularités intéressantes, telles que la liaison élastique entre le mécanisme et le compteur, le rattrapage automatique du jeu des clapets.
- Examinons maintenant le mécanisme des compteurs auxiliaires qui sont commandés pneumatiquement, et qui donnent des indications en tous points désirés de la voiture : siège du conducteur, intérieur de la voiture, même simultanément.
- — Lorsque le flotteur F., se soulève pour venir s’accrocher au cliquet Ka, avant qu’il ait ouvert le clapet d’air, il ouvre pour un temps très court le clapet auxiliaire qui fermait la conduite en liaison pneumatique avec la cuve E et les compteurs indicateurs placés sur la voiture.
- Comme il existe à ce moment dans la cuve une dépression, celle-ci se transmet à ces compteurs et elle fait agir un piston qu’un ressort récupérateur ramène ensuite en place. Ce piston agit par un mécanisme de cliquets sur une aiguille indicatrice et de consommation journalière et en même temps il fait fonctionner un compteur totalisateur, dont les chiffres sont en concordance avec le totalisateur de la cuve.
- Dans cet appareil, on peut ramener l’aiguille à O, nne autre aiguille peut être amenée au même moment devant la graduation qui indique le contenu du réservoir. Dans ces conditions, chaque fois qu’un litre passe dans l’élévateur, l’aiguille mobile se rapproche d’une division de l’aiguille fixe. Par suite, celui qui regarde le cadran suit non seulement la consommation, mais apprécie immédiatement ce qui lui reste d’essence disponible dans le réservoir.
- Ceci se fait sans qu’on ait de bouton à pousser ou de manœuvre à faire L’aiguille indicatrice n’oscille pas, les lectures sont donc nettes et immédiates et l’on peut surveiller ainsi le rendement du moteur en pleine marche, sans aucune erreur possible.
- Les pièces mécaniques sont simples; elles fonctionnent pen fréquemment, seulement un nombre de fois à l’heure déterminé par la consommation en litres d’essence du moteur de la voiture. E. Weiss.
- / Vers ld cuve de mesurage
- .A FORCE
- mm
- Totalisateur
- Fig. 6. — Transmission pneumatique à distance des indications dé l'Auto-consommètre.
- \
- Constructeurs : Niveau Lujac. Société Lujac, rue Jean-Jaurès, Levallois-Perret, Seine.
- Spiro-jauge. J. Lacoste, 28, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Indicateur Corset. Etablissements Corset, 5 bis, impasse Thoréton, Paris,
- Auto-consommètre. H.-J. La Force, 13, rue Gide, Levallois.
- Totalisateur T Aspiration
- Essence
- T3 | | Vers le carburateur Fig. 5. — L’Auto-consoinmètre.
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- VARIÉTÉS
- IMPORTATION, RÉCOLTE ET CULTURE DES PLANTES MÉDICINALES
- Depuis des siècles, la médeeine officielle ou la populaire emploient, la première, sous le nom de plantes officinales ou médicinales, la seconde, sous celui de simples, un grand nombre de plantes qui jouissent de la propriété de guérir certaines maladies ou, tout au moins, de nous en donner la consolante illusion. La France, pour laquelle la nature s’est montrée si libérale au point de vue du règne végétal, tant par la variété de son climat que par la diversité de ses terrains, possède dans ses marais, ses plaines, ses vallées, ses coteaux, ses bois et ses forêts, une flore si abondante que l’on peut y puiser la plus grande partie des plantes usitées dans la thérapeutique.
- La preuve en a été faite déjà, car il fut un temps où la récolte des plantes médicinales était si active en France que notre pays était devenu maître de ce marché ; comment se fait-il alors qu’au début de la guerre, en 1914. Ion ait pu manquer de la plupart des espèces indigènes les plus communément employées, et que le Service de Santé n’ait pu se procurer certaines d’entre elles regardées comme indispensables pour le traitement de nos soldats?
- La raison en est, d’après un rapport officiel, que la récolte a subi depuis un demi-siècle une décroissance rapide et que depuis 1908 notre pays est devenu tributaire de l’étranger pour presque tous ces produits.
- Importation. — Le commerce de l’herboristerie s’est approvisionné en grande partie dans les empires centraux : Autriche, Allemagne, Russie, sans oublier la Belgique, l’Italie et l’Espagne, etc. On importait les feuilles de belladone de l'Autriche, les feuilles de noyer de l’Italie, les fleurs de guimauve d Allemagne et d’Italie, les fleurs de sureau d’Allemagne et de Russie, les fleurs de pyrèthre de la côte Dalmate, le tilleul d’Autriche et de Moravie, le coquelicot d Espagne, la graine de lin de Russie, l’écorce de bourdaine de Russie, le chiendent d’Italie, la valériane de la Belgique, etc.
- Dans les années qui ont précédé la guerre, si l’on se reporte aux chiffres fournis par les Services de statistique de la Direction générale des Douanes, on importait, par an, en espèces médicinales prises en bloc, les quantités et leurs valeurs correspondantes ci-dessous, en chiffres ronds.
- Racines. — 53 000 à 66 000 quintaux pour 6 à 10 millions de francs.
- Herbes, feuilles, fleurs et baies. — 23000 à 3oooo quintaux pour 6 à 8 millions de francs.
- Soit, pour ces différentes catégories de plantes importées comme espèces médicinales, environ 76 000 à 96000 quintaux pour 12 à 18 millions de francs, car dans ces chiffres ne figurent pas, parce qu’ils n’étaient pas employés pour les usages thérapeutiques, les baies de genièvre et le fenouil pour 42<>oo à a5oooo francs, l’anis vert pour 600000 francs à 1 million, la racine de chicorée pour 700000 francs à 3 millions, le safran pour 4 à 6 millions, le houblon pour 8 à a5 millions, soit, en bloc et en chiffres ronds, i3 à 35 millions à ajouter à ceux qui précèdent.
- On voit, par là, les sommes importantes que nous envoyions à l’étranger, alors qu’elles auraient pu et dû rester chez nous. Cependant la cessation de ces importations fut d’autant plus grave et douloureuse que la guerre, en interdisant les relations commerciales qui existaient entre nous et les pays ennemis nos plus grands fournisseurs, supprimait brusquement nos ressources en produits d’herboristerie au moment où nous en avions le plus grand besoin, tant pour nos soldats que pour le reste du pays.
- Organisation de la récolte des plantes médicinales. — C’est alors que les Pouvoirs publics, émus de ce triste état de chose, se sont préoccupés d’y remédier. Stimulés aussi par l’initiative de droguistes parisiens et lyonnais, ils ont créé un Office national des matières premières végétales pour la Droguerie, la Pharmacie et la Parfumerie, puis un autre organe ressortissant à plusieurs ministères, du Commerce, de l’Agriculture et de l’Instruction publique, d’où son nom de Comité interministériel des Plantes médicinales et Plantes à essences. Ce dernier a eu la bonne fortune d’avoir à sa tête un savant doublé d’un organisateur aussi compétent
- que M. Perrot, professeur à la Faculté de Pharmacie de Paris qui, par suite de son inlassable activité et avec l’aide puissante du susdit Office national, est parvenu à faire œuvre utile et féconde par la fondation, dans les grands centres universitaires des principales régions de la France, de Comités régionaux poursuivant deux buts se complétant mutuellement pour notre approvisionnement en plantes médicinales : a) la récolte de celles qui croissent à l’état sauvage; b) la culture des principales d’entre elles qui n’exigent pas pour l’élaboration de leurs principes actifs des conditions spéciales que la culture ne peut réaliser.
- C’est de ce moment que date la publication de toutes ces intéressantes brochures publiées par les Comités régionaux, en vue de faire connaître l’inventaire des plantes médicinales composant la flore spéciale de nos départements les plus favorisés, et d’indiquer la manière de les récolter, sécher et préparer pour la vente. Je regrette de ne pouvoir les citer ici, car elles sont trop nombreuses.
- Les résultats qu’elles ont produits ont été excellents : nos importations de plantes ont diminué d’année en d'année, mais elles sont encore notables comme l’on peut en juger par les chiffres suivants fournis en 1922 par les Services de Statistique de la Direction générale des Douanes.
- Feuilles de frêne 22000 kg; feuilles de pariétaire 36000 kg; feuilles de laurier 76000 kg; racines de chiendent 175 000 kg; racines d iris 261 000 kilogrammes.
- Fleurs de bourrache 17000 kg; fleurs de violette 22 000 kg ; fleurs de tussilage 3a 5oo kg; fleurs de petite centaurée 80000 kg; fleurs de tilleul 686700 kg.
- Culture des plantes médicinales. — Toutes ces plantes, qui croissent chez nous, auraient pu y être récoltées, elles y auraient laissé les millions qu’il a fallu payer à l’étranger. Il importe donc de faire les plus grands efforts pour que ce tribut prenne fin, et, pour cela, il ne suffit pas de récolter les plantes indigènes, qui poussent spontanément, il faut en multiplier la culture dans des terrains appropriés.
- De vastes surfaces ont été déjà consacrées à la production de certaines plantes dont la consommation est importante. L’ouvrage si documenté de MM. A. Rolet et D. Bouret sur La Culture des plantes médicinales donne à cet égard les renseignements suivants. A Etre* chy, dans le département de Seine-et-Oise, MM. Boulanger et Dausse conduisent des cultures avec la collaboration de M Demilly sur une étendue de 100 hectares dont 3o pour la belladone, 10 pour la datura, 6 pour la valériane, 3 pour la jusquiame et le reste pour une trentaine d’autres plantes. Dans les domaines de Yaure et des Tilleuls (Loire), MM. Durol et Jay y consacrent 100 hectares; la même étendue y est affectée par M. F. Fouché; à Milly, M. Morin Barrai cultive la menthe poivrée sur une dizaine d’hectares.
- En outre, d’après la Notice du Ministère de l’Agriculture, dans l’arrondissement de Valenciennes (Nord), la guimauve occupe 170 à 180 hectares, la mauve 55 à 60, le bouillon blanc 20 à 25, la camomille 2 à 3. J’ajouterai que la culture du pyrèthre, dont on fait un usage de plus en plus grand comme insecticide, comprend 72 hectares, environ, répartis dans plusieurs départements du Midi où les plantes à essence, notamment les lavandes, couvrent de très grandes surfaces. Bref, nombre d’essais ont été tentés sur une échelle plus ou moins vaste et les résultats que l’on a obtenus, tant au point de vue du développement que de l’action thérapeutique des plantes cultivées comparés à ceux des plantes sauvages, sont très encourageants et de nature à réaliser les espoirs fondés sur une culture intensive.
- Mais à côté de cette culture qui doit tendre à se généraliser pour devenir presque industrielle et subvenir, alors, à l’approvisionnement en grand de notre commerce d’herboristerie, en attendant que notre pays, grâce à elle, puisse se transformer, selon le voeu de M. le professeur Perrot, d’importateur qu’il est en pays exportateur, il est un autre genre de culture très modeste, auquel on ne paraît pas songer actuellement, qui cependant est susceptible de contribuer pour une petite part à augmenter, bien ^ue d’qne façon indirecte, ï§
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- VARIÉTÉS
- faisceau d’efforts dirigés présentement vers un but unique : nous libérer complètement d’un tribut que nous payons toujours à l’étranger, je veux parler de la
- création de Jardins familiaux de plantes médicinales, dont je montrerai bientôt l’utilité, l’organisation et la composition. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Contenance brute ou moyenne des diverses bouteilles et des verres. — Un litre ordinaire contient 5 verres à boire ordinaire; une bouteille Saint-Galmier, 4 verres; une bordelaise, 6 à 7 verres à bordeaux; la champenoise, 6 à 7 flûtes ou coupes; la bouteille à madère, 8 à 9 verres à madère; la bouteille à fine champagne, 20 à 22 petits verres à liqueur; la bouteille à chartreuse, 38 à 40 petits verres à liqueur.
- Le verre à bordeaux (comme le verre à bourgogne) contient 12 à 14 centilitres; la coupe ou flûte de cham-pagne, 14 à i5 centilitres ; le verre à madère, 8 à 10 centilitres ; le verre à liqueur, 2 à 3 centilitres.
- Fabrication du genièvre en Hollande — Voici le prorédé indiqué par Beiarich Semler dans Die ge-sammte Obst. Verwerthung On prend 56 kg de farine d’orge maltée et 114 kg de farine de seigle et on les mélange dans 23oo litres d’eau à 720. La saccharification terminée, on ajoute de l’eau jusqu’à ce que la densité de l’extrait soit de 1.047 et l’on refroidit la trempe à 270.. On la verse a ors dans la cuve guilloire où on l’additionne de 2 litres de bonne levure; on laisse en con act 48 heures, puis l’on distille. Comme le distillât est assez pauvre en alcool, ou le reverse dans l'alambic et on le soumet à une nouvelle distillation après lui avoir ajouté des baies de genièvre et quelques rameaux de genévrier. La quantité de chacune de ces substances n’est pas connue exactement; elle dépend du goût des consommateurs ; en Hollande, ou considère leur proportion comme un secret. A. Truelle.
- Nettoyage des plumes. — Faites bouillir quelque temps dans l’eau gros comme une noix de savon, retirez du feu et laissez tiédir l’eau. C’est alors que vous y trempez vos plumes en les tenant par la tige; pressez-les dans vos mains pour en extraire la poussière; retrempez les de nouveau et recommencez jusqu’à ce qu’elles soient entièrement propres; plongez-les une dernière fois dans 1 eau fraîche, puis faites sécher sur un linge blanc, soit au feu, soit au soleil.
- Lorsqu’elles seront sèches, frappez-les dans vos mains et agitez-les devant la flamme du foyer; elles gonfleront tout de suite et il ne restera plus qu’à les friser.
- Pour les friser, on fait chauffer légèrement la lame d’un couteau, et avec le dos de cette lame on prend chaque brin de plume qu’on fait glisser tout entier sur le dos de la lame.
- Nettoyage des gants. — L’essence minérale est aussi efficace que la benzine pour le nettoyage des gants ; elle a 1 avantage de coûter moins cher. On met tremper les gants dans l’essence de façon qu’ils baignent; on les frotte pour en faire disparaître toutes les taches, on les rince dans de l’essence nouvelle, puis on les. sèche en les essuyant fortement avec un linge de coton jusqu’à ce qu’ils aient repris leur couleur En les exposant ensuite à la chaleur, on leur enlève l’odeur de l’essence. On ne
- doit faire cette opération que pendant le jour. L’essence étant très volatile ne doit pas être employée près dune lumière sous peine de causer de graves accidents
- Si un gant clair est simplement défraîchi, il faut le frotter avec de la mie de pain.
- Nettoyage des fourrures. — On ne doit pas nettoyer les fourrures claires de la même façon que les fourrures foncées ou noires. Les sombres sont moins fragiles et demandent moins de précautions.
- Un moyen rapide et excellent consiste à humecter un tampon de flanelle avec de l’essence et à le passer rapidement sur la fourrure. On frotte ensuite avec un linge de toile et l’on expose à l’air. Ce nettoyage doit être fait loin du feu et dans une pièce où il n'y ait aucune flamme.
- Le son chauffé et étendu sur la fourrure donne également de bons résultats. Il faut recommencer plusieurs fois l’opération en secouant le son chaque fois. Ou doit toujours brosser les fourrures dans le sens du poil.
- Nettoyage des étoffes de laine. — Pour nettoyer les vêtements de laine on prend s5o gr. de bois de Panama concassé et on le fait macérer dans l’eau froide pendant 24 heures. On y ajoute alors autant d’eau qu’il est nécessaire. Pour laver les vêtements, on frotte à l’aide d’une brosse; on rince et on étend sans tordre. Il faut repasser à l’envers et lorsque l’étoffe est un peu humide.
- Pour empêcher le rétrécissement des étoffes en laine, il suffit de les envelopper d'un liage mouillé et de les mettre dans un endroit frais.
- On emploie aussi ce moyen pour défriper les étoffes. Ou les étend sur une corde dans un lieu frais et au bout de 24 heures elles sont revenues à leur état normal.
- Nettoyage du velours. — Le velours se nettoie à l’envers ; comme il ne doit pas être pressé, il faut l’attacher par une dë ses extrémités et le tenir de la main gauche pendant qu’on le repasse de la main droite. Lorsque le velours est mouillé, pour que les poils se redressent, on doit le tenir à l’envers, au-dessus de la vapeur d’eau bouillante.
- Nettoyage des rubans de soie. — L’opération la plus délicate n’est pas de nettoyer les rubans, mais d’empêcher la couleur de changer, de pâlir ou même de disparaître. Avant de laver il faut protéger ses rubans, Pour cela, on les brossera avec de l’eau miellée. Ceci fait., on les lave avec une solution de fiel de bœuf et de savon. Il reste à donner aux rubans l’apprêt du neuf. On prépare une eau gommée très claire, et on y trempe le ruban. On l’épingle sur un linge et on le laisse sécher.
- On peut nettoyer des rubans dont la teinte n’est pas fragile avec de 1 éther On laisse tremper le ruban dans le liquide en le remuant vivement; on le retire, et on le laisse sécher au grand air.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Botte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Â propos du hoquet (n° 2639). — M. le Dr Yaret nous écrit • « Dans le but d’être utile à
- vos lecteurs, voulez-vous me permettre d’apporter ma modeste contribution à la question du traitement du hoquet banal, question abordée, ces derniers temps, à diverses reprises, dans La Nature.
- Depuis 1916 (c’est-à-dire depuis 9 années), nous employons le procédé que nous allons décrire. Aucun autre ne nous paraît plus simple, plus rapide, plus discret, plus efficace.
- Dès la première secousse de hoquet, pousser énergi-
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- BOITE AUX LETTRES
- quement le ventre en avant, pendant une douzaine de seeondes, en suspendant tout mouvement respiratoire. La crise de hoquet est enrayée net.
- Dans le cas de hoquet épidémique (dû à une invasion microbienne des centres nerveux), le procédé ci-dessus décrit perd, bien entendu, son pouvoir d’arrêt; néanmoins il a paru contribuer à l’espacement des secousses diaphragmatiques dont l’incessante répétition est si épuisante pour le patient. »
- Réponses. — M. Benavent, à Barcelone. — Les proportions à adopter pour préparer une pâte à brillanler
- les métaux sont les suivantes :
- Oléine......................200 cent, cnbes
- Ammoniaque liquide ... 5o —
- Tripoli.....................3oo grammes
- Essence de mirbane. ... 5 gouttes
- Délayer ensuite avec une quantité de benzol suffisante pour obtenir une pâte semi-fluide.
- IL II., à Neuiîly. — L’essence de lavande masque bien l’odeur de pétrole, nous pensons donc que pour débarrasser vos gants nettoyés à l’essence de l’odeur désagréable qu’ils conservent pendant quelque temps, il vous suffira de les placer dans un sachet en même temps qu’un tampon de coton sur lequel vous aurez versé quelques gouttes d’essence de lavande commune que l’on trouve couramment dans le commerce sous le nom d’huile d’aspic ou de spic. Le tampon pourra servir longtemps, étant réimbibé de temps à autre.
- M. Leroy, à Saint-Dizier. — x° Nous n’avons pas eu connaissance du produit dont vous voulez parler, au moment où il était dans le commerce; 2“ Les insectes à parure brillante sont conservés en les desséchant préalablement sur du chlorure de calcium, ensuite on les trempe dans un vernis léger transparent, qui empêche, après évaporation du solvant, la reprise d’humidité.
- M. K. Pionian, à Tauris (Perse). — La préparation du coton ou ouate hydrophile consiste à débarrasser le colon ordinaire des matières grasses ou résineuses qui entourent ses fibres et les empêchent d’être mouillées par les liquides aqueux. Pour cela on immerge le coton cardé dans de l’eau bouillante légèrement alcalinisée par la soude ou la potasse caustiques, à raison de 2 à 3 pour 100. On exprime, puis on plonge le coton dans une dissolution de chlorure de chaux (hypochlorite de chaux) à 5 pour 100. Après séjour de quelques heures, on essore à nouveau, rince à l’eau pure et introduit dans de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique (dilution 2 à 3 pour 100). Finalement on exprime, rince à l’eau pure jusqu’à ce que le coton ne rougisse plus le papier de tournesol et on sèche à l’air ou à l’étuve.
- Le coton ainsi traité doit être blanc, un flocon de coton hydrophile imprégné d’eau distillée, abandonné pendant une heure puis exprimé, doit fournir un liquide neutre ne se troublant ni par l’addition d’oxalate d’ammoniaque, ni par celle de nitrate d’argent.
- B., à Cognac (Charente). — La glace transparente et stérile est destinée à la consommation, c’est même la seule autorisée, il y a donc pour vous un débouché très important de votre eau distillée. Très probablement il existe déjà dans votre ville des fabriques d’eau distillée, destinée à cet emploi, que vous pourriez visiter. A défaut demander aux directeurs des maisons suivantes : Usine l’Eau distillée, g5, rue de Flandre ; cité des Flamands, Paris, 190 ; Caillard, 6, avenue du Président Wilson; La Plaine Saint-Denis (Seine).
- Cercle du commerce à Béziers. — Pour répondre utilement à votre question, il faudrait connaître la réalisation que vous avez en vue. Tout ce que nous pouvons vous dire, c’est que la fibrine est soluble dans l’acide chlorhydrique faible à 5 pour 1000, à la même dilution dans les alcalis étendus, soude, potasse ammoniaque surtout à douce chaleur ( 40’ environ). Enfin elle est solubilisée par certains sels neutres tels que le nitrate de potasse, le chlorure de sodium, le sulfate de soude employés à la concentration de 10 pour 100. A notre avis l'intervention de la glycérine nous paraît devoir être évitée.
- M. Le Br Ragot, à Toulon. — Vous obtiendrez une patine noire à reflets bleutés en trempant les objets de cuivre dans une solution étendue, soit de sulfhydrate d’ammoniaque, soit de sulfure de potassium (sel de Barèges). N’employez que des solutions très faibles, de façon à réaliser l’intensité cherchée par des immersions répétées avec intervalles de séchages et non par une
- grande concentration immédiate, les reflets étant dus aux couches minces superposées de sulfure de cuivre. Pour terminer, rincer à fond, sécher dans la sciure de bois, puis encaustiquer légèrement.
- M. Nouveau, à Autun. — Le tétrachlorure de carbone est un excellent dissolvant des matières grasses ; étant ininflammable, sa manipulation est sans danger. Il doit convenir tout particulièrement pour dégraisser le cuir qui recouvre votre meuble. Frotter d’abord légèrement avec un tampon de coton imbibé de tétrachlorure, puis aussitôt et vivement avec une flanelle propre, qui par capillarité doit absorber le liquide ayant dissous la graisse. Répétez ces deux opérations successives jusqu’à disparition complète des taches. N. B. Effectuer ce petit travail en allant de la périphérie au centre, afin d’éviter ce que les dégraisseurs appellent des « cernes » .
- T. S. P. — M. P. S., à Brive. — Nous ne pensons pas qu’il y ait d’inconvénient à ce qu’un fil de prise de terre passe dans une pièce à proximité d’un fil d’éclairage électrique.
- M. le chanoine Bellec, à Les Cayes (Haïti). — Nous ne croyons pas avoir jamais indiqué que l’on pouvait recharger des piles sèches à l’aide d’une source de courant continu. On peut recharger des accumulateur*, mais non des piles II est simplement possible de régénérer des piles sèches, avec d’ailleurs un résultat plus ou moins efficace et plus ou moins durable, en y faisant passer durant quelques heures un courant continu de quelques dizaines de milliampères.
- Pour effectuer cette opération, avec votre groupe électrogène de 3a volts, il faudrait utiliser une section de 20 volts à la fois. Même si vous vouliez recharger des accumulateurs de 4° volts de petite capacité, il est probable que votre ampèremètre ne pourrait vous servir, n’étant relativement pas assez sensible étant donnée la faible intensité du courant de charge. On peut d’ailleurs recharger en même temps deux batteries de 20 volts en parallèle. Voyez à ce sujet, si vous le désirez, Cent problèmes pratiques de T. S. F.
- M. France de Tersant, à Cardiff (Angleterre). — La question de la sélectivité en T. S. F. est de plus en plus à l’ordre du jour, étant donné le nombre toujours croissant des stations émettrices. Vous trouverez prochainement dans La Nature une étude détaillée sur cette question et, en particulier, sur les circuits filtres que les Anglais appellent des « wave-traps. »
- M. Thorin, à Cherbourg. — Nous vïras remercions de votre intéressante communication relative à la réception sans antenne, ni cadre. Nous avons cependant signalé dans notre article de La Nature un cas analogue à celui que vous signalez ; mais, en général, de telles réceptions sont obtenues avec plusieurs étages à haute fréquence avant la lampe détectrice ; l’intérêt de votre expérience consiste à n’avoir utilisé qu'une seule lampe détectrice à réaction.
- M. Taclien, à Paris. — Les haut-parleurs de T. S. F. employés en France ont généralement une résistance élevée, de 2000 à 4000 ohms, le plus souvent. Les haut-parleurs de faible résistance sont utilisés pour la téléphonie avec fil, conjugués généralement avec des microphones spéciaux. On peut également se servir d’appareils de ce genre avec des relais microphoniques ; mais, si l’on veut les placer à la suite d’amplificateurs à lampes, il serait nécessaire d’intercaler un transformateur de sortie spécial.
- 20 Pour faire réaimanter des écouteurs de T. S. F., il serait préférable de vous adresser au fabricant de ces écouteurs.
- 20 Les convertisseurs rotatifs sont des appareils qui peuvent donner de bons résultats, mais dont l’entretien estassfz délicat. ^
- M. Paul Babon, à Bellegarde (Ain). — La quesiion de Y élimination des parasites industriels est, en effet, fort intéressante et nous lui consacrerons prochainement un article. Malheureusement le problème est très difficile à résoudre et les solutions proposées doivent être essayées sur place et n’ont pas une efficacité générale. Nous vous conseillons dans votre cas d’essayer d’employer un contrepoids électrique au lieu de prise de terre, et un dispositif d’accord en Tesla ou à primaire apériodique. 11 serait sans doute préférable également d’utiliser des étages d’amplification à haute fréquence à résonance.
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- Histoire de l'astronomie, par F. Boquet, i vol. in-8, 5io p. Payot, éditeur, .Paris, 1925. Prix : 20 francs.
- M. Boquet retrace l’histoire de l’astronomie depuis l’origine la plus reculée jusqu’au milieu du xix° siècle. Il le fart en étudiant dans l’ordre chronologique la vie et l’œuvre des astronomes célèbres Son livre se partage à dessein en deux parties fort inégales ; dans la première qui va de l’antiquité jusqu'à la fondation de l’Astronomie moderne, c’est-à-dire approximativement jusqu’à Kepler, Galilée et Newton, le génial metteur en œuvre des idées de Copernic, l’auteur s’attache à citer, sans exception, tous les astronomes qui ont laissé un nom; la liste en est fort longue; mais leur apport global dans l’ensemble de nos connaissances est bien faible, et c’est à peine si quatre ou cinq d’entre eux eussent mérité de passer à la postérité. Mais, ce qui est instructif, et ce que l’auteur a voulu faire ressortir, ce sont les difficultés de tous genres auxquelles la science humaine s’est heurtée pendant de longs siècles pour rassembler des observations utiles, éliminer peu à peu les erreurs léguées par l’antiquité, et dégager enfin d’une foule d’apparences trompeuses les lois fondamentales qui sont à la base de tout le savoir moderne. En particulier, la plupart des savants du siècle qui suivit la mort de Copernic n’ont d’autre titre à notre souvenir que leur aveuglement devant les vérités révélées par l'illustre astronome polonais. Ainsi les vérités qui nous apparaissent aujourd’hui comme presque évidentes n ont pu s’établir qu’au prix de longs efforts, de controverses passionnées et dangereuses pour les novateurs.
- Ces souvenirs doivent augmenter notre gratitude pour les coui'ageux champions de la vérité, et en même temps tempérer d’un sentiment de modestie l’orgueil que peuvent nous inspirer les conquêtes de la science, en nous rappelant que celles-ci ne sont jamais que temporaires.
- A partir de Newton, l’astronomie fait des progrès rapides; une véritable pléiade de savants y coopère; mais ici l'auteur change de méthode, il s’attache désormais exclusivement à ceux qui ont laissé une œuvre véritablement grande et marqué leur œuvre par un progrès important.
- L’ouvrage de M. Boquet, résumé de travaux historiques considérables et trop peu connus aujourd hui, est d’une lecture attrayante, et constitue en même temps une mine de renseignements précieux. Il lui manque un index des noms cités, qui aurait été fort utile aux chercheurs.
- Traité élémentaire de mécanique., par E. H. Weiss. a vol. illustrés. Garnier frères, éditeurs, Paris, 1924. Prix ; 10 francs le volume.
- L’objet principal de cet ouvrage est la description élémentaire des principales machines utilisées dans la pratique. Dans une pr< mière partie, Fauteur s’efforce de présenter sous une forme simple et intuitive les principes fondamentaux de la mécanique théorique. Il étudie ensuite les organes élémentaires des machines : organes de liaison, arbres de transmission, paliers, poulies, courroies, engrenages, graissage, etc. Dans cette partie, comme dans le reste de l’ouvrage, l’auteur s’est attaché à éviter toute intervention de mathématiques même élémentaires; il fait donc surtout œuvre descriptive complétée par de nombreuses et utiles indications d’ordre pratique. Sont étudiées ensuite les machines-outils, puis dans le second volume les machines motrices : moteurs animés, moteurs à vent, hydrauliques, à vapeur, à explosion et combustion interne; enfin les principales applications de la force motrice : pompes, presses, compresseurs, appareils de levage, locomotive, automobile, navire, aéroplane.
- Traité de Géographie physique, par Emmanuel de Mar-tonne, 4“ édition entièrement refondue, t. I, 1 vol. in-8, 496 P- ig3 fig., 12 photographies et deux cartes en couleur hors- texte. Armand Colin. Paris, Prix broché : 40 francs. Relié : 70 francs.
- Voici près de vingt ans qu’avait paru la première édition de ce Traité de Géographie physique.
- Devant son succès continu, l’auteur a renoncé à présenter cette quatrième édition en un seul volume : il a divisé l’ouvrage en trois. Le tome I, qui vient de paraître, traite en 496 pages ce que la première édition traitait en 366. Rien n’a d’ailleurs été changé au plan et à l’esprit du Traité de Géographie physique-, mais tous les chapitres ont été plus ou moins développés et quelques-uns dédoublés.
- Dans l’étude du Climat Fauteur développe la description des types régionaux; il a voulu aussi tenir compte des points de vue nouveaux de la science météorologique. Dans l’étude de F Hydrographie. il suit les progrès incessants de l’océanographie et développe les exemples de régimes fluviaux et lacustres. L’illustration a été en partie renouvelée et les deux planisphères hors texte en couleur (climats, hypso-métrie) ont été entièrement refaits et mis à jour.
- Au cœur de l’Amérique Vierge, par Julio Quinonis.
- 1 vol. in-12, 218 p. Peyronnet et Cio. Paris. Prix : 8 francs.
- L’auteur a vécu plusieurs années au bord de l’Amazone inconnu, dans la familiarité des tribus indigènes qui peuplent cette région presque inexplorée et dont les mœurs sont aujourd’hui encore peu connues. Avec l’enthousiasme ingénu qui convient à l’évocation d’une humanité primitive, il a écrit une sorte de roman poétique où sont exaltées la forêt, les eaux, les forces élémentaires de la nature vierge et la vie libre et simple des tribus indiennes qui subsistent encore dans la région du haut Amazone.
- Faune de France, 8 Diptères : Tipulidae, par G. Pierre.
- 1 vol. in-8, 160 p., 600 fig., Lechevalier, Paris, Prix ; 25 francs.
- On connaît l’œuvre capitale entreprise par l’Office central de Faunistique de la Fédération française des Sociétés de sciences naturelles sous la direction de Marais de Beauchamp : l’inventaire des animaux qui peuplent la France. Sept volumes ont déjà paru et voici le huitième consacré à un groupe de diptères, les Tipulidae, que les profanes confondent souvent, à tort, avec les moustiques. Selon le plan général établi, ce livre décrit d’abord l’aspect morphologique, l’habitat, le développement, les mœurs, le parasitisme, les moyens de capture et de préparation, puis il donne de chaque espèce les caractéristiques, toutes figurées par des dessins très clairs, l’habitat. Une bibliographie complète permet de se reporter aux travaux antérieurs.
- On ne saurait trop recommander à tous les zoologistes, à tous les amateurs d’histoire naturelle d’acquérir cette collection faunistique qui devient l'élément indispensable de toutes les études futures.
- Le bréviaire du botaniste. Florule de poche des genres et espèces complexes, ainsi que de leurs hybrides pour la flore parisienne et les régions du nord, du centre et de l’est, par P. Fournier, i broch. in-16, fasc. 3, p. 65-96. Chez l’auteur, 1 bis, rue des Alliés, Saint-Dizitr (Haute-Marne). Prix : 3 francs.
- L’art de bouturer (4° édition), revue et coriigée par M. Ad. van den Heede. i vol. in-12, 4»6 p., *02 fig. Librairie Agricole de la Maison [Rustique, Paris. Prix *. ia francs.
- Ce guide si complet dans l’art de bouturer comprend dans son ensemble l’étude théorique et pratique du bouturage, du marcottage, de la division des touffes, des plantes ligneuses et herbacées, utiles et d’ornement, de plein air et de serre.
- Il est écrit dans un style dont la science familière exclut la pédanterie et est complété par de nombreuses figures démonstratives.
- La vérité sur la protection douanière agricole, par Louis Machkfel. i broch. in-8, 48 p. Librairie Agricole de 1* Maison Rustique, Paris. Prix ; 3-france.
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- N' 2656
- 28 Février 1925
- LA NAT
- Supplêm
- •o—- —
- Les propriétés électriques des cristaux de cuivre. — Un grand intérêt s’attache à l’étude des métaux, pris sous forme de cristaux isolés. Cette étude est actuellement poussée activement dans presque tous les pays industriels ; on s’attache à obtenir des cristaux individuels aussi volumineux que possible et l’on détermine sur ces cristaux les diverses propriétés physiques et mécaniques de la substance. On est arrivé ainsi par dés techniques variées à préparer de très gros cristaux; et les propriétés du métal sous cette forme sont souvent bien différentes de celles du métal usuel qui, on le sait, est formé par un enchevêtrement en tous sens de cristaux de petites dimensions.
- Un cas particulièrement intéressant est celui du cuivre. Le professeur Bridgman, de l’Université Harvard aux Etats-Unis, a réussi le premier à fabriquer de gros cristaux de cuivre en chauffant lentement le métal dans un four électrique et en le refroidissant ensuite très lentement. M. P. Davey, un autre savant américain, obtient aujourd’hui des cristaux de cuivre ayant i5 cm de long, 5 cm de large. Une des propriétés les plus curieuses de ce cristal est qu'on peut le plier sans aucun effort, mais une fois plié il est impossible de le redresser. Il semble que le pliage ait pour effet de détruire l’équilibre des atomes, qui dans le cristal droit sont régulièrement distribués. Le cristal unique, sous l’effet du pliage, ne peut plus subsister et se transforme alors en une juxtaposition de petits cristaux ; la barre pliée est redevenue du cuivre ordinaire et de ce fait a perdu toute flexibilité.
- Le cristal de cuivre jouit d’une propriété beaucoup plus remarquable encore, il a une conductibilité électrique i3 fois supérieure à celle du cuivre ordinaire le plus pur; en conçoit aisément quelles perspectives ouvre une telle découverte.
- Sans doute, la production de ces grands cristaux n’est pas encore entrée dans le domaine pratique et industriel. Cependant on peut entrevoir le moment où elle le sera; on voit immédiatement l’immense économie qui en résultera dans la construction des machines électriques et dans l’équipement des réseaux de distribution.
- La nouvelle locomotive à grande vitesse des chemins de fer de l’Est. — Les chemins de fer de l’Est viennent de mettre en service sur la ligne Paris-Nancy une locomotive que l’on dit être la plus puissante actuellement en service en Europe. Elle pèse mi tonnes seule, et i85 tonnes avec le tender. Elle emmagasine su départ 32 m3 d'eau et io tonnes de charbon, qui lui permettent de remorquer un train de Paris à Nancy, sans réapprovisionnements en cours de route. Son poids adhérent est de 75 tonnes. La vapeur est produite à la pression de 16 kg et surchauffée. La surface de chauffe est de 2i5 m-; la surface de surchauffe de 92 m2. La machine a 4 essieux couplés. Elle peut réaliser une vitesse réelle de 120 km à l’heure.
- A propos de Saint Pierre et Miquelon — M G. Le Gallois, supérieur du Collège Saint-Alexandre, à Ironside (Canada), nous écrit ; « Dans votre n# 1616. du 20 décembre 19*4, je trouve, à la page i<>4 du Supplément, sous la rubrique « Informations », certains détails concernant Ls lies Saint-Pierre et Miquelon Quelle n’a pas été ma surprise de lire ce que vous écrivez sur cette petite mais vaillante population de nos îles! J’ai eu l’occasion de publier, dans la Revue de Paris, du i5 juin 19*3, une étude assez détaillée sur l’état actuel de cet anhipel; par ailleurs, il m’a été donné de travailler et de vivre, pendant plus de deux ans. au milieu de ces braves et robustes pêcheurs, auxquels je suis resté profondément attaché. Veuillez donc me permettre de vous adresser la présente rectification :
- La population des Iles Saint-Pierre et Miquelon ne compte que quelques rares Canadiens; la plupart des familles actuelles sont issues de parents ou tout au plus de grands-parents — venus de Granville, de Saint-Malo ou des pays basques. Assurément, le brumeux archipel n’est pas un paradis terrestre ; la maladie et la mort y sont choses connues, mais la tuberculose ne
- décime aucunement ses habitants, qui, en généra7» vivent très vieux, malgré les intempéries d’un climat très rude. L’alcoolisme y accomplit moins de méfaits que dans n’importe laquelle de nos villes maritimes de la Métropole; il est exact que ces petites îles reçoivent une énorme quantité d’alcool, mais cet alcool est destiné aux Américains, avec lesquels le commerce a pris, en ces dernières aimées, une extension considérable, par suite des lois prohibitives en vigueur sur le Nouveau Continent. Quant à l’immigration aux Etats-Unis, elle y est à peu près nulle, et aucun « des jeunes mariés de l’archipel », croyez-le bien, ne songe à aller « faire à New-York son voyage de noces! .. » Ils iraient volontiers à Paris. La « Grande République américaine » n’y exerce aucune emprise, et c’est ce qui fuit précisément le pittoresque de ce petit archipel, c’est que, malgré le voisinage des terres « anglaises », il est bien resté véritablement un coin de terre française. On n’y parle pas anglais, si ce n’est, et exclusivement, dans les rapports commerciaux avec les étrangers.
- Personne ne s’étonnera que des renseignements un peu hâtifs vous aient été communiqués Mais de telles « informations » constituent une injustice criante à l'égard de ces Français authentiques, vaillants entre tou», qui, vivant, au milieu de mille difficultés, sur ces rochers stériles, perpétuent le nom, le souvenir et l’amour de la France, dans l’Atlantique du Nord.
- Nous sommes ici d’anciens abonnés de La Nature. Et je sais qu’il me suffira d’avoir signalé cette injustice à une Revue, aussi précise et aussi intègre que la vôtre, pour que vous en teniez compte dans l’un de vos prochains numéros. »
- A propos du coucou. — C’est seulement maintenant que j’envoie à La Nature quelques remarques relatives à l’article de M. Coopman sur « Le mystère du coucou » (u° 2618); j'attendais une photographie de M. Burdet, qui. très souffrant, ne peut me la communiquer.
- Qu’il me soit permis d’insister sur le fait que j’ai surtout tenu compte des observations scientifiques de mes collègues, et non point tant de leurs opinions personnelles, quand j’ai composé ma note sur le Coucou (n° >572). Quand j’ai cité des hypothèses émises par certains naturalistes — Fabre, par exempl-, — j’ai fait sentir la nuance dubitative de ces raisonnements.
- En ce qui concerne l’expulsion des œufs et des petits des parents nourriciers du Coucou, j’ai à dire et à répéter que c’est le jeune Coucou qui est l’auteur de cette expulsion, dans le nid des petits Passereaux. Le j*une Coucou est un criminel inconscient puisqu il vient de naître et qu’il est aveugle; sans doute, cherche-t-il instinctivement à vider le nid de ce qu’il contient, parce que ses frères le gênent dans un berceau déjà trop étroit pour lui.
- A l’appui de cette observation, le 2 juin 1923 dans l’amphithéâtre du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, au cours de la dernière séance du Congrès international pour la protection de la Nature et devant de très nombreux spectateurs, un film de M. Ad. Burdet, commenté par l’ornithologiste suisse, fut projeté qui donna une preuve éclatante et irréfutable de la culpabilité du petit Coucou.
- Ainsi qu’il a été rappelé dans mon article, dans un nid de Rossignol de muraille, un jeune Coucou expulsa un petit Rossignol et ce pendant que la mère était sur le nid. Celle-ci, quoique inquiète, ne parut pas se rendre compte du drame et n intervint pas. Cinq fois le petit Rossignol fut replacé dans le nid et cinq fois il en fut rejeté parle Coucou. Des centaines de congressistes qui ontsuivi ces péripéties avec un intérêt qui allait jusqu’à l’angoisse peuvent en témoigner. Le petit Coucou naissant est très capable de se débarrasser tout seul de ses frères adoptifs, à moins que ceux-ci ne soient plus âgés que lui de plusieurs jours.
- Au reste, il est possible que les Coucous n’agissent pas tous de la même manière, et il y a certainement beaucoup à dire et à apprendre sur la biologie de ces curieux Grimpeurs. En cela, je sui* tout à fait d’accord avec le distingué naturaliste qu’est M Coopman.
- A. Feuiluêe-Billot.
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- INFORMATIONS
- La maladie du Haff. — Nous avons déjà entretenu nos lecteurs [La Nature, n“ 2643) de cette singulière maladie qui a sévi pendant les mois d’été dans le Frisches Haff, vaste lagune qui s’étend au sud-ouest de Koenigsberg.
- Des recherches extrêmement approfondies ont été poursuivies depuis lors. Elles ont permis de faire des constatations d’un haut intérêt biochimique. Au cours de ces recherches, des investigateurs se sont injecté sous la peau, l’un, le professeur Schnabel, de l’eau du Frisches Haff et l’autre, le Dr Tidow, quelques centimètres cubes de sang d'un malade afin d’élucider quelques points importants.
- Comme nous le disions, il s’agit d’un poison gazeux : combinaison organique d’arsenic à poids moléculaire élevé qui intoxique les pêcheurs, particulièrement les jours de brume quand ils se livrent à leurs occupations sur des bateaux peu élevés au-dessus de l’eau. Cet arsenic tire son origine des fabriques de cellulose qui en déversent environ 56 kg par jour avec leurs eaux usées dans le Frisches Haff ..parce qu’elles utilisent des sulfites provenant d’Espagne et assez riches en arsenic.
- Mais, comment ce métillcïde devient-il gazeux après avoir été dissous dans l’eau? Telle est la grande difficulté à laquelle on se heurte et qui paraît être aujourd’hui résolue.
- Il pullule dans 1 eau et dans la vase du Frisches Haff des algues et surtout un champignon qu’on a pu isoler et qui emmagasinent l’arsenic de même que l'iode est emmagasiné par certaines plantes ou animaux marins. Ce champignon, en se décomposant, donne naissance à des composés arsenicaux volatils. En faisant barbo'er de l’air dans l’eau du Frisches Haff on a pu extraire ces composés, puis les caractériser.
- Ces phénomènes de décomposition sont favorisés par la présence de chlorure de sodium. Or, depuis >916, le Frisches Haff ne recevait presque plus d’eau douce, si bien que son eau avait fini par prendre un goût saumâtre et qu’elle devenait imbuvable, ce qui activait la transformation de l’arrenic des algues ou des champignons en produits gazeux.
- Bien que les premiers froids aient fait cesser cette espèce d épidémie, on a interdit aux fabriques de cellulose d’utiliser les sulfites riches en arsenic. En outre, on va s’occuper de faire venir dans le Frisches Haff de l’eau douce en quantité suffisante pour rendre plus difficiles ces phénomènes biochimiques aussi singuliers que dangereux. "
- L’ethnographie de l’Ethiopie. — L’empire éthiopien est une monarchie féodale avec comme chef suprême le roi des rois (negous negoustï). Il est constitué par l’ensemble des hauts plateaux, qui s’étendent entre le Soudan anglo-égyptien, le Kénya, la Somalie indépendante, la Côte des Somalis française et l’Erythrée. Ses limites manquent de précision au sud-est.
- Sa superficie est de 5 à 600000 kmè; sa population paraît dépasser 8 millions d’habitants.
- Au point de vue religieux, les Ethiopiens (') [Itiopia-van) se divisent en :
- Chrétiens monophysites . 3.5oo.ooo
- Musulmans ....... 3.000.000
- Animistes................i.5oo.ooo
- Juifs Fellachas .... 5o.ooo
- Abyssins-Unis............ 25.000 (avec l’Erythrée)
- Catholiques latins. . . . 17.000 (Gallas)
- Il s’y ajoute quelques protestants. Les chrétiens monophysites forment une Eglise nationale, ayant pour chef un àbouna, nommé par le patriarche des Coptes "d’Egypte et résidant dans la capitale, c’est-à-dire actuellement à Addis-Abeba.
- Au point du vue ethnique, on distingue :
- 1° Les Agâo, noirs aborigènes, apparentés aux Nilo-tiques.
- 2* Les Kouchites ou Çhamites ou Hamites, venus du sud de l’Arabie après avoir traversé la Mer Rouge, et appartenant à la branche himyarite de la famille hami-tique.
- 3° Les Sémites.
- 1. Le mot Ethiopiens vient du grec AiOuocte; (visages brûlés), mot qui a désigné primitivement les habitants de l’actuelle Nubie et non pas ceux de l’Abyssinie.
- Le tout s’est plus ou moins mélangé avec le temps. Aussi les Arabes désignent-ils les Ethiopiens sous le nom de Habeschi (ramassis), d’où est venu le terme d’Abyssins. Mais les Européens donnent ordinairement ce nom aux Amharas, rameau des Kouchites (M.
- Les Agâo constituent le substratum de la population. Ils ne forment pas de peuplades, ni de tribus à part. Leur nom paraît avoir donné naissance au terme générique d’Agazians. Ils ont été absorbés par les conquérants Kouchites et leur nom semble se retrouver dans celui des Aguéous, tribu amharique, et des Agaouis, tribu galla. Les Changallas ont beaucoup de sang noir et sont des négroïdes caractérisés.
- Les Kouchites se divisent en quatre branches :
- i° Amharas, qui occupent l’Amhara proprement dit (Dembela, SomDri, Sokota, Begemeder, Yedzar, Wollo), le Godjam, le Tigré, le Choa. Leur langue est devenue la langue officielle de l’Empire, dont ils constituent l’élément dirigeant.
- A côté de Yamharique, langue vivante, subsiste comme langue sacrée le ghéez, dialecte des Tigréens au iv° siècle de notre ère ; les deux s’écrivent de gauche à droite et de haut en bas comme les langues aryennes, à la différence des autres langues sémito-kouchites ; cela tient à ce que les moines grecs ont apporté l’écriture aux Ethiopiens et les ont dotés d’un alphabet phonétique.
- L’Amhara a pour capitale Gandjar; le Tigré Adoua; le Choa Ankober.
- Les principales tribus des Amharas sont : les Amharas proprement dits, les Choans, les Tigréens et les Aguéous. Les Amharas appartiennent ordinairement à l’Eglise nationale; un certain nombre de familles aristocratiques sont musulmanes toutefois. Ainsi s’explique la tentative d’islamisation récente de l’Ethiopie par le négous négousti déchu, Lidj Yassou. s
- 2* Oromos, plus connus sous le nom de Gallas, qui se divisent en nombreuses tribus : Changallas, Agaouis, Gabates, Gourougues, etc. Ils habitent les pentes du plateau, dont les Amharas occupent le centre : les Changallas au nord, les autres tribus au sud-ouest et au sud. Leur domaine s’étend jusque dans le nord du Kénya, la colonie anglaise voisine. La plupart des Gallas sont musulmans ; quelques tribus sont restées animistes ; notamment celle des Shangallas. Rares sont ceux qui se sont convertis à l’orthodoxie abyssine ou à l’Eglise-Unie ; on compte en revanche 12 000 catholiques romains.
- 3° Donkhali* (sing, Danakhil) ou Adels ou Afars. Ils sont mâtinés d’Arabes avec un peu de sang noir. Ils habitent le versant oriental du plateau, le centre et le sud de l’Erythrée, le nord de la côte des Somalis française. Ce sont des pasteurs nomades et pillards. Ils sont musulmans.
- 4° Somalis (sing. Somal) ou Issas. Ils habitent le sud de la Côte des Somalis française, le Somaliland britannique, la Somalie indépendante, la Somalie italienne (protectorat d’Opia, colonie du Bénadir, Djoubaland) et en Ethiopie l’Ogaden et une partie du Harrar. Ils ont beaucoup de sang noir et peu de sang arabe. Ce sont pour la plupart des pasteurs, nomades et pillards, le reste se compose de marins, pirates et pilleurs d’épaves à l’occasion. Ils sont ordinairement musulmans, mais quelques tribus sont restées fétichistes.
- Passons maintenant aux Sémites. Ce sont des Arabes et des Juifs. Les Arabes sont nomades ou sédentaires. Les nomades sont représentés par les Beni-Amér, tribus quelque peu métissées de Kouchites, qui parlent arabe et habitent l’extrémité septentrionale du Tigré, au nord de la rivière Mareb. On en trouve aussi dans l’Asmara (nord de l’Erythrée) et dans les régions de Kassala et de Port-Soudan (Soudan anglo-égyptien).
- Quelques colonies sédentaires de commerçants arabîs se rencontrent un peu partout, notamment, dans le Harrar.
- Les Juifs, qui s’appellent eux-mêmes les Bellachas (exilés) ou Fendjast habitent principalement la région du lac Tana, où ils font de l’agriculture. Ils sont devenus noirs avec le temps. On trouve une colonie de Fellachas à Djibouti, où elle vit du commerce. Les Fellachas sont venus en Ethiopie dans les premiers siècles de notre ère, peut-être chassés du Yémen par la conquête musulmane (début du vu* siècle).
- 1, Il y eut aussi probablement un certain afflux de sang égyptien.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN AVRIL 1925
- Le mois d’avril, au point de vue des événements célestes, se présente fort calme : quelques occultations de petites étoiles^ quelques conjonctions à grande distance ou se produisant en ciel éclairé, l’essaim des Ly-ride et c’est à peu p'-ès tout.
- Mais Jupiter nou* revient, avec son magnifique cortège de satellites, miniature du système solaire et, au début du mois, Mercure sera bien placé. A la fin, ce sera Saturne, presque en opposition.
- La lumière zodiacale, puis la lumière cendrée pourront en outre retenir notre attention. Si nous nous décidons à reviser les curiosités sidérales de quelques constellations, nous trouverons, malgré cette pénurie apparente d’événements astronomiques, de quoi employer toutes nos soirées.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en avril, passe de + 4° le i*r à + ,404,/ 1® 3o et, pendant ce mois, la durée du jour (présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon) croît de i2h49m à i4h28“ du ier au 3o, à Paris.
- Le tableau ci-dessous, précieux pour tracer la méridienne quand on a l’heure exacte, donne le temps myoen à midi vrai pendant le mois d’avril C’est encore l'heure marquée par une horloge bien réglée quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Heures du passage
- Dates. (t. m.Gr.).
- Avril ier
- — 3
- — 5
- — 7
- — 9
- — n
- — i3
- — i5
- •- 17
- — 19 nh49m5
- -- 21 I Ih 49“
- — a3 iih49“ is
- — ai» iih48“3ç»s
- — 27 nh48mi8s
- — 29 nh48m os
- Observations physiques. — Le tableau ci-dessous contient les divers éléments pour l’observation physique du Soleil et pour la mise en place et l’orientation des dessins et photographies.
- Dates, P Bo h,
- Avril i'r 4-26°,28 — 60,51 i6°,94
- — 6 4- 26°.41 — 6° 21 3io°,g6
- *— XI 4- a6«.36 — 5° 87 244° 96
- — 16 4- 26° i3 — 5° 48 178°,94
- 2 X 4- 2 3°, 71 — 5°,06 X 12° gi
- — 26 4* 25°,1 I . — 40,60 46°, 8 5
- Dans ce tableau, P désigne l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque, B0 et L0 la longitude et la latitude héliocentriques du centre du disque solaire.
- Lumière zodiacale. — Lè mois d’avril est très favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. On la verra aisément, le soir, dès la nuit complète, à condition qu’il n’y ait pas de clair de Lune et d’être loin des lumières artificielles. La rechercher à l’Ouest, couchée dans l’écliptique, notamment du 12 au 2S avril.
- Voir le précédent « Bulletin astronomique » pour les observations à faire.
- II. Lune. — Voici le tableau des phases de la Lune pour le mois d’avril 1925 :
- P, Q. le i°r, à 8hi2m I D. Q. le i5, à 23h4o“
- P. L. le 9, à 3h 33“ | N. L. le a3, à 2fca8“
- 1. Toutes les heures données en ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de ok à 24*, à partir de minuit. A partir du jour d’adoption de Ylrure d’été, augmenter toutes les heures mentionnées ici de 1 heure.
- Age de la Lune, le Ier avril, à minuit légal (oh)
- = 7j,4; Ie 24» à oh = oJ,9. Pour trouver l’âge de la
- Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 24; pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en avril : le ior =-f-2O023 ; le 14 =— 200 3o'; le 28 = -f- 200 37'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 1" avril, à ioh. Parallaxe “54' 16". Dislance
- = 4o4 076 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le i3 avril, à 22h. Parallaxe =59'26". Distance
- “ 368 g52 km
- Apogée de la Lune, le 29 avril, à 5\ Parallaxe = 54' i3//. Distance = 404 448 km.
- Lumière cendrée de la Lune. — Les périodes les plus favorables pour voir la lumière cendrée de la Lune seront celles du 2 au 7 avril, pour la lumière cendrée du matin, et du 27 au 3o, pour celle du soir.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 avril, occultation de 10 H Cancer (gr. 6,1). Emersion seule
- visible à igh26“.
- Le 4 . occultation de Lion (gr 5 6). E mersion seule visible à i8h4*m.
- L** ro, occultation de i3Balance (gr 5,7), de 2ob 16“ à 2ih 34”.
- Le 25, occultation de 63 Taureau(gr.5,7). Emersion seule visible à i9h 2im.
- Le 27, occultation de 68 Orion (gr. 5 7), de 22h 1“ à îih 36“.
- Le 29, occuliation de 309 B Gémeaux (gr. 6,2), de 2ih 38"
- à J2*1 >“.
- Marées, Mascaret, — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 9...
- Voici le tableau de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. fleures. coefficient.
- Avril 8 3“ 34“ o“,88 l5h 52“ o",g3
- — 9 4h 9“ 0“>97 (6h 26“ 1“
- — 10 4h 44“ l“,02 ty11 2“ i“,o3
- — 11 5h2X“ 1 “,o 1 «7h 40“ i“,ox
- — 12 5h 58“ o“,98 i8h18“ o“,94
- — x3 6h 38“ o”,89 i9h x“ o“,83
- Le phénomène du mascaret se produira à l’époque de la Pleine Lune du 9. Voici l’heure à laquelle le phénomène sera visible :
- Date. Coefficient Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- — de la marée. — — —
- Avril xo i“,o3 201* 34“ 2ihii" 2ih20m
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’avril 1935.
- Mercure sera visible le soir, au début du mois, dans le Bélier, sa plus grande élongation ayant eu lieu le 3o mars.
- Cette élongation sera particulièrement favorable pour l’observation, la planète ayant une forte déclinaison boréale et se couchant près de deux heures après le Soleil.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur Stellaire de Mercure en avril :
- LFig. i. -~ Trajectoire apparente de Neptune dans la constellation du Lion pendant l’année 1925. (D’après Y Annuaire astronomique.)
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril ior 0,37 + 0,3
- — 6 0,20 fl,»
- — 11 0,08 + *>9
- — 16 0,01 + 2,9
- — 21 0,01 + 3,i
- — 36 o,o5 + 2>3
- Vénus est inobservable, se trouvant en conjonction supérieure avec le Soleil le 34 avril. Elle va devenir « étoile du soir » après cette date et s’écarter de plus
- sait qu’une longue-vue grossissant une quarantaine de fois le montre avec un disque de même grosseur apparente que la Lune nous offre à l’œil nu. Une toute petite lunette suffit pour observer les quatre principaux satellites et suivre les curieux phénomènes qu’ils présentent dans leur déplacement autour de la planète. Voir plus haut ces phénomènes pour avril.
- E. c. ou E. f. signifient commencement ou fin d’une éclipse d’un satellite dans l’ombre que Jupiter projette derrière lui par rapport au Soleil.
- O. c. ou O. f. : commencement ou fin de passage
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE AVRIL à Paris. au Méridien de Paris (4) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- f 5 5* 2 3“ 11» 53*3i* 18» 25“ ob 56“ -f 5» 59' 32' T'Î2 Poissons
- Soleil . . . 1 *5 5 2 11 5o 47 18 40 1 33 4- 9 4i 3i 55,2 Poissons j > »
- a5 4 43 11 48 3g 18 55 3 10 + i3 7 31 5o,4 Bélier
- [ 5 5 39 12 53 20 7 1 55 + *5 5 8,8 Y Bélier ,
- Mercure. . 15 4 58 12 *9 16 1 5o +14 3 I I , 2 Y Bélier > Le soir, au début du mois.
- f 35 4 21 11 7 17 53 1 29 + 9 20 n,6 0 Poissons '
- 5 5 23 11 38 *7 52 0 38 37 9,8 5 Poissons . Inobservable.
- Vénus . . .. 1 i5 5 7 11 44 18 21 1 24 + 7 3i 9,8 0 Poissons [ En conj. avec le Soleil,
- 1 a5 4 5 2 11 5i 18 5o 2 10 -j-12 9 9,8 Baleine J le 24.
- ( 5 7 2 4 i5 23 ü3 >9 4 23 -f- 22 4 2 4,8 a Taureau ) Le soir, se couche vers a3 heures.
- Mars. . . .. ! ,5 35 7 6 6 5i i5 i4 IO 58 2 3 23 1 5 4 5 a- 00 0 f *3 + 24 39 17 4,6 4,4 P Taureau ; p Taureau
- Jupiter. . . i5 1 37 5 5% 10 7 >9 33 — 21 45 36,4 56 Sagittaire Le matin.
- Saturne . . i5 20 1 I 1 6 4 14 43 — i3 1 16,8 Balance Presque toute la nuit.
- Uranus. . . i5 4 8 9 55 i5 42 23 37 — 3 20 3,2 i3 Poissons Inobservable.
- Neptune. . i5 12 31 >9 46 3 1 9 3o -{- i5 I I 2,4 7 Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- en plus du Soleil, jusqu’au 28 novembre prochain, époque de sa plus grande élongation.
- Nous continuons ci-dessous le tableau de la phase et
- de la grandeur stellaire : Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril rr °>99 -—3,4
- — 6 o,99 — 3,4
- — 11 o.99 — 3,4
- — 16 ' 1,00 — 3,5
- — 21 1,00 — 3,5
- — 26 1,00 — 3,5
- On voit que vers la fin du mois la planète est éclairée uate de face (disque 1,00). Mais à ce moment elle est invisible, au delà du Soleil, perdue dans son vif rayonnement.
- Mars est encore visible le soir, se couchant, le i5, à 23h<5“ Son diamètre est bien réduit par 1* distance (4',.fi 1* 15) et il faut, renoncer à l’observer utilement avec des petits instruments jusqu’à sa prochaine apparition. La période d’observations avec de très grands instruments n’est pas encore terminée, et nous lui consacrerons bientôt une étude spéciale, résumant l'état de nos connaissances d’après les observations si remarquables de 1934.
- Jupiter sera en quadrature occidentale le 11 avril et on peut à présent l’observer facilement le matin. On
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 i5h 5i“ II E. c. 22 3h 44“ III P.f.
- 6 5 2 I E. c. -33 2 43 I O.f.
- 7 3 3i I P.c. 23 3 59 I P.f.
- 7 4 28 I O.f. 29 2 26 III O.f.
- 11 4 4r III E. f. a9 4 i5 III P.c.
- i4 4 8 I O.c. 3o 2 22 I 0 c.
- 22 3 18 I E. c. 3o 3 36 I P.c.
- de l’ombre d’un satellite sur le disque de la planète.
- P c. ou P. f. : commencement ou fin du passage d’un satellite devant la planète.
- Im. ou Em. : Immersion d’un satellite derrière le globe de Jupiter ou émersion de ce satellite de derrière le globe.
- Saturne est presque visible toute la nuit, puisqu’il sera en opposition le 1" mai prochain.
- Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 14 avril :
- Grand axe extérieur........................ 42",22
- Petit axe extérieur........................ 14", 3 3
- Sauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ -}-1 g0 51 '
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau ...................................... 4-19° 3i'
- Le signe -f- indique que c’est la face nord de l’anneau qui est actuellement éclairée et que nous voyons en ce moment. Il en sera ainsi jusqu’en ig36.
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, à l’époque de ses élongations, que voici. Une petite lunette de o“,o5 à om,o6 d’ouverture est suffisante pour cela.
- Dates. Élongation orientale. Élongation occidentale.
- Avril 5 I7h>5.
- — i3 i4h,5 .—
- — 21 — i4\9
- — 29 Ï2h,0 —
- Uranus est inobservable, trop près du Soleil.
- Neptune est visible depuis l'arrivée de la nuit jusqu’à 3h. Ce que nous avons dit le mois dernier pour le trouver s’applique encore exactement ce mois-ci, comme le montre notre figure 1, reproduite d’après VAnnuaire astronomique.
- Quand on a réussi à trouver cette planète et qu’on la maintient dans le champ de la lunette, une certaine émotion vous étreint. Cet astre peu lumineux marque, actuellement, la frontière du système solaire, à plus de 4 milliards de kilomètres du Soleil. Qu’y a-t-il plus loin?
- La planète transneptuoienne existe-t-elle, comme on
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- est porté à le penser d’après l’examen des aphélies de certaines comètes ? La trouvera-t-on quelque jour?
- Par rapport aux distances des étoiles les plus proches, Neptune est tout près de nous; mais la Terre est si petite que nous le sentons, lui, terriblement loin, dans le champ de notre lunette. Et puis, de Neptune, nous n’existons pas. Si nous nous transportions sur cette planète avec nos plus puissants instruments, la minuscule Terre serait totalement invisible, perdue dans le faible rayonnement d’un Soleil bien petit, bien réduit en éclat par la distance. L’Astronomie, ce monument de l’esprit humain, nous rend simples et modestes, en nous révélant la faible place occupée par l’homme dans l’Univers.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à i4h, Neptune en conjonction avec la Lune,ào°i4' S. Le jo, à iq\ Saturne — — la Lune, à a°32/S.
- Le i5, à i7h, Jupiter Le 18, à 2ih, Mercure Le 20, à 2h, Uranus Le 22, à ioh, Mercure Le 22, à 23h, Vénus Le 27, à ih, Mars
- — la Lune, à i°4o'S.
- — Vénus, à3° o'N.
- — la Lune, à a0 52'N.
- — laLune,à5°57'N.
- — la Lune, à 4° 12' N.
- — la Lune, à 40 56'N.
- Étoiles filantes. — M. Denning indique les radiants suivants, actifs en avril :
- Radiant.
- Dates. Ascension droite.
- Avril 9 2550
- — 16 au 3o 206°
- — 19 au 22 271°
- — 20 et 3o 326°
- Déclinaison. Étoile voisine.
- -f- 36° iz Hercule.
- + i3° t) Bouvier.
- + 33° 104 Hercule.
- — 20 a Verseau.
- L’essaim des Lyrides (104 Hercule), actif du 19 au 22 avril, donne des météores rapides.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée), observables à l’œil nu : le 7, à 22h9ra; le 3o, à 20h 3gm.
- Etoile polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris (passages inférieurs), l’étoile étant au-dessous du Pôle) :
- Dates. Passage inférieur temps légal. Temps sidéral à midi moyen de P;
- Avril ier oh 48“ 37* oh 37“ 17', 1
- — 11 oh g® i6‘ ih i6m 42',6
- — i3 oh im25‘ ’—
- — i3 23h57m29s —
- — 21 23h26œ 2‘ ih 56“ 8‘,i
- V. Constellations. — Les constellations d’hiver s’inclinent ou disparaissent au couchant, le ciel n’est plus aussi brillamment paré. Les constellations d’été émergent à l’Est. L’aspect du ciel, le ier avril à 2ih ou le i5 à 20h, est le suivant.
- Au Zénith : presque exactement, A et p Grande Ourse. A peu de distance : La Grande Ourse (Ç, ?, v, 23 h, 5y).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, it, 5); Cephée et Cassiopée, non loin de l’horizon
- Au Nord-Est : Le Dragon (v, 0 e, p, nébuleuse).
- A l'Est : Le Bouvier (Arcturus) ; la Couronne boréale. Le Serpent, Hercule, p Balance apparaissent.
- Au Sud-Est : La Vierge (L’Epi).
- Au Sud : Le Corbeau (fi, 23675 Lal.); le Lion (y, 54, 90, M. 65); l’Hydre (s, 54, M. 68); le Licorne; le Petit Chien,.
- A l’Ouest : Orion; le Grand Chien (Sirius va disparaître). Les Gémeaux (a, p, Ô, Ç, x, 38 e) sont bien placés pour l’observation.
- Une ligne partant de la Polaire, passant par Régulus et p de l'Hydre, marque approximativement, à aih, le méridien. Em. Touchet.
- J’ai souvent essayé de voir le rayon vert : les conditions requises pour jouir de ce spectacle sont pleines de poésie, mais, hélas! le site, le beau ciel, le coucher du soleil furent toujours pour moi le décor, non pas d’une illusion, mais d’une désillusion.
- Moins décevant est le phénomène que je vais décrire, il n’exige qu’une vue moyenne, un peu de patience et d’attention ; mais la première fois que je l’ai observé, c’était dans un cadre beaucoup plus banal. J’étais à table ; on venait de me servir dans un plat en nickel dont le fond, légèrement bombé, reposait sur une surface plane et le contenu était si bien équilibré qu’en voulant saisir le plat je lui imprimai involontairement un mouvement de rotation lent et durable. Il est rare de rencontrer une toupie qui se tient toute seule, droite sur son pivot et dont l’axe, ne pouvant guère s’écarter de la verticale, lui interdit tout mouvement de précession; aussi, je fis tourner le plat et le regardai.... Après l’avoir fixé du regard pendant peut-être une minute, je portai les yeux sur la nappe. Quel ne fut pas mon étonnement ! il me semblait que les mies de pain éparses se mettaient à tourner, mais dans un sens inverse de celui de la rotation du plat.
- Je voulus ensuite reprendre l’expérience à loisir, mais le plat vide n’avait plus les parfaites qualités d’une toupie lente ; de plus, il ne pouvait tourner vite. Je pensai à réaliser un appareil d'essai en collant avec de la cire à modeler un verre de lorgnon au fond d’une assiette, au centre; j’aurais ensuite retourné l’assiette, en la faisant reposer par la lentille biconvexe sur le fond bien horizontal et poli d’un verre à boire retourné. MaiB je trouvai mieux : un phonographe capable de tourner lentement, c’est-à-dire à environ dix tours seulement par minute. Je pouvais l’arrêter instantanément et remplaeer le disque parles dessins les plus divers, les faire tourner à différentes vitesses régulières ; de plus, en arrêtant subitement la rotation, je n’avais pas besoin de détourner les yeux pour observer l’illusion d'optique.
- D’après mes expériences, une vitesse de trente à quarante tours par minute est une bonne condition de réussite ; les dessins à lignes accentuées ne valent pas mieux que des juxtapositions de teintes floues; enfin, la perfection géométrique des courbes que l’on peut dessiner n’illusionne pas plus que la vulgaire surface d’un plat bien gratiné.
- Toutefois, parmi les courbes, la spirale mérite une mention particulière parce qu’elle est productrice d’une illusion spéciale. Quand on la regarde tourner, il semble que, selon son sens de rotation, tous ses points se rapprochent (ou s’éloignent) du centre. Si on l’arrête brusquement, après avoir contemplé cette rotation attentivement pendant un instant, on constate le phénomène inverse : tous ses points paraissent s’éloigner (ou se rapprocher) de son centre.
- Je crois que ces sortes d'illusion d’optique sont des cas particuliers de la loi du déplacement de l’équilibre que l’on peut formuler ainsi :
- Lorsqu’il se produit une variation de l’un des facteurs de l’équilibre d’un système, il apparaît aussitôt une modification du système qui, si elle se produisait seule, à partir de l’état d’équilibre du système, entraînerait une variation en sens inverse du facteur considéré ; en d’autres termes, une modification qui tend à s’opposer à la variation dudit facteur, ou à la gêner.
- Dans le cas de l’illusion d’optique qui précède, notre œil étant équilibré pour voir l’immobilité, nous troublons cet équilibre en le forçant à voir les objets en rotation dans un certain sens; il en résulte immédiatement une modification de notre vue qui tend à lui faire voir les objets en rotation dans le sens inverse.
- Cette loi est d’une grande généralité, en voici d’autres exemples :
- Le Bulletin de la Société d'Encouragement publia en février 1923 un article sur « le change, phénomène naturel ». L’auteur, M. S. Rueff, voit dans le jeu du mécanisme des prix uu cas particulier 4e cette loi « qui
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- VARIÉTÉS
- « prend, lorsqu’elle est relative à des variations de « température, le nom de loi de Van’t Hoff, qui devient, « pour des variations de pression, la loi de Le Ghatelier, « qui s’appelle en électricité loi de Lenz. » Il donne pour exemple la loi de l’offre et de la demande : « Si, « dit-il, les demandes viennent à augmenter, c’est là « une variation d’un des facteurs de l’équilibre du sys-« tème. Il se produit alors une modification de ce « système, la hausse des cours, qui, si elle se produite sait seule, entraînerait une variation en sens inverse v du facteur considéré, c’est-à-dire la diminution des « demandes »
- Dans un tout autre ordre d’idées, je lisais récemment la vie de Hahnemann, médecin à Dresde (1755-1841), mort à Paris, à qui vint, vers 1800, un scrupule sur l’effîeacité des remèdes qu'il prescrivait : il se demanda
- quel effet produirait sur un homme sain tel médicament qu'il n’administrait jamais qu’à des malades Celui qui attira d’abord son attention fut le quinquina, fébrifuge réputé ; étant lui-même en bonne santé, il en absorba et constata que l’ingestion de cette substance provoquait un accès de fièvre. Ce fut là l’origine d une nouvelle doctrine d’après laquelle, disait-il : « les mala-« dies se guérissent d’une manière prompte et sûre « avec les médicaments qui produisent dans l’homme « sain un état semblable à celui que 1 on observe chez « les malades. »
- Je n’ai pas à apprécier l’homéopathie, ne sutor ultra crepidam, mais je remarque que l’observation d’Hahne-mann n’est autre chose qu’un cas particulier de la loi du déplacement de l’équilibre. Paul Phache.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- HYGIENE ET SANTE
- or
- >
- L’ESSENCE D’AUTOMOBILE ET LA SANTÉ PUBLIQUE
- L’essence d’automobile, tant qu’elle ne déversait dans l’atmosphère que de l’oiyde de carbone, a laissé les hygiénistes assez tranquilles. Jusqu'ici, en effet, ils ne se sont pas p’aints trop vigoureusement du fait que l’atmosphère des villes contient désormais jusqu à 0,05 d’oxyde de carbone pour 1000. Leur optimisme est dû probablement à ce qu’il serait possible, si on s’en donnait la peine, comme l’a tout récemment démontré M Kohn-Abrest, d’avoir des moteurs qui brûlent l’essence très complètement et sans laisser de résidus nuisibles.
- Cependant, les choses se gâtent, semble-t-il. On sait, en effet, que depuis peu, on s’est mis à utiliser des composés volatils du plomb qu’on mélange à l’essence et en vue de lui permettre de supporter de plus fortes compressions et d’améliorer le diagramme de 1 explosion normale sans risque d’explosions prématurées. Ce procédé a si bien réussi que, comme nous en informe Zaag-ger le savant professeur de médecine légale de Zurich j1), les sels de brome qui sont nécessaires pour produire le corps volatil en question : le plomb tétraéthyl, ont quadruplé de prix On arrive d’ailleurs à faire le calcul que dans une ville comme Zurich (207000 habitants), quelque chose comme 100000 kg de plomb seraient répandus dans les rues au cours d’une année par ces nouveaux composés.
- Or, le plomb est un toxique violent qui produit des troubles très graves. Il e*t vrai que plus de i5o industries différentes sont occupées avec des dérivés de ce métal et que, par Buite, nous sommes appelés à en ingérer une certaine quantité chaque jour, notamment avec les conserves. Mais, d’un autre côté, si nous connaissons les formes graves d’intoxication par le plomb : coliques de plomb, sclérose rénale, paralysies, hémorragies cérébrales, etc., nous connaissons assez mal les formes légères et surtout nous ne pouvons pas dire si le plomb tétraéthyl ajouté à l’oxyde de carbone dans l’atmosphère de nos rues ne va pas déterminer des
- 1. Zangger. Eine gpfâlirliche Vevbesserung des Automobil, bfnzins. Schweizerische Mediziniscke Wochenschrift, n° %-1 g >5, page 26.
- troubles insidieux qu’il sera impossible de diagnostiquer et de rattacher à leur véritable origine. C’est d’ailleurs précisément sur les grandes difficultés de diagnostic de certaines intoxications surtout lorsqu’elles sont complexes, que Zangger a récemment insisté dans son beau travail)1) sur les empoisonnements.
- Si encore les choses se bornaient au plomb tétraéthyl peut-être n’y aurait-il que demi-mal. Mais voilà qu’on parle aussi de tellure diéthyl et plus encore de sélène diéthyl et d’antimoine diphényl pour rendre plus efficace L explosion dans les moteurs d’automobiles.
- De pareils faits sont extrêmement inquiétants. La plupart de ces substances constituent des gaz lourds qui seront abondauts dans la couche d’air où respirent les enfants. Même, s ils se transforment rapidement en poussière, c’est-à-dire, pour le plonjb, en céruse, ils vont être constamment soulevés par le vent et par les balayages pour être aspirés de nouveau par les promeneurs.
- Un autre danger encore de ces essences pour automobiles ainsi addiiionnées de toxiques c’est qu elles vont être fréquemment utilisées dans les ménages, par exemple, pour le dégraissage des vêtements et qu’au cours de ces opérations le toxique pénétrera directement à travers la peau.
- En définitive, comme le remarque Zangger, il serait Bage que l’administration qui délivre les brevets d’invention en se préoecupaut exclusivement de questions de date, se trouve complétée par un comité d’hygiénistes qui puissent dire si telle invention ne risque pas de porter atteinte à la santé publique. Il est évident qu’on ne peut pas laisser ces procédés se répandre comme ils le font sans que les pouvoirs publics examinent la question à fond. D’ailleurs, donnant un exemple qui est singulièrement significatif, la ville de New-York vient d’interdire l’emploi de ces essences chargées de composés plombiques
- Dr P.-E. Morhardt.
- 1. Zangger. Vergiftungen. Georg Thieme, éditeur, Leipzig,
- 1924. -
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance d«8 demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur* oblige & limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. E. P., Ârcaehon. — i° Une bonne jumelle marine suffit pour observer les satellites de Jupiter. Des observations suivies seront utilement effectuées
- avec une petite lunette astronomique modèle dit populaire de 5o mm d’objeetit.
- a® Vous trouverez des verres chez Ballot, 7, rue Suger, Paris,
- M. Plonquet, à Boissy-Saint-Léger.’ — 1° et a° Au sujet de la plus grande hauteur de pluie tombée en 24 heures et en une année dans la région parvienne, voir le petit article que nous avons publié danB le n° 2654.
- 3* Les manomètres métalliques ordinaires ne sont pas
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- BOITE AUX LETTRES
- assez sensibles pour mesurer des pressions de l’ordre du millimètre d’eau.
- M. Chiron, à Carpeutras. — Il eBt impossible de savoir quel est exactement le champignon qui attaque vos fraisiers sans l’avoir en main et l’examiner au microscope. 11 semble, cependant, très probable que, comme vous le dites, ce soit une forme particulière du Sphærella Fragarioe, lequel, d’ailleurs, est encore assez mal connu, au point de vue botanique. Outre les fructifications qui, en été et en automne, forment de petits points blancs sur la partie blanche des taches d’abord brun pourpre, on a, en effet, rencontré différentes formes de spores, les unes simples, les autres cloisonnées, mais on ne sait si, réellement, elles appartiennent au Sphærella. En tout cas, le traitement de la maladie consiste à : i® détruire les feuilles malades en les arrosant, à l’automne, avec une solution de sulfate de fer à 8 pour 100 ou d’acide sulfurique à a pour ioo ; 2® faire des pulvérisations de bouillie bordelaise, d'abord au printemps,, avant la floraison, puis à l’automme ; 3° faire des pulvérisations, aux mêmes époques, avec une solution de sulfure de potassium à o,5o pour ioo (cette pratique a donné de bons résultats en Amérique). Dans le courant de l’hiver, il faut récolter les feuilles mortes des Fraisiers et les brûler, car elles contiennent les spores des asques qui, au priniemps, germeraient et dissémineraient la maladie Mais le moyen le plus simple serait, pendant quelques années, de cultiver d’autres plantes dans les terres où sont, actuellement, les Fraisiers attaqués.
- M. Mainvielle, à Paris. — i* La teinture en noir des crins s’effectue de préférence avec les noirs naphtols tels que Noir brillant, Noir Victoria, Noir naphtaline à l’acide 4 B, Noir naphtol SV. Après avoir dégraissé les crins par ébullition dans une solution de carbonate de soude à 5 pour ioo (cristaux), on teint dans le bain suivant calculé pour un kilogramme de matière à teindre :
- Colorant (l’un des noirs ci-dessus) . 4o gr.
- Jaune naphtol........................... 4 —
- Sulfate de soude.......................200 —
- Acide sulfurique....................... 20 —
- Eau ordinaire....................... 20 litres.
- La teinture s’effectue à chaud, on monte le bain avec la moitié du colorant et le porte aux environs de 4o° à 5o° C, puis on y introduit les crins bien dégraissés, on élève progressivement la température juaqu’à l’ébullition que l’on maintient trois quarts d’heure à une heure.
- On retire alors les crins et ajoute le reste du colorant, les crins étant introduits à nouveau dans le bain, on ramène à l’ébullition qui est soutenue encore une heure jusqu’à obtention de l’intensité cherchée ; les crins demandent en effet une ébullition prolongée. Tenir compte que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus du ton cherché, lorsqu’on examine à l’état humide. Finalement rincer à fond. N. B. Le traitement étant effectué dans ces conditions, la cuisson préalable devient inutile. 20 L’emploi des permanganates pour colorer les toiles de coton en brun n’est pas à conseiller, car il en résulterait un affaiblissement de la fibre, il est préférable de recourir à une teinture proprement dite ne présentant pas cet inconvénient.
- M. d’Ales, à Versailles. — L‘extinction complète du charbon après carbonisation est subordonnée à l’étanchéité du four, c’est-à-dire qu’il est indispensable que vous mainteniez la fermeture hermétique pendant un temps suffisant avant de rouvrir. Dans ces conditions l’acide carbonique provenant de la combustion résiduelle joue lui-même le rôle d’extincteur en remplaçant l’oxygène de l’air. Il est évident que vous pourriez obtenir un résultat plus sûr et plus rapide, en injectant de l’acide carbonique, par exemple celui que l’industrie fournit actuellement en bouteille d’acier sous la forme de gaz comprimé ; reste à déterminer quelle serait l’économie du procédé. Nous pensons qu’un essai intéressant serait à tenter avec le tétrachlorure de carbone qui vaut actuellement 6 fr. le kiilog pris par 5o kg et dont quelques grammes introduits dans le four par un moyen approprié suffiraient pour produire une extinction complète des parties de ,1a masse de charbon encore en ignition.
- M. Roussel, à Paris. — Si l’ancienne dorure de vos cadres a été faite à la détrempe, e’est-à-dire à la colle albumineuse, il est probable que vous pourrez enlever le nouveau bronzage en nettoyant à l’essence minérale
- ou à la benzine à détacher, mais si la première dorure a été pratiquée à la ce mixion » (mélange d’huile de lin siccative et d’essence de térébenthine), quel que soit le décapant employé, son effet porterait sur les deux couches. A notre avis le mieux serait de tout enlever à l’eau seconde (potassium des peintres amené à 5° B), puis de redorer, car si on a appliqué un vernis bronze, c’est que la dorure primitive était en mauvais état et même en opérant dans les meilleures conditions vous la retrouveriez ainsi,
- M. Boudet, à Rouen. — L’acétale de cellulose nous paraît devoir être le meilleur protecteur de vos calorimètres « de fortune [». Vous préparerez facilement un vernis incolore et transparent en faisant dissoudre, soit à froid par digestion prolongée, soit à chaud avec réfrigérant à reflux, 5 gr. d’acétate de cellulose dans 100 cm5 d’acétone. Appliquer avec un pinceau doux et laisser bien sécher avant mise en service.
- Mme Baillien, à Paris. — i° Pour teindre la nacre, on commence par dégraisser les coquilles par ébullition dans une dissolution à 2 ou 3 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce), puis on immerge dans le bain de teinture chaud. En principe toutes les matières colorantes dérivées de la houille peuvent être employées, mais ce sont surtout les couleurs dites diamines qui conviennent particulièrement, elles ont l’avantage de se fixer directement sur la conchioline ou matière organique des coquilles sans intervention de mordants d’où une grande simplicité comme mode d’emploi.
- Les plus courantes de ces couleurs sont : la thio-flavine, le jaune d’or, le benzo-orangé solide, l’orangé G, le ronge solide F, l’écarlate 3 B, le violet N, le benzo bleu solide B, le vert B, le noir Pluton, le brun B, le bronze G, etc.
- Vous pouvez prendre comme type de bain, pour l’obtention de teintes d’intensité moyenne, la formule suivante :
- Eau non calcaire................. 20 litres
- Carbonate de soude cristallisé . 20 gr.
- Sulfate de soude cristallisé. . . 5o —
- Colorant.........................5 à i o —
- Faire d’abord dissoudre dans l’eau tiède le carbonate de soude, puis le colorant et, en dernier lieu, le sulfate de soude. Entrer les coquilles dans le bain vers 400 à 5o° C, chauffer lentement jusqu’à l’ébullition, maintenir le bouillon pendant une heure environ, sortir avec une écumoire et rincer à l’eau claire. 2" Dans le cas où vous voudriez faire des réserves, procéder comme pour le batikage que vous avez déjà certainement pratiqué, en vous servant de paraffine fondue appliquée au pinceau, teindre en bain froid et après rinçage, suivi d’un séchage, enlever cette paraffine par immersion dans l’essence d’autos.
- M. B., à Apt. — i° 11 est en effet difficile de peindre directement sur carbonyle sans qu’il se produise des exsudations, un petit tour de main permet cependant d’éviter cet inconvénient. On commence par frotter vigoureusement la surface avec un chiffon imbibé d’essence pour autos, de façon à enlever tout le carbonyle résiduel non absorbé par le bois, on laisse bien sécher de manière que l’essence s’évapore complètement, puis on étend au pinceau du vernis ordinaire à la gomme laque additionné d’un peu d’alcool à brûler, le vernis n’a pas besoin d'être épais et il suffit de déposer ainsi une pellicule très mince isolante. Dans ces conditions, après séchage parfait on peut peindre comme sur bois ayant reçu une première couche de peinture dite d’impression. a° Vous aurez tous renseignements sur le traitement des miels, en vous adressant à M. Lasalle, Directeur de l’Ecole d’Apiculture de Charenton, Seine.
- M. le JDr Burguet, à Montélimar. — Nous pensons que vous pourrez éliminer le mica de voire kaolin en utilisant la caractéristique des parcelles de mica de présenter des aspérités, alors que c.elles de kaolin sont arrondies. Si ou soumet le mélange à un blutage, soit à sec, soit après délayage dans l’eau, les parcelles de mica doivent être retenues, tandis que les granules de kaolin passent à travers les mailles. Le tout est de déterminer la finesse de toile que l’on doit adopter ; à titre d’indications, il faudrait très probablement au moins des numéros 120 à i5o (nombre de fils au pouce) et disposer de tamis polygonaux rotatifs successifs comme en féc'ulerie, avec reprise par des danaïdès.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les notions fondamentales d’élément chimique et d'atome, par Georges Urbain. Collection « Sciences et Civilisation», i vol. in-8 172 p., 14 fig et 1 tableau. Gauthier-Villars et Cio, Paris. Prix : 10 francs.
- Les remarquables découvertes effectuées en physique et en chimie depuis le commencement de ce siècle ont complètement bouleversé les conceptions courantes sur la constitution de la matière. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes, l’auteur de ce livre s’est attaché à présenter une vue d’ensemble de nos connaissances actuelles sur cet important problème. Toutes les théories et les hypothèses qui s’y rapportent ont été soumises à un exa-ment serré pour faire le départ entre ce qui est solidement acquis et ce qui est encore entaché d’incertitude. Et pour bien mettre en évidence la complexité et les aspects variés du problème, M. Urbain étudie successivement la notion d’élément, les éléments radioactifs, les constituants et la structure de l’atome, les propriétés 'des éléments en rapport avec la constitution des atomes, pour terminer avec un chapitre magistral sur les isotopes, dont la découverte est récente et d’une importance capitale pour le problème, de la constitution de la matière.
- Revue des Questions Scientifiques publiée par la Société scientifique de Bruxelles (Tome YI, ae fascicule, 20 oct 1924), 1 volume 290 p. En vente à Louvain, à la Société Scientifique, 11, rue des Récollets, et à Paris aux Presses Universitaires de France.
- La Revue des Questions scientifiques, belle publication trimestrielle, est une éloquente manifestation de l’effort scientifique déployé par nos amis belges. Chaque numéro contient une série d’articles de synthèse sur des questions à l’ordre du jour, une revue des recueils périodiques, et des analyses des ouvrages nouveaux. Dans le présent recueil, il y a lieu de signaler une vivante et très claire dissertation de M.Àudré Metz sur la théorie de la relativité généralisée d’Einstein; une étude savante et attachante du R. P„ Gauthier sur l’orientation de la météorologie moderne, notamment sur les travaux de l’école norvégienne, illustrée par les trois Bjerknes ; l’abbé Carrère de Toulouse, décrit les nouveaux synchronoscopes qu’il a récemment imaginés; M. A. Colin expose d’une façon extrêmement intéressante la question des dîastases, pleine encore de mystères; M. Delassus montre les progrès accomplis dans la chirurgie du cœur.
- Practical Chemistry by Micro-Methods, par E. C. Grey. 1 vol. in-8, 124 p-, 16 fig. Heffer and Sons, Cambridge. Prix : relié 4 sh. 6 d.
- Petit manuel décrivant avec précision et détails un grand nombre de réactions chimique» réalisables avec un très petit matériel, de faibles quantités de substances, souvent des gouttes de solution seulement Ce n’est pas, à rigoureusement parler, un précis de microanalyse,- puisque la mirrobalance n'est pas employée, mais un guide de manipulations chimiques -pour étudiants qui a l’avantage d’économiser beaucoup de verrerie et de produits chimiques, d<* permettre de manipuler con-tamm«nt assis, sans fatigue, sans polluer l’atmosphère, tout en obtenant des résultats rapides et précis.
- Les arbres et arbustes d’ornement, par S. Mottet, 1 vol. in-8, 576 p., 234 fig- et 40pl- hors texte J.-B. Baillière et fils. Paris. Prix : 5o francs. \ ;
- Après quelques remarques préliminaires sur la constitution des arbres et des arbustes, leur rôle décoratif, leurs divers usages, la composition des massifs, l’auteur aborde la partie principale de son travail qui est l’énumération et la description de plus de 2 5oo essences ligneuses, arborescentes ou arbustives et de leurs principales variétés qui ornent nos jardinB. Beaucoup, en fait toutes les plus intéressantes des nouvelles espèces introduites de la Chine depuis une trentaine d’années, qu’on ne trouve que péniblement ailleurs, y sont décrites et le plus souvent figurées.
- Viennent ensuite 'divers chapitres eonnamant la
- multiplication des essences ligneuses, la formation et le dressage des arbres, leur disposition en lignes ou en massifs, leur plantation, leur espacement, leur entretien, élagage, rabattage, mensuration, pansement des plaies, législation des plantations, etc.
- Enfin, de très nombreux choix d’arbres et d’arbustes, pour divers usages, sols, climals, expositions, etc., forment un aide-mémoire pour les professionnels et un guide précieux pour les amateurs ayant des plantations à effectuer.
- Compte rendu des Travaux du Comité Central de culture mécanique en 1924 (Ca'burants nationaux, exposition de Bue. Congrès). 1 voL 264 p , publié par Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris.
- Ce volume contient in extenso les intéressantes communications présentées au dernier Congrès des carburants ; signalons, entre autres, celle de M. Roszak sur la méthode universelle d hydrogénation de Marcellin Berthelot, celle de M. Kling sur le procédé Bergius, celle de M. Mai'he sur la transformation des huiles organiques en pétrole, celle de M. Goûtai sur le pétrole synthétique Andry-Bourgeois-Ollivier, une magistrale conférence de M. Guiselin sur les carburants en général, des communications de M. Barbet sur l’alcool moteur, de M. Appell sur la carbonisation à haute ou basse température, de M. Gramme sur les combustibles colloïdaux, de M. du Boistesseliu sur le charbon de bois et l’alcool de bois, enfin les rapports de MM. Lumet et Auclair sur le concours des moteurs à huiles lourdes, de M. Coupan sur les tracteurs à gazogènes.
- L’aquarium tropical, son installation et son entretien, par Fabre-Domergue i br. 36 p., 2 pl. extraites de la Revue d'Histoire naturelle appliquée. « Vivarium », 121, rue de Rennes, Paris. Prix : 3 francs.
- Le nombre des amateurs de poissons d’ornement va en augmentant, car le décor d’un aquarium d’appartement est charmant, mais il faut savoir l’installer et l’entretenir. Voici un guide précieux, basé sur une longue expérience, clairement écrit, où l’on trouve tous les renseignements nécessaires : choix, dimensions et emplacement de l’aquarium; emplissage, plantation, entretien, nettoyage ; maniement des poissons, choix des espèces et de leur nourriture. Tout s’y trouve de ce qu’il suffit de savoir pour réaliser sans mécomptes une pièce d’eau peuplée de poissons multicolores et d’herbes aquatiques aux lignes gracieuses sur une table, une cheminée, n’importe où dans la maison.
- Les psychoses et les frontières de la folie, par le Dr Hes-nahd, i vol. in-12, 278 p., 1 pl. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix ; 7 fr. 5o.
- L’auteur décrit les grands symptômes de la folie; il rappelle ensuite les hypothèses qui ont été tentées pour les expliquer, puis esquisse une théorie personnelle de la psychose, reflet des idées scientifiques régnantes sur la question. Il consacre un long développement à l’étude de ces innombrables états mentaux placés à la frontière de la santé mentale et de la folie : déséquilibres de toute sorte, anomalies constitutionnelles, perversions, etc.
- Au cours de cette étude, riche d’enseignements pour le psychologue, le sociologue, le criminologiste, l’hygiéniste, il indique quel intérêt hautement humain soulève la question des relations de la folie avec la métapsychique, la toxicomanie, et, sur un plan supérieur, le mysticisme religieux et l’art.
- L’urbanisme à la portée de tous, par J. Raymond, i vol. i3-f-2i de vi*2' o p., 79 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1925. Prix : 16 francs.
- L’urbanisme, c’est l’art de dessiner ou d’améliorer le plan des villes. Il repose sur un certain nombre de règles simples, dictées par le bon sens. le goût, les préoccupations d’hygiène et par l’expérience. Ce sont çes règles que résume M. Raymond, avec quelques e*e»pleg 4 î’àjqjui déexposé,
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2657 7 Mars 1925
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : O. Heaviside. — La science anglaise vient xle faire une grande perle en la personne de Oliver Heaviside, né à Londres en i85o. Oliver Heaviside est connu par ses travaux sur les courants électriques alternatifs, et notamment sur la propagation de ces courants le long des conducteurs. Le caractère mathématique de ses travaux les a rendus, au moment où ils parurent, peu accessibles à la plupart des électriciens et des physiciens. Ils ont cependant puissamment contribué à tirer au clair les phénomènes complexes, en apparence incompréhensibles, qu’offrait la transmission des coui’ants alternatifs et notamment celles des courants téléphoniques. Les travaux de Pupin en particulier, pour la transmission téléphonique à longue distance, ont pour point de départ l’œuvre théorique de Heaviside.
- Le gel des fjords norvégiens. — Tous les manuels de géographie citent, comme preuve de l’anomalie thermique déterminée dans le nord-ouest de l’Europe parles eaux atlantiques dites du Gulf Stream, le fnt que les fjords de Norvège ne gèlent jamais. Cette assertion est erronée Si, grâce à la température relativement élevée de l’Océan, même en plein hiver, il ne se forme point de glace dans les canaux de l’archipel côtier de Norvège, non plus que sur le front nord de ce pays baigné par l’océan Arctique, si, par suite, les côtes occidentale et septentrionale de la péninsule Scandinave demeurent toujours ouvertes à la navigation, il n’en va pas de même dans les fjords. Ces goulets pénètrent, comme on sait, à une grande distance dans l’intérieur des terres, — le plus développé, le Sognefjord, mesure 220 km de long, — par suite, ils se trouvent soustraits au climat marin et soumis aux rigueurs du climat continental. En second lieu, recevant de nombreux torrents, ils sont recouverts d’une couche d’eau douce. De là la fréquence du gel de ces canaux, alors même que l’hiver est remarquablement doux, comme celui de 1914**925.
- Cette année, à la fin de janvier, dans la partie sud de la côte ouest, aux environs de Stavanger, plusieurs fjords étaient couverts d’une nappe de glace fixe, tels le Sandsfjord et le Gannsfjord. Ces cas de congélation sont d’autant plus remarquables que ces goulets ne sont pas éloignés de la mer du Nord.
- A la même date, d’après le Tidens Tegn d’Oslo, le Byfjord, le chenal conduisant à Bergen, le grand port de la Norvège occidenta'e, était encombré de glaçons qui rendaient la navigation laborieuse pour lès bateaux de faible tonnage. Pareillement, à la fin de janvier, le Hardangerfjord, le Sognefjord et le Nordfjord, les grands fjords de la région de Bergen, fréquentés l’été par les touristes, portaient des champs de glace plus ou moins étendus ; de ce fait les vapeurs postaux éprouvaient des difficultés à desservir plusieurs localités. Plus au nord, différents fjords écartés étaient gelés ; le Geirangerf jord, le célèbre goulet situé dans le sud-est d’Aalesund, par exemple, se trouvait pris sur une longueur de i5 km —- Dans toute cette région régnait un froid sec, et jusqu’à une altitude relativement grande les montagnes demeuraient dégarnies de neige ; au-dessus du Geirangerfjord, à la cote 800, fin janvier, il y en avait moins qu’habituellement au mois d’août.
- Ajoutons, pour terminer, que le journal d’Oslo, Aftenposten, reproduit une photographie montrant les digitations extrêmes du fjord aboutissant à la capitale de la Norvège recouvertes d’une épaisse couche de glace à la date du 25 janvier. CiUrlks Rabot.
- L’origine des chiens domestiques. — Les nombreuses espèces et variétés d animaux domestiques ont des origines assez bien connues.
- Les chiens d’Europe descendent de deux espèces de l lnde (dont le Canis pallipes),. du loup d’Europe et peut-être aussi du chacal d’Europe et du renard; le grand nombre de leurs races s’explique par le grand nombre de leurs ancêtres sauvages. Mentionnons le molosse et le danois, qui descendent d’un chien sauvage, le molosse, dont les derniers spécimens ont été détruits au xvm° siècle, en Epire. Quant au lévrier, il est d’origine africaine.
- Les chiens d’Afrique descendent en partie de plu-
- sieurs variétés de chacals. Le sloughi, dont le lévrier est dérivé, a pour ancêtre le lévrier sauvage d'Abyssinie.
- Les chiens d’Amérique descendent en partie du loup d’Amérique, et en partie d’une autre variété, non identifiée, et qui s’est croisée avec le loup.
- Le chien d’Australie est le dingo, que les indigènes ont réussi à domestiquer et qui vit d’ailleurs à l’état à moitié sauvage.
- La facilité avec laquelle les chiens se croisent entre eux, même à l’état sauvage, provient de ce qu’ils ne constituent pas des espèces distinctes, mais des variétés d’une seule espèce. L homme a réussi à créer des races nouvelles par le croisement suivi de sélection.
- Le chien est arrivé en Europe à l’époque néolithique, ou tout au moins il a été domestiqué au début du néolithique. Ses premiers ossements ont été retrouvés dans les cités lacustres de Suisse; les zoologistes ont créé pour le désigner le terme de Canis familiaris palustris. Cet ancêtre tient le milieu entre le Canis pallipes de l’Inde et le braque moderne.
- Quant au chat, qui, paraît-il, serait l’ennemi du chien, il descend duFelis ocreatus de l’Afrique du Nord et de la Syrie, espèce à peu près disparue aujourd’hui. On a introduit récemment en Europe une autre variété : le chat siamois, qui a une autre origine, et qui se distingue de son lointain cousin par son poil ras et par quelques différences de structure anatomique, dans la tête notamment. Le Felis ocreatus (chat ganté) a été domestiqué de très bonne heure en Egypte sous la XII6 dynastie, (plus de a 000 an« avant notre ère).
- Divinisé, il a été momifié par ses adorateurs de Bubaste.
- Un autre félin, le guépard, a été apprivoisé dans l’Inde et dans l’Afrique orientale pour la chasse.
- Les noms des couleurs des cheveux et des yeux. — Un des grands obstacles que rencontre la traduction d’un texte dans une autre langue est la difficulté de trouver l’équivalent des noms des couleurs. D’une manière générale, les langues antiques étaient plus pauvres en termes pour désigner les colorations et les nuances que ne le sont les langues modernes En outre, des habitudes fâcheuses de fausses traductions se sont introduites dans l’enseignement classique, et elles sont de nature à gêner les recherches des anthropologistes et des ethnographes. Ajoutons à cela que les langues modernes disposent de mots, empruntés aux langues germaniques, plus riches que le latin et le grec.
- Voici un tableau d’équivalences pour les cheveux :
- Français. Latin. Grec ancien. G roc moderne. , Italien.
- Roux Rufus Oxpoç Kov.y.ivo; Rosso.
- Blond Ratilus | çavÛo; G _ Biondo.
- Châtain Flavus Castagno.
- Noir Niger lasî.a; Bruno, nero.
- A dire vrai, il existe dans les langues néo-latines et dans le grec moderne un certain nombre dé mots savants qui suppléent à l’insuffisance des mots fondamentaux. Castagno en italien est dans ce cas. mais le peuple appelle biondo indifféremment un blond et un châtain; il en est dé même en Espagne. En.France, nous appelons bruns non seulement les personnes à cheveux noirs, mais aussi celles à cheveux cbâtains foncés ; c’est d’ailleurs un tort. En Italie, au contraire, bruno veut dire noir. L’allemand est assez riche en termes pour désigner les nuances :
- Français Allemand
- Châtain clair Châtain foncé Brun noir Blond cendré
- Hellbraun
- Kastanienbraun
- Schwarzbraun
- Aschb!ondi
- Mais aschblond n’est qu’une traduction du terme français correspondant. Grâce à ce tableau, on comprend ce que disent les historiens anciens que les femmes galates, lesquelles étaient SetVOçu, aient pu teindre leurs cheveux
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- INFORMATIONS ^
- en ô/.po;, et que les femmes gauloises, qui étaient flavæ, en aient fait autant. Les unes et les autres étaient châtains.
- Pour ce qui est des couleurs des yeux, les anciens étaient encore moins bien pourvus en termes adéquats. Le latin classique n’emploie que trois mots : niger, glaucus et cæruleus, alors que le français a: noir, brun, marron, gris, vert, bleu, glauque, etc.
- Action de l’acide carbonique de l’air et du sol sur la croissance des plantes. — La Nature a déjà parlé des essais faits eu Allemagne pour utiliser l'acide carbonique des cokeries et des hauts fourneaux dans les cultures, afin d’augmenter leur rendement. Les résultats ont été des plus heureux et ont confirmé ce qu’on savait déjà, que l’atmosphère libre contient beaucoup moins d’acide carbonique que l’optimum utile aux végétaux. Depuis les premières expériences, Reinau a même imaginé un distributeur spécial de gaz, dit « Oco », que des centaines de jardiniers utilisent au-jourd hui dans leurs serres, avec profit.
- La Revue internationale de renseignements agricoles rend compte des récentes études de Reinau, parues dans Die Technik in der Landwirtschaft, au cours desquelles il a cherché la part de l’acide carbonique de l’air et celle de l’acide du sol dans la composition de l’atmosphère entourant les parties vertes des plantes qui l’assimilent à la lumière.
- Il a constaté des variations considérables de la teneur en CO* de l’atmosphère près du sol, en rapport avec la distance à la terre, les saisons, la luminosité, le vent, la température. Ainsi, dans un champ d’avoine, au niveau des épis, par temps ensoleillé et sans vent, on trouva au lever du jour ai,6 dix-millièmes, au lieu de 3 dans l’air normal et par contre seulement 2,9 à midi. Le sol dégage, en effet, pendant toute la période de végétation, des quantités énormes de CO3 que Reinau évalue à 1 gr. (soit un peu plus d’un demi-litre) par mètre carré et par heure. Cet acide provient de l’activité des microorganismes du sol et son dégagement varie avec l’état du sol, les fumures, les façons culturales, etc.
- Le fait important mis en lumière par Reinau est que le sol constitue une source véritable, la plus importante même, de CO* nécessaire aux plantes de culture.
- Les ressources de l’industrie forestière de l’Europe centrale. — Le rapport de M. Brauner, au Congrès international des Bois, donne un aperçu des ressources forestières et des industries dubois de l’Europe Centrale,
- Les pays du Nord, la Suède, la Norvège, la Finlande, ont une superficie boisée de 45 millions d’hectares.j
- Les pays de l’Europe Centrale : Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie et Roumaine ont une surface boisée totale de 158 mil ions d’hectares ; la Russie 37 millions d’hectares.
- La richesse forestière de la Pologne comprend 8900090 hectares. Les essences résineuses, notamment le Pin blanc, le Pin rouge, le Sapin et l’Epicea couvrent 80 pour 100 de cette surface, le reste est aux essences feuillues.
- L’industrie de la tonnellerie, celle des meubles courbés et la distillation dubois y sont en progrès sensible.
- Dans les massifs de la Bohême dominent les résineux. En Slovaquie, le hêtre couvre 4a pour 100 de la surface boisée, les résineux 33 pour 100, le chêne 25 pour 100.
- Les forêts occupent 53, a pour 100 du territoire de la Bosnie, 3g,4 pour 100 du territoire de l’Herzégovine.
- En Slavonie, la forêt occupe 1 million d’hectares dont 45 pour 100 en essences feuillues.
- La Yougoslavie dispose de 3o6 scieries, les industries de tonnellerie et du meuble, ainsi que l’industrie de l’extraction du tanin y sont développées.
- La Roumanie, dont la surface boisée est de 719? 000 hectares, possède des massifs séculaires très denses, de sapin, d’épicea (1 170 000hectares), de hêtre (3 024900 hectares) et de chêne (2400900 hectares). On compte 375 scieries, 331 fabriques de meubles ; les plus réputées sont en Transylvanie. Les régions les plus riches en bois de résonance (Set 10 pour 100) sont la Buko-vine, la vallée du Mouresch et le nord de la Moldavie.
- L’exportation des bois de Roumanie a été de 80000 wagons de 10 tonnes, en 1922; de g3 749 wagons en ig23.
- Les plus grandes îles du monde. — On peut diviser les terres émergées en deux catégories : les continents et les îles. Oa peut considérer comme continents : l’Ancien continent (Europe, Asie, Afrique), malgré la coupure du canal de Suez; le Nouveau-Monde, lequel se compose en fait de deux continents jumelés, réunis par un isthme que traverse le caual de Panama ; l’Australie (7630000 km2); le Groenland (de 2000000 à 2100000 km2); l’Antarctide (environ 10 millions de kilomètres carrés).
- Les îles peuvent se diviser en deux grandes catégories ; les continentales, qui reposent sur la même plateforme, sur le même socle, que le continent le plus proche; les océaniques, qui reposent sur le fond des mers et sont indépendantes des continents.
- Peu nombreuses sont les îles ayant plus de 5o 000 km*.
- En voici la liste, aussi exacte que possible :
- A. Les continentales
- I. Ancien Continent :
- Grande-Bretagne................219.700 km2
- Irlande. . . ....................... 84.000 —
- Archipel du Spitzberg.......... 87.000 —
- Archipel de la Nouvelle-Zemble . ?
- Archipel de François-Joseph ... ?
- Sakbaline........................ 8-.ooo(?) —
- Yézo............................. 77-998 ' —
- Hondo..........................2i3.5io —
- Archipel des Philippines.......297.500 —
- (seules Luçon et Mindanao dépassent 5o. 000)
- Bornéo........................ 742.686 —
- Sumatra.......................4-10.377 —
- Célèbes........................186.918
- (avec îles adjacentes)
- Java (seule).............plus de 100.000
- (13i.43o avec Madoura)
- Ceylan .... ........................ 60.993 —
- (avec îles adjacentes)
- IL Continent australien :
- Nouvelle-Guinée...............801.84-2 —
- Timor (avec îles adjacentes). . . . 85.o45 —
- Tasmanie....................... 66.000 —
- (avec îles adjacentes)
- III. NouveaU’Monde :
- ( Terre de Baffin . . 546.000 km*
- \ lie Ellesmerre . . 196.000 —
- Archipel polaire < Ile Victoria . . . 191.000 —
- / Ile Melville ... ?
- ( Ile Banks .... ?
- Cuba ...... 114.524 —
- (avec îles adjacentes)
- Haïti........... 77.200
- Notons que le Groenland repose sur la même plateforme continentale que l’archipel polaire et l’Amérique.
- Aucune des îles situées près de l’Antarctide ne paraît atteindre 5o 000 km*.
- Les îles de la Méditerranée sont petites. La Sardaigne, la plus considérable, n’a que 23 800 km2; For-mose a 38 000 km*, avec les îlots voisins ; Haïnan 25 000 ou 26 000.
- B. Iles océaniques.
- Les îles océaniques sont ordinairement de petites îles
- volcaniques.
- Font exception :
- Islande . .......................... 104.785 km2
- Madagascar.......................... 585.533 —
- (avec îles adjacentes)
- Nouvelle-Zélande j i1* ?°jjd * ' * * ~
- 1} Ile Sud .... i3i.58o —
- Encore l’Islande est-elle reliée par un seuil sous* marin aux Fœr-Œr, aux Shetlands et au nord de l’Ecosse. Madagascar paraît être le reste d’un continent partiellement disparu, la Lémurie. Enfin la Nouvelle-Zélande n’est séparée du nord-est de l’Australie que par une zone de profondeurs inférieures à 2000 m. : il est vrai que de grands fonds (4 à 5ooo m.) l’isolent de laTaBmanie et de l’est du. continent australien.
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- rQ TP . «3» & .
- Un haut-parleur de salon original. — Depuis l’emploi des haut parleurs en radiotéléphonie, les constructeurs se sont ingéniés à donner à ees haut-parleurs les formes les plus diverses et les plus inattendues pour permettre de les dissimuler, et de ne pas nuire à l’esthétique de l’appartement où est placé le poste récepteur.
- Une nouvelle solution fort élégante vient d’être proposée par la maison Gaumont. Lçf$ haut-parleur lui-même est d’un type déjà connu pt décrit dans la Nature, type muni d'un diffuseur Lumière remplaçant le pavillon. Le récepteur téléphonique haut-parleur spécial fonctionne sans batterie auxiliaire ; il est muni d’un bouton de réglage permettant d écarter plus ou moins l’armature vibrante des électro-aimants. Les enroulements sont d'ailleurs shuntés par une capacité fixe de 6/1000 de microfarad, ce qui améliore l’audition.
- La caractéristique de l’appareil consiste dans l’adjonction d’un cadre circulaire en acajou ou en noyer, analogue à un cadre de tableau ou de gravure, et qui entoure le diffuseur du haut-parleur (fig 1 et a) Ce diffuseur eBt, en outre, recouvert par une housse en soie qui porte une reproduction de gravure ou d’aqua-
- Fig. 1 et 2. — Haut-parleur de salon original.
- relie. L’appareil complet, une fois suspendu au mur de l’appartement, a ainsi absolument l’apparence d’une gravure ou d’un tableau encadré. Il va sans dire que les résultats d’audition sont aussi satisfaisants qu’avec un haut-parleur ordinaire.
- Constructeur : Etablissements Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris (iDr).
- Automobilisme
- Pare-brise de conduite intérieure. — Il est évident que l’automobile, en hiver, s’accommode parfaitement de la conduite intérieure comme carrosserie, car c’est le procédé le plus sûr de se protéger de la pluie et des intempéries. Mais le carrossier ne songe qu’à son travail et souvent aménage des conduites intérieures d’étanchéité parfaite; c’est alors un vase clos où l’atmosphère est étouffante lorsqu’elle n’est pas viciée par des fuites d’échappement ou des gaz provenant du capot.
- Le remède est évidemment d’ouvrir les glaces ou de relever le pare-brise, mais cela supprime entièrement l’attrait de la carrosserie fermée; les remous d’air, la pluie incommodent immédiatement les voyageurs.
- Un pare-brise nouveau « Aérât » a pour but de remédier à ces inconvénients de façon à évacuer par aspiration l’air vidé et à le remplacer lentement par l’air extérieur. Pour cela, on supprime la poche que la carrosserie forme lorsque la glace ou le pare-brise sont ouverts ; on utilise au contraire la vitesse même de la voiture pour produire l’aspiration de l’air extérieur.
- Deux glaces A et G forment avec une glace fixe E le panneau avant de la carrosserie. La glace A est montée sur deux bras articulés B de manière qu’on puisse l’incliner et la déplacer parallèlement à elle-même vers l’avant, la glace G pivote autour de son arête horizontale inférieure.
- Pour ventiler la voilure, les glaces sont dans la position de la figure^. L’air frappe sur les glaces et cherche
- à s’échapper en montant contre îa face antérieure de la glace C. Ceci provoque d-rrière la glace A un courant violent de bas en haut qui débouche hors de la voiture entre les glaces et 1 avancée du pavillon.
- Il y a un appel intense d’air qui a, de plus, l’avantage d’empêcher des condensations sur la glace A, ce qui augmente la visibilité. On peut régler cet effet d’aspiration en modifiant l’inclinaison de la glace G, ce qui se fait avec une seule main du siège du conducteur. La
- Fig. 3. — Pare-brise « Aérât ».
- pluie ne peut pénétrer dans la voiture en cas de gros orage, la glace se fermant complètement. Ce pare-brise peut se poser sur toutes les carrosseries existantes
- Constructeur : Etablissements Lafon, 42, rue de Châ-lons, Paris.
- Indicateur de direction. — Cet indicateur est destiné à avertir des intentions du conducteur les voitures qui suivent la sienne. L’appareil comporte deux flèches émaillées rouge et blanc qui peuvtnt être équipées avec des lampes électriques. L’une des flèches se fixe à l’arrière de la voiture, l’autre sur le côté et vers l’avant.
- Elles sont reliées par une commande souple en câble métallique, actionnée par une poignée à la disposition du conducteur, soit sur le tableau, soit sur le mât de direction. Les deux flèches indiquent par leur position si la voiture va à droite, à gauche, si elle veut tourner ou si elle se prépare à s’arrêter.
- La flèche arrière sert d’indicatrice aux voitures qui suivent, la flèche avant intéresse les voitures qui vont en sens inverse, ainsi que les piétons. Dans le cas où les flèches sont munies de feux électriques, la flèche arrière
- GAUCHE MARCHE DROITE
- Fig. 4. — Indicateur de direction.
- remplace la lanterne arrière et les flèches avant jouent le rôle de lanternes de côté.
- Cet appareil a obtenu le premier prix au concours de signalisation organisé par la ville de Lyon.
- Constructeur : Établissements Bérard frères, 20, rue d’Armenonville, Neuilly-sur-Seine.
- 8n> Hygiène
- Sucromètre Moreau. — La recherche et le dosage du sucre dans l’urine sont des opérations fréquemment pratiquées par les médecins et les pharmaciens. Les renseignements qu’elles donnent pour certains malades sont si importants que tout ce qui peut les rendre plus simples et plus commodes à réaliser est digne d’être signalé.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- M. E. Moreau, chef de laboratoire à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, vient de faire établir dans 'ce but un petit nécessaire de poche qui rend le dosage aussi facile que la recherche qualitative du sucre.
- Le nécessaire, que la Presse Médicale vient de décrire, comprend deux iubes spéciaux gradués, un compte-gouttes, une pince en bois, le réactif et une notice avec tableau des résultats.
- La réaction repose sur le principe de Causse-Bonnaus. La technique, extrêmement simple, consiste à chauffer le réactif versé dans le tube jusqu’au trait circulaire et à ajouter goutte à goutte l’urine jusqu’à ce que la tombée d une dernière goutte fasse prendre au mélange une teinte brunâtre avec trouble, le liquide jusqu’à ce terme final étant r^sté limpide et ayant passé successivement du bleu au bleu pâle et au jaune d’or.
- Connaissant le nombre de gouttes d’urine versées pour produire cette réaction finale, on se reporte au tableau joint pour avoir la quantité de glucose contenu dans un litre d'urine.
- En résumé, l’opération ne demande que quelques minutes à peine, peut se faire sur un coin de table, sans
- Fig. 5. — Emploi du sucromètre Moreau.
- manipulations compliquées, sans défécation préalable de l’urine, sans matériel encombrant et cela à la lumière artificielle comme à la lumière du jour, le terme final de la réaction étant aussi net à saisir qu’un virage à la phénolphtaléine en acidimétrie.
- On trouve le sucromètre Moreau, chez M. Cogit, constructeur, 19, rue Humboldt, Paris, x3a.
- cf§^ Agriculture
- Ramasse-pommes à cidre. — Dans les pays où l’on fait du cidre, les pommiers sont généralement chargés de fruits. Ceux-ci tombent sur le ,sol en grande quantité, et l’usage veut qu’on attende leur chute pour les récolter.
- Comme les fruits ne sont pas groupés sur un espace restreint, il en résulte que le ramassage est long et pénible. Or, dans ce cas particulier, il n'est pas nécessaire de respecter l’euveloppe extérieure du fruit qui, sans inconvénient, peut être piquée.
- On pourrait utiliser, pour rendre le ramassage moins fatigant, une pointe fixée à l’extrémité d’un manche, mais ce procédé ne donnerait aucun gain de temps, bien au contraire.
- Un appareil original consiste en un bâti de bois qui comporte toute une série de pointes à la partie inférieure. Cet appareil peut être saisi par deux poignées fixées sur des montants verticaux et l'ouvrier peut prendre l’appareil et le poser sur Jeu fruits en effectuant une légère pression, ' '
- Instantanément toutes les pointes pénètrent dans les fruits qui se trouvent à leur portée. On élève alors l’appareil ainsi chargé au-dessus d’une augette; en faisant fonctionner a leviers, on déclenche un extracteur qui fait tomber les fruits et les feuilles ramassées. Les feuilles sont arrêtées par les volets de l’augette et seuls
- Fig. 6. — Ramasse-pommes à cidre.
- les fruits roulent dans le panier ou le sac qui est disposé pour les recevoir.
- Afin d’éviter le trop grand nombre de feuilles, il est utile de donner sous l’arbre un coup de balai d’épines.
- Constructeurs : Bellande et Rousseau, La Ferté-Bernard (Sarthe).
- Objets utiles
- Fermetures de persiennes et de fenêtres, système Eole. — La plupart des persiennes ou volets, quand ils sont ouverts, sont fixés au moyen de têtes de turc scellées dans le mur, sous le volet. Pour ouvrir ou fermer des persiennes, on est donc obligé, quel que soit le temps, de se pencher souvent fort en dehors pour faire fonctionner la tête de turc. En outre, pour se garantir du soleil, il faut fermer complètement la persienne, et l’on se trouve plongé dans l’obscurité, puisque les persiennes ne peuvent être qu’entièrement fermées ou ouvertes.
- L’inventeur du dispositif Eole en a adapté le principe au maniement aisé et variable des persiennes et volets, et ce, par l’intermédiaire d’une baguette reliée à la persienne même, ce qui permet à celle-ci de se déplacer en faisant mouvoir le bouton dans une glissière scellée dans l’appui de la fenêtre au moyen de pattes à scellement.
- La stabilité de la| persienne, dans n’importe “quelle position, est obtenue par le serrage du bouton^ sur la
- Fig, — Dispositif « Eole » pour la fermeture de fenêtres et persiennes.
- glissière, serrage renforcé par une rondelle de manière à augmenter l’étendue des surfaces de frottement et suffisant aussi pour maintenir les persiennes absolument fermées, sans qu’il soit besoin d’avoir recours à un crochet ou à tout autre dispositif d’attache.
- Un autre dispositif est établi pour la fermeture des fenêtres.
- Agence générale Eole, 34, rue de Rothschild, à Berck» Plage (Pas-de-Çalais),
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- VARIÉTÉS
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- LES JARDINS FAMILIAUX DE PLANTES MÉDICINALES
- lltil ité — La création, de ces jardins, outre la petite contribution qu’elle apporterait à notre libération de l’étranger, justifierait son utilité par les buts suivants qui ressortissent à la médecine humaine et à l’art vétérinaire. x° Elle mettrait à la disposition de leurs possesseurs un certain nombre de plantes médicinales choisies parmi celles qui sont pourvues de propriétés plus ou moins actives reconnues par des essais thérapeutiques ou bien admises empiriquement par un usage ancestral et constituant souvent la base des remèdes populaires toujours si vivaces dans tous les pays ; a0 Elle permettrait, par leur emploi, de soulager rapidement, en l’absence du médecin, certaines indispositions fugaces, ou d’entreprendre sous sa direction le traitement à longue échéance de maladies d’ordre divers; 3° Elle donnerait le moyen de tirer parti des propriétés spéciales de plusieurs d’entre elles pour confectionner des condiments et des liqueurs.
- Relativement à la médecine animale, le cultivateur trouverait souvent aussi dans l’emploi de ces plantes un îemède pour ses bestiaux, en attendant l’arrivée du vétérinaire.
- Enfin, en dehors de son utilité directe d’ordre familial, la création de ces jardins présenterait, pour les lycées, collèges et surtout les écoles primaires des campagnes, un intérêt assez grand du point de vue hygiénique et sanitaire, sans compter l’enseignement des premières notions de botanique sous forme d’une attrayante leçon de choses.
- Etendue. — Elle serait subordonnée au nombre de plantes qu’on y introduirait et à l’importance donnée à leur culture, mais pour justifier le nom de Jardin familial, ce nombre ne devrait comprendre que les plantes dont les « vertus » sont les plus reconnues et les usages les plus répandus dans la médecine populaire. Il résulterait d’un choix judicieux et adéquat aux besoins de la famille, du personnel à son servicë et du cheptel, s’il y avait lieu. Pour ces raisons, il est presque impossible d’en fixer l’étendue, mais, quelle qu’elle fût, elle devrait généralement, sinon toujours, constituer un jardin distinct du jardin fruitier, potager ou fleuriste, ce qui serait facile à réaliser dans les grandes propriétés et les fermes importantes. Toutefois, comme il est d’intérêt général et particulier que cette création se répande partout chez nous, quiconque posséderait un jardin devrait y réserver un petit emplacement pour la culture de ces « simples » qu’on a surnommées poétiquement « les soeurs de charité de la nature ». De là, pratiquement, la raison d’être d’un grand et d’un petit jardin familial de plantes médicinales.
- Composition. — Grand jardin familial. — Parmi les plantes si abondamment répandues sur notre sol, je limite, conformément aux raisons ci-dessus, à 5o le nombre maximum de celles qui composeraient le grand jardin; en voici les noms par ordre alphabétique : Absinthe, Angélique, Anis, Armoise, Asperge, Bardane, Bouillon blanc, Bourdaine, Bourrache, Camomille, Centaurée (petite), Chicorée, Consoude, Corhléaria, Coquelicot, Coriandre, Cresson, Douce-Amère, Fenouil, Fumeterre, Gentiane, Guimauve, Houblon, Hysope, Laitue, Lierre terrestre, Mauve, Mélisse, Menthe, Mercuriale, Moutarde, Nerprun, Pavot, Pensée sauvage, Pied de chat, Pyrèthre, Raifort, Réglisse, Reine des prés, Rhubarbe, Saponaire, Sauge, Sureau, Tanaisie, Tilleul, Tussilage, Valériane, Verveine, Violette.
- Ce choix pourrait, certes, être modifié, mais tel quel il me paraît, répondre largement et sans danger aux besoins d’une thérapeutique immédiate; toutefois, je ferai remarquer que j’en ai exclu : i° malgré leurs propriétés bien accusées, les plantes toxiques, comme l’Aconit, la Belladone, la Digitale, etc., à cause précisément de leur toxicité qui défend de les employer sans l’avis formel du médecin. Il en serait tout autrement, s’il s’agissait de leur culture en grand au point de vue commercial; 2° Les plantes à essence que leurs propriétés rattachent plus à la parfumerie qu’à la droguerie, telles que : la Lavande, la Rose, le Romarin, etc., qu’on peut, d’ailleurs, cultiver dans le jardin fleuriste.
- Pour restreindre l’étendue du jardin, il serait facultatif ; a) d’e» retirer les plantes qu’on trouve souvent
- dans la plupart des jardins potagers : l’asperge, la chicorée, la laitue, le cochléaria, etc. ; b) ou de planter dans les haies formant l’enclos, les arbres ou arbustes dont elles sont les principaux habitats : la bourdaine, la douce-amère, le nerprun, le sureau, le tilleul et même le houblon; la ronce pourrait y pousser par surcroît.
- Petit jardin familial. — Il serait composé des vingt plantes, arbres ou arbrisseaux choisis dans les 5o énumérées ci-dessus, dont les propriétés absolument médicamenteuses correspondent le mieux aux usages les piu® divers de la thérapeutique ordinaire, base de la généralité des remèdes populaires. Ce sont, par ordre alphabétique absinthe, anis, armoise, bourdaine, bourrache, camomille, douce-amère, guimauve, houblon, hysope, mélisse, menthe, nerprun, pyrèthre, réglisse, sauge, sureau, tilleul, valériane, violette.
- • De la sorte, comme la culture ne porterait réellement que sur quatorze plantes réunies, les six autres faisant partie des haies, la surface du terrain en serait assez réduite. Enfin, comme dernière limite, même dans le jardin potager le plus ordinaire, il serait toujours possible de réserver un petit emplacement, ne serait-ce qu’en bordure, pour y cultiver quelques touffes des sept plantes les plus utiles d’entre elles : anis, armoise, bourrache, camomille, guimauve, mélisse et menthe, dont les usages sont, pour ainsi dire, journaliers ; elles figurent déjà dans nombre de jardins potagers ou maraîchers.
- Culture. — Etant donnée l’impossibilité dans laquelle on se trouve d’accorder à chaque plante le terrain et le milieu qu’elle possède à l’état naturel, le terrain du jardin serait découvert, aéré et non ombragé, de fertilité moyenne qu’il est toujours facile d’augmenter par une fumure appropriée aux exigences du végétal.
- Lorsqu il s agit de culture en grand, la division du terrain se fait en planches dont la largeur varie de i m. 5o à 2 m. en raison du développement que les plantes sont susceptibles d’acquérir, mais pour ce jardin il suffirait que ces planches aient une largeur de î m. 20 à i m. 5o et soient séparées entre elles par un sentier de o m. 35 à o m. 5o. La distance de plantation irait de o m. 25 à o m. 40 dans la rangée avec un écartement de o m. 60 à o m. 80 entre les rangées. Quant au nombre d’exemplaires de chaque plante, il est très difficile de le fixer, car il dépendrait des propriétés médicinales qu’on lui reconnaîtrait et des emplois qu’on en ferait. Il est certain que chacune des sept plantes sus-désignées mériterait une surface de quelques mètres pour elle seule, tandis qu’une demi-douzaine de touffes suffirait pour la plupart des autres plantes; mais ce serait au possesseur du jardin d’en décider en toute connaissance de cause. Il aurait à tenir grand compte de ces données lors de la création du jardin, parce qu’elles contribueraient essentiellement, d’une part, à déterminer la surface du terrain qu’il doit occuper et, d’autre part, à faciliter les opérations culturales : semis, repiquage, binage, récolte, que réclament les plantes.
- Classement des plantes. — Dans tout jardin botanique, qu’il soit d’ordre médical ou non, le classement et la mise en place des plantes reposent presque toujours sur les embranchements et les familles botaniques d’après le savant dont on adopte le système ; il pourrait en être de même dans le « Jardin familial des plantes médicinales », encore bien que leur groupement, suivant leurs principales propriétés thérapeutiques, paraisse a priori d’ordre plus pratique.
- On y grouperait ensemble, par exemple, les plantes apéritives et dépuratives, les plantes adoucissantes et béchiques, les plantes digestives et stimulantes, les plantes emménagogues, vulnéraires, etc. Malheureusement, ces propriétés sont rarement uniques d»ns la même plante qui, au contraire, én réunit plusieurs. Ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, la mélisse, qui est une plante populaire par excellence, au point qu’on en dit,, paraît-il, dans le Dauphiné : « Si femme savait ce que vaut la mélisse, elle en mettrait jusque dans sa chemise » (A. Rollet et D. Bouret) ; cette plante qui doit son action à un principe amer et à une essence à fonction d’aldéhyde, le citfal, est considérée à la fois
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- VARIETES
- comme stimulante du système nerveux, carminative, digestive, stomachique, céphalalgique, antispasmodique, sudorifique, emménagogue et vulnéraire!...
- Aussi, en présence des difficultés d'un tel classement, le plus simple, à mon avis, est de plac»r ces plantes par ordre alphabétique, et c’est lui que je suivrai dans cette étude que, pour les raisons d’utilité sus-énoncées, je commencerai par celle des sept plantes les plus utiles du « Petit jardin familial », les autres suivront dans le même ordre.
- Enfin, en dehors de sa culture, chaque plantç comportera l’indication de sa composition chimique, de ses
- propriétés ihérapeutiqUes et de ses principaux emplois pharmaceutiques et autres.
- Si cette élu le pouvait inciter quelques personnes à entrep endre en g'-and la eu ture de ces plantes, je leur recommanderais deux excellents livres portant le même titre « La culture des plantes médicinales ». lun par MM. A. Goris et J. Dem'Ily; l’autre, par MM A R >Liet et D. Bouret, que compléterait très utilement, surtout par ses beaux dessins coloriés, la publication « Nos plantes médicinales de France », sous la direction du Comité interministériel des plantes médicinales et à essences.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Destruction des cafards. — M. Jacques Mariani nous communique la recette suivante : prendre parties égales de vert anglais et d’acide picrique en poudre, les mélanger et en déposer une mince traînée dans les endroits infestés. Le moyen est radical et fait disparaître totalement les noires, plates et nocturnes bestioles.
- Dispositif de microphotographie en position inclinée. — M. Ernesto Caballero y Bellido vient de publier dans les Travaux du Laboratoire de Recherches biologiques de l’Université de Madrid la description d’un dispositif qu’il a imaginé pour faire dés microphotographies avec un microscope placé dans une position quelconque. Travailler longtemps avec le microscope placé verticalement est fatigant. Changer l’inclinaison du microscope, quand on veut passer de l’observation directe à la microphotographie, risque de déplacer la préparation et oblige à régler à nouveau l’éclairage, ce qui est long.
- M Caballero y Bellido place microscope, lampe électrique d’éclairage et houle d’eau servant de filtre condensateur sur une planche ou une table recouverte d’un drap ou d’un feutre noir; il les fixe au moyen de cales. La planche qui forme un véritable banc d’optique peut être plus ou moins inclinée au moyen d’une crémaillère. L’appareil photographique, aisément réalisable, comprend un cadre de 4 pieds entourant le microscope et portant une boîte rectangulaire étanche à la lumière dont la face supérieure reçoit le verre dépoli de mise au point ou le châssis porte-plaque i3 X 18.
- L’ensemble, facile à construire, a l’aspect réprésenté
- — Dispositif de microphotographie de M. Caballero y Bellido.
- figure i. Il rendra de grands services dans tous les laboratoires d’histologie.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. F. Marcoz, à Saigon.— La fabrication des cordes de boyaux utilise les boyaux de mouton, de cheval ou de bœuf en leur faisant subir les opérations principales suivantes : nettoyage sommaire, deux trempages l’un à l’eau, l’autre dans une lessive alcaline, raclage entre ces trempages, pour enlever les parties inutiles, triage, refendage et filage ; voici comment on procède :
- i“ Nettoyage. — Les boyaux encore chauds sont débarrassés de la graisse et du sang qui y adhèrent, ainsi que des matières fécales qu’ils contiennent. Pour les petits boyaux, on racle simplement avec une lame mousse ; pour les gros, le nettoyage se fait à la main, l’index étant muni d’un dé métallique et le pouce d’un anneau de caoutchouc, la pression doit être douce pour ne pas provoquer de déchirures.
- à0 Trempage. — On immerge d’abord les boyaux pendant 12 heures dans l’eau froide, puis quelques heures dans l’eau tiède; après enlèvement des mem-
- branes inutiles, on fait macérer dans une lessive de soude caustique à ï° Baumé, ou dans une solution ammoniacale, on rince ensuite un grand nombre de fois à l’eau pure.
- 3° Raclage. — Les intestins étant constitués par trois membranes, l’extérieure péritonéale très mince, l’intérieure muqueuse, l’intermédiaire fibreuse, c’est seulement cette dernière que l’on conserve pour l’obtention des cordes. Le raclage se pratique sur un plan incliné, la membrane externe est conservée pour fabriquer des fouets; quant aux autres déchets, ils servent à faire un engrais organique azoté.
- 4° Triage et refendage. — Le classement des boyaux' ainsi nettoyés a lieu d'après la longueur, la blancheur et la résistance ; après quoi, on les fend au couteau sur toute leur longueur, cela après injection d’eau dans le boyau qui se présente ainsi beaucoup mieux au fendeur.
- Complémentairement on effectue un blanchiment par les moyens habituels, eau oxygénée, acide sulfureux, parfois en faisant agir successivement le permanganate de potasse et l’acide sulfureux.
- La matière étant ainsi mise en état, on procède au filage qui consiste à donner aux boyaux la torsion voulue, ce que l’on obtient en fixant une extrémité à un crochet et l'autre à un rouet que l’on fait tourner; le nombre de
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- boyaux servant à former une corde varie avec l’usage auquel elle est destinée.
- Les cordes ainsi tordues sont passées dans un bain alcalin pour enlever les souillures, puis reblanchies à l’acide sulfureux, rincées, mises à sécher sous tension et polies à la cire. Ce finissage est surtout pratiqué pour les cordes d’instruments de musique qui doivent être souples, blanches et très bien calibrées. Les chanterelles sont transparentes et formées de 4 fils, Ie et le la sont composés de 3 à 4 fils, ceux du la étant plus gros; pour le ré on prend 5 fils. Les cordes de harpes sont constituées par 20 fils, celles de contrebasse en ont jusqu’à 3o. Lorsque les cordes doivent être teintées on emploie le tournesol ou la cochenille
- Les cordes destinées aux raquettes sont fabriquées arec des boyaux de mouton, non blanchis, présentant même une coloration foncée ; pour les cordes de fouets obtenues, ainsi que nous l’avons dit, avec la membrane externe, on ne prend qu’un seul brin.
- Dans l’industrie actuelle des cordes de boyaux, les opérations que nous venons d’indiquer, vidage, raclage, lessivage, fendage, etc., se font mécaniquement et avec une plus grande rapidité qu’à la main.
- Pour ce qui concerne les cordes dites métalliques, il s’agit simplement de cordes animales ou végétales, recouvertes par guipage ou enroulement en spirale d’un fil de métal, cuivre, maillechort, argent, cette opération se fait à la machine et ne présente rien de particulier. Dans le cas d’un guipage à la soie, les spires de celle-ci sont fixées à la gomme arabique. Vous trouverez tous renseignements sur Vextraction de l’amidon dans l’ouvrage Farines et fécules par Billon, éditeur, Albin Michel, rue Huyghens.
- M. J. Lefebvre, à Douai. — i° Nous vous avons indiqué dans un précédent numéro comment se faisait la dorure des titres de livres, a0 Pour la dorure des tranches, veuillez bien vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. Convert à Bourg (Ain) dans le n° 2642 du 22 novembre 1924, page 168 de la Boîte aux Lettres.
- M. Charpentier, à Lyon. — i° La mixture suivante vous permettra d’obtenir un effet de dépolissage sur lampes électriques.
- Préparer les deux solutions :
- A Gélatine blanche. .
- Chlorure de baryum Eau distillée. . . .
- B Sulfate de soude. .
- Eau distillée . . .
- Laisser gonfler la gélatine dans 12 heures, liquéfier ensuite au bain-marie et dissoudre le chlorure de baryum. Une fois la dissolution faite, verser goutte à goutte la solution B dans la solution A chaude, agiter jusqu’à obtention d’un produit homogène. Tremper dans ce mélange encore tiède les lampes à dépolir, laisser sécher, puis immerger à nouveau dans une solution composée de
- Eau ordinaire................ . 1000 c. c.
- Formol du commerce à 40 °/0. 5o —
- La gélatine se trouve ainsi insolubilisée et peut résister efficacement à l’action de l’humidité.
- Si vous désirez réaliser des enduits colorés, il vous suffira ultérieurement de faire une solution aqueuse de couleur d’aniline, de la teinte choisie et d’y plonger la lampe ainsi préparée, mais bien rincée pour enlever tout excès de formol qui pourrait avoir une action réductrice sur la matière colorante.
- 2® La Cellophane, 58 bis, rue de la Ghaussée-d’Antin, vous fournira des feuilles minces de cellulose transparente propre à la confection de caches ou capuchons pour tamiser la lumière des lampes à incandescence.
- M. F. Wirth, à Lisbonne. — Nous ne connaissons pas particulièrement la spécialité de pâte à modeler dont vous voulez parler, mais il est fort probable que sa composition se rapproche de la suivante :
- Cire jaune............. . . 5oo gr-
- Poix de Bretagne...............i3o —
- Saindoux........................ 65 —
- Essence de térébenthine . . 35 —
- Pour obtenir une pâte colorée, ajouter à son gré de l’ocre jaune ou rouge, de la terre de Sienne, du noir de fumée, etc., à l’exception des couleurs vénéneuses. N.-B. En hiver, augmenter la proportion de saindoux.
- ,M. P. Moulin, au Puy, Haute-Loire. — Pour préparer une encre noire à stylos, il vous suffira de remplacer
- 10 gr. o 8 gr. 5 IOO c. c.
- 6 gr. 5 100 c. c.
- l’eau froide pendant
- dans la formule que nous avons donnée le bleu de méthylène par les couleurs basiques suivantes : noir basique BT, noir G, noir P 2184, ces deux derniers convenant tout particulièrement à la fabrication des encres en général. La formule qui suit convient également :
- Noir hydra ..... 20 grammes.
- Glycérine............ 20 —
- Eau distillée .... 5oo —
- M. P., à Epernay. — i° La formule que nous avons donnée dans le n° 2635 du 4 octobre 1924 pour l’émaillage des fils conviendra parfaitement dans les conditions que vous avez en vue, une élévation de température à 20°-25° n’étant pas susceptible d’altérer le vernis. 2° L’usure rapide des vis platinées de votre magnéto provient selon toute probabilité du mauvais calage de la came de rupture par rapport au rotor.
- M. Guillon, à Coudes (Puy-de-Dôme). — i° Nous avons répondu à vos deux premières questions dans un précédent numéro. 2° Il s’agit en effet très probablement d’un vernis au celluloïd, sa facile combustibilité, ainsi que l’odeur de camphre dégagée après frottement des parties vernies vous fixeront rapidement. 3° La pâte dite de guimauve se prépare ainsi. Prendre :
- Gomme arabique blanche . 1000 gr.
- Sucre blanc...................1000 —-
- Eau ordinaire ................1000 —.
- Eau de fleurs d’oranger. . 100 —
- Blancs d’oeufs ...... 12 —
- Concasser la gomme, la faire dissoudre au bain-marie dans l’eau, passer, remettre la solution gommeuse sur le feu dans une bassine plate toujours au bain-marie, ajouter le sucre en remuant continuellement jusqu’à consistance de miel épais.
- D’autre part, battre les blancs d’œufs en neige, les ajouter par portions à la pâte en agitant celle-ci vivement, continuer à battre la pâte jusqu'à ce qu’en l’appliquant à la spatule sur le dos de la main elle n’y adhère plus, couler alors la pâte sur une table de marbre ou dans des boîtes couvertes d’amidon. Conserver ensuite dans un mélange constitué par :
- Sucre en poudre. . . 3oo grammes.
- Amidon...............100 —
- M. S. Th., à Aisy. —Arbres à croissance rapide; terrains qui leur conviennent. — Le Piatane croît promptement et atteint de grandes proportions. Il y a le Platane d’Occident (à très grande feuille), le Platane d’Orient (port pyramidal). Tout terrain ayant beaucoup de profondeur convient à cette essence dont la croissance est presque aussi rapide que celle du peuplier. Le Platane est un arbre de plaine, demandant un sol frais, fertile et argilo-sableux. Le Catalpa, arbre de moyenne grandeur, doit être planté isolément à cause de la largeur habituelle de sa tête. Il entre tardivement en végétation. Il lui faut une bonne terre franche, un peu humide ; il périt dans un sol tenace ou trop aride ; en climat froid, un sol mouillé ne lui convient pas. Le Robinier faux-acacia est une des essences dont la croissance est le plus rapide. Il se plaît en climat tempéré, terrain léger et un peu frais, en plaine et en coteaux, aux expositions chaudes et abritées. L’Ailante ou Vernis du Japon est à croissance rapide dans sa jeunesse. Il préfère les terrains siliceux, légers, argilo-sableux, un climat tempéré, la situation en plaine et colline, exposition nord et nord-ouest.
- Comme autres essences rustiques et à croissance rapide, il y a : l’Aune commun, qui se plaît en terrain humide et aquatique; l’Aune blanc, en terrain plutôt frais qu'humide; le Bouleau, dans les sables gras, climats froid et tempéré; le Coudrier, en terrain frais et riche, climat tempéré, plaine et coteaux; l’Epicea, en terrain frais, humide, tourbeux meuble, climat tempéré, plaine et montagne; le peuplier tremble, en terrain léger, un peu humide, climat tempéré, plaine et montagne ; le Pin de lord Weymouth, en terrain léger, frais et profond,.climat chaud, plaine et vallée.
- D’après ces indications, vous auriez à arrêter votre choix sur l’espence pouvant s’adapter à 1% nature du terrain dont vous disposez.
- Frère L. Claudius, à Tien'sin. — Appareils de photo gravure et d’héliogravure. — Vous trouverez ces appari ils ch ez Calmels, i5o, boulevard Montparnasse, Paris. Le meilleur ouvrage sur ce sujet est celui de Clerc : Reproductions photomécaniques monochromes, édité chez Doin, place de 1 Odéon, Paris. ... ...
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Revue des questions scientifiques, 4e série. Tome VII. ier fasc. 20 janvier 1925. r vol. 296 p. Louvain, 11, rue de Réeollets. Paris. Les Presses Universitaires.
- Cette remarquable publication contient, comme d’habitude, plusieurs études du plus haut intérêt. M. Kaisin résume les conclusions des études géologiques modernes sur l’Ardenne. M. Belot expose ses théories cosmogoniques, bien connues de nos lecteurs. Le pere Teilhard de Chardin développe un éloquent plaidoyer en faveur du transformisme, aujourd hui attaqué par de nombreux savants, notamment par M. Vialleton. M. Tchaïko Tchaïkowski continue son étude du crédit extérieur de la Roumanie. Le R. P. Lefebvre continue la publication d’une étude .historique de premier ordre sur Newton et la découverte de la loi de l’attraction. M Dballuin, sous le titre « Faut-il croire aux inhumations prématurées », indique les moyens dont dispose le médecin pour donner un diagnostic certain de la mort.
- Le livre du Cinquantenaire de la Société française de physique. 1 vol , 160 p. avec figures et planches hors texte. Edité par la Revue d’optique, 140, boulevard Montparnasse. Paris, 1925. Prix broché : 17 francs.
- Le cinquantenaire de la Société française de physique a été célébré avec éclat en 1923 -, on trouvera dans ce volume la reproduction des différents discours et des belles conférences prononcées à cette occasion : la plupart des allocutions ne méritaient guère l’honneur de l’impression ; ce sont les discours officiels d’usage Par contre, les conférences sont toutes du plus haut intérêt : la plupart ont été en leur temps résumées dans notre Revue :
- Ce sont : l’exploration du domaine des radiations par M. Fabry ; les rapports de l’aérotechnique et des recherches physiques par le lieutenant-colonel Robert: l’ancienne et la nouvelle mécanique par A.-H. Lorentz, l’illustre savant hollandais ; les couleurs d’irisation par Lord Rayleigh ; les auréoles boréales par Stormer ; le mécanisme de l’évaporation et de la condensation par Knudsen. C’est un véritable plaisir que de pouvoir relire in extenso cts brillants exposés de questions qui n’ont pas cessé, depuis lors, d’être à l’ordre du jour.
- Les reproductions photomécaniques monochromes (photogravure, similigravure, phototypie, photolithographie, héliogravure), par L. P. Clebc, 2e édition. 1 vol. in-18, de 400 p. avec 61 fig. dans le texte. Doin, éditeur, Paris, igaô. Prix : 14 francs.
- La première édition de cet excellent ouvrage, publiée en 1909, avait été assez rapidement épuisée; elle constituait le seul manuel technique en langue française consacré à ces procédés.
- L’édition nouvelle a été profondément remaniée, l’évolution très rapide des arts de l’illustration a donné, en effet, une importance considérable à divers procédés qui, il y a quinze ans, n’avaient guère qu’un intérêt de curiosité; tel est le cas, notamment, de la photolithographie avec impression par décalque au caoutchouc et de l’héliogravure tramée rotative.
- Ces procédés nouveaux sont étudiés en détail.
- Par contre, les développements historiques qui figuraient dans la première édition ont été supprimés. On trouve dans cet ouvrage l’explication précise des phénomènes utilisés dans les méthodes modernes de reproduction des images, ainsi que l’exposé très clair de la suite des opérations à effectuer. Sont ainsi étudiées successivement : la photogravure de trait, la similigravure, la photocollographie, la photolithographie, la photométallographie et l’héliogravure.
- Voyage de Bougainville autour du monde pendant les années 1766-1769. Préface et notes de P. Deslandbes. 1 vol. in-8, 304 ,p., 8 pi. Pierre Roger et Ci4, Paris. Prix : 10 fr.
- Edition annotée et expurgée du célèbre voyage de Bougainville publié pour la première fois en 1771-1772. Ecrit d’un style simple et clair, il nous fait assister à d’intéressants événements, notamment en Amérique du Sud ; il décrit l’enchantement de Tahiti, il nous fait visiter le Cap avant l’occupation anglaise. Inutile de louer ce récit célèbre déjà par de nombreuses rééditions.
- A Chypre, l ile d’Aphrodite, Mélanges d’histoire et de voyages, par Albert Kammerer. i vol., in-16, 128 p., 8 pl. Hachette, Paris. Prix : 7 francs.
- Ce livre présente un coin de la Méditerranée orientale en dehors des routes habituelles du commerce et du tourisme, avec des côtes de mer joliment indentées, un massif montagneux s’élevant à 2000 m. et des arbres centenaires. On y voit des monuments historiques d’autant plus intéressants que ces châteaux, ces cathédrales, ces forteresses sont les vivants souvenirs d’une dynastie française, la légende y place la naissance de Yénus-Aphrodite ; on y foule les traces de civilisations superposées.
- De cette île charmante M. Kammerer, qui la connaît admirablement, donne une description fidèle; il en évoque les riches souvenirs avec émotion.
- Manuel technique de jmicrobiologie et sérologie, par le professeur A. Calmette, L. Nègre et A. Boqukt. 1 vol. 568 p., 14 fig., tableaux et 3 pl. hors texte eu couleurs. Masson et C'°, Paris. Prix broché : 3o francs ; relié : 35 francs.
- Ce manuel est le memento, le guide qui doit rester constamment sur la table du laboratoire, à portée de la main du travailleur, microbiologiste, sérologiste ou hygiéniste. Les médecins, les vétérinaires, les chimistes, les techniciens sanitaires et tous ceux qui s’occupent de biologie y trouveront tous les renseignements dont ils ont besoin à chaque instant : procédés techniques, formules de réactifs, dispositifs d’expériences dont les détails d’application ou le mode exact d’emploi ne peuvent être constamment présents à l’esprit.
- A côté des techniques générales et spéciales qui servent à l’étude et à la détermination des microbes, les auteurs ont fait une large place à tout ce qui se rapporte à l’expérimentation sur les animaux, à l’analyse des germes de l’air, de l’eau et du sol, à l’héma-timétrie, aux réactions de déviation du complément et de floculation, aux procédés de titrage de l’alexine et des sensibilisatrices. Enfin toute une partie de l’ouvrage est consacrée à la préparation et au titrage des vaccins et des sérums thérapeutiques. Une table alphabétique très complète permet de trouver rapidement le renseignement désiré ou le procédé qu’on se propose de mettre en oeuvre.
- Seules, l’organisation et la discipline scientifique de l’Institut Pasteur permettaient de pousser dans un détail aussi minutieux une œuvre de cette nature.
- Inventaire des Périodiques Scientifiques des Bibliothèques de Paris, dressé sous la direction de Alfred Lacroix, par L. Bultingairk avec la collaboration des bibliothécaires de Paris et le concours de M. Ad. Richard, fascicules I et IL 2 vol. de 320 p. Masson et Ci0, éditeurs. Paris, 1924- Prix : 20 francs le volume.
- La Nature a consacré récemment un article à ce recueil bibliographique considérable, appelé à rendre d’éminents services à tous les travailleurs. 11 mentionne tous les périodiques scientifiques qui peuvent être consultés dans les diverses bibliothèques de Paris, non pas seulement les publications paraissant encore aujourd’hui, mais aussi celles qui ont disparu, même après «ne existence très éphémère. Plus de 110 bibliothèques ont concouru à cet inventaire; les 2 fascicules ci-dessus représentent à peu près la moitié du travail qui sera complet eu 4 volumes.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- 14 Mars 1925
- L’hiver de 1924-1925 au Spitsberg. — Dans une note précédente, nous avons signalé que le nord Scandinave, comme nos pays, jouit d’un hiver anormalement doux. Le même phénomène se manifeste dans les régions polaires ; au Spitsberg, de ce fait, règne une situation absolument extraordinaire, unique dans les annales météorologiques. Alors qu’ordinairement, à pareille époque, les fjord* de la côte ouest sont recouverts de solides nappes de glace, et que devant cette terre l’océan demeure encombré d’épaisses banquises, cette année, partout, la mer reste libre aussi bien dans les canaux qu’au large. Un radio expédié du Spitsberg le 16 février à l’Institut géophysique de Tromsô annonce qu’à cette date il n’existe pas la moindre glace dans l’Isfjord, le grand fjord de la côte occidentale, et que, sélon toute apparence, la pleine mer est également dégagée. Bien plus, la King’s bay, la large baie ouverte par 790 de latitude, est entièrement libre !
- Sur ces circonstances météorologiques anormales, M. Adolf Hoel, le chef des expéditions scientifiques que la Norvège envoie chaque été au Spitsberg depuis quatorze ans, a donné au journal d’Oslo, Aftenposten, un interview très intéressant dont il nous paraît utile de faire connaître les points principaux.
- Antérieurement à 1918, rapporte le savant norvégien, tous les hivers, l’océan qui baigne le Spitsberg était rempli de banquises et les fjords occidentaux de l’archtpel occupés par couche de glace épaisse d’un mètre et plus. Seulement en juin, la débâcle se produisait, si bien que le chargement du charbon à la mine de l’Adventbay (Isfjord) ne pouvait commencer que dans les premiers jours de juillet. De plus, au printemps et au début de l’été, des « champs » de glaces flottantes dérivaient devant la côte ouest de ces îles polaires et rendaient souvent la navigation difficile dans ces parages. A cette époque, la température des eaux atlantiques dites du Gulfstream, que l’on rencontre le long du Spitsberg occidental, était très basse.
- Depuis sept ans, ajoute le D1 Hoel, progressivement la situation s’est améliorée. Ainsi durant l'hiver 1928-1924 Ie8 branches extrêmes de l’Isfjord n’ont été prises que pendant une période très courte et dès les premiers jours d’avril 1924, des charbonniers ont pu arriver aux quais de la mine de l’Adventbay. Finalement cette année il ne s’est point encore formé de glace.
- M. Adolf Hoel attribue cette remarquable évolution climatique à une élévation de la température du Gulfstream. Les observations qu’il à afïectuées durant ces trois dernières années montrent que les eaux de ce courant possèdent actuellement une température supérieure de 3 à 4° à celles que Nansen et Isachsen y ont relevées il y a douze ou quatorze ans.
- L’éminent savant rapproche de ce fait la diminution considérable que les glaciers du Spitsberg occidental ont éprouvée durant ces vingt à vingt-cinq dernières années, Pendant cette période, plusieurs de ces appareils ont perdu une surface longue de 3 à 4 km. — C’est la preuve que l’amélioration du climat que nous constatons, qui a commencé vers le début du siècle, s’est ensuite développée rapidement pendant ces dernières années, conclut le distingué naturaliste norvégien. Charles Rabot.
- Pour mesurer l’humidité du sol. — On sait que l’humidité du sol a une importance considérable pour la croissance des plantes. Les mesures pluviométriques n’en donnent qu’une mesure imparfaite, puisque l’on ignore alors les pertes par ruissellement et par évaporation. Aussi a-t-on cherché à déterminer l’humidité disponible à chaque moment pour les racines, par différents procédés.
- En 1920, le Dr Livingston a mesuré directement le pouvoir du sol de fournir l’eau en employant des cônës de porcelaine poreuse (soil points). Le gain en poids de ces cônes, après avoir été enfoncés dans le sol et y être restés un temps déterminé, était considéré comme mesure du pouvoir du sol de fournir l’eau. Cette méthode fut perfectionnée par le Dr Mason, qui utilisa des crayons ordinaires comme « soil points » et obtint des résultats satisfaisants qu’il a publiés dans le Journal of Agricul-tarai Science eh 1928.
- M. F. Hardy, professeur à l’Imperial College of Tropical Agriculture de la Trinité, vient d’employer la méthode de Mason dans une plantation de canne à sucre et d’en tirer des conclusions d'un intérêt général. On peut les lire dans Tropical Agriculture de 1924 et dans la Revue internationale de renseignements agricoles qui les a résumés.
- Dans certains sols, les cannes souffrent moins de la sécheresse que dans d’autres et cette différence est attribuée à des différences dans le taux de carbonate de chaux de ces sols. Or, la méthode des~ « soil points » montre que, dans la partie la plus calcaire d’une plantation, le pouvoir de fournir l’eau est plus grand que dans les autres parties. Par contre, on ne trouve aucun rapport direct entre l’humidité totale du sol et le pouvoir de fournir l’eau. Hardy en conclut que les rendements des récoltes montrent une corrélation nettement positive avec le pouvoir du sol de fournir l'eau et non avec sa teneur d’eau.
- Les différences que les diverses cultures montrent en ce qui concerne les exigences en eau à différents stades de croissance et la réponse du sol à ces demandes peuvent être démontrées par l’emploi des « soil points ». La méthode pourrait aussi être appliquée à l’étude de la distribution des plantes dans divers habitats et à la solution du problème de la répartition des racines par rapport aux conditions du sol.
- Les courbures des arbres. — On sait l’intérêt que présente, au point de vue fores *’’er, la croissance droite et régulière des arbres. Aussi est-il intéressant de signaler un récent travail de M. A. En-gler, paru dans les Mitteil-ungen der Schweizerischen Centralblatt fiir das forstliche Versuchwesen et que résume la Revue internationale de renseignements agricoles.
- Engler y étudie les phénomènes d’héliotropisme et de géotropisme, dont on connaît bien l’action sur les jeunes pousses des plantes, mais dont on méconnaît l’influence sur les branches et les troncs des arbres. Or, on peut observer des courbures dans des troncs vieux de 80 ans et hauts de 3o m, quand on pratique des e'claircies en forêt qui rendent asymétriques les conditions de vie des arbres en bordure. Les tissus du bois se transforment; chez les résineux ils épaississent et deviennent durs (bois de compression) sur la face courbée vers le sol ; chez les feuillus, ils croissent beaucoup plus sur le côté convexe supérieur (bois géotropique).
- Les feuillus sont plus plastiques que les résineux. Ainsi, les vides créés en forêt par (les coupes sont remplis, non seulement par la croissance des extrémités des branches, mais aussi par les courbures des troncs.
- La production du sucre d’érable dans la province de Québec. — L’extraction du sucre d’érable est pratiquée, comme on sait, au Canada. Concernant cette curieuse industrie, une excellente notice, Les Ressources naturelles de Québec, publiée en 1924 par le « Service des renseignements sur les ressources naturelles » du Dominion — une organisation qui devrait servir de modèle pour les agences de nos colonies, soit dit en passant — apporte d’intéressants renseignements. D’après ce document, l’extraction en question est exercée dans la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau Brunswick, l’Ontario et
- Fig. 1.— Hêtre de35 ans de la foi et de l’Adlisberg, courbé dans la direction d’une éclaircie d'épicéas, puis redressé à environ 6 m. du sol.
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- surtout dans la province de Québec, notamment dans les cantons de l’est de cette circonscription. On rérolte le sucre de l’érable suivant le même procédé que celui employé pour la résine. Une incision est pratiquée dans le tronc de l’arbre et munie d’un récipient dans lequel s'écoule le liquide. Dans la province de Québec, chaque ferme compte en moyenne y5o érables producteurs; quelques-unes en possèdent jusqu’à i5oo, et c’est tout profit, car cette essence recherche des terrains rocheux qui ne peuvent être mis en culture.
- En 1921, la production du sucre d’érable dans la province de Québec s’est élevée à 5475 tonnes métriques et à 5t 000 hectolitres de sirop valant 4 318 970 dollars, soit 79 millions de francs; en 192a à ^084 tonnes métriques et à 59 5oo hectolitres de sirop, représentant 4,188 millions de dollars, soit 77,4 millions de francs. La presque totalité de cette récolte est exportée aux Etats-Unis où une bonne partie est employée par la confiserie.
- La diminution des rendements, constatée en 1922, provient de ce que l’érable étant très recherché comme bois de construction, les cultivateurs trouvent plus d’avantages à l’abattre qu’à l’exploiter pour, le sucre Cette essence croissant lentement, il est peu probable que les exemplaires détruits soient remplacés, ajoute le document canadien. Par suite, dans un avenir peu éloigné, le sucre d’érable ne sera plus qu’un souvenir.
- Charles Rabot.
- La suture des plaies et les fourmis. — La Nature du 3i janvier 1925 a publié une note sous ce titre, où il est dit que le plus ancien des auteurs, ayant recommandé l’emploi des fourmis pour la suture intestinale est le talmudiste Abbai, qui fut initié par Alberkasim, mort en ioi3.
- Or, dans un ouvrage qu’en 1898 j’ai publié, avec le professeur Terrier (Q, de regrettée mémoire, j’ai écrit : « Chez les Indiens, Agur Veda de Susruta, d’après le Veda indien, aurait utilisé, pour la suture de l’intestin, de grosses fourmis noires, en faisant mordre la plaie, à l’aide de leurs mandibules, puis on leur enlevait le corps, en laissant la tête en place ». J’avais pris cette indication dans von Frey ( 189S), d’après Hœser (1845).
- Cette donnée est manifestement antérieure à la mention d’Albucassis, que j’avais signalée également, et à celle de Furnari 1184!), rappelant que les Arabes à cette date utilisaient encore les mandibules des Scarites de leur région.
- Dans mon livre, j’ai figuré, au demeurant, le Scarites gigas. de la région méditerranéenne, qui nous avait servi pour quelques expériences de cours, à la Faculté de médecine, sur ce s' jet
- Ces données prouvent que c’est aux Indes que la méthode a été inventée en réalité.
- Dr Marcel Baudouin.
- Les colonies espagnoles d’Afrique. — Les possessions espagnoles d'Atrique, en dehors du Maroc, sont le Sahara occidental et la Guinée espagnole; elles sont rattachées à la section coloniale du Ministère d’Etat. Chacune a son budget particulier.
- Le Sahara occidental comprtnd les deux gouvernements de Rio de Oro et de la Aguera (Gap Blanc). Sa superficie est évaluée à a5oooo km® et sa population à 3o 000 habitants, pour la plupart Maures indépendants de fait. Les Espagnols n’ont que trois ou quatre postes échelonnés le long de la côt^- et ayant une population de 253 âmes en 1920; le plus important est Villa Cisneros, chef-lieu de la colonie. Les Maures sont nomades, à l’exception de ceux qui habitent le chapelet d’oasis de la Seguiet-el Hamra, dont Smara est la plus connue. La prise de possession ne remonte qu’à 1886, date à laquelle une mission espagnole conclut des traités de protectorat avec plusieurs chefs maures; jusqu’à ces dernières années, le Sahara occidental dépendit nominalement de la province des Canaries.
- La Guinée espagnole est formée des îles de Fernando Poo, Annobon et Corisco, des îlots de San Juau et d’Elobey» ainsi que du territoire du Rio Mouni sur le continent, enclavé entre le Gabon et le Cameroun, L’Espagne a pris possession de Fernando Poo en 1778, T. Terrier (F.) et I 'Baudouin. La Suture intestinale. Pari?, 1898, in-8°, 4i5 pages, 587 figures.
- de Corisco, d’Elobey et de Rio Mouni en 1843. Mais en fait ils n’ont occupé les îlots d’Elobey qu’en 188 4 et le Rio Mouni n’a éié délimité que par la convention franco-espagnole de Paris du 28 juin 1900.
- La Guinée espagnole constitue un gouvernement général, qui a pour chef-lieu Sauta Isabel, dans l’île de Fernando Poo.
- Elle est divisée en 5 districts, dont voici la population au recensement de 1920 :
- Bata................ 68.024 habitants (sur le continent)
- Blobey.............. 27.592 —
- Corisco................ 686 —
- Annobon.......... 1 . 3 g t —
- Fernando Poo . . 20 65o —
- Guinée Espagnole. 118.293
- La superficie est très diversement évaluée. Voici les chiffres les plus récents :
- Bata Environ 28.000 km2
- Iles Elobey.................. 2 —
- Corisco..................... 14 —
- Annobon..................... 19 —
- Fernando Pou '......... 2.972 — -
- Gainée espagnole . ... 3i . 007 km2environ.
- Annobon et Fernando Poo, qui sont volcaniques, sont très fertiles. Le volcan de Santa Isabel à Fernando Poo atteint 3 o5o m.
- Le climat est celui des régions tropicales, humide et chaud.
- Les pluies sont très fortes, avec deux saisons : mars-avril et septembre; il tombe 2 m 55 d’eau par an à Fernando Poo. La température varie peu ; 25° de moyenne annuelle avec 270 en janvier et 2a0 en septembre à Fernando Poo.
- Notons que Fernando Poo est à 3° de Lat. N., Auno-bon à j° Lat. S. et que Corisco, Elobey et le Rio Mouni sont compris entre les deux.
- Les Blancs sont peu nombreux. Les indigènes appartiennent pour la plupart à deux tribus : les Boubis et les Pamoués, dont les frères de race habitent le Cameroun.
- La Société mycologique de France, — La Société mycologique s’intéresse à tout ce qui a trait à l’étude des Champignons. Elle comprend actuellement environ près de 800 membres titulaires. Elle publie un Bulletin scientifique trimestriel, envoyé gratuitement à tous les membres titulaires; ce bulletin renferme des travaux de Mycologie qu’accompagnent le plus souvent d.es planches originales.
- D*ns un but de vulgarisation scientifique, et pour faciliter au public l’étude et la connaissance des champignons, la Société se propose de publier dans son Bulletin, suivant ses ressources, un certain nombre de planches coloriées de champignons accompagnées d’une description à la fois simple et précise.
- Elle distribuerait annuellement 10 à n planches en couleurs consacrées aux espèces non ou mal figurées dans les iconographies les plus répandues, et notamment dans l’atlas Rollaui Ces planches tout en faisant partie intégrante du Bulletin, et ne pouvant être vendues à part, porteraient un numérotage spécial et pourraient ainsi, au bout de quelques années, constituer une précieuse iconographie.
- Le premier j *udi de chaque mois, une commission spéciale, comprenant les mycologues les plus autorisés, détermine les espèces envoyées au siège social parles correspondants de la Société. Chaque expéditeur reçoit ensuite la liste des espèces déterminées avec les remarques que comporte l’envoi et les réponses aux renseignements demandés.
- Chaque année, à l’automne, la Société organise, soit à Paris soit en province, des excursions mycologiques auxquelles peuvent participer toutes les personnes qui le désirent. Une exposition1 publique de champignons, ouverte gratuitement au public et installée dans la région même des excursions, se complète de conférences de vulgarisation faites par les membres de la Société.
- > Le secrétariat général de la Société mycologique de France est 84, rue de Grenelle, Paris, 7'.
- -Çailfê»
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 'Electricité
- Enseignes lumineuses à texte vanabie. — L’enseigne lumineuse est aujourd’hui entrée dans les moeurs ; elle contribue puissamment au charme et à l’animation des artères de toutes les cités de quelque importance.
- Fig- i. — Vue en coupe de l’enseigne Pliai, i
- S il fallait brusquement la supprimer, il manquerait quelque chose d’essentiel à toutes nos rues.
- Elle a toutefois un inconvénient, commun aux enseignes de tous genres, c’est qu’il est difficile de la modifier, sauf au prix de travaux dispendieux. Or, le commerce moderne a horreur de l’uniformité et vise sans cesse à renouveler ses modes de présentation, afin de mieux attirer la curiosité du public et fixer son attention.
- L enseigne lumineuse Phal lui offre précisément le moyen de satisfaire ce goût de la nouveauté, en même temps qu’elle permet de réaliser de sérieuses économies de courant électrique.
- Elle se présente extérieurement sous la forme d’un tableau sur lequel on enfonce de petites lampes électriques à ampoule dépolie ou à réflecteur; en plaçant convenablement ces lampes, on dessine des lettres et l’on peut composer le texte que l’on veut.
- Examinons de plus près la construction de ce tableau; il se compose d’une toile métallique perforée de trous réguliers et montée dans un châssis en bois; dans le même châssis, à une certaine distance en arrière, est montée une deuxième toile métallique, mais à maillés serrées; les ampoules sont montées sur des douilles de forme spéciale dont le culot se termine par une tige munie d’une longue pointe. Où comprend aisément que les deux toiles métalliques constituent deux prises générales de courant; l’un des pôles de la lampe est, par le
- Fig. 2. — Une ampoule électrique sur sa douille spéciale.
- corps de la douille, en contact avec la première; l’autre pôle, par la tige à pointe, est connecté à la toile à fines mailles,
- Les ampoules ulilisées sont des ampoules ordinaires de lampe de poche, donc fonctionnant sous faibles voltages, 3,5 volts.
- On sait que c’est à bas voltage que l’on peut réaliser les plus faibles consommations de courant pour un éclairage donné.
- Mais il faut abaisser la tension du courant de secteur qui est en général de no volts; un transformateur statique assure cette fonction; cela suppose évidemment
- que le courant du secteur est alternatif, mais c’est de plus en plus le cas général.
- La consommation de courant pour une telle enseigne est très faible ; ioo watts pour 20 lettres. De plus, l’installation offre la plus grande simplicité ; il suffit de
- Fig. 3. — Une enseigne PhaL
- brancher l’enseigne par un cordon souple sur une douille de lampe d’éclairage ou sur une prise de courant quelconque; de ce fait, on peut aussi, sans aucune difficulté, déplacer l’enseigne à volonté.
- L’enseigne Phal est construite par l’Electro-Matériel, 5, rue Darboy, Paris.
- ip> Dessin
- Reproduction de plans industriels. — La reproduction de plans industriels par tirage photographique est certainement bien connue de nos lecteurs. Tous se sont plus ou moins servis de bleus qui présentent en traits blancs, sur le fond bleu du papier au ferro-
- Fig. /J. — Pellicule avec dessin d’architecture pour tirage de bleus.
- prussiate, un dessin qui a été tracé au préalable sur de la toile ou du papier calque.
- Lorsqu’on a dessiné sur un calque, spécialement sur toile, il est possible de tirer une quantité pour aiusi dire indéfinie d’épreuves; le papier au ferro-prussiate ne nécessite d’ailleurs qu’une manipulation très simple, parce qu’il suffit, pour le révéler, de le laver à l’eau
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- SCIENCE APPLIQUEE
- dans de grandes cuvettes. Il faut naturellement disposer aussi de châssis-presses de dimensions suffisantes suivant celles des calques que l’on emploie.
- Cependant, à l’usage, le papier calque se déchire, s’écorne, s’écaille; la toile calque se salit et se ternit; toutes les taches pénètrent dans la trame de la toile calque et l’on n'obtient plus au tirage que des épreuves dont on ne peut se servir.
- Un nouveau procédé remédie à tous ces inconvénients, il offre l’avantage de permettre la conservation facile d’archives pendant un temps indéfini.
- La reproludion d’un calque, d’un plan sur papier opaque, d un plan ou d’une carte en couleurs ou même d un tirage sur ferropiussiate e t obtenue par les procédés photographiques habituels sur une pellicule positive transparente.
- C’est alors un véritable calque sur gélatine et celluloïd qui p rmet d’exécuter le tirage des bleus par les procédés habituels.
- Naturellement, il est facile d’avoir des épreuves sur pellicules à des échelles demandées, rigoureusement exactes; les dimensions de la pellicule peuvent aller jusqu à i m. X 3 m. d’une seule pièce.
- Ou obtient ce résultat au moyen de procédas spéciaux de fabrication et aussi de tours de main tout à fait particuliers pour les travaux de développement de la pellicule.
- Ce moyen de préparation de calques, qui ne peuvent se détériorer et qui se conservent comme des clichés ordinaires, rend les plus grands services aux architectes, aux ingénieurs, car il évite la perte de temps occasionnée la reproduction du dessin sur un calque. Le travail esi en effet parfois considérable, surtout si l’on veut réduire ou agrandir un original et le procédé qui vient d’être imaginé donne des résultats industries remarquables, susceptibles de faire réaliser de grandes économies de temps et d’argent.
- En vente chez G. BNussaire et C,c, 208 bis, faubourg Saint-Denis et 8, rue des Lions, Paris.
- Objets utiles
- Machine à nettoyer extérieurement les bouteilles.
- — Economiser la main-d’œuvre est désormais la préoccupation essentielle de toute industrie. Il ne faut
- Fig. !).-— Machine à nettoyer les bouteilles.
- faire exécuter par l’homme que ce que l’on ne peut demander à la machine.
- Sous l’empire de ces préoccupations de l’heure présente. on voit se multiplier les machines-outils de tous genres.
- Voici, par exemple, une nouvelle machiae destinée au nettoyage extérieur des bouteilles usagées ; opération fort simple évidemment, mais qui, dans les grands établissements consacrés au commerce des liquides : entrepôts de boissons ou autres, porte sur un grand nombre de bouteilles et exige une roaia-d’œuvrç excessive.
- Dans la machine Lebrun, le nettoyage se fait au moyen d’un ruban cardeur sans fin, entraîné par 2 poulies et rendu souple par un dispositif spécial à glissière et à ressort, ce qui lui permet d’épouser les formes de la bouteille.
- La tension du ruban est réglable.
- Un jet d’eau placé au-dessous du ruban et contre une brosse en fils d’acier nettoie la carde et entretient l’humidité nécessaire au nettoyage des bouteilles. Le contact entre la brosse et la carde est assuré par un ressort.
- Deux carters protègent l’opérateur contre les éclaboussures.
- Avant de passer sur la machine, on fait tremper les bouteilles dans l’eau pendant une demi-heure.
- La machine nettoie parfaitement la surface extérieure de la bouteille et enlève rapidement les étiquettes, la colle, les fragments d’étain et de capsule qui y adhéraient.
- L’entraînement du ruban à carde est assuré par un moteur électrique de 0,6 cheval
- La machine avec son moteur pèse 85 kg
- Elle nettoie a5oo à 3ooo bouteilles par journée de 8 heures.
- Constructeur : A. Le Brun, Avize (Marne).
- Boîte à ordures « Robust ». — Dans le n° 2^27 (9 août 1923), nous indiquions au cours d’un article sur
- Fig. 6. Fig- 7-
- Boîte ù ordures Robust Coupe du récipient et vue de la poigüée de ?.5 litres. mobile de fermeture.
- la salubrité des villes de moyenne importance quelques modèles de boîtes à ordures.
- B en qu’elle soit destinée aux Parisiens, nous croyons devoir ici mentionner et décrire la « Robust » qui est un des sept modèles retenus par la ville de Paris au concours de l’an dernier et dont 1 m-atre de 1 un d eux doit être obligatoire à partir de ce 1" janvier.
- Cette boîte (fig 6) a une forme évasée permettant un déversement rapide et complet des ordures par simple renversement
- Nettoyage facile, l’intérieur ne comportant aucun ahgle ni aucune aspérité. Etanchéité absolue, le fond étant embouti dune seule pièce et fixé au corps par un double agrafage.
- S* construction en tôle épaisse galvanisée, avec bordage supérieur en gros fil et so ide frette, formant socle, donnent à ce récipient, par rapport à son poids, le maximum de résistance pour le rendre pratiquement indéformable et lui assurer une longue durée.
- L’accrochage du couvercle (fig. 7) se fait uniquement sur le bourrelet supérieur du récipîeut au moyen d’un dispositif fort simple, en fer forgé, lequel ne comporte aucune pièce spéciale susceptible de se fausser ou de se briser, tout en permettant l’accrochage dans, n’importe quelle position, même si par suite de chocs violents des déformations pouvaient se produire.
- Ainsi la « Robust » se recommande par son extrême simplicité de manœuvre qui supprime les inconvénients des couvercles fixés ou rattachés aux récipients; le fait seul de prendre la poignée et de . la soulever libère entièrement le couvercle; de meme, il suffit en reposant celui-ci sur le récipient d’abaisser la poignée pour obtenir une fermeture empiète, empêchant les ordures de se déverser durant le transport au tombereau ou d’être répandues sur la chaussée par les chiens pendant le slalionnement des boîtes sur les trottoirs.
- Elle se fait eu 5 grandeurs : 100, 5o, 25, 10.litres.
- Constructeur : Comptoir général des Fabricants,, 21», rue Saint-Jacques, Paris,
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- VARIETES
- LE TABAC EN POUDRE PARFUMÉ
- On sait que le tabac fut importé en Europe par les Espagnols et en France par Jean Nicot ambassadeur de la reine Catherine de Médicis Appelé de plusieurs noms : herbe à la reine, herbe à l’ambassadeur, nicotiane, herbe sainte, herbe à tous les maux, etc., et finalement tabac, il fut employé, tout d’abord, en médecine.
- On sait aussi que l’engouement devenant de plus en plus fort pour le tabac, l'Etat ne pouvant en interdire l’usage, songéa à l’exploiter A partir de 1674, il en eut le monopole. A cette époque, ce fut surtout le tabac en poudre, oupour mieux dire à priser, qui fut en faveur. On le parfumait A la cour du roi Louis XIV, l’usage se répandit de priser et l’on vit apparaître les tabatières; des chroniqueurs ont même dit que le gilet fut inventé pour les loger.
- Aujourd’hui, il n’est plus élégant de priser; cependant le tabac en poudre a encore ses fervents et ceux-ci sont nombreux. Les [raffinés préfèrent le tabac parfumé. Pour l’instant, ce dernier a le défaut d’être cher; aussi, bien des amateurs préfèrent le préparer eux-mêmes pour lui donner le parfum qu’ils affectionnent
- Purgation du tabac — Il faut en premier lieu purger le tabac et lut taire mbir une préparation toute spéciale qui lui permettra de s’imprégner du parfum. Pour cela, ilest nécessaire d’avoir un filtre : petite cuve percée d’un trou, fermé par un bouchon, à la partie inférieure, pour laisser couler l’eau en ten ps voulu. Une toile forte, très fine, non tendue (de manière à faire poche) sera maintenue par une ficelle aux bords de la cuve (fig. 1).
- On pro< ède alors de la façon suivante :
- On met le tabac en poudre sur la toile faisant filtre et on verse de l’eau dessus. Au bout de 14 heures de macération on laisse écouler l’eau en retirant le bouchon et on la renouvelle.
- Si l’on veut avoir un tabac parfaitement purgé, il est préférable de recommencer l’opération deux autres fois ; mais il faut aussi avoir soin de presser, la dernière fois, le tabac dans la toile pour en exprimer toute l'eau qu’il contient. On le met ensuite au soleil, en l’étendant sur des claies recouvertes d’une toile serrée.
- Lorsque le tabac est bien sec, on le remet dans le filtre, mais cette fois on remplace l’eau ordinaire par de l’eau de fleurs d’oranger ou d’angélique On ne laisse écouler le liquide qu’au bout de 14 heures, comme précédemment, et ayant expiimé tout ce qui peut en sortir on met à nouveau le tabac sécher sur les claies, en le remuant de temps en temps et en l’arrosant encore d'eau parfumée.
- Tout ce préparatif est nécessaire pour disposer le tabac ,à recevoir l’odeur désirée. Si un veut le faire moins excellent, et aussi pour perdre moins de poudre, on peut ne le passer qu’une fois dans l’eau parfumée ; de même on peut le purger plus faiblement en ne le passant également qu’une fois dans l’eau ordinaire. Cette purgation suffira d’autant mieux si, lorsqu’on le laisse sécher au soleil sur les claies, on le remet plusieurs fois en pâte, en l’arrosant deux ou trois fois d’eau aromati-ée.
- Tabac par-fumé aux fleurs. — Les fleurs de tubéreuse, de roses musquées et de jasmin communiquent le plus facilement leur odeur.
- Dans une caisse garnie de papier sec, on fait un lit de tabac, d’une épaisseur de deux centimètres, puis un lit de fleurs et ainsi de suiie. Après les avoir laissés pendant 24 heures, on sépare les fleurs en sassaut le tabac On remet ensuite de nouvelles fleurs et on refait cette opération plusieurs fois, si l’on veut avoir un tabac délicieux. On peut alors 1 enfermer dans des boîtes pour le conserver.
- On peut également procéder d’une autre façon, en mettant les fleurs sur chaque lit de ta^gc entre deux feuilles de
- papier piqné de trous d’épingle. Afin de perdre moins de poudre, il faut tamiser à l’aide d’un tamis très fin ce le qui sera passée par les trous et entrée dans les fleurs.
- Cette deuxième façon de procéder offre moins de difficultés que la première) mais ii est nécessaire de renouveler les fleurs quatre ou cinq fois pour qu’elles communiquent parfaitement leur parfum.
- On peut aussi donner au tabac une odeur fort agréable avec des boutons de roses dont on ôte adroitement le calice et le pistil ; à la place on fait entrer un clou de girofle, en ayant soin de ne pas écarter les pétales qui sont en’assés et pressés. Avant de se servir de ces boulons on les expose au soleil, dans un bocal en verre, un mois ou deux.
- On fait encore un tabac parfumé, dit de mille fleurs, avec une quantité de fleurs de diff érentes odeurs, mêlées, en ménageant la quantité de chacune selon le plus ou moins de parfum qu’elle peut donner, de telle sorte qu’il ne s’en trouve pas qui prédomine.
- Tabac â odeur de civette. — Il suffit de mêler et de remëlt-r dans le creux de la main, en les malaxant avec le pouce, un peu de civette et un peu de tabac. On peut également procéder ainsi pour toute autre odeur
- Pour le tabac ambré, il est préférable de faire légèrement chauffer dans un mortier un mélange de 1 gr. d’ambre pulvérisé pour une livre de tabac, mais il vaut mieux n’ajouter ce dern’er que peu à peu. On malaxe le tout, par petite quantité dan- le creux de la main.
- Tabac odorant à la façon de Malte — La prc paraiion est plus longue. On prend du tabac déjà parfumé à la fleur d’oranger et on le parfume à l’ambre de la f*çon dont il vient d’être dit. Cela fait, on retire ce premier mélange du mortier, dans lequel on broie avec un peu de sucre environ 5o centigrammes de civette; on y ajoute ensuite le tabac peu à peu.
- La véritable méthode de Malte consiste à réduire en poudre des racines de rosier et de réglisse dont on a en evé la première peau ; on tamise ; on arrose d'un peu de très bon vin blanc ou d’eau-de-vie et on incorpore au tabac.
- Tabac odoriférant façon d’Espagne. — On broie dans un mortier, en le faisant légèrement chauffer, comme pour le tabac ambré, 1 gr. de musc avec un peu de sucre et on y ajoute peu à peu une livre de tabac. On broie ensuite 5o centigr. de civette et l’on mélange le tout d’une façon parfaite Si l’on veut une odeur plus douce, il faut mettre plus de tabac ou moins de parfum.
- Comme le tabac d’Espagne est très fin et tirant sur le rouge, on prend du tabac très fin et rougi; on le pile et on le passe par un tamis de soie. On le parfume après l’avoir purgé.
- Pour donner au tabac une couleur rouge ou jaune. — Suivant la couleur désirée, on broie à l’huile, de l’ocre rouge ou jaune, gros comme une noix et on le détrempe peu à peu avec de l’eau. On broie à nouveau, avec de la gomme adragante fort additionnée d’eau et on délaie encore dans l’eau. On prend alors la quantité de tabac nécessaire, bien purgé, et* avec cette eau colorée et gommée on fait une pâte qu’on laisse reposer un jour. On l’expose ensuite au soleil, étendue sur une toile, la remuant de temps en temps pour qu’elle sèche partout et rapidement.
- Quand le tabac est bien sec, on tamise de nouveau pour le débarrasser de la matière colorante qui ne tient pas.
- Il n’y a pas d’inconvénient de se servir du tabac préparé aux fleurs pour lui donner ensuite une odeur de musc, d’ambre ou autre parfum. Il semble au contraire qu il prend mieux les autres essences et les conserve plus longtemps.
- Il faut avoir soin de bien enfermer les tabacs parfumés afin qu’ils ne g’éyentent pas, y. BiçmEït,
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qni parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La NattlFB oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présent tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, 11 ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — A propos de l’élevage des renards argentés (n° 2653). — M. de Bazelain de Lesseux, inspecteur des forêts, nous écrit :
- « J'ai visité la ferme d’élevage de Thannenkirch.
- Son directeur actuel permet la visite de l’établissement à quelques personnes, mais c’est à titre exceptionnel. Il se montrera, je crois, plus facile dans le courant de l’été, ses pensionnaires n’ayant plus les mêmes motifs d’être maintenus dans une complète tranquillité.
- Pour s’y rendre, s’arrêter en automobile sur la route : Kônigsburg, Thannenkirch, Ribeauvillé, à l’eqtrée au nord de Thannenkirch. Un chemin très rapide permet de là de gagner à pied la ferme, 3 quarts d’heure environ pour monter, 20 minutes pour descendre ».
- Ajoutons que la Revue des Eaux et Forêts a publié en annexe à son numéro de décembre dernier une étude intéressante sur l’élevage des renards argentés aux Etats-Unis (Berger-Levrault, éditeur).
- Réponses. — M. Remacle, à Seraing. — La formule de Mailland que nous connaissons, pour la préparation d’un vernis de lutherie, est la suivante ;
- Mastic en larmes................... . 100 gr.
- Gomme dammar blanche, très tendre. 5o — Essence grasse de térébenthine . . . 1000 cm5
- Huile de lin crue.................... 5o . —
- Dans une bouteille à fond assez large et pouvant bien se boucher, on met des fragments de verre propres destinés à diviser la masse, puis l’essence grasse préalablement colorée par le colorant convenable, orcanète par exemple, on ajoute le mastic et abandonne vingt-quatre heures en agitant fréquemment. On introduit alors la gomme dammar et laisse également en contact pendant le même temps. Finalement on verse peu à peu l’huile en remuant bien et laisse au repos une quinzaine de jours à l’abri de la lumière, après quoi on filtre sur coton. La mixture ainsi préparée doit habituellement attendre une maturation de six à huit mois avant d’être employée utilement.
- Les professionnels modifient, paraît-il, quelque peu cétte formule de manière à constituer deux sortes de vernis, le premier très chargé en huile servant à la mise en couleur, qui n’a pas besoin d’être siccatif et dont la dite huile peut être crue; le second vernis destiné à donner le brillant comporte une partie d’huile siccati-vée, ce qui le fait durcir. N. R. L’essence grasse est de l’essence de térébenthine exposée longtemps en vase ouvert et qui en fixant de l’oxygène a pris une certaine viscosité.
- 20 Pour vous procurer le livre de Gallay, il faudrait vous adresser à des marchands de livres anciens, voici quelques adresses : Th. B»lin, *9, quai Voltaire ; Bibliophiles parisiens, ix, rue de Ghâteaudun ; Blaizot, 21, boulevard Haussmann; Bosse, 16, rue de l’Ancienne-Comédie; Bourdeaux, 5a, avenue Victor-Hugo; Cha-monal, 20, rue de Varenne; Gougy, 5, quai Conti; Grund et Maguel, 9, rue Mazarine; Leplanquais, 37, qun des Grands-Augustins.
- E. P., à Saint-Etienne. — La seule condition à réaliser pour que la gravure sur verre à l’açide fluorhydrique soit opaque est d’employer le produit à l’état gazeux, en mettant dans le fond d’une cuvette en plomb du fluorure de calcium que l’on arrose d’acide sulfurique, puis en couvrant avec la Jame de verre que l’on veut dépolir. Si au contraire on se servait d’acide fluorhydrique liquide la gravure resterait transparente. Dans la pratique industrielle, on dépolit surtout au jet de sable, avec protection par des caches pour les parties à réserver, ou .bien on se sert de fines meules d’acier lorsque l’objet à graver est très maniable, verrerie de table par exemple.
- M. le D' Anquez, à Bourbourg (Nord). — Pour la remise en état de vos plats d’étain qui ont subi une détérioration par commencement de fusion, le mieux est
- de vous adresser au Groupe de réparateurs d’objets d’art, dont le président est M. Mongruel, 11, rue de Sévigné ; à défaut voici quelques adresses de réparateurs susceptible d’effectuer ce travail : André, i5, rue Du-frénoy, i5*; Hamono, 53, rue de Miromesnil ; Hiron, 17 bis, avenue Pierre-I*r-de-Serbie ; Lancel, 6, rue de l’Université; Ledentu, 64, rue de Sùntonge; Passerat, 35, rue Bréguet ; Poulaillon, 16, rue du Parc-Royal; Vieilhomme, 26, rue Servandoni.
- M. Bonlial, à Paris —- U n’y a absolument rien à faire pour enlever l’encre de Chine sur le papier. Cette encre étant à base de carbone insoluble dans tous les réactifs doit être considérée comme indélébile et ne peut être enlevée sans altérer le support. 11 en serait de même de l’enere d’imprimerie et de l’encre à tampon à base de noir de fumée, noir de pétrole, etc.
- Instituto Franco-Ingles, à Guadalajara — La pâte à modeler à base d'argile et glycérine est une pâte pour travaux d’études et n’est pas destinée à l’exécution de sujets à conserver, il ne peut donc être question de s’en servir en vue de travaux définitifs. Quant aux proportions des constituants, elles sont évidemment variables suivant les argiles dont on dispose «*t leur pouvoir absorbant. Si vous désirez conserver les maquettes, employez une pâte à la cire dans le genre de celle dont vous-trouverez la fo-mule comme réponse à M. Wirtz, de Libourne, dans un précédent numéro.
- M. Van Havre, à Wyneghem (Belgique). — j° La formule d encre bleue pour stylos à laquelle vous faites
- allusion est la suivante :
- Bleu de méthylène................... 4 gr-
- Alun pulvérisé...................... 4 —
- Eau distillée.................... 5oo cm3
- Alcool à g5°....................... 20 —
- Glycérine......................... i5 —
- Faire dissoudre le bleu dans l’alcool, l’alun dans l’eau, mélanger, ajouter la glycérine, filtrer sur tampon de coton hydrophile. 20 Pour transporter un dessin de broderie sur une étoffe on commence par prendre de ce dessin un calque sur papier transparent, puis au moyen d’une aiguille ou d’une molette on perfore le papier d’un grand nombre de petits trous en suivants les traits.
- Cela fait on applique le « patron » sur le tissu et on en frotte la surface circulairement avec un tampon de coton imprégné de poudre à poncer colorée. La matière colorante passe au travers des trous et vient marquer en pointillé le dessin.
- La poudre à. poncer se prépaie très facilement en fondant de la résine ordinaire ou colophane et en y ineorporan’ 10 à 20 pour 100 soit de bleu d’outremer si on désire des points bleus, soit de rouge de Venise si on préfère le rouge. Le mélange bien homogène est versé sur un marbre, puis finement pulvérisé après refroidissement.
- Pour donner de la solidité au des’ia ainsi exécuté sur l’étoffe on passe un fer chaud qui fond la résine et le travail de broderie peut alors s’exécuter sans craindre que le motif disparaisse pendant les m inipulalions.
- M. Laurent, à Bruxelles. — Le travail des outils tranchants est caractérisé par l’enlèvement, à la surface de la matière, d’une couebe plus ou moins épaisse par la pénétration d’un eoin métallique, dont l’angle formé par les deux faces est appelé angle de coupe ou angle de tranchant. Pour exécuter le plus facilement possible ce travail il faut que la face du coin qui regarde la surface nouvellement libérée forme avec ceUe-ci un angle convenable dit angle de dépouille, -faute de quoi il y »urait frottement inutile ou talonnage.
- Dans la pratique industrielle on a constaté que les meilleures conditions étaient remplies pour :
- Angle de coupe. Angle de dépouille.
- Acier................6o° 5° à io°
- Laiton ...... 800 5^ à io°
- Bois.................a5° 20° à a50
- En dessous de l’angle de coupe de a5° se placent les outils affilés qui travaillent non seulement par avancement direct, mais par un déplacement latéral, de sorte que la lame agit en même temps comme une scie minuscule.
- Plus l’outil est affilé, plus il est nécessaire d’enlever après repassage à la meule, qui donne l’angle de coupe,
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- BOITE AUX LETTRES
- le morftl ou mince lame de métal qui cède constamment, sous l’effort d’arrachement de la meule, malgré des passages réitérés, à cause de la souplesse. Ce morfil, par sa présence, empêche le contapt du tranchant avec la partie à attaquer; pour le faire disparaître on passe la lame repassée sur une pierre huilée, en lui donnant un mouvement laléral.
- De l’observation précédente il résulte que la constatation d’un bon affilage peut se faire par un examen à la loupe qui révèle si le morfil est bien enlevé, mais d’autre part il faut se rappeler que la facilité de pénétration de la lame est subordonnée à l’angle de coupe qui doit être approprié à la nature de la matière à sectionner. la difficulté d avancement étant d’autant plus grande que l’angle de coupe est plus accentué et le fil s’émoussant d’autant plus facilement que la matière est plus dure; l’expérience seule fait, dans chaque cas, fixer les conditions les meilleures à adopter.
- M. C. Aliénâtr à Nice. — La note que vous nous avez communiquée montre simplement que votre fournisseur manquait de ces articles au moment où il vous faisait envoi d’autres produits. Il est très probable que vous pourrez vous procurer de l'acétate de cellulose et de la triacétine, soit chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne ; soit chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince. Yoici d'autre part quelques adresses : Würtziie, Comptoir géologique et minéralogique Stuer, 4, rue de Cas-tellane ; Boubée, 3, place Saint-André-des-Arts; Auzoux, 56, rue de Vaugirard; Deyrolle, 46, rue du Bac ; Ouate de cellulose Joulin, 8, rue de Tracy, Paris, 20.
- M. Lange, à Paris. — i° La galvanoplastie a été imaginée en 1837 par Jacobi et Spencer qui ont au début électrolysé le sulfate de cuivre, elle a été ensuite perfectionnée par Bocquillon et Murray C’est en 1840 qu’Elkington fit les premiers dépôts d’argent et d’or en décomposant le cyanure double de potassium et du métal. Depuis cette époque, seules des modifications de détails ont été apportées à leurs procédés. 20 Comme vernis blanc protecteur à appliquer sur le papier, la formule suivante vous donnera très probablement satis-
- faction :
- Gomme laque blanche................ 5 gr.
- Térébenthine de Venise............. 5 —
- Alcool à g5°.......................go cm3
- Laisser digérer pendant quelques jours dans un flacon bien bouché en agitant fréquemment, filtrer pour séparer les impuretés et employer soit au pinceau doux, soit, ce qui est préférable, avep un pulvérisateur. 3° La dorure au mercure remonte à la plus haute antiquité, car on en trouve mention dans les écrits de Pline, le naturaliste. Ce procédé consiste à appliquer sur le métal à dorer une couche d amalgame d’or que l’on décompose ensuite par la chaleur pour chasser le mercure II ne peut s’app'iquer qu’à la dorure des métaux attaquables par le mercure, tels que l’argent, le cuivre, le bronze ; il se forme d’abord un ama'game double d’or et du métal-support, amalgame qui laisse après chauffage intense un alliage adhérent d’or et du métal. Lorsque l’on veut dorer au mercure du fer ou de l’acier il faut au préalable le recouvrir de cuivre ; le bronze est lo métal que l’on dore le plus fréquemment, l’amalgame employé contient 67 pour 100 d’or et 33 pour 100 de mercure.
- M Guillebaud, à Pantin — 1“ Pour Y organisation de séances d ombres en relief vous pouvez vous adresser au comptoir Gaumont, rue Saint-Roch ; Pour naturaliser les plantes on commence par se procurer du sable blanc très fin qu’on lave soigneusement pour le débarrasser de l’argile qu’il peut contenir ainsi que des impuretés organiques; le sable est ensuite séché au four, puis, pendant qu’il est encore légèrement chaud, on y incorpore un mélange fondu de 25 gr. d’acide stéarique et 20 gr. de blanc de baleine par 25 kg. de sable et rend bien homogène. On prend alors une caisse en bois ou en tôle dont le fond est mobile ; à quelques centimètres de ce fond on soude un grillage en fer, dans les trous duquel on pique la partie inferieure des plantes de façon qu’elles soient bien verticales. Cela fait on verse doucement le sable préparé dans la caisse, en le tamisant pour qu’il pénètre partout, dans les interstices, sans tassement. Quand la plante est complètement recouverte on porte la boîte dans une étuve ou à défaut un four dont la température doit être comprise entre 35° et 45° C, on l’y laisse 5 à 6 heures, après quoi on
- retire la boîte et le lendemain seulement on dégage le fond mobile, ce qui permet au sable de s’écouler; la plante étant ainsi libérée on enlève avec un pinceau doux les derniers grains de sable qui pourraient adhérer aux tiges et aux feuilles. Si on désire aviver la coloration on trempe dans une solution alcoolique d’une couleur d’aniline correspondant à la teinte désirée. Pour éviter la reprise d’humidité à Pair, il ne reste plus, après évaporation de l’alcool, qu’à tremper rapidement dans une solution d’essence pour autos contenant 5 pour 100 de paraffine, la conservation est désormais assurée.
- M. Dubuffet, à Paris. — Nous ne possédons pas de documentation sur la composition des liquides employés dans le procédé de polygraphie dont vous parlez, le fabricant n’en ayant pas vulgarisé la formule.
- M. J. Grach, à Toulouse. — 1“ La meilleure utilisation que vous puissiez faire de vos huiles de graissage usagées est de vous en resservir après épuration; nous vous signalons qu’un appareil très bien conçu a été mis au point récemment dans ce but par M. Janin et a reçu le deuxième prix de l’Office national des Recherches et Inventions. Tous renseignements vous seront fournis à l’Office, 1, avenue du Maréchal-Gall eni, à Bellevue (Seine-et-Oise) ; a0 Nous pensons qu’il vous suffira, pour assujettir vos verres de montre dans la feuillure, de déposer, après les avoir montés, quelques gouttes, sans excès, de vernis ordinaire à la gomme laque blanche. (Gomme laque 10 gr., alcool à g5°, 100 cm2; filtrer après dissolution.)
- M. Simon-Benoît-Genin, à Septmoncel (Jura). — Les parquets sans joints sont essentiellement constitués par de la magnésie lourde délayée dans une solution de chlorure de magnésium. Au mélange on ajoute pour l’alléger de la sciure de bois, ou de la poudre de liège et on colore par un pigment minéral approprié tel que l’ocre jaune ou rouge. Voici quelques adresses de fournisseurs de produits magnésiens : Blanc, 88, boulevard Magenta; Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice à Aubervilliers ; Iven, 22. rue des Acacias à Ville-momble (Seine); Société française des Produits magnésiens de Villeneuve d’Aveyron, x36, rue de Vaugirard. Si vous préférez des prépxrations en mélanges tout prêts à employer, vous adresser aux maisons suivantes : Douce et Moulins (Terrazoüth), 64, rue Petit; Société française du parquet sans joints (Linol parquet), g, rue du Congoà Pantin (Seine); E. Garlier (Doloment), 77, boulevard Diderot; E. Sequin (Euboolith), 36, bis, rue Laugier; Etablissements Brousse, 9 rue Lagny, enfin aux usines Solina à Migenne-Laroch** (Youne).
- M. Cuffaud, à La Croix-au-Bailly (Somme). — Le laitonnage du fer au trempé n’est pas à recommander, car les dépôts sont très minces et présentent peu d’adhérence ; si cependant vous désirez en essayer, voici comment vous pourriez opérer : les surfaces étant bien décapées frotter fortement avec une brosse dure mouillée avec une solution saturée de sulfate de cuivre et de sulfate de zinc en même temps que l’on saupoudre la pièce de crème de tartre en poudre. Dans l’emploi du tonneau, le brossage est inutile puisqu’il est remplacé par le frottement réciproque des objets.
- R. B., à Amiens. — i° Aucun enduit superficiel n’est susceptible de résister sur des haltères à cause des chocs auxquels elles sont exposées; à noire avis le mieux «erait de donner à la pièce un noir bleuté que vous pouvez obtenir ainsi, d’après Michel :
- Appliquer à la brosse une solution contenant :
- Chlorure ferrique calciné anhydre. . . 125 gr.
- Eau ordinaire...........................1000 cm2
- Alcool dénaturé,........................ïooo —
- Laisser sécher, puis exposer pendant une heure à la vapeur d eau bouillante. Répéter ce traitement deux ou trois fois, puis plonger un quart d'heure dans l’eau bouillante, brosser à la brosse métallique en fil de fer, sécher et huiler légèrement;
- 20 L'acier ne se rouille que s’il présente une surface rugüeuse; il conviendrait donc pour protéger les pièces de les passer d’abord à la toile émerisée très fine, enfin de les polir au brunissoir d’acier. Un très léger graissage à la graisse consistante les mettra alors à 1 abri de l'oxydation. Cetle graisse ne doit pas être appliquée avec le doigt, mais avec un chiffon fin dans lequel elle est enfermée à la manière d’un cataplasme, on obtient un graissage parfait tout en étant à peine visible.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’origine tourbillonnaire de l’atome et ses conséquences, par J. Vabin d’Ainvelle. i vol. in-8 raisin, 2'5 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1924. Prix : 20 francs.
- L’auteur s’efforce de déduire les lois de la physique de l’hypothèse suivante : les atomes sont des tubes de tourbillon, nés et se mouvant dans l’éther, fluide subtil, mais doué des propriétés générales des fluides réels.
- Les méthodes de prévision du temps, par J. Rouch r vol. in-16, 280 p., 16 fig. Nouvelle collection scientifique. Félix Alcan, Pâtis. Prix : 10 francs.
- Dans ce livre, le commandant Rouch étudie les différentes solutions apportées au problème de la prévision du temps. La question fut toujours d’actualité et l’auteur, avant de faire l’exposé détaillé des dernières découvertes de la science, rappelle les méthodes empiriques d’autrefois : observations de la lune, du soleil, des étoiles, des plantes et des animaux. Puis il examine la valeur des observations météorologiques locales, longtemps seules utilisables, et celle des observations simultanées sur de nombreux points d’un très grand espace que permet aujourd’hui la T. S. F. Ecrit avec clarté, d’un style agréable, cet ouvrage documenté et impartial est un des meilleurs qu’on ait écrit sur ce sujet.
- Les matières plastiques et les textiles artificiels, par MM. Clément et Rivière, i vol. 4^0 p., 98 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1925. Prix : 55 francs.
- L’industrie des matières plastiques forme aujourd’hui un groupe très diversifié, mais d’une importance économique considérable. L’ouvrage d’ensemble que lui consacrent MM. Clément et Rivière, spécia- ! listes autorisés en la matière, arrive à son heure pour guider les industriels et les praticiens. Ces auteurs étudient tout d’abord les matières plastiques albuminoïdes, en insistant surtout sur deux d’entre elles qui font l’objet d’une fabrication industrielle : la caséine e,t la gélatine. Puis ils passent à la cellulose d’où dérivent aujourd’hui les plus importantes ! des matières plastiques. Ils résument la chimie de la cellulose et les procédés de fabrication de cette substance pour étudier ensuite en détail la production et les propriétés des nitrocelluloses et des plastiques à bases de nitrocelluloses, c’est-à-dire des celluloïds; de même ils étudient ensuite les acétocellu-loses. Un important chapitre est consacré aux vernis cellulosiques. Le chapitre suivant traite des plastiques i à base de résines synthétiques (genre bakélite). La ) fin de l’ouvrage traite des diverses soies artificielles I avec un dernier chapitre consacré à la description des procédés industriels actuellement employés pour la récupération des dissolvants.
- Les applications usuelles de la chimie, par René Audu-bert avec la collaboration de Mlle Quintin. i vol.
- 183 p., 74 fig- L. Eyrolles, éditeur, Paris 1924. Prix :
- 20 francs.
- Cet ouvrage contient une série de « leçons de choses » rédigées à l’usage du grand public et consacrées à Un certain nombre de groupes de substances usuelles : -les engrais, les aliments, les matériaux de construction, les tissus, les combustibles, les parfums et les pierres précieuses. L’auteur indique les principales propriétés de ces substancés, décrit brièvement leur fabrication et signale leurs principaux emplois.
- L'avènement des armes automatiques, par Marcel Devouges. i vol. ag'1 p., 4° fig- Charles Lavauzelle, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Les armes à feu automatiques, au cours de la grande guerre, ont joué un rôle capital, qui n’a cessé de grandir, depuis les premiers jours jusqu’à la fin des hostilités. Il est manifeste qu’elles doivent, dans les armées de l’avenir, constituer l’armement essentiel de toute infanterie. L’excellent ouvrage de M. De-vouges montre très clairement l’état actuel de la question. Il commence par une très claire description générale des divers mécanismes qui ont été utilisés
- jusqu’ici pour réaliser l’automatisme des armes à feu portatives. Il étudie ensuite les propriétés de ces armes et les conditions pratiques de leur emploi. Puis il passe en revue les différents modèles existant avant 1914, et il montre l’évolution de l’armement automatique au cours de la guerre chez chacun des belligérants. Le dernier mot du progrès n’a pas encore été dit en ces matières ; l’auteur montre qu’il y a place encore pour de nombreux perfectionnements, dont certains peuvent être révolutionnaires. Il insiste avec raison sur la nécessité d’organiser fortement et judicieusement les unités d’infanterie appelées à mettre en oeuvre les armes automatiques, et, à la lumière des enseignements de la guerre, il propose des solutions qui méritent certainement d’être méditées par qui de droit.
- Ma petite bicyclette ^Sa pratique), par Baudry de Saunier. 1 vol. in-16 raisin, ïSq p., 44 fig- Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce petit volume, écrit avec le talent de vulgarisation habituel à l’auteur, résume tout ce qu’il faut savoir pour comprendre la bicyclette, l’utiliser intelligemment, la régler, l’entretenir et la réparer.
- Comment les industriels américains économisent la main-d'œuvre, par J. Rousset. i vol. illustré, 220 p. Desforges, éditeur. Paris, 1924. Prix : 18 francs.
- Ce volume est consacré au système Taylor et aux différents systèmes dérivés de celui-là, dont le but est l’organisation rationnelle du travail industriel, ce que les Américains appellent Scïentific Management. L’auteur résume ces méthodes, montre les résultats obtenus là où elles ont été appliquées judicieusement, et indique surtout les principes qui doivent guider quiconque cherche à les utiliser. Car l’aménagement scientifique d’une usine est, en réalité, un art difficile, et non une collection de règles rigides et mécaniques à appliquer aveuglément. Il y a,»en particulier, un écueil à signaler et sur lequel n’insistent pas assez en général les défenseurs des méthodes américaines; c’est que celles-ci ne sont pas transplan-tables, sans modification, dans un milieu différent de celui d’outre-Atlantiqae. La bonne utilisation des énergies humaines exige tout d’abord l’étude psychologique de l’homme lui-même et de son milieu, C’est ainsi que le service dit des « suggestions », dont le but est d’inciter Je personnel à la recherche des perfectionnements, donne, nous dit-on, d’excellents résultats aux Etats-Unis, tandis qu’il n’a jamais rien donné d’utile quand il a été appliqué en France sous la forme américaine.
- Nutrition de la plante. IY. Cycle de l’azote, par Marin Molliard. i vol. ia-16, 33o p., 56 fig. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris. Prix : i5 francs.
- Ce volume est le quatrième de ceux que l’auteur a consacrés à la nutrition des végétaux ; après avoir, dans les trois premiers, étudié les échanges des matières minérales, la formation des substances carbonées, l’utilisation de celles-ci, M. Molliard aborde ici l’histoire des substances azotées.
- Il étudie successivement les protéiques des végétaux supérieurs et inférieurs, les sources d’azote d’où la plante les tire, leur digestion, leur transformation et leur rôle. La dernière partie traite des substances azotées non protéiques : glucosides, composés cyano-génétiques, alcaloïdes, lipcïdes azotés.
- M. Molliard, doyen, de la Faculté des Sciences de Paris, continue ainsi la publication du traité de physiologie végétale qui contiendra 8 volumes. C’est le seul ouvrage de ce genre écrit récemment en France. 11 est remarquable par sa clarté, sa belle exposition, sa documentation très complète et bien à jour. Intéressant tous les biologistes et les agriculteurs il est l’ouvrage de choix à lire et à méditer pour connaître les phénomènes de la vie chez les plantes.
- Le problème économique de l’œuf, par Francis Marre. 1 broch. in-16, 58 p. Editions scientifiques françaises, Paris.
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- LA NATURË
- Supplément.
- N° 2650 2\ Mars 1925
- Lê raid transafricain de la mission Delingette. — De nombreuses missions d’études viennent, on le sait, de sillonner le Sahara, grâce à l’automobile, avec une rapidité et un succès remarquables. Ces beaux raids ouvrent une ère nouvelle dans l’histoire des relations économiques et des courants de transport entre les di-verses régions de l’Afrique.
- Un raid plus remarquable encore, à certains égards, est actuellement poursuivi par le capitaine Delingette. Celui-ci a entrepris de traverser toute l’Afrique du Nord au Sud, en simple touriste, en compagnie de sa femme et d’un mécanicien, à bord d’une automobile.
- Le départ a eu lieu à Oran, le i5 novembre 1924; le capitaine et Mme Delingette s’étaient joints pour la traversée du Sahara à la mission Gradis-Franchet d’Espe-ret. Ils s’en séparèrent à Niamey sur le N*ger, pour piquer vers l’Est et tenter de rejoindre Fort-Lamy, par Zinder et Kano. Des inondations au sud du lac Tchad le* obligèrent à rebrousser chemin, à revenir à Kano pour contourner le Tchad par le Nord. Le 14 janvier, les deux voyageurs arrivaient à Fort-Lamy ayant couvert 8000 kilomètres.
- De là, ils gagnent Banghi, chef-lieu de la colonie française Oubanghi-Cbari, situé en pleine forêt tropicale; région de parcours difficile, montagneuse, coupée par de nombreuses rivières Après avoir ainsi traversé la partie Est de l’Afrique Equatoriale française, les deux hardis automobilistes continuèrent leur route à travers le Congo Belge jusqu’à Stanleyville; de là, en franchissant à nouveau une région de forêts épaisses, ils se dirigèrent vers le lac Victoria et la colonie anglaise du Mont-Kenya. Ils viennent d’arriver dans la capitale de ce territoire à Nairobi. Plus de iS ooo km ont été parcourus depuis le départ. La voiture qui a permis d’accomplir ce merveilleux voyage est une automobile à 6 roues Renault.
- Le bassin houiller de Lyon. — A la suite d’un effort méthodique de prospection, poussé énergiquement surtout depuis 1915, on a découvert l’existence d’un bassin houiller à proximité immédiate de Lyon. M. Joleaud, dans l Outillage, donne des détails sur ces recherches et les espoirs que provoquent leurs résultats. La tectonique, la branche des sciences de la terre qui s’occupe des relations réciproques des ensembles de roches constituant le sous-sol d’une région, a fait depuis le début du xx° siècle de grands progrès. Grâce à eux, lorsque dans une région les différentes couches de terrains sont bien connues, leurs formes bien définies, et précisément tel est le cas des régions de charbonnages, on peut, d’après les principes de la continuité tectonique des zones plissées, construire par la pensée les prolongements latéraux des divers horizons géologiques. Cette méthode a permis déjà de découvrir de nouveaux bassins houillers, ou d’accroître la superficie de bassins connus. C’est ainsi qu’a été découvert l’important bassin houiller de la Campine Belge.
- En partant des mêmes idées, on s’est attaché à rechercher le prolongement oriental du bassin houiller de Saint-Etienne. Les prospections entreprises ont montré que ce prolongement existe, et qu’il dessine, dans le département de l’Isère, à une certaine distance à l’Est du Rhône, une assez forte inflexion vers lè Nord, Nord-Est, vers Mions, Ghassière, Meyzieux, décrivant ainsi un arc de cercle à 10 km . en moyenne au Sud-Est et à l’Est de Lyon.
- La partie de la région lyonnaise où ont' été entrepris les premiers sondages en 1915 commence à‘Saint.-Sym-phorien d’Ozon et à Communay, à l’Est de Givors. Elle se continue vers l’Est par les lignes de hauteurs qui dominent Heyrieux et la Verpillière pour atteindre le Rhône, en amont de Lyon. Plus récemment des sondages ont été ent épris aux environs de Janneyrias, à l’est de Meyzieux; puis traversant le Rhône et remontant vers le Nord, aux environs des localités: de Jonas, Jons et Torcieu, dans l’Ain. Des campagnes de sondages méthodiquement poursuivies ont permis de déterminer les limites du carbonifère dans cette région ; et d’encadrer 3 zones dans lesquelles les puits ont rencontré la houille exploitable. La première se trouve à l’Est de Givors, à quelques kilomètres du village de Communay, dans le
- voisinage des villages [de | Marennes, Chaponnay et Mions. Une autre zone a été repérée à la Croix Rouge, à l’Est de Saint-Symphorien d’Ozon. Enfin la troisième zone est très voisine de Lyon, elle comprend les sondages de Gênas, Chassieu, Azieu qui tous trois ont recoupé le combustible à des profondeurs exploitables.
- A Chassieu. à 5 km 5 de Lyon, le charbon a été trouvé à 4^o m au-dessous du sol.
- Ainsi, la France semble sur le point de s’enrichir d’un nouveau bassin houiller. Il serait prématuré d’en évaluer la puissance; mais il jouira d’une situation géographique exceptionnelle et apportera sans aucun doute d’heureuses modifications à la situation économique de la région lyonnaise, déjà si prospère.
- Les serpents et la corde en crins de cheval. —• Au moment où la mission Citrcëa s’apprêtait à traverser le Sahara, un de ses chefs, M. Haardt, reçut de Philadelphie la lettre suivante : « Nos plaines de l’Ouest sont pleines de serpents à sonnettes, et, comme vous le savez, leurs morsures sont mortelles. Il y a quelques années, les gardiens de bestiaux ont trouvé qu’un serpent ne passait jamais par-dessus une corde en crins de cheval. Eu raison de leur grande résistance, ils avaient l’habitude d’employer ces cordes pour attacher le bétail.
- Il n’y a plus maintenant un gardien de bétail qui aille se coucher sans avoir étendu une de ces cordes autour de son lit. Si vous voulez emporter cette corde à tout endroit où il y a des reptiles, vous verrez qu’il est impossible qu’un serpent la traverse. Vous devez toutefois bien nouer les extrémités; puis il suffit d’étendre simplement cette corde autour de votre lit et vous aurez une bonne « police d’assurance » contre les morsures des serpents. »
- Le Dr Robert Bourgeon, médecin-major des troupes coloniales, vint au Muséum national demander à essayer l’effet de la corde protectrice sur les serpents de la ménagerie.
- M. Paul Chabanaud se chargea de l’expérience dont il rend compte dans le dernier Bulletin du Muséum national. La corde neuve, grosse comme un doigt, longue d’une dizaine de mètres, tissée serrée en crins blancs et noirs, était hérissée sur toute sa surface de bouts db crins souples. On la mit près d’un Python molure, de couleuvres, de vipères, de deux Cérastes cornus, d’un Trimeresurus (voisin des Lachesis américains). Les couleuvres, les vipères, le Trimeresurus ne semblèrent nullement impressionnés par la corde qu’ils franchirent sans hésiter ; le Python ne s’y décida qu’après l’avoir longée un moment; les Cérastes refusèrent le passage et manifestèrent une répugnance très nette au contact du crin.
- Dans ces conditions, il est difficile de conclure et M. Chabanaud se borne à souhaiter que de nouvelles expériences soient entreprises sur des serpents en pleine activité, dans les pays mêmes qu’ils habitent, pour élucider la valeur de protection du crin de cheval dont l’emploi serait à conseiller,, en cas d’efficacité, dans tous les pays chauds.
- Le « palolo » des Nouvelles-Hébrides. — La Nature a conté, en 1923, une série d’histoires, de vers des plus curieuses ; celle du palolo de l’Océan Pacifique dont les apparitions périodiques ont une telle régularité qu’il mérite le nom de ver-calendrier (n° z58y), puis les rythmes lunaires et les danses de quelques vers de nos côtes, observés par MM. Fage et Legendre au moyen de la pêche au feu (n0! 2591 et aôgS).
- La liste des observations des cpalolos » s’allonge et le dernier Bulletin du Muséum national contient, sous la signature de M. Ch. Gravier, de curieux renseignements que le P. Suas, missionnaire à Aoba (île des Lépreux), a recueillis dans l’archipel des Nouvelles-Hébrides.
- Aux Hébrides, le Palolo s’appelle « Hundu », mot qui, dans le dialecte du pays, signifie : qui a du lait, de i’huile, du jus. La partie utilisée par les indigènes dans leur alimentation est surtout constituée par les matières grasses du vitellus des œufs. .
- Les « Hundus », venus du rivage en foule innombrable, 'gagnent les couches superficielles de la mer, y forment un fouillis inextricable, le soir du dernier quar-
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- INFORMATIONS
- tier de la lune qui commence en octobre. En 1920, date des observations du P. Suas, l’essaimage des « Hun-dus » eut lieu le a novembre. Les Vers se montrèrent vers 9 heures du soir et vers n heures, ils disparurent pour ne plus revenir que l’année suivante, à la même époque On conçoit aisément combien ces être3 énigmatiques, faisant soudain irruption à la surface de la* mer, en masses considérables, à une époque déterminée de l’atnée, pour disparaître brusquement quelques heures plus tar i, ont dû frapper 1 imagination, pourtant si inerte, des indigènes, d autant plus que ceux-ci en prennent le plus possible pour les manger. On raconte cependant qu’un matin, un homme, fort étonné de la disparition subite et complète des « Hundus » quelques heures après sa brusque apparition, se mit en pirogue à leur poursuite ; il dit avoir trouvé en pleine mer les nid s d’où ces Vers sortaient et qui étaient de petits paniers ea panda-nus, ouverts et vides : légende sans aucun fondement
- Les indigènes reconnaissent l’approche de la montée des « Hundus » à la floraison d’un arbre de la famille des Légumineuses (Eryihnna glauca) qu’ils appellent « Rara ». Ce végétal fleurit normalement là-bas vers la fin de juillet. Il faut compter 2 ou 3 lunes à partir de ce moment-là II y a une erreur possible d’une lune suivant le temps qu’il fait, car la marche de la végétation en dépend directement.
- C’est à la lumière de torches en feuilles de cocotier ou en roseaux, préparées d’avance en grande quantité, que se fait la pêche du « Hundu », vrai régal pour les naturels. Généralement, ces Annélides sont bouillis, sans être préalablement lavés, et mangés tels quels Les Fidjiens les fout cuire dans des feuilles, vraisemblablement sur des pierres préalablement chauffées.
- Jadis, deux jours avant la montée, les grands prêtres du pays allaient en pirogue jeter des pierres en mer, assez loin du rivage, pour appeler les « Hundus ». L usage a maintenant disparu; 1 indigène attend patiemment l’arrivée des Polycbètes
- Avec l’apparition des « Hundus » commence la saison des vents du Nord; aussi, les indigènes disen'-ils que ce sont ces Vers qui amènent les grosses houles. De même, comme l’époque où fleurissent les roseaux coïncide avec le retour des vents plus calmes du S ad, ce sont les fleurs de roseaux, pensent-ils, qui apaisent la mer.
- On ne se sert d aucun iontrument pour la récolte des « Hundus » ; on les prend simplement à ooignées. Le corps de res animaux est end it d un mucus agglutinant; en outre, certains indigènes se frottent les mains, avant l’opération, d’une sorte de colle végétale. Tout le monde prend part à la récolte : hommes, femmes, enfants ; cependant certaines gens en sont exclues, soit à cause de leur état physiologique, soit à cause de fautes spéciales dont elles se seraient rendues coupables : ces dieshérités passent pour faire fuir les « Hundus ».
- Pour attirer les « HunduB » les naturels émettent un chant ont 1*8 paroles peuvent être traduites ainsi : « Ils B’ent-elacent, ils s’accrochent comme les franges d’une nappe de Pandanus. » Pendant la pêche, la mer est généralement phosphorescente. L’accumulation d’une telle quantité de nourriture dans les eaux ruperficielles attire une foule de prédateurs et notamment de p issons.
- La montée des « Hundu* » marque une époque dans l’année qui correspondrait, ch* z nous, à quelque fête, comme Noël, Pâques, le ier Jour de l’An, etc.
- Les « Hundus » présentent des tailles et des colorations variées qui tiennent à l’espèce et, dans chaque espèce, au sexe. Ils sont distingués par des noms différents dans la langue des indigènes. Les plus grand» se montrent les premiers ; à la fin, on ne voit que des petits, que l’on dédaigne.
- Il paraît qu'en certains points des Nouvelles-Hybrides, il est d’autres « Hundus » que l’on pêche en plein jour, comme le « Palolo » aux Fidji.
- Les Espagnols en Algérie. — La revue France-Islam, dans son numéro de février igaS, publie un article de M. René Le Conte sur Les Espagnols en Algérie. Nous y relevons les indications suivantes.
- Il existe en Algérie 3oo 000 Espagnols ou descendants d’E-pagnols contre 80000 Italiens ou descendants d Italiens, 20000 Maltais ou descendants de Maltais, 10000 Germaniques (Allemands, Suisses, Autrichiens) ou descendants de Germaniques. Les Espagnols constituent la plus nombreuse des colonies étrangères.
- Espagnols. Etrangers.
- 1901 . . . i55.265 206.097 73,3 0/o
- 1906 . . 117.4^5 166.198 70,5 —
- 1911 . . 13 5.15o 189.162 71,4 —
- 1921 . . . 14 4 3 2 8 188.774 76,6 —
- Le nombre des Espagnols a été en croissant régulièrement depuis l’origine jusqu’en 1896; depuis lors, il a siabi des fluctuations, dues à la mise en application de la loi de 1889 sur la nationalité Voici le tableau des recensements de i833 à 1931 inclus :
- i83 3. t .291 1861, 48 145 189c. ï 5 ï . 859
- 18 3 6. 4.592 1866. 58. , 5to 1896. x57, , 56o
- 1841. 9.478 1872. 7 1 • .366 1901. t 5 5. .265
- 1845. 25 335 1876. 93 . 510 1906. 117. .475
- i85i . 41.558 1881. 114. , 320 iqi 1. 13 5 . i5o
- i856. 42.218 1886. >44- . 53o 1921 . 144 .3q8
- Au point de vue de la répartition géographique, les Espagnols obéissent à la même loi que les Italiens; celle de la proximité du pays d’origine. Leur nombre va en décroissant d’ouest en est, comme le montre le
- tableau suivant pour i9n :
- Département d’Oran.............. 99.40$
- — d’Alger........... 4^ • 97^
- — Gonstantine. . . . 1.686
- Territoires du Sud........... 0 6 4
- 144.328
- La Tunisie en comptait 694 la même année.
- Une vingtaine de mille d’Espagnols viennent tous les ans en Algérie pour les travaux en plein air pendant la belle saison et retournent passer l’hiver dans leur pays.
- Les Espagnols sont originaires ordinairement des provinces maritimes (Catalogne, Baléares, Valence, Alicante, Murcie, Andalousie) et rarement des provinces continentales de la péninsule.
- Les Espagnols jouent un rôle très utile en Algérie. Tout comme les Italiens, on les emploie aux gros travaux, sous la direction de contremaîtres et d’entrepreneurs français. Ils exercent aussi des petits métiers (marchands de fruits, maraîchers, pêcheurs.) Enfin leur facilité d’adaptation à la vie algérienne et leur faculté d’assimilation rapide font d’eux des immigrants désirables.
- Les Musulmans dans l’Inde britannique. — L’Inde anglaise est à l’heure actuelle le pays du monde, qui compte le plus de musulmans.
- Au recensement de 1921, l’Inde anglaise comptait une population mahométane totale de 68 JÎ5 233 âmes, qui e répartissaient en deux groupes principaux : Nord-Ouest et Nord-Est et en plusieurs groupes secondaires.
- Le Nord-Ouest comprend plus de 28 millions dé musulmans, savoir :
- Pendjab \ Province anglaise.
- Etats indigènes.
- T, , ( Présidence. . .
- otn ay l Etats indigènes.
- Agra et Aoude.............
- I Possessions an Béloutchistan < glaises . .
- (Etats indigènes
- Kashmir.
- Radjpoutana
- ’;:3694:o6; (
- 3.820.153 840.675 6.48i.o3i
- 367.282 366.ig5 840.675 900.341
- 4-'66o.8»8
- 733.477
- 28.137.675
- Le Nord-Est en groupe plus de 3 c millions, savoir :
- Bengale.................... 25.210.802
- Béhar et Orissa............... 3.690.182
- Etats indigènes de B. et O.
- Assam...................
- Manipour.............. .
- i6.og5 2.203.460 >7-487 31.137.026
- 3.706.377
- 2-319.947
- 2.844.480
- Les groupes secondaires sont :
- Madras $ Présidence .... 2.480.488
- ( Etats indigènes . . 363.993
- Haïderabad............. (.298.277
- Provinces du Centre et Bérar. 563.574
- Birmanie...................... 5oo.5g2
- Maïssour............... . . . 340.461
- Geylan, qui constitue une colonie de la Couronne indépendante de l’Empire des Indes, nourrit une nombreuse population musulmane :
- Ile de Ceylan............... 3o2.ooo ) 372-.000
- Protectorat des Laquedives . 70.000 ) en 1921.
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- ues de T. S. F.
- Tableau de tens'on-plaque pour alimen'ation directe par le secteur continu. — Nous avons expliqué dans nos chroniques la manière simple d’alimenter un poste de réception à l’aide du courant continu d’un secteur d’éclairage.
- Rappelons qu’il suffit, pour obtenir la tension nécessaire pour les plaques des audions, d’abaisser le voltage à la valeur voulue à l’aide de résistances, et ensuite d’utiliser un circuit-filtre, qui arrête la transmission des courants parasites pouvant produire des bruits fâcheux de réception, et permet d’atténuer les effets dus aux inégalités inévitables du courant, qu’on doit toujours considérer comme simili-continu, et non comme un courant vraiment continu provenant d’une pile ou d’un accumulateur.
- Le circuit filtre s’établit généralement à l’aide de deux condensateurs de a ou 3 microfarads en parallèle, et deux bobines de choc à noyau de fer, comme nous le verrons plus loin. On ramène la tension à la valeur désirée au moyen d’une résistance en série, formée, si l’on veut, par des lampes à incandescence,
- La valeur de cette tension-plaque n’a que relativement peu d’importance pour des lampes ordinaires, on peut alors choisir une tension voisine de 80 volts et qui peut même atteindre 90 volts; pour des lampes à faible
- F/g. 1.— Tableau d’alimentation en courant-plaque sur secteur d’écla:rage à courant continu.
- B, B2, bornes reliées nu secteur; Bs B4, bornes reliées à l'amplificateur; M, interrupteur; 1, 2. 5, lampes à incandescence.
- consommation, au contraire, on ne doit jamais dépasser 80 volts, et il est préférable de maintenir la tension aux environs de 60 volts.
- Un de nos lecteurs, M. l’abbé Le Garrec, nous communique les résultats obtenus par lui en employant de vieilles ampoules à incandescence pour 220 volts. Le courant continu utilisé est à 120 volts.
- M. Le Garrec n’emploie pas de circuit-filtre complet, mais simplement un condensateur C de 2 microfarads en dérivation (fig. x). Le tableau d’alimentation est d’ailleurs disposé sur une planchette, comme le montre la figure 1, avec trois douilles à baïonnette pour supporter les ampoules 1, 2, 3. On remarquera que l’ampoule 1 est ainsi montée en série dans le circuit, et les ampoules 2 et 3 en dérivation. Les fils du secteur sont reliés aux bornes B4 et B2, et l’amplificateur e9t connecté aux bornes B- et B4; l’interrupteur M met l’appareil en service.
- Yoici, à titre d’indication seulement, les tensions obtenues par M. Le Garrec, les ampoules étant désignées par le nombre de bougies indiqué par le constructeur.
- Tensions disponibles. Lampes.
- 40 V. 18 b. 18 b. 60 b.
- 32 60 60
- 45 V. 25 60 60
- 5o v. 18 18 60
- 54 V. x8 32 18
- 32 60 60
- 32 2.5 60
- 60 V. 60 60
- 18 18 18
- 70 V. 5o 64 60
- 80 V. 60 32 5o
- 90 V. 60 32 25
- 98 V. 60 32 18
- I 10 V. 60
- Il est bien évident, comme nous l’avons indiqué, que ces résultats sont donnés seulement à titre d’indication;
- les ampoules employées étaient déjà usées et leur résistance avait pu varier dans de très grandes proportions. Mais il est facile de se rendre compte, en général, du nombre et de la nature des ampoules à incandescence à employer pour obtenir une tension donnée.
- Considérons, en effet, une source électrique de fo^ce électromotrice E, connectée aux bornes B, et Bâ d’un circuit comprenant deux résistances R et R' en série (fig 2) ; on veut se rendre compte de la force électromotrice e disponible aux bornes Bs et B4 en dérivation sur la résistance R. Cette différence de potentiel e est évidemment donnée par l’expression :
- e = E R
- Ch-B3
- o-
- 0
- -e-T-è
- Bq
- Fig. 2. — Schéma' de principe d’un tableau de charge.
- R + R'
- La disposition du schéma reproduit, comme on peut le voir, la disposition du tableau de tension de plaque en question, les résistances R. et R' étant simplement constituées par des lampes à incandescence. Lorsqu’on dispose donc d’un secteur électrique de,voltage E, et qu’on désii'e obtenir une tension e, il suffit de se donner la résistance R ou R’ d’une des lampes pour déterminer la résistance que doit avoir l’autre.
- Il est bon, à ce propos, de rappeler les résistances des lampes usuelles par le tableau ci-dessous :
- Lampes à filaments métalliques 110 volts.
- 16 bougies.........740 ohms.
- a5 — .... 44e* —
- 3a — .... 370 —
- 5o — .... 220 —
- Lampes à filaments de carbone no volts.
- 16 bougies.........220 ohms.
- 32 — .... iio —
- 5o — .... 60 —
- Pour 220 volts les résistances sont doublées, mais il est évident que ces constantes sont indiquées pour des lampes normales et neuves; lorsque l’ampoule a déjà servi, sa résistance augmente, en effet, très rapidement. Cette remarque explique pourquoi les résultats communiqués par M. Le Garrec ne semblent pas correspondre à la formule que nous avons indiquée
- En général, il est d’ailleurs bon d’employer un circuit-filtre plus complet pour obtenir une audition très
- ob4
- C,
- QB5
- O B/,
- II
- Cz
- "1
- QBj
- Ô
- Bg
- Ô
- B
- !
- Fig. 3. — Circuits filtres pour l’alimentation sur le secteur continu.
- condensateurs de5 microfarads; S, S2, bobinages d’un transformateur de rapport 1; B4 B3, bornes reliées au tableau de tension plaque ; B0 B,, bornes reliées à l’ampliücaUur ; S3, bobinages d’ùn transformateur à fer reliés en série.
- pure. On peut réaliser ce circuit-filtre de deux façons différentes.
- Dans le modèle x (fig. 3), le filtre est formé par deux condensateurs de 2 ou microfarads (type P. T. T ), et par deux bobinages S4 et S2 à noyau de fer, constitués simplement par l'enroulement pidmaire et l’enroulement sécouda're d’un transformateur BF à fer de rappor x. On choisira le sens de connexion des enroulements au mieux de l’audition.
- Le filtre du type II (fig. 3) ne comprend qu’un seul bobinage à fer S3. On peut réaliser ce bobinage en con-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- nectant en série les enroulements d’un transformateur BF à fer.
- I.a réalisation d’uu tableau de tension-plaque sur secteur' continu est, comme O" vient de le voir, très simple et économique. Le chauffage des filaments des audions est, on le ‘ait également, assez facile à obtenir, mais, par. contre, beaucoup moins économique.
- P. Hémardinoüer.
- sg-rsà. Chauff&ge
- Radiateur « Manchon Métal. » — Yoi ci un nouvel appareil de chauffage qui est caractérisé par les détails suivants : Une pièce de terre réfractaire servant de support et de base au « Manchon Métal » porte à une haute température le mélange de gaz et d’air. Le manchon qui la surmonte est constitué par une toile métallique et de haute résistance calorique.
- Cette toile métallique présente, disposés sur une surface très petite, plus de 20000 mailles formant plus de 20000 petits brûleurs, genre Bunsen. Elle produit une division et un brassage complet du mélange gazeux et assure une combustion extérieure, uniforme, parfaite et
- sans aucun dégagement d’cxyde de carbone lorsque l’appareil est bien réglé. Un réflecteur en cuivre poli, placé directement derrière le manchon, envoie vers la pièce à chauffer toute la chaleur dégagée par cette face du manchon et il suffit d’orienter l’axe du réflecteur dans la direction où l’on désire obtenir le maximum de chaleur. Sa surface supérieure plane pput servir à supporter des bouillottes, plats, ustensiles de cuisine, si bien que le radiateur se transforme alors en réchaud Sa consommation est minime : a5o à 3oo litres à l’heure sou» pression normale d’environ 40 mm. C est là un appareil de chauffage rapide, tout désigné pour dégourdir une pièce où l’on passera quelques instants.
- Le « Manchon Métal », 19, rue Yignon, Paris.
- Hygiène ^
- Badigeonneur pulvérisateur « Presto. » — On connaît les multiples usages des pulvérisateurs dont la maison Yermorel s’est fait une spécialité de construction : soufrage et sulfatage des vignes, traitement des arbres fruitiers, etc.
- Elle a réalisé sur le même principe un appareil pour enduire les murs et les plafonds qu’elle a baptisé « badigeonneur. » Il se compose d’un réservoir, d’un lone tuyau de caoutchouc, d’une lance terminée par un pulvérisateur et d’une pompe de compression. L’ensemble repose sur une base métallique et peut être transporté au moyen d’un petit chariot (fig. 5).
- Plutôt que de badigeonner les murs au moyen de pinceaux et de brosses qui nécessitent des échafaudages pour atteindre les endroits un peu élevés, il est plus simple de pulvériser le lait de chaux ou l’enduit; on va ainsi beaucoup plus vite, sans technique spéciale et la couche est beaucoup plus uniforme et adhérente.
- Le lait de chau* se prépare en ajoutant à 100 kg de
- chaux grasse vive (en pierres) l’eau nécessaire pour l’éteindre, on obtient environ de ii5 à 120 kg de chaux éteinte en poudre Pour convertir celle-ci en pâte, on doit y ajouter i3o à i5o litres d’eau. On a ainsi 25o à 3oo kg de chaux en pâte. On obtient le lait de chaux propre au badigeonnage en ajoutant environ 3oo litres d’eau à cette pâte. Avec 100 kg de chaux grasse vive, on peut donc faire de ^00 à 700 kg de lait de chaux. On peut augmenter l’adhérence du badigeon en ajoutant 1 litre à 1 litre et demi de lait écrémé (ou 40 gr- de caséine) pour 100 litres de lait de chaux.
- Le lait de chaux, fraî-chementpréparé comme nous l’indiquons ci-dessus, est un excellent et économique désinfec - ^•
- tant. Comme autres désinfectants, on peut choisir l’eau de Javel ordinaire à 34° qui s’emploie à raison de 2 à 4 pour 100 d’eau de Javel pour 100 litres d’eau; l’aldéhyde formique, ou formol, vendue sous forme de solution à 4° pour 100 qui est utilisée d’ordinaire à raison de 1 litre de cette solution pour 100 litres d’eau; le crésyl et le lysol à la dose d’environ 5 litres pour 100 litres d’eau; le sulfate de cuivre et le sulfate de zinc aux doses de 2 à 3 kg par 001 litres d’eau. On peut aussi employer le chlorure de chaux Le même appareil qu’on emploie pour peindre peut servir à bleuir les vitrages et comme appareil de premier secours contre l’incendie.
- Constructeurs : Etablissements Vermorel, Yillefranche-sur-Saône (Rhône).
- Badigeonneur « Presto ».
- Jlutomobilisme
- Rempilaseur Zim. — Le graiss*g» à la main de certains organes d’une automobile n’est pas sans présenter des défauts; on se salit les doigts et parfois il est malaisé d’atteindre l’endroit, à graisser. Aussi le remplace-t-on de plus en plus par des pompes. Mais faut-il encore garnir eette dernière.
- L’idée est donc venue à un constructeur d’établir à cet effet un instrument permettant de faire ce garnissage très proprement. La figure 6 repré-ente le remplisseur Zim.
- Pour s’en servir, ramener la rondelle A en arrière contre le manebe de 1 appareil et puiser de
- la graisse dans la pelle en ayant soin de la faire tourner sur elle-même Introduire alors la pelle chargée de graisse dans la pompe à remplir (fig. 7); maintenir la ron-
- Fig. 7. — Utilisation du remplisseur Zim.
- delle en bois d’une main, et de l’autre tirer le manche B en arrière. La pelle ressort et la pompe est chargée.
- En cas d’insuffisance de graisse, répéter l’opération. La pelle peut également servir à vider la pompe de son contenu.
- Fabricant : Zhnmermâpn, à, Oiry (Marne),
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- VARIETES
- LE MÉCANISME D’ACTION ! DANS LES TRAITEMENTS CONTRE
- DE LA
- La lutte contre le mildiou et autres maladies crypto-gamiques de la vigne a fait l’objet, durant ces dernières années, de nouvelles recherches scientifiques, notamment dans le but de fixer l’attention des viticulteurs sur l’importance que l’on doit attacher au mode d’action et, par suite, à l’efficacité des composés cupriques.
- En ce qui concerne la toxicité du cuivre à l’égard du Peronospora viticola et autres cryptogames, on sait que, dans les communications qu’ils firent à 1 Académie des Sciences, en 1921 et 1922, M. et Mme Villedieu montrèrent que le cuivre n’est pas toxique pour les moisissures, en particulier pour le mildiou, et que les composés cupriques doivent leur toxicité à l’égard des levures et des moisissures, lorsqu'ils sont à l’état de sels, à l’acide de ces sels, qui est mis progressivement en liberté, et, lorsqu’ils sont à l’état d’oxydes, à leur fonction basique.
- Cette question a donné lieu, dans le monde viticole, à de vives controverses, et actuellement il semble que le mécanisme d’action et l’importance des composés cupriques, en viticulture, ne soient encore qu’imparfai-tement connus de la plupart des viticulteurs praticiens.
- Il est donc du plus grand intérêt de mettre au point cette question.
- Tout d’abord, on doit rappeler que dès 1890, le professeur Raphaël Dubois, de la Faculté des Sciences de Lyon, dans une fort intéressante communication faite à l’Académie des Sciences, put conclure, d’après les résultats de ses expériences, que les mycéliums des moisissures peuvent se développer dans des solutions cupriques concentrées A l’appui d’une note sur les moisissures du cuivre et du bronze, le Professeur Raphaël Dubois présenta des plaques de cuivre et des monnaies de bronze à la surface desquelles avaient été cultivées des moisissures. Sous l’influence de ces moisissures, s’était produite une couche de malachite absolument comparable à la patine du plus beau bronze antique.
- Les recherches de M. et Mme Villedieu ne firent donc que confirmer 1 exactitude des conclusions que le savant professeur de l’Université de Lyon put tirer des résultats de ses expériences, remontant à plus de trente années.
- La nouvelle observation à retenir des communications faites à l’Académie des Sciences, par M. et Mme Ville-dieu, c’est, comme le constate le professeur Raphaël Dubois/1), l’hypothèse que les sels de cuivre n’agissent pas. par les produits acides et basiques de leur décomposition dans les bouillies employées contre le mildiou, bouillies dont on ne saurait nier l’efficacité malgré l’innocuité du cuivre.
- M. Priolan(2) n’a pas jugé cette explication suffisante. Selon lui, les bouillies cupriques n’agissent pas directement comme agents anticryptogamiques, mais bien en donnant à la vigne, par les produits cupriques qui peuvent être absorbés, une sorte d’immunité, attendu qu’il existe des cépages réfractaires au mildiou, sans traitement
- Les recherches auxquelles se livra le professeur Raphaël Dubois sur le cuivre normal dans la série ani-
- 1. C. R. Académie des Sciences, mai rg23.
- 2. La Pharmacie française, novembre 1922.
- DES COMPOSÉS CUPRIQUES LES MALADIES CRYPTOGAMIQUES VIGNE
- male(l), le conduisirent à admettre que le cuivre est un élément constituant normal du bioprotéon ou substance vivante, l’existence normale du cuivre chez un grand nombre de végétaux et dans les terrains où ils croissent ayant été constatée, d’autre part, par plusieurs auteurs (*).
- On considérerait donc comme possible l’existence d’une sorte de chlorose cuprique favorisant 1 invasion cryptogamique à laquelle les composés cupriques peuvent remédier comme le fer à la chlorose ferrique végétale.
- Toutefois, ce ne sont pas les seules explications que l’on puisse donner de l activité anticryptogamique des bouillies cupriques.
- Depuis longtemps, en igi3, le professeur Raphaël Dubois a montré, lors de ses recherches sur le mécanisme intime de la production de la lumière chez les organismes vivants, que la solution cupro-potassique de Fehling décompose énergiquement leau oxygénée et que l’action combinée de ces deux agents provoque l'oxydation de la luciférine avec production de lumière, aussi bien que le pourrait faire l’oxydant naturel zyma-sique de la luciférine : la luciférase. Le professeur Raphaël Dubois fut incité à essayer cette réaction après avoir constaté ce fait que le sang de certains mollusques et crustacés marins, non pathogènes, renfermant du cuivre, toujours en proportions relativement importantes, pouvait oxyder la luciférine de la Pholade dactyle, avec émission de lumière.
- Cette action oxydante du cuivre a été, de nouveau, mise en évidence par une très intéressante communication de M. Valdiguié à la Société de Biologie (3), où cet auteur, recherchant si les sels minéraux non colloïdaux peuvent accomplir des phénomènes d’oxydation analogues à ceux que provoquent les diastases, arrive à. cette conclusion que les sels de cuivre peuvent agir à la fois comme oxydases et comme peroxydases : l’hémo-lymphe des Tourteaux, Araignées de mer, Crabes, agit non seulement par l’oxydase qu’elle contient, mais encore par le cuivre qu’elle renferme.
- Les récentes constatations de M. Valdiguié, venant confirmer celles, déjà anciennes, du professeur Raphaël Dubois, il est dès lors permis d’admettre que, à la façon de la liqueur cupro-potassique, les bouillies cupriques, qui contiennent de la chaux, puissent jouer le rôle d’oxydases et de peroxydases anticryptogamiques ; ainsi s’expliquerait leur efficacité dans la lutte contre les moisissures de la vigne et non par la toxicité du cuivre, puisque l’on peut cultiver des moisissures dans des solutions concentrées de sels de cuivre.
- L’oxygène actif contenu dans la rosée qui se dépose sur les feuilles de la vigne doit jouer le même rôle que l’eau oxygénée ajoutée à la liqueur cupro-potassique, et ainsi, par l’action combinée de cet oxygène actif et des bouillies cupriques, on aurait l’explication du rôle antiparasitaire incontestable de ces bouillies employées dans les traitements contre le mildiou et autres cryptogames ou moisissures de la vigne. Henri Blin.
- 1. Bulletin de la Société Unnèenne de Lyon, 1899, et C. R, de la Société de Biologie.
- 2. Voy. art. Cuivre du Grand Dictionnaire de Physiologie de Charles Richet T. IV, p. 610.
- 3. Soc. de Biologie, séance du 28 avril 1928.
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- PIQURES DE SCORPION AU MAROC
- Il n’est pas sans utilité de signaler ici l’intéressante communication faite par M. le Vétérinaire-major Mar-cenac, à la Société médicale et scientifique de Casablanca le 11 novembre dernier (Maroc médical, i5 décembre 1924) sur la nocivité des piqûres du scorpion noir du Tadla,
- Il s’agit de YHeterometrus maurus qui pullule littéralement dans celte région, comme en beaucoup d’autres du Maroc.
- De juillet à octobre, chaque soir, dès la nuit, ils sortent nombreux de leurs repaires, inquiétant hommes et animaux et pénètrent jusque dams les habitations,
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- De dimensions très différentes suivant l’âge, la longueur moyenne la plus habituellement rencontrée est de 8 cm environ — le plus gros échantillon capturé à Kasbah-Tadla mesure i3 cm (18 cm en tenant compte des pinces).
- Sauf pour la recherche de ses proies habituelles (araignées, mouches), le scorpion n’attaque guère, en principe, que lorsqu’il se croit en danger : cette agression se déclanche toujours à l’occasion des mouvements physiologiques ou de défense des êtres qui sont à sa portée.
- Ainsi qu’on le remarque expérimentalement, la piqûre peut s’effectuer de deux façons très différentes, qui méritent une large mention comme facteur de gravité :
- o) Surpris et vigoureusement chassé, le scorpion attaque très vite, tout eu se déplaçant, projetant sa queue latéralement et fixant son aiguillon de n’importe quelle façon dès le contact de sa victime; l’injection du venin est alors assez peu abondante, parfois sous-cutanée, souvent simplement intra-dermique ; les symptômes sont, dans ce cas, bénins, fugaces, à peine ébauchés, quel que soit l’organisme récepteur.
- b) Chassé sans vigueur par l’homme ou l’animal (dormeur en général), le scorpion, au lieu de fuir rapidement, s’arrête, se cramponne à la peau en se fixant à l’aide de ses pinces, arc-boute sa queue en avant, exagérant ainsi sa position normale de marche; il vient alors enfoncer profondément son aiguillon dans le tégument, devant sa tête, et, sous l’influence d’un effort grandement favorisé par cette attitude, injecte, grâce aux muscles compresseurs, tout ou presque tout*le contenu de la poche à venin. La piqûre est alors extrêmement sérieuse et les symp'ômes alarmants apparaissent presque sans délai.
- La gravité de la piqûre dépend essentiellement de l’espèce animal envenimée, du poids de la victime, des dimensions du scorpion piqueur et de la quantité de venin qu’il arrive à faire pénétrer dans 1 organisme de sa victime.
- Les poules, grandes destructrices de scorpions, attaquent ceux-ci en luxant d’un coup de bec l’articulation du corps avec le premier anneau caudal et ingérant immédiatement après l’animal mis ainsi hors d’état de nuire.
- Mais le venin reste très toxique vis-à-vi* des gallinacés lorsque les scorpions peuvent utiliser leur aiguillon vers les zones accessibles, sur le bas des cuisses par exemple.
- Quant aux chats, les légendes arabes content les services qu’ils rendent dans la protection contre les scorpions : ils les découvrent, en effet, dans la nuit noire, et les poursuivent, les faisant fuir du voisinage immédiat des demeures. Dans cette chasse par les chats, ceux-ci poussent les scorpions du nez avec vivacité, malgré les atteintes légères, quoique multipliées, du dard; ces piqûres restent à peu près sans action sur les félins et provoquent seulement des crises violentes d’éternuement analogues à celles qu’on obtient chez le cobaye par envenimation expérimentale (Phisalix).
- Les effets chez l’homme adulte sont, ainsi que les observations l’indiquent, peu graves en général, en raison précisément de l’insuffisance de la dose de venin par rapport au poids des victimes et de la rareté des piqûres graves pratiquées suivant le rite mentionné ci-dessus. Des accidents mortels ont été enregistrés seulement. chez les enfants à cause de leur moindre résistance, de la finesse de leur peau, du sommeil plus profond qui favorisent l’inoculation intensive.
- Le venin du scorpion est un poison tétanisant déterminant une symptomatologie tout à fait semblable à celle de l’intoxication par la strychnine.
- Le sérum antivenimeux Institut Pasteur n’est d’aucune efficacité, pas plus à la suite de l’envenimation naturelle qu’après les piqûres expérimentales et quelle que soit la voie utilisée pour sou administration.
- Les petits moyens préconisés (permanganate de potassium, acide phénique à 5 pour ioo, hypochlorite de chaux à i pour 6) doivent certainement contribuer souvent & la guérison, mais lors d’accidents graves, produits dans les conditions maximum d’intensité, cette thérapeutique banale n’entrave nullement la marche vers l’issue fatale.
- La mise en œuvre du lavement de chloral, à dose anesthésique ou presque, procure, au contraire, des résultats surprenants chez les chiens très profondément intoxiqués, dont l’état paraît désespéré.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlir® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Dr D., Beyrouth. — Le livre dont il est question dans l’article de M. Bertin (n° s65o) est Le monde social des fourmis, par Auguste Forel, 3 vol., Kundig, éditeur. Genève, 1921-1922.
- M. Auguste D., à Dunkerque. — Ainsi que vous l’avez vu, dans l’article auquel vous faites allusion, le Genièvre Schiedam est un genièvre fabriqué spécialement en Hollande.
- Nous ne connaissons pas de livre traitant cette fabrication ; mais nous vous signalons le procédé indiqué par Heinrich Sœmler dans Die gesammte Obst. Verwer-thung, procédé décrit par notre collaborateur, M. A. Truelle dans La Nature, n° 2655, du 21 février 1925, p. 62, (Recettes et procédés utiles).
- D’autre part, vous obtiendriez pfobablement des indications plus complètes en vous adressant à la direction de l’Ecole nationale des Industries agricoles, à Douai. A défaut, la documentation qui vous intéresse, sur cette question très particulière, devrait être recherchée en Hollande. Les ouvrages publiés sur la liquoristerie, en France, ne font pas mention de ce produit, de fabrication étrangère.
- M. Ch., à Neuilly (Seine). — 1° Documentation sur la Confiserie ; voyez les ouvrages suivants : Nouveau manuel du Confiseur et du Chocolatier, par Henri Blin, 1 volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille, 68); Manuel du Confiseur-Liquoriste, par Arnou,
- 1 vol. (J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 79, rue Haute-feuille, 6e) ; L’Art du Confiseur moderne, par Barbier-Duval, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°); Journal des Confiseurs, (Paris, 129, faubourg Saint-Honoré, 8“) ; 20 Documentation sur l’industrie du glucose, voyez notamment : Manuel du chimiste de sucrerie, de raffinerie et de glucoserie, par D. Sidersky.
- 1 vol. (J.-B Baillière, éditeur); Le Sucre, par P. Charpentier, 1 vol. Guide du Fabricant de sucre, par M. Basset, t. If et III. Cours de technologie sucrière, par Gaston Dejonghe, 1 vol. Traité théorique et pratique de la fabrication du sucre, par Maumenè, 2 vol. (Dunod, éditeur, Paris, 93, rue Bonaparte, 6e) ; Traité de la fabrication du sucre, par de Grobert, Labbé, Manoury et de Yreese, 2 vol. (Desforges, éditeur, Paris, 29, quai des Grands-Augustins, 6°). Nous n’avons pas d’indications en ce qui concerne les publications faites à l’étranger. 3° Sur l’épuration des eaux pour chaudières, voyez 1 ouvrage : Epurateurs d’eau d'alimentation pour chaudières, par Stromeyer et Baron ; L’épuration préalable de l’eau d alimentation des locomotives, par Garcenat et Derennes ; La Force motrice et l’eau à la campagne, par René Champly, 1 vol; L’eau dans l'industrie.
- Traitements préalables des eaux : corps et appareils servant à l’épuration, précipitation, épuration chimique, etc.), par H. de la Coux, 1 vol. (Dunod, éditeur).
- Le procédé rationnel est d’épurer l’eau avant de l’introduire dans la chaudière.
- A. C , à Dakar. — i° Le bioxyde de manganèse cède trop difficilement son oxygène aux matières organiques pour être employé comme stérilisateur de l’eau, c’est le permanganate de potasse ou de chaux dont il faut se servir On ajoute l’un de ces sels à l’eau que l’on veut stériliser jusqu à ce que la coloration violette légère
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- BOITE AUX LETTRES
- persiste au moins une heure. Il suffit alors de filtrer l’eau sur du charbon de bois pour la décolorer et la livrer ensuite à la consommation ; 2® La recette de la teinture d’iode décolorée n’a été citée par nous qu’à titre documentaire, car elle constitue un non-sens, attendu que dans sa préparation 1 iode change complément déformé puisque, de l’état libre sous lequel il doit exister dans la teinture d’iode normale, il passe dans la teinture décolorée, sous l'influence de l’hyposulfite de soude, à l’état de tétrathionate de sodium et d’iodure de sodium d’après la réaction
- 2 (S205Na2) + I*= S406Na2 -f Nal Il est de toute évidence que l’action thérapeutique et antiseptique de ces nouveaux éléments ne peut être la même que celle de l’iode libre.
- M. Renneboog, à Bruxelles. — Le procédé de choix pour la préservation de vos cuves en ciment est la fluatation dont nous avons parlé à maintes reprises (voir dans un de nos derniers numéros la réponse à M. Sau-geron. Paris). La maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand vous fournira du reste tous renseignements complémentaires à ce sujet.
- M. E. Merlin, à Paris. — Vous pouvez prendre comme type d embrocation la formule suivante :
- Jaune d’œuf..................... 1
- Blanc d’œuf..................... 1
- Acide acétique à 8°............. 50 gr.
- Essence de térébenthine .... 100 cm3
- Eau distillée...................35o —
- Poudre de gomme adragante. . 10 gr.
- Battre d’une part, le jaune d’œuf avec l'essence de térébenthine, d’autre part, le blanc avec l’eau distillée. On met de côté 5o cm3 de l’eau albumineuse que l’on mélange avec les 5o gr. d’acide acétique. On ajoute alors successivement à l’émulsion d’essence de térébenthine et de jaune d’œuf d’abord les 3oo cm® d’eau albumineuse restante, puis le mélange d’acide acétique et d’eau albumineuse, en ayant soin de battre constamment pendant l addition Finalement on émulsionne avec la gomme adragante ; lorsque celle-ci est bien dissoute on passe à travers une mousseline. Les embrocations agissent en produisant une légère rubéfaction de la peau, elles activent aussi la circulation dans la région où elles sont appliquées.
- M. R. T-, Hôpital militaire, Anvers.— Vous trouverez tous renseig ements dans les ouvrages qui suivent : 1° Peintures et couleurs, par Coffignier; Les vernis, du même auteur, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille ; a° Manuel pratique de l’émaillage, par Millenet ; Emaillage de la tôle et delà fonte, technique de l’émaillage moderne, par G?üawald; La fabrication des émaux et l'émaillage, par Randau; éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. 3° L'industrie des parfums, par Otto, même éditeur.
- M. le Dr Lucas, à Rennes. — La recette de colle liquide a paru dans le n° 2646, page 198 de la Boîte aux Lettres, deuxième réponse (M Radet, à Vertus (Marne).
- M. K., à Zeitoun. — L’odeur de la pyridine est effectivement très difficile à faire disparaître et c’est pour cette raison que la pyridine est employée pour la dénaturation de l’alcool. Vous comprendrez facilement que même si nous connaissions le moyen d’enlever cette odeur nous nous garderions de le faire connaître, car en le vulgarisant la fraude pourrait en profiter. Dans le cas qui vous occupe, la parfumerie jouit d’un régime spécial qui fait considérer les essences aromatiques comme des dénaturants, il est donc inutile de chercher à se servir de l’alcool dénaturé.
- M. G., à Albi. — Pour rendre de la souplesse à votre gourde de chasse en peau, le mieux est de l’imprégner extérieurement avec ce que les mégissiers nomment le « moellon ». On désigne ainsi l’émulsion qui provient des peaux chamoisées, après foulage et passage à la presse hydraulique. Elle renferme, outre î’huile ayant servi au chamoisage, des matières organiques venant des peaux, l’ensemble nourrit le cuir et l’assouplit. A défaut de moellon, prendre de l’huile de piedB de bœufs ou de pieds de moutons, mais le résultat est moins parfait.
- T. S. F. — M. Ricard, à Paris. — 1“ Pour placer un récepteur haut-parleur dans un circuit de téléphonie privé, le moyen le plus simple consiste à utiliser un haut-parleur spécial de faible résistance et un micro-
- phone également spécial pouvant supporter une intensité de. courant relativement élevée. Vous pouvez trouver des appareils de ce genre aux adresses suivantes :
- Etablissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris; Société S E R , 12, rue Lincoln, Paris.
- 2° Pour un réseau téléphonique public, on ptut simplement utiliser un haut-parleur sensible de faible résistance à la place d’un écouteur téléphonique ordinaire. Si l’on désire avoir une très forte amplification, il faut recourir à l’emploi d’un amplificateur à basse fréquence, du type push-pull par exemple.
- M. J. T., à Minas de Esperanza (Espagne). — i° Nous vous avons indiqué les livres de T. S. F. qui vous seront le plus utiles dans votre cas.
- 2” Il est assez difficile de déterminer a priori les résultats de réception obtenus en prenant comme antenne une ligne téléphonique Le voisinage de la mer -'ous favorisant, il est probable que vous pourrez obtenir ainsi des auditions suffisantes. Employez comme terre une tuyauterie d’eau, et adoptez un système d’accord à primaire apériodique, du genre de ceux qui ont été décrits dans La Nature. Vous pouvez utiliser à cet effet un dispositif « Collector » (Serf, constructeur, 14, rue Henner, Paris).
- M. Emile B., à Saint-Flour (Cantal). — i° Pour avoir de bons résultats d'auditions des émissions radiophoniques à la dista~ce à laquelle vous vous trouvez, il est bon d’employer un appareil à 4 ou 5 lampes, soit un ou deux étages HF, une lampe détectrice, et deux étages à basse fréquence.
- Voici quelques adresses de fabricants construisant des appareils de ce genre, de réglage simple :
- E ablissements Radio L. L., 66, rue de lüniversité, Paris; Ateliers G. M. R , 6, boulevard de Vaugirard, Paris ; Etablissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris.
- 2° Voici des adresses de fabricants de haut-parleurs d’appartements :
- Etablissements Gaumont, 57, ru» Saint-Roch, Paris ; Société S. E. R., 12, rue Lincoln, Paris.
- M. A. B., à Rabat (Maroc). — 1® Nous vous remercions de votre très intéressante communication relative à la réception des émissions radiophoniques au Maroc. Nous ferons connaître aux lecteurs de La Nature les résultats intéressants que vous avez obtenus.
- 2® Le poste des P. T. T. a actuellement encore une assez faible portée, et il est beaucoup moins bien reçu à grande distance que les stations anglaises. Le fait que vous signalez est donc absolument normal.
- 3® Pour accorder votre cadre sur une longueur d’onde supérieure, vous pouvez p'acer un bobinage en série, ou même un variomètre, si votre boîte d’accord n’en contient pas.
- 4° Pour recevoir les émissions sur ondes moyennes, vous pouvez utiliser un cadre de 2 m. x 2 m. en tambour comprenant quelque 20 à 25 spires écartées de 10 à 15 mm.
- 5" Nous serons heureux d’être informés des nouveaux résultats que vous obtiendrez. Votre appareil nous semble très bien monté; mais vous pourriez faire des essais comparatifs en couplant électromagnétiquement votre hétérodyne avec le circuit d’entrée d’ondes courtes, au moyen de deux petites bobines en fond de paBier de quelques spires.
- Mme Piot, à Longchamps (Meuse). — 1° Vous pouvez utiliser un montage à une lampe détectrice à réaction, suivie d'un étage B. F. à transformateur (rapport 5 ou 3), ou un montage comprenant une lampe H. F. à résonance à circuit oscillant accordé (tuned anode) et une détec-1rice. Le premier montage vous permettra des auditions plus fortes, le deuxième est plus sélectif et permet la réception des émissions provenant de stations éloignées.
- 2° Vous employez pour votre dispositif d’accord en Tesla des bobines primaires comportant un trop grand nombre de spires, étant donnée la longueur d'onde propre de votre antenne. Vous pourrez trouver dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F. des renseignements utiles à ce sujet.
- 3° Pour le chauffage des lampes à faible consommation on peut employer de simples piles sèches au chlorure d’ammonium ou des piles à dépolarisation par l’air. Une tension-plaque de 40 volts est fort suffisante, et les perfectionnements apportés à la fabrication de ces lampes permettent un bon usage.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Théorie mathématique de l’électricité, par Th. de Dondbr (i*r fascicule. Introduction aux équations de Maxwell), i vol'., 198 p. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1925.
- Cette première partie de l’ouvrage du savant professeur de Bruxelles est consacrée à l’étude mathématique du champ électrostatique, du champ électromagnétique stationnaire et du champ électromagnétique variable. Elle aboutit, par une voie à la fois élégante, simple et rigoureuse, à l’établissement des équations de Maxwell dans toute leur généralité. Bien entendu, cet ouvrage n’est abordable qu’à des lecteurs possédant un certain bagage d’analyse mathématique.
- L'organisation scientifique des usines, par E. Nüsbau-m*r. 1 vol. 366 p., iofi fig., 18 planches hors texte. Nouvelle Librairie nationale, Paris 1924.
- Cet ouvrage est le résumé de conférences sur l’organisation scientifique des usines, données en 1921 et 1922, sous les auspices du Comité Michelin, aux élèves des Ecoles d’application de l’Ecole Polytechnique. L’auteur y explique clairement les principes de l’organisation scientifique et il montre comment on les applique II apporte à ses lecteurs mieux que des vues théoriques, mais des exemples vécus et le fruit d’une pratique approfondie des méthodes de Taylor et de ses élèves.
- Report on the Danish Oceanographical Expéditions 1908-191 to the Mediierranean and adjacent Seas, par Johs. Schmidt. n° 8. 1 vol. in-4, 370 p., nombreuses figures et cartes. Andr. Fred. Host and Son, Copenhague. Prix : 3o shillings.
- Yoici le huitième volume des résultats de la campagne du Dr Johs. Schmidt, à bord du Thor, dans la Méditerranée et l’Ailantique. Les lecteurs de La Nature connaissent déjà les résultats les plus curieux de cette grande expédition. Mais il en est beaucoup d’autres, et des plus intéressants, qu’on trouve dans chacun des rapports dont la publication se continue avec régularité.
- Celui-ci contient quatre mémoires : un de Ehrenbaum sur les poissons scombriformes où l’on trouve décrites et figurées de nombreuses larves de thon et de germon, poissons de grande valeur commerciale sur la reproduction desquels nous sommes encore très mal renseignés; un de Stephen»en sur les Amphipodes de la famille des Hypériidés; un de Kramp sur les Méduses de la Méditerranée; un de Jôrgensen sur les Protozoaires de la famille des Tintinnidés.
- Ainsi se continue l’inventaire des richesses récoltées, amassées par lé Thor, qui étendent largement nos connaissances sur de nombreux groupes d’animaux marins. ,
- Les lacs, par LéoN W. Collet, i vol, in-8e, 3ao p., 63 fig., 28 pl. Gaston Doin, Paris. Prix : 35 francs.
- Le professeur Collet étudie le mode de formation des lacs, leurs eaux et leur destin. La portée pratique de ces questions s’ajoute à leur intérêt théorique et scientifique en ce moment où la mise en valeur de la houille blanche est partout à l’ordre du jour.
- Le problème de la formation des lacs n’est pas aussi simple qu’il paraît à première vue, comme l’utilisation de certain» lacs des Alpes, pour la production d’énergie électrique, l’a montré ces dernières années. M. Collet, qui a étudié les lacs d’Ecosse, ceux de la Suisse et certains types de la Pampa de l’Amérique du Sud, est un guide sûr et compétent. L’étude de l’eau des lacs conduit à des considérations intéressantes sur la géologie de leur bassin d’alimentation et sur l’action protectrice des forêts, étant donné le rôle de rétention qu’elles jouent dans le phénomène du ruirs* llemcnt L’analyse chimique renseigne sur la valeur de l’érosion chimique et le» variations du climat amènent de grandes modifications dans cette composition.
- Dans la troisième partie sur le destin des lacs, l’auteur parle encore de ce qu’il a vu et vécu : les phénomènes d’érorion sur les côtes des lacs, la vitesse de comblement par les alluvions déposées par les cours d’eaux et enfin dans un chapitre sur « les lacs du point de vue de l’utilisation de 1» houille blanche » il traite
- de certaines questions d’hydrologie et de géologie appliquées à la création de bassins de retenue, que ce soit par surélévation et abaissement du niveau de lacs existants ou par barrage d’un cours d’eau.
- Une splendide illustration complète cette remarquable étude.
- La perle, par Louis Boutan, i vol. in-8, 421 p., 167 fig, Gaston Doin, Paris. Prix : 5o francs.
- En ce moment où le marché des perles est troublé par l’introduction des perles japonaises de culture, où d’ardentes discussions s’élèvent sur la valeur de celles-ci, voici le livre où l’on trouvera les renseignements les plus précis et les plus scientifiques sur la question. L’auteur, professeur à la Faculté des Sciences d’Alger, a visité de nombreuses pêcheries, examiné les mollusques, coupé des perles ; il a eu en mains tous les éléments d’appréciation. Après avoir rappelé rapidement l’amour des perles à toutes les époques de l’histoire, il décrit toutes les caractéristiques de la perle fine, la manière dont les experts l’estiment, la parent, la présentent. Puis il étudie l’huître perlière ou méléagrine, sa pêche, ses ennemis, ses parasites. les autres mollusques perliers. Vient ensuite la description du mode de formation de la nacre et des perles et finalement le rappel des essais de multiplication et de Culture. M. Boutan est un guide parfait ; les illustrations de son livre agrémentent son texte fort clair et précis et l’on quitte l’ouvrage, admirant l’effort accompli pour multiplier l’un des plus beaux objets de parure.
- Ce que tout agriculteur doit savoir, par P.-F. Lévèque et G. Perrault, i vol. in-8, 357 p. Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Le livre de MM. Lévèque et Perrault s’adresse à ceux qui, ayant acquis déjà l’habileté professionnelle, n’ont besoin de conseils que pour rendre leurs
- . ' méthodes de travail plus rationnelles et plus productives.
- Après un exposé théorique succinct, l'ouvrage traite d’une façon détaillée la mise en valeur des sols, l’emploi des engrais complémentaires, la recherche des meilleures formules de fumures, les améliorations culturales à apporter aux céréales, aux plantes sarclées, aux prairies, au vignoble, la lutte contre les principaux insectes et animaux nuisibles, répondant ainsi à toutes les questions qui sont journellement posées aux professeurs d’agriculture. La partie relative à la production animale renferme des conseils judicieux au point de vue de l’alimentation et de l’hygiène des animaux domestiques. Les derniers chapitres sont consacrés à la main-d’œuvre agricole, à la comptabilité et à la mutualité.
- Les trésors d'une goutte de miel, par Alin Caiilas, 4° édition, 1 vol. in-12, 158 p. Librairie spéciale agricole, Paris. Prix : 5 francs.
- Depuis 20 ans, l’auteur s’occupe de la chimie du miel. Il a rassemblé dans ce petit volume, écrit clairement, tout ce qu’il en faut savoir : composition, méthodes d’analyse, fabrications.
- De bons fromages par tous et partout, par Henriette Babet-Ciiarton. i vol. in-12, 85 p., 49 fig- Librairie Agricole delà « Maison Rustique » Paris. Prix : 4fr. 5o.
- La fabrication de nos bons fromages français constitue un des emplois les plus avantageux et les plus productifs du lait. L’auteur précise, en formules simples, la façon de faire les meilleurs fromages. Sont successivement décrits : le fromage en général, la coagulation du lait, la présure, l’égouttage du caillé, l’acidité, la matière grasse Puis viennent les applications pratiques : instaUation de la fromagerie, les fromages frais, l’affinage du fromage, les fromages demi-aflinés, les fromages de ferme, le Camembert, le Brie, le Coulommiers, le Pont-l’Evêque, le Port-Salut, etc., etc.
- Cet ouvrage rendra de vrai» services aux fermiers et fermières pour qui les produits de la vacherie constituent un revenu susceptible d’augmentation par une utilisation meilleure.
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- N° 2660 28 Mars 1925
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- Nécrologie : André Brocs. — Après Bergonié, mort il y a peu de temps, André Broca vient de disparaître, laissant un grand vide dans la science française et particulièrement dans les applications de la physique à la physiologie et à la médecine.
- André Broca était frère, fils et petit-fils de médecins.
- Son grand-père était établi dans la Gironde, à Sainte-Foy-la-Grande, petite ville célèbre par son collège communal, où venait l’élite de la jeunesse protestante, et qui vit sur ses bancs Paul Broca et les Reclus.
- Son père, Paul, après être sorti du collège de Sainte-Foy. se destinait à l'Ecole Polytechnique, mais sa famille décida qu’il serait médecin et qu’il exercerait dans sa ville natale. Il vint donc à Paris faire ses études et y devint successivement externe, interne, chirurgien des hôpitaux, professeur agrégé. C’est dire qu’il resta dans la capitale. Curieux de toutes les sciences biologiques, il ajouta à la pratique de la chirurgie des recherches originales sur les tumeurs, les anomalies, qui le conduisirent à la conception de l’aphasie qui porte son nom et qui eut un si vaste retentissement Puis il s’orienta vprs les recherches anthropologiques, créa l’Ecole et la Revue d’Anthropologie et finit professeur à la Faculté et membre de 1 Académie de Médecine. Républicain convaincu, dès 1848 et pendant tout l’Empire, il fut nommé sénateur inamovible par la 3' République, en 1880.
- Dp ses deux fils, l’aîné,
- Auguste, chirurgien, professeur à la Faculté, Membre de l’Académie de Médecine, est mort brusquement au mois d’oe’obre dernier: le cadet, André, physicien, également professeur à la Faculté et membre de l'Académie de Médecine, vient de mourir aussi brusquement le a3 février dernier. ~
- Né à Paris le 1 novembre x863, André Broca entra à l’Ecole Polytechnique dans sa vingtième année et en sortit en 1885 sous-lieutenant d’artillerie. Officier jusqu’en 1888, il quitta alors l’armée pour entrer à la Faculté de Médecine comme préparateur de physique dans le laboratoire du professeur Gariel. Il y fit ses études médicales, fut reçu docteur en 1893, nommé au concours professeur agrégé de Physique en 1898 et devint en 1902 répétiteur à l’Ecole Polytechnique.
- A la déclaration de guerre, il reprit du service dans l’artillerie, fut promu capitaine et nommé chevalier de la Légion d’honneur, au titre militaire, peu de temps avant la fin de» hostilités.
- Ce n’est qu’en iqao qu’il devint professeur de la Faculté de Médecine de Paris et en 1921 seulement que l’Académie de Médecine l'admit parmi ses membres, en remplacement d’Armand Gautier.
- Son œuvre est considérable et porte sur les questions les plus variées de physique pure et appliquée. Après deux notes aux Comptes rendus sur 1 aplanétisme et l’achromatisme, questions de pure optique géométrique, il soutint, en i8g3, une thèse de médecine fort remarquée sur la vision des éruptions cutanées, où il montrait que l’emploi de la vision binoculaire et celle d’un écran bleuté permettent de voir les éruptions avant que l’œil nu ne les décèle, après qu’elles ont disparu et quand elles sont trop frustres pour être décelées autrement.
- Cette incursion dans le domaine médical pour y intro -duire les méthodes physiques ne dura pas. Tout au plus peut-on encore signaler de lui une note, en 1902, en collaboration avec M. Alfred Cbatin, sur l’emploi de Tare au fer en photothérapie, pour le traitement des lupus, qui donne des résultats comparables à ceux de la méthode de Finsen, à bien meilleur marché; une autre en 1907, en commun avec Bergonié et le général Ferrié, sur le maintien de la pression artérielle de l’homme après l’application des courants de haute fréquence; quelques considérations sur la radiothérapie intensive dans les maladies cutanées, parues en 1909, où il montra l’avantage des doses massives par rappoit aux petites doses répétées; une note, en 1910, avec Gaucher et Laffont sur le traitement du mal perforant plantaire par les étincelles de haute fréquence.
- Ayant eu, il y a deux ans, une jambe brisée lora d’un accident, il observa sur lui-même le rétablissement de la fonction de la marche et constata que les muscles doivent s’adapter au raccourcissement du squelette, ce qu’ils n’arrivent à faire que lentement et incomplètement.
- Ses recherches de physiologie furent plus nombreuses et plus variées. En collaboration avec le professeur Charles Richet, il publia, de i8g3 à 1898, une série de travaux de premier ordre. On leur doit la découverte de la variation thermique négative du muscle; l’étude de la contraction anaérobie ; des expériences ergométriqoes sur la puissance maximum d’un muscle en régime permanent ; la preuve de l’influence du rythme sur le travail maximum du muscle.
- Etudiant les centres nerveux ils y découvrirent la période réfractaire ou d imx-citabilité, analogue à celle que Ma^ey avait observée dans le muscle II* montrèrent que le temps perdu des réflexes, tout comme la période réfractaire, varie avec la température.
- Plus proches de la physique pure, nécessitant des connaissances plus exactes, les expériences sur le fonctionnement des organes des sens attirèrent Broca qui ne cessa d’y revenir à maintes reprises.
- En acoustique, dès 1897, ^ étudiait l’influence de l’intensité sur la hauteur du son. 11 utilisa pendant la guerre les données ainsi acquises pour réaliser l’écoute sous-marine.
- Ses travaux les plus nombreux portent sur l’optique physiologique. Il montra 1 importance de la vision bino-. culaire en photométrie, laquelle augmente la sensibilité de l’œil. Ceci le conduisit à réaliser avec M. Blondel un photomètre universel, aujourd’hui couramment employé. Il expliqua le paradoxe de la vision sur une plaque photographique des images de certaines étoiles, invisibles directement.
- La photométrie le conduisit à une série d’études pratiques sur les conditions optima de la vision. C’est ainsi qu’avec le Dr Polack il analysa, en 1907,1a visibili'é des signaux réglementaires de la marine et 1» sensibilité des différentes régions de la rétine. L’examen de la valeur des principales sources de lumière au point de vue de l’hygiène de l’œil ; celui des qualités des diverses lampes électriques aboutit à une étude d’ensemble deB conditions d’éelairage, faite en commun avec MM. La-
- ANDKÈ BKOCA.
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- INFORMATIONS
- porte, Jouaust et de la Gorce dont il défendit le» conclusions en 1913, à la réunion de Berlin du Comité internstional d’éclairage.
- Ayec Sulzer, de 1899 à ï9°3, il apporta à la physiologie de la vision une série ^'importantes contributions : compensation accommodative de l’astigmatisme; angle limite de numération des objets et mouvements des yeux; inertie rétinienne relative au sens des formes; sensation lumineuse en fonction du temps, etc.
- Les questions d’électri ité retinrent également son at ention Tout le monde connaît son galvanomètre asta-tiq >e à grande sensibilité ; non moins ingénieux est son ampèremètre correct à sensibilité vari ble pour les courants de hauie fréquence et de haut intensité. Ave<-Turchini, il indiqua un montage des tubes de Crookes qui prolonge leur durée; avec M. Delon, il analysa la période d’oscillation de ces tubes; il aborda la mesure de la viscosité électrique, celle des résistances électriques, celle du pouvoir inducteur spécifique et de la conductibilité pour les courants de haute fréquence, celle de la période de l’antenne de télégraphie sans fil Plusieurs de ses mémoires sont consacrés au phénomène Zeeman.
- Il avait repris avec une très grande précision les mesures de la vitesse à la lumière et ceci l avait conduit à la création de toute une série d’appareils nouveaux : tout d'abord un cercle azimutal à 2 limbes pour les mesures d’angle» géodésiques avec une approximation de l’ordre d’un microquadrant ; puis un niveau de grande sensibilité à bain de mercure amorti, réalisé en commun avec M Florian ; enfin un micromètre obtenu avec le Dr Comandon.
- A plusieurs reprises, André Broca avait exposé l’état des questions de physique auxquelles il se consacrait, notamment dans un petit livre sur la télégraphie sans fil, paru en i^g, dans plusieurs articles du Dictionnaire de Physiologie de Richet, dans l’Encyclopédie française d'Ophtalmologie de Valude et Lagrange, dans le Traité de Radiologie de Bouchard, dans le Traité de Plivsique biologique de d’Arsonval, Chauveau, Gariel et. Marey. Il avait groupé en un précis de physique médicale à l’usage des étudiants ses leçons de la Faculté de Médecine. Enfin, l’an dernier, il avait réuni en un volume ses leçons d’Optique physiologique, professées à l’Institut d'Optique
- Lorsque la guerre éclata, André Broca fut chargé du commandement de la batterie de défense contre aéronefs de la Tour Eiffel et du Troeadéro. Il resta dans ce poste jusqu’au 20 septembre 1915, mais ne s’y borna pas au commandement de sa baHerie. Immédiatement, il entrepôt l’étud* de la visibilité des projectiles traceurs, puis au début de la guerre de tranchées, il étudia l’application de l'élasticité de torsion au lancement des grenade» et aboutit à la « sauterelle d’Imphy » qui fut quelque temps le meilleur projecteur dont disposèrent nos troupes; puis, à l’instUation de 1 amiral Philibert, il partit à Boulogne mettre au point un appareil d’écoute sous-marine; il en arma les chalutiers de la Méditerranée et alla bientôt à Milo et à Bizerte pour en surveiller le fonctionnement. Cette étude, continuée à Toulon en 1916 et au début de 1917, servit à 1a réalisation des appareils ultérieurs, notamment à celui du commanda t Waber avec qui Broca partagea une part du prix extraordinaire de la Marine. Bientôt Broca fut réc an>é à Paris par la Direction des Invention», pour être adjoint comme physicien à la section de marine. Il s’y préoccupa, entre autres choses, de l’examen fonctionnel des aviateurs et notamment de leur sensibilité au* accélérations angulaires ; il découvrit alors dans l’oreille interne un sens des courles distinct du sen» des forces et ne tarda pas à réaliser un appareil qui a largement fait ses preuves.
- Depuis la guerre, son activité s’était encore accrue, quand il disposa enfin d’un laboratoire personnel. L’an dernier, il analysait dans une note aux Comptes rendus la représentation picturale du mouvement puis groupait en une conférence les conseils que sa connaissance de la vision lui dictait pour les peintres et tout un groupe de jeunes artistes 1 écoutaient et suivaient ses conseils. Il y a quelque» jours il donnait à l’Académie des Science» une note sur le montage rationnel des instruments à cordes, qu’il avait longuement et savamment étudié.
- Brota fut le type du savant de cult».'r* encyclopédique, riche d’idées et de cœur, un caractère franc,
- droit et bon qu’on ne pouvait connaître sans l’aimer et l admirer. R. Legsndre.
- Nouvelles de T. S. F.
- Horaire des radio-concerts de Bruxelles. — Les émissions du poste de Bruxelles (Radio-Belgique), qui émet sur 265 m., peuvent être facilement entendues en France. A la demande de nombreux lecteurs, nous donnons ci-dessous l’horaire de ces émissions.
- A 17 k — Concert Le mardi et le samedi, musique de d nse* ; le jeuii, jour des enfants.
- À 18 h. — Informations.
- A 20 k. — Causerie
- A 20 h. 15, jusqu’à 22 h., en principe, concert.
- Le lundi, opérette.
- Le mercredi, opéra.
- Le jeudi, musique légère et danses.
- Le samedi, sélection littéraire.
- A 11 k. —Sauf mercredi et dimanche, chronique de l’actualité.
- A 11 k. — Informations.
- Le dimanche les émissions commencent à 20 h. i5, et le concert seulement à 20 h. 3o.
- Les émissions sur ondes très courtes. — M. Col-matit vient de ^écrire dans l’Onde Electrique n° 37 de très intéressants essais de transmissions sur ondes courtes effectués par lui depuis mars 1924» et qui sont encore en cours actuellement.
- Ces essais, effectués régulièrement, et avec le plus rigoureux esprit scientifique, comportent déjà des enseignements fort curieux.
- A l’origine, le but de ces transmissions était de rechercher ai une liaison régulière pouvait être établie avec la puissance autorisée de roo w*tts alimentation d’un bout de la France à l’autre, et quelle était la longueur d’onde optima à employer entre 20 m. et 200 m.
- Par la suite, M Colmant commença des essais méthodiques. répétés identiquement pendant dix jours consécutifs, afin d’essayer d'étudier les phénomènes de propagation sur ondes courtes. Ces essais furent exécutés en collaboration avec M. Lougayrou d’Alger, puis, plus tard, avecM. Cazenave de La Réole.
- Après avoir constaté l’impossibilité d’utiliser l’onde de aoo m. à cause des brouillages, les premières transmissions régulières eurent lieu sur 180 m.
- Ces expériences permirent de conclure qu’à l’époque des mois de mars-avril, la transmission était facile entre Paris et Alger avec une puissanc de 5o watts seulement, et de nuit. De jour, au contraire, même avec i5o watts, la réception était impossible. De plus, aucun effet d’évanouissement ne fut constaté
- Les essais suivants eurent lieu sur 90 m de longueur d’onde et des réceptions excellentes de nuit furent possibles avec ï5 watts seulement, mais avec quelques irrégularités cependant. Avec 40 watts une excellente communication était assurée d’une façon absolument régulière et certaine et sans aucune trace d’évanouissement (fading). Aucune communication de jour ne put être obtenue.
- Avec l onde de 5o m. enfin, les résultats des essais deviennent plus anormaux et plus irrégulirs. Certaines nuits, en effet, i réception est impossible même en employani 38 w»tts à 1 émission et ce- tain*s autres nuits au contraire elle est très forte avec watts seulement. On constate »ouvent des effets d’affaiblissement
- De plus, la récrpiion varie svivaut les lieux, et, du reste, nullement en proportion de la distance. Ainsi de très bonnes auditions de nuit sont obtenues à La Réole, alors qu’on entend fort mal à Alger. Alors qu’à Alger 1 audition est impossible de jour, elle est devenue souvent excellente à certains moments à La Réole Enfin, on peut constater l’influence très gra de de la saison : alors qu’eu août rga4, l’écoute de jour était impossible à Alger, elle devint régulière et excellente en décembre 1924.
- Ces résultats permettent de mettre en évidence les phénomènes nombreux qui viennent agir sur la propagation des ondes courtes, et il est permis d’espérer que 1 étude des causes perturbatrices permettra d’énoncer un jour la loi encore inconnue de la propagation des ondes hertziennes.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI Ï925
- L’année 1914 a été pauvre en comètes, sinon par le nombre, puisqu’on en a observé quatre, mais par leur importance. La dernière découverte (1924 à,) a déjà fait ici l’objet d’une petite information (n° 2655).
- Le i3 janvier, d’après le professeur Max Wolf, elle brillait comme un astre de 170 grandeur et il ajoute.: « C’était un petit objet nébuleux, en forme d’éventail ou de secteur, de 3/4 de minute de large, un peu plus petit en hauteur avec une condensation nucléaire à l’endroit du secteur orienté vers le Sud-Sud-Est. »
- Cette structure et la nature cométaire de l’orbite, ajoute M. Baldet dans L’Astronomie (mars 1925), ne laissent aucun doute sur la classification de cet objet comme comète.
- Le Dr A.-C.-D. Crommelin, en utilisant trois positions des 22 et 26 décembre et du i3 janvier, a calculé une orbite elliptique — dont nous ne donnerons pas ici les éléments — d’où il résulte que la période de révo-lulion de ce nouvel astre est de 7 ans 1/2 environ.
- Que nos lecteurs ne recherchent pas cette comète, et nous nous garderons bien de leur en donner ici la position d’après l’éphéméride de M. Crommelin.
- Son éclat est si faible qu’il faut les plus puissants instruments pour la photographier et surtout pour la voir.
- I. Soleil. — Eu mai, la déclinaison du Soleil, de -f- i5°o' le x,r s’élève à -f- 21° 53' à la fin du mois. La durée des jours augmente de plus en plus, et de i4h3i“ le ior elle atteint i5h48“ le 3i. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris,
- Suivant la latitude, il y a lieu de corriger cette durée en plus ou en moins du double de la correction ci-après :
- Correction
- On trouvera au dernier « Bulletin astronomique » (n° 2056) la définition des termes P, B0, L0.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est encore bien visible, le soir, au début du mois, bien que la durée du jour apporte une gêne à son observation. (Voir à ce sujet les deux derniers « Bulletins astronomiques. » IL Lune. — Voici les phases de la Lune pendant le mois de mai 1935 :
- 3h20m
- L. le 22, à 15*48“ Q. le 3o, à 2011 4H
- litude. Le 1". Le 51.
- 420. . . . — i6nl 24“
- 44°. • • I 2m — 18“
- 46°... . — 8“ — iT
- 48° ... . — 2“ — 3m
- 5o° .... -f 3“ + 5“
- 52° . . + 9m + i4m
- 54° . - - - -j- 16“ + a5m
- Fig. i. — Occultation de la planète Neptune par laLunele iermai 1925. (Image droite.)
- Ainsi pour la latitude 42°, le ior mai, la durée de présence du Soleil sur l’horizon sera de :
- i4h 3i” — 2 x 16“ — i3h 59“.
- Pour la latitude 54°, le 3i mai, cette présence sera de :
- . j5b 48” -j- 2 X 26“ = 16h 38m.
- Le tableau ci-après contient le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les pendules quand il est vraiment midi (Soleil juste au méridien) :
- Dates. Heures du passage Dates. Heures du passa
- (t. m. Gr.). (t. m. Gr.).
- Mai ior nb 47“ 44“ Mai 1 ih 46“ 53s
- — 3 ii1 47“ 3os — J9 1 ih 46“ 5f
- — 5 nb47“ *7* — 21 nh47m 35
- — 7 ii" 47“ 8* — 23 1 ih 4 7m 135
- — 9 nh47m o* — 2 5 I lh 47“ 22s
- — IX nh 46“ 55' — 37 1 ih 47“ 35s
- — i3 nh46“ 52' —- 29 Iib47“ 49*
- — i5 1 ih46“ 5is — 31 Iib48“ 5S
- Observations physiques. — Le tableau ei-dessous contient les principaux éléments pour l’observation physique du Soleil et pour la mise en place et l’orientation des dessins et photographies.
- Dates. P B.
- Mai i'r — 24°, 3 3 — 4°, Il 3400,78
- — 6 — 230,37 - 30,59 2740,69
- — 11 22°,23 — 3°,o5 ? >. 2080,67
- —, 16 20°,92 — 2°, 49 i420,45
- — 21 — I9°»44 — i°,9i 760,31
- 36 — i7°,8i 1°,32 1 o°, 16 3°3°,99
- — 3i — i6°,o4 — o°, 7 2
- 1. Toutes les heures données d»ns le présent Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de 0“ à a4h, à partir de minuit. L'heure d’été sera appliquée simultanément en France, en Angleterre et eh Belgique dans là üuit du 4 au 5 avril. A partir de cetté date, augmenter toutes les heures mentionnées ici de une heure.
- P. Q. le icr, à 3h2om N.
- P. L. le 8, à i3h42“ P.
- D. Q. le i5, à 5b46m
- Age de la Lune, le 1" mai, à oh=7J,9; le 23, à ob=oJ,3. On sait que pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois à oh, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i*r ou le 23; pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mai : le 12= — 20° 43' ; le 26 = -j- 200 49'- Ces dates marquent les époques de plus faible élévation et de plus grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 11 mai, à 2h. Parallaxe = 60'i5". Distance = 363 g5o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 mai, à îi1. Parallaxe = 54' 5". Distance — 4o5 44o km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune. — Le i,r, occultation de Neptune (gr. 7,7), de *2h 37“ à23h38m (fig. 1). La Lune sera au Premier Quartier. La planète disparaîtra au bord obscur~et réapparaîtra au bord éclairé. Voir plus loin à Neptune.
- Le 2, occultation de 7 Lion (gr. 6,2), de oh17“ à ib 2“.
- Le 11, occultation de n5 B. Sagittaire (gr.5,7). Emersion seule visible à a3h 58“.
- Le 27, occultation de Cancer (gr. 5,9), de i9h49“à 54“.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 8. Celles de la Nouvelle Lune du 22 seront peu importantes. Voici le tableau de ces plus grandes marées pour Brest :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Mai 7 3h 0“ o»,87 t5h19“ f* O 1 r 0
- — 8 3h 39“ o“,96 i5h 57“ im,oo
- — 9 4h 17” Im,02 i6h 37“ i“,o3
- — 10 4h57* i“,o3 tyh19“ l“,OI
- — 11 5h4i“ °m»99 i8h 3“ o”,95
- — 12 6h 26“ o“,go 18h5i“ o“,84
- Le phénomène du mascaret se produira notamment les 9 et 10 mai, suivant l’horaire ci-après :
- Date. Coefficient Quillebeuf. Yillequier. Caudebec.
- — de la marée. — — —
- Mai 9 i“,o3 2oh ioM 2oh 47“ 20b 56*
- — 10 im,o3 8h 29“ 911 6ra g1'i5m
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au moyeu des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai 1925.
- Mercure sera visible le matin, du 9 au 22 mai, sa plus grande élongation se produisant le 16, à a5° 38' à l’Ouest du Soleil. La position en déclinaison de Mercure sera assez favorable pour les observations. Voici les valeurs de a phase et de la grandeur stellaire pour le mois de mai ;
- Dates.
- Mai
- Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- i*r 0,13 -f- 1,7
- 6 0,22 -j- 1,3
- X 1 o,3i 4- i»o
- 16 ** 0.39 -j- 0,8
- 21 - 0,48 4-0,5
- 26 0,57 + o,’
- 3t 0,67 — 0,2
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascsn - Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à AU à sion et VISIBILITÉ
- MAI Paris. de Paris (*) Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 5 4h 26 11* 47^17’ *9fc 9* 2h 48“ -f 16e ii' 3t' 45.6 Bélier '
- Soleil . . . i5 4 I I 11 46 51 •9 2 i 3 27 + 18 49 3i 46,8 Bplier J »
- 25 4 0 U 47 22 19 36 4 7 -j- 20 54 3i 37)2 Taureau I
- Mercure. . f 5 1 25 3 3 3 54 43 17 10 26 10 II 10 i5 16 16 *7 59 i3 1 1 2 26 49 32 + 6 + 7 + 11 32 42 48 10,2 8,4 6,8 1 v Poissons . 0 Poissons / (iBabine 1 Le matin. Plus grande élongation le 16.
- 1 r 5 4 *9 12 0 19 21 2 58 -j- 16 18 9>8 S Bélier .
- Vénus. . . \ 15 4 31 la 10 9 5o 3 41 46 9»8 Pléiades ? Inobservable.
- 35 4 as 1 2 îj 20 18 4 4o -j- 22 20 9,8 a Taureau
- | 5 6 37 '4 47 22 56 5 46 -j- 24 37 4,2 y) Gémeaux } Le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- Mars. . . .. \ i5 35 6 6 26 16 14 35 14 23 22 2 2 45 3i 6 6 14 42 -f a4 + 24 38 20 4,2 4,0 (t Gémeaux , e Gémeaux
- Jupiter. . . i5 23 33 3 58 8 i4 «9 37 — 21 39 40,0 ïô/’Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . i5 *7 47 2 2 5 a 3 57 i4 34 — 12 20 16,8 P Balance Toute la nuit.
- Uranus. . . i5 2 12 8 2 i3 51 a3 4i — 2 49 3,4 20 Poissons Av*nt l’arrivée du jour.
- Neptune. . i5 10 33 17 48 1 3 9 a9 -f i5 11 2,4 7 Lion Première part ie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Vénus est encore inobservable ce mois-ci, étant toujours située très près du Soleil. Mais elle va bientôt devenir visible le soir.
- Nous continuons ci-dessous, comme pour Mercure, le tableau de la phase it de la grandeur stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mai iar 0,99 — 3,5
- — 6 o,99 — 3,5
- — 11 0 99 -3,4
- — 16 o,99 -3 4
- — 21 o,99 -3,4
- — 26 0.99 — 3,4
- — 3i 0,98 -3,4
- La planète, presque éclairée de face, s’écarte lentement du Soleil.
- Mars est encore visible le soir se couchant, le i5, à ai11 45“. Son diamètre, réduit à 4" de diamètre, ne permet plus guère d effectuer d’observations utiles, même avec les grands instruments.
- Jupiter est visible à présent pendant la seconde partie de la nuit, se levant avant minuit. Les plus petites longues-vues permettent de voir les bandes nuageuses qui sillonnent sa surface et de suivre les évolutions des 4 principaux satellites autour de la planète géante.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Mai Heure. Satel- lite. Phéno mène DATE Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- Ier 3h 12“ I Em. 16 2h 1 5“ I O.f.
- 2 2 5 II E.c. 17 1 *9 I Em.
- 4 2 16 II P. f. 17 1 -46 III I en.
- 6 3 12 III Oc. 18 217' II 0 c.
- 8 1 34 I E.c. 20 1 »9 II Em.
- 9 2 8 I P.f. 23 2 3o I 0. c.
- 10 1 29 III Em. 23 3 3o I P. c.
- 11 2 1 II P.c. 24 1 iy m E.c.
- 11 2 22 11 0 f. 3 4 3 7 1 Em.
- »4 2 51 IV E. c. 27 3 43 11 Em.
- j 5 16 3 1 27 43 I I E.c. P. c. 3i 1 43 1 E.c.
- Nous avons défini, au précédent « Bulletin astronomique », les différents phénomènes auxquels donnent lieu les satellites de Jupiter dans leur mouvement autour de la planète.
- Saturne sera en opposition le i*r mai, à s2h. Il sera donc visible toute la nuit. Une lunette de moyenne puis-
- sance est nécessaire pour observer l’anneau, et surtout pour le séparer en ses diverses parties.
- Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 16 mai :
- Grand axe extérieur............................. 4î",3i
- Petit axe extérieur........................ -f-13",8y
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. -j- ï 90 8 '
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .......................................... 4-i9°5o'
- La face nord de l’anneau, que nous voyons en ce moment, est éclairée par le Soleil.
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, à l’époque de ses élongations que voici :
- Dates. Élongation orientale. Élongation 0
- Mai 7 — I2\3
- — 15 9h,5 -
- — 23 “ 9\7
- — 3i 7V —
- Uranus est un peu visible avant l’arrivée du jour. Nous en parlerons plus en détail le mois prochain. On pourra le trouver au moyen de sa position donnée au tableau des planètes.
- Neptune sera en quadrature orientale le i6r mai; il se couchera donc environ 6 heures après le Soleil. On pourra le rechercher à l’aide de la petite carte publiée dans le précédent « Bulletin astronomique » (n° j656). Au début du mois, Neptune sera staiionuaire, noa loin de l’étoile 7 du Lion. Rappelons, comme nous l’avons vu plus haut, qu il sera occulté par la Lune le ior mai. Cette occultation peut être fort intéressante à observer. S’attacher à chronométrer, avec la plus grande précision, sa durée. Cette durée permet de calculer le diamètre exact de la planète. Mais il faut pour cela des observations remarquablement précises.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ior, à aa , Neptune en conjonction avec la Lune, à o° 38 Le i3, à ih Jupiter
- Le 17, à io\ Uranus Le ao, à io\ Mercure Lea3,à 7b, Vénus Le u5, à 2 A Mars Le 39, à 6h, Neptune
- Étoiles filantes.
- 1» Lune, à i° a4'S. la Lune, à 3° 8'N. la Lune, à i°5:i'N. la Lune, à4°27'N. la Lune, à 31* 29'N. la Lune, à o° 54' S.
- étoiles °' Ces
- . , Du 29 avril au 6 mai,
- filantes. Radiant près de a Verseau (3j6° et —a étoiles filantes sont rapides, a^ec tr*îuées.
- Le 23 mai. météores radiant de a Couronne (232° et + 250).
- Etoiles variables. — En raison de la position de la constellation de Persée, très près de l’horizon nord, les
- HBïôô»
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- minima de l’étoile variable Algol (p Persée) sont invisibles en cette époque de l’année.
- Etoile polaire — On trouveja ei-dessous les heures du passage inférieur de l’Etoile Polaire au méridien de Paris (l’étoile étant au-dessous du Pôle) :
- Dates. Passage inférieur temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Mai ier 22“ 46“ 46* 2h 35m 33*,7
- — 11 22h 7“ 32* 31* 14“ 59*,2
- — 21 21* 28”1 2o‘ 3* 54m 245,8
- — 3i 20h49a 9* 4h 33ra 5o*,3
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le Ier mai à a3h ou le i5 à 22* est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar, v, a3 h.). Le
- Bouvier (e, tc, \, x, 44 i). Les Chiens de Chasse. (Le cœur de Charles.)
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, ic, y)- Cephée (Sî P-, y-, £ P 0). Cassiopée (t), t, a).
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- A ÏËst L’Aigle. La Lyre (a, e, Ç, vj, M. 5y). Hercule (a> P» *. 95, Ç, M i3). La Couronne.
- Au Sud-Est : Le Scorpion. Ophiucbus (36 A, p, 3g, 67, 70).
- Au Sud : La Vierge (y, 0, 84* 54, 17). Le Bouvier (a). La Balance (a, (3, Ç. c). Le Corbeau (S, 23675).
- A l’Ouest : Le Lion (a, |3, y? ?» b 54, 90). Le Cancer. Les Gémeaux.
- Capella glisse à l’horizon Nord-Ouest.
- Em. Touchet.
- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : ANIS VERT
- Habitat. — L’anis vert (Pimpinella Anisurn L. Om-bellifères) Anis officinal, Boucage, Pimpinelle anis, a été introduit du Levant en Europe au milieu du xvi* siècle. 11 y croît spontanément dans les bois humides; en France on le cultive dans plusieurs departements du Centre et du Midi et dans un grand nombre de jardins.
- Description sommaire — Plante herbacée annuelle dont les tiges sont hautes de o m 5o à o m 75, les feuilles peu nombreuses, plus ou moins découpées selon leur situation, les fleurs petites et blanches en ombelles, les frnits d’abord pubescents puis verdâtres, pourvus d’une odeur aromatique agréable et d’une saveur chaude et piquante
- Culture. —L’anis préfère les terres légères, faîches, perméables, calcaires siliceuses ou inversement, celles qui sont argileuses et humides ne lui conviennent pas. Elles doivent être bien préparées et fumées avant de recevoir les graines récoltées l’année précédente, bien que leur durée germinative soit de trois ans. Un gramme contient environ 200 grains.
- Multiplication. — Elle n’a lieu que par semis qui est effectué lorsque les gelées ne sont plus à craindre, et suivant les régions, de février ou de mars à mai Quand on opère en grand, on le fait, d’après les uns, à la volée ou en sillons rapprochés de o m 35 à o m. 40 (A. G. et J. D ) et, d’après d’autres, en planches de a m. de largeur, ou encore en lignes distantes de o m. 70 à 1 m. avec i5 à 20 cm sur la ligne (A R. et D. B.). On emploie de n à 20 kg de graines à l’hectare.
- On recouvre les graines très légèrement de terre au râteau dans le jardin et à la heise sur le champ; on plombe ou l’on roule selon l’endroit pour conserver au sol sa fraîcheur qu’on assure dans les terrains secs par des arrosage® qui favorisent la germination Celle-ci est lente et n’apparaît qu’au bout de 20 à 3o jours On sarcle, on butte les lignes quand les plantes ont o m. i5 à o m. 20 ; on les éclaircit de manière que l’écartement soit entre chacune d'elles de o m. 76. La floraison a lieu en juillet et la maturation des fruits à partir du mil5eu d’août jusqubn septembre!
- Récolte — Dessiccation Conservation. — La récolte se fait lorsque les graines ont acquis une teinte brun verdâtre et une dureté suffisante. Dans le jardin, on coupe généralement les ombelles à la main et on les met sécher dans un endroit aéré plutôt qu’au soleil, mais sur le champ, tantôt on arrache les pieds, tantôt on coupe les tiges à la faucille, puis dans les deux cas on les met en javelles en prenant de grandes précautions, car les semences se détachent facilement des ombelles et tombent à terre. Il faut éviter la pluie qui les noircit.
- L’obtention des graines comprend leur battage sur une toile avec des baguettes flexibles plutôt qu’avec un fléau, leur vannage, puis séchage dans un endroit aéré et leur mise en sac ou en tonneau placé dans un endroit très sain pour que leur bon arôme soit conservé.
- Production. — 11 n’est pas sans intérêt de savoir : a) Qu’un hectare produit habituellement en France de 5«o à 800 kg de semences ; b) qu’un hectolitre pèse 35 kg, environ ; c) que le prix très variable oscille entre
- 6o, 80, 90 francs les 100 kg, selon la qualité'et la provenance.
- Propriétés thérapeutiques. — De l’anis on n’emploie que les fruits qui constituent un excitant earminatif par excellence, dont l’action se fait surtout sentir sur l’appareil gastro-intestinal et favorise l’acte digestif en provoquant soit par le haut, soit pas le bas, une expulsion de gaz. Connu déj^ dm temps de Pline, l’anis est un des plus vieux médicaments de la médecine populaire qui en fait grand cas surtout dans les infections stomacales, flatuosités, coliques venteuses, etc. On l'administre même dans les tranchées des enfants à la mamelle, on le donne dans ce cas à la nourrice. Son action excitante sur l’estomac est mise à contribution pour fa'ibter la digestion de certains légume» tels les choux et les navets (Dr A. Héraud). On lui attribue aussi la vertu d’augmenter la sécrétion lactée.
- On prétend depuis quelques années que l’anis est supérieur à la menthe au regard d’une digestion régulière ; quant à l'action de l’essence d anis elle est controversée. Bien que des recherches spéciales aient permis à plusieurs savants d’affirmer qu on peut en prendre de fortes doses sans danger d intoxication, il en est d’autres qui avancent que, de toutes les essences qui entrent dans la liqueur d’absinthe, celle de l’anis est la plus jnocive.
- ^Composition chimique — Les graines renferment : résine, stéarine, chlorophylle, huile grasse, huile essentielle. Cette dernière ou essence d’anis est formée de deux corps principaux isomères : l’anéthol solide à la température ordinaire et le méthylchavicol, liquide. L’anéthol forme les 80 à 90 pour 100 de l’essence et c’est à lui qu’elle doit ses principales propriétés. L’essence est liquide à + uo° et se solidifie entre i5° et 19°. 10 kg de semences en contiennent r 18 à 200 gr.
- Préparations pharmaceutiques et doses. — A l’intérieur, le principal usage des semences d’anis eon-. siste dans 1 infusion pour laquelle le dernier Codex de 1908 prescrit la dose de 10 gr. pour un litre d eau bouillante pendant une demi-heure. On en prend une tasse très chaude après chaque repas. On emploie les préparations suivantes : poudre 1 à 4 gr. ; hydrolat a5 i5o gr. ; teinture 4 à 3o gr. ; sirop i5 à 60 gr. L’oléosaccharure peut être pris à la dose de 2 à 10 gr. ; l’huile essentielle, une à dix gouttes dans une potion ou sur un morceau de sucre, le baume de soufre anisé 6 à 8 gouttes dans une potion. On fabrique des dragées : anis couvert, anis de Flavigny, de Verdun. L’essence entre dans l’élixir parégorique, dans la fameuse thériaque, etc., elle sert à masquer la saveur de certains médicaments. Les graines font partie de! espèces car-minatives : anis, fenouil, coriandre, carvi, à parties égales.
- A l’extérieur,. on en prépare une pommade contre l’ozène, des lotions, fomentations, cataplasmes, pour dissiper les engorgements laiteux.
- La médecine vétérinaire emploie souvent les semences d’anis associées 4 celles des autres ombellifères, notamment de la coriandre et du fenouil, qu elle fait infuser dans du gros cidre (en Normandie), après les savoir
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- VARIÉTÉS
- concassées grossièrement. Ce traitement est réservé spécialement aux ruminants dans les affections gastro-intestinales et la météorisation. D’après le Dr J.-B. Dubois on augmente la sécrétion lactée chez les chèvres, les brebis et les vaches en donnant par jour, aux deux premières, 20 à 3o gr. de ces graines et aux troisièmes 80 à ico gr. On a constaté que son odeur (passe dans le lait.
- Liquorîsterie. — Les graines entrent dans une proportion plus ou moins grande dans la fabrication d’une foule de liqueurs que je ne puis citer ici, mais dont les plus répandues dans les familles sont l’anisette et le vespétro.
- Anisette. — Parmi les nombreuses formules qui varient plus par leurs noms que par leur composition : anisette de Bordeaux, de Lyon, de Paris, de Russie, les meilleures sont celles qui sont préparées par macération des plantes dans l’alcool durant 24 heures, distillation et sucrage du produit alcoolique. Mais comme la distillation exige un alambic dont la possession oblige à une déclaration et à des formalités gênantes, je ne donnerai que la formule ci-dessous permettant 1» préparation d’une anisette dite surfine, par simple mélange d’essences dans l’alcool et le sirop de sucre ; les doses sont pour un litre.
- Essence de badiane..............o gr. 70
- — d’anis...................o gr. 20
- — de fenouil doux .... dix gouttes
- — de eoriandre,............deux —
- — de sassafras.............huit —
- Extrait d’ambre non musquée. . dix —
- — d’iris................ o gr. 60
- On dissout les essences dans 3oo cm3 d’alcool à 85°;
- on verse la solution dans un sirop fait avec 56o gr, de sucre et 260 gr. d’eau distillée, lorsqu’il est refroidi. On mélange intimement et l’on filtre s’il y a lieu.
- Vespétro. — Très répandue en Normandie, cette liqueur, dont le nom rabelaisien évoque, en les voilant à peine, ses principaux effets physiques, se prépare par distillation et par simple mélange, mais pour les raisons précitées, la formule surfine ci-dessous, pour un litre, appartient à cette dernière catégorie.
- Essence d’anis ...................o gr. 40
- — de carvi................. o gr. 3o
- — de fenouil doux..........o gr. 80
- — de coriandre.............huit gouttes
- — de citron................o gr. 20
- Le traitement des substances est le même que pour I’anisette.
- La culture de l’anis mérite, es raison de ses différents emplois médicinaux et économiques, une place importante dans le jardin familial, et surtout dans tout le pays, car nous importons des graines de l’Espagne, de Tunis, de Russie, etc., entre 600 000 francs et un million. Elle est d’autant plus justifiée que, depuis la loi du 3o janvier «907, interdisant la fabrication de l’absinthe, l’essence d’anis, plus que toute autre, entre dans la préparation des liqueurs considérées comme «c similaires d’absinthe ».
- Qu’il me soit permis de rappeler, à propos de son utilité dans le jardin familial, ce qu’en pensait (d’après la traduction de M. Meaux Saint-Marc) la fameuse Ecole de Salerne (Schola Salernitana).
- « Propice à l’estomac, il éclaircit la vue ;
- Que d’anis excellent ta maison soit pourvue ! »
- A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de L,® NatWf© ©blige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’un® bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances,
- Il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à laver la vaisselle est construite parla Société Sacam, 11, rue des Petits-Champs, Paris (Ier).
- Microbalance apériodique : C. Longue, constructeur, 8, boulevard Edgar-Quinet, Paris, 14e.
- Réponses. — M. de Gandillac, à Vavona. — Adresses de broyeurs pour la chocolaterie : Arnou-Weidneeht, 1, boulevard Mac Donald; Baker, avenue Dubonnet, à Courbevois, Seine ; Baudrÿ, 64, rue Gide, à Levallois (Seine) ; Bessa, 22 bis, rue de la Clef; Billioud, 46* rue Albouy; Coursier, 4ê; boulevard Richard-Lenoir ; Delà-court, 39, rue Fouquet, à Levallois; Ponsart, 26, rue de Chabrol; Kustner frères, 74, rue Lafayette ; Paillart et Benoist, 2, Cité Trévise; Dulos, à Saint-Etienne (Loire).
- M. D. A., à Leiria (Portugal). — ia Une bonne graisse d'armes peut être préparée facilement en faisant fondre ensemble 100 gr. de gaisse de mouton avec 200 gr. d’huile de pieds de bœufs. On peut aussi se servir tout simplement de vaseline jaune, laquelle a l’avantage de ne pas s’oxyder à l’air et par conséquent de ne pas s’acidifier. 20 Pour nettoyer le canon de votre arme, graisser la partie rouillée avec l’un des produits ci-dessus et laisser en contact deux ou trois jours. Frotter ensuite au chiffon ou à l’écouvillon, puis tirer deux ou trois cartouches à balles. Finalement regraisser avant de remettre au râtelier.
- M L. Laffort. à Bordeaux. — i* La façon la plus pratique de laver voire crud est de disposer celui-ci dans un tonneau placé debout et dont un fond a été enlevé, puis de faire arriver, par le bas, l’eau de lavage de manière que le liquide chargé des sels dissous s'évacue par eu haut. Avec une circulation très lente, vous arriverez rapidement à un épuisement suffisant, ce dont vous vous rendrez compte à la coloration. Si la
- quantité de crud à traiter est importante, vous pouvez ainsi placer en escalier une série de tonneaux. A notre avis il serait plus avantageux d’acheter du crud lessivé, qui vous coûterait beaucoup moins cher, puisqu’il ne contient presque plus d’éléments azotés, lesquels sont seuls payés quand le crud est vendu comme engrais. 20 La dose à employer pour constituer le terrain de tennis ne peut être déterminée d’avance, elle dépend de la nature de la terre à laquelle le crud doit être mélangé et de sa richesse en argile. Quelques essais en petit vous fixeront très rapidement à ce sujet.
- Mme V. Viel à Bucarest. —Il nous est assez difficile de répondre utilement à votre question, ne sachant pas quel est le produit que vous voulez traiter et empêcher de se répandre extérieurement par un joint hydraulique. Sous ces réserves nous pensons que vous pourriez donner de la densité aux huiles lourdes dont vous parlez en y faisant dissoudre des stéarates ou oléates métalliques, cuivre, plomb, etc., de même base que le métal devant constituer la cuvette du join*, cela afin qu’il n’y ait pas de déplacement.
- M. Lambert, à Evreux. — Pour débarrasser les feuilles de mica des appareils de chauffage, de la couche noire qui les recouvre, il faut, après les avoir démontées, les laver d’abord à l’essence de pétrole par trempage et frottement pour dissoudre les goudrons; puis, après séchage, on les passe dans la flamme d’une lampe, à sonder genre Paqùelin pour brûler les grains de charbon restés dans les interstices. Ne chauffer que juste le temps nécessaire pour assurer la combustion complète afin de ne pas motiver un effritement, l’expérience vous guidera mieux que de longues explications.
- M. Lesage, à Mayence. — Gomme peinture se dissolvant facilement dans l eau et non attaquée par l’essence pour automobiles, vous pouvez employer une peinture
- à la caséine du type suivant :
- Caséine en poudre. . . . . . . 100 gr. Carbonate de soudé Sohvay. . . 5o — Pigment.......................85ô —
- Rendre bien homogène par broyage et mélange à sec, délayer au moment de l’emploi dans une quantité d'eau tiède suffisante pour obtenir la consistance conve-
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- BOITE AUX LETTRES
- nable. Les pigments peuvent être, à volonté, le blanc d’Espagne, le sulfate de baryte, le kaolin, l’ocre jaune ou rouge, le bleu de Prusse, le jaune de «hrome, etc., employps seuls ou en mélange.
- M. R. David, à Asnières. — Vous trouverez tous renseignements dans l’ouvrage : La Passementerie, le lacet et la rubanerie de VEncyclopédie professionnelle, éditée par Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. P.-B., à Payer^e (Suisse). — 1° La durée du temps de pose dépend de cinq facteurs : le coefficient d’éclat, le «-oefficitnt d’éclairage, le coefficient de clarté, le coefficient de sensibilité et le coefficient de distance, étant bien entendu que l’on fait usage d’une surface sensible orthochromatisée présentant une coût be d’action photographique qui se rapproche de la courbe d'intensité lumineuse du spectre solaire : i° Le coefficient d’éclat provient des éclats intrinsèques actiniques des différents éléments constituant le sujet à reproduire avec leurs valeurs inversement proportionnelles; 20 Le coefficient d’éclairage représente l’inverse de l’intensité actinique du faisceau qui éclaire le sujet. Par convention on prend pour unité la plus grande intensité que peut acquérir un faisceau de rayons solaires à Paris le ai juin à midi. Ce coefficient étant 1 pour le plein soleil devient \ à 1 ombre pour un ciel serein, il varie de 4 à 10 pour un ciel couvert et atteint de 12 à 16 pour un ciel bleu à l’ombre dans un atelier normalement éclairé ; 3° Le coefficient de clarté est inverse de celle-ci et dépend de l’ouverture du diaphragme. L’ouverture est habituellement exprimée en fonction de la distance focale de l’objectif. On divise la distance focale prise en millimètres par le diamètre du diaphragme employé, exprimé également en millimètres, le quotient est élevé au carré et divisé soit par 10 si on adopte le système du Congrès, soit par 16 dans le système de la Photographie Society of Great Britain (USN|; 4° Le coefficient de sensibilité s’évalue par l’opacité produite sur une plaque par une quantité de lumière déterminée, cela au moyen d’appareils appelés sensitomèlres (voir dans un numéro précédent notre réponse à M. Hanapp à la Hestre sur la sensibilité des plaques) ; Le coefficient de
- D*
- distance est donné par la formule dans laquelle
- D représente la distance de l’objet à l’objectif et F la distance focale principale de ce dernier. Dans le cas de paysages par exemple, D ét*nt très grand, le coefficient se rapproche de l’unité et devient négligeable. Le produit de ces cinq facteurs constitue le temps de pose nécessaire pour une impression normale donnant après développement une image harmonieuse et bien détaillée C est en tenant compte de ces éléments que les constructeurs ont cherché à réaliser des appareils dans lesquels, après déplacements successifs de plusieurs curseurs, on trouve le temps de pose qui convient au sujet, à l’état du ciel, à l’ouverture du diaphragme à l’émulsion et à la dis tance; dans cet ordre d’idées, nous pouvons vous signaler le Posographe de Kaufmann, 11, rue de la République, Puteaux (Seine); le Photomètre normal de Degen, 3, rue de la Perle, à Paris; L Ak^ino, photomètre de Bensy frères, 8, rue de Duras, Paris. 20 Vous obtiendrez des inscriptions de résistance très grande sur les cuvettes photographiques en vous servant d’une encre obtenue en délayant de la poudre de minium avec du silicate de soude. Après séchage de quelques jours, le silicate sodico-plombique forme avec la couverte de porcelaine ou delà faïence une combinaison extrêmement stable, de sorte que l'inscription ne peut être enlevee que par grattage au couteau ou par des traitements successifs à l’acide nitrique et aux alcalis, encore bien les traces en restent-elles toujours apparentes.
- M. Gonza]o G il. — i° Pour rendre le vélin apte à recevoir l aquarelle, on commence par le dégraisser par mai ération dans l’eau tiède (a5° à 3o°) contenant environ 2 pour 100 de carbonate de soude, puis on le trempe dans un empois léger d’amidon composé de :
- Eau non calcaire..............1000 cc.
- Amidon de riz................. 20 gr.
- On délaye l’amidon dans une partie de l’eau froide et on verse le lait ainsi préparé dans le reste de l’eau portée à l'ébullition, ce n’est qu’après refroidissement jusqu’à 3o° que l’on fait l’immersion du vélin, ensuite on fait sécher, sous tension, en fixant la peau sur un cadre approprié ; 20 Vous pourrez trouver des lampes à
- émailler dans les maisons suivantes : Guilbert, 68, avenue de la République; Fouillaud. 8-’, rue de la Roquette; Dumont, 9 rue de la Guadeloupe; Fortin, 34, >u- Sedaine; 3° Pour sensibiliser le vélm en vue de la photographie, on prend les feuillets préparés comme il est dit ci-dessus ou simplement dégraissés et on les immerge dans la solution suivante .
- Eau de pluie......................1000 cc.
- Gélatine blanche.................. 12 gr.
- Chlorure d’ammonium................. 7 —
- Cette dissolution s’obtient facilement si on prend la
- précaution de faire gonfler préalablement la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures avant de liquéfier par chauffage au bain-marie. Après égouttage et séchage, on marque l’une des faces par une croix au crayon pour la reconnaître ultérieurement et on fait flotter à la surface d’un bain composé de :
- Eau distillée...............................1000 gr.
- Nitrate d’argent............................ 100
- Solution saturée de bicarbonate de soude. xo cc.
- N -B. — Il ne faut sensibiliser qu’une face, car si on imprégnait complètement le support, limage aurait un aspect moins brillant et serait sans contrastes. Pour terminer faire sécher également sous tension dans l’obscurité et utiliser comme le papier sensible ordinaire, en exposant sous un négatif à la lumière la face marquée au crayon.
- M. D. Tesserand, à Tarbes. — La place limitée dont nous disposons ne nous permettrait pas de traiter d’une façon suffisamment utile pour vous la question de l’analyse des peintures destinées à protéger les surfaces métalliques, peintures, dont la composition est très variable. Le mieux serait de vous reporter au chapitre spécial qu’y a consacré Coffignier pages 679 et suivantes dans son ouvrage Couleurs et peintures, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille; vous trouverez en outre dans cet ouvrage de très utiles renseignements généraux qui vous guideront dans vos recherrhes.
- M. G Rebuschini, à Albate, — Vous pouvez préparer un excellent insecticide contre les mites en combinant Faction du tétrachlorure de carbone que nous avons signalée maintes fois et celle bien connue de la fleur de pyrèthre dont le principe actif, le pyréthrone, est soluble dans le tétrachlorure.
- Pour cela faire digérer pendant une huitaine de jours dans un flacon bien bouché et en agitant fréquemment :
- Poudre de fleurs de pyrèthe fraîches . . 5o gr.
- Tétrachlorure de carbone...............1000 cc.
- Laisser reposer, décanter et filtrer rapidement sur un tampon de cot^n pour éviter la perte par évaporation. Employer le liquide limpide en pulvérisations, au moyen d’un vaporisateur de toilette, dont on dirige le jet sur les objets à préserver. Enfermer ensuite ceux-ci dans des cartons.
- M. G. W., à Héverlé, Belgique. —- 1» Il est facile de remettre en bon état les pinceaux qui out été abandonnés pendant quelque temps encore chargés de peinture à l’huile. Pour cela, il suffit de les tremper quelques minutes dans l’ammoniaque ou alcali volatil en malaxant les soies entre les doigts de façon que le liquide pénètre bien dans l’épaisseur, à mesure du ramollissement. Pour terminer, on rince à l’eau tiède et rerommence, si quelques poils étaient encore agglutinés. 2° Les taches d'encre sur les meubles peuvent être enlevées sans difficulté en les touchaut avec un petit tampon imbibé d’eau de Javel, on lave ensuite de la même façon avec d’autres tampons propres, simplement imprégnés d’eau tiède. 3e Vous pouvez donner à votre tabac un arôme spécial qui plaît assez souvent en y mélangeant très peu d'écorce de cascarille que l’on trouve chez tous les pharmaciens. La cascarille (Croton Eluteria, Euphorbiacées) provient des Antilles, son principe actif, la cascar illine, est sans danger, son action est tonique et excitante. Par combustion l’écorce de cascarille dégage des produits aromatiques.
- M. Saugeron, à Paris. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2654 du 14 février 1925, page 55 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y repouter.
- L. L. R., à Rosignano, Italie—Les indications que nous avons données dans le n0 2640 du 20 décembre\9i4, sur le procédé du Dr Jacquemet pour l’imperméabilisation des vêtements, sont suffisamment complètes pour une bonne exécution, aucune précaution n’est à prendre, autre que d’exposer assez longuement à l’air, après badigeonnage.
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- Horlogerie et chronométrie, par J. Ahdr*j>e. i vol. 58a p., 190 fig. J.-B. Baillière. Paris, iga5. Prix : '60 francs.
- Ce savant ouvrage est consacré à l’étude scientifique approfondie de différents organes qui constituent les horloges ou les chronomètres, notamment les échappements, les jeux d’engrenages, le balancier, le spiral réglant. L’auteur, en outre, étudie en détail les problèmes de réglages, et les diverses méthodes aujourd’hui en usage pour les résoudre. L’horlogerie électrique, les méthodes nouvelles de compensation au moyen des aciers invar et élinvar de M. Ch. Ed. Guillaume font l’objet de chapitres développés. De même, un chapitre est consacré aux rech®x'ches personnelles de l’auteur sur les spiraux associés.
- L’ouvrage se termine par un chapitre dans lequel M. P. Le Rolland résume ses récents et importants travaux sur le pendule par la méthode de l’observation photographique.
- La technique des rayons X, par G. Dauvillier. i vol. 19S p., 90 fig., 5 pl. hors texte (Recueil des Conférences-Rapports ). Les Presses Universitaires de France. Paris, 1924. Prix : 22 fr. 5o.
- L’auteur est un physicien radiologiste de haute compétence, et particulièrement qualifié pour rédiger cet ouvrage à la fois très clair et de grande valeur documentaire. Il décrit les différents tubes de rayons X, en insistant surtout sur les types les plus modernes, la plupart dérivés du tube Coolidge; il fait connaître également le curieux appareil de Liüenfield II montre ensuite comment on fait fonctionner les appareils à rayons X et décrit les méthodes de mesures par lesquelles on contrôle leur fonctionnement et l’on règle l’emploi des radiations qu’ils produisent.
- Cours d'Electrotechnique, p»r A. Iuoyici (Livre II, Dynamos à courant continu), x vol. 5oo p., 25q fig., ï6 planches hors texte. Léon Eyrolles. édit. ParÎB, 1924. Prix : 45 francs.
- Ce volume traite à fond la théorie, le calcul et la construction des machines à courant continu, génératrices et moteurs Le problème délicat de 1» commutation y est, en particulier, traité d’une façon approfondie.
- Chaque question étudiée est traitée d’abord du point de vue théorique, puis du point de vue pratique du constructeur ; les renseignements pratiques tirés del expé-rienc* abondent à chaque chapitre, complétés par de nombreuses applications numé iques. Cet ouvrage e«t appelé 4 rendre de très grands services non seulement aux élèves ingénieurs auxquels il est spécialement destiné, mais aussi aux ingénieurs eux-mêmes, qui y trouveront de nombreuses données très utiles, de nature 4 faciliter l’étude de leurs projets.
- Mon poste de T. S. F., par J. Roussel, i vol. 19a p., 156 fig. Yuibert, éditeur. Paris, 19 5. Prix: 10 francs.
- M. J. Roussel a été, par ses livres et sa propagande personnelle, le pionnier de la radioélectricité des amateurs en France. Aussi son nouvel ouvrage ne saurait-il manquer de trouver, comme les précédents, un chaleureux accueil auprès de ceux-ci. Ils y trouveront, exposés avec la clarté habituelle à M. Roussel, les progrès les plus récents; l’auteur a personnellement expérimenté les différents montages qu’il décrit, et les conseils qu’il donne pour leur emploi y gagnent une légitime autorité. Il étudie ensuite dans le même esprit le poste d’émission pour amateurs. Un utile chapitre est consacré aux procédés et méthodes de mesure : le poste de l’amateur devenant une machine de plus en plus complexe et délicate, il est évidemment nécessaire pour celui qui lé fait fonctionner d’être capable d’en contrôler les divers organes, et la pratique d’un certain nombre de mesures électriques devient indispensable. Quelques sujets particuliers sont traités en appendice : charge des accus sur courant alternatif, emploi du courant alternatif pour la tension-plaque, le crystadyne, la recherche des pannes, etc.
- Lamarck, par Edmonp Peuïiier, i vol. in-16, 128 p.
- Collection des Grands hommes de France. Payot, Paris. Prix : 5 francs.
- Dernier écrit du regretté directeur du Muséum, pensé dans la maison même qu’habita Lamarck, c’est un éloge enthousiaste du grand biologiste. Il apparaît méconnu, malheureux, puis aveugle, alors que sa doctrine géniale devait, beaucoup plus tard, après Darwin, avoir une telle influence. Ce petit livre présente la famille et la carrière de Lamarck, son oeuvre, les grandes théories qu’on y trouve et leur sort depuis la mort de leur auteur.
- Traité d’Entomologie forestière, par À. Barbey. 20 édition, 1 vol. in-8, 749 fig., 8 pl. en couleurs. Berger-Levrault, Paris. Prix : 5o francs ; relié 60 francs.
- Le livre de M. Barhey est un ouvrage unique, solidement documenté tant au point de vue des insectes xylophages que des arbres. On y sent constamment 1’observation fine et sûre d’un forestier zoologiste et les nombreuses illustrations prouvent la qualité et l’étendue des recherches personnelles de l’auteur. C’est cependant un livre pratique, et par sa clarté et par sa présentation. En effet, après quelques pages consacrées aux insectes en général, à leur anatomie et à leur classification, M. Barhey présente ceux des bois, non par groupes zoologiques, mais par catégories de bois qu’ils détruisent. De cette façon il devient aisé pour tous de déterminer l’agent d’un dégât observé en forêt, d’apprendre ses méfaits et la manière de le combattre. Ces qualités qu’on rencontre rarement réunies . observation directe, ronnaissance approfondie du sujet, grande valeur pratique, expliquent le succès de cet ouvrage. Sa nouvelle édition a été largement remaniée et mise à jour et contient en plus tout un chapitre sur les insectes des bois exotiques acclimatés en Europe, un autre sur les entomophages, insectes qui détruisent les ravageurs des bois, dont la connaissance est largement complétée par les observations personnelles de l’autc-ur. C’est le meilleur livre qu’on puisse recommander eu même temps aux zoologistes, aux forestiers et aux utilisateurs dés bois.
- Le chemin de fer de Tan Àp à Thakheh et le débloquement du Laos, par A. Cucherousset. i brochur® Illustrée, 64 p. Editeur : JJ Eveil Economique. Hanoï, i9i4-
- Le Laos est une partie de l’Indo-Chîne Française; c’est une région montagneuse qui longe le grand fleuve le Mékong, depuis la frontière occidentale du Tonkia jusqu’au nord delà Cocbinckine.
- Cette contrée abonde en richesses naturelles, mais jusqu’à ces derniers temps, la seule voie de communication dont elle disposât était le Mékong, voie fluviale difficile, coupée de rapides, et ne débouchant qu à une distance immense des régions desservies. Pratiquement, le Laos était isolé du Tonkm et del’An-nam, et de ce fait était exposé à tomber dans l’orbite économique du Siam. Mais des routes ont été créées qui améliorent déjà partiellement la situation; c’est une première étape. M. Cucherousset qui expose avec une grande clarté cette question du Laos préconise la création à bref délai d’une voie ferrée partant de Tan Ap sur la ligne côtière Hanoï-Tourane et aboutissant à Takbek sur le Mékong. Le tronçon long de 186 ken. seulement rendrait les plus grands services ; il serait en outre l’amorce d’un trans-indochinois qui mettrait Hanoï et Saïgon à 21 jours de Marseille.
- Ango de Dieppe, par A. Segard. i brochure, 58 p. J. Peyronnet, éditeur, Paris, igi5. Prix : 3 fr. 5o.
- Ango de Dieppe vivait au temps de François Ier; il fut un riche armateur, un chef de corsaires redoutable, un grand patriote. Dans une expédition contre l’Angleterre, il put mettre toute une flotte à la disposition du roi de France, et il sortit ruiné deffl l’aventure. M. Segard fait revivre cette curieuse et intéressante figure.
- Qui peut distiller ? Dans quelles conditions ? Commentaires et explications de la loi sur les bouilleurs de cru, par H. Lagabde. i broch., 44 p. Librairie agricole de la « Maison Rustique », Paris. Prix : 3 francs.
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- LA NATURE
- Supplément.
- ^•SiBUOTHfcQiiC^r
- N° 2661 4 Avril 1925
- Installations de fiaut-parleurs à Notre-Dame. — Comme le montrent les deux photographies ci-dessous, on vient d’installer à Notre-Dame de Paris un'ensemble de microphones et de haut-parleurs destinés à amplifier la voix des prédicateurs en chaire et à la faire nettement entendre dans tout l’immense vaisseau.
- Le microphone est placé en haut de la chaire comme on le voit dans la figure i ; des haut-parleurs répètent le son au coin des piliers éloignés de la chaire ; on en voit un situé au bas de la nef, à gauche, sur la figure a.
- Le dispositif d’amplification vient d’être inauguré par le R. P. Sanson pour ses sermons de carême.
- h La nature de la parole. — L’analyse de la parole et de l’ouïe a fait en ces dernières années l’objet d’études approfondies de la part du laboratoire de recherches
- La résistance des métaux aux vibrations. — M. Jannin, ingénieur des usines Renault, a récemment réalisé une machine spéciale destinée à étudier la résistance des métaux aux vibrations. C’est là une question dont l’importance croît chaque jour; avec les régimes de plus en plus rapides des moteurs, moteurs à explosion notamment, les vibrations des différentes pièces prennent souvent de grandes intensités. Jusqu'ici, il y avait eu peu de mesures faites pour déterminer la résistance des métaux dans ces conditions. Mais, l’intervention des vibrations a été souvent soupçonnée dans bien des accidents d’aviation. M. Jannin vient de communiquer à Y Association Franco-Belge pour l’Essai des Matériaux les résultats de ses mesures.
- En voici les conclusions, elles confirment dans l’ensemble et complètent celles auxquelles étaient arri-
- Fig. i, - Le microphone placé au-dessus de la chaire. — Fig. 2.- Un haut-parleur à l’angle du pilier gauche du bas de la nef.
- de l’American Téléphoné et Telegraph C°. L’emploi des amplificateurs à lampes électroniques a permis de développer des méthodes d’observation et de mesures plus précises que ce qui avait pu être réalisé auparavant dans cette voie. Parmi les résultats obtenus, nous relevons les chiffres suivants donnés par M. Jones dans une récente publication américaine. La parole humaine utilise des fréquences comprises entre moins de ioo vibrations par seconde et un peu plus de fiooo; soit une gamme de 6 octaves environ. L’oreille perçoit des sons dont l’amplitude de pression peut varier depuis moins de o,ooi jusqu’à plus de iooo dynes et la fréquence depuis 20 périodes jusqu’au-dessus de soooo, soit une gamme de io octaves environ. Les intensités et les fréquences les plus usitées dans la conversation sont groupées au milieu de la zone d’audition. L’énergie de la parole est surtout portée par les fréquences inférieures à iooo; mais les caractéristiques qui la rendent intelligible proviennent pour la plupart des fréquences supérieures à iooo. L’énergie normale mise en jeu par la voix est d’environ ia5 ergs/seconde. Dans certaines conditions, l’audition est possible pour des sons d’intensité io fois plus grande ou 1000 fois plus faible.
- vés, par voie purement empirique, les constructeurs.
- La résistance des métaux aux vibrations croît avec la limite élastique du métal. Elle dépend également de sa forme structurale, les structures à petits cristaux résistant beaucoup mieux, à limite élastique, égale, que les structures à gros cristaux. Pour les aciers, l’état qui convient le mieux est l’état sorbitique, c’est-à-dire celui obtenu par une trempe suivie d’un revenu.
- La résistance des métaux aux vibrations croît également avec la pureté et l’homogénéité du métal. 11 y a donc grand intérêt à employer des aciers aussi purs que possible et à les employer suffisamment corroyés.
- La résistance des métaux aux vibrations diminue lorsque le jeu augmente dans les organes de la machine.
- La résistance des pièces d’un organe soumis à des vibrations diminue lorsque la vitesse de la" machine augmente. Lorsqu’on augmentera la vitesse d’une machine, il faudra donc, pour rester dans les mêmes conditions de sécurité, chercher, soit à réduire les causes des vibrations par un meilleur équilibrage, soit à augmenter la résistance des pièces en employant à cet effet un métal plus résistant.
- La présence des angles vifs aux changements de sec-
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- INFORMATIONS
- tion favorise la rupture des pièces soumises aux vibrations.
- La raie verte de l’aurore boréale. — On sait qu’il existe dans le spectre de la lumière de l’aurore boréale une raie verte, qui pendant longtemps n’a pu être identifiée. Quel est le corps qui en devenant lumineux engendre cette radiation? Certains savants avaient cru pouvoir en conclure la présence dans la haute atmosphère d’un gaz inconnu, qu’ils baptisèrent géocoro-nium. Janssen et Lockyer n’avaient-ils pas ainsi découvert l’hélium, en observant des raies nouvelles dans le spectre solaire ? Mais l’hélium a pu ensuite être isolé sur notre Terre; il n’en a jamais été ainsi pour le géocoronium(> et l’hypothèse de son existence a été abandonnée pour bien des raisons. Récemment, le Dr Végard, savant norvégien, a cru avoir identifié la fameuse raie verte (voir La Nature, n° 2616, 14 mai 1924, Informations). II a attribué sa formation à de petits cristaux d’azote solides ; ceux-ci s’illumineraient par bombardement électronique, les électrons excitateurs provenant du Soleil. Des expériences de bombardement cathodique effectuées sur des cristaux d’azote, au Laboratoire Kammerlingh Onnes à Leyde, semblèrent apporter une pleine confirmation aux vues du savant norvégien.
- Cependant ses travaux ne laissèrent pas d’éveiller un certain scepticisme : la présence de cristaux d’azote dans la haute atmosphère s’accorde assez mal avec les idées généralement admisés sur la composition de celle-ci. D’autre part, les mesures spectroscopiques du Dr Végard ont soulevé des objections, notamment de la part du Dr Mac Lennan de Toronto (Canada).
- Celui-ci a repris l’étude de la question, et il vient d’annoncer dans la revue anglaise Nature des résultats qui contredisent formellement les conclusions de Végard.
- M. Mac Lennan, en collaboration avec M. Shrum, a observé l’existence de la raie verte de l’aurore boréale dans le spectre d’un mélange gazeux d’air et d’hélium, ce dernier gaz étant en excès.
- Le mélange était placé, à une pression d’environ 5 mm de mercure, dans un long tube à décharge électrique, partiellement plongé dans l’air liquide. La raie verte observée correspond à une longueur d’onde de 5577,35 Angstrôms, avec une incertitude de ± o, i5. El'e n’apparaît pas dans les spectres de l’oxygène pur, de l’hydrogène pur, de l’azote pur, de l’hélium pur. Seul le mélange d’hélium et d’oxygène la fait naître.
- Ainsi la raie verte de l’aurore boréale serait provoquée par le passage d’une déchirge électrique à travers un mélange d’air et d’hélium à basse pression. Cette conclusion s’arcorde bien avec la composition qu’il est logique d’attribuer à l’atmosphère aux hautes altitudes où apparaît l’aurore boréale (120 ou i3o km).
- La production du sulfate de soude au Canada. — Le Ministère des mines, à Ottawa, a fait procéder, de 1922 à 1924, à des recherches sur la valeur éventuelle des dépôts de sulfate de soude.
- Des sels minéraux solubles se présentent à l’état naturel, dans les quatre provinces de l’ouest, sous forme de dépôts ou de saumures.
- Des usines se sont créées pour la récupération du sulfate de soude provenant du lit du lac Muskiki. Les sels bruts à teneur d’environ g5 pour 100 de sulfate de soude hydraté sont recueillis en hiver, mis en tas et traités plus tard à l’usine de dessiccation.
- Des dépôts de sulfate de soude naturel ont été découverts dans plusieurs localités de l’Ouest canadien; quelques-uns d’entre eux ont une étendue considérable. Leur composition est variable, mais ils sont constitués, pour la plupart, d’un mélange de sels hydratés de sodium et de magnésium, auxquels s’ajoutent en petites proportions du sulfate de calcium, du chlorure de sodium, du carbonate de sodium, etc.
- La teneur en sulfate de sodium hydraté est, dans la plupart des dépôts, supérieure à 80 pour 100.
- An Canada, le sulfate de soude trouve son principal débouché dans les papeteries qui en utilisent, chaque année, 40 000 à Soooo tonnes pour la fabrication du papier Kraft. Les tanneries et les filatures utilisent les cristaux hydratés de sulfate de soude tels qu’on les retire des lacs.
- Le Service des mines a constaté l’existence d’une
- quantité supérieure à 5o millions détonnes de sels hydratés de sodium et de magnésium.
- L’alcool méthylique de synthèse. — On sait que, dès le début de leurs belles recherches sur la catalyse, MM. Sabatier et Senderens avaient essayé de réaliser la synthèse de l’alcool méthylique, à partir d’oxyde de carbone et d’hydrogène. M. Georges Patart, inspecteur général des poudres, y a réussi en opérant en présence d’un catalyseur autre que le nickel, à des températures comprises entre 3oo et 6oo°, sous une pression de 5o“* atmosphères. Ce procédé, breveté èn 1921, a été imité en 1923 par la Badische Anilin und Soda Fabrik, qui, dès la fin de cette année-là, produisait journellement dans son usine de Merseburg, de 10 à 20 tonnes d’alcool méthylique.
- M. Patart vient de décrire, dans Chimie et Industrie, la technique qu’il a mise au point avec le concours du Service des Poudres. Le gaz à l’eau, placé dans un gazomètre, est aspiré par un compresseur à 4 cylindres qui élève la pression à 5oo atmosphères; de là, il traverse un épurateur qui arrête les gouttelettes d’huile et les impuretés, puis un autoclave chauffé contenant le catalyseur; il passe ensuite dans deux serpentins successifs qui refroidissent et condensent les produits de combinaison ; les gaz restant retournent dans le circuit primitif. Le catalyseur est à base d’oxyde de zinc. Une nouvelle installation est prévue pour fonctionner à 8co ou 900 atmosphères.
- Le produit obtenu est de l’alcool méthylique pur, sans aldéhyde ni acétone, utilisable par conséquent pour un très grand nombre d’emplois. M. Patart estime que la consommation de gaz à l’eau ne dépassera pas 3oo m3 par hectolitre d’alcool méthylique pur, ce qui met celui-ci à un prix de 90 à 125 francs. Il pourrait donc concurrencer l’alcool ordinaire dans les moteurs et dans le chauffage domestique qui en consomme actuellement, en France, 45oooo hectolitres par an. Il trouvera un important débouché dans l’industrie des matières colorantes qui s’en sert pour préparer un des plus importants produits intermédiaires, la diméthylaniline. Enfin, il peut être aisément réduit par catalyse en a’dé-hyde formique dont l’emploi est assuré par l’industrie des résines artificielles.
- Une randonnée aérienne de plus de 13 000 km. — Le 24 mars dernier, les aviateurs Lemaître et Arra-chart atterrissaient à Yillacoublay, terminant ainsi un voyage au-dessus de l’Europe et de l’Afrique qui constitue un magnifique exploit aérien; comparable à certains égards au célèbre raid de Pelletier d’Oisy.
- Le 3 février, les deux aviateurs quittaient Etampes pour atterrir le lendemain après a5 h. i5 de vol à Villa Gisneros, sur la côte africaine du Rio-del-Oro; la distance parcourue était de 36oô km.
- Le record du monde de la distance en un seul vol était battu.
- Le 5 février, les hardis pilotes parcouraient en
- 6 h. i5 les 1000 km qui les séparaient de Dakar; le
- 7 février, ils volent de Dakar à Kayes (780 km); là, ils stationnent quelques jours ; puis ils se rendent par la voie des airs à Bamako et à Tombouctou; le 20 février ils entreprennent la traversée du Sahara; aprè? 12 heures de vol et.un parcours de xg5o km, une panne d’essence les force à atterrir en plein désert à i5o km au sud d’El-Golea.
- Pendant plusieurs jours on reste sans nouvelles ; on les croit perdus ; il n’en est rien heureusement; à pied, puis à chameau, ils réussissent à gagner la localité la plus proche, le ravitaillement en essence est assuré peu de temps après, et l’étonnante randonnée reprend : en voici les étapes successives : El-Golea, Alger, Oran, Fez, Casablanca, Alicante, Barcelone, Bron, Villacoublay.
- L’avion qui a permis à Lemaître et à Arrachart de réussir cette expédition est un Breguet du modèle que celui qui a servi à Pelletier d’Oisy pour son raid jusqu’en Chine.
- Il avait seulement été modifié pour recevoir des réservoirs contenant 2000 litres d’essence et il avait été monté à double commande pour permettre aux pilotes de se relayer. Le moteur est un Renault de 480 chevaux qui a tourné pendant ces i3 000 km sans défaillance.
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- 'Heo
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >>, Agriculture <* •
- . Collier contre-tic pour chevaux tiqueurs. — Le tic, chez le cheval, est une habitude vicieuse d’avaler de l’air. Cette habitude est causée par une maladie chronique du tube digestif; elle entraîne la maigreur, les coliques et finalement la mort si l’on n’empêche pas la déglutition de l’air.
- Le cheval tïqueur appuie la tête ou les dents sur la mangeoire ou.autre objet, puis il contracte l’encolure en produisant une sorte d’éructation.
- Le collier contre-tic « Pécus » est un dispositif efficace. Ce collier, en forme de lyre (fig. i), est en acier doux étamé, ce qui en assure la propreté et la désinfecté011 possible en cas de gourme, morve, etc. Il est élastique, grâce à une charnière permettant tous les mouvements du cou ; cette charnière est recouverte d’une gaine de cuir extensible.
- Le collier agit automatiquement. Le cheval, en rouant l’encolure, avant d’avaler de l’air, ee comprime lui-même les muscles sterno-maxillaires, ce qui l’empêche d’achever son mouvement, et l’air n’est pas dégluti.
- Les chevaux qui tiquent dans l’air se traitent de la
- Fig. r et 2. — Collier contre-tic pour chevaux tiqueurs.
- même façon ; ils étendent la tête sur l’encolure et au dernier moment ils fléchissent suffisamment la tête pour avaler l'air, ce qui fait agir le contre-tic.
- Le collier contre-tic doit être placé sur la gorge comme le montre la figure a, et être proportionné à la grosseur du cou. Pour rajuster, on le boucle jusqu’à ce que le cheval cesse de tiquer. Cet effet étant obtenu, on desserre d’un cran. Si le cheval tique à nouveau, on remet au cran précédent. On arrive ainsi par tâtonnement au serrage nécessaire. Le numéro placé à chaque cran, sur la courroie, permet'de bien ajuster le collier toujours au même point. La têtière du collier est munie d’une patte qui la relie au licol muni d'un frontal de manière que le collier soit fixé suffisamment sur la gorge et ne puisse tourner. _ .
- Le contre-tic agit sans comprimer la trachée, par conséquent Bans gêner la respiration. Il ne doit porter que sur les parties latérales de l'encolure (muscles sterno-maxillaires). ,
- Dans un essai du contre-tic, un cheval tiqueur a présenté, du fait de l’amélioration de son état, une sensible augmentation de poids. Ce cheval, du poids de 43o kg, le 16 juin, lorsqu’on lui appliqua le collier contre-tic, pesait 440 kg le 26 juin. Le collier ayant été retiré le 6 juillet, le poids redescendait à 4^0 kg pour remonter à 440 kg le la juillet, lorsqu’on eut remis le collier, et à 448 kg le 19 juillet. Soit un gain de 18 kg en i3 jours.
- Ces résultats font ressortir toute l’utilité du collier contre-tic. Henri Blin.
- Nouveau raidisseur pour fil de fer et ronces métalliques. — Ce nouveau raidisseur instantané « Express » est d’une extrême simplicité, ainsi que le montre la figure 3. Il offre sur .les autres systèmes l’avantage de pouvoir être posé instantanément en n’importe quel point d’un fil ou d’une ronce métallique, avec l’aide d’un simple morceau de bois équarri. Il
- tend le fil de fer ou la ronce métallique au maximum de tension, en quelques secondes.
- II est. facile de l’employer sur la ronce métallique sans qu’il faille enlever les picots de celle-ci.
- La pose se fait de la manière suivante :
- Prendre le raidisseur par son anneau A, pousser la partie centrale B contre le fil (fig 4), tourner l’anneau vers la droite, comme si l’on tournait une clef dans une serrure, en s’aidant d’un morceau de bois équarri (fig. 3 et S). Le fil s’engage alors de lui-même dans la
- Fig. 3 — Raidisseur « Express ».
- partie C (ne pas engager le fil dans l’anneau A, ni dans les crochets D.)
- Continuer à tourner l’anneau sur la droite; le fil s’enroule alors à l’extérieur de C, se tendant de plus en plus (fig. 6).
- Lorsque le fil est suffisamment tendu, bloquer le raidisseur en engageant un crochet D sur le fil (fig. 7). Faire la meme manœuvre pour le second crochet D (fig. 8/. Retirer le levier. Le raidisseur est définitivement en place (fig. 9).
- La pose du raidisseur se fait très rapidement, en
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- 7 8 9
- [Fig. 4 à 9. — Emploi du Raidisseur « Express ».
- moins de temps, qu’il n’en faut pour expliquer la manière d’opérer.
- Le premier raidisseur étant-posé,"il ne faut que 4 à 6 secondes pour fixer les suivants. Ce système n’exige aucune ligature, ni clefs, ni outils. H. B.
- La canne-semoir. — Ce nouvel instrument, présenté au dernier Salon de la Machine agricole, caractérise un remarquable progrès dans l’outillage destiné à l’ensemencement, surtout pour la petite culture, la culture maraîchère, le jardinage.
- La canne-semoir comprend les principaux organes suivants (fig. 10) :
- À, réservoir contenant les graines à semer; B, transporteur de graines; C, pédale de déclanchement; D, bec enfouisseuir; E, vis de réglage du transporteur de graines; F, réglage de la pédale de déclanchement.
- Le fond de la boîte A, destinée à recevoir les graines, est constitué par le transporteur B dans lequel est aménagé un petit godet, dont la grandeur est réglable à l’aide de la vis de serrage E.
- Ce réglage de la capacité du godet transporteur permet d’utiliser la canne-semoir pour toutes les graines que l’on sème habituellement en trous dits « poquets », telles que betteraves, carottes, petits pois, haricots, maïs, etc....
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- En faisant varier le point de fixation F des leviers de commande, on peut régler à volonté la position de la pédale C qui fixe la profondeur d’enfouissement des graines.
- Le fonctionnement delà canne-semoir est très simple : le réservoir à graines étant rempli, on tient la canne-semoir verticalement, la pédale en avant, dans le sens de la marche. On enfonce alors la canne en terre, jusqu’à ce que la pédale arrive à la surface du sol. En inclinant ensuite la canne en avant, toujours dans le sens de la marche, le déclanchement se produit, les graines contenues dans le godet transporteur tombent dans le trou creusé par le bec enfouisseur D. Les graines sont alors semées. Pour retirer de terre la canne-semoir, on continue à l’incliner en avant, jusqu’à ce que le bec enfouisseur soit complètement sorti de terre. Ce mouvement a pour effet de recouvrir les graines, en évitant tout dépôt de terre dans le bec. Si une grosse motte de terre vient à gêner la manœuvre, il suffit de faire pivoter la canne à droite ou à gauche. La pédale est construite pour permettre l’utilisation de la canne-semoir dans tous les terrains, même mal préparés.
- Si le bois du transporteur vient à gonfler par suite d’un séjour prolongé à l’humidité, il suffit de faire sécher la canne-semoir dans un four ou près d’une cheminée. Au bout de quelques heures, le déclanchement redevient très doux.
- Avec ce nouvel instrument, on peut faire le travail de trois hommes, sans fatigue. On réalise une économie d’environ 5o pour 100 de main-d’œuvre et de semences, et celles-ci sont placées à une profondeur uniforme, régulière. Une seule personne pent semer i hectare en une journée, au lieu de ao à 3o ares environ en semant à la main. H. B.
- Nouveau Cercle-crampon extensible pour roues de faucheuses. — Pour éviter, dans le fonctionnement des faucheuses, le dérapage lorsqu’elles circulent dans les terres enherbées, c’est-à-dire pour donner aux roues l’adhérence nécessaire, on construit ces roues motrices avec jantes à nervures.
- Ces nervures s’usant assez rapidement, on a eu l’idée, déjà depuis quelque temps, de les remplacer par des crampons. Mais il fallait buriner ce qui pouvait rester de ces nervures et percer des trous dans les jantes,
- Fig. io.
- La canne-semoir.
- : Fig. il. — Cercle-crampon « l'Instantané » 5ga.' L et son emploi sur une roue de faucheuse.
- pour le rivetage des crampons, ce qui exigeait un temps très long.
- Le nouveau cercle-crampon « l’Instantané « résout très élégamment le problème du remplacement des nervures, sans percer un seul trou et sans burinage sur les jantes des roues motrices.
- La figure x montre clairement l’ingénieuse simplicité du dispositif constituant cette utile invention et le.grand routage qu’offre ce nouveau cramponnage, au double
- point de vue de l’adhérence obtenue et de l’économie de temps que procure son emploi.
- Le montage peut être fait par toute personne, aisément, sans qu’il soit nécessaire de sortir la roue de l’essieu.
- Le serrage du nouveau cercle-crampon se fait à l’aide d’un poinçon ou d’une tige de fer quelconque. La figure it montre le système de vis de serrage. Ainsi garnie, la roue se trouve consolidée, car elle est munie d’un bandage qui la renforce. La trépidation sur route est réduite d’au moins 5o pour roo. On n’a plus à craindre le desserrage et la perte des boulons résultant de cette trépidation.
- Pour conserver intacts ces cercles, et lorsque le parcours à effectuer sur route est long, il suffit de retirer les cercles et de les fixer sur la machine, pour ne les employer que lorsque celle-ci est sur le terrain de travail.
- Lorsque, à l’usure, on arrive au niveau des vis de serrage, pour utiliser le cercle jusqu’au bandage, il faut, à ce moment, le river à deux ou trois endroits de la roue motrice, près de la fermeture.
- Le nouveau cercle-crampon « l’Instantané » s’adapte aux roues des faucheuses de toutes marques. H. B.
- t$§,îNS» TUsctï'tcit^
- Petit appareil pour l'essai d’une installation de lumière électrique. — Aujourd’hui que l’on dispose
- Compteur
- Accus
- Douille de lampe
- Prise à > broches
- Dis positif avec voltmètre
- Dispositif avec sonnerie
- Fig. xa. — Dispositif pour l’essai d’une installation éleçtriqne.
- dans chaque installation d’une batterie d’accumulateurs pour faire marcher les appareils de T. S. F., il est possible d utiliser une batterie pour l’essai d’une installation lumière.
- Voici comment l’on procède :
- La batterie d’accumulateurs est branchée aux bornes de départ du compteur, l’interrupteur étant naturellement ouvert. On équipe ensuite une sonnerie électrique avec une douille de lampe, de sorte que l’on peut brancher la sonnerie dans tous les endroits où doit se mettre une lampe d’éclairage.
- On peut également avoir un cordon à deux conducteurs avec une prise de courant à broches qui permettra de brancher la sonnerie dans toutes les prises de courant pour lampes portatives, pour appareils de chauffage, pour fers à repasser, etc. A chaque endroit la sonnerie branchée devra tinter bî l’installation est correcte.
- On peut agir encore avec plus de précision si, au lieu de sonnerie, on utilise un voltmètre comme celui que l’on emploie pour mesurer la tension aux bornes des accumulateurs. C’est un petit appareil comme celui dont chaque possesseur d’accumulateurs de T. S F. dispose.
- On peut alors également vérifier l’importance de la chute de tension et constater s’il y a des pertes dans un circuit. De cette manière on pourra étudier une installation lumière, ce qui est fort important lorsqu’on est obligé d’utiliser une antenne intérieure dont les fils voisinent plus ou moins avec ceux de la distribution d’éclairage. Ou peut avoir des parasites fort désagréables dans le cas où l'isolement de l'installation n’est pas parfait.
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- VARIETES
- L’UTILISATION DE LA CHAUX RÉSIDUAIRE DES APPAREILS A ACÉTYLÈNE
- Si les résidus de chaux hydratée provenant des appareils à acétylène ne sont pas toujours considérés comme des détritus sans valeur, mais employés pour le blanchiment de murs, le chaulage des arbres fruitiers, etc., on n’en fait cependant pas encore un emploi industriel organisé. 11 semble pourtant que la chaux résiduaire soit en tous points comparable à la chaux ordinaire pour de nombreuses applications, mais ce n’est pas un produit « classé », et on ne songe pas à en tirer parti, n’ayant pas sur sa valeur de données précises, prove-nant d’essais sérieux.
- Or, en Amérique, on paraît actuellement se livrer à de tels essais en vue d’une classification de la chaux provenant du carbure en vue d'applications assez variées, notamment dans le bâtiment.
- Nous extrayons ces détails du Journal de l'Acétylène :
- Au cours des dernières années, les sociétés d’essais de matériaux ont procédé à de nombreux essais de mortiers préparés à l’aide de chaux résiduaires : épreuves à la traction, à la compression, analyses, dessiccations, etc., et l’on a reconnu que ces mortiers satisfont aux cahiers des charges en vigueur dans le bâtiment. Parallèlement, et stimulés par des travaux de laboratoire, des entrepreneurs ont multiplié les applications pratiques de ce produit. Il est maintenant reconnu que, pour les constructions en briques, la chaux provenant du carbure de calcium donne d’excellents résultats comme mortier. On l’a utilisée notamment, suivant une méthode qui obtient un certain succès aux Etats-Unis, pour la préparation du mortier « tout fait »’, livré aux entrepreneurs qui n’ont plus à mélanger et à gâcher la chaux et le sable sur chantier. On obtient ainsi une qualité plus uniforme, un gain de temps et de prix de main-d’œuvre.
- En dehors du mortier, les briques préparées avec du sable et surtout des scories et de la chaux résiduaire ont donné des résultats très intéressants aux essais, et des fabriques sont actuellement en cours d’installation à Colombus, dans l’Ohio. Les matières premières proviennent d’usines génératrices d’acétylène et de hauts-fourneaux.
- D’autres éléments de construction pourront également
- être fabriqués au moyen de cette chaux, tels que des panneaux remplaçant les panneaux de gypse, des blocs, du plâtre acoustique, etc. Divers brevets ont été pris récemment à ce sujet et des essais sont en cours.
- La chaux résiduaire présente d’autre part un très grand intérêt au point de vue chimique. C’est ainsi qu’une grande fabrique de papier à Maryland a utilisé des milliers de tonnes de cette chaux pour le traitement caustique des liqueurs de soude servant à la « digestion » de la pâte de papier. Cette application a donné toute satisfaction, ainsi que la préparation de produits de blanchiment à base de chlore et de chaux employés dans la même industrie.
- . Il a été également prouvé que la chaux résiduaire peut fort bien être utilisée pour la raffinerie de sucre de betteraves. Avec le sucre de canne, les premiers essais ont donné lieu à des déboires, mais la question est encore à l’étude.
- Parmi les applications en essai, on peut citer celles relatives à la fabrication du savon, au traitement de poudres métalliques, etc.
- De ce qui précède, on peut voir que la chaux provenant des appareils à acétylène peut être utilisée à peu près partout où la chaux ordinaire trouve son emploi.
- Il s’agit cependant, dans la majorité des cas, de chaux hydratée.
- Citons, pour terminer, les résultats d’une analyse effectuée par les laboratoires d’essais de la « Société américaine d’essais de matériaux » : l’échantillon examiné, provenant d’une usine d’acétylène dUsous, contenait 49 pour 100 d’eau, et la poudre provenant de la dessiccation se composait de 95,52 pour ioo de chaux et de 0.45 de magnésie. On voit que des résidus de ce genre ne peuvent guère être considérés comme des déchets inutilisables, et que les essais de laboratoire et les enseignements de la pratique ne tarderont pas & décider les industriels à en tirer parti. Ainsi la chaux, employée momentanément comme véhicule du carbone, qui s’allie avec l’hydrogène de l’eau pour former l’acétylène, rentrera en circulation. Le tout est d’organiser cette circulation. I. L.
- .^ü
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- 058C
- Pour enlever les taches des tissus. — L’Avenir textile donne les recettes suivantes pour enlever les taches qui peuvent marquer les tissus blancs.
- Les taches de graisse laissent souvent des marques jaunes ou bruneB dues à des sels métalliques. Les taches très marquées de sels de cuivre s’enlèvent par l’acide chlorhydrique concentré agissant un temps très court ou par le même acide dilué suivi de plusieurs rinçages à l’eau chaude. Les taches légères sont détachées par une solution chaude de fluorure de potassium, après que le linge a été bouilli ou lavé.
- Les taches de rouille s’enlèvent par un bain chaud de fluosilicate de magnésie et de soude en solution à 3 ou 6 pour 100; aussitôt la tache partie, le tissu est rincé à l’eau chaude.
- Les taches de vert-de-gris sont traitées par frottement avec un chiffon imbibé d’ammoniaque concentrée, puis rinçage. Les dernières traceB sont enlevées par une solution chaude de fluorure de potassium ou une solution chaude et diluée d’acidé chlorhydrique. Rinçage aussitôt après.
- Les taches de nitrate d’argent sont humectées et frottées avec de l’iode ou une solution â 10 pour 100 d’iodure de potassium, puis rincées â l’hypochlorite-dë soude, Les traces jaunes qui peuvent persister partent avec du fluorure de potassium.
- Les taches de cuivre et d’argent sont enlevées par une solution de cyanure de potassium, sel très toxique à manipuler avec les plus grandes précautions pour éviter un grave empoisonnement.
- Le détachage .doit toujours précéder le blanchiment. Il est prudent de faire un essai avant de traiter une grande surface d’étoffe.
- Contre les puceron» du rosier. — Le Bulletin de la Société des Agriculteurs de France publie une formule d’insecticide établie par M Pierre Marié, chef du Service d’entomologie de cette société.
- Il suffit de faire fondre o kg 3oo de savon noir mou dans 10 litres d’eau de pluie, puis d’ajouter à cette dissolution o kg 200 d’alcool à brûler.
- Cet insecticide, qui revient à peine à 2 fr. 5o les 10 litres, est d’une puissance destructive très suffisante pour tuer le puceron du rosier.
- La fréquence des. pulvérisations devra être réglée sur le temps plus ou moins long qui s’écoulera entre la destruction des parasites et la réapparition des nouvelles colonies fondées par les femelles ailées venant du voisinage.
- Les rosiers ne souffrent en aucune manière de ces traitements, même répétés très fréquemment. La plante au contraire n’étant plus épuisée par les innombrables succions des pucerons augmente de vigueur et donne des fleurs pluB belles et plus nombreuses.
- Destruction des guêpes. — Voici, d’après un correspondant du Chasseur français, comment il faut procéder. ' . . ' T
- « Le nid étant repéré, on prépare dans une brouette, ou à défaut dans un Beau, de la terre argileuse, si pos«
- HqîôgjBl»
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- aiJble, bien pétrie avec de l’eau, afin de lui donner la consistance du mortier. Dans un arrosoir à peu prè* plein d’eau — 8 à io litres — on verse environ un demi-litre de pétrole.
- La nuit arrivée, muni d’une lanterne allumée, de la brouette, de l’arrosoir et d’une pelle, on se rend à l’endroit repéré. On verse dans le trou le contenu de
- l'arrosoir, puis aussitôt après on bouche l’orifice du nid avec de la terre bien tassée au moyen de la pelle de manière à bien obturer le trou.
- Trois ou quatre jours après, on ouvre le nid et l’on trouve les guêpes asphyxiées.
- Il ne reste plus qu’à , écraser le nid de façon à bien tuer toutes les larves.
- BOITE AUX LETTRES
- r>«
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qni parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUI*® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Extraction des huiles par dissolvants : Bataille, n, avenue Malakofî, Paris.
- Correspondance. —A propos d’une illusion d’optique.
- — M. Alauréat nous éc-it :
- « Le phénomène que M. P. Prache a décrit dans le numéro d** La Nature, phénomène observé seule-me* t dans le cas d’un mouvement circulaire, peut être constaté également dans celui d’un mouvement rectiligne.
- L’expérience est également très facile •
- Il suffit de suivre, en tram, une route pavée, et de fixer obstinément la chaussée. On la voit évidemment défiler, dans le sens contraire de la marche du tram, ma^s aux arrêts, surtout si ceux-ci sont rapides, le pavage semblera rétrograder d’un mouvement lent et éphémère, c’est-à-dire revenir un peu dans le sens de la marche. jusqu’à ce que la vue se soit, en quelque sorte, équilibrée {autant que je me rappelle il est préférable de regarder un peu vers l’arrière du tram). »
- À propos de la mission Hourst, au Ÿang-Tsé (n° 2641).
- — Nous avons reçu la lettre suivante de M. le Commandant Bienaimé, de Shanghaï :
- « Je lis dans le n° 2641 du i5 novembre 1924, sous le titre « La Mission Hourst au Haut Yang-Tsé » et sous la signature de M. R. Le Conte :
- « La mission Hourst dura du 8 octobre 1901 au 6 mai igo3; peu après Hourst se noya dans un rapide situé entre Tchong King et Itchang, ce que le capitaine Bienaimé rappelle dans l’article de Mer et Colonies que nous avons cité (n° 2628 du 16 août 1924) ».
- Si vous voulez bien vous référer au n° 2o5 B de Mer et Colonies, dans lequel j’ai publié une étude sur les gorges et rapides du haut Yangtsé, vous y verrez, pages 6 et 7, que j’ai en effet fait allusion à la mission Hourst, mais que je n’ai jamais dit que son chef s’était noyé entre Itchang et Chung King.
- — Je crois ..et j’espère que le commandant Hourst est toujours bien vivant »'. '
- Nous avons communiqué cette lettre à notre collaborateur M. Lé Conte qui nous a répondu :
- « Nous reconnaissons très volontiers que nous avons noyé p^r erreur le lieutenant de vaisseau Hourst dans le Yang-Tsé et que nous avons associé de force le capitaine Bienaimé à ce crime. Notre victime ne s’en porte d’ailleurs pas plus mal. Le lieutenant de vaisseau Hourst, devenu commandant d’artillerie de réserve, est à l’heure actuelle inspecteur général de l’Etsole spéciale des Travaux Publics à Paris.
- « L'origine de notre erreur provient d’une confusion que nous avons faite (et nous croyons ne pas être malheureusement le premier) entre le capitaine au long cours allemand Breitag, commandant le vapeur Etsiri-Siang, et le lieutenant de vaisseau Hourst. Breitag s’est noyé, quelques mois avant le départ de Hourst pour le haut fleuve, dans le rapide de I-Tan, en essaye * de remonter le fleuve, à quelques milles d'I-Tchang. Le commandant Hourst nous a d’ailleurs pardonné gaiement sa noyade. »
- Le Renard argenté. — La Société « le Renard ar.
- genté », à Mégève (Haute-Savoie), nous écrit l’intéressante lettre qui suit :
- « Je vois dans votre numéro du 12 mars, la communication relative à la visite faite par M. de Bazelain de Lesseux, inspecteur des forêts, à la ferme d’élevage de Thannenkircb.
- Pour «-'ux ^e vos lec’eurs que la question Intéresse, voulez-vous me permettre de vous signale-- que la Société « Le Renard argenté, élevage du Mont Blanc » a eu, la première, l’initiative d’introduire en France l’élevage du Renard argenté. Sa constitution remonte au 22 septembre 1924. Ses fondateurs ont fait édifier une première ferme à Mégève (Haute-S-voie), desservie par la gare de Sallanches, sur la grande route des Alpes Evian-Nice. On y accède en voiture. La visite de la ferme n’est pas possible pendant la période d’accouplements et de gestation. Mais “lie pourra se faire après le sevrage des jeunes^en juin-juillet. »
- Question. — M. P. Noveiray. Casier Postal Saint-François, Lausanne, désire connaître l’adresse de la maison qui construit la filière, marque l’Iris,
- Réponses. — M. Robert, à Orléansville, Algérie. — Pour donner aux parois de vôtre piscine une teinte bleue solide, il vous suffira de badigeonner le ciment avec une solution de fluate de magnésie additionnée d’une quantité convenable d outremer. Commencer par donner comme impression une couche de fluate à ao°-25° B. sans pigment, ensuite 12 heures après une couche pigmentée, et enfin le lendemain une dernière couche semblable à la première, mais étendue de son volume d’eau. Laisser sécher et utiliser.
- Vous trouverez du fluate de magnésie en toutes quantités chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- M. Ckabalier, à Fontenay-sous-Bois. .— La teinture des peaux de lapins en noir se pratique ainsi :
- Dégraisser la peau en la lavant dans un bain tiède (î5° à 3o°) contenant 20 gr. par litre de carbonate de soude (cristaux) et un peu de savon, bien rincer, puis introduire dans un bain composé de :
- Eau ordinaire................
- Extrait de campêche . . . , . Poudre de curcuma,
- 2000 c. c. 5o gr. 100 —
- Laisser en contact toujours à tiède pendant 2 heures retirer la peau, puis ajouter au bain : ’
- Sulfate de cuivre. ...... 10 gr.
- Rentrer la peau, laisser encore une heure, rincer sans tordre, enlever la majeure parlie de l’bumidité en roulant la peau dans de la sciure de bois blanc sèche la secouer et la clouer sur une planche propre, poil en dessous, enduire le côté chair d’un mélange à parties égales de glycérine et d’eau, laisser sécher. *
- Quand la peau est sèche, l’assouplir en l‘étirant et en la palissonnant sur la tranche'arrondie d’une planche lustrer avec une brosse très légèrement huilée Bien observer que pendant toutes les opérations à chaud la température dés bains ne doit pas excéder 3o° sous peine de gélatiniser la peau. ’
- M. R. F., Paris. Les Technological Papers of the Bureau of Standards peuvent être consultés & Paris à aBibUothèque du Bureau des Longitudes et à celle de la oociete d Encouragement à l’Industrie nationale à Bellevue, à l’Office national des Recherches et Invèn-
- M. P.,k Doucby (Nord). — Procédés de destruction des souris. — Disperser, dans les endroits envahis des petits morceaux de pain frits dans la graisse et reèou-
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- verts ensuite de pâte phosphorée préparée selon la formule suivante :
- Phosphore 20 grammes
- Eau bouillante. 4oo —
- Farine 4oo —
- Suif fondu 400 —
- Huile de noix 200 —
- Sucre en poudre fine. . . 25o
- Mettre l’eau bouillante et le phosphore dans un mortier en porcelaine ; le phosphore se liquéfie immédiatement. Ajouter rapidement la farine, mais par portions, en agitant avec un pilon de bois. Lorsque ce mélange est presque froid, verser peu à peu Je suif fondu et peu chaud, l’huile et enfin le sucre et continuer de remuer jusqu'à complet refroidissement. Le phosphore étant bien divisé, la pâte conserve très longtemps son efficacité. On en remplit des petits pots ou des flacons que l’on bouche avec soin, afin que le phosphore ne s’oxyde pas.
- On peut aussi empoisonner les souris avec des graines trempées dans une dissolution de sulfate de strychnine. Une petite pincée de cette substance dans un verre d’eau suffit pour traiter un demi-litre de graines qu’on laisse se gonfler jusqu’à ce que l’eau soit entièrement absorbée; ensuite on répartit ces graines dans les endroits fréquentés par les souris.
- Un autre procédé consiste à disposer çà et là de petits morceaux d’éponge frits dans la graisse, et une soucoupe contenant de l’eau; les rongeurs, assoiffés, boivent l’eau, l’éponge gonfle dans leur estomac et les fait périr. Un peu de chaux en mélange avec du sucre en pouâre, dans un récipient, donne le même résultat; la chaux, sous l’influence de l’eau absorbée, entre en effervescence dans l’estomac.
- Quant aux pièges les plus pratiques pour détruire les souris, vous en trouverez aux adresses suivantes : Aurouze, 8, rue des Halles, Paris, ier; Saillard, 87, rue des Petits-Champs, Paris, ier.
- M. H. B., à Yitrollej (Bouches-du-Rhône). — i° Comme types de petite charrue à moteur, avec soc et pouvant être dirigée à bras, nous indiquons les suivants : Midweei Utilitor (tracteur américain) dont voici l’adresse : Geo Dupuy, 31, rue Poussin, Paris, 16°. Sa largeur totale est de 76 cm; longueur a m. i3; poids : environ 325 kg; un soc de 178 mm laboure jusqu’à 20 cm de profondeur à 4 km à l’heure. Tous les instruments aratoires peuvent être attelés à ce tracteur : charrue, herse, rouleau, pulvériseur, boue, bineuse, etc. Autre type ; tracteur Beeman, à pièces travaillantes interchangeables, pour petite culture, culture maraîchère, jardinage, force 4/6 ch.; poids avec houe bineuse : 25o kg; largeur, 46 cm, longueur totale, avec les mancherons : 2 m. 10; vitesse en travail : 2 à 3 km à l’heure ; laboure avec charrue à un soc à relevage automatique et réglage en largeur et profondeur; se conduit à la façon d’une charrue, avec deux mancherons, l’un pour le réglage de l’admission des gaz, l’autre pour le débrayage. Adresse : La traction et le matériel agraires, 18, rue de Mogador, Paria, 9e. Voir aussi : Moto-charrue Chapron, 4$, rue de la République, à Puteaux (Seine).
- a0 Pour installations électriques avec moteur à vent, voyez ; Société des Ateliers mécaniques Saint-Jacques, 20, boulevard Saint-Jacques. Paris, 140. On peut aussi demander des adresses à la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12”,
- M. Causin, à Nîmes. — Courant alternatif redressé au moyen de lampes électroniques. — Les lampes à 2 électrodes, pour redresser du courant alternatif, dont vous nous avez adressé les caractéristiques, ne peuvent convenir, a’nsi qu’il ressort de ces chiffres, que pour des courants de tension relativement élevée (5o à a5o volts pour le type D I, 2, 120 à 5oo volts pour le type DI. 3). Les intensités obtenues sont très faibles (5o à 200 milliampères et 60 à 80 milliampères). Ces appareils ne peuvent évidemment servir à redresser du courant alternatif pour sonnerie. En outre ils exigent une dépense constante èt importante de courant pour le chauffage du filament qui les rendrait extrêmement onéreux, sans parler de leur prix et de la complication de leur montage. ..
- M. Capon, à Parie. — Inflammation des mélanges ga-
- <îT
- zeux par étincelle électrique. — Il y a eu de nombreux travaux en vue de déterminer les caractéristiques nécessaires pour permettre à une étincelle d’enflammer un mélange gazeux combustible. Les résultats sont assez confus et il est difficile d’en tirer des conclusions gêné-raies applicables à des cas différents de ceux oü les expérimentateurs se sont placés. L’ensemble le plus méthodique et le plus complet d’expériences nous paraît être celles de MM. Campbell et Paterson, effectuées pendant la guerre en Angleterre, à la demande de YAdvisory Committee for Aeronautics.
- Les variables qui peuvent influer sur l’efficacité inflammatoire de l’étincelle sont très nombreuses : ce sont la nature de la décharge, la quantité d’électricité qu’elle débite, le voltage explosif qui dépend de la forme et de l’espacement des électrodes, ainsi que de la composition et de la pression du mélange gazeux; enfin la composition du mélange, à voltage explosif donné, a une grande importance.
- Dans un moteur, avec des bougies propres et une composition gazeuse déterminée, le voltage explosif est déterminé; la seule variable est alors l’intensité du courant débité par l’étincelle. L’efficacité de celle-ci dépend alors uniquement de l’intensité qui d nt être supérieure à une certaine valeur critique. Dans une expérience faite sur un moteur à 8 cylindres, 4 temps, de 70 cb, Wolseley-Renault, tournant à 164^ tours par minute, on a constaté, le potentiel explosif aux bougies étant de 45oo volts, qu’un courant de 33 micro-ampères suffisait pour obtenir un allumage régulier. Cela correspond à une énergie de 0,0014 joule par éiincelle, bien inférieure à celle que pouvait donner la magnéto calculée pour donner 0,09 joule par étincelle.
- Il ne faudrait pas conclure de là que l’énergie dépensée dans l’étincelle est caractéristique de son efficacité. En effet, MM. Paterson et Campbell ont constaté que si l’on augmente le voltage de l’étincelle (en écartant les électrodes), l’énergie nécessaire pour provoquer l’inflammation décroît très rapidement. Ainsi pour des voltages d’étincelle de l’ordre de 7000 volts, l’énergie à mettre en jeu peut tomber aux environs de 0,0004 joule.
- D’autre part, la forme des électrodes, toutes choses égales d’ailleurs, a aussi une grande importance ; les électrodes très pointues donnent les étincelles les plus efficaces.
- Le travail de MM. Campbell et Paterson a été publié dans les Proceedings of the Physical Society of London (vol. 3x, 1919).
- M. H. Saint-Meleuc, à Gorre. — Les savons destinés au nettoyage des mains enduites de cambouis sont des savons à l’huile d’olives additionnés de produits susceptibles de solubiliser les matières grasses, on emploie habituellement soit le trichlorure d’éthylène, soit le tétrachlorétane.
- M. BourdSh, à Caen. — Photographie. La méthode que vous avez suivie est en réalité celle d’un affaiblissement par le procédé d'Eder, avec ses conséquences ; tout ce que l’on peut en attendre, c’est d’effectuer un nouveau développement dans des conditions de surveillance plus faciles, puisqu’après passage au bain de bichromate chlorhydrique, on se retrouve dans le cas d’une plaque non développée mais ne renfermant plus de sel d’argent dans les parties claires, de sorte que l’opposition devient plus grande après remise en liberté de l’argent. Le gros inconvénient est que si l’action du bichromate a été trop prolongée, on ne retrouve plus la totalité du métal à l’état de chlorure et l’on ne revient même pas à l’intensité primitive. Comme d’autre part on aura une tendance à prolonger le développement, il y aura formation d’un voile, le plus souvent coloré. A notre avis, il aurait été préférable de pratiquer le renforcement au bichlorure de mercure, dont le métal vient s’ajouter à l’argent de l’épreuve primitive et en augmente quantitativement l’intensité.
- M. Bernède, à Bordeaux.— U adhérence qui se produit entre des objets en moleskine, est due à la pression atmosphérique, comme dans l’expérience du tire-pavé. Pour éviter cet inconvénient, le mieux est de maintenir une couche d’air entre les surfaces par interposition d’une toile grossière, par exemple toile d'emballage en jute et en ne superposant pas un trop grand nombre de pièces, afin que leur poids ne produise pas d’empreintes des mailles du tissu. ' ' '
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- BIBLIOGRAPHIE
- Phénomènes diélectriques dans la technique des hautes tensions par F. W. Peek, traduit sur la ia édition américaine, par Robert Ackermann, i vol. in-8 raisin, 3i6 p-, aoo fig. Editeur, Delagrave. Paris. 1924. Prix : 58 francs.
- M. Peek est dans le monde un des ingénieurs électriciens les plus compétents en matière de haute tension. On sait rombien ce domaine a pris d’importance à la suite du développement des distributions électriques à haute tension et de l’emploi de tensions de plus en plus élevées. 11 a fallu se préoccuper d’une façon particulièrement attentive de l’isolement de ces lignes et pratiquer des essais à des tensions bien supérieures à celles de service. Pour les lignes à 220000 volts, on effectue des essais à 1 5ooooo volts et l’on se trouve dans des conditions quelque peu déroutantes, faute de données fournies par les laboratoires de science pure, jusqu’ici mal outillés pour effectuer des recherches dans un tel domaine. M. Peek s’est livré pendant de longues années à un travail expérimental méthodique et approfondi, dont les résultats sont condensés dans le présent ouvrage. Il a ainsi, en particulier, jeté une vive lumière sur le
- phénomène de l’effluve ou effet corona II a étudié à fond la façon dont se comportent les divers isolants : air, liquides, isolants solides et a dégagé les lois essentielles de la décharge disrup'ive. Son livre apporte à tous les techniciens de l’électricité une abondante moisson de renseignements de tous ordres et un guide précieu* pour la réalisation de tous appareils à très haute tension. Il ne sera pas moins utile à la science pure à laquelle il apporte le bénéfice de longues observations effectuées avec un puissant outillage ; de grandes espérances se fondent sur l’emploi des hautes tensions électriques pour l’étude de la matière. M. Peek a commencé l’exploration de ce domaine à un point de vue purement industriel. Mais il a en même temps facilité la voie aux chercheurs désintéressés.
- La prévision du temps en agriculture, par J. Sanson, i vol. in-16, 3ao p., 60 fig. et cartes en couleurs. J.-B Baillière et fils, Paris, 1925. Prix : 16 fr, 5o.
- L’agriculture est sous une étroite dépendance des conditions atmosphériques; car, suivant qu’elles sont, ou non, favorables, les récoltes sont bonnes ou mauvaises. Aussi est-il de toute importance pour les populations rurales, non seulement de connaître les phénomènes météorologiques et les causes qui les produisent, mais encore de savoir par quels moyens on peut arriver à les prévoir.
- C’est ce que leur permettra de faire le livre très clair de M. Sanson. Il leur apprend tout d’abord l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le mécanisme dès perturbations atmosphériques. Il les initie ensuite aux méthodes de prévision de l’Office National météorologique et montre comment on utilise les renseignements diffusés chaque jour par les services météorologiques. A ceux qui ne peuvent recevoir ce& renseignements, il indique des moyens moins sûrs, utiles toutefois, pour établir certains pronostics.
- Les huiles d’animaux marins, par Henri Mabcelet, 1 vol. in-8, aag p., 8 pl. et 4 graphiques. Béranger. Paris. Prix relié.: 35 francs.
- M. Marcelet étudie depuis de longues années les huiles d’animaux marins recueillies par le Prince de Monaco, avec une conscience et une précision remarquables. Quand la guerre éclata, il avait séparé un hydrocarbure de 1 insaponifiable des huiles de foie de sélaciens que l’on devait peu après déterminer exactement sous le nom de squalène ou de spinacène. Il donne aujourd’hui les résultats de ses multiples analyses et y ajoute tout ce qu’on sait de ces corps gras d’un intérêt théorique aussi considérable que leur importance commerciale grandissante.
- Il passe d’abord rapidement en revue les divers modes d’extraction industriellement employés, puis entreprend l’analyse détaillée de tous les produits connus. Il rappelle les propriétés physiques, chimiques, colorantes de ces huiles, les méthodes d’examen qu’il discute, les procédés d’hydrogénation, souvent
- indispensables et dont l’usage se généralise. Près de cent pages sont consacrées à grouper tous les documents analytiques dont on dispose actuellement.
- L’ensemble forme une masse de renseignements unique, qui situe la question et. contribuera certainement à la faire progresser rapidement, étant donné son intérêt économique.
- La vie et la mort, par Georges Bohn. i vol. in-18, ia5 p., 3 fig. Collection « La culture moderne ». Stock, Paris. Prix : 2 francs.
- Tous les 2 ou 3 ans, pour notre instruction et notre plaisir, M. Bohn nous donne un aperçu des travaux récents de biologie.
- Peu de savants ont autant que lui abordé les multiples problèmes delà vie, observé autant d’êtres, fait tant de remarques ingénieuses. Il les entremêle agréablement aux travaux de ses contemporains et sait donner ainsi une vue très vivante »t très complète des problèmes du jour, des préoccupations du moment. Cette fois, il aborde la question capitale de la vie et de la mort, discute de l’immortalité de la matière vivante, de la durée de la vie, de la croissance et de la sénescence, des recherches actuelles sur les équilibres physicochimiques, la sensibilité différentielle, l’immunité, enfin de la vieillesse et de la mort. Les études les plus récentes sont passées en revue, analysées clairement, et beaucoup qui liront ce livre agréable, non seulement y apprendront nombre de faits nouveaux, mais encore y trouveront à chaque page des sujets de méditation.
- J.-H. Labre et la Science, par Et. Rabaud. i vol. *44 p> 4 portraits hors texte. Etienne Chiron, Paris, 6”. Prix : 6 francs.
- Analysant l’œuvre de Réaumur, celle d’Audouiu, de Dufour, de Lepeletier de Saint-Fargeau et de quelques autres, l'auteur montre que i’observation des mœurs des insectes et leur étude expérimentale était bien établie sur une méthode sûre avant la venue de J.-H. Fabre. Ce rappel des initiateurs de l’éthologie des insectes est fort justifié Mais l’auteur, adversaire de J.-H. Fabre, considère qu’il n’apporte que peu de faits et beaucoup d’affirmations sans preuves, d’observations superficielles accompagnées d’expériences insuffisantes qui ne légitiment guère sa renommée. Puis, il analyse les travaux plus récents qu’il considère comme mieux fondés, ceux de Perris, Lubbock, Forel, Santschi, Peckham, Ferton, etc., et termine par une théorie personnelle de l’instinct.
- Il est regrettable que cette étude, fort intéressante et documentée, si elle situe l’œuvre de Fabre dans l’ensemble des recherches sur les insectes, soit si partiale envers le grand solitaire de Sengnan.
- Le melon, la pastèque et le concombre, par C. Potrat. i5° édition. 1 vol. in-12, 184 p., 49 fig- Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage, primitivement écrit par Loisel, a été remis entièrement à jour. L’histoire du melon, ses races et variétés, sa multiplication, ses cultures populaires régionales, ses cultures bourgeoises, cultures en serres ou cultures diverses, sont minutieusement décrites, ainsi que sa cueillette, sa conservation, ses insectes nuisibles et ses maladies. Sept chapitres sont consacrés & la pastèque ou melon d’eau, au cornichon et au concombre.
- Ma maison à bon marché, par René Chamfly, i vol. in-8, 267 p., 260 fig. Girardot et G5*, Paris. Prix : 20 francs.
- Conseils pour le choix des terrains, les lotissements, l’usage de la Loi Ribot, le choix des matériaux, la construction et même l’organisation de la basse-cour. Cette documentation pratique donne le moyen de bâtir vite et à peu de frais.
- Montagne.., par Albert Mary, i vol. in-18, aa4 p., 1 portrait. Figuière, Paris. Prix : 7 francs.
- Récits alertes, parsemés de réflexions philosophiques et scientifiques, d’excursions en Maurienne, Dauphiné et Vivarais.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2662 11 Avril 1925
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- INFORMATIONS
- Deux nouvelles comètes (1925 a et iga5 b). —• Deux télégrammes du Bureau central des Télégrammes astronomiques à Copenhague annoncent la découverte, à un jour d’intervalle, de deux nouvelles comètes. La première de l’année ( r9*2.5 a) a été découverte le a3 mars, à l’Observatoire de Bergedorf, par M. Schorr(?) (le télégramme annonçant cette découverte semble contenir une erreur de nom). La position de cette petite comète, le 23 marstà 23h 24m,6 (temps moyen de Bergedorf), était la suivante :
- Ascension droite — 1 i h 47“ 48‘,9, Déclinaison = -f- i°43'49".
- Le déplacement en 34 heures n’est pas très considérable. Il est de :
- En ascension droite = — 2mos,
- En déclinaison = -j- o° 5'.
- Grandeur : ii,o.
- La comète se trouvait près de p Vierge lorsqu’elle a été découverte. Elle se dirige vers le Lion et passera entre les étoiles u et x Lion.
- Elle se lève vers 17“ 1/2 et passe au méridien vers I7h 3ora. Elle est donc visible actuellement toute la nuit, mais dans un instrument assez puissant.
- La seconde comète (xgaS b) a été découverte par M. Reid le 24 mars. Sa position, le 24, à 2ih3im,o (temps moyen de Greenwich), était :
- Ascension droite i3h 29“ 4?‘,o» Déclinaison = — 200 16' o".
- Mouvement en 24 heures :
- En ascension droite = — ora 48%
- En déclinaison — o° i5'.
- Grandeur : 8,0.
- Cette comète est donc beaucoup plus brillante que la précédente, mais encore invisible à l’oeil nu. Visible dans les petits instruments.
- Elle se trouve actuellement (28 mars) à io° au-dessous de a Vierge, dans la constellation de l’Hydre et se dirige vers y de cette constellation. Elle se lève vers 2011 45ra et passe au méridien vers ih. Elle est donc, comme la précédente, visible toute la nuit.
- Un puits de pétrole prodigieux. — D’après la revue Le Pétrole, sur un terrain faisant partie du Domaine national, près de Houston (U. S. A.), un forage exécuté par le Rydade Petroleum C° vient d atteindre la profondeur, aussi formidable qu’inusitée, de x5a5 m à laquelle il a rencontré la nappe d’huile qui lui permet d’assurer une production quotidienne de 3ooo barils. Le résultat est d autant plus remarquable que, dans toute la région où il est situé (côte du Golfe), on avait abandonné déjà, sans le moindre succès, plusieurs puits profonds dont un, entre autres, atteignait i4o3 m.
- La fabrication électrique du noir de fumée — Le noir de fumée est fabriqué en grand aux Etats-Unis par combustion incomplète* des gaz naturels et chargés d’hydrocarbures qui, on le sait, se dégagent en abondance de nombreux puits dans les régions pétrolifères. Ce mode de préparation conduit à un véritable gaspillage dune précieuse richesse qui a, par ailleurs, beaucoup d’autres emplois plus rémunérateurs et le Bureau des Mines des Etats-Unis s’est attaché à réaliser une fabrication plus économique. La question a été étudiée par M. Jakosky. Celui-ci, au cours de certaines expériences. s’étant aperçu que les décharges électriques à haut voltage pouvaient, dans certaines conditions, décomposer les hydrocarbures et produire du noix: de fumée; il a entrepris l’étude systématique de l’effet des étincelles sur les hydrocarbures gazeux ou liquides, et il a ensuite mis au point un mode de fabrication pratique. On emploie des huiles liquides; telles que gazoil, kérosène, etc., en général des huiles assez lourdes, sous-produits de la fabrication de l’essence et qui peuvent se procurer à bon marché. On fait couler cette huile dans une chambre de traitement à travers un arc électrique; elle se décompose en partie; elle est amenée au sortir de la
- chambre dans un bac où elle se clarifie, et abandonne le carbone pulvérulent qu’elle tient en suspension. L’huile clarifiée est employée pour une opération ultérieure. Dans la chambre de traitement, des gaz se dégagent en abondance; ils contiennent une grande quantité de noir de fumée qu’il faut leur faire abandonner; on les fait circuler au sortir de la chambre autour du conduit qui amène l’huile à traiter. Celle-ci se trouve ainsi échauffée, tandis que les gaz sont refroidis. Puis ces gaz sont traités dans des laveurs
- M. Jakosky estime qu’il y a intérêt à maintenir les gaz sous pression pour faciliter le dépôt du noir de fumée, et en conséquence qu’il est préférable d’effectuer toute l’opération sous pression.
- Production mondiale du çaoutchoue en 1924. — La Revue générale du Caoutchouc estime que la production mondiale du caoutchouc en 1924 est de 4x4 000 t. dont 3 10 477 ont été expédiées avant le 3i décembre.
- D’après la Bankers Trust G° de New-York, les États-Unis en absorberont 3i5 000 t., contre 5i 721 seulement importées en 1913.
- On sait que, par suite de la demande croissante de caoutchouc par les industries électriques et automobiles, un grand effort a été fait en Asie, vers 1911, pour développer les plantations. Si la consommation de caoutchouc a été depuis en augmentant, la production a cependant dépassé rapidement Iss besoins, amenant une baisse des prix qui a conduit en ces dernières années à proposer de limiter la production. Lé tableau ci-dessous montre les fluctuations depuis 1910.
- Années Exportation Consommation Prix de 1 a livn
- en miniers de an”] aise
- tonnes en siii IlilJgS
- 1910 85 90 8.9
- 19H 85 85 5.5 1/2
- I9I3 io5 95 4-9
- 1 g 13 I 30 io5 3.0 r/4 1/2
- *914 i3o x 20 2.3
- igi5 16 5 15o 2.6
- 1916 215 180 2,10 i/4
- Ï9!7 270 330 3-9 3/4
- 19x8 375 220 2.3 1/2
- ^9 340 33o 2. 01/s
- 1920 37^ 3xo i . 11
- 1921 285 265 0.10 1/2
- 1922 400 386 0.9 i/î
- iga3 370 410 1.3 _x/3
- Une carte romaine d’état-major. — On savait que les états-majors des armées roœaiues disposaient, sous 1 Empire, d’itinéraires et de cartes pour diriger les déplacements de leurs troupes, mais on ne possédait plus aucun de ces documents.
- M. CumoDt révèle dans La Géographie un de ces itinéraires trouvé en 1923 à Sâlihîyeh, sur l’Euphrate, sur l’emplacement de l’ancienne colonie de Duora-Esr^pos. En y faisant des fouilles, on exhuma du sable qui remplissait une des tours de l’enceinte des débris de boucliers ovales ayant servi à la cohorte montée d’archers palmyréniens qui défendait la place. Ces boucliers légers étaient formés d une peau collée sur des ais ajustés. Un lambeau d’une de ces peaux, bien conservé comme on en peut juger par la planche en couleurs que publie La Géographie, montre encore une liste d’étapes bien lisible. Le milieu du fragment de peau montre la mer azurée sur laquelle voguent des vaisseaux ; à droite une bordure, qui faisait probablement le tour du bouclier, montre sur fond rouge des fleuves tracés en bleu, des maisons figurant des gîtes d’étape grecs, une route. Chaque station porte un nom, suivi d’un nombre indiquant la distance à la station précédente.
- On y reconnaît une liste de noms de la grande voie militaire allant de Byzance au* bouches du Danube et M. Cumont a pu identifier les noms grecs anciens de Varna, Byzone, Costanza, Tyra, Borysthène, Gherso-nèse, Trébizonde, Ardacbar (en Arménie)'. Il admet que c’est une copie, faite à l’époque des Sévères ou un peu plus tard, d’un itineraria picta romain.
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- INFORMATIONS
- Jusqu’à présent, on ne connaissait qu’une copie du xine siècle d’une carte routière antique, copie connue sous le Eom de Tabula Peutigeriana, une liste de noms géographiques copiée par le Cosmographe de Ravenne au vu® s'ècle, enfin l’Itinéraire d’Antonin, énumération de stations suivies chacune d’un chiffre. Le bouclier de Sâlihîeyh fournit un document plus ancien et mieux figuré qui dérive plus directement que les précédents de la carte du monde romaine exécutée sur l’ordre de l’empereur Caracalla, laquelle ne nous est pas parvenue.
- La découverte de M. Cumont est donc de première importance.
- Emulsions d huiles dans l’eau. — M. A. Heinrichsen (Pharmacid. 1928, 170) classe en deux groupes les huiles qui, tout en n’étant pas complètement solubles dans l’eau, s’émulsionnent très bien dans celle-ci. Il considère : 1® les huiles simples; 2° les huiles composées.
- Dans le premier groupe se classent l’huile de ricin sulfonée, le* sels de l'acide sulforicinique qui donnent avec l’eau une émulsion stable et l’acide oléique. Ce dernier ne s’émulsionne pas, à proprement parler, dans l’eau, mais il entre dans de nombreuses formules d’huiles composées, en augmentant les propriétés liantes et en facilitant la formation d’émulsions.
- Parmi les huiles composées, on distingue ;
- i* Les huiles pour le travail du cuir, lesquelles contiennent de l’huile de ricin sulfonée, des huiles minérales, de l’oléine, des lessives alcalines.
- 20 Les huiles pour le travail des métaux, lesquelles contiennent de l’huile de ricin sulfonée, des huiles minérales, de la colophane, de l’oléine, des lessives alcalines.
- 3° Les huiles pour le nettoyage des armes à feu contenant de l’alcool amylique, des huiles minérales, de l’oléine et de l’ammoniaque.
- Ces observations présentent une réelle utilité pratique pour les diverses industries appelées à employer des huiles pouvant s’émulsionner dans l’eau.
- Calcul [de l’uretère chez un Dauphin. — M. Legendre vient de publier dans les Comptes Fendus de la Société de Biologie une note signalant l’observation suivante : « Le 27 août 1924, dit-il, le thonnier 2111 d’Au-ray revenait au port de Concarneau avec un chargement de germons. Il rapportait aussi trois têtes de Dauphins communs et trois animaux entiers (Delphinus ’delphis) qu’il avait harponnés, tous les six, le a5 au soir, à
- 80 milles environ dans le sud-ouest de Penmarch. Les trois individus entiers étaient, comme] d’habitude, des mâles, mesurant 2 m. 10, 2 m. 04 et 1 m. 80.
- Le deuxième présentait, en un point de son urelère gauche, un épaississement de la paroi. Une incision en fit sortir une concrétion volumineuse (fig. 1), jaune grisâtre, ii’régulièrement ellipsoïde, mesurant 4,5 cm. dans sa plus grande dimension, d’un volume de 28 cm3, d’un poids frais de 4» g^v ce qui correspond à une densité de i;/}64. .
- Ce calcul put être aisément brisé et ses fragments sont assez friables. On y reconnut une structure très hétérogène : le centre est formé principalement d’un amas feuilleté, fibrineux, enrobé dans un amas de petits cristaux que le microscope et les réactifs chimiques permettent de caractériser comme étant de l’acide urique et du phosphate de chaux en moindre proportion ».
- La figure jointe permet de juger de l’aspect et de la taille de ce calcul, urinaire, dont on n’avait pas encore signalé d’observation chez les Dauphins.
- La formation du peuple japonais. — Le R. P. J.-M. Martin, des Missions Etrangère*, vient de publier à Hong-Kong un ouvrage sur le Skintoïsme, religion nationale. Le premier volume est consacré à l’ethnographie et à l’histoire ancienne du Japon. Nous en extrayons les renseignements suivants sur l’ethnographie du Japon.
- Les plus anciens habitants de l’archipel auraient été les Koropgourou, vraisemblablement des Négritos, dont on ne sait rien Puis vinrent les Aïnous, de race blanche mais de langue apparentée aux langues des Hyperbo-réens, et qui vinrent du continent asiatique (Corée et région de l’Amour actuelles). Ils employaient simultanément des instruments de pierre taillée et de pierre polie, fabriquaient des vases à dessins et à formes caractéristiques et construisaient des Kaisoukas, espèce de Kjôkkenmoddings. ( Kaisoukas est un mot moderne japonais, qui signifie montagne de coquilles.)
- Les invasions et immigrations postérieures déterminèrent ensuite la formation de deux peuples : celui du Nippon méridional et celui de Kiou Chiou, qui devaient plus tard fusionner.
- A. Nippon méridional. — Une invasion de populations ouralo-altsïques, apparentées aux Toungouses, se produisit à la fin de l’époque néolithique. Les nouveaux arrivés étaient plus civilisés que les Aïnous, qu’ils refoulèrent vers le nord. Eux-mêmes provenaient du nord-est de l’Asie. Ils eurent leurs principaux centres à Osaka et à Tokio. Ils élevèrent eux aussi des Kjokken-môddings et furent d’habiles potiers. Ils n’ont pas de nom connu, mais on pourrait les désigner sous le nom de race de Yayoï, du nom d’une des plus riches stations archéologiques qu’ils aient laissées. On dit souvent aussi race yamato.
- B. Kiou-Chiou. — L’île de Kiou-Chiou a reçu plusieurs immigrations avant notre ère :
- i* Un premier ban d'Indonésiens, venus de la Chine méridionale (Fo Ivien, Kouang-Toung, Haï-Nan), apportant le bronze ;
- 2° Des Malais, venus des Riou-Kiou etdeFormose;
- 3° Des Mongols ou Toungouses, chassés de Corée vers l’an 1000 avant notre ère par la conquête chinoise;
- 4* Des Pré-Ckinois, Indonésiens ayant déjà subi des influences chinoises, chassés de la région du Yang-tsé par l’invat-ion chinoise, vers 5oo ans. avant notre ère.
- Peut-être, entre temps, quelques Négritos seraient-ils arrivés de Formose et des Riou-Kiou. Ajoutons que des Chinois immigrèrent pacifiquement à Kiou-Chiou à partir du m* siècle avant notre ère; des Coréens vinrent dans les mêmes conditions, à partirdu iv® siècle après Jésus-Christ.
- De ce brassage d’éléments divers sortit le peuple de Kiou-Chiou, qui s’empara du sud-ouest de Hondo et de Sbikokou. C’est ce même peuple qui, au m® siècle après Jéf us-Christ, subjugua la race de Yayoï, moins avancée en civilisation. A notre époque, où 1 unité de civilisation et de langue est chose faite depuis longtemps, des différences visibles subsistent entre les descendants des deux peuples : la race de Yayoï s’est maintenue presque pure dans le nord et le centre de Hondo; les Malayo-Iodonésiens prédominent dans le sud-ouest de l’archipel Les paysans de Kiou-Chiou offrent de grandes similitudes avec les Miaos ou Miao-tsés du Koueï-tchéou, du Yunnan et du Tonkin, et même quelques traits de ressemblances avec les Annamites. Par contre, les paysans du centre et du nord de Hondo s’apparentent visiblement aux Toungouses, aux Coréens du Nord et aux Mantcbous.
- Quant à la langue japonaise parlée, elle est un mélange d’éléments empruntés aux langues ouralo-allaïques et indonésiennes, avec, en sus, du malais et du chinois. Elle est agglutinante.
- La dynastie mikadonale est sortie de Kiou-Chiou. On l’avait crue jusqu’ici d’origine malaise, mais le R. P. Martin la croit issue d’un clan mongol de Fils du Soleil.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Physique
- La recherche des éléments radioactifs. — Pour reconnaître qu’une substance pulvérisée est radioactive, on peut employer le procédé photographique, et, avec quelques précautions, on arrive à doser approximativement la radioactivité ; le principe de la méthode est que
- les substances radioactives impressionnent une plaque photographique au travers d’un écran de papier noir.
- Donc on prend une plaque .entourée de deux ou trois épaisseurs de papier noir, placée au fond d’une boîte bien imperméable à la lumière, et on pose dessus de petits récipients de forme simple fermés à leur base par une feuille de papier bien collée renfermant le sable à expertiser, occupant dans le récipient une hauteur de i cm (M. Karl, chef des services techniques à la Faculté des Sciences de Marseille, prend pour récipients des rondelles de i cm de haut coupées dans un tuyau de plomb de i5 mm de diamètre).
- Les récipients restent sur la plaque pendant quelques jours, quatre par exemple; on les retire ensuite et on développe l’image; on voit alors des taches rondes d’autant plus fortes que le minerai mis en jeu est plus riche. Bien entendu toutes les manipulations se font dans une parfaite obscurité.
- Pour arriver à un dosage approximatif, il faut posséder un échantillon pulvérisé, de bétafite par exemple, dont on connaît la teneur, mais on le mélange à o — i — 3 — 9 volumes égaux de sable stérile pour former une échelle de comparaisons, et ce sont les récipients remplis de ces divers mélanges qu’on pose sur la plaque sensible.
- Gë travail peut être fait avec une certaine exactitude, mais il est long, et c’est pourquoi M. Karl a préparé au profit des prospecteurs un petit appareil de poche dont il a donné le croquis dans certains journaux universitaires et dans les bulletins des mines de Madagascar : c’est un électromètre dans le genre de ceux de Curie et Laborde, mais que chacun peut fabriquer aisément.
- On prend une boîte de conserves vaguement cubique, ou en prisme restaugle : le mieux c’est qu’elle ait un couvercle extrême, faute de quoi on enlève le côté RR.
- A l’autre extrémité on fait un petit trou C* et une ouverture carrée DD de xa oü i5 mm de côté; sur les grandes facèB on fait deux ouvertures Opposées OOOO sur lesquelles on fixera deux plaques de Verre mince quand on aura mis en place le système électrique.
- Gelui-ci se compose d’ün prisme fait de 3 plaques de quartz bien transparent E qu’on entoure de soufre S
- ^—*
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- fondu dans un moule en papier ; ce bomâ^rajioïf^conduc-teur est engagé dans le trou DD et fixé avec de la cire à cacheter. Auparavant on l’entoure du gros fil de cuivre GClt de i mm. de diamètre qui porte en C un petit plateau en fer-blanc soucié, et en BBt une petite plaque de fer-blanc de 5 mm de largeur, orientée perpendiculairement aux grandes faces de la boîte ; et en Bj on colle à cette plaque une mince feuille F d’aluminium, d’or ou d'or faux tel que l’emploient les doreurs. Le fil de cuivre passé dans l’ouverture Cty est maintenu par de la cire à cacheter.
- Enfin on colle sur une des fenêtres un morceau de papier à calquer sur lequel on trace un certain nombre de traits M.
- On sensibilise l’électroscope en frottant l’extrémité du fil de cuivre en Ct, avec un morceau de cire à cacheter ou d’ébonite préalablement frotté sur un chiffon de laine. La feuille F s’écarte et prend une position oblique où elle reste longtemps si le système est bien isolé : on la voit par transparence se projeter sur les divisions M.
- Mais si on met sur le plateau PP une matière radioactive, l’isolement cesse et la feuille F retombe d’autant plus vite que cette matière est plus riche en radioactivité.
- On peut même admettre que la teneur en radium de deux échantillons semblables (la présence du mésotho-riüm fausse la comparaison entre la bétafite et la monazite) est en raison inverse du temps que met la feuille d’or à retomber d’une certaine division jusqu’au zéro. Effkre,
- Sports
- La bicyclette « Elastical » à suspension mécanique équilibrée. — La bicyclette Elastical, inventée par M» P. Galle, résout un problème poursuivi depuis longtemps ; créer une bicyclette parfaitement bien suspendue par des organes mécaniques, aussi douce que les bicyclettes montées sur pneumatique, mais dépourvue des inconvénients fatalement inhérents à ces pneumatiques : dégonflements, éclatements, etc. En effet, la bicyclette Elastical étant montée sur bandages Ducasble ne connaît aucune de ces causes d’accidents ou de sujétion,
- Pour obtenir une suspension parfaite, le cadre de la bicyclette qui présente l’aspect normal est divisé en deux parties, l’une fixe, l’autre articulée en trois points
- Fig. 2. — Bicyclette « Elastical ».
- et prenant point d’appui sur la première. Les déformations de la partie articulée sont limitées par un long et fort ressort à boudin qui équilibre exactement le poids du cycliste. Ce ressort est d’ailleurs réglable au moyen d’une vis de rappel.
- Lorsque la roue arrière rencontre un obstacle : caillou, mauvaise route, etc;, cette roue se soulève, le eadrë arrière joue sur ses articulations (d’ailleurs montées sur-billes), le ressort se tend et la secousse déjà en partie amortie par le bandage évidé Ducasble est atténuée au point de devenir insensible même si la hauteur dé l’obstacle est considérable, car la course maximum du
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- SCIENCE APPLIQUEE
- ressort à boudin dépasse dix centimètres et une butée élastique est encore prévue à fin de course.
- La suspension ainsi réalisée est si parfaite que les ressorts habituellement placés sous la selle ont été supprimés avec l’avantage supplémentaire suivant : la distance entre la selle et les pédales étant absolument invariable, l’effort développé par le cycliste est beaucoup mieux utilisé que dans le système ordinaire.
- Le confort peut être encore complété par l’adoption d’une fourche élastique sur la roue avant et de poignées de guidon en caoutchouc très souple dit « mousse ». Enfin, rien ne s’oppose à conserver les pneumatiques sur les roues de la bicyclette ElaBtical.
- Mais la sécurité complète de fonctionnement qui a guidé l’inventeur du nouveau système n’est assurée que
- Mode de suspension de la bicyclette « Elastical ».
- par des bandages Ducasble; le modèle choisi de 3o mm. de section n’est ni plus lourd, ni plus coûteux que les pneumatiques et ses frais d entretien sont nuis.
- La bicyclette Elastical présente exactement l’aspect d’une bicyclette ordinaire à cadre renforcé, le ressort figurant la pompe de cadre à sa place habituelle.
- Elle n’est d’ailleurs pas plus lourde et si un petit supplément de prix est inévitable, ce supplément est rapidement compensé par la sécurité parfaite d’utilisation et l’absence de tous frais de réparation de pneumatiques.
- Hygiène
- tant, portant un col allongé qui s’engage et se moule conire les parois du col de la ventouse.
- 3“ Un bouchon en caoutchouc qui obture le col du
- ballon et applique ses parois contre celles de l’orifice.
- 4° Un tube creux qui traverse axialement le bouchon et qui porte à sa partie supérieure un pas de vis et une valve.
- 5° Une pompe métallique, genre pompe de bicyclette, avec un raecord s’adaptant sur le pas de vis du tube ci-dessus.
- On adapte la pompe en vissant le raccord de celle-ci sur le pas de vis qui dépasse le bouchon. On gonfle le ballon de manière qu’il remplisse la moitié ou les deux tiers de la ventouse ^g. 5). On détache la pompe. La ventouse est « armée », prête à servir.
- Toutes les ventouses étant ainsi préparées à l’avance, on applique alors sur la peau chaque ventous.e et on appuie avec un doigt sur la valve (fig. 4) : le ballon se dégonfle et la peau est aspirée à l’intérieur de la ventou«e.
- Gomme on le voit, une fois les ventouses préparées en gonflant le ballon de chacune, leur pose peut être extrêmement rapide.
- Constructeur : M. G. Boulitte, i5-ai, rué Bobillot Paris, x 3*.
- «#*s. Objets utiles
- Cendrier nouveau. — Il est fort agréable de s’étendre dans un fauteuil pour lire, ou causer, ou rêver, mais le fumeur y manque d’un accessoire indispensable : son cendrier.
- Seuls, les sièges à tablette permettent de poser celui-ci, mais les moelleux fauteuils de cuir ou de velours où l’on est le mieux sont tout arrondis.
- Voici la solution de eette difficulté.
- C’est une courroie, large et plate, terminée par des franges que surmontent deux masses pesantes destinées à donner la stabilité à l’ensemble et à l’empêcher de glisser.
- Sur les côtés sont eousus deux étuis, l’un pour les
- Fig. 5. — La façon de la préparer.
- Ventouse nouvelle. — M. le Dr L. Ducruet, de Salins, vient d’imaginer une nouvelle ventouse qui. présente
- Fig. 6.
- Le Cendrier nouveau
- sou emploi sur le bras d’un fauteuil.
- l’avantage de ne pas nécessiter l’usage d’une flamme et de pouvoir être posée très rapidement. Elle comprend essentiellement :
- *'*' x° Un verre à ventouse piriforme avec un orifice tubulaire à sa petite extrémité.
- t a* Un petit ballon en caoutchouc vulcanisé, très résis-
- cigarettes, l'autre pour les allumettes, et au milieu, en haut, le cendrier indispensable. On pose la courroie sur le bras du fauteuil, on a tout le nécessaire du fumeur à sa disposition êt celui-ci est inversable.
- En vente chez MM. Kirhy Beard et Cu, 5, rue Auher, Paris.
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- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : ARMOISE COMMUNE
- L’Armoise commune (Artemisia vulgaris L.), Synan-thérées-Sénécionidées, tire son nom de la déesse Arté-mise, divinité grecque correspondant à la Diane des Romains, laquelle secourait les femmes avec cette plante. Le populaire lui a donné les surnoms suivants : Couronne de Saint Jean, Ceinture de Saint Jean, Herbe de Saint Jean, Fleur de Saint Jean, Herbe à cent goûts, Herbe de feu, Remise.
- Habitat. — Elle est spontanée en Europe et très commune dans les lieux incultes et plus spécialement dans les terrains qui avoisinent les habitations, le long des chemins, près des vieux murs, dans les décombres, sur les talus des chemins de fer, etc.
- Description sommaire. — Plante vivace, herbacée, à saveur amère et à odeur aromatique peu agréable. Tiges nombreuses formant souvent de larges touffes bautes de o m. 60 à i m. et plus, très ramifiées, cannelées, souvent rougeâtres et chargées d’un duvet blanchâtre. Feuilles alternes, d’un vert sombre en dessus, cotonneuses en dessous. Fleurs en petits capitules ovoïdes, verdâtres, axillaires, formant une grappe ou panicule irrégulière et étroite. La floraison dure depuis le mois de juin jusqu’en automne.
- Culture. — L’armoise demande un terrain de bonne qualité, léger, profond, à une exposition découverte. Il est bon de préparer le terrain par un labour en automne et de le fumer au fumier de ferme ou avec un compost de gadoues ou de décombres si possible. L’expérience a montré qu’un engrais potassique lui est très favorable ; on pourrait le lui fournir sous forme de sulfate de potasse, si son développement laissait à désirer. L’armoise poussée dans les terrains secs est plus active que dans les autres sols.
- Multiplication. — Elle se fait : i® par semis ; a0 par éclats de vieilles touffes.
- i* Par semis. — On y procède en pépinière du mois de mars au mois de mai. Quand on opère en grand, on sème clair à la volée sur des planches de i m. ao de largeur, après qu’on a eu soin d’en rendre la surface bien plane, et comme le* semences fines ne demandent pas à être enterrées, on se contente de les plomber légèrement pour les faire mieux adhérer à la terre. Au bout d’un an dans la pépinière, lorsque les plantes sont assez fortes, on les soumet à l'habillage et on les place à demeure, en les espaçant de 5o cm sur des lignes distantes entre elles de 5o à 70 cm. Au cours de la croissance des jeunes plants, on doit s’attacher à maintenir le sol propre et, pour cela, on exécute plusieurs binages à la main dans le jardin, tandis que sur le champ on les entreprend avec la houe à cheval.
- a® Par éclats. — L’opération se fait, au mois de septembre, sur de vieilles touffes âgées de trois ans. On observe les mêmes distances que ci-dessus dans leur plantation et on prend les mêmes soins pour leur culture.
- Je dois ajouter, cependant, qu’il y a des régions en France où l’armoise est naturellement si commune qu’il n’y a pas lieu de la cultiver; il est préférable de la récolter à l’état sauvage.
- Récolte. — L'armoise peut donner, dès la première année, une assez bonne récolte. Les parties usitées en thérapeutique sont : les feuilles mondées, les sommités fleuries et les racines, mais surtout les deux premières.
- La cueillette des feuilles a lieu en juin dès l’apparition des boutons, celle des sommités fleuries au moment de la floraison; les racines sont arrachées à l’automne.
- Séchage ou dessiccation. — Il faut le faire avec soin afin d’obtenir des produits bien secs en pleine possession de leur valeur médicinale et commerciale. Un kilogramme de feuilles fraîches laisse après dessiccation entre 220 et 240 gr. de feuilles sèches.
- Règles générales à suivre. — C’est ici le Heu de donner une fois pour toutes les règles générales qu’il est indispensable de &uivre pour une dessiccation normale, opération souvent délicate, car, pour que les plantes ou leurs parties conservent leur qualité et leur valeur, il faut qu’elles aient gardé leur couleur et leur bonne odeuf naturelles, ou du moins autant qu’il est possible, étant donnés les procédés que l’on emploie actuellement.
- Yoici ces règles très succinctement :
- 1® Ne laisser jamais en tas les plantes ou leurs parties, mais les débarrasser, aussitôt la récolte terminée, par mondage ou lavage, de tout ce qui peut nuire à leur valeur thérapeutique et commerciale.
- 2® Procéder à leur séchage le plus rapidement possible et à la plus basse température appropriée à leur structure anatomique et à leur composition chimique.
- Par « rapidement », il faut entendre une durée de 5 à 6 jours au plus à l’air libre, sans quoi l’on s’exposerait à détruire les principes médicamenteux actifs : alcaloïdes, glucosides, huiles essentielles, etc., dans une proportion plus ou moins grande. Par « basse température », il faut comprendre, le plus souvent, l’air ou la température extérieure dans un milieu sec et très aéré, tels qu’un grenier, un hangar, une grange, quand on opère sur des quantités relativement faibles : ou des séchoirs de formes très diverses, ou des étuves, s’il s’agit de grandes quantités.
- Cependant, lorsque les années sont pluvieuses, ou quand les plantes sont très aqueuses ou sujettes à un noircissement rapide, il est prudent d’utiliser un courant d’air chaud, d’abord à la température de 200 à a5°, puis de 3o°, 35° et même 4°°> au moyen d’une étuve ou, préférablement, d’un séchoir à chaud du type recommandé par le Syndicat général de la droguerie française. Toutefois, quand on ne dispose que de quelques plantes, on emploie le four de boulanger, mais à la condition expresse que les températures précitées soient observées, afin de ne point cuire les végétaux dans leur eau de végétation ; on a soin, auparavant, d’enlever les cendres qui pourraient s’y trouver.
- Pour les petites quantités récoltées dans le jardin familial, la dessiccation à l’air libre suffira dans la plupart des cas, surtout si l’on prend les précautions suivantes.
- Racines, rhizomes. — Enlever la terre, le collet, les radicelles; couper en deux ou en quatre les racines charnues, les étaler sur des claies ou en faire des chapelets traversés par une ficelle et suspendus.
- Bois, écorces, tiges. — Les étendre sur des cla’es ; le séchage est facile et rapide.
- Feuilles, sommités fleuries, plantes entières. — Les étaler sur des claies en couches minces, ou en faire des « bouquets » suspendus en guirlandes à l’abri des intempéries et des poussières.
- Fleurs. — Les étaler sur des toiles plutôt que sur des claies, ou encore dans des tamis au-dessus d’une feuille de papier gris, le tout recouvert d’une autre feuille. Leur dessiccation est délicate et certaines exi-gent des précautions particulières que j’indiquerai quand
- 11 en sera question. Ne les exposer ni au soleil, ni à la lumière vive; recourir, en cas de besoin, à un courant d’air de 200 à 25° et les remuer le moins possible;
- 12 à 24 heures suffisent souvent. Cette digression utile étant terminée, je reviens à l'armoise.
- Composition chimique. — L’armoise doit son activité à une essence de saveur amère et brûlante contenant du cinéol, et, en outre, à un autre principe amer.
- Propriétés thérapeutiques. — Cette plante a été préconisée dès la plus haute antiquité, d’abord par Artémise II, reine d’Halicarnasse, en Carie, 353 avant Jésus-Christ, puis par Hippocrate, Dioscoride, Pline, l’Ecole de Salerne, etc., qui en ont fait un puissant emménagogue, on y a même vu d’autres propriétés plus actives, mais à tort. L’armoise a toujours joui dans la médecine populaire d’une réputation qui est encore vivace, et elle donne des résultats satisfaisants dans l’aménorrhée chlorotique. Elle est encore employée comme stimulant, antihystérique, vermifuge, .etc». La racine passe même pour antiépileptique, contre la danse de Saint Guy.
- Préparations pharmaceutiques et doses. — L’armoise fait partie des espèces emménagogues ; armoise, absinthe, feuilles d’ambroisie du Mexique, 10 gr. de chaque, safran o gr. 5o. Son principal emploi est l’infusion durant une demi-heure 10 gr. par litre d’eau bouillante (Codex 1908), mais cette dose s’est élevée jusqu’à 3o gr. On tend aujourd’hui à la remplacer par son
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- VARIETES
- extrait aqueux, sous forme de pilules, à la dose de o gr. 60 à 2 gr. par jour.
- On administre a à 8 gr. de poudre par 24 heures dans du vin chaud; 3o à 60 gr. de sirop; 3o à i5o gr. d’eau distillée comme véhicule de potion; i5 à 3o gr. de suc frais; un ou plusieurs petits verres de vin par jour; 20 gr. en infusion dans un demi-litre d’eau, en lavement. En Allemagne, la poudre de Bresler : poudre de racine d’armoise 5o gr., sucre en poudre, 200 gr. à prendre 4 cuillerées à café par jour, à été vantée comme antiépileptique.
- A l’extérieur, on la fait servir à des fumigations spéciales dans la proportion de 5o à 100 gr. pour un litre
- d’eau. Le résidu cotonneux, formé par le duvet mêlé de fibres qu’on obtient pendant la pulvérisation des feuilles, servait autrefois à préparer des « moxas », sortes de cautères usités en Chine et au Japon.
- L’armoise a été employée quelquefois en cuisine comme condiment : on en a farci des volailles, notamment des oies, pour rendre leur chair plus tendre.
- Les bestiaux la mangent quand elle pousse avec d’autres herbes. D’après Sédir, dans le Bocage normand, 1 armoise cueillie la veille de la saint Jean détruisait les maléfices qui empêchaient les vaches de donner du beurre!
- La vente de l’armoise est importante en herboristerie.
- A. Tbuï,lle.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'àhondance dés demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natssr® sbiige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches lë plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, èn générai, répondu iminédi&tisnieht
- Réponses. — Cercle Lo Fardai, à Perpignan. -— Pour détruire les cafards, répandre sur le sol dans les endroits envahis la poudre suivante :
- Tartre stibié. . . 15 grammes.
- Farine................. 100 —
- Sucre en poudre ... 100 —
- N. B, — Le tartre stibié est le tartrate d’antimoine et de potasse ou émétique. On peut également employer l’acide borique en opérant, ainsi que nous l’a signalé l’un de nos lecteurs M. Razès :
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau chaude de l’acide borique jusqu’à saturation. Retirer la casserole du feu et «jouter de la mie de pain. Diviser la pâ.te obtenue et la placer sur des assiettes que l’on dispose aux endroits convenables. Dès le lendemain on aperçoit autour des récipients les bestioles sur le dos, il suffit de les ramasser à la pelle et de les brûler; au bout de peu de temps, on est complètement débarrassé.
- Lo, à Versailles. — 1“ On peut remplacer dans les pâtes à argenter le cyanure de potassium par la crème de tartre. Nous avons donné une formule de ce genre dans le n“ 2653 du 7 février 1924, p. 47 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter. 20 Vous pouvez <trgenter Ici surface des lampes à ihcàndéscence ëh Opérant ainsi ; une dissolution de 10 gr. de nitrkte d’argent dans 200 c. c. d’éau distillée est exactement saturée avec de l'ammoniaque, quelques goiittès suffisent en général, c’est-à-dire en veVsant l’alcali avec précaution jusqu’au moment où lë précipité qüi se forme d’abord se redissout presque instantanément. On prépare ensuite une dissolution de formol réel à 1 pour ioo. Comme lë formol du commerce est à 4° pour 100 environ, on mettra 2 gr. 5 de formol du commercé dans 100 c. c. d’eau, ce qui donnera la solution au titre voulu.
- Au moment d’argenter le verre bien nettoyé, on mélange les deux solutions et on y plonge la partie de la pièce à argenter. Sous l’influence du formol, l’argent est mis en liberté, ce qui a lieu èn 5 à 6 miaiités, il ne reste plus qtt’à laver à grande eau, sécher et vérnir poür protéger la cotiche argèntiquë.
- M. Seltzer, à Mulhouse. — *® Là réparation de l’ébô-hite peut s’effectuer avec lè mastic suivant :
- Colophane.............5o grammés.
- Gutta-pèrcba..........a 5
- Fondre la résiné avec précaution ét ÿ ajouter pëü à peu par petits morceaux la gUtta; brassér le mélange ët lé couler sur une plaque de inàrbre.
- Four l’emploi, faire fondre à nouveau èt appliquer chaud SUr la fissure, enlever lès bavures au coüteàu également chauffé; puis laisser refroidir. a° Pour obturer les petits trous que présente le soufflet de cuir de votre appareil photographique ; mettre dàné un flacon pouvant être bouché hermétiquement :
- Caoutchouc para, gomme pure............. 3 gr.
- Tétrachlorure de carbone. 65 c. c.
- Benzine. 35 —
- Agiter de temps à autre, puis, lorsque la dissolution est complète, ajouter un peu de noir de fumée.
- Déposer une goutte de la mixture sur le trou à reboucher, laisser sécher, on obtient ainsi une obturation parfaite sans nuire aucunement à la souplesse du cuir.
- M. Le Dv Picandet, à M. — Le papier hygroscopique, dont nous avons donné la formule dans le n° 2654 du 14 février 1925, présente une couleur rose par temps humide et bleue par temps sèc, avec teintes intermédiaires violacées suivant l’état hygrométrique de l’air.
- M. R., à Chalon-sur-Saône. — i° Comme ciment protecteur des fils électriques portés à haute température, employez un mélange d’amiante en poudre et dé silicate de soude. N’employer de ce dernier que juste la quantité nécessaire pour amener à consistance convenable au moment de l’emploi, autrement il pourrait y avoir du retrait. 20 Vous trouverez toutes pièces en porcelaine réfractaire, telles que creusets, nacelles, etc., chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, ou ehez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince. 3* Pour indiquer avec exactitude quel serait le détartreur à employer, il faudrait connaître la composition du dépôt, or celle-ci est très variable suivant la nature de l’eau. D’une manière générale, nous ne pouvons que vous conseiller l’eau sucrée ou mélassée qui aura en tout cas l’avantage d’être inoffensive pour les parties métalliques. 4* Sous le nom de Rocking-Shaft on désigne dans la coulisse de Stephenson l’organe intermédiaire dit bielle de suspension, ayant la partie supérieure mobile autour d’un point fixe et dont la partie inférieure est reliée d’une part au coulisseau, de l’autre à la tige du tiroir.
- M, F., à Tonneins. — Les ouvrages suivants vous fourniront tous renseignements et directives pour les recherches que vous désirez effectuer : Le plâtre, fabrication, propriétés, applications, par Fritsch, éditeur Desforges, 20, quai des Grands-Augustins. Essai des matériaux, par Bouasse. Les matériaux de construction, par Debauve. Procédés d’essais de la résistance des matériaux, par Durand-CIaye, éditeur, Dunod, ga, rue Bonaparte. »
- M. Z., à Babia Blanca. — La teinture des billes de billard en bleu peut se réaliser facilement au moyen de couleurs dîamines telles que le benzo-bleu solide, le gros bléu-B-X ou le bleu pur FF. Le bain se compo-
- sera dë :
- Eau non calcaire........... ao litres.
- Sulfate de soude........... 100 gr.
- Cristaux de soude .... 5o — Colorant ci-dessus. ... i5 à ao —
- Monter d’abord le bain avec la moitié du colorant, porter à la température de 5o°-6o° qui ne doit pas être dépassée sous peine de produire des gerçures et y introduire les objets à teindre, laisser à cette température environ une heure en agitant fréquemment. Retirer les billes, faire dissoudre le reste du colorant et terminer la teinture par séjour d’égale durée. Au sortir du bain, envelopper rapidement dans un linge pour éviter un refroidissement trop rapide ; rincer à l’eau claire quand la pièce est bien froide, sécher à l’air, puis polir avec un chiffon de laine légèrement suiffé.
- M. K., à Sarlat. — Le prisme à réflexion totale présente une, supériorité sur le miroir argenté, pour
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- la raison qu’il y a réflexion totale si l’angle d’incidence est supérieur à l’angle limite. Si l’absorption est un peu plus grande à cause de la plus grande épaisseur de verre traversée, d’autre pa^t on évite ainsi la production d images multiples par le phénomène des réfractions et réflexions successives étudié dans tous les traités de physique (marche des rayons au travers d’une lame de verre dont une face est argentée). Enfin, comme on argente la face réfléchissante du prisme, on se trouve dans le cas d’un miroir ordinaire pour les rayons ne bénéficiant pas de la réflexion totale.
- M. Sibert, à Paris. — La préparation des laits en poudre, bien qu’étant très simple, nécessite cependant des appareils spéciaux qu’il vous sera difficile d’établir vous-même. On commence par une évaporation sous pression réduite que l’on amène progressivement, à mesure de la disparition de l’eau, de 6a cm de mercure à 71-72 cm, le vide absolu étant mesuré par 76 cm. La masse pâteuse est alors versée dans une auge où tourne horizontalement un cylindre étamé à double enveloppe chauffé à la vapeur. Ce cylindre en sortant de la masse entraîne une mince pellicule qu’une raclette détache au fur et à mesure et que l’on pulvérise rapidement avant mise en boîtes. A notre avis, il sera beaucoup plus économique pour vous d’utiliser les produits du commerce.
- M. B., à Mende. — Nous ne pouvons ni ne voulons faire l'analyse des spécialités, car il n’entre pas dans notre rôle de dévoiler la composition des produits commerciaux comportant un secret de fabrication, ce qui aurait pour résultat de favoriser des concurrents n’ayant ni le mérite de l’invention, ni la peine de mettre au point des recherches souvent fort longues. Notre seul but est de vulgariser les connaissances acquises en permettant aux chercheurs d’aboutir plus facilement dans leurs travaux. La formule que vous nous demandez n’étant pas dans le domaine public, nous regrettons de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- M. Clerc, à Bordeaux. — Pour nettoyer les tissus souples tissés avec fils à âme de caoutchouc tels que genouillères, bas à varices, etc., le mieux est de vous servir d’une légère eau savonneuse tiède additionnée d’une cuillerée à café d’ammoniaque (alcali volatil) par litre, rincer ensuite sous un courant d’eau claire, sans fouler et laisser sécher dans une pièce chauffée à l’abri du soleil.
- M. le Dr D., à la Couronne. — i* Le graphite naturel porte également les noms de plombagine et de mine de plomb. C’est une variété de carbone mélangé à des impuretés siliceuses et ferrugineuse 1, on le rencontre surtout en Sibérie et à Madagascar, il sert à fabriquer des crayons, des mélanges pour noircir les poêles et les tuyaux, enfin on s’en sert comme lubré-fiant ; — 20 Aucun marbre naturel ou artificiel n’est susceptible d’être intachable et imperméable. Le mieux serait, si vous voulez satisfaire à ces conditions, d’utiliser une plaque de verre, placée sur un fond coloré à votre gré; — 3° Voici d’après Cerbel&ud une formule de
- pâte dentifrice facile a préparer :
- Carbonate de chaux précipité . . ioo gr. Gomme adragante ........ o gr. a5
- Glycérolé d’amidon du Codex . . Q. S.
- Essence de menthe............. x gr.
- Essence d'anis................ 1 gr.
- Essence de géranium rosal ... o gr. i5
- Mélanger le carbonate de chaux à la gomme adragante, ajouter le glycérolé de façon à obtenir une pâte ferme
- et colorer par addition de carmin au bitartrate qui s’obtient en prenant :
- Cochenille pulvérisée .... 10 gr.
- Alun pulvérisé..................... 2 gr. 5
- Crème de tartre.................... 3 gr. 5
- Eau distillée.....................i5o gr.
- Porter l’eau à l’ébullition, ajouter la cochenille, puis, après 5 à 6 minutes, l’alnn et la crème de tartre, laisser refroidir et filtrer, ce qui donne une solution mère de réserve que l’on emploie goutte à goutte suivant besoins ; — 4° Les peintures laquées genre Ripolin sont des peintures à base de Standolie qui est une huile de lin rendue visqueuse par longue cuisson à l’abri de l’air, cette préparation ne peut être réalisée par un amateur, mais vous pouvez obtenir un résultat approché en ajoutant à 1 kg de peinture ordinaire, 20 gr. de la mixture
- suivante :
- Caoutchouc pUr Para........... 45 gr.
- Nitrobenzine.................. 5oo gr.
- M. M., à Reims. — Dans les petits ateliers le goudronnage des cordages s’effectue à la main en faisant passer les cordes dans une marmite pleine de goudron chauffé au bain-marie à 7o0-8o°; on leur fait ensuite abandonner l’excès de goudron en les passant dans un tube dont l’entrée est garnie d’une torsade de toile grossière. Ce tube est incliné vers la marmite de manière que le goudron retombe dans celle-ci. Quand l'installation est plus importante, les opérations se pratiquent de même, mais en se servant de machines qui permettent un plus grand débit. Le goudronnage n’est pratiqué que pour les cordages destinés à être fréquemment immergés dans l’eau, dans ce cas il les conserve, autrement son action est plutôt nuisible, car il durcit les fibres et les rend cassantes, on peut dire qu’un cordage goudronné ne vaut à aucun point de vue un cordage blanc. S’il s’agit de conserver des filets, il est pr^férab’e de les tanner par immersion dans une dissolution aqueuse d’éçorce de Pin d’Alep, employée chaude.
- M. de L , à Chatou. — i° D’après les renseignements qui nous ont été fournis, le bain électrolytique pour libération du chrome aurait une composition voisine de la suivante :
- Alun de chrome. .... 70 grammes.
- Sulfate de soude .... i5 —
- Eau ordinaire.............. 1000 —
- Acide sulfurique .... Q. S. pour aciduler.
- a" Vous trouverez du chrome pur métallique sans carbone chez Delachaux, x51, rue des Cabœufs, à Gen-nevilliers (Seine).
- M. Figeac, à Saint-Ouen. — A notre avis le dépôt grisâtre que vous observez sur le linge après passage dans une lessiveuse en tôle « galvanisée » doit provenir de parcelles du métal de recouvrement, entraînées par le mouvement du liquide. Cette teinte grise doit disparaître, s’il en est ainsi, en trempant le linge bien rincé dans de l’eau acidulée par quelques cuillerées de bon vinaigre.
- M. le capitaine de Saint-André, à Paris. — Vous trouverez les'"hydrosulfite s et leurs dérivés aux adresses suivantes : Société industrielle des dérivés du souf-e, 62, rue Sainte-Hélène, à Saint-André-les-Lille (Nord) ; Société des Produits sulfureux, agent général Regin-gaud, i5, rue de Surène, Paris 8e; Société Maletra, 11, rue de la Boétie.
- E. P., à Troyes. — i° Les sciures servant à absorber les poussières sont simplement imbibées d’une solution de chlorure de magnésium, sel que l’on trouve couramment dans le commerce soit à 1 état fondu, soit cristallisé, au prix d’environ 1 fr. So le kilogramme et dont il suffit de préparer une dissolution à 3o pour 100 qui sert à imprégner la sciure de façon à la rendre simplement humide; — 20 Ainsi que nous l’avions indiqué dans notre n° 2628 du 16 août 1924, les mixtures genre Cedar Mop seraient, paraît-il, un mélange à parties égales d’huile de cèdre, d’huile de bois de Chine et d’alcool dénaturé. D’après un brevet américain on pourrait em-
- ployer dans le même but :
- Huile de ricin brute.............45o cm3
- Huile de cèdre...................100 —«
- Alcol dénaturé................45o —
- Abonné 1277. — i°La sulfatation des plaques d'accumulateurs est due à l’action combinée de l’électrolyte (eau sulfurique) et de l’oxygène sur la plaque négative. Pour éviter cette action il faut soustraire la plaque négative à l’action de l’oxygène de l’aiç, c’est ce qu’a réalisé Féry en plaçant cette plaque au fond du vase. Pour plus amples renseigneme'nts, veuillez vous reporter à l’article que nous avons publié sur l’accumulateur insulfatable dans le n° a65i du 24 janvier igiâ; — 20 On ne pousse pas la décharge des accumulateurs habituels en dessous de iT8 parce que si la tension descend en dessous de cette limite, la sulfatation se fait presque automatiquement.
- M. de Montandrey, à Paris. — Vous pourriez préparer un savon susceptible de libérer de l'oxygène en mélangeant de la poudre de savon absolument sèche avec du perborate de soude également en poudre, le mélange étant délayé dans l’eau, il se produit de l’eau oxygénée, ayant une action antiseptique puissante et du borax dont l’effet est adoucissant. Conserver la préparation en flacons bien fermés pour éviter l’intervention de l’humidité de l’air.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Théorie dynamique des gaz, psr J.-N. Jeans. Traduit de la 3e édition anglaise par A. Clebc. i vol. 5io p. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 19a5. Prix : 5o fr.
- L’ouvrage du savant anglais Jeans est un des livres fondamentaux écrits sur la théorie cinétique des gaz, et on lui doit les progrès les plus importants réalisés dans eet intéressant domaine de la science depuis Gibbs et Boltzmann. M. Jeans sait joindre à la profondeur de la pensée et à l'élégance des démonstrations mathématiques un talent d’exposition remarquable, qui facilite considérablement la tâche du lecteur, malgré le caractère un peu aride du sujet, au premier abord. Aussi la traduction de M. Clerc, qui vient rendre le beau livre de M. Jeans accessible au public savant français, rend-elle un réel service. Cette traduction a été faite sur la 3e édition anglaise qui comprend un important chapitre nouveau relatif à la théorie des quanta, dans lequel l’auteur montre comment s’introduit cette notion en apparence paradoxale, et à quels succès elle a conduit, notamment dans les problèmes de rayonnement et de spectroscopie.
- Electricité atmosphérique, par B. Chauveau, a0 fascicule. Le Champ électrique de l’atmosphère. 1 vol. 272 p., 39 fig., ii pl, Doin, éditeur, Paris, 1925. Prix : 25 francs.
- Ce fascicule complète et achève la publication du beau traité de B. Chauveau. Le premier fascicule est consacré à une introduction historique, le troisième publié avant le second traite de la conductibilité et de l’ionisation de l’atmosphère. Celui qui vient de paraître est consacré principalement au champ électrique de l’atmosphère : l’auteur étudie et dis ute les divers procédés de mesure en usage, puis résume les résultats acquis sur les variations du champ atmosphérique, suivant l’heure, la saison, la latitude et l’altitude.
- Il étudie ensuite les charges électriques des précipitations atmosphériques, puis il aborde un sujet encore tout chargé de mystère : les orages. Il rappelle les intéressantes observations rassemblées par Arago dans sa célèbre notice sur le tonnerre, et il résume ce que les observations et les études plus modernes, notamment celles de C. T. R. Wilson, ont ajouté aux connaissances acquises au temps d’Arago. On s’aperçoit aisément qu’il reste beaucoup de recherches à accomplir et de travaux à effectuer pour répondre à toutes les importantes questions qui se posent à ce sujet.
- A manual of the harmonie Analysis and Prédiction of tides, par P Schureman. 1 vol. 416 p , 34 fig-, publication de l’U. S. Coast and Geodetic Survey. Government Printing Office. Washington, 1924. Prix :
- I dollar.
- Ce manuel est surtout destiné aux calculateurs chargés de la prévision des marées. Il résume la théorie des marées d’après Lord Kelvin et G. H. Darwin; il montre comment on peut effectuer les prévisions au moyen de l’analyse harmonique, il décrit la machine à calculer les marées employée par le service hydrographique et géodésique des Etats-Unis. Il contient en outre un grand nombre de tables numériques destinées à fournir les éléments des calculs ou à abréger ceux-ci.
- Ma petite bicyclette. Son anatomie, par Baudrt de Saunier. 1 vol. 222 p., 90 fig. Flammarion, éditeur, Prix : io francs.
- Ce nouvel ouvrage complète le précédent livre : Ma petite bicyclette (Sa pratique) du même auteur. Il décrit minutieusement tous les organes de la bicyclette.
- II explique comment on les fabrique, comment on les assemble, comment on les règle.
- Les conseils pratiques abondent dans ce livre : Comment régler la hauteur de la Belle, du guidon;
- comment choisir sa multiplication; comment réparer les roues, régler les freins, équiper sg machine, etc.
- Manuel de tonnellerie, par R. Brunet, i vol. in-18, 29j P-, 99 fig J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1915. Prix : 12 francs.
- Après avoir donné les principales notions de géométrie indispensables à l’ouvrier tonnelier, l’auteur passe en revue les matières premières employées dans la construction des tonneaux, puis décrit la fabrication à la main. Il indique ensuite les principales caractéristiques des futailles, les méthodes de jaugeage, les procédés de nettoyage, les réparations usuelles ; il décrit la fabrication mécanique et termine en donnant des indications sur le mode d’expédition des futailles.
- Die Klimate der geologiscken Vorzeit, par Kappen Wla-dimir et Alired Wegener. In 8, iv-a56 p., 1 tabl. hors texte, 41 cartes, fig. et diagr. Editeur : Gebr. Born-traeger, Berlin, 1924.
- Etude des causes des variations climatériques au cours des périodes géologiques, basée sur la théorie des translations continentales. Pour les auteurs, les zones climatériques sont demeurées constantes à travers les temps géologiques, le» variations que révèle l’étude paléontologique des faunes et des flores s’expliquent par la migration des pôles. L’histoire du climat d’un lieu donné est donc, en première ligne, celle des translations qui l’ont rapproché, soit du pôle, soit de l’équateur. C’est en partant de ce principe, expression des théories de Wegener dans son ouvrage : La genèse des continents et des océans (trad. franç. de M Reichel, Paris, 1924), que les auteurs étudient les zones climatériques et leurs variations du carbonifère-permien jusqu'au quaternaire.
- L'année psychologique, 24' année, 1923. Publiée par Henri Pieron. i vol. in-8, 692 p. Bibliothèque de Philosophie contemporaine, Félix Alcan, Paris. Prix : 40 francs.
- Le 24e volume de l’Année psychologique comporte, comme les précédents, deux parties • des mémoires originaux, et des analyses embrassant la vaste production psychologique internationale, pour la période 1923-1924.
- Les mémoires originaux offrent un exemple de la diversité des objets auxquels s’applique la psychologie expérimentale : étude des sensations de recul pendant le tir, par le général Journée ; théorie dynamique des couleurs de M. Forster; étude des méthodes d’examen mental et tests par M. Decroly ; déterminisme de l’emplacement des nids de Ves-pides, par M. Rabaud ; problèmes psychologiques de la perception du temps par M. Piéron; recherches sur le dressage automatique des animaux par M. Bussard; démonstration du fait que l’on reconnaît la hauteur d’un son dont on perçoit une seule vibration, par M. Kus-barsky. Après un compte rendu du récent congrès international de psychologie de Cambridge, les analyses bibliographiques occupent la plus grande part du volume ; elles permettent de suivre le mouvement psychologique dans toutes les branches où il se développe actuellement.
- Des conditions de résidence à Paris de l’étudiant autrefois et aujourd'hui, par Emm. Harbaca. i vol. in-8, m p. Presses Universitaires, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Revue des conditions du logement des étudiants de l’Université de Paris, depuis la fondation des premiers collèges, au xn° siècle; elle aboutit à l’idée qu’il egt dangereux de laisser actuellement les jeunes gens qui font leurs études, livrés à leprs ressources, en totale liberté dans la capitale et qu’il conviendrait fle les grouper dans des maisons d’étudiants analogues à la fondation Deutsch de la Meurthe.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2663 18 Avril 1925
- Les carburants synthétiques de remplacement et la Société des Ingénieurs civils. — Notre pays est, on le sait, extrêmement pauvre en carburants et, pour l’instant, entièrement à la merci de ses fournisseurs étrangers. C’est là une situation très grave qui n’a pas échappé à nos dirigeants politiques ou industriels, et à laquelle fort heureusement l’on cherche des remèdes, dans des voies diverses. Pour remplacer l’essence, nous avons bien le benzol et l’alcool, mais en quantités insuffisantes; il y a aussi le charbon de bois, dont nous avons eu souvent l’occasion de dire l’intérêt. Il y a enfin les pétroles et essences synthétiques. D’importants travaux, les uns théoriques, les autres de l’ordre industriel ont été faits sur la question; La Nature en a, à plusieurs reprises, entretenu ses lecteurs. Nous y reviendrons sous peu dans une étude d’ensemble. Il y a là un ensemble de recherches, touffues, encore quelque peu incertaines, quant aux résultats, mais accessibles à toutes investigations et discussions. Par contre, nous nous sommes jusqu’ici systématiquement abstenus de mentionner certaines « inventions » mystérieuses, qui ont fait l’objet de communications sensationnelles dans la grande presse et ont ému l’opinion publique.
- La Société des Ingénieurs civils de France a récemment constitué une commission, présidée par M. Pérard, professeur à l’Ecole Centrale et ayant mission d’étudier dans son ensemble cette grande question des carburants synthétiques, en particulier de fai-e la lumière sur les inventions auxquelles nous venons de faire allusion. On ne peut qu’applaudir à cette heureuse initiative; elle aura pour résultats de préciser les espérances légitimes que l’on peut fonder sur les méthodes synthétiques, d’éliminer les inventions fantaisistes ou suspectes, et d’orienter les efforts des chercheurs dispersés en leur précisant les voies à suivre.
- Le plus grand pont suspendu du monde. — C’est actuellement le pont que l’on vient d’achever sur l’Hud-son, à 6o km en amont de New-York, à Bear Mountain. Il a, dit le Génie civil, une portée de 497 m. 43 entre axes de ses pylônes. Les plus grands ponts suspendus en service étaient jusqu’aujourd’hui les deux ponts de New-York, sur l’East River, bras de l’Hudson : le plus ancien d’entre eux construit voici 40 ans, le pont de Brooklyn, mesure 485 m. de portée; l’autre, le pont de Williamsburg, construit il y a une vingtaine d’années, mesure 486 m. 4°- Ces portées ne sont pas d’ailleurs les plus grandes qui soient réalisées ; elles sont dépassées dans certains ouvrages du type Cantilever; ainsi le pont du Forlh (Ecosse), qui a été longtemps le plus grand pont du monde, a 5 r 8 m. d’ouverture, celui de Québec à 547 mètres.
- Le pont suspendu de Bear Mountain est remarquable non seulement par sa grande portée, mais encore par l’aspect de grande légèreté que contribuent à lui donner ses pylônes métalliques très étroits, hauts de plus de 100 m. Il a été construit avec une rapidité extraordinaire ; les travaux n’ont pas duré plus de 18 mois. Les poutres principales du tablier ont exigé l’emploi de 4ooo tonnes d’acier environ, et les poutres d’approche, extérieures aux pylônes, pèsent 1000 t. environ, les pylônes contiennent 4100 t. de tôles et profilés. Les deux câbles porteurs pèsent environ 2000 t. et ont nécessité l’emploi de 11 600 km de fil galvanisé de 4 mm 8 de diamètre. Les suspentes ont absorbé 5o t. de câbles. Enfin les piles et culées contiennent près de 2700 m3 de béton et 46 t- d’aciers d’armatures.
- Variation du niveau d’un massif montagneux ên Norvège (*). — Il y a vingt-cinq ans, dans une étude consacrée aux modifications survenues dans l’aspect de la Suisse au cours de la période historique, le professeur Ed. Brückner, alors à l’Université de Berne, signalait deux faits très intéressants. De plusieurs localités situées au nord de Grandson, écrivait-il, on voit aujourd’hui entièrement les tours du château de cette ville dont, disait-on, on ne distinguait que le sommet, il y a quarante ou cinquante ans.
- i. Die schwcizcrischc Landschaft cinst und jetzt (XYI1I Jahresbericht der géographischen Gesellschaft von Bern, 1898-1899, Berne, 1900.
- De même actuellement on aperçoit le lac de Genève de divers sites d’où il était invisible auparavant, assure-t-on. Ce n’étaient là que des traditions, mais dans l’opinion de l’auteur elles ne devaient pas être négligées en ce qu’elles constituaient d’utiles indications sur la persistance de l’effort orogénique.
- Dans cet ordre d’idées, notre excellent confrère norvégien Naturen a récemment publié, non plus une tradition, mais un fait d’observation particulièrement important.
- Dans la zone littorale de la Norvège, juste sous le cercle polaire, au sud de la vaste coupole glaciaire du Svartis dont les touristes visitent une des branches en allant au cap Nord, s’élève un large et âpre massif montagneux, délimité par le Melfjord, le Sjonafjord et le Ranenfjord. Son point culminant est le Hôgtuva de par son altitude de 1271 m. Affectant la forme d’un tronc de pyramide, tapissé d’un vaste glacier sur son versant nord, complètement isolé de ses voisins, ce sommet est familier à tous les habitants de la région, d’autant qu’il leur sert de baromètre. Lorsque la cime du Hôgtuva est enveloppée de nuages, lorsque la montagne « fume sa pipe », c’est que les vents d’ouest et la pluie sont proches ; sa silhouette se détache-t-elle, au contraire, nettement sur un ciel clair, on peut compter sur le beau temps.
- En 1875 un instituteur, après avoir longtemps habité en face de ce pic, vint s’établir à quelques kilomètres plus au sud, sur les bords de la digitation orientale du Ranenfjord, Lors de son arrivée dans sa nouvelle résidence il constata que le Hôgtuva qu’il avait coutume d’observer pour pronostiquer*le temps n’était pas visible du terre-plein situé devant son habitation, masqué qu’il se trouvait par un plateau bordant la rive nord du Ranenfjord, le Snefjeld; pour apercevoir la cime de sa montagne favorite il lui fallait, soit monter sur la seconde marche du perron accédant à sa demeure, soit se rendre un peu à l’est de sa maison.
- Or, trois ans plus tard, quelle ne fut pas la surprise du brave Norvégien de découvrir la cime du Hôgtuva du terre-plein même devant son habitation, sans avoir besoin de gravir la seconde marche du perron, comme il avait dû le faire jusque-là.
- Que la surélévation du sommet en question ait été déterminée par l’entassement des neiges à sa surface, une telle hypothèse doit être exclue. La violence des vents empêche, en effet, leur accumulation sur la cime en hiver, et, l’été le mince revêtement qu’elles y ont formé pendant les mois précédents disparaît complètement. Il n’est pas vraisemblable non plus que par l’effet de la dénudation le Snefjeld qui formait jusque-là écran ait été en trois ans arasé suffisamment pour que les crêtes situées derrière ce premier plan devinssent visibles.
- Donc, de toute évidence, un changement s’était produit dans les niveaux respectifs des territoires considérés. Ou le sol sur lequel la maison de l’instituteur se trouve bâtie avait subi un exhaussement, ou le Snefjeld s’était abaissé ou le Hôgtuva avait éprouvé un soulèvement. Les deux premières hypothèses doivent être rejetées,; si en effet le sol de la maison s’était élevé ou si le Snefjeld s’était affaissé, ces mouvements de l’écorce terrestre se seraient traduits en même temps par un déplacement de la ligne de rivage sur les bords du Ranenfjord. Or, rien de pareil ne s’est produit. Il faut donc admettré que le Hôgtuva s’est exhaussé et que cet exhaussement a été d’environ 1 m. à 1 ra. 5o pour le moins, la hauteur au-dessus du sol de la deuxième marche du perrOn sur laquelle on devait monter pour apercevoir la montagne avant 1878 étant de 1 m. environ.
- Cette surrection est d’autant plus plausible que la région en question est le siège de tremblements de terre relativement fréquents. Peut-être, fait remarquer l’auîeur de l’article publié par Naturen, existe-il là une ligne de fracture le long de laquelle jouent des compartiments de l’écorce terrestre ?
- Cet exemple d’un déplacement dans les niveaux respectifs de montagnes observé en Norvège présente un intérêt pratique. N’arrive-t-il pas assez souvent que dans desparagesmaritimesfréquentésetpour lesquels.il existe des cartes hydrographiques revisées à intervalles rap-
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- INFORMATIONS
- proches,^des navires se perdent sur des têtes de roche qui ne se trouvent pas portées sur ces cartes ou au-dessus desquelles ces documents indiquent un brassiage supérieur à celui existant réellement. On n’a pas oublié la catastrophe de la France à l’entrée de la baie de Qui-beron; notre beau cuirassé s’éventrant dans le passage de la Teignouse, sur une roche isolée au-dessus de laquelle la carte indique des fonds de 16 m. En pareille circonstance on incrimine les hydrographes, mais bien à tort '; d’abord il est évident qu’avec les moyens d’investigation dont ils disposent, quelque méticuleux que soient les soins qu’ils apportent dans l’exécution de leurs levers, d’étroites tètes de rochers peuvent échapper aux recherches. En second lieu, peut-être est-il permis de penser que l’apparition de « dangers » dans des eaux réputées saines jusque-là est due à un phénomène semblable à relui qui a été observé en Norvège et à ceux du même ordre qui se seraient produits, croit-on, également en Suisse? Peut-être des relèvements de fonds locaux affectent-ils des roches sous-marines, comme le Hôgtuva paraît l’avoir été, et les rendent-elles dangereuses, alors qu’à l’époque du lever de la carte elles étaient recouvertes d’une tranche d’eau suffisante pour permettre le passage des plus grosses unités. Dans tous les cas il y a là une indication qui mérite de retenir l’attention des hydrographes comme des navigateurs.
- Chaules Rabot.
- Importance du tonnage dans les grands ports du Continent. — Au cours des années 1920, 1921, 1922 et 392.3, les entrées, dans les principaux ports européens, ont atteint, en tonneaux, les chiffres suivants :
- 1920 1921 1922 1923
- Bomfim indique le procédé le plus pratique pour Extraction économique de cette cire-brai si l’on peut s’exprimer ainsi. Il affirme que l’on peut ainsi se procurer une matière première à un prix très inférieur aux résines et gommes-résines même les moins chères, habituelles, du marché. Voici le mode d’extraction :
- Les lianes sont coupées en tronçons de 3o à 40 cm. On les sèche en plein soleil, ou on les étuve à chaleur très modérée : il se forme ainsi une exsudation liquide, qui devient visqueuse, et que l’on racle.
- Cela fait, onia lave cette résine à l’eau bouillante. Elle se concrète alors definitivement et devient même dure.
- Son prix de revient est de 400 milreispar kilogramme.
- Elle est jaune grisâtre, d’une dureté et d’un aspect analogue à la pierre ponce. En brûlant elle répand une odeur analogue à celle qui se dégage quand on brûle de la tourbe.
- De temps immémorial, les habitants en font des chandelles. Au point de vue de la pharmacopée, c’est un vésicant énergique.
- Les traités concernant le caoutchouc (Marzahn, en particulier) n’en parlent pas.
- Tout au plus ce dernier parle-t-il d’un caoutchouc dit de Bahia, extrait du Hancormia, mais qui n’a rien de commun avec l’Euphorbia Phosphorea.
- Il serait à désirer que des échantillons certains de cette liane fussent étudiés ici par des botanistes et par des techniciens éprouvés, afin de voir si des applications avantageuses né pourraient pas en être faites.
- Albert Hutin.
- **> Nouvelles de T. S. F. <*;,
- Marseille. Le Havre. Dunkerque Rouen . . Copenhague . Hambourg Brême . . Rotterdam Anvers.. . Gênes . .
- 7.i43.56o
- 5-419.157
- 2 oo5.4*>7
- 3 646.664
- 3.526.059 4.486.000 1.622.6 7.3'q8 599 10.913 83o 4,457.-267
- 7.683 937 2 245.838
- 1.459 843
- 2.671.086
- 3.717.458
- 9 721.000 3.106.709 10,488.415 i2.gi3.85o
- 5.126.166
- 8 755.552 6 037.829 2.900 216
- 4.168 686 3.762.684
- 13.oo5.o8g
- 4 748 101
- 12.291.957 i5.oi44io
- 6.210.258
- 10.063.061 6.262.026 4.396.214 4.172.078
- 4 666.849 i5.34,î.ooo 5.8l8 030 n.495.295 17.349 098 6.987.392
- De 1920 à 1928, les ports de Hambourg et Brême ont triplé leur trafic, par rapport à celui de l’année 1919, alors que seul, des ports français, Dunkerque arrivait à doubler le sien.
- En 1913, les tonnages des entrées, pour ces divers
- ports, étaient les suivants : Tonnes.
- Hambourg . 14.241.894
- Anvers. , . 14.i4h 819
- Rotterdam 12.785.867
- Marseille 10.509.084
- Gênes 7.104.904
- Le Havre . . 5.4o5.5oo
- Rouen 2.706.062
- Dunkerque 2.53o.3i4
- Ces statistiques font ressortir le fait que les ports de Hambourg, Anvers et Gênes ont dépassé en 1923 les chiffres d’avant-guerre, alors que les ports français accusent une augmentation beaucoup moins sensible.
- La liane à brai. — D’après la Revue des Produits chimiques, du i5 mars dernier, qui le tient du Bulletin mensuel de la Chambre de Commet ce française de Rio-Janeiro, il existe au nord du Brésil, dans l’Etat de Bahia, une liane spéciale que les habitants dé la région désignent sous les noms divers de « cipo Canunan », « cipo de leite », « cipo de baeu », « candomblé », et qui n’est autre que l’Euphorbia Phosphorea (Martin). La particularité de cette liane, qui n’est en aucune façon une liane à latex de caoutchouc, est que son latex se rapprocherait plutôt d’une cire résine ou même d’une sorte de brai naturel plutôt que d’un latex de caoutchouc. La traduction réelle du nom de cette liane serait plutôt Liane à brai,
- Il ne nous semble pas que l’étude tant chimique que technique de cette liane ait été faite, à notre connaissance, dans les pays européens. Au Congrès national de l’Agriculture brésilienne, le professeur Ulbaldino
- Les émissions du poste de la Tour Eiffel. -— Les concerts radiophoniques du poste de la Tour Eiffel ont ete transmis pendant quelques jours sur une longueur d onde de i5oo m. Devant les protestations des auditeurs, qui trouvaient déplorable, et avec raison, ce choix de longueur d’onde les empêchant d’entendre Cbelmsford, un nouveau chargement a été fait.
- Actuellement, des essais ont lieu sur des longueurs d’onde voisines de 2000 m. et les résultats semblent meilleurs. Il serait encore plus simple d'abaisser la longueur d’onde aux environs de 1200 m,, ce qui supprimerait les risques de brouillage, et. rendraient moins gênants pour les amateurs parisiens les trop nombreux harmoniques dus à ces émissions qui. souvent, sont aussi redoutables que les autres harmoniques trop fameux causés par l’émission par arc de la même station.
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé l’horaire des signaux envoyés par la station en ondes amorties par la détermination de l’heure et nous les rappelons ci-après :
- 9 h. a3 à 9 h. 3o Signaux horaires automatiques.
- 9 h 58 à 10 h. o5. Signaux scientifiques, battements.
- 10 h. 38 à 10 h. 49. Signaux horaires semi-automatiques.
- 21 h. 58 à 32 h. o5. Signaux scientifiques, battements.
- 22 h. 35 à 22 h. 49. Signaux horaires semi-automatiques.
- La radiophonie en Espagne. — Le poste de Madrid (Radio-Herica) continue ses excellentes émissions sur 892 m. de longueur d’onde; on peut entendre facilement ces radio-corcerts dans la région parisienne le soir vers a3 h. i5.
- Un nouveau poste de 1 kilowatt vient d’être installé à JBilbao par le Radio-Club de Viscaya. Ce poste émet sur 415 m. de longueur d’onde de 7 h. à 7 h. 3o. Les appareils d’émission ont été construits en France par les établissements Radio L. L.
- L© poste Radio-Lyon. — Les concerts de Radio-Lyon qui avaient été interrompus ont été repris le ier avril et les horaires nouveaux sont fixés comme suit :
- 12 h. 3o. Informations.
- 12 h. 45. Concert.
- 13 h. 45. Retransmission des cours de Paris.
- 20 h. 3o. Informations.
- _ 21 h. Concert, sauf les mardi et vendredi où il y a interruption de 21 à aa h. pour laisser le poste Radio-Sud-Est exécuter son concert habituel.
- 22 h. Le mardi et le vendredi, Radio-danciDg.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *»> Jlutomobiîisme
- Carburateur « Gommer » à paraffine. — Des résultats très intéressants ont été dernièrement obtenus avec un système de carburateur très original qui est basé sur des principes tout à fait nouveaux. Il produit un
- Fig. i. — Vue du carburateur en coupe.
- mélange explosif à partir d’huile lourde et notamment de parafEne. Il fonctionne d’une façon telle que, pour le départ, on n’a nullement besoin d’utiliser de l’essence comme dans la plupart des appareils proposés jusqu’à ce jour.
- Les parcours exécutés avec des camions en Angleterre ont montré que l’on pouvait réaliser une économie considérable dans l’alimentation en essence, même bon marché. Sur la distance de Luton à Coventry, aller et retour, dans la même journée, ce qui représente environ 209 km, un camion 3 tonnes 1/2 qui utilise des huiles de pétrole au lieu d’essence à haut prix réalise une économie (basée sur les prix courants en gros de ce combustible en Angleterre), de 43 fr. 75.
- Voyons le dispositif intérieur de l’appareil qui permet de vaporiser des huiles de pétrole.
- Le carburateur comporte un gicleur principal Jlt un gicleur secondaire J2 qui alimente une sorte de lampe. Une cuve à niveau constant est montée sur le carburateur et le combustible arrive par le fond pour se rendre aux deux gicleurs.
- Le gicleur secondaire est noyé de manière qu’il puisse fournir une capacité limitée d’huile à des mèches d’a-
- Fig. 2. — Vue du carburateur en plan.
- miante W. Celles-ci sont placées dans une monture circulaire qui comporte des trous de distribution d’air D, Cet air est épuré, il passe à travers des trous dans la plaque A, par un filtre à air, puis il arrive dans deux rangs de trous B.
- Immédiatement au-dessus du couvercle Ç, le rang de trous E débouche directement dans une chambre annulaire formée entre l’enveloppe distributrice et le carter extérieur. Les trous E ont un diamètre bien déterminé pour que l’air puisse entretenir la combustion sons Je
- couvercle C. Une bougie P allume la mèche électriquement. Des trous sont percés dans le corps de la bougie pour que l’air arrive sur l’électrode et empêche les suies de s’accumuler.
- Avant de mettre en marche, le couvercle placé sur la lampe est enlevé en dévissant les écrous à oreilles. On fait passer le courant électrique dans la bougie, ce qui allume les mèches de la lampe, chauffe le carter du carburateur et, lorsqu’un peu de vapeur s’est formée, on replace le couvercle, ce qui éteint immédiatement la lampe. On la rallume aussitôt, avant la mise en marche du moteur, et on tourne la manivelle ; le moteur démarre comme s’il était alimenté à l’essence.
- La plus grande partie de la flamme de la lampe passe par un tuyau étranglé L, pour chauffer la chambre à vaporisation K; de même la flamme est aspirée à travers les trous qui sont pereés dans la rondelle G, de sorte qu’on limite ainsi la flamme qui passe dans la chambre F. Là, elle se mélange avec l’air qui arrive par le trou B.
- Au-dessus de la rondelle, il se forme un mélange oxydant qui est aspiré par un tube central G et qui arrive sur le gicleur J,. Ce dernier est au centre d’un tuyau étranglé H, qui provoque un mélange parfait 'du combustible et de l’air; l’aspiration du moteur agit éga-
- Fig. 3. — Installation du carburateur et des organes de réglage.
- lement sur la flamme de la lampe qui arrive par le tuyau L et qui vient chauffer le b®rd inférieur de la chambre de vaporisation K.
- Le combustible est alors complètement vaporisé. On a avantage à diviser la flamme de cette façon, parce qu’on peut régler la proportion des gaz inertes et que la plus grande partie de la flamme agit sur le combustible. Lorsqu’il est complètement vaporisé, la flamme oxydante qui passe par G fait que l’extrémité du gicleur et le tuyau d’étranglement sont parfaitement exempts de dépôts de charbon.
- Le mélange formé est aspiré à travers trois ouvertures ménagées dans la partie M du couvercle de la chambre de vaporisation. Elle se rend ensuite au volet des gaz du moteur. La combustion de la flamme de la lampe donne une certaine quantité de gaz inerte qui empêche le moteur de cogner.
- Le mélange arrive donc dans un tuyau jusqu’à une boîte distributrice où se trouvent deux papillons d’étranglement, le premier pour le gaz à la partie supérieure, l’autre, à la partie inférieure, règle l’admission d’air. Ces deux papillons au moyen de levier et de biellettes se déplacent ensemble de manière à assurer l’économie maximum de combustible.
- Le réglage est tel que lorsque le moteur marche à sa puissance maxima, la pédale d’accélération étant actionnée, le levier qui agit sur le papillon R reste fixe, tandis que celui qui règle l’arrivée de gaz continue à. fonctionner, de sorte que l’on obtient un mélange plus riche ;'lorsque le pied libère la pédale de l’accélérateur, le volet d’air continu à se fermer lorsque le volet des gaz est arrêté à une certaine position.
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- Enfin, au moyen d’un mécanisme de réglage, le volet des gaz peut être partiellement ouvert et le volet d’air fermé, ce qui provoque une aspiration plus puissante par le vaporisateur et facilite la mise en marche du
- moteur. Au moyen de ce même réglage, on peut régulariser la marche au ralenti.
- Le réglage des deux volets permet d’ajuster le rapport des mouvements de l’un et de l’autre afin d’obtenir un m é-lange plus ou moins riche ou plus ou moins pauvre suivant la course des deux papillons. Des index montés sur les leviers se déplacent devant des plaques graduées et permettent d’ajuster de la façon désirée le système des volets.
- Avec ce système de carburateur tout à fait original, on met en marche aussi facilement qu’à l’essence ; l’échappement est exempt de fumée. Il y en a un peu lorsque le moteur est froid, mais dès que l’eau du radiateur est chaude, l’échappement est le même que si l’onbiûlait de l’essence. Il n’est pas nécessaire d’augmenter le taux de compression et le combustible est entièrement vaporisé.
- Il suffit donc, avec un moteur ordinaire, de mettre en place l’appareil qui n'est pas plus encombrant qu’un carburateur à essence et qui permet de ne modifier en rien le reste des organes du moteur, qui fonctionnait primitivement avec l’essence.
- De nombreux essais sur route ont été accomplis par un camion, essais rigoureux de manière à contiôler l’exactitude des résultats au point de vue de l’économie réalisée. Egalement on put vérifier que les pièces intérieures ne présentaient pas des dépôts de charbon, ce qui est généralement le cas lorsqu’on fonctionne avec le pétrole. L’inspection des surfaces intérieures, pistons et cylindres, a montré qu’il n’y avait pas plus de dépôt chax*bonneux que si le moteur avait fonctionné avec de l’essence.
- Constructeur : Edward Thomas, 57, Leagrave Road Luton, Bads, Angleterre.
- Objets utiles
- Le balai «Sor. » — Le balai peut être le plus souvent considéré comme un instrument déplaçant la poussière, mais ne la rassemblant pas. Pour empêcher celle-ci de fuir en voltigeant devant le balai, il faut ou bien pratiquer le nettoyage humide, ce qui n’est pas possible
- Fig. 5. — Le balai « Sor ».
- sur les parquets et les tapis, ou bien alourdir et agglomérer les poussières au moyen du pétrole ou de quelque autre liquide. Les balais à suintement sont donc les plus rationnels et devraient être seuls employés. Le balai « Sor » est un nouveau type de ce genre, caractérisé par un tranche à inclinaison réglable et surtout un réservoir qui imbibe constamment les poils. Dans ce
- réservoir, on verse un liquide « Sor » qui a un pouvoir insecticide marqué et détruit les insectes du plancher : mites, larves de puces, etc. L’appareil est bien étudié, solide, à brqsse de crins et son emploi est des plus pratiques.
- Une brosse, basée sur le même principe, a été réalisée pour le nettoyage des effets, des meubles, des rideaux; elle délustre les vêtements, fait tomber la poussière et ne laisse ni taches, ni odeur.
- Constructeur : Société des balais et brosses à réservoir, a5, rue d Ilauteville,
- Paris.
- Bibliothèque à tablettes métalliques amovibles, sans cré-maillère. — L’absence complète de cette dernière permet d’employer des montures en fer profilé d’une section proportionnelle à la charge totale qu’ils doivent supporter.
- L accrochage des tablettes aux montants se fait au moyen d’un crochet D de forme spéciale, lequel est sim« plement introduit dans une fente E prévue à la paroi latérale F de la tablette G et est maintenu par cette fente sans autre fixation, pouvant à tout moment être enlevé (fig: 6).
- Cette bibliothèque (fig. 7) a été réalisée de telle sorte que l’on obtient un assemblage rapide des appuis-livres à la tablette ; une pose immédiate de la dernière tablette dans son cadre sans nulle opération; une possibilité illimitée de déplacement de la tablette dans n’importe quelle position de hauteur, saus avoir recours à l’application de dentures, saillies ou trous d’arrêt, prescrivant par leur écartement les endroits d’emplacement de la tablette, un enlèvement ou remplacement immédiat de chaque tablette individuelle , même complètement chargée.
- Le maximum de charge utile est de 100 kg par tablette, cette charge étant uniformément répartie sur toute la largeur , mais il peut être prévu des montants et des tablettes pour des charges plus fortes.
- Pour introduire ou enlever une tablette, on tient celle-ci contre son cadre en position oblique de manière que les entailles A et B viennent en face du rail G ; ensuite on glisse les entailles dans ce dernier en donnant à la tablette une position horizontale puis on lâche ; pour la sortie on “ Utilisation des tablettes
- opère en sens inverse. métalliques amovibles.
- Le déplacement s’opère de la faç ru suivante : on soulève la tablette légèrement en posant les deux mains étendues en dessous d’elle et en exerçant uaë poussée dana le sens de la flèche, jusqu à ce que la tablette repose avec son poids entier sur les mains étendues.
- On la dirige ensuite dans la position désirée et on lâche simplement.
- Cette bibliothèque est d’un nettoyage des plus faciles.
- Fabricant : Société alsacienne de soudure autoeène à Strasbourg-Schiltigheim (Bas-Rhiu). S
- Fig. 4- — Vue des leviers conjugués de réglage.
- pACfAOtf
- Fig. 6. — Une tablette amovible.
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- VARIETES
- LA DÉCALCARISATION DES EAUX
- La majeure partie des matières minérales dissoutes dans les eaux naturelles (abstraction faite des eaux salines, qui ne sont pas utilisées pour l’alimentation normale de l’homme et des animaux) consiste en sels calcaires, notamment en carbonate et en sulfate de chaux.
- Suivant les quantités de ces sels, on distingue les eaux en eaux dures et en eaux légères ou douces. La chaux fait presque complètement défaut dans ces dernières (eaux granitiques, par exemple).
- Le sulfate de chaux (plâtre, gypse) se dissout dans environ 5oo fois son poids d’eau.
- Le carbonate de chaux, à peu près complètement insoluble dans l’eau, n’y existe en dissolution qu’à là faveur de l’acide carbonique. L’ébullition, qui chasse l’acide carbonique, rend le carbonate insoluble ; il se dépose sous forme pulvérulente, à l’état de sédiment, dont on peut, assez aisément, débarrasser les récipients.
- Il n’en est pas de même du plâtre : par suite de l’évaporation du liquide, il se produit une solution concentrée de sulfate de chaux, sel qui se dépose sous forme de croûte.
- Pour apprécier et mesurer dans une certaine limite le degré de « dureté » d’une eau, on se sert d’une solution alcoolique titrée de savon, versée lentement dans un volume d’eau déterminé, jusqu’à ce que l'agitation du mélange produise à la surface du liquide une mousse persistante.
- Tant que l’eau contient de la chaux en dissolution, le savon forme, avec elle, un savon calcaire insoluble et la mousse ne se forme pas. L’opération pratiquée à froid fait connaître la « dureté » totale correspondant à la teneur du liquide en carbonate et en sulfate de chaux; à l’ébullition, îa solution de savon permet de déterminer 1» dureté persistante de l’eau, c’est-à-dire la proportion relative de sulfate de ehaux seul.
- Plu s la dureté persistante de l’eau est grande, plus on a la certitude d'être en présence d’une eausélénileuse, c’est-à-dire impropre à la cuisson et aux lavages.
- Le degré kydrotimétrique d’une eau est le rapport existant entre la teneur en sels calcaires et la production de la mousse obtenue à l’aide de la solution savonneuse.
- Les divers procédés de décalcarisation des eaux sont basés sur la précipitation des sels de chaux qu’elles contiennent; on laisse déposer les eaux, quand on en a peu, ou on les filtre, ce qui est plus prompt.
- Le filtrage peut se faire, par exemple, sur de la laine de verre (procédé industriel).
- Le carbonate de chaux disparaît presque en entier par la chaux grasse; le sulfate de chaux au moyen du carbonate de soude dont il faut augmenter les quantités d’après le degré d’impureté des eaux dont on fait usage.
- Une eau contenant trop de bicarbonate de chaux est améliorée lorsqu’on la fait passer sur un peu de chaux éteinte; on précipite ainsi, à l’état, de carbonate, fine partie des sels nuisibles.
- Le réactif chimique le plus employé, est : pour les bicarbonates l’eau de chaux, qui transforme ces bicarbonates en carbonates insolubles et s’empare de l’acide carbonique libre.
- On l’obtient en malaxant un excès de chaux dans l’eau pendant quinze à vingt minutes.
- L’eau dissout environ r gr. 20 de chaux par litre et est alors saturée; on décante cette solution qui "est d’un emploi beaucoup plus commode que le lait de chaux, dont la teneur en chaux et par suite l’activité sont très variables. On emploie aussi le carbonate de soude, qui se transforme en bicarbonate de soude, soluble, ou ramenant le bicarbonate de chaux à l’état de carbonate insoluble.
- Sous l’influence de la chaleur, ce bicarbonate de soude se décompose, perd une partie de son acide carbonique et redonne le carbonate de soude primitif ; la réaction est ainsi indéfinie.
- L’aluminate de baryte donne des carbonates de baryte,
- de chaux, tous insolubles, et de l’alumine qui se précipite également.
- Pour traiter les eaux séléniteuses, celles qui contiennent du sulfate de cl>aux, lorsqu’on veut recourir à la chaleur, il faut que celle-ci atteigne au moins i5o degrés, température nécessaire pour provoquer la précipitation sulfate de chaux. On épure en général ces eaux en les traitant par la soude ou, de préférence, par le carbonate de soude qu’on trouve partout, sous le nom de cristaux de soude, carbonate, sel Solvay, etc. Le carbonate de soude réagit sur le sulfate de chaux en donnant du sulfate de soude soluble, et du carbonate de chaux insoluble, qui se précipite en même temps que celui provenant de la décomposition du bicarbonate.
- En employant l’aluminate de baryte, on obtient du sulfate de baryte et de l’aluminate de chaux insolubles.
- Lorsqu’on a de grandes quantités d’eau à épurer, à décalcariser, on peut procéder au moyen de la chaleur, en utilisant des appareils spéciaux : réchauffeurs détartreurs, constitués par une série de plateaux superposés, ou de simples épurateurs par réchauffement comportant l’emploi d’une solution de carbonate de soude à un titre déterminé d’après la teneur en sulfate de chaux de l’eau à épurer.
- Depuis une quinzaine d’année, on emploie beaucoup un procédé qui a l’avantage de donner par simple filtration une eau à zéro degré hydrométrique. L’eau passe sur un filtre contenant de la permutite de soude (ou zéolithes artificiels), et les sels de chaux, par permutation, sont transformés en sels de soude. La permutite de soude est un silico-aluminate de soude, obtenu par la fusion à très haute température (1400 degrés), dans un four à réverbère, d’un mélange de carbonate de soude (56 pour 100), carbonate de potasse (5 pour 100) quartz (26 pour 100) et kaolin (i3 pour 100).
- Par l’emploi de la permutite de soude, on élimine complètement les sels de chaux, mais après un certain temps de fonctionnement, cette permutite de soude est entièrement transformée en permutite de calcium.
- On régénère alors le produit par le chlorure de sodium ou sel marin dénaturé. Cette régénération se fait en quelques heures. Le prix de revient du mètre cube d’eau adoucie, c'est-à-dire décalcarisée, se calcule d’après le nombre de kilogrammes de sel dénaturé nécessaires à la régénération.
- Il nous paraît utile d’ajouter à la description des divers procédés que I on peut employer pour décalcariser les eaux des indications utiles aux personnes qui, à la campagne, ont à effectuer l’épuration des eaux.
- La méthode la plus simple consiste en l’emploi de grandes cuves pouvant contenir la provision d’eau pour 24 ou 48 heures. Dans ces cuves, on verse des réactifs d’après la nature et le volume de l’eau à épurer, puis on mélange entièrement et on laisse reposer.
- On prend deux cuves : l’une contenant l’eau épurée immédiatement utilisable, l’autre servant à l’épuration d’uné nouvelle provision à employer plus tard. On peut aussi décanter l’eau épurée dans un réservoir, où elle sera puisée au fur et à mesure des besoins.
- Pour s’assurer que l’épuration est bien faite, voici comment on procède :
- On reconnaît la présence de la chaux par l’addition de liqueur hydrotimétrique (dissolution de savon dans l’alcool) qui se trouble et forme des grumeaux, ou mieux par l’oxalate d’ammoniaque qui donne un précipité blanc très abondant. Mais la chaux pouvant provenir d’une épuration insuffisante en carbonate ou en sulfate, ou d'une adjonction exagérée d’eau de chaux, on doit se rendre compte si elle est à l’état de carbonate ou à l’état de sulfate. Dans le premier cas, on ajoute quelques gouttes de teinture alcoolique de bois de cam-pêche ; s’il y a du carbonate, la coloration jaune de la liqueur se transforme en rose violet ou même en violet franc, suivant la proportion de ce sel
- Pour déceler la présence du sulfate de chaux, on ajoute quelques gouttes d’une solution d’azotate de baryte, le sulfate se précipite alors à l’état de sulfatç
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- de baryte blanc. Mais il peut être utile, pour juger de l’élimination du sulfate, de concentrer l’eau épurée, par évaporation dans une capsule ou dans un autre récipient. Si on ne trouve ni carbonate, ni sulfate, c’est qu’on a employé trop d’eau de chaux et il faut réduire la proportion de ce réactif.
- On peut de même reconnaître tout aussi facilement par un essai alcalimétrique l’excès de carbonate de soude employé.
- Il se peut qu’on ait à épurer, chaque jour, une quantité d’eau assez considérable; dans ce cas, les cuves et les réservoirs seraient trop encombrants et trop coûteux; il y aurait avantage à employer les appareils spéciaux, dits « épurateurs » indiqués ci-dessus.
- L’application de tel ou tel procédé auquel on peut recourir pour décalcai'iser les eaux doit être envisagée, évidemment, suivant les circonstances et les situations.
- Henbi Blin.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentait un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses Yelatiyes aux appareils décrits. —Appareil pour le revêtement des boites de conserves ;M. Guil-lemin, 8, rue Victor-Hugo, Conflaas-Sainte-Honorine (Seiae-et-Oise).
- Correspondance. — J propos des précieuses noix du ckaulmoogra (n° 2660). — Dans son article, M. V. Forbin avait signalé le dévouement du Père Damien, mort de la lèpre après des années de souffrances en soignant les lépreux de Molokaï, et il lui avait donné la nationalité française.
- Plusieurs de nos lecteurs belges nous signalent que le Père Damien de Yeuster était leur compatriote.
- Le Père R de Simpel, de Bruxelles, nous donne les renseignements complémentaires suivants :
- « Le Père Damien, notre grand apôtre belge, était né à Tremeloo, près de Louvain, où on lui a élevé une statue. On pourra trouver certains détails intéressants sur les noix dans le The Catholic Herald of India, 1925, page 51, qui relate que ce remède est connu depuis longtemps à Rangoon où il y a une léproserie dirigée par le P. Rieu, des missions étrangères, aidé de 10 religieuses belges franciscaines de Marie. Depuis des années dans ce sanatorium on fait un usage régulier de la noix.
- Le Dr Rogers chercha sans succès la manière d’extraire l’huile de la chaulmoogra pour en faire des injections. Le Dr De Muir obtint un certain résultat, mais ce fut M. Joseph Junghem, ancien élève de Djargeling, qui trouva le remède pratique en administrant aux malades, sous forme de pilules composées de noix pilée, de rhubarbe et de sel, le médicament. Malade lui-même, il fut guéri, de même que tous ceux qui portaient les premiers symptômes de la maladie : oreilles allongées, figures gonflées. Chez ceux qui sont gravement atteints, la lèpre s’arrête. M. Junghem, aide du P. Rieu, distribuant aux malades qui n’osent se faire connaître son médicament, opère de nombreuses guérisons.
- Le P. Caïtts Biogismiste, jésuite français résidant à Bombay, vient d’offrir ses services pour étudier dans son laboratoire la réduction du principe actif de la noix guérisseuse. On trouve en abondance, dit-on, des noix cholmoogra sur le marché de Rangoon. »
- M. Quersin, de Bruxelles, ajoute à ces précisions que le Père Damien de Yeuster naquit en 1840 et mourut en 1889 à Molokaï. lia sa statue à Louvain depuis 1894. Dès que la nouvelle de sa mort parvint en Belgique, son frère, le P. Pamphile Damien, partit le remplacer auprès des lépreux. « C’était, dit un panégyriste, faire de l’héroïsme une tradition de famille. »
- Réponses. — M. chabot, à Paris. — Le produit désigné commercialement sous le nom de brou de noix est en réalité constitué par des matières humiques que l’on trouve en abondance dans la terre de Cassel. Ces matières étant très solubles dans les alcalis, il est probable que vous pourrez enlever la plus grande partie de la teinture de votre table en badigeonnant d’abord celle-ci au moyen d’une vieille brosse avec l’eau seconde des peintres (lessive de soude caustique à 5° B), puis, après un contact assez prolongé, en rinçant à plusieurs reprises avec de
- l’eau tiède. Eu égard à la causticité de la lessive prendre toutes précautions pour éviter la projection de gouttelettes dans les yeux ou sur les vêtements, en particulier ceux de l*ine qui seraient détérioras.
- B. B., à Clion (Indre). — Les couleurs dont vous parlez sont les couleurs dites diamines, directes ou substantives ; elles ont l’avantage de se fixer directement sur la fibre de coton, laine ou soie sans faire intervenir de mordant. De là une grande simplicité dans le mode d’emploi, elles sont relativement bon marché, ont une bonne pénétration et conservent au tissu le toucher, le brillant et la souplesse, mais elles ont l’inconvénient d’être peu solides à la lumière. Les principales couleurs diamines sont la Thioflavine, le Jaune d’or, le Jaune solide B, le Benzo-orange solide S, l’Orangé G, l’Ecar-late 3 B, le rouge solide F, le Yiolet N, le Benzo-bleu solide B, le Vert B, le Noir oxydiamine SOOO, le Brun 3 G et le Bronze G. La teinture peut s’effectuer à froid pour les teintes claires, ce qui est généralement le cas pour les tissus légers, mais pour les teintes foncées il est préférable de teindre au bouillon.
- M. Hoiret, à Abbeville. — Nous pensons que pour empêcher de s'envoler les copeaux de raboteuse qui garnissent vos allées de jardin; il vous suffira de les rendre hygrométriques, ce que vous pourrez réaliser facilement en les arrosant avec une solution de chlorure de magnésium sel très bon marché que vous trouverez à l’état solide à 1 fr. 5o environ le kilogramme et qui se dissout immédiatement dans l’eau. La préparation devra se faire de préférence sur les copeaux avant épandage, afin d’éviter une absorption inutile par le sol des allées. N, B, — La magnésie étant un élément constitutif d’un sol normal, le contact accidentel des copeaux avec les plantes sera sans inconvénient.
- Mme Baron-Latouche, à Fontenay-le-Comle. — La composition employée dans la confection des artifices de salons désignés sous le nom à’allumettes japonaises,
- est la suivante :
- Salpêtre . . 5o grammes.
- Charbon . . 6 —
- Soufre . . 12
- Pulvérin. ...... . . 12 —
- Limaille d’acier . . . ... 20 —
- N. B. — Chacun des composants doit toujours être broyé séparément, le mélange se fait ensuite sur une feuille de papier au moyen d’une carte et l’agglutination avec un peu d’eau gommée. De grandes précautions doivent toujours être prises dans ces manipulations pour éviter les accidents.
- M, Schefer, à Dinard. — i° Le chlorure d’argent doit être employé comme flux à l’état sec et pulvérisé, il fond en dessous de a5o° à température relativement basse et donne ainsi la « lune cornée » des anciens alchimistes ; sous cette forme il joue le rôle de protecteur des parties d’aluminium à souder en leur évitant le contact de l’air, malheureusement son emploi est très coûteux ; — 20 Toutes les agences de brevets vous adresseront sur demande une brochure contenant les données essentielles pour la prise de brevets ; vous pourrez, d’autre part, pour renseignements complémentaires, vous adresser à l’Office des Brevets, 26 bis, rue de Pétrograd, Paris 8°, dont les bureaux sont ouverts de 12 heures à 16 heures.
- Frère Claudine, à Tientsin. — i° Pour reboucher les trous qui peuvent exister dans les tableaux noirs, le nfleux est de prépaver une dissolution un peu épaisse de colle forte, puis de délayer avec ce liquide un mélange
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- BOITE AUX LETTRES
- à parties égales de sciure de bois fine et de craie pulvérisée, appliquer le mélange chaud dans le trou préalablement bien mouillé avec de la eolle forte simple, laisser sécher deux ou trois jours et poncer au papier dé verre. — N.-B. L’opération est rendue plus facile et on évite le coulage en démontant le tableau et le posant à plat ; 20 II 3 agit très probablement d’une formule que nous avons reproduite à titre documentaire; pour en apprécier la valeur, il sera nécessaire de nous indiquer le numéro du journal dans lequel elle a paru :
- Mme Piot, à Longchamps (Meuse). — Pour préparer les peaux de lapins on opère ainsi :
- Après avoir dépouillé l’animal onécharnela peau, c’est-à-dire qu’on la racle avec un couteau mousse du côté chair pour enlever les débris de graisse ou autres. On immerge ensuite la peau dans un bain contenant par litre d’eau :
- ................... grammes
- Sel marin............ So —
- La dissolution se fait à chaud, mais on attend que sa température soit redescendue à i8°-ao0 pour y plonger la peau, celle-ci doit-être complètement ouverte et on la remue plusieurs fois par jour.
- La durée du séjour dans le bain doit être d’environ deux jours. On écharne alors définitivement par un grattage de façon à obtenir du côté chair une surface lisse. On fait ensuite sécher sur uae corde en ayant soin de frotter de- temps à autre la peau entre les mains avant séchage complet. Une fois la peau sèche, on l’assouplit t,enan>t les extrémités à deux mains, puis en frottant le côté chair sur une planche tenue verticalement de champ dont les bords sont arrondis, on l'étire ainsi en tous sens, ce qui correspond au travail de palissonnage en mégisserie.
- La peau est enfin saupoudrée de talc et frottée entre les mains comme pour un savonnage, puis elle est battue avec une baguette de rotin pour enlever le talc. Un brossage et un peignage terminent l’opération.
- M. Hesse, à Tours. — Vous obtiendrez des produits analogues avec les préparations suivantes :
- Pâte dentifriee. — Prendre :
- Savon amygdalin................... 6o grammes
- Carbonate de chaux précipité . . no ________
- Essence de badiane. ...... 5 _
- Essence de menthe.................. 5 _
- Essence de girofle................. i _
- Essence de cannelle.............. 0,5 __
- Carmin pulvérisé................. o,5 __
- Broyer au mortier le savon, le carbonate de chaux et le carmin, tamiser et incorporer à la poudre les essences préalablement mélangées. Ajouter alors peu à peu en remuant constamment de la glycérine neutre jusqu’à ce que Ton obtienne une pâte molle, mettre en tubes. Elixir dentifrice.
- Alcool à 900 . . .................85o cc.
- Essence d’anis....................... 3 __
- Essence de girofle............., a _______
- Essence de badiane................... a _
- Essence de menthe.................... io ,—
- Essence de cannelle.................. j —
- Acide phénique....................... x gr.
- Teinture de cochenille au i/io' , . 6o cc.
- Eau de roses...................... 5o gr.
- Crème de tartre. .................... a —
- Faire dissondre les essences, la teinture de cochenille et l’acide phénique dans l’alcool, la crème de tartre dans 1 eau de roses, mélanger et filtrer après quelques jours de repos.
- M. Bassarelli, à Saint-Richaumont. — i° Pour préparer l eau de Javel courante à a0 chlorométriques environ, par double décomposition, prendre :
- Chlorure de ehaux sec......... j0o gr.
- Carbonate de soude cristallisé . 200 ____
- Eau ordinaire.................45oo
- Délayer avec soins dans un mortier le chlorure de chaux avec quelques centimètres cubes de l’eau, en broyant finement de manière à obtenir une pâte exempte de grumeaux, ajouter progressivement les deux tiers de l’eau pour former un lait homogène. Dissoudre d’autre part le carbonate de soude dans le reste de l’eau, mélanger les deux préparations, laisser se déposer le car-bonate^ de chaux formé et après repos suffisant décanter le liquide clair. On ne peut par cette méthode préparer les extraits concentrés, il faudrait pour cela appliquer le procédé industriel qu {consiste à saturer de la soude caustique en y faisan passer un courant de chlore gazeux;
- 2° L addition du bichromate à l’eau de Javel a uniquement pour but de la. teinter en lui donnant un aspect jaune qui fait présumer une grande richesse en produit actif.
- T. S. P. — M. Radet, à Vertus (Marne). — Vous pourrez trouver dans Cent Problèmes pratiques de T. A. F. des renseignements détaillés permettant de modifier un amplificateur haute fréquence à résistances pour obtenir la réception des émissions sur ondes courtes.
- Si vous recevez à l’aide d’un cadre, il est évident qu’il faut aussi modifier son enroulement, et l’adapter à la réception des ondes courtes. Il vaut mieux utiliser un enroulement séparé en spirale plate qu’obtenir l’accord à l’aide d’une inductance ou d’un variomètre en parallèle sur l’enroulement primitif de grande longueur d’onde propre.
- M. le D* Charlonne, à Poitiers. — Les postes de réception que vous indiquez comprennent des étages d’amplification à haute fréquence à liaison circuit oscillant accords-capacité. Le circuit oscillant de liaison est composé simplement d’un bobinage cylindrique ou en nid d’abeilles, accordé au moyen du condensateur variable de résonance sur la longueur d’onde à recevoir. La réaction se fait par captage d’une inductance de réaction, placée dans le circuit de plaque de la lampe détectrice, avec l’inductance de résonance.
- Vous pourrez d’ailleurs trouver dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F. ou dans le n° 2612 de La Nature des détails sur ces modèles d’amplificateurs.
- M. Louis Troussier. à Noirmoutier (Vendée). — i° Nous ne pouvons, en général, donner aucune appréciation sur les articles de T. S. F. publiés par d’autres revues françaises.
- On a toujours l’habitude de connecter le pôle -j- 4 volt3 de la batterie de chauffage au pôle — 80 volts de la batterie de plaques; cependant les schémas que vous nous indiquez peuvent être employés à la rigueur sans modification;
- 20 L’adjonction d’une petite pile sur le circuit de grille des lampes amplificatrices à basse fréquence permet de donner aux grilles de ces lampes une tension légèrement, négative et de supprimer ainsi l’existence nuisible d’un courant grille-filament. L’amplification obtenue est donc légèrement améliorée et la netteté de la réception également plus satisfaisante.
- Mais il est évident que le voltage de la pile ainsi employé doit varier suivant le type des audions utilisés;
- 3° Il est très facile d’utiliser ce procédé commode même avec un appareil du commerce. Il suffit d’adapter entre les douilles portées par le poste et les broches correspondantes des audions un intermédiaire permettant de réaliser une coupure entre la douille de grille et la broche grille de la lampe. La petite pile indiquée sera connectée entre cette douille et eette broche de grille, le pôle négatif étant relié à la broche de grille. Ce procédé a d’ailleurs été décrit dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F.
- Mme Verdin, à Paris. — Une antenne, avec para-foudre et dispositif de mise à la terre en cas d’orage, ne présente aucun danger pour la sécurité d’un immeuble, le fil généralement employé est du fil de cuivre ou de bronze de 12/10 à 20/10 mm de diamètre.
- s Les Compagnies d’assurances contre l’incendie ont d ailleurs accepte de couvrir leurs assurés sans surprime contre les risques supplémentaires causés par les antennes.
- M. Milliet, à Aix-les-Bains. — A moins de circonstances locales particulièrement défavorables, vous pouvez obtenir de bons résultats de réception sur cadre ou antenne intérieure à l’aide d’un amplificateur approprié à 5 lampes (2 HF, i détectrice, a BF).
- Vous pourrez trouver des renseignements sur le choix de l’amplificateur et du cadre à employer dans La Pratique radioélectrique. Une antenne intérieure de i5 m. de long ne vous donnerait S'*ns doute pas des résultats bien supérieurs à ceux obtenus avec une antenne de 12 m. seulement. ’
- M. Pinot, à Nevers (Nièvre). — L’insuccès dont vous vous plaignez pour la réception des ondes courtes provient sans doute de la mauvaise adaptation de votre appareil d’accord. Il serait préférable de vous adresser à la maison qui vous a vendu votre appareil pour qu’elle y apporte les modifications nécessaires.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Science et Industrie, par Henri Le Chatelier, membre de l'Institut, i vol. in«i8, 28S p. E. Flammarion, édit. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- M. le Ghatelier, pendant toute sa carrière si bien remplie de savant et de professeur, a prêché le rapprochement, l’intime collaboration de la science et de l’industrie ; cette thèse, qui lui est chère, il l’a soutenue par la parole, par la plume et plus encore par l’exempte. Au moment où l’âge de la retraite l’oblige à quitter pour toujours sa chaire professorale, cé nouveau livre apparaît un peu comme le testament scientifique de l’auteur. M. Le Chatelier veut que l’industrie devienne scientifique ; éloquemment il démontre quelles économies d’efforts, d’insuccès représentent l’organisation méthodique de la recherche, l’étude systématique des phénomènes mis en jeu dans les opérations industrielles, l’organisation scientifique du travail. Ne croyez pas aux miracles, dit-il aux industriels, ne comptez pas sur la découverte ou l’invention sensationnelle. Mais croyez à l’efficacité des efforts accumulés avec un but précis, suivant les saines méthodes de toute investigation scientifique. Sages paroles, hélas trop peu écoutées et trop rarement comprises. A quoi tient cette incompréhension? M. Le Chatelier en trouve la cause sans peine r elie tient à l’imperfection de nos programmes d’enseignement scientifique. Dans l’enseignement public à tous les degrés, l’enseignemènt de la science fait uniquement appel à la mémoire, tandis qu’il devrait s’attacher à développer l’esprit d’observation et l’imagination.
- Comme conséquence, le bagage livresque acquis dans les écoles est difficilement utilisable dans la pratique ; les industriels ne croient pas à la science et s’en servent maladroitement Le remède se trouvera dans une réforme des enseignements vscientifique et technique, dont l’auteur trace judicieusement les grandes lignes. Un autre aspect des rapports entre la science et l’industrie est abordé, mais plus sommairement. S’il est vrai que science et industrie sont deux domaines bien distincts de l’activité humaine, et que l’objectif d’un savant est nécessairement différent de celui d’un industriel, il n’en est pas moins vrai que tous deux se heurtent aux forées de la nature et que les méthodes pour en découvrir les secrets sont les mêmes dans les deux cas. M. Le Chatelier montre combien le contact du savant avec l’industrie peut être utile également au premier, c’est en s’attachant à résoudre des problèmés industriels que Lavoisier et Pasteur ont fait les immortelles découvertes qui ont révolutionné la chimie et la biologie.
- La Terre. Sa structure et son passée par L. De Launay, de l’Académie des Sciences. 1 vol. i52 p. Payot, édit, Paris, iga5. Prix : 5 francs.
- Dans ce petit livre fort attrayant, et écCit à l’usage du gtand public, l’auteur conte l’histoire de la Terre : son passé cosmique d’abord, pour autant qu’on peut le reconstitue^ à la lumière des enseignements de l’astronomie èt de la physique, puis son histoire géologique écrite en étudiant le visage actüel de la Terre èt les empreintes qu’y ont laissées lès époques révolues. Dans un langage débarrassé de tout terme technique, l’auteur montre comment les phénomènes géologiques internes et superficiels modifient peu à peu l’aspect de notre planète, et il donne Une idée d’ensemble des théories géologiques actuellement en faveur.
- Chimie minérale, par H. Copaux et P. Perperot. 3 vol. in-iô, avec 136 fig. Armand Colin, éditeur. Paris, 1925, chaque vol. 6 francs.
- Ce traité appartient à l’excellente collection de vulgarisation publiée par la librairie Armand Colin. C’est dire que les auteurs se sont proposé comme but essentiel d’être clairs, accessibles aisément à un grand nombre de lecteurs, tout en donnant une image exacte et précise des progrès les plus récents de la science. Ils ont parfaitement réussi dans cette tâche difficile. L’ouvrage commence par un avant-propos où sont résumées avec une netteté et une correction
- remarquables les idées modernes sur la constitution de la matière, idées que de plus en plus les chimistes adoptent comme guides dans leurs recherches. Puis il décrit à tour de rôle lés éléments de la chimie minérale, leurs propriétés physiques et chimiques, leurs principales combinaisons, et les applications industrielles auxquelles ils donnent lieu.
- Les auteurs ont suivi, dans Son ensemble, l’ordre traditionnel dicté par la chimie usuelle : métalloïdes, métaux alcalins, métaux alcalino-terreux, métaux des terres rares, aluminium, nickel, cobalt, manganèse, chrome, molybdène, tungstène, uranium, thallium, plomb, mercure, cuivre, argent, or. Chaque chapitre est sobrement traité, mais ën mettant bien en relief les points essentiels et en s’appuyant sur une documentation soigneusement tenue à jour. Aussi y trouve-t-on en maint endroit de précieux renseignements extraits directement des travaux originaux.
- Actualités sur les turbines à vapeur et la condensation, par P. Dufour, P. Personne et H. Lamouche. i vol. 24X 3i, 84 p., 96 fig. Editions : Science et Industrie, 22, avenue Montaigne. Paris. Prix : 10 francs.
- On trouvera dans cette brochure rédigée par des spécialistes un résumé de la théorie des turbines à vapeur, la classification des différents modèles, la description pour chacun d’èux des types les plus récents, d’intéressants aperçus sur l’évolution de la turbine et de ses divers accessoires et sUr le calcul des arbres à grande vitesse.
- Théorie des vitamines et ses applications. Essais de vitaminelogie, par Jean Lorenzini. 1 vol. iu-8, 91 p., 8 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 8 francs.
- Directeur de l’Institut biochimique italien, l’auteur a repris l’étude expérimentale des vitamines de Funk, ces substances encore mystérieuses qui sont nécessaires, à très faibles doses, dans l’alimentation pour permettre le développement de l’enfant et la santé de l’adulte. Ceci l’a amené à passer en revue les travaux très nombreux publiés sur cette question et à essayer de les grouper en Un corps de doctrine. Il essaie de les classer, d’après leurs espèces et leurs effets, et il montre leur rôle très général, non seulement pour l’assimilation des substances protéiques, hydrocarbo-nées, grasses, minérales* mais aussi leurs rapports avec les sécrétions des glandes endocrines, les crises de la vie physiologique (croissance, puberté, etc.) au cours desquelles elles protègent contré les prédispositions morbides, leur action dans certains cas pathologiques (goutte, diabète, obésité, rachitisme), leur valeur thérapeutique. Cette synthèse originale de nos connaissances actuelles ouvre de nouveaux points de vue sur cette question importante, complexe et difficile.
- Les eaux minérales, leurs modes d’action, leur emploi, par les D's Maurice Perrin et' Paul Mathieu, i vol.
- - in-12, 284 p., 37 fig., 16 pl. Bibliothèque des connaissances médicales. Flammarion. Taris. Prix : 9 francs.
- La première partie de cet ouvrage est consacrée aux eaux minérales en général : formation, répartition captage, exploitation, législation, constitution chimique, caractères physiques, classification. Les auteurs expliquent, chemin faisant, le rôle que jouent dans l’action des eaux minérales chacune des qualités chimiques ou physiques envisagées.
- La deuxième partie décrit minutieusement, avec de nombreuses illustrations, la technique des divers modes d’emploi des eaux minérales et les médications « adjuvantes ». Chaque eau a des qualités propres qui légitiment son emploi dans tel ou tel cas pathologique; c’est cè qu’envisagent ensuite les auteurs, se plaçant au point de vue clinique, dans l’intérêt des malades. Une revue alphabétique des principales stations de la France, des colonies, des pays amis ou alliés du nôtre, termine ce volume, intéressant et utile à là fois pour les hommes d’étude comme pour les praticiens.
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- LA NATURE
- Supplê
- N» 2664
- 25 Avril 8925
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- Nécrologie. —— La France vient de perdre un ingénieur éminent en la personne de M. Ch. Rabut, inspecteur général des Ponts et Chaussées, membre de l’Académie des Sciences. M. Rabut a été l’un des pionniers du béton armé en France; il a, dès la première heure, reconnu l’importance de ce matériau mis en évidence par les travaux de Hennebique notamment, et il n’a pas hésité à en faire un usage, qui a paru parfois audacieux, dans les grands travaux dont il avait la direction aux chemins de fer de l’Ouest. C’est à lui qu’on doit les hardis encorbellements qui supportent la rue de Rome à Paris, au-dessus du chemin de fer d’Auteuil, à son entrée dans le goulot de Saint-Lazare. C’est lui qui fit le premier cours de béton armé en France, à 1 Ecole des Ponts et Chaussées, et on lui doit, en grande partie, la formation de cette pléiade d’ingénieurs, passés maîtres dans l’emploi du béton armé et qui ont mis la France au premier rang dans ce domaine. M. Rabut est aussi l’inventeur de précieux appareils pour l’auscultation des ouvrages métalliques, et la détermination des efforts intérieurs que subissent, en service, leurs divers éléments. Cette méthode d’étude a permis dé restaurer de nombrëux ponts de chemin de fer que l’on s’apprêtait à condamner; elle a permis aussi de réaliser de grandes économies de matériaux dans la construction de nombreux ouvrages nouveaux.
- Enfin, dans les derniers temps de son existence, M. Rabut avait abordé l’étude de grands barrages et préconisé divers moyens pour renforcer les digues et prévenir leur rupture.
- La troisième comète de l'Année (19-35 c). —Nous attirions récemment l’attention (Bulletin astronmique, n° 2660) sur la pauvreté relative en comètes de l’année dernière. Nous disons relative, parce que leur nombre a atteint quatre, ce qui est un chiffre déjà respectable pour les comètes d’une année, mais en fait il n’y eut que de très petites comètes, dont certaines d’une faiblesse d’éclat extraordinaire.
- L’année 1935 semble s’annoncer riche, par contre, en astres dits « chevelus ». Nous avons déjà fait part, ici même, de la découverte des comètes 1925 a et 1925 b.
- Voici qu’un nouveau télégramme du Bureau central des télégrammes astronomiques à Copenhague annonce la découverte d’une nouvelle comète par M. Orkisz, comète assez brillante, puisque elle est de 8" grandeur.
- Sa position le jour de sa découverte, 5 avril, à 2 h, 5am7 (t. c. de Greenwich), était :
- Ascension droite = 22b56m45,si ;
- Déclinaison = -j- i6°37'i9w; soit à environ 90 à l’ouest de a Pégase.
- Son mouvement, en 24 heures, était juste de 1 degré vers le Nord.
- Ce petit astre est accessible aux instruments moyens,
- La lumière du ciel nocturne. — Lord Rayleigh a publié dans le n° d’août 1914 des Proceedings de la Société royale (vol. 106 A) ses récentes recherches sur la qualité et l’intensité de la lumière émise par le ciel nocturne. Il décrit les méthodes employées pour mesurer les variations d’intensité lumineuse du ciel. La source de comparaison est un sel d’uranium rendu lumineux par la radio-activité. Trois écrans colorés ont été employés, dont l’un isole pratiquement la raie verte de l’aurore polaire. Un écran rouge et un écran bleu isolent les régions du spectre situées de part et d’autre de cette raie.
- Pour égaliser la lumière du ciel, vue à travers ces écrans, avec la lueur du sel d’uranium on emploie des verres teintés neutres.
- En raison de la faiblesse de la lumière, les différences de couleurs ne sont pas perceptibles et, par conséquent, ne donnent, en fait, aucune difficulté dans les mesures.
- L’autetir a effectué des observations systématiques de la lumière de l’aurore pendant i5 mois et des autres composantes pendant 7 mois.
- Ces observations montrent des variations considérables, soit par rapport à l’étalon lumineux, soit des composantes les unes par rapport aux autres. Ainsi la
- lumière de l’aurore polaire varie dans lé ciel nocturne, dans la proportion de 3,8 à 1. Ces variations sont beaucoup trop grandes pour être expliquées par des changements de transparence de notre atmosphère.
- Les valeurs les plus élevées de la lumière de l’aurore furent trouvées en octobre 1928, époque qui marque le milieu d’une période de trois mois dans lesquels l’activité solaire a été considérable. Tout le reste du temps, il n’y eut que peu de taches.
- Autant qu’on peut l’évaluer, la lumière de l’aurore a été trouvée varier très peu de la latitude de l’Angleterre à celle du Cap de Bonne Espérance.
- L’aurore polaire se différencie avec la lumière de l’aurore constatée dans cette énorme étendue en latitude. L’auteur suggère que la dernière peut être produite par un phénomène de phosphorescence, la luminosité étant excitée par le soleil pendant le jour et entraînée par la rotation de la Terre. *
- La lumière du ciel nocturne est beaucoup plus riche en rouge, mesuré relativement au bleu, que la lumière du jour. Sous ce rapport, elle se rapproche delà lumière d’une lampe à incandescence de 1/2 watt.
- Une nouvelle expérience de Michelson. — Michel-son, le grand physicien américain à qui l’on doit l’expérience célèbre établissant la constance de la vitesse de la lumière, point de départ de la théorie de la relativité, a entrepris depuis peu une nouvelle série d’expériences ayant trait également à la vitesse de la lumière. Les journaux anglais, dont certaines publications françaises se sont fait l’écho, ont publié à ce sujet des informations sensationnelles, mais peu compréhensibles, et qui, certainement, n’émanaient pas du célèbre savant. Dans une récente et brillante conférence faite à l'Ecole Polytechnique sur les radiations, M. Ch. Fabry, professeur à la Sorbonne, de retour d’un récent voyage aux Etats-Unis, où il a vu Michelson, nous donne quelques renseignements précis sur les nouveaux travaux de celui-ci. Michelson a entrepris de mesurer la vitesse de la lumière par une nouvelle méthode, perfectionnement de la méthode de Fizeau. Lors de son voyage en France, dans des conférences données à la Sorbonne, il avait annoncé ce projet, qu’il a pu depuis conduire jusqu’à la réalisation. Il compte obtenir une précision atteignant presque le millionième En dehors de l’intérêt scientifique que présentera ce résultat, Michelson en aperçoit une application pratique curieuse : la mesure des grandes bases en géodésie. Toute opération géodé-sique commence, on le sait, par la mesure d’une base et malgré les progrès récents, notamment l’emploi de règles en fil invar, c’est une opération longue, difficile, fastidieuse. Michelson pense arriver au même résultat, lorsque la vitesse de la lumière sera très exactement connue, en mesurant le temps que met la lumière pour aller d’une extrémité à l’autre de la base; il faudra pour cela refaire sur cette distance l’expérience servant à mesurer la vitesse. On prendra comme inconnue, non plus la vitesse, mais la dislance. Une distance de 3o km pourrait ainsi être mesurée après quelques semaines de préparatifs, tandis qu’il faudrait des mois pour achever la même mesure par les procédés ordinaires delà géodésie.
- « Dans une récente conversation avec Michelson, je demandais, dit M. Fabry, à l’illustre physicien, si dans chaque nouvelle mesure de cette espèce il faudrait mobiliser Michelson lui-même pour réaliser cette délicate expérience. Non, non, m’a-t-il répondu, l’opération sera extrêmement facile, une équipe de quatre sapeurs pourra mener à bien la mesure ».
- Les couleuvres à collier. — M. Trannoy nous communique les intéressantes observations suivantes qui complètent l’article récent de Mme Feuillé-Billot :
- « En été, on a une température équivalente à la température moyenne (en captivité par exemple), la mue des couleuvres à collier dure environ quinze jours. Le premier signe est le changement de coloration des, écailles noires du ventre qui deviennent bleu clair ou bleu ciel. A peu près en même temps le dos devient brun foncé, presque noir. Ces altérations persistent quelques jours, puis les écailles des yeux, à leur tour,.
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- INFORMATIONS
- se troublent et deviennent laiteuses comme des opales, rendant la couleuvre presque aveugle. Quelques jours encore et, assez bruquement, les écailles du ventre reprennent à peu près leur couleur normale en même temps que les yeux redeviennent clairs. Dès lors, la mue est imminente et on peut s’attendre à trouver d’un moment & l’autre la vieille peau dans un coin de la cage. Cette peau se détache habituellement par les lèvres, et la couleuvre en sort comme d’un fourreau en s’aidant des aspérités des objets qui l’environnent. Il arrive que la peau tarde à se détacher alors que la mue est mani-
- La production a subi de turtes variations pendant les douzes dernières années, par suite des guerres qui ont éprouvé si cruellement la Serbie.
- Voici quelques chiffres :
- Années financières Minerai Métal pur
- 191 a-i3. . . 126.937 tonnes
- 1913-14. . • 97.634 —
- 1914_I^- • • 142.546 —
- 1915-16. . . 8.750 —
- 1923-24. . . 126.318 —
- 7.575 tonnes 6.009 —
- «
- 125 7.761
- Fig. 1. — De gauche à droite : puits de mine de Saint-Georges, usine, colonie ouvrière et village de Bor.
- festement arrivée à lex'me. Il m’est arrivé souvent de l’aider ou même de la provoquer en faisant avec des ciseaux une incision dans la vieille peau pincée au cou.
- La couleuvre paraît enchantée de l’aide qu’on lui apporte. Elle est certainement mal à l’aise ou malade, dès le jour où apparaissent les premiers signes, et ne quitte guère l’aquarium où elle est enroulée sur le fond, le museau seul à fleur d’eau pour respirer. Il est curieux de noter que les grenouilles qui attendent, dans la cage, l’heure d’être mangées, semblent se rendre compte qu’elles ne courent plus alors de danger immédiat. Elles paraissent au contraire affolées dès que la couleuvre a changé son habit terni pour une livrée brillante. Son premier soin est en effet de manger, dès qu’elle s’est suffisamment promenée comme pour rattraper par son activité ses journées d’immobilité.
- La couleuvre à collier s’habitue très facilement à la captivité. CelleB que j’ai pu observer chez moi jusqu’à présent (1 mâle et 2 femelles) venaient souvent en hiver se mettre au chaud « dans mon lit » dès le petit jour. Les femelles paraissent généralement plus sociables que les mâles. L'une d’elles grimpait sur la table où j'écrivais et voulait absolument s enrouler autour de ma main qu’elle voyait remuer, au point que je devais l’écarter à plusieurs reprises pour pouvoir continuer à écrire.
- Ces animaux sont excessivement propres et naturellement silencieux, ce sont les bêtes rêvées d’appartement,. en dépit des préjugés. Mais, pour les conserver en bonne santé, il est indispensable de les laisser promener le plus possible dans toute une chambre La claustration dans une cage étroite ne leur vaut rien. Une précaution à prendre : ramasser tout ce qui peut tomber, encriers, verres, etc., même placés dans les endroits où on ne croirait jamais qu’une couleuvre pourra grimper. »
- Les mines de cuivre de Bor. — On a souvent regretté que les Français prêtassent plus volontiers leur argent à l’Etat qu’à des entreprises industrielles. L’histoire des mines de Bor est là pour prouver que ce reproche n’a pas toujours été fondé.
- La compagnie française des mines de Bor a été constituée le 19 juillet 1904 au capital de 14 millions, porté récemment 16 millions, legouvernementyougo-slavc ayant souscrit 20000 actions nouvelles à i©o francs.
- La Société exploite les concessions Saint-Georges (Bor, Krivolj, Ochtrel) et Majdanpek ; le minerai contient un peu d’or et d’argent. Une tonne de minerai raffiné donne à l’analyse : 99,62 pour 100 de cuivre pur; 24 à 3oo gr. d’argent, 96 à 120 gr. d’or. On estimait les réserves de cuivre de Bor même eït 192a à 1 5g8 5oo t.
- Notons que pendant l’occupation ennemie, les mines ont été exploitées par une administration allemande, qui envoyait le minerai en Allemagne et que la Société a éprouvé une perte sèche de ce fait.
- Les mattes sont aujourd’hui expédiées en Amérique et à Hambourg pour être raffinées ; c’est là qu’on extrait l’or et l’argent qu elles renferment.
- La Société fond elle-même ses minerais dans l’usine qu’elle possède à Bor; quatre fours y sont en activité. Un chemin de fer transporte le minerai des puits à l’usine.
- Le nombre des ouvriers a naturellement varié avec le temps. On comptait, en 191a, 6i3 ouvriers àl’usine etdans les puits, sans compter 127 employés au chemin de fer.
- Ces ouvriers appartiennent à plusieurs nationalités.
- On trouve d’abord des Français (une centaine de familles comprenant environ i4o personnes en 1920); des Serbes, des Russes et des Italiens fournissent le complément. Ces Serbes sont en réalité des Roumains de la Kraïoa, dont fait partie Yokroug de Négotin, Bur le territoire duquel sont situées les concessions, mais ils sont en train de se serbifier rapidement, grâce à la double aclion de l’école et de la caserne. Les Russes sont d’anciens soldats de l'armée de Wrangel.
- Les ouvriers contractent un engagement de trois ans.
- Fig. 2. — Puits de mine de Saint-Georges (Mines de Bor).
- Ils sont logés et ravitaillés par la compagnie. Ils habitent une petite colonie, située à l’écart du village de Bor.
- Les photographies que nous reproduisons ci-rontre montrent 1 usine, un puits de mine, la colonie des ouvriers et le village de Bor. Elles nous ont été confiées par un ancien contremaître des mines, M. Allignon.
- René Le Conte.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- ir> Travaux d’Jïmateurs <?*
- Transformation d’une perceuse électrique en brosseuse. — On rencontre aujourd’hui un grand nombre d’appareils à brosser et à cirer les parquets. C’est qu’en effet l’emploi du moteur électrique s’adapte bien
- Sa8
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- Support
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- I i II I II 111 ITTIÏITTTmT.
- Disque
- Papier de verre
- Ressort
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- ' Fig. T. — Dispositifs divers de fixation du plateau.
- à la mise en œuvre des brosses rotatives que l’on déplace sur la surface d’un plancher et qui permettent d’éviter la fatigue inhérente à ce genre de travail, lorsqu’il est fait par les procédés ordinaires.
- On peut équiper une machine à brosser les parquets en utilisant une perceuse électrique ou un moteur de démarrage de voiture automobile. Il est parfois possible de se procurer ces objets à bon compte, surtout lorsqu’il s’agit de démarreurs de voiture, dont il existe certains modèles qui ne s’adaptent plus aux châssis actuels et qui au contraire sont d’un fonctionnement suffisant pour leur utilisation comme perceuse.
- Il suffit d’agencer un support pour la machine et pour cela le moyen le plus économique est d’employer un collier métallique, sur lequel on aura rivé ou vissé deux raccords de jonction de tube, correspondants au diamètre des tubes dont on dispose. Ce collier entoure le socle de la machine et on monte dans les raccords, d’une part un assemblage de deux tubes en coude, d’autre part un assemblage de tubes en forme de T, ainsi que la figure l’indique.
- Pour la préparation de ces bâtis, on emploie des raccords de tubes en T et en C; les dimensions sont prévues de façon que la monture du disque inférieur puisse se loger commodément entre les 3 pieds du socle.
- 25 ^ Cardes à
- ^ ^ limes ou
- Fig. a. — Montage da plateau et des surfaces travaillantes.
- Les pieds sont d’ailleurs munis de roulettes de meuble pour permettre le déplacement commode de l’appareil: la poignée de manœuvre de la machine est constituée par un manche en bois qui est articulé sur les oreilles d’un collier monté par serrage d’une vis sur la partie supérieure du moteur; on peut ainsi manoeuvrer facilement la brosseuse et la déplacer sur les surfaces à traiter, comme on le ferait d’une machine commerciale quelconque.
- Le disque support est de préférence fabriqué dans une pièce de fonte d’une certaine épaisseur; c’est lui qui portera soit le pied de fer, soit la brosse métallique
- constituée par des bandes de carde à lime, soit une brosse circulaire qui pourra être obtenue par juxtaposition de brosses ordinaires de dimensions voulues.
- Le meilleur diamètre que l’on puisse donner au disque est de a5 cm environ, l’épaisseur est de à i5 mm. Cette piece est montée sur un support au moyen de boulons dont 1 extrémité de la tige est lisse; des ressorts interposés, que 1 on peut tenir par une goupille pour arrêter leur chute, assurent une pression suffisante du disque sur le plancher.
- Quant au support, il est également en métal de 6 à 8 mm d’épaisseur et, en son centre, est fixée une tige tournée munie d un manchon pour être montée sur l’arbre du démarreur ou placée simplement dans le nez de la machine s’il s’agit d une perceuse électrique.
- Sur toute la périphérie on a prévu 6 trous où passent les boulons d’assemblage mobiles dont nous avons parlé précédemment. On peut avoir ainsi toute une série de supports pour les brosses métalliques, pour le papier de verre, pour la fixation de la paille de fer même si on le désire et pour des brosses à cirer.
- Si l’on dispose de moyens mécaniques suffisants, on peut au contraire monter les boulons comme des gou-
- Collier
- bride
- Manche
- Mandrin
- Boulons
- Roulette
- Fig. 3. — Aspect de la brosseuse complètement montée.
- jons dans le disque inférieur et percer dans la pièce support fixée à la machine des trous de plus grand diamètre afin d’assujettir les deux pièces par des écrous. Dans ce cas on peut, par des serrages plus ou moins énergiques, comprimer les ressorts et donner plus de pression au disque sur les surfaces que l’on traite.
- Dans ces conditions le disque inférieur repose bien à plat sur le sol ; naturellement on a prévu la hauteur des pieds en conséquence, suivant les dimensions du moteur et de la tige du support.
- On obtient alors par ce moyen un appareil qui pourra donner des résultats intéressants d’autant plus que si l'on prévoit l’écartement des pieds à des dimensions bien cilculées, la brosse circulaire sortira de la surface du triangle formé par les roulettes et l’on pourra agir contre les parois de la pièce et avoir une accessibilité suffisante dans les coins.
- Ce système est une utilisation commode d’une machine à percer ou d’un démarreur que l’on se disposait & jeter au rebut.
- $8^ !Laiterie
- Machine à brosser les pots de lait. — Les efforts que font les hygiénistes en vue de propager les méthodes rationnelles qui permettent, par des soins minutieux dans la manutention, d'obtenir un lait propre, sain, hygiénique, se heurtent aux difficultés résultant de la cherté de la main-d’œuvre. Il faut considérer aussi que le nettoyage manuel des récipients destinés à recevoir le lait, notamment les pots métalliques servant au
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- transport du 1 ait depuis le ramassage dans les fermes jusqu’à l’arrivée chez les crémiers détaillants, laisse beaucoup à désirer. C’est une opération longue, fatigante et qui ne réalise pas les conditions d’hygiène cependant d'importance capitale.
- Les industriels laitiers ont souvent exprimé le regret de ne pouvoir opérer mécaniquement le brossage des
- .Fig. 4 — Machine à brosser les pots de lait.
- pots, procédé simplifiant la main-d’œuvre et évitant les pertes de temps.
- La forme des pots dits « de Paris « rendait as sez complexes l’étude et la construction d'une machine à brosser. Ce problème est enfin résolu. La solution élégante en est donnée parla machine que représente la figure ci-jointe.
- Cette brosseuse mécanique, que l’on peut utiliser sur les pots « de Paris », comporte un système de tiges articulées en bronze, sur lesquelles sont fixées des montures de brosse en aluminium (métal employé pour diminuer les effets de la force centrifuge).
- Les brosses peuvent occuper deux positions. Dans la première position, leur encombrement transversal est inférieur au diamètre intérieur du col du pot.
- Dans la deuxième position, les brosses sont dépliées et en contact étroit avec l’intégrité de la surface intérieure du pot.
- L’ensemble tourne à l’intérieur du pot, lequel'repose sur des rouleaux en bois placé* dans un bac en bois et destiné à contenir un bain de carbonate et de silicate de soude, bain porté à la température de 5o° environ, par barbotage de vapeur.
- La fixation de la partie tournante sur le bac est réalisée par deux paliers placés, 1 un sur la paroi du bac, l’autre sur une chaise dépendant du bac.
- L’appareil est commandé par poulie fixe et folle et débrayage Une pédale commande un système de leviers, dont l’action est double :
- i° Faire passer les brosses de la position pliée (repos) à la position dépliée (position de travail);
- *“ Embrayer le mécanisme automatiquement.
- Lorsque lebrossaee du pot est terminé, on fait exécuter à la machine les opérations inverses en lâchant la pédale.
- Suivant modèle, la brosteuse mécanique opère sur pots de ao ou de 3o ou de.4° litres. Elle peut être transformée facilement pour brosser des pots de l’une ou l’autre de ces capacités. Hknbi Blin.
- Objets utiles
- Trépied universel Gîrardet. — Le Trépied universel Girardet remplace avantageusement les valets de
- Fig. 5.—Trépied universel Girardet.
- paille ou de jonc tressé en usage dans les Laboratoires, pour supporter les récipients à fond rond.
- Sa construction très simple permet à un seul et unique trépied de recevoir successivement toutes les dimensions de ballons ou de capsules, de i à i5 cm de diamètre et au delà. Il devient donc inutile de s’encombrer de séries de valets, parmi lesquels U faut choisir, dans
- chaque cas particulier, celui qui convient — ou à peu près — au diamètre du récipient à soutenir; un trépied universel remplira toujours l’office.
- Outre sa simplicité et son universalité, le trépied universel présente l’avantage d’une grande solidité. Construit en acier soudé à 1 autogène et galvanisé, il supporte sans altération les températures les plus élevées, aussi bien que l’immersion dans les bains-marie, bains d’huile, etc. On peut également l’employer dans les étuves à haute température.
- Peu encombrant, peu coûteux, inusable, un seul trépied universel k Girardet» remplace toute une série de valets et se prête, de plus, à beaucoup d autres usages.
- En vente chez Poulenc frères, 86-92, rue du Temple, Paris.
- La baladeuse bilampe.
- — Cette baladeuse électrique est à adhérence électrique. Contrairement aux appareils qui existent déjà, elle est basée sur ce principe : l’adhérence n’est pas obtenue par un aimant permanent, mais au moyen d’un électro-aimant. Celui-ci comporte une bobine qui est parcourue par le même courant que celui qui alimente la lampe d’éclairage.
- Dans ces conditions, le socle peut adhérer fortement à toutes les pièces qui sont en métal magnétique : châssis, ailes, pièces du mécanisme. Ou a ainsi une grande facilité de mise en place de là lampe dans les endroits difficiles où l’on peut avoir besoin de lumière et l’on n’a plus la difficulté que l’on rencontre bien souvent avec les lampes à pied ou à crochets de suspension.
- Cette lampe ne comporte qu'une prise de courant et elle est prévue pour 6 ou pour ia volts, suivant la nature de la batterie qui existe sur le châssis de l’automobile où la lampe doit éclairer.
- Constructeur : Etablissements Paul Gadot, route de la Révolte, Levallois-Perret.
- Divers
- Le désignoscope. Tout le monde a connu le kaléidoscope ; le désignoscope en est une application. C’est un petit appareil permettant de trouver des motifs décoratifs les plus variés au moyen d’objets insignifiants, sans valeur, tels que débris de métal, de soie, petits morceaux de papier d'étain de couleur, lambeaux d’étoffes, etc....
- Le désignoscope a sur le kaléidoscope l’avantage que les dessins trouvés peuvent être répétés et copiés.
- Le désignoscope estindispensable aux artistes, dessinateurs, compositeurs de broderie, de passementerie, de la mode, bijoutiers,etc...,il leur permet de composer des motifs décoratifs nouveaux en se servant des matières mêmes qu’ils emploieront pour exécuter leur travail (ganses, soies. pierres* perles, etc...).
- Le désignoscope est donc appelé à rendre de grands services dans les ateliers de dessin par la variété des combinaisons qu'il permet de trouver, variant ainsi les modèles à l’infini avec les objets les plus disparates.
- Le désignoscope a sa place dans les lycées et les écoles de dessins, où, en plus du côté récréatif, il
- pourra donner des idées et développer l’imagination des élèves. Pour s’en servir, il suffit de placer les objets avec lesquels on désire obtenir un dessin sur le plateau blanc et d’appPquer l’œil au viseur qui se trouve à la partie supérieure ; on tourne le plateau lentement pour voir défiler les modèles obtenus.
- En vente chez MM Kirby, Beard et Cio, 5, rue Auber, Paris.
- Fig-1-
- Le Désignoscope.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1925 (‘)
- La prochaine assemblée de l’Union astronomique internationale aura lieu, du 14 au 22 juillet prochain, à Cambridge (Angleterre).
- Parmi les questions qui seront abordées, celle des notations astronomiques retiendra l’attention. Il est probable que l'on se mettra enfin d’accord sur les notations et abréviations concernant les termes et unités employés en Astronomie. Déjà un pas important a été fait dans cette voie lors de la précédente réunion de Rome, en 1923.
- Une organisation particulièrement importante Bera décidée à 1 occasion de l’opposition de ig3o de la petite planète Eros. II s’offre là, en effet, une circonstance de vérifier la parallaxe solaire et le concours d’un grand nombre d’observatoires est nécessaire. L’Assemblée aura donc à prévoir l'organisation de ces observations systématiques et à procéder à la répartition du travail.
- Un autre problème dont aura à s’occuper l’Union sera celui de la détermination simultanée des longitudes relatives des Observatoires du monde entier.
- On conçoit toute l'importance de cette détermination. Les observatoires conservent-ils tous la même position les uns par rapport aux autres. Autrement dit, laTerreest-elleun solide indéformable, d’une rigidité absolue?
- Au contraire, présente-t-elle de petites variations pouvant rapprocher ou éloigner des points lointains ?
- On sait qu’il y a des tassements, des affaissements , des continents quis élèvent,etc.
- Donc, on peut admettre que les positions relatives des observatoires varient un peu, et, par suite, qu’elles peuvent affecter les observations astronomiques de haute précision. toutes basées sur les passages des astres.
- C’est pour cela que cette détermination simultanée des longitudes relatives des observatoires présente un intérêt considérable.
- Nos lecteurs seront tenus au courant des décisions et des travaux de l’Assemblée de Cambridge.
- I. Soleil. — Juin! Le Soleil arrive en haut de sa course dans notre ciel et va redescendre, déjà! sa déclinaison, de -)- 220 1' le i,r, atteint 33027' le ai, jour du solstice d’été et retombe à -f- a3° 11' le 3o. La durée du jour, de i5h4omle i°r, passe par son maximum le ai, soit i6h8m pour descendre à i6h 4m le 3o.
- . Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage Dates. Heures du passa
- (t. m. Gr.). (L. m. Gr.).
- Juin 1" 1 ih48m i4‘ Juin nb 5im i4s
- — 3 1 ib 48m 325 — 19 nh5im 4i!
- — 5 1 ih 48“ 52* —. 31 IIh52m 7S
- — 1 1 ib 49“* 121 — 23 tih52m 335
- — 9 1 ih49ra 36* — a5 nh52m 5g£
- — 11 nb4ym 5g* — 29 1ih53m 24s
- — i3 1 ih 5om 24* — a9 1ih 53m 4gs
- — i5 iih5om49‘
- Observations physiques. — Pour faciliter la mise en place des dessins et photographies, le tableau ci-après contient les éléments nécessaires :
- I. Toutes les heures données d»ns le présent Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de 0“ à 24b, à .partir de minuit. Pendant la période d’application de l'heure d’été, avancer toutes les heures mentionnées ici de 1 heure. <
- P B0
- 5 — i4°,i5 — o°, 12 2370,82
- 10 I 2°, l4 + o°,49 1710,64
- 15 — io°,o4 + i°,og io5°,46
- 20 — 70 86 + i°,68 3g0,28
- 25 — 5»,63 + 3°,26 3310,09
- 3o — 30,37 + 20,82 166°, 91
- Nous renvoyons au « Bulletin astronomique » (n° 2656) pour la définition des termes P, B0, L0
- Lumière zodiacale. — La longueur des jours et l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon empêchent l’observation de la lumière zodiacale en juin.
- II. Lune. — Voici les phases de la Lune pendant ce mois :
- P. L. le 6, à 2ih48“ I N. L. le ai, à 6" 17“
- D. Q. le i3, à i2*‘44m | P. Q le 29, à gh 43”
- Age de la Lune, le i*r juin, à ok =9J,3; le 22 = oJ,7. Pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i*r ou le 21; pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin . le 18 = —20° 5i ; le 22 = -|- 20° 53'. Ces époques sont celles de la plus faible ou de la plus grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8 juin, à 4h. Parallaxe = 6o'5g". Distance =359570 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 2 3 juin à 9h. Parallaxe = 53'5g". Distance =406200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 5 juin, occultation de 49 Balance (gr. 5,4). Emersion seule visible à 20h 38“>.
- Le 7, occultation de 3o G. Sagittaire (gr. 6,4)- Emersion seule visible à îih igm. — Occultation de 14 Sagittaire (gr. 5,6), de 23b 4gm à oh 42™ le 8.
- Le i3, occultation de ^ Verseau (gr. 4,5). Emersion seule visible à oh 4am. — Occultation de Verseau (gr.. 4,6), de ob4f>“ à ib49m. Très belle occultation, c’est une double écartée, dans un joli champ steliaire. L'Annuaire astronomique recommande de faire cette observation avec un oculaire à grand champ.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la Pleine Lune du 6. Voici les heures de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Marées du matin. Maréts du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Juin 5 2h a4“ o“,83 i4h 47“ oœ,88
- — 6 3h io° oœ,g3 i5h3ia °m»97
- — 7 3h 54“ IŒ,00 i6h17“ l“,OI
- — 8 4h4iŒ Im,OI i7h 4m im*oi
- — 9 5b29“ om,99 i7h 52m o“,g6
- — 10 6h 18“ om,92 i8h 43“ o“,87
- En raison de la faible amplitude des plus grandes marées, le phénomène du mascacet n’est pas annoncé pour ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de 1 Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de juin
- 1935.
- En dehors des coordonnées des planètes, qui per-
- VERSEAU
- Fig. I.
- Marche de la planète Uranus sur le ciel pendant l’année 1925. (D’après Y Annuaire astronomique.)
- H» 133 W»
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-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Âscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE JUIN à Paris. & U Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 3h 51“ nk49-* 3- i9‘48“ 4h 56“ + 22e 38' 3 U 33"6 Taureau 1
- Soleil . . . 16 3 48 11 51 2 19 54 5 37 + 23 21 3i 3a,4 Taureau »
- { 26 3 5o 11 53 11 19 56 6 19 + 23 a3 3i 3i,2 Gémeaux
- f 6 3 11 10 44 18 17 3 48 + 18 33 5,6 X Taureau .
- Mercure. . 16 3 29 11 3i 19 33 5 i3 -h 23 2) 5,2 ç Taureau ; Inobservable.
- f 26 4 U 12 27 20 37 6 48 + 24 4l 5,2 e Gémeaux j
- 6 4 34 ia 09 20 45 5 43 + 24 2 10,0 Ç Taureau '
- Vénus . . , ) 16 4 47 12 5f 21 0 6 37 + 24 10 10,2 £ Gémeaux ; Le soir, à la fin du mois.
- 26 5 8 i3 7 21 7 7 3o + ‘-*3 7 10,4 ô Gémeaux ,
- 6 6 7 i4 9 22 12 7 i5 + a3 34 3,8 5 Gémeaux ,
- Mars. . . .. 16 6 0 i3 57 21 54 7 42 + 22 37 3,8 5 Gémeaux ? Un peu visible le soir.
- 36 5 55 >3 4Î 21 3f 8 9 + 21 24 3,8 ’C Cancer
- Jupiter. . . 16 21 3i 1 44 5 57 *9 29 — 22 2 43,2 n Sagittaire Presque toute la nuit.
- Saturne . . 16 i5 3i CT> CO 0 c* 1 46 14 26 — 11 5o 16,4 X Vierge Première moitié de la nuit.
- Uranus. . . 16 0 8 5 5g 11 5o 23 44 — 2 3a 3,4 20 Poissons Seconde moitié de la nuit.
- Neptune. . 16 8 3i i5 44 22 59 9 3l + i5 1 2,4 7 Lion Presque inobservable.
- I. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- mettent de définir leur place au milieu des constellations, les heures de lever, passage au méridien et coucher montrent immédiatement si elles sont visibles ou invisibles et, dans le premier cas, si elles sont bien placées pour l’observation ou, au contraire, peu favorablement situées.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 20 juin, à 5h. Il est inobservable tout ce mois. Nous donnons ci-dessous la valeur de la phase et de la gran-
- deur stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 0.77 , — 0,6
- — 10 0,88 — U»
- i5 o.97 — i,5
- — 20 o,99 . — i,9
- 25 5 0,97 — i,5
- — 3o 0,90 — 1,0
- On remarquera que, le jour de la conjonction supérieure, le 20 juin, le disque illuminé n’est pas tout à fait 1,00.
- Cela tient à ce que Mercure n’est pas juste à l’opposé du Soleil, à cause de sa latitude au-dessus de l’écliptique.
- Vénus devient visible le soir à la fin dü mois, se couchant plus d’une heure après le Soleil. Le tableau ei-dessous donne, comme pour Mercure, la phase et la
- grandeur stellaire : Dates. Juin 5 Disque illuminé. 0,98 Grandeur stellaire. — M
- — 10 0,98 -3,4
- — i5 o,97 -3,4
- — 20 0,96 -3,4
- — 25 o,96 -3,3
- — 3o o,95 — 3,3
- Mars est encore un pea visible le soir, se couchant, le ï6, un peu avant 22h. Il faut renoncer, à présent, à l’observer.
- Jupiter est visible presque toute la nuit. Les plus petites lunettes montrent les bandes nuageuses qui traversent son disque. Une lunette grossissant seulement 40 fois montre Jupiter de la même dimension apparente que la Lune nous offre à l’œil nu.
- Il est particulièremènt intéressant de suivre les évolutions des quatre principaux satellites autour de la planète géante et nous ne manquons jamais, ici, de donner la liste des phénomènes résultant de leur marche soit qu’ils passent devant la planète (P. c. pour le commencement, P. f. pour la fin), soit qu’ils disparaissent dans 1 ombre de la planète (E.c. ou E. f.). soit qu’ils passent derrière son disque (Im. ou Em.), soit qu’ils
- produisent pour les Joviens(?) des éclipses de Soleil par le passage de l’ombre sur la planète (O. c. ou O. f.).
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juin Heure. Satel- lite. Phéno mène. DATE -Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- Ier Lh T I O.f. 16 i3b 23“ I O.f.
- 1er 2 0 I P. f. 16 i3 57 I P.f.
- 3 1 37 II E. c. 18 3 2 III 0. c.
- 4 1 45 III P.f. *9 I 55 II O.c.
- 5 1 5 II P. f. 19 2 57 II P.c.
- 8 0 46 I 0. c 20 a3 46 II Em.
- 8 I 3o I P.c. 23 X 54 I E. c.
- 8 3 1 I O.f. 23 i3 2 I O.c.
- 9 I 6 I Em. 23 i3 i5 I P.c.
- 11 I 48 III P. c. 24 1 17 I O.f,
- 11 2 21 III O.f. 24 1 42 I P.f.
- 12 0 40 II P. c. 24 a3 1 I Em.
- 12 2 2 II O.f. *4 i3 20 IV O.c.
- 12 3 24 II P.f. 2 S 2 ii IV O.f.
- 15 ' 2 39 I 0. c. 2l5 1 48 IV P.c.
- ,i5 5 i5 I P.c. 27 n 40 II E. c.
- i5 0 0 I E. c. 28 2 X 11 Em.
- 16 2 51 I Em. “>9 1 44 III Em.
- 16 23 8 IV Em.
- Saturne est encore bien placé pour les observation», on pourra l’observer dès la tombée de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 17 juin :
- Grand axe extérieur........................... 41",07
- Petit axe extérieur............................ i3",i *
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau...............................* . + i8°38'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................... . . ............... +20? 9'
- Le principal satellite, Titan, peut être facilement observé lors de ses élongations. Voici les dates *de ces élongations.
- Dates. • Élongation orientale. Élongation occidentale.
- Juin 8 — 7h,4
- — 16 5u,i —
- — 24 — 5\3
- Uranus devient biert visible dans la seconde partie de
- la nuit. Il sera en quadrature occidentale, le 17 juin, avec le Soleil. Cette lointaine planète circule à 2 milliards 858 millions de kilomètres du Soleil Elle brille comme une petite étoile bleuâtre de 6e grandeur.
- Les personnes douées d’une très bonne vue peuvent suivre Uranus à l’œil nu sur le ciel. La moindre jumelle
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-
- facilite énorme® eftVcette observation. La petite carte ci-jointe (fig. i) montre le déplacement de cette planète sur la voûte céleste pendant l’année 1925 (d’après l'Annuaire astronomique).
- On remarquera que pendant tout le mois de juin et pendant celui de juillet, Uranua se déplacera^ très peu sur le ciel dans le voisinage de l’étoile 20 des Poissons. 11 sera stationnaire le 3o juin, à 1711.
- Neptune est presque inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4» à 8h, Saturne en conjonction avec la Lune, à 20 40'S.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE ^j|
- Le 9, à 7h, Jupiter Le i3, à i6h, Uranus Le 21, à 1 oh, Mercure Le 22, à i8\ Vénus Le a3, à 18h, Mars Le a5, à 14\ Neptune Etoiles filantes.
- la Lune, à i°26'S,
- — — la Lune, à 3° a3'N
- — — la Lune, à 40 8'N.
- — — laLune, à2°49'N
- •— — la Lune, à iu 49'N.
- — — la Lune, à i°07'S.
- Aucun radiant n’est signalé en
- juin, dans la table résumée de M Denning, publiée par 1 Annuaire du Bureau des Longitudes, ni dans ïAnnuaire astronomique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’étoiles filantes. On fera bien d’observer aussi souvent que possible, car il y a des météores toutes les nuits.
- Étoiles variables. — Minimum de l’étoile va-iabte Algol (P Perséei, le 3o juin, à ih 45”
- Etoile polaire *•— Voici le» heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, en juin :
- Dates. Passage (temps légal). Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Juin 10 Inférieur aoh 9m 5g‘ 5h i3“ i5s 9
- — 20 — ig11 3o“ 5o* 5h 52“ 4i‘,5
- — 3o — 18* 5 im 41 6h32m 7s,o
- — 3o Supérieur 6“ 53“ 4o‘
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le Ier juin à 23h ou le i5 à 22h est le suivant (on a indiqué, entre parenthèses, les principales curiosités sidérales visibles avec des instruments d’amateurs) :
- Au Zénith : Hercule (a, x, p, 95, Ô, amas) ; le Dragon (*> <!>. o, I*).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire, 5, te); Gépbée S, p, x, g, p) ; Cassiopée (rj, t, ^). A l’horizon, le Cocher et Persée.
- A l'Est : Le Cygne (p, 0, p, 61’); le Dauphin (y, P); L’Aigle (y, i5 h); la Lyre (a, e, ç, ô, tj).
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud La Couronne boréale ; le Serpent (ô, 0, v, amas); Opbiuchus ( 6 A, 70, 67, p, 3g); le Scorpion a, v, a), p, a, g); la Balance (a, ô).
- À VOuest : Castor et Pollux, à 1 horizon; le Lion (y, a, 54, nébuleuses); la Vierge (y) ; la Grande Ourse (Ç,. g, V, a3 A, (7, 57).
- La Voie lactée s’élève de plus en plus dans le ciel. Par les nuit» bien pures et sans clair d- Lune, pr*n*z une forte jumelle que vous pourrez immobiliser sur un support quelconque, nu mieux une lunette à trè* grand champ, et parrour«z les régions du Cygne, de 1 AigL et du Sagittaire au travers desquelles la Voie lact e trace son sillage opalescent. Le spectacle tjui s’offrira à vos yeux dépassera en splendeur tout ce que vous pourrez imaginer, et aucune description ne saurait le rendre. Vous ne regretterez pas cette excur»ion dans les profondeurs sidérales d’où vous reviendrez certainement enthousiasmés. Em. Toüchet.
- ’lsq
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ><
- Extinction des incendies avec de la sciure de bois. — Les particules de sciure s’agglomèrent entre elles et elles empêchent l’air d’arriver jusqu à la surface d’un liquide, notamment lorsqu’on recouvre avec la sciure de 1 huile ou des liquides inflammables.
- S'il s’agit d’un commencement d’incendie peu important, comme par exemple de l’huile qui brûle en coulant sur le sol, il est possible de paralyser la combustion en jetant de la sciure sur une certaine épaisseur.
- Par contre ce procédé ne sera nullement efficace s’il s’agit d’un feu dans un réservoir d’pssence, la sciure s’imbibe et tombe dans le fond du réservoir.
- En ajoutant une certaine proportion de bicarbonate de soude à la sciure, on augmente son pouvoir d extinction, puisque le bicarbonate chauffé fournit du gaz carbonique qui tend à empêcher l’arrivée de l’air.
- Des essais exécutés avec ce mélange ont montré que ro kg de carbonate mélangés à 400 litres de sciure donnaient un résultat beaucoup plus efficace qu’avec de la sciure naturelle.
- Retaillage des limes à l’acide. — Le procédé qui consiste à retailler les limes par un bain d’acide est relativement peu connu. Il a l’avantage d’êvre applicable à tous les types de limes et de ne pas exiger de matériel bien spécial. Le mélange d’acide que l'on emploie est formé de 14 volumes d’acide sulfurique concentré, auxquels on ajoute une partie d’acide azotique et une partie d’acide sulfurique fumant.
- Tout d’abord la lime doit être dégraissée dans un bain bouillant formé d’une dissolution de i5 gr. de soude caustique dans 10 litres d’eau, quantité suffisante pour 200 litres environ. Après ce décapage, les limes sont placées dans une cuve de grès où l’on met i3 volumes dêau et deux volumes 1/4 du mélange acide que l’on a préparé. Les limes doivent être touchées par le liquide également sur toutes les faces, elles y restent environ de 5 à 10 minutes.
- Remise en état des pierres à huile. — A la suite du frottement répété des outils, qu’on affûte sur les pierres à huile, presque toujours à la même place, il se produit des dépressions qui rendent les pierres plus ou moins inutilisables sur une grande partie. On
- peut essayer de les traiter, c’est-à-dire de les rendre planes avec une meule, mais ceci a l’inconvénient de glacer pour ainsi dire la surface de la pierre et de lui enlever son mordant.
- Voici un procédé que l’on peut employer pour redonner à la pierre à huile ses qualités premières. On utilise une vieille lime bâtarde que l’on fixe sur l’établi au moyen de point* s sans tête, qui immobilisent la lime à plat sur le haut de l’établi.
- On humecte d huile et on saupoudre avec de l’émeri à gros grains Oa promène alors la pierre à huile sur cette lime en effectuant avec la main une faible pression. La lime fraise pour ainsi dire la surface et la pierre retrouve sa forme plane première. Si l’on veut avoir une surface tout à fait précise, on vérifie de temps à autre l’exactitude du dressage avec une règle.
- Découpage d’une tôle à l’acide. — Lorsqu’il s’agit de découper une tôle d’acier, si le métal est dur, s’il est trempé, on éprouve de grandes difficultés pour opérer sans voiler les pièces. Voici un moyen d’arriver au résultat pour ainsi dire sans outillage et de découper la tôle avec une approximation relative.
- Pour cela, on recouvre de cire ou de paraffine les pièces de ’ôle et l’on grave avec un poinçon, dans cette matière molle, le profil du découpage ou l’emplacement des trous à percer. 11 suffit de verser ensuite, aux endroits voulus, une petite quantité d’acide, comme s’il s'agissait d’effectuer la gravure d’une plaque métallique.
- La quantité d’acide que l’on emploie peut être réduite en ménageant de chaque côté du trait deux petites surépaisseurs de cire, qui formeront une sorte de rigole destinée à contenir l’acide qui doit attaquer le métal à l’endroit où il est mis à nu.
- On prolonge l’attaque de l’acide sur le métal, jusqu’à ce que la plus grande partie de l'épaisseur se trouve rongée, ce qui permet de faire tomber la pièce ainsi découpée.
- On lave soigneusement, on trempe au besoin dans un bain de carbonate de soude pour éliminer toute trace d’acide et l’on obtient ainsi une pièce découpée approximativement suivant les contours voulus. On peut ensuite la retoucher à la lime pour lui donner la forme précise dont on a besoin.
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-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondanea des demandes de renseignements qni parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatElF© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Science appliquée, n° 2661.
- i° Collier contre-tic pour chevaux liqueurs :
- Gasselin, Duranton, successeur, 4> boulevard Saint-Martin, Paris (10°).
- 20 Nouveau raidisseur pour fils de fer et ronces artificielles :
- É. F. Michon et G1*, 46, rue de la Bienfaisance, Paris (8°).
- 3° Canne-semoir :
- Bonneault, 72, rue d’Assas, Paris (6e).
- 4° Nouveau cercle-crampon extensible pour roues de faucheuses :
- Etablissements Roffo, 8, place Voltaire, Paris (11e).
- Réponses. —* M. de Gandillac, à Vavena. — Gomme suite a”x renseignements que nous vous avons donnés précédemment nous vous signalons comme susceptible de répondre à l’application que vous avez en vue le broyeur KEK dés Etablissements Phillips et Pain, i,rue Taitbout, à Paris, qui convient au cas les plus divers.
- M. Guenette. à Quéhec (Ganada). — Vhydromètre de Sykes qui sert légalement en Angleterre pour évaluer la richesse alcoolique estun^réomètre en laiton dont le flotteur porte à sa partie supérieure une tige graduée de o à 10 et à la partie inférieure formant lest une autre tige sur laquelle on peut fixer des rondelles métalliques marquées de x à 90. Le nombre indiqué sur les rondelles s'ajoute à la lecture faite sur la graduation, si par exemple on a dû employer la rondelle 40 pour faire immerger le flotteur et que la graduation affleure au chiffre 5 le degré est de 4$.
- Le Proof Spirit ou esprit d’épreuve a été ainsi défini par acte du Parlement :
- A 5i° Fahrenheit (io°56 centigrades) le poids du litre de cet esprit est les 12/13 de celui de l’eau, sa densité à cette température est de 0.93307 et à 6o° F ou i5®56 centigrades de o 918633.
- L’établissement du titre d’épreuve se faisait autrefois par un "procédé assez rudimentaire qui consistait à allumer le liquide spiritueux sur de la poudre à canon ; si à la fin de la combustion la poudre s’enflammait, l’alcool était au-dessus de l’épreuve (over ou above proof)-, si'l’eau de l’alcool empêchait la poudre de fuser, et la ’ool était en dessous de l’épreuve (under ou below proof).
- D après les indications de l’appareil de Sykes un liquide alcoolique est dit à 3o pour 100 over proof si xoo volumes de cet alcool donnent i3o volumes lorsqu’ils sont amenés au degré proof spirit II est dit à 3o pour 100 under proof si 100 volumes renfermant 100 — 3o = 70 volumes de proof spirit.
- L’alcoomètre de Sykes s’enfonce au zéro de sa graduation dans l’alcool de densité 0.825 à i5°56 centigrades, cet alcool désigné Standard Alcohol n’est pas de l’alcool absolu, mais de l’alcool à 92°7 Gay Lussac.
- Par suite de la contraction, lors des mélanges d’eau et d’alcool, il n’existe pas de formule simple pour passer des degrés Sykes aux degrés centésimaux, mais il vous sera facile, au moyen des tables que l’on trouve dans les ouvrages spéciaux à l’alcoométrie (par exemple le Manuel des fabricants d’alcool, Barbet et Arachequesne, éditeur, Bernard, 53 ter, quai des Grands-Augustins), de chercher quelle est la densité qui correspond à un degré Gay-Lussac donné, puis de se reporter à la table du Dr Ure qui indique pour cette densité le degré over ou under proof.
- La place limitée dont nous disposons ne nous permet pas de reproduire cette table comme nous l’aurions désiré pour vous donner entière satisfaction.
- BIBLIOGRAPHIE
- La vie des animaux à la surface des continents, par L. Germain, i vol. in-ia, 260 p. Nouvelle collection scientifique. Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- Nous n’avons pas en France d’ouvrage récent sur les questions de peuplement du globe, si activement débattues à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons. La création récente, à Paris, d’une Société de Biogéographie a éveillé l’attention sur ces problèmes difficiles, mais passionnants, et voici le premier livre où l’on pourra examiner au moins certaines parties et certaines faces du problème. L’auteur, assistant au Muséum, rappelle les débuts de nos connaissances sur la répartition géographique des animaux qui ne remontent guère qu’à Buffon, au xvni0 siècle. Puis il étudie certains facteurs de cette distribution : les variations géologiques du domaine terrestre, les migrations, les dispersions accidentelles, les barrières géographiques, les variations de climat, l’action de 1 homme, etc. Il distingue ensuite les divers domaines biologiques : maritime, continental, insulaire, potamique ou d’eau douce, souterrain, et passe e~ revue chacun d’eux, à l’exclusion des mers, en donnant de nombreux exemples. Il traite enfin des milieux secondaires spéciaux : lacs salés continentaux, eaux thermales, plantes réservoirs, pièces d’eau artificielles, conduites d’eau, galeries de mines, serres, etc., qui soulèvent les questions du peuplement des espaces vides dans la nature. Il termine par un classement des grandes divisions zoogéographiques du globe.
- Les fruits de France. Historique, diététique et thérapeutique, par le Dr Henri Leclerc, t vol in-8°, 274 p., fig. en têtes des ch’pitres. Masson et Gis, Paris. Prix : 12 francs.
- On connaît la manière du Dr Leclerc, déjà fort goûtée dans son Précis de Phytothérapie et ses notes d’histoire thérapeutique : En marge au Codex. C’est un érudit qui a fouillé les archives et lu les vieux textes; c’est un écrivain au charme prenant; c’est un scientifique qui ressuscite les données anciennes injustement oubliées. Cette fois-ci, il plaide pour les fruits de France, les produits de notre jardin. De chacun, il conte l’histoire et la légende, rappelle ses vertus thérapeutiques d’autrefois et signale tous les bienfaits qu’il peut rendre encore aujourd’hui si l’on veut bien y prêter attention. Œuvre de lettré, corbeille de fruits des plus vives couleurs, ce livre sera pour tous ses lecteurs un délice.
- La Défense psychique, par M -J. Boas, i vol. in-8, a55 p., 39 fig. Félix Alcan, Paris. Prix : 12 fr. 5o.
- L’étude de la « défense psychique » permet une analyse introspective de l’inhibition. L’auteur étudie le rôle de l’inhibition dans l’adaptation de l’individu à son milieu; il en montre les aspects très variés «t les diverses fonctions.
- Dans son étude, M, Boas part de l’inhibition « statique », qui remplace l’action, rend insensible à un mal, supprime la perception; c’est cette réaction qu’il nomme défense subjective, psychique. Une série d’expériences et d’exemples, en localisant sur la voie sensitivo-motrice les diverses défenses psychiques, permet d’en déterminer la nature et d’en faire le classement.
- La concentration des forces individuelles, en s’accompagnant de jugements tendancieux, de fictions, de rétrécissement du champ de la conscience, intervient lors de toute thérapeutique psychique et il est nécessaire d’en tenir compte.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2665 2 Mai 1925
- Une distinction américaine à wn savant français, l’abb# Henri Breuil. ;— L’Académie Nationale des Sciences vient de décerner la médaille Elliott pour 1924 à un savant français, l’abbé Henri Breuil, pour son livre « Les Combarelles des Eyzies » écrit en collaboration avec MM. Çapitan et Peyrony i1).
- Voici les considérants qui accompagnent cette haute distinction. « Henri Breuil est actuellement la plus haute autorité en matière d’archéologie de l’âge de pierre. Ses principales contributions sont la découverte du grand étage paléolithique supérieur aurignacien, et la monographie complète de l’art de l’àge de pierre en France et en Espagne. « Les Combarelles des Eyzies » sont la plus récente et la plus complète de cetfe série de monographies qui font époque; elle décrit et interprète chacune des 291 figures découvertes dans la grotte des Combarelles. L’abbé Breuil est un chercheur infatigable d’un grand courage personnel, doué d’une grande décision et de hautes facultés d’interprétation philosophique. Il est directeur de l’Institut de Paléontologie humaine fondé par le feu prince de Monaco .».
- Ajoutons que c’est la première fois depuis la fondation de la médaille Elliott en 1917 que cette distinction est donnée à un Français.
- Les trois comètes visibles en ce moment. — Nous avons annoncé la découverte des trois comètes 1925 a, b, et c. On a aujourd’hui des précisions sur ces petits astres.
- La comète igaS a a été découverte par M- S.çhain, à l’Observatoire de Simeis (Crimée), et non par M. Schorr, comme le laissait croire le premier télégramme, dont nous avions d’ailleurs fait part avec une réserve prudente .
- M. A.-C.-D. Crommelin a calculé une orbite, qui sera encore sujette à des corrections quand les observations s’étendront sur un arc de courbe beaucoup plus grand. La comète passera au périhélie le 2 novembre prochain à la distance 3,g366, ce qui la situe entre les orbites de Mars et de Jupiter, plus près de celle de Jupiter que de l’orbite de Mars. Une seule comète, l'ait remarquer M. Baldit dans Y Astronomie, a eu une distance périhélie plus considérable, celle de 1729, à la distance, 4>o43i.
- Voici les éléments de M. Crommelin :
- Passage au Périhélie = iqaSnovembre 2,58
- (T. c. Gr).J
- Longitude du Périhélie — 2ifi°35’,5 )
- Longitude du Nœud ascendant = 357°3o',6 > 1925,0
- Inclinaison — 140° (>',9 ;
- Logarithme de la distance périhélie = o,5g5i2
- Voici trois positions calculées à l’aide de cette orbite :
- Ascension
- Date (ob T. c. ,Gr.) droite Déclinaison
- Avril 11. . . . . . m'T6m 45 + 3° 6'
- — 19 • • . . . nh 3m24s -F 3°36'
- — 27 , . . . . . io''5i,n56‘ + 3059'
- La comète sera visible pendant deux mois au moins. Elle est, à présent, non loin de l’orbite de Jupiter.
- La comète 1925 b a été trouvée par M. William Reid, à C.apetown, le 24 mars. Notre confrère anglais Nature fait remarquer que M. Reid, dont les succès dans la recherché de comètes nouvelles sont bien connus, ne fait pas partie du personnel de l’Observatoire du Cap, mais c’est un amateur.
- Cette comète est plus brillante que la précédente, puisqu’elle atteindra bientôt la 7e grandeur. Malheureusement, en augmentant d’éclat, elle descend vers le Sud et sera de plus en plus mal'située pour les observations en France.
- Voici une première orbite, calculée par MM. J. Johann-sen et B.engt Strompen, à l’Observatoire" de Copenhague : Passage au périhélie — 1925 juillet 29,653
- (T. c. Gr. I.
- Longitude de périhélie Épngifude du Nçeud ascendant inclinaison
- Logarithme de là distance périhélie
- == 2 56°56/,i2l == 6°y4',o8[1925,0
- == 27u42',i6) 0,22712
- 1. Masson et Cie, éditeurs, Paris.
- Et quelq Ues positions où l’on pourra ri echerchei-
- comète : Dates (oh T. Ascension c. Gr.) droite Déclinaison. Grandeur
- Avril 18. . . . 13h ora48“ — 26°3o', 4 7; 7
- —- 26. . . . i2l,48n,43s 28°26', 9
- Mai 4 • . . . 121,36ra495 —-3oOt4',6
- — 12 . . . . i2h26m 6S — 3i°53',2
- — 20. . . , 12''!7m26s — 33°24', 2 71*
- La comète 19.25 c a été découverte par M. Orkisz, au Mont Lysin. Elle a été annoncée au Bureau centrai astronomique de Copenhague par un télégramme de M- Banachipwicz, de Cracoyie, en date du 4 avril : « Comète Orkisz, Mônt Lysin, avril 4- Grandeur 9,0. Constellation Pégase.x = aa'Y^111 ; iB = -f- i6°i4’ ».
- Les observations du 5 et du 6. avril fixent son éclat à la 8e grandeur.
- En résumé ces trois comètes sont difficilement visibles aux instruments moyens..
- L’électrocardiographie au moyen des amplificateurs. — Tout mouvement- musculaire s’accompagne d’une manifestation électrique, très faible, mais décelable par des instruments suffisamment sensibles. C’est sur ce principe qu’est fondée l’électrocardiographie ou auscultation électrique du cœur. On applique deux électrodes sur le corps de la personne à examiner; en général l’une est placée sur la jambe, l’autre sur le bras; elles sont réunies aux deux bornes d’un galvanomètre d’Einthoven. C’est un instrument très sensible, mais très délicat; l'appareil est d’un réglage" difficile et doit rester nécessairement à poste fixe. Les progrès des amplificateurs à lampes électroniques ont permis de mettre au point des méthodes plus simples ; il suffit, avec un amplificateur convenablement calculé, d’amplifier les . faibles courants musculaires . L’amplificateur est, en comparaispn du galvanomètre d’Einthoven,un appareil robuste, facile à régler et facile à déplacer. MM. Robinson et Marvin, de la General Electric C9, viennent sur ce principe de réaliser un appareil relativement léger, en tout cas transportable, que l’on peut amener auprès -du patient, au lieu d’être forcé, comme avec 1-électrocardiographe, d’arnener le patient à l’âppa-reil. L’amplificateur pèse j8 kg et les accumulateurs placés dans une boîte séparée pèsent 16 kg.
- Le tungstène. — Le tungstène était, autrefois, un métal assez peu connu, en dehors d’un cercle restreint de spécialistes. Son principal emploi a été longtemps confiné à la métallurgie où il joue un rôle important; il permet d’obtenir des aciers et alliages spéciaux doués de propriétés remarquables. Les célèbres travaux de Taylor s,ur la coupe des outils, vers 1900, ont révélé le mérite des aciers au tungstène qui ont pris rapidement un grand développement et qui aujourd’hui encore absorbent la plus grande partie du tungstène disponible. Mais c’est surtout la lampe électrique à incandescence qui a fait connaître le tungstène au grand public et l’a fait pénétrer dans tous les intérieurs. La lampe à filament de tungstène, né,e vers igoÔ, a supplanté aujourd’hui tous les autres types de lampes.
- Tout le monde doit .donc savoir que le tungstène est un métal lourd, de densité 19,87, et. extrêmement réfractaire ; son point de fusion paraît se placer au voisinage d,e 3400°. Il a une bonne conductibilité électrique et est très peu volatil; aussi l’,emploie-t-on comme anticathode dans les ampoules à rayons X.
- La guerre a amené ,de grandes perturbations dans le marché du tungstène; ayant 1 g a 4 > les sources de minerais étaient surtout aux .mains des Anglais et des Américains ; mais le traitement .métallurgique était presque complètement concentré dans des usines allemandes, alimentées par des minerais étrangers.
- Quelle est aujourd’hui la situation ? Un article très documenté de M. jF-ourrnuent, publié récemment par la Revue de ftIétctUurgie, va nous l’apprendre.
- Au coups de in guerre, les alliés, maîtres du minenti, So sont efforcés de se rendre martres de la production du métal, devenu indispensable pour les fabrication de
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- INFORMATIONS
- guerre ; mais la plupart des usines montées dans ce but semblent n avoir pu survivre a la guerre. Dès 1922, plus de la moitié des minerais concentrés de tungstène produits dans le monde avait repris le chemin de l’Allemagne.
- Au point de vue de l’approvisionnement mondial, un fait nouveau important s’est produit en ces dernières années : la Chine, qui n’avait qu’une production insignifiante jusqu en 1916, est devenue en quelques années le producteur le plus important du monde entier. En 1922, elle fournit les 710 de la production mondiale. Celle situation résulte essentiellement de la richesse des gisements chinois et du bas prix de la main-d’œuvre. Les Etats-Unis, qui avant et pendant la guerre, étaient le plus important producteur, n’ont pu lutter ; dès 1921, leur production tombe à zéro. Après la Chine, le plus gros producteur ,est la Birmanie, une nouvelle venue, elle aussi, dans ce domaine; la Malaisie et le Japon, la Bolivie, le Portugal, qui ont fourni des tonnages importants pendant la guerre, ont vu également leur production se réduire à des chiffres très modestes. Il est à signaler que l’Indo-Chine. se classe aujourd’hui au troisième rang avec un tonnage encore faible à la vérité,, mais en progression régulière.
- De petits centres de production sont également en activité en Angleterre, en Suède, en Espagne, au Siam, en Australie, au Mexique et en Argentine.
- Le gaz de four à coke dans la région parisienne.
- — Dans les régions houillères, où l’on fabrique du coke destiné aux hauts fourneaux, on utilise de plus en plus lés gaz produits par la distillation de la houille au cours de cette fabrication, pour alimenter un réseau de distribution parfois très étendu d'éclairage et de chauffage. Le gaz de four à coke tend ainsi à se substituer à son parent, le gaz d’éclairage. Il est moins riche en calories que ce dernier, mais il peut être vendu à bien meilleur marché -puisqu'il n’est qu’un sous-produit de la fabrication du coke métallurgique; dans la fabrication du gaz d’éclairage, c’est au contraire le coke, utilisable seulement pour le chauffage, qui est le sous-produit d’un placement souvent difficile.
- Bien avant la guerre, l’Allemagne possédait dans la Ruhr on vaste réseau de distribution sous pression de gaz de fours à coke, vendu à un prix très bas. La France imite actuellement cet exemple; en même temps qu on reconstitue les fours à coke de la région du Nord et du Pas-de-Calais, détruits par l’ennemi à la fin de la guerre,on installe un réseau de distribution de gaz de fours.
- La région parisienne elle-même, quoique dépourvue de mines de houille, va imiter cet exemple. Prochainement une fabrique de coke métallurgique va être installée à Gennevilliers, et le gaz qu’elle fournira sera utilisé dans la banlieue parisienne concurremment avec le gaz d éclairage ordinaire. Le coke produit sera utilisé dans la région parisienne, dont les forges, fonderies et ateliers de construction sont de gros consommateurs de coke métallurgique.
- Le coke de la Sarre. — La Sarre, pays houiller, est en même temps un grand centre métallurgique. La fabrication de la fonte par la méthode du haut fourneau exige des quantités considérables de coke, résidu solide de la distillation de la houille. Mais le coke métallurgique doit avoir des qualités spéciales, il doit se présenter en gros blocs solides, durs et compacts.
- On le fabrique en distillant des charbons dont la teneur en matières volatiles est comprise entre 19 et 24 pour 100. Or ces charbons sont assez rares ; on en trouve dans le bassin houiller du Pas-de-Calais, dans la Ruhr, en Belgique, en Angleterre, mais la Sarre n’en possède pas. Elle a des charbons gras à haute teneur en matières volatiles donnant à la distillation un coke fragile qui, au moindre choc, se brise en petits morceaux. Aussi ce coke ne peut-il être employé que sur place, et encore dans des hauts fourneaux spéciaux, de capacité réduite. Impossible de songer à le transporter.
- Ainsi la Sarre qui exporte beaucoup de charbon ne pouvait alimenter en coke le bassin métallurgique voisin de Lorraine, qui jusqu’à ce jour est resté tributaire de la Ruhr. L’inconvénient d’une telle situation saute aux yeux; aussi, à partir du moment où l’État Français a pris possession des mines de la Sarre, en vertu du traité de "Versailles, les ingénieurs français placés à la tête de ces exploitations se sont-ils attaqués énergiquement au problème du coke métallurgique. Après plusieurs armées
- d’efforts méthodiques, ils l’ont résolu avec succès, ainsi qu’il ressortd’une lumineuse conférence faite par M. Sainte-Claire Deville à la Société de VIndustrie minérale.
- Le principe delà solution consiste à distiller le charbon gras de la Sarre, mais en le mélangeant, suivant une proportion déterminée par l’expérience, avec des charbons flambants, provenant également de la Sarre et soumis au préalable à un amaigrissement artificiel grâce à une semi-distillation préliminaire. On produit ainsi actuellement du coke excellent, supportant parfaitement les manutentions et les transports, comparable au coke de Lens ou de la Ruhr.
- Les essais ont commencé au Laboratoire en 1921 et se sont poursuivis pendant toute l’année 1922. Puis on est passé à une première réalisation industrielle d’envergure modeste : un four a été construit à Heinitz, qui fonctionne régulièrement et donne 55 tonnes de coke en 24 heures. Ce four, à l’heure actuelle, a déjà donné près de 20.000 tonnes de coke. Il a permis de déterminer les caractéristiques à donner à de nouveaux fours plus perfectionnés ; il a permis aussi de constater que le nouveau coke de la Sarre est non seulement bien supérieur à l’ancien, mais encore meilleur marché, grâce à l’emploi des charbons flambants abondant s et peu coûteux. Aussi les mines de la Sarre projettent-elles en ce moment l’édification d’une batterie de fours donnant 100.000 tonnes de coke par an. M. Sainte-Claire Deville préconise en outre la préparation, sur le carreau des mines de la Sarre ou autres, de pâtes à coke constituées suivant les principes ci-dessus. Ces pâtes seraient expédiées aux usines métallurgiques qui n’auraient plus qu’à les cuire dans leurs propres fours à coke, montés à proximité même du haut fourneau.
- L,a distribution du lait de femme aux nourrissons.
- — Dans notre Europe retardataire, les pauvres bébés que leur mère ne peut nourrir n’ont d’autres ressources que l’allaitement artificiel au lait de vache, parfois au lait de chèvre; sans doute on obtient ainsi, au prix de minutieuses précautions, des résultats acceptables; mais les médecins sont unanimes, rien ne remplace dans le premier âge le lait delà mère, et toute autre alimentation n’est qu’un pis-aller.
- Aux Etats-Unis, tout au moins dans une grande ville de ce pays, à Détroit, métropole de l’automobile, un médecin, le D1'Hoobler, parait avoir trouvé une solution plus heureuse; il a réussi à organiser la collecte et la vente du lait de femme. Le Journal of the American medical Association, de Chicago, donne quelques détails sur cette curieuse initiative qui n’a pu réussir qu’après de longs efforts de propagande. On est parvenu à décider un certain nombre de mamans bonnes nourrices à fournir, contre rétribution, une partie de leur sécrétion lactée. Certaines de ces bonnes mamans ont ainsi pu aider à élever successivement, outre leur propre bébé, trois autres enfants. Leur lait est recueilli, bien entendu, avec toutes les précautions d’hygiène nécessaires, tant au point de vue de la santé de la nourrice qu’à celui de la propreté des récipients. La traite s’effectue avec une petite machine à traire électrique. L’Œuvre qui, sous la direction du Dr Hoobler s’est chargée de rassembler le lait humain et de le distribuer, poursuit un but exclusivement philanthropique. Le lait est vendu cher aux familles riches, mais fourni à prix réduit ou gratuitement aux familles pauvres.
- Cette Œuvre rend des services éclatants et a déjà permis de sauver nombre de nourrissons en danger.
- Le recrutement des nourrices s’effectue surtout au moyen d’annonces dans la presse quotidienne; il leur est accordé une rémunération généreuse; certaines d’entre elles ont pu ainsi gagner plus de 1000 dollars, tout en faisant une bonne action. Avant d’être acceptées, elles sont soumises à un examen [médical rigoureux; on s’assxire notamment qu’elles sont exemptes de toute maladie contagieuse, qu’elles prennent les soins de propreté corporelle prescrits par l’hygiène, qu’elles habitent une maison saine. Enfin, 011 leur impose de nourrir leur propre bébé jusqu’à 8 mois.
- Cette organisation fera peut-être sourire; mais si l’on songe au grand nombre d’enfants qu’elle peut sauver dans la période critique des deux ou trois premiers mois de leur existence, on pensera sans doute qu’il y a là un exemple qui mérite d’être connu, médité et, si possible, imité.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Industrie laitière
- Appareil pour transformation instantanée de la crème en beurre. — Cet appareil très ingénieux et très pratique, le « Butyro », présenté au dernier Salon de la machine agricole, se compose d’une petite pompe à deux cylindres, d’une cloche centrale, munie à l’intérieur d’un diffuseur très simple, lequel est chargé de cailloux siliceux de différentes dimensions.
- La crème, préalablement fermentée, arrive sous pression à la cloche par le tuyau d’aspiration, elle se charge d’air en passant par ce tuyau, pénètre dans le diffuseur et est refoulée sous pression à travers les interstices que forment, entre eux, les cailloux; elle se déverse dans la cloche toujours sous pression et dans un milieu d’air comprimé, pour s’échapper par le tuyau de sortie, sous forme de grains ou grumeaux très petits, lesquels sont libérés de la caséine et du lactose qui les enfermaient, La masse est recueillie dans un récipient conve-
- Fig. t. — Le « Butyro »
- nable. On y verse de l’eau fraîche et les grains de beurre, en contact avec l’eau, abandonnent toutes leurs impuretés et remontent à la surface. L’agglomération des globules butyreux s’effectue instantanément.
- Le « Butyro » réalise l’application d’un principe nouveau pour l’obtention immédiate du beurre.
- Cet appareil est d’une remarquable simplicité. L’état des grumeaux facilite le lavage du beurre et l’expulsion presque complète de la caséine et du lactose — agents d’altération — tout en permettant l’agglomération convenable — prise en masse — du pi’oduit, lequel ne présente pas de différence d’aspect avec le beurre obtenu à l’aide d’une baratte ordinaire (opération du barattage).
- L’appareil réalise donc mécaniquement un double but : dissociation de la caséine et du lactose des globules butyreux et soudure instantanée de ces derniers pour former le beurre.
- Tandis que dans chaque litre de babeurre restant après fabrication du beurre à l’aide d’une baratté ordinaire, on retrouve, à l’analyse, de 6 à 12 et même 19 gr, de beurre, dans cette même quantité de babeurre, après fabrication du beurre avec le « Butyro », on ne trouve que la quantité infinitésimale de 1 gr. 65.
- Celte invention présente une notable amélioration sur le rendementTen beurre ; elle évite toute pollution, toute odeur résultant de fermentations nuisibles. Les conditions de propreté sont réalisées par le nettoyage facile et rapide de l’appareil au moyen d’eàu'chaude, qui stérilise les matières peu altérables (cailloux et ïnétgl).
- Cet appareil, peu encombrant, jmut produire 5o kg de beurre en une heure, alors que, pour obtenir cette même quantité il faudrait une baratte-tonneau d’une capacité de 3oo litres environ. IL B.
- Automobilisme
- Essuie-glace et miroir rétro-viseur Eyquem. —
- L’essuie-glace est indispensable pour assurer la visibilité pendant la période pluvieuse. Il en existe de tous systèmes : d’abord l’essuie-glace, à coin métallique placé sur le pare-brise.
- Il est constitué par une ppignée qui permet de manœuvrer une tige avec dispositif de nettoyage, de sorte qu’à la main on peut rendre lavi-tre propre sur un emplacement enjformede secteur circulaire (fig. .1).
- L’essuie - glace type va-et-vient est constitué par deux branches en forme d’U, qui sont placées à cheval sur la
- glace du pare-brise et que l’on peut déplacer à la main au moyen d’une manette permettant de saisir l’appareil et de lui communiquer
- Fit
- - Essuie-glace à coin métallique.
- appro-
- un mouvement prié (fig. 3).
- Pour éviter toutes ces manœuvres manuelles, on a imaginé d’actionner électriquement l’appareil d’essuyage de la glace.
- La première chose qui se présente à l’esprit est d’employer pour cet usage un petit moteur électrique de peu d’encombrement , que l’on fixe à l’extrémité supérieure du pare-brise et qui communique un mouvement de déplacement au bras nettoyeur.
- Il était évidemment
- difficile de réaliser sous un petit volume un moteur suffisamment puissant, d’autantjplus qu’il devait marcher à bas voltage pour être alimenté par une batterie d’accumulateurs.
- L’éléctro -Eyquem, qui. est dû à M. Eyquem, l’inventeur et le constructeur bien connu , comporte un moteur de 6 volts qui
- MK
- Fig. 3. — Essuie-glace à main.
- consomme2amperes 1/2 ou un moteur de 12 volts consommant 1 ampère 1/2, suivant naturellement la batterie dont on dispose sur le véhicule .
- Un système spécial de transmission de mouvement, placé dans un carter de faible volume, de nettoyage.
- L’interrupteur qui commande le courant peut d'ailleurs être placé sur le carier lui-même ou bien entendu sur tout autre point de la voiture.
- Un système mécanique, qui est pour ainsi , dire inter-
- Fig. 4. — Essuie-glace à moteur.
- assure la commande du bras
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- SCI ENCE* APPLIQUÉE
- médiaire entre l'essuie-glace manœuvré à la main et celui commandé par un moteur électrique est un appareil auquel le mouvement est transmis par des câbles flexibles, la commande pouvant être ^disposée sur le volant même de conduite de la voiture.
- Tous ces dispositifs ingénieux rendent plus facile la conduitede l'automobile moderne. Il faut y ajouter éga-
- Fig. 5. — Miro-rétroviseur.
- lement d’autres systèmes tels que le miro-signal qui fait fonction de miroir rétro-viseur.
- Il a la particularité de pouvoir être orienté pour se rendre compte de l’état de la route à l’arrière du véhicule, même si l’on se trouve sur une route avec virages accidentés.
- Cet appareil est complété par une main qui sort au moment voulu, commandée par un câble flexible, dans le ca-s où le conducteur veut annoncer ses intentions aux poursuivants ; cette main est. éclairée la nuit au, moyen d’une petite lampe 6 ou 12 volts qui est alimentée par la batterie d’accumulateurs de la voiture.
- Constructeur : M. Eyquem, 191 à içp, boulevard Péreire.
- Capuchon élastique rapide « RdN » pour coiffer les valves de chambres à air d’autos. — Chaque automobiliste sait combien on éprouve d’ennuis et de misères, sur la-roule, avec le capuchon de valve métallique qui ne protège rien, qu’on perd invariablement, qui laisse pénétrer — faute d’étanchéité — poussière, boue, humidité qui compromettent la sécurité de fonctionnement de la valve. On s’étonne, souvent, de fuites, de fuites sérieuses, qui provoquent le dégonflement des pneumatiques, toujours ennuyeux, parfois dangereux, souvent désastreux. Il faut, dans la plupart
- Fig. 6. — Capuchon RdN.
- des cas, incriminer le bouchon qui ne remplit qu’im-parfaitement son office.
- Le capuchon élastique RdN a pour objet d’éviter ces inconvénients-. Il est en caoutchouc et, une fais fixé sur la valve, il s’applique hermétiquement sur toutes les sinuosités du corps de valve, et par ce moyen empêche l’écrou central, le bouchon terminus et l’écrou du pied de la valve qui serre sur la jante'de se dévisser.
- Le capuchon rapide élastique RdN a l’avantage de pouvoir être posé instantanément, de s’adapter par simple pression; il-supprime donc tous les pnnuig et pertes de
- temps occasionnés par l’ancien capuchon métallique fileté qui avait l’inconvénient de laisser se dévisser, dans sa partie vide supérieure, les pièces mobiles de la valve et d’amener, ainsi, les plus grandes perturbations dans le fonctionnement.
- Le capuchon élastique RdN, en outre, empêche l’oxydation du corps de valve et maintient dans un état constant de propreté toutes les pièces qu’il recouvre, tout en assurant une étanchéité complète à la pénétration de l’eau.
- En vente chez G. David, 8, rue du Débarcadère, Paris.
- Objets utiles
- Réservoir d’extrémité pour parapluies. — Voici un petit dispositif ingénieux qui évitera désormais que
- Fig. 7. — Réservoir d’extrémité pour parapluies.
- le parapluie mouillé ne puisse goutter sur le plancher et former des flaques d’eau dont on s’aperçoit toujours trop tard.
- •L’inventeur, M. Guillemin, a imaginé , de disposer un réservoir formant l’extrémité même du pai’a-pluie; ce réservoir est en métal embouti, il porte à la partie supérieure une armature avec encoches, ce qui permet de fixer ce réservoir invisible à baïonnette sur l’extrémité du parapluie qui porte une barrette appropriée.
- La mise en place est immédiate et l’appareil de fixation présente des vides à la partie circonférentielle, de façon que l’eau, qui-se trouve sur le tissu et qui coule, passe dans les évidements et vienne au réservoir.
- Sa capacité a été calculée pour qu’il puisse servir de collecteur d’eau au parapluie le plus abondamment mouillé.
- Le croquis représente la forme’? de réservoir employé pour le parapluie Tom-Pouce, mais l’inventeur a également établi un appareil semblable pour les parapluies de forme, ordinaire.
- Ce système breveté est ingénieux, d’autant plus qu’il ne change en rien la forme extérieure’ du parapluie et qu’il est d’une fabrication facile en grande série.
- Constructeur : M. Guillemin, 8, rue Victor-Hugo, Confl ans-Sainte-Honorine,
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- VARIÉTÉS
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : BOURRACHE OFFICINALE
- La Bourrache . (Borrago officinalis L.), famille des Borraginées, a pour étymologie dexxx mots arabes : Ahou, père, et rash, sueur, de même que son nom latin dérive de « cor ago », par allusion à de prétendues propriétés cordiales.
- Habitat. — Originaire du Levant, la bourrache a été introduite dans l’Afrique du Nord, puis en Espagne avec les Maures, en Corse et en France où elle est très répandue. Aimant les^sols riches en azote, on la rencontre dans les champs cultivés, sur des tas de décombres et dans un grand nombre de jardins; elle se sème d’elle-même.
- Description sommaire. — Plante annuelle de o m. 3o à o m. 70 de hauteur, couverte dé poils rudes et piquants, d’odeur légèrement vireuse, de saveur herbacée et mu-cilagineuse. Tige ronde, épaisse, creuse, juteuse, très rameuse; feuilles alternes, hérissées, ovales, épaisses à la base, plus petites vers la tige. Fleurs grandes, en grappes, d’un beaxx bleu de ciel, rarement roses ou blanches, étamines à anthères noires munies- d’un appendice. Fruit composé de quatre achaines noirs à la maturité. Racine longue, pivotante et blanche.
- Culture. — Multiplication. — Le procédé employé est le semis. Plante à végétation rapide, la bourrache demande une bonne terre exposée de préférence au midi, ayant reçu deux labours, le premier à l’automne, le second vers la fin du mois de mars. Le semis a Hexx, soit fin mars au début d’avril (A. G. et J. D.) soit, préférablement, à l’automne (A. R. et D. B.). On y procède à la volée ou en lignes dans les petites cultures, tandis que dans les grandes on l’effectue, d’après J. Demilly, en ligne au moyen du semoir à haricots, en surveillant la tombée des graines qui sont beaucoup plus petites que celles du haricot.
- Dans le jardin familial, on peut la propager en une ou plusieurs planches de 1 m. 20. à 1 m. 40 entourées des sentiers nécessaires pour en faciliter la récolte. Dans la culture en grand, les planches ont qm. 40 et les rangées sont distantes d’environ 70 cm et, dès que les plants apparaissent, on les éclaircit à la binette, tandis qu’on le fait à la main dans le jardin. On a soin, alors, de laisser entre eux un écartement de -iS à 3o cm. Malgré cette précaution, les sujets bien soignés finissent par prendre un tel développement qu’ils parviennent à se toucher.
- Récolte. — Elle porte surtout sur les feuilles, les fleurs, les sommités fleuries, mais elle comprend souvent aussi la plante entière et les racines.
- O11 y procède pour les feuilles et les sommités quand les fleurs sont à peine épanouies; pour les fleurs séparées, à partir de la fin de mai, date de leur première apparition, jusqu’à la mi-juillet, temps durant lequel la floraison est continuelle, et pendant toute la belle saison pour les tiges non fleuries.' Dans plusieurs régions, on arrache aussi les racines au moment de la floraison. Les possesseurs d’un jardin familial peuvent se borner à récolter les fleurs et les sommités fleuries qui contiennent les principes de la plante en plus grande quantité. ^
- Production. — Dans l’Aisne, où cette plante est cultivée sur une grande échelle, on eslime qu’un hectare de bourrache bien cultivé peut produire 5ooo kg de sommités fleuries fraîches.
- Séchage. — Comme les feuilles et les sommités sont remplies d’un abondant suc mucilagineux, il faut les dessécher a-vec les précautions générales que j’ai indiquées précédemment, car la bourrache mal séchée est jaune, ou noire. Il importe donc de renouveler fréquemment la surface des plantes exposées à l’air libre sur des claies, à moins que les,sommités n’aient été mises en bouquets suspendus en guirlandes. La dessiccation doit, généralement, être terminée à l’étuve ou au four en s’assurant bien qu’il n’est pas trop chaud. Quant aux fleurs, l’attention doit être encore plus grande, afin de leur conserver leur belle coloration bleue.
- Rendement “— La bourrache est peut-être la plante qui donne le plus faible rendement en matière sèche : H) kg de plantes fraîches laissent 1 kg ii5 et xo kg de fleurs fraîches, 960 gr. de fleurs sèches.
- Conservation. — Voici quelques observations d’oi’dre
- général. Lorsque la dessiccation est complète, ce que l’on constate par la façon dont les différentes parties sont devenues cassantes, on laisse celles-ci durant quelqxxes heures à l’air extérieur et à l’ombre jusqu’à ce qu’elles aient absorbé un peu de l’humidité atmosphérique, puis on les conserve différemment en raison de leur nature.
- Pour la consommation familiale, la seule à considérer ici, on met les fleurs dans des boîtes ou des estagnons en fer-blanc, dans des bocaux en verre ou dans des vases en terre vexmissée (faïence; grès, porcelaine) fermés par une coiffe de papier ou de parchemin. Les feuilles et les sommités fleuries sont placées dans des sacs en toile ou en papier fort; les tiges, écorces et racines dans des caisses en bois ou en métal. Le tout doit être tenu à l’abri de la lumière, de l’air, des poussières, des insectes, etc., dans un local frais eQtrès sec.
- Composition chimique. — La bourrache contient, sui’-tout au moment de la floraison, un suc épais et mucilagineux, des sels organiques et une forte proportion de nitre.
- Propriétés thérapeutiques. — La bourrache, médicament très populaire, est classée, aujourd’hui surtout, comme sudorifique, dépuratif et diurétique, mais on lui reconnaît aussi des propriétés émollientes, béchiques, expectorantes. Le Dr Heni’i Leclerc, dans son excellent Précis de Phytothérapie, relate que J. Bauhin recommandait la conserve de ses fleurs contre toutes les-fièvres et pour purifier le sang, et que Dom Alexandre prescrivait un verre de son suc aux pleurétiques pour exciter la sueur qui les guérit. Et, à propos de cette dernière propriété, le savant théi’apeute qu’est le D' Leclerc ne .xn’en voudra pas si je rapporte le fait suivant dont il fut témoin dans sa jeunesse.
- « C’était dans le service de Brissaud : une infirmière s’efforçait de faire accepter un bol d’infusion de bourrache à un pneumonique qui repoussait le breuvage salutaire en termes énergiques : « Laissez-moi tran-« quille avec votre sale tisane, hurlait-il, vous me faites « suer à la fin! » A ces mots, Brissaud se tourna vers ses élèves et leur dit : « J’espère maintenant, Messieurs, qu’aucun de vous ne mettra en doute les vertus diapho-rétiques instantanées de la bourrache. »
- Ses propriétés ont été tour à tour exaltées et dénigrées au cours des âges, mais de nos jours le Dr de Savignac l’a l’ecommandée comme un dépuratif utile dans les manifestations cutanées de la scrofule et de l’herpétisme, et le Dr Pic comme un bon diurétique, ce qui est rationnel, étapt donné sa forte proportion de nitrate de soude. .
- Parties les plus employées. — Ce sont les fleurs et les feuilles, puis les sommités fleuries; on se sert aussi des racines dans quelques régions!
- Préparations pharmaceutiques et doses. — L’infusion de fleurs, à la dose de 5 gr. par litre pendant une demi-heure (Codex 1908); dose qu’on porte souvent à 10 et i5 gr. ; la décoction de feuilles et de sommités fleuries, sèches 5 à x5 gr., vertes-3o à 60 gr. sont toujours des remèdes très populaires et fi*équemment employés pour favoriser la transpiration dans les maladies inflammatoires,'rougeole-, scai'latine, etc. On a prescrit également l’extrait à la dose de x à 4 gr. ! Thydrolé 5o à ia5 gr. ; le sii’op 10 à 5o gr. ; le suc de bourrache seule 5o à 100 gr. Ambroise Pai'é conseillait déjà « d’user de bouillons auxquels auront cuit bourrache, hu-glosse, etc. On prépare parfois un suc dépuratif composé avec des feuilles fraîches de bourrache, de cresson et de pissenlit pilées ensembles puis exprimées.
- En dehors des emplois tliéiapeutiquesêles feuilles et'^ fleurs de bourrache répondent à des usages cxxlinaires : dans la région méditerranéenne et en d’autres qxays, les feuilles à l’état jeune et vert, sont mangées en salade, ou cuites, en guise d’épinards,.tandis que les fleurs servent comme celles de la capucine à l’ornementatioix des salades.
- Observations commerciales. — La culture de la bourrache est une de celles qui, d’après la Feuille du Ministère de V Agriculture, peuvent être entreprises, en première ligne, sur une grande échelle, ce qui s’explique tout naturellement puisque les Services de Statistique
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- VARIÉTÉS
- de la Direction générale des Douanes mentionnent qu’on importait encore, en 1922, 17 000 kg de fleurs de bourrache. Cette publication, dans un aperçu du prix des plantes médicinales les plus communément employées, estimait, en 1916, le prix des fleurs à 3 fr. 5o le kilogramme et celui des feuilles de bourrache à o fr. y5, avec la mention vente forte pour les premières et vente bonne pour les secondes.
- Toutefois, il importe beaucoup de savoir que les plantes médicinales sont l’objet de très grandes variations dans leur cours qui, dans une même année, peut subir de grandes fluctuations. Aussi, ne faut-il voir,
- flans les prix que je cite aujourd’hui pour la bourrache et citerai plus tard pour d’autres plantes, que de simples indications pour fixer les esprits, attendu qu’ils peuvent être considérablement modifiés dans le sens de la baisse comme dans celui de la hausse.
- Voici, dans cet ordre d’idées, les prix approximatifs qui ont été pratiqués en 1924 pour le kilogramme : feuilles mondées, 1 fr. 5o à 1 fr. (io ; sommités fleuries, x fr. 5o à 1 fr. 60; fleurs mondées, 5 à 6 fr. ; racines, 1 fr. 75 à 2 fr. Si ces prix se maintenaient, la culture en grand de cette plante serait bien rémunératrice.
- A, Trueu.ë.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt générai et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Correspondance. — A propos du livre de M.- Rabaud :
- « J.-H. Fabre et la science » jn° 2661). — Nous recevons de M. Rabaud, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, la lettre suivante :
- « Bien que respectueux, plus que quiconque, des droits de la critique, je ne puis pourtant laisser passer, sans la relever, l’assertion qui termine le compte rendu de J,-II. Fabre et la science, paru dans le n" du 4 avril de Ta Nature.
- Votre collaborateur regrette ma "partialité : c’est de sa part une pure affirmation. Que ne la montre-t-il? Peut-être y aurait-il quelque peine.
- Depuis des années, les circonstances m’ont conduit à étudier les questions mêmes sur lesquelles Fabre a écrit; l’ayant constamment pris en défaut, j’ai eu la curiosité de voir ce qu’il renfermait vraiment. On lui fait gloire d’avoir inventé la méthode expérimentale en entomologie : il l’a empruntée à Réaumur et les faits prouvent qu’il s’en est mal servi. On le donne comme un observateur hors de pair: de multiples faits prouvent qu’il a mal observé. J’ai confronté les affirmations de Fabre sur les questions essentielles, la prescience et l’orientation, avec les résultats obtenus par divers auteurs : aucun doute ne subsisté, Fabre s’est lourdement trompé. Aurais-je dû indiquer ce qui reste à son actif? Encore faudrait-il le savoir; tout serait à vérifier. Tout récenîment encore, sur deux points précis, deux observateurs ont montré que Fabre avait mal regardé et hâtivement conclu. Où est donc ma partialité ? »
- P/henne Rabaud.
- Communications. — Un coup de foudre à décharges multiples. — M. Gérard Monod nous adresse de Birkad,em (Algérie) la description ci-dessous des effets d’un coup de foudre dont il fut témoin dans cette localité :
- « Le 20 mars écoulé, au milieu d’un violent orage, la foudre tomba sur une petite ferme à 3oo m de l’endroit où j’habite; les divers bâtiments furent littéralement atteints par une pluie de décharges : un cyprès situé à l’entrée de la cour fut atteint à 2 m. du sol, un figuier à côté eut une racine écorcée à fleur de tnrre, une mangeoire de bois placée contre un mur a été démolie. Un peu plus loin, l’armature en fer d’une brouette fut arrachée sur 3o cm, plusieurs tuiles faîtières ont été descellées sur le toit de la cuisine. Le locataire de la ferme faisait sa sieste dans une autre pièce; entre sa couche et la porte, les carreaux du sol se soulevèrent sur un mètre carré et retombèrent avec fracas; quatre fentes longues de i5 cm s’ouvrirent autour du chambranle de la porte donnant accès dans la cour; toujours dans cette dernière, la foudre creusa trois trous de 10 cm. de profondeur, dont la terre fut violemment projetée contre les murs, les souillant jusqttixu toit.
- Une ligne électrique d’éciaix’age et de force passant à 5o. m. en contre-bas fut également atteinte par le fluide qui grilla un compteur et fit éclater les coupe-circuits de porcelaine (projetant l’un deux à 4 m.) dans une
- ferme voisine. Le propriétaire, assis dans un hangar, ressentit une forte commotion dans les jambes « comme si j’avais été touché par le fil électrique. » Son chien près de lui sembla pai’alysé pendant quelques minutes. L’ébranlement de l’air fendilla le plafond d’une chambre en plusieurs endroits.
- Ce dégagement intense d’électricité fut perçu par le propriétaire d’une troisième maison, à 80 m. environ de la première, qui affirma avoir ressenti une secousse dans les membres inférieurs, bien qu’il n’eût pas chez lui l’électricité.
- A propos des piqûres de scorpion (n° 265g). — M. P. Aslier nous écrit :
- « Ayant lu votre article dans le numéro dix 21 courant sur les piqûres de scorpion au Maroc, je me permets, à titre doeixmentaire, de vous donner quelques indications sur la manière efficace dont les Marocains, soignent les piqûres de scorpion. J'ai vu employer celte méthode par des manœuvres marocains qui la tenaient eux-mêmes d’Egyptiens. C’est donc sxxrlout en Egypte qu’il importerait de rechercher l’efficacité de ce remède et son emploi courant.
- Lorsque le scorpion vient de piquer, le saisir immédiatement si l’on y pense, le broyer entre deux cailloux et en faire une bouillie qu’on applique de suite sur la piqûre nettoyée comme.on a pu. Laisser 2 heures environ l’emplàtre en question. Au'bout de ce temps, l’enflure a disparu et tout danger est écarté.
- Comme il est souvent impossible de se saisir du scoi’-pion, les Arabes préparent à l’avance ce qxx’ils appellent de l’huile de scorpion,
- Dans une petite fiole contenant de l’huile d’olives, ils ont mis 2 ou 3 scorpions vivants. L’animal, se sentant perdu, se tue lui-même en se piquant. Le venin se mélange ainsi à l’huile et lui donne une propriété efficace. Cette huile est conservée et, le travailleur en emporte une petite fiole avec lui qu’il utilise en cas de piqûre.
- Ces faits, que vous pourrez faire contrôler, si la chose vous intéresse, pourront peut-être servir de point dejli,parl pour une thérapeutique scientifique ».
- Réponses. — M. Picard, h Paris!— Les cartons pour prises de notes à inscriptions effaçables sont enduits d’une mixture dont la composition est voisine de la suivante : Gélatine ....... 5 grammes
- Eau ordinaire .... 100 —
- Glycérine.............. 20
- Sucre................. . 5 —
- Noir d’ivoire,. .... 1 —
- On fait gonfler la gélatine dans l’eau pendant douze heures, puis après liquéfaction au bain-marie on y ajoute le sucre, la glycérine et le noir. On enduit le carton de la mixture chaude au moyen d’un pinceau dit queue de morue et laisse bien sécher.
- Une feuille de papier transparent, genxœ papier à calquer, étant appliquée sixr la place enduite, si l’on vient à écrire sur cette feuille en se servant d’une pointe mousse quelconque , bout d’allumette par exemple , voire avec l’ongle, l’air intei’posé se trouve chassé et le fond noir apparaît; ce qui rend l’écriture visible, alors que dans les autres parties, la couche d’air intermédiare donne un aspect opaque. Lorsque l’on veut faire disparaître les caractères, il suffit de séparer la feuille
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- transparente de son support et tout revient à l’état primitif. — N.-B. Le noir peut être remplacé par tout pigment coloré opaque, ocre rouge, outremer, bleu de Prusse, vert minéral, etc.
- Abonné B. 269. —* x° Nous pensons que vous voulez parler de la similidorure des cadres au pinceau et non de la dorure vraie avec de l’or en feuilles dont nous avons indiqué la technique à plusieurs reprises. Pour dorer au pinceau, on passe sur les objets à dorer deux couches de rouge d’Angleterre broyé à l’huile de lin cuite, puis sur la seconde couche, lorsqu’elle est bien sèche, une couche de vernis à la gomme laque dans l’alcool. Avant que ce vernis ne soit tout à fait sec, on passe à la surface un pinceau chargé d’or mussif ou or d’Allemagne (bisulfure d’étain) ou mieux on se sert d’un tampon de colon pour transporter la poudre. Cette manière de procéder a l’avantage de donner une application résistant bien à l’humidité ; 2° Vous pouvez prendre comme type des pâtes ci brillanter les métaux la formule suivante :
- Acide oléique. ....... 85 grammes
- Alcali volatil..................... 20 —
- Tripoli ou terre d’infusoires. 100 —
- Essence minérale.
- 20 cent, cubes
- Ajouter peu à peu l’alcali à l’acide oléique, incorporer au savon d’ammoniaque ainsi formé le tripoli, puis finalement délayer avec l’essence minérale et masquer si on le désire l’odeur d’ammoniaque par addition d’un peu de nitrobenzine.
- M. Dupuis, à Paris. — Un assez grand nombre d’appareils ont été imaginés pour la production de Vhydrogène par électrolyse, tels sont par exemple ceux de Renard, de Schuckert, de Pampeo Caruti. Le voltamètre de Renard construit par Ducretet, rue Gay-Lussac, repose sur les deux (principes suivants : a) emploi d’une liqueur alcaline comme électrolyte; b) application de diaphragmes présentant une faible résistance électrique. La substitution de la soude à l’acide sulfurique permet d’employer le fer aux deux électrodes. L’emploi "des cloisons poreuses de faible résistance permet également l’application de courants d’une grande intensité et l’obtention de rendements élevés. L’électrolyte est une dissolution de soude caustique à i5 pour 100 qui a la même conductibilité que l’eau acidulée ordinaire. Le constructeur indiqué ci-dessus vous enverra volontiers une notice avec ligure vous permettant de vous rendre compte du fonctionnement; 20 Autres maisons susceptibles sde vous fournir un appareillage pour la production de l’hydrogène : L’Ôxylithe, 220, quai Aulagnier, à Asnières, Seine. L’air liquide, 48, rue Saint-Lazare. L’Oxhydrique française, 25, rue Béranger, à Malakofï, Seine; 3° l’n mètre cube d’hydrogène dégage en brûlant 3o8o calories; actuellement le gaz de la ville de Paris dégage 46°° à 4800 calories par mètre cube brûlé. N.-B. -T- A poids égal la puissance calorifique de l’hydrogène serait plus grande.
- M. Baugier, à Montmorillon. — Le seul moyen pratique de donner aux pierres tendres de construction la solidité qui leur manque est d’effectuer la fluatation par badigeonnage au fluate de magnésie ou au fluate de zinc, nous avons traité déjà très souvent cette question et il vous suffira d’écrire à la maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand, en adressant un échantillon de la pierre à traiter pour obtenir tous renseignements à ce sujet.
- Foyer du soldat, à Sathonay-Ain. — Il ne peut être question de rendre des cartes postales assez transparentes pour les faire servir à des projections. Les cartons sont toujours chargés de matières minérales, kaolin, talc, sulfate de chaux, etc. ; en admettant que l’on puisse rendre transparente la cellulose, comme cela se fait pour les enveloppes de lettre en papier non chargé en se servant de la gomme laque, la charge minéi'ale des cartons ne serait nullement modifiée et ils resteraient opaques. Le seul moyen pratique est d’employer un appareil de projection genre Dussaud qui projette une image agrandie d’un objet quelconque avec ses couleurs, reliefs, mouvements, tels que cartes postales, gravures, photographies, médailles, bijoux, dentelles, petits mécanismes, etc. (Maison G. Roche, 9, rue Mazagran, Paris, 10°),
- M. Thibault, à Paris. — Pour juger si un-vin est naturel, il faut procéder à une analyse très complète et
- après avoir dosé ses éléments essentiels : extrait alcool, acidité fixe et volatile, tartre, etc., établir les rapports qui existent entre eux dans le liquide considéré.
- Ces déterminations et calculs ne sont pas à la portée de l’amateur, il faut même que le chimiste soit spécialisé dans cette partie pour pouvoir tirer des résultats des conclusions valables. C’est pourquoi il est de beaucoup préférable, si l’on a quelques doutes sur l’authenticité d’un vin, d’en soumettre un échantillon au Laboratoire Municipal, lequel dispose en outre d’une documentation considérable pour la comparaison de ces résultats avec la composition d’un vin de même origine que celle annoncée par le vendeur.
- M. A. G., h Huatabampo (Mexiquej. — 1" La verse du blé — qui est un accident de végétation — est déterminée par une ou plusieurs causes, soit prédisposantes, soit directes. Il se pourrait que, dans le cas que vous nous soumettez, il y ait cause prédisposante dans ce fait que le blé semé sur chaume de riz, après un léger labour, ne peut plonger ses racines assez profondément dans le sol. Les semis sur labours profonds assurent aux racines un développement plus ample. Les semis trop drus prédisposent à la verse; les.tiges, plus nombreuses, restent grêles. Les fumures trop copieuses et surtout l’excès d’azote dans le sol donnent un blé touffu, moins facilement pénétré par l’air, la chaleur et la lumière, les tiges sont grêles, aqueuses, leurs tissus sont peu résistants ; l’excès d’humidité (irrigations trop fréquentes) peut aussi être une cause de verse ; l’insuffisance de silice dans le sol peut déterminer'cet accident de végétation, contre lequel il est possible de se prémunir en semant le blé en lignes, pour avoir des tiges plus grosses, vigoureuses et résistantes; aérer le sol par le drainage, la multiplicité et la profondeur des labours; incorporer au sol des engrais phosphatés; l’acide phosphorique contre-balance l’excès d’azote dans le sol. Les roulages, entassant énergiquement la terre, consolident le blé ; les hersages ameublissent le sol et, en déchirant le collet des jeunes plantes, favorisent le tallage, c’est-à-dire l’émission de nouvelles racines. Il y a des variétés qui résistent mieux que d’autres à la verse, tels sont, par exemple : le blé de Bordeaux, le blé Bleu, le blé Dattel, le blé Hybride des Alliés, le blé Hybride de la Paix,
- 20 L’en grain commun (Triticum monococcum) est une céréale peu productive, tallant beaucoup et qui a la propriété de croître dans les plus mauvais sols, dans ceux où l’on ne pourrait récolter ni seigle, ni avoine. La paille est courte, raide, très fine, l’épi barbu, dressé, étroit, très aplati, composé de deux rangs d’épillets très resserrés et à un seul grain, petit, aplati, tendre, donnant une farine très blanche, fournissant le plus fin et le meilleur de tous les gruaux.
- L’engrain commun est indiqué pour les terrains sablonneux ou calcaires, pauvres.
- 3° En France, les rendements en blé, dans les bonnes terres à blé, varient de 20 à 3o et jusqu’à 40 quintaux à l’hectare, en culture intensive.
- 4° A notre avis, il n’y a guère à espérer une utilisation pi’atique de votre réservoir en tôle, perforé en maints endroits par la rouille ; l’enrobage dans un mortier de ciment ne paraît pas devoir donner un résultat satisfaisant.
- M. Sechaud, à Montreux. — Yoici quelques adresses où vous pourrez trouver des graines de plantes médicinales. , ’
- i° Marchands grainetiers. A coup sûr chez Yilmorin-Andrieux et Cie, 4> quai de la Mégisserie, Paris et probablement aussi chez MM. Cayeux, 8, quai de la Mégisserie, Paris ; Truffaut, 90 bis avenue de Paris (Seine-et-Oise).
- 2" Producteurs. Yous pourriez vous adresser à deux des plus réputés possédant de grandes cultures de plantes médicinales : MM. Morin-Barrat, à Milly (Seine-et-Oise) ; Boulanger et Dausse, ferme de Yantué, à Etrechy (Seine-et-Oise). Ils doivent récolter des graines pour leurs propres semis.
- 3“ Enfin, comme renseignements généraux, il y aurait lieu d’écrire au Comité interministériel des Plantes médicinales"et Plantes à Essences, 12, avenue du Maine Paris, XYü.
- Il y a parmi les xxaembres du Comité un délégué de la Fédération fi’ançaise ides Syndicats de marchands de grains et de .graines- de semences.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Jteo
- C&y
- Fours électriques et chimie, publié sous la direction de Paul Lebeau, avec la collaboration de MM. C. Bedel, A. Damiens, P. Pleury, P. Jolibois, M. Picon, G. Ri-baud, H. Weiss (fondation Edmond de Rothschild pour le développement de la recherche scientifique), ï vol. illustré, 586 p. Editeur, Les Pressés Universitaires de France, Paris, 1924.
- Le Comité de la Fondation Edmond de Rothschild, dont le but est de concourir à la formation de chercheurs scientifiques, s’est proposé d’orienter vers 1’exploration du domaine des hautes températures un groupe de physiciens et chimistes, recruté parmi l’élite de nos jeunes savants. On sait, comment, en créant cet outil nouveau, le four électrique, Moissan a pu commencer au point de vue chimique une exploitation fructueuse de ce domaine dans lequel l’ont suivi de nombreux émules. Mais la tâche estlq|n d’être achevée et le Comité de la Fondation de Rothschild a été bien inspiré en dirigeant vers elle un véritable bataillon de travailleurs; il a en outre très justement pensé qu’il était indispensable à ceux-ci de bien connaître les outils que la science moderne peut mettre à leur disposition. D’où la conception de cet ouvrage de pure documentation et mise au point, consacré à l’étude du four électrothermique, à la description des différents types d’appareils en usage ou proposés, au résumé des principaux résultats physiques et chimi- , ques obtenus avec lui. Les différents chapitres du livre sont traités par différents auteurs : M. Fleury traite des fours à résistance métallique, M. Ribaùd des fours à résistances de carbone, M. Picon des fours dans le vide et des fours sous pression, M. Ribaud des fours à induction, notamment à haute fréquence, M. Damiens des fours à arc, M. Jolibois des fours à étincelles et à gaz, M. H. Weiss de la pyrométrie. De cette collaboration est issu un livre remarquablement documenté et luxueusement édité, qui rendra à tous les chercheurs d’éminents services. Les auteurs ont eu surtout présent à l’esprit le point de vue de la recherche de laboratoire et ont laissé volontairement de côté les applications industrielles.
- Ionisation et résonance des gaz et des vapeurs, par Léon Blocii. i vol. 224 p.,~36 fîg. Recueil des Conférences-Rapports sur la Physique. Editeur, Les Presses Universitaires de France, Paris, 1925. Prix : a5 francs.
- Un électron mis en mouvement par un champ électrique dans un gaz ou une vapeur peut y provoquer des phénomènes divers, qui se manifestent pour des valeurs bien déterminées du champ accélérateur : ce sont les phénomènes d’ionisation, quand le champ est suffisant pour que la collision d’un électron avec l’atome arrache à celui-ci un de ses électrons superficiels ; ce sont les phénomènes de résonance lorsque le choc n’entraîne qu’un changement de niveau des électrons dans l’atome, ces derniers intimernent liés à la production de radiations lumineuses. Ces phénomènes, complexes et délicats à saisir, mais d’une grande importance théorique et pratique, ont fait l’objet depuis quelques années d’un nombre considérable de travaux, la plupart allemands, américains, ou anglais. Les travaux français sur la question sont peu nombreux et jusqu’ici aucun ouvrage d'ensemble ne lui avait été consacré en notre langue. Cette lacune est heureusement comblée par l’excellent exposé de M. L. Bloch qui groupe et condense d’une façon très claii’e les résultats essentiels acquis actuellement. 11 explique d’abord les différents procédés pour mesurer les potentiels critiques d’ionisation et de résonance; puis il insiste sur les rapports intimes qui lient les potentiels de résonance aux raies spectrales caractéristiques d’un corps, et montre quels précieux renseignements ces deux ordres de phénomènes nous fournissent soit sur le mécanisme des chocs entre électrons, atomes et molécules, soit sur la constitution de l’atome, de la molécule et même la nature de l’affinité chimique. Il termine en mettant en relief l’intervention des phénomènes de quanta dans toutes les manifestations de cette mécanique moléculaire qui se refuse à entrer dans les cadres de la mécanique classique.
- La lumière intensive. Phares et projecteurs, par Eu. Marcotte, i vol. 17a p., 25 fig. Pajot, éditeur, Paris, 1925. Prix : 5 francs.
- Dans cet ouvrage, M. Marcotte résume la technique de l’emploi de la lumière dans les phares et projecteurs de toute nature. 11 étudie d’abord les sources de lumière intensive : arc électrique, lampes électriques à incandescence, incandescence par le gaz ou les vapeurs, acétylène; il indique les progrès réalisés dans celte branche de l’industrie qui fabrique aujourd’hui des unités d’une puissance éclairante extraordinaire ; il résume ensuite les règles qui permettent de prévoir la visibilité et la portée des signaux lumineux; puis les propriétés photométriques des appareils optiques, lentilles et miroirs usuels; il étudie les projecteurs et leurs divers emplois : signalisation, projecteurs de guerre, effets de théâtre, etc. L’ouvrage se termine par la description des phares maritimes et de leur outillage, des feux flottants cl des aérophares.
- Horaire des transmissions radiotéléphoniques. 1 tableau. R. Plantié, éditeur, Rieumes (Haute-Garonne). Prix : 3 fr. 5o.
- Ce tableau, sous une forme plus condensée, contient les indications les plus importantes relatives aux horaires des transmissions radiotéléphoniques, et il se prèle aisément à l’affichage, ce qui dans bien des cas peut être commode.
- Apprenons à manger, par A. L. Marchadier et À. Goujon. 1 vol. in-16 de 260 p. G. Doin, éditeur, Paris, 1920, Prix : 12 francs.
- Bien se nourrir est une véritable science, en même temps qu’un art. La base fondamentale ~de eettc science, c’est la connaissance parfaite des divers aliments qui entrent dans la composition de notre nourriture ; l’ouvrage alerte, clair, et savant en même temps de MM, Marehadier et Goujon permettra à chacun d’en acquérir sans peine les éléments essentiels. Les auteurs étudient successivement les aliments usuels, nous indiquent leurs qualités nutritives, hygiéniques et gustatives, nous apprennent les soins à apporter dans leur choix et leurs préparations, et nous mettent en garde contre, les falsifications possibles.
- Sur une théorie de Vinflation, par Jacques Rueff. i brochure, 26 p. Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1925. - Prix : 3 fr. 5o.
- Dans ce travail, d’une cruelle actualité, l’auteur, jeune économiste déjà connu par d’importantes et originales publications, soumet à une investigation en quelque sorte physique et mathématique le phénomène de l’inflation. Ne craignons pas de voir les mathématiques s’introduire dans la science économique; elles ne sont qu’une aide pour raisonner juste, ce qui jamais n’a été plus nécessaire en un domaine où tant de passions, de préjugés viennent troubler la pure raison. L’auteur étudie les variations de la circulation des billets de banque en France, Italie, Allemagne, Pologne, Autriche, tous pays qui ont souffert ou souffrent encore de l’inflation; il constate que les courbes qui représentent ces variations ont, dans tous ces pays, une forme commune; ce sont des courbes exponentielles; il recherche l’explication de ce caractère général, et le trouve dans une théorie rationnelle des phénomènes monétaires qui conduit à de remarquables vérifications expérimentales. Parlant de là, il cherche à déduire de la théorie les conséquences essentielles du phénomène de l’inflation, et il arrive à cette conclusion que l’inflation constitue le plus inique des impôts, s’exerçant non seulement au profit de l’Etat, mais à celui de tous les emprunteurs et aux dépens des prêteurs. C’est une spoliation générale. L auteur se rencontre ainsi avec deux .illustres savants, qui, voici bien des siècles, étudièrent le même problème et formulèrent la même conclusion, nous voulons dire le Français Nicolas Oresme et le Polonais Copernic.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2666 9 Mai 1925
- Nécrologie: Stanislas Meunier. — M. Stanislas Meunier, professeur honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle,, vient de mourir. Né en 1843 à Paris il avait fait ses études à Paris et était entré en 1867 au Muséum où il fit toute sa carrière. Esprit ingénieux et cultivé, il s’était surtout préoccupé des grandes questions géologiques : la théorie de la terre, l’activisme, la géologie comparée et expérimentale. On lui doit de très importantes études, notamment sur les météorites.
- II avait exposé ses idées et ses recherches dans de nombreux livres dont les principaux sont : La Géologie comparée (1895), Nos Terrains [i898), La Géologie expérimentale [T édition, 1904), La Géologie générale (2e édition, 1909), Les Convulsions cle l’écorce terrestre (5e édition, 1910), IJ Evolution des théories géologiques (ac édition, 1912), La Géologie des environs de Paris (1912), La Géologie biologique (1914), etc.
- C’était le plus ancien des collaborateurs de La Nature à laquelle il avait donné son premier article en 187a, deux ans après la fondation de celle-ci et à laquelle il n’avait cessé de collaborer depuis.
- Nous donnons ici la reproduction de la plaquette qu’avaitfaitedelui,en 1920, son ami Lecomte du Noüy.
- Une ultra-balance. —
- La Nature (n° 2660) a donné d’intéressants renseignements sur une miçro-ba-lance de cons traction française permettant de peser le millième de milligramme.
- Mais les progrès, en ces matières, ne s’arrêtent pas.
- Le constructeur hambourgeois. Kulhinann, dont il était question dans cet article, construit, en effet depuis peu, une ultra-balance dix fois plus sensible.
- Holtz vient de la présenter à la Société physico-médicale de Wurzbourg. Elle permet de peser des quantités de substances allant de 20 grammes à un dix-millième de milligramme.
- Au lieu d’un seul cavalier, cette balance en possède deux, l’un de 5 milligr. et l’autre de o,5 milligr. Elle a permis de déterminer l’azote total d’un poids de substance de 20 milligr. et la proportion de phosphoi’e des lipoïdes dans 5o milligr. de sérum de sang avec une approximation de o,3 pour 100.
- Si une pareille balance n’est pas d’un emploi trop compliqué, elle parait dénaturé à-rendre de biens grands services1 en biologie et particulièrement dans les méthodes de laboratoires utilisées par la médecine où l’analyse est si souvent rendue impossible par les grosses quantités qu’exigent les chimistes.
- La vapeur à haute pression. — Nous avons, à maintes reprises déjà, signalé l’évolution de la machine à vapeur vers l’emploi de pressions de plus en plus élevées. Les machines fonctionnant avec de la vapeur entre 6 et 10 kg par centimètre carré formaient autrefois l’immense majorité ; aujourd’hui on n’hésite plus devant les pressions de a5 kg et. de nombreuses installations importantes en cours d’exécution utiliseront de la vapeur à 5o et 60 kg. Et il semble bien qu’on ne s’arrêtera pas là; des études sont en cours, pour la réalisation de. machines à pressions beaucoup plus élevées, encore. Par là, la machine à vapeur reconquiert les avantages économiques que menaçait de lui ravir le moteur Diesel.
- L'Engineering publie quelques'détails -sur un nouveau
- système d’installation de vapeur, sous pression de 100 kg, imaginé par le professeur Lœfller, de Charlottenburg, et réalisé par la Wiener Lokomotivfabrik à Florisdorf (Autriche). Une installation d’étude de 100 kilowatts est en marche depuis quelques mois ; une locomotive d’express de 2000 ch. est en construction ainsi qu’une turbine de 18000 chevaux pour les aciéries de Wilt-kowitz.
- La caractéristique du système Lœffler est la suivante : la chaleur du foyer est, pour la plus grande part, communiquée à la vapeur dans les réchaulfeurs d’eau d’alimentation et dans les surchauffeurs ; la chaudière elle-même n’est pas exposée au feu; elle est chauffée au moyen d’une injection de vapeur surchauffée prélevée sur la conduite de vapeur principale. La pression dans celle-ci est donc plus élevée que dans la chaudière, et la vapeur produite dans la chaudière doit être comprimée dans le surchaulfeur au moyen d’une pompe spéciale.
- Il est à noter qu’il ne s’agit pas seulement ici de faire fonctionner des turbines avec de la vapeur à haute pression, mais aussi des machines à piston pour lesquelles le problème est beaucoup plus difficile.
- Les débouchés du chlore. — Le chlore a toujours été dans l’industrie chimique un sous-produit gênant ; l’ancien procédé Leblanc pour la fabrication du carbonate de soude donnait une énorme quantité d’acide chlorhydrique dont l’emploi était un grave problème pour l’industriel. Le procédé Solvay à l’ammoniaque a débarrassé l’industrie du carbonate Me soude de ce souci; mais le problème s’est posé à nouveau pour l’industrie de la soude électrolylique par éleçt.rolyse du chlorure de sodium ; cette fabrication donne une tonne de chlore par tonne de soude ; une partie, mais une partie seulement, du chlore trouve son débouché dans la fabrication des chlorures décolorants.
- Pendant la guerre on eut besoin d’énormes quantités de chlore pour la fabrication des gaz asphyxiants; momentanément le chlore est passé du rang de sous-produit à celui de produit principal, et de nombreuses usines d’électrolyse de chlorure de sodium se sont montées en vue de cette production. Les hostilités terminées, le chlore avait perdu le principal de ses débouchés et les usines en question ont. dû fermer leurs portes ou ralentir leur production.
- Il y a donc grand intérêt à trouver de nouveaux débouchés au chlore. Dans une récente conférence à la Société française des Electriciens, M. Matignon expose les efforts faits dans cette voie, et les résultats obtenus.
- En France, la Société Péehiney a trouvé l’utilisation du chlore produit par scs usines dans la fabrication synthétique de l’indigotine par un procédé utilisant comme intermédiaire l’acide acétique monochloré.
- En Italie, les Etablissements Pomillio ont étudié plusieurs autres solutions, intéressantes à divers titres.
- Tout d’abord, ils ont fabriqué de l’acide chlorhydrique par combinaison du chlore avec l’hydrogène qui se produit. dans les compartiments cathodiques des éleotroly-seurs eux-mêmes. Cet acide est employé à la fabrication du chlorure de zinc utilisé pour l’imprégnation des traverses de chemins de fer. Mais ce n’ést là. qu’un débouché assez restreint.
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- INFORMATIONS
- Los établissements Pomillio en ont cherché un autre dans le traitement de la leueite, silicate double d’aluminium et de potassium, très abondant en Italie. Ce minéral, traité par l’acide chlorhydrique, donne du chlorure de potassium, engrais potassique de valeur, de la silice en grains cristallins, et du chlorure d’aluminium. Ce dernier peut être décomposé assez facilement en acide chlorhydrique qui rentre dans le cycle de fabrication et en alumine pure, servant à l’extraction de l'aluminium.
- Ce procédé, concurrencé par d’autres modes de traitement de la leueite, n’a pris, lui aussi, qu’un assez faible développement.
- Finalement, c’est dans le traitement par le chlore des matières ligneuses, en vue de l’obtention de pâtes à papier, que les établissements Pomillio semblent avoir trouvé la véritable solution du problème du chlore. A leur usine électrolytique, voisine de Naples, ils ont ajouté une usine d’essai capable de produire par jour 6 tonnes de cellulose ; elle consomme 3oo kg de chlore par tonne de cellulose produite et absorbe la quantité du chlore correspondant à la production de 2 tonnes de soude.
- La matière ligneüse est traitée par une lessive de soude à r pour 100, puis, après lavage, par le chlore qui solubilise les matières étrangères et laisse intacte la cellulose. Il se forme de l’acide chlorhydrique qui, à la faveur de l’élévation de température, pourrait liydro-lyser la cellulose et la transformer en glucose. Des mesures sont prises pour éviter les échauifements et l’attaque qui en résulterait.
- La matière première traitée est l’alfa, en provenance de Tripolilaine et de Tunisie. On en tire, on le sait, un papier de première qualité.
- M. Matignon signale, en outre, que le même mode de ' traitement a été appliqué avec succès au traitement de la paille de céréales, de la paille de chanvre, et même des bois résineux, fl faut donc s’attendre à voir ce procédé prendre une grande extension et entraîner à nouveau, en ce qui concerne le chlore, un renversement de sa situation économique.
- De grandes quantités de chlore étant nécessaires, c’est ce corps qui deviendra le produit principal, et la soude caustique le sous-produit. 11 est vrai qu’il sera aisé d’utiliser les excédents de soude produits en adjoignant à la fabrique de papier au chlore une fabrique de papier par le procédé à la « soude ».
- Le mortier des pyramides d’Egypte. — La Revue des constructions et de travaux publics rend compte d’une étude de M. von Glasenapp, récemment parue dans le Tonindustrie Zeitschrift où l’auteur rend compte des expériences qu’il a faites sur le mortier qui cimente les pierres des pyramides d’Egypte. Ayant pu disposer de deux échantillons de la matière qui remplit les joints des blocs rocheux de la maçonnerie de la pyramide d’Abre Roasch, entourant le sarcophage de Teft-Ré, de la IV0 dynastie, il les a soumis à l’analyse.
- Cette'matière ne contient pas de sable; elle a l’aspect d’uné argile jaunâtre renfermant des fragments bruns d’une dureté différente, qui rappellent des grains d’argile cuite. L’analyse chimique y révèle 82,7 pour 100 de sulfate de chaux, 8,5 de carbonate de chaux, 3,8 d’argile, 2 d’alumine et d’oxyde de fer. M. Glasenapp estime que c’est un mélange de plâtre à bâtir ordinaire et de déchets de gypse brut, additionné d’un peu de limon argileux contenant de la chaux.
- Si ce mortier a bien tenu, c’est surtout à cause de l’absence en Egypte des gelées qui désagrègent le plâtré.
- A propos des routes migratoires des cigognes blanches. — Dans La Nature du 3i janvier de cette année, j’ai publié une causerie sur les grands voyages des cigognes blanches. Je suis heureux de ce que, grâce à l’extraordinaire diffusion de la présente revue, mon article ait été lu jusque dans le fond de l’Afrique.
- En effet, j’ai reçu de M. E. Bien, administrateur en chef des colonies, à Yaoundé (Cameroun), l’information suivante : « Il m’a été donné de constater, en 1906, 1907 et 1908, à Djenné (Soudan français)», de nombreux passages de cigognes, en avril et mai. Et le icr mars 1925, au bord de la Sanaga, près du village de Natchi-gàl liât. N. 4°25', long. E. de Greenwich n°4' environ),
- la présence d’une bande de plusieurs centaines de cigognes, qui ont passé foule la journée et la nuit sur les bancs de rochers au milieu du fleuve. Ces deux observations tendraient à établir qu’il y aurait une roule plus au sud-ouest que vous indiquez. »
- Les renseignements de M. Bien sont précieux. Il y a lieu de remarquer que toutes les cigognes ne vont pas jusqu’à l’extrême sud de l’Afrique. Certaines, venant d’Europe, en suivant la route sud-ouest que j’ai indiquée, se dirigent du Tibesti vers le lac Tchad et les cours d’eau qui s’y jettent. De là, elles peuvent, soit gagner le sud, par étapes, en suivant le Chari, puis l’Oubanghi et autres affluents du Congo, soit virer vers l’ouest, c’est-à-dire vers le Niger et ses affluents.
- Il serait intéressant de savoir si des cigognes blanches ont parfois été observées au Congo belge ?
- Lorsque M. Bien a vu les bandes de cigognes, c’était en mars, avril, mai, donc au retour. Vers quelle direction se dirigeaient-elles ? Yoilà un point très important à connaître.
- Quoi qu’il en soit, nous inclinons à croire, avec M. Bien, qu’une route existe plus au sud-ouest. En ci: cas, les cigognes, après avoir passé Gibraltar et le Maroc, franchiraient d’une traite le Sahara, pour arriver directement au Niger, d’où elles passeraient vers le Tchad, le Chari, l’Oubanghi, ou, par le Cameroun, vers l’Oubanghi et les affluents du Congo.
- J’ai demandé quelques précisions à M. Bien. Dès que cet éminent fonctionnaire aura bien voulu me les fournir, j’en informerai mes lecteurs de La Nature.
- Armand Mercier.
- "Nouvelles de T. S. F.
- Les conventions radiotélégraphiques internationales. — Le développement de plus en plus grand pris très rapidement par les communications radiotélégraphiques et radiotéléphoniques, l’évolution des systèmes de transmission d’autre part, rend de plus en plus nécessaires des conférences entre les Etals pour la réglementation de ces communications. C’est pourquoi les organisations internationales ont compris l’opportunité de réaliser des réunions préparatoires avant la grande conférence mondiale qui doit se tenir à Washington.
- C’est d’abord la Société des Nations qui publie le communiqué suivant :
- Le comité radiotélégraphique institué par la commission des communications et du transit de la Société des nations, réuni à Genève, a terminé ses travaux. Il a exprimé l’aVis qu’il serait opportun qu’une conférence radiotélégraphique préparatoire de tous les Etals européens ou du plus grand nombre possible d’entre eux lût tenue dans le courant de 192G.
- Celle conférence aurait pour rôle principal, en utilisant les résultats de la conférence de l’Union télégraphique que le gouvernement français a convoquée, pour le ier septembre prochain, de faciliter l’œuvre de la conférence de Washington que le gouvernement américain a l’intention de réunir en vue de reviser la convention radio-télégraphique de 1912.
- Le comité estime qu’il serait opportun que la conférence de Washington fut convoquée pour 1927. La conférence des Etats européens projetée par le comité pourrait également examiner, le cas échéant, toute question qui n’aurait pas été portée à l’ordre du jour de la conférence de Washington ou pour lesquelles un accord paraîtrait désirable entre Etats européens, telles que les questions de radiotéléphonie.
- Cette conférence pourrait être convoquée sur l’initiative de la . commission des communications et du transit de la Société des Nations, d’accord avec les administrations intéressées.
- Le comité a, en outre, décidé d’attirer l’attention de la conférence qui doit se réunir à Washington sur la nécessité d’élaborer une réglementation internationale des communications radiotélégraphiques intéressant la sécurité en mer et la protection de la navigation.
- Ces résolutions du comité radiotélégraphique de la Société des Natùfns seront communiquées aux Etats mem bres de l’Union internationale et de l’Union radiotélégraphique, aux bureaux de ces unions et au président de la conférence Télégraphique internationale de Paris.
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- F.Aw . > Y»
- SCIENCE APPLIQUÉE
- C^nS,
- Quelques Procédés et Appareils de T. S. T. intéressants
- Un montage puissant mixte à étage H. F. semi-apériodique et à résonance. — M. le docteur Germain, un de nos fidèles lecteurs de la Gironde, a bien voulu nous communiquer le schéma du poste assez original qu’il emploie avec succès. Ce poste a été construit par lui-même avec l’aide d’un ami, et nous croyons intéres-
- Fig. i. — Poste puissant à montage 1IF mixte.
- L bobine d’accord ; Ls, bobine de résohrtuco; Ls, bobiné de réaction; G,, capacité de 1(1000“ microfarad; O*, 0,,lo/lÜ00” microfarad ; G-, 0,15/1000* miqrofarad ; ('<*, 1/1000° îhicrofarad ; G,;, 6/1000“ microfarad ; C,„ 3/1000” mi-croi’arad ; C„ 2/1000" microfarad. IV,, résistance de 1 mégohm ; U4, de l mèg-, olinis; li3,de 200.000 ohms; tq, 12 mègohnis.
- sant d’en indiquer le schéma à nos lecteurs, car il nous a paru assez curieux, bien que sa construction soit basée sur des principes évidemment fort connus.
- La ligure i indique donc nettement comment l’appareil est réalisé. La réception se fait sur antenne (unifilaire, a5 m. de long, 12 m. de haut) ; le dispositif d’accord est eti dérivation avec galette d’accord interchangeable L1; et condensateur d’accord en série ou en parallèle.
- Le premier étage d’amplification haute fréquence comporte une liaison par bobinage semi-apériodique à noyaü de fer mobile S, et condensateur de liaison C2.
- Le deuxième étage est à résonance classique, avec circuit oscillant accordé L2 C/t et condensateur de liaison C3.
- La troisième lampe est déleclrice et comporte une bobine de réaction ëlèctrôiüâgüéliqüé L-, couplée avec la bobine de résonance L<j, ce qui diminue la « reradiation » dans i’âiHehhe.
- La quatrième lampe enfin est une amplificatrice basse fréquence à résistance. La résistance de-liaison R3 de 200000 ohms est. simulée par un condensateur C? de 3/i.ooo de nticrofàrad, qui laisse pasSage aux oscillations de haütë fréquence. Le condensateur de liaison Cs a une capacité dé 6/i.ôbO dé iincPoîarad. Quant à la résistance de grillé R4 de kù inégbhms, elle'pourrait être reliée directement àU pôle— 4 volts. 11 est cependant encore préférable, suivant lés indications données par M. Brillouin, inventeur de l’amplificateur à résistances, de connecter cette résistance au curseur d’un potentiomètre P, dont l'enroulement est réuni aux pôles d’une petite pile de poche A ; on peut ainsi rendre plus négatif le potentiel de la grille de la dernière lampe.
- Sur antenne unifilaire. de 2.5 mètres à 12 mètres de haut, les émissions anglaises, allemandes, italiennes, espagnoles et belges sont fort bien entendues. Les radio-concerts de la Toür Eiffel, de Radio-Paris et même des P. T. T. et du Petit Parisien sont toujours reçus facilement en hatif-pàrleur, très net,
- La réception des ràdid-eoneetts au Maroc. — La
- réception des radio-concerts est assez difficile au Maroc, non seulement à’ cause de la distance, mais surtout par suite des parasites atmosphériques intenses si gênants en Afrique. L’emploi du cadre comme collecteur d’ondes, emploi parfaitement possible malgré la faible énergie relative recueillie par l'enroulement, permet d’atténüér les inconvénients et d’obtenir des réceptions suffisamment nettes.
- Un de nds ieeteurs de Rabat, M. A. B., obtient d’excëîlentes auditions en haut-pàrléür des émissions sur ondes courtes et surtout dés radio-concerts anglais à l’aide d’un cadre en spiralé plate comportant un enroulement de m. sur un châssis de 2 in. X 2 m. ttvec 7 centimètres entre chaque spire. L’enroulement est constitué par du fil de 9/10 mni. de section, isolé par
- deux couches de coton et quadruplé. L’accord est simplement effectué avec un condensateur variable de r/1.000 microfarad en dérivation aux bornes d’entrée de l’appareil de réception. Ce cadre est d’ailleurs situé sur une terrasse et il est connecté au poste à l’aide de deux fils dç descente de 7 m. 5o de long, très bien isolés.
- Le poste de réception proprement dit est un appareil superhétérodyne du modèle classique qui comprend une lampe haute fréquence pour ondes courtes, une détectric.e„ pour ondes courtes, deux haute fréquence et une détec-trice pour ondes moyennes après les circuits du Tesla et une lampe basse fréquence à transformation, soit six à 7 lampes avec l’hétérodyne pour ondes courtes.
- Notre correspondant a également effectué d’intéressants essais de réception des ondes moyennes sur antenne. Il a pu constater qu’une antenne longue, qu’on pourrait croire nécessaire a priori, donne au contraire cle fort mauvais résultats par suite toujours des parasites recueillis.
- Une première "antenne prismatique à 5 fils de 35 mètres n’a donc fourni que des résultats déplorables, et, par contre, une antenne en L de 3 fils de 10/10 de millimètre, écartés de 1 m. 23, et longs de 16 m. 5o seulement, a permis avec 4 lampes seulement une réception puissante des émissions de Radio-Paris ; les résultats sont d’ailleurs bien meilleurs dans la journée que le soir, mais ils ne sont jamais aussi satisfaisants que ceux obtenus en employant le cadre comme collecteur d’ondes.
- Un poste à cadre très original. — L’emploi d’un cadre comme collecteur d’ondes permet, on le sait, de réaliser des postes de réception facilement transportables, dont nous avons d’ailleurs décrit d’ingénieux modèles dans La Nature. M. Tavel, un de nos lecteurs de Lyon, a bien voulu] nous communiquer les
- 1.2.50 au carré
- 60 spires en deux groupes de 30
- Fig. 2.— Ensemble du poste mobile sur cadre de M. Tavel.
- caractéristiques d’un intéressant posté à cadre cpril a construit lui-même, et avec lequel il obtient d’excellentes réceptions des radio-concerts de Radio-Paris et de la Tour Eiffel.
- Le poste est constitué essentiellement par un cadre carré « en tambour » de i in. 25 de côté. A l'intérieur du cadre, et soutenues grâce aux montants verticaux d celui-ci, sont disposées deux tablettes horizontale (fig. 2). La tablette supérieure porte le condênsaleu
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- SCIENCE APPLIQUEE
- d’accord, l’amplificateur de réception, et les récepteurs téléphoniques et haut-parleur. Sur la tablette inférieure sont disposés l’accumulateur de chauffage et la pile de tension plaque.
- Le bobinage du cadre est formé par deux nappes de 3o spires de câble souple, de ia/io mm. de section, isolé sous coton, caoutchouc et guipage tressé (fig. 3).
- douilles métalliques, les connexions des broches des lampes étant effectuées simplement au moyen d’œillets métalliques, ou à l’aide, de petits ressorts placés en dessus de la plaquette isolante formant la partie supérieure du poste.
- On trouve maintenant, dans le commerce, des supports établis suivant ces principes ; la figure 5 indique
- Agrafage
- Fig. 3. — Disposition en parallèle des fils du cadre de M. ïavel.
- Ces. 6o spires sont distantes de 8 mm. et la largeur totale du bobinage a ainsi une soixantaine de centimètres. Ces deux groupes de 3o spires, au lieu d’ètre réunis en série, sont montés en parallèle et M. Tavel nous déclare avoir obtenu des auditions remarquables en haut-parleur grâce à ce procédé à l’aide d’un amplificateur à 6 lampes à résistances ou à 5 lampes à transformateurs.
- Les spires de fil sont d’ailleurs soutenues par un laçage en bandelette de jonc, utilisées dans le cannage
- 30sp 30 sp.
- Fig. 4. — Réalisation des spires du cadre.
- des chaises, et toutes les spires sont coupées et réunies par un agrafage de la conception de notre correspondant (fig. 4) ; ce système permet toutes les combinaisons désirables sans crainte de « bouts morts ».
- Nouveau type de support d’audion. — On sait qu’il est absolument nécessaire, pour la ^réception des ondes
- Fig. 5. — Le support de lampe vu par-dessous.
- très courtes, d'éviter les effets de capacité parasites. Une cause assez fréquente de l’existence de ces capacités est la masse métallique trop importante des douilles placées sur les supports de lampes.
- Nous avons même déjà indiqué que dans certains montages, les montages à résistances par exemple, il était préférable d’utilisgr des supports spépiaux sans
- un modèle de ce genre construit par la'fnaison Dyna.
- La masse du support est constituée par de l’ébo-nite ou de la matière moulée assez mince, et les douilles de l’audion passent simplement à travers quatre .ouvertures percées dans cette matière isolante. Quatre ressorts cerclés établissent avec les douilles d’excellentes connexions en dessous de la plaquette. L’ensemble du support peut servir pour les montages sur table ou être encastré sur la partie supérieure d’une boîte en ébénislerie. t
- Un nouveau type de haut-parleur de salon. — Les
- constructeurs de haut-parleurs se sont depuis longtemps efforcés de donner à leurs modèles l’apparence la plus élégante possible, de façon que l’amateur de T. S. F. puisse placer cet accessoire au milieu de son mobilier sans crainte de rompre l’harmonie de l’agencement du « home ».
- Un des modèles les plus récents qui vient d’ètre établi par la maison Gaumont semble bien devoir être accueilli
- Fig. 6. — Haut-parleur de salon en forme de lampe.
- favorablement par tous les amateurs épris d’élégance et soucieux d’esthétique.
- L’appareil a l’aspect d’une superbe lampe avec pied en fer forgé et réflecteur en cristal teinté (fig. 6) ; le haut-parleur à diffuseur type Lumière est contenu horizontalement dans le réflecteur, et le diffuseur est simplement dirigé vers le bas. L’audition est aussi bonne qu’avec un haut-parleur ordinaire et les ampoules électriques habituelles peuvent demeurer allumées dans le réflecteur, comme s’il s’agissait d’une lampe de bureau ou de salon ordinaire, P, Hémardinqxjer,
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- VAR] ÉTÉS
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : CAMOMILLE ROMAINE
- La camomille romaine (Anthémis nobilis L.), Composées ou Synanthérées, est encore appelée Anthémide ou Anthémis, Camomille officinale, C, noble, C. odorante, C. blanche, C. des jardins. Il y en a d’autres espèces, notamment la Matricaire Camomille, mais il n’y a pas lieu d’en parler ici.
- Habitat. — Cette camomille est assez répandue en France, en Italie et en Espagne. Chez nous elle croit à l’état sauvage dans les terres incultes et sèches du Midi, dans les allées sablonneuses, les pelouses des bois, etc. Elle est très souvent cultivée dans les jardins et en grand dans quelques départements.
- Description sommaire. — Plante vivace dont les tiges peuvent atteindre 20 à a5 cm à l’état sauvage et environ 3o à 4° cm dans la culture ; elles sont très ramifiées et surtout rampantes. Feuilles alternes, découpées en segments très petits, pubescentes. Fleurs en capitules solitaires, à fleurons jaunes, hermaphrodites, au centre, à demi-fleurons sur la circonférence, blancs, femelles, à odeur balsamique, assez agréable, pénétrante; floraison de juin à septembre. Fruit, achaine petit et verdâtre.
- Culture. — Il y a lieu de distinguer deux variétés dans la camomille romaine : l’une à fleurs simples, l’autre à fleurs doubles qui est, à beaucoup près, la plus cultivée à cause du plus grand développement de ses capitules,. On la désigne habituellement sous le nom de Camomille de Paris et l’autre sous celui de Camomille du Nord.
- Multiplication. — Il existe deux modes : a) par semis; b) par éclats de souches. Ils sont eux-mèmes subordonnés à la variété qu’on veut cultiver, ou plutôt à la faculté de produire des graines. Aussi, étant donné que la camomille à fleurs simples en fournit beaucoup et celle à fleurs doubles très peu, il ;en résulte qu’on multiplie la première par semis et la seconde par éclats de souches.
- Mais quel que soit le mode suivi, bien que la camomille vienne à peu près dans tous les sols, il vaut mieux qu’ils soient légers, argilo-calcaires, substantiels, exposés au midi, assez frais ou pouvant être arrosés, quoique la plante craigne une trop grande humidité en hiver comme une forte sécheresse en été.
- Dans le jardin familial, la terre doit être bêchée deux ou trois mois auparavant, et si l’on ne peut la fumer au fumier de ferme, on y répandra, par mètre carré, 10 gr. de sulfate d’ammoniaque ou 8 gr. de nitrate de soude enterrés par un léger binage. Dans le champ, on fait deux labours préalables, on fume dans la proportion précitée, ou bien l’on épand, par are, 2 kg 5oo de superphosphate de chaux et 1 kg de sulfate de potassium. (A. R. et D. B.).
- a) Par semis. — On sème en deux saisons : au printemps et à l’automne, en lignes distantes de o m. 60; on éclaircit en temps voulu en laissant un intervalle de a5 à 3o centimètres.
- b) Par éclats. — C’est le mode à préférer; on peut l’entreprendre à l’automne ou au printemps, mais M. J. Demilly, qui est très expert dans la culture des plantes médicinales, conseille l’automne et le procédé suivant. On divise les souches de camomille en plusieurs pieds suivant la force de la plante et on les met en pépinière. Les éclats émettent des racines pendant l’hiver et ils sont prêts à être mis en place au printemps dans un sol siliceux et frais autant que possible. A ce moment, on trace des lignes espacées de 60 cm, de façon à pouvoir biner mécaniquement (ou à la main dans le jardin), et on place les plantes à 3o cm sur la ligne. Il faut bien tasser la terre autour des pieds.
- Les soins consistent en binages répétés trois à quatre fois la première année, tandis que deux suffisent la seconde année. On arrache les plantes au bout de la quatrième année pour les diviser et refaire une' nouvelle plantation.
- Récolte. — • On y procède dès la seconde année en commençant vers le mois de juin et ne s'arrêtant qu’au mois de septembre. On a soin de cueillir les capitules très peu avant leur complet épanouissement : trop tard, les ligules pourraient se détacher facilement; trop tôt, les fleurs ne seraient pas assez développées et retiendraient une légère teinte verte qui leur serait préjudi-
- ciable. Il faut choisir un beau temps sec et ensoleillé pour faire cette récolte, car elles ne doivent être mouillées ni par la pluie ni par la rosée, afin qu’elles ne soient pas exposées à noircir pendant le séchage.
- Pour la récolte dans les champs de culture, on se sert, dans certains pays, d’un outil en bois nommé « peigne à airelles. » (J. Demilly).
- Production. — Dans le Maine-et-Loire, on estime que l’hectare donne 1200 kg de fleurs, et dans la région de Valenciennes 800 à 900 kg. (A. R. et D. B.).
- Séchage. — Il faut sécher les fleurs le plus tôt possible en les étalant en couche mince sur des toiles placées dans un endroit très aéré, séchoir ou grenier, et non exposé aux poussières; éviter, autant que faire se peut, d’employer la chaleur, comme c’est d’ailleurs la règle pour toutes les plantes aromatiques, afin que les huiles essentielles ne se volatilisent pas en partie. On n’y recourrait que si les fleurs avaient été mouillées; on chaufferait le local et l’on aurait soin de les remuer très souvent. 11 importe de ne pas oublier que la blancheur est un facteur essentiel de leur valeur commerciale ; aussi, leur conservation doit-elle être faite avec tous les soins que j’ai indiqués précédemment. 10 kg de fleurs fraîches donnent 2 kg à 3 kg 5oo de fleurs sèches.
- Composition chimique. — Les fleurs de camomille contiennent : camphre, principe gommo-résineux, tanin, acide anthémique et de l’huile volatile (D* A. H.). Cette essence constitue le principe le plus actif, mais les chimistes ne sont pas d’accord sur sa coloration : pour les uns elle est bleue et verte pour les autres ; ces derniers paraissent avoir raison. Sa composition est formée surtout d’éthers butyrique, angélique et tiglique, d’alcools amylique et hexylique ; elle contient de l’an-thémol et un peu de strychnine. Elle a pour densité o.go5 à o.giS et se dissout dans 6 parties d’alcool à 700. 10 kg de fleurs en contiennent de 8 gr. 4 à 40 gr.
- Propriétés thérapeutiques. — La camomille est amère, aromatique, stimulante et tonique. Elle a, d’abord, été employée par Galien comme fébrifuge et Trousseau, depuis, l’a appelée «le quinquina de l’antiquité ». Cette action est ‘certaine, d’après lé D' Héraud, dans des fièvres intermittentes mal définies ayant résisté au sulfate de quinine. Elle réussit aussi contre la courbature, les névralgies faciales et la céphalalgie grippale. Toutefois, parmi les propriétés qu’on attribue à la camomille romaine, la principale parait être, aujourd’hui, son action antispasmodique. Elle constitue un remède populaire comme digestif, carminatif, stomachique dans les digestions difficiles, les coliques venteuses, etc.; comme stimulant et antispasmodique dans les fièvres typhoïdes et surtout comme emménagogue pour régulariser les règles, comme anlhelminthique contre les vers intestinaux; comme vomitif quand elle est prise en grande quantité. . ~ r
- Préparations pharmaceutiques et doses. — La seule partie usitée est la fleur. Comme presque toujours le remède le plus populaire contre les embarras gastriques est l’infusion, 5 gr. par litre {Codex, 1908), mais le plus souvent on met deux à quatre fleurs par tasse. Il importe de bien se rendre compte de la différence qui existe entre l’infusion et la décoction. La première consiste à verser de l’eau bouillante sur les fleurs et à laisser en contact durant une demi-heure, la. seconde à faire bouillir les fleurs et l’eau pendant 2 à 5 minutes. L’infusion est tonique et la décoction excitante et antispasmodique.
- . On emploie encore à l’intérieur pour 24 heures ; l’extrait o gr. a5 à o gr. 5o, l’eau distillée 2Ô à 100 gr. ; la poudre récente 1 à 8 gr. en cachets; le sirop 10 à 5o gr; l’huile volatile 1 à 2 gouttes. A l’extérieur, on se sert en friction de l’huile de camomille obtenue en faisant digérer 3 heures au bain-marie couvert, et en agitant de temps en temps, ioo gr. de fleurs sèches dans 1000 gr. d’huile d’œillette (Codex 1908), ou de l’huile de camomille camphrée préparée en introduisant 100 gr. de camphre râpé dans 900 gr. d’huile de camomille, laissant en contact, en agitant de temps en temps jusqu’à dissolution complète. L’infusion de 10 gr. de fleurs pat-litre d’eau sert en lotions très chaudes contre la conjonctivite,
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- VARIÉTÉS
- L’art vétérinaire emploie également pour les animaux l’infusion de camomille à dose élevée pour les différentes affections signalées plus haut.
- Observations commerciales. — La culture de la càinOmille en grand est une des plus recommandées, car sâ vente est très forte. Elle l’est d’ailleurs dans le Nord, le Maine-et-Loire et IThdre-et-Loire. D’après là Feuille du Ministère de VAgriculture, les fleüfs de camomille étaient, en 1916, cotées 2 fi*. 5o à 3 l'r. lé kilogramme, selon la qualité. Oh l'établit eh faisant passer les fleurs
- --i > ‘
- dans des cribles à mailles de différentes grandeurs. Le premier criblage donne des capitules gros et de premier choix pouvant valoir environ a5o à 3oo.fr, les 100 kg; le second, des capitules moyens ou 2e qualité, 160 à 165 fr. ; le troisième, des petites fleurs à 135-140 fr. Les fleurs tachées perdent jusqu’à la moitié de leur valeur et servent souvent, comme les très petits capitules, à là distillerie. Lés prix sont très instables : ils ont atteint 32 fr. lé kilogramme en tga3 et sont tombés l’an dernier entre 3 à 5 francs. '"A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandés de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natüré oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant Un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bandé d'abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — A propos de rld Cité universitaire de Paris (xi° 2662). — On nous fait à'qusteTtitre remarquer que les bâtiments décrits et figurés dans La Nature sont ceux de la Fondation Emile et Louise Deutseh dè là Mëurthe, ét non ceux dé la Cité universitaire de Paris.
- Celle-ci comprend un vaste terrain de 900 mètres de oiig sur 100 mètres de large en bordure du boulevard Jourdan, en face du Parc de Montsouris.
- Sur une partie de ce terrain s’élèvent les bâtiments qui ont fait l’objet de l’article de M. Jacques Boyer; ils sont dus à la générosité de M. Deutseh de la Meurthe et sont actuellement les seuls Construits. Sur le reste du terrain doivent être-édifiées d’autres fondations universitaires dont l’ensëmble constituera la « Cité ».
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Bicy-lette Elàstical (Voir n6 du 11 avril igaS, « Science appliquée »j. Concessionnaire exclusif : M. E. Campagne, 5, rue Bourg-Chanin, Villeurbanne (Rhône).
- Réponses. — L. N.; à M. — Désignation des vents Mètres
- Brise légère vitesse : de 0, à 2,77 par second'
- — bonne •— 2,77 à 5,55 —
- — forte — 5,55 à 8,33 —
- Vent léger — 8,33 à 1i, 11 —
- — bon — 11,11 à 13,18 —
- — fort — i3,88 à i(>,(]() —
- Rafale légère — ifi,6(i à 39,44 —
- — bonne — 19,44 à 22,22 —
- — forte — 22,22 à 24,99 —
- Tempête légère — 24,99 à- 27,77 —
- — bonne — 27,77 ;i 3o,55 —
- — forte — 3o,55 à 33,33 —
- au delà : ouragan.
- La pression du vent, sur une surface normale à sa direction, petit s’exprimer en kilogr. par m'2; pàr la formule o,08i. V2 où V désigne la vitesse ën inètres par seconde, Ce qui donne pàr exemple 8 kg. 2 pohr Un vent de 10 mètres.
- L. A. D. C.j Le CbeUsot. — Nohs n’avoiis pas de renseignements spéciaux sur la technique des installations acoustiques. Nous craignons toutefois que la distance de 0 iii. 5o à 1 ha. que vous fixez entre l’interlocuieur et le corriët transmetteur ne soit beaucoup trop grande pour permettre une transmission intelligible; Voici les maisons qui s’occupent dë cès installations :.Vvë Collin, 104, rüe Übérkâmpf, Paris; Heinrieh, 12, rue Hoüdârt, Paris; Sudre, i3, boulevard Rochëchouart, Paris.
- M. J. L., à Lure (Hâüte-Saône). — i° Les rayons crépusculaires que VOUS avez observés SOnt bien connus, et Oh les voit très souvent, d’ün lieü découvert, après Une belle journée. Ils soht produits par les raydhS parallèles du soleil traversant la haute atmosphère. Leur aspect convergent — à l’Ouest et à l’Est — est une appârehce due à la perspective. La cause principale réside daris les nUagës lointains, et dâttS le relief du sol (montagnes) même au delà de l’horizon apparent. Votre observation d’ütt gros nuage donnant lieu à des bandes lumineuses corrobore bien celte explication. La
- réfraction'joue bien un rôle dans ce phénomène, mais elle n’a pas du tout l’importance que vous lui attribuez. (Voyez, pour plus de renseignements, IJ Astronomie, 1909, p. 34 à 44 : (< L’albe ou second crépuscule », par E. Durand-Gré ville.)
- 20 Le phénomène de la lumière zodiacale présente encore bien des inconnues, mais on peut affirmer qu’il est extérieur à l’atmosphère terrestre. La rotation terrestre a imprimé au globe un aplatissement très faible ; i/à^S; si le même aplatissement existe pour l’atmosphère, il est totalement imperceptible par des observations de phénomènes d’optique atmosphérique et ne produit qu’un renflement équatorial inappréciable. On doit done rechercher ailleurs la câuse de la lumière zodiacale.
- M. R., à Saint-Lunaire. — 1“ D’après les indications que vous nous avez données, Y humidité des murs de votre chambre doit tenir à l’exposition, ce qui leur fait recevoir la pluie, les Vents de l’Ouest et du Sud étant les plus chargés d’humidité
- À notre avis il conviendrait de prolonger le toit pour que les eaux d’égouttement soient rejetées à une certaine distance, si cela n’existe déjà et en tout cas pour que les eaux de pluies n’atteignent le .mur que s’il y a fouelte-ment accentué.
- D’autre part faire une fluatation dudit mur, pour le rendre imperméable en appliquant à deux ou trois reprises une couche de fluate de magnésie, ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises. Vous trouverez du fluate chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- 2® Pour préserver vos fourneaux de la rouille employer la composition suivante :
- Vaseline jaune. 100 gr.
- Paraffine......................... i5 »
- Fondre au bain-marie, puis incorporer une quantité de plombagine (mine de plomb) suffisante pour donner la couleur de l’acier. Appliquer une couche de la pâte sur l’objet à préserver, essuyer légèrement avec un chiffon.
- M. Requillart, à Paris. — Les enduits dits craquelés sont le résultat de la différence de contraction de la Couche de fond et de la couche superficielle. Dans cet ordre d’idées, les vernis craquelés se réalisent en appliquant un vernis à l’alcool ou à l’essence (non un vernis gras) Sur une.peinture à l’huile insuffisamment sèche, l’expérience seule peut guider pour apprécier le moment favorable à l’application. On obtient le même effet pour les peintures en appliquant une peinture maigre, c’est-à-dire forcée en essence sur un fond gras, ou. en mettant Un excès de siccatif dans la peinture servant à donner la dernière couche.
- M. T., à Péronne, — A notre avis, un enduit au ripolin est ce qui conviendrait le mieux pour la peinture de votre escalier. Cette peinturé étant assez coûteuse vous pouvez x’éaliser une économie notable en opérant ainsi. Après nettoyage, appliquer d’abord urie couche de fond maigre de la teinte désirée avec une peinture ordinaire, dans laquelle les proportions relatives des excipients liquides seront par exemple :
- Essence de térébenthine ... ; 200 cc.
- Huile de lin. ion »
- Sur cette peinture une fois bien sèche, appliquer alors lé ripolin ; généralement une couche suffit, mais on peut ètt passer deux. Cette manière de procéder donne des résultats plus beaux que l’emploi du vernis dit opaque du Commercé ou du ripolin employé seul.
- M. Baudassé, à Béziers. — Une solution de fibrine datts l’ammoniaque à 5 cent, cubes par litre nous parait devoir convenir pour solubiliser la fibrine en vue de la
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- fabrication que vous envisagez. Par évaporation, l’ammoniaque étant susceptible de s’éliminer, si nos prévisions sont exactes il vous resterait une masse exempte de tout produit d’addition. Quant à la souplesse, elle pourrait être obtenue avec la glycérine, celle-ci ne devrait intervenir qu’après obtention de la plaque, car nous pensons que son action serait plutôt coagulante lorsque la fibrine est en dissolution.
- Vous trouverez facilement dans votre ville un laboratoire pouvant se charger d’essais systématiques dans ce sens.
- P-, à Locavno. — i° Nous n’avons pas connaissance d’usines fabriquant Veau oxygénée électrolytiquement.
- 2° Pour la documentation statistique s’adresser à la Revue des Produits chimiques, 54, rue Turbigo à Paris.
- AETT, à Limoges. — Le goudron, lorsqu’il est mélangé à des matières inertes telles que le sable ou le calcaire, conserve toutes ses qualités et défauts, il lie les matériaux lorsque la masse est soumise à un choc brusque, mais cède si l’action est prolongée; nous ne connaissons pas de spécialité qui réponde au désir que vous exprimez!
- T. S. F. — M. R., à Vertus [Marne). — i" Vous pouvez trouver dans « Cent problèmes pratiques de T. S. V. » par P. Hémardinquer (Masson et Cie, éditeur) tous les détails nécessaires pour adapter un amplificateur à résistances à la réception des ondes courtes.
- 2° Vous pouvez utiliser un cadre en spirale plate ayant les dimensions que vous indiquez et comportant 4 à 6 spires écartées de 2 à 3 centimètres.
- 3° Il esL,également possible d’utiliser un cadre pour ondes longues avec un bobinage en dérivation. Vous pourriez trouver les détails à ce sujet dans « La Pratique radioélectrique », mais l’audition est alors généralement beaucoup moins bonne qu’avec un cadre séparé en spirale plate. Le bobinage employé peut d’ailleurs être en nid d’abeille ou en fond de panier, et, si la longueur d’onde propre du cadre est grande, la longueur d’onde propre totale se rapproche de la longueur d’onde propre du bobinage. Cette indication permet de choisir celui-ci suivant la longueur d’onde des émissions que l’on veut recevoir.
- 4" Dans l’un ou l’autre cas, l’accord peut simplement se
- faire à l’aide d’un condensateur à air placé en dérivation.
- M. Deulin à Bruxelles [Belgique). — Dans l’état actuel de la radiotechnique, un poste de réception avec simple détecteur à cristal ne peut régulièrement recevoir les émissions d’un poste émetteur radiophonique moyen que dans un rayon de 200 kilomètres environ.
- Toute audition obtenue dans d’autres conditions est le plus souvent fort irrégulière et due à des conditions locales très spéciales. Quant aux résultats que vous nous indiquez, ils nous semblent fort peu vraisemblables.
- M. E. B. à Lion-sur-Mer (Calvados). — Le montage indiqué dans le livre de M. Hémardinquer convient plutôt dans le cas où l’on n’utilise que peu d’amplification à basse fréquence et les résultats sont d’ailleurs assez irréguliers, comme l’auteur l’indique également.
- Un rhéostat placé dans le circuit des lampes et de l’accumulateur suffit évidemment pour régler le chauffage des lampes. On déterminera sa résistance R par la
- E'’
- formule bien connue R = — ; E' étant la différence de
- potentiel maxima que l’on veut obtenir et I l’intensité du courant de chauffage désiré.
- Frère Louis Claudius à Tientsin [Chine). — Vous pouvez trouver dans Cent problèmes pratiques de T. S. F., le schéma d’un redresseur de courant à valves, destiné à fournir la tension de plaque nécessaire à un poste d’émission. On peut employer comme valves des lampes d’émissions dont on a connecté évidemment la grille à la plaque.
- M. Ricard à Eygalières [Bouches-du-Rhône). — i° Pour charger vos accumulateurs «à l’aide du courant alternatif 110 volts, il faudra d’abord réduire le voltage du courant à l’aide d’un transformateur, puis le redresser avec un appareil à vibreur, une valve, ou un dispositif rotatif quelconque, dont il existe de nombreux modèles. Comme votre courant est triphasé, il vous suffira d’utiliser un transformateur ordinaire, en connectant la primaire de ce transformateur entre le fil neutre et un fil de phase.
- 20 L’emploi d’un poste de réception privé n’est soumis actuellement à aucune taxe, sauf tin droit dit de statistique de un franc.
- BIBLIOGRAPHIE
- Moteurs à combustion interne par Paul Dumanois. 1 vol.
- 518 p., 196 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924.
- M. P. Dumanois, ingénieur en chef du Génie Maritime est, depuis de longues années un spécialiste du moteur Diesel, il en a étudié à fond la construction et l’adaptation aux bâtiments marins; il a de plus apporté des solutions originales à nombre de problèmes relatifs au fonctionnement de ce type de moteurs dont l’importance industrielle croit de jour en jour. 11 a donc acquis une expérience précieuse dont il fait bénéficier ses lecteurs. En outre, M. Dumanois est professeur du cours de moteur à l’Ecole supérieure d’aéronautique, et son ouvi'age, riche en enseignements pratiques.de tous genres, est en même temps un ouvrage didactique, bien ordonné, clairement exposé, qui permet au lecteur d’acquérir méthodiquement toutes les connaissances nécessaires pour bien comprendre d’abord Je mécanisme et le fonctionnement du moteur Diesel, puis pour concevoir et construire des machines de ce genre. L’ouvrage commence par l’examen thermodynamique des cycles Diesel, étude théorique très claire, originale en plusieurs points (surpressions, refroidissement des cylindres, critère de fatigue). De là ressortent logiquement les difficultés inhérentes à la construction des moteurs Diesel et, pour les vaincre, la nécessité de dispositifs spéciaux qui ne se retrouvent pas dans , les moteurs ordinaires. C’est à la description dé ces dispositifs spéciaux (alimentation, distribution, refroidissement,. graissage) que l’auteur limite la partie purement descriptive de son livre. Il aborde ensuite à fond l’étude dynamique du moteur, c’est-à-dire de
- son équilibrage dans un chapitre qui rendra service à tous les techniciens du moteur; pour la plupart d’entre eux, en effet, cette importante question mal étudiée dans presque tous les ouvrages courants reste pleine de mystères; puis l’auteur montre comment l’on scrute le fonctionnement économique du moteur. Signalons encore un intéressant chapitre, très personnel, sur les moteurs semi-Diesel et super-Diesel, et l’application éventuelle de ces derniers au moteur d’avion, puis des règles de conduite des moteurs Diesel dictées par l’expérience, la description de quelques modèles récents de moteurs Diesel puissants, enfin l’étude rapide d’un avant-projet de moteur Diesel.
- L’ouvrage de M. Dumanois constitue, sans aucun doute, la plus importante des contributions apportées en France en ces derniers temps à l’étude du moteur Diesel; il apporte à tous les techniciens désireux de s’engager dans ce domaine un guide précieux, qui non seulement facilitera leur apprentissage, mais leur suggérera des idées et orientera leurs efforts.
- Histoire des Sciences en France (1er vol.) (tome XIV de l’Histoire de la Nation Française de G. Hanotaux). — Introduction générale par Emile: Picard. Mathématiques, Mécanique,- Astronomie, Physique et Chimie, par Henri Andoyer, Pierre Humbert, Charles Fabry, Albert Colson. Illustrations, de Melcherski, 1 vol., 620 pages. Plon Nourrit et Cie, éditeurs. Paris, 1924.
- L’histoire d’un pays ne peut plus se limiter aujour-d hui au récit des événements politiques. M. Hanotaux l’a compris et sa belle histoire de la Nation
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- BIBLIOGRAPHIE
- Française accorde une large place à l’élude de l’évolution des divers aspects de la civilisation française. Deux forts volumes sont consacrés à la science. On peut concevoir de différentes façons l’histoire des sciences dans l’histoire générale d’un pays : on pourrait chercher à mettre en évidence les rapports qui lient le développement des sciences aux diverses circonstances politiques qui constituent l’histoire proprement dite, ou, inversement, rechercher aux diverses époques l’influencé de la science sur le développement intellectuel, économique ou social. Çes points de vue si captivants sont rarement abordés dans les histoires des sciences rédigées par des savants ; elles n’ont en général pour objet que de retracer soit l’évolution de nos connaissances, soit la vie des hommes illustres à qui elles sont dues. MM. Andoyer, Humjaert, Fabry et Çolson, qui sont des savants éminents, mais non des historiens, ont dû se borner eux aussi à cet aspect un peu restreint de l’histoire des sciences; mais ils ont brossé, chacun pour leur partie un tableau magistral de révolution des sciences mathématiques, astronomiques, physiques et chimiques en'France; ils ont mis en relief d’une façon saisissante la part éclatante prise à leurs progrès par les savants français.
- MM. Andoyer et Humbert traitent, en collaboration, les mathématiques pures, la mécanique et l’astronomie, réunies à juste titre en une seule étude. Le sujet pourrait, a priori, paraître un peu abstrait; les auteurs ont su en tirer un récit captivant. Nous voyons les mathématiques cultivées en France dès le xine siècle; au xive siècle, Paris fait rayonner une activité intellectuelle intense sur le monde et la France donne naissance à de grands précurseurs : mais le xve, avec la guerre de Cent ans, détruit pour longtemps cette belle culture, qui restera même jusqu’à nos jours ignorée des historiens. Aussi la période historique ne commence-t-ellè qu’au xvie siècle avec Viète; puis voici au milieu du xvii“ siècle une éclatante constellation de mathématiciens de génie : Descartes, Fermât, Pascal, Desargues, Roberval; légère éclipse au début du xviii® siècle ; puis apparaît une théorie ininterrompue de grands hommes qui, depuis Dalambert et Clairaut, se continue par Laplace, Lagrange, Monge, Legendre, Carnot, Cauchy, Lever-rier jusqu’aux savants contemporains, les Hermite, les Poincaré,
- M. Fabry écrit l’histoire de la physique en France surtout depuis le xvii® siècle; là aussi notre pays joue un rôle glorieux, capital même à certaines époques : au xvii° siècle avec Descartes et Pascal, au début du xixe siècle avec Laplace, Ampère, Fresnel, Sadi-Car-not, à la fin du xixe avec Becquerel et Curie. Dans chaque période de temps, M. Fabry retrace successivement les progrès essentiels de chaque branche de la physique, il s’attache à montrer la part qui revient aux savants français, mais sans dissimuler celle qui appartient aux étrangers. Il ne néglige pas en même temps de montrer les relations réciproques intimes qui lient la science pure et les applications. Il met en relief le rôle grandissant de l’ingénieur et de l’inventeur; l’hydraulique, la machine à vapeur, la photographie, l’aérostation, l’aviation doivent beaucoup à la science pure; mais à son tour celle-ci leur doit d’avoir soulevé de nouveaux problèmes, ouvert des aperçus nouveaux et créé des instruments précieux pour le physicien.
- M. Colsôn commence son histoire de la chimie à Lavoisier; il montre le développement et l’évolution des notions chimiques au cours du xixe siècle, et chemin faisant il ne manque pas d’insister sur le parallélisme étroit, bien plus frappant dans le domaine chimique que dans tout autre, qui lie les progrès de la science pure à ceux de l’industrie. Ici encore la France peut s’enorgueillir à bon droit d’une belle phalange de savants illustres, c’est peut-être pour la chimie que i’on peut dire avec le plus de vérité que la France a toujours frayé à la science les voies nouvelles. Dans l’exposé de M. Colson, les grands noms de Lavoisier de Gay-Lussac-, Chevreul, Pumas, Laurent, Gerhardt, Sainte-Claire Deville, Pasteur et Curie se présentent d’eux-mêmes à l’appui de cette affirmation. Aujourd’hui, sous l’impulsion surtout de l’école anglaise et américaine, la chimie semble changer encore d’orientation pour se rapprocher singu-
- lièrement de la physique; cette évolution inspire à M: Colson quelque mauvaise humeur et des critiques qui, sous leur forme sommaire et parfois obscure, déparent un peu la fin de son bel exposé. •
- Histoire de la Nation Française, des origines préhistoriques jusqu’à nos jours (1920), par G. Haxotaux. Histoire- des Sciences en France. a° volume '.Sciences biologiques et Médecine., par Maurice Caùlleky; Philosophie des Sciences, par Rexé Lote. i vol. in-4, 619 p., nombreuses figures, 12 pl. en couleurs. Plon-Nôurrit et C‘e, Paris. Prix : broché 5o francs, relié 85 francs.
- M. Gabriel Hanotaux poursuit dans son grand ouvrage, Y Histoire de la Nation française, l’évocation, du passé.
- Chaque branche de la science a donc été traitée par des écrivains qualifiés. L’Histoire des sciences naturelles, y compris la médecine, a été écrite par M. Maurice Caullery, professeur à la Sorbonne.
- Après avoir recherché dans l’antiquité les premières fondations des sciences naturelles, l’auteur conduit le lecteur des Universités du moyen âge à l’Institut Pasteur. L’action de nos savants apparaît alors dans toute son ampleur. Les sciences modernes : la chimie, la paléontologie, la zoologie, l’embryogénie, l’histologie, la physiologie, la microbiologie, sont l’oeuvre de Lavoisier, de Cuvier, de Lamarck, de Geoffroy Saint-Hilaire, de Biehat, de Claude Bernard et de Pasteur. Cette simple énumération indiqué que, dans le domaine des sciences biologiques, la pénétration de l’esprit français est indiscutable.
- Dans la deuxième partie, M. Lote, professeur à l’Uni versité de Grenoble, présente le tableau de la participation de la France à la civilisation par la pensée et l’infelligence ; c’est l’histoire de la philosophie française considérée en particulier sous son aspect scientifique.
- Bien pensées, très bien écrites, abondamment et agréablement illustrées, ces deux études complètent l’histoire des sciences mathématiques et physiques précédemment parue et dégagent le rôle considérable des sciences dans l’histoire.
- Petit manuel d’installation de la lumière électrique, par H. B. de Laqueille. 5e édition entièrement refondue 1 vol. in-16 broché, 94 p., 40 fig. Girardot et C'°, Paris, 1925. Prix : 3 fr. 5o.
- Résumé en quelques pages des notions très élémentaires indispensables pour comprendre en gros ce qu’est une installation électrique domestique.
- Le livre d’heures de la liadiophonie. 1 vol. in-8, 68 p.,
- 1 graphique. Ghiron, éditeur, Paris. Prix .: 7 fr. 5o.
- Voici un ouvrage attendu de la plupart des amateurs. Il contient, en effet, sous une forme ingénieuse et pratique, toutes les indications nécessaires pour l’écoute des diverses stations radiotéléphoniques audibles en Europe occidentale : concerts, conférences, nouvelles de presse, cours financiers et commerciaux, etc.
- Pochette routière départementale de la France, d’après l’Atlas de la plus grande France d’OxiisiME Reclus. V. Attinger, éditeur, Paris, 1920, boulevard Saint-Michel.
- Cette nouvelle collection de 6 pochettes à 8 francs (43 fr. les 6) donne, par départements, une bonne carte routière de la France à l’échelle de 1/600.000 environ. Très bien imprimée en 4 couleurs (chemins de fer en noir, roules en rouge, rivières en bleu, reliefs en bistre), ces planches sont très commodes pour les coursés étendues; elles donnent les distances kilométriques le long des principales voies de communication. La subdivision par département évite le déploiement, si incommode avec les grandes feuilles. Les deux premiers fascicules, parus portent les nns 1 (Paris, Normandie, Bretagne) et 2 (Nord et Nord-Est).
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- la Nature
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- INFORMATIONS
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- N° 2667 16 Mai 1925
- Les métaux de France . — C’est une lecture fort intéressante que celle du volume de statistique de l’industrie minérale que vient de faire paraître la Direction des Mines au Ministère des Travaux Publics.
- La lecture du tableau de la production des métaux, pour la France seulement, est éminemment suggestive. Laissons de côté le fer, dont les chiffres sont trop souvent cités pour qu’ils constituent une nouveauté pour nos lecteurs.
- Mais ce qui cause une légère surprise c’est de voir figurer le platine pour une production de 160 grammes en 1922 (pour 192.3 la quantité produite est de i5o grammes). Existerait-il quelque part en France des sables platinifères ? Non. Mais il y a des traces de ce précieux métal que l’on retrouve accumulé dans lés résidus des malles de cuivre traitées dans l’usine de Yedèiie (Vaucluse), ryxparlenant à la Société des Produits chimiques et électrométallurgiques d’Alais, Froges et Camargue. Cette usine est spécialisée dans la fabrication du sulfate de cuivre, mais récupère accessoirement, dans les résidus provenant du traitement des malles de cuivre, du platine, de l’or et de l’argent.
- Ajoutons qu’en 1923 la Société des Etablissements métallurgiques de Vienne (Isère) a produit 25 kg de platine. Mais cette quantité ne figure pas sur les statistiques officielles, car elle provient du traitement des cendres d’orfèvre.
- Le poids de l’or produit en France en 1922 a atteint 513 kg et 491 kg en 1923. Cet or est bien celui obtenu avec les minerais extraits de notre sol. L’or provenant du traitement des cendi'es d’orfèvre ne saurait figurer sur les statistiques officielles, car il serait ainsi compté deux fois. Une seule usine, celle devienne citée ci-dessus, a produit 336 kg en 1923. Et il en existe d’autres.
- Assurément ces chiffres considérés isolément ne sont pas très importants. Mais ils prennent toute leur valeur si on les compare aux quantités indiquées dans la statistique officielle pour Madagascar, 578 kg, où des capitaux considérables ont été absorbés en recherches et travaux, capitaux supérieurs à tout l’or extrait de cette île depuis longtemps (561 kg, en 1919, 518 kg en 1920, 390 kg en 1921).
- C’est qu’à Madagascar on s’est trouvé en présence d’une abondante dissémination de l’or en surface : « ce « qui a pu, écrit L. de Launay, faire illusion sur l’ave-« nir industriel de bien des gisements qui n’ont donné « que des déboires. »
- Or, il y a beaucoup d’or en France : dès la plus lointaine antiquité ses habitants ont “su laver les sables de ses rivières, celles-là surtout en provenance du plateau Central ou des Pyrénées.
- L’or ne se présente pas en France en concentration extraordinaire, mais il existe plus ou moins dans tous les sulfures, mispickel, blende, galène, chalcopyrite, cuivre gris, etc., si abondants dans nos provinces du centre et du midi.
- Malheureusement notre Administration des Mines a toujours plutôt entravé qu’encouragé les recherches minières ayant ce métal pour objectif.
- L’argent extrait en France a atteint 10.800 kg en 1922, 13991 kg en 1923. Ce chiffre, quoique modeste, est loin d’être négligeable.
- L’étain donne une production de 91 tonnes.
- L’antimoine 1 774 tonnes, le manganèse 3 337 tonnes, l’aluminium 7 494 tonnes, le cuivre (trop peu, hélas !) 2,902 tonnes.
- Les chiffres les plus importants sont donnés par le plomb 13 944 tonnes, et le zinc 3g 716 tonnes.
- L’arsenic produit en 1923 a été de 425 tonnes, mais les quantités pour les années suivantes seront supérieures .
- Citons encore trois tonnes de magnésium et enfin, pour mémoire, 675 tonnes de nickel pur produites au Havre avec des minerais importés. ^ L. L.
- Le cerveau d’Anatole France. — On sait que certains ont voulu voir dans le poids du cerveau une mesure de l’intelligence et qu’on s’est appliqué à peser
- aussitôt après leur mort l’encéphale des hommes cou- >s sidérés comme les plus remarquables de leur époque. C’est ainsi qu’on constata que Cromwell, Byron, Cuvier, Tourgenieff, avaient un grand, poids d’encéphale, mais on trouva des nombres comparables chez des hommes les plus divers et même de simples manoeuvres, des épileptiques, des aliénés, Inversement, d’aulres savants, littérateurs, philosophes parmi les plus célèbres, avaient un petit cerveau et l’on cite communément celui de Gambetta qui ne pesait que 1160 grammes. Le poids de l’encéphale n’est donc pas un moyen de mesure des facultés intellectuelles, et cela n’a d’ailleurs rien d’éton-nant, une relation aussi simpliste ne pouvant séduire que des esprits superficiels.
- On se rappelle que, lors de la mort d’Anatole France, un médecin profita de l’embaumement du corps pour prélever le cerveau et le conserver en vue d’études anatomiques. L’opération fut même considérée par certains comme une profanation et des protestations s’élevèrent dans la presse.
- Aujourd’hui, Y Anthropologie donne les premiers résultats de celte étude. En effet, le D1' Félix Régnault a publié dans la Revue moderne de médecine et de chirurgie la note suivante : « Ce cerveau était de faible poids, 1017 gr. chez un vieillard grand et bien bâti de 76 kg. Donc, le génie n’est pas toujours, comme on l’a cru longtemps, en rapport direct avec la grosseur de l’encéphale. Par contre, les circonvolutions étaient nombreuses et profondes, c’est là sans doute qu’il faut chercher la raison de la supériorité intellectuelle. »
- L’encéphale d’Anatole France était donc encore moins lourd que celui de Gambetta; il pesait près de 400 gr de moins que la moyenne qu’on fixe généralement à i3go gr. Par contre, ainsi que celui de Gambetta, il était très « frisé », aux circonvolutions nombreuses et profondes.
- Il sei-ait bien inutile de commenter ces données.
- L’eau salée et le travail à haute température. —
- Dans une communication présentée àl’Institute of Mining Engineers, à Londres, sir Josials Court a signalé les intéressantes observations suivantes, dont nous empruntons le résumé au Bulletin de l’Association des Indus-triels de France contre les accidents du travail.
- Dans une mine de charbon, où les ouvriers travaillaient à la température de 270 et dans une chaufferie où la température atteignait 35°, certains ouvriers acceptèrent de s’abreuver pendant leur travail avec de l’eau contenant un peu plus d’une cuillerée à café de sel par litre. Ils semblèrent beaucoup moins sensibles à la fatigue et moins déprimés après leur travail qu’auparavant.
- Des résultats semblables'avaient été constatés par le professeur Neville Moss de l’Université de Birmingham.
- Des mineurs travaillant à la température de 38° se fatiguaient rapidement et étaient parfois pris de crampes.
- On leur fit boire de Peau salée à raison de 10 g. par gallon (4 litres 54) et les résultats furent très bons.
- D’après le docteur Haldane, cette action favorable du sel s’expliquerait de la manière suivante. La fatigue excessive" ressentie dans le travail en atmosphère chaude provient de ce que la sudation abondante qui se produit entraîne l’élimination d’une quantité excessive de chlorure de sodium, toujours présent dans la sueur. C’est à cette déchloruration de l’organisme que serait due l’impression de fatigue et de dépression que ressent l’ouvrier. L’emploi de boisson salée, en introduisant dans l’organisme le chlorure à mesure qu’il s’élimine, éviterait ce déficit et le trouble qui en résulte.
- Ecole française de meunerie. — L’école française de meunerie a été créée en 1923 par l’Association nationale de la meunerie française qui groupe la majorité des meuniers de France, avec le concours du Sous-S.ecréta-riat d’Etat de l’Enseignement technique. Elle est installée dans les locaux de la Société scientifique d’Hygiène alimentaire, 2, rue Clotilde, Paris, 5e, et se propose de donner un enseignement technique , complet de là meu-C nerie. Des cours et des conférences théoriques sont donnés, suivis de travaux pratiques effectués au laboratoire, au moulin et au fournil de boulangerie.
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- INFORMATIONS
- Cet enseignement a pour but de former, parmi les ingénieurs et les élèves des grandes écoles, des spécialistes de la meunerie.
- 'Nouvelles de T. S. F. ^
- Le premier Congrès international des amateurs de T. S. F. et le premier Congrès du Comité juridique international de la T. S. F. — Nous avons souvent entretenu nos lecteurs de l’organisation du premier Congrès international des amateurs de T. S. F. c[ui s’est tenu à Paris du 14 au 18 avril 1925, en même temps que le premier congrès juridique international de la T. S. F. Le succès de ces deux congrès simultanés fut complet, puisque les délégués de plus de 25 nations y assistèrent; voici d’ailleurs la liste des nations représentées, avec le nombre des congressistes par nationalité.
- Allemagne. . . . ... 4 Pays-Bas. . . 6
- Angleterre. . . . ... 37 Pologne. . 10
- Argentine .... . - . I Poi'tugal. . . X
- Autriche .... . . 2 Russie. . . . 0,
- Belgique. . . . . ... 8 Siam 1
- Brésil Suède. . . . 8
- Canada. . . . . . ... I Tchécoslovaq. 5
- Danemark .... . . . I LTuguay. . . 1
- Espagne. . . . . ... 9 Yougoslavie. . 1
- Etats-Unis . . . . ... 7 Suisse. . . . 8
- Fi’ance . . . 123 Roumanie. . . 7
- Italie ...... ... 1 () Terre-Neuve. I
- Japon • 7 Noi’vège. . . I
- Luxembourg. . . . . I
- Ces deux Congrès eurent un caractère tout à fait; officieux ; cependant un grand nombre de gouvernements avaient chargé des représentants officiels d’apporter aux congressistes leurs vœux de réussite, et de leur exprimer l’intérêt qu’ils prenaient à leurs travaux. C’est ainsi que, pour la France, M. le général Ferrié tint à remercier, dans la séance d’ouverture, tous les amateurs du concours efficace qu’ils apportent aux recherches des techniciens officiels, et des ingénieurs de l’E. C. M. R. en particulier. Au nom du nouveau ministre des Postes et Télégraphes, M. le commandant Lagorio indiqua également aux congressistes, au cours du banquet, qui clôtura le Congrès, les sentiments de bienveillance du gouvernement français envers les travaux des amateurs et des juristes.
- Les séances de travail furent très animées; des sous-commissions, dans lesquelles chaque Etal était représenté par un délégué, avaient d'ailleurs été nommées dès la séance d’ouverture du \l\ avril, afin d’élu-dier les questions déterminées par le programme du Congrès.
- Ces séances étaient présidées par M. Edouard Belin et M. Tirman (juriste), assistés de M. Marcuse (Grande-Bretagne), M. Hiram Maxim (président de F American Radio Relay League), de M. Beauvais, Léon Deloy, et des délégués de la Belgique, de la Pologne et de la Tchéco-Slovaquie.
- Ap rès discussion, le Congrès des amateurs a adopté les résolutions suivantes :
- i° Constitution d’une union internationale des amateurs de T. S. F. : L’«Inlernational Amateur Radio-Union » pour l’organisation des communications bilatérales entre les amateurs de tous les pays, la représentation des intérêts des amateurs de T. S. F. et, en général, le développement, dans tous les domaines, de l’activité des sans-filistes. Voici la constitution du bureau de la nouvelle association : président : M. Hiram Maxim (Amérique); vice-président : M. G. Marcuse (Angleterre); secrétaire-trésorier : M. Iv. B. Warner (Amérique); conseillers : MM. J. G. Mezger (France) et Frank Bell (Nouvelle-Zélande) ;
- i° Vattribution des longueurs d’onde, pour les émissions d’amateur (en collaboration avec le congrès juridique). Ces dernières ont été fixées ainsi qu’il suit : Europe, n5 à q5 m. et 47 à 43 m.; Etats-Unis, 85 à 75 m. et 41 m. 5o à 37 m. 3o; Canada et Terre-Neuve, 120 à 115 m. et 43 à 41 m- 5o; autres pays, 93 à 85 m. et 37 m. 3o à 35 m. Liberté totale pour études et expériences au-dessous de 35 m. Il convient de remarquer que les zones choisies ont été prises parmi celles qui sont autorisées par les différents Etats.
- 3° L’attribution de lettres indicatrices par pays.
- 4° L'adoption provisoire de l’espéranto comme langue internationale pour la radio.
- De son côté, le congrès juridique a terminé scs travaux en émettant les vœux suivants :
- i° L’éther est libre. Sans préjudice du droit de réglementation qui appartient à chaque-Etat, l’usage de cette liberté ne doit pas avoir pour effet de troubler l’ordre public, de porter atteinte à la sûreté des Etats, d’empêcher l’application des mesures propres à assurer la sauvegarde de la vie humaine ou d’apporter de gène à la liberté des communications tant internes qu’internationales ; '
- a0 Aucune exploitation commerciale d’une émission radioélectrique ne peut avoir lieu sans entente avec l’émetteur ;
- 3° Le droit de propriété intellectuelle reconnu par la convention internationale de Berne de 1886 sur la protection des droits des auteurs, revisée à Berlin en 1908, s’applique à la diffusion des œuvres intellectuelles par tout mode de transmission ou d’exécution. Il s’applique, par suite, avec toutes les conséquences, à leur diffusion radioélectriques ;
- 4° La transmission radioélectrique de l’exécution d’une œuvre intellectuelle, littéraire ou artistique, ne peut être faite sans le consentement de l’interprète ;
- 5° La répression de la concùrrence déloyale reconnue en matière commerciale et industrielle par la convention internationale de Paris de i883, revisée à Bruxelles et à Washington, s’applique à toute utilisation quelconque des informations (de presse, de finance, de publicité, etc.., etc.), transmises par la voie-radioélectrique.
- On voit, par cette énumération, l’importance des questions traitées et des résultats auxquels le congrès a abouti. Ajoutons que d’autres questions, qui concernent plutôt les amateurs de chaque nation individuellement et les amateurs récepteurs, n’ont pu être traitées; elles le.seront sans doute dans des réunions nationales ultérieures.
- Un office international de radiophonie. — Les
- grandes Sociétés d’entreprises de radio-diffusion européennes ont, de leur côté, compris également l’utilité d’une entente, qui servirait à la fois les intérêts des amateurs et ceux des compagnies :
- Une réunion internationale des principales entreprises de radiophonie publique en Europe s’est tenue les 3 et 4 avril 1925 à Genève, au Palais des Nations.
- Une Union des entreprises européennes de radiodiffusion avec possibilité d’extension aux entreprises des autres continents a été définitivement créée.
- Celle Union aura à Genève un centre intitulé « Office international de radiophonie » dans lequel seront admises toutes sociétés exploitantes d’émissions publiques.
- Lors de la réunion constitutive, quatorze nations étaient représentées.
- L’objet poursuivi par cette Union est :
- D’établir un lien entre les diverses entrepx-ises européennes d’émissions radiophoniques, sans exclure l’extension future aux entreprises d’autres continents;
- De défendre les intérêts propres à ces entreprises ;
- De centraliser l’étude de toutes les questions d’intérêt général nées et à naître du rapide développement de la la téléphonie sans fil.
- Au cours des premièi-es réxxnions, deux vœux ont notamment été émis par le conseil de l’Union, qui démonti-ent bien l’esprit dans lequel ce gx-oupement a été fondé.
- Le premier précise que l’Union entend poursuivie son œuvre en liaison avec les orga ismes de la Société des Nations.
- Le deuxième affirme qxxe cette Union n’entend poursuivie son œuvre de développement de la radiophonie qu’en parfaite collaboration avec tous ceux qui sont intéressés à son expansion, particulièrment avec tous oi'ganismes de presse, associations artistiques et litté-x'aires, etc.
- D’autres décisions ont été pi’ises pai’le conseil concernant les modalités les plus favorablees our établir une coordination efficace entre les différents postes européens de radio-diffusion en vue de serivr les intérêts de l’ensemble des amateurs.
- Le siège provisoire de l’Office est à Genève, 44» boulevard des Tranchées,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- |p;> Automobilisme ^
- Le Cerelo. — Le Cerclo est un cercle métallique concentrique au volant de direction.
- Une légère pression en un point quelconque du cercle suflit à établir le contact entre la batterie d’accumulateurs de la voilure et l’avertisseur électrique (klaxon, trompe électrique, etc.). •
- C’est en somme, au lieu d’un bouton'de contact, un cercle de contact et de très grande dimension. Il est calculé de façon à laisser toute la liberté voulue aux mains, autour du volant et cependant il suffit d’allonger le doigt pour toucher le cercle et par conséquent actionner l’avertisseur électrique. La pression à effectuer est très légère, mais cela ne veut pas dire que le moindre frôlement établisse le contact et surprenne désagréablement le conducteur, comme il arrive trop souvent avec les bou tons de klaxon placés sur la colonne de direction ou même à l’intérieur des branches du volant,
- Avec cet appareil, un conducteur peut actionner son avertisseur électrique, tout en tenant son levier de changement de vitesse ou son levier de frein; il peut
- surtout conserver ses deux mains sur le volant tout en « klaxonnant ».
- Quand il faut demander le passage par terrain glissant ou quand on dépasse une autre voiture en vi- 1 tesse ou quand on aborde un virage dangereux, c’est là, on en conviendra, un avantage appréciable que n’offre pas le bouton de contact habituel qui, au contraire, vous immobilise une main au moment ou elle est le plus nécessaire à la conduite de la voiture.
- 11 convient de signaler qu’à l’aide d’un interrupteur approprié, on peut ^actionner tantôt une trompe électrique, tantôt un .klaxon ou même les deux appareils à la fois. On peut également diminuer l’intensité des phares ou les éteindre eh allumant les lanternes, conformément aux prescriptions nouvelles du Code de la Route. Il suflit, pour cela, d’utiliser un interrupteur spécial.
- Constructeurs : MM, Henri Labourdetle, 35, avenue des Champs-Elysées, Paris* /
- Pompe à essence Lamblin. — Dans certains dispositifs de moteurs, notamment pour les moteurs d’avions, il est nécessaire d’assurer l’alimentation d’esscncé au moyen d’une pompe spéciale, étant donnée la position respective des réservoirs d’essence et des cylindres. En raison dés services particuliers qu’ellé doit fournir, des qualités et des inconvénients du liquide qui circule dans la pompé, celle-ci doit être étudiée dans des conditions toutes particulières.
- Une nouvelle pompe inventée par M. Lamblin fonctionne COlhine ml pulsaleur à membrane; elle ne comporte aucun presse-étoupe, organe difficile à réaliser quand il s’agit de circulation d’essence. La pompe Lam-blin comprend donc deux parties bien distinctes : dans la première l’essence circule, dans l’autre se trouvent toutes les parties mécaniques qui baignent dans l’huile. Ces deux parties sont séparées par une membrane en matière spéciale, vulcanisée et traitée à haute pression, qui est souple, qui résiste aux vibrations et aux attaques de l’essence.
- La pompe est sous une forme jumelée de manière à répondre à tous les désirs de sécurité de l’aviation et l’on a, dans ees conditions, deux pompes distinctes sans en avoir les inconvénients. La pompe est commandée par arbre' rigide, par cardan ou par flexible.
- LeUsyslème le plus intéressant consiste à monter directement la pompe sur le moteur; dans ce cas le dispositif du modèle jumelé a l’avantage de réduire la longueur des tuyauteries et la quantité des raccords. Tous les joints sont entièrement métalliques.
- Au point de vue de la sécurité contre l’incendie, la pompe est disposée de manière qu’on puisse, en marche,
- manœuvrer des robinets placés sur la tuyauterie d’aspiration entre les réservoirs et les pompes ou directement sur les réservoirs. On débarrasse ainsi toutes les tuyauteries du combustible inflammable. Les amortisseurs, filtres et tous les divers accessoires sont montés directement sur le corps de pompe.
- Les vols d’altitude n’ont aucune influence sur la pompe au point de vue des variations barométriques; elle peut s’adapter parfaitement au moteur suralimenté, muni de turbo-compresseur. Elle puise l’essence à une hauteur très supérieure à celle qui est nécessaire sur un avion. Quant à la pression de refoulement, elle est réglable ét l’alimentation directe dans les carburateurs est obtenue au moyen d’une commande différentielle.
- Constructeurs : Etablissements Lamblin, 36, boulevard Bourdon, Neuilly-sur-Seine.
- Gonfleur au pied « Multiflor ». — La potnpe à main est appelée à disparaître pour faire place à des gonfleurs au pied, lesquels étant presque toujours à double compression, gonflent donc en deux fois moins de temps et sans fatigue.
- Le « Multiflor » (fig. 3) comporte deux tubes télescopant l’un dans l’autre, induisant ainsi de moitié la course et par suite l’encombrement. Un seul coup de pompe débite le contenu de deux longueurs de tubes. Une forte démultiplication est obtenue, à cet effet, par l’heureuse disposition des bras de levier dont le rapport est un peu plus de 3 à î. La cylindrée Comme les pistons et sées de façon à arriver lindres, il s’ensuit que
- Fig. 3. — Gonfleur « Multiflor
- niés et utilisé.
- est de o m. oixo m. 18. leurs garnitures':- sont dispo-exactement. au fond des çy-les espaces morts sont suppri-
- par conséquent tout l’air comprimé se trouve
- La pédale est supportée par deux bielles courtes disposées de manière à permettre leur allongement complet. Ce qui fait qu’à fin de course le levier ét sa bielle
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- d’articulation sont en ligne sensiblement droite, ce qui procure un grand abatage. Ainsi l’effort se trouve multiplié au maximum au moment où le travail est le plus dur.
- Toutes les pièces sont interchangeables.
- Plié, cet appareil peut être aisément placé dans un coffre, ses dimensions étant alors om.3o><om. ioXom. 10; son poids est de a kg 5oo.
- Constructeurs : Etablissements Marvel, 42, rue des Petites-Ecuries, Paris.
- Attache de connexion.
- — Il est commode dans l’installation de l’équipement électrique d’une voiture , dans les .diverses réparations ou révisions qui se présentent, de disposer à chaque extrémité des conducteurs des cosses qui facilitent le montage.
- On évite tout court-circuit par la terminaison propre
- Fig. 4- — Manière d’utiliser la cosse Rapkh
- du fil et il est intéressant de se servir pour cela de cosses rapidement mises en place.
- La cosse Rapid est constituée par une plaque découpée et cambrée qui porte un œil à une extrémité pour permettre le passage sur les bornes des connexions.
- Immédiatement après cet œil se trouve une sorte de petit crochet, dans lequel on peut passer le III dénudé ainsi que l’indique la ligure 4 »
- Le fil est ainsi maintenu et l’on peut alors le couder comme l'indique le croquis a.
- Ceci permet de coucher le câble revêtu de son isolant dans la queue de la cosse qui
- est préparée avec des dents s’emboîtant les unes dans les autres lorsqu’on rabat les deux parties latérales de la queue de la cosse sur le câble. Ce rabattement se
- Fig.
- Ceci permet de terminer d’une façon robuste les fils de la canalisation électrique qui se rendent aux bougies, on évitera tout court-circuit et toute rupture. De la même manière, on peut agencer les différents conducteurs de l’équipement électrique du châssis.
- Constructeur : M. Comptour, 8, rue du Port-Mahon, Paris.
- Arts appliqués
- Lit vertical « Pont-levis ». — Le nom paradoxal donné à ce lit provient du fait que, pendant le jour, il peut avec sa literie complète se redresser verticalement, rendant ainsi disponible toute la place occupée habituellement par le lit. Il en résulte un gain de place considérable dans la pièce où il est installé; une facilité de nettoyage et d’entretien de cette pièce; la possibilité de transformer un local quelconque : salon, bureau, salle à manger ou autre, en une chambre à coucher, ou vice versa.
- Le lit vertical, construit très solidement, soit en fer, soit en bois, ne présente aucune pièce susceptible de se briser ou de s’user rapidement; le ménage de la pièce est grandement facilité, alors que sous les lits habituels il est rarement fait; il comporte un sommier ordinaire qui le rend confortable.
- Il est aisément maniable, sans- effort, parce qu’une série de ressorts intervient quand on le soulève pour aider à la manœuvre.
- On l’abaisse aussi simplement, en le faisant basculer
- sur le support de tète et en redressant les pieds postérieurs.
- Il suffit alors de libérer les matelas et la literie qu’on avait fixés au sommier par des courroies pour pouvoir s’y coucher.
- Son grand mérite est d’être facilement dissimulable : il se prête en effet à un g r a n d n o m b r e de combinaisons : on peut le loger dans une alcôve, entre deux armoires, derrière une draperie, dans une armoire, etc. Une des combinaisons les plus heureuses est le lit flanqué [de deux armoires, l’une formant penderie ou placard, l’autre s’ouvrant en un
- Le « Pont-levis » entre deux placards.
- Fig. f. — Le « Pont-levis » dressé contre le mur, puis ouvert.
- fait rapidement à la main, car la cosse est prévue pour cette manœuvre ; au besoin on peut serrer fortement la pince, si l’on veut un montage tout à fait correct,
- cabinet de toilette; l’ensemble n'a pas plus de 45 cm d’avancée.
- Constructeur ; Le Lit vertical, 4U rue Pajol.
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- VARIÉTÉS
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- PROCÉDÉS ANCIENS POUR FAIRE LES ÉMAUX DE DIVERSES COULEURS
- L art de 1 émail est un des arts les plus anciens. 11 fut cultivé par presque tous les peuples de l’antiquité, notamment par les Chinois, les Egyptiens, les Phéniciens, les Assyriens et les Byzantins. Mais, il ne fut réellement porté à sa perfection que par les Hindous, d une part, et en France, d autre part, par les émailleurs du moyen âge d’abord et du xvie siècle ensuite. Chacun sait qu’à cette époque Bernard Palissy nous a laissé des émaux admirables.
- Depuis, on n’a cessé de travailler les émaux et il est intéressant de rappeler les moyens employés au xvnie siècle au moment où tous les arts furent portés à un si haut degré de perfection — pour obtenir des émaux de différentes couleurs. Voici quelques procédés empruntés à un livre édité en 1755 à Bruxelles « Aux dépens de la Compagnie » et intitulé Secrets concernant les Arts et Métiers, livre dont nous avons déjà fait mention dans un précédent article traitant de la fabrication des pierres.précieuses. (Voir La Nature, n° 2646.)
- Composition d'une matière qui sert de base à tous les émaux. Prenez de la chaux de plomb, d’étain, égale partie ; passez-la par un tamis hn, après l’avoir broyée sür le marbre. Puis inettez-la dans un pot de terre vernissé que vous remplirez d’eau; faites-la bouillir quelque temps, puis la versez par inclination dans un autre vaisseau; remettez de nouvelle eau bouillir sur la chaux, et la versez comme la première dans l’autre pot, faisant cela jusqu’à ce que les eaux aient dissout toute la chaux; mais s’il reste quelque chose du métal au fond, qui soit trop grossier pour être emporté par les eaux, on doit le mettre encore calciner à un feu capable de fondre le verre, ayant soin de retirer à mesure ce qui s’est converti en chaux au-dessus de la matière. Puis dissolvez cette chaux comme vous avez fait la première, et ensuite faites évaporer vos eaux sur un feu assez lent, particulièrement sur la fin, de peur de gâter votre chaux qui reste au fond très belle et subtile.
- Prenez de cette chaux la quantité que vous voulez; par exemple vingt-cinq livres (12 kg a5o) avec autant, de fritte (mélange de sable et de soude) faite avec le tarce ou sable blanc, bien pilée et passée par le tamis fin, ajoutez à ces matières quatre'onces (120 gr.) de sel blanc tiré du tartre aussi pilé et passé par le tamis fin. Mêlez bien toutes ces matières et les mettez dans un pot de Verrier pour y être fondues et purgées pendant dix heures. Retirez ensuite le pot du feu, ôtez-en la matière, et, l’ayant bien pulvérisée, vous la garderez dans un lieu sec bien enfermée, afin que la poussière n’y puisse pénétrer. C’est la matière dont vous vous devez servir pour les émaux de différentes couleurs.
- Pour faire un émail blanc comme le lait. — Prenez six livres (2 kg 940) de la matière dont nous avons parlé dans l’article précédent et 48 grains (2 gr. 40) de magnésie de Piémont préparée comme il suit. Prenez la magnésie en morceaux, metlez-les dans une cuillère de fer au feu de réverbère, et venant à blanchir, on les arrose de bon vinaigre, puis on les concasse et on les lave avec de l’eau chaude plusieurs fois, puis on les sèche et réduit en poudre, laquelle on lamise pour la mettre après dans un vaisseau couvert.
- Mettez votre matière avec la magnésie, ainsi préparée, dans un pot au four de Verrier, pour y être fondue et purgée à un feu. très clair, ce qui se fait en peu de temps. Alors on la jette dans l’eau claire, on la fait sécher, et on la remet fondre; puis on la jette encore dans l’eau, et on continue de faire cela jusqu’à trois fois. La matière étant bien purifiée, si elle n’est pas assez blanche, on y remet un peu de magnésie. On retire cette matière du feu, et on en forme dés pains ronds, et l’on a un émail propre à peindre sur l’or et les autres métaux.
- Pour faire l’émail couleur de turquoise. — Prenez six livres de la matière à taire l'émail, mettez-la dans un pot vernissé de verre blanc, et la faites fondre et purger au four, puis la jetez dans l’eau, faites-la sécher, et remettez au pot à fondre de nouveau. Alors projetez dessus en quatre fois différentes trois onces (90 gr.) de scories de cuivre, bien lavées, et calcinées pendant quatre jours à l’entrée du fourneau de reverbère, puis
- broyées et passées par le tamis, calcinées de nouveau, et cela jusqu’à trois fois de la même manière qu’à la première. Avec cette chaux de cuivre que vous projetez sur votre matière vous aurez mêlé 96 grains (4 gr. 80) de zaphère préparée comme nous avons dit de la magnésie et 48 grains (2 gr. 40) de cette magnésie aussi préparée, le tout en poudre subtile.
- Remuez bien avec un crochet de fer à chaque projection que vous ferez, et la couleur étant à votre gré, vous retirerez le pot et mettrez votre matière en petits pains ronds, et vous aurez votre émail de turquoise.
- Pour faire l’émail bleu. — Prenez quatre livres ( 1 kg 960) de notre matière commune pour les émaux, deux onces (60 gr.) de zaphère, et 48 grains de scories de cuivre calcinées trois fois comme on a dit ci-dessus. Mettez bien le tout en poudre subtile et mêlez ensemble, puis les mettez au four de Verrier dans un pot vernissé de verre blanc, et quand la matière sera en bonne fusion, jetez-la dans l’eau, puis la faites sécher et remettez au même pot. Laissez-l’y jusqu’à ce que la matière soit bien cuite et bien incorporée.
- Pour faire l’émail vert. — Prenez quatre livres de la matière commune pour les émaux, faites-la fondre et purger dans un pot vernissé de verre blanc, au four de Verrier pendant 10 ou 12. heures. Après quoi vous la jetterez dans l’eau, la ferez sécher et remettez au pot de Verrier pour la bien faire purger. Ensuite prenez deux onces de scories de cuivre calcinées trois fois, avec 48 grains de scories ou battitures de fer, l’un et l’autre en poudre très subtile et bien mêlé, sera projeté sur la matière en fusion en trois fois différentes, remuant bien à chacune, afin que la couleur se mêle mieux; au bout de 10 ou 12 heures retirez le pot, et vous aurez un bel émail vert.
- Pour faire l’émail noir lustré. — Prenez quatre livres de notre matière principale en poudre, quatre onces (120 gr.) de tartre rouge et deux onces de magnésie de Piémont préparée, aussi en poudre subtile. Mettez le tout dans un pot de terre vernissé,, dont les deux tiers soient vides, à cause que la matière s’enfle beaucoup lorsqu’elle se met en fonte; étant bien en fusion jetez-la dans l’eau, faites-la sécher et remettez fondre et purifier de nouveau, et l’étant suffisamment à votre gré, retirez le pot du feu et la matière du pot.
- Pour faire l’émail couleur de pourpre. — Prenez six livres de notre matière générale pour tous les émaux, trois onces (90 gr.) de magnésie de Piémont préparée,'et six onces de scories ou battitures de cuivre calcinées trois fois, comme nous l’avons expliqué. Réduisez-le tout en poudre subtile et le mêlez bien ensemble. Puis faites-le fondre et purifier dans un pot de'terre vernissé au four de Verrier. Ensuite jetez la matière fondue dans l’eau, faites-la sécher et la mettez dans le même pot pour la purifier de nouveau. Voyez ensuite quand votre couleur sera à votre gré, et alors ôtez le pot du feu et gardez votre émail pour l’usage que vous souhaitez.
- Pour faire l’émail violet. — Prenez six livres de votre matière générale, deux onces de magnésie de Piémont préparée, et 48 grains de scories de cuivre calcinées trois fois. Mettez le tout en poudre, et procédez comme ci-dessus, et vous aurez un émail violet très beau et propre pour tous les ouvrages où les orfèvres voudront l’employer.
- Pour faire l’émail de couleur jaune. — Prénez six livres de la matière générale, trois onces de tartre et 72 grains (3 gr. 60) de magnésie préparée. Mettez le tout réduit en poudre et bien mêlé dans un pot assez grand,, pour ne pas perdre de la matière lorsqu’elle s’enfle à la fusion. Du reste procédez comme ci-dessus.
- Pour faire une couleur rouge de rubis pour les émaux et les verres. Procédé de Sainte-Marie, émaiJleur. — Prenez un ducat d’or que vous limerez et que vous mettrez dans un matras avec deux onces d’eau-forte et une once de sel ammoniac pour dissoudre votre or, et pour en faciliter la dissolution vous mettrez le matras sur les cendres chaudes; après cela vous prendrez deux livres de sablon d’Etampes, une once de sel, une once d’arsenic et six onces de salpêtre. Pulvérisez le tout, le mêlez bien ensemble et le mettez dans un creuset, et arroserez
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- de votre dissolution d’or qui est dans le malras. Puis vous mettrez votre creuset dans un fourneau de Verrier et vous l’y laisserez 12 heures, et votre composition sera
- d’un beau rouge. Sainte-Marie, émailleur, la vendait trois cens la livre, bien que pour deux cens il en pût faire deux livres, » Y. Biemeu
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. U est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des. correspondances» il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses? relatives aux ^appareils] décrits. — Les
- sondages en mer par ultra-sons. — Les appareils à ultrasons soîitj exploités par la Société de Condensation et d’Applications Mécaniques (S. C. A. M.), 10, place
- Edouàrd-YII, Paris.
- Communication. — A propos des pêcheurs de Ver-drière (n° 2664). — M. Gèze, ingénieur agronome, nous écrit : « M. Camille Sàiivageau, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, dans son excellent ouvrage : Utilisation des algues marines (Doin, éditeur, 1920), parle èn plusieurs endroits de la récolte et des usages des Zos-tères, au sujet desquelles il avait publié dès 1890 d’importants mémoires. Mais c’est surtout M. P. Gourret, qui, à ma connaissance, a donné le plus de détails sur cette exploitation curieuse, notamment dans sa communication au Congrès de l’A. F. A. S. dé 1901 (t. II, p. gq-l-ioiS) intitulée : Topographie et flore de Vétang de Berre... distribution et rôle des algues et naïadacées. Il y précise leur biologie et leur préparation chez i3 industriels de Marignane et 4 de Berre; après séchage au soleil on les lave à l’eau douce, on les sèche de nouveau et on les met en ballots de 5o kg transportés à Marseille, d’où on les envoie à Paris et à Gènes, où on les represse et les expédie en Amérique pour emballages et literie. Le produit de cette industrie était évalué à 40000 francs en 1900 pour l’étang de Berre, où je l’ai observé moi-mème.
- Dans d’autres étangs du littoral méditerranéen, on se livre à cette même exploitation, notamment dans ceux de l’Or (Mauguio), de Thau (Bouzigues), etc. »
- Réponses. — M. L. M., à A ffreville. — i° L'extraction de l’huile des pépins de raisins est très simple en elle-même, mais nécessite des appareils spéciaux lorsque cette extraction se fait par solvants tels que le tétrachlorure de carbone ou ie trichlorure d’élliylène.
- La condition essentielle est d’agir sur des matières parfaitement sèches et broyées. Le trichlorux.e chargé d’huile est ensuite porté à l’ébullition, par distillation il s’échappe et laisse l’huile comme résidu. Le trichlorure ainsi récupéré sert à une nouvelle' opération et on considère dans la pratique qu’abstraction faite de la freinte, un kilogramme de trichlorure peut ainsi extraire de 20 à 2a kg d’huile de 200 kg de pépins secs, il ne reste dans ces derniers que 0,6 à 0,8 °/0 d’huile. L’huile ainsi obtenue est jaune d’or, limpide, inodore et présente un goût de noisette, elle peut être utilisée soit pour la table, soit pour la fabrication d’excellents savons. Vous trouverez dans le n° 2661 de La Nature, page 2i5, une description très complète d’appareils d’extraction pouvant être employés.
- 20 Ouvrages traitant de la fabrication des savons et des huiles : Fabrication moderne des savons et applications aux savons industriels, par Ersham. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte. Manuel pratique du Savonnier, par Calmels et Wiltner, Éditeur, Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-AugUstihs. Fabrication et raffinage des huiles végétales par Fritsch. Editeur, A. Legrand, g3,'boulevard Saint-Germain.
- M. Marc, à Paris. — Avant de remettre un enduit quelconque sur le cuir de vos chaisës, il est indispensable de supprimer la porosité dans les parties éraillées. Pour cela il suffît avant de vernir de faire un encollage léger avec de la gélatine ou plus simplement de la colle forte uh peu-épaisse appliquée à chaud. Après séchage on ponte légèrement avec du papier de verre, puis on vernit finalement, soit avec un vernis du
- commerce que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs, soit avec une préparation analogue à la suivante :
- Acétate de cellulose............. 55 gr.
- Triacétine........................... 8 »
- Tétrachloréthane....................900 ce.
- Alcool dénaturé. . ................100 »
- Laisser digérer jusqu’à complète dissolution de l’acétate de cellulose, puis décanter après repos suffisant.
- Si on désire un vernis coloré on peut teinter par une quantité suffisante de vésuvine suivant l’intensité désirée.
- M. P.,, à Gravant. —• i° Voir réponse précédente pour la remise en élal des cuirs de chaises. — 20 La petite quantité de plomb, qui peut exister 'dans Y étamage à enlever, bien que peu solubilisée par l’acide chlorhydrique, disparaît en même temps que l’élain sous un léger brossage, car les particules de plomb ainsi libérées ne présentent plus d’adhérence avec le support.
- N. Razès, à Alger. — Les deux produits vendus en flacons séparés, pour effacer l'écriture, sont effectivement l’un une solution de permanganate de potasse, l’autre du bisulfite de soude. Le permanganate s’altère assez rapidement en présence des matières organiques» c’est pourquoi il faut éviter de fermer le flacon avec un bouchon de liège. Quant au bisulfite soude il se décompose en déposant du soufre. —.Vu le bon marché des deux substances, le mieux est de remplacer les solutions altérées par des solutions neuves, dans l’eau distillée, et en utilisant des flacons bouchés à l’émeri.
- M. Monnoyer, à Yineennes. — IJ humidité des murs a pour cause l’ascension par capillarité de l’eau du sol dans les matériaux poreux qui ont servi à leur construction. — Le-seul remède véritablement efficace consiste à rompre cette capillarité en sciant le piètement du mur et en glissant dans le trait de scie une lame de plomb. — Cette opération s’effectue de proche en proche, elle ne présente pas la difficulté que l’on pourrait supposer et nous l’avons vue effectuer avec succès, le tout est de trouver un entrepreneur qui veuille bien s’en charger, on la limite du reste aux seuls murs qui présentent le défaut signalé. — Si- une .telle opération vous effraie, vous pouvez essayer de l’assèchement par le procédé Knapen qui consiste à loger dans F épaisseur des murs des drains en terre cuite poreuse légèrement inclinés vers le bas, une grande amélioration résultera certainement de cette application. — La Société qui exploite le brevet Knapen a son siège, 54, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- M. R., à Biarritz. — Vous pourrez facilement donner au marbre blanc la patine de l’ancien en passant à la surface une éponge douce imprégnée d’une solution très faible de perchlorure de fer. — Suivant sa porosité le marbre absorbe plus ou. moins de liquide, il faut donc commencer par des solutions très étendues et faire des applications successives jusqu’à ce que la teinte voulue soit obtenue, caron risquerait de dépasser la mesure. — Attendre également un séchage complet pour juger du ton réalisé, avant de donner une nouvelle couche. — N. B. Au cas où le marbre aurait reçu de l’encaustique, enlever cette dernière à l’essence de térébenthine sans quoi il n’y aurait pas pénétration de la solution de perchlorure dans l'épaisseur de la masse.
- Etablissements Jaeger, à Levallois. — i° Le silicate de soude peut-parfaitement servir au durcissement d’un sol de tennis en opérant dans des conditions analogues à Celles que nous avons mentionnées pour les routes. — 20 Nous n'àvoùs pas connaissance qu’un, ouvrage spécial ait été publié sur la question en dehors du travail de M. Guelle, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Besançon (Voir La Nature, n° 2640 du 8 novembre 1924, p, 147).
- Un lecteur, à Paris. — Il esL assez difficile de se procurer par petites quantités les couleurs d’aniline spé-
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- ciales, peut-être pourrez-vous trouver celle que vous désirez dans l’une des maisons suivantes : Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne ; Neveu, 16, rue Mon-sieur-le-Prince ; Pelliot, 24, place des Vosges.
- M. Bouisson, à Marseille. — i° Nous ne connaissons aucun moyen à’empêcher les chiens d’aboyer, sans opération chirurgicale. — 20 IJ obtention des phonogrammes du commerce comporte d’abord un enregistrement sur de la cire molle, sur lequel on fait un galvano, que l’on renforce au dos en coulant un alliage pour lui donner de la solidité. —Au moyen du contre-type ainsi réalisé, on moule à chaud, et à la presse hydraulique une pâte spéciale qui est composée d’ébonite, d’asphalte d’ozo-kérile et de tontes de laine, c’est ce moulage qui est vendu aux amateurs d’auditions.
- M. Piquot, à Marseille. — Il est assez difficile de vous indiquer une solution certaine, sans connaître la réalisation que vous avez en vue. A titre d’indications, nous pensons que vous pourriez badigeonner vos articles en alun coulé, avec une solution de gélatine bichromatée, puis après séchage d’exposer en pleine lumière; dans ces conditions, la gélatine devenant insoluble constituerait très probablement un revêtement suffisant pour empêcher la solubilisation de la masse par l’eau. — La gélatine bichromatée pourrait aussi être ajoutée à l’alun avant moulage, vous seul pouvez mettre au point le mode opératoire suivant le but à atteindre.
- Ecole supérieure, Alger. — La teinture des feuilles de palmiers peut s’effectuer facilement au moyen des couleurs diamines, directes ou substantives. (Voir La Nature, n° 2663 du 18 avril 192a, BB à Clion, p. 126 et n° 2662 du 4 avril 192Î), Z à Bahia, p. 118.) Il est seulement nécessaire de faire précéder la teinture d’une ébullition, pendant une heure environ, dans un bain de carbonate de soude (cristaux du commerce) à 5 pour 100 environ; cela afin de débarrasser les fibres des matières gommeuses et grasses qui empêcheraient la couleur de se fixer d’une façon régulière, avec la même intensité dans toutes les parties. La teinture doit dans ce cas se faire au bouillon.
- M. Vif0 Beltrani, à Palerme. — La préparation des papiers photographiques par l’amateur ne présente plus aujourd’hui d’intérêt, la fabrication industrielle donnant des produits beaucoup plus réguliers et adaptés aux différents cas qui peuvent se présenter. Nous ne vous engageons pas, à moins que ce ne soit par curiosité, à entreprendre une préparation de ce genre, fort simple en principe, mais dont les résultats n’auraient pas la régularité donnée par les papiers industriels, en choisissant bien la marque qui convient.
- M. T., à Gornac. — i° La chamoiserie emploie comme agent de tannage 1 huile de poissons à l’exclusion de tout autre corps. — La plupart des peaux sont susceptibles d’être ainsi traitées, elles acquièrent la sou- • plesse des étoffes et peuvent être employées comme vêtements. On chamoise surtout les peaux de grands ruminants sauvages, cerfs, rennes, élans et daims, mais on peut traiter de la même façon les peaux de veau, de chèvre et de mouton. L’opération consiste essentiellement en un grattage de la peau du côté « fleur » pour lui enlever sa contexture unie qui s’oppose à la pénétration des liquides, après quoi on on met en huile avec les doigts en secouant celte huile sur la fleur des peaux jusqu’à ce qu’on juge suffisante la quantité d’huile transportée, on porte alors les peaux pliées en quatre à la machine à fouler, après quoi on expose à l’air les peaux foulées pour oxyder l’huile.
- Ges opérations de mise en huile, foulage et mise au vent se répètent jusqu’à douze fois pour les grandes peaux; le point essentiel étant d’opérer progressivement pour avoir une répartition uniforme de l’huile. Un passage à l’étuve à 25° termine le chamoisage, ilne reste plus qu’à débarrasser les peaux de l’excès d’huile par l’eau chaude et la pression. On commence par un travail à la cheville, puis emploie en dernier la presse hydraulique. Le liquide qui s’écoule à l’état d’émulsion constitue le moellon employé dans la-fabrication des cuirs cirés.
- 20 Le procédé ordinaire de tannage au chrome consiste à imprégner, la peau d’acide chromique, au moyen d’une immersion dans un bain de bichi'omate de potasse acidulé par l’acide chlorhydrique. L’acide chromique est fixé par les fibrilles de la peau, puis celle-ci est plongée dans un bain réducteur, hyposulfite de soude ou glucose, qui ramène l’acide chromique à l’état d’oxyde
- de chrome, lequel se comporte avec les fibres comme le tanin en formant un composé insoluble. Au lieu de bichromate, on peut se servir d’alun de chrome, que l’on trouve dans le commerce à l’état de beaux cristaux couleur améthyste (sulfate double de chrome et de potassium). Dans un bain de ce sel additionné de chlorure de sodium, on introduit les peaux, puis on ajoute de la soude caustique, ce qui donne un sulfate basique qui cède à la peau de l’oxyde de chrome comme dans les opérations précédentes. Cette méthode de tannage a surtout été étudiée en Amérique par Procter.
- 3° On ne connaît pas d’une façon précise les procédés de fabrication de la galalithe; d’une manière générale, on introduit de la caséine dans une solution alcaline, carbonate, phosphate, sulfite alcalin, borax, on malaxe à chaud, puis après dissolution on incorpore des matières inertes minérales ou organiques (fibres) colorées ou non et on moule également à chaud et sous pression. Pour terminer, on passe au bain de formol qui insolubilise la caséine. 3° La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour confectionner une pâte à
- modeler :
- Cire d’abeilles....................270 grammes
- Poix de Bourgogne.................... 35 »
- Térébenthine de Venise............... 5o »
- Huile d’olives...................... 25 »
- Beurre de vache...................... 65 »
- Rouge d’Angleterre.................... i5 »
- Fécule de pommes de terre. . . . 54o »
- Fondre ensemble la cire, la poix, la térébenthine, l’huile et le beurre, puis incorporer à la masse liquide, progressivement, le rouge et la fécule déjà mélangés, malaxer pour rendre homogène jusqu’à refroidissement complet.
- M. A. V., à Saint-Simon (Toulouse). — Vous trouverez tous renseignements sur la préparation de l'apprêt pour le glaçage du linge ét son emploi dans le n° 2649 du 10 janvier 192,5, p. 14 de la « Boite aux Lettres. » La seule précaution à prendre est de bien émulsionner le blanc de baleine dans la solution de savon, l’obtention des émulsions est toujours assez délicate et demande un peu d’expérience. Le mieux serait de demander à votre pharmacien d’assister chez lui à une préparation de ce genre.
- M. Bourgeois, à Apt (Vaucluse). — 10 Le meilleur procédé pour blanchir la cire est de fondre celle-ci au Bain-marie et de la couler ainsi liquéfiée dans une assez grande quantité d’eau froide, de manière qu’elle forme des rubans. Ces derniers sont ensuite répartis sur une toile et exposés à la lumière solaire. De temps à autre, on arrose les rubans et on les retourne toutes les six heures. Sous l’action combinée delà lumière et de l’humidité, la cire est rapidement blanchie. Ce blanchiment, d’après les travaux de Buisiue, peut être activé par addition de 2 pour 100 d’acide oléique.
- On peut également gagner du temps en faisant tomber la cire, non dans l’eau simple, mais dans une solution étendue d’acide sulfurique, additionnée de chlorure de calcium; mais ce procédé donne une cire plus sèche, inconvénient auquel on peut remédier en ajoutant 2 à 3 pour 100 de suif, chiffre qu’il ne faut pas dépasser, car au-dessus de 5 pour 100, l’addition serait considérée comme fraude.
- La cire n’est pas décolorée par l’ozone, il faut faire agir des oxydants très énergiques, tels que le bichromate ou le permanganaté de potasse en liqueur acide. Par exemple, on fond la cire à blanchir dans un mélange d’une partie d’acide sulfurique et deux parties d’eau, puis on ajoute par petites portions du bichromate de potasse jusqu’à concurrence de 5 pour 100 du poids de la cire. On fait bouillir quelques heures, puis on laisse refroidir et on sépare le gâteau de cire, qu’on lave d’abord à l’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis à l’eau pure à plusieurs reprises. La cire ainsi traitée est parfaitement décolorée. On opérerait de même avec le permanganate de potasse.
- Enfin pour blanchir par l’eau oxygénée, on place la cire réduite en copeaux dans l’eau oxygénée à 5 volumes, additionnée d’un peu d’amnioniaque et maintient à la température de 5o° environ, elle se trouve ainsi blanchie dans l’espace de quelques jours.
- Les réducteurs tels que l’acide sulfureux, les sulfites ou hydrosulfites n’agissent pas sur la matière colorante de la cire, le chlore ne peut être employé, car il se fixe sur les carbures non saturés de celle-ci. 20 Pas d’ouvrage spécial sur la question.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Optique cristalline (Double réfraction, polarisation rectiligne et elliptique), par H. Bouasse. i vol. in-8, 483 p., 278 lig. Delagrave, éditeur, Paris, iqaO.
- Prix : 34 francs
- Dans ce volume, M. Bouasse étudie en physicien et en expérimentateur les phénomènes qui accompagnent le passage de la lumière à travers les cristaux'’ : double réfraction et polarisation, propriétés des lames cristallines à faces parallèles, phénomènes colorés des lames cristallines minces, surfaces d’ondes à l’intérieur des cristaux de divers systèmes, optique géométrique des milieux anisotropes; biréfringence dans les milieux rendus anisotropes par déformation mécanique' ou thermique, pléochroïsme, biréfringence et dichroïsme électriques et magnétiques.
- L’Atmosphère, par A. Yigek. i vol. 192 p., 122 lig. Hachette, éditeur, Paris, 1920. Prix : 7 fr. 5o.
- Dans cet agréable volume, l’auteur rappelle tout d’abord la nature et les dimensions de l’atmosphère; puis il étudie les principaux phénomènes dont elle est le siège; une brève description des instruments de la météorologie précède un résumé de la science météorologique tracé à larges traits : variations de la température suivant le lieu, l’altitude et le temps; variations de la pression atmosphérique, circulation atmosphérique, l’eau dans l’atmosphère, les nuages, la pluie, la neige, la grêle, l’électricité atmosphérique, les phénomènes optiques de l’atmosphère.
- Instruction pratique sur le téléphone et la signalisation, dans l’infanterie, Vartillerie, la cavalerie, par le lieutenant R. Berlet, i vol. 28G p., 121 lig. Gauthier-Yillars, Paris, 1925. Prix : 12 francs.
- Manuel de téléphonie militaire à l’usage des gradés et spécialistes de l’armée. Les appareils réglementaires y sont décrits avec clarté, leur- fonctionnement et leur mode d’emploi sont expliqués d’une façon élémentaire.
- The Home Constructor s easy to build Wireless Sets, by F. H. Haines, i vol. 64 p., 47 lig- (Publication du Wireless World). Iliffe and Sons, éditeurs. Dorset House. Tudor Street. Londres E. C. 4. Prix : 1 sh. 6.
- Les amateurs de T. S. F. sont plus nombreux encore en Angleterre qu’en France, et ils ont suscité, comme chez nous, toute une littérature, allant du simple au compliqué.
- Ce petit volume offre à l’amateur, avec quelques conseils pratiques, des plans cotés lui permettant de construire assez facilement, en employant des pièces détachées du commerce, un appareil récepteur depuis le simple poste à galène juscpi’à l’appareil à amplificateur et lampes multiples.
- Tunings Coils' and Methods of Tuning, by W. James. 1 vol. 128p., 72 lig. (Publication du Wireless World). Iliffe and Sons, éditeurs. Dorset House. Tudor Street. Londres. Prix : 2 sh. 6.
- Ce volume est destiné, comme le précédent, aux amateurs de T. S. F. Il a pour objet de leur apprendre comment l’on construit des bobines d’accord, conformes aux modèles les plus modernes. Mais pour comprendre ce qu’est une bobine d’accord, ce qu’est une résonance, il faut que le lecteur ait un minimum de connaissances en électiûcité, L’auteur consacre la moitié du livre à rappeler sous une forme condensée les notions indispensables et les formules usuelles. Ayant ainsi armé le lecteur, il peut aborder son sujet avec toute la précision de langage désirable et
- , fournir d’abondantes données numériques. La vulgarisation ainsi comprise est en réalité une excellente initiation à l’expérimentation en général.
- Wireless Valve Receivers and Circuits in principle and practice, par R. D. Bangay et B. Ashbridge. i vol. 1x6 p., 77 fîg. (Publication de Wireless World). Iliffe and Sons, éditeurs, Dôrset-House. Tudor St., Londres E. C. 4. Prix : 2 sh. 6.
- Cet ouvrage résume d’abord les connaissances théoriques que les auteurs estiment indispensables à l’amateur de T. S. F. Ils les ont réduites à assez peu de chose, ou plutôt ils ont supposé à leur lecteur une instruction déjà assez développée, et ils insistent surtout sur les lampes électroniques dont ils résument clairement les propriétés essentielles. Ils indiquent ensuite, avec schémas à l’appui de nombreuses combinaisons d’appareils à lampes et amplificateurs.
- Colles et mastics, par J. Fr.it.sch. i vol. in-16 broché, 34'i p. Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1925. Prix : 16 fr. 5o.
- Recueil de recettes et de formules classées, concernant les adhésifs, colles et mastics pour tous usages; cette compilation rendra certainement des services, mais elle en rendrait davantage si l’auteur avait in-diqué’plus complètement ses sources.
- Chauffage central et régional. Possibilité de sa mise en pratique au Canada, par F.-A. Combe (publication de la Commission Fédérale du combustible du Canada). 1 brochure, 82 p., 26 flg., publiée par le Ministère des Mines. Ottawa, 1920.
- Le Canada est riche en charbon; mais les gisements hôuillers ne peuvent encore, en raison de leur situation géographique, alimenter qu’une faible partie de l’immense dominion, et le Canada reste un gros importateur dé charbon. Aussi les économies de combustible y sont-elles à l’ordre de jour, tout comme en Europe, et la question fait l’objet des études de commissions officielles. La brochure de M. Combe préconise, dans certaines conditions, le chauffage par stations centrales à vapeur, distribuant la vapeur dans toute une ville au moyen d’un réseau de canalisations souterraines. La vapeur est distribuée comme le gaz; de nombreux exemples de ce mode de chauffage existent aux Etats-Unis et sont étudiés par l’auteur : notamment, New York, Chicago, Détroit, Toledo, Virginia; au Canada deux distributions centrales existent dans les petites villes de Brandon et North Battleford. L’auteur signale également l’intérêt du chauffage central par ilôts d’immeubles, pratiqué à Chicago notamment, et il rappelle les avantages bien connus du chauffage central d’immeubles.
- The Concept of Evolution par M. W. B. Joseph, r broch. in-8, 82 p. Clarendon Press Oxford.
- Conférence en mémoire d’Herbert Spencer, faite à l’Université d’Oxford, dans laquelle l’auteur critique les idées de Spencer sur l’évolution et revendiqué la .place de l’esprit, plus intelligible que la matière et différent de celle-ci.
- Théorie colloïdale de la vie et de la maladie, par Auguste Lumière, i broch. in-8, 47 p- Lyon.
- Résumé de la théorie de l’auteur, que la vie est liée à l’état colloïdal de la matière et que la floculation des colloïdes des humeurs et des cellules détermine la maladie et la mort; il est particulièrement clair, simple et convaincant.
- Le bréviaire du botaniste. Floride de poche des genres et espèces complexes, ainsi que de leurs hybrides, par P. Fournier. Fasc. IY, p. 97-128. Chez l’auteur, 1 bis, rue des Alliés, Saint-Dizier.
- La Feuille des Naturalistes. Revue mensuelle d’histoire naturelle, fondée par A. Dollfus, dirigée par Molliard et Rabaud. Chiron, Paris. Prix par an : i5 francs.
- Pendant 4^ ans, Adrien Dollfus avait fait de Feuille des jeunes Naturalistes l’organe des amateurs d’histoire naturelle désireux de se renseigner ou de faire connaître leurs recherches locales. Cette revue, interrompue par la guerre et la mort du fondateur, vient de renaître et les premiers numéros de la nouvelle série donnent une série de documents variés de zoologie, botanique et géologie, conseils techniques, notes faunistiques observations biologiques, etc.
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- LA NATURE
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- INFORMATIONS
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- N° 2668
- 23 Mai 1925
- Nécrologie : Albin Haller. M. A. Haller, chimiste éminent, vient de mourir à l’àge de 76 ans. Nous reproduisons ci-dessous l'éloge funèbre prononcé à l’Académie des Sciences, le 4 mai dernier, par M. Bouvier.
- « Notre éminent confrère est mort, il y a quelques jours, vile emporté par des complications grippales survenues en suile cî’un accident de laboratoire ; il succombe sur la brèche et c’est comme cela sans doute qu’il eût voulu mourir. Alsacien de naissance, il possédait toutes les qualités profondes des fils de l’Alsace et fut brave comme les plus vaillants d’entre eux; blessé au début de la bataille scientifique où il perdit presque un œil, il se donna tout entier dans cette lutte et, victorieux, méritait d’y succomber sans avoir jamais faibli.
- Son existence, du reste, c’est une lutte joyeuse qui, des origines les plus modestes, le conduit aux plus hauts sommets. Quelle ascension fut la sienne! le simple élève de l’école primaire qui apprenait le métier d’ébéniste dans la maison paternelle disparait au comble des honneurs scientifiques, et Dieu sait combien sont nombreuses et dures les étapes intermédiaires !
- Après avoir fait la guerre de 1870 et opté pour la France, Albin Haller devient aide-pi’éparateur à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Nancy ; il est agrégé de cette école en 187g, professeur de Chimie à la Faculté des Sciences dans la même ville en i 885, et passe au même titre à la Sorbonne en 1899; il est reçu à bras ouverts dans notre Compagnie l’année suivante. En dehors de l’enseignement, il occupe une place de plus en plus prééminente dans le domaine des sciences chimiques pures et appliquées; on se le dispute dans les conseils et, pendant la guerre, on le maintient à la présidence du Comité des poudres, ce qui était presque remettre entre ses mains le sort de la Patrie. Toujours il est égal à ses fonctions, toujours simple et modeste parmi lés honneurs qu’il reçoit et qu’amplement il mérite. Le fils du petit patron de Felleringen s’en va grand officier de la Légion d’honneur et entouré de la vénération générale ; pouvait-il honorer davantage la mémoire de ceux qu’il aima, de ses parents et des pharmaciens éclairés qui lui ouvrirent la carrière ?
- La carrière. de l’éminent chimiste est celle d’un apôtre, Albin Haller sut répandre et communiquer à autrui l’ardeur qui l’animait, alliant le goût passionné de la recherche pure aux puissances morales de l’organisateur, toujours servi par un talent hors de pair et la ténacité alsacienne.
- Dans la recherche pure, il s’attache au problème difficile du camphre et sait en faire surgir tout un monde nouveau de composés chimiques. Au nombre de ceux-ci, les composés cyanés lui donnent, une moisson particulièrement riche, et cela le conduit à l’étude des composés cyanés des séries grasse et aromatique d’où il tire deux groupes d’acides aberrants et, en collaboration avec des élèves ou des amis, là synthèse de divers corps, notamment , après Grimaux, une synthèse de l'acide citrique tenue par Schulzen-berger pour une œuvre magistrale.
- Dans le domaine de l’organisation, il rêve d’associer la science à l’industrie afin de rénover cette dernière qui, chez nous, se meurt d’isolement à l’avantage de
- l’Allemagne. Ce fut là son idée de chevet, qu’il eut dès ses premières recherches lorsqu’il étudiait en vain les dérivées de l’anthracène pour y découvrir l’alizarine, et qui le guida plus tard dans ses travaux sur les matières colorantes et sur la série des parfums. Il voulut réaliser cette idée et la faire entrer dans la pratique en donnant à l’industrie des chimistes habiles et judicieusement instruits; de là une suite d’ardentes campagnes en faveur de sa création maîtresse, l’Institut chimique de Nancy, qui a servi de modèle aux instituts similaires éclos depuis en nombre auprès des Facultés de province ; de là aussi cette impulsion qu’il a donnée à l’Ecole municipale de Physique et de Chimie où il fut nommé directeur en iqoS. Il a suscité un mouvement qui se développe de plus en plus et qui de plus en plus rendra des services à l’industrie, à la nation et à la science.
- M. Haller disparaît, mais ses travaux et son œuvre
- organisatrice subsistent. Il pouvait et il a dû s’endormir en paix. Je l’ai contemplé sur son lit de mort, ses traits étaient calmes et reposés, presque souriants, ceux d’un homme qui s’en va conscient d’avoir bien rempli sa tâche. Les Alsaciens sont doublement Français ; par sa vie, par son cœur, Haller est au premier rang parmi les plus nobles fils de l’Alsace ».
- Mesure de la pesanteur en sous-marin. — On sait l’importance que présentant les mesures de la pesanteur au moyen du pendule, notamment pour aider à déterminer la forme de la Terre. L’intensité de la pesanteur fournit aussi quelques renseignements sur l’intérieur de notre globe. Tous les physiciens sont d’accord sur l’intérêt considérable qu’offriraient des mesures de la pesanteur faites en mer, mais tous les essais tentés dans cette voie avaient jusqu’ici échoué ; ces mesures sont en effet extrêmement délicates ; et l’on n’avait jamais pu éliminer les perturbations dues au mouvement continuel des navires sur lesquels elles ont été tentées. Ce difficile problème semble, cependant, avoir été résolu depuis peu par un savant Hollandais, le I.)1 Meinesz. Il a été mis sur la voie par les difficultés rencontrées dans les mesures de pesanteur sur le sol même de la Hollande; celui-ci, en effet, est très instable et les faibles mouvements dont il est continuellement animé rendaient impossibles les observations de pendules par les procédés usuels; le D“’ Meinesz réussit à éliminer l’influence de ces mouvements par un dispositif spécial qui consiste [à suspendre à un même support plusieurs pendules, ayant des périodes d’oscillation très voisines, mais déphasés les uns par rapport aux autres, il songea tout naturellement à appliquer ce procédé aux mesures de la gravité en mer, mais les essais à bord d’un navire ordinaire ayant échoué comme ceux de ses prédécesseurs, il eut l’idée de se servir d’un sous-marin, d’y installer des appareils et de faire des observations lors des plongées. La méthode a été expérimentée au'cours d’un voyage de Hollande à Java en 1923, et les résultats en paraissent très satisfaisants. L’appareil consiste en 2 paires de pendules suspendus à un même support, oscillant en phases opposées, dans des plans deux à deux rectangulaires. 11 est placé aussi près que possible du métacentre du sous-marin. Les pendules sont en laiton, ce qui crée des difficultés en raison
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- INFORMATIONS
- des corrections de température. Aussi le Dr Meinesz pro-pose-t-il de leur substituer des pendules en quarLz. Maintenant que la méthode, du reste susceptible de perfectionnements, est créée, il reste, pour en tirer des renseignements utiles, à l'appliquer sur un grand nombre de points du globe, ce qui exige évidemment une coopération scientilique internationale.
- Une colline française qui change de niveau. —
- Nous avons reçu de M. Picoche, de Dijon, l’intéressante communication suivante :
- « J’ai lu l’article très intéressant paru dans La Nature ne a663 du 18 avril 1925, relatif à la variation de niveau d’un massif montagneux en Norvège.
- J’ai constaté, ainsi que les habitants de la localité, un phénomène analogue dans l’arrondissement d’Avallon (Yonne).
- De Pisy, petit village situé à 20 km. à l’est d’Avallon, on a une vue splendide. Le panorama s’étend en direction Ouest-Sud-Est sur une partie de circonférence de
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- ès-eeo
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- 200 degrés de développement et d’environ 80 km.de rayon. On découvre les monts du Morvan et de l’Auxois. Près de 100 villages se trouvent compris dans le champ visuel.
- Entre parenthèse, ce pays, peu visité des étrangers, serait une vraie perle (pour les touristes qui pourraient y admirer un des plus beaux panoramas de France.
- Dans la direction du Sud-Est se trouve, à 58oo m., à vol d’oiseau, le village d’Epoisses (Côte-d’Or), séparé de Pisy par une petite colline distante de 2700 m. de ce dernier.
- Il y a 5o ans, cette petite colline, vue de Pisy, masquait le village d’Epoisses et ne laissait voir que le coq surmontant le clocher. Aujourd’hui on découvre, non seulement le clocher haut de 3o m., mais une partie égale située en dessous, soit une hauteur totale de 60 m.
- Le plan général ci-joint, extrait de la carte d’Etat-Major au 1/80000, donne, en plan horizontal, la position des 3 points : Pisy, colline, Epoisses, et le profil en long schématique, leurs positions en plan vertical, il y a 5o ans et aujourd’hui.
- Quel est celui des 3 points qui s’est abaissé ou élevé? Si les deux points extrêmes : Pisy et Epoisses n’ont pas varié, c’est donc que la colline a baissé de
- bo X-Al?-° — 28 m., ce qui est énorme. Cependant cette
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- hypothèse peut être en partie admise. En effet, celte colline, aux flancs escarpés, est cultivée ; il s’ensuit que les pluies ont entraîné peu à peu vers la plaine les terres constamment remuées par les labours.
- Néanmoins, il est difficile d’admettre que cette seule cause ait eu pour effet d’abaisser cette colline de 28 m. en 5o ans.
- Ne vaudrait-il pas mieux envisager, simultanément à un certain abaissement de la colline, une élévation des points, ou d’un des points, Pisy et Epoisses?
- Les routes en béton des Etats-Unis. — A une
- récente conférence à la Société des Ingénieurs civils, M. Candlot a communiqué d’intéressants renseignements sur les roules en béton aux Etats-Unis. Il y a actuellement plus de 5oooo km. de routes en béton dans ce pays, et le bétonnage des routes suit une progression constante. Le quart de la production américaine de ciment, soit 6 millions de tonnes sur 25 millions de tonnes par an, est employé sur les routes. On consomme près de 400 tonnes au km. Le prix du kilomètre est ‘d’environ 28000 dollars; c’est un prix très élevé; les sommes nécessaires sont fourniés par des emprunts remboursables en i5 ans, dont le service est assuré par une taxe sur les usagers de la route. Mais l’économie réalisée par ceux-ci sur la consommation d’essence et les frais d’entretien de leur voiture compense largement la charge de cet impôt. On a constaté d’autre part que l’entretien d’une route bétonnée est
- 10 fois moindre que celui d’une roule ordinaire, et que sa durée est d’une quarantaine d’années ; de plus, dans une région où il existe une roule en béton, les routes ordinaires sont délaissées par les automobilistes; moins fréquentées, elles se fatiguent moins et sont moins coûteuses à entretenir.
- Les nouveaux procédés de fabrication des timbres-poste français. — L’Administration des P. T. T. vient de rénover entièrement ses procédés de fabrication des timbres-poste. M. Demoulin, dans les Annales des Postes et Télégraphes, donne avec toute la discrétion nécessaire quelques détails sur cette intéressante transformation. Le progrès a consisté à substituer aux presses à plat l’impression typographique sur machine rotative.
- Ce procédé a apporté un véritable bouleversement dans les méthodes suivies jusqu’alors, bouleversement heureux qui se manifeste par de sérieuses économies une meilleure fabrication et une- importante réduction du personnel.
- La machine imprime les timbres sur des rouleaux de papier gommé à l’avance, ce qui était autrefois impossible ; le gommage ultérieur compliquait singulièrement le contrôle ; maintenant; la machine munie 'de numéroteurs et de compteurs assure automatiquement le contrôle de la fabrication. Elle imprime, numérote, sèche, perfore, découpe, assemble les paquets, fait le comptage en une seule opération. Le nombre des feuilles rebutées est grandement diminué ;
- 11 faut moins de force motrice, l’encombrement des nouvelles machines est 6 fois moindre que celui des anciennes, ce qui, ajouté à leur plus grande production, a permis d’augmenter la fabrication sans construire de nouveaux bâtiments.
- Enfin chaque rotative mise en service permet de supprimer 10 ouvriers.
- Devant de tels avantages, on peut se demander pourquoi l’on a attendu si longtemps pour faire cette transformation. La machine rotative n’est pas, en effet, une nouveauté. C’est qu’il y avait de grandes difficultés à vaincre et qui ne l’ont été qu’après plusieurs années d’études, grâce à l’intime collaboration du constructeur des presses, M. Chambon, mécanicien du plus haut mérite, et de M. Demoulin, chef de l’atelier de fabrication des timbres.
- Le problème était de réaliser un cliché cylindrique parfait. On avait d’abord songé à graver directement les cylindres d’acier de la machine, il a fallu y i*enoneer devant les difficultés d’un tel travail et se rabattre sur les clichés galvanoplastiques.
- Après bien des recherches et des essais, on a réussi à adapter au cyljqdre de la rotative des clichés en dépôt direct de nickel doublé de cuivre et d’alliage. M. Demoulin se garde, du reste, de donner le moindi’e détail sxxr les procédés qui ont permis d’obtenir ce résultat avec toxxte la perfection désirable. C’est là un secret, qui, on le comprend aisément, ne doit pas sortir de la « maison ».
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>, Mécanique -ng
- Comment faire du cuivre rouge ou du laiton repoussé avec des tubes. —Avec très:pèu d’outillage, il est possible de déformer des tubes en cuivre rouge,
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- Poinçon
- Plomb
- Plomb
- -,Plomb
- Bride
- Collerette
- Fig. a.
- Fig. i : Mise en place du tampon de plomb. — Fig. 2 : Déformation du tube pour faire un renflement. — Fig. 3 : Opération du début de préparation d’une collerette.-— Fig. /, : Bride terminée sur le bloc fonte.
- de manière à leur donner un aspect suffisamment décoratif.
- Le cuivre rouge étant un métal relativement malléable, l’opératipn sera facile. Si l’on choisit au contraire un alliage de cuivre beaucoup plus résistant, on aura évidemment plus de difficulté pour exécuter le travail.
- Tout d’abord, quelle que soif la nature du métal employé, il est indispensable de le rendre aussi malléable que possible, et pour cela on le recuit, c’est-à-dire qu’on le chauffe au rouge, de préférence sur un peu de charbon de bois, pour éviter les oxydations dues aux gaz dégagés par du charbon ordinaire. Une fois ce tube chauffé, on le laisse refroidir lentement. Cette même opération du recuit devra être faite chaque fois que l’on procédera à une nouvelle déformation dans la fabrication de l’objet.
- Si les déformations ne sont pas importantes, on pourra du premier coup arriver à la forme définitive sans exiger plusieurs recuits. Supposons qu’il s’agisse d’exécuter dans un tube un renflement sur toute la périphérie; pour cela on emplit le tube, à l’endroit où il doit être élargi, avec du plomb que l’on fond et que l’on coule en disposant à la partie inférieure un tampon d’obturation polir permettre au plomb de rester à l’endroit voulu.
- On peut aussi préparer un cylindre de plomb d’un diamètre approximativement égal à celui de l’intérieur du tube et pousser ce cylindre jusqu’à l’endroit choisi.
- On exerce ensuite une pression sur ce plomb en le soutenant à la partie inférieure par une tige d’acier qui est serrée solidement entre les mors d’un étau.
- A la partie supérieure on place sur le cylindre de plomb une tige semblable et l’on frappe à coups de marteau. Les deux tiges pénètrent dans le plomb et le forcent à se déformer de sorte que le cylindre de plomb cherche à prendre un diamètre plus fort, il agit sur les parois du tube et donne le renflement cherché.
- Lorsque l’opération est terminée, ou si l’on juge que le tube doive être soumis à un nouveau recuit, on chauffe de façon à faire fondre le plomb et à le récupérer pour une opération suivante.
- Au lieu de plomb, on peut également utiliser un alliage mou d’étain analogue à de l’alliage antifriclion. C’est même de préférence cette composition qu’il faudra choisir lorsqu’on voudra pratiquer sur un tube une bride destinée à exécuter une jonction avec un tube voisin.
- Pour cela on garnit un tube près de l’extrémité, toujours avec un alliage à base de plomb ou d’étain, mais on laisse une partie suffisamment libre de façon à permettre à la collerette de s’épauler.
- Dans une pièce de fonte, on perce lin trou dont le
- diamètre correspond exactement à celui de l’extérieiir' du tube. Il faut que ce trou soit bien perpendiculaire à a surface du bloc, pour que la bride que l’on fabriquera se trouve bien d’équerre.
- Au moyen d’un poinçon conique analogue à la toupie des plombiers, mais cette fois en métal, on écarte légèrement le bord du tube de manière à amorcer la collerette, puis en fin d’opération on emploie un poinçon à extrémité ronde.
- Finalement, on aplatit la bride sur le bloc avec un marteau, mais il faut agir avec précaution afin qu’il ne se produise pas de craquelures si le métal travaille trop fortement.
- Il est probable que l’on sera obligé, dans la formation de la collerette, de faire plusieurs recuits.
- Dans cp cas, dès le deuxième recuit, le plomb qui sert de remplissage coulera, mais il n’est pas nécessaire de le remettre pour les opérations suivantes, lorsque le tube est suffisamment maintenu par le bloc de fonte une fois que la collerette est amorcée.
- Une bonne précaution consiste à scier le bloc de fonte support, de façon qu’il puisse former ressort et qu’il prenne bien le tube comme dans un étau. De cette mîmière il ne pourra ni tourner, ni glisser.
- En emplissant le tube de cuivre avec du plomb fondu ou un alliage mou sur toute sa longueur, on peut aussi couder le tube de cuivre, absolument comme s’il s’agissait d’une véritable tige de plomb. On constate qu’il ne se produit jias de bosse, que le tube de cuivre ne s’aplatit pas.
- Il faut, bien entendu, opérer progressivement, de façon à faire travailler le cuivre dans la limite d’élasticité et procéder comme précédemment, à. plusieurs recuits successifs, si l’on a affaire à des coudes brusques.
- Ce procédé est notamment applicable à la constitution ^ d’un serpentin en cuivre, qui servira à condenser les vapeurs d’un appareil distillatoire pour la fabrication d’alcools, l’obtention d’extraits divers, etc....
- E. Weiss.
- Automobilisme
- Arrache-moyeu. — Il est parfois nécessaire d’enlever les moyeux des roues pour certaines vérifications ou • réparations et la chose n’est pas toujours commode. On utilise généralement un tas en bronze, pour qyiter les chocs directs de l’outil sur la pièce et l’on opère avec
- Fig. 5. — L’Arraclie-moyeu.
- un marteau solide. Il est fréquent que, dans ces conditions, on détériore plus ou moins le moyeu. .
- Le 'démonte-roue permet d’agir progressivement au moyen du serrage d’une vis robuste.
- Un nouvel appareil, qui est prévu particulièrement pour les roues Michelin à quatre trous et qui s’adapte par conséquent à nombre de modèles de voitures actuelles, est formé par un plateau d’appui en acier estampé, qui est peréé de trous soigneusement repérés,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le centre comporte une partie tronconique suffisamment épaisse, qui sert d’écrou à la vis de manœuvre; le moyeu est préalablement fixé au plateau et l’on agit sur la vis, au moyen d’une clé, pour extirper le moyeu.
- Cet appareil est à deux fins, car, sur certains modèles de châssis, notamment sur les modèles Citroën, des trous spécialement aménagés permettent de démonter les poulies des freins, de sorte que l’on peut réfection-ner sur cet apparéil un frein, sans avoir besoin de placer la voiture sur fosse.
- . . L’emploi de l’àrrache-roue rend possible le travail, sans risques de mater ni de rompre les roulements des paliers à billes.
- Constructeur : M. Safi, 14, rue de Bassano, Paris.
- Flasques « Lumen » pour roues à rayons métalliques. — On sait combien il est malaisé de tenir propres
- Fig. 6. — Pose d’une flasque « Lumen ».
- ces dernières du fait du rayonnage qui empêche le passage de la brosse.
- Aussi a-t-on songé à y remédier par l’emploi de joues ou de flasques métalliques.
- Le dispositif Lumen comprend par roue : i° deux flasques en tôle d’acier ou d’aluminium dont la périphérie vient s’appuyer sur le renflement'du crochet de la jante ; 20 un système de fixation composé pour la flasque intérieure de 4 étriers qui, passant à travers le rayonnage, assujettissent celle-ci à demeure à l’aide d’écrous. Cette flasque ne s’enlève jamais après la pose. Pour la flasque extérieure, une collerôtte filetée est fixée à demeure dans le rayonnage, autour du moyeu et le plus près possible de celui-ci; la flasque se monte sur cette collerette et serrée fortement entre celle-ci et un écrou en bronze.
- Des encoches et un verrouillage effectif immobilisent ensuite l’écrou dans sa position.
- Une clé à ergot permet ce blocage instantanément de sorte que la pose et l’enlèvement de ladite flasque ne demandent que très peu de temps.
- En outre, il faut noter qu’il n’est nullement néces-
- Fig. 7. — Automobile munie de ses flasques.
- saire d’enlever les flasques dans le cas du démontage de la roue.
- Ainsi une roue Raf ou Rudge Whitworth ressemble à une roue Michelin.
- Constructeur : 7, Lacoste, 28, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Physique -r*
- Appareils à vider les fûts et les tourtes système Pernoîs. — Le premier de ces appareils, « l’Instantané » a pour but de vidanger rapidement et proprement sans aucune perte les fûts d’huile, vernis, colle liquide, goudron, mélasse, essence, etc, ; il peut être adapté (fig. 8)
- et démonté de même en quelques secondes sur fûts en bois ou cylindres en fer, et les vide automatiquement ou goutte à goutte, en les inclinant plus ou moins.
- Le liquide s’écoule aussi vite qu’on le désire, et, comme il est dit, sans nulle perte, même pour des liquides épais; deux fois plus-rapidement qu’avec une pompe, et plus sûrement qu’avec un entonnoir.
- Son emploi évite le défonçage et la mise en perce des
- Fig. 8. — Vidange d’un fût avec « l’Instantané ».
- futailles, ce qui en raison du prix élevé de ces dernières représente une grosse économie.
- Son nettoyage peut être fait en peu de temps, ce qui permet de l’utiliser successivement pour des liquides clairs ou colorés. Enfin on opère toujours rapidement et on décante avec précision les liquides chargés de dépôts.
- Le siphon dit « Toujours prêt » est à écoulement automatique et de fonctionnement absolument sûr pour acides, benzine, pétrole, essence, alcool, etc. Une fois mis en marche, ce qui ne demande que quelques secondes, ce nouveau siphon effectue un écorilëment rapide et sans danger.
- Jusqu’à présent les siphons ont été d’un emploi peu fréquent en raison des difficultés de l'amorçage qui ne pouvait se faire que par succion par la bouche, et encore' fallait-il que le tuyautage ne fût par trop long. Cet inconvénient est supprimé avec le « Toujours prêt » dont le débit est d’environ 12-18 litres par minute. Un autre avantage qu’il procure est de permettre de soutirer les liquides ayant des dépôts, évitant ainsi des décantages difficiles et des filtrations plus ou moins longues.
- Voici son mode d’emploi. La tourie à vider étant surélevée (fig. 9), y introduire le siphon, extrémité A et fermer le robinet B. Remplir le réservoir C avec de
- Fig. 9. — Montage du siphon « Toujours prêt » sur une tourie.
- l’eau ou du liquide semblable à celui contenu dans la tourie; fermer hermétiquement le goulot D du réservoir au moyen du bouchon en caoutchouc ; placer à l’extrémité E un récipient pour recevoir le liquide siphonné, ouvrir le robinet B et prélever d’abord la quantité d’eau employée à l’amorçage; cela fait, fermer et ouvrir selon les besoins, le fonctionnement du siphon est alors parfait.
- Constructeur : M, M. Pernois, ingénieur, 14, avenue Victor-Hugo, à Cambrai (Nord).
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- MICAS NATURELS ET MICAS RECONSTITUÉS
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- Un grand nombre d’industries emploient le mica : labletterie, papiers peints, appareils de chauffage, lanternes et falots, Ivublots de bateaux, automobiles, enfin l’industrie électrique pour différents appareils et accessoires. Aussi sa- consommation tend-elle en France à augmenter de plus en plus. Ce minéral est un composé d e silice, d’oxydes d’alumine, de potassium, de ma gnésium, de fer, etc., que l’on rencontre en mélange dans certains gisements de pierres granitées et également sous forme de blocs, exclusivement ou presque exclusivement, constituées par du mica. Malgré cette complexité de composition, cette matière peut être considérée comme un silicate triple d’alumine, de potassium et de sodium, ou un, silicate triple d’alumine, de magnésium et de fer, selon la catégorie du mica envisagé, car les variétés de ce dernier sont, en effet, assez nombreuses.
- Yoici, à titre documentaire, la composition chimique de quelques micas :
- Micas
- Eléments constitutifs.
- Silice, SiO2 ..... . Oxyde d’alumine Ai2 O3.
- — de potassium K2 O
- — de sodium Na2 O .
- — de magnésium MgC
- — de fer Fe2O3. . .
- Eau combinée.........
- Indes. Canada. Mexique.
- . 43.a3 42.3i 40.29
- . 47-10 26.i3 25.87
- 4.68 5.32 7-98
- 2.61 3^6o 1 .o5
- > ; 0.3o 9 01 11.98
- . o.o5 i3.20 12.52
- . 0. i3 0.4 J 0.3i
- Ces micas sont, en outre, plus ou moins flexibles, plus ou moins transparents, plus ou moins durs, plus ou moins isolants, suivant qu’ils renferment ou ne renferment pas tels ou tels constituants. De la composition dépend aussi la coloration : fumée, ambré, rubis ou vert. La seule caractéristique qui leur esf commune est la propriété de se cliver, autrement dit de se diviser facilement en feùilles minces et d’épaisseurs variables sous l’action de chocs spécialement appliqués qui les brisent s\iivant des cassures nettes. Pour être bien effectué, le clivage exigé une certaine habileté de main-d’œuvre que l’on ne rencontre pas toujours, Ainsi par exemple, que les exploitations malgaches sont, du moins jusqu’ici, obligées d’envoyer leur mica à Java (Indes) pour y être clivé.
- Au point de vue minéralogique, le mica porte différents noms rappelant, soit les contrées productrices, soit les aspects sous lesquels il s’est présenté aux yeux de ceux qui le voyaient pour la première fois. Les appellations adoptées furent ensuite étendues aux variétés de mica présentant des caractéristiques analogues, quelle que soit leur provenance. C’est ainsi- qu’on rencontre des micas classés sous les noms de phlogopites (micas jaunes ou ambrés), de muscovites (micas blancs) et de biotites (micas noirs); les deux premières variétés sont les plus importantes, leur dimension normale oscille entre o m. i5 et o m. 3o de longueur, mais exceptionnellement elle peut atteindre des chiffres très supérieurs à ceux-là. On a notamment extrait à Nellore des cristaux de muscovite dépassant 3 m. à la base et, au Canada, il a été signalé des cristaux de phlogopite à peu près aussi considérables et pesant près d’une tonne.
- Ces cristaux, tabulaires, affectant la forme de prismes ordinairement pseudo-rhombiques, sont rarement parfaits. Quand ils se trouvent noyés dans une gangue dure surtout, ils présentent le plus souvent un mouvement de torsion, phénomène d’ordre physique qui s’accompagne d’une modification de composition très nette dans la zone avoisinant la roche matrice où les deux matières en contact, grâce là la forte pression et à la haute température, ont réagi mutuellement. Fréquemment aussi on relève dans ces cristaux des enchevêtrements et du macage.
- Les phlogopites se caractérisent par des teneurs en MgO et Fe203 plus élevées que celles des muscovites, aussi considère-t-on les premiers comme des silicates alumino-ferro-magnésiens et les seconds comme des silicates alumino-alcalins. En outre, les phlogopites sont, pour des causes de constitution, colorés en teintes allant du gris au rouge, parfois même au brun foncé;
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- ils se déshydratent assez difficilement, c’eàUSüïïre qu’ils perdent moins rapidement leur eau de cristallisation quand ils sont portés à des températures élevées. Non seulement avec ce départ d’eau la couleur-s’altère, mais aussi la flexibilité et la résistance mécanique diminuent grandement. Ceci explique pourquoi on préfère utiliser pour les appareils à chauffage fonctionnant à haute température les phlogopites au lieu des muscovites qui se déshydratent plus vite.
- Ces derniers micas présentent des colorations pouvant aller du blanc au vert ou au rubis en passant par le jaune pâle; cette dernière teinte rend, au premier abord, la différenciation plus délicate avec le mica ambré.
- Il est bon de noter que les colorations changeant très fortement suivant l’épaisseur sous laquelle on examine les micas, il y a donc lieu de choisir des feuilles'présentant des épaisseurs identiques, ou autant que possible très voisines, afin d’établir une juste comparaison.
- Les principaux centres producteurs de mica sont les Indes (près, de 25o usines dans les régions de Behar, Madras, Myson, Rapputana, Nellore, etc.); le Canada (Etats de Québec et de l’Ontario) ; les Etats-Unis (Caro-lines du Nord et du Sud, Virginie, Texas, Californie, Michigan, Géorgie, Nouveau-Mexique, etc.) ; l’Amérique du Sud (Brésil et Argentine); on en trouve aussi, mais en moindre quantité, en Russie (province de Muscovie), au Mexique, en Norvège, en Styriê, en Australie, en Afrique Orientale allemande, à Madagascar (avec les deux variétés : phlogopite et muscovite), etc.
- Les variétés commerciales de l’Inde sont : le mica rubis (couleur très recherchée) qui a le défaut d’être dur et grossier; le mica blanc, transparent, qui est le type normal; le mica décoloré, nébuleux et le mica noir; lu valeur, à dimensions égales, enSest, dans l’ordre donné, progressivement descendante, la chute étant de moitié chaque fois. Aux Etats-Unis, c’est aussi la muscovite qui domine. Dans les trente dernières années qui ont précédé la guerre, la production du mica a subi en ce dernier pays une progression exceptionnellement rapide, puisque d’après les statistiques du Service géologique, cette production passe de 40 000 livres en 1886 à près de îâooooo livres en 1910, chiffre qui lui a conquis cette année-là la première place parmi les producteurs du monde. Au Canada, si la muscovite est. F exception, par contre le phlogopite est extrêmement répandu sous forme de poches ou nids, le plus souvent accompagné de phosphate pour lequel on l’a également exploité ; ce pays est certainement le plus micafère du monde, mais jusqu’à présent, il n’a été possible d’en exporter — et très mal — qu’une infime partie, en sorte qu’on peut tenir pour assuré pour de longs siècles l’avenir de l’approvisionnement du monde en mica.
- Les méthodes d’extraction et de préparation du mica rappellent celles employées dans les ardoisières. Comme dans celles-ci, on fore des trous de mine et on se sert d’explosifs pour débiter le gisement. Dans les deux également, l’emplacement des forages et la charge ont une grande importance sur le rendement; un mineur inexpérimenté ou un mauvais ouvrier peuvent conduire à des résultats désastreux. C’est qu’en effet il s’agit de détacher les cristaux de la masse ou de la roche engainante sans les briser ni porter, le moins possible, atteinte à ' leur intégralité.
- Sur le lieu même de l’extraction, il est procédé à un premier triage à la main grâce auquel on évite le transport de produits altérés ou défectueux, seul ce qui paraît bon est amené à l’atelier de cassage où, au moyen • de ciseaux, de coins et de marteaux, on attaque les cristaux par une tranche, de manière à les subdiviser en blocs, plus aisément maniables et convenablement débarrassés de toute partie impure ou altérée.
- De l’atelier- de cassage, ils passent- à celui du fendage ou de façonnement. A coups de maillet donnés sur la tranche des blocs, on facilite la séparation des feuillets, et une fois ainsi obtenu quelque jeu entre les lamelles, il n’y a plu? qu’à y introduire le couteau spécial de fendage et à ie faire progressivement progresser le long-dès divers plans de clivage en s’aidant de coins métalliques à bout bien effilé. On obtient de cette façon des feuilles ayant o m. 0010 à o m. ooi5 d’épaisseur. Par-
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- VARIÉTÉS
- fois, on pousse la subdivision beaucoup plus loin; dans ce cas, l’épaisseur étant trop faible pour supporter'utilement les coups de maillet sur tranche, on se sert d’une râpe ou de papier de verre dont on frotte les bords, et soit à l’ongle, soit avec des couteaux à lame extrêmement mince, on arrive à détacher des feiiilles ayant à peine quelques centièmes de millimètre d’épaisseur.
- Ensuite, les' feuilles, quelles qu’en soient d’ailleurs les dimensions, sont rognées sur les quatre cotés au couteau guilloline, sorte de couperet rappelant le massicot à papier; c’est là le façonnement dit « au pouce » appelé ainsi par opposition au façonnement.mécanique, lequel met en œuvre des machines à rendement bien plus elevé, mais qui entraînent par contre plus de pertes et ne peuvent en aucun cas donner des feuilles aussi minces qu’avec le travail à la main. Avec ce dernier et pour un mica ne présentant pas d’impuretés conduisant à un déchet anormal, il ne faut pas compter, d’après M. Del-hoste, sur un rendement moyen bien supérieur à 5 pour ioo des quantités venues du gisement après le premier triage. Exceptionnellement, des ouvrières — les femmes sont de préférence eihployées au fendàge — particulièrement habiles, travaillant de bons micas, en tirent io pour ioo defeproduits marchands.
- Les feuilles ainsi obtenues sont en fin d’opération examinées une à une et classées selon leurs dimensions, leur pureté, leur transparence et leur couleur.
- De par le travail même du mica,- lors de la séparation en feuilles, il y a production inévitable de petits fragments où splittings. Pendant longtemps, ces déchets n’avaient pas de valeur marchande jusqu’au jour où on imagina un procédé permettant de les agglomérer et d’en fabriquer des feuilles appelées micanite. On conçoit, au point de vue économique, l’importance de cette trouvaille qui permet de récupérer des quantités considérables de mica jugées sans valeur et dont la quantité était évaluée à 80 pour ioo du mica extrait. Rien que dans l’industrie électrique actuelle, plusieurs milliers de tonnes de ces splittings sont employées chaque année pour la fabrication des micas ainsi reconstitués; ceux-ci sont d’ailleurs l’objet d’un classement parfaitement standardisé.
- Les désignations commerciales de ces différents produits varient suivant le pays d’origine ou même lès usines. Cependant, on peut, dans leurs grandes lignes, admettre lès dénominations suivantes, avec, leurs caractéristiques principales.
- Micafolium : ce produit, appelé aussi micartafolium, est fourni en rouleaux ou en plaques. Quand il est livré en rouleaux, sa principale utilisation est dans la fabrication des tubes; il consiste en une couche de papier
- recouverte de splittings de mica fixés par un agglomérant. Livré en plaques, le micafolium est constitué ordinairement par deux couches de papier entre lesquelles les sjDÜttings ont été agglomérés et sous une épaisseur convenable. L’utilisation principale de ce dernier produit réside dans la préparation de cavaliers à cause de la rigidité mécanique réalisable, après lui avoir donné la forme voulue à chaud.
- Ensuite vient la nié g oh mite employée sous forme de plaques, par exemple, entre les lames du collecteur; cette matière consiste en splittings agglomérés sous pression au moyen dùme quantité d’agglomérant limitée. Pour cette raison surtout, et également parce qu’elle ne renferme pas de papier, la mégohmite n’est pas pliable à chaud.
- La micanite souple sans papier qui est constituée par des splittings de mica, plus un agglomérant ne durcissant pas trop fortement et qui permet de conserver à ce produit une souplesse relative à froid. La micanite dure formée par du mica aggloméré, mais avec une quantité d’agglomérant plus forte, ce qui fait qu’elle peut être travaillée à chaud et indique son utilisation essentielle.
- Le papier micacé (ou micanite sous papier) est constitué essentiellement par une ou deux couches de papier et de splittings de mica, plus un agglomérant en quantité limitée, ce qui ne permet pas, par suite, à cette matière de devenir collante à chaud, même s’il n’y a qu’une seule couche de papier. Cela indique aussi que cette matière ne peut être employée dans la fabrication des tubes, mais bien, par exemple., pour faire des intercalaires entre couches.
- On voit, d’après ce qui précède, que chaque produit a des utilisations parfaitement déterminées ou qu’en d’autres termes, on doit être à même de choisir les produits devant donner les meilleurs résultats. Même, parmi les différentes matières citées plus haut, si l’on veut en considérer une spécialement, l’industriel ou le consommateur avisé sauront que pour tel usage, tel produit ne doit pas contenir plus qu’un pourcentage déterminé d’agglomérant, tandis que pour d’autres emplois, cette quantité peut être ou même doit être trois ou quatre fois plus élevée.
- Nous renvoyons aux ouvrages techniques j1) concernant les utilisations de ces-différentes matières; également en ce qui concerneles divers essais : mécaniques, physiques et électriques à effectuer tant sur les micas naturels que sur les micas reconstitués.
- M. Bousquet.
- t. Les Isolants en Electrotechnique, par Wernicke; L’Isolement des machines électriques, par Turner et Hobart; Le Courant continu, par Magonette.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent ail Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus spqvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses.— M. A. M. Bibliothèque universitaire.|Sofia (Bulgarie). — Procédés de conservation de fruits frais. — i? Le procédé Appert est applicable à presque tousjes fruits : c’est la mise en vases clos (flacons ou bocaux) avec sirop de sucre, puis soumettre à l’ébullition au bain-marie, pendant 5 minutes pour les cerises, io] minutes pour les groseilles, fraises, framboises, 20 É minutes pour les pommes, poires, coings. Procédé pour conserves au naturel : Essuyer .les pêches, les îpruues, les cerises,-, peler les pommes, les poires, les coings, les faire cuire à moitié, avec sucre, eau, jus et écorce de citron, ranger les fruits dans des bocaux, verser dessus de l’eau sucrée, mais sans excès de sucre, laisser deux doigts de hauteur de vide, couvrir les bocaux remplis avec un rond de papier blanc et deux autres ronds, un peu plus grands, de papier de journal; enduire les bords du rond de papier blanc avec de la colle de farine, couvrir le bocal en faisant bien adhérer sur l’ouverture ;
- enduire successivement de colle de farine les ronds de papier de journal, sur un côté et assujettir de même exactement sur les bords du bocal. Mettre les bocaux dans une bassine remplie d’eau tiède et introduire au four pendant quelques heures ; rptirer les bocaux, le papier triple fait office de parchemin et empêche l’introduction de l’air, essuyer les bocaux, les ranger en lieu sec. Les fruits peuvent se conserver ainsi pendant plusieurs années.
- Pour conserver les raisins à l’état frais, on a recours au procédé de conservation dit krafle fraîche, consistant à prendre les grappes munies d’une portion de sarment introduite dans une fiole ou un flacon remplis d’èau, à laquelle on ajoute, un ou deux jours d’avance, 5 grammes de charbon de bois pulvérisé, par chaque fiolp ou flacon, que l’on suspend sur des cadres en bois; éviter les variations de température dans le local, enlever à l’aide de fins ciseaux les grains qui commenceraient à pourrir.
- 20 Bibliographie sur la question : Manuel des conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e); Conserves de fruits, par Antonin Rolet, 1 vol. ; Pratique des conserves de fruits, par Mlle Maraval, 1 vol. ; L’art de conserver les fruits, par A. Blanchon, 1 vol. ; L’art de conserver les raisins de table, par Charmeux, 1 vol.; La conserva-
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- BOITE AUX LETTRES
- tion des fruits, par Léon Loiseau, i brochure; L’art de conserver et d’employer les fruits, par P. Quentin, i vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. de M., à Lavoux. — Veuillez vous reporter à la réponse faite à M. E. P. à Troyes dans le n“ 2662 du 11 avril 1926, page 119, vous y trouverez indications sur la composition des mixtures genre Cedar-Mop.
- M. Berger, à Genève. — x° Vous trouverez tous renseignements sur le moulage dans Y Art du mouleur, édité par la Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille. —
- 2° La maison La Cellophane, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris, serait peut-être en mesure de vous fournir la matière première que vous'désirez.
- . M. Simillon, à Paris. — I.a réparation des semelles-crêpes s'effectue au moyen d’une dissolution de caoutchouc dans la benzine, après évaporation de la majeure partie du solvant ; lorsque la masse est encore visqueuse, on passe sur la couche un pinceau imbibé d’une dissolution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone (sulfumate) et'on fait la jonction. Vous trouverez ces produits chez tous les fournisseurs pour cordonniers, dits marchands de crépins. Si vous désirez simplement remettre une couche de caoutchouc sur la semelle, employez la même dissolution que ci-dessus addilionnée'd’uu peu de pierre ponce, en terminant toujours par application de sulfumate.
- M. D., à Touzac (Lot).— 1" Mastic à greffer, formule de l’Ecole nationale d’Agriculture de Versailles :
- Poix blanche.............................200 grammes
- Poix noire............................... 5o »
- Colophane................................ 5o »
- Cjre jaune.........................- 4P »
- Suif............................... 2 S »
- 2° Il est probable que le cirage auquel vous faites allusion a une composition voisine de la suivante :
- Cire jaune................................ 8 grammes
- Ozokérite................................ 10 »
- Noir au stéarate.......................... 1 »
- Noir de fumée................• . . 1 »
- Essence de térébenthine.................. 80 »
- Professeur P. Z. /., à Nancy. — x° Vous trouverez tous les fluosilicates à la maison Teisset-Kessler, de Cleiunont-Ferrand. 20 Le mastic employé en carrosserie pour le rebouchage est composé des éléments suivants : Blanc de zinc en poudre . . . 770 grammes.
- Ocre jaune. .................. 4$
- Veimis à polir.................185 —
- Broyer finement les poudres, y incorporer peu à peu le vernis, puis broyer à nouveau jusqu’à disparition complète de tout grain. \
- M. le D* A., à Montluçon. — h’acide citrique empêche la px-écipitation du fer et de l’alumine, il ne peut donc .être mis en cause dans la formation d’un composé insoluble de nature fei'rugineuse. Axx contraire cet acide donne avec la chaux un pi'écipité de citrate de chaux (C6H507)2Ca3 ti'ès pexx soluble dans l’eau froide, complètement insoluble à chaud. C’est tx'ès probablement là l’origine du dépôt qui se forme ; nous ne voyons pas de moyen d’éviter cet inconvénient sans décalcai'iser l’eau au préalable et, pour ce faire, il faudrait en connaître la composition.
- L. M., en Lebors-Dinan. — i° Vous obtiendrez une" excellente colle pour fixer les affiches aux murs en opérant ainsi. Prendre:
- Fécule de pommes de terre . . 80 grammes.
- Farine de seigle..............20
- Délayer ce mélange dans une quantité d’eau suffisante pour en former un lait, puis verser celui-ci dans Eau ordinaire bouillante .... 5 litres.
- Borax.................. 10 grammes.
- Maintenir à l’ébullition quelques minutes jusqu’à formation d’un empois ti’ansparent, puis étendre au besoin avec de l’eau froide jusqu’à consistance convenable pour emploi au pinceau. 20 Les couleurs aux stéarates sont solides et onctueuses, elles sont solubles dans les matières grasses et les hydro-carbures insolubles dans l’eau, on peut donc les faire entrer dans la composition des peintures à l’huile, mais non s’en servir pour l’aquarelle, elles sont relativement coûteuses. 3° Comme petit traité de chimie pour les Arts et l'Industrie vous pouvez consulter La Chimie du Praticien, par Chaplet de l’Encyclopédie Roi'et. Editeur Mulo, 12, rue Hautefeuille, avec son complément les Industries chimiques modernes. Editeur Delagrave.
- M. Van G., à Bruxelles. — Le mieux pour éviter la formation de concrétions dans vos chaudières est de débarrasser l’eau du calcaire qu’elle peut contenir et, dans cet ordre d’idées, nous pensons que les pcrmu-tites pourraient vous apporter une solution heureuse du problème. (Voir La Nature n° 1923, 2 avril 1910; n° 2628, iG août 1924 et n” 2668, 18 avril 1925. Variétés, p. 125.) Les fabricants de ces produits vous fixeront sur les possibilités dans le cas qui vous occupe : Permulite, Etablissements Phillips et Pain, 1, rue Taitbout ; Zeo-lithe, 6, vue Alexandre Cabanel, Paris, i5e. 2° Quant au détartrage vous pourriez essayer une ébullition avec de l’eau mélassée, mais si les incrustations sont dues au sulfate de chaux il faudra faire intervenir l’acide chlorhydrique dilué, en surveillant son action et rinçant aussitôt que le dépôt aui'a dispai’u pour ne pas altérer l’étamage existant.
- M. K., à Zeitoun. — Nous avons répondu à votre question dans le 11“ 265g, p. g5 delà « Boite aux Lettres », veuillez bien vous y reporter."
- F. C. P., à Sorèze (Tarn), — Le kapock doit se travailler à la main, car les fibres étant pliées à angle très aigu se casseraient si on cherchait à agir mécaniquement. Il faut donc prendx'c quelques précautions, entre autres celle d’asperger avec quelques gouttes d’eau, pxxis de laisser l’humidité se répartir dans la masse avant d’entreprendre le cardage, on x'edonne ainsi aux fibx’es une certaine souplesse qixi évite leur nipture.
- M. Deschepper (Rhénanie). — i° Pour enlever une tache de graisse sur un cuir de soulier, recouvrir cette tache de plàti-e sec et laisser en contact une journée. Le lendemain, enlever le plâtre et le remplacer par du plâtre neuf. En renouvelant cette opération un nombre de fois suffisant, vous devez arriver à un résultat satisfaisant d’après notre expéi'ience personnelle. 20 Les taches de même nature sur étoffe disparaissent facilement par ébullition dans un bain contenant 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce).
- M. M., à Poitiers. — Ainsi que noustl’avons répété à plusieurs reprises, nous n’entreprenons pas l’analyse des spécialités, nous nous contentons d’en publier les formules lorsqu'elles ont, été vulgarisées.
- " M. G., à Langeais. — La valeur d’un kaolin en vue de son emploi en papeterie comme chai’ge ou pour le couchage du papier dépend de sa couleur, de son onctuosité, de la quantité plus ou moins gi'ande de sable et d’humidité qu’il contient. Couleur. Elle s’apprécie en comparant avec-oxn échantillon type. Le kaolin ne doit pas être azuré, ce qui constituerait une fraude, c’est-à-dire qu’il ne doit jxas contenir de couleurs d’aniline, ce que l’on peut constater en l’épuisant par l’alcool, ou d’outremer révélé par l’odeur d’hydrogène sulfuré qu’il dégagerait en présence des acides. Onctuosité. Après délayage du kaolin avec 20 pour 100 de son poids d’eau, la pâte obtenue doit glisser facilement sous les doigts ou entx’e deux lames de verx*e; lorsqu’il contient du sable, son onctuosité est diminuée et on"perçoit des craquements. Ce sable présente en papeterie le gros inconvénient d’amener l’usure des parties métalliques des machines, ainjsi-que de la toile, il produit des inci-us-tations dans les rouleaux de presses ainsi que des trous dans le papier. Au-dessus de 2 pour 100 de sable, le kaolin est inutilisable. Humidité. Enfin on tient compte de l’eau d’interposition (pei'te à ioon) qui ne doit pas excéder 8 à 10 p. 100. Complémentaii’ement on s’assure que le kaolin n’est pas ferrugineux, c’est-à-dire ne contient pas plus de o,5 p. 100 d’oxyde de fer.
- M. Y., à Lalinde. —: La composition suivante' vous peimiettra de luter les fuites de tonneaux :
- Cire d’abeilles . . 4oo grammes,
- Colophane . ' . . . . . . . 5oo —
- Suif . . 45o —
- Poix de Bourgogne . . . 100 —
- Huile d’olives . . 5o —
- Ocre jaune ou rouge. . . . . 200 —
- Blanc d’Espagne . . 5o —
- Faire fondre ensemble la cii’e, la colophane, le suif, la poix et l’hüile, puis incorporer progressivement le mélange d’ocre^et de blanc d’Espagne bien pulvérisés, malaxer jusqu’à l'efroidissement pour éviter une séparation.
- Ce mastic s’emploie à froid au couteau comme le mastic de vitrier. En hiver augmenter légèrement la quantité d’huile, et réchaufïer entre les mains pour l'amollir suffisamment.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Causeries astronomiques à la portée de tous, par le Dr Cantenot, i br. 48 p. Imprierie Berthier, Dijon, 1925. En vente chez l’auteur au profit de l’Observatoire de Dijon, 6, place Grangier, Dijon. Prix : 3 fr.
- 1 L'auteur a réuni dans cette brochure une série de courtes causeries pdpulaires, qui résument très clairement et sous une forme attrayante nos connaissances essentielles sur le système solaire, sur le monde sidéral, sur l’origine et l’évolution de la Terre. Il y à là un intéressant effort pour vulgariser la science astronomique, si captivante à tous égards, si ütile aussi, et cependant si négligée, dans les programmés de nos enseignements primaire et secondaire.
- Le radium et les radio-éléments, par Maurice Curie. 1 vol. 354 p., 98 fîg. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix : 40 francs.
- Dans la littérature abondante consacrée au radium et à la radioactivité, l’ouvrage çle M. Maurice Curie tient une place à part. C’est en effet le premier traité exclusivement consacré à l’industrie des radioéléments. La théorie n’y tient qu’une place réduite; l’auteùr résume sobrement les propriétés essentielles des substances radioactives et l’histoire de leurs transformations ; puis il consacre un important chapitre aux méthodes de mesure de la radioactivité, pour aborder ensuite l’étude approfondie de l’industrie des radioéléments : description des minerais, répartition de leurs gisements dans le monde, concentration èt analyses de ces minerais à la mine, leur marché, puis leur traitement à l’usine ou au laboratoire en vue de l’extraction des éléments radioactifs, telles sont les grandes lignes de cet intéressant exposé. La fin (de l’ouvrage est consacrée aux emplois des radioéléments : les principaux sont les emplois thérapeutiques; l’auteur examine également les produits lumineux et la question encore obscure des engrais radioactifs.
- Photographie, par P. Miron, 2° édition refondue et complétée par A. Promio. i vol. de viii-586 p., i5a fig. Dunod, éditeur, Paris, 1925. Prix relié : 4g fr. 5o.
- Cet ouvrage est un traité complet et pratique de photographie. 11 décrit les appareils et donne les règles qui doivent présider à leur choix; il étudie dans leur ordre les diverses opérations de la photographie et indique les divers procédés ou formules qui s’offrent au praticien. Un chapitre est consacré à la photographie des couleurs, un autre au cinéma ; toute une partie de l’ouvrage traite des applications industrielles : levés de plans, photogrammétrie, impression aux encres grasses, reports autographiques, pliotocollographie, photolithographie, héliogravure, phototypogravure. L’ouvrage se termine par une série de petites monographies chimiques consacrées aux produits usuels de la photographie.
- j’installe la soudure autogène, par R. Granjon, P. Ro-semberg, A. Desgranges. i vol. de 80 p. Aux Publications de l’Office central de la soudure autogène, Paris, 1925. Prix : 3 francs.
- Cette brochure donne les notions indispensables pour le choix, l’installation et l’entretien des postes de soudure autogène. Elle traite de tous les procédés connus et employés et se termine par les prescriptions générales de la Chambre syndicale de l’acétylène et de la soudure autogène, relatives aux installations de soudure et de découpage au chalumeau.
- J’apprends la soudure autogène, par R. Granjon, P. Roseriberg, A. Desgranges, i. vol. de 144 p. avec 17O fig. Aux publications de l’Office central de l’acétylène et de la soudure autogène, Paris, 1925. Prix : 4 francs.
- Après un coup d’œil sur l’installation, le matériel de soudure, le montage et la mise en route des postes, lés auteurs donnent des notions précises sur l’exécution, les qualités et les défauts des soudures, puis exposent en cinq séries tous les exercices d’applica-
- tions pratiques. La façon d’exécuter toutes les soudures sur aciers fonte, aluminium, cuivre, laitons, bronze, métaux et alliages divers, termine le volume.
- Les produits de blanchiment domestique /mercenaire et industriel, par M. de Kegiiel. 1 vol. 234 p., 29 fig. Gauthier-Villars; éditeur, Paris, 192a. Prix: i5 francs.
- Ces' produits sont le chloré, les hypochlorites, notamment l’eau de Javel, le chlorure de chaux et les diverses compositions dérivées de ces produits : l’oxygène, l’ozone, les peroxydes et les persçls, l’anhydride sulfureux et ses dérivés sulfites et bisulfites, enfin les hydro et hyposullites. L’ouvrage décrit, d’une façon très détaillée, la fabrication, les propriétés et l’usage de ces divers produits, trop souvent employés à l’aveuglette, au grand dam de notre linge. Le livre de M. de Keghel rendra de grands services à tous ceux qui veulent pratiquer le blanchissage ou le blanchiment en connaissance de cause. Il sera utile aussi aux fabricants de prodnits de blanchiment.
- Recherches sur les fonds chaluiables des côtes de Tunisie et d’Algérie, par Ed. Le Danois. 1 vol. in-4, 112 p., fig., .cartes en couleurs hors texte. Mémoire n° 3 de l’Office scientifique èt technique des Pêches maritimes. Blondel La Rougery, Paris.
- Etude des fonds de pêche du littoral méditerranéen de nos possessions de l’Afrique du Nord, d’après les campagnes de la Perche, de l’Orvet, du Pourquoi Pas?, du Marie-Frédéric et de la Tanche, de 1920 à 1924, donnant les faciès bionomiques, les remarques utiles aux pêches, la liste des poissons, mollusques et échi-nodermes recueillis.
- Monisme vitaliste (Mécanisme de la fonction nerveuse). 1 vol. in-8, 36o p., 5 fig., E. H. Guitard, Paris. Prix : 16 francs.
- Comment nous pensons, par J. Dewey, traduction française par le ï)1 DecrOly, i vol. in-16, 284 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Fammarion, Paris. Prix : 8 fr.
- Ce problème de l’éducation, qui est» le moyen par excellence de formation et de choix de l’élite, est dans toutes les démocraties l’un des plus urgents à résoudre. Or, pjarmi les buts principaux de l’éducation, le développement de l’aptitude humaine par excellence, à savoir l’aptitude à penser vient au premier rang ; elle constitue l’apanage incontesté de l’élite; il est donc d’un intérêt primordial pour cultiver cette aptitude d’en connaître le mieux possible le mécanisme. C’est ce qu’expose J. Dewey, à la fois philosophe, psychologue et éducateur ayant une longue expérience de l’enseignement à tous les degrés et professant dans une des principales universités des Etats-Unis.
- La comptabilité moderne (Essai de constitution rationnelle d’une discipline comptable au triple pioint de vue philosophique, scientifique et technique), pair J. Dumarchey. 1 vol. in-8 raisin, 372 p. Gauthier-Yillars et Gio, éditeurs, Paris, 1925. Prix : 40 francs.
- L’auteur s’est propiosé de jeter les bases théoriques d’une compdabilité rationnelle. Son ouvrage pjeut être considéré comme un essai, intéressant à bien des points de vue, de dynamique financière.
- LJ enseignement supérieur. Enquête sur la situation de. renseignement supérieur scientifique et de l’etiseigue-meut supérieur technique. 1 vol. in-8, 29 p. La Bonne Idée, Paris. Prix : 10 francs.
- Enquête sur la situation de renseignement supérieur scientifique, des grands établissements de recherche scientifique et de l’enseignement technique. C’est, un expiosé complet, très vivant de tout ce qui a trait à la question des laboratoires et de la production scientifique, problème d’un intérêt national. L’auteur cherche 1er- causes de notre faiblesse scientifique et les trouve dans le recrutement des cadres, les traitements et les crédits insuffisants, le cumul. Il trace un vaste plan de réorganisation de la recherche scientifique en France.
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- LA NATUR
- Supplément.
- INFORMATIONS
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- 30 Mai 1925
- Un dirigeable à enveloppe métallique. — Une
- Société des Etats-Unis, la Airship Development Corporation, dirigée par M. R. Upson, et appuyée financièrement par Henry Ford, étudie depuis plusieurs années la mise au point d'un dirigeable à enveloppe entièrement métallique. On sait que dans les dirigeables rigides, type Zeppelin, il existe une carcasse métallique, mais celle-ci est recouverte d’une enveloppe en étoffe caoutchoutée, qui a l’inconvénient de laisser diffuser petit à petit le gaz sustentateur ; en outre, cette enveloppe flexible se déforme plus ou moins sous les coups du vent et forme des poches qui augmentent singulièrement la résistance à l’avancement.
- La Airship Development Corporation vient de recevoir de l’Amirauté des Etats-Unis la commande d’un premier dirigeable métallique, de petit modèle : il cubera environ 56oo m3 ; mesurera 45 m. de long et 16 mètres' de diamètre au maître couple. L’enveloppe est faite de minces tôles d’aluminium, épaisses de 1/4 de millimètre. Ces tôles sont rivées les unes aux autres par une machine spéciale. Les pertes de gaz par les joints sont, dit-on, îo fois plus faibles que celles dues à la diffusion à travers une enveloppe en tissu caoutchouté de même surface. L’enveloppe métallique repose sur une charpente légère à treillis. Le ballon aura un moteur de 200 chevaux, les constructeurs espèrent lui faire réaliser une vitesse de 110 km. à l’heure.
- Les camions à charbon de bois au Congo belge.
- — Le Congo belge est actuellement en plein essor économique; ses mines d’or, de cuivre, ses gisements de diamant lui assurent une prospérité chaque jour grandissante; Mais les moyens de transport’n’ont pu suivre ce développement rapide; les voies ferrées sont encore rares; des routes sont créées pour relier ensemble les tronçons de chemin de fer existants et lés voies navigables ; c’est dire que le transport automobile joue actuellement au Congo comme dans presque toute l’Afrique un rôle capital. Malheureusement l’Afrique ne possède actuellement pour ainsi dire aucune source de carburant économique; on emploie au Congo l’essence, importée des colonies anglaises au prix de grandes difficultés et qui coûte fort cher; aussi lès transports automobiles sont-ils extrêmement onéreux. Ainsi le problème du carburant se pose pour le Congo belge, dans les mêmes conditions qu’en France.
- On a commencé, il y a plusieurs années déjà, d’intéressants essais de moteurs à huile végétale, mais qui n’ont pas abouti pratiquement; on se rend compte du reste que les huiles végétales, qui exigent une cultur.e assez complexe et d’autre part entrent dans l’alimentation de l’indigène, peuvent trouver un emploi plus logiqueet plus rémunérateur que celui de combustible. A la suite du concours français de camions à gazogène, la Régie des mines d’or gouvernementales de Kilo-Moto a décidé d’étudier l’emploi des camions à charbon de bois ; un véhicule d’études a été construit et minutieusement expérimenté par les soins de MM. Antboine et Warnant qui viennent de donner le compte rendu détaillé dé leurs essais dans la Revue Universelle des Mines ; de longs parcours sur routes accidentées ont été effectués en Belgique ; la voiture d’essai s’y est fort bien comportée ; les chiffres de consommation relevés sont très satisfaisants ; ils sont de l’ordre de 1 kg de charbon de bois par kilomètre; après un parcours de 1000 km, le moteur a été démonté ; tous les organes étaient' restés ‘ intacts et beaucoup plus propres que lorsqu’on emploie l’essence.
- Après ces essais, la Régie des Mines de Kilo-Moto a décidé d’employer des camions à charbon de bois pour assurer une partie de ses transports à l’intérieur et à l’extérieur de la région minière qu’elle exploite.
- Le charbon de bois est normalement fabriqué par les indigènes de la région et la production peut aisément en être augmentée.
- Nombre de colonies françaises d’Afrique se trouvent dans des conditions analogues à celles dû Congo belge. L’expérience ci-dessus les intéresse donc au premier chef.
- Les procédés Makhonine et FIroline à la Société des Ingénieurs Civils de France. — La Société des Ingénieurs Civils de France communique la. note suivante :
- La Commission des Carburants Synthétiques de remplacement de la Société des Ingénieurs Civils de France (I. C. F.') a consacré sa dernière séance aux auditions du représentant dé M. Makhonine et de M. Laurent, inventeur de Ylroline.
- Lecture a été donnée d’une lettre du Ministre de la Guerre mettant à la disposition de la Commission des I. C. F. les appareils de Mï-Makhonine sous réserve du consentement écrit de cet inventeur.
- Le représentant de ce dernier a alors déclaré que M. Makhonine venait d’être sollicité à faire des essais officiels devant les membres désignés de Y Office National des Combustibles liquides et que, dans ces conditions, il lui semblait difficile d’accorder, pour l’instant, la satisfaction qu’il avait promise de donner à la" Commission privée des /. C. F.
- Après examen et discussion, la Commission des L C. F. a reconnu qu’il y avait urgence à ce que soient exécutés, dans le plus bref délai, les essais contrôlés que comportait le programme qu’elle avait adopté. Dans ce but, elle a décidé de proposera Y Office National des Combustibles liquides de faire ces essais en commun dans le laboratoire de l’A. C. F. qui avait déjà pris toutes dispositions utiles à cet effet.
- Une lettre rédigée dans cet esprit de collaboration a été adressée à Y Office National des Combustibles liquides,
- La Commission a ensuite entendu M. Laurent, inventeur de l’Iroline, qui a résumé dans une note fort intéressante l’histoire des nombreuses difficultés qu’il avait dû surmonter pour arriver à intéresser les savants et industriels à son invention.
- M. Laurent, sans apporter de précisions complètes sur la nature de l’Iroline et sur les appareils qui l’utilisent, a cependant donné satisfaction à la Commission en acceptant de procéder à des essais contrôlés par elle suivant un programme nettement déterminé et avec le produit « Iroline », préparé devant M. Daniel Ber-thelot.
- Une sous-commission a été nommée immédiatement pour suivre ces essais qui devront être terminés au début de juin.
- Cette sous-commission est composée de MM. Daniel Berthelot, Lumet, Brillié, Péridier, MM. Pérard, président et Guiselin, rapporteur général de la Commission.
- Après cette audition, la Commission a décidé de se réunir ultérieurement pour étudier d’autres propositions intéressantes adressées de divers côtés et qui montrent que celte question des carburants synthétiques de remplacement tient une large place dans les préoccupations du public français. v
- Pour protéger le bison européen. — La Nature a signalé récemment (n° 2667) la disparition presque totale du bison en Europe. Science signale qu’un effort poxir sauver de la disparition complète les troupeaux désormais peu nombreux de ce mammifère vient d’être tenté à Stockholm; on y a établi une réserve de 40 lia environ où G bisons pourront vivre et se multiplier à l’état sauvage; ces animaux, qui paraissent être les seuls exemplaires existant en Suède, étaient jusqu’ici gardés en plein air au musée de Stockholm.
- L’ethnographie de Madagascar. — Le problème de l’origine des races qui peuplent Madagascar apparaît comme beaucoup plus complexe qu’on l’a cru longtemps.
- Les Malgaches sont originaires les uns d’Afrique et les autres d’Océanie. Les plus anciennement arrivés sont les Africains. Parmi eux, l’on trouve tout d’abord des Nêgrilles, que les envahisseurs ultérieurs ont absorbés, mais dont les traces visibles subsistent chez lès Kimoty êt les Béossys. Lès Bantous sont arrivés ensuite. On trouve, également une race brachycéphale, les Haras ) or, 'dans l’Afrique australe existe une popu-
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- INFORMATIONS
- lalion do noirs brachycéphales, les Bergdamaras, habitants primitifs du Sud-Ouest africain. Faudrait-il y voir de^loinlains cousins des Baras ? C’est tout au moins un problème qui se pose.
- Les immigrants, venus de l’Océanie, se rattachent à deux races principales : les Indonésiens (ou bien peut-être les Malais, dans la formation desquels l’élément indonésien a joué un rôle si considérable) et les Papous. Les Indonésiens sont les Mérinas ou Hovas et les Belsiléos. Les Papous sont les Sakalaves. L’origine papoue des Sakalaves est une des plus récentes acquisitions de la science ethnographique ; les Sakalaves sont arrivés par le Sud-Est en plusieurs vagues successives.
- Des Malais musulmans se sont fixés à la fin du xv° siècle dans le sud-est de l’ile.
- Deux grandes races ont joué un rôle considérable dans le peuplement du inonde : tout d’abord, la race indonésienne, qui s’est constituée dans la Chine du Sud actuelle, qui a débordé sur l'Indo-Chinc, la Malaisie, Formose, le .lapon et Madagascar et dont quelques éléments ont peut-être gagné la Polynésie et même l’Amérique; en second lieu, la race paléo-australienne, qui n’existe plus qu’à l’état fossile, mais d’où sont sorties : la race australienne, la race tasmanienne, la race mélanésienne, la race paléoaméricaine, la race papoue et la race sakalave. Or ces deux grandes races ont joué un rôle capital dans le peuplement de Madagascar.
- *t> 'Nouvelles de T. S. T.
- Une super-station radiotélégraphique à ondes longues. — La Radio-Corporation of America, la grande Société américaine, va construire aux Philippines l’une des quatre plus grandes stations de T. S. F. à ondes longues du monde, qui sera en communication avec toutes les capitales. L’emplacement en sera choisi prochainement d’accord avec les autorités navales, militaires et civiles consultées au point de vue de son utilisation en cas de guerre.
- Grâce aux alternateurs Àlexanderson, la transmission se fera à une vitesse considérable rendant impossible la lecture ou la copie. Cette nouvelle super-station recevra ses informations d’un réseau de postes locaux couvrant tout l’Extrême-Orient. Déjà, en Chine, des plans ont été faits pour ces « feeder-stations ». La Radio Corporation annonce que prochainement Shanghai, Canton, Macao, Saigon, Batavia et d’autres centres d’Extrême-Orientseront en communication, avec Manille, et communiqueront avec le reste du monde par le Pacifique au moyen de la future super-station.
- La propagation des ondes hertziennes et les éclipses de soleil. — Durant la dernière éclipse de soleil du 26 janvier 1925, de nombreuses expériences ont été exécutées aux Etats-Unis pour essayer de déterminer l’influence de ce phénomène, et par suite celle des rayons solaires, sur la propagation des ondes hertziennes.
- Le journal Amateur-Radio indique des résultats intéressants observés ainsi dans un poste de réception d’amateur, et qui s’accordent, d’ailleurs, évidemment avec les résultats [d’observations plus... officielles.
- La figure ci-dessous montre clairement quelles ont
- • € O
- été les variations d’intensité de réception constatées durant l’éclipse.
- La ligne A représente l'intensité moyenne des signaux
- sur 200 mètres de longueur d’onde et au-dessus reçue pendant le jour.
- La courbe B a été obtenue en écoutant les émissions du dirigeable Los Angeles, qui transmettait approximativement sur 8oo-g5o mètres de longueur d’onde. Malgré les conditions exceptionnelles de l’émission, on peut constater que le changement moyen d’intensité observé pendant l’émission est très faible.
- Sur 600 mètres (courbe C) l’augmentation d’intensité est déjà plus marquée, et sur 3oo mètres de longueur d’onde (courbe D), elle devient importante.
- La courbe E représente enfin l’augmentation moyenne d’intensité, extrêmement marquée, que l’on a pu constater sur la gamme i5o-20o mètres.
- Le phénomène a complètement changé d’aspect, par contre, au-dessous de 100 mètres de longueur d’onde. La variation d’intensité indiquée par la courbe F, se rapportant à des essais effectués sur 96 mètres de longueur d’onde, se traduit, non par une augmentation, mais par unq•diminution d’intensité.
- On a constaté, en outre, durant l’éclipse une diminution générale des bruits parasites et des effets de « fading »..
- Les indicatifs des postes émetteurs d’amateurs
- de T. S. F. — Le Congrès International des Amateurs de T. S. F., dont nous avons entretenu nos lecteurs, avait confié à une sous-commission le soin d’étudier la question des indicatifs des postes amateurs. On sait que ces indicatifs sont composés d’un chiffre et de lettres; le chiffre 8, par exemple, a été adopté depuis longtemps en France, et l’on connaît bien le poste 8 ÀB de M, Deloy, par exemple. Mais il peut arriver que dans deux pays différents, aux Etats-Unis et en France, par exemple, deux postes de ces différentes nationalités possèdent le même indicatif. Pour faire remédier à cet inconvénient on avait proposé de faire précéder l’indicatif d’une lettre indiquant la nationalité du poste, on aurait ainsi le poste français f 8 AB ; aucune décision définitive n’a d’ailleurs é.té prise à ce sujet.
- De plus, certaines nations européennes ne possèdent pas encore de chiffres distinctifs pour leurs indicatifs. Voici les chiffres que le Congrès a recommandé d’adopter en Europe :
- 1, Italie.
- 2, 5, 6, Grande-Bretagne.
- 3, Finlande.
- 4, Allemagne.
- 7, Danemark.
- 8, France.
- g, Suisse.
- o, Luxembourg.
- L’Académie Française et la T. S. F. — L’Académie Française, dans une de ses dernières séances de travail consacrée à l’établissement du dictionnaire, a adopté le mot haut-parleur. L’écrivain le plus scrupuleux pourra donc désormais employer sans honte ce néologisme depuis longtemps utilisé, d’ailleurs, par le grand public et les journaux techniques.
- Nouvelles émissions radiophoniques. — Un nouveau poste radiotéléphonique vient d’être établi à Bâle; sa longueur d’onde est actuellement de SiS mètres et sa puissance d’environ 200 watts. La modulation semble encore défectueuse.
- Le poste de Munster qui émet sous 410 mètres de longueur d’onde a doublé sa puissance qui doit maintenant être de l’ordre de 3 kilowatts. (Communiqué par M. Kleiber.)
- A Bilbao (Espagne), un poste de 1 kilowatt de construction française (Radio^LL) a commencé ses émissions en avril. Sa longueur d’onde est de 4ï5 mètres, il transmet de 19 h. à 21 h. 3o.
- Les concerts de Radio-Lyon ont recommencé le ior avril, l’horaire nouveau est le suivant :
- 12 h. 3o. Informations.
- 12 h. 45. Concert.
- 13 h. 45. Retransmission des cours de Paris.
- 20 h. 3o. Informations.
- 21 h. Concert, sauf les mardi et vendredi où il y a interruption de 21 h. à 22 h. pour laisser le poste Radio-Sud-Est exécuter son concert habituel.
- 22 h. Les mardi et vendredi une radio-sauterie sera exécutée par l’orchestre de Radio-Lyon.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- QSR
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- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1925 (‘)
- La comète Faye, dont la révolution sidérale est de 7ans,438, doit passer cette année au périhélie. M. P. Glo-ver, de Christchurch (Nouvelle Zélande), a adressé à la Société astronomique de France un éphéméride de recherche pour l'apparition actuelle. Le passage au périhélie aurait lieu vers le 3i août 192a. Voici les positions calculées par M. Glover, en tenant compte des perturbations intervenues depuis le précédent passage.
- Dates Ascension .
- (T. m. Greenwich). droite. Déclinaison.
- .1 uin 3o,oq 211 20"’ + ifi° 57'
- Juillet 16,17 311 fi"1 + 190 8'
- — 3i,73 3h 53m -f- 20° 1 5'
- Août. ...... i5,95 4h 4om + 20° 28'
- — 3i ,00 5h 24'“ 4 190 3 fC
- Septembre .... 15,o5 fiH fim -f 170 5 a'
- — ...... 60,27 6h 4fim 4 15° 21'
- Octobre 15,83 7I. l(;„. + 12°20'
- — 31,91 711 49"' + 8° 52'
- Une lunette à grand champ et de grande ouverte r<
- donc très lumineuse, est nécessaire pour cette recherche, ou mieux une chambre photographique munie d’un objectif très lumineux, à grand champ, montée équato-rialement, pour permettre les longues poses.
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, décroît. De -f- '23° H' au début du mois, elle tombe à -j- i8°2o' à la lin; Avec la diminution de la déclinaison, la réduction de la durée du jour suit une marche parallèle, et de i(ih 4m le 1"' juillet, cette duréem’est plus que de i5h 7™ le 3i. Ces durées sont celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon. J1 fait, en réalité,, jour plus longtemps que ne l'indiquent les chiffres précédents, le crépuscule, matin et soir, allongeant fortement la clarté diurne.
- Le tableau ci-dessous, précieux pour qui veut tracer une méridienne quand on a l’heure exacte, donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dales. Heures du j assnge Dates. Heures du passa
- (t. m. Gr )• (t. m. Gi
- Juillet Ier 1 111 54m I2S Juillet 1 7 1 O 5fira 33*
- — 3 1 1h 54,n 35s — J9 1C 56m 43*
- — 5 IIh 54m 57s — 21 1 tb5fim 5x!
- ' 7 Iih55,n 17' — 2,3 1th 56™ 56s
- — 9 1 0 55m 35s — 2 5 1 1b 56ln 59”
- — 11 1th55m 023 — 27 t ih56m 5qs
- — i3 1 th56ra 8S — Vf 11h56“ 57’
- — i5 ith5fim 22' -— 3i 1 ih 56™ 53e
- Observations physiques. — Le tableau ci-après contient les données principales pour orienter les dessins et photographies du Soleil. Voir au « Bulletin astronomique » n° 2dit) la définition des termes P, B0, L0.
- Le tableau ci-dessous, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, donne les éléments principaux de cette éclipse.
- TEMPS Llk; AL DA?iS L K LIEU
- phases LONGITUDE (Méridien de Paris). . LATITUDE
- Commencement de l’éclipse : h. m. 20 Juillet : 0 / 0 1
- — Générale . . 19 3,2 170 38 E 20 3g S
- — Annulaire. . 20 22,7 i5q 48 E 3 fi 5i S
- — Centrale . 20 26,0 Ï58 53 E 3.7 4 fi s 25 21 S
- Maximum de l’éclipse . , . 21 48,2 i5a 21 0
- Eclipse centrale à midi vrai. 21 56,7 23 10,4 149 58 O 2 .5 5i S
- Findel’éclipse : Centrale . 101 54 0 47 45 S 46 55 S
- — Annulaire. . 23 13,7 21 JuiUet : toi 33 0
- — Générale . . 0 33,i .... 0 3i 8 S
- Grandeur maxima de l’éclipse, le diamètre du Soleil étant un = 0,972.
- La plus grande durée de la phase annulaire sera de 7m 14S et se produira dans les lieux compris entre les longitudes i52°2o' et i49°3i' O et les latitudes — 25° V et—25° 26', c’est-à-dire en plein Océan Pacifique, au Sud des lies Toubouai et Vawitou (Océanie).
- L’éclipse sera visible au Sud de l’Océan Pacifique et dans les îles de l’Océanie. La fin de l’éclipse sera visible au lever du Soleil, de la côte orientale de l’Australie.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juillet, seront les suivantes :
- P. L. le 6, à 4h54m I N. L. le 20, à 2ill4om D. Q. le 12, à 2il,34m I P. Q, le 28, à 20h 23,n
- Age de la Lune, le ior juillet, à oh = 9J,7 ; le 21 =oJ,i. Pour trouver T âge de la Lune à une autre date du moisi ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 21’. Pour une heure donnée, il suffira d’ajouter 0^0417 par-heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le fi = —20° 53'; le 19 = -f- 200 5i'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 6^ juillet, à iah. Parallaxe = 61' 20". Distance •! 327 020 km.
- Apogée de la Tu1 ne (plus grande distance à la Terre), le 20 juillet, à 13". Parallaxe —53' 57". Distance = 406 45o km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 juillet, occultation de Balance (gr. 5,5). Immersion seule visible, à oh 59™. ’
- Le 25, occultation de b \iergc (gr. 0,2). Immersion seule visible, à 2ill4T". 5
- Dates. P «o h
- Juillet 5 — i°, 09 + 3°,37 , 200°, 7 3
- — 10 + i°.i9 + 30,89 134°,55
- — i5 + 3°,44 + 4°. 38 68°, 38
- — 20 4- 5°,65 + 4°, 85 2°, 23
- — 2.5 + 7°>8o - 4 50,28 2960,08
- — 3o + 9°>88 + 5°, 67 2290,94
- Lumière zo diacale, lueur anti-solaire, — La longue
- des jours empêche l’observation de la lumière zodiacale, sous nos climats, en juillet. La lueur anti-solaire est très basse sur l’horizon — puisque la déclinaison du Soleil est encore très forte — et il ne faut guère compter l’observer ce mois-ci.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil se produira les 20 et 21 juillet. Elle sera invisible à Paris.
- 1. Toutes les. heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps, légal (temps de Greenwich) compté de ol1 à 24\ à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, avancer de 1 heure toutes les heures indiquées ici.
- Le 27, occultation de 80 \iergc (gr. 5,fi). Immersion seule visible, à 2211 ifim.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du (> juillet. 3 oici les heures de ces plus grandes marées pour Brest :
- Marées du inaliti.- Marées du soir.
- Dates. Heures. Coel'fîcienl. Heures. Coefficient
- J uillet 5 2h 48m Om,87 l5h i3nl . Om,92
- — fi 3h vm o’hgfi 16h 2'" °m-9'9
- '— 7 4h 28“ l"',0I 1 fih 541,1 I ''',02
- — 8 5h 19"1 , 11,1,01 171145m i"',oo
- — 9 fih gm °'">97 18h33m O”, 94
- — 10 fi1’ 57m o“,89. 19I1,, 3 m om,84
- Le phénomène du mascaret, en raison de l’amplitude assez faible des marées en juillet, n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet 192.5.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : JUILLET Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent/ Constellation et étoile voisine.
- 6 3h 5(jm 1 ih 55™ "s 191' 54" 7 h 0n, + 2 2° 43' 31 31 2 Gémeaux i
- Soleil . . . ! 16 4- 5 11 0628 19 4? 7 4i +21 25 3i 3i 2 Gémeaux >
- '26 4 17 11 56 59 *9 37 8 21 4- *9 3o 3i 33 6 Cancer '
- 1 V 6 5 19 i3 11 2 1 3 8 12 + 2 1 49 5,6 4 Cancer
- Mercure. . ? i(i (i i3 i3 36 20 5 C) 9 1 8 -h ib 41 b, 4 7 Lion j
- • . 26 b 49 i3 43 20 37 10 5 ~r G 0 7,4 a Lion '
- 1 6 5 33 13 20 2 I 6 8 22 + 20 67 10,6 X Cancer 1
- Vénus . . . 16 6 1 i3 3o 20 59 9 n + J7 49 10,8 a Cancer >
- ( 26 6 3o l3 3g 20 47 10 0 -)- i3 52 11,2 a Lion N
- , <3 5 5 O 13 31 2 1 12 8 35 + 19 56 3,6 Ô Cancer !
- Mars. . . . 16 5 4 b T3 17 20 49 9 1 + 18 14 3,6 a Cancer t
- 26 5 42 i3 3 20 24 9 26 -j- 16 20 3, (i Lion \
- Jupiter. . . 16 M) *7 2 3 26 3 36 19 i3 — 22 37 44/2 X Sagittaire
- Saturne . . I (ï i3 3i 18 39 a3 4 b x4 24 — 11 47 15 (5 X Vierge
- Uranus. . . i(5 22 10 4 1 9 5'2 23 44 — 2 33 3,6 20 Poissons
- Neptune. . 16 6 37 i3 5o 21 3 9 35 + i4 45 2,4 7 Lion
- VISIBILITE
- Le soir, à la lin du mois.
- Le soir, dès le coucher du Soleil.
- Pratiquement inobservable.
- Toute la nuit.
- Dès l’arrivée de la nuit. Seconde partie de la nuit. Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- La comparaison des heures de lever, passage au méridien et coucher des planètes avec les mêmes éléments du Soleil permet immédiatement de se rendre compte si ces planètes sont favorablement situées pour l’observation, ou bien si elles sont invisibles.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du Soleil le 28 juillet, à i3\ à 27°,g' à l’Est du Soleil. Il sera donc visible le soir plusieurs jours avant et après celte date.
- S
- El III FZ Jupiter
- Fig. 1 à ,3. — Ya-riations 'rapides des configurations des Satellites de Jupiter, le 24 juillet 1924. (En haut : 2111 22”; au milieu : 22h 11“; en bas : 23h im).
- Photographies de M. F. Quémsset, à l’Observatoire Flam-mai-ion de Juvisy.
- (Ces déplacements des satellites peuvent être suivis avec une très petite lunette. Dans ces trois images, le Sud est en haut.)
- On s’attachera à observer les détails de la surface. Les phases de Mercure sont visibles avec les petits instruments, mais pour observer utilement la surface de cette planète, une lunette ou un télescope d’une bonne puissance sont nécessaires.
- Yoici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,82 — 0,6
- — 10 O-, 74 — 0,2
- — i5 0,67 6 JL 1
- — 20 0,59 o,3
- - 25 0,52 + o,5
- — 3o 0,44 + 0,7
- Vénus devient un peu mieux visible, le soir. Il sera
- bon de la recherchi er dès le couche r du Soleil (elle se
- couche, pendant et ; mois, environ ihiora après lui).
- Voici, comme pour Mercure, le tabl de la grandeur stellaire : eau de la phase et
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,94 — 3,3
- — 10 0,98 -3,3
- — i5 0,92 — 3,3
- — 20 0,91 - 3,3
- — 25 0,9° — 3,3
- — 3o 0,89 — 3,3
- La plus grande élongation de Vénus ayant lieu en novembre prochain, la planète sera de mieux en mieux située pour l’observation dans les mois qui vont suivre.
- Mars est pratiquement inobservable, son diamètre est réduit au minimum par la distance, à 3",6.
- Jupiter arrive en opposition lë 10 juillet, il est donc visible toute la nuit, et bien placé pour l’observation quoique très bas sur l’horizon.
- Rappelons qu’une longue-vue grossissant une quarantaine de fois montre Jupiter de la grosseur apparente de la Lune vue à l’œil nu.
- Les plus petites lunettes font voir l’aplatissement de ce globe énorme, du à la rotation rapide, les bandes nuageuses qui traversent son disque et les quatre principaux satellites. Ces satellites, comme nous l’avons expliqué le mois dernier, donnent lieu, par leurs mouvements autour de leur planète, à des. phénomènes très curieux à suivre, même avec des petits instruments (lig. 1 à 3). Voici ceux que l’on pourra voir en juillet, réunis dans le tableau ci-après.
- Saturne est encore visible dès l’arrivée de la nuit. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 3i juillet, à 1711.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 11 juillet.
- Grand axe extérieur.......................... 3g",60
- Petit axe extérieur . . . ................. gj
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau ............................... —f-18° 34/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -j—2O0 a3'
- if™Tfr'
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Juillet, Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- Ier o” 56"' I 0. c. 16 22b 20ro III O.f.
- Ier I 9 I P.c. 16 23 3 I P. c.
- Ior 3 12 I O.f. 16 23 13 I O.c.
- jor 22 16 I E.c. l7 1 *9 I P. f.
- 2 0 45 I Em. *7 I 29 I O.f.
- 2 21 4o I O.f. *7 22 5o I E.f.
- 2 21 52 I P.f. 20 0 28 IV lm.
- 5 1 i5 11 E.c. 21 I 3 II P.c.
- 6 1 I 2 III E.c. 21 I 34 II O.c.
- 6 23 7 II O. f. . 22 22 3i II E.f.
- 6 23 18 II. P. f. 23 21 37 III P. c.
- 8 2 5o I O.c. 23 22 58 III O.c.
- 8 2 53 I P.c. 24 0 47 I P. c.
- 9 0 11 I E.c. a 4 0 58 III P.f.
- 9 2 29 I Em. .24 I 8 I O.c,
- 9 2 l 18. I O.c. 24 22 7 I Im.
- 9 2 I J9 I P. c. 25 •' 0 44-. I E.f.
- 9 2 3 34 I P. f. 2 5 21 3o I P.f.
- 9 2 3 35 I O.f. 25 21 53 I O.f.
- i 3 2 2 48 11 P. c. 29 21 24 II Im.
- i3 2 2 59 II O.c. 3o I 8 II E.f.
- 14 I 32 II P. f. 3i 0 57 III P. c.
- 14 • I 43 II O.f. 3i 20 11 II O.f.
- 16 I 57 I Im. 3i 2 3 52 I Im.
- 16 2 I 41 III P.f.
- Yoici les dates des élongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne :
- Élongations orientales. Élongations occidentales
- 3h, 3 —
- 7 . 3h, 7
- 1 >9 -
- — 2h,6
- Uranus devient bien visible, surtout dans la seconde partie de la nuit. Nous avons donné le mois dernier |n° 2664)' une carte de sa marche sur le ciel pendant l’année 1925. S’y reporter pour trouver la planète dans la constellation des Poissons.
- Neptune est inobservable, sa conjonction avec le Soleil devant se produire le mois prochain.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ior, à i5\ Saturne en conjonc. avec la Lune, à 20 56' S. Le 6, à i2h, Jupiter — — la Lune, à i° 43'S.
- Le 8, à~ 5\ Mercure — — r, Cancer, à o° 7'N.
- Le 11, à o1’, Uranus — - — la Lune, à 3° 3U N.
- Dates.
- Juillet 2
- — 10
- — 18
- — 26
- Le 11, à. 2 Mercure en conjonct. avec la Lune, à o° 6' S. Le 11, à 3h, Mercure — — Mars, ào°i5'N.
- Le 11, à 4h, Vénus Le 19, à 6h, Mercure Le 20, à 191', Vénus Le 22, à i 2h, Mars Le 22, à 21h, Neptune Le 23, à 3h, Vénus Le 23, à 6h, Mercure Le 28, à 23\ Saturne Le 3o, à 51', Mercure
- — Mars, ào°22'N.
- — Neptune, à o° 6' N.
- — Neptune, à i° 19'N.
- — la Lune, à o° 5' N.
- — la Lune, à i° 14' S.
- — la Lune, ào°n'S.
- — la Lune, à 20 15' S.
- — la Lune, à 3° 6' S.
- — Vénus à 3° 14' S.
- Etoiles filantes. — Nous entrons dans les mois où les étoiles filantes deviennent très nombreuses. C’est en juillet, vers le 8, que commence la fameuse chute des Perséides, Le radiant initial est près de 0 Cassiopée. Il se déplace peu à peu et se trouve, vers le 10 août, près de ri Persée.
- A signaler, vers le 2S juillet, la chute des Aquarides, radiant vers ô Verseau, qui se prolonge jusqu’au 3o juillet. Voici, d’après M. Denning, la liste des radiants actifs en juillet :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Juill. 23 au 25 48° +~43° § Persée.
- — 25 au 28 3350 + 26° 1 Pégase.
- — 26 au 29 342° — 34° ô Poisson austral.
- — 27 7° + 32° ô Andromède.
- — 27 au 29 3410 — i3° ô Verseau.
- — 27 au 4 août 2 90 • +36° P Triangle.
- — 3i 3 io° + 44° a Cygne.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (É Persée) ; le 22 juillet à oh i4”.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, en juillet :
- Dates Passage. Temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Paris
- Juillet 10 Supérieur 6h i4m 32s. 7" um 32s,6
- 20 — 5h 35m 25s 7h 5ora 58s,2
- — 3o — 4h 56m 168 8h 3om 23s,7
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le i5 juillet, à 23* 3ora, est le suivant.
- Au Zénith : La Lyre (Véga) ; Hercule (a, • , p, 90, d) ; le Cygne p, o, Mj 6i°).
- A VEst : Le Verseau (t, 83 h, <{d, 94, ç) ; Pégase; Andromède (y, M, 31 ).
- Au. Sud : Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g); le Sagittaire.^, v, 54 ei, M, 8, N) ; le Scorpion (Antarès, v, p, o1, £) ; la Balance; le Capricorne (a, p, p, 0).
- A l’Ouest : le Bouvier (a, s, it, p) ; la Vierge.
- Au Nord : la Grande-Ourse (Ç, Ç, v, 23 h, o, Sy) ; le Cocher (Capella à l’horizon); Cassiopée (/p, 1).
- Em. Touchet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Les crèmes glacées. — On sait quelle consommation est faite de ce produit aux Etats-Unis où 4°°° usines, consacrées à sa fabrication, débitent chaque année plus d’un million de mètres cubes de crèmes glacées !
- Au Canada, en Angleterre, la nouvelle industrie se développe également et Paris a vu récemment paraître des produits du même genre.
- Le Département d’Agriculture du Canada a chargé M. A. H. White et Miss H. G. Campbell de rédiger une brochure à l’usage des habitants des campagnes et des petites villes qui veulent consommer des crèmes glacées, là où n’existent pas encore d’usines préparant ces produits. L’Institut international du Froid l’a fait traduire en français et vient d’en publier une longue analyse dans la Revue générale du Froid et des Industries frigorifiques. Nos lecteurs seront heureux de connaître, au début de la saison chaude, les moyens de confectionner soi-même des entremets glacés, précisés par nos amis canadiens.
- On emploie de préférence de la crème vieille de 24 heures, conservée dans un endroit Hais. On utilise une sorbetière composée de deux vases, l’extérieur
- chargé de glace et de sel, le petit destiné à recevoir la crème ; ce dernier est muni d’un couvercle et d’une anse qui permet de le faire tourner. On lui fait faire alternativement un demi-tour dans chaque sens pendant 5 à 10 minutes, puis on l’ouvre sans laisser entrer le liquide salé du grand seau; on racle les parois, on ferme et l’on recommence jusqu’à ce que toute la crème soit congelée. Les appareils plus perfectionnés permettent une rotation au moyen d’une manivelle.
- On peut varier à l’infini la composition de ces entremets. Voici quelques recettes pour préparer environ un litre de crème, que nous empruntons à la Revue générale du Froid.
- Les poids et mesures sont les suivants :
- 2 tasses = 1 pinte = ol.,568; 4 tasses — 1 quart
- — o1,946 ;
- 2 tasses de sucre granulé = 1 livre angl. =453 gr. ;
- 1 cuiller de table=i/2 once=i5 grammes environ;
- 3 cuillers à thé — 1 cuiller de table.
- 1“ Crème glacée à la vanille. — N° 1. —Un 1/2'litre de crème de table, i/3 d’une tasse de sucre cristallisé,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- 2 petites cuillerées de vanille en poudre. Mélanger, agiter pour fondre le sucre et congeler.
- N° 2. — i tasse de lait bouillant, i de crème, le i/3 d'une tasse de sucre, i jaune d’œuf, i petite cuillerée de farine et i de vanille.
- Rf Mêler farine et sucre, ajouter le jaune d’œuf légèrement battu et verser graduellement le lait en agitant. Faire cuire i5 minutes au bain-marie, passer et Laisser refroidir. Ajouter la crème et la vanille et congeler.
- 2° Crème glacée au chocolat.— 1/2 litre de crème, 1/4 de tasse de chocolat ou de cacao, i/3 de tasse de sucre,
- 1 petite cuillerée de vanille et quelques grains de sel.
- Mettre dans une casserole le chocolat ou le cacao, la
- moitié du sucre et un peu d’eau ou de lait. Chauffer au bain-marie en remuant jusqu’à ce que le mélange forme un sirop onctueux et, avec le reste du sucre, verser le tout dans la crème. Ajouter le tout et congeler.
- 3° Crème glacée à la. farine d’avoine. — 1 tasse de lait, 1 de crème, 1/4 de tasse de sucre, r/2 tasse d’avoine écrasée et 1/2 petite cuillerée de vanille.
- Faire tremper l’avoine dans le lait pendant une heure, passer, faire cuire 45 minutes dans une marmite à doubles parois, en remuant fréquemment : laisser refroidir, ajouter la crème et la vanille et congeler.
- 4° Pudding congelé au riz. — 3/4 de tasse de lait, autant de crème, 1 jaune d’œuf, 2 grandes cuillerées de riz, i/3 de tasse de sucre et 1/4 de cuillerée de vanille.
- Laver le riz, le jeter dans l’eau bouillante salée, faire cuire jusqu’à ce que le grain soit mollet, égoutter, ajouter le lait et cuire 3o minutes dans une marmite double, passer et verser le jaune d’œuf et le sucre battus ensemble. Remettre dans la marmite et remuer jusqu’à ce que le mélange s’épaississe. Retirer du feu, laisser refroidir, ajouter la vanille et congeler. On peut employer du riz cuit (environ 6 grandes cuillerées).
- 5° Crème glacée aux fraises. — 1/4 de litre de crème, 3/4 de tasse de fraises écrasées, 1/4 de tasse de beurre et 1 petite cuillerée de vanille.
- Ecraser les fraises et les saupoudrer avec le sucre. Mélanger séparément les acitres ingrédients et congeler. Ajouter le fruit quand le mélange est presque congelé.
- On peut employer n'importe quel fruit de la même façon, en variant la quantité de sucre suivant la douceur du fruit. Pour les fruits à grains comme les framboises, les passer à travers un tamis avant de les sucrer, pour les débarrasser de leurs grains.
- 6° Crème glacée aux amandes ou noix. — 1/2 litre de crème, i/3 de tasse de sucre, 1/4 de tasse d’amandes (ou noix) concassées et 2 petites cuillerées de vanille.
- Mettre le sucre et la vanille dans la crème, congeler. Quand la congélation est presque complète, ajouter les amandes ou noix. On fait de très bons entremets en ajoutant des amandes ou noix à des crèmes glacées au chocolat ou à l’érable.
- 70 Crème glacée aux macarons. — 1/2 litre de crème, i/3 de tasse de sucre, 1 tasse de macarons écrasés et
- 2 cuillerées à cafés de vanille.
- Faire dessécher les macarons au four; les écraser; les ajouter à la crème quand elle est sur le point de se congeler.
- On peut remplacer les macarons par d’autres biscuits.
- 8° Sorbet au citron. — 1/2 litre de lait ou de lait écrémé, 3/4 de tasse de jus de citron, 1 tasse de sucre et, si l’on veut, 2 blancs d’œufs.
- Battre les blancs d’œufs et mélanger aux autres ingrédients, congeler. Si l’on désire parfumer aux fruits
- frais, ne mettre~qu’un quart de tasse^de jus de citron et diminuer la quantité de sucre suivant la douceur du fruit employé, On peut se. passer [de blancs d’œufs, mais, dans ce cas, le sorbet est moins onctueux.
- Les recettes suivantes, pour crèmes plus riches, sont plus dispendieuses. La crème employée ne doit pas être éclaircie et-doit contenir 25 à 3o pour 100 de matière grasse de beurre. La crème de table ordinaire peut suffire à la rigueur.
- 9° Parfait doré. — 1/2 litre de crème, 2 jaunes d’œufs, 3/4 de tasse de sucre et 2 petites cuillerées de vanille.
- Yerser 1/4 de la crème sur les jaunes d’œufs, battre pendant quelques instants au bain-marie, en agitant constamment. Retirer du feu, refroidir, ajouter les autres ingrédients et congeler.
- Pour le parfait aux amandes, ajouter une demi-tasse d’amandes concassées. Pour le parfait aux fruits, ajouter 3/4 de tasse de fruit écrasé.
- 10” Pudding à la Nesselrocle. — 1/2 litre de crème, 2 jaunes d’œufs, 3/4 de tasse de sucre, 1/4 de tasse de cerises au marasquin, 45 gc. de fruits confits, une tranche d’ananas haché en petits morceaux, i/4-de tasse de noix concassées.
- Yerser 1/4 de la crème sur les jaunes d’œufs : chauffer quelques instants au bain-marie en remuant constamment, ajouter le sucre, retirer du feu, laisser refroidir et ajouter la vanille. Ecraser et mêler les fruits et les noix et ajouter le tout à la crème presque congelée.
- ii° Mousses. — 1/2 litre de crème fouettée, 1/2 lasse de sucre, autant de fruits écrasés (fraises, pêches", etc.) et le jus d’un citron.
- Fouetter la crème, ajouter le sucre, le jus de citron et les fruits écrasés et congeler. Tourner la sorbetière très lentement, juste assez pour assurer une congélation égale du mélange. On peut, si l’on veut, colorer la crème pour la mettre en harmonie avec la couleur du fruit employé.
- Sauces à servir avec les crèmes glacées ordinaires. — i° Sauce à la mauve. — Mauve 110 gr. environ, 1 tasse de sucre en poiidre et 1/4 de tasse d’eau bouillante.
- Couper la mauve en petits morceaux, la faire fondre dans la marmite à double paroi. Dissoudre le sucre dans l’eau bouillante, le jeter*dans la mauve et remuer jusqu’à ce que le mélange soit homogène; verser alors dans un compotier et laisser refroidir avant de servir. .
- 20 Sauce au chocolat. — i bâton de chocolat de santé, 2 petites cuillerées de beurre, 1 tasse de sucre, i/3 de tasse d’eau bouillante et 1/2 cuillerée à café de vanille.
- Faire fondre le chocolat, ajouter le beurre, puis l’eau graduellement, sucrer, faire bouillir 5 minutes et ajouter la vanille.
- . 3° Sa-ace au café. — i/3 de tasse de café moulu, i tasse 1/2 de lait, j/3 de tasse de sucre, 1 petite cuillerée- de fécule et quelques grains de sel.
- Faire bouillir le lait avec le café, laisser reposer 20 minutes, passer, mélanger ensemble le sucre, la fécule et le sel et jeter dessus la décoction de café chaud, en remuant bien; faire cuire 5 minutes et servir chaud. On peut aussi employer une tasse de lait et les 3/4 d’une tasse de café restant.
- Comme l’a fait observer le D1 Mc Collum, ces entremets glacés sont un moyen de faire consommer agréablement, pendant l’été, une grande quantité de crème, d’une grande valeur alimentaire et sous une forme aisément digestible.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — A propos des piqûres de scorpion (nos 265g et 2065). — Nous recevons du Dr S... l’intéressante lettre suivante :
- « Dans le numéro 2005 du journal La Nature, du 2 mai 1925, M. P. Astier signale, comme moyen thérapeutique contre la piqûre du scorpion, le procédé du scorpion broyé, ou encore de l’huile de scorpion.
- Je connais ce procédé, ayant été au Maroc, comme médecin militaire, pendant quatre années consécutives. — Je dis : je le connais, mais je ne l’ai vu jamais appliquer ni ne l’ai employé moi-même. Mais je sais des confrères militaires et civils qui l’ont, employé avec succès. — A vrai dire, à part la région de Bou-Denib
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- BOITE AUX LETTRES
- et"5 Marrakech, que je ne connais point, j’ai parcouru tout le reste du Maroc, comme médecin de colonne mobile. J'ai pu soigner près de 2S0 à 3oo militaires piqués par des scorpions, par scorpion jaune, il est vrai; le noir qui, paraît-il, est beaucoup plus venimeux, je ne l’ai rencontré qu’une fois, à l’occasion d’un soldat européen (zouave) piqué à la main, la nuit, par un énorme scorpion noir, rare dans les régions nord du Maroc, mais' abondant, paraît-il, dans le sud. — Un peu ému par ce que je savais, par ouï-dire, des piqûres de scorpion noir et n’ayant que peu de ressources dans mes cantines médicales, pour un cas pareil, je fis aussitôt (moins de deux minutes après la piqûre) une incision profonde sur la piqûre et y versai du permanganate de potasse en poudre. Le lendemain, après une nuit un peu agitée, mon « piqué » ne ressentait qu’une légère douleur dans sa main, avec un peu d’œdème et le surlendemain il n’y avait plus aucun symptôme. Je me suis permis de vous apporter ici le modeste tribut de mon expérience personnelle pour faire ressortir que, cen colonne, dans l’année, au Maroc, le permanganate ou Vammoniaque pure, versés sur la plaie incisée et élargie au bistouri, ou avec un bon canif, est à mon avis un excellent moyen d’arrêter net les effets d’une piqûre de scorpion, à condition bien entendu qu’il n’y ait pas un trop grand laps de temps écoulé depuis la piqûre. »
- Réponses. — M. R., au K.hanguet (Tunisie). — i" Tant que vous aurez des cheneaux, vous serez exposé à des infiltrations, nous regrettons de ne pouvoir vous indiquer de procédé pour les rendre étanches en toute sécurité. 2° Rien d’autre à faire que de relever les carreaux descellés et de les reposer à bain de-ciment.
- L. M. 1. Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire). — i° Pour construire une fosse à fumier, on creuse une fosse dont la section a la forme d’un triangle rectangle, l’hypoténuse étant à la surface sur laquelle reposera le fumier. La longueur de cette hypoténuse doit être assez grande et son inclinaison assez faible pour que les attelages puissent la gravir facilement en tirant les véhicules chargés de fumier jusqu’au sol de niveau.
- Les trois murs perpendiculaires seront construits à la chaux hydraulique ou au ciment, afin qu’ils soient parfaitement étanches. La partie la plus basse, où s’assemblera le purin, doit être en communication avèc une fosse ou se trouver à un niveau inférieur et toute voisine de la fosse à fumier, de manière à élever économiquement le purin à l’aide d’une pompe, pour l’amener et le répandre sur le fumier.
- Pour calculer, approximativement, les dimensions à donner à la fosse à purin, on la compare à un solide dont les faces sont des figures géométriques régulières. Ainsi, le volume d’une fosse construite comme il est indiqué ci-dessus sera égal à la moitié du volume d’un parallélépipède rectangle, lequel s’obtient en multipliant entre elles les trois dimensions, c’èst-à-dire en calculant la surface de la base et en la multipliant par la hauteur. La fosse ne représentant que la moitié de ce volume, on divise par 2 le produit obtenu.
- Voici des moyennes qui permettront d’estimer la quantité de fumier conservé dans la fosse. Ce sont les quantités produites annuellement par les divers animaux (ce ne sont que des moyennes) : un cheval 10.000 kg un bœuf de travail 10.000 kg, un bœuf à l’engraissement a5ooo kg, une vache nourrie à l’étable 10000 kg, une bête ovine 55o kg, une bête porcine 1 200 kg.
- Le mètre cube de fumier à demi consommé et contenant ^5 pour 100 deson poids d’eau pèse en moyenne, kg.
- Yoici d’autres moyennes pouvant servir : poids du mètre cube de fumier gras fermenté, de bœuf, 730 kg; fumier frais de bœuf, G40 kg; fumier gras de cheval, 515 kg; fumier de cheval, après huit jours de fermentation, 410 kg; fumier frais de cheval, 400 kg.
- 2° Nous estimons que le plus sûr moyen d’être renseigné avec tous détails désirés, c’est de souscrire à la proposition qui vous a été faite par le technicien spécialiste.
- M. G. i?.,-à Dole. — i° Yous pourrez facilement réaliser Vétanchéité à la lumière en prenant deux tissus noir et en les collant au .moyen de la dissolution courante de caoutchouc employée de la façon habituelle, mais il faut croiser le sens de l’étoffe, c’est-à-dire appliquer le sens chaîne d’un morceau, en croix avec le sens chaîne de l’autre morceau, il ne peut ainsi y avoir coïncidence des espaces entre les fils. Nous ne vous conseil-
- lons pas de choisir de la soie, celle-ci est le plus souvent chargée et devient ainsi cassante, ce qui ne répondrait pas à l’emploi comme rideau d’obturateur, nous préférons un tissu de toile lin ou chanvre qui aura beaucoup plus de résistance. 20 Pour inscrire sur un cliché une mention qui se reproduise en blanc sur l'épreuve, il vous suffira de vous servir d’encre de Chine et en écrivant à rebours sur la gélatine. On peut éviter cette petite difficulté en préparant les deux solu-
- tions suivantes :
- A Eau....................... 100 c. c.
- Glycérine...................... 8 —
- Encre ordinaire............... 20 —
- B Alcool.................... j 00 —
- Nitrate de mercure. ... i5 grammes. Bichlorure de mercure . . 8 —
- Au moment de l’emploi, on mélange parties égales des deux solutions de façon à obtenir le volume nécessaire pour l’écriture, puis on écrit sur une bandelette de papier de' la façon habituelle, le papier étant lisse et bien encollé. On applique ensuite l’inscription sur le négatif, on presse quelques instants avec le doigt, puis on enlève le papier qui laisse apparaître l’écriture décalquée sur le négatif où elle s’est imprimée à rebours, c’est-à-dire dans le sens convenable pour qu’au tirage de l’épreuve elle se trouve redressée.
- M. Ch., à La Guiche. — Il s’agit très probablement d’une mise en liberté du soufre de votre ébonite, nous pensons que vous pourrez remédier à cet accident par un polissage au moyen d’un tampon de toile très fine, imprégné d’un mélange de rouge d’Angleterre et d’essence de térébenthine, terminer en se servant d’un tampon simplement imprégné d’huile de lin.
- P. D., à Paris. — 1“ L’alcool est le solvant de choix pour nettoyer les stylos encrassés, à l’état d’alcool dénaturé il convient parfaitement. 20 Les sels dits anglais se préparent de la manière suivante : Dans un récipient pouvant se fermer, on met 600 gr. de carbonate d’ammoniaque dü commerce divisé en morceaux de la grosseur d’une noisette avec 3oo gr. d’ammoniaque concentrée, on agite fréquemment pendant une semaine, puis on abandonne un mois dans un endroit frais. Il se forme un sel basique sec qui est pulvérisé, on ajoute comme parfums : essence de lavande et extrait de musc âa 14 gr.: essence de bergamote, essence de girofle ââ 3 ; essence de roses, 10. gouttes; essence de cannelle de Ceylan, B gouttes; ammoniaque concentrée, 2 gr. On garnit de cette préparation que les Anglais désignent sous le nom de smelling salts (sels odorants) des flacons de poche que l’on utilise, en aspirant les vapeurs ammoniacales qui s’en dégagent pour produire une légère excitation de la muqueuse nasale et ranimer ainsi la circulation céphalique dans le cas de syncope.
- En France, on préfère à l’odeur d’ammoniaque celle de l’acide acétique, on garnit alors les flacons d’une matière inerte, le plus souvent du bisulfate de potasse granulé et on arrose celui-ci de quelques gouttes d’acide acétique cristallisable que Ton peut également parfumer par un mélange d’essences analogue au mélange indiqué ci-dessus, on peut même colorer légèrement avec quelques gouttes de teinture de cochenille ou d’orcanette, ce qui donne un aspect plus agréable à l’œil. L’action sur la pituitaire est analogue à celle de l’ammoniaque, c’est en application du même principe, qu’en cas de syncope on frotte les tempes du malade avec un linge imbibé de vinaigre, qu’on lui en fait respirer et qu’on l’allonge sur le sol, la tête basse, pour que le sang revienne rapidement au cerveau. 3° Pour enlever les taches de doigts sur les livres, le meilleur dissolvant est le tétrachlorure de carbone, placer en dessous de la feuille du papier buvard, puis frotter la tache avec un tampon de coton hydrophile imbibé du solvant, changer le buvard de place lorsqu’il a absorbé le liquide chargé de graisse et répéter l’opération jusqu’à disparition complète de la tache. Un léger gommage enlèvera les souillures insolubles restées à la surface du papier. 4° Yous trouverez de petits ti’aités sur le travail du cuir et de l'étain repoussé, chez Berville, 2B, rue de la Chaussée-d’Antin. Laurens, 6, rue de Tournon. Sen-nelier, 3, quai Voltaire. 5° Nous ne faisons pas d’analyses particulières; si la composition du produit qxxe vous nous avez soumis présente pour vous un intérêt autr* que celui de curiosité, nous poumons le transmettre à un laboratoire compétent.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Chemins de fér électriques, par A. Bachellery, i vol. grand in-8, 445 p., '224 fig- J--B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix : 65 francs.
- M. Bachellery est ingénieur en chef- de la traction aux chemins de fer du Midi, on sait que ce réseau est le premier, en France, qui ait entrepris l’électrification d’une partie importante de- ses lignes, et il y a acquis une expérience précieuse dont le livre de M., Bachellery nous offre, en somme, un résumé. L’auteur s’est placé au point de vue de l’ingénieur de chemins de fer, c’est-à-dire de l’ingénieur chargé d’étudier, d’équiper ou d’exploiter un réseau électrifié. Aussi a-t-il traité sobrement les parties du sujet qui relèvent de l’art du constructeur électrique ou de l’hydraülicien. Il décrit les divers éléments d’uii système électrifié, depuis l’usine génératrice jusqu’à la locomotive, mais en insistant surtout sür ceux qui sont particuliers aux chemins de fer : équipement des sous-stations, suspensions des lignes, appareils de prise de courant, moteurs de traction, appareillage des locomoteurs, mécanisme de transmission de la force motrice aux roues, dispositions générales des locomotives. Puis il fait ressortir, au point de vue exploitation des voies ferréest les caractères propres à la traction électrique : contrairement à une idée peut-être trop répandue, les caractéristiques de la traction électrique comparée à la vapeur ne sont pas la souplesse, ni toujours l’économie, mais la puissance, la vitesse et ia régularité de marche.
- La restitution de photographies aériennes (Eléments de métrophotographie), par A. Thouvenot. i vol. 142 p., 59 fig. E. Chiron, éditeur, Paris, 1924.
- Restituer une photographie aérienne, c’est reconstituer à l’aide de cette photographie la projection horizontale de détails de planimétrie qui y figurent.. On sait que la photographie aérienne par avions mettait, pendant la guerre, chaque jour à la disposition des armées des centaines de photographies des organisations amies ou ennemies ; l’exploitation de ces photographies a rapidement donné naissance à une série de techniques qui peuvent trouver également leur application à des travaux plus pacifiques.
- Nos lecteurs savent qu’il existe des appareils pour ainsi dire automatiques, extrêmement remarquables, pour opérer ces reconstitutions. Mais ils sont compliqués et coûteux, et réclament des photographies prises dans des conditions spéciales. Aucun, appareil de ce genre n’èxistait en France pendant la guerre. L’aüleur du présent ouvrage, attaché pen,dant les hostilités au service du Canevas de tir d’une armée, y a acquis une grande pratique de la restitution ; il s’est posé le problème dans toute sa généralité, et s’est attaché à le résoudre par des moyens géométriques simples, n’exigeant d’autre instrument que l’outiliage ordinaire du dessinateur. Il a été ainsi amené à imaginer uii certain nombre de solutions pratiques, la plupart originales, qu’il expose dans le présent volume. Les unes s’appliquent aux terrains peu accidentés, c’est le cas le plus simple, les autres aux terrains montagneux, où tous les problèmes cartographiques sont, on le sait, beaucoup plus ardus. 11 montre que dans tous les cas, on peut, si l’on dispose de deux photographies convenables, dresser de toutes pièces la carte planimétrique et altimétrique d’une région, pour tous les points qui peuvent s’identifier sur les photos, pourvu que l’on y trouve 3 repères- rattachés au canevas d’ensemble. Il y a là un utile travail qui rendra de précieux services à tous ceux qui ont à se servir de la photographie aérienne.
- Statique graphique élémentaire et notions préliminaires de résistance des matériaux suivies des Tables des poutres et poutrelles en bois et en fer, par M. Darras, 2° édition revue et corrigée. 1 vol. in-8, 397 p., ao5fig. Editeurs, Girardot et Cic, Paris, 1925. Prix : 3o francs.*
- La nouvelle édition de ces éléments de Statique graphique et de Résistance des matériaux n’èst pas un cours complet de ces deux éléments de Fart de bâtir, mais plutôt un ouvrage qui en résume clairement les éléments essentiels et prépare aüx cours
- plus complets qui sont professés dans les écoles d’architecture et de travaux publics.
- Les circuits de réception de Vamateur, par J. Brun,
- 1 vol. illustré 62 p. Albin Michel, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur a groupé dans ce recueil, sous une forme schématique, les principaux montages qui s’offrent à l’amateur pour son poste de. réception, en partant des montages à galène les plus simples pour arriver progressivement aux montages les plus complexes. Pour chacun d’eux, il indique les caractéristiques numériques des éléments essentiels.
- La croissance chez le nourrisson. Accroissement pondéral et staturalpar le Dr G. Yariot, i vol. in-16, 352 p., 35 fig. G. Doin, Paris. Prix : 16 francs.
- L’ouvrage est divisé en deux parties; la première est consacrée à l’étude de la croissance normale, avec des détails spéciaux sur le mécanisme dé l’accroissement de la taille par le processus d’ossification épiphysaire, et sur le développement du crâne et du cerveau. Oh y trouvera aussi des documents sur la dentification dans ses rapports avec la taille, les tables de croissance, le poids à- la naissance, la dissociation de la croissance pondérale et staturale, l’anticipation de l’accroissement, le rôle de l’hérédité, etc.
- La deuxième partie comprend l’élude des croissances normales dans la débilité congénitale, dans les diverses variétés d’atrophie infantile d’origine gastrointestinale, dans l’hypotrophie simple et tuberculeuse, dans les atrophies symptomatiques de l’hérédité syphilitique, tuberculeuse, alcoolique, toxique, etc., ou des malformations glandulaires ou organiques.
- Le livre se termine par un exposé de la ration alimentaire et des divers laits qui conviennent aux non rrissôns.
- Traité de zoologie, par Edmond Perrier, fasc. vu. Les Batraciens, publié avec le concours de Rémy Terrier,
- 1 vol. in-8, pp. 2725-2883, 121 fig. Masson et C'°, Paris. Prix : 24 francs.
- Tout le monde connaît le Traité de zoologie d’Edmond Perrier, le regretté directeur du Muséum. C’est le plus complet dont on dispose en langue française. Malheureusement, la mort de l’auteur l’interrompit au chapitre des Poissons. Pour le compléter, son frère, M. Rémy Perrier, professeur à la Sorbonne, vient d’écrire le fascicule consacré aux Batraciens. On y trouve les principaux faits qu’il faut connaître de l’anâtomie et de la classification de ce groupe, depuis leur aspect extérieur jusqu’à leurs métamorphoses, en passant successivement par tous les appareils et toutes les fonctions qu’ils présentent. 11 est à souhaiter que les derniers fascicules paraissent rapidement afin que les naturalistes disposent du seul traité de zoologie complet qu’on ait écrit en France depuis cinquante ans.
- Index generalis. Annuaire général des Universités, 1924-25, publié sous la direction de R. de Montessus de Ballore. 1 vol. in-16, 1614 P- Editions Spes, Paris. Prix : 75 francs.
- Nous avons déjà dit les immenses services que rend Y Index generalis, créé après la guerre par Montessus de Ballore pour remplacer les œuvres similaires allemandes, si partiales. On y trouve tous les renseignements sur l’organisation scientifique .de chaque pays : les universités, les grandes écoles, les académies,';’les archives, les bibliothèques, les instituts scientifiques, les jardins botaniques et zoologiques, lés musées, les observatoires, les sociétés savantes, lé personnel savant (70000 références). Chaque institution est décrite èn détails, avec ses ressources, ses richesses, ses particularités. C’est le livre indispensable à tous les hommes de science, aux amateurs, aux industriels, celui où ils trouvent immédiatement tous les renseignements désirables sur tous les pays du monde entier.
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- NATURE
- ipplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2670 6 Juin 1925
- Les nouveaux laboratoires de l’Ecole Centrale. —
- Le Président de la République a inauguré, le' 22 mai dernier, les nouveaux ateliers et laboratoires de l’Ecole Centrale. C’est une date importante dans l’histoire de notre grande Ecole d’ingénieurs. On est unanime aujourd’hui sur la nécessité, pour la formation des ingénieurs, d’allier à l’enseignement théorique et livresque un enseignement expérimental qui mette l’élève directement en présence de la matière et®le mette en contact avec les phénomènes et les machines qu’il aura plus tard à employer au cours de sa carrière. L’Ecole Centrale est entrée depuis longtemps déjà dans cette voie; elle a développé progressivement ses ateliers et laboratoires, pour aboutir aujourd’hui à une installation de grande envergure.
- Lorsque l’Ecole s’est installée en 1884 dans les bâtiments qu’elle occupe actuellement, elle ne possédait que des laboratoires de chimie consacrés surtout aux manipulations de chimie analytique. En 1901 et 1902, un laboratoire d’électrotechnique et un laboratoire de mesures électriques ont été créés; en 1912 on installe un atelier de machines thermiques et un atelier de machines hydrauliques; en iqi3 un laboratoire de physico-chimie des alliages, et un laboratoire de chimie industrielle.
- Les nouveaux laboratoires comprennent un laboratoire de physique générale, un laboratoire d’essais mécaniques des matériaux de construction, une salle de physique industrielle et de traitements thermiques des produits métallurgiques, enfin en sous-sol une vaste salle comprenant atelier de machines-outils, ateliers de fonderie, laboratoire électrotechnique (qui remplacera les anciens laboratoires électriques), station transformatrice de courant. Tous ces laboratoires sont outillés pour permettre aux élèves de travailler par eux-mêmes et d’effectuer les opérations ou les mesures que comportent les machines et appareils très modernes qui y sont installés. Le, laboratoire d’essais mécaniques est outillé pour les essais des métaux, des ciments, chaux et plâtres, de la pierre, du bois, des textiles, du^ papier et du caoutchouc.
- Le laboratoire de physique industrielle initie les élèves aux différents modes de chauffage utilisés industriellement ainsi qu’à toutes les méthodes de contrôle en usage ; il possède également tout le matériel nécessaire à la cémentation, à la trempe et au contrôle de ces opérations; il est doté en outre de machines frigorifiques, d’une machine à air liquide et d’un poste d’émissions de T. S. F.
- L’atelier de machines-outils et celui de fonderie sont de même pourvus d’une riche collection des machines les plus modernes fournies par nos principaux constructeurs.
- L’installation électrique a été ingénieusement conçue pour faciliter aux élèves l’étude des divers types de machines, et leur apprendre les principales manœuvres que comportent l’exploitation et la surveillance des installations en usage dans les usines.
- Les frais de ces belles installations ont été assurés, en partie par les ressources propres de l’Ecole (celle-ci ne reçoit aucune subvention de l’Etat), en partie par une souscription qui en quelques mois a dépassé 8 millions. Mais l’Ecole Centrale compte ne pas arrêter là son effort; elle veut créer d’autres laboratoires encore, et surtout s’agrandir ; car elle est à l’étroit dans son emplacement actuel et ce n’est que par un véritable tour de force qu’elle a pu réaliser les perfectionnements que nous venons de résumer. Son actif directeur, M. Guillet, estime que 4 millions lui sont nécessaires pour achever l’œuvre qu’il a entamée si énergiquement. Il a le ferme espoir que deux ans d’efforts continus lui permettront de la mener à bien.
- Un nouveau tremblement de terre au Japon. —
- Le Japon vient, une fois de plus, d’être éprouvé par un tremblement de terre, moins grave que celui qui détrub :sit récemment Tofiio et Yokohama, mais qui cependant a fait de trop nombreuses victimes et de graves dégâts. Le séisme s-’es.t produit le a3 mai à 11 h. ip, et a affecté la région d’Osaka, Kobé, Nagoya. Les grandes villes
- n’ont pas souffert, mais la ville de Toÿooka et la .station balnéaire de Kisonaki ont été entièrement détruites par le cataclysme et par l’inçendie consécutif. Le nombre des victimes est évalué à i5oo morts et blessés.
- L’influence toxique des produits plombiques antidétonants dans le gaz d’échappement des moteurs.
- — On sait que le rendement d’un moteur à explosion augmente quand 011 augmente la compression. II.y aurait là un moyen facile pour rendre plus économique le fonctionnement des moteurs, si à cette influence favorable ne s’opposait un grave inconvénient; pour un mélange combustible donné, il y a une certaine pression à partir de laquelle la combustion se fait suivant un régime détonant, dangereux pour le moteur. C’est ce même phénomène de détonation qui rend difficile dans les moteurs ordinaires l’emploi de carburants moins coûteux que l’essence, comme les huiles lourdes. On a trouvé le moyen de combattre les phénomènes détonants, en incorporant à l’essence une petite proportion de produits dits anti-détonants ; le plus employé de ces produits est le plomb tétraéthyle. On l’incorpore à un véhicule qui est en général du dibrp-mure ou du trichlorur.e d’éthylène ; les proportions sont par litre d’essence de 3 cm3 de plomb tétraéthyle et de 2 cm3 de dibromure. L’étude des produits anti-détonants a eu pour origine, comme nous l’avons déjà exjDosé, les travaux de Midgeley au Laboratoire de la General Motors Research Corporation aux Etats-Unis. Actuellement, on trouve dans le commerce aux Etats-Unis de l’essence anti-détonante ainsi préparée et vendue sous le nom d’éthylgazoline. .
- Ce produit a l’intérêt d’éviter le cognement des moteurs, phénomène qui semble dû surtout à fies surpressions accidentelles provenant par exemple de l’en-crassement de la chambre d’explosion.
- Mais le plomb tétraéthyle est un produit très toxique, et l’on peut se demander s’il n’y a pas d’inconvénients pour la santé publique à rejeter dans l’atmosphère une telle substance, qui ne subit aucune modification dans le moteur et n’y jpue qu’un rôle de présence.
- Nous nous sommes fait l’écho des craintes soulevées, à ce propos, parmi les hygiénistes. Les autorités américaines s’en sont également inquiétées et une grande enquête a été entreprise par le Bureau of Mines en collaboration avec la General Motor Corporation C°. Un laboratoire spécial a été organisé à Pittsburgh et de nombreuses-expériences y ont été effectuées, en vue de répondre à la question suivante ; l’air chargé de gaz d’échappement provenant d’éthylgazoline est-il dangereux à respirer, et dans l’affirmative à partir de quelle concentration! Des animaux de diverses espèces, de diverses tailles et de divers âges ont été maintenus pendant 188 jours dans des chambres d’expériences, où ils étaient placés dans une atmosphère mélangée de gaz d échappement à teneurs variables ; on a poussé cette teneur jusqu'à la limite où se produit l’intoxication par l’oxyde de carbone. Aucun des animaux n’a manifesté de traces d’intoxication par le plomb. On peut donc en conclure que l’emploi d’essence mélangée de quelques traces de plomb tétraéthyle ne fait courir aucun danger sérieux au jmblic de la rue, mais les ouvriers qui ont à manipuler le plomb tétraéthyle, par exemple pour la préparation des mélanges vendus au consommateur, courent des risqués beaucoup plus graves qui exigent des précautions spéciales et minutieuses. Il en est de même pour les mécaniciens employés à nettoyer les moteurs qui ont utilisé l’éthylgazoline. Le Bure.au of Mines continue l’étude de ce côté de la question et la recherche des moyens les plus efficaces pour protéger les ouvriers.
- Ajoutons que des accidents si graves se sont produits au cours de la préparation et de l’emploi de l’élhyl-gazoline que la fabrication d.e celle-ci a été momentanément suspendue aux EtatsrUms.
- En France, la Direction des Essences au Ministère du Commerce étudie activement cette même question.
- Les peintures lumineuses — Les peintures, lumi-
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- INFORMATIONS
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- lieuses ont fuit leur apparition pendant la guerre, et depuis elles sont restées très employées pour les cadrans et les aiguilles de montres que l’on veut rendre lumineux dans l’obscurité. Le récent ouvrage de M. Maurice Curie, le Radium et les Radioéléments, nous apporte de précieux renseignements sur la fabrication et les propriétés de ces peintures si curieuses. Elles sont toujours à base de sulfure de zinc phosphorescent; les sulfures purs, on le sait, ne sont pas naturellement phosphorescents; ils n’acquièrent cette propriété que grâce à la présence d’une petite proportion d’un corps étranger ; l’impureté phosphorogène du sulfure de zinc est le cuivre. La préparation industrielle du sulfure de zinc se fait, dans ses grandes lignes, suivant une méthode indiquée par Henry en 189a, et qui consiste à précipiter par l’hydrogène sulfuré une solution ammoniacale d’hydrate de zinc; le précipité est lavé, filtré, séché, puis très finement pulvérisé. On le mélange alors avec de l’eau de façon à obtenir une pâte épaisse et l’on y ajoute, sous forme d’une solution étendue de sulfate de cuivre, une proportion de cuivre variant entre 1/10000 et i/5oooo. On sèche pendant plusieurs heures à l’étuve, on repulvérise, et on calcine à 13oo°-i4oo° dans un creuset de quartz, chauffé dans un four céramique ou à 1100-12000 dans un four électrique. O11 obtient ainsi un enchevêtrement de petits cristaux de sulfure de zinc phosphorescent appartenant au système hexagonal comme la wurtzile.
- On les tamise à la maille 240 et l’on a finalement la poudre phosphorescente.
- Le sulfure de zinc est extrêmement sensible au rayonnement a du radium, et devient lumineux sous l’effet du bombardement de ces particules. C’est cette propriété que l’on utilise dans les produits lumineux commerciaux. Il est à noter que les produits les plus phosphorescents à la lumière, ne sont pas généralement ceux qui prennent le plus vif éclat sous l’action des rayons a. Aussi le contrôle du sulfure de zinc fabriqué par la méthode précédente se fait-il directement dans l’émanation du radium. Les produits les meilleurs sont généralement de teinte vert-bleuâtre, tandis que les produits qui prennent le plus vif éclat par exposition à la lumière sont verdâtres. On a constaté que si le cuivre exerce une influence favorable sur l’émission lumineuse du sulfure, le fer a la propriété inverse, et il faut éviter avec soin la présence de toute particule de fer dans le produit.
- Pour avoir la peinture lumineuse, il reste maintenant à incorporer au sulfure le produit radioactif, émetteur de particules a. Les quantités nécessaires sont très faibles; elles sont de l’ordre de 1/10 de milligramme de radium-élément par gramme de sulfure. On se sert de sels de.radium peu concentrés, mais à itn état de division extrême; par exemple on peut employer un bromure de baryum radifère concentré à xo pour 100 de radium seulement. On fait une bouillie de sulfure de zinc avec un mélange d’eau et d’alcool, que l’on refi'oidit dans la glace; on ajoute la qxiantilé voulue de chlorure ou de bromure radifère en solution dans l’eau pure. Puis on verse goutte à goutte, et en agitant, un léger excès d’une solution diluée de sulfate de potasse ou d’ammoniaque. Le sel de radium se précipite à l’état de sulfate très divisé. On sèche dans le vide à la température ordinaire et l’on repasse au tamis. On emploie aussi, au lieu des sels de radium, des sels de mésôtho-riurn.
- Pour l’application aux peintures, le sulfure x'adioactif est habituellement mélangé au moment de l’emploi à un vexmis à dissolvant volatil; on forme ainsi une peinture peu fluide que l’on étend au pinceau ou avec une pointe de bois et qu’on laisse sécher lentement. On se seid de celluloïd en dissolution dans l’acétone ou l’acétate d’amyle, additionné d’un peu de gomme quand l’application doit être faite sur un émail, sur lequel la peinture au celluloïd pur n’adhérei'ait pas.
- On étend le sulfure à raison de 1 gr. par 3o cm2 environ.
- Les sulfures de zinc radioactifs sont à phosphorescence permanente, ou plus exactement leur luminosité déci’oit lentement avec l’àge. Mais l’intensité de la lumière émise est très faible; elle s’évalue en millionièmes de bougies par cm2 de surface fcouverte.
- Les peintures lumineuses l'adioactives n’ont pas une luminosité immuable ni une durée éternelle, tant s’en faut ;
- xxxx début, lorsqu’on vient de mélanger le radium au sulfure de zinc, leur luminosité est tx'ès faible ; puis elle se met à croître pendaixt un mois ou 6 semaines environ, rapidement d’aboi’d, puis plus lentement jusqu’à un maximum. Ensuite, elle diminue rapidement pendant •1 semaines ; après quoi elle baisse d’une façon continue lentement et régulièrement. Au bout de 2 ans la luminosité peut être très réduite.
- Qu’est-ce qui s’use dans ces produits, avec le temps? Ce n’est pas le radium, dont la vie est de 1700 ans, qui dispai'aît en un si court laps de temps.
- En effet, ce n’est pas le radium qui'.s’évanouit, connue on pommait le croire, mais bien le sulfure de zinc qui s’altère sous l’effet du bdxnbai-demeiit des particules a. Aussi les produits à forte teneur de radium sont-ils les pl-us fragiles et ceux qui manifestent la perte de luminosité la plus rapide. C’est pour cette raison qu’en pratique on ne dépasse jamais la teneur de 0,2 milligramme par gramme. Les peintures pour cadrans de montres par exemple sont à 0,04 milligi’amine de radium par gramme.
- Le prix de vente du sulfure de zinc activé au radium se délei-mine d’après la teneur en radium et le prix.de cette substance qui est actuellement de l’oi’dre de 1000 francs le milligramme. Dans ces conditions la peinture pour cadixins-» de montres à o,ofi milligramme par gramme vaudrait 42 francs le gr., dont 40 francs pour le radium.
- Concours d’appareils avertisseurs et extincteurs d’incendie. — De récents sinistres ont appelé l’attention du public sur Futilité de développer l’usage des appareils destinés à prévenir les incendies.
- L’Office National des Recherches et Inventions qui s’est déjà occupé de la question, a décidé d’organiser un concours d’avertisseurs, d’extincteurs à main ou automatiques, etc., avec le concours du Ministèi’e des Travaux Publics, de la Préfecture de la Seine, de la Préfecture de Police, des Sapeurs pompiers, du Syndicat des Compagnies d’Assui’ances et de la Chambre Syndicale des Magasins et Galeries.
- Les épreuves auxquelles seront soumis les appai'eils sei’ont oi’ganisées de façon à se rapprocher le plus possible de la réalité et permettront d’apprécier exactement la valeur pratique des appareils présentés.
- Les insciùptions sont reçues à partir du icr juin par l’Office National des Recherches et Inventions, 1, avenue Max’échal-Gallieni, à Bellevue.
- La T. S. F. et l’Espéranto. — Le Dr Corret, Président de l’Inteenacia Radio-Asocio, nous écrit :
- « Dans les Nouvelles de T. S. F. du numéro 2667 de La Nature, je lis que le premier congrès international des amateurs de T. S. F. « a adopté » (entre autres résolutions) « l’adoption provisoire de l’Espei’anto comme langue internationale de la Radio. »
- Or, voici le texte exact du vœu exprimé par Le Congrès, à la presque unanimité :
- « Le premier Congrès de l’Union Internationale des Amateurs de T. S. F., constatant les difficultés causées par la diversité des langues dans les relations internationales, décide de recommander l’étude-et l’emploi de l’Espéranto comme langue auxiliaire des communications et des émissions radiotéléphoniques internationales, ainsi que des résumés ou traductions dans les Revues et Congrès.
- « La même recommandation s'applique aux communications radiotélégraphiques quand les correspondants ne pourront se comprendre en une langue nationale.
- « En conséquence de cette décision, le Congrès adopte l’Espéranto comme sa langue auxiliaire internationale, à côté dei? langues nationales usitées. »
- Vous constaterez qu’il n’y a là rien de provisoire.
- Ce qui a pu peut-être vous induire en erreur, c’est qu’xm des votants a exprimé son vote favorable, sous réserve des modifications qui pourraient être apportées à l’Espéranto par les gouvernements, quand ils adopteraient officiellement la langue internationale.
- Cette réserve était d’ailleurs complètement supei’flue, car il va de soi que si, par une entente intei’nationale, les gouvernements décident un jour d’apporter à l’Espéranto telle ou telle modification, jette modification s’imposera à l’usage de tous, même à ceux qui pommaient la-trouver inopportune ». ^ •
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Nouveautés en T. S. V. **$>
- Nouvel appareil à résonance à réaction mixte. —
- On sait que l’élément de liaison haute fréquence à réso-
- Fig. r. — Liaison impédance-capacité.
- nance le plus simple et le plus employé est l’élément impédance-capacité (üg. i).
- . Ce dispositif est réalisé simplement au moyen d’un circuit oscillant L2 C2, accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir et d’un condensateur de liaison C3. La grille de la lampe suivante est inainte-
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- + 80 v
- Fig. a. — Liaison par auto-transformateur accordé.
- nue à un potentiel moyen à l’aide d’une résistance R.
- Un autre mode de liaison également très simple est le procédé à auto-transformateur accordé (fig. 2). La prise de plaque A, lixe ou mobile, ne se fait plus alors à l’extrémité de l’inductance L2, mais dans une partie voisine de son milieu le plus souvent, et le rapport de trans-
- — Réaction électromagnétique dans, un appareil à un étage à résonance.
- tance de résonance L2. Ce procédé est excellent; il est seulement nécessaire quelquefois de changer l’inductance de résonance suivant la longueur d’onde des émis-
- - 4 v
- + 80 v
- Fig. 4. — Réaction électrostatique dans un amplificateur à résonance.
- sions à recevoir et d’inverser le sens du bobinage au-dessus de 600 m. de longueur d’onde.
- Mais le procédé de rétroaction électrostatique est également applicable ; il suffit, en général, d’utiliser un compensateur et de relier l’armature mobile à la grillé de la première lampe, une des armatures fixes à la plaque de la première lampe et l’autre à la plaque de la deuxième lampe (dans le cas d’un seul étage à résonance fig. 4); toute autre combinaison pourrait d’ailleurs être utilisée.
- Ce procédé donne peut-être une puissance un peu moindre que le dispositif électromagnétique, mais il permet, sans aucun changement, la réception dés émissions de toutes longueurs d’onde et une assez grande facilité de réglage.
- Le nouveau poste de réception, construit par les éla-
- Fig. 5. — Poste DucrcLet à 4 lampes forme « piano ».
- formation est ainsi généralement voisin de a. Il semble que ce dernier procédé permette d’obtehir, lorsqu’il est bien réalisé, de bonnes qualités de sélectivité.
- On sait, d’autre part, qüe, dans les appareils à résonance, on emploie souvent un dispositif de réaction électromagnétique avec une inductance dé réaction L3 couplée avec l’inductance d’accord Lt, ou avec l’induc-
- blissements Dücretet est réalisé suivant les principes que nous venons d’expliquer.
- L’accord en dérivation est réalisé au moyen de bobines interchangeables Lt et d’un condensateur variable C< avec vernier C',, qui peuvent être placés en parallèle ou en série à l’aide des manettes M, et Mà (figf. 5).
- Le premier étaee est à haute fréquence] à résonance,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- à liaison par auto-tranformateur accordé interchangeable L, ; la deuxième lampe est détectrice et la réaction est mixte, à la fois électrostatique et électromagnétique, comme dans le Reinartz, à l’aide d’un compensateur Cp et d’un bobinage formé par une partie de l’enroulement L.,.
- Le premier étage basse fréquence enfin est à trans-
- Fig. 6. — Poste Ducretct démontable à combinaisons.
- formateur et le deuxième à bobine de choc. Des manettes permettent d’utiliser deux, trois ou quatre lampes.
- Notons encore qu’un emplacement a été prévu pour disposer une petite pile destinée à rendre négative la tension de grille des lampes BF, dans le cas d’emploi de lampes « Radio-watt », par exemple.
- L’appareil est présenté sous la forme « piano » avec casier destiné à contenir la pile de plaques (fig. 5) ou sous forme démontable à combinaisons multiples (fig. 6).
- recouverte de drap, si bien qu’elle peut servir également pour le jeu de bridge. Sur les quatr^ côtés, on tire, quand on joue au .Mah-Jong, des réglettes spéciales pour y placer les dominos et des tiroirs où l'on dépose les marques.
- Comme à chaque partie, on tire au sort le joueur qui représente le vent d’est et qui a l’avantage d’avoir un cîomino de plus, de jouer le premier et de doubler ses mises dans certaines conditions, on a imaginé une table tournante, telle que tous les joueurs n’aient pas besoin de changer de place. Cette table porte les réglettes, pouvant basculer p o ur abattre le jeu (fig. y).
- Une des causes d’erreurs position des vents qui ne sont pas dans l’ordre des points cardinaux, puisque le nord est à gauche de l’est et le sud à sa droite. Pour s’y reconnaître, on fait aujourd’hui de charmantes boussoles formées d’un socle carré, laqué rouge où sont indiqués les vents, supportant un sujet chinois en dent de morse sculptée, qu’on
- Fig. 8. — Boussole ^ jVIah-Jong^
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- pour les débutants est la
- Fig. q. — Réglette-chevalet.
- Jeux < &
- Commodités pour le jeu de Mah-Jong. — La
- Nature a décrit le jeu de Mah-Jong, dès son apparition, il y a plus d’un an (n° 26o3). On sait quel succès il a obtenu et quelle vogue il a rencontrée dans tous les salons où l’on joue. On peut dire qu’il a détrôné la plupart des jeux de cartes, même le poker. On- a été jusqu’à en imaginer des jeux spéciaux pour les aveugles [La Nature, n" 2641 ). r
- Succès oblige. Peu à peu, sans rien, changer à ses règles et à son caractère exotique qui est peut-être pour beaucoup dans l’engouement qu’il a provoqué, on l’â per-
- Fig. 7.— Table à jeu tournante pour Mah-Jong.
- fectionné — si l’on peut dire — ou tout au moins on a augmenté les commodités de son emploi. C’est ainsi qu’on a vu successivement paraître différents accessoires qui deviennent aujourd’hui d’usage courant. Nous nous proposons ici d’énumérer les principaux.
- Puisqu’il s’agit de construire avec les dominos une figure carrée représentant la muraille de Chine, le mieux était de réaliser une table à jeu carrée. Elle existe aujourd’hui, de 80 sur 80 cm de côté sur 70 cm de haut,
- fig. 10. — Masses pour bâtonnets.
- place au milieu de la muraille de Chine, en tournant la face est vers le joueur qui commence. On voit ainsi constamment l’ordre dans lequel on doit jouer (fig. 8).
- Les réglettes sur lesquelles on place les dominos se sont modifiées. Il en existe aujourd’hui deux modèles, l’un ordinaire (fig- 9) portant à une extrémité un bouton de butée vers lequel on peut pousser ses pièces sans risquer de les faire choir, l’autre, plus complexe, comportant une tablette pour exposer ses combinaisons, un casier pour les bâtonnets de marquage, et que l’on peut basculer quand on veut montrer son jeu.
- Des boîtes, laquées rouge ou or, servent de masses pour contenir les fiches-jetons de diverses ’valeurs (fig. 10), ce qui permet leur choix sans attention spéciale,
- puisque" la masse contient quatre cases destinées aux quatre espèces de jetons de diverses valeurs.
- La dernière difficulté qu’pn a aplanie est celle du calcul du nombre des points, qui atteint souvent une valeur élevée. Il existe des blocs perpétuels, avec réglures, s’effaçant par simple tirage d’un mobile, basés sur le principe décrit dans le n La Nature, mais ils obligent encore à quelques multiplications d’un chiffre et à d’assez ldngues additions.
- Le marqueur-calculateur résout complètement la question. C’est un cercle à calcul disposé spécialement pour indiqüer les points des] diverses combinaisons, les doubler au besoin et les totaliser (fig. 11). La comptabilité du Mah-Jong s’en trouve simplifiée.
- Ainsi, à mesure que le jeu chinois s’introduit dans nos salons, il s’adapte à nos habitudes, se complète de nouvelles commodités. L’apparition d’un si grand nombre de celles-ci est une preuve de plus de la vogue dont il jouit. Il suffit d’ailleurs de voir les vitrines ou les catalogues de tous les grands magasins’pour juger des progrès de son invasion, agréable et pacifique.
- En vente chez MM. Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- rideau 258o de
- Fig. 11.—'Marqueur-et calculateur de Mah-Jonsï.
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- V HOPITAL FRANÇAIS DE TOKIO
- Après le tremblement de terre qui a ravagé le Japon en 1923, la France a offert un hôpital pour aider à soulager les souffrances causées parle sinistre.
- Une communication présentée au récent congrès international de médecine et de pharmacie militaires vient de faire connaître l’œuvre utile qui avait pu être ainsi accomplie.
- Cet hôpital de 5oo lits (fig. x) comprenait toute l’organisation moderne de stérilisation, rayons X, salles d’examen et des x’éserves de lainage, de pansements et produits pharmaceutiques des-, tinés à secourir les malades et les blessés. Il fut transporté et monté par une t.
- équipe militaire dans le domaine d’un ancien seigneur, Orimo, au quaidier de Shiba, à Tokio, sur l’emplacement élevé et boisé, dominant la ville, qu’on avait choisi autrefois pour construire l’ambassade de France.
- Le temps de l’expédier, puis de l’édi-lîer, alors que les moyens de transport avaient été si complètement bouleversés, fit qu’il ne put fonctionner qu’en février 1924, alors que les premiers secours n’étaient plus nécessaires. On décida donc de l’affecter à la convalescence et à la cure d’air des enfants éprouvés par le tremblement de terre et sa direction fut confiée au Dr Moteki, chef de la Croix-Rouge japonaise de Paris pendant la guerre. C’était la première fois qu’un service de ce geni’e était exanii au Japon.
- 6g3 enfants y passèrent, par groupes de i5o à 200 à la fois, et y séjournèrent trois semaines. Le Dr Miyajima, de l’Institut Ritasato de recherches pour les maladies infectieuses., a relevé les résultats obtenus dans un rapport dont nous sommes heureux d’extraire les renseignements suivaixts :
- Lorsqu’un groupe d’enfants arrivait à l’hôpital, on donnait à chacun un bain chaud et un rechange d’effets propres. Ensuite le médecin de service les examinait avec soin.
- On avait l’habitude de leur dire comment cet hôpital avait été créé et combien le peuple de France avait été
- dans un pavillon, sous la surveillance de deux infirmières qui ne les quittaient pas.
- Comme on savait que ces enfants avaient dans leur famille une vie très irrégulière, il était indispensable
- Fig. 1. — L’hôpital français de Tokio.
- de leur apprendre à régler leur vie de tous les jours. On le fit selon le programme suivant :
- Matin
- heures
- Après-midi heures
- i2,3o-i Repos
- 1
- 2
- 3 '5 6
- 2 Leçons
- 3 Gymnastique 5 Jeux et bain 5 Dîner
- 7 Jeux Coucher
- Fig. a. — Médecins, infirmières et enfants à l’entrée d’un pavillon.
- généreux en leur 'envoyant un aussi beau témoignage de sa profonde sympathie.
- Puis on leur expliquait soigneusement les règlements qu’ils auraient à observer pendant leur séjour à l’hôpital.
- On les divisait par groupes de 26 ou 26, logés chacun
- 6.30 Lever 7 Appel
- 7.30 Petit déjeuner 8,10 Leçons
- 10,xi Gymnastique 11,12 Examen physique 11 Déjeuner
- Dès leur entrée à l’hôpital, on apprenait aux enfants l’importance des soins de propr-eté de la bouche, l’usage de la bi'osse à dents. Chacun d’eux recevait une brosse à dents et de la poudre dentifrice. Nettoyer leurs dents était pour ces enfants une nouveauté qui les enchantait et ils faisaient usage ensuite de leur brosse matin et soir.
- Le menu de chaque semaine était préparé par l’institut alimentaire du gouvernement. On calculait.la valeur en calories de chaque repas et la quantité destinée h chaque enfant. On préparait les repas au moyen d’aliments ordinaires, choisis en judic.ieu se proportion et contenant les éléments nécessaires du régime. Le coût par jour et par enfant s’élevait environ à 70 sen. Les calories totales par jour étaient de 1 700 «à 2 000, comprenant 2 à 3 gr. de protéine par jour et par kilogramme du poids du corps. Les petites préférences qu’ont les enfants pour tels ou tels aliments s’accusent encore plus chez les enfants de constitution jdélicate. On essaya de corriger ces tendances et on parvint à de bons résultats.
- Afin d’augmenter l’appétit et d’améliorer la digestion des enfants, on encourageait la'gymnastique et les jeux. L’hôpital possédait divers appareils de gymnastique et des jeux, ainsi qu’un piano et un orgue. Les danses intéressaient particulièrement les filles.
- Comme on savait que ces enfants vivaient dans des habitations mal aéi’ées et privées de soleil, on les con-
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- AS.
- duisait au dehors et on leur faisait faire chaque matin des exercices respiratoires, ce qui était la meilleure manière de les faire rester au soleil.
- Comme pendant leur séjour à l’hôpitaT ces enfants n’allaient plus à l’école, on leur donnait des leçons pendant quelques heures chaque jour. Les leçons de dessin leur étaient données au dehors, ils reproduisaient les croquis dès différents objets qui les entouraient.
- A la lin des trois semaines d’hôpital, le groupe d’enfants s’en allait et un autre le remplaçait. A vrai dire la santé de ces enfants commençait seulement à s’améliorer et s’ils avaient repris chez eux leurs anciennes habitudes de vie, le bénéfice qu’ils venaient d’obtenir aurait été perdu. Aussi, au moment de leur départ, essayait-on de leur faire comprendre, par de soigneuses instructions, tous les bénéfices qui résultent de la vie régulière et d’une surveillance attentive de la santé.
- Lorsque le jour du départ était arrivé, on reconduisait les enfants à leur maison, en automobile, mais la
- séparation entre les nurses et les enfants s’effectuait souvent au milieu des larmes, car les enfants s’étaient très attachés au personnel de l’hôpital.
- Les résultats furent particulièrement heureux : on nota chez presque tous une augmentation de poids, un accroissement de taille, un léger enrichissement du sang en hémoglobine. De plus, on eut ainsi l’occasion de soigner leurs dents, leurs oreilles, de les soumettre à un examen médical très complet. Enfin, on vit chez beaucoup la joie renaître après les effroyables émotions causées par la catastrophe.
- Le succès de l’hôpital français fut tel que la municipalité de Tokio décida de créer un autre centre similaire, au pied du mont Fuji.
- Ainsi, l’œuvre française fut non seulement un acte de solidarité internationale dont nos amis japonais étaient particulièrement dignes, mais encore un exemple, puisque c’était le premier service de ce genre établi au Japon. Il convenait de le signaler ici. IL M.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- S. — Là aoonûancè aes aemancves de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nàtliré oblige à limiter ‘‘trictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’üite bande d’abonnement; Il est rappelé cju’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nOfnbrê des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses re!atives*âuxP'apparei!s décrits. — Ascenseurs automatiques : Ateliers Otis-Pifre, 161, rue de Coureelies, Paria.
- Réponses. — M. F., à Joinville. — Le ciment magnésien convient très bien pour la réparation des marches en pierre ébréchées, en opérant ainsi :
- Faire préalablement un mélange intime de :
- Magnésie calcinée lourde. . grammes.
- Sable lavé..................875 —
- Ce mélange est à peu à peu arrosé d’unè solution de chlorure de magnésium à 220 B jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée, mais cependant ne laisse pas suinter de liquide. La matière humectée est étendue aussi régulièrement que possible avec une truelle en fer et lissée, puis abandonnée au durcissement, ce qui demande deux à trois jours. Si on désire une masse colorée, on peut ajouter du rongé indien, dé la terre de Sienne ou de l’ocre. Les conditions essentielles de réussite sont de disposer de ma--gnésie calcinée entre j5o° et g5o° ainsi que de chlorure de magnésium à la concentration précise, de 220 B.
- M. C., à Bonneville. — i° Le meilleur moyen pour réparer les cloches maraîchères fêlées est d’appliquer sur la'fêlure une bande de toile trempée dans le silicate de potasse, laisser bien sécher avant d’exposer aux intempéries. Par ce procédé, non seulement les fragments sont maintenus, mais en outre le silicate s’infiltre dans l’espace libre et vient opérer une véritable soudure. 2° Il n’y a aucun inconvénient à mettre côte à Cote vos appareils de mesure.
- . M. G.i à Roanne. La formule donnée dans le n" 253G du 11 novembre 1922, en vue de là destruction des herbes dans les allées de jardins, correspond â l’obtention d’uné solution contenant 9 pour 100 de monosulfure de calcium CaS ; on a en effet, d’après son
- Ga 40 ; 5
- poids moléculaire, la proportion
- 3a'
- soit 5 kg
- de chaux vive à prendre pour 4 kg dé fleur de sotifre.
- M. II., à Càmarès. t° Les peaux de Sêipenté sont préparées en opérant ainsi : Agrès avoir fait tremper pendant 10 à- 12 jours dans de l'eau contenant un peu de sulfate de zinc, on écharne, racle et lave la peau, pitis On la plonge dans un bain composé de :
- ... 10 litres.
- Eàü ordinaire Bôi’ax . .... Acide borique. . Acide tartrique . Alumine précipitée
- 10 grammes. 10 — •
- 25 —-5o —
- Après malaxage et imprégnation complète, On passe
- dans Un second bain contenant pour la même quantité d’eau :
- Phosphate de zinc .... 25 grammes.
- Benzoate d’alumine . . . 25 —
- Glycérine.................. 5o —
- Alcool ................... '20 —
- Après quoi on laisse sécher doucement à l'ombre,
- 2° Il ne nous est pas possible à distance de connaître la composition de la poudre contenue dans les sachets dont vous parlez, un grand nombre de substances étant susceptibles de dégager de,la chaleur par hydratation, Eu égard à la question commerciale; le produit doit être peu coûteux, c’est pourquoi nous pensons qu’il s’agit très probablement de chaux vive.
- M. S., à Narbonne. — La déshydratation industrielle de l’alcool se fait par distillation fractionnée en utilisant la différence de température d’ébullition de l’alcool (78° C) et de l’eau (ioo° C). L’alcool brut ou flegmes étant porté à l’ébullition, les vapeurs qui s’en dégagent sont envoyées dans une colonne verticale divisée en un grand nombre de compartiments par des plateaux. Ces plateaux portent au centre une ouverture recouverte par une calotte formant joint hydraulique et sur le côté un tube dépassant légèrement la surface du plateau et dont la partie inférieure descend dans le compartiment sitüé en dessous. Ces tubes sont dits tubes plongeurs et la hauteur aü-déssiis du plateau est appelée la garde. Il résulte de cette disposition que les vapeurs hydro-alcooliques dans leur marche ascendante barbotent en passant par le trou central dans le liquide gardé sur le plateau; l’eau moins volatile se condense et l’alcdol seul poursuit son chemin. Si le nombre de plateaux est suffisant, l’alôooi petit sortir à la partie supérieure de la coloùfle à 97°-g8° GL.; quant aux liquides aqueux, ils rétrogradent vers la chaudière en se déversant successivement de plateau en plateau par les tubes plongeurs lorsque la garde est dépassée. En résumé par une rétrogradation convenablement réglée, soit par le refroidissement à l’âir de la colonne, soit par une condensation au moyen' d’eau froide et un système tubulaire, on ne laissé sortir que l’alcool au degré voulu. Cette distillation fractionnée ou .rectification permet en outre d’éliminer les produits secondaires contenus dans les flegmes, aldéhydes, éthers, alcools Supérieurs propy-lique, butylique, üniylique, qui ont des points d’ébullition différents de l’alcool lui-mêmè et que l’on recueille à part comme produits de tête, moyens-goût, produits de queue et en ne réservant que ce qui passe au milieu de l’opération ou cœur de charge. Les moyens-goût repassent dans une opération suivante, les têtes et les queues sont vendues pour fabriquer des vernis.
- C. M., Cercle républicain, Nantes. — L’obtention d’un agrandissement sur papier, lorsque l’on ne dispose que d’un positif sur verre, ne présente pas de difficulté- H süftit au moyen de ce positif de tirer un négatif par contact et développement habituel. Une fois en possession du négatif on rentre dans la technique courante avec emploi de l’appareil d’agrandissement.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. le Dl L., !à Liège. — Les pellicules ou adhésifs pour le collage à sec des épreuves photographiques se préparent ainsi :
- Prendre Alcool à g5°. ...... ioo cm3
- Gomme laque blanche . . 3o gr.
- Gomme élemi............. 3 —
- Baume du Canada sirupeux 5 —
- Faire d’abord dissoudre dans une partie de l’alcool le baume du Canada et la gomme élemi et dans l’autre partie la gomme laque, ce qui demande un jour ou deux, en agitant fréquemment. Mélanger alors les deux solutions, laisser reposer, décanter, puis appliquer au moyen d’un pinceau plat sur une feuille de papier pelure dit papier cristal. L’enduisage doit d’abord se faire sur une face du papier, puis au bout d’une demi-heure environ sur l’autre face lorsque le séchage est complet. La conservation des pellicules ainsi préparées est indéfinie ; pour l’emploi, on les coupe à la dimension voulue, puis on les interpose entre l’épreuve et le carton support, on passe ensuite un fer chaud à 7o0-8o° pendant quelques secondes et on obtient une fixation parfaite.
- M. C., à Anvers. — Les premières éclosions de papillons des mites (Tinea pellionella) se produisent au printemps, mais l’éclosion en masse a surtout lieu en juin et juillet, c’est à ce moment que la destruction produit le résultat le plus efficace en évitant la ponte. En prévision de la protection de tentures dans un appartement, le tétrachlorure de carbone employé seul serait insuffisant comme action par la difficulté d’éviter son évasion de la pièce et il faudrait d’autre part en employer une'trop grande quantité. Dans ces conditions nous préférons associer le tétrachlorure et le principe actif de la fleur de pyrèthre en pulvérisant sur les objets à préserver une solution obtenue en faisant macérer quelques jours ,5o grammes de poudre de fleurs de pyrèthre fraîches dans un litre de tétrachlorure de carbone, puis filtrant (Voir La Nature, n° 2660 du 28 mars 192S, Boîte aux Lettres). Un simple vaporisateur de toilette convient parfaitement pour cette opération, tenir ensuite la pièce close le plus longtemps possible de façon que l’action insecticide se prolonge et atteigne œufs, pulpes et larves dans la profondeur des étoffes.
- E. G., à Hastière, Belgique. — i° Un excellent moyen d’enlever les taches de vin rouge consiste à faire macérer la partie tachée dans du vin blanc ; la matière colorante se trouvant ainsi dans un milieu approprié entre en dissolution rapidement, au besoin on termine par un léger passage de l’étoffe au-dessus du soufre en combustion. Le soufre peut être placé dans un petit vase en terre, surmonté d’un entonnoir en carton, l’opération est ainsi facilitée, la tache étant mise juste au-dessus des vapeurs. sulfureuses qui s’échappent de la pointe du cornet.
- i° Les cendres de bois tamisées conviennent très bien à cause de leur alcalinité légère pour l’astiquage de l’aluminium, les parcelles de silice qu’elles contiennent jouent en même temps rôle d’abrasif.
- Or e place, à Hastings. —La formule de colle suivante vous donnera très probablement satisfaction tant au point de vue de l’adhérence que de la conservation :
- Colle de Flandre...........20 gr.
- Amidon de riz................. 65 —
- Eau ordinaire.................900 —
- Fluorure de sodium .... i5 —
- Faire gonfler la gélatine pendant douze heures en la couvrant d’eau (environ les deux tiers de la quantité ci-dessus), liquéfier au bain-marie. D’autre part délayer l’amidon dans le tiers d’eau restant et verser doucement, en remuant constamment, le lait obtenu dans la solution de gélatine, continuer à chauffer jusqu’à formation d’un empois bien lié, ajouter le fluorure destiné à la conservation et mettre en pots.
- AL. C , à Alger. — i* La notation N est souvent substituée à Az pour désigner l’azote, surtout dans les publications allemandes, c’est une abréviation du mot nitrogène. Personnellement nous trouvons plutôt un inconvénient à cette notation ; l’œil étant habitué depuis longtemps au symbole très voisin de Na pour le sodium, l’esprit est obligé de se fixer inutilement pour en faire la distinction.
- 20 Dans la formule de vernis anti-rouille, à laquelle vous faites allusion, c’est bien essence de pétrole qu’il faut lire, le mot essence a été omis à la composition. 3° Il est de toute évidence que la chloropicrine doit être
- manipulée avec les plus grandes précautions, eu égard à son action sur les muqueuses.
- AL. LLottinger, à Paris. — i° Les peintures au silicate sont tout indiquées pour le revêtement du ciment, vous pouvez prendre comme type pouvant être modifié suivant les circonstances, la formule qui suit :
- Lithopone....................5oo gr.
- Silicate de soude à 400 IL . 200 —
- Eau ordinaire................200 —
- Si on désire une peinture teintée remplacer une partie du lithopone par un pigment minéral approprié, ocre rouge ou jaune, outremer, etc.
- Pour l’emploi donner sur le ciment une première couche au silicate de soude seul à 220 B, puis après dessiccation une seconde couche avec la peinture proprement dite ci-dessus; terminer enfin par une couche au silicate simple, mais à 26° B. Bien entendu, chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante. N. B. On peut additionner la peinture type d’environ 20 pour 100 d’huile de lin siccativée, ce qui donne un enduit genre peintures lavables. 20 Le moyen le plus économique pour arroser la route devant votre maison et atténuer la poussière est de se servir d’une solution de chlorure de magnésium à 200 B qui vaut environ i5 francs l’hectolitre. La quantité à employer varie naturellement suivant la porosité du sol ; en moyenne, il faut environ un demi-litre par mètre carré. En belle saison, des pluies fréquentes ne venant pas laver le sol, une application suffit pour six mois.
- Ai.. Enrique, Barclay. — i° Pour obtenir des moulages en utilisant la sciure dl ivoire, il vous suffira de délayer celle-ci dans une quantité convenable de solution de colle forte légère, puis de mouler dans des moules appropriés légèrement graissés. Après refroidissement d’au moins une journée, démouler puis insolubiliser la gélatine en trempant l'objet pendant quelques heures dans un bain de formol à 5 pour 100. Finalement poncer et polir avec un chiffon suifé. 2® Un grand nombre de parchemins anciens sont revêtus de caractères à l’encre jde Chine ; dans ce cas, il ne faut pas songer à les fair<
- isparaître, mais s’il s’agit d’encres à base de fer, on peut les enlever en faisant agir une solution très diluée d’eau de Javel, puis en passant dans un bain acidulé par l’acide chlorhydrique à 2 pour 100; pour terminer on rince abondamment à l’eau claire. 3’ Le patinage de l’ivoire s’effectue dans un bain de permanganate de potasse, il faut commencer par un bain très faible quitte à le renforcer par addition d’une solution mère, si on ne trouve pas le brunissement assez accentué. En résumé agir progressivement pour ne pas risquer de dépasser la mesure. 4° Une immersion des parchemins récents dans une solution diluée de perchlorure de fer leur donne la teinte jaunâtre des anciens, on peut également se servir d’une dissolution très faible de terre de Cassel dans l’eau alcalinisée par le carbonate de soude, l’expérience seule peut guider, pour la concentration à donner aux solutions en vue de l’effet cherché.
- AL. Dahan, à Belcourt, Alger. — i° Le blanc de guêtres est ainsi constitué :
- Carbonate de magnésie . , . 20 gr.
- Talc. . ..................... 20 —
- Craie précipitée ...... 20 —
- Gomme arabique...... 5 —
- Bleu d’outremer............... o gr. 10
- Eau ordinaire................100 —
- Faire dissoudre préalablement la gomme dans l’eau froide, puis ajouter progressivement cette solution aux poudres bien mélangées, mouler en pains et laisser sécher. 20 Ppur les cuirs colorés, remplacer une partie des poudres blanches par ocre rouge ou jaune en proportions convenables"de façon à obtenir la teinte désirée.
- L. N., à M. À notre avis, c’est un vernis à la gomme laque qui conviendrait le mieux pour imperméabiliser la toile de votre cerf-volant. Par exemple :
- Gomme laque blonde en écailles . 80 gr.
- Alcool à 90°..................100 cmc.
- Si vous désirez donner de la souplesse, ajouter un peu d’huile de ricin. Bien entendu la proportion de gomme laque peut être modifiée suivant la charge que l’on veut donner à l’étoffe. Inutile de prendre de l’alcool bon goût, l’alcool à brûler du commerce convient parfaitement.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La Relativité dégagée d’hypothèses métaphysiques, par H. Yarcollier, i vol., 54a p., Gatithier-Y.illars, éditeur, Paris, 1925. Prix : 5o francs.
- Les divisions suivantes que l’auteur a données à son travail en indiquent clairement l’objet : exposé des théories d’Einstein, discussion de ces théories, essai d’une théorie nouvelle construite dans l’espace et le temps classiques. La majeure partie du livre est consacrée à l’exposé eL à la discussion des théories actuellement en vogue. Pour établir sa théorie personnelle, l’auteur étudie sous un jour nouveau la liaison entre le mouvement d’un foyer ou d’un récepteur et la propagation perçue par ce dernier, et il reconstruit la théorie de la relativité dans l’espace et le temps classiques, sous la forme d’une théorie généralisée des propagations et des milieux.
- Notes sur la variabilité des climats, par Jean Mascart,
- 1 vol., 38a p., M. Àudin, Lyon, igaS. Prix : a5 francs.
- Le sujet, de ce livre est des plus passionnants. Si l’on peut. admettre, en effet, que nos climats sont restés sensiblement invariables depuis les temps historiques, il n’en est pas moins vrai qu’ils ont subi certainement, au cours des âges, des modifications profondes, et qu’un abaissement de température semblable à celui des grandes époques glaciaires, par exemple, pourrait être fatal à l’humanité tout entière.
- Mais les causes de ces changements de climat sont nombreuses et mal connues ; les progrès de la science ont compliqué les problèmes qui se posent à ce sujet sans en résoudre complètement aucun, et l’on manquait jusqu’ici d’ouvrage donnant un exposé à la fois général et précis de l’état actuel de la question. M. Mascart a groupé en chapitres les recherches si diverses qui se rapportent aux variations de climat : causes astronomiques, géographiques ou physiques, influence de la radiation solaire et de la période des taches, changements possibles dus à la culture et à l’industrie humaine, etc. Grâce à une grande érndi-^ tion, à une critique sévère des résultats antérieurs, et à une importante contribution personnelle, il a pu nous donner un ouvrage qui intéressera le lecteur non spécialisé et qui, en même temps, sera un guide indispensable pour le savant cherchant à nous donner sur ces matières des résultats nouveaux. Une bibliographie très importante complète ce travail.
- Ajoutons que, d’après M. Mascart, quelques stations météorologiques complètes, bien organisées et dont les observations seraient critiquées avec soin, rendraient peut-être plus de services que des postes nombreux, mais éphémères et ne fournissant que des résultats mal étudiés.
- Son ouvrage d’exposition sur la variation des climats sera en même temps une préface à la critique détaillée qu’il compte nous donner, par la suite, de nombreux documents météorologiques recueillis à Lyon.
- Vélectrification industrielle et rurale de la France, par L.Pacoret, 1 vol. illustré, 465 p. Editeur : La vie technique et industrielle, Paris. Prix broché : 5o francs.
- L’auteur suit le courant électrique depuis sa production dans les centrales thermiques et hydrauliques modernes jusqu’à sa distribution entre les différents usagers, usines, ateliers, fermes et exploitations agricoles. Il traite de l’électrification des réseaux ruraux, de l’électrification aux colonies, donne quelques indications sur les principaux réseaux de distribution français, résume la législation et indique les principales applications du courant électrique. '
- Pour le dessinateur, par J. de Theleesme, i vol. i?X 12 de vm-192 p. 170 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1925, Prix : ix francs.
- Recueil de formules, pi’océdés, tours de main, conseils pratiques à l’usage des dessinateurs industriels qui y trouveront nombre de renseignements utiles.
- Studies on Jrtkropoda II, par H. J. Hansen, i vol.
- in-8°, 176 p., 8 planches gravées, Gyldendalske JBog-handel, Copenhague.
- Les pattes mâchoires sont, chez beaucoup d’Ar-thropodes, un excellent moyen de classification. L’auteur qui les a étudiées spécialement depuis plus de 80 ans s’est proposé de réunir en un ouvrage tous les documents recueillis. Le premier volume, qui parait aujourd’hui, est spécialement consacré aux Crustacés, le second le sera aux Insectes, Myriapodes et Arachnides. Chaque ordre est décrit séparément, d’après quelques types ; l’étude des appendices suit celle des antennules, antennes, mandibules, maxilles, maxil-lipèdes ; des figures admii’ablement dessinées et gravées, précisent les descriptions. L’ensemble forme une étude d’anatomie comparée unique pour la connaissance des variétés morphologiques d’un groupe très homogène.
- Leber die Berliner Archaeornis. Beitrag zur Osleologie der Archaeornilh.es, par Branisi.av Pktronikvics.
- I broch., in-8, 5a p., G pl. Geoi'g et Ciü, Genève. Prix : 5 fi’ancs.
- Ce mémoire, extrait des Annales géologiques de la Péninsule balkanique, décrit l’anatomie de Y Archaeornis du Musée de Berlin, la compare à celle de 1 'Ar-chaeopteryx de Londres et en tire des conclusions intéressantes sur l’origine et l’évolution des oiseaux.
- Le porc, races, élevage, exploitation, par R. Godin, 4e édition, 1 vol. in-16, 187 p., 17 fig. Librairie
- agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 5 fr. 5o.
- De tous les animaux, le porc est certainement celui qui utilise le mieux la nourriture consommée et qui donne les plus gros rendements.
- L’auteur étudie les races, l’é'levage et l’engraissement. Deux chapitres sont consacrés à l’alimentation et aux aliments usuels : c’est une partie qui a la plus grande importance et qui devrait être l’objet de la constante préoccupation des éleveurs. La police sanitaire, l’utilisation du porc à la ferme, les encouragements à l’élevage, la production et le commerce sont l’objet de chapitres spéciaux.
- Abeilles productives. Ruchers modernes. Tordes les méthodes. Tous les systèmes, par M. Arnould, i vol. in-12, 262 p., g3 fig. Librairie agricole de la maison x'uslique, Paris. Prix : 9 francs.
- En France, l’apiculture est particulièrement populaire. Elle est un passe-temps agréable et une source de revenus très appréciables. Malheureusement, la multiplicité des systèmes proposés et des doctiûnes déroute souvent les plus fervents apiculteurs. L’auteur, un pi’aticien, spécifie les lieux et circonstances où l’application de chaque méthode s’impose : races d’abeilles, flore mellifère, ruches vulgaires, ruches Dadant et Langstroth, ruches Yoirnot et Tonelli, ruches diverses, outillage et matériel, essaimage naturel, essaimages artificiels, transvasement, élevage des l’eines, conduite du rucher, produits du nicher et leurs usages.
- 38th Annual Report of the Bureau of Ethnology. 1 vol. in-4°, 745 p,, 34i fig-, 183 pl. Smithsonian Institution, Washington.
- Ce volume contient, api'ès un court l’apport sur l’activité du Bureau d’Ethnologie pendant l’année 1916-1917, une remarquable étude de M. W. E. Roth sur les arts, les métiers et les coutumes des Indiens de la Guyane, qui occupe presque tout l’ouvrage.
- L’auteur a exploré la région comprise entre l’Atlantique, l’Orénoque, les sources du Rio Negro et l’embouchure de l’Amazone et a recueilli de très nombreuses observations sur les indigènes qui l’habitent.
- II a confronté les documents ainsi réunis avec ceux déjà connus et a pu ainsi écrire une histoii-e détaillée de chacune des particularités qu’on observe chez ces Indiens encore mal connus et peu modifiés par les Européens.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2671 13 Juin 1925
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- INFORMATIONS^
- Lé sort d’Amundsen. — Le 21 mai dernier, le célèbre explorateur norvégien Amundsen a entrepris son expédition aérienne au Pôle Nord. L’expédition comprenait deux hydravions Dornier — Wal. Le point dé départ dü raid étâit King s Bay au Spitzperg. Le navire Franx y constitue la base de l’expédition.
- Amundsen avait compté que le trajet jusqu’au Pôle demanderait 7 à 8 heures; son intention était de séjourner au Pôle 24 heures pour y faire certaines, observations, puis de regagner sa base. Son absence ne devait donc pas dépasser 48 heures. Depuis lors, on est sans nouvelles d’Amundsen et de ses compagnons, MM. Ells-worth, Dietrichsen, Riiser-Larsen et Omduhl. Les hy-di avions portaient le materiel et les vivres nécessaires pour permettre aux explorateurs, en cas de besoin, le retour à pied vers leur base. Néanmoins, on conçoit les plus vives inquiétudes sur le sort de l’expédition.
- Les réseaux radioélectriques français des îles et de montagne. , La 1. S. F. est l’instrument tout indiqué pour relier au reste du pays les régions qui s’en trouvent naturellement isolées par leur Configuration géographique. 11 suffit dé jeter les yeux sur la carte de France pour y trouver un grand nombre de localités dans lesquelles les communications normales sont difficiles et parfois rendues impraticables. Il y a tout d’abord lés îles de nos côtes; il y a aussi un grand nombre de localités de montagne. Les unes et les autres sont, en général, reliées au reste dü pays par le télégraphe, câblé sous-marin pour les îles, lignes aériennes pour la montagne. Mais ce mode de liaison est très fragile et fait souvent défaut. Il est donc utile de lui adjoindre à titre de secours de petites stations de T. S. F. On s’est aperçu de cette nécessité pendant la guerre pour les îles de la côte atlantique qui jouaient un rôle dans la défense contre les sous-marins ennemis ou qui portaient une station de I.. S. F. côtière. La liaison par câble a souvent fait défaut. Aussià cette époque plusieurs stations radiotélégra-phiques ont-elles été installées. Certaines, devenues inutiles apres la fin des hostilités, ont été depuis supprimées.
- M. J. Verdier, dans les Annales des P. T. T., passe en levue les installations insulaires et de montagne qui existent aujourd’hui en France.
- \oici d abord le réseau des îles : Ouessant, au large de Brest, siégé d une station de 1. S. F. côtière, est depuis septembre iga3 reliée à Brest par un poste téléphonique de secours d’une puissance de 60 watts.
- Les îles d'Yeu et de Noirmoutier sont reliées à La Rochelle par des postes radiotélégraphiqües. Par contre les postes installés depuis 1918 à Croix, Belle-Ile, Saint-Mai tin-de-Ré, Saint-Pierre d Oleron ont été supprimés comme inutiles ou trop difficiles a maintenir en service.
- En Méditerranée, la Corsé possède à Ajaccio un poste muni d’appareils rapides, communiquant avec Cros-de-Cagnes, près de Nice, et permettant de plus d’opérer la jonction radioélectrique du réseau téléphonique de Corse avec celui du Continent.
- En montagne, le premier réseau radiotélégraphiqüë de secours établi fut celui de Cerdagne. Trois postes furent installes; dès 1921, le réseau radio Pefpignan-Bourg-Madame, Montlouis double le réseau télégraphique aérien et supplée à ses défaillances. En 1920, un poste fut installé à la station de sports d’hiver de Font-Romeu, il Communique directement avec Perpignan, et dessert également le pittoresque village d’Odeiilo et en cas de besoin Montlouis.
- Dans la Haüte-Savoie, il existe un poste à Chamonix créé en 1922 et communiquant normalement avec Annecy, au besoin avec Lyon-La Doua.
- Le réseau des Hautes-Alpes Comprend trois stations : Gap, les Aiguilles, gentille bourgade à i65o m. dUltitude dans la vallée du Guü, et la Grave (1495 m.) au pied de la Meije. Ce réseau, mis en service en novembre 1924, fonctionne très bien et rend en hiver de grands services.
- Dans les Alpes-Maritimes, on a de même en 1923 relié à Gros-de-Câgnes les localités de Fontan et Saint-Martin-Vésubie, situées dans des vallées profondément encaissées, d’accès difficile en hiver, et souvent privées du télégraphe.
- Dans le Massif Central, en raison de la précarité des communications télégraphiques, on a dû Cn 1918 envi-
- sager la création de nombreux postes radiotélégraphi-ques de secours; mais depuis lors, la situation ayant été très améliorée, 011 a supprimé les postes installés à Chaudes-Aigues, à Meyreuis, et au Bleymard. On a laissé subsister un réseau de 3 postes, de portée relativement grande, a Aürillac, Mende et Rodez, réseau auquel est rattaché le poste à courte portée de Langogne (Lozère).
- Enfin, en 192I, sur l’initiative du Touring Club et du Club Alpin, des expériences de communications radio-télégraphiques et radiotéléphoniques ont été effectuées entre le chàlet-hôtel du Col du Glandon (iq33 m. d’altitude) et le poste de Saint-Colomban des Villards situé dans la vallée à plus de 10 km de distance. Le but poursuivi était de mettre fin à l’isolement des refuges de montagne et des stations de haute altitude. Les communications radiotélégraphiqües s’établirent aisément- la radiotéléphonie donna des résultats plus incertains. *
- Le Radio-Club de France a l’intention de doter d’installations radioélectriques les refuges les plus intéressants ; le programme arrêté est le suivant : en 1924, la Charmetle (nord de Grenoble) reliée à Saint-Laurent ou Saint-Pierre; en 1925, refuge Wallon relié à Cauterets ; en 1926, La Tournette (Haute-Savoie) reliée à Talloires ou à Faverges; en 1927, refuge d’Oredon (Hautes-Pyrénées) relié à Barèges ; en 1928, refuge du Gerbier dîi Jonc (Haute-Loire) relie aux Lstables ; en -1929, refuge de l’Aberouat (Basses-Pyrénées) relié à Lescun ; en ig3o, refuge d'Arvières (Ain) relié à Champagne (8 km).
- Lé liège aggloméré pour revêtement des poulies.
- — Depuis quelque temps, on voit remplacer par des bandages en liège aggloméré le revêtement en caoutchouc des poûlies des machines à bois, notamment des scies à ruban. Une communication faite au Chêne-lièae, parM. Anatole Delage, signale les nombreux avantages que présente cètte innovation.
- La matière est constituée par du liège de bouchon pulvérisé, aggloméré et armé d’une toile. Le prix est de quinze à vingt fois moins élevé que celui des bandages en caoutchouc. Potir recouvrir de liège une poulie de scie à ruban, il suffit de décaper le métal, le nettoyer à fo,b<? eî' .d’y aPPÏÏquer une bande de la longueur de la périphérie, avec 5 cm supplémentaires. Les deux bouts sont coupés en biseau dans le sens de rotation de la poulie afin d’éviter le décollement.
- Le collage se fait avec de la colle spéciale, dite géline, qui doit tremper dans 1 eau froide, préalablement, de manière à en absorber trois fois son poids; trempage de 12 à 14 heures en hiver, 9 à 12 heures en étéfoh enlève ensuite l’excès d’eau et on fait fondre les feuilles de colle gonflées dans leur eau d’absorption, au bain-mai ie. On obtient ainsi Une solution contenant 2a pour 100 de géline et 75 pour 100 d’eau. Pour avoir une solution plus concentrée, il suffit de laisser tremper la géline un peu moins longtemps dans l’eau froide.
- La solution doit être employée très chaude : à 70-80°? Les parties à coller doivent être, autant que possible, préalablement séchées à la vapeur.
- Là geline chaude est appliquée sur la paroi chaude; le serrage doit se faire de suite, autrement la géline figerait et le collage ne se ferait pas. On étend cette colle avec une brosse dure sur la jante et en même temps sui la bande de liege, et on assure le serrage à l’aide de cordes ou d’une bande de toile.
- Un séchage pendant 24 heures au maximum suffit.
- Il n’est pas nécessaire de démonter les poulies pour appliquer le bandage en liège aggloméré, tandis que le démontage est nécessaire pour l’application du bandage en caoutchouc. L operation ne demande que quelques heures, moins de dextérité et moins de soins. Le liège est facilement ravivé au papier de verre ou à la lime. Enfin, alors qu’en cas d’accident, toute la bande de caoutchouc est perdue, avec le liège il suffit d'enlever le morceau défectueux et de mettre une pièce au bandage.
- Pas de chauffage des poulies pour le collage, par conséquent pas de dilatation, ni risques de casse de celles-ci. Henri BlIn. •:
- Un tunnel d’amenée d'eau de 20 kilomètres de long. —- C est aux Etats-Unis, dans lès sierras de la Californie, que ce travail td une envergure sans précé—
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- INFORMATIONS
- dent vient d’être achevé. La tendance actuelle des hydrauliciens est de substituer aux conduites forcées qui alimentent les usines hydroélectriques des amenées cl’eau en tunnel percées à même dans le roc. Le tunnel de Californie a pour but de déverser les eaux du réservoir formé par le làc de Florence, dans un réservoir dénommé lac Muntington, qui retient les eaux d’un affluent de la rivière San Joaquin. Ce réservoir est à l’altitude de 2100 mètres. Pour le réunir au lac Florence, il a fallu traverser un massif granitique, dont les sommets sont à l’altitude de 3ooo mètres, ce tunnel a plus de 20 kilomètres de long ; il a une section circulaire de 4 m 5o de diamètre. Le travail a duré près de 5 ans ; il a été mené jour et nuit, il a employé un personnel de plus de ï5oo hommes, et a coûté 17 millions de dollars. Le tunnel appartient aux entreprises hydroélectriques de la Californie Edison CJ, qui détient le record de la haute tension et de la longueur des lignes en matière de distribution d’énergie électrique.
- , La Yajéine, nouvel alcaloïde de Bolivie. — Le
- professeur Barriga Yillalba donne des détails dans le Journal of the Society of Chemical Industry, du r"' mai 1923, sur une plante qui croit dans les territoires situés entre les rivières Putumayo et Aquita, en Colombie, ainsi qu’en Bolivie et au Pérou. Cette plante appelée « Yaje » serait, d’après le Dr Reimburg, de Paris, l’Jlœmadictyon Amazonicum, de la famille des Apocynées/
- Le D’ Santiago Cortès, Colombien qui avait une profonde connaissance de la flore de ces régions, est mort récemment avant de pouvoir identifier d’une façon certaine ladite plante.
- L’infusion des tiges de cette plante, faite par les Indiens de ces régions, concentrée au 1/10' de son volume, puis diluée, puis reconcentrée ensuite, donne un liquide rougeâtre, à reflet verdâtre, qui par repos se transforme en un liquide couleur topaze à fluorescence yert-bleuàtre superbe.
- Les Indiens absorbent 60 cc. de cette liqueur, correspondant à o,5 gr. de l’alcaloïde nouveau, appelé « Yajéine V.
- On ne relate pas de cas d’empoisonnement par ce produit. Son seul effet physiologique est d’énerver considérablement ceux qui en font usage, de les faire se tx’émousser et crier, puis de leur donner ensuite des visions, des illusions du passé et une sorte d’hallucination.
- Suivant M. Barriga Yillalba, il y aurait beaucoup d’exagération dans tout ceci.
- Cette plante est une herbacée presque dénuée de feuilles qui grimpe le long des arbres : elle ne dépasse pas 3 à 4 mètres et le diamètre maximum de sa tige n’atteint pas 5 cm. Les feuilles sont vert olive.
- Celte plante croît à des altitudes de 700 mètres environ, et à des températures ne dépassant pas 28°.
- Elle contient deux alcaloïdes, dont le plus important existe dans la proportion de i,5 pour 100 de la plante séchée (Yajéine).
- Le deuxième alcaloïde n’atteint pas la proportion de 0,25 pour 100 (Yajénine).
- M. Barriga Villalba a donné en détail le procédé d’extraction de ces alcaloïdes nouveaux.
- Albkkt Hu IIX.
- L’origine des bovins domestiques, — Les principales espèces de bovins domestiqués sont le bœuf, le buffle, le zébu et le yak; il en existe aussi quelques autres que nous verrons plus loin.
- Le bœuf (Bos taurus) est d’origine européenne; il descend du Bos urus, lequel était lui-même une variété du Bos taurus primigenius. Le Bos urus est le véritable aüroch ; s’il a disparu de l’Europe Occidentale vers le vine ou le ixe siècle de notre ère, if s’est maintenu longtemps dans l’Europe centrale. Le dernier exemplaire connu a été tué au début du xvme siècle ; il a été empaillé et se trouve au Musée zoologique de Dresde. 11 était plus grand et plus fort que le bœuf ordinaire; son aspect général était celui de notre cha-rolais. Il a été domestiqué à l’époque des palaffittes (néolithique].
- Une autre variété du Bos taurus primigenius, le Bos taurus scoticus, vivrait dans les parcs d’Ecosse; elle est plus petite que l’urus. On a soutenu que ce serait une race de bœufs domestiques redevenue sauvage. Pour elle, il y a donc doute.
- Le buffle proprement dit (Bubalus buffalus) est originaire de l’Inde, où existe encore une variété à l’état sauvage, le Buffalus ami de l’Iiimalaya. Il s’est répandu dans toute l’Asie et l’Insulinde ; une variété (Bos macro-ceros) s’y trouvait déjà en Egypte sous l’Ancien Empire.
- Le petit buffle à courtes cornes (Bos brachyceros) a été domestiqué par les Egyptiens de l’Ancien Empire; il existe encorp à l’état domestique au Sénégal.
- Le zébu ou bœuf à bosse (Bos indicus) est originaire de l’Inde, où on le rencontrerait encore sur certains points à l’état sauvage. Il a été introduit dans l’Afrique Orientale, d’où il s’est répandu sur une bonne partie du continent et à Madagascar. Des troupeaux, retournés à l’état sauvage, se trouvent dans l’Afrique Orientale (san-gas) et dans la plaine sakalave.
- D’après d’autres renseignements, le bœuf sauvage de Madagascar n’aurait pas de bosse.
- Le zébu se croise facilement avec le Bos taurus.
- Le yak (Bos grinicus) est originaire du Tibet; il s’est répandu dans quelques pays limitrophes (Népaul, Bou-tan, Sikkim, Setchouan, Yunnan), mais il ne peut vivre, à cause de ses longs poils, que dans des pays froids ou tout au moins de la zone tempérée froide. 11 a été domestiqué.
- Mais une espèce voisine, le yak muet (Bos pœphagus mutas), n'existe qu’à l’état sauvage.
- On trouve dans le sud de l’Asie et dans l’Insulinde trois espèces de bœufs sauvages, le gayal de l’Inde et de la Birmanie, qui a été domestiqué dans l’Assam (Bibos frontalis) ; le bantreg (Bibos sondaicus) de l’Indo-Chine et des Iles de la Sonde, quia été domestiqué dans File Bali et qui se croise avec le bœuf domestique; le gaour (Bibos gaurus) de l’Indo-Chine, qui lui ne se laisse pas domestiquer. Il est à remarquer que le gaour et le bantreg se croisent à l’état sauvage.
- Concours de carbonisation dans laforêt de Sénart.
- — L’Office National des Combustibles liquides s’est mis d’accord avec le Ministère de l’Agriculture (Direction générale des Eaux et Forêts) pour organiser, avec la collaboration du Ministère de la Guerre et celle de l’Office National des Inventions, un concours de fours mobiles pour la carbonisation des bois en forêt. Au moment, en effet, où les véhicules à gazogènes atteignent un perfectionnement qui permet d’envisager l’extension de leur emploi, la nécessité s’est fait sentir d’assurer, avec les ressources nationales, leur approvisionnement économique et abondant en matières premières.
- Tel est l’objet du concours qui se tiendra du 18 juin au 3 juillet, dans les coupes voisines du Carrefour d’Orléans, dans la forêt de Sénart, près de Brunoy.
- La date et la durée des diverses épreuves sont fixées comme il suit : carbonisation de bois d’hiver, 18 juin midi au 2.4 juin midi; carbonisation de ramilles, 24 juin midi au 27 juin midi; déplacement des appareils, 29 juin; carbonisation de bois vert, 3o juin midi au 3 juillet midi.
- En outre, il sera procédé à des expériences d’abatage mécanique de bois : 20 juin, abatage de taillis; 28 juin, abatage de futaies.
- Congrès international de photographie. — Un
- Congrès international de photographie aura lieu du 29 juin au 4 juillet sous la présidence de M. Ch. Fabry.
- On discutera notamment dans la section scientifique les questions relatives à la sensitométrie, et dans la section cinématographique les questions relatives à l’unification des dimensions. La division du Congrès en quatre sections (scientifique, technique et artistique, historique, cinématographique) doit permettre à tous savants, amateurs, professionnels, d’y participer et d’y prendre intérêt.
- En.même temps auront lieu :
- i° Le Congrès de l’Union nationale des Sociétés photographiques de France.
- 2° Du 4 au i3 juillet/une exposition rétrospective de la photographie à l’hôtel de la Société Française de photographie.
- 3° Le jeudi 2 juillet, une séance solennelle de célébration du Centenaire de la photographie dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne en présence de M. le Président de la République.
- Les personnes désireuses de participer à ces différentes manifestations peuyqnt s’adressera M. E. Cousin, trésorier, 5i, rue de Clichy, Paris, 9e.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- c^g'tNS, Outillage '^0'^'
- Accessoires d’installations d’air comprime. —
- L’utilisation industrielle de l’air comprimé se développe constamment, notamment dans les travaux publics, pour
- permet d’employer de l’air sec, d’avoir le maximum de rendement, car il évite l’obstruction des valves de distribution, l’oxydation des outils et- les détériorations des tuyaux de caoutchouc sous l’effet d’entraînement d’huile.
- Le séparateur est donc presque indispensable toute
- big\ i. — Installation d’air comprimé.
- 1, l'iilrc; 2, liéfrigernnl. ; 5, Purgeur séparateur ; l, Séchcur réchaudeur ; b, Filtre purgeur.
- l’équipement de grands chantiers de constructions où la facilité d’alimentation d’outils portatifs est pratique au plus haut point. On voit aussi de plus en plus, pour tout ce qui concerne les réparations des rues des grandes villes, des groupes compresseurs portatifs alimenter des pics à défoncer ou des appareils à damer, suivant le cas. Cependant il est nécessaire de prendre certaines précautions dans l’alimentation du compresseur et dans la distribution de l’air comprimé aux différents outils. Le rendement et la durée des appareils nécessitent certaines précautions et l’emploi des divers outils accessoires. Nous allons les étudier successivement en prenant le cas le plus général, où ces accessoires doivent être tous utilisés, nous aurons :
- i° Filtre sur l’aspiration du compresseur.
- •i0 Réfrigérant à la sortie du compresseur et avant le réservoir d’air qui existe dans tous les cas.
- 3° Purgeur séparateur d’eau et d’huile.
- 4° Sécheur réchauffeur.
- 5° Filtre purgeur.
- Filtre d’air. — Cet appareil éviteNl’inconvénient des poussières, des fumées et du sable; il empêche par conséquent l’encrassement des soupapes, le gommage des segments et assure une dépense normale d’huile de graissage.
- Le filtre se compose d’un treillage en fil d’acier galvanisé qui est recouvert d’un feutre filtrant, puis, pardessus, d’une enveloppe protectrice perforée en aluminium. Le fond est percé de trous pour que . les impuretés retenues par le filtre s’échappent automatiquement, enfin des joints en feutre assurent l’étanchéité. Ce filtre convient pour l’aspiration des compresseurs fixes ou transportables. En batterie, lorsqu’il s’agit d’appareils importants, on agence plusieurs séries de filtres de ce genre et l’on a alors une disposition extrêmement simple suivant le débit du compresseur que l’on utilise.
- Réfrigérant. — Le réfrigérant se trouve placé près de la sortie du compresseur; il est destiné à empêcher les entraînements d’eau et d’huile. Il se compose d’une circulation d’air dans une enveloppe où se trouve un serpentin parcouru par de l’eau réfrigérante. L’eau entraî-
- Fig. 2. — Réfrigérant.'
- née par l’air comprimé se condense au contact des parois froides. L’eau de circulation dans le serpentin est généralement fournie par les mêmes pompes de circulation qui assurent le refroidissement du cylindre du compresseur,
- Cet appareil est installé immédiatement avant le réservoir d’air, lequel comporte une soupape de sûreté, un manomètre.
- Purgeur séparateur. — Cet appareil supprime complètement l’entraînemer' d’eau et d’huile aux outils, il
- g- b. — Purgeur séparateur.
- les fois qu il s agit de faire des sablages, des peintures ou des transports de liquides. Il agit de manière à séparer mécaniquement de l’air comprimé toutes les particules liquides d’huile et d’eau qui se trouvent contenues en suspension. ,
- Des chicanes sont agencées de ma- ^
- nière qu’il n’y ait aucun contact entre l’air sep et les gouttelettes qui sont arrêtées; ainsi qu’on peut le voir sur la coupe de l’appareil, un robinet de purge permet d’évacuer les produits de condensation deux fois par jour.
- Sécheur réçhauffeur. — S’il s’agit d’exploitation dans des régions froides, à ciel ouvert, la présence d’humidité peut occasionner la formation de glace et pour éviter cela, on fournit à l’air un certain nombre de calories qui augmentent sa température et aussi son volume. C’est ainsi qu’un mètre ^ cube d’air comprimé à 7 kg, réchauffé de 20 à 3o°, voit son volume augmenter de 10 à 12 pour 100. On récupère donc en puissance la chaleur fournie pour le réchauffage.
- Ce sécheur réchauffeur est constitué par un serpentin qui peut être parcouru par une circulation de vapeur, niais qui peut être utilisé pour fournir de l’eau chaude, si Ton emploie un autre mpde de chauffage. Dans ce cas, le foyer lui-même entpure le serpentin, l’air arrive dans le réservoir central par la partie inférieure, il traverse une matière filtrante et sort par le haut. Ce .réchauffeur est. interT calé sur les conduites, sa mobilité permet de l’installer assez près des outils, de sorte qu’il a une efficacité maximum et ne rend pas indispensable remploi du filtreur purgeur.
- Dans tous les ateliers et chantiers, dans les carrières qui travaillent en toutes saisons, à ciel ouvert, cet appareil est indiqué.
- Filtre purgeur. — Ce filtre est placé à l’extrémité des tuyauteries de fer, avant le départ des tuyaux flexibles qui se rendent aux outils. L’admission-à la partie supérieure est montée sur la conduite verticale de descente, dans le bas se trouvent trois départs taraudés qui reçoivent les robinets. L’air traverse une brosse filtrante et un tamis métallique, il abandonne ses impuretés : l’eau qui se condense s’accumule dans le réservoir de purge, duquel un robinet peut l’évacuer périodiquement. Cet appareil est indispensable dans les installations de sablage.
- Compteur. — Voici donc tous les appareils de purifia cation de l’air que l’on peut établir pour avoir un rendement parfait des diverses machines et appareils.
- fig. — Filtre purgeur.
- A, Admission ;
- IS, Brosse, liltre ; : F, Entonnoir ;
- I), Départ;
- I', ltobinet purgeur.
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- Si l’on vent connaître la consommation d’air comprimé dans un atelier déterminé, on Titilisera un compteur; cet appareil donne par simple lecture sur une échelle graduée le volume d’air, en litres par minute, qui passe
- à travers une tuyauterie.
- Il comporte un seul organe mobile qui agit comme un véritable ludion flottant dans l’air sans frottement. Le piston de l’appareil se meut dans un cylindre dont les parois sont percées de trous portant des orifices exactement calibrés et écjuidistants ; ce piston est prolongé par une tige réglable se déplaçant dans un dash-pot.
- L’air qui pénètre dans l’appareil établit l’équilibre entre le poids de la partie mobile et la pression et détermine de ce fait une relation exacte entre le volume d’air débité, le nombre de trous elle poids du piston. La partie supérieure prolongée, de ce dernier, forme curseur visible au travers d’une glace et à l’aide d’une échelle graduée permet une lecture rapide.
- Les pistons ont un déplacement très libre dans les cylindres de sorte qu’il n’y a pas de frottements, d’un autre côté le dash-pot stabilise le mouvement par son freinage et évite les pulsations. Le compteur est prévu de manière qu’il ne puisse être détérioré par l’action d’un débit trop important; il ne possède, en outre, ni joints, ni disques, diaphragmes, engrenages, etc., susceptibles d’usure ou de détérioration.
- Raccords de colliers. — Il faudrait mentionner également comme accessoires intéressants l'é's différents raccords rapides pour tuyaux qui permettent de jonctionner immédiatement les tuyaux flexibles les uns aux autres et de desservir ainsi les différents points du chantier où les outils doivent travailler. La plupart des modèles de raccords employés sont à griffes.
- On utilise également des colliers de serrage qui remplacent les ligatures en fil métallique. Des colliers de serrage indépendants, les modèles les plus perfectionnés se terminent par des griffes qui prennent appui sur une collerette prévue sur le raccord et rendent l’appareil complètement solidaire du tuyau flexible. Ce collier permet d’assurer une réparation instantanée ou la jonction de deux tuyaux de même diamètre. Pour cela on utilise des douilles cannelées doubles à chaque extrémité dans lesquelles viennent s’emboîter les tuyaux. La douille est maintenue Jen place avec les colliers de serrage à
- Fig. 6. — Coupe du compteur.
- Fig. 7. — Raccord de réparation et sa douille.
- établies, des réservoirs insuffisants, d’un refroidissement imparfait ou d’un graissage défectueux. Le bouchon fusible est placé soit sur les cylindres, soit sur les réservoirs, soit sur la tuyauterie de refroidissement.
- Fig. 8. — Une réparation.
- «) Coupure île la jmrtieà réparer; é)*Avant la jonction ; c) Jonction finie.
- La température s’élevant fait fondre une pièce d’alliage et ce sifflement prolongé attire à ce moment l’attention du mécanicien. E. Weiss.
- Mutomobilisme
- Phare « Œil de secours ». — Ce phare (fig, 9) conforme au code de la Route est un appareil puissant, orientable en tous sens, se fixant au pare-brise d’une torpédo ou à la carrosserie d’une conduite intérieure au moyen d'attaches de formes spéciales. Il est également conçu de façon à pouvoir servir de baladeuse, le projecteur étant, en effet, détachable de son enrouleur automatique auquel il est relié par un fil souple qui; se déroulant, permet de contourner ou de diriger la lumière sur n’importe quel point de la voiture.
- Il comporte un interrupteur très pratique (fig. 10), lequel est placé au-dessus de l’enrouleur, c’est-à-dire immédiatement à la portée de la main ; de par sa construction, il est parfaitement étanche, aucune goutte d’eau ne pouvant pénétrer à l’intérieur.
- L’interrupteur qui est actionné par le bouton A tournant dans les deux sens se compose d’une tige T sur laquelle coulisse la rondelle en ébonite D, comportant quatre cavités E dont deux en métal dans lesquelles viennent s'encastrer les deux vis contacts F, F; cette rondelle est maintenue en position d’allumage ou d’extinction sur les vis contacts FF fixées dans la cuvette ébonite H par le ressort R. L’extrémité des vis PF sert
- griffes et l’on obtient une remise en état immédiate et économique. Enfin certains raccords tournants permettent les orientations diverses des conduits.
- Les bouchons fusibles de sûreté constituent un signal d’alarme pour les installations, dans le cas où un léger échauffement initial se transforme en une élévation de température dangereuse, à cause des tuyauteries mal
- au montage des fils PP au moyen d’un écrou. La cuvette H est maintenue en position à l’aide d’une bague filetée.
- Le rétroviseur d’un diamètre de o m. 077 permet de distinguer nettement tout ce qui se passe derrière la voiture.
- Constructeur : Etablissement Amérigo, 87, rue des Boulets, Paris.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : GUIMAUVE OFFICINALE
- La Guimauve officinale (Althœa offïcinalis. L.) Mal-vacées tire son nom du mot grec « althaia » de « althein », guérir. On l’appelle parfois Mauve blanche. 11 en existe d autres espèces qui croissent dans les champs.
- Habitat. Elle est commune dans les marais et lieux humides des côtes de la Méditerranée et de l’Océan. Elle est souvent cultivée dans les jardins depuis long-temps et aujourd’hui dans quelques départements.
- Description sommaire. — Plante vivace atteignant selon les terrains o rn. 60 à i m. 5o de hauteur; lige et feuilles tomenteuses,^celles-ci grandes, épaisses, arrondies, les inférieures a 5 lobes, les supérieures à 3 seulement. Fleurs blanches, parfois avec une teinte rosée. Racine longue, blanche en dedans et recouverte d’un épiderme jaune, charnue et branchue.
- Culture. Peu difficile sur la nature des sols, la guimauve préfère cependant des terres profondes et fraîches, pas trop humides, mais elle se développe mal en terrains secs. Pour avoir une bonne récolte, il est nécessaire de bien ameublir et fumer le sol.
- Multiplication. — Elle se fait de deux façons : i° par semis; 2° par éclats de souches.
- Par semis. — C’est à eux qu’on recourt quand on veut entreprendre une plantation de début et qit’on ne peut disposer de souches. Ils ont lieu au printemps ou à 1 automne avec des graines d’un an ou deux. Dans le premier cas, de mars à mai, en pépinière. Les graines germent assez vite et l’on peut mettre les petits plants à demeure peu de temps après en les espaçant de o m. 40 dans le rang avec une distance de o m. 80 entre les rangs. On sème aussi en juillet-août, ou encore à l’automne, mais plutôt alors sous châssis.
- •2° Par éclats de souches. — On ne peut le faire que lorsque la plantation est âgée de deux et plutôt de trois ans, au moment de la récolte des racines en octobre. On sépare les souches en plusieurs éclats pourvus à leur partie supérieure d’un ou deux bourgeons et on les plante aux distances indiquées ci-dessus. Si l’on tient à les conserver pendant l’hiver, on les stratifie dans du sable et on les place dans un endroit sain et aéré. Il faut les surveiller parce qu’ils peuvent s’altérer; on les repique au printemps. (A. R. et D. B.).
- Etant donné la multiplicité des emplois de la guimauve, c’est elle qui doit occuper la plus grande place dans le Jardin familial.
- Ennemis. — Cette plante est souvent attaquée par un champignon, le Puccinia malva.cearum, qui se développe sur les feuilles et nuit beaucoup à leur végétation. MM. A. Goris et J. Demilly recommandent de ne pas planter « trop serré » pour éviter la contagion.
- Les champignons du Pourridié peuvent, d’après MM. A. Rollet et D. Bouret, altérer ses racines; d’autre part, M. Diffloth a indiqué en 1901 que, dans le Nord, les feuilles sont attaquées par des pucerons et par une altise et il a recommandé de les combattre avec l’émulsion pétrole-savon-nicotine.
- Récolte. — Feuilles. — Elle a lieu aux mois de juin-juillet avant l’épanouissement des fleurs.
- Pleurs. — Commencée à partir du mois de juillet, la récolte peut durer sans interruption jusqu’à la mi-septembre.
- Racines. — C’est surtout pour ses racines que la guimauve est cultivée. Il faut attendre au moins la deuxième année pour en faire l’arrachage, mais la troisième est préférable. On doit y apporter assez de soin pour ne pas en laisser des fragments dans la terre.
- Production. — Dans l’arrondissement de Valenciennes où sa culture comprend 170 à 180 hectares, on a cité un rendement de 1200 kg de racines et de 400 kg de fleurs à l’hectare, ce qui représente un produit brut de i4oo francs environ, et un déboursé de 400 francs pour les frais. D’autre part, M. Blin a évalué rendement et frais comme suit : racines 900 kg, fleurs 45o kg ayant donné un produit brut de 1719 francs pour des frais s'élevant à 376 francs.
- Séchage. — On fait sécher les feuilles et les fleurs en les étalant sur des claies en couche mince dans un endroit bien aéré ; on les remue souvent, afin que l’air soit très renouvelé surtout pour les feuilles qui sont
- épaisses et mucilagineuses. Pour les racines brutes, on peut ou les laver avant de les mettre sécher, ou bien les étaler à l’air sur le sol jusqu’à ce que la terre desséchée puisse être enlevée avec une brosse de chiendent. Pendant ce temps, on les remue fréquemment avec un râteau. A cause du mucilage qu’elles contiennent le séchage à l’air chaud est préférable quand on peut le pratiquer, afin qu’il soit aussi rapide que possible. Pour cette dernière raison, après avoir enlevé leur épiderme jaunâtre, on fend les plus grosses ou bien on les coupe en petits fragments de quelques centimètres. Dans la culture en grand dans le Nord, on emploie des tourailles ayant quelque ressemblance avec celles des malteries ou des producteurs de chicorée (A. R. et D. B.).
- Pour la consommation familiale, le procédé le plus simple est de former plusieurs petits faisceaux des racines entières très propres et de les suspendre dans un four quelque temps après la sortie du pain, afin d’éviter un excès de chaleur qui les cuirait. Il sera souvent utile de mettre de côté les racines les plus droites et les plus grosses pour servir de hochets aux enfants lors du travail de la dentition, Dans les fermes où l’on dispose presque toujours d’un coupe-racines, on coupera les racines fraîches en petits morceaux après les avoir bien nettoyées et décortiquées, de manière que la dessiccation marche rapidement.
- Conservation. — Selon la quantité récoltée, on conserve les racines sèches dans des tonneaux ou des caisses, les fleurs dans des estagnons ou des boîtes en métal ou en bois fermant hermétiquement, en ayant soin de maintenir les récipients dans un endroit très sec et aéré. Si l'on désire conserver une petite quantité de racines à l’état frais, il n’y a qu’à les stratifier en couches minces dans du sable sec, mais il faut avoir soin de surveiller le tas de temps en temps pour enlever celles qui pourraient moisir ou pourrir.
- Rendement. — On estime, au regard de la dessiccation, que 100 kg de racines fraîches donnent 40 kg de racines sèches et 100 kg de fleurs fraîches 70 kg de fleurs sèches.
- Composition chimique. — La racine contient une quantité de mucilage beaucoup plus grande que les autres parties de la plante, et, en outre, de l’amidon, matière colorante jaune, albumine, asparagine, sucre, huile fixe (Dr A. H.). Laroque y a trouvé, de plus, la bétaïne et une matière azotée jouant le rôle d’un ferment puissant.
- Propriétés thérapeutiques. — Les Anciens faisaient •le plus grand cas de la guimauve comme l’indique son nom. Théophraste, puis Albert le Grand en ont fait ressortir les propriétés émollientes et lénitives. L’Ecole de Salerne la recommandait contre la scrofule, la pierre, la grosseur du sein, etc. Aujourd'hui, elle est classée surtout parmi les plantes béchiques. Elle doit à l’abondance de son mucilage l’ensemble de ses propriétés et la. raison de ses nombreux et fréquents emplois tant internes qu’externes pour les affections de la gorge, des voies respiratoires et intestinales; en résumé, contre tout état inflammatoire.
- Préparations pharmaceutiques et doses. — Les
- parties employées sont les feuilles, les fleurs et les racines, mais en proportion inverse de cette transcription. On prépare i° avec les racines, un gargarisme émollient : on en fait bouillir 10 gr. .avec une demi-tête de pavot dans i5o gr. d’eau durant 10 minutes, on passe et l’on ajoute 5o gr. de miel blanc, une décoction pour lavages, lavements, etc., 3o à 45 gr. par litre; 20 avec les fleurs, une tisane par infusion d’une demi-heure, de 10 gr., qu’on' peut remplacer par autant de racines (Codex 1908). On a conseillé de leur substituer la macération à froid de la racine pulvérisée qui donnerait ainsi un liquide onctueux, assez limpide, mais dont le goût et l’aspect, seraient bien plus agréables. Les fleurs entrent dans la composition des « espèces pectorales » plus connues sous le nom populaire de « fleurs pectorales » qui comprennent : bouillon blanc, coquelicot, guimauve, mauve, pied de chat, tussilage, violette, 100 gr. de chacune (Codex 1908). Bien que ces fleurs soient au nombre de 7, on les désigne souvent encore sous le nom de « quatre fleurs ». Le sirop de guimauve
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- VARIÉTÉS
- 3o gr. poui' 1000; enfin, on en prépare aussi de la pâte et des pastilles.
- A l’extérieur, pour les bains locaux, la dose de racines est de 3o à 60 gr. en décoction; celle-ci peut également servir à délayer la farine de lin pour faire un cataplasme. '
- Les feuilles ont fait partie des « espèces émollientes » ; on en préparait des cataplasmes, mais elles ne sont, plus guère usitées aujourd’hui.
- La médecine vétérinaire prescrit la poudre de guimauve en mélange avec celle de gentiane et une certaine quantité de kermès minéral pour combattre les affections des voies respiratoires des chevaux et des bovidés.
- Observations commerciales. — La culture en grand de la Guimauve ne saurait être trop recommandée, car ses fleurs et ses racines sont l’objet d’une grande vente, tellement ses emplois sont divers dans toutes les classes de la Société. En 1916, la Feuille d’information du Ministère de l’Agriculture cotait les fleurs entre 2 fr. 5o et 3 francs le kilogramme. L’an dernier, les feuilles ont valu, le kilogramme o fr. 90 à 1 franc; les fleurs 8 francs à 8 fr. 5o ; les racines 2 fr. 5o à 3 fr. 25, mais les prix sont très variables surtout pour les racines, selon leur blancheur, et selon qu’elles sont entières ou coupées. Les prix de gros par 100 kg peuvent varier entre 1 franc et 1 fr. y5, mais sans engagement. A. Tkueli.e ,
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- A quelle température faut-il boire les vins fins? —
- C’est une question qui soulève souvent bien des controverses parmi les gourmets. Voici la réponse raisonnée que lui donne, dans La Vie agricole et rurale, M. L. Mathieu, directeur de l’Institut œnologique de France.
- Les vins blancs, surtout les vins moelleux, gagnent à être goûtés froids sans cependant être glacés. Si, en effet, le froid atténue la dominance de l’alcool et laisse mieux percevoir les bouquets du non-alcool des cognacs, que l’on hume à petites gorgées, la sensation de froid trop prononcée produite par le vin atténue la sensibilité gustaljye ; c’est donc une hérésie de goûter des vins blancs trop froids ; ajoutons qu’il arrive aussi que des troubles de l’estomac puissent en résulter.
- Les vins rouges développent leur bouquet avec la température ; cependant ils doiveut plutôt produire une légère impression dp fraîcheur à la bouche, ce qui permet aux différents éléments volatils de se manifester en un bpuquet évoluant lentement avec des variantes sen-
- sibles; mais plus les vins sont alcooliques, plus ils doivent être bus frais et au-dessous de 18 à 20-degrés.
- En résumé, présenter les vins blancs d’autant plus froids qu’ils sont plus corsés, et chambrer les vins rouges une heure ou deux à l’avance. Si on applique le même principe aux cognac, rhum, kirsch, mirabelle, pour atténuer la dominance de l’alcool, il est indiqué de les présenter froids, ce qu’on obtient le plus souvent en passant de la glace dans les verres ; les arômes spéciaux à chaque spiritueux se perçoivent beaucoup plus nettement ; ce qui n’empêche pas de réchauffer le verre tfvec la main pour éprouver les fumets spéciaux que développe ' successivement l’évaporation du précieux liquide adhérent au verre.
- C’est cette dernière action qui a conduit à la pratique de passer d’abord à la flamme d’une lampe à alcool au lieu du refroidissement préalable, c’est sans doute pour les gens pressés qui n’auront pas le loisir, après avoir savouré froid, de consacrer quelques minutes cà réchauffer leur verre à la main.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L' abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NaturO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu .immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Stroboscope à lampe au néon : Société des Etablissements flenri bepqute, rue Desnouettes, 17, Paris.
- Réponses, — M. le /)' /)., à Charleville. — i° Nous pensons que le Manuel de coutellerie de la Bibliothèque professionnelle Baillière, 19, rue Hautefeuille, vous donnera satisfaction. 20 Pour la destruction des mites, voir la réponse à M. C., à Anvers, dans le numéro précédent.
- M Br., à Clermont-Ferx'and. — i° Pour entretenir les cuirs à rasoirs on passe de temps à autre à la surface le doigt imprégné d’une huile minérale, puis lorsque cefte huile est bien absorbée, on frotte légèrement un morceau de pâte à rasoirs ainsi composée :
- Axonge .............. 4° g’1'-
- Çire jaune. 20 —
- Sanguine ou ardoise porphyrisées . . 40 —
- 2° Le meilleur des.cuirs à rasoirs est la simple lame de cuir accrochée par une extrémité, l’autre étant tenue en main. On descend doucement la lame du rasoir en l’appliquant sur le Gtiir d’une façon oblique et en tirant légèrement sur la lame de façon que celle-ci voyage sur le cuir depuis la partie voisine de la main jusqu’à l’extrémité de la lame. A ce moment on doit se trouver presque, en bas du cuir, on place la lame verticalement dos au cuir et on la déplace parallèlement’ à elle-même dç. manière à faire revenir, ;la main près du cuir, on achève le basculage de la lame sur le dos, remet la
- lame à plat et remonte en appuyant vers la partie accrochée du cuir. Avec un peu d’attention, on arrive facilement à exécuter ces mouvements automatiquement; après quelques passages la lame est suffisamment affilée ; on retourne le cuir et on opère de même sur l’autre côté de ce dernier qui est simplement graissé mais non enduit de pâte. Remarque, tremper toujours la lame du rasoir dans l’eau tiède avant de l’appliquer sur la peau, le mordant se trouve ainsi considérablement augmenté. Le repos de la lame est aussi à recommander, c’est pourquoi il est bon d’avoir deux rasoirs dont on se sert alternativement. 20 Ij>rsqde le mercure d’un thermomètre est divisé, pour réunir les gouttelettes, il suffit d’attacher une ficelle à la partie supérieure du thermomètre,, puis de faire tourner" rapidement celui-ci comme une fronde, la force centrifuge chasse le mercure vers le réservoir. Faire cette opération dans un espace parfaitement libre, à l’extérieur par exemple, pour éviter un choc intempestif qui briserait l’instrument. 3° Votre thermomètre à alcool possède très probablement une échelle en papier qui est fixée à l’enveloppe par une gouttelette de cire ; sous l’influence de la chaleur dans le bain, la cire s?étant ramollie, l’échelle a dû se déplacer. Pour que le thermomètre donne à nouveau des indications justes il faudrait reliquéfier la cire au-dessus d’une petite lampe et par petites secousses ramener l’échelle à sa position primitive, ce dont vous vous rendrez compte par comparaison avec un autre thermomètre servant à l’étalonnage.
- M. Capon, à Paris. — Il nous est toujours très difficile de donner un conseil efficace, lorsqu’on ne nous indique pas quelle est la réalisation en vue, nous ne pouvons donc, que d’une manière générale, vous indiquer les calorifuges suivants Pour basse température, la laine, la soie, le kapock, la sciure; pour températures
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- 3H BOITE aux lettres
- élevées,- le sable, l’amiante, le kieselguhr. Dans le premier cas, faire le revêtement extérieur à la colle forte, à l’empois d’amidon, dans le second se servir de silicate de soude. Aucun de ces enduits n’est solublè dans la benzine.
- M. B., à Carcassonne. — i° La formule suivante de cirage pour harnais vous donnera très probablement satisfaction :
- Cire de Carnauba...................200 gr.
- Cire jaune d’abeilles.............. 60 -
- Stéarine ......................... 20 —
- Oléine............................. 4° —
- Noir au stéarate. ....... 5
- Essence de térébenthine .... 8j5 —
- Fondre ensemble les cires et la stéarine, dissoudre d’autre part le noir dans l’oléine et ajouter en remuant cette dissolution dans la masse fondue, retirer du feu, laisser partiellement refroidir et incorporer finalement l’essence de térébenthine. — 20 Pour les harnais jaunes, remplacer le noir par du jaune au stéarate avec, si ôn le désire, une pointe de rouge, également au stéarate pour corser.
- M. E. IL, à Chartres. — i° Pour faire le papier parchemin, on emploie du papier de chiffon, c’est-à-dire composé de lin et de chanvre, mais, condition essentielle, ce papier ne doit pas être encollé et être exempt de matières minérales, autrement dit non chargé. Ce papier est trempé dans une solution d’acide sulfurique marquant 5o à 6o° Baumé. En dessous de cette concentration l’acide ne produirait aucune transformation et , à un degré plus élevé il agirait trop rapidement, le parchemin en outre deviendrait rugueux.
- Pour obtenir la concentration voulue il faut mélanger un volume d’eau avec deux volumes d’acide à 66° Baumé en ayant soin de verser lentement l’acide dans l’eau et en refroidissant le mélange qui doit marquer à froid 52° B et avoir une densité de i56i. Ce titre doit être soigneusement vérifié après refroidissement et tenu exact à un degré près.
- En pratique industrielle, on fait passer lentement .le papier bien égalisé, dans la solution acide de façon qu’il y séjourne de 5 à i5 secondes, puis on l’amène dans un bain d’eau fraîche où il abandonne la majeure partie de son acide. Les dernières portions d’acide sont enlevées par un trempage dans une solution faible de carbonate de soude, puis on termine par un lavage à l’eau pure et on fait sécher.
- Dans ces dernières années, en Angleterre et en Amérique, on a substitué à l’acide une solution sirupeuse de chlorure de zinc neutralisée par l’oxyde ou le carbonate, de zinc. Le papier est placé à la surface du liquide, jusqu’à ce qu’il soit bien imprégné, on enlève l’excès de chlorure de zinc par une raclette et on rince à l’eau.
- 20 Vous pourrez vous procurer du papier parchemin tout préparé aux adresses suivantes : Gaubert et Toury, 1, rue du Jour. Ladame, 16, rue Etienne-Marcel. Mar-tins frères, 69, rue de la Verrerie. Bernard, 3g, rue des Archives. Gei&mar Lévy, 187, quai Valmy. Vacherot, x43, même quai. Féron, 13, rue Turbigo.
- A. B., & Cormatins. — i° L’or ne se combine pas directement au soufre, donc là dorure préalable des pièces d’acier avant de les noyer dans le caoutchouc vulcanisé parait, en principe, devoir préserver le fer d’une sulfuration. Mais on doit se rappeler que les sulfures peuvent attaquer l’or dans certaines conditions et comme le caoutchouc rouge contient du sulfure d’antimoine (soufre doré d’antimoine), on peut craindre que ce dernier n’attaque l’or, en tout cas l’essai est à tenter. Quant à l’emploi du nickel, il n’y faut pas songer, ce métal s’unissant directement au soufre.
- La méthode électrolytique sera la plus pratique pour dorer l’acier, vous pourrez prendre par exemple le bain
- suivant :
- Chlorure d’or (à 5o p. 100 d’or). 3 gr.
- Phosphate de soude ..... 60 —
- Sulfite de soude . . . . . . . 6 — • ï
- Cyanure de potassium. .... 2 —
- Eau distillée. ....... 1000
- Bien décaper les pièces à la soude caustique et à l’acide. Quoique le fer se dore directement, un léger cuivrage préalable facilite l’adhérence. Tenir le bain de dorure aux environs de 65° C, prendre comme anode une lame d’or ou de platine. 20 Vous trouverez du fil de nickel dans les maisons qui suivent : Aurambout, io5,
- rue Olivier-de-Serres, i5e. Le Ferro-nickel, 29 bis, rue des Francs-Bourgeois. Louyot, 16, rue de la Folie-Méricourt. Le Nickel pur, 9, rue, Saint-Sébastien. Société Electro-métallurgique de Dives, 11 bis, rue Ro-quépine. 3° Le galvano-cautère ne peut être monté sur courant alternatif.
- G. 20, à St-Pé. — i° La patine en vert antique ne peut s’effectuer que sur le cuivre ou le bronze, elle consiste à produire superficiellement une couche d’hydrocarbonate de cuivre avec une rapidité plus grande que ne le feraient les agents atmosphériques, il faut donc que le cuivre soit présent dans le. métal ou l'alliage à patiner. Habituellement on opère ainsi :
- Dans un demi-litre de bon vinaigre on fait dissoudre :
- Sulfate de cuivre Sel ammoniac.
- Sel de cuisine.
- Cend res vertes Chromate de plomb
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- i5 15 35 i5
- grammes.
- Dans le liquide toujours un peu trouble on ajoute :
- Alcali volatil
- Après avoir bien agité la mixture, on enduit au moyen d’un pinceau la pièce à bronzer en opérant assez rapidement. Quand le métal commence à verdir, on continue à promener le pinceau, mais sans' le recharger. La teinte se développe, on remplace alors le premier pinceau par un autre sec, lequel doit absorber toute l’humidité. La pièce est ensuite abandonnée à elle-même jusqu’au lendemain. Cette opération est ainsi répétée 3 ou 4 fois, pour terminer on passe sur l’objet bronzé une brosse préalablement frottée sur Un morceau de cire. 20 Vous obtiendrez facilement un vernis doré pour métal en pre-
- nant :
- Vernis gras....................5oo c. c.
- Jaune au stéarate.............. o gr. 5o
- Brun au stéarate ...... traces
- Sécher de préférence à l’étuve ou dans un four aux environs de 120 à i3o°. 3° Les points brillants que vous avez remarqués sur les ardoises ne sont dus ni aux cuivre ni à l’or, c’est simplement de la pyrite de fer ou sulfure de fer; dans l’air sec elle ne s’oxyde pas, mais rendue humide et mise en masse, elle se transforme en sulfate de fer.
- A. M., La Chaux-de-Fonds. — Crème pour chaussures en cuir jaune : Placer dans un bain-marie deux flacons contenant l’un 3o gr. de cire jaune et 100 gr. d’essence de térébenthine, l’autre 5 gr. de savon de Marseille réduit en minces copeaux. Une fois les dissolutions faites, verser l’eàu de savon dans un bol, puis lentement, en agitant avec une fourchette, y incorporer la solution de cire.
- Finalement pour colorer ajouter une solution de 1 à 2 gr. de vésuvine préalablement dissous dans environ 20 c. c. d’alcool à brûler. Si l’on désire une teinte rougeâtre, corser par un peu de rouge Bordeaux.
- Remuer sans cesse jusqu’à refroidissement complet, mettre la crème en pots bien bouchés pour empêcher le dessèchement.
- M. Cr., à Neuilly-sur-Seine. -— Vous trouverez très probablement, solutions aux questions spéciales qui vous intéressent dans l’ouvrage : Les Bois industriels et Vamélioration des bois, par de Keghel, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. G. Bemoulin, à Auray. — En principe, le minium étant complètement insoluble dans l’eau est inoffensif lorsqu’il entre dans la constitution d’une peinture pour bac ; mais comme ce minium est un produit industriel, préparé par l’oxydation du plomb au. moyen du nitrate de soude, le minium résultant contient presque toujours des sels de plomb solubles. Nous pensons donc qu’il vaut mieux être prudent et s’abstenir de consommer de l’eau ayant séjourné dans un bac peint de cette manière, non plus que de la faire boire aux animaux, puisque vous disposez de l’eau d’un puits qui est de bonne qualité.
- Louvain. — Le bisulfite de soude sec du commerce est en réalité du métabisulfite S^05Naâ, c’est-à-dire du bisulfite de soude S03NaH, qui a perdu une molécule d’eau d’après la réaction
- 2 (SCFNaH) =S20:'Na2 + H* O.
- Le métabisulfite résulte donc simplement du séchage à température modérée à l’étuve du bisulfite normal, en évitant autant que possible l’afflux de l’air.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Cinq questions d'actualité. (Rapports et discussions du premier conseil de chimie tenu à Bruxelles du 21 au 2 7 avril 1922 sous les auspices de l’Institut International.de chimie Solvay). 1 vol. in-8, 336 p. avec ligures. Gauthier-Villars. Paris, 192U Prix : 3o francs.
- Les cinq questions étudiées à la réunion Solvay de 1922, où elles ont fait, chacune, l’objet d’un rapport rédigé par un savant éminent, suivi de discussions entre les savants les plus autorisés des pays alliés, sont les suivantes : j
- i“ Isotopie et radioactivité: avec rapport de M. F. Soddy sur l’interprétation théorique de la nature des isotopes, de M. F. W. Aston sur la détermination des poids atomiques par la méthode des rayons positifs, de MM. J. Perrin et G. Urbain sur la séparation des isotopes ;
- 2“ Structure moléculaire et rayons X, aven rapport de sir W. H. Brigg;
- 3° Structure moléculaire et activité optique — avec rapport de sir William Pope sur la configuration moléculaire et. l’activité optique, de M. Lowry sur la relation entre le pouvoir rotatoire et la longueur d’onde;
- 4° ihéorie électronique de la valence, avec rapport de M. Ch. Mauguin ;
- 5“ La mobilité chimique, avec rapport de M. A. Job.
- On voit que la chimie physique a fait tous les frais de la première session du Conseil de chimie Solvay. Les lumineux exposés des rapporteurs et les objections diverses qu’ils ont soulevées mettent en relief d une façon saisissante les conquêtes récentes de la science dans les domaines ci-dessus en même temps que les immenses lacunes qui restent à combler.
- Daubenton et l Exploitation de la Nature, par Loufs Roule, i vol. in-12, 246 pi, Flammarion. Paris. Prix: 7 fr. g5. — L’Histoire de la Nature Vivante d’après 1 œuvre des grands naturalistes français.
- Cette série de volumes, consacrée à montrer la haute importance de la pensée française dans l’essor actuel des sciences biologiques, ayant commencé par Buffon, précurseur génial, continue aujourd’hui par' Daubenton.
- Bien que ce nom de naturaliste soit en partie oublié, celui qui 1 a porté a joui en son temps d’une renommée éclatante et justifiée. Collaborateur de Buffon, il a préparé à Rii seul et rédigé toute la partie anatomique de la célèbre « Histoire Naturelle ». Plus tard, il s'est oceupé de 1 élevage du bétail, en a établi les méthodes, et se place au premier rang de ceux qui ont fondé la zootechnie moderne. Entre temps, il s'est montré vulgarisateur émérite et professeur réputé. 11 a créé les collections naissantes du Muséum et il a établi les règles que l’on suit dans le inonde entier pour l’établissement des grands Musées d’Histoire Naturelle.
- Sa longue vie, inlassablement consacrée, à la recherche scientifique et à la diffusion de ses résultats dans le public pour enseigner comment on doit exploiter rationnellement la Nature vivante, a été un véritable apostolat, qui a fini en apothéose ; les honneurs funèbres ont été rendus au savant comme à Un hé ros et à un bienfaiteur de l’humanité. Ce fut une grande figure, qui mérite qu’on la sorte de son demi-oubli ; remise en place dans la société d’avant la Révolution et de la période révolutionnaire jusqu’au Consulat, elle exprime pleinement, à cette époque, les pensées et les aspirations des savants et des intellectuels.
- La faune des orgues, par Ernest Perrier de la Bathie, 1 broch., in-8", 5a p., 70 fig. Chez l’auteur, à Ugine (Savoie).
- Aimable histoire anecdotique des organismes qui attaquent les orgues et des moyens de s’en préserver.
- Les débuts de la tuberculose pulmonaire, par le Dr L. Ribadeau-Dumas. 1 vol. in-12, 281 p., 16. pl. Bibliothèque des Connaissances médicales. Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Il n’y a pas encore de traitement curatif de la tuberculose pulmonaire; comme il y a un traitement spéci-
- fique de certaines infections microbiennes ou de la syphilis. Mais comme on l'a dit : « la tuberculose est la plus évitable des maladies », les méthodes de prophylaxie restent en honneur. Or, actuellement, des recherches nombreuses et patientes ont permis d’assigner à la tuberculose des causes bien déterminées.
- On sait par exemple que la tuberculose est une maladie qui débute le plus souvent dans l’enfance. Les conditions de l’infection dans le tout jeune âge ont établi les modes de contagion de la tuberculose et par conséquent laissent entrevoir la possibilité d’éviter à l’enfant une maladie qui est d’autant plus grave qu’elle l’atteint à un âge plus jeune. Dans la suite, la tuberculose reste une maladie résolutive qui, dans certaines circonstances, réveille son activité première et provoque l’apparition de manifestations morbides, à toutes les époques de l’existence. Ce livre vulgarise ces notions indispensables.
- Manuel élémentaire de puériculture, par le D' Clotilde Mulon, 2e édition, 1 vol. in-12, 235 p., 21 fig. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 10 francs.
- Bien des manuels de ce genre ont déjà été publiés, mais il n’en est pas de plus vécu et par conséquent de plus clair, ni de plus utile. Rédigé primitivement d’après des leçons aux mères et aux infirmières, faites pendant la guerre, il a été revu ensuite point par point d’après l’expérience de l’auteur dirigeant une importante pouponnière parisienne. Aussi, rien de ce qu’il est nécessaire de savoir pour élever les jeunes enfants n’y est omis et chaque conseil qu’il donne a été maintes fois contrôlé, non seulement au point de vue de sa valeur pratique, mais aussi au sujet de la manière dont il est compris et interprété par les intéressées. Ce livre s’adresse non seulement à lanière, mais aussi et surtout aux infirmières, aux visiteuses, aux aides bénévoles des crèches, pouponnières, chambres d'allaitement, et autres oeuvres s’efforçant de soigner et sauver les nouveau-nés et de lutter ainsi efficacement contre la dépopülation.
- I,e traitement du diabète, par le.,Dr Marcel Labre, 1 vol. in-12, 152 p. Masson et Cie, Paris, Prix : 8 francs.
- Le diabète est une maladie grave; il est bon de renseigner non seulement les médecins sur son origine, ses théories , ses modalités, mais aüssi les malades eux-mêmes sur ce qu’ils doivent et peuvent faire pour améliorer leur état. Ce petit litre est le manuel du malade qüi se soigne. Il y trouvera le moyen de suivre les fluctuations de son état, nOtatn-ment par l’examen des urines, et surtout le régime alimentaire qui lui est favorable. De nombreuses recettes culinaires, clairenlent exposées, des plans de menus pour familles, restaurants, hôtels, avec l’indication de la valeur de chaque aliment6 le renséigüent parfaitement. C’est le vade-mecum du diabétique.
- Ostéites pianiques, Goundou, par le Dr Botreau-RouS:-sel, 1 vol. in-8, i32 p. 89 fig. Masson et Cie, éditeitrs. Prix : 16 francs.
- Ce travail repose sur des observations recueillies à la côté d Ivoire dé 1912 à 1917. Le Goundou (tumeurs osseuses siégeant en général de chaque côté du nez) a été signalé depuis quelques années dans toute la zone tropicale, mais particulièrement en Afrique, par différents observateurs. L’auteur ayant pu en observer i3o cas et en ayant opéré 108 a pu établir que ces tumeurs n’étaient en réalité qu’un des symptômes le plus frappant mais non le plus fréquent, d une ostéite hypertrophiante pouvant atteindre plusieurs os et s’étendant dans certains cas à la majéürë partie du système osseux.
- Il montre que ces ostéites ne constituent pas une entité morbide, mais sont toujours consécutives au Pian (Framboesia tropica), maladie sœur de'la syphilis.
- L’anatomie pathologique faite par le professeur agrégé Gornil, de Nancy, montre que ces lésions sont dés hyperplasies ostëogéniques inflammatoires.
- De nombreuses illustrations complètent cette monographie qui intéresse tout le monde colonial.
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- NATURE
- Supplément.
- N° 2672
- 20 Juin 1925
- INFORMATIONS
- Le voyage aérien de M. Painlevé au Maroc. —
- M. Painlevé, Président du Conseil et Ministre de la Guerre, vient de faire au Maroc un voyage, dont nous n’avons pas à examiner l’importance politique, mais qui marque certainement une date importante dans l’histoire de la navigation aérienne en France, f' C’est en effet la première fois qu’un président du Conseil utilise la voie des airs, dans l’exercice de ses fonctions. M. Painlevé, parti de Paris la veille à 17 h. par le chemin de fer, s’est embarqué à Toulouse, le 10 juin à 6 heures du matin, à bord d’un avion de la ligne Latécoère ; le soir, après un voyage de 12 heures sans incidents et trois escales à Barcelone, Alicante et Malaga il atterrissait à Rabat ; deux autres avions l’accompagnaient portant l’un : M.Laurent-Eynac, sous-secrétaire d’Etat à l’Aéronautique, l’autre, le général Jacquemot. Le voyage de Paris à Rabat a duré en tout 24 h. 40. M Painlevé fut autrefois le premier Français à qui Wilbur Wright donna le baptême de l’air au Camp d’Auvours, dans un vol qui fut alors sensationnel par sa durée. Depuis, il s’est toujours vivement intéressé au développement de la navigation aérienne, auquel il a contribué lui-même par son enseignement et ses études théoriques. Aujourd’hui, il donne un exemple qui, sans aucun doute, sera suivi.
- Un incendie au Muséum. — Un incendie survenu dans la nuit du 6 juin dernier a détruit au Muséum d’inestim'ables collections et documents, appartenant au Laboratoire d’Agronomie coloniale, dirigé par le professeur Aug. Chevallier. Les herbiers qui contenaient des plantes et des fleurs très rares, la collection de bois précieux des colonies, plus de 20000 brochures et manuscrits recueillis depuis 1895 ont été anéantis par le feu. C’est une perte irréparable pour notre grand établissement scientifique.
- Un nouveau projet de traversée du Pas-de-Calais. Une jetée gigantesque à travers le détroit. —- M. J.
- Jaeger, ingénieur-constructeur à Fribourg (Suisse), expose dans le Génie civil les grandes lignes d’un nouveau projet de traversée du Pas-de-Calais. Après avoir fait la critique du tunnel dont la construction selon lui offre de dangereux aléas, il préconise l’établissement à travers le détroit d’une double jetée longue de 42 km. Cette jetée serait coupée au départ et au milieu par de larges passages pour permettre la circulation aisée des navires ; ces brèches seraient franchies par des viaducs géants reposant sur des piles largement espacées et dont le tablier serait à 60 m. au-dessus du niveau des eaux. La double jetée serait construite en enrochements ou mieux en blocs de béton de 4oo tonnes du genre de ceux employés récemment au port d’Alger.
- Les jetées supporteraient chacune une double voie ferrée à laquelle on superposerait une chaussée pour automobiles et camions.
- La surface d’eau tranquille comprise entre les jetées servirait à la navigation, soit par caboteurs, soit par chalands, A l’abri des tempêtes et en temps de guerre des sous-marins. Elle prolongerait tout naturellement le réseau des voies navigables françaises et anglaises auquel on la raccorderait.
- Quel sera le sort de ce p’rojet grandiose ? Sans doute le même que celui des autres projets de traversée du Pas-de-Calais.
- L’Angleterre ne semble pas vouloir renoncer de sitôt au bénéfice de sa situation insulaire.
- Le danger des lampes électriques dans les mines grîsouteuses. — On sait quelles précautions il faut prendre dans les mines de charbon pour éviter que Tes lampes à flamme des mineurs ne provoquent des explosions. Depuis l’invention de la première lampe de sécurité due à Davy, les perfectionnements de détail se sont multipliés. La lampe électrique à incandescence paraît, à première vue, offrir une sécurité absolue, puisque son filament incandescent, enfermé dans une ampoule de verre, n’est pas en contact avec l’atmosphère dangereuse. Elle serait en effet par excellence le mode d’éclairage de sécurité si l’ampoule était incassable ; mais celle-ci est fragile.Qu’arrive-t-il quand elle se brise ?
- Le filament incandescent brusquement mis en contact avec l’air peut-il provoquer une explosion quand l’air contient la proportion voulue de méthane ou de tout autre gaz dangereux? Telle est la question que s’est posée le Bureau des Mines des Etats-Unis. Pour y répondre, il a entrepris une série d’expériences portant sur des mélanges explosifs, soit de méthane et d’air, soit de gaz naturel et d’air, et sur des ampoules électriques à bas voltage. Il a été constaté que plus de 5o pour 100 des ampoules en se brisant provoquaient l’explosion. D’où ressort la nécessité de munir les lampes électriques à incandescence, elles aussi, de dispositifs de sécurité convenablement adaptés.
- La fructification des arbres fleuris et les intempéries. — L’accomplissement de la fonction si importante, si délicate et si périlleuse de la fécondation des fleurs constitue une phase critique du réveil de la végétation après le sommeil hivernal, chez les arbres fruitiers. La période de réceptivité du stigmate pour le pollen, est, dans certains cas, relativement courte; par exemple, chez le prunier, une semaine, au maximum. Or, combien d’ennemis ne guettent-ils pas la fleur. : la pluie, les vents, le froid, la sécheresse, la grêle, sans compter les insectes, les champignons microscopiques.
- La nature a été moins prévoyante pour les arbres fruitiers que pour d’autres plantes ; leurs fleurs ouvertes laissent les organes de la génération exposés aux intempéries. Il est vrai que dans un grand nombre de cas, ces végétaux étant auto-stériles réclament l’intervention d’un pollen étranger. Mais dans le blé 'et les autres céréales, par exemple, étamines, style et ovaire restent protégés pendant la fécondation contre tout agent néfaste extérieur.
- La pollinisation est plus efficace les jours à ciel alternativement serein et nuageux, avec atmosphère chaude et un peu humide, et même avec quelques légères et courtes averses.
- Les pluies abondantes et prolongées, les averses violentes sont particulièrement funestes à la fécondation. Le pollen est entraîné loin du stigmate, ou aggloméré en minuscules pelotes, mais trop lourdes encore pour être emportées par le moindre vent; le suc épais qui imprègne le stigmate est délavé, ou bien les papilles stigmatiques sont altérées, et même tuées. L’eau fait aussi gonfler et crever les granules de pollen, détruisant ainsi leur vitalité.
- Les journées pluvieuses ne sont pas favorables, non plus, à la dispersion par le vent de la poussière fécondante, ni à la sortie des insectes, dont le concours est également si utile pour la fécondation croisée, qui paraît être la règle générale ici, comme nous l’avons dit.
- On doit mettre encore au compte des brouillards persistants quelques-uns de ces graves inconvénients qui occasionnent la coulure. Dans un milieu saturé d’humidité, les anthères peuvent, s’ouvrir avant que le pollen ne soit mûr, ou, au contraire, si la température est trop basse, la déhiscence ne s’effectue pas.
- ~ Les funestes conséquences des pluies sont en effet encore accentuées par le défaut de calorique qui accompagne généralement ces précipitations atmosphériques au printemps. En saison froide, les étamines se développent plus lentement que le pistil ; le tube pollinique. ne s’allonge pas normalement, la chaleur étant indispensable à la fécondation. Un fort abaissement de température peut tuer le pistil, mais l’avortement des fleurs peut aussi provenir, dans ce cas, de l’interruption du cours de la sève dans les branches.
- Si une douce chaleur est nécessaire pour la réalisation de la pollinisation, par contre, une chaleur trop intense au moment de la floraison l’entrave. Elle provoque le développement plus rapide des étamines, et le pollen tombe alors sur un pistil non en état dé le recevoir. Les coups de soleil succédant à la pluie, l’alternance des rosées et des insolations ardentes sont nuisibles aussi ; les fleurs flétries ont leurs organes de reproduction incapables d’assurer une bonne fructification.
- Hélas! pour les vergers, les arbres de plein vent, on
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- INFORMATIONS
- est à peu près désarmé contre les intempéries. Mais pour les sujets en espalier ou en contre-espalier, on a recours aux chaperons, auvents, aux toiles et autres dispositifs qui protègent aussi contre la grêle. Si on le peut, on enlève ces abris après la floraison, lorsque la nouure des fruits est assurée. On les remet parfois à l’arrière-saison sur les variétés très tardives, dont les fruits gagnent à rester le plus longtemps possible sur l’arbre.
- Il n’y a guère que les vignobles que l’on protège contre ies gelées printanières avec des nuages artiflciels ; mais la chose est moins rare pour les vergers dans certaines parties des Etats-Unis que chez nous.
- Contre les vents violents qui secouent les étamines et emportent au loin- le pollen, qui détachent même les fleurs, ou encore, s’ils sont secs, qui flétrissent celles-ci et dessèchent les étamines avant leur complet développement, qui dessèchent le pollen et le suc des papilles stigrnatiques devant retenir et favoriser la germination de ce dernier, on peut établir des brise-vents utiles, principalement au bord de la mer.
- La sécheresse du sol provenant de la pénurie des pluies peut être encore une cause d’avorteinent, partiel tout au moins, les fleurs ne recevant pas suffisamment d’humidité, ni d'aliments. Chez l’olivier, par exemple, qui fleurit en mai, juin, suivant les régions, à la suite d’une sécheresse prolongée, il peut y avoir arrêt plus ou moins précoce de l’ovaire, et stérilité presque complète. La défoliation, qui peut être encore une conséquence du défaut d’eau dans le sol. ou d’une attaque de Cycloconium, produit le même résultat. Pétri a, en effet, constaté qu’il existe toujours sur cet arbre une quantité plus ou moins grande de fleurs dans lesquelles l’ovaire n’atteint pas sa différenciation, et cesse de croître plus ou moins vile. Ce phénomène, dit-il, doit être attribué à l’insuffisance d’alimentation azotée, due elle-même à l’insuffisance du courant de sève, c’est-à-dire à, la pénurie d’eau. Ce savant a trouvé moins d’azote dans les branches florifères qui n’ont pas fructifié que dans celles qui portaient des olives. 11 semble qu’une grande production de mycorhizes sur les radicelles arrête aussi les aliments azotés. Il faut donc donner d’abondantes fumures, riches en azote facilement assimilable.
- Antoxin Rolet.
- Ecole pratique d’Antibes.
- Association « Colonies-Sciences ». — Sous le titre Colonies-Sciences vient d’ètre fondée à Paris, 12 Avenue du Maine, sous la présidence du général Messimy, une Association qui se propose d’unir, en vue d’un commun effort, les techniciens de l’agronomie coloniale, les laboratoires, Instituts coloniaux et Etablissements similaires déjà existant.
- Le but poursuivi est de mettre au point les méthodes scientifiques de culture dans nos colonies et possessions extra-européennes, et d’y obtenir une production agricole qui pourrait progressivement contribuer à réduire de plusieurs milliards nos achats de matières premières et de denrées alimentaires à l’étranger. Ce résultat peut être rendu possible par une meilleure coordination des recherches scientifiques et techniques et par un accroissement du nombre d’ingénieurs agronomes et des techniciens coloniaux.
- Le programme de l’Association comporte également la création d’un service de documentation et de centralisation des renseignements concernant les différentes branches de l’agriculture coloniale, l’étude et la réalisation des mesures propres à accroître le nomere des ingénieurs agronomes et techniciens coloniaux, enfin l’aménagement dans les colonies lorsqu’il y aura lieu, de stations expérimentales nouvelles et une meilleure utilisation de celles qui existent déjà.
- Les actes et comptes-rendus, ainsi que les travaux scientifiques de Colonies-sciences seront publiés par la Revue de Botanique Appliquée et d’Agriculture Coloniale.
- Nouvelles de T. S. F.
- Inauguration du Yacht-Laboratoire « Comman-- dant Tissot ». — Nous avons entretenu, déjà 'nos lecteurs de la réalisation par la « Société française d’études de T. S. F. » d’un bateau-laboratoire comportant une salle laboratoire, un poste d’émission, une salle de conférences, etc....
- Le Yacht-Laboratoire, baptisé le « Commandant
- Tissot », a été inauguré le 24 mai iga5 en présence des membres du Conseil de direction de la Société, et des personnalités les plus distinguées de la radio-technique française ; le général Tencé assistait d’ailleurs à celte, cérémonie.
- L’installation du navire sera prochainement terminée. Les constructeurs se sont naturellement heurtés à des difficultés assez nombreuses, étant donnée l’exiguïté relative de l’emplacement disponible et lanouveauté de la tâche entreprise. C’est la première fois, en effet, aussi bien en France qu’à l’étranger, qu’un bateau de ce genre est entièrement destiné à servir de laboratoire radio^ électrique, Le Yacht-laboratoire de haute mer « Elettra » du sénateur Marconi ne pouvait évidemment servir d’exemple.
- La coque du navire est entièrement en ciment armé, les mâts qui supportent l’antenne sont télescopiques, afin de permettre le passage du navire sous les ponts des rivières et canaux.
- Une bonne nouvelle. — La T. S. F. Moderne annonce que le poste à lampes de a5 kilowatts, qui doit remplacer l’ancien poste à arc de la Tour Eiffel si détesté des amateurs, sera prêt très prochainement à entrer en séance. Les premiers essais auraient été fort satisfaisants.
- La radiophonie en France. — Les concerts de iG h. 3o de Radio-Paris n’ont pas encore été repris régu-lièremen*. La société Philipps-Radio a organisé des radio-concerts entre 16 et 18 h. émis par les ateliers « Jacks ». Ces radio-concerts sont transmis sur ondes courtes.
- Les prévisions météorologiques et nouvelles de presse-de la Tour Eiffel sont toujours émises sur a65o mètres de longueur d’onde, mais les radio-concerts sont transmis sur 2200 mètres. La modulation a été améliorée, mais les harmoniques sont toujours gênants pour les amateurs parisiens et la situation demeure aussi regrettable.
- Il y a maintenant deux postes d’émissions à Toulouse, l’un a été construit par l’administration des P. T. T. et baptisé « Toulouse P. T. T. », l’autre a été réalisé par l’industrie privée avec le concours delà Société la « Radiophonie du Midi »,
- La longueur d’onde du premier poste estde 45o mètres et celle du deuxième de 3oo mètres. On entend assez facilement à Paris les essais de ces stations entre 17 h. et 18 h. ou vers 22 h. 3o.
- L’administration des P. T. T. a d’ailleurs l’intention d’installer des postes d’émission à Bordeaux, à Strasbourg et à Angers. Ces postes seront analogues à Toulouse P. T. T.
- La radiophonie à l’étranger. — La plus puissante station radiophonique du monde, elle aura une puissance de 20 kilowatts, vient d’être terminée à Kœnigswürster-hausen (Allemagne), la longueur d’onde employée sera comprise entre 1200 et i3oo mètres.
- Des hauts-parleurs puissants ont été installés récemment à la Chambre des Lords à Londres. Cette installation rencontre d’ailleurs des difficultés.
- Le « Wireless World » annonce qu’un accord a été conclu entre la « British Broadcasting C° » et les théâtres anglais. Des extraits d’œuvres théâtrales seront cependant seuls transmis le plus souvent.
- Le gouvernement Polonais a l’intention de créer très prochainement un réseau complet de stations radiophonique. Les villes choisies dès maintenant pour l’installation de postes d’émissions sont : Cracovie, Lwow, Poznan et Ararsovie. Un certain nombre de stations-relais seront, en outre, édifiées dans le pays tout entier et permettront ainsi aux amateurs « galénistes » de l'ece-voir sans difficultés les radio-concerts transmis simultanément par les stations.
- Laflolle policière américaine qui lutte contre la contrebande del’alcôola été pourvue d’installations deT. S. F. très perfectionnées. Les navires pourront ainsi soit correspondre entre eux, soit intercepter les messages des fraudeurs, et la surveillance sera grandement facilitée.
- Le patron des amateurs de T. S. F. — Les automobilistes ont déjà choisi leur patron « qui est St Christophe, tirais les sans-filistes » n’ont pas encore désigné le leur. La nouvelle revue La T. S. F. pour Tous organise un referendum parmi ses lecteurs pour connaître leur opinion à ce sujet. Les premiers résultats semblent être en faveur de Jeanne d’Arc.
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- Automobilisme
- Les « increvables Dexpert ». — Cette invention nouvelle ne consiste pas dans un liquide que l’on introduit dans les chambres à air, mais dans une transformation que l’on fait subir aux chambres ordinaires, et qui consiste à assurer à la partie de la chambre la plus exposée aux perforations, son obturation immédiate et automatique en cas d’accident.
- Le principe d’obturation consiste à armer la chambre, convenablement renforcée ou non, d’une couche de gomme malléable et plastique A, noyée entre deux gommes vulcanisées B et C. La chambre munie de l’increvable Dexpert étant en service, au cas de perforation, il suffit de retirer purement et simplement l’objet tranchant qui aura occasionné l’accident; aussitôt la gomme plastique A, qui du.fait delà pi’ession de l’air emmagasiné dans la chambre et de par le poids du véhicule se trouve comprimée dans son logement constitué par les gommes B et C, ira obturer instantanément la cavité accidentelle, en se resserrant sur elle-même.
- Elle fera d’autant plus joint-étanche, que, de par sa composition tout à fait spéciale, elle conserve toutes ses qualités d’oi'igine, elle reste poisseuse, collante et adhé-
- sive, et ce malgré la vulcanisation qu’on lui a fait subir. Elle conservera indéfiniment sa plasticité.
- Au cours d’essais multiples, pratiqués depuis près de 4 ans. on a constaté qu’il n’est qu’un seul cas où l’obturation automatique ne peut être complète.
- Admettons un instant que le pneu soit perforé par un objet recouvert par une pellicule de rouille, et qu’en retirant ce dernier une lamelle de la pellicule de rouille se détache et demeure interposée entre les lèvres de la perforation ou, que par excès de talc dans l’enveloppe, ce dernier vienne se loger dans la perforation. La gomme plastique ne pouvant se recoller sur elle-même, par suite de la présence d’un corps étranger ou du talc, laissera la perforation imparfaitement obturée.
- Si I on s’aperçoit donc qu’à la longue la chambre se dégonfle, on vérifiera tout d’abord la valve pour s’assurer qu’elle ne perd pas. Pour cela, prendre un verre d’eau, et, après avoir enlevé le grand chapeau, introduire le corps de valve dans l’eau : si la fuite provient de la valve, on verra l’eau bouillonner; dans ce cas, on démontera simplement „ F intérieur de la valve et remplacera la pièce défectueuse, c’est-à-dire soit l’obus, soit la rondelle de pièce centrale ou le disque de fond du petit chapeau.
- Si, au contraire, la valve ne perd pas, c’est que l’obturation de la perforation, gênée par un corps étranger ou parle talc, n’aura pas été complète, souvent il suffira de donner un coup de pompe et de rouler aussitôt, et la plupart du temps l’obturation se complétera, car la pellicule sera submergée par la gomme plastique.
- Si malgré cela la chambre se dégonfle, il faudra la démonter. On prend entre ses doigts l’endroit de la perforation de façon à faire bâiller la cavité accidentelle, puis, à l’aide d’un chiffon propre imbibé d’essence, on lave les bords de la coupure de la gomme plastique, on prend une des lamelles de gomme qui ont été livrées avec la chambre. L’hiver on la chauffe sur une partie chaude mais propre (par exemple sur le radiateur). On lave à l’essence et après évaporation on l’introduit dans la perforation à l’aide d’une pointe quelconque mais propre, puis on comprime la partie réparée et l’on remonte la chambre.
- Il ne faut jamais vulcaniser à chaud le croissant obturateur, ceci est complètement inutile, car on risquerait de déformer ledit croissant.
- Ceci supprime. les multiples réparations à chaud si préjudiciables à la bonne conservation du caoutchouc, le
- tig. t. — Vue en coupe de l’increvable Dexpert.
- A, Madère plastique ;
- B, G, Croissants ;
- I), Chambre à air.-
- roulage sur jante si néfaste à la durée du pneu, le décollage des pastilles au moment des fortes chaleurs. Les éclats sont rares par suite du renforcement de la chambre, la durée est supérieure à celle d’une chambre ordinaire.
- Ajoutons qu’à l’heure actuelle, ces Increvables semblent destinés à devenir un adjuvant des pneus à basse pression, un complément de sécurité. Car si le ballon et le confort donnent à l’usage de la route le maximum de bien-être matériel, les increvables lui assurent une tranquillité morale et une sécurité absolue.
- Constructeur : Raoul Dexpert, à Gironde (Gironde).
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- .'Electricité
- Fig. a. — Allume-gaz électrique.
- Allume-gaz électrique. — L’allume-gaz électrique dont la description est donnée ci-après est destiné, comme son nom l’indique, à enflammer le gaz sur les réchauds à gaz ou autres appareils du même genre.
- Cet allumoir fonctionne par le courant d’éciairage à iuo volts environ et ne nécessite aucune matière inflam- ko
- mable intermédiaire. Il se compose d’un socle en marbre ou à défaut en bois dur et sec qui porte :
- i° Une bobine à noyau de fer doux B sur laquelle sont enroulés en vrac no m. environ de fil de cuivre de 2/10 mm isolé sous deux couches de soie.
- Cette bobine forme en même temps résistance pour diminuer la tension du courant et self-induction pour rendre plus chaude l’étincelle d’extra-cou-rant qui enflammera le gaz.
- 2° Un inflammateur I formé d’une poignée isolante en bois dur et sec qui porte à une de ses extrémités une longue pointe métallique reliée par un fil souple à la bobine ci-dessus; cette pointe est protégée par une gaine en tissu isolant Soupliso, sauf sur 5 mm à son extrémité où elle reste nue.
- 3° Un interrupteur bipolaire
- qui, comme l’indique la figure, peut être remplacé par une prise de courant à broches P, à condition que le bouchon P, de cette prise de courant soit disposé de façon à ne pouvoir être orienté que dans un seul sens, ce qui s’obtient facilement en ligaturant le cordon sur le bouchon en porcelaine comme l’indique la figure.
- 4° Un coupe-circuit unipolaire à tabatière C destiné à protéger l’appareil en cas de court-circuit.
- Le mqntage des divers organes sur le socle se fait comme indiqué au croquis sur lequel il est facile de suivre le trajet de chaque fil (à la sortie du bouchon de prise de courant, on devra s’arranger pour que le fil allant à la bobine corresponde bien au fil de phase de la distribution, si, comme c’est généralement le cas, on a affaire à du courant alternatif). Le coupe-circuit C, la bobine B et l’inflammateur I sont montés en série sur le fil de phase, le premier avant la prise de courant et les deux autres après.
- L’autre fil de la distribution ou fil neutre sera fixé à la masse métallique du réchaud par une vis en laiton qui le serrera contre le métal préalablement bien mis à nu à cet endroit. Dans le cas où le réchaud serait émaillé, il faudrait que l’émail qui est un corps mauvais conducteur du courant soit enlevé à l’endroit de la vis.
- Afin d’éviter toute possibilité de court-circuit, il est préférable que le réchaud ne soit pas en communication électrique avec la terre, c’est-à-dire qu’il doit être relié à la conduite de gaz par un tube en caoutchouc, de préférence à un tube métallique souple.
- Pour faire fonctionner l’allume-gaz, on met en place le bouchon de prise de courant, puis d une main on ouvre le robinet du réchaud, et de l’autre, prenant la poignée de l’inflammateur, on passe rapidement la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- pointe (comme si on frottait une allumette) sur le brûleur, à l’endroit des orifices par lesquels le gaz s’échappe. La petite étincelle d’extra-courant qui se produit au moment où la pointe de l’inflammateur quitte le réchaud suffit à enflammer instantanément le gaz et cette opération n’a duré que quelques secondes, c’est-à-dire beaucoup moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
- On n’a plus ensuite qu’à remettre l’inflammateur à son crochet et l’appareil est toujours prêt pour autant d’allumages qu’on le désire, son fonctionnement n’est subordonné qu’à l’existence du courant dans la ligne. Ses avantages sont de réduire pour ainsi dire à rien le temps nécessaire pour allumer le gaz et d’économiser les allumettes, ainsi que le temps passé à les frotter... quand elles veulent bienis’allumer.
- Déplus, la dépense de courant électrique occasionnée par cet appareil est pratiquement nulle, le disque du compteur n’ayant pas, à cause de son inertie, le temps de se déplacer pendant le très court instant où le courant passe lorsque l’inflammateur est en contact avec le réchaud.
- L’emploi de cet allume-gaz ne peut donner lieu à aucune crainte de commotion électrique pour la personne qui l’utilise, cette commotion ne pourrait se produire que si, l’appareil étant sous courant., on touchait simultanément l’extrémité nue de la pointe de l’inflam-mateur et le métal du réchaud, ce qui, pratiquement, est impossible.
- Pendant la nuit, ou meme de jour, si l’allume-gaz doit rester quelques heures sans être utilisé, il est toujours préférable de retirer le bouchon de la prise de courant et de supprimer ainsi tout courant électrique dans l’appareil. Edmond Mettey.
- Objets utiles
- Fermeture de fenêtres. — Pour aérer des chambres et pièces des appartements et des maisons, on ne disposait, pour maintenir les fenêtres ouvertes, que de morceaux de bois oude bouchons qui les tenaient ouvertes complètement, ou de l’entre-bâil-lement qui ne permettait qu’une faible ouverture centrale. Aucun appareil ne donnait la faculté
- de maintenir les ballants des fenêtres à une ouverture variable telle que l’on puisse .aérer la pièce sans recevoir l’air directement sur soi, que ce soit le jour ou la nuit.
- L’appareil Eole, d’une grande simplicité, a résolu ces difficultés.
- Au moyen d’une baguette reliée au battant fixe et terminée par un bouton à vis se déplaçant dans une glissière fixée au battant mobile, on fait tourner le battant mobile de iio degrés, et, en serrant alors le bouton, on fixe ledit battant à l’ouverture désirée. La stabilité et la fixité du battant sont obtenues au moyen de deux quadrillages conjugués, l’un sur l’extrémité supérieure de la baguette et l’autre sur la partie inférieure de la glissière.
- En limitant le jeu du bouton dans la glissière, on peut également empêcher la fenêtre de s’ouvrir plus que l’on ne veut; par exemple, si un meuble se trouve à proximité et risque dé casser les carreaux.
- L’appareil peut se placer aux portes.
- Fermeture de persiennes ou volets. — La plupart des persiennes ou volets, lorsqu’ils sont ouverts, sont fixés au moyen de têtes de turc scèllées dans le mur, sous le volet. Pour ouvrir ou fermer ses persiennes, on est obligé, quel que soit le temps, de se pencher fort en déhors pour, manier la tête de turc. De plus, pour se garantir du soleil, il faut fermer complètement la per-sienne et l’on se trouve dans l’obscurité, les persiennes ne pouvant être que complètement ouvertes ou fermées.
- Dispositif « Eole » appliqué à une fenêtre.
- En
- - Dispostif « Eole » adapté à une persienne.
- L’inventeur de l’appareil Eole a pu adapter le principe de cet appareil au maniement facile et variable des volets et persiennes, et ce toujours avec la baguette reliée cette fois à la persienne qui permet à cette dernière de se déplacer en faisant mouvoir le bouton dans la glissière scellée dans l’appui de la fenêtre au moyen de pattes à scellement. La stabilité de la persienne dans n’importe quelle position est obtenue par le serrage du bouton sur la glissière, serrage renforcé par une rondelle de façon à augmenter l’étendue des surfaces de frottement et suffisant également pour maintenir les persiennes absolument fermées sans qu’il soit besoin d’avoir recours à un crochet ou à tout autre moyen d'attache.
- Pour renseignements, s’adresser à Fermeture Eole, 34/rue de Rothschild à Berck-Plage (Pas-de-Calais).
- Nouveau vaporisateur. — La plupart des vaporisateurs sont composés d’un vase dans lequel une pompe (piston mû au doigt ou poire de caoutchouc) comprime de l’air, obligeant le liquide à monter dans un tube terminé par un gicleur! De ce fait, la pression varie à mesure que le flacon se vide, ou selon qu’on crée dans le vase une pression plus ou moins forte.
- Le nouveau vaporisateur que nous décrivons présente la particularité de donner, pour chaque coup de piston, une quantité de liquide constante. A cet effet, il présente la disposition suivante : extérieurement, c’est un vase de cristal, taillé, gravé ou peint, selon les modèles, d’une forme très stable, sur lequel on visse un couvercle métallique nickelé.
- Celui-ci est traversé, au centre, par la pompe, sur le côté parle tube du pulvérisateur. La pompe comporte un tube cylindrique duquel part latéralement, à une certaine hauteur, le tube de giclage ; son fond est une crépine en toile métallique nickelée fixée à une embase tron-conique; le piston métallique est rappelé vers le haut par un. ressort à boudin.
- Le détail intéressant est une bille sphérique qui se loge sur l’embase et forme clapet. Quand le piston remonte, la bille est soulevée et. une certaine quantité de liquide pénètre dans le corps de pompe ; quand on presse sur le piston, la bille bloque la communication avec le vase-réservoir et il ne passe dans le tube du gicleur que la quantité de liquide préalablement aspirée! On a ainsi réalisé un véritable doseur; le vaporisateur ne donne qu’une quantité déterminée de liquide à chaque coup de piston; il économise le parfum.
- En vente chez Kirby Beard et Cie. 5, rue Auber, Paris.
- Fig. 5. —Le vaporisateur-économiseur et la disposition de sa pompe.
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- VARIÉTÉS
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- LA PECHE IL Y A QUINZE MILLE ANS
- Les pêcheurs — les « chevaliers de la gaule », comme on les a surnommés — qui trempent mélancoliquement leurs lignes dans les rivières, et, de ce fait, se croient « très modernes », ne se doutent pas que leur sport favori est aussi vieux que l’humanité. A l’époque la plus ancienne où celle-ci nous est — relativement — connue, c’est-à-dire à l’époque « paléolithique » (ou de la « pierre taillée »), la pêche, en effet, était certainement connue, bien que moins, cependant, que la chasse, laquelle était plus à la portée des engins plus que sommaires (silex taillés, vagues épieux) de nos ancêtres. La preuve en est que l’on a trouvé des débris de poissons (arêtes, fragments de crânes) dans quelques stations préhistoriques, par exemple près de Mentoft. A vrai dire, ces débris sont peu abondants, comparativement à ceux laissés par le gibier, mais cela tient, peut-être, à ce que les ossements des poissons sont plus cartilagineux qu’osseux et ont, en grande partie, disparu, alors que les os proprement dits des mammifères et des oiseaux ont résisté à l’action destructive du temps. Si faibles qu’ils soient, ces débris ont toutefois permis d’y reconnaître que les premiers hommes ont recherché surtout les poissons des eaux douces de préférence aux poissons marins, lesquels, il faut bien l’avouer, sont singulièrement plus difficiles à capturer que les premiers (l’homme n’avait pas alors de bateaux).
- On‘a reconnu, dans les dépôts paléolithiques, la présence, parmi les poissons d’eau douce, de l'Anguille, de la Truite, du Brochet, de la Carpe, du Barbeau, de la Loubine, ainsi que celle du Saumon, lequel passe de la mer dans les fleuves et réciproquement (on l’a trouvé même dans une station du Tarn-et-Garonne, bien que le Saumon ne se rencontre ni dans la Méditerranée ni dans les rivières qui y aboutissent, ce qui montre que les hommes de cette époque l’avaient apporté de loin — peut-être à l’occasion d’un... banquet).
- Les espèces marines constatées sont : le Thon (qui, pourtant, ne vient guère sur le rivage, même mourant ou mort), et peut-être le Congre ou Anguille de mer, qui peut se prendre assez facilement, à la main, dans les rochers à marée basse.
- A la fin de l’époque de la pierre taillée, c’est-à-dire à l’époque magdalénienne, les poissons étaient non seulement pêchés et mangés, mais encore servaient de motifs de dessins et de sculptures pour les artistes. C’est ainsi que l’on reconnaît, sur des fragments de bois de renne, la silhouette, non douteuse, de la Carpe, de l’Anguille, du Brochet, de la Timite (ou du Saumon ?), voire, sur une plaque de schiste, un poisson déjà dévoré en partie et montrant sa colonne vertébrale et quelques arêtes.
- Comme l’homme de la pierre taillée paraît n’avoir eu à sa disposition ni hameçons (à moins qu’il n’ait employé à cet usage de petits éclats d’os non courbés?), ni, en tout cas, de ficelle (sauf, peut-être, des fragments de plantes ?) pour les attacher, il est difficile de savoir comment il s’y prenait pour s’emparer des poissons que nous avons énumérés plus haut. On en est réduit à penser qu’il pêchait directement à la main (ce qui, d’ailleurs, se rencontre de nos jours chez quelques peuplades sauvages) ou à l’aide de sagaie terminée par un silex pointu ou de harpon garni d’un os, engins dont il transperçait les poissons qui venaient à sa portée (ce qu’il attendait avec la patience bien connue de nos pêcheurs à la ligne). Peut-être aussi se contentait-il de ceux qui venaient s’échouer sur les rives ou dérobait-il ceux qui étaient
- capturés par les Loutres (un sujet gravé sur os représente, d’ailleurs, celle-ci, avec, à côté d’elle, un poisson figuré le ventre en l’air, comme s’il venait de passer de vie à trépas) ou les oiseaux mangeurs de poissons (prototypes, peut-être, de l’actuelle chasse au cormoran ?), mais ce sont là de pures hypothèses.
- A l’époque de la pierre taillée a succédé celle de la pierre polie -(néolithique), époque durant laquelle les hommes étaient plus intelligents ou, tout au moins, plus « débrouillards » que les précédents. La pèche s’y développa manifestement ainsi que le montre, par exemple, la diversité des espèces identifiées dans les kjoekken-moeddings (débris de cuisine) du Danemark (Aigrefin, Limande, Anguille) ou les habitations lacustres (Truite, Brochet, Carpe, Yandoise, Ables). L’homme de la pierre polie se servait, pour pêcher, d’engins assez perfectionnés. C’est ainsi que l’on a découvert de véritables hameçons courbés fabriqués avec du silex ou des défenses de sangliers, ainsi que des hameçons non recourbés, pointus aux deux bouts et obtenus avec des fragments d’os ; des harpons barbelés ; enfin, et surtout
- — grand progrès — des filets faits en ficelles de lin, soutenus par des flotteurs en écorces de pin — remplaçant le liège actuel — et tendus par des cailloux percés d’un trou, remplaçant nos poids de plomb.
- L’époque de la pierre polie est passée, peu à peu, à celle du bronze, substance plus malléable, on le comprend sans peine, que le silex et l!os pour confectionner les engins de pêche. Les hommes fabriquèrent alors des hameçons presque identiques à ceux dont nous nous servons aujourd’hui (sauf, naturellement, qu’ils n’étaient pas en fer), avec un chas, tantôt troué, tantôt simplement aplati, et une pointe, tantôt simple, tantôt en crochet (certains étaient doubles). Le bronze leur permit aussi d’obtenir des harpons beaucoup plus soignés que les précédents, avec barbelure unique et très pointue, et, à l’autre extrémité, un orifice qui, vraisemblablement, servait à y attacher une corde. A la même époque
- — et plus que jamais — les filets étaient très utilisés, et, sans doute — car ils étaient plus soignés — plus efficaces; on les confectionnait avec des navettes en bronze terminées en fourchette aux deux extrémités.
- Nos ancêtres éloignés ne mangeaient, sans doute, des poissons qu’exceptionnellement, car on ne peut compter, à jour fixe, sur leur capture. Par contre, ils semblent s’être, parfois, nourris régulièrement de coquillages, que, dans certaines localités, ils n’avaient que la peine de récolter à la main; c’est ce qui explique la présence d’énormes amas de coquilles que l’on rencontre sur les côtes du Danemark, amas qui ont, parfois, jusqu’à 3oo m. de long sur 60 m. de large, ainsi qu’en Suède, en France, en Sardaigne, dans l’Amérique du Nord, à Cuba, au Brésil, etc. Ces coquilles appartiennent à des espèces qui sont encore, de nos jours, utilisées comme comestibles; ce sont, par oindre de fréquence décroissante, des Huîtres, des Coques (Cardium), des Moules, des Bigorneaux (Littorines, etc.), c’est-à-dire de coquillages marins; à certains endroits, plus enfoncés dans l’intérieur des terres, on rencontre aussi des. amas de coquillages d’eau douce (Ampullaires, Paludines, Mn-lettes). Quelques-uns de ces Mollusques servaient, à la fois, de nourriture et, par leurs coquilles — que l’on perçait d’un ou de deux trous pour les enfiler à une ficelle — d’objets d’ornements (la coquetterie date de loin...). L’homme fossile savait, comme on le voit, joindre l’utile à l’agréable — Utile dulci. Henri Coupin.
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- QËL,
- Les écrans de Cinéma, comment les peindre? —
- Il est de toute importance d’avoir un. très bon écran si l'on veut obtenir un bon résultat dans la projection cinématographique. Cette question est assez mal connue, il nous paraît intéressant de signaler ici le procédé, décrit par M.JeanMeyral dans le Moniteur de la peinture. pour peindre les écrans de cinéma.
- Dans l’immense majorité des cas, l’appareil de projection est placé au fond de la salle, et les images se produisent par réflexion sur un écran opaque. La base de celui-ci sera constituée, soit par une muraille bien lisse, soit par une toile bien tendue. Quelle que soit la base choisie, il est indispensable qu’elle offre une surface absolument plane.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cet écran doit être peint, et la façon dont le travail sera exécuté aura une grande influence sur la beauté des projections. On a donc essayé de nombreuses méthodes, et il semble bien que ce soit l’écran métallisé qui donne les meilleurs résultats.
- Il convient toutefois de signaler que si les images sont plus brillantes et plus nettes, par ce système, pour les spectateurs qui voient l’écran de face, ou à peu près, la luminosité diminue de façon fort rapide, pour ceux dont le regard frappe l’écran d’une façon oblique. Plus cette obliquité grandit, plus les images deviennent sombres et indistinctes. Par conséquent, l’écran métallisé n’offre pas d’inconvénients sérieux dans une salle beaucoup plus longue que large, ce qui est la disposition la plus fréquente. Mais s’il s’agit d’une salle très largue, la visibilité des images ne sera vraiment bonne que pour les spectateurs placés vers le milieu.
- Cette réserve étant faite, l’écran métallisé reste, jusqu’à nouvel ordre, le meilleur système à employer dans les salles de dimensions courantes.
- Cette méthode, qui fut d’abord brevetée, est tombée dans le domaine public depuis 1923. Le journal Photo-Revue, publiant à l’époque la description du procédé, donnait cette formule pour la couche de couleur destinée à recevoir les poudres métalliques :
- Blanc de céruse............ 3 kilos,
- Huile de lin................1 litre.
- Huile de Hollande...........o 1. 25.
- Mais, outre qu’un écran de cinéma rentre, de toute évidence, dans la peinture de bâtiment pour laquelle l’emploi de la céruse est prohibée, nul n’ignore que le moindre défaut de la céruse est sa déplorable tendance à jaunir, à l’intérieur surtout. L’emploi de la céruse doit donc être nettement proscrit, pour la peinture des écrans, non seulement au point de vue légal, mais encore et surtout au point de vue technique.
- Du reste, l’emploi des poudres métalliques constituait la seule partie intéressante du brevet aujourd’hui périmé. Quant à la façon de les appliquer, voici le procédé auquel vont toutes nos préférences :
- La toile de fil ou de coton sera imprimée, tout d’abord, d’une couche de couleur préparée comme-suit :
- Blanc de zinc broyé............55o gr.
- Huile de lin...................35o »
- Essence de térébenthine. . 60 »
- Siccatif . ....... . 40 »
- 1000 »
- Cette première couche étant bien sèche on en appliquera une seconde ainsi composée :
- Blanc de zinc broyé.... 2000 gr.
- Huile de lin ...... . 5oo »
- Huile de Hollande. .... 75 »
- Siccatif........... 60 »
- Cette couche sera appliquée grassement, et tamponnée avec la brosse « ad hoc ». Laisser sécher cette seconde couche jusqu’au moment où elle poisse encore. On place alors l’écran dans une position horizontale. Puis, s’aidant d’un tamis pour obtenir une répartition bien égale, pn saupoudre complètement la couleur avec de la jxradre d’aluminium aussi fine que possible. On égalise cette poudre avec un blaireau d’abord, et pour finir avec un tampon de velours.
- Dans les cas où la métallisation est contre-indiquée,
- on se contentera d’appliquer les deux couches de peinture ci-dessus.
- Pour augmenter la durée des sandales et pantoufles. — Yoici avec le soleil, le moment de partir à la mer ou à la montagne où nous porterons des sandales à semelles tressées ou des pantoufles à semelle de feutre, qui s’usent rapidement surtout au talon et prennent l’humidité.
- Pour remédier à ce défaut mettons 10 0/0 de soufre en poudre dans une assiette plate où nous versons du latex que nous nous sommes procuré à raison de 20 fr. le litre à la Société E. Y. A., 5, rue du Centenaire à Montreuil. La fleur de soufre ou sulfure de carbone sont bien mélangés et ensuite les semelles sont humectées à la main, trempées dans la dissolution. Il est préférable de passer plusieurs couches successives après chaque séchage, ensuite faire sécher au four à no0 ou sur une plaque chaude après séchage à l’air de la dernière couche.
- Ne pas se servir de pinceau pour passer la dissolution car il serait hors d’usage.
- Ajoutons que si ce procédé a été breveté au point de vue industriel, les particuliers n’en ont pas moins la faculté de l’utiliser pour leur usage. 0
- Appareil pour l’étude du développement des racines. — Yenkatraman Rao Saheb, expert des cultures de canne-à sucre du gouvernement des Indes Anglaises et M. R. Thomas ont publié dans V Agricultural Journal of India une note, dont rend compte la Revue internationale de Renseignements agricoles, décrivant la méthode et l’appareil qu’ils ont imaginés et appliqués avec succès à la canne à sucre.
- L’appareil se compose d’anneaux en terre-cuite mesurant environ 46 cm de diamètre et environ i5 cm de hauteur sur lesquels on applique un réseau en fil de fer galvanisé à mailles d’environ 5 cm, découpé en carrés dont les côtés ont environ 7,6 cm de plus que lé*1 diamètre desdits anneaux.
- On creuse dans le sol un trou dont la profondeur doit dépasser un peu la longueur maximum des racines de la plante qu’on veut étudier. Au fond du trou on place un premier anneau qu’on remplit de terre et qu’on recouvre ensuite d’un carré de réseau métallique. Un deuxième anneau est ensuite placé au-dessus du premier, rempli de terre et recouvert d'un carré de réseau, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on atteigne le niveau du sol environnant.
- Un plant de canne de la variété à étudier est alors fixé sur le réseau de l’anneau supérieur ou bien sur un fil de fer tendu à travers cet anneau. Enfin ôn remplit de terre le trou contenant la colonne d’anneaux superposés et l’on pratique la culture et l’irrigation de la manière ordinaire.
- Quand la plante a atteint la taille voulue et qu’on désire examiner ses racines, on creuse le sol tout autour des anneaux, on passe une planche sous l’anneau inférieur et l’on soulève toute la colonne d’anneaux emplis de terre. Au moyen d’un jet d’eau, on débarrasse les racines de la terre et le système radical de la plante se montre alors à nu, avec toutes ses ramifications en place. On peut ainsi photographier cet aspect pour étudier le développement des parties enterrées de la plante au cours de la croissance.
- 'WA
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — A propos du nouvel appareil de T. S. F. à résonance (n° 2670). — Les établissements Ducretet nous signalent que le nouveau poste de réception décrit et figuré dans notre rubrique Science appliquée est désigné sous le nom de poste de réception type A 4.
- Question à nos lecteurs. — M. Aschman, chimiste, 16, rue Philippe, à Luxembourg nous écrit : « Je suis à la recherche de cailloux roulés calcaires pour un usage technique. Les cailloux roulés qu’on trouve ordinairement, comme par exemple dans notre pays, sont des cailloux de silice. Je viens de lire dans « Bufîon, Histoire naturelle », les minéraux, page 66, le passage suivant :
- « J’ai suivi, dit M. l’abbé de Sarvages, une chaîne depuis Montmoirac jusqu’à Rousson, elle se distingue des autres par la forme de ses pierres et par leur arrangement, les rochers de ces montagnes ne sont point par
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- BOITE AUX LETTRES
- lits, ils sont entièrement formés de tas immenses de pierres à chaux de différentes grosseurs,' toutes arrondies, d’un grain extrêmement lin serré », et plus loin, page 67 :
- « Dans le Rhône et dans les rivières et ruisseaux qui descendent du mont Jura, on trouve une très grande quantité de ces pierres calcaires arrondies à plusieurs lieues de distance de ces montagnes. »
- Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’indiquer une personne qui habite la contrée susin-diquée, à laquelle je pourrais m’adresser pour avoir quelques échantillons de ces cailloux ( de la grosseur de 5 à 10 mm.de diamètre). Naturellement je rembourserai les frais d’envoi. »
- Réponses. —: AI. J. A., Paris. — Pour la détermination des plantes et des insectes, consulter :
- Pour les plantes : Nouvelle Flore, de Bonnier et de Layens, Librairie Paul Dupont, 4, rue du Bouloi, Paris; Atlas de poche, de la librairie Kiincksieck, rue Corneille, Paris; Flore de la France, de Coste, Kiincksieck éditeur; Flore des prairies, des bois, etc. Le Chevalier, éditeur, 12, rue de Tournon, Paris.
- Pour les insectes : Atlas de poche, de la librairie Kiincksieck; nombreux ouvrages de la librairie Leche-valier, notamment les fascicules déjà parus de Faune de France ; les insectes, par Houlbert. Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, Paris; Histoire naturelle .de la France, Deyrolle, éditeur, 4&> rue du Bac, Paris ; la Faune de la France illustrée, par Rémy Perrier, Dela-grave, éditeur, 15, rue Soufflot, Paris.
- 20 Manuels de gymnastique suédoise : Gymnastique de chambre, par le Dr Schreber: Manuel de gymnastique rationnelle et pratique, par M. Soleirot de Serves et Mme Lenfant, Le Roux; Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- AI. L. P. I. R. B. — i° Le dépilatoire le plus facile à préparer est celui de Boudet qui est constitué par du sulfhydrate de sulfure de calcium que l’on obtient en prenant :
- > Chaux vive de fabrication récente. 100 gr.
- Eau ordinaire...................100 —
- On commence par éteindre la chaux en l’aspergeant seulement de quelques gouttes d’eau, puis, lorsqu’elle a fusé et s’est délitée, on ajoute progressivement le reste de l’eau de façon à obtenir un lait bien homogène.
- Dans ce lait on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré préparé suivant la façon classique indiquée dans tous les livres de chimie par réaction d’un acide étendu, chlorhydrique ou sulfurique, sur le sulfure de fer.
- On se rend compte que la saturation est réalisée quand la masse prend une teinte bleue verdâtre due aux traces de fer qui existent toujours dans la chaux commune
- Pour l’emploi, on passe un peu de la pâle, ainsi préparée, en se servant du doigt, sur la partie à épiler de manière à déposer une couche de 1 à 2 mm d’épaisseur. On laisse en contact 2 à 3 minutes, puis lave à l'eau tiède sans frotter et poudre à l’amidon ou à l’oxyde de zinc. N. B. Si l’on doit opérer au-dessus des lèvres, prendre la précaution de vaseliner ces dernières et de boucher les narines avec des tampons de coton hydrophile afin d’éviter de respirer l’odeur d’hydrogène sulfuré, ce qui est désagréable.
- 20 La préparation étant légèrement caustique, son emploi est contre-indiqué dans le voisinage d’une plaie, le rasage dans ce cas est préférable. 3° La pâte dépilatoire ci-dessus se conserve assez longtemps en flacons bien bouchés, mais son action est d’autant plus efficace que la préparation est plus récente.
- Aille N., à Vaux. — Il n’existe malheureusement' pas de moyen simple et rapide pour faire Y analyse qualitative et quantitative des terrains. Ces déterminations comportent une analyse physico-chimique faisant connaître les proportions de sable, argile, calcaire, humus et une analyse chimique portant sur les éléments fertilisants, azote, acide phosphorique, potasse, chaux et magnésie. Il faut pour cela un laboratoire déjà bien installé et savoir en outre interpréter les résultats. Si cette question vous intéresse, vous trouverez tous les détails sur les opérations à effectuer dans la Chimie agricole de Guillin, éditée par Baillière, 19, rue Haute-feuille, mais nous pensons qu’il serait préférable pour
- vous d’adresser les échantillons de terres à la Station agronomique de Dijon.
- AI. Sutter, à Paris. — i° Vous voulez très probablement parler de la mixtion à dorer qui est habituelle-
- ment composée de :
- Huile de lin ordinaire. .... 100 gr. Huile de lin siccativée..... 20 —
- Essence de térébenthine. . . . 140 —
- Siccatif pour équipages .... 40 —
- On utilise aussi quelquefois la standolie ou huile de lin cuite longuement à l’air jusqu’à ce qu’elle soit visqueuse en prenant par exemple :
- Standolie......................... ,70 gr.
- Essence de térébenthine. ... 3o —
- Résinate de manganèse .... 5 —
- 20 Vous pouvez trouver facilement les éléments de ces préparations dans le commerce, mais eu égard aux faibles quantités de mixtion qui sont nécessaires, il serait, croyons-nous, plus avantageux d’acheter le produit tout préparé.
- T. S. F. — AI. I. à Beaufort-sur-Doron {Loire). — Pour entendre sur bonne antenne les émissions radiographiques à 600 kilomètres de Paris, il suffit, en général, d’utiliser un poste simple à quatre lampes comprenant une lampe à haute fréquence à résonance ou semi-apériodique, une lampe détective et deux étages à basse fréquence à transformateurs à circuit magnétique feimié. Avec un étage supplémentaire à haute fréquence semi-apériodique ou apériodique les résultats seraient encore meilleurs, mais nous croyons que cette adjonction n’est pas indispensable dans votre cas.
- Comme appareil d’accord il vous suffira de choisir le dispositif simple en dérivation avec bobines interchangeables ou même fractionnées.
- AI. C. Bouissou à Alarseille. — Lorsque les lampes de T. S. F. sont de bonne marque, et que leurs filaments sont soigneusement chauffés, on peut espérer en obtenir un service d’environ un millier d’heures. Il n’y a d’ailleurs là rien d’absolu, étant données généralement lés différences qui existent entre les lampes, même si elles sont de la même marque.
- M. D’A. à Addis-Abeba (Etiopie).— i°Il n’est pas normal, en effet, que votre amplificateur à quatre lampes à résistance produise un effet anodyne sous dispositif spécial. Ce phénomène est sans doute produit par un couplage électrostatique des caréneurs qui doivent être trop rapprochées les unes des autres.
- Vous pourrez essayer dans ce cas d’utiliser un compensateur pour faire de la « réaction à l’envers » et « décrocher » ces oscillations gênantes. L’ouverture mobile du compensateur est alors réunie à la grille de la première lanipe et une des ouvertures fixée à la plaque de cette première lampe également. Vous pouvez consulter à ce sujet le livre « Cent problèmes pratiques ; de T. S. F. » (Masson éditeurs.)
- 2° Vous pouvez fort bien monter un dispositif super-héterodyne avec un amplificateur à résistance soigneusement construit. Il est plus facile d’autre part de réaliser un amplificateur pour grandes ondes à bobinages de liaison qu’à tramsformateui's même apériodiques. Ces transformateurs qui donnent de meilleurs résultats avec noyaux de fer comportent généralement un millier de spires au primaire et au secondaire.
- AI. A. à Saint-AIalo (Ille-et-Vilaine). — i° 11 vous suffira d’un poste à quatre lampes pour obtenir des résultats de réception satisfaisants sur bonne antenne. Yoici à ce sujet la réponse donnée à M. L. dans le même numéro.
- 20 Pour alimenter directement un grand nombre d’écou-, teurs téléphoniques dans les chambres d’un hôtel, il est nécessaire d’utiliser un amplificateur de puissance, placé à la suite du poste ordinaire.' Vous pouvez choisir un amplificateur à transformateurs du type push-full, par exemple.
- 3° Pour avoir l’autorisation de monter un poste d’émission, il faut adresser une demande à l’administration des P. T. T. Il vous suffira de remplir un formulaire que l’on trouve dans les bureaux de poste.
- Un poste d’émission de 5o à 100 volts alimentation avec une antenne prismatique d’une vingtaine de mètres de large pourra vous permettre d’être entendu dans un rayon d’une centaine de kilomètres en téléphonie.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours d‘aviation destiné aux élèves-pilotes et mécaniciens, par A. Desaleux, i vol. illustré de 246 pages, Gauthier-Villars, éditeur, Paris, iga5. Prix : 35 francs.
- L’auteur s’est proposé de rassembler en un seul volume toutes les notions nécessaires aux élèves-pilotes. ou mécaniciens d’aviation : notions élémentaires de mécanique et d’aréodynamique, théorie élémentaire de l’avion, mode de construction, réglage, conduite, surveillance et entretien de l’avion; description et explication de fonctionnement du moteur à explosion. La plupart de ces questions sont exposées avec un grand talent didactique ; l’essentiel est dit, avec clarté et méthode, par un homme qui a conduit lui-même et a enseigné à d’autres la conduite des appareils. Par contre, les premières pages de l’ouvrage consacrées à résumer les notions élémentaires de mécanique théorique sont réellement insuffisantes, et de nature à troubler plutôt qu’à éclairer les jeunes gens qui n’auraient pas d’autre aide pour aborder les questions traitées ensuite. Pourquoi ne pas s’être borné à renvoyer le lecteur à un bon traité de mécanique élémentaire ?-
- Etude sur le climat de la Grèce, par E.-G. Maroolo-poulos. 1 vol. in-8, 66 p. Cartes. Presses universitaires de France, Paris.
- L’auteur étudie, dans la première partie, le régime et l’intensité des précipitations aqueuses en Grèce. Dans la seconde, il examine le problème de la stabilité du climat depuis l’antiquité jusqu’à nos jours ; c’est un sujet fort souvent débattu en raison des nombreuses indications qu’on trouve chez les auteurs classiques sur les travaux agricoles, l’hydrogi'aphie, les saisons, les phénomènes météorologiques. Après avoir passé en revue nombre de citations, l’auteur conclut que rien n’a changé en Grèce pendant les temps historiques.
- Faune de France, g. Amphipodes, par Ed. Chevreux et L. Face, i vol. in-8, 488p., 488 lig. Lechevalier, Paris. Prix : 60 francs.
- La Nature a déjà signalé l’importance et le mérite de l’œuvre entreprise par l’Office central de Faunistique de la Fédération française des Sociétés de sciences naturelles, qui consiste à dresser le bilan complet de la faune qui peuple notre pays et les régions voisines et à faciliter aux naturalistes, par des descriptions précises, la reconnaissance de tous les animaux qu’ils peuvent rencontrer et étudier. 8 volumes ont déjà paru et voici le neuvième, consacré à un groupe de crustacés des plus abondants sur terre, dans les eaux douces et surtout dans l’eau de mer, près des côtes, puisqu’on en connaît déjà 3ao espèces en France. La compétence des auteurs est bien connue, l’un d’eux, Chevreux, a passé plus de 40 ans à recueillir lui-même toutes ces formes à mer basse ou au large ; l’autre, Fage, assistant au Muséum national, est un de nos meilleurs zoologistes et connaît tout particulièrement bien ce groupe. Leur collaboration a produit une œuvre magistrale dans un domaine où n’existait encore aucun livre français.
- Fidèles-au plan tracé pour la Faune de France, les auteurs signalent d’abord la répartition des Amphi-podes, les moyens de les capturer, de les conserver, puis ils décrivent leur morphologie externe et interne, après quoi, au moyen de tableaux dichotomiques successifs, suivis de descriptions claires et abondamment illustrées, ils énumèrent les caractères génériques et spécifiques qui permettent une exacte classification. L’œuvre considérable ainsi réalisée rendra grand service à tous les naturalistes ; elle est indispensable pour toute détermination.
- Pharmacodynamie des colloïdes, par le D1 W. Kopao-zewski. T. II. Protéinûthérapie. Transfusion du sang. 1 vol. in-16, 331 p., Gaston Doin, Paris. Prix : 12 fr.
- La Nature a déjà signalé les nombreuses et intéressantes études de l’auteur sur les colloïdes, traités au point de vue physico-chimique. Ces notions ont de
- nombreuses applications, tant à la médecine qu’à l’industrie. Le présent ouvrage est consacré aux utilisations thérapeutiques des notions nouvellement acquises. Dans le tome I, l’auteur avait traité de la colloïdothérapie par les colloïdes de synthèse, actuellement si employés en médecine. Le tome II est consacré aux’ colloïdes naturels : protéines, sang- C’est un vaste chapitre, tout récent, de l’art de guérir, où la lumière se fait peu à peu, La sérothérapie, la vac-cinothérapie, les injections de peptone, de lait, de protéases, de sang, de lymphe, puis la transfusion du sang ont successivement acquis droit de cité et rendent de plus en plus de services. L’auteur examine leurs effets/leurs indications, leurs difficultés; il les classe, les explique par nos connaissances actuelles sur la chimie physique des colloïdes et éclaire ainsi nombre de problèmes encore obscurs. Une vaste bibliographie termine l’ouvrage, permettant au lecteur de se reporter aux travaux originaux et de les interpréter. Ces deux volumes du Dr Kqpaczewski forment une mise au point très complète et personnelle des plus récentes données sur l’effet des colloïdes en thérapeutique.
- The Effects of Ions in colloïdal Systems, par le D1' Leo-nore Miohaelis. 1 vol. in-i6, 108 p., 7 fig. Williams and Wilkind Cy, Baltimore. Prix : relié, 2,5o dollars.
- Le Dr Michaelis, ancien professeur à l’Université de Berlin, actuellement à l’université Aichi, au Japon, est un des maîtres les plus remarquables de la physicochimie biologique, il y a deux ans parut une traduction française de son « Manuel de techniques de physico-chimie à l’usage des médecins et biologistes », par Chahanier et Lobo-Onell (Masson et Ci0, éditeurs) qui fut presque immédiatement épuisée.
- Depuis, exilé au Japon, il a été appelé par diverses universités américaines à donner des conférences sur les sujets qu’il a le mieux étudiés et ce sont celles-ci que réunit le présent volume. L’auteur y traite les questions les plus récentes et aussi les plus importantes pour la compréhension du mécanisme protoplasmique, de la nutrition cellulaire, des échanges entre l’être vivant et le milieu : l’adsorption, la formation des doubles couches électriques à la surface des colloïdes, leur stabilité et leur floculation, l’équilibre de membrane, tous problèmes fondamentaux pour le progrès de nos connaissances de la vie. Il le fait comme toujours, d’une façon claire, précise, qui rend aisée l’initiation.
- Le métabolisme de base. « Physiologie », par E. F. Terroine. « Pathologie », par E. Zunz. i vol. in-8, 187 p. Collection a Les problèmes biologiques ». Presses Universitaires de France, Paris. Prix : cartonné, 20 francs.
- Voici une nouvelle collection qui se propose, comme plusieurs autres étrangères, de tenir le public scientifique au courant des principaux problèmes biologiques à l’ordre du jour. Chaque question doit être l’objet d’une monographie complète très documentée, donnant toutes les indications bibliographiques utiles, et permettant de juger l’état où elle est arrivée.
- Le premier volume est consacré au métabolisme de base, c’esl-à-dire au minimum de dépense énergétique d’un être vivant, nécessaire pour entretenir la vie, quand on élimine toutes les causes de variation accessoires : froid, mouvement, digestion, etc. Celui-ci varie-t-il avec la taille, le poids, la surface ? Peut-on le traiter simplement comme un problème de chimie ou bien intei’vient-il mille conditions accessoires, physiologiques et psychologiques ? M. Tei'roine, professeur à l’Université de Strasbourg, discute toutes ces questions.
- Depuis peu, on étudie aussi ses variations dans les états pathologiques, on va même jusqu’à le mesurer couramment chez de nombreux malades pour essayer de déterminer le meilleur régime alimentaire à leur prescrire. Le D1' Zunz, professeur à la Faculté de médecine de Bruxelles, passe en revue les maladies sur lesquelles on a des données précises.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2673
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- Nécrologie : Charles Vélain. — Après Camille Flammarion, Stanislas Meunier, voici un autre des plus anciens collaborateurs de La Nature qui disparaît.
- Charles Yélain était né le 16 mai 1845 à Chàteau-Thièrry. Préparateur de géologie à la Faculté des Sciences de Paris en 1868, il quitta ce poste pour prendre part à la guerre de 1870 où il se distingua, notamment au siège de Soissons, ce qui lui valut la médaille mililaire. Bientôt après, il entreprit une série de voyages d’études doit le plus important et le plus célèbre est son exploration des îles Saint-l'aul et Amsterdam dans l’Océan Indien. L’amiral Mouchez avait été désigné pour étudier le passage de Vénus sur le soleil en 187.4 ; Yélain lit partie de 1 expédition; il visita ainsi La Réunion, aborda à l’ile Saint-Paul et à l’île Amsterdam, cratères isolés au milieu de 1 Océan Indien, séjourna à Kerguelen. Ses observations sur l’activité volcanique, réunies en 1879 dans son mémoire Mission à Vile Saint-Paul, devinrent immédiatement classique-s.
- Vélain fut nommé en 1878 maître de conférences à la Sorbonne, puis, en 1886, chargé de cours, en 1889 professeur suppléant et enfin en 1897 on créa pour lui la chaire de géographie physique, premier enseignement de la géographie dans une Faculté des Sciences, première affirmation du bénéfice que la science de la terre peut et doit tirer du '• concours des disciplines scientifiques et des études littéraires. Yélain y donna toute sa mesure. Il créa un laboratoire dont les collections, les cartes, la bibliothèque réunissent une foule de documents précieux : il fonda en 1906 la Revue annuelle de géographie, bibliographie tenue à jour et facilitant les recherches Surtout, il fut un professeur remarquable, clair, entraînant, persuasif, qui sut instruire la génération actuelle de géographes, d’explorateurs, de géologues; son cours, abondamment illustré, fut pour tous une initiation.
- Yélain donnait souvent à La Nature des articles qui sont des modèles du genre, le plus souvent illustrés par ses propres dessins. La dernière fut l’étude de la côte en péril, notre côte de la Manche rongée par la mer, parue ici même l’été passé.
- Nous adressons à Mme Yélain et à sa fille l’hommage de nos condoléances émues.
- Le Comité Scientifique du Pétrole et le procédé Makhonine. — Le Comité Scientifique du Pétrole nous adressé le communiqué suivant qui enregistre une nouvelle dérobade de M. Makhonine. La merveilleuse invention qui fit tant de bruit dans la presse quotidienne ne pourrait sans doute supporter la grande lumière.
- « Le Comité Scientifique du Pétrole et des Combustibles liquides a tenu, sous la présidence de M. le sénateur J.-L. Breton, une séance à laquelle assistaient notamment MM. H. Le Chatelier, Bateau, Laubeuf, membres dé l’Institut, ainsi que* les délégués des Ministères de là Guerre, de la Marine et de l’Aéronautique,
- On së souvient qué'^ saisi dé l'examen du procédé Mâkhôniüé, 1» Comité Scientifique avait décidé de procéder à la consultation préalable des dossiers rassemblés par les divers services techniques officiels, lesquels
- s’étaient Ions déclarés d’accord sur cette procédure.;
- Le Ministère de la Guerre a notamment fait connaître à l’Office National des Combustibles 'Liquides qu'il n’attachait aucun caractère secret aux procès-verbaux de lu Commission d'Expérieuces de Yinc>-nm*s, niais qu’il se trouvait cependant lié par une promesse faite à l’inventeur.
- M. Makhonine s’étant d’autre part opposé personnellement à la communication, sans conditions et sans délais déterminés, des documents en question, le Comité Scienti: que n’a pu. sur cette double constatation, que décider de suspendre toute enquête et réserver toute opinion. »
- Les incendies de forêts — L’importance des incendies de forêts justifie les recherches les plus sérieuses, les plus sagaces de leurs causes et des moyens de les
- prévenir et même de les éteindre. Un très intéressant résumé d’aperçus sur les incendies de forêts vient d’être publié par M. Michotte (Institut de la Science du feu, février 1920).
- Dans cette étude, des idées nouvelles, très clairvoyantes, sont à retenir. Avec cette compétence spéciale et ce bon sens dont les commissions d’études des incendies feraient bien de s’inspirer, M. Michotte nous indique des causes très plausibles d’incendies. Parmi celles-ci l’électricité atmosphérique est placée dans les premiers rangs, de même les combustions spontanées. L’électricité atmosphérique s’entend non de la foudre seulement mais aussi des écoulements d’électricité par les arbres, écoulements qui sont d’une importance sans doute beaucoup plus grande qu’on l’imagine en- général. Quant aux combustions spontanées, les fermentations des détritus formant la couverture du sol des forêts les expliquent aussi, elles ont d’ailleurs été constatées ainsi que la température élevée de ces débris, lorsque les conditions convenables de chaleur et d’humidité sont réalisées pour la Vie des ferments.
- M, Michotte attribue rarement à la malveillance ou à l’imprudence les incendies de forêts. Il remarque à ce propos que les incendies éclatent souvent à des points inaccessibles à l’homme (par contre privilégiés pour l’action de l’électricité, comme sont des sommets).
- La défense contre les incendies est d’autant plus intéressante à considérer que nous entrons dans la période de fréquence des sinistres :
- Ainsi sur 117 incendies de forêts, on en compte i3 en juillet, 55 en août, 35 en septembre, 5 en avril, les autres mois n’en comptent que x à 3. G’est la 3° semaine d’août qui est la plus chargée avec 29 incendies.
- Les moyens préventifs connus les plus efficaces, comme le débroussaillement, les haies en plantes difficilement combustibles comme les Cactus, peuvent être retenus; par contre, M. Michotte s’élève avec raison contre les moyens coûteux, de mise exî pratique impos-» sible, et tout à fait aléatoires voire plus nuisibles qu’utiles. La critique faite ne manque pas d’esprit ni de mordant et il conclut amèrement que les pi’océdés les* , plu» stupides sont souvent ceux qui ont lé plus de vogue., , _
- Les moyens de lutte dii'ecte qu’il préconise, et parmi
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- INFORMATIONS
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- lesquels l’emploi de l’eau tient bien la première place qu’il mérite, sont dignes aussi de retenir l’attention. L’eau est toujours le plus sûr procédé de lutte, si quelquefois .les contre-feux donnent de bons résultats. Une méthode tout à fait intéressante est l’emploi de l’eau en pulvérisation. Alors qu’un jet d’eau, qu’une pelletée de sable ne peuvent avoir aucune action sur une multitude de branches en combustion, un jet d’eau pulvérisée au moyen d’un simple pulvérisateur employé en viticulture permet d éteindre un espace déjà considérable. Pour ce qui est des incendies allumés par les escarbilles des locomotives, M. Michotte signale l’intérêt que présente un appareil spécial pour éviter leur projection par les cheminées.
- Qu’attend-on pour en munir les machines qui traversent des forêts ?
- Utilisation d’un gisement d’écailles d’huîtres.
- — Une grosse firme américaine, la « Pacific Portland Cernent Cy », vient de terminer la construction d’une importante cimenterie à Redwood City, agglomération
- Îui se trouve sur les rives de la baie de San Francisco.
- /originalité de la nouvelle usine, c’est qu’elle est placée à un endroit proche de vastes dépôts d’écailles d’huîtres qui recouvrent le fond de la partie sud de la baie.
- On estime, d’après la Revue des Matériaux de Construction, à plus de l'ioo hectares la superficie de ces bancs qui, au dire d’experts, seraient capables d’alimenter l’usine pendant près d’un siècle.
- Ces écailles sont mélangées à de l’argile apportée par les eaux des collines voisines, si bien que cette masse renferme toutes les substances requises pour la fabrication du ciment.
- En effet, les écailles d’huîtres sont des calcaires purs, et h s autres éléments nécessaires : silice, alumine et fer sont contenus dans l’argile en proportion voulue.
- A la cimenterie de Redwood City, dont la production journalière est de 25oo barils, les écailles et l’argile sont élevées dans une conduite de om 40 de diamètre par un dragueur à succion et déversées dans des berges qui sont ensuite amenées le long du ponton de débarquement. Six ouvriers et manœuvres suffisent à ces manipulations et remplacent les 75 ou 100 hommes dont on aurait besoin pour retirer des carrières la même quantité de matières premières.
- Le cholestérol; ses nouveaux emplois industriels et médicaux. — Le cholestérol se rencontre le plus souvent daus la cire de carnauba (cire végétale), le blanc de baleine, la cire d’abeilles, les calculs biliaires, la bile de l’homme et des animaux. On en trouve aussi dans le cerveau, le sérum, le jailne d’œuf, les globules du sang. Rethuusen en a trouvé dans le blé, à l’état de cholestérine benzoïque. C’est un corps d’une importance capitale.
- Récemment André Dubosc lui a trouvé une application intéressante et nouvelle : l’accélération de la vulcanisation et la possibilité d’employer, grâce à de petites quantités de cholestérol ajouté, des régénérés de qualité inférieure, ou des déchets de caoutchouc en abondance, de manière à économiser la gomme à 25 fr. le kilo. Mais ces applications sont infimes en comparaison de celle que viennent de découvrir MM. Druinmond, Rosenheim et Coward et que décrivait. The Lancet du 16 mai, et -Chemistrj' and Industry du 22 mai, p. 5iO.
- Il s’agit de l’action de la lumière sur le cholestérol, action qui produirait la fameuse vitamine A, qui, comme on l’a lu ici, est ou semble être un facteur déterminant de croissance chez tous les êtres vivants. Si l’on en croit Rosenheim déjà cité et Webster, l’action des rayons ultra-violets sur le cholestérol produit la vitamine D, anti-rachitique. En réalité, la chimie des vitamines (dont ou ignorait totalement l’existence, il y a 12 ans) est encore dans l’enfance. Tout au plus, les décèle-t-on et se sert-on de leurs précieuses qualités.
- Chimiquement, on en est encore aux tâtonnements. Et cependant les résultats acquis sont merveilleux : ce moyen de guérir ou d’éviter le mal est des plus admirables et demain le sera davantage.
- Rosenheim et Drummond ont décrit à la « Bioche-mical Society » la réaction suivante qu’ils ont découverte pour caractériser la vitamine A.
- Le chlorure d’arsenic donne avec l’huile de foie de morue, qui est un des Corps les plus riches en vitamine A, une coioVation bleu-màrin’e, qui passe au violet,
- puis disparaît. Cette couleur serait due à des dérivés du cholestérol, qui existent d’ailleurs dans beaucoup d’huiles.
- Jusqu’ici, avant cette réaction, on n’avait qu’un moyen bien empirique pour apprécier l’absence ou l’abondance de la vitamine A dans un produit quelconque : élever des rats, les nourrir durant 40 jours, avec ces divers produits, observer patiemment leurs variations de taille, de poids, et surtout leur aspect de bonne ou de mauvaise santé.
- La réaction de Rosenheim et Drummond vient éclairer chimiquement l’étude si intéressante pour notre santé à tous, pour notre diététique normale, de-l’a'ction des vitamines.
- Le voyage d’Amundsen en avion au Pôle Nord.
- — Le 21 mai, l’expédition aérienne d’Amundsen quittait Iving’s Bay, au Spitzberg, pour tenter de gagner le Pôle Nord. Elle se composait de 6 personnes : Amundsen, Dietrichsen, Ellsworth, Fencht, Omdal, Rieser-Larson, montés dans deux hydravions. La randonnée devait durer 48 heures environ. Jusqu’au 18 juin on est resté sans nouvelles des hardis explorateurs; les recherches étaient restées vaines et l’on avait tout lieu de concevoir sur leur sorties pires inquiétudes. Celles-ci se sont fort heureusement dissipées le 18 juin par la nouvelle sensationnelle du retour d’Amundsen et de ses compagnons à la base de King’s Bay. Voici, d’après Le Petit Parisien, un résumé de leur aventureuse expédition.
- Les deux hydravions, partis de King’s Bay à 17 heures, commencèrent par naviguer en pleine brume à 1000 m. d’altitude. Puis, à 20 heures, et jusqu’à la fin du voyage, ils restèrent dans une zone d’excellente visibilité et continuèrent leur vol sans incident jusqu’au 22 mai à 1 heure. La provision d’essence étant alors à demi consommée, ils décidèrent d’atterrir, opération difficile, nul terrain favorable ne se présentant. Il leur fallut descendre sur l’eau au milieu d’une allée de glace. Mais aussitôt les hydravions furent coincés et immobilisés entre des masses de glaces. Ceci se passait par 87°44/ de latitude nord, io°2o' de longitude est. En 8 heures de vol, les avions avaient donc couvert une distance de 1000 km à la vitesse moyenne de i5o km à l’heure. Au cours de ce voyage, ils n’ont aperçu aucune terre. Les explorateurs profilèrent de leur séjour forcé s.ur les glaces pour effectuer de nombreuses observations météorologiques, magnétiques, hydrographiques. Mais il leur fallut renoncer à continuer leur vol vers le Pôle, distant encore de 200 km. Il faut songer au retour. Malheureusement les aéroplanes sont bloqués dans les glaces. Les explorateurs sont immobilisés sur la banquise et obligés de se rationner sévèrement. Apèrs de longs efforts, ils réussissent à dégager l’un des avions et à niveler la glace pour permettre son envol. Ils l’allègent de toutes les charges inutiles et le i5 juin au matin reprennent l’air vers le Sud. Ils atterrissent après 8 heures de vol dans une zone où ils savaient devoir rencontrer la patrouille du./lobby, un navire attaché à l’expédition. Ils sont presque aussitôt aperçus par le bateau norvégien Sjeolir qui vient de les ramener à la base de King’s Bay avec l’avion en remorque.
- Une nouvelle fibre textile brésilienne. —- La Revue internationale de Renseignements agricoles signale, d’après le Brazil Ferro-Carril, les études récentes du D. G. Hagmann sur le curauà.
- A Taperinha, localité voisine de Santarem, le plus important centre du Bas-Amazone (Etat de Para), le naturaliste suisse Hagmann, établi depuis plusieurs années dans cette région et actuellement fonctionnaire du municipe de Santarem, cultive une vaste plantation de 3oo hectares contenant 5oo 000 pieds de « curauà », broméliacée qui a la réputation dé fournir une des fibres textiles les plus résistantes du monde. A 2 ans, les feuilles de cétte plante peuvent déjà être récoltées, et elles ont une longueur moyenne de 1 m. 20. Les 5oo 000 pieds susdits peuvent donner un rendement de i5o tonnes ; vendues au prix du « sisal », elles vaudraient 420 contos de reis. Les techniciens considèrent cette fibre comme très propre à la fabrication de toutes sortes de tissus et de cordages. Etant donné la demande abondante de fibres textiles de touie espèce, on estime que le Dr Hagmann pourrait porter à 3 millions le nombre de pieds de « curauà » qu’il cultive, et -obtenir ainsi qdo tonnes de filasse.. Est-Ce un nojuyeau textile hidust trifel qui apyaràît?
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- qêsc><
- LA VOUTE CELESTE EN AOUT 1925 .(*)
- La comète Scham, dont nous avons par ailleurs annoncé la découverte (n° 2665), a été trouvée, indépendamment, par M. José Comas Sola, à l’Observatoire Fabra, Barcelone (Espagne), sur un cliché obtenu dans la nuit du 23 mars. Sur ce cliché, elle offrait l’aspect d’une faible nébulosité de 11" grandeur avec de faibles traces de queue,
- M. J. Comas Sola a calculé une nouvelle orbite de cette comète, en-utilisant les observations de Bergtedorf, du 23 mars, de Norwood, du 2 avril et de Barcelone, du 22 avril, c’est-à-dire s’étendant sur un arc assez grand de l’orbite. Il trouve pour les éléments de cette orbite :
- Passage au périhélie = 1925 août, 27,4756 (T. c. G.). Longitude du périhélie = 2o3° 57’ 55",6 1
- Longitude du noeud ascendant = 357° 29' 27 ',4 > 1925,0 Inclinaison ==146°4// 6",5 )
- Distance périhélie =4,20g. *
- Cette distance périhélie n’est dépassée par aucune autre comète, c’est-à-dire que toutes celles que l’on connaît s’approchent davantage du Soleil à l’époque de leur périhélie.
- La comète s’approchera peu à peu du Soleil (jusqu’au 27 août), mais sa distance à la Terre augmente. Au début du mois de mai, elle était de ii°,5 grandeur, à la limite des instruments moyens.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en août, décroît de -f- ï8° 6' Le 1er à + 8°45' le 31 et la durée du jour, de i5h4ra le icr n’est plus que de 1'ih 29™ le 3i. Ges durées sont .cell.es de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon ,de Paris.
- Le tableau ci-dessous midi ire du
- passage du Soleil au méridien de Paris.
- remarquera la différence d’aspect présenté par la lumière zodiacale du matin avec celle du soir.
- II. Lune. — Yoici les phases de la Lune pendant le mois d’août :
- P. L. le D. Q. le
- 4, 11,
- 11 oq° 9h 1 »”
- N. L. le
- 19, a
- P. Q. le 27, à
- ran 46"
- Age de la Lune, le ier août, à oh= 1 jj,i ; le 20, à oh = oJ,4.
- Pour trouver l’àge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i*r ou le 20.
- Et, pour une heure donnée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 2 = — 20° 52' ; le 15 = -f- 20° 53' ; le 29 -= — 200 55'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 août, à 22h. Parallaxe = 6i' 18". Distance — 357 720 km, 4
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre),
- le 16 août, = 406070 km. Occultations
- à i8h. Parallaxe
- 54'o"
- Distance
- •donne Le temps moyen à vrai, c’est-à-dire l’heur
- Dates. Heures du pi assagi
- (t. m. Gr, or: ‘
- Août i*r n1,56‘m 5.0“
- - 3 1ï”56m Â2‘
- — 5 iuse^ 3is
- rrr 7 11*56'“ i8s
- -r 9 1ih 56m 3”
- T— I 1 1 ih 55“ 45-
- — i3 11b 5 5** 2Ô5
- i5 1ih 55m 4‘
- — 17 iih54“ 4o*
- — J9 1 U 54»11 i4J
- 21 1 ih 53“ 46*
- — 2j 1ih 53^ i6s
- 25 j ! b 5 45?
- — 27 ï I h 52.m 1 P
- = 29 1ih 5im 36*
- — 3i 1ih 5im os
- Observations physiq lies.
- i*r juillet 1924.
- Fig. t. — Ordre des phases de Yénus en 1924 et 1925.
- (D’après VAnnuaire astronomique Flammarion.)
- La planète s’est trouvée en conjonction inférieure le Ier juillet 1924, c’est-à-dire sensiblement entre la Terre et le Soleil. Ensuite, elle s’est écartée du Soleil, vers l’Ouest, se levant avant lui, pour atteindre sa plus grande élonga-"'tion le 10 septembre 1924. Elle était alors visible comme « Etoile du Matin ». Se rapprochant, en apparence, peu à peu du Soleil, tout en s’éloignant de la Terre, la brillante planète s’est trouvée en conjonction supérieure avec le Soleil le 24 avril 192s. Puis, passant à l’Est du Soleil, elle est devenue « Etoile du Soir» et le restera jusqu’à la fin de l’année. Elle atteindra sa plus grande élongation du soir, le 28 novembre prochain, à 47° !3’ à l’Est du Soleil.
- Ce tableau fait suite à
- d’étoiles par la Lune. — Le ier août., occultation de 14 Sagittaire .(.5,5.) d.e 21h 9"’ -à. 22h .im.
- Le 5, occultation de 182 B Verseau (gr. 6,2) de 2211 24“ à 22b 57™.
- Eclipse partielle de Lune. 3 — Une éclipse partielle de
- Lune se produira le 4 août. Elle sera invisible à Paris. g Cette éclipse commencera
- ? à 9h 25™. L’entrée dans l’om-
- ” bre aura lieu à 10" 28”;
- 'g l’éclipse atteindra sa plus
- f" grande phase à 1 U 52m, la
- sortie de l’ombre se produira à i3h 17” et l’éclipse finira à i4h 20m,
- Sa grandeur sera de 0,762, le diamètre de la Lune étant un.
- Cette éclipse sera visible des deux Amériques, de l’Océan Pacifique, de l’Australie, du Nord - Est de l’Asie et de l’Océan Indien.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Pleine Lune du 4 août.
- Voici les heures, pour Brest, de ces plus grandes marées :
- données permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- On trouvera au « Bulletin astronomique » du n° 2666
- la définition des termes P, Bn, L„
- Dates.
- Août
- B„
- + ii°,88
- -f- i3°,78 + i5°,58
- -f- i7°,26
- + i8°,83 -j- 20°, 2 7
- -f 6°,o3 -f 6°,35 + 6°,62
- 4- 6°,84
- -j- 70,02 + 7°d5
- ho
- i63°,8i
- 3i°,6o 3250,51 269°,44
- i93°,38
- 4
- — 9
- — 14
- — Ï9
- — 24
- — '29
- Lumière zodiacale. — On mi ère zodiacale, le matin, à l^iurore, notamment dans la dernière moitié du mois, époque, où la Lune (nouvelle le 19) ne gênera pas. On
- 1. Tpûtes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal (temps de Greenwich), compté de oh à à4h, à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, avancer de 1 heure toutes les heures mentionnées ici.
- pourra rechercher la l’Est, avant l’arrivée
- lu-
- de
- Dates. Marées du matin. I Marées du soir.
- Heures. Coefficient 1 Heures?" " Coefficient
- ..— — —
- Août 3 2h 33™ om,83 151’ im om,8g
- — 4 3h 27"* o», 94 i5h 53” °m>99
- — 5 4h i9ra im,o3 i6h43m ï -',o5
- — 6 5“ 7™ i“,o6 17h 3ora im,o5
- — 7 5h 53™ im,o3 i8hï6ra im,oo
- — 8 6h 38“ om,96 ï qh o“ om,9i
- ” '9 7h 22m ora,85 i9h 43,n om,78
- Le phénomène du mascaret est heures ci-après : Coefficient. annoncé aux dates et
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier Caudehec.
- Août 5 im,o3 7h53m 8h 3om 8h 3g'"
- — 5 im,o5 20hi5m 20b52m 21h Im.
- — 6 im,o6 8h 3qra gh l6m qh 25"'
- — 6 im,o5 2Ih 2m 2ib 3gm. 2ih 48m
- — 7 im,o3 9h a9ra ï oh 4m IQh l3,n
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique E'iammarion pour 192.5, contient les prinéipaux renseignements pour
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE AOUT à Paris. au Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 5 4h 3ora n” 56ra3is i9h 23” 9h ora + 170 3' 31 ' 34.8 Cancer . '
- Soleil . . .* 15 4 44 I I 55 4 !9 6 9 38 +14 9 3i 38,4 Cancer . ))
- 25 4 58 I I 5-2 45 18 47 10 i5 10 5i 3i 42.0 Lion *
- Mercure. . ; 5 7 0 i3 3i 20 I 10 33 6 12 8,8 Régulus |
- 15 6 3o 12 52 !9 i3 10 35 + 4 9 10, 2 Régulus ) Le soir, au début du mois.
- ( 25 1 5 i3 11 46 18 *9 10 10 + 6 44 10,8 Régulus '
- Vénus. . . H 6 7 59 27 i3 i3 45 5o 20 20 3i i3 10 11 46 3i + + 9 4 20 24 11,6 12,0 t Lion ) v Vierge £ Le soir, dès le coucher du Soleil.
- 7 55 i3 54 *9 53 12 *4 — 0 44 12,6 Y Vierge N
- Mars. . . . L 5 5 38 12 48 !9 58 9 5i 4- 14 i5 3,6 Régulus
- ! 1 ^ 5 34 12 33 *9 32 10 i5 + 12 2 3,6 Régulus > Inobservable.
- * s5 5 3i 12 18 »9 5 10 39 + 9 40 3,6 Régulus .
- Jupiter. . . 15 ï7 8 21 i5 I 22 *9 0 — 2.3 2 42,4 it Sagittaire Première partie de la nuit.
- Saturne . . 15 I I 39 16 44 21 5o 14 28 — 12 12 14,8 X Vierge Presque inobservable.
- Uranus. . . 15 20 11 2 1 7 5o 23 42 — 2 5o 3,6 20 Poissons Toute la nuit.
- Neptune. . 15 4 45 I I 56 *9 7 9 39 + 14 24 2,4 4>.Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août 1925.
- Mercure'a atteint sa plus grande élongation le 28 juillet. Il sera donc visible juste dans les premiers jours d’août et sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 25, à gh. Voici la suite du tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Août 4 0,36 + 0.9
- — 9 0,27 + 1.1
- — 14 n, 16 -j- i,5
- — 19 0,07 —j- 2 j J
- — 24 0,01 T- 2,8
- — 29 o,o3 4- 2.4
- Vénus devient mieux visible dès le coucher du Soleil (les conditions d’observation sont, malgré tout, peu favorables). Voir la figure 1.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Août 4 0,88 -344-
- — 9 0,87 - -3,4
- — 14 0,86 — 3,4
- — »9 o,85 -3,4
- — 24 o,83 -3,4
- — 29 0,82 -3,4
- Mars sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain. Il est donc inobservable. Il sera à l’aphélie le 9 août, à 7h.
- Jupiter, dont l’opposition a eu lieu le 10 juillet, est encore très favorablement placé pour les observations. Voir à ce sujet le précédent « Bulletin astronomique. »
- Le tableau ci-contre donne la liste des principaux phénomènes résultant des configurations changeantes des satellites de l’immense planète.
- Saturne, très près de l’horizon sud-ouest, devient difficilement observable. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 12 août :
- Grand axe extérieur ....................... 37",53
- Petit axe extérieur.......................... -j-i2",20
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. ....,.......................... -f-i8°58/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +200 41'
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, aux époques de ses élongations maxima. Les voici pour le mois d’août :
- Dates. Élongations orientales. Élongations occidentales.
- Août 3 i\o 0 -
- — 2h,0
- “ *9 o\4 —
- - [27 ' <h.7
- Uranus sera en opposition au milieu du mois prochain, il est visible toute la nuit. On le trouvera aisément, à l’aide d’une simple jumelle, en s’aidant de la petite carte publiée au n° 2664, qui donne sa marche au milieu de la constellation des Poissons pendant l’année 1925. Nous prions les observateurs de vouloir bien s’y reporter. On peut suivre Uranus à l’œil nu, mais il faut pour cela une vue excellente. Avec une lunette un peu puissante, Uranus présente un petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- j.r 20* 59” I P.c. 14 23h 44 II P.f.
- Ier 21 31 I 0. c. l6 !9 42 II E.f.
- Ier 23 i5 I P.f. l6 21 5o I Im.
- Ier 23 48 I O.f. *7 19 5o I O.c.
- 2 21 8 I E.f. *7 21 14 I P.f.
- 3 20 35 III E.f. 17 21 40 III Im.
- 5 20 44 IV E.c. *7 22 6 I O.f.
- 5 23 42 II Im. 18 !9 26 I E.f.
- 6 0 9 IV E.f. 21 23 22 II P.c.
- 7 20 2 II O.c. ^3 22 20 II E.f.
- 7 21 26 II P.f. 23 23 38 I Im.
- 7 22 46 II O.f. 24 20 47 I P.c.
- 8 22 54 I P.c. 24 21 45 I 0. c.
- 8 23 26 I O.c. 24 23 2 I P.f.
- 8 20 3 I Im. 25 21 21 I E.f.
- 8 23 2 I E.f. 28 l8 57 III O.c.
- 11 O 35 III E.f. 28 22 23 III O.f.
- i3 21 55 IV P. c. 3o 20 0' II Im.
- i4 21 2 II P.c. 31 22 36 I P.c.
- i4 22 38 II O.c.
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil le i5 août, à i7h. Il est donc inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à i8h, Jupiter en conjonc. avec la Lune, à 20 4' S.
- Le 7, à 8\ Uranus _ Le 8, à 8\ Vénus
- Le 19, à 3\ Mercure Le 19, à 5h, Neptune Le 20, ,à 4\ Mercure Le 20, à 5\ Mars Le 22, à 6\ Vénus Le 25, à 8\ Saturne Le 3o, à o\ Jupiter
- — la Lune, à 3° 29'N. - — X Lion (gr. 4,8), à
- o° T S. — Mars, à 6° 27'S.
- — la Lune, à i° x8' S.
- — la Lune, 47° 46'S.
- — la Lune, à i° 37' S.
- — la Lune, à 3° 41'S.
- — la Lune, à 3° 8' S.
- — la Lune, à 20 14' S.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Etoiles filantes. — Le mois d’août est, par excellence, un mois favorable à l’observation des étoiles filantes. En effet, comme on le verra ci-après, un grand nombre de radiants plus ou moins actifs sont signalés ce mois-ci. L’essaim le plus célèbre est celui des Perséides. La Terre traverse la partie la plus dense de l’essaim vers le io août. Le radiant est alors voisin de y; Persée. Les Perséides cessent vers le 22 août, le radiant étant alors dans la Girafe.
- Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, le tableau, établi par M. W.*F. Denning, des principaux radiants d’août :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août icr au 4 290 + 36° p Triangle.
- — 7 au 11 295° + 54° X Cygne.
- — 7 au 12 2920 -j- 700 ô Dragon.
- — 8 au 9 5° + 55° a Cassiopée.
- — 9 au 11 44° + 56° v) Persée.
- — 9 au 14 9° • — 190 p Baleine.
- — 12 au i3 345° + 5o° 3o84 Bradley.
- — 12 au 16 61° + 48° g Persée.
- — 20 et 26 6° 4- h0 y Pégase.
- — 21 au 23 291° + 6o° 0 Dragon.
- — 23 au 3o 282° + 4i° a Lyre.
- — 25 au 3o 237° + 65° rj Dragon.
- LA PRODUCTS
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 12, à ih54™ ; le 14, à 22h42m.
- Minimum probable de l’étoile variable o Baleine (Mira Ceti), variable de 3,3 à 8,8, le 3i août.
- Étoile Polaire. — Heures du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris (passage supérieur, l’étoile étant au-dessus du Pôle.
- Dates
- Août 9
- “ J9 — 29
- Passage. Temps légal. Supérieur
- 4” 17” 3h 37” 2'* 58"
- 59s
- 49’
- Temps sidéral à midi moyen de Paris
- 9h 9ra43%3 911 49m I4’,8 ioh28m4o5,4
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste, le ie‘ août, vers 22h 3om ou le i5 août, à 2ih 3om.
- Au Zénith : La Lyre (Véga); Hercule (a, >, p, q5, ô)-le Cygne (p, 0, pi, 61e). ’
- A l’Est : Le Verseau (v, 83 h, t|;‘, 94, ç) ; Pégase; Andromède (y, M. 3i).
- Au Sud : Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3q) ; le Sagittaire (?, v, 54 el, M. 8, W, X) ; le Scorpion (a, v, p, o1, S); la Balance; le Capricorne (a, p, p, o).
- A l’Ouest : le Bouvier (a, s, tc, g, p.) ; la Vierge.
- Au Nord : la Grande-Ourse (ç, g, v, 23 h, a, 5j) ^ Cassiopée (rj, i) ; Capella glisse à l’horizon. ’
- Em. Touchet.
- VARIETES
- 'ALCOOL DE SULFITE ET DE LA PATE DE CELLULOSE
- La mise en valeur des ressources forestières, en France, étant intimement liée à l’exploitation intégrale des produits que les bois peuvent fournir, on a fait, depuis quelques années, de nombreuses études pour préciser les conditions dans lesquelles une exploitation industrielle pourrait produire de l’alcool extrait des bois, et des pâtes de cellulose ayant d’importants débouchés en papeterie.
- Dans une étude récente, suggérée parM. Le Monnier, sont présentées d intéressantes observations à ce sujet.
- Les menus bois susceptibles de donner 800 000 tonnes de charbon de bois, pourraient fournir plus de 6 millions d hectolitres d alcool, lesquels suffiraient à couvrir largement les besoins de notre pays pour la préparation des poudres sans fumée et laisseraient encore des disponibilités.
- Une autre source d alcool, provenant également des bois, est dans la fermentation des sucres contenus dans les lessives résiduaires de la cuisson des bois par les bisulfites.
- En 1915, la Suède — berceau de cette industrie— produisait n.614.800 litres d’alcool de sulfite; actuellement, elle en produit plus de 20 millions de litres. En Allemagne, deux usines produisent, en totalité, 11 600000 litres d’alcool de sulfite.
- En France, la capacité de production des usines de cellulose au sulfite est de 60 000 tonnes, ce qui permettrait une fabrication de 24000 hectolitres d’alcool à 180°.
- Nous demandons à l’étranger 200000 tonnes de pâtes de cellulose, correspondant à 81 000 hectolitres d’alcool. Si nous produisions toute la pâte de cellulose nécessaire à notre industrie papetière, il s’ajouterait, comme corollaire, la possibilité de produire plus de 100000 hectolitres d’alcool, notamment par l’utilisation du pin maritime, comme le font pressentir les recherches de M. Jaffard, directeur des Laboratoires des Papeteries de France. Les pins des Landes, de la Corse, de la Côte d’Azur, des Pyrénées-Orientales et de la Sologne, permettraient de ti’ansformer en pâtes chimiques, 3 400 000 m3 de bois.
- D’après les études faites au Laboratoire des Produits forestiers des Etats-Unis, et celles entreprises par M. Jaffard, on peut obtenir avec le pin maritime des pâtes d’excellente qualité, et utiliser pour la cuisson des bois, aussi bien les procédés depuis longtemps au point que les nouveaux procédés tel que le procédé Rinman.
- Indépendamment du traitement, des lessives résiduaires qui permettent d’obtenir sôit de l’alcool éthylique si l’on utilise le procédé au bisulfite, soit de l’alcool mé-
- thylique et de l’acétone si l’on a recours aux piocédés alcalins, la production de la cellulose retient l’attention.
- Le développement de cette production est une nécessité, car il permettrait d’éviter les importations de pâtes de cellulose de l’étranger, au grand détriment de notre change, et il consoliderait la situation de l’industrie papetière française.
- L’utilisation des pâtes chimiques de bois, pour la fabrication des textiles artificiels, assure à ces pâtes un débouché de plus en plus important.
- L’attention se porte également sur le traitement des pailles. A l’Institut chimique de Rouen — d’après une étude publiée dans le Bulletin des Halles — des recherches ont été entreprises en vue d’isoler la cellulose des pailles par un moyen permettant d’effectuer cette opération dans des usines peu importantes, même dans des exploitations agricoles, ce qui a permis de poser les bases d’un procédé dit procédé nitrique. Il est démontré que la cellulose des pailles n’est pas un* oxycellulose, mais une cellulose normale. La nitration, l’acytélation de cette cellulose ont été effectuées ; des fils et des soies d’acétate ont été obtenus.
- L’avantage offert par le procédé nitrique réside dans l’emploi d’un matériel très simple et peu coûteux. Le travail se fait à la pression ordinaire; il n’y a pas de lessives à éliminer. Le produit résiduaire est de l’acide oxalique, d’un prix élevé et d’un écoulement facile.
- La cellulose de paille est très blanche et très pure, elle a un débouché assuré dans les papeteries, les fabriques de soies artificielles (viscose, Chardonnet et acétate), les fabriques de films, les usines de celluloïd et aussi, éventuellement, dans la fabrication des poudres.
- Ainsi, l’agriculture peut trouver, dans cette industrie des pâtes de cellulose, un important débouché pour ses pailles et faire acquérir à celles-ci une sensible plus-value, aloTs que par les années d’abondante production de paille, la valeur de ce produit de la culture des céréales baisse sensiblement. On pourrait voir, dans cette utilisation, non seulement un encouragement à l’intensification de la culture du blé, mais encore un moyen de rendre cette culture plus rémunératrice et, par là même, un moyen propre à en faciliter le relèvement.
- Plus que jamais, l’association des forces productives de l’agriculture, de la sylviculture et de l’industrie est nécessaire pour résoudre les grands problèmes d’ordre économique, en assurant l’exploitation intégrale de toutes les sources de production du sol français.
- Henri Blin.
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- HYGIENE ET SANTE
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- MALADIE CHARBONNEUSE ET PINCEAUX POUR LA BARBE
- 11 y a quelques mois à peine, le Dr Ellermann, professeur de médecine légale à l’Université de Copenhague, succomba à une infection par le bacille du charbon qu’il devait à l’usage d’un pinceau à barbe pollué par ce terrible germe.
- Un événement aussi regrettable et aussi — comme nous le verrons — facilement évitable, mérite, qu’on le commente.
- C’est en Angleterre, en 1915, qu’un premier cas de cette nature fut constaté. L’individu qui en fut victime avait fait l’acquisition, quelques jours auparavant, d’un pinceau à barbe et l’avait utilisé deux ou trois fois. On put découvrir dans ce pinceau des bacilles virulents. Dans la boutique où il avait été acheté on en retrouva 5, dont 4 se trouvaient également infectés. Ils provenaient tous d’Orient. Quinze jours plus tard, un autre cas de charbon se déclara. Bref, au cours de cette année, on constata 6 cas de ce genre. On en constata i3 l’année suivante, aucun en 1917 et 1918, 14 en 1919. Depuis lors, le nombre des cas a été en diminution et depuis 1922 on n’en observe plus. En tout, il y aurait eu, en Angleterre, 5o cas, dont 18 suivis de mort.
- Ces faits eurent pour conséquence que le Parlement anglais vota une loi permettant au gouvernement d’inter-, dire l’entrée de marchandises qui paraissaient douteuses.
- En Hollande, en Italie, en Egypte et aux Etats-Unis, on a également observé un certain nombre de cas. Par chance, la France paraît jusqu’ici être indemne.
- En Allemagne, les circonstances sont très spécules. Avant la guerre, c’était par ce pays que passaient presque tous les poils d’animaux exportés par l’Orient à destination de l’Europe Occidentale. Or, l’Allemagne, en vertu d’une ordonnance de 1902, obligeait à désinfecter toutes ces marchandises par la vapeur à leur entrée dans le pays. Il s’était donc constitué une sorte de filtre qui fonctionna bien jusqu’à la guerre. A ce moment, les relations étant rompues avec l’Allemagne et les exportations d’Extrême-Orient suivant des voies nouvelles, la désinfection ne fut plus rigoureusement pratiquée et les cas de charbon se multiplièrent jusqu’au moment où des précautions suffisantes furent de nouveau prises. Actuellement d’ailleurs, il semble que l’Allemagne ait repris tout au moins partiellement ses fonctions par le fait qu’elle contrôle de nouveau une grande partie des exportations d’Extrême-Orient. En tout cas, le pinceau qui communiqua le charbon au
- professeur Ellermann faisait partie d’un lot qui avait été désinfecfé, car il provenait d’une fabrique allemande. Il s’agit donc dans ce cas particulier d’un hasard tout à fait extraordinaire.
- Les pinceaux qui contiennent de ces bacilles sont toujours faits avec du crin de cheval. Parfois, grâce à une teinture habile, ils imitent fort bien les poils de blaireau. Pour rendre la distinction plus difficile encore, les fabricants entourent parfois un noyau de crin de cheval avec une couche jDériphérique de poils de blaireau. Mais, les pinceaux en blaireau purs n'ont jamais été trouvés contenant des bacilles, du charbon. Cela tient sans doute, à ce que cet anirnal n’est pas sensible à cette maladie.
- Les pinceaux en poils de porc sont également toujours trouvés indemnes. Pourtant, le porc peut être infecté par le charbon. Mais, chez lui, le charbon affecte une forme spéciale. Il n’envahit pas le sang; il reste, au contraire, localisé dans certains ganglions. Ou comprend donc aisément que les poils ne soient pas aussi facilement infectés, au cours du dépouillage, que quand il s’agit d’animaux, tels que le cheval chez lequel les bacilles pullulent dans tous les tissus et même dans la moindre goutte de sang.
- De pareils faits méritent assurément d’être connus. En éclairant l’opinion publique sur ce point de détail, on est sur d’obtenir de l’administration qu’elle applique rigoureusement les mesures nécessaires. Il est bon d’ailleurs que chacun, le cas échéant, soit mis en mesure de se défendre. Aussi, terminons-nous cette note en donnant le procédé le plus simple et le plus efficace pour désinfecter les pinceaux à barbe, tel qu’il est recommandé par le professeur O. Thopisen (*), de Copenhague. On lave plusieurs fois le pinceau dans de l’eau chaude et savonneuse. On le met ensuite dans un récipient rempli d’eau contenant 10 pour 100 de la solution commerciale de formol. Ce récipient doit être clos et mis pendant 2 ou 3 heures au bain-marie qui le maintiendra au voisinage de 400. Après un tel traitement, les spores du charbon sont tuées. Celles qui pourraient subsister dans certaines régions peu accessibles du pinceau ne sont plus pratiquement susceptibles de venir infectér une plaie au cours d’un simple savonnage.
- D’ P.-E. Mokhardt.
- 1, O. Thomsex : Milzbrundinfiziçrte Rasierpinsel, Se\içhen-bekâmpfung, II, 3/4, 1925.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’ 'abpndauce des demandes de renseignements qui paryipnnent au Service de la Boite aux Lettres de La NatUfO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu'en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- ÇomiïiunipatiQn. Le vrai ét Je faux rayon vert- — Nous avons reçu de notre collaborateur, M, Landolt, la lettre suivante :
- « La question du Rayon Yert m’intéressait de longue date, sans cependant me passionner, car je Groyais en posséder l’explication, qui était fort simple. Mais après le très intéressant article de M. Em. Touchet, paru dans La Nature, du 6 juin, je dois reconnaître que je me trompais, tout en ne me trompant pas, Je crois que quelques mots de mise au point pourront aider à établir la yérité.
- M. Em. Touchet donne l’explication physique du phé-^ noipène. Les belles expériences et les calculs qu’il nous rapporte sont péremptoires. Le Rayon Yert existe par lui-inême, et la solution de ce problème doit être accueillie ayec tout l'intérêt qu’elle mérite.
- J’avais cependant observé quelque chose que j’avais pris pour le rayon vert, et qui, je le vois maintenant
- n’était qu’un faux rayon. Un rayon vert non plus physique, mais physiologique.
- Voici dans quelles, circonstances. Un soir d’automne je suis une rue en ligne droite; en face de moi la vue est bornée par les immeubles à six étages, de la rue perpendiculaire. Très approximativement, d’après la distance où je me trouve au moment du phénomène, cette crête est à quelque 6° au-dessus de l’horizon. Le disque du soleil est sur le point de descendre derrière ces maisons. Il est très rouge, et grâce à une légère brunie il n’est pas trop éblouissant. Au moment où il disparaît je le fixe, et à l’instant même où il n’est plus visible je vois dans le ciel rouge un disque vert.
- Il n’y a aucun dqute, ce que j’e.i vu est un phénomène de contraste, subjectif et rétinien.
- M. Touchet combat victorieusement l’explication par le contraste, d’un phénomène qui est strictement physique. Mais tous Jes arguments de ses correspondants pe sont pas également bons.
- Je regrette de ne pouvoir m’étendre ici sur la dégradation des impressions rétiniennes. Qu’il suffise de dire que dans mon cas l’impression première, ronge, a été intense mais nop éblouissante, de durée relativement courte, la première phase négative (complémentaire) a pu être très sensible, et assez courte, la phase suivante,
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- BOÎTE AUX LETTRES
- positive, s’est confondue avec le rouge du ciel que je regardais, et qui a troublé la suite de la dégradation.
- Si je rapporle mon observation, que je n’avais pas considérée jusqu’ici comme digne d’être signalée, c’est pour montrer que les partisans de l’explication par le contraste ont pu avoir raison dans certains cas, seulement ils n avaient peut-être pas observé le vrai rayon vert. Mais d’autre part aussi je voudrais mettre en garde contre la confusion entre les deux phénomènes, laquelle est tout partic ulièrement possible quand le soleil est plus ou moins caché par un faux horizon, un écran, rapproché de 1 observateur, tel que la rangée de maisons dont j’ai parlé, le parapet d’un pont, la crête d’une lame, etc.
- Ceci dit, je ne manquerai pas de rechercher le vrai Rayon Vert dont le remarquable article de M. Em. Tou-chet a démontré le grand intérêt scientifique. »
- Dr Marc Landolt, Oculiste de l’Institution Nationale des Jeunes Aveugles.
- j Réponses. — M, Bouillard, à Peking. — i° Placé dans l’eau tiède à 8o0~9o°6, le celluloïd se ramollit d’une façon suffisante pour que l’on puisse lui donner toute forme désirée. Comme conséquence, pour redresser vos rapporteurs s’ils sont effectivement constitués par du celluloïd, il vous suffira de les placer dans un récipient quelconque contenant de l’eau à la température susindiquée, puis quand le ramollissement sera jugé suffisant de les mettre sous presse encore chauds, par exemple en se servant d’une presse à copier. Attendre ensuite jusqu'au lendemain avant de desserrer.
- 2° Les articles émaillés sont recouverts de borates métalliques, en vous servant de silicate de soude ou de potasse pour fixer des étiquettes à la surface vous obtiendrez une très grande adhérence par suite de la formation de silicoborates.
- M. Dassonville, à Bruxelles. — i° La librairie étrangère, 22, rue de la Banque, vous procurera la publication dont vous parlez ; 2° La formule suivante d’huile émulsionnée convient particulièrement pour le décrassage des canons de fusils :
- Huile de ricin sulfonée........\ . i5 or.
- Oléine . . '....................... 20 —
- Huile de résine ................... 20 _____
- Huile minérale à graisser.......... 40 —
- Ammoniaque à 220................... 5 ______
- Mélanger préalablement les huiles et l’oléine, puis ajouter goutte à goutte l’ammoniaque en battant constamment de façon à obtenir un produit bien homogène.
- 3° Le produit employé pour rendre lumineux les cadrans de montres est du sulfure de zinc auquel on a ajouté o milligr. 5 de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc. Vous trouverez des produits de ce genre sous les noms suivants : L’Irradiant, chez Cohendy, 25 bis rue Charles Baudelaire. Paris, XIIe. Radiana, chez Sauvage, 23, boulevard des Italiens. Pour la fixation employer une solution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone.
- M. Georgel, à Paris. — i° Ouvrages sur les produits de parfumerie : La parfumerie par Billon, librairie Albin Michel, 22, rue Huyghens. Formulaire des Parfums et cosmétiques par Durvelle, éditeur, Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, Paris. 2" Pour obtenir les papiers photographiques au platine à impression directe, on commence par préparer les quatre solutions mères suivantes :
- i° Solution de platine :
- Chloroplatinite de potassium .... 5 gr.
- Eau distillée. . ;................. 3o _____.
- 20 Solution d’oxalate de fer :
- Oxalate double de fer et de sodium. 40 gr.
- Glycérine.......................... 5 —
- Eau distillée........................ 100 — -
- 3° Solution de chlorate :
- Oxalate de fer et de sodium........ 40 gr.
- Glycérine. ............. 5 —
- Chlorate de potassium . ........... 0,40
- Eau distillée....................... 100 gr.
- 4“ Solution mercurique :
- Bichlorure de mercure................ 1,5 gr.
- Oxalate de sodium . ..................i,5 —
- Glycérine ............................. 5 —
- Eàu distillée. . .................. . 60 __
- Pour obtenir des tons noirs brillants on prends :
- Solution de platine...................... 5o cc.
- d’oxalate................... 5o —
- — de chlorate.................. 20 —
- — mercurique. •................ 10 —:
- La sensibilisation s’effectue en étendant bien également le mélange sur le papier, au moyen d’un pinceau doux, ce papier étant fixé sur une planche avec des punaises. Quand il a pris une teinte jaune bien unie on le fait^ sécher rapidement en i5 à 20 minutes; toutes opérations pouvant être faites à la lumière d’une bougie.
- | L exposition sous le négatif a lieu comme d’habitude en tenant compte que l’intensité ne baisse pas au fixage, ce dernier ne présente aucune difficulté puisqu’il suffit de plonger l’épreuve dans un bain composé de :
- Acide chlorhydrique pur............... i5 gr.
- Eau distillée.........................joo
- Lorsque la teinte jaune a complètement disparu, on rince abondamment et fait sécher.
- M. Sclir., au Puy. — Le silicate de soude ou le silicate de potasse vous donneront un enduit très adhérent et insensible à la chaleur qui vous permettra de protéger efficacement l’argenture de vos ampoules.
- M. de Gagny, à Paris. — Vous trouverez des poudres dr laine, soie, coton, et toutes sortes de fibres dans les maisons suivantes : Rocques, g8r rue de Lagny, 20e. Jacques et C10, 118, avenue Philippe-Auguste, 11e.
- M. Rodier, à Paris. — i° Le vernis au tampon des ébénistes est constitué par :
- Alcool à 84,J (trois-six)...........1000 cc.
- Gomme laque blonde ...... 85 gr.
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment. Employer ce vernis tel que sans filtrer pour conserver les cires laques dont le rôle est utile.
- L’opération de vernissage s’effectue ainsi : une pelote de laine ou de coton est enfermée dans un morceau de toile bien propre, puis on l’asperge de venus. On promène alors le tampon à la surface du bois préalablement bien frottée au papier de verre. Ce travail est assez long et demande un certain doigté. Lorsque le tampon commence à être assez dur à mener par suite de 1 évaporation de 1 alcool, on dépose dessus une goutte d huile de lin, pas plus pour le faire glisser plus facilement.
- Petit à petit les pores se remplissent et le brillant commence a apparaître. On peut obtenir ce remplissage plus rapidement en mettant sur le tampon une poudre impalpable, sulfate de baryte, blanc d’Espagne, ponce lavée, mais le travail le plus soigné est réalisé par le vernis à la gomme laque employé seul. Quand on juge que le brillant est suffisant on donne le coup de fini au clair en remplaçant la toile du tampon par une nouvelle que l’on arrose d’alcool fin et pur. On promène légèrement ce tampon en tous sens jusqu’à ce que le voile ait disparu. Le travail n’est bien terminé qu’au moment où la partie à vernir est devenue comme une glace.
- 20 Pour masquer les égratignures de votre fnoulage en plâtre, il vous suffira de toucher les parties, blanches avec une peinture ordinaire du même ton que l’enduit, puis lorsque cette peinture sera demi-sèche, c’est-à-dire encore collante d’appliquer avec un tampon de colon, un peu de bronze en poudre, que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs, ce bronze étant de couleur appropriée à celle de l’objet; 3° Si l’encaustique colle au pied même après frottage c’est que le produit était trop riche en cire, il convient donc d’en enlever une partie par passage d’un chiffon imbibé d’essence de térébenthine, puis de terminer le brillantage avec de la laine sèche. L’encaustique à l’eau présente à un degi’é moindre cet inconvénient. On la prépare de la manière suivante :
- Prendre : Eau non calcaire ... 5 litres
- Savon en copeaux . . . ri5 gr.
- Cire jaune...............5oo —
- Sel de tartre. . . . . . 20 —
- Faire dissoudre le savon et le sel de tartre dans l’eau bouillante, ajouter la cire, continuer à chauffer jusqu’à obtention d’un lait homogène. Appliquer au pinceau, laisser sécher et brosser vigoureusement.
- Pour l’entretien des parquets cii’és, frotter avec un chiffon de laine ayant reçu quelques jours auparavant uim légère aspersion de pétrole. Frotter toujours dans le se'irà dns libres du bois.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Théorie du rayonnement et des quanta, par J. M. Jeans traduit sur la 20 édition anglaise par G. Juvet, i vol, 124 pages. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1925. Prix : i3 francs.
- Nous avons analysé, lors de son apparition en Angleterre, le remarquable ouvrage de l’éminent physicien anglais de Cambridge. C’est, sans aucun doute l’exposé le plus lucide qui ait été publié jusqu’ici sur ce difficile et important chapitre de la science moderne et sur ses développements récents. La traduction de M. Juvet permettra au public français de bénéficier du bel effort de haute vulgarisation réalisé par M. Jeans.
- Piles primaires et Accumulateurs, par Ch. Féht, Ch. Chhê-nkveau, et P. Paillard, i vol. grand in-8, 684 pages, 290, fig. J. B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1925, prix broché : 60 francs.
- La pile électrique a joué un rôle historique capital dans le développement de la science électrique. Déchue aujourd’hui de son importance primitive, elle n’en joue pas moins au point de vue théorique et pratique un rôle considérable. L’industrie des piles n’a pas cessé de se développer ; il en est de même de celle des accumulateurs. Bien des progrès peuvent être encore espérés dans cette branche captivante de l’électricité ; on sait que, en ces derniers temps, M. Ch Féry, le . principal auteur du présent ouvrage, en a apporté de considérables par la création de la pile à dépolarisation par l’air et de l’accumulateur insulfatable. Le nouveau traité que nous résumons ici, en condensant les connaissances essentielles actuellement acquises sur les piles et les accumulateurs, contribuera certainement à développer les recherches et à accélérer le progrès. Après un rapide historique, et le rappel de phénomènes essentiels mis en jeu, il expose les théories proposées pour expliquer le fonctionnement des piles et des accumulateurs. Il décrit ensuite les différents modèles de piles en usage, et aussi la plupart de ceux qui ont été proposés ou essayés, même sans succès. Un chapitre est consacré aux piles de gravitation, de concentration, photo-électriques, thermo-électriques, pyro et piézo-électriques ; un autre chapitre traite des 'piles basées sur l’emploi direct du charbon. Les accumulateurs font l’objet de plusieurs chapitres, traitant successivement de la théorie, de lafabrication de ces appareils, et décrivant les divers modèles en usage ; un chapitre est consacré à l’accumulateur fer-nikel. L’ouvrage se termine par des renseignements techniques et pratiques : charge des accumulateurs, essais, conditions de réception.
- Ondes hertziennes, parM.H. Bouasse, i vol. 347 pages, 184 fig. Delagràve , éditeur, Paris, 1925. Prix : 28 francs.
- L’auteur, continuant à appliquer la méthode pédagogique qui lui a si bien réussi dans ses précédents ouvrages, étudie les ondes hertziennes, non pas en technicien, mais en physicien qui prépare ses élèves aux applications pratiques. Il commence par étudier les phénomènes lés plus simples : la propagation des ondes le long de deux fils parallèles, puis les ondes stationnaires, entre fils parallèles, ensuite les ondes planes dans un diélectrique, et les ondes plus générales dans les milieux conducteurs, isolants ou ionisés. Il établit ensuite les formules relatives au passage des courants de haute fréquence dans un fil et dans un solénoïde. Il donne la théorie des oscillateurs et des résonateurs hertziens. Deux chapitres sont consacrés à l’optique des ondes hertziennes. Les derniers chapitres traitent de la théorie de l’antenne et de l’émission et de la réception des ondes. On n’y trouvera pas de description des innombrables modèles d’appareils aujourd’hui en usage, mais lés idées directrices qui permettent de comprendre lés phénomènes mis en jeu et le mode de fonctionnement dés appareils. Dans la préface, M. Bôüassë reprend âvéé verve lés idées qu’il a développées autrefois dans un livre célèbre : Bachot et Bachotage. Il y donné aussi, à ï’usâge des professeurs de lycée, le plan d’une leçon d’acoustique qui est un parfait modèle de pédagogie.
- Pour le Chimiste. Formules, procédés, tours de main, « trucs » de foutes sortes pour le travail au laboratoire à l’usage du chimiste, de l’essayeur et du préparateur, par A. Chaplet, x vol. 194 pages, 140 fig. Dunod, éditeur Paris. Prix: 11 francs.
- Cet ouvrage, à l’usage des chimistes, est un recueil de recettes et tours de main, constructions d’amateurs destinés à faciliter leurs travaux manuels : travail et nettoyage du verre, constructions en bois, ou en métal, travail du liège et du caoutchouc, dispositifs de chauffage, adhésifs divers, montage d’appareils de mesure, etc.
- La chimie du bismuth, par Pierre Lemay. i vol. in-18, 117 p. Le François, Paris. Prix : 8 francs.
- La question du bismuth est à l’ordre du jour depuis les travaux de Sazerac et Levaditi sur le traitement de la syphilis par les composés bismuthiques.
- Les praticiens des laboratoires et les médecins doivent connaître cette chimie d’un corps qu’ils manient maintenant chaque jour. Il en est de même des pharmaciens qui ont à exécuter des ordonnances et à délivrer des produits à base de bismuth.
- Après un historique détaillé, on trouve dans ce volume la chimie complète du bismuth et de ses composés, leurs propriétés et préparations. A la suite de l’étude des composés minéraux et organiques se trouve celle des réactions du bismuth, de sa recherche qualitative, de son dosage dans les produits et dans l’organisme.
- Enfin le volume se termine par un aperçu de ce qu’on peut espérer des propriétés antiseptiques du bismuth.
- Comment prévoir le temps, par l’abbé Th. Moretjx, directeur de l’Observatoire de Bourges. Un vol. i3Xîi, ÏY -j- 266 pages, 48 fig- et 8 planches dans le texte. Dunod, éditeur, Paris, 1925. Prix broché : 12 fr. 75.
- Mettre aux mains des observateurs régionaux et des simples amateurs un Traité de Météorologie, à la fois simple et précis, qui leur donne la manière d’utiliser sur place les données recueillies au jour le jour en vue d’une prévision immédiate du temps, tel est le but que s’est proposé l’auteur. On connaît son talent de vulgarisateur et sa clarté d’exposition. On retrouvera toutes ces qualités dans son nouvel ouvrage.
- Les Rosiers, par Cochet-Cochet et S. Mottet. 5“ édition. 1 vol. in-16, 379 p., 70 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 16 francs.
- Cette nouvelle édition présente une révision des nombreuses variétés récentes, notamment de celles du groupe des Pernetiana, les plus remarquables par la nouveauté et la richesse de leurs coloris.
- L’ouvrage est à la fois scientifique et pratique, puisqu’en outre des indications culturales et de multiplication données avec beaucoup de précision par l’un des auteurs, rosiériste de profession, il renferme l’historique, la classification, la nomenclature des Rosiers typiques dont dérivent nos roses horticoles, des indications sur la fécondation artificielle destinées à guider l’amateur désireux de tenter l’obtention de nouvelles variétés, de nombreux choix de Rosiers pour divers usages, des chapitres sur les insectes et maladies, etc.
- Revue des Questions scientifiques, 4e série. Tome VII, 2° fascicule, 20 avril 1925, secrétariat de la Société Scientifique, u, rue des Récollets. Louvain.
- A signaler dans le dernier fascicule dé Cette remarquable publication : un article de M. B. Lefebre S. J. sur un ingénieux calendrier perpétuel de M. W. É.. Nelson, des observations géologiques de M. X. Stainier sur la côte belge, Un important article dé M. Manquât sur le détérminismè ën biologie, un exposé par le Dr Belvaf de îa question de l’insuline et du diabète, une érudite biographie du géomètre italien Saccheri par M. Bosmans.
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- I.
- LA NATURE
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE — 1925
- INFORMATIONS —
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. — INFORMATIONS.
- Academie française et T. S. F..............................170
- Acide carbonique : action sur la croissance des plantes ... 74
- Aérodynamique : mesures électriques............................. 1
- Afrique : colonies espagnoles.................................. 82
- Alcool méthylique de synthèse..................................106
- Algérie : Espagnols......................... .............. 90
- Altitudes les plus hautes ................................. 1
- Amundsen au Pôle Nord : sort....................... 185, 202
- Arbres : courbures............................................. 81
- — : nouvel appareil d’arrachage.......................... 50
- Arrachage des arbres : nouvel appareil..................... 50
- Association « Colonies-sciences »..............................191
- Aurore boréale : raie verte....................................106
- Automobile électrique : développement à Echanger........... 53
- Avertisseurs d’incendie : concours.............................178
- Aviation : randonnée de 13 000 km............................. 106
- — : voyage de M. Painlevé au Maroc...................193
- Balance ultra.............................................. 115
- Bananes séchées et farine....................................... 2
- Bassin de l’Obi . . .................................... 10
- Bergonié : nécrologie......................................... 17
- Béton : durcissement par le rhlorure de ca’cium............ 9
- — : routes aux Élats-Unis................................162
- Bison : protection........................................... 169
- Blé russe : exportation....................................... 10
- Bois de Chine : vernis.........................................ISO
- Bor : mines de cuivre...................................... 50
- Bovins domestiques : origine.................................. 186
- Breuil : distinction américaine............................... 137
- Broca (André) : nécrologie..................................... 97
- Bruxelles : horaire des radio-concerls......................... 98
- Calcul de l’uretère d’un Dauphin...............................114
- Camions à charbon de bois au Congo Belge...................169
- — à gazogène : concours de 1925....................... 58
- Canada : production de sulfate de soude........................106
- Caoutchouc : production mondiale...............................113
- Carbonisation : concours.......................................186
- Carburants Makhonine et Iroline....................... 169, 201
- — synthétiques......................................... 121
- Carte romaine d’état-major.....................................113
- Cavitation dans les hélices. . ................................ 42
- Cerveau d’Anatole France.......................................153
- Champ3 magnétiques intenses.................................... 17
- Cheveux : noms des couleurs.................................... 73
- Chicago : rue d’un nouveau genre............................ , 2
- Chiens domestiques : origine.................................. 73
- Chili : population............................................. 54
- Chlorure de calcium : durcissement du béton..................... 9
- Cholestérol................................................... 202
- Christiania-Oolo................................................ 9
- Ciel nocturne : lumière. . . ................................ 129
- Cigognes blanches : routes migratoires.........................146
- Coke : gaz de four dans la région parisienne ..............138
- — de la Sarre............................................138
- Colonies-Sciences : association................•...........194
- Comète nouvelle Wolf .......................................... 57
- Comète 1925 e................................................. 129
- Comètes nouvelles (1925 a et 6).............................. 113
- Comètes visibles en ce moment........................... 157
- Concours d’avertisseurs et extincteurs d’incendie...........178
- — de camions à gazogène de 1925 ...................... 58
- — de carbonisation........................................186
- Congo belge : camions à charbon de bois.....................159
- Congrès international d’amateurs de T. S. F. ...............154
- — international de photographie...........................186
- Cosmétiques : dangers....................................... . 26
- Côte-d’Or : tremblement de terre............................ 57
- Coucou.......................................................... 65
- Couleurs des cheveux et des yeux............................ 73
- Couleuvres à collier............................................129
- Courbures des arbres............................................ 81
- Cristaux de cuivre : propriétés électriques ........ 65
- Cuivre : mines de Bor...........................................130
- — : propriétés électriques des cristaux................. 65
- Curauà..........................................................202
- Dakar, district fédéral. ....................................... 40
- Dauphin : calcul de l’uretère...................................114
- Delingette : raid transsaharien. ........................... 89
- Dépolarisation dans la pile Léclanché........................... 58
- Dirigeable à enveloppe métallique...............................169
- Durcissement du béton par le chlorure de calcium................. 9
- Eau salée et travail à haute température.................. 153
- Éclipses de soleil et T. S. F...................................170
- Éclipse totale de soleil du 21 janvier 1925 ................ 57
- École Centrale : nouveaux laboratoires..........................177
- — française de meunerie ................................. 153
- Électrocardiographie par amplificateurs.........................137
- Émissions sur ondes très courtes. .............................. 98
- — radiophoniques nouvelles............................... 18
- Émulsions d’huiles dans l’eau.................................. 114
- Engrais : absorption par les feuilles............................ 9
- Équateur : mission.............................................. 18
- Érable : sucre dans la province de Québec................... 81
- Espagne : colonies d’Afrique. .................................. 82
- — : radiophonie...........................................122
- Espagnols en Algérie............................................ 90
- Espéranto et T. S. F............................................178
- Essences de rose : succédané................................. . 58
- Étables et tuberculose........................................... 2
- Éthiopie : ethnographie......................................... 66
- Ethnographie de l’Ethiopie...................................... 66
- — de Madagascar. . ..................................... 469
- Étrangers ouvriers à Paris. . . ............................ 34
- Europe centrale : forêts....................................... 74
- Extincteurs d’incendie : concours ............................ 178
- Farine de bananes................................................ 2
- Feuilles : absorption des matières fertilisantes................. 9
- Fibre textile brésilienne nouvelle..............................202
- Fjords norvégiens : gel......................................... 73
- Forêts de l’Europe centrale .................................. 74
- — : incendies.......................................... 201
- Fourmis et suture des plaies............................33, 82
- France : importations de pétrole depuis 60 ans. . . . . . . 42
- — : métaux............................................. . 153
- — : recherches de pétrole................................ 47
- — : récoltes en 4924...................................... 48
- Supplément au n" 2673 de La Nature du 27 juin 1925.
- -x-j
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-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- France (Anatole) : cerveau...................................
- Fructification des arbres lleuris et intempéries.............
- Gall et phrénologie..........................................
- Gaz d’échappement des moteurs : toxicité des produits plom-
- biques antidétonants......................................
- Gaz de four à coke dans la région parisienne.................
- Gazogènes : camions au Congo belge...........................
- Gel des fjords norvégiens....................................
- Gomme laque synthétique......................................
- Gratte-ciel à Rome...........................................
- Haller : nécrologie..........................................
- Haut-parleurs à Notre-Dame...................................
- Heaviside : nécrologie.......................................
- Hélices : cavitation. . . ...................................
- Hiver 1924-1925 : début dans le nord Scandinave................
- — dans les fjords norvégiens...........................
- Hiver 1924-1925 au Spitzberg............................ .
- Hivers : périodicité.........................................
- Houille â Lyon...............................................
- Huile de bois de Chine : vernis..............................
- Huiles : émulsions dans l’eau................................
- Huîtres : utilisation d’un gisement d’écailles...............
- Humidité du sol : mesure.....................................
- Iles les plus grandes du monde...............................
- Incendie : concours d’avertisseurs et extincteurs............
- — de forêts . . *......................................-
- Inde Britannique : musulmans.................................
- — Française : musulmans................................
- Indes Néerlandaises : population.............................
- Indochine préhistorique. ....................................
- Instinct et tremblements de terre............................
- Intempéries et fructification des arbres fleuris.............
- Iroline......................................................
- Japon : formation du peuple..................................
- Japon : nouveau tremblement de terre.........................
- Jetée gigantesque à travers le Pas-de-Calais.................
- Jute....................................................
- Laboratoire radiotechnique sur un bateau.....................
- Lait de femme : distribution aux nourrissons.................
- Lévulose du topinambour......................................
- Liane à brai.................................................
- Liège aggloméré pour le revêtement des poulies , ......
- Locomotive nouvelle à grande vitesse de l’Est................
- Lumière du ciel nocturne.....................................
- Lyon : bassin houiller.......................................
- — : poste Radio........................................
- Madagascar : ethnographie....................................
- Magnésium : fabrication......................................
- Magnétisme : champs intenses.................................
- Magnus : phénomène................................1,
- Makhonine : procédé.............................169,
- Maladie du Hall’......................................
- Métaux de Franee......................................
- — : résistance aux vibrations.........................
- Meunerie : école française..................................
- Meunier : nécrologie........................................
- Michelson : nouvelle expérience.............................
- Migrations des cigognes blanches............................
- Mines de cuivre de Bor......................................
- Miquelon et Saint-Pierre....................................
- Mortier des pyramides d’Égypte ... ;........................
- Moteur Diesel sur un grand paquebot.........................
- Muséum : incendie.........................................
- Musulmans en Inde britannique...............................
- — dans l’Inde française...............................
- Mycologie : société.........................................
- Nécrologie : Bergoniè.......................................
- — : André Broca. .....................................
- — : Albin Haller. ....................................
- — : 0. Heaviside......................................
- — : Stanislas Meunier.................................
- — : Ch. Rabut. . .....................................
- — : Vélain . . , =....................................
- Nice-Coni : record dë3 ouvrages d’art sur voie ferrée . . . . Niveau : changement d’une colline française.................
- — : varialion dans un massif montagneux de Norvège. .
- Norvège : gel des fjords....................................
- Notre-Dame : haut-parleurs..................................
- Obi : bassin. ..............................................
- Office international de radiophonie.........................
- Office national des Recherches et Inventions : prix Barés . .
- Ondes courtes et ondes hertziennes..........................
- Ondes très courtes : communications transatlantiques. . . . Oslo : Christiania...................................... . .
- 153
- 193
- 10
- 177 158 169
- 73
- 50
- 9
- 161
- 105
- 73
- 42
- 41
- 73 81 57
- 89 50
- 114
- 202
- 81
- 74
- 178 201
- 90 34 50 34 57
- 195
- 169
- 114
- 177
- 193
- 18
- 33
- 138
- 26
- 122
- 185
- 65 129
- 89 122 169
- 25
- 17
- 41
- 201
- 66
- 153 105 155
- 145
- 129
- 146
- 130 63 146
- 33 193
- 90
- 34 82
- 17 97
- 161
- 73
- 145
- 129
- 201
- 41
- 162
- 121
- 73
- 105
- 10
- 154 50 49
- 18 9
- Ouvriers étrangers à Paris...................................... 34
- Palolo des Nouvelles-Hébrides ;................................. 89
- Paquebot à moteur Diesel........................................ 33
- Paris : ouvriers étrangers...................................... 34
- — : pluie................................................ 49
- Parole : nature . . ........................................ . 105
- Pas-de-Calais : nouveau projet de traversée.................139
- Peintures lumineuses........................................ . 177
- Périodicité des grands hivers................................... 57
- Pesanteur : mesure en sous-marin.............'..............161
- Pétrole : importations françaises depuis 60 ans............. 42
- — : puits prodigieux.....................................115
- — : recherches en France................................. 17
- Photographie : Congrès international............................186
- Phrénologie et Gall........................................... 10
- Pile Leclanehé : mécanisme dépolarisant..................... 58
- Plaies : suture par les fourmis................. 53, 82
- Plantes : action de l’acide carbonique...................... 74
- Plomb : toxicité dans les gaz d’échappement des moteurs . . 177
- Pluie dans la région parisienne............................. 49
- Pollopas : verre organique.................................. 1
- Pont suspendu le plus grand du monde........................121
- Population du Chili............................................. 34
- — des Indes Néerlandaises. ............................ 50
- Ports du continent : importance du tonnage..................122
- Poudres cosmétiques : danger.................................... 26
- Poulies : revêtement en liège aggloméré.....................185
- Préhistoire d’Indochine....................................... 54
- Prix Barés de l’Office national des Recherches et Inventions . 50
- Protéines : structure chimique.................................. 25
- Puits de pétrole prodigieux.....................................113
- Pyramides d’Égypte : mortier....................................146
- Québec : production de sucre d’érable....................... 81
- Rabut : nécrologie..........................................129
- Radiophonie : émissions nouvelles . . ...............18, 170
- Radiophonie en Espagne......................................122
- — à l’étranger.......................................194
- — : essais de retransmissions........................ 18
- — en France............................................194
- — : laboratoire sur un bateau........................ 33
- — : Office international.............................154
- — : transatlantique sur ondes très courtes... 18
- Radiotélégraphie : conventions internationales..............146
- — par ondes courtes et propagation des ondes hertziennes. 49
- — : réseau français des îles et des montagnes ..... 185
- — : super-station à ondes longues . . . .........170
- Radiotéléphonie en Russie................................... 9
- Récoltes de France en 1924 ............................ 18
- Résines synthétiques nouvelles.......................... . . . 25
- Rome : gratte-ciel.......................................... 9
- Routes en béton aux États-Unis..............................162
- Rue nouvelle à Chicago. . . ................................ 2
- Russie : exportation de blé................................... 10
- — : radiotéléphonie.................................... 9
- Sahara : raid Delingette........................................ 89
- Saint-Pierre et Miquelon........................................ 65
- Sarre : coke....................................................138
- Scandinavie : début de l’hiver 1924-1925 ................... 41
- Serpents et corde en crin de cheval.................. 89
- Société mycologique de France................................... 82
- Sol : mesure d’humidité..................................... 81
- Soleil : éclipse et T. S. F.................................170
- — : éclipse totale du 24 janvier 1925.................. . 57
- Sous-marin : mesure de la pesanteur..................; . . 161
- Spitzberg : hiver 1924-1925..................................... 81
- Sucre d’érable : production à Québec............................ 81
- Sulfate de soude : production au Canada.....................106
- Suture des plaies par les fourmis....................33, 82
- T. S. F. et Acidémie française..................................120
- — : premier Congrès international d’amateurs..............154
- — et éclipses de soleil...................................170
- — : émissions de la Tour Eill’el.........................122
- — : émissions sur ondes très courtes..................... 98
- — et espéranlo. . . ......................................178
- — : horaire des émissions de Bruxelles................... 98
- — : indicatifs des postes émetteurs d’amateurs...........170
- — : patron...............................................194
- — : poste Radio-Lyon.....................................122
- — : yacht laboratoire....................................194
- Timbres-poste français : fabrication........................... 162
- Tonnage des ports du continent..................................122
- Topinambour : transformation en lévulose........................ 26
- Tour Eiffel : émissions.........................................122
- Tremblement de terre dans la Côte d’Or . .................... 57
- «ül giojjfr
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-
-
- Trembhment et instinct . . . .
- — — au Japon.................
- Tuberculose et étables.........
- Tungstène..............
- Tunnel d’amenée d’eau de 20 km
- Ultra-balance . ...............
- Vapeur à haute pression .... Vélain : nécrologie............
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- 57
- 177
- 2
- 137
- 185
- 145
- 145
- SOI
- Vernis à l'huile de bois de Chine . .
- Verre organique Pollopos..............
- Vibrations : résistance des métaux . . Une ferrée : record des ouvrages d’art Yacht-laboratoire Commandant Tissot
- Yajéine................................
- Yeux : noms des couleurs...............
- 50
- 1
- 105
- 41
- 194
- 186
- H. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Agrippe-linge « Maxima »....................................
- Air comprimé : accessoires d’outillage......................
- Allume-gaz électrique.......................................
- Arrache-moyeu.............................. ................
- Attache de connexion........................................
- Audion : support............................................
- Automobiles : allumage et extinction électriques des phares à
- acétylène................................................
- Automobile : essuie-glace et miroir rétro-viseur............
- — : indicateur de direction ..........................
- Automobiles : indicateurs de niveau d’essence...............
- Automobile : pare-brise.....................................
- — : pare-gel..........................................
- — : phare « Œil de secours »..........................
- — : volant de direction déôentré......................
- Badigeonneur-pulvérisateur Presto...........................
- Baladeuse bilampe.......................... ................
- Balai « Sur »...............................................
- Beurre : appareil instantané................................
- Bibliothèque à tablettes amovibles..........................
- Bicyclette « Elastical » à suspension mécanique équilibrée. .
- — : poignée-support...................................
- Bobinages pour montages à primaire apériodique..............
- Boîte à ordures « Robust »..................................
- Bouteille : sangle Pratico..................................
- Bouteilles : machine à nettoyer extérieurement..............
- Brossage des pots de lait : machine.........................
- Brosseuse : transformation d’une perceuse. ........
- Canne-semoir................................................
- Capuchon pour valves de chambres à air......................
- Carburateur « Commer » à paraffine..........................
- Cendrier nouveau............................................
- Cent-vues : appareil photographique.........................
- Cercle-crampon pour roues...................................
- Cerclo......................................................
- Chambres à air : protecteur Repousseau......................
- Chauffe-express............................................. .
- Chauffe-pieds « Eurêka »....................................
- Chauffeur d’eau ambulant....................................
- Cinétype, cinéma d’amateur..................................
- Collier pour chevaux liqueurs...............................
- Connexion électrique : attache..............................
- Crème : appareil pour la transformation instantanée en
- beurre...................................................
- Crystavox...................................................
- Cuivre rouge repoussé avec des tubes........................
- Cuve Summum pour développer les clichés.....................
- Décrasse-peignes............................................
- Démarreur : obturateur électrique de prhe d’ar..............
- Désignoscope...........................................
- Disque lumineux pour publicité..............................
- Enseignes lumineuses à texte variable.......................
- Essence : indicateurs de niveau pour automobiles............
- — : pompe Lamblin....................................
- Essuie-glace Eyquem.......................................
- Fenêtres : fermeture Eole............................76,
- Ferme-porte automatique...................................
- Fermeture de persiennes et fenêtres Éole............. 76,
- Fil de fer : raidisseur;..........................
- Flasques Lumen....................................
- Fûts : appareil de vidage Pernois.................
- Gobelets en papier................................
- Gonfleur au pied « Multiflor »....................
- Goudronnage des routes............................
- Ilaut-parleur de salon............................
- — de salon original............................
- Increvables Dexpert............................. . .
- Indicateur de direction...........................
- Indicateurs de niveau d’essence pour automobiles Lait : machine à brosser les pots............... .
- 4
- 187
- 155 163
- 156 148
- 11
- 139 75 59 75 51
- 188
- 12
- 92
- 132
- 124
- 159
- 124
- 115
- 51
- 43 84 20 84
- loi
- 131
- 107
- 140 123
- 116 11
- 108
- 155 5
- 44 44
- 52 3
- 107
- 156
- 159
- 27 165
- 5
- 28
- 3
- 132
- 4 83 59
- 155
- 159
- 196
- 28
- 196
- 107
- 164
- 164
- 28
- 155
- 19
- 148
- 75
- 195
- 75
- 59
- 151
- Laiton repoussé avec des tubes............................... 165
- Lampe baladeuse............................................... 432
- Lit vertical « Pont-Levis »....................................43g
- Lumière électrique : essai..........’...................... jpg
- Mah-Jong : commodités......................................... [gp
- Maroc : réception des radio-concerts.......................q4,7
- Miroir rétro-viseur Eyquem................................... 139
- Moyeu : arracheur..............................................493
- Nettoyage extérieur des bouteilles : machine............... 84
- Ohlurateur électrique de prise d’air....................... 5
- Ordures : boîte « Robust »................................. §4
- Parapluies : réservoir........................................j/(p
- Pare-brise de conduite intérieure.............................. 75
- Pare-gel « Vigilant ».......................................... 54
- Peignes : pour les décrasser................................... 28
- Perceuse : transformation en brosseuse.....................q5j
- Persiennes ; fermeture Éole...........................76 196
- Phares à acétylène d’automobiles : allumage et extinction
- électriques............................................... 44
- Plnre « (Eil de secours. ».................................4 gg
- Photographie : appareil « Cent-vues »......................... 11
- — : cuve Summum........................................... 3
- Plans industriels : reproduclion............................ . 85
- Pneumatiques : gonfleur Multiflor..............................455
- — increvables Dexpert....................................495
- Poêle Rayon d’Or............................................. 45
- Poignée-support de bicylette................................... 54
- Pommes à cidre : ramasseur.................................... 76
- Pompe à essence Lamblin.............'......................455
- Porte-bouteille Pratico...................................... 20
- Porte : fermeture automatique................................. 28
- Poste à cadra original........................................44.7
- Pots de lait : machine à brosser....................... 151
- Protège-clrambre Repousseau.................................... 5
- Publicité : disque lumineitx.................................... 4
- Radiateur Manchon-Métal....................................... 95
- Radioactivité : recherche des éléments.........................445
- Radio-concerts : réception au Maroc............................447
- Radiophonie : haut-parleur de salon . . . ................. 75
- Raidisseur pour fil de fer................................. ]Q7
- Ramasse-pommes à cidre , . . .............................. 79
- Rcmplissour Zim................................................ 92
- Réservoir pour parapluies.................................... 140
- Roues de faucheuses : cercle-crampon....................... 408
- — à rayons métalliques : flasques Lumen..................164
- Routes : goudronnage .......................................... 49
- Semoir-canne................................................. 597
- Soupless X.................................................... 20
- Sparkophone Linnus.............................................. 9
- Sucromèlre Moreau.............................................. 75
- Support d’audion. .........................................y,g
- T. S. F. : appareil à résonance ef réaction mixle..............179
- — : bobinages pour montages à primaire apériodique . . 43
- — : Crystavox, complément des récepteurs à valves... 27
- — : moulage puissant mixte à étage H. F. semi-apério-
- dique et à résonance.................................447
- — : poste à cadre original...........'...............447
- — : tableau de tension-plaque pour alimentation en
- continu.''........................................... 94
- Touries : appareil de'vidage Pernois...........................494
- Trépied universel G irardet................................. ,152
- Tubes : préparation de cuivre ou laiton repoussé...............163
- Valves de chambres à air : capuchon........................... 449
- Vaporisateur nouveau...........................................499
- Ventouse nouvelle..............................................419
- Vidage des fûts cl touries : appareil Pernois..................494
- Vide-touries.................................................. 50
- Volant de direction Cerclo.................................4 59
- Volant de direction décentré « More Room »..................... |2
- Volets : fermeture.........................................-J 99
- -«laiil#-
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-
-
-
- m
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- III - VARIÉTÉS.
- Terrible épizootie dans les monts d’Auvergne en 1692 (J. Cha-
- taing) . 5
- L’utilisation des fruits sauvages (A. Truelle) :
- Les glands..................................................... 13
- Les baies de genièvre........................•............ 21
- Superficie et population des contrées de la terre vers 1920 . 29
- A propos des plantes rares (J. Senne h)....................... 57
- Nouvelles façons de planter les arbres fruiliers (A. Rolet) . 43 La radiophonie et la propriété intellectuelle (P. IIgmardinquer). 53 Importation, récolte et culture des plantes mé licmales (A.
- Truelle)....................................................... 61
- Une illusion 'd’optique (Paul Prague)............................. 69
- Les jardins familiaux: de plantes médicinales (A. Truelle) . . 77
- Le tabac en poudre parfumé (Y. Bichier)........................ 85
- Mécanisme d’action des composés cupriques dans les traitements contre les maladies cryptogamiques de la vigne (II.
- Blin) . ...................................................... 93
- Le jardin familial des plantes médicinales (À. Truelle) :
- Anis vert.........................................................101
- Armoise commune...................................................117
- Bourrache officinale..............................................141
- Camomille romaine................................................ 149
- Guimauve officinale......................................... 189
- Utilisation de lachaux résiduaire des appareils à acétylène (J. L ). 109
- La décalcarisation des eaux (H. Blin)................................123
- Procédés anciens pour faire les émaux de diverses couleurs
- (Y. Bichier)......................................................157
- Micas naturels et reconstitués (M. Bousquet).........................165
- La pêche il y a quinze mille ans (II. Coupin)......................197
- La production de l’alcool de sulfite et de la pâte de cellulose (II. Blin)....................................................... 205
- IV. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- L’essence d’automobile et la santé publique (Dr P.-E. Moriiardt). 70
- Piqûres de scorpion au Maroc ................................. 93
- L’hôpital français de Tokio (R. Mi)...........................181
- Maladie charbonneuse et pinceaux pour la barbe (Dr P.-E. Moriiardt)...............................................206
- V. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Aluminium : soudure.......................
- Balai : pour l’emmancher.........................
- Bouchons : destruction des vers..................
- Bouillon de légumes pour malades.................
- Bouteilles : contenance..........................
- Cafards : destruction............................
- Cinéma : peinture des écrans . . . i.............
- Contenance des bouteilles et des verres . .
- Crèmes glacées...................................
- Découpage d’une tôle à l’acide...................
- Écrans de cinéma : comment les peindre. . . .
- Étiquettes de jardin . ..........................
- Étoiles de laine : neLtoyage.....................
- Extinction d’incendie par la sciure de bois. . . .
- Fourrures : nettoyage............................
- Gants : nettoyage................................
- Genièvre : fabrication...........................
- Guêpes : destruction.............................
- Pucerons du rosier : destruction.................
- Incendies : extinction par la sciure de bois . . .
- Lainages : nettoyage ............................
- Limes : retaillage à l’acide.....................
- Marteau : pour l’emmancher.......................
- 22
- 6
- 22
- 6
- 02
- 78
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- 173
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- 109
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- 155
- 62
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- 5
- Microphotographie en position inclinée.....................
- Moulages en vulcanite......................................
- Nettoyage des plumes, gants, fourrures, lainages, velours, îu-
- bans de soie.............................................
- Pantoulles : pour augmenter la durée.......................
- Plumes : nettoyage ........................................
- Préhistoire : moulages en vulcanite........................
- Racines : appareil pour l'étude du développement...........
- Rosier : destruction des pucerons..........................
- Rubans de soie : nettoyage.................................
- Sandales : pour augmenter la durée....................... .
- Sciure de bois, extincteur d’incendie......................
- Soudure de l’aluminium............................. ...
- Taches des tissus : pour le3 enlever.......................
- Taillage d’une lime à l’acide..............................
- Tissus : pour enlever les taches...........................
- Tôle : découpage à l’acide...........................
- Yelours : nettoyage .......................................
- Verres : contenance........................................
- Vers des bouchons..........................................
- Vins fins : à quelle température les boire?................
- Vulcanite : moulages de petites pièces.....................
- 78
- 6
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- 198
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- 190
- 6
- VI. — DIVERS
- Bulletin aslronomique (E. Touchet)
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- 5, 67, 99, 153, 171, 203.
- Le Gérant : P Masson. — Imprimerie Laburs, rvre de Fleurus, 9, à Pans.— 1925.
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