La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/663
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS (J925)
- ... 50 fr. I Union postale : Un an.
- , . ^ 25 fr. | — Six mois...........
- Prix do numéro : i franc.
- LES CENT VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DECENNALES (1873-I9I2)
- France et Colonies : Un an.
- — Six mois
- Paris. — Imprimerie Lahuri. rue de Fleurus, 9. — 1925.
- 60 fr 30 fr
- p.n.n. - vue 2/663
-
-
-
- 0
- D
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE 1925 — DEUXIEME SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
- Page de titre n.n. - vue 3/663
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2674. ...~....4 JUILLET 1925
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- UNE CURIEUSE INDUSTRIE PARISIENNE
- La transformation des insectes en bijoux.
- Que de bizarres matériaux, venus de tous les pays du monde, les ouvriers parisiens travaillent avec une savante ingéniosité et un goût très affiné ! Combien de métiers originaux, exigeant une adresse rare et une technique sure, s’exercent dans la Capitale 1 Sans compter les vêtements, les chapeaux et autres parures féminines dont les étrangers ont vainement tenté d’arracher le monopole aux grandes maisons de couture et de mode de la rue de la Paix ou des Champs-Elysées, que de charmants bibelots portent encore, dans tout l’Univers, la renommée séculaire de l’artisanat français !
- La transformation des insectes en bijoux est une des plus pittoresques industries de ce genre. Elle naquit, voilà une quinzaine d’années. À cette époque, un bijoutier établi dans le quartier Popin-court, Chopard, commença à monter en broches, en colliers ou en épingles des Goliaths, des Scarabées et autres Coléoptères exotiques aux élvtres revêtus de splendides couleurs métalliques. Plus près de nous, un entomologiste expert, M. Le Moult, proposa, il y y a dix ans, d’utiliser également soit en bijouterie, soit même en tabletterie, les papillons aux ailes chatoyantes et azurées comme les Morphos de l'Amérique du Sud et les Vrania Riphaeus de Madagascar.
- Actuellement il existe à Paris deux ou. trois établissements qui fabriquent ces articles delà manière
- suivante. On expédie les Coléoptères des pays d’origine, soigneusement emballés, chacun dans du papier. Toutes les pochettes renfermant ces bestioles sont mises en vrac dans une caisse. A leur arrivée
- en France, un spécialiste classe et range ensemble dans une même boîte tous les exemplaires d’une espèce (fig. 1). On les dirige ensuite vers l’atelier de montage. Là, une ouvrière habile va commencer par les désarticuler.
- Avec une fine aiguille, elle sépare la tête du thorax, fait sauter l’écusson et les derniers anneaux de l’abdomen (lig. 2). Une fois que les différentes parties de l’insecte sont ainsi éparses sur sa table de travail, elle saisit de la main gauche les deux élvtres qui adhèrent encore au méso-thorax. Puis elle prend, de la main droite, le pied d’un petit récipient chaude au gaz (fig. 5) et où se trouve de la cire à cacheter fondue qu’elle coule dans le corselet de l’animal éventré. Ensuite avant refroidissement elle recolle les anneaux de l’abdomen, et insérant une épingle sous la tète, elle réajuste celle-ci sur l’écusson, le sujet est alors complètement reconstitué, mais avec des organes internes d’une solidité à toute épreuve ! 11 ne reste plus qu’à le monter sur une broche dorée, sur une épingle de cravate (fig. 4) ou à le coller tout simplement, sur le marbre d’un presse-papier.
- Comme coléoptères, la bijouterie française utilise principalement les petites espèces de Goliathides,
- 1. — 1
- lng. i. — Choix des coléoptères exotiques destinés à être transformés en bijoux.
- Au premier plan, on aperçoit des Goliathides, des Buprestes, des Scarabées, des Druastes.
- 53* Année-
- 2’ Semestre
- p.1 - vue 5/663
-
-
-
- UNE CURIEUSE INDUSTRIE PARISIENNE
- Fig. 2. — Désarticulation de coléoptères en vue . de leur utilisation en bijouterie.
- Cétoines du Gabon. On en connaît une centaine d’espèces. Le plus rare d’entre eux est le Goliath Drurii qui atteint 10 centimètres de longueur. Il porte une livrée d’un blanc velouté, bordée de noir sur le pourtour des élytres et que rehaussent, sur son corselet, 5 bandes longitudinales également noires. Vu sa grandeur et sa rareté, il sert principalement à orner les collections scientifiques où les vitrines d’amateurs. Il voisine souvent avec des Scarabées des Antilles et du Mexique (Dynastes. ou autres) et avec les jolis Buprestes de Malacca ou de Java (Chrysochroa fulghla ou fidminans) dont les plumassiers européens emploient, depuis longtemps, les élytres aux reflets çuivreux. Toutefois leur aspect est plus massif qu’esthétique.
- Les Curculionides des régions équatoriales offrent des teintes aussi variées, mais des formes plus sveltes et plus conformes aux exigences' de la bijouterie. Aussi on les sertit souvent dans des boucles d’oreilles en remplaçant leur ventre et leurs pattes par de l’or ou-de l'argent:.doré. .U.Entimm imperialis, géant de cette famille, qui compte au nombre de ses membres européens les voraces Charançons destructeurs de nos blés, se monte souvent de la sorte. On ne voit plus alors que sa tête, son corselet et ses élytres d'un joli vert, portant des séries ngitudinales de ponctuations en creux au fond desquelles brillent de resplendissantes écailles. Les Curculionides nous viennent du Brésil où ils sont aussi communs sur les mimosas que les Hannetons sur nos marronniers.
- Les plus, petits représentants de l’innombrable tribu des Buprestes font des épingles de cravates d’un certain cachet ; en particulier il existe une espèce à couleur bleue et verte dont les dessins noirs et réguliers contrastent agréablement avec la teinte claire qui les entoure. On se sert également, pour décorer des broches ou pendentifs, des Cassi-dinés dont la plupart portent une livrée verte ou dorée, rouge ou cuivreuse.
- Mais nous pourrions allonger démesurément cette liste, car les bijoutiers français emploient 500 ou 600 espèces de coléoptères exotiques, de toutes
- Pig. 3. — Coulée de la cire à cacheter dans le - corselet. d’un coléoptère éventré.
- tailles, de toutes formes, de toutes couleurs ! Les uns ont des reflets métalliques, la parure de certains autres est mate ou polychrome; ceux-ci ont des aspects élégants, ceux-là des couleurs bizarres. Le joaillier n'a que l’embarras du choix pour réaliser ses conceptions !
- De leur côté, quelques fabricants parisiens utilisent plusieurs coléoptères de France, en particulier les Hôplies et les Chrysomèles qui font de gracieuses breloques ou de splendides colliers. Les Hoplies sont remarquables avec leur teinte bleue azurée et on les trouve en grand nombre dans le midi de la France. Malheureusement leurs élytres doivent leurs jolis reflets à une poussière d’une adhérence moyenne et il faut les mettre sous verre pour pouvoir les utiliser dans la bijouterie et la bimbeloterie.
- Par contre, les bijoutiers parisiens emploient presque uniquement comme papillons, les Morphos de l’Amérique du sud, YUrania Ripheus de Madagascar, aux teintes les plus éclatantes et les petites Li/cènes bleues.,, si _communes à la. belle saison, dans les prairies ou les jardins de France. Ils y ajoutent parfois, pour‘obtenir de jolis effets de transparence, les ailes roses de certaines Sauterelles indigènes. •
- Fig. 4. — Épingles de cravates et breloques ornées de Buprestes, de Curculionides exotiques, de Lucanes de France.
- p.2 - vue 6/663
-
-
-
- UNE CURIEUSE INDUSTRIE PARISIENNE .. —... 3
- Fig. 5. — Découpage et collage des ailes de papillons.
- A leur arrivée chez le naturaliste, des ouvrières aux doigts de fée saisissent les Lépidoptères avec de fines pinces, puis après avoir séparé les ailes du corps, elles passent celles-ci dans la benzine afin de les dégraisser et une fois sèches les mettent dans une boite en attendant leur utilisation. On les découpe ensuite en morceaux soit avec des ciseaux (fig. 5), soit avec des outils emporte-pièce de façon à réaliser des figures géométriques. Cela fait, on colle sur du papier ces petits morceaux azurés ou verdâtres, jaunes, rouges, ou admirablement nuancés, qu’on assemble ensuite avec art pour en faire le fond d’un plateau, le couvercle d’ime bonbonnière ou une jolie soucoupe (fig. G). Naturellement, on recouvre ces fragiles mosaïques d’une lame de cristal, afin de-les préserver. Plus rarement, on insère les papillons en entier entre deux lames de verre dont on colle les bords avec un ciment à froid (fig. 7). On décore ainsi de menus flacons, des cendriers et autres objets de bimbeloterie que plusieurs magasins des boulevards débitent en grand nombre, surtout aux voyageurs étrangers.
- Quelques chiffres montreront l’importance de la joaillerie entomologique. M. Le Moult vend, bon an mal an, plus de 100 000 papillons exotiques ou
- Fig. — Montage de papillons entiers sous cristal pour en faire des presse-papiers, coupes et autres objets de bimbeloterie.
- Fig. 6. — Sertissage d’une mosaïque en ailes de. papillons destinée à orner un couvercle de bonbonnière.
- français et environ 50 000 .coléoptères (Golialhs, Scarabées ou autres). La maison Chopard transforme à elle seule, chaque année, environ 6000 papillons exotiques, 15 à 50000 Lycènes françaises, 500 Go-liaths d’Afrique, 1500à 2000 Scarabées ou Buprestes, autant de Cureulionides, sans compter les milliers d’Iloplies et de'Chrysomèles indigènes dont elle orne ses artistiques créations.
- Remarquons d’ailleurs que nos bijoutiers ont -'u simplement le mérite d’européaniser une mode des peuplades- sauvages d’Amérique. Ainsi certaines tribus indiennes, fascinées par l’éclat de Chrysophores que « la nature a revêtus de resplendissantes cuirasses devant lesquelles pâlirait tout le luxe de l’Asie au jour du triomphe d’un sultan », les emploient comme pendeloques mêlées à des os, des dents de singes ou des graines. Ils confectionnent des colliers avec les robustes cuisses de ces insectes séparées du corps et enfilées comme des perles , Quant, aux Roiicouyenn.es,du Haut Maroni (Guyane) elles s’ornent des élytres de Buprestes, attachées à l’extrémité d’une queue d’écureuil.
- Certains insectes vivants servirent également de parures aux mondaines de France vers la fin du xviie siècle. De grandes dames ne ’ s’adonnèrent-elles pas alors à l’élevage des puces, tandis que leurs adorateurs s'efforcaient de se saisir des pauvres bêtes pour les enchaîner aussitôt dans un médaillon de cristal qu’ils portaient au cou comme une relique Selon les dires de M. J. Kunckel d'Herculais, un anglais nommé Marc avait’même réussi à forger une chaîne d’or terminée par un cadenas fermant à clef et il y attachait une puce.
- Nos bambins ne méttent-ils'pas' encore aujourd’hui dans leurs cheveuxdes Lampyres ou Vers luisants quand ils se promènent en été dans la campagne, à la tombée de la nuit. Et de même les créoles dès Antilles rehaussent leurs charmes avec des Pyrophoresl (Cocuyos en espagnol). Le soir, elles enferment un de ces coléoptères, aux yeux brillants comme des lanternes, dans un petit sac de toile très fin, puis réunissant plusieurs décès sachets, lies les disposent en rosettes qu’elles attachent, çà
- p.3 - vue 7/663
-
-
-
- 4 : LES ACCÉLÉRATEURS DE LA VULCANISATION
- et là, à leur vêtements. Elles les mêlent parfois avec art à des fleurs faites avec des plumes de colibris parsemées de verroteries et décorent ainsi leur chevelure de pittoresque façon. Au retour du bal, elles baignent leurs ravissants Cocuyos et leur donnent, en récompense, quelques fragments de canne à sucre.
- Enfin certaines modistes parisiennes emploient également des papillons européens ou exotiques pour orner les chapeaux de leurs clientes. Mais
- c#ÿ,
- LES ACCÉLÉRATEURS
- avant, on doit faire subir aux délicates bestioles la préparation suivante. On ramollit d’abord les Lépidoptères sur du sable humide, durant une journée. Ensuite on enduit les quatre ailes à l’envers de vernis blanc à l’alcool et on les colle sur de la satinette, qu’on découpe exactement selon leurs contours. Ces morceaux de papillons, montés sur uue ossature métallique représentant vaguement le corps de l’insecte, agrémentent parfois de façon gracieuse, le couvre-chef de nos élégantes. Jacques Boyer.
- LA VULCANISATION
- Le caoutchouc, tel qu’il s’écoule de l’arbre à caoutchouc, n’est apte à fournir les multiples objets que nous connaissons, qu’après avoir subi l’opération dite de la vulcanisation. Rappelons, en quelques mots, en quoi consiste ce procédé. Le caoutchouc brut, ramolli dans de l’eau très chaude, est déchiré entre des cylindres cannelés sur lesquels tombe continuellement de l’eau froide qui entraîne toutes les impuretés. Le caoutchouc se présente alors sous la forme de lamelles ou de toiles criblées de trous ; il est ensuite desséché et passé dans une machine à pétrir où il est transformé en une sorte de rouleau qui, à l’aide d’une presse, est converti en un bloc rectangulaire. Ce bloc est alors découpé en feuilles plus ou moins épaisses et les feuilles ainsi obtenues (dites feuilles anglaises), sont employées pour fabriquer des tubes, des appareils de chirurgie, une foule d’objets, lesquels sont ensuite vulcanisés par immersion dans un bain de sulfure de carbone et de chlorure de soufre. On opère encore en mélangeant le caoutchouc avec du soufre ou avec du sulfure d’antimoine dans une machine munie de cylindres chauffés à la vapeur. Le caoutchouc ainsi vulcanisé sert à confectionner des vases imperméables à l’eau, des rouleaux d’imprimerie, des tuyaux de conduite de gaz, des bandes de billards, des brosses à dents, des lapis, des jouets d’enfants, des coussins, des chaussures, etc.
- Cette opération de la vulcanisation, opération comme on le voit très importante, a été l’objet de perfectionnements très sérieux au cours de ces derniers^ temps. On est arrivé, en effet, à découvrir que certains corps avaient la curieuse propriété d’accélérer considérablement la vulcanisation. On savait déjà que certains composés minéraux jouissaient de cette propriété, mais les résultats supérieurs obtenus avec les accélérateurs organiques, la nécessité commune à toutes les industries de produire dans le minimum de temps et avec le minimum de matériel, ont fait que très rapidement l’emploi des accélérateurs organiques a pris une importance considérable et que la question des accélérateurs, en général, est tout à fait à l’ordre du jour.
- Des brevets très nombreux ont été pris dans tous les pays et des mémoires importants ont relaté les recherches poursuivies dans les laboratoires des usines de caoutchouc et dans certains laboratoires d’Université.
- La préparation des accélérateurs, leurs propriétés, leur effet sur le caoutchouc vulcanisé, leur mode d’action, ont fait l’objet d’une littérature chaque jour plus abondante. Nous extrayons les détails qui suivent sur cette importante question d’une remarquable étude de M. Boiry, parue récemment dans la Revue générale du Caoutchouc.
- Nous montrerons ici où en est actuellement la question des accélérateurs en considérant successivement trois sortes d’accélérateurs : 1° accélérateurs naturels; 2° accélérateurs minéraux; 5° accélérateurs organiques, et en montrant ensuite comment agissent ces produits dans la vulcanisation du caoutchouc.
- I. Accélérateurs naturels. — Il est bien connu de tous les techniciens que les divers caoutchoucs présentent (Les différences notables au point de vue rapidité de vulcanisation. Par exemple, le para vulcanise moins rapidement que le crêpe blanc, celui-ci plus lentement que la feuille fumée. Ces différences sont dues à la présence, en proportions plus ou moins élevées, d’impuretés qui accompagnent toujours le caoutchouc brut. C’est à ces impuretés que l’on donne le nom d’accélérateurs. D’après différentes recherches, ces corps seraient constitués par des bases organiques qui sont des produits de désagrégation des albuminoïdes du latex restés dans le caoutchouc.
- IL Accélérateurs minéraux. — L’emploi des accélérateurs minéraux est aussi ancien que le procédé de vulcanisation. Goodyear, l’inventeur du procédé en 1842, employait déjà certains de ces produits comme la magnésie calcinée. Ces accélérateurs sont encore, à l’heure actuelle, utilisés sur une vaste échelle, surtout dans les usines du vieux continent. La consommation des accélérateurs organiques est encore très faible en regard de celle des accélérateurs minéraux.
- Trois de ces derniers sont universellement employés. Ce sont : la litharge, la chaux éteinte, la magnésie calcinée. A côté de ces produits il faut citer le carbonate de magnésie, le sulfure d’antimoine, les alcalis comme la soude, la potasse, la baryte, certains composés du plomb, comme la céruse.
- III. — Accélérateurs organiques. — L’utilisation des composés organiques dans le but d’accélérer la vulcanisation du caoutchouc est récente. Cés corps ne sont entrés dans la pratique industrielle que depuis 1918, dans les usines européennes et deux ou trois ans plus tôt dans les manufactures du nouveau continent.
- Le nombre des produits proposés comme accélérateurs est considérable; il ne nous est pas permis, dans le cadre de cet article, d’énumérer tous les accélérateurs connus et nous devons nous borner à citer les. plus importants.
- D’après leur fonction et leurs propriétés chimiques, les accélérateurs organiques peuvent être rangés en six groupes :
- 1° Composés basiques ;
- 2° Dérivés nitrés et nitrosës ;
- 5° Dérivés des acides carboniques et thiocarhoniques ;
- p.4 - vue 8/663
-
-
-
- LES ACCÉLÉRATEURS DE LA VULCANISATION ===== 5
- 4° Matières colorantes;
- o° Albuminoïdes et leurs produits de dégradation ;
- 6° Accélérateurs divers et accélérateurs composés.
- Le premier groupe comprend des amines comme la pipéridine, l’aniline; des produits de condensation des aldéhydes avec l’ammoniaque et avec les amines. Citons ici l’hexaméthylène-tétramine (obtenue par action de l’ammoniaque sur le formol) ; l’aldéhvdate d’ammoniaque ; le îurfuramide ou vulcazol ; les produits de condensation des aldéhydes et de la diphénylguanidine. A ce groupe appartiennent aussi les alcaloïdes. Ainsi des usines américaines et anglaises emploieraient comme accélérateurs les alcaloïdes du quinquina.
- Dans le deuxième groupe on trouve un des accélérateurs les plus importants : la paranitrosodiméthylaniline connue dans l’industrie du caoutchouc sous le nom d’accélérène ; le nilrophénol; le nitrocrésol.
- Dans le troisième groupe se trouvent aussi des accélérateurs extrêmement intéressants; au point de vue chimique, ils dérivent soit de l’anhydride carbonique CO2, soit de l’anhydride thiocarbonique CS2, plus connu sous le nom de sulfure de carbone. Certains de ces corps (actifs et d’un emploi facile) sont utilisés sur une très vaste échelle (urée). Mais c’est surtout à ce groupe qu’appartiennent, tous les produits connus sous le nom d’ultra-accélérateurs.
- Ceux-ci, en présence d’oxyde de zinc permettent d’effectuer la vulcanisation de caoutchoucs en des temps de 100 à 1000 fois plus courts que sans accélérateur. Il faut nommer ici l’urée, la cyanamide, la guanidine, la thio-urée.
- Certains auteurs ont préconisé l’emploi de quelques couleurs organiques. Ces corps agissent alors comme accélérateurs et comme colorants. Tels sont : l’auramine, le violet de méthyle, le bleu de méthylène, le brun Bismarck.
- Dans le groupe des albuminoïdes on peut comprendra des mélanges d’albumine et de chaux ou de magnésie; des produits obtenus par hydrolyse des protéines.
- Enfin il existe divers autres accélérateurs qui ne peuvent être rangés dans les classes précédentes, comme l’anthraquinone, les oléates métalliques, les dithioacides. Ces derniers offrent moins d’intérêt.
- Activité, action et emploi des accélérateurs. — L’activité d’un accélérateur peut être exprimée par le facteur d’accélération qui est le rapport des vitesses de vulcanisation, à une même température, d’un mélange en présence et en l’absence d’un accélérateur.
- Ces vitesses sont mesurées par les temps nécessaires pour obtenir un état de vulcanisation déterminé, en prenant comme critères le coefficient de vulcanisation, ou les propriétés physiques (résistance maximum à la traction, allongement donné sous une charge donnée).
- L’activité des accélérateurs est essentiellement variable. Non seulement elle varie avec les proportions de corps réagissants : caoutchouc, soufre, accélérateurs, mais encore elle peut être affectée par la nature et la proportion des autres ingrédients des mélanges, par exemple l’oxyde de zinc.
- D’après leur effet sur la vulcanisation, les accélérateurs peuvent être classés en trois catégories :
- 1° Accélérateurs doux (aniline, thiocarbonilide, furfu-ramide, hexaméthylène-tétramine), qui permettent d’opérer la vulcanisation en des temps de 2 à 10 fois plus rapides qu’en l’absence d’accélérateurs.
- 2° Accélérateurs forts (aldéhydate d’ammoniaque, diphénylguanidine, paranitrosodiméthyl-aniline), dont le facteur d’accélération varie de 5 à 50.
- 5° Ultra-accélérateurs (dithiocarbamates et leurs dérivés). Ces composés permettent des vitesses de vulcanisation de 100 à lOOO fois plus grandes que dans les mélanges non accélérés. En présence d’un faible pourcentage de ces corps, la vulcanisation peut être effectuée à des températures relativement basses et même à la température ordinaire. '
- Mais à côté de cette action sur la vitesse de combinaison du soufre au caoutchouc, les accélérateurs peuvent modifier plus ou moins profondément les propriétés physiques et mécaniques du caoutchouc vulcanisé.
- Ainsi la résistance à la traction est généralement augmentée, et avec les ultra-accélérateurs cette résistance est encore plus élevée. Tandis que dans les mélanges caoutchouc (90) et soufre (10), la résistance à la traction, ne dépasse pas 1 kg 700 et 1 kg 800 par millimètre carré ; les mélanges renfermant un faible pourcentage (0,25 à 0,50 pour 100) d’un accélérateur et une petite quantité d’oxyde de zinc présentent une résistance à la traction dépassant fréquemment 2 kg 500.
- Les accélérateurs augmentent aussi la plasticité du caoutchouc.
- D’autre part, employés convenablement, ils permettent d’améliorer la bonne tenue au vieillissement du caoutchouc vulcanisé. On a signalé que du caoutchouc ainsi traité par un accélérateur s’était, bien conservé après cinq ans de magasinage, tandis que le même produit, sans accélérateur, était devenu dur et cassant.
- Il est évident que ce curieux phénomène provoqué par la présence, au cours de la vulcanisation, de ces corps organiques que l’on a appelés accélérateurs, n’a pas été sans provoquer une série d’hypothèses sur leur action. Nous ne pouvons songer à rappeler ici ces différents travaux. Nous dirons seulement que pour la plupart des chercheurs qui se sont occupés de cette question, les accélérateurs agiraient principalement en provoquant la formation d’une modification active du soufre.
- Voyons enfin en quoi réside, au point de vue pratique, l’emploi des accélérateurs.
- Cet emploi est très intéressant : d’une part la diminution des temps de vulcanisation a pour conséquence, avec un rendement plus élevé des appareils de cuisson, la possibilité d’utiliser un matériel plus restreint. Cette réduction d’un matériel coûteux se traduit par une diminution du prix de revient.
- D’auti’e part, on obtient, nous l’avons vu, des produits de meilleure qualité et se conservant mieux.
- Ces deux résultats : amélioration de la qualité et diminution du prix de revient, justifieraient pleinement les recherches longues et coûteuses entreprises dans de nombreuses usines sur l’emploi des accélérateurs.
- A côté de ces avantages primordiaux, il faut encore ajouter que les accélérateurs permettent d’éviter, par l’emploi des mélanges plus chargés en soufre et vulcanisant quand même rapidement, le blanchiment des articles de caoutchouc vulcanisé. Ce blanchiment, dû à l’efflorescence du soufre, se produit dans les caoutchoucs vulcanisés ayant une teneur élevée en soufre.
- 11 est donc certain que l’emploi de ces corps si intéressants va se répandre de plus en plus dans l’industrie du caoutchouc. Leur emploi est commode, ne présente pas de difficultés et permet d’améliorer la qualité de nombreux articles de caoutchouc manufacturé. Cette découverte est certainement appelée à bouleverser profondément notre industrie du caoutchouc et elle constitue de ce fait, une invention aussi capitale que l’invention même de la vulcanisation. I, L.
- p.5 - vue 9/663
-
-
-
- 6
- UN ASPECT DE LA MÉTÉOROLOGIE MODERNE
- Les surfaces de discontinuité.
- Lorsqu’on se déplace verticalement dans l’atmosphère, il n’est pas rare de rencontrer des couches d'air ayant des températures, des vitesses et des directions différentes. Le passage d’une couche à l’autre s’eflectue parfois d’une manière continue ; mais,, dans certains cas, la variation est brusque et prend la forme d’une discontinuité.
- Une surface de discontinuité, en météorologie, est une surface sur laquelle l’une au moins des grandeurs physiques qui caractérisent l’atmosphère : température, vitesse et direction des courants, densité/proportion des différents gaz, viscosité, etc., subit une variation brusque lorsqu’on traverse cette surface, venant de l'un des milieux et pénétrant dans l’autre.
- Ces surfaces ne doivent pas être regardées comme des surfaces géométriques. Ce sont des surfaces, ou mieux des couches douées d’une certaine épaisseur dans lesquelles l’élément qui présente une discontinuité se raccorde par; variations très rapides aux valeurs qu’il possède dans les deux milieux, Cette allure des discontinuités météorologiques est d’ailleurs celle des discontinuités physiques, et une couche d’air de 500, mètres d’épaisseur, par exemple, constitue au regard des dimensions de la Terre une pellicule aussi ténue. que la couche de transition, épaisse de quelques microns, qui entoure les corps et dans laquelle leurs propriétés subissent des changements profonds.
- Il serait curieux de montrer l’enchaînement des idées qui ont amené la découverte des surfaces en question, et comment les météorologistes norvégiens de l’école dé Bjerknes, privés pendant la guerre de renseignements télégraphiques sur le temps, ont été conduits à examiner pour ainsi dire à la loupe les observations effectuées sur leur seul territoire et ont construit de toutes pièces une méthode de prévision du temps basée sur l’usage des surfaces de discontinuité.
- La notion même de ces surfaces est déjà ancienne, car Helmholtz, dès 1888, avait montré la nécessité de leur existence, et situé deux des plus importantes, celle qui sépare l’alizé du contre-alizé, et celle qui limite vers 60° de latitude l’air froid des régions polaires.
- Nous passerons simplement en revue les surfaces les plus remarquables que l’on peut considérer à l’heure actuelle comme des surfaces de discontinuité certaines ou probables de notre atmosphère et nous montrerons leur rôle en météorologie.
- La plus éloignée est sans doute celle qui limite notre atmosphère. En admettant que celle-ci, dans son ensemble, tourne autour de l’axe du Globe avec la vitesse de rotation de la Terre, on démontre qu’il ne peut pas exister d’atmosphère à une distance supérieure à 6,7 rayons terrestres À cette distance,
- en effet, la force centrifuge fait équilibre à la force d’attraction de la masse Terre-Atmosphère. Plus loin, la force centrifuge l’emporte. Mais cette hypothèse est discutaille. Un certain nombre de phénomènes observés dans les hautes altitudes, indiquent des vents d’Est de vitesse considérable. 11 est donc possible que l’atmosphère ne participe pas entièrement au mouvement de rotation de la Terre, auquel cas sa hauteur serait différente de celle que nous venons de définir et sa surface limite moins bien déterminée.
- À l’autre extrémité de l’échelle des hauteurs, la surface même de la Terre représente encore une surface de discontinuité. L’atmosphère ne s’arrête pas en effet au sol. L'air pénètre dans ses interstices, l’humidité s’y condense. La pluie s’y infiltre, les gaz émis par les couches profondes se répandent dans l’atmosphère, et certains, comme l’hélium, diffusent dans les régions élevées. Sur la surface même de la Terre la vitesse du vent est nulle, mais elle augmente très rapidement lorsqu’on s’élève de quelques mètres. La température de l’air qui, au au contact du sol, peut atteindre des valeurs extrêmes considérables dans un sens ou dans l’autre, varie beaucoup plus régulièrement à quelques mètres de hauteur. Il existe donc au niveau du sol une couche de transition rapide analogue à la couche de passage que l’on observe à la surface des corps. Bien que cela semble paradoxal, on peut attribuer l’insuffisance de nos connaissances sur le rôle de la surface terrestre en météorologie, à ce fait que nous en sommes beaucoup trop rapprochés. Les phénomènes de détail compliquent extraordinairement cette étude et on peut, affirmer que nous connaîtrions mieux l’action de cette surface si nous pouvions en suivre constamment les effets d’une hauteur de quelque. 10 kilomètres.au-dessus du niveau de la mer.
- Entre les limites de notre atmosphère, il y a lieu de placer de suite une surface fondamentale/celle qui sépare les couches inférieures de l’atmosphère dans lesquelles la température décroît avec l’altitude et où les mouvements de convection sont la règle, des couches plus élevées dans lesquelles la température cesse de décroître dans la verticale et reste, dans cette direction, sensiblement invariable. C’est la tropopause dont la découverte par Teisserenc de Bort en 1899 constitue certainement le fait capital de la météorologie dans ces 50 dernières années. Cette surface se trouve à 17 kilomètres de hauteur dans les régions intertropicales et à 9 kilomètres au-dessus du pôle. C’est donc une surface de forme grossièrement ovoïde dont la pente, égale en moyenne.à 1 /1000e, est dirigée de l’équateur vers les pôles. On ne peut pas dire d’une façon précise que la tropopause constitue une surface de discontinuité. La température cesse, il est vrai, de décroître
- p.6 - vue 10/663
-
-
-
- UN ASPECT DE LA MÉTÉOROLOGIE MODERNE
- et la vitesse du vent diminue assez brusquement lorsqu’on la traverse ; mais il n’existe pas entre ces variations et la pente moyenne de 4/1000e la relation numérique qui est nécessaire pour que cette surface soit une surface de discontinuité continue et stable. On doit donc la considérer plutôt comme une couche de transition graduelle entre deux milieux atmosphériques essentiellement différents.
- Dans la partie supérieure de l’atmosphère qui s’étend au-dessus de la tropopause, on peut considérer comme probable l’existence d’une surface, ou mieux, d’une zone de discontinuité placée entre l’atmosphère azote-oxygène et l’atmosphère hélium-hydrogène.
- Si, comme il est vraisemblable, la loi de Dalton ; s’applique' à cette partie de l’atmosphère, alors qu’elle ne s’applique certainement pas à la partie inférieure, chaque gaz s’y répartit comme s’il était seul. Sous l’effet de la pesanteur, les gaz les plus lourds se concentrent dans le bas et les plus légers prédominent dans la hauteur. Cette augmentation de la teneur en gaz légers, hélium, hydrogène, ne se produit pas d’une manière uniforme. Le^ calcul montre qu’il existe, vers 100 kilomètres de hauteur en chiffres ronds, une zone dans laquelle la proportion d’azote diminue très rapidement, et ou la teneur en hydrogène augmente au contraire très vite. C’est à la hauteur de cette zone, qu’on peut appeler zone de discontinuité de densité, que la partie inférieure des aurores boréales brille d’un éclat particulièrement vif, par suite de la présence de petits cristaux d’azote bombardés par un rayonnement cathodique.
- Plus bas, vers 60 ou 80 kilomètres de hauteur, on peut encore situer une zone de discontinuité dont l’existence est invoquée dans maintes questions de Physique du Globe, la couche conductrice au point de vue électrique, ou couche d’Ileaviside. D’après Crookes, la viscosité de l’air tombe brusquement à zéro lorsque la pression s’abaisse au-dessous de 1 dix millième d’atmosphère, ou 0,08 millimètre de mercure. Cette pression se rencontre dans l’atmosphère a une altitude comprise entre 60 et 80 kilomètres de hauteur. C’est donc vers ce niveau que la viscosité de l’air augmente rapidement et que les particules solides en suspension dans l’atmosphère tendent à s’immobiliser et à former une couche bonne conductrice de l’électricité (’).
- 1. D'autres surfaces ou zones de discontinuité existent sans doute dans l'atmosphère. L’observation des arcs crépusculaires indique en effet 5 surfaces remarquables situées respectivement aux altitudes de 11, 75, 215 k. La surface de 11 k. est vraisemblablement/la tropopause; celle de 75 k. se trouve dans le voisinage de. la couche d’Ileaviside, et non loin de la zone de séparation des deux atmosphères azote-oxygène, et hélium-hydrogène. Elle est peut-être confondue avec l’une ou avec 1 autre. La couche de 215 k. est difficile à expliquer. Est-ce le début de l’atmosphère de gèoeoronium comme le suppose Wegener?
- D’autres recoupements semblent bien indiquer que l’altitude 60-80 k. joue un rôle important en géophysique. A 80 k., avec une température de — 55°, la tension maxima de vapeur de la glace est précisément égale à la pression atmosphérique à
- 7
- Les surfaces dont nous venons de parler englobent toute la Terre (1 ) et n’ont pas, tout au moins d’après nos connaissances actuelles, une influence directe sur le temps. Dans le domaine de l’almo-sphère inférieure qui s’étend du niveau des mers jusqu’à la tropopause, c’est-à-dire jusqu’à une hauteur de 1 1 kilomètres sous nos latitudes, les deux grandes surfaces de discontinuité que l’on a réussi à identifier jusqu’ici partent du sol même et s’élèvent dans l'atmosphère suivant une pente très faible (fig. 1). Elles forment comme d’immenses anneaux atmosphériques centrés sur l’axe de rotation de la Terre, et se rattachent toutes deux à des phénomènes météorologiques importants.
- L’une d’elles sépare l'alizé du contre-alizé. Son tracé est très particulier. Pour que cette surface puisse exister d’une manière permanente, la théorie d’Helmholtz exige qu’elle penche vers l’équateur, c’est-à-dire que la zone des alizés diminue d’épaisseur à mesure qu’on se rapproche des calmes équatoriaux. Or, la discussion d’observations récentes montre qu’il en est ainsi, contrairement à ce que l’on croyait autrefois. Entre 55 et 20° de latitude Nord, l’alizé se rencontre en effet à une altitude extrême de 5000 mètres en chiffres ronds, tandis qu’entre les latitudes de 20 et de 5°, cette hauteur n’est plus que de 1500 mètres.
- La pente de cette surface est de 1 /700e au maximum. Elle est, comme on le voit, très faible.
- A noter encore que le passage de l’alizé au contre-alizé n’a pas lieu brusquement. La transition s’opère au travers d’une zone de quelques centaines de mètres d’épaisseur dans laquelle le vent souffle de directions intermédiaires. Cette remarque est analogue à celles que nous avons déjà faites précédemment.
- La deuxième surface de discontinuité de l’atmosphère inférieure, dont le rôle est capital en météorologie, s’élève de la surface de la terre vers 60° de latitude Nord, et sépare l’air froid des régions polaires de l’air plus chaud,, d’origine équatoriale, des latitudes tempérées. Ici, il y a discontinuité complète. D’après les météorologistes norvégiens, ce sont deux atmosphères de qualités différentes que l’on trouve de part et d’autre de la surface en question. Au nord, du côté, du pôle : air sec, froid et transparent; au Sud, air humide chaud et trouble. Les directions des deux courants qui glissent l’un sur l’autre le long de cette surface sont tout à fait opposées. Le courant polaire est en effet un courant d’Est, tandis que l’air des latitudes tempérées a en moyenne une vitesse d’Ouest. Entre la pente de cette
- ce niveau (0,02 mm.) C’est donc la limite supérieure de la formation de nuages de glace (nuages lumineux nocturnes). Il faut remarquer encore que, malgré la très faible quantité de vapeur d’eau- qui existe à ces hauteurs, le pourcentage de vapeur d’eau dans la composition de l'atmosphère atteint précisément un maximum à 70 k. d’altitude.
- 1. Ce sont des surfaces fermées qui jouent, à certains points de vue, dans l'atmosphère, un rôle analogue à celui des surfaces enveloppes en géo-chimie.
- p.7 - vue 11/663
-
-
-
- 8 —-... — UN ASPECT DE LA MÉTÉOROLOGIE MODERNE
- Fig. i. — Surfaces de discontinuité de Vatmosphère inférieu.re.
- i, surface de la tropopausc, début de la couche isotherme ; 2, surface de la terre ; 3, surface de séparation de l’alizé (en pointillé) et du contre-alizc supérieur ; 4, surface de discontinuité du front polaire séparant l’air froid polaire (en hachures) de l’air chaud des latitudes tempérées. P, Paris, o, io“, 20°, parallèles de latitude. Les flèches indiquent des vents d’Est (venant de droite), et des vents d’Ouest (venant de gauche).
- surface que Ton peut évaluer à 1/100e en chiffres ronds, et les variations brusques de température.et de vitesse du vent que révèle l’observation, existe une relation qui est conforme à celle que la théorie exige.
- Un point important auquel on ne prête pas toujours l’attention qu'il mérite lorsqu’on fait intervenir les surfaces de discontinuité en météorologie, concerne la vitesse et la direction des deux courants en contact. Les températures de ces deux courants étant fixées, ainsi que la vitesse et la direction de l’un d’eux, il faut se représenter que la vitesse et la direction de l’autre sont entièrement déterminées pour chaque inclinaison de la surface, à la condition que le mouvement soit stable, c’est-à-dire que la surface de séparation puisse se constituer et persister.
- Cette remarque conduit à quelques résultats pratiques immédiats. En voici un
- Supposons, pour plus de simplicité, que la masse d’air froid polaire qui forme une sorte de dôme reposant sur le parallèle de 60° soit immobile par rapport à la Terre, c’est-à-dire tourne avec la même vitesse de rotation que la Terre. Cet air froid n’est maintenu dans cette position, diflérente de celle des fluides au repos, que par la vitesse de l’air chaud qui l’entoure. Si l’air chaud vient à s’immobiliser à son tour, aussitôt la masse d’air froid s’étale à la surface de la Terre en une couche mince et étendue qui gagne les latitudes de plus en plus basses et apparaît dans nos climats sous forme de vague de froid. Finalement l’équilibre s’établit suivant les lois ordinaires, des fluides en repos, l’air froid en dessous, l’air chaud en dessus, la surface de séparation n’étant plus inclinée, mais horizontale.
- On peut dire que du côté polaire l’énergie domine sous forme potentielle, et du côté équatorial sous forme cinétique. C’est grâce à l’énergie du courant chaud que l’énergie potentielle de l’air polaire ne se transforme pas immédiatement, comme elle en a tendance, en énergie de mouvement.
- La masse d’air froid étant toujours au repos, imaginons encore que la vitesse du courant d’Ouest chaud augmente progressivement. Plus le vent d’ouest devient fort, plus la pente de la surface de discontinuité devient raide, et l’air froid se rassemble en une masse de plus en plus importante.
- Mais deux masses d’air glissant ainsi l’une contre l’autre avec des vitesses et des températures aussi différentes ne peuvent pratiquement persister longtemps dans cet état. Il arrive un moment où une modification passagère se produit soit dans les températures, soit dans les vitesses, qui rend la situation localement instable. La pénétration mutuelle des deux masses qui en résulte s’effectue alors violemment et donne lieu à toute la suite des phénomènes qui constituent la dépression ou le cyclone. De plus, la perturbation qui vient de se produire en un point du courant se répercute en arrière sur les masses encore juxtaposées. Il se produit alors, à la suite de la première, une série de dépressions, comme on le constate fréquemment sous nos latitudes.
- Nous venons de supposer des. cas extrêmes. Mais on comprend qu’il existe toute une série de phénomènes d’importance et d’aspect variés, auxquels peut donner naissance la juxtaposition des deux courants dont nous venons de parler lorsque, par le jeu seul des saisons, varient les éléments qui les carac-térisênt : la vitesse, la direction de leur déplacement et leurs températures.
- L’intérêt pratique de la surface, précédente ou surface du front polaire vient de ce qu’un grand nombre des dépressions observées dans le Nord de l’Europe se forment à cet endroit. Un des premiers soins du météorologiste est donc de déterminer la situation de cette surface dans l’atmosphère. Il suffit pour cela de déterminer sa trace sur le sol et sa pente dans la hauteur. En effectuant des sondages de l’atmosphère donnant à la fois la vitesse et la direction du vent, la température et l’humidité de l’air, on met en évidence des points de discontinuité, et ceux-ci portés sur un graphique font apparaître .
- V/Âif.chaud’/ wi/mj/Mà
- air Froid-
- Fig. 2. — Schéma indiquant, d'après la photographie de la figure 3, la surface de séparation de l'air froid (en pointillé), et de l'air chaud au moment du passage d’un front chaud.
- p.8 - vue 12/663
-
-
-
- = UN ASPECT DE LA METEOROLOGIE MODERNE ======== 9
- la surface cherchée avec sa pente. Les stations météorologiques qui observent à un même moment des discontinuités au niveau du sol permettent de dessiner la trace de cette surface sur la Terre.
- La surface du front polaire ne garde pas sa position vers 60° de latitude que nous avons indiquée tout à l’heure et qui n’est qu’une position moyenne. Il faut, l’imaginer se déplaçant constamment en latitude de part et d’autre de ce parallèle, modifiant sa pente, se déformant sans cesse et même ondulant à la façon d’une houle.
- Si cette surface se déplace vers le Nord sans changer de forme, un observateur situé dans l’air
- tions situées à flanc de coteau reçoivent ainsi, avant de se trouver complètement baignées dans l’air chaud, une série de vagues déferlantes d’air froid qui donnent à la courbe de température une allure caractéristique. Dans la figure 2 nous avons indiqué par une ligne en pointillé la ligne de séparation ondulée de l’air froid et de l’air chaud. On retrouvera aisément cette ligne sur la photographie.
- Nous venons de montrer l’existence des deux surfaces de discontinuité les plus remarquables actuellement connues dans l’atmosphère inférieure. Mais il existe sans doute d’autres surfaces moins étendues et se constituant temporairement en des endroits
- Fig. 3. — Photographie montrant le passage d'un iront chaud au Puy-en-Velay le 14 janvier 1425 et l’ondulation de l’air Jroid au moment de l’arrivée du courant chaud.
- polaire voit l’épaisseur de l’air froid diminuer progressivement. À un moment donné, lorsque la trace de la surface de discontinuité arrive, il constate une augmentation brusque de température (front chaud). Au contraire si la surface de discontinuité se déplace vers le Sud, un observateur primitivement dans l’air chaud remarque, à un certain moment, une baisse brusque de température correspondant au passage de la trace de cette surface sur sa station ( front froid), puis l’épaisseur de l’air froid augmente de plus en plus.
- Ces fronts, froid ou chaud, sont faciles à observer à l’aide d’appareils enregistreurs. Ils sont même quelquefois rendus visibles, surtout le.front chaud, par la brume qui se forme à ce moment. La photographie reproduite ici (fîg. 5) montre précisément le passage d’un front chaud à la station du Puy-en-Yelay îe 14 janvier 1925. Elle a été prise au moment où l’air chaud balaye définitivement l’air froid qui traîne encore au fond delà vallée. Sous la poussée du courant chaud, l’air froid ondule et s’élève. Les sta-
- privilégiés du globe. Les conséquences que l’on pourra tirer de leur existence, pour avoir une portée moins générale, auront un grand intérêt pour la prévision régionale du temps. D’après ce que nous avons dit tout à l’heure sur l’énergie des courants, on peut prévoir que ces surfaces restreintes se formeront aux endroits où un courant chaud, doué d’une vitesse et d’une direction particulières, permettra à l’air froid de se rassembler en masse sans s’écouler au fur et à mesure de sa formation, comme nous l’avons remarqué dans le cas de l’air polaire.
- Ces surfaces joueront ainsi dans la météorologie locale le rôle que la surface du front polaire joue dans la météorologie générale.
- Lorsqu’on jette.un regard sur la météorologie de ces 50 dernières années, on constate que les applications pratiques de la notion de discontinuité n’ont suivi que de très loin les travaux auxquels elle a donné lieu. Le premier mémoire d’Helmholtz date de 1888, le dernier de 1890. Le développement remarquable que Brillouin en a donné dans Vents contigus et
- p.9 - vue 13/663
-
-
-
- 10 —---ORIGINE PROBABLE DES EAUX THERMALES D'AlX-LES-BAlNS (SAVOIE)
- nuages remonte à 1898. A ce moment, la théorie des surfaces de discontinuité météorologique est connue dans ses traits essentiels, et cependant ce n’est qu’en 1921 que les méthodes de prévision de l’école de Bjerknes ont vu le jour et ont pris l’essor que l’on connaît. Pendant ces 25 années, on peut dire que les lignes de discontinuité à la surface du sol, confondues avec les lignes de grains, ont seules retenu l’attention des'météorologistes.
- Il serait d’ailleurs injuste de ne pas citer une tentative d’application qui a été faite pendant cette
- période, et que l’on peut regarder en quelque manière comme le prélude des méthodes actuelles. En 1905, au concours de Liège, Durand-Gréville proposait en effet une méthode de prévision basée uniquement sur l’emploi des lignes de grains.
- Si l’on considère qu’à ce moment les observations météorologiques de pratique courante restaient encore confinées dans le voisinage du sol, on reconnaît que la tentative avait quelque mérite, et que son auteur peut être regardé comme un précurseur des idées actuelles. Albert Baldit.
- ORIGINE PROBABLE DES EAUX THERMALES D’AIX-LES-BAINS (SAVOIE)
- Comme contribution au Livre Jubilaire récemment publié à l’occasion du Cinquantenaire de la Société géologique de Belgique, M. W. Kilian,
- géologique (fig. 1) — une masse anticlinale nettement refoulée vers l’Ouest et venant recouvrir le calcaire urgonien s’étendant vers l’Est.
- (par rjîaaasesf indirecte ® $
- tpar ta descente des “J V eaux d'infitfr.o en .C; ÿ 0, profondeur $
- Région 'du—Z § Cot de <n PlaimpaTais
- ^ Bètomes
- Lac du Bourget
- Fig. i. — Coupe géologique allant de la chaîne du Mont-du-Chat à la chaîne de Margériaz par Aix-les-Bains et le massif du Revard, pour montrer. le trajet probable des eaux
- thermales d’Aix-les-Bains (d’après Kilian).
- R,R',-surface de refoulement ; A, alluvions ; D, dépôts glaciaires aquifères-; E, èboutis ; Mm, mollasse miocène (imperméable) ; Ma, mollasse aquifère oligocène ; MMo, mollasses et marnes oliogènes (imperméables) ; CU, calcaires blancs urgoiiiens, fissurés, avec boyaux aquifères ; MCT, marnes à Toxaster ; CV et CVH, calcaires valanginiens et hauteriviens fissurés ; Cm HS, calcaire marneux hauterivien supérieur (imperméable) ; MMVB, marnes et marnoc valanginiens inférieur et berriasien ; T, tithonique ; K, kimmèridgien et lusitanien.; O, oxfordièn ; J, calcaire jurassique moyen et supérieur ; L, lias ; Tr, trias avec gypse.
- membre de l’Institut, professeur à l’Université de Grenoble, a donné un important mémoire sur l’origine probable des eaux thermales d’Aix-les-Bains (Savoie).
- Ce travail est écrit avec une clarté et une simplicité qui le rend accessible aux moins initiés à la science géologique. Il touche à un sujet susceptible d’intéresser de nombreux lecteurs de La Nature.
- En voici les éléments essentiels.
- Les eaux thermales d’Aix-les-Bains, dont la ther-malité atteint 41° à 44°, sortent des fissures et des cavités très irrégulières du calcaire urgonien (Crétacé inférieur).
- Immédiatement à l’Est d’Aix-les Bains, ce calcaire urgonien s’enfonce sous la chaîne du Revard, laquelle représente —- comme l’indique la coupe
- Le calcaire urgonien, dans lequel se trouvent les griffons des sources thermales, est donc séparé de l’Urgonien vertical et même renversé par places, du Rocher Saint-Victor par une surface de chevauchement inclinée vers l’Est. 11 paraît extrêmement probable que les eaux chaudes qui emplissent les cavités du calcaire urgonien d’Aix proviennent de l’Est et ont pour origine première la surface de contact anormal (R, R'de la coupe), qui s’enfonce à l’Est sous le Massif du Revard et qui constitue une surface de discontinuité facilitant la circulation, et notamment la remontée rapide des eaux thermales (moins denses que les eaux froides). Ces eaux, issues de cette dislocation qu’elles ont suivie et qui s’enfonce en profondeur vers l’Est sous un massif montagneux très important, ont probablement
- p.10 - vue 14/663
-
-
-
- ORIGINE PROBABLE DES EAUX THERMALES D'AIX-LES-BAINS (SAVOIE) = Il
- acquis leur minéralisation au contact des gypses et anhydrites (sulfates de chaux) triasiques et seraient sulfatées à l’orig'inc ; des actions réductrices diverses et notamment celle .d’algues microscopiques (baré-gine), dont on a d’ailleurs constaté la présence nettement observable aux grillons de la Source d’alun, auraient ensuite transformé ces eaux sulfatées en eaux sulfureuses; quant à la thermalité, elle s’explique tout naturellement dans cette hypothèse par h degré géothermique (en moyenne : 111 par 50 m.), c’est-à-dire par la température qui doit régner sous un massif montagneux de l’importance de la chaîne du Revard-Nivollet et de ceux qui lui succèdent à l’Est (Margériaz, etc.).
- Les eaux thermales, de moindre densité que les eaux froides, suivant. (par suite de la pression exercée par le poids des eaux froides descendantes) la voie de remontée facile que leur offre le plan de charriage (R, R' de la coupe), ont rencontré dans
- tectoniques de ce massif très disloqué, s’elTeetuanl sur une épaisseur de plus de 1000 m.. et au cours de laquelle les eaux subissent une filtration qui peut être considérée comme parfaite, ainsi qu’une augmentation de température graduelle en profondeur.
- L’existence de hétoires, de gouffres et d’ahimes sur le flanc Est du Revard ne constitue aucune menace de pollution pour les eaux d’Aix, les infiltrations provenant de ces gouffres ayant encore à parcourir, pour atteindre le plan de remontée des eaux, un trajet très long à travers des fentes très étroites et souvent capillaires affectant des terrains de perméabilités très diverses, trajet au cours duquel leur filtration et leur oxydation doit s’opérer d’une façon très suffisante.
- Cependant, les sources thermales d’Aix, dont l’alimentation et l’origine probable viennent d’être exposées, ont subi en outre accidentellement à cer-
- Fig. 2. — Carte topographique sommaire de la région traversée par la coupe ci-dessus, d’après la carte d’Elal-major au ijSo.ooo (Chambéry N.-E et S.-E. Albertville N.-O et S.-O. Le trait noir Est-Ouest indique l’axe de la coupe géologique.
- leur parcours le calcaire urgonien fissuré compris entre deux assises imperméables (à la base, les calcaires marneux à Toxaster de l’Hauterivien supérieur et au-dessus de lui les mollasses en partie argileuses et également imperméables du Tertiaire); elles auraient donc abandonné le plan de discontinuité tectonique pour pénétrer dans les diaclases et boyaux de cet Urgonien où elles se seraient trouvées pour ainsi dire emprisonnées et pour émerger ensuite au point d’affleurement de ces mêmes calcaires.
- Etant donnée cette origine, on peut en déduire que l’alimentation des eaux thermales d’Aix-les-Bains se fait soit par des, infiltrations lointaines ayant pénétré en profondeur dans le plan de charriage, soit par des eaux provenant en particulier de toute la masse de recouvrement très disloquée qui comprend les montagnes du Revard, le Plateau des Déserts et du Col de Plainpalais, infiltrations très lentes à travers les multiples fissures et diaclases
- taines époques, dans le voisinage de leur émergence, un mélange avec,des eaux froides provenant de la surface. Ce mélange très temporaire — que des travaux récents supprimeront définitivement — ne peut s’effectuer que sur un périmètre assez restreint et résulte de la pénétration dans les fissures des calcaires urgoniens des eaux de surface qui imbibent, pendant certaines périodes de pluviosité ou de fonte des neiges, les dépôts glaciaires recouvrant l’Urgonien. Ces dépôts glaciaires s’épaississant graduellement vers le Nord du côté de Mouxy et étant en partie imperméables grâce à des lits d’argile intercalés, l'infiltration ne peut se produire que dans les points, très limités, où la pellicule glaciaire ne présente pas une épaisseur suffisante et ne montre pas d’intercalations argileuses, c’est-à-dire dans les environs du ravin du Pont-de-Bois et les propriétés voisines.
- Il est particulièrement intéressant de constater que l’existence des eaux thermo-minérales d’Aix-les-Bains
- p.11 - vue 15/663
-
-
-
- 12 :..... : UN ARTIFICE OPTIQUE AU CINÉMA
- est liée à celle d'une surface de discontinuité tectonique (chevauchement).
- Oïl conçoit aisément, d’après ce qui précède, qu’au cours de leur trajet en profondeur suivant des plans de discontinuité mettant en contact les assises les plus diverses, les eaux aient non seulement acquis une thermalité parfois élevée, mais se soient également minéralisées au contact d’assises diverses et notamment des dépôts de gypse et d’anhydrite parfois salifères du Trias. On comprend combien difficile devient, dès lors, à appliquer rigoureusement la distinction établie par Ed. Suess entre les eaux (( vadeuses » et les eaux « juvéniles » ou « hypogènes » ('), c-est-à-dire combien il est difficile de faire la part exacte des infiltrations superficielles d’origine externe ayant pénétré en profondeur et celle des eaux d’origine profonde, qui ont toutes deux pu
- 1. La radioactivité peut être un argument à invoquer en faveur de la présence de telles eaux.
- Il faut indiquer en eflct, que si les eaux thermales d’Aix--lcs-Bains sont riches en éléments chimiques, elles sont également très radio-actives.
- contribuer théoriquement à alimenter la 1 « fissure thermale », et avoir suivi le plan de discontinuité tectonique servant de voie de remontée des eaux chaudes.
- L'intervention de venues hypogènes ou « juvéniles » d’origine intra-tellurique, est possible mais nullement indispensable pour expliquer l’origine des eaux thermales d’Aix-lès-Bains
- Quoi qu’il en soit, le régime des sources thermales alpines — car l’interprétation indiquée ici se présente comme susceptible d’être appliquée à toute une série de sources des Alpes — est fort différent de celui que présentent d’autres contrées riches en stations hydrothermales, comme par exemple le Massif central de la France, région plus fortement décapée, portant les traces de manifestations volcaniques récentes, qui fournit des types de minéralisation fort différents de celui des sources alpines et dans laquelle les venues hypogènes ou « juvéniles » peuvent jouer un rôle plus important.
- L-Mayet.
- UN ARTIFICE OPTIQUE AU CINÉMA
- On reproche à la photographie ordinaire l’absence de relief de l’image qu’elle fournit; cette notion du relief peut être seulement obtenue, dans la pratique courante, par la vision coujuguée de deux images prises à l’aide d’un appareil stéréoscopique. Avec un appareil simple, de même que dans le cas de la vision avec un seid œil, la sensation de la succession des plans, ou de leur recul, nous est fournie d’une manière purement conventionnelle, basée sur l’éducation oculaire par expérience acquise : lignes de perspective fuyante, recoupement des plans les uns par les autres, et effet des lointains de plus en plus noyés dans la lumière diffuse. A l’aide de ces éléments, peintres et dessinateurs peuvent donner à leurs œuvres les qualités qui permettent de les interpréter en profondeur, quoique peintes ou tracées sur une surface plane unique. Ën photographie de même qu’en peinture, la notion de profondeur n’existe donc qu’autant qu’elle est traduite par des effets appropriés.
- Supposons maintenant une image unique réalisée photographiquement par un artifice groupant les uns près des autres des éléments disparates et diversement situés : l’œil est incapable d'appréciation quant aux conditions mêmes de situation, en l’absence de tout relief. Ce défaut capital des images uniques, on en peut tirer parti. Si l’on reproche à ces sortes d’images la platitude relative qu’elles donnent aux vups cinématographiques —si vivantes par ailleurs — du moins permettent-elles des réalisations ayant pour avantage de se traduire par de considérables économies. Expliquons-nous.
- Il est superflu de rappeler la prodigieuse exten-
- sion des spectacles cinématographiques, leur cadre de plus en plus élargi et les dépenses de peine et d’argent qu’entraîne la mise en scène de scénarios visant au toujours plus grandiose ou plus passionnant. Ne parlons pas de certaines œuvres d’art dans ce genre, pour lesquelles les millions — de dollars surtout! — se dépensent sans compter. Mais il en est d’autres qui, pour une raison ou pour une autre, doivent être réalisées d'une manière plus modeste : on ne peut toujours songer ni à édifier un château féodal dont il semble que les tours sourcilleuses vont se perdre dans les nuées, ni à construire une ville entière dans un site approprié, ni à transporter une troupe d’artistes sur un point quelconque du globe, et tout cela pour une courte; scène, parfois...; même ne reculerait-on pas devant les frais de voyage devenus actuellement fantastiques, qu’on ne pourrait peut-être se flatter de rencontrer le cadre exact, qui harmonieusement, doit servir à l’animation de scènes telles qu’elles ont été conçues pour l’enchaînement de l’action, surtout s’il s’agit de sujets légendaires. Nous n’apprendrons rien à nos lecteurs en leur rappelant que dans bien des cas, des décors habilement exécutés, paysages comme toile de fond, fragments de maisons ou de monuments, remplissent le plus souvent tous les desiderata. Cependant, c’est ici que nous nous arrêterons, et le but de ces lignes est de montrer le parti qu’on peut tirer de tels moyens, conformément aux données exposées dès le début.
- Photographions deux objets inégalement distants de l’appareil et disposés de telle façon qu’aucun détail d’éclairage, qu’aucune ligne fuyante ne per-
- p.12 - vue 16/663
-
-
-
- UN ARTIFICE OPTIQUE AU CINÉMA
- 13
- Fig. i.
- L’illusion du géant et du nain au cinéma.
- mette, par effet de perspective, de distinguer leurs positions réciproques : sur l’épreuve ils paraîtront ramenés au même plan ou collés l’un à l’autre. Si la base sur laquelle sont placés deux personnages se trouve précisément au niveau de l’objectif, aucune ligne de fuite du sol ne fournira la sensation de l’éloignement; et ces deux personnages pourront alors donner l’illusion d’un Lilliputien conversant, par suite d'attitudes appropriées, avec un géant démesuré, (fig. 1).
- Grâce à de tels artifices, on arrive à des interversions apparentes tout à fait remarquables, de dimensions ou de plans, en photographiant de près un élément de taille réduite qui pourra paraître gigantesque à côté de ceux qui ont été placés très loin de l’objectif. Mais il faut, dans de tels cas, combiner judicieusement l’éclairage et la tonalité des sujets, et placer celui du premier ulan à la distance néces-
- saire pour ne pas entraîner de différence sensible dans la mise au point (distance qui est faible, relativement, avec les objectifs à courts foyers, utilisés en cinématographie).
- Il est donc possible, partant de ce procédé, de réaliser des mises en scène, des décors plus exacte-tement, qui donneront par un savant rapprochement, l’illusion d’avoir été obtenus directement devant un cadre aux lignes grandioses (fig. 2) ; par exemple des personnages minuscules évoluant au pied d’un château fantastique, ou dans une caverne aux voûtes immenses. Le château est alors une petite silhouette découpée (placée non loin de l’appareil) et dont les détails de la base, par un habile repérage, se raccordent en perspective avec les éléments réels constituant le milieu éloigné où évoluent les personnages, et qui ne comporte qu’un sol accidenté. La caverne? Ce sera un petit décor artis-
- - /
- j V
- Apparence agrandie Sa. J
- ^ .> du petit décor rapproché IfftSjfd Se raccordant avec la
- K'" - ! toile de Fond elle sol accidenté
- .... "
- r&nd ^ - - - - — ^ - -
- Fig. 2.
- U illusion du paysage réalisée au cinéma.
- p.13 - vue 17/663
-
-
-
- 14 -...-.- LES NOUVEAUX LABORATOIRES DE L’ÉCOLE CENTRALE
- tement peint, avec ses arches découpées, au travers desquelles on photographiera sur un fond. sombre les acteurs rapetissés par l’éloignement et agissant sur un sol approprié, se raccordant, comme dans le cas précédent, aux linéaments modelés sur le petit décor avancé. Nous avons vu, toujours par le même procédé, réaliser un village oriental dans un site montagneux, et dont seules les bases des maisons avaient été édifiées dans un parc; les étages supérieurs, balcons ouvragés et toitures se profilant sur le fond montagneux étaient peints sur un petit décor se superposant exactement en perspective aux rudiments de constructions.
- Aussi simples que soient en théorie de tels pro-
- cédés, ils réclament cependant une très grande habileté technique de la part des décorateurs et constructeurs machinistes, et aussi leur étroite collaboration. L'elïêt et les détails d’un décor doivent se raccorder rigoureusement, grâce à une science profonde des tonalités et de l’éclairage, avec les constructions ou objets réels servant de cadre aux évolutions des artistes.
- De ces moyens, malgré les soins minutieux et compliqués qu’ils réclament, les metteurs en scène peuvent tirer des ressources étonnantes, tant au point de vue de l’économie que de certains effets pittoresques difficiles, sinon impossibles, à rencontrer dans la réalité. R. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1925.
- La glande verte de l’Écrevisse. — Un précédent travail de L. Marchai a montré que le rein antonnaire de ce crustacé diffère notablement des appareils homologues des autres Décapodes. Le labyrinthe y esL en effet formé de deux parties distinctes et se caractérise par la « substance blanche ». Une étude approfondie de M.'Ëd. Fischer établit les trois points qui suivent : le saccule de l’Ecrevisse est assimilable au saccule des autres Décapodes; sa substance verte est analogue à leur labyrinthe et comme correspondant à leur vessie on peut considérer l’ensemble substance blanche et vessie du crustacé en question.
- Au sujet du sesquioxyde de fer. — Les expériences de MM. Henri Abraham et R. Planiol signalent une variété ferromagnétique de cet oxyde Fe203 qui semblerait correspondre à une série distincte de sels ferriques. Ils l’ont isolée en réduisant vers 500°, par le gaz CO, du colcotar et en chauffant lentement la magnétite obtenue dans un courant d’air à‘200-251°. L’oxydation se produisant sans incandescence, donne une poudre brune, un peu jaunâlre, dont le magnétisme est voisin de celui de la magnétite qui l’a produit. Si celle-ci a été allumée dans l’air, elle brûle à la façon de l’amadou, mais elle aboutit à un oxyde Fe203 non magnétique.
- La glande purpurigène des Murex et des Pourpres.
- L’étude de M. Fischer infirme les résultats annoncés par le professeur R. Dubois sur le rôle de cet organe, sécrétant une substance venimeuse pour permettre au
- carnassier d’intoxiquer et de paralyser sa proie avant de la dévorer. Remarquant à son tour que, lors de la ponte, les œufs se segmentent et les embryons se développent dans une enceinte riche en substance purpurigène, M. Fischer estime (jue celle-ci fait partie intégrante de leur milieu, et cela confirme que, chez la femelle du Murex, la glande joue, du moins jusqu’ici, un rôle purement génital. <
- L’étude dilatométrique des fontes. — MM. Pierre Chevenard et 4. Portevin insistent de nouveau sur l’emploi de l’appareil différentiel enregistreur que l’un d’eux a mis au point: en 1917;et montrent que l’étude dilato-métrique des fontes permet de suivre lés transformations complexes qui s’effectuent au cours du chauffage et du refroidissement. Ces ingénieurs pensent pouvoir, par cette méthode, caractériser la tendance à la graphitisation des fontes, comme on arrive actuellement à définir le pouvoir trempant d’un acier. La méthode dilatomélrique fournirait ainsi un procédé complet d’ana-lvse qualitative et quantitative, supérieur à la méthode thermique pour les phénomènes qui s’accomplissent en milieu solide.
- Election. — Dans sa séance du 25 mai, l’Académie a élu M. Gustave André, Membre de la section d’Econo-mie rurale, en remplacement du professeur Maquenne décédé.
- Pau, IL
- LES NOUVEAUX LABORATOIRES DE L’ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES
- Nous avons rendu compte de l’inauguration des nouveaux laboratoires de l‘Lcole centrale des Arts et Manufactures. Dans le présent .article nous donnerons quelques détails complémentaires, accompagnés de photographies, sur ces belles installations,
- toutes dues à l’initiative privée et qui font honneur à notre grande Ecole d’ingénieurs. Installés soit .dans^quelques pièces du premier, étage,.soit; dajis un vaste hall construit sous la grande cour de l’établissement, ils sont pburvus d’un outillage perfee-
- p.14 - vue 18/663
-
-
-
- LES NOUVEAUX LABORATOIRES DE L’ECOLE CENTRALE 15
- tionné dû aux libéralités d’un groupement fondé en 1909 par M. Paul Buquet, ancien directeur de l’institution. Cette « Société des amis » trouva auprès des anciens élèves, de certains industriels et de divers organismes les capitaux nécessaires pour aménager un laboratoire de physique générale, un laboratoire d’essais mécaniques des matériaux de construction,' des salles de physique industrielle et de traitement thermique des produits métallurgiques et sur un vaste hall souterrain de 60 m. (fig. 1,) de longueur et de 10 mètres de hauteur où se trouvent réunis les machines-outils les plus diverses, un atelier de fonderie et un laboratoire électrotech-
- Fig. i. — Grand hall souterrain.
- Au premier plaît : machines-outils. Au fond : atelier de londerie.
- hig. 2. — Tableau de la distribution générale d’électricité et pont roulant du grand Laboratoire du sous-sol.,
- De son côté, le laboratoire d’essais des matériaux, grâce à son organisation et à son outillage modernes, l’emporte de beaucoup sur les établissements similaires de France et peut soutenir la comparaison avec ceux des écoles techniques allemandes ou américaines. On y rencontre entre autres : une machine Thomasset (fig. 5) horizontale pour essais de traction jusqu’à la charge maximum de 50 tonnes, un pendule de Charpv de 50 kgm. et un mouton rotatif Guillery de 60 kgm. pour les essais de choc, plusieurs types d’appareils : pendule Herbert, machine Bollée et Guillery pour les essais de dureté, un enregistreur Gueugnon pour l’étude des lois de la dynamique, une presse
- nique avec station transformatrice (lig. 2). _ '
- Les intallations électriques du sous-sol comprennent, en particulier, une cabine d'arrivée et de transfor-' mation dû courant à haute tension1 provenant du réseau,- une sous-sta-' lion de transformation et d’essais,' une batterie d’accumulateurs et des tableaux-pupitres pour les trâvaux4 pratiques des élèves (fig: 5).
- Parmi les machines-outils (fig. 4) figurent les types les plus récents de tours, de machines à tailler les engrenages, de raboteuses, de perceuses, de machines à travailler le bois, etc. Enfin deux ponts roulants électriques et un monorail desservent les travées du vaste hall souterrain. ’ •
- p.15 - vue 19/663
-
-
-
- 16 LES NOUVEAUX LABORATOIRES DE L’ÉCOLE CENTRALE
- ques et à tous les contrôles ou essais des produits métallurgiques.
- On le voit par cette rapide visite, les nouveaux laboratoires placent l’École centrale des Arts et Manufactures au premier rang des établissements d’enseignement technique du monde;; entier. Son directeur actuelM. Guillet, célèbre par ses études sur les alliages, a donc heureusement parachevé l’œuvre de ses prédécesseurs, MM. Buquet, Noël et Bochet. Grâce à une organisation rationnelle des programmes, à une association constante de la théorie et de la pratique dans l’enseignement, M. Guillet et ses collaborateurs s’efforcent de donner d’abord aux ingénieurs une culture technique gé-
- hydraulique pour les essais de compression et un appareil Amsler pour les essais de pliage des fils et tôles.
- Dans le local du sous-sol, on peut également procéder à tous examens physiques ou mécaniques sur les ciments, chaux, plâtre, sur les bois, les papiers et les produits textiles.
- Dans les salles de physique industrielle, des fours à creusets, à bain de plomb (fig. 6) et à bain de sel, un four électrique à résistance, un four à haute fréquence, une installation de forge avec un petit marteau-pilon, des matériels de trempe et cémentation, des pyromètres et autres appareils de mesure permettront aux élèves. de s’initier à toutes lès méthodes de traitements thermi-
- Fig. 5. — Machine Thomasset horizontale de 5o tonnes pour essais de traction.
- Pig, (>. — Laboratoire des essais mécaniques, physiques et métallo graphiques.
- néralc, puis de les spécialiser ultérieurement. Pour diriger, en effet, les grandes entreprises industrielles d’aujourd’hui, il faut non seulement des spécialistes habiles mais des hommes à l’esprit ouvert, aux vues larges, initiés aux nouvelles découvertes scientifiques et très au courant des récents progrès accomplis dans les diverses branches du génie civil.
- L’élection de M. Guillet à l'Académie des Sciences dans la section des Applications à l’industrie, est venue ce mois-ci, non seulement couronner ses beaux travaux personnels, mais récompenser aussi l’heureuse impulsion qu'il donne actuellement à l’École Centrale. IL Vnuins.
- Le Gérant : P- Massok. — Imprimerie Lahuhe, 9, rue de Fleurus, Pans.
- 1925.
- p.16 - vue 20/663
-
-
-
- N° 2675
- M ' IVHK 2>
- SOMMAIRE :
- Industrie de l’alfa : G. Durocher.
- La vie des rails des chemins de fer et des tramways : Edmond Marcotte.
- Les Serpents qui ressemblent aux vipères : Alex. Feuillée-Billot.
- Le side-car pour le transport des blessés : P. Maréchal. SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Recettes et procédés utiles.
- Boîte aux lettres.
- LE NUMÉRO
- France . . , . Union postale.
- 1 franc 1 fr. 25
- MASSON ET O, Éditeurs.
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- p.n.n. - vue 21/663
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRA
- Fondé par Gaston Tiisandier
- MASSON et C1*, Éditeurs, 12®, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI*. (1{eg. Comm. ; Seine iS.ilj.)
- ! France et Colonies Etranger...........
- Un an : 50 fr. — Six mois : 25 fr. Un an ; 60 fr. — Six mois : 30 fr,
- Prix du numéro : France, 1 franc; Union postale, I fr. 25 — Changement d’adresse : I franc.
- On s’abonne sans frais dans tous les bureaux de poste par simple uersement du montant de l’abonnement
- à notre compte postal N• 599.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et leB ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C‘\i2o, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- if
- ThantiersMEDOC
- 3£ rue Poyenne. BORDEAUX.
- CANOTS AUTONOBdES&MOTEURS MARINS
- être* I
- 4.ooof. I
- 5"?
- &ooof.
- 6 T*
- 11. ooof.
- 24.o oof.
- •S
- Remorqueurs- Hydroplanes_Racers etc. AUTOHALEUR FALGUIÈRE amovible pour gros tonnage
- JVC. Bordeaux
- *
- Un négatif sur
- que veux tirerez sur nos nouveaux papiers
- RHOLUXE
- QU
- vous apprendra ce que la photographie peut aivourd'hui vous offrir de plus complet.
- Lumière et Jougla
- cS Mue do llivoli, Pnris.
- CRITERIUM "PORRO”
- JUMELLE A PRISSES EXTRA LUMINEUSE
- La Meilleure, la moins Chère
- Catalogue franco X. LOLLIERi Cttutooetew 47. Rne Tnrbico. PARIS (3*)
- R**. Comm. t Setna <34.278
- S. E. R.-
- 12, Rus Lincoln — PARIS Haut-Parleurs~Ampl(ficntçiir5 mécaniques Postes récepteurs pour toutes distances Demandez fa Notice NT
- p.n.n. - vue 22/663
-
-
-
- 1 JUILLET 1925
- LA NATURE. —/.N0 2675.
- INDUSTRIE DE L’ALFA
- L’alfa est une plante qui pousse à profusion sur les plateaux brûlés du soleil du Nord de l’Afrique. Son emploi est considérable dans une foule d’usages, tels que la corderie, la brosserie, la sparterie, ceci depuis de très longues années. Mais il est une autre industrie, infiniment plus importante pour laquelle l’alfa peut trouver actuellement un débouché illimité, c'est la papeterie. Il n’est pas sans intérêt de connaître cette matière première que notre sol
- tance aux ports d'embarquement est en moyenne de 120 kilomètres.
- Dans la province d’Alger les districts d’alfa comprennent Djelfa, Megzem, Jebel Sahard, Zenina, Chabel Zarma, Jebel Amour, Boukahil. La région est sillonnée de cours d’eau, la production est abondante, l’éloignement de la mer varie de 225 à 250 kilomètres.
- La province d’Oran est peut-être une des
- Fig. i. — Arrivée de l’alfa aux chantiers.
- d’Algérie peut nous fournir très abondamment.
- Le nom botanique de l’alfa est Siipa tenacissima ou stipc empennée éminemment tenace. Cette plante, de la famille des graminées, croît avec la plus grande facilité en Algérie. Son développement y couvre plusieurs milliers d’hectares, occupés particulièrement par les hauts plateaux. Ce végétal se trouve surtout à l’altitude de 500 à 1200 m., mais il ne prospère pas aux endroits où la moyenne annuelle des pluies excède 55 centimètres.
- L’alfa pousse en Algérie, dans la province de Constantine, dans le centre de la province d’Alger et dans la province d’Oran. Le district productif d'alfa dans la province de Constantine comprend Tebessa, Bir el Aster, Medea, Jebel, Chekar, Sidi-Abid, El Amra, Mizah, Oula et Guerra. Les courants d’eau fraîche y sont nombreux et la dis-
- 53e Année- — '«* Sejnesire- <
- riches en alfa ; on y trouve d’inépuisables moissons, et certes le terme n’a rien d’exagéré si l’on considère les immensités sud-oranaises qui s’étendent de Saïda aux Chotts et même au delà ; de Marhoum à Frenda vers l’Est, de Bedeau à El-Aricha vers l’Ouest. Comme on le voit, la zone d’exploitation de l’alfa est immense.
- L’exploitation de l’alfa remonte à la plus haute antiquité, et il est probable que tous les peuples qui ont occupé les terrains à alfa ont utilisé cette précieuse graminée.
- Dioscoride et Pline qui ont tous deux voyagé en Espagne ont parlé de l’alfa. Pline décrit même les opérations de la récolte et les manipulations qui permettent d’utiliser ce textile. Déjà à cette époque, l’alfa était exporté sous forme de cordages pour les navires et c’est Carthagène qui était le centre de
- 2. — 17.
- p.17 - vue 23/663
-
-
-
- t8 — ' ^ --=- INDUSTRIE DE L’ALFA
- production. On tissait aussi des étoiles et l’on' confectionnait avec les brins d’alfa des nattes et des tapis. . -
- Voici comment se fait l’exploitation de l’alfa, d’après M. Trabut, professeur à l’Ecole de Médecine d’Alger, à qui l’on doit d’intéressantes- recherches botaniques sur cette plante.
- La feuille d’alfa se compose de deux parties très distinctesle limbe et la gaine; la réunion de ces deux parties se fait par une véritable articulation. Aussi, une traction sépare facilement le limbe et la gaine; c’est cette facilité de se désarticuler qui est le point de départ de tous les procédés d’extraction ou d’arrachage.
- La façon d’opérer des Arabes est assez curieuse. L’ouvrier ayant à la main un bâtonnet d’environ 40 cm, fixé au poignet au moyen d’un lien de cuir, saisit avec la main droite une poignée de feuilles, l'enroule sur le bâtonnet tenu obliquement et tire avec les deux mains par saccades ; de nombreux brins se désarticulent; mais aussi presque toujours deux ou trois rameaux de la souche se rompent et suivent les feuilles.
- L’ouvrier passe alors la main droite sous les extrémités inférieures des brins, y rencontre les rameaux pendant qu’il rejette les feuilles qui y adhèrent, ne gardant autant que possible que les limbes désarticulés, dont il fait une poignée en réunissant le produit de plusieurs touffes. Malgré ce premier triage, l’alfa porté âu chantier contient encore de nombreuses gaines.
- Après la récolte, le sol est ainsi jonché de rameaux rompus et c’est avec ces débris que les gardes reconnaissent facilement ,1c passage des .maraudeurs dans les terrains d’alfa gardés.
- Ce glanage au bâtonnet permet à un ouvrier robuste d’extraire 50 à 40 kg par heure dans les .régions bien peuplées. - ,
- On peut aussi cueillir l’alfa avçc la main solidement gantée et choisir ainsi les brins ; ce procédé serait le'meilleur pourra conservation de la plante, .mais il n’est guère suivi, car il; pe permet, pas de récolter plus de 18; à; 20; kg jiat\ heure. 11 es,t vrai que les feuilles sont choisies,, ce qui dirninuc les frais de triage, et le déchet. , , • i
- Les ouvriers espagnols, qui se livrent, à la récolte, opèrent plus activement; ils .prennent'dp plus fortes poignées et arrachent ainsi plus de rameaux. Les Arabes, au contraire, glanent çà et là,.prennent les poignées par le sommet des feuilles,
- font' un' effort de traction moins considérable en laissant de nombreux brins sur les touffes. Ils ménagent mieux la plante.
- Il y a quelques années, on avait proposé de faucher l’alfa, mais on a remarqué que ce procédé avait de sérieux inconvénients, en particulier celui de faire dépérir rapidement les touffes complètement dépouillées.
- C’est généralement en été que commence la campagne annuelle des alfas qui se terminera en fin novembre au plus tard.
- Dès les premiers jours de juillet, de longues théories d’indigènes, accompagnés de leur femme et de leurs enfants, les uns à pied, les autres juchés sur les montures les plus variées, arrivent des contrées désertiques pour travailler à la cueillette des alfas, particulièrement dans les domaines privés dont certains comme ceux de la Société Générale
- des Alfas s’étendent sur 500 000 hectares.
- À la tombée de la nuit, chacun dresse sa tente au hasard de l’endroit; l’installation est rapidement faite èt dès le matin, chaque membre de la famille s’en va cueillir le précieux tex tile.
- Une cueillette rationnelle est d’une importance capitale, tant au point de vue de la conservation des alfas, qu’à celui de leur qualité et de leur régularité dans le rendement en cellulose. Aussi ,,|e montre-t-on très rigoureux dans la réception dés marchandises. j
- Des indigènes peu scrupuleux rie craignant pas de joindre à l’intérieur des bottes des racines quelconques destinées à en augmenter le poids, ou des « cannes », parties dures de la tige, dont la présence dans la pâte d’alfa en déprécierait la qualité, les préposés au service de l’agréage examinent les gerbes avec la plus grande attention et refusent impitoyablement celles qui paraissent défectueuses.
- Après la récolte de l’alfa, on procède au séchage et c’est là une opération très importante de l’exploitation. On sèche l’alfa debout, en paquets que l’on remanie à plusieurs reprises, en faisant passer la partie de l’intérieur à l’extérieur et réciproquement.
- - On choisit pour effectuer le séchage un terrain dépourvu de végétation. L’opération marche vite par les journées sèches et ensoleillées de l’été; elle peut se faire en 5 ou 5 jours. Si la pluie survient pendant le séchage, il faut sécher à nouveau, car l’alfa mouillé,ou mal séché est très rapidement couvert /le petits champignons,qui le noircissent et
- p.18 - vue 24/663
-
-
-
- INDUSTRIE DE L’ALFA
- 19
- lui enlèvent sa ténacité, et, partant, sa valeur commerciale.
- Dès que la dessiccation est eHèctuee, l’alfa est transporté aux lieux de réception où il subit un certain nombre de manipulations.
- L’alla étendu sur de grandes tables est trié par des femmes qui séparent les brins noirs, attaqués par les cryptogames, des graines laissées souvent en grande quantité, de 5 à 10 pour 100. L’alfa sain est ensuite classé suivant les industries auxquelles on le destine. La matière est pesée et mise en balles cerclées à la presse hydraulique, puis transportée au port et livrée au commerce.
- Le procédé d’extraction que nous venons de décrire est le même dans toute la région de l’alfa, et depuis Pline, qui en parle assez longuement, rien ne parait avoir été changé. Cette extraction au bâtonnet ne sera abandonnée qu’après l’invention d’une machine donnant un rendement supérieur. Celle industrie algérienne fait vivre un très grand nombre d’indigènes.
- Emploi de l'alfa en papeterie. — La papeterie ne trouvant plus en circulation la quantité de.chiffons nécessaire pour une fabrication, tous les jours plus considérable, a essayé un très grand nombre de végétaux fibreux : l’alfa, la paille, le bois, le jute.
- C’est aux Anglais que revient l’honneur d’avoir vulgarisé l’usage de l’alla dans la fabrication du papier, permettant d’obtenir ce papier souple, soyeux, en même temps très résistant, sur lequel les caractères d’imprimerie se détachent nets et précis.
- En France, la pâte d’alfa sans être inconnue, n’a pas été d’abord aussi rapidement utilisée. Il faut reconnaître cependant qu’actuellement plusieurs papeteries importantes utilisent cette matière première.
- D’après des renseignements fournis par M. de Vains (*), ingénieur, lequel a puissamment contribué au traitement de l’alfa en France, cette matière première est employée par :
- 1. Voir U Industrie chimique, '1924.
- ' - -, - * , * * ï “u
- ' A.' ^ "
- rnim
- W!&ÊÊËmtwmsîÿi
- A, :
- 'or
- Fig.
- Une fabrique de cellulose d’alfa : vue générale.
- Fig. 3.
- Fibres d’alfa vues au microscope.
- Les Papeteries Outhenin-Chalandre, à Scveux (Haute-Saône).
- Les Papeteries de France, à Lancev (Isère).
- Les Papeteries de Navarre, à Monfourat (Gironde).
- La consommation totale de ces papeteries ne dépasse pas 12 000 tonnes d’alfa par an, correspondant' environ à 5000 kg de pâte à papier blanchie.
- Un effort très sensible est fait en ce moment en France pour l’utilisation de l’alfa comme matière première de papeterie.
- Le problème à résoudre dans la fabrication de la pâte d’alfa consiste à dissocier les fibres par la dissolution des composés pectiques qui les unissent, de manière à obtenir la cellulose dans un état de pureté convenable, tout en conservant aux éléments fibreux l’élasticité, la force, la longueur qui leur sont nécessaires pour produire par leur enchevêtrement le feutrage indispensable à la confection du papier.
- Pratiquement, l’alfa est traité à • peu près comme la paille. On oom-mence par trier les brins; une toile sans fin entraîne les feuilles, et des ouvriers saisissent rapidement au passage les impuretés.
- L’alfa est ensuite traité ainsi : on l’introduit dans une lessiveuse avec quatre fois son poids d’eau; on y ajoute 8 à 9 pour 100 de soude calculés sur le poids d’alfa, puis on cuit le tout pendant 4 heures sous une pression de 204 kg.
- L’alfa ainsi lessivé, est lavé il grande eau. La pâte obtenue est soumise à l’action de l’hydrate de
- ii4
- p.19 - vue 25/663
-
-
-
- 20 ........INDUSTRIE DE L’ALFA
- Fig. 5. — Lavage, épuration et blanchiment de la cellulose d'alfa.
- chlore, puis à l’action de la soude diluée; elle est enfin blanchie au moyen d’une solution d’hvpo-chlorite de chaux.
- L’alfa donne un papier souple, soyeux, résistant, transparent, d’une grande pureté. Ce papier a beaucoup plus d’épaisseur pour le même poids que tout autre papier. Il prend très bien l’impression, il fait matelas sous les caractères d’imprimerie, qualité très recherchée; il convient très bien pour les éditions de luxe, les belles gravures.
- Ainsi que l’a fait remarquer M. De Vains, pour que l’alfa puisse être utilisé en France comme il l’est en Grande-Bretagne, il faudrait que le fret du Nord de l’Afrique en France soit moins élevé. Les vapeurs anglais qui amènent du charbon en Algérie, en Espagne ou à Gibraltar, offrent pour l’alfa un fret de retour très économique. Les vapeurs français qui vont en Algérie trouvent dans les céréales, les primeurs et les vins un chargement rémunérateur et n’acceptent l’alfa qu’oceasionnel-lement et dans tous les cas à des frets élevés parce que le monopole de pavillon les met à l’abri de la concurrence. C’est ainsi que les Anglais paient pour l'alfa d’Algérie en Lcossc 20 à 50 fr. de fret par tonne, alors que nous payons d’Algérie à Marseille ou les ports de l’Atlantique 50 à 75 fr. par tonne,
- En outre, les frais de manutention dans nos ports) sont extrêmement élevés. A ces frais, il y a lieu d’ajouter ceux du transport par chemin de fer, si bien que la tonne d’alfa qui coûte FOB :
- Oran. . ...............
- Paie comme fret . . .
- Transbordement . . .
- Transport ferroviaire .
- Revient à..............
- en usine. Or, comme il faut deux tonnes et demie d’alfa pour faire une tonne de cellulose blanchie, le
- prix de revient de la matière première est déjà de 587 fr. 50.
- Ce prix, augmenté des frais de fabrication, ne permet pas de lutter contre les pâtes Scandinaves qui, en période normale, valent 800 francs, et c’est pour cela que le développement de la fabrication de la cellulose d’alfa est resté si longtemps stationnaire en France jusqu’au jour où des procédés particulièrement économiques ont permis, en réduisant les frais de fabrication, d’atteindre un prix de revient sensiblement égal à celui des pâtes Scandinaves. ,
- 11 faut espérer que d’ici quelques années, si l’on parvient à organiser le transport de l’alfa du Nord de l’Afrique en France, la fabrication de la cellulose d’alfa pourra être développée considérablement, parallèlement à celle de la cellulose de paille et qu’ainsi nous n’aurons plus à acheter à l’étranger des quantités formidables de cellulose que nous payons à l’heure actuelle, par suite de la crise des changes, plus de 1500 francs par tonne.
- Comme suite à l’utilisation de l’alfa par les papeteries françaises, nous extrayons les lignes suivantes d’un récent Bulletin de l’Office du Protectorat français en Tunisie (siège au Palais-Royal, à Paris), où l’on étudie la situation de l’alfa dans la Régence, dont les peuplements couvrent une superficie de l 200 000 hectares environ.
- Les plus intéressants, tant au point de vue de la qualité de l’alfa que des conditions générales d’exploitation et de transport, s’étendent de part et d’autre des voies ferrées de Sfax à Gafsa, et de Sousse à Etichir Souatir sur 250 000 hectares.
- Suivant la longueur de l’alfa et la densité des toulïes, le rendement moyen varie, par hectare, de 500 à 1500 kg d’alfa vert, de 570 à 1125 kg d’alfa sec, soit en moyenne 750 kg de matière sèche.
- Une tonne métrique de pâte à papier exige pour sa fabrication 2150 kg d’alfa desséché à l’air. Il
- p.20 - vue 26/663
-
-
-
- LA VIE DES RAILS DES CHEMINS DE FER ET DES TRAMWAYS —.- 21
- s'ensuit que la fabrication de 1000 kg de pâte à papier exige la production de 2,1.50 : 750 — 2,86, soit 5 hectares.
- Le rendement annuel possible de la zone de 250 000 hectares serait par conséquent 250 000 : 5 = 85 000 tonnes de papier.
- Mais c’est là un rendement théorique qui suppose économiquement exploitable toute la surface occupée par l’alfa. Il faut tenir compte des vides, des parties clairsemées, cultivées par les indigènes ou fatiguées par des exploitations abusives. 11 est donc prudent de n’admettre comme production pratiquement possible que la moitié à peine de celle qui vient d’être indiquée, soit un rendement possible de 150 000 tonnes de pâte à papier ou 500 000 tonnes d’alfa vert.
- L'exploitation moyenne ne dépasse pas jusqu’ici 50 000 tonnes ; il existe donc, quelle que soit la demande de l’étranger, de très grandes disponibilités pour les industriels français.
- Dans la période 1910-1910, la Tunisie a exporté annuellement une moyenne de 58 600 tonnes d’alfa (dont 51 110 à l’Angleterre, 1950 à la France
- En J 920 l’exportation atteignait 57 000 tonnes, dont 55 000 à destination de l’Angleterre, 1504 de la France et 514 de l’Italie.
- La Tunisie est donc en mesure, dans l’état actuel des choses, de fournir des quantités d’alfa très supérieures à celles qui lui sont demandées.
- D’ailleurs l’alfa et la pâte d’alfa sont exemptés de tous droits de sortie (depuis le 21 décembre 1921) et des démarches sont faites auprès du gouvernement français pour que ces produits soient exonérés
- de droits de douane à l’entrée en France (2 francs par 100 kg pour les pâtes chimiques).
- Les autres emplois de l’alfa. — Ainsi que nous l’avons dit précédemment, l’alfa est utilisé depuis les plus hautes antiquités pour ses libres. De nos jours, l’alfa est employé pour les usages les plus variés.
- Dans la vannerie, la corderie, la fabrication des nattes, on utilise les brins longs d’alfa préalablement blanchis à l’air ou à l’acide sulfureux. En Algérie, les indigènes font avec l'alfa et des fds de laine des nattes grossières qui servent de matelas aux nomades.
- L’alfa destiné aux tissus subit un assez grand nombre de manipulations. Il faut d’abord procéder au rouissage pour pouvoir séparer les fibres du reste de la feuille. Ce rouissage s’opère le plus souvent à l’eau de mer, M. Trabut a reconnu que c’est encore le mode opératoire qui donne les meilleurs résultats.
- Après rouissage, l’alfa est séché, puis on procède au battage qui se fait à la main ou à la machine. A la main, cette opération se pratique simplement en frappant fortement une poignée d’alfa roui sur une pierre au moyen d’un bâton. Ce procédé est primitif. On utilise plutôt une machine qui n’est qu’une sorte de pilerie, formée d’un pilon de 50 à 120 kg, tombant d’une hauteur de 50 cm et donnant 40 à 50 coups par minute. Cet appareil est mu par une chute d’eau ou à la vapeur.
- On exécute ensuite le peignage qui se fait au moyen d’un peigne circulaire ; la matière est alors prête pour la filature qui a lieu comme avec les autres textiles.
- G. Dciîociikr.
- LA VIE DES RAILS DES CHEMINS DE FER ET DES TRAMWAYS
- La rupture d’un rail de chemin de fer suffit à déterminer une catastrophe et nous avons malheureusement, pour illustrer cette thèse, des exemples sur lesquels nous n’insisterons pas. Si de tels accidents émeuvent l’opinion publique, ils touchent plus directement les Compagnies de chemin de fer qui s’ingénient à perfectionner sans cesse la tenue des rails qu’elles emploient. La sécurité, n’est d’ailleurs pas le seul souci des administrateurs, qui cherchent aussi les moyens de diminuer l’usure et, par conséquent, d’espacer les périodes de renouvellement, fort gênantes pour l’exploitation, dans tous les cas, très coûteuses pour les tramways, à cause du bouleversement des rues, des démolitions et reconstructions des chaussées à l’occasion de ce travail.
- *
- * *
- Les causes de rupture et d’usure des rails ne sont pas encore complètement élucidées.
- Les roues laminent la surface des rails et provoquent un véritable écoulement du métal sur les
- bords (on a noté une diminution de hauteur dé 5 mm en un an sur des voies de tramways très fréquentées.
- Le freinage exerce, sur la couche pelliculaire, un laminage à froid dont les conséquences peuvent être plus graves. La couche superficielle perd son élasticité, c’est-à-dire sa faculté de s’allonger sans rupture, des fissures apparaissent et se développent, particulièrement sur les rails qui ont été laminés à basse température en vue d’augmenter leur dureté.
- Cette pratique est donc dangereuse ; les craquelures peuvent s’enfoncer progressivement jusqu’à 25 mm et tous ceux qui ont une idée de la résistance des matériaux peuvent comprendre que certains accidents pourraient bien s’expliquer de cette façon,
- Cependant les cassures s’observent le plus souvent aux extrémités éclissëes des rails et il semble là que la fissuration superficielle ne soit pas en cause, mais, au contraire, les fissures nées de la ségrégation du lingot, fissures qui peuvent être internes ; les craquelures superficielles indésirables
- p.21 - vue 27/663
-
-
-
- 22 —--. LA VIE DES RAILS DES CHEMINS DE FER ET DES TRAMWAYS
- .ne causeraient de ruptures que si, le métal des couches intérieures étant fragile, les fentes partant „jv delà surfacepou-
- >|| ' vaient ainsi se
- propager et s’étendre. La fragilité la plus dangereuse et la plus fréquente est celle que l’on reconnaît en travers du laminage sur des éprouvettes découpées dans l’àme des
- rails. Les essais au choc de ces éprouvettes seraient donc une garantie sérieuse contre les risques de rupture.
- Ai/onge fr> en rs
- Fig. i. — Graphique montrant rallongement d’un métal sous des efforts croissants jusqu’à la rupture.
- (L’aire hachurée est une mesure du travail total nécessaire pour la rupture.)
- *
- * *
- S’il est difficile de s’apercevoir à temps des fissures profondes, il est facile de constater l’usure.
- L’usure des rails est très irrégulière.
- Elle se manifeste plus spécialement aux extrémités des rails, notamment dans les courbes raides.
- Les chocs et le battage des joints provoquent des oscillations en résonance mécanique avec la période d’oscillation des ressorts pour une certaine vitesse — précisément celle avec laquelle les trains parcourent les courbes en question — et les chocs successifs forment à la surface des' rails des ondulations dont l’écartement permettrait de retrouver la période d’oscillation, phénomène analogue au « broutage » des outils de tour, phénomène dont la formation des flaches rondes creuses dits « nids de poule » sur les routes peut donner une image grossie-
- II importe donc de retarder, autant que possible, la formation du premier creux à la suite duquel d’autres flaches tendent immédiatement à se produire et dont l’écartement est la longueur d’onde du phénomène.
- La dureté de la table de roulement est donc à rechercher et l’on ne voit pas d’autre moyen d’éviter Yusure ondulatoire avec les vibrations croissantes et destructives qu’elle cause suivant une progression inquiétante.
- Cette recherche de la dureté n’implique pas le mépris des autres qualités du métal (ténacité, élasticité, résilience...) dont la principale est sans doute la finesse du grain. Il semble donc que le meilleur acier soit celui qui présente la plus grande dureté superficielle avec une ténacité et une résilience satisfaisantes ; mais, de deux métaux qui auraient ainsi les mêmes caractéristiques, celui dont le grain est le plus lin, est le meilleur. Un rail ancien en fer « au paquet » comprenait : un patin en fer nerveux avec barres corroyées pour former les bords; une âme en fer métis et une partie supérieure en fer « fin grain ». On était arrivé du premier coup à une constitution
- très rationnelle qu’il conviendrait de retrouver par des procédés modernes.
- Les rails doivent présenter trois garanties principales : pour éviter des ruptures, le métal ne doit pas être fragile, particulièrement l’àme, en travers du laminage ; pour éviter l’usure et l’écoulement du métal, leur bourrelet doit être aussi dur que possible avec une résilience suffisante; pour retarder la formation de l’usure ondulatoire, la table de roulement doit, en outre, être parfaitement homogène à grain fin.
- Nous devons relater ici une explication plus ingénieuse qu’exacte. Si l’on considère (ûg. 1 ) le graphique enregistreur d’un essai de rupture, la surface comprise entre l’axe des x et la courbe des allongements successifs sous des efforts croissants jusqu’à la rupture, est la somme des travaux exercés pour arriver à ce résultat. Il se trouve que le travail total nécessaire pour user le métal à Laide d’une lime, serait dans un rapport quasi invariable avec le travail total de rupture — un métal mou, en effet, s’allonge beaucoup avant rupture, laquelle exige, en conséquence, beaucoup de travail; le même métal se lime difficilement parce qu’il encrasse tout de suite tous les creux de la lime. — Et l’on en conclut que les rails mous seraient les meilleurs ! Ce que nous venons de dire sur l’écoulement du métal et l’usure ondulatoire, infirme complètement cette théorie. Les roues ne liment pas le rail, elles agissent par laminage et par chocs rythmés : l’usure — et particulièrement l’usure ondulatoire — se. manifestera donc beaucoup moins, à finesse de grain et à homogénéité égales, sur un métal dur que sur un métal mou.
- *
- * *
- Il est bien évident que l’augmentation de la charge des essieux et de la vitesse des trains conduisent à augmenter les sections des rails. On a tenté aussi l’emploi de rails en deux pièces et l’on a essayé de remplacer l’éclissage par certains assemblages ingénieux, mais les chocs et les vibrations ont toujours été désastreux pour ces Fig, 2. _ Écoulemenl du mélal conceptions. du champignon d'un rail intérieur
- Les recherches d’une courbe du Chesapeake and sur la composi- ®fli0 Raihvay, tion chimique
- sont plus intéressantes le titane épure et désoxyde le métal, le silicium décarbure l’acier et forme un ferro-silicium résistant; les aciers au nickel sont d'un prix prohibitif, La question du prix de revient
- Profil initial
- \, Avril 1322
- Acier Open hearth
- Juin 1323
- p.22 - vue 28/663
-
-
-
- LA VIE DES RAILS DES CHEM1 NS DE FER ET DES TRAMWAYS - 23
- écarte beaucoup de solutions et l’on n’emploie guère, d’une manière courante* que l’acier au manganèse (Mn : 12 pour 100) pour les croisements et appareils de voie particulièrement fatigués.
- Les traitements thermiques des aciers ordinaires au carbone sont plus séduisants.
- Mais, exception faite des rails dé tramways qui reposent sur toute leur longueur dans une fondation solide et continue, il est dangereux d’employer le procédé classique qui vient tout de suite à l’esprit dès qu’il s’agit d’augmenter la dureté d’un acier : la trempe suivie de revenu. Même lorsqu’il s’agit d’un tramway, il faut opérer avec de grandes pré- . cautions afin d’éviter des déformations et des fissures qui feraient perdre tout, le bénéfice du traitement. Signalons, tout de suite, pour n'y pas revenir, que la T. C. R. P. est arrivée à tripler à peu près la durée des, rails sur les sections les plus fréquentées en trempant sur place les rails en service par un procédé,très intéressant, mais qui mérite bien une étude spéciale à cause de son intérêt théorique et de ses conséquences pratiques : économies de rails et de main-d'œuvre pour le renouvellement des voies, suppression des embarras de circulation causés par ces travaux. Plus de 8000 m. sont actuellement traités de cette façon. • J - '
- Cette méthode fort ingénieuse et pratique n’est malheureusement pas admissible sur les chemins de fer, du moins dans les voies principales (car elle est applicable aux voies de garage ou aux voies ferrées des ports sur lesquelles la circulation est toujours lente).
- * *
- Sans rappeler toutes les tentatives infructueuses basées sur les traitements thermiques des rails de chemins de fer, nous allons examiner immédiatement le seul procédé qui soit sanctionné par des essais à grande échelle, longuement poursuivis.
- Entre la structure perlitique des aciers refroidis lentement à l’air et la structure martensitique des aciers trempés, c’est-à-dire refroidis brusquement,
- Fig. 4- — Traitement sorbitique des bandages dé roues par le procédé Sandberg.
- Fig. 3. — Traitement sorbitique des obus en acier doux.
- on peut provoquer diverses structures intermédiaires dont la plus intéressante — et de beaucoup — est la structure sorbitique, dont on peut voir le grain/m, indipc- dp dureté et- cfélasticitéy qualités que-ljqn recherche pour les ressorts’et qui conviciiy nen,t,parfaitement aux rails. Il s’agissait de trouver un moyen pratique pour réaliser la structure sor: bitique. . . -
- C’est pour la fabrication des obus à l’aide des aciers .doux disponibles que M. G. P. Sandberg résolut le problème. Il chauffait le métal au-dessus des points critiques et il le refroidissait à l’aide de jets d’air comprimé dirigés par des tuyères (fig. 5), de sorte que le refroidissement était assez rapide pour éviter la formation de la perlite sans être assez brusque pour donner de la fragilité. j
- Cet appareil a été facilement transformé pour le traitement des bandages des roues des voitures de chemins de fer (fig. 4).
- *
- * *
- Le traitement des rails est peut être encore plus simple et s’opère à la sortie du laminoir sur les étalages; (fig. 5), Le rail est scié, redressé sur son ' patin et ripé sous un çollecteur-refroidisseur.
- Cet appareil est percé de trous d’où l’on projette un mélange d’eau finement pulvérisée avec de l’air, sur la table de roulement du rail. On peut îeglu les masses refroidissantes et la durée du tiattenant qui demeure d’ailleurs très courte. Le ml est en suite abandonné sur les étalages où ses parties non refroidies provoquent le revenu de la surface ti ailée, -et lorsque l’opération est bien conduite, celle-ci jusqu’à une profondeur notable a pris la texture sorbitique, ce qu’il est facile de vérifier à l’aide de microphotographies ou d’épreuves à la bille.
- Les essais mécaniques des éprouvettes découpées dans la partie traitée attestent une augmentation de la résistance à la traction et. de la dureté, ce qu’il
- p.23 - vue 29/663
-
-
-
- 24 = LA VIE DES RAILS DES CHEMINS DE FER ET DES TRAMWAYS
- Tig. 5. — Installation américaine permettant de donner la structure sorbitique aux rails.
- était facile de prévoir, et, en outre, circonstance particulièrement heureuse, de la résistance au choc.
- Nous avons ainsi des rails qui s’useront peu et qui ne se casseront pas.
- Les applications faites en Angleterre et aux Etats-Unis sur des sections extrêmement fatiguées montrent les heureux résultats du traitement pour
- l’usure ordinaire et pour l’usure ondulatoire : la vie des rails, en moyenne, est doublée;
- Nous avons sous la main une série de tableaux donnant des résultats comparatifs d’essais mécaniques. Nous préférons mettre sous les yeux de nos lecteurs les usures relatives moyennes relevées par The Boston Elevated Raiïway sur des rails de
- jbig. 6. — Traitement sorbitique des rails ordinaires aux usines d’Hagondange.
- Les rails sont amenés automatiquement du laminoir au refroidisseur; la table de roulement du champignon est alors soumise à l’action réfrigérante d’un mélange convenablement dosé d'air et d’eau finement pulvérisée. Le traitement dure une minute environ, le rail est ensuite abandonné au refroidissement à l’air naturel.
- p.24 - vue 30/663
-
-
-
- 25
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPÈRES
- divers échantillons placés à la suite l’un de l’autre
- dans des voies en courbe.
- Nature des échantillons. Usure relative.
- Acier coulé au manganèse.... 85
- Acier sorbitique ...... 118
- Acier laminé au manganèse . . 127
- Open hearth........................... 263
- • j : 296
- Acier au titane...............j
- Bessemer ..................... 337
- ( 544
- Acier au titane ...... j ^85
- Acier au titane . ................ 607
- Acier au titane . . . ... . 645
- Bessemer nickel............... 060
- Open hearth................... 1028
- Bessemer................... 1525
- Nous n’avons rapporté qu’une partie du classe-
- ment par ordre de mérite des échantillons soumis aux comparaisons.
- Si l’acier fondu au manganèse tient la tète du tableau, il faut remarquer qu'il coûte sept fois plus que les rails sorbitiques, lesquels ne reviennent pas à plus de i l pour 100 de plus que des rails ordinaires. Nous avons maintenant àllagondange (fîg. 6) une installation qui permet de [traiter tous les rails que l’on voudra, installation qui peut très facilement être doublée, triplée, multipliée suivant les besoins. Souhaitons que cela se fasse rapidement pour les finances des compagnies et pour la sécurité des voyageurs.
- *
- * *
- Il convient donc de soumettre à la trempe in situ les rails des tramways, mai*s il faut se garder de tremper les rails des chemins de fer pour lesquels la texture sorbitique, convenablement appliquée, offre toutes garanties de durée et de solidité !
- Emioxi) Marcotte.
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPÈRES
- Ces êtres des ténèbres que sont les Reptiles, encore mal connus du public, suscitent de l’effroi ou de la répulsion, mais surtout une vive curiosité.
- En particulier, l’intérêt que présente la question du Serpent est des plus grands, s’il faut en croire la nombreuse correspondance que nous ont value nos articles sur les Couleuvres et sur les Vipères. Et c’est à la demande de .plusieurs lecteurs que nous allons revenir sur ce sujet'. ; 1
- Nous examinerons, aujourd’hui, les Serpents qui offrent quelque ressemblance avec les Vipères, car une certaine confusion règne fréquemment entre les espèces venimeuses et les espèces inoffensives. A première vue, cette confusion est très explicable du fait que les Ophidiens se présentent à nos yeux, rampant sur le sol ou sous les herbes, et ne nous montrant que le dessus de leur corps.
- Si la Vipère Aspic est facilement reconnaissable, la Vipère Bérus ou Péliade peut être confondue avec des Couleuvres — notamment en France, avec la
- Couleuvre vipérine, la Coronelle lisse et unême avec le Zaménis. i
- La Couleuvre vipérine ou Tropidonote vipérin, Tropidonotus viper inus Duméril et Bibron, donne lieu à de fréquentes erreurs. C’est cette espèce qui a fait naître la légende de la « Vipère d’eau friande de Poissons ». ..
- La Couleuvre vipérine est de forme assez ramassée; sa tête est plus courte que celle de la Couleuvre à collier. Elle ale museau obtus; les yeux,! à pupilles rondes, sont dirigés en haut et en dehors, les narines, valvulaires, ont la même direction. Comme chez tous les Tropidonotes, les dents maxillaires augmentent de dimension d’avant en arrière.
- p.25 - vue 31/663
-
-
-
- 26
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPERES
- La Couleuvre vipérine est assez petite, elle mesure de 0 in. 50 à 0 m. 65 de longueur totale; par exception, elle atteint Ora. 99. Les femelles adultes sont de plus'grandes dimensions que les males.
- Gris brun ou rougeâtre en dessus, la robe de la Vipérine présente deux séries alternes de taches sombres qui se soudent quelquefois pour former un zigzag au milieu du dos. Sur les côtés se voient des ocelles noires à centre jaune. Le sommet de la tête porte des taches noires symétriques. Sur la nuque et l’occiput se détache un V noir. La lèvre supérieure est jaune rayé de noir. En dessous, la Vipérine est tantôt jaune, rousse ou noire. Enfin, l’iris est doré, strié de brun.
- Nous donnons (fig. 1 ) les plaques céphaliques de la Couleuvre vipérine que l’on pourra comparer aux plaques céphaliques des Vipères, dont le croquis a été publié antérieurement (Voir « Les Vipères de France », n°2615de La Nature, fig. 3, p. 281).
- Dans son numéro 2577, La Nature a publié une photographie de Couleuvres vipérines d’après un beau cliché d<? M. R. Rollinat. Dans ce même numéro, nous avons rappelé comment Duméril, le savant erpétologue dont le nom est inscrit au fronton du Musée de zoologie, à Paris — se fit mordre par une Vipère Bérus qu’il prit pour un Tropido-note vipérin. Pareille mésaventure est arrivée de nos jours à M. Perrot. Et par contre, le I)r Viaud-Grand-Marais tua une Couleuvre vipérine qu’il prit pour une Vipère Bérus. C’est dire que si de tels savants peuvent se tromper, à plus forte raison les profanes sont-ils excusables de confondre les deux espèces..
- Comme pour augmenter sa ressemblance avec la Péliade, la Couleuvre vipérine se donne des airs de Vipère : la frayeur l’incite à s’enrouler sur elle-même, à aplatir sa tête et à souffler, sans doute dans l’intention d’intimider son ennemi. B faut ajouter que c’est son unique défense, car elle ne songe pas à mordre quand on la saisit.
- Au cours d’une très intéressante communication sur des Serpents, faite par Mme le Dr Marie Phisa-lix, à la « Société nationale d’Acclimatation de France », le 8 mai 1924, nous avons vu une Couleuvre vipérine prendre ainsi des allures de Vipère, effrayée qu’elle était de se voir sur la table de la salle des séances et objet de l’examen de l’assistance.
- Cette bête, qui était de belle taille, était tellement inoffensive que Mme Phisalix la maniait impunément, en tous sens, comme un tuyau de caoutchouc. M. Raymond Rollinat ne se laisse pas non plus impressionner par les mines du Tropidonote vipérin. Souvent, il en a pris, de très adultes, dont il mettait la tête entre ses lèvres, alors que le , corps du Serpent s’agitait autour de sa figure, au grand effroi des assistants!...
- Nageant et plongeant à merveille, la Couleuvre vipérine fréquente • les mares et les étangs à la recherche des Batraciens et surtout des Poissons qui
- semblent constituer, pour elle, un véritable régal. Aussi bien, les soi-disant Vipères qui donnent la chasse aux Poissons sont des Couleuvres vipérines. Malgré ses habitudes aquatiques, la Vipérine s’éloigne parfois des eaux.
- Comme toutes les Couleuvres de France (sauf peut-être la Couleuvre de Montpellier), la Vipérine n’est nullement dangereuse pour l’homme ni poulies gros animaux. Le venin sécrété par sa glande parotide n’agit que sur ses proies.
- Quand la Vipérine chasse, elle avale les petites • proies dans l’eau, mais les grosses proies sont ingurgitées à terre. Et fréquemment, elle s’attaque à des proies énormes pour sa taille.
- Après avoir dévoré des Poissons et des larves de Batraciens divers, la Vipérine aime à se reposer au bord de l’eau, sur quelque pierre, ou bien elle monte sur un buisson, sur un vieux mur. Elle est timide et elle s’empresse de fuir quand elle se croit en danger.
- Les premiers froids décident les Couleuvres vipérines à se retirer dans un trou d’arbre, de rocher ou.de terre, dans lequel elles se pelotonnent les unes dans les autres; il leur arrive d’hiverner en compagnie des Vipères.
- La ponte a lieu en juin et juillet. Les œufs ressemblent à ceux de la Couleuvre à collier, quoique un peu plus allongés; Ils sont déposés dans quelque trou, non loin des eaux. Ces œufs éclosent en août et septembre. La Vipérine naissante est fort jolie:
- M. Rollinat a dépeint un nouveau-né, long de 176 mm, présentant, en dessus, des taches noirâtres sur un fond gris violet; en dessous, il était noir bleuâtre tacheté de blanchâtre sous la tête et les flancs. Plus tard, la jeune Vipérine prend une teinte rousse et devient comme les adultes.
- En somme, le Tropidonote vipérin n’est nuisible que parce qu’il détruit des Batraciens utiles et des Poissons.
- Un autre Serpent qui, de prime abord, peut être confondu avec la Vipère Bérus, c’est la Coronelle lisse, Coronella austriaca Laurenti ou Coluber lœvis Lacépède. Le genre Coronelle a pour caractères distinctifs : une tête très peu distincte du cou, un œil petit à pupille ronde, des écailles lisses ; les dents maxillaires sont de grosseur presque égale ou qui augmente un peu d’avant en arrière. Le corps est assez peu allongé ; la queue, conique, est de longueur moyenne,
- La Coronelle lisse a une petite tête à museau proéminent et parfois pointu. Ses yeux petits, enfoncés, ont l’iris jaune et brun.
- Sa coloration est, en dessus, grise, brune ou roussâtre, avec deux ou quatre rangées de taches régulières, rousses bordées de noir. Sur l’occiput, une tache foncée est prolongée par deux raies sombres sur la nuque. Une ligne noirâtre part des narines, se continue sur les côtés du museau et va jusqu’à la naissance du cou. En dessous, la Coronelle
- p.26 - vue 32/663
-
-
-
- 27
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPÈRES
- peut être noire, brune, orange, rouge brique, jaunâtre ou grise, tachetée parfois de noir et de blanc. Le dessous de la tète et de la gorge est généralement jaunâtre.
- La Coronellelisse mesure de 0 m. 55 à 0 m. 66 de longueur totale ; mais elle dépasse rarement 0 m. 60.
- Cette espèce a des habitudes terrestres, bien que nageant parfaitement; elle se tient dans les lieux secs, dans les bois, dans les endroits pierreux couverts de broussailles. Quand on va pour la saisir, elle s’élance en avant pour mordre. Elle aussi se donne des allures de Vipère, en s’aplatissant, en élargissant sa tète et en prenant une attitude de défense; mais sa morsure est tout à fait insignifiante.
- En captivité, la Coronelle lisse, après s’être montrée irascible, se familiarise peu à peu. M. Rollinat la considère comme le Serpent le plus intelligent de nos régions. Entre autres élèves, le naturaliste d’Argenton a eu un beau mâle qui se laissait prendre et s’enroulait autour de ses doigts et de son poignet, puis se laissait caresser. À force de patience et de bons soins, M. Rollinat est parvenu à faire manger cette Coronelle ainsi enroulée autour de sa main. Et pendant que la Couleuvre ingérait tranquillement un pauvre Lézard des murailles, M. Rollinat l’emportait hors de chez lui pour la montrer à ses voisins. Ilia fit photographier et de superbes clichés fixant cette scène curieuse parurent dans les Mémoires de la Société zoologique de France. Par la suite, le savant erpétologue, dressa plusieurs autres Coronelles à s’enrouler autour de ses doigts et, dans cette position, à avaler des proies. Le Bulletin de la Société nationale d’acclimatât ion de France en a également publié de belles photographies.
- Une Coronelle met un quart d’heure à ingérer un Lézard des murailles de belle taille.
- Heureusement pour les Lézards, ceux-ci, en se défendant contre la Coronelle, parviennent quelquefois à saisir la mâchoire de leur ennemie. Ils mordent furieusement jusqu’à ce que le Serpent lâche prise et quand celui-ci desserre l’étreinte de
- ses anneaux, le Lézard s’enfuit laissant la Coronelle ensanglantée. C’e&t ainsi qu’au cours d’un combat entre une Coronelle lisse et un Lézard des souches, le Serpent fut vaincu, le courageux Saurien se
- l'ig. 3. — Coronelle lisse.
- sauva en laissant seulement un morceau de sa queue sur le terrain.
- Si la Coronelle lisse est intéressante, elle est nuisible, en ce sens qu’elle détruit beaucoup de Lézards des murailles, de Lézards des souches, et de jeunes Lézards verts : ces Sauriens constituent la base de son régime. I)e plus, quand elle rencontre de jeunes oiseaux au nid, elle ne doit pas manquer de s’en régaler. Elle mange aussi de petits Rongeurs, Mulots et Campagnols. Douée d'un robuste appétit, il lui arrive de s’attaquer à des Serpents, voire à des Coronelles de moindres dimensions. Par contre, elle ne parait nullement goûter les Ratraciens ni les Poissons.
- La Coronelle lisse élit domicile dans des trous abandonnés par les Rongeurs, dans des fissures de rocher, dans des trous d’arbre ou sous des pierres * Aux premiers beaux jours de mars ou d’avril, elle sort de sa retraite et elle se met en chasse. Pendant les mois chauds, la Coronelle mange beaucoup. En septembre, l’appétit diminue et bientôt disparaît. L’animal se contente de boire assez fréquemment et, prêt pour l’hivernage, il attend les premiers froids pour se retirer en son trou.
- Bien qu’assez vive, la Coronelle lisse n’a pas la démarche rapide des autres Couleuvres. Sa lenteur relative, son attitude intimidante, sa forme un peu lourde, sa coloration sombre ou rougeâtre, enfin sa présence dans les endroits arides, la font prendre pour une Vipère, et nombreux sont ceux qui la tuent en croyant détruire un Serpent venimeux.
- Entendons-nous, la Coronelle a bien, au-dessus de la commissure des lèvres, une très petite glande à venin. Mme.Phisalix nous apprend que la sécrétion de ce venin se rapproche de celle du venin de Cobra. Mais le Serpent se borne à envenimer ses proies. Il n’a point de crochets, aussi sa morsure est-elle absolument inoffensive pour l’Homme.
- Seule de nos Couleuvres, la Coronelle lisse est ovovivipare. Elle pond des œufs à enveloppe extrêmement mince, transparente, que le jeune Reptile déchire tout de suite après la sortie de l’œuf du corps de la mère ; parfois même l’œuf éclate dans le sein de la mère.
- p.27 - vue 33/663
-
-
-
- 28
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPERES
- La Coronelle naissante porte au museau un vestige de dent caduque, souvenir du temps lointain où l’espèce était ovipare; cette dent caduque n’est plus d’aucune litilité au petit animal. Elle se détache quelques jours après la naissance.
- On sait que les Vipères sont également ovovivipares; l’enveloppe de leurs œufs est encore plus fragile que celle de la Coronelle lisse ; la Vipère naissante ne présente qu’une trace de dent caduque, sous la muqueuse buccale, ce qui prouve que l’ovoviviparité de ce Reptile est plus ancienne que celle des autres espèces, c’est-à-dire : Coronelle lisse, Orvet fragile et Lézard vivipare.
- C’est en août ou en septembre que les Coronelles mettent au monde leurs petits, au nombre de dix ou douze. Gros comme une plume à écrire, à sa naissance, le jeune animal mesure 15 cm de longueur.
- Les Coronelles sont en état de s’accoupler pendant toute leur période d’acLivité et non pas seulement au commencement du printemps, comme on le croit généralement; Cette constatation a été faite par M. Rollinat qui a très longuement observé les mœurs de la Coronelle lisse (fig. 2 et o).
- Le genre Coronelle est représenté en France par une autre espèce encore : la Coronelle bordelaise, Coronella girundica Daudin, qui habite le midi de la France, au-dessous de la Charente-Inférieure. Plus svelte que la lisse, la bordelaise mesure 66 cm en moyenne. Elle a le museau plus obtus et plus proéminent. Sur son cou se dessinent deux U noirs. M. Lataste, le savant erpétologue de Cadillac, dépeint Ja coloration de la Coronelle bordelaise à peu près en ces termes : la tète gris roux pâle est semée de points à reflets irisés bleuâtres. Sur le dessus du corps, des taches sont disposées en séries parallèles et juxtaposées, elles forment des quadrilatères en bandes transversales ou alternent entre elles pour figurer la ligne sinueuse du dos de la Vipère. Chaque écaille du dos, sur un fond gris pâle, présente un semis de petits points noirs et de points rouges brillants et comme saillants. Si les points rouges dominent, ce qui arrive fréquemment, la teinte générale est rougeâtre ; si les points sont noirs, la teinte générale est grisâtre. Les gastro-stèges (écailles du ventre) présentent des taches quadrangulaires noires sur un fond jaune sale.
- Cette innocente et jolie espèce est massacrée parce qu’elle ressemble de loin à la Vipère rouge. Au contraire de la Coronelle lisse, la C. bordelaise a un caractère extrêmement doux.
- . Elle chasse au clair de lune.
- . On a cité le cas d’une bordelaise mesurant 0 m. 78, qui fut surprise en train d’en avaler une autre, de 0 ni. 55 ; cette dernière fut retirée trop tard et les Couleuvres moururent toutes deux.
- La C. bordelaise répand une odeur désagréable.
- Le venin de cette espèce n’est pas connu.
- Si nous nommons le Zaménis parmi les Serpents
- pouvant être confondus avec les Vipères, c’est parce que l’un de nos aimables correspondants nous a signalé la présence — rare, il est vrai — dans le département d’Eure-et-Loir d’un Serpent à marbrures noires sur fond jaune d’or, Serpent qu’il dit être une espèce de Vipère. Or, jusqu’à preuve du contraire, nous croyons qu’il s'agit là du Zaménis vert-jaune ou Couleuvre verte et jaune, Zamenis viri-diflavus Wagler ou Zamenis gemonensis. MmePhi-salix et M. Rollinat, consultés par nous sur ce cas, sont d’avis qu’il s’agit bien de cette jolie Couleuvre.
- Le genre Zaménis se distingue par un corps et une queue très allongés. La tète longue est distincte du cou. L’œil, assez grand, a la pupille ronde. Il y a une ou plusieurs écailles sous-oculaires. Les dernières dents maxillaires sont plus fortes et séparées des autres par un intervalle.
- La Couleuvre verte et jaune, seul représentant de ce genre en France, est fort élancée. Elle a la tète ovoïde, le museau arrondi.
- Le cou est plus étroit que la tête et celle-ci sc détache nettement.
- Le corps, long, se termine par une queue très effilée.
- L’œil est grand, saillant; la pupille brune, constellée de points d’or, est cerclée de jaune.
- La coloration du Zaménis vert-jaune est brun jaunâtre ou vert olive clair, en dessus. Sur ce fond, se voient des taches ou des bandes transversales noirâtres. Les écailles noires portent une raie jaune. Sur les côtés de la tète les écailles jaunes sont bordées de noir.
- En dessous, il est d’un blanc de porcelaine ou d’un jaune très pâle à reflets verdâtres ou bleuâtres.
- Il existe une variété noire.
- Les jeunes sujets présentent une teinte générale gris de lin ; les teintes vertes et jaunes sont pâlies et fondues. Leur tête paraît plus forte, proportionnellement, que celle des adultes, et très distincte du cou.
- Le Zaménis vert-jaune habite le sud-ouest de la France; il est commun dans la Gironde, la Charente-Inférieure, la Vienne, la Vendée, etc. On lë trouve aussi dans la Côte-d’Or, le Jura.
- Il se tient dans les lieux secs et exposés au soleil, à la lisière des bois, parmi les pierres elles broussailles. Il n’aime pas l’eau, quoiqu’il nage aisément.
- C’est le plus beau Serpent de notre pays. Mme Phi-salix nous montra dernièrement un superbe individu, long de 1 m. 50. Il ne se laissait pas manier sans chercher à mordre ; niais sa morsure est très bénigne.
- Cette espèce atteint 1 m. 80 de longueur et comme elle est vive et vigoureuse, elle est très redoutée. Elle s’élance vers l’Homme qui l’inquiète, pour le poursuivre. Aussi l’a-t-on surnommée « Serpent fouet », « Loup cinglant », « Sanglard ».
- Cependant, malgré son mauvais caractère, la Couleuvre verte et jaune h’est pas à rédouter. Elle
- p.28 - vue 34/663
-
-
-
- LÉS SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPERES ....29
- est susceptible de s’apprivoiser. M. Rollinat a capturé des Zaménis de grande taille qui, au bout de quelque temps, mangeaient dans sa main. Au début de leur captivité, ces Reptiles, furieux, mordaient avec rage et faisaient saigner les mains de leur maître. Puis, en constatant qu'ils n’étaient pas maltraités, d'une part, et que leur révolte était inutile, d’autre part, ils se calmèrent. M. Rollinat conseille de les toucher franchement, sans hésiter, et de paraître insensible à leurs morsures. Intelligent, le Zaménis s’intéresse à ce qui se passe autour de lui, et rapidement son humeur s’adoucit.
- M. Rollinat eut de la sorte un joli male qui s’enroulait autour de sou hras pour manger, devant tout le monde, quelque proie. Ce Zaménis vivait en compagnie d’un Lézard vert dont la taille lui imposait le respect, sans doute, puisqu’il n’osait pas l’attaquer.
- Le Zaménis vert-jaune est nuisible, car il détruit * de grandes quantités de Lézards et de jeunes oiseaux qu’il sait dénicher en grimpant sur les buissons et sur les arbres. Mais il mange aussi de petits Mammifères. Il ne se fait pas faute, non plus, d’avaler des Serpents.
- Les Zaménis élevés par M. Rollinat n’ont jamais accepté de Batraciens ni de Poissons.
- La Couleuvre verte et jaune s’abrite dans les ruines, dans l’entourage en pierres des puits, dans les petits murs de pierres revêtus de ronces, dans les trous de terre ou sous les vieilles souches.
- En février, s’il fait beau, le Zaménis sort de sa retraite; à la fin de mars, il cherche à se nourrir. Pendant les mois chauds, il montre un énorme appétit. En septembre, cette fringale s’apaise et en novembre il cesse de s’alimenter; le Serpent est alors en mesure de prendre ses quartiers d’hiver.
- Mme Phisalix dit que chez le Zaménis vert-jaune,
- « la sécrétion de la glande parotidienne ne semble pas être venimeuse toute l’année ». En tout cas, la morsure de ce Reptile est toujours insignifiante pour l’homme (fîg. 4 et 5).
- Nous avons établi les dessins des plaques céphaliques des Couleuvres vipérine, Coronelle lisse et verte et jaune d’après les illustrations de l’admi-
- • Fig. 6. — Vipère Bérus.
- Fig. 5. — Zaménis vert-jaune.
- rable ouvrage de Mme Phisalix sur les venins, intitulé Animaux venimeux et venins. Comme nous l’avons dit plus haut, on voudra bien comparer les plaques céphaliques de ces Couleuvres avec celles des Vipères.
- Le genre Vipère présente une tète large à la base, très distincte du cou, des écailles céphaliques petites ; un œil petit ou moyen à pupille elliptique verticalement. De petites écailles séparent l’œil des écailles labiales. La forme du corps est ramassée, la queue courte, conique, pointue. Sur les parties supérieures et les côtés les écailles sont carénées, avec fossettes apicales. Enfin, en avant, à la mâchoire supérieure sont deux longs crochets à venin.
- On connaît onze espèces de Vipères dont six habitent l’Europe.
- Il faut considérer que dans une même contrée habitée par plusieurs espèces de Vipères, il se présente des cas d’hybridation.
- Laissant de côté la Vipera ursinii que nous avons citée dans un précédent article, nous avons en France la Vipère aspic et la Vipère Rérus ou Péliade, les seules qui soient vraiment dangereuses pour l’homme et pour les gros animaux, dans nos régions.
- La Vipère Rérus, ou V. noire, pourrait être appelée Vipère du nord, car son habitat ne s’étend pas beaucoup au-dessous de la Loire, et elle n’existe pas dans le sud de la France (fîg. 6).
- Lourde et trapue, elle a un museau plat en dessus, à contour arrondi ou tronqué en avant. Sa coloration est des plus variables. Elle porte un un V ou un X sur le sommet de la tète et un trait noir en arrière de l’œil. Les mâles, sur un fond plus clair, ont des marbrures plus foncées.
- On rencontre des sujets presque entièrement noirs.
- La Péliade se -plaît dans les landes' sèches, elle recherche les expositions ensoleillées. Dans les plaines, elle se tient dans les endroits marécageux. Ses habitudes sont un peu nocturnes.
- On a trouvé dans son estomac des Souris, des Musaraignes, des jeunes Taupes, des Oiseaux, des Lézards, des Orvets, des Grenouilles, des Salamandres.
- p.29 - vue 35/663
-
-
-
- LES SERPENTS QUI RESSEMBLENT AUX VIPERES
- 30
- Les Insectes que les naturalistes découvrent en examinant le contenu de l’estomac de la Bérus, proviennent de l'estomac des Lézards et autres petits animaux insectivores dont elle se nourrit.
- La Péliade mâle mesure 0 m., 66 de longueur totale, la femelle 0 m. 70. Par extraordinaire, elle atteint 0 m. 89.
- La V. Bérus, lente à se mouvoir, s'éloigne peu de sa demeure. Devant l’homme, elle se retire tranquillement. Surprise et se croyant en danger, elle s’élance pour mordre.
- La Y. Bérus est capable de s’apprivoiser. Au dire de Mme Phisalix, elle peut alors être maniée sans danger, car « la Yipère est le plus doux de nos Serpents ». Nous avons vu, en effet, Mme Phisalix manipuler avec une extrême témérité une Yipère qu’elle nous présenta à la « Société d’acclimation », Yipère qui, habituée à la captivité, se montrait, d’ailleurs, fort paisible.
- L’attitude habituelle de la Yipère est de se tenir lovée et de dresser un peu la tète pour guetter se qui se passe autour d’elle. Elle sait que son salut est dans sa morsure.
- La Yipère Aspic ou Yipère rouge est plutôt méridionale. Elle habite partout, en France, au sud d'une ligne qui va de la Loire-Inférieure à la Meurthe-et-Moselle, en passant parPOrne et la Seine-et-Marnc. Dans les Pyrénées, on la rencontre à une altitude de 2200 m. ; dans les Alpes, à plus de 2900 m. On peut dire qu’elle abonde dans notre pays et si elle cause de nombreux accidents, on est étonné qu’elle n’en cause pas davantage. Elle est très prompte à se détendre pour mordre et son venin est plus dangereux que celui de la Y. Bérus.
- La Y. Aspic recherche les endroits arides et élevés. Elle aime la chaleur, mais non le très grand soleil; aussi se eache-l-elle souvent sous les herbes qui en tamisent les rayons. Ses mœurs sont à la fois diurnes et nocturnes ; au crépuscule, elle chasse les Rongeurs. Elle dévore* également, les jeunes Oiseaux au nid, près du sol, et des Lézards. L’Aspic dédaigne les Batraciens et les Poissons.
- Les Vipères ne mangent pas de Poissons. Les Serpents qui ont été pris pour des Yipères en train de chasser des Poissons sont des Couleuvres vipérines. Cela ne veut pas dire que les Yipères ne vont jamais à l’eau. Elles y vont, au contraire, et comme tous les Serpents, elles aiment à boire souvent et à se baigner. Elles se baignent surtout à l’approche de la mue.
- A propos de la mue, M. Rollinat a fait remarquer que plus un Serpent s’alimente copieusement et est en bel état, plus fréquemment il change de peau et plus « son épiderme caduc se détache bien et sans se rompre ».
- Nous avons rappelé les caractères distinctifs des Yipères dans l’article consacré à ces Reptiles, nous n’y reviendrons pas. Nous dirons seulement qu’ih
- n’est pas rare de rencontrer des Yipères sensiblement différentes du type. Leur coloration est très variable.
- Quelques Yipères, Bérus ou Aspics, ont un costume tellement sombre qu'il parait entièrement noir. À vrai dire, à terre la bête parait noire; mais à l’examen on voit que la teinte noire n’est pas absolue partout et en regardant l’animal sous une certaine incidence, on découvre les détails de sa livrée.
- Le mélanisme est assez rare chez l'Aspic. La coloration rougeâtre est, par contre, fréquente, chez cette espèce. Nous trouvons tout à fait, inutile de donner des noms spéciaux à des sujets qui ne présentent qu’une variété, plus ou moins sombre, du fond du costume. Cette différence de coloration ne signifie rien puisque en disséquant une femelle sur le point de déposer ses petits, on a trouvé à la fois des vipéreaux gris-brun, rougeâtres et noirâtres.
- Un lecteur a bien voulu attirer notre attention sur une variété de Yipère Bérus qui habite les tourbières du Jura, dans la région de Pontarlier. Cette variété, dite Prester, a une remarquable livrée noire; elle serait nouvelle pour la France, d’après M. Paul Chabaud, correspondant du Muséum (Bulletin de la Société zoologique de France, t. XLYI, 1921).
- Sous le soleil de juillet, cetle Vipère se dissimule parmi les Sphaignes, ces mousses des marais, au dire de M. Fr. Ilétier qui la cite dans un compte rendu d’herborisations faites dans la région de Pontarlier, compte rendu qui a paru dans le Bulletin de la Société botanique de France (1919).
- D’une manière générale, pour le grand public, la classification en variétés nouvelles ne fait qu’embrouiller un sujet déjà compliqué.
- Nous insistons sur ce point que les Yipères s’éloignent souvent de leur type idéal. Ainsi, lorsque Mme le] Dr Phisalix fit à la « Société d’Acclima-tation » une communication sur « Les Yipères Aspics présentant un caractère différent du type », elle nous montra de nombreux individus présentant des anomalies qui les faisaient ressembler à des Yipères Bérus. Plusieurs de ces Aspics présentaient des plaques céphaliques; d’autres, sous l’œil, avaient une seule rangée d'écailles pour les séparer des labiales.
- Le sujet le plus curieux était un Aspic de coloration gris-bleu rappelant la teinte de la Couleuvre à collier ; il portait des plaques céphaliques ; sous l'œil, d’un côté, il avait une rangée d’écailles et sous l’autre œil, deux rangées d’écailles. Il avait, en somme, l’aspect d’une Bérus. Cependant Mme Phisalix ne croit pas qu’il s’agit d’un sujet hybride, mais bien d’un véritable Aspic, car dans la contrée d’où provient ce Serpent, il n'y a que des Aspics. C’est son museau retroussé qui caractérise cette étrange Vipère.
- yPour terminer sa très intéressante communication, Mme Phisalix nous signala l’importance du
- p.30 - vue 36/663
-
-
-
- 31
- LE SIDE-CAR POUR LE TRANSPORT DES BLESSÉS
- caractère distinctif de l'Aspic qui réside dans son museau retroussé.
- M. Rollinat est tout à fait de cet avis, également.
- Il a vu lui aussi des sujets présentant diverses anomalies :
- Chez le type de l’Aspic, les gastrostèges sont au nombre de 150; les urostèges (écailles du dessous de la queue) sont au nombre de 40 à 47 paires chez le mâle et de 51 à 59 paires chez la femelle. Or, chez certains individus, les urostèges, au lieu d’être rangées par deux, le sont par trois; « sous la queue d’un mâle, 12 urostèges ne formaient que 12 larges écailles occupant chacune la largeur de la queue, au lieu d’en former 24 ».
- Le savant naturaliste a tué, près d’Argenton, une Vipère ayant sur la tête trois plaques ressemblant à celles de la V. Bérus, mais dont le museau était retroussé. Ce n’était point un hybride des deux espèces, car la Vipère Bérus n’existe pas dans la contrée. Cette Vipère était un Aspic puisqu’elle avait le museau retroussé, caractère distinctif dominant, répétons-le, de cette espèce.
- Nous avons parlé précédemment du sérum antivenimeux du D1’ Calmette. Plusieurs personnes de province ont demandé comment on peut se le procurer. Pour cela, il faut toujours s’adresser aux pharmaciens qui, seuls, sont autorisés à se le faire délivrer par l’Institut Pasteur de Paris. Le prix des sérums est porté sur chaque flacon et ne peut pas être majoré par le pharmacien, ce prix est de 5 fr/les 10 centimètres cubes, c’est-à-dire la dose à employer pour une injection ; la dose est la même pour les enfants et pour les adultes. L’injection se pratique dans le tissu cellulaire du flanc droit ou gauche, après avoir, si possible, lavé la peau du blessé avec du savon et de l’eau, puis avec’ une solution antiseptique, précautions de propreté utiles pour ne pas produire d’abcès, mais dont à la rigueur on peut se dispenser dans un cas très urgent.
- Le sérum ne renferme aucune substance toxique et ne cause pas d’accidents. Sa conservation est presque indéfinie. Un léger précipité albumineux dans les flacons n’est pas un indice d’altération. Au malade traité par le sérum, il ne faut pas administrer d'alcool ni d’ammoniaque.
- Pour les animaux domestiques, le sérum antivenimeux s'emploie aux mêmes doses. L’injection
- Tout le monde connaît aujourd’hui le side-car, cette petite carrosserie que l’on dispose sur le côté d’une motocyclette. On est arrivé à établir des véhicules de ce type parfaitement suspendus, faciles à conduire, et qui ont eu la faveur des sportsmen
- se fait, de préférence, entre les épaules, sous la peau du dos.
- L’Institut Pasteur délivre également du sérum antivenimeux desséché en vue de son emploi dans les pays chauds et lointains. Lorsqu’il s’agit d’une piqûre de Serpent de petite espèce des pays chauds, la dose à employer est de 10 cm5. Elle est de 20 cm3 en une seule injection dans le cas de morsures par des Serpents de grande taille : Cobra capel, Naja haje, par exemple. Du reste, l’Institut Pasteur fournit toutes les instructions nécessaires sur le mode d’emploi du précieux sérum.
- Un dernier mot sera pour répondre à celui de nos correspondants qui demande si le bois de Noisetier agit à la façon d’un narcotique sur les Serpents. Si l’on frappe très fort sur un Serpent, on le tue avec n’importe quel bois; mais on peut caresser tant que l’on veut un Ophidien quelconque avec une branche de Noisetier sans qu’il en - ressente aucun dommage; il sera effrayé, mais non « magnétise' ». .
- Enfin, à tous ceux qui croient encore que les’ Serpents sont capables de téter les Vaches, faut-il répéter que cela n’est jamais arrivé et n’arrivera jamais?... Les Serpents ne tètent pas plus les Vaches que les Engoulevents ne tètent les Chèvres. Qu’un. Serpent s’enroule autour de la jambe d’un iLuiiinant, c’est possible — mais cela ne1 prouve rien. Quant au lait remarqué ' sur le museau dès Couleuvres; ' c’est1 en réalité l’abondante salive blanche,: chargée de peptone, qui leur permet de digérer les proies qu’elles avalent sans les masti1-quer. Il est difficile de détruire un préjugé aussi enraciné que celui-là dans l'esprit populaire et l’on continuera longtemps à prétendre que les Serpents tètent les Vaches....
- Cependant, si de telles croyances sont amusantes et donnent de l’attrait aux conversations des excellentes gens de,la campagne, il est dommage qu’elles s’implantent à ce point, et aillent jusqu’à atteindre les esprits cultivés. Au lieu de se buter aux préjugés dignes d’un autre âge, n-’est-il pas plus intéressant de pénétrer les arcanes de la Science- et de découvrir la Nature, si riche en merveilles et en prodiges?
- ÀiA;x. FlUJU.Léc-BiLcoT.
- de moyens modestes, jusqu’au jour ou les voi-turettes automobiles se sont multipliées. Si, pour le tourisme, le side-car a cédé du terrain devant la voiturette, il garde néanmoins des avantages qui lui réservent un certain nombre d’emplois et d’applica-
- LE SIDE-CAR POUR LE TRANSPORT DES BLESSES
- p.31 - vue 37/663
-
-
-
- 32
- LE SI DE-CAR POUR LE TRANSPORT DES BLESSES
- Fig. i. — Le side-car pour transport des blessés
- tions. C’est ainsi que ce système de véhicule a été adopté par les pompiers, par le service de la Sûreté, par la gendarmerie. Les petites voiturettes n’ont certainement pas la résistance d’une forte motocyclette combinée avec side-car et il est plus facile, sur ce dernier type de véhicule, de placer des accessoires à transporter, car on dispose de toute la longueur de la motocyclette comme emplacement.
- Une application toute récente, qui figurait à la dernière Exposition du Yal-de-Gràcc, et qui d’ailleurs a obtenu la médaille d’or, est celle du side-car ambulance qui permet de transporter rapidement le blessé couché dans les meilleures conditions possibles de confort.
- La motocyclette est une René Gillet G ch, 2 cylindres à 5 vitesses, du type déjà employé dans l’armée. Les deux cylindres sont placés en V, la transmission se fait par chaîne et le réservoir d’essence contient 12 litres, celui d’huile 4 litres. Les roues sont rapidement démontables et interchangeables, les freins sont commandés à main et au pied. Le châssis du* side-car est du type suspendu de manière à augmenter la stabilité de la machine en permettant d’accélérer la vitesse, même sur de mauvaises routes.
- Ce châssis est carrossé de façon qu’il puisse s’ouvrir à l’arrière par une porte ; l’aération se fait par glaces triples à glissière sur le côté, l’avant est mobile de sorte qu’on peut surveiller la position du blessé pendant le parcours. Cette carrosserie est peinte en vert à l’extérieur et en blanc à l’intérieur et toutes les peintures sont lavables.
- Le blessé est couché sur un cadre gouttière d’immobilisation, dû au médecin principal Rouvillois;
- l’armature est construite en duralumin ce qui assure une grande légèreté et sur cette armature se trouve placé un sommier élastique amovible en toile métallique.
- Alors qu’un simple brancard pèse plus de 9 kg, cet appareil n’atteint que 7 kg, et l’immobilisation qu’il assure au blessé est la condition essentielle pour ne pas aggraver l’état du transporté au cours du trajet.
- Ce véhicule est donc destiné à rendre les plus grands services pour les besoins de l’armée, mais également pour toutes les formations sanitaires quelles qu’elles soient.
- C’est ainsi que les postes de secours, les hôpitaux, en général tous ceux qui ont besoin d’avoir à leur service un dispositif de transport rapide pour un accidenté ou un malade, auront utilement l’emploi du side-car ambulance.
- Dans un autre genre, le side-car peut servir à des usages également intéressants : on sait qu’il existe, notamment en Amérique, des postes de soudure autogène sur side-car destinés à transporter l’opérateur à grande distance pour des réparations urgentes. Sans penser à des applications aussi extraordinaires, mentionnons le groupe motopompe qui a une utilité incontestable, puisqu’il permet de transporter très rapidement sur place l’appareil de secours indispensable au début d’un sinistre.
- Dans la lutte engagée entre le cycle-car et le side-car, on voit donc que celui-ci n’a pas dit son dernier mot et qu'il lui reste encore un champ assez vaste, étant donnée la possibilité plus grande d’encombrement qu’il offre [pour le matériel trans-
- porté.
- P. Maréchal.
- Fig. 2. — Le chargement d’un blessé dans le side-car.
- I.e Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue «le Flcurus, Paris — 1925.
- p.32 - vue 38/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- L’étrange faune des îles Galapagos : V. Forbiri.
- L’apprentissage pratique de la natation : J. de Lalyman.
- La fabrication des faux : E. Weiss.
- L’enseignement de la Chimie appliquée et le placement des Ingénieurs-Chimistes : Albert RailC. Académie des Sciences : F’aul B. — Louis Gentil (1869-1925) : E.-A. Martel.
- SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs, LE numéro \ Francc • • . • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germaiu, Paris. ( Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 39/663
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRc
- Fondé par Gaston Tiisandier
- MASSON et C‘\ Éditeurs, i ao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI*. (Reg. Comm. : Seine i5.x3sf,)
- ( France et Colonies PRIX D’ABONNEMENT Etrangbr......
- Un an : 50 fr. — Six mois : 25 fr. Un an ; 60 fr. — Six mois : 30 fr.
- Prix du numéro : France, I franc; Union postale, I fr. 25 — Changement d’adresse : 1 franc.
- On s’abonne sans frais dans tous les bureaux de poste par simple versement du montant de l’abonnement
- à notre compte postal iV* 599.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C'\ iao, boulevard Saint-Germain, Paris-VI’
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- /V
- 3 GRANDS PRIX PARIS
- O
- O
- O
- Notices gratuites N sur demande.
- UN APPAREIL PARFAIT
- LE
- MEMBRE_DU JURY HORS CONCOURS
- 1
- ü
- Ô
- U
- Notices gratuites N sur demande.
- ïlplftme l'Honneur tant 1J13
- LA RAPIDE LIME
- s’adapte instantanément aux juTAUX Travaille avec précision l’Acier, le Fer, la Fonte, le Bronze et autres matières.
- PLUS DE LIMES! PLUS DE BURINS!
- Tout le monde Ajusteur-Mécanicien / TARIF FRANCO
- JACQUOT ET TAVERDON
- 58-60, rue Régnault, PARIS (13*).
- Voir descr. dans La Nature, n’1550. R. C. 10.349
- Pour vos
- -BREVETS
- Mr.vousa: WINTHER-HANSEN, Ingénieur-Conseil 35. Rue de la Lune, PARIS (2’) JEtTOchuregratis!
- S. E. R.-
- 12, Rue Lincoln — PARIS Haut-Parleurs-Amplificateurs mécaniques Postes récepteurs pour toutes distances Demandiez la Notice NT
- p.n.n. - vue 40/663
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2676.
- 18 JUILLET 1925
- L’ÉTRANGE FAUNE DES ILES GALAPAGOS
- Partant de ce principe généralement admis que l’on peut être un fort honnête homme tout en ignorant les menus détails de la géographie, nous commencerons par situer ces Iles Galapagos, où nous conduit un savant naturaliste américain, le Dr William Beebe, avec sa très intéressante relation {Galapagos World's End) si splendidement présentée par G. P. Putnam’s Sons, de New-York.
- Traversées par l’équateur (et appartenant à la république du même nom), elles s’échelonnent entre le 90e et le 100e méridien. Elles sont donc situées en dehors des routes de navigation qui sillonnent l’Océan Pacifique et forment ainsi un de ces « coins )) que l’on ne peut visiter qu’au prix d’une expédition spécialement organisée dans ce but. C’est dire que le nombre des personnes qui ont foulé de leurs pieds le sol volcanique de l’archipel est très réduit.
- Un obstacle plus grave que leur isolement découragera toujours le touriste qui rêverait d’une villégiature dans ces mystérieuses îles : l’eau potable y fait défaut, car les pluies y sont extrêmement rares, ainsi qu’en témoigne la pauvreté de la flore, composée de cactus et d’arbustes. Une expédition scientifique doit donc apporter de loin, soit de Panama, soit de la côte écuadorienne, sa provision d’eau, et son séjour s’en trouve forcément écourté.
- Beebe, qui était cependant bien outillé avec son yacht à vapeur Noma, grâce aux libéralités d'un Mécène américain, M. Harrison Williams, ne put demeurer qu’un peu moins de cent heures dans l’archipel, alors que le voyage entier lui prit deux mois et demi. C’est indiquer, comme il le
- Fig. 2.
- La seule tortue géante rencontrée par M.Beebe dans un cratère d'une des îles.
- Fig. i. — Phoques sur les roches'du rivage.
- reconnaît d’ailleurs dans sa préface, que la plupart des secrets que recèlent les Galapagos restent inviolés.
- Charles Darwin, qui fut le premier savant à les visiter, en 1855, alors que, jeune naturaliste, il faisait partie de la mission du Beagle, fat plus heureux que William Beebe, puisqu’il y passa cinq semaines. Mais il était le seul naturaliste de l’expédition, alors que le savant américain s’était entouré de tout un état-major de spécialistes, et c’est l’explication de la grande abondance de spécimens récoltés en si peu de temps, butin destiné aux collections de VAmerican Muséum of Natural Hislory, et qui comprenait notamment : 160 oiseaux, 150 reptiles, 200 poissons, 5000 insectes et plusieurs centaines de photographies, de peintures à l’huile et d’aquarelles.
- L’archipel se compose d’une soixantaine d’iles et d’îlots, tous de formation volcanique, et qui renferment des cratères dont les dernières éruptions sont de dates récentes. L’expédition ne s’attarda que dans trois îles : Indefatigable, Tower et Eden. La plus grande des îles, Albemarle, est encore inexplorée. C’est dire, encore une fois, qu’une besogne énorme attend le naturaliste et le coureur d’aventures dans le mystérieux archipel.
- Il est difficile d’analyser en quelques paragraphes les 440 pages d’une œuvre aussi intéressante que celle qui résume les travaux de l’expédition, car c’est plutôt un « journal de route )) qu’un exposé systématique. Nous devrons donc nous borner à glaner çà et là les observations les plus caractéristiques sur la
- oo.
- 53* Année' — 2’ Semestre.
- O
- p.33 - vue 41/663
-
-
-
- L’ETRANGE FAUNE DES ILES GALAPAGOS
- 34
- faune de l’archipel qui ne comprend point de mammifères, à l’exception de quelques colonies de phoques immigrés des régions antarctiques.
- Une remarque qui s'applique à ces lions de mer comme à la plupart des oiseaux, confirme ce que racontèrent les expéditions précédentes, y compris celle à laquelle participa Darwin ; ces créatures n'éprouvent aucune crainte en présence de l’homme, qu’elles n’ont pas appris à redouter. Dès le début de l’ouvrage, Deebe nous offre ces lignes charmantes :
- « A peine avais-je débarqué sur la plage d’Inde-fatigable que je reçus la bienvenue de trois oiseaux-moqueurs (Nesominus melanolis) qui accoururent à ma rencontre en chantant, et qui s’arrêtèrent à I m. de moi pour m’examiner des pieds à la tête....
- « .le fus surpris et charmé de voir combien ils étaient apprivoisés. Le plus vieux osa même s’avancer jusqu’à mon soulier, et fit mine de picorer les grains de sable humide attachés à la semelle. Je repris ma marche, et deux, de mes nouveaux amis ne me lâchèrent plus. Parfois, ils allaient se percher sur les branches d’un arbuste épineux afin de voir de plus près mon visage.... ».
- Un autre passage, qu’illustre une des photographies du volume, nous montre des éperviers (Buteo galapagœnsis) si apprivoisés que les explorateurs pouvaient s’en approcher à portée de la main sans les effaroucher. L’un d’eux se laissa même toucher sans protester contre la caresse!
- Les phoques étaiont encore moins sauvages. Une photographie montre une des deux savantes attachées à l’expédition entourée de trois jeunes lions de mer qui ont tout l’air de lui lécher affectueusement la main qu’elle leur tend. Une autre, prise à bout portant, montre une mère allaitant son petit, et Deebe nous affirme qu’elle ne protesta pas quand l’opérateur prit dans ses bras le gentil nourrisson!
- La faune reptilienne des Galapagos est .d’une richesse exceptionnelle. K1 le fut jadis caractérisée par ses tortues géantes, qui donnèrent à l’archipel le nom (galapago) dont on désigne le genre en. espagnol. Les premiers explorateurs (en réalité des naufragés) qui le visitèrent au cours du xvne siècle en admirèrent le nombre autant que les dimensions, et Darwin en rencontra encore des bandes énormes, bien qu’elles eussent été déjà terriblement décimées par les flibustiers, qui en emportaient des centaines à fond de cale pour s’en nourrir au cours de leurs croisières.
- « Il en est, écrit Darwin, qui atteignent avec l’àge une taille immense. M. Laxvson nous a dit qu’il en a vu plusieurs qui étaient si grandes qu’il fallait de fi à 8 hommes pour les soulever.... »
- L’illustre naturaliste s’amusa souvent à monter sur la carapace de ces monstres et à se faire véhiculer.... Désistons à notre envie de lui faire d’autres emprunts, tout en notant qu’il observa tout un réseau de sentiers « larges et bien battus » tracés par les tortues pendant leurs allées et venues entre
- le rivage et l’intérieur, ou elles montaient se désaltérer.
- Mais les jours de Testudo nigra étaient comptés ! Différents facteurs devaient contribuer à sa destruction. Des chiens importés par des colons et retoui’nés à l’état sauvage prirent l’habitude de dévorer les jeunes à leur sortie de l’œuf. Puis, des maraudeurs venus de l’Ecuador s’attaquèrent aux grandes pour vendre leur graisse aux baleiniers. Une photographie de l’ouvrage montre une plage couverte de centaines de carapaces, lugubres souvenirs du massacre.
- Bref, dès 1901, une expédition scientifique ne put recueillir que deux tortues dans l’île Abingdon, où, quelques années auparavant, on pouvait en voir des centaines ou , des milliers. Et l’expédition du Dr William Beehe ne découvrit qu’un unique spécimen (fig. 2) réfugié au fond d’un cratère, misérable individu qui ne pesait que 42 livres, alors que les belles tortues que vit Darwin ' en pesaient plus de 500 !
- L’archipel possède de nombreuses espèces de lézards, dont la plus remarquable est celle du grand iguane marin (Amblyrhgnchus cris laïus), dont la longueur atteint 1 m. 50 avec un poids d’une vingtaine de livres (fig. 5). Ces reptiles se montrèrent aussi apprivoisés que les phoques, ainsi que nous l’expose l’auteur :
- « L’effet produit sur eux par mon apparition ne varia jamais : ils tournaient la tête dans ma direction et me surveillaient avec un intérêt évident. A mon approche, ils me cédaient la place sans hâte, en grimpant sur la lave du rivage ; mais, bien des fois, il s’en fallut de peu que je ne marchasse sur eux.
- « En m’asseyant et en avançant lentement dans cette posture, il m’était presque toujours facile de les approcher à portée de la main, et, de cette façon, nous en capturâmes des douzaines, que nous relâchions ensuite. Un jour, alors que nous en poursuivions un en prenant des vues cinématographiques, il disparut soudain dans une crevasse. Mais nous nous aperçûmes qu’un autre, de plus grande taille, nous suivait dans les talons-, et, quelques minutes plus tard, il vint se poser sous le trépied, où il s’endormit !...
- « Désirant une expérience sur « l’acquisition de la peur », je capturai un iguane de taille moyenne, et, durant plusieurs minutes, je le secouai et le lançai en l’air; puis, je lui rendis la liberté. Il s’enfuit d’abord sur une distance de quelques pieds, mais s’arrêta pour se retourner vers moi, et se laissa reprendre. Je recommençai l’expérience six fois — ce qui n’eut d’autre résultat que de le rendre encore plus apprivoisé, alors que tout autre animal sauvage, traité aussi rudement, serait devenu fou de peur.... »
- Ces grands lézards vivent sur le rivage, nichent dans des terriers ou dans des crevasses, et passent une partie de leur temps dans l’eau, où ils nagent
- p.34 - vue 42/663
-
-
-
- L’ÉTRANGE FAUNE DES ILES GALAPAGOS
- 35
- avec rapidité, en surface comme en plongée. Ils se nourrissent surtout d’algues.
- Darwin et d’autres explorateurs ont exprimé leur étonnement sur les multitudes d’iguanes qu’ils rencontrèrent sur certains points du rivage, et M. Rollo H. Beck, qui visita l’archipel il n’y a qu’une quinzaine d’années, put en apercevoir d'un coup d'œil des myriades. Cette observation est justifiée par une des plus impressionnantes photographies qui nous soient jamais passées sous les yeux, et que reproduit l’ouvrage de Beehe d’après le cliché de M. Beck : tout le paysage compris sur la plaque disparaît littéralement sous une agglomération d’iguanes 1 '
- « Bien que nous ayons vu, constate M. Beehe, des centaines d"Amblyrhynchus dans diverses îles, nous n’avons trouvé nulle part des hordes comparables à celles que décrit Beck. Sans avoir d’ennemis à redouter, ils décroissent en nombre, lentement mais sûrement.... » Et c’est là un autre mystère qui attend son explication.
- Un autre iguane gigantesque, exclusivement ter-ricole, vit dans l’intérieur des îles : c’est le Cono-lophus subcristalus (fîg. 4). Il est de la même taille que l’iguane marin, lui est étroitement apparenté, mais en diffère par sa brillante coloration, qui comprend toutes les nuances de jaune et de brun imaginables (comme le montrent les planches en couleur de l’ouvrage), tandis que l’iguane marin est uniformément gris sombre. L’un et l’autre sont végétariens.
- Une autre différence qui nous vaut de la plume de l’auteur des pages très amusantes est que l’iguane terrestre est aussi sauvage que son parent marin est doux. Encouragés par leurs relations avec ce dernier, les explorateurs s’étaient imaginés qu’ils pourraient capturer aisément plusieurs spécimens de l’espèce terrestre. Mais il leur en coûta des courses effrénées, souvent terminées par des coups de dents, avant de s’emparer des fugitifs.
- La faune des Galapagos comprend une dizaine
- Fig. 3. — Le grand iguane marin, Amblyrhynchus cristatus.
- d’espèces de vrais lézards. L’une des plus intéressantes nous parait être Tropidurus albemarlensis, chez qui le mâle et la femelle sont si différents d’aspect que l’on hésite à admettre qu’ils appartiennent à une espèce unique, quand on voit la planche en couleur que leur consacre l’ouvrage. Le mâle est d’un gris bleuté, semé de nombreuses taches noires, rouges, jaunes, café-au-lait, et porte sur le dos une élégante crête bicolore. La femelle est verdâtre sur le corps, jaunâtre sur le ventre, et la tête offre une belle teinte vermillon.
- Parmi les oiseaux qui vivent dans l’archipel, Beebe signale deux curiosités scientifiques. C’est d’abord un manchot (ou pingouin), la plus petite espèce du genre, et qui a probablement dégénéré en se^fixant à l’équateur, loin de l’Antarctique qui est le
- ensuite
- un cormoran, qui, au contraire, forme la plus grosse espèce du genre, mais qui a perdu le pouvoir de voler.
- Le poids moyen est de 8 livres, alors qu’il n’est que de C livres pour les autres espèces. L’auteur nous rappelle à ce propos qu’il existait encore, il y a deux siècles, dans l’ile llering, une espèce colossale de cormoran d’un poids de 14 livres.
- p.35 - vue 43/663
-
-
-
- 36 ------- L'APPRENTISSAGE PRATIQUE DE LA NATATION
- La faune marine est d’une richesse et d’une abondance exceptionnelles ; elle comprend de nombreuses espèces nouvelles pour la science. Sur les planches en couleur de l’ouvrage, on voit des spécimens qui reconstituent toutes les nuances de l’arc-en-ciel sur un seul individu. À signaler plus spécialement un poisson de coloration brune (Cirrhitus
- rivukatus) orné d’étranges dessins « hiéroglyphiques »,
- Et disons en terminant que le texte de Gçtlapagos : World's End, fait le plus grand honneur à William Beebe, de même que la superbe présentation de l’ouvrage par G. P. Putnam’s Sons est un titre de gloire pour l’édition américaine. Y. Foninx.
- L’APPRENTISSAGE PRATIQUE DE LA NATATION (1)
- Fig. i. — Méthode finlandaise : la perche.
- 11 est très facile de dire : « Apprenez à nager à vos enfants ». Il serait peut-être, à certains, beaucoup plus difficile de donner aux parents une indication utile pour l'apprentissage pratique de la natation.
- Les conseilleurs indiqueront certes des traités de natation, donneront l’adresse de clubs et de moniteurs ; mais à côté des familles qui auront toutes facilités pour avoir, à proximité de chez elles, une école de natation, combien grand en est, par contre, le nombre, qui n’ont aucun moyen, semble-t-il,
- 1. La Revue L'Education physique, 9, boulevard des Italiens, Paris, qui s’occupe spécialement de propager le développement de la race, par des exercices raisonnés, surtout à l’école, a bien voulu nous autoriser à reproduire l'étude ci-jointe qui intéressera certainement nos lecteurs au moment des vacances et des chaleurs où l’un doit apprendre à nager à tous les enfants.
- sous la main, de faire apprendre à leurs enfants la natation la plus élémentaire.
- C ’est à cette catégorie que ces lignes s’adressent spécialemen t auj ourd ’ hui.
- ILest un fait certain : l’obstacle principal à l’enseignement de la natation réside dans la peur de l'eau. .
- L’enfant, et même l’adulte, a peur de couler ; il craint de ne pas pouvoir flotter, et la moindre maladresse d’un moniteur inexpérimenté qui provoque chez son élève une submersion, si courte soit-elle, risque de compromettre à tout jamais l’efficacité de ses leçons !
- La question se résume donc tout simplement à ceci : convaincre le débutant que, naturellement, il flotte et aussi, qu’en submersion, il ne risque absolument rien.
- L’appréhension augmente chez le débutant à mesure que rentrant plus avant dans l’eau, celle-ci approche progressivement de sa poitrine, et surtout de sa tête, c’est-à-dire des voies respiratoires.
- Il y a donc un intérêt évident, un point capital, à immuniser, en premier lieu, tout élève contre celte peur native de l'eau-, il existe de nombreuses méthodes, parmi lesquelles je fais un choix. Suivant les circonstances, dispositions des enfants et état des lieux où l’on se trouve, les parents ou les professeurs auront avantage à les employer, soit isolées, soit combinées, pour donner, efficacement et rapidement, à leurs enfants, les premières notions de natation élémentaire. Je citerai les méthodes finlandaise, Drigny, Louis Gauthier et enfin la mienne. Bien entendu, je n’aurai garde d’oublier celle de l'enseignement collectif de la natation de Paul Beulque, directeur des bains municipaux de la ville
- î
- Fig. 2. — Méthode L. Gauthier, dite de l’assiette.
- 1. Dans l’eau jusqu’à la ceinture. — 2. Mettez l’assiette à vos pieds. — 3. Mouvements des bras. — 4, Jetez l’assiette i mètre, Remontez-la après avoir fléchi brusquement. — 5. Remontez l’assiette après avoir piqué une tête. — 6. Remontez l’assiette après avoir fait des mouvements des bras.
- p.36 - vue 44/663
-
-
-
- 37
- L'APPRENTISSAGE PRATIQUE DE LA NATATION
- de Tourcoing, qui est la plus grande autorité actuelle en la matière en France.
- 1° Méthode finlandaise (La perche). — Couramment, le premier soin d’un moniteur est d’attacher son élève au bout d’une corde et de le suspendre au bord d’un bassin, en un point où l’eau est assez profonde ; l’élève, novice et inexpérimenté, auquel on se garde d’ailleurs bien de donner aucune notion de respiration, est pris de peur, et si on lâche la corde, il coule. Résultat : on lui inspire non de la confiance, mais de la méfiance à l’encontre de l’élément liquide.
- La méthode usuellement employée en Finlande, consiste à prouver de suite au débutant que, s’il se tient à un point fixe, à une certaine profondeur et qu’il le lâche, au contraire, au lieu de couler, il remonte en surface. Cette méthode est dite méthode de la perche : pour l’employer, prenez une perche' solide et longue, de 5 à 4 m. ; faites placer l’élève tout à fait au bas de la perche dans la position du grimper ; recommandez-lui de prendre son souffle et de ne lâcher prise que quand la perche ne descendra plus. Vous le tenez ainsi suspendu à cette perche, et vous l’enfoijcez dans l’eau, de façon qu’il soit complètement submergé. Vous répétez l’opération, en augmentant chaque fois la profondeur; chaque fois ainsi l’élève, en lâchant la perche, remonte plus vite. Il a tôt fait de se rendre compte que, s'il nest pas 1er,u au fond, il remonte forcément....
- 2° Méthode Drigny (La planche). — Quand le professeur se met à l’eau avec son élève, c’est une méthode excellente, et dont les résultats sont rapides, puisque le professeur ne perd jamais le contact avec lui; cette, méthode est dite méthode de la planche. Je la comparerai assez volontiers à l’enseignement de la bicyclette, où le professeur cesse progressivement, et sans que l’élève s’en rende compte, d’aider à équilibre. Pour cela, rentrez dans l’eau avec votre élève (homme ou femme, bien entendu). Quand celui-ci aura de l’eau jusqu’à la poitrine, dites-lui de se laisser aller, sans raideur,
- big. 4. — Pour vaincre « la peur de Veau > .
- Entraînement préalable"à la submersion de la tête de l’élève. Seau et piscine.
- Fig. — Méthode de M. Lalyman : dite du seau.
- avec beaucoup de souplesse, la (tête bien renversée en arrière, les bras en croix, et les jambes allongées sans faire de mouvement. Pour commencer, soute-nez-le avec les deux mains, l’une sous la nuque, l’autre sous les reins ; gardez-vous de cesser brusquement ce soutien; mais, au contraire, diminuez-le progressivement ; il arrivera un moment où l’élève se croira toujours soutenu, alors qu’il ne l’est plus. Rien de plus facile alors de le lui démontrer, et il se rendra compte qu’il n’aura plus qu’à apprendre les mouvements de début pour savoir nager....
- 3° Méthode Louis Gauthier (') (l’assiette). — Cette méthode, pour n’en être pas moins efficace, a, certes, le mérite de l’originalité. C’est la méthode de l'assiette. L’élève pose une assiette à ses pieds, et va la ramasser, successivement à des profondeurs différentes, ayant de l’eau d’abord seulement jusqu’aux genoux, puis jusqu’à la ceinture, enfin jusqu’au menton. Il s’habitue ainsi à voir dans l’eau, et quand pour reprendre l’assiette à une certaine profondeur, il s’aperçoit que scs jambes ne restent plus au fond du bassin, mais remontent, il se rend ainsi lui-même compte qu’il est obligé de nager pour aller chercher l’assiette et, par conséquent, que, naturellement, il flotte : il a donc à l’issue de celte leçon, acquis la Confiance et dès la leçon suivante, il saura nager...
- 4° Méthode de Lalyman (Le seau). — Puisque nous n’avons pas encore partout les piscines ou les bassins de natation nécessaires à l’enseignement de la natation, il s’agit de trouver un moyen de remédier dès l’hiver à cette grave lacune. Or, comme dans l’eau, c’est non l’immersion d’une quelconque partie du corps qui gêne le sujet, mais bien celle des voies respiratoires, je prétends que là comme ailleurs, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Ma méthode, dite méthode du seau, a pour
- 1. M. Louis Gauthier est le directeur du Service de l’IIy-giène des Sociétés d'Education physique et de Préparation militaire; il a comme M. de Lalyman, l'ait faire un film éducatif de sa méthode.
- p.37 - vue 45/663
-
-
-
- 38
- LA FABRICATION DES FAUX
- but, essentiel d’apprendre aux enfants à connaître l’eau, avant d’apprendre à s’en servir. Avant toute chose, il importe que l'enfant se rende compte qu’il ne peut et ne doit être nullement incommodé en ayant sa tête immergée ; il doit également voir clair dans l’eau. Pour cela : prendre un seau plein d’eau (ou même une simple cuvette) ; l’eau peut être tiède si l’on veut, mais claire et propre. Commencez par faire tremper la tète de l’élève, sans chercher à le faire rester longtemps. Ensuite, faites-lui ouvrir les [yeux chaque fois qu’il trempera la tète; exercez-le à ne s’immerger qu’après avoir fait quelques mouvements respiratoires, principalement une expiration profonde, précédant une inspiration normale, pour éviter l'étouffement. Au besoin, appliquez-vous à lui faire contracter la luette (ce qui s’obtient en esquissant le mouvement habituel de déglutition (1 ), pendant la durée de la submersion. Parallèlement, enseignez-lui les mouvements de la brasse à sec : quand l’enfant connaîtra bien ceux-ci et qu’il trempera sans crainte, en y voyant clair, sa tète dans l’eau, il saura, presque toujours, se tenir seul sur l'eau dès son premier bain. En effet, s’il se jette à l’eau et qu’il s’enfonce, il ne sera pas surpris, cet exercice lui étant familier, par la submersion de la tète ; y voyant clair, il n’aura pas cette peur que donne surtout l’obscurité, et pratiquant les mouvements qu'il aura appris à sec, il remontera aussitôt en surface, sans avoir bu. D’où, cause de nouveau gagnée.
- 5° Méthode Paul Beulque. — Paul Deulque est certainement l’homme qui a formé le plus grand nombre de nageurs et de nageuses de France. Sa méthode est surtout intéressante pour la collectivité, et devrait être adoptée dans tous les établissements d’enseignement, quels qu’ils soient. J’engage forte-1. V. Education physique, n° 15, du 15 juillet 1923.
- ment les chefs d’écoles à se mettre en rapports avec lui et à lui demander son ouvrage, où sa méthode est clairement et longuement exposée. Son principe repose sur l’enseignement collectif de la natation à sec d’abord, non plus en couchant. les élèves, mais debout, et sur l’enseignement collectif à l’eau ensuite, en série, à l’aide d’un ingénieux dispositif consistant en poulies, ceintures et contrepoids, qui permettent de faire passer 60 élèves en une heure.
- Il serait intéressant - - et ce ne serait pas onéreux — de créer, dans toutes nos écoles, à défaut de piscines dont les crédits ne permettent pas actuellement d’envisager la construction, la création, à côté des douches, d’un petit canal suffisant pour l’installation de l’appareil Beulque. Le projet, à la suite de ma conférence au Ministère de l’Instruction
- publique, est d’ailleurs actuellement à l’étude dans un grand lycée....
- En résumé, toutes les méthodes sont bonnes; l’essentiel, c’est de les appliquer. Parents et maîtres il est de votre devoir d’enseigner la natation à vos enfants : l'ami-liarisez-les avec l’eau d’abord, soit avec la méthode^de la perche, de là planche, de l’assiette ou du seau ; et si c'est possible là où vous êtes, complétez cette éducation de l’eau par l’enseignement collectif Beulque. Puis, pour créer de lemulation entre les enfants et les stimuler, faites-leur faire des mouvements d’ensemble comme ceux que je fais faire à Mézin, qui ont été exécutés également à l’Association sportive montferrandaise à Clermont-Ferrand ainsi qu’aux Pingouins de la Marne....
- , l\Tous arriverons peut-être ainsi, sinon à supprimer complètement, tout au moins à atténuer, dans de 'notables proportions, (la lamentable rubrique estivale des baignades tragiques !
- J. de L.vlyman.
- Fig. 5. — Méthode de Lalyman : mouvements d’ensemble.
- LA FABRICATION DES FAUX
- Pendant longtemps la fabrication des faux se faisait exclusivement en Autriche, dans les usines du Tyrol, tous les marchés européens étaient tributaires de leurs produits. Cette fabrication ne fut entreprise en France que vers 1845, aux usines du Saut-du-Tarn qui l’installèrent avec le concours d’ouvriers spécialistes que l’appàt du gain avait attirés.
- Depuis cette date, cette fabrication s’est développée constamment; elle est tout à fait spéciale, elle exige des ouvriers parfaitement exercés, praticiens remarquables qui n’arrivent à posséder leur art qu’après une longue formation On se rend compte, en visitant les ateliers de fabrication, de l’habileté professionnelle qu’exige ce genre de travail; d’ailleurs les photographies que nous reproduisons et
- p.38 - vue 46/663
-
-
-
- 39
- LA FABRICATION DES FAUX
- qui ont été prises au cours d’une visite des ateliers du Saut-du-Tarn, montrent immédiatement dans quelles conditions relatives interviennent la machine et l’ouvrier.
- Une lame de faux comprend trois parties principales distinctes (fig. 1) :
- 1° La lame qui doit être d’une régularité parfaite, surtout air tranchant, afin qu’elle ne puisse se détendre lorsqu’on la bat. S’il existait des parties plus minces les unes que les autres, ce défaut se produirait inévitablement.
- 2Ù La côte qui est la partie résistante assurant la tenue de la lame au travail; plus cette côte est rigide et moins la lame aura de chances de se détendre.
- 5° Le manche. C’est la partie qui sert à fixer la faux sur le manche en bois dont se sert le faucheur. Suivant les régions elle varie comme hauteur, comme inclinaison, elle peut être avec ou sans boulon. Le collet doit être renforcé pour que la faux soit solide.
- 11 existe une grande variété de modèles de faux qui se différencient par la forme, le poids, la longueur, la largeur e t le talon. On pourrait penser que ces formes diverses soient fonction de la nature du terrain, de sa déclivité, du genre de tiges à sectionner, de leur espacement sur le sol, de leur résistance à la coupe. Il n’apparaît point que cela soit exact. C’est ainsi que, pendant la guerre, des faucheurs du Nord qui se trouvaient dans le Midi, exigèrent le modèle de faux auquel ils étaient habitués dans leurs plaines, bien qu’ils eussent à travailler dans des pays vallonnés ou même montagneux.
- Fig. 2. — Débiteur en action.
- On débite les morceaux d’acier pour faire le couteau.
- | Flèche
- La lame de faux.
- Fig. i
- On connaît même sur ce sujet des particularités tout à fait curieuses. C’est ainsi qu'à Tanus, dans. le Tarn, l’ouvrier agricole emploie la faux demi-courbe. A L a b a s t i d e-1» o u a i n eu x, à l’autre extrémité du département, c’est-à-dire à 1 (JO km au moins, le même modèle de faux est en usage. Or, dans le village de Mancelle, dans l’Aveyron,- à 10 km de Tanus, l'agriculteur ne veut que la faux droite. Ce cas n’est pas isolé et on pourrait citer des faits du même genre dans la Manche, dans les Pyrénées-Orientales, dans le Cantal, etc.... t
- En principe, les faux droites sont préférées dans l’Aveyron, la Lozère, le Cantal et dans certaines régions de la France très différentes les unes des autres.
- Les faux demi-courbes sont les plus répandues ; on les emploie dans le Tarn et, chose extraordinaire, en Corse les agriculteurs exigent un modèle identique.
- Les faux courbes sont utilisées en général dans les départements du Nord, mais ceci n’est pas immuable et on en rencontre également dans beaucoup d’autres régions.
- La longueur de la faux varie également dans de grandes proportions, de 55 à lit) cm. Cette longueur est calculée par la diagonale qui part de la pointe et qui va au bord extérieur du manche. Quant à la largeur qui se mesure au milieu de la longueur de la faux, côte comprise, elle va de 40 à 150 mm.
- Les talons sont divisés en plusieurs catégories, talons d’équerres ou échancrés. Dans la Dordogne ou la Gironde, on prend le talon d’équerre qui n’a que peu de différence avec la largeur du milieu de la lame. Le talon échancré est préféré dans le Jura et la Haute-Savoie. Le talon pointu sert surtout dans les Basses-Pyrénées et près de la frontière espagnole.
- Un autre genre de talon, plus ou moins ramené en arrière, est le talon de la faux piémontaise, dont on se sert en Provence.’ En Bretagne, on utilise un talon dit « Laval » ou croisette qui est également ramené en arrière de l’équerre et qui sert pour des faux assez lourdes.
- Dans certains modèles, la côte de la faux est ramenée jusqu’au bout; dans d’autres, elle s arrête à une certaine distance de l’extrémité. Dans ce dernier cas, la partie non relevee est etampee lortc-menl pour se raccorder avec la partie relevée; cest le modèle le plus courant. Les faux relevées jusqu’au bout sont les faux « Laval », les piémon-taises, les faux dites « comtoises ».
- Examinons maintenant les multiples opérations
- p.39 - vue 47/663
-
-
-
- Fig. 4. — Platinage au martinet
- p.40 - vue 48/663
-
-
-
- LA FABRICATION DES FAUX
- 41
- Fig, 5. — Atelierjie trempe et de recuit.
- p.41 - vue 49/663
-
-
-
- 42
- LA FABRICATION DES FAUX
- que doit subir la faux au cours de sa fabrication.
- Le poids de la faux et la dimension du talon déterminent .la section de métal à employer. L’ouvrier débiteur se conforme à la carte de fabrication qu’il possède, il débite scrupuleusement le métal au poids voulu, la tolérance n’étant que de -+-25 gr. On obtient des barres prévues pour fabriquer 4 ou 5 faux, chacune étant marquée par une légère encoche faite à la tranche à froid.
- Le métal ayant été débité, la première opération consiste à faire l’ébauche de la future faux, autrement dit le couteau. Ce travail s’exécute sur un martinet hydraulique dont le poids est de 150 kg environ et la vitesse de 525 à 550 coups par minute. Le rôle de l’ouvrier coutelier est très délicat, car c’est lui qui commence à ébaucher la faux dans son ensemble, et il doit veiller à ce que le métal soit bien réparti afin d’obtenir par la suite des côtes et des lames bien régulières. De son habileté, de sa connaissance approfondie des innombrables modèles .dépend l’avenir de l’outil qu'il commence.
- En ébauchant le couteau et à-côté de ce qui devra être le talon de la faux, le coutelier laisse intacte une partie de la barre. C’est ce métal qui servira à l’ouvrier mancheur pour faire le manche. Cette opération se fait avec un martinet hydraulique un peu plus léger que celui qui a servi à faire le couteau.
- Le manche étant ébauché dans ses grandes lignes, c’est l’ouvrier boutonnier qui, à son tour, prend le couteau pour bien régulariser le manche en le forgeant, et, en même temps, il forge le bouton dans une étampe appropriée ; cette opération se fait à la forge à main. Ceci terminé, le couteau est ébouté à la longueur exacte que doit avoir la faux et appointé légèrement sous un marteau mécanique.
- Le couteau ainsi fini passe dans les mains de l’ouvrier platineur, dont le travail consiste à confectionner la lame de la faux, tout en donnant à celle-ci la forme ou courbure qu’elle doit avoir. Cette opération appelée « platinage » est la plus difficile de toutes celles que subit la faux, et pour connaître- à fond cette partie, il faut de longues années d’apprentissage et surtout les conseils des vieux praticiens chargés de former les jeunes ouvriers.
- Le platinage de la faux se fait au marteau hydraulique et exige cinq chaudes au minimum avant d’être complètement terminé. Au cours de son travail, l’ouvrier platineiir doit s’attacher à faire des lames d’une régularité parfaite, et on aura une idée des difficultés qu’il doit surmonter, quand on saura qu'une faux n’a que 6 à 7 dixièmes d’épaisseur au taillant.
- Le platinage étant terminé, c’est le releveur de côtes qui prend la faux et qui met la côte à la position normale qu’elle doit avoir. Cette opération, qui se faisait autrefois à la main, s'effectue depuis 1911 au moyen d’une machine dite « Wippermann » qui produit beaucoup plus, tout en évitant lenorme fatigue que supportait l’ouvrier releveur. C’est au
- relevagc des côtes que la faux est mise exactement à la forme qu’elle doit avoir, si l’ouvrier platineur a légèrement raté celle-ci.
- Après le relevage des côtes, il y a le marquage à chaud sur le manche et la mise en place de ce dernier dans la position exigée par le faucheur. Cette opération porte le nom de relevage des manches-, elle est faite à la main par d’autres ouvriers relevcurs spécialisés dans ce travail.
- Dès que le relevage des manches est terminé, les faux sont prises par un ouvrier désigné planeur à noir. Le but de cette opération est de faire disparaître tous les petits plis qui se sont formés sur la lame, en mettant la faux à la forme lors de l’opération du relevage de la côte, et en même temps on uniformise encore davantage la lame en planant sa surface avant la trempe.
- La faux planée à noir, elle passe dans les mains de l'ouvrier cisailleur dont le rôle consiste à mettre la faux aux largeurs demandées sur la carte de fabrication. Cette opération se fait avec une forte cisaille actionnée à la main; le cisaillage de la lame se commence toujours au talon pour se terminer à la pointe.
- Après le cisaillage viennent les opérations intimement liées de la trempe et du recuit ou revenu ; elles sont tellement délicates au point de vue de la qualité de l’outil, qu’un réviseur admirablement spécialisé dans ces deux parties passe dans ses mains toutes les faux et les éprouve une à une soit à l’aide d’un tiers-point, soit par des essais de battage, si la première épreuve lui semble douteuse. Comme nous l’avons déjà dit, il faut que, sans être trop doux, le métal formant le taillant de la faux ait l’élasticité voulue pour être battu sans s’égrener, sans quoi la faux serait inutilisable. Les faux sont trempées à la graisse et dégraissées à l’eau bouillante; le recuit ou revenu se fait au sable chauffé à blanc et les ouvriers spécialistes faisant ces opérations sont nommés : trempeurs et recuiseurs.
- En sortant de la trempe et sous l’action de celle-ci, les faux ont la lame toute gondolée et la côte tordue; pendant que celle-ci est encore chaude, on la redresse immédiatement afin d'éviter la casse. Cette opération peu importante, mais qui est indispensable, est faite par des manœuvres spécialisés.
- Dès que la faux est dressée, c’est le planeur à bleu qui la prend à son tour et qui la plane pour la deuxième fois afin de retendre la lame détendue à la trempe et de faire disparaître le gondolage occasionné par celle-ci. Cette opération se fait comme le planage à noir avec un outillage spécial.
- Le planage à bleu exécuté, la faux est prise par un ouvrier meilleur, qui passe la pointe à la meule émeri afin de bien la raccorder avec le prolongement de la côte, c’est ce qu’on appelle le meulage des pointes (rectification de formes).
- Après le meulage dé la poinfe, la faux va entre les mains de l’ouvrier finisseur dont la tâche consiste, comme son nom l’indique, à mettre la faux
- p.42 - vue 50/663
-
-
-
- LA FABRICATION DES FAUX
- dans la véritable position qu’elle doit avoir pour faucher l’herbe. Pour atteindre ce résultat, et d’après la position que doit avoir la lame, l’ouvrier monte ou descend la côte selon qu’il le juge à propos ; c’est ce qu’on appelle le dressage.
- Ceci n’est que la première lâche de l’ouvrier finisseur, car dès qu'il a dressé la faux, il la passe à un autre ouvrier désigné sous le nom de marte-leur.
- L’opération du martelage consiste à travailler la lame sur toute sa surface par des coups de poinçons appropriés, donnant l’apparence de gros grains
- Fig. 7.
- Relevage de la côte à la machine.
- de blé, et extrêmement rapprochés les uns des autres. Elle a pour but de tendre la lame en la travaillant à froid, tout en contribuant à la régulariser de partout. Cette opération se fait avec des marteaux mécaniques donnant 1800 coups, à la minute.
- Dès qu’elle est martelée, la faux est reprise par l’ouvrier finisseur qui termine sa tache en lui donnant la tournure qu’elle doit avoir pour que le faucheur s’en serve sans fatigue. Comme celui du coutelier et du platineur, le rôle de l’ouvrier finisseur est très délicat, car dans la mesure du possible, il doit corriger les défauts pouvant résulter d’opérations précédentes; enfin il doit veiller à ce que la faux sortant de ses mains soit bien tendue et qu’elle ne fléchisse pas à la butée ou à la forte pression
- 43
- exercée sur la lame avec la paume de la main.
- Le travail du finisseur terminé, la faux est prise par le meilleur à sec, dont le travail consiste à régulariser le taillant d’un bout à l’autre et à faire sur ce dernier un petit biseau de 0 mm environ, afin de faciliter l’opération du battage que doit faire le faucheur avant de se servir de l’outil.
- Les opérations mentionnées ci-dessus se font sur toutes les faux, mais pour celles de qualité supérieure, il existe d’autres opérations, notamment le meulage et le polissage de la lame, Yaffûtage du taillant demandé dans certaines régions, la couleur
- Mg. 8.
- Aiguisage à la meule émeri.
- jaune ou bleue donnée au four, le martelage rond ou dessin fait au marteau mécanique, les serpen-taux faits à la roulette, enfin le moirage au bouchon et le battage du taillant.
- Dès que les faux entrent au magasin, elles sont; vernies sans retard pour empêcher l’oxydation ; en outre, pour certaines faux on procède à la pose de plaques ou légendes, soit à la poudre d’or, soit par l’attaque à l’acide, soit au moyen de décalques.
- En résumé, la faux la moins chère passe dans les mains de seize spécialistes différents, il faut compter en . outre les manutentions du magasin (vernissage, emballage). Les faux de qualité supérieure passent successivement par les mains de vingt ouvriers.
- E. Weiss.
- p.43 - vue 51/663
-
-
-
- 44
- L’ENSEIGNEMENT DE LA CHIMIE APPLIQUÉE
- et le placement des Ingénieurs-Chimistes.
- Le Syndicat professionnel des Ingénieurs-Chimistes, les Associations d’Anciens Elèves des Ecoles de Chimie et leur Union nationale ont mis à l’ordre du jour de leurs travaux, depuis un certain nombre d’années, l’étude de la création du diplôme d’Etat d’Ingénieur-Chi-miste. Sans nul doute, l’existence dûment protégée, du titre d’ingénieur-chimiste U. P. L. G. (diplômé par le Gouvernement), rendrait de grands services dans certaines circonstances, où se posent des cjuestions d’ordre chimique en rapports étroits avec l’intérêt général, et qui demandent, pour être résolues, le concours de techniciens de la chimie judicieusement choisis.
- L’opinion publique sait que la chimie prend une importance croissante dans la vie économique et qu’elle joue un x'ôle capital en ce. qui concerne la Défense Nationale. Toutefois, elle a peu d’idées ou des idées imprécises et souvent contradictoires sur les ingénieurs-chimistes. Elle établit une regrettable confusion entre eux et les praticiens secondaires de l’industrie et de la science chimiques. Elle constate que les Ecoles ou Instituts de Chimie, aux enseignements foncièrement disparates, délivrent des diplômes identiques à des personnes de valeur très différente. Indubitablement, ce désordre est préjudiciable aux ingénieurs-chimistes ; de même qu’il est nuisible à l’accomplissement de leur labeur quotidien. La création du diplôme d’Etat, sanctionnant des études supérieures et générales de chimie, suivant un programme unique et minimum, laissant, par conséquent, à chacun des Instituts et Ecoles, le pouvoir de le développer au maximum et d’v adjoindre l’étude des spécialités, hase de leur féconde différenciation sur un plan intellectuel élevé, est devenue aujourd’hui une nécessité. Elle aura comme conséquence pratique, immédiate, de faciliter la sélection pour le recrutement du ..début, des carrières chimiques de l’administration civile et militaire. Blais, c’est à un point de vue plus général qu’elle mérite surtout de retenir l’attention des collectivités compétentes.
- Depuis la guerre, la formation des ingénieurs-chimistes s’est effectuée en quantités véritablement inconsidérées
- — comme d’ailleurs, celle des ingénieurs, en général
- — et, de ce fait, les difficultés de leur placement se sont accentuées.
- Bûnci ce que dit, à ce sujet, le Bureau International du Travail (•) : « En France, il ne semble pas que le chômage soit très considérable parmi les ingénieurs ayant déjà occupé des places dans l’industrie. Par contre, le placement des ingénieurs sortant des Écoles et des ingénieurs âgés est très difficile. Il y en a trop et de toutes les catégories. La production des Écoles qui forment des ingénieurs, bons ou mauvais, est trop grande pour les besoins de l’industrie française. A chaque instant de nouvelles Écoles s’ouvrent, plus soucieuses de réaliser des bénéfices que de préparer des ingénieurs de qualité, et qui ne se préoccupent pas de savoir si leurs élèves trouveront des débouchés à la fin de leurs éludes. D’autre part, depuis la guerre, un grand nombre d’officiers des armes spéciales ont passé dans l’industrie. Il y a ainsi un nombre croissant d’ingénieurs de toutes catégories pour un nombre limité de situations....
- 1. Bureau international du travail. Études et documents, série L. (Travailleurs Intellectuels) n° 1.
- « En ce qui concerne les chimistes, le Secrétaire général du Syndicat des Ingénieurs-Chimistes de France estime à tiOO ou 700, le nombre des chimistes qui sortent chaque année des Écoles. C’est 300 de trop, élant donné les besoins immédiats de l’industrie chimique et ses perspectives de développement. Il y a, actuellement, 4000 ingénieurs-chimistes en fonctions, et l’on ne peut espérer porter ce nombre à plus de hOOO. Le chômage atteint très inégalement les élèves des diverses Écoles el, au cours d’une enquête faite par la Journée industrielle, le Secrétaire de l’Associaiion des anciens Élèves de l’École Centrale a estimé que le chômage ne frappait guère les membres de son Association.
- (( Pourtant, l’Ecole Centrale qui, de 1870 à 1885, délivrait en moyenne 150 diplômes par an, en a délivré : 2b5 en 1919, 540 en 1920, 803 en 1921, 746 en 1922. Les 10 principales Écoles d’Electricité, qui délivraient 98 diplômes en 1900 et 549 en 1920, en ont délivré 954 en 1922. »
- Le même document indique que, de façon générale, les ingénieurs et les chimistes se plaignent d’être atteints par le chômage en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Finlande, en France, en Grande-Bretagne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Russie et en Suède. Par contre, la Belgique, les États-Unis, la Grèce, la Roumanie, la Suisse et la Tchéco-Slovaquie ne signalent pas de chômage particulier.
- Que trouve-t-on à l’origine de cette situation? Trois catégories de faits : ou bien une production déréglée de techniciens, ou bien un ralentissement de l’industrie, ou encore l’existence d’une industrie routinière ne comprenant pas, ou dédaignant les services que peuvent lui rendre les ingénieurs ?-^
- C’est la première qui doit être principalement retenue, en ce qui concerne la France. Comment pourrions-nous y remédier? Par une sorte de sélection naturelle? En attendant que la carrière apparaisse suffisamment encombrée pour qu’enfin, les candidats aux Écoles techniques s’abstiennent d’eux-mêmes. C’est une solution brutale, qui n’exige, évidemment, aucun effort d’imagination constructrice. Blais combien causerait-elle de déboires, engendrerait-elle de dévoyés !...
- La réglementation serait plus intelligente, à n’en pas douter; mais elle possède un caractère arbitraire, dont le danger n’est pas à dissimuler, car il pourrait priver la science et l’industrie chimiques de la collaboration d’esprits remarquables.
- Comme la grande majorité des chimistes sortent aujourd’hui des Écoles et Instituts de Chimie, une limitation par le savoir et l’aptitude, par conséquent, limitation en tous points intéressante, pourrait être réalisée par l’élévation du niveau des études dans ces établissements considérés en général, car il faut bien reconnaître qu’en particulier un certain nombre ne laissent rieiï à désirer à ce sujet. C’est la tendance de tous ceux qui sont partisans de la création du Diplôme d’État d’Ingé-nieur-Chimiste et c’est ainsi que ses conséquences se trouvent être exactement conformes à l’intérêt collectif,
- Blais d’aucuns peuvent dire : pourquoi chercher à limiter le nombre des ingénieurs-chimistes? Ne vaudrait-il pas mieux laisser leur formation entièrement libre et les diriger vers des carrières à l’étranger? Ce serait un
- p.44 - vue 52/663
-
-
-
- ENSEIGNEMENT DE LA CHIMIE APPLIQUÉE : PLACEMENT DES INGÉNIEURS 45
- moyen d’augmenter la force d’expansion de l’esprit français. Nous répondrons à cette objection en répétant ce que nous avons dit plus haut, à savoir que le chômage des ingénieurs et des chimistes est presque général.
- *
- * H!
- Yoici, pour préciser, quelques extraits d’une enquête faite par le Bureau International du Travail.
- En Allemagne, le chômage a toujours été, même pendant la période-,florissante de 1921 à 1922, plus élevé parmi les intellectuels que dans les autres professions. La situation s’est considérablement aggravée ces derniers temps. En 1925, le marché du travail est devenu très défavorable pour les chimistes. La surproduction des travailleurs de culture académique a pour effet naturel de peser sur les salaires et sur les conditions du travail. Comme il n’y a pas de disette de main-d’œuvre dans les autres professions, on ne peut pas espérer une amélioration prochaine....
- La crise très grave que traverse l’industrie autrichienne a pour effet naturel le chômage des ingénieurs....
- Le chômage est considérable au Danemark ; on l’estime à 80 pour 100 de tous les ingénieurs....
- Le chômage a été longtemps un phénomène inconnu des ingénieurs espagnols. On en signale maintenant dans une mesure encore assez faible, mais certains ingénieurs croient cette crise si menaçante pour l’avenir qu’ils désireraient voir fermer momentanément les Ecoles techniques....
- En Finlande, un petit nombre seulement des élèves sortant des Ecoles techniques peuvent trouver des places. Le chômage est actuellement en croissance. Beaucoup d’ingénieurs acceptent du travail technique de qualité inférieure....
- Le chômage parait être considérable en Grande-Bretagne, surtout pour les ingénieurs très spécialisés....
- En Grèce, le placement des chimistes est très difficile, parce que l’industrie chimique est très peu développée dans ce pays....
- . Par suite de la situation économique grave de la Hongrie, toutes les professions intellectuelles souffrent beaucoup du chômage, y compris celle des ingénieurs....
- On se plaint, en Suède, d’un chômage considérable et croissant parmi les techniciens qualifiés....
- Lors des études entreprises en 1921 par le Bureau International du Travail, les ingénieurs américains avaient déclaré que le chômage était considérable parmi eux. La Western Society of Engineers estimait qu’il y avait au moins deux postulants pour chaque emploi libre dans les chemins de fer; le chômage y était de 11 à 50 pour 100 du personnel; dans .l’industrie, de 25 pour 100. '
- Mais, depuis lors, la situation paraît s’èlre améliorée. Le Secrétaire de la Mining, and Metallurgieal Society dit qu’il ne connaît plus guère d’ingénieurs sans emploi. L’Àmerican Institute of Electrical Engineers signale que les conditions se sont améliorées dans beaucoup d’industries et que le chômage est moins considérable qu’en 1921. L’American Society of Agricultural Engineers dit que le chômage n’est, de loin, pas aussi général qu’en 1921, et qu’au moins dans cette catégorie, il y a peu de chômage.... »
- *
- * * i
- Une enquête faite par le Syndicat des Ingénieurs-Chimistes a donné les résultats suivants (') :
- 1. L’Ingénieur-Chimiste. Mai 1925.
- L’importance et l’organisation de l’industrie chimique en Allemagne sont telles qu’il existe peu de chances pour les ingénieurs chimistes français d’être embauchés dans des usines germaniques. Peut-être pourrait-on trouver quelques places en publiant des annonces dans les journaux techniques, mais quant à entamer une action d’envergure pour faire admettre nos chimistes dans les usines allemandes, cela paraît tout à fait impossible, tout au moins pour le présent.
- L’Angleterre souffre tellement du chômage, que l’administration anglaise n’accorde que très rarement l’autorisation d’entrée nécessaire, afin de réserver, autant que faire se peut, à ses nationaux, la possibilité de trouver des emplois. Par ailleurs, les maisons anglaises se refusent très souvent à donner des places à des étrangers ; même dans le cas particulier de maisons fondées en Angleterre avec des capitaux français et où le concours d’un ingénieur chimiste français, parfaitement au courant de la technique et des procédés spéciaux employés, était nécessaire, ce n’est pas sans les plus grandes difficultés que l’autorisation de séjour indispensable a pu être obtenue.
- L’expérience a montré qu’en Argentine, il est très rare d’aboutir heureusement dans les tentatives d’immigration d’ingénieurs-chimistes. Son industi’ie chimique est encore à l’état embryonnaire et la Faculté des Sciences de Buenos-Ayres forme des ingénieurs en nombre bien supérieur aux besoins.
- La Bulgarie est un pays de faible industrialisation où les places d’ingénieurs-chimistes sont rares.
- Dans la situation actuelle au Brésil, les affaires" sont extrêmement difficiles et il n’est à conseiller à personne de venir tenter la chance dans ce pays sans avoir un contrat en due forme.
- L’Egypte est un pays très peu industriel où l’industrie chimique n’existe pour ainsi dire pas.
- L’Esthonie traverse une crise économique telle que son industrie, déjà fortement compromise par la fermeture de la Russie, va en déclinant. Les quelques usines ou fabriques qui fonctionnent encore diminuent leur personnel et ne travaillent parfois qu’un jour sur deux. Aucune place n’est disponible pour nos ingénieurs-chimistes.
- Bien que tout le monde s’accorde à l’econnaître, aux Etats-Unis, la valeur des ingénieurs français, on n’en rencontre que fort peu, la plupart des places étant réservées de préférence aux Américains eux-mêmes. La plus grande partie des ingénieurs étrangers et particulièrement des ingénieurs-chimistes, y sont allemands et y sont allés appelés par les filiales de sociétés allemandes qui se sont montées là-bas. En effet, une partie de l’industrie chimique aux Etats-Unis a été créée par les Allemands. Par suite, ceux-ci se sont trouvés particulièrement bien placés pour y placer leurs compatriotes.
- On n’oserait conseiller à aucun ingénieur-chimiste d’aller là-bas pour y trouver une situation. Tout d’abord, les lois américaines interdisent d’embaucher du personnel à l’étranger; par suite, un ingénieur français serait obligé de partir sans proposition ferme, ce qui serait lui faire courir un très gros risque.’
- , D’une façon générale, le nombre des ingénieurs finlandais dépasse sensiblement le nombre des places disponibles dans l’industrie du pays et les oblige en partie à aller en " Suède, en Angleterre et en Allemagne et surtout aux Etats-Unis pour y travailler de leur métier. Et les renseignements donnés ci-dessus* relativement à ces trois dernières puissances, ne nous font pas augurer de bons résultats de cette émigration.
- p.45 - vue 53/663
-
-
-
- 46
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- La Hongrie produit beaucoup trop d’ingénieurs chimistes et ceux-ci, faute de pouvoir utiliser leurs connaissances dans-leur pays, cherchent à émigrer.
- L’industrie chimique norvégienne est insignifiante. En 1922, elle n’employait pas plus de 5000 personnes. D’autre part, la Norvège est un pays qui prépare infiniment trop d’ingénieurs pour ses propres besoins; de sorte que, chaque année, un grand nombre de ceux-ci, qui ont cependant ajouté à la préparation qu’ils ont reçue à l’Ecole Technique Supérieure de Trondhjem des stages d’études dans les Universités étrangères, sont obligés de chercher eux-mêmes des emplois à l’étranger.
- La Pologne ayant récemment traversé une forte crise économique et le coût de la vie y étant fort élevé, le moment n’est pas favorable pour placer des ingénieurs-chimistes dans ce pays, d’autant, plus qu’en raison du manque d’argent dans toute l’industrie le personnel y a été réduit au minimum.
- L’industrie portugaise traverse, en ce moment, une crise aiguë et la possibilité de placer dans ce pays des ingénieurs-chimistes est extrêmement réduite.
- La Roumanie ne peut présenter actuellement aucun débouché important pour les ingénieurs-chimistes français. D’ailleurs, les ingénieurs-chimistes roumains sortent de plus en plus nombreux des écoles roumaines et étrangères et, comme ils ne trouvent pas à s’employer utilement chez eux, beaucoup recherchent des situations à l’étranger.
- L’industrie nationale serbe traverse également une période très difficile et il est à peu près impossible d’y trouver un emploi convenable pour un ingénieur étranger.
- Actuellement, en raison de la crise économique que traverse la Suède, un grand nombre d’ingénieurs-chimistes de ce pays sont inoccupés et, par conséquent, l’entrée d’ingénieurs français doit être considérée comme impossible. La Suisse traverse aussi une crise économique grave et elle s’efforce de réserver les places disponibles à ses techniciens mdionaux. D’ailleurs, les ingénieurs-chimistes suisses sont extrêmement nombreux.
- En Tchéco-Slovaquie, la majeure partie de la grande industrie chimique est, à l’heure actuelle, entre leç mains de la minorité allemande du pays. Dans ces conditions, le placement d’ingénieurs-chimistes dans les établissements chimiques de ce pays est déjà fort difficile, même pour les sujets tchèques.
- En Espagne, les industriels paraissent, en général, peu disposés à faire appel au concours des ingénieurs-chimistes étrangers. Enfin, en raison de la crise économique, la plupart de nos entreprises françaises en Espagne, loin de recruter des techniciens nouveaux, se sont vues obligées de licencier une partie du personnel qu’elles employaient.
- Les conditions actuelles sont très défavorables au placement d’ingénieurs-chimisles au Canada. Depuis plus de trois ans, l’atonie des affaires est telle qu’aucune entreprise ne se crée, et qu’aucune de celles qui existent
- ne se développe. Toutes les firmes ont réduit au strict minimum le nombre de leur personnel. Cette situation explique pourquoi tant de Canadiens émigrent aux Etats-Unis. D’ailleurs, même en temps normal, on ne saurait encourager les ingénieurs français à aller chercher une situation dans un pays où la concurrence est extrêmement âpre entre les nationaux eux-mêmes et où, généralement, on préférera naturellement un Canadien à un étranger. Nombreuses sont au Canada les Écoles qui forment d’excellents ingénieurs et ceux-ci se trouvent en surnombre. Trop de nos compatriotes vont au Canada pleins d’illusions, dupes d’un mirage et tous les ans le Consulat de France procède au rapatriement d’un nombre considérable de victimes de ce mirage. II n’est pas plus facile, en réalité, de se créer une situation rémunératrice au Canada qu’en France. Le taux des appointements est généralement inférieur à celui de France et le prix de la vie y est encore plus élevé;
- # 'ri
- Ces deux enquêtes nous offrent de sombres perspec lives. En France comme à l’étranger, il sévit une grave crise du placement des ingénieurs en général et particulièrement des ingénieurs-chimistes. 11 nous paraît bien établi, par la saine interprétation de ces documents, que la France n’a aucun intérêt à participer au maintien de ce surnombre des ingénieurs.
- Au cours de cette crise, notre haute administration serait particulièrement bien avisée si elle songeait à faire une révision des méthodes de nos Enseignements supérieurs et techniques. Sans doute, il apparaîtrait alors que.si la doctrine du laisser-faire et du laisser-aller, en ce qui concerne la préparation scolaire des ingénieurs, de même que celle de la restriction pure et simple de leur nombre, sont toutes deux à rejeter, la limitation par l’élévation du niveau des études, c’est-à-dire la sévère sélection par les aptitudes et le savoir est à instaurer. Elle peut être facilitée par la création du diplôme d’État d’ingénieur-chimiste 'par exemple. En cela la France respecterait, dans son organisation de l’enseignement, de la Chimie appliquée, ses véritables traditions intellectuelles. Notre esprit national n’est pas celui de la production pesante et inconsidérée; l’esprit français est un esprit de finesse et de qualité. Ce dont a besoin l’industrie française, intensifiée pendant la guerre et renouvelée au dur contact des faits de l’après-guerre, ce n’est pas de beaucoup d’ingénieurs, mais de bons ingénieurs. 11 faut faire, pour leur choix, des sélections intelligentes, basées sur les grandes disciplines scientifiques mises au service de la production technique. Notamment il faut tenir très haut le programme général et minimum de l’enseignement de la chimie, car il faut pouvoir mettre à la disposition de la communauté nationale; industrielle, commerciale et agricole, un corps d’ingénieurs-chimistes, peu nombreux peut-être, mais de belle qualité. Alisert Rang.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de
- \
- La formation directe des oxy bromures de mercure. — En tubes scellés (ven'e à base de soude), M, TL Péla-bon a fait réagir l’oxvde rouge HgO sur le bromure HgBr2 dans la proportion de n molécules du premier composé pour m du second. Au bout de trois semaines,
- mai 1925.
- tous les appareils pour lesquels on a m) n renferment un composé jaune vif, répondant à la formule HgO, HgBr2, alors que, dans les autres, une poudre marron foncé donne à l’analyse des résultats qui conduisent à la formule 4 HgO, HgBr2.
- p.46 - vue 54/663
-
-
-
- 47
- LOUIS GENTIL (1869-1925)
- Le dosage des variations de Vacide carbonique dissous. — Pour établir l’importance des échanges de gaz CÜ4 entre les êtres vivants aquatiques et leur milieu, les physiologistes ont recours à un certain nombre de méthodes discutables et parmi lesquelles on note l’extraction des gaz dissous par ébullition ou par le vide et l’acidification par un acide i'ort, suivie d’une extraction à la pompe. Or, comme l’indique M. R. Legendre, les méthodes uniquement ionimétriques ne sont guère plus pratiques que les procédés titrimélriques, et l’on doit rappeler que la teneur en gaz carbonique d’une solution aqueuse dépend de trois facteurs : la concentration en
- bicarbonates, la teneur en ions hydrogène et la tensioù du gaz dissous. Au dire de ce physiologiste, le mieux est de faire barboter dans le liquide un courant d’air privé du gaz CO3, de recueillir et titrer l’acide carbonique dégagé et entraîné, et de déterminer le ph de la solution ainsi traitée pour établir sa stabilité en ions non volatils. Ainsi, deux mesures faites simultanément sur deux eaux, primitivement identiques et dans l’une desquelles un être vivant a séjourné quelque temps, permettent de fixer, avec précision, les échanges d’acidé carbonique de cet être avec son milieu.
- Paul B.
- LOUIS GENTIL (1869-1925)
- Le 12 juin 1925, l’illustre explorateur dit Maroc, Louis Gentil, membre de l’Institut, est prématurément décédé, à l’âge de 56 ans. Depuis sept mois son état de santé préoccupait sa famille. Peu à peu son bel organisme, jadis si fort, fut atteint de divers côtés : une endocardite a précipité la catastrophe, qui met en deuil la science, la géographie et la colonisation françaises.
- Nul n’ignore en effet qu’avec le P. de Foucauld, le marquis de Ségonzac, M. Régnault, le maréchal Lvautey, etc., Louis Gentil fut un des grands artisans de l’intronisation française au Maroc.
- Né à Alger en 1869, il se trouva « tout enfant attiré déjà vers les choses de la nature » et par 1’ « irrésistible désir de savoir ce qu’il pouvait y avoir au delà de la majestueuse chaîne de l’Atlas ». (Notice sur ses travaux scientifiques, 1922). Porté d’abord vers la chimie, il reçut son orientation géologique et minéralogique de ses grands maîtres A. Fouqué, J. Curie et A. Lacroix. Avide de contribuer à l’expansion" française dans l’Afrique du Nord, il fut amené à poursuivre une carrière en partie double, trop tôt brisée, hélas : enseignement d’un côté, exploration de l’autre.
- A 25 ans, il est appelé, par Fouqué, comme préparateur au Collège de France (1894) et parcourt rapidement les degrés hiérarchiques de docteur ès sciences (1902), maître de conférences à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris (1905) (géologie, près de Munier-Chalmas et E. Haug), professeur adjoint (ibidem, 1912), enfin professeur de géographie physique (1919) à la même Faculté; dans cette chaire,si utile, il remplaçait notre ami et collaborateur Charles Yélain, décédé précisément quelques jours avant lui. Disons tout de suite que, pendant son trop court professorat, il sut imprimer, le plus fructueux essor à sou brillant laboratoire, créé « pour donner à la géographie, par la géologie, une hase solide et scientifique ».
- Sa première mission africaine date de 1904, dans le Rif occidental, l’Atlas marocain et le Bled
- Siba insoumis, au lendemain de l’accord anglo-français du 5 avril. Le dernier voyage, novembre 1924, en Algérie occidentale, le mit à mal brutalement, sans avertissement préalable.
- Huit grandes explorations au Maroc occupèrent ces vingt années. Les résumer est impossible; leurs résultats ont été relatés dans plus de 200 notes, mémoires et ouvrages, de lecture aussi attrayante qu’instructive (entre autres Le Maroc physique, 1912, Paris, Alcan). Une vingtaine de cartes topo graphiques et géologiques s’y ajoutent. La Nature bénéficia plusieurs fois de sa signature.
- Le premier voyage fournit la thèse de doctorat : Étude géologique du bassin de la Tafna (425 p., in-8). Celui de 1925 se déroula au sud de l’Oued-Sous, autour de l’anti-Atlas, de l’ancien volcan du Siroua (5550 m., déjà étudié antérieurement), dans les déserts du Dra, où l’on pourrait créer des oasis, etc. La relation en a été publiée par le Comité de l’Afrique française : « Voyages d’exploration dans l-’Atlas Marocain en 1925 " (in-8, 155 p., fig et cartes, 1924). Ce fut ci le chant du Cygne ».
- Sa connaissance approfondie de l’arabe lui permit, comme à de Foucauld, de se confier souvent au costume musulman pour accéder aux régions trop méfiantes, aux « points sombres d’où partaient tous les orages. » En 1907 cependant, ce savoir faillit se montrer insuffisant: les intrigues allemandes avaient fait gronder l’émeute jusqu’à Marrakech, on se rappelle comment le D1 Maüchamp y fut lâchement assassiné, et comment Gentil lui-même et Mme Gentil, avec leur fille (aujourd’hui Mme Jacques Bourcart), échappèrent miraculeusement au massacre. Mais on ignore, dans le public, quelles difficultés durent ensuite être surmontées et quelle importance fut acquise par l’apostolat énergique de L. Gentil. En 1909, par exemple, le caïd d’Agadir raccueillit fort mal : ce « fonction-ci nairc chérifien avait reçu, par un courrier secret « du sultan » (Mouley Hafid), « l’ordre de ne tenir « aucun compte du firman accordé à l’explorateur » (par ce sultan lui-même), « tandis que les frères
- p.47 - vue 55/663
-
-
-
- LOUIS GENTIL (1869-1925)
- 48
- « Mannesmann avaient toute une équipe de pros-« pecteurs qui parcouraient le pays dans toutes les « directions.- »
- En 1911, c’est le soulèvement des tribus voisines de Fez qui menace la colonie européenne. Et aux démonstrations rendues nécessaires, Guillaume II répond par l’envoi de la Panifier devant Agadir. Rentré à Paris à la fin de juillet 1911, L. Gentil est immédiatement appelé par le Ministre de la Guerre, pins par le Président du Conseil, pour donner son avis sur l’opportunité de céder le Sous à l’Allemagne, afin d’éviter la guerre. La réponse fut brève et formelle; il s’éleva avec force contre un tel projet et démontra qu’ « accorder à l’Allemagne (notre principale ennemie dans notre empire nord-africain) le moindre point d’appui au Maroc, c’était créer un foyer de désordre redoutable pour toute notre politique musulmane dans l’Afrique du Nord'».
- Ainsi fut décidée l’autre cession, pénible certes, mais moins dangereuse, celle du fameux « bec de canard » et de la Sanga (au Congo français), qui laissa reconnaître . notre protectorat au Maroc. La clairvoyance de ce capital service. rendu à la France fut justement récompensée (15 février 1912) par la rosette d’officier de la Légion d’honneür, et la fonction de conseiller scientifique du Protectorat. Tel fut le rôle politique important, et trop peu connu, rempli par L. Gentil. ;
- Son œuvre géologique et géographique est beaucoup trop considérable pour être analysée ici; ayant débuté par la grande étude du bassin de la Tafna (1904), elle s’étendit successivement au volcan tertiaire du Siroua (aux sources de l’Oued Sous) comparable au Cantal et grand comme l’Etna; à l’ancien détroit miocène Sud-Rifain, précurseur de celui de Gibraltar (ouvert au début du pliocène); aux autres volcans éteints du Maroc central avec leurs aiguilles d’extrusion analogues à celles de la Montagne Pelée; aux plissements et à la tectonique
- de l’Afrique du Nord; à l’alimentation en eau potable des principales villes du Maroc; à la mise en valeur agricole de ses « tirs », terres noires phosphatées très fertiles rappelant le « tchernoziom » de la Russie méridionale, ainsi que des « hamri » ou sables rouges ; aux effets du tremblement de terre de Lisbonne (1755) sur maints monuments ruinés du Maroc; aux bassins fermés et à l’ancien réseau hydrologique extérieur ou souterrain ; enfin au climat.
- Aussi, en 1917, l’Académie des Sciences estimait que « Louis Gentil a joué un rôle de tout premier
- « ordre dans la conquête scientifique du Maroc ». (Attribution du prixDelesse, rapport de M. Ch. Pepéret), et en février 1925, elle le nommait membre de sa section de géographie et navigation, en remplacement du général Favé.
- Par ailleurs, L. Gentil a proclamé, à son tour, la grande influence de la nature des roches sur les formes du terrain (géomorphologie); expliqué le phénomène des « rideaux » ou talus naturels des pays crayeux par la « soli-fluxion », ou glissement des terrains argileux imbibés d’eau, etc., etc., et surtout formé une cohorte de jeunes chercheurs bien « enseignés ».
- Grand explorateur, grand savant, grand Français, tel fut donc Louis Gentil.
- Ses confrères, collaborateurs et élèves admiraient sans réserve l’ampleur de son intelligence, l’étendue de ses connaissances, l’éveil infatigable de son activité. Mais il faut avoir été de ses amis pour regretter, selon leurs mérites, le charme rare de sa fréquentation, la sûreté de son affection, et toute sa bienveillance envers ceux que son droit jugement avait jugés dignes de son estime. Les mots manquent pour exprimer la douleur causée par la désastreuse disparition d’une telle valeur en plein épanouissement d’âge, de renommée, et de production.
- E.-A. Martel.
- Louis Gentil (1869-1925).
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Lahwe. 9, rue de Fleuras, Paris. — 1925.
- p.48 - vue 56/663
-
-
-
- N* 2677 25 Juillet 1925
- LA NATURE
- B3SVU1S ©US
- et mm »i
- &2/.RÎRT MTM>
- SOMMAIRE
- La fabrication des glaces à l’usine de Chantereine : I. L.
- La construction et le réglage des appareils photographiques : André Bourgain.
- Petite grue mobile sur chariot électrique : E. Weiss.
- Académie des Sciences : Paul B. — La salle à manger sans domestiques : M. G.
- SUPPLÉMENT :
- Informations — Science appliquée : T.' S. F. — Mécanique., etc. — Bulletin astronomique : La voûte céleste en septembre 1925. — Boîte aux lettres. — Bibliographie,
- MASSON ET Cie, Éditeurs. NUMÉRO { ^rance • • • • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 57/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2677.
- 25 JUILLET 1925
- LA FABRICATION DES GLACES A L’USINE DE CHANTEREINE
- L’origine de la fabrication du verre remonte à la plus haute antiquité, probablement 5500 ans avant notre ère. Les colliers précieux de verre et d’émaux étaient déjà la parure des Egyptiens; les vases antiques furent soufflés à Byzance. Plus tard Venise garda longtemps le secret de polir ses glaces et Pile de Murano ne fut dépossédée que par riise de scs procédés, grâce à Colbert. La première
- mieux faire que de prendre comme type la gla-cerie de la Compagnie de Saint-Gobain,.à Ghante-reine.
- Cette glacerie a été construite depuis l’armistice en vue de remplacer celles de Saint-Gobain et de Chauny presque entièrement détruites par la guerre, et de concentrer en une seule usine la fabrication des glaces que ces deux glaceries se partageaient
- Fig. i. ] .
- La glacerie de Chantereine a clé construite depuis l’armistice en vue de remplacer celles de Saint-Gobain et de Chauny détruites par la guerre. Celle usine est dotée de tous les perfectionnements modernes. Remarquer d’autre part les cités ouvrières qui encadrent l’usine.
- glacerie française fut installée à Paris, rue Saint-Antoine en 1GG5.
- Mystérieusement transmises, les recettes anciennes de fabrication étaient jalousement gardées. Et ce fut là un obstacle au développement de cette industrie.
- De nos jours, la chimie et surtout les procédés nouveaux de fusion, de soufflage, de coulage, ont complètement rénové cette industrie cantonnée pendant de nombreux siècles dans une immobilité absolue.
- Nous nous proposons de montrer ici l’état actuel de la fabrication des glaces, telle qu’elle est maintenant, réalisée, dans une usine jouissant de tous les perfectionnements modernes. Nous ne pourrons
- autrefois, Saint-Gobain produisant la glace brute et Chauny la transformant en glace polie.
- La situation de Chantereine à proximité du chemin de fer de Paris à Saint-Quentin et du canal latéral de l’Oise est des plus favorables et la Compagnie a tenu à réaliser, tant par l’importance et la perfection de l’outillage que par la disposition logique des différents ateliers, une installation de premier ordre. La main-d’œuvre y est réduite au strict nécessaire par des appareils de manutention bien étudiés et la continuité des opérations assurée avec le minimum de manutention.
- Commencée à l’automne de 1920, la construction a été poussée avec le maximum de rapidité, les premières glaces étan.t coulées dès avril 1925.
- 4. — 49
- 53* Année- — 2* Semestre-
- p.49 - vue 58/663
-
-
-
- 50 = LA FABRICATION DES GLACES A-L'USINE DE CHANTEREINE
- Fig. 2.
- La manutention des glaces se fait au moyen de ponts roulants. Ceux-ci sont munis d'un appareil à vide et d'un châssis à ventouses de caoutchouc. Les ventouses étant appliquées sur la glace, le vide est fait et la glace adhère avec assez de force pour être soulevée et transportée.
- Mais avant d’entrer dans le détail de la fabrication à l’usine de Chantereine, il nous parait utile de rappeler ici brièvement en quoi consiste l’industrie du verre.
- Composition du verre. Matières premières; —-Le verre est un composé de silice, de potasse ou de soude, et de chaux ou d’oxyde de plomb, donnant par fusion une masse amorphe et transparente qui ne se dissout ni dans l’eau, ni dans aucun acide, sauf dans l’acide fluorhydrique, lorsque le verre est de bonne qualité. '
- La composition des différentes espèces de verre est très variable ; mais ce sont toujours des silicates insolubles dans l’eau. En général un verre résulte de l’union d’un silicate alcalin fusible (silicate de potasse, de soude) avec un silicate terreux infusible (silicate de chaux, de plomb, quelquefois d'alumine, de baryte, de strontiane). Ce mélange conduit à une masse difficilement fusible, en passant, à une température assez élevée, par un état pâteux extrêmement favorable au travail qui lui donnera sa forme définitive. La coloration, la fusibilité, la résistance du verre aux différents agents dépendent du nombre et de la nature des silicates qui entrent dans sa composition. Le verre présente donc des propriétés différentes suivant les silicates qui le constituent ; de Là plusieurs sortes de verre dont les applications sont très diverses.
- Ainsi le verre de potassium et de calcium constitue le verre à gobe-
- leterie, le verre de Bohème, le crown-glass.
- Le verre de sodium et de calcium constitue le verre à glaces, le verre à vitre, le verre à bouteilles.
- Le verre de potassium et de plomb constitue le cristal. Le verre d’Iéna et le verre Pyrex sont formés de boro-silicate d’alumine.
- Nous ne parlerons ici que du verre à glaces. Les matières premières utilisées dans sa fabrication sont : le sable, le calcaire, le sulfate de soude, le carbonate de soude et le charbon pour la réduction du sulfate. Le rôle du charbon ici consiste à transformer en acide sulfureux l’acide sulfurique du sulfate de soude, tandis que ce charbon . passe lui-même à l’état d’oxyde de carbone.-..l
- Ces matières desséchées et broyées sont pesées et criblées et mélangées en proportion déterminée; puis le mélange est introduit dans des creusets ou pots en argile très réfractaire qui sont chauffés dans des fours jusqu'à complète combinaison et fusion de la masse qui constitue le verre.
- Voyons maintenant la marche de la fabrication en détail, telle qu’elle est réalisée à l’usine de Chantereine. Nous devons les photographies qui illustrent cet article à l’obligeance de M. R. Jouas-sain, ingénieur, lequel a fait paraître récemment, dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, le résultat de sa visite à l’usine de Chantereine.
- Nous lui empruntons quelques détails relatifs à l’installation de cette usine. ;
- La fabrication des glaces comporte trois parties
- Fig. 3.
- 'En vue de procéder au doucissage et au polissage des glaces brutes, celles-ci sont scellées au plâtre sur des tables circulaires en fonte.
- p.50 - vue 59/663
-
-
-
- GLACES A L’USINE DE CHANTERElNE = 5i
- Fig. 4.
- Opération du doucissage. — La table portant la glace scellée est amenée à l’appareil à doucir où elle repose sur une couronne fixée à un axe vertical qui reçoit un mouvement de rotation.
- —LA FABRICATION DES
- principales : la poterie, la fabrication de la glace brute, le travail de la glace.
- Poterie — Nous avons dit précédemment que le mélange des matières premières était chaude dans des creusets ou pots. Ces pots sont fabriqués à la verrerie même avec des argiles très réfractaires, car ils doivent pouvoir supporter facilement de hautes températures sans se déformer, se fendre ou se vitrifier.
- Les terres silico-alumineuses dont on se sert dans ce but sont broyées, blutées et mises en silos.
- Elles sont alors mélangées dans des proportions convenables et humidifiées. La pâte épaisse obtenue subit d’abord un séjour de trois semaines environ dans des caves; au sortir de ces caves, la terre subit un deuxième malaxage et est livrée aux ouvriers potiers.
- Ceux-ci travaillent à la main et établissent d'abord une galette épaisse ayant la forme du fond du pot; refoulant alors la matière, ils montent les bandes. On évite par ce procédé toute solution de continuité ou défaut d’homogénéité dans la structure.
- Un pot long de I m. 50, large de J m. 20 et de 0 m. 80 de hauteur, pèse 1250 kilog.
- Le séchage se fait ensuite dans des chambres où la température s’élève progressivement. Avant leur utilisation au four, ces pots subissent encore une cuisson dans des fours spéciaux appelés arches, où ils sont élevés progressivement à 800°. C’est cà cette température qu’ils sont entrés dans les fours de fusion du verre au fur et à mesure des besoins.
- Fabrication des glaces. Les fours de fusion et gazogènes. — Les fours dont on se servait autrefois pour la fusion du verre étaient chauffés au bois ou au charbon. Sans entrer ici dans leur description, il est intéressant de savoir que pour la fusion de 1 kg de verre, la consommation atteignait 2 kg 500 de bois, ou 1 kg de charbon : rendement évidemment déplorable.
- C’est en 1856 que les frères Siemens imaginèrent leur four à gaz et à chaleur récupérée, four qui devait bientôt s’imposer à toutes les industries uth lisant les hautes températures, puisqu’il permet d’atteindre 1150° et plus.
- Les premiers fours du type Siemens furent utilisés en France en 1802 à la glacerie de Saint-Gobain, et donnèrent une économie de combustible de plus de 40 pour 100 avec des appareils producteurs de gaz perfectionnés.
- Les fours Siemens sont chauffés au gaz de gazogènes. Nous rappelons que ces appareils sont destinés à produire des gaz qu’on emploie au chauffage industriel. Leur principe consiste à faire passer un courant d'air à travers une très longue colonne de combustible en ignition. Dans le voisinage de la grille, il se forme d’abord de l’acide carbonique, mais ce composé est réduit un peu plus haut par le charbon incandescent et donne de l'oxyde de carbone.
- Le mélange combustible d’oxyde de carbone et d’azote est conduit au l’arrivée
- d’un courant d’ajir. C’est ce mélange
- Fig. 5.
- Le polissage est exécuté par la pression a’un plateau circulaire sur j ^ q egj.
- la glace. Ce plateau est garni de disques jeulrés enduits d’oxyde de J -
- fer ou rouge d’Angleterre.
- p.51 - vue 60/663
-
-
-
- 52 ===== LA FABRICATION DES GLACES
- gazeux en 'combustion, susceptible de provoquer une (température très élevée, qui détermine la fusion du verre. .
- t En principe un gazogène se compose d’une cuve 'en métal, garnie intérieurement de terre réfrac-'tâire dans laquelle le charbon brûle en vase clos.
- Il est introduit par un couvercle hermétique appelé ‘trémie de chargement; les cendres, résidu de sa combustion sortent par la partie inférieure.
- Il existe plusieurs modèles de gazogènes, sur lesquels nous ne pouvons évidemment insister ici.
- 1 La glacerie de Chantereine a adopté les gazogènes ‘Chapman, construits en ciment armé avec garnissage réfractaire intérieur. Cet appareil se caractérise ; 1° par son agitateur ayant pour but de brasser -la masse du charbon et d’égaliser la surface. Cet agitateur est constitué par un axe vertical portant à sa partie inférieure une traverse diamétrale munie de dents ; il suit automatiquement les variations de hauteur de la couche de combustible; 2° par une alimentation automatique de combustible.
- La fusion du verre. — Les pots contenant le mélange des matières premières devant donner naissance au verre sont donc chauffés dans les fours de fusion Siemens. Ces pots sont remplis au moyen de bennes d’une contenance de G tonnes, qui sont déposées sur les machines d’enfournement des fours. Chèque pot peut contenir jusqu’à 900 litres de verre et un four contient 20 pots. Au bout d’un certain temps le mélange entre en fusion, et comme, au cours de cette fusion, les matières subissent un retrait considérable, on doit bientôt faire un deuxième, puis un troisième enfournement.
- Après cette période de fusion commence la période d’affinage qui a pour but, par un chauffage prolongé et intense, de rendre le verre homogène et d'en expulser le plus possible les bulles de gaz qui se sont produites au moment de la formation du verre.
- Lorsque l’affinage est terminé, on arrête le chauffage du four pour en abaisser la température, jusqu’à ce que le verre ait acquis le degré de viscosité nécessaire pour pouvoir être coulé sans inconvénient. Ce refroidissement du four qui dure de deux à trois heures se nomme la « braise ».
- Pendant ce refroidissement, le verre devenant plus dense, une partie des gaz renfermés encore dans la masse remonte à la surface et se trouve éliminée.
- Le coulage du verre. — Le coulage consiste à sortir les pots du four pour aller verser le verre sur une table en fonte où il se trouve étendu au moyen d’un rouleau. Cette opération, qui se faisait autrefois presque entièrement à la main, est exécutée maintenant par un outillage mécanique perfectionné.
- Ainsi à l’usine de Chantereine, les pots sont pris ‘successivement dans le four par des machines qui les entenaillent et les déposent sous un pont roulant •verseur. Ce pont roulant passe en travers sur une grande table formée de segments de fonte juxtaposés refroidis par un courant d’eau.
- A L’USINE DE CHANTEREINE ......................:
- Le pot est alors saisi par une tenaille dont est muni le pont verseur, et le contenu du pot est déversé en entier au-dessus de la table. Le. rouleau de fonte, également refroidi, est mis en mouvement mécaniquement et, laminant la masse de verre, la réduit en une feuille qui couvre toute la table d’une épaisseur de verre habituellement de 11 à 15 mm.
- Au contact de Pair, la matière se refroidit très rapidement, le verre se fige et dès qu’il est suffisamment résistant on refoule la glace dans le four à recuire.
- La recuisson du verre. — La recuisson du verre consiste à maintenir les deux surfaces de la glace dans.un état tel que le retrait produit par le refroidissement des parties intérieures puisse s’opérer sans obstacle.
- Cette opération se fait dans un four appelé stracou. Dans ce four les glaces passent successivement dans cinq compartiments chauffés au moyen de gaz de gazogènes, de façon, que la température du premier soit d’environ 670°, et que dans les autres compartiments cette température aille en baissant graduellement jusqu’à 550°. Elles sont poussées de l’un à l’autre de ces compartiments au moyen de pelles portées et mues par des chariots à commande électrique. Dans le dernier compartiment, la glace est suffisamment refroidie pour être prise sur un jeu de tringles dont les mouvements sont combinés de telle façon qu’elle chemine seule jusqu-à la sortie du four.
- Le trajetAotal d’une glace 'dans ce four est d’environ 140 m. La glace se présente alors avec une surface peu transparente et irrégulière analogue à celle des dalles de verre qui servent au pavage.1
- Elle est visitée pour que les plus gros défauts soient éliminés, découpée et emmagasinée dans un magasin d’attente avant, de. recevoir, son travail de surface. Il faut signaler ici la disposition ingénieuse employée pour la manutention de ces glaces qui se fait au moyen des ponts-roulants. Ces ponts sont munis d’un appareil à vide et d’un châssis à ventouses de caoutchouc. Les ventouses étant appliquées sur la glace, le vide est fait et la glace adhère avec assez de force pour être soulevée et transportée.
- Le travail des glaces : le doucissage, le polissage. — Lé doucissage et le polissage sont deux opérations successives qui ont pour effet de transformer d’abord les surfaces rugueuses et imparfaitement parallèles de la glace brute en surfaces absolument planes et parallèles, puis de donner à cette glace une transparence parfaite.
- Les glaces prises dans le magasin du verre brut sont scellées au plâtre sur des tables circulaires en fonte de 10 m. de diamètre. Ces tables circulent sur des voies avec transbordeur et sont traînées £par des locomotives électriques.
- La table portant le verre scellé est amenée à l’appareil à doucir où elle repose sur une couronne fixée à un axe vertical qui reçoit un mouvement de rotation.
- p.52 - vue 61/663
-
-
-
- LA FABRICATION DES GLACES A L’USINE DE CHANTERE1 NE = 53
- Progressivement, on abaisse sur le verre deux plateaux circulaires dits moellons, cpii sont suspendus au-dessus de la table et qui, d’un diamètre légèrement plus grand que le rayon de la table, sont sensiblement tangents l’un à l’autre en son centre.
- Les moellons sont garnis de barreaux de fonte et animés d’une vitesse périphérique moindre que celle de la table.
- La matière abrasive qui s’interpose entre les moellons et la table est constituée par du sable en suspension dans de l'eau. ~
- Le sable qui a été soigneusement classé est passé par grosseurs de f ’ ’
- grains, décroissantes et le travail est achevé par de l’émeri très finement Les giaces pulvérisé. fer où elles
- L’opération du douci est alors terminée : la surface se présente comme un verre très finement dépoli, mais parfaitement plan.
- La glace qui a été doucie est poussée ensuite sous l’appareil à polir. Elle est déposée sur une couronne portée par un pivot vertical comme dans l’appareil à doucir et en reçoit le même mouvement de rotation.
- Un plateau circulaire est suspendu au-dessus de la table. Son centre est légèrement écarté de celui du pivot. Ce plateau est garni de disques feutrés sur toute sa surface inférieure. On l’abaisse progressivement sur le verre et il prend un mouvement de rotation par entraînement. Cependant, à cause de l’excentricité,, à chaque tour de la table, chaque point du plateau glisse sur le verre d’un mouvement dont l’amplitude est égale au double de l’excentricité.
- C’est ce mouvement qui produit le travail de polissage. La matière de polissage est l’oxyde de
- Fig. 6.
- terminées sont nettoyées et déposées contre les fils de sont minutieusement examinées et découpées suivant tes dimensions des commandes.
- fer, dit rouge d’Angleterre dont on garnit les feutres. Cet appareil a été imaginé par M. Dellage, président de la Société des Ingénieurs civils.
- Les glaces ayant été doucies, puis polies sur une face sont alors retournées sur leur table, scellées à nouveau et retournent aux appareils pour le travail du deuxième côté. Chaque opération : douci ou poli sur chacune des faces, demande un peu plus d’une heure.
- Les glaces terminées sont alors nettoyées et déposées contre des fils de fer ; et elles sont minutieusement, examinées et découpées suivant les dimensions des commandes de façon à éliminer les défauts. Elles sont classées d’après leur qualité, les meilleures servent à la miroiterie, les autres au vitrage. =
- Mentionnons enfin, en terminant, qu'autour de cette nouvelle glacerie de Chantereine, la Compagnie de Saint-Gobain a dû créer 550 ba-
- Fig. 7.
- J Remballage et V expédition des glaces.
- bitations pour loger une partie de ses employés et de son personnel ouvrier.
- Les constructions ont été groupées en trois cités qui encadrent l’usine : une pour les employés et deux pour les ouvriers.
- Chaque maison possède son jardin de 600 à 1000 m2. L’eau sous pression, l’électricité et le tout à l’égout assurent la propreté et le confort. Ces maisons, de types variés, ont été disséminées sur le terrain de façon à éviter tout aspect de monotonie.
- Enfin on a créé un dispensaire, des écoles, une coopérative, un hôtel, des bains, un cinéma,
- T. L.
- p.53 - vue 62/663
-
-
-
- 54
- LA CONSTRUCTION ET LE RÉGLAGE
- Fig. i. — Chambre carrée. (Appareil Gaumont.)
- Les divers modèles d’appareils photographiques' en usage peuvent se rapporter à deux types : la chambre à soufflet et la chambre rigide.
- Appareils à soufflets. — Parmi les instruments du premier genre, on distingue notamment les chambres dites « touristes », les « foldings » et les appareils pliants à plaques ou à pellicules.
- La chambre « touriste » de forme carrée (fig. 1), qui peut être considérée comme le prototype de l’appareil à soufflet, comporte une partie avant, verticale, reliée au moyen de charnières à un plateau horizontal; des crémaillères encastrées sur la face supérieure dudit plateau permettent de déplacer la partie arrière parallèlement à l’avant, en agissant sur un axe muni de pignons et d’amener ainsi la glace dépolie dans le plan de l’image projetée par l’objectif.
- Cette glace est généralement rectangulaire; le châssis de même forme qui la maintient est attaché par des charnières h un cadre carré fixé au moyen de griffes à la partie arrière de la chambre. Selon que le sujet à photographier se présenté en hauteur ou en largeur, ce cadre peut être disposé dans l’un ou l’autre sens. ' I
- Les plaques sensibles sont reçues par des châssis fermés, soit par des volets, soit par des rideaux constitués de minces lamelles de bois collées sur une bande de toile. Généralement, ces châssis s’accrochent à l’appareil, une languette métallique s’engageant dans une rainure pratiquée sur l’un des grands côtés du châssis le maintient en place, de concert avec un loquet à ressort. Des feuillures garnies de rubans de velours noir assurent une parfaite étanchéité à la lumière. Le plus souvent, ces châssis sont doubles et contiennent deux plaques, disposées dos à dos et séparées par une cloison opaque.
- DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Le choix des matériaux utilisés pour la construction des appareils photographiques est déterminé par les conditions auxquelles doivent satisfaire ces instruments et les usages auxquels ils sont destinés. C’est ainsi que le noyer et l’acajou sont les bois les plus employés, en raison de la résistance qu’ils présentent et du beau poli qu’on peut leur donner, mais que le teck est préféré dans les régions tropicales où il se comporte d’une façon parfaite en dépit de la chaleur et de l’humidité.
- Les crémaillères, les glissières, les charnières, les verrous et les crochets à griffes sont en laiton; dans les appareils de bonne construction, le métal est d’ailleurs substitué au bois pour-la confection des languettes d’assemblage; on obtient ainsi une solidité bien plus grande.
- Un soufflet étanche à là lumière, conslilué par plusieurs épaisseurs de toile et parfois recouvert de peau, forme les parois latérales de la chambre.
- La construction de tels appareils n’offre pas de difficultés particulières et n’exige pas une très grande précision, mais il est absolument nécessaire que les châssis soient soigneusement ajustés, afin que les plaques y contenues viennent prendre place rigoureusement dans le plan qui était occupé par la glace dépolie, lors de la mise au point.
- Dans certaines chambres destinées surtout aux reporters, la liaison mécanique entre l’avant et l’arrière consiste simplement en ciseaux métalliques dont le dépliement est limité par un écrou de butée qu’un bouton moleté permet de déplacer le long d’une échelle graduée; on peut ainsi mettre l’appareil au point pour la distance à laquelle on présume que le sujet se présentera, avant même que de déplier la chambre. Ces instruments sont munis d’un obturateur focal; une fente limitée par deux rideaux se mouvant très près de la surface sensible
- Fig. 2. — Chambre pliante à obturateur focal pour reporter. (Spido Gaumont 9X/2.)
- p.54 - vue 63/663
-
-
-
- LA CONSTRUCTION ET LE REGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES 55
- admet la lumière pendant un temps d’autant plus bref que la fente est plus étroite et que plus grande est la tension du ressort moteur. On règle aisément, au moyen de boutons convenablement placés, ces deux quantités variables et on dispose ainsi d’une série de temps de pose pouvant s’étendre de 1 seconde et plus, jusqu’à 1/1500e de seconde.
- Les petites chambres pliantes, aujourd’hui si répandues, ont d’abord été construites en bois: mais maintenant, elles sont presque complètement établies en métal; on arrive ainsi à faire des instruments légers et de dimensions réduites, avec lesquels on peut opérer sans pied, toutes les fois que le temps de pose n’atteint pas une durée incompatible avec cette façon de procéder. Dans ces appareils, la partie arrière, fixe, est munie d’un plateau qui se rabat vers l’avant et se trouve alors bloqué perpendiculairement au corps par des entretoises à ressort. L’avant de l’appareil consiste en une pièce métallique en forme d’U, sur laquelle est placée la planchette porte-objectif.
- Enfin, il est certains appareils de petit format à tendeurs articulés, tels que les « Block-Notes » (fig. 3), qui méritent une mention spéciale en raison de la facilité avec laquelle ils permettent d'obtenir d’excellents résultats ; lorsqu’ils sont bien construits, les instruments de ce genre ajoutent à quelques-uns des avantages des chambres rigides celui d’une grande légèreté.
- Les chambres pliantes sont généralement disposées pour recevoir soit des plaques ou des « Bloc-films », soit des pellicules en bobines.
- Appareils rigides. — Les appareils rigides ont connu jadis une grande vogue sous la forme de « détectives » et de « jumelles » ; par la suite, ils ont été délaissés, mais maintenant, ils jouissent de la faveur des amateurs éclairés qui, de plus en plus nombreux, demandent à la stéréoscopie de fixer leurs souvenirs; c’est qu’ils permettent d’obtenir plus sûrement que les chambres à soufflet la précision qui est ici de rigueur.
- Fig. 4. — Appareil stéréoscopique 6xi3 en bois compensé (Gaumont).
- Fig. 3. — Bloch-noles Gaumont à grande ouverture et mise au point.
- Les chambres stéréoscopiques demandent un réglage très précis, non seulement parce que les photographies obtenues avec elles sont destinées à être examinées sous un grossissement plus ou moins fort, mais aussi parce qu’avec elles on peut opérer le plus souvent sans se préoccuper de la mise au point, les-foyers des objectifs utilisés étant assez courts pour permettre cette simplification. La faible longueur focale implique une profondeur de foyer très réduite. La nécessité d’obtenir simultanément deux images où, à part les différences résultant de l’écart des axes des objectifs, le sujet se présente sous des dimensions identiques, exige entre le plan des objectifs et celui de la plaque un parallélisme bien plus rigoureux que celui dont on se contente en photographie monoculaire. Il est à peu près impossible d’obtenir une telle précision, de façon durable, d’un appareil à soufflet dont les multiples articulations sont sujettes à usure.
- Les chambres rigides peuvent être établies en bois ou en métal.’
- On reproche parfois aux appareils en bois de se déformer sous l'influence des variations de l’état hygrométrique de l’air, mais il faut reconnaître qu’une construction rationnelle utilisant des bois compensés ou contre-plaqués parfaitement secs permet d’éliminer pratiquement toute déformation.
- C’est ainsi que le « Stéréospido » en bois (fig. 4) de la Société Gaumont donne toute satisfaction, même dans les pays tropicaux, en dépit de la chaleur et de l’humidité. Construit avec le plus grand soin, cet appareil est muni d’un mécanisme au moyen duquel la platine porte-objectifs peut être déplacée de façon à amener au centre l’objectif de gauche (fig. 5), la cloison médiane, qui, normalement, divise la chambre en deux parties, se trouvant appliquée en même temps contre la paroi verticale de droite. Selon la position de la platine, on obtient une photographie stéréoscopique ou un panorama. Cet appareil pouvant aussi être disposé pour donner une vue en hauteur, on peut dire qu’il constitue, à lui seul, trois instruments différents. La platine porte-objectifs peut être déplacée dans le
- p.55 - vue 64/663
-
-
-
- 56 LA CONSTRUCTION ET LE RÉGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 5. — Appareil 6xi3 Stéréospido Gaumont en position panoramique.
- sens vertical; l’opérateur a ainsi la faculté de modifier la mise en plaque et la position de la ligne d’horizon, sans être obligé, pour cela, d’incliner son appareil.
- Outre l’habituelle réglette des distances, cet appareil est muni d’une échelle de profondeur de champ, grâce à laquelle on peut déterminer rapidement les conditions de diaphragme et de mise au point à réaliser pour obtenir un sujet donné avec la netteté voulue.
- Les chambres métalliques sont établies parfois en aluminium fondu, mais le plus souvent en laiton ou en nickel, matières mieux appropriées, en raison de leur résistance mécanique plus élevée. Le Yéra-seope Richard (fig. 6), le plus réputé des instruments de ce genre, est entièrement construit en laiton laminé; des soudures à l’argent assurent la cohésion parfaite des pièces de métal qui constituent les divers éléments de l’appareil, la soudure à l’étain n’étant employée que là où une grande résistance est inutile. Afin d’éviter l’oxydation du laiton et l’odeur désagréable que dégage ce métal, l’appareil est recouvert d’un dépôt galvanique d’argent que l’on bleuit par sulfuration et que l’on protège au moyen d’un vernis.
- Ordinairement, les chambres stéréoscopiques sont disposées pour n’utiliser que des plaques ; le verre présente en effet l’avantage de conserver en toutes circonstances une planéité parfaite, alors que la pellicule s’incurve plus ou moins selon l’éta t hygrométrique de l’air, ce qui rend précaire le maintien de la surface sensible dans la .zone de netteté maximum.
- La Société Richard, afin de prévenir les conséquences de ce vice spécifique de la pellicule, munit ses magasins à films d’une glace à faces parallèles contre laquelle la pellicule est pressée par une platine; une came, commandée par un bouton extérieur, permet d’écarter la platine pendant le déplacement du film. Néanmoins, l’emploi de la pellicule dans ces appareils n’est pas recommandable; les
- formats stéréoscopiques courants sont assez réduits pour que l’on néglige de prendre en considération la différence de poids entre la plaque et la pellicule. La faculté de recharger en plein jour offre d’ailleurs un intérêt bien moindre que celle de pouvoir choisir une émulsion appropriée aux circonstances, ainsi qu’on peut le faire avec les plaques, grâce aux nombreuses variétés actuellement dans le commerce.
- Les appareils stéréoscopiques sont ordinairement munis d’un magasin amovible contenant 12 plaques que l’on peut mettre successivement en position d’emploi, par un simple mouvement de va-et-vient du tiroir.
- Les objectifs stéréoscopiques doivent être soigneusement appairés par les opticiens; il suffit d’un écart de 1 /20e de millimètre entre les distances focales des deux objectifs d’un appareil pour que les résultats ne puissent être satisfaisants; aussi, les bons constructeurs vérifient-ils soigneusement les objectifs avant de les monter. À cet effet, les Établissements Richard emploient une chambre de réglage (fig. 7) comportant deux plateaux tournants sur lesquels les objectifs à essayer sont fixés au moyen de ressorts. Solidaires de montures à vis, ces plateaux peuvent être écartés plus ou moins du plan de la glace dépolie; ils commandent, par l’intermédiaire d’un train d’engrenages, un disque gradué divisé en dixièmes de millimètre. II est ainsi facile de contrôler, avec une grande précision, le foyer des objectifs et de déterminer, par suite, à quelle distance exacte du plan de la plaque il faut les monter. C’est également au moyen de la chambre de réglage que l’on contrôle la précision de l’appairage.
- Cet instrument nous a permis de constater une fois de plus que, contrairement à l’opinion commune, les objectifs fabriqués en France sont presque toujours mieux appairés et de meilleure qualité que les objectifs étrangers les plus réputés.
- Les obturateurs. — À l’exception des instruments spéciaux pour reporters, qui sont munis de l’obturateur focal, les appareils photographiques
- Fig.6. —Vërascope Richard 45Xtoy, à mise au point.
- p.56 - vue 65/663
-
-
-
- LA CONSTRUCTION ET LE RÉGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES 57 ,
- comportent un obturateur fonctionnant auprès de l’objectif, voire même entre les lentilles.
- On peut régler la durée de l’ouverture de l’obturateur en agissant soit sur la tension du ressort moteur, soit sur un frein à air ou à vis, soit encore par le moyen d’un mécanisme d’horlogerie.
- Le frein à vis est aujourd’hui à peu près abandonné et le réglage par variation de la tension du ressort n’est plus guère utilisé que pour les obturateurs à rideau.
- Les conditions dans lesquelles travaille un obturateur d’objectif justifient ce discrédit; on distingue trois phases dans la période de fonctionnement d’un tel obturateur : le mouvement d’ouverture, le stade de pleine ouverture et le mouvement de fermeture. C’est évidemment pendant la deuxième phase, alors que l’obturateur est complètement ouvert, que la quantité maximum de lumière peut atteindre la plaque : le rendement de l’obturateur est d’autant meilleur que la première et la troisième phase sont plus brèves par rapport à la deuxième.
- Le frein pneumatique, appliqué pour la première fois à l’obturateur photographique par M. Decaux, il y a plus de 50 ans, a permis d’obtenir le réglage de la vitesse, en agissant sur la durée de la deuxième phase seulement; même aux plus faibles vitesses, les mouvements d’ouverture et de fermeture restent très rapides. On peut considérer l’obturateur Decaux comme le prototype de l’obturateur à haut rendement.
- On a parfois reproché à cet obturateur de transmettre des vibrations à l’appareil ; mais il est maintenant bien établi que cette critique était injustifiée. . La construction de l’obturateur à frein pneumatique présente certaines difficultés techniques et exige une grande précision mécanique; c’est pour-
- Fig. 7. — Appareil établi par la Société Richard pour le contrôle des objectifs.
- Un tour du disque gradué correspond à un déplacement du plan des objectifs égal à 1 mm.
- quoi beaucoup de constructeurs prônent l’obturateur à mouvement d’horlogerie, plus facile à établir.
- Bien des amateurs, en utilisant un appareil autre que celui dont ils ont l’habitude, ont la surprise d’obtenir des résultats d’une médiocrité imprévue ; ils expliquent leur échec en disant qu’ils ne connaissent pas suffisamment l’appareil. C’est vrai, ils ne connaissent pas l’appareil; mais comment pourraient-ils se douter que tel obturateur donne tout au plus le 1/80 de seconde lorsque le cadran des vitesses indique 1/250, que tel appareil stéréoscopique ayant la prétention d’atteindre le 1/400 ne dépasse guère le 1/120 de seconde?
- La vitesse de l’obturateur, dès qu’elle dépasse le 1 /5 de seconde, ne peut être appréciée directement par nos sens ; une mesure impliquant l’emploi d’un instrument spécial est nécessaire ; aussi les cons- t tracteurs qui négligent tout réglage sont-ils bien plus nombreux que ceux qui considèrent la précision comme aussi nécessaire à l’obturateur qu’aux autres organes de l’appareil.
- Il est possible de mesurer approximativement la vitesse d’un obturateur au moyen d’une bille d’acier poli tombant le long d’une graduation métrique tracée en blanc sur fond noir; il suffit de déterminer la vitesse du mobile aux instants considérés, en se référant à la loi de la chute des corps, pour connaître la durée de la pose d’après le chemin parcouru par la bille pendant l’exposition.
- Il existe des instruments spéciaux permettant de mesurer la vitesse des obturateurs avec une précision beaucoup plus grande et d’une façon plus pratique.
- L’appareil imaginé par le général Sébert consiste en une chambre noire de faible profondeur (fig. 8), sans objectif, sur laquelle on monte l'obturateur à essayer; une plaque photographique est ensuite introduite dans la partie supérieure de la chambre, où elle est maintenue par un taquet. Un mécanisme permet à la fois d’effacer le taquet et de faire vibrer
- p.57 - vue 66/663
-
-
-
- .58 LÀ CONSTRUCTION ET LE RÉGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig-, ç. — Diagramme obtenu avec l'appareil du général Sébert.
- a) Période d’ouverture, 1/435; l') Période de pleine ouverture, 1/18; c) Période de fermeture, 1/290; Temps total, r/17; Rendement, o5 pour 100.
- un diapason donnant 455 vibrations à la seconde; l’obturateur se trouve déclenché automatiquement pendant la chute de la plaque. Un trou de très petit diamètre, pratiqué dans la paroi antérieure de la chambre, en arrière de l’une des branches du diapason, permet de photographier les vibrations.
- Là ligne sinusoïdale A B (fig. 9) ainsi tracée sur la plaque constitue une échelle chronographique dont chaque période représente 1 /435 de seconde.
- L’obturateur se trouvant déclenché pendant la chute de la plaque, la lumière admise impressionne la surface sensible sur une longueur qui varie en fonction de la durée de l'ouverture. Il suffit de comparer la longueur de la trace formée par l’obturateur à l’échelle chronographique pour connaître la valeur de cette durée.
- La figure 9 montre un diagramme d’essai sur lequel on constate que la durée totale de l’ouverture a atteint 26 périodes, soit d/17 de seconde; les phases d’ouverture et de fermeture caractérisées par l’amincissement de la trace ont respectivement duré I période, soit 1/455 de seconde, et 1 pé-
- Fig. 11. — Appareil établi par la Société Richard pour mesurer la vitesse des obturateurs.
- riode d/2, soit d/290 de seconde. Le rapport du stade de pleine ouverture à la durée totale de l’ouverture atteint 95 pour 100.
- Avec un temps de pose beaucoup plus bref, 1/109 de seconde (fig. 10), les mouvements d’ouverture et de fermeture ont duré chacun 1/455 de seconde, pour une période de pleine ouverture de 1/217 de seconde; le rendement ne dépasse pas 75 pour 100.
- Ces diagrammes ont été tracés par un obturateur Decaux; leur aspect démontre que si la phase de fermeture est légèrement plus longue aux faibles vitesses, la rapidité du mouvement d’ouverture est absolument indépendante du temps de pose : le rendement est d’autant plus faible que le temps de pose est plus réduit.
- Notons en: passant que l’obturateur Decaux est l’un des meilleurs.
- Les établissements Richard ont établi un appareil qui permet d’enregistrer les vitesses des obturateurs en chambre noire et fournit des diagrammes plus
- Fig. 10. — Diagramme obtenu avec l’appareil du, général Sébert.
- a) Période d’ouverture, 1/435 ; b) Période de pleine ouverture, 1/217 ; c) Période de fermeture, 1/4.35; Temps total, 1/109; Rendement, 75 pour 100.
- faciles à lire. Cet instrument (fig. Il) se compose essentiellement d’une lanterne de projection, d’un disque de verre et d’un support sur lequel on assujettit le Vérascope dont on veut essayer l’obturateur.
- Le disque de verre (fig. 12) présente, sur fond inactinique, une ligne brisée constituant une couronne transparente de 200 dents; la présence d’un trait supplémentaire, de 5 en 5 dents, facilite 4a lecture. Protégé par un carter, le disque est monté perpendiculairement sur un axe qu’un mouvement d’horlogerie peut animer d’une vitesse de 5 tours par seconde.
- Le faisceau lumineux émanant de la lanterne de projection éclaire le disque, dans la partie qui se trouve en regard de l’objectif, par une fenêtre pratiquée dans le carter ; les rayons qui ont pu franchir le disque n’ont d’autre issue qu’une fente de 1/10 de millimètre.
- Si l’on observe le disque à travers la fente, on voit simplement un point lumineux; si l’on fait
- p.58 - vue 67/663
-
-
-
- LA CONSTRUCTION ET LE REGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES 59
- tourner le disque, on voit ce même point se déplacer alternativement vers le bas et vers le haut; enfin, dès que le disque atteint sa vitesse de régime, les oscillations du point lumineux: ont une fréquence de 1000 par seconde.
- Il suffit de photographier les déplacements du point lumineux pour obtenir un diagramme au moyen duquel il sera aisé de déterminer le temps pendant lequel l’obturateur aura été ouvert.
- Le Vérascope à essayer est fixe sur un support mobile autour d’un axe vertical ; on déclenche ensuite l’obturateur, en ayant soin de faire tourner le support pendant la pose, afin de dissocier les images successives.
- On obtient ainsi des diagrammes (fig. 15) de lecture très facile ; chaque période représentant 1/1000 de seconde, il suffit de compter les dents pour connaître la durée du temps de pose. Sur ces diagrammes, les phases d’ouverture et de fermeture sont caractérisées par la dégradation du tracé.
- Fig. i3. — Diagrammes obtenus au moyen de l’appareil Richard.
- De haut en bas : 122,5 dents = 1/8 sec. ; 60,5 dents = i/i5 sec.; 40 dents = 1/25 sec. ; 22 dents = 1/45 sec. ; 10 dents = 1/100sec.; 6 dents = 1/166 sec. ; 2,5 dents ~ 1/400 sec.
- Fig. 12. — Disque de l’appareil- Richard pour la mesure des vitesses.
- (fig. 14) sur lequel chaque 1/500 de seconde est représenté par une flamme, les phases d’ouverture et de fermeture se distinguant à l’éclat, plus faible des flammes correspondantes.
- On peut aisément modifier la fréquence des vibrations lumineuses émises par l’appareil à
- y
- flamme chantante ; la formule L — ,-pr-’ dans laquelle
- 2iN
- Y représente la vitesse du son dans l’air chaud, soit 560 m. par seconde, donne la longueur du tube de verre pour toutes les valeurs de N (nombre de vibrations), le diamètre intérieur du tube étant compris entre le 1/15 et le 1/20 de la longueur.
- La Société française de Photographie (*), association créée en 1854 pour aider aux progrès de la photographie et qui ne poursuit d’ailleurs aucun but
- 1. Le siège de celte Société est à Paris, 51, rue de Clicliy.
- La Société française de Photographie dispose d’un appareil de mesure basé sur le principe de Yharmonica chimique et qui a l’avantage d’être aussi simple que précis. Tout le monde connaît cette expérience qui consiste à faire chanter une flamme de gaz, en la plaçant dans un tuhe de dimensions appropriées. Sachant la hauteur du son émis, il est facile de déterminer la fréquence des vibrations ; on obtient une fréquence de 500 flammes par seconde —- la plus commode en l’occurrence — en réglant la longueur du tube de façon à produire un son intermédiaire entre le si5 et le <fot; en comparant aux mêmes notes d’un piano bien accordé, on arrive à faire ce réglage avec une grande précision. L’opération consiste dès lors à photographier une flamme vibrante très actiniqué, d’acétylène par exemple, en ayant soin de dissocier les images successives par rotation de l’appareil photographique autour d’un axe vertical ; on obtient ainsi un cliché
- Fig. 14. — Diagrammes obtenus au moyen de l'appareil à flamme chantante
- de la Société française de Photographie.
- p.59 - vue 68/663
-
-
-
- 60 : PETITE GRUE MOBILE SUR CHARIOT ELECTRIQUE
- commercial, se tient, à la disposition des amateurs pour vérifier les. vitesses de leurs obturateurs.
- La-construction des appareils photographiques a atteint,'en France, un haut degré de précision; tout au plus peut-on reprocher à nos constructeurs d’être un peu moins experts que leurs concurrents étrangers en l’art de la publicité. Depuis quelques années, les perfectionnements ne portent plus que sur des détails d’ordre secondaire ; en dépit de l’apparition
- récente d’objectifs à très grande ouverture (F/2), il semble que les divers types d’appareils photographiques soient bien près de leur forme définitive. Mais, si le premier siècle d’existence de la photographie a vu les instruments acquérir peu à peu les qualités requises, de très grands progrès restent à réaliser en chimie photographique.
- Andrk Boürgain.
- PETITE GRUE MOBILE SUR CHARIOT ÉLECTRIQUE
- Les méthodes usuelles ce manutention des marchandises entraînent souvent, sur les chantiers et dans les usines, à des dépenses considérables. Les moyens, sans doute assez perfectionnés, que l’on emploie ne sont pas toujours adaptés à la- manutention des colis de moyenne importance et il arrive fréquemment que l’on soit obligé de mettre en marche un pont roulant de grande puissance pour transporter des colis relativement légers, puisqu’on ne dispose pas d’appareil mieux adapté au travail que l’on veut exécuter. La chose est encore beaucoup plus délicate s’il s'agit de transports dans les différents points d’un entrepôt ou d’une usine, là où le pont roulant ne peut agir efficacement, c’est-à-dire en dehors de la surface couverte et desservie par cet engin spécial de manutention.
- On a bien recours dans certains cas à des grues plus ou moins mobiles, mais en général ce sont des appareils puissants qui sont applicables à des manutentions assez copieuses et qu’il est presque impossible de déplacer quand il s’agit d’une manœuvre unique. On a aussi imaginé, pour le service des ateliers, de petites grues sur chariot, que l’on actionne généralement à la manivelle. Ces appareils sont utiles, notamment quand il s’agit de manœuvrer des pièces lourdes sur des machines-outils et d’aider ainsi le travail du compagnon, mais ne n’est pas une solution pour des manutentions de colis; le transport de la grue à pied d’œuvre, sa manœuvre à bras exigent une grosse dépense de temps et augmentent le prix de revient.
- On a eu l’idée dernièrement d’établir des grues relativement puissantes sur des petits chariots électriques et on a placé sur un châssis automoteur ou sur un truck remorque une grue pivotante dans des conditions telles que la rotation de la grue puisse être complète, ce qui exige naturellement une stabilité parfaite du châssis dans toutes les directions. On arrive dans ce cas à une construction relativement lourde ou bien on est tenu d’utiliser des vérins pour stabiliser la grue au cours du travail et par suite la facilité du déplacement se trouve un peu diminuée.
- Un engin établi dans des conditions entièrement nouvelles permet d’atteindre le maximum de simplicité et de stabilité, sans pour cela nécessiter un
- poids superflu tout en répartissant la charge également sur les différentes roues porteuses.
- Le bras est monté sur des supports qui sont eux-mêmes fixés sur le châssis auto-moteur. Les roues sont agencées de telle manière que, par suite du mouvement des engrenages de manœuvre, le truck peut tourner autour de son axe propre, il peut aussi être conduit dans toutes les directions.
- On a supprimé ainsi le désaxage du bras par rapport au châssis, de sorte que l’on a pu disposer commodément les différentes pièces sur ce châssis, de manière que le poids de tous les organes vienne équilibrer efficacement la charge, lorsque la grue est en action.
- Le châssis repose donc sur 4 paires de roues afin que la charge soit très bien répartie ; la paire de roues avant et la paire de roues arrière sont commandées simultanément par un engrenage de manœuvre, qui permet de faire tourner ces roues de 90° et de les amener, par conséquent, dans un plan vertical perpendiculaire au plan des roues motrices ; dans ces conditions le truck peut tourner autour de son axe vertical.
- Deux moteurs électriques supportés par des ressorts, à l'arrière du châssis, actionnent l’appareil. Ces moteurs sont accouplés respectivement à la roue extérieure de chaque paire de roues latérales, ceci s’obtient au moyen d’un engrenage réducteur de vitesse. Quand il s’agit de propulser l’appareil, on fait tourner les deux moteurs dans le même sens, au moyen des contrôleurs de manœuvre. Si, au contraire, il s’agit de faire pivoter le châssis autour de son axe vertical, on fait tourner les deux moteurs en sens inverse l’un de l’autre. -
- Bien entendu, au préalable, les paires de roues avant et arrière ont été amenées correctement dans une position perpendiculaire et un contacteur électrique automatique ne ferme le courant qui inverse le sens de rotation du deuxième moteur qu’autant que les paires de roues extrêmes sont placées dans leur bonne position. '
- Un frein' au pied, puissant, permet d’arrêter instantanément à chaque instant le mouvement de la grue. .
- La levée de la charge et l’inclinaison du bras de la grue sont commandées par un levier à deux
- p.60 - vue 69/663
-
-
-
- Fig. i. — Chargement sur wagonnet au moyen de la grue mobile.
- positions, place à droite du siège du conducteur.
- En première position le levier incliné en avant ou en arrière monte ou descend la charge ; dans la deuxième position, l’inclinaison du levier abaisse ou descend le bras. Un moteur unique actionne, par une vis sans fin, U un ou l’autre des treuils qui commande ces mouvements.
- Le levier agit par un dispositif d’embrayages à friction et de freins dont l’action est très efficace.
- Les freins sont constitués de manière que sur • chaque treuil le frein se trouve normalement appliqué; il se desserre progressivement quand on embraye et réciproquement.
- On y trouve une économie de force motrice et une action absolument sûre ; de plus, le système n’exige pas une perfection trop grande dans l’exécution mécanique.
- Le conducteur placé à l’avant du chariot voit constamment la charge qu’il manœuvre puisque, si la grue doit pivoter pour déplacer la charge, le chariot et, par suite, la position du conducteur pivotent avec elle. Il est donc facile de combiner tous les mouvements possibles, levée ou descente, rotation du bras ou propulsion suivant un programme déterminé.
- Le courant électrique est fourni par une batterie d’accumulateurs qui se trouve placée dans deux boites amovibles fixées à l’arrière du châssis et qui contribuent beaucoup à équilibrer le poids de la charge.
- Les batteries comprennent 20 éléments et elles ont une capacité d’environ 260 ampères-heure pour cinq heures de marche.
- Ftmploi de la grue sur chariot dans un atelier.
- Fig. 2.
- E. Wiiss.
- p.61 - vue 70/663
-
-
-
- 62
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai et juin 1925.
- Les légumineuses de la tribu des Téphrosiées. — Dans la majeure partie des régions tropicales, les indigènes utilisent des produits d’origine botanique très variée pour narcotiser les poissons et ainsi les capturer plus facilement. La Coque du Levait ou Ménispennacée de l’Inde fournit le type le plus employé à cet usage, mais il est d’autres plantes à citer daiys cet ordre d’idées et M. Aug. Chevalier signale des L é garni ne u ses-Pa pilio-nacées des genres Tephrosia ou Muudulea, cultivées par les pêcheurs. 11 cite notamment le Tephrosia purp-urea, des îles océaniennes, le Eanamo de Madagascar, le Tephrosia Yogelii de nos colonies d’Afrique Occidentale, et le Tephrosia Singapou de l’Ameriqne trppicale.
- La séparation du celtium d’avec le zirconium. — Mlle Marquis et MM. G. et P. Urbain ont pu étudier, grâce au professeur Lacroix, un silicate de zirconium, le malacon, venu de Madagascar.-Ce minerai renferme, à côté du celtium et du thorium, des terres rares où dominent l’vltrium, le fer, le titane, le niobium et l’uranium. Ce travail a permis une application très intéressante de la méthode aux carbonates qui présentent de nombreux avantages sur les sulfates doubles, susceptibles de former des sels complexes, sur les oxalates, coûteux à obtenir, enfin sur les tartrat.es difficiles par la suite à décomposer. Pour les déterminations quantitatives, les auteurs ont eu .recours au procédé photographique d’analyse par rayons X.
- La présence du nickel et du cobalt chez les animaux. - Les dernières recherches de MM. G. Bertrand et M. Mâchebœuf confirment la forte teneur en métal Xi de certains organes comme le foie et les tissus kérati-niques. Ces premières constatations sont analogues à celles qui ont été faites sur les autres métaux lourds, comme le fer, le manganèse, le zinc et le cuivre. Parmi les organes qui ont révélé une teneur inattendue, il faut citer le pancréas du taureau, où le poids de métal trouvé est du môme ordre de grandeur que dans le foie. Quant au cobalt, sa présence n’a encore été décelée que par la réaction colorée qu’il donne avec la diméthylglyoxime et que montre l’eau mère séparée du nickel.
- Au sujet des anlidétonants. — Ces composés empêchent le phénomène de la combustion ondulatoire et reculent la limite de compression jusqu’à celle qui résulte de l’auto-allumage par compression adiabatique. M. Duma-nois a fait porter de nouveaux essais sur le plomb tétra-élhyle, mélangé au carburant formé d’essence et de pétrole lampant. Les deux voitures mises à l’essai avaient pour puissance respective 10 et 112 ch. ; la première a roulé durant 400 km. et le parcours de la seconde a été de 5000 km. Des résultats acquis, il semble possible d’utiliser, grâce aux anlidétonants, des essences sensiblement plus lourdes que les essences usuelles, notamment les pétroles lampants.
- Le glucoside du Dalisca cannabina L. — Des recherches de M. C. Cbaraux, il résulte que les racines renferment en abondance un glucoside donnant par dédoublement, en présence des acides, de la datiscétine, du glucose et du rhamnose. Si l’on utilise un ferment
- tel que celui des grains de Rliamnus, cette dalisciue ou daliscoside, d’ailleurs signalée eu 1810 par Braconnol, donne encore de la datiscétine et du rhamnoglucose identique au rulinose. Les dédoublements fermentnires de la daliscine et de la ratine sont donc comparables ; d’ailleurs les deux glucosidés ne diffèrent que par un atome d’oxygène.
- Spectres d'absorption infra-rouges. — M. E. Jean Lecomte étudie la région comprise entre les longueurs d’onde 2 [x 75 et 8 jx, et. note que les spectres des aldéhydes grasses ne sont pas identiques à ceux des cétones isomères ;• enfin, la bande caractéristique du groupement carboxvlé n’est pas la même pour la série grasse et la série aromatique. Pour cette dernière, l’intervalle G |i-6 [J. 40 présente un aspect particulier : ses deux bandes sont presque symétriques, mais celle qui correspond à la longueur d’onde la plus faible est un peu plus intense que l’autre ; puis, entre 5 et 5 |x G0, on remarque une région complexe qui se laisse décomposer en un nombre variable de bandes assez faibles, mais notamment séparées.
- Il semble au total que les cétones et les aldéhydes donnent lieu, sous l’épaisseur d’une petite fraction de millimètre, à des spectres d’absorption présentant de fortes bandes, assez- bien définies pour permettre leur utilisation dans un but analytique.
- L'absorption de quelques vapeurs par la surface du verre. — En collaboration avec M. Hackspill, M. d’Huart a mis au point une méthode d’analyse élémentaire dans laquelle l’hydrogène de l’eau fournie par la combustion d’un produit organique est mis en liberté par l’hydrure de calcium (Call2 + 21PO Ca (OH)2 + 2 112),puis dosé par mesure volumétrique. Or, dans toutes les expériences faites pour évaluer ainsi l'humidité contenue dans un gaz, l’hydrogène recueilli donne un volume inférieur à celui que prévoit le calcul. M. d’Huart impute ce fait à l’absorption de la vapeur d’eau par la surface du verre, vapeur retenue beaucoup plus facilement que celle de l’alcool, du chloroforme, du benzène ou du toluène. L’appareil décrit par son auteur n’en permet pas moins un dosage rapide soit de l’humidité dans un gaz, soit, de l’hydrogène d’une substance organique; il constitue même un dispositif pratique pour déterminer la densité de vapeur des liquides très volatils.
- Le point de fusion des cyanures alcalins. — Les expériences de Wilhelm Truke, qui remontent à l’année 1912, ont porté sur des sels impurs et, pour opérer sur des produits cnn tenant au moins 99,9 de cyanure, M. Gran-dadam est parti du sel commercial à 95 pour 100 environ, àpuritier en milieu absolument anhydre. Lu cristallisation a été obtenue dans l’ammoniaque liquide; où les impuretés habituelles (carbonate, hydrate, etc.) sont peu solubles. Dans ces conditions, les points de fusion, déterminés à l’aide d’un couple or-argent, ont été 505°,7 ± 0°,5 pour le cyanure de sodium, 054°,5 ± 1° pour le sel de potassium.
- L'action de l'hypochlorite de soude sur une dilution microbienne. — En 1910, on imposait comme dose
- p.62 - vue 71/663
-
-
-
- LA SALLE A MANGER SANS DOMESTIQUES ========= 63
- réglementaire pour la désinfection des eaux potables de 1 à 4 milligr. de chlore par litre. Or, le dixième de ces chiffres est surabondant avec dès eaux claires et non surchargées de matières organiques. Un tel point ne saurait trouver une raison suffisante dans la théorie généralement admise, où . l’assainissement est conçu comme le résultat d’une oxydation des matières organiques par le chlore libéré. Pour MM. Bunau-Varilla et L. Te-choueyres, la molécule de sel CIO Na émet un rayonnement dont Paclion est analogue à celle des rayons ultra-violets sur la vie microbienne, et crée autour du foyer d’action chimique une zone étendue de destruction. L’ensemble des chiffres, fournis par deux séries d’expériences, confirme nettement celte nouvelle théorie.
- Sur un appareil de réduction microscopique. — M. Dévé présente à l’Académie, le « Pangrafic » réduc-
- teur sans articulation et d’un prix peu élevé. Cet appareil réalise la similitude dans un champ limité, mail il se prête aux transformations homographiques les plus variées. La finesse des détails qu’il peut graver n’est limitée que parjcelle de la pointe à tracer, et non pas, comme dans la plupart des pantographes par les jeux de nombreuses articulations, il permet de graver, à la vitesse de l’écriture courante, des écritures et des signatures ayant, des caractères incontestables d’authenticité et faire tenir dans une surface d’environ 1 mm2 une centaine de lettres ou chiffres. Dans ce cas, on remplace la pointe par une loupe Slanhope portant à son extrémité inférieure légèrement courbe un repère tracé au diamant; ce dispositif laisse suivre le tracé microscopique pendant que l’on conduit le fléau par son curseur.
- Paul B.
- LA SALLE A MANGER SANS DOMESTIQUES
- Un des problèmes qui se pose le plus impérieusement dans l’existence journalière est à l’heure présente celui de la confection des repas au foyer domestique et de la simplification des besognes qui s’y rattachent : la rareté, l’instabilité et le manque de conscience professionnelle croissant du personnel de maison sont devenus tels, en effet, que beaucoup de familles risqueraient littéralement de mourir d’inanition si elles ne se soumettaient docilement aux exigences de ces auxiliaires coûteux et souvent désagréables. Sans avoir la prétention de résoudre de fond en comble les difficultés que comporte le problème de la maison moderne sans domestiques, ou avec le minimum de domestiques, nous nous proposons d’indiquer quelques aménagements de nature à simplifier la besogne et à diminuer la fatigue des personnes qui désirent, à juste titre, conserver la saine tradition de la table de famille.
- Les soins de la cuisine sont, de tous, ceux qui présentent le plus d’opérations peu plaisantes à effectuer; par là, ils offrent une analogie étroite avec certains travaux qui s’imposent aux chimistes dans leurs laboratoires. Pourquoi donc ne pas s’inspirer, dans la mesure où cela est possible, des dispositions heureuses réalisées dans les laboratoires modernes pour faciliter et accélérer la besogne des travailleurs?
- C’est surtout une question d’agencement du local qui se pose lorsque l’on cherche à faciliter au maximum les précautions nécessaires pour atteindre une propreté suffisante sans compromettre la rapidité.
- Nous allons décrire une disposition que nous avons étudiée pour correspondre aux besoins d’une famille normale de 5 personnes, pouvant recevoir le cas échéant 5 ou 4 amis intimes (des réceptions plus importantes, s’il y a lieu, étant données exceptionnellement au restaurant d’une façon bien plus pratique).
- La salle à manger est mitoyenne de la cuisine (fig. 1); ces 2 pièces communiquent d’une part au
- moyen d’un couloir formant office et d’autre part au moyen de 2 châssis à guillotine A Af ouvrant à hauteur de table. Une petite commande hydraulique très simple peut, si on le désire, commander ces châssis avec le maximum de commodité, et de douceur.
- . La table de la salle à manger (munie d’un dépliant rentrant) est disposée devant les 2 guichets.
- Une table ou « paillasse » recouverte de céramique (ou mieux de lave émaillée, malheureusement coûteuse) règne. devant la fenêtre de la cuisine (fenêtre également à guillotine pour éviter l’encombrement des battants et faciliter le réglage de la ventilation) et devant les guichets de communication. En B se trouve un buffet à étagère.
- Enfin, une hotte (fermante si on le désire) munie d'un aspirateur mécanique se trouve au-dessus du fourneau, lequel est au gaz avec 2 ou 5 feux et un four.
- Les autres détails de l’installation sont indiqués clairement sur le plan. On remarquera la présence de 2 éviers et de 2 boîtes à ordures ; chacune de ces boites est mobile et sort de son logement lorsqu’on tient une pédale appuyée; elle revient en place quand on lâche la pédale. Ce détail est important, car il permet d’éviter beaucoup de pas inutiles et de garder très propre la place où se préparent les aliments.
- Ceci étant, on se rend compte, en suivant les flèches de circulation, de la manière dont les aliments arrivant du dehors passent, après lavage et épluchage s’il y a lieu sur la table de préparation bien éclairée par la fenêtre. Ils sont alors à portée pour la cuisson.
- Les plats sont ensuite placés "devant le guichet A et tenus au chaud, si besoin est, électriquement; en D se trouve, à cet effet, un petit poste de commande qui permet d’envoyer le courant dans les prises qui alimentent des réchauds mobiles disposés suivant les besoins.
- La personne assise en,face de A est donc chargée
- p.63 - vue 72/663
-
-
-
- 64
- LA SALLE A MANGER SANS DOMESTIQUES
- de passer les plats et la vaisselle au fur et à mesure' du repas; son siège pivotant lui permet de ne se lever qu’exceptionnellement. A noter que la desserte correspondante contient des ustensiles courants en quantité plus que suffisante pour un repas, car il est bien difficile de calculer à l’avance ce dont on aura besoin. Les accessoires, tels que : tire-bouchon ou débouchoir pour eaux minérales, salières, huilier, etc., se trouvent dans un casier spécial où chaque chose a sa place marquée, afin que l’ensemble demeure toujours complet ; les personnes qui pratiquent le camping savent combien ces détails sont importants et quel soin il faut apporter au choix des menus accessoires, choix d’ailleurs très variable suivant les habitudes de chacun.
- La personne assise en A' débarrasse la table à chaque service, et les ustensiles à laver se trouvent éliminés, soit directement au cours du repas, soit à
- la fin par l’intermédiaire de la desserte mobile.
- Lorsque la table est desservie et la vaisselle lavée, on roule dans la cuisine la réserve mobile, qui est regarnie et remise en place ainsi que la desserte vidée, et le cycle se trouve fermé.
- Une fois le service terminé, le nettoyage de la cuisine est grandement facilité par la présence des revêtements en céramique; à noter l’emploi de raccords arrondis dans tous les angles rentrants (fig. 2). Les angles saillants sont également largement adoucis pour atténuer les ellèts des chocs.
- Bien entendu, le dispositif que nous venons d’indiquer est susceptible d’une infinité de variantes; par exemple, la figure 5 donne le schéma d’un autre agencement moins banal au point de vue architectural et basé sur le même principe. Mais il importe avant tout, pour l’établissement d’un projet de ce genre, de tenir le plus grand compte des goûts et des besoins personnels des usagers, et il ne faut pas se dissimuler que c’est là une partie délicate du problème.
- Quoi qu’il en soit, nous espérons que ces quelques idées pourront suggérer d’ingénieuses mises au point ; la récente exposition des appareils ménagers a montré que les inventeurs étudiaient sérieusement la question du matériel domestique; si les architectes veulent bien collaborer avec eux, il y a lieu de croire que nous verrons sous peu le « confort moderne » s’augmenter d’un perfectionnement capable d’améliorer notablement l’agrément de la vie familiale.
- M. G.
- Fig. 2.
- Angles arrondis sur toutes les tables.
- Fig. 3.
- Autre disposition de la salle à manger.
- Le Gerant : P. Masson. — Imprimerie Laiiüre, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1925.
- p.64 - vue 73/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- La carbonisation du bois en forêt : Jacques Boyer.
- Les huiles d'animaux marins : J. L.
- Les plantes vertes sans racines et la culture par symbiose : Raphaël Dubois. Le cinéma en couleurs par le procédé Keller-Dorian : A. Troller. Chronique. — Académie des Sciences : Paul B.
- Les malformations des pinces des crustacés : R. Legendre. SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée : T. S. F. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . . Union postale
- 1 franc
- 1 fr. 25
- MASSON ET Cie, Éditeurs.
- ï20, boulevard Saint-Germain, Paris.
- p.n.n. - vue 74/663
-
-
-
- I" AOUT 1925
- LA NATURE. —. N° 2678.
- LA CARBONISATION DU BOIS EN FORÊT
- Vu le développement énorme de l'automobilisme et de l’aviation en France, notre pays, qui ne possède pas d’importants gisements de pétrole, doit acheter au dehors et par grandes .quantités, l’essence nécessaire à ses besoins. En d'hostilités, nous pourrions même nous voir privés du précieux hydrocarbure. Aussi, depuis la guerre, de nombreux techniciens français cherchent à alimenter les moteurs de nos camions et de nos tracteurs industriels, agricoles ou militaires avec des produits tirés de notre sol. Parmi ces divers « carburants nationaux », le charbon de bois a retenu, depuis quelque temps, l’attention des spécialistes. Grâce aux efforts réunis des Ministères de l’Agriculture, du Commerce, de la Guerre et des Colonies, grâce aux encouragements de l’Office national des Inventions, du Comité central de culture mécanique et del’Automobile-Club, les véhicules munis de gazogènes s’emploient maintenant, de façon courante, bien qu’on reproche au « gaz des forêts » de provoquer une usure rapide des moteurs et de ne fournir qu’une puissance insuffisante. A la vérité, les constructeurs ont remédié au premier inconvénient à l’aide d’épurateurs thermiques, mécaniques ou physiques, qui éliminent les matières goudronneuses et les poussières. Par contre, la seconde difficulté paraît plus sérieuse. On admet, en effet, que les mélanges tonnants à base d’essence possèdent un pouvoir calorifique d’environ 800 calories par mètre cube, tandis que ceux à gaz des forêts atteignent seulement 600 calories pour le même volume. Afin de ^ réaliser l’équivalence mécanique des deux
- carburants, il faut accroître les compressions. La Société française de matériel agricole et industriel y est parvenu en augmentant le diamètre du cylindre ou la course du piston des moteurs, M. Malbay en adjoignant à ceux-ci un petit compresseur rotatif et la Société Tractor en ajoutant simplement une petite proportion d’essence au début de l’allumage. En tout cas,, si l’on considère la dépense réelle en argent, le charbon de bois l’emporte de loin sur l’essence.
- Aussi les camions et tracteurs à gazogènes commencent à entrer aujourd’hui dans la pratique courante. Mais la France peut-elle fournir la matière première nécessaire 1A cette question, M. Magnein, inspecteur principal des eaux et forêts, répond par l’affirmative et dans un récent article de la Technique Moderne, il donne les chiffres suivants. Les forêts françaises fournissent annuellement 20 millions de stères de charhonnette et environ 5 millions de tonnes de brindilles qu’on laisse pourrir sur les coupes. L’ensemble de cette masse ligneuse produirait facilement 1 500 000 tonnes de charbon de bois dont les deux tiers suffisent pour remplacer l’essence, consommée actuellement par nos camions, nos tracteurs industriels et agricoles. De son côté, M. G. Coupa», professeur à l’Ecole Nationale d’agriculture de Grignon, estime que l’exploitation rationnelle de nos forêts réduirait d’un quart ou même peut-être d’un tiers nos importations en essence. Un tel résultat offre donc un grand intérêt national et contribuerait à l’amélioration de notre change.
- Malheureusement le nombre des charbonniers diminue de plus en
- 5. — 65.
- 53* Année- — 3* Semestre-
- p.65 - vue 75/663
-
-
-
- 66 . ..LA CARBONISATION DU BOIS EN EORET
- plus. D’autre part, on ne saurait guère accroître la production des usines fixes de distillation, car vu le faible poids des menus .et-du produit fabriqué par rapport à leur volume, les frais de transport grèvent trop lourdement les prix de revient quand la distance devient un peu considérable.
- S’autorisant de ces constatations, divers organismes ont engagé les inventeurs à réaliser des appareils transportables pour carboniser le bois sur place, d’une façon rationnelle. Récemment même, les Ministères de l’Agriculture et du Commerce avec l’aide de l’Office des Inventions et du Ministère de la Guerre ont organisé un Concours de carbonisation dans la forêt de Sénart (Seine-et-Oise) du 18 juin au 5 juillet 1925. En attendant le rapport du jury, passons en revue les divers systèmes de fours qui y figurèrent et qu’on peut ranger en deux catégories selon leur mode de fonctionnement. Les premiers (Magnein, Krug,
- Dclhommeau et Trihan) ont surtout pour but de faciliter la tâche des charbonniers; ils s’installent rapidement sur le chantier d’abatage, se transportent facilement de coupe en coupe et le bois s’y carbonise à l'air libre presque comme dans les anciennes meules. Dans les seconds, la distillation du bois s’opère en vase clos. On chauffe les récipients au moyen des composés pyroligneux volatils et on condense partiellement les goudrons (Laurent) ou bien on récupère la totalité des sous-produits condensables (Freÿ, Ringelmann).
- Le four-meule Magnein (fig. 1), dont deux hommes peuvent transporter aisément les différentes parties en tôle légère, se compose d’un fond mobile, de deux éléments tronconi
- ques superposés et d’un couvercle avec cheminée centrale qui surmonte le tout. Sa contenance est de 4 stères et son poids total de 500 kg. Des ouvriers non spécialisés le montent très rapidement; Ils commencent par placer le fond mobile près de chaque pile de bois sans avoir besoin de préparer le terrain, puis ils posent dessus l’élément tronconique inférieur porteur de trous devents; ils entassent ensuite un premier lit de char-bonnette comme dans une meule ordinaire et ajustent la seconde pièce dont ils garnissent également l’intérieur avec des rondins. Ils ajustent finalement le couvercle sur l’appareil et procèdent alors à l’allumage, qui se fait par la cheminée centrale. Pour provoquer la descente progressive du feu, les charbonniers obtirq reut d’abord cette dernière avec de la terre, puis successivement les jointures du couvercle et des évents. Après quoi ils laissent la masse se refroidir et défournent au bout de 24 heures.
- Le four Krug (fig. 2), aux dimensions plus imposantes que le précédent, comprend deux parties cylindriques en tôle et un couvercle assemblés par des boulons. A sa partie inférieure, il porte des tubulures-évents et une cheminée centrale assez haute le surmonte. L’inventeur le considère comme un appareil d’étude, inutile donc d’en parler plus longuement. Mieux vaut nous étendre sur les fours-meules Delhommeau (fig. 5), dont plusieurs exemplaires, d’une capacité variable de 5 à 10 stères selon les modèles, se trouvent déjà en service dans les forêts françaises. De forme cylindro-conique, cet appareil ressemble à une grande marmite coiffée d’un couvercle. Il est constitué par des doubles
- Fi 4. 4. — Four Trihan en marche.
- Grâce à des éléments mobiles on peut l'aire varier la capacité de l’appareil de 1 à 20 stères.
- p.66 - vue 76/663
-
-
-
- LA CARBONISATION DU BOIS EN FORÊT —.......... 67
- parois en tôle, qu’un matelas calorifuge-'sépare entre elles et il porte à sa partie inférieure des tubulures-évents obturables à volonté au moyen d’un bouchon.
- Pour utiliser le four Delhommeau, on l’amène à pied d’œuvre au moyen d’un chariot plat basculant, puis, après avoir nivelé le sol, on le pose à l’endroit voulu et on l’enterre légèrement. On enlève alors le couvercle, on entasse "ensuite le bois dans son intérieur, on rebouche la cheminée centrale après y avoir mis le feu, puis les orifices du couvercle. Des obturateurs gradués permettent de régler la marche de la carbonisation d’après les indications relevées sur le pyromètre. Comme les deux précédents, cet appareil ne donne que le charbon de bois, mais ne récupère pas les produits pyroligneux et en particulier les goudrons. En revanche, on peut carboniser avec lui les diverses essences de bois, les branchages et les résidus de scierie. Le modèle de 7 stères s’emploie le plus courarhment dans les exploitations forestières assez importantes, car il semble de rendement plus avantageux. Selon M. Delhommeau, une équipe de 2 ouvriers peut produire avec 5 à 4 fours de cette capacité 800 à 1000 kg de charbon de bois par jour. La récupération des sous-prôduits n’est d’ailleurs intéressante qu’avec des essences d’arbres résineux, mais la haute température des fumées (400° à 600°) exige 4000 à 5000 litres d’eau’pour le refroidissement de chaque stère de bois. En conséquence, l’opération n’en vaut la peine que si l’on enfourne au moins 50 à 60 stères de charbonnette par jour. Or, une installation de cette importance coûte cher et se déplace difficilement.
- Le four Trihan (fig. 4), au contraire, se transporte avec facilité sur une coupe. Il se compose d’un tunnel rectangulaire formé de larges panneaux en
- Fig. 6. — Coupes des chambres -dit four Laurent. A, chambres de brassage du gaz ; B, chambres ' de eabonisation ; C, organes de réglage du tirage.
- Fig. 5. — Four vertical Laurent à carbonisation continue.
- tôle réunis sans boulon, d’une caisse d’allumage à une extrémité et à l’autre bout d’une boite à fumée sur laquelle se fixe la cheminée. Des couvercles mobiles, posés sur les cloisons verticales, assurent l’étanchéité du dessus de l’appareil dont on enterre un peu le fond. D’autre part, afin d’empêcher des déperditions de chaleur, les panneaux de côtés et les boîtes terminales sont à doubles parois isolées entre elles par de la terre sèche prise sur le terrain même. Grâce au système d’assemblage adopté, M. E. Trihan peut augmenter ou diminuer le nombre d’éléments mobiles et de couvercles; il réalise ainsi des fours dont la capacité, variant de 1 à 20 stères, se règle sur l’importance de la coupe.-Une fois les différentes parties du four assemblées, on le charge de charbonnette ou de rondins qu’on y dispose horizontalement ; on place les couvercles et on met le feu aux brindilles de la boîte d’allumage. La combustion se. propage alors de proche en proche. Au bout de 15 à 40 heures, suivant le volume et la siçcité du bois, la carbonisation s’achève. Vers la fin, on ferme les orifices de tirage, on laisse refroidir pendant toute une nuit et dès le lendemain on peut ensacher. Le rendement en poids d’un four Trihan oscille entre 70 et 85 kg de charbon au stère, suivant les essences de bois.
- Le système Laurent (fig.- 5) rentre dans la seconde catégorie des fours transportables. A marche continue, son coffre, parallélépipédique en
- p.67 - vue 77/663
-
-
-
- 68 : , —y:::.":::..:: LA CARBONISATION DU BOIS EN FORET
- (A '
- [tôle se dresse sur une hauteur de 5 m. et trois tuyaux d’évacuation le surmontent. Cette caisse, que des traverses métalliques élèvent un peu au-dessus du sol, est divisée en 9'compartiments verticaux; dans 4 d’entre eux on place le bois à carboniser (B..lig. 6) et dans les cinq autres, intercalés entre les précédents, circulent, à travers des chicanes superposées (À fig. 6), les gaz provenant d’un foyer. Ceux-ci, ayant au départ une température de 425° à 450°, abandonnent une partie de leur chaleur aux parois contiguës et s’échappent à 125° à la partie supérieure du four. Au-dessus de chacune des 4 chambres de carbonisation se trouve une auge de chargement, munie d’une trappe à sa partie inférieure; le bois qu’on y enfourne se dessèche d’abord, puis en descendant par gravité arrive progressivement à 450°, qui parait la température la plus favorable pour obtenir les meilleurs produits. Ues regards permettent aux ouvriers de surveiller la descente du bois et de procéder aux rechargements en temps voulu. En outre, les chambres de combustion, divisées en deux compartiments suivant leur hauteur, sont munies d’une valve mobile qui, maintenue par une goupille, se relève et se ferme automatiquement après chaque passage du bois de la partie haute (déshydratation) dans la partie basse de chacune d’elles (carbonisation). Les fumées et vapeurs pyroligneuses passent dans un coffre collecteur, puis on les recueille dans un barillet. D’autre part, une fois la carbonisation achevée, on fait descendre le charbon dans des trémies de détournement où des hélices le maintiennent dans un couloir, que ferme une plaque glissante jointive. Pour détourner, on encastre une boite mobile sur le couloir, on tire la plaque glis- ; santé et le charbon tombe dans l’éloulfoir. Les différentes parties du four Laurent s’assemblent au moyen de cornières, de fer en U avec joints en : amiante et comme chacune de ses pièces pèse au maximum 85 kg, on peut les transporter à dos de
- mulet. Aussi son utilisation semble particulièrement indiquée pour exploiter les forêts des régions montagneuses.
- Le four Frey (fig. 7), dont le poids total atteint 5000 kg, se distingue des appareils similaires par ses formes et sa conception. Son organe essentiel est une cornue cylindrique en tôle, enfermée dans un four horizontal et munie d’un obturateur à chaque extrémité. Dans le prolongement de ladite cornue se trouve un étouffoir de dimensions identiques et pourvu, comme celle-ci, de rails intérieurs. Les charbonniers, après avoir rangé le bois dans des sortes de moules en 1er destinés à le maintenir, l’enfournent et ferment la porte de la cornue ; ils allument ensuite le foyer et chauffent pendant 4 heures environ. Au bout de ce temps, les gaz de la distillation servent pour un chauffage d’une durée égale pendant laquelle s’achève la carbonisation.
- On pousse alors le moule dans 1 étouffoir et on en introduit dans la cornue un autre, chargé entre temps. De la sorte, on fait trois fournées par vingt-quatre heures. Le four Frey se monte sur 4 roues en fer très larges avec avant-train articulé pour les déplacements et on peut l’installer pour récupérer ou noir les produits de la distillation.
- Enfin nous décrirons pour terminer le four Rin-ç/elmann (fig. 8), qui a pour objet la fabrication d’un charbon de bois exempt de goudron et fragmenté en morceaux de 15 à 50 cm. Afin d’obtenir ce résultat, l’inventeur tronçonne préalablement les ramilles qu’il emploie, ; au moyen d’une machine analogue aux coupe-racines, mais plus robuste et complétée par l’adjonction d’un ventilateur qui trie automatiquement lu bois en fragments de dimensions convenables. On alimente le foyer avec les déchets du coupe-ramilles.
- Quant au four à marche continue, la coupe sché-
- Fig. 8. — Pour Ringelmann pour la fabrication ' d’un charbon pur et fragmenté.
- p.68 - vue 78/663
-
-
-
- LES HUILES D’ANIMAUX MARINS
- ma tique (fig. 10) en indique les organes essentiels. On déverse par A les brindilles dans une enceinte parallélépipédique horizontale en tôle à double enveloppe D et chauffée par l’extérieur; elles s’y déplacent régulièrement tout en subissant un brassage au cours de leur cheminement grâce à une chaîne sans fin munie de palettes (B). Elles traversent ainsi des zones de température croissante, puis elles atteignent l’autre extrémité d’où elles tombent finalement dans le magasin-étoufloir E. De leur côté, les gaz, venant du foyer F, suivent un trajet allongé par des chicanes et chauffent la chambre de carbonisation C dont les tubulures supérieures se raccordent à une conduite extérieure P destinée à envoyer les produits de la distillation au condenseur R (fig. 9 et 10). Là, les pyroligneux liquides se
- Fig. g.
- Four Ringelmann. Vu du côté condenseur.
- déposent tandis qu’une autre canalisation renvoie les composés gazeux au foyer. Le four Ringelmann est monté sur roues pour les déplacements, mais il repose directement sur le sol quand il fonctionne en forêt. Il fournit des morceaux de charbon de bois très pur, excellent pour l’alimentation des gazogènes.
- Tels sont les principaux appareils présentés au Con-
- 69
- cours de la Forêt de Sénart, mais il existe encore à l’heure actuelle d’autres systèmes analogues, par exemple les carbonisàteurs Malbay et Deperrois. Ce dernier est une véritable usine distillatoire ambulante avec long four cylindrique horizontal monté sur roues, locomobile actionnant une pompe à vide, etc. Il permet non seulement la carbonisation du bois, mais avec ses dispositifs de condensation, de saturation et de rectification, on peut récupérer les. goudrons et autres sous-produits. Toutefois, malgré l’ingéniosité de sa conception, son emploi trop dispendieux restera forcément limité. Quant aux fours transportables ci-dessus décrits, il faut attendre les sanctions de l’expérience pour se prononcer sur leurs mérites respectifs. Probablement, d’ailleurs, on n’utilisera sans doute pas le même
- 1 I I UJJJjJJJJJy
- 1 I 1 I IJ J J J J 1e! J1
- B-rrrrrrrrrrm
- Fig. jo. — Coupe longitudinale du Jour RingeR manu à marche continue.
- A, trémie de chargement; B, chaîne s-ans fin ; C, chambre de carbonisation ; D, double enveloppe de la chambre ; E, étouffoir ; F, loyer ; P, conduite amenant les produits de distillation au condenseur R.
- four pour carboniser le bois dans une grande forêt des Vosges que dans les petits boqueteaux vendéens ou les pineraies landaises, pour brûler les sarments des vignes bordelaises que les déchets d’une importante scierie forestière. Aux inventeurs de construire des appareils propres à satisfaire les desiderata de ces diverses clientèles.
- Jacques Boyer.
- LES HUILES D’ANIMAUX MARINS
- Les huiles extraites des animaux marins, comme le hareng, la sardine, la morue, la haleine, le phoque, le morse, le requin, etc., font actuellement‘ l’objet d’un mouvement commercial considérable.
- Indépendamment des usages médicinaux ou alimentaires qui assurent à certaines d’entre elles des débouchés commerciaux avantageux, elles reçoivent d’importantes applications industrielles (stéarinerie, industrie du cuir, etc.). Leur production est une précieusé source de revenus pour les nations qui ont 'su l’organiser "d’une façon rationnelle.
- Cependant, la constitution chimique de ces huiles, leur mode d’extraction et même leurs débouchés sont en
- général assez mal connus. Les travaux scientifiques relatifs à leur étude sont assez rares, et ceci est, à beaucoup de points de vue, fort regrettable. Le travail le plus complet et le plus intéressant paru sur cette question est certainement celui du savant français M. Emile André; Dans une récente conférence faite au Collège de France ce savant a fait un large exposé de là question des huilés d’animaux marins. Il nous a paru intéressant d’en extraire les lignes qui suivent.
- Chimie des huiles d’animaux marins. — Certains caractères d’ordre chimique caractérisent plus particulièrement les huilés d’animaux marins.
- 1° On sait que les matières grasses sont considérées
- p.69 - vue 79/663
-
-
-
- 70
- LES HUILES D’ANIMAUX MARINS
- comme étant formées par des glycémies, c’est-à-dire par des corps qui sont des éthers de la glycérine, éthers formés eux-mêmes par l’union d’acides gras (acides oléïque, stéarique, palmitique, etc.) avec la glycérine. Or, un nombre important d’huiles d’animaux marins ne correspond pas a cette définition classique des corps gras. Au lieu d’éthers de la glycérine, on y trouve par exemple des éthers d’alcools de poids moléculaire élevé, saturés ou non saturés, possédant une ou plusieurs fonctions alcools.
- 2° Ces mêmes huiles sont remarquables par la nature particulière de certains acides gras polyéthyléniques qui entrent en proportion plus ou moins grande dans leur composition.
- 3° On y rencontre aussi des carbures d’hydrogène saturés ou non saturés, lesquels, à l’inverse des corps gras en général, sont irisaponifiables, c’est-à-dire ne peuvent être transformés en savons.
- Ces matières irisaponifiahles peuvent être très abondantes dans les huiles d’animaux marins et représenter parfois jusqu’à 90 pour 100 de leur poids. Elles sont constituées soit par des carbures d’hydrogène, comme nous l’avons dit, soit par des alcools, soit par un mélange de divers représentants de ces deux catégories de corps.
- Ainsi Chevreul, le premier, a retiré l’alcool éthalique du blanc de baleine, substance extraite elle-même de l’huile de cachalot. Un chimiste japonais, Tsujimoto, a extrait l’alcool oléilique de la même huile de cachalot. D’autres alcools ont été trouvés dans les huiles de foies de raies et de squales.
- La découverte des carbures d’hydrogène dans ces mêmes huiles a été un fait absolument inattendu, car il était en désaccord complet avec les idées admises sur la composition des corps gras. Or il est actuellement prouvé que les huiles de foie de certains squales sont essentiellement constituées par un carbure d'hydrogène : le spinacène contenant six liaisons éthyléniques. Un deuxième carbure d’hydrogène a été rencontré dans l’huile de foie du requin géant ; c’est une sorte de paraffine liquide, isomère de l’octodécane.
- En résumé, les huiles d’animaux marins contiennent: l°Des glycérides comme toutes les matières grasses; 2° des éthers d’alcools de poids moléculaire élevé tels qu’on en trouve dans les cires ; 3° des carbures d’hydrogène de poids moléculaire élevé par lesquels certaines de ces huiles se rapprochent des pétroles.
- L’intérêt scientifique qui s’attache à cés découvertes est considérable, non seulement au point de vue de la chimie, mais aussi au point de vue zoologique et paléon-tologique.
- L’Extraction des huiles d’animaux marins — Dans la pratique, les procédés d’extraction de l’huile sont assez différents selon que l’on désire extraire l’huile des poisson^ entiers ou simplement de foies, ou de lards, ou de déchets de poissons.
- L’huile de poissons entiers est obtenue à partir du hareng (Norvège, Ecosse, Prusse Orientale) ; du menha-den (Amérique du Nord) ; de la sardine (Japon, Indes Anglaises).
- Les huiles cle foies sont surtout préparées avec les foies de diverses espèces de morues (Norvège, Ecosse, Islande, Terre-Neuve, Canada, Japon, Alaska).
- Les huiles de lards proviennent des baleines (régions arctiques et antarcliques, Congo, Gabon), des dauphins, des phoques, des morses, des dugongs.
- Les huiles de déchets sont fournies par les déchets de
- l’industrie de la sardine, du saumon, du thon (Espagne, France, Japon, Canada, Tunisie).
- Huiles de poissons entiers. — Les poissons producteurs de ces huiles appartiennent à la famille des Clu-péidés. Les corps gras qu’ils contiennent sont répartis dans tout le corps de l’animal : on les appelle poissons gras par opposition à ceux dont les réserves graisseuses se trouvent accumuléés dans un organe bien déterminé tel que le foie, et dont la chair est pauvre en huile; ces derniers sont appelés poissons maigres.
- Dans les installations modernes, en Norvège, où Ton procède à l’extraction de l’huile, les poissons passent dans un cuiseur, grand cylindre horizontal dans lequel arrive la vapeur sous pression. Us sont ensuite envoyés dans une presse à marche continue d’où s’écoule un mélange d’huile et d’eau. Le résidu de la pression passe dans un séchoir à air chaud au sortir duquel il est, après refroidissement, broyé, tamisé, et mis en sacs, et vendu comme guano. Le mélange d’huile et d’eau est amené dans des cuves en ciment; l’huile surnageante est séparée, filtrée et mise en fuis.
- L’huile de menhaden est produite en quantités énormes, aux Etats-Unis, par des procédés identiques. Il en est de même de l’huile de sardine du Japon.
- Huiles de foies. — La plus connue de toutes, c’est évidemment l’huile de foie de morue. Cette huile n’est pas seulement extraite du foie de la morue franche ou cabillaud (gadus morrhua) ; on en prépare aussi avec le foie de deux autres poissons appartenant au même gpnre : la morue charbonnière (gadus virens) et le Haddock (gadus œglefinus). En fait, les produits obtenus sont très peu différents et sont toujours mélangés pour la vente.
- C’est la Norvège qui est le grand fournisseur d’huile de foie de morue des pays d’Europe. L’huile la plus réputée est fabriquée aux îles Lofoten, rochers dénudés situés un peu au nord du cercle polaire. Sur les côtes du Finmarken, dernier département norvégien voisin de la frontière russe, cette industrie est aussi très développée.
- Les foies des morues ne sont pas tous également riches en huiles ; il existe toujours au coeur de la saison de la pêche un moment où ils sont plus développés et plus gras. On admet généralement que le foie représente 3 à 4 pour 100 du poids d’une belle morue et qu’il en faut en moyenne 450 à 500 pour remplir un baril de 1 hectolitre qui pèse sensiblement 100 kg. Le rendement en huile est de 40 pour 100 environ.
- L’ancienne méthode d’extraction de l’huile par putréfaction v des foies a fait place à des procédés plus modernes basés sur le chauffage à la vapeur.
- A Lofoten, on cuit les foies des poissons frais dans des chaudières à double fond chauffées par la vapeur ; l’huile surnageante est enlevée et le résidu chaud est mis à égoutter dans des sacs d’étoffe filtrante : l’huile qui s’en écoule est un peu plus jaune et plus odorante ; elle est parfois mélangée à la première huile. Ce résidu égoutté, cuit à nouveau à la vapeur, passe ensuite à la presse et donne une huile jaune foncé ou même brune. Le tourteau desséché et moulu constitue un produit commercial : la farine de foie de plus en plus demandée pour la nourriture du bétail.
- A Finmarken, le procédé d’extraction est iln peu différent du précédent, et, d'autre part, beaucoup de détails et de procédés de raffinage sont actuellement utilisés en vue de l’obtention et de la présentation commerciale de différentes qualités d’huile.
- p.70 - vue 80/663
-
-
-
- LES HUILES D’ANIMAUX MARINS
- 71
- Huiles de lords. — Elles sont fournies par les mam- ! mifères marins. Leur préparation est d’une extrême simplicité. L’animal capturé, est amené à l’usine ou à un navire-usine. On enlève la couche de lard que l’on coupe en morceaux et que l’on chauffe par la vapeur d’eau dans de grandes chaudières autoclaves. Les os, les viscères, la chair sont cuits de la même façon. C’est là une industrie malodorante et malsaine qui empoisonne l’atmosphère à une grande distance : elle ressemble beaucoup, en somme, à celle de l’équarrissage.
- Les usines installées à terre fabriquent le plus souvent, avec les os et la chair des grands cétacés, de la poudre d’os et du guano qui sont vendus comme engrais. Les navires-usines se contentent, à cause de l’exiguïté de 1’emplacement dont ils disposent, de préparer l’huile et ils rejettent tout le reste à la mer.
- Huiles de déchets de poissons. — L’industrie de la pêche comporte toujours la mise en conserves d’importantes quantités de poissons dont la chair est comestible. Les poissons que l’on désire mettre en conserve sont naturellement vidés et souvent aussi décapités.
- Les déchets constitués par la tête, les viscères et les nageoires caudales ont été pendant longtemps jetés. Pour les petits poissons, tels que-la sardine, le poids de ces déchets peut atteindre de 40 à 50 pour 100. L’industrie moderne a cherché le moyen d’en tirer parti, car ils sont très riches. en matières azotées, en phosphates de chaux et en huile.
- Pour l’extraction de l’huile, on commence d’abord par dessécher les déchets, puis on les épuise par de l’essence de pétrole dans des digesteurs tournants. On arrive ainsi à dégraisser complètement ces déchets. La distillation de l’essence de pétrole laisse comme résidu l’huile qui trouve de nombreux emplois industriels. Quant au résidu déshuilé, il peut non seulement servir comme engrais, mais il est utilisé aussi pour l’engraissement des porcs et des volailles.
- C’est ainsi qu’à Là Rochelle et dans la région de Lorient on procède actuellement au traitement des déchets de sardines et de thons.
- Usage des huiles d’animaux marins. — Usages médicinaux. — L’efficacité de l’huile de foie de morue dans le traitement de diverses maladies et surtout des maladies consomptives est une chose trop connue pour que l’on insiste sur cette question. Par contre on est encore mal fixé sur le principe ou sur les principes actifs de cette huile. M. André a eu la curiosité de dresser une liste chronologique des diverses opinions qui ont eu chacune leur vogue au sujet de l’activité thérapeutique de l’huile de foie de morue. 11 a constaté qu’on l’avait, successivement attribuée :
- 1° A des composés organiques iodés ou bromés ;
- 2° A des principes biliaires ;
- 5° A des bases organiques provenant de la putréfaction des albuminoïdes du foie pendant l’extraction de l’huile ;
- 4" A des glycérides d’acides gras polyéthyléniques fortement non saturés;
- 5° A la vitamine A liposoluble. (Les vitamines sont des composés assez mystérieux, qui ne sont connus encore que par les effets qu’ils exercent sur certains facteurs morbides de l’homme et des animaux supérieurs. On en distingue trois que l’on désigne par les lettres A. B. C. La vitamine A est seule soluble dans.les graisses: on la considère comme un facteur de croissance.)
- Alimentation humaine, — On sait que les huiles d’animaux marins tiennent une place importante dans l’alimentation des populations des régions polaires arctiques; mais évidemment ceci est un cas très particulier. Tant qu’il n’a pas été possible d’enlever à ces huiles leur odeur caractéristique, leurs usages alimentaires ont été presque nuis. Or, le procédé d’hydrogénation des matières grasses, dû aux deux savants français MM. Sabatier et Senderens est actuellement appliqué au traitement de ces huiles. Nous rappellerons qu’il consiste à faire agir l’hydrogène sur l’huile en présence d’un catalyseur, le nickel. Les constituants chimiques liquides non saturés de ces huiles sont ainsi transformés en corps saturés solides, par fixation d’hydrogène sur la liaison éthylénique, et la désodorisation de la matière grasse est également réalisée.
- L’huile de baleine est actuellement l’huile la plus utilisée pour la fabrication d’huile hydrogénée et durcie, La graisse solide ainsi obtenue ne possède plus l’odeur du poisson; elle a très bel aspect et trouve facilement, son emploi dans l’industrie de la margarine. C’est surtout à l’étranger (Allemagne, Angleterre, Autriche) que sont fabriquées les huiles de haleine durcies.
- Stéarinerie-Savonnerie. — Le stéarinerie peut tirer utilement parti des huiles d’animaux marins hydrogénés alors que les huiles elles-mêmes ne présentent aucun intérêt.
- Les huiles de poisson de qualité inférieure ont de tout temps été employées pour fabriquer du savon de potasse (savon noir). Les huiles de baleine durcies sont; employées aujourd’hui pour fabriquer le savon,
- Industrie du cuir. — C’est l’industrie du cuir qui, depuis longtemps, utilise la plus grande partie des huiles de poisson produites dans le monde. Le tannage à l’huile est largement eftployé pour la fabrication des cuirs chamoisés. Les peaux préalablement préparées de la même manière que pour les autres procédés de tannage, sont imprégnées d’huile par aspersion, suivie d’un foulage. Le cuir ainsi préparé acquiert ensuite une couleur rousse (couleur chamois d’où le procédé a tiré son nom). Les huiles utilisées dans la fabrication des cuirs chamoisés sont : l’huile de foie de morue, les huiles de foie de raie, de squale, l’huile de dauphin, l’huile de menha-den, l’huile de hareng, l’huile de thon.
- 11 est à, remarquer que les huiles d’animaux marins sont de beaucoup celles qui donnent les meilleurs résultats dans la pratique du chamoisage.
- Industrie des peintures. — Les huiles d’animaux marins ne peuvent pas être considérées comme siccatives, et de ce fait, ne donnent pas de bons résultats dans, les industries où l’on met à profit les propriétés de « siccativité )) et de .certaines huiles végétales, comme l’huile de lin,
- Un intérêt commercial considérable s’attacherait cependant à rendre possible l’emploi des huiles de poisson dans l’industrie des peintures. De nombreux essais, plus ou moins heureux, ont été faits dans ce but, mais tous les tâtonnements empiriques n’ont pas conduit bien loin. Ainsi que le fait remarquer très justement M. Emile André, la question n’avancera que si elle est abordée de front en faisant, en premier lieu, des recherches de chimie pure, de celles que beaucoup trop d’industriels français et étrangers considèrent comme inutiles parce que ldurs ; résultats ne peuvent pas, le plus souvent, être monnayés I à brève échéance. , .1. L.
- p.71 - vue 81/663
-
-
-
- «EOfiss
- 7 2;
- LES PLANTES VERTES SANS RACINES ET LA CULTURE PAR SYMBIOSE
- Dans un précédent article(‘) j’ai montré que les diverses hypothèses proposées pour expliquer le développement sans racines ni suçoirs, sans aucun contact avec le sol, de certaines plantes vertes, comme les Tillandsies, est le résultat d’une symbiose. Le végétal chlorophyllien, ne pouvant fixer directement l’azote. de l’air, s’associe avec des champignons vivant sur ses feuilles, particulièrement avec; des Volutelles.
- J’ai pu cultiver facilement ces champignons dans un milieu artificiel composé d’unelessivepeu concentrée de cendres de ' bois légèrement sucrée et ne contenant aucune tracé de composés azotés. J’ai obtenu, aussi bien qu’avec mes cultures sur moelle de choux, navets, pommes de terre et pain cuit et stérilisé (2) non seulement d ’ a b o n-dantes cultures,mais le liquide de ces dernières s’est montré très riche en composés organiques azotés : les acides aminés y étaient particulièrement abondants (s).
- La présence de ces derniers 11e saurait donc être invoquée comme preuve que les Tillandsies sont des plantes insectivores, comme on l’a fait à tort, ainsi que je l’ai démontré déjà
- 1. La Naiure, n° du 16 mai 1925 : « Les Fleurs de l'air».
- 2. Erratum : on a écrit « pois stérilisé » au lieu de a pain stérilisé », page 310 dans mon premier article du 16 niai dernier.
- 5. Je prie mon savant collègue, M. le docteur Gabriel Florence, professeur de chimie biologique à la Faculté de Médecine et de pharmacie de Lyon, d’agréer tous mes remerciements pour le précieux concours qu’il a bien voulu me prêter pour cette partie de mes recherches, que je me propose d’ailleurs de poursuivre, malgré la pénurie de moyens de travail à laquelle je suis réduit par la privation du laboratoire de biologie que j’ai fondé à Tamaris-sur-Mer.
- dans mon précédent article. Ce dernier résultat m’avait fortement encouragé à poursuivre les. recherches que j'avais entreprises en vue de la Culture symbiotique chloro-achjorophillienne, quand un fait nouveau, tout à fait imprévu, vint confirmer
- le bien-fondé de mes prévisions expérimentales.
- Au commencement de ce mois, mon fils qui était au courant de mes essais, m’apporta un vieil échalas de châtaignier trouvé dans ma vigne de Beausoleil à Tamaris-sur-Mer (Var), sur lequel était fixé un robuste champignon de la famille des Corti-cées, très commun dans la région, Ste-reum hirsutum Per-soon, dans Pépais-seur duquel était implanté un vigoureux pied de Laite-ron (Sonclms olerci-ceus L.) portant des fleurs en boutons (fig.^.y
- L’état de prospérité du Laiteron et du Stereum excluait l’idée d’un parasitisme, qui eût été la revanche du végétal vert sur le champignon, dont, il est si souvent la victime. Il s’agissait manifestement d’un cas de symbiose nouveau et original, d’une sorte de coopérative, d’un essai de mutualisme, d’une ébauche de communisme végétal, ayant pour but de supprimer cet intermédiaire ruineux entre tous qu’est le sol avec ses engrais industriels ou autres.
- Dans les conditions ordinaires, le Laiteron fait grand effort pour puiser sa nourriture dans le sol au moyen d’une forte et longue racine munie de nombreuses radicelles (fig. 5). Mais en dégageant avec les plus grandes précautions la partie du Laiteron engagée dans le champignon, je constatai, non sans surprise, que la racine ordinairement si
- Fig. 1. — Plante épiphyle de l'Amérique du Sud (Platy-cerium grande) ou fougère corne d’Elan.
- Cette luxuriante végétation, est accrochée et non enracinée dans le tronc de l’arbre qui lui sert simplement de support.
- p.72 - vue 82/663
-
-
-
- LES PLANTES VERTES SANS RACINES ET LA CULTURE PAR SYMBIOSE---73
- fortement développée, était réduite à un petit moignon irrégulier, tuberculeux, portant seulement à sa partie supérieure trois ou quatre courtes pointes diaphanes, recourbées en bas qui se flétrirent rapidement et qu’on ne pouvait guère comparer qu’à de faibles crampons ou à de grêles suçoirs.
- La photographie reproduite dans la figure 5 montre bien nettement que le Laiteron a pu atteindre son développement complet, jusqu’à la floraison, sans le secours de cet organe d’importance capitale qu’est la racine pour l’immense majorité des végétaux verts. Si le laiteron symbiotique paraît un peu moins développé que l’autre, cela tient simplement à ce que ses feuilles étaient un peu flétries au moment de la photographie ; d’ailleurs même parmi les Laiterons à racines, il y en a dont les feuilles sont plus petites que celles d’autres plantes de la même espèce, au même moment du développement, celui de la floraison, par exemple. Quant au champignon, il
- . Fig. 3. — Ces deux plantes vertes sont parvenues à la floraison, celle de droite grâce à une longue et fârte racine munie de nombreuses radicelles fixées dans le sol, celle de gauche avec ce même organe réduit à un simple moignon, implanté dans le champignon symbiotique.
- Fig. 2. — Symbiose d'une plante verte phanérogame, Sonchus oleraceus avec un rchampignon Stereum hirsutum poussé sur un échalas de bois de châtaignier.
- n’est pas vraisemblable qu’il ait pu tirer l’azote nécessaire à sa nutrition et à celle du Laiteron, du vieil échalas de Châtaignier sur lequel il était fixé : il a du se comporter, sous ce rapport, comme les Yolutelles symbiotiques des Tillandsies dianthoïdes et des autres symbiotes achlorophyl-liens.
- Le Laiteron séparé du champignon ne portait aucune blessure. Par la partie qui était enfoncée dans le champignon, il fut immergé dans l’eau et la plante put vivre ainsi plusieurs jours, jusqu’au moment où elle donna des graines mûres. Pendant oe temps, le moignon ne cessa pas de laisser exsuder par places une substance colloïdale blanche que je reconnus pour être du latex ou suc laiteux très abondant dans toutes les parties du Laiteron, mais surtout dans le moignon, qui était comme spongieux. Au contact de l’eau, ce latex se coagule, mais il n’en était
- p.73 - vue 83/663
-
-
-
- 74--------LE CINEMA EN COULEURS I
- peut-être pas de même au contact du .tissu du champignon dans lequel le moignon était planté.
- On est ainsi amené à penser que par; son lait le Laiteron s’était fait la nourrice du champignon, lequel devait , en échange, lui fournir quelque chose par les crampons-suçoirs implantés dans le corps de la racine à la partie supérieure du moignon. Si je ne craignais d’être taxé d’anthropomorphisme, je dirais que cet organe spongieux, succulent, lactescent était une sorte de « mamelle végétale », et peut-être certains finalistes iront-ils jusqu’à penser que le lait du Laiteron a été créé pour allaiter le champignon.
- Notre observation justifie une fois de plus cette loi de physiologie générale que tout organe qui ne fonctionne pas s’atrophie; toutefois, ici, il y a eu plutôt transformation, adaptation, formation d’un nouvel organe, très simplifié, très réduit, répondant à une fonction nouvelle, économique par coopération et mutualisme. Ce fait prouve, en outre, l’exactitude de cette vue d’Aristote reprise dans la « Somme théologique » par son célèbre commentateur Saint Thomas d’Aquin, que c’est la fonction qui crée l’organe et non l’organe qui fait la fonction.
- LE CINÉMA EN COULEURS PAI
- Lorsqu’en 1895, les frères Lumière montrèrent en public les premières projections cinématographiques, nul ne pouvait prévoir l’immense et rapide développement réservé à cette invention. Simple récréation scientifique, sans portée indùstrielle, sans avenir, affirmaient volontiers les augures. On sait ce qu’il est advenu de ces prophéties. Le cinématographe, tel qu’il est sorti des mains des frères Lumière, est devenu un nouvel et puissant moyen d’expression et de vulgarisation de la pensée humaine, il a fait naître et vivre une gigantesque industrie. Et cependant, le cinéma usuel n’a reçu, depuis sa naissance, que des perfectionnements de détails. Il lui manque aujourd’hui comme à l’origine, pour reproduire fidèlement les divers aspects de la vie, trois qualités : la couleur, le relief, là parole.
- Une foule d’inventeurs se sont ingéniés à l’en doter. Un gros volume ne suffirait pas pour résumer leurs efforts. Le cinéma en couleurs, notamment, a fait l’objet d’un nombre considérable de recherches. Bien des procédés ont été expérimentés, certains non sans succès. On 'peut citer notamment le procédé en 5 couleurs de Gaumont, avec lequel ont été effectuées de très jolies projections. Mais il lui faut 5 films différents, de sorte que la prise de vue et la projection exigent des appareils entièrement différents des appareils usuels. Le' même reproche peut être adressé au Kinémacolor, procédé en deux couleurs seulement, qui exige un film spécial et un système de projection délicat.
- Le procédé Keller-Dorian, extrêmement ingé-
- R LE PROCÉDÉ KELLER-DORIAN
- En plus de l’intérêt que présente. ce cas d’une plante adaptée à une vie si différente de celle qui lui est dévolue ordinairement, j’y trouve un nouvel encouragement à poursuivre mes essais de culture par symbiose, qui peut-être permettront un jour d’obtenir des jardins suspendus au moyen des plantes anagrotes ou rendues telles par l’éducation.
- Quand l’électricité sans fil (E.S.F.) aura complètement remplacé l’autre, ces affreux poteaux télégraphiques qui affligent tant la vue et, qui,, en maints endroits, ont remplacé le long des routes et des chemins les frais et coquets ombrages d’antan, pourront peut-être servir de support pour la culture symbiotique. Aussi bien que les arbres morts des forêts tropicales de l’Amérique du Sud couverts d’une luxuriante végétation anagrote et que les échalas de vignes, ils formeront alors d’élégantes pergolas revêtues de végétaux verts également anagrotes dont les guirlandes, ornementales ou potagères, pourront librement courir le long des fils désuets des anciennes P. T. T. rattachées, pour cette raison, au Sous-Secrétariat d’Agriculture aérienne.... Tout
- arr^ve * Raphaël Dubois,
- Professeur honoraire de l’Université de Lyon. •
- LE PROCÉDÉ KELLER-DORIAN
- nieux, a le mérite de ne recourir qu’aux appareils usuels tant pour la prise de vues que pour la projection. Le film qu’il emploie est un film ordinaire, simplement soumis à un traitement mécanique préalable, très aisé à réaliser avec les machines conçues par l’inventeur. Quant aux résultats, ils sont remarquables à tous points de vue. Nous avons pu assister, dans les bureaux de la Société Keller-Dorian, à des projections où les couleurs naturelles sont reproduites avec une admirable fidélité.
- M. Keller-Dorian, l’inventeur du procédé, un descendant de l’un des célèbres fondeurs Keller à qui l’on doit tant de beaux bronzes du Palais de Versailles, était un 'grand industriel de Mulhouse. On lui doit déjà de nombreux perfectionnements dans les machines à imprimer en couleur les cotonnades. C’est manifestement l’expérience acquise dans cette technique qui lui a inspiré le principe de sa méthode. La mise au point a exigé des années de travail acharné ; et l’inventeur est mort l’an dernier, au moment même où le succès commençait à couronner ses efforts.
- Le procédé Keller-Dorian repose, comme la plupart de ses prédécesseurs, sur la trichromie; mais celle-ci est employée d’une façon particulièrement originale.
- L’inventeur s’est proposé le but suivant : diviser la surface de l’objet en petites surfaces élémentaires, disons en points; pour chaque point coloré, obtenir sur le film photographique une image formant une petite plage, et sur la superficie de celle-ci séparer
- p.74 - vue 84/663
-
-
-
- = LE cinéma en couleurs par
- les o rayons lumineux, rouge, vert, bleu, qui composent le rayon coloré initial, de telle sorte que chacun d’eux aille agir sur une région bien déterminée et toujours le même de cette petite plage. Celle-ci est donc partagée en 3 zones géométriques qui seront diversement impressionnées, suivant la répartition des 3 couleurs dans le rayon coloré initial. Ceci étant réalisé, nous verrons plus loin comment, à la projection, un film impressionné de la sorte reconstitue lui-même, automatiquement, les couleurs de l’objet cinématographie.
- Les éléments essentiels et caractéristiques du procédé Keller-Dorian sont constitués par un fdtre sélecteur de couleurs, placé devant l’objectif dans le plan du diaphgrame, disque de verre partagé par exemple en 3 segments monochromes respectivement rouge, vert et bleu, et par un film en quelque sorte gaufré, dont la surface forme une myriade de petites cellules lenticulaires tournant leur convexité vers l’objectif.
- Lorsqu’un objectif bien corrigé donne une image d’un objet, on sait que l’on peut masquer une partie quelconque des lentilles, sans que la partie restée découverte cesse de donner une image complète de l’objet en question. Les différentes zones de l’objectif masquées par les secteurs du fdtre sélecteur ne cesseront donc pas de donner une image complète du sujet tel qu’il se voit au travers du filtre de ladite zone, mais une image colorée et monochrome, parce que le filtre aura arrêté tous les rayons de couleur différente de la sienne. Il en résulte que l'objectif muni de son film trichrome donnera sur le verre dépoli de la chambre noire une image ne différant en rien comme couleurs de celle que donnerait le même objectif sans filtre, puisque les couleurs sélectionnées par celui-ci viennent former, dans le plan de l’image, 5 images monochromes complètes qui se superposent.
- Plaçons maintenant en avant et très près du verre dépoli, une toute petite lentille de longueur focale négligeable par rapport à celle de l’objectif principal, nous constaterons quelle projette, sur le dépoli, à la fois le disque sélecteur trichrome avec ses trois plages en couleur et la portion de l’image principale venant de l’objectif inscrite dans le périmètre de la lentille (fîg. 3).
- Fig. 2. — Le filtre sélecteur.
- C’est un disque de verre partage en 3 segments : rouge, vert, bleu.
- LE PROCÉDÉ KELLER-DORIAN = 75
- Fig. î. — Principe du cinéma en couleurs Keller-Dorian.
- Le film présente sur sa surface extérieure un grand nombre de petites lentilles microscopiques M ; chacune d’elles donne une image i du filtre sélecteur.
- Voyons ce qui se passera pour la reproduction d’un point rouge par exemple :
- Les radiations émises par ce point ne passeront que par la partie rouge du filtre sélecteur ; la petite cellule lenticulaire projettera sur le verre dépoli un segment lumineux rouge, tandis qu’aux parties verte et bleue du filtre ne correspondront que des zones sombres.
- Si le verre dépoli est remplacé par une émulsion photographique panchromatique, seule la partie correspondant au segment rouge sera impressionnée et noircira dans le révélateur.
- Tirons un positif de l’image révélée, la partie impressionnée deviendra transparente, tandis que les parties qui correspondent aux zones verte et bleue se traduiront en noir.
- Pour la- projection, il nous suffira de replacer l’image du point, rouge au foyer de l’objectif et de l'éclairer par un faisceau de lumière blanche. Les rayons blancs ne traverseront évidemment que le segment transparent sur l’épreuve ; en vertu du principe de la réversibilité des rayons lumineux, la petite cellule lenticulaire M (fig. 1) les dirigera exclusivement sur la zone rouge du disque sélecteur, les rayons verts et bleus seront absorbés et, sur l’écran de projection, nous verrons apparaître en rouge l’image du point photographié.
- Si celui-ci a une teinte complexe, les trois segments de l'image projetée sur le film négatif par la petite lentille M seront impressionnés respective* ment en fonction de la teneur de la teinte en les 3 composantes rouge, vert, bleu. Gomme précédemment, après inversion de l’image, la projection fera apparaître\sur l’écran une image du point sur laquelle les trois composants colorées se superposeront suivant les proportions qui constituaient la teinte du point photographié.
- Pour "obtenir une reconstitution parfaite des couleurs, on voit qu’il est nécessaire et suffisant de décomposer l’image en un nombre de surfaces élémentaires, de points, assez grand pour que l’oeil ne s’aperçoive pas de ce découpage de l’image, Il faut, pour cela que les petites lentilles convexes qui constituent la surface du film soient de dimensions extrêmement réduites C’est là que résidaient, manifestement, les difficultés de réalisation du procédé
- p.75 - vue 85/663
-
-
-
- LE CINÉMA EN COULEURS PAR LE PROCÈDE KELLER-DOR]AN
- 76
- Fig. 3. — Chaque cellule lenticulaire du film Keller-Dorian projette sur la face interne du film une image du filtre en 3 couleurs.
- Keller-Dorian ; difficultés qui auraient rebuté un inventeur moins habile et moins tenace.
- Pour les mesurer, il suffit de savoir que dans le film Keller-Dorian, le diamètre de chacune de ces lentilles juxtaposées est inférieur à 4/100 de millimètre; les premiers films projetés comptaient 520 cellules au millimètre carré; les films fabriqués actuellement en comptent l’OOO à 1500.
- Et il faut que ces cellules soient rigoureusement égales, également espacées et que les lignes de jonction entre les éléments juxtaposés, ne présentent aucune épaisseur. Leur profil doit être assimilable à une lame de rasoir. La figure 4 représente F agrandissement m i c r o g r a p h i que d’un millimètre carré de film à 520 cellules.
- Par quel moyen a-t-on réussi à atteindre une semblable perfection ?
- Au cours de ses travaux sur les machines à imprimer les étoilés,
- M. Keller-Dorian avait acquis, en matière de gravure sur acier, une expérience et une habileté qui lui ont fourni les ressources nécessaires pour résoudre ce nouveau et difficile problème.
- C’est en effet, sur acier, que l’on grave le modèle de ces nids d’abeille qui constitueront la surface du film ; on obtient ainsi un moule sur lequel il suffit d’appuyer et de dérouler le film pour imprimer en relief à sa surface cette infinité de petites lentilles juxtaposées,,
- Nous avons pu assister, dans les ateliers de la Société Keller-Dorian, à la gravure d’un moule et à la con-
- fection d’un film. Seule la gravure du film est un travail délicat et difficile; les autres opérations sont d’une étonnante simplicité.
- On exécute d’abord un premier modèle, le type, c’est une molette en acier gravée en creux à la main, sous le microscope, par un ouvrier qui est un véritable artiste en gravure. Une fois cette première molette obtenue au prix d’un travail qui représente un extraordinaire tour de force, on la trempe ; on peut alors la reproduire, à un très grand nombre d’exemplaires, sans aucune difficulté.
- Comme il faut économiser au maximum ce précieux modèle, voici comment on opère. On l’appuie sur un rouleau en acier qui tourne et se déplace sous elle ; la gravure de la molette mère se trouve reproduite en relief sur le rouleau d’acier et sur la largeur voulue pour correspondre à celle du film. On trempe le rouleau ainsi gravé, et on l’emploie de la même façon pour reproduire en creux cette gravure sur un autre rouleau d’acier non trempé, cpii, lui, servira de moule pour gaufrer le film. Le rouleau d’acier en relief permet d’obtenir un très grand nombre de moules en creux ; et l’on voit que l'on n’a que très rarement à faire usage de la molette mère. • -
- Il faut maintenant imprimer le film; rien n:est plus simple ; le film recouvert d’émulsion se déroule dans une étuve, où il est séché ; au sortir de celle-ci il passe entre le rouleau d’acier gravé et un rouleau de caoutchouc durci tournant en sens inverse; le rouleau d’acier est porté électriquement à une température voisine de 100°, rigoureusement
- Fig. 4. — Agrandissement photographique d’un film Keller-Dorian, montrant les petites cellules lenticulaires.
- p.76 - vue 86/663
-
-
-
- CHRONIQUE ................... —- 77
- maintenue au moyen d’un régulateur. Le film se ramollit légèrement, et prend fidèlement l’empreinte du moule: Puis. on l’enroule à nouveau.
- Toutes ces opérations s’exécutent dans une machine simple, automatique, peu encombrante, d’üne surveillance facile, et, bien entendu, dans l’obscurité la plus complète.
- En résumé, le procédé Keller-Dorian n’exige qu’une seule image pour la reconstitution complète des couleurs ; aussi peut-il être utilisé dans tous les appareils ordinaires tant pour la prise, de vue que pour la projection. Il lui faut seulement des sources
- lumineuses plus intenses que pour la cinématographie en noir. Il y a.encore d’autres avantages importants : il donne un film incolore qui peut être projeté aussi bien en noir qu’en couleurs. Et enfin on peut tirer d’un film .un nombre illimité de copies.
- Le procédé Keller-Dorian n’est encore qu’au début de sa carrière industrielle ; mais il n’est pas exagéré de dire dès maintenant que son apparition marque une date importante dans l’histoire de la cinématographie en couleurs et peut-être le début d’une révolution dans la technique cinématographique.
- À Trollek.
- CHRONIQUE
- La transmutation dulmercure en or et en argent. — On sait qu’un savant allemand, le D*' Mielhe, a récemment annoncé qu’il avait réalisé la transmutation du mercure en or au moyen de puissantes décharges électriques. Un savant japonais connu, le Dr Nagaoka, annonce à son tour qu’il croit avoir réussi cette transmutation. Il a récemment fait à Paris, à la Société de Physique, une communication sur ce sujet. Nous reproduisons ci-dessous intégralement le résumé publié par la Société de Physique.
- « Les expériences qui font l’objet de cette communication ont eu primitivement pour but d’accélérer les transformations radioactives et de produire artificiellement la désintégration d’atomes non radioactifs au moyen d’un champ électrique extrêmement intense qui doit être suffisant pour produire un violent ébranlement à l’intérieur du noyau. Nous avons tiré avantage d’un fait curieux observé dans des expériences faites sur l’effet Slark en collaboration avec M. Sugiura. Dans les arcs métalliques montés avec une self en série et une grande capacité en dérivation, il existe au voisinage des électrodes un champ électrique intense. Ainsi avec des électrodes d’argent ce champ atteint 4400 fois le champ moyen appliqué. Le mercure a été choisi comme substance susceptible d’ètrc désintégrée, car l’examen de la structure fine de ses raies spectrales montre que le noyau de cet. élément peut probablement, jusqu’à' un certain point, être considéré comme, méfastable.
- Si, au moyen d’une bobine d’induclion donnant 120 cm d’étincelle dans l’air, on fait passer une décharge condensée entre une électrode de tungstène et. une électrode de mercure plongées dans de l’huile de paraffine ou de l’huile de transformateur, le mercure se transforme partiellement en or et en un métal blanc, qui semble être en plus grande partie de l’argent. Le mercure en expérience-a été purifié deux ou trois fois par distillation dans le vide à une température inférieure à 200° G. On a fait soigneusement des essais à blanc pour tous les corps 'mis en présence. La masse pâteuse noire qui résulte de la décharge a été examinée soit-par des moyens chimiques soit, ce qui est plus commode, par la formation d’un verre rubis. Celui-ci est obtenu sous forme de . nombreuses taches au fond d’un ballon à distiller spécial au moyen duquel sont séparés le; mercure cl le carbone qui ont subi la décharge. L’élude microscopique y montre la présence de l’or sous forme de fines
- particules et principalement à l’état colloïdal. Ges particules donnent en lumière réfléchie, puis en lumière transmise, des couleurs complémentaires. Il semble qu’il existe une valeur critique pour le champ nécessaire à la transmutation et le résultat de celle-ci est tout à fait complexe.
- On obtient principalement de l’argent en faisant passer la décharge à travers des gouttes de mercure. qui tombent dans de l’huile. La transmutation simultanée du mercure en argent et en or semble avoir une signification importante au point de' vue cosmique. L’existence de minerais contenant ces deux métaux peut être attribuée à un processus inverse.
- L’examen des isotopes de divers éléments montre, au moins en apparence, une certaine parenté entre la structure de divers noyaux, par exemple entre ceux du Mercure et de l’Etain, ceux de l’Etain et du Cadmium, du Xénon et de l’Etain, du Krypton et du Sélénium, etc.... En étudiant les transformations de différents atomes on pourra élucider certaines questions relatives à la région obscure que constitue encore pour nous le noyau.
- Les expériences décrites ci-dessus ne doivent être considérées que comme préliminaires et peuvent n’ôlrc nullement satisfaisantes. L’auteur désire appeler l'attention de ceux, que ce sujet intéresse afin qu’ils puissent reprendre ces recherches avec des moyens à la fois plus puissants et plus satisfaisants.
- L’expérience a été réalisée avec la collaboration de MM. Y. Sugiura, T. Àsada et T. Machida. » •
- La formation des deltas des fleuves. — Dans les Traités élémentaires de géologie, on attribue aux deltas des fleuves la même origine que celle des dépôts alluvionnaires sur leurs rives, aux coudes particulièrement. On explique ce phénomène par un mécanisme purement physique : diminution de vitesse du courant en certains points facilitant le dépôt des matières en suspension.
- Si cette interprétation est correcte dans le cas des bancs de sables et d’alluvions qui existent dans le cours des fleuves, elle est complètement insuffisante pour /rendre compte de la formation des deltas énormes qui existent à l'embouchure de certains fleuves : Amazone, Mississipi, Nil, Rhône. Le processus est ici bien plus d’oi’igine chimique que d’origine mécanique. On sait que les eaux de rivière contiennent en suspension une grande
- p.77 - vue 87/663
-
-
-
- 78 : : LES MALFORMATIONS DES PINCES DES CRUSTACÉS
- quantité de particules colloïdales, argile, humus, composés organiques, etc. D’autre part, l’eau de mer est chargée de sels en dissolution, chlorures de sodium et de potassium en particulier. Or, lorsque l’on ajoute une électrolyte à une solution colloïdale, il y a précipitation des particules. C’est ce qui se produit en grand à l’embouchure des fleuves. Le courant du fleuve devient nul,
- ce qui permet à une certaine quantité des particules, les plus grosses, de se déposer, mais cette sédimentation est peu importante en comparaison de la précipitation par coagulation sous l’action des sels de l’eau de mer, des particules colloïdales en suspension dans les eaux douces. C’est Schlœsingqui le premier, en 1871, a attiré l’attention sur ce phénomène.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1925.
- Les gaz de la fermentation alcoolique du glucose. — Dans la formule donnée par Pasteur ligure seulement l’anhydride carbonique, bien que ce savant ait eu à constater que les produits gazeux fournis par la transformation du sucre, sous l’influence de la levure de bière, ne sont pas entièrement absorbables par la potasse. MM. Àmé Pictet Werner Scherrer et L. llelfer ont repris avec un soin méticuleux l’analyse d’un mélange libéré par le glucose pur; ils n’y ont trouvé ni hydrogène, ni hydrocarbures, .mais ils ont remarqué qu’un gaz inerte, représentant 2,6 pour 100 du mélange décarbonaté, donnait le spectre de l’argon. Dne série d’essais a confirmé l’existence de cet élément et les auteurs se proposent de rechercher s’il préexiste dans la levure, et alors sous quelle forme, ou s’il prend naissance, au cours de la fermentation, aux dépens de l’une ou de l’autre des substances en présence.
- Les caillasses du calcaire grossier du bassin parisien. — Sous le nom de silex, on a indiqué fréquemment des accidents siliceux développés en milieu lagu-naire et lacustre, notamment au sujet du calcaire de Saint-Ouen. Ces accidents se présentent en rognons et lits et l’une de leurs variétés, celle des caillasses d’Es-sonnes, a retenu l’attention de M. Cayeux. Leur analyse au condenseur fortement descendu a montré en effet des Foraminifcres, un Radiolaire et certaines plages rappellent le tripoli d’Oran. La roche ainsi étudiée procède d’une boue fine, calcaréo-siliceuse, d’origine marine et non lagunaire, et l’existence des Diatomées, qui met le géologue en présence d’une source insoupçonnée de silice organique pour le calcaire grossier, pose la question de leur intervention dans la genèse d’autres acci-
- dents siliceux qui n’ont pas encore reçu d’explications suffisantes.
- La mèh'orite d’Olivenza. — Le 29 juin 192-4, une volumineuse pierre est tombée dans la province de Badajoz, vers la frontière du Portugal. Tous les fragments recueillis donnent un poids de 70 l<g; la couleur est gris cendré et la cassure grenue. Sur le fond se dé^-tachent des condres foncés, les uns mats (pyroxène), les autres vitreux et un peu verdâtres (olivine). La croûte offre deux aspects : l’un lisse et noir, avec des bavures et des grains, l’autre un peu rougeâtre, avec de grandes impressions digitales. L’analyse de la météorite, ainsi signalée par M. Fernandez Navarre, a été confiée à M. Raoult, Elle indique que le minéral étudié doit être rangé dans les chondrites à olivine et hypersthène.
- Le métabolisme de la. viande et la cuisson. — Reprenant les études de Ch. Richet et de Galbraith, Ch. Richet fils et M. R. Monceaux ont nourri des chiens avec de la viande maigre de bœuf, soit crue, soit à demi cuite, soit bouillie plus-ou moins longtemps, soit surcuite (60 minutes à 115°). L’analyse des urines paraît indiquer que le métabolisme de la viande crue dépasse celui de la viande cuite. De ce fait, on peut déduire quelques indications diététiques, à formuler comme il suit : l" dans le groupe des affections hépatiques, où il y a toujours troubles du métabolisme azoté, on diminuera ces accidents, en donnant la viande crue; 2° dans les affections rénales, il y a au contraire avantage à alimenter avec de la viande très cuite, pour favoriser ainsi, la déchloruration et l’élimination hydrique.
- Paul R.
- LES MALFORMATIONS DES PINCES DES CRUSTACÉS(1)
- Au mois de décembre dernier, un pêcheur prit dans un casier à crevettes, près de Mousterlin, un Crabe tourteau (Cancer pagurus L.) qui fut apporté au laboratoire de Concarneau, à cause d’une malformation présentée par sa pince droite.
- C’était un individu mâle. LeNs dimensions de la
- i. D’après une communication à la Société zoologique de France.
- face dorsale de sa carapace : 6 cm de long sur 10 de large, indiquent qu’il s’agit d’un animal âgé, ayant déjà subi de nombreuses mues.
- La forme générale du corps n’a rien de particulier, ni celle de tous les appendices, sauf la pince droite. Des divers segments de celle-ci, seul le dactyle, article mobile, est anormal; le propode, article fixe, n’est ni élargi, ni déformé. Le dactyle,
- p.78 - vue 88/663
-
-
-
- LES MALFORMATIONS DES PINCES DES CRUSTACÉS —:..- 79
- formant une seule pièce squelettique externe, comme le montrent les figures 1 et 2, comprend une partie basale un peu élargie et trois lobes inégaux, tous bien développés. Le lobe externe, courbé vers le bas, présente un bord externe lisse et un bord interne denté, à gros tubercules; le lobe moyen, courbé vers le haut, présente un bord externe à petites crénelures et un bord interne lisse ; le lobe interne, plus grêle, courbé vers le bas, présente un bord externe lisse et un bord interne à peine ondulé. Ce dactyle anormal est articulé normalement avec le propode. Les trois lobes présentent le même aspect et sont tous largement bordés de noir.
- Sans avoir recherché systématiquement les observations du même ordre qui peuvent déjà avoir été faites, j’ai trouvé dans le Bulletin de la Société' zoologique de France la description d’une monstruosité tout à fait analogue, pour ne pas dire identique, observée par P. Fischer en 1888 sur la pince gauche d’un Tourteau adulte recueilli à l’ile de Sein et celle, par Le Sénéchal, d’une autre difformité plus complexe, comportant aussi un dactyle trilobé, présenté par la pince droite d'un autre Tourteau conservé au laboratoire maritime de Luc-sur-Mer. Plus récemment, Delphy à également signalé, dans le même recueil, en 1921, trois cas de propodes anormaux, un chez le Crabe vulgaire (Carcinus maenas), deux chez l’Étrille (Portunus puber) provenant de la baie de la Ilougue.
- Fischer, dans sa note, a passé en revue les malformations des pinces signalées antérieurement chez divers Décapodes et il a discuté des causes possibles de ces anomalies.
- À juste titre, il se l'efuse à interpréter la pince à dactyle trilobé comme formée, de la périphérie vers l’intérieur, par un dactyle supplémentaire, un propode normal, un dactyle normal, un propode supplémentaire. Il rappelle l’opinion ancienne de Rosel von Rosenhof attribuant les lobulations des pinces de l’Écrevisse à des blessures ou à des meurtrissures dont l’effet pourrait persister après plusieurs mues, et celle de lîerklots qui y voit des excroissances et des régénérescences, et il les considère toutes deux comme insuffisantes. Il préfère considérer cette anomalie comme une pince accessoire, privée d’articulation, développée soit sur le dactyle (dans son cas), soit sur le propode (comme dans une observation de Le Sénéchal). Cette duplication rappellerait l’origine bifide des appendices des Crustacés et pourrait s’observer non seulement sur l’un des deux derniers articles, mais aussi sur divers autres, amenant toujours le doublement de tous les articles suivants.
- La question a beaucoup évolué depuis. ; " ' i;
- En 1894, Bateson a réuni un grand nombre d’observations concernant les Arthropodes les plus divers, dont il a tiré les conclusions générales suivantes : sauf de très rares et douteuses exceptions^ les appendices surnuméraires peuvent se développer en n’importe quel point d’un membre; ils repro-
- duisent toujours toutes les parties plus périphériques que leur point d’origine; ainsi, une anomalie formée sur le tarse comprend tous les segments plus distaux. Les appendices surnuméraires, toujours pairs, sont opposés et symétriques; de plus, celui soudé à l’appendice normal est symétrique et opposé à ce dernier. On observe souvent une coalescence plus ou moins complète de la triplication pouvant aboutir à un aspect bifide, mais il n’existe pas, en réalité, d’anomalie simple. La production de segments supplémentaires n’a lieu que sur un segment normal resté en relation avec le corps. L’amputation d’une partie du membre ne suffit pas à provoquer cette malformation.
- En 1896, Herrick, constatant combien la lobulation des dactyles est rare par rapport, au nombre des blessures occasionnées aux pinces dès Homards, a supposé que la lésion, légère au début, provoque la formation d’iin bourgeon qui s’accroît et se fissure à chaque mue, pour aboutir à une protubérance bifide, couverte d’une carapace dentée, se rapprochant de plus en plus de l’aspect normal. La partie distale reproduirait l’aspect du dactyle du même côté du corps, le lobe moyen celui du côté opposé, bien que cette règle soit loin d’être générale.
- De 1901 à 1905, Przibram, dans une série de mémoires, interpréta ces malformations comme la conséquence d’une division du bourgeon de régénération consécutif à une lésion déterminée, produite à un moment donné par rapport à l’époque de la mue. Il réussit à en reproduire expérimentalement deux fois, notamment sur la dernière patte ambulatoire d’un Carcinus maenas dont le bourgeon avait été soigneusement divisé longitudinalement.
- Miss Reed obtint, en 1904, la bifidité de la patte d’un Pagure dont le nerf avait été dissocié en long. Zeleny provoqua expérimentalement, en 1905, la régénération d’une double chéla chez un Gelasimus. Emmel produisit de même artificiellement, en 1907, une triplicature de la pince d’un Homard, Dans le but de connaître l’effet de la régénération sur cette anomalie, il provoqua l’autotomie d’une pince droite à dactyle trilobé, observée fortuitement chez un Homard, mais l’animal mourut avant que l’expéT rience ait donné un résultat.
- L’origine de ces malformations parait donc aujourd’hui établie. Elles sont le résultat d’une blessure survenant à un bourgeon de régénération,, blessure convenablement orientée et produite dans-des conditions particulières, ce qui explique la rareté de leur observation : Herrick, en effet, déclare qu'il faut examiner des milliers de Homards pour en rencontrer un seul cas.
- Reste leur interprétation. On peut en supposer trois différentes : 1° les lobes supplémentaires du dactyle rappellent tous deux lé dactyle du même côté, celui du milieu étant inversé et présentant sa face ventrale vers le haut ;
- 2° Ils reproduisent l’aspect d’im dactyle de pince droite et d’un de pince gauche;
- p.79 - vue 89/663
-
-
-
- 80 LES MALFORMATIONS DES PINCES DES CRUSTACES
- Fig. i. — Face ventrale d’un Tourteau (Cancer pagurus) présentant à sa pince droite un dactyle trilobé.
- 3° Celui du milieu est l’image symétrique de l’externe-; ses faces sont normalement orientées.
- La question présente un intérêt certain pour les théories de la régénération qui considèrent les forces internes' de régulation de l’organisme. Bateson l’a posée nettement et, sans la résoudre, a signalé en faveur de la deuxième hypothèse une observation faite en 1864 par P.-J. van Beneden sur la pince droite d’un Homard à dactylopodite triplé dont une branche présentait les petites dents de la pince coupante et l’autre les gros tubercules de la pince broyeuse. Mais d’après le dessin qu’on en possède, l’interprétation est loin d’être aussi claire, les trois lobes ne paraissant pas être sur un même plan. La pince du tourteau que j’ai observé montre aussi des denticulations différentes sur les deux lobes supplémentaires, et cependant les propodes des pinces des deux côtés du corps sont également à gros tubercules. La question n’est donc pas encore tranchée par ce nouveau cas, mais on voit que cette anomalie, assez rare, soulève un des plus difficiles problèmes de biologie générale, celui de la régulation de leurs formes par les êtres vivants.
- Peut-être, pendant ces prochaines vacances, quelques lecteurs de La Nature auront-ils la curiosité d'en chercher de nouveaux exemples parmi les Crabes de nos côtes. B. Legendre.
- Fig, 2.
- La même pince, vue par ta J ace dorsale.
- Le Gérant : F. Masson. — Imprimerie Faiivre, 9, rue de Fleuras, Fans. — 1925.
- p.80 - vue 90/663
-
-
-
- N° 2679 ‘ 8 Août 1925
- LA NATURE
- U HMIMJ25
- SOMMAIRE:
- Le relèvement de la flotte allemande coulée à Scapa-Flow : Cl Sauvaire Jourdan.
- Les animaux avalés vivants : D1' P.-E. Morhardt.
- Les installations techniques de bord des gros avions modernes : Jean-Abel LefranC. Les forêts submergées du nord-ouest de l’Europe et les tourbes littorales : Jules Welsch. Prospérité des Indiens du Canada : Léon Laffitte. — Chronique, lin rabot électrique : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée : Tourisme. — Mécanique. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . . Union postale.
- 1 franc 1 fr. 25
- MASSON ET Cie, Editeurs.
- 420, boulevard Saint-Germain, Paris.
- p.n.n. - vue 91/663
-
-
-
- LA NATURE. — N“ 2679.
- 8 AOUT 1925
- LE RELEVEMENT DE LA FLOTTE ALLEMANDE COULEE A SCAPA-FLOW
- Le 21 novembre 1918, une longue théorie de navires de guerre, en parfait état, portant le pavillon impérial allemand, défdait dans la mer du Nord, entre deux lignes de bâtiments où figuraient des représentants des principales marines alliées.
- C’était la flotte entière de l’Empire vaincu, qui, rendue à l’ennemi sans combattre, allait prendre, dans la célèbre baie de Scapa-Flow, son mouillage d’internement.
- Cette flotte, placée pour ce dernier et dégradant voyage sous le commandement du contre-amiral von Reuter, se composait de : 11 cuirassés dont le tonnage variait de 24 700 à 28 400 tonnes, 5 croiseurs de bataille de 19 400 à 26 600 tonnes, 8 croiseurs légers et 50 torpilleurs d’escadre. Deux cuirassés : Baden et Bayern entrés en service en 1917, le croiseur de bataille Hindenburg, de 1917, et aussi la plupart des croiseurs légers, n’avaient figuré dans aucune des rencontres de la guerre.
- Les conditions du traité de paix, confirmant celles de l’armistice, réduisaient désormais à 6 cuirassés, petits et antérieurs à 1905, 6 petits croiseurs et quelques destroyers, la flotte que l’Allemagne était autorisée à conserver. *
- En juin 1919, les restes d'équipages laissés à bord des navires allemands, s’étant concertés, ouvrirent les valves de communication avec la mer, et coulèrent ainsi tous les bâtiments internés, à la barbe des marins anglais préposés à la surveillance de cette flotte.
- La perte matérielle n’était pas grande puisque tous ces bâtiments étaient voués à la destruction,
- Fig. 2. — Les pontons de relevage séparés et l’appareillage de chaînes et poulies de relevage:
- 53* Année- — 2* Semestre.
- mawMi
- Fig. i. — Le dock de relevage à Scapa-Flow.
- mais cette opération si bien conduite n’en constituait pas moins, en plus d’une cuisante mortification, une très grande gêne pour L’amirauté anglaise, obligée de relever toutes ces épaves pour éviter que ne devienne inutilisable à jamais une partie de la baie qu’elles encombraient ainsi.
- Cet énorme travail de déblaiement a été confié à l’importante firme de MM. Cox et Danks, de Londres, spécialisée en ces matières de remise à flots et de démolition de navires.
- Elle y emploie comme instrument principal un dock flottant construit et utilisé par la. marine allemande pour faire subir aux sous-marins les épreuves d’étanchéité et de résistance aux grandes pressions.
- Cet appareil a été déjà décrit dans La Nature. Il comprenait en principe, un dock flottant semblable, à ceux du même genre qu’on rencontre partout, mais au fond duquel était construit un cylindre en tôle épaisse de 125 m. de longueur, dans lequel les sous-marins à mettre à l’épreuve étaient introduits, le dock étant immergé.
- On refermait ensuite les portes du cylindre et, au moyen de pompes puissantes, on créait artificiellement sur les flancs du sous-marin la pression pour laquelle où désirait éprouver sa capacité de résistance. : : : A
- MM. Cox and Danks en ont tiré parti de la façon la plus ingénieuse,. Sous sa forme primitive il était, pour eux, inutilisable. Il fut décidé d’en tirer deux pontons composés chacun d’une moitié du dock en question, dont on aurait préalablement supprimé le cylindre d’essai et
- 6.
- 81
- p.81 - vue 92/663
-
-
-
- 82 LE RELÈVEMENT DE LA FLOTTE ALLEMANDE COULÉE A SCAPA-FLOW
- une des murailles verticales. Ce travail préliminaire fut mené à bien. Après quoi le dock fut remorqué à Scapa-Flow (fig. 1 ), où on pratiqua la coupure longitudinale dans le milieu de la partie horizontale qui supportait auparavant le cylindre d’essai des sous-marins.
- Les deux pontons obtenus par cette opération avaient chacun 66 m. de longueur sur 26 de largeur. On installa sur l’un et l’autre, à l’aplomb de la coupure, un arbre d’acier de 15 cm de diamètre portant de fortes poulies destinées à recevoir des chaînes ou des aussières d'acier, qui, passées sous les coques des navires à relever, devaient, une fois tendues, les remonter à la surface. Ces poulies recevaient leur mouvement de 10 treuils installés sur chaque ponton. La figure 2 montre cet équipement prêt à fonctionner pour le relèvement d’un contre-torpilleur.
- La première tentative ne réussit pas. Un défaut dans une maille de l’une des chaînes provoqua sa rupture alors que le navire était déjà quelque peu soulevé.
- Cette rupture amena celle des chaînes voisines et, par le choc qui s’ensuivit, celle aussi des quelques poulies, et une torsion de l’arbre qui les portait.
- 11 fallut réparer ces avaries, et MM. Cox et Banks en profitèrent pour substituer aux chaînes, sujettes à caution, uniquement des aussières en acier, sur la qualité desquelles on pouvait compter absolument. La partie centrale de ces aussières, celle qui devait porter sur la coque à relever, était confectionnée en forme de ceinture plate/pour plus de commodité.
- Le torpilleur V 70 fut le premier navire allemand sur lequel l’appareil ci-dessus décrit fut expérimenté. Les deux pontons étaient maintenus à l’écartement nécessaire par des poutres- de bois solidement attachées de part et d’autre. Les treuils étaient manœuvres à la main.
- L’opération ainsi conduite réussit pleinement. Des plongeurs avaient passé, sous la coque, les 10 aussières d’acier. A marée basse, ces 10 aussières furent raidies et amarrées. À la mer montante, le V 70 fut automatiquement arraché du lit de vase sur lequel il reposait depuis 5 ans. Les treuils entrèrent alors en action et le torpilleur fut hissé à 0 m. 80 de la surface de l’eau. C’est la
- position que représente la figure 5 où l’on peut voir le kiosque et un débris de mat du torpilleur émergeant.
- Le navire étant ainsi suspendu, deux remorqueurs conduisirent l’ensemble du système (ponton-double et épave) jusqu’aux petits fonds de Mill Bay, sur l’ile de Ilay, située à 5 km du mouillage de la flotte allemande et l’épave fut échouée de façon à être presque à sec à marée basse. La figure 4 montre l’œuvre de la végétation sous-marine, sur ce qui fut un élégant et brillant navire. Canons, passerelle, flancs du batiment sont recouverts de mousse, de coquillages, de guirlandes d’algues, au point de n’avoir plus aucune forme.
- La suite’ des opérations entreprises par la firme
- Cox et Danks comporte que les torpilleurs mis au sec ou à peu près à Mill Bay, reçoivent, sur ce point les réparations nécessaires pour être rendus à l’état de corps flottants. Ils sont' alors directement remorqués en un autre point de l’immense baie de Scapa-Flow, à Lyncss-Pier, où MM. Cox et Danks ont établi un chantier de démolition. Le dépècement des coques y sera effectué après qu’on en aura retiré tout le matériel qui pourrait encore servir sous la forme primitive.
- Le contrat de la firme Cox et Danks s’étend au relevage de 26 torpilleurs et des croiseurs de bataille Hindenburg de 28000 tonnes et Seydiitz de 24500 tonnes.
- Ce dernier navire a figuré dans les batailles du Dogger Bank où fut coulé le B lâcher, et du Jutland. Le Hindenburg n’a été achevé qu’après que la flotte allemande eut renoncé à affronter l’ennemi. C’est donc, un croiseur de bataille tout neuf et formidable (8 pièces de 581 mm, 27 nœuds) que les eaux de Scapa-Flow ont détruit pour jamais.
- Actuellement 14 torpilleurs ont été relevés. Le bruit a couru, sans qu’il nous ait été possible de vérifier le fait, qu’en démolissant un de ces; batiments, on aurait trouvé dans la cale, sous; une masse de débris et de traverses de bois, cinq, cadavres qui auraient été reconnus pour être ceux d’officiers. .
- U semble certain, qu’après le départ de la flotte
- Fig. 3. — Le torpilleur V-70 approche de la surface.
- p.82 - vue 93/663
-
-
-
- LES ANIMAUX AVALES VIVANTS
- de la côte allemande, certains équipages se sont mutinés ; la macabre découverte rapportée ci-dessus pourrait être l’épilogue de quelque drame qui se serait déroulé à ce moment et dont les acteurs n’ont pas jugé à propos de parler.
- MM. Cox et Danks comptent achever le relevage des 26 torpilleurs compris dans leur lot, avant de s’attaquer à YHindenburg, puis au Seydiilz.
- Le premier est coulé droit et montre, à mer basse,
- = 83
- MM. Co x et Danks n’ont pas l’ait connaître encore les moyens qu’ils comptent employer pour mener à bien cette dernière tâche, qui sera entreprise, pensent-ils, dans les premiers mois de 1926.
- Les difficultés qu’ils auront à vaincre seront, assurément, d’un ordre beaucoup plus important. Mais l’ingéniosité qu’ils ont déployée dans la première partie de leur travail, l’expérience qu’ils y ont acquise, la puissance des moyens de tous ordres
- Fig. 4. — Le 5e torpilleur relevé et encore placé entre les deux moitiés du dock est conduit à Millbay.
- (Photo de MM. Cox et Danks.)
- une partie de ses superstructures. Le second repose sur le flanc et son relevage donnera par conséquent plus de peines.
- dont ils disposent sont un sûr garant de leur succès tin al.
- Ll Sauvai ne Joumux.
- LES ANIMAUX AVALÉS VIVANTS
- L’histoire de Joints n’est pas unique dans l'animalité, bien des êtres, avalés sans avoir été tués, souvent par des congénères, ont la chance d’échapper aux alîres d’être digérés vifs.
- Connue le rappelle à ce sujet le savant chirurgien anglais, le D1' Bland-Sutton (l) dans une étude spirituelle et richement documentée consacrée aux cas de ce genre, le journal américain, Boston Posi Boy du 14 octobre 1771, rapporte l’histoire que voici. Un baleinier eut un de ses canots coupé en deux par une baleine qui venait d’être barponée. Un homme de l’équipage, Marschall
- 1. Ui,a;xi»-Suti;ok. The l’sychology of animais -swnllowed idivc. The Brilish Medical Journal, 18 juillet 1925, p. 104.
- Jenkins, fut happé par la bêle et plongea avec elle. En remontant à la surface dé l’eau, la baleine rejeta le matelot quelque peu contusionné, mais non gravement blessé. -
- En dehors des baleines, les requins sont connus pour avaler des proies vivantes. Il arrive d’ailleurs qu’il leur en coûte comme on va le voir. Darwin, lors de son expédition sur le Beayle, en 1852, lit connaissance avec-un poisson de forme assez ordinaire. Cet animal, le diodon, est couvert d’épines qui, normalement, sont couchées. Dans certaines circonstances, le diodon, en avalant de l’eau, se gonfle, devient sphérique comme une noix de coco et, alors, toutes les épines dont il est
- p.83 - vue 94/663
-
-
-
- 84 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- couvert se redressent, lui donnant l’apparence d’un porc-épic.
- Malgré toute la puissance digestive du requin, pareille proie se tire d’affaire. Arrivée dans l’estomac, elle se gonfle, déchire les parois qui l’enserrent et s’ouvre un chemin sanglant vers l’extérieur.
- Mais les plus singuliers de ces animaux prédateurs sont des poissons des profondeurs, le chiasmodon ni-grum et le gigantura vorax qui ingurgitent des animaux plus grands qu’eux, grâce à un estomac plus ou moins extensible. On a ainsi trouvé dans un {figanlura de 80 mm pêché par la Dana au cours de l’expédition de 1920-1922, un chauliodus de 140 mm de long. Regan, qui décrit cette trouvaille singulière, pense que le chauliodus a été saisi par le milieu du corps et plié en deux. La tète et la queue de la proie émergeaient encore de la bouche du prédateur quand l’ensemble fut capturé. Cependant une partie des vertèbres du chauliodus étaient déjà à nu, la chair qui les recouvrait ayant été digérée par le suc gastrique avec lequel elle était en contact.
- Autre histoire singulière. En 1880, Burton pêcha une bête qui lui parut tout d’abord être un poisson à deux queues. En examinant les choses de plus près, il vit qu’il s’agissait d’un brochet qui en dévorait un autre. Il les sépara et les mit tous deux dans un même bocal. Aussitôt, le plus gros, qui pesait n livres 1/2, recommença à s’attaauer à l’autre oui n’en pesait que 2 1/2.
- En Alaska, il arrive que les chiens avalent des poissons congelés. Il s’agit de Dallia pecloralis que les habitants pèchent en grand nombre et mettent en réserve. À la chaleur de l’estomac, les poissons se réveillent, s’agitent et le chien vomit des animaux frétillants, alors qu’il avait avalé une proie analogue à un glaçon.
- Les serpents sont connus pour avaler des animaux vivants et notamment des grenouilles qui peuvent parfois être sauvées si le serpent est tué à temps, comme ce fut le cas avec Rudyard Kipling. Mais ce qui est particulièrement remarquable en cette affaire, c’est, comme le note Bland-Sutton, que la grenouille happée fait parfois effort pour s’enfoncer dans l’estomac du serpent, espérant trouver là une issue.
- ün voit aussi les serpents se manger entre eux, souvent par une singulière aberration comme dans le cas cité par Bartlett. Un boa de 11 pieds s’attaquait à un pigeon. Un autre boa de 9 pieds seulement s’attaqua également à l’autre extrémité de la petite proie. Quand le gros boa eut dégluti la part de pigeon qui lui revenait, il commença à déglutir l’autre part et le boa,attenant qui ne voulait pas lâcher prise disparut ensuite dans le tube digestif de son congénère.
- Telles sont quelques-unes dès plus singulières manières d’obéir à la grande loi qui veut que les animaux s’entre-dévorent.
- ])' P.-E. Moüuakut.
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- La navigation aérienne a fait de tels progrès au cours de ces dernières années que maintenant les installations des gros avions modernes peuvent se'comparer à celles qui existent à bord des navires et en particulier des sous-marins ; le problème à résoudre étant d’ailleurs tout à fait du même ordre.
- Pour se maintenir correctement en l'air et gagner dans le minimum de temps le terme du voyage, l’équipage d’un avion doit pouvoir contrôler à tous les instants la marche du ou des moteurs, l’équilibre et enfin la direction que suit l’avion; en outre, pour s’éclairer, se chauffer et alimenter le poste de téléphonie et de télégraphie sans fd, il doit pouvoir utiliser une installation électrique très complexe; contre les risques d’incendie l’équipage doit pouvoir compter sur des installations spéciales, de même qu’en cas d’avarie grave à l’avion en vol il doit pouvoir quitter le bord-et, grâce à l’usage des parachutes, se poser sans dommage sur le sol.
- Ce sont ces différentes installations que nous allons décrire sous leurs formes les plus modernes, à hord par exemple des gros avions multimoteurs Caudron qui doivent assurer l’exploitation nocturne de là section Paris-Strasbourg et qui déjà depuis trois ans volent de nuit tout au long des Carpathes entre Belgrade et Bucarest (fig. 1).
- Contrôle des moteurs. — Puisque la sécurité de vol des avions dépend pour la plus grande part du bèn fonctionnement des moteurs, il est tout naturel que de grandes précautions aient été prises pour que les pilotes aient constamment, durant
- leurs vols, une connaissance parfaite et facile de la quantité et de la qualité de la puissance motrice ; il faut qu’ils puissent également régler avec précision et suivant leurs besoins l’intensité exacte de la puissance utile.
- Les éléments indispensables à connaître pour le contrôle efficace de la marche d’un moteur sont : le nombre de tours à la minute qui mesure sa puissance; la température qui mesure son état; le graissage qui mesure le bon fonctionnement de ses artères.
- Un grand nombre de dispositifs existent qui permettent de connaître le nombre de tours par minute d’un moteur; nous en avons déjà décrit plusieurs au cours d’articles antérieurs; aucun n’est encore parfait surtout pour les gros avions. Nous nous bornerons à résumer la situation actuelle.
- Le problème consiste à mettre devant les yeux du pilote un cadran gradué en nombres de tours sur lequel se déplace une aiguille indicatrice; derrière ce cadran se trouve le compte-tours lui-même qui est exactement conçu comme les innombrables indicateurs de vitesse des automobiles, ceux-ci comptent tout simplement les tours de roue du véhicule alors qu’ici les compte-tours ne contrôlent que les tours de moteurs, ces dispositifs sont généralement mécaniques, à différentiel ou magnétiques.
- C’est surtout pour transmettre au mécanisme compteur le nombre de tours des moteurs que les solutions diffèrent.. Pour assurer cette transmission on a eu jusqu’ici recours à trois procédés bien dis-
- p.84 - vue 95/663
-
-
-
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES 85
- tincts : mécanique, électrique, oléopneumatique.
- Les dispositifs mécaniques, les plus simples et les plus anciens, se composent généralement d'un arbre souple enveloppé dans une gaine flexible; cet arbre est accouplé à une pièce tournante du moteur (arbre de pompe à eau, arbre à cames, etc...) d’une part et au dispositif compteur d’autre part.
- Si le moteur n’est pas trop éloigné du poste de pilotage et si cet arbre flexible n’est pas trop long et ne suit pas un parcours trop sinueux, son fonctionnement est parfait. Mais s’il s’agit de contrôler des moteurs placés assez loin dans la cellule ou sur le plan supérieur comme c’est le cas sur de gros avions modernes, ces flexibles deviennent trop longs, ils ont trop de coudes, leur poids devient excessif et surtout leur usure rapide se traduit par
- nique dès que le moteur était placé assez loin du poste de pilotage, par suite notamment de la suppression du flexible et du mécanisme du compteur. Comme les Allemands ont été à peu près seuls à construire ces appareils, leur développement a été très limité et il est même regrettable que ce principe n’ait pas été mieux étudié par les constructeurs français d’autant plus que tous nos gros avions sont très mal équipés à ce point de vue.
- Cependant depuis quelques mois un nouveau système a fait son apparition, il repose sur la transmission pneumatique de la dépression plus ou moins forte causée par une petite pompe centrifuge accouplée au moteur et travaillant dans l’huile;'le mécanisme du compteur est constitué par une simple boîte manométrique. Dans ce cas, la liaison entre
- Fig. i. — Coupe à travers un avion tri-moteur Caudron affecté au service de nuit.
- une insécurité presque totale. Je ne connais pas en effet un seul grand avion ayant effectué un long voyage sans que les flexibles des compte-tours aient été rapidement brisés. Comme le pilote d’un avion multimoteur n’a pas la faculté de suivre par le son le fonctionnement de chacun de ses moteurs, puisque tous leurs bruits se superposent, il peut survenir de très graves accidents aux décollages ou aux atterrissages si les compte-tours ne fonctionnent pas correctement.
- Pendant la guerre les Allemands montèrent à bord de leurs gros avions multimoteurs des compte-tours à transmission électrique. Chaque moteur contrôlé actionnait dmectement une toute petite génératrice électrique produisant un courant dont l’intensité était, par construction, strictement proportionnelle à la vitesse de la génératrice et par conséquent au nombre de tours du moteur ; ce courant était transmis par fil à un simple ampèremètre placé devant les yeux du pilote et gradué non pas en ampères, mais en nombre de tours.
- Quoique la petite génératrice fût assez lourde, le poids total du compte-tours électrique devenait plus avantageux que le poids du eompte-tours méca-
- l’indicateur et' le moteur est faite par un tube très fin, se pliant aux parcours les plus complexes et sinueux.
- Après une longue mise au point, ce système a été monté sur plusieurs gros avions multimoteurs de la ligne Paris-Angora. L’année 1925 verra leurs essais.
- Les compte-tours mécaniques donnent une précision absolue et sont d’une sensibilité extrême, un peu excessive même ; il semble qu'on ne puisse demander une semblable précision aux dispositifs qui utilisent une liaison telle que le courant électrique ou la veine pneumatique, mais il faudrait toutefois que le retard d’indication ne dépassât pas 2 ou 5 secondes et que l’approximation fût de l’ordre de 50 tours.
- Cependant, l’aviation marchande ne se contente plus de compte-tours simples; cherchant en effet par tous les moyens à augmenter la durée en service et en bon fonctionnement de leur matériel, les Compagnies de navigation aérienne se sont aperçues que dans la plupart des cas, c’est l’usure prématurée des moteurs qui cause les pannes et que cette usure provenait souvent des efforts exagérés demandés à ces moteurs.
- p.85 - vue 96/663
-
-
-
- 86 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- Par exemple un pilote en retard sur son horaire, par suite d’un fort vent debout, cherche à regagner le temps perdu en augmentant sa vitesse et par conséquent en forçant le régime de son moteur au dehà des limites normales.
- C’est seulement par l’enregistrement graphique, du nombre de tours du moteur què cet abus pourra être décelé, comme il l’est d'ailleurs à bord des locomotives au moyen des indicateurs enregistreurs de vitesse.
- On est donc amené à employer des compte-tours enregistreurs.
- Ces nouveaux appareils sont de conception analogue aux baromètres enregistreurs que tous nos lecteurs connaissent; la courbe du nombre de tours est inscrite par un stylet sur une feuille graduée enroulée sur un tambour mù par un mouvement d’horlogerie. A chaque atterrissage le service tech-nique de l’aéroport se fait présenter la feuille par le j pilote et vérifie si le moteur est resté dans les limites de puissance autorisées; en cas de dépassement, le pilote est invité à fournir des explications. „
- ;Il est un autre élément indispensable à connaître pour apprécier la bonne marche d’un moteur, c’est sa température. De même que la température d’un homme indique au médecin qui l’examine l’existence d’un foyer d’infection, de même lorsqu’un frottement dans le moteur devient anormal et que le: graissage devient impuissant à le supprimer, les pièces s'échauffent, l’eau de refroidissement devient insuffisante, la température du moteur s’élève dangereusement, l’eau atteint 100°, puis se vaporise, puis manque; l’huile de graissage de son coté en s’échaudant perd ses qualités lubrifiantes et se carbonise aggravant l’effet des frottements; les pièces métalliques du moteur se dilatent, elles grippent; le régule des paliers fond et en quelques, minutes c’est la panne brutale et le moteur hors d'usage.
- Le pilote durant tout le vol doit donc surveiller la température de ses moteurs, d’autant plus que ceux-ci ne donnent un bon rendement qu’à une température bien déterminée : au-dessous et au-dessus, la carburation et les explosions sont moins bonnes et la puissance baisse.
- En fonctionnement normal la température du moteur est réglée par celle de l’eau de refroidissement; celle-ci expulse dans l’atmosphère un certain nombre de calories grâce à la radiation d’un radiateur; si donc le radiateur expulsait une quantité de calories fixée une fois pour toutes, la température noîunale du moteur varierait en fonction de la température ambiante. Or, du sol à 5000 in. d’altitude, il peut y avoir une différence de 50 à 40°., Aucun moteur ne saurait fonctionner convenablement dans ces conditions ; aussi, au moyen de dispositifs assez simples, le pilote peut-Ü ou modifier les qualités radiantes de son radiateur au moyen de volets mobiles commandés par des tringles ou encore régler la quantité d’eau qui passe dans le radiateur par le jeu d’un robinet à débit
- variable commandant la capacité d’une dérivation.
- Avec le dernier dispositif il faut en effet prévoir que le débit de la pompe à eau reste constant avec le nombre de tours du moteur.
- Pour connaître et régler cette température, le dispositif le plus simple est évidemment de placer sur une conduite d’eau un thermomètre dont le pilote puisse lire facilement les indications; de nombreux automobilistes fixent ainsi de petits thermomètres sur leur radiateur.
- Cette installation est facile à réaliser sur les avions monomoteurs, surtout lorsque le pilote se trouve placé, immédiatement derrière le moteur, mais elle est plus complexe à bord des avions multimoteurs. Il faut dans ce cas placer devant les yeux du pilote un cadran spécial par moteur quel que soit l’éloignement ou la position de celui-ci.
- Pendant la guerre, les Allemands employaient sur leurs gros avions un petit thermomètre électrique : sur une canalisation d’eau était vissée une prise de température constituée par deux lamelles de métaux spéciaux et différents soudés ensemble qui, suivant leur température, formaient plus ou moins résistance sur un courant électrique provenant d’une pile et actionnant un indicateur placé devant les yeux du pilote. La transmission entre le moteur et l’indicateur se faisait par un petit fil électrique; peu importait donc qu’il eût à suivre un trajet tortueux.
- Actuellement, la plupart des thermomètres à distance utilisent les pressions différentes produites aux différentes températures par des liquides volatils contenus dans des prises de température vissées sur une tuyauterie d’eau du moteur.
- Ces pressions, rigoureusement proportionnelles aux températures, sont transmises par de petits tubes très fins à une boîte manométrique formant indicateur et placée devant le pilote.
- Il est encore un autre élément, fonction de la bonne marche d’un moteur et que le pilote doit pouvoir contrôler à tous moments, c’est l'état de la circulation d'huile dans le moteur.
- Et de même qu’un médecin prend la tension artérielle de ses malades, le pilote prend la pression de l’huile pour savoir si les fines canalisations qui la répartissent.entre les pièces en frottement ne sont pas obstruées par des entraînements de métal, de régule ou simplement des charbons provenant de la carbonisation de l’huile ou encore si la pompe à huile ne fonctionne plus.
- Chaque moteur est donc pourvu d’un indicateur de pression d’huile.
- Bien plus, on tend maintenant à donner aux pilotes des indications supplémentaires sur le graissage en leur mettant devant les yeux, outre ces indications de pression, des thermomètres indiquant la température de l’huile. Les moteurs puissants modernes appelés à tourner sur de longs trajets comportent des radiateurs d’huile réglables; les plus perfectionnés sont pourvus d’ailleurs de nouveaux
- p.86 - vue 97/663
-
-
-
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES 87
- dispositifs destinés à améliorer encore le graissage, ce sont des épurateurs centrifuges qui en plein vol nettoient l’huile de toutes ses impuretés.
- Dès que les indicateurs de pression ou de température du graissage signalent une anomalie et qu’en même temps la température générale du moteur s’élève alors que le nombre de tours diminue, le pilote n’a plus qu’à chercher au plus tôt un terrain d’atterrissage pour éviter une panne irréparable.
- Jusqu’alors nous n'avons vu que des appareils
- Pour chaque moteur, une manette agit sur le boisseau du ou des carburateurs et règle la quantité de gaz admise pour donner le régime choisi par le pilote; une autre manette appelée « correcteur » permet d’effectuer le dosage des gaz avec un plus ou moins grand volume d’air, la densité de celui-ci variant avec l’altitude ou la température ambiante, alors que le mélange doit rester constant en poids.
- La disposition de ces manettes devient assez
- Contrôle des moteurs Contrôle électrique Contrôle de l'avion
- Compte tours
- J
- Température
- Graissage
- Réservoir essence contenance 'isolement des ' réservoirs
- Contacts des moteurs Contact généra/
- Manettes des gaz
- Manettes de ! avance.
- Directions de / ‘extincteur Bouteille d'air comprimé 1 de lextincteur
- Moteur du démarreur Correcteurs daltitude
- 0 0 0 0 0 00© 0 00© 0 000
- d- H—h '+
- 0© @0 @© @@
- 0
- 4- 0/+ +'++
- Feux de bord
- Phares
- q . Appel lumineux a la cabine
- ©
- Contacts éclairages pilote
- Commandes Profondeur et stabilité
- c5"
- Direction
- Volants de ^
- 'réglagé'der* dérive stabilisation
- variable variable
- Altimètre
- Altimètre
- enregistreur
- indicateur de stabilité latérale
- GyrocHnomètre
- Indicateur de vitesse
- Stabilisateur , . .
- Aveline T I---T
- Thermomètre
- Fig. 2.— Tableau schématique des instruments de bord et des commandes installés dans le poste de pilotage
- d’un avion quadrimoteur.
- Ne sont pas compris dans ce tableau : l’éclairage de la cabine, le chauffage, la T. S. F.
- permettant de contrôler la bonne marche des moteurs, nous allons voir maintenant ceux qui règlent sa conduite.
- C’est par la carburation que l’on fixe le régime et par conséquent la puissance que l’on demande au moteur. En vol, le régime ne varie qu’entre des limites assez restreintes, l’avance à l’allumage est fixée par le réglage et le pilote n’a pas à l’utiliser, dans la plupart des cas du moins.
- La carburation est réglée au moyen de manettes montées sur des secteurs et placées bien à portée de la main du pilote.
- Deux séries de ces manettes sont visibles à gauche de la photographie représentant le poste de pilotage du trimoteur Farman (fig. 5).
- complexe sur les avions multimoteurs. L’équilibre de l’avion dépend, en effet, de l’emplacement des points d’application de la force motrice. Si par exemple dans un trimoteur, seul le moteur de droite tourne à pleine puissance, l’avion aura une tendance très nette à virer vers la gauche et vice versa. Il faut donc que, soit au décollage, soit à l’atterrissage, le pilote ne puisse se tromper de manette, car il pourrait en résulter de graves accidents. En plein vol une confusion de ce genre n’aurait aucune conséquence.
- Les manettes sont donc disposées de telle manière que le pilote puisse actionner à la fois celles qui commandent les moteurs symétriques de droite et de gauche; ainsi lequilihre général de l’avion ne
- p.87 - vue 98/663
-
-
-
- 88 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- peut être compromis.' Lorsque les dispositifs mécaniques deviennent si complexes, ce ne peut plus être aux réflexes du pilote que l’on fait appel, mais à son intelligente réflexion.
- En plus des instruments précédents, le pilote doit encore manipuler tous les organes dont dépend rallumage; il dispose, à cet effet, d’un contact général qui coupe tous les moteurs et d’un contact pour chacune des deux magnétos de chaque moteur. Le tableau de bord d’un avion quadrimoteur comporte ainsi 8 contacts plus un contact général.
- permettant au pilote de céder sa place à un aide et le plus souvent une porte donnant accès dans la cabine où le pilote fatigué peut aller se reposer. Au cours du dernier grand voyage aérien que j’ai eu l’occasion d’accomplir de Paris à Moscou, à bord d’un gros avion Caudron trimoteur, j’ai pu constater combien les pilotes éprouvaient de satisfaction à venir alternativement pendant le vol se détendre dans la cabine et s’y reposer des fatigues exceptionnelles qu’entraînait la conduite d’une aussi grosse machine, au ras du sol et en plein hiver au-dessus
- Fig. 3. — Vue du poste de pilotage d’un avion Farman trimoteur.
- Au centre, le volant. — A gauche, une partie des manettes des moteurs. — Au fond, la planche portant une partie des. instruments de bord. — A 'droite, tuyauteries d'extincteurs, manettes diverses. — En bas, à droite, le petit servo-moteur
- à essence.
- Conduite des avions. — Nous venons devoir que c’est dans le poste de pilotage que sont concentrés sous les yeux de l’équipage les instruments de bord contrôlant le bon fonctionnement des moteurs, c’est là que nous trouvons également les organes de commande qui permettent au pilote de contrôler la marche de son avion et son équilibre dans l’air (fig. 4).
- Autrefois les postes de pilotage étaient plus que sommaires, je me souviens d’un vol effectué en 1915, à bord d’un avion militaire Henry Farman sans carlingue ni nacelle, avec le vide sous moi; des progrès considérables ont été accomplis depuis.
- Un poste de pilotage moderne, à bord d’un gros avion, est constitué par une véritable petite salle comportant deux places, un couloir de dégagement
- des plaines glacées de la Russie, à travers les brouillards et la neige, avec des étapes de 5 h. 1/2 à 4 heures.
- Maintenant ces postes sont entièrement clos, à l’exception d’une ouverturè à la partie supérieure par où le pilote voit sa route; ouverture partiellement garantie contre les intempéries par des pare-brises.
- Certains avions ont même des postes de pilotage complètement clos et munis de glaces comme dans une automobile à conduite intérieure.
- Les pilotes préfèrent souvent les anciens postes de pilotage ouverts, nous sommes cependant persuadés que c’est là simple routine qui cédera devant les nécessités. Il faut, en effet, pour l’avenir financier des compagnies aériennes, obtenir des pilotes
- p.88 - vue 99/663
-
-
-
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES 89
- des parcours de l’ordre de 1000 km dans la demi-journée, et pour cela, il faut diminuer la fatigue du personnel.
- À bord des gros avions le poste de pilotage est souvent double, c’est-à-dire que toutes les commandes se répètent en double devant un deuxième siège, à moins que des facilités soient seulement données pour que les pilotes puissent céder leur place à un adjoint. Enfin, les avions destinés aux grands voyages comportent aussi un poste de navigateur situé à proximité du poste de pilotage.
- Le navigateur utilise toute une série d’appareils complexes qui lui permettent de donner aux pilotes toutes les instructions utiles sur leur direction lorsque l’avion survole un pays mal connu ou si le temps est tellement mauvais que la visibilité devient nulle.
- Plusieurs gros avions Blériot ont été conçus avec des postes de navigateur tout à fait remarquables et assimilables, toutes choses égales d’ailleurs, aux postes similaires à bord des gros navires; les avions ainsi équipés sont destinés à la navigation aérienne, au long cours, • ' .
- Nos lecteurs savent-qu’un avion se maintient en équilibre dans l’air au moyen de trois espèces de gouvernes : le gouvernail de direction qui dirige l’avion vers un but déterminé, le gouvernail de profondeur qui le maintient en ligne de vol et commande la montée ou la-descente, enfin les gouvernes de gauchissement qui par l’intermédiaire des ailerons assurent la stabilité latérale et empêchent l’avion de pencher sur sa gauche ou sur sa droite. Ces gouvernes sont à peu de choses près identiques à celles d’un sous-marin en plongée.
- Sur tous les avions, et pour faciliter l’action du pilote, ces trois espèces de gouvernes sont commandées par deux organes seulement : l’un d’eux, le « manche à balai )), assure par les ailerons l’équi-
- Fig. 5. — Schéma du stabilisateur Aveline.
- NN,, tore contenant du mercure qui selon l’inclinaison fait contact'en N ou’N*; R, robinet d’atnenèe d’air comprimé; C, tubulure d'arrivée d’air comprimé aux pistons moteurs G et G„ par l’intermédiaire des valves à électro-aimants FD, F< D, commandées par les contacts N N*; HK, système d’accouplement inverse du tore et de la pièce AB qui actionne lés commandes de l’avion. .
- Fig. 4. — Le siège et les commandes d’un pilote ... d’avion commercial, . '
- V, volant. — P, palonnier de direction.
- C, ceinture de sécurité.
- libre latéral et .par le gouvernail de ; profondeur l’équilibre longitudinal, les mouvements qu’il demande au pilote, sont d’ailleurs les réflexes naturels du corps humain. Ce manche à .Balai est une simple tige sur les petits avions et une tige surmontée d’un volant sur les gros avions.
- Cet organe, dont l’invention vient d’être revendiquée avec succès par M. Robert Esnault-Pelterie au cours d’un procès retentissant portant sur de nombreux millions, n’a pas subi de sensibles améliorations depuis les débuts de l’aviation. L’usage d’un volant s’est généralisé pour les gros avions parce qu’il permet mieux de démultiplier la valeur des efforts du pilote (fig. 5).
- Poussé ou tiré d’avant en arrière, le manche à balai agit sur le gouvernail de profondeur par l’intermédiaire de commandes en cordes à piano ou de câbles. Poussé vers la droite ou vers la gauche ou le volant tourné s’il.y a lieu, il agit sur les ailerons.
- Quant au gouvernail de direction, il est commandé par un palonnier agissant sur des cordes à piano, comme pour le gouvernail des bateaux.
- Lorsqu’un avion est bien centré, c’est-à-dire lorsque les charges sont bien réparties autour du centre de gravité, il doit pouvoir voler seul sans que le pilote ait à intervenir pour rétablir l’équilibre. Cet état d’ailleurs se trouve facilement .réalisé même sur de gros avions.
- p.89 - vue 100/663
-
-
-
- 90 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- i Toutéfois,"."étant'"'donne qïie le tonnage de charge utile d’un gros avion atteint et dépasse 2 et 5000 kg, ôn conçoit que de pareilles charges ne puissent toujours' être bien placées dans la cabine. On a été amené à prévoir un plan stabilisateur réglable en plein vol, fixé dans la queue et qui tend par ses réactions négatives ou positives à faire cabrer ou à faire piquer l’avion ; cet effet a pour but de neutraliser la mauvaise répartition delà charge. Le réglage de ie plan s’obtient au moyen d’un volant placé dans le poste de pilotage et demande une certaine habileté de la part du pilote.
- Un mauvais réglage ou une négligence de vérification peut entraîner de graves accidents au décollage ou à l’atterrissage. Il- semble bien que l’accident qui termina de si triste façon le raid de Goys vers le Tchad fut du à un décollage effectué avec le plan fixe tendant à faire cabrer l’avion, ce qui aurait entraîné une perte de vitesse.
- De même, lorsqu’un avion multimoteur ne vole qu’avec une partie de ses moteurs et que la puissance est alors inégalement répartie autour de î’axe de l’avion, celui-ci a une tendance à avancer en crabe ; il en est de même lorsque l’avion vole avec un violent vent de côté.
- On a prévu un plan vertical de dérive, placé dans la queue et également réglable à la volonté du pilote au moyen d’un volant placé dans le poste de pilotage.
- La tendance à tourner due à ce plan de dérive variable peut neutraliser l’effet perturbateur d’une dissymétrie de traction ou d’un vent latéral. Si évidemment un pilote décolle avec un plan de dérive désaxé, son avion s’engagera immédiatement en virage et un accident pourra en résulter, sans que toutefois on puisse incriminer le matériel.
- Nous voyons déjà que le rôle d’un pilote de grosse machine volante se complique singulièrement ; en outre le maniement de toutes ces commandes d’équilibre est parfois pénible lorsque les conditions atmosphériques sont défavorables ou que l’avion vole au ras du sol; n’oublions pas que le pilote avec ses bras « remue » une masse qui peut atteindre un poids de 10 à 15 000 kg.
- Par exemple, au cours de notre raid à Moscou, par une température de — 30° environ, notre avion, trimoteur de 6500 kg, dut voler au fond d’une vallée à 25 m. d’altitude, dans le brouillard, sautant les obstacles ou les contournant; j’ai vu alors le pilote venir exténué et couvert de sueur se reposer dans la cabine.
- Cetté fatigue du pilote est donc un obstacle aux longs voyages réguliers.
- Nous ne pouvons, en effet, pas prendre comme exemple normal un admirable raid comme celui de Pelletier Doisy, pendant lequel ce pilote athlète parcourut sans faiblir des étapes de 8 à 10 heures de vol.
- Actuellement on estime qu’il ne faut pas demander à un pilote commercial ayant la responsabilité
- de la vie de ses passagers, plus de 600 à 700 km par voyage, soit 5 heures de vol.
- En pratique, les étapes varient de 500 à 600 km et un pilote peut voler de 40 à 50 heures par mois.
- Il est évident que ces chiffres sont insuffisants et grèvent lourdement l’aviation marchande.
- Aussi étudie-t-on, dans tous les pays, des dispositifs automatiques pour assurer re'quilibre des avions en plein vol sans que le pilote ait à fournir un autre effort que celui d’une surveillance.
- Les premiers appareils, très complexes et très lourds, se basaient sur la fixité dans l’espace d’un gyroscope. Nous ne savons exactement ce que sont devenus les essais du stabilisateur automatique Sperry expérimenté depuis plusieurs années aux États-Unis.
- Au cours de ces dernières années, un inventeur français, M. Aveline, aidé par le Service technique de l’Aéronautique, a étudié ce problème et semble avoir mis au point un dispositif qui, sans être parfait, a déjà donné d’excellents résultats.
- Assez complexe d’apparence, ce dispositif se compose d’éléments relativement simples : un servomoteur à air comprimé pour chaque groupe de gouvernes : direction, profondeur, stabilité latérale ; commande électrique du servomoteur; un niveau à mercure qui actionne cette commande électrique; enfin un compresseur d’air et son réservoir.
- Le stabilisateur Mazade-Aveline est destiné à maintenir un avion dans une position donnée quelles que soient les sollicitations extérieures qui cherchent à l’en écarter (rafales de vent, défaut de centrage, déséquilibre accidentel, etc.). v Le servo-moteur proprement dit comprend un double levier A B oscillant, autour de son centre, et auquel sont attelées d’une part les commandes du gouvernail ou des ailerons et, d’aütre part, à ses deux extrémités un piston mû par l’air comprimé G. On comprend que si les pistons se meuvent sous une poussée quelconque de l’air comprimé, ces mouvements seront transmis aux gouvernes.
- La commande électrique^ des pistons se compose de deux électro-aimants ouvrant les soupapes d’admission de l’air comprimé dans les cylindres des pistons F ; de même, mais inversement, les soupapes d’échappement L des cylindres. -
- Quant au niveau de mercure, âme agissante de ce dispositif, il est formé par un tore de verre T contenant du mercure, lequel est en contact permanent avec une pile électrique. Aux deux extrémités du tore se trouvent deux contacts électriques réunis aux électro-aimants (fig. 5).
- Lorsque le tore s’incline avec l’avion, le mercure vient jusqu’au contact et ferme le circuit ; les électro-aimants agissent, ouvrent ou ferment les soupapes et le servo-moteur actionne les commandes de l’avion convenablement pour interrompre le mouvement perturbateur et ramener l’avion dans sa bonne position.
- L’air comprimé est fourni par un réservoir qui
- p.90 - vue 101/663
-
-
-
- Çl
- LES FORÊTS SUBMERGÉES DU NORD-OUEST DE L'EUROPE
- lui-même est alimenté par un petit compresseur actionné soit par le moteur/ soit par une hélice aérienne.
- Le stabilisateur possède en outre des organes pour rendre les corrections progressives, éviter les mouvements ondulatoires dangereux et désagréables, enfin, pour ne pas contrarier, dans les virages, l’inclinaison logique de l’avion. Il a été monté sur de gros avions Goliath, du service Paris-Londres et les passagers de ces avions ont pu voir leur pilote quitter son poste, abandonner ses commandes, et venir dans la cabine sans aucune appréhension.
- Trois des derniers modèles ont été installés sur de gros avions Caudron trimoteurs, du service de
- nuit sur le réseau Paris-Angôra ; nous verrons leurs qualités pratiques au cours de l’année 1925.
- Le poids d’un stabilisateur « Direction » est de 15 kg; l’installation complète pour les trois gouvernes pèse 55 kg et peut donc être admise sans difficultés à bord des gros avions.
- Au début, les pilotes ont été un peu inquiets de voir une machine suppléer à l’habileté professionnelle. Ils s’apercevront vite qu’en facilitant la navigation aérienne, ces dispositifs, loin de leur enlever leur gagne-pain, tendront à multiplier le nombre des avions, ce dont ils tireront certainement profit.
- (A suivre.) Jean-Abee Le franc.
- LES FORÊTS SUBMERGÉES DU NORD-OUEST DE L’EUROPE
- et les tourbes littorales.
- Depuis longtemps, on connaît l’existence de gisements de tourbe et de lignite sur la côte occidentale de la France : depuis le sud de Biarritz (Basses-Pyrénées) jusqu’au Croisic (Loire-Inférieure) ; en Bretagne; sur les côtes de la Manche; en Belgique, le long de la mer du Nord, ainsi que sur de nombreux points des Iles Britanniques. 11 y a là des dépôts de diverses époques géologiques, répondant aux terrains néolithiques et modernes, au Pléisto-vène ou quaternaire, au Pliocène ou tertiaire supérieur.
- On ne trouve pas de faune bien représentée dans ces dépôts, ni de Mammifères le plus souvent; aussi il est quelquefois difficile d’établir Page géologique exact. Je parlerai ici surtout des dépôts récents et néolithiques qui se présentent partout sur nos côtes et sur le littoral de la Grande-Bretagne, où ils sont accompagnés souvent de troncs d’arbres, d’où ie nom de « Forêts submergées ». J’ai eu l’occasion d’étudier de nombreux exemples de lits de tourbe avec troncs d’arbres, se montrant à marée descendante sur les côtes atlantiques de la France, sur le littoral de la Belgique, et en Grande-Bretagne depuis le Norfolk jusqu’en Ecosse (Fife), ainsi que sur la côte du Cheshire et du Lancashire, non loin de Liverpool.
- Ces dépôts néolithiques présentent à peu près la même flore, comme on le voit par l’étude des graines de la tourbe. La stratigraphie est assez difficile, car on ne voit pas toujours le substratum'; lorsqu’on peut l’examiner, on constate la présence d’une assise argileuse dépourvue de fossiles; au-dessus de la tourbe, on ne voit le plus souvent que les! dunes littorales, qui paraissent très modernes au sens géologique du mot. En outre, la mer apporte souvent des caillonx, graviers et sable qui cachent les dépôts ; on les voit donc rarement en été ou en automne, après les temps calmes; c’est seulement après les tempêtes qu’on a le plus de chance d’apercevoir les tourbes,
- Leur étude peut nous renseigner : 1° sur les changements de climat depuis le tertiaire; 2° sur l’origine de notre flore qui a occupé le pays à la fin du quaternaire, remplaçant les flores qui répondaient aux froids de l’époque glaciaire; 3° sur la question de la fixité de la côte atlantique de la France, depuis le quaternaire, pendant l’époque néolithique et les temps historiques.
- Les graines de tourbes et des lignites. — Je n’ai pu aborder cette question qu’avec l’aide de M. Clément Reid, aujourd’hui décédé, et de Mme Eleanor M. Reid, qui continue le genre d’études de son mari, après avoir collaboré avec lui. Leurs travaux ont fait connaître l’àge de nombreux niveaux de tourbes et de lignites en Grande-Bretagne, Belgique, Hollande, France, etc.
- Le mot « graine » est employé ici dans un sens très large; il comprend certains fruits (akènes, etc.), en général, ce que l’on emploie comme semence. Il faut désagréger les lignites pour en dégager les graines; on peut employer plusieurs procédés chimiques ; on fait bouillir dans ce but la matière avec de la soude caustique, par exemple, pour la modifier et quelquefois la dissoudre. Le traitement ne réussit pas toujours; certains lignites sont intraitables. On trie ensuite les résidus, et on retire les graines avec des débris de feuilles, d’insectes, etc. ; souvent, les graines sont bien conservées et n’ont pas été abîmées par le traitement.
- Sur l’expression : tourbe marine. — On emploie souvent cette expression pour indiquer les dépôts tourbeux littoraux qui découvrent à marée descendante. En réalité, toutes les tourbes que j’ai vues sont d’origine continentale et lacustre. Le sous-sol argileux était imperméable aux eaux ; il s’est formé à la surface des marécages et de petites épaisseurs de tourbe, avec des arbres enracinés dans l’argile.
- Age des dépôts cités. — 1° Lignites de Bidart et de Cénitz, au sud de Biarritz (Basses-Pyrénées), du pliocène moyen.
- p.91 - vue 102/663
-
-
-
- 92
- LES FORÊTS SUBMERGÉES DU NORD-OUEST DE L’EUROPE
- Fig. i. — Tourbe littorale de Lacanau, au niveau de la mer.
- (Photo J. Salinier.)
- pelés « submerged forests » par les Britanniques ; je citerai les troncs d’arbres de la côte du Cheshire, au sud-ouest de Liverpool, à Hoylake et Leasowe.
- En France, je puis citer Mouligna au sud de Biarritz; la rive gauche de l’Adour, cà son embouchure; le nord de Soulac; la côte d’Arvert, au nord de l’estuaire de la Gironde; divers points de l’île d’Oleron, sur la côte sauvage, comme à la Péroche et Domino, ou sur la côte orientale, comme à Plaisance; à la Gachère et Brétignolles (Vendée) ; au Croisic et surtout à Belle-Isle-en-Mer, où les dépôts ont été très étudiés par M. Emile Gadeceau, à> plusieurs reprises (1), depuis 1905.
- 2° Tourbes et lignites pléisto-cènes, comme les dépôts du Gurp, et peut-être de Montalivet, entre Soulac et Arcachon (Gironde). Au Gurp, on a recueilli une mâchoire d’Elejihas meridionalis, dans l’argile inférieure du dépôt de ligpite ; elle se trouve au Musée de Bordeaux.
- 3° Tourbes néolithiques, appartenant à une période géologique peu étudiée entre le quaternaire et les temps actuels. Ce terme néolithique indique en Grande-Bretagne les dépôts postérieurs au Glaciaire du Nord ; les gisements étudiés sont ap-
- Fig. 2. — Affleurement littoral de tourbe, avec troncs de chênes,sur la côte gasconne, à Montalivet (Gironde). (Photo Buffault.)
- t.,;:- ; ...... ; ^:lfl
- Fig. 3. — Tourbe littorale et troncs d’arbres, à mer basse, plage de Hoylake (Cheshire), baie de Liverpool (Angleterre).
- Dans tous ces gisements néolithiques, on trouve une flore de marais maritimes, avec des graines de fruits charnus apportés par les oiseaux ; le climat était tempéré. Toutes les espèces vivent encore dans la région ; ce sont des formes communes d’une très grande répartition en latitude; on les trouve encore en Grande-Bretagne et en Ecosse. Cela est probablement une conséquence du climat tempéré dû à la présence de l’Océan Atlantique.
- Résumé. — 1° Les lits tourbeux néolithiques ne sont pas au-dessous du niveau moyen de la mer sur
- 1. La Nature, n° 2535,4 novembre 1922.
- p.92 - vue 103/663
-
-
-
- Fig. 4.
- — Tourbe sur la plage de Mouligna, au sud de Biarritz. (Photo Feuillade.)
- la cote Atlantique de la France'; la plupart sont couverts à marée haute seulement. Ceci me fait admettre la fixité de la côte de Biarritz jusqu’en Bretagne. L’histoire géologique de cette région n’est pas la même que celle des Pyrénées, qui a subi les phénomènes de dislocation de l’époque tertiaire ; elle est sensible-
- ment différente de celle du nord de l’Europe avec les glaciers quaternaires. 2° La France a été autrefois plus étendue à l’ouest, puisque les arbres et la tourbe qu’on voit sur le littoral actuel ne pourraient s’y dé-velopper aujourd'hui. JotE8 Wels011>
- Doyen de la Facüllc des Sciences de Poitiers.
- Ing. 5. — La Parée de Brelignolles {Vendée), à marée basse.
- La plage est couverte d’algues apportées par la mer ; la ligne noire de la tourbe se montre à la partie supérieure
- de la plage, avant la dune.
- p.93 - vue 104/663
-
-
-
- 94-------------------............................:
- PROSPÉRITÉ DES INDIENS DU CANADA
- Depuis le commencement du siècle dernier, la disparition lente et continue des Indiens, des Peaux-Rouges, paraissait devoir être un fait inéluctable. Dans l’Amérique Centrale et dans l’Amérique du Sud, Aztèques, Mayas, Péruviens se sont plus ou moins mélangés avec les Espagnols et les Portugais et il en est résulté les races actuelles. Mais aux Etats-Unis, les Anglo-Saxons ont toujours repoussé plus avant les autochtones; tout en les anéantissant dans toute .la mesure^ compatible avec une certaine hypocrisie.
- Vers 1840, on avait bien constitué un territoire indien dont le gouvernement fédéral s’était engagé à laisser la jouissance exclusive aux Peaux-Rouges. Mais, dès 1889, on a repris brutalement la plus grande partie de ce territoire pour en constituer l’Oklahoma et les réserves indiennes ont été de. plus en plus diminuées. Le gouvernement entretient aujourd’hui des agences qui protègent les Indiens et quelques efforts commencent à être faits qui donneront assurément des résultats favorables.
- Au Canada, depuis de longues années, une politique paternelle a eu des effets grandement louables.
- Le rapport annuel du Département des Affaires Indiennes établi pour l’année dernière nous montre que les Indiens du Canada s’adaptent peu à peu au travail et à la vie des blancs, gagnant de mieux en mieux leurs moyens d’existence, abandonnant peu à péu la cueillette et la chasse pour se livrer à un travail régulier et méthodique.
- La. statistique donne le chiffre de 104 894 comme total de la population indienne (*), en augmentation sur les statistiques précédentes.
- Les bandes qui sont dans le Yukon vivent uniquement de chasse et de pêche. Les femmes se font quelques revenus par la vente, de mocassins et d’objets de curiosité.
- Dans les territoires du -Nord-Ouest les Indiens vivent encore presque uniquement de chasse et de pèche, mais déjà ils cultivent de petits jardins où ils récoltent surtout des patates. Ils n’ont ni chevaux, ni bestiaux, le transport se faisant en canot sur les rivières, ou avec des équipes de chiens en hiver. Us prennent une grande quantité de poissons, tant pour leur propre consommation que pour nourrir leurs chiens en hiver.
- C’est dans la Colombie Britannique que les efforts des éducateurs, médecins et inspecteurs, sont couronnés d’un succès chaque jour grandissant. D’ailleurs, ils sont là environ ‘25 000, soit près du quart de la population indienne du Canada.
- Les occupations de ces Indiens varient avec les lieux où sont situées leurs habitations, ceux qui demeurent sur le littoral vivent, surtout de pèche, mais nombreux sont ceux qui possèdent des canots automobiles et tous les engins nécessaires. Les autres pêcheurs reçoivent leur matériel des fabricants de conserves.
- Un grand nombre de femmes sont employées dans les fabriques de conserves ou à la cueillette du houblon. Tous ces Indiens gagnent si bien leur vie qu’ils possèdent d’excellentes maisons, avec toutes les dépendances nécessaires.
- Sous le rapport de l’agriculture, ces 'Indiens ont fait ici des progrès remarquables et sont munis de toutes les' machines nécessaires. Certains ont des troupeaux considérables.
- Dans Elle Queen-Charlotle, ils possèdent même une usine où l’on fait l’extraction de l’huile de cétacés destinée à la fabrication des bougies.
- Dans la province de l’Alberta, l’occupation principale des Indiens est l’agriculture et l’élevage des bestiaux, dans le sud de la province surtout.
- Aussi les maisons d’habitation et les bâtiments de
- L lt n’v a rien à dire des Esquimaux, dont le nombre atteint 6705.
- ferme sont d’excellentes constructions. Dans le nord de la province, où les Indiens vivent de la vie errante, ils sont évidemment toute l’année sous des tentes. ;
- Les Indiens de la province de la Saskatchewan se livrent, — sauf dans les districts éloignés, — à l’élevage des bestiaux et à la culture. Ils ont d’excellentes maisons, des bestiaux de première qualité et vivent avec le même confort que les blancs de condition égale. '
- Chasseurs de fourrures, canotiers, guides experts dans de nord, agriculteurs dans le sud:, tels sont;.lespïndiens du Manitoba. Mais là encore le progrès est 'Ai||£|le', sous l’impulsion de l’éducateur canadien, car dahsifirt nord la vieille hutte en billots a été remplacée en de nombreux endroits par des maisons bien construites en charpente et tout à fait confortables. . ^
- Dans la Nouvelle-Ecosse, certaines familles ont la spécialité de fabriquer des bâtons de hockey Ele rapport du-gouvernement affirme qu’ils sont dé véritables experts 'dans cette industrie. ________
- Les Indiens des provinces de Québec et d’Ontario sont aujourd’hui à peu près au niveau de notre civilisation. Habitant des maisons fort bien construites en briques et en pierre, confortables et hygiéniques, agriculteurs et ouvriers, ils travaillent dans les chantiers et les scieries et sont d’excellents bûcherons. Pêcheurs, ils retirent de bons revenus du saumon et de la morue qu’ils apportent sur les marchés.
- La santé des Indiens est en général assez bonne, mais la tuberculose fait encore de sérieux ravages, surtout chez les Indiens des régions du nord, précisément parmi ceux-là qui vivent sous la tente.
- L’éducation des enfants est le souci principal du gouvernement canadien. *
- 15872 enfants fréquentent les écoles entretenues, pour la plupart, par diverses confessions. Sur 524 écoles, il y a 242 externats, 75 pensionnats et 9 écoles industrielles. Il7 écoles sont catholiques, 91 appartiennent à l’église anglicane, 45 aux méthodistes, 12 à la confession presbytérienne, une à l’armée du Salut; 58 n’appartiennent à aucune confession.
- On apprend aux jeunes Indiens à lire, à écrire et à compter, sans chercher à leur inculquer aucune connaissance inutile; cela constitue bien pour eux le bagage nécessaire et suffisant.
- Dans les écoles industrielles on leur apprend le travail du bois et des métaux, la confection des filets de pêche, sans que les instructeurs se croient obligés de leur apprendre les mathématiques !...
- Enfin le gouvernement canadien respecte les Indiens et les engagements pris avec eux aussi bien qu’avec toute autre collectivité. C’est ainsi que les Chippewas des lacs Siincoe et lluron ayant réclamé une compensation pourlle territoire de chasse qui leur avait été peu à peu enlevé, une commission fut nommée pour procéder à ùiie enquête à ce sujet et évaluer le dommage causé. Le résultat de l’enquête fut d’établir le bien fondé de la réclamation des Indiens et une indemnité de cinq cent mille dollars, considérée comme juste et raisonnable, lut payée en règlement des revendications en question.
- Cela permit de distribuer vingt-cinq dollars à chaque membre des trois bandes composant la tribu et de donner ensuite 250 000 dollars aux bandes en tant que collectivités.
- Il faut louer hautement l’œuvre d’éducation accomplie en faveur des Indiens du Canada par ces éducateurs.'de toutes conditions, œuvres religieuses ou laïques, instructeurs agricoles, inspecteurs financiers et me'dêemspqui font avancer les Indiens dans la voie du progrès.
- Cela vaut mieux que de leur donner un bulletin de vote.
- On ne leur donne pas non plus les mêmes livres qu’aux enfants des écoles canadiennes, comme on le fai-
- p.94 - vue 105/663
-
-
-
- UN RABOT ÉLECTRIQUE . ......-.— -95
- sait naguère dans les écoles, de nos colonies1. Ce n’est pas une éducation fraternelle qu’on leur donne, mais, une éducation paternellé. Le rendement de cette méthode
- 2. Dans une école .de la Martinique nous avons entendu un jour un.négrillon réciter,sa,leeon d’histoirêi;. « Nos aïeux les Gaulois élaient'dd&nds et avaient les yeux bleus.... »
- est bien supérieur à l’autre, Concluons par ces paroles de Lacordaire : « -Malheur à l’empire qui confond l’enseignement avec l’éducation, qui croit que le bien jaillit .de renseignement et cle la littérature, quelles qu’elles • soient, et qu’aligner des mots c’est préparer l’homme et le citoven ». * ’ Léon Laffitte.
- CHRONIQUE
- Une révolution en T. S. F. : L’élimination des parasites par le système Baudot-Verdan. —
- Les perturbations parasites, ou atmosphériques, -sont aujourd’hui le plus grave obstacle : au développement commercial de la Télégraphie sans fil. Ils la privent, en effet, de toute régularité et de toute stabilité. Les divers procédés, purement électriques, préconisés ou essayés jusqu’ici pour, filtrer et éliminer ces parasites ont tous échoué. L’origine .même de ces perturbations reste pleine cle mystère. C’est un phénomène complexe, capricieux, dont les lois restent obscures. Aussi, après bien des tentatives infructueuses, les techniciens semblent désespérer de s’en rendre maîtres. Mais, voici que le problème vient d’être résolu. Cette nouvelle, cl’une importance capitale, nous est annoncée dans les Annales des P. T. T. par la voix, autorisée de M. Montoriol,. inspecteur des Postes et Télégraphes. C’est à un sous-ingénieur des P. T. T., M. Verdan, que.l’on doit cette heureuse solution, qui vient d’être expérimentée avec plein succès entre Nice et Ajaccio.
- C’est une solutioji mécanique; M. Verdan renonçant à la recherche d’un procédé d’élimination électrique a imaginé un dispositif qui n’exige que l’adjonction d’un nouvel appareil au télégraphe Baudot, utilisé couramment aujourd’hui aussi bien pour les radiotélégrammes que pour les télégrammes sur fil sur les lignes à grand trafic.
- Le principe du système Verdan est le suivant : chaque signal en. même temps qu’il est envoyé par le distributeur du Baudot dans l’antenne de T. S. F. est automatiquement emmagasiné par un groupe d’électroaimants, pour être répété automatiquement après trois révolutions des balais, c’est-à-dire après émission de 3 autres signaux; en même temps que s’effectue cette répétition, le signal est à nouveau emmagasiné, puis répété trois tours plus tard.
- A l’arrivée, le signal émis au premier tour des balais est emmagasiné dans un premier groupe d’électroaimants, dont les armatures, lorsqu’elles sont actionnées, préparent la réception dans un second groupe d’einma-gasineurs. Au quatrième tour, la première répétition se produit; elle est reçue dans ce second groupe d’emma-gasineurs et provoque la liaison des électro-aimants aiguilleurs du récepteur Baudot avec les contacts convenables du distributeur. La seconde répétition, au septième tour des balais, est alors 'reçue et traduite à la façon ordinaire. Si un parasite se manifeste au premier tour des balais et pendant leur passage sur le secteur de transmission, deux cas sont à envisager :,ou bien il se superpose au courant de travail et passe inaperçu, ou bien il se présente entre deux émissions et un poste de réception actionne intempestivement un ou plusieurs emmagasineurs : le sîgnal reçu à ce moment est alors
- tronqué. Mais; pour qu’il se maintienne‘ainsi déformé, il faut que lorsqu’est reçue la première répétition'du signal, un nouveau parasite se produise exactement dans Tes mêmes, conditions. Si le hasard le veut ainsi, il n’y a encore aucun dommage; la fausse lettre n’apparaîtra sur la bande du traducteur que si, lors de la troisième répétition, un troisième ^parasite arrive précisément au moment qui convient. L’expérience démontre que ce jeu de probabilités donné une sécurité absolue et que les parasites, enregistrés au moment de l’émission du signal et confirmés lors de la première répétition, sont toujours effacés , à la seconde répétition. De plus, grâce à l’agencement de l’appareil, tout parasite qui se manifesterait lors des deux répétitions reste sans effet, s’il n’a pas été enregistré au premier tour.
- Des expériences comparatives, ont été faites entre Nice et Ajaccio avec un Baudot ordinaire et un Baudot-Verdan ; tandis que le premier donnait parfois des bandes indéchiffrables, à cause des parasites, le second n’a cessé de fournir une bande irréprochable ; il a donc fonctionné d’une façon parfaite tandis que le service avec tout autre appareil eût été radicalement impossible.
- La seule objection qui puisse être faite au système Baudot-Verdan est que les trois répétitions de signaux réduisent d’un tiers la capacité de travail de l’appareil. Mais M. Montoriol démontre que le système permet d’obtenir aisément, et en toutes circonstances, un débit de 60 ou 70 mots à la minute; ce chiffre, qui est un minimum pour le Baudot-Verdan, n’est jamais atteint actuellement par les transmetteurs automatiques en usage en T. S. F., même par des temps favorables. Dès que les parasites se manifestent, non seulement le trafic se ralentit, mais des erreurs se produisent qui rendent les messages inintelligibles et obligent fréquemment l’opérateur ou le destinataire à en réclamer une nouvelle transmission. En fait, le rendement pratique d’une station de T. S. F. est de 20 mots par minute en période moyenne, et il peut tomber au voisinage de zéro dans les moments troublés.
- On peut donc conclure, avec M. Montoriol, que le Baudot-Verdan est appelé à révolutionner l’exploitation des. communications radiotélégraphiques, en leur assurant le rendement, la régularité, la stabilité, et comme conséquence le bon marché. C’est une belle victoire de la technique française. Ce n’est que justice d’associer, comme le fait M. Montoriol, au nom de l’inventeur M. Verdan, celui de Baudot, ce modeste et génial agent des postes, créateur en 1871) du système de transmission télégraphique automatique qui, après bien des années de travail acharné,, de perfectionnements incessants, a fini par s’imposer au monde entier.
- UN RABOT ÉLECTRIQUE
- L’emploi du moteur électrique pour actionner les outils à main a déjà beaucoup d’applications dans l’industrie mécanique; c’est ainsi que les machines à percer, les appareils à meuler, les petites recti-fieuses se trouvent bien de l’emploi du moteur élec-
- trique pour assurer la rotation des forets ou des meules.
- On a imaginé récemment d’utiliser également lé moteur électrique pour le travail du bois. Une machine à main, mue par moteur électrique, assure
- p.95 - vue 106/663
-
-
-
- Fig. i. — Emploi du rabot électrique.
- alors un rendement très intéressant pour le travail de l’ouvrier.,
- Cette dégauchisseuse est un rabot à bois où le fer fixe ordinaire est remplacé par un fer rotatif, analogue absolument à celui d’une dégauchisseuse mécanique. Il est entraîné au moyen de pignons par un moteur électrique universel, qui peut fonctionner sous tous les courants.. Les fers ont une largeur de 125 mm et la puissance du moteur est de 1 ch, de sorte que l’on peut dégrossir, sans aucun effort, rapidement, les bois les plus durs. Dans le hêtre ou le chêne on peut effectuer, avec une avance très rapide, des passes de 2 à 3 mm de profondeur.
- Cette machine est donc d’une utilité incontestable pour le dégrossissage tout en permettant d’assurer aux surfaces travaillées un fini de plus bel aspect que celui que l’on réalise avec les machines à bois ordinaires. La rectitude du travail est aussi plus grande. Ces qualités sont obtenues par une combinaison de la semelle en deux parties différentes, qui peuvent se déniveler; la partie située à barrière est toujours au même niveau que les fers'tournants, tandis que la partie avant se règle plus ou moins en contre-haut au moyen d’un mécanisme simple contrôlé par un vérifier très précis.
- C’est la semelle avant qui limite la profondeur de la passe, laquelle peut varier de 0 à 4 mm, tandis que la semelle arrière repose sur la partie du bois déjà raboté. Elle assure un guidage parfaitement rectiligne et empêche les fers de plonger ou
- de se dégager de la pièce de bois. C’est la disposition exacte d’ailleurs dans la machine dégauchisseuse des ateliers de menuiserie mécanique.
- On obtient donc des résultats aussi précis qu’avec une machine-outil. La présence du moteur exige l’installation d’un compteur lumière relativement peu important, compteur 10 ampères sous 110 volts et le branchement peut se faire sur une simple douille de lampe électrique à condition, bien entendu, que les fils de connexion aient une section en conséquence.
- Cet outil rend des services dans tous les cas où le travail à la machine est impossible, notamment quand il s’agit du rabotage des tables ùiontées, du travail sur des carènes de bateaux en bois, de la remise à neuf des parquets; il intéresse donc les menuisiers, les ébénistes, les charrons et également les amateurs, particulièrement tous ceux qui ne disposent pas de machines-outils à travailler le bois.
- E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1925.
- p.96 - vue 107/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- La désodorisation des tunnels du Métropolitain par l’ozone : Jacques Boyer.
- Les travaux d'un observatoire : E. Doublet.
- Les installations techniques de bord des gros avions modernes : Jean-Abel LeîrailC.
- Académie des Sciences : Paul B.
- ’ L’endurance et la vitesse d’un âne sauvage : V. Forbin.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée : Mines. — Électricité, etc. — Hygiène et Santé. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- J
- MASSON ET C“, Éditeurs.
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO
- France . ,. . . Union postale.
- rl franc 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 108/663
-
-
-
- LA NATURE. — N\ 2680. ; . .. - .. .; —. 15 AOUT 1925.
- LA DÉSODORISATION DES TUNNELS DU MÉTROPOLITAIN PAR L’OZONE
- La sensation de malaise indéfinissable que les gens éprouvent dans une enceinte où ils se trouven t réunis en grand nombre provient de causes diverses. D’apres les recherches de Brown-Sequard et d’Ar-sonval, la toxicité de l'air confiné tiendrait à des ptomaïnes; d’autres physiologistes l’attribuent soit à la proportion réduite d’oxygène, soit à un excès d’acide ©arbonique, soit à la quantité trop forte de nitrites. Mais quelle que soit l’opinion des savants, les voyageurs du 'métropolitain constatent les désagréables effets des impuretés ambiantes sur leur système respiratoire et sur leur nerf olfactif. Aussi la Compagnie cherche depuis longtemps à désinfecter et à désodoriser l’atmosphère des tunnels où circulent ses trains.
- Malheureusement les essais tentés n’avaient guère abouti jusqu’ici, car l’aérage des souterrains offre de grandes difficultés. À la viciation de l’air, due à la respiration de nombreuses personnes qui déversent dans l’atmosphère de l’acide carbonique, de la vapeur d’eau et divers produits organiques toxiques, s’ajoute l’élévation de température produite non seulement par les humains, mais par les frottements de roulement, de démarrage et de freinage des convois. Les techniciens avaient compté sur le passage des rames de wagons pour assurer les rentrées d’air pur par les couloirs d’accès des stations ou par des ouvertures [spéciales ménagées à cet effet. Mais il
- Fig. 2. — Le générateur d’ozone et son transformateur haute tension.
- 53' Année '/ Semestre
- Fig. i. — Ozonateur système Otto pour désodoriser l'air dans les tunnels du Métropolitain de Paris.
- Il se compose d’un générateur, qui produit de l’ozone envoyé ultérieurement dans l’air par up ventilateur placé au-dessous.
- s’agit là d’insuffisants palliatifs, les trains ne déplaçant pas l’air à la manière des pistons de machines. Quant aux ventilateurs, leur efficacité est relative, car on ne saurait les faire marcher vite sans inconvénients pour le public. ,
- Les techniciens de la Compagnie du Métropolitain s’adressèrent donc à des méthodes indirectes et dès 1907 installèrent à la station de Père-Lachaise un ozonateur Otto qui fonctionna pendant trois mois et donna des résultats très marqués au point de vue de la désodorisation. A la suite de ce début, le professeur Gréhant poursuivit, dans son laboratoire du Muséum d’histoire naturelle, une série d’expériences démontrant que « l’ozone pouvait être employé utilement pour détruire ou atténuer les mauvaises odeurs dans les souterrains ». Toutefois on en resta là, puis la guerre survenant, les commissions d’hygiène municipale de Paris s’occupèrent de problèmes plus urgents. .
- Enfin, en novembre 1925, la Compagnie générale de l’ozone reprit la question et installa un de ses appareils à la station des Halles. On avait choisi cette gare, pour le nouvel essai de désodorisation, par suite des légumes et des poissons aux « parfums pénétrants » qui y passent journellement. Les observations poursuivies là, durant quatre jours,
- 7. - 97
- p.97 - vue 109/663
-
-
-
- 98 LA DÉSODORISATION DES TUNNELS DU MÉTROPOLITAIN PAR L’OZONE
- Fig. 3. — L’ensemble de Vinstallation de désodorisation du tunnel du Métropolitain à la station « Cité ».
- furent très concluantes. Aussi M. Otto étudia un type spécial d’ozonateur que la Compagnie de Métropolitain adopta et dont elle commanda, de suite, une dizaines d’exemplaires livrés au cours des années 1924-1925.
- Chacun de ces appareils comprend un générateur d'ozone et un groupe commutatrice ventilateur. (fig. 1). Mais comme le courant de traction dont on dispose est du continu à 550 volts, on l'abaisse à T10 volts par des résistances appropriées et on peut alors se servir de dynamos normales pour produire le courant alternatif, nécessaire en l’occurrence. On envoie ensuite celui-ci sur un transformateur l'élevant à 5000 volts. Ce courant haute tension passe à l’ozo-neur proprement dit formé de deux supports en aluminium indépendants l’un de l’autre et fixés cha^ cun, sur une boîte en tôle, par deux gros isolateurs en porcelaine destinés à recevoir les blocs. On relie un de ces supports à la haute tension, l’autre à la masse (fig. 2). Les blocs se composent de lames de métal rattachées, les numéros pairs à la haute tension, les numéros impairs à la basse tension et séparées entre elles par une feuille de mica. Des boulons, assemblent toutes ces pièces et entre ces lames de nickel reliées, l’une à la haute tension, l’autre à la terre, jaillissent les effluves électriques transformant une partie de l’air ordinaire en ozone.
- D’autre part, comme nous le disions plus haut, en même temps que la commutatrice transforme le courant continu 110 volts en courant alternatif
- Fig. 4~— Ouvrier en train de placer les blocs composés de'lames de nickel entre lesquelles jaillissent les effluves électriques ozoniflant l’air.
- p.98 - vue 110/663
-
-
-
- - 99
- LES TRAVAUX D'UN OBSERVATOIRE
- 77 volts pour le transformateur ydé l'ozoneur, elle actionne un ventilateur qui envoie l'air sous pression dans ledit générateur d-oZone au moyen d’un luyaii de caoutchouc.
- Dix appareils similaires ont'été'répartis dans dix stations consécutives choisies parmi les plus défavorables soit par le manque d’air en raison de la profondeur de la ligne, soit par suite de leurs désagréables odeurs (Saint-Germain-des-Prés, Odéon, Saint-Michel, La Cité (fig. 5), les Halles, Étienne-Marcel, Réaumur-Sébaslopol, Saint-Denis et Château d’eau). Dès le début du mois d’avril, on mit 10 de ces ozoneurs en route jusqu’à lin mai, puis on en arrêta cinq pour que les ingénieurs de la Compagnie pussent étudier leur marche et actuellement cinq seulement, échelonnés de la Cité à Réaumur-Sébas-topol, restent en service. Chaque jour, dès 5 heures du matin, lorsque le courant traction arrive sur la voie, ces appareils entrent automatiquement en action et ne s,’arrêtent que le lendemain matin vers 1 h. 1/2, soit après .20 à 21 heures de fonctionnement quotidien ininterrompu!
- Le filtrage de l’air s’opère au moyen de toiles métalliques superposées, trempées au préalable dans du pétrole et maintenues dans une sorte de tiroir qu'un ouvrier tire latéralement pour procéder à des nettoyages périodiques. D’autre part, quand on veut changer les blocs (fig. 4) on n’a qu’à ouvrir un regard grillagé et à les remplacer par d’autres, car des ressorts les maintiennent sur leurs montures.
- D’après les constatations faites par le service de contrôle, ce système l’emporte sur l’emploi des substances désinfectantes. Ces matières ne font, en effet, que mêler des composés parfumés plus ou moins bactéricides à des effluves malodorantes et à des miasmes nocifs ; tandis que l’ozone réagit en oxydant les impuretés impondérables qui flottent dans l’air. Il détruit non seulement les exhalaisons rejetées par des milliers de poitrines, mais il lue nombre de microbes, dangereux propagateurs de
- maladies. Bien mieux la santé du personnel trouvera son compte à l’ozbnification. En effet, la proportion d’oxyhémoglobine ne dépasse pas 14 pour-400 chez l’homme et lo pour 100 chez la femme. Or selon les récentes expériences du D1’ Labbé, l’ozone accroît constamment la quantité d'hémoglobine-chez les sujets ayant un taux inférieur à la normale'.
- D’ici quelque temps, on installera probahlerçtent dans les tunnels du Métropolitain un ozoneur plès de chaque station c’est-à-dire tous les 500 m.''-en moyenne. Grâce au déplacement d’air occasionné par le passage des trains, les appareils Otto marchant toute la journée sans interruption répandraient de l’ozone en quantité suffisante dans le souterrain pour le désodoriser et même le désinfecter partiellement.
- Le Conseil municipal avait proposé d’équiper avec les 10 appareils une voiture qui, tramée par deux remorques, circulerait constamment pour ozonifier l’atmosphère du métro, sur tout le parcours souterrain Mais ce wagon spécial, essayé sur la ligne Vincennes-Maillot, a perturbé le service, car il occupait la place d’un train normal, de sorte que les rames suivantes prenaient du retard en raison de l’affluence des voyageurs restés sur le quai de certaines stations. On a donc abandonné cette solution. De même, les ingénieurs avaient songé à disposer un petit ozoneur sur chaque convoi, mais ils y ont également renoncé vu le manque d’emplacement disponible soit sur les automotrices, soit sur les voitures et finalement, si le système se généralise, on mettra les appareils dans un coin de chaque gare.
- Puissent ces « parfumeuses électriques » embaumer et assainir bientôt l’air du Métro, si souvent irrespirable aux heures d’affluence ! La Compagnie donnerait ainsi à ses voyageurs des « apéritifs r hygiéniques puisque aux dires du D1’Labbé, l’ozone, en rendant plus actives les combustions organiques, nécessite un renouvellement des matériaux nutritifs, d’où une augmentation très notable de l’appétit.'
- Jacques Boïeu.
- La Science en Famille.
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- À l’exception de Cassini IV, dont la carrière fut brisée par la Révolution alors qu’il avait encore 52 ans à vivre/1), et à qui il ne fut*pas donné de Unir ses jours dans le grand établissement scientifique qu’il avait fait revivre .et. sauvé ' d’une ruine
- 1. Méditions une erreur cpie nous ravons commise dans l'article que nous avons consacré à Cassini 1er- Le château de Tbury n’appartient plus aux deseemlants de eélui-ci. Il a été mis eu vente il y a quelques années, et. depuis èc' changement de propriétaires, détruit par un incendie; C’est une chose extrêmement regrettable, car c’était un édifice superbe, (|ui paraissait dater, dans sou ensemble, du temps de Henri IY ou de Louis Xllf, mais dont certaines parties étaient évidemment d’une époque beaucoup plus ancienne.
- imminente, tous--lès-directeurs de l’Observatoire de Paris sont morts1 dans l’exercice de leurs fonctions.
- M. Baillaud, l’éminent directeur actuel, vient d’être admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite à partir du 51 octobre prochain. C’est un fait sans précédent et qui est d’une grande importance, car il pourrait, bien avoir pour suite une réorganisation complète des études astronomiques dans notre pays.
- Ce sera peut-être pour le publie une occasion de s’occuper un peu de l’Observatoire et de se demander quels sont, au juste’les travaux qui se font dans ce grand édifice qu’il ne.lui est pas donné de visiter,
- p.99 - vue 111/663
-
-
-
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- 100
- au moins tous les jours. Pour lui, d’une manière générale, et surtout pour les Parisiens, l’Observatoire est l’objet de plaisanteries faciles et, d'ailleurs inoffensives,-dont la meilleure est peut-être la délinition suivante : « L’Observatoire est un établissement qu’on découvre du Luxembourg, et de l’Observatoire, on ne découvre rien. »
- Cette accusation est fort injuste, mais le grand public n’en démord pas et ne manque pas de faire des gorges chaudes aux dépens des astronomes quand il vient à apprendre, par exemple, que telle brillante comète, qui rayonne dans le ciel et attire tous les regards, a été découverte par un profane et non par un de ceux qui së consacrent exclusivement à l’étude des astres.
- C’est qu’on ignore généralement que les astronomes sont obligés, pour défendre leurs précieux instruments des injures de l’air, dé travailler dans des salles ou sous des coupoles où ils rie peuvent voir qu’une petite partie du ciel* c’est-à-dire qu’ils se trouvent, pour apercevoir un astre nouveau, lut-il resplendissant, dans de bien plus mauvaises conditions-, par exemple, qu’un berger, qui, surveillant sou troupeau pendant line belle nuit, jouit du spectacle de la voùLe étoilée, sans qu’aiieun obstacle lui en dérobe la moindre partie. Les premiers astronomes ont été les pâtres de la Chal-dée, et cela s’explique facilement.
- Que font donc les astronomes, et, en particulier, ceux qui sont attachés à l’Observatoire de Paris?
- Beaucoup de choses, qui peuvent se résumer en ces quelques mots : ils recueillent des documents qui leur permettent — à eux-mêmes ou à leurs successeurs — de découvrir les lois qui régissent les mouvements des astres dans l’espace infini, et d’aborder des problèmes du plus haut intérêt philosophique.
- Et, tout d’abord, ils s’occupent de déterminer, avec toute la précision possible, les positions relatives des étoiles, et ils construisent des catalogues indiquant ces positions. .j '
- ' C’est, un travail qui a été commencé il y a bien des siècles, .et ne sera jamais terminé.
- Nous connaissons peu la-vie d’Hipparque, le plus grand astronome de l’Antiquité, qui a fait des tra-
- vaux immenses perdus en grande partie et dont nous ne retiendrons -qu’un seul. A une date qui ne nous est pas donnée avec précision Q), une étoile nouvelle parut dans le ciel. C’est un phénomène qui s’est renouvelé-en 157:2, en 1604, et plusieurs fois dans cea dernières années et qui fait toujours sensation. Hipparque, c’est Pline qui nous l’apprend, fut vivement frappé de cette apparition et a il entreprit une tâche qui eût pu faire reculer même un dieu, à savoir de compter pour la première fois les étoiles et de leur assigner des noms dans les constellations; il inventa des instruments pour, déterminer la position de chacune ainsi que sa grandeur
- afin que l’on put facilement reconnaître s’il en naissait ou s’il en disparaissait, mais aussi si quelques-unes se déplaçaient ou bien aug-5 mentaient- ou. diriii-r. nuaienf; ainsi, il laissa ''le ciel à tous en héritage, s’il se trouve quelqu’un qui veuille bien l’accepter ».
- Le catalogue résultant des observations d’Hipparque contenait les positions de 1022 étoiles, dont l’astronome nous a donné, non1 pas les ascensions les déclinaisons, comme on le fait à présent, mais les longitudes et les latitudes, et, en comparant , les résultats dè ses observations . à ceux qu’avaient obtenus Aristylle et Timocharis, astronomes du mp siècle avant J.-C., il s’aperçut que les latitudes des étoiles étaient restées constantes, et que les longitudes avaient augmenté toutes d’uné même quantité, ou bien que le point vernal, origine des ascensions droites comme des longitudes, s’était déplacé le long de l’écliptique. 11 avait découvert le grand phénomène de la précession des équinoxes et l’avait apprécié numériquement d’une façon très exacte, ear il donnait au déplacement annuel du point vernal une'valeur d’environ 50 secondes dlarc par an; et, selon YAnnuaire du Bureau des Longitudes, la véritable valeur est 50",2.
- - Et, pour en finir avec ces 1022 étoiles du catalogue d’Hipparque, nous dirons qu’on a fait, à leur propos, une remarque assez curieuse, c’est que le vers latin : .r > ,
- ’ ' . 1 f ' ' ; 1 *' . .
- Tôt libi sunt dotes, Virgo, quoi sidéra Cœlo
- 1. Hipparque vivait au second siècle avant notre ère.
- droites et
- Fig. i. — Ascension droite et déclinaison."
- Le cercle horaire A1, passant par le point vèrnal y (position du Soleil sur la-sphère -(céleste à l’équinoxe de printemps), est l’origine des ascensions droites ou: longitudes, célestes. B, cercle horaire d’une étoile quelconque, dont l’angle qu’il fait avec A, est l’ascension droite, comptée en heures sur l'équateur celeste. .....
- p.100 - vue 112/663
-
-
-
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- 101
- qu’on proposait jadis, comme exercice, aux collégiens qui commençaient l’étude de la prosodie latine, peut, par. le déplacement des mots qui le composent, engendrer 1022 vers hexamètres parfaitement réguliers. C'est du moins ce que dit le petit traité de prosodie qu’on mettait jadis entre les mains des élèves de quatrième. Nous n’avons jamais vérifié le fait et nous nous en rapportons à la parole de l’auteur.
- Revenons aux observatoires; personne n’a mieux dépeint leur activité que Bailly dans son Histoire de !'Astronomie, pcü lue à présent, ce qui est un tort. Citons-en quelques lignes, on nous en saura peut-être gré :
- « Celui qui entre dans ce sanctuaire doit être dévoué sans réserve au service d’Uranie. C’est la déesse dont il est le prêtre et dont il rend les oracles ; mais ces oracles sont obtenus, arrachés par son assiduité; il n’a de relâche que les jours sombres et triâtes, les momens où la nature ajoute à tous ses voiles celui des nuages ; sa journée est interrompue, coupée par différentes observations; le Soleil l’occupe le matin, à midi, le soir ; et, lorsque cet astre disparoit, les autres planètes, les étoiles se découvrent pour amener d’autres travaux. Les astronomes souvent se les partagent, mais celui qui les embrasse tous doit avoir un corps de fer : il faut que le zèle de la science réveille: à des.? moments marqués dansla nuit;. il faut que ce zèle le défende dü sommeil, s’il doit veiller pendant la nuit entière ; il faut que ces veilles soient répétées, s’il se consacre au travail suivi et renouvelé toutes les nuits de l’observation des étoiles ; et cela l’œil
- .. ’ -Mg’ 2..— Lunette méridienne.
- L’axe optique de l’instrument reste invariablement dans le plan vertical du méridien M, M'. L’observateur voit une étoile passer comme les positions schématiques .:<?&' le. montrent. L’instrument peut pointer à la hauteur voulue, en tournant sur des tourillons rigo.ùrëseument horizontaux TT ; l’angle de déclinaison est mesuré par le cercle gradué C. •
- Fig. 3. — Grande lunetlejnéridienne[de VObservatoire de Paris.
- attaché à la lunette, l’oreille à la pendule, debout, ou le corps plié, souvent couché, regardant le zénith, malgré le froid des nuits et des hivers, malgré la fatigue et le danger de l'insomnie! Voilà la vie presque nocturne des astronomes ; ce fut la vie de Tyclro, d’IJévélius, de Flamsteed; ce fut celle qui a pressé la mort et la perte prématurée de M. l’abbé de la Caille, d’un maître que nous pleurons encore (‘j, et que la science, la vertu et l’amitié regrettent avec nous. Ces fatigues sont les plus grandes dans la partie de l’Europe où l’astronomie a été le plus particulièrement cultivée. Copenhague, Dantzick, Londres, Paris, où ont vécu ces observateurs célèbres, ont un ciel changeant comme les hommes. Les belles nuits sont souvent isolées, et ne se suivent que dans quelques intervalles assez courts de l’année ; le reste des nuits est couvert d'un crêpe, on n’a que des momens. Il faut donc épier ces momens, et l’inconstance du ciel, qui devient favorable à l’observateur.... »
- Au temps de Bailly, comme de nos jours, dans les salles méridiennes, on cherchait à déterminer, avec toute la précision possible, les ascensions
- 1. L’abbé de la Caille mourut le 21 mars 1762, il n’avait que 49. ans, et il n’y a pas de doute que cette lin prématurée n’ait été amenée par l’excès du travail.
- p.101 - vue 113/663
-
-
-
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- 102
- droites et lès déclinaisons des astres. Donnons la signification de ces deux ternies : ’
- Elle est très claire, et pour la comprendre, il suffit de se reporter aux. premières notions de géographie cpi’on donne dans les écoles primaires, à la définition des longitudes et des latitudes. On sait que le premier de Ces deux mots indique l’angle que fait, arec un méridien choisi pour origine, celui de Greemvich, par exemple, le méridien du lieu dont on s’occupe, Paris, si l’on veut. Cet angle est 2° 20' 15", ou, ce qui revient au même, au même instant, de deux pendules parfaitement réglées sur l’heure locale, celle qui se trouve à
- fait avec le plan de l’équateur céleste la ligne qui la joint à l’œil de l’observateur, qui est toujours supposé au centre de l’Univers.
- Voyons comment on détermine ces deux quantités. Pendant longtemps, c’a été au moyen de deux instruments séparés, la lunette méridienne et le quart de cercle mural, remplacé plus tard par un cercle entier. •
- La lunette méridienne, son nom l’indique, ne peut se mouvoir que dans le plan du méridien. Elle tourne autour de deux axes situés dans le prolongement l’un de l’autre et qui sont terminés par des tourillons cylindriques en acier, tournés avec la pré-
- Fig. 4. — Bâtiment méridien (Observatoire de Bordeaux).
- Le toit de la salle d’observation est composé de deux parties qui s’écartent latéralement permettant ainsi de découvrir le ciel par une large fente qui est orientée suivant le méridien.
- Paris avancera de 9m 20s, sur celle qui sc trouve à Greenwich.
- De même, la latitude de Paris est l’angle que fait, avec le plan de l'équateur, la ligne droite joignant l’Observatoire de Paris avec le centre de la Terre, supposée parfaitement sphérique.
- Passons de la Terre au ciel. Par une étoile quelconque et par les deux pôles de la sphère céleste, faisons passer un plan, il déterminera un grand cercle de cette sphère, qui sera le cercle horaire de l'étoile en question. L’angle qu’il fait avec un autre cercle horaire, celui qui passe par le point vernal ou le point où se trouve le Soleil au jour de l’équinoxe de printemps, est l'ascension droite de l’étoile; c’est une quantité qui d’ailleurs varie constamment, à cause de la précession des équinoxes, et c’est un fait dont on doit tenir compte dans la construction d'un catalogue d’étoiles. La date de lequi-noxe auquel sont rapportées les positions doit toujours être indiquée.
- De même, la déclinaison de l’étoile est l’angle que
- cision la plus grande possible, et ils reposent sur des coussinets, également en acier, que portent deux blocs monolithes. L'appareil doit remplir trois conditions :
- 1° L’axe de rotation doit être horizontal.
- 2° Cet axe doit être perpendiculaire à Y axe optique de la lunette, , c’est-à-dire à la ligne qui joint le centre optique de l’objectif au point d’intêr-: section de deux fils d’araignée qui se coupent à angle droit dans le plan focal de cet objectif.
- 5° La ligne des tourillons doit être dirigée exae-j temént dans la direction est-ouest. j
- Nous passons sur les moyens par lesquels lesj astronomes s’efforcent de réaliser ces conditions.: Elles ne le sont d’ailleurs jamais complètement,!, mais on mesure les quantités dont l’état réel de; l’instrument diffère de son état idéal, et, par le calcul, on Corrige les résultats bruts fournis par l'observation.
- L'observateur voit dans la lunette un réseau de fils d’araignée parallèles entre eux et parallèles au
- p.102 - vue 114/663
-
-
-
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE —103
- plan méridien. Ces fils sont ordinairement au nombre de dix. À côté de lui se trouve une pendule battant la seconde et faisant assez de bruit pour qu’on puisse entendre ce battement dans toute l’étendue de la salle. Quand un astre entre dans le champ de la lunette, l’observateur regarde la pendule, note la seconde qu’elle marque et se met à compter mentalement. Il inscrit la seconde, et, par appréciation, le dixième de seconde au moment où l’étoile passe derrière le premier fil, et, ensuite, aux fils suivants. La somme des nombres trouvée, divisée par dix, est l’heure que marquait la pendule au moment du passage de l’étoile au méridien. Nous supposons que l’instrument est réglé d’une façon parfaite (Q.
- Si l’étoile en question est une étoile fondamentale, c’est-à-dire une de celles dont là Connaissance des Temps donne l'heure qu’il est réellement au moment de son passage, au nléridien, la comparaison de cette heure avec celle qii’a donnée l’ohservation indique la correction de la pendide, correction dont i.l devra être tenu compte. La comparaison de ces corrections, obtenues à des jours différents, permet de régler le, mouvement de la pendule et de rendre la correction presque nulle.
- S’il s’agit d’une étoile quelconque, l’heure de son
- 1. À présent, ]a méthode d’observation dite de,l’œil et de l’oreille est abandonnée'et remplacée par l’emploi d’appareils qui enregistrent directement les; résultats de l’observation. Nous .laissons cela de côté, voulant nous-borner aux notions les plus élémentaires.
- Fig. 6. — Micromètre installé à l’oculaire d’un équatorial.
- L’écartement des,_fils de réticule se mesure à l’aidé des tamboursgradùés visibles sur lès côtes qui commandent les vis’ entraînant les cadres sur lesquels .sont disposés, les fils.
- Fig. 5.-— Monture d’une lunette équatoriale.
- On voit ici l’axe incliné suivant-la direction du pôle.céleste et l’axe qu’il supporte-à arigle droit, et sur lequel l’instrument pivote pour pointer cri hauteur. Autour.de l’axe polaire, l’irtstrument tourne d’un mouvement parallèle’à Celui du ciel-; il est entraîné par un mouvement d’horlogerie disposé daiçs le socle.
- t • ;
- passage indiquera la différence de son ascension droite avec celle des fondamentales, et, par conséquent, son ascension droite absolue.
- En même temps, un autre observateur, ou le même, s’il a assez d’habileté pour interrompre quelques instants son observation méridienne et' revenir la terminer à temps (Q, observe la même étoile au cercle mural, placé au voisinage du premier instrument. Ce cercle, dont les divisions valent cinq minutes, tourne autour d’un axe horizontal que supporte un mur solide, parallèle au méridien, de là son nom.
- Une croisée de fils permet encore ici de pointer l’étoile et, ce pointage fait, on lit les divisions du cercle qui se trouvent en face d’index fixes. Il y à plusieurs index, diamétralement opposés, afin de tenir compte de ce fait que le cercle ne toiçrne pas
- i. Depuis longtemps, on ne construit plus de cercles muraux, et le progrès des arts mécaniques a permis de réunir en un seul les deux instruments que nous venons de décrire. On a ainsi le cercle méridien, où les observations sont plus faciles, et qui permet de n'avoir qu’un seul objectif. Le plus grand cercle méridien qui existe se voit à l’Observatoire de Paris.
- Le Verrier le fit construire au commencement de sa direction. On ne doit pas d’ailleurs oublier la lunette méridienne et le cerclé mural do Gamhey, qui ont été'en usage jusqu’à ces dernières années et qui étaient d’une précision admirable,
- p.103 - vue 115/663
-
-
-
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- 104
- exactement autour de son centre; on corrige ainsi ce, qu’on appelle Y erreur d'excentricité.
- Au-dessous de la lunette se trouve un bain de mercure, glace -parfaitement horizontale, où l’on peut voir l’image réfléchie de la croisée des fils. Si l’on amène cette image à coïncider avec la croisée des fils elle-même, on peut être certain que l’axe optique est vertical, autrement dit on voit à quelle lecture sur le cercle correspond le pointé sur le nadir.
- Si on connaît la latitude du lieu — et le cercle mural permet de l’obtenir en quelques belles nuits — il est facile, en comparant le pointé sur le nadir avec celui que l’on a fait sur l’étoile, d’avoir la déclinaison de celle-ci.
- i De telles observations répétées pendant plusieurs années, toutes les nuits où l’état du ciel le permet, l’astronome conclut, après bien des calculs, bien des vérifications de ses instruments, les positions d’un nombre plus ou moins grand d’étoiles, et ces positions, il les range, selon l’ordre des ascensions droites croissantes, dans un catalogue;;. v
- Le plus célèbre de ces monuments édifiés par tant de labeurs est celui , qui porte le nom . de l’astronome français Lalande, qui vécut de 1752 à 1807
- Nous n’avons pas à retracer ici. la biographie de ce laborieux savant. Disons seulement qu’ayant obtenu la jouissance d’un observatoire qui avait été créé à-Litcole Militaire pour Jeaurat, qui était professeur à cette ficole, il y fit travailler ses élèves, se réservant de les surveiller, car il était lui-même assez mal doué par la nature au point de vue des observations. Des efforts de Lepaute d’Agelet, de Lefrançais-Lalande, neveu, à la mode de Bretagne, de son directeur, et de plusieurs autres moins connus, il résulta les positions d’environ 50000 étoiles visibles à Paris, et elles furent publiées dans Y Histoire céleste française, qui parut en 1801.
- 1. Entre Hipparquc et Lalande, bien d’autres astronomes se sont occupés de travaux analogues. Nous n’en nommerons qu’un seul, qu’on s’étorfnera peut-être de voir cité ici, quand nous aurons dit que c’était le petit-lils du sanguinaire Tamer-lan. 11 s’appelait Oloug-Ileg, et il vécut de 1393 à 1449. Il se fit bâtir un observatoire colossal à Samarkand, et on y voyait un quart de cercle de 60 m. de rayon, ce qui fait la hauteur des tours de Notre-Dame! On a retrouvé ce gigantesque instrument il y a une vingtaine d’années, mais sa description n’a été publiée qu’en langue russe, ce qui la rend inaccessible au plus grand nombre. Le catalogue d’Oloug-Beg donne les positions de 1018 étoiles;
- Notons que ce grand travail fut exécuté dans.les conditions les plus difficiles, Paris étant troublé par les événements politiques et le pain manquant parfois chez les boulangers. Ses auteurs n’en ont que plus de mérite.
- L’Histoire céleste ne donnait pas les positions des étoiles ramenées à un même équinoxe. Lalande n’avait pas eu les moyens nécessaires pour faire exécuter ces calculs. L’Association Britannique pour l’avancement des Sciences s’en chargea plus tard et y consacra une somme de 500 livres sterling. Le catalogue de Lalande parut en 1847, et quand Le Verrier fut placé a la tête de l’Observatoire, il décida que sa réobservation serait un des principaux buts des efforts de son personnel.
- Rien ne peut remplacer, pour l’exactitude, l’observation méridienne d’un astre. Les étoiles, par suite du mouvement du Soleil, se montrent à nous toutes, successivement, dans le cours d’une année, pendant les heures de nuit, et on ne cherche pas à déterminer leurs positions par d’autres procédés. Mais il peut arriver qu’un astre, offrant beaucoup d'intérêt, une comète, par exemple, passe au méridien quand le Soleil est encore, sur l’horizon, si bien qu’il la rend invisible.
- On tourne la difficulté en ayant recours à un autre instrument, Y équatorial. C’est une lunette plus ou moins grande, tournant autour de deux axes, dont l’un est parallèle à l’axe du monde et dont l’autre est perpendiculaire au premier. Il en résulte que la lunette peut être pointée dans une direction quelconque.
- Ajoutons qu’un mouvement d’horlogerie peut communiquer à la lunette un mouvement angulaire précisément égal k celui du ciel, ce qui dispense l’observateur de suivre à la main un astre mobile, ce qui n’est pas commode surtout si la lunette est longue et son champ petit.
- Mais ce dispositif est surtout employé dans le cas des études d'astronomie physique. Dans le cas de l’astronomie de position, voici comment on agit.
- Il est clair que si on connaît la différence d’ascension droite et de déclinaison entre une comète où une planète (on connaît à présent près d’un millier de ces derniers astres), et une étoile bien déterminée, la position de l’astre errant, est parfaitement connue. On obtient ces différences au moyen de l’équatorial.
- Celui-ci est pourvu, comme la lunette méridienne,
- Fig. y. — Dispositif de l’équatorial photographique utilisé pour la carte dit ciel.
- p.104 - vue 116/663
-
-
-
- ..- LES TRAVAUX D'UN OBSERVATOIRE ...! ' ' " .105
- d’un réseau de . fils parallèles et de fils perpendiculaires au méridien. Si une comète se voit dans le champ de l’instrument en 'même temps qu’une étoile, on détermine, comme au méridien, l’intervalle des passages, au, milieu des fils, de ces deux astres; au moyen d’un micromètre, on trouve la différence de leurs déclinaisons.
- Si l’étoile choisie est une de celles qui sont cataloguées, le but de l’astronome est atteint. Mais les positions d’étoiles déterminées avec précision sont trop rares pour que cela puisse arriver souvent.
- Pour obvier à cet inconvénient, l’astronome alle-
- on avait tenté de l’appliquer aux études astronomiques, mais ce n’est qu’à, une époque beaucoup plus récente, vers 1884, les frères Prosper Henry (1849-1905) . et Paul Henry : (1848-1905) ayant suffisamment perfectionné les instruments d’optique, qu’un progrès sérieux a été accompli .
- Ces deux savants n’avaient reçu qu’une instruction assez incomplète, ce qui ne les empêcha pas d’entrer à l’Observatoire, sous la direction de Le Verrier, pour occuper de petits emplois. Mais, par leur zèle, ils surent se concilier la bienveillance universelle et on les aida volontiers à combler les
- mand Àrgelander (1799-1875) a donné, sous le titre de Bonner Durchmusterung (Durchmusterung signifie passage en revue), un catalogue immense contenant les positions approchées de 524198 étoiles comprises entre le pôle nord et le deuxième degré de déclinaison australe. Ce travail a plus tard été étendu au reste de la voûte céleste.
- Un Atlas de 40 cartes figure ces étoiles sur le papier. On conçoit facilement qu’une comète se montrant dans le ciel, on voit bien vite quelle est sa position approchée et quelle région d’une carte renferme les étoiles qui l’avoisinent. On choisit une de celles-ci comme terme de comparaison, et, dès qu’elle passera au méridien à une heure favorable, on déterminera sa position et, par suite, celle de la comète, avec toute la précision possible.
- , La photographie est venue transformer le travail des observatoires. Dès l’origine de sa découverte,
- lacunes de leurs connaissances ; c'est ainsi que M. Rayet, qui fut le premier directeur de l’Observatoire de Bordeaux, leur donna des leçons d’algèbre.
- Ils ne tardèrent pas à se distinguer aussi bien comme observateurs que comme calculateurs ; mais cela ne suffisait pas à leur activité, ils étudièrent l’optique, et se résolurent à marcher sur les traces de Léon Foucault.
- Nous ne donnerons pas ici le détail de tous leurs travaux. Disons seulement que, sur l’invitation de l’amiral Mouchez, ils tentèrent de tailler de grands verres photographiques et y réussirent pleinement. De là l’entreprise de la carte photographique du ciel.
- Dans dix-huit observatoires, répartis sur toute la surface du globe, on trouve un équatorial photographique, dont voici la description approchée.
- Deux lunettes, l'une achromatisée pour les rayons
- p.105 - vue 117/663
-
-
-
- 106 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- visuels, l’autre pour les rayons photogéniques, sont, liées l’une ,à l’autre, et cet ensemble fait corps avec un axe parallèle à l’axe du monde qui peut tourner sur lui-même, en même temps que la double lunette peut tourner autour d’un autre axe perpendiculaire au premier. Un mouvement d’horlogerie permet à l’observateur de suivre le point visé sans se donner aucune peine.
- Il est clair que si une plaque photographique reçoit les rayons photogéniques après qu’ils ont traversé l’objeclif qui leur est destiné, on aura, au bout d’un temps suffisant, la photographie d’une petite partie du ciel, donnant les images des étoiles jusqu’à une certaine grandeur, qui dépend du temps qu’a duré l'observation.
- Quant à l’observateur, regardant avec la lunette astronomique, son rôle est dë rectifier l’imperfection inévitable du mouvement d’horlogerie, toujours un peu plus lent ou un peu plus- rapide qu’il ne faudrait. Pour cela, il choisit une étoile comme point de repère et l’oblige à rester derrière deux fils croisés. De cette façon, il est sûr que chacun des auLrcs astres qui se trouvent dans le champ fait toujours son image au même point.
- Et si, par hasard, une planète inconnue se trouve parmi les astres visibles, à cause de son mouvement propre, son image, qui sera un petit fragment de ligne droite, se distinguera parfaitement de celle des étoiles. Dë là les si nombreuses découvertes de petites planètes faites depuis quarante ans.
- Sur les plaques ainsi obtenues, on fait des me-
- sures micrométriques rattachant le plus grand nombre des étoiles photographiées à quelques-unes d’entre elles, déterminées par des observations méridiennes. Dans quelques années, on aura ainsi un catalogue d’étoiles où l’on trouvera la position de toutes celles de 11e grandeur et au-deSsus. Ces étoiles seront au nombre d’environ deux millions.
- En même temps que ce catalogue, une autre série de photographies donnera des cartes renfermant toutes les étoiles jusqu’à la 14e grandeur.
- Ces travaux sont fort avancés, mais, quand ils auront atteint leur but, rien ne sera fini, et il faudra les recommencer ; car c’est par la comparaison des résultats obtenus—par—les générations successives d’astronomes qu’on est parvenu à"sè faire une idéo très exacte de notre petit monde solaire et une idée beaucoup plus vague, nécessairement, de l’Univers infini. Peut-être, un jour, chercherons-nous à exposer ici le tableau des opinions des astronomes sur ce sujet si vaste('). ~ E. Doublit.
- 1. Posséder un grand équatorial est l’ambition de tous les directeurs d’observatoire. Vers 1820, il y avait, à l’observatoire de Dorpat, un équatorial dont l'objectif avait 9 pouces français d’ouverture. Il surpassait tellement tous les appareils analogues, qu’on l’appelait lç colosse optique. Slruve, plus tard, eut à Poulkova un objectif de 14 poucos. Ces dimensions sont maintenant dépassées de beaucoup, et l’objectif du Yerkcs-Observatory, qui se trouve aux Etats-Unis, a l m. de diamètre.
- Les télescopes gigantesques, construits par Foucault et ses imitateurs, ne semblent pas avoir justifié les espérances qu’ils avaient fait concevoir. Nous terminerons pourtant en annonçant que, grâce à un Mécène anonyme, l’astronomie française disposera bientôt du plus grand réflecteur que pourra construire M. Ililcbey, le plus célèbre opticien de l’Amérique. .
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- {Suite.) (Voir n° 2679.)
- Réseau électrique de bord. —'Les avions destinés à voler de jour ne sont tenus, par les règlements en vigueur, qu’à de très sommaires installations électriques, pour alimenter les feux de bord, c’est-à-dire une lampe à l’avant, une lampe à barrière et une lampe à l’extrémité de chaque aile; de plus, le pilote doit pouvoir éclairer, par une lampe, ses instruments de bord. En somme, cette installation sommaire ne doit servir qu’au cas assez rare, où l’avion retardé par un fort vent debout ou pour toute autre cause accidentelle, ne peut atteindre son terrain qu’à la nuit tombante.
- Il en est tout autrement pour les avions nocturnes. Nous allons prendre l’exemple d’un des gros trimoteurs qui effectuent régulièrement des vols de nuit entre Belgrade et Bucarest et qui doivent étendre ce service nocturne entre Paris et Strasbourg,.
- Le réseau électrique d’un pareil avion sert à l’éclairage, au chauffage, à la T, S. F. et au déclenchement des fusées lumineuses (fig. 1).
- A la base de l’installation nous trouvons ( une petite centrale électrique complète : génératrice,
- accumulateurs, organes de contrôle, de commande et de sécurité.
- La génératrice est mue par une hélice aérienne ; toutefois, dans le cas où l’avion au repos aurait besoin de courant électrique par exemple pour recharger la batterie d’accumulateurs, il est prévu à côté du petit groupe servo-moteur à essence, utilisé pour le démarrage des moteurs, un socle permettant d’accoupler si besoin est, en quelques minutes ef^par l’intermédiaire d’une courroie, cette génératrice au petit moteur.
- La génératrice débite dans une batterie d’accumulateurs montée en tampon.
- Le poids de la génératrice, avec son hélice et son collier de fixation à un mât de l'avion, est de 18,8 kg ; sa vitesse de rotation est de l’ordre de 5000 tours à la minute. Ce régime n’est pas sans: inconvénients, en particulier lorsqu’une pale saute, ce qui peut arriver dans la grêle ou à la suite d’un choc, car, cette pale possédant une vitesse, initiale considérable cause dans l’avion les mêmes dégâts, qu’un fort éclat d’obus. ; : >
- ; Tout le contrôle du réseau est, concentré sur un
- p.106 - vue 118/663
-
-
-
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES 107
- tableau central comprenant' les interrupteurs et les fusibles de protectionj destinés à éviter les conséquences fdésastreuses qu’amèneraient des courts-circuits au milieu de ces bois secs, de ces toiles imprégnées et des huiles et essences qui ne tardent pas à imbiber, quelque soin que l’on prenne, certaines parties de l’avion..
- Pur les gros avions de transport, il est, tout à fait
- sagers ; peuvent être chauffés individuellement au moVen de vêtements chauffants, dans ce cas chaque passager revêt une combinaison équipée avec des petites résistances et branche son costume sur une prise de courant accouplée à un petit rhéostat qui permet un. exact réglage de la chaleur. Un avion Caudron trimoteur comporte ainsi 2 prises de chauffage pour l’équipage et 10 pour les passagers. En
- Feu avant
- Feu vert
- Feu rouge
- u Pilote
- \Phâre
- otatterr.
- Tableau d
- Fusée
- lumm:
- -n ... Mjgi Carte
- CniîMFâ9t Distrib.éiectr. droite
- Boussole
- Disiriô. électr. gauche
- Accus >
- Ëgk Feu arrière
- big. ï. — Schéma du réseau électrique du trimoteur Caudron 8i,
- nécessaire de prévoir un dispositif de chauffage pour la cabine des passagers et le poste de pilotage, surtout si la durée des vols excède 2 ou 5 heures La .cabine peut être chauffée par une introduction d’air préalablement réchauffé autour des tuyauteries d’échappement d’un moteur, die peut aussi l’être au moyen de radiateurs électriques quoique ce procédé ne soit guère pratique en raison de la grande consommation de courant nécessaire; enfin les pas-
- pratique,.il faut qu’il fasse réellement, froid pour que les passagers aient besoin de ce chauffage artificiel .
- Plus important à la fois par sa complexité et par les services qu’il rend est le réseau électrique d'éclairage' ‘ ; ci1' :
- En premier lieu, il faut que les services de lequi-page puissent être'assurés en pleine nuit, ce qui implique au moins deux lampes pour le pilote dont. une pour la carte et l’autre pour les instruments de
- p.107 - vue 119/663
-
-
-
- 108 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- bord; deux lampes plafonniers Sont placées dans'la cabine des passagers; qn compte souvent une lampe pour le navigateur et une lampe pour l’opérateur de T. S. F. ; une lampe se trouve enfin dans le cabinet de toilette.
- D’autre part, il faut alimenter les deux gros projecteurs électriques qui, situés à l’avant de l’avion, permettent au pilote d’apercevoir son terrain au moment de l’atterrissage; ces projecteurs mobiles et commandés par le pilote, ont une puissance de 1000 bougies chacun, '
- De plusle courant alimente encoredeux projecteurs 1 verticaux, placés sous le fuselage de l’avion et destinés à permettre à l’équipage de communiquer le cas échéant, avec le sol, par signaux Morse.
- Fin fin le réseau comporte les feux de bord, qui
- Quant aux dispositifs électriques de T. S. F., ils sont alimentés par un courant tout différent et sont, de ce fait, indépendants du réseau d’éclairage et chauffage. Le poste A 81-01, le plus moderne qui vient d’être mis en service sur, les gros avions, se compose d’une génératrice de courant entraînée par un moulinet à . vitesse constante, à pale unique et incidence automatiquement variable; d’une boite de contrôle où passent tous les c:\bles sur laquelle sont branchés le manipulateur de télégraphie et le microphone de téléphonie ; d’un poste émetteur à lainpes ; d'un poste récepteur à lampes avec son casque, d’une pile, d’un accumulateur, d’une autre pile et enfin d’une antenne et son ampèremètre.
- Il s’agit donc d’un poste très complet, résultat d’une'expérience aérienne assez longue et qui peut
- Microphone
- Génératn ce
- entraînée par mou/inet —'—•"w-s' vitesse
- constante
- Boite de conirôte
- ooo
- récepteur
- Rouet \ d'antenne
- recep.
- Récepteur
- AR.P3.
- Antenne
- Masse
- Accus-8 Accus-6
- Fig. 2. — Installation schématique d’un poste de T. S. F. à bord d’un avion. (Poste A-8i D-i.)
- ont ici une véritable importance, puisque c’est le seul moyen qu’ont la nuit les avions pour reconnaître leurs positions respectives.
- En raison de l’importance vitale qui s’attache au bon fonctionnement de ces installations pour les vols de nuit, la Compagnie exploitante n’a pas hésité à prévoir à bord de chaque avion une double installation complète avec séparation absolue des deux réseaux. Il résulte de cette précaution un ; accroissement sensible du poids mort, on ne saurait toutefois blâmer cet excès de prudence tant que l’expérience n’aura pas prouvé surabondamment que l’existence d’un seul réseau suffit.
- C’est aussi par l'intermédiaire du réseau électrique que sont commandées les deux fusées Holt lumineuses placées sous les ailes et qui, allumées^ électriquement, répandent une lumière aveuglante pendant plusieurs minutes.
- Notons ici que les gros avions emportent une bombe Michelin à parachute, qui, déclenchée à la main, plane très longuement au-dessus du terrain choisi pour l’atterrissage en éclairant à plusieurs kilomètres à la ronde.
- permettre de compter pratiquement sur une portée de 250 km en téléphonie et de 500 km en télégraphie. Le poids total de cette dernière installation e~st de 57 kg (fig. 2)
- En définitive, le poids d’ensemble de toute l’installation électrique, éclairage, chauffage et T. S. F. atteint 231 kg.
- Extincteurs. — Les règlements de sécurité aérienne édictés par l’administration prescrivent que "tous les avions de transport public doivent être munis d’une installation d’extinction d’incendie.
- Déjà.les plus sérieuses mesures sont prises pour empêcher les incendies d’éclater en l’air et personne n’a oublié la catastrophe survenue il y a deux ans sur la ligne Paris-Londres, qui coûta la vie à plusieurs passagers. La plupart des avions modernes ne, comportent plus de réservoirs d’essence à proximité des moteurs, car en réalité les incendies en plein vol seraient sans graves conséquences s’ils se limitaient aux sources mêmes du feu (incendie de carburateur, court-circuit, carter crevé), ils pourraient être combattus efficacement au moyen d’extincteurs à main. Le péril réside surtout dans
- p.108 - vue 120/663
-
-
-
- LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES 109
- l’embrasement des - réservoirs provoque leur éclatement et la
- qui
- des-
- truction de l'avion en quelques secondes. 11 réside aussi dans le capo: tage en mauvais terrain, lorsque le
- èouvent crevé, laissé cou-sur le moteur et les
- Bouteille d'air comprime
- c
- réservoir,
- 1er l’essence magnétos.
- Le premier soin a donc .été de placer les réservoirs loin du moteur, soit sur les 'plans de l’avion, soit dans l'épaisseur même de l’ailej soit dans le fuselage, mais en tout cas de telle manière que la .contagion des flammes ne puisse se produire.
- En principe- donc, sur les gros avions on dispose un extincteur à main dans le poste de pilotage et un autre dans la cabine; cette précaution parait suffisante pour étouffer les commencements d’incendie. Mais Fig. 3.
- comme-tous les incendies ou presque, proviennent des moteurs, on a prévu des extincteurs spéciaux qui, Commandés par le pilote, inondent à volonté l’un des moteurs d’un liquide extincteur ou arrosent du même liquide les réservoirs. Si le feu est important et ne peut être éteint, du moins l’action de ces extincteurs permet-elle au pilote de regagner le sol. Nous connaissons, pour la seule année 1924, plusieurs cas d’incendies graves en l’air qui. n’ont provoqué aucun accident de personne par/suite’ du bon fonctionnement de ces appareils. . - 1 L *bioq A.
- Les extincteurs Bouillon sont composés d’un réservoir contenant un produit extincteur à nloussé de tétrachlorure, de canaliscàtions allant aux moteurs et aux réservoirs et terminées par des pommes d’arrosoir servant à la dispersion du produit extincteur. À côté du réservoir de tétrachlorure, se trouve une petite bouteille de gaz carbonique dissous et’un manodétendeuri . ! .
- Robinet
- Beserv.o/r de Tétrachlorure de Carbone
- Installation de l’extincteur d’un avion trimoteur Caudron.
- ----,
- \ ^ A, V *. » i
- t* • i 5-v, v. ^
- - - a?
- Fig. 4. — Pilote équipé av.ee un parachute avant le premier essai d’un nouvel avion de chasse. ‘y './ ? 1 {Parachute dorsal.) '
- Lorsque le pilote veut se servir de son extincteur, il met le réservoir en communication avec la canalisation qui conduit au lieu de l’incendie, puis il. appuie sur le manodétendeur et le feu est inondé par le produit spécial projeté au dehors du réservoir comme l’est d’eau d’un siphon d’eàu de Seltz,; À bord d’un gros avion trimoteur Caudron, on a ainsi prévu six canalisations pour les trois moteurs et.pour les trois réservoirs (fig. 5). .
- Les inventeurs se sont ingéniés à perfectionner ce système; prétendant en efl'et, que souvent le pilote, préoccupé par la conduite dé son avion, ne s’aperçoit du feurque très tardivement, ils ont voulu rendre l’extincteur tout à fait automatique et nous devons déclarer, quoique a priori nous n’aimions pas beaucoup les dispositifs automatiques, en raison de leur fragilité, qu’ils semblent bien y avoir réussi, au moins M. Béchard.
- Son dispositif repose sur le même principe que le précédent, toutefois la commande du manodétendeur peut s’eflèctuer automatiquement par l’action d’un appareil sensible à la chaleur que développe l’incendie; encore faut-il que les flammes ne passent pas loin de cet appareil, Ce qui peut ne pas être le cas^ . • '
- Parachutes. — Depuis peu en France, on songe à donner aux équipages et aux passagers des avions, la possibilité au moins théorique de quitter le bord en cas d’urgence et de se poser sur le sol sans dommage. Nous pouvons noter que les pilotes allemands de chasse ont été munis dès 19^7 de parachutes très efficaces qui ont sauvé la vie à bon nombre d’entre eux, notamment en cas d’incendies provoqués par les balles incendiaires (fig. 4).
- Il a fallu en France 7 ou 8 ans pour que pareille mesure lut généralisée, au moins pour tous les pilotes essayant les avions nouveaux et nous nous
- p.109 - vue 121/663
-
-
-
- 110 LES INSTALLATIONS TECHNIQUES DE BORD DES GROS AVIONS MODERNES
- souvenons douloureusement de la dernière conversation que nous avons eue, la veille de sa mort, avec le pilote Albert Deullin, pour l’inciter à se munir d’un parachute au cours de l'essaid’un nouvel avion de chasse qii’il devait faire le'lendemain. Au cours de ce vol, on vit malheureusement Deullin parvenu à plus ale 500 m., perdre le contrôle de son avion, lutter pendant.de longues secondes, puis découragé, abandonner tout espoir et s’écraser sur le. sol. Certainement un parachute lui aurait permis de se sauver comme tant d’autres.
- Autant nous sommes partisans des parachutes à ' bord des avions militaires découverts et d’où il est facile de se jeter, autant nous, restons sceptiques sur , leur efficacité à bord des avions de transport chargés de passagers. ;
- En ellèt, la plupart des accidents d’avions se produisent, en temps de paix, très près du sol, cl proviennent, soit d’une perte d’équilibre/ que le pilote n’a pu rattraper à cause de la proximité de ce sol, accident que l’on nomme perte de"vitesse, soit d’un capotage en mauvais terrain ; pour ces cas le parachute ne pourrait servir.
- Par contre, il serait tout indiqué pour les incendies graves en plein vol, pour les ruptures ou coincement d’organes, pour les suites de collision, etc. , accidents excessivement rares. On peut prévoir aussi la mort subite du pilote ou l’avion pris dans une brume épaisse et sans espoir de pouvoir atterrir.
- S’il s’agit d’un avion de transport, l’évacuation par ce procédé est encore bien aléatoire; se jeter dans le vide par la porte ouverte ou par un trou spécial, demande un certain courage collectif que nous imaginons assez difficilement.
- Toujours est-il que les nouveaux avions sont tous munis d’une trappe dite « à parachute » qui facilitera ce sauvetage.
- Certains .parachutes s’attachent sur le dos comme un sac de soldat, d’autres forment coussins de siège et l’usager s assoit dessus, d’autres sont pendus à des tringles, etc., leur poids est minime eu égard aux services qu’ils peuvent rendre et nous souhaitons que les essais très sérieux, poursuivis par les services techniques, aboutissent à de tels résultats, qu’on soit amené à prévoir les. parachutes dans l’équipement normal de tous les avions.
- Nous avons achevé la revue, peut-être un peu sommaire, de l’équipement si complexe des gros avions modernes. Nous allons maintenant donner un tableau récapitulatif de tous les poids, tant de l’avion que de ses accessoires. On y verra combien l’on est loin encore d’un rendement commercial convenable ; c’esl ce qui explique en grande partie pourquoi Iîj, navigation aérienne marchande est forcée de compter sur de très importantes subventions de l’État.
- Détail du poids d’un avion trimoteur Caiidron 81. - - Gel avion a une cellule relativement lourde; il n’a pas été conçu pour battre dés records;» mais bien; pour .effectuer le dur service d’uné • Com-
- pagnie de navigation aérienne et, qui plus est : un service de nuit avec des atterrissages parfois un peu durs. Le constructeur d’ailleurs se ferait fort de gagner 400 kg sur le poids de la cellule s’il était nécessaire. C’est un des 4 avions de ce type qui est allé récemment en plein hiver de Paris à Moscou et en est revenu avec plein succès.
- Cellule.
- Groupés
- moteurs.
- S Ailes et mâts, gouvernes. .... 1552 kg.
- Fuselage cabine . . 655
- Train d’atterrissage. 565
- ! Moteurs vides. Hélices................1286
- Réservoirs.........)
- Tuyauteries, bâtis, t 222 .
- 2568 \
- I Avion à ; vide j 3876 kg.
- 1508 y
- Équipe-
- ment.
- Instruments de bord. Servomoteur démarreur .............
- I Extincteur et tuyauteries..............
- | Réseau électrique..
- T. S. F...........
- Aménagements passagers ...........
- 40
- 30
- 32
- 174
- 57
- 106
- 459
- Combus- ( Essence 1059 litres. 600 '
- tible pour | Huile 150 litres. . 60 [ 795
- 406 km. f Eau 127 litres. '. . 127 )
- Équipage. i 2 personnes. . . . 160 160
- Passagers. 10 passagers. . . . 800 j 1132
- Bagages-postes. . . 350
- Charge 2524 kg.
- ¥
- Poids total en vol.......... 6400 kg.
- Dans ce cas précis, d’un avion très robuste il est viàii et, pourvu d’un excçs de précautions à cause des vols de nuit, le poids de la charge commerciale sur un parcours égal à celui de Paris-Londres, ou Paris-Strasbourg, ou Paris-Amsterdam atteint à peine avec ses 1152 kg les 25 pour 100 du poids total de l’avion en vol. .
- Nous devons toutefois considérer que ce même avion conçu pour le vol de jour, c’est-à-dire allégé de là plus grande partie de son réseau électrique, de son poste de T. S. F. qui pratiquement n’est paà indispensable dans ce cas, allégé dans sa cellule de 400 kg pourrait enlever sur le même parcours environ 1730 kg de charge commerciale, soit les 28 pour 100 de son poids total.
- Évidemment,, on peut concevoir des avions plus légers, donc plus avantageux, mais cette légèreté donnera plutôt de brillantes caractéristiques de concours que de sérieuses qualités. •
- Le triste échec de-la mission de Goys au Sahara a montré que,la technique de ces gros avions mul-timoteurs est très délicate, que le courage et F audace ne suffisent pas pour mener à bien ces entreprises; pour tirer de ces avions un parti utile, il faut choisir soigneusement les types appropriés au parcours, il faut -que les équipages les aient parfaitement en mains, que les pilotes soient de plus spécialisés depuis longtemps dans1 la conduite de ces grosses machines volantes. 1 - 4 - ù-:
- - b; • c •; Jean-Ami, Lefranc. r
- p.110 - vue 122/663
-
-
-
- 111
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de tjtîin* 1925.
- Au sujet du cinématographe. —. D’après une note de M, P. Noguès, présentée par M. Charles Richet, le physiologiste Marey serait à la fois le théoricien et le réalisateur du dispositif fondamental qui constitue ce qu’on appelle aujourd’hui le cinématographe,. L’Académie, un peu étonnée de cette affirmation, ne pouvait qu’enregistrer, dans une séance suivante,-une communication de M. Louis Lumière, où le savant n’a pris aucune peine à s’élever contre les conclusions de M. Noguès. Il n’a eu, à cet effet, qu’à lire certaines pages de Marey lui-mème où celui-ci reconnaissait, avec une parfaite loyauté, que tandis qu’il cherchait à produire une synthèse optique du mouvement, les -fils du photographe lyonnais réalisaient, les premiers, ce genre de projection avec leur cinématographe.
- La cause semble désormais entendue.
- Le pouvoir rotatoire et la dispersion dans la série terpénique. — La note de M. Pariselle marque les résultats fournis par la méthode de préparation du camphène en partant du chlorhydrate de pinène droit,'gauche ou racémique. Elle indique encore que tous les dérivés d’addition du carbure sans exception ont un pouvoir rotatoire de signe contraire à celui du corps générateur ; leur dispersion rotatoire, toujours voisine de celle de l’a-pinène, est notablement inférieure à celle du camphène et a fortiori à celle du camphre. Celte étude vient confirme!,’ le
- travail de M. Langlois qui a montré la'facilité avec laquelle le camphène donne des composés anormaux par le jeu des migrations moléculaires. '
- Les sphéroïdes de réaumurite à enroulement hélicoïdal. — L’étude de M. P. haubert a porté sur un sphérolite de-8 cm de diamètre produit au fond-d’un creuset de verrier et constitué, non de wollastOnite, mais bien de réaumurite si, suivant les indications du professeur Lacroix, on dénomme ainsi le produit de dévitrification du verre effectuée à-une température suffisante pour le ramollir, mais non le déformer, produit dont la composition répond à la formule (CaNa2)$i2Oà qui est aussi celle de la rivai te, espèce créée en 1912 par Zambonini. Les mesures effectuées par M. GàuBert indiquent que la densité, les indices de réfraction et là structure de la réaumurite la différencient totalement de la vvollastonite, contrairement à l’affirmation de M, Bowen. Ce composé offre encore un ,nouvel exemple de la formation de sphérolites à enroulement; hélicoïdal dans un milieu presque solide. Or, on peut rappeler que l’existence de tels édifices est extrêmement rare dans les espèces minérales. En dehors de la calcédoine, on né les a en effet signalés que dans deux phosphates (là dufrénite de Rochefort-en-Terre et la dahllite de Mouillac) ; et dans un silicate, sans doute une gédrite . - v
- ; Paul B. I
- L’ENDURANCE ET LA VITESSE D’UN ANE SAUVAGE
- On a beaucoup parlé de ces œufs de dinosaure découverts, il y a deux ans, dans le.Désert de Gobi. Cette sensationnelle trouvaille eut, parmi d’autres résultats, le don d’attirer l’attention du public américain . sur la Third Asiatic Expédition, qu’avaient organisée conjointement Y American Muséum-af Naluml 'History et le magazine Asia., de New York. Elle stimula la générosité de ce même public, si bien que, à l’annonce qu’une quatrième expédition était projetée, les souscriptions affluèrent, et que l’on dut refuser de /’argent !... Heureux savants américains!
- Cette quatrième expédition, dirigée comme la précédente par M. Roy Chapman Andrews, poursuivra l’exploration paléontologique de la Mongolie et l’étude de sa faune. Elle se propose, notamment, de pénétrer dans la partie occidentale du Désert de Gobi, la seule région du monde où vivent encore des .chameaux et des chevaux véritablement sauvages.
- De sa troisième expédition* M. Roy C. Andrews a rapporté des observations très curieuses sur ,1a faune ; du Gobi Oriental, caractérisée surtout par ses immenses troupeaux de hiangs et de gazelles qui, les uns comme les autres, se sont admirable-
- ment adaptés à un climat désertique qui les oblige à rester pendant des mois sans , une goutte d’eau et à se contenter pour toute nourriture d’herbes desséchées par le vent et lé soleil.
- Ces, Idangs sont des ânes sauvages qui abondèrent jadis en France,, où l’on retrouve leurs ossements fossiles. Ils font partie, sous le nom de Asinus kiang, du groupe des hémiones, réparti sous deux espèces dans la Mongolie, le Turkestan, le Thibet et l’Inde septentrionale.
- Il est utile de dire que l’expédition américaine possédait plusieurs automobiles spécialement construites pour fonctionner dans des régions totalement dépourvues de routes, car on ne saurait donner ce nom aux pistes que suivent les caravanes de chameaux qui transportent les marchandises entre Pékin et les très rares villes de Mongolie.
- Et ce fut grâce à cet outillage que M. Andrews put déterminer presque mathématiquement la vitesse que fournit un kiang poursuivi (alors>qu’il lui faut donner son maximum de rapidité), ainsi que Endurée de l’effort maximum qu’il peut'alors produire. h
- En attendant que l’expédition publie ses relations complètes, impatiemment attendues par le monde
- p.111 - vue 123/663
-
-
-
- 112 —---.-r. L’ENDURANCE ET LA VITESSE D'UN ÂNE SAUVAGE
- Fig. j, 2 et 3. —- Photographies d’un « kiang ». galopant à la vitesse de 65 km à l’heure.
- scientifique, nous puiserons quelques observations consignées dans les articles de M. Andrews)- parus dans Asia et dans Natural ITistory.
- Le chef de l'expédition, accompagné de M. Shac-kelford,; son : photographe officiel, .traversait en automobile, un malin de juillet, une vaste plaine de sable, lorsqu’il aperçut un kiang solitaire.
- « Nous nous approchâmes, écrit-il, en décrivant un cercle, et nous eûmes la joie de le voir partir au galop vers la* partie de la plaine où le sol uni et dur se prêtait admirablement à un « match de vitesse ». « Une douzaine de fois, il tenta de nous échapper en obliquant dans la direction des montagnes ; mais, chaque fois, je réussis à lui couper le chemin. Finalement, nous l’atteignîmes presque, à une distance d’une dizaine de mètres, distance qu’il maintint pendant plusieurs minutes. Nous marchions alors à la vitesse de 40 milles à l’heure (soit environ 65 km). Le fugitif était parfois si rapproché que le sable et le gravier soulevés par ses sabots postérieurs bombardaient notre voiture !... »
- Soudain, l’âne sauvage fit un brusque écart, Bipassant devant le véhicule en frôlant les fanaux, piqua droit vers une région semée de rochers et coupée de fossés, comme s’il eut compris que ses persécuteurs perdraient de leur vitesse au milieu de ces obstacles. De fait,, les chasseurs durent ralentir leur allure, mais n’en continuèrent pas moins leur poursuite. Et c’estucique M. Roy ,
- C. Andrews nous livre dès chiffres réellement impressionnants : .
- « Nous menâmes un train d’enfer sur une distance de 29 milles (environ 47 km), en suivant les invraisemblables détours que décrivait le beau coursier. Pendant les premiers 16 milles (25 km), le kiang fournit en moyenne une vitesse de 50 km à l’heure.
- « Puis, il manifesîa de la fatigue; mais continua courageusement à fournir « du 35 km à l’heure .» sur une distance de 7 km. Tout-enfuyant, il ne perdait pas son but, qui était de se réfugier dans un champ de vieilles laves, et, à me-
- sure que sa fatigue augmentait, il multipliait ses brusques crochets, dans l’espoir de nous « semer a en route.
- « Finalement, il gagna la partie, en ce sens qu’il atteignit le champ de lave. Mais ses forces étaient complètement épuisées, et, s’avouant vaincu, il nous laissa avancer à pied sans protester, tout en protestant par des ruades contre les gestes caressants de nos mains.... »
- Le dénouement de cette aventure « désertique » nous paraît à la fois piquant et charmant. L’intel-iigence de l’animal lui donnait-elle à comprendre qu’il était complètement inutile de lutter contre ce monstre d’acier aux ronronnements. étranges ? Il consentit à sortir du champ de lave et à trotter dans la direction du camp, devant l’automobile que conduisait M. Roy G. Andrews.
- De lui-même, dès qu’il eut atteint les tentes, il se coucha sur le sable. On le laissa se reposer et se refroidir avant de lui apporter un seau d’eau. Puis, quand il eut bu son content, on lui lava la tête et le cou,, et on le laissa se reposer du violent -effort que lui avait imposé la.curiosité de deux natura-. listes..... . . • ;
- . Et l’on.voudrait savoir ce que pensait le .kiang de ce premier contact avec la ^civilisation, quand il s’éloigna, du camp au. petit trot, .salué par les adieux des explorateurs ! Y.' Foukin.
- l.e (Itérant : I1. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue <le Flcurus, ÿaris. — 1925
- p.112 - vue 124/663
-
-
-
- N° 2681
- -J?/ wy
- A_______________ 22 Août 192.5
- SOMMAIRE :
- U ne école originale : Léopold Reverchon. — La synthèse de l’ammoniaque : I. L.
- Le flamant ou phéniçoptère : Arm. Mercier.
- La botanique en chemin de fer : Henri Coupin. — Mesure de la vision des couleurs : A. B.
- Excavatrices pour canaux : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. -- Science appliquée : T. S. F. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO { France .... 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 125/663
-
-
-
- LA NATURE.
- 22 AOUT,!925
- N° 2681. ........... —
- UNE ÉCOLE ORIGINALE
- L’école de carillonnage.
- Pour une école originale, l’École de carillonnage en est une assurément. Elle présente en effet cette particularité que, ses élèves étant disséminés dans des localités différentes, ayantdes occupations variées, assistent aux leçons quand ils peuvent. En réalité, ce ne sont pas les élèves étudiants qui viennent au cours à l’heure du maître. C’est le maître qui donne ses leçons à ses auditeurs quand ils sont là !
- Auditeurs est d’ailleurs une façon de parler quand
- Fig. i. — Clavier de carillon, type flamand, à Matines.
- il s’agit d’apprendre à se servir élégamment, avec art, d’un instrument comme un carillon composé de trois ou quatre octaves de cloches, dont certaines peuvent atteindre 8000 l<g! Pour être étudiant carillonneur, il faut avoir les poings solides et la poitrine vaillamment constituée, en même temps que 1:oreille musicale. Si la théorie n’est pas aussi simple que l’on pourrait s’imaginer, la pratique est dure. Et puis, le carillonneur doit entretenir son instrument en parfait état. C’est la condition sine qua non pour que son jeu plaise. Et aussi pour réduire au minimum son effort physique.
- Peu de personnes, sans doute, s’imaginaient qu’il pût être nécessaire de créer une école de carillon-nage. On ne sait généralement pas qu'il existe de très nombreux orchestres campanaircs, dont la musique s’écoute avec plaisir. Je ne les connais pas
- tous, bien entendu; mais j’en ai là, par devers moi, une liste de plus de deux cents. Imaginez que eha cun de ces orchestres ait un artiste titulaire, et que la moitié ait un adjoint. Voilà de suite trois cents carillonneurs. Imaginez aussi que l’existence active moyenne d’un carillonneur soit de 25 ans. C’est douze artistes qu’il faudra chaque année trouver pour remplacer les disparus. Supposé/ maintenant un déchet pour cause de maladie, d’ac-
- Fig. 2. — Fils et leviers de transmission des touches aux marteaux des cloches.
- cidents, etc. Et vous arrivez à cette conclusion que quinze nouveaux carillonneurs chaque année ne constituent pas un chiffre exagéré.
- Voilà pourquoi nos amis de Belgique ont institué une École de carillonnage, sous la direction du maître Jef Denyn, le virtuose de Malines. Et pourquoi ladite école ne compte pas moins de vingt élèves pour l’année scolaire 1924-1925. Sur ces vingt étudiants, sept seulement résident à Malines, huit autres sont domiciliés dans diverses villes belges. Il y a enfin deux français, deux hollandais et un anglais.
- L’école a été ouverte à l’automne de 1922, à la suite du Congrès de Carillonnage tenu dans cette vieille cité flamande. Elle a réuni dès cette première année dix-sept élèves. Pour donner un enseignement profitable à ces disciples, il fallait un homme
- 53' Année-
- 2* Semestre.
- O
- p.113 - vue 126/663
-
-
-
- 114 — ..:.......- LA SYNTHESE DE L'AMMONIAQUE
- comme Jef Denyn, familiarisé à la fois avec la technique de la cloche et l’art musical, capable de créer de toutes pièces un enseignement absolument nouveau. La musique de carillon, pour être réellement expressive, ne peut être exécutée au moyen d’un clavier de piano. Dans le piano, en effet, toutes les notes sont comparables entre elles et l’expression musicale passe directement du doigt de l’artiste à la corde correspondante. Dans le carillon, les divers sons exigent des cloches extrêmement différentes les unes des autres, et des marteaux de poids fort divers sont nécessaires pour que les son-s soient rendus avec l’ampleur nécessaire.
- Prenons un exemple, celui du carillon de Saint-Rombaut- de-Mali-nes, dontjoueJef Denyn.
- La note la plus grave est un SI bémol pesant 8884 kg. Les 8 premiè->res pèsent d ensemble ! 28624 kg., tandis que les 57 autres n’en font que 5474. A Gand, la plus puissante des 52 elochés marque 6050 kg et la plus petite seule-: ment 8 kg.
- I. I es transmissions sont d’ailleurs, le plus souvent, très complexes et doivent être visitées très souvent, les fils de fer étant susceptibles de , s’allonger par le jeu et d'enlever ainsi delà précision aux coups frappés par les marteaux.
- Pour donner une idée de la difficulté que présente l’étude de l’art du carillonneur en dehors de la musique proprement dite, voici d’ailleurs trois gravures qui en disent long, beaucoup plus long qu’un discours ou un article. La première représente le clavier sur lequel l’apprenti carillonneur doit apprendre à jouer des pieds et des poings. 11 frappe avec les mains fermées et garnies d’une sorte de mitaine de cuir. Les touches
- du bas servent à actionner les basses puissantes.
- Dans la figure 2, on a un aperçu de l'enchevêtrement et de la complexité des transmissions aux trois octaves de cloches.
- La troisième enfin donne une idée de la façon dont sont disposés les marteaux mis à la disposition du carillonneur. On se rend compte facilement de la précision d’ajustement nécessaire de tous ces fils et contre-fds pour l’artiste qui veut et doit obtènir une frappe nette et par suite faire rendre à.la cloche touchée le maximum de son dans les meilleures conditions. Il est bon de rappeler que, si la théorie exige que les cloches constituant un carillon soient d’accord entre-elles, elle veut aussi que, préalablement, chacune soit juste et en accord avec elle-même. C’est-' ainsi qu'une cloche, sonnant le DO, doit essentiellement donner comme harmoniques le DO grave, le DO aigu, le MI bémol.et le SOL, c’est-à-dire les deux octaves qui l'encadrent, la tierce majeure et la quinte. C’est à la réalisation de cet accord que l’on peut qualifier d’interne, que doit tendre l’effort du fondeur.
- Le renouveau du caril-lonnage, auquel nous assistons en ce moment et que permettent de favoriser les grands fondeurs comme les Pae-card, les Taylor, les Gil-lett et Johnston, la faveur accordée par le public aux concerts des Denyn (de Malines), des Brees (d’Anvers), des Redouté (de Mous), des Van de Plas (de Louvain), des Rolliers (de Saint-Nicolas), des Nauwelacrts (de Bruges), des Steenackers (de Borge-rhout), expliquent largement la création de l’établissement musical auquel viennent d’être consacrées ces lignes. Léopold Reveuchon.
- big. 3. — Disposition des marteaux pour la frappe sur les cloches par claviers.
- LA SYNTHESE DE L’AMMONIAQUE
- par les procédés Casale et Fauser.
- Nous ne ferons pas ici l’histoire de la synthèse de l’ammoniaque. La combinaison de l’azote et de l’hydrogène, réalisée industriellement pour la première fois par l’Allemand Haber, a fait dans cette revue l’objet de plusieurs articles. Le célèbre pro-
- cédé de l’ingénieur français Georges Claude est également bien connu de nos lecteurs.
- Indépendamment de ces deux grands procédés de synthèse de l’ammoniaque, il en existe deux autres dus tous deux à des ingénieurs italiens : le procédé
- p.114 - vue 127/663
-
-
-
- LA SYNTHÈSE DE L’AMMONIAQUE ... . ..:: 115
- vers le sèçheur
- Condenseur deau
- Gazomètre (Azote et hydrogène)
- Compresseur à 5oo at m.
- Fig. i. — Schéma du procédé Casale : Préparation du mélange comprimé azote-hydrogène.
- Casait', le procédé Causer. Ces deux procédés, qui d’ailleurs, en ce qui concerne l’union de l’azote et de l’hydrogène, découlent des principes mis en pratique par Haber et Claude, sont actuellement l’objet de réalisations industrielles tant en France qu’à l’étranger. Nous le décrirons sommairement en nous inspirant de l’article de M. Firmin paru récemment dans la revue l'Industrie ehimique et dont nous reproduisons d’ailleurs les schémas explicatifs de ces deux installations.
- Le procédé Casale. — En Italie, durant la guerre, le Dr Luigi Casale a mis sur pied un procédé de synthèse de l’ammoniaque, dont le principe est d’ailleurs identique au procédé de Haber, mais qui en dillère nettement par les modes de production de l’hydrogène et de l’azote.
- L’hydrogène est ici préparé par électrolyse de l’eau. L’Italie est en effet un pays manquant de charbon, et son industrie de synthèse de l’ammoniaque ne peut songer à retirer l’hydrogène des gaz de combustion comme le fait Georges Claude. Il a paru plus pratique à l'ingénieur italien Casale de retirer son hydrogène de l’eau par électrolyse. Ce mode de préparation peut fournir un gaz très pur, mais le prix de revient ne peut être intéressant qu’avec des appareils travaillant d’une façon intense.
- Casale a aussi renoncé à extraire l’azote de l’air par la distillation fractionnée de l’air liquide. L’azote nécessaire à la synthèse de l’ammoniaque est retiré de l’air d’une tout autre façon : on se débarrasse de l’oxygène qui accompagne l’azote dans l’air en brûlant de l’hydrogène dans un four approprié. Il se forme ainsi de l’eau et on obtient de l’azote pur.
- Réfrigérant
- Me!onye_
- &mpe de circulation
- Ammoniaque
- liquide
- Purgeur
- big. 2.
- Schéma du procédé Casale : Combinaison de l’azote et de l’hydrogène.
- Pratiquement, on mélange l’hydrogène et l’air en proportions telles qu’après combustion le rapport N2 . ,1
- US soit égal à Ce mode opératoire amène, on le Hz O
- conçoit, la perte d’une certaine quantité d’hydrogène, mais si le prix de revient du mètre cube d’hydrogène, obtenu par électrolyse, n’est pas trop élevé, l'opération est encore fort rémunératrice.
- L’appareil Casale comprend :
- 1° Un brûleur. L’hydrogène et l’air en proportions déterminées arrivent par des tuyères et se mélangent dans une sorte de chalumeau dont on règle la hauteur de la flamme. Les gaz sont refroidis dans un système tubulaire formant condenseur et récupérateur de chaleur. L’eau formée dans la combustion est évacuée par le bas. L’allumage se fait en introduisant d’abord l’hydrogène, puis l’air et alors seulement on enflamme le mélange. L’appareil entier est bien calorifuge.
- 2° Le mélange N2 -f- 3 H2 est alors envoyé dans un gazomètre. Le gaz est aspiré par le compresseur et porté à une pression de 500 atmosphères. Il passe alors dans un sécheur où se trouve de la chaux vive.
- 5° Le gaz refoulé par une pompe de circulation traverse un récupérateur de chaleur et entre dans la bombe catalytique où se fera l’union de l’azote et de l’hydrogène et la formation d’ammoniaque.
- Cette union est facilitée grâce à l’emploi d'un catalyseur sur la nature duquel on conserve un certain secret. On sait que le fer en constitue la partie essentielle avec d’autres corps ajoutés pour le rendre plus actif.
- L’appareil catalytique est constitué par un tube externe épais résistant à la pression (acier ou
- Entrée
- Fig. 3.
- Procédé Casale : Bombe catalytique.
- p.115 - vue 128/663
-
-
-
- LA SYNTHESE DE L'AMMONIAQUE
- 116
- nickel) et portant deux tètes. À l’intérieur se trouvent placés deux tubes de fer concentriques entre lesquels on met le catalyseur. Le tube de. fer le plus externe est séparé du tube d’acier par un isolant thermique. Au centre du second tube de fer se trouve la spirale chauffante.
- L’une des tètes porte les tubes d’arrivée et de sortie des gaz, l’autre porte les bornes du circuit de chauffage.
- L’agencement de la tête principale permet de
- J EJectrofytt
- -. 4. — Procédé Fauser : L’éleclrolyseur pour la préparation de l’hydrogène.
- sortir le cylindre catalytique et de changer la masse de contact rapidement.
- L’union de l’azote et de l’hydrogène, en vue delà formation d’ammoniaque, s’opère évidemment par une méthode cyclique. À la sortie de la bombe catalytique les gaz chauds, contenant une forte proportion d’ammoniaque, repassent en sens inverse dans le récupérateur. Us entrent ensuite dans le liquéfacteur condenseur d’ammoniaque. Finalement on obtient, dans le procédé Casale, de l’ammoniaque liquide à 100 pour 100 comme dans le procédé de Georges Claude.
- Le procédé Casale fonctionne actuellement en
- Italie dans les usines de Terni et de INera Montoro. La Société « Ammoniaque Casale Cy », propriétaire des brevets, a d’autre part différentes installations projetées.
- En ce qui concerne la poudrerie de Toulouse, le procédé Casale y sera monté concurremment avec le procédé Haber. En ce qui concerne le premier procédé les installations sont prévues pour une capacité annuelle de 56000 tonnes, avec 9 unités.
- Une licence d’exploitation, est encore accordée
- Fig. 5. — Procédé Fauser : La colonne de synthèse.
- aux établissements Anzin-Kuhlmann pour 0 unités de 7 tonnes et demie.
- En Belgique la Société des fours à coke Semet-Solvay et Pictte a 4 unités 1/2 en construction.
- Au Japon, de nouvelles imités de 7 t. 1/2 viennent d’ètre commandées, ce qui fera, dans le pays, avec les 4 unités déjà en fonctionnement, 8 unités de 7 tonnes 1/2 ayant une capacité annuelle de 20 000 tonnes. Enfin il existe encore d'autres usines utilisant le procédé Casale ou s’apprêtant à le monter : A Saint-Auban en France (compagnie d’Alais-Froges et Camargue), à Sabinanigo (Espagne), à Viège (Suisse), à .Niagara Falls (Etats-Unis).
- p.116 - vue 129/663
-
-
-
- LA SYNTHÈSE DE L’AMMONIAQUE
- 117
- Le procédé Fauser. — Le procédé Fauser est aussi un procédé italien. Son originalité repose sur certaines particularités des appareils, sur la préparation de l’hydrogène, sur l’olîtention avantageuse de l’azote résultant d’une combinaison des industries de l’ammoniaque et de l’acide azotique.
- Voici quel est le principe de la méthode de Fauser : l’hydrogène est préparé électrolytiquement; l’azote provient de l’opération finale de l’oxydation de l’ammoniaque, oxydation qui donne naissance à de l’acide azotique.
- Le mélange d’hydrogène et zote est soumis à la compression et au cours de cette compression on ajoute de l’eau qui servira à absorber l’ammoniaque produite.
- Le mélange d'azote et d’hydrogène passe ensuite dans les appareils de catalyses, puis dans l’absorheur.
- La solution aqueuse d'ammoniaque ainsi obtenue est soumise à la distillation. Le gaz ammoniac qui se dégage au cours de cette distillation est recueilli dans un gazomètre.
- On procède a-lors à son oxydation au moyen de l’oxygène de l’air et par voie catalytique en présence de platine. Cette oxydation donne naissance à de l’acide nitrique. Il résulte de cette opération que le gaz sortant de l’appareil où s’est faite l’oxydation contient de l’azote sensiblement pur, azote provenant de l’air ayant servi à l’oxydation. C’est cet azote, qui, convenablement purifié, sera mélangé à l’hydrogène pour la synthèse de l’ammoniaque.
- En résumé, dans le procédé Fauser, l’hydrogène et l’azote nécessaires à la synthèse sont obtenus, le premier par électrolyse de l’eau; le deuxième comme sous-produit de l’oxydation de l’ammoniaque en acide azotique, au moyen de l'air.
- Voici quelques détails sur cet intéressant procédé :
- Préparation de l'hydrogène. — Les cellules d’électrolyse Fauser comportent des électrodes formées par une série de bandes en tôle de fer disposées horizontalement de façon à amener les gaz vers l’intérieur de l’électrode. L’enveloppe formant diaphragme est en tissu d’amiante (fig. 4.)
- Afin de diminuer la concentration des gaz dans le liquidé, ou dispose à l'intérieur de l’électrode des cloches qui recueillent les bulles gazeuses et les mènent directement aux tubes de dégagement gazeux. Les parois internes de la cellule forment électrode négative (A).
- Ces électroly-seurs ont pour dimensions : hauteur 2,25 m. ; largeur,0,65m.; longueur, 1,50 ils pèsent chacun environ 800 kg. Ils marchent avec 6000 ampères sous 2,4 volts, La puissance absorbée est de 6 kwh par mètre cube d’hydrogène produit. Le degré de pureté du gaz produit est supérieur à 99,5 pour 400. Un dispositif automatique indique la teneur en oxygène de cet hydrogène et arrête l’installation dès que le mélange devient explosif.
- Synthèse de l'ammoniaque. — L’hydrogène provenant'de l’électrolyse et l’azote dont nous avons décrit l'origine sont soumis à l’action d’un compresseur à trois étages qui comprime les gaz à 500 atmosphères. Ce compresseur absorbe en même temps une certaine quantité d’eau qui joue le rôle de lubrifiant et servira à l’absorption de l’ammoniaque.
- Le mélange comprimé (hydrogène, azote, eau) arrive dans une colonne d’absorption où il laisse la
- Eau épurée
- Remplissage des bouteilles x
- (escivoir deau
- Installation de synthèse
- •Compresseur
- Chaudière
- Oxydation lelammoniae et production d'acide nitrique
- Ammoniac
- Eau contenant 1% ammoniac
- Fig. 6. — Schéma général du procédé Fauser,
- p.117 - vue 130/663
-
-
-
- 118
- LE FLAMANT OU PHEN1COPTERE
- presque totalité de son eau pour aller à la colonne de synthèse, par l’intermédiaire d’une pompe de circulation.
- Cette colonne de synthèse a 8 m. de haut et 0 m. 25 de diamètre. Elle est formée par deux cylindres d’acier A et B solidement réunis et fermés par deux couvercles C et D (fig 5).
- Le mélange de synthèse arrive en F. Il pénètre alors dans le faisceau tubulaire inférieur G en léchant extérieurement les tubes parcourus par les gaz catalysés. Il remonte dans le faisceau tubulaire supérieur H. Ce faisceau a la forme d’un tronc de cône dont la petite hase est tournée vers le haut de manière que l'épaisseur du réfractaire Q, qui isole thermiquement le cylindre extérieur, augmente à mesure que la température du gaz décroît.
- Au sommet du faisceau, les gaz traversent l’espace annulaire I et viennent en contact avec une spirale chauffante (qui sert lors de Eamorcagc à porter ces gaz à la température voulue, l’autoréaction ayant lieu ensuite).
- La chaleur des gaz et celle de la réaction sont récupérées et cela permet l’auto-réaction qui est atteinte rapidement.
- Les gaz traversent enfin le catalyseur placé dans la chambre L; ce catalyseur est à base d’oxyde de fer.
- Le remplacement de la masse catalytique se fait facilement : il suffit d’enlever le couvercle E et la chambre L.
- Un couple thermo-électrique P permet de contrôler la température de la chambre «à réaction.
- Les gaz quittent le four vers 100°. Leur chaleur est utilisée pour libérer l’ammoniaque de la solution ammoniacale provenant de la colonne d’absorption. Ces gaz sont ensuite refroidis par un courant d’eau et une bonne partie de l’ammoniaque se condense à l’état liquide.
- Oxydation de l'ammoniaque et 'production d'azote. — Ainsi que nous l’avons dit précédemment, l’azote nécessaire à la synthèse étant obtenu dans le procédé Fauser au cours de l’oxydation de l’ammoniaque, on conçoit que cette oxydation de l’ammoniaque soit liée ici à la synthèse elle-même à cause du mode de préparalion de l'azote.
- L’ammoniaque gazeux est aspiré du gazomètre où il est contenu en même temps qu’une certaine quantité d’air, et ce mélange est envoyé dans des convertisseurs Frank et Caro à toile de flotteur. Les vapeurs nitreuses formées sont absorbées d’abord par de l’eau dans 5 tours en ferro-silicium, puis par une solution alcaline dans 5 tours en fer hautes de 8 m. et de 1 m. 50 de diamètre.
- Les gaz qui sortent de ces tours titrent 98-99 pour 100 d’azote et 1 à 2 pour 100 d’oxygène. On ajoute alors à ces gaz de l’hydrogène et on fait passer le . mélange sur un catalyseur formé d’amiante platiné. Il se produit de l’eau et il reste de l’azote pur^ En ajoutant une proportion bien déterminée d’hydrôgètne on arrive cà avoir directement le mélange.NA-rf- 5 H2 nécessaire à la synthèse.
- Le schéma de l'usine entière montre l’enchaînement systématique des diverses installations donnant de l’hydrogène, de l’ammoniaque, de l’acide nitrique, de l’azote, du nitrate d’ammoniaque.
- Le procédé Fauser a d’abord été installé àNovara en Italie. Mais, en dehors de cette installation, il en existe maintenant d’autres.
- La Société Sarda Ammonia fondée par Monte-catini construit une usine en Sardaigne qui utilisera les chutes du bassin de Coglinas (Tirso) ; usine de 10 tonnes. 1
- La Société Elettrica Alto Adige (Montecatini), monte une usine de 50 tonnes à Marlengo (Merano).
- La Société Ind. Ferroviaria installe à Sedico-Bri-bano une petite usine de 2 tonnes, et une autre grande usine est à l’étude près de Cotrone.
- Enfin le procédé Fauser va être monté en France, par la société des Phosphates Tunisiens qui vient d’acheter à la Société Norvégienne de l’Azote les chutes d’eau de Cèdre (Hautes-Pyrénées). Une Société française serait constituée avec Montecatini et les Phosphates Tunisiens ayant pour objet la fabrication d’engrais azotés synthétiques et d’engrais composés phospho-azotés.
- Comme on le voit, de grands projets se réaliseront d’ici peu de temps et seront capables de nous fournir l’azote nécessaire à toutes nos fabrications chimiques et à la consommation de notre agriculture. I. L.
- LE FLAMANT OU PHÉNÏCOPTÈRE
- Un cou démesuré, des échasses géantes, un bec singulièrement conformé, voilà les principales particularités physiques qui apparaissent chez cette espèce. Le bec mérite une attention spéciale : il est plus haut que large; en outre, vers son milieu il est comme replié. La mandibule inférieure semble enflée vers sa base ; le bord en est fortement rentré, de sorte qu’elle fait l’effet d’une boîte — ou si l’on veut, d’une tabatière — dont le couvercle serait constitué par la mandibule supérieure, plus petite
- et plus plate. Les deux mandibules sont garnies de dents lamellaires. Les naturalistes reconnaissent que, non seulement la forme du bec et des palmures, mais encore la structure de la langue, de l’estomac, de l’intestin, des organes vocaux, du cœur, de plusieurs parties du squelette, notamment du sternum et de la fourchette, ressemblent beaucoup à ce que l’on observe chez les canards. Comme ceux-ci, le flamant barbote dans les fonds vaseux, mais d’une manière différente : « Il marche dans
- p.118 - vue 131/663
-
-
-
- 119
- LE FLAMANT OU PHEN1COPTERE
- l’eau, dit Brehm, et courbe son long cou, de telle façon que sa tête soit dans le même plan que ses pieds, en d’autres termes que son bec, et surtout la mandibule supérieure, soit enfoncé dans la vase.
- Il explore de la sorte tout le fond de l’eau ; il marche à petits pas, avançant, reculant; il ouvre et ferme son bec alternativement, en agitant sâ langue. Il tâte ainsi toutes les substances qui y sont entrées, et sépare, tamise, à proprement parler, celles qui sont alimentaires de celles qui ne le sont pas. Avec ses pattes, il remue le fond de l’eau, et fait sortir de leurs retraites les petits animaux dont il se nourrit. »
- Dans plusieurs parties de l’Amérique du Sud et de l’Amérique moyenne, les flamants nichent en troupes immenses. Sur les rivages des îles Bahama, par exemple, c’est par milliers qu’ils édifient leurs nids bizarres. Ceux-ci sont situés en groupes, les uns près des autres, ici un petit, là un plus grand, là-bas un énorme ; il est difficile d’évaluer approximativement leur nombre. Mais ils ne sont pas tous employés par les phénicoptères. Au contraire, beaucoup parmi ces cônes de limon présentent les divers degrés de la décadence : certains sont vieux, depuis longtemps abandonnés et rongés par les eaux; d’autres, mieux conservés, ne paraissent délaissés que depuis peu; d’autres enfin, fraîchement édifiés, sont occupés et contiennent, les uns un œuf ou deux, les autres un ou deux petits.
- La construction des nids est intéressante à suivre, disent les observateurs. Avec leurs pieds et leur bec, les grands oiseaux amoncellent de la vase. Le bec fait l’office de truelle; il sert à tasser le limon, à le durcir et à arrondir le cône tronqué. A la base, le diamètre de celui-ci est d’environ 35 cm. ; il ne s’amincit que modérément vers le haut, le diamètre supérieur étant encore de 25 cm. La hauteur des nids est assez variable : elle atteint tantôt 20, tantôt 50 cm. et parfois plus. Contre les inondations qui, dans les pays tropicaux, sont fréquemment la conséquence des fortes pluies et qui transforment les bas-fonds en lacs et marécages, les flamants n’ont d’ailleurs d’autre ressource pour protéger leur couvée, que de donner à leurs nids une hauteur suffisante. Cependant, il n’est pas rare que les cônes — du moins ceux qui sont construits dans les terrains les plus bas — ne dépassent que de quelques centimètres le niveau des eaux. La partie supérieure du nid, naturellement, n’est pas plate : lorsque la construction est terminée, la femelle s’y couche et, appuyant son corps sur la vase encore molle, y forme une légère dépression ovale, juste suffisante pour recevoir deux œufs. Il est rare que la ponte soit de trois œufs ; le plus souvent, on n’en trouve qu’un seul.
- Peu d’oiseaux, pour l’édification de leur nid, dépendent autant que le flamant de la nature du sol. Celui-ci doit être principalement mou et limoneux. C’est pourquoi, dans les pays chauds, l’époque de la nidification ne commence qu’à la saison des
- pluies qui, aux îles de Bahama, arrive vers la mimai. Le terrain se détrempe rapidement alors et la vase nécessaire à la construction des nids est ainsi toute préparée. Les phénicoptères reviennent, du reste, d’année en année au même lieu pour s’y reproduire; mais, quoiqu’ils puissent y trouver en nombre suffisant des monticules datant de l’année précédente et n’exigeant qu’une légère réparation, ils préfèrent en ériger de nouveaux.
- Les flamants dédaignent presque tout capitonnage de l’intérieur de leur nid, même lorsque leur colonie est installée à un endroit près duquel abonde une végétation qui pourrait fournir le matériel désirable. Les œufs reposent donc directement sur la masse de vase durcie par l’air et le soleil. Ils sont plus gros que ceux de la cigogne blanche. Leur coquille est recouverte d'une couche crayeuse qui tombe aisément lorsqu’elle est sèche. Un mois durant, la femelle demeure sur sa ponte, mais vraisemblablement, son conjoint la remplace de temps en temps. Le mâle se montre époux fidèle, montant constamment la garde près du nid ; parfois seulement, pour se dérouiller les ailes, il entreprend un vol avec ses pareils. Bares sont les oiseaux qui font preuve d’autant de prévoyance et de circonspection que les phénicoptères. Ils installent des postes de surveillance, non seulement aux lieux de nidification, mais aussi là où, la tête sous l’eau, ils fouillent la vase pour trouver de quoi se sustenter. A l’approche du danger, les gardes donnent le signal et toute la troupe prend rapidement la fuite. Même pendant la nuit, un ou plusieurs veilleurs permettent à la société de dormir en toute quiétude. Je rappellerai ce qu’a dit un voyageur naturaliste anglais des sociétés de phénicoptères : « Lorsqu’on approche des flamants, ce qu’on ne peut faire qu’avec d’extrêmes précautions, le silence est immédiatement rompu par les sentinelles, qui se mettent en mouvement et poussent des croassements graves : des centaines de cous se tendent alors à la fois; tous les oiseaux caquettent delà manière la plus retentissante; ils avancent obliquement et regardent par-dessus leurs épaules, comme pour se rendre compte de l’étendue du danger. Dès qu’on a avancé de quelques mètres, on voit tous les flamants s’envoler; on ne peut contempler spectacle plus beau que le déploiement simultané de toutes ces ailes roses, qui se détachent dans le ciel comme une traînée de lumière. »
- Il y a un demi-siècle, les ornithologues se faisaient une idée étrange de l’attitude qu’adopte la femelle, du phénicoptère lorsqu’elle couve. Cette . opinion n’est pas tout à fait disparue. On croyait que contrairement aux autres oiseaux munis d echasses — cigognes, hérons, grues, avocettes, etc. — lesquels, comme la plupart des représentants de l’avi-faune, replient les pattes pour se coucher sur leurs œufs, on croyait, dis-je, que le flamant se mettait à califourchon sur le monticule de boue durcie qui lui sert de nid et tenait donc, sur les côtés de celui-ci,
- p.119 - vue 132/663
-
-
-
- 120
- LE FLAMANT OU PHEN1COPTERE
- les pattes à découvert. Naumann, déjà, n’admettait pas cette supposition : un tel maintien serait incommode, voire impossible. Mais c’est Jonhston, si je ne me trompe, qui, ayant vu au mois de mai 1880, en Tunisie, des flamants en train de couver, observa le premier que ces oiseaux replient les pattes sous eux, lorsqu’ils se couchent sur leur nid. En mai 1885, Abel Chapman découvrit dans les « Marismas », près de Séville, des centaines de phénieoplères qui se consacraient patiemment à l’incubation de leurs œufs. Chapman fit la même remarque que Johnston et constata en outre que chez maints individus se trouvant dans cette position, l’articulation du talon dépassait l’extrémité de la queue. Quelques années après, en 1887, le gouverneur des îles Bahama, M. Henry Blake, confirma ces observations pour ce qui concerne les flamants propres à l’Amérique. Quand elles se livrent au repos complet sur leur couvée, les mères font décrire une spirale très nette à leur cou et le ramènent au milieu des plumes du dos.
- Les jeunes phénicoptères, qui sont couverts d’un duvet blanc ou grisâtre, quittent très tôt leur couchette et s’entendent bientôt à se servir des longues pattes dont la nature les a gratifiés; leurs échasses, fortement noueuses à l’articulation du talon, leur servent particulièrement pendant le temps que,, porteur de duvet, le vol leur est tout à fait impossible. Dès qu’ils ont délaissé le nid, ils recherchent les eaux où ils s’adonnent, avec une grâce et une habileté étonnantes, à des ébats natatoires. Aux flamants adultes, la natation est également un art familier; en nageant, ils soulèvent les ailes, comme les cygnes. ,
- En général, les phénicoptères évitent les eaux douces ; ce sont plutôt des oiseaux marins qui préfèrent tout spécialement les lagunes et baies aux eaux salées et bourbeuses. Ce n’est qu’exception-nellement qu’on les trouve à l’intérieur des terres; il en est ainsi lorsqu’ils suivent le cours, inférieur de certains fleuves. Le plus important lieu de nidification de ces rares et bizarres échassiers, en Europe, a été décrit par A. Chapman. Ce sont les « Marismas », vaste plaine alluviale sise au sud de Séville et que traversent plusieurs bras du Guadalquivir. Eaux, bancs de limon, petites et grandes îles basses, couvertes d’une herbe indigente, de chardons et de plantes hydrophyles, voilà ce qui caractérise les « Marismas ». Au mois de mai, les eaux dormantes s’évaporent graduellement et quelques mares seulement, entourées de buissons de roseaux, demeurent dans les marécages, qui se transforment rapidement en un désert brûlant de boue cuite par le soleil. En troupes de 300 à 500 individus, les phénicoptères demeurent aux eaux ouvertes, pour y
- rechercher avidement les matières végétales et animales dont ils se nourissent. « Dans les « Marismas », dit Chapman, les flamants font leurs nids dans les îlots alluviens et les placent aussi près l’un de l’autre que leurs congénères de l’archipel Bahama. Certains s’élèvent à 5-8, d’autres à 12-15 cm. au-dessus de la surface du sol. De loin, les îlots font l’impression de tables couvertes d’innombrables assiettes. Autour de la colonie principale, de nombreux nids isolés sortent de l’eau ; çà et là, deux, trois et plus des monticules sont édifiés les uns contre les autres. Ces nids isolés dépassent le niveau de l’eau de 15 à 20 cm. et ont un diamètre de 58 cm. environ. Autour d’eux, l’eau est profonde de 30 à 40 cm. ».
- Il n’est pas difficile de tenir les flamants en captivité, en les nourissant de matières végétales : riz, grains de céréales, pain, plantes hydrophiles. Mais les grands oiseaux se portent mieux quand ils reçoivent, en supplément, des matières animales. Celles-ci font-elles défaut dans le régime alimentaire, les nobles échassiers perdent vite leur jolie couleur rose.
- Ordinairement, c’est au cours de la troisième année d’âge, que le plumage se teinte de cette nuance délicate; toutefois, c’est seulement à quatre ans que les phénicoptères endossent leur livrée définitive. Alors, toutes les parties supérieures du corps sont lavées de rouge rosé, tandis que les inférieures demeurent plus blanchâtres ; les couvertures des ailes acquièrent tout particulièrement la couleur caractéristique en question, qui tranche à merveille sur le noir profond des rémiges. Cependant, les représentants de l’espèce habitant le vieux monde, ne possèdent jamais, même les plus beaux exemplaires, le carmin ardent de la variété américaine.
- L’ordre des phénicoptères ne comprend qu’une famille, dont la plupart des membres habitent les régions chaudes. L’espèce propre au vieux monde, Phœnicopterm ruber antiquorum Temm., niche assez régulièrement dans le sud de l’Espagne; elle était autrefois très commune aux bouches du Rhône (Camargue), mais on lui a fait une guerre si acharnée, que pendant longtemps, elle en est disparue; elle tend toutefois à y revenir depuis quelques années. IL est à remarquer que le phénicoptère perd, au moment de la mué, toutes ses rémiges à la fois, ce qui le met pour quelque temps dâns l’impossibilité absolue de voler ; et comme il n’est pas organisé pour plonger, il lai est très difficile, de fuir ou de se cacher ; il devient donc aisément la victime des chasseurs! On trouve aussi le flamant au cap Vert, dans toute l’Afrique, dans les steppes des Kirghiz, à la mer Caspienne, au golfe Persique,
- T ig. j.
- Squelette du flamant.
- p.120 - vue 133/663
-
-
-
- LE FLAMANT GU PHÉNÏCOPTÈRE
- 121
- en Transcaspie jusqu’au lac Baïkal, dans l’Inde, à Ceylan. Beaucoup de princes hindous entretiennent de nombreux phénicoptères dans les dépendances de leurs palais ; les échassiers sont logés dans des bassins vastes et luxueusement aménagés.
- Parfois, des voliers de flamants, venant probablement d’Espagne ou du Midi de la France, remontent vers le nord jusqu’en Europe moyenne ; ces visiteurs accidentels ont été observés en France, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre. En l’occurrence, il s’agit vraisemblablement de jeunes individus se trouvant dans leur seconde année d’âge et qui, Uomme cela se passe chez-les cigognes, vivent alors en nomades. Il se pourrait même que l’on abattît, hors de ces voliers, quelque individu paraissant âgé de plus de deux ans, mais privé momentanément de ses facultés reproductrices. C’est aussi ce qu’on observe parfois chez l’espèce Ciconia.
- La variété Bhœnicopterus ruber ruber L., dont la nuance rouge rosé est plus vive, habite les côtes américaines de l’Atlantique : les îles Bahama, la Floride, les îles Galapagos, etc.
- Une autre forme se rencontre au Chili, au Pérou, en Uruguay.
- A propos des flamants observés en Camargue, la Revue Française cl’Ornithologie (mars 1925) signale que ces échassiers étaient nombreux, en juillet 1924, sur l’étang de Valcarès et celui de Malagray; ils s’y tenaient par groupes de 50 à 200 individus et même plus, mais les chercheurs ne trouvèrent point de nids.
- Un garde de Bardouine, M. Millet, qui fait journellement la police de la chasse sur ces étangs, a déclaré avoir vu souvent des œufs de phénicoptère sur le sable, mais jamais de nids, ni de petits. « Ces œufs, dit M. Gibert (loc. cit,), n’arrivent pas à éclore, puisqu’on ne trouve pas de petits, et pourtant ils ne sont pas clairs, car deux d’entre eux que j’ai vidés, renfermaient déjà l’embryon du jeune oiseau ».
- D’autre part, uiyiaturaliste anglais, M. Gregg, a
- Fig. 3. — Quelques flamants dans leurs attitudes familières (Jardin zoologique d’Anvers).
- Fig. 2. — Flamants roses au Jardin zoologique d’Anvers.
- fait en mai et juin de l’année dernière un voyage en Camargue.
- Ses observations ont été publiées dans British Bircls.
- Au sud de petites îles voisines des Saintes-Maries, M. Gregg vit environ 2000 flamants serrés les uns contre les autres. Le plus grand nombre des échassiers s’envola à l’approche des chercheurs, mais d’autres continuèrent à se tenir sur des œufs, lesquels étaient disséminés comme des cailloux. Peu d’oiseaux couvaient. Le lendemain à cet endroit, le naturaliste anglais vit plus de 200 œufs disséminés sur le sol. A un autre endroit, M. Gregg trouva encore une centaine d’œufs, là où les flamants avaient séjourné la veille. A certaines places, des nids avaient été commencés. Il paraît que tous les œufs découverts par M. Gregg furent détruits ; cette destruction est due sans doute aux mouettes rieuses et aux goélands argentés, qui habitent les lieux en question.
- Les faits observés en Camargue sont bizarres, mais on les constate aussi en Espagne.
- Un ornithologue hollandais, M. J. Sillem, a relaté dans le compte rendu d’un voyage d’observations effectué dans ce dernier pays, qu’étant allé dans les « Marismas », il y avait vu, à plusieurs endroits, des troupes de quelques centaines de flamants, mais que ces oiseaux paraissaient... être de ceux qui préfèrent le célibat à la vie conjugale (sic).
- M. Sillem ne découvrit aucun nid ; des chasseurs et pêcheurs lui assurèrent qu’en 1923 et pendant les années précédentes, les phénicoptères n’avaient pas édifié de nids
- p.121 - vue 134/663
-
-
-
- 122
- LA BOTANIQUE EN
- dans les « Marismas-». Le rapport de M. Sillem a été publié en néerlandais dans le bulletin du « Club van Nederlandsche Vogelkundigen ».
- Des recherches et observations nouvelles donneront peut-être des éclaircissements sur ces faits sin-
- CHEM1N DE FER ...............
- ;uliers. Une question intéressante serait aussi de savoir si les flamants hivernent en Camargue et dans le sud de l’Espagne.
- Arm. Mercier.
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- Les causes de la répartition géographique des plantes.
- Les chemins de fer ne sont, certes, pas un endroit où l’on s’amuse. La lecture des revues illustrées et soi-disant comiques est insuffisante a « tuer le temps » et à s’isoler des conversations, généralement sans intérêt,
- • des voisins. On peut se consoler jusqu’à un certain point ;de la longueur des trajets en regardant par la portière (il est dangereux de’se pencher en dehors) des paysages qui défilent avec une rapidité qui n’a d’égale que celle du cinéma. Mais ces visions rapides disparaissent rapidement de la mémoire, car il n’y a rien qui ressemble plus à un village qu’un autre village. On peut avoir des souvenirs plus durables en contemplant non les produits de la civilisation, mais la nature elle-même. Pour peu que l’on ait quelque notion de botanique — il n’est pas difficile de distinguer un Pin d’un Peuplier ou un marais habité par des roseaux d’une lande à bruyères — on se rend compte que la végétation varie d’un point à un «autre et, pour peu que l’on ait l’esprit à philosopher, on saisit les raisons qui règlent la répartition des végétaux et on fait de la géographie botanique, comme M. Jourdain faisait de la prose — sans le savoir. — Pour que les observations qué l’on peut faire ainsi soient plus fructueuses, il est bon ; d’avoir quelques notions sur les principes de cette science si intéressante ; c’est sur elle que je vais chercher à jeter quelques lueurs, lesquelles serviront, je l’espère, non seulement à ceux qui se morfondent dans les trains, mais encore à ceux qui sont arrivés au terme de leur voyage, pour les uns la mer idéale ou la montagne fatigante, pour les autres la campagne si reposante ou la forêt aux délicieuses senteurs.
- Les facteurs qui interviennent dans la répartition géo*-graphique des plantes — ceux que l’on appelle écologiques(•) — sont extrêmement complexes (a) et il n’y a certainement pas une seule espèce sauvage pour laquelle on les connaît intégralement. Pour savoir pourquoi un végétal se trouve à un endroit déterminé et non pas ailleurs, il faudrait que l’on fût renseigné sur une multitude de questions (tempérament, chaleur, température, lumière, etc.) sur lesquelles, en résumé, nous n’avons que des « idées », mais aucune précision ; cela viendra, peut-être, à ’ la . ongue ; mais, en attendant, nous pouvons donner qiiêl-' ques renseignements généraux sur les principales in-
- 1. On appelle facteurs synécologiques l’ensemble des facteurs écologiques pour une même espèce ou un groupe d’espèces formant une association végétale.
- 2. Comme l’a dit Alphonse de Candolle, « Une plante ri’est point un instrument analogue au thermomètre, qui soit de nature à marcher parallèlement avec celui-ci : c’est plutôt Une sorte de machine faisant un travail et un travail très varié sous l’impulsion des agents extérieurs, savoir : la chaleur et la lumière, et d’un agent intérieur, la vie, dont il est difficile de se passer pour se rendre compte des phénomènes. Si les fonctions accomplies par la plante donnent une mesure de la chaleur, ce n’est que d’une manière indirecte modifiée par une
- ouïe de causes secondaires ».
- fluences- qui agissent sur la distribution géographique des phanérogames, c’est-à-dire des « plantes à fleurs. »
- 1° Influence de l’eau. — L’influence de l’eau (une plante qui a terminé sa croissance et absorbé — et, en partie, rejeté — 200 à 300 fois son poids d’eau) est presque capitale pour la plupart des espèces et explique, dans bien des cas, leur répartition géographique. On peut, parmi elles, distinguer notamment les catégories suivantes :
- «) Les végétaux qui ne peuvent vivre qu’entièrement submergés dans l’eau de mer (Zoslère).
- b) Les végétaux qui ne peuvent vivre qu’entièrement submergés dans l’eau douce, ou, tout au moins, immergés dans leur presque totalité (Renoncule aquatique, Vallisnérie, Nénuphar, Myriophylte, Stratiotès (l).
- c) Les végétaux qui ne peuvent vivre qu’au bord des eaux douces, c’est-à-dire dont la partie inférieure plonge plus ou moins dans l’eau, tandis que le reste de leur corps est dans l’air (Roseau, Massette).
- cl) Les végétaux qui vivent à peu de distance des précédents, c’est-à-dire dans un sol encore très humide, mais non véritablement « aquatique », sol qu’elles peuvent rencontrer aussi dans certaines parties « tourbeuses » des forêts (Droséra).
- e) Les A'égétaux encore plus « terrestres », les plus nombreux où l’on pourrait trouver toutes les gammes des besoins en humidité, depuis ceux qui ne demandent que l’atmosphère humide des forêts (Anémone Sylvie) jusqu’à ceux qui u’exigent qu’une humidité très relative, aussi bien dans le sol que dans l’air (Mouron des oiseaux, Bourse à pasléur) ou ceux encore qni demandent toujours une assez forte humidité (plantes hygrophiles(2), comme par exemple, la Salicaire, le Myosotis des ma-
- 1. Au sujet des végétaux qui vivent complètement immergés dans l’eaü douce, il est bon de noter qu’il y a, dans celle-ci, proportionnellement plus de gaz carbonique et moins d’oxy-gèrie qüe dans l’air. A noter aussi que la quantité des gaz dissous varie assez sensiblement avec la température, ainsi que le montrent les chiffres ci-dessous, dus à l'orel (pour un litre d’eau).
- Oxygène Azote Gaz carbuiuipie
- à 5° 7 cc. 3 13 cc. fi O ce. 9
- , 5 cc. 7 10 cc. 7 O cc. 5
- i .. . /..
- Remarquons aussi que la diffusion des gaz dissous dans l’eau est très lente, mais qu’elle est activée par l’agitation (cascades, etc.).
- 2. Sous la même dénomination de plantes hygrophiles peuvent aussi rentrer ‘les plantes entièrement aquatiques IPotumot), les plantes en partie submergées [Nénuphar),
- ‘ les plantes flottantes (Lentille d'eau), les plantes dont le pied est dans l’eau ( Jonc fleuri, Rubanier), mais il semble qu’il vaudrait mieux la réserver pour les plantes demandant un sol plus ou moins humide.
- p.122 - vue 135/663
-
-
-
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- 23
- rnis, la Valériane officinale, la Lysimaque, la Garda-mine des prés, le Lychnis fleur-de-coucou).
- b) Enfin, les plantes dites xérophilès, qui sont adaptées de manière à pouvoir supporter la plus grande sécheresse et ne peuvent même vivre que là où elles la rencontrent. (Erinacée, Orpin âcre, Psamma des sables, Luzerne marine, Gazon d'Olympe). C’est là que se placent presque toutes les espèces des décombres, des rues, des voies ferrées, des lieux arides (Grande Bardane, Jusquiame, Sénébière, Vipérine, Brome des toits, Panicaut champêtre., Nombril de Vénus). 11 est à remarquer que le Caractère xérophytique peut se rencontrer parfois, même en terrain un peu humide, ainsi que cela se voit, comme l’a montré A. Coquidé, sur les tourbes non submergées ; la tourbe retient tellement l’eau que la plante ne peut arriver à l’absorber et végète alors comme en terrain sec.
- L’atmosphère contient toujours une certaine quantité de vapeur d’eau, qui provient de l’eau du ciel et des pluies. La vitesse d’évaporation est, en moyenne,'minimum au moment du lever du soleil et maximum au milieu de la journée (entre 12 h. et 15 b. heure normale). Dans le cours de l’année, l’évaporation est la plus faible en janvier et la plus forte en juin, juillet ou août, suivant les localités (à Paris, minimum en janvier, — 5 à 6 mm. —, maximum en juillet — 100 mm. — ; évaporation totale d’une année : 600 mm.). Les lois exactes de cette évaporation, ne sont, malheureusement, pas encore bien connues, ce qui est regrettable pour la géographie botanique, car ladite évaporation a pour les végétaux des conséquences simultanées : 1° diminution de l’eau du sol ; 2° augmentation de celle de l’atmosphère.
- La variation de la tension de la vapeur d’eau avec l’altitude est extrêmement irrégulière, par suite de la direction des vents. Toutefois d’après Hann, on peut dire que cette tension diminue en progression géométrique quand la hauteur croît en progression arithmétique. Ainsi, à 1960 mètres, elle est réduite en moyenne, à la moitié de ce qu’elle est au niveau de la mer ; à 5920 mètres, elle est réduite au quart. Ces faits sembleraient devoir entrer en ligne de compte dans l’étude des plantes des montagnes, mais il ne semble pas que l’on s’en soit encore préoccupé. On ne paraît pas, non plus, avoir étudié le brouillard, lequel est plus fréquent en certaines régions qu’en d’autres, et agit à la fois, par son humidité et par sa demi-opacité à la lumière. A son sujet, M. A. Angot remarque « que le poids de l’eau liquide contenue dans un mètre cube d’air pris dans un brouillard est du même ordre de grandeur et généralement plus petit que le poids de la vapeur d’eau qui existe en même temps dans le même volume d’air. Par exemple dans le massif du Mont Rose, Schlagintweit a obtenu des quantités d’eau liquide de 1 gr. 55 à 5 gr. 85 par mètre cube d’air, le poids de vapeur d’eau variant de 5 gr. 90 à 4 gr. 55 ; de même les expériences de Fugger ont donné, par mètre cube d’air, un poids d’eau liquide variant de 1 gr. 25 à 5 gr. 55, inférieur au poids de la vapeur. Si l’on suppose que chaque gouttelette d’eau a un diamètre de 0 mm. 02, on trouve que I gr. d’eau correspond à 25 800 000 gouttelettes. Un mètre cube d’air qui contiendrait 4 gr. d’eau liquide ne renfermerait pas tout à fait 100 millions de gouttelettes. On sait que les nuages, en se condensant (par refroidissement direct, par détente ou par mélange) donnent de la pluie, laquelle varie selon les régions et agit considérablement sur la végétation, question sur laquelle il serait trop long d’insister ici.
- 2° Influence de la chaleur. — L’influence de la chaleur est au moins aussi importante que celle de l’eau ; si celle-ci explique assez bien leur répartition locale. celle-là explique mieux leur répartition sur des contrées très étendues. Il y a pour chaque espèce, une température minimum, au-dessous de laquelle elle ne pousse pas ; une température optimum, où la végétation se fait au mieux ; une température maximum au delà de laquelle elle cesse. Mais ce n’est là qu’une manière assez grossière d’envisager le problème. Il y a, en effet, des températures maxima, optima et minima, particulières pour la germination, pour la croissance de la partie végétative, pour la floraison, pour la maturité des graines, etc., toutes choses que l’on ignore en général, sauf pour quelques espèces, comme, par exemple, le Lilas, le Narcisse faux-Narcisse, le Marronnier d’Inde, le Chêne, le Bouleau, etc. Il semble que l’on puisse avoir une assez bonne synthèse de tous ces des iderata de température pour chaque espèce en considérant ce que l’on a appelé 1 'intégrale des températures, c’est-à-dire la somme des températures moyennes quotidiennes pendant le cours tout- entier de la végétation, depuis le jour où une plante germe jusqu’à celui où elle donne des graines. Celte intégrale des températures, qui varie d’environ 500° à 9000°, suivant les espèces considérées, n’est connue que pour un très petit nombre d’espèces — et encore ne faudrait-i] pas, peut-être, lui attribuer une exactitude excessive. — On sait, par exemple, que le Sarrasin exige de 1000° à 1200°; le Lin, de 1600° à 1800°; le Blé, Gle 1900° à 2200° ; le Riz, de 5500° à -4500°. Mais sait-on jamais quand la végétation cesse véritablement '?
- Une autre manière, tout au moins bizarre, de ranger les plantes suivant leur besoin de chaleur, consiste à en additionner les températures moyennes depuis le 1er janvier jusqu’au moment de la floraison de l’espèce considérée (constante thermique). On obtient ainsi 226° pour le Noisetier ; 505° pour le Bois-joli; 511° pour le Perce-neige; 843°pourVAbricotier; 1100°pourVErable Plane; 5660° pour le Châtaignier. Ces. nombres permettent de dresser des cartes phrénologiques.
- 5° Influence de la lumière. — La lumière, grâce à laquelle peut s’effectuer la fonction chlorophillenne, agit, en même temps, sur le protoplasma des cellules. Certaines- espèces ne peuvent vivre et assimiler qu’à une lumière atténuée et c’est, en partie, pour cela qu’elles ne vivent que dans les forêts ombragées, les grottes obscures. D’autres, au contraire, demandent la luminosité moyenne de la plupart de nos champs. Quelques-unes enfin, comme celles qui vivent en Afrique, exigent le plein soleil. Ce sont là autant de facteurs sur lesquels on n’a que des notions assez vagues et qui demanderaient à être précisées. Les espèces qui, comme, par exemple, VActée en épi, recherchent l’ombre sont dites ombrophiles ; celles, très nombreuses, qui la fuient sont dites ombrophobes.
- A ce sujet, il convient de signaler un travail de R. Combes quia cherché à déterminer les intensités lumineuses optima, pour les végétaux, aux divers stades du développement. Les espèces sur lesquelles ont porté les expériences sont : 1° Plantes vivant dans la nature à une lumière solaire d’intensité moyenne : Blé, Mercuriale annuelle, Radis, Pois, Capucine, Saponaire, Amarante réfléchie, Pomme de terre ; 2° Plante vivant dans la nature à une intensité lumineuse très forte : Salsola Kali, Atri-plexü feuilles grasses ; 5° Plantes vivant dans la nature à une intensité lumineuse faible : Germandrée. L’auteur a constaté que les courbes de l’optimum lumineux pour chaque phénomène physiologique sont différentes suivant
- p.123 - vue 136/663
-
-
-
- 124 .. MESURE DE LA VISION DES COULEURS
- a plante à laquelle on s’adresse, et que c’est Pensemhle des courbes de variation correspondant aux divers phénomènes qui peut permettre de caractériser physiologiquement chaque espèce végétale au point de vue dont elle se comporte vis-à-vis de la lumière. Chez le Blé, la Mercuriale, le Radis, le Pois, h Capucine, les intensités lumineuses représentant les optima d’éclairement varient aux différents stades du développement dans de très larges limites, depuis les éclairements très faibles jusqu’à l’éclairement solaire direct. Chez la Saponaire, VAmarante, VAtriplex, les optima sont déjà groupés dans les limites les plus étroites ; tous sont représentés, pendant toute la durée du développement des plantes, par des éclairements voisins de celui de la lumière solaire directe. Enfin, chez le Salsola, les optima lumineux, ou, plutôt, les éclairements les plus favorables, sont presque tous représentés, pendant toute la vie de la plante par la lumière solaire directe. L’examen des courbes permet donc de caractériser nettement toutes ces espèces au point de vue biologique : le Salsola est une plante de vive lumière ; la Saponaire, VAmarante et VAtriplex sont des espèces adaptées à un éclairement moins intense; le Blé, la Mercuriale, le Radis, le Pois, la Cajmcine sont des plantes de lumière moyenne, préférant, pendant une grande partie de leur développement, la lumière solaire atténuée à la radiation directe. Enfin, les cultures comparées de la Germandrée montrent que cette espèce est une plante d’ombre. On conclut aussi que toutes les espèces sur lesquelles ont porté les expériences ne jouissent pas de la même facilité d’adaptation à des intensités lumineuses différentes de celles auxquelles elles sont habituées à vivre dans la nature. C’est ainsi que’la Saponaire et le Salsola, par exemple, ne se développent qu’à îa lumière solaire directe ou faiblement atténuée ; aux intensités lumineuses plus faibles, le développement de ces plantes cesse dès que les premières feuilles sont constituées. Oh voit, en résumé, qu’en ne considérant que l’éclairement, parmi les agents qui règlent la répartition des végétaux, certaines espèces, telles que la Mercuriale et la Germandrée, dont le minimum et le maximum
- de lumière permettant le développement complet de la plante sont très éloignés l’un de l’autre, jouissent d’une facilité d’adaptation plus grande que la Saponaire et la Salsola, dont le minimum et le maximum d’éclairement sont beaucoup plus rapprochés.
- L’intensité de la lumière dans une région peut être évaluée par l’étude de la nébulosité, à laquelle les phy-togéographes ne paraissent pas avoir jamais fait appel dans leurs travaux. On appelle ainsi la fraction du ciel qui est, à un moment donné, couverte par les nuages; elle s’apprécie « à l’estime » et se note de 0 (pas de nuages) à 10 (ciel complètement couvert). On peut aussi noter un autre élément qui a un certain rapport avec la nébulosité : c’est le nombre d’heures pendant lesquelles le soleil a brillé chaque jour, ce qui s’enregistre automatiquement avec Yhéliographe de Campbell ou Yliélio-graphe de Jordan. Ces instruments consistent essentiellement en une sphère de verre que l’on expose dans un endroitbien découvert et derrière laquelle il y a, soit une bande de carton, soit une bande de papier sensible. L’intensité de l’illumination s’apprécie par la longueur de la bande de carton carbonisée ou par celle du papier sensible noirci. M. Bigourdan a publié des cartes de France indiquant la nébulosité pour les divers mois de l’année (*). Certaines influences bien connues se manifestent sur ces cartes, par exemple la clarté'du ciel en hiver dans certaines régions élevées de la Suisse, explicable par le fait que, dans cette saison, les nuages sont plus bas qu’en été. L’influence des Pyrénées, qui arrêtent les vents du Nord-Ouest chargés d’humidité, produit des condensations accusées par un maximum relatif de nébulosité dans l’extrême Sud-Ouest de la France et sur le littoral Nord de l’Espagne. Dans la région provençale, la différence de nébulosité entre l’été et l’hiver est peu prononcée ; elle y est d’ailleurs toujours notablement plus faible que dans les autres régions de la France.
- (A suivre.) Henri Cor pin.
- 1. La Nature du 8 juillet 1916 et les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences du 25 avril 1916.
- MESURE DE LA VISION DES COULEURS
- Le Chromophotoptomètre Guérin.
- On sait que la vision des signaux colorés (signaux verts et rouges) est indispensable aux marins, aux mécaniciens de chemins de fer, aux aviateurs. On sait aussi que certains individus, atteints de daltonisme, ne peuvent percevoir diverses couleurs. D’où découle la nécessité d’examiner la vision de tous ceux à qui l’on veut confier la direction d’un bateau, d’un train, d’un avion.
- Nombre d’appareils ont été imaginés dans ce but : spectroscopes de Helmholtz, Hering, lord Rayleigh, Nagel,. Edridge Green, etc., donnant toutes les longueurs d’onde du spectre et par conséquent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ce sont là instruments précis, indispensables pour lès recherches de laboratoire, mais trop coûteux et minutieux pour la pratique courante de sélection physiologique des hommes.
- On a découvert/'grâce à eux, qu’une même couleur complexe peut être réalisée par plusieurs couleurs ^spectrales de longueurs d’ondes déterminées et que ces mélanges sont différemment perçus par les diverses personnes ; on a pu expérimenter aussi l’influence de l’intensité des lumières colorées sur la vision, etc.
- Pour la sélection des mécaniciens et des marins, point n’est besoin de couleurs spectrales pures. La lumière des signaux est teintée par des verres colorés : verts sans trace de rouge, ou rouges sans trace de bleu. 11 suffit, pour juger du daltonisme des candidats, de leur présenter les mêmes couleurs. Il faut le faire à diverses intensités, puisqu’à la limite de visibilité, la périphérie de la rétine est peu sensible au rouge, le centre de la fovéa peu sensible au bleu, si bien qu’on voit seulement alors
- p.124 - vue 137/663
-
-
-
- MESURE DE LA VISION DES COULEURS
- 125
- les points bleus qu’on ne fixe pas, les points rouges qu’on fixe.
- Depuis longtemps, la Marine française employait pour ces examens des disques chromo-optométriques imaginés par le D1 P.
- Le Méhauté. Lès chemins de fer n’avaient pas encore d’appareils spéciaux.
- Depuis trois ans, tous emploient un nouvel appareil, le chromophotoptomètre, inventé et réalisé par M. Emile Guérin, le constructeur connu d’appareils photographiques et stéréoscopiques.
- Le chromophotoptomètre Guérin (fig. 1) comprend une source lumineuse d’intensité variable et réglable constituée par une petite lampe électrique montée en série avec un rhéostat de grande résistance. Pour s’assurer de la constance de l’éclairement, quelles que soient les variations de régime du courant, la lampe éclaire deux verres à soleil travaillés optiquement et tels que le plus opaque éteint exactement la lumière de la lampe quand l’autre a encore une brillance de 150 bougies par mètre carré, correspondant à celle d’un diffuseur blanc recevant un éclairement de 400 lux.
- La lampe est montée cà l’intérieur d’un tube muni d’une fenêtre par où elle éclaire, par transparence, soit les optotypes dont la lecture détermine le degré d’acuité visuelle, soit les verres colorés du chroma-toscope qui servent à apprécier l’aptitude à lire de loin les feux colorés des signaux de nuit.
- Une boîte à lumière, portant à ses extrémités l’optomètre et le chromatoscope, peut tourner autour du tube pour amener successivement en regard de la fenêtre celui des deux organes : optomètre ou chromatoscope qu’il s’agit d’éclairer. Une fente ménagée dans la boîte à lumière, en arrière de l’opto-mètre, peut recevoir des écrans absorbants en vue d’épreuves d’acuité visuelle crépusculaire et nocturne. L’appareil est en outre prévu pour servir à des mesures d’acuité dans un éclat de lumière
- Fig.
- La lettre E de l'échelle décimale de Mono_yer.
- Fig. i. — Le chromophotoptomètre Guérin.
- éblouissante et à des évaluations de durée des perceptions lumineuses.
- Optométrie. — Un ruban translucide, portant des optotypes divers peut être déroulé-devant une série de trois fenêtres de grandeurs diverses dont une seule est ouverte à la fois. Les optotypes sont donc vus un par un, dans un ordre quelconque, inconnu du sujet, ce qui évite toute supercherie possible.
- Les optotypes sont des caractères (lettres, chiffres, signes) dont la lecture détermine le degré d’acuité visuelle.
- Les variétés en sont nombreuses, mais les plus employées sont l’échelle de Snellen, l’échelle décimale des lettres ou signes de Monoyer, les anneaux de Landolt et l’échelle dite du Congrès de Naples, composée d’anneaux de Landolt et de chiffres.
- Le tracé des optotypes résulte des considérations suivantes.
- 1° On est convenu de considérer comme acuité normale celle dont le pouvoir séparateur (minimum separcibile) correspond à l'angle d’une minute.
- 2° On a coutume, afin de ne pas faire intervenir les phénomènes d’accommodation, de placer les optotypes à 5 m. du sujet examiné. Les optotypes sont donc établis en vue de la lecture à cette distance de 5 mètres.
- 5° On admet en outre que l’optotype 1 doit être inscrit dans un carré de 5 minutes de côté.
- Pour une acuité normale, lé test peut donc être constitué par des traits et des intervalles qui, pour être vus sous l’angle d’une minute à 5 m., devront avoir 1455 mm de largeur.
- Vue à 5 mètres, elle aura une hauteur apparente de 7,28 millimètres correspondant à un angle de 5 minutes.
- S’il s’agit d'une lettre ou d’un signe, sa plus ïrande dimension sera 1,455 X 5, soit 7,28 mm. Les lettres, en particulier, ne se prêtent pas très
- p.125 - vue 138/663
-
-
-
- 126 :;-7-. ... MESURE DE LA VISION DES COULEURS
- 73 mm
- Échelle de Monoyer
- 10 9
- 10 10 10 10 10 10 10 10 10 /o
- Fig. 3. — Les degrés d’acuilè visuelle et la hauteur
- apparente des signes selon l’échelle de Monoyer.
- bien à l’application de ces règles. On peut les deviner plus qu’on ne les lit. Elles n’olîrent pas toutes le même caractère de lisibilité. Pour une même série, une seule dimension reste constante : la hauteur.
- Mais elles ont pour elles une grande simplicité de désignation, et, en ayant soin d’en faire un choix judicieux par l’élimination de celles qui sont d’une lecture trop simple ou trop difficile, et de les disposer en quantité suffisante pour corriger, par un assez grand nombre de lectures, les erreurs à craindre du fait de leurs lisibilités inégales, on arrive à en tirer bon parti.
- C’est ainsi qu’en France, elles sont utilisées un peu partout, et que les lettres de l’échelle de Snellen et de Monoyer sont d’un usage très répandu.
- La lettre E, par exemple, considérée dans le sens vertical, est une de celles qui répondent le mieux à la définition (fig. 2).
- Dans l’échelle décimale de Monoyer, les optotypes correspondant à l’acuité visuelle normale, qui sont les plus petits, se trouvent complétés par neiif autres séries, d’acuité visuelle décroissante, exprimée en dixièmes de l’acuité normale, et inversement proportionnelle à la grosseur des caractères lus.
- Ce système de grossissement, qui a jusqu’ici prévalu, repose sur l’hypothèse que le degré d’acuité
- visuelle Y= D étant la distance à laquelle devrait
- être lu l’optotype pour que ses éléments soient vus sous l’angle d’une minute à la distance d'examen d, de 5 m. (fig. o).
- L’acuité 1/10 sera définie, dans cette convention, par la lecture à 5 m. d’un oploLype 10 fois plus grand que celui d’acuité 10/10.
- On a reproché à ce système de présenter des différences trop notables entre les optolypes à mesure qu’on s’écarte de l’acuité normale et surtout au voisinage de l’acuité I /10e. D’autres dispositifs ont été proposés, mais le système décimal de Monoyer a cependant prévalu, notamment au congrès international de Naples qui en a consacré l’application.
- Outre les lettres et chiffres, on emploie des signes, spécialement pour les illettrés et des anneaux imaginés par Landolt, constitués par des couronnes présentant chacune une coupure dans un court segment; la coupure a une largeur égale à l’épaisseur de la couronne, soit, pour l’optotype correspondant à l’acuité normale, la corde de l’arc d’une minute. Ces anneaux de Landolt ressemblent à des lettres c très fermées et diversement orientées; ils permettent de dépister l’astigmatisme.
- Les optotypes employés sont à volonté : 1° les lettres de l’échelle de Monoyer (échelle décimale complète imprimée sur un ruban de soie pure de 11,5 cm de hauteur et de MO cm de longueur); 2° les signes de la même échelle (échelle décimale simplifiée 1/10, 2/10, 4/10, 5/JO, 6/10, 8/10, et 1) imprimés sur le même type de ruban, dont la lon-
- Fig. 4. — Lunette-masque pour l’examen séparé des yeux.
- p.126 - vue 139/663
-
-
-
- MESURE DE LA VISION DES COULEURS
- gueur n’est alors que de 75 cm; 3° les anneaux de Landolt imprimés selon une échelle décimale exacte et complète, et à raison de quatre anneaux dans chaque série.
- L’acuité visuelle et l’astigmatisme étant déterminés, on passe à la chromatoscopie, pour juger de l’aptitude à distinguer à longue distance, sans confusion, les feux colorés des signaux de nuit.
- Chromatoscopie. — Le chromatoscope est constitué par des verres colorés éclairés par transparence.
- En règle générale, les feux ainsi obtenus sont combinés, quant à l’angle sous lequel ils se présentent k la distance d’examen et quant à leur éclat, de manière à reproduire aussi exactement que possible l’aspect de signaux réels.
- Le chromatoscope destiné à la Marine est établi pour épreuve, dite des trois feux, à la distance de 5 m. et une épreuve, dite de confusion, fà la distance de 2 mètres.
- L’épreuve des trois feux est basée sur ce que tout candidat qui, cà 5 m., reconnaît les feux de 6/10 de millimètre de diamètre, possède une acuité ‘visuelle suffisante pour reconnaître en mer les feux de route à 2000 mètres.
- Pour celte épreuve, trois feux colorés sont simultanément présentés au sujet. Les seules couleurs utilisées sont celles des signaux de nuit : le rouge, le vert et le blanc.
- L’épreuve de confusion consiste à faire passer successivement devant les yeux une série de disques bicolores dont on doit indiquer les dèux couleurs juxtaposées.
- Dans le but de déceler plus facilement le daltonisme, le vert et le rouge offrent deux degrés différents de saturation, et l’on voit un disque présentant simultanément un vert clair et un vert foncé, alors qu’un autre disque associe le rouge clair et le rouge foncé.
- On sait, en effet, qu’un verre coloré est d’autant plus absorbant que sa couleur est plus saturée. Or, les daltoniens ne peuvent distinguer le rouge du vert que par la différence de leur éclat lumineux : le rouge, par exemple, leur paraît plus clair que le vert ou inversement.
- En intervertissant, d’une expérience à l’autre, l’éclat du vert et du rouge, leur embarras devient extrême et leur hésitation seule est une preuve de la viciation du sens chromatique.
- Pratiquement, l’appareil comprend : 1° une roue mobile qui présente, sur une même circonférence, une série de huit orifices munis chacun de deux verres de couleur, juxtaposés suivant le diamètre tangent à la circonférence;
- 2° La façade de l’appareil, constituée par une , porte fi l’intérieur de laquelle est montée la roue
- 127
- ci-dessus. Cette porte est ajourée pour laisser paraître les verres colorés ;
- 3° L'écran extérieur mobile percé de trois trous de 6/10 de millimètre de diamètre, disposés en triangle et d’un autre orifice circulaire de 10 mm de diamètre.
- L’épran peut occuper trois positions : a) tous les feux sont masqués; b) les feux de 6/10 seuls sont visibles ; c) le feu bicolore de 10 mm seul est visible. Quand l’écran est dans l’une des positions 2 ou 3, on peut tà volonté changer les couleurs en faisant tourner la roue mobile.
- L’expérience peut ainsi porter, pour chaque position de l’écran, sur huit combinaisons différentes.
- Le chromatoscope réalisé pour les chemins de fer P.-L.-M. utilise les verres mêmes des signaux de la voie : rouge, vert, jaune, bleu, violet, blanc. La roue portant les verres présente successivement, au travers d’une fenêtre pratiquée dans la façade, soit un signal fixe, simple ou combiné, soit les signaux arrière des trains. Le signal avancé est représenté par un feu de 3,9 mm (réduction au 1/100 du signal réel); la règle de proportionnalité, en vigueur dans la Marine, fait admettre que la lecture correcte à 5 m., équivaut à la lecture réelle à 500 m., ce qui paraît approprié à l’exécution de l’ordre transmis par ce signal. Les autres signaux fixes sont établis à la même échelle. Celle-ci se trouve réduite au 1/200 en ce qui concerne les signaux arrière des trains.
- Lunette masque. — Pour permettre l’examen séparé de chacun des yeux, l’appareil est complété par une lunette masque à obturation monoculaire et alternante (fig. 4). La lunette est constituée par une monture dont les branches, à écartement variable, sont munies de bonnettes à œillères arrêtant toute lumière latérale. Un volet métallique, pivotant autour de l’articulation de la monture, peut obturer alternativement l’une ou l’autre des deux œillères.
- Le tout est porté par une lame ressort se moulant sur la tête, ce qui permet de disposer commodément le masque devant les yeux du sujet.
- Le chromophotoptomètre et ses accessoires s’enferment dans un coffret facilitant les transports et servant de socle à l’appareil lui-même lorsque celui-ci est en fonction.
- Le chromophotoptomètre Guérin constitue ainsi un appareil pratique, remarquablement étudié et réalisé pour les besoins de la pratique courante, et il faut souhaiter que son emploi se généralise dans toutes les entreprises oh l’acuité visuelle et la discrimination des couleurs constituent un élément de sécurité de premier ordre
- A. B.
- p.127 - vue 140/663
-
-
-
- Fig. i.
- Vue d’ensemble de Vexcavatrice pour canaux.
- EXCAVATRICES POUR CANAUX
- Lorsqu’il s’agit de nettoyer périodiquement le fond des grands canaux, de manière à assurer la navigabilité dans de bonnes conditions, on utilise des excavatrices ou des dragues puissantes, qui généralement emploient des chaînes à godets ou des appareils de succion et d’aspiration de manière à retirer les vases, les boues et toutes les matières qui obstruent plus ou moins le cours d’eau.
- De même pour ouvrir de nouvelles voies d'eau, pour approfondir des voies existantes, pour les débarrasser de la végétation qui peut être fort épaisse, on emploie des modèles tout à fait perfectionnés.
- Voici paç_, exemple ceux qu’une maison anglaise a construits pour les Indes. Le navire se trouve équipé avec une batterie de six hélices coupantes qui permettent de draguer suivant la largeur du bateau lorsqu’il se dirige en ligne droite, cette largeur étant de 15 mètres. Trois buses ouvertes se trouvent à l’avant du bateau et elles supportent trois carcasses de tubes suceurs dont chacune a deux arrivées de succion et correspond à deux hélices rotatives coupantes qui précèdent ainsi les bouches suceuses.
- Chaque paire de coupeurs est commandée au moyen d’embrayages- et d’engrenages coniques à partir l’arbre vilebrequin du moteur Les supports des tuyaux de succion sont des cadres qui permettent de draguer à une profondeur de 10 m. sous l’eau.
- Chaque cadre est commandé par un mécanisme élévateur à vapeur qui agit au moyen de palans et de câbles métalliques.
- Tous ces mécanismes sont disposés de façon qu’ils puissent être manœuvres indépendamment les uns des autres ou tous ensemble.
- Sur le bateau excavateur se trouvent deux pompes centrifuges principales, chacune actionnée par un moteur vertical. Ces deux pompes aspirent les matières qu’il s’agit d’enlever, par les extrémités
- des tuyaux de succion ou bouches suceuses, et l’on décharge le tout dans un tuyau flottant de plus de 200 m. de long qui se rend à un ponton récepteur. Ce tuyau est élevé à une hauteur de 8 m. 50 au-dessus du niveau de l’eau et les déblais sont ainsi transportés sur la berge à une distance de 50 m. du tuyau flottant et dans une direction perpendiculaire.
- Des joints avec des billes d’acier assurent les déformations nécessaires au tuyau de déchargement qui a 16 m. 50 de long et qui se trouve soutenu par de petits pontons circulaires.
- Une installation de chaudière placée sur le bâtiment assure la production de vapeur nécessaire au fonctionnement des différents moteurs. Étant donnée la contrée^ pour laquelle ce bateau a été prévu, on a installé un dispositif frigorifique. Une dynamo fournit le courant pour l’éclairage électrique et tous les perfectionnements les plus modernes ont été rassemblés sur ce navire dragueur très original.
- E. Weiss.
- Fig. 2. — Vue arrière montrant les hélices coupantes et les bouches suceuses.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925
- p.128 - vue 141/663
-
-
-
- niMiwm umm»Tnw»iMiii—in»iBiiiiiiiBiii imimi w..
- SOMMAIRE :
- Ravalement des édifices et œuvres d’art par jet de. vapeur : M. Bousquet.
- La botanique en chemin de fer : Henri Coupin.
- La construction d’un grand miroir de télescope : G.-W. Ritchey.
- La manufacture nationale de Sèvres : Jacques Boyer.
- L’équilibre acide carbonique-carbonates : R. Legendre.
- Une nouvelle pêcherie de morue : Charles Rabot. — Académie des Sciences : Paul B. Les engrenages à éléments laminés : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Bulletin astronomique. — Variétés, etc.
- LE NUMÉRO
- Ç France . . , ; ( Union postale.
- i franc 1 fr. 23
- MASSON ET Cie, Éditeurs.
- lco, boulevard Saint-Germain, Parut.
- p.n.n. - vue 142/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2682.
- 29 AOUT 1925
- RAVALEMENT DES ÉDIFICES ET ŒUVRES D’ART PAR JET DE VAPEUR
- Depuis quelque temps, un autre procédé mécanique que celui au jet de sable est utilisé aussi bien pour le ravalement des façades des immeubles urbains que pour le nettoyage des monuments, fontaines, statues, etc. 11 consiste à opérer, au moyen d'un.outillage spécial et d’un jet de vapeur, le nettoyage de la pierre, de la brique ou du marbre, tout en rendant à ces différents matériaux leur aspect d’origine : structure et couleur, sans pour cela les abîmer.
- Une petite chaudière verticale, de faible encom-
- détachées et entraînées par l’eau de condensation et s’écoulent avec celle-ci. Au cas où l’objet à nettoyer est fortement encrassé, on l’enduit préalablement d’une composition alcaline, semblable à un savon mou, ne présentant, par conséquent, aucun risque de détérioration pour les matériaux qu’ils soient tendres ou durs ; l’opération est alors grandement facilitée.
- Il est bon de rappeler que les pierres, au moment de leur extraction, sont plus ou moins imprégnées dans leur masse d’une eau dite « eau de carrière »
- Fig. i. - Fig. 2.
- Ouvrier procédant au nettoyage d’une statue. Buste d’Annibal partiellement nettoyé au, jet à vapeur.
- (Parc'de Versailles.)
- b rement et aisément transportable, fournit de la vapeur à haute pression qui, par l'intermédiaire d’une tuyauterie, mi-rigide, mi-flexible, est amenée dans un petit appareil d’où elle sort en un jet aplati. L’ouvrier ravaleur tient cet appareil à l’aide d’un manche en bois, l’approche à la distance d’un ou deux centimètres de la partie à nettoyer, puis le déplace lentement de haut en bas, en le maintenant toujours à la même distance du matériau ; il faut, en effet, avoir soin de ne le mettre jamais en contact avec lui.
- Sous la double action de la vitesse et de la pression de la vapeur, toutes les crasses, moisissures, poussières déposées sur la surface ou incorporées dans les pores du matériau, sont parfaitement
- laquelle tient en suspension des seff naturels, particulièrement des silicates. Lors de leur mise en œuvre dans une construction, cette eau ne tarde pas à s'évaporer par la paroi extérieure de la construction, y déposant ainsi les sels qu’elle renfermait; ces derniers finissent peu cà peu par durcir ce parement sur quelques millimètres d’épaisseur, formant de cette façon un enduit protecteur contre l’action destructive des ' agents atmosphériques. Cette couche protectrice appelée par les techniciens « calein » et qui constitue cette patine si recherchée des artistes, n’a pas exactement la couleur de la pierre dans sa masse.
- La pratique montre que le nettoyage par la vapeur, baptisé Roæor par ses inventeurs, ramène la pierre
- 9. - 129.
- 53’ Anr.ée. — 8’ Semestre
- p.129 - vue 143/663
-
-
-
- 130
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- à la couleur de son calcin, alors- qu’à cet égard les autres procédés sont inopérants. Le brossage à sec, le lavage à l’eau, le grésage, ne donnent, en effet, que des résultats imparfaits, lùême lorsqu’on les complète par un badigeonnage partiel, afin de maquiller une surface fortement encrassée. Sans doute, le grattage au chemin de fer et le décapage au jet de sable par l’air comprimé peuvent redonner à une façade encrassée un aspect vraiment propre, mais cela est obtenu au détriment du calcin, puisque dans le premier procédé, le rabotage, dans le second, l’érosion, enlèvent les quelques millimètres d’épaisseur auxquels les saletés de toutes sortes sont agrippées ou incorporées. Outre qu’en opérant ainsi on expose la pierre aux injures du temps, on modifie sa forme primitive, les lignes perdent de leur caractère, et quand il s’agit de parties moulurées ou décorées, cet inconvénient est grand.
- Ceci explique pourquoi jusqu’ici le ravalement des monuments classés et des œuvres d’art en général était difficile, pour ne pas dire impossible. Le jet de vapeur constitue donc un réel progrès technique, tant à ce point de vue qu’au point de vue hygiénique, puisqu’il réalise la destruction microbienne, la stérilisation, en un mot, des façades des édifices ainsi nettoyés. Il est également d’un prix de revient économique.
- La chaudière du type tubulaire (fig. 5) fournit la vapeur sous une pression de. 7 kg qu’un ouvrier peut utiliser, alors même que l’objet à nettoyer se trouve à une distance de 95 m. de la chaudière; si la tuyauterie est doublée — ce qui est possible, — deux opérateurs peuvent parfaitement
- travailler à la fois jusqu’à 50 mètres de la chaudière.
- Le procédé Roxor a été dernièrement appliqué par l’Administration des Beaux-Arts sur un certain nombre de statues, vases et bancs des parcs de Versailles et de Fontainebleau. Le résultat a été pleinement satisfaisant, les marbres ont repris leur teinte d’origine, les pierres la couleur de leur calcin, sans désagrégation aucune. Enfin, la patine que le temps leur avait donnée a été respectée, patine indiscutablement plus belle que les blancs de trop courte durée des badigeons ou des grattages.
- Les figures 1 et 2 représentent notamment les nettoyages au jet de vapeur du buste d’Annibal nDéparts vapeur 0e coté gauche restant encore à
- faire) et d’un Antique montrant l’opérateur au travail.
- Gomme ravalement de façades et murs, citons à Paris : la façade en briques du journal Le Petit Parisien, rue d’Enghien, la façade en marbre des magasins d’Exposition de la Samaritaine, boulevard des Capucines, les cloîtres et la cour intérieure en pierre et briques, l’escalier d’honneur en pierre factice de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures ; les murs et voûtes en meulière, moellons faïences ; de la gare souterraine et Denfert-Rochereau ; à Lyon, la façade en pierre de la succursale de la Banque de France; celles également en pierre du Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie ainsi que le bâtiment d’Administration de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M., etc.
- M. Bousquet.
- Cheminée „
- -Robinet
- • - -Foyer
- Fig. 3.
- Coupe de la chaudière.
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- Les causes de la répartition géographique des plantes [Suite (l).]
- 4° Influence de l’altitude. — Dans les montagnes, on rencontre des espèces tout à fait différentes de celles de la plaine et leur nature varie même beaucoup avec l’altitude. Les facteurs qui agissent ne semblent pas être, comme on pourrait le croire, la pression barométrique, mais la durée des saisons, l’intégrale des températures particulières aux espèces alpines, l’intensité et la durée de l’éclairement, la plus ou moins grande abondance de pluies, et aussi, peut-être, l’humidité de l’air.
- Au sujet de l’action solaire, on peut remarquer, d’une manière générale, que les végétaux ne reçoivent qu’une fraction de l’unité de radiation. « Le coefficient de transparence de l’atmosphère qui est de 75 pour 100 pour les rayons calorifiques (soit 25 pour 100 de chaleur incidente perdue en route) est de 80 pour 100 pour les rayons lumineux e t de 44 pour 100 pour les rayons chimiques, violets ou ultra-
- 1. Voir n° 2681.
- violets. « En montant en altitude, on voit les coefficients de transparence de l’atmosphère augmenter beaucoup. La quantité de chaleur reçue en une minute, pai centimètre carré, à la limite de l’atmosphère, étant de 2 cal., 54 (constante solaire) on a trouvé comme chaleur reçue, au môme moment, 1 cal., 74 à Paris et 2 cal., 50 au sommet du Mont-Blanc. Sur les montagnes élevées, la chaleur reçue par l’unité de surface, dans l’unité de temps, peut donc être beaucoup plus élevée que dans les plaines. » (Ed. Gain). Voici, d’ailleurs, les chiffres exacts auxquels il vient d’être fait allusion.
- Nombre de calories reçues par miaule par centimètre carré do -Altitude surface
- Paris . ....................... 50 m.
- Glaciers des Bezons ... 1200 m.
- Grands-Mulets........ 5050 m.
- Sommet du Mont-Blanc. . 4810 m.
- 1 c. 745 %
- 2 c. 022 2 c. 202 2 c. 592
- p.130 - vue 144/663
-
-
-
- ....."" ' - . ----: LA BOTANIQUE EN
- ^ On peut remarquer que ces nombres augmentent d’aborcl rapidement, puis lentement; ce fait s’explique par la présence de grandes quantités de vapeur d’eau dans les basses régions de l’atmospbère.
- Au point de vue de la température, il convient de remarquer que gravir 180 à 4(JO mètres dans une montagne correspond à peu près à franchir 100 kilomètres en latitude vers le pôle Nord; dans les deux cas, en effet, la température s’abaisse d’environ 1°. Ce seul fait montre pourquoi les variations des flores en altitude rappellent beaucoup celles des flores en latitude, mais condensées sur un espace beaucoup plus restreint.» Les végétaux ont des limites inférieures et des limites supérieures, aussi bien en altitude qu’en latitude. On peut, par exemple, dresser des courbes isobathes ou isohypses des limites altitudinales des forêts. Les diverses espèces occupent donc des zones définies et des niveaux, caractéristiques. En montant dans les Pyrénées Orientales, par exemple, l'Olivier s’arrête à 420"> d’altitude; le Châtaignier à 800“ ; le Sapin à 1950"’ ; le Bouleau à 2000“; le Pin à 2450"’. Le Sapin s’arrête vers 1000"’ à.2000'" dans les Vosges; à 1500"’dans Je Jura; à -1700“’ en Corse; à 1950’" en Sicile. Il y a des variétés adaptées à certains niveaux et qui s’y trouvent confinées (variétés de Pins de montagne par exemple). Les niveaux supérieurs vont en s’élevant à mesure qu’on se rapproche de l’Equateur, comme le fait le niveau inferieur des glaciers. Il en est de même des niveaux inférieurs, mais ceux-ci ne sont perceptibles qu’à une certaine distance du pôle. Le Pin sylvestre, par exemple, va de la plaine jusqu’à 850 mètres dans les Vosges; jusqu’à 1000 mètres dans le Dauphiné; dans la Sierra-Nevada, il est exclusivement montagnard et se tient de 1500 à 2100™. VEpicéa se tient de 000 a 1200"’dans les Vosges; de 800 à 1700"’ dans les Alpes-Maritimes. » (Ed. Gain.)
- Comme l’a décrit G. Bonnier, en quittant les côtes de la Méditerranée, nous traversons d’abord, dans la .zone des Oliviers, d’importantes forêts de Pins maritimes et de Pins d’Alep, et des garigues pierreuses où dominent le Thym et la Lavande ; sur les côtes plus élevées nous trouvons encore des bois formés par des arbres méridionaux rabougris, dont le plus important est le Chêne vert aux feuilles persistantes. Mais à mesure que nous montons sur les flancs de la vallée du Yar, nous voyons, peu à peu, disparaître foules ces espèces, cl. dès que nous avons dépassé la crête des contreforts des Alpes provençales, la végétation change brusquement ; nous sommes dans les forêts de Hêtres et de Sapins, et les plantes herbacées sont presque toutes différentes de celles que nous avons rencontrées jusqu’alors ; ce sont des Myi tilles, des Pyrôles, des Gentianes et toutes les belles plantes de la flore subalpine (la zone subalpine s’arrête à environ 15011 mètres d’altitude pour faire place à la zone alpine). Bientôt les Epicéas viennent se mêler aux Sapins ; les Hêtres deviennent plus petits, puis cessent complètement. Nous traversons des forêts d'Epicéas encore mélangés de quelques Sapins ; plus haut, ce sont des Mélèzes, qui les remplacent et nous atteignons la limite de la végétation des arbres. Nous traversons la région des Rhododendrons, des Saules arbustes, des Genévriers nains dont les rameaux s’aplatissent sur les rochers et nous atteignons les prairies alpines entièrement formées de plantes vivaces aux Heurs si variées. Au faite des Alpes, dans la région des neiges éternelles, nous pourrons encore trouver quelques Heurs sur les contreforts des roches : la Renoncule des glaciers, la mi-
- CHEM1N DE FER - 13f
- nime Gentiane des neiges, le Saule herbacé, plante de quelques décimètres, les petites touffes de Silènes roses et des Androsac-rs ; puis, sur les pics les plus hauts, ce ne seront plus que clés mousses, et, enfin, des lichens, dont les plaques jaunâtres ou cl’un vert glauque marqueront au-dessus des glaciers, les dernières traces cle la végétation. Les observations ont permis de classer la végétation en régions superposées qu’on a distinguées sous le nom de zones de l'Olivier, du Chêne vert, du Hêtre, de Y Épicéa, du Rhododendron, du Saule herbacé.
- Une cause domine toutes les autres dans ces variations avec l’altitude : c’est Yintégrale des températures.
- Plus on s’élève dans les montagnes, plus le nombre de plantes annuelles diminue parce qu’elles sont remplacées par des plantes vivaces, ainsi que le montre la statistique ci-dessous :
- Proportion dos espèces Altitude annuelles ou bisannuelles
- De 2()0m à GUIL".................... (>() ojo
- De (j()()"’ à 1800“................. 35 %
- De 1800’" aux neiges persistantes. . 0%
- Quelques espèces, d’ailleurs, envisagées chacune en particulier, peuvent voir la durée 41e leur existence varier avec l’altitude. Ainsi la Linaire des Alpes vit plusieurs années dans les Hautes Alpes, tandis que, dans les basses altitudes, elle est annuelle et se contente d’être bisannuelle a des altitudes moyennes.
- 5° Influence de la latitude et de la longitude. — Les espèces du Midi de la France ne sont pas, pour certaines, les mêmes que celles du Nord de la France. Les causes de cette diversité sont, évidemment, la température et, a un moindre degré, la durée de l’éclairement. On pourrait en dire autant des différences qu’il y a entre la flore de l’Ouest et celle de l’Est, différences qui tiennent surtout au climat.
- 6° Influence de l’exposition. — Tous les cultivateurs, savent que les terrains exposés au Midi reçoivent plus de chaleur que ceux exposés au Nord, et que, dans les premiers, on peut cultiver des espèces qui ne pourraient croître ou, tout au moins, mûrir dans les seconds. Pour les plantes sauvages il en est de même et c’est souvent ce qui explique que sur le versant d’un coteau, il n’y a, parfois, pas la même espèce que dans l’autre. On peut le constater facilement dans toutes les régions plus ou moins montagneuses. Nous n’en citerons qu’un exemple, relatif au Massif de l’Aigoual, et signalé par Josias Braun :
- « L’influence de l’exploitation se manifeste à des degrés divers suivant l’inclinaison des pentes; elle est plus marquée sur les pentes à forte inclinaison : conséquence de l’insolation très intense sur les versants Sud, Sud-Esl, Sud-Ouest, faible sur les versants Nord, Nord-Est, Nord-Ouest.
- Dans la vallée supérieure de l’Hérault, entre Yalle-raugue et Mallet, la différence entre le flanc ensoleillé (adret) et le versant ombragé (ubac) atteint de 400 à 500 mètres. Les derniers bouquets de Chênes verts ne dépassent pas 450 mètres à l’ubac ; ils s’élèvent à 900-950 mètres sur le versant sud de l’Aigoual. Ici, la forêt de Hêtres commence à 1200 mètres; là, aux ubacs de la Luzette, elle apparaît dès 800 mètres. Il en est de même dans la vallée de l’Arre, où près de Las Fons, les peuplements purs de Chêne blanc descendent sur le versant Nord du Causse jusqu’à 500 mèlres, tandis qu’en face, sur des terrasses exposées en plein Midi, Y Olivier monte à
- p.131 - vue 145/663
-
-
-
- 132
- LA CONSTRUCTION D'UN GRAND MIROIR DE TÉLESCOPE
- 500 mètres et des bouquets de Chênes vais à 670 mètres.
- 7° Influence du vent. — Les vents, s’ils viennent de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Midi, n’ont pas, loin de là, la même température ni la meme humidité. On
- comprend ainsi comment ils peuvent agir sur la llore suivant leur direction habituelle ou momentanée dans une région.
- (/I suivre.) IIk.niu Gourix.
- LA CONSTRUCTION D’UN GRAND MIROIR DE TÉLESCOPE
- A l’Observatoire de Paris.
- Dons son article sur les travaux (l'un Observatoire (n',2680), M. Doublet a fait allusion au grand télescope offert par M. et Mme Dina à l'Observatoire de. montagne qu'ils ont décidé de fonder en France. Ce télescope est construit par le maître américain G.-W. Ritcliey.
- Celui-ci, dans une communication à l’Académie des Sciences, que nous reproduisons ci-dessous, vient (le donner d'intéressantes précisions sur la construction du miroir de ce télescope, qui prendra place parmi les plus puissants instruments d'observation.
- ' Depuis l’été de 19*24, des recherches sont elïectuées en vue de construire le télescope de grand diamètre que M. et Mme Dina destinent à l’Observatoire qu’ils ont décidé de fonder. Ces recherches sont poursuivies dans la grande galerie de l’Observatoire de Paris, devenue le Laboratoire d’optique Dina.
- Les difficultés qui se sont rencontrées dans la construction des miroirs au moyen de très grands disques île verre plein,’ coulés d’une seule pièce, et possédant l’épaisseur considérable qui leur assure nne rigidité suffisante, ont démontré la nécessité de recourir à un mode nouveau de construction, ou à une matière nouvelle, si l’on veut dépasser les dimensions et la perfection actuellement atteintes.
- Nous nous sommes proposé, en étroite collaboration avec la Société des Glaceries de Saint-Gobain, d’édifier de larges disques au moyen de plateaux circulaires et de cloisons rectangulaires, en verre mince et spécialement recuit; ces plateaux et ces cloisons étant cimentés ensemble de manière à former des disques cellulaires d’une très grande rigidité, et d’une très grande solidité, quoique trois ou (quatre fois moins lourds que les disques pleins de même diamètre.
- Les plateaux et les cloisons qui servent à la construction d’un même miroir sont tous de la même épaisseur et pris dans une même coulée. Les épaisseurs adoptées pour les plaques de deux miroirs d’essai de 75 et 150 cm. sont respectivement de 13 et 15 mm. Le système de cloisons qui sépare les plateaux est entièrement percé d’ouvertures, qui assurent le libre passage de l’air à travers toute la masse. Le polissage optique porte sur bu face extérieure de l’un des plateaux.
- Il fallait trouver un ciment à la fois solide et, permanent. Nous avons adopté la résine synthétique, connue sous le nom de bakélite, qui s’emploie comme une colle,
- et qui durcit quand on la maintient à la température do 140° pendant quelques semaines. Quand cette cuisson a été bien conduite, la bakélite acquiert des propriétés physiques hautement favorables; en essayant à la rupture deux pièces de verre ainsi assemblées, c’est toujours le verre qui cède.
- La technique du collage a exigé de longues et patientes recherches. Il est nécessaire, de dresser et de dégrossir finement les surfaces à coller. Pendant toute la durée de la cuisson, il faut exercer sur elles une pression uolable, ce qu’on a réalisé à l’aide d’une presse métallique com-pliquée, qui exerce l'effort nécessaire, sans danger de rupture de verre.
- Après divers essais à petite échelle, un premier miroir-plan- de 75 mm d’ouverture a été construit j>ar le nouveau procédé et soigneusement taillé. 11 est soumis depuis plusieurs semaines à un contrôle optique rigoureux qui ne révèle aucun changement dans sa surface. Le contrôle s’effectue par la méthode de Foucault (lame de couteau). Poür cela, le miroir cellulaire est associé à un miroir sphérique (taillé dans un disque plein) de 10 m. de rayon de courbure, la lumière se réfléchissant deux fois sur le miroir-plan, qu’elle rencontre sous une incidence de 45°. La vérification est donc extrêmement sensible. On doit opérer à température bien uniforme, et la nuit, pour éviter les trépidations. Dans ces conditions, le miroir cellulaire s’est montré d’une permanence absolue (1).
- Un miroir concave de 1 m. 50 d’ouverture et de 10 mètres de rayon est actuellement en construction. Les plaques employées ont 15 mm d’épaisseur. La construction eût été plus facile et plus économique avec une épaisseur un peu plus grande, de 2*2 mm par exemple. Mais les difficultés qu’on aura à vaincre avec l’épaisseur adoptée seront d’un enseignement précieux pour la construction des miroirs cellulaires beaucoup plus grands qui sont en projet .
- G.-W. limait;v.
- 4. Un premier polissage ayant été effectué aussitôt après la sortie du four, on observa au bout de quelques jours de légers changements locaux de la surface, atteignant environ un vingtième de frange. 11 est probable que le verre ne reprend un état, de régime stable que quelques jours après la lin du recuit prolongé que nécessite le collage. On en est quitte pour attendre quelques jours, quelques semaines même, avant de commencer le travail optique.
- p.132 - vue 146/663
-
-
-
- = ^s^^sismise^îstas ====
- LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES
- à l’Exposition des Arts Décoratifs.
- 133
- Œuvre de l’architecte Patout, les deux pavillons de la Manufacture Nationale de Sèvres et le parterre vqui les sépare occupent une place d’honneur à l’Exposition des Arts Décoratifs. Flanqués de deux rangees .de quatre grands vases en grès, ils se dressent sur l’Esplanade des Invalides et quand on débouche du pont Alexandre III, on voit leur niasse, d’une éclatante blancheur, se détacher sur la façade palinée par le temps du célèbre monument de Man-sart (fig. 1). Dans ces deux petits palais, on a accumulé bien des nouveautés céramiques, bien des porcelaines d’une artistique facture. Les promoteurs
- sculpturaux du parterre. Les grès cérames se fabriquent en ajoutant à l’argile grésique du sable de Decize ou matière dégraissante destinée à empêcher; leur pâte de se fendiller lors du séchage. Les pièces sont recouvertes d’émail dilué dans l’eau et appliqué au pinceau. On cuit alors le grès lentement dans de grands fours jusqu’à une température de 1500° environ.
- Le grès peut d’ailleurs se décorer au moyen de couvertes ou émaux mats et brillants, particulièrement étudiés à Sèvres. La difficulté réside alors surtout dans l’obtention des tons désirés, car les
- Fig. i. — Les deux pavillons et le jardin de la Manu facture nationale de Sèvres, à l’Exposition
- des Arts décoratifs.
- On aperçoit également les 8 grands vases de 5 m. de haut,composé, par Patout et sculptés par Gauvenel.
- de cette exhibition ont voulu montrer là toutes les ressources de leur fabrication aujourd’hui hors pair et qui n’a plus rien à envier aux établissements similaires de l’étranger;
- Sur les murs extérieurs, des revêtements simples en grès ; sur les surfaces intérieures, des panneaux aux émaux polychromes ; au milieu des salles et sur les meubles, de multiples objets de porcelaine tendre ou dure* des grès émaillés, flammés, du biscuit teinté et des faïences stannifères de création récente, attestent la diversité des matériaux que la Manufacture de Sèvres peut mettre aujourd’hui à la disposition du public, des bâtisseurs de villes, des décorateurs de maisons ou d’appartements. Beaucoup de ces panneaux en pâtes colorées ou de ces carreaux en biscuit émaillés ne sont d’ailleurs pas des pièces de luxe, mais de la céramique courante, d’application aisée et de coût moyen.
- Les huit grands vases ainsi que les revêtements extérieurs des deux pavillons (fig. 1 et 2) sont en grès recouvert de couvertes transparentes. Les revêtements en pâte siliceuse bleu turquoise des bassins rehaussent la sobre tonalité de la décoration générale, du carrelage, des vasques et des motifs
- couvertes de grès donnent des colorations variables avec la nature du support, l’atmosphère du four et l’habileté de l’artiste qui manie les substances employées pour réaliser de tels effets.
- Les grands vases en grès cérame auxquels certains critiques d’art ont reproché leur colossale et massive silhouette possèdent, à notre avis, une puissante allure. L’architecte Patout et le sculpteur Gauvenet les ont réalisés en ajustant, sur une ossature en bois armé,' des panneaux de grès aux arabesques et aux lignes délicates. Dans le jardin qu’ils jalonnent et limitent, se voient quatre bassins, bordés de margelles en pâte siliceuse bleu turquoise comme nous le signalions plus haut et dans l’eau desquels se mirent les petits animaux de Le Bourgeois exécutés en grès recouvert d’un émail craquelé. Entre ces quatre bassins, règne un tapis céramique en grès grand feu coupé au centre par une originale fontaine (fig. 3). Celle-ci se compose d’une corbeille d’où l’eau s’écoule par quatre pans de mur à angle droit. Le sculpteur Bouchard a incisé les carreaux en grès engobé et émaillé, qui forment la partie superficielle de ceux-ci, de sujets rappelant les. fameuses frises des Archets et des Lions de l’Apa-
- p.133 - vue 147/663
-
-
-
- 134 . LA MANUFACTURE NATIONALE
- Fig. 2. — Un des pavillons de Sèvres vu du jardin.
- Revêtements muraux et figures d'animaux en grès cérame, composés par Bourgeois. Panneaux ovales en terre cuite, modèles de Max Blondal.
- dana de Darius à Suse, exposés aujourd’hui au Musée du Louvre.
- Dans leur ensemble, les lignes architecturales des deux pavillons se distinguent par leur sobriété. Quant à leurs façades, de jolies imbrications de Le BÔürgeois et de gracieux médaillons ovales en terte cuite, où Max Blondat a représenté des jeux d’enfants, en rompent l’uniformité.
- Après avoir ' regardé l’extérieur de ces palais temporaires, visitons les chefs-d’œuvre qu'ils abritent.
- Des chaînes défendant l’accès de l’axe des Invalides, il nous faudra entrer par le pavillon de gauche, puis traverser le parterre et gagner ensuite le pavillon de droite. Dans le premier, arrêtons-nous au seuil du salon octogonal pour admirer entre autres la jolie frise en biscuit de porcelaine blanche sur fond bleu (fig. 4).
- Elle représente des enfants dans des gestes divers et gracieux. Au milieu, le petit boudoir de Rapin et Gauvenet ainsi que différents lustres ou lampes, (fig. 6) vont nous permettre d’apprécier les jeux de lumière de la céramique.
- Mais, auparavant, ouvrons une parenthèse afin de rappeler quelques notions techniques nécessaires pour faciliter notre tache de cicerone.
- Les porcelaines sont des pâtes à texture fine et translucide ; on les distingue en porcelaines dures ou tendres. Les premières sont formées d’un mélange de 50 à 70 pour 100 d’argile et de kaolin auxquels on ajoute de la silice et du feldspath comme matière fusible pour donner la translucidité. Dans la composition
- DE SÈVRES AUX ARTS DÉCORATIFS
- des .porcelaines tendres entrent au contraire des matières constituées en majeure partie d’un élément fusible artificiel appelé fritte auquel on ajoute soit un peu de marne et de craie, soit un peu d’argile et de la silice. La fabrication de la porcelaine dure est très complexe; les éléments de la pâte ayant été dorés, mélangés à l’eau, pressés et malaxés, les pièces se façonnent à l’aide de différents procédés tels que le tournage, le moulage, le calibrage, le coulage. Les pièces finies, tournas-sées, retouchées passent au séchage. La cuisson se fait en deux temps ; tout d’aboi‘d les objets en pâte crue et sèche sont placés dans la partie supérieure des fours appelée « globe » où ils subissent une cuisson <à 900’, cuisson qui les transforme en « dégourdi » poreux et assez solide. On les trempe alors pour les émailler dans un bain formé d’eau tenant en suspension une matière feldspathique qui constitue l’émail.
- On porte ensuite ce dégourdi émaillé dans la partie inférieure des fours où il subit une deuxième cuisson, mais cette fois à 1400’. La ' pâte, sous l’action de cette haute température, se vitrifie, l’émail fond complètement en devenant transparent et le tout forme la porcelaine sous l’aspect que nous lui connaissons. Le « biscuit » avec lequel on fabrique les statuettes connues sous le nom de b'scuit de Sèvres, est, contrairement à son nom, cuit une seule fois. On le réalise avec de la pâte façonnée et cuite directement au grand feu, sans aucun émaillage.
- La fabrication des pâtes tendres diffère notable-
- Pig. 3. — Fontaine en grès cérame avec motifs sculptés par Bouchard.
- Un coin de jardin dessiné par Henri Rapin.
- p.134 - vue 148/663
-
-
-
- LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES AUX ARTS DÉCORATIFS
- 135
- ment de la précédente; leur faible teneur en matières plastiques rend leur façonnage extrêmement pénible ; en outre, la première ciiisson en dégourdi n’existe pas. On cuit directement la pièce non émaillée jusqu’à translucidité, puis on émaillé et on recuit pour faire glacer l'émail. Ce dernier ne se compose d’ailleurs pas de feldspath, mais d’un magma artificiel de silicate plombeux alcalin. Il permet l’usage de couleurs de tonalité extrêmement riche employées soit sous l’émail, soit sur l’émail, soit même dans l’émail lui-même. Telles sont les grandes lignes de la fabrication de la célèbre porcelaine tendre « Vieux Sèvres ».
- La porcelaine dure se décore au grand feu ou au feu de moufle.
- Comme décors de grand feu, Sèvres emploie les couleurs sous couverte, les pâles colorées, les couvertes colorées et les couleurs sur couverte. Les deux premiers procédés consistent à peindre les décors sur la pièce crue : on dégourdit légèrement, on émaillé, puis on cuit au grand feu de 1400° et les couleurs sont vues par transparence au. travers de l’émail ou couverte (ces deux mots s’emploient indifféremment). Le bleucle Sèvres, en particulier, est une couleur sur couverte, c’est-à-dire qu’il faut trois cuissons ; le dégourdi, la cuisson au grand feu pour obtenir la porcelaine blanche émaillée, puis, le bleu étant posé sur l’émail blanc cuit, on repasse au feu de 1400° pour cuire le bleu.
- Le décor de moufle dont la température de cuisson varie de 650 à 1050° comprend la peinture avec des couleurs vitrifiables et la'dorure ; pour une variété de porcelaine, dite à Sèvres « porcelaine nouvelle », s’ajoutent encore le procédé de décor sous glaçure de moufle et les émaux colorés.
- Comme excipients pour employer les couleurs, on s’adresse à l’eau, à l’eau gommée, à la glycérine, à l’essence de térébenthine grasse ou maigre et aux huiles cuites.
- Les oxydes colorants principaux de grand feu sont l’oxyde de cobalt pour les bleus, l’oxyde de chrome pour les verts, l’oxyde de manganèse et l’oxyde de fer qui donnent les bruns, l’oxyde d’urane
- pour les jaunes ou les noirs, et le titane qui fournit de très remarquables tons jaunâtres.
- Pour le décor de moufle, on se sert des oxydes ci-dessus et en outre de nombreuses couleurs que détruirait la haute température du grand feu. Telles sont, par exemple, les couleurs plombcuses, les antimoniates (jaunes), les bleus et verts de cuivre, les pourpres de Cassius et les carmins à base d’or, etc.
- En possession de ces aperçus de technologie céramique, examinons les applications pratiques que le savant chimiste en chef delà Manufacture de Sèvres, M. Brémond et l’habile chef de la décoration, M. Gebleux, ont fait des porcelaines à l’éclairage.
- Les pâtes dures anciennes cuites au feu réducteur leur ont fourni de jolies teintes vert bleuâtre tandis que les pâtes dures nouvelles cuites en atmosphères oxydantes leur ont donné des tons ambrés d’une chatoyante douceur.
- Dans un boudoir (fig. 6) les coupes lumineuses ou les abat-jour de lampes en porcelaines dures agrémentées de gravures ou de couvertes colorées fournissent des jeux de lumière à peu près inconnus jusqu’ici. On peut d’ailleurs jouer avec ces propriétés, les accentuer ou les diminuer pour obtenir des effets artistiques très heureux en mariant aux nuances sombres des meubles et des revêtements muraux, les rayons discrètement tamisés des ampoules électriques au travers de ces émaux translucides.
- Quittons le boudoir pour la salle à manger de Lalique (fig. 8) sise à proximité. Les murs de cette pièce d’allure sévère se composent d’un puzzle en porcelaine colorée et marbre. Les pièces céramiques sont de même tonalité brune que le marbre et seules des niellures en platine brillant les rehaussent. Comme sujet, l’artiste a choisi une chasse aux sangliers dans une forêt. Les bêtes traquées par les chiens cherchent un refuge sous les arbres que les lumières blafardes d’un plafonnier semblent givrer d’un linceul hivernal. Des chaises et une table rectangulaire en palissandre foncé constituent le mobilier de cette salle à manger, originale, mais froide !
- Avant de quitter le premier pavillon, jetons encore
- p.135 - vue 149/663
-
-
-
- LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES AUX ARTS DÉCORATIFS
- 136
- un coup d’œil sur la salle de bains aux carreaux de grès blanc vernissé très sobre de lignes, puis sur le riche salon d'essayage du décorateur suédois Erick Bagge (lig. 7). La cheminée et l'encadrement de la glace qui la surmonte ainsi que la garniture de toilette sont en porcelaine avec couvertes colorées. Ces carreaux s’obtiennent au moyen d’une couverte teintée par un colorant et sont achevés dès la sortie du feu. On
- grand
- également
- voit soit sur la cheminée, soit sur les consoles, diverses pièces en sous couverte de grand feu, c’est-à-dire décorées sur cru ou sur dégourdi, puis recouvertes d’émail et cuites au grand feu. .
- Traversons maintenant le jardin pour , entrer dans le salon d’honneur (lig. 5) situé au centre du deuxième pavillon et organisé par Jouîmes.
- Quatre grands vases sous gla-çure de moufle attirent d’abord l’attention du visiteur. Leur décor a été fait sur biscuit, l'émail posé par-dessus à l’insufflation, puis cuit à 1050°.
- Le carrelage
- porcelaine dure nouvelle, mais avec ses pâtes colorées dans la masse, on peint en plus ou moins grande épaisseur pour obtenir des gammes de transparences variées ; on recouvre ensuite d’émail et on cuit. Au centre du tableau, le décorateur a représenté des flamants dans une pièce d’eau où poussent des nénuphars tandis qu’au fond, vers la droite, des orangers aux fruits dorés font ressortir
- la blancheur des plumes des sveltes palmipèdes au long cou. Un semis d’orchidées et quelques gracieuses arabesques plus foncées servent d’encadrements.
- De son coté, le panneau de Camille Roche en pâte tendre siliceuse (lig. 10) mérite une mention spéciale.
- Ses personnages (Adam et Eve), ses léopards et autres bêtes féroces, ses arbres et ses fruits aux tons les plus vifs montrent la richesse et la variété des couleurs de la pâte tendre. Ce chef-d’œuvre de la technique céramique représente des années d’essais etde tra-
- 5. — Salon a'.honneur de.IJaulmes.
- Revêtement du sol en grés cérame émaillé au grand feu. Lustre en porce
- vaux, mais exécution
- son
- laine translucide avec 1er forgé de. Brandi. Panneaux en bois doré et sculpté
- de Le Bourgeois.
- mosaïque est en grès céramique émaillé au grand feu, le plafonnier en porcelaine dure nouvelle translucide avec branches en fer forgées par Brandt.
- Aux quatre pans coupés de la galerie extérieure, des panneaux représentent les dilférentes matières de revêtement fabriquées par Sèvres : les porcelaines dures et tendres ; le grès cérame et la faïence stannifère de création toute récente.
- Mlle Fontaine a réalisé son panneau au moyen d’émaux colorés appliqués sur porcelaine dure nouvelle déjà cuite et émaillée au grand feu. Celte pâte peut, en effet, recevoir ainsi des émaux très variés. Le panneau de M. Gébleux (lig. 9) est également en
- exigé plus
- qui a de
- dix cuissons au four et le double en moufle
- n’a duré que deux mois. On commença par cuire les carreaux en biscuit, puisqu’il s’agit de pâte tendre, on les livra ensuite à des spécialistes qui les décorèrent et les émaillèrent, puis on les a cuits en moufle pour faire glacer l’émail, de façon à réaliser soit des sous-émaux, soit des émaux colorés.
- Enfin le panneau de M. Gensoli est une faïence stannifère formée d’une pâte de poterie. Après gâchage, moulage et cuisson on obtient un biscuit de faïence qu’on recouvre d'un émail opaque blanc ou coloré. L’artiste a traité son sujet à la façon d’un vitrail, c’est-à-dire qu’il a fait un puzzle de
- p.136 - vue 150/663
-
-
-
- LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES AUX ARTS DÉCORATIFS -- 137
- Fig. 8. — Salle à. manger de Lalique.
- Marbre incrusté de grés cérame, sculpté et niellé d'argent. Platond en verre.
- p.137 - vue 151/663
-
-
-
- 138 = L'ÉQUILIBRE ACIDE CARBON1QUE-CARBONATES DU GLOBE
- Ces pièces d’échantillonnage font honneur au chef de la fabrication M. Baudin ainsi qu’à l’inspecteur des travaux d’art M. Rapin et à leurs émérites collaborateurs.
- Notons, en particulier, les jolies sculptures (statuettes ou groupes) en biscuit teinté.
- Cette porcelaine spéciale colorée dans la masse allie la finesse du biscuit à la tonalité des plus artistiques terres cuites.
- En résumé, comme le prouve le rapide exposé précédent, l’Exposition des Arts Décoratifs a fourni à la Manufacture Nationale de Sèvres, qu'administre avec talent M. Lechevallier-Chevignard, une excellente occasion pour montrer la multiplicité de ses techniques, la variété de ses pâtes et de ses palettes, le goût de ses artistes, la science de ses chimistes et la perfection de ses fours. Notre établissement national se place aujourd’hui au premier rang dans tous les domaines de la céramique.
- Les industriels, les décorateurs, les architectes et les amateurs peuvent s’adresser à elle, en toute confiance, car elle est à même de répondre maintenant à leurs desiderata les plus compliqués et de résoudre les problèmes céramiques les plus divers.
- Jacques Boyer.
- Fig. g.
- Panneau mural en porcelaine dure décorée au grand feu.
- Composition et exécution de Gebleux.
- pièces découpées puis réunies et les sertissures du ciment jouent dans le décor comme les baguettes de plomb le font dans dans un vitrail. Pour compléter cet ensemble céramique, présenté dans un cadre ornemental fort bien approprié, regardons, avant de terminer notre trop courte visite, les vitrines encastrées dans les murs des couloirs ou faisant partie du mobilier des différentes salles des deux pavillons.
- Nous verrons disséminés, de-ci, de-là, sur leurs tablettes, des vases à fleurs, des encriers, des pendules, des services de table, des soucoupes, et autres charmants bibelots.
- Fig. io. — Panneau de Camille Roche. Revêtement mural en porcelaine tendre siliceuse.
- L’ÉQUILIBRE ACIDE CARBONIQUE-CARBONATES
- DES TROIS PHASES AIR-EAU-TERRE DU GLOBE
- Le carbone est, avec l’hydrogène et l’oxygène, celui de tous les corps chimiques qui entre dans le plus grand nombre de combinaisons. La chimie organique est tout entière la chimie des composés
- du carbone et l’on sait quel nombre toujours croissant de corps elle envisage.
- Il est un autre aspect de la question, plus simple en théorie, fort complexe et fort intéressant dans la réa-
- p.138 - vue 152/663
-
-
-
- 139
- L'EQUILIBRE ACIDE CARB0N1 QUE-CARBONATES DU GLOBE
- lité, que je viens d’essayer d’aborder dans un ouvrage qui va paraître ('), celui de l’équilibre entre l’acide carbonique et les carbonates à la surface du globe.
- Le premier, Schloesing, dans trois courtes notes à l’Académie des Sciences, datant de 1872 et 1880, avait nettement posé le problème. Il expliquait la constance de la teneur en gaz carbonique de l’air par l’hypothèse suivante : un mélange de carbonate de calcium, de bicarbonate de calcium et d’acide carbonique dissous, est en équilibre chimique
- régulateur de la proportion d’àcide carbonique contenue dans l’atmosphère.
- Les progrès de la chimie physique ont permis de traiter ce problème d’une manière beaucoup plus détaillée et plus précise. On a pu étudier la série des équilibres réversibles qui s’établissent entre les trois milieux: atmosphère, mer, sols et fonds, entre les trois phases : gazeuse, liquide, solide, qui se partagent la surface du globe, calculer la valeur exacte de chacun des équilibres partiels :
- Atmosphère
- 0,65.10
- cp 6000-
- .. ~~ Respiration ?___:
- ---Formation biologique —
- SJ cTe carbonates ?
- --?
- 6000-
- Fig. i. — Répartition du carbone à la surface de la terre, dans l’air, la terre et les mers. Les quantités permanentes sont encadrées ; les autres nombres représentent les apports annuels ; le tout
- est exprimé en tonnes de carbone.
- variable par suite de la sensible tension de dissociation du bicarbonate à la température ordinaire. Or, l’eau de mer contient une assez grande quantité de ces trois corps. Quand la tension de l’acide carbonique diminue dans l’air, l’eau de mer abandonne de ce gaz ; une certaine quantité de bicarbonate se dissocie et un nouvel équilibre s’établit; quand, au contraire, la tension de l’acide carbonique augmente dans l’air, l’eau de mer en dissout une partie qui passe à l’état de bicarbonate par réaction sur le carbonate. De cette façon, la mer serait le véritable
- 1. R. Legendre. — La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Le pli : procédés de mesure ; importance océanographique, géologique, biologique. Presses Universitaires de France, Paris, 1925.
- PHASE GAZEUSE ' (Atmosphère) PHASE LIQUIDE (Eau de mer) I» 1ASE SOLIDE (fonds et carbonates en suspension)
- CO2 :£ CO2 ÿt 1I2C03 ^ IIBCO3 £ B2Ç03 qt B2C03
- gaz dissous acide bicar- carbo- carbo-
- carbo- carbo- bonates nates nates
- nique nique dissous solides
- Nous ne nous y attarderons pas ici et je me contente de renvoyer les lecteurs que la question intéresse à l’ouvrage précité.
- On peut aussi essayer de traiter ce problème d’une manière statistique, bien que beaucoup de données ne puissent être encore chiffrées exactement.
- J’essaierai de montrer ici l’aspect auquel on aboutit et de signaler les innombrables questions
- p.139 - vue 153/663
-
-
-
- 140 = L’ÉQUILIBRE ACIDE CARBON!QUE-CARBONATES DU GLOBE
- qu’il pose dans toutes les branches des sciences naturelles : géologie, paléontologie, physique du globe, météorologie, botanique, zoologie, biologie, etc*
- L’air contient environ 5 dix-millièmes, d’acide carbonique.
- À terre, on observe des teneurs et des variations un peu plus grandes dans les villes que dans les campagnes : 2,962 dans la Seine-Inférieure et 5,057 à Paris, d’après Reiset, probablement à cause de la respiration de l’agglomération humaine et surtout du charbon qu'elle brûle d’une part et de l’assimilation chlorophyllienne des plantes des bois et des champs d’autre part.
- En mer, on a trouvé :
- Schulze...........
- Thorpe ...........
- Muntz et Aubin. . Troili-Petersson. . Krogh.............
- Cote ballique .
- Atlantique. . , Atlantique. . . Atlantique sud. Groenland. . .
- ( Mot. 2,92 < Max. 5,44 ( Min. 2,25 2,95 ( Max. 2,77 ! Min. 2,49 2,40 c Max. 7,00 f Min. 2,50
- La teneur en CO- de l’air marin paraît donc généralement un peu moins forte qu’à terre.
- Cependant, en 1906 et 1907, au cours de recherches préliminaires à l'étude de la question qui est traitée ici, j’ai analysé l’air marin au voisi-sage de la côte, atlantique de Bretagne et j’y ai trouvé une moyenne de 3,05 dix-millièmes d’acide carbonique, avec de très faibles variations.
- Aujourd’hui, Krogh, revenant sur ses analyses antérieures, admet que l’air contient 3 dix-millièmes de CO2 sur toute la surface du globe, avec des variations qui n’atteignent jamais, dans les atmosphères pures 0,01 pour 100 et sont généralement de 0,001 à 0,005 pour 100 seulement. La tension de CO2 dans l’air peut donc être considérée comme à peu près constante.
- On ne peut, bien entendu, calculer exactement la quantité de CO2 qui se trouve dans toute l’atmosphère, mais l’estimation de son ordre de grandeur n’est pas sans intérêt. Si l’on considère la couche d’air qui surmonte un mètre carré de la surface terrestre, on trouve sur un mètre de hauteur, dans un mètre cube, 0,5 litre de CO2, soit en poids près de 0,6 gr. ; sur 1000 m. de hauteur près de 600 gr. Schloesing a évalué à 4,7 kg la quantité totale de CO2 qui surmonte cette surface de 1 m2. La surface du globe étant d’environ 510 millions de kilomètres car-rés, on arrive à estimer la teneur totale de l’atmosphère en CO2 à 2,4.1012 tonnes, correspondant à 6,5.10U t. de charbon. Clarke, en 1920, a admis le chiffre de 2,2 à 2,4.10121. de CO2.
- La teneur de 5 dix-millièmes résulte de l’équilibre qui se maintient, grâce au brassage par les courants aériens, entre les sources de production et de destruction de l’acide carbonique.
- Parmi les principaux facteurs d’accroissement, on peut énumérer :
- Les dégagements d’acide carbonique par le sol, qu’on observe en abondance dans les régions volcaniques et thermales. — Bischof, par exemple, a évalué à 650 t. par an le dégagement de CO2 d’une seule source minérale de Meinberg et à 500 t. celui d’une source de Neuheim. Il suppose que le gaz provient de la décomposition des carbonates par la silice, à température élevée, dans l’intérieur de la croûte terrestre. Sainte-Claire Deville a trouvé 97 pour 100 de CO2 dans les moffettes des îles Eoliennes, Fouqué 95 pour 100 dans les gaz de Santorin. Boussingault a évalué le dégagement annuel de CO2 du Cotopaxi à 109 m3, soit 1,9.10° t. Il est impossible de chiffrer l’importance de cette source qui doit être considérable.
- Le dégagement d’acide carbonique par la respiration de tous les êtres vivants. — Il ne peut être estimée non plus. Nous en dirons seulement ceci, qu’un homme exhalant par jour 800 à 900 gr. de CO2 il excrète tous les trois mois son poids d’acide carbonique, soit par an environ 500 kg. La population du globe étant estimée à 1,5 milliard d'habitants, leur vie annuelle dégage 4,5.108 t. de CO2 correspondant à 1,2.10® t. de charbon.
- La combustion du charbon par l’homme. — Celle-ci est de l’ordre de 1,3 milliard de t. par an, d'après les statistiques de 1913 (on pourrait encore y ajouter 55 millions de tonnes d’huiles minérales diverses) ; ces 1,5.109 t. représentent dix fois la respiration des hommes et sont la cinq-centième partie du carbone contenu dans l’atmosphère.
- Parmi les facteurs de diminution, on peut citer comme les plus importants :
- La décomposition des silicates alcalins par l’acide carbonique avec mise en liberté de silice- — Cette cause de fixation de l’acide carbonique doit être de beaucoup la plus considérable, et certains auteurs, comme Hôgbom, admettent que tous les carbonates de la surface terrestre ont cette origine. Hôgbom, estimant la quantité de carbonates du sol équivalente à une couche continue d’environ 100 m. d’épaisseur, y trouve une quantité d’acide carbonique 25 000 fois plus grande que dans l’atmosphère.
- Les phénomènes de synthèse qui se produisent dans toutes les plantes, à la lumière, au moyen de la chlorophylle. —Ebermayer a calculé, en 1885, qu’un hectare de forêt de hêtre fixe 11 t. de gaz carbonique par an, dont il fait du bois et des feuilles. Àrrhenius admet que le cinquantième du CO2 de l’àir est fixé annuellement par les végétaux ; Molliard évalue au soixante-dixième de la quantité totale de CO2 de l’atmosphère, celle décomposée chaque année par toutes les plantes de la surface de la terre, ce qui représenterait environ 1.1010 t. de charbon.
- L’atmosphère est en contact par sa surface inférieure avec les terres, sur 145 millions de kilomètres carrés et avec les mers, sur 565 millions.
- p.140 - vue 154/663
-
-
-
- LÉQUIL1BRE ACIDE CARBON1 QUE-CARBONATES DU GLOBE == 141
- À la surface des terres, comme nous venons de le voir, l’atmosphère reçoit de l’acide carbonique des dégagements volcaniques du sol, de la respiration de tous les êtres vivants, des combustions effectuées par l’homme ; elle en perd par suite du contact avec les silicates, du rideau très étendu de végétaux qui, à la lumière, le fixent sous forme de composés organiques et aussi par dissolution dans l’eau de pluie et dans celle de ruissellement, surtout en présence de calcaires.
- Une partie de l’eau tombée à la 'surface du sol s’enfonce dans les profondeurs ; elle se charge d’acide carbonique en traversant la couche arable, puis elle chemine souterrainement, dissolvant, grâce à sa teneur en acide, les calcaires, ainsi que le prouvent les cavernes, gouffres et abîmes ; attaquant les silicates, tout au moins ceux de calcium composant les roches basaltiques telles que l’oligoclase, l’anorthite, etc.
- Une partie ruisselle à la surface et forme les (•ours d’eau visibles qui aboutissent à la mer. Ils y apportent annuellement une quantité de carbonates qui a été évaluée diversement :
- Murray. . . Challenger. 1,3 . 10" CaCO", soit 0,59 . 10" C
- Dittmar. . . Challenger. 5,1 . 10" — — 0,93.10”—
- Ilogbom............189 L 4,0 .10" CO2 — 1,1 .10"—
- Méfiai- Ileade. . . 1899. 1,55.10" — — 0,54 . 10«-
- Clarke.......1920. 9,61.10” CO5 —0,19.10"—
- La surface de séparation entre l’atmosphère et les mers peut être un lieu d’échange entre les deux milieux, si la tension du gaz carbonique dans l’air et celle du même gaz ^dissous ne sont pas en équilibre. On manque encore de données précises sur ces phénomènes. Rrogh, se basant sur les résultats de ses analyses faites à l’île de Disko, au Groenland, avait admis une exhalaison de GO2 dans l’air en ces parages. Récemment, Henderson et Cohn ont supposé une exhalaison de la mer dans l’air dans les régions chaudes et, inversement, une dissolution de l’air dans la mer dans les régions froides.
- Immédiatement au-dessous de la surface des mers, et aussi profondément que la lumière pénètre, en abondance jusque vers 50 m., l’eau est plus ou moins chargée d’organismes à chlorophylle qui, pendant tout le jour, assimilent comme les végétaux terrestres. Moore, Prideauxet Hcrdmannont estimé à 6 t. au minimum la fixation de GO2 par ceux qui se trouvent sur 1 km2 de surface et 1 m. seulement de profondeur, ce qui ferait, pour toute la surface des mers, une absorption de 2,2.10° t. de CO2 correspondant à 0,6.10° t. de carbone. Ils admettent que le même phénomène s’étend sur 100 m. au moins de profondeur.
- Àtkins, d’après les variations du pH, évalue à 1 mg. 12 par litre la quantité de carbone fixée par photosynthèse dans la Manche, de juillet à décembre, sur une épaisseur de 80 m. Ceci correspond à 192 t. par kilomètre carré et par an, soit 6.10lff t. pour l’ensemble des mers.
- Dans la même couche et plus profondément, aussi loin que l’homme a pu chercher, des animaux
- vivent qui respirent et dégagent de l’acide carbonique.
- Certains, tels que des Algues, beaucoup de Protozoaires, de Coraux, de Mollusques, de Crustacés, etc., extraient de l’eau de mer des carbonates dont ils forment des dépôts, des coquilles et des carapaces. Après la mort de ces animaux, leurs débris traversent toute la hauteur d’eau, puis tombent sur le fond où ils constituent, jusque vers 5000 m., des amas abondants de calcaire.
- Murray et Renard ont reconnu que le fond des mers contient en moyenne, aux grandes profondeurs, 37 pour 100 de calcaire. On ne connaît pas l’épaisseur de ces dépôts. A supposer qu’elle soit seulement de 1 m., ce qui est très au-dessous de la réalité, ils contiendraient déjà 0.16.10u t. de carbone fixé.
- Murray a évalué la quantité de calcaire d’origine animale en suspension dans l’eau à 161. de CaCO3 pour un volume de 453 millions de mètres cubes, soit sur une surface d’un mille carré (=2,59 km2) et une profondeur de 100 fathoms (=182,88 m.) au-dessous de la surface, ce qui correspond à moins de 0,04 milligramme par litre. Murray et Irvine ont trouvé dans une dizaine de litres d’eau de la mer Rouge une quantité de carbonate de chaux en suspension, provenant des organismes, équivalant à 51 t. par mille carré, sur 100 fathoms.
- Enfin, Dittmar a supposé qu’il existe au fond des océans, de même qu’à la surface de la terre, des sources d’acide carbonique, ce qui est probable, mais que rien, il est vrai, n’a décelé jusqu’ici.
- L’acide carbonique total qu’on peut extraire de l’eau de mer au moyen d’un acide fort a donné lieu à un très grand nombre de mesures qui ont fourni des résultats suffisamment concordants pour qu’on puisse connaître l’ordre de grandeur de sa concentration.
- Voici quelques analyses, entre beaucoup d’autres :
- Jacobsen 1873 Mer du Nord. Tornoe 1876-78 Atlantique;. .
- I Challenger- . : | Mer d’Irlande.
- Dittmar 1881
- Bamberg 1885
- Pettersson 1894 Gullmarljord.
- 100,0 mg ou 50,89 ce par litre 96,42— ou 49,07 —
- 54,12 -97,7 -
- ( 49,25 ce à 0° )
- . . . . ] 47,12 — 10°
- ( 41,99 — 20° ) —oa’10
- S 44,33 cc à 30m.
- 47,53 — 50 —
- 50,34 — 70 -51,55 - 100 -
- Krümmel donne encore, pour les mers d’Europe, les chiffres suivants :
- Mer. COsencc. Salinité. Tempérât
- Golfe de Bothnie . . . 17,2 5,22 4,1
- — . . . 25,6 4,69 15,7 ,
- Baltique nord .... 54,2 6,85 v 7,0.
- Fehmarn 55,24 12,05 : 0,7
- Skagerrak 45,15 28,42 1,0
- — ...... 40,0 50,82 9,0
- — 48,17 55,57 .5,2-
- Sud de l’Islande . . , 49,0 55,0
- Golfe de Naples. . . . 52,2 58,5:
- Médit écranée orientale. 55,04 59,0 20,7’
- p.141 - vue 155/663
-
-
-
- 142 rr-~.-.r—-; UNE NOUVELLE PÊCHERIE DE MORUE
- Rappelons que le poids d’un litre d’acide carbonique à 0° est 1,965 gr.
- Si l’on admet qu’un litre d'eau de mer contient partout .0,1 gr. de CO2 total par litre, la masse océanique qui est d’environ 1,3 milliard de kilomètres cubes renferme 1,5.10u t. de CO2, soit 0.35,1014 t. de carbone. Sc-hloesing suppose que l’èau de mer située au-dessous de chaque mètre carré de la surface de l’océan contient 98 kg de CO2, ce qui ferait en tout 5,57.1013 t. de CO2 ou 0,97 1013 t. de carbone. Dittmar, partant de la teneur en carbonate de chaux, arrive à l’estimation de 1,6.lOn t. de Ca CO3 correspondant à 7.10131. de CO2 ou 1,9.10131. de carbone.
- On voit quels problèmes^complexes et variés peut soulever cette question do-la répartition du carbone dans la nature, sous ses diverses formes. Le schéma de la figure 1 essaie de montrer ces multiples échanges entre les trois phases de la croûte ter-teslre : atmosphère, hydrosphère, lithosphère.
- En somme, on se trouve en présence d’un réservoir d’acide carbonique dans l’air, d'un réservoir de carbonates dans le sol terrestre et les fonds océaniques. Entre les deux est sur terre une nappe, en mer une masse d’eau ou les deux composés se dissolvent, se trouvent en présence et réagissent vers l’équilibre avec cette complication qu’il existe partout, à la surface de séparation, entre l’air et l’eau ou la terre, une couche de chlorophylle, véritable écran ou membrane biologique qui diminue la tension de GO2 à son contact.
- Trop de données manquent encore pour qu’on puisse essayer de traiter complètement cet équilibre d’une manière statistique. On ne sait guère, en effet, autre chose que ce que je viens de rappeler. Force est donc, actuellement, de poser le problème sans le résoudre et d’attirer seulement l’attention de tous les naturalistes sur son immense intérêt.
- R. Legkxduk.
- UNE NOUVELLE PÊCHERIE DE MORUE
- Entre le 62° et le 65° de latitude nord le détroit de Davis renferme une série de bancs étendus s’échelonnant en direction nord-sud à une distance d’environ 40 à 50 kilomètres, de la côte occidentale du Gronland. Tel ; celui du Fylla, ainsi nommé en l’honneur du bateau de i guerre danois qui- en fit l’hydrographie, il y a quelque j trente ans, lequel se rencontre au large de l’embouchure I du fjord de Godthaab, le principal village du Gronland.
- L’an dernier, des Norvégiens venus faire des essais de pèche à la morue sur ces hauts fonds rencontrèrent ce poisson en quantité considérable. Le journal d’Oslo, Aflenposten, rapporte ce détail significatif qu’en deux ou trois heures un matelot prit, à lui seul, c250 morues.
- La nouvelle de ces pêches miraculeuses s’étant rapidement répandue, cette année de nombreux bateaux appartenant à toutes les nations maritimes d’Europe sont arrivés prendre leur part de ce butin. M. Kai. R. Dabi, collaborateur du grand journal de Copenhague, le Ber-lingske Tulende, qui suit la campagne actuelle à bord d’un bateau færôven, signale la présence sur le banc du Fylla, de chalutiers et de cordiers à vapeur et à voile français et anglais, de goélettes danoises, d’islandais et de Færôyens et surtout de Norvégiens ; ce dernier pavillon est représenté par pas moins de 30 à 40 unités : vapeurs, bateaux à moteur, voiliers, montés par 800 à 1000 hommes.
- Les engins employés sont la ligne à main et la ligne dérivante. Comme appât, les Norvégiens se servent, au début de la saison, de hareng salé dont ils apportent une provision, et, à partir de juillet, de capelan qui à cette époque s’approche de la côte ouest du Gronland. Ajoutons que sur ces bancs le poisson se rencontre à une faible profondeur : 40 â 50 mètres, ce qui est tout avantage.
- — Les prises doivent être préparéesà bord, l’accès des eaux territoriales du Gronland étant interdit à tous navires autres que ceux de l’état danois. Toutefois afin de favoriser le développement de cette industrie naissante, le gouvernement de Copenhague a autorisé les pécheurs
- à faire de l’eau dans un port voisin du banc du fylla.
- — Cet été, comme l’an dernier, la morue abonde sur ce haut fonds. Le jour où il a commencé sa pêche, le cotre færôyen de 00 tonnes sur lequel le correspondant du Berlingske Tidende a pris passage en captura 1100, et le lendemain, environ 1500, si bien que deux semaines lui suffiront pour faire son pîein. Les autres bateaux annoncent des résultats non moins heureux. En une quinzaine une goélette danoise a pris 10 000 poissons ! Toutefois, d’après un radio publié par 1 ’Aftenposten d’Oslo, il serait imprudent de chanter victoire dès maintenant.
- La morue du détroit de Davis diffère sous plusieurs rapports de celle de l’Atlantique. Elle est plus grande et plus lourde; elle pèse en moyenne de 9 à 10 kilogrammes ; en outre sa chair est plus tendre, et, signe distinctif, présente une teinte jaunâtre ; elle peut donc être considérée comme une variété particulière.
- Sur le banc du Fylla le poisson n’a paru cet été qu’à la fin de juin. Tant que la température de la mer est demeurée inférieure à -f- 0°, les eaux sont restées désertes, mais dès qu’elle s’est élevée à 1°, la morue a commencé à se montrer, et, lorsque au début de juillet elle a atteint + 2°, elle est arrivée en masses compactes. Sa présence est donc en étroite relation avec la température de la mer.
- Pour cette raison le détroit de Davis ne parait pas devoir devenir le siège d’une pêcherie régulière, comme la côte sud d’Islande, Terre-Neuve ou les Lofoten. La température de la mer est, comme on sait, soumise à des variations cycliques récurrentes. Pendant une période elle dépasse la normale, puis durant un certain nombre d’années elle s’abaisse pour se relever de nouveau ensuite. Ainsi s’expliquent lés alternatives de blocus par les glaces et •de mer libre que l’on observe autour des terres polaires. Aux latitudes que l’on pourrait qualifier de moyennes, en Islande, aux Lofoten, la température des eaux, alors même qu’elle subit une baisse, n’en reste pas moins encore
- p.142 - vue 156/663
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES -..::. ==:.= 143
- suffisamment élevée pour constituer un milieu favorable à la morue; aussi bien, en pareil cas ce poisson continue-t-il à fréquenter ces parages, mais en moindre quantité; par suite, pendant ces périodes froides la pèche devient moins fructueuse. Il en est différemment dans les régions plus septentrionales, comme le détroit de Davis, où l'afflux des eaux tièdes d’origine atlantique est restreint; là le moindre abaissement de la température de la mer suffit pour que la morue n’y trouve plus un milieu propice, par suite pour .qu’elle déserte les bancs où précédemment elle se pressait. Il y a environ 45 ans, la morue se rencontrait dans» la partie méridionale de la côte ouest du Spilsberg, notamment à l’entrée de l’Isfjord, et, pendant, plusieurs années, des Norvégiens la pêchèrent avec succès. Puis un beau jour elle disparut ; tout récemment elle a été de nouveau observée dans celte région. Peut-être la présence de ce poisson sur les bancs du détroit de Davis est-elle intermittente comme au Spitsberg, ou tout au moins son arrivée en troupes nombreuses. Dans tous les cas, il y a seize ou dix-sept ans, lorsque le professeur A. Jensen, de Copenhague, entama ses explorations zoqIo-giques sur la côte ouest du Grônland. la morue n’y était pas abondante; pour la première fois en 1922, au cours de la croisière du garde-côte danois chargé de la surveillance dans les eaux territoriales grônlandaises, on l’observa en masses épaisses sur le banc du Fylla et depuis cette fréquentation a continué.
- Pour élucider le problème de la morue dans le détroit de Davis, le professeur Jensen a entrepris cet été une campagne dans cette région à bord du navire de recherches danois, le Dana. Au cours de cette campagne, un nouveau banc a été découvert, au sud de celui du Fylla, le banc du Dana, sur lequel des troupes considérables de gades ont été également observées.
- Dans un interview publié par le Tidens Tegn d’Oslo, le professeur Jensen a annoncé que ce poisson se reproduit sur la côte sud-ouest de Grônland, entre le 135° 10’ et le 0(3° 45’. Dans les eaux littorales de cette région, connue dans les ramifications extrêmes du fjord de God-thaab, il a recueilli de nombreux œufs et alevins de morue. Afin d’étudier l’origine des exemplaires qui fréquentent le détroit de Davis, de reconnaître notamment s’il ne s’en trouve pas provenant de régions méridionales, d’Islande ou de Terre-Neuve par exemple, l’expédition du Dana a mis en liberté en diverses localités pas moins de 500 morues « marquées ».
- — Sur les hauts fonds de la rive orientale du détroit de Davis, on rencontre également le flétan en grande quantité. D’après les recherches du professeur Jensen, cette espèce se reproduit dans cette région.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant de la croisière du Dana, dont les résultats sont susceptibles d’intéresser nos industries nîaritimes.
- Chaules Rabot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1925.
- De nouveaux complexes du fer dérivés des triazines.
- — On a été amené à voir, dans les cyanures complexes de la famille du fer, des dérivés d’un acide trievan-hydrique (CAzII)3, composé à structure hexagonale qui ferait de lui l’azocarbure fondamental de la série des triazines. Pour confirmer la valeur de cette hypothèse, M. Paul Pascal a étudié les sels peu connus de l’acide triazine-lricarboxyliquc C3 Az3 (C00II)3. Il a préparé les sels de fer et de cobalt, analogues aux métallocyanures, tant par leur composition que par la vivacité de leurs teintes et la nature de leurs réactions photochimiques.
- La préparation et les propriétés du monotropiloside.
- — Ce glucoside a été découvert par M. Bridel qui vient
- d’en reprendre l’étude avec M. P. Picard. La préparation se borne à un traitement à l’alcool de l’écorce fraîche de Belula tenta L. L’extrait, repris par l’eau, est ensuite épuisé par l’éther acétique hydraté, additionné d’alcool. Après défécation au sous-acétate de plomb et évaporation sous pression réduite, on obtient des prismes à o,87 pour 100 d’eau et fondant à 179°,5. L’analyse élémentaire et les mesures de cryoscopie ont indiqué, pour ce glucoiside, la formule brute C10II30O12, résultant de l’union d’une molécule de salicylate de méthyle avec une molécule de glucose et une de xylose, l’ensemble perdant 2 molécules d’eau. Le dédoublement fermentaire sépare le salicylate de méthyle du primevérose, alors que le dédoublement par les acides se résume dans la formule C19 II26 O12 + ‘2II2 0 C3ll803 + C6IP2U6 + Cs
- II10 O5.
- Fours électriques à induction. — Pour la réalisation de températures très élevées (5000°) dans ces appareils à haute fréquence, on utilise comme résistance de chauffe des creusets de graphite que l’on ferme par un couvercle de même matière et l’on entoure l’ensemble d’une couche de noir de fumée. M. Ribaud a modifié les modèles en usage pour permettre la mesure précise des températures au pyromètre optique. Le dispositif qu’il soumet à l’Académie présente un avantage, pour le chauffage d’assez grands volumes, sur les appareils employés au National Physical Laboratorv par Rosenhain et Goad Pryor et qui, faits d’anneaux de graphite empilés les uns sur les autres, demandent une 'puissance de 10 kw
- pour atteindre 1700° dans une enceinte d’environ 500 cm3.
- *
- . La corrosion par l'acide sulfurique des aciers étirés a froid. — Pour les aciers recuits à 700°, l’acide sulfurique à 98 pour 1.00 indique, comme d’ailleurs l’acide à 2 pour 100, un minimum d’attaque; mais l’élude des oléums à 20 et 00 pour 100 SG3 a permis à M. Delbarl de constater que si l’on possèdes liqueurs acides les plus diluées aux plus concentrées, la corrosion diminue régulièrement au fur et à mesure que la concentration en acide SO4 II2 augmente, mais elle remonte avec l’oléum à 20 pour 100 pour redescendre à son minimum avec l’oléum à 00 pour 100 SO3. Il est à noter aussi que le recuit coalescent à 700°, qui provoque une chute de résistance à la traction, est celui qui donne le minimum de corrosion dans l’acide dilué et le maximum dans l’oléum à faible concentration en anhydride SO3. Paul B.
- p.143 - vue 157/663
-
-
-
- 144
- . =====
- LES ENGRENAGES A ÉLÉMENTS LAMINÉS
- Fig. i. — Deux roues d’engrenages ' à éléments laminés.
- Il est assez difficile d’obtenir un fonctionnement parfaitement silencieux: des engrenages tournant à grande vitesse, que l’on tend à employer aujourd’hui de plus en plus dans les machines. S’il s’agit en outre de transmettre des puissances assez élevées, pn est obligé de prévoir des sections de dents très importantes et de réaliser des formes particulières, comme par exemple les chevrons, pour assurer une meilleure transmission de la puissance et une plus grande douceur de fonctionnement.
- Un système d’engrenage particulièrement intéressant est celui qui est constitué par la juxtaposition, de roues dentées, découpées dans de la tôle d’acier de haute résistance. Il est facile de Construire chaque élément de roue, car il suffit de traiter chaque rondelle de tôle à la presse à découper, presse automatique à encoches, par exemple, qui termine rapidement une roue dentée avec une précision suffisante.
- Toutes ces plaques ainsi constituées sont empilées les unes Contre les autres sur un moyeu central et elles sont immobilisées au moyen de boulons qui traversent toute l’épaisseur des roues. Les plaques sont alternées de l’une à l’autre et se trouvent ainsi en avance d’une partie de dent sur la plaque précédente.
- Cette disposition offre l’avantage de mettre en
- prise beaucoup plus de dents que dans un engrenage droit ordinaire, les points de contact sont doublés alors que la surface de contact reste la même.
- Pour éviter tout frottement latéral des rondelles les unes sur les autres, on dispose entre elles une mince rondelle d’écartement, qui donne un jeu suffisant pour permettre aux dents de se mettre en -prise sans frottement.
- Ceci rend l’embrayage particulièrement apte à être actionné au moyen d’un moteur électrique; l’usure et les vibrations se trouvent réduites an minimum, la marche est silencieuse en raison du décalage des roues dentées qui réalisent un engrè-nement plus progressif que dans un engrenage droit ordinaire. Les chocs sont pour ainsi dire éliminés.
- L'acier choisi est à haute résistance; c’est de l'acier laminé qui assure à l’engrenage ainsi construit une grande robustesse et une longue durée.
- Au point de vue du graissage, on trouve encore un avantage en raison des vides qui se trouvent entre deux dents et qui permettent de retenir le lubrifiant; celui-ci ne se trouve pas soumis à la pression, il n’est pas évacué sur les côtés, mais il circule de place en place autour de la circonférence de la roue, de sorte qu’à une vitesse normale d’un moteur, le bain d'huile n’est pas nécessaire.
- Les applications de ce système d’engrenage sont nombreuses, notamment pour la commande électrique des machines où les démultiplications sont généralement élevées et où les pignons calés sur l’arbre du moteur tournent parfois à des vitesses considérables. E. Weiss.
- Fig. 2. — Coupe d’une roue d’engrenages à éléments laminés.
- A, moyeu d'acier;. B, flasque fixe; G, flasque mobile; D, plaques en acier découpé formant denture ; E, plaques d’espacement ; F, boulon d’assemblage.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925.
- p.144 - vue 158/663
-
-
-
- r
- SOMMAIRE :
- La fabrication et le montage des parapluies : E. Weiss.
- La botanique en chemin de fer : Henri Coupin. — Les fontaines lumineuses : Jacques Boyer. La fabrication industrielle de l’alcool absolu : Xavier Lafargue.
- Académie des Sciences : Paul B. — La vallée d’Arazas : Albert Dauzat.
- SUPPLÉMENT:
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Electricité. — Automobilisme. Variétés.Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET C‘V Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paria.
- LE NUMÉRO
- C France . . . -, ( Union postale.
- t franc 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 159/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2683.
- 5 SEPTEMBRE 1925
- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES PARAPLUIES
- L’usage du parapluie et de l’ombrelle ne date guère que du début du xvme siècle, époque à laquelle ces deux instruments devinrent courants. Ils étaient fabriqués dans des ateliers modestes qui préparaient les carcasses; celles-ci étaient ensuite confiées à des commerçants qui montaient à ce moment le parapluie ou le parasol; ils les recouvraient d’étoffe plus ou moins luxueuse ; la richesse du manche était en rapport avecla fortune du possesseur éventuel de l’objet; certains manches avaient des poignées artis-
- mité qui forme pointe ; quant aux manches ils sont en général préparés dans des ateliers spéciaux, tournés, moulés, sculptés suivant leur nature et l’on utilise à peu près toutes les matières possibles pour leur fabrication : ivoire, corne, bois, galalithe, etc...
- Les pièces métalliques qui constituent la monture ont une section en forme d’U. La baleine est devenue trop chère et les montures sont aujourd’hui exclusivement en métal.
- Lorsqu'on ne veut pas employer de montures nié-
- Fig. i. — Mise en main d’une commande ; [on choisit dans le magasin les pièces nécessaires.
- liquement sculptées, dans des bois d’essence rare, etc...
- 11 faut signaler l’apparition sous le second Empire d'ombrelles minuscules à manche repliable, ces ombrelles étaient, à peine plus grandes que les chapeaux de paille d’Italie qui faisaient fureur à cette époque.
- A l’origine, on utilisait pour les montures des fanons de haleines ; mais, vers le milieu du siècle dernier, un industriel de Lyon pensa à les remplacer par des montures métalliques. Cette idée ne réussit pas en France, mais elle fut reprise avec beaucoup de succès en Angleterre, par un nommé Fox.
- On remplaça ensuite les manches en bois, longtemps employés, par des manches métalliques en tube; ce fut le parapluie aiguille, dans lequel la pièce centrale a la forme d’un tube et est obtenue par étirage. Dans ce tube est percée la fente pour le logement des pièces et des ressorts et on y adapte une extré-
- 53’ Année — 2* Semestre-
- talliques, on utilise des brins de rotin et pour des parapluies bon marché, on emploie de l’acier rond au lieu d’acier profilé. Toutes ces pièces métalliques, débitées à longueur sont passées aux machines-outils : presses de découpage, de cambrage où se font toutes les opérations qui préparent les extrémités; de meme les ressorts sont, obtenus dans des machines complètement automatiques. Les pièces d’articulation sont obtenues par découpage et par cambrage suivant les règles de la fabrication en grande série.
- Lorsqu’on dispose de toutes les pièces métalliques, il ne faut pas croire que pour achever la fabrication du parapluie, il ne reste “à effectuer qu’un simple montage ; il y a encore à exécuter toute une série d’opérations que l’on conlie à des mains spécialisées si l’on veut assurer une grosse production.
- Autrefois, les parapluies étaient équipés avec huit branches, aujourd'hui la mode veut que la monture ait 10 et parfois 12 branches. Tout d’abord la mise
- 10. — Mo.
- p.145 - vue 160/663
-
-
-
- 146 —....- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES PARAPLUIES
- Fig. 2. — Pose des ressorts.
- Au premier plan, l’ouvrier fraise le logement du ressort, l’ouvrier du fond perce les trous correspondants.
- en mains d'une série de parapluies nécessite le choix de la poignée ou du manche.
- Cette poignée est percée d'un trou sur une petite machine sensitive, afin de permettre la mise en place d’un gland ou d’une dragonne. On perce ensuite la poignée en bout de manière à pouvoir ajuster le mat sur la poignée; pour cela l’extrémité du mât est épaulée et les deux pièces sont réunies par collage.
- On fixe ensuite les ressorts, on perce tout d’abord un trou qui limite le logement du ressort ; puis avec une petite fraise, on prépare une mortaise et l’on fait sauter les épaulements au bédane.
- Le ressort est enfoncé dans le manche en Lois par sa queue pointue et la tète du ressort a son mouvement limité par une goupille. On monte ensuite les pièces métalliques, coulant et noix, que l’on immobilise et, au moyen d'un clou à tète ronde, qui forme butée, on empêche le coulant d’aller trop loin et de faire retourner le parapluie ; ce. clou est appelé point d’arrêt.
- Le coulant et la noix sont préparés mécaniquement à partir de bandes d’acier ou de cuivre découpées en rondelles, étirées, refendues pour laisser passer les extrémités des baleines ; une gorge sert de logement au fil qui relie toutes les branches ou les fourchettes pour les immobiliser sur les pièces.
- L’ouvrière qui monte les carcasses réunit les pièces de la monture au coulant et à la noix au moyen de deux fils de fer recuit. La noix est fixée sur le mât au moyen d’une pointe, la monture est alors complètement, terminée et l’on ajoute les petits bouts à l’extrémité des branches.
- Il ne reste plus qu’à préparer la couverture du parapluie.
- Dans les usines à grande production, les pièces d’étoffe sont découpées mécaniquement. On met l'étoffe en matelas de 52 plis ; le coupeur trace ses points à la craie et coupe ensuite avec une machine à couteau circulaire, qui peut couper 64 épaisseurs, c’est-à-dire 7 à 8 parapluies à la fois.
- Il faut protéger le tissu par des ronds et des garnitures au contact de la noix et des charnières. Ces ronds et ces garnitures sont découpés à l’emporte-pièce et à la presse.
- Comme de nombreux tissus n’ont pas de lisière, il est nécessaire d’ourler dans ce cas les bords du tissu pour l’empêcher de s'effilocher. Cette opération se fait sur des machines mues au moteur et. munies d’un dispositif ourleur. Le tissu s’enroulelui-mème ; l’ouvrière n’a plus qu’à guider, simplement la machine.
- C’est également à la machine que les pointes sont assemblées.
- On obtient alors la couverture complète que l’on
- p.146 - vue 161/663
-
-
-
- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES PARAPLUIES........ 147
- Fig. 4. — Découpage à la machine des pièces d’étoffe destinées à recouvrir le parapluie.
- On découpe 64 feuilles à la fois.
- Fig. 5.- — Ourlage des pièces d’étoffe.
- p.147 - vue 162/663
-
-
-
- 148
- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES PARAPLUIES
- place sur la monture. On fixe tout d’abord les extrémités des branches, puis les branches elles-mêmes sont cousues sur la couverture.
- Le parapluie ainsi terminé n’a plus qu’à passer au service de la vérification, puis à l’expédition : auparavant on mettra un coulant, une plaque, un gland ou une dragonne, un fourreau lorsqu’on a constaté que la confection est parfaite.
- La fabrication des parapluies et des ombrelles est très florissante dans notre pays.
- La Suède est le gros fournisseur de l’acier néces-
- Fig. 6.
- Découpage à V emporte-pièce des fonds et garnitures.
- sairc à la fabrication de la monture. Autrefois, la silésienne, sorte de tissu très employé pour la couverture, était d’origine allemande; mais actuellement, la France fournit presque tout ce qui est nécessaire, sauf l’acier suédois.
- Les exportations atteignent un chiffre élevé et les importations, au contraire, sont très faibles. C’est une industrie qui, d'ailleurs, peut encore se développer considérablement en France et occuper sur le marché étranger une place aussi importante que les autres objets de modes.
- Des usines spécialement outillées assurent des
- productions considérables. C’est ainsi que l'on peut arriver à produire, avec une organisation de travail en série, plus de 2000 parapluies par jour.
- C’est le chiffre obtenu par l’une des plus vieilles maisons françaises, l’usine Léon Lafarge, d’Angers, qui existe depuis 1855 et qui est tenue depuis cette date par la famille du fondateur, Pierre S arrêt.
- La longueur du tissu employé journellement dans cette fabrique représente environ trois kilomètres et, en une année, elle consomme plus de
- l'ig\ 7. — Vérification et remise au point des pièces dâjectueuses.
- 000 kilomètres de- tissu, soit trois fois la distance de Paris à Angers.
- Il faut ajouter que si la fabrication française des parapluies et des ombrelles peut lutter victorieusement contre les produits étrangers, c’est non seulement en raison des moyens modernes utilisés pour assurer de grandes productions, mais aussi à cause de la bonne présentation eL de l’élégance des produits fabriqués; ce qui est, dans toutes les branches de l’art et de l’industrie, l’une des principales caractéristiques du goût français.
- F. Weiss.
- p.148 - vue 163/663
-
-
-
- 149
- LÀ BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- Les causes de la répartition géographique des plantes (Suite).
- 8° Influence de la structure physique du sol. — On appelle facteurs édaphiques ceux qui, agissant sur les végétaux, relèvent de la structure physique ou de la composition chimique du sol (sables, calcaires, argiles, marnes, tourbes, etc.).
- Prenons un grès compact ou un calcaire compact et semons des graines à leur surface; il est bien évident que nous n’obtiendrons rien. Brisons-les en menus fragments de manière à obtenir un mélange assez anfractueux et poreux et nous aurons chance d’v voir pousser quelques espèces. Pulvérisons-les en une poudre impalpable où l’air et l’eau ne peuvent que circuler très mal; presque rien — ou quelques espèces seulement — n’y poussera'. L’influence de la « structure physique » est donc bien manifeste sur la croissance de plantes; elle est encore plus évidente si l’on considère que certaines espèces sont adaptées à vivre dans un sol de sable pulvérulent tandis que d’autres n’v peuvent croître, et, qu’au contraire,. certaines espèces exigent, pour vivre, un sol rocailleux où les premières ne sauraient végéter, toutes les autres conditions étant semblables d’ailleurs. Les plantes qui hantent- surtout les sables sont dites psam-mophiles (Mibora venta, Psamma arenaria) ; celles que l’on trouve particulièrement dans les décombres, entre les pavés, dans les rues des villages, etc.., sont dites ruderales (Polygonum auriculare, Senehicra corono-pus).'\j(i sol agit physiquement non seulement par des couches superficielles, mais aussi par le sous-sol, suivant que celui-ci est perméable ou non à l’eau et qu’il peut ou non se laisser traverser par les racines, que celles-ci s’étalent en largeur ou s’allongent en profondeur. La couleur du sol est également à ne pas négliger, les sols foncés s’échauffant plus au soleil que les sols de teinte claire. ' "
- 9° Influence de la composition chimique du sol. — a) Le calcaire. — Autrefois, alors que l’on n’avait encore que des notions plus qu’incomplètes sur la composition chimique des roches, on se contentait de diviser les sols en deux catégories : les sols calcaires et les sols siliceux, ceux-ci dépourvus, croyait-on, de toute trace de chaux. Les premiers botanisles qui s’occupèrent de géographie botanique ne tardèrent pas à reconnaître que beaucoup d’espèces étaient particulières aux premiers et manquaient aux seconds, lesquels, par contre, avaient, eux aussi, leur flore spéciale. Ils groupèrent les espèces particulières aux sols calcaires sous le nom de calcicoles ou de silicifuges et celles particulières aux sols siliceux sous le nom de silicicolcs ou de calcifuges; il fut, ensuite, reconnu que la silice n’y était pour rien et que, seule, la présence ou l’absence du calcaire intervenait; il n’y avait donc à considérer que des :pla'ntes calcicoles et des plantes calcifuges. Cette action du calcaire, qui semble cependant, manifeste, — du moins pour certaines espèces, — ne s’explique pas très bien, car il est reconnu que le calcium n’est guère un aliment, du moins sous forme de carbonate (') ; mais peut-être sert-il ou gène-
- 1. On sait que le calcium existe aussi, dans le sol, sous différentes autres formes, en parliculrier s Au s celle de sulfate de calcium, dont le rôle doit être tout différent de celui du carbonate. 11 p;eut exister aussi sous forme de dolomie, c'est-à-dire de carbonate double de calcium et de magnésium; il ne semble pas, cependant, y avoir une « flore
- t-il indirectement la nutrilion en facilitant ou, au contraire, en entravant la pénétration (') et la circulation des autres matières alimentaires dans le corps de la plante; peut-être aussi — et plus vraisemblablement — est-il plutôt un poison auquel peuvent résister les espèces calcicoles et ne le peuvent pas les espèces calcifuges. En réalité, on n’est pas très bien fixé sur le rôle (4) du calcium dans la vie des plantes et son influence sur la répartition des végétaux. Ce dernier point est, cependant, assez manifeste, du moins pour certaines espèces, où son action est vraisemblablement très complexe^’).
- Dans la France tempérée, les espèces les plus abondantes dans les sols pauvres en calcaires — les espèces calcifuges ou silicicolcs — sont, particulièrement, le Châtaignier, le Geneth à balai, le Calluna, la Petite Oseille, la Bruyère cendrée, la Myrtille, la Digitale
- dolomitique », laquelle est seulement la flore des terrains calcaires.. Le calcium se trou ve encore mélangé à de-l’argile dans Les marnes. Certaines roches éruptives en renferment aussi une proportion qui est loin d’être négligeable.
- 1. Flèche ci G.handeau ont montré que des plantes de même espèce, venues sur un sol dépourvu de calcaire, sont plus riches en potassium que celles qui ont poussé sur un sol calcaire. 11 semble donc que la richesse d’un sol en calcaire entrave l’absorption du potassium, substance de première importance pour la nutrilion des végétaux. .
- 2. A cet égard, il faut signaler les recherches de Mlle Thérèse Robert., à laquelle des expériences, sur des. plantes varices [Pois, Lupins, Maïs, Blé,_Lin)mnt'permis d’établir les laits suivants : 1e En milieu nutritif complet, le rôle du calcium paraît être, à la fois, nutritif et anlitoxique. 2° En solution dans l’éau distillée pure et en l’absence de tout autre élément, les sels de calcium (sulfate, nitrate, chlorure)'à la dose moyenne de 500 mil igr. par litre, exercent une action favorisante sur. la germination des végétaux étudiés. 5° A des concentrations analogues, les sels, de magnésium,, de potassium et d’ammonium sont nettement toxiques,''.sür.tou.t pour, le Pois, le Lupin blanc et le Lin ; le Maïs et le Blé sont un peu plus résistants. L’addition d’un sel de calcium supprime faction nocive de ces composés. En présence du. calcium, le rôle nu-Lrilif des sels de magnésium, dé potassium et d’ammonium est, durant les premiers jours du développement, nul ou très peu marqué. 4° La teneur du milieu en calcium pour laquelle apparaît la toxicité de cet élément est toujours relativement élevée; elle varie avec la nature du végétal. 5° Les plantes calcifuges ou calcicoles ne se distinguent pas par une sensibilité plus ou moins grande à faction toxique ou par un besoin plus ou moins considérable de cet aliment, mais par une facilité d’absorption différente vis-à-vis de ce corps; les plantes calcifuges étant celles capables de fixer le plus de calcium, les plantes calcicoles en ahsorbant le moins.
- 5. D’une étude sur le Pin et le Châtaignier, Flèche et Grasdeau concluent, par exemple : 1° Le Pin maritime (de même que le Châtaignier) est une espèce silicicole. 2° Néanmoins, il absorbe une quantité considérable de chaux, môme sur des sols très pauvres en cette substance et il ne paraît pas avoir des exigences exceptionnelles en fait de silice. 5° La présence d’un excès de chaux dans le sol a pour conséquence une augmentation dans le taux de ses cendres. 4° Sur les sols riches en chaux, il absorbe une quantité notablement plus grande de ce principe que sur les sols siliceux. 5° Cette augmentation a pour conséquence une diminution de la quantité de presque tous les autres éléments des cendres. 6° C’est cette diminution, celle du fer en particulier et surtout de la potasse dans une énorme proportion, qui paraît être la cause du mauvais état de cette espèce sur les sols ainsi constitués.
- p.149 - vue 164/663
-
-
-
- 150 LES FONTAINES LUMINEUSES A L’EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
- rouge, YOrnithopus, le Sileranlhus, la Fougère-Aigle,etc.
- Dans le domaine méditerranéen, on peut citer dans le même groupe, c’est-à-dire parmi les espèces calcifuges, la Bruyère à balai, la. Bruyère arborescente, le Pin parasol, le Chêne-Liège, le Ciste' à feuilles de saule, le Calycotome épineux, le Calluna vulgaire, l’Hélian-thème à gouttes, V Ajonc nain, Y Ajonc à petites fleurs, le. Cytise a trois fleurs, YAdênocarpe, h grandes fleurs, le Trèfle pourpre, la Trépane barbue, YAndryale sinueuse, YAira Cupianana, la Lavande. Stéchas, YAnnha-rine à feuilles de Pâquerette, le Lupin velu, le Silène de. France, le Lupin réticulé, le Lupin à feuilles étroites, le Châtaignier.
- Dans la France tempérée, la végétation la plus calci-cole comprend, en particulier, Y Hellébore fétide, le Prunellier, la Coronille variée, le Cirsc sans tige, le Prunier Mahaleb, YHippocrepis à toupet, la Germandrée Botrys, la Gerrnandrée montagneuse, YAnlhyllide, le Globulaire.
- •Dans le domaine méditerranéen, on compte, parmi les plantes les plus calcicoles, l’Erable de Montpellier, le Ciste blanc, la Lavande à larges feuilles, le Thym, la Seslèrie bleue, la Passerine d'urique, Y Amèlanchier, le Cytise à feuilles sessiles, la Coronille Emerus, la Bruyère a fleurs nombreuses, la Coronille en jonc, le Genêt Scorpius.
- Ce qui complique la question de l’iniluence du calcaire sur la végétation, c’est qu’un grand nombre de plantes calcicoles d’une région ne le sont pas toujours dans une autre, ainsi que l’ont montré surabondamment les travaux de Christ, Yallot, Magnin, Bonnier, Gillot, etc., et les observations que chacun peut faire dans une région quelconque. C’est ainsi, pour ne citer qu’un exemple, que, comme l’indique Flabault, beaucoup d’espèces considérées au nord des Gévennes comme calcicoles se trouvent, dans le domaine méditerranéen, sur tous les sols, qu’ils contiennent ou non du calcaire. Telles sont : la Clématite, \igne blanche, Y Hélianthème commun, l’Œillet des chartreux, le Cirse laineux, YEryngium des champs, le Genévrier, l’Euphorbe petit Cyprès, le Buis, la Gerrnandrée Petit. Chêne, le Hêtre, l’Hellébore fétide, YEchinops Rit.ro, la Gerrnandrée Polium, la Digitale jaune. Il n’est pas rare, non plus, de voir des plantes calcicoles sur le versant d’une montagne devenir calcifuge sur l’autre. Il semble donc que l’on ait exagéré l’importance de la présence ou de l’absence du calcaire sur la végétation.
- En réalité, l’étude de la répartition du calcaire dans le sol doit être faite avec le plus grand soin, quali-
- tativement et quantitativement, et non envisagée d’un coup d’œil distrait sur la nature des roches. Les roches graniloides ne doivent, par exemple, pas toujours rentrer dans la catégorie des « roches siliceuses », car certaines possèdent des feldspalhs, qui décomposés, donnent jusqu’à 4 ou 5 pour 100 de carbonate de calcium et 10. à 15 pour 100 de carbonate de magnésium; de même, contrairement à ce que l’on croit généralement, les roches éruptives récentes sont, parfois, assez riches en calcaires; les basaltes et les laves en renferment jusqu’à Il pour 100. D’autre part, il peut arriver qu’un sol ne soit nullement calcaire par lui-même, mais le soit indirectement par suite des eaux qui circulent dans ses interstices et qui, parfois, viennent de loin. De plus, il convient d’analyser le calcaire non isolément, mais de savoir, en même temps, quels sont les sels qui l’accompagnent; là est, peut-être, le nœud de la question.
- b) Le sel siarix. — Le. chlorure de sodium ne sert nullement à la nutrition des plantes, ni par son chlore, ni par son sodium; ce n’est donc pas à son utilité nutritive qu’il faut attribuer la présence d’une flore spéciale, dite halophile, au bord de la mer, notamment dans les marais salants (Salicorne, Sonde, etc.), les sables des plages (Euphorbe paralias, Ziseron Soldanelle, Chardon marin, Honckénéga), voire dans les régions submergées (Zostère, Posidonie). En réalité, cette flore est bien nette parce que les autres plantes du continent sont tuées par le sel et n’v peuvent vivre, tandis que les plantes halophiles peuvent le supporter. Il y a, d’ailleurs, parmi ces plantes maritimes, dans leur relation avec la salure, beaucoup d’espèces dites halophiles pouvant (Aster, Àpium) être cultivées dans les jardins sans leur donner la moindre trace de chlorure de sodium, tandis que d’autres, comme les Saliconies et les Zostères ne sauraient s’en passer (et encore cela aurait-il besoin d’être vérifié).
- c) Autkes sels. — La composition chimique de l’écorce terrestre et des eaux qui y circulent, est, comme on l’apprend chaque jour par des analyses de plus en plus minutieuses, beaucoup plus complexe qu’on ne se l’imagine; il est probable — il est même certain — que les substances chimiques qui en font partie agissent sur la flore, même lorsqu’elles ne s’y trouvent qu’à des doses presque infinitésimales (voir à ce sujet, les travaux de Gabriel Bertrand sur le manganèse ; de Jav.illier sur le zinc; d’Agulhon sur le bore, etc.). Malheureusement nous n’avons pas encore le moindre renseignement à cet. égard ou si peu....
- (A suivre.) Hexiu Courix.
- LES FONTAINES LUMINEUSES
- de l’Exposition des Arts Décoratifs
- Les promoteurs de l’Exposition des Arts Décoratifs craignant que la Seine, une fois la nuit venue, ne partageât en deux tronçons distincts les pavillons édifiés sur chacune des rives, résolurent de changer en illuminations hydrauîicjues attrayantes la tristesse des ombres nocturnes s’étendant sur le fleuve. M. Vedovelli, le créateur des fontaines lumineuses de 1900, leur vint en aide et après études, l’administration le chargea d’exécuter le programme suivant,
- De chaque face du pont Alexandre III devait tomber dans la Seine un Rideau d'eau (fig. 1 ) éclairé, donnant l’impression d’une éblouissante cascade, tandis que de part et d’autre dudit pont s’élèveraient en même temps des gerbes incandescentes. Enfin dans le bassin compris entre le pont de l’Alma et le pont des Invalides s’ancreraient deux péniches surmontées également de fontaines lumineuses. De-ci, de-là, le Commissariat général de l’Exposition auto-
- p.150 - vue 165/663
-
-
-
- LES FONTAINES LUMINEUSES A L’EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS 151
- Fig. — Le rideau d’eau du Ponl Alexandre III, vu la nuit.
- risa l’élévation d’autres artistiques jets d’eau, qui marchent de façon ordinaire pendant le jour et que l’électricité éclaire durant la nuit. Telles sont par exemple la fon ta ine de La tique en verre transparent (fig. 2) dont la. silhouette pyramidale se dresse vers le fond de l’Esplanade des Invalides et les 4 fontaines lumineuses installées par M. Vedovelli aux quatre coins de la Cour des Métiers.
- Décrivons d’abord le Rideau d’eau du Pont Alexandre III (fig. 5) qui comporte la machinerie et les appareillages ci-dessous détaillés. On a placé un poste de transformation de 600 kilowatts dans l’infrastructure de la culée rive gauche. Le courant haute tension biphasé 1200 volts est transformé eh courant 220 volts ; le neutre se trouvant mis à la terre, on a pu immerger dans l’eau le câble con-
- Fig. 2. — La fontaine lumineuse de La tique çn verre transparent,
- ducteur. En second lieu, sur chaque face du pont, on a établi une pompe alimentée [par un moteur biphasé de 200 chevaux, qui puise l’eau dans la Seine et la refoule dans les œuvres vives du pont, au moyen d’une canalisation en acier de 50 centimètres de diamètre capable de débiter environ 400 litres à la seconde. En outre, 60 tuyaux de 2 m. 50, alimentés de place en place par des vannes réglables et percés chacun de 150 trous, se trouvent disposés le long de chaque face du pont,-de manière à obtenir, malgré la courbure des pièces de soutien, une pression d’écoulement constante. Les 9000 ajutages de chacune des faces laissent tomber, dans le fleuve, des filets d’eau à peu près verticalement.
- En arrière du plan du rideau, de façon que l’œil du spectateur ne perçoive directement aucun éclairement, se voient des réflecteurs paraboliques en cuivre argenté ayant 40 centimètres de diamètre et munis à chacun de leurs foyers d’une lampe à incandescence Luxor de 2000 bougies. On recouvre ces projecteurs de disques en verre de différentes couleurs et qu’on change périodiquement. D’autre part, pour empêcher les lampes à incandescence d’échauffer trop les réflecteurs, ceux-ci portent un double fond dans lequel circule un courant d’eau qui les refroidit. Une pompe Lefi, prenant l’eau sur la canalisation principale, réalise cette circulation, tous les réflecteurs étant mis en série au point de vue hydraulique. Ces cascades fonctionnent, une fois la nuit venue, jusqu’à la fermeture des portes de l’Exposition, mais on les interrompt lors du passage des bateaux circulant sur le fleuve.
- De leur côté, les grandes fontaines lumineuses sises à proximiLé du pont Alexandre III se composent chacune d’une bouée circulaire en tôle d’acier de 7 mètres [de diamètre immergée dans la Seine (fig. 4) et servant à loger 5 électro-pompes avec leur appareillage. La plus [grosse de ces pompes d’une puissance de 200 chevaux fournit, grâce à des
- p.151 - vue 166/663
-
-
-
- 152 LES FONTAINES LUMINEUSES A L’EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
- Fig. 3.
- Cascades lumineuses du
- grand rideau d’eau du Pont Alexandre III au cours d’une fêle nocturne.
- vannes appropriées, l’eau nécessaire à une grande gerbe(ûg. 5), à une conque hydraulique, h un elfet tournant de 8 jets liquides orientables et à 8 paraboles disposées circu-lairement..
- On peut varier à volonté la position et l’importance de toutes ces combinaisons hydroélectriques. La seconde pompe de 60 chevaux alimente des « Soleils » à 4 équipages tournants (fig. 7) perces de trous et animes artificiellement d’un mouvement de rotation, ainsi qu’une grande couronne de 5 mètres de diamètre surmontant la bouée et percée de 250 orifices. La même machine fournit également l’eau nécessaire au fonctionnement des 600 orifices d’ 'une autre
- Fig. 4. — Bouées circulaires en tôle d’acier renfermant la machineriefd.es grandes fontaines lumineu,ses Vedovelli.
- |On les amarreiprès.des' bcrgesjpendant le jour.
- couronne disposée tout près de la surface du fleuve- Des vannes commandent ces divers effets
- lumineux dont on peut faire varier la succession, grâce aux cames d’un jeu d’orgues préalablement arrangé dans ce but. Pour les 8 paraboles, par exemple, on. modifie très rapidement leur course de haut en bas,' de bas en haut, de droite à gauche, ou bien on provoque leur rotation en cercle et de l’ensemble de ces mouvements synchrones naissent des courbes ondulatoires d’une chatoyante symétrie pour la vue.
- En arrière des hublots, ménagés dans la partie supérieure des bouées, se trouvent installés 84 projecteurs elliptiques donnant un
- p.152 - vue 167/663
-
-
-
- LES FONTAINES LUMINEUSES A L’EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
- 153
- Fig. 6. — L’une des péniches à fontaines lumineuses.
- éclairage sous un angle de 60n. Munis chacun d’une lampe Luxor de 5000 bougies, ils mesurent 50 cen-. timètres de diamètre, possèdent un double fond qui permet de les réfrigérer par circulation d’eau et portent un système coulissant à verres colorés (rouge, bleu ou jaune). La manœuvre de ces 250 disques multicolores se ramène à celle d’un jeu d’orgue.
- L’électricien n’a qu’à mettre en place une grille spéciale et à appuyer sur un levier pour provoquer l'effet indiqué au programme de la fête nocturne.
- Quant à la troisième pompe, on 1 ’ utilise seulement pour remplir les canalisations au moment de l’amorçage et pour alimenter la grande couronne inférieure,le cas échéant. Comme
- Fig 7 — Effets de soleils à quatre équipages tournants et de la grande couronne surmontant ta bouée.
- autres installations secondaires de la bouée, notons les transmissions mécaniques de l’énergie nécessaire aux effets mobiles et le système téléphonique. Afin de pouvoir diriger de la rive le personnel travaillant dans l’enceinte intérieure on a dû, en effet, installer
- des haut-parleurs Le Las et donner aux hommes des casques spéciaux qui, étouffant les bruits parasites, leur permettent d’entendre les ordres du directeur des manœuvres. En outre, comme dans la journée on amarre les pontons près des berges et comme il faut, au moment des séances d’illuminations, les amener à une place déterminée au milieu de la Seine, on les a pourvus de dispositifs spéciaux.
- Sur le ponton amont, on a installé un système de câbles « va et
- p.153 - vue 168/663
-
-
-
- 154 —- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ALCOOL ABSOLU
- vient » dans le lit du fleuve et au moyen d’un treuil on le conduit jusqu'au milieu delà Seine, à environ 80 mètres du Pont Alexandre III. La manoeuvre du ponton aval s'effectue en s’appuyant sur la bouée précédente ; un câble et un autre treuil servent à la montée, mais pour la descente on ajoute k la force du courant une dérivation, prise sur la grosse pompe et débouchant au-dessous de la ligne de flottaison. Ce jet d’eau auxiliaire produit une répulsion suffisante pour amener ledit ponton aval k la place désirée.
- Enfin l’adduction de l’électricité aux lampes des projecteurs s’opère à l’aide de conducteurs portés par une succession de petits radeaux espacés de 2 m. 50 les uns des autres et disposés de manière que l’ensemble puisse se courber quand les pontons changent de place.
- . De même, sur les deux péniches (fîg. 6) amarrées entre les Invalides et l’Alma on a installé diverses fontaines lumineuses plus ordinaires. Chaque cha-
- land comporte, sur son pont, un moteur électrique de 60 ch actionnant par accouplement direct une grosse pompe et une seconde dynamo de 40 ch. Ces machines permettent de réaliser des gerbes, des palmes et autres jets d’eau lumineux. Il existe également, sur chacune des embarcations, une couronne circulaire ayant pour principal objet d’enjoliver, pendant le jour, cette inesthétique architecture nautique. D’ailleurs, les effets hydrauliques des péniches sont réglés, une fois pour toutes; mais, à l’aide d’un combinaleur continu, on allume et on éteint les lampes multicolores des rampes.
- Aussi, grâce cà ces projecteurs, à ces cascades étincelantes, à ces ampoules bleues ou rouges, mauves, vertes ou orangées, l’Exposition des Arts Décoratifs attire, chaque soir, vers les rives de la Seine, une multitude de visiteurs français et étrangers, qui admirent beaucoup ces féeriques visions où la lumière se joue à travers l’onde écuinanlc!
- Jacques Dovi;n.
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ALCOOL ABSOLU
- Devant la consommation toujours croissante des diverses essences minérales et les affirmations des géologues assurant qu’avant un siècle tous les gisements de pétrole actuellement connus seront épuisés, on s’est préoccupé de trouver divers carburants permettant de reculer une telle échéance et, dans l’espoir de voir bientôt se réaliser certaines synthèses industrielles, comme la berginisation, on s’est arrêté à cette solution sans doute temporaire : ...les mélanges d’alcool éthylique et d’essences.
- En France notamment, où l’importation des . huiles de pétrole atteint un million de tonnes, pour une production nationale d’alcool qui pourrait s’élever à 4 000000 hectol., on préconise, à l’heure présente, le type : alcool 50 pour 100; essence 50 pour 100, bien que son emploi augmente la consommation des moteurs de 10 à 15 pour 100 et que, pour une nation pauvre en gisements houillers, il paraisse paradoxal de consommer 1,5 kg de charbon afin d’obtenir 1 kg d’alcool, c’est-à-dire dépenser 8000 calories dans le but d’en retrouver 5600 !
- Mais, dans la préparation des divers mélanges successivement envisagés, on s’est aperçu, dès le début, qu’avec l’alcool à 90° G. L., sorti des rectifî-cateurs, il faut, pour assurer le bon fonctionnement des moteurs, recourir à une tierce substance, un « unisseur », comme les alcools butylique ou isopropylique, les crésols ou le cvclohexanol, tandis que le produit de degré supérieur à 99° 5 donne des mélanges homogènes à toute température (même—50°) et en toutes proportions, non seulement avec les essences légères, mais avec le pétrole lampant lui-même.
- Ainsi s’est posé, au lendemain de la guerre mondiale, le problème de la fabrication industrielle de
- l’alcool absolu,, resté jusqu’alors un produit deslaboratoires où on l’obtient par deux distillations fractionnées, la première sur la chaux vive, la seconde sur la baryte caustique.
- La question est aujourd’hui résolue et nous allons indiquer, avec les différents procédés entrés dans le domaine de la pratique, deux méthodes encore dans la période d’essai.
- Déshydratation à l’aide de sels métalliques employés à froid. — Quelques auteurs ont songé au sulfate de cuivre anhydre, de couleur hlanc grisâtre et qui s’obtient en chauffant à 250° la couperose bleue du commerce ; mais il ne semble pas qu’on puisse, avec ce produit, si avide d’eau soit-il, élever le degré alcoolique au-dessus de 98.
- Tout autres ont paru les résultats obtenus avec le carbonate de potasse CO3K2, susceptible de retenir, en cristallisant, 25 pour 100 de son propre poids d’eau. Son emploi avait été indiqué, voici quelque 50 ans, par Pierre et Puchot, et, vers 1896, M. Lescœur montrait sa propriété de donner, à là température ordinaire, un alcool à 98°,5 en partant d’un produit commercial titrant 95°. Le point capital sur lequel l’attention a été retenue par MM. Lo-riette, Gay et GuinotQ) est qu’on peut sensiblement réduire la quantité de sel employé qu’on avait longtemps fixée à 25 pour 100.
- Nous citerons ici l’installation montée à la distillerie de Melle, sous la direction de MM. Ricard et Allenet, pour la déshydratation des mélanges d’alcool étendu et d’essences. A ce sujet, M. Guinot indique qîïe,la méthode peut être continue. Le mélange à traiter circule dans une batterie de
- 1. G. R. de l’Exposition Internationale des Combustibles liquides (1923), p. 714, 718.
- p.154 - vue 169/663
-
-
-
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ALCOOL ABSOLU 155
- colonnes chargées de carbonate, mélangé à une matière inerte, pour se trouver en présence de sel de moins en moins humide ; celui-ci donne bientôt une solution saturée qui s’écoule au bas de l’appareil, ci mettre momentanément hors batterie poulie remplir de carbonate anhydre. Dans le cas d’un carburant à 20 pour 100 d’alcool, on arrive à pousser le degré à 99,5, en employant un poids de déshydratant égal au centième du poids du mélange. Plutôt que d équiper un assez grand nombre de distilleries pour leur faire produire de l’alcool absolu, M. Àllenet a fait remarquer., à l’Exposition des Combustibles liquides de mai 1925, ..que le procédé permettrait de monter seulement quelques appareils de grand débit dans les ports où se trouvent les raffineries de pétrole, ce qui assurerait un contrôle du travail extrêmement facile et une faible immobilisation de capitaux. Un travail plus récent de MM. Gay et Massol (1) a d’ailleurs indiqué l'action déshydratante des solutions saturées de carbonate sur les mélanges d'alcool et d’essences, en proportions quelconques, en montrant qu'il ne saurait être avantageux de traiter d’abord l’alcool seul, puis, après élimination du déshydratant, d’ajouter l’essence.
- D’après ces chimistes, deux cas sont à considérer, suivant que, pour le produit à obtenir, on fixe alcool ,
- au rapport en poids -,—r--------------- une valeur
- 11 r alcool-h essence
- inférieure ou supérieure à 0,85.
- Dans le premier cas, on prépare le mélange réalisant la teneur désirée et on le soumet à l’action d’une solution saturée de sel CO3K2. Dans le second, on
- , . . alcool
- réalisé le carburant, tel que -,—r—------------------
- u alcool-f-essence
- = 0,85, qu’on déshydrate séparément ; on effectue
- la même opération sur de l’alcool aqueux. On éli-
- 1. Congrès de Chimie industrielle. Bordeaux, 1924. Bulle lin de la Société de Chimie industrielle, mai-juin 1924, p. 46.
- Fig. 2. — Déshydratation de Valcool par application des mélanges azèotropiques (usine de Nesle).
- Fig. i. — Déshydratation des vapeurs alcooliques, par almolyse.
- mine, dans les deux produits obtenus, le déshydratant et on les mélange en de telles proportions , alcool
- que le rappport —,—r—-----------prenne la valeur
- ^ 11 r alcool -f- essence r
- demandée.
- Dans l’ordre d’idées que nous venons d’indiquer, d’autres sels ont été préconisés : carbure ou chlorure de calcium (Deroy, Mariller), acétate de potasse (Verley).... Mais il semble que le carbonate GO3 K2 garde quelque préférence ; il présente d’ailleurs cet avantage de pouvoir revenir, après emploi, dans un nouveau cycle d’opérations, . puisqu’il perd par simple chauffage à 155-140° les molécules d’eau retenues.
- Déshydratation par la chaux. — Gomme nous l’avons signalé, c’est là le procédé classique dù à Gay-Lussac et qui a permis, jusqu’en 1921, la préparation de l’alcool absolu dans les recherches de laboratoire. Sous sa forme habituelle, il n’était pas susceptible d’un développement industriel car, dans la pratique, son rendement en alcool à 99°,5 ne dépasse guère 60 pour 100.
- G’est alors que l’ingénieur Loriette reprit l’idée émise en 1842 par lluguenet, en substituant à la distillation de l’alcool aqueux, en présence de chaux, le passage de vapeurs alcooliques, sur de la chaux vive et cela à une telle température qu’il n’y ait aucune condensation au contact de l’oxyde déshydratant. Entre temps, on vit apparaître des variantes de la méthode (procédés Martine Legrand, Barbet), mais il apparaît qu’à la suite de la mise au point faite par la Société anonyme d’applications chimiques, c’est le procédé Loriette qui a retenu la faveur des techniciens. Il est à noter qu’il permit la fabrication rapide des 10 000 hectolitres d’alcool anhydre qui servirent de point de départ aux nombreux
- p.155 - vue 170/663
-
-
-
- 156 —:. -- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ALCOOL ABSOLU
- essais faits par le Service des Poudres, puis aux multiples expériences du concours de Béziers (avril 1922).
- Dans son principe, l’appareillage comprend une sorte de caisse étanche, à double paroi pour éviter, par l’envoi de vapeur, tout refroidissement, et formée de deux parties, l’une verticale, l’autre horizontale. La chaux vive entre par une trappe dans la première partie et traverse la seconde où elle est entraînée par un arbre à palettes la maintenant, sur une grande surface, au contact des vapeurs alcooliques qui suivent une marche inverse. Hydratée, elle est évacuée par un dispositif à double trappe, l’alcool allant se condenser dans un serpentin. Pour en éliminer les faibles quantités de carbonate calcique qu’il aurait pu dissoudre, cet alcool est soumis à une nouvelle rectification et, d’après M. G. Patart ('), on ,pensc réduire à 40 kg la quantité de vapeur nécessaire au traitement d’un hectolitre d’alcool à 96°, pour une extinction de chaux vive de 25 kg. Et, fait qui se présente assez fréquemment, on obtiendrait à l’usine des résultats plus rapides qu’au laboratoire. En effet, des essais méthodiquement conduits par MM. Pérard et Grimaud indiquent qu’en faisant agir sur de l’alcool à 95°,5, à une température de 78°, une quantité de chaux vive supérieure d’un cinquième à la quantité théorique, on n’atteint 99°,6 qu’au bout de 5 heures; pour arriver à 99°,95, il faut un contact de 24 heures.
- Déshydratation par la glycérine, chargée ou non de sels. — Voici quatre ans, M. Van Ruymbeck signalait, dans un brevet, qu’en faisant couler de la glycérine sur les plateaux d’une sorte de rectifica-teur, les vapeurs d’alcool donnaient au condenseur un liquide marquant 98°,5 G, la glycérine pouvant se débarrasser de l’alcool retenu par un simple entraînement à la vapeur d’eau. Plus tard, cet auteur montrait l’avantage que présente l’addition à la glycérine de sels avides d’eau, comme les chlorures CaCl2 et ZnCP, et le carbonate CCP K2.
- Point extrêmement intéressant à notre sens, un procédé analogue a été étudié par MM. Mariller et Granger qui ont eu l’idée, non pas de déshydrater un alcool industriel à 96°, mais bien, en partant de liquides alcooliques, tels qu’ils sortent des cuves de fermentation, d’obtenir un produit marquant au moins 99°,5 à l’appareil de Gay-Lussac.
- Les premiers essais portèrent sur la glycérine pure commerciale (type diamant) la glycérine anhydre, enfin les solutions glycérineuses, contenant au maximum 30 pour 100 de sels (Zn CP CH5 COOK, CO3 K2 (2). En résumé, les yapeurs alcooliques sorties du rectificateur traversent une colonne parcourue en sens inverse par le liquide déshydratant, et celui-ci, entraînant l’eau et une certaine quantité d’alcool, est lentement porté, dans une
- 1. Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, mars 1924.
- 2. Chimie et Industrie, vol. 10, n° 4, p. 643.
- seconde colonne, à une température voisine de 150° ; il se débarrasse ainsi de l’alcool qui retourne à l’appareil de rectification. Puis le mélange glycé-rineux, riche à 8 ou 10 pour 100 d’eau, tombe dans une dernière colonne à plateaux, où l’on concentre sous pression réduite, pour séparer l’eau pure de la glycérine chargée de sel qui est prête à un nouvel emploi.
- Le procédé complètement mis au point, était appliqué, voici deux ans, à Marseille et à Grenoble pour une production quotidienne de 250 hl. d’alcool. Comme l’indiquent les auteurs, il permet, avec des appareils à 12 plateaux, des résultats que ne peuvent donner avec 40 ou 50 les hauts rectifî-cateurs divisés de la colonne Savalle. La dépense en déshydratant ne dépasse pas 0 kg 25 par hl. et la consommation de vapeur 25 ou 30 kg.
- Déshydratation par application des systèmes azéotropiques. — Reprenant en 1901, un travail de Roscoe, Sydney Young et Fortey remarquèrent qu’en soumettant à la distillation, sous 750-760 mm., un mélange d'eau, d’alcool et de benzène on obtient vers 64°, un liquide donnant à l’analyse: alcool 18,5 pour 100 ; CG HG : 74 ; eau 7,5, la température restant constante dans le ballon tant qu’il y reste de l’eau. Celle-ci éliminée, le thermomètre monte à 68° et l'on recueille, dans le serpentin, un mélange d’alcool (52,4 pour 100) et de benzène (67,6). Dès que la température tend à s’élever, on peut arrêter l’opération : l’appareil ne contient plus que de l’alcool anhydre. Au total on doit regarder l’ensemble : eau -f- alcool H- benzène comme liquide alcoolique impur, un flegme, à rectifier, pour en séparer des produits de tète (eau -h benzène -I- alcool) d’un produit de cœur (benzène -h alcool) et recueillir comme produit de queue, l’alcool anhydre. Et l’on peut substituer, au benzène CG H®, certains de ses homologues, ou le sulfure et le tétrachlorure de carbone.
- A l’usine de Nesle, où le procédé fonctionne depuis trois ans, l’alcool à traiter traverse, de haut en bas, dans un rectificateur à plateaux, des couches successives de déshydratant (benzène) et se recueille anhydre dans la partie inférieure de l’appareil. Les vapeurs sorties de celui-ci se rassemblent dans une sorte de déeanteur refroidi, où, bientôt elles forment deux couches de liquide : la supérieure, riche en benzène, revient au rectificateur, l’autre sensiblement à 60 pour 100 d’alcool est envoyée dans une seconde colonne où l’on sépare le benzène du mélange eau et alcool ; ce" dernier, qui ne renferme plus que des traces de carbure aromatique, se comporte comme un flegme dans une dernière colonne et donne un alcool à 95° qui revient lui aussi au rectificateur principal.
- Ainsi s’obtient un alcool à 99° ne renfermant aucune trace du benzène qui a servi à l’opération et rentre dans un nouveau cycle opératoire. La consommation de vapeur serait par contre de 200 kg par hl. d’alcool.
- p.156 - vue 171/663
-
-
-
- r ACADÉMIE DES SCIENCES
- Déshydratation par atmolyse. — On connaît la loi de Graham, sur la diffusion des gaz au travers des parois poreuses : les vitesses de passage, sous la même pression, sont inversement proportionnelles à la racine carrée de leur densité. Les poids moléculaires de l’eau et de l’alcool étant respectivement 18 et 46, les poids de leurs vapeurs qui passeront dans le même temps seront sensiblement dans le rapport de 6,8 à 4,2.
- Si nous imaginons l’envoi d’un mélange de vapeurs d’eau et d’alcool dans un tube étroit de porcelaine non vernie, placé dans un tube de verre ou de métal, de même axe, le vide étant maintenu dans l’espace qui sépare les parois, l’eau qui traverse plus rapidement que l’alcool le tube atmolyseur se rassemblera dans le tube de plus gros diamètre. Il s’établira une circulation portant sur des vapeurs de degré de plus en plus élevé, l’élimination de l'eau se faisant progressivement à chaque traversée de l’appareil.
- G’est un dispositif de ce genre qu’avaient imaginé, en 1925, MM Édouard et Rémy Urbain et qui leur fournissait un produit marquant 99°,8. Mais nous ne croyons pas que le procédé soit déjà entré dans le domaine industriel.
- En terminant, et bien qu’il s’agisse, là aussi d’une méthode que la pratique n’a pas sanctionnée, nous voudrions attirer l’attention sur l’idée originale, émise par M. Raoul Pictet en 1880 et reprise par lui en 1919. 11 écrit à ce sujet : « Les mélanges d’eau et d’alcool se séparent d’une façon à peu près complète par une rectification obtenue, bien au-dessous des températures normales (79°,5 et 100°)...
- I
- 157
- Au moyen d'appareils frigorifiques et du vide, j’obtenais un coulage d’alcool presque chimiquement pur, en faisant tomber de l’alcool condensé au haut d’une colonne par un réfrigérant spécial ... Les vapeurs d’eau et d’alcool montaient, en se dégageant des flegmes maintenus à — 10° ou — 15° G, le chauffage étant fourni par un courant d’eau entrant à H- 15° et sortant à-|- 2 ou -f- 5... L’alcool pur se vaporisait sur des plateaux et remontait dans le haut de la colonne où la température de condensation oscillait à volonté, selon les qualités d’alcool que l’on voulait obtenir, entre — 50 et 100° centigrades » (1).
- À lepoquc où les brevets furent pris, de telles températures étaient peu familières aux ingénieurs et aux chimistes industriels. Depuis les travaux de Linde et de G. Claude, la construction des appareils demandés par les procédés Pictet ne présenterait aucune difficulté à vaincre et, en 1919, le savant genevois estimait que l’emploi du froid artificiel permettrait de traiter des flegmes, quelle que fût leur origine, pour obtenir de l’alcool à trois degrés différents : 99',5 pour les produits pharmaceutiques ; 99° pour les usages alimentaires ; 98° pour tous autres emplois.
- En somme, M. Raoul Pictet se proposait de transporter sur la scène industrielle les méthodes en usage dans les laboratoires pour la distillation sous pression réduite, mais il n’a pas été donné jusqu’ici de « chiffrer » les avantages de son procédé.
- Xavier Lafargue,
- 1. Evolution des procédés concernant la séparation de i l’air atmosphérique en ses éléments. Genève, 1914.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1925.
- Au sujet des dicélones aajeliques. — M. Biaise et Mlle Montagne étudient l’action de l’ammoniaque sur les 8 dicélones acycliques simples, en mettant en évidence leur tendance à fournir, dans une telle opération, de la cvclénone. Mais en substituant à l’ammoniaque l’hydroxy-lamine ces auteurs indiquent un mode, de caractère général, pour la préparation des bases pyridiques. Le mécanisme de la réaction demeure obscur,mais il semble d’ores et déjà, qu’il faut adopter, pour ces bases, le schéma Ricdel-IIantzsch de préférence à celui de Korner.
- Un cas de foudroiement. — Lorsqu’on établit les statistiques pour les arbres frappés par la foudre, on remarque une différence notable en laveur des essences dont les sujets adultes portent un rhytidome épais et profondément fendillé, tels que les peupliers, les chênes, les ormes et les pins. Par contre, les espèces à tronc lisse, comme les bouleaux, les hêtres, les platanes et les cerisiers, sont peu représentés. De scs dernières observations, M. Vandcr-Linden indique nettement que la foudre
- peut, en quelque sorte, glisser le long d’un tronc d’arbre sans l’entamer, à condition qu’il ne présente pas de grandes aspérités.
- Action de la lumière sur les mousses. — M. Davy de Yirville a étudié, pendant plusieurs mois, des mousses sous des cloches où la lumière était plus ou moins atténuée suivant le nombre et l’épaisseur des couches de peinture qu’on leur avait appliquées, l’obscurité se réalisant dans une caisse à zinc à double paroi, du modèle Jean Friedel. Des résultats acquis, il résulte que la lumière modifie notablement le port, la taille, la couleur, la forme et la structure des mousses et, avec l’atténuation et surtout la suppression de'l’éclairement, on voit disparaître peu à peu les caractères distinctifs dont plusieurs espèces tirent leurs noms spécifiques. Gela montre l’action du milieu en général, et notamment celle de la lumière, comme le prévoyait Lamarck et comme l’a prouvé, du point de*vue expérimental, Gaston Bonnier.
- Paul B.
- p.157 - vue 172/663
-
-
-
- LA VALLÉE D’ARAZAS
- Parc national espagnol
- Voilà longtemps qu’on a constaté le contraste qui oppose — paysage, flore, habitants — les deux versants des Pyrénées. Michelet n’écrivait-il pas dans la Montagne, en une formule saisissante, que les sites « incompatibles » sont une des principales caractéristiques de ce massif? Plus précis et plus scientifiques, les géographes modernes, Schrader en tête, ont montré comment les formes originaires avaient été plus effacées par les intempéries — éro-
- et sud-rhénane ('), parait avoir désigné l’eau dans une langue préhistorique [antérieure au gaulois et à l’ibère — l’Ara de Boueharo, qui descend du Vigne-male, et l’Ara d’Ordessa, issu du massif du mont Perdu : c’est la vallée de ce dernier qui a été dénommée Arazas. Inhabitée, prolongement excentrique de la commune de Torla trop riche en forêts pour exploiter celles qui étaient difficilement accessibles, elle fut livrée à peu près exclusivement aux
- Fig. i. — Les gradins de Soaso dans la vallée d’Arazas ; au fond le mont Perdu.
- sion des glaciers préhistoriques, puis des pluies plus fréquentes — sur le versant français, tandis qu’en Espagne est mieux conservée la disposition primitive de plissements parallèles et de barrières successives entre lesquels se creusent des ravins abrupts, en « coups de gouge »-
- Adossée à la frontière française, derrière le cirque de G a va r nie, la vallée d’Arazas est peut-être celle qui résume, avec le plus de netteté et aussi de magnificence, les caractères des Pyrénées espagnoles. L’axe granitique — un des trois axes des Pyrénées mis en lumière par Schrader (') — passe ici tà peu près sous la frontière et porte les sommets calcaires dont les formidables escarpements s'effondrent au nord vers Gavarnie et retombent en terrasses au sud, vers les vallées de l’Ara.
- Deux cours d’eau conjugués portent le nom d’Ara — nom dont la racine, commune à divers cours d’eau des régions pyrénéenne, rhodanienne
- 1. Noie sur les terrains primitifs des Pyrénées.
- forces de la nature jusqu’au jour récent où le développement du tourisme, l’extension du pacage, mais surtout le besoin grandissant de bois commencèrent à la menacer. On l'a sauvée à temps en la classant, il y a quelques années, comme Parc National espagnol, avec une commission administrative de direction et de surveillance.
- Le règlement est moins sévère que celui du Parc National suisse ou américain. Y sont interdits radicalement seulement la chasse et l’arrachage des plantes. La pêche y est tolérée (les truites y abondent), à condition que ce ne soit point pour le commerce. L’abatage des arbres est prohibé, à l’exception d’un canton. Quant au pacage, il est autorisé pour les vaches an printemps, étant donné que la commune dispose de peu de pâturages. Et autour des deux petits chalets-hôtels qui, depuis quelque vingt ans, ont remplacé au lieu dit d’Ordessa
- 1. Citons notamment VArar, ancien nom de la Saône, et YAar suisse"; la racine ar est un des éléments de YArièye, Y A-rayon, le val A'Aran (mot qui a passé eu basque), etc.
- p.158 - vue 173/663
-
-
-
- Fig. 2. — L’Ara d’Qrdessa et le monument de Lucien Briet.
- d’anciennes granges estivales, les propriétaires coupent leurs foins et cultivent leurs légumes.
- Fig: 3. — Vue du Tozal del Mallo à Ordessa.
- Il a fallu user de ménagements envers les intérêts locaux pour faire accepter l’idée de protection par une population dont l’esprit civique est loin d’être aussi développé qu’aux Etats-Unis ou en Suisse. Mais l’essentiel est fait. Les superbes forêts sont sauves, les bouquetins aussi, les seuls et derniers bouquetins des Pyrénées, bien. différents de ceux des Alpes par leur cornes contournées et qui se sont multipliés depuis deux ou trois ans.
- Par suite des difficultés de communication avec la vallée de. l'Ebre. (améliorées cependant, depuis peu, par le service d’auto de Broto à Barbastro), les principaux visiteurs de la vallée d’Arazas sont des Français et des Anglais venus deGavarnie. Un excellent chemin muletier conduit en trois 'heures de Gavarnie au port d’Espagne, en permettant d’admirer tour à tour le cirque, qu'on domine, et les glaciers suspendus duGabiétou et du Taillon. l)n col, la vue plonge dans l’entonnoir de Boucharo, derrière lequel se dresse le massif majestueux, poudré de neige, de la Tendenera.
- Mais ceci n’est qu’un prologue. Il faut descendre le sentier, puis chemin pierreux (très pierreux !) qui par Boucharo (modeste refuge, flanqué d’un poste de douaniers et carabiniers), descend à travers les fourrés de buis arborescents, puis, par un défdé rocheux de belle allure, accompagne le torrent vert frangé d’écume. Au pont des Navarrais les montagnes ouvrent un portique gigantesque sur les lointains affaissés de P Aragon : c’est l’entrée de l’Espagne; c’est aussi le confluent de l’Ara d’Or-dessa, qu’il s’agit maintenant de remonter.
- En prenant du champ et en se retournant, on
- p.159 - vue 174/663
-
-
-
- 160
- LA VALLEE D’ARAZAS
- jouit d’un nouveau spectacle : sur les contreforts entre lesquels se faufilait le chemin, ont surgi de splendides escarpements, terrasses et ressauts qui s’étagent à une hauteur prodigieuse, avec des retraits, des stries horizontales grises, des promontoires de marbre rouge. Près d’Ordessa, le Tozal del Mallo s’érige, fantomatique, comme un pan de château fort ruiné.
- La majesté des forêts dépasse de beaucoup celle du Parc National Suisse. On a vraiment ici l’impression de la forêt vierge, où l’homme n’a passé que de loin en loin sans marquer son emprise, en laissant à peine sa trace. Nourris d’épaisse's couches
- devant la cascade mugissante de la Cueva et gagne le cirque de Soaso, où le torrent forme de curieuses cataractes en gradins (grado de Soaso), tandis qu’au fond s’élève le dôme puissant du Mont Perdu.
- Du Soaso comme de la cascade du Cotatuero on peut gagner Gavarnie par la brèche de Roland, à travers dés passages difficiles réservés aux alpinistes. -Lepaso de las Clavijas, où l’on se hisse, plaque au roc, à l’aide de crampons scellés, nécessite une gymnastique que tentent seulement les vétérans de la montagne ou les chasseurs d’isards. La descente, sur les pentes raides des glaciers étagés,
- Fig. 4. — La vallée d’Arazas à Ordessa.
- d’humus, des hêtres gigantesques entremêlent leurs ramures. Des sapins puissants s’aggripent sur les pentes, offrant une cible plus facile aux orages, qui ont brisé ceux-ci, brûlé celui-là : les branches rompues gisent éparses et pourrissent peu à peu, tandis que, de loin en loin, un tronc énorme, ébranché, pelé, à demi calciné, évoque encore un drame lointain. Sur la rive gauche, les pins se groupent en vastes massifs.
- De bons sentiers ont été aménagés pour faciliter l’accès de la vallée et permettre de visiter ses principales curiosités. L’un relie Ordessa au pont des Navarrais, un autre à Torla par la rive gauche, à travers la vaste pinède, longeant le torrent en surplomb.
- En amont, un troisième grimpe en lacets raides à travers la hêtraie jusqu’au pied de la cascade du Cotatuero, qu’on voit, d’en bas, bondir, d’un saut de 165 mètres, du haut d’un gradin rougeâtre. En dernier enfin remonte la rive droite de l’Ara, passe
- n’est pas moins délicate, l’rès du ponceau jeté sur le torrent peu en aval des chalets d’Ordessa, a été élevé récemment un monument avec médaillon, simple mais émouvant, à la mémoire d’un de nos compatriotes, « chantre du haut Aragon », dont les lecteurs de La Nature n’ont pas oublié le nom : notre ancien collaborateur Lucien Briet, décédé à 55 ans en 1924, et à qui la reconnaissance espagnole a rendu un touchant hommage.
- L’excursion de la vallée d’Arazas se complète par la'visite de Torla, à une heure du pont des Navarrais : pittoresque bourg lassé sur un mamelon, où les vieilles maisons aux portes cintrées, aux fenêtres géminées à meneau vertical, les ruelles de cailloutis coupées par un ruisseau d’eau vive évoquent le moyen âge, tout comme les intérieurs qui 0liront encore la vieille cheminée centrale, spécialité des Pyrénées espagnoles, autour de laquelle, éclairés par les tisons de pin, bêtes et gens se groupent les soirs d’hiver. Albkkt Dauzat.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie I.aiiüke. 9, rue fie Fleurus, Pans — 1925.
- p.160 - vue 175/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- Un sondage difficile : A. Coyne.
- La botanique en chemin de fer : Henri Coupin. — Un photomètre original : G1 J. Rouquerol. Moeurs de la poule d’eau ; L. Coopman. - Les théories de la relativité : A. T.
- Etat expérimental actuel : Louis Warnant.
- La construction et le réglage des appareils photographiques : A. B.
- Les changements de vitesse électriques : F. C.
- SUPPLÉMENT : Informations. Science appliquée. — Variétés.
- Recettes et procédés utiles. Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. kE NUMÉRO S Francc • • ’ * 1 fraï1c
- •120, boulevard Saint-Germain, Paris. • ç Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 176/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2684.
- 12 SEPTEMBRE 1925
- UN SONDAGE DIFFICILE
- Emploi des sondeuses rotatives à bord d’un chantier flottant.
- À l’occasion de la construction prochaine du Pont de Plougastel, ouvrage de dimensions inusitées dont La Nature a déjà donné un aperçu (*), tout un programme de sondages vient d’être mis à exécution pour reconnaître le sous-sol rocheux de l’estuaire de l’Elorn, aux points d’appui des trois arcs de 180 m. d’ouverture qui franchissent la rivière à son débouché dans la rade de Brest.
- Pour réaliser ces sondages, il a fallu vaincre nombre de difficultés sérieuses et améliorer les méthodes usuelles.
- Les fonds se présentent comme suit dans l’estuaire de l’Elorn.
- Sauf dans le chenal réservé pour la navigation, d’où l’on a écarté l’obstacle d’une pile de pont, on trouve la vase à une profondeur moyenne de 2 à 5 m. sous le zéro des cartes marines, soit il m. au plus sous le plan d’eau à l’étale de pleine mer, puisque le marnage en rade de Brest atteint environ 8 m. aux vives eaux d’équinoxe.
- Le roc schisteux où la rivière a frayé son lit gît en moyenne à 6 ou 7 m. en dessous, soit 18 m. au plus sous les pleines mers. Une faible épaisseur d’argile compacte, mêlée de débris de schiste, en décèle l’approche sous la vase molle superficielle.
- Rien de plus simple que d’atteindre le rocher au moyen d'un matériel de battage sommaire disposé sur un chaland (fig. 1). Le trépan à injection d’eau se fraye aisément passage à travers les vases molles et la glaise jusqu’à la roche compacte. Le sondage est tubé au fur et à mesure de la descente.
- Mais les difficultés surgissent dès qu’il s’agit de
- 1. Voir La Nature du 26 avril -1924. Viaduc à deux tabliers superposés formé de 5 arcs en béton armé de 180 m. environ d’ouverture.
- Treuil moteur
- Rocher
- Fig. i. — Installation de hallage au trépan.
- pénétrer dans la couche dure dont l’exploration en profondeur est cependant indispensable pour la sécurité des fondations. Tous les outils de choc, auraient-ils la puissance nécessaire pour forer les schistes, souvent mêlés de quartz, du sous-sol rocheux ne donnent au prix d’un avancement irrégulier et fort aléatoire qu’un aperçu très succinct de la nature du terrain. Aspect naturel des roches en place, inclusions quartzeuses ou poches d’argile, sens des clivages, aucun témoin ne reste intact sous les chocs répétés de la sonde. On ne recueille au jour que des houes et des débris informes.
- La solution réside dans l’emploi de sondeuses rotatives, plus sûres dans la roche compacte que le trépan, et qui permettent d’extraire des échantillons intacts ou « carottes » du rocher donnant une image fidèle du terrain prospecté.
- On connaît le fonctionnement de appareils : un outil d’attaque l’extrémité d’un tube est animé d’un mouvement de rotation qui lui est transmis par les tiges de sonde, et creuse dans la roche une gorge cylindrique, isolant à l’intérieur du tube une carotte qui est remontée au jour à limite de course.
- Le rodage du rocher s’obtient soit par les dents d’un outil coupeur, soit par une couronne de diamants fixée sur le tube, ou bien au moyen de grenaille d’acier qui se rassemble la partie inférieure entre la tranche du tube exerce 10 L
- Fig. 2. — Sondeuse rotative Calix (Ingersoll-Rand.)
- 63‘ Anriôe — 8* Stmeatr»
- ces disposé à d’acier
- par gravité à du forage, et la roche sur laquelle ell
- p.161 - vue 177/663
-
-
-
- 162 ......- —---------- UN SONDAGE DIFFICILE
- Tige de sonde
- Fig. 3. — Fonctionnement de l’outil d’attaque d’une sondeuse rotative.
- son action abrasive. Un courant d’eau amené par les tiges de sonde assure la propreté des surfaces en contact et sert de véhicule à la grenaille qui est renouvelée périodiquement (fig. 5).
- Nous disposions d’une sondeuse de ce dernier type (G. 41. Calyx Ingersoll Rand, fig. 2) qui fut installée, après avoir subi quelques remaniements indisponibles, sur le chaland de sondages (fig. 4).
- On reconnaît en À le dispositif de rotation entraînant les tiges de sonde. La distance AB au pont du chaland est imposée pour la manœuvre des tiges et du tubage dont les difficultés sont accrues par le jeu de la marée. "
- En G la colonne des liges de sonde.
- En'D le tube à grenaille.
- En E le tubage.
- En FGHI le moteur, le treuil, la pompe et l’arbre intermédiaire servant de relai pour la transmission de la'force motrice.
- Il tombe sous le sens qu’il est impossible — sans autres précautions — de mettre la sondeuse en service sous cette forme, le chaland restant à flot, sans courir à un insuccès complet et sans risquer de sérieuses avaries. a
- Les sondeuses rotatives sont des outils sûrs, mais dont l’attaque doit être réglée avec précision. D’où la nécessité de réaliser par rapport au sol la fixité de l’équipement superficiel (dispositif de rotation, chevalement, accessoires) à seule fin que l'équipement de sondage (tiges et outil de sonde) conserve un centrage et une direction pratiquement invariables — et que la sonde exerce sous sa tranche
- inférieure une pression constante, ou réglable au gré du chef sondeur.
- Conditions évidemment irréalisables à bord d’un chaland de faible tonnage soumis à l’action combinée de la marée, des courants, des vents et des lames d’un estuaire souvent agité. 11 n’est pas rare d’y observer un clapot de rade ayant un mètre de creux ou même davantage. Si l’on remarque que le chaland est fardé dans les hauts par son chevalement de 8 m. (au point qu’un violent coup de vent l’a fait chavirer en cours de travaux), que le dispositif de rotation attaque les tiges de sonde à 6 m. environ au-dessus du plan d’eau, dans une région où les effets de roulis et de tangage sont notablement accrus, on imaginera aisément les mouvements désordonnés auxquels se livrerait la sonde ainsi suspendue et solidaire de son support flottant.
- Faut-il donc se résoudre à immobiliser le chaland sur un système de béquilles, ou en revenir au chantier fixe sur pieux battus en rivière, sinon attendre le calme plat?
- Solutions impraticables ou simplistes qui risquent de faire perdre, avec la mobilité qui est la meilleure des garanties contre les surprises de la mer et les risques d’avarie, le seul moyen rapide et économique de couvrir une large surface et, en étendant le champ des investigations, de réduire au minimum la marge de tâtonnements et d’erreurs dont sont toujours entachés les travaux de sondage.
- C’est dans une autre voie qu’il fallait chercher la solution. Si l’on envisage le problème d’un point de vue théorique, il suffit d’introduire 6 paramètres dans la liaison des deux systèmes, équipement flottant et équipement de fond, pour les rendre totalement indépendants; 2 paramètres sont déjà réalisés sur la sondeuse, savoir le mouvement de rotation et le glissement vertical des tiges de sonde dans le manchon d’entraînement, nécessaire pour la descente en cours de fonçage. Les 4 autres seront oh-
- Fors U servent de glissière
- Niveau de /eau.
- J Joints de cardan K Guidage
- iZ' Vase
- Rocher
- Fig. 4. — L’installation d’une sondeuse rotative à bord d’un chaland pour l’exécution de sondages dans l’Estuaire de l’Elorn.
- p.162 - vue 178/663
-
-
-
- 163
- Double joint de cardan
- UN SONDAGE DIFFICILE
- Pont du chaland
- Fig. 5. — Détail de la commande et du guidage de la tige de la sondeuse rotative.
- Ce dispositif permet le travail en eaux agitées.
- Fig. 6.
- Carotte recueillie à 25 mètres sous le plan d’eau.
- tenus au moyen de 2 joints de cardan intercalés dans la colonne des tiges de sonde (fig. 4 et 5),
- Fig. 7. — Le chantier de sondage flottant.
- dispositif qui semble préférable au flexible eu égard à la puissance en jeu.
- C’est sous cette forme que fut es-• sayée la sondeuse, mais elle se révéla
- d’abord impropre à tout service.
- Au repos, l’indépendance cherchée existe bien entre le chaland et l'outil de sonde, mais, dès qu’on met en-marche, les deux joints de cardan s’écartent de leur position d’équilibre statique sous l’influence des forces d’inertie — les tiges de sonde, dont la déformation élastique entre en jeu, s’excentrent et fouettent dans le tubage, entraînant le trévirement de la sonde. Les arrêts sont incessants, le rendement nul.
- Insuccès relatif, car il suffit de centrer les tiges de sonde dans le tubage, à l’aide d’un guidage approprié (3 couronnes de galets étagées dans le tube supérieur, fig. 5) pour obtenir le résultat cherché.
- La raideur du tubage, encastré à sa base dans les argiles superficielles, assure à l’outil assez de tenue pour qu’il puisse mordre et faire sa route dans le sol.
- Le simple poids de la colonne de sondage nous a suffi en général pour exercer la pression nécessaire au fond du forage — mais il est facile d’imaginer des dispositifs simples pour l’accroître et la régler à volonté.
- . L’outillage ainsi mis au point nous a permis, sauf par gros temps, de
- p.163 - vue 179/663
-
-
-
- 164
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- nous jouer véritablement des difficultés créées par la mer. La plupart des sondages battus au trépan ont été contrôlés par des prélèvements rocheux superficiels, ou par des perforations profondes poursuivies à la vites-se de 1 m. ou 1 m. 50 par journée de travail, jusqu’à une profondeur assignée à l’avance. En certains points où le rocher affleure la vase, l’attaque a même pu être amorcée sans aucun encastrement de la colonne de tubes, simplement posée debout sur le fond (*).
- La sonde a permis de recueillir au jour de nombreux échantillons intacts des roches traversées par le forage (fig. 6).
- Toutes ces opérations ont été conduites à bord d’un simple chaland raidi sur 4 amarres en plein estuaire, et flottant à certains moments à près de 80 pieds au-dessus du point d’attaque, en eaux agitées (fig. 7).
- Libérée de toute liaison nuisible et ne recevant du chaland que la force motrice nécessaire à sa rotation, la sonde tourne avec une régularité croissante au fur et à mesure qu’elle s’enfonce ; avec un matériel naval et des outils appropriés, il ne doit pas être impossible de travailler dans des fonds de 50 à 50 mètres et de pousser la perforation jusqu’à limite de puissance de la sondeuse. Nous faisons toutefois les plus expresses réserves sur les possibilités d’extension du système à la pleine mer ou aux points battus par la houle du large (2).
- 1. Ultérieurement et pour ne pas perdre le trou, il a paru préférable d'encastrer les tubes à la base dans un massif de béton exécuté au scaphandre.
- 2. L’agitation des eaux de l’estuaire de l’Elorn n’est qu’un clapot de rade dont la longueur d’onde dépasse rarement 10 m.
- Quoi qu’il en soit, l’intérêt pratique d’un perfectionnement aussi simple est de toute évidence : qu’il s’agisse des fondations d’ouvrages importants, ponts, barrages, travaux dans les ports — ou de prospection pure et simple, — c'est souvent à bonne profondeur sous le plan d'eau qu’il faut aller chercher le fond solide, en reconnaître la surface, l’ausculter profondément avant de se fier à lui.
- Problème courant, mais si lent à résoudre et si coûteux qu’on est presque invariablement tenté d’en éluderas difficultés. Faute d’un outil pratique, rapide et sûr, le constructeur se fie à des renseignements sommaires, incohérents, parfois erronés, dont il a hâte de tirer les déductions qui lui sont immédiatement utiles.
- A la faveur des essais des plus encourageants que nous venons de citer, il semble permis de bénéficier en pareil cas, même en eaux agitées, des plus récents progrès de la technique du sondage à terre, sans recourir à la solution dispendieuse qui consiste à préparer un poste fixe à la sondeuse pour chaque point d’attaque, au risque de gaspiller un temps souvent mesuré et de réduire considérablement le champ des investigations. En général, c’est donc s’assurer la possibilité de réaliser méthodiquement, avec un rendement acceptable, un programme de sondages concerté à l’avance, et au besoin de le compléter ou de le corriger en cours de route avec la certitude de le mener à bien. Si prompt que soit le sous-sol à déjouer les prévisions et à trahir les efforts du constructeur, c’est une^assurance de plus contre les insuccès toujours possibles dans la tâche difficile de s’en rendre maître.
- A. Coywe,
- * Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- LA BOTANIQUE EN CHEMIN DE FER
- Les causes de la répartition géographique des plantes. (Suite et fin.) i1 j
- 10° Influence de la concurrence vitale. —- Los plantes, agissent les unes sur les autres d’une manière qui n’est pas encore expliquée, peut-être par des excrétions de leurs racines, mais, certainement aussi, par leur trop grande abondance qui gêne et « étouffe a d’autres espèces, sinon par leurs parties aériennes, du moins par léurs parties souterraines, qui, parfois, envahissent le sol au point qu’aucune graine ne saurait y germer. Cette action est bien manifeste chez les espèces touffues et « sociales », c’est-à-dire foisonnant en de nombreux exemplaires dans un même endroit et qui ne laissent plus passer suffisamment de lumière pour que d’autres plantes puissent s’installer dans leurs maigres interstices; tous ceux qui ont vu des champs d’Ajoncs et do. Bruyères ont pu se rendre compte de cet état de choses; les plantes qui les accompagnent sont très rares et destinées à disparaître à bref délai, bien que le sol, si les Ajoncs et les Bruyères, ne l’avaient pas envahi, leur eût parfaitement convenu.
- La concurrence vitale est beaucoup plus âpre chez les J. Voir n“ 2(381, 2682 et 2683.
- plantes terrestres que chez les plantes aquatiques, lesquelles se développent plus librement, ce qui explique que leur flore varie moins d’un endroit à un autre que les premières. Ce n’est pas à dire, cependant, que celte concurrence n’existe pas; on a pu assister, par exemple, dans les marais qui entourent Bordeaux, à la disparition du Salvinia natans étouffé par la luxuriance de 1 ’Azolla caroliniana, qui forme, à la surface de l’eau, un lapis tellement épais qu’on ne le distingue pas du sol environnant. De même, quand les Lentilles d’eau se mettent à pulluler, on voit la flore submergée diminuer par suite de l’écran que font les Lemna pour les rayons lumineux ; seules subsistent les plantes « demi-aquatiques » qui, tels les Scirpes, les Joncs fleuris, les Iris, les Sagittaires, les Alisma, peuvent percer le tapis flottant et venir s’épanouir à l’air. D’autres fois, ce ne sont pas les Lentilles d’eau qui empêchent la végétation aquatique, mais les Elodea canadensis, qui, parfois, forment un lacis tellement inextricable qu’aucune autre plante aquatique ne parvient à y pousser.
- 11° Influence des animaux. — Dans le môme ordre
- p.164 - vue 180/663
-
-
-
- z:.-:..:::...:.... ., = LA BOTANIQUE EN
- d’idées, on pourrait parler de l’influence des animaux sur la -végétation. Là, par exemple, où on laisse paître les bestiaux, on voit disparaître beaucoup d’espèces, à l’exception de celles qui ont un moyen de défense naturel, comme, par exemple, les Chardons, auxquels les grands herbivores — à l’exception des ânes — ne touchent pas à cause des épines qui les hérissent, et plusieurs Ombellifères, défendues par les huiles essentielles odorantes qu'elles renferment et qui rendent leur mastication désagréable.
- Un autre exemple de l’importance biologique des animaux pour les plantes est ce fait que, dans plusieurs sortes de fleurs, la fécondation ne peut avoir lieu que par l’intermédiaire des insectes, et, encore, de certains insectes. Si ceux-ci font défaut, la fécondation n’a pas lieu, la plante n’a pas de graines et elle disparaît, à moins qu’elle ne puisse se multiplier par des parties souterraines, ce qui, d’ailleurs, est assez fréquent (Orchidées, par exemple).
- i2° Influence du mode de dissémination des graines. — Les espèces s’implantent dans un endroit déterminé lorsqu’elles y rencontrent les conditions nécessaires à leur développement, mais il faut qu’au préalable elles y arrivent sous forme de graines ou de fruits ; c’est là qu’intervient leur mode de « dissémination » et l’on sait qu’à cet égard il y a de grandes différences de l’une à l’autre. Celles qui se disséminent le plus facilement sont celles dont les semences sont « ailces » et peuvent être emportées, même à de très grandes distances, par les vents; c’est dans celte catégorie que rentrent les Peupliers, les Epilobes, presque toutes les Composées, etc. D’autres semences, quoique lourdes, peuvent être transportées à une certaine distance par la toison des animaux, à laquelle elles s’accrochent par des poils en crochets (Caille-lait, Renoncule des champs, etc.), ou par les oiseaux qui les engloutissent et dont elles traversent impunément le tube digestif (la plupart des baies comme le Sureau, le Sorbier, le Gin) ou, encore, par l’eau des rivières ou l’eau de mer qui les véhicule jusqu’au point des rives où le hasard les fait accoster et où elles poussent si le terrain et le climat sont favorables : les graines résistent, en effet, assez longtemps, à l’immersion dans l’eau douce et dans l’eau de mer. Tous ces points sont à noter lorsqu’on étudie les raisons pour lesquelles une plante et non une autre est venue s’implanter dans un endroit déterminé, comme, par exemple, en terrain nouvellement dénudé. Il y a lieu aussi de considérer les espèces vivaces, qui, bien souvent, ne se multiplient que presque accessoirement par graines et qui quittent ainsi difficilement la localité où elles se sont établies, parfois depuis de très longues années, voire des siècles.
- 15° Influence de l’homme. — 11 n’y a pas lieu d’insister sur cette importante question qui a déjà été traitée ici(i).
- 14° Influence des migrations. — Supposons que les Alpes viennent à se refroidir progressivement du sommet à la base, hypothèse qui n’est pas très invraisemblable, puisque le fait s’est déjà produit au moment des périodes glaciaires : les espèces du sommet disparaîtront ou, plutôt, trouveront plus bas une température favorable à leur développement et y pousseront ; elles paraî-
- 1. ïm Nature, n° 2536. Supplément (Yaiiétés), p. 153.
- CHEMIN DE FER ... , ..165
- tront ainsi avoir émigré du sommet à la base. Si, au contraire, les Alpes venaient à se réchauffer de la base au sommet, nous assisterions à une migration analogue à la précédente, mais de sens contraire. Pour plusieurs espèces, leur répartition géographique, s’explique assez bien par de pareilles migrations, ducs à des changements de climats, lents et continus, ou encore par une adaptation progressive à des conditions météorologiques voisines de celles de l’endroit où elles ont pris racine et où, jadis, elles leur eussent été défavorables.
- Certaines espèces présentent une grande facilité de migration et ce sont certaines d’entre elles qui, par exemple, peuplent, à la.fois, les Alpes et les Pyrénées et celles qui, remontant de la région méditerranéenne, pénètrent jusqu’au cœur du Massif Central et dans les Alpes. D’autres, au contraire, n’offrent pas une plasticité, analogue ; elles restent localisées dans une même région : ce sont les formes endémiques, lesquelles sont, par exemple, plus nombreuses dans les Pyrénées que dans les Alpes, qui sont moins isolées, et, d’autre part, copieuses dans les îles éloignées des continents, comme la Corse, et peu abondantes dans les montagnes basses et, surtout, les plaines.
- 15° Influence du passé sur la flore actuelle. — La Géologie nous montre surabondamment que les mers et les continents ont été bouleversés depuis que la Terre existe. Des continents entiers ont été ainsi séparés en îles plus ou moins nombreuses, des îles ont été réunies en continents, etc. Dans tous les intervalles de ces cataclysmes, des flores bien spéciales se sont établies, puis ont disparu, ou, plutôt, se sont transformées et se sont perpétuées jusqu’à nos jours, soit sur place, soit en émigrant. Si, aujourd’hui, on rencontre les mêmes espèces — ou à peu près — sur des points très éloignés les uns des autres et séparés parfois par de larges mers, cela tient, parfois, à ce que ces points étaient autrefois groupés en un seul et même continent. Il faut donc rechercher les raisons de leur répartition actuelle dans celle du passé. Malheureusement, les documents paléontologiques sont encore trop incomplets pour qu’on puisse en tirer des preuves péremptoires; l’étude des tourbières présente, cependant, à ce sujet., un intérêt très grand"1 et donnant des résultats très‘précis.
- Il est probable que ce ne sont que les modifications géologiques les plus récentes (fin du tertiaire et quaternaire) qui ont laissé quelques traces dans la répartition géographique actuelle des végétaux ; c’est à elles que l’on attribue — peut-être un peu trop hypothétiquement — la présence de quelques espèces identiques sur deux chaînes de montagnes très éloignées, mais d’exhaussement assez récent, lequel les a disjointes. On peut rencontrer aussi des espèces disjointes dans deux îles aujourd’hui séparées, mais jadis réunies, ou encore, à la fois, sur le continent et sur une île qu’un bras de mer est venu à en séparer, soit par effondrement, soit par érosion. Ainsi peuvent, s’expliquer, semble-t-il, la présence d'espèces disjointes, à la fois dans les Alpes et les Pyrénées (?), ainsi que, simultanément, en Corse et sur le littoral méditerranéen; mais, peut-être, convient-il de ne pas attacher une certitude absolue à leur origine dans la ségrégation (séparation des masses autrefois réunies, puis séparées), sauf en ce qui concerne les îles et les continents séparés par des effondréments au cours des âges géologiaues. Henri Coupin.
- p.165 - vue 181/663
-
-
-
- 166
- UN PHOTOMÈTRE ORIGINAL
- Tous les amateurs de photographie connaissent la difficulté de régler la durée du temps de pose selon l’intensité de l’éclairage. Lorsqu’il s’agit de travaux exécutés dans un atelier où un éclairage déterminé peut être réalisé assez facilement, cette difficulté est aisément surmontée. Mais il n'en est pas de même pour les photographies de plein air où l’éclairage, la nature des sujets et leur couleur sont essentiellement variables. Si nous ajoutons à cela l’influence du vent qui nécessite parfois une durée de pose très restreinte, on conçoit que la photographie en plein air soit susceptible de donner à des professionnels du travail à l’atelier de désagréables surprises.
- Dans le but de limiter le plus possible les erreurs d’appréciation du temps de pose pour un diaphragme déterminé, on a établi des tables de divers modèles ; on a également construit des appareils dénommés photomètres bien que ce terme s’applique assez mal à certains d’entre eux.
- Il existe en photographie un grand nombre de photomètres : les uns sont basés sur des appréciations personnelles concernant l’état du ciel, l’éloignement du sujet, sa nature, etc.; d’autres sont basés sur une mesure relative de l’intensité de la lumière par rapport à la sensibilité des plaques utilisées. Ces derniers sont les plus précis puisqu’ils réduisent bien plus que les premiers l'influence des appréciations personnelles. ?
- Grosso modo, le photomètre de cette catégorie se présente sous la forme d’une petite lunette monoculaire. Mais l’analogie avec la lunette s’arrête là. En regardant dans l'appareil dirigé sur un objet éclairé, l’observateur ne voit qu’un verre dépoli sur lequel apparaît un chiffre, lorsqu’on fait jouer un tirage dans le sens convenable par le mouvement d’un tambour. Lorsque le chiffre apparu est bien net, une
- simple lecture donne la durée de pose pour un diaphragme et une sensibilité de plaque, déterminés. L’appareil permet de trouver la durée de pose convenable pour les divers diaphragmes.
- *
- x *
- Un professionnel qui prenait de nombreux clichés en plein air pour une édition de cartes postales, n’étant pas satisfait des divers photomètres qu’il avait essayés, avait fini par opérer au jugé. Il commettait encore de fréquentes erreurs d'estimation de temps de pose, lorsqu’il eut un jour l’idée d’observer les yeux de son chat familier. Il connaissait comme tout le monde la propriété de l’œil du chat de s’adapter à la lumière par des variations très étendues de l’iris, mais il n’avait pas encore songé à en tirer parti.
- Or, en observant sans idée bien arrêtée ce chat vivant dans l’atelier, il constatait que ses meilleurs clichés correspondaient toujours pour un temps de pose déterminé à une certaine largeur de l’iris de son petit compaguon de travail.
- Son photomètre était trouvé. Pour la commodité des observations, la tête de l’animal est coiffée d’un petit bonnet portant deux ouvertures pour les yeux. Un petit dispositif permet de mesurer exactement la largeur de l’iris et comme conséquence la durée de pose d’après un tableau de correspondance empiriquement établi.
- Quand notre homme part en campagne de photographie, le chat enfermé dans une cage fait partie de son bagage. Sur le terrain le chat est placé face au sujet et son maître, après l’avoir regardé, opère avec une sûreté qu’il attribue sans hésiter à son photomètre dernière manière.
- Général J. Rouqueror.
- MŒURS DE LA POULE D’EAU
- La poule d’eau, GaUinula ch. chloropus (L.), n’est pas.un oiseau rare. On en rencontre de très nombreux spécimens dans les régions marécageuses, son habitat de prédilection, et elle n’est non plus pas inconnue dans les contrées montagneuses, lorsqu’il y existe des étangs, des fossés, des rivières dont le cours est de temps à autre, ralenti et offre des parties sans remous où croît une végétation palustre. En somme, c’est un volatile que tous nous connaissons, tout au moins de vue.
- Qui dit poule d'eau fait songer à un oiseau débon-nairej sans malice, sans histoire, à une bonne petite poule à qui il ne manquerait qu’un poulailler.
- En fait, au temps des frimas, on la voit parfois venir prendre part, dans les cours des fermes, aux repas de la volaille domestique et elle est souvent
- aperçue dans les parcs publics qu’agrémente une pièce d’eau de quelque étendue.
- , De coutume, on ne s’en occupe ni peu ni prou, sinon au temps de la chasse où on lui envoie à l’occasion un coup de fusil.
- Néanmoins, la poule d’eau est Un oiseau intéressant à observer.
- Tantôt presque domestiquée, tantôt farouche à l’extrême, elle étonne toujours par la diversité de son caractère, tout empreint d’originalité, on pourrait même ajouter d’excentricité.
- D’être pour ainsi dire aquatique ne l’empêche pas de se percher très souvent, en dépit de ses longs doigts. Ceux-ci, sans être palmés si peu que ce soit, sont des rames merveilleuses qui lui permettent d’évoluer avec beaucoup de vivacité sur l’élément
- p.166 - vue 182/663
-
-
-
- MŒURS DE LA POULE D’EAU ----— -.—. 167
- liquide. Elle est élégante plus que tous les autres volatiles amis des marais et si elle ne plonge pas volontiers, ne s'y résignant semble-t-il qu’à contrecœur, elle se meut cependant avec aisance sous l’eau.
- Nous avons déjà dit qu’elle se singularise de temps à autre en nichant dans les endroits les plus inattendus : sur le haut d’un rocher artificiel, dans les nichoirs pour canards,• dans un vieux seau jeté au milieu des roseaux, allant même jusqu’à établir son nid dans les branches d’un arbre.
- Une de nos photographies montre qu’un couple s’est commodément installé sur une cage treillagée dont le pied baigne dans l’eau d’un étang et qui se trouve bien en vue.
- Sont d’autre part des endroits favoris pour la poule d’eau, en mal de nidification, les blocs de bois, tronçons d’arbre, grosses branches dépouillées de rameaux, se trouvant à fleur d’eau. Toutes ces façons de nicher ne sont donc plus, pourrait-on dire, des anomalies, ainsi qu’on est porté à le croire parfois quand on n’a pas observé la poule d’eau.
- Mais à toutes ces fantaisies ne se borne pas l'originalité de ce charmant échassier.
- Il en est notamment une autre qui est aussi curieuse. Dès que s’approche la saison de nidification, la poule d’eau est soudainement animée d’uri zèle extraordinaire.
- Bien avant la ponte, on voit souvent le couple s’affairer pour construire un nid qui quelquefois est édifié plusieurs semaines avant que les œufs y soient déposés. Nous en avons vu, la température étant clémente, préparer un nid dès la mi-janvier et déployer dans ce travail une remarquable activité. Le mâle, en l’occurrence, est particulièrement diligent et il est très amiisant de l’observer recueillant des branchettes, des brins de roseaux qui flottent sur l’eau, qu’il va quérir sur les berges ou les assemblant grossièrement à l’endroit choisi. Trois, quatre couches de matériaux sont parfois superposées par les volatiles avant que la femelle prenne possession de ce home. Cette singulière, manie architecturale est telle que parfois un second nid est bâti au moment de la ponte, le premier étant
- Fig. 2. — Nid sur un tronçon de branche, sous un arbre renversé par le vent.
- Fig. i. — Nid de poule d’eau sur une vieille cage en treillis.
- abandonné et ne servant plus que de lieu de repes aux oiseaux qui vont s’y installer lorsqu’ils sont las de déambuler sur l’étang.
- Plus étrange encore est la manifestation de cette manie qui, dès que la couvaison est en train, anime le spouple. Si c’est la femelle qui couve, c’est le mâle qui lui apporte sans relâche de nouveaux matériaux que patiemment, sans jamais témoigner de la moindre mauvaise humeur, la couveuse dispose autour d’elle, introduit sous les œufs avec une satisfaction identique, semble-t-il, à celle que son conjoint témoigne à lui servir de pourvoyeur. 11 arrive même que finalement l’oiselle se trouve à demi dissimulée derrière cet amas de brindilles sans/cesse accru si les circonstances s’y prêtent.
- Si c’est le mâle qui est posé sur les œufs, la femelle agit de façon identique et s’en va récolter de toutes parts des matériaux dont elle approvisionne son compagnon.
- De temps à autre, on voit alors l’oiseau pourvoyeur remplacer sur le nid son conjoint dont il prend la place, comme obéissant à un roulement établi. Ce remplacement se fait aussi lorsqu’un des oiseaux apporte à celui qui couve l’une ou l’autre friandise qu’il a découverte au cours de ses pérégrinations.
- Ceci indique d autre part que le mâle et la femelle participent à l’incubation, se relayant à divers moments de la journée.
- Ce bizarre instinct est si fort que faute de branchettes, de tiges aquatiques, l’oiseau qui couve apporte à son compagnon tout ce qui lui tombe sous le bec.
- C’est ainsi que notre oiseau pourvoyeur recueille des feuilles tombées sur l’eau, que fièrement, tête redressée, il rapporte au nid. En une occasion, un de ces volatiles, vivant dans un jardin botanique, avait récolté tant de feuilles de bambou que le nid, primitivement constitué de bâtonnets, disparaissait complètement sous cette garniture peu banale.
- Quelquefois cette singulière habitude a fait supposer que la poule d’eau obéissait à un sentiment artistique quelque peu développé. Or, qui connaît les
- p.167 - vue 183/663
-
-
-
- 168
- MŒURS DE LA POULE D’EAU
- mœurs de la gallinule, sait que ceci n’est exact en aucune façon. Il arrive en effet que ce sont des fleurs que la poule d’eau va ramasser, à proximité de l’étang, dans un pré nouvellement fauché, par exemple. Et bientôt son nid est orné soit de grandes marguerites, soit de pâquerettes, de renoncules, d’autres fleurs champêtres, ou plus simplement de graminées. Tant que les fleurs sont fraîches, le nid a une apparence fort coquette et bien faite pour émouvoir l’observateur superficiel ou celui, ce qui est plus fréquent encore, qui se plaît à parer les animaux de qualités qui ne sont que l’apanage de l’homme.
- En réalité, si la poule d’eau tenait réellement à parer son home, elle ne ramasserait pas seulement des fleurs coupées, mais en cueillerait dans le voisinage pour renouveler la garniture, cê qui ne se produit jamais.
- Dans les parcs publics, ce sont les fragments dé papier lancés dans l’eau par le vent qui retiennent son attention, faute d’aiitres matériaux très certainement. ;
- Et quelquefois, lenid, tel.que celui-que représente une de nos gravures, en est alors entièrement tapissé. Ce n’est certes pas mince beso-
- gne pour l’oiseau qui couve, bénéficiaire de cette récolte inattendue, que de la disposer autour de lui ou de maintenir en place tous ces bouts de papier lorsque le vent soufflé. Il arrive même, ainsi qu’on peut le voir sur une autre photographie, qu’elle n’hésite pas à se lever de son nid pour les disposer à sa giiise. Il n’est pas le: moins intéressant en l’occurrence que de constater que cet apport de matériaux dure souvent aussi longtemps que la couvaison.
- Nos gravures en sont encore le témoignage. Sur l’une d’elles on remarque en effet — ce nid est le même, photographié quelques jours plus tard, que celui contenant les débris de papier — qu’un des oiseaux a recueilli des feuilles d’iris, coupées fraîchement. Alors qu'il vient d’être ainsi renforcé se produit l’éclosion des jeunes. Deux de ceux-ci éclos, la poule d’eau continue à augmenter le volume du home qui dans quelques heures ne servira plus guère.
- L’éclosion des jeunes donne lieu d’autre part à une autre particularité non moins remarquable, quoique ayant quelque rapport avec celle que nous venons de signaler.
- Les jeunes poules d'eau quittent le nid peu de temps après leur naissance, dès que le duvet qui les rëcouvre est séché. Ce sont alors de petits êtres sans défense aucune, dont toute l’activité se borne à
- Fig. 3. — Poussin sur un poste-refuge.
- accourir au-devant des parents leur apportant de la nourriture. Frêles et délicats, ils tendent le cou, ouvrant de petits becs, relevant drôlement, au-dessus du dos les petits moignons qui seront leurs ailes et dont les bouts rosés dépourvus de duvet tremblotent doucement. En ces premiers jours ils sont exposés à tous les périls du bord de l’eau. Tant de malfaisants rôdeurs à poil et à plumes, à poil surtout, en veulent aux pauvrets qui sont à cette époque de leur vie des proies faciles notamment pour les rats d’eau, les hermines, les putois qui hantent volontiers les bords des mares et des étangs.
- Les parents poules d’eau ont cependant découvert un moyen de conjurer, relativement tout au moins, les dangers qui les menacent. Ce procédé de protection est au surplus particulier à l’espèce,
- la foulque, proche parente de la poule d’eau, agissant néanmoins de même. Voici quelle est cette particularité peu connue des mœurs de la poule d’eau.
- Dès que leurs jeunes sont éclos, les poules d’eau adultes s’empressent d’élever, soit au milieu de la pièce d’eau, soit dans de petites criques propices, là oh les roseaux, les joncs, les herbes aquatiques ne sont pas trop envahis-
- \ r - '
- sauts, mais peuvent cependant les dissimuler quelque peu, de petits tertres formés de prêles, d’herbages, de roseaux qu’elles entassent, assemblent grossièrement, du bec et des pattes. Elles édifient ainsi de petits monticules herbeux, surélevés d’une dizaine de centimètres au-dessus du niveau de l’eau et qui, pour celui qui n’y regarde pas de trop près, ressemblent à de vieux nids abandonnés. La fraîcheur des matériaux indique néanmoins, à qui veut s’en rendre compte, que ce sont là des constructions nouvelles.
- Egalement, le sommet de ces petits tertres est beaucoup moins évasé que ne l’est un nid et même est souvent tout à fait plat.
- Ces amas de plantes aquatiques seront des refuges où les poussins, espoir de la lignée, iront passer la nuit, de temps à autre sommeiller le jour.
- Deux, trois, quatre quelquefois, de ces semblants de nids seront installés sur un étang et si une seconde pièce d’eau se trouve à proximité, comme la besogne n’est ni trop rude, ni trop fatigante, qu’elle relève de l’instinct singulier qui anime ces oiseaux, père et mère poules d’eau iront garnir les endroits propices de cette autre mare de quelques tertres analogues.
- Ce seront des asiles nouveaux tout prêts au cas où les premiers ne pourraient plus être utilisés pour
- p.168 - vue 184/663
-
-
-
- MŒURS DE LA POULE D’EAU
- 169
- l’une ou l’autre cause ou lorsque, ce qui se produit de temps à autre, la famille change momentanément de résidence.
- Le soir venu, chacun des membres de la nichée choisit son « poste », ainsi que l’on pourrait appeler ces abris, et s’y installe, y passant la nuit plus commodément et plus paisiblement que dans les roseaux où parfois la sécurité fait défaut. 11 arrive
- fond, lorsque l’amas n’a pas pour base quelque touffe d’herbe ou de roseau.
- Si, à titre d’expérience, peu après la naissance des poussins, vous détruisez ces refuges, le méfait est rapidement réparé et si la curiosité vous ramène quelques jours plus tard auprès de l’étang, vous pourrez constater que de nouveaux postes le garnissent. Ceci indiquera que les précédents ne sont pas de vieux nids abandonnés ainsi qu’on pourrait le croire.
- Ajoutons que ces postes ne se remarquent pas sur tous les étangs où nichent les poules d’eau. C’est
- Fig. 4.
- Les transformations d’un nid.
- 1. Chiffons de papier apportés par une poule d’eau à son compagnon, au dixième jour d’incubation.
- 2. L’arrangement des bouts de papier sur le nid.
- 3. Feuilles d’iris apportées au nid le vingtième jour d’incubation. Deux jeunes viennent d’éclore. 4. La poule d'eau
- continue d’ajouter de nouveaux matériaux à soivnid, alors que des jeunes sont éclos.
- aussi que, s’il est établi sur la mare, le vieux nid délaissé peu après l’éclosion serve de refuge à l’un ou l’autre oisillon.
- Quand les bords de ce nid se sont effondrés, en raison de trop fréquentes visites, que les « postes » se sont affaissés, les adultes réparent les édifices, les exhaussent en y ajoutant des herbages, des roseaux. Ces postes, ainsi réparés incessamment, acquièrent parfois un volume considérable dans le sens de la hauteur, une bonne partie s’en trouvant évidemment immergée par suite du tassement, de la décomposition, qui accomplissent leur œuvre et alourdissent la masse qui progressivement coule à
- surtout sur les petites pièces d’eau, sur les bords desquelles les incursions des maraudeurs nocturnes sont plus aisées, plus à craindre, que ces petits tertres-abris sont le plus souvent édifiés. Ils sont plus rares sur les grands étangs où des champs de roseaux s’avancent assez loin dans l’élément liquide, un refuge du genre étant ici sans doute moins nécessaire.
- Il en est de même là où se trouvent de petites cabines isolées au milieu de l’eau et destinées éventuellement, à servir de nichoirs aux canards. Ici les poules d’eau et leurs nichées profitent communément de ces abris tout faits qui les dispensent de
- p.169 - vue 185/663
-
-
-
- 170 LES THÉORIES DE LA RELATIVITÉ
- travaux supplémentaires. Parfois aussi les adultes conduiront leur petite famille, pour y passer la nuit, sur une touffe de roseaux piétines sur laquelle ils auront assemblé quelques herbages.
- Dès les premiers temps de la naissance des jeunes, le père d’un côté, la mère de l’autre abriteront sous leurs ailes leurs petits qui ont toujours besoin de chaleur pour ne pas avoir à souffrir de la fraîcheur de la nuit.
- Ceci ne sera que temporaire cependant, les jeunes grandissant, acquérant une taille trop forte pour que les parents puissent continuer à les couvrir Utilement de leurs ailes.
- Les poussins se réuniront alors par petits groupes
- sur un poste, s’y blottiront serrés l’un contre l'autre, se réchauffant mutuellement. Au surplus les jeunes poules d’eau ne restent en tutelle qu’un temps relativement court.
- Une première nichée éclose, il ne tarde guère que la seconde soit entreprise et les poussins sont alors à peu près livrés à eux-mêmes, seul le male s’en occupant incidemment.
- L’instinct de société étant à cet âge assez peu marqué, les jeunes poules d’eau gîtent alors plus isolément, une de-ci, une de-là, très rarement groupées, même par paire, les postes n’étant plus utilisés:
- L. CoOPMAIN
- LES THÉORIES DE LA RELATIVITÉ
- Les expériences de Miller. Les observations du Dr Adams.
- Les théories de fa relativité continuent à préoccuper le public instruit. La fièvre qui accompagna les grandes discussions publiques de 1922 et 1925 est tombée, sans doute ; mais beaucoup d’esprits sont restés rebellés aux séductions des théories Einsteiniennes et se refusent à en accepter le point de départ, persuadés que les expériences fondamentales sur lesquelles s’appuient ces théories peuvent trouver des explications plus conformes au sens commun, et laissant intact dans son ensemble l’édifice scientifique construit par Newton, Lagrange, Fresnel et Maxwell.
- Dans ce débat encore ouvert, nous n’entendons pas prendre parti. Mais, nous cantonnant dans notre rôle d’informateur scientifique, nous devons faire connaître les faits nouveaux qui militent en faveur de l’une ou de l’autre thèse.
- Précisément deuxTaits nouveaux d’une grande importance viennent de se produire.
- Le premier est la reprise par le Dr Miller, de l’expérience fondamentale de Michelson; ce dernier a observé ou cru observer, dans les conditions que nous exposons plus loin, un vent d’éther effectif, dû à la translation de la Terre sur son orbite. On sait que des expériences originelles de Michelson on a déduit l’impossibilité, pour un observateur lié à la Terre de constater le vent d’éther, autrement dit de mettre en évidence le mouvement relatif de la Terre par rapport à l’éther. Sur cette impossibilité on a bâti la théorie de la relativité restreinte, si bien exposée ici-même par M. de Lavallée-Poussin. Les expériences de Miller semblent donc porter un coup terrible aux bases même de cette théorie, elles semblent confirmer par contre les théories de l’entraînement partiel de l’éther.
- Nous publions plus loin un article de M. Warnant, qui dès 1920 s’est fait l’avocat d’une théorie de cette nature, article écrit avant la publication des derniers résultats de Miller et qui trouve, tout naturellement, dans les expériences de celui-ci un appui a posteriori.
- Le second fait nouveau réside dans les observations de l’astronome américain Adams, relatives au déplacement des raies spectrales du compagnon de Sirius. Ces observations sont en parfait accord avec la théorie de la relativité généralisée d’Einstein.
- Ces deux faits sont donc, au moins en apparence, contradictoires. Ils vont certainement ouvrir à nouveau des discussions; d’où peut-être jaillira enfin la lumière.
- ci) Les expériences du Dr Miller. — La première expérience de Michelson date de 1887 et a été effectuée en collaboration avec le D' Morley, Lord Kelvin, ayant, en 1900, exprimé certaines critiques sur la sensibilité de l’appareil employé, l’expérience fut reprise à Cleveland, «en 1905, dans les caves de l’Université, par les Drs Morley et Miller, avec toutes les garanties; d’exactitude et de précision. Elle, donna, comme on le sait, des résultats négatifs. On pouvait donc en conclure que l’élher était entraîné avec la Terre dans un mouvement identique à celui de notre planète. . , .
- Cependant cette conclusion catégorique n’avait pas été celle des expérimentateurs. Ils disaient simplement : « l’expérience montre que, 'si l’éther au voisinage de l’appareil ne se déplace pas avec lui, la différence de vitesse est inférieure à 5,5 km. par seconde, à moins que l’effet sur les matériaux de l’appareil n’annule l’effet cherché ». Ils ajoutaient : « certains ont pensé que l’expérience prouve seulement que l’éther, dans une certaine cave, est entraîné avec celle-ci. Nous désirons donc placer l’appareil sur une colline pour voir si, là, un effet peut être décelé ».
- Cettè nouveIle expérience que désiraient faire MM. Morley et Miller ne put, pour diverses raisons, être entreprise à l’époque. Sur l’invitation du Dr George Haie, directeur de l’Observatoire du Mont-Wilson (Californie), M. Miller reprit en 1921 son programme de 1905. L’in-terféromètre employé à Cleveland en 1905 fut remonté au Mont-Wilson, et le Dr Miller se livra à de longues et minutieuses séries d’observations, dont il vient de donner un compte rendu détaillé dans les Proceedingsof the National Academy of Sciences de Washington, de juin 1925, et un résumé dans la revue anglaise Nature (11 juillet 1925).
- Lé Dr Miller a pris de minutieuses précautions pour éviter les causes d’erreur et éliminer les effets qui pourraient être imputables soit au magnétisme, soit aux variations de température. Dans ce but, il a modifié profondément la construction de l’appareil. Il a répété les observations à des époques différentes de l’année
- p.170 - vue 186/663
-
-
-
- LES THÉORIES DE LA RELATIVITÉ
- I7Ï
- (mars-avril 1921, novembre-décembre 1921), dans les conditions les plus diverses. Il a effectué plus de 900 mesures et il a toujours observé un effet positif révélant un mouvement relatif de la Terre par rapport à l’éther, égal environ au tiers de la vitesse de translation de la Terre.
- En juillet 1924, les expériences furent reprises. L’in-terféromètre fut monté sur un emplacement différent où les conditions de température étaient plus favorables que celles • de 1921. L’orientation de la chambre de l’interféromètre était différente. Cependant les résultats restèrent identiques. En mars-avril 1925, nouvelles modifications dans l’appareil et les conditions d’expériences, nouvelle campagne d’observations, 1600 mesures ; les résultats restent identiques à ceux de 1921.
- Après avoir ainsi effectué plus de 5000 mesures, donnant des résultats concordants, M. Miller conclut qu’à l’altitude de l’observatoire du Mont-Wilson, il existe bien un vent d’éther, d’une vitesse de 10 km. par seconde environ, soit environ le tiers de la vitesse du mouvement de translation de la Terre.
- b) Observations de Adams. — La théorie de la relativité généralisée d’Einstein aboutit à la prévision de deux phénomènes nouveaux qui peuvent être soumis au contrôle de l’expérience.
- Le premier est: la déviation de la lumière au voisinage d’une masse attractive. Les observations faites au cours des dernières éclipses totales de soleil semblent avoir démontré la réalité du phénomène, elles apportèrent ainsi une sensationnelle confirmation à une théorie d’apparence purement spéculative. Toutefois, malgré les précautions prises, ces observations restent encore sujettes à controverse en raison de la faiblesse de l’effet observé et des causes d’erreur possibles.
- Le second phénomène prédit par Einstein est le déplacement vers le rouge des raies spectrales d’une lumière prenant naissance dans une région à haut potentiel gravitationnel. L’étude approfondie des longueurs d’onde du spectre solaire, faite notamment par le Dr Saint-John, de l’Observatoire du Mont-Wilson, semblait bien donner en effet, à cet égard, un résultat positif. Mais l’effet observé était si faible que le doute restait légitime ; on pouvait en effet l’attribuer aux courants de convection et à d’autres influences perturbatrices inconnues qui peuvent régner dans l’atmosphère solaire.
- • Existe-t-il dans le firmament un astre autre que le Soleil qui puisse mettre en évidence d’une façon plus nette le phénomène du déplacement des raies? Jusqu’à ces derniers temps il fallait répondre à la négative par cette question. Le déplacement d’Einstein dépend du potentiel gravitationnel à la surface de l’étoile, c’est-à-dire du quotient de la masse de l’étoile par son rayon. Et l’on ne connaissait aucune étoile ayant un potentiel suffisant pour donner un déplacement de plus de 1 ou 2 centièmes
- d’unité Angstrôm ( j^cm. j . La mise en évidence d’un
- déplacement aussi faible exigerait des appareils spectroscopiques extrêmement puissants et délicats.
- Mais ce n’est pas tout. Il faut séparer l’effet Einstein de l’effet Doppler. Ce dernier est dû au mouvement relatif de la source lumineuse par rapport à l’observateur et provoque un déplacement des raies, proportionnel comme
- l’effet Einstein à la longueur d’onde de la radiation observée. Pour distinguer les deux effets, et mettre en évidence l’effet Einstein, il faut donc.recourir à un asti'e dont on connaisse la vitesse relative par rapport à la Terre ; mais c’est précisément au moyen de l’effet Doppler que l’on détermine les vitesses radiales des étoiles. Aucun astre, autre que le Soleil, ne semblait donc pouvoir se prêter à la mesure de l’effet Einstein.
- Mais aujourd’hui, grâce à l’astronome anglais Eddington, il n’en est plus ainsi; l’étoile Sirius, étoile double, possède un compagnon qui permet de réaliser l’épreuve à laquelle le Soleil ne se prête que de mauvaise grâce. Et cette épreuve donne un résultat nettement positif.
- Nous trouvons un excellent résumé de cette intéressante question dans la revue anglaise Nature. Certains faits d’observation ont conduit Eddington à affirmer que la matière dans les étoiles peut atteindre des densités plusieurs milliers de fois supérieures à celles auxquelles nous ont habitués les substances terrestres. Et précisément, les étoiles désignées sous le nom de « naines blanches i) nous offrent l’exemple de ces hautes densités.
- Nous connaissons deux de ces étoiles. Elles sont anormalement petites pour leur type spectral et leur couleur, ce qui fait supposer qu’elles ont une très petite surface et en conséquence une densité élevée; un type spectral de couleur donné dénote un éclat déterminé par unité de surface, et si la quantité de lumière totale émise est anormalement faible, on en doit conclure à une surface rayonnante anormalement petite. De plus ces étoiles appartiennent à des systèmes doubles, ce qui permet de déterminer leur masse et l’ordre de grandeur de leur densité.
- L’une de ces étoiles naines est. précisément le compagnon de Sirius, une des étoiles les plus rapprochées de la Terre. Cette heureuse circonstance a permis au Dr Adams, de l’Observatoire du Mont Wilson, d’en observer le spectre malgré son faible éclat et de confirmer à la fois les vues d’Eddington et la réalité de l’effet Einstein.
- L’extrême compression de la matière qui forme cette étoile permet d’obtenir pour l’effet Einstein un déplacement de raies de l'ordre d’une demi-unité Angstrôm. Il n’est, par suite, pas nécessaire, pour l’observer, de recourir à des appareils spectroscopiques à haute dispersion comme ce serait le cas avec les étoiles ordinaires.
- D’autre part, grâce au fait que l’étoile accompagne Sirius, on sait que sa vitesse dans l’espace est la même que celle de sa compagne, sauf à tenir compte du mouvement orbital. Il n’y a donc qu’à observer la différence de déplacement entre les raies de Sirius et celles de sa compagne. Cette différence, déduction faite de la fraction connue imputable au mouvement orbital, doit être attribuée à la différence entre les effets Einstein dans le compagnon de Sirius et dans Sirius. Le Dr Adams a effectivement observé dans ces conditions l’existence d’un déplacement des raies de l’ordre de grandeur attendu, et pour le compagnon de Sirius une densité moyenne 53 000 fois plus grande que celle de l’eau.
- Ce résultat, intéressant au point de vue de la théorie d’Einstein, l’est encore davantage par les horizons qu’il enlr’ouvre sur les mystères du monde stellaire. A. T.
- p.171 - vue 187/663
-
-
-
- ÉTAT EXPÉRIMENTAL ACTUEL
- Des bases de la Théorie de la Relativité restreinte.
- On sait que l-’expérience de Michelson et Morley (de laquelle a été déduit le Postulat de la constance de la vitesse de la lumière dans le vide) est, somme toute, la pierre angulaire sur laquelle repose toute la théorie de la Relativité restreinte.
- Que signifie donc cette expérience ? Voici:
- La théorie ondulatoire delà propagation de la lumière étant considérée comme acceptée, nous avons été obligés d’admettre (pour servir de sujet au verbe onduler) l’existence d’un milieu extrêmement subtil, l’éther, remplissant tout l’espace intersidéral de même que l’espace interatomique des corps. Ce milieu étant considéré comme fixe, on a voulu déceler le mouvement de la terre par rapport à celui-ci et les physiciens Michelson et Morley ont imaginé la célèbre expérience qui a fait tant de bruit et qui, par l’observation de phénomènes d’interférences, devait nous « faire voir », le mouvement de la terre par rapport à l’éther. Ceci devait avoir lieu en décelant des différences de vitesse dans la propagation de la lumière suivant des directions différentes par rapport au sens de notre mouvement dans l’éther.
- Contrairement aux prévisions, cette expérience s’est obstinée à donner des résultats entièrement négatifs, c’est-à-dire qu’elle ne nous a décelé aucun mouvement de la terre par rapport à l’éther.
- De là, triomphe des Relativistes qui déclarent tout net: On aurait pu a priori prédire les résultats néga-lifs de cette expérience, puisqu’il est universellement admis que, par des expériences mécaniques ou physiques, intérieures à un système, nous ne pouvons en aucune façon déceler le mouvement de ce système. Je me permets, en passant, de faire remarquer que ce point de vue parait faux, l’expérience de Michelson ne devant pas être considérée comme une expérience faite à l’intérieur d’un système puisqu’elle a au contraire pour but de mettre en évidence la réaction d’un milieu traversé sur le mobile qui le traverse.
- Quoi qu’il en soit, ces résultats négatifs firent sensation et pendant des années on tenta de les expliquer. Lorentz proposa d’abord son hypothèse de la contraction objective des corps en mouvement par rapport à l’éther et Einstein intervint ensuite avec la fameuse Théorie de la Relativité restreinte que les limites de cette note m’interdisent de traiter même brièvement.
- 11 était cependant à côté de ces Théories de Lorentz et d’Einstein une explication qui à première vue paraissait bien plus logique pour rendre compte des résultats négatifs de l’expérience de Michelson ; c’était d’admettre que l’éther au lieu de rester fixe, immuablement, et de traverser notre atmosphère et les murs de nos laboratoires, dans lesquels, par conséquent il se produisait un « vent d’éther», celui que nous cherchions à déceler, c’était dis-je, d’admettre que cet éther se trouvait, à la surface de notre globe, être entraîné par celui-ci et participer à son mouvement. Dans ces conditions, comme il n’existait aucun mouvement relatif entre les appareils avec lesquels on expérimentait et le milieu où se propageait la lumière, il était parfaitement évident que ces appareils ne pouvaient déceler aucun « vent d’éther » et que la vitesse de la lumière devait être la même dans toutes les directions.
- Deux raisons principales cependant s’opposaient à l’adoption de cette hypothèse.
- D’ahord le phénomène de l’aberration paraissait indi-
- quer que l’éther n’était pas entraîné par notre globe. Par suite du manque de place nous ne pouvons examiner cette question ici.
- Ensuite, l’expérience de Fizeau semblait exclure l’hypothèse de l’entraînement de l’-éther par notre atmosphère.
- Fizeau, ayant étudié la propagation de la lumière dans des fluides en mouvement avait prouvé que le rayon lumineux (et par conséquent l’éther qui est son véhicule) était entraîné par les fluides en mouvement. Toutefois, d’après lui, cet entraînement n’était que partiel et était fonction uniquement de l’indice de réfraction du fluide considéré, sans avoir aucun rapport avec la longueur du tube servant à l’expérience. Comme l’indice de réfraction de l’air est très voisin de l’unité, on en avait conclu que l’entraînement de l’éther par une colonne d’air devait être extrêmement faible et, en fait, l’expérience n’en avait décelé aucun.
- De ces essais on avait donc déduit l’impossibilité de voir l’éther entraîné par notre atmosphère et rejeté l’hypothèse que je signalais plus haut, à savoir que les résultats négatifs de l’expérience de Michelson pourraient être dus à l’entraînement de l’éther au sein de l’atmosphère des laboratoires où nous opérions.
- Tel était l’état de la question lorsqu’en février 1922, dans une étude que j’ai publiée (Les Théories d’Einstein-Essai de Réfutation-Examen Critique, éditeur Félix Alcan) j’émis une hypothèse qui, bien que choquant certes les idées admises sur la manière de se comporter de l’éther, lève toute opposition entre l’expérience de Fizeau et celle de Michelson, et par là même rend les hypothèses de Lorentz et d’Einstein inutiles.
- Cette hypothèse est la suivante : si nous observons une colonne d’un fluide en mouvement dans l’éther considéré comme immobile, la proportion d’éther entraîné par le fluide variera dans ce fluide suivant la position de la tranche considérée. Nulle à l’extrémité antérieure de la colonne, celle qui, de front aborde l’éther immobile, la proportion d’éther entraîné va en augmentant au fur et à mesure que nous considérons, dans la colonne en question, des points de plus en plus éloignés de., cette face antérieure, et il vient un moment à partir duquel cet entraînement est total et reste tel pour toute la partie postérieure de la colonne considérée. J’ai appelé « longueur d’entraînement total » la longueur de la colonne fluide, considérée à partir de l’extrémité antérieure jusqu’au point à partir duquel l’entraînement commence à être total dans un fluide donné. J’ai également indiqué que la logique nous invitait à admettre que les « longueurs d’entraînement total » devaient être inversement proportionnelles aux densités des fluides. La longueur de la 'colonne d’air produisant l’entraînement, total de l’éther doit donc .être mille fois plus grande que celle de la colonne d’eau produisant le même résultat.
- Ceci étant admis, nous voyons avec la clarté de l’évidence qu’il n’existe aucune opposition entre l’expérience de Fizeau et celle de Michelson.
- En effet, nous pouvons logiquement admettre que si l’expérience de Fizeau n’a pas donné de résultats indiquante entraînement total de l’éther, c’est que l’on a opéré sur des colonnes fluides ayant des longueurs inférieures à celle que j’ai appelée « longueur d’entraînement total ». A plus forte raison, en opérant avec une colonne d’air, pour lequel nous devrions opérer sur une longueur mille fois plus grande, aucun entraînement n’a pu être décelé.
- p.172 - vue 188/663
-
-
-
- 173
- DES BASES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- Pourquoi, maintenant, l’expérience de Michelson et Morlay a-t-elle donné des résultats négatifs ?
- C’est bien simple ; c’est parce que notre atmosphère possède une hauteur telle que, mesurée dans une direction tangentielle à la surface du globe (direction dans laquelle doit se manifester le vent d’éther), elle équivaut à une colonne ayant une longueur voisine de celle qui, pour l’air, produit l’entraînement total de l’éther. (Comme verticalement notre atmosphère équivaut à 10 mètres de colonne d’eau, dans la direction du vent d’éther, elle doit produire le même effet que celui d’une colonne d’eau en mouvement de 20 mètres de longueur environ.)
- Dans ces conditions, que devons-nous faire pour espérer voir l’expérience de Michelson donner des résultats positifs ? Mais évidemment nous affranchir si possible de l’effet d’entrainement produit par notre atmosphère.
- Pour cela un seul moyen est en notre pouvoir, et encore incomplet, c’est de nous élever le plus possible dans les couches supérieures de notre atmosphère pour y faire notre fameuse expérience et par conséquent d’exécuter celle-ci sur le plus haut sommet de montagne pratiquement accessible ! Telle estdoncl’idée que j’émettais dans l’étude déjà citée lorsque j’avançais que la clef delà Théorie de la Relativité se trouvait au sommet du Pic Everest !
- Comme celui-ci restera probablement inaccessible encore quelques siècles, jusqu’à ce que les budgets de la guerre ayant été consacrés à l’avancement des sciences le sommet de l’Everest sera devenu le premier observatoire du monde, nous devons en attendant nous contenter de preuves moins complètes.
- Dans ce but, voilà deux ans environ, je m’étais adressé à M. Jean Lecarme, le distingué Chef de la Section de Physique au Conservatoire des Arts et Métiers qui chaque année fait une série d’observations à l’Observatoire du Mont Blanc, et lui avais proposé de refaire cette expérience à cette hauteur. Celui-ci avait été immédiatement séduit par la logique de mes déductions, mais des questions de crédit avaient empêché la réalisation de ce projet. Il parait cependant que la question mérite d’ètre reprise, car en ce moment des faits nouveaux sont venus donner un regain d’actualité et prouver la réalité de mes hypothèses ou tout au moins leur ont apporté un commencement de preuve.
- Je veux parler des expériences que le Professeur D. C. Miller vient d’exécuter à l’Observatoire du Mont Wilson, à 1930 mètres d’altitude. Quoique celles-ci soient d’un intérêt primordial, elles sont en général encore fort peu connues sur le continent. En Amérique, les résultats en ont été publiés dans quelques communications du Professeur Miller et entre autres, l’une dans la Revue « Science » n° 1427 du 5 mai 1922 et une autre plus complète dans « The Physical Review-Vol )) 19 avril 1922, page 407, et intitulée: Ether-Drift Experiment at Mount Wilson Solar Observatory by Dayton C. Miller.
- Voici une traduction textuelle de la partie principale de cette note, assez courte du reste.
- Après avoir dit que l’appareil ayant servi en 1905 à Gleveland avait été transporté à l’Observatoire du Mont Wilson, le Professeur Miller continue :
- « ... Dans quelques-unes des observations précédentes exécutées dans un endroit légèrement élevé, ü y eut un léger déplacement des franges d’inlerférences, tel que l’on dok attendre d’un réel vent d’éther. La précédente série d’observations avait pour objet de déterminer si ce déplacement serait plus grand à l’altitude d’environ 5.900 pieds (1950 mètres) au-dessus du niveau de la
- mer... Les résultats montrent un déplacement défini, périodique par chaque demi-tour de l’interféromètre, mais ayant une grandeur d’un dixième de celle présumée. Ceci est légèrement supérieur au déplacement obtenu à Gleveland en 1905.... »
- Je dois ajouter, en passant, que, d'après des renseignements personnels obtenus de Professeurs Américains attachés à l’Université de Columbia et à la Harvard Uni-versity, les résultats obtenus par D. C. Miller dans les expériences relatées ci-dessus auraient été non pas 10°/o, mais bien de 15 à 20 °/„, certains disent même 30 °/0 du résultat théorique attendu et nous devons attribuer à un excès de prudence, compréhensible dans une question aussi capitale, le fait que le professeur Miller accuse seulement des résultats égaux à 10 °/0 de ceux attendus.
- De toute manière les résultats obtenus jusqu’à ce jour paraissent confirmer d’une manière absolue l’hypothèse que j’ai émise. D’après celle-ci la situation pourrait se résumer comme suit : Notre atmosphère possède une épaisseur telle que, mesurée dans la direction où doit se manifester le vent d’éther, elle fait l’office d’une colonne ayant à peu près une longueur égale à celle que j’ai appelée la longueur d’entrainement total, tout en étant cependant légèrement en dessous de cette limite. Il doit donc subsister au niveau de la mer et à l’air libre de légères traces d’un vent, d’éther résiduel.
- Or que nous montrent les résultats expérimentaux?
- 1° Les expériences faites au niveau de la mer, en laboratoire fermé (et de plus dans les sous-sols de ceux-ci, ainsi qu’il résulte de renseignements personnels), ont donné des résultats entièrement négatifs.
- Ce fait s’explique puisque les murs des laboratoires devaient arrêter les dernières traces du léger vent d’éther résiduel existant au niveau du sol.
- 2° Les expériences faites aux environs de Gleveland, sur une légère hauteur [dans une construction très légère ainsi qu’il ressort d’un article du « Scientific ame-rican, du 12 juin 1920) )) ont donné de légers résultats positifs, trop peu considérables toutefois pour que les expérimentateurs en aient fait état.
- 3° Les expériences faites sur le Mont Wilson à 1950 mètres d’altitude donnent des résultats accusés par Miller comme étant de 10 ”/„ au moins du résultat théorique attendu. Cette progression est réellement impressionnante et semble confirmer d’une manière éclatante l’hypothèse que j’ai émise.
- Il serait donc d’un intérêt capital de pouvoir ajouter un quatrième terme à cette progression remarquable et •pour cela de refaire l’expérience à une altitude encore plus considérable, par exemple à l’Observatoire du Mont Blanc (ou éventuellement à la Jungfrau Joch) ainsi que le projet en avait été fait par M. Lecarme. La pression baro-, métrique étant de 592 m/m de mercure à 2000 mètres d’altitude (Mont W'ilson) et tombant à 435 m/m à 4500 mètres nous pouvons escompter que si les résultats obtenus au Mont Wilson sont en réalité 15 % du résultat théorique nous obtiendrons certainement au Mont Blanc des résultats de 50 à 40 °/0 du résultat théorique prévu.
- Si l’expérience, refaite dans ces conditions, donnait les résultats que j’espère, les plus sceptiques devraient s’incliner et le Postulat de la constance do la vitesse de la lumière aurait vécu... et, avec lui, la Théorie de la Relativité, qui, partie de ce point de vue faux s’est développée sans fin, pyramide en état d’équilibre instable reposant par sa pointe sur la dalle de pierre de l’appareil de Michelson ! Louis Wauxant.
- p.173 - vue 189/663
-
-
-
- 174 ....... &mmasmæ8stmstm =........
- LA CONSTRUCTION ET LE RÉGLAGE DES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Dans l’article que nous avons publié sur ce sujet (n° 2677) nous avons décrit l’ingénieux et savant appareil à flamme chantante utilisé par la Société française de photographie pour la mesure de la vitesse des obturateurs. Mais nous avons omis d’indiquer le nom de l’inventeur. Nous nous empressons de réparer cet oubli. L’appareil en question est dû à M. le professeur Jules Benoit et cet instrument est le dernier venu d’une série d’appareils conçus en vue d’atteindre le même but et basés sur l’emploi de sources lumineuses périodiques. Deux mémoires ont été publiés sur ce sujet par le Bulletin de la Société française de photographie (1910, p„ 590 et 1911, p. 257); quelques-uns des ren-
- seignements donnés sur l’appareil à flamme chantante émanent d’ailleurs du second de ces mémoires. Ceux de nos lecteurs qui s’intéressent particulièrement à la question trouveront dans la publication indiquée une étude très complète de cette méthode de mesure et des diverses modalités d’application.
- Nous profitons de l’occasion qui nous est offerte pour préciser que la vitesse de 360 m. à la seconde attribuée à l’onde sonore est celle qui correspond à la température moyenne atteinte par la colonne d’air contenue dans le tube, soit environ 50°; cette vitesse augmentant de 0 m. 62 par degré centigrade.
- A. B.
- LES CHANGEMENTS DI
- Il y a longtemps qu’on a reproché aux boîtes de vitesse à engrenages des automobiles leur fonctionnement préhistorique. 11 suffit de remarquer, et surtout d’entendre, les multiples manœuvres qui sont néces
- Fig. i.
- BB, électro-aimant. C, pièce d’acier.
- VITESSE ÉLECTRIQUES
- pôles de l’électro-aimant. La rotation de ce dernier entraînera celle de la pièce C par le simple fait du champ tournant qui agit à la manière d’une friction magnétique. En supposant la pièce C montée sur
- ig. 2. — Principe d’une transmission électrique à conduite lirecte. — F, induit monté sur l’arbre à cardan de la-;voiture; EE, inducteurs montés sur l’arbre du moteur.
- sitées par l’ascension d’une côte pour se rendre compte qu’il y a là des progrès considérables à réaliser.
- Le bruit, l’usure, et surtout la discontinuité de la gamme de vitesses, sont l’apanage des engrenages. On conçoit donc que de nombreux efforts aient été faits pour supprimer ces multiples inconvénients qui se répercutent sur le moteur et les pneus.
- Une première solution se présente à l’esprit en faisant intervenir l’électricité sous une forme telle que l’embrayage et la boîte de vitesse soient éliminés. Le fonctionnement y gagnera en souplesse, en silence et l’usure générale sera considérablement diminuée.
- Ce système n’a pas eu beaucoup de partisans en France, tout au moins à notre connaissance. Au contraire, il s’est constitué en Angleterre un courant favorable à sa généralisation et certaines firmes, la Magnetic Car Company par exemple, emploient exclusivement ce système dont nous allons exposer les principes.
- Imaginons (fîg. I) un électro-aimant B monté sur roulement et tourné à la main ; et une pièce d’acier C, dont l’extrémité peut tourner entre les
- l’arbre à cardan d’une voiture, on aura la transmission magnétique sous sa forme la plus simple. Ce sera la conduite directe.
- Remplaçons maintenant notre électro-aimant par une machine électrique (fig. 2), dont les inducteurs seront en E et l’induit en F. Nous avons transformé le volant ordinaire en un système à champ magnétique tournant, plus perfectionné que le précédent.
- Nous constaterons au banc d’essai que l’induit tourne à la vitesse des inducteurs. Qu’arrivera-t'-il s’il se présente une côte? Il se produira évidemment une tendance au glissement, mais notre champ étant très puissant, il y aura patinage des roues. Pour empêcher ce phénomène, il suffît de permettre le glissement en affaiblissant le champ par un shunt approprié. Il s’ensuit que le taux de glissement est réglé par la force du champ. Au champ minimum correspondra le glissement maximum.
- Tout le monde sait que dans un embrayage mécanique à plateaux, par exemple, le glissement de ces derniers fait perdre de l’énergie dépensée sous forme de chaleur. S’il était possible de la recueillir
- p.174 - vue 190/663
-
-
-
- LES CHANGEMENTS DE VITESSE ÉLECTRIQUES
- 175
- et de la retransformer en énergie mécanique, on améliorerait le rendement de la voiture. C’est une chose impossible dans les dispositifs uniquement mécaniques. Dans le cas qui nous occupe, cette impossibilité n’existe pas, car en permettant à l’embrayage magnétique de glisser, nous produisons de l’électricité toute prête à être utilisée pour la propulsion de la voiture, si nous savons l’employer.
- Pour ce, il faut une seconde machine électrique que nous placerons tout de suite après la première en montant son induit sur le même arbre. Cette fois, les inducteurs seront placés sur le châssis, c’est-à-dire qu’ils seront fixes (fig. 5).
- Le lecteur voit tout de suite la différence d’agencement de ces deux machines, dont la première a ses deux parties mobiles et la seconde, une seulement (l’induit).
- Ce sera l’effet de glissement qui va nous donner la réduction désirée entre la vitesse du moteur et celle des roues motrices. Sur les pentes les plus raides, où la résistance à la marche est élevée, on permettra le glissement maximum, ce qui engendrera également le courant maximum. Au repos, si l’on veut démarrer, le même phénomène se produira, on aura le plus grand couple de démarrage.
- À mesure que la vitesse s’accroîtra, on réduira graduellement le taux de glissement jusqu’à atteindre la grande vitesse.
- Le moteur, ou seconde machine, ne fournit aucun effort de conduite à grande vitesse, mais il fonctionne en générateur pour charger une batterie d’accumulateurs. Il est à remarquer, en outre, que dans les voitures à changement de vitesses mécanique, il y a ùne perte momentanée de puissance lorsqu'on passe d’une vitesse à une autre, puisqu’on est obligé de désembrayer pour réembrayer de nouveau.
- Avec le dispositif magnétique, cet inconvénient disparait, puisque le changement du glissement se traduit par la production d’électricité qui alimente le moteur. Notons, en outre, qu’il n’y a plus séparation du groupe de démarrage et du groupe d’éclairage, comme dans les voitures munies du dispositif actuel. Pour démarrer, il nous suffit d’envoyer le
- Fig. 4. — Dispositif de chargement de la batterie.
- G, générateur (induit). A, ampèremètre. F, champ-série.
- R, résistance.
- G, induit du générateur. A, ampèremètre. R, résistance. M, moteur. F, champ-scrie. S, interrupteur.
- Fig. 3. — Montage du dispositif électrique de l’embrayage.
- M, moteur à explosions. A, générateur. I, induit du générateur. PP, inducteurs du générateur. P'P', inducteurs fixes du moteur électrique. N, induit du moteur électrique. X, poutrelle de châssis. F, arbre à cardait*.
- courant de la batterie dans le générateur qui devien t pour un temps un moteur électrique. Le moteur démarre sans qu’il y ait de chocs comme dans les dispositifs à engrenages.
- La variation de vitesse entre le moteur et les roues est réglée par les intensités relatives des champs magnétiques de la dynamo et du moteur. Cette « relativité » est commandée par le conducteur à l’aide d’un contrôleur convenable qui est monté sur le volant de conduite.
- La manette de ce contrôleur comporte une première position « repos ». En passant à la position de démarrage, on envoie du courant de la batterie dans la dynamo, ce qui la transforme temporairement en moteur. Le moteur démarre et si l’on retourne la manette à la position « repos », le moteur fonctionne à vide et la voiture ne bouge pas.
- Mais remettons la manette à la position .1. L’embrayage magnétique va entrer en jeu, mais cette fois sous forme de dynamo, qui est sa fonction normale. Le champ magnétique des inducteurs tend à entraîner l’induit, mais l’inertie est trop grande et, temporairement, toute la puissance du moteur est employée à la génération du courant électrique. C’est le moment du glissement maximum et de l’entraînement minimum. Immédiatement, le moteur électrique, qui reçoit ce courant, fait tourner l’arbre à cardan et les roues motrices commencent à tourner également. En poussant la manette à la deuxième position, on fait décroître le glissement et on accroît l’entraînement, ce qui continue jusqu’à la sixième position qui donne la grande vitesse avec le maximum d’entraînement. Cela correspond à la « prise directe ».
- Supposons maintenant qu’on renverse cet ordre, ce qui sera le cas quand on montera une côte. Cette fois, la vitesse normale correspond à la position 0. Ici, on place la manette à la position 5, ce qui permet un glissement suffisant pour fournir l’énergie électrique nécessaire pour gravir la pente.
- p.175 - vue 191/663
-
-
-
- 176
- - LES CHANGEMENTS DE VITESSE ÉLECTRIQUES
- Dispositif de freinage.
- G, générateur. A, ampèremètre. R, résistance
- F, champ-série. M, moteur. t
- R
- Fig. p.
- Même dispositif que sur la fig. 6 avec
- augmentation du freinage.
- Fig. 8. — Première position de la manette. (Champ du générateur shuntè champ maximum au moteur.) '
- immobile. La batterie est en parallèle avec le géné-
- On continuera ainsi jusqu’à la position J, s'il est nécessaire.
- Si l’on considère maintenant la descente, le moteur électrique est « emporté » (si l’on veut bien nous permettre cette expression).
- Pour nous exprimer d’une manière scientifique, disons que les roues arrière conduisent actuellement l’arbre moteur, ce qui transforme le moteur en générateur. Par conséquent, si nous faisons passer le courant engendré dans une résistance, nous obtenons un effet positif de freinage. Deux positions de la manette permettront de faire varier la valeur de la résistance suivant la valeur du gradient de la pente.
- Précisons maintenant les caractéristiques de l’installation. Les inducteurs de la première machine sont montés directement sur l’arbre à manivelles. Les électros de champ remplacent donc le volant habituel. L’induit est monté sur un grand arbre creux, directement couplé à l’arbre de conduite. On désigne généralement cette machine sous le nom de générateur d’embrayage, parce qu’elle remplit les fonctions d’embrayeur et de générateur.
- La deuxième machine, qui est du modèle com-pound, a son induit monté sur le même arbre creux et ses inducteurs sont fixes. Elle porte le nom de moteur.
- Nous allons maintenant décrire les schémas divers du fonctionnement. Dans la figure 4, nous voyons le dispositif de chargement de la batterie lorsque le moteur tourne, mais avec la voiture
- 022w< R
- Fig. 9. — Les champs ne sont pas simulés, celui du moteur est le plus intense.
- rateur. Par conséquent, si la batterie est à plat, on peut la charger très rapidement à l’intensité maximum prévue.
- Dans la figure 5, le générateur est utilisé comme démarreur. La batterie est en série avec le générateur et les connexions de l’induit sont inversées de façon que les inducteurs tournent dans le sens convenable.
- Dans la figure 6, le moteur fonctionne comme frein électrique, parce que la voiture le fait tourner en générateur. Les inducteurs du générateur et du moteur sont court-circuités sur une résistance pour produire l’effet de patinage.
- Dans la figure 7, il y a une plus grande résistance dans le circuit, ce qui augmente le freinage. Le moteur et le générateur sont en série dans le dispositif représenté figure 8. Le champ du générateur est shunté, alors que celui du moteur ne l’est pas. Il y a donc glissement maximum et courant maximum fourni au moteur. : 1
- Les deux champs 11e sont pas shuntés dans la figure 9, mais celui du moteur est plus fort, parce que les inducteurs comportent un plus grand nombre de tours. -t •
- Dans la figure 10, le moteur a ses inducteurs'en série avec la batterie, ce qui constitue un dispositif à caractéristique auto-régulatrice. Le j générateur fonctionne comme embrayeur magnétique.
- Telles sont les caractéristiques principales de l’embrayage magnétique. F. C. r.
- Fsi(M
- Fig. 10. — Dispositif où V inducteur du- moteur est en série avec la batterie.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus,.Parus. — 1925.
- p.176 - vue 192/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2685.
- 19 SEPTEMBRE 1925
- LES ÉCOLES D’APPRENTISSAGE DE LA S. T. C. R. P.
- La Société des transports en commun de la région Parisienne (S. T. C. R. P.), qui exploite maintenant toutes les lignes d’autobus et de tramways desservant la Capitale et sa banlieue immédiate, s'efforce de moderniser ses services. Après avoir perfectionné et unifié autant que possible le matériel hétéroclite provenant des diverses Compagnies englobées par elle, modifié logiquement les itinéraires de ses voitures dont elle cherche sans cesse à
- dépôt de la rue Lehrun dans le quartier des Gobelins.
- Chacun de ces centres d’écoles comprend une salle de démonstration pour les machinistes, des salles d’instruction pour les receveurs et les contrôleurs ainsi qu’un bureau pour les inspecteurs.
- Visitons la plus importante de ces écoles d’ap-prentihsage, celle de la rue Didot, en commençant par la salle de démonstration pour les machinistes
- lig. i. — Salle de démonstration pour les machinistes de Iramwars de la S. T. C. R. P.
- Dépôt de la rue Didot.
- accroître le confort, la vitesse et la fréquence des départs, elle tâche aujourd’hui d’élever le niveau de son personnel afin d’améliorer son exploitation tout en augmentant la sécurité du public.
- Dans ce dernier ordre d’idées, elle a récemment inauguré un laboratoire où de savants spécialistes appliquent, les méthodes psychotechniques à la sélection de ses wattmen et elle vient d’achever depuis peu l’installation des écoles d'apprentissage de scs machinistes, de ses contrôleurs et de ses receveurs. Ces centres d’instruction pour son personnel roulant sont aujourd’hui au nombre de quatre. Trois pour les tramways (Groupe Sud au Dépôt de la rue Didot, Groupe Nord au Dépôt de Saint-Ouen, Groupe Est à celui des Lilas) et un pour les omnibus au
- de tramways (tig. 1). Sur un des murs de cette pièce se trouve un original tableau schématique figurant le passage du courant (fig. 2) dans une motrice de tramway. Le câblage se détache sur un panneau de bois vernis, qui porte, en outre, les divers appareils existant sur une voiture et que tout conducteur doit connaître. Les. fils de couleurs différentes représentent les uns le circuit traction, les autres les circuits secondaires (lumière, chauffage et compresseurs). Quant aux résistances et aux moteurs, de petites lampes électriques les symbolisent aux yeux des élèves. Pendant les cours ou conférences faites soit par un moniteur expérimenté, soit par un inspecteur de la Compagnie, il suffit, en elïet, que chaque apprenti actionne la
- 12 — 177.
- 53' Année
- T Semestre.
- p.177 - vue 193/663
-
-
-
- 178
- LES ÉCOLES D’APPRENTISSAGE DE LA S. T. C. R. P.
- Fig. 2. — Tableau-schématique figurant le passagèZdu courant dans une motrice de tramway.
- L’apprenti actionne la manivelle du régulateur et voit, grâce aux modifications de l'intensité de la lumière des^Iampes1 comment s’effectue le passage de l’électricité sur les tramways aux différents crans de marche.
- manivelle du régulateur placé devant le tableau pour voir, par le jeu et l’intensité d’éclairage des lampes, comment s'effectue le passage de l’électricité dans les tramways aux différents crans de marche. D’autre part, comme les moteurs des véhicules] prennent le courant sur la voie publique, soit par trolley, soit au moyen de caniveau, il existe également., dans la salle de démonstration, un commutateur et un châssis de charrue permettant au professeur d’apprendre à ses élèves à manœuvrer le régulateur, à peu près comme dans la réalité. D’autre part, sur le tableau figurant le circuit lumière que l’on distingue sur le même mur au-dessus du précédent (fig. 2), les lampes sont montées exactement comme sur une motrice de tramway.
- En outre, l’installation technique de la salle de démonstration comporte aussi un banc de frein (fig. o) qui reproduit le système de freinage d’une motrice type C. G. 0. de la S. T. C. R. P. On aperçoit le robinet de manœuvre à côté , du régu-
- lateur disposé vers la droite de notre illustration D’autre part, une timonerie simplifiée permet le freinage sur les deux roues se trouvant de chaque côtp de la table du banc de frein à l’extrémité opposéq.
- Fig. 3. — Banc de frein reproduisant le système de freinage d'une motrice de la S. T. C. R. P.
- Le robinet de manœu vre sc trouve à côté du régulateur disposé ici vers la droite.
- p.178 - vue 194/663
-
-
-
- 179
- LES ECOLES D'APPRENTISSAGE DE LA S. T C. R. P.
- Fig. 4. — Salle d’instruction Pour les receveurs et receveuses de la S. T. C. R. P.
- Derrière le professeur, on aperçoit l’écran qui permet de iaire défiler des filins cinématographiques documentaires.
- Grâce à cette installation, mise au point par M. Eliès, ingénieur à la direction de la S. T. C. R. P., et ses collaborateurs de l’exploitation commerciale, on peut d’abord exercer les apprentis à la manœuvre des divers appareils de conduite (régulateur, frein, sablières, timbre avertisseur), puis leur inculquer la cadence du déplacement de la manivelle du régulateur et assouplir, peu à peu, leur poignet à la manipulation du robinet de frein, tandis qu’en leur faisant examiner les tableaux schématiques et le banc de frein, le professeur leur apprend toutes les pannes possibles qu’il varie à son gré. Enfin de-'ei dc-là, dans la salle de démonstration, on voit encore un ensemble de pièces détachées telles que carcasses d’inducteurs, induits de moteur, coupes de distributeurs ou planches murales explicatives (marches en série, marche en parallèle, rôle des résistances, etc.).
- Ue son côté, la pièce du dépôt Ifidot où se poursuit l’instruction des receveurs (fig. 4) ne se distingue guère d’une salle scolaire. Toutefois, aux bancs et pupitres pour . écrire, 011 a adjoint un poste cinématographique qui permet au professeur de faire défiler, pendant ses cours, des films représentant les différentes opérations qu’auront k effectuer les agents de cette catégorie du personnel de la S. T. C. R. P. ou les multiples incidents susceptibles de se produire au cours de leur future besogne.
- Quant au bureau du même centre réservé pour les conférences données aux contrôleurs, il possède
- un ameublement à peu près semblable à la salle précédente, mais on y distingue en outre, voisinant près de panneaux schématiques, un tableau figurant un ensemble de voies où les élèves s’exercent à diriger des tramways en miniature afin de s’entraîner aux gestes qu’ils devront faire quotidiennement, tels qu'établissement des voies uniques ou manœuvres de rebroussement par exemple, en cas de perturbations momentanées des lignes.
- À côté de ces trois centres d’instruction pour le personnel roulant des tramways, la S. T. G. R. P. vient d’installer, encore au dépôt de la rue Lebrun, une salle d'instruction pour les machinistes d'omnibus (fig. 5). Dans cette école, on a rassemblé un certain nombre de pièces mécaniques, entre autres un moteur d’autobus avec coupe permettant de se rendre compte de ses différents organes, un embrayage, des boites de vitesse et un pont arrière. Grâce à ces modèles de démonstration, les agents acquièrent, en quelques jours, les notions techniques nécessaires à leur métier et se familiarisent rapidement avec les pannes usuelles auxquelles ils remédieront sur-le-champ avec un outillage de secours. Connaissant mieux le matériel que la Compagnie leur confiera, ils tiendront très sûrement le volant des autobus. Il faut, en elïel, une véritable maestria pour passer dans les rues étroites et si souvent encombrées de l’agglomération parisienne.
- Terminons notre rapide visite par quelques chiffres et renseignements statis tiques pour montrer l’importance actuelle de ces centres d’appren-
- Fig. 5. — Salle d’inslruclion pour les machinistes d’omnibus de la S. T. C. R. P. Dépôt de la rue Lebrun.
- p.179 - vue 195/663
-
-
-
- 180 •: -- LE SILICIUM ET LA MATIERE VIVANTE
- Tissage. La durée moyenne du séjour dans les écoles est de deux semaines environ pour les machinistes de tramways. Ils subissent alors un examen de contrôle et s’ils sont reçus roulent pendant 5 à ,8 jours sur une voiture en service avec un wattmann expérimenté, puis on leur confie la direction d’un véhicule. Les machinistes d’omnibus (dont la plupart ont déjà piloté des automobiles ou des camions) font une période d’apprentissage de 9 à 15 jours au centre d’instruction, puis doublent un collègue expérimenté pendant 5 à 5 jours. Les receveurs d’omnibus suivent pendant 5 jours seulement l’école spéciale d’apprentissage et font une période de roulage en double d’une durée égale. Enfin les contrô-
- leurs, après une quinzaine d’école et de stages divers, accompagnent pendant 5 à 8 jours un de leurs collègues dans son service et après ce laps de temps, s’ils sont reconnus aptes, on les laisse exercer leur profession qui, indépendamment d’une connaissance parfaite des rues et monuments de la Capitale, exige du coup d’œil et du tact.
- En définitive, au moyen de ces centres d’apprentissage et de perfectionnement, la S. T. C. R. P. s'efforce d’instruire son personnel selon des méthodes rationnelles afin de répondre aux difficiles exigences d’une circulation urbaine devenant chaque jour plus intense.
- Jacques Boyeu.
- LE SILICIUM ET LA MATIÈRE VIVANTE
- “Le silicium. — Sa répartition à la surface de la terre. Ses analogies avec le carbone.
- Le silicium est après l’oxy.gène l’élément le plus répandu dans l’écorce terrestre. F. Clark et H. Washington évaluent sa proportion à 25,7 pour 100. D’après Ver-nadsky, cette proportion n’est pas inférieure à 26 pour 100. Il est presque toujours combiné à l’oxygène sous forme de silice Si O2 et de silicate. La silice libre représenterait 12,8 pour 100 de l’écorce et la silice combinée 42,5 pour 100.
- La silice forme le quartz ou cristal de roche, la tridv-mite, les argiles (silicate d’alumine), l’opale (silice hydratée). Mélée aux divers oxydes métalliques, elle constitue les pierres meulières, le silex, le grès, l’agate, l’améthyste et la cornaline.
- Le silicium est un métalloïde tétravalent, de poids atomique 28, de la famille du carbone. Il fut isolé à l’état amorphe par Berzelius en 1825 et préparé à l’état cristallisé en 1854 par II. Sainte Claire Deville.
- Il se rapproche beaucoup du carbone par ses propriétés physiques et chimiques. Les analogies sont-marquées entre les composés Si H4 hydrogène silicié et CH4 méthane ; Si Cl4 tétrachlorure de silicium et CCI4 tétrachlorure de carbone; Si O2 anhydride silicique et CO2 anhydride carbonique; Si S2 sulfure de silicium et ICS2 sulfure de carbone; SifICl3 silicichloroforme et Cil Cl3 chloroforme ; Si 021I — Si 02!I acide silicioxalique et C03II C02H acide oxalique.
- En dehors des analogies de structure, on constate des analogies de propriétés. Le silicium tétraélhyle Si (C2 II5)4 et le carbone Létraéthvle C —- (C2 H3)4 sont des liquides, ils ne sont attaqués, ni l’un ni l’autre, à la température ordinaire, ni par l’acide azotique, ni par l’acide sulfurique ; sous l’action du chlore, ils donnent tous deux des pro-"duits de substitution. Le silicotreptane (C2H3)3 Si II a une odeur de pétrole tout comme le triéthylméthane (C2Il5)5CII. Ladenhurg a étudié un alcool dans lequel un atome de carbone est remplacé par un atome de silicium.
- Beaucoup d’essais ont été faits en vue d’obtenir pour le silicium des chaînes atomiques du même genre que les chaînes de carbone. Ces essais ont échoué, on n’a pu préparer que des chaînes à trois atomes de silicium. Il semble donc que les atomes de silicium ne peuvent pas se souder les uns aux autres comme ceux du carbone.
- L’absence de cette propriété fait qu’une chimie du silicium analogue à la chimie du carbone n’est pas possible.
- Cette chimie du silicium est même assez différente de celle du carbone. Le fait le plus important est la prépondérance, dans la nature, des composés oxygénés très stables (à la température ordinaire, la silice n’est en effet attaquée que par l’acide fluorhydrique). Tous les autres composés sont instables et rares et ne peuvent guère se former qu’en l’absence d’oxvgène et d’eau.
- Le silicium chez les végétaux. — 11 eût été bien étonnant qu’un élément aussi abondant à la surface de notre globe ne fit pas partie intégrante des tissus vivants. En effet, on le retrouve toujours dans ceux-ci et Th. de Saussure était déjà convaincu de son importance chez les plantes vertes.
- Mais le silicium est-il un élément indispensable à la vie ou un élément utile ? C’est cette seconde opinion qui prévaut depuis les recherches de Raulin sur le stérigma-tocystes nigra (aspergillus niger). Se basant sur les données fournies par l’analyse, Raulin établit, après un long tâtonnement, la formule d’un liquide nutritif donnant à la température optima de 35° et au bout de six jours le recrutement maximum en matière sèche ; sa composition est :
- Eau................................1500
- Saccharose......................... 70
- Acide tartrique.................... 4
- Nitrate d’ammoniaque............... 4
- Phosphate d’ammoniaque............. 0,6 »
- Carbonate de potasse. ............. 0,6
- Carbonate de magnésie.............. 0,4
- Sulfate d’ammoniaque............... 0,25
- Sulfate de zinc............... 0,07
- Sulfate de fer..................... - 0,07
- Silicate de potasse............. . 0,07
- Si l’on supprime le silicium la récolte n’est, plus que de 71 pour 100 de la récolte témoin. Celui-ci est donc un élément utile, mais non indispensable. Coupin a même prétendu qu’il était indilîérent. Les graminées ne donnent ‘de bons rendements qu’eii présence d’une forte proportion de silice ; mais celle-ci ne paraît pas indispensable au développement complet d’un végétal. Par une expérience sur le maïs, Jovin a montré que l’on peut élever le végétal dans des solutions exemptes de silice, cultiver ensuite les graines de cette première génération dans des milieux privés de silice et cela pendant plu-
- p.180 - vue 196/663
-
-
-
- LE SILICIUM ET LA MATIERE VIVANTE - .... 1S1
- sieurs générations. Mais Mazé a décelé des causes d’erreurs dans les expériences qui paraissaient démontrer la possibilité de la vie des plantes vertes en l’absence de silicium.
- Quoi qu’il en soit, on trouve du silicium chez tous les végétaux. Il y est à l’état de silicate soluble (?) et surtout de silice colloïdale et concrétionnée : à la surface de la membrane cellulaire (surface des feuilles de divers palmiers, de saxifragées, de polvpodes, des tiges et diaphragmes de divers bambous); à l’intérieur de la membrane (Diatomées, Equisetacées, Graminées, Cvperacées, feuilles d’orme, poils d’ortie, de différentes Borraginées ou composées) ; à l’intérieur de la cellule (Ghrysoba-lanées, Trichomanes, divers palmiers et Scitaminées. Rhytelephas).
- Il existe en abondance chez les Diatomées, les Equisetacées (Prèle), certaines fougères, les Graminées, les Cvpéracées, plusieurs orchidées, beaucoup de Conifères et de Palmiers, les Tricacées, dans les feuilles d’Orme, d’aulne et de Bouleau.
- La proportion est des plus variables d’une espèce à l’autre. Voici les teneurs centésimales des cendres de :
- Grains de blé, 1,46. Racine de raifort, 7,20. Equi-sétum, Tahnateva, 70, 64. Racine de Céleri, 3,85. Tubercules de pommes de terre, 2,06. Epinards, 4,52. Ecorce de chêne (150 ans), 0,55. Sainfoin, 4,50. Riz, 6,53. Figues, 3,83. Café, 0,54. Chanterelle, 2,17. Graines de sarrasin, 0,29. Graines d’avoine, 46,79. Olives, 4,67. Retterave, 1,6. Feuilles de topinambours, 7,58 (4-6 et 8).
- Cette proportion varie également suivant l’âge de la plante, suivant l’organe, suivant la partie d’un même organe, et bien entendu, suivant le climat et la composition du sol. C’est ce qui explique les différences du simple au double ou même au quadruple que l’on trouve entre les divers auteurs. Il est regrettable d’ailleurs que ces auteurs indiquent la composition centésimale des cendres, sans indiquer la teneur des végétaux en cendres. On comprend facilement qu’un végétal, ayant une petite proportion de silice dans ses cendres, mais beaucoup de cendres, puisse contenir plus de silice qu’un autre ayant un fort pourcentage, mais peu de cendres.
- La teneur par rapport au végétal vivant varie de traces à 10 pour 100. Les diatomées contiennent jusqu’à 10 pour 100 de silice; les équisétacées de 2 à 5 pour 100. Chez les céréales la quantité de silice va en augmentant des feuilles supérieures aux feuilles inférieures. Les plus anciennes sont les plus chargées en silice. Les cellules jeunes de l’assise périphérique des équisetacées renferment peu de silice, mais avec l'âge elles en acquièrent jusqu’à 97 à 99 pour 100.
- Le silicium chez les animaux. — Le silicium existe également dans les tissus animaux. La teneur varie suivant les espèces et surtout suivant que l’on a affaire à des animaux aquatiques ou non, et à des animaux d’eau douce ou à des animaux marins. Elle varie aussi suivant l’âge, le climat, les organes, l’alimentation, etc.
- Les animaux marins sont les plus riches; l’eau de mer en effet est alcaline, tandis que l’eau douce est acide ; il en résulte qu’elle dissout mieux les silicates. L’eau de l’Océan, suivant le Dr Thoulet, contient 0,0149 pour 100 de silice, « La silice, dit le Dr Joubin, joue dans la vie des êtres marins un rôle important, moindre cependant que celui du calcium. Les animaux la puisent dans les silicates provenant des poussières ou du charriage des fleuves qui les enlèvent aux continents. Ils les décomposent el les utilisent sous forme de silice pure légèrement hydratée, autrement dit d’opale. Mais le nombre des êtres
- qui emploient la silice est relativement restreint el ce corps ne joue dans la mer qu’un rôle peu important.
- Ce sont surtout les éponges qui fixent la silice. Toute une famille considérable de cette classe, les éponges siliceuses, puisent dans l’eau ce corps dont elles se fabriquent des squelettes translucides ou opalins ayant l’aspect du verre pilé. Certaines d’entre elles s’en tissent de merveilleux squelettes d’une inimitable régularité, et d’une élégance admirable qui peuvent rivaliser avec les plus délicates dentelles. .
- Les Diatomées (il s’agit ici dé* végétaux), qui vivent surtout dans les eaux de faible salinité., sont des algues unicellulaires, microscopiques, dont le corps, composé d’une gouttelette de protoplasma, est enfermé entre deux petits couvercles s’emboîtant comme les deux moitiés d’une bonbonnière. C’est celte petite boîte double qui est formée de silice. Ces diatomées peuvent être si nombreuses que leurs débris arrivent à former d’immenses sédiments, par exemple au fond de l’océan Antarctique.
- Les Radiolaires sont, des protozoaires pélagiques dont le squelette constitué par des piquants siliceux forme des constructions géométriques du plus curieux effet.
- Le revêtement cutané des holothuries donne, incinéré, 0,57 de silice. La coquille de l’huître en contient 0,07 pour 100 (Chatin et Muntz).
- Chez les animaux non aquatiques, on ne constate pas de fortes teneurs en silicium, mais la présence de celui-ci n’en est pas moins constante. Les cendres du sérum de cheval en contiennent 0,20 pour 100, celles du sang total 11; celles du blanc d’œuf 0,28 pour 100 à 2 pour 100, du jaune d’œuf 0,55 à 1,40. Les urines des herbivores, à cause des aliments végétaux, en contiennent. Chez l’homme on en trouve principalement dans les tissus conjonctifs, les productions épidermiques, le sang, les os, la salive. Les cendres du foie en contiennent de 0,18 à 0,27 pour 100, celles de la rate jusqu’à 0,72, celles des cheveux de 7 à 42 pour 100. Les matières fécales contiennent une quantité notable de silice provenant des aliments.
- Rôle physiologique du silicium — Le rôle physiologique du silicium est -assez obscur et on n’a voulu lui attribuer jusqu’ici qu’un rôle de soutien. Il est évident que le silicium est nécessaire pour l’élaboration des parties dures des végétaux et des animaux (squelette, tissu conjonctif, épithélium), mais il doit intervenir autrement, car « pendant la vie de tout organisme, dit Ver-nadsky, animal ou végétal, les atomes de silicium ont une histoire très complexe, se concentrant et disparaissant régulièrement en corrélation très nette avec les processus chimiques et physiologiques ».
- La façon dont il est absorbé et la forme sous laquelle il existe dans les tissus végétaux ne sont pas non plus très claires. Certains auteurs admettent, la présence de silicates, d’autres affirment qu’il y a seulement de la silice concrétionnée et insoluble et de la silice colloïdale. On suppose aussi, mais sans preuves,, que la silice peut contracter une sorte de combinaison avec la cellulose. André fait néanmoins remarquer avec quelle facilité une substance aussi peu soluble et même aussi peu diffusible que la silice pénètre dans toutes les parties de la grande majorité des, végétaux. Il y a en tout cas un fait certain, c’est qu’elle existe sous deux formes, l’une qui résiste à l’action des solutions alcalines, faibles et chaudes, l’autre qui s’y dissout facilement (Deherain), et au cours de la vie de la plante leur proportion varie en sens inverse ainsi que cela a été mis en évidence pour la tige de blé (Berthelot et André, 1882).
- p.181 - vue 197/663
-
-
-
- 182
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- Coupin a montré en -i 02*2 que les Diatomidées n’utilisent ni la silice vitreuse, ni la silice gélatineuse, ni la silice des silicates alcalins solubles, ni la silice du verre, mais la silice. des- silicates d’alumine (argiles, kaolin, feldspath, orthose).
- Quelle que soit la forme sous laquelle la silice existe dans les tissus vivants, elle y exerce certainement une action quelconque autre que celle de soutien et cela sous forme colloïdale. Nous allons y revenir.
- Keegan (1905) voit une relation entre la production des anthocyanes chez les feuilles de certains arbres et la teneur de ces organes en silice; les feuilles qui sont fortement colorées en rouge à l’automne contiendraient moins det silice que, celles dont la couleur reste jaune.
- Les principales recherches sur le rôle physiologique de la-silice dans les tissus animaux sont dus au prof. A. Robin. De celles-ci il résulte que la silice, comme d’ailleurs la magnésie et la chaux, s’accumule dans les tissus cancéreux lorsqu’on en fait ingérer aux malades. La silice est le minerai dont la fixation est la plus active, puis vient la chaux et en dernier lieu la magnésie. « Il est à remarquer, dit-il, que c’est chez le sujet traité le plus longtemps que s’est réalisée la fixation la plus élevée de la silice, tandis que Je contraire s’est produit pour la chaux et que la magnésie a moins sensiblement varié. On pourrait donc admettre que la capacité de fixation du tissu cancéreux pour la chaux et
- pour la magnésie atteint rapidement son plein, et que, par une trop longue prolongation du traitement, ce tissu perd une partie de la magnésie et surtout de la chaux fixée, ce que l’on pourrait peut-être éviter en administrant ces agents d’une manière alternante. »
- « En ce qui concerne la silice, on sait qu’elle est le principe essentiel du sel minéral du tissu conjonctif, qui apparaît d’autant plus rigide qu’il est plus riche en silice, et dont i’hypergenèse constitue un des éléments de la défense organique spontanée contre le cancer. »
- La silice voyageant et se fixant même, sous forme colloïdale, dans les tissus, n’est-il pas naturel de lui attribuer une action catalytique? — Elle adsorbe les gaz — elle a pour l’eau une affinité comparable à celle de l’acide sulfurique, elle absorbe également sélectivement un grand nombre de liquides, elle constitue un support avantageux pour les métaux et les oxydes finement divisés servant eux-mêmes comme catalyseurs. Toutes ces propriétés ont été utilisées avec succès dans l’industrie, il serait vraiment extraordinaire qu’elles ne le soient pas par la matière vivante. L’étude des colloïdes en biologie ne fait que commencer avec les recherches de V. Henri et A. Mayer, de Lumière et A. Robin, de Kopacksewsky, etc. Elle mettra certainement un jour en relief l’utilité du silicium dans les phénomènes de la vie.
- P. Lemay et L. Jaloustrk.
- IV rte VUniversité. Agrégé des Sciences
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- I. Historique. — Avant 1850, la France était époque, un géologue avallonnais distingué, M. Honoré tributaire de l’Angleterre pour le ciment. À cette Gariel, s’étant rendu compte d’une façon toute for-
- vers Nuitss-flavières f à 20 kit. .
- THIZY,
- » 313
- ©THORYif
- fonta/om
- ’erTigny
- ANNAY
- ©SCEAUX
- 210
- VREVILLY
- y
- O ETAU LES/ |
- GUILLON Y®
- Carrières de ciment ée /assy J?, Terrains a ciment de dassy a peu de /profondeur au dessous du soi "% Crêtes bordant te bassin du Lias Echelle
- versAutun a 65 kit
- AVALLON
- Fig. i. — Carte de la région ciment ière de Rassy,
- p.182 - vue 198/663
-
-
-
- et terrains
- primitifs Infra lias Lias moyen A Lias supérieur Oolithe inférieure
- exploité
- Calcaire blanc de Grimault ---------- exp!o'té
- iLiais de Grimault
- exploité
- _ exploité Calcaire bleu argileux
- Fig. 2.
- Coupe du terrain jurassique-dans l’Avallonais et l’Auxois.
- (D’après Collenot.)
- E'
- &
- B
- \
- U
- 3
- O
- -F
- 3
- CO
- ru
- Marnes calcaires v///////////////sy//Jpïï<i u x rayon <
- 1 1 Q 03
- -re s /5 r 1 1 1 « 1 1
- de ! 1 1 1 l 1 1 1 '*0 O ? ci II
- 1 0.74320
- 1 |
- 0.07â0J2
- 1 0.16
- 1 tN
- 1 1 -Jl s> ^ y
- Marnes calcaires à Ichtyosaures
- Hayon supérieur:
- Argile fiayou moyen;
- Argi-le
- Rj^on infr.ieur
- Dali ï
- Grns banc supérieur Dalle
- Gros banc inférieur Dalle
- liüsilülü®
- UâTI?
- Ce faux rayon n'existe pas dans toutes fes carrières de ciment de Vassy et n'est pas toujours à la même distance du rayon supérieur
- — C’est à la base de ces marnes que l'on trouve les ichtyôsaures, (I.Miloti- I- Longirostris I. Longifrons, L
- Fossi I es trou vés. Belemnites triparti eus. Ammonites tVa/cotti Poissons divers, etc..
- Banc noir
- Infra .Lias - Ciment de Venarey, ou, s'ilmanque,calcaire àgryphées arquées
- big. 3. — Coupe dans une carrière à. ciment de Vassy {carrière dite d’Athée, Yonne).
- Les strates hachurés servent seuls à la fabrication du ciment.
- big. g. — Carrières à ciment de Vassy. (\ue d’ensemble.)
- (Pti. Cuisinier.)
- p.183 - vue 199/663
-
-
-
- 184
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- Fig. 5. — Carrière à ciment de Vassy. .
- Extraction d’un banc inférieur ; on voit, marqués par des traits blancs 1, 2, 3, les bancs utilisables. (Ph. II. Cuisinier.)
- tuite des remarquables propriétés hydrauliques de certains calcaires argileux trouvés dans la région, réalisa des expériences qui lui prouvèrent qu’après cuisson, ces calcaires, dont plusieurs gisements affleuraient le sol, constituaient un ciment excellent. 11 installa à Yassy, près d’Etaules (Yonne), à proximité de l’endroit où les premiers bancs furent découverts, un petit atelier dans lequel le calcaire était broyé et tamisé à la main. De multiples essais eurent lieu pendant plusieurs années qui donnèrent les résultats les plus concluants.
- Fort de ces expériences et encouragé par les ingénieurs qui avaient suivi ses travaux, il construisit en 1832, avec le concours de son frère M. Hippolyte Gariel et de M. Garnier, une petite usine comprenant deux fours et deux broyeurs actionnés par des chevaux.
- Pendant les années qui suivirent, la renommée du ciment naturel de Yassy alla sans cesse grandissant.
- Aussi, en 1840, quinze broyeurs, marchant jour et nuit, ne suffisaient déjà plus aux demandes. En 1855, la première machine à vapeur fut installée et l’on put alors fournir 100 tonnes de cinient par jour. C’est vers cette
- époque que différentes usines se fondèrent dans la région, à proximité du banc qui, partant de Yassy, se prolonge dans la cuvette formée par la vallée du Serein, et qui s’arrête au pied de la falaise bajo-cienne bordant cette vallée vers le nord.
- II. Extraction. — Les terrains d'où s’extrait ce ciment appartiennent à la formation jurassique. La pierre à ciment se trouve à la base de cet étage et à la partie supérieure du lias; elle y forme plusieurs bancs stratifiés, alternant avec des calcaires très argileux.
- Ces couches, particulièrement développées dans la région avallonnaise à l’exclusion de toute autre contrée, disparaissent dans les autres parties de l’Auxois, ainsi que l’a indiqué M. Collenot, membre delà Société géologique de France, dont les travaux font autorité en la matière. La coupe ci-dessus (fig. 2), extraite de l’ouvrage de cet auteur, donne le détail des diverses couches formant le terrain jurassique dans la région de Yassy.
- L’extraction se fait actuellement dans 25 carrières à ciel ouvert dont la plupart sont reliées directement par des voies de service, permettant de conduire la pierre à ciment aux usines, où elle est cassée à la masse à proximité des fours. Le calcaire est cuit dans des fours coulants à une température de 1000° environ, et ensuite broyé et bluté finement.
- T es 8 usines de la contrée peuvent fournir actuellement de 800 à 1000 tonnes de ciment par jour.
- III. — Constitution chimique et physique. — La pierre à ciment dite « de Yassy » est légèrement bitumineuse et ne se délite ni à l’air, ni à la gelée; sa couleur est bleu-cendré. Elle présente un grain très fin. Réduite par la calcination, elle perd 40 pour 100 de son poids et devient alors brun-jaunâtre.
- Sa composition chimique avant ët après cuisson a donné, par les analyses ci-dessous faites au labo-
- Fig. 6.
- A l’usine. Cassage et transport du calcaire auxifours. (Ph. II. Cuisinier.)
- p.184 - vue 200/663
-
-
-
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- 185
- ratoire d'essai de matériaux de la "Ville de Paris (*), les éléments suivants :
- Avant cuisson : Après cuisson :
- Silice .... 19,4 Silice .... 20,5
- Alumine . . . 5,9 Sable fin. . . Û j ù
- Peroxyde de fer 5,0 Alumine . . . 9,5
- Carbonate de Peroxide de fer 5;5
- chaux . . . 65,7 Chaux .... 50,9
- Matières non Magnésie. . . 0,5
- dosées . . . 8,0 Acide suifu-
- * 100,0 rique J. ; . Matières non 5,5
- dosées . . 6,7
- 100,0
- ' Cette composition chimique varie fort peu d’une carrière à l’autre. On ' peut donc considérer le ciment de Vassy comme dosé chimiquement d’une façon absolument régulière. C’est d’ailleurs cette régularité dans sa composition qui fit son succès et qui a permis aux ingénieurs publics ou privés de le classer parmi les produits de premier ordre admis pour tous les grands travaux.
- Le ciment de Vassy est un produit hydraulique par excellence; sous l’action de l’eau il forme un silicate double d’alumine et de chaux qui, en s’hydratant, donne rapidement un élément d’une remarquable dureté. Employé sous forme de mortier, il fait prise à l’air et sous l'eau et acquiert, au sec comme à l’humidité, une résistance toujours croissante. Après quelques jours d’emploi, il pos-
- 1. Ces chiffres, sont les moyennes d’un grand nombre d’analyses et sont extraites de l’étude sur les ciments de Vassy, faite par M. Deval, directeur du laboratoire, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889.
- Pi g. 7. — A l’usine. Partie inférieure du four d'où se tire le ciment calciné prêt à être moulu.
- (Pli. H. Cuisinier.)
- sède les qualités d’adhérence et de résistance que l’on n’obtient, avec les meilleures chaux hydrauliques, qu’après plusieurs années,
- Comme il contient peu ou point de magnésie, que l’on considère" dans certains cas comme un agent de destruction pour les mortiers, sa résistance est presque infinie dans le temps. Ses proportions en argile, par rapport à la chaux, sont telles que la chaux tout entière se combine pendant la cuisson avec la silice et l’alumine, et, après formation du silicate double, l’argile restant en excès, on n’a pas à craindre le rôle néfaste de désagrégation joué par la chaux non combinée dans les ciments où cet élément domine.
- Son poids, lorsqu’il est en poudre, varie, suivant le degré de tassement et de cuisson, de 700 à 1000 kg par mètre cube. C’est le plus léger des ciments, et, son dosage avec le sable se faisant habituellement au volume, il en résulte dans la pratique une sérieuse économie pour le constructeur.
- On a, dans un précédent article de cette revue, rappelé les mérites du ciment fondu dont la rapidité
- p.185 - vue 201/663
-
-
-
- 186
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- Fig. 9. — Mise"en sacs mécanique dii ciment moulu. (Ph. H. Cuisinier.)
- de durcissement est très supérieure aux ciments artificiels comme ceux dits de Portland-, alors que ces derniers en effet 11’acquièrent leur résistance utile qu’après un mois. Les ciments fondus l’obtiennent, au même degré, 18 heures après gâchage. Mais ils n’en restent pas moins à prise lente, tandis que les ciments de Yassy, dits ciments prompts, font prise dans un délaide 5 à 15 minutes, 50 minutes au plus. Ils sont donc susceptibles d’applications que les ciments fondus ne peuvent envisager, car seuls ils correspondent au but que l’on se propose s’il s’agit d’aveugler une voie d’eau, de travailler en terrain aquifère, d’exécuter un .travail urgent, comme par exemple de réparer une digue entre deux marées. En quelques heures il est possible de décintrer une voûte d’égout, et l’on voit, par ces exemples pris au hasard, l’économie de matériaux et de main-d’œuvre que représente une telle possibilité. C’est précisément de sa teneur en alumine et de la formation à la faveur d’une cuisson peu intense d’aluminate de chaux très basique en proportion prédominante, que résulte la propriété de rapidité de prise du ciment de Vassy.
- Mais ce ciment naturel présente par ailleurs une très remarquable propriété, qu’il partage avec le ciment fondu à l’exclusion des autres ciments artificiels, c’est qu’il est indécomposable sous l’action des eaux séléniteuses et de l’eau de mer, et que son mortier échappe à la destruction par gonflement qui atteint les ciments en général par formatioû d’un sulfo-aluminate de chaux fortement hydraté. Cette propriété a depuis longtemps été constatée par
- l’examen des blocs de mortier de Yassy immergés et retrouvés parfaitement sains après de nombreuses années. Elle a été mise en évidence notamment par M. Debray, ingénieur, directeur du laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées, dans des expériences dont le compte rendu fut présenté le 17 juillet 1890 à la Commission des Chaux, Ciments et Mortiers du Ministère des Travaux Publics. D’autres expériences de même ordre ont été effectuées en 1924 par M. Ànstett, chef du laboratoire d’essais de la Ville de Paris : elles ont abouti aux mêmes conclusions relativement à la parfaite tenue du ciment de Yassy au contact des eaux chargées de sulfate de magnésie ou de sulfate de chaux.
- Ce résultat n’a rien de surprenant si l’on remarque que le ciment de Vassy satisfait particulièrement aux trois conditions capables de s'opposer à la destruction par les eaux sulfatées et magnésiennes : absence de chaux libre, imperméabilité et carbonatation rapide.
- Ces qualités spéciales ont justifié l’emploi qui en a été fait dans les travaux les plus variés, et notamment dans les travaux hydrauliques et les travaux d’égout. Le réseau des égouts de la Ville de Paris, construits en Vassy, n’ont jamais donné lieu à mécomptes, ni sous l’action des sous-pressions anormales qui se sont produites lors des inondations de 1940, ni au cours de la période de plusieurs aimées (1914-1920) où l’entretien des égouts a été forcément négligé.
- C’est que les ouvrages exécutés avec ce ciment acquièrent line solidité qui croît remarquablement avec le temps, et qui les met à l’abri des destructions d’ordre chimique. Aussi leur durée peut-elle être considérée comme indéfinie.
- "'"r-rfe.*.
- Fig. 10. — Viaduc de Chastellux (environs d’Avallon). Travail effectué au moyen dejciment de Vassy..
- p.186 - vue 202/663
-
-
-
- UNE RICHESSE NATIONALE NATURELLE : LE CIMENT DE VASSY
- 187
- IV. Emploi — Le mortier de ciment comprend le sable, l’eau et le ciment convenablement gâchés. Les matériaux qui doivent être unis au ciment doivent être propres, comme doivent l’être aussi les briques ou pierres sur lesquelles il est appliqué à l’état de mortier. De cette propreté dépend en elTet sa durée. Convenablement lavées, les surfaces doivent être maintenues humides pendant l’application. Si la gâchée de mortier ou de béton a fait prise avant l’emploi, elle est inutilisable et doit être rejetée. Autant que possible, le sable et l’eau doivent être à la température normale d'environ 15". La chaleur active la prise et le froid la ralentit.
- Le sable doit être criblé et dépourvu de matières terreuses. S’il en contient, il doit être lavé préalablement à l’emploi ; l’eau de rivière doit être employée de préférence pour le gâchage, ou, à son défaut, l’eau de source ou de puits. Les eaux contenant du sulfate de chaux ou les eaux sales doivent être rejetées.
- L’eau de mer retarde la prise du mortier et provoque sur les enduits des efflorescences salines. Son emploi doit donc être écarté pour la construction des habitations; mais pour les travaux maritimes elle est au contraire préférable en raison des résistances supérieures qu’elle fournit.
- L’emploi du ciment de Vassv pur a lieu dans les cas d’étanchement d’eau pour lesquels on a besoin d’une prise très rapide. Dans les autres cas, le dosage du ciment et du sable est différent selon l’utilisation ; on peut ainsi employer des mortiers dans lesquels, le ciment comptant pour un volume, le sable compte pour : 1 volume égal (enduits de réservoirs, citernes, égouts) : 1 vol. 1 /2 et 2 volumes (enduits ordinaires, maçonneries fines) ; 5, 4, 5 volumes (grosse maçonnerie), 6 volumes et au-dessus (fondations en mortier pilonné ou non). Enfin il sert aussi aux bétonnages (mélanges de menus matériaux avec le ciment) qui acquièrent une résistance d’autant plus considérable que la proportion de ciment est plus élevée.
- Tous ces dosages ont fait l’objet d’études approfondies des ingénieurs et des fabricants. Les nombreux travaux où les ciments de .Vassy "ont été employés ont pleinement confirmé les prévisions
- en ce’qui concerne la résistance comme la durée.
- De très nombreux ouvrages ont été en effet construits en ciment deYassy.il suffira d’indiquer 4 l’immense réseau des égouts de Paris cité plus haut, les égouts de Rennes, d’Orléans, de Melun, de Nancy, de Reims, d’Angers, de Troyes, d’Auxerre, de Semur, de Vichy, de Nantes, etc. les conduites d’eau et réservoirs de Paris, la conduite de la Vanne et de la Dhuis, les réservoirs d’Auxerre, de Nevers, Saint-Etienne, Versailles, etc.
- Les Ponts et Chaussées, le Génie, et les réseaux de chemins de fer en font un usage continuel, tant pour les ouvrages d’art que pour les travaux d’entretien.
- C’est avec ce ciment qu’ont été construits ou réparés Ma plupart des ponts et murs des quais de la Seine, de l’Yonne, de la Loire, les barrages de
- l’Yonne, celui de Pont et Massène, le revêtement du tunnel du Métropolitain, de celui de Rlaisy-Ras, etc., enfin les canaux de Rriare, du Nivernais, de Bourgogne, Saint Martin et Saint-Denis.
- Les services maritimes l’ont employé aux ports du Havre, de Caen, Cherbourg, Ronfleur, Dieppe, Lorient, Brest, Marseille, Toulon, Alger, Constantinople et Dakar.
- Le magnifique viaduc d’une seule arche de Pierre Perthuis, sur la Cure, long de 73 m. 50 et haut de 27 m. 30, celui de Cbastellux (132 m. 60 de long sur 20 m. de hauteur), celui de Montreuillon (133 m. sur 24 m. de haut), furent construits en ciment de Vassy. La restauration du Pont Royal à Paris, l’enduit du tunnel d’Arcy sur Cure, ont exigé l’emploi du même ciment.
- Le Château d’Eau de la Ville de Nevers est construit en ciment de Vassy en béton coulé, ainsi que les voûtes de la grande salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand, les ponts rustiques du bois de Boulogne, les escaliers du square Saint-Pierre à Montmartre, le Château des Dames à Châtelet en Brie (Seine-et-Marne).
- Le court aperçu ci-dessus des diverses applications du ciment naturel de.Vassy montre la grande souplesse de ce ciment et le nombre presque infini d’adaptations dont il est susceptible.
- G. Bida.üt de l’Isle.
- Membre de la Société Géologique de France
- p.187 - vue 203/663
-
-
-
- 188
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1925.
- Au sujet de la fermentation lactique, — De précédentes études de S. Kostytchew et Eliasberg montraient que la respiration normale des ferments alcooliques est assez intense pour satisfaire leurs exigences vitales et qu’on peut admettre que, pour la levure au contact de l’air, la fermentation tendant à la production de l’alcool est un processus inutile. De nouveaux essais, conduits en collaboration avec Mlle Afanasiewa, indiquent que certains ferments lactiques donnent une exception à cette règle. C’est ainsi que Bac. lactis acidi Leichm et Bac. caucasiens n’ont qu’une seule source d’énergie à leur disposition, la fermentation, qui ne saurait être remplacée par la respiration normale, même si l’aération est parfaite.
- Les Cupaniées malgaches. — Parmi les Sapindacées, la tribu des Capaniées groupe quatorze espèces qui ont été répariies par M. Radlkofer, dans les trois genres Molinæa, Tina et Tinopsis. Les matériaux, recueillis par M. Perrier de la Bathie et étudiés par M. P. Choux, montrent qu’il faut compter sur un plus grand nombre d’espèces et que, pour l’une d’elles, on doit créer un genre nouveau, car le nombre des étamines varie entre cinq et sept et les pétales portent une pièce unique formant une sorte de lamelle qui en occupe toute la largeur. De tels caractères séparent cette Cupaniée des Timas] et des Tinopsis malgré l’analogie présentée par les fruits bijoculaircs.
- Paul B.
- L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- Nous avons exposé dans le N° 2665 de La Nature une étude comparée des dispositifs superhétérodyne et superrégénérateur, et indiqué les qualités et inconvénients respectifs de ces procédés de réception. D’autre part, dans
- le N° 2672, nous avons décrit l’évolution du poste superrégénérateur et montré par quels moyens les inventeurs et constructeurs s'étaient efforcés d’améliorer les résultats fournis par cet appareil.
- 11 nous reste maintenant à étudier les diverses formes qu’a successivement revêtues le dispositif superhétérodyne et les modifications qu’il a subies jusqu’à l’époque actuelle.
- Remarquons d’abord
- que le problème se pose d’une façon fort différente de celle de la superréaction. La superhétérodyne, en effet, presque dès ses premières réalisations, vers 1920-1922, a permis d’obtenir d’excellents résultats et a démontré ses qualités de sensibilité et de sélectivité.
- Les modifications qui ont été apportées au montage initial ne sont pas, en réalité, des modifications de principe, mais simplement des changements de détails ayant pour but essentiel de simplifier la construction ou le réglage du poste, ou de l’adapter à remplir un rôle particulier, la réception des émissions sur ondes très courtes, par exemple.
- Cette étude, relative à l’évolution de ce système, est néanmoins justifiée par la multiplicité et l’ingéniosité des dispositifs proposés, leur efficacité et surtout le développement de plus en plus grand pris,
- Fig. 1. — Schéma d’un disposilij superhêtèrodyne, avec réception sur cadre et éléments séparés.
- Cit C2, C3, condensateurs variables; S4, bobine exploratrice de l'hétérodyne H; S*, bobine de couplage; S3, S*, bobines de longueur d’onde supérieures à 3ooo mètres montées dans une boîte B de couplage; A, amplificateur pour grandes ondes avec au moins 2 étages H F avant détection : H', hétérodyne pour ondes longues; D, détecteur pour ondes courtes.
- en général, par les procédés de changement de fréquence.
- Les premiers modèles de superhétérodynes, modèles encore utilisés actuellement d’ailleurs, étaient
- réalisés à l’aide d’éléments séparés suivant le schéma classique de la figure 1.
- L’appareil était le plus souvent utilisé pour la réception sur cadre et le dispositif d’ensemble comprenait donc généralement l’hétérodyne pour ondes courtes (I, fig. 2), une boîte de couplage renfermant le condensateur d’accord sur cadre et les bobines de couplage entre l’hétérodyne et le circuit ondes courtes’(lI, fig. 2), un détecteur précédé de deux étages à haute fréquence à bobinages apériodiques, la boîte de cet amplificateur renfermant les deux circuits du Tesla pour ondes longues (III) ; l’amplificateur pour ondes longues, à bobinages ou à auto-transformateurs complétait l’ensemble (IV). Très rarement, une deuxième hétérodyne était nécessaire, elle était d’ailleurs tout à fait inutile pour la réception des émissions radiophoniques ou sur ondes amorties.
- A la vérité, les tout premiers modèles de super-hétérodvnes ne comportaient pas d’amplification à haute fréquence avant la première détection, mais, dès 1922, ce perfectionnement était employé couramment.
- Ces modèles étaient d’ailleurs également employés sur antenne avec dispositif d’accord en Tesla (fig. 5). C’est un appareil de ce genre avec étages à haute
- p.188 - vue 204/663
-
-
-
- L'ÉVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE ..... 189
- fréquence pour grandes ondes à résistances que M. Godley utilisa, on le sait, pour recevoir, pour la première fois en Europe, durant l’hiver 1920-1921, et sur 200 m. de longueur d’onde, les signaux des amateurs américains par-dessus l’Atlantique.
- Tous les systèmes d’amplification à haute fréquence pour grandes ondes peuvent d’ailleurs être employés dans ces postes. La liaison à résistances est la plus simple, mais on peut également choisir des transformateurs apériodiques* sans fer, des bobinages de liaison apériodiques ou semi-apériodiques, des transformateurs à fer fractionnés ou non, etc.
- Si l’on a soin d’utiliser des éléments bien étudiés, un amplificateur pour grandes ondes de bon rendement, un circuit Tesla pour grandes ondes adapté à cet amplificateur, les résultats donnés par ces modèles sont absolument parfaits. Les dispositifs qui ont été utilisés par la suite présentent quelquefois des avantages particuliers pour un opérateur déterminé, mais jamais les auditions obtenues ne
- peuvent être supérieures à celles fournies par un bon appareil de ce genre.
- Les premiers modèles de superhétérodyncs étaient donc déjà excellents et les modifications successives devaient simplement, porter sur des détails de montage ou de présentation pratique.
- On peut encore remarquer que ces postes sont très faciles à réaliser et à mettre au point à l’aide d’éléments séparés, qu’un amateur de T. S. F. possède généralement. Il est même possible d’employer, dans ce cas, un amplificateur démodé, pour ondes longues seulement, et qui serait inutilisable dans un cas ordinaire. L’entretien et la réparation d’un poste en éléments séparés est également facile et l’on peut régler au mieux les tensions de chauffage et de plaques.
- Mais ce dispositif est assez encombrant, le nombre de lampes est relativement élevé, il faut utiliser plusieurs batteries d’alimentatiou, et, enfin, les réglages paraissent assez complexes à première vue.
- Le premier inconvénient est évidemment sans
- Fig. 2. — Superhélérodyne en éléments séparés (type LL.)
- I, hétérodyne ; II, boîtes d'accord et de couplage entre l'hétérodyne et le circuit ondes courtes; III, détecteur précédé de 2 étages I1F ; IV, amplificateur pour grandes ondes.
- remède, et semble souvent très grave pour les amateurs urbains, mais l’apparition des lampes à faible consommation a fortement atténué le deuxième Les modèles les plus complets de superhétérodynes comprennent généralement au maximum une dizaine de lampes, et leur consommation avec les nouvelles lampes n’est guère supérieure à celle d’une seule lampe ordinaire !
- On peut utiliser la même batterie de chauffage pour l’hétérodyne et l’amplificateur-détecteur pour ondes courtes, une deuxième seulement pour l’amplificateur pour grandes ondes; la même batterie de plaques peut également servir pour l’amplificateur pour grandes ondes et T amplificateur-détecteur pour ondes courtes, une deuxième pour l’hétérodyne.
- Le poste étant très sélectif par son principe même, il est inutile d’utiliser des étages d’amplification à haute fréquence à résonance, qui auraient l’inconvénient d’entraîner une complication des réglages. Ou se contente donc, le plus souvent, de monter des étages apériodiques. On peut cependant employer, assez rarement du reste, une lampe de couplage avant la détection pour ondes courtes, et des étages d’amplification à haute fréquence pour
- Fig. 4. — Superhélérodyne, modèle mixte, avec hétérodyne séparée et amplificateur pour grandes ondes à résistances, sans dispositif spècial de réaction,
- G, —o,5/iooo; C2 = i/iooo; C3=i/iooo; C3 = Cs= 5/iooo Cu = 5/iooo; C, = 5/iooo; C8—o,5/iooo; C,j—l,o; C)0 — i,o CM =2,0; R, = 2 mègohms ; Rs = o.5 mè.gohm; R3 = 2 mègohms; R4= 100000 ohms.
- A
- OOOO
- Secondaire ou cadre
- Circuits accordes ^
- Fig. 3. — Superhélérodyne en éléments séparés, disposés pour la réception sur cadre ou sur anten ne avec accord en Testa.
- II, hétérodyne pour ondes courtes et moyennes; D, détecteur pour ondes courtes précédé ou non d’étages HF ; B, boîte de couplage contenant les circuits accordés; A, amplificateur pour ondes moyennes ou longues.
- p.189 - vue 205/663
-
-
-
- 190 L’EVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTERODYNE
- (—) H
- Fig. 5. — Superhétérodyne, modèle mixte, avec hétérodyne séparée et amplificateur pour grandes ondes à transformateurs apériodiques.
- C., = o,5/iooo; C2 = o,5/iooo; C3 = o,i/iooo; CA = C5= 1/1000; C0= C7 =5/iooo; Cg = 1/1000; Cu = C,10 = 1 microfarad; R, = R2 = 2 mégohms; R3 = 100000 ohms.
- grandes ondes en semi-résonance accordés sur une fréquence fixe.
- Les réglages essentiels de ces postes se réduisent, en réalité, à deux ; celui de l’hétérodyne pour ondes courtes et celui du dispositif d’accord. Les autres réglages : couplage de l’hétérodyne et du circuit ondes courtes, couplage et réglage du Tesla grandes ondes, réglage de la rétroaction de l’amplificateur grandes ondes, sont beaucoup moins importants.
- Il apparaît cependant comme évident que ces réglages accessoires concourent au rendement optimum de l’appareil, et qu’il serait bon de’pouvoir facultativement s’en servir, si l’on veut utiliser au minimum la sélectivité et la sensibilité du poste.
- Le couplage de l’hétérodyne au circuit d’entrée est généralement électromagnétique dans ces mo-
- HF DétFb HF HF HF Dé) BF BF
- Fig. p. — Super hétérodyne à U lampes avec tous les éléments alimentés par les mêmes batteries.
- Pour la réception sur antenne, il est préférable de n’utiliser qu’une seule lampe à BF ; on peut employer une lampe IIF avant la détectrice pour petites ondes, et un variomètre en série dans la plaque de cette dernière lampe.
- G et D, bornes reliées au circuit du cadre ou au secondaire du Tesla; Rh, Rh2, Rh3, Rh4, rhéostats de chauffage; C., o,i5/iooo de microfarad; C2 et C'r, 1/1000 de microfarad ; Cq t/1000 de microfarad ; C'a et C'3, 0,1/1000 de microfarad ; y G.,, 2/1000 de' microfarad ; R, 80000 ohms ; r, 5 mégohms ; Gp, compensateur à trois armatures ; L, bobinage d'hétérodyne ; L, résistance selfique ; T, et T2, transformateurs BF de rapport 3 et 1. La lampe dètectrice pouf ondes courtes pourrait être précédée d’un étage d’amplification à haute fréquence.
- dèles, mais il pourrait aussi être électrostatique sans inconvénient.
- On vérifie, d’après ces remarques, l'affirmation énoncée au début de cet article; les modifications de la superhétérodyne ont eu pour but de modifier son usage pratique plutôt que d’accroître son rendement.
- Ceci posé, un deuxième modèle de superhétérodyne est un appareil mixte; l’hétérodyne est séparée, mais l’amplificateur pour petites ondes et l’amplificateur pour grandes ondes sont alimentés par les mêmes batteries et montés dans la’ même boite d’ébénisterie, lorsque l’appareil n’est pas réalisé sur table (fig. 4, 5 et 6).
- Le couplage entre l’hétérodyne et le circuit ondes courtes peut être électrostatique ou électromagnétique et les éléments de liaison à haute fréquence pour ondes longues absolument quelconques, mais généralement apériodiques. Le seul avantage de
- Fig. 6. — Super hétérodyne mixte en éléments interchangeables, type Radio LL.
- L’hétcrodyne séparée H est couplée électrostatiquement au circuit d’entrée au moyen du condensateur variable C.
- l’appareil consiste dans ses dimensions plus réduites et l’emploi possible des mêmes batteries pour alimenter tout le système.
- Arrivons maintenant au modèle le plus utilisé à l’étranger et également répandu en France, le modèle Monobloc. Tous les éléments de l’appareil sont alimentés par les mêmes batteries et sont contenus dans une seule boite en ébénisterie qui protège généralement aussi les lampes à vide ; seuls les cadrans de réglage sont apparents sur la partie antérieure isolante de l’appareil (fig. 41).
- Le schéma de montage d’un tel poste n'offre rien de spécial, le plus souvent. L’hétérodyne doit évidemment être disposée de façon à pouvoir être alimentée par les mêmes batteries que les autres éléments de l’appareil, les schémas 7 et 8 indiquent deux manières d’obtenir ce résultat.
- De plus, la mise au point du poste, dont tous les éléments sont très rapprochés les uns des autres, est généralement assez délicate. On emploie souvent des éléments de liaison à haute fréquence apériodique, des résistances (fig. 7), des bobinages ou autotransformateurs (fig. 8), des transformateurs
- (fig-9).
- , Les qualités de ces modèles sont évidentes ; ils sont relativement peu encombrants, compacts, robustes. On réduit.le plus possible le nombre des réglages, car on veut obtenir avant tout un appareil
- p.190 - vue 206/663
-
-
-
- L’EVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- 191
- Fig. 8.
- Superhëlèrodyne montée en un bloc unique, avec étage H F pour grandes ondes à bobinages de liaison. Couplage électrostatique de l’hétérodyne.
- Fig. 9.
- Superhëlèrodyne “monobloc” américaine avec transformateurs HF apériodiques pour les étages d’amplification pour grandes ondes.
- ÆdtWddr
- Fig. 10.
- Schéma a’une superhérodyne à un seul réglage {d’après fi). S. T.).
- p.191 - vue 207/663
-
-
-
- L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- 19 2
- Lig. ii. — Superhélérodyne monobloc française type Radio L. L.
- pratique [destiné [à un « usager » de la T. S. F. et la plupart des appareils étrangers ne comportent plus ainsi que deux cadrans essentiels de réglage, le cadran d’accord et celui du réglage de l’oscillateur.
- On peut même aller plus loin et construire une superhétérodyne mono bloc à un seul réqlage. Il ne s’agit pas là d’un appareil commercial, mais cependant d’un modèle parfaitement réalisable et qui a donné de bons résultats aux États-Unis.
- Le montage est basé sur la remarque suivante. Théoriquement, dans la superhétérodyne, à l’aide de l’hétérodyne on doit obtenir des battements de fréquence constante, battements traités ensuite comme des signaux de grande longueur d’onde par l’amplificateur pour grandes ondes.
- La différence de fréquence entre la fréquence des signaux incidents et la fréquence des oscillations de l’hétérodyne doit donc être constante. Si l’on reçoit sur antenne avec accord en Teslà, à primaire apériodique, et si l’on emploie des condensateurs variables de même capacité, il sera possible d’établir les bobinages d’hétérodyne et de secondaire du Tesla, de telle sorte qu’il suffise d'une'commande commune des condensateurs pour obtenir le réglage ; le décalage des condensateurs étant fixé une fois pour toutes et les plaques mobiles étant rendues solidaires.
- Fig. i3. — La superhélérodyne à un seul réglage (Q. S. T.). Vue extérieure du posle avec son cadran unique de contrôle gradué.
- Il est plus facile de se servir de condensateurs variables suivant la « loi du carré », c’est-à-dire permettant d’obtenir des circuits oscillants dont la longueur d'onde propre croît proportionnellement à la graduation des condensateurs. On peut cependant utiliser des condensateurs ordinaires, d’autant plus que l’accord du circuit d’entrée d’une superhétérodyne est relativement lâche.
- Le schéma de montage de l’appareil est d’ailleurs classique (fig. 11). Les bobinages L! du secondaire et L3 L4 de l’hétérodyne doivent avoir approximativement le même coefficient de self-induction. Les deux condensateurs C, et C2, d’accord et d’oscillation, sont simplement rendus solidaires au moyen de deux engrenages (fig. 12).
- L’appareil est réalisé sous une forme très pratique et très compacte avec les deux condensateurs l’un au-dessus de l’autre et les lampes à l’intérieur de la boîte. Sur la plaquette antérieure apparaît seul le cadran unique qui commande le réglage des deux condensateurs. Un cadran gradué permet
- Fig. 12. — Montage du condensateur d’accord et de celui de l’hétérodyne rendus solidaires par un engrenage.
- d’avoir des repères surs et, en même temps, de se rendre compte de la longueur d’onde obtenue, et même du poste entendu. On voit sur la figure 15 ce cadran apparaître à travers deux « fenêtres » établies dans la plaquette antérieure de l’appareil.
- Nous n’avons pas essayé nous-même un appareil de ce genre, mais, d’après le rédacteur américain du Q. S. T., c’est pour l’usager une sensation absolument nouvelle de pouvoir, en manœuvrant un seul cadran, entendre à volonté toutes les émissions désirées sur une gamme très étendue de longueur d’onde: Nous croyons sans peine notre confrère, car il semble qu’un tel appareil soit absolument unique, et que seul le principe de la superhétérodyne puisse permettre ce résultat avec autant de perfection.
- Après avoir ainsi décrit les superhétérodynes de modèle classique, nous examinerons dans un prochain article) d’autres montages qui s’écartent davantage des schémas usuels.
- P. Hémahdinqueii
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La h vue, 9, rue de Fleurus, Pans. —
- 1925.
- p.192 - vue 208/663
-
-
-
- La bougie d’automobile : F. C. — Les études de physique du globe : H. Doublet. L’évolution du dispositif superhétérodyne : P. Hémardinquer.
- Académie des Sciences : Paul B.
- Un nouveau procédé de métallisation par projection : P. Villers.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Bulletin astronomique : La voûte céleste en novembre 1925.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Editeurs. NUMÉRO i ^rancc • • • .• 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ' / Union postale. 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 209/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2686.
- 26 SEPTEMBRE 1925
- LA BOUGIE D’AUTOMOBILE
- Lorsqu’on a conçu le moteur à explosion, le premier accessoire indispensable a été la bougie. 11 ne faudrait pas croire que ce petit appareil, qui tient dans le creux de la main, a été mis au point tout de suite. Il présente, en effet, des difficultés nombreuses qui ont fait l’objet d'études laborieuses et qui ne sont peut-être pas encore toutes terminées.
- Lorsqu'on réfléchit aux conditions multiples, et parfois difficilement compatibles entre elles, que l'on doit réaliser, ou se rend compte de l’importance de la recherche scientifique qui a conduit peu à peu à la conception de 1a. bougie moderne.
- Les éléments constitutifs sont : l’électrode centrale fixée au milieu d'un isolant, et le culot métallique à l’intérieur duquel cet isolant est fixé. L’isolant doit être très robuste pour résister aux chocs ou plutôt aux qiercussioiis que lui infligent les gaz carburés. Il doit en outre s’opposer au passage du courant électrique et résister à la haute tension que la magnéto produit entre l’électrode centrale et la masse.
- D’autre part, la température intérieure des gaz est très élevée; l’isolant est donc chauffé à outrance. 11 en résulte qu'il doit résister à la détérioration et être très robuste.
- Ajoutons qu’il doit se prêter à un travail mécanique de taraudage ét de filetage puisqu’il est vissé généralement dans le culot métallique.
- Les produits céramiques sont forcément fragiles. De plus, il est très difficile de les assembler d’une
- 53* Anr.é« — 8* Stmestir.
- façon étanche et durable avec les pièces métalliques. Or, on se rend compte-que l’étanchéité doit cependant être parfaite et qu’elle doit résister à des pressions très élevées qui sont de l’ordre de 55 kg par cm2 en moyenne, au moment où a lieu l’explosion.
- Peu à peu, on est parvenu à obtenir des bougies donnant satisfaction et pendant longtemps on a cru que le problème était résolu. Celte situation ‘s’est maintenue tant que la puissance des moteurs est restée comprise dans certaines limites. Il n’en a plus été de même lorsque les moteurs à grande puissance spécifique et à forte compression sont apparus. Des bougies qui avaient jusque-là donné toute satisfaction ont donné lieu à des fuites en s’échauffant de façon anormale et en produisant de, sérieuses avaries. Le Grand Prix de Lyon de 1924, celui de Montlhéry en 1925 ont révélé l’importance de l'alimentaiion sous pression qui a triomphé avec Alfa Romeo, puis avec Delage. L’alimentation sous pression semble devoir être, par rapport à l’alimentation automatique ordinaire, un perfectionnement sérieux. C’est un facteur déterminant de l’amélioration du couple des moteurs, puisque les défaillances de l’alimentation par dépression — défaillances qui existent malheureusement —• sont corrigées quelle que soit la vitesse de rotation,
- Mais ce nouveau procédé, qui, croyons-nous, prévaudra certainement, a une grosse répercussion sur la fabrication des bougies dont il faut assurer le refroidissement dans des conditions singulièrement difficiles.
- Certains constructeurs conservent une seule bougie au centre de la chambre d’explosion ; Alfà Romeo est parmi ceux-là el il est en compagnie de Delage, Fiat et Sunbeam. Or, si les conditions auxquelles sont soumises les bougies sont très dures chez Alfa Romeo, elles né le sont guère moins chez Delage par exemple. Ce dernier pousse une douze-cylindres à 6000 tours. La durée de , l’admission d’un cylindre est d’environ 4/200e de seconde, période singulièrement réduite. On juge ainsi des efforts que peut subir la bougie soumise à un tel traitement. Et cependant elle tient.
- 1 Chez Bugatti, les bougies sont latérales . L’emploi de deux bougies dans chaque cylindre pour allumer simultanément en deux points le mélange gazeux (allumage jumelé) a conquis de nouveaux partisans parmi les constructeurs de moteurs. C’est ainsi que l'allumage jumelé S. E. V. sé trouve sur les châssis Delage, Chenard et Walcker, Roeh'et-Schneider, etc. Dans ce cas, les connexions ordi-
- 15. ~ 195
- Fig. i.—La bougie Champion de course.
- p.193 - vue 210/663
-
-
-
- 194
- LA BOUGIE D’AUTOMOBILE
- naires sont complétées par des fils allant de la magnéto à un commutateur à trois directions qui permet de couper l'allumage, de mettre en circuit Tune des deux séries de bougies ou les deux à la fois. On constate d’ailleurs, par ce procédé, un rendement meilleur, une mise en marche plus facile et une souplesse beaucoup plus grande.
- Cet exposé nous montre la dureté des conditions imposées à la bougie à l’heure actuelle. On procède toujours à de multiples essais pour vérifier la résistance à la cassure par suite des chocs, la résistance aux hautes températures, la résistance aux changements brusques de température et enfin la résistance électrique.
- Il faut évidemment, pour ces isolants, vérifier l’homogénéité et le mieux est de procéder à un examen microscopique d’une cassure. Le procédé employé par la Champion Spark Plug mérite d’être décrit pour sa perfection.
- Dans un lot de bougies provenant du même gâteau d’isolant, on en choisit une. L’isolant est cassé et l’on polit sa face rugueuse. On la colle au moyen d’une colle végétale ; sous une plaque de verre et au moyen de meules, on use tout ce qui reste de l’isolant afin d’arriver à n’avoir, sur la plaque de verre, qu’une mince pellicule destinée à être examinée au microscope. L’examen microscopique ne doit déceler aucun cristal ; on doit voir une masse translucide par suite de la faible épaisseur.
- L’assemblage des pièces constitutives de là bougie est une opération qui doit être faite de façon très méticuleuse.
- Nous allons maintenant passer à la réalisation en décrivant quelques-unes des principales créations actuelles. On se rendra ainsi mieux compte des efforts qui ont été faits pour que la bougie reste l’auxiliaire sur du moleur, malgré l’augmentation de puissance spécifique de ce dernier..
- La bougie Champion. — Il est essentiel de dire que la recherche du meilleur isolant représente l’histoire de la bougie Champion. Au début, le produit employé pour cette fabrication était presque toujours à base de silicate d’aluminium qui jouissait de la singulière propriété d’être d’autant plus solide que la* température du traitement initial était plus, élevée* Toutefois, on constata que la robustesse du silicate d’aluminium ne pouvait être augmentée.I-
- i Les ingénieurs pensèrent alors à utiliser une sillimanite naturelle pour la raison bien simple que le silicate ; d’aluminium est une sillimanite synthétique. .. .... .... .; . ; .... iniï'
- Des recherches commencèrent aussitôt et aboutirent à la découverte d’un filon dans les monts Ingo, en Californie. L’examen de cette matière permit de se rendre compte de son origine volcanique.
- Etant donnée la température probable de formation, la sillimanite naturelle devait donner des résultats supérieurs à la sillimanite synthétique.
- On constata que la résistance, au choc était en effet bien supérieure. Alors qu’un poids de 5 kg. 500 tombant de 17 cm. de hauteur, brisait le produit synthétique, il fallait augmenter cette hauteur jusqu’à 1,06 m. pour obtenir la rupture du produit naturel..
- Il est curieux de suivre les étapes de fabrication de la bougie Champion. Les premières opérations d’exploitation ont été commencées à une altitude de 1800 m., le minerai étant enlevé par forage à la dynamite. Le minerai est descendu à dos de mulet et transporté par camions et chemin de fer jusqu’à l’usine où il est broyé et réduit en poudre aussi, ténue que la farine.
- Mélangée ensuite avec certains ingrédients, la sillimanite est additionnée d’eau et agitée longuement avant de passer dans des chambres cylindriques remplies de boules sphériques en sillimanite et animées d’un mouvement de rotation,. La ténuité des grains i st augmentée par ce procédé. On extrait alors l’eau par des. presses à filtrer et on obtient des gâteaux carrés placés ensuite dans une cave durant six mois. La -température et l’état hygrométrique de l’air de cette cave doivent être uniformes. \
- Au bout de cette période de séchage, les gâteaux sont repris et réduits en lingots percés d’un canal destine au passage futur de l’électrode. Après passage au four, on tourne ces lingots sur de petits tours à polir.
- Les isolants sont vernis avant la cuisson par une série de pulvérisations. On respecte la surface extérieure de l’isolant dans sa partie cylindrique. Après cette opération, les isolants sont introduits dans des fours où la température est de 1450° G. Ces fours sont en forme de tunneLét leur longueur est de 90 m. La marche des chariots portant les isolants est réglée de façon à durer 96 heures. Des appareils de contrôle à distance permettent de suivre>toutes les phases de la cuisson. -
- Les électrodes centrales sont d’abord montées dans l’isolant avec une petite quantité de ciment destiné à assurer, après*; cuisson, l’étanchéité parfaite, qui est d’ailleurs complétée par le serrage de l’électrode au moyen d’un écrou et d’un joint métalloplastique.. L’isolant est ensuite monté dans
- Fig. 3. — Une bougie Sol démontée. a, culot, b, isolant, ;c, électrode centrale.
- p.194 - vue 211/663
-
-
-
- 195
- LA BOUGIE D'AUTOMOBILE
- les culots métalliques toujours avec interposition de joints métalloplastiques.
- Un écrou fixe solidement l’isolant dans son logement. Ce procédé, qui permet de faire fixer l’écrou par une machine, a comme résultat un degré de serrage toujours égal.
- La bougie S. E. V. — Les bougies S. E. V. comportent un isolant en stéatite serti dans un culot en acier avec écrasements de deux joints, ce qui assure une étanchéité absolue sans crainte d’aucun desserrage d’écrou.
- Elles sont munies d’une électrode centrale isolée, constituée par une tige fixée dans l’isolant par un procédé spécial, qui garantit la solidité du montage et son étanchéité.
- L’électrode centrale et les pointes de masse sont d’une forme telle que le passage des étincelles est beaucoup facilité, ce qui améliore sensiblement la mise en marche du moteur. En outre, leurs dimensions et le métal dont elles sont constituées rendent l’usure très lente.
- Grâce à la forme tubulaire de leur isolant, ces bougies résistent particulièrement bien à l’encrassement. Les courts-circuits intérieurs sont donc à peu près impossibles (fig. 2.)
- La bougie Sol. — Les constructeurs de la bougie Sol ont adopté, depuis le début de leur fabrication, l’isolant en stéatite. Pour obtenir un joint
- Fig. 5. — La bougie Colin à électrode centrale creuse triangulaire.
- Fig. 4. — Coupe d’une bougie Morel.
- E, électrode. B, bague de disrupture. P, prise de courant pour l’étincelle directe. I, isolant en stéatite. M, isolant en, porcelaine ou en cristal trempé.
- parfait entre l’isolant et le culot de la bougie on a vissé, l’une sur. l’autre, les diverses parties de la bougie. L’électrode centrale est vissée dans l’isolant et celui-ci est vissé dans le culot (fig. 0).
- On a prévu un ciment spécial qui imprègne les pièces avant montage et assure par sa solidification une étanchéité définitive.
- L’électrode est constituée d’une manière spéciale. On sait, en effet, que le nickel employé jusqu’à ces, derniers temps est actuellement insuffisant avec les conditions très dures imposées aux bougies. On a donc employé un alliage plus résistant que le nickel. L’expérience a prouvé que l’usure des électrodes est pratiquement nulle.
- La bougie Morel. —La bougie Morel procède d’un principe tout différent des précédentes.
- Ce principe est celui de la disrupture et il se généralisera peut-être en raison des réelles qualités qu’il présente puisqu’il permet de faire jaillir aux pointes d’une bougie noyée d’huile ou très encrassée une étincelle tenace et très active en établissant une liaison de continuité sur le câble.conducteur,: l’ato tache-fil, ou dans le corps de la bougie, à condition,; bien entendu, que celle-ci ait été conçue dans ce, but. î
- On a étudié le phénomène de la disrupture par des essais comparatifs très sérieux, : On a alors, constaté qu’il était utile de pouvoir régler l’écartement des pointes de telle façon que l’étincelle ne, puisse passer au parafoudre de la magnéto.. Il est donc plus sûr de prévoir la disrupture dans la bou-i gie même. Lecartement de jaillissement de Félin*» celle directe serait alors déterminé dans les meilm
- p.195 - vue 212/663
-
-
-
- 196 -..........LES ETUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- leares conditions par le fabricant lors de la construction de la bougie.
- 11 s’ensuivrait que ce réglage serait donc invariable et par conséquent toujours satisfaisant. L’est précisément ce principe qui a été utilisé dans la bougie Morel.
- L’électrode centrale E est d’une seule pièce. L’isolant qui entoure l’électrode est en stéatite et il est surmonté d’un petit cylindre en porcelaine- qui renferme précisément le dispositif de disrupture (fig. 4)
- On peut d’ailleurs remplacer celte porcelaine par uu cylindre de cristal trempé qui permet d’avoir un contrôle permanent de l’allumage.
- Le disrupteur est constitué par une large bague concentrique à l’électrode centrale. La prise de courant est sur le côté. Sur la tète de la bougie se trouve une seconde borne de façon à pouvoir faire jaillir aux électrodes l’étincelle directe dans le cas où l’on ne voudrait employer la disrupture que pour désencrasser la bougie et faire disparaître des ratés.
- La bougie Colin. —- Pour bien comprendre à quel but répond la bougie Colin, il faut se rappeler que les difficultés à surmonter sont de trois ordres : auto allumage, encrassement, résistance de l’isolant.
- Avec la tendance actuelle de tous les constructeurs à diminuer la consommation d’essënce Ait d’acCroitre le rendement par une surcomprcssiôn et une augmentation de vitesse de rotation, les bougies d’allumage sont mises de plus en plus à un dur service; l’économie d’essence qui produit un mélange pauvre occasionne un échaulîement anormal de la bougie, alors qu’un mélange riche a plutôt un efièt lubrifiant sur les électrodes ; d’un autre côté, la surcompression agit fortement sur l’isolement de la bougie.
- Dans le domaine des électrodes, il y a nature à controverse. Les uns penchent pour les électrodes minces pour la raison simple qu’elles se refroidissent plus vite, les autres préfèrent les électrodes de section plus forte parce qu’elles chauffent moins vite.
- Certains constructeurs garnissent d’ailettes l’extrémité extérieure de l’électrode centrale. Mais il faut remarquer que cette électrode étant entourée sur presque toute sa longueur d’un isolant, on n’absorbe pas la chaleur d’une façon convenable si Ton n’a pas recours à une disposition particulière.
- Dans la bougie Colin l’électrode centrale est creuse et sa grande surface de contact avec l’air ambiant assure l’échange rapide de la chaleur.
- Le culot de la bougie est également creux. Enfin la forme triangulaire de l’électrode supprime l’encrassement.
- Conclusions. — Les perfectionnements delà bougie suivent de près ceux du moteur. Pendant longtemps on a cru qu’une bougie pouvait être i laissée sur le moteur tant qu'il ne se produisait pas de ratés. Mais depuis les grandes épreuves d’après-guerre, on a vu que, quelle que soit la perfection d’une bougie, elle perd nécessairement de ; son efficacité par un usage continu.
- Comme nous l’avons répété dans cette étude, les ; efforts incessants auxquels elle est soumise oxydent les électrodes et détériorent peu à peu l’isolant qui finit par acquérir de la conductibilité. Il en résulte ; que l’étincelle est de moins en moins nourrie, | qu’elle n’est plus assez forte pour allumer convenablement le comburant.
- Il est donc nécessaire de changer la bougie tous les ans par exemple, pour ne pas diminuer le rendement du moteur. C'est une économie de combustible que l’on réalise aussi. F. C.
- La Science en Famille.
- LES ÉTUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- La vie matérielle de l’homme, son alimentation, sa santé, son bien-être physique et moral sont en étroites relations avec l’état de l’atmosphère. Quelques degrés de plus ou de moins indiqués par le thermomètre, et les récoltes sont compromises, les populations souffrent, et se portent parfois à des excès coupables. On peut mentionner la disette, causée par les pluies incessantes de l’année 1816, dont le souvenir s’est conservé longtemps parmi nos populations et qui eut du moins ce bon résultat que, faute de pain, beaucoup de gens se résignèrent à manger des pommes de terre, regardées jusqüe-là comme un aliment digne des seuls porcs, et constatèrent avec surprise que c’est une chose excellente. Ce fut une victoire posthume pour Parmentier, mort le 17 décembre 1815, à Page de 76 ans.
- De même, les mauvaises récoltes de 1845 et 1846, dues elles aussi, à l’excès de la pluie, amenèrent des émeutes, des massacres, même, comme s il arriva au village de Buzançais, dont le nom est resté tristement célèbre. Ces événements ne 'furent pas étrangers à la chute du gouvernement de Juillet.
- De tout temps, donc, l’homme n’a pu que faire attention aux phénomènes qui se passent autour de lui, notamment aux phénomènes atmosphériques et ; c’est avec raison que l’illustre Américain Maury a f dit que l’homme naît météorologiste, f Cela est tellement vrai qu’agriculteurs, marins, bergers de nos montagnes observent instinctivement le temps et arrivent à se faire des règles pour le prédire, qui transmises par tradition, ont une véritable utilité pratique.
- p.196 - vue 213/663
-
-
-
- 197
- LES ETUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- Cela remonte loin, et les savants d'autrefois nous ont transmis ces résultats de l’expérience populaire. Théophraste (l’auteur des. Caractères, qui a eu l'honneur d’avoir La Bruyère pour imitateur) a composé un Traité des signes de pluie, de vent, de tempête et de beau temps où l’on remarque ce passage : a C'est là ce qui fait qu’en certains endroits il y a de bons astronomes ; ainsi, Matricétas à Méthymne, d’après le Lépétymnos; Gléostrateà Ténédos, d'après Tfda ; ainsi Phacinos à Athènes, etc... »
- Théophraste ne veut pas dire que ces montagnes ont servi de lieu d’observation, mais, qu’au contraire, on les observait de loin elles-mêmes, comme donnant, d’après leur aspect, des indications météorologiques. On sait, en elï'et, que certaines montagnes sont, de nos jours, qualifiées de « baromètres o par les populations qui habitent dans leur voisinage.
- C’est le cas d’une montagne assez élevée qui se trouve aux environs d’Annonay, dans le département de l’Ardèche ; l’observation de cette montagne appelée « Roche du Vent » révéla jadis sa vocation à un enfant qui devint le physicien Bravais.
- Nous reviendrons sur ces connaissances pratiques dont il ne faut pas faire fi ; mais il serait vraiment à désirer qu’elles fussent complétées par quelques notions réellement scientifiques, permettant de comprendre les merveilleuses indications fournies par les utiles instruments dont nous disposons aujourd’hui.
- Théophraste était surtout botaniste. Il ne se doutait pas qu’en nous indiquant quelles plantes étaient de son temps cultivées avec succès dans tel ou tel pays, il servirait, bien des siècles après sa mort, la science météorologique, en lui donnant le moyen de constater si les climats se transforment ou non dans le cours des siècles. C’est grâce à lui que nous savons que ceux de l’Attique et de la Palestine n’ont pas) sensiblement varié depuis l’époque historique.
- Le thermomètre fut inventé par les membres de l’Académie del Cimento, qui dura de 1657 à 1667. En 1828, on découvrit, dans une vieille caisse conservée à Florence, plusieurs thermomètres ayant cette noble origine. Libri, qui devait s’illustrer autrement que par ses mérites scientifiques, réussit à rendre leur graduation comparable à celle des
- Fig. i. — Les ruines romaines au sommet du Puy de Dôme.
- thermomètres modernes et on eut ainsi le moyen de savoir approximativement quelle était la température moyenne de Florence vers le milieu du xvue siècle. Cette température est demeurée la même ; toutefois, le déboisement a rendu les hivers moins froids et les étés moins chauds. Cette influence des déboisements est d’ailleurs contestée par de grandes autorités contemporaines, M. Angot, par exemple.
- L’invention du baromètre est à peu près contemporaine de celle du thermomètre, car c’est en 1647 que Tissier, beau-frère de Pascal, sur l’invitation de cet homme illustre, transporta le tube de Torricelli sur le Puy de Dôme, et constata, de visu, que la hauteur du mercure y était sensiblement moindre qu’au bas de la montagne. Cette hauteur mesurait
- donc la pression que l’atmosphère exerce sur la surface de notre globe, et Pascal en conclut immédiatement que l’observation de cette hauteur nous donnerait la solution d’un des problèmes les plus importants pour les besoins de l’humanité, celui de la prévision du temps.
- « Cette connaissance, écrit-il dans un ouvrage
- qu’il n’a pas terminé et dont il ne subsiste que des fragments, peut être très utile aux laboureurs, aux voyageurs, etc., pour connaître l’état présent du temps et le temps qui doit suivre immédiatement, mais non pas pour connaître celui qu’il fera dans trois semaines. »
- Et, avec sa puissante intelligence, il comprit immédiatement que toutes les parties de notre atmosphère sont solidaires les unes des autres, et que les phénomènes dont nous sommes témoins sont la conséquence d’autres phénomènes qui se passent dans des régions fort éloignées. De là à en venir à une série d’observations simultanées, il n’y avait qu’un pas. Il fut bientôt franchi. Etienne Périer installa dans son domicile « un tuyau avec son vif-argent en expérience Continuelle, attaché dans un coin de mon cabinet, marqué par pouces et par lignes, depuis la superficie du vif-argent où il trempait jusqu’à trente pouces de hauteur..Je le regardais plusieurs fois par jour, mais particulièrement le matin et le soir et je marquois en une feuille de papier à'quelle’ hauteur précisément étoit le vif-argent à chaque jQur, le matin et le soir et quelquefois meme au milieu du jour, et j’y marquois aussi
- p.197 - vue 214/663
-
-
-
- 198 » LES ETUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- les différences des temps pour voir si l’un suivoit toujours l’autre. »
- « Je commençai ces observations au commencement de l’année 1649, et les continuai jusqu’au dernier mars 1651. »
- Périer ne s’en tint pas la, il comprit que la météorologie n’est pas une science qui puisse progresser par les efforts d’un seul homme et il s’efforça ' d’avoir un peu partout des correspondants qui • feraient des observations aux mêmes instants que : lui.
- « Pour cet effet-, j’en écrivis à Paris à un de mes ; amis qui y ëtoit pour lors, et qui étoit une personne ? fort exacte en toutes choses (Pascal?) je le priai de prendre la peine d’y faire les mêmes observations que je fâisois à Clermont, et de m’en envoyer les feuilles tous les mois, ce qu’il fit, depuis le l'er août 1649 jusqu’à la fin de mars 1661, auquel temps je fini aussi. »
- ' «‘Et je me donnai l’honneur d’en écrire à M. Cha-nut, dont le- mérite et la réputation sont connus dans toute l'Europe,, qui étoit pour lors ambassadeur en Suède, lequel me fit la faveur d’agréer ma " prière, et de m’envoyer pareillement les observations que lui et M. Descartes firent à Stockholm, depuis le 21 octobre 1649 jusqu’au 24 octobre 1650, comme je lui envoyois aussi les miennes. »
- "' Périer avait deviné l’avenir. Ce n’était; pas sa fauté si, par suite delà difficulté des commumca-tioùs, sa tentative était prématurée.
- lie plus beau monument qu’on pût ériger à Pascal, considéré comme physicien, est l’Observatoire météo- J, rologique qu’on a élevé au sommet du Puy de Dômeèt qui a été construit à l’endroit même où Périer fit sa fameuse observation, le 19 septembre11648. Ajoutons que la construction de cet édifice fit découvrir les ruines d’un temple important, que les Romains avaient consacré ait Mercure des Dômes (Mercurius Duinias) qui était sans doute ùn travestissement du Teutatès celtique.
- " Plus tard, on vit Turgot, après sa disgrâce, faire des observations météorologiques « dans l’espoir d’être utile pour l’amélioration où la sûreté des productions dé la terre, pour la conservation de là santé et de la vie », observations qu’il serait utile de voir publier si elles ne sont pas perdues.
- - Vers la même époque, ùn autre grand homme, Lavoisier, tenta de réaliser le plan de Périer, que peut-être il ne connaissait pas. Il fit lui-même des observations soit'à Paris, soit pendant les voyages auxquels l’obligeaient ses fonctions de fermier géné- ; rai, et,''pendant son absence, la tante qui lui avait servi de mère, Mlle Punelis, observait à sa place. : Associé avec Borda, il eut des correspondants à ! Strasbourg) à Monimorency..., et jusqu’à Bagdad ÔÜ Tésidaif’ùnf astronome 'distingué, M. de Beau-champ, "coadjuteur de l’évêque de Babylone. La mort n’a malheureusement pas permis à Lavoisier de discuter toutes les observations faites avéè tant de soin pendant 50 ans et d’en tirer des cùiiclu1-
- sions pratiques. Ajoutons que le grand chimiste n’avait pas dédaigné de rédiger des instructions très précises à l’usage des constructeurs de baromètres.
- Lavoisier, Borda et leurs collaborateurs songeaient assurément à la mer aussi bien qu’à la terre dans leur plan d’observations. Sans s’en douter, à ce point de vue, ils avaient eu un prédécesseur qu’on doit mentionner. C’était le célèbre géomètre Bou-guer, qui s’intéressa toute sa vie aux progrès de l’art nautique. Le 1er janvier 1726, il avait adressé à M. de Maurepas, ministre de la Marine, une lettre qui a été retrouvée et publiée de nos jours par M. de la Gournerie. Dans cette lettre, Bouguer exposé tout un programme d’observations du baromètre et du thermomètre, qu’on demanderait aux navigateurs, et que les professeurs d’hydrographie relèveraient.
- A l’étranger, il en était de même qu’en France. Pendant 10 ans, parurent les Éphéme'rides de la Société météorologique du Palatinat, rédigées par Hemmert. En Espagne, les ministres de Charles III demandèrent aux régisseurs et alcades des principales villes du royaume de faire parvenir chaque quinzaine à la haute administration des renseignements sur l’état de l’atmosphère et des phénomènes concomitants avec l’indication de leur influence sur la végétation. Malheureusement, si les ministres, imbus ^des idées philosophiques françaises, étaient des hommes éclairés, il n’en était pas ainsi de la masse de la nation, qui en était au même point qu’un ambassadeur d’Espagne en Angleterre, lequel au xvne siècle prit pour des fous les délégués de la Société Royale de Londres qui venaient lui demander de leur faciliter des expériences sur la pesanteur de l’air qu’ils voulaient faire aux îles Canaries. La tentative des ministres espagnols ne donna donc aucun résultat appréciable.
- Laplace avait été un des associés de Lavoisier et de. Borda dans leur intéressante tentative. Doué d’une ampleur d’esprit que n’ont pas toujours les mathématiciens, même les plus grands, il invita l’Académie des Sciences, vers la fin de: sa vie, à donner une vive impulsion à l’étude de la physique du globe. Sur sa proposition, une commission nombreuse fût chargée de déterminer', avec toute la précision possible, diverses quantités, peut-être graduellement variables, qui jouent un rôle capital en météo’rologie : « 11 s’agissait par exemple, nous dit Aràgo, de refaire l’analyse de l’air atmosphérique sous un grand nombre de latitudes, en mer, au milieu des continents et à toutes sortes d’élévations ; de tracer, pour l’époque actuelle, là forme exacte des lignes isothermes, de soumettre à une discus-sion’àpprofôndïe la loi du décroissement dè la température atmosphérique suivant la hauteur, et, au besoin, d’entreprendre de nouveaux voyages aéros-tâtiques ; d’apprécier, par des expériences susceptibles d’être en tout temps exactement reproduites, la puissance éclairante et la puissance calorifique du Soleil ; de mesurer, dans un certain nombfe de sta-
- p.198 - vue 215/663
-
-
-
- LES ÉTUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- 199
- lions convenablement choisies, les éléments du magnétisme terrestre, y compris l’intensité absolue de la force mystérieuse, qui; en chaque lieu, maîtrise l’aiguille aimantée, etc... »
- C’était, là un magnifique programme, mais il ne fut pas mis immédiatement à exécution. Nous ne croyons même pas que la Commission académique ait jamais fait son rapport.
- Quoi qu’il en soit, de nos jours, dans tous les pays civilisés, il existe un établissement chargé de diriger et. de centraliser (aucune science n’a plus besoin de centralisation que la météorologie) les études de physique du globe. Tel est en France l’Office national, ci-devant Bureau Central Météorologique (1).
- par Perrault ; on se bornait à y observer, et peut-être avec une régularité insuffisante, les observations du baromètre, du thermomètre, etc. Mais l’Observatoire n’avait pas cherché à étendre son action au dehors. Il s’en rapportait au zèle des observateurs
- Jusqu’à Le Verrier, on ne s’était guère occupé de météorologie, dans le vieil Observatoire construit 1. Le. Bureau Central fonde apres la mort de Le Verrier eut pour premier directeur Mascart 5 son successeur fut M. Arigot, qui exerça ses fonctions jusqu’en 1921. Alors le Bureau Central a été rattaché au Ministre des travaux publics et a pris son nouveau nom. Son chef actuel est M. le général Declambre.
- bénévoles, et sans doute aussi à celui de la Société météorologique de France, fondée en 1852 par un homme bien modeste et bien méritant, J. Haeghens. 1
- Avec Le Verrier, l’Observatoire se transforma complètement.
- Tout en installant de nouveaux instruments, en modernisant les anciens, ce qui ne l’empêchait pas de poursuivre ses grands travaux de Mécanique céleste, le nouveau directeur entreprit d’organiser les études météorologiques en France. Après avoir amélioré les observantions faites à l’Observatoire même, il en fit faire sur tout notre territoire et même au delà, les centralisa et leur consacra un Bulletin spécial. Quant aux ressources pécuniaires indispensables, c’est la -création de l’Association Scientifique de France qui les lui fournit.
- Il se garda bien de négliger l’étude de la mer, et voulu! introduire, à bord des navires, l’usage des observations météorologiques ; en conséquence, par l’intermédiaire des Chambres de Commerce, il s’adressa aux armateurs. Il aurait voulu que chaque navire fût muni d’un baromètre dont l’observation régulière aurait fait connaître les changements de temps probables, et, plus tard, grâce aux documents ainsi rassemblés on aurait découvert les lois les plus simples des mouvements de l’atmosphère, au grand profit des navigateurs.
- p.199 - vue 216/663
-
-
-
- 200
- LES ÉTUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- À la mort de Le Verrier, arrivée le 23 septembre 1877, son héritage scientifique fut partagé et la météorologie fut confiée à un établissement spécial.
- Depuis 1888, l’Office National occupe un bâtiment situé 170, rue de-l’Université. Ce local, amplement suffisant à l’origine, le devient chaque jour de moins en moins. En effet, la bibliothèque, les collections d’instruments grossissent continuellement. Tôt ou tard, mais le plus tôt possible sera le mieux, il sera nécessaire d’augmenter l’espace dont dispose ce grand service public.
- l)e même, le personnel qui travaille dans ce local n’a pour ainsi dire pas été augmenté depuis plus de 40 ans, alors que, ne îùt-ee que par suite de l’existence de la navigation aérienne, la tâche et la responsabilité du service delà prévision du temps se. sont énormément accrues Que serait-ce en temps de guerre!
- Car la météorologie rend service pendant la guerre comme pendant la paix.
- Au cours des dernières hostilités un service de prévision du temps placé successivement sous la direction de M. David, mort, pendant la guerre, du lieutenant. de vaisseau
- Doue,h, et du général Declambre, a été d’une immense utilité. '
- L'Observatoire de Bordeaux, par exemple, était mis à des heures fixes en communication avec ce service, établi à Châlons; M. Codard, un de nos jeunes collègues mobilisés, recevait nos renseignements et s’en servait pour prévoir, le plus souvent avec succès, la direction probable du vent,, si importante dans une guerre où l’on faisait usage des gaz asphyxiants. Il est à remarquer qu’à une distance de 450 km, à vol d’oiseau, la voix de M. Godard était parfaitement reconnaissable.
- De. cette pénurie de personnel, il, résulte que l’établissement météorologique français ne peut dépouiller les journaux de bord que lui transmettent les capitaines an long cours qui commandent nos navires de commerce. On se borne à leur en accuser réception, et on attend qu’un temps meilleur permette de les étudier.
- Le rival allemand de notre. Office National, la Deutsche Seewarte, est, à ce point de vue, beaucoup mieux partagé.
- Après la guerre de 1870, que l’Allemagne avait dû se faire déclarer en faisant usage d’un faux, nous
- HMBSHHI
- Fig. 3. — I’Aigoùal.
- dûmes payer à notre ennemi, dont le territoire n’avait subi aucun dégât, une somme de cinq milliards, plus l’intérêt de toutes les parties de cette somme qui n’étaient pas encore soldées.
- Grâce à cette recette colossale, qui fut payée rubis sur l’ongle, les Allemands développèrent largement leurs établissements scientifiques déjà; si supérieurs aux nôtres. Le magnifique observatoire de Potsdam, un des plus beaux du monde, a cette origine, ainsi que la Deutsche Seewarte.
- Cet établissement dépend de la marine impériale allemande et est consacré surtout à l’étude de la mer. C’est d’ailleurs un établissement d’Empire et le seul de ce genre en Allemagne. On y fait des études de météorologie locale, mais chacun des Etats confédérés a son service météorologique distinct et les chefs de ces établissements se réunissent fréquemment afin de s’entendre pour que l’indépendance ne dégénère pas en anarchie. La Deutsche Seewarte, elle, est le Bureau central pour la météorologie maritime et les a-vertissements télégraphiques du temps; son action s'étend sur tout l’Empire,,
- Sur la rive droite de l’Elbe, à l’extrémité sud d’une chaîne de collines qui s’étend d’Allona à Hambourg, on voit une construction monumentale portant des tours à ses quatre angles, c’est le local occupé par ce grand institut scientifique,, qui se divise en quatre sections ; la première s’occupe des études d’océanographie et de météorologie. C’est elle qui dépouille les journaux de bord que lui transmettent les marins. Par compensation, les chronomètres, compas, sextants, instruments nautiques de toute nature appartenant aux correspondants de l’institut sont vérifiés gratuitement. Ils peuvent consulter la riche bibliothèque et la collection des cartes; enfin, on leur donne de vive voix ou par écrit tous les renseignements nautiques désirables. Enfin, des médailles d’argent et de bronze, des livres, des atlas servent de récompense aux observateurs les plus méritants.
- Chaque année, on dépouille environ 2000 journaux de bord, qui sont ensuite restitués à leurs propriétaires. Ces documents servent à construire, pour chaque;jour, une carte du temps dans l’Atlantique nord. Ces cartes ne sont pas publiées immédiatement; dès que leur mise au net est jugée définitive,
- p.200 - vue 217/663
-
-
-
- 201
- LES ETUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- ori les réunit et on les publie par trimestres (quar-tale). La comparaison de ces cartes successives montre comment un état de l’atmosphère se transforme en un état différent.
- En dehors de ces cartes quotidiennes, qui ne paraissent qu’après un assez long intervalle, la Deutsche Seewarte en construit d’autres, qui ont un intérêt plus pratique, et qui représentent l’état moyen qu’on doit supposer être l’état probable de l’Océan pendant un mois déterminé.
- Etablissement - scientifique,- la Deutsche Seewarte est en même temps un établissement d’instruction. Tous les ans, on y fait un cours d’océanographie, à l'usage des officiers qui se préparent à des voyages d’exploration, et c’est là aussi que se forment ceux qui se destinent à l’enseignement de l'art nautique, les futurs professeurs d’hvdrographie, comme on les appelle assez improp rement chez nous.
- Les autres sections s’occupent de l’étude des compas de marine et des instruments à réflexion, ainsique de celle des chronomètres et du magnétisme terrestre.
- Nous passons sur tout cela, ainsi que sur les relations existant entre l’institut qui nous occupe et le magnifique observatoire de Bergedorf, et, après, avoir fait remarquer que le personnel de la Deutsche Seewarte a une double origine, qu’il se compose d’un élément scientifique et d’un élément nautique, d’une part, des Professore et des Doctore, de l’autre, des officiers de marine détachés temporairement cà l’Institut hambourgeois, nous allons jeter un coup d’reil rapide sur le service météorologique anglais.
- il est clair que dans le pays maritime par excellence, on a dû, plus qu’ailleurs, porter son attention sur les phénomènes de l'atmosphère e.t de l’Océan. Dès la fin du xvne siècle, le célèbre Dampier faisait paraître , son Traité des vents et des marées, un des premiers ouvrages qui aient été publiés sur ces matières et qui est encore cité à notre époque.
- L’illustre Société Royale de Londres, dès 1725, donna'une vive impulsion aux études météorologiques; elle envoya des baromètres et des thermomètres à des correspondapts qui résidaient à l’étranger et se montraient disposés à faire des observations. En 1775, elle en fit, faire dans le local qu’elle occupait et les mit sous la direction de Cavendish. Ces observations furent poursuivies jusqu’en 1845.
- L’Association britannique pour l’avancement des sciences, fondée en 1831, s’est beaucoup occupée de physique du globe. En 1855, une lettre célèbre adressée par Ilumboldt à son président eut pour résultat l’étude du magnétisme terrestre sur toute la surface du globe. C’est aussi à elle qu’on doit d’avoir, en 1842, créé l’Observatoire météorologique de Kew, un des mieux pourvus du monde entier.
- Le Meteorological Office, créé en 1855, eut pour premier directeur l’illustre amiral Fitz-Roy, qui jadis avait commandé l’expédition du Beugle, où il avait eu Darwin comme compagnon de voyage et avait été gouverneur de la Nouvelle Zélande.
- Ayant renoncé à la carrière active, il ne s’occupa plus, dans la dernière partie de son existence, terminée par le suicide, le 50 avril 1865, que d’études scientifiques. Son manuel de météorologie
- maritime, The Weather Book, a été traduit en plusieurs langues.
- Fitz-Roy était un des principaux correspondants de Le Verrier. Son successeur fut M. Scott, qui dirigea la météorologie anglaise jusqu’en 1900 et qui a été remplacé par Sir Napier Shaw.
- Dès l’origine, le Meteorological Office disposait de ressources importantes. Le Parlement lui avait alloué une subvention annuelle de 5200 livres, à laquelle l’Amirauté ajoutait 1000 autres livres. Aujourd'hui, les ressources que lui fournissent l’Etat, certaines Associations, et même de riches particuliers se montent environ à 50000 livres par an, soit 750 000 francs, en supposant que la livre et le franc soient dans un rapport normal.
- Dans ces conditions, il est facile de faire beaucoup et de bon travail. Plus heureux que notre Office national, le Meteorological Office rivalise avec la Deutsche Seewarte dans la construction de cartes représentant l’état de l’atmosphère sur l’Atlantique nord, en attendant de pouvoir étendre ce travail à l’ensemble des mers.
- Onn obtenu des résultats pratiques importants, dont le moindre n’est pas que les pêcheurs consultent avec attention les baromètres que la National Life boat Institution a fait placer en de nombreuses localités, ainsi que les signaux qui, d’après les indications de l’Office central, indiquent le temps probable. Nous devons dire, d’ailleurs, qu’il en est de même sur les cotes françaises.
- En résumé, les traits généraux de l’organisation sont les mêmes en France, en Allemagne et en
- p.201 - vue 218/663
-
-
-
- 202 —i:::—-.LES ÉTUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- Angleterre : on y trouve un institut central, ayant des correspondants répartis plus ou moins uniformément sur tout le territoire, des commissions locales, qu’on appelle chez nous commissions départementales et qui servent d’intermédiaires entre les observateurs isolés et le grand centre scientifique. Ces traits généraux se retrouvent aux Etats-Unis. Seulement, dans ce pays, les études météorologiques sont organisées sur une échelle vraiment gigantesque, ce qui s’explique non seulement par la grande étendue du pays, aussi vaste que l’Europe, mais par la richesse des particuliers et le vif intérêt que leur inspire la physique du globe.
- Cet intérêt ne date pas d’hier, et, dès 1745*, l’observation "d’une éclipse de lune faisait remarquer à Benjamin Franklin que les orages ne sont pas des phénomènes purement locaux, mais qu’ils se déplacent et parcourent une étendue de pays plus ou moins grande.
- Un demi-siècle après la mort de Franklin, nous trouvons le lieutenant Mauryqui, obligé de renoncer à la carrière maritime active, fut appelé en 1842 à la direction du Dépôt des cartes et des instruments maritimes à Washington. Là, il étudia avec soin les anciens journaux de bord conservés dans les archives, et construisit des cartes des vents et courants qui abrégèrent parfois de moitié la durée de certains voyages. Les idées théoriques de Maury sont très contestées, les règles pratiques qu’on lui doit ne le sont pas. En 1855, il obtint la réunion d’une conférence maritime qui se tint à Bruxelles et qui eut, entre autres grands résultats, celui d’étendre son système d’observations sur toutes les mers. Maury, qui mourut en 1875, conserva la direction du Dépôt, devenu l'Observatoire de Washington, jusqu’à la guerre de Sécession.
- La Smithsonian-Institution, qui a compté parmi ses principaux membres l’arrière-petit-fils de Franklin, le professeur Bâche, a beaucoup contribué à populariser, en Amérique, les études de physique du globe.
- Elle a été créée par le legs de sa fortune que fit aux Etats-Unis d’Amérique un fils naturel du premier duc de Northumberland, James Smithson (1765-1829), à charge de fonder « un établissement destiné à faire progresser les sciences et à répandre les connaissances scientifiques parmi les hommes ».
- Dès le principe, l’Institution a consacré une grande partie de ses ressources aux études météorologiques. Dès 1850, elle fit rédiger par Arnold Guyot, Suisse d’origine, des instructions pour les observateurs. Des calculateurs payés contrôlaient, ce qui est indispensable, les documents reçus, et, en vertu de l’adage Natura non facit saltus, rectifiaient les erreurs toujours possibles. Dé magnifiques cartes résumaient ce travail.
- Il y avait aussi un service météorologique dépendant du Ministère de la guerre. En 1871, éprouvée par une faillite, la Smithsonian-Institution invita ses correspondants à envoyer leurs observations au
- Signal-Service, et elle se borne à travailler sur les documents fournis par celui-ci et à en déduire les lois générales du climat de l’Amériqué, lui laissant le soin de la prédiction quotidienne du temps probable.
- Cette organisation a duré jusqu’en 1891. Elle offrait ce grand avantage que les employés du Signal-Service étaient des soldats ou des sous-officiers appartenant à un corps spécial et que leurs observations étaient toujours faites à « l’heure militaire ».
- Le public américain a, dès les premiers temps, donné une sérieuse attention aux prédictions météorologiques; dans l’Europe occidentale, nous sommes moins avancés. Cela tient à deux causes ; la pre*-mière, c’est que nous occupons une situation géographique défavorable pour recevoir les avertissements relatifs à la prédiction du temps, mais l’extension certaine de la télégraphie sans fil à bord de tous les grands navires fera disparaître cette cause d’infériorité.
- La seconde, c’est qu’à la différence de ce qui se passe chez nous, la météorologie est une des sciences les mieux partagées au point de vue de l’enseignement. Il faut espérer qu’en haut lieu on finira par comprendre la nécessité de modifier cet état de choses.
- Agriculteurs, marins, industriels de toute espèce, touristes aussi, consultent, avec le plus grand profit, les indications du Weather Bureau qui, depuis 1891, a succédé au Signal-Service of Army. La dotation annuelle de cet Institut s’élevait, il y a peu d’années, à près de huit millions de francs.
- En France, nous sommes bien partagés en ce qui concerne l’étude des hautes régions de l’atmosphère ; nos observatoires du Puy de Dôme, dû à l’initiative de M. Alluard, du Pic du Midi, créé par le général de Nansouty, du Mont Aigoual, par le général Perrier, enfin, celui du Mont Blanc, dont le fondateur, M. Vallot, vient de mourir, nous apprennent ce qui se passe à des altitudes supérieures à 1500 m.
- En Amérique, on a voulu avoir le même avantage et on a créé un observatoire du même genre sur le sommet d’une des Montagnes-Bleues, en Virginie, qui a 1725 m. de haut et qu’on a appelée le Mont-Weather. Là, en plus de l’étude des phénomènes météorologiques, on s’occupe de l’étude du Soleil, qui a tant d'influence sur notre petit globe, ainsi que nous l’avons déjà dit. Il est possible que, d’ici peu, les services astronomiques soient réorganisés en France, et peut-être profîtera-t-on de cette occasion pour imiter chez nous ce qui se fait chez les Américains.
- Il faut conclure fies Instituts météorologiques qui existent dans chacun des pays civilisés de l’Europe et des autres parties du monde ont leur raison d’être, ils doivent subsister et continuer à rendre de grands services en se consacrant à l’étude climatologique de chaque contrée particulière.
- Mais si l’on peut, en chaque pays, faire d’utiles
- p.202 - vue 219/663
-
-
-
- LES ETUDES DE PHYSIQUE DU GLOBE
- études de météorologie générale, il importerait, pour le bien commun, que tous les documents devant faciliter ces études, et spécialement ceux qui sont recueillis en mer, fussent confiés à un seul établissement qui aurait pour tâche de construire des cartes représentant l’état de toute l’atmosphère qui entoure notre globe à un même instant, autant que possible; les cartes, qui d’ailleurs ne pourraient être, publiées que quelques années après le jour dont elles porteraient la date, rendraient possible, à ceux qui veulent s’en occuper, la recherche de la solution du grand problème qui est, en somme, toute l’étude de la météorologie : se rendre compte de la façon dont l'atmosphère terrestre passe d'un état à un autre état.
- Les études partielles, faites sur des documents provenant d’une seule marine, ne pourront jamais donner que des résultats incomplets.
- Revenons au xvne siècle. On sait que le grand cardinal avait réussi à donner à la France une puissante marine militaire, et, naturellement, il eut soin de faire en sorte qu’à bord de ses navires, il y eût des aumôniers chargés de l’instruction morale et religieuse des équipages. Parmi ceux-ci, un des plus remarquables fut le P. Georges Fournier (1595-1652), de la Compagnie de Jésus. C’était un homme intelligent et laborieux, qui profita de ses voyages au long cours pour acquérir des connaissances très étendues dans toutes les parties de la science nautique, et il a condensé le résultat de ses études dans un grand ouvrage qui a eu deux éditions (1645 et 1651) : L'hydrographie contenant la. théorie et la pratique de toutes les parties de la navigation (in-folio) et qui est une. véritable encyclopédie maritime. Nous en extrairons les passages suivants, où le savant jésuite a résumé les idées qui avaient cours de son temps, parmi les marins sur les présages permettant de prévoir dans une certaine mesure, le temps probable. Nous pensons qu’ils intéresseront nos lecteurs, surtout ceux qui habitent le bord de la mer.
- Présage des vents ou pluyes qu'on peut tirer des astres.
- « Le 29 de May 1658, nos Matelots allant en Canada, virent un cercle autour du Soleil, et dirent incontinent qu’ils auroient bientôt de la besogne : et, de fait, peu de temps après, commença de frais-chir et, la nuit suivante, ils eurent si grand temps qu’ils furent contraints de mettre costé à travers. Et le premier de Juin, en ayant veu encore un autre sur le midy, ils eurent bon frais, non toutefois pareil à celui du vingt-neufième. »
- « fSi le Soleil se levant ou couchant , on voit au Nord ou au Sud ou en quelque lieu de l’Horison
- 203
- une nuée rouge, il faut attendre du vent de cet endroit là »
- a Si le Soleil étant encore sous FHorison darde des rayons plus rouges que dorés, ou si devant son lever on voit des nuées de pareille couleur monter sur l’Horison, sont marques assurées de vent et généralement toutefois et quantes qu’à son lever ou coucher on le voit rouge ou en son corps ou en ses rayons, ou environné de nuées, de cette couleur. »
- « Si au coucher du Soleil on voit près de luy un cercle blanc, c’est signe d’un grand vent qui viendra du costé que ce cercle s’ouvrira. Si ce cercle est bleu et paroist noir longtemps avant le coucher du Soleil, il y aura tempeste. Si ce cercle est blanc et se dissipe également partout, il y aura beau temps. » « Si le Soleil produisant en l’air des parties (?) et petits Soleils, darde quelques rayons sanglans vers quelques parties, il faut attendre de grands vents de ce costé là. »
- « Si le Soleil paroist un peu cave et enfoncé, il y aura des vents ou de la pluye. »
- « Si le Soleil levant paroist pâle, il y aura de la pluye, s’il est pâle en se levant, il y aura du vent. » « Si le Soleil se couchant paroist sanglant, il y aura de grand vent qui dureront plusieurs jours. » a Si le Soleil Levant se trouve couvert de nuées et que ses rayons ne paroissent qu’en bas et le font comme barbu, il y aura de la pluye ; si les rayons sortent par le milieu, le corps demeurant couvert de nuées, il y aura grande tempeste meslée de vents et de pluye. »
- « Si au lever du Soleil les nuées viennent de toutes parts fondre autour de luy, il y aura tempeste ce iour là; si elles vont du Levant au Couchant, il fera beau. »
- « Si au lever du Soleil on voit que les nuées tirent vers le Sud ou vers le Nord, il y aura des vents, quoy que pour lors le temps soit beau. »
- « Si le Soleil se couche couvert d’une nüe, cela marque de la pluye pou^ le lendemain, que s’il pleut au coucher du Soleil il y aura du vent. Que si le Soleil couchant tire des nuées après soy, il y aura' vent et tempeste. »
- « Si les nuées environnent le Soleil de toutes parts, moins il restera de lumière, et plus le Soleil paroistra petit, plus la tempeste sera grande ; que s’il apparoist deux ou trois Soleils, la tempeste sera encore plus grande et durera plus de iours. »
- « S’il paroist quelque Estoile ou Cornette chevelue qui dure longtemps, il y aura infailliblement de grands vents que se lèveront du costé qu'elle iettera sa queue chevelue, et pour l’ordinaire tels vents sont de longue durée. »
- E. Doublet.
- <#»*<?«&>
- p.203 - vue 220/663
-
-
-
- 204
- L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE \8uiia](').
- Tout en présentant des .particularités de construc- I d'amplification, et surtout d'amplification à haute lion plus ou moins importantes, les superhétérodynes | fréquence. ïl ne saurait donc, être question, sous
- H .T.® 1
- Cfi|0,0005
- 0,001
- Fig. i. — Superhétérodyne anglaise à étages HF pour grandes ondes, à liaison à résonance. Va, lampe détectrice. V3, hétérodyne.
- que nous avons décrites dans notre précédent article étaient, en somme, des schémas classiques, mais il est possible d'effectuer de façon différente le changement de fréquence nécessaire des signaux incidents.
- II est d’abord aisé de coupler l’hétérodyne, non plus avec le circuit d’entrée, mais avec le circuit de sortie de la détectrice pour ondes courtes, comme le montre le schéma I. L’appareil anglais réalisé d’après ce principe, du type monobloc, est d’ailleurs semblable aux autres, mais son réglage est compliqué par l’emploi d’étages à haute fréquence à résonance pour l’amplification des grandes ondes.
- On emploie également aux États-Unis un système de modulation semblable à celui que nous avons décrit dans notre dernier article à propos de la « supermodulation ». Le constructeur a donné le nom d’ « ultradyne » à la superhétérodyne de ce modèle (fig. 2).. Le réglage d’un tel poste est fort simple; on remarquera sur la figure la disposition spéciale des deux cadrcftis de réglage (accord et modulation), qui permettent un repérage rapide des émissions que l’on veut entendre.
- L’avantage essentiel du procédé superhétérodyne, avantage que nous avons déjà indiqué, est de permettre l'utilisation d’un grand nombre d’étages
- peine de diminuer aussi le rendement de l’appareil, de diminuer le nombre de ces étages.
- Deux procédés permettent cependant de diminuer le nombre des lampes employées sans diminuer le nombre des étages d’amplification. Le premier procédé consiste à utiliser des étages « reflex », et le deuxième à faire jouer le rôle de première hétéro-
- Fig. 2. — Superhétérodyne \modèle “ Ultradyne
- dyne à une lampe de l’amplificateur pour ondes courtes.
- Le nombre de lampes que l’on peut ainsi diminuer n’est pas très élevé en pratique ; généralement, on peut ainsi supprimer deux ou trois lampes au maximum, et les superhétérodynes modifiées ont de 5 à 7 lampes. Cependant l’intérêt de cette suppression est assez grand, puisqu’il permet de construire des postes de prix de revient moins élevés, et surtout de dimensions moindres.
- va sans dire, par contre, que les postes ainsi modifiés sont plus difficiles à établir et à mettre au point que les modèles classiques.
- On dit qu’une lampe est montée en « réfïex » lorsqu’elle amplifie des oscillations de fréquences différentes. Une lampe peut d’abord, par exemple, amplifier des signaux de Voir n« 2685.
- Fig. 3. — Schéma de superhétérodyne avec premier étage HP monté en reflex (lampe A.)
- p.204 - vue 221/663
-
-
-
- L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE ..- 205
- haute fréquence, .puis, après détection, les oscillations de basse fréquence obtenues sont ramenées, réfléchies en quelque sorte, vers cette lampe qui les amplifie de nouveau en basse fréquence.
- Dans la superhétérodyne nous pouvons constater la présence de trois sortes d’oscillations : 1° Les oscillations de très haute fréquence provenant des émissions incidentes sur ondes courtes; 2° des oscillations de haute fréquence provenant des battements produits par la première hétérodynation, oscillations amplifiées par l’amplificateur pour grandes ondes ; o° des oscillations de basse fréquence qui résultent de la seconde détection dans l'amplificateur pour
- Fig. 5. — Lampe à 2 grilles représentée schématiquement.
- F, filament ; G’, grille intérieure; G, grille extérieure; P, plaque.
- grandes ondes. <
- 11 est donc facile de faire amplifier parles lampes deux' fréquences différentes. Une même lampe amplifiera ainsi en très haute et en haute fréquence ou en haute et en basse fréquence par exemple.
- La figure 5 indique le schéma d’un modèle de ce genre. Les oscillations à très haute fréquence sont d’abord transmises à la lampe À, qui les amplifie. Puis, au moyen du transformateur apériodique T, elles sont transmises à la lampe détectrice B.
- Les battements produits à l’aide de l’hétérodyne H passent à travers le Tesla S,, S2 et sont ramenés par le secondaire S, à la lampe À, qui les amplifie cette fois en haute fréquence et les transmet à la deuxième lampe à haute fréquence G, à l’aide du bobinage S de liaison.
- L’appareil réalisé suivant ce schéma est de dimensions très réduites, et comporte essentiellement deux cadrans de réglage, celui de l’hétérodyne et celui de l’accord (fig. 4).
- Le poste est même assez réduit pour être disposé sous Une forme portative, dans une petite valise en cuir. On utilise alors évidemment des lampes à faible consommation qui permettent d’employer des batteries de piles faciles à transporter, et servent pour le chauffage des fdaments et la tension de plaques.
- Un premier procédé ingénieux, permettant de faire jouer à la première détectrice pour ondes courtes le rôle d’hétérodyne, consiste à utiliser une lampe à deux grilles (radio-modulateur Ducretet).
- On sait qu’iine lampe à deux grilles comporte un filament F, une grille intérieure ou auxiliaire G', une grille principale ou extérieure G, et une plaque P (flg. 5)._ '
- Ait moyen d'un montage hétérodyne quelconque, indiqué parla figure 6, on entretient dans le circuit de la grille auxiliaire G' des oscillations qui font varier périodiquement le courant de plaque. La grille principale G est reliée au circuit d’accord,
- Fig. 4. — Superhélérodyne à étage Rejlex type Radio LL, modèle portatif, se repliant et formant valise pour le transport.
- et soumise aux variations de potentiel produites par l’onde à recevoir.
- L’action de la grille principale G, se combine alors dans le circuit de plaque, avec celle de. la grille auxiliaire G', pour donner naissance à des courants variables dont l’un a pour pulsation la différence des fréquences des deux forces électromotrices appliquées à la lampe par l’effet de modulations.
- Les courants de moyenne fréquence ainsi produits sont transmis, à l’aide du Tesla S3GP, S4C7, à un amplificateur pour grandes ondes, comme dans une superhétérodyne ordinaire.
- Un deuxième moyen de supprimer la première hétérodyne consiste à monter en autodyne la première lampe détectrice pour ondes courtes (fig. 7). Une bobine de réaction S2 est alors simplement couplée avec une autre bobine S, du circuit
- Fig. 6. — Lampe à 2 grilles disposée pour le montage en .superhétérodyne. (Réception sur '? antenne, accord en Tesla.)
- p.205 - vue 222/663
-
-
-
- 206 -...... L’ÉVOLUTION, DU DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- r3_ Z É Js t entrée ampliffr 7 “ jg | / " ordinaire
- Uirouits nccon es surX-ym1?
- Idg. J. — Dispositif superhétérodyne simplifié sur cadre.
- S,, self en galette ou stator de variomètre ; S2, self de réaction ou stator de variomètre ; Cf, i/iooo de jxfd"; C2 o,o5/iooo de pfd ; R = 4 mégohms ; C3 = C4 = r/1000 de pfd ; M, Milliampèremètre décelant l’accrochage,
- d’accord ; un variomètre pourrait également être utilisé pour réaliser la réaction par accord du circuit de plaque.
- Ce procédé est très simple, mais il est plus efficace pour les ondes très courtes que pour les ondes moyennes ou courtes.
- Une modification ingénieuse de ce principe a été étudiée par M. Armstrong et M. Houck, qui ont donné à leur dispositif le nom de principe du deuxième harmonique (fig. 8).
- Dans le dispositif autodyne ordinaire précédent, la diminution d’amplificateur provient du déréglage nécessaire à la production des battements. Dans le montage en question, le circuit d’entrée (^Lg est toujours accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir, mais la bobiné dé réaction l,‘ n’est plus couplée avec le circuit d’entrée.
- On intercale dans le circuit dé grille de la première lampe détectrice un circuit oscillant L3Cj accordé à la moitié de la fréquence des oscillations reçues, plus ou moins la moitié de la fréquence des oscillations intermédiaires. L’harmonique 2 produit alors des battements avec les oscillations incidentes, et ces battements sont détectés pour fournir les oscillations de fréquence moyenne qui sont transmises à l’amplificateur pour grandes ondes, ait moyen du Tesla habituel S^, S2C5.
- On applique très souvent ce procédé en même
- temps que le principe du “reflex” expliqué plus haut. La figure 9 montre ainsi le schéma d’une superhétérodyne anglaise avec lampe détectrice A montée en autodyne, suivant le principe du deuxième harmonique, et la lampe B amplifiant à la fois en haute et en basse fréquence.
- La première lampe à haute fréquence A pour ondes courtes peut également être montée en re-flex, et amplifier les battements de moyenne fréquence obtenus après détection, c’est ce qu’indique le schéma 10.
- Une modification pratique de ce montage consiste à mettre en parallèle le transformateur du premier circuit de l’amplificateur intermédiaire.
- Les plus récents modèles de superhétérodynes construits aux États-Unis sont réalisés suivant ces principes. Ils affectent d’ailleurs des formes diverses, depuis le type portatif jusqu’au radio-meuble (fig. 11 et 12).
- Il nous reste enfin à donner quelques indications sur le service que peut rendre la superhétérodyne pour la réception des ondes très courtes.
- On sait que l’amplification à haute fréquence
- 751
- ordinaire*est complètement inefficace pour la réception des émissions au-dessous de 150 m. de longueur d’onde. L’expérience a montré d’ailleurs que l’on pouvait recevoir ces émissions à très grande distance à l’aide d’unè simple lampe détectrice à réaction, il n’en est pas moins vrai cependant que l’usage d’un dispositif plus sensible est très précieux.
- La superhétérodyne, d’après son principe même, peut recevoir les émissions de toutes longueurs d’onde; il est inutile simplement, pour la réception
- lOlomÿ, § 2 — éL
- w
- 80 v
- Fig. 8. .— Principe du procédé du second harmonique.
- Fig. 9. ;
- Superhétérodyne utilisant le procédé du second harmonique avec étage moyenne fréquence monté en reflex, -
- ^ vers l’amplificateur
- [ % pajfr ondes moyennes
- Fig.-10. — Dispositif avec première lampe haute fréquence montée en « reflex ».
- T,, transformateur apériodique pour ondes courtes ; T2,Tesla pour ondes moyennes.
- p.206 - vue 223/663
-
-
-
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE MÉTALLISATION PAR PROJECT!ON = 207
- de ces émissions sur ondes très courtes, d’utiliser des étages d’amplification à haute fréquence avant la première détection.
- On peut évidemment employer un procédé de modulation quelconque, choisi parmi l’un des systèmes que nous avons indiqués. On peut toutefois remarquer que, dans ce cas, le montage en simple autodyne de la première lampe convient fort;, bien par suite de la très haute fréquence des oscillations incidentes et du faible décalage nécessaire à la production des battements,
- M. Pierre Louis, l’inventeur bien connu, utilisait
- Fig. ii. — Un modèle récent de superhétérodyne américain. poste portatif
- Nos lecteurs ont pu se rendre compte, par cette étude, des diverses formes du dispositif superhétérodyne, de l’ingéniosité déployée par les techniciens pour donner aux postes réalisés suivant ce principe une forme aussi efficace, aussi simple, et aussi pratique que le permettent le principe
- Fig. 12.
- Un modèle récent de superhélérodyne américain. Radioraeuble.
- ainsi une superhétérodyne, avec première lampe autodyne, dans ses derniers essais. On pourrait d’ailleurs effectuer deux changements de fréquence successifs; transformer les ondes très courtes en ondes courtes, puis amplifier ces deuxièmes à l’aide d’une superhétérodyne ordinaire.
- même et l’état des connaissances radioélectriques.
- Aucun autre système de réception ne possède actuellement une sensibilité, une sélectivité, et une simplicité de réglage aussi grandes, il mérite donc à juste titre d’être étudié en détails.
- P. Hémahdinqueu.
- ACADEMIE DES SCIENCES,
- Séances de juillet 1925.
- [/utilisation des combustibles liquides. — M. Du-manois communique les résultats qu’ont donnés, avec une voiture de 12 ch, A cylindres (alésage, 75 mm; course 150 mm), divers combustibles liquides : l’alcool m éthylique pur, le carburant national, l’alcool éthylique, enfin, un mélange d’essence avec 20 pour 100 de pétrole lampant et 2 pour 1000 de plomb tétraéthyl, le passage de l’un à l’autre de ces produits s’obtenant par
- un changement de gicleur. Une particularité intéressante à signaler au sujet de l’alcool CH5OH, est l’avantage qu’il y a à l’employer additionné de 5 pour 100 d’eau. De ces essais, il résulte qu’il esl possible de réaliser, avec la compression 6, un moteur susceptible d’employer, sans modification, les différents combustibles liquides, même l’essence mélangée de pétrole, par l’emploi d’antidétonant. P. B.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE MÉTALLISATION PAR PROJECTION
- On doit à M. A. Schoop, de Zurich, le procédé bien connu de métallisation par projection. La Nature, à plusieurs reprises, en a entretenu ses lecteurs. Ce procédé est entré depuis longtemps déjà' dans la pratique industrielle courante et il y rend de signalés services. M. Schoop vient d’y apporter un perfectionnement qui assuré une remarquable' simplification de l’outillage de pro-
- jection et permet en même temps d’obtenir des résultats nouveaux fort intéressants. Le procédé Schoop était pratiqué jusqu'ici de la façon suivante, Un fil du métal à projeter est fondu soit électriquement, soit par la flamme d’un brûleur oxhydrique ou oxyacétylénique, puis soumis à un jet d’air comprimé qui le divise en un nuage de fines gouttelettes et lé projette avec vigueur contre la surface à traiter.
- p.207 - vue 224/663
-
-
-
- 208 r__-UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE MÉTALLISATION PAR PROJECTION
- Dans la nouvelle variante du procédé Schoop, le métal à projeter est réduit au préalable à l'état de poudre extrêmement fine. Cette poudre est projetée par de l’air sous pression au moyen d’une sorte de pistolet dont la forme extérieure rappelle celle des machines à peindre à l’air comprimé ; le nuage ainsi projeté pénètre, dès sa sortie du pistolet, dans une flamme très chaude où il entre en fusion. L’appareil qui sert à réaliser ces opérations comprend essentiellement une tuyère pourvue d’un canal central et de deux canaux circulaires concentriques au premier. 11 se monte sur un brûleur quelconque, comme ceux qui servent à la soudure autogène ou.au découpage des métaux. Par le canal central s’écoule le jet de gaz combustibles, mélange d’acétylène et d’oxvgène par exemple, qui brûle à la sortie de la tuyère; le canal du milieu sert au passage du métal en poudre projeté par l’air comprimé, le canal extérieur livre passage à un jet d’air com primé qui sert à pulvériser plus finement le métal fondu dans la flamme centrale et à accélérer le mouvement des particules. Le brouillard métallique ainsi obtenu forme un jet d’une épaisseur très régulière. Les particules extrêmement fines sont maintenues pendant tout leur parcours à l’état liquide et c’est sous cette forme qu’elles atteignent la surface à recouvrir.
- Dans l’ancien procédé, le jet métallique se refroidissait si vite que l'on pouvait, sans danger, placer la main à quelques centimètres de l’orifice du pistolet métalliseur. Les particules se solidifiaient donc dans le parcours; pour réaliser la métallisation, il fallait leur communiquer une très grande vitesse, afin que le choc de ces petits projectiles contre la surface à traiter dégageât une chaleur intense, provoquant leur fusion au contact de cette surface. Dans le nouveau procédé, le jet reste à haute tem-
- pérature sur tout son parcours et il ne faudrait pas se risquer à y mettre la main.
- Les revêtements obtenus par cette nouvelle méthode sont d’un grain si fin qu’on ne peut plus les distinguer des revêtements obtenus par voie électro-lytique, et il n’est plus nécessaire de procéder ensuite à un polissage de la surface. Ils sont remarquablement denses, réguliers, continus et adhérents. Pour obtenir une bonne adhérence, avec l’ancienne méthode, il fallait au préalable traiter au jet de sable les surfaces à métalliser. Cette opération
- . n’est plus nécessaire.
- Les poudres métalliques que l’on trouve dans le commerce sont en général très oxydées, mais cela n’est pas un inconvénient; il suffit de travailler en flamme réductrice ; les oxydes se réduisent au cours du parti-dans la flamme chaude et c’est du métal parfaitement pur qui arrive au but.
- C’est ainsi qu’avec une poudre de cuivre de couleur noirâtre, on obtient un revêtement ayant la belle couleur rouge caractéristique du métal pur.
- Certaines impuretés qui peuvent se trouver dans la poudre : tracés de graisse, de glycérine, poussière de charbon, loin d’avoir un effet nuisible, ont au contraire une influence favorable. Aussi les paillettes métalliques, déchets du meulage, constituent-elles une matière première excellente, en même temps que bon marché et facile à se procurer, pour la préparation de la poudre métallique.
- Le nouveau pistolet métalliseur est en outre de construction beaucoup plus simple que l’ancien pistolet, utilisant le métal en fil. 11 coûte moins cher et peut s’employer aisément, dans les plus modestes ateliers déjà pourvus d’un chalumeau oxyacétylénique.
- R. VlLLIÎUS.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laboiie, 9, rue de Fleurus, Paris — 1925.
- p.208 - vue 225/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2687. — 1 ......—- _= 3 OCTOBRE 1925
- LA COULÉE DES MÉTAUX EN PLAQUES
- Il est intéressant pour certains métaux de réaliser la coulée en plaques relativement peu épaisses. Pour le zinc, par exemple, et pour l’aluminium, on facilite ainsi le laminage ultérieur qui donnera le métal en feuilles.
- Le. nickel est également coulé en plaques lorsqu’il s’agit de préparer des électrodes pour les bains d’électrolyse, mais c’est surtout pour le cuivre que
- fondu que pour les autres métaux. Généralement la coulée se fait au moyen d’une petite poche tenue par deux manœuvres et dès qu’un moule est garni de métal fondu, une rotation de tout P appareil amène devant la poche le moule suivant.
- Pendant une rotation complète, le métal a le temps de se solidifier et une autre équipe démoule les plateaux de zinc obtenus, ou, si cela est néces-
- la coulée en plaques est intéressante. On sait, en eftet, que le raffinage du cuivre est obtenu par l’électrolysc et la forme la plus appropriée à donner au métal impur, que l’on coule dans des lingotières, est la plaque métallique de peu d’épaisseur.
- Il est assez difficile de préparer des moules de fonderie pour obtenir des plaques minces ; cela exige un atelier de grande surface, le transport de la poche contenant le métal fondu se fait sur un trop grand parcours. On a donc imaginé des dispositifs mécaniques dont les plus simples consistent en une série de moules disposés sur un chemin de roulement circulaire, les moules venant se présenter vides successivement devant la poche de coulée.
- Dans les installations où l’on prépare le zinc, ces machines sont généralement très simples, car dans ce cas la-poche de fonderie contient moins de métal
- saire, elle retire le moule garni de métal pour le remplacer par un moule vide.
- C’est surtout pour le cuivre qu’on a imaginé des machines perfectionnées qui assurent un moulage automatique. La machine lüeepinger est constituée par un cadre circulaire horizontal qui tourne sur un rouleau et qui, comme lès machines utilisées dans les fonderies de zinc, comporte une série démoulés. Ceux-ci sont mobiles autour de leur axe et chacun est pourvu vers l’intérieur d’une poignée. L’appareil est mis en mouvement et les poignées des moules servent successivement à renverser chaque moule pour laisser tomber la plaque de cuivre qu’il renferme (fig. 5).
- Le cuivre fondu est amené dans des lingotières sur une plate-forme et il se déverse successivement dans tous les moules qui passent devant le bec de la
- 1 \ — 200.
- 53' Année. — 2’ Semestre
- p.209 - vue 226/663
-
-
-
- 210 —.-r-- .LA COULÉE DES MÉTAUX EN PLAQUES
- Fig. 2. — Machine de la-'Magma Coppèr O.
- lingotière. Les manœuvres se font par pression hydraulique et le moule qui est en période de remplissage est diamétralement opposé à celui duquel on extrait la plaque solidifiée.
- Cette solidification du métal est accélérée pendant le trajet d’une extrémité à l'autre d’un diamètre, au moyen d’une aspersion d’eau.
- Avec cette machine on peut mouler 500 tonnes de cuivre par 24 heures avec 5 ouvriers. On obtient ainsi des plaques de cuivre déjà raffinées, mais mal-, gré tout impures et l’on peut les envoyer telles quelles directement à l’électrolyse.
- Une machine plus perfectionnée encore est celle qui est employée à la Magma Copper Cy (fig. 2).
- Ici les moules ne sont plus disposés sur un châssis circulaire, mais forment pour ainsi dire les éléments d’une immense chaîne sans fin qui tourne sur deux tambours placés à grande distance l’un de l’autre. À la. partie supérieure les moules se présentent horizontalement et passent à une extrémité sous le hec.de la poche de coulée, qui se charge de remplir le moule de métal fondu.
- La chaîne se déplace et elle continue son trajet pendant que tous les moules successivement se trouvent remplis de métal. Lorsqu’ils arrivent sur l’autre tambour extrême, les moules, qui suivent la rotaiion, basculent et déversent à la partie inférieure le bloc de métal solidifié qu’ils contiennent. _On obtient alors une production pour ainsi dire automatique, à condition d avoir constamment à sa disposition une poche pleine de métal liquide. Le personnel nécessaire à la fonderie est réduit au
- minimum; il n’exerce en réalité qu’une simple surveillance, de manière à remplacer, chaque fois que cela est nécessaire, les moules qui pourraient être détériorés. Il leur suffit d’évacuer de temps à autre les gâteaux de cuivre solidifié qui tombent de la machine et de les ébarber grossièrement. ?
- On voit que dans l’industrie métallurgique, on a recours de plus en plus à des installations mécaniques très complètes, qui ont pour but de réduire le personnel nécessaire et de réaliser l’automatisme le plus complet possible. P. Maiiiîcual
- Fig. 3-. — La machine Kleepinger.
- A, lingotière; B, moules; D, cadre circulaire tournant portant les moules.
- p.210 - vue 227/663
-
-
-
- 211
- LES NOMS DE FAMILLE DE FRANCE
- I. Formation historique (*). — Les noms de famille n’ont pas existé à toutes les époques de l’histoire et ont été inconnus chez des peuples très civilisés comme les anciens Grecs, les Hébreux, etc. Si les Romains possédaient un et même deux noms de famille (le nomen gentüicium, nom de la gens, et le cognomen, nom de la familin, subdivision de la gens), en revanche les Gaulois ne portaient que des noms individuels. À l’heure actuelle encore, il n’y a pas de noms de famille, non seulement chez les peuples primitifs, mais chez divers peuples orientaux plus ou moins évolués.
- Le nom de famille n’est donc pas seulement une conquête de la civilisation. Il suppose une société fondée sur une organisation très solide de la famille et une puissante armature administrative fortement centralisée : c’est le cas de la Rome antique, de la Chine, et des nations européennes à partir de la Renaissance.
- De même que les Gaulois avaient peu à peu adopté des noms romains, de même le système onomastique latin a com plètem eut dispuru à la suite des Grandes Invasions, et il n’en est rien resté. Le plus puissant facteur de transformation, à cet égard comme à tant d’autres, fut le christianisme, qui, par l’institution du nom de baptême, fit disparaître l’onomastique romaine, en faisant triompher pour plusieurs siècles le système du nom individuel, du nom unique. Celui-ci
- 1. Mémento Diiïi.ioGJiAi'iiiQHji. — Moyen âge : À. Ginv, Manuel de diplomatique, 1. lit, cli. n (Paris, 1894) ; A. Long.non, Poly-plique de Sainl-Gcrmain-des-Prés, !.. I, app. 1Y (Paris. 1875). — Travaux d’ensemble : À. Dauzat, Les noms de personnes (Paris, Delagravc, 1925) ; E. Rittkk, Les noms de famille (Paris, Franck, 1875). — Travaux d’ordre régional : J. n'Auiu.u:, Les noms de famille à Provins au xm' siècle (Bulletin de la Société d’histoire de Provins, 1924) ; M. Boudet, Onomastique canlatienne (Revue de la Haute Auvergne, 1925) ; Eumont, Noms propres sainl-pplois (Neulchâlel, .1890); Uaiuakt, Sobriquets, prénoms, nom de famille d'un village vosgieu (Epinal, 1901); Moisv. Noms de famille normande', Potier de Courcy, Dissertation sur Vorigine des noms de famille en Bretagne (Rennes 1850). Pour la Suisse romande et la Belgique, voir la Bibliographie de l’ouvrage précité de Fauteur (Les noms de personnes).
- cadrait d’ailleurs avec les habitudes des conquérants, Francs, Burgondes, Wisigoths, qui n’avaient pas de patronymes.
- Tout comme jadis les Gaulois, les Gallo-Romains adoptèrent très vite les noms de leurs vainqueurs ; prestige des conquérants et de la noblesse. Pour l’ensemble des actes de cette époque, en Gaule, le quart à peine des noms est germanique au ve siècle, tandis qu’au ixe c’est la presque totalité, aussi bien pour les villes que pour les campagnes même reculées ; on pourra s’en convaincre en relevant les noms des paysans auvergnats du ixe-xe siècle, dans le Cartulaire de l’abbaye de Sauxillanges
- (publié par H. Doniol).
- On peut donc considérer la période qui s’étend du v° au xe. siècle comme celle du nom unique, sous certaines réserves. Le système onomastique latin se conserve dans l’aristocratie jusque vers le vie siècle. D’autre part les surnoms n’ont jamais été complètement absents, mais ils commencent à apparaître vers le ixe siècle. La fin du xc siècle ne marque pas moins un tournant important dans l’histoire des noms comme dans l’histoire sociale : c’est l’époque où la société se stabilise dans le régime féodal, où l’homme s’attache à la terre, où la personnalité des lois fait place à la territorialité des coutumes. La famille se fixe; les noms de famille vont apparaître.
- Du xie au xve siècle, le nom individuel est suivi, de plus en plus, d’un surnom, qui, en se cristallisant et en passant du père au fils, va devenir nom de famille. Socialement les surnoms apparaissent surtout d’abord chez les nobles. La cristallisation se manifeste principalement à partir du règne de Philippe Auguste. En France elle commence dans le midi et gagne rapidement le nord, puis l’Allemagne rhénane, pour s’étendre ensuite vers l’est. Tous les noms de famille d’Europe sont donc d’anciens surnoms — au sens large du mot — devenus héréditaires. Le nom de famille s’appelle encore surname en Angleterre, cognome en Italie, par opposition au prénom qui est resté là le ncime, ici le nome.
- PAS o? \ V.* CALAIS
- ’» nord"*
- SOMME t
- OISE / ,J \ i \ V
- MWChI'CALVADOS • EURE \ } ') } iMOSELLErV.,'**,*.*^ Q
- f / {'SEINE,-. V \ /MEUSE,’ -v ‘'—BAS * r«
- ' '-s SE3NE1/ criMcX MARNE ; iMCURTHE , *
- K '* \ ET X SEINE», i , ET \ « RH1NJ
- r ) ORNE \ eurp' OISE* » ET î. X\ ; *\ 1,M0SEIU\/ *
- '"T.......K..V ; f, \ {MARNE f*"' "V '’t'..............................L i
- YONNE
- RHIR ♦ 4 ; Èelfont
- CHER/^-V-,._.v ; .CÔTfiX 3A0NJU>-^
- ° 0R *"'<00065,**
- «•«. £T \ V -------"h. ♦
- :««ENNE; ^ aube .UÏEy VOSGES/H «nq
- LOI R ET ....' '"*RKE 'f'"'---' RHm T
- ______‘jw* x...
- ......... LOIRE/ main
- £ Supérieure;
- V
- ... ‘ lix ï'/AiS8l6(///MW///Ad/J*Wf- U«»A>* SUISSE
- v\vendee,deuï, :.7^^ÆÆr////Â9Âmtti i ^
- /geogr. des 'a noms précédés de 3,3u. à la.
- (Auc/air Amartin)
- t Maximum f de denaite ‘ o/e cette ser/e
- ---- ftép. des n.
- EEF individuels =r précédés de de (Dejeanl
- t Limite du • Flamand(auN,
- f du breton.au I N-Q, dubastiui ,au S-û,
- 'Immn PU-Y '-.louuC"
- kHF"/r*" / . ot DOME
- SAVOIE
- __/CANTAL \ LOlRB^l—V
- L0TY>àaÇoR6wÈ'r ALPE;H
- •v ! LOT ! VLOtERhftp......JJ . »
- \-/'GAR0NNEj"'*'v,-.-'‘'} AVEYRON BASSES t* ,
- _ ..... CtARN ALPES ‘;M-pdv
- LANDES1''*'* 'TçAnonnE,'^ J*-1-.!*-11 v._l'1ilAR’\tlJî *
- •' ' ’ *' -------’ *uut
- ^'-/OOROOGNE'';
- girondeS-,
- {fosES ;....-/'GARONNE/ *' *35
- ^r/nÉES/'h«. i, X''""”'; AUDE < ‘TE JPYRENttSÿ' ARIEGE;
- Ç 8 ^ *....... .Wrcnécs
- Fig. i. — Noms de famille auxquels s’est agglutinée une hrébnsilinn.
- p.211 - vue 228/663
-
-
-
- LES NOMS DE FAMILLE DE FRANCE
- 212
- En France la fixation des noms de famille commence à la fin dn xve siècle avec la création de registres d’état civil dans quelques paroisses, mais elle ne devient légale qu’à la suite de l’ordonnance de Yillers-Cotterêts ' (1559) dont l’article 51 rend obligatoire la tenue de ces registres dans toutes les paroisses ; ces registres sont tenus par les maires depuis la Révolution. Les Israélites n’ont un nom de famille légal que depuis le décret du 20 juillet 1808 qui leur prescrivit d’en adopter un (en général le surnom, individuel ou héréditaire, fut choisi). Quant aux enfants trouvés, le nom est donné par l’officier d’état civil.
- II. Origine et sens. — Les noms de famille, quant à leur origine, se rangent en quatre catégories : noms individuels, noms d’origine, noms de professions, sobriquets. Ils s’expliquent, bien entendu, par la langue parlée à l’époque de leur formation (en moyenne du xne au xve siècle). Seules des formes de la fin du moyen âge peuvent donner, dans les cas douteux (et ils sont nombreux (l), des certitudes étymologiques.
- Beaucoup de noms de famille sont d’anciens noms individuels, d’anciens noms de baptême. Le fait saute aux yeux pour les prénoms encore usités à l’heure actuelle, quand une famille s’appelle Henri ou Henry, Louis, etc. Ce sont là des patronymes relativement récents, qui ont été souvent donnés à l’origine à des enfants naturels. Les noms anciens de cette série présentent presque tous des déformations.
- . Un des types les plus fréquents est fourni par les dérivés, grâce auxquels on distinguait, à la fin du moyen âge, les nombreuses personnes portant le même nom de baptême, depuis l’époque (xne-xme siècle) où certains noms de saints s’étaient popularisés; en outre, l’initiale du mot peut être amputée ou la finale abrégée. À Denis se rattachent ainsi üenisot, Denisard, N isard; à Guillaume (un des noms les plus en faveur, à l’époque, avec les suivants), Guillet, Guillot, Guillaud, Guilloteaux, Guillemin, GuilleminoG etc. ; à Jacques, Jacquot, Jacotol, Jacotin, Coltin, Cottet, Jaquinot, Jaque-min, Jaqueminot, etc. ; à Jean, Jeannet, Jeannin, Jeanneret, Jeanneney, etc. ; à Nicolas, Nicolin, Colas, Colin, Colinet, etc.; à Pierre, Pierrel, Perret, Perrot, Peyre, Peyrouton, etc.
- Un grand nombre de patronymes représentent d’anciens noms de baptême qui, depuis longtemps, ne sont plus en usage, en général des noms d’origine germanique comme Aymon, Aimery, Arnaud, Giraud, Hubault, Rumbaud, etc. Ceux-ci ont été également sujets aux altérations : à Arnaud se rattachent Arnaudeau, Naudeau, etc.; à Aubert, Aubertin, Berlin; i\ Aimery, Méry, Méric. Il serait facile de multiplier les exemples (2).
- 1. Surtout du fait des altérations graphiques, dont nous parlerons plus loin, et des. confusions d’homonymes et de paronymes.
- 2. Pour plus de détails, je renvoie à mon livre Les noms de personnes, où j’ai étudié également les noms de baptême et prénoms, les surnoms et les pseudonymes.
- Bar noms d’origine on entend les noms qui se rapportent à la propriété, à l’habitation, au pays d’où l'individu ou la famille était originaire. Cette catégorie, une des plus nombreuses, renferme d’abord les noms des familles nobles, tirés du nom de leur terre que précède la préposition de. Cette formation, l’une des plus anciennes, était à l’origine un véritable surnom; ce n’est que vers le xvne siècle que la « particule » prit une allure nobiliaire, spécialement aux yeux des roturiers, comme nous le montrent les plaisanteries de Racine et de Molière sur « Monsieur de Petit-Jean » (Les Plaideurs) et « Monsieur de l’Isle » (L’École des femmes).
- Nombre de roturiers prirent aussi le nom de leur propriété, ou, plus souvent, on le leur donna. Mais chez ceux-ci l’appellation la plus fréquente est celle qui évoque telle ou telle particularité de la maison (surtout rurale) habitée par la famille, le voisinage d’un bois, d’un bouquet d’arbres, la situation près d’un ruisseau, sur une hauteur, etc., la présence d’un orme ou d’une treille devant la porte. Ainsi s’expliquent une foule de noms de famille comme Maisonneuve, Caseneuve, Dubois, Duchêne, Delorme, Lalreille, Dupuy (bien différent de Dupuits, Dupuis), Lacôte, Duru ou Duruy (= du ruisseau), Duval ou Délavai, Dumont, etc. Tous les éléments de la végétation y passent. Plus spécialement urbains apparaissent Delangle, Chéde-ville et Capdeville (= chef de ville, c’est-à-dire à la tète, à l’entrée de la ville). Delarue et Chaussée, Cauchy, Chaussade rappellent des habitations sur la rue, sur la chaussée. La présence d’un jardin est évoquée par les vieux mots ort (Delorl), Courtil et Courtial, comme par Dujardin, Desjardins.
- Enfin on peut porter le nom de la localité ou du pays d’origine d’un lointain ancêtre. Le nom de lieu peut être précédé du nom de de : il y a des Beauvais, Besançon, Paris... en face des Davignon, Decaen, Devenues... Puis voici des noms de provinces (Bourgogne, Debrie, Denormandie), des adjectifs {Breton et Lebreton, Normand et Lenor-mand, Ternisien [de T émois], Berruyer ei Berry er [de Berry]...), des noms étrangers : Lang lais et Langlois, Lépagneux (l'Espagnol), Lombard (ancien nom des Italiens), etc.)
- Sans être les plus fréquents, les noms de professions (ou d’états) sont assez nombreux. Us sont surtout intéressants parce qu’ils font revivre devant nous tous les anciens noms de métiers de la fin du moyen âge : Baigneau (tenancier d’étuves), Ghaus-setier (fabricant ou marchand de bas et chaussettes), Cosçon (revendeur), Fèvre (forgeron), Fournier (boulanger), Fourlier (constructeur de fours), Gâtellier (pâtissier), Heaumier (armurier), Cormier (fabricant de lorains, guides), Mire, Mège (médecin), Navier (producteur de navets), Orger (grainetier), Parmentier (tailleur), Sueur (cordonnier), Tellier (rouisseur de chanvre), Tixier (tisserand).
- Si l’on comprend que les noms de baptême, portés
- p.212 - vue 229/663
-
-
-
- LES NOMS DE FAMILLE DE FRANCE ________= 213
- V * 11 J‘
- l !
- ilifélÜ
- 'f/fff'ntre.
- c/e aenôite max/ma des
- Lefèvre
- - /SEINE INF MSy {ARDENNES,'*»..*»»»»»»^
- 1L WWCHE.'CALVADOS ! EURE / ^ 'î *|
- I- ? / ,—•« j'SEINE / MADMr /MEUSE) —, BAS /
- \f _-f ..... , \i '"‘Tb Vf \Rhin/
- ,~usloir\—. ; y&! s•\fjJk i 9;
- A-iw “"T—crj "fH wL)
- -----flià VENDÉE^ FE’B RÇ «ONF. ; jUNA;.-
- ..../0EM,r jfu.ERj" E7-;....4^
- ^ '.SEVRES-'-..,,^ '\CREU5E f ; F A aV/
- ^^RE'v.ENHâV-../ pqr
- SUISSE
- / Limite i du flamand .(au MJ du breton (au U-o) du basque (au 6-0J
- : de DQwt
- \LOUt£\^
- ^-4TlÜi\^^REV<
- , .. :onde\-, J r^T^y C. H f>‘':
- L ' / "'“''T' Art,iftB^°ècHVDRÔMkALPE?':
- '“'N / LOT *•»/ ^'TOIEREa, . ,''"•*• •
- \.''GARONfiE’.'*'s'\---'''l>t AVEYRON /A V''BASSES /
- JLm '') vTARN EV"-'*-'. ''7j GARfSl ' '''' ALPES 4
- L^7^>* •/* *{eAAOwt«/ \* AyVuClu5E\ .,
- -t
- T>
- f\3jjÊ\ ~ -«AROntie/ \' \ ^ .-...’jdfP**’
- ^♦.^"^.«ses •7^X'5$^°ii|ïf/" ** s'v"'\v-4
- *+.fVHfbhi/H*'-\ /“*“« ^ ^W*^
- *•1 ^ j PYREHÊES';;' ARIEGE; * \ H
- P «* '***.**♦ ****^.._ Walnées) ».» J ^ ^ w,‘l \ .u J;
- 4 G N g
- 7<7,g-. 2. — Noms de profession. Répartition géographique des noms de famille représentant le latin faber {forgeron.)
- les mêmes de père en fils, aient pu devenir héréditaires, et, à fortiori, le nom d’une profession pratiquée longtemps dans une famille ou une appellation relative à la maison, on s’explique mal,' de prime abord, qu’un sobriquet, individuel, par sa nature, ait pu devenir héréditaire. Comme le même fait se produit de nos jours dans nos villages, où le fds, même brun, d’un homme surnommé Le Rouge, est souvent appelé Le Rouge à son tour, il faut bien admettre cette association d’idées qui s’est répétée à plusieurs époques de l’histoire.
- Le domaine des sobriquets est très vaste. Les uns relatent une particularité corporelle, comme Legrand, Legros, Poincaré (poing carré), Jambon (grosse jambe), Gambetta (petite jambe)(*), Chauvet, Cha.uveau, Calvet (chauve), Roux, Roussel, Rousseau,
- Brun ou Lebrun (brun de cheveux),
- Moreau ou Morel (brun de peau, comme un More). Difformités et infirmités ne manquent pas d’être évoquées, témoins
- 1. D’origine ifalienne (le grand-père paternel de Gambetla était originaire de Celle Ligure).
- PAS de “• CALAIS
- NORD *
- SOMME
- SEINE INF
- OISE
- EURE
- /‘MEUSE;
- {'SEINE..-)
- CTSr%' SEINE’
- F11Rp\ 0,\St ! ET EUJIE \ MARNE
- ET ' J
- LOIR
- MARNE
- G ES /,
- AUBE !
- LOIRET
- YONNE
- LOIR L---. ET CHER
- COTE
- CHER,
- S U I SS
- J SAONE \JURA ET J-OIR^.' j
- ALLIER
- VIENNE’
- SAVOIE
- HAUTE
- LOIRE
- H *»«% ALPES,/
- .^^Vdrome
- LOZERE,
- BT ftT,
- *onne:
- BASSES
- ALPES
- \TARN et, SGMïOHhe/
- GARD
- TARN
- HERA<
- ov-RHÔNE'
- jffk t>irkun aa r. f
- Lig. 3. — Noms d’origine. Répartitions dans l’Est et le Sud-Est des noms de famille formés d’après le latin podium.
- Rossu et son diminutif Rossuet, Loucheur, Cagnard, Leborgne, etc. Qualités et défauts moraux ne sont pas oubliés : voici Appert (ouvert, intelligent) et son contraire Malappert ; Avinen, Avinain (avenant), Aslruc (né sous un bon astre), Lecointe (le joli), Mignon et Mignot, Testevuide.,. Le sens originaire de Lebon n’est pas « bon », mais « brave », sens qu’avait encore le mot au xive siècle (c’est la valeur du surnom donné au roi Jean le Bon).
- D’autres sobriquets rappellent des particularités de l’habillement affectionné par un ancêtre et qui, pour avoir attiré l'attention, ne devait pas être celui du commun : ainsi s’expliquent Brongniart (de broigne, sorte de haubert), Chappe, Chaperon, Chappedelaine, Cotte, Lacotte, Cotard, Iieuzé et Heuzey (chaussé de heuses, bottes).
- Des particularités de parenté se sont cristallisées dans certains noms : les plus fréquents sont Laine, Gendre et Legendre, Neveu et Leneveu. Le fils est rare, parce que la succession d’un fils à son père était chose trop commune pour donner lieu à surnom. Avec épithètes, on trouve Bonfils, Maugendre (mauvais gendre), Malfilâtre (mauvais beau-fils). Certains composés ironiques rappellent des habitudes vraies ou supposées, comme Boivin (dont Boileau est l’antiphrase ironique), Cachèleu (chasse-loup; Picardie et Artois), Estùncelin (querelleur; Normandie), Watebled (gâte-blé, Artois). La plupart des sobriquets ont une valeur ironique, .souvent péjorative.
- Les surnoms que nous avons relatés jusqu’ici se rapportent, en principe, à des hommes; leur cristallisation héréditaire a constitué des patronymes. Mais les noms de famille renferment aussi, en
- p.213 - vue 230/663
-
-
-
- 214 •-----------LES NOMS DE FAMILLE DE FRANCE
- France comme ailleurs, des matronymes, soit qu’un enfant naturel ait pris le nom de sa mère, soit qu’une veuve ait vécu assez longtemps pour imposer son surnom à la maison, à la lignée. On trouve des matronymes parmi les noms de famille issus de noms de baptême : à Julia, Madeleine, Marguerite, Marie, Marion qui s’expliquent d'eux-mêmes, joignons Joanne (forme dauphinoise de Jeanne), Lamartine (la Martine), les altérations Margot, Margaux (Marguerite), Collette (Nicolette), Babelon (Elisabeth, altérée en Babet), Dalidou (diminutif méridional d’Adélaïde), et des féminins de noms masculins comme Larnaude (l'Amande, c’est-à-dire la femme d’Arnaud). On trouve aussi quelques noms de professions au féminin (A lameunière, Laumière, c'est-à-dire Yheaumière), et un certain nombre de sobriquets féminins comme Bellemère, Brune et Brunhe, Niepce (nièce).
- Dans certains cas, l’interprétation est douteuse. Les noms qui désignent des professions peuvent avoir été des sobriquets. Le fait est certain pour les noms qui évoquent de hautes dignités comme Comte et Lecomte, Boy et Leroy C), Cape et Lepape ; il est plus douteux pour les Bailly ou les Prévost, qui peuvent appartenir à l’une ou l’autre catégorie : des recherches d’archives peuvent seules en décider s’il existe d’anciens documents probants. — Voici un autre aspect de la difficulté : pourquoi a-t-on donné à un homme un nom d’instrument comme Goy (sorte de serpe) ou Siette (petite scie)? Etait-ce une métaphore (profil ou silhouette évoquant un instrument) ou une métonymie (parce qu’il se servait fréquemment de cet outil)? Question délicate que tranchera ou non, le cas échéant, l'étude des anciens textes, aidée par l’analogie, de cas similaires. — Enfin les altérations de forme, dont nous parlerons bientôt, ont provoqué de nombreuses confusions : Picard représente parfois l’altération de Bicard (ail. BicUiardt ) ; Meyer est l'hébreu Méir qui s’est altéré en Allemagne sous l’influence du mot signifiant « métayer >'(*); en Gascogne, Poublan (habitant) et Poutblanc (coq blanc) se sont parfois confondus.
- III. Répartition géographique. — Nous ne nous occuperons que des noms originaires de la France romane, renvoyant aux ouvrages spéciaux pour les noms de famille basques, bretons, flamands, alsaciens, et pour ceux d’origine étrangère.
- Les noms de famille s’expliquent par la langue, non seulement de l’époque, mais encore de la région où ils ont été formés. A l’époque de leur cristallisation (xme-xve siècle), le français n était encore que le dialecte de la région pari-
- d. M. J. d’Auriac a supposé que Leroy, Lecomte représentaient « 1 homme le roi », « l'homme le comte ». On ne peut admettre cette hypothèse, parce qu’il n’v a pas de Duroy, Ducomie, et qu on rencontre des Roy ou Leroy dans des régions, comme la Franche-Comté, où il n’y a jamais eu de roi.
- 2. Ce nom est porté par des Israélites (d’origine allemande) qui ne pouvaient être appelés métayers puisqu’il leur était détendu de cultiver la terre.
- sienne. Tous les noms de famille de France ont donc une physionomie dialectale plus ou moins caractérisée qui permet en général, en l’absence de données historiques, de localiser plus ou moins l’origine de ces noms, en dépit de migrations ultérieures, toujours possibles, des familles.
- La phonétique est le réactif le plus sûr. Connaissant les lois qui ont présidé à l’évolution des sons dans les diverses régions de la France, il est facile, d’abord, d’opposer les noms méridionaux à ceux de la langue d’oïl : du Midi sont originaires Bosq, Del-prat. Delrieu, Estève, Jouan, Jouve, Laprade, Lèbre, Loubet. Mège, Peyre, Bey, Ribe, Sudour, Tardieu, Viguier, dont les formes correspondantes en langue d’oïl sont Bois, Dupré, Duru (et Duruy), Étienne, Jean, Jeune, Lapré, Lièvre, Louvet, Mire, Pierre, Boy, Bive, Sueur, Tardif, Voyer. La connaissance de la phonétique dialectale no is permet de préciser que Varnier, Vautier, Vautrin, Vuillaume (correspondant à Garnier, Gautier, Gauler in, Guillaume) sont de l’Est (Lorraine, Franche-Comté, Suisse romande); Duquesne (du chêne), Cacheleu (chasse-loup), Cauchy (Chaussée) normanno-picards; Chaussa de (chaussée), Farge (forge) auvergnats et limousins; Bonnehont (bonne fontaine), Castels (château), Labat (la vallée), gascons; Batlle (bailli), Puig (puy) roussillonnais, etc.
- Toutefois le critère phonétique manque souvent de précision : des formes comme Dupré, Dupuy, Fèvre peuvent, au point de vue phonétique, appar-tenir à n’importe quelle région de la langue d’oïl (1 ); Martin, à la langue d’oïl, à l’est et au sud-est; Breton, Lavigne, Laurent, à n’importe quelle région de la France romane Enfin, comme on le verra, l’influence du français a été susceptible de transformer la graphie de certains noms au cours de leur histoire.
- La morphologie et la syntaxe offrent quelques éléments délocalisation. Parmi les noms de famille, substantifs ou adjectifs peuvent être précédés ou non de l’article (défini ou partitif) : Roux et Leroux, Roy et Leroy, Puy et Dupuy, etc. L’analyse montre que les formes sans article prédominaient à l’est et au sud, les formes avec article au nord et à l’ouest. La limite varie suivant les types (Cuva plus au sud que Le-) et même suivant les mots. Dans l’ensemble, le maximum des. formations avec l’article se trouve dans la région normande, le maximum sans article en Provence.
- Signalons deux types très particuliers dont notre carte I donne la répartition approximative. L’un présente un nom de baptême précédé de de : Dejean, etc., ellipse et cristallisation de la locution : « le fils de Jean». Cetle formation ne se trouve guère que dans le sud-est, occupant une large bande de territoire d’Annecy à Béziers. — Voici maintenant l’agglutination avec à, préposition qui, exclusivement en
- 1. Poitou, Charentcs et Bretagne à part en ce qui concerne fèvre (V. ci-après).
- p.214 - vue 231/663
-
-
-
- LES NOMS DE FAMILLE DE FRANCE
- langue d’oïl(J), à partir du xnie siècle, tendit à remplacer de dans la langue.populaire pour exprimer la valeur du génitif : les noms de famille du type A jean ou Aujean, Auroux, Auçjagneur... qui représentent l’ellipse de « le fils à Jean a, « le fils au Jean », « le fils au roux », etc., ne se rencontrent que sur une large bande au sud de la langue d oïl, du Maine à Mâcon, avec deux maxima de densité, dans le haut Berry et dans le Beaujolais : preuve que l’action des grammairiens, qui ont combattu cette construction, les a refoulés loin de la région parisienne.
- Les composés avec noms de baptême sont spéciaux à 1 est : Beauguitte (beau Guite, cas sujet de Guiton), Bonabeau (bon Abel), Grandidier (grand Didier), Jeanjaquët (diminutif de Jean-Jacques), Jecmroy (Jean roi), etc. — Certains suffixes peuvent être aussi localisés : -as est très fréquent en Haute-Vienne, -ot en Bourgogne et dans l’est (Colinot, Guyot, lingot, etc.)
- A l’aide de ces divers critères combinés, on peut dresser, avec un nombre suffisant de documents, des cartes géographiques de noms de famille. Nous en donnons deux exemples, choisis parmi les cas les plus typiques.
- Voici d’abord les représentants du latin faber, forgeron). La phonétique nous indique que Fabre est originaire du sud-est, Haur(e) de Gascogne, Faure du Massif Central et de ses abords, Favre de la région franco-provençale, Fèbre du Poitou, Feuvre de la Bretagne gallote (région de Rennes), Fèvre du reste de la langue d’oïl. Mais on trouve en Charente Favre, qui n’est pas d’accord avec la phonétique régionale : petit problème que nous nous contentons d indiquer. D’autre part les Fèbre sont très rares en Poitou où le nom de famille indigène est généralement Fèvre, de même que les llaur(e) en Gascogne, remplacés presque toujours par Faur(e) : .influencé là du français de Paris, ici du languedocien de Toulouse. De même les Fabre niçois (dialecte provençal) ont été italianises en Fabri sous la domination piémontaise. —- A un autre point de vue, l’article s’est agglutiné dans la plus grande partie de la langue d’oïl ; il est intéressant dé noter, dans le vaste domaine des Lefèvre, le maximum de fréquence du nom (dans l’extrême Nord). Enfin Faivre est une graphie de l’est qui n’a qu’une valeur orthographique, et Fèbre a donné naissance à un dérivé Fébreau dont on trouve des traces au sud de Nantes.
- La répartition des noms de famille venant de podium (puy) n’est pas moins intéressante. L’uniformité phonétique est encore plus grande que pour le mot précédent dans le nord et l’est : langue d’oïl et franco-provençal n’olï'rent qu’une forme puy(1 2).
- 1. Remarquer sur la carte que l’aire de cette formation s’arrête juste à la limite de la langue d’oc, et à celle du franco-provençal ; elle ne franchit pas la Saône.
- 2. En franco-provençal, elle a été généralement refaite d'après le français.
- 215
- Mais le midi présente une variété extrême : Pey dans la Provence orientale et la région bordelaise, Poney en Béarn, Puig en Roussillon, Poueleh en Ariège, Pech dans l’Aude et la région de Toulouse, Piiech en Bas-Languedoc et au sud du Massif Central, Pioch dans la Provent e occidentale, Peuch dans le sud et Peuf dans le nord de l’Auvergne. Enfin la Corse a Pozzo comme ITtalie('). Les formations avec le partitif englobent toute la langue d’oïl et, en langue d’oc, le Limousin.
- IV. Altérations et changements de noms. ___De-
- puis l’époque de leur formation, les noms de famille ont été sujets à des altérations de toute sorte.
- Ils ont été fortement influencés par la mode orthographique de la Renaissance, qui multiplia les y et surchargea les mots de lettres parasites. Ils ont échappé,, pour la plupart, à l’épuration des xvn®-xvme siècles qui simplifia l’orthographe de notre vocabulaire. Ainsi s’expliquent les graphies Roy, Lefebvre en face de Roi, Lefèvre, et les finales Arnould, Foucault, etc., dont on tend à tort, aujourd’hui, à prononcer toutes les lettres.
- Même après la création des registres de l’état civil, la physionomie des noms de famille a continué à se modifier suivant les préférences orthographiques des curés ou dos scribes. Il s’est produit des confusions entre homonymes ou paronymes (nous en avons déjà parlé), des confusions de lettfes (comme celle qui a créé Lefébure en face :de Lefèvre écrit Lefebvre), de fausses régressions (par exemple Ernoul pour Arnoul, Berthélemy pour Barthélemy, sur le modèle d’Aubartin corrigé en Auber fin).
- L influence française a agi plus ou moins ancièn nement pour rhabiller tel ou tel nom.dEn Franche-Comté, dès le xiii® siècle, des Varnier deviennent Garnier (d’après les recherches de M. Prinét). Dans le midi, les noms languedociens et surtout provençaux ont été un peu plus francisés que ceux 'de Gascogne; cependant, même en Béarn, à côté de Bonnehont on a des Bonnefoût f dont l’/'estIdû à l’influence du français. Il résulte parfois d’étranges bizarreries : dans le Puy-de-Dôme, les anciens noms Bartomeu (Barthélemy), Madeu (Mathieu), Peu (puy), Romeu (pèlerin) sont devenus Barthomeuf, Madeuf, Peuf, Romeuf, pourvus d’un f parago-gique considéré comme la caractéristique du français, parce qu’au patois beu, neu, correspondait le français boeuf, neuf.
- La question des substitutions ou changements de noms ne s’est posée que du jour où les noms de famille ont été fixés sur les registres de l’état civil. Les deux plus anciens exemples connus (relevés par M. Prinét) sont ceux de Jean deCaumont, secrétaire de Louis XV (1474) et d’Olivier le Mauvais, autorisés respectivement à s’appeler désormais Jean de Chaumont et Olivier le Daing.
- Les changements de noms de famille devaient,
- L Le dialecte corse appartient au groupe italien et se rapproche surtout du toscan, très peu du sarde.
- p.215 - vue 232/663
-
-
-
- L’AQUARIUM MARIN DU JARDIN ZOOLOGIQUE DE LONDRES
- 216
- dès le xvie siècle, être autorisés par le roi. Aujourd’hui ils sont soumis à une procédure sévère et compliquée, qui comporte essentiellement une publication dans les annonces légales, une requête au Garde des Sceaux et un décret rendu en Conseil d’Etat seulement après avis favorable du Procureur de la République. La fixité des noms de famille ayant un intérêt d’ordre public, il importe que ces noms ne soient changés que pour des raisons graves.
- Les principaux motifs allégués ou sous-enlendus par les postulants sont le désir de changer un nom ridicule, ou de prendre un nom plus élégant, géné-
- ralement à allure nobiliaire. Si les autorités accèdent aux revendications de la première catégorie quand elles sont justifiées, elles sont en général impitoyables, à juste titre, pour arrêter des fantaisies qui bouleverseraient, si l’on n’y mettait bon ordre, l’onomastique française. En moyenne, une cinquantaine de familles, chaque année, sont autorisées à changer de nom(1).
- Albert Daüzat.
- 1. Pour La période 1870-1900, on trouvera la liste complète dans l'ouvrage de G. de Saint-Marc, État des personnes qui ont fait modifier leur nom -patronymique, 4 vol., Niort, 1904-1907.
- L’AQUARIUM MARIN
- DU JARDIN ZOOLOGIQUE DE LONDRES
- La curiosité que le public témoigne actuellement pour la péniche-aquarium de l’Exposition des Arts décoratifs, nous incite à décrire les nouveaux aqua-
- à diverses reprises, soit à Londres, soit dans d’autres villes anglaises, mais sans plus de succès. Ce n’est qu’en 1922 que la Zoological Society reprit
- Fig. i. — Le bac des langoustes (Palinurus vulgaris).
- riums que le Jardin zoologique de Londres, le « zoo », vient également de réaliser et d’ouvrir au public.
- La Société zoologique anglaise qui possède le (( zoo », l’entretient, le peuple d’animaux et de végétaux et les présente au public londonien, construisit le premier aquarium marin en 1853. Ses bâtiments existent encore et servent maintenant de maison aux oiseaux plongeurs, mais leur utilisation comme aquarium fut de très courte durée. D’autres essais du même genre furent tentés depuis,
- le projet d’installer un aquarium ; les études préliminaires furent confiées à deux naturalistes connus, M. P. Ch aimer s-Mitchell, secrétaire de la Société et M. E. G. Boulenger, directeur de l’aquarium, puis l’architecte et les constructeurs se mirent à l’œuvre qui dura plus d’un an et coûta 55 000 livres sterling.
- Le nouvel aquarium s’élève ou plus exactement s'enfonce au pied des Mappin Terraces, dont les collines le protègent, de façon que les variations de température y soient faibles et lentes. Il a la forme d’un arc de cercle exposé nord-ouest-sud-est, à
- p.216 - vue 233/663
-
-
-
- L'AQUARIUM MARIN DU JARDIN ZOOLOGIQUE DE LONDRES =
- 217
- l'abri des rayons directs du soleil. Il comprend une galerie centrale pour les visiteurs, bordée de deux rangées de bacs, l’une éclairée par la lumière du jour, l’autre électriquement. Cette galerie mesure près de 155 m. de long et est compartimentée transversalement en trois parties : l’aquarium d’eau douce froide avec 25 bacs, l’aquarium d’eau de mer avec 25 bacs, P aquarium tropical avec 40 bacs. Un hall d’entrée contient un large bassin où vivent des poissons d’ornement de grandes tailles, tels que des carpes dorées.
- Fig. 2. — Ange (Squatina angélus) et chais de mer (Scylliorhinus canicula.)
- Ceux-ci comprennent une citerne souterraine de 120 000 gallons (mètres cubes) de capacité dont l’eau est élevée dans des bassins plus petits placés sur les sommets des Mappin Terraces, d’où elle s’écoule par gravité dans les bacs d’exposition. À sa sortie, elle traverse des fdtres à sable et retourne à la citerne souterraine, de façon qu'on utilise indéfiniment la même eau. La circulation doit être ininterrompue, puisqu’un arrêt de quelques heures suffit à provoquer chez les animaux des symptômes de détresse. Pour assurer l’aération, une canalisation d’air comprimé pulvérise constamment de l’air dans l’eau des bacs. Comme l’eau de mer corrode et dissout rapidement des quantités appréciables de métal, ce qui altérerait le milieu, toutes les parties en fer des canalisations ont été émaillées, les réservoirs et les bacs ont été construits en ciment ou en ardoise. Les bacs sont garnis de glaces, dont l’épaisseur atteint 8 cm dans les plus grands, pour résister a la pression de l’eau.
- Un laboratoire bien équipé, destiné aux études
- Fig. 3f
- Un Saint-Pierre (zeus faber.)
- L’installation des bacs d’eau douce, froide ou tropicale, ne présenta pas de difficultés particulières, mais il n’en fut pas de même de raquarium marin dont nous nous occuperons exclusivement ici.
- L’eau de mer naturelle fut prise, loin des côtes, dans le Golfe de Gascogne, par des bateaux-citernes de la General Steam Navigating Cv qui font le service entre Bordeaux et Londres. Arrivée aux docks de Londres, on la transvasa dans des péniches-citernes qui, par le canal de Regent’s Parle, atteignirent le Zoo ; une canalisation de 200 m. permit d’y pomper l’eau qui arriva ainsi aux réservoirs.
- Fig. 4. — Tortues de mer (Chelone mydas.)
- p.217 - vue 234/663
-
-
-
- L’AQUARIUM MARIN DU JARDIN ZOOLOGIQUE DE LONDRES
- 218
- de zoologie pure et appliquées est annexé à l’aquarium.
- I' Les bacs de la section d’eau de mer reçoivent les animaux que la Société zoologique peut se procurer ét qui supportent la captivité, ce qui n’est le cas que de certains d’entre eux.
- ' On y voit, d’une manière à peu près permanente, jes espèces les plus robustes de nos côtes, parmi desquelles on peut signaler les suivantes.
- ! Les bars (Labrcix lupus), qui peuvent peser jusqu’à 50 livres, gris bleus quand ils sont adultes, argentés quand ils sont jeunes, sont pris près des côtes où ils nagent en bancs.
- Les lieus (Gadus pollachius) fréquentent toutes les côtes rocheuses; on les expédie de Plymouth.
- Les poissons plats : sole (Solen vulgaris), plie-sole (Pleuronecles microcephalus), llet (Pleuro-nectes flesus), limande (Pleuronecles limcinda) sont recueillis sur les côtes sablonneuses ou vaseuses. Ils nagent à plat, mais ils ont malheureusement l’habitude de rester sur le fond où on ne les voit guère, à cause de leur pouvoir d’adapter exactement leur couleur à celle du milieu sur lequel ils reposent.
- Les turbots (Rhombus maximus), plus larges et plus grands, bien qu'aussi plats, ont au plus haut degré l’inconvénient de se confondre avec le sol sur lequel ils posent.
- Plus actifs sont les petits Sélaciens de nos côtes, parmi lesquels le chat de mer (Scyllium canicula) (fig. 2) et le chat roux (Scyllium catulus) aux allures de requins, avec leur gueule en dessous, leur peau chagrinée, leur queue puissante à palettes inégales.
- Le chien de mer ( Acanthias vulyaris) est encore plus voisin des vrais requins, ainsi que l’émissole (Mustelus laevis) à la peau vernissée.
- La morue (Gadus morhua) qu’on ne connaît habituellement qu’en filets salés, peut vivre et montrer ses deux longs barbillons de chaque côté de la bouche.
- Le congre (Conger vulgaris) aux mâchoires puissantes, à l’allure de grosse anguille, fort vorace, serait curieux à observer s’il ne passait ses journées dans les fentes, les crevasses des pierres, ne sortant que la nuit pour chasser et manger.
- Los bacs du côté opposé -de l’aquarium de Londres montrent d’autres espèces d’animaux de mer. On y observe généralement des spécimens des poissons suivants :
- Des raies : raie pocheteau (Raja bâtis) et raie bouclée (Raja.clavata) à la nage gracieuse..
- L’angej (Squatina , angélus) ((fig.. 2) qui nage < aussi bien, mais passe généralement ses journées à demi enfoui dans le sable. .....
- Le mulet (Mugil capito), bien connu des cuisinières, poisson actif, aux jolies couleurs argentées, et gris bleuté..
- ~ Les trigles : grondin vert (Trigla gurnardus) et hirondelle (Trigla hirundo) aux couleurs brillantes,
- aux nageoires pectorales’longues et mobiles sur lesquelles ils marchent d’un mouvement gracieux.
- Les hippocampes (llippocamims guthdatus) sont parmi les plus populaires. Leur tête de cheval, leur palette dorsale toujours vibrante, leur façon- de s’enrouler autour des supports ou même entre eux en font un sujet de surprise et de joie pour les visiteurs.
- Les syngnathes (Syngnathus acus) et les Nero-phis aux allures serpentiformes et au long bec s’ouvrant seulement au bout paraissent tout aussi plaisants. .
- Amusantes aussi par leur forme et leur agilité sont les épinoches de mer (Spinachia vulgaris) qui savent faire des nids 'd’algues comme leurs congénères d’eau douce.
- Les blennies et surtout les cottes (Coltus scor-pius) ont des têtes vraiment décoratives de poissons chinois; le plus souvent, calmes, sur le fond, ils se laissent contempler, parfois de face et présentent alors un masque vraiment monstrueux dans lequel seuls les yeux bougent.
- Les motelles à barbillons, flexibles se font remarquer par leur couleur brune.
- Les labris de forme classique, sont extraordinaires de coloration : bleus, verts, rouges, oranges; les crénilabres s’en distinguent par un point noir à l’origine de la queue.
- A côté de tous ces poissons, voici les invertébrés.
- Parmi les crustacés, on peut voir les tourteaux (Cancer pagurus) aux pinces énormes, mais assez peu actifs, et qui simulent souvent la mort quand ils se sentent menacés.
- Les araignées de mer (Mata squinado), piquantes, pointues, aux longues pattes hérissées d’épines, se déguisent souvent au moyen de bouts d’algues cueillies au voisinage.
- Plus féroces sont les crabes enragés (Carcinus maenas) et les étrilles (Portunus puber) reconnaissables aux palettes natatoires de leurs dernières pattes. Tous se livrent constamment à des combats acharnés où ils laissent souvent pince ou patte quand ils ne sont pas entièrement dévorés.
- Les bernards-l’hermite (Eupagurus bernhardus) apparaissent à l’orifice de la coquille qui leur sert de logement, la traînent derrière eux sur le fond, y rentrent à la moindre alerte, et promènent souvent sur leur domicile une actinie, Adamsia po-lypus, dont on considère qu’elle les protège par scs ? filaments urticants, tandis qu’ils la-nourrissent des reliefs de leurs festins.
- Le homard (Homarus vulgaris), bleu profond, aux énormçs pinces, la langouste (Palinurus vulgaris), rouge, aux longues antennes, sont les rois ..de grands bacs qu’ils animent de leurs déplacements, parfois très vifs, à reculons, par les mouvements de leur queue.
- Les crevettes de rocher (Leander serralus), toutes petites à côté, presque transparentes, marquent l’eau de leurs points bleus et jaunes ; elles
- p.218 - vue 235/663
-
-
-
- LES PROCEDES MODERNES
- circulent partout, ainsi que les crevettes de sable (Granyon vuigaris) à la tète carrée qui servent de nourriture à de nombreux hôtes de l’aquarium.
- Parmi les mollusques, voici les pieuvres (Octopus vuigaris) tapies dans les coins, l’œil aux aguets, l’un des huit bras prêt à se dérouler vers la proie imprudente. Leur peau change incessamment de couleur, du blanc au brun et au noir. Leurs combats avec les crabes sont homériques et, après une nage rapide, une vive agitation, des incidents innombrables, le pauvre crabe est toujours le vaincu.
- Les buccins (Buccinum undalurri), promènent lentement leur grosse coquille; les patelles (Patella vulgata), cônes cannelés, restent le plus souvent immobiles sur leur domicile ; les ormeaux (Haliotis tuberculata) collent sur les glaces leur face inférieure toute blanche ou montrent leur coquille percée d’une rangée de trous et rappelant une oreille. Les aphysies (Aphycia punctata) violettes, molles, dressent leurs longues cornes enroulées qui leur ont valu le nom de lièvres de mer; les coquilles Saint-Jacques (Peclen maximus) aux formes classiques, nagent de temps à autre vigoureusement en claquant leurs valves; l’huître (Ostrea edulis), tranquille sur le fond, filtre sans arrêt l’eau des hacs qu’elle garde limpides.
- Parmi les échinodermes, les étoiles de mer, féroces, traînent leur cinq bras à la recherche du coquillage ou du petit crabe qu’elles ouvriront et dévoreront; les oursins (Echinocentrotus lividus) montrent sur les glaces leur bouche entourée de
- LES PROCÉDÉS MODERNES
- L’opération complémentaire de l'extraction de l’huile par dissolvants, dont nous avons parlé dans un récent article (n° 2661 du 4 avril), est le raffinage. On obtient, par l’extraction décrite précédemment, des huiles que l’on peut employer immédiatement pour l’industrie, mais si on les destine à des usages alimentaires, on est tenu de les raffiner.
- En effet, on admettait autrefois pour l’huile de table un léger goût de fruit ou de graine, mais le consommateur est devenu beaucoup plus difficile et ce goût de graine n’est plus toléré nulle, part même pour l’huile d’olive. On veut une qualité absolument neutre ou à peine fruitée, sauf dans quelques régions méridionales; elle ne doit pas avoir tendance aii rancissement et elle doit être limpide et brillante. C’est par le raffinage qu’on enlève à l’huile son acidité éventuelle, son excès de couleur et de goût, on lui retire également toute humidité pour qu’elle ne redevienne pas acide et qu’elle ne rancisse pas.
- Le raffinage des huiles s’est beaucoup développé depuis vingt ans ; les qualités que l’on trouve actuellement sont plus ou moins fines, mais elles
- 3 RAFFINAGE DE L’HUILE -t:::.::- 219
- piquants et de pédoncules mobiles et suceurs ; les holothuries peu agiles, semblent des concombres semés sur le fond.
- Les vers, peu nombreux, sont représentés par les aphrodites (Aphrodite aculcata) couvertes de longues soies iridescentes et par quelques tubicoles formés d’un tube d’où sort un panache doré.
- Les cœlentérés comprennènt de multiples anémones de mer, fleurs vivantes aux couleurs les plus variées; épanouies, elles forment un champ magnifique : blanc, rougeâtre (Actinolobia dianthus), vert émeraude et lilas (Anemonia suleata), vert et gris ( Tealia crassicornis), etc.
- Quelques bacs ont des habitants plus rares; ce sont ceux, chauffés à la température des mers tropicales, où l’on voit des tortues marines : la tortue verte (Chelone myilas) dont on fait la soupe de tortue et la tortue imbriquée (Chelone imbricata) jaune et brun sombre qui donne l’écaille. Leur nage attire les curieux (fig. 4).
- Enfin, un grand bac situé au bout du hall d’eau de mer, contient généralement un ou quelques jeunes cétacés qu’on y voit plonger.
- Tel est l'aquarium marin de Londres, le plus moderne, le plus récent, le mieux étudié de tous ceux qui existent actuellement.
- Sa comparaison avec la péniche-aquarium de l’Office national des Recherches et Inventions à l’Exposition des Arts décoratifs que nous décrirons prochainement permettra de mieux juger l’effort qui vient d’être accompli en France.
- René Merle.
- DU RAFFINAGE DE L’HUILE
- sont toutes dépourvues du goût fort qui était autrefois l’apanage des qualités inférieures et remplacent les huiles d’olive les plus pures et les plus délicates. L’industrie des conserves elle-même, pour les sardines et les maquereaux notamment, n’utilise plus les mauvaises huiles employées dans les produits bon marché il y a quelques années et qui rendaient les produits presque inconsommables.
- Ce raffinage de l’huile fait d’une façon complète a permis, au cours de la guerre, le ravitaillement de la France en huile comestible, malgré que pendant plusieurs mois nous n’ayons reçu guère que des lots d’arachides avariées à la suite de séjours d'un ou deux ans dans les ports du Sénégal; les Anglais, maîtres du fret, nous octroyèrent ces graines défectueuses pour toute pâture pendant une certaine période.
- Il est donc possible aujourd'hui par le raffinage, de donner aux huiles fines une délicatesse jusqu’alors inconnue et de produire pour les huiles de table ou de conserves bon marché, une qualité excellente; il faut ajouter à cela la facilité du ravitaillement du pays malgré les qualités médiocres
- p.219 - vue 236/663
-
-
-
- LES PROCÉDÉS MODERNES DE RAFFINAGE DE L’HUILE
- 220
- des matières premières importées, si le cas se présente. L’industrie du raffinage a donc une très grande importance à tous les points de vue.
- Les progrès réalisés viennent surtout de l’industrie française, car notre pays est connu par la délicatesse du goût et la finesse de la cuisine; le consommateur est un connaisseur exigeant et notamment pour la qualité de l’huile qu’on lui donne.
- C’est encore M. Edouard Bataille qui a mis en œuvre les méthodes les plus parfaites et l’appareillage le plus rationnel; ses idées et ses procédés sont universellement connus en huilerie. Il existe également un procédé américain, du D1’ David Swesson, imaginé surtout pour rendre comestibles les huiles de coton. Dans ce procédé l’huile est chauffée à très haute température dans des tubes, ce qui constitue un danger qui n’est pas toléré par l’inspection française du travail.
- C’est donc le procédé français qui présente pour nous les plus grands avantages ; d’autant plus qu’il permet d’obtenir des produits beaucoup plus délicats.
- La preuve en est.que, même aux Etats-Unis, concurremment au procédé Swesson, le procédé Bataille est employé sur une grande échelle et il supplante généralement le procédé américain pour les nouvelles installations.
- Comment on enlève l’acide de l’huile. — L’huile végétale est un composé de glycérine et d’acides gras. Sous l’influence, notamment de ferments et des enzymes, une partie de l’huile se trouve décomposée en glycérine, entraînée par l’humidité puis perdue et en acides gras libres. On peut supprimer ces acides par divers moyens suivants :
- On les recombine avec la glycérine pour reformer une huile synthétique; cette méthode est en apparence simple; au point de vue économique elle n’existe pas, car la glycérine est un produit de valeur, on l’obtient précisément par la décomposition de l’huile. Il n’est donc pas logique de l’effectuer et ensuite de faire la synthèse par le procédé inverse.
- On peut éliminer également les acides gras par l’alcool qui les dissout, alors qu’il est sans action sur l’huile. Le prix de revient se trouve fort élevé et ce procédé est aujourd’hui abandonné.
- La méthode employée universellement est l’élimination des acides gras sous forme de savons. Pour cela on transforme les acides libres en savons,
- en les combinant avec de la soude, de la chaux ou d’autres produits alcalino-terreux. La décantation sépare ensuite le savon de l’huile. Il faut, pour que l'opération soit bien conduite, que la base ajoutée soit dosée exactement afin de neutraliser tout l’acide libre et qu’ensuite il ne reste pas de base en excès.
- Cette précision est de l’ordre de 1 ou 2 millièmes ; elle est indispensable, car l’huile non complètement neutralisée retient en dissolution du savon de soude qu’on ne peut pas éliminer, tandis qu’au contraire, dans l’huile rigoureusement neutre, il n’est pas soluble. C’est cette condition qui fait que dans certains beurres végétaux, non complètement neutralisés à cause de l’application de procédés imparfaits, la cuisson provoque le dégagement d’une légère odeur de lessive, due à la présence du savon de
- soude qui est resté dissout.
- Le progrès dans la neutralisation consiste donc à mettre en œuvre un procédé qui permette d’arriver aux résultats avec la précision voulue, tout en réduisant la dépense de soude et la perte d’huile, avec un travail facile, une décantation rapide et l’absence de tâtonnements.
- Pour obtenir ce résultat, l’idéal est que chaque molécule de soude rencontre une molécule d’acide qu’elle doit fixer, molécule qui se trouve disséminée dans la masse d’huile à une teneur qui varie de 6 à 1 pour 100. Cela exige un malaxage intégral qui ne peut être obtenu que par des batteuses à axe horizontal. L’action de l’agitateur mécanique se trouve complétée par l’effet d’une ébullition tumultueuse de la solution de soude au sein de la masse, sous l’influence de la chaleur et du vide.
- Les batteuses sont donc munies d’une double enveloppe pour le chauffage à la vapeur et d’un appareil producteur de vide indépendant, qui utilise pour son fonctionnement la vapeur servant ensuite à chauffer la double enveloppe. 11 faut ajouter à l’économie signalée plus haut, celle de la vapeur et du temps nécessaires à l’opération.
- La décantation du savon formé était autrefois très difficile, car le savon était en flocons de densité peu différente de celle de l’huile; actuellement le savon déshydraté par l’effet de la chaleur et du vide se présente sous forme de petits grains qui se décantent rapidement et aisément. C’est là encore une simplification nouvelle et une économie supplémentaire de temps. Enfin l’huile se trouve séchée et se conserve parfaitement.
- pour raffinage des huiles et beurres comestibles.
- A, désodoriseur ; B, réfrigérant ; C, séparateur d’huile ; D, générateur à vide ; E, réchauffeur de vapeur ; F, condenseur; G, bac à eau distillée ; H, pompe à huile ; I, batteuse à neutraliser dans le vide ; F batteuse à décolorer dans le vide; J, décan-teur ; K, bac à savon ; L, bac à soude ; M, bac à huile décantée neutre ; N, bac à huile décolorée ; O, bac à huile brute ; P, filtre-presse.
- p.220 - vue 237/663
-
-
-
- LES PROCÈDES MODERNES DE RAFFINAGE DE L’HUILE ----- 221
- Enlèvement de la coloration. — La décoloration de l'huile est utile au point de vue de l’apparence, mais surtout en raison de l'élimination des produits résineux et autres constituant la matière colorante
- L’opération se fait dans une batteuse identique à celle de la neutralisation. On agite, on chauffe sous l’influenee du vide qui sèche la matière décolorante de l’huile et rend l’action beaucoup plus efficace, ce
- Fig. 2. — Générateur à vide.
- de l’huile, susceptibles de fixer les mauvaises odeurs et les mauvais goûts, ce qui rend impossible une parfaite désodorisation.
- La décoloration est obtenue en mélangeant à l’huile un pourcentage très faible de terre à foulon, de noirs spéciaux, ou de toute autre matière décolorante
- qui permet d’utiliser moitié moins de décolorant. On évite, par le fait même, la perte d’une grande quantité d’huile que la matière décolorante entraîne toujours par absorption. Le mélange décoloré est envoyé aux fdtres-presses et l’huile coule parfaitement limpide.
- Désodorisation de l’huile. —C’est là l'opération
- p.221 - vue 238/663
-
-
-
- 222
- LES PROCÉDÉS MODERNES
- capitale et indispensable, car les huiles les plus fines, celles qui n’ont besoin ni de neutralisation, ni d’être décolorées, doivent être désodorisées afin d’enlever radicalement les goûts et les odeurs qui, mêmes légers, amoindrissent la finesse de l’huile et la rendent désagréable à consommer.
- Il ne s’agit pas de masquer ou de dissimuler les goûts et les odeurs, mais de les enlever radicalement. Ce sont des produits aldéhydiques plus ou moins volatils, qii’il. s’agit de retirer et la meilleure méthode consiste à les chasser par l’évaporation ou la distillation en les entraînant par le soufflage et le barbotage énergique d’un gaz inerte. C’est la vapeur d’eau qui dans ce cas constitue le gaz le plus économique. Combinée aveu le vide, l’évaporation se fait avec le minimum de dépense.
- Les premiers appareils d’üdouard bataille, créés en 1890, réalisèrent ces méthodes et leur emploi se généralisa non seulement pour les huiles d'extraction, mais aussi pour les huiles de pression, même pour celles dont la qualité était réputée"jusqu’alors insurpassable.
- L’appareil est constitué par un récipient en tôle d’acier étamé intérieurement, qui peut contenir une charge de 500, 1000 kg d’huile ou 2000 au maximum. Un serpentin de «vapeur assure de chauffage de l’huile dans l’appareil. Le désodorisëur ou épu-< rateur est un générateur de vapeur Spécial, également étamé à l’intérieur et chauffé par serpentin; il transforme en vapeur à très basse pression l’eau distillée qui provient de la condensation des divers serpentins de chauffage de l’installation.
- On obtient une vapeur très pure produite sous un vide d’environ 60 cm, par suite, sa température est voisine de 60°. La vapeur est séchée et réchauffée très au-dessous de son point de saturation, en la faisant passer dans un sürchaulîeur spécial alimenté par la vapeur sous pression. Au moyen d’un simple réglage de soupape de sûreté de ce surchauffeur, on évite automatiquement le risque de porter la vapeur d’injection au delà' d’une température limite bien déterminée.
- La vapeur obtenue ainsi désaturée est très avide de se saturer à nouveau, en se chargeant d'autres^ vapeurs comme celles des produits aldéhydiques que l’on veut éliminer. La vapeur passe avec force à travers l’huile du désodorisëur. Sous le vide élevé de 740 mm qui règne dans l’appareil, elle acquiert un volume énorme, agite violemment l’huile et la surface de contact de l’huile et de la vapeur est énorme.
- Les produits aldéhydiques qui se dégagent sont absorbés et entraînés énergiquement avec d’autant plus d’intensité que la tension des vapeurs de ces produits se trouve augmentée considérablement sous l’effet combiné de la chaleur et du vide élevé.
- L’huile est ainsi parfaitement désodorisée au bout d’un temps très court, sans quji-soit nécessaire de la porter à de hautes températures toujours préjudiciables à la finesse et à la fraîcheur du goût. Les
- DE RAFFINAGE DE L'HUILE —
- traces d’humidité pouvant exister avant l'opération se trouvent également radicalement éliminées.
- L’installation comporte des appareils producteurs de vide et un séparateur qui se trouve, interposé entre le désodorisëur et les condenseurs, afin de retenir les gouttelettes d’huile que les vapeurs peuvent entraîner. L’huile est refroidie toujours sous le vide pour éviter l’oxydation de l’air sur l’huile chaude. C’est là la dernière opération et le liquide obtenu prêt à être consommé n’a rien perdu de ses qualités et de sa fraîcheur; il a acquis une finesse de goût, un brillant et une pureté incomparables.!
- Superdésodorisation/— Dès l’origine le vide a été employé parce qu’il permet d’abaisser la température de travail de l’huile et qu’il diminue 1c poids de vapeur nécessaire. Ces avantages sont nettement caractérisés si le vide est aussi élevé que possible. En examinant la courbe de tension des vapeurs par rapport au degré de vide et la courbe des volumes occupés par un poids de vapeur déterminé sous un vide de plus en plus élevé, on voit que l’influence du vide devient de plus en plus efficace avec les dernières fractions de vide.
- Tant que l’on n’atteint pas 700 mm, la température de vaporisation de l’eau ne baisse que très lentement, mais au delà et surtout vers 740 mm l’influence du vide devient considérable. Les tensions de vapeur des produits aldéhydiques sont extrêmement élevées, ce qui fait que ces produits se dégagent de l’huile avec violence; la vapeur d’eau 4 augmente de volume et elle se forme à une température de plus en plus basse.
- On peut alors, dans un réchauffeur spécial, la . rendre sèche, active, avide d’autres vapeurs; le relèvement de sa température lui donne une température très éloignée de son point cle saturation; elle ne trouve pour se resaturer que les produits aldéhydiques quelle absorbe et qu’elle enlève facilement.
- Le vide était cependant limité jusqu’ici par lia tension des vapeurs de l’eau de condensation à sa . température de sortie de l’appareil. Si cette eàu sort à 20° par exemple, la condensation se fait à 20° et à cette température l’eau a une tension de vapeur de 17,4 mm de mercure. Le vide obtenu théorique est de : 760—17,4 = 742,6 correspondant à la température de l’eau de condensation.
- Des condenseurs spéciaux à grande puissance obtiennent ce vide théorique. Dans le procédé Bataille, les appareils donnent 100 pour 100 du vide théorique correspondant à la tension de vapeur d'eau pour la température à laquelle ils sortent du condensateur. Si l’on veut descendre au-dessous du vide théorique, il faut réduire cette tension de vapeur, non plus par la condensation qui a donné toute sa limite, mais par une ventilation énergique, Elle est produite par un agitateur de vapeur à jets multiples, d’après un dispositif breveté qui réalise des vides allant jusqu’à 755 mm pour une pression barométrique de 760.
- p.222 - vue 239/663
-
-
-
- HAVEUSE MULTIPLE -....------------rrt 223
- La température d’ébullition de l’eau est alors abaissée jusqu’à 0° et 1 kg de vapeur représente un volume de 207 m3. On peut comparer ceci à ce qu’on obtient pour 700 mm de vide; l'eau bout à 44°, le kilogramme de vapeur donne 15 m3. Sous 611 mm de vide l’eau bout à 60°, 1 kg de vapeur donne 7 m3.
- Ces chiffres font ressortir nettement les avantages du vide élevé qui permet de désodoriser les huiles extraites, presque à froid, en une opération rapide, sans rien enlever à la finesse du produit. C’est cette méthode qui constitue la superdésodorisation par la réalisation et l’emploi du vide presque absolu.
- Ce procédé est appliqué surtout pour les huiles très fuies et' très délicates qu’il faut travailler très rapidement et presque à froid.
- On s’en sert également pour les huiles spécialement difficiles à traiter puisqu’à cause de l’action
- puissante obtenue, aucune odeur et aucun goût ne résistent.
- C’est de cette manière qu’on traite les huiles les plus fines de Bari, d’Oneglia et de San Remo, qu'on exporte dans le monde entier; les huiles d’arachides rufisque, les plus!délicates que nous consommons en France, et les meilleures qu’on fabrique en Allemagne, en Hollande, aux Etats-Unis et en Argentine; les huiles de coton anglaises et américaines les plus appréciées ; les beurres végétaux de coprah et de palmiste qui remplacent dans maints usages les beurres de lait; les huiles de soja, de colza, de maïs et de lin qui donnent des qualités comestibles vraiment incomparables, et jusqu’aux huiles de ricin médicinales américaines qui conservent toutes leurs propriétés bien connues, sans garder la moindre trace de ce goût détestable qui faisait la terreur de notre enfance. E. Weiss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1925.
- L'électrification cle la Palestine. — M. Edouard lmbeaux rappelle à l’Académie le nouveau procédé d’utilisation de l’énergie solaire dû à un ingénieur français, M. Pierre Gandillon, et qui consiste à mettre à profit la puissance d’évaporation du soleil sur de grandes nappes d’eau à basse altitude maintenues à un niveau constant par l’apport des masses d’eau équivalentes prises plus haut, la chute ainsi créée produisant, l’énergie disponible. La nappe supérieure peut être constituée par la mer elle-même (ou des lacs,) et la nappe inférieure par des dépressions naturelles, telles que la mer Caspienne, le Salton Sink, aux Etats-Unis, et les emplacements des mers intérieures des deux Syrtes. Un tel projet saurait fournir, grâce à la différence des niveaux de la mer Méditerranée et de la mer'Morte,; deux usines hydroélectriques disposant’ l’une d’une chute de 543 m,, l’autre d’une chute de 120 m.; il permettrait enfin
- l’irrigation de 70 000 à 100 000 hectares, tout en assurant une énergie électrique capable de desservir l’ensemble de la Palestine.
- Le spectre d’arc du scandium. — M. Pina de Rubies est parti de l’oxalate préparé par MM. G. et P. Urbain, avec la scandine retirée de la thorlveitite de Madagascar! Ce sel, transformé en acétylacélonale après quelques -sublimations dans le vide h 100° et cristallisation dans l’alcool absolu, a formé un-oxyde pur.-L’auteur donhe les moyennes de trois séries de mesures faites sur trois spectrogrammes différents (speetrographe à prisme), les raies de longueur d’onde supérieures à 3000 I. A ayant été déterminées au dixième- d’angstrôm • et l’erreur moyenne pour lès raies de plus faible longueur ne 'dépassant pas 0,05 LA. . j
- Paul-R. . T
- HAVEUSE
- Les baveuses sont des machines à grand débit que ' l’on emploie dans les exploitations minières pourTabatage< du charbon lorsque les veines ont une certaine importance,*
- Les haveuses à chaîne en particulier sont constituées par une chaîne munie d’ergots ou de grattoirs qui se déplacent grâce aux mouvements d'un moteur et qui raclent et creusent un sillon dans la couche carbonifère.
- Ce travail permet de détacher rapidement des blocs de poids élevé. Généralement ces machines opèrent près ’du sol de la galerie et l’ouvrier doit ensuite faire le nécessaire.avec des outils de perçage ou des marteaux piqueurs "‘pour détacher le bloc dont la base vient d’être sciée.
- La machine multiple Jeffrey combine sur un même bâti une'' série de trois haveuses à chaînes. Tout d’abord la haveuse horizontale attaque la roche
- MULTIPLE
- près du sol de la galerie. De chaque coté du bâti sont deux grandes flasques robustes triangulaires dont les tranches servent de chemin de roulement aux chaînes de haveuses .latérales. ;
- Tous les bâtis supports de chaînes sont susceptibles de recevoir un mouvement d’avance de manière à pénétrer au fui' et à mesure dans la roche pour que le sillon se creuse plus profondément. Les morceaux de charbon ainsi travaillés ne tiennent plus que par la partie supérieure et par le fond, ils peuvent être facilement détachés.
- A la partie supérieure, une pièce munie de dents prend appui sur la roche qui se détache et qpi tombe entre les flasques portant les chaînes coii-pantes des haveuses.
- Les fragments de blocs souvent considérables qui sont "ainsi libérés sont évacués par un tapis roulâut ou tapis transporteur qui fait partie de la machine
- p.223 - vue 240/663
-
-
-
- 224
- HAVEUSE MULTIPLE
- même et qui permet de charger commodément ‘les wagonnets qui amèneront le charbon jusqu’au jour.
- Un seul homme peut conduire cette machine. Bien entendu elle ne peut servir que dans les gale-
- ries où les veines présentent une épaisseur suffisante, mais elle assure une très grande rapidité de travail, tout en diminuant à l’extrême les frais de main-d’œuvre. R. Vjlt.ers.
- Fig. 2: — La ftaveii.se au travail au fond d’une mine de charbon.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925
- p.224 - vue 241/663
-
-
-
- N° 2688
- 10 Octobre 1925
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- La spartérie : E. Weiss.
- . L’expjoratiqn géographique dans l’Amérique du Sud : V. Forbilli A propos de quelques tortues des nouvelles collections herpétologiques du Muséum : Léon Bertin. Chevreul : Louis-Jacques Simon. :— Académie des Sciences!: Paul R. . Remarquable anomalie dans'les feuilles d’un charme : L.j P.
- SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. —' Science appliquée : T. S. F. etc. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boite aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO \ France * • » ♦ 1 franc
- I30> boulevard Saint-Germain, Taris. , ( Union postale, t ir. 25
- p.n.n. - vue 242/663
-
-
-
- 10 OCTOBRE 1925
- LA NATURE. — N° 2688.
- LA SPARTERIE
- La sparlerie est l’industrie qui consiste à fabriquer des tissus végétaux. Il y a un siècle, on ne connaissait que les tissus de jute et quelques nattes très grossières en textile exotique que l’on importait de temps à autre, C’est surtout en Espagne que l’on s’adonnait à ce genre de fabrications ; en France, les premiers articles manufacturés étaient des paillassons très grossiers, employés à cause de leur bon marché, mais la fabrication des tissus et tapis végétaux ne tarda pas à suivre les perfectionnements de l’industrie mécanique textile ordinaire.
- Néanmoins, ce n’est que depuis peu que la sparterie dispose de moyens mécaniques puissants employés dans des usines d’ailleurs peu nombreu-
- Fig. i. — Banc de filage rudimentaire encore employé pour certains fils ordinaires.
- Les textiles utilisés sont les fibres des cocos provenant de la noix dénommées « Coco Yarn » ou Roap Yarn. Les libres que l’on retire de là tige et des feuilles donnent mille et une sortes de fils ; la plupart ont beaucoup de ressemblance avec l’aloès et sont appelées communément « aloès ».
- , Les récoltes se font généralement dans des conditions précaires; les libres sont grossièrement filées à la main, mises en balles à la presse hydraulique, puis embarquées à fond de cale où elles restent parfois de 2 à o mois.
- Il est évident que dans ces conditions l’industrie qui utilise la matière première se heurte à des difficultés
- ses. Il existe encore une quantité d’ateliers où l’on emploie les moyens rudimentaires du siècle dernier et où le travail s’exécute exclusivement à la main.
- Il faut bien convenir qu’étant données les matières que l’on traite, le matériel est parfois primitif, contrairement à ce qui se passe dans le tissage de la laine et du coton où la filature fournit déjà des fils travaillés avec minutie, dont les caractéristiques sont bien déterminées et toujours les mêmes ; les textiles végétaux au contraire sont préparés très grossièrement dans les pays exportateurs, ils sont filés d’une manière primitive, souvent simplement retordus.
- Fig. 3. — Une'batterie d’ourdissoirs.
- 15. - 225.
- 68’ An.’.é* — 2" Stmtslrt.
- p.225 - vue 243/663
-
-
-
- 226 • ' : ; .——.-...- LA SPARTERl E
- L’opération ressort ici plutôt de la corderie et l’on obtient alors un fil retordu, très solide, mais qui, par les opérations qu’il a subies, n’a plus le bel aspect de la fibre brute, Dans certains articles, si l’on veut conserver le brillant de la fibre, on ne la tord pas, mais on l’entoure d’un petit fil de jute ou de chanvre. Une fois que la matière est sortie des ateliers de filature, elle est montée sur des bobines de manière à pouvoir alimenter l’ourdissoir qui prépare l’en-souple absolument comme s’il s’agissait d’un tissu quelconque ; néanmoins certains métiers utilisés pour les tapis végétaux n’emploient pas d’ensouple préparée, mais prennent les fils directement sur les bobines
- énormes et une usine qiii fabrique des tissus végétaux doit faire passer les matières premières dans des ateliers de corderie et à la filature avant de leur faire subir le tissage, l’apprêt, la teinture qui suivront la confection et la couture.
- Les fibres brutes sont reçues à l’usine et soumises à une première préparation constituée par une sorte de peignage, opération analogue à celle que l'on pratique pour la laine ; on retire ainsi de la matière tout ce qui n’est pas vraiment utilisable. Les fibres ainsi préparées sont ensuite filées, mais on ne se sert pas de banc de filature mécanique comme pour le coton ou la laine, étant donnée la nature même de la matière à travailler.
- Fig. 5. -T- Métier A armure pour carpelles.
- Fig. 6. -
- Deux tondeuses en action.
- qui se trouvent disposées sur un bâti vis-à-vis du métier.
- À partir de ce moment interviennent toutes les opérations techniques du tissage, comme s’il s’agissait d’une étoile quelconque et l’on utilise, suivant les produits que l’on veut fabriquerdes métiers plus ou moins perfectionnés.
- Les tapis brosses se font sur des métiers mécaniques, bien qu’il existe également des métiers à main; pour certaines carpettes, le tissage à la main est presque obligatoire et l’on obtient alors une sorte de tapis d’Au-busson très grossier naturellement ou mieux encore un genre de tapisserie flamande. Une fois que le tapis brosse est terminé, il présente, comme un véritable velours, un poil
- p.226 - vue 244/663
-
-
-
- L’EXPLORATION GÉOGRAPHIQUE DANS L’AMÉRIQUE DU SUD 227
- inégal et on le ramène à une hauteur convenue au moyen de tondeuses. Le tapis est ensuite coupé aux dimensions voulues, puis reçoit divers finissages, notamment on le garnit d’une sorte de tresse cousue tout autour afin de l’arrêter solidement. Certains se font en teintes unies ; d’autres reçoivent une impression. Pour cela on les blanchit, on les teint ou on les imprime par des procédés nécessairement quelque peu rudimentaires.
- Les produits fabriqués avec les tissus végétaux sont extrêmement variés, le tapis brosse est celui dont la fabrication est la plus poussée en France. On exécute aujourd’hui des pièces qui s’harmonisent d’ailleurs très bien avec un ameublement ou des bordures de teintes diverses ; la richesse des coloris et le brillant obtenu avec l’aloès permettent de placer ces pièces dans n’iinporle quel intérieur.
- Ces tissus sont un peu glissants au début de leur mise en service, mais cet inconvénient disparaît au bout de quelques jours. Parmi les paillassons, il existe différents types que l'on appelle nattes normandes, nattes vendéennes ou paillassons Tonkin, nattes choletaisc, dans un troisième genre d’articles ; le paillasson croisé s’appelle corde Tunis, le
- paillasson corde coco est plus fin, le paillasson de jonc est un article parfaitement isolant, le tapis cousu en aloès exige une main-d’œuvre spéciale. Dans ce genre, il faut mentionner spécialement les points noués d’aloès qui ne se sont répandus vraiment que ces dernières années,, et constituent un article fort intéressant au point.de vue mode et fantaisie. Signalons aussi les hamacs ; on fait en sparteric des hamacs en filet sans nœuds dont la supériorité est évidente sur les modèles ordinaires en cordes. On fabrique également des sacs en tissu de coco, des appareils divers pour les manutentions et les transports.
- On voit quelle variété d’objets l’on peut fabriquer à partir des fibres végétales exotiques. 11 existe aujourd’hui des usines fort importantes qui se sont spécialisées dans ce genre de fabrications.
- C’est ainsi que les photographies qui illustrent cet article ont été prises au cours d’une visite de la ' manufacture de M. H. Tournel, située à Cholet en Maine-et-Loire. C’est l’une des installations les plus modernes, tout à fait spécialisée dans ce travail particulier des fibres végétales.
- Weiss.
- L’EXPLORATION GÉOGRAPHIQUE DANS L’AMÉRIQUE DU SUD
- Admettre, comme on le fait généralement, que . l’exploration de notre globe est achevée, c’est ior-. nmler une anticipation qui ne sera une réalité que
- pour nos petits-neveux — et encore! De vastes 1er-; ritoires attendront longtemps la visite de l'homme blanc, défendus qu’ils sont contre son insatiable
- Lig. i, — Indienne apportant une lourde charge de caoutchouc. L’enfant est impressionné par la vue d’une « maison
- p.227 - vue 245/663
-
-
-
- 228 .: L’EXPLORATION GÉOGRAPHIQUE DANS L’AMERIQUE DU SUD
- curiosité par des obstacles naturels qu’il ne pourrait franchir qu’au prix de fatigues et au risque de dangers dont la somme est disproportionnée avec les résultats escomptés.
- Au cours de ces deux dernières années, plusieurs expéditions, toutes organisées par des institutions scientifiques des Etats-Unis, ont tenté, avec plus ou moins de succès, d’arracher ses derniers secrets
- Fig. 2. — Réexpédition dû Fr Hamillon Rice . remontant une rivière coupée de rapides.
- géographiques et ethnographiques à l’Amérique Méridionale.
- L’une d’elles, dirigée par le D' Marsh, s’était donné pour but l'exploration du Darien, péninsule qui relie le continent sud-américain à l’Isthme de Panama, région malsaine, couverte d’épaisses forêts vierges dont la pluie torrentielle et presque incessante transforme le sol en marécages.
- L’expédition ne put accomplir son programme, deux de ses membres ayant été enlevés par des fièvres spéciales à la région, tandis que leurs com-dagnons, affaiblis par les maladies, étaient impuissants à continuer leur route.
- Pour avoir vécu deux années de ma jeunesse dans
- ce même pays, où l’amitié qui me liait avec un chef de tribu me permit de circuler assez librement parmi lès Counas, que l’on considère encore maintenant comme des Indiens féroces (Indios bravos), alors que ce sont, en réalité, de braves gens, peut-être le Dr Marsh me permettra-t-il de sourire en apprenant sa « sensationnelle » découverte d’une « nation d’indiens blancs » qu’il aurait rencontrée
- Fig. 3. — Indien Makoù mensure par P explorateur.
- dans la cordillère qui traverse et recouvre presque en entier le Darien.
- Le lecteur aura-t-il l'indulgence de me passer une anecdote personnelle? C’était en 1890 —ce qui ne me rajeunit guère! — Je venais de pénétrer dans le joli village de Paya, et ma vanité de jeune homme trouvait un aliment dans ce fait que les habitants (une trentaine de familles) n’avaient jamais aperçu encore un visage pâle.
- Un notable, après d’autres, me convia à entrer dans sa maison. Jugez de ma surprise et de ma déception quand je me trouvai soudain en présence de son épouse : une jolie personne au teint blanc dont la principale parure était une magnifique elle-
- p.228 - vue 246/663
-
-
-
- A PROPOS DE QUELQUES TORTUES DE LA COLLECTION DU MUSÉUM 229
- velure blonde, éparse sur ses épaules nues, et qui la vêtait jusqu’aux jarrets!
- Pendant une bonne demi-heure, je crus que l'Indienne était réellement de race blanche. Mais, lorsqu’elle m’accompagna au delà du seuil et que je la vis en pleine lumière, je distinguai enfin ses pupilles roses. C’était tout simplement une albinos. Et, les jours suivants, je fis rencontre avec cinq au 1res Indiens affectés d’albinisme.
- Au lecteur de conclure si les Indiens blancs du D1- Marsh peuvent être sérieusement considérés comme les... survivants des Atlantes, ainsi que le proclament de trop enthousiastes écrivains américains !
- Une seconde expédition, dirigée par le Dr Hamil-ton Rice, s’était proposé l’exploration de l’arrière-pays des Guyanes Anglaise et Hollandaise, immense territoire dont la plus grande partie n’a jamais été traversée ou parcourue que par des chercheurs de caoutchouc. C’est une région montagneuse et boisée, connue sous le nom de Sierra de Parima ou sous celui de Sierra de Pacara, d’autant plus intéressante, du point de vue géographique, qu’elle est arrosée par des cours d’eau qui, croit-on, se déverseraient tantôt dans le bassin de l’Amazone et tantôt dans celui de l’Orénoque.
- Surmontant des obstacles formidables, remontant en pirogues des rivières torrentueuses, l’expédition réussit à pénétrer dans l’intérieur de ce territoire, où elle rencontra des populations primitives qui ne sortent jamais de leurs forêts, sauf pour venir de temps en temps échanger leurs produits dans les villages de la frontière.
- Leur état social est si peu avancé qu’elles vivent par petites bandes qui ne sont jamais groupées en
- tribus. Elles n’ont même pas de demeures sédentaires. Vivant surtout de gibier, de fruits et racines sauvages, elles débroussaillent un coin de forêt, sèment leur maïs, attendent la récolte, qui ne demande que trois ou quatre mois pour être mûre, et se remettent en route vers une région giboyeuse.
- Ces primitifs ignorent le port de tout vêtement, à l’exception d’un lambeau d’écorce qui leur tient lieu de pagne, et qu'ils suspendent à une cordelette attachée autour des reins. Ce n’est que depuis quelques années qu’ils ont appris la valeur de la gutta-pcrcha cl, du caoutchouc, produits cpii abondent dans leurs forêts. Une des photographies que nous reproduisons montre une jeune femme apportant dans un village-frontière une pesante charge de caoutchouc que soutient une bande passée sur son front. Le IXRice, qui prit cet instantané, eut la curiosité de soupeser cette charge : elle pesait environ 110 kg. Et la femme l’apportait d'une distance d'une vingtaine de kilomètres, tout en donnant la main à son enfant! .1
- Ce détail n’est pas fait pour surprendre les,voyageurs qui sont entrés en contact avec les Indiens de ces parages, que ce soit au Vénézuéla ou en Colombie. Ce n’est pas un exploit pour ces, hommes, petits de taille, mais d’une endurance incomparable, que de transporter « sur le front », à l’aide d’une bande d’étoffe, une charge de 200 kg et de parcourir ainsi des centaines de kilomètres par des sentiers de chèvre.
- Et le transport des voyageurs et des marchandises s’effectue encore à dos d'Indien dans plusieurs régions montagneuses de la Colombie.
- V FoRBIiV;
- A PROPOS DE QUELQUES TORTUES
- DES NOUVELLES COLLECTIONS HERPÉTOLOGIQUES DU MUSÉUM
- Les collections zoologiques du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris se réorganisent peu à peu en s'adaptant aux besoins de la vulgarisation scientifique. Autrefois surchargées d'objets et dépourvues de notices explicatives, elles ne pouvaient servir utilement qu'aux savants spécialistes. Elles tendent aujourd'hui à devenir accessibles à tous par la mise en vedette des pièces les plus remarquables. J'ai consacré déjà, dans La Nature, une série d'articles aux nouvelles collections de crustacés et d'araignées. Bans celui-ci, je parlerai des intéressantes vitrines où M. le professeur Roule a fait installer les plus beaux spécimens de tortues qu'il a pu se procurer.
- *»
- Les tortues ont à peine besoin de vous être présentées. Ce sont des animaux qui, sans courir les rues comme chiens et chats, sont pourtant assez connus en France par leur représentant ordinaire,
- la Tortue grecque, que beaucoup de personnes aiment avoir dans leur jardin malgré les dégâts qu’elle commet.
- Les tortues constituent l’ordre des Ciiéloniens de la classe des Reptiles. Parmi ceux-ci, elles sont plus apparentées aux crocodiles qu’aux lézards et aux serpents, tout en possédant un certain nombre de caractères qui les font reconnaître à coup sûr. Leur corps est entièrement-recouvert d’une carapace rigide d’où ne peuvent sortir que la tête, les pattes et la queue. La partie dorsale ou carapace proprement dite et là partie ventrale ou plastron sont toutes deux constituées par un assemblage de pla-qùes polygonales analogues à des pièces de marqueterie. Enfin les tortues ont un bec corné ressemblant à celui des oiseaux.
- Une tortue doit être mise immédiatement en dehors des autres. C’est la Tortue luth ou Tortue cuir dont la carapace, relativement mince, n’est pas
- p.229 - vue 247/663
-
-
-
- 230 A PROPOS DE QUELQUES TORTUES DE LA COLLECTION DU MUSEUM
- soudée au squelette sous-jacent et est recouverte par la peau. Autrement dit, la carapace n’est pas visible de l’extérieur et parait inexistante. L’aspect et la consistance du dos de l’animal sont ceux du
- carapace est soudée au squelette et constituée par des plaques polygonales visibles du dehors.
- Il est une autre façon de classer les tortues, en tenant compte à la fois de leur organisation et de
- Fig. i. — La Tortue luth ou Tortue cuir (Dermochelys coriacea), du groupe des Athèques, à carapace cachée dans la peau et non soudée au squelette. Spécimen du Musée-de La Rochelle. Hauteur 2 m. 10.
- cuir, d’oii Je nom vulgaire de Tortue cuir et le nom scientifique de coriacea qu’on lui donne. Cette tortue constitue le groupe des àthîques (du grec a, sans et thecos, carapace). Toutes les autres tortues sont des Thëcophores (du grec lhecos, carapace et phorein, porter). A l’inverse de la précédente, leur
- leur mode d’existence, c’est de distinguer les tortues aquatiques et les tortues terrestres ou, comme disent les naturalistes de langue anglaise, les turil.es et les tortoises, entre lesquelles se placent les terrapins ou tortues amphibies. Une tortue franchement aquatique (fig. 1 et 2) se reconnaît à sa
- p.230 - vue 248/663
-
-
-
- A PROPOS DE QUELQUES TORTUES t>E LA COLLECTION DU MUSÉUM 231
- carapace déprimée d’où sortent en permanence quatre pattes longues et aplaties en forme de nageoires ; les pattes antérieures sont plus grandes que les postérieures et toutes quatre sont dépourvues de griffes. Au contraire, une tortue terrestre (fig. 6) possède ordinairement une carapace bombée à l’intérieur de laquelle peuvent se rétracter entier rement lès quatre pattes qui sont à peu près toutes de même taille et munies de griffes. C’est là un exemple d’adaptation d’un organisme à ses fonctions habituelles : les appendices locomoteurs sont de vraies pattes chez les tortues terrestres tandis que ce sont des nageoires chez les tortues aquatiques.
- Comme tous les reptiles (*) et comme les oiseaux, les tortues pondent de gros œiifs à coquille dont l’intérieur est occupé par du blanc et par du jaune. Ces deux substances constituent des matières de réserve destinées à l’alimentation du jeune avant l'éclosion. On verra figures 5 et 5 des œufs de tortues appartenant aux nouvelles collections du Muséum. Le développement de là Cistudc d’Europe (fig. 5) a été suivi très en détails par le naturaliste français Rollinat à qui sont dus les trois remarquables bocaiix figurant au Muséum de Paris! On y assiste en particulier à l’éclosion de la jeune tortue et à diverses étapes de sa croissance.
- Les espèces de tortues sont extrêmement nombreuses et toutes ne présentent pas un égal intérêt. Je me bornerai à citer les plus grosses ou celles que
- 1. Excepté les espèces vh'ipurcs comme la vipère.
- Fig. 3. — La tortue franche (Chelone^'niydas) et ses œufs. Collection du Muséum de. Paris.
- Fig. 2. — Le .Caret ou Tortue produisant Vécaille (Chelone imbricata).' Tortue marine. Spécimen du Muséum de Paris, provenant de l!océan Indien.
- leur importance économique met au premier rang.
- En France, il y a deux espèces principales de tortues, l’une et l’autre de petite taille : la Tortue grenque (Testudo græca) et la. Ci s lu de d’Europe (C'isludo orhieularis). La première,, connue chacun sait, a des mœurs terrestres; elle est domestique dans notre pays, sauf peut-être dans le département du Yar où l’on prétend en avoir trouvé des individus à l’état vraiment sauvage. Quant à la Cistude (fig. 4), c’est une tortue amphibie qui fréquente les marécages. Rollinat l’a étudiée dans la Brenne.
- Dans les. mers chaudes existent la Tortue franche (Chelone mydas) et le, Caret (Chelone imbricata). Elles sont voisines l’une de l’autre et peuvent atteindre 1 m. à 1 m. 50 de longueur. La plus importante est le Caret, qui fournit l’écaille. On capture cette tortue au moment où elle vient pondre ses œufs sur le rivage. En T 909, plus de 2000 kg de carapaces ont été exportés des Philippines. Seules sont utilisables les pièces les plus larges et les plus épaisses. D’autres tortues marines (Chelone japonica, Caretta olivacea, etc.) sont loin d’avoir la même valeur marchande et ne fournissent que leur chair qui est comestible. Il en est d’ailleurs de même pour la Tortue franche qui est très commune dans l’océan Indien et l’élément principal de la fameuse soupe à la tortue si appréciée des Orientaux.
- Aux tortues marines appartient encore la Tortue luth ou Tortue cuir (Dermochelys coriacea) dont j’ai signalé précédemment la structure aberrante
- p.231 - vue 249/663
-
-
-
- 232 A PROPOS DE QUELQUES TORTUES DE LA COLLECTION DU MUSÉUM
- Fig. 4. — La Cistûde d’Europe (Cistuda orbicularis). Tortue amphibie vivant en France. Spécimens du Muséum de Paris.
- ainsi que la place dans la classification zoologique. C’est une tortue géante dont la longueur peut atteindre 2 m. 50 et le poids 800 kg. Elle vit généralement en haute mer et est à vrai dire ubiquiste, c’est-à-dire répandue partout, bien qu’assez rare sur les côtes de l’Amérique du Nord et de l’Europë où elle vient parfois s’échouer. Celle qui est représentée figure d a été prise en rade de La Rochelle et fait partie des collections du Muséum de cetté ville; elle mesure 2 m. 10.
- La Tortue luth est la plus volumineuse.des tortues existant à l’époque actuelle. Après elles, au point de vue de la .taille, se placent les tortues terrestres géantes. Elles ont été l’objet d’ouvrages récents. Des auteurs américains et an*glais les ont décrites en détail et figurées dans de très belles et très nombreuses planches de photographie. Je renvoie surtout, pour l’illustration, au mémoire de J. van Denburgh intitulé The gigantic land lortoises of fhe Galapagos archipelago (*).
- Les tortues terrestres géantes sont bien connues dans tous les jardins zoologiques et les ménageries. Elles ne diffèrent de la Tortue grecque que par leur grande taille et quelques détails dans la disposition des « pièces de marqueterie » de leur carapace. Pour ces raisons, les naturalistes, d’accord en cela avec le sentiment populaire, renferment les unes et les autres dans le même genre Testudo et ne recon-
- 1. Dans les Proceedings of the Californian Academy of Sciences, Berkeley, 1914, série 4, tome II.
- naissent entre elles que des différences spécifiques. Ainsi la Tortue grecque est baptisée scientifiquement Testudo græca; les tortues géantes sont appelées Testudo elephantina ou Testudo vicina, suivant qu’elles proviennent des îles Aldabra, dans l’océan Indien, ou des îles Galapagos, dans l’océan Pacifique. Pour acquérir une idée de la valeur des différences en question, considérez la grande tortue de droite de la figure 6, qui appartient à l’espèce Testudo elephantina. Sa carapace comprend, au-dessus de la tête, une toute petite plaque quadran-gulaire appelée plaque nucale. On la voit aussi dans la figure 7 qui représente la carapace vue de dessus. Or, cette plaque fait défaut à Testudo vicina et sépare ainsi l’une de l’autre les deux espèces.
- Les tortues sont les plus inoiï'ensifs et les plus doux des animaux*. Leur bec corné, dépourvu de dents, et leur alimentation purement végétale, d’une part; leur carapace où elles peuvent se retirer comme l’escargot dans sa coquille et la lenteur de leurs mouvements, d’autre part, ne sont pas des caractères pouvant inspirer l’effroi. D’ailleurs les tortues procurent à l’homme une chair excellente, au dire dés voyageurs, et des œufs non moins appréciés. Pour toutes ccs raisons, les tortues sont traquées partout où elles se trouvent et certaines espèces sont actuellement en voie de disparition. C’est précisément le cas des tortues géantes. Leur histoire, fort instructive à ce point de.vue, a été exposée par Günther, en 1898,. et, plus récemment, par J. van Denburgh et Lord Rothschild.
- Fig. 5. — Le développement de la Cistude d’Europe des marais de la Prenne. Préparations données au Muséum de Paris par le naturaliste Rollinat.
- p.232 - vue 250/663
-
-
-
- A PROPOS DE QUELQUES TORTUES DE LA COLLECTION DU MUSÉUM 233
- Les tortues terrestes géantes, appartenant comme je l’ai dit au genre Testuclo, occupaient à l’époque Tertiaire, il y a quelques millions d’années, un immense territoire comprenant la presque totalité de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie. On a retrouvé leurs fossiles en France, en Allemagne, dans l’Inde, au Brésil et en beaucoup d’autres endroits. Puis elles ont disparu de partout, sauf des îles de l'océan Indien et du Pacifique, à un moment qui semble coïncider avec le refroidissement du climat et peut-être l’apparition de l’homme au Quaternaire. Leur extinction à Madagascar est même moins
- pagos, sur la côte américaine du Pacifique, une simple colonie de quelques centaines d’hommes et de femmes suffit à dépeupler en tortues géantes, de 1832 à 1835, file Charles qui en était abondamment pourvue.
- On jugera de l'engouement des navigateurs pour les tortues par ce seul fait qu’elles peuvent être accumulées à fond de cale et vivre sans nourriture pendant des semaines, pour constituer ensuite, au fur et à mesure des besoins, une nourriture à la fois excellente et fraîche.
- Il faut aussi tenir compte, dans une vue d’en-
- Fig. 6. — Tortues terrestres géantes (Testudo elephantina) de la ménagerie du Muséum de Paris.
- Originaires des îles Aldabra.
- ancienne, puisque les ossements de grandes tortues sont mêlés à ceux de l’hippopotame et de l'æpyornis qui ont été contemporains des premiers hommes habitant l’ile. Aujourd’hui, les tortues terrestres géantes n’existent plus à l’état sauvage qu’aux îles Galapagos (océan Pacifique) et aux îles Aldabra (océan Indien).
- Les récits des voyageurs des xyie, xvne et xvme siècles permettent de se faire une idée précise sur l’influence de l’homme dans la disparition des grandes tortues. Voici quelques faits. En 1759, quatre bateaux assurant les relations de_l’-île Rodriguez à l’ile de France (aujourd’hui île Maurice), transportent 30 000 tortues éléphànlines en 18 mois. En 1826, la Gazette de Maurice indique le déchargement à Port-Louis de 3200 tortues provenant des Seychelles. A l’autre bout du monde, aux îles Gala-
- semble de la question, des massacres de tortues pour le simple plaisir de tuer, auxquels se sont livrés de tous temps les matelots en mal d’exercice après une longue traversée.
- Enfin les tortues géantes ne semblent pas être extrêmement fécondes. Chaque femelle pond une vingtaine d’œufs qu’elle abandonne sur le sable chaud et livre ainsi à une incubation solaire qui n’est pas sans danger. Beaucoup d’œufs n’arrivent pas à tepme, beaucoup d’autres sont dévorés avant l’éclosion.
- Tous ces faits expliquent la rapide disparition des tortues terrestres géantes. Tandis qu’elles pullulaient il y a 100 ou 200 ans sur toutes les îles avoisinant Madagascar : les Seychelles, les Aldabra, les Comores, les Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodriguez), actuellement elles n’existent plus à l’état
- p.233 - vue 251/663
-
-
-
- 234 A PROPOS DE QUELQUES TORTUES DE LA COLLECTION DU MUSÉUM
- N
- Fig. 7. — Dessus de la carapace d’une 7 or lue r elephanline.
- • Ç, plaques costales; M, plaques marginales; N, plaques nuicales ; V, plaques vertébrales.
- r '•
- sauvage, dans l’océan Indien, que sur les îles coralliennes ou atolls inhabités du groupe des Àldabra. Ailleurs, aux Seychelles et aux Mascareignes, les tortues géantes vivent en petit nombre et dans un état de semi-domesticité * grâce à la protection que leur offrent les gouvernements anglais et français.
- jÀu point de vue zoologique, les tortues semi-dçmestiques dont je viens de parler ne présentent pàs un réel intérêt, car elles résultent de croisements entre individus importés de divers endroits.
- iPar contre, les tortues des Galapagos, toutes à l’état>auvage et sans mélange, procurent le sujet djune intéressante étude de zoogéographie.
- • L’archipel des Galapagos (fig. 9) est situé sous l’Équateur, à 650 km du littoral américain. Il comprend une vingtaine d’iles volcaniques que l’on
- yAbingcfd:
- Bindloe
- Equateur
- .James
- Mndéfat
- Barnngton
- 1 emarie
- Chathamj
- Charles
- Fig. q. —.~Carle.de l’archipel des Galapagos (du mot espagnol galapago : tortue). En pointillé est marquée la ligne des fonds de 2000 mètres.
- est en droit de considérer comme les sommets d'une terre (Terre des Galapagos) aujourd’hui submergée, autrefois rattachée au continent. L’analogie est assez grande, à ce point de vue, avec l’Atlantide.
- Charles Darwin, qui a visité l’archipel en 1855* en a fait une étude captivante dans son Journal de voyage. Il n’a pas manqué de constater la ressemblance de sa faune avec celle de l’Amérique du Sud : « This archipelago is a satellite attached to America.... This archipelago, though standing in the j Pacific Océan, is zoologically part of America. »
- Et cependant, malgré ses affinités zoologiques avec le Continent, l'archipel des Galapagos « is a ..lit Lie. world within itself ÿ. On pourrait, même dire
- 40° 50°
- ki 7 / Equateur
- 6 y -0r / £C \ T Aldabra 'Seychelles
- L. O .. * /A Comores Y 1 1 «Z A c / l > * / f / ° 4 x i \ F / ta / tSMaurwe
- 1 / 1 ^ \ jORéUni0n /(•/* / ^ ï I V / / J Ie — / ........
- 40- 50°
- Fig. 8. — Madagascar et les archipels périmai gâches. Les tortues terrestres ne vivent plus à l’état sauvage qu’aux lies Aldabra. Elles sont semi-domestiques aux Seychelles et Mascareignes.
- que chacune de ses îles est un petit monde en soi.
- Pour ce qui concerne les tortues géantes, il y en a une espèce sur chaque île, sauf sur Albemarle qui en possède 5 à elle seule. Or Albemarle s’est formée à une date assez récente, par la réunion de 5 îlots volcaniques, qui devaient posséder chacun une espèce de tortues. L’exception confirme donc la règle d’une façon éclatante.
- Certains auteurs disent que les tortues.terrestres géantes sont bonnes nageuses et peuvent passer d’une île à l’autre de l’archipel. D’autres naturalistes affirment le contraire et ajoutent que si des tortues se laissent parfois entraîner par les courants marins, elles se brisent à l’atterrissage ou meurent des chocs répétés des vagues. Il semble que cette
- p.234 - vue 252/663
-
-
-
- CHEVREUL
- 235
- seconde conception est plus en accord avec le l'ait de la localisation de chaque espèce sur une ile particulière. '
- Si les tortues terrestres géantes ne peuvent aller d'une île. h une autre, à plus forte raison elles n’ont pu venir par mer du continent américain. Imaginer, d’autre part, que les Incas, anciens habitants du Pérou, les ont apportées aux Galapagos dans lqurs pirogues, n’est pas reculer assez loin ni considérer dans toute son ampleur le peuplement de ce groupe d’iles.
- J. van Denburgh est certainement plus près de la réalité quand il invoque une ancienne union entre la. « Terre des Galapagos » et l’Amérique. Il n’y avait alors qu’une seule espèce de tortues géantes. Puis la « Terre des Galapagos » s’est effondrée, ne laissant apparaître hors des flots que ses sommets volcaniques, les îles actuelles, où les espèces de
- tortues se'Wnt réalisées aux dépens de l’espèce primitive et sous l’action du milieu.
- Les tortues terrestres des Galapagos nous conduisent de la.; sorte à une conception des espèces selon la doctrine transformiste. Un enseignement du même ordre s'est dégagé, avons-nous vu, de la comparaison des tortues franchement aquatiques et des tortues terrestres. Enfin notre revue succincte du groupe des Chéloniens, animaux prédestinés par leur conformation à une destruction rapide, a mis en évidence le rôle de l’homme dans la disparition de plusieurs espèces animales. Chemin faisant ont été signalés les usages des tortues. Ayant ainsi attiré votre attention sur ces êtres, je ne saurais trop vous engager à leur rendre visite dans les nouvelles collections du Muséum. Tous les types intéressants y sont mis en bonne place et présentés d’une heureuse manière. Léox Bertin ,
- Agrégé. Docteur ès sciences.
- CHEVREUL
- Les corps gras d’origine animale. — L’analyse immédiate et l’espèce chimique. — L’atome composé.
- Chevreul est né à Angers en 1786; il vint à Paris à 17 ans. Bien accueilli par Vauquelin, il devint très vite son préparateur au Muséum et lui succéda en 1850. Dé 1811 à 1825 Chevreul se livre à l'étude des corps gras d’origine animale. Avant ses recherches, les corps gras, en dehors de leur valeur alimentaire, n’étaient connus que par leur inflammabilité et leur insolubilité dans l’eau. On savait qu’en les traitant par la soude ou la potasse plusieurs de ces corps donnaient des savons et qu’on obtenait des emplâtres au moyen de l’oxyde de plomb, mais on ignorait ce qu’il y avait de commun entre les deux traitements et en particulier quelle était l’action des alcalis. Leur plus ou moins facile fusibilité avait conduit à l’emploi des termes d’huiles, beurres, graissés, suifs, cires.
- Dès le début, Chevreul adopte comme guide de ses recherches une hypothèse de travail : les substances naturelles sont des mélanges de corps purs qu’on peut résoudre en leurs constituants par des moyens qui n’altèrent pas leur nature. Il admet donc comme postulat l’existence de l’espècé chimique définie à propriétés constantes et invariables et le jiistifte par une série admirable de découvertes : les acides gras solides et . liquides, inodores et fixes ou odorants et volatils et d’autre part la glycérine* la nature des corps gras et leur analogie avec les éthers. Son hypothèse de travail ainsi consolidée devient l’analyse immédiate avec ses méthodes d’isolement et de contrôle des corps purs. Poussant plus loin l’analyse, il formule sa conception de l’atome composé comme représentatif des propriétés de l’espèce : conception identique à la nôtre de la molécule chimique caractérisée par le nom-
- bre, la nature et Varrangement' des atomes. Chevreul a rassemblé tous les résultats obtenus et les, réflexions qu’ils lui ont suggérées dans deux volumes : Les Recherches sur les corps gras d'origine animale, publiées en 1825, dédiées à son maître Vauquelin et les Considérations générales sur l'analyse organique et ses applications parues l’année suivante en 1824, volume dédié par son auteur à Gay-Lussac et Thénard.
- Ces volumes constituent son testament de chimiste.
- Nommé en 1824, par Louis XVIII,] directeur des tentures des manufactures royales aux Gobelins, son activité et sa curiosité, son esprit philosophique furent orientés dans une autre direction et la chimie pure ne lui doit pas de grande découverte pendant les soixante-cinq dernières années de sa vie. La période précédente avait heureusement suffi pour qn on puisse et doive le considérer comme ayant eu en France, après Lavoisier et avec Gay-Lussac, l’influence prépondérante sur l’évolution de la chimie de nos jours.
- C’est ce que les lignes suivantes découpées pour la plus grande partie dans les deux ouvrages de Chevreul ont le dessein de démontrer.
- *
- * *
- En 1809 on envoya à Chevreul, de la Seine-Inférieure, pour en faire l’analyse, un savon mou employé au foulage des draps. Chevreul y observa des cristaux d’un sel de potassium. En 1811 il en retira l’acide auquel il donne tout d’abord le nom de margarine pour rappeler l’aspect nacré des cristaux.
- p.235 - vue 253/663
-
-
-
- 236 1_____: - , -J....- CHEVREUL
- Fig. i. — Chevreul en i836.
- C’est là le point de départ fortuit de ses célèbres travaux. Le fait initial est lé suivant : « Lorsqu’on met du savon de graisse de porc et de potasse dans une grande masse d’eau, il y en a une partie qui se dissout, tandis qu’une autre se précipite sous forme de petites paillettes brillantes que j’appellerai matière nacrée. Après avoir décanté la liqueur, on lave le dépôt à plusieurs reprises avec de l’eau froide et ensuite on le jette sur un filtre. »
- Quelle était cette matière nacrée dont le rôle fut si important pour l’industrie et pour la science?
- C’est un sel de potassium dont l’acide chlorhydrique permet de retirer une substance d’aspect nacré : obtenue en 1811, nommée margarine en 1813, Chevreul lui donne en 1810 le nom d’acide margarique. C’est l’acide que nous nommons aujourd’hui palmitique depuis que Fremy l’a retiré de l’huile de palme. La matière nacrée est la combinaison d’une molécule d’acide palmitique avec une molécule de palmitate de potassium, sorte de sel acide qui se présente fréquemment dans ce groupe d’acides.
- Ce sel que Chevreul a donc nommé bimargarate de potasse, il l’a préparé par l’action de l’eau sur les savons des graisses des divers animaux et il en a retiré l’acide correspondant : « Je trouvai que les acides margariques des graisses d’homme, de porc, de jaguar et d’oie ont sensiblement les mêmes propriétés physiques et un degré de fusibilité compris entre 55° et 56°,5. J’observai que les acides margariques obtenus des savons des stéarines de mouton et de bœuf différaient des précédents sous ce dernier rapport puisqu’ils se figeaient le premier
- à 64°, 8 et le second à C2°. Je ne prononçai point alors si les acides de mouton et de bœuf sont essentiellement distincts des autres. »
- Pour éclaircir ce point il multiplie les essais : il étudie le bimargarate, puis le margarate neutre provenant du mouton et de l’homme d’abord, du bœuf et du porc ensuite et distingue deux acides : l’un provenant du mouton et fusible à 70°, l’autre provenant de l’homme et fusible à 00". « Ce dernier était plus abondant dans le savon de graisse de porc que dans le savon de graisse de bœuf; et il l’était plus dans ce dernier que dans le savon de graisse de mouton. »
- Bref, Chevreul distingue deux acides et donne à l'acide fusible à 70° le nom d'acide stéarique qu’il a conservé, réservant le nom d’acide margarique à l’acide fusible de 55 à 60°. C’est l'acide palmitique actuel fondant à 62°. Il reprend ensuite la saponification de la graisse de porc, recueille la matière nacrée et après des traitements réitérés finit par isoler une graisse fluide fondant entre 7° et 5° et de densité 0,898, d’une odeur et d’une saveur rance, soluble en toute proportion dans l’alcool de densité 0,822 : c’est l'acide oléique.
- Ces premiers résultats conduisent à la séparation d’un mélange d’acides stéarique et margarique fondant assez haut et d’un acide fluide : c’est le principe de l’industrie des bougies stéariques dont on fête aujourd’hui le centenaire.
- En possession de ces résultats, Chevreul peut revenir en arrière et s’attaquer à la séparation des graisses non acides « qui avaient été considérées comme immédiatement simples, faute de moyens suffisants pour séparer les principes immédiats qui les constituent ». Il découvre l’oléine et les stéarines, distinguant celle de mouton solide à 44° et celle d’homme qui l’est encore à 49°. Puis pour expliquer
- Fig. 2.
- Chevreul d’après le médaillon de David d’Angers en i83ç.
- p.236 - vue 254/663
-
-
-
- CHEVREUL
- 237
- les variations d’odeur, il est conduit à découvrir les acides gras odorants : l'acide phocénique identique à l’acide de la valériane que nous nommons aujourd’hui valérianique ; l'acide butyrique, l'acide caproïque et l'acide cuprique. Et il conclut : « L’analyse chimique donne actuellement la raison des différences que présente le beurre de vache sous le rapport du degré de fusibilité et de l’odeur. Suivant qu’il contient plus ou moins de stéarine relativement à l’oléine et à la bu-tyrine, il est plus ou moins fusible; suivant la proportion de la bu-tyrine, il a une odeur plus ou moins forte; enfin comme les acides odorants ne sont pas l'un à l’autre dans des proportions constantes, la nature de l’odeur est différente; ainsi les beurres qui contiennent, relativement à l’acide butyrique, plus d’acides caproïque et eaprique ont une odeur toute différente de ceux qui sont dans le cas contraire. »
- *
- * *
- Pour le but qu’il poursuivait et qu’il a atteint Chevreul a créé l’analyse diate à laquelle il
- a donné son nom, et sa méthode ou tout au moins quelques-unes de ses méthodes, en particulier celle des solvants qui permettent de provoquer des séparations « en plusieurs sortes dé matières sans en altérer évidemment la nature ». Alors qu’aujour-d’hui nous disposons pour utiliser cette méthode d’un imposant arsenal de solvants qui s'enrichit constamment, Chevreul n’avait à sa disposition que l’eau, l’alcool et l’éther, mais il en a tiré un merveilleux parti.
- Citons quelques exemples tels qu’il les a lui-même rédigés :
- « Les stéarates, les margarates de potasse sont moins solubles dans l’alcool que les oléates, et la séparation de l’acide margarique d’avec l’acide stéarique est fondée sur ce que ce dernier forme avec la potasse un sel moins soluble que ne l’est le mar-garate de la même base. »
- « La séparation des acides volatils du beurre est fondée sur ce que les sels qu’ils forment avec la
- baryte sont inégalement solubles dans l’eau froide..»
- « La préparation delà butyrine et de la phocénine est fondée sur ce que l’alcool froid à 0,822 dissout ces substances en toutes proportions tandis qu’il ne dissout que très peu d'oléine. » On pourrait multiplier ces exemples.
- Comme moyen de contrôle Chevreul suit la purification par la solubilité fractionnée : il admet implicitement pour un corps pur la constante que nous nommons aujourd’hui coefficient de solubilité comme il a admis qu’un corps pur fond à température fixe et constante.
- Ce sont là autant d’hypothèses hardies qui grâce à lui sont devenues des lois fondamentales. Il ne considère d’ailleurs le corps pur, l’espèce selon son cxprcssioij, que comme un idéal; il déclare que les séparations ne sont point absolues et pourront être perfectionnées. « Il est très probable que la céline et les stéarines que j’ai préparées n’étaient point aussi pures qu’il sera possible de les obtenir un jour. »
- Le hasard heureux qui avait déterminé l’orientation des travaux de Chevreul « était le plus favo-
- Fig. 3. — Chevreul, d’après une gravure de La Nature exécutée immé- à l’occasion de son centenaire en 1886.
- p.237 - vue 255/663
-
-
-
- 238 —...... GHEVREUL
- rable qui pût se présenter à des travaux dont le but devait être de réduire la matière soumise à l’expérience en espèces chimiques définies parleurs propriétés ». C’était en effet une circonslanee favorable que de retirer des corps gras des substances de caractère acide donnant naissance à des sels plus faciles à « isoler par les dissolvants que les principes immédiats neutres dans leur état naturel».
- Dans les eaux mères de la saponification des graisses Chevreul trouve une substance qui n’a pas de propriétés acides comparables à celles des acides stéarique, margarique ou oléique. C’est une substance soluble dans l’eau. C'est le principe doux des huiles, découvert par Scheele dans les produits .de la préparation de l’emplâtre simple : c’est la glycérine de Chevreul.
- N’insistons pas sur la portée industrielle de-cette découverte et suivons la marche des idées de Chevreul au sujet de la manière dont la glycérine est ou non liée aux acides gras.
- En 1816, dans son mémoire relatif à l’examen des graisses d’homme, de mouton, de bœuf, de jaguar et d’oie, il indique les proportions de graisse saponifiée et de matière soluble dans l’eau; pour tous ces corps gras il trouve aux environs dè~ 95 pour 100 de graisse saponifiée, c’est-à-dire d’acides et conclut à 5 pour 100 de matière soluble par différence;*
- 11 avait cependant noté le fait essentiel. « Ainsi le liquide sirupeux qui contenait le principe doux produit par la saponification, quoique évaporé jusqu’à ce qu’il commençât à se volatiliser, pesait toujours beaucoup plus que la graisse n’avait perdu de matière soluble. »
- A cette époque il semble donc penser que le poids du corps gras initial doit se retrouver dans la somme des poids des acides et de la glycérine et que l’excès trouvé tient à l’impossibilité de chasser toute l'eau par évaporation.
- Plus tard ses idées évoluent; la découverte en 1818 delà phocénine et de la butyrine, c’est-à-dire des corps gras à acides volatils,, le met sur la bonne voie.
- « D’après ces analogies n‘a-t-on pas quelque raison pour considérer la phocénine et la butyrine comme des combinaisons des acides odorants et de glycérine anhydre ou plutôt d’une substance formée d’oxygène, de carbone et d’hydrogène qui en fixant de l’eau constitue la glycérine ?»
- .L’excès de poids trouvé dans les expériences s’explique donc] : c'est la quantité d’eau fixée par le corps gras pour former la glycérine dans la saponification.
- « Si on admet le rapprochement que je fais entre la composition immédiate des éthers végétaux et celle de la phocénine et de la butyrine, on ne peut s’empêcher de Détendre aux stéarines et à l oléine; car celles-ci ont la plus grande analogie avec la
- phocénine et la butyrine par la manière dont elles se comportent, non seulement lorsqu’elles sont exposées à l’action des alcali.s, mais.,. »
- D’autre part les acides gras fixes et la glycérine ne sont pas simplement mélangés dans les graisses, car sans cela on ne s’expliquerait pas pourquoi l’eau n’enlèverait pas la glycérine, on ne s’expliquerait pas pourquoi l’alcool qui dissout les acides et la glycérine ne dissoudrait pas les graisses. Si ceci se produit « c’est par la raison, que l’acide acétique et l’alcool forment un éther peu soluble dans l’eau... et cependant l’acide acétique et l’alcool sont très solubles dans l’eau». Finalement Chevreul formule l’hypothèse d’après laquelle les corps gras sont immédiatement formés d’acides gras et d’un composé qui en fixant de l’eau forme de la glycérine.
- *
- * *
- Après avoir, en plus de dix annés de travail, résolu le problème qu’il s ’était posé de séparer les corps gras en espèces définies, après avoir fixé sous la forme qui n'a pas varié la nature de ces espèces — éthers de la glycérine avec les acides gras — Chevreul s’est fait sur la nature intime des corps purs une opinion très nette qu’il a formulée à plusieurs reprises.
- « On admet généralement que par la division mécanique on n’arrive jamais à détruire une espèce composée, car chaque parcelle jouit de toutes les propriétés de l’espèce. Si rien ne nous autorise à penser que nous puissions obtenir une particule qui soit indivisible mécaniquement et qui possède toutes les propriétés de l’espèce, cependant il est facile d’arriver mentalement à ,ce résultat. Dans le système corpusculaire ou atomistique, cette particule est appelée atome composé et on la considère comme un solide d’une forme constante qui est le résultat de la combinaison en proportion définie d’éléments indéterminés. Il suit évidemment de cette définition que l’atome composé est l’individu qui représente l’espèce et que tous les échantillons d’une même espèce qui tombent sous nos sens sont des agrégats d’un nombre indéterminé d’atomes composés absolument identiques, ou en d’autres termes d’individus identiques dont chacun représente l’espèce. S’il survient un .changement dans l’arrangement des atomes élémentaires, dans leur nombre, leur nature, l’espèce est changée; c’est donc alors dans la permanence de la nature, du nombre et de l’arrangement des atomes élémentaires qui constituent l’atome composé, que consiste l’individualité de l’espèce. »
- Remplacez atome composé par molécule, songez que ceci a été imprimé en 1824 et vous estimerez que tout commentaire est superflu.
- Louis-Jacques Simon,
- Professeur de chimie organique au Muséum National d’Histoire Naturelle.
- p.238 - vue 256/663
-
-
-
- 239
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1925.
- L'hydrate de xénon, — En 1925, M. de Forcrand avait signalé l’existence d’un hydrate cristallisé de Krypton, répondant à la formule Kr, 5II20 qu’il obtenait en comprimant ce gaz, vers 0°, en présence d’une trace d’eau dans l’appareil Gailletet. Une expérience de même nature et portant sur quelques centimètres cubes de xénon, fournis par M. Lepape, vient de donner à ce même savant la preuve de l’existence d’un hydrate à 6 ou 7 molécules d’eau. Il apparaît ainsi que tous les gaz dits inertes ou avalents forment des hydrates 1 ristal-lisés et que ce sont là les seules combinaisons possibles de ces éléments. Les données déjà acquises indiquent enfin que la stabilité de l’hydrate, exprimée par la chaleur de formation à partir de l’eau liquide ou par la tension de dissocialion à O1, augmente avec le poids moléculaire du gaz initial.
- O „
- Sur le travail dans la marche. — Les calculs établis comme on l’a fait depuis Marey présentent, d’un opérateur à l’autre, des écarts considérables et, dans l’ensemble, ne paraissent guère en harmonie avec d’autres évaluations de la dépense énergétique. MM. Henri Potle-1 vin et Rob. Faillie soumettent à l’Académie une méthode r très simple, mais qui n’en permet pas moins d’analyser les déplacements du centre de gravité, dans son oscillation verticale, avec grande précision. Les expériences ont été faites tant sur le trottoir roulant de Langlois que sur un parquet. Elles indiquent que l’énergie disponible sous forme de force vive au moment où se produit le double appui, représente toujours une importante fraction du travail qu’absorbe la phase ascensionnelle de l’oscillation suivante. Le complément seul doit être fourni par l’eflort musculaire du sujet.
- Procédé de photographie instantanée des couleurs. — La méthode imaginée par M. Gabriel A. Rousseau est basée sur l’emploi de trois pellicules superposées, et rendues solidaires en les collant par un de leurs bords. La première reçoit une émulsion lente ordinaire, au bromure; la seconde une émulsion sensible au jaune et au vert, la troisième une émulsion sensible au jaune et au rouge : de plus la pellicule centrale a le côté émulsionné coloré en jaune avec de l’auramine et l’autre côté en rose pille avec de la fuchsine. On opère sans écran, comme avec une plaque ordinaire et sans rien modifier aux appareils existants, la marche de la lumière se résumant ainsi : impressionnée par le groupe bleu-violet la pellicule lente donne le cliché du rouge jaune ; les radiations du violet sont arrêtées sur l’auramine et la seconde pellicule fournit le cliché du rouge ; enfin, les rayons orangés ayant seuls traversé l’ensemble arrivent sur la troisième plaque pour laisser le cliché du bleu. Dans ces conditions, on obtient facilement, avec une bonne lumière, en une seule pose et sans manipulations d’écrans, trois clichés trichromes sélectionnés en 1 /25 de seconde et l’on en peut tirer des monochromes, notamment en employant le procédé Tauleigne-Mazo.
- Quelques sources froides de la région de Bagnères-de-Luchun. — La plupart des sources thermales de ce bassin doivent la majeure partie de leur radioactivité, au mélange d’eaux superficielles non sulfurées, mais riches
- en radon, à l’eau sulfurée profonde et peu radioactive. Les nouvelles mesures effectuées par M. Ad. Lepap-i ont .porté sur les eaux de neuf sources froides dont quatre sourdent sur la montagne de Superbagnères, la cinquième dans son prolongement vers le Céciré et les dernières dans le versant droit de la Pique. Les proportions de radon sont relativement élevées pour les sources superficielles et, dans le*granit, on observe la présence du mica, où il a été trouvé jusqu’à 112 X 10~12 gr. Ra par gr. Au total, la proportion de radium varie en sens inverse de celle du radon et dans le même sens que la température et la sulfuration.
- L'entraînement de la magnésie par l'alumine. — Les chimistes analystes ont remarqué que la présence du magnésium risque de passer inaperçue lorsque l’un des sels de ce métal se trouve mélangé à un sel d’aluminium. MM. Pariselle et Laude se sont donc proposé d’étudier, avec méthode, l’influence de la proportion de chlorure Az3 1I4C1, quand on précipite par la base AzlDOlI, un mélange équimoléculaire (S04)3A12 -f- SO4 Mg. Des résultats acquis, il apparaît que, pour maintenir en solution les composés du métal Mg lors de la précipitation de l’oxyde Al® (OH)6 par l’ammoniaque, il faut employer des doses massives de chlorure AzIDCl, sinon il y a entraînement de la magnésie, Le phénomène semble difficile à expliquer par voie physique ; il est à croire que, faute de doses suffisantes de se] ammoniacal, il se forme un alu-minale insoluble, analogue au spinelle.
- Les eaux minérales du Guergour, — A 8 km. de Lafayette et à 55 km. de Sétif, les sources thermales d’Ilamman el Djoudi sourdent sur la rive droite de l’oued Bou Sellam, à la sortie de cette rivière des gorges du Guergour. Cinq des sources, connues des Romains, sont utilisées, sous des abris rudimentaires, dans des piscines et leur débit varie, entre 4 1. et 6 I. 5 à la seconde. La température est voisine dé 42° et MM. Pouget. et Chou-chak ont pu s’assurer de leur radioactivité. L’une d’elles — Hammam Chof — se classe après les sources Joachims-tal et Altromische, avec 122 mm. microcuries d’émanation et une dose de 5. 10~12 gr. Ra par litre. Sulfatées calciques, ces sources algériennes sont certainement en relation avec une faille qui met en contact le Cénomanien et le Sénonien, faille visible d’ailleurs sur la rive gauche du Bou Sellam et masquée sur l’autre rive par le travertin calcaire que les eaux ont déposé.
- Le dosage des sucres. — M. Emile Saillard a montré que la méthode de Clerget fournit des résultats exacts quand elle porte sur la solution normale française de saccharose pur qui donne 21°80 au polarimètre et 100° au saccharimètre, mais il n’en est pas ainsi quand il s’agit de liqueurs d’une autre concentration. En collaboration avec MM. Ruby et Wehrung, M. Saillard a fait porter ses expériences sur des solutions tenant 4 g. 0, 8... 16 g. pour 100 cm3, et les résultats rapportés à 0° montrent nettement que le coefficient d’inversion croit avec la proportion de saccharose ; il passe en effet, dans les essais ainsi conduits, de 142,80 à 144.
- Paul B.
- p.239 - vue 257/663
-
-
-
- 240
- REMARQUABLE ANOMALIE DANS LES FEUILLES D’UN CHARME
- Dans une communication faite à la Société botanique de France, le 9 mai 1924, sur l’hétéromor-phisme et. la loi de triple convergence, M. Hiclcel classe en trois catégories les différences qui se produisent dans la morphologie externe des feuilles. Il place dans une première catégorie les différences plus ou moins profondes qu’on rencontre chez les individus de certaines espèces sans qu’il puisse être question de races, de variétés ou de petites espèces. Ces cas sont très restreints. Ils se produisent chez des espèces qu’on peut qualifier de polymorphes.
- Chez d’autres, il y a parfois entre les feuilles d’un même individu des différences considérables sans qu'on puisse invoquer comme causes l’âge du
- Fig. i. — Une branche de charme du Pelit-Trianon portant deux sortes de feuilles.
- sujet, la nature des rameaux, leur éclairement, etc.
- Ces cas sont peu fréquents. On les remarque chez des Osmanthus, des Morus, etc., espèces qu’on qualifiera d’hétérophylles.
- Enfin, chez d’autres espèces plus nombreuses et même chez des genres et des familles entières, la morphologie des feuilles peut varier sur le même individu dans des limites très larges suivant l’âge de la plante, la vigueur ou l’emplacement des rameaux. Cette catégorie formera celle des plantes dites hétéromorphes.
- D’après M. Hiclcel, les règles qui président à ces variations sont précises. Elles auraient presque la rigueur de lois mathématiques. L’hétéromorpbisme existe le plus généralement entré les feuilles jeunes et les feuilles âgées, ou encore entre les pousses formées à des époques différentes, ou bien entre les pousses de nature diverse comme les drageons, ou d’emplacements différents comme les branches gourmandes, les rejets de souche, etc.
- Dans] une intéressante excursion] de botanique aux étangs de Ville-d’Àvray (S.:et-0.) dirigée au mois de juin dernier par M. Guffroy, ingénieur-agronome, nous avons remarqué, sur la rive nord du
- petit étang, un cas de ce genre chez un Houx (llex aquifolium) dont les rameaux âgés portaient des feuilles presque sans épines, tandis que les rejets du pied reprenaient la forme ordinaire à feuilles très épineuses, qui est la forme juvénile de l'espèce.
- Il existe à Versailles au Petit Trianon, un exemple curieux d’hétérophyllie sur un charme. La différence entre les deux sortes de feuilles que porte ce charme est très accentuée ; on peut en juger par les photographies ci-jointes, la première donnant l’aspect d’un rameau, la seconde le détail des feuilles dissemblables portées par le même rameau.
- Certaines ramilles ont des feuilles normales doublement dentées, à nervures saillantes et parallèles.
- Fig. 2. — Détail des feuilles dissemblables portées par la môme branche de charme.
- D’autres ont des feuilles très différentes, plus petites, à divisions profondes, à nervure principale bifurquée ayant l’aspect d’une sorte de feuille composée, rappelant la forme « querci-folia ». Il est intéressant de signaler que les fruits de ce charme se trouvent à l’extrémité des ramilles à feuilles anormales.
- Aucune raison ne semble justifier cette anomalie peu fréquente qui rentre dans la deuxième catégorie précitée.
- Cet arbre est probablement celui que désigne sous le nom de Ccirpimis helerophylla, le « Catalogue méthodique des Végétaux cultivés dans le Jardin des Plantes de la ville de Versailles » dressé en 1843 par Philippar, où l’on trouve la description des arbres provenant du Jardin anglais de Trianon, créé en 1781 par Antoine Richard, le fils de Claude Richard, jardinier chef de Trianon sous Louis XV. II se peut même que ce charme ait fait partie du Jardin botanique de Bernard de Jussieu, car il se trouve à l’extrémité nord du terrain qu’on appelait à cette époque « la Botanique » où, vers 1759, B. de Jussieu classa les plantes selon sa fameuse « méthode naturelle ». L. P,
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Paiiühe, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
- p.240 - vue 258/663
-
-
-
- NV2Û&2* - - 17 Octobre 1925
- LA NATURE
- SOMMAIRE
- Le peuplement végétal des sables de la Loire à Nantes : E. Gadeceau.
- A propos de la découverte d’ossements de mylodon à Cotocollao (Equateur) : Ed. Clavery.
- Le chargement mécanique du charbon sur les bateaux : Pierre Maréchal.
- La photographie et les publications illustrées.
- L’évolution des procédés d’impression photomécanique : E. Démichel.
- Les minerais de zirconium et leurs usages : A. T. — Petite machine à calcul économiqüe : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Boîte aux lettres, etc.
- MASSON ET Gie, Éditeurs. Ï3Ô, b'oulevard -Saint-Germain, P-ari3.
- LE NUMERO
- £ France ( Uni
- . . 1 franc nion postale. I fr.. 25
- p.n.n. - vue 259/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2689 .= 17 OCTOBRE 1925
- LE PEUPLEMENT VÉGÉTAL DES SABLES DE LA LOIRE A NANTES
- Le voyageur qui arrive , à Nantes par la Vendée est frappé des nombreux bras de la Loire qu’il faut traverser pour arriver au cœur de la ville. 11 ne faut pas franchir moins de six ponts, l/anlique réputation des ponts de Nantes, qu’on trouve déjà dans le Pantagruel de Rabelais est ainsi justifiée.
- La Loire, d’après Barrois, était, à son orgine un fleuve à régime lorrentiel « dont les eaux étaient « plus puissantes, le niveau de base '
- « plus bas et la pente plus grande,
- « quand elle creusa les premiers a sillons conséquents, à travers les « rides parallèles des terres bre-« tonnes (*).
- Au fur et à mesure que le cours F’£- r- ~ 1 du- fleuve gagnait en largeur sur les terres voisines, le thalweg devenait moins profond, le courant moins rapide et les sables et les vases, provenant de la dénudation des rives, encombraient de plus en plus le lit du fleuve, poursuivant ainsi, par les processus d’érosion et de comblement, l’établissement de ce niveau de base uniforme qui semble le but final des vicissitudes pbysiogra-phiques (2).
- Les sables du fleuve viennent des anciens bassins lacustres du Forez, de la Limagne, etc., échelonnés le long de la Loire et de l’Ailier.
- La Loire coule sur des terrains très variés et elle pourrait recevoir des matériaux de toutes sortes. Cependant, d’après le professeur Ed. Bureau, deux échantillons de sable pris l’un à Roanne, l’autre au
- 1. Ch. Barrois. Répartition des îles méridionales de Bretagne. Ann. Soc. géol.. Nord, t. 26, 1897.
- 2. Ciiandleiv Cowr.Es. liotanical Gazelle, XXXI, 1901.
- Fig. 2.
- Etal actuel de la Loire à Nantes.
- Loire à Nantes, en i~66, d’après le plan de I.erouge.
- Pellerin dans la Loire-Inférieure, à 570 km l'un de l’autre, se montrent absolument semblables :« C’est du quartz, et du quartz arraché à des roches granitiques, car dans ce quartz, malgré son usure, on peut reconnaître une structure cristalline. C’est donc le granit qui par sa décomposition fournit le quartz qui est l'agent d'encombrement du lit de la Loire (').
- Dans ces conditions, la formation des îles ne tarde pas à se produire. Elle commence souvent par la présence de quelque obstacle : par exemple un tronc d’arbre, submergé en partie, qui retenant le courant, cause un dépôt de sable ou de vase qui devient promptement une sorte de barrage naturel, formant ainsi un obstacle au courant, favorisant le prompt accroissement de l'ilot naissant.
- Ainsi ont dû naître et se multiplier, dans la suite des siècles, les îlots, les îles, qui obstruent le cours de la Loire, en amont et en aval de Nantes, et sur lesquels une partie de la ville est construite.
- Les plus anciennes cartes que j’ai pu consulter (2) nous montrent la Prairie au Duc comme une île d’un seul tenant, sans aucune construction, avec un point marquant l’emplacement des « bois de justice ».
- La Prairie au Duc fait partie de tout un groupe d’îles, jadis occupées par des prairies, comme en témoignent encore les appellations qui ont sub-
- 1. En. Bureau. 'Elude sur l'origine el la formation 'des sables de la Loire. (IVe Congrès de la Loire navigable (1897). Nantes, imprimerie du Phare de la Loire).
- 2. Archives Municipales. Ceineray, grand plan, 1761. — Le Rouge, ingénieur géogr. du Roi, 1766. — Sébire. Nantes, an III, 1795. — Penot, Nantes. 1818.
- 16. —
- Gare, de t Etat Saô/es
- 53* Année- — 2* Semestre-
- 241.
- p.241 - vue 260/663
-
-
-
- 242 ===' LE PEUPLEMENT VÉGÉTAL
- sisté de : Prairit d’Amont, Prairie de Biesse, Prairie d'Aval, Pré des Récollels, Pré du Bois joli.
- A l’extrémité sud-ouest, du groupe se trouvait l'ile Sa inte-A une qui n’existe plus et qui devait être de formation relativement récente, puisque, en 1841, elle portait le nom d’i/e Neuve. Elle est aujourd’hui reliée à la Prairie au Duc.
- Nos anciens bolanis tes nantais : Pesneau, Lloyd, Delalande, ont souvent exploré ces îles , spécialement la partie connue alors sous le nom d’île Videment.
- La configuration de chacune de ces îles a'subi de nombreuses transformations, conséquences de l’action des agents naturels et aussi de l’intervention de l’homme. « Envahissement des sables occasion-« nant ou l’élargissement, ou la division en plu-« sieurs branches du cours de la Loire entre ces « îlots ».
- Les grands travaux, dont le port de Nanles a été l’objet dans ces dernières années, ont apporté des modifications profondes à la topographie de la Prairie au Duc et des îles voisines. L’une d’elles, P île Mabon (jadis île Lemaire) qui obstruait l’entrée du port* a été supprimée par les ingénieurs. L’appro-fondissément du lit de la Loire a donné lieu à des mouvements de terrain créant des espaces libres, souvent pierreux, des amas de décombres; les prairies des deux rives sont de temps en temps recouvertes de vases et de sables rejetés par les dragues à vapeur. Ce sont autant de stations disponibles dont la végétation ne tarde pas à s’emparer et où les plantes adventices, souvent même étrangères, apparaissent tout d’abord et ne se maintiennent pas toujours.
- Le peuplement de ces terrains est très intéressant à observer au point de vue du groupement des espèces qui forment les associations-végétales dont l’étude est actuellement à l’ordre du jour.
- Au point de ’vue biologique, on peut diviser les groupements végétaux en trois catégories principales :
- 1° Les Hydrophytes, recherchant les milieux ‘humides; ;
- 2° Les Xérophytes, s’accommodant surtout des lieux seés ; ^
- 5° Les Mésophytes, adaptées à des conditions : moyennes.
- On comprendra que dans ces terrains sablonneux, les xérophytes dominent d’abord; ce sont des annuelles arénicoles ; Senecio viscosm, Planlago arenaria; des Graminées : Broniiis tectorum, Vul-pia ciliata, Digitaria -'sanguiriàlis, ; auxquelles se joignènt quelques autres xérophytes vivaces ; Ero-dium triviale; Melilotus alba ; Melilotus arvensis; Lactuca scariola; L maria vulgaris; Chenopo-dium album; des Hordeum; Bromus sterilis; B. commutatus et màdritensis, toutes espèces bien adaptées par leur structure : poils glanduleux, feuilles très réduites, etc., à ce milieu xérophytique privé d’humus, substratum au sein duquel elles
- DES SABLES DE LA LOIRE, A NANTES
- n’ont pas à redouter, pour le moment, la concurrence de plantes plus lentes à germer, moins bien armées contre la sécheresse, ou dont les graines ont été trop profondément ensevelies sous les apports de sable.
- Les premiers artisans de consolidation de ces sables presque nus sont représentés par un chiendent (Cynodon Dacfylon) dont les stolons se répandent de tous côtés et par de grandes herbes vivaces ou multicipitées : Cirsium arvense,. Arte-misia vulgaris, Agropyrum campeslre.
- La où l’humus a été créé peu à peu, par l’apparition et la décomposition de quelques mousses et par les détritus, une végétation plus dense, à tendances mésophytiques, se montre avec des Légumineuses, des Luzernes : Medicago lupulina ; Medi-cago media; des Trèfles : Trifolium minus, Trifolium fragiferum, et d’autres plantes traçantes ou à rejets radicants.
- L’Herniaire (Herniaria glabra), les Potentilles, Potentilla replans et Anserina; quelques Carex. Un assez bon nombre de graminées commencent à apparaître : Agrostis alba, Lollum perenne. Lo-lium multiflorum avec quelques espèces des prairies sablonneuses : Crépis virens, Thrincia hirta, Leontodon autumnale. Hypochæris radicata, Plantago lanceolata.
- Ces associations nous représentent, en petit, la prairie naissante; elles offrent un asile temporaire à certaines espèces adventices appelées à disparaître avec l’accroissement de la prairie; graminées venues delà Loire d’amont : Poa palustris; Poa nemo-ralis; Agrostis Spira venti, Deschampsia. ccespi-tosa. On voit aussi les rudérales vulgaires.
- Cet assemblage hétéroclite et transitoire montre bien que ces associations ne sont pas encore fermées. Cependant un grand pas est fait vers l’établissement de la prairie mésophytique, c’est-à-dire composée d’espèces adaptées à des exigences moyennes comme sécheresse ou humidité.
- Ces prairies mésophytiques qui régnent encore dans les vestiges des prairies voisines sont le résultat ultime des luttes progressives et régressives des associations de xérophytes et d’hydrophytes; elles représentent, dans la vallée de la Loire, le « climax de végétation vers lequel semblent tendre les processus naturels (’) »-.
- Après avoir suivi la constitution progressive de la prairie de la Loire, dans les îles à Nantes, je terminerai cette étude par l’examen des principales plantes adventices étrangères qu’on y a pu constater depuis 80 ans.
- Des Onagres : -les OEnothera biennis et OE. suaveolens; XErigeron canadensis abondamment naturalisé en Europe depuis 1674, une absinthe, P Artemisià scoparia Pesneâu (1857), Senecio viscosus, origine incertaine, Xanthiùm macro-carpum (Amérique.)
- 1. CwANm.Eit Gowi.es. The physiographic ecnlogy of Chicago, etc. Tint attirai Gazelle A’.V.V/ (ll)ftl),
- p.242 - vue 261/663
-
-
-
- 243
- LE PEUPLEMENT VÉGÉTAL DES SABLES DE LA LOIRE, A NANTES
- lJ Xanthium spinosum, Amérique ou Russie méridionale, Lloyd (1845).
- P Daturci Tatula. Amérique, Lloyd (1845).
- Ilysanthes gratioloid.es (Amérique) s’est substitué au Lindernia Pixydaria dans la région nantaise avec lequel il fut longtemps confondu
- Amarantus retroflexus. Amérique, abondamment naturalisé dans toute la vallée de la Loire.
- Elodea canadensis, Amérique, aquatique, naturalisé en France seulement depuis une quarantaine d’années, a envahi tous nos cours d’eau.
- P Cyperus .vegelus, Amérique, naturalisé à Rayonne et à Bordeaux, Lloyd (1875).
- Quelques-unes de ces espèces marquées P semblent avoir disparu ou du moins n’ont pas été constatées depuis longtemps.
- On comprend bien que ces étrangères apparaissent et se maintiennent mieux qu’ailleurs au sein de ces associations ouvertes, où la concurrence vitale est très active, mais pourquoi sont-elles les premières à apparaître? On ne peut l’expliquer avec certitude. Les espèces à graines très petites et très nombreuses sont assurément plus susceptibles que tout autres d’être répandues par le trafic des voies ferrées, à fleur de sol; peut-être la faculté germinative de ces graines est-elle plus prompte que celle des milliers d’espèces autochtones dont les semences sont encore plus abondantes dans ces sables.
- Une place toute spéciale doit être faite ici «à une Chénopodiacée du Nouveau Monde, apparue dans ces localités et qui s’y est répandue avec une abondance et une rapidité très remarquables; c’est l’Anserine vermifuge (Chenopodium anthelmin-
- Fig. 3. — Chénopodes de Vherbier de Linné. À gauche, C. ambrosioides ; à droite,
- C. anthelminticum
- C’est une grande herbe vivace qui atteint jusqu’à 1 m. et demi de haut et plus. Elle donne des milliers de petites graines d’un brun noir, lisses. Son odeur très forte est plutôt repoussante et différente de celle d’une espèce très voisine : l’Anserine, Fausse-Ambroisie ( Ch en opod ium a m b ros ioides )
- ' ^ -F vr jr —
- Lig. 4. — Buissons de Chenopodium anthelminticum sur la Prairie au Duc, à Nantes.
- employée en infusion comme stomachique et digestive sous lë nom de Thé du Mexique. L’Anserine vermifuge contient une huile volatile qu’on peut extraire et qui procure l’expulsion des ascarides.
- La question de. l’autonomie spécifique de ces deux Chenopodium a fait l’objet de très nombreuses discussions. L’herbier de Linné contient un échantillon dë chacune de ces deux formes et mon ami regretté, le savant botaniste C. B. Clarke, qui les a examinés à Londres, m’écrivait :
- « Si les deux sont séparables comme espèce, ce dont je doute fort, la' différence est seulement celle du développement des feuilles florales, différence de très faible importance botanique(') ».
- Il résulte à mes yeux des expériences nombreuses auxquelles j’ai pu me livrer à Nantes, qu’il y a là non pas deux espèces, mais deux races ou variétés et j’ai cru pouvoir
- Voir Gadeceac. Note sur les. CA. anthel-mintiçum etCA. ambrosioides. Huit. Soc. bot. Fr. T, 54,1907. Observations sur l’identité du Ch. anthelminticum du port de Nantes. Huit. Soc. bot. Fr, 1912.
- p.243 - vue 262/663
-
-
-
- 244 DECOUVERTE D’OSSEMENTS DE MYLODON A COTOCOLLAO (ÉQUATEUR)
- émeüre l’hypolhèse que, contrairement à celle généralement admise, ce serait le Ch. anthelminticum qui représenterait le type primitif de l’espèce, tandis que le Ch. ambrosioides serait une race moins vigoureuse, en quelque sorte affinée par la culture à laquelle elle a donné lieu, depuis longtemps.
- La première mention de la plante aux environs de Nantes, à ma connaissance, se trouve dans le Journal de Lloyd, en 1875, « dans les chantiers derrière le canal, au bord de la Loire, à Chan-tenay »* puis à Trentemoult, avec la mention a odeur différente de celle du type »; il la rapportait au Ch. ambrosioides. Ce n’est qu’en 1890, lorsque je retrouvai la plante au canal de Chan-lenay, que frappé des différences que je lui signalais, il reconnut, après do longues études compara-
- tives, que nous avions affaire au Ch. anthelmin-thicum.
- En 1892, elle était déjà très abondante au bord des canaux de la Prarie au Duc et en 1907, elle avait envahi presque tous les sables des îles de la Loire en amont et en aval (1).
- J'ai constaté que les deux races doivent être considérées comme vivaces ou persistantes dans certaines conditions, contrairement aux indications de tous les auteurs et de Linné lui-même qui indique le Ch. ambrosioides comme annuel et le Ch. anlhelminlicum comme vivace.
- E. Gadeceaij.
- 1. (i.AiiKCKAU. Histoire de Venvahissement du port de Nantes par une Chénopodiàcêe américaine. Le Naturaliste. nD 484, Ie1' mai 1907.
- A PROPOS DE LA DÉCOUVERTE D’OSSEMENTS DE MYLODON
- A COTOCOLLAO (ÉQUATEUR)
- Jusqu’à présent, le sol de l’Equateur s’est montré entièrement dépourvu de fossiles antérieurs à la période quaternaire. Notamment, toute la région de Quito, chef-lieu de la province de Pichincha en même temps que capitale de la République, n’offre principalement que des terrains volcaniques, cendres, conglomérats, laves, andésites où soit les failles naturelles, soit les tranchées et remblais de l’unique voie ferrée ou des quelques routes sillonnant le pays, ne présentent à l’œil du voyageur ou du touriste pas la moindre trace d’ammonite ou de belemnite, non plus que de plante ou d’animal.
- En Équateur, dit Théodore Wolif; dans l’ouvrage justement réputé qu’il a consacré à ce pays, on n’a découvert jusqu’à présent, aucun terrain de la période paléozoïque, ni des. deux premières formations de la période mésozoïque. Il manque six des formations les plus importantes de l’échelle géogénétique, à savoir : la silurienne, la dévonienne, la carbonifère, la permienne, la triasique et la jurassique.... Partout où l’on peut observer le conlact des roches archéennes avec les autres, on note que sur les premières reposent directement des couches modernes, depuis les crétacées, en remontant vers les périodes lës plus récentes. Mais comme en Colombie et au Pérou, on connaît quelques points consistant en terrains jurassiques et même plus anciens, il ne serait pas impossible que ceux-ci se rencontrassent également en Equateur à des profondeurs plus grandes et couverts de stratifications modernes, et qu’avec le temps on en fit la découverte en quelques points de la Cordillère qui n’ont pas été étudiés jusqu’à présent. Cependant la formation crétacée du littoral, près de Guayaquil, paraît reposer directement sur les schistes cristallins et le granit, d’après les échantillons extraits de la profondeur par la sonde, au moyen de laquelle on a cherché à ouvrir un puits artésien au pied de la colline de Santa Ana (Guayaquil) et aussi suivant l’observation faite près de Pascuales dans la partie inférieure du cours du Daule où la syénite est couverte de couches crétacées (').
- Cependant, depuis un demi-siècle environ, trois gisements dé fossiles furent découverts. Le premier, et de
- 1. Ecuador, chapitre III, p. 232.
- beaucoup le plus important, est situé au ravin de Chalang près Punin (au S.-E. de Riobambo, au pied des contre-forts du Chimborazo), où les cofiches inférieures du quaternaire (cangahua) reposent directement sur une formation ancienne non volcanique. Dès 1871, M. T. Wolff, alors membre de la Compagnie de Jésus et professeur à l’Université de Quito sous le gouvernement de l’illustre Garcia Moreno, reconnut le site, et en tira le contenu de deux grandes caisses d’ossements, transportées peu après à la capitale. Vingt ans plus tard le chanoine Proano, aujourd’hui encore membre du chapitre de la cathédrale de Riobâmba, fit au gisement de Punin de fructueuses visites dont il rendit compte par diverses publications.
- Enfin, en juillet 1925, se rendit à son tour au même ravin (Quebrada), M. Anthony, conservateur de mamma-logie au Nalural History Muséum de New-York; il y reconnut des vestiges de mastodontes, chameaux, chevaux, et paresseux préhistoriques.
- D’autre part, il v a trois ou quatre ans, M. Enrique Maulme, notre dévoué agent consulaire à Guayaquil, a trouvé un crâne de mastodonte en fort bon état à Santa Elena, près de Salinas au bord de la ‘mer, proche de l’embouchure du Guayas, non loin d’un point ou l’un de nos compatriotes, M. van Isschot, exploite depuis trente-cinq ans quelques gisements de pétrole (extraction à ciel ouvert).
- Enfin, vers le même moment, en 1921, des élèves du noviciat des Jésuites pour la province de l’Equateur, ont rencontré à peu de distance de leur résidence de Coto-collao (altitude 2802 m. 11 km N. de Quito) des restes de mvlodon.
- Vu la rareté d’un résultat semblable dans les chasses, ou (( quesles w paléontologiques pratiquées dans cette partie de l’ancienne terre des Incas, nous croyons que la note ci-après, émanant d’un des élèves du Noviciat, ne sera pas sans intéresser nos lecteurs.
- Rappelons simplement que Quito se trouve à 0° 14' au sud de la ligne équinoxiale et que la paroisse de Coto-collao (environ 2000 habitants) est située approximativement au tiers du chemin entre Quito et cette ligne.
- Voici donc la traduction de la note qui m’a été remise
- p.244 - vue 263/663
-
-
-
- LE CHARGEMENT MÉCAN1 QUE DU CHARBON SUR LES BATEAUX
- 245
- jjar le P. Jouanen, Français, visiteur des Jésuites en
- Equateur.
- « En 1921, les jeunes étudiants du Collège principal de Loyola, noviciat de la Compagnie de Jésus, ont trouvé des débris de squelette de mvlodon au fond du ravin de Chitahuaico à environ 5 km N. de Cotocollao, a une profondeur de 28 rn., -au milieu d’une couche de cangahua, argile compact ou tuf qui se présente sous l’aspect de glaise bleuâtre fort résistante par temps sec et fort glissante par temps de pluie (). Au-dessus de cette couche, sont superposées de bas en haut cinq couches bien déterminées et caractérisées de pierre ponce, sable, argile et terre végétale avec cette particularité que celles de cangahua et d’argile sont les plus tories, car elles atteignent 4, 5 et même 6 m. d’épaisseur.
- Malheureusement, en dehors du crâne, d’une rotule èt de quelques autres os, nous n’avons pas pu trouver d’autres fragments, en dépit des fouilles répétées par nous pratiquées. La cause en apparaît facilement, car le torrent, surtout lors des grandes crues, a dû entraîner le reste des ossements, au cours des ans.
- De la mesure du crâne (0 m. 40 de long) et de la rotule (0 m. 15 de diamètre), on déduit que notre my-lodon était de taille moyenne, il n’atteignait certainement pas aux dimensions des exemplaires découverts en Californie, dont l’un mesure 5 m. 50 de long.
- Par cet exemplaire trouvé dans notre patrie, se confirme l’opinion que le pliocène de l’ère tertiaire et même le post-pliocène se rencontrent dans toute l’Amérique.
- Pour compléter cette information sommaire, rappelons que le mvlodon fait partie de l’ordre des Edentés et se trouve dans les terrains du pliocène de l’ère tertiaire ou néozoïques au début du quaternaire.
- La taille de l’animal pouvait atteindre celle de l’éléphant, dans les cas exceptionnels. Le crâne, aplati dans la partie supérieure et se terminant de façon brusque,
- 1. Définition de la cangahua par M. Th. WoJlf ;
- Ce terrain paraît- être le produit de la décomposition successive des andésites, laves et tufs dont les particules, excessivement fines, emportées par les eaux des pluies et spécialement par les vents, se déposent dans les inégalités de la superficie terrestre, retenues aussi par la végéta lion graminée et herbacée.
- en museau tronqué, est très petit si on le compare au reste du corps. Il a cinq molaires de chaque coté de la mâchoire supérieure et quatre à l’inférieure, toutes avec une couronne plane qui dénote sa condition d’herbivore.
- Les extrémités courtes et robustes étaient pourvues de fortes griffes, Les antérieures avaient cinq doigts et quatre les postérieures. Tous les doigts (sauf les extrêmes de chaque pied), étaient pourvus d’ongles extrêmement développés; l’animal les employait non seulement comme puissant moyen de défense, mais aussi comme outil pour arracher les racines des arbustes qui servaient à sa nourriture. Il s’alimentait également de l’herbe des champs et des parties tendres des végétaux.
- Dans l’œuvre monumentale de la création, on peut considérer ce mammifère comme appartenant à la même famille naturelle d’où relève le petit paresseux de nos jours ». -
- Dans son ouvrage déjà cité, T. Wolff compare le lœss et la cangahua, au cours d’un passage qui parait compléter utilement ce qui précède et que nous reproduisons ci-après :
- De même que sur les pentes inférieures des montagnes, dans d’autres régions, qui fournissent par décomposition des substances argileuses, se forment les couches de l’argile dénommée lœss, ainsi (naît, par une action éolienne (subaerea), des matériaux andési-tiques, la cangahua. Nous pouvons ajouter une autre analogie entre les deux formations : de même qu’en Europe le lœss recèle les ossements des grands mammifères antédiluviens (Mammouth, Rhinocéros), la cangahua du Haut Equateur est la formation où- se rencontre la majeure partie des ossements des mammifères éteints de la période quaternaire (Mastodonte, Protauchenia, ancêtre du Lama actuel, etc.).
- Rappelons enfin que notre Muséum d’Hisloire Naturelle possède quelques pièces se rapportant au mvlodon sud américain. Dans la belle galerie de Paléontologie, si bien ordonnée, l’armoire 100 Edentés contient notamment les articles suivants : du Mylodon l’obustus Qiven, tête tibia, pied antérieur, membre antérieur, mandibules, portion de mandibule, le tout provenant de la République Argentine; du Néomylodon Listai, fragment de peau, touffe - de poils découverts en Patagonie par M. Eberhard
- Eu. Clavery,
- con-uspoiulanl, du Jluséum,
- LE CHARGEMENT MÉCANIQUE DU CHARBON SUR LES BATEAUX
- .Dans les grands ports charbonniers il existe des installations puissantes qui permettent d’assurer rapidement le chargement des bateaux destinés à transporter le combustible. Ces installations sont nécessaires quand on veut assurer un grand trafic, utiliser le port au maximum et réduire le plus possible le temps d’immobilisation des navires.
- ;j)es appareils formidables basculent des wagons d’une capacité de 50 et même de 100 tonnes; ils les déversent dans des trémies qui alimentent des goulottes communiquant avec la cale des navires a charger, (les goulottes sont elles-mêmes commandées par des grues de levage, de manière à placer 1 extrémité de sortie en tous les points voulus de la cale.
- Généralement un appareil basculeur de wagons de ce genre est unique pour la jetée de chargement; des courroies transporteuses de dimensions considérables amènent ensuite le charbon qui coule par les trémies jusqu’à des stations où le combustible est repris à nouveau par des élévateurs pour alimenter chacune des goulottes. .
- L’installation la plus parfaite à l’heure actuelle, se trouve a Curlis Bay dans le Maryland. Des courroies transporteuses larges de 4 m. 50, qui se déplacent à une vitesse de 9 km à l’heure, transportent chacune 2000 tonnes de charbon pendant une heure. La goulotte est formée par un tube télescopique et l’on peut avoir quatre appareils de 6c genre, chacun disposé sur une tour, qui peuvent verser ensemble
- p.245 - vue 264/663
-
-
-
- - **
- Fig. i. — Courroies transporteuses allant du basculeur de wagons au pylône de chargement:
- Fig. 2. — Jel de charbon lancé par le distributeur orientable.
- p.246 - vue 265/663
-
-
-
- LA PHOTOGRAPHIE ET LES PUBLICATIONS ILLUSTRÉES = 247
- du charbon dans les quatre écoutilles d’un navire.
- Pour éviter que le charbon ne tombe dans la cale, simplement sous l’action de la pesanteur, ce qui naturellement fait prendre à la matière la forme d’un cône et exige un pelletage ultérieur, on a imaginé un distributeur tout à fait particulier.
- L’appareil Lane-Galloway est une énorme manche en tôle d’acier, suspendue à l’extrémité de la gou-lotte. Au bas de la manche est une courroie sans lin très courte, qui se déplace rapidement et qui comporte des petites palettes d’acier de manière à entrainer le charbon qui tombe sur la courroie, et à
- Fig. 3. — Pylône avec tube télescopique et chargeur.
- le projeter horizontalement hors de l’appareil. La force de projection est telle que le charbon peut être lancé à plus de 15 m. de distance.
- On peut incliner plus "ou moins le châssis qui porte là courroie. Le mécanicien se trouve placé dans une cabine située sur l’appareil distributeur
- lui-même, de sorte qu’il peut manœuvrer électriquement le distributeur à palettes projetantes et le braquer comme un canon, toujours de manière à envoyer le combustible dans tous les coins de la cale du navire.
- On assure ainsi le remplissage régulier sans qu’il soit nécessaire d'avoir ensuite recours à des ouvriers pelleteurs.
- Les manœuvres sont liées entre elles par des enclenchements, de sorte que tout doit se passer dans l'ordre exactement prévu et que les accidents ne peuvent se produire.
- Fig. 4. — Distributeur suspendu à la manche d’un tube télescopique.
- L'installation de Gurtis-Bay est susceptible de remplir les soutes d’un navire a raison de 7000 t. de charbon par heure, ce charbon étant amené par voie ferrée en wagons de 100 . et même de 120 tonnes.
- Pierre Maréchal,
- LA PHOTOGRAPHIE ET LES PUBLICATIONS ILLUSTREES
- L’est à la photographie que l’on doit la reproduction aisée des images par l’imprimerie, et en conséquence l’extraordinaire essor des publications illustrées qui caractérise notre époque.
- C’est là sans aucun doute la plus importante des applications de la photographie, et peut-être celle à laquelle on prête en général le moins d’attention, tant elle est devenue usuelle. Combien de lec-
- teurs, contemplant les figures qui ornent leur journal ou leur livre, se doutent de la somme de découvertes , d’inventions, d’eflorts condensés sous leurs yeux? Bien peu, parmi eux, se rendent compte du rôle capital joué par la photographie dans l’exécution de ces clichés.
- La Nature, comme toutes les publications illustrées, a bénéficié des .progrès de l’impression; pho^
- p.247 - vue 266/663
-
-
-
- 248 -LA PHOTOGRAPHIE ET LES PUBLICATIONS ILLUSTRÉES
- tomécanique. Il est donc de toute justice, dans l’année du centenaire de ’la photographie, de rendre hommage aux principaux artisans de ces progrès. L’étude qui suit, due à la plume de M. Démichel, l’un des plus savants et des plus habiles praticiens de cette industrie, est à la fois un coup d’œil sur le passé et sur l’avenir.
- Pour ceux de nos lecteurs qui sont peu familiarisés avec les questions d'impression, nous croyons utile de donner sommairement quelques explications préalables.
- Le report d’un dessin sur le papier s’effectue en général au moyem d’un cliché métallique gravé. Il y a deux grandes classes de gravure : la gravure en relief et la gravure en creux.
- Pans la gravure en relief, les parties en relief du cliché sont encrées, les parties creusées ou tailles ne concourent pas à l’impression; elles donnent des blancs. Les caractères typographiques d’imprimerie ne sont pas autre chose que de petits clichés en relief.
- 1 L’impression en relief ou typographique ne donne que deux teintes, le blanc pur et le noir ; il semble donc à première vue impossible de - lui demander la reproduction d’images à tonalités variées, comme une photographie. On y parvient cependant par un artifice- On transforme l’image en la décomposant en petites plages noires et blanches, dont les dimensions respectives varient suivant la tonalité, dans les parties claires de l’image, les plages blanches qui donneront des tailles sur le cliché dominent ; dans les parties plus sombres, les plages noires l’emportent. On réussit ainsi à doser dans chaque région le blanc et le noir et à réaliser des teintes fondues.
- L’exécution photomécanique du cliché consiste à reporter photographiquement l'image sur le métal à graver, enduit à cet effet de substances sensibles à la lumière; la gravure s’effectue ensuite par des moyens chimiques. S’il s’agit d’une image en teintes fondues, on en tire d’abord un négatif tramé, c’est-à-dire qu’on interpose entre l’original et la plaque, dans l’appareil , photographique, une glace gravée de deux réseaux de lignes fines opaques parallèles et équidistantes se recoupant à angle droit pour former un quadrillé; c’est la trame. ' Celle-ci, par suite d’effets de pénombres, réalise sur le négatif la division des régions leintées en petites plages alternativement noires et blanches de surfaces iné- > gales.
- Le négatif tramé est ensuite reproduit photographiquement sur le métal à graver, recouvert d’un
- enduit sensible à la lumière : gélatine bichromatée par exemple; sous les noirs du négatif, l’enduit non impressionné est soluble dans l’eau ; sous les blancs, l’enduit est rendu insoluble par la lumière, et protégera le métal contre la morsure de l’acide. Après lavage, il suffira donc de plonger le métal dans l’acide pour obtenir le cliché en relief. C’est la similigravure, procédé qui a pris aujourd’hui une extraordinaire extension. Elle le doit surtout au fait que ses clichés s’associent parfaitement aux caractères d’imprimerie typographiques. Texte et figures s’impriment en même temps.
- La reproduction des figures en demi-teinte par la similigravure est très satisfaisante. C’est ce procédé qui, le premier en somme, a permis en grand l’emploi direct des documents photographiques pour l’illustration des publications typographiques dans ! le texte même. Aussi
- son apparition a-t-elle profondément transformé les publications périodiques illustrées d’abord, le livre ensuite.
- Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter, par exemple, un numéro de La Nature datant d’une trentaine d’années.
- On n’y trouvera guère que des gravures sur 'bois qui, toutes, furent gravées à la main d’après les dessins ou documents originaux.
- Dans la gravure en creux, à la différence de la gravure en relief, ce sont les tailles du cliché qui reçoivent l’encre qui sera abandonnée ensuite sur le papier. L’épaisseur d’encre abandonnée par un creux est proportionnelle à la profondeur de celui-ci ; la gravure en creux dispose donc d’un moyen de traduire les différentes tonalités et peut se passer de l’artifice de la trame. On peut exécuter photo-mécaniquement des clichés en creux par des moyens assez analogues à ceux de la similigravure; on a alors affaire aux procédés de l’héliogravure.
- Il est un autre procédé de reproduction et d’impression des images, qui a pris naissance au début du siècle dernier, où il a connu une vogue extraordinaire. C’est la lithographie; la lithographie a provoqué les premières recherches de Niepce; en Tetour, elle' a tiré bénéfice, elle aussi, de la photographie, qui lui a permis, après une période de décadence relative, de reprendre en ces dernières années un certain essor. Le dessin s’exécute sur la pierre lithographique au moyen de crayons ou d’encres grasses. Lorsqu’il est terminé, on lave avec une solution de gomme arabique acidifiée par l’acide nitrique. La pierre jouit alors d’une curieuse et précieuse propriété. Préalablement mouillée, elle
- Gravure en relief
- t
- 1 2 3 4 5
- Gravure en creux
- Fig. i. — Coupes de deux clichés, l’un en relief, Vautre en creux, destinés à traduire la même série de cinq teintes de plus en plus foncées. Croquis théorique, dans lequel on a supposé l’emploi, en simili-gravure, de trames aussi fines qu’en héliogravure.
- p.248 - vue 267/663
-
-
-
- 249
- L'EVOLUTION DES PROCEDES DIMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE
- ne retient l'encre d’imprimerie que sur les points précédemment touchés par le crayon ou la plume de l’artiste. La lithographie, comme l’impression sur gravures en relief, ne donne que deux teintes, le blanc et le noir. Les gris sont obtenus grâce aux grains de la pierre dont les sommets seuls retiennent le crayon lithographique lorsqu’il est passé légèrement à la surface. Au contraire, lorsque le dessinateur sur pierre appuie davantage et avec des crayons plus mous, les sommets teintés s’élargissent et le ton local se fonce. Dans la lithographie industrielle moderne, on a substitué à la pierre, le zinc ou l’aluminium convenablement préparés, qui permettent, en outre, d’utiliser au lieu de presses à plat des presses rotatives.
- Dans ces procédés modernes, le report des images sur le métal lithographique s’effectue également par des moyens photographiques et souvent avec le concours de la trame. ^
- Enfin la phototypie est un procédé d’impression aux encres grasses sur gélatinè.
- Lorsque l’on tire sur gélatine bichromatée un cliché photographique ordinaire, on constate qu’à l’état humide, la gélatine retient l’encre d’impression proportionnellement aux degrés d’insolation de l’image, et l’on peut, sur des presses mécaniques, tirer des images sur papier de planches de gélatine ainsi encrées.
- Après ces explications rapides, nous laissons la parole à M. Démichel.
- L’ÉVOLUTION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE
- Fig. i. — Un cliché de similigravure en demi-teintes pour impressions typographiques.
- On obtient par la trame une traduction pointillèe des teintes.
- Lors de la célébration solennelle du centenaire de la photographie à la Sorbonne, MM. Fabry et Ponton-nié ont apporté à Nicéphore Niepce et à Daguerre l’hommage de la Science et de l’Art.
- Sans doute l’industrie est comprise dans ces deux grands symboles et ne fait en somme qu’exploiter les progrès réalisés dans l’un ou l’autre domaine.
- Il convient cependant que les industries photomécaniques apportent un tribut particulier de reconnaissance aux génies dont elles sont les filles au même titre que la photographie d’art, que la photographie documentaire, que la photographie scientifique, que la cinématographie. Elles sont même en quelque sorte d’une branche aînée puisqu’elles sont apparentées aussi aux méthodes lithographiques, qu elles doivent aussi le jour aux découvertes de Senefelder qui ont conduit Niepce à l’invention de la photographie elle-même. D’ailleurs, comme il sied à de si nobles tilles, elles gardent des manières vieillottes qui font sourire les cadettes.
- Elles emploient encore presque sans changement les-’préparations de Senefelder, le bitume de Judée de
- Niepce, le collodion humide de Scott Archer, l’émulsion au collodion de Chardon et, je crois bien qu’elles se flattent, tout comme de vieilles dames, de connaître assez bien les mœurs nouvelles et de conserver quand même, avec les traditions, les vraiment bonnes manières.
- Reconnaissons avec elles que l'extrême finesse des copies sur métal au bitume de Judée et surtout la transparence parfaite des négatifs au collodion n’ont jamais été égalées.
- Vous voyez que l’hommage filial des industries photomécaniques doit être particulièrement sensible aux génies que l’on célébrait en Sorbonne.
- Il est d'usage à pareille fête, après avoir rappelé les origines, de jeter un rapide coup d’œil sur le chemin parcouru et sur l’avenir probable.
- Essayons d’esquisser ce programme logique.
- La genèse des industries photo mécaniques,— Tout d’abord, lors-
- Fig. 2. — Une partie du cliché ci-dessus agrandie 3 fois et laissant apercevoir te pointillé de la trame.
- p.249 - vue 268/663
-
-
-
- 250
- L’EVOLUTION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE
- qu’il s’agit d’industries photomécaniques, il faut faire une place à part aux découvertes de Poitevin sur l’emploi des colloïdes bichromates comme cou ches sensibles à la lumière.Le bitume de Judée est pratiquement incapable de donner sur métal une copie d’un négatif modelé. Suivant le degré d’insolation, il'se dissout ou non dans l’essence de térébenthine, mais c’est tout ou rien.
- La gélatine bichromatée au contraire, développée à l’eau chaude sur métal, après insolation sous un négatif ou un positif de demi-tons, laisse une pellicule d’épaisseur variable, donc plus ou moins perméable aux acides et qui graduera automatiquement l’attaque du métal. C’est le principe de l’héliogravure sur cuivre.
- Poitevin a montré encore qu’une gélatine bichromatée, insolée sous un négatif de demi-tons et simplement mouillée d’eau froide, retient l’encre grasse d’un rouleau d impression passé à sa surface proportionnellement aux degrés d’insolation. C’est l’origine des industries photocollographiques, de la phototÿpie. " - ;
- Même sans chercher la traduction des demis-tons, lorsqu’il s'agit de, reproduire des documents uni-, quement noirs et blancs, des documents au trait, les éludes de Poitevin ont permis de remplacer le bitume de Judée par l'albumine et la colle de poisson bichromatées. qui donnent des copies sur métal presque aussi fines avec des poses dix fois moindres. Et si l’on voulait rassembler,'autour- du nom de Poitevin toutes les industries photomécaniques, il suffirait de dire que ces deux applications, sous les noms de procédé à l’albumine et de procédé émail-, servent le plus souvent à la copie sur métal des clichés destinés aux impressions lithographiques et typographiques.
- Mais ici, et, particulièrement dans le cas des clichés typographiques, il faut citer deux nouveaux inventeurs : le Français Firmin Gillot-et l’Américain lves, de Philadelphie.
- Lorsqu’une image a été copiée sur métal en vue d’une impression typographique il faut creuser à l’acide les intervalles des traits, les tailles, assez pour que l’encrage à la machine ne macule pas les fonds de la gravure. Or, si l’on cherche à obtenir le creux nécessaire, de l’ordre du millimètre dans les tailles larges, on s’aperçoit que les talus des reliefs s’attaquent et que les traits s’amaigrissent. Gillot a eu l’idée de partager le temps de la morsure en périodes d’abord très courtes, et, avant- chaque action du mordant, d’encrer puis de chauffer l’image: sur métal afin de faire fondre les résines de l’encre. et d’élargir le trait, obviant ainsi par avance, à l’amaigrissement inévitable. A,
- L’Américain lves a, résolu un autre problème. Les tirages aux encres grasses sur gélatine insolée donnent les demi-teintes sans difficulté, c’est un fait d’expérience. Les héliogravures les donnent également,. grâce à la variation des creux des clichés qui commandent l’épaisseur d’encre, Mais, quand il
- s’agit d’encrages typographiques, le relief s’encre ou ne s’encre pas, suivant qu’il est à la surface ou en dessous, c’est encore tout ou rien, noir ou blanc; pour traduire les gris il faut un artifice-
- Talbot avait eu l’idée de réticuler les à-plats en interposant une étamine entre lé cliché et le métal au moment de la copie et Bullock en 1865 « tramait » le négatif en plaçant le réseau dans la chambre noire un peu en avant de la couche sensible. C'est seulement en 1886 qu’Ives employa le réseau quadrillé sur verre et régla sciemment le halo qui se forme derrière chaque carré transparent de la trame en modifiant la grandeur et la forme du diaphragme ainsi que la distance du réseau à la couche sensible. Observant que ce halo a un centre plus éclairé entouré d’une pénombre dégradée et qu’il reçoit dans son ensemble d’autant plus de lumière qu’il se trouve correspondre à une partie plus claire du modèle, lves cherchait par ces différents réglages à se placer dans des conditions telles que, pendant la pose du négatif, tout le halo soit f enregistré dans les blancs de l’image et seulement i son centre dans les noirs. 11 obtenait ainsi automatiquement une traduction pointillée progressive des ‘ gris- G’est le principe de la similigravure.
- Bien que les méthodes lithographiques soient aussi incapables de-j.donner sans artifice une gamme de gris, ce n’est que depuis peu que l’emploi de la trame se généralise pour,ces tirages.
- L’héliogravure, la phototÿpie et les sœurs cadettes des industries photomécaniques méprisent encore la trame, et elles ont tort. Sans doute, les poses * avec un diaphragme obligatoirement réglé à f/20 ou f/30, sont longues, mais c’est un fait d’expérience bien établi que les clichés tramés traduisent plus correctement que les autres les valeurs d’un document à reproduire. En particulier, ils évitent le plafonnement des blancs, l’effet de neige et il existe des trames si fines qu’elles sont tout à fait invisibles.
- Nous avons maintenant rappelé avec les noms des grands inventeurs, les bases essentielles de tous les procédés photomécaniques.
- Bien entendu les progrès de l’industrie des plaques photographiques, des objectifs, de l’éclairage électrique, des matières colorantes ont été mis à profit. C’est ainsi que l’orthochromatisme a permis dès 1895 l'application aux tirages typographiques de la théorie des trois couleurs primaires cleDucos du Hauron et que, depuis, les tirages de bichromies n’ont f cessé de se. développer et de se perfectionner.
- L’histoire des « procédés; ». doit encore relater tune lutte d’intérêts entre les diverses industries f photomécaniques. Les, compétitions, durent toujours, ;• plus étendues peut-être . que jamais, et elles ont sans doute une telle importance, pour l’avenir que nous devons tâcher, malgré une, réelle complexité, d’en dégager les éléments primordiaux.
- La rivalité entre la lithographie et la typographie. — Les premières rivalités se sont révélées èntre
- p.250 - vue 269/663
-
-
-
- 251
- L’ÉVOLUTION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE
- la lithographie et la typographie. L’arsenal existant des crayons et encres lithographiques qui permettent de dessiner sur pierre, des papiers autographiques qui reportent si simplement le dessin exécuté à leur surface, donnait en somme, la clé des illustrations imprimées plus directement que les nouveaux procédés qui nécessitent des manipulations photographiques et des opérations de gravurç aux acides. Ces procédés, en revanche, permettaient d’utiliser pour la reproduction un document quelconque et de le réduire ou l’agrandir à une échelle quelconque.
- Par ailleurs, les machines à imprimer lithographiques, et les presses typographiques presque identiques, avaient des rendements équivalents, se prêtaient également bien à la construction de rotatives dès que fut connue la possibilité de remplacer la pierre par une feuille de zinc ou d'aluminium faciles à enrouler sur un cylindre ou la possibilité de cintrer clichés, galvanos ou stéréotypes.
- D’autre part, les clichés en relief rencontraient on ne peut plus directement la concurrence de la gravure sur bois. Celle-ci était reine en matière de journaux illustrés ou de catalogues. Les galvanos d’après les bois s’échangeaient entre fabricants et intermédiaires, entre commerçants, et les graveurs industriels perfectionnaient sans cesse leur outillage. Ils avaient fait appel déjà à la photographie pour reporter des ébauches à la surface des bois. Ils utilisaient, bien plus que les. dessinateurs,' des machines à hachurer très perfectionnées, etc.
- Dans un autre ordre d’idées encore, aux facilités qu’avaient les lithographes d’accroître le rendement des presses en reportant plusieurs fois la même image sur la pierre correspondait la facilité de multiplier les clichés typographiques par la galvanoplastie ou la stéréotypie. 11 faut souligner l’importance de ces facilités indispensables pour les tirages des quotidiens qui ont besoin de mettre en route plusieurs machines pour terminer leurs gros tirages dans une nuit.
- Bref, la lutte pouvait se soutenir et ce fut en elï'el au début une sorte de guerre d’usure. Cependant un avantage restait sans compensation et favorable à la typographie, à savoir que les clichés typographiques peuvent se bloquer dans les formes avec les caractères d’imprimerie et être tirés simultanément. Il fallait aux lithographes, pour imprimer des textes, ou bien les dessiner, ce qui est long et
- coûteux, ou les faire composer en caractères typographiques et les reporter. Ce report d’ailleurs est très facile. Néanmoins cette dépendance et cette opération complémentaire ont écarté de la lithographie les impressions si nombreuses des textes illustrés, Les lithographes ont conservé certaines illustrations sans texte comme la musique ou avec textes dessinés comme les affiches ouïes cartes géographiques. Ils ont encore l’exploitation des petits tirages pour lesquels le clichage augmente assez lourdement le prix de revient des impressions typographiques.
- Mais, dans l’ensemble, la typographie a l’avantage. Notons bien qu’elle le doit au monopole/ qu’elle détient en fait, de la composition des textes avec les caractères mobiles. Or des brevets ont été pris de machines à composer photographiques. Il est aisé d’imaginer qu'à la commande d’un clavier, des clichés négatifs de lettres viennent se présenter
- et s’insoler en lignes sur une b a n de de caoutchouc re-couverte de bromure d’argent. La justification de la ligne serait obtenue grâce à l’élasticité du support.
- 11 semble bien que la mise au point d’une sorte de linotype de ce genre se fasse sans peine dès les premiers besoins.
- Dans ces conditions l'avantage marqué par la typpgraphie n'est sans doute pas.définitif. C’est elle qui nécessite les clichés les plus creux, les papiers les plus lisses et qui a le plus tendance à l’étalement de l’encre hors des reliefs sous la pression.
- Si nous quittons les impressions courantes pour examiner les procédés de choix, nous trouvons une autre compétition entre l'héliogravure, la taille douce et la phototypie. À vrai dire, les domaines sont plus tranchés, mais la rivalité, pour être moins nette, moins agressive, repose cependant sur des arguments solides qu’il est intéressant .d’analyser parce qu’ils passent peu à peu au premier plan des préoccupations dés imprimeurs'.
- L’héliogravure et la phototypie. — L’héliogravure qui fournil les clichés des tirages en taille-douce est le procédé par excellence des belles reproductions. Le papier des épreuves est couvert d’une épaisseur d'encre relativement grande dans les noirs, moindre dans les clairs, mais dont les variations déterminées avec une grande précision par les creux des clichés permettent une riche variété de nuances. L’héliogravure est le procédé de reproduction des beaux noirs, profonds et transparents, jamais limités par un éclat superficiel de l’encre, en
- Fig. 3. — Photographie très agrandie d’une portion de cliché de simili-gravure.
- On voit se détacher sur les bords des masses en relief ; c'est la surface de ces reliels qui est encrée et donne à l’impression les plages noires plus ou moins grandes et plus ou moins espacées qui traduisent les demi-teintes.
- p.251 - vue 270/663
-
-
-
- 252
- L’ÉVOLUTION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE
- un mot le seul capable de donner l’impression de la relativité infinie des ombres, le sentiment du « toujours plus sombre » possible.
- Les clichés des phototypeurs étant constitués par une couche dé gélatine collée sur une dalle de glace ont une certaine élasticité en profondeur, ce qui permet de tirer sur des papiers à grains. Ces papiers sont très appréciés des bibliophiles, comme des artistes, parce que sous l’éclairage oblique et la vision normale qui conviennent à l’examen d’une épreuve, ils renvoient vers l’œil la lumière que les sommets arrondis des grains accrochent toujours sous l’incidence optimum à quelque endroit de leur convexité. Ces papiers ont par conséquent plus d’éclat que les lisses examinés dans les mêmes conditions. En outre, lorsque l’orientation change, les petites taches de lumière se déplacent insensiblement sur le sommet des grains, mais persistent; l’éclat se conserve à peu près constant. Pour la même raison, cet éclat reste le même, que l’observateur regarde le centre ou les marges, le même pour les deux yeux, conditions évidemment nécessaires pour faire goûter ce qu’on appelle la fleur d’un papier sur laquelle l’artiste compte pour suggérer l’éclat ou la transparence d’un ciel, la matière d’une étoffe, le velouté d’un fruit, etc.
- Malheureusement, l’encre des tirages sur gélatine ne saurait avoir une épaisseur sensible ; le pigment doit être concentré dans très peu de substratum transparent ; les grains colorés trop serrés les uns contre les autres, trop en surface, tous trop également éclairés, réfléchissent de la lumière et donnent un éclat superficiel qui limite les effets d’ombre et enlève toute qualité de transparence et de profondeur.
- D’ailleurs, et aussi malheureusement, les tirages en taille-douce exigent une pression très forte qui lamine les papiers. Les héliograveurs tournent quelquefois la difficulté en tirant sur papier pelure et en collant ensuite l’épreuve sur un support approprié. L’opération est coûteuse et ne convient qu’aux ouvrages de luxe.
- En fait, la gamme générale des héliogravures est plus foncée que celle des phototypies ; celles-ci font valoir des noirs médiocres par le contraste des blancs, celles-là au contraire tendent à couvrir partout le papier et à créer des blancs relatifs par le contraste des noirs. Malgré la grande tolérance de l’œil pour ces transpositions de gammes, la préférence est allée nettement aux tirages en taille-douce et la phototypie a finalement trouvé ses débouchés dans des travaux courants : cartes postales illustrées ou catalogues de vente tirés à peu d’exemplaires. Il y a à cet état de choses une autre raison assez peu connue. Les beaux clichés, d’héliogravure sont obtenus par une double'morsure, l’une faite à partir d’un négatif très posé pour détailler les noirs; l’autre au contraire à partir d’un cliché posé pour les blancs. Les phototypeurs, par raison d’économie peut-être, n’ont pas voulu croire à l’impossibilité
- d’obtenir une bonne copie photographique d’un original avec un négatif unique. Ils évitent rarement le plafonnement des blancs. Héliograveurs et phototypeurs auraient intérêt à ce point de vue à utiliser des négatifs posés à travers des trames fines. Les Allemands ont fait des essais dans ce sens, mais avec des trames de grosseur moyenne et plutôt dans l’intention de faciliter les tirages et de les activer en utilisant des encres plus fluides.
- Ceci nous amène à la dernière considération essentielle qu’il faille mentionner avant de parler des tentatives récentes et de suggérer des possibilités plus ou moins prochaines.
- De façon générale, la vitesse maximum à laquelle on peut faire tourner une presse d’imprimerie dépend de l’encre qu’on y emploie. Dès que celle-ci atteint une certaine consistance, elle tend à arracher le papier au moment où il se sépare du cliché et cela naturellement d’autant plu§ que la séparation est plus brutale.
- D’autre part, les encres fluides tendent à s’étaler sous la pression et à fausser les traductions poin-tillées des valeurs ou la légèreté des traits.
- Les encres de phototypie ont une consistance déterminée par les propriétés mêmes de la gélatine. Une encre trop dure donne des épreuves contrastées, une encre trop molle des épreuves douces.
- C’est en héliogravure que l’on peut utiliser les encres les plus fluides, d’une part parce qu’elles ont besoin d’être spécifiquement moins riches en pigment, d’autre part parce que, emprisonnées dans les tailles de la gravure elles risquent moins de s’étaler sous la pression.
- Les progrès récents de l’héliogravure, de la typographie et de la lithographie. — L’héliogravure rotative qui date d’une vingtaine d’années a, depuis, constamment évolué vers une production plus intense en employant des encres particulièrement liquides étendues d’essences très volatiles pour le séchage.
- Les fonds des tailles de la gravure sont cloisonnés par un quadrillage très fin obtenu, par copie photographique. La gravure est faite sur un cylindre de cuivre à travers une épreuve au charbon développée à l’eau chaude. Pour les tirages, le bas du cylindre gravé trempe dans l'encrier et l’excès d’encre est essuyé par une raclette d’acier qui frotte sur une génératrice. Les vitesses obtenues, sans atteindre celles des grandes rotatives pour quotidiens, ont permis cependant le tirage de quotidiens de provinces en Allemagne. En tout cas, le procédé sert couramment à l’impression de nombreux hebdomadaires. Il s’accommode de papiers plus ordinaires et moins satinés que les tirages typographiques. Avec des fluidités et des vitesses moins poussées, le même procédé est susceptible de donner de belles épreuves en taille-douce. .
- Les typographes ont aussi cherché à tourner les difficultés qui viennent d’un papier trop lisse et d’une encre trop riche en pigment. Ils ont laminé ou estampé des papiers à pâtes de chillon pour
- p.252 - vue 271/663
-
-
-
- L'ÉVOLUTION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE r—.-= 253
- écraser le grain avant l’impression, quitte à le faire gonfler ensuite à nouveau par imbibition. Ils ont obtenu aussi des résultats en tirant sur papier humide. Enfin pour obtenir des noirs profonds ils ont utilisé des encres assez transparentes particulièrement celles dites « doubles tons ». Elles sont assez fluides pour que, en faisant une mise entrain bien comprise dans les noirs, l’encre soit chassée des reliefs dans les tailles et que, à cet endroit, on ait un véritable tirage en taille douce.
- Les encres a doubles tons » contiennent une huile colorée qui s’étale lentement dans l’encollage des papiers couchés autour des points d’encre et cela équivaut en quelque sorte à un second tirage très doux qui ferait un dessous au tirage principal. On peut obtenir ainsi des effets remarquables.
- Un procédé plus récent encore a donné l’occasion d’une certaine revanche de la lithographie. Il a aussi marqué l’origine d’une rénovation des méthodes caractérisée par l’usage de la trame et des procédés photographiques en général. Nous voulons parler de l’impression rotocalcographique ou Offset. Avec les machines « rotocalco » les images et les textes sont reportés sur le zinc des machines ou copiés à l’albumine sur ce zinc. Celui-ci est ensuite enroulé sur un cylindre et encré lithographique-ment, puis l’image, d’abord prise par un cylindre intermédiaire garni de caoutchouc, est de là réimprimée sur le papier.
- Grâce à l’élasticité du caoutchouc on peut utiliser des papiers à grains très prononcés, beaucoup plus que dans le cas habituel des impressions phototypiques. Les clichés sont plus faciles à établir, à répéter et durent plus que les clichés sur gélatine. Les presses tournent aussi plus vite et ce sont des rotatives qui évitent le temps perdu au retour des presses alternatives.
- 11 reste à signaler enfin un procédé tout à fait récent étudié en Amérique et appliqué d’abord aux machines Offset. Autant qu’on peut le connaître actuellement, ce procédé consiste à remplacer le zinc lithographique des machines Offset par un positif de gélatine bichromatée, insolée et développée à l’eau chaude sur zinc ou aluminium. Les reliefs de la gélatine humide qui d’ordinaire disparaissent au séchage sont conservés, pour ainsi dire
- papier
- Cylindre portant le zinc sur lequel est l'image
- Cylindre entraînant le papier
- Cylindre garni de caoutchouc
- Rouleau encreur Rouleau mouilleur
- Fig. 5. — Schéma, théorique d’une machine Rotocalco.
- papier
- . Cylindre entraînant lafeur/le de papier
- Cylindre gravé en creux
- Raclette
- Encrier
- Fig. 4. — Schéma théorique d’une presse de rotogravure.
- fixés, par un traitement spécial qui durcit très fortement la gélatine. L’encrage se fait alors sur les reliefs dans les parties tramées et lithographique-ment dans les grands blancs. On peut obtenir par cette méthode des impressions de similigravure sur papier mat en trame 400, c’est-à-dire comportant plus de 200 points de simili par millimètre carré. Le cliché de gélatine serait obtenu si vite et si économiquement qu’il n’y aurait pour le multiplier qu’à le recommencer autant de fois qu’il est nécessaire.
- L’avenir. — Cette dernière invention, encore inconnue en France, nous amène enfin à notre conclusion.
- Supposons que, grâce à la machine à composer photographique, nous soyons libérés de la tutelle du caractère d’imprimerie en ce qui concerne les textes. Aucun des desiderata que nous avons énumérés n’est incompatible avec un autre. Rien n’empêche en principe d’avoir un cliché de taille-douce assez souple pour se prêter à un tirage direct (sans caoutchouc) sur papier à grains. Au besoin un dépôt galvanique mince sur la surface du cliché peut localiser l’usure par frottement de la raclette sur la matière même de celle-ci convenablement choisie. Bref si nous imaginons que dans une machine d’héliogravure rotative nous remplacions la gravure sur cuivre par un relief de gélatine durcie et adhérente à une sous-couche suffisamment élastique, il semble que nous ayons un ensemble répondant à tous les besoins. La querelle entre les lithographes et les typographes se résoudrait au profit des taille-douciers. La photographie remplacerait la gravure et la fonderie des caractères ainsi que la gravure des clichés.
- Sans doute, si l’on doit arriver à cette réalisation ce sera par étapes assez longues. Pourtant l’étude simplement chronologique de l’évolution des procédés et l’analyse des besoins nous y ont conduits bien naturellement.
- S’il s’agit d’un simple rêve de photographe, cet aboutissement entrevu des découvertes de Senefel-der, de Niepce et de Poitevin reste un hommage à leur génie. E. Démichei..
- p.253 - vue 272/663
-
-
-
- 254 — ......^
- LES MINERAIS DE ZIRCONIUM ET LEURS USAGES
- L’oxyde et. le silicate de zirconium sont les substances les plus réfractaires aujourd’hui connues, cette propriété leur confère une grande importance pour la fabrication de revêtements infusibles, de plus en plus nécessaires dans l’industrie des hautes températures. M. Maurice F. Bertrand, dans la Revue universelle des Mines, consacre une excellente monographie'aux minerais de zirconium et à leurs usages industriels.
- Il n’existe que deux minerais ayant une importance industrielle : le silicate (Zr.SiO2) et. l’oxyde ZrO2.
- Le silicate de zirconium est un cristal bien connu sous le nom de zircon. Sa couleur varie du blanc au rouge ou au vert. Certains échantillons, par leurs dimensions et leur pureté, constituent des pierres précieuses : l’hya-cynthe est la variété, rouge; la jacinthe la jaune. La variété incolore est le jargon. Les zircon s brun pâle de Ceylan décolorés par la chaleur sont connus sous le nom de diamant de Ma tara.. Los cristaux de zircon contiennent, à côté de la silice et de la zircone, des traces de métaux divers, notamment de métaux radioactifs. Ils donnent lieu à un dégagement notable d’hélium.
- Le zircon n’est guère exploité actuellement qu’en Floride, oxi on l’extrait des sables de Jacksonville. La séparation s’effectue au moyen de tables à secousses et de séparateurs magnétiques.
- M. Bertrand signale au Sénégal, entre Dakar et l’estuaire de la Gambie, l’existence de gisements de zircon, semblables à ceux de Floride, mais plus riches et donc plus économiques à exploiter. Ces gisements renferment plusieurs milliers de tonnes de produits utiles.
- L’autre minerai, l’oxyde de zirconium, est connu sous deux formes, la Baddeleyite qui est cristalline, la Brazilile qui se rencontre en masses fibreuses. C’est cette dernière substance, abondante au Brésil, qui donne lieu à une exploitation industrielle; les gisements utilisés sont situés dans la région de Caldas, à 200 km au nord de Sao-Paulo. On appelle, zirkite le produit commercial importé du Brésil. C’est un mélange de brazilite, de zircon, et de zirldlite (silicate de zirconium soluble dans l’acide fluorhydrique). L’exploitation de ces gisements est très onéreuse du fait de l’absence de voies de communication et les gisements du Sénégal paraissent appelés a leur faire une concurrence victorieuse.
- Le zirconium, à l’état de métal, n’a pas reçu beaucoup d’applications bien qu’il ait des propriétés intéressantes; on a proposé le métal pur pour remplacer le platine dans les appareils de chimie. On pourrait également l’employer en filament dans les lampes électriques à incandescence, mais il serait préférable dans ce but d’utiliser un alliage de zirconium, de fer, d’aluminium et de titane.
- Ces filaments jouissent de la propriété de radiation sélective; à température égale ils émettent plus de lumière visible que les filaments usuels.
- Le zirconium a reçu quelques applications métallurgiques. Employé en faible quantité à l’état de ferrozirco-nium il augmente grandement la ténacité et la résistance des moulages d’acier. Au début de la guerre, les Allemands développèrent l’emploi des aciers au zirconium pour la fabrication de plaques de blindage et de cuirasses à l’épreuve des balles. Le ferrozirconium est employé comme’purificateur des aciers dont il enlève l’oxygène et l’azote de la même façon que le ferrotitane.
- Un alliage de zirconium, la coopérite (contenant 19,74 de nickel, 8,51 d’aluminium, 6,39 de zirconium, 5,56 de silicium) résiste aux acides et aux alcalis. Il
- possède un beau brillant. Il est recommandé également pour la fabrication des outils tranchants pour machines à outils. Il se trempe de lui-même. On prépare cet alliage soit par aluminothermie, soit au four électrique dans un creuset de graphite. On peut, confectionner directement les outils même les plus compliqués, en coulant l’alliage clans des moules convenables, ceci grâce à la lenteur de refroidissement. Un alliage de zirconium, de nickel et de manganèse jouit de propriétés analogues. J
- L’application de beaucoup la plus importante des minerais de zirconium est la préparation de produits superréfractaires. Le silicate de zirconium fond à 2550° ; l’oxyde fond à une température encore plus élevée ; on a donné pour ce point de fusion les chiffres de 2560°, 2700 et même 2950, L’indifférence chimique de ces produits, leur faible coefficient de dilatation et leur très faible conductibilité militent encore en faveur de cet emploi.
- De nombreuses industries éprouvent un pressant besoin de réfractaires jouissant, de telles qualités : citons les foyers de chaudières au,charbon pulvérisé ou au mazout, les fours électriques et métallurgiques. Aussi de grands efforts ont-ils été déployés pour réaliser des revêtements réfractaires à base de zircone. On a finalement trouvé le liant convenable dans la zirkite'elle-même.
- La zirkite brute est calcinée préalablement à 1450° pour éviter les phénomènes de retrait qui se manifestent à la température de 1400° et qui sont dus à une modification allotropique portant la densité de la substance de 4,83 à 5,12. Le produit calciné est précipité dans l’eau, parfois acidulée, pour l’étonner. Il est ensuite broyé et mélangé en proportions diverses avec de la zirkite crue qui servira de liant, ou mieux encore avec du zircon. Le liant est broyé à mort dans un broyeur à ,boulets; les sels de zirconium passent à l’état colloïdal et sous cet état, ils jouissent d’un pouvoir agglutinant suffisant pour permettre la fabrication de réfractaires sans autres conditions. On mélange donc les produits réduits à l’état de sable avec de la pâte colloïdale et on y incorpore des morceaux de zirkite calcinée. On cuit ensuite à une température très élevée, de préférence ah four électrique.
- Ces produits réfractaires paraissent appelés à un très bel avenir; la sole en zirkite' d’un four Martin-Siemens est restée inattaquée après 4 mois et pouvait durer encore autant sans réparation, ce qui représente une économie considérable par rapport aux revêtemenls usuels. Malheureusement ces réfractaires, fabriqués presque exclusivement en Amérique, sont très chers.
- Citons encore quelques autres emplois de la zircone; l’oxyde pur est, employé pour fabriquer des creusets pour laboratoires, inattaquables aux acides et supérieurs aux creusets en silice. On peut y fondre du platine. Elle est encore employée comme revêtement d’objets réfractaires. Elle est avantageusement utilisée dans la fabrication des émaux ; elle donne un émail inoffensif, d’un bon pouvoir couvrant, ne sç décolorant pas, résistant aux acides et aux alcalis et aux-changements de température . Les Allemands l’emploient depuis longtemps.
- L’acétate basique de zirconium est employé comme mordant pour la soie et pour la charger. Sous le nom de « Konlrastine », l’oxyde de zirconium remplace le sous-nitrate de bismuth pour la radiographie des organes internes dans le corps humain. Il n’est pas vénéneux. Enfin les oxydes, silicates, carbonates et phosphates sont employés comme ^pigments. Us sont inoffensifs et d’un grand pouvoir couvrant. A. T.
- p.254 - vue 273/663
-
-
-
- 255
- PETITE MACHINE A CALCUL ÉCONOMIQUE
- Un de nos lecteurs M. Marcou, dont nous avons eu maintes fois l’occasion de parler au sujet des perfectionnements qu’il a apportés dans l’outillage domestique et la construction, nous communique la description d’une petite machine à calculer : il s’en sert depuis plusieurs années et elle rend de grands services. Elle offre l'avantage d’être d’un prix de revient pour ainsi dire nul.
- Le principe de cette machine est basé sur l’emploi des baguettes dé Napier, le savant qui découvrit les logarithmes.
- Sur une baguette plate on dispose les produits d'un chiffre significatif par les nombres depuis 2 jusqu’à 9 inclus, mais ces produits sont disposés dans les carrés de cette table de Pythagore de façon que le carré étant séparé en deux triangles par une diagonale, chaque triangle porte un seul chiffre du produit; ainsi le produit de 2x7 est 44, on écrira 1 dans le triangle de gauche et 4 dans le triangle de droite. La pratique de cette règle est simple (fig. 4).
- Supposons que nous désirions multiplier 62 par 7 ; on prend la règle n° 6 et on place à sa droite la règle n° 2, de manière à lire 62 sur la ligne du haut ; à côté on dispose une règle index numérotée de 2 à 9. Nous prenons 7 sur l’index et nous nous trouvons en face du produit de 6 X 7 et de 2 X 7. Pour lire le résultat de la multiplication de 62 X 7 on additionne les deux chiffres qui sont situés dans le parallélogramme du milieu, c’est-à-dire 2 H- 4 =5 et le produit est alors 454.
- Si l’addition des chiffres du parallélogramme
- donnait un résultat supérieur à 40, cela ferait 1 de retenue qu’on aurait à ajouter au chiffre du premier triangle, d’ailleurs la retenue n’est jamais supérieure à 4.
- Cette disposition des baguettes est originale et pratique, mais il faut composer le multiplicande avec un nombre de réglettes qui sont plus ou moins maniables et que l’on est obligé de reclasser constamment ; de plus il n’esl pas facile d’isoler la colonne horizontale qui correspond au chiffre de l’index et dont les chiffres se confondent volontiers avec ceux des colonnes horizontales au-dessus et au-dessous -
- M. Marcou a remédié à la première difficulté en inscrivant les 40 chiffres significatifs de 0 à 9, non plus sur des réglettes, mais sur un ruban sans fin; de sorte que l’on peut faire apparaître à volonté chacun des 10 chill'res à tour de rôle à la partie supérieure du ruban, en faisant tourner deux réglettes de bois qui pivotent sur des vis auxquelles on communique le mouvement par une tête moletée.
- Ainsi pour inscrire le multiplicande il suffira de tourner chaque ruban de manière qu’apparaisse le chiffre désiré afin de composer le multiplicande entier. On n'a pas besoin de chercher dans une boite et de reclasser ensuite les réglettes.
- Une modification des baguettes de Napier a d’ailleurs été signalée dans La Nature (numéro du 20 décembre 4 890), mais l’arrangemen t des baguettes était toujours long et fastidieux; avec le système décrit, M. Marcou au contraire rend pratique l’inscription du multiplicande.
- Pour éliminer la deuxième difficulté, c’est-à-dire pour isoler la colonne horizontale des lectures, on emploie, un cache formé par une feuille de carton munie d’une fente dont la largeur égale le côté d’un carré de la table.
- Celte fente a toute la longueur de l’appareil, de sorte qu’on voit
- 6 2 Index
- \2 \4
- 1 \ O\ 2
- \8 \6
- 1 \ O \ 3
- \4 \8 4
- 2 \ O \
- \ O \0 5
- 3 \ 1 \
- \ 6 \2
- 3 \ 1 \ 6
- \ 2 \4
- 1 \ 7
- \ 8 \6 8
- 4 \ 1 \
- \4 \ 8 Q
- 5\ 1 \ y
- Fig-, i. — Emploi des baguettes de Napier.
- (Multiplication de 62 par un nombre plus petit que ro.)
- p.255 - vue 274/663
-
-
-
- PETITE MACHINE A CALCUL ÉCONOMIQUE
- 256
- uniquement les chiffres des produits nécessaires.
- La construction de la machine ainsi décrite est très simple : on prend un cadre en bois, c’est-à-dire
- une boîte sans fond ni couvercle dont la hauteur est égale à 5 fois l’épaisseur d'une règle d'écolier.
- C’est en effet des morceaux de règle qui serviront de support aux rubans sans fin. On coupe ces morceaux de règle d’une longueur égale à la largeur de la boîte sans fond.
- Sur du papier fort ou du papier carton, on inscrit les produits de 0 à 9 par^ tous les chiffres de 2 à 9, à la manière des baguettes de Napier, c’est-à-dire en séparant les carrés en deux triangles. Les bandes de papiers préparées sont collées sur une toile sans fin dont la longueur est un peu supérieure à celle, des 10 baguettes. Les bandes de carton, en eflèt, ne se touchent pas et sont séparées l’une de l’autre de 5 mm.
- Les règles pivotent sur deux vis tête d’homme, la vis inférieure effleure le bas du cadre et la vis supérieure plus longue est munie d’une tête moletée fixée par de la soudure, cette tête moletée étant prise sur une vis borne d’appareil électrique.
- Le cache dont nous avons parlé est découpé dans du carton qui a les dimensions de la machine, la fente étant suffisamment longue pour intéresser toutes les réglettes plus l’index. Ce dernier qui se trouve à droite peut d’ailleurs être écrit sur l’un des côtés du cadre.
- Le cache en carton peut aussi comporter un bloc-notes, en fixant sous la fente un certain nombre de feuillets que l’on détache comme ceux d’un éphéméride. Ces feuillets serviront à inscrire les produits partiels comme nous allons le voir (fig. 2).
- Supposons qu’il s’agisse de multiplier 462 par 27 :
- Faisons tourner les trois réglettes de droite, de manière à faire apparaître à la partie supérieure 462, le multiplicande. Manœuvrons le cache et plaçons-le à la hauteur du 7 de l’index. On fait, ainsi apparaître les 5 dernières réglettes à hauteur du
- chiffre 7, nous lirons le produit partiel en commençant par la droite : d’abord 4, puis l’addition de 2-|-l soit 3, puis l’addition de 4 + 8 soit 12, nous écrivons 2 et nous reportons 1 au triangle suivant qui est 2, ce qui fait 2 -f- 1 ou 5, le résultat est de 5.254. On procédera de même avec le chiffre 2 et l’on trouvera 924, nous additionnerons alors 5.254 et 9.240 sur la feuille du bloc-notes et nous aurons :
- 5254+9240 = 12 474.
- S
- le produit total de 462 X 27 est de 12.474.
- Avec un peu d’habitude on fait les additions dans les parallélogrammes à simple lecture, de sorte que l’on peut écrire de suite sur le bloc-notes les résultats partiels qu'il suffit d’additionner pour avoir le produit. On gagne donc du temps et on supprime des chances d’erreur.
- Pour effectuer une division, l’opération est inverse : Supposons que nous ayons à diviser 605 par 86. On manœuvre les deux dernières réglettes à droite et l’on fait apparaître 86, le diviseur. Puis on cherche avec le cache dans les colonnes horizontales quel est le produit qui se rapproche le plus de 605 tout en lui restant inférieur. Nous trouverons que ce produit est 602, fourni par l’index 7. Le quotient de la division 605 par 86 est donc 7 et le reste est 5.
- Cette machine à calculer ne peut évidemment pas lutter avec les machines compliquées du commerce, mais il suffit de considérer que, pour un usage non industriel, elle est extrêmement intéressante et très ingénieuse; elle a le mérite d’être d’un prix de revient nul et de pouvoir être construite par un amateur, même peu habile de scs mains.
- Nous sommes 'heureux de signaler cette petite invention de M. Marcou qui a eu l’amabilité de nous la communiquer pour en faire bénéficier tous les lecteurs de La Nature. .
- E. Weiss.
- Fig- 4-
- Machine à calculer el son cache-papier formant bloc-note.
- Imprimerie Larvre, 9, rue île Fleurus, Paris — 1925.
- Axe B
- Fig. 3. — Section droite d'une réglette, dans la machine de M Marcou.
- Elle est constituée par une toile sans fin, sur laquelle sont tracées à côté l’une de l’autre, les io tablettes Napier, pour les nombres de o à 9. Cette toile s’enroule autour des deux montants A et B. Au moyen d’une vis moletée, on amène sur le devant de la machine, la tablette voulue, ici la tablette fi.
- l.e Gérant : P. Masson.
- p.256 - vue 275/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- L'attelage automatique des vagons : André Bourgaitt.
- Le procédé Ottessen pour la congélation du poisson et de la viande : I. L.
- Les grands volcans de Hawaï : V. Forbin.
- Plissements géologiques et traits géographiques en France : Jules Welsch.
- Les conceptions géographiques de M. Jean Brunhes : Albert Dauzat. Broyeur-pulvérisateur transportable : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO S FranCC * ' * - 1 franc
- 12®, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 276/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2690.
- 24 OCTOBRE 1925
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- I. — L’APPAREIL BÔÏRAULT
- La liaison mécanique entre les véhicules d'un train est généralement obtenue au moyen de barres d’attelage À À' (fig. 1), terminées par des crochets de traction. La barre d’attelage est fixée au milieu du ressort à lames R, disposé de façon à pouvoir fléchir dans le sens horizontal et absorber les chocs de traction. Des barres à tampons T, placées aux extrémités du ressort, permettent d’ailleurs à ce dernier d’amortir également les chocs de compression. Dans certains modèles d’attelage, les tampons sont pourvus de ressorts spéciaux soit à lames, soit en volute.
- Sous les barres de traction pendent des tendeurs à vis composés de deux chapes munies chacune d’un écrou; une tige, filetée en sens contraire de part et d’autre d’un balancier médian, s’engage dans les écrous. Il suffit de placer la chape libre du tendeur d’un vagon dans le crochet de traction du véhicule voisin et de tourner le balancier dans le sens convenable, pour , réaliser une liaison méca-: nique suffisante. La,chape libre du tendeur inutilisé est,engagée dans un crochet ad hoc quiTimmo-i bilisc. .
- L’attelage est complété par l’accrochage de chaînes non tendues, disposées de part et d'autre de l’appareil central ; ces chaînes sont destinées à assurer la continuité de la liaison au cas où l’un des crochets de traction viendrait à se rompre.
- Ce système d’attelage diffère à peine de celui mis * en service dès l’origine des chemins de fer.
- En certains pays, dans l’Europe centrale notam-; ment, on l’a quelque peu modifié; on emploie, au lieu de chaînes, un crochet supplémentaire (fig. 2) fixé par un axe à la barre de traction ; ce crochet permet d’obtenir la liaison de secours en utilisant simplement le tendeur libre.
- Dans les deux cas, la manœuvre de l’attelage à tendeurs nécessite la présence d’un homme entre les tampons; c’est,, là une circonstance des plus fâcheuses. Les diverses Administrations de chemins de fer ont édicté des règlements précis ait sujet des ; précautions à prendre pour éviter les accidents pen-'î dant les opérations d’accrochage et de décrochage; malheureusement, l’expérience montre qu’en dépit
- Tendeur a vis
- Crochet de inaction
- Crochet de. sûreté —
- Fig. 2. — Attelage à tendeur et crochets de sûreté.
- 53* Année — 2* Semestre.
- Fig. i.— Attelage à tendeur et chaînes de siîrctè.
- des mesures prises, les risques courus par les agents préposés à l’attelage des vagons sont particulièrement élevés. Il résulte d’une enquête faite en divers pays d’Europe par le « Bureau international du Travail », que l’on compte, chaque année, une moyenne de 2 tués et 50 blessés, sur 1000 agents de cette spécialité. -
- Aux États-Unis, une loi remontant au 2 mars 1895, a rendu obligatoire l’emploi d’un appareil réalisant automatiquement l’accrochage, le décrochage étant obtenu par une simple traction sur un organe placé à cet eifet sur le côté du véhicule. Les accidents d’attelage sont toujours ; fréquents en Amérique; néanmoins, les statistiques montrent que l’adoption de l’auto coupleur en a indubitablement réduit le nombre de 80 pour 100. .
- L’attelage automatique ne présente pas moins d’intérêt au point de vue de l’exploitation qua celui de la sécurité du personnel. #
- Lorsqu'un train arrive dans une gare de triage pour être décomposé, il est nécessaire, avant toute manœuvre, de préparer la séparation des véhicules, en décrochant les chaînes de sûreté et en desserrant à fond le s vis des tendeurs. Avec l’attelage automatique, ces opérations sont supprimées.
- Si le train, préparé comme il vient d’être dit, doit être trié à la gravité, une locomotive le refoule lentement sur un dos d’àne, pendant que l’on décroche les tendeurs entre les véhicules qu’il y a lieu de séparer ; cela ne peut se faire que dans la rompe, partie du parcours où les tampons étant en contact, la chape du tendeur peut aisément être dégagée du crochet de traction. Avec un attelage automatique rationnel, on peut également effectuer cette opération après le franchissement du dos
- 17. — 257.
- p.257 - vue 277/663
-
-
-
- 258
- L'ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- Conduite du frein continu
- t Plaque d'accouplement Æ
- r
- Conduite du chauffage à. la vapeur
- Balancier
- ja/ancier et N ^pénétrant dans une entaille des verrous pour assurer ta liaison de ceux-ci avec le balancier
- fbnt de suspension Biel/effes du tendeur I f à vis
- 1~U
- J) I
- Culasse
- Fig. 3. — Coupe verticale de l’appareil Boirault, modèle fixe à éclipse.
- d’àne, sur la pente, lorsque les attelages sont tendus.
- Si le triage doit se faire par refoulement en palier, on peut gagner plus de temps encore, en raison des difficultés plus grandes que présente le décrochage à la perche des tendeurs ordinaires.
- Quant aux opérations d’accrochage, alors qu’avec le système à vis il faut compter une moyenne de 2 minutes par attelage, elles se réduisent, avec un auto-coupleur, à pousser les véhicules les uns contre les autres.
- On peut donc attendre de l’attelage automatique une notable économie de vies humaines, de temps et de personnel.
- La réalisation d’un appareil d’attelage automa tique présente de sérieuses difficultés : il faut que le mécanisme soit suffisamment robuste pour résister aux chocs auxquels sa nature le prédestine, qu’un fonctionnement normal soit assuré en toutes circonstances et que le déclenchement puisse toujours être aisément obtenu. D’ailleurs, l’attelage doit avoir une élasticité suffisante pour permettre l’accouplement de véhicules très différents quant à la hauteur du châssis au-dessus du rail, absorber les chocs, tant de traction que de compression, et même amortir les mouvements de lacet qui pourraient résulter de la vitesse.
- Il faut encore considérer que la transformation du matériel ne pourra être réalisée du jour au lendemain, et que pendant une longue période de transition, on se trouvera dans l’obligation d’accoupler des vagons munis de l’attelage automatique avec des véhicules pourvus d’un crochet de traction et d’un tendeur à vis ; il -est indispensable que l’accrochage soit également très facile dans ce cas. Alix üitats-Unis, la période de transition a duré Jo ans; on peut juger du temps qu’il faudra pour que tous les vagons d’Europe soient munis d’un attelage automatique uniforme. La question, en effet, est d’ordre international et ce serait se leurrer singulièrement que de se figurer qu’une solution
- définitive est possible avant qu’un accord soit intervenu entre les Administrations de chemins de fer des pays intéressés.
- En France, l’Office central d’Études de Matériel de Chemins de fer a estimé que, seuls, parmi les divers systèmes proposes, les appareils Boirault et Henricot paraissaient devoir être l’objet d’essais d’une certaine importance.
- L’appareil Boirault a fait son apparition en 1901 fil se compose essentiellement d’une plaque d’accouplement (fig. 5) reliée par deux coulis-. seaux à une culasse que l’on fixe sur le crochet de traction ; un ressort en volute tient la plaque d’accouplement écartée de la culasse. Cette plaque est munie de deux oreilles i, j (fig. 4), de deux gâches f, f’, et présente deux mortaises en arrière de chacune desquelles peut se mouvoir un verrou.
- La plaque d’accouplement est oblongue et dissymétrique ; son grand axe est incliné de 45° sur l’horizontale. Il suffit qu’une plaque semblable arrive en contact, pour que les gâches de l’une et de l’autre plaque pénètrent dans les mortaises qu’elles trouvent devant elles ; les oreilles guident les gâches et facilitent l’accouplement des • deux appareils.
- La gâche supérieure f est surmontée d’un plan incliné; dès qu’elle entre dans la mortaise correspondante de l’appareil voisin, elle soulève un cliquet c (fig. 6) et dégage l’épaulement dont il est muni de la butée x; le balancier b, sollicité par le ressort en volute, oscille d’un angle de 55° et, en poussant les verrous dans les gâches correspondantes, effectue un accrochage automatique. Des mouvements identiques se produisent simultanément dans les deux appareils en contact ; la liaison mécanique est ainsi assurée par quatre verrous répartis autour de l’axe de traction (fig. 7).S
- Les conduites de frein à air et de chauffage à vapeur se trouvent accouplées du fait même de l’accrochage, car les tubes flexibles spéciaux dont elles sont munies à leurs extrémités, aboutissent à
- Conduite du frein continu
- Conduite de chauffage a hpeu
- la va.
- Fig- 4-
- Plaque d’accouplement de Vappareil Boirault.
- p.258 - vue 278/663
-
-
-
- 259
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- divers organes de l’autocou-pleur Boirault, lorsque l’appareil est armé.
- autre appareil provoque le soulèvement du cliquet.
- Fig. 7. — Positions occupées par les divers organes de l’autocoupleur Boirault, lorsque l’accrochage esl effectué.
- Fig. 8. — Une traction convenable sur le balancier a dégagé les verrous : rien n’empêche la séparation des deux appareils contigus.
- dés orifices garnis de caoutchouc, mis en contact deux à deux par les plaques d’accouplement.
- Le décrochage est obtenu en agissant au moyen d’une chaîne sur le balancier de chacun des appareils contigus, et en exerçant une traction suffisante pour faire passer l’épaulement du cliquet au-dessus du plan incliné de la gâche supérieure. A ce moment, la butée y (fig. 8), que le flanc du plan incliné présente à l’épaulement du cliquet, arrête ce dernier ; les verrous sont ainsi maintenus au dehors des gâches, les véhicules peuvent être séparés.
- Dès que les gâches sortent des mortaises, les butées y (fig. 8) s'effacent sous les épaulements des cliquets c ; mais ceux-ci sont alors arrêtés par les butées x ; les autocoupleurs restent armés et prêts à effectuer un nouvel accrochage (fig. 5).
- Il existe deux types d’appareil Boirault : le modèle fixe à éclipse (fig. 5), et le modèle amovible (fig. 9).
- Le premier est attaché à demeure à la barre de traction par un boulon d’articulation fixé à la culasse de l’autocoupleur. L’appareil peut rester suspendu sous le crochet de traction si, pour une raison quelconque on se trouve dans l’obligation d’utiliser le tendeur avis. Pour mettre l’autocoupleur en position active, il faut accrocher le tendeur à vis le long de la paroi du vagon, vers le haut, relever l’appareil d’environ 45° et déclencher un pont de suspension à ressort r, qui prend appui sur le bec du crochet de traction. Le pont rpésente au crochet de
- Tendeur norme/
- Fig. 9. — Autocoupleur Boirault, modèle amovible.
- traction un V renversé; grâce à cette disposition, l’autocoupleur se place de lui-même dans une position médiane, dès qu’il n’est plus soumis à aucune traction ou poussée latérale. Il suffit, pour mettre à nouveau l’attelage ordinaire en service, de soulever l’autocoupleur et d'effacer le pont de suspension; abandonné à lui-même, l’appareil, maintenu seulement par le boulon, reprend une position sensiblement verticale, sous le crochet de traction.
- Le modèle amovible (fig. 9) est muni d’un support spécial S ; il s’accroche au crochet de traction au moyen d’un boulon dont le profil médian est allongé. 11 est aisé d’engager l’appareil dans le crochet, en présentant le boulon de traction dans le sens où le profil est le plus étroit; il suffit de tourner ensuite le boulon d’un quart de tour, pour qu’il présente sa section de résistance maximum dans la direction voulue et s’oppose alors au décrochage de l’autocoupleur, tout en lui laissant un certain jeu vertical.
- La culasse de l’appareil appuie sur le support par l’intermédiaire d’un amortisseur t, supportant un petit ressort et une vis u qui permïet de régler la hauteur de la plaque d’accouplement. Le support S présente à sa base un crochet Y, auquel on suspend la chape libre de l’attelage ordinaire.
- L’appareil Boirault subit des essais préliminaires de 1901 à 1914 ; des essais plus importants eurent lieu en 1920.
- En .1925, une expérience d’application générale de l’autocoupleur amovible fut effectuée suivies sections de voie ferrée comprises entre Aigrefeuille et La Rochelle, Yelluire et Fontenay-le-Comte, Rochefort et La Roche-sur-Yon. Pendant la période d’essais, des autocoupleurs devaient être placés sur les crochets de traction de tous les vagons, au moment de leur entrée dans la zone réservée; les appareils étaient enlevés lors de la sortie des véhicules.
- La durée de l’expérience — 5 mois — et le nombre des attelages Boirault utilisés — environ 12000 — montrent qu’il s’agit ici d’essais d’une certaine ampleur.
- 11 fut constaté en premier lieu, que certains véhi-
- p.259 - vue 279/663
-
-
-
- 260
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- big. io. — Appareil Boirault monté sur une automotrice de l’État. A, mortaise ; B, gâches ; C, extrémité de la conduite du frein d’air.
- cules tic pouvaient être munis de l’appareil amovible. soit en raison de la forme ou des dimensions de leurs crochets de traction, soit par suite de la disposition de certains organes placés dans le voisinage des crochets. De ce fait, on dut admettre dans les trains une proportion d’attelages ordinaires qui atteignit parfois 16 pour 100. La dualité de systèmes compliqua les manœuvres et entraîna des manutentions supplémentaires d’appareils amovibles.
- La nécessité de placer, en principe, deux autocoupleurs sur tout vagon entrant dans la zone et de retirer les appareils à la sortie jeta une certaine perturbation dans le service; on s’aperçut en outre que la manutention d’autocoupleurs, dont le poids atteint 95 kg, n’était pas sans danger et exigeait un personnel supplémentaire.
- L’action des tampons était entravée par la présence du ressort en volute, dont la course est trop faible et la puissance d'absorption insuffisante.
- Le peu d’espace dont on disposait pour placer F autocoupleur, avec le montage amovible, entraînait en effet l’obligation de disposer les plaques d’accouplement, en avant du plan des tampons : il en résultait que le ressort de l’appareil se trouvait comprimé à bloc alors que les tampons avaient à peine commencé à remplir leur fonction.
- Les essais ont démontré que ce sont là des faits dont il peut résulter certains dangers, surtout en ce qui
- concerne les trains de marchandises, dont les véhicules ont à subir des chocs parfois violents.
- Enfin, le mode d’attache de l'autocoupleur amovible a donné lieu à de sérieux mécomptes sur lesquels nous n’insisterons pas davantage.
- Dans ces conditions, on ne pouvait donner suite à l’idée qui avait présidé aux essais : doter tous les vagons de l’appareil amovible lors de leur entrée dans une zone d’application qui, peu à peu, se serait étendue pour le moins à tout le réseau de l’Etat et préparer ainsi l’adoption générale de l’appareil fixe à éclipse.
- Celui-ci, essayé à Trappes l’an dernier, s’est beaucoup mieux comporté, en raison notamment du fait que le mode d’attache permet de placer les plaques d’accouplement en retrait par rapport au plan des tampons. Néanmoins, certains inconvénients inhérents au principe même de l’appareil subsistent.
- L’accrochage lie les deux plaques contiguës d’une façon telle que la souplesse est insuffisante, tant dans le sens latéral que suivant la verticale.
- Les manœuvres elïectuées dans les gares de triage exigent fréquemment que des vagons soient poussés les uns contre les autres, sans être attelés; avec l’autocoupleur boirault, il faut, pour que l’accrochage ne se produise pas, que l’un au moins des deux appareils placés entre chaque véhicule soit désarmé : le choc est alors subi, non plus par.les
- big. ii. — Voitures d’un train électrique de la banlieue État attelées au moyen de l’appareil Boirault.
- p.260 - vue 280/663
-
-
-
- LE PROCEDE OTTESSEN (CONGELATION DU POISSON ET DE LA VIANDE) 261
- plaques d’accouplement, rmais par les verrous et les gâches. Cette particularité est d’autant plus fâcheuse que l’expérience a révélé une certaine fragilité de l’ensemble du mécanisme.
- Bref, bien qu’il soit regrettable de devoir en convenir, l’appareil Boirault ne répond pas complètement aux conditions voulues.
- Les chemins de . fer de l’Etat ont adopté l’auto-coupleur Boirault à éclipse, pour l’équipement des éléments qui constituent les nouveaux trains élec-
- triques de banlieue. Il s’agit ici d’un matériel spécialisé, avec lequel on n’effectue, à vrai dire, aucune manœuvre; aussi, cette application particulière pourra-t-elle donner satisfaction et être, pour l’inventeur, la récompense d'an travail méritoire et de patients efforts.
- Nous étudierons, dans un prochain article, un système plus rationnel qui, dès à présent, semble destiné à remplacer l'attelage à tendeur sur les grands réseaux européens. Avoué Bounœux.
- LE PROCÉDÉ OTTESSEN
- pour la congélation du poisson et de la viande.
- Depuis la fin du siècle dernier l’application du froid industriel, pour la congélation des denrées périssables, a pris une très grande importance dans le commerce mondial. La réfrigération ou la congélation est, en effet, le moyen idéal de conservation ; n’ajoutant aucune matière chimique étrangère au produit et ne lui enlevant aucun élément, elle permet un entreposage pendant un temps presque illimité. Le fait est d’ailleurs bien connu, que les mammouths de la Sibérie, trouvés dans la glace, où ils étaient restés ensevelis pendant des dizaines de milliers d’années, ont été mangés par les chiens et les indigènes même. Cependant les denrées congelées par les procédés anciens, puis décongelées, ne trouvent acquéreurs qu’à un prix inférieur à celui de la matière fraîche. On leur a souvent reproché, et non sans raisons, une perte de saveur et de valeur nutritive. La clientèle française, en particulier, n’a fait" jusqu’à présent qu’un accueil peu enthousiaste à la viande congelée et elle ne connaît pas le poisson congelé.
- Jusqu’au début de la guerre, le seul procédé utilisé pour la congélation de la viande et du poisson était la congélation à l’air. Pour réaliser la congélation, on était obligé de suspendre les denrées dans les chambres de congélation, ou, si les objets étaient d’une taille plus petite, ils étaient posés sur les serpentins de circulation, disposés en forme d’étagères. Comme agent réfrigérant on se servait donc de l’air refroidi.
- La congélation à l’air exige un temps considérable à cause de la chaleur spécifique très faible de l’air employé comme agent réfrigérant (pour un poisson de taille moyenne, il faut 30 à 48 heures pour obtenir la congélation à cœur; une demi-carcasse de bœuf, selon la grandeur, demande plusieurs jours) 1
- Du fait de la durée de cette opération, il s’ensuit une perte réelle cle saveur pour la matière congelée ; la matière organique est partiellement oxydée et enfin la congélation' ainsi1 produite provoque une séparation d’eau des parties solides, séparation qui est d’autant plus complète que le refroidissement est plus lent. Cette eau se congèle et forme de grands cristaux de glace tout en déformant, la structure normale des tissus.
- . Pour ces différentes raisons, les poissons congelés à l’air ne peuvent être conservés que pendant très peu de temps après décongélation et se décomposent beaucoup plus vite que les poissons frais.
- Les recherches scientifiques entreprises dans différents pays pour élaborer la meilleure méthode de congélation du poisson ont démontré que le désavantage principal de la congélation à l’air consiste dans sa lenteur.
- Pour obtenir une accélération sensible de la congélation, il faut substituer à l’air froid un agent réfrigérant d’une chaleur spécifique plus élevée, c’est-à-dire un liquide réfrigérant, possédant une chaleur spécifique beaucoup plus élevée que l’air et une conductivité thermique 20 fois plus grande.
- On se heurtait, dans cette voie, à un sérieux obstacle : l’échange osmotique inévitable entre le liquide et la denrée. Les substances chimiques, dissoutes dans le liquide, pénétraient dans les tissus du corps à congeler en même temps que les éléments solubles de ceux-ci sortaient dans le liquide. Un échange osmotique paraissait donc inévitable. Dans toutes ces expériences on employait une saumure de sel marin, dont la température peut être abaissée jusqu’à 21° C. au-dessous de zéro. Mais le sel pénètre très facilement dans le corps à congeler, qui se trouve toujours salé plus ou moins fortement par ce procédé.
- L’inventeur danois, A. Ottessen, a réussi à tourner cette difficulté en transformant la saumure refroidie en un agent réfrigérant absolument indifférent au point de vue osmotique.
- C’est là une importante découverte. Les détails que nous donnons ici sur celle question, nous ont été fournis par le professeur Th. Classen, ingénieur conseil pour l’industrie du poisson, et par la Revue générale du Froid.
- Une saumure d’une concentration donnée peut être refroidie seulement jusqu’à un point déterminé, au delà duquel aura lieu une séparation de glace d’eau douce (point de congélation de la saumure donnée). Plus la saumure est concentrée, plus le point de congélation est abaissé. Puisque dans la saumure réfrigérée au-dessous de la température de congélation, il se forme de la glace d’eau douce, la partie de saumure restant liquide se concentre davantage en sel et peut être par conséquent refroidie à une température plus basse. Quand la saumure atteint, une concentration de 55,85 gr. de sel dans 100 gr. d’eau et est refroidie jusqu’à 21,2 centigrades au-dessous de zéro, le tout passe à l’état, solide.
- . Les tissus animaux sont imbibés par une solution
- faible de sels différents. S’ils sont immergés dans une solution plus concentrée, le sel du bain pénètre dans les tissus et l’eau des tissus sort vers la saumure jusqu’à ce que l’étal d’équilibre soit atteint (principe de la salaison). Mais dès que la saumu’re non concentrée est refroidie au-dessous de la température de la séparation de glace, cet échange osmotique ne. peut se produire, puisque la saumure peut être considérée comme saturée : le sel ne peut pas plus pénétrer dans les tissus du corps à congeler,
- p.261 - vue 281/663
-
-
-
- 262 LE PROCÉDÉ OTTESSEN (CONGÉLATION DU POISSON ET DE LA VIANDE)
- que l’eau et les autres substances. des tissus ne peuvent diffuser dans la saumure.
- Mais la formation de glace dans la saumure est un inconvénient sérieux en pratique, puisque la glace se formera surtout autour des tuyaux réfrigérateurs, ce qui empêchera partiellement le refroidissement du bain et provoquera une perte sensible d’énergie.
- Une dizaine d’années d’expériences pratiques et de recherches scientifiques ont fait trouver le moyen d’éviter ce dernier inconvénient du procédé. En ajoutant à la saumure une certaine quantité d’un liquide organique (glycérine) on peut abaisser la température de ce mélange de plusieurs degrés au-dessous du point de congélation de la saumure donnée, sans qu’il se produise une formation de glace. En même temps l’absence de glace ne change aucunement le caractère osmotique indifférent de la saumure.
- Par celte amélioration du procédé Otlessen il devient possible d’abaisser la température de la saumure jusqu’à, 25° au-dessous de zéro. La vitesse de congélation augmente, en comparaison avec la congélation à l'air, de 15 à 20 fois, ce quia une importance pratique énorme.
- Le procédé de congélation rapide du poisson et de la viande en saumure indifférente du point de vue osmotique, a été breveté par da Société danoise Ottessen dans tous les pays civilisés. Le Gouvernement hollandais a même acheté cés droits pour son propre compte en raison de l’importance du procédé pour l’économie publique. D’importantes applications en sont faites également en Allemagne, dans les Pays Scandinaves, en Finlande, en Italie, en Argentine, au Canada, en Chine, etc.
- Le poisson congelé d’après le procédé Ottessen ne diffère en aucune manière du poisson frais; il peut être utilisé en conserve de la même manière que le poisson frais, pourvu qu’il soit décongelé convenablement. Le hareng et le sprat congelés, poissons excessivement gras et sensibles, sont employés en Scandinavie pour la fabrication de conserves. Le Danemark et la Suède exportent même une quantité considérable de ce poisson congelé dans l’Europe centrale. En Amérique, les usines fabriquant le poisson fumé, travaillent pendant 565 jours de l’année, 24 heures par jour, avec une intensité constante, en se servant, pendant la plus grande partie de l’année, de poisson congelé à des températures excessivement basses. De cette manière, l’industrie américaine s’est en partie libérée du caractère saisonnier de la production, imposé par l’irrégularité de la pèche.
- Voici quelques détails sur le mode opératoire suivi dans l’usine de congélation de poisson à Esbjerg (Danemark).
- Les poissons destinés à la congélation sont déchargés dans la salle de triage, où ils sont lavés, à l’eau courante, dans de grands bacs en ciment. Les gros poissons (morue, églefins, etc.) sont vidés pour accélérer leur congélation à cœur. Mais, souvent, ils sont aussi congelés « ronds » (pleins) pour éviter toute possibilité de pénétration de sel par les surfaces de la cavité du corps. Les poissons plats (plies, limandes, etc.) sont congelés tels qu’ils sont pêchés, ainsi que tous les petits poissons destinés à la fabrication des conserves, tels que les harengs et sprats. Toutefois, on préfère, en général, ne pas laver les harengs et les sprats avant la congélation.
- Les poissons, lavés ou non, sont mis dans des paniers ou caisses, en tôle perforée ou en lames minces en fer galvanisé. Ces -paniers peuvent être * facilement superposés et logés par colonnes de septr en;, hauteur dans un châssis en acier galvanisé. '* >
- Les paniers remplis de poisson sont saisis par un
- palan électrique dont le rail est suspendu au plafond de la salle de triage et de la chambre de congélation.
- Le palan soulève les paniers préparés dans' la première salle et les transporte par une petite baie de communication dans la chambre de congélation où ils sont plongés dans le bain de saumure.
- Cette chambre de congélation est entièrement isolée dans toutes ses parois. C’est là que se trouve le bac de congélation en ciment armé, subdivisé en plusieurs compartiments séparés les uns des: autres par des parois également en ciment et isolées.
- Avec ce procédé, la température de la saumure peut être abaissée jusqu’à — 24° ou — 25° C. et le poisson est congelé plus rapidement que par tout autre procédé appliqué industriellement.
- Une circulation énergique de la saumure est assurée par des hélices installées au fond des bacs. Le bac entier est recouvert de planches bien isolées; de même, les puits de congélation, aussitôt le poisson immergé, sont fermés à l’aide de couvercles isolés.
- La durée de la congélation dépend de la taille du poisson. De grosses morues sont congelées en 1 h. 1/2 à I h. 5/4, les harengs en 20 à 50 minutes.
- Quand le poisson est congelé à cœur, c’est-à-dire quand il a acquis une température d’au moins 10° au-dessous de zéro dans ses parties internes, les châssis sont retirés des puits de congélation et plongés dans un dernier puits, contenant de l’eau douce glacée, pour éliminer les particules de saumure qui adhèrent mécaniquement à la surface du poisson, précaution indispensable pour obtenir un bon glaçage. Dans ce même bain, le poisson est glacé, c’est-à-dire couvert d’une couche fine de glace qui le protège contre la dessiccation pendant l’entreposage frigorifique.
- Actuellement on utilise, après fa congélation, deux bains d’eau douce : l’un, d’eau tiède ou plutôt chaude (50 à 60°), pour enlever les dernières traces de saumure et de glycérine du mélange réfrigérant, et l’autre, d’eau glacée, pour le glaçage. Avec ce double bain, on obtient un glaçage très net et l’on évite la pénétration du mélange dans les tissus.
- Les paniers, retirés du bain de glaçage au moyen du palan électrique, sont vidés dans la salle d’emballage, le poisson congelé et glacé est emballé en caisses de bois, doublées intérieurement de papier parcheminé pour éviter, d’une façon aussi absolue que possible, toute perte de poids pendant l’entreposage. Les poissons ayant une valeur plus élevée sont enveloppés individuellement dans un papier parcheminé.
- Dans les mêmes bacs de congélation, on peut congeler non seulement des poissons, mais aussi d’autres denrées : viande, gibier, poulets, etc. Il est intéressant de noter que, pour la congélation de denrées aussi différentes, il n’est pas nécessaire de changer la saumure ej, que l’opération peut être effectuée dans les mêmes bacs. Toutes ces denrées conservent leur saveur.
- La qualité du poisson (ou de la viande) congelée par ce procédé, ne laisse rien à désirer. M. Classen dit avoir pris part à maintes expertises et dégustations, auxquelles assistaient des personnes fort prévenues contre les denrées congelées. Toutes durent convenir qu’il leur était impossible de trouver une différence entre le produit congelé et le produit frais. Une expérience, qui a été répétée plusieurs fois, a consisté jk congeler une petite carpe vivante qui revint à la vie après décongélation. Si la structure des tissus avait été altérée, cette expérience eût été impossible. I. L.
- p.262 - vue 282/663
-
-
-
- 263
- LES GRANDS VOLCANS DE HAWAI
- Il apparaît que les terres qui encerclent cette vaste « Fosse de l’Océan Pacifique », où une hypothèse voit la cicatrice du déchirement que subit jadis notre globe lorsque s’en détacha la masse qui donna naissance à la Lune, sont particulièrement sujettes à des phénomènes volcaniques ou sismiques.
- Après la répétition des cataclysmes qui désolent depuis trois ans le Japon, c’est la côte californienne qui subit de très violentes secousses, suivie de près
- contraire, leurs légendes nous apprennent que l’activité du second n’a jamais cessé depuis que leurs ancêtres débarquèrent dans l’île, événement qui remonte au moins à une dizaine de sic des.
- Leur religion a fait de ce cratère une sorte d’Olympe où vivent leurs dieux, et c’est là qu’ils adorent plus spécialement la déesse du Feu Eternel, qu’ils appellent Pélé — tout comme le sinistre volcan martiniquais qui ensevelit 55 000 créatures
- l.Kauaï
- O C E A N £ /
- I.Kaula '• /
- Honolulu^ <s=«s?t.MoIakaï y
- ** £ S I Lana,Q ^§§H.Maui ^
- /y l.Kahooîawe
- Gpdfsroutes. Tramways. Clôtures. Fissures.
- Chemins carrossables ___ Sentiers.
- __Limite du Parc National.
- k-si Sables.
- lig. i. — Carte de Hawaï et de la région du Kilauea.
- par la Corée, puis par les Philippines, enfin par la presqu’île d’Alaska, en même temps que les volcans de Java et de Hawaï redonnaient des signes d’activité.
- La seconde de ces îles qui se trouve être la plus vaste de celles qui forment l’archipel du même nom (longtemps appelé archipel Sandwich) peut être considérée comme un gigantesque volcan, d’une superficie de 11 000 km2, car elle est hérissée de volcans actifs ou éteints qui ont déversé sur son sol d’énormes torrents de lave.
- Les deux points culminants de l ile sont le Mauna Kea (4547 m.) et le Mauna Loa (4498 m.). Le premier est un volcan qui est peüt-être éteint : la mémoire des indigènes (qui sont des Maoris) n’a conservé aucun souvenir de ses manifestations. Au
- humaines sous les ruines fumantes de la jolie ville de Saint-Pierre. Les filaments de lave blonde que vomissent parfois les bouches du Mauna Loa proviennent de l’opulente chevelure de la redoutable déesse !
- Ce volcan a deux cratères principaux : celui qui couronne son sommet, et dont la superficie est d’un millier d’hectares, et celui qui est situé à sa base orientale, près du rivage de la mer. C’est le Kilauea, immense cavité d’une superficie de 1080 hectares, placée à une altitude de 1560 m., et que nous allons décrire, car toutes les photographies que nous reproduisons sur cés pages ont été prises dans ce cratère, ou dans ses abords immédiats.
- Indiquons sans plus tarder qu’elles sont l’œuvre d’un savant qui a passé vingt années de sa vie à
- p.263 - vue 283/663
-
-
-
- 264
- LES GRANDS VOLCANS DE HAWAÏ
- étudier les volcans hawaïens : M. T. À. Jaggar Jr. est le directeur du Hawa'ian Volcnno Observatory, et l’on peut dire de lui qu’il esL une des plus hautes aulorilés dans le monde en ce qui concerne la vulcanologie. Il y a deux ans, le gouvernement japonais lui confia une mission scientifique pour organiser sur son territoire l’observation méthodique des volcans. Nous puiserons tous les renseignements et descriptions qui vont suivre dans les écrits de M. Jaggar, et, notamment, dans le Monthly Bulletin, organe de son obsenatoire.
- Comme on le verra par la carte que nous reproduisons, le célèbre cratère présente le contour d’un
- qu’offre ce lac aux yeux des touristes, et il faut se reporter aux instantanés de M. Jaggar pour se faire une idée de sa beauté infernale et tragique. La matière ignée se soulève en vagues furibondes qui se précipitent à l’assaut des falaises qui l'encerclent. C’est comme une marée de feu d’où émergent d’énormes rochers incandescents qui flottent et titubent sur elle! Nulle part au monde, on ne pourrait assister à des scènes aussi impressionnantes, qui, en outre, se déroulent au milieu d’un concert lugubre, fait de sifflements, de mugissements, de coups de canon.
- En parcourant le Montlily Bulletin, qui enregistre
- Fig. 2. — Le Lac de Feu vu la nuit.
- bol quasi-circulaire, que limite une paroi abrupte, haute de 200 m. en moyenne; c’est sur le bord Nord-Est de cette colossale margelle que se dresse l’observatoire. Le fond de la cavité est formé d’un entassement de lave solidifiée à laquelle la fréquence des convulsions a donné des formes fantastiques.
- Toute sa superficie est sillonnée de crevasses qui émettent constamment des jets de vapeur, avec accompagnement de sifflements sinistres.
- L’immense bol sert de déversoir à une cheminée, dont la circonférence est de 1608 m. : c’est le Lac de Feu, que les indigènee appellent, la Maison du Feu Eternel, ou Halemaumau. Il est rempli d’une lave en fusion que secouent et bouleversent sans arrêt de formidables explosions de gaz. On renonce à décrire le spectacle effroyablement dramatique
- les observations jour par jour, et parfois heure par heure, on constate que le niveau du Lac de Feu varie constamment. Nous y lisons, dans un numéro de 1021, que M. Jaggar le vit baisser de 120 m. en l’espace d'une heure (28 novembre 1921). Ce même jour, la baisse enregistrée en quatre heures fut de 200 m. ! Et l’on dirait que la lave se baisse alors pour prendre son élan, car il lui arrive de remonter aussitôt, et de déborder, pour envahir le grand cratère. Et c’est alors que le Kilauea se montre vraiment digne de sa réputation] Des torrents de laves se répandent sur son lit, tandis que les îles incandescentes surgissent du lac, se heurtent entre elles; se fractionnent en avalanches de feu ou sombrent majestueusement dans la tumultueuse montée du flot...;
- L’observatoire du Kilauea ne fonctionnant que
- p.264 - vue 284/663
-
-
-
- LES GRANDS VOLCANS DE HAWAÏ
- 265
- depuis moins de vingt ans, l’étude des phénomènes dont ce volcan est le théâtre est à peine ébauchée. Cependant, en ajoutant aux faits scientifiquement enregistrés ceux que les annalistes de l'archipel avaient notés depuis l’arrivée des premiers missionnaires et colons, M. Jaggar croit pouvoir établir que l’activité du Mauna Loa est régie par un cycle d’une durée de huit à neuf ans.
- Le cycle s’ouvre avec une série de tremblements de terre anodins, série que terminent de faibles éruptions qui se produisent presque simultanément
- Kilauea qui entre le premier en éruption, et, le plus souvent, les éruptions violentes coïncident avec une période équinoxiale. Le Mauna Loa, entre en jeu quelques heures plus tard, ce qui semble indiquer que les deux cheminées se soudent l’une à l’autre à une grande profondeur. On compte, en outre, une douzaine de cratères secondaires espacés à l'Est et au Sud-Est du Kilauea, et qui n’ont pas donné de signes d’activité depuis longtemps. Il y a une dizaine d’années, la vaste plaine désignée du nom de Désert de Kau, qui s’étend au Sud du
- Fig. 3. — Le Lac de Feu pendant l’accalmie.
- dans les deux cratères principaux. Après une brève accalmie, les secousses reprennent avec une intensité qui augmente rapidement, pour cesser dès que les deux cratères rentrent réellement en activité. Deux ou trois fois, avec des intervalles qui peuvent être de quelques heures ou de quelques journées, des éruptions formidables vomissent des quantités gigantesques de matières en fusion : ce sont de véritables fleuves de lave qui dévalent sur les pentes de la montagne, dans tous les sens, et qui atteignent parfois la mer, après avoir ravagé forêts et plantations. Les éruptions qui suivent diminuent rapidement d’intensité, et le volcan retombe en sommeil après quelques secousses sismiques.
- Les deux cratères principaux sont séparés par une distance de 50 km. En règle générale, c’est le
- Kilauea, fut brusquement fissurée d’un grand nombre de crevasses qui vomirent des torrents de matières en fusion.
- Le cycle que nous venons d’exposer ne doit être pris que dans un sens général. Les volcans sont toujours d’humeur capricieuse, et leurs fantaisies déjouent parfois les calculs, ainsi que nous l’apprend M. Jaggar avec l’anecdote suivante ;
- « Plusieurs étudiants de l’Université de Harvard étudiaient avec nous, depuis un mois, les changements de niveau du llalemaumau. Nous vivions sous une tente installée sur la rive du lac, et, toutes les vingt minutes la nuit comme le jour, l’un de nous allait se pencher sur le puits pour prendre une observation.
- « Soudain, une formidable explosion retentit der-
- p.265 - vue 285/663
-
-
-
- 266 -r-. LES GRANDS VOLCANS DE HAWAÏ
- rière nous, et, dans la nuit noire, nous vîmes un geyser de lave liquide jaillir d’une crevasse qui venait de se produire à quelques mètres de la lente. Bientôt, le jet perdit de sa force, pour prendre la forme d’un dôme de feu qui bouillonnait sous l’action des gaz enflammés. La coupole, d’une couleur orange-vif, avait 5 m. de hauteur, et de 6 à 7 m. de largeur. C’était comme une fontaine de puits artésien, et il s'en échappait une rivière de lave qui se répandait sur le flanc de la montagne... »
- Les écrits de M. Jaggar abondent en descriptions d’éruption, spectacles donc l’infernale beauté est. mise en relief par le passage que nous allons traduire, et qui a trait à une éruption du Kilauea survenue à l’équinoxe de printemps en 1921 :
- « La lave sommeillait dans le puits à 16 m. de profondeur, sous une pellicule de matière solidifiée. Elle se réveilla brusquement en pleine nuit, en soulevant d’une seule masse les îlots rocheux qui lav parsemaient. Bientôt, elle déborda, se répandit dans l’immense cuvette, et, au lever du soleil, elle inondait déjà les pentes extérieures du cratère sur une longueur de 1500 à 2000 m.
- « Le lac était devenu un énorme chaudron d’où jaillissaient d’innombrables fonlaines, surmontées de furibonds tourbillons de feu qui lançaient à 100 m. de hauteur de gigantesques bulles de lave vive. Le flux de la matière en convulsions édifiait des remparts de verre noir sur les rives, et une pluie de scories et de verre filé s’abattait autour du lac. Des hordes de papillons se précipitaient sans arrêt dans la fournaise. »
- Dans un article publié par Natu-ral History, le savant décrit une éruption du Mauna Loa, qu’il put. atteindre à temps, malgré les deux rudes journées d’escalade, le Kilauea ayant annoncé par son agitation l’imminence du phénomène. Quand les savants arrivèrent au bord de l’im-
- mense cratère, une crevasse longue de 800 à 850 m. vomissait des colonnes de pierre ponce incandescente qui s’élevaient à plus de 100 m. La matière en fusion édifiait des cônes d’où s’écoulaient des torrents de lave vive qui s’étendaient par delà l’horizon visible, soit à une distance de 5 à 6 km.
- « Nous dressâmes noire tente dans le voisinage du cratère, écrit l’auteur, et nous y passâmes près d’une semaine. Un nuage couleur saumon, épais de plusieurs kilomètres, planait le jour au-dessus du cratère, et, la nuit, une gigantesque bannière de flamme, où s’étageaient le rouge sombre, le jaune et le vert, paraissait suspendue dans l’air, sous ce nuage.
- « Le torrent de lave ne se tarit que six semaines plus tard. Il se déversait’ dans la mer, qui resta, durant tout ce temps, en ébullition. Des poissons inconnus, provenant des grandes profondeurs, montaient .en surface, tués par l’eau bouillante, d’où jaillissaient sans arrêt d’énormes colonnes de vapeur, accompagnées de vagues monstrueuses.... »
- Outre ces descriptions du plus puissant volcan de la terre, M. Jaggar nous offre, dans son article de la Natural History, des réflexions fort judicieuses, et qui ne sont pas dénuées d’aperçus pittoresques, sur. le rôle que doit jouer un observatoire de la catégorie de celui qu’il dirige. Celte partie de l’arlicle serait à citer tout entière.
- « Le volcanisme, écrit l’auteur, est essentiellement une émission de gaz. Les plus importants de ces fluides sont l’hydrogène, l’azote, le carbone, le soufre et le chlore, et c’est leurs combinaisons avec l’oxygène, dans des proportions qui varient considérablement (combinaisons qui, par leurs diverses réactions, emmagasinent ou libèrent de l’énergie), qui constituent le problème de la chaleur souterraine noyau central).
- « Dans les lieux volcaniques, l’expulsion de gaz se poursuit sans arrêt, alors que l’expulsion de lave
- Fig. 5. ~2Aspect contorsionné de la lave.
- p.266 - vue 286/663
-
-
-
- LES GRANDS VOLCANS DE HAWAÏ
- 267
- est un phénomène subordonné. Par convection, les laves sont fondues et refondues dans la fournaise, tout comme les débris de ferraille dans un haut fourneau.
- « Quand le nombre, des observatoires volcaniques se sera rnulliplié, nous serons en mesure d’établir une comparaison mathématique entre la production de ces gaz et la production de ces laves. Le but suprême de telles stations est de déterminer le taux de la dépense d’énergie dans un volcan donné, et de découvrir exactement la somme de travail qui répond à cette dépense.
- « Lorsque ces points auront été éclaircis, nous pourrons dire s’il y a quelque espoir d’utiliser un jour pour l’industrie humaine ce gaspillage d’énergie et rechercher quelles rela-
- Fig. 6. — Stalactites de soufre dans une caverne aux environs du Lac de Feu.
- Fig. 7- ~~ Coulée de lave débordant du Kilauea.
- métallifères ? Jusqu’ici, comment procédait-on à l’étude de ces gaz souterrains? À l’annonce d’une éruption, des savants se rendaient près du cratère, et prélevaient des échantillons de fluides qu’ils ne pouvaient analyser que longtemps plus tard, alors qu’ils avaient perdu plusieurs de leurs qualités, et notamment leur radio-activité.
- On aperçoit donc la nécessité d’établir des observatoires convenablement équipés près des principaux volcans du monde, alors qu’il’ n’en existe encore que quatre : ceux du Kilauea, du Vésuve, du Yellowstone Parle et du volcan de Lassen (Californie).
- En terminant,: rappelons que le Gouvernement américain a établi,
- lions existent entre la production volcanique, d’une part, et, de l’autre, la composition de l’atmosphère, de l’eau, de ce que l’on appelle la « croûte terrestre », sans parler de l'édification des montagnes et des secousses sismiques.
- « Il faut trouver zm but sim.plifie, quand on veut que la science humaine, si limitée, accomplisse un travail spécial. Et le but simplifié d’un observatoire volcanique, sa raison d’être, c’est l’étude des gaz. »
- Cette étude nous apportera la solution de très nombreuses énigmes d’ordre géologique que la science de laboratoire ne saurait résoudre. Que savons-nous, par exemple, sur la formation du granit et des autres roches ignées, sur celle des filons
- Fig. 8. — Ce qui reste d'un poste d’observation après une éruption.
- p.267 - vue 287/663
-
-
-
- 268
- PLISSEMENTS GEOLOGIQUES ET TRAITS GEOGRAPHIQUES EN FRANCE
- depuis 1916, soit 18 ans après sa prise de possession de l’a’rchipel, un Parc national qui englobe toute la région volcanique de l’île Hawaï, et qui en protège les beautés et curiosités naturelles contre toute tcntalive de vandalisme. Sans cette mesure, des palaces eussent bientôt souillé de leur architecture criarde les abords immédiats du Mauna Loa et du Kilauea.
- À 1 km 1/2 de la margelle dé ce dernier, les touristes trouvent un refuge moins prétentieux, le Crater Hôtel, auquel nous ferons cette réclame de dire qu’il est régi par les autorités du Ilawaïan National Park, et que les voyageurs n’y sont point écorchés.
- 500 km qui séparent les deux points. Une bonne roule de 50 km, qui serpente à travers la forêt et les plantations, et que parcourent des autocars, aboutit au Crater Hôtel.
- Les touristes s’y attardent généralement toute une semaine, tant le spectacle du Lac de Feu est fascinant, le jour comme la nuit; et les environs abondent en attractions naturelles : cratères éteints, forêts pétrifiées, grottes drapées de stalactites de soufre, etc.) L’ascension du Mauna Loa demande deux journées de cheval, avec arrêts dans de bonnes auberges.
- Mais, hélas ! avec l’effondrement de notre pauvre
- Fig. 9. — Une photographie impressionnante prise au Lac de Feu.
- Si quelques lecteurs manifestaient l’intention de voir de près le plus puissant volcan du monde, nous irions au-devant de leur désir en indiquant brièvement l’itinéraire. Une ligne de vapeurs relie Hono-lulu (la capitale de l’archipel) à Hilo, ville assez importante située sur le littoral oriental de Hawaï, et permet de franchir en moins d’une nuit les
- franc, ces lointains voyages sont interdits à la grande majorité de nos compatriotes. Qu’ils aient au moins la compensation que leur apportent les impressionnants instantanés que nous devons à l’obligeance de M. T.-A. Jaggar Jr., et à la courtoisie du chef du Bureau météorologique de Washington, M. C.-F. Martin ! Y. Foiimx.
- PLISSEMENTS GÉOLOGIQUES ET TRAITS GÉOGRAPHIQUES EN FRANCE
- Dislocations et plissements. — Les couches stratifiées conservent souvent leur horizontalité primitive, mais elles peuvent avoir été redressées, plissées, parfois renversées sur elles-mêmes et transportées, ce qui arrive le plus souvent dans les pays de mon-
- tagnes. Les plis, avec les failles et les cassures, sont les éléments des dislocations terrestres.
- Di rections. — Dans une région déterminée et limitée, ces plis ou cassures affectent quelquefois une même direction générale, c’est-à-dire qu’ils sont
- p.268 - vue 288/663
-
-
-
- PLISSEMENTS GEOLOGIQUES ET TRAITS GEOGRAPHIQUES EN FRANCE 269
- parallèles entre eux ou presque parallèles. Il est vrai que cette direction s’infléchit souvent à la rencontre d’obstacles résistants. C’est ainsi que les plis des Alpes et du Jura épousent successivement des alignements qui leur donnent un tracé courbe.
- Périodes de dislocations. — Les phénomènes de plissement ont été probablement continus à travers les temps géologiques. Mais on distingue en Europe des périodes de paroxysmes qui ont produit les plissements Calédoniens à la lin du Silurien — Hercyniens (armoricains et varisques) pendant l’époque houillère — Alpins ou tertiaires vers la fin de Miocène, etc.
- Souvent, il y a eu des plissements posthumes qui se sont produits quelquefois, à peu près sur remplacement de plissements plus anciens.
- C’est ainsi que, dans le Bassin de Paris, sur la partie occidentale, on constate l’existence de plissements très faibles, ou ondulations, des couches secondaires et tertiaires, sur * l’emplacement ou sur le prolongement de dislocations de l’époque houillère; les failles des terrains anciens se suivent souvent dans les assises plus récentes.
- Ces dislocations ont amené la surélévation ou l’abaissement de couches sédimentaires sur lesquelles l'érosion a agi, de sorte que les alignements primitifs des assises ont souvent disparu. D’autres fois, on les reconnaît dans les traits géographiques qui ont subsisté à la surface de notre pays.
- Ces directions géologiques, accompagnées d’alignements géographiques, permettent souvent de suivre les affleurements de matériaux utiles, et de les reconnaître en profondeur (houille, minerais de fer, etc.).
- Deux directions sont importantes, à ce point de vue,' dans notre pays, pour les plissements hercyniens, l’une dirigée à l’OueSt-Nord-Ouest, c’est la direction Sud-Armoricaine,. l’autre grossièrement au Nord-Est, c’est la varisque. Je laisse de côté les
- alignements dans les chaînes de montagnes, dont la complication est très grande.
- Alignements dans l’Ouest de la France. — On peut citer l’alignement des petites Pyrénées de la Haute-Garonne; de la Gironde ; de la Seudre; du cours inférieur de la Charente; des îles d’Oleron et de Ré; de la Sèvre Nantaise; de la vallée du Layon, affluent de la Loire à Chalonnes. La vallée de la Loire a la même direction, d’Angers à Saumur et à Candes, et se prolonge par la Vienne jusqu’à Chinon.
- Dans le massif armoricain, il y a des alignements
- de coteaux et de dépressions suivant cette direction : sillon de Bretagne, landes de Lanvaux, etc. Depuis Caen jusqu'à Angers, on a cherché des minerais de fer, en se servant de cette tendance générale des couches à aller de E.-S.-E. à O.-N.t 0. C’est la même suivant laquelle on exploite les schistes ardoi-siers de Trélazé à Angers et, au delà".
- Dans le bassin de Paris, il y a le relèvement du Perche (axe du Mcrlerault), qui est devenu plus au Sud-Est un axe géographique servant de ligne de séparation entre le bassin de la Seine et le bassin de la Loire,, et, ce qu’il y a de remarquable, cet axe géographique n’est pas indiqué dans le relief, sur le plateau de la Beauce. On peut ajouter la direction de la vallée de la Seine, en aval de la capitale; le pays de Bray, avec les alignements du Thérain et de la Béthune; la direction des vallées de la Bresles, de la Somme, de l’Authic et de la Canche; de l’axe de l’Artois, qui sépare les rivières de la Manche de celles qui forment le bassin de l’Escaut et de la mer du Nord. Ces collines de l’Artois for-ment une ligne de relief importante qui regarde au Nord-Nord-Est; en relation avec ce ridement, se trouve au Nord la ligne houillère souterraine si importante par ses dépôts productifs. Plus au Nord-Est, l’alignement se reconnaît encore dans le Teuto-burger-Wald des plaines de l’Allemagne du Nord.
- Fig. i. — Traits géographiques de direction sud-armoricaine, ouest de la France.
- p.269 - vue 289/663
-
-
-
- 270 ---~ LES CONCEPTIONS GÉOGRAPHIQUES DE M. JEAN BRUNHES
- Alignements dans l’Est de la France. — On
- peut citer les Cévennes qui dominent la vallée inférieure du Rhône ; le bassin houiller de Saint-Étienne, le long du Gier, rivière qui aborde le Rhône sous un angle aigu; on a suivi le prolongement souterrain des bancs de charbon de terre sur la rive gauche du fleuve et encore, plus au Nord, sur la rive droite; le petit bassin de Sainte-Foye-l’Argentière, sur la Brévenne ; les grands bassins houillers du Creusot avec le canal du Centre et d’Àutun, avec la vallée supérieure de l’Arroux. C’est un alignement important dans l’Est de la France, que l’on retrouve par le massif de la Serre, près de Dole, jusqu’au Sud des Vosges cristallines (bassin de Ronchamp) et dans le Massif schisteux rhénan. Ce dernier comprend l'Ardenne, le Hunsrück, l’Eifel, etc. On peut citer l’alignement du bassin houiller de Sarre-brück, dont on a suivi le prolongement souterrain jusqu’auprès de Nancy ; la crête du Taunus, sur la
- rive droite du Rhin, qui limite au Nord la vallée d’alluvions do ce fleuve, laquelle s’étend de Bâle à Mayence. Il faut y joindre la partie orientale du bassin houiller franco-belge, qui suit le sillon de la Sambre et de la Meuse vers l’Allemagne, par Cbar-leroi, Namur, Liège et Aix-la-Chapelle. Ce grand bassin houiller abandonne la direction varisque, en France, près de Valenciennes, pour suivre souter-rainement la direction armoricaine par Douvres, le Kent, les collines de Mendip près de Bristol* et atteindre les dépôts de charbon du Sud du pays de Galles. Déjà, en 1856, un géologue anglais, Godwin-Austen, avait attiré l’attention sur cet alignement; le sondage de Douvres en a montré la réalité en 1888, et, aujourd’hui, il y a des mines de houille en exploitation dans le Kent.
- Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LES CONCEPTIONS GÉOGRAPHIQUES DE M. JEAN BRUNHES
- Parmi les anciens disciples de Vidal de la Blache, qui fut, plus encore par son enseignement que par ses ouvrages, le rénovateur de la science géographique en France, nombreux sont ceux qui sont devenus des maîtres à leur tour. Mais deux d’entre eux, spécialisés dans des branches distinctes, ont pris la tète du mouvement et se sont imposés par des œuvres de premier ordre : M. de Martonne pour la géographie physique et, pour la géographie humaine, M. Jean Brunhes, professeur au Collège de France, qui vient de publier la 5e édition, complètement refondue, de son ouvrage capital (*).
- Si M. Jean Brunhes s’est inspiré des doctrines de Vidal de la Blache, il a subi d’autres influences, notamment celle du célèbre professeur allemand Ratzel, le fondateur de la géographie humaine (qu’il appelait anthropogéographie), mais surtout il a su observer et imprimer à ses recherches une originalité personnelle. 11 a largement profité de ses années d’enseignement en Suisse, au carrefour des races, des langues et des influences diverses; il a voyagé beaucoup, en Europe jusqu’au Caucase, en Afrique du Nord, en Palestine,
- — condition première pour l’éducation d’un géographe
- — et il a su voir, noter, réfléchir.
- Ses principaux ouvrages sont, avec sa Géographie humaine, dont la 1” édition en 1911 fit époque, la Géographie humaine (le la France (1 2 3), et, en collaboration avec Camille Vallaux, la Géographie de l’Histoire (s). Il ne faut pas oublier que ces grandes synthèses ont été précédées, non seulement par une recherche patiente de documents minutieusement colligés et classés, mais encore par des monographies consacrées à des sujets
- 1. La Géographie humaine, 2 vol. gr. in-8, 974 p., et 1 vol. d’illustrations, Paris, Alcan, 1925, 110 francs.
- 2. Dajis la collection Histoire de la nation française, publiée chez Plon, sous la direction de Gabriel Hanotaux. Le tome Ier a paru, en 1920, avec de magnifiques illustrations d’Auguste Lepèré ; le tome II est sous presse.
- 3. Paris, Alcan, 1921.
- spéciaux et restreints, et dont plusieurs ont été utilisées dans les grands ouvrages.
- M. Brunhes est surtout connu comme un esprit synthétique, créateur de théories et de conceptions d’ensemble, constructeur parfois hardi qui a attiré, comme tous les novateurs, les polémiques et les critiques, d’ailleurs fécondes lorsqu’elles sont de bonne foi. Il estime, en effet, que la critique n’est qu’un moyen et n’a pas son but en elle-même. Pour faire avancer la science, il faut se risquer dans l’hypothèse, il faut oser, il faut édifier, quitte à remanier plus tard les parties ou les détails dont l’expérience aura montré les défectuosités.
- Mais cet esprit constructif est doublé d’un observateur averti, attentif aux phénomènes jusque dans leurs nuances, toujours en garde contre les généralisations hâtives ou simplistes, pénétré de la complexité des problèmes et qui ne perd jamais contact avec les faits.
- La géographie humaine concerne, en effet, un ensemble de réalités particulièrement complexe. Voilà longtemps qu’on a songé à établir les rapports entre la terre et l’activité humaine, à déterminér jusqu’à quel point l’homme dépend du milieu géographique et comment il a réagi sur celui-ci. Mais la science moderne, autant par sa méthode que par la richesse de ses observations, a complètement rénové les conditions du problème.
- Au seuil de la géographie humaine, M. Brunhes pose deux principes essentiels, ceux à’activité et de connexité. Le second, qui proclame les relations d’interdépendance entre les divers facteurs géographiques, est aujourd’hui unanimement admis, du moins en théorie. Le premier, qui montre les faits géographiques en perpétuelle évolution comme tous les phénomènes de la vie, n’est pas moins évident aux yeux d’un biologiste ou d’un linguiste, et pourtant nombre de géographes répugnent encore à s’en imprégner, tant ils ont) été habitués à étudier la terre au point de yup statique. Introduire l’idée d’évolution en géographie, c’est, moins en théorie qu’en fait, presque une révolution.
- p.270 - vue 290/663
-
-
-
- BROYEUR-PULVÉRISATEUR TRANSPORTABLE
- Combien de spécialistes mettent en pratique ces préceptes si justes ?
- « Ils [ces phénomènes] sont tous animés d’un mouvement déterminé; il faut les étudier comme on étudie les corps en mouvement; préciser (c’est l’auteur qui souligne) le point de l'espace et le moment du temps où ils se produisent; puis du mouvement même indiquer le sens et observer la vitesse (*) ». C’est en parlant de ces principes que l’auteur a pu rénover complètement, dans l’ouvrage précité, la géographie de l’histoire.
- La classification des faits a attiré aussi tout spécialement son attention. Classer, c’est mettre de l’ordre dans l’esprit comme dans la réalité; classer, c’est comparer, établir des relations, c’est déjà comprendre. Et voici un bel effort de synthèse : grouper tous les phénomènes, si complexes, de la géographie humaine, en six catégories, associées deux à deux en trois groupes primordiaux : faits d’occupation improductive du sol (maisons et chemins) ; faits de conquête animale et végétale (les cultures et l’élevage des animaux) ; 'faits d’économie destructive (exploitations minérales ; dévastations végétales et animales). Le nomadisme sera ainsi rattaché à l’élevage des animaux, la circulation et le commerce aux routes, qui en furent l’instrument originaire. On peut critiquer dans le détail ; n’empêche que la construction est solide et témoigne d’une grande puissance d’esprit.
- Serrant l’interprétation de .plus près, l’auteur a réagi cq'ritre le déterminisme exagéré de l’école allemande et contre les formules : simplistes, suivant lesquelles telle forme d’activité, tel groupement de phénomènes serait le produit du sol ou du climat. L’homme dépend plus ou moins du milieu géographique, selon la nature de ses besoins, mais surtout én raison de l’état de la civilisation; toutefois il réagit de différentes façons suivant les temps et les lieux.
- Combien de fois M. Brunhes met-il en garde contre les synthèses ou classifications artificielles, témoin ce passage où la critique scientifique n’est pas dénuée d’ironie :
- 1. La Géographie humaine, p. 17,
- 271
- « Les hasards des capricieuses dépendances et délimitations politiques ont mis La Ferté-Milon en Ile-de-France et Château-Thierry en Champagne. Dupes de ces divisions factices, les critiques, qui ont la manie de vouloir rattacher le caractère, le talent ou même le génie humain à je ne sais quelle géographie mal comprise, ont tenté d’expliquer le Champenois La Fontaine par la Champagne, et le « Français » Racine par l’Ile-de-France ! Comme ils eussent épargné leurs peines s’ils avaient substitué à une connaissance de la géographie conventionnelle la perception de ces ensembles réels, nuancés de transitions, qui composent l’harmonieuse terre de France (*)! » f '
- Si les limites politiques sont artificielles, il ne faut pas s’exagérer non plus la valeur des régions et des frontières naturelles, créations des géographes, donc en grande partie subjectives et surtout relatives à l’homme.
- Comme nous l’avons déjà dit, M. Brunhes a donné l’exemple des monographies faites de première main, et spécialement des monographies de ces îlots humains qu’il a si bien groupés : îles de la mer, îles du désert, îles des forêts équatoriales, îles de montagne comme la vallée d’Anniviers qu’il a magistralement étudiée.
- Sa Géographie humaine de la France combine dans de justes proportions les points de vue descriptif et évolutif, étroitement associés, et s’appuie également sur l’observation et sur l’histoire.
- Très attentif à toutes les manifestations de la vie contemporaine, au courant des problèmes industriels et commerciaux les plus complexes de l’heure présente, l’auteur ne manque jamais d’élargir son horizon et de prendre contact avec les sciences voisines, s’intéressant notamment aux noms de lieux et à la géographie des langues. Il donne ainsi une illustration nouvelle du principe de connexité que négligent, trop maints spécialistes travaillant isolés en vase clos.
- Albert Dauzat.
- Directeur à l’Ecole des Hautes Etudes.
- 1. Géographie humaine de la France, p. 577.
- BROYEUR-PULVÉRISATEUR TRANSPORTABLE
- Il est souvent utile, dans nombre de travaux, de disposer d’un appareil transportable broyeur de pierres, par exemple lorsque l’on doit exécuter des travaux sur une grande étendue et que les matériaux à employer se trouvent sur place, à proximité des différents points du chantier. Tel sera le cas d’une réparation de routes, dans une région où l’on trouve la pierre sur place. On a alors intérêt à l’extraire et à la concasser, ou à |ia broyer convenablement poitr faire les | mortiersj ou les revêtements. I
- Dans des exploitations importantes, de grandes fermes modernes, par exemple, on a souvent à conduire des travaux de maçonnerie, soit pour les réparations, soit pour les agrandissements.
- Dans ces conditions on a l’emploi d’un appareil de production relativement peu élevée, mais qui se déplace et prépare l’endroit voulu les pierres cassées ou pulvérisées qui sont indispensables. Enfin les pierres calcaires réduites en poudre offrent un grand intérêt comme engrais et l’appareil pulvérisateur peut, dans ce cas, servir non seulement pour les travaux de réfection des routes et des chemins et pour les ouvrages de maçonnerie, mais aussi pour pulvériser les calcaires et produire une poudre fine qu’il est alors facile d’employer dans les machines agricoles qui distribuent cette poudre sur les terrains.
- lin modèle de pulvérisateur particulier disposé sur chariot est celui de The Jeffrey C°. Il comporte
- p.271 - vue 291/663
-
-
-
- 272 - -- RROYFirR PULVÉRISATEUR TRANSPORTABLE
- sur le bàli un broyeur à mâchoires placé à la partie supérieure, analogue à ceux, que ces constructeurs utilisent dans leurs systèmes particuliers bien connus; un orifice de remplissage permet d’alimenter l’appareil et d’y jeter les blocs que l’on veut traiter.
- Cet écrascur réduit des blocs’de pierre qui peuvent avoir jusqu’à 20 cm ou 50 cm sur une section et il produit de petits morceaux qui peuvent servir aux revêtements des roules, à la préparation d’un ballast ou même pour du mortier grossier.
- C’est là une première période du traitement des
- capacité de production de 5 à 4 tonnes de pierres écrasées à l’heure et de 2 à 5 tonnes de roche pulvérisée susceptible d’être employée comme engrais. Cette machine peut traiter des roches ayant 10 cm d’épaisseur sur près de 50 cm de largeur, la longueur pouvant être quelconque.
- Le concasseur fournit des morceaux de 7 cmX5 environ, ces morceaux peuvent être recueillis directement ou passer dans le pulvérisateur. On peut régler d’ailleurs l’action du pulvérisateur en disposant des grilles de rechange qui permettent d’obtenir une mouture fine, moyenne ou grosse; dans ce der-
- Fig. î.
- Le broyeur-pulvérisateur transportable en action.
- blocs et l'on peut recueillir les matières ainsi préparées en fermant l’accès du pulvérisateur destiné uniquement à la préparation de la poudre.
- Le pulvérisateur est constitué par une série de marteaux en acier au manganèse qui tournent à une grande vitesse et qui frappent sur les morceaux venant du concasseur; ils produisent une poussière très fine.
- Une sorte de tamis formé par des barres à la partie inférieure maintient dans les machines les pierres qui ne sont pas encore réduites à la petitesse voulue et qui doivent encore subir l’action des marteaux.
- Ces machines se font en plusieurs grandeurs. Celle qui comporte un moteur est de 25 ch, a une
- nier cas, la capacité de production est naturellement plus élevée que lorsqu’il s’agit d’avoir une mouture très fine.
- L’emploi de celte machine peut être intéressant non seulement pour des réparations de routes, pour des constructions ou pour des exploitations agricoles, mais elle sert également à toutes les industries qui ont à pulvériser des roches, pour les soumettre à des traitements ultérieurs convenables.
- La figure ci-dessus montre l’aspect général de l’appareil en action, pendant qu’il broie des blocs de calcaire, visibles à gauche et les réduit en poudre fine dont on voit le tas à droite.
- E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuhe, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
- p.272 - vue 292/663
-
-
-
- N° 2691 «, 1 31 Octobre 1925
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- Les hauts-fonds du golfe de Gascogne : Cl Sauvaire Jourdan.
- René Caillié : E. Doublet.
- La préparation des conserves de poissons : Georges Lanorville.
- Le pétrole dans le sud-ouest de la France et les recherches en cours : Auguste Pawlowski. L’orientation nouvelle de la réception en T. S. F. : René Dubosq.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. Science appliquée. — Bulletin astronomique :
- La voûte céleste en décembre 1925. — Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO S France ** * * franc
- lao, boulevard Saint-Germain, Paris* ( Union postale. 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 293/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2691 -....y-.. rr..r.—; : 31 OCTOBRE 1925
- LES HAUTS-FONDS DU GOLFE DE GASCOGNE \ ;
- Voici un bref rappel des faits qui se sont passés le 6 juillet dernier dans le golfe de Gascogne.
- Ce jour-là, le^ petit transport de l’Etat, Loiret, commandé par le lieutenant de vaisseau Cornet, allant d’Oran à Rochefort, se trouvait par 45° 7' de latitude Nord et 5° 57' de longitude Ouest (Greenwich), donc à 110 milles de la côte française et à 90 milles de la côte Espagnole. Le temps était beau, la mer cla-poteuse.
- À 5 h.10, on observa une lame de hauteur anormale, que le commandant Cornet jugea devoir indiquer quelque ressaut du fond de la mer.
- Il fit immédiatement sonder, quoique la carte marine étalée sous ses yeux sur la passerelle, indiquât pour le point où le navire se trouvait une profondeur d’eau de 4000 m.
- L’opinion que, très judicieusement se faisait ainsi le commandant du Loiret, était basée sur un fait d’expérience, très connu des marins, et qui est le suivant
- Lorsque la mer, fouettée par le vent, est un peu forte et que le sol sous-marin n’est pas très mouvementé, les lames se succèdent régulièrement. Mais si, au contraire, un brusque relèvement du fond vient briser une longue plaine plate ou à peu près, la partie profonde des vagues bute contre le ressaut et il se prôduit à la surface une ou plusieurs lames de hauteur anormale, ou si l’on veut, une sorte de tuméfaction de la mer qui ne peut échapper à un œil exercé.
- C’est en somme et, dans une certaine mesure, le phénomène qu’on peut aisément observer sur un fleuve ou une rivière à courant un peu prononcé, lorsque l’eau arrive sur une partie où quelque roches sont étalées sur le fond. Même si l’épaisseur de la tranche d’eau dépasse de beaucoup la hauteur du
- ou des rochers, on voit l’eau de la surface s’élever en bouillonnant à la place même ou les filets liquides du fond heurtent les cailloux.
- Donc le commandant Cornet, mis sur ses gardes par la vue d’une lame singulière, estima qu’il se passait quelque chose d’insolite et donna aussitôt l’ordre de sonder. '
- Depuis près de 40 ans, celte opération, à bord de
- tous les grands bâtiments, se pra-; tique non: plus avec la sonde à mains, simple corde graduée terminée par un bloc de plomb, mais bien au moyen d’un ins-, trument mécanique qui a sur le premier système deux avantages bien m ar ques ; d’abord d’obtenir en quelques, secondes le renseignement cher-’ chê, puis de permettre le sondage sans arrêter la route du navire. L’instrument que possède le Loiret est le sondeur Warluzel, sur lequel je donnerai plus loin quelques renseignements.
- Or les premières sondes obtenues indiquèrent qu’au lieu de 4000 m. d’eau inscrits sur la carte il ne s’en trouvait que 50. Très justement surpris et inquiet, le commandant du transport, dit un communiqué au Ministère de la Marine, éprouva le besoin de contrôler les indications du sondeur Warluzel, bien que des échantillons de la nature du fond aient été ramenés par le plomb à chaque coup de sonde; il fit stopper le bâtiment et obtint un fond de 50 m. en utilisant une petite sonde à main. La position du navire par des relèvements obtenue goniométriques et des droites astronomiques, aurait dû correspondre d’après la carte, à des fonds variant entre 1000 et 4000 m.
- Poursuivant alors sa course vers Rochefort, le commandant du Loiret continua à sonder pendant
- 18. — 275
- 46 5* 4° 3° 1 1 Z° long. W, l.d'OIéron !*(Gr.) /
- 45 3060 J S* r///' >; \-r> \ ;
- f* di 44 ^<Î29( L° G O 1 LF E \ \ k%; » <V> Q- O» !M O Ça O O ^ O > C5 ? • \© . ;.§ Fi* i IcS Si* O llllsl sr V O S
- DE GA S COGN S PA G E * NE J £
- 45 £
- U Point où le Loiret"a trouvé /a première sonde * de 60 mètres . La carte y porte un Fond de 4U0 mètres. ,iiiii0l,f Pdrtie de /a route du Loiref'sur laquelle il''1 on a trouvé des Fonds variant de 60 a ISO m.
- Fig. i.
- La route du Loiret.
- 53* Année-
- 2* Semestre-
- p.273 - vue 294/663
-
-
-
- 274 .........: LES HAUTS-FONDS DU GOLFE DE GASCOGNE
- ? Fig. ‘2.
- L'installation du sondeur Warluzel sur le pont d’un navire.
- 8 heures et releva des fonds variant de 40 à 155 ra. Mais il faut bien faire observer que sa route, après le moment où fut obtenu le premier fond de 50 m., devait l’amener très rapidement aux fonds de moins de 200, puis.de moins de 100 m. comme le montre le calque de la carte marine que nous donnons ci-contre (fig. l).
- Cette nouvelle produisit une grosse sensation dans les milieux maritimes et hydrographiques. Des discussions s’ensuk’irent.
- il paraissa^aiiiicne de croire a une erreur, en présence des faits matériels indéniables. Les uns voulurent voir dans cette affaire les effets d’un bouleversement géologique, qu’aurait révélés un raz de marée observé pendant l’hiver sur les côtes française et espagnole de cette région. Un phénomène de ce genre qui aurait subitement relevé le fond de 4000 à 50 m., sans qu’on s’en soit aperçu est apparu aux esprits rassis comme bien improbable et l’hypothèse a été plus généralement admise que le banc du Loiret, si sa réalité était confirmée, avait existé de tous temps et que sa présence avait échappé aux recherches dés hydrographes. Et le fait est très explicable si on considère que ceux-ci ont pour mission principale d’assurer aux marins une connaissance la plus exacte possible des fonds dans les parages où ces fonds peuvent présenter des dangers. Il n’en est plus ainsi à quelque cent milles des côtes, alors que les sondages exécutés de très loin en très loin accusent des hauteurs d’eau de 4000 m.
- L’existence d’un banc comme celui qu’aurait découvert le Loiret, banc d’ailleurs placé, il faut le répéter à peu de distance des fonds de 200 et de 100 m., n’a donc rien d’invraisemblable. Il constituerait simplement une sorte de promontoire prolongeant la falaise des fonds de 100 m.
- Il faut dire au crédit du récit du commandant du Loiret qu’en 1918, un petit navire de guerre américain, le May, passant par ces parages, a trouvé et signalé dans le Nord-Est du capOrtégal des fonds de
- 210 à 275 m. en des points où la carte portait également' dès sondages de'plüs de 1000 m.
- Il n’a été procédé à aucune vérification de ce fait. Inutile de dire qu’il en sera autrement pour la découverte du-Loiret.
- Le service hydrographique de la Marine prend des mesures-pour qu’elle soit contrôlée et vérifiée et la présence ou l’absence du banc établie de manière indiscutable. •
- Quelques recherches préliminaires exécutées par un petit navire de reconnaissances hydrographiques, cependant muni, en fait de sondages, des moyens les plus modernes, notamment par le son, n’ont pas donné de résultats. Mais il ne faut pas se hâter de conclure à une erreur du Loiret, les marins savent qu’il n’est pas toujours aisé de retrouver au large un point précis, où il se passe ou s’est passé quelque chose.
- Comment on sonde en mer. — L’opération du sondage présente pour les marins une importance capitale. C'est la ressource suprême du navire qui ne connaît plus exactement sa position. Cette situation est toujours délicate, et elle se présente encore souvent, en dépit des progrès de la science, soit que le navire par suite d’un ciel brumeux (que les marins appellent temps bouché) n’ait pu fixer sa position par des observations astronomiques, soit qu’ayant subi une longue tempête, il ait été poussé par les courants en dehors de sa route, au-dessus de fonds qu’il ne peut connaître.
- Dans ces cas, et si on approche de la côte, on comprend que l’anxiété du commandant soit grande; il devra sonder, pour s’en tirer.
- La profondeur de l’eau sous sa quille étant connue, il la comparera aux indications portées sur la carte et possédera, ainsi sur sa position, une indication qui lui sera extrêmement utile.
- Sur certaines côtes, où la brume est très fréquente, comme par exemple, à l’atterrissage de New-York, les navires sont dans la nécessité soit d’attendre une éclaircie, d’où perle d’un temps précieux, soit de trouver à l’aveuglette les passes étroites
- Fig. 3. — Plomb du sondeur Warliizel.
- A, tùbe en.laiton ; B, tube indicateur; C, enveloppe eh plomb du tube en laiton ; D* bouchon fileté ; E, évents pour . . , l’entrée de l’eau ; F, bouchon
- qui les mèneront dans valve du tube indicateur.
- p.274 - vue 295/663
-
-
-
- = LES HAUTS-FONDS DU GOLFE DE GASCOGNE - 275
- l’IIudson, la sonde est encore le seul moyen à la disposition des commandants hardis qui veulent tenter l’aventure. Il en est qui sont devenus des virtuoses de cette manœuvre délicate et la Compagnie générale transatlantique a compté et compte encore des capitaines qui ont sü s’attirer une grande réputation d’excellents marins par la façon magistrale dont ils savent conduire leurs navires jusqu’aux piers de New-York sans 'presque avoir aperçu la côte, ni les rives du fleuve.
- D’ailleurs la reconnaissance des approches de l’atterrissage par la sonde resté et restera toujours un procédé précieux. On trouve au livre des « Instructions nautiques de la côte ouest de France », évangile de tout navigateur, cette recommandation : « Longtemps avant d’atterrir, il doit sonder d’üne « façon continue, car il peut rencontrer, même par « beau temps, un brouillard épais en approchant « de la terre ».
- Le procédé de la sonde à main, qui fut si longtemps le seul employé, présentait de graves inconvénients parce qu’il obligeait à arrêter l’erre du navire, à chaque coup de sonde, quand on était par grands fonds, ou à ralentir très sensiblement sa vitesse, si les fonds étaient petits. D’où perte d’un, temps précieux pendant lequel le bâtiment s’en allait à la dérive sous l’influence du vent et des courants.
- Il y a quelque 40 ans, on vit apparaître le premier appareil mécanique permettant le sondage continu sans ralentissement de la vitesse. C’était une invention anglaise, le sondeur Thomson. Il était basé sur le principe suivant : un tube de verre ouvert à une seule de ses extrémités était enduit à l’intérieur d’une couche de peinture chimique offrant la propriété de disparaître au contact de l’eau de mei\ Ce tube était introduit dans un cylindre en métal lesté
- Fig. 5. — Le cylindre métallique creux garni de plomb et le tube indicateur qui va y être introduit.
- Le plomb de sonde garni du .tube indicateur est .prêt à être filé à la mer.
- tde plomb et attaché à l’extrémité d’une longue cordelette en fil d’acier enroulée sur un treuil. Lorsqu’on voulait sonder, on filait à la mer le cylindre métallique garni du tube de verre. Le fil dracier • se déroulait et on arrêtait le déroulement lorsqu’on voyait se produire un fléchissement du fil indiquant que le cylindre avait touché le fond. On remontait alors l’appareil au moyen du treuil. Lorsque le cylindre métallique était rentré à bord, on en retirait le tube de verre. On constatait alors qu’il était décoloré sur une certaine longueur correspondant à la pression exercée par l’eau’,'à la surface du sol sous-marin, sur. l’air couteau dans le tube. Cette pression est, on le sait, fonction de la hauteur de là colonne d’eau existant en ce point. Une règle graduée était appliquée le long du tube, et on y lisait la profondeur de l’eau au point où la sonde avait touché le fond. ;
- Depuis quelques années un appareil français a. remplacé chez nous le sondeur Thomson. Il porte le nom de sondeur Warluzel. C’est également un appareil qui permet de sonder en marche, mais son inventeur a limité son action à une profondeur de 200 m. Toujours eomme pour le Thomson, un plomb de sonde que je vais décrire donne la-hauteur de la tranche d’eau par la mesure de la pression enregistrée à' la profondeur à laquelle il- est descendu.
- Le plomb de sonde est encore fixé a l’extrémité d’un mince câble d’acier enroulé sur le touret d’un treuil à friction
- Le plomb est constitué par un gros tube de laiton autour duquel est coulée une masse de plomb. Ce tube, calibré à l’intérieur, est destiné à recevoir le tube indicateur ; il est fermé de façon étanche à sa partie supérieure et à sa partie inférieure, porte un bouchon à vis que l’on enlève pour y introduire et en retirer le tube indicateur.
- Deux trous percés dans ce bouchon permettent à l’eau d’entrer dans le tube de laiton lorsqu’il est immergé. Ce bouchon fileté est, en outre, évadé à sa base pour recevoir du suif destiné à rapporter,
- p.275 - vue 296/663
-
-
-
- 276 ..................RENÉ CA1LL1É
- comme dans l’antique sonde à mains, un échantillons du sol sous-marin.
- Dans le tube en laiton plombé qui forme ainsi cloche à plongeur, on introduit par le bas un tube indicateur dont l’extrémité inférieure;est close et la partie supérieure munie d’un bouchon valve.
- Et voici comment fonctionne ce système.
- Pendant la descente du tube plombé, l’eau s’y introduit par les trous du bouchon de sa partie inférieure, remplit l’espace entre les deux tubes en refoulant l’air dans le tube indicateur, puis pénètre à son tour dans celui-ci; Gette eau reste dans la partie inférieure du tube indicateur pendant que le tube plombé est ramené à la surface et l’air comprimé évacué par le bouchon valve
- Le volume non occupé par l’eau, dans le tube indicateur, indique la profondeur atteinte, et on la
- mesure comme dans le sondeur Thomson, au moyen d’une jauge graduée à cet effet.
- Le renseignement obtenu, on vide l’eau, on revisse le bouchon valve et le tube est prêt pour une nouvelle sonde.
- Pour fder à l’eau le plomb de sonde et l’en retirer on dispose d’un treuil fixé sur le pont du navire et d’un bras mobile au moyen duquel le tube sondeur est porté en dehors des impedimenta du bord qui pourraient gêner sa manœuvre.
- Tout cet appareil, dont le fonctionnement est très simple, est généralement installé au milieu du navire près de la passerelle de commandement.
- Sa manœuvre est aisée et rapide. Par petits fonds on peut obtenir une sonde en 40 secondes. C’est là une facilité précieuse.
- Comm andant Sauvairu-Jourdax .
- La Science en Famille.
- RENÉ CAILLIE
- En dehors, des côtes, l’AFrique était bien mal connue à la fin du xviii® siècle ; c’est ainsi que l’astronome Lalande, qui publia vers 1790 un intéressant mémoire sur la géographie de cette partie du monde, croit que le Niger prend sa source à l’orient de l’Afrique et tombe dans l’Océan au-dessus du Cap Vert,' sous le nom de Sénégal.
- On connaissait vaguement, par les dires des commerçants arabes, pour la plupart marchands d’esclaves, l’existence d’une grande ville nommée Tombouctou; mais, avant le xixD siècle, aucun Européen ne vit cette cité mystérieuse.
- Celui qui eut cet honneur le premier était un explorateur anglais, le major Laing, qui, dans un précédent voyage, avait déjà vu la source du Niger, relativement voisine de la côte de Sierra-Leone. Le 17 juin 1825, il quittait Tripoli en compagnie d’une caravane qui se rendait au Touat; après bien des incidents, il arriva à Tombouctou le 18 août 1826; il étudia cette ville en détail, mais quelques jours après l’avoir quittée, il tomba entre les mains de fanatiques qui l’étranglèrent, parce qu’il refusait d’embrasser l’islamisme.
- On n’aurait jamais su quelle avait été sa fin, si, peu de temps après lui, un autre Européen, un jeune Français, n’avait visité les mêmes régions et recueilli des renseignements sur son sort.
- Il se nommait René Caillié, et était né à Mau/é (Deux-Sèvres), en 1799. Il était d’une très humble famille, et ne reçut d’instruction qu’à l’école primaire de son village, mais il en sut sans doute profiter mieux que la plupart de ses condisciples. Il aimait la lecture, et c’est Robinson Cfusoé qui le porta, comme bien d’autres, à jeter ses regards vers les contrées lointaines et inconnues.
- A 17 ans, il s’embarquait pour le Sénégal, que les Anglais venaient de nous rendre et où, vers la même époque, se passait le terrible drame, dont le nom nous émeut encore, après plus d'un siècle écoulé, que fut le naufrage de la Méduse. Déjà il se préoccupait d’explorer les pays non soumis à la domination française, mais ses projets étaient vraiment prématurés. Il était trop jeune et. avait trop peu de ressources pour pouvoir espérer
- réussir. II le comprit et les ajourna, et, soit, aux colonies, soit en France, il s’efforça de rassembler le petit pécule qui lui était indispensable. En 1824, il revenait au Sénégal, apprenait l’arabe, et se mettait au courant des pratiques du culte musulman.
- Après bien des difficultés, disposant d’une somme de 2000 francs (!) économisée sans doute avec bien de la peine, il se lia avec des marchands qui partaient en caravane, et leur demanda l’autorisation de se joindre à eux. 11 leur dit qu’il était originaire de l’Égypte, mais que, dans ses premières années, il avait été emmené en France par les conquérants de son pays, où il désirait retourner pour revenir à la foi de ses pères. Ils le crurent et l’emmenèrent avec eux.
- Nous n’avons pas une place suffisante pour raconter les détails de ce voyage, fait en grande partie à pied, alors que des blessures à la jambe rendaient la marche très pénible au courageux explorateur, qui, en outre, fut atteint du scorbut. Ajoutons qu’il ne lui était pas possible de faire des observations astronomiques et qu’il lui fallait se cacher soigneusement pour prendre des notes.
- Le 23 mars 1828, il s’embarquait, à Djenné, sur le Niger, et, le 20 avril, il arrivait à Tombouctou.'Il fut quelque peu déçu et trouva que cette ville ne. méritait pas sa réputation :
- « Revenu de mon enthousiasme, dit-il, je trouvai que le spectacle que j’avais sous les yeux ne répondait pas à mon attente. Je m’étais fait de la grandeur et de la richesse de cette ville une toute autre idée ; elle n’offre au premier aspect qu’un amas de maisons en terre mal construites; dans toutes les directions, on ne voit que des plaines immenses de sable mouvant, d’un blanc tirant sur le jaune, et de la plus grande aridité. Le ciel à l’horizon est d’un rouge pâle; tout esc triste dans la nature; le plus grand silence y règne; oii n’entend pas le chant d’un seul oiseau. Cependant, il y a je ne sais quoi d’imposant à voir une grande ville au milieu des sables, et l’on admire les efforts qu’ont eu à faire ses fondateurs. En ce qui regarde Tombouctou, je conjecture qu’anté-rieurement le fleuve passait près de la ville; il en est maintenant éloigné de huit milles au nord et à cinq milles
- p.276 - vue 297/663
-
-
-
- LA PREPARATION DES CONSERVES DE POISSONS ====== 277
- de Cabra, dans la môme direction. » Cabra est le port de Tombouctou.
- Caillié ne z’esla dans cette ville que jusqu’au i mai 1828. Le départ de la caravane qui devait l’emmener ne lui permit pas de prendre le repos dont il aurait eu si grand besoin. 11 s’agissait de traverser le Sabara pour atteindre le Maroc. Caillié était bien faible, et. celte faiblesse le faisait tourner en dérision par ses compagnons de voyage, qui allaient jusqu’à le frapper .et .à'lui jeter des pierres.
- « Les Maures me disaient souvent avec mépris, dit Caillié : « Tu vois cet esclave? Eh bien, je le préfère à toi ; juge combien je t’estime !»
- Enfin, après avoir passé par Fez, par Rabat, où le consul de France, un Juif du nom d’Ismaïl ne lui vint pas en aide, Caillié put arriver à Tanger, où, au contraire, il fut parfaitement accueilli. On l’habilla de neuf, avec des vêlements de matelot, et il put s’embarquer sur un navire qui le conduisit à Toulon.
- Quand ce merveilleux voyage fut connu, il produisit une profonde sensation dans toute l’Europe civilisée. Caillié reçut les récompenses que méritait son admirable énergie. 11 fut décoré de la croix de la Légion d’honneur et la Société de Géographie lui décerna un grand prix de 10 000 francs. On ne voit pas, par contre, que le roi Charles X l’ait reçu en audience particulière, et lui ait adressé ses félicitations personnelles, comme l’aurait fait certainement Louis XVlfl. Et certes, s’il en fut ainsi, ce ne fut pas faute de bienveillance de la part du roi, car sous ce rapport, il était comparable à Henri IV, mais effet de sa légèreté : il aurait fallu qu’un de ses familiers appelât son attention sur les mérites du grand explorateur, et c’est, ce qui n’eut pas lieu.
- Parmi les protecteurs de Caillié, il faut nommer un homme admirable, M. Jomard, qui, dès sa sortie de l’Ecole Polytechnique, avait pris part à l’expédition d’Egypte et fut un des fondateurs de la Société de Géographie. M. Jomard, à qui l’Institut n’a pas encore rendu l’hommage auquel il a droit, bien qu’il soit mort depuis plus de 60 ans, aida Caillié à publier le journal de son voyage.
- Après de telles fatigues, on comprend que ce dernier ait eu besoin d’un long repos. 11 alla s’établir à Pont-l’Abbé, canton de Sainl-Porchaire, dans la Charente-Inférieure. Habitant la même région, nous nous sommes
- efforcé de retrouver les souvenirs qu’il pouvait avoir aissés dans cette localité, et M. Millon, juge de paix à Saint-Porchaire, nous a appris qu’en 1915, tin vieillard, alors âgé de 86 ans, et jouissant de la plénitude de ses facultés, se souvenait parfaitement .d’avoir connu René Caillié. Voici son témoignage : ;
- « J’avais alors, disait cet homme, 7 ou 8 ans; je nie souviens très bien de M. René Caillié, il était petit, maigre et brun. » Ceci explique qu’il ait pu se donner une origine arabe. i
- Il mourut le 17 mai 1838, et repose dans, le cimetière de Pont-l’Abbé. Voici ce qu’on lit sur les quatre faces du bloc de pierre qui recouvre ses {restes : i
- I • — A la mémoire de René Caillié, chevalier de la Légion d'honneur, né à Manié, le 19 novembre 1799, mort à Labadaïre le 17 mai 1838. Le seul Européen qui ail vu et décrit Tombouctou.
- il/. Jomard, l’un de ses nombreux amis, a prononcé son éloge funèbre.
- H- — Au voyageur infatigable, patient et intrépide, à l’observateur attentif et ingénieux, ù l’homme persévérant, ferme et stoïque au milieu des périls,
- Les admirateurs de son courage.
- EL Le 22 avril 1828, par une découverte mémorable, il a illustré sa patrie.
- I ^ — Sans autre appui que sa forte volonté, il s’est placé au rang des Brown, Hornemann, Munqo-Park, Denharn, Clipperton, et, seul, il a atteint le but ou tendaient leurs travaux.
- II y aura bientôt un siècle que Caillié a atteint Tombouctou, ville faisant aujourd’hui partie de cette Afrique occidentale française qui a fourni plus de 160000 hommes à la défense du pays, — ce qui prouve que la politique coloniale a du bon. H faut espérer que ce centenaire ne passera pas inaperçu.
- Peut-être, à cette occasion, parlera-t-on de transporter les restes de René Caillié au Panthéon. Cci tes, personne n’a mieux mérité cet honneur; mais, en ce qui nous concerne, nous n’aimons pas qu’on remue la cendre des morts sans une nécessité absolue. Nous pensons toutefois que les amis de la géographie que le hasard mènerait à Rochefort-sur-Mer ou aux environs, devraient se faire un devoir de visiter sa tombe et de lui rendre hommage, E. Doübi.et.
- LA PRÉPARATION DES CONSERVES DE POISSONS
- La période de restriction économique qui a suivi la guerre a déterminé en France un mouvement très net en faveur de l’utilisation intensive du poisson, et tout particulièrement du poisson de mer, comme matière alimentaire. Des sociétés scientifiques, des industries de conserves, des compagnies de transport, le Gouvernement lui-même, ont organisé des conférences et les Semaines du Poisson, [Office scientifique et technique des Pèches maritimes a été créé, ainsi que l’Ecole technique de -, l'Alimentation, due aux conserveurs.
- Dans une conférence donnée à la Société d’Hygiène alimentaire en 1921, sous la présidence du Ministre de l’Hygiène d’alors, M. Breton, M. Legendre a résumé tous les avantages économiques et hygié-
- niques de cette entreprise, et il importe d’intéresser le grand piublic à cette question capitale.
- Le poisson vaut la viande au point de vue alimentaire, a montré M. Legendre. La démonstration détaillée en a été répétée par M. Hinard en ce qui concerne le poisson de mer, et par M. Lhéritier en ce qui doncerne le poisson d’eau douce.
- Le poisson vaut mieux, même, que beaucoup de v.andes, car sa chair se désagrège facilement sous l'influence des sucs digestifs et libère ainsi tous ses principes nutritifs.
- Le grand inconvénient du poisson est la rapidité avec laquelle celte chair se désagrège et s’altère aussi sous l’influence des ferments protéolytiques sécrétés par les bactéries, et c’est ce qui donne à la
- p.277 - vue 298/663
-
-
-
- 278 - —. — LA PRÉPARATION DES CONSERVES DE POISSONS
- Fig. i. — Lts sardines apportées à l’usine sont débarrassées de leur tête et de leurs viscères.
- fabrication des conserves de poissons une importance si grande.
- Pour certains poissons délicats, , par exemple la sardine, , l’altération est si rapide que, même en wagons frigorifiques, le transport à quelque distance en abaisse considérablement la qualité; aussi est-il nécessaire que ce soit en face même des lieux de pêche que soit située P usine qui-les traite et qui assure leur conservation par les procédés de stérilisation thermique.
- Les conserveries françaises traitent surtout les poissons de mer, notamment les poissons migrateurs : Sardines, Thons, Maquereaux, Harengs, Anchois et Sprats. Cependant, on prépare aussi les poissons d’eau douce : Saumons, Aloses, Anguilles, Lamproies, etc.
- Le poisson pêché doit arriver à l’usine dans des conditions de fraîcheur qui lui conservent toutes ses qualités, et l'industriel doit faire tous ses efforts pour recevoir et travailler le maximum de production avec le plus de rapidité possible. I)e son côté, le pêcheur doit prendre les précautions nécessaires pour que le poisson pêché dans de bonnes conditions.ne s’altère pas avant son arrivée a l’usine.
- Ne pouvant entrer "dans les détails particuliers de toutes les fabrications, nous choisirons quelques préparations-types auxquelles toutes les autres se ramènent plus ou moins, et nous examinerons la fabrication de la sardine, du maquereau et du thon.
- Pour cela, avec leur bienveillante autorisation, nous vous conduirons dans les conserveries de MM. A mieux frères, dont l'installation est un modèle du genre, et dont les produits Sont universellement .connus et réputés.
- Sardines et Maquereaux. — La sardine et le maquereau se pêchent principalement dans l’Océan, généralement d’avril à octobre, depuis le golfe de Gascogne jusqu’cà la côte bretonne. C’est donc sur toute cette étendue de côtes que les usines préparant ces poissons sont disséminées. La maison Amieux, à elle seule, en possède neuf sur les côtes de Bretagne et de Vendée.
- Quand, sur un point de la côte, le poisson apparaît, les bateaux prennent la mer, équipés en vue de ces pêches, et ramènent à l’usine la plus proche les quantités pêchées dans un intervalle de quelques heures.
- Immédiatement, sardines ou maquereaux sont soumis à un nettoyage qui consiste à enlever la tête et les intestins, opération désignée dans les usines sous le nom d'étêtage, puis lavés à-plusieurs eaux-. Ils sont ensuite plongés dans un bain de sel à saturation où ils se salent d’une façon progressive jusqu’au degré voulu. Le temps de saumurage est variable avec la taille du poisson et son état plus ou moins gras, et il faut une grande expérience au chef de fabrication pour arriver à déterminer un salage qui varie avec-un grand nombre de facteurs.
- Le poisson sorti des saumures est, après lavage, placé sur des grils spéciaux ; c’est Yengrillage. On commence alors, l’opération du séchage qui doit se faire d’une façon progressive. Il est nécessaire, en effet, que le poisson ne sèche pas rapidement à la surface tout en restant’chargé d’humidité en profondeur. Le séchage est réalisé soit à l’air libre, soit artificiellement dans des appareils constitués par des tunnels parcourus par un courant d'air à la température de 570-o8°.
- Quand le poisson a été débarrassé de son excé-
- p.278 - vue 299/663
-
-
-
- LA PRÉPARATION DES CONSERVES DE POISSONS : - —r 279
- dent d’humidité, on passe à la friturei Celle-ci, pour sardines et petits maquereaux, se fait dans des bassines chaulîées à la vapeur à des températures allant de 130° à 180°. Les huiles utilisées pour la friture du poisson sont les huiles d’oliye ét d'arachide. Les grils contenant les poissons sont plongés dans l’huile chaude, ou, quelquefois, dans, un court-bouillon pour les petits maquereaux. Au sortir des bassines de friture, le poisson est mis à égoutter. C’est X égouttage. i
- Les gros maquereaux, placés également sur gril<. sont cuits dans une Saumure aromatisée analogue à celle qu’on emploie pour le thon, dont-nous parlerons tout à l’heure.
- Le maquereau, pendant la cuisson, cède de petites quantités de son huile qui vient écumer a la surface du bain de cuisson et qu’on élimine.
- Après cuisson et refroidissement, on procède à la mise en boites qui se fait avec de grandes précautions, puis les sardines sont recouvertes tantôt d’huile, qui est presque toujours de l’huile d’olive, pour les produits de marqué. Les maquereaux sont recouverts, tantôt d’huile d’olive, tantôt d’une] sauce au vin blanc, vinaigrée et aromatisée.
- La boîte est ensuite recouverte d’un couvercle métallique qui, dans les conserveries munies d’un outillage moderne, est fixé au corps de la boîte par un sertissage ; ce mode de fermeture constitue, sur le procédé du soudage, un progrès considérable au triple point dé vue de la rapidité, de la propreté et de l’hygiène, puisqu’on évite ainsi la possibilité de voir l’huile en contact avec des parcelles d’une soudure contenant une petite proportion de plomb. Ceprogrèsn’apas été obtenu.sans résistance de la part du personnel qui voulait maintenir l’opération du soudage, mais il est à présent universellement accepté.
- La boîte fermée subit alors l’opération fondamentale de la ste'riiisation qui lui permet de se conserver pendant de nombreuses années, elle est
- Fig. 3. — Les grils chargés de poisson sont transportés au .séchage.
- portée à une température élevée pendant un temps variant suivant sa grandeur, généralement dans des autoclaves chauffés à la vapeur, ou dans des bassines d’ébullition à l’air libre.
- Les boîtes sont ensuite visitées minutieusement pour rechercher celles qui auraient des défauts.
- Thons. — Le thon pêché sur nos côtes atlantiques diffère du poisson pêché en Méditerranée, particulièrement sur les côtes tunisiennes.
- Le premier est le Thon blanc, ou Germon, Thyn-nus alalonga des naturalistes, dont la chair, apres cuisson, est blanc-rosé. Le second est le Thon rouge, Orcynnus thynnns, de taille beaucoup plus grande et de chair moins belle et moins fine, passant au brun après cuisson.
- Le . thon blanc apparaît sur nos côtes à peu près; à la même époque que la sardine, de telle sorte que le traitement dans les usines des deux catégories de poissons est souvent simultané.
- Des. bateaux spéciaux, tenant fort bien la mer, sont armés pour cette pêche. Au pied du mât sont fixées deux longues perches qui s’inclinent sur la mer et auxquelles sont alfa chées des lignes munies d’hameçons axrec, comme appât, une simple touffe de crin blanc.
- p.279 - vue 300/663
-
-
-
- 280 .. ..LA PRÉPARATION DES CONSERVES DE POISSONS
- Fig. 5.'— Les grils chargés de poissons séchés sont plongés dans l’huile chaude pour la friture.
- Les bateaux thonniers recherchent les bancs migrateurs au moment on ils commencent à apparaître, les suivent, et, quand ils ont fait leur plein de poissons, reviennent vendre aux conserveries. Ils peuvent rester en mer pendant 6 et 10 jours avant de rapporter leur pêche; aussi est-il nécessaire, pour que les poissons, vidés de leurs viscères au sortir de l’eau, puissent se conserver à bord du bateau, que les conditions météorologiques soient favorables.
- Les thons livrés à la conserverie sont débités en tranches épaisses d’environ 20 cm et on examine en profondeur la qualité du poisson. Les thons défectueux sont rejetés par tout fabricant consciencieux ; les autres sont travaillés immédiatement.
- l’opération du séchage. Celui-ci se pratique à l’air libre, à l’abri de la lumière solaire. On place les morceaux à sécher dans des chambres munies de persiennes disposées de telle façon qu’on puisse, suivant l'orientation du vent, régler à l’intérieur de ces chambres un léger courant d’air.
- Au sortir du séchoir, les morceaux de thon, après avoir été coupés à la hauteur spéciale à chaque format de boîte, sont emboîtés, puis recouverts d’huile. Cette huile est toujours de l'huile d’olive dans les conserveries qui tiennent à la supériorité de leur marque, En place d’huile, certains fabricants mettent encore des sauces diverses : à la tomate, à la ravigote, etc.
- Les couvercles sont ensuite posés et la fabrication se poursuit, comme pour la sardine et le maquereau, par un sertissage et une stérilisation dont les conditions varient avec le format des boites.
- Les fabrications que nous venons de décrire, quoique simples en apparence, peuvent exposer à de nombreux déboires. La qualité de la matière première -est- souvent assez variable; ne recevoir que la qualité irréprochable constitue la règle fondamentale de toutes les conserveries sérieuses, Comme celle que nous avons visitée. La marque quelles apposent sur leurs boîtes garantit alors la qualité du côntenu, et c’ést avec raison que les consommateurs s’attachent à celles qui leur offrent le maximum de garanties.
- Les tranches; après un lavage destiné à éliminer le sang, sont placées sur des claies qui sont, introduites dans de grandes bassines rectangulaires contenant une saumure saturée de sel et aromatisée. On porte cette saumure à l’ébullition et la cuisson est prolongée pendant un temps suflisant et variable d’après la grosseur du poisson.
- Le salage se fait donc, pour ce poisson, en même temps que la cuisson. Le résultat de cette opération est, en outre, l’élimination de l’huile du poisson. En effet, sous l'influence de la température élevée, le thon perd la majeure partie de sa matière grasse qui vient surnager à la surface de la saumure bouillante d'où on la décante.
- Au sortir de la bassine, les morceaux de thon sont soumis à un épluchage, de façon à débarrasser la chair des parties inutilisables : peaux, arê* tes, etc... A cet épluchage fait suite
- La stérilisation et le refroidissement qui la suit doivent être pratiqués avec une grande attention. Quand lés conditions de travail ont été réalisées
- Fig. 6.
- Les poissons frits, égouttés et refroidis sont disposés , avec soin dans les boîtes.
- p.280 - vue 301/663
-
-
-
- LA PRÉPARATION DES CONSERVES DE POISSONS ~—.....; 281
- d’une façon consciencieuse, les accidents de fabrication deviennent très rares, malgré la rapidité avec laquelle les conserveries travaillent.
- Ces conserveries mettent en conserve d’autres poissons de mer, sprats et anchois notamment, poissons migrateurs bien différents de la sardine, mais qui sont souvent consommés à l’étranger sous le nom de sardines, ce qui constitue une fraude caractérisée.
- On préparait également les rougets, mais leur prix étant devenu prohibitif, la préparation a du en être abandonnée par les conserveries.
- l’huile et occupant plus de 16 000 ouvriers et ouvrières. Les trois quarts. environ des conserves de poissons préparés sont'exportés un peu partout à l’étranger. Une industrie qui porte à travers le monde le bon renom de la production française devrait donc être encouragée.
- À l’étranger, en particulier en Espagne, au Portugal, au Japon et en Californie, des industries similaires se développent avec rapidité. Grâce à un prix de revient plus bas, elles constituent une concurrence redoutable.
- Néanmoins* les conserveurs français se sont tou-
- Fig. 7. — Après sertissage, les boîtes et leur
- La fabrication des conserves de poissons, qui permet d’utiliser une matière première très abondante à certains jours et qui, sans les conserveriës, resterait en partie, sans utilisation, a donc une importance économique considérable. Un tableau que nous empruntons à la conférence dé M. Legendre en donne une idée :
- Produits Valeur f en en
- Bateaux. Hommes. de tonnes, de IVaiies.
- Pêche Hauturière
- Hareng. . . : 155 2.652 26 9
- Maquereau . 282 2.586 1 1,7 1
- Thon . . 500 5.000 . 5,5 ... 8 .
- Pêche Côtière :
- Sardines, an-chois, sprats. 10.000 60.000 22 • 15
- On compte, en France, nous (lit encore M. Le-
- gendre, 195 usines préparant des conserves à
- contenu sont stérilisées dans des autoclaves.
- jours opposés à ce que les produits étrangers fussent frappés de droits de douane élevés. Ils entendent ne lutter que par la qualité, ce dont il faut les louer.
- La prospérité de l’industrie des conserves dépend de la quantité de la matière première, et il est désirable que les conserveurs français puissent se trouver, à ce point de vue, dans les conditions semblables à celles de leurs concurrents étrangers, sans quoi, quelle que soit la qualité du travail accompli dans leurs usines, la lutte économique, déjà difficile, deviendrait impossible à soutenir.
- Divers indices font espérer qu’une évolution réelle se fait dans l’organisation de la pêche et que, rapidement, se généraliseront les modes de pêche qui, en France, se sont montrés les plus efficaces, ainsi que l’emploi du bateau à moteur.
- D’une interview de M. Daniélou, publiée le 18 septembre 1925 parle Quotidien, nous extrayons
- p.281 - vue 302/663
-
-
-
- 282 ..—~ LE PETROLE DANS LE SUD-OUEST DE LA FRANCE
- à ce sujet quelques précisions intéressantes :
- Si le nombre des voiliers, qui était de 18 000 en 1915, est passé à 20 740,en 1924, le nombre des chalutiers à vapeur, de 556 en 1915, représentant 54 257 tonneaux, est passé en 1924 à 500, représentant 70 000 tonneaux, et le nombre des chalutiers à pétrole, de 455 en 1915, est monté à 1700 en 1924.
- Il y a donc là une amélioration, sensible, dont profiteront à la fois et les consommateurs de poissons frais, et les consommateurs de conserves, et l’on ne peut que se réjouir du progrès ainsi constaté, qui, on peut l’espérer, contribuera à rendre la vie un peu moins chère.
- Georges ’LanorVilre.
- LE PÉTROLE DANS LE SUD-OUEST DE LA FRANCE
- et les recherches en cours.
- Les indices de pétrole dans le Sud-Ouest. — Depuis deux ans, d’importants travaux sont poursuivis dans le Sud-Ouest de la France, eh vue de découvrir les horizons - * /.
- pétrolifères dont les géologues français et étrangers/' ont, de longue (b)të, pronostiqué l'exis--terïce. sur le flanc- septentrional du. - r elèvement pyrénéen.
- De nombreux indices) concourent, eiï.effet, à' laisser ^préjuger la- pré-, senoe de formations hy-1 drocarburées dans ce rayon, caractérisé par des dépôts gypso-sali-fères de l’âge néotria-
- .* "5. . . .
- sique au voisinage de
- plissements. tertiaires., Desjaccidents; variés ont ramené au jour des gypses et des ophites antérieurs auç.tertiaire, comme en Oranie. el dans le Hanovre.. Dès'Tambeaux hydrocarburés s’observent le long dé la chaîne gypseuse dans les Landes et le Béarn.,
- Les dépôts bitumineux des Landes. — A Bastennes et Gaujacq on connaît depuis des siècles des sources à la surface desquelles surnage du bitume dans un état assez liquide pour pouvoir être considéré comme du pétrole. D’autre part, de véritables gisements bitumineux ont été exploités dans cette région du territoire national. Ceux-ci occupent généralement un espace de 2 m. d’épaisseur pouvant, toutefois, atteindre 4 à 5 m. Le dépôt a été rattaché au miocène inférieur burdigalien ou helvétiem II apparaît, par ailleurs, que le bitume arrivait par une faille de contact entre Tin poinlement triasique et des calcaires nummulitiques, près de sources salées et de redressements ophitiques.
- . Le bitume était mélangé dans une proportion d’un cinquième à des-sables à faluns..
- Le gîte de, Bastennes fut mis en œuvre dès la fin du xvme siècle, et ses produits étaient utilisés par une fabrique d’huile de pétrole. Mais l’extraction ne prit de, l’ampleur qu’après 1856, lorsqu'on put iso-
- Fig. i. — La région bitumineuse des Landes; entre Bastennes et Gaujacq.
- 1er pratiquement le bitume. Deux concessions furent instituées originellement, celles de Bastennes (l’Echa-lassière et Àrmentières), eu 1851 et 1852.
- Plus tard, en 1844, à la suite de. travaux à Gaujacq, furent octroyés les domaines de Labour-dette et de Pozat. Au total,’ 210 hectares.
- En 1850, les dépôts de Bastennes, les plus étendus ,v : ' étaient déj à épuisés, et en 4857 la miiïe de Pozat-Jfut abandonnée, Mais les concessions de Labinirdette; et d’Armentières île furent délaissées qu’en 1908;
- Cette formation était assez riche pour, a voir fourni près de 120 000 tonnes de’ bitumes. s j
- D’autres indices ont été observés1 dans le département :
- Des déjections ont été reconnues à Brassempouy, à l’Est de Gaujacq, à Caupenne, au Nord d’Amou, cependant que l’on enregistrait des suintements à Saint-Pandelon* au sud de Dax, et que le savant M. Dubalen, fondateur du Muséum de Mont-de-Marsan, relevait des traces de bitume au-dessous d’un banc de craie supérieure à Saint-Martin-dc-Ilinx. On peut encore aujourd’hui faire surgir à Saint-Pandelon de fines, gouttelettes de pétrole en frappant à coup de marteau -des roches que Seunes attribue à l’infralias.
- Enfin, à Dax même, à deux reprises, des projections de gaz hydrocarburés ont été constatées au cours des sondages pour sel entrepris en 1867. Ces dégagements se produisirent aux niveaux 15 dans les graviers, et 18 dans les sables argileux, à proximité du Pouy d’Eauze, qui domine Dax.
- Il convient immédiatement de remarquer que diverses- circonstances concordent en outre à faire présager l’existence du. pétrole dans le tréfonds,: le voisinage de. zones gypso-salines; qu’on estime en
- p.282 - vue 303/663
-
-
-
- LE PÉTROLE DANS LE StlD-OÜEST DE LA FRANCE
- relation avec les formations d’hydrocarbures comme en Roumanie et en Galicie ; la fréquence des poin-tements ophitiques, qui ont pu faciliter l’ascension des pétroles profonds ; la tectonique du pays, constitué par des rides hercyniennes, où le liquide a pu s’emmagasiner..
- Anciens et nouveaux travaux de prospections dans le rayon landais. — Ces considérations n’avaient pas échappé aux prospecteurs de pétrole d’autrefois, et dès 1888 la Société des Pétroles d'Italie, qui travailla également à Gabian, chargeait un géologue polonais de Varsovie et un ingénieur de Bakou de trouer le sol de Gaujacq.
- Trois sondages, d’ailleurs peu précis et dont il ne reste aucun relevé, furent exécutés. Le premier,
- 283
- diats deBastennes, Celui-ci, commencé en mai 1925 , avait été poussé, le 5 juin, à 60 m.
- Il avait recoupé d’abord des calcaires nummuli-tiques, puis des marnes argileuses, souillées de rognons de pyrite.
- Simultanément, la puissante Société franco-belge, le Pétrole en France, ayant obtenu un permis exclusif de recherches dans la Chalosse, s’occupait de prospecter l’anticlinal de Mugron-Saint-Sever, que longe l’Adour.
- Au début de mai, la Société inaugurait une recherche à Lapeyre, à 500 m. au Nord-Est de la station d’Audignon.
- ~ Au début de juin, le trépan était descendu à la cote 155, ayant franchi des marnes calcaires.
- fa Couture
- Bérenx
- Coniets(x)
- •J1 du Pétrole national (x) • S.Iestage (x)
- • S. de Castarès
- Qrtiiez
- Ozenx
- Castelner
- p.Oraas
- oMontestrucq
- Fig. 2. — La région des sondages pétrolifères du Béarn.
- au cap de Salem, traversa jusqu’au niveau 21 des alluvions et des sables et grès ferrugineux, de 21 à 124 m. des alternances d’argiles et gypses, de 124 à 155 des calcaires durs, de 155 A 164, cote à laquelle -il fut arrêté, des calcaires bitumineux. Un second fut suspendu par accident à 119. m., dans les argiles du trias.. Le troisième, enfin, franchit des argiles et gypses jusqu’à 1.25 m., comme le premier, puis des . dolomies, des grès calcareux, des argiles.à globigérines et des .calcaires glauconieux. Il atteignit ainsi 465 m. de profondeur.
- Après.ces tentatives, pendant 40 ans, aucune exploration ne fut réalisée.
- Beaucoup plus récemment, en 1917, un groupe exécuta un très modeste sondage de 12 m., qui buta dans une formation ophitique.
- Mais il semble que l’heure soit venue d’une étude méthodique et scientifique des ressources pétrolifères du sous-sol landais. I)’une part, la Société des Recherches Pétra, qui réunit des pétroliers expérimentés, a entrepris, avec le concours de M. Vives, maire de Gaujacq, un sondage aux environs immé-
- Pour le moment, les travaux landais sont limités à ces deux fonçages. Mais il apparaît que des campagnes d’exploration étendues vont être exécutées à bref délai, la Société .franco-belge de Recherches et d’Exploitation des Pétroles en France — qu’il ne faut pas confondre avec la précédente — la Sociélé de Recherches de Minerais et d’Ilydrocarbures, le Pétrole National, et un certain nombre de particuliers, de plus en plus enthousiastes, ayant jeté leur dévolu sur les rayons de Saint-Sever, Saint-Martin-de-Hinx, Biarotte, Dax (Pouillon, Mimbaste, Saint-Pandclon, Dax), IJagetmau et Peyrehorade. Il est même probable que l’Etat lui-même participera aux opérations landaises, qui doivent être intensifiées en 1926.
- Les indices dans le Béarn. — Néanmoins, c’est surtout dans le Béarn que l'activité des prospecteurs paraît devoir atteindre son maximum. Bien qu’aucune exploitation de bitume n’y ait jamais été réalisée, comme dans les Landes, les indices y sont, en effet, répétés, à Orthez, à Saint-JBoès, où sourd une source hydrocarburée, à Sainte-Suzapne, au Sud
- p.283 - vue 304/663
-
-
-
- 284
- LE PÉTROLE DANS LE SÜD-OUEST DE LA FRANCE
- du gave de Pau, oîi l’on pronostiquait devoir rencontrer un horizon dans le crétacé. À Castagnède, près de Salies de Béarn, un puits dut être interrompu à la suite de dégagements gazeux caractéristiques. À Cassaber, on peut voir des noyaux de bitumé dans des calcaires compacts, au château de Bérenx (au nord), des sables imprégnés, et à la Couture, près Caresses, des calcaires bitumineux.
- Les recherches de Castagnède-Salies. — Etant donné que la géologie de cette région présente les mêmes caractères, propices au dépôt du pétrole, que celle des Landes voisines, de bonne heure d’importants travaux furent entrepris en vue de déceler des horizons hydrocarburés. Déjà pendant la guerre, un propriétaire local, M. Rousseu, effectua
- base. Au-dessous, une formation de sel occupe une hauteur de 250 ni. Enfin, Fopbite fut rencontrée à la cote 755. Le trépan fut arrêté à 754 m. dans ce niveau. <
- Il ne saurait faire de doute que le sol a été bouleversé sur ce point, alors qu’à Salies l’éocène, l’albien, le cénomanien et le trias sont à leur place normale. On peut admettre un redressement dû trias vers Castarès
- Le sondage n’avait toutefois fourni que de médiocres indications quant à la présence du pétrole. Ceux du Syndicat Lestage et du Pétrole National furent beaucoup plus positifs.
- En partie sous l’inspiration du chanoine Estiriès, sourcier réputé dans le Sud-Ouest, le sjndicat s’ins-
- Fig. 3. — Coupe géologique du sondage de Castarès.
- un sondage' à 100 m. près de Castagnède, sans d’ailleurs pouvoir percer le terrain triasique.
- Il appartenait à trois importantes entreprises d’éclairer enfin les savants sur la tectonique complètement ignorée de ce rayon : la Société d’Hydro-carbures précitée, à laquelle on doit l’étude de l’Ain, le Syndicat Lestage et le Pétrole National. Ces ‘compagnies, dotées de puissantes ressources financières, ont opéré sur l’anticlinal de Castagnède au Sud-Ouest de Salies, et à Caresse à l’Ouest de Salies.
- Après avoir poursuivi de petits sondages préparatoires et superficiels à 2 km. à l’Est de Castagnède près d’affleurements gypseux et de relèvements triasiques, le premier groupe se décida— c’était en 1922 — à réaliser un grand sondage à Castarès, (Est de Castagnède), qui devait infirmer de façon décisive les prévisions des géologues, lesquels croyaient à la régularité des étages.
- Le trépan franchit, en effet, 70 m. d’argiles bariolées et de gypse triasiques, puis sur 410 m. de hauteur du terrain cénomanien interposé, un banc de calcaire compact imprégné en constituant la
- talla à Pène-de-Mur au-dessus de Castagnède à environ 1500 m. de Castarès, et sur la colline qui domine la vallée du Saleys, ou rivière du sel. ‘
- M. Estinès estime qu’il pourrait s’y rencontrer jusqu’à 6 horizons entre les cotes 200 et 800, la profondeur des nappes variant entre 10 et 50 m.
- Il y a déjà 25 ans, M. Lestage qui habite le pays, avait été frappé par les émanations et les éjections huileuses qui s’épanchent des fissures des terrains qu’il possède, et, en 1898, préludant aux travaux de Rousseu, et à l’aide d’un matériel rudimentaire il fonça un trou de 100 m. Une analyse de roches imprégnées, faite à l’Ecole des Mines, accusa 18 pour 100 de naphte, et 82 pour 100 d’argile(ét sable.
- Mais, contraint de partir en Amérique, le prospecteur délaissa complètement le dépôt. Après la guerre,
- ; et alors que le problème du pétrole préoccupait tous les esprits, il reprit les projets interrompus ! et fonda une société en commandite. Celle-ci se pro-• cura une sondeuse Ingersoll, et se mit résolument à l’œuvre.
- Le trépan traversa, après les alluvions de surfaèe,
- p.284 - vue 305/663
-
-
-
- 285
- L’ORIENTATION NOUVELLE DE LA RÉCEPTION EN T. S. F.
- des marnes farcies de silex, l’albien et le cénomanien. Déjà de 56 à 74 m. 70, on avait recueilli des sables imprégnés et observé des dégagements de gaz assez violents. Entre 120 et 155 m. 20, des émanations analogues avaient été enregistrées, ainsi que dans les marnes sous-jacentes. Enfin à 221 m. on paraissait toucher au but et les venues d'huile s’affirmaient par des irisations persistantes, et des bulles, lorsqu’un accident anéantit tous les espoirs. Le carotticr tomba au fond ainsi qu'un gros outil. Il fallut abandonner la partie en 1924.
- Toutefois, le ; syndicat entreprit sans délai un second sondage à 5 m. du premier. Celui-ci donna a peu près les mêmes résultats que le précédent avec quelques décalages. Mais, entre 180 et 270 il recoupa un banc de sels potassiques, dont quelques niveaux sont relativement riches (11,94 pour 100). On n’observa pas à 221 m. la projection du puits 1.
- Par contre, à 272 m. se produisirent de fortes poussées de gaz, accompagnées de sifflements. L’une d’entre elles souleva, durant 10 minutes, l’eau d’injection à plus d’un mètre du sol. On aperçut aussi des traînées huileuses et des irisations, tandis que l’eau du tube prenait l’odeur du pétrole.
- Quelques jours plus tard, en novembre 1924, se déclara une poussée de sables d’une rare violence qui arrêta la pompe, phénomène qui devait se renouveler à plusieurs reprises. Au-dessous de 270, on a recoupé des gypses et des grès très imprégnés.
- Le sondage a du être suspendu à 541 m, faute, de moyens d’action suffisants.
- Les recherches du Pétrole National à 800 m. vers l’Ouest, dans la vallée, ont confirmé ces heureux résultats. La sonde a recoupé des gypses dolo-mitiques du trias, un peu d’argile et au niveau 215, 5 m. de sel, puis 15 cm. de marnes argileuses, enfin 5 m. de sables et marnes. Le 50 novembre 1924, le trépan était à 220 m. lorsque s’effectua une brusque projection de sables imprégnés d’huile visqueuse et de gaz, qui s’éleva à 6 m. de hauteur. Des bouillonnements prolongèrent durant plusieurs heures l’éjection. Malheureusement depuis lors, il a fallu arrêter l’exploration devant la difficulté d’étancher le trou.
- L’ORIENTATION NOUVELLE E
- On peut dire, sans exagération, que nous sommes arrivés depuis quelques mois cà un véritable tournant dans la technique de la T. S. F.* parce que la réception pure et exempte de tout brouillage de la radio-diffusion ne peut plus Se contenter des primitifs montages qui, il y a un an à peine, étaient encore incomparables. Les amateurs doivent donc sans tarder aiguiller résolument leurs travaux dans la voie des appareils à sélection poussée, et c’est bien du reste ce vers quoi, de partout, l’on tend, avec plus ou moins de succès.
- Nous voudrions ici faire.connaître le principe et
- Ces constatations, d’un indéniable intérêt, ont été complétées, dans le même rayon, par les recherches des Coutets, sur la rive droite du Saleys et le territoire de Caresse. Le sondage a atteint la profdn-; deur de 460 m. au début de juin, après être resté dans le trias gypseux, dolomitique et salifère.
- Le rayon d’Orthez. — Cependant les indices de Saint-Boès et d’Orthez-Sainte-Suzanne devaient encou-< rager des prospections au voisinage du gave de Pau, où les anticlinaux ont sensiblement la même physio-, nornie qu’à Salies.
- Les efforts réalisés de ce côté ont été aussi remarquables qu'à Castagnède, mais sont demeurés stériles jusqu’ici, peut-être du fait de la discordance des assises secondaires et tertiaires, de la multiplicité des accidents, et de la fréquence des écailles.
- C’est ainsi que la Société Pétra s’est efforcée de franchir en travers-banc la source de Mounicq à Saint-Boès, et, après avoir trouvé du flysch très imprégné de bitume, n’a rien trouvé au delà de l’horizon de la source.
- La même- Société à dû suspendre un forage dans la boucle du Lao, à 1500 m. au Sud-Est de Sainte-Suzanne peu après ses débuts, par suite de la faiblesse de l’appareil, tandis que le Pétrole National v clôturait à 970 m son sondage de Sainte-Suzanne (à 500 ni. du bourg) après avoir recoupé exclusi1 vement des calcaires et marnes crétacées et peut-’ être une écaille triasique.
- Ces échecs momentanés n’ont rien d’inquiétant. Ils n’arrêteront pas le mouvement déclenché qui présente une ampleur remarquable. Déjà de nombreux groupes ou particuliers nouveaux projettent des recherches à Ozens et Montestrucq dans le rayon de Salies, de Caresse jusqu’à Lahonce (Est de Bayonne) à l’Est et au Nord d’Orthez. Le zèle des amateurs du pétrole ne conçoit même plus de limites. Des opérations sont préméditées à Hendaye, entre Orthez et Pau, à Nay, au Sud-Est de Pau, dans la région de Mauléon, el les regards se tournent déjà vers les Hautes-Pyrénées. Un tel concours ne saurait être infructueux.
- Auguste Pawi.owski.
- LA RÉCEPTION EN T. S. F.
- les résultats absolument merveilleux d’un montage tout nouveau qui semble réaliser le dispositif de l’avenir. On pourra se rendre compte de sa grande simplicité.
- 1. Le problème actuel. — La réception de la radiophonie, d’après les méthodes jusqu’ici adop^ tées, semble s’atteler avec rage à concilier des contradictions. Voici, en effet, le problème tel qu’il , se pose en ce moment et tel que dé plus en plus il se posera.
- Les radio-concerts sont désormais organisés, mais les stations se sont tellement multipliées que
- p.285 - vue 306/663
-
-
-
- 2 86
- L’ORIENTATION NOUVELLE DE LA RÉCEPTION EN T. S. F.
- les longueurs d’onde ne diffèrent plus les unes des autres que de quelques mètres à peine; Pour éviter la cacophonie, il faut donc à tout prix que les appareils récepteurs soient capables de réaliser une excellente sélection, en séparant nettement l’audition des longueurs d’onde les plus rapprochées. Par ailleurs, étant donné les fonds dont disposent beaucoup de stations émettrices, l’énergie mise en je n’est pas considérable, et alors pour étendre le rayon de 1 écouté, on est. amené à multiplier le nombre des lampes. Or, l’amplification en haute fréquence est ici seule intéressante, puisque les ondes trop faibles, captées par les antennes, ne peuvent pas être décelées par. nos détecteurs actuels et les téléphones restent silencieux. Mais une nouvelle difficulté surgit : les auditions intéressantes sont cantonnées plus
- ment dans ce qu’on appelle les ondes courtes et même très courtes. Et voici ce que pratiquement l’on constate :
- Pour les ondes inférieures à 100 m., on ne peut employer qu’un seul étage amplificateur H. F. ;
- pour les ondes comprises entre 100 et 200 m., on ne peut en employer que deux ;
- et pour les ondes supérieures à 200 m., jusqu’à 5 ou 800, on ne peut guère en employer que o.
- La forte amplification des très pclites ondes est donc en fait impossible et surtout leur sélectionne-ment : les possesseurs de la simple détectrice à réaction ne le savent que trop. Pour les petites ondes, étant donné qu’il est possible d’employer plusieurs lampes 11. F., on a naturellement songé à monter en résonance les circuits amplificateurs ; les résultats sont bons, mais toujours assez limités, et puis le dispositif exige des accords nombreux et surtout très serrés, qui doivent se faire simultanément sous peine de ne pas trouver le poste que l’on cherche, et c’est là, de l’avis de tous, une énorme complication.
- En un mot, dans la zone réservée aux radio-concerts, la plus intéressante, la seule même intéressante pour la plupart des amateurs, on se heurte à des difficultés qui paraissent bien, à l’heure actuelle au moins, insurmontables directement.
- II. La vraie solution théorique. — Essayons , donc une méthode indirecte. On sait depuis longtemps que famplification en H. F. des ondes supérieures à 1000 m. est un jeu d’enfant : les antiques amplificateurs à résistances, relégués plus ou moins parmi les rebuts chez beaucoup d’amateurs, fonc-
- 881
- Fig. i. — Le changeur de fréquence S. E. D., qui, placé devant un poste ordinaire, rend l’antenne inutile et la sélection parfaite.
- tionnaicut à-la perfection, du temps où les 2 ou 5 premiers radio-concerts se donnaient aux alentours de 2000 mètres. On s’est donc tout naturellement demandé s’il ne serait pas possible de transformer les petites ondès, reçues par les antennes, en grandes ondes faciles à'amplifier; ou pour parler plus exactement, s’il ne serait pas possible de changer les oscillations à grande fréquence provoquées par les ondes reçues dans un circuit approprié, en oscillations de moyenne fréquence, qu’il ne serait plus difficile d’amplifier avant détection jusqu’au degré voulu. Lé problème était’à peu près du même genre que celui de la distribution de l’énergie électrique, qu’il est ruineux de transporter au loin à la basse tension où seule elle est utilisable, tandis qu’elle se canalise très économiquement sous
- forme de courant à haute tension qui ne peut servir à peu près à rien. Pour répartir le courant électrique, on a inventé le trans formateur qui tourne les difficultés; pour le sujet qui nous occupe, on a inventé Y hétérodyne, qui n’est en somme qu’un changeur de fréquence.
- Le principe de la méthode hétérodyne à été proposé depuis fort longtemps ; c’est Fessenden qui, en 1905, le faisait breveter le premier. Rappelons en deux mots en quoi consiste cette méthode, dont on a déjà parlé plusieurs fois dans cette Revue et sur laquelle on n’insistera jamais assez, car elle paraît bien être la méthode de l’avenir.
- Soit une onde incidente émise par une station à la fréquence d’un million de périodes par seconde, ce qui équivaut à une longueur d’onde de 500 m. On accorde l’antenne ou le cadre sur cette onde courte. Puis ayant établi un petit poste émetteur de chambre, appelé « hétérodyne », à proximité du circuit de réception, on règle, au moyen des selfs et du condensateur variables, son émission sur une fréquence légèrement décalée, reportée par exemple à 1 050 000 périodes ; ce qui correspond à üne onde de 285 m. L’intervention simultanée des ondes principales et des ondes auxiliaires sur le même circuit récepteur provoque dans ce dernier des battements, électriques dont la fréquence sera, pour le cas présent, de 50000 périodes, ce qui équivaut à une longueur d’onde de 6000 m. C’est cette onde à haute fréquence que l’on amplifie sans aucun mal,-puis que l’on détecte et que l’on amplifie de nouveau par 2 ou 5 étages B. F, avant d’envoyer son énergie, énormément accrue, dans les enroule-
- p.286 - vue 307/663
-
-
-
- L’ORIENTATION NOUVELLE DE LA RECEPTION EN T. S. F. = 287
- ments du haut-parleur ou du casque téléphonique..
- III. Une nouvelle solution pratique. — On a lancé sur le marché un nombre considérable de dispositifs, sans doute excellents, mais quijont pourtant tous le défaut de la complexité : les-modèles les plus complets n’exigeant pas moins de 10 lampes.
- Or, un jeune ingénieur normand, M. de Mare, qui se fit déjà remarquer à la Tour Eiffel, aussitôt après la guerre, par des essais fort réussis de radiophonie en duplex^ vient de , découvrir et de -mettre au point un dispositif totalement dilfé-rent de ce qui a été fait jusqu’à ce jour, dont les principales caractéristiques1 sont :
- 1° Une grande facilité de construction : n’importe quel amateur un peu habitué à construire pourra le réaliser.
- 2° L’extrême simplicité des réglages : deux au plus, dont un seul à accord serré.
- 5° Une ,sélectivité parfaite : les oscillations amplifiées étant considérablement décalées, par rapport aux ondes reçues.
- 4° Une large étendue dans l’échelle des longueurs d’onde: ce dispositif est le seul qui permette, à l'heure actuelle, le changement de fréquence des ondes longues.
- 5° Le régime optimum du fonctionnement des circuits : dans la bigrille, les deux ensembles oscillants travaillent sur leur longueur d’onde propre.
- 6° Le nombre réduit des lampes employées ; il suffit d’une seule lampe (fig. I) pour modifier n’importe quel appareil à 1, 2 ou 3 lampes, en poste hétérodyne à grand rendement et à grande sélection.
- Ce dispositif, appelé très heureusement « changeur de fréquence », nous a paru, après essais, absolument remarquable; et nous ne croyons pas exagéré de dire qu’il est appelé à révolutionner la réception radiophonique.
- . Celte petite lampe, en effet, permet d’abord à elle seule une amplification considérable-, de plus, elle constitue un moyen d’une docilité insurpassable pour décaler les périodes des circuits oscillants et par suite pour transformer un écart de 1 m. entre des longueurs d’onde en une différence de 4 à 500 m. Dans ces conditions, le sélectionnement se trouve tellement poussé que, en plein Paris, les auditions des stations lointaines peuyent se faire
- sans aucun dérangement pendant la transmission simultanée des centres puissants delà région parisienne.
- Et alors, avec 5 IL F. et une seule B. F. montées à la suite du « changeur de fréquence », en n’employant, en' guise d’antenne qu’un tout petit cadre de 0 m. 60 de diamètre,, l’audition de presque tous les poste s radiophoniques européens devient possible en haut-parleur puissant. Bien plus, si l’énergie mise en jeu par la station émet-trice est tant soit peu considérable,1 le cadre devient complètement inutile, et nous’ avons eu la surprise • d’entendre Daventry.àParis,-cn fort haut-parleur, avec le poste de la figure 2, sans autre collecteur d’ondes que la petite galette de gauche, l’appareil étant naturellement orienté vers l’Angleterre.
- C’est donc la suppression de Vantenne, ce cauchemar de tant d’amateurs, surtout dans les villes par suite, la réduction considérable du nombre et de la force des atmosphériques; enfin la disparition à peu près assurée des brouillages souvent si inopportuns. - ;
- Voyons maintenant en quoi consiste cette merveilleuse invention : on sera certainement surpris-de sa grande simplicité. *
- Elle est basée sur une caractéristique particulière de la « lampe bigrille », appelée encore tétraode;
- Fig. 2. — Poste à 3 H. F. et 2 B. F. S. E. D., équipé en changeur de fréquence au moy\en de lampe bigrille.
- p.287 - vue 308/663
-
-
-
- 288 == L’ORIENTATION NOUVELLE
- G' G P
- Fig. 3. — Schéma de la lampe bigrille.
- on sait, en effet, que ce tube cathodique à 5 broches comporte, dans leur ordre de succession, les 4 électrodes suivantes (fig. 3) : un filament ou cathode incandescente F, une grille auxiliaire G', une' grille principale, dite « électrode de contrôle », G, une plaque enfin, ou anode froide, P.
- On utilise généralement le tétraode en se servant de la grille la plus rapprochée du filament G7 pour créer un potentiel accélérateur auxiliaire, ce qui permet de réduire le potentiel d’anode et de se passer à la rigueur de la batterie de plaque.
- Or, pour une tension de plaque de l’ordre de 40 à 80 volts, le courant thermionique est très faible si le potentiel de la première grille G' est nul, tandis qu’il croît très rapidement pour des variations positives croissantes de ce potentiel. Bien que très petit, le courant de plaque ainsi produit est néanmoins suffisant pour qu’il y ait amorçage d’oscillations, lorsqu’on couple une inductance, insérée dans le circuit de plaque, avec celle qui fait partie du circuit oscillant établi entre la première grille G' et l’extrémité négative du filament.
- La présence d’une force électromotrice alternative dans le circuit de cette première grille G' donne lieu à un courant de plaque pulsatoire, puisque seules, les demi-alternances positives de cette force électromotrice produisent, dans l’espace filament-plaque, un champ électrique accélérant les électrons.
- Et alors si on applique, à l’aide d’une source auxiliaire, comme sont par exemple les ondes incidentes, une force électromotrice alternative sur la deuxième grille G, son action se combine avec celle de la première G' et produit un champ accélérateur variable dans le temps, qui donne lieu dans le cir-, cuit de plaque à un courant de forme complexe, qu’il est possible de décomposer en une série de courants de forme simple et de pulsations diffé-rentes, parmi lesquels l’un d’eux a pour fréquence la différence de fréquence des courants composants.
- Çgs principes posés, il est facile de comprendre comment on peut pratiquement changer la fréquence,par exemple l'abaisser, ce qui est le cas le
- DE LA RECEPTION EN T. S F ------------------------
- plus ordinaire pour la réception des ondes courtes..
- Dans le circuit de la grille auxiliaire G7 (fig. 4) est monté un circuit oscillant DEC2, dont l’indue-, tance DE est couplée rigidement avec une inductance III, en série dans le circuit de plaque, de façon à entretenir des oscillations. On introduit, comme d’habitude, dans le circuit de la grille principale G un autre circuit oscillant ABC* qui sera excité par l’antenne ou qui sera constitué par le cadre : il dev'a par conséquent être sensible aux petites ondes et même aux très petites. On recueille enfin le courant à fréquence réduite dans le circuit d’anode : il a été à cet effet doté d’un troisième ensemble oscillant, JKC3, qui réagira sur une dernière inductance LM, dont le rôle est de servir d’intermédiaire entre le changeur de fréquence et l’amplificateur' ordinaire pour grandes ondes, qui aura le nombre de lampes que l’on voudra. Les : deux dernières galettes, qui peuvent être à écartement fixe ou variable, constituent en réalité un transformateur H. F. de liaison.
- Comme on peut maintenant s’en rendre compte, ce dispositif tout nouveau se fait réellement remarquer par sa grande simplicité et son incomparable sensibilité. Et puis, il se prête à toutes sortes d’applications imprévues; c’est ainsi que dernièrement, transportant en auto un poste à 5 lampes équipé en changeur de fréquence (fig. 2), il nous fut possible, au moyen de son petit cadre de 0 m. 60, le tout disposé sur la banquette arrière de la torpédo, d’entendre en haut-parleur, la voiture étant en marche, les radio-concerts anglais.
- Il y a là, croyons-nous, une invention d’importance, utile à signaler aux nombreux amis delà T. S. F. René Dubosq.
- R F G' G P
- Fig..4. — Schéma de montage du changeur, de fréquence à i lampe bigrille S. E. D.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuri, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1925.
- p.288 - vue 309/663
-
-
-
- 7 NOVEMBRE 1925
- LA NATURE. — N° 2692.
- NOUVEAUX TROTTOIRS-ROULANTS POUR PARIS
- Depuis le xvic siècle et même avant, l’édilité parisienne cherche, sans y parvenir, à faciliter la circulation à travers les rues de la Ville-Lumière. Les historiens et les gazetiers de jadis font maintes allusions, en effet, aux embarras de la Capitale. Qui de nos lecteurs n’a pas appris au collège la fameuse satire où Boileau nous montre, dans les voies déjà trop étroites du Paris d’alors, les passants menacés par les poutres branlantes sur des charrettes et par les. « vingt carrosses » qui « sont en
- pale mit au concours en juillet 1921 un « système mécanique à débit continu » pour véhiculer rapidement les gens à_ travers les principales rues de Paris. On ne pouvait songer à établir ces trottoirs roulants en surface, car ils augmenteraient encore l’encombrement desdites voies. La commission laissait d'ailleurs toute latitude aux concurrents; elle leur imposa seulement des installations en souterrain. Trente-huit ingénieurs présentèrenl divers projets dont on élimina d’abord 25 comme ne satis-
- Fig. jr. — Essais des systèmes de trotloirs-roulanis à l’Office des Inventions à Bellevue.
- moins de rien suivis de plus de mille! » Après la Révolution, le marquis de Villette proposa l’établissement des rues de la Paix et de Rivoli ainsi que la construction du pont Sully pour décongestionner le centre de la ville. L’État, assurait le généreux philanthrope, en se rendant acquéreur de toutes « les maisons d’angle » et en transformant les rez-de-chaussées en « abris couverts avec bancs », permettrait aux vieillards, aux femmes et aux enfants d’attendre sans fatigue l’écoulement du flot des voitures ! Mais le percement de ces nouvelles artères, effectuées une dizaine d’années après, pas plus que les grands travaux d’Haussmann et les ordonnances récentes du préfet de police M. Morain,iie parvinrent à rendre la circulation plus aisée à travers les artères parisiennes de plus en plus encombrées.
- Actuellement les divers systèmes de transport en commun ne suffisant plus aux besoins sans cesse croissants de la Capitale, l’administration munici-
- 63' Année. — 2' Semeatr».
- faisant pas aux conditions du concours ou comme présentant des dispositifs inadmissibles et on en retint 15 que M. Ott, ingénieur en chef des services techniques du chemin de fer métropolitain, fut chargé d’examiner. Après avoir pris connaissance du rapport de ce savant spécialiste, la commission technique, présidée par M. Émile Desvaux, conseiller municipal, décida de faire procéder à un essai, sur une petite longueur, des deux systèmes définitivement envisagés : l’un par bandes parallèles à vitesses graduées, du genre des plates-formes qui fonctionnèrent aux Expositions de Chicago (1892) et de Paris (1900) et l’autre à chemin de circulation unique, desservi en station par des appareils spéciaux d’embarquement et de débarquement des voyageurs.
- Ces essais se poursuivent actuellement, sous les auspices de l’Office des Inventions, à Bellevue (Scine-et-Oise (lig 1) et ont pour but de mettre à lepreuve
- 19. — 289.
- p.289 - vue 310/663
-
-
-
- 290 ;.—: NOUVEAUX TROTTOIRS-ROULANTS POUR PARIS
- loirs roulants, de façon qu’a près le passage sur le type à arbres cannelés de M. Bouchet (fig. 5), le voyageur arrive sur l’autre système à courroies de MM. Halter et de Lens (fig. 4). Chacune de ces primitives installations expérimentales comprend un couloir où une seule personne peut passer de front et une rampe mobile la borde de chaque côté; leurs sols constitués soit par des courroies mobiles, soit par des petits rouleaux cannelés tournant sur eux-mêmes, entraînent les voyageurs d’une façon progressive et leur permettent de passer les lignes d’accélération de vitesse sans heurts, ni efforts.
- Dans la réalité, les inventeurs en-
- lé second système, seul envisagé pour l'instant. Ce trottoir roulant est à bande unique-, autrement dit, il se compose, en principe, d’une plateforme sans fin, constituée par des wagons articulés roulant sur une voie ordinaire. Un mécanisme d’entraînement (fig. 2) à commandes électriques, disposées tout le long du parcours, doit l’actionner à la vitesse invariable de 15 km à l’heure. En outre, des appareils mécaniques spéciaux marchant très doucement prennent le voyageur et, petit à petit, accélèrent sa vitesse de déplacement pour le porter ou quitter la plateforme.
- Mais vu les faibles crédits alloués par la Ville de Paris, on accoupla, côte à côte, à Bellevue les deux trot-
- Fig. 3. — Le trottoir-roulant système Bouchet.
- Cette installation expérimentale comprend un couloir bordé de chaque côté par une rampe mobile et un sol également mobile formé de petits rouleaux cannelés tournant sur eux-mêmes.
- Fig. 4. — Trottoir-roulant système Halter et de Lens.
- Le sol, constitué par des courroies mobiles, entraîne les voyageurs d'une façon progressive.
- visagent à quelques détails mécaniques près, le fonctionnement de leurs systèmes de la façon suivante. A chaque station, un organe avanceur entraîne progressivement le voyageur de la vitesse du pas à celle de 12 km à l’heure, sur le quai mobile, qui se déplace également à 12 km et longe, dans toute la longueur de la gare, le trottoir roulant marchant à 15 km. Le voyageur voit donc ce dernier défiler devant lui et a tout le temps nécessaire pour monter. Ainsi, avec un quai mobile de 30 m., il a 9 secondes (durée moyenne d’arrêt du métropolitain) pour s’y installer. Puis, lorsqu'il veut quitter le trottoir roulant, il descend sur le quai mobile et le palier retardateur lé ramène
- p.290 - vue 311/663
-
-
-
- NOUVEAU TUYAU EN CITENT ARMÉ
- de la vitesse de 12 km à celle du pas sur le quai lixc. Le débit horaire des systèmes Bouchet et Hal-ler-de Lens, à la vitesse de 15 km, est d’environ 70 à 72 000 voyageurs, alors que les autobus n’en transportent que 1000 et le métropolitain 12 000 pendant le même temps.
- Quoi qu’il en soit, certains points d’importance pratique semblent déjà acquis par les premiers essais de Bellevue. On a constaté, en particulier, que la traversée de ces trottoirs roulants se fait aisément, que les gens ne ressentent pas de trépidations et ne se doutent pas de l’accélération, que
- POUR CONDUITES FORCÉES = 291
- les tambours, engrenages et autres organes mécaniques en mouvement fonctionnent sans à-coup et n’exigent pas d’excessives dépenses d’entretien. Puissent donc ces encourageantes expériences se poursuivre bientôt sur une plus vaste échelle et le nouveau système de locomotion décongestionner prochainement nos boulevards! Alors Paris sera non seulement « pour les riches un pays de cocagne », mais les pauvres piétons eux-mêmes n’y risqueront plus leur vie en traversant les chaussées!
- Jacques Boyer.
- NOUVEAU TUYAU EN CIMENT ARMÉ POUR CONDUITES FORCÉES
- Une conduite pour l’utilisation de hautes chutes, doit être :
- 1° Etanche en tant que tuyau et joint ;
- 2° Résistante à toute pression ;
- 5° Monolithe.
- Le tuyau en acier seul a pu jusqu’à ce jour remplir ces conditions. Il y aurait de grands avantages à lui substituer le tuyau en ciment armé.
- Toutes les tentatives faites dans ce but ont échoué.
- On n’a pu obtenir ni l’étanchéité du tuyau, ni celle du joint. Quant à la résistance, elle repose uniquement sur l’hélice des directrices. On serait donc conduit pour les fortes pressions à plusieurs armatures concentriques, d’où une épaisseur de paroi telle que le tuyau deviendrait inutilisable.
- Ainsi donc, avec les errements actuels, aucune des conditions impérieusement exigées ne peut être remplie.
- C’est pour répondre à tous les desiderata des conduites forcées, que le nouveau système de tuyau que nous allons décrire a été établi. Il a été imaginé par M. Monteux, ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- La caractéristique de ce tuyau réside dans son armature. La partie essentielle, celle qui la distingue des tuyaux réalisés jusqu’ici, est constituée par deux brides circulaires en acier coulé, en forme générale de T renversé, une à chaque extrémité (fig.. 1).
- Les fers qui forment les génératrices sont fixés
- aux brides par un assemblage à encastrement parfait, suivant un des dispositifs des figures 2, 5, 4.
- Sur les génératrices, s'enroulent d’autres fers de plus faible diamètre qui sont les directrices.
- L’armature constitue ainsi un solide fixe, rigide, invariable. Elle répond à toutes les conditions imposées.
- h'étanchéité est obtenue par un revêtement métallique intérieur, formé de tôles d’acier de 2 mm environ d’épaisseur. Ces tôles sont réunies à la soudure autogène entre elles et aux deux bords extérieurs des brides. On a ainsi une surface métallique s’étendant d’une bride à l’autre. L’eau est partout en contact avec le métal. L’étanchéité est absolue.
- Cette chemise intérieure ne participe pas à la résistance. Elle adhère au ciment, en suit tous les mouvements d’extension et de compression.
- Les brides donnent en même temps l’étanchéité du joint, par la réunion de deux tuyaux par boulons ou rivets, constituant le joint à bride universellement employé.
- L’armature, solide, indéformable, avec son joint à bride, donne la conduite monolithe, comparable en tous points aux conduites eu tuyaux d’acier.
- Résistance. — Dans le tuyau en ciment armé ordinaire, la résistance aux pressions est assurée uniquement par l’hélice des directrices. Les génératrices ne servent qu’à maintenir l’écartement des spires, et à. s’opposer à la flexion longitudinale.
- Fig. i. — L'armature métallique du tuyau Monleux en ciment armé.
- B, bride en acier; G, génératrices; D, directrices.
- p.291 - vue 312/663
-
-
-
- 292 = NOUVEAU TUYAU EN CIMENT ARMÉ POUR CONDUITES FORCÉES
- Tig. 2, 3,4. — Divers modes d’assemblage des génératrices sur la bride en acier.
- Elles ne jouent aucun rôle dans la résistance. Elles entrent cependant pour 50 pour. 100 dans le poids des aciers employés.
- Dans l’armature du nouveau système, il est facile de voir par la description sommaire exposée, comment agissent les éléments constitutifs.
- Sous la poussée intérieure, les directrices travaillent par extension, les génératrices encastrées travaillent à la flexion et transmettent l’effort reçu aux brides, qui résistent par traction.
- Les génératrices s’infléchissent suivant la courbe élastique abc (fig. 5). L’ensemble, génératrice et ciment, constitue une véritable poutre armée, avec ligne neutre n n. Au-dessous, le ciment'est comprimé, et si la résistance du ciment à la traction est négligeable, il n’en est pas de même de la résistance à la compression qui entre en ligne de compte.
- ’On voit que, dans cette armature, toutes les parties, brides, génératrices, directrices, ciment, s’opposent aux pressions intérieures, chacune y résistant suivant une proportion déterminée.
- Les problèmes suivants se posent :
- Etant donnée une pression statique, comment déterminer et établir les divers éléments du tuyau? C’est-à-dire dans quelle proportion chaque partie participe-t-elle à T effort et comment a priori lui faire supporter une action déterminée?
- La théorie de la résistance des matériaux en donne la solution (voir Génie civil, 25 octobre 1924).
- Le tuyau peut alors être établi -pour résister à toutes pressions et par suite peut s’appliquer à toute chute, quelle que soit sa hauteur et quel qu’en soit le débit, c’est-à-dire le diamètre intérieur du tuyau.
- Le dispositif d’armature présente à ce sujet sur le tuyau en acier des avantages incontestables et importants. Quand la hauteur de chute est grande, ainsi que le débit, on est conduit avec le tuyau en acier à des épaisseurs de paroi, qui dès qu’elles
- Fig. 6. — Tuyau divisé en travées de 1 m. 25 bar les bagues en acier coulé.
- dépassent 55 mm, rendent la construction impossible. On est obligé de sectionner le débit, c’est-à-dire qu’au lieu d’un seul tuyau, on en emploie plusieurs d’un diamètre moindre.
- Citons quelques exemples :
- Les chemins de fer fédéraux suisses pour la centrale de Ritom, prennent l’eau au lac de ce nom à 820 m. de hauteur.
- Le premier projet comportait deux conduites de 1 m. 25 de diamètre chacune. Sous la pression statique les tuyaux devaient avoir une épaisseur de 45 mm. La construction fut déclarée impossible. Le projet modifié fut de 4 conduites de 850 mm au départ, et chaque tuyau s’est subdivisé à mi-hauteur en deux tuyaux de 620 mm, soit en définitive 12 conduites au lieu de 2.
- En France, pour l’aménagement de la centrale dans la région des « Sept-Laux », massif de Belle-done (Isère)., on prend l’eau aux Sept Lacs à une hauteur de 1020 m. Le diamètre de la conduite est, à la prise, de 850 mm. À mesure que l’on descend, la pression augmentant, le diamètre est ramené successivement à 700 mm, puis à 650 mm, enfin à
- fng. 5. — Comment s'infléchit la génératrice du tuyau; abc, courbe élastique; un’, ligne neutre.
- 520 mm et l’épaisseur des parois varie de 1 cm à 5 cm 5.
- L’emploi du tuyau proposé aurait conduit soit pour la centrale suisse, soit pour la française, à un diamètre unique sur tout le parcours.
- La perLe de charge est alors minima, par suite de l’uniformité de la section, du frottement négligeable de l’eau sur l’acier poli, de la surface moindre de contact, tandis qu’avec le tuyau en acier, celte perte est considérable, à cause du changement de diamètre et de direction, de la plus grande surface de frottement, du chevauchement des viroles, de la rugosité des parois.
- La résistance du tuyau réside, nous l’avons dit, dans le travail de tous les éléments constitutifs, dans leur indépendance, dans la possibilité de faire varier leur équarrissage et leurs dimensions suivant les données du problème. Elle réside aussi dans ce fait, que tandis que la tôle du tuyau d’acier ne peut travailler qu’à 6 kg ou 8 kg (acier Thomas, acier Martin), les aciers étirés de l’armature ont couramment un taux de travail de 12 kg à 15 kg. Et si on se trouve en présence d’une hauteur de chute considérable, 1500 m. et même plus, on peut employer alors des aciers spéciaux pour les génératrices et directrices, dont le taux de sécurité peut être de 25 kg à 50 kg, ce qui permet aux tuyaux
- p.292 - vue 313/663
-
-
-
- LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC ===== 293
- de s’appliquer aux pressions, quelque fortes qu’elles soient, alors que le tuyau d’acier est impuissant.
- L’épaisseur des parois du tuyau ne dépassera pas 15 cm, dans les cas extrêmes. La longueur n’aura d’autres limites que les facilités des opérations et des manipulations. Elle variera ordinairement de 5 à 6 mètres.
- Il résulte de l’examen des formules, que l’action de la génératrice est d’autant plus grande que le diamètre du tuyau est plus fort, le moment d’inertie plus élevé, et la longueur d’encastrement moindre.
- Cette longueur d’encastrement joue un grand rôle, car elle entre à la 4e puissance dans la formule de la flèche. Elle sera généralement comprise entre 100 cm et 200 cm, sauf les cas de hauteur de chute très faible, où la résistance portera en grande partie sur les directrices.
- On divise alors la longueur du tuyau en travées égales de 1 m. 25, 1 m. 50, 2 m. par des bagues en acier coulé. La figure 6 est un tuyau long de 5 m., de 1 m. 25 de diamètre, divisé en 4 travées de 1 m. 25, tuyau établi pour fortes pressions et représenté infléchi sous l’action de ces pressions.
- Les génératrices sont des poutres continues, encastrées aux deux brides extrêmes, faisant fonction de culées, et prenant appui sur les bagues
- intermédiaires, faisant fonction de piles, avec travées égales et uniformément chargées.
- Nous avons montré les principaux avantages techniques de ce tuyau, sur celui en acier. Nous avons signalé les cas où seul il peut remplir les conditions exigées. Les avantages financiers et d’utilisation ne sont pas moins importants.
- La construction se fait à pied d’œuvre avec grande économie .par suite dans les transports et les manipulations : l’établissement de l’armature est simple et n’exige pas des ouvriers spécialistes. Les aciers employés sont d’un prix inférieur de 50 pour 100 à celui des tuyaux métalliques. Le prix de revient est donc aussi réduit que possible.
- En outre, la conduite établie jouit de toutes les propriétés des constructions en ciment armé, c’est-à-dire conservation illimitée des aciers, frais d’entretien nuis ou insignifiants à côté de ceux que nécessitent les conduites métalliques (surveillance constante, remplacement des rivets, peinture protectrice fréquemment renouvelée, etc.). -
- En résumé, avantages techniques et économie générale, ce sont là les caractéristiques du tuyau décrit. Son emploi doit forcément se généraliser au lieu et place du tuyau métallique, sans envisager les cas particuliers (forte chute, gros débit) où il s’impose. R. Villers,
- LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- L’intime liaison du régime des pluies et de l’expansion des peuplements végétaux est particulièrement marquée dans les pays situés au Sud de la Méditerranée, où l’irrégularité de la répartition des chutes d’eau affecte à un haut degré le développement des plantes spontanées ou cultivées.
- I. Le régime des pluies. — Les chutes d’eau se manifestent au Maroc suivant deux types principaux : orages locaux d’été et pluies cycloniques d’automne et de printemps.
- Les orages locaux d’été se lient aux tempéra- • turcs élevées et à la forte humidité absolue de l’atmosphère. Les grosses gouttes arrivent bien souvent seules au sol, le reste des précipitations données par les cumulo-nimbus s’évaporant dans la zone inférieure de l’atmosphère à faible état hygrométrique; néanmoins, si ce dernier est accidentellement élevé, par suite d’un changement de direction du vent entraînant un brusque abaissement de la température et une élévation de l’humidité relative, une averse torrentielle se produit; cette brusque chute d’eau peut atteindre 30 mm en 2 heures (Marrakech le 7 août 1921), 35 mm dans le même temps (Dar Ould Zidouh dans le Tadla, le 6 juin 1924) et même 78 mm en 1 h. 1/2 seulement (Ouïmes dans le Zaian, le 3 juin de la même année). Tel est le régime des pluies qui do-
- mine au Sud du Haut Atlas, ainsi qu’à l’Est du Moyen Atlas.
- Les précipitations cycloniques s’étendent largement au contraire dans le Moghreh, au Nord et à l’Ouest de ces chaînes, lors du passage de dépressions barométriques provenant : soit directement des régions polaires nord, soit de la régénération de ces dépressions vers la latitude de l’Espagne, soit de la marge cyclonique de l’aire anticyclonique des Açores, soit enfin d’une zone de pseudo-alizés se propageant à travers l’Afrique du Nord vers la limite des régions climatériques méditerranéenne et saharienne. Le renforcement en hiver de faire anticyclonique saharienne coupe en deux, automne et printemps, la saison de ces pluies cycloniques.
- Cependant, pour l’ensemble du Maroc, une saison sèche allant du 15 avril au 15 octobre s’oppose à la saison pluvieuse* qui présente elle-même deux maxima en novembre et en mars. Entre les phases des pluies dépressionnaires d’automne et de printemps se place la période des beaux temps d’hiver, d’une durée moyenne d’un mois, en décembre-janvier. Trois mois de sécheresse quasi-absolue (15 juin au 15 septembre) sont encadrés de deux saisons de chutes d’eau très irrégulières, du 15 avril au 15 juin (pluies orageuses du front des alizés) et du 15 septembre au 15 octobre. Cette
- p.293 - vue 314/663
-
-
-
- 294= LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- dernière période commence dès la première quinzaine d’août dans le Haut Pays, au pied de l’Atlas (Haute Chaouia, Tadla, Bahira, Haouz). Dans le Maroc oriental toutefois, le rideau des chaînes montagneuses affaiblit les nuages en provenance des dépressions cycloniques, au point de réduire la quantité de leurs précipitations à des nombres inférieurs à ceux correspondant à la tranche ..d’eau due aux orages d’été; le régime pluviométrique qui en résulte ressemble ainsi étrangement à celui du
- Aussi les courbes d’égale intensité pluviométrique (isohyètes) ont-elles, au Moghreb, la forme d’ellipses à grand axe orienté suivant la bissectrice de l’angle que font entre elles les directions de ces deux forces, c’est-à-dire du S. 0. au N. K., parallèlement donc aux lignes orographiques (fig. 1).
- Deux zones sèches se dessinent ainsi au Maroc : l’une comprend la moyenne vallée de l’Oum er Rebia (vers Mechra ben Abbou), le massif Rehamna, la Bahira, les Djebilet et l’Ouest du Haouz de Marra-
- big. i. — Carie pluviométrique du Maroc.
- Les traits discontinus séparent les régions d’après des tranches de pluie croissant de xoo mm. en ioo mm., la ligne pointillée correspond à la limite annuelle de 35o mm. Les nombres indiquent, pour chaque
- station, la tranche d’eau annuelle.
- Sahara au Sud du Haut Atlas, avec pourtant cette restriction que le nombre des jours de pluie est sensiblement le même que dans le Maroc atlantique.
- Le territoire chérifien est situé dans la moitié ouest des plus importantes dépressions cycloniques qui l’atteignent en cheminant du Nord au Midi; contre-battues par les vents secs et chauds provenant du Sahara, ces dépressions cycloniques donnent des précipitations d’autant plus abondantes qu’elles ont moins progressé vers le Sud. D’autre part, les chaînes de l’Atlas marocain, à orientation générale S. O.-N. E., réagissent sur les déplacements de ces dépressions, suivant une direction générale S. E.-N. 0., normale à leur allongement.
- kech (vers Nzala Chichaoua), l’autre englobe la moyenne vallée de la Moulouya (vers Ontat Ouled el Hadj et Guercif).
- A ces deux zones sèches s’opposent trois grandes zones humides : la première est étroitement accolée au littoral atlantique; la seconde unit les moitiés occidentales du Haut Atlas, du Moyen Atlas et du Rif; la troisième correspond au massif des Béni Snassen.
- Les deux zones sèches s’affirment d’ailleurs assez inégales au point de vue pluviométrique. Dans le centre ouest du Maroc méridional, il pleut sensiblement plus que dans la partie médiane du Maroc oriental ; Ben Guérir, au pied sud du massif
- p.294 - vue 315/663
-
-
-
- LE REGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- 295
- Rehamna et à HO km de l’Océan, reçoit par an encore 200 mm d’eau, tandis que Guercif, séparé de la Méditerranée seulement par les 120 km du couloir de la basse Moulouya, en accuse à peine 170 mm, c'est-à-dire guère plus que l’oasis saharienne de Figuig (150 mm).
- De même, les zones humides attestent d’un degré d’accentuation fort différent. Il tombe par an 650 mm à Amismiz dans le Haut Atlas occidental, 620 mm à Béni Mellal à la bordure sud-ouest du Moyen Atlas, 850 mm à Ito sur le plateau des Béni Mguild en avant du Moyen Atlas, 700 mm au Kou-diata el Biad entre Fez et Taza et 825 mm à Tanger; tous ces points, où la chute d’eau annuelle est relativement considérable, s’échelonnent sur le revers occidental, regardant l’Atlantique, des trois grandes chaînes du Maroc, Haut Atlas, Moyen Atlas,
- tion. L’histoire géologique de ces régions et leur biogéographie montrent que ce sont là de très vieux traits du régime climatique au pays moghrebin.
- La neige persiste au Maroc de 6 à 9 mois (octobre à juin) dans les régions montagneuses au-dessus de 2000 m. Plus bas, entre 2000 et 1000 m. s’étagent les pentes où la neige reste au plus quelques semaines ou même demeure seulement quelques jours, tandis que de 1000 à 600 m. elle constitue un phénomène tout à fait exceptionnel (fîg. 2.)
- La côte jouit d’une température régulière; les étés y sont relativement frais aussj bien au Sud qu’au Nord, par suite de la proximité du courant froid marin des Canaries, qui suit de très près le rivage. Le mouvement de cette nappe d’eau entraîne en effet l’été, sur une largeur de 12 à 15 km dans l’Océan, un abaissement thermométrique des eaux
- Fig. 2. — La chaîne du Haut Atlas couverte de neige.
- Rif. La zone humide proche du littoral de l’Océan, quoique bien mieux arrosée que l’intérieur du pays situé entre la côte et les montagnes, l’est cependant moins que les reliefs de l’Atlas; les pluviomètres nous révèlent qu’il tombe 555 mm d’eau à Mogador, 570 à Safi, 418 à Mazagan, 596 à Casablanca, 505 à Rabat. Enfin, dans le Maroc oriental, le pays des Béni Snassen, avec 575 mm à Sidi Bouhouria et 400 à Martimprey, est loin d’atteindre la tranche d’eau relevée dans l’Atlas; pour retrouver une région de fortes chutes d’eau dans cette direction, il faut aller en Algérie jusqu’à Tlemcen (651 mm).
- Ces différentes données nous montrent la prédominance incontestable de l’influence atlantique dans le climat marocain; néanmoins, le rôle joué par les montagnes y demeure considérable, non seulement d’une façon directe par le rapport de l’élévation du degré pluviométrique avec l’altitude, mais surtout dans la réaction du relief sur l’ensemble de la répartition géographique des pluies. Le trait de beaucoup le plus remarquable de celle-ci réside dans le développement de la zone excessivement sèche, tout à fait comparable au Sahara septentrional, de la moyenne vallée de la Moulouya. Sans être accusé d’une façon aussi absolue, le caractère subdésertique de la zone centrale du Maroc sud-oriental n’en mérite pas moins de retenir l’atten-
- littorales de 2 à 5° à la latitude du Rharb et de 5° à celle de Mogador, par rapport aux eaux du large.
- Au voisinage de l’Atlantique, l’atmosphère est toujours très humide même en plein été, en raison de la fréquence des brumes; les rosées, particulièrement abondantes, constituent ainsi un facteur climatique extrêmement important pour la végétaJ tion du Maroc atlantique. Il serait particulièrement: utile de posséder une documentation précise sur l’état hygrométrique de l’air dans les différentes stations météorologiques de l’empire Chérifien.
- II. Le peuplement végétal du Maroc. — La flore du Maroc est essentiellement composée d’une majorité de formes méditerranéennes, dont la plupart se lient assez directement à des types végétaux du Pliocène. Localement, viennent se juxtaposer à: elles des associations biologiques, dont la genèse nous reporte aux différents stades de l’évolution paléogéographique de la contrée. Les éléments de ces associations, qui révèlent des affinités avec les, îles atlantiques (Macronésie), et particulièrement avec les Canaries, représentent les reliques de flores'1 plus anciennes que le milieu dominant actuel. Au contraire, les plantes d’origine lusitanienne ou hispano-portugaise, euro-sibérienne et saharienne témoignent de l’arrivée, dans le Nord-ouest africain, de nouveaux organismes à divers moments de l’ère
- p.295 - vue 316/663
-
-
-
- 296 == LE REGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- Fig. 3. — Aire de dispersion-des Acacias au Maroc.
- quaternaire; leurs venues successives sont en rapport avec les variations climatologiques qui affectèrent alors le territoire Chérifien. Aujourd’hui encore le milieu méditerranéen du Maroc est découpé d’une série d’enclaves ; le domaine lusitanien empiète en effet, depuis Tanger jusqu’à Larache et Tetouan ; les plantes euro-sibériennes demeurent confinées dans les hautes chaînes du Rif et du Moyen Atlas ; les associations sahariennes pénètrent dans le Maroc oriental et le Haouz de Marrakech; enfin, les espèces macronésiennes occupent l’hinter-land de Mogador et d’Agadir. ‘
- a) Les landes et les boqueteaux du Maroc septentrional. — La presqu’île Tangéroise est surtout remarquable par ses landes de Cistes et de Bruyères. Les végétaux euro-sibériens, en régression manifeste dans les hautes chaînes du Rif et du Moyen Atlas, se retrouvent également dans les marais du Sebou; à Àzrou par exemple, les Nerpruns, les
- Qudjda
- Ain iSefra
- Fig. 5. — Aire de dispersion du Palmier nain au Maroc.
- L’aire d’extènsion continue est grisée et ' les îlots sont marqués d’une croix. Les pointillés indiquent les limites hypothétiques.
- Troènes et les Ifs sont actuellement cantonnés dans une étroite gorge.
- b) Les steppes du Maroc central et oriental. — Les plantes sahariennes caractérisent les steppes de la région de Marrakech (Haouz, Djebilet, Bahira, Behamna) et du Maroc oriental (Moyenne Moulouya) : dans ces régions la quantité annuelle des pluies oscille entre 200 et 550 mm. Sur une bonne partie du Maroc oriental, qui forme la continuation vers l’Ouest de la zone des Hauts Plateaux algériens, s’étend la steppe à Alfa (Stipa tenacissima) ; cependant, vers Oudjda et Mestigmeur subsistent, à l’abri de la broussaille à Jujubiers (Zizyphus lotus), les débris d’une forêt-parc à Betoums (Pistacia atlan-tica).
- La steppe du Maroc sud-occidental, surtout caractérisée par Stipa tortilis, Graminée voisine de l’Alfa, comporte également de la broussaille à Jujubiers et les restes d’une forêt-parc de Mimosées (.Acacia gummifera). La propagation en Berbérie
- Demnat e»
- * rx . Q>P
- Fig. 4. — Aire de dispersion de VArganier.
- La zone d’extension, continue a été grisée et les îlots sont marqués d’une croix. Les points noirs indiquent l’habitat de l’Écureuil en dehors de l'aire continue de l’Arganier
- de ces plantes adaptées spécialement à la sécheresse et à la chaleur dut se faire surtout au Quaternaire, lors de périodes aux conditions climatériques favorables, correspondant aux phases interglaciaires de nos contrées (fig. 5).
- c) La forêt d'Arganiers du Maroc Sud-Occidental. — Avec son faciès archaïque d’arbre subépineux ne rappelant qu’assez vaguement le port de l’Olivier, l’Arganier (Argania sideroxylon), proche parent du Bois de fer de Madère, donne presque aux peuplements végétaux du Sud-ouest marocain un cachet de forêt fossile. Représentant de la famille essentiellement tropicale des Sapotacées, il est l’un des très rares éléments phytologiques moghrebins nettement étranger au milieu méditerranéen, comme d’ailleurs une composée de la même région, Warionia.
- La persistance jusqu'à nos jours de la forêt
- p.296 - vue 317/663
-
-
-
- LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC = 297
- d’Arganiers du sud-ouest marocain a été largement favorisée par l’utilisation de cet arbre chez les Indigènes.
- En effet les arganaies se sont accommodées assez aisément de leur transformation en pseudo-olivettes par l’installation de cultures intercalaires de céréales ou de fèves ou même simplement de pacages livrés aux troupeaux. Les feuilles de cet arbre, ainsi que ses fruits écrasés, servent en outre à l’alimentation du cheptel : chameaux, moutons, chèvres, tandis que l’huile qu’il fournit est largement utilisée par les Berbères.
- Wariona Saharæ est un arbuste qui ne présente d’affinités étroites avec aucun type connu et dont l’extension, sur le versant sud du Haut Atlas et dans l’Anti Atlas, s’étend de la zone Mogador-Aga-dir à Figuig et Ain Sefra ; son aire géographique rappelle curieusement celle d’un des hôtes habituels des arganaies, l’Écureuil de Gétulie.
- Par leur aspect général, les arganaies ne sont pas sans évoquer quelque peu les savanes soudanaises ; celles-ci font place vers le Nord, en Maurétanie, à la zone sahélienne, dont un équivalent au Maroc serait la steppe à Acacias de Marrakech. Ainsi aux trois milieux, désert saharien, steppe sahélienne, savane soudanaise, qui se succèdent du Nord au Sud en Afrique occidentale, correspondraient, au Moghreb, le désert saharien, la steppe à Acacias du Uaouz et l’arganàie de Mogador (fig. 4).
- L’arbre qui caractérise cette dernière formation botanique est nettement une relique des flores anté-pliocènes. A côté de Faire continue qu’il occupe
- Fig. 7. — Forêt de Cèdres du Moyen Atlas (Cedrus atlanticus).
- Fig. 6. — Brousse à Jujubiers (Zizyphus lotus.)
- vers Mogador et Agadir, il subsiste, sous la forme de taches éparses, de la Doukkala et de l’Anti Atlas au Zaian et chez les Béni Snassen. L’un de ses hôtes, Fitcureuil, pénètre jusque dans le Glaoua et les Ksours oranais. Ainsi l’antique zone de dispersion de l’Arganier engloba tout le Maroc. Son avancée dans les Béni Snassen indique qu’il a continué à se propager après le Tortonien, postérieurement à la fermeture du détroit sud-rifain. Sa surface de diffusion est nettement coupée par celle des Acacias ; elle est donc antérieure à cette dernière, qui date du Quaternaire. D’autre part, l’Arganier et toute la flore à laquelle il est lié, est étroitement affine du milieu des îles atlantiques. Nul doute que lors du maximum de rayonnement de cet arbre, les Canaries ne se trouvaient encore en étroite connexion continentale avec le Maroc. Or la géologie nous révèle que le détroit de Mogador existait déjà au Pliocène. Ce serait donc au Miocène supérieur, au Sahélien-Pontien, que remonterait la phase de large épanouissement de l’Arganier.
- La coalescence d’une terre émergée s’étendant des îles atlantiques au Moghreb n’a pu commencer à se dessiner qu’assez tardivement, pendant l’ère tertiaire.
- Un chenal reliant les mers du Rharb et du Sous, passait en effet au large de la Meseta marocaine actuelle au début et au milieu des temps éocènes (fig. 11).
- Si nous sommes encore mal fixés sur la géographie du Nord-ouest africain à l’Éocène récent,
- p.297 - vue 318/663
-
-
-
- 298 - LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- Fig. 8. — Un paysage caractéristique dans une région à Palmiers nains.
- nous savons qu’à l’Oligocène une mer à grands Fo-ramifères (Lépidocylines) devait assurer la liaison des contrées marginales du Rif occidental et des abords de la presqu’île de Dakar au Sénégal. Ce serait donc à partir du commencement du Miocène que l’obstruction du chenal des Canaries aurait été surtout accusée, à la suite du plissement du Haut Atlas et de la chaîne qui devait prolonger ce relief vers l’Ouest, jusqu’aux îles actuelles et même au-delà. Ainsi, l’expansion de l’Arganier et des végétaux qui l’accompagnent, dans les régions atlantiques émergées, se serait faite à partir de l’Ouest africain, de l’Aquitanien au Pontien. L’une des
- plantes de cette association phylogéo-graphique, une Ombellifère, Dmisa opposili folia, très commune aussi aux Canaries, appartient à un groupe, les iiowlésinées, exclusivement mexi-cano-sud-américain. Avec divers autres genres de la flore des Canaries, elle témoigne de l’ancienne jonction continentale de l'Afrique septentrionale et du Nord de l’Amérique méridionale.
- d) La prairie à Palmiers nains du Maroc ail antique. — En dehors des enclaves d’affinités lusitanienne, euro-sibérienne, saharienne et ma-cronésienne, le fond de la flore marocaine, à caractère méditerranéen, comprend des associations régionales variées : forêts de Chênes-liège de la région de Rabat, forêts de Cèdres et de Chênes du Moyen Atlas et du Rif, forêts de Thuyas et de Chênes du Haut Atlas ; entre ces boisements qui ont subsisté jusqu’à nos jours, s’étend sur de larges surfaces, outre les terres cultivées, la prairie broussaille à Palmiers nains (Chamœrops humilis), qui n’est pas sans rappeler la garrigue de notre Languedoc. Particulièrement développé dans les zones qui reçoivent de 400 à 500 mm de pluies annuelles, le Doum ou Palmier nain fait place au Jujubier, lorsque la tranche d’eau s’abaisse à 500-400 mm, conférant au milieu un caractère mi-steppique (fîg, 6.) Par contre, dans les zones où il tombe plus de 500 mm d’eau, se sont maintenues, sur les montagnes princi-
- Fig. ç.
- Olivette de la région de Marrakech.
- p.298 - vue 319/663
-
-
-
- LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- 299
- Fig. io.
- Type d’olivette de la région de Meknes. Panorama de Moulai Idriss, la ville sainte. (Photo. LL.)
- paiement, des forets. L’avancée d’une zone de pluies annuelles assez importantes le long du littoral, au Sud du Rharb, a favorisé la persistance de la forêt de Chênes-liège de la Marmora, dans la région de Rabat. Si ce bois où nombreuses sont les clairières remplies de Doum est aujourd’hui tout à fait séparé
- des peuplements forestiers du Moyen Atlas,-c'est que l’homme dut largement alimenter en bois les vieilles et importantes cités de Meknes et de Fez (fig. 5).
- Parmi les végétaux du Maroc d’origine méditer ranéenne, le Palmier nain est sans conteste celui qui occupe la plus grande surface. Son aire géogra-
- Fig. ii. ,
- Paysage de la Meseta marocaine (Kenifra).
- p.299 - vue 320/663
-
-
-
- 300 = LE RÉGIME DES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION DU MAROC
- phique comporte une large interruption correspondant à l'établissement du régime purement steppique dans la contrée de Marrakech : la zone de dispersion de celte plante, par un tel caractère, témoigne de son antériorité aux modifications climatologiques quaternaires qui ont favorisé le développement d’un milieu sub-saharien dans le Moghreb occidental. D’autre part, le Palmier nain se présente comme un envahisseur secondaire de la foret d’Arganiers de Mogador : Chamœrops humi-lis a donc dû surtout se propager au Maroc pendant le Pliocène (fig. 8).
- e) Les olivettes de la zone sud-rifaine. — L'Olivier a un large développement au Maroc, depuis lés chaînes calcaires du Zerhoun et du Zalar aux abords de Meknes et de Fez, jusqu’aux zones marginales de la forêt d’Arganiers de Mogador. Dans le Haut Atlas, il croît naturellement entre 1000 et 1500 m. : la culture l’a transporté dans la plaine irrigable où les olivettes prospèrent, tout particulièrement dans l’oasis de Marrakech. Sans doute cet arbre joua-t-il un rôle important, associé au Chêne vert, dans la forêt qui précéda entre le Zerhoun, le Zalar et le Moyen Atlas, l’établissement sous l’emprise de l’homme, de la garrigue à Palmiers nains aujourd’hui continue de Taza à Safi (fig. 9 et 10.)
- f) Les forêts de Chênes et de Cèdres du Moyen Atlas. — Au-dessus de la brousse de Doums (900 à 1000 m.) se développe, dans le Moyen Atlas, la forêt de Chênes verts qui, débutant à 1500 m., atteint finalement 1600-1700 m. Au-dessus, jusqu’à plus de 2000 m. s’étend la forêt de Cèdres (Cedrus libanotica atlantica) (fig. 7). Entre la chênaie à Quercus ilex et la cédraie s’intercale, sur 50 à 100 m. de hauteur, une ceinture de forêts de Chênes à feuilles mi-persistantes (Quercus lusitanica) : rien d’équivalent à cette zone botanique, qui occupe la région inférieure des brouillards persistants, ne se retrouve, plus au Sud dans le Haut Atlas. De même la cédraie, qui peuple tout le cœur du Moyen Atlas, des abords de Taza au Tadla, fait défaut dans le Haut Atlas, sauf sur le revers nord de l’Àyachi ; son beau développement dans le Moyen Atlas caractérise une contrée où la neige persiste ^plusieurs mois. D’une façon générale, la flore de cette chaîne comprend beaucoup de plantes venues d’Espagne dans le Rif, au Quaternaire, sinon même dèé la fin du Miocène : ces analogies floristiques peuvent être en relation avec des soudures terrestres temporaires, à moins qu’elles ne soient partiellement la simple conséquence du transport par le vent de graines en plus ou moins grande quantité.
- Dans la zone de contact du Moyen et du Haut Atlas, vers Béni Mellal, Tanant, Demnat, une Euphorbe (Euphorhia resinifera) est répandue abondamment de 650 à 1000 m. ; elle est associée à la fois aux Acacias, Palmiers nains, Jujubiers, formant des plaques bombées et épineuses de 1 à 2 m. de large et 0 m. 50 de haut, dont la densité rend la circulation particulièrement difficile
- dans le pays. Cette espèce, dont le latex fournit la gomme résine exportée par Mogador, est spéciale aux avant-monts des confins du Haut et du Moyen Atlas, dans le bassin de l’Oum er Rebia. Etroitement apparentée à E. Beaumierana de la région d’Agadir, à E. equinus de la région de Tiznit et à E. canariensis des Canaries, elle appartient à un groupe essentiellement africano-tropical et se propage ici à l’exclusion de tout peuplement forestier dense : elle est donc le dernier témoin d’une steppe antépliocène qui a dû occuper la contrée.
- g) Les forêts de Thuyas, de Genévriers, et de Chênes du Haut Allas. — Dans le Haut Atlas, le Palmier nain s’élève dans les ravins jusqu’à 950, 1000 m. et sur les pentes jusqu’à 2200 m. formant le maquis méditerranéen, particulièrement individualisé vers 900-950 m. Le Thuya (Callilris arti-culata) constitue la forêt de 950 à 1200 m. associé par places, dans l’étage méditerranéen, au Genévrier de Phénicie (Juniperus phœnicea). Vers l’Atlantique, il se substitue à l’Arganier dès 800 m et, au djebel Hadid, descend à 550 m; pâturée, exploitée pour son bois d’ébénisterie et pour sa résine (sandaraque), la forêt de Thuyas a particulièrement souffert de l’action de l’homme dans l’hinterland de Mogador, où elle représente les restes d’un peuplement tertiaire moins ancien, semble-t-il, que l’Arganier.
- De 1250 à 1600 m la forêt de Thuyas passe progressivement à celle des Chênes yeuses (Quercus ilex), fortement mélangés de Genévriers oxvcèdces (Juniperus oxycedrus) et de Genévriers de Phénicie. Ces bois arrivent jusqu’à 2500 m. (étage montagnard). A partir de-1800 m., au Chêne vert se mêle l’Adrouman (Juniperus thurifera) qui monte seul jusquà 5000 m. Cet étage subalpin qui va ainsi de 1800 à 5000 m est particulièrement riche en éléments endémiques et médio-européens. L’étage alpin qui vient ensuite compte aussi beaucoup de végétaux d’origine locale, avec une proportion d'éléments méditerranéens supérieure à celle des plantes euro-sibériennes, ainsi qu’un tout petit nombre de plantes à faciès glaciaire. Le peuplement’ de l’étage alpin du Haut Atlas s’est donc réalisé surtout aux dépens du milieu méditerranéen par individualisation graduelle sur place d’éléments néogènes postérieurement à la surrection de la chaîne depuis le Miocène supérieur. Des espèces à affinités alpines du Haut Atlas se retrouvent dans la Sierra Nevada. Il faudrait donc admettre que, lors de la plus grande extension glaciaire quaternaire, un même milieu végétal froid unissait le Haut Atlas, la Sierra Nevada, la Corse, les Alpes. A moins que ces liaisons terrestres ne remontent plutôt à un âge antérieur, au Pontien par exemple, où il y aurait eu momentanément un épisode froid consécutif au soulèvement des chaînes alpines. Les phases glaciaires du Nord de l’Europe se sont répercutées, sous la forme de périodes humides dans les régions méridionales, où elles ont favorisé l’adaptation de
- p.300 - vue 321/663
-
-
-
- TOURS REFRIGERANTES EN FORME D’HYPERBOLOIDE ....... 301
- végétaux méditerranéens aux étages subalpin et montagnard, notamment dans le Moyen Atlas et le Rif.
- Ainsi l’alternance des cycles humides et froids avec les époques sèches et chaudes, pendant l’ère quaternaire, explique les contrastes qui affectent la végétation des chaînes de montagnes et celles des steppes, dans le Maroc central notamment. Elle a favorisé la disjonction de l’ancien peuplement végétal pliocène d’origine méditerranéenne par l’intrusion de groupements botaniques venus du Nord et
- du Sud, sans cependant amener la disparition complète des reliques de la flore miocène, particulièrement dans l’extrême Sud-Est du territoire Chérifien (*). L. JOLEAUD.
- Maître de Conférences à la Sorbonne.
- 1. Une importante documentation sur le régime des pluies et les zones de végétations du Maroc se trouve dans les Mémoires de MM. Augustin Bernard, A. Jury, E. Dedebant, It. Maire, Braun-Blancpiet, E. Jaliandiez, publiés par la Société des Sciences naturelles du Maroc et l’Institut scientifique chérifien, grâce à l’heureuse coordination des travaux de ces deux organismes sous l’active impulsion du I)r Liouville.
- TOURS REFRIGERANTES EN FORME D’HYPERBOLOIDE
- A proximité des stations centrales électriques à Le condenseur, toujours à surface dans les vapeur on voit souvent de hautes tours en bois ou en grandes installalions modernes, est un récipient
- Fig. i. — Les réfrigérants a tours hyperboloides de Liverpool.
- ciment, en général de forme cylindrique ou parallélépipédique. Ce sont les tours de réfrigération qui servent à refroidir l’eau de circulation des condenseurs de l’usine.
- La recherche de l’économie de combustible dans ces stations oblige à utiliser des vides aussi poussés que possible au condenseur, autrement dit à abaisser autant que faire se peut la température à l'intérieur de cet appareil.
- traversé par un faisceau tubulaire à travers lequel circule de l’eau de refroidissement.
- La vapeur venant des turbines se condense sur la paroi à l’extérieur des tubes. Il faut, pour que la température ne s’élève pas trop, faire circuler des quantités énormes d’eau de refroidissement. La chose est aisée, lorsque l'usine est à proximité d’un cours d’eau de débit abondant. On dérive à travers les condenseurs une partie du débit de la rivière.
- p.301 - vue 322/663
-
-
-
- 302 ... —.......== ACADÉMIE DES SCIENCES
- Mais quand l’eau fait défaut, ce qui arrive très souvent, il faut récupérer l'eau de refroidissement, et pour qu’elle puisse servir à nouveau, il faut la refroidir.' C’est le rôle des tours réfrigérantes.
- L’eau à refroidir y tombe en pluie sur des pièces convenablement disposées; elle s’y évapore partiellement grâce à l’influence d’un courant d’air convenablement dirigé. Cette évaporation partielle provoque le refroidissement du reste de l’eau.
- Les tours en bois, souvent utilisées, nécessitent des pièces de soutien qui ont l’inconvénient de créer parfois des remous et de gêner la circulation rationnelle de l’eau et de l’air. Aussi le béton armé est-il aujourd’hui le mode de construction le plus favorable pour l'établissement de ce genre de réfrigérants. Mais si l’on veut donner à ce bâtiment spécial une structure de faible épaisseur, afin d’avoir un poids réduit et des fondations peu coûteuses, on est tenu de prévoir des formes particulières. _
- Un système récent est celui des tours construites en Hollande et en Angleterre. Elles ont été conçues par M. F. K. van Iterson, directeur des Mines de l’Etat hollandais et par M. G. Kuypers, architecte en chef de la ville d’Amsterdam.
- Le profil d’égale résistance est celui d’une hyperbole qui permet d’avoir une grande légèreté dans la construction, de réaliser un volume intérieur
- sans aucune obstruction et de se prêter parfaitement bien à l’écoulement des filets d’air.
- Ges tours reposent sur une cuvette circulaire et l’eau à refroidir est amenée au centre de la tour, distribuée radialement par des gouttières. Elle déborde ensuite sur des lattis qui divisent cette eau en pluie. L’air pénètre dans les tours, construites à la Mine W'ilhelmina à Heerlen, par des ouvertures triangulaires qui sont ménagées dans le bas.
- Les résultats obteuus furent très intéressants, et ont décidé les usines d’électricité de Liverpool à adopter ce système.
- Les tours ont 55 m. de diamètre à la base et près de 40 m. de haut. La paroi a une épaisseur de 50 cm au bas de la tour, elle diminue progressivement pour arriver à 11 cm seulement d’épaisseur au sommet.
- À la partie inférieure est aménagé un bassin dont la profondeur est de 1 m. 80, l’eau arrive au centre par une conduite de 70 cm de diamètre, établie en béton armé et reposant sur des piliers également en béton armé.
- L’eau distribuée à la partie supérieure coule sur des empilages de bois ; elle est refroidie de 59° à 28°, quand l’air a une température extérieure de 15°.
- On a prévu à Liverpool la construction de douze tours semblables.
- E.-II. Weiss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et d’août 1925.
- Contribution à l’étude des boues activées. — Dans sa nouvelle note, M. Dienert se propose de rechercher si la houe activée est apte à oxyder toute substance oxydable nouvelle que l’eau d’égoût peut recevoir ou s’il y a une période d’adaptation pour chaque substance, et, dans ce cas, quelle est sa durée pour atteindre le maximum d’activité. La première partie de cette étude porte sur l’action des boues sur le soufre et les polylhionates ; elle montre que la boue mise en œuvre n’est pas nécessairement capable d’oxyder de façon rapide de telles impuretés. Elle doit s’v adapter, à moins que son action ne soit paralysée dès le début, par certaines substances comme l’acétate de chaux qui, si on le met en présence de bioxyde MnO2 activé, laisse l’oxydation s’amorcer, mais l’arrête au stade S205H‘-!, au lieu du stade S04J[-.
- L’action tréponémicide de l’or et du platine. — MM. Levadili, Girard et Aicolau ont étudié l’action thérapeutique de l’hyposulfite double d’or et de sodium (sano-crysine), dans la syphilis expérimentale'du lapin. Ce sel a donné des résultats, aussi bien contre le virus Truffi que contre le Spirocheia cuniculi, même si on l’administre par voie buccale. Mais si l’on substitue à l’or le platine, dans ce composé doublé, les propriétés curatives, spirillicides et tréponémicides, in vivo, sont nettement accentuées, sans toutefois être aussi accusées que celles du bismuth.
- Le tabac lombak des Alaouites. — On a longtemps donné, comme origine, à ce produit — si riche en nicotine (5,9 pour 100) qu’il n’est utilisable que dans le narguilé et le Kalian — un Lobe lia; puis on hésita, depuis 1880, entre JSicoliana ruslica, comme le demandait llausk-necht, et Nicotiana persica. Des graines de tomback, venues en 1922 du territoire des Alaouites (Syrie), en même temps que des grains de doukhane (labac ordinaire) ont permis, au Jardin botanique de Marseille, des essais de culture dont M. Henri Jumelle donne aujourd’hui les conclusions. Au total, le lombak cultivé chez les Alaouites n’appartient à aucune des espèces auxquelles on a rapporté le tombale de Perse, qui parait être le même; il ne serait ainsi qu’une variété trapue, à fleurs pourpres et à forte teneur en alcaloïdp, du Nicoliana Tabacum.
- Le procédé des chambres de plomb. — Pour la fabrication de l’acide sulfurique, les réactions qui accompagnent l’oxydation de' l’anhydride SÜ2 ont donné lieu aux théories diversbs •dé Gay-Lussac, de Berlhelot, de Lunge et de Sorel, pour ne citer que les plus connues. M. André Graire, ayant déjà établi les raisons théoriques et pratiques qui permettent de conclure à la réversibilité de ces réactions, réussit dans une série d’essais à montrer que l’application des lois de Yan’t lloff et de Le Cha-telier aux phénomènes d’échanges entre les phases
- p.302 - vue 323/663
-
-
-
- 303
- PHOTOGRAPHIE DU RAYON VERT
- gazeuse et liquide conduit à penser que la fabrication de l’acide S04II2 est favorisée par l’augmentation de concentration en gaz SO2 et AzO2 (ou Az203) et en vapeur d’eau. Par contre, l’excès d’oxyde AzO et une élévation de température facilitent la décomposition de l’acidé formé.
- Les prévisions de l’abbé Gabriel. — Des précédentes communications de cet astronome, on peut, admettre l’application, à la météorologie, du cycle astronomique de 744 ans, de la période de 572 ans et de la semi-période de 186. En se rapportant à la liste dressée par Àrago, du vm° au xn° siècle, l’abbé Gabriel montre une série de coïncidences qui ne peut être l’effet du hasard;' il lui paraît toujours logique de conclure à un parallélisme du cycle astronomique et de la circulation générale de l’atmosphère terrestre. Dans ces conditions, le prochain hiver serait le correspondant de l’hiver de 1740, où la Seine et la Tamise furent prises pendant de longues semaines, et des mois rigoureux de décembre 1552 et de janvier 1555 qui éprouvèrent terriblement les soldats de Charles Quint pendant le siège de Metz.
- Les eaux de Contrexéville. — Une note signée de MM. Demenitroux, Jaloustre, Danne et Mauberl résume i les mesures qui ont porté sur les deux sources, dites du Pavillon et du Quai. Pour la première, la moyenne des déterminations accuse une teneur en émanation de 0,85 millimicrocurie par litre, la quantité de radium-élément tenu en dissolution s’élevant à 0,50 millimicro-gramme par 1000 cm3, pour un débit de 18000 1. par jour. Pour la source du Quai, les chiffres correspondant atteignent 2,5 millimicrocuries, mais seulement 0,55 mil-limicrogrammes, le débit s’évaluant à 96500 1.
- Le beurre de Murumuru. — De la graine de ce palmier, abondant dans le bassin de l’Amazone, MM. E. André et F. Guichard ont extrait un produit rappelant les beurres de coco et de palmiste, mais de consistance
- plus ferme. Il en diffère notamment paf l’absence d’acide caproïque et par la présence d’un acide fondant au-dessus de 69° (probablement l’acide arachidique).
- La présence de l'argon dans les cellules vivantes. — Ayant établi que, dans la fermentation alcoolique du glucose, il se produit une certaine quantité de ce gaz rare, MM. À. Pictel, Scherrer et L. Helfer ont constaté que 1 gr. de levure sèche contient de 0,28 à 0,51 cm3 d'argon. Ils ont cherché à voir ensuite si certains tissus d’origine animale fourniraient des résultats du même ordre. Leurs essais ont porté sur une faible quantité de cervelle fraîche de mouton et sur un peu de caillot de sang'de bœuf. Ils indiquent, pour la cervelle, une dose trois fois plus forte que pour le caillot qui donne sensiblement le chiffre de la levure.
- Il apparaît que le gaz inerte Ar est inclus dans les cellules de la levure et de la matière cérébrale, comme dans les globules du sang, et qu’il ne s’en échappe que lorsque les parois de ces tissus viennent à être rompues.
- La grasserie du ver à soie. — M. Paillot signale l’urgence des mesures à prendre pour enrayer un fléau dont les ravages ont dépassé, en 1925, ceux des années précédentes. Il insiste sur la thèse de l’hérédité combattue autrefois par G. Acqua et ses observations confirment celles de Prowazek relatives à l’existence d’un parasite endonucléaire semblable à ceux que l’on a observés dans la vaccine, le trachome et l’épithélioma des oiseaux. Il indique enfin quelques soins à prendre pour réduire au minimum les dangers que présente le mal, notamment l’élimination aussi complète que possible des imagos porteurs de virus, une surveillance toute particulière sur les élevages dont la récolte est destinée à la reproduction, l’aération des magnaneries, le délitage au moyen de papiers perforés, enfin l’emploi de claies assez larges pour que les vers ne chevauchent jamais les uns sur les autres. Paul B.
- PHOTOGRAPHIE DU RAYON VERT
- Dans un récent numéro de La Nature (n° 2670, 6 juin 1925), M. Em. Touchet a publié une remarquable étude du Rayon Vert. Il pourrait paraître inutile de revenir sur la question, cet article relatant au mieux les conditions d’observation et les causes physiques qui expliquent l’apparition de ce phénomène, surtout d’après les beaux travaux de MM. Danjon et Rougier, à l’Observatoire de Strasbourg; je renverrai donc le lecteur à cet article. Cependant, et en raison de la part honorable que mon excellent collègue a bien voulu faire à mes observations personnelles, il me paraît -intéressant d’en publier une nouvelle, toute récente, et susceptible de dissiper les derniers doutes qui pourraient encore subsister sur la réalité du phénomène en question. On sait, en effet, que certaines personnes inclinent à penser que la perception du fameux Rayon Vert réside dans une pure illusion, une sensation complémentaire dè lumière verte après l’observation prolongée de l’éclat orangé du Soleil disparaissant derrière l’horizon. Mais, très justement, M. Touchet insiste sur la fragilité de cette
- hypothèse à laquelle les observations de la frange verte vue à la lunette, et celles qui sont effectuées avant le lever du Soleil, paraissent donner le coup de grâce.
- Personnellement, je dois le répéter, j’ai oculaire-ment observé maintes fois le Rayon Vert dans des conditions qui ont pu me convaincre de sa réalité. Mais une confirmation photographique, éliminant toute erreur sensorielle possible, apparaîtra comme devant fournir encore le plus probant témoignage. J’ai pu précisément obtenir un tel cliché le 8 septembre dernier. Cette photographie reproduite ici (fig. 1) a été prise au foyer d’une lunette de 95 mm d’objectif (longueur focale 1 m 55). Le Soleil disparaissait derrière l’horizon très lointain de la mer (altitude de mon obsèrvatoire 55 m.) visible au delà des aspérités des îles Chausey, et juste à leur niveau. Le disque solaire était, très éclatant, dans un ciel limpide semé de petits cumuli; comme je l’avais fréquemment noté, ces conditions étaient favorables à k visibilité du Rayon Yert : il apparut en effet avec intensité. Les précautions suivantes
- p.303 - vue 324/663
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE DU RAYON VERT
- 304
- Fig. i. — Photographie du rayon vert.
- En haut : disparition du disque solaire. En bas : tache lumineuse vue sous l’aspect du rayon vert.
- ont été prises pour l’obtention du cliché qui l’a enregistré. Nous étions deux observateurs, dont l’un se tenait prêt à déclencher l’obturateur : à Vimla.nl seulement où, pour tous deux, l'éclat vert a frappé nos regards l’objectif a été découvert; pose : 1 seconde environ, plaque Lumière S. E.
- Le cliché montre, comme on le voit, une forte impression lumineuse correspondant à l’éclat vert magnifiquement intense pour les yeux des deux observateurs, et il fournil ainsi une pleine confirmation de la réalité du phénomène.
- L’examen de cette photographie conduit à quelques remarques. La plage lumineuse se présente comme une petite hande étalée, grossièrement rectangulaire, et ses dimensions apparaissent quelque peu anormalement grandes, eu égard à celles que prévoit la théorie de la réfraction pure et simple, pour l’épaisseur de la frange verte (Voir l’article cité) ; d’autre part, elle n’a pas l’aspect que devrait avoir le dernier segment du large disque solaire. Il semble donc nécessaire d’invoquer des causes, ou particularités, qui dans certains cas peirvent prendre une importance exceptionnelle. Précisément le phéno-
- mène a été visible 'au voisinage de nuées émergeant de l’horizon, et dont les images, à la jumelle, paraissaient étirées en hauteur et instables comme celles d'objets vus par effet, de mirage ; cette apparence se laisse deviner sur la photographie (1). À l’appui de ce fait, et dans une autre circonstance, il m’a été donné d’apercevoir le bord inférieur du Soleil étiré, s’allongeant vers l’horizon comme vu à travers une lentille cylindrique (fig. 2) ; il est regrettable que sa couleur rouge cerise, au moment de l’observation, n’ait pas permis d’obtenir une bonne image photographique de cette curieuse et rare apparence, très différente de l’aplatissement exagéré (particulièrement pour ce bord inférieur), qui est provoqué par la réfraction normale.
- Nous devons donc conclure avec MM. üanjon et Rougier que « la structure de l’atmosphère est loin de satisfaire aux conditions supposées (pour la dispersion normale). Les déformations bien connues du Soleil couchant prouvent surabondamment l’existence d’irrégularités dans la réfringence de l'air et l’inexactitude grossière des hypothèses sur lesquelles, en première approximation, reposent les calculs de dispersion ».
- S'il n’apparaît plus nécessaire d’étudier le Rayon Vert pour s’assurer de sa réalité, il n’en reste pas moins d’utiles observations à effectuer, ca pables de nous faire mieux connaître les qualités réfringentes de l’atmosphère. Lucien Rudacx,
- Observatoire de Douvillè.
- Fig. 2. —: Photographie du soleil couchant dont le bord inférieur semblait s’étirer vers l’horizon.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris — 1925.
- p.304 - vue 325/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- L'autogire “ La Clerva " Jean-Abel Lefranc.
- Le pétrole en Pologne • Z. Th. Pazdro. — Les courses d’automobiles : Edmond Marcotte.
- Les sourciers et le pétrole français : A. P. — Académie des Sciences : PaUl B.
- L’école française de meunerie : Jacques Boyer.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. i n viïmÉRO $ ^rance • • * * * franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. . ( Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 326/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2693............... ' ' - ;... 14 NOVEMBRE 1925
- Une nouvelle formule de machine volante.
- L’AUTOGIRE “
- Les milieux aéronautiques sont depuis quelques mois très impressionnés par les succès continus et croissants des expériences d’un inventeur espagnol, Don Juan de la Cierva, qui, depuis quatre années essaie de résoudre avec une nouvelle formule de machine volante le problème ardu de la navigation aérienne. Dans la voie qu’il a suivie, cet inventeur a obtenu des résultats tout à fait concluants qui ont toute chance de transformer l’évolution actuelle de l’aviation.
- Dans un article publié sur les hélicoptères dans La Nature de juillet 1920 et dont nos anciens lecteurs se souviennent peut-être, nous avions exposé où en étaient à cette époque les recherches et essais des quelques inventeurs français ou étrangers qui voulaient créer des hélicoptères dont la principale supériorité, sur les types d’avions existants, devait être de permettre les décollages ou les atterrissages verticaux sans vitesse horizontale.
- Ainsi devait disparaître un inconvénient assez fâcheux de la navigation aérienne, à savoir la difficulté et parfois le danger de faire prendre contact avec le sol à des machines animées d’une vitesse dépassant souvent une centaine de kilomètres à l’heure au moment même du contact.
- Nous devons reconnaître que les essais des hélicoptères présentés dans notre article antérieur n’ont pas pu réaliser les espoirs dé leurs promoteurs, soit que certains de ces essais aient été prématurément interrompus par des accidents,' soit que d’autres n’aient pu être poursuivis faute de ressources financières, soit enfin que la conception complexe de certaines machines ait soulevé des difficultés vraiment excessives de réalisation pratique.
- Néanmoins, certains hélicoptères ont obtenu quelques résultats dont la valeur réelle est restée dans le domaine expérimental.
- En particulier, M. OEmichen réalisa plusieurs modèles d’hélicoptères à quatre hélices dont les prototypes réussirent quelques vols au-dessus d’aérodromes; ces appareils ont encore besoin d’être sérieusement perfectionnés pour que leur utilisation pratique puisse être même envisagée ; jusqu’alors ils ne
- LA CIERVA ”
- présentent aucune supériorité sur les avions existants.
- Nous pouvons exactement émettre le même avis en ce qui concerne les hélicoptères de M. Patéras y Pescara qui, bien que soutenus très largement par l’Etat français ne semblent pas avoir sensiblement progressé depuis le stade où ils étaient arrivés il y a deux années. Des vols ont été effectués avec un succès relatif, mais la complexité constructive de ce type de machine le relègue aussi nettement dans les laboratoires.
- De son côté, le Gouvernement anglais, qui ne voulait pas se laisser distancer par le Gouvernement français, dans la voie de la générosité hélicoptérienne, soutenait très vivement les essais de l’hélicoptère Brennan qui dernièrement se détruisit au cours de son essai, le constructeur n’ayant pas été maitre de sa stabilité.
- Nous pouvons avouer que devant la lenteur du développement de la formule de l’hélicoptère, ses nombreux partisans commençaient à s’en désintéresser complètement, lorsqu’il y a quelques mois, le bruit se répandait qu’un inventeur espagnol, M. de la Cierva, avait réussi publiquement en Espagne de nombreux essais avec une machine très simple et par conséquent pleine d’avenir immédiat. Peu après, on annonça que cet appareil avait réussi un vol de. 13 km entre deux villes et en survolant la campagne.
- Gomme il s’agissait d’un étranger, Ja presse aéronautique française ne suivit que de loin : ces essais et il fallut la démonstration récente et péremptoire du 19 octobre dernier à Farnborough pour que l’opinion publique. française prêtât attention à l’Autogire.
- Le Gouvernement anglais, en effet, s’intéressa à cet appareil, et, désireux dele montrer à ses industriels, invita M. de la Cierva à donner une démonstration.
- Ces essais sont trop récents pour que nous puissions nous prononcer définitivement sur le prochain avenir de cette nouvelle formule, nous, ne pouvons non plus pronostiquer si cette invention est de nature à révolutionner l’aviation actuelle.
- Un fait est certain, c’est que ces essais officiels ont été tout à fait concluants, que cette machine est
- 20. — 305.
- Fig. i. — L’autogire La Cierva vu en plein vol.
- Remarquer les deux ailerons de stabilité latérale . lixés sur un tube transversal.
- 53" Année- — 2* Semestre-
- p.305 - vue 327/663
-
-
-
- 306
- L’AUTOGIRE “ LA C1ERVA "
- sortie nettement du domaine de l’expérimentation et qu’enfin on peut difficilement imaginer une machine plus simple de construction ; ce qui est en vérité de bon augure.
- * *
- L’autogire de la Cierva est un compromis entre l’avion et l’hélicoptère ; à proprement parler, il ne relève plus particulièrement d'aucune de ces deux écoles.
- Cet appareil est un avion ordinaire quant à son fuselage, son moteur, son hélice tractive, son train d’atterrissage et scs organes de commande et de stabilisation. On peut même ajouter que son principe sustentateur procède également de la compo-
- rons pour l’équilibre latéral, ces ailerons étant actuellement placés aux deux extrémités d’une barre transversale.
- Lorsque le moteur est arrêté, la vitesse de translation de l’autogire, nécessaire pour sa sustentation, s’obtient, comme pour un avion ordinaire en vol plané, par une descente inclinée qui permet à la grande hélice de conserver son pouvoir sustentatoire.
- L’autogire de Farnborough est constitue d’une part, d’un fuselage d’avion Avro, équipé avec son moteur habituel, un rotatif Le Rhône de HO ch et, d’autre part, d’une grande hélice horizontale que les Anglais appellent « Windmill », moulin à vent; cette appellation convient d’ailleurs assez bien au rôle que cet organe joue dans la machine volante.
- Fig. 2.
- L’autogire vu par l’arrière.
- santé verticale fournie par une voilure inclinée entraînée horizontalement avec une certaine vitesse.
- Toutefois cet autogire paraît être de la famille des hélicoptères quant à la forme et au mouvement de ses ailes portantes. Sa voilure actuelle est en effet constituée par une grande hélice horizontale à quatre pales, placée au-dessus du fuselage et tournant folle sur son axe (fig. 1).
- A dire vrai, cette hélice n’est pas strictement horizontale, mais bien inclinée légèrement, suivant une certaine incidence, tout comme l'est l’aile d’un avion.
- Le principe de fonctionnement de l’autogire est assez curieux : l’hélice tractive, mue par le moteur, entraîne l’autogire à une certaine vitesse ; la grande hélice se met à tourner autour de son axe et en tournant donne naissance à une composante susten-tatrice qui soulève l’autogire exactement comme la composante sustentatrioe d’une aile d’avion soulève celui-ci.
- En vol, l’autogire obéit à ses gouvernes comme un avion ordinaire; il possède également des aile-
- Ce moulin est à quatre pales construites en bois et toiles, comme une aile d’avion et avec une courbure d’aile. La longueur de chaque pale est de 5 m. 50 pour une profondeur d’environ 0 m. 78; la surface de chacune d’elles est de 5 m* 71, ce qui donne une surface portante totale de 14 m2 86. L’envergure totale de l’autogire est de 11 m. environ.
- Pendant le vol, le moulin tourne à la vitesse de 140 tours à la minute, c’est-à-dire sensiblement d’un tour en 1 /2 seconde. Cette rotation, relativement lente à l’œil, se mesure pourtant par une vitesse de 289 km à l’heure à l’extrémité de chaque pale.
- Dans ces conditions et avec un moteur de 110 ch, l’autogire atteint une vitesse de 108 km à l’heüre.
- Nos lecteurs n’auront pas manqué de remarquer que le moulin doit tourner pour enlever l’autogire et que pour faire tourner le moulin il est nécessaire qu’il soit entraîné à une certaine vitesse et qu’en conséquence le décollage doit s’effectuer dans des conditions similaires à celles d’un avion ordinaire, c'est-à-dire après une course au sol. Tout ceci est
- p.306 - vue 328/663
-
-
-
- L'AUTOGIRE “ LA CIERVA "
- 307
- exact; nous devons même ajouter que pour vaincre plus rapidement l’inertie de cette grande hélice, donc pour hâter le décollage, M. delà Cierva prévoit actuellement un lancement préalable du moulin. À cet effet, il existe un dispositif un peu primitif mais qui n’est que provisoire, c'est l'enroulement d’une corde autour de l’axe dumoulin et sa traction violente à bras d’hommes. Il est évident que plus tard un dispositif mécanique pourra être prévu, d’autant plus facilement que le lancement du moulin s’effectue préalablement au décollage et à un moment où la puissance du moteur est disponible, puisque l’hélice tractive n’est pas utilisée.
- Les ailes du moulin sont souples ; lorsqu’elles
- normal des avions ordinaires, puis arrivé à une trentaine de mètres du sol, le pilote cabre à fond son aulogire et descend presque verticalement jusqu’au sol où il ne roule que sur une longueur d’environ 7 à 8 m.; sa vitesse, au moment où il touche le sol, est d'environ 16 à 20 km à l'heure.
- Il est à noter qu’une pareille manœuvre, effectuée par un avion ordinaire, entraînerait fatalement une perte de vitesse suivie d’écrasement au sol.
- * *
- À l’issue de cette démonstration,M. de la Cierva, interrogé sur ses projets, annonça qu’il étudiait un
- Fig. 3.
- L’aulogire avant le départ.
- Remarquer à gauche les hommes qui effectuent le lancement du “ moulin aérien ” A droite, les mécaniciens lancent l’hélice propulsive.
- démarrent, elles s’incurvent légèrement vers le haut ; mais la force centrifuge, intervenant de plus en plus violemment à mesure que la vitesse de rotation s’accroît, les redresse et les rend sensiblement horizontales.
- *
- # *
- 11 apparaît que les démonstrations qui eurent lieu le 19 octobre dernier à Farnborough en Angleterre devant le Ministère de l’Air britannique furent considérées comme un succès complet.
- L’autogire, au cours deces essais, effectua plusieurs vols ; il parvint sans difficultés à une hauteur de 500. m., évolua dans tous les sens, vira très serré et atterrit à plusieurs reprises dans des conditions diverses avec et sans moteur.
- En général, l’autogire décolle après une course sensiblement inférieure à celle qui est nécessaire à l’avion Avro ; il atterrit en descendant suivant l’angle
- appareil de 450 ch et qu'il estimait probable qu’avec cette puissance il atteindrait une vitesse de 500 km à l’heure avec une vitesse d’atterrissage de seulement 50 à 60 km à l’heure. Ces deux caractéristiques sont l’une, celle du plus rapide avion existant à oe jour (449 km à l’heure) et l’autre celle d’un avion jouissant de qualité d'atterrissage excellente mais incompatible avec des vitesses maxima dépassant 120 à 140 km à l'heure.
- M, de la Cierva prétend donc arriver à un écart de vitesse de l’ordre de 90 pour 100 alors que les avions rapides actuels ne dépassent pas 50 pour 100.
- De pareilles qualités de vol permettraient à l’aviation rapide cl même touristique de prendre un essor merveilleux qui jusqu’alors est frein par les inconvénients résultant de l’atterrissage.
- Le Ministère anglais de l’Air vient de nous donner un exemple excellent en organisant ces expériences en Angleterre. Jkàn-Abel Lefraxc.
- p.307 - vue 329/663
-
-
-
- 308 .... O,.,..
- LE PÉTROLE EN POLOGNE
- Fig. i. — Les hiéroglyphes sur le grès de flysch carpathique.
- Une des plus grandes richesses naturelles de la Pologne, c’est le pétrole. L’industrie du pétrole polonais a débuté en 1850. Aujourd’hui dans la production mondiale du pétrole, la Pologne tient le septième rang.
- Les terrains pétrolifères en Pologne se trouvent au Sud dans les montagnes des Carpathes. Les Carpathes sont de jeunes montagnes plissées qui, au point de vue géologique, présentent « le faciès du flysch ». La composition du flysch carpathique contient des sédiments du crétacé, de l’éocène et de l'oligocène, et aussi du miocène. 11 est formé de couches alternées de grès, de schistes, de glaises, de marnes et de conglomérats.
- Les divers grès sont à gros ou à petits grains, de diverses couleurs. Sur la surface des couches on voit de singuliers dessins appelés « hiéroglyphes » (fig. 1). Ce sont certainement des traces de vers, de mollusques, - qui rampèrent sur le fond marin. En outre, on y voit souvent les traces des mouvements de l’eau : les traces des vagues, « ripple marks », et les traces d’écoulement, « rill marks ». Les grès contiennent souvent des poussières de carbone d’origine végétale. Les schistes sont glaisés et sablés, verts, gris ou noirs, très souvent mélangés de-substances bitumineuses (schistes bitumineux). Lès glaises sont plastiques, de couleur grise, rouge ou verte. Les marnes sont sablées ou silicieuses, claires ou sombres, et sur leur surface on trouve des empreintes appelées « fucoïdes » (marnes à fucoïdes). Cesfucoïdes sont des empreintes déplantés marines. En plus, comme intermédiaires et au-dessus des éléments généraux, débordent des conglomérats, des sphérosidérites, des rognons siliceux et des masses friables ou compactes de calcaire (jurassique).
- On a cru autrefois que le flysch carpathique ne contenait pas du tout de fossiles. Cependant des recherches plus précises y ont révélé une faune assez abondante, principalement dans certains lieux. Les fossiles les mieux conservés sont les restes de poissons (dans les schistes bitumineux). En plus dans les conglomérats et schistes on trouve des mollusques, des éehinodermes, des bryozoaires, des coraux, des éponges, des crustacés, des dents de poissons et des carapaces de foraminifères. Cependant ces restes ne sont pas bien conservés et présentent des types partiellement dégénérés.
- En ce qui concerne la formation du flysch, il y a diverses opinions. La plus vraisemblable est celle de R. Zuber, un des géologues les plus autorisés des Carpathes. Pour lui le flysch est un produit terrigène marin des eaux basses, qui sc déposait et se dépose actuellement encore auprès des côtes plates, partiellement rocheuses, dans un climat humide, aux environs de l’embouchure des rivières et souvent dans les lagunes.
- Le flysch carpathique a une grande extension en long et en large, et on y constate d’importantes variations de faciès. En longueur on peut à cet égard distinguer quatre zones successives en allant du Sud vers le Nord :
- 1 ) La zone de Magora ;
- 2) La zone de Ivrosno-Szypot ;
- 5) La zone bordière ;
- , 4) La zone subcarpathique (celle-ci, à vrai dire, ne fait plus partie du flysch carpathique) dont elle serait la continuation diluvienne.
- Tout le flysch carpathique est très plissé en séries parallèles, qui sont d’ordinaire, plongeantes vers le.Nord-Est. Les failles longitudinales et transversales, réunies avec de brusques plissements, con-
- 6
- Fig. 2. — Profil de la selle de pétrole de Grabownica.
- i. Oligocène : 1. Couches de Krosno, 2. Schistes ménili-tiques. i. Èocène : 3. Schistes gris, 4. Schistes bigarres et rouges, 5. Conglomérats et grès. — Crétacé : 6. Couches à hiéroglyphes. — Les puits sont marqués par des points noirs.
- p.308 - vue 330/663
-
-
-
- 309
- duiseut à admettre des charriages sous forme de mottes, d’écailles et de nappes de recouvrement. Plus immédiatement les charriages présentent une structure éminemment écailleuse. Les axes des plis particuliers sont ondulés, et forment alors un rang d’élévations et de dépressions oblongues. Le nombre des nappes de recouvrement des Carpa-thes n’est pas encore défini, parce que leurs limites et mesures ne sont pas connues avec précision : de grandes recherches sont poussées actuellement pour étudier le détail de la disposition des terrains, question de haute importance pour l’avenir des exploitations de pétrole.
- Les gisements de pétrole sont groupés en deux zones : intérieure et extérieure.
- La zone intérieure dépend de la région de Krosno-Szypot et est située à 1 Ouest, mais l’extérieure située à l’Est, se montre à la limite séparative de la première et de la zone subcarpathique.
- a) La zone intérieure.— Les niveaux de pétrole se trouvent dans le crétacé, l’éocène et l’oligocène. Les gisements sont localisés sur les croupes des selles, qui sont étroites et allongées et aussi sur leurs ailes,escarpées (fig. 2). Grâce à de telles relations dans cette zone intérieure il existe des lignes et zones à pétrole longues, mais étroites (de 200 à 500 m. de largeur; par exemple : Potok-Kroscienko, Bobrka, Rowne, Rogi,etc.). Les grès sont ici pétrolifères et sont placés au milieu des marnes et glaises/ Le pétrole renferme beaucoup de gaz et quelques-uns de ces niveaux fournissent exclusivement des gaz en grandes quantités; c'est le cas notamment pour le niveau d’éocène dans la selle Jasko-Mecinka, qui alimente en gaz les deux villes de Jasko et
- Krosno. La profondeur des puits ne dépasse pas 800 m. dans cetLe zone.
- Dans les puits à pétrole la production est modeste, mais dure longtemps. Un puits dans son existence donne environ de 450 à 500 wagons de pétrole. Les pétroles de la zone intérieure sont de qualités assez variées et doivent être vendus isolément. Quelques puits ont une forte teneur en vaseline (20 pour 100), donnent d’importants pourcentages d’huiles lourdes et peu de benzine légère ; les autres donnent une forte proportion de benzine (ol pour 100). La densité moyenne est de 0,825 à 0,890. La production de cette zone par an s’élève de 5000 à 6 000 wagons de pétrole, ou 8,5 pour 100 du total de la-production polonaise.
- b) La zone extérieure. — Dans cette zone sont
- Mraznica
- -500 .
- -1000
- -1500
- Fig. 4. — Profil schématique de la mine de Boryslaw.
- Crétacé: l. couches à Inocèrames, 2. Grès de amna. — Éocène : 3. Couches d’éocène. — Oligocène : 4. Schistes ménilitiques, 5. Silex, 6. Couches de Dobrotow, 7. Conglomérats de Truskawiec. — Miocène : 8. La formation sali-’ fère. — x-x, la surface de charriage. I-V, les niveaux pétrolifères. Les puits sont marqués par des points noirs.
- p.309 - vue 331/663
-
-
-
- 310
- LE PÉTROLE EN POLOGNE
- situés les champs pétrolifères de Boryslaw, Tusta-nowice, Mraznica, Bitkow et beaucoup de champs secondaires. Les gisements de pétrole de Boryslaw et Mraznica se trouvent dans différentes couches du pli principal orienté vers le Nord, et nommé « pli de Boryslaw ». Ce pli a été formé par la poussée du charriage de bordure, dont l’arête a été détruite par les érosions ultérieures; mais dont la position est bien marquée par l’orographie générale. Le pli de Boryslaw est asymétrique : son aile du Nord est seule très escarpée. Son axe est plongeant vers l’Est.
- Les puits ont des profondeurs de 700 à 800 m. On y trouve cinq niveaux de pétrole. Le principal et
- à peu près inconnu. Seuls les paysans l’employaient pour graisser les camions ou comme médicament. Le développement des mines de pétrole en Pologne date de l’invention du raffinage du pétiole brut en benzine, paraffine, huile, etc. Les premiers essais dans* cette voie furent exécutés avec le pétrole de Boryslaw, par Hecker et Müls vers 1816. La méthode de distillation du pétrole fut découverte par J. Lukaszewivz et Zeh, commis pharmaciens de Léopol, en 1855. Indépendamment de leur découverte, en 1854, aux Etats-Unis, Silliman trouvait une autre méthode de raffinage, et en même temps Seelique à Paris découvrait un procédé pour extraire la paraffine du pétrole. À partir de ce moment, l’in-
- Vue général; de Boryslaw, en hiver.
- Fig. 5.
- le plus abondant est dans le grès poreux de l’oligocène, appelé-le grès de Boryslaw, Le pétrole de Boryslaw a une densité de 0,845 à 0,860 et sa teneur en paraffines varie beaucoup d’un puits à l’autre, entre les limites de 0 à 10,5 pour 100.
- Boryslaw a été le plus riche gisement polonais de pétrole ; sa production avait une importance mondiale à la fin du siècle dernier, car ce district a produit jusqu’à 1 800000 wagons de pétrole, mais à partir de l’année 1909 la production a été constamment en déclinant. En 1909 elle se 'montait encore à 199000 wagons, mais en 1920 elle atteignait à peine 62000 wagons. Maintenant un puits produit par journée, en moyenne, 1 1/2 citerne à pétrole. La durée des puits est 5 à 10 ans.
- Au delà de Boryslaw on trouve dans la zone extérieure la ligne des gisements de Bitkow, qui donnent de grandes espérances. Le pétrole de Bitkow contient 45 pour 100 de benzine et appartient à une espèce légère de haute valeur.
- Le.pétrole dans les Carpathes jusqu’en 1850 était
- dustrie minière du pétrole se développa très vite en Pologne. La première mine fut ouverte par J. Lukas-zewûcz à Bobirka. Bientôt s’organisèrent de nombreuses petites mines ; faute de capitaux elles firent vite faillite, et l’industrie du pétrole commença à se grouper autour de quelques sociétés plus fortes financièrement. En 1859, la découverte en Amérique d’un gigantesque gisement de pétrole provoquait une crise en Pologne, parce que l’Amérique inonda de son pétrole tous les marchés mondiaux. Les prix tombèrent considérablement. Mais en 1879, après la constitution du cartel américain connu sous le nom d’« American Standard Oil C° », la situation s’améliora pour la Pologne, Un groupe de financiers, avec St. Szczepanowski à sa tête, secourut l'industrie polonaise menacée. On trouva de nouveaux procédés de forage et de nouvelles sources très productives.. En 1896, après l’invéntion de la foreuse ou trépan excentrique, qui permettait l’exécution de forages profonds, on se jeta sur Boryslaw, qui par sa gigantesque production de pétrole anéantit les petites
- p.310 - vue 332/663
-
-
-
- LES COURSES D’AUTOMOBILES
- 311
- mines. Il y avait à Boryslaw des puits qui donnaient par journée 50 wagons de pétrole (puits jaillissants;. Le nombre de puits grossissait fortement, passant de 10 en 1901 à 600 en 1910. Mais on finit par craindre qu’en présence d’une trop grande production des puits, le gisement ne vînt à s’épuiser. On revint alors aux petites mines à production plus réduite, mais constante et infaillible.
- Boryslaw provoqua d’énormes spéculations et fut l’occasion de fortunes rapides, mais aussi de nombreuses banqueroutes. C’est aujourd’hui une ville caractéristique où la richesse et le luxe côtoient la misère.
- La Pologne, qui tint un moment la première place dans la production mondiale du pétrole, vient aujourd’hui seulement au septième rang. Voici une statistique des dernières années.
- Année Production en wagons. pour 100 do la produc. mondiale.
- 1875 2 214 1,56
- 1880 3.200 0,85
- 1885 6.500 1,35
- 1890 9.165 0,95
- 1895 18.890 4,74
- 1900 54-720 1,18
- 1905 80.180 5,00
- Année. Production en wagons. pour 100 de la product. mondiale
- 1909 * 210.521 5,00
- 1910 178.256 5,86
- 1915 72.981 0,97
- 1920 76.599 0,66
- 1923 71.675 0,66
- 1924 77.000 0,66
- La situation -001116116 de l’industrie du pétrole en Pologne est caractérisée par la diminution chronique de la production du pétrole brut; de nombreuses raisons expliquent ce marasme.
- La principale est le manque d’organisation et l’insuffisant outillage de cette industrie. Pour y remédier, il faudrait beaucoup de capitaux qui aujourd’hui font défaut en Pologne en raison de la crise financière. Quand celle-ci s’atténuera, l’industrie du pétrole se relèvera sans doute pour revenir à son niveau d’avant-guerre. Il faut aussi pour cela compléter les recherches géologiques sur les nouveaux terrains pétrolifères espérés en aval pendage, avec des moyens suffisants pour attaquer les grandes profondeurs où l’on peut croire que la produel ion compensera l’épuisement des niveaux supérieurs.
- Z. Tu. Pazdko.
- r
- LES COURSES D’AUTOMOBILÈS
- Succès des conceptions et fabrications françaises à Linas et à Saint-Sébastien.
- Il ne faut pas médire des courses d’automobiles.
- C’est grâce à elles — et particulièrement aux rudes épreuves que sont les courses de vitesse — que nous avons maintenant des voitures solides, des moteurs sûrs, des consommations réduites, etc. .. Tout progrès, dont l’efficacité s’affirme dans une course s’impose presque aussitôt dans les voitures de luxe, puis se vulgarise, bientôt nécessaire dans les voitures utilitaires de série. Pour ne prendre que des exemples qui frappent les yeux, nous citerons : les- torpédos, les châssis et les carrosseries surbaissées, nées sur les circuits sportifs et si communs maintenant sur les routes.
- La course ne peut être gagnée qu’à l’aide d’une voiture sans défaut ayant le meilleur rendement possible. N’est-ce pas là ce qu’on recherche dans une voiture de tourisme? — à la vitesse près, mais qui peut le plus...*,-*--*
- *
- * *
- Si la voiture doit être sans reproche, le conducteur doit être sans peur, mais sans maladresse-Tous ceux qui ont assisté à de grandes courses de vitesse se sont rendu compte du rôle important de ( l’habileté du conducteur dans une telle épreuve.
- À Linas, par exemple, le circuit n’est pas une piste, mais une route sinueuse de il km 250 complétée par une piste de 1 km 250 et sur la route,
- 14 virages dont 3 n’ont (que 50 m. et 3 autres
- 15 m. seulement de rayon! Le plus grand alignement droit, qui a 1500 m., sé trouve compris entre deux virages dont les rayons sont de 50 et de 50 m. Des pentes peu accentuées, sauf une descente à 12 pour 100. A cause du passage sur la piste où l’on doit obligatoirement dépasser à l’extérieur, on a du faire boucler le circuit à droite... circuit dangereux : l’excellent conducteur Ascari, de la maison Àlfa-Romeo, s’y est tué.
- La manière de prendre les virages peut, en effet, faire gagner une course; il s’agit de virer le plus court possible, de sorte que le dessin de la trajectoire de la voiture se rapproche d’une série de lignes brisées qui serrent d’aussi près que possible le polygone intérieur du circuit.
- Mais on peut heurter le piquet d’une barrière, ce qui, à la vitesse de 160 km à l'heure, provoque un choc et une culbute dont on se relève difficilement.
- Tel nous avons vu Ascari, tel nous craignions pour Robert Benoist dans la pluie fine qui provoquait des dérapages sur le ciment et dans les virages, que cet audacieux conducteur attaquait à coups de
- p.311 - vue 333/663
-
-
-
- 312
- LES COURSES D’AUTOMOBILES
- Puissance du moteun sur l'arhre
- Fig. i. — Comment est employée l’énergie motrice dans une voiture de course à la vitesse de i3o km, à l’heure.
- (Voiture Benz de ioo ch d’après Riedler.)
- Transmission
- Ventilation des roues A R
- ® 4,6 et ventilation j. ro ues A V
- Frottements et ventila h 4,2 Bandages
- Bandages des roues A R
- Résistance de l'air
- frein et d’accélérateur, faisant ce qu’on appelle des queues de poisson, se rétablissant et repartant de plus belle.
- *
- * *
- Il faut d’autant plus de courage que 1 ’æs triplex ne doit pas se trouver seulement sur le cœur des conducteurs,, mais doit constituer tous les organes actifs ou passifs de la voiture. La matière ne souffre, aucune défaillance : une rupture, c’est le danger de mort, c’est l’échec en tout cas. L’usinage et le réglage doivent être parfaits.
- Ainsi l’on peut affirmer que toutes les voitures qui sont classées à l’arrivée sont de bonnes voitures., conduites par d’excellents conducteurs.
- *
- * *
- Cependant, pour emporter le succès, il faut encore autre chose : la bonne conception due au talent ou, si l’on veut, à l’art de l’ingénieur.
- Or, il se trouve qu’une voiture de la Maison Louis Delage, conducteur P. Benoist, a gagné le grand prix de vitesse de l’Àutomobile-Club de France à Linas-Montlhéry, qu’une voiture du même type, conducteur Divo, a gagné le grand prix de vitesse d’Espagne à Saint-Sébastien, que de très près une autre voiture suivait, et c’était encore une Delage, conduite par Thomas.
- *
- * *
- En nous réjouissant de cette victoire française, nous allons essayer d’en élucider les causes.
- Examinons les caractères principaux de la voiture dessinée par l’ingénieur Lory.
- Des pistons légers, en alpax, ce qui permet une vitesse angulaire de 6000 tours par minute, susceptible d’être poussée à 7000 pour augmenter momentanément la puissance; le taux de compression
- volumétrique 7 assure à 6000 tours un ! excellent rendement. • n;'.: 1
- Les bougies d’allumage sont exactement au centre de la demi-sphère qui forme la chambre de compression d’un cylindre.
- Deux magnétos assurent l’allumage, deux carburateurs et deux surcompresseurs alimentent le moteur.
- C’est sur 7 paliers à rouleaux que repose le vilebrequin d’une seule pièce, cémentée et trempée, ce sont des roulements à rouleaux aussi qui articulent les bielles.
- Deux arbres à cames attaquent des soupapes inclinées par l’intermédiaire d’un linguet, soupapes qui sont rappelées par 5 ressorts concentriques.
- Bonne circulation d’eau. Excellente circulation d’huile avec 5 pompes à engrenages : une entre le réservoir de réfrigération et le vilebrequin, la 2~ refoulant l’huile aux arbres à cames, la 3e reprenant l’huile qui tombe dans le carter pour l’envoyer au réservoir de réfrigération.
- Embrayage à disques multiples fonctionnant à sec ; boîte de vitesses qui forme bloc avec le moteur et qui permet 4 vitesses à l’aide de 2 baladeurs.
- Un volant souple R. Thomas avec vis et secteur assure la direction.
- La transmission de la puissance aux roues se fait par l’intermédiaire d’arbres et de joints de cardan
- Fig. 2. — Bielle et piston du moteur 2 litres 12 cylindres Delage iq25, à coté une bougie^ utilisée sur ce moteur.
- (Le piston a 5,i3 cm de diamètre et 8 cm de course.)
- p.312 - vue 334/663
-
-
-
- LES COURSES D’AUTOMOBILES
- 313
- montés sur billes, la poussée et la réaction s'exer- \ çant par l’intermédiaire de ressorts.
- Le pont arrière comporte un différentiel à pignons coniques ; la voiture est suspendue par des ressorts droits à l’avant et à l’arrière avec des amortisseurs doubles Hartford. Les quatre roues sont munies de freins commandés à la pédale par l’intermédiaire d’un servo-frein. Un levier peut agir, en outre, sur les freins arrière.
- Le tout, à vide, pèse 680 kg environ.
- * " vUv
- * :i-.
- Divo a fait sur cette voiture, à Saint-Sébastien, une moyenne de 158 km 200 à l’heure pendant 708 km; Benoist a parcouru les 1000 km du circuit de Linas en 8h54m 41s 1/5, soit 112 km 220 de moyenne, moins élevée que la dernière performance de Divo ; mais la pluie, le vent, la route ont des influences considérables sur les vitesses, ce sur quoi nous ne nous attarderons pas, car les circonstances qui diffèrent d’une course à l’autre sont les
- Fig. 4. — Le moteur Delage 1925 (2 litres 12 cylindres suralimenté) vu en bout.
- mêmes pour tous les concurrents d’une même course et nous allons nous attacher à faire ressortir, au contraire, les différences s’il y en a.
- *
- «fc î}î
- Les accessoires ont, en matière d’automobilisme ou d’aviation, une importance considérable. Le pneu qui se trouve raclé avec énergie dans les virages, les suspensions, la direction, les pompes, carburateurs, magnétos, engrenages divers, rien n’est inutile et il suffit d’un rien pour tout compromettre.
- Or, les dernières courses ont fait apparaître et vont consacrer un nouvel accessoire que les voitures ont emprunté aux avions : le surcompvesseur.
- On sait que, lorsque l’on s’élève dans l’atmosphère, la pression ambiante diminue (à 4500 m. elle est réduite de moitié très approximativement), la masse d’air introduite dans les cylindres diminue d’autant et comme les proportions d’air et de carburant doivent rester à peu près les mêmes, l’énergie d’une cylindrée est ainsi diminuée, d’autant plus que les frottements, les résistances passives, etc..., restent à peu près les mêmes.
- Pour conserver la même puissance, autant que possible, et pouvoir s’élever toujours plus haut, on a réalisé divers dispositifs : moteurs suralésés, surcomprimés, etc..., mais le plus efficace a été le surcompresseur qui pefnïet d’augmenter la pression de l’air introduit dans les cylindres. Les turbocompresseurs Rateau ont permis, comme on le sait, d’atteindre à 12 000 mètres.
- Si l’on suralimente de même les moteurs d’auto mobiles ils n’iront pas plus haut, mais ils entraîneront à une plus vive allure le véhicule, qui ne doit pas lutter seulement contre la route, mais contre l’air.
- Ainsi les phénomènes se trouvent inversés pour l’automobile. Dans l’air à haute altitude, l’avion éprouve beaucoup moins de résistance à vaincre et si, par un artifice, on arrive à fournir à son moteur une alimentation du même ordre que celle dont il jouit près du sol, on peut, à l’aide d’hélices convenables, atteindre des vitesses considérables. Sur le sol, l’automobile éprouve beaucoup plus de résistance et cela à cause de l’air; l’aérodynamique est
- p.313 - vue 335/663
-
-
-
- 314
- LES COURSES D'AUTOMOBILES
- une science extrêmement utile pour les courses d’automobiles.
- Aux environs de la vitesse de 100 km à l’heure, . soit de 28 m. par seconde, la moitié de la puissance du moteur (fîg. 1) se trouve, consacrée à la lutte contre la résistance de l’air, c’est-à-dire que tout se passe comme si la puissance du moteur était réduite de moitié, comme pour le moteur, non suralimenté, d’un avion qui se trouve à 4000 m. d’altitude.
- Il est bien évident que le surcompresseur est presque aussi utile au moteur de la voiture rapide
- il faut ajouter pour cela une sorte de boîte à vitesses pour la commande du turbo-compresseur, mais les engrenages de cette boîte sont beaucoup plus petits que ceux de la boîte principale.
- D’ailleurs, dès l’instant que l’on a — en faisant varier la vitesse du surcompresseur (turbo-compresseur) — un moyen d’agir sur les vitesses, il est permis d’espérer que l’on pourrait simplifier la boîte de vitesses principale — la plus coûteuse, la plus sujette à des pannes fâcheuses — et ce serait un perfectionnement précieux pour les voitures de tourisme
- Le moteur Delage iç25 (2 litres 12 cylindres suralimenté) vu de côté.
- Fig. 5. —
- qu’à celui de l’avion. Le surcompresseur agit, dans les deux cas, en augmentant la pression moyenne du cycle de travail.
- *
- * *
- Si l’on faisait varier la vitesse du surcompresseur, on pourrait augmenter la pression d’admission de l’air aux cylindres de façon à compenser l’accroissement notable de la résistance de l’air sur la carrosserie aux grandes vitesses et à assurer ainsi toute une série de vitesses croissantes.
- La Maison Àlfa-Romeo est entrée, timidement, dans cette voie; le turbo-compresseur rotatif qu’elle emploie est commandé par l’arbre-moteur à l’aide de deux démultiplications qu’on emploie à volonté, suivant la vitesse que l’on veut réaliser. Sans doute,
- *
- * *
- Ce dispositif de suralimentation à taux variable ne semble pas encore tout à fait au point, mais nous le reverrons dans les courses futures et, si celles-ci affirment comme nous le pensons sa valeur, nous le verrons sur les voitures de luxe et, peut-être, sur les voilures ordinaires, car il semble avantageux pour le rendement et permet de diminuer les dimensions des cylindres.
- *
- * *
- C’est en effet dans la réduction des dimensions des cylindres et dans la multiplication correspondante de leur nombre, qu’il faut sans doute trouver la principale cause du succès de la maison française Louis Delage.
- p.314 - vue 336/663
-
-
-
- LES COURSES D’AUTOMOBILES
- 315
- Fig. 6. — La voiture de course Delage, munie du moteur (2 litres 12 cylindres), gagnante du grand prix de VAutomobile-Club à Linas et du grand prix de Saint-Sébastien.
- Examinons, en effet, les caractéristiques des cylindres des voitures concurrentes du grand prix de l’Automobile-Club de France.
- Concurrents. Nombre de cylindres. Alésage mm. Course mm.
- Alfa-Romeo . . . . 8 61 85
- Sunbeam . . . . . 6 67 94
- Delage .... . . 12 51,3 80
- Pour ne discuter que sur des bases comparables, nous avons omis les voitures Bugatti dont les 8 cylindres, non surcomprimés, avaient 60 mm d’alésage et permettaient une course de 88 mm, dimensions se rapprochant beaucoup de celles des voitures Alfa-Romeo.
- Ainsi Delage n’avait pas hésité à construire un
- moteur à 12 cylindres, évidemment plus complexe, mais dans lequel les pistons, qui n’avaient pas beaucoup plus de 5 cm de diamètre, ne donnaient que des effets d’inertie alternative fort modérés relativement aux pistons des concurrents. Pour fixer les idées, disons qu’un piston Delage et sa bielle tiennent dans une main allongée.
- Or, si la surcompression, en relevant la pression moyenne dans le cycle de travail du moteur, augmente la quantité d’énergie utile, elle exige aussi un refroidissement plus-rapide des cylindres.
- Ce qui retarde le refroidissement, c’est l’épaisseur de la paroi, épaisseur qui peut diminuer avec le diamètre du cylindre, d’où l’influence bienfaisante de la diminution des alésages qui a permis d’augmenter la vitesse des pistons en réduisant leur masse. Et comme il faut multiplier le nombre de ces petits cylindres pour obtenir la puissance convenable, on multiplie aussi le développement des parois, de sorte que ie refroidissement se trouve très bien assuré malgré la surcompression et la rapidité du mouvement des pistons.
- *
- * *
- Nous retrouvons ici une formule que nous défendons depuis longtemps : nombreux petits pistons rapides. C’est sans doute l’élégance française, mais c’est assurément la conception la plus rationnelle.
- Dans l'aviation, lorsqu’il a fallu augmenter les puissances pour emporter plus de charge utile, on a souvent augmenté, d’une manière empirique, le taux de compression,
- Fig. 7.
- La même voilure vue de face.
- p.315 - vue 337/663
-
-
-
- 316 ======= LES SOURCIERS ET LE PÉTROLE FRANÇAIS
- les dimensions et le nombre des cylindres. On s’est bien vite aperçu que les petits alésages étaient préférables et c’est une formule à laquelle on revient après des erreurs.
- Le petit alésage et l’augmentation corrélative du nombre des cylindres, c’est-à-dire des pistons et des attelages de bielles sur le vilebrequin a, en effet, aussi bien pour l’aviation que pour l’automobile, un avantage qui dépasse celui que peut donner une augmentation du rendement : il permet de disposer les diverses masses rotatives de l’engin de manière à serrer de plus près Y équilibrage des forces mises en jeu dans le développement de la puissance motrice du moteur.
- Ainsi s’affirment, dans les rudes épreuves, parfois sanglantes, que sont les courses de vitesse, le triomphe des conducteurs habiles et audacieux, des constructeurs de premier ordre (matières premières, usinage, montage, réglage, etc...), et surtout des ingénieurs dont les conceptions s’appuient sur l’étude rationnelle des phénomènes, dans une série d’expériences qui permettent d’approcher lentement d’un type de moteur à explosion après lequel, pour trouver mieux, il faudra poursuivre, dans une voie toute différente, des recherches sur de nouveaux principes, par exemple dans la voie indiquée par M. Àndreau.
- Edmoxd Marcotte.
- LES SOURCIERS ET LE PÉTROLE FRANÇAIS
- Depuis longtemps, l’expérience du baguettisant, en matière de recherches d’eau, a été reconnue et admise par l’opinion. Mais l’application des procédés magnétiques à la prospection du pétrole est toute récente. Elle tend, cependant, à se généraliser dans notre pays où plus de la moitié des explorations sont actuellement dirigées par des sourciers.
- Ceux-ci utilisent encore la baguette traditionnelle de coudrier ; d’autres ont à leur disposition des détecteurs, pour la plupart fabriqués en Allemagne, et qu’ils se refusent à laisser entrevoir même à ceux qui recourent à leurs services. Quelques-uns ont apporté des perfectionnements aux instruments étrangers.
- Certain sourcier, partant de ce principe que le corps humain est radio-actif et magnétique, a supprimé tout engin, et enregistre (?) lui-même les vibretions y du soüs-sol, en se servant de son bras comme pendule.
- La confiance des sourciers pétroliers en leur savoir est presque sans limites. Nous pourrions citer le cas de tel prospecteur qui prétend pouvoir discerner tout ce que contient le tréfonds, y compris les plus légers filons, jusqu’à une profondeur de 20 km. D’autres ne craignent pas d’établir une coupe précise des terrains sous-jacents avec une minutie qui déconcerte. Ils sont même susceptibles’de distinguer, à 100 m. dé la surface, les calcaires durs de calcaires plus tendres. Ceci est le fin du fin.
- Leurs théories font souvent litière des grands principes scientifiques. Un sourcier du Midi affirme qu’il existe un large fleuve (?) de pétrole des confins de l’Alsace aux Pyrénées Occidentales. Interrogé sur la question de savoir si cette rivière à la Michel Strogoff traversait le Massif Central, et de quelle façon, il répondit imperturbablement qu’il en est effectivement ainsi, le naphte s’étadt frayé un chemin parmi les formations primitives, en décomposant les granits.
- Les résultats jusqu’ici enregistrés par les sociétés et particuliers français qui opèrent sous leur inspiration ont été, à la vérité, décevants. En Bretagne, sur les bords de la Vilaine, où l’on devait rencontrer trois horizons entre 150 et 215 mètres, la sonde a été descendue à 220 m. sans qu’on ait recueilli le moindre indice
- d’hydrocarbures. Un échec identique a été enregistré dans l’Eure-et-Loir, pour ne point parler de ceux qui ont en définitive marqué l’intrusion des sourciers dans l’exploration du Midi.
- Néanmoins, les sourciers conservent une clientèle considérable, qui suit leurs avis les yeux fermés. Dans la région de la Basse Loire, on a vu ainsi des capitalistes prolonger pendant 50 m. un fonçage en plein granit, parce que leur conseiller prétendait qu’au delà du dépôt ancien, on recouperait une riche nappe de pétrole.
- D’ailleurs, si certains sourciers témoignent cl’une culture très rudimentaire, on compte parmi eux des instituteurs, de nombreux prêtres, des ingénieurs, voire des polytechniciens.
- En outre, les sourciers ne manquent jamais une occasion de confondre (?) les sceptiques qu’ils peuvent rencontrer. Citons, à ce sujet, une anecdote typique dont nous garantissons l’authenticité. Un haut fonctionnaire de l’Etat montrait quelque incrédulité en présence des pronostics d’un baguettisant. Celui-ci, pour le convaincre, lui proposa de cacher soigneusement sa montre, en or, et assura qu’il se faisait fort de découvrir l’objet. Effectivement, le sourcier décela la montre, mais l’histoire conte que son tic-tac et la nervosité de son propriétaire suffirent à éclairer le prospecteur.
- Convaincus qu’un métal ne saurait échapper à leur attention, les sourciers devaient naturellement songer à rechercher les trésors enfouis au cours des siècles, à la faveur des guerres et des révolutions, et ceux, beaucoup plus problématiques, consignés dans les légendes. Il s’est trouvé des capitalistes pour les suivre dans cette voie, et des groupements,[constitués pour la prospection du pétrole, exécutent aujourd’hui d’importants travaux dans le sud-ouest, aux fins de mettre à jour des souterrains forcés de richesses fabuleuses. "
- Toutes les époques ont ainsi connu une sorte de mysticisme. Mais les sourciers modernes n’ont plus, comme leurs prédécesseurs lointains, à redouter les rigueurs de l’Inquisition et les supplices du Châtelet. Aussi se multiplient-ils de plus en plus.
- A. P.
- p.316 - vue 338/663
-
-
-
- 317
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août et de septembre 1925.
- Les tremblements de terre en 1924. — La longue note de Mme À. liée et de MM. Rothé et Lacoste dénombre toutes les secousses qui ont été enregistrées en France au cours de l’année dernière. Le nombre en est de 24 et, comme dans les mois qui ont précédé, c’est encore la région pyrénéenne qui a offert les phénomènes les plus importants, notamment en février, en août et en octobre.
- A propos du mistral. — Ce vent, de vitesse très variable suivant le moment considéré et suivant les lieux, se caractérise moins par sa violence que par son irrégularité. Pour rechercher l’ordre de grandeur des changements de vitesse d’un point à un autre, au même moment, et déterminer en quels lieux se produisent les accélérations, MM. Faucher et E. Rougetet ont fait un grand nombre de mesures sur un parcours de 70 km environ entre deux points extrêmes comprenant des plaines (Valence, Montélimar) reliées par des défilés (Saint-Vallier-I'ain et Cruas-Le Teil). Il parait établi que
- l’état thermique des plaines rhodaniennes peut être parfois le facteur déterminant du vent du nord. Chacune d’elles est un centre de dépression et, comme elles sont souvent entourées de montagnes et de collines au flanc desquelles se concentre la chaleur et s’établissent des courants ascendants, elles deviennent des foyers d’appel.
- L’éruption du volcan de Santorin. — Des observations faites dans des deux premières semaines du.mois d’août dernier, M. Const. A. Kténas estime que l’éruption actuelle de Nea Iiaméni correspond, pour le moment, à un type mixte vulcano-péléen. Le dôme de Fouqué et le prolongement de Kaménis vers l’Est doivent leur formation à l’extension d’une masse sinon solide, du moins très visqueuse.
- L’intensité des manifestations est d’ailleurs beaucoup plus forte que celle que marquait, à son début, l’érup-
- L’ÉCOLE FRANÇAISE DE MEUNERIE
- Dans les industries séculaires comme la meunerie et la boulangerie, la routine règne très souvent en maîtresse. Pourtant que d’avantages présenterait la substitution de méthodes rationnelles aux procédés empiriques encore en usage dans les moulins et les fournils ! L’importance de tels problèmes n’avait d’ailleurs pas échappé à nos pères. En 4780, Cadet de Vaux, avec l’appui du célèbre Parmentier, fonda, en effet, à Paris une première Ecole de Boulangerie dont la Révolution arrêta l’essor, mais qui exerça néanmoins une heureuse influence sur la formation technique des meuniers français de l’époque. Dans nos petits moulins, fort nombreux alors sur toute l’étendue de notre territoire, on appliquait la mouture dite « économique » très bonne pour tirer le meilleur parti de nos blés tendres, tandis que, dans les grands établissements similaires des Etats-Unis ou d’Angleterre, 011 écrasait les grains en une ou plusieurs fois, puis on les soumettait à une série de tamisages et de blutages (mouture américaine dite anglaise, mouture à gruaux).
- Par la suite, l’étranger entra, bien après nous, dans cette voie. L’Allemagne, entre autres, installa, il y a une trentaine d’années, des écoles de meunerie à Ilosswein (Saxe) et à Dippoldiswalde, près de Dresde. Cette dernière possède même un moulin où les élèves complètent, par un apprentissage pratique, leur instruction théorique. Les Etats-Unis et l’Angleterre créèrent des institutions similaires de moindre notoriété. Quant à nous, après avoir été les initiateurs dans ce domaine, nous nous laissâmes distancer durant de longues années. À la vérité, les principaux meuniers de la région parisienne avaient bien établi des concours spéciaux destinés à récom-
- penser, par des diplômes ou des médailles, les producteurs des meilleures farines. Mais c’étaient là de très médiocres stimulants pour les membres d’une -corporation quelque peu routinière.
- Aussi, afin de remédier à cet état de choses, l’Association nationale de la Meunerie française, qui groupe la majorité des meuniers de France, créa, l’an dernier, avec le concours du Sous-Secrétariat de l'Enseignement technique, une Ecole française de meunerie qui ouvrit ses portes le 15 octobre 4924 et est en plein fonctionnement, à l’heure actuelle.
- Installé dans un immeuble récemment construit, rue Clotilde, à Paris, derrière le Panthéon, et ayant à sa tête un actif directeur, M. René Walterspiler, le nouvel établissement a pour objet de former des praticiens parfaitement au courant des différentes opérations de la mouture et des ingénieurs-meuniers capables de construire des moulins ou d’apporter à leur matériel d’utiles perfectionnements, car, aujourd’hui, la fabrication des farines est devenue une véritable industrie. On tend, de plus en plus, à substituer aux milliers de petits moulins, disséminés sur toute l’étendue de notre pays, d’importantes minoteries pourvues d’un outillage mécanique très complet et capables de satisfaire aux exigences des consommateurs. Aussi quelques-unes de ces grandes sociétés, désireuses de répondre aux desiderata de leur clientèle, organisèrent de petits laboratoires, des moulins, voire des boulangeries d’essais où des chimistes spécialisés étudient scientifiquement la composition des blés et les influences que les procédés de fabrication peuvent exercer soit sur la qualité des farines, soit sur le pain ou autres dérivés farineux. Malheureusement, la création de ces ins-
- p.317 - vue 339/663
-
-
-
- L’ECOLE FRANÇAISE DE MEUNERIE
- 318
- tallations et l’entretien du personnel nécessaire pour effectuer de telles recherches scientifiques, sont trop onéreux pour des moulin? de moyenne importance.
- En définitive, jusqu'à ces temps derniers, l’enseignement technique meunier n’exisLait pour ainsi dire pas en France. Nos compatriotes, qui voulaient devenir minotiers, devaient s’initier à leur métier en faisant un apprentissage dans différents moulins ou en allant dans des institutions spéciales étrangères. Afin d’assurer la formation professionnelle de ces jeunes gens, l’Association nationale de la meunerie française couvrit donc les frais de premier établissement de la nouvelle école tandis que les subventions du Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique, les dons des souscripteurs et les droits de scolarité des élèves en assurent le fonctionnement.
- Durant l’année scolaire, qui commence en octobre et finit en juillet, d’éminents professeurs passent en revue un programme de cours assez chargé. Les uns étudient la technologie delà meunerie, c’est-à-dire les diverses céréales et leurs classifications, l’art de la mouture et ses progrès successifs à travers les âges, l’installation et l’outillage des moulins ou minoteries. D’autres donnent à leurs élèves des notions de chimie appliquée à leur future profession (composition chimique et valeur alimentaire des différentes parties d’un grain de froment, classement des blés tendres et durs, définition et analyse des farines, fécules et amidons, etc.). Des spécialistes de la boulangerie les initient aux phénomènes de la panification, au pétrissage des pâtes, à la marche des fours, tandis que des biologistes leur apprennent les rudiments de la microbiologie (généralités sur les moisissures, les levures et les ferments, les diastases qui interviennent dans les transformations des principes immédiats des céréales, les vitamines de l’embryon du blé, etc.).
- On enseigne, en outre, à l’jicole française de meu nerie, l’entomologie appliquée aux céréales, à la farine et au pain, l’utilisation des moteurs hydrauliques, des rudiments de mécanique et d’électricité, de législation douanière, de droit commercial et de comptabilité. Enfin les élèves exécutent également des travaux pratiques au moulin de l’Assistance Publique de Paris sous la direction d’un de leurs professeurs avec la collaboration du chef de mouture de cette administration et visitent, de temps en
- temps, des minoteries, des boulangeries, des fabriques de pâtes alimentaires sous la conduite d’un cicerone averti.
- Comme sanction de ces études, les élèves subissent des interrogations périodiques. Ceux qui, au cours de l’année scolaire, ont obtenu une moyenne de 14 et au-dessus, reçoivent un diplôme d’ingénieur délivré par le Sous-Secréta-riat de l’Enseignement technique ; ceux dont la moyenne des notes est com-. prise entre 10 et 14 exclu ont un simple certificat d’aptitude professionnelle. En 1924, dix-neuf Français ou étrangers suivirent les cours de l’Ecole française de meunerie et douze d’entre eux en sortirent diplômés. La promotion d’octobre 1925 compte 25 candidats.
- Puissent selon l’intention de ses fondateurs, les futurs ingénieurs qui sortiront du nouvel établissement de la rue Clotilde devenir des hommes de progrès capables de diriger scientifiquement les grandes minoteries modernes et d’en perfectionner les rouages aujourd’hui si compliqués.
- Indépendamment du bureau de la direction, des salles de conférences et de dessin, l’École française de meunerie comporte un laboratoire pour les élèves (fig. 2), un laboratoire de recherches où l’on exécute, entre autres, le dosage de l'humidité des grains de blé par un nouveau procédé (fig. 5),
- Fig. /. — Moulin en miniature comprenant un broyeur, un convertisseur ot un plansichter Bunge.
- p.318 - vue 340/663
-
-
-
- L’ÉCOLE FRANÇAISE DE MEUNERIE
- 319
- Lig. 2. — Laboratoire des élèves de l’Ecole Française de meunerie.
- La personne de gauche exécute une analyse de gluten et celle de droite procède à un examen microscopique de farine.
- Fig, 3, — Dosage de Vhumidité des grains de blé au Laboratoire des recherches de l’Ecole française de meunerie.
- p.319 - vue 341/663
-
-
-
- 320 L’ÉCOLE FRANÇAISE DE MEUNERIE .... -
- luise ec jour désiré, les techniciens de la nouvelle Ecole de meunerie ne manquent pas d’autres problèmes à étudier.
- Ils ont, sans jeu de mots, beaucoup... de pain sur la planche!
- Que d'opérations obscures, que de manipulations aux résultats inexpliqués ne voit-on pas encore au moulin et au fournil! Gomment faut-il préparer les blés en vue de telle ou telle mouture?
- Quelles métamorphoses subissent les céréales sous la meule ou au cours du blutage?
- Comment contrôler, de façon pratique, l’état hygrométrique de l’air dans les minoteries?
- Et tant d’autres facteurs qui Fig. 4. — Petits pétrins mécaniques de Lidon marchant éleclri- exercent une influence encore i°no-
- quement et capables de travailler 2 à 3 kg de farine chacun. réc sur la valeur boulangère &des
- farines et sur la qualité du pain un moulin miniature (fig. 1), qui comprend un I dont Paris, à lui seul, consomme journellement broyeur, un convertisseur et un plansichter Bunge ; I plus de 2000 tonnes. Jacques Boyer.
- 4 pétrins mécaniques de Lidon (fig. 4), marchant électriquement et capables de travailler 2 à 5 kg de farine chacun; enfin un four de boulangerie pour essais (fig. 5) chauffé par des brûleurs à gaz d’éclairage et muni d’un pyromètre à azote système Richard.
- En outre, afin de continuer les travaux d’Aimé Girard, de Schri-baux et de Marcel Arpin entre autres, le laboratoire de l’École, que dirige une jeune savante, Mlle M.-T.
- Pecaud, s’efforce d’améliorer la qualité des blés français, insuffisants en qualité et au point de vue de leur valeur boulangère.
- Mais il faudra sans doute de nombreuses années de recherches pour y parvenir.
- Seuls, en effet, des essais de mouture et de panification effectués concurremment avec l’analyse des blés permettront d’éclairer les sélectionneurs. De la sorte, le cultivateur pourra semer des grains qui, non seulement lui assureront un excellent rendement à l’hectare, mais fourniront des blés aux qualités meunières et boulangères parfaites.
- Nos importations de céréales exotiques se trouveront alors réduites et les consommateurs mangeront un pain savoureux! En attendant que
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue <ie Fleurus, Paris. — 1925.
- p.320 - vue 342/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- L'attelage automatique des vagons : André Bourgaill.
- Les machines modernes pour fabriquer les agglomérés : E. Weiss.
- Les applications des colloïdes en électrotechnique et en radiotechnique : P. Hémardinquer. Les chéiroptères de France : les Rhinolophes : Alex. Feuillée-Billot.
- SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. —; Science appliquée : Automobilisme, etc. Variétés i- La réglementation française des postes d’émission privés. — Recettes et procédés Utiles.
- Boîte aux lettres - Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . , . Union postale.
- 1 franc I fr. 25
- MASSON ET Cie, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- p.n.n. - vue 343/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2694. ~:r.: :. ....—...~......21 NOVEMBRE 1925
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- II. — L’APPAREIL HENRICOT
- Fig. i. — Appareil Henricot.
- L’appareil est abaissé pour permettre l’emploi du crochet de traction ordinaire.
- Nous avons vu, dans un précédent article(1), que l’on se propose, avec l’attelage automatique, d’augmenter la sécurité du personnel et d’accélérer les manœuvres, et comment ce but est atteint, en partie tout au moins, par l’appareil Boirault.
- Les Américains ont pensé qu’il convenait de profiter de l’application de l’autocoupleur pour augmenter la résistance des attelages et être ainsi en mesure de former des trains, de .très fort tonnage, de tels trains, munis du frein continu, permettant d’utiliser les machines à pleine puissance et ne demandant pas plus de personnel que les trains ordinaires.
- Il est trois moyens d’améliorer la résistance des attelages : utiliser un 'métal de plus grande ténacité, augmenter les sections ou enfin choisir des formes mieux appropriées.
- Les recherches auxquelles on s’est livré, quant à la nature du métal à employer, ont montré que l’acier coulé normal, d’une résistance de 125 kg par millimètre carré, convenait mieux, pour cet usage, que les aciers spéciaux tels que ceux au chrome ou au nickel, dont la résistance atteint 155 kg par millimètre carré, mais dont la fragilité au choc est plus grande et qui sont plus difficiles à réparer.
- L’augmentation des sections se traduisant d’ailleurs par un accroissement du poids mort, le moyen le plus rationnel d’améliorer la résistance résidait dans le choix de formes mieux appropriées.
- L’autocoupleur américain M. C. B. (Master Car Builders) a été établi de façon à procurer la plus grande résistance possible, tout en restant dans des limites raisonnables quant au poids et quant à la qualité du métal; il est indéformable et ne comporte, dans ses parties actives, aucune de ces piè-
- 1. "Voir La Nature du 24 octobre 1925.
- Fig. 2 et 3. — Autocoupleur Henricot : élévation et profil.
- ces telles que flasques, coulisseaux, anneaux, crochets, etc., que les chocs pourraient gauchir, allonger ou fausser. Cet autocoupleur présente en outre quelques avantages accessoires ; sa robustesse a permis de supprimer les tampons, ce dont il est résulté une notable diminution de la résistance à la traction dans les courbes, en même temps qu'une importante économie par suite de la réduction des frais de réparation et d’entretien.
- L’appareil Henricot (fig.- 1) est un perfectionnement de l’attelage automatique américain; on peut, dès à présent, le considérer comme parfaitement capable de remplir son office dans les conditions les plus défavorables et en dépit des chocs violents auxquels les vagons sont souvent soumis,
- 11 y a dans cet autocoupleur un exemple tellement topique de ce que l’on peut obtenir au moyen d’organes mécaniques très simples, mais bien étudiés, que nous croyons devoir en exposer le fonctionnement; nous pensons que nos lecteurs seront heureux d’être mis à même d’apprécier ta degré de perfection atteint par ce mécanisme si peu connu en Europe.
- Description et fonctionnement de l’autocoupleur. — L’autocou pleur Henricot (fig. 2 et o) est constitué par une tête sur laquelle est articulée une partie mobile ou corbeau 4. Le corbeau est maintenu fermé par un verrou 6 (fig. 4 à 7) commandé par une bielle de manœuvre 8. Cette dernière présente, à son extrémité supérieure, une coulisse oblique 11, en prise avec une barrette fixée au verrou, et un
- 21. — 521
- 53' Année. — 2' Semestre.
- p.321 - vue 344/663
-
-
-
- 322
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- Coupe AB
- Fig. 4.
- Coupe horizontale de
- V appareil.
- Coupe verticale GH
- Coupe verticale GH
- Coupe verticale CD
- Fig. 5.
- Coupe verticale G H.
- Corbeau verrouillé.
- Fig, 7. — Coupe verticale C D montrant le levier de poussage du corbeau.
- ' Fig. 6. Coupe verticale
- I GH.
- Corbeau libéré.
- épaulement qui, par suite de la présence de la butée fixe 12, empêche tout déplacement intempestif dudit verrou. De la sorte, aucun décrochage ne peut se produire pendant la marche du train, quelle que soit l’intensité des trépidations.
- Pour ouvrir le corbeau, il suffit d’exercer une traction sur une-chaîne fixée au levier 7, de façon à déplacer la bielle 8 de bas en haut. Guidée par la barrette, la coulisse oblique oblige L épaulement de la bielle à s’effacer sous la butée 12; puis le verrou s’élève et le corbeau libéré peut tourner autour de son axe.
- Dès que ce résultat est acquis, le verrou, continuant son mouvement de bas en haut, appuie sur le levier 16; ce dernier oscille et exerce, sur la queue du corbeau, une poussée qui provoque l’ouverture de l’appareil.
- La barrette qui reçoit la poussée de la bielle n’est pas placée sur la verticale passant à ce moment par le centre de gravité du verrou; dès que la queue de ce. dernier cesse d’être maintenue par le corps de l’autocoupleur, un mouvement d’oscillation se produit. A ce moment, le verrou peut être abandonné, la butée 14 l’empêche de retomber, et par conséquent de bloquer le corbeau.
- En cette position du verrou (tig. 6), les vagons peuvent être séparés ou refoulés sans qu’aucun accrochage se produise.
- Lorsque l’attelage est en prise, le mouvement du verrou est limité à la valeur nécessaire au déblocage; ce fait ne présente aucun inconvénient, car l’ouverture du corbeau se produira d’elle-même dès qu’une force quelconque tendra à séparer les véhicules.
- Si l’on désire obtenir la neutralisation de l’appareil, il faut maintenir le verrou soulevé ; à cet effet, la chaîne de commande est munie d’un maillon spécial, plat, M (lîg. 8) qu’il suffit de fixer en une fente pratiquée dans Y escargot de l’appareil de décrochage, après avoir tiré à fond.
- Lorsque l’appareil n’est pas accouplé, le verrou peut effectuer un mouvement de plus grande amplitude et appuyer sur le levier 16 (fig. 7) ; ce dernier oscille et exerce alors sur la queue du corbeau une poussée qui provoque l’ouverture de l’autocoupleur. Cette ouverture pourrait évidemment être obtenue
- directement, à la main, sur le corbeau; mais cette façon d’opérer irait à l’encontre de l’un des buts que l’on s est proposé d’atteindre en créant l’attelage automatique : éviter, dans tous les cas, la présence d’un homme entre les véhicules.
- Qu’elle résulte de l’action du levier 16 ou de celle de l’autocoupleur voisin, l’ouverture de l’appareil amène sous l’arête 18 du verrou une rampe 20, ménagée spr la queue du corbeau; le verrou, sou-, levé par lai rampe, cesse de reposer sur la butée 14 et se trouve dans une position telle qu’il bloquera à nouveau le mécanisme dès que le corbeau se fermera : l’autocoupleur est armé.
- De tout ceci, il résulte qu’en agissant sur /'un seulement des deux autocoupleurs en prise, on peut, à volonté, obtenir un simple déblocage ou une neutralisation; c’est là une particularité très intéressante de’l’appareil Henricot ; les opérations manuelles étant réduites au strict minimum, les manœuvres peuvent s’effectuer avec une plus grande célérité.
- L’autocoupleur est muni d’un ressort à boudin dont l’action s’ajoute à celle de la pesanteur et permet d’accélérer le mouvement du verrou, lors du blocage; l’accrochage de vagons lancés les uns contre les autres est ainsi rendu possible pour toute la gamme de vitesses comprises entre 2 km et
- Fig. 8. — Appareil de décrochage.
- p.322 - vue 345/663
-
-
-
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- 323
- Coupe abcd
- Fig. 9 — Amortisseur à double effet de l’appareil Henricot. Coupes longitudinale et transversale.
- 22 km à l’heure, ce qui facilitera ccnsidérablemenl la formation des trains dans les gares de triage. La puissance des ressorts employés est de 80 kg; des ressorts plus puissants encore pourraient être adaptés à l’appareil. 11 convient de remarquer que le ressort n'ayant d’autre rôle que de permettre l’accrochage à grande vitesse — ce qui ne se fait pas normalement — sa rupture n’entrave en rien le fonctionnement de l'attelage.
- Grâce cà un artifice de construction, qui augmente considérablement la résistance de l’appareil, les efforts et chocs subis par le corbeau sont transmis directement au corps de l’attelage et ne peuvent jamais tendre à cisailler l’axe du corbeau.
- Ajoutons que le mécanisme étant très suffisamment protégé contre les intempéries par le corps de l’attelage, l’autocoupleur Ilenricot est capable de fonctionner normalement sous les climats les plus rudes, considération dont on admettra l’importance, si l’on veut bien se souvenir que la question de l’attelage automatique est européenne, et non pas nationale.
- L’armemeut et la neutralisation sont aisément
- Mécanisme de relevage de l’appareil Ilenricot. Autocoupleur effacé.
- obtenus par une traction sur la poignée fixée à l’extrémité de la chaîne de manœuvre; un effort statique d’une vingtaine de kilogrammes au maximum est en effet suffisant. Le décrochage exige un effort qui peut varier entre 50 et 150 kg, selon que les vagons à détacher sont en ligne droite ou dans une courbe; grâce à un levier articulé J (fîg. 8), qui permet d’exercer une traction sur la chaîne par l’intermédiaire d’un escargot I, l’effort nécessaire est réduit au quart; de la sorte, le décrochage est facile dans tous les cas.
- Les efforts exigés par la manœuvre de l’appareil ont été mesurés statiquement-, ils paraîtront peut-être très élevés au lecteur non averti, aussi, nous nous permettrons de faire remarquer qu’un homme de force moyenne peut aisément produire un effort d’une centaine de kilogrammes.
- L’appareil Henricot proprement dit ne comporte pas d’organe assurant l’accouplement automatique des conduites d’air comprimé, de vapeur ou autres; divers essais effectués à l’étranger, aux États-Unis notamment, ont démontré que de tels dispositifs pouvaient être dangereux. Le Bureau international de Berne étudie en ce moment, paraît-il, un système analogue à celui employé actuellement, mais pouvant être manœuvré sans qu’il soit nécessaire poiir cela de pénétrer entre les véhicules.
- L’autocoupleur est porté par un appareil (fig. 9) consistant en une tige de traction, pourvue à une extrémité d’un plateau P, comprimant un ressort, à l’autre, d’un crochet destiné à permettre l’accrochage avec un vagon muni du tendeur à vis ordinaire. La tige de traction est placée dans un fourreau F en acier coulé, qui guide l’autocouplcür dans . la traverse de l’extrémité du véhicule, et lui assure un jeu latéral plus grand que celui admis par le dispositif ordinaire ; tout coincement est ainsi évité, même dans les courbes de très petit rayon. Le fourreau assure encore la continuité de l’altelaee,
- O 7
- p.323 - vue 346/663
-
-
-
- 324
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- en cas de rupture de la tige de traction, car alors, il vient buter contre la traverse T de l’appareil de recul et supplée avantageusement à l’absence de chaînes de sûreté.
- La traverse T est munie de puissants ressorts R, R', disposés de part et d’autre de l’axe du vagori et maintenus par des tiges articulées t, t', pourvues de plateaux de compression p, p'. L’autocoupleur peut ainsi s’effacer ou se déplacer latéralement sous un choc et revenir ensuite à sa position normale.
- Ainsi combinés, les appareils de traction et de recul constituent un amortisseur à double effet qui rend les tampons absolument inutiles ; ceux-ci pourront, donc être supprimés par la suite, ce dont il résultera une réduction notable de l’eflort de traction nécessaire pour propulser les trains dans les courbes, en même temps qu’une intéressante diminution du poids mort.
- Il est indispensable que, durant la longue période de transition qui suivra l’adoption de l’attelage automatique, le nouvel appareil puisse, à volonté, être mis en position, ou être abaissé, afin que l’accrochage soit facile, aussi bien avec un tendeur à vis, qu’avec l’au-tocoupleur.
- L’inventeur a pensé que cette opération ne devait pas obliger le personnel à pénétrer entre les tampons.
- À cet effet, un volant de manœuvre D (fig. 10) commande un arbre qui, par l’intermédiaire d’une chaîne et d’une bielle, pousse l’autocoupleur et lui fait prendre la position horizontale. Deux verrous a, a', agissant par gravité, s’insinuent sous l’appareil et l’immobilisent. Pour abaisser l’autocoupleur, il suffit de soulever une manivelle; les verrous s’effacent et l’appareil retombe, sous l’action de son propre poids. Le même mécanisme assure également le verrouillage de l’autocoupleur abaissé et empêche tout balancement.
- Les manœuvres de relèvement et d’effacement de l’autocoupleur ne présentent aucun danger, non seulement parce qu’elles s’effectuent sur le côté du vagon, mais aussi parce que les commandes ont été établies de telle façon que les chocs subis par l’appareil n’entraînent pas de dérivages du volant. Cet, organe commande en effet l’arbre f par l’intermédiaire d’une chaîne à quatre maillons. La manivelle d’abaissement est, elle aussi, en liaison caténaire avec les organes commandés; mais ici, on a eu surtout en vue la suppression d’effets d’inertie qui, sous l'influence de chocs, auraient pu provoquer des dé verrouillages intempestifs.
- L’effort nécessaire pour la manœuvre, tant du volant que de la manivelle, n’excède pas 50 kg ét
- ne dure guère que 5 secondes; c’est-à-dire que l’opération ne présente non plus aucune difficulté.
- En somme, l’examen détaillé de l'autocoupleur Henricot, montre que l'appareil a été conçu en tenant compte des conditions très dures dans lesquelles il peut être appelé à fonctionner et des particularités que présentent les manœuvres de triage des vagons et-de formation de trains. Quelque séduisant que soit ce système d’attelage automatique, nous ne saurions pourtant formuler une. appréciation sans nous référer aux résultats des essais.
- L’appareil Henricot a été expérimenté récemment dans la gare de triage de Trappes. Les essais préliminaires ont montré que le fonctionnement était satisfaisant. Le relevage et l’abaissement des autocoupleurs n’ont donné lieu à aucune difficulté; il est prévu que ces manœuvres s’exécuteront en écartant les vagons au préalable. Pourtant, il a été constaté qu’il était parfois possible de réaliser simultanément le relevage et l’accrochage de deux appareils contigus, en ayant soin d’ouvrir les corbeaux au préalable; ainsi conduite, l’opération exige deux agents, mais une manœuvre est évitée.
- Les auLocoupleurs étant placés en retrait de 12 mm, afin d’assurer un serrage de tampons analogue à celui procuré par les tendeurs à vis de l’attelage ordinaire, l’accrochage ne pouvait se produire que si le choc était suffisant pour comprimer les tampons. Pratiquement, l’accrochage a été obtenu en alignement droit à toutes les vitesses supérieures à 1 km à l’heure. Dans une courbe de DO m. de rayon, l’accrochage ne se produit régulièrement qu’aux vitesses supérieures à 5 km à l’heure ; ceci en raison de la compression plus forte qu’il est nécessaire d’imposer aux tampons.
- Les essais ont démontré que des véhicules munis de l’attelage Henricot pouvaient être lancés les uns contre les autres sans qu’il en résulte aucun accrochage intempestif; le résultat pouvait être atteint, soit en fermant les deux corbeaux, soit en neutralisant l'un des appareils.
- Le décrochage a toujours pu être effectué dans de bonnes conditions, même dans des courbes de rayon inférieur à 60 mètres. Aucun décrochage intempestif n’a d’ailleurs été constaté.
- Les essais au « lancer » et à la « gravité » ont montré que l’attelage automatique Henricot permettait d’obtenir une célérité de manœuvre d’autant plus grande que l’accrochage n’exige que l’armement d’un seul appareil, à condition, bien entendu, que le fonctionnement du second autocoupleur ne
- Fig. ii. — Mécanisme de, relevage de l’appareil Henricot.
- Autocoupleur relevé.
- p.324 - vue 347/663
-
-
-
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGONS
- 325
- Fig. 12. — Vagon muni de Vautocoupleur Henricot.
- On aperçoit sur le côté droit le volant d’abaissement et de relevage ; un peu en avant : la chaîne de manœuvre et le levier de manœuvre.
- soit pas neutralisé. Telle opération qui exige 10 minutes avec l’attelage à tendeur à vis n’a pas demandé plus de 1 minute avec l’appareil Henricot. Notons encore que cet autocoupleur se prête très bien au décrochage sur pente, l’effort de tension n’entravant en rien le fonctionnement du mécanisme. En permettant, le cas échéant, de ne séparer les vagons à trier par gravité, qu après le franchissement du dos d’âne, ce fait est de nature à restreindre les avaries au matériel et aux marchandises ; il devient possible, en effet, de graduer, selon les circonstances, la vitesse des véhicules descendant de la butte de triage.
- Les essais ont montré que l’autocoupleur Ilenricot réalise une liaison mécanique d’une souplesse remarquable. Des véhicules très différents comme longueur et comme hauteur de châssis ont pu franchir, sans qu’il en ait résulté aucun risque de décrochage, ni même aucun coincement, un dos d’âne présentant une rampe de 50 mm par mètre suivie, sans le moindre palier, d’une pente de même valeur. Un aussi.brusque changement de profil, atteignant 60 mm ne se rencontre jamais en dehors des buttes de triage et constitue d’ailleurs un maximum : l’expérience est donc absolument probante.
- Une rame de vagons attelés au moyen de l’auto-coupleur a franchi une courbe de 50 m. de rayon sans aucun incident, le jeu des appareils dans les traverses des véhicules n’étant d’ailleurs pas entièrement utilisé. Pour fixer les idées, nous ferons remarquer que le rayon des courbes est généralement limité à un minimum de 500 m. en pleine voie et ce n’est , que sur les plus mauvaises lignes
- de montagne, que l’on admet une limite inférieure fixée à 150 mètres.
- Enfin, on a pu constater, au cours des essais, que l’appareil Henricot est remarquablement robuste : une rame de trois vagons de 20 tonnes, chargés, a pu accoster, à la vitesse de 24 km à l’heure, une rame semblable dont — circonstance aggravante — les corbeaux des autocoupleurs étaient fermés, sans qu'il en soit résulté aucune avarie autre que... le bris des tampons! On a également procédé, sans le moindre incident, à des accrochages à grande vitesse (22 km à l’heure). Des tamponnements ont montré que, même rabattus, les autocoupleurs ne risquaient pas d’être détériorés par les chocs violents.
- Le Conservatoire national des Arts et Métiers, qui a soumis l’appareil Henricot à des épreuves de résistance, a constaté que la rupture ne se produisait qu’à des tensions de l’ordre d’une centaine de tonnes; quelques spécimens ont résisté jusqu’à 150 tonnes. Or, les plus robustes d’entre les crochets de traction actuellement en usage ne résistent qu’à 70 tonnes et il existe encore quantité de véhicules dont les attelages ont été calculés pour supporter un effort maximum de 50 tonnes.
- L’attelage réalisé par cet autocoupleur est toujours serré à bloc, ce qui est pratiquement impossible avec le tendeur à vis lorsqu’il s’agit d’un train long. Échappant, grâce à cette particularité, aux violentes réactions que subit parfois l’attelage ordinaire, il travaille dans de bien meilleures conditions. Comme il est d’ailleurs
- p.325 - vue 348/663
-
-
-
- $26
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VAGQNS
- très robuste, on peut dire qu’avec lui il n’y aura plus lieu de redouter les ruptures d’attelages, et escompter de son adoption une économie importante par la réduction des réparations et des remplacements.
- Si l’autocoupleur Henricot est le plus robuste des appareils d’attelage, il est aussi l’un des plus lourds : on estime que son adoption se traduira par une augmentation de 678 kg sur la tare des vagons. Sans doute, il serait possible de réduire notablement le poids de l’appareil, en se contentant d'une résistance moins considérable, et en remplaçant
- d’abaissement — ci 80- kg— pourront être supprimés et, parla suite, om pourra encore réduire le poids mort en enlevant les tampons devenus absolument inutiles. On arrivera alors à un poids qui ne différera que de 75 à 100 kg de celui de l’attelage actuel, bien faible rançon des avantages que procurera l’autocoupleur, au point de vue de la sécurité du personnel comme à celui de la célérité des manœuvres.
- Le résultat des essais est conforme aux prévisions que l’on pouvait déduire de l’examen du mécanisme ;
- Fig. 14. — Autocoupleurs Henricot en prise.
- l’amortisseur à double effet par un simple ressort en volute, suffisant pour absorber les seuls chocs de traction ; mais ce seraient là de mauvais calculs qui engageraient l’avenir. On ne pourrait songer de sitôt à reculer sérieusement la limite de tonnage des trains, si l'on établissait un nouveau matériel d’attelage d’une résistance seulement égale à celle des crochets de traction actuels, et l’on renoncerait aux avantages que procurera ultérieurement la suppression des tampons, si l’on rejetait d’amortisseur à double effet.
- En réalité, l’augmentation du poids du matériel d’attelage sera sensible, surtout pendant la période de transition ; lorsque tous les vagons seront munis du nouveau dispositif, les appareils [de relevage et
- il ne fait que confirmer l’excellence d’un principe d’attelage qui a fait ses preuves en divers pays, notamment aux États-Unis et au Canada.
- L’appareil Henricot a d’ailleurs été adopté par les chemins de fer du Mexique, des Etats de l’Amérique du Sud, du Congo bèlge, de l’Afrique australe et de la Chine. %
- Presque entièrement établi en acier moulé, simple, robuste, et par conséquent d'un entretien aussi facile que peu onéreux, l’autocoupleur Henricot présente effectivement toutes les qualités que l’on est en droit d'exiger d’un appareil de cette nature.
- On peut dire dès maintenant que ce système d’attelage automatique a les plus grandes chances
- p.326 - vue 349/663
-
-
-
- LES MACHINES MODERNES POUR FABRIQUER LES AGGLOMÉRÉS —- 327
- d’ètrc choisi par l’Office central d'Études de Matériel de Chemins de fer, pour ce qui conqerpe la France, et d'être d’ailleurs imposé aux grands réseaux européens. Des conventions signées en 1907 par les principaux États du continent, à la suite de la troisième Conférence de Berne pour l'unité technique des chemins de fer, déterminent notamment les conditions que doit remplir le rrtatériel roulant pour être admis à passer les frontières ; une modification à ces conventions ne peut résulter que d’une entente. Les conclusions adoptées par le « Bureau international du Travail », conjuguées avec les progrès accomplis en matière d’attelage automatique, ne peuvent manquer de mettre la question à l’ordre du jour de la prochaine Conférence.
- Nous pouvons donc espérer que, dans quelques années, l’accrochage des vagons sera obtenu au moyen d’un procédé moins primitif que celui employé depuis l’origine des chemins de fer. La modification sera très coûteuse : pour les seuls réseaux français, le nombre des véhicules à équiper s’élève à 655 000, ce qui implique une dépense de plus de un milliard et demi de francs, dont il faut déduire la valeur du matériel à réformer, soit un cinquième. Néanmoins, le souci de sauvegarder des vies humaines fera passer au second plan les considérations financières et, peu à peu, les gros avantages procurés à l’exploitation par la mise en service d’un autocoupleur rationnel' feront paraître le fardeau moins lourd. André Bourgain.
- LES MACHINES MODERNES POUR FABRIQUER LES AGGLOMÉRÉS
- On utilise de plus en plus, pour la construction, les matériaux agglomérés qui sont à base de sable ordinaire, de sable et de gravier fin, de sable de laitier, de mâchefer broyé ou d’un mélange de mâchefer avec du sable. Quand on utilise le sable, on se sert du ciment comme matière liante. Si l'on emploie du mâchefer, celui-ci forme avec la chaux des silico-aluminates.
- On emploiera donc comme aggloméré la chaux, plus économique, et qui, en raison de la combinaison indiquée, donne des résultats supérieurs.
- Une grande quantité
- Fig. i. — Principe de la machine à agglomérés à tassement, pilonnage et compression.
- P, fiston. G, galet. F, fond mobile. C, cale. D, couvercle. M, moule. I, remplissage du moule ; II, fermeture dumoule; compression et pilonnage du produit sous les chocs répétés du moule lourd. III, tassement du produit. IV, ouverture du moule. V, éjèction du produit.
- de machines ont été imaginées pour fabriquer industriellement les agglomérés. On peut les diviser en quatre classes principales :
- 1° Machines à pilonnage. — Ces machines utilisent un moule dans lequel on pilonne, soit à la main, soit mécaniquement, la matière à agglomérer. On obtient de bons résultats si le pilonnage est fait soigneusement, mais on est évidemment tributaire de l’ouvrier, De plus ce procédé est long, même avec un pilonnage mécanique, et le prix de revient est assez élevé.
- 2° Machines à compression. — Ces machines sont plus rapides que les précédentes. On opère la compression à bras ou au moteur, ou également par pression hydraulique. La qualité de l’aggloméré fabriqué dépend de la force et de l'énergie qu’applique la machine. Elle ne peut, malgré tout, assurer que des petites ou moyennes productions.
- Quand on utilise la pression hydraulique, on a
- des agglomérés plus serrés et plus réguliers, mais la pression appliquée sur l’aggloméré décroît à partir du point d’application et si l’on obtient une matière serrée au voisinage de la surface, l’intérieur ne l’est pas suffisamment.
- Avec du mâchefer, la pression se transmet mieux, mais elle n’est, malgré tout, pas égale et l’aggloméré fabriqué ainsi est plus imparfait que l’aggloméré obtenu par pilonnageàlamain. 5° Machines à pilon-' nage et compression. — Il n’existe, actuellement, qu’un seul type de celte machine. L’ap-. pareil comporte un bâti qui supporte un moule pouvant se déplacer verticalement. Le moule est maintenu par deux guides qui forment charnière pour son ouverture; à l’intérieur, un arbre horizontal, solidaire du levier de droite, commande les mouvements du moule aiusi que l’entrée et la sortie des noyaux horizontaux, s’il s’agit de la fabrication d’agglomérés creux. Lorsque le levier est abaissé vers l’ouvrier, les noyaux sont à l’intérieur du moule et des organes de soulèvement élèvent le moule au-dessus du bâti. On a mis, au préalable, dans le fond une planchette qui reste fixe, tandis que l’espace de remplissage entre les noyaux et la planchette augmente en raison du mouvement des tiges de soulèvement. On peut ainsi remplir le moule avec un pilonnage succinct de la matière qui passe sous les noyaux.
- En ramenant le levier en position verticale, les tiges supports s’abaissent, de sorte que le moule est libre sur ses guides. Si l’ouvrier frappe alors
- p.327 - vue 350/663
-
-
-
- 328 = LES MACHINES MODERNES POUR FABRIQUER LES AGGLOMERES
- Fig. 2.
- Une machine a tassement, pilonnage et compression.
- avec le couvercle battoir, il pilonne la matière au-dessus et au-dessous des noyaux qui descendent en même temps que le moule. Quelques coups de battoir sont suffisants pour terminer l’aggloméré, ils font descendre le moule sur les tiges qui ont été abaissées.
- En manœuvrant le levier vers l’horizontale, dans le sens arrière de la machine, on retire les noyaux'; les tiges supports se retirent complètement, de sorte que le moule glisse par son propre poids le long de l’aggloméré terminé, et l’on empêche ainsi toute adhérence. On peut ouvrir les portes sans aucun arrachement de matière.
- * Le fonctionnement assure un serrage suffisant et ne demande à l’ouvrier qu’un minimum de fatigue; la production peut atteindre 50 moellons à l’heure et l’on peut fabriquer des pièces ornementées de façade et d’angle.
- 4° Machines à tassements. — Le principe de ces machines dérive de l’observation suivante : du sable chargé sur un tombereau diminue de volume lorsque le tombereau a roulé un certain temps sur des pavés ; par les petites secousses dues à la trépidation, la matière s’est tassée et s’est serrée pour occuper un volume beaucoup plus faible.
- La machine comporte un moule, qui repose, par l’intermédiaire de galets, sur un arbre à came ; celui-ci tourne, soulève et laisse retomber alternativement le moule; le couvercle battoir permet de terminer la partie supérieure de l’aggloméré.
- Avec des matériaux denses, comme le sable ou le gravillon, le serrage est parfait et l’agglomération est homogène; toutes les particules mélangées au
- ciment descendent sous l’influence du tassement, prennent leur place, se serrent et se coincent les unes contre les autres.
- 5° Machines à tassement, pilonnage et compression simultanés. — Comme les précédentes, ces machines comportent un moule qui subit l’action du tassement, mais le moule n’est pas ouvert; le couvercle se verrouille et fait corps avec lui et l’ensemble est calculé pour que le poids soit suffisant pour aider le tassement et que la masse intervienne à chaque secousse pour pilonner en plus la matière.
- De cette façon, on agglomère non seulement les matières de forle densité, mais également les matériaux légers, comme les sables de laitiers et le mâchefer. Le travail effectué avec un moule lourd et très régulier permet d’obtenir l’agglomération intégrale des mortiers (fig. 1).
- Il n'existe qu’une seule machine de ce genre : c’est la tasso-presse Bonnet, qui travaille suivant les principes que nous venons d’indiquer (fig. 2).
- L’aggloméré qui sort du moule est serré, de sorte qu’un homme, même corpulent, peut monter sur l’aggloméré suffisamment solide pour le supporter. On peut ainsi empiler directement les moellons, sans l’interposition de planchettes de séchage, ce qui économise le matériel et la place.
- Le produit obtenu est homogène, aussi bien sur ses faces qu’à l’intérieur; il est moins poreux, a une résistance à l’écrasement élevée, il est soustrait aux influences des agents atmosphériques.
- 6° Essais des matériaux dans la fabrication
- courante des agglomérés. — Il est nécessaire d’avoir recours à un appareil de mesure, qui permette de déterminer, pendant la fabrication, la pression à l’intérieur de l’aggloméré.
- Cet appareil est inspiré du procédé Brinnel. Il se compose d’une petite boîte métallique, à l’intérieur de laquelle se trouvent trois alvéoles, contenant chacune un morceau de clinquant sur lequel repose une bille (fig. 5).
- Un couvercle ferme la boîte, qui est ainsi placée à l’intérieur de la matière à agglomérer, avant le travail.
- Une fois le moellon d’expérience terminé, on le démolit, on retire l’appareil et on compare l’empreinte laissée sur le clinquant par les billes, avec des empreintes de mesure faites à la presse hydraulique sur le même clinquant avec des billes de même diamètre. On trouve ainsi quelle est la valeur de la pression à l’intérieur de l’aggloméré au cours de la fabrication.
- Fig. 3. — L’essai d’un bloc par la méthode de la bille.
- p.328 - vue 351/663
-
-
-
- r LES APPLICATIONS DES COLLOÏDES --. -.....- 329
- Fig. 4.
- Dégagement de Vaggloméré en fin de travail.
- Les machines à tassement, pilonnage et compression simultanés atteignent, comme pression à l’intérieur du produit, 250 à 500 kg par centimètre carré, résultat d’autant plus intéressant que la machine demande uniquement une force de 2 ch.
- Les essais à l’écrasement se font à des périodes déterminées après la fabrication.
- En comparaison avec la brique cuite ordinaire, dont la résistance moyenne est de 80 à 100 kg au centimètre carré, les agglomérés fabriqués de la manière indiquée ci-dessus, indiquent, après un mois,
- 120 à 180 kg pour les produits à base de mâchefer, 250 à 500 pour les agglomérés à base de sable. Le dosage en chaux ou ciment a une influence sur ces chiffres, ce qui explique les variations trouvées. C’est donc la preuve de la perfection du procédé de fabrication, car, en général, les agglomérés produits suivant les méthodes ordinaires, ont des résistances voisines de celles de la brique cuite.
- 7° Installation sur les chantiers. — La pénurie de main-d’œuvre et le prix élevé des matériaux ont développé d'une façon' considérable la fabrication des agglomérés dans ces dernières années. Les installations se font fréquemment sur le chantier lui-même, et quand il s’agit d’une production de petite importance, le mortier est préparé dans un broyeur mélangeur à meule, qui alimente la machine de fabrication des agglomérés.
- S’il s’agit d’installations puissantes, un appareil doseur contrôle l’arrivée automatique de la matière
- et les proportions du mélange: un broyeur continu alimente sans arrêt les machines, qui sont placées à la sortie de chacune des bouches du broyeur.
- Des appareils de manutention mécanique assurent l’écoulement rapide des produits fabriqués : chemins de roulement à gravité par exemple, qui procurent une économie considérable de main-d’œuvre.
- Les machines Bonnet dont nous venons de parler font l’objet de brevets français, dont la valeur a été sanctionnée par des brevets étrangers à examen préalable.
- Il est bon de noter, chaque fois qu’il est possible, les progrès réalisés par nos industriels ; ils ne sont jamais suffisamment signalés à l’attention publique.
- E.-H. Weiss.
- LES APPLICATIONS DES COLLOÏDES
- EN ÉLECTROTECHNIQUE ET EN RADIOTECHNIQUE
- Les propriétés des colloïdes furent étudiées pour la première fois, on le sait, par Graham, en 1861.
- À la suite d’expériences de laboratoire sur la diffusion à travers les parois, ce savant fut amené à classer les corps existant en milieu liquide en deux catégories, les cristalloïdes et les colloïdes.
- Dans les colloïdes, des particules finement divisées d’un corps solide, liquide, ou
- gazeux, sont en suspension dans un autre corps, lui-même liquide, solide, ou gazeux.
- Les particules du corps divisé constituent la phase interne ou phase dispersée, le corps les contenant en suspension est nommé la phase continue.
- Les suspensions, les émulsions, les solutions colloïdales proprement dites sont toutes des corps colloïdes, et ne diffèrent que par la taille des grains qui constituent le corps en suspension!
- Le kaolin ou la fleur de soufre dans l'eau sont des suspensions, le lait est une émulsion (particules de graisse dans l’eau), la gélatine, l’acide sili-cique, sont des solutions colloïdales.
- Les solutions colloïdales se présentent sous des aspects extrêmement différents suivant la nature des phases en présence : les brouillards, les fumées,
- 'Solution colloïdale
- big. 1. —Démonstration des propriétés électriques des colloïdes.
- p.329 - vue 352/663
-
-
-
- 330 =
- LES APPLICATIONS DES COLLOÏDES
- >
- Fig. 2. — Schéma de principe du déplacement des électrons d’un tube à vide.
- les mousses, les e'mulsions, sont toutes des solutions colloïdales.
- On voit que ce qui caractérise l’état colloïdal de la matière, c’est, d’une part, l'hétérogénéité, et, d’autre part, la division extrême de l’un des corps composants.
- L’étude de l’état colloïdal a la plus grande im-
- Fig. 3.
- Emploi en T. S. F. d’un détecteur colloïdal.
- mal connue, et qui s’apparente souvent par ses phénomènes déconcertants à la chimie biologique.
- Mais, sans nous étendre plus longtemps sur les phénomènes généraux présentés par les colloïdes, bornons-nous à étudier sommairement les propriétés électriques des solutions colloïdales, propriétés que l’on a tenté d’utiliser en électrotechnique et en radiotechnique.
- On sait que l'ultra-microscope est un microscope de fort grossissement, muni d’un système spécial d’éclairage de la platine ; ce système d’éclairage permet, au moyen de rayons lumineux latéraux, de produire une sorte d’auréole lumineuse autour des corpuscules opaques à examiner, et de se rendre compte de leurs formes et de leurs mouvements. Le phénomène est analogue à celui qui permet la nuit la vision d’étoiles se détachant sur le fond noir du ciel, ou la vue des poussières lorsque brille un rayon de soleil dans une pièce obscurp.
- On constate donc, en examinant à l’ultra-micro-scope une solution colloïdale, que les grains en suspension sont animés de mouvements rapides continuels, sans que les particules se rencontrent.
- Fig. 4. — Courbe de courant redressé par une valve colloïdale.
- A, courant redressé ; B, tension d’alimentation alternative aux bornes du primaire du transformateur.
- portance, non seulement dans l’intérêt de la science et pour l’étude de’la constitution de la matière, mais même en vue d’applications pratiques immédiates. Grâce à elle, on a pu, en effet, réaliser d’intéressants progrès en métallurgie (moulage, graissage), en électrotechnique (fabrication des piles), en photographie (fabrication de la gélatine pure), etc.
- C’est également grâce aux données acquises sur les corps colloïdaux que l’on pu tenter d’expliquer des phénomènes naturels météorologiques, la formation des brouillards par exemple.
- C’est en médecine peut-être, cependant, que l’étude des colloïdes a permis jusqu’à présent de rendre les plus grands services, car il semble que les médicaments à l’état colloïdal absorbés par l’organisme aient une plus grande efficacité. D’autre part, certains colloïdes métalliques arrêtent le développement des bactéries sans être nuisibles à l’organisme.
- Ainsi l’argent colloïdal ou collargol, le protar-gol, etc., sont fréquemment employés comme antiseptiques ou fébrifuges.
- Par ces quelques exemples, on peut se rendre compte de tout l’intérêt de la chimie des colloïdes, chimie malheureusement très complexe et encore /
- Ces mouvements portent le nom de mouvements browniens du nom du physicien Brown qui découvrit ce phénomène en 1828, et l’une des causes de cette agitation constante paraît être électrique, les particules colloïdales étant toutes chargées d’élec-
- ..110 v
- s
- jmsstsmsL
- Fig. 5. — Montage du redresseur colloïdal.
- Tr, transformateur ; V, valve colloïdale ;
- L, lampe de protection. *
- p.330 - vue 353/663
-
-
-
- LES APPLICATIONS DES COLLOÏDES...... ..." 331
- tricité de même signe, donc se repoussant les unes des autres.
- On a pu déterminer, d’ailleurs, grâce à l’ultramicroscope, le diamètre des particules colloïdales. On compte le nombre de particules dans un volume donné d’une solution, et l’on détermine leur masse par évaporation d’une masse suffisante du colloïde, et pesée du résidu sec. Si la densité du corps peut être supposée la même à l’état de masse ou à l’état colloïdal, on détermine ainsi le diamètre des particules. On trouve alors’qu’il est de l'ordre de 10~6 à 10~7 centimètres.
- Il est facile de démontrer que les particules colloïdales sont bien chargées électriquement.
- Le meilleur procédé consiste à placer une so lulion colloïdale dans le champ d’un ultra-microscope et à faire agir sur cette solution un courant électrique à l’aide de deux électrodes en platine, on peut alors observer un déplacement des particules vers l’une des électrodes, généralement l’électrode positive, ce qui démontre l’existence d’une charge électrique généralement négative.
- Un procédé’ encore plus simple consiste à placer une solution colloïdale dans un tube en U comportant deux électrodes en platine plongeant dans de l’eau absolument pure. Lorsqu’on fait passer un courant électrique dans le système, on constate le déplacement des particules vers l’une des électrodes ; à la vérité on ne voit pas réellement ce déplacement, mais on constate un changement de couleur dans la solution du côté d’une des électrodes (fig. 1).
- Le déplacement des grains colloïdaux dans un champ électrostatique porte le nom d'électrophorèse, de cataphorèse ou d'anaphorèse suivant que le mouvement s’effectue vers la cathode ou vers l’anode.
- Il est venu tout naturellement à l’idée d’assimiler
- le déplacement des particules colloïdales à celui des électrons que l’on constate par exemple dans les tubes avide de T. S. F. (fig. 2), dans lesquels, sous l’action de la chaleur, les électrons s’échappent du filament métallique et sont attirés par la plaque chargée positivement.
- Il n’y a cependant qu’une ressemblance très lointaine entre les propriétés des électrons et celles des particules colloïdales.
- D’abord le diamètre de celles-ci, que nous avons
- indiqué plus haut, est infiniment supérieur à celui des électrons, et leur inertie est beaucoup, plus grande.
- Ensuite, la vitesse de déplacement de ces particules dans un champ électrique, vitesse constante d’ailleurs, quelle que soit la nature du colloïde, est relativement très faible. Elle est de l’ordre de quelques microns par seconde dans un champ de 1 volt par cm, alors que la vitesse des électrons atteindrait 20000 km par seconde dans l'espace vide dts audions.
- Enfin, le nombre des particules en solution colloïdale doit être limité, car des solutions de forte teneur pourraient se précipiter sous l’action de la pesanteur. Quelques corps comme la gélatine, l’agar-agar, ont cependant la propriété de stabiliser les solutions et d’empêcher leur précipitation.
- Il est donc bien improbable que l’on puisse un jour employer en T. S. F. les solutions colloïdales pour réaliser un dispositif d’amplification jouant le rôle de relai instantané de l’actuel audion.
- Il semble cependant que l’étude plus approfondie des propriétés électriques des colloïdes puisse amener des progrès intéressants tant en électrotechnique qu’en radiotechnique.
- On applique déjà couramment dans l’industrie une autre propriété électrique des colloïdes, Vélec-
- * s ^ J
- Fi%. b* — Aspect du redresseur colloïdal. >
- A, valve; B, lampe témoin ; C, C2 C3, bornes du courant redressé ; C* Cs bornes du primaire connectées au réseau alternatif ; D, transformateur.
- p.331 - vue 354/663
-
-
-
- 332 .: LES APPLICATIONS DES COLLOÏDES
- Iro-endosmose, qui concerne le déplacement du liquide lorsque les particules colloïdales sont arretées par un diaphragme poreux.
- Certains techniciens ont eu recours aux propriétés des colloïdes métalliques pour expliquer les phénomènes constatés dans la soupape électrolytique Nodon qui sert à recharger les accumulateurs sur le courant alternatif, ou même pour étudier la détection produite en T. S. F. par certains cristaux.
- En 1919, M. Roussel a réalisé plusieurs expé-, riences intéressantes pour essayer d’utiliser des solutions colloïdales de métalloïdes ou de métaux à la réception des signaux de T. S. F. Un vase en verre Y soigneusement nettoyé, puis paraffiné à chaud, contenait, par exemple, une solution de soufre colloïdal. Dans ce vase plongeaient deux électrodes de platine ou d’aluminium A et B, B ayant une surface environ quadruple de celle de A (fig. o).
- Le dispositif fut mis à la placer d’un détecteur à cristal dans un poste ordinaire, A remplaçant la pointe et B le cristal. Les résultats furent meilleurs qu’avec un détecteur à galène, mais l’appareil devenait inutilisable au bout de quelques heures.
- D’autres expériences du même genre furent beaucoup moins nettes, car il semble qu’un phénomène de coagulation des particules se produisait rapidement.
- En 1923, on fit grand bruit autour de la prétendue découverte d’ingénieurs allemands qui auraient employé des colloïdes pour F amplification de signaux de T. S. F., cependant, en réalité, il semble qu’aucun résultat sérieux n’ait pii être atteint.
- Il semble, au contraire, que la découverte toute récente d’un ingénieur français, M. H. Audré, marque un important progrès.
- Cet ingénieur a découvert en électrolysant de l’acide sulfurique concentré au moyen de deux électrodes en argent pur, et en faisant passer un courant alternatif dans l’électrolyte, que la résistance du liquide diminuait progressivement ; l’électrolyse diminuait en même temps et cessait lorsque la différence de potentiel entré les électrodes s’était ainsi annulée.
- En examinant alors l’acide sulfurique à l’ultramicroscope, on constate dans celui-ci la présence de micelles d’argent colloïdal qui sont animées, comme à l’habitude, de mouvements browniens.
- Il suffit d’utiliser une électrode d’argent colloïdal et une autre électrode formée d’un métal à oxyde isolant et inattaquable pour obtenir un redresseur de courant qui peut servir à recharger des batteries d’accumulateurs ou à former un relais polarisé.
- Le choix des matières cathodiques est assez restreint et la tension efficace redressée par diverses cathodes est donnée par le tableau suivant :
- Cuivre pur....................... 8 volts
- Nickel ....'......................16 —:
- Ferro-nickel 50 pour lût). . . 18 —
- Fer doux. . ......................25 — ‘
- Ferro-silicium...................55 —
- Silicium........................ 80 —
- La densité de courant peut atteindre 1 à 2 ampères par centimètre carré : la température optima est de 40° à 60°.
- Les ondogrammes obtenus (fig. 4) ont montré le bon fonctionnement du redresseur et indiqué en même temps que ce système possédait une très forte capacité (Lexourant est décalé en avant de la tension; courbes A et courbes B).
- Il serait d’ailleurs possible d’obtenir un fonctionnement en valve thermoionique avec des colloïdes desséchés, en opérant à une température de 500° à 400°.
- En s’appuyant sur cette propriété intéressante de l’argent colloïdal, M. André a réalisé un petit redresseur de courant très pratique pour la charge des accumulateurs.
- La valve redresseuse ( A fig. 6) comprend donc une anode en argent colloïdal et une cathode en métal inoxydable dont la forme a été déterminée de manière qu’elle s’oppose au passage du courant en sens inverse.
- Cette valve est simplement placée en série avec le secondaire d’un transformateur Tr dont le primaire est alimenté par le courant du secteur à redresser (fig. 5). Une lampe témoin L sert de résistance régulatrice et permet de charger l’accumulateur A de 4 ou fi volts sans autre rhéostat de réglage.
- L’intensité du courant redressé atteint environ 2 ampères ; mais ce qui est surtout fort intéressant c’est le rendement du dispositif. La résistance de la valve passe, en effet, d’une valeur pratiquement infinie pendant la première phase à une valeur de quelques fractions d’ohm pendant la deuxième ; il en résulte que le rendement approche de l’unité, ce qui n’avait pas encore été obtenu avec d’autres types de redresseurs.
- Pratiqyement, la valve, la lampe-témoin et les bornes de connexion sont disposées sur la partie supérieure d’une boîte métallique de faible encombrement, qui contient le transformateur d’alimentation. L’ensemble constitue donc un système extrêmement pratique pour la charge des batteries de faible capacité.
- Une valve du même genre pourrait-elle être employée comme détecteur en T. S. F.? Assurément non.
- A défaut d’autres raisons, la capacité très grande de la valve suffirait à lui interdire tout rôle en haute fréquence. Si on l’introduisait, en effet, dans un circuit parcouru par des courants de T. S. F., ces courants seraient transmis par capacité à travers la valve sans qu’aucun effet de détection n’ait lieu.
- Mais on pourrait cependant songer à utiliser un dispositif de ce genre pour la détection des courants à faible fréquence ou à très basse fréquence, inférieure à 1000 périodes par exemple. Il serait donc vraisemblable que ces appareils soient appliqués quelque jour à l’enregistrement des signaux de T. S. F., ou en télémécanique.
- p.332 - vue 355/663
-
-
-
- 333
- LÈS RH1NOLOPHES
- Mais il est une autre application de T. S. F. plus immédiate à laquelle ces valves peuvent être destinées ; c’est l’alimentation des filaments par le courant alternatif d’un secteur.
- On sait qu’il existe actuellement deux procédés pour alimenter des audions en alternatif. Dans le premier on ne redresse pas le courant, on abaisse seulement sa tension, on alimente directement les filaments en alternatif, mais on s’efforce, au moyen de procédés spéciaux, d’atténuer les ronflements désagréables produits par les alternances du secteur.
- Le deuxième procédé consiste au contraire, non seulement à abaisser la tension du courant alternatif, mais encore à le redresser, et à filtrer le courant simili-continu obtenu avant de l’envoyer dans l’amplificateur.
- 11 est alors possible, avec une boîte d’alimentation séparée, d’alimenter les filaments en courant alternatif sans rien changer au montage et aux amplificateurs ordinaires.
- Les valves « colloïd » se prêtent justement fort bien au redressement du courant destiné ail chauffage des filaments, et cette application peut devenir très importante.
- L’avenir nous réserve sans doute encore d’autres découvertes qui permettront d’obtenir de fécondes applications des propriétés des substances colloïdales tant en électrotechnique qu’en radiotechnique. On voit déjà par cet exposé qu’à l’heure actuelle la chimie des colloïdes, encore mal connue et très complexe, a permis cependant d’obtenir des résultats utiles. P. Héjurdiïnquer.
- LES CHÉIROPTÈRES DE FRANCE
- LES RHINOLOPHES
- De tous les animaux réprouvés, il n’en est pas de plus abominablement persécutés que les Chauves-Souris, et c’est tout à fait injuste, car nous n’avons pas de meilleurs auxiliaires que ces bêtes, par ailleurs très inoffensives.
- Depuis un temps immémorial, les Chauves-Souris sont des objets d’effroi et de répulsion.
- Elles sont les victimes de notre ignorance et de nos préjugés.
- Leur nature mys- Fig. i.
- térieuse, leurs mœurs nocturnes, l’étrangeté de leur aspect les firent condamner sans appel. Moïse les mit au nombre des animaux impurs ; les Égyptiens voyaient en elles des formes redoutables de la divinité; les Grecs les identifiaient aux Harpies ; les Chrétiens prêtèrent à Satan des ailes de Chauves-Souris; le Moyen âge donna les Chéiroptères, pour compagnons habituels, aux sorcières. Et toute cette tradition de crainte superstitieuse pèse encore de nos jours sur les Chauves-Souris pour les vouer à la destruction.
- Or, comme les Chauves-Souris ne mettent au monde qü’un petit par an — rarement deux — leur destruction est grandement préjudiciable aux espèces. Cependant, au point de vue de l’agriculture et de l’hygiène publique, nous avons intérêt à favoriser la multiplication des Chéiroptères, au même titre que la multiplication des Oiseaux insectivores.
- De la définition d’Aristote qui les appelait improprement « Oiseaux à ailes de peau », retenons seulement que les Chauves-Souris collaborent avec
- les Oiseaux utiles pour détruire les Insectes ailés nuisibles. Les Chauves-Souris continuent l’œuvre des Hirondelles, des Martinets et des Engoulevents. Il a fallu des siècles pour que l’on reconnaisse dans-les Chéiroptères des Mammifères à main transformée en aile, — à mains ailées.
- Ce qui caractérise ces petits Mammifères, c’est le développement extraordinaire des phalanges des membres antérieurs, reliées par les membranes alaires qui s’étendent jusqu’aux membres inférieurs (fig. 2).
- Le pouce de la main reste-libre, il est court et onguiculé. Les quatre autres doigts et leurs métacarpiens supportent le patagium ou aile. Le repli cutané est constitué par le prolongement de l’épiderme du dôs et de l’abdomen : la membrane est donc formée de deux couches extrêmement minces.
- Entre les membres postérieurs, la membrane inter-fémorale est soutenue par les calcanéums et par la queue. Les pieds ont cinq doigts onguiculés ; pour dormir ou pour se reposer, les Chauves-Souris, enveloppées de leurs ailes repliées, se suspendent par les pieds, la tête en bas.
- — Grand Fer-à-Cheval. D’après A. Millot
- p.333 - vue 356/663
-
-
-
- 334
- LES RHINOLOPHES
- Les mamelles sont pectorales.
- D’une manière générale, on peut dire que la dentition offre une grande analogie avec celle des Insectivores : les canines très développées et les molaires à tubercules aigus, sont propres à broyer les Insectes qui composent essentiellement la nourriture des Chauves-Souris de France parmi les Chauves-Souris exotiques, il y a des espèces frugivores). Une profonde échancrure de la voûte palatine sépare les incisives.
- Dans les airs, les Chauves-Souris volent avec plus ou moins de rapidité, mais toujours avec une remarquable souplesse. A terre, elles marchent à l’aide de leurs quatre membres, non sans quelque difficulté. Pour reprendre leur vol, elles sont obligées de sauter, si elles ne peuvent pas gagner une éminence qui leur permette de s’élancer.
- Crépusculaires et nocturnes, ces animaux ont les yeux petits. Mais l’ouïe et le toucher sont d’une sensibilité exquise, à tel point qu’on a pu croire à un sixième sens leur permettant de percevoir l’approche des corps solides.
- C’est à l’automne que s’accouplent nos Chéiroptères; les petits naissent au printemps suivant, après l’hibernation, période que les Chauves-Souris passent dans un engourdissement assez profond, et presque sans s’alimenter.
- Il existe en France de nombreux représentants des deux familles de Chéiroptères : les Rhinolo-phidés et les Yespertîlionidés. Ce sont des premiers que nous parlerons aujourd’hui.
- Le nom de Rhinolophe vient de deux mots grecs : pîç, nez; Aocpoç, houppe. En effet, ces Chauves-Souris sont munies d’un appendice nasal formé : 1° par une peau nue qui dessine un fer à cheval sur lè dessus du museau ; 2° par une seconde membrane, la feuille, garnie de quelques poils, et dont la pointe monte entre les yeux; 5° la selle qui se dresse verticalement au-dessus du nez (fig. 3 et 4).
- Un tel arrangement djanne au Fer-à-Cheval une physionomie inoubliable, devant laquelle les paroles de Fabre nous reviennent à la mémoire : « Quelle odeur, si subtile qu’elle soit, pourrait échapper à un tel nez? Je me demande même si pareil nez, épanoui jusqu’au monstrueux, n'est pas apte à reconnaître certaines qualités des choses qui nous sont et nous seront toujours inconnues, faute de moyens pour les apprécier.... »
- Dans nos régions se rencontrent le « Grand Fer-à-Cheval », le « Petit Fer-à-Cheval » et le Rhinolophe Euryale.
- Le Rhinolophus ferrvm-equinum Schreber, ou « Grand Fer-à-Cheval » — anciennement appelé Unifer — habile partout en France, mais surtout le sud-ouest. La selle courte, large, présente des bords latéraux concaves. L’oreille, à pointe très aiguë, est dépourvue d’oreillon. Les ailes s’insèrent au talon. Trente-deux dents. Longueur du corps : 0 m. 06 ou 0 m. 065. Envergure 0 m. «560 ou 0 m. 40. Le pelage e&t brun roux foncé en dessus
- et à peine teinté en dessous. Les membranes et les. oreilles sont brunes.
- Le Rhinolophus hipposideros Bechstein, ou « Petit Fer-à-Cheval » — anciennement appelé Bifer, — offre une selle allongée, étroite, à bords droits. Il mesure 0 m. 04 de longueur (tête et queue) et 0 m. 22 à 0 m. 25 d’envergure. Il est très commun en France, sauf au nord-est.
- Le Rhinolophus Euryale Blasius, a la selle courle, large, à bords parallèles. L’échancrure du lobe externe de l’oreille est obtuse. L’aile s’insère au tibia et non au talon comme chez les deux espèces précédentes. Sa taille est intermédiaire entre le Grand et le Petit Fer-à-Cheval, puisqu’il a pour longueur 0 m. 055 (tète et corps) et pour envergure 0 m. 280. Cette espèce habite le centre et surtout le midi de la France. Le Grand Fer-à-Cheval élit domicile dans les souterrains, les caves, les carrières, les vieux édifices. A la belle saison, il lui arrive de s’établir dans les combles des tours, dans des greniers à l’abandon (fig. -1 ).
- En avril, généralement, les femelles adultes s’attroupent dans le but de mettre au monde les petits et de les élever. Les Rhinolophes femelles admettent dans leur société de jeunes sujets des deux sexes et parfois, chez quelques espèces, des mâles adultes.
- De mai à juillet, les femelles font leurs petits. La gestation est assez lente : dix ou onze semaines chez les Rhinolophes. Cette lenteur s’explique par le fait que le petit est très développé en naissant ; il est vigoureux et déjà pourvu de ses dents de lait. Pourtant, il n’ouvre les yeux que le huitième ou le dixième jour qui suit sa naissance. Aussitôt née, la petite Chauve-souris s’accroche à la fourrure de sa mère, au moyen du pouce de ses membres antérieurs et des ongles de ses membres postérieurs, puis, dans ses mâchoires pourvues de dents spéciales, il serre l’un des faux tétons du pubis, très longs, ridés et aplatis. Ces fausses mamelles pubiennes n’existent que chez les Rhinolophes, elles ne communiquent à aucune glande, par conséquent, ce sont des organes de fixation.
- La mère ne se sépare jamais de son petit qu’elle emporte dans ses vols, solidement cramponné sous elle, comme il vient d’être dit.
- Quand le jeune Rhinolophe veut têter, il lâche la fausse mamelle pubienne pour aller sè fixer à l’une des deux mamelles pectorales qui sécrètent le lait.
- Les mères Chauves-Souris sont admirablement dévouées, mais elles n’élèvent nullement leurs petits en commun et elles réservent leurs tendres soins à leur unique rejeton.
- Le grand Fer-à-Cheval mesure déjà, à sa naissance, 16 cm 1/2 d’envergure; sa feuille nasale a la forme de celle des adultes Presque nu en dessous, il est couvert en dessus par un pelage fin, serré et court, gris cendré. Les poils s’allongent rapidement et prennent une teinte plus sombre. Les membranes sont gris clair chez le nouveau-né, ses ongles sont très acérés.
- p.334 - vue 357/663
-
-
-
- 335
- LES RHINOLOPHES
- Allaités pendant deux mois, environ, les jeunes se développent promptement. Bientôt près d’atteindre la taille des adultes, ils demeurent vêtus d’un pelage plus foncé et plus gris. Quoique très forts et ne tétant plus, la plupart des jeunes continuent à vivre en compagnie de leurs mères pendant longtemps.
- L’élevage des jeunes étant terminé, les Chauves-Souris quittent les combles pour regagner les souterrains.
- Les Rhinolophes ne sont adultes qu’à l’àge de deux ans, ou, plus exactement, le mâle n’est en état de s’accoupler qu’au troisième automne qui suit sa naissance, tandis que la jeune femelle peut s’accoupler au deuxième automne qui suit sa naissance.
- Le sommeil hivernal du Grand Fer-à-Cheval n’a lieu selon aucune règle précise. Il est des individus qui s’engourdissent plus tôt que les autres. Certains sont complètement engourdis au mois d’octobre, par température douce, alors que d’autres, en plein hiver, dorment d’un sommeil léger et se réveillent pour s’enfuir à l’approche de l’observateur qui pénètre dans leur retraite. Dérangés ou irrités, les Rhinolophes tournent la tète de tous côtés, agitent les oreilles et montrent les dents.
- Suspendus par leurs membres postérieurs, les hibernants ont le corps presque totalement enveloppé par leurs ailes; leur queue est rejetée sur le dos. En plein hiver, quand le froid est rigoureux et, par suite, quand leur engourdissement est profond, on peut les prendre pour les examiner, puis les remettre en place; comme un dormeur mal réveillé, on les voit alors s’envelopper de nouveau de leurs ailes pour se replonger^ dans leur repos interrompu et sans chercher un autre endroit pour se suspendre.
- Accrochés aux voûtes de leur abri, les Rhinolophes passent ainsi la mauvaise saison ; cependant s’il survient une série de beaux jours pendant l’hiver, ils se réveillent et prennent un peu d’activité, sans s’éloigner de leur place de sommeil.
- Les Rhinolophes hivernent en grandes troupes, ou en petites familles, ou même isolément. Ils ne s’enfoncent jamais dans les fentes, comme le font les Vespertilions.
- Si la température est favorable, le. grand Fer-à-Cheval sort de Son engourdissement, il quitte sa cachette et, quand la nuit tombe, il s’en va survoler les allées des bois et des parcs, les fortes haies, et aussi les rivières ou les étangs. Son vol est bas, assez lourd. En exécutant des voltes, il chasse les Insectes crépusculaires et nocturnes.> Il dévore les petites proies sans interrompre sa ronde; s’il capture un Insecte de grande taille — Coléoptère ou Lépidoptère — notre Rhinolophe s’accroche aux abords de son domicile, ou bien à un arbre, pour y manger à l’aise sa volumineuse victime. C’est ainsi qu’à l’entrée de l’abri du Grand Fer, on constate la présence de nombreux débris de gros Insectes, mêlés à un amoncellement de déjections.
- Le Grand.Fer-à-Cheval ayant un sommeil lourd, il est possible, en été, de le surprendre dans sa retraite et de s’en emparer pendant son repos. Mais il ne faut pas songer à l’élever en captivité. II se brise les membres en se jetant violemment sur les barreaux de sa cage. Il refuse toute nourriture et regrette sa liberté au point de se laisser mourir.
- Le cri de ce Rhinophole a été traduit ainsi : « co, co, co', co, avec un bruit de grelot » ; les notes sont moins métalliques chez les jeunes que chez les adultes. Un « grognement rauque » est'la plainte que fait entendre cette bête quand on la saisit.
- Le Petit Fer-à-Cheval est le plus fragile de nos Chéiroptères; il s’abrite, en tous temps, dans les souterrains, les caves, les cavernes, soit en troupes, soit en petits groupes, et sans se mêler aux autres espèces de Chauves-souris, desquelles il redoute les morsures. Aux beaux jours, il n’est pas rare de le rencontrer dans les combles des monuments.
- Le Petit Fer reprend son activité en avril, un peu après le réveil du Grand Fer. La fécondation et la naissance des petits sont, de ce fait, un peu retardées, par rapport au Grand Fer.
- Le Petit Fer-à-Cheval est rarement aussi gras que le Grand Fer, car il est peu vigoureux et la moindre intempérie l’empêche de se livrer à la chasse aux Insectes. Sa maigreur s’explique par ses jeûnes fréquents.
- Quand le temps lui est propice, cette délicate petite Chauve-souris attend la nuit close pour voleter autour des lieux habités, à la recherche de ses proies ailées.
- Le Petit Fer ne s’habitue pas plus à la captivité que le Grand Fer, ni que l’Euryale, du reste.
- Le Rhinolophe Euryale a longtemps été considéré comme uniquement méridional. Le DrE. Trouessart a été le premier à signaler la présence de cette espèce dans le centre de la France. M. Lataste l’a observée en Indre-et-Loire. Le Musée d’IIistoire naturelle de Blois possède un Rhinolophe Euryale naturalisé, qui a été capturé, en 1897, aux environs de Blois, et il y a lieu de croire que cette espèce existe entre Blois et Amboise, notamment.
- Cependant, d’octobre à juin, on ne rencontre pas le Rhinolophe Euryale dans le centre de la France. MM. Rollinat et Trouessart croient, que cette espèce, très frileuse, « hiverne toujours au plus profond des cavernes, dans les endroits inaccessibles à l’Homme. Il y aurait lieu de s’assurer si cette espèce n’émigre pas pour aller passer l’hiver dans la région médL terranéenne. Le fait a été constaté sur d’autres espèces dans l’Amérique du Nord. Il reste douteux pour les chéiroptères d'Europe. »
- L’Euryale semble avoir les mêmes caractères biologiques que le Grand Fer-à-Cheval. Pourtant, les femelles de l’Euryale ne se réunissent que quelques semaines avant de mettre bas.
- Les Rhinolophes Euryales s’accrochent, à la voûte des souterrains, en grandes troupes, et serrés les uns contre les autres.
- p.335 - vue 358/663
-
-
-
- 336 -------—...-.. .... LES RH1NOLOPHES
- Fig. 2. — Aile de Chauve-Souris. (Vesperugo noctula.) D’après L. Devove.
- A la mi-septembre, quand les petits sont élevés, les Euryales se dispersent pour aller, par groupe, prendre leurs quartiers d’hiver.
- M. Trouessart a étudié les parasites des Rhino-lophes de France, Insectes et Acariens. Les Acariens sont particulièrement intéressants et présentent des formes qui ne se trouvent que sur les Rhinolophes.
- Nous avons dit, au début de cet article, que les Chéiroptères sont doués d’un sens exquis leur permettant de se diriger dans l’obscurité des cavernes, sans se heurter aux parois ni aux obstacles quelconques. Déjà, au xvme siècle, en 1794, le naturaliste italien Spallanzani essaya de déterminer le sens de la direction chez les Chauves-Souris. Après avoir privé de la vue quelques-uns de ces animaux, Spallanzani les lâcha dans une chambre et les vit voler sans hésiter à travers la pièce, sans se frapper aux meubles ni au plafond. De ce que la vue n’est pas absolument nécessaire aux Chauves-Souris pour se diriger, le physiologiste se hâta de conclure quelles sont douées d’un sixième sens.... Il eût été plus raisonnable d’attribuer à l’extrême sensibilité des organes de l’ouie et du tact des Chauves-Souris la faculté de direction.
- Quoi qu’il en soit, MM. Rollinat et Trouessart reprirent les expériences de Spallanzani et ils . en publièrent les résultats, en 1900, dans les « Comptes Rendus des Séances de la Société de Biologie ».
- Ces expériences ont eu lieu à Argenton-sur-Creuse (Indre), dans une grande salle, à travers laquelle étaient tendus des fils, des filets, et disposés des perches et autres obstacles divers. Toutes les Chauves-Souris privées momentanément de la vue, qui ont été abandonnées à elles-mêmes dans cette salle, se sont dirigées avec aisance, sans se heurter aux embûches. Celles qui eurent les oreilles bouchées volèrent moins bien, elles se frappèrent parfois aux obstacles. La privation de l’odorat ne gêna en rien les sujets. Un enduit de vaseline, agglutinant les poils de quelques individus, parut leur causer un peu de gêne.
- Un Rhinolophus ferrum-equinwn aveuglé n’en vola pas moins bien. Son vol devint plus hésitant quand il fut privé des pavillons de l’oreille.
- Un autre Grand Fer-à-Cheval dont les yeux res-/ tèrent libres, mais qui eut les oreilles bouchées/
- vola avec beaucoup plus d’hésitation qu’un autre sujet de même espèce dont les oreilles restèrent libres, mais dont les yeux furent bandés; cependant, il évita les obstacles.
- Un Petit Fer-à-Cheval fut rasé sans paraître en éprouver aucune gêne. Privé de la vue, il vola avec hésitation et privé de l'ouïe, il chercha à s’accrocher, ne se dirigeant plus qu’avec difficulté.
- De l’ensemble des expériences décisives pratiquées par MM. R. Rollinat et E. Trouessart, il résulte que ce qui permet aux Chauves-Souris de se diriger dans l’obscurité, ce n’est pas un sens déterminé, c’est un tact spécial qui résulte « du concours des sensations fournies par plusieurs des organes des sens qui peuvent, en outre, se suppléer mutuellement, au moins dans une mesure assez étendue r.
- Lès organes des sens doivent être classés dans l’ordre ci-après selon le rôle qu’ils jouent relativement au sens de la direction : ouïe, toucher (surtout dans les parties membraneuses et nues), vue, odorat, goût.
- L'ouïe paraît le plus développé des organes des sens chez les Chéiroptères. Le toucher est moins important qu’on aurait pu le supposer; toutefois, le pavillon de l’oreille sert d’antenne pour empêcher la Chauve-Souris en vol de se heurter à la voûte des souterrains. La membrane interîémorale ne sert pas beaucoup à la direction, (mais elle est utile dans la chasse aux Insectes). La vue, l’odorat et le goût semblent très peu concourir au sens de la direction.
- Très près de notre frontière, en Italie, on rencontre le Rhinolophe de Blasius, Rhinolophus Blasii Peters ; mais cette espèce n’a pas été observée en France/
- Au reste, les Rhinolophes sont propres à l’ancien continent. Le plus grand d’entre eux est le « Rhinolophe fameux » qui vit dans les Iles de la Sonde, le plus petit est le Rhinolophe tricuspide.
- Auprès des Rhinolophes, se rangent les Mégadermes et les Rhinopomes, qui habitent l’Afrique et l’Asie.
- Nous n’insisterons pas sur ces Chauves-Souris exotiques, desquelles le Muséum d’Histoire naturelle possède une belle collection.
- Alex. Feuillée-Billot,
- de la Société Nationale (l'Acclimatation de France.
- Fig. 3. Fig. 4. — Appendices nasaux
- Tête du Grand Fer
- de Rhinolophe. et du Petit Fer.
- D’après L. Devove.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laihuie, !), rue de Fleurus, Pans. — 1925.
- p.336 - vue 359/663
-
-
-
- N® 2695
- 28 Novembre 1925
- LA NATURE
- fa\ï2)Te
- SOMMAIRE :
- La grande faune de l’Indochine : V. Forbitl.
- Les nouvelles locomotives françaises pour trains rapides : Lucien A.-H. Pahin.
- La houille bleue : Auguste PaWloWski. — A propos de la superhétérodyne': L. Lévy. Académie des Sciences : Paul B. — Le “ d’Artagnan " : M. Debeaupuis.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Bulletin astronomique : La voûte céleste en janvier J926. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET C‘S Éditeurs. LE NUMÉRO \ Francc • • * • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
- p.n.n. - vue 360/663
-
-
-
- 2695.
- 28 NOVEMBRE 1925
- LA GRANDE FAUNE DE L’INDOCHINE
- Nos colonies se sont décidées tardivement à suivre l’exemple des colonies britanniques en prenant des mesures pour la protection du gros gibier, menacé d’extermination. Au Gabon, au Dahomey et dans nos autres possessions de l’Afrique occidentale, on s’est décidé à interdire la chasse des chimpanzés et des gorilles. A son tour, l’Indochine est entrée dans cette voie.
- Depuis quelques mois, la Cochinchine a réglementé méthodiquement la chasse sur son territoire
- est absolument libre, ainsi que celle de la panthère.
- La plupart des Européens chassent de nuit, en portant, fixée à leur coiffure ou à leur ceinture, une lampe à réflecteur, dont l’éclat fait reluire les yeux des animaux, qui deviennent ainsi des cibles très favorables au tir. En outre, les bêtes sont comme fascinées par le rayon, et on peut les approcher beaucoup plus facilement qu’en plein jour. Une légende, qui a cours parmi les indigènes, veut que le tigre ne regarde jamais la nuit que d’un œil. Si
- Fig. i. — La tête d’un gaur tué au cours d’une chasse en Annam.
- en fixant des dates d’ouverture et de fermeture qui varient selon les espèces. La chasse reste relativement libre au Cambodge ;. mais les chasseurs n’obtiennent le droit d’abattre un éléphant qu’en payant une taxe de 500 piastres (soit plus de 6000 francs-papier). S’ils en tuent un sans permission, ils sont frappés d’une amende qui équivaut au prix du permis, à moins qu’ils ne puissent prouver qu’ils étaient en cas de légitime défense lorsqu’ils abattirent le pachyderme, prétexte qu’il est toujours facile d’invoquer.
- Dans les autres parties de l’Indochine, on peut obtenir, moyennant payement d’une forte taxe, des permis spéciaux qui donnent « droit » à un éléphant, à un gaur et à deux bœufs sauvages, sans parler du petit gibier. Il va de soi que lâchasse au tigre
- 53' Année
- le chasseur n’aperçoit qu’une seule tache phosphorescente devant lui, il sait qu’il se trouve en présence du grand félin. /
- Toute l’Indochine est giboyeuse ; mais certaines régions le sont plus particulièrement. On peut citer le Djiring (où furent prises les photographies que veut bien nous communiquer M. R. Tétart) et le Lang bian, en Annam, ainsi que le Laos et le Cambodge. Dans ce dernier protectorat, les éléphants sauvages sont encore très nombreux, et les touristes qui se rendent de Pnom-Penh aux belles ruines d’Angkor, par la magnifique route que viennent de terminer les ingénieurs français des Travaux Publics du Cambodge, rencontrent assez fréquemment des bandes de plus de cent éléphants, ou croisent leurs pistes.
- T Semeatra.
- 22. — 357.
- p.337 - vue 361/663
-
-
-
- 338
- LA GRANDE FAUNE DE L’INDOCHINE
- Il existe encore des rhinocéros en An nam et au Cambodge ; mais tout porte à croire qu’ils y sont fort peu nombreux, car plusieurs chasseurs que j’ai eu l’occasion d’interroger m’ont avoué qu’ils avaient fait de vaines tentatives pour en rencontrer. Cela n’empêche pas médecins et pharmaciens chinois de vendre à leur clientèle de la poudre de corne de rhinocéros, remède très recherché, lin ami m’a même communiqué ce détail savoureux : chargé, en sa qualité de magistrat, de faire vendre aux enchères, après faillite, les biens d’un marchand chinois, il découvrit dans son magasin des sacs contenant... de la fiente de rhinocéros.
- Fig.
- Le banling, bœuf sauvage indo-chinois.
- Ces pachydermes, bien qu’appartenant à l’espèce indienne (Elejdias indiens), ne sont pas aussi grands que ceux des Indes, et leurs défenses sont moins imposantes. Ils'peuvent se féliciter de la construction des routes carrossables qui sillonnent désormais l’Indochine et de l’apparition des automobiles! Leur emploi comme bêtes de somme, qui s’imposait avec les mauvais chemins, tombe en désuétude, si bien que l’on en capture de moins en moins. Le bon roi Sissowath, qui possédait jadis une nombreuse écurie, ne conserve plus dans son palais "qu’un seul éléphant — pour le principe !
- Fig. 4. — En Annam, province du Haut Douai, des indigènes Moi offrent un sacrifice au génie de la chasse.
- Fig. 3. — L’ours noir à collier, ‘ le seul plantigrade d’Fndo-Chine.
- Tout au moins, c’était l’indication écrite sur les récipients !
- Quoi qu’il en soit, il existe en Indochine deux espèces très distinctes de ce pachyderme : le rhinocéros unicorne (rh. sondaicus), et le rhinocéros bicorne (r/i. cefalorvhinus sumatrensis). Le premier a la peau renforcée par des boucliers, tandis que le second a la peau lisse.
- Les bovidés comptent, eux aussi, deux espèces nettement caractérisées : le gaur (Bibos çjaurus) et le banting (B. sondaicus). Les deux espèces vivent dans les mêmes iorèts et ont les mêmes habitudes. Assez nombreux, ces grands animaux sont d’une chasse difficile, et parfois dangereuse. Très méfiants, ils éventent
- p.338 - vue 362/663
-
-
-
- LA GRANDE FAUNE DE L'INDOCHINE
- 339
- de loin l’approche de l’homme, et s’enfuient. Blessés, ils se précipitent sur les chasseurs, et leurs cornes, pointues comme des lances, et appuyées par un poids de plusieurs quintaux, infligent toujours des blessures mortelles.
- Le,gaur, que les Annamites appellent con-minh, est le plus grand des bovidés des temps historiques, et n’est dépassé que par des espèces fossiles. Sa hauteur au garrot dépasse 2 mètres, et un colon digne de foi m’a affirmé qu’un mâle abattu par lui mesurait 2 m. 10. On admet généralement qu’il compte parmi les ancêtres directs de nos races
- quand un visiteur le gratte derrière l’oreille !
- Un jeune ingénieur, M. Émile Maslin, après un séjour de quatre années au Cambodge, m’affirme qu’il n’a jamais entendu parler d’une attaque de tigre contre un indigène. Ces grands félins s’en prennent volontiers aux animaux domestiques (buffles, bœufs, chiens, porcs), mais ne s’aventurent jamais à attaquer un être humain, ha grande abondance du menu gibier au Cambodge expliquerait cette humeur relativement débonnaire.)
- Cependant, en Ânnam et dans d’autres régions indo-chinoises (comme au Siam et en Birmanie),
- Fig. 5. — Chasseurs dans la région de Djiring {Annam) traversant une passerelle de bambou.
- domestiques. D’après certains auteurs, il serait le réprésentant asiatique de l’auroch, qui s’éteignit en Europe au cours du moyen Age, et dont nous ne connaissons l’aspect extérieur que par quelques naïves enluminures.
- Les tigres abondent en Indochine. Comme on l’a constaté pour d’autres carnassiers dans d’autres pays, ils-n’ont pas la même réputation dans les différentes parties de la colonie. Un ardent chasseur, M. Roland Savary, qui vient de passer plusieurs années au Cambodge et à qui je demandais s’il avait tué des tigres, m’avoua qu’il avait Vainement, à maintes reprises, tenté de se mesurer avec eux, et que même il n’en avait jamais vus en vie — sauf, naturellement, le légendaire Philippe, enfermé dans une cage sur une promenade publique de Pnom-Penh, et qui ronronne affectueusement
- les tigres ont chaque année à leur actif de nombreuses victimes humaines. Je connais un vieillard dont le fils, jeune fonctionnaire en Annam, fut dévoré par un tigre. Un explorateur américain, M. J. F. Bock, l’obtenteur des semences de chaul-moogra, raconte dans sa relation le massacre de toute une famille surprise la nuit par un tigre, non loin de la frontière du Siam.
- La panthère est un des animaux indochinois les plus redoutables. Elle est particulièrement friande de chiens, qu’elle vient cueillir jusque dans les villages.
- Elle n’hésite pas à s’attaquer aux indigènes.
- Le grand ours indien (Meliursus urcinus), réputé pour sa férocité, n’est pas représenté dans la péninsule indochinoise. On n’y rencontre que l’ours noir à collier (Ursus rnalayamus), créature inof-
- p.339 - vue 363/663
-
-
-
- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES POUR TRAINS RAPIDES
- 340
- fensive qui ne s’attaque guère qu’aux ruches d’abeilles sauvages, dont il dévore le miel.
- La péninsule est riche en cervidés, dont on connaît cinq espèces, depuis le grand cerf dit d’Aristote jusqu’au gracieux tragule, qui est à peine plus gros qu’un lapin de garenne. Les porcins sont nombreux. Un certain sanglier (Sus vitatus) est redouté des indigènes, car il se précipite sur eux à l’improviste, sans provocation, et peut infliger des blessures graves.
- Il nous faut compléter cette énumération en mentionnant les gibbons, qui se rencontrent assez fréquemment par bandes de vingt à trente têtes dans les forêts cambodgiennes. Nous aurions aimé à dire qu’une espèce aussi intéressante est protégée contre l’extermination ; mais il n’en est rien, malheureusement.
- Un de nos amis se rendait en automobile, avec un collègue qu’accompagnaient sa femme et sa fil-
- lette, au sanatorium de Bockor, à 150 kilomètres de Pnom-Penh. Une bande de gibbons voltigeaient de cime en cime non loin de la route. Le compagnon de notre ami en abattit un d’un coup de fusil. Quand il rapporta le cadavre, la fillette fondit en larmes et poussa des cris perçants, reprochant à son père d’avoir tué un « petit homme » — tant ces gracieux anthropoïdes ont une apparence humaine.
- Nous sortirions du cadre de cet article en parlant du petit gibier de poil ou de plume indochinois, très abondant et très varié, et qui est imparfaitement connu, puisqu’il reste encore à explorer dans la péninsule des vastes étendues montagneuses et boisées. Mais nous rappellerons que l’Indochine est particulièrement riche en faisans, et que les paons se rencontrent par bandes jusqu’aux abords des villages et des villes.
- V. Forbin.
- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES POUR TRAINS RAPIDES
- La grande presse quotidienne a signalé la mise en service des nouvelles locomotives Mountain sur deux de nos grands réseaux de chemins de fer, les réseaux de l’Est et de Paris-Lyon-Méditerranée.
- Depuis trente ans, les locomotives françaises pour trains rapides et express ont assez rapidement évolué. A cette époque, on ne rencontrait guère que des machines à deux essieux accouplés, avec ou sans essieu porteur à l’arrière et avec un bogie directeur à l’avant pour faciliter la circulation en courbe.
- .. Puis, un troisième essieu accouplé fut ajouté, donnantletype bien connu des machines à dix roues, encore très employé en France où il a fait ses preuves. *
- Cependant, la charge des trains de voyageurs ne cessant pas de croître par suite de l’augmentation du poids des voitures et de leur nombre, il devint nécessaire, pour accroître la puissance de vaporisation de la chaudière, donc sa surface de chauffe et la surface de grille, d’allonger le corps cylindrique et d’ajouter aux machines précédentes un essieu porteur à l’arrière: on créa ainsi le.type Pacific ou 4-6-2 (2 essieux porteurs à l’avant, 5 essieux moteurs, 1 essieu porteur à l’arrière), qui est alîecté à la traction de la plupart des trains rapides français et d’un certain nombre d'express lourds.
- Cette évolution n’est pas particulière aux chemins de fer français. Elle s’était déjà produite plus tôt aux Etats-Unis en particulier, dont les voies ferrées ont un gabarit plus grand que le gabarit européen, permettant de donner au matériel des. dimensions plus-grandes et, par suite, d’avoir des trains notablement plus lourds que sur nos réseaux.
- La même évolution se produit également, mais avec un certain retard, au contraire, sur les chemins de fer anglais, dont les lignes ont en général un
- profil plus facile et un gabarit légèrement plus faible que sur le continent.
- *
- * *
- Ceci dit, il était à prévoir qu’il arriverait un moment où le type de la locomotive Pacific ne suffirait plus, lui-même, par suite de l’augmentation continue de la charge des trains.
- C'est la raison pour laquelle les chemins de fer américains ont créé les locomotives du type Mountain, destinées d’abord, comme leur nom l’indique, aux lignes de montagnes et dérivant du type Pacific par addition d’un quatrième essieu accouplé.
- Leur symbole sera donc le suivant : 4-8-2, dans la classiiication américaine, ou bien 241, dans la numérotation imaginée avant la guerre par les chemins de fer de l’Etat et maintenant adoptée par divers réseaux.
- Comme en Amérique, les compagnies françaises des chemins de fer de l’Est et de Paris à Lyon et à la Méditerranée ont été amenées à étudier et construire chacune un type de locomotive Mountain expérimentale, actuellement en essais sur leurs lignes.
- Locomotive « Mountain » d’essai des chemins de fer de l’Est. — Les trains rapides et express actuellement les plus lourds sur la grande ligne de Paris à Nancy et Strasbourg ont une charge maxima remorquée de 596 tonnes, sur le parcours Paris-Nancy. Cette charge deviendra à bref délai insuffisante, en raison de l’accroissement du trafic et de l’intérêt qu’il y a, au point de vue économique, à ne pas augmenter dans la même proportion le nombre des trains.
- Comme les machines Pacific eL les machines à
- p.340 - vue 364/663
-
-
-
- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES POUR TRAINS RAPIDES 341
- Fig. i. — Vue de profil et de face de la nouvelle locomotive “ Mountain ”.
- dix roues sont utilisées à leur rendement maximum sur cette ligne et qu’une amélioration sensible en paraît difficilement réalisable, on a étudié une locomotive Mountain qui sera capable d’assurer, dans les mêmes conditions de vitesse qu’actuelle-ment, le service des trains rapides et express très lourds. La charge de ceux-ci pourra atteindre jusqu’à 510 tonnes, soit 50 0/0 déplus qu’aujourd’hui.
- La nouvelle machine est une locomotive compound à quatre cylindres et à surchauffe.
- Elle a une longueur totale de 16,010 m. sans le tender et de 25 m avec le tender. L’empattement total des quatre essieux moteurs atteint 6,150 m. et l’empattement, total (c’est-à-dire l’écartement des axes des essieux extrêmes de la machine) 12.970 m.
- Les roues motrices ont un diamètre de 1,950 m. Ce très grand diamètre convient naturellement bien à une locomotive destinée à circuler à de très grandes vitesses (jusque 120 km : h, maximum d'ailleurs autorisé en France).
- L’axe de la chaudière est à 2,940 m. au-dessus des rails et la locomotive a une hauteur totale de 4,265 m.
- Les tubes de la chaudière, qui est timbrée à 16 kg: cm2, ont une longueur de 5,900 m.
- La surface totale de chauffe s’élève à 217,58 m2 et la surface de surchauffe à 92,57 m2. On voit que le rapport de la surface de surchauffe à la surface de chauffe totale est de 0,425. C’est l’un des plus élevés qu’on ait réalisés jusqu’ici.
- Le foyer est complètement débordant. La grille,
- d’une surface de 4,45 m2, est placée au-dessus des longerons de la machine, en raison de ses grandes dimensions. Le cendrier forme une seule pièce qui plonge à l’intérieur d’un caisson constituant la partie arrière élargie des châssis.
- La voûte du foyer est placée sur trois tubes d’eau, pour augmenter la surface de chauffe.
- Il convient de signaler une intéressante disposition nouvelle, rarement appliquée en Europe et inspirée de la pratique américaine : on a interposé entre le foyer proprement dit et le faisceau tubulaire une capacité supplémentaire, dite chambre de combustion.
- De la sorte, on assure une combustion plus complète du combustible, grâce à l’accroissement du volume du foyer qui en résulte et qui permet un brassage plus efficace des gaz de la combustion et une meilleure utilisation de la chaleur produite dans le foyer, par suite de l’accroissement de la surface de chauffe directe.
- Nous pouvons noter aussi les grandes dimensions de la boîte à fumée (longueur de 5,15 m.), augmentant singulièrement la régularité du tirage.
- Les deux cylindres haute pression (H. P.) sont extérieurs aux longerons. Ils. ont un diamètre de 0,450 m.
- Les deux cylindres basse pression (B. P.) sont intérieurs aux longerons. Ils ont un diamètre de 0,610 m. Toutefois, pour pouvoir les loger, il a fallu donner aux longerons un écartement supplémentaire à l’avant de la machine, au-dessus du bogie.
- p.341 - vue 365/663
-
-
-
- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES POUR TRAINS RAPIDES
- 342
- La course des pistons, aussi bien dans les cylindres H. P. que dans les cylindres B. P., est de 0,720 m.
- La distribution, par tiroirs cylindriques, est du système Walschaerts. Le graissage des tiroirs de distribution se fait par un système de graissage à condensation. L’huile à surchauffe est injectée avec la vapeur dans les chambres d’admission des cylindres H. P.
- Les bielles motrices et les bielles d’accouplement sont en acier spécial au chrome-nickel, dont la charge de rupture est de 75 kg : mm2. On a pu, ainsi, réduire sensiblement les dimensions des bielles et, partant, leur poids et leur inertie.
- Quant aux guides des barres de changement de marche, ils sont en duralumin.
- Grâce au jeu transversal donné au bogie avant et au bissel arrière, la locomotive peut s’inscrire dans des courbes de 105 ni. de rayon.
- Son poids total à vide (machine seule) est de 102 580 kg et le poids en ordre de marche de 111 570 kg. Avec le tender, ce dernier poids s’élève à 182 tonnes.
- Locomotive <( Mountain » d’essai des Chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée. — La Compagnie P.-L.-M. a été conduite à envisager l’emploi de machines plus puissantes que les machines Pacific actuelles pour la remorque des trains rapides très lourds sur les sections les plus difficiles de la grande ligne de Paris à Marseille et Vintimille.
- Les locomotives Pacific du type le plus récent sur le réseau P.-L.-M. ont une puissance de 2070 ch et pèsent, sans le tender, 95 170 kg en ordre de marche, pour un poids adhérent de 55 500 kg.
- La ligne de Paris à Vintimille offre, sur son parcours de Paris à Dijon, une succession de déclivités dont aucune ne dépasse 5 mm : m, excepté entre Les Laumes-Àlésia et Dijon. Ces conditions sont éminemment favorables à la circulation de trains lourds à grande vitesse.
- Entre Les Laumes et Dijon, on rencontre plusieurs rampes de 8 mm : m, d’une longueur totalisée de 10 km dans un sens, et de 15 km dans l’autre sens.
- Le tonnage des trains qui circulent sur ce parcours varie, pour les rapides et express, entre 525 et 520 tonnes. Le maximum de vitesse réalisée sur les rampes de 8 mm : m s’élève à 65 km : h.
- On comprend aisément tout l’intérêt qu’il y aurait pour l'exploitation si la vitesse de marche sur ce parcours pouvait être augmentée notablement. Par ailleurs il faut considérer que l’accroissement du^ trafic entraînera une nouvelle augmentation de la charge des trains.
- On arrivera, sur le P.-L.-M., à un tonnage remorqué de 600 tonnes dans un avenir qui n’est sans doute pas éloigné.
- Ce sont les raisons pour lesquelles la Compagnie a été amenée à étudier, de son côté, une locomotive Mountain, dont la construction a été .effectuée parla firme Schneider, du Greusot. Le programme imposé était la remorque de trains rapides de 600 tonnes, sur
- la section des Laumes à Dijon et retour, à une vitesse de 75 à 80 km : h.
- Nous ne décrirons pas en détail la nouvelle machine, qui présente plusieurs analogies avec celle de l’Est, mais nous signalerons ses particularités spéciales.
- C’est ainsi que la surface de grille atteint 5 mètres carrés, la plus élevée réalisée jusqu’ici en Europe.
- Elle permettra de soutenir dans les meilleures conditions des efforts particulièrement élevés sur les rampes auxquelles la machine est destinée.
- La grille a une largeur de 2 m et une longueur de 2,5 m. Cette longueur réduite permet d’assurer une bonne conduite du feu. Par contre, la largeur dépasse les limites ordinairement admises, la grille déborde notablement de part et d’autre du châssis.
- On a prévu également dans cette machine une chambre de combustion où se parfait la combustion du combustible.
- La surface de chauffe totale (surface de surchauffe comprise) est considérable. Elle s’élève cà 569,60 m2 dont 25,70 m2 pour la surface de chauffe directe, 252 m2 pour les tubes et 115,90 m2 pour la surface de surchauffe.
- De même, le volume total de la chaudière (eau et vapeur) est le plus élevé qui soit actuellement réalisé en France (114,700 m3).
- Les cylindres à haute pression ont un diamètre de 0,510 m, pour une course des pistons de 0,650 m, et les cylindres à basse pression un diamètre de 0,720 m. pour une course des pistons de 0,700 m.
- En raison de leurs grandes dimensions, et contrairement à la pratique courante, les cylindres à basse pression sont extérieurs, et non intérieurs, aux longerons.
- La locomotive peut s’inscrire dans les courbes de 150 m. de rayon.
- Elle développe un effort moyen de traction de ^ 21 490 kg un peu inférieur à celui de la machine de l’Est, qui est de 25 296 kg.
- Elle pèse à vide (machine seule) 104 690 kg et en ordre de marche 116 860 kg. Avec le tender, ce dernier poids passe à 185 000 kg,
- *
- * *
- Un simple examen comparatif des dimensions des locomotives Mountain américaines et françaises suffit à montrer que celles-ci n’ont pas les dimensions imposantes de celles-là. Mais par contre, leur puissance spécifique (c’est-à-dire la puissance en chevaux calculée par tonne de poids total de la machine) seule est plus grande et elles leur paraissent nettement supérieures à bien des égards.
- Les locomotives françaises et européennes ne peuvent avoir des dimensions aussi grandes, ni une aussi grande puissance, que les machines américaines, parce que, si l’écartement de la voie est, le même dans l’un et l’autre cas (1,455 m), le gabarit du matériel est plus grand (en largeur et en hau-
- p.342 - vue 366/663
-
-
-
- LA HOUILLE BLEUE
- 343
- teur) en Amérique qu’en Europe. Il en résulte que les locomotives américaines peuvent être plus larges et plus hautes, avoir une chaudière de’plus grand diamètre, des cylindres de plus grandes dimensions, et, en fin de compte, une puissance supérieure. Mais, en même temps, le poids augmente considérablement.
- Quant aux deux machines de l’Est et du Paris-Lyon-Méditerranée, elles ont été conçues pour satisfaire à des programmes différents. La Compagnie de l’Est désirait une locomotive pouvant remorquer des trains rapides de 510 tonnes sur le parcours de Paris à Nancy (558 km), relativement facile, à une vitesse commerciale de 82 à 90 km : h. La Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée désirait, au contraire, une locomotive pouvant remorquer des trains rapides de 600 tonnes, sur Je parcours restreint des Laumes à Dijon qui comporte de longues rampes de 8 mm: m, à une vitesse effective de 75 à 80 km : h.
- Ces différences de programme expliquent pourquoi la Compagnie de l’Est a eu recours à des roues
- motrices de 1,95 m, tandis que la Compagnie P.-L -M. s’est contentée de roues de 1,75 m.
- Par contre, les conditions imposées parla P.-L.-M. exigeaient l’adoption d’une grande puissance, dépassant notablement les puissances réalisées jusqu’ici en Europe en fait de locomotives pour trains de voyageurs.
- L’une et l’autre locomotives constituent des spécimens remarquables, qui font le plus grand honneur aux éminents techniciens qui les ont conçues et étudiées, et à leurs constructeurs.
- Nous terminerons en ajoutant que, plus récemment, la Compagnie des Chemins du fer du Nord de l’Espagne a fait à son tour construire une locomotive Mountain, destinée à la traction de certains trains rapides de 400 tonnes. Mais, cette solution a été motivée principalement par cette considération que, sur les voies espagnoles, on ne pouvait porter au delà de 15 tonnes la charge par essieu moteur.
- Lucien A. II. Pahin.
- Ingénieur îles Arts et Manufactures
- LA HOUILLE BLEUE
- La force motrice des marées et des vagues.
- L’homme a songé de bonne heure à discipliner et utiliser les forces de la mer. Les nombreux « moulins à marées », alimentés par les eaux emmagasinées au flux, en constituent l’irrécusable témoignage. Cependant, la science s’est heurtée, jusqu’à nos jours, à de multiples, sujétions, qui ont restreint la portée des installations, en leur conservant un caractère purement hydraulique.
- Un aménagement hydro-électrique devait, en effet, être entravé par la faible dénivellation utilisable, même dans les régions où l’amplitude des oscillations est la plus marquée, les variations incessantes de la puissance disponible et de la hauteur de chute, l’altération du métal par les eaux marines, etc. Il semble, toutefois, que la technique de la houille bleue ait réalisé, de nos jours, de grands ; : ,.::''s, bien qu’on ne les puisse considérer comme u iii'ifs.
- Principes des usines marémotrices, — L’usine marémotrice type se composera naturellement d’un barrage de retenue, exactement comme l’usine hydro-électrique de montagne, mais la réserve d’eau créée ne saurait normalement jouer d’une façon continue, puisque le réservoir ne peut fonctionner qu’en reflux (bassin à simple effet).
- On a songé à remédier à cet inconvénient en utilisant successivement le flux et le reflux (bassin à double effet), soit à l’aide de turbines réversibles, soit au moyen de turbines distinctes, opérant les unes au flux, les autres au reflux. Mais, dans cette alternative, on ne saurait éviter l’arrêt produit par l’étale du flot.
- Aussi a-t-on suggéré l’installation de plusieurs bassins, pouvant soit travailler individuellement, soit être conjugués. C’est ainsi qu’un des bassins pourrait fonctionner au ilux ; un second, par vidange, au reflux; un troisième à l’étale. Ce procédé présente, cependant, des inconvénients. La multiplication des ouvrages conduit à des dépenses de premier établissement excessives. D’un autre côté, la force disponible est partiellement gaspillée.
- On a calculé que pour la Rance, avec’le système à simple effet, il serait loisible d’installer 180 000 ch, et de recueillir 560 millions de kilowatt-heures, à l’aide d’un barrage de 2200 mètres de longueur. Le cube d’eau mis en œuvre s’élèverait à 7000 m5 par seconde. Le régime à double effet exigerait un barrage de 4 km et un écoulement de 28 000 m3 à la seconde. Par contre, on pourrait équiper 290 000 ch et produire 500 millions de kwh.
- La méthode de M. Decœur — bassins conjugués -b alternativement reliés à la mer — permettrait de n’édifier que 1500 mètres de digues, et de ne dériver que 5000 me, tout en obtenant 280 000 000 kwh.
- M. l’ingénieur Dufour, spécialiste de la question, a imaginé, en vue de régulariser la puissance, un cycle assez original. 11 aménage deux bassins, À et B, de capacité inégale. Le premier se remplit au flux, avec élaboration d’énergie. Lorsque les turbines ne peuvent plus fonctionner, on fait intervenir B. La vidange de A constitue une troisième phase, la vidange de B la quatrième.
- On a également envisagé l’exécution d’un réser-
- p.343 - vue 367/663
-
-
-
- 344 „ LA HOUILLE BLEUE
- Che ocurg
- Riv. du Tri eux
- Riv.de Treÿi
- Rance
- Anse de Terrerez
- Baie de Lancieux
- Aber Benoit
- Aber lldut
- Riv. Daouias
- Riv. de Faou.
- Le GoyenS Port Rh u.
- Anse de Combrit
- Golfe du Morbihan /
- Fig. i. — Les emplacements les plus favorables en France pour les stations marémotrices.
- voir supérieur de compensation, où l’eau serait élevée par pompage durant la nuit
- Néanmoins, toutes les formules préconisées ne résolvent qu’une partie du problème.
- Irrégularité de la production. —Sa triple cause. — M. l’ingénieur en chef de Rouville, secrétaire de la Commission de la Houille bleue, faisait, en effet,
- observer, avec infiniment de clairvoyance, au cours des Congrès de Grenoble, que trois causes — et non une — concourent à faire varier l’énergie disponible dans une installation marémotrice : 1° Y étale, qui provoque automatiquement l’arrêt des turbines ; 2° la différence continue des hauteurs de chute, qui détermine des oscillations de puissance, qu’on a pu évaluer de 1 à 16 dans certains cas; 5° la disproportion qui existe entre les marées de vive et de morte-eau, l’écart du marnage pouvant atteindre le coefficient 5.
- Les combinaisons des savants tendent à obvier aux interruptions résultant des étales et à limiter dans une certaine mesure les variations de puissance, mais elles ne remédient pas aux sujétions suscitées par les lunaisons.
- À la vérité pourtant, on pourrait pallier à cette lacune par [l’interconnexion de stations marémotrices, hydroélectriques et thermiques.
- D’ailleurs, la connaissance exacte des insuffisances, de leur durée, et de leur importance doit faciliter les compensations. Aussi M. de Rouville pense-t-il qu’on ne doit attacher qu’une valeur toute relative aux critiques touchant l’irrégularité de l’énergie recueillie.
- Tout au contraire la dépense à consentir peut être un obstacle à la mise en œuvre des forces océaniques. On évalue de 80 000 à 150000 francs le coût des barrages-usines par mètre courant, le prix
- COTE MER
- CÔTE BASSIN
- Echelons de descente ' |
- Béton de ciment Pont/and
- o
- CO
- rs!
- O
- CO
- iri
- o
- co
- co
- Fig. 2. — Station marémotrice de l'Abervrach. (Coupe en travers.)
- p.344 - vue 368/663
-
-
-
- 345
- LA HOUILLE BLEUE
- Fig. 3. — Vue de la station marémotrice de VAbervrach.
- d’établissement du ch oscillant, de ce chef, entre 500 et 1000 francs. Les turbines coûteront de 250 à 1000 francs par ch équipé. Si l’on tient compte de tous les débours, on doit estimer entre 5000 et 4000 francs la dépense initiale par ch.
- M. de Rouville, pour sa part, considère que le kilowatt-heure reviendrait aux environs de 0fr.20 dans les usines modestes, et pourrait être abaissé à 0,05 dans les plus grandes installations. Mais, on ne doit pas oublier que, faute d’expériences, on ne saurait prévoir à quel niveau s’élèveront les frais d’entretien des stations, et les prévisions peuvent être sensiblement infirmées.
- Les ressources nationales en houille bleue. —En raison même des débours à envisager, l’aménagement de la houille bleue ne saurait être entrepris que dans les régions où l’amplitude des marées est suffisante.
- Remarquons que la France est favorisée à cet égard.
- Cette amplitude s’élève à plus de 12 mètres de Saint-Malo à Saint-Briac, 15 mètres vers le Mont-
- Saint-Michel ; elle est encore de 7 mètres aux environs de Cherbourg, 8 à Brest, et remonte à 11 mètres vers Onival.
- Or, on enregistre seulement 12 mètres en Patagonie, 8,50 à 11 en Angleterre occidentale, 7 aux États-Unis, 6,50 en Australie, 6 en Asie Orientale, 5 en Belgique et Portugal, 4,50 en Allemagne et Espagne.
- On doit, simultanément, en vue d’éviter de trop longs et onéreux ouvrages, ne considérer que les côtes présentant des anfractuosités pouvant être transformées en réservoirs.
- M. Defour, partant de ce principe, a jugé qu’on pourrait équiper trois stations au Nord de la Seine (baies de Marquise, de l’Authie et de la Somme) ; au total 90 000 ch, 15000 ch sur la Vire inférieure, 7 usines sur le Cotentin occidental (Port-bail, Surville, Saint-Germain, Geffosses, Règne-ville, Granville, estuaire de la Sélune), pouvant développer près de 225000 ch. La Bretagne, de son côté, serait susceptible de livrer 500000 ch, de Cancale à la Vilaine, tandis qu’on pourrait réaliser 1 500 ch en Vendée et 5200 aux abords de Fouras-La Rochelle.
- M. de Rouville ne paraît attacher d’intérêt qu’aux ressources de la Bretagne. Il est, en effet, d’avis que les sacrifices à prévoir ne se peuvent justifier que dans les rayons où l’énergie thermique est onéreuse.
- Encore fait-il des réserves quant aux réalisations raisonnables. On a parlé de 80 ou 90 emplacements utilisables. Il semble qu’une vingtaine au plus soient à retenir. Les autres sont à récuser, soit du fait de l’insuffisance du marnage, soit pour les dangers d’ensablement, soit par suite de l’élévation du seuil; enfin, comme l’avait signalé M. Defour, certains devis seraient nettement prohibitifs (5000 fr. par ch dans le Morbihan).
- Fig. 4. — Schéma du projet d’utilisation des vagues par bélier système Lybrand Smith.
- c, cône récepteur; g, glissières ; d, distance variable suivant les conditions naturelles ; b, bélier hydraulique.
- p.345 - vue 369/663
-
-
-
- 346
- LA HOUILLE BLEUE
- Les baies les plus favorables à un aménagement sontles estuaires de la Rance, duTrieux, deTréguier, de l’Aber-Benoit, de l’Àbervrach, les baies, de Ro-théneuf, de Saint-Briac, de Lancieux, de la Frenay, de l’Arguenon, de Terrenez; les estuaires de Daou-las et du Faou (rade de Brest), les anses de Goyen, de Port-Rhu, de Combrit et le golfe du Morbihan.
- Les 18 meilleurs bassins du secteur, avec 17 000 hectares d’eau, et de 5 m. 40 à 12 m. 90 de chute, pourraient donner 500 000 kilowatts et 860 millions de kvvh.
- Réalisations et projets nationaux. — En vue de fixer les conditions pratiques d’installation- et d’équipement des centrales marémotrices, le gouvernement et l’initiative privée ont entrepris l’usine de l’Abervrach, concédée le 22 août 1924. Le barrage, mesurant 150 mètres de longueur, et dépas- . sant de 4 mètres le niveau des plus hautes eaux, sera constitué par des caissons en ciment armé. Le caisson central supportera l’usine, celui de droite une éclu- . se. La retenue emmagasinera 5 millions de mètres cubes.
- La chute variera de 0 m. 70
- à 4 mètres, et les 4 turbines pourront débiter 1600 kw en étiage moyen.
- Afin de régulariser la production, on a annexé à la station une usine de secours, que le ruisseau le Diouris, discipliné, alimentera. Pour porter la réserve à 12 millions de mètres cubes, on y pompera la nuit de l’eau de mer.
- Ce dispositif permettra de bénéficier d’une puissance continue de 2000 ch, et maximum de 4800. Il n’en coûtera que 25 millions pour élucider les importants problèmes techniques que pose l’asservissement de la mer.
- Cependant l’essai est à peine à ses débuts que des projets, grandioses ou réduits, hantent les cerveaux. On escompte l’équipement de la Rance soit avecla plus grande ampleur — production 656 millions de kwh^coût 650 à 700 millions, — soit dans un cadre plis modeste — 400 à 500 millions de kwh —500 à 550 millions. — M. D'efoür a suggéré l’utilisation de l’anse de Rothéneuf — 55 millions de kwh— 50 millions.
- Des entrepreneurs ont, par ailleurs, demandé la concession de l’Arguenon. où l’on pourrait recueillir 1720 kw en eaux moyennes.
- Une toute récente requête a porté sur la baie dé!
- Fig. 5. — L’ondo-moteur de M. Caitanèo à Voltri.
- la Frénay. Par contre, on a dû renoncer à capter les eaux du Morbihan, par suite de la faiblesse du marnage.
- A l’étranger, un seul projet mérite d’être mentionné, celui de la Severn, à Chepstow (Angleterre). On pensait réaliser 1200 millions de kwh, la régularisation étant obtenue par l’exécution de réservoirs dans la montagne galloise. Toutefois l’opinion britannique a reculé devant l’audace de cette œuvre.
- Son indécision paraît justifiée. A vrai dire, nous sommes encore dans la période des tâtonnements en ce qui concerne la houille bleue, d’autant plus que nous n’avons aucune base solide quant au coût des usines et au prix de leur entretien. D’autre part, et l’un des plus autorisés constructeurs de turbines s’en faisait l’écho à Grenoble, le problème de la
- turbine marine n 'est nullement résolu d’une façon décisive. On n’a point réussi à assurer, pour les basses chutes, la constance de la vitesse et du rendement lorsque la hauteur de. chute varie fréquemment.
- Il faut, par conséquent, se garder, pour le présent, d’un optimisme inconsidéré.
- L’utilisation des vagues. — Il semble, au contraire,'de l’aveu même de M. de Rouville, qu’un' grand pas ait été franchi en matière d’utilisation de la vague,
- Les moyens préconisés sont nombreux. Certains, comme M. Berluzan, ont propos - d’employer la force ascensionnelle d’une coque de navire, amarrée à un quai, et alternativement soulevée par le flot. Le système du bélier a été défendu par plusieurs novateurs. En particulier, un officier de marine yankee, M. Lybrand-Smith, a imaginé un bélier portant à une extrémité un entonnoir, et à l’autre un réservoir. Un tuyau réunit les deux éléments (fig. 4).
- Une colonne d’eaü, poussée par la vague qui s'engouffre dans l’entonnoir, anime le bélier. L’inventeur prétend que l’instrument assure une force de 18 ch avec une lame de 1 m. 20 de creux.
- Un ingénieur belge a suggéré d’établir un plan incliné, sur lequel la lame s’engage, avant de retomber en chute à l’arrière-plan.
- Les flotteurs sont plus particulièrement en faveur. Une société s’est créée pour appliquer à Guyotville (Algérie) la formule de M. Fusenot. La station doit comporter une crique en entonnoir, propre à ampli-
- p.346 - vue 370/663
-
-
-
- 3*7
- A PROPOS DE LA SUPERHÉTÉRODYNE
- fier la vague, un tunnel, avec bouclier protecteur chargé de remédier aux effets destructeurs des tempêtes, le chenal de flottage, et des engrenages de transmission.
- Une seconde société s’occupe d’expérimenter un dispositif plus perfectionné.
- Un propriétaire italien a installé à Voltri un dispositif de ce genre, qui donne d’excellents résultats (fig. 5 et 6).
- .On a aussi préconisé l’usage de palettes, actionnées par les vagues, et placées soit au-dessous de
- leurs rivaux, en équipant une centrale à palettes de 1000 ch. L'essai de LongBeach (Californie) a donné des résultats à ce point concluants que l’on aurait commencé d’équiper une station à palettes de 1000 ch à San Diego.
- On ne doit, néanmoins, pas méconnaître que les installations relatives à l’utilisation des values
- O
- exigent des conditions spéciales qu’on ne rencontre pas partout : abris naturels contre les tempêtes, houle incessante, mais atténuée, marnage réduit.
- Avec M. de Rouville, on doit donc conclure que
- Fig. 6. — L’installation ondo-motrice de M. Cattanèo à Voltri.
- bateaux immobilisés, soit à la partie inférieure d’un ouvrage.
- Le gouvernement italien a décidé l’installation, pour ses chemins de fer, d’une station à moteurs de 300 ch, laquelle va être aménagée à Gênes. Mais les Américains paraissent avoir devancé tous
- l’heure des essais n’est pas close, qu’il ne faut pas préjuger de l’avenîr dans un sens ni dans un autre, et qu’il ne faut pas généraliser des cas d’espèces. L’homme n’a pas dit son dernier mot, mais il n’est pas encore le maître incontesté de la nature.
- Auguste Pawlowski.
- A PROPOS DE LA SUPERHÉTÉRODYNE
- A la suite de l'article que nous avons publié clans notre n°2691 du 51 octobre 1925 sur l’orientation nouvelle' de la réception en T. S. F., nom avons reçu la lettre suivante de M. L. Lévy. M. Lévy est l’inventeur de la superhétérodyne ; il a cru voir dans l'article ci-dessus l’intention de lui dénier cette paternité, estimant que l’appareil décrit utilise les éléments essentiels de son invention. L’impartialité nous fait, un devoir de présenter à nos lecteurs la protestation de M. Lévy dont les arguments, au surplus, sont fort intéressants au point de vue technique.
- Monsieur,
- Je vous serais très obligé de bien vouloir insérer dans votie plus prochain numéro, la rectification suivante à l’article paru sous la signature de M. René Dubosq qui, à côté de considérations de vulgarisation véritablement un peu trop simplistes, renferme des erreurs de fait et quelques affirmations singulières ou tendancieuses de nature à créer dans l’esprit de vos lecteurs, la confusion souhaitée probablement par les constructeurs de l’appareil radiomodulateur.
- p.347 - vue 371/663
-
-
-
- 348 .....-.. A PROPOS DE LA
- Fig. i.
- Changeur de fréquence superhélérodyne bigrille.
- Tout d’abord, permettez-moi de rectifier quelques erreurs regrettables :
- 1° M. Dubosq dit : «'on a inventé l’hétérodyne qui n’est en somme qu’un changeur de fréquence )).
- Les techniciens de la T. S. F. appellent hétérodyne ou générateur hétérodyne, un petit émetteur d’ondes entretenues et pas du tout un changeur de fréquence.
- 2° Il ne faut pas confondre l’hétérodyne qui est un appareil, avec la méthode hétérodyne, laquelle est une méthode de réception qui 'emploie un générateur hétérodyne.
- La méthode hétérodyne inventée par Fessenden consiste bien à superposer à l’onde reçue une onde auxiliaire mais différant d’environ un millier de périodes par seconde, de façon à produire environ 1000 renforcements et diminutions successifs de l’onde entretenue reçue, de telle manière qu’un son audible, seul capable d’actionner un téléphone, soit produit par détection des
- K M
- S
- 11--
- 80 volts
- Fig. 3.
- Changeur de fréquence superhétérodyne à 2 lampes.
- SUPERHÉTÉRODYNE r— ..
- battements de fréquence audible. Cette méthode était employée uniquement pour la télégraphie.
- M. Dubosq décrit sous le nom de méthode hétérodyne, la méthode superhétérodyne qui n’est aucunement due à Fessenden, mais qui a été décrite pour la première fois dans mes brevets 493660 (Août 1917) et 506297 (Octobre 1918).
- La raison de cette erreur (?) apparaîtra clairement à vos lecteurs quand ils sauront que les Etablissements Ducretet, constructeurs du « changeur de fréquence' bigrille », ont été l’objet d’une saisie, en vertu de mes brevets ci-dessus désignés et sont actuellement sous le coup de poursuites en contrefaçon.
- Sans préjuger en rien du résultat des procès en cours, il mè sera cependant permis de dénoncer comme il convient le procédé qui consiste à décrire une invention brevetée et à l’attribuer faussement à un autre inventeur dont les brevets sont dans le domaine public pour tenter d’échapper aux brevets existants.
- Il est actuellement absolument certain pour tous les techniciens, même parmi les moins avertis, que ce fameux « nouveau montage », construit par les Etablisse-
- f GG' n.
- Fig. 2.
- Changeur de fréquence superhétérodyne à une lampe.
- ments Ducretet, est tout simplement un montage superhétérodyne d’une espèce particulière.
- Je rappelle en deux mots en quoi consiste la méthode superhétérodyne universellement connue dont mes brevets 493660 et 506297 d’août 1917 et octobre 1918 protègent le principe et les modes de réalisation.
- Le procédé consiste :
- 1° A changer la fréquence reçue (300 m. par exemple) en une fréquence généralement plus basse et réglable à une valeur déterminée (6000 m. par exemple) toujours la même, quelle que soit la fréquence d’onde initiale.
- 2° A amplifier cette nouvelle longueur d’onde 6000 m. par deux ou trois lampes de moyenne fréquence, par exemple.
- j 3° A détecter l’onde 6000 m. et à l’amplifier en basse | fréquence.
- i Tous les éléments de cette méthode se retrouvent dans l’appareil S E D et évidemment on devrait, s’il était bien construit, retrouver dans cet appareil les qualités bien connues du superhétérodyne :
- Sélectivité.
- Simplicité de réglage.
- Sensibilité.
- p.348 - vue 372/663
-
-
-
- A PROPOS DE LA SUPERHÉTÉRODYNE
- 349
- La photographie du radio-modulateur indiquant 14 réglages au minimum, il paraît assez comique de revendiquer pour l’appareil en question la simplicité de réglage.
- En tout cas, dans le passage relatif aux qualités indiquées comme caractérisant cet appareil, il y a plusieurs affirmations qui sont absolument contraires à la vérité.
- a) « Une large étendue dans l’échelle des longueurs d’onde : ce dispositif est le seul qui permette à l’heure actuelle le changement de fréquence des ondes longues. »
- Ceci est absolument faux, les Etablissements Radio L. L. construisent depuis 1919 des Superhétérodynes Lévy montant jusqu’à 20 000 m.
- b) On affirme à tort ce fait inexact, qu’une lampe bigrille peut permettre de modifier un appareil à 1, 2, ou 3 lampes en poste hétérodyne à grand rendement.
- Enfin on revendique pour le radio-modulateur une sensibilité extraordinaire. Il est bien connu que le Superhétérodyne permet de recevoir sur cadre : le changeur de fréquence S E U ne fait certainement pas mieux :ju’un bon superhélérodyne.
- Je me permettrai, dans ce qui suit, d’éclairer un peu
- Fig. 3', 4, 5. — Les étapes de
- nant de l’oscillation du triode F G'P'. On reconnaît tout simplement une lampe oscillatrice montée en modula -trice de plaque. Ce système, appelé aussi ultradvne par les Américains, a été attribué faussement à M. Lacault : il est absolument indiqué comme variante dans mon brevet français 506297 (voir fig. 1 du brevet) et est toujours ma propriété dans tous les pays.
- Les thuriféraires du radio-modulateur appuient avec une finesse digne d’une meilleure cause sur le fait que la transformation de fréquence dans ledit radio-modulateur se fait sans montage détecteur visible. Il est bien connu que la détection par le circuit plaque alimenté en haute fréquence provient de la forme de la caractéristique plaque de la lampe F G P. Lorsque le courant à transformer est en phase avec l’hétérodyne (ce qui arrive 50 000 fois par seconde dans l’exemple cité) les alternances positives produisent dans le circuit F G P une augmentation du courant instantané de haute fréquence tandis que les alternances négatives ne produisent aucune diminution de ce courant, lequel est à peu près nul pendant toute l’alternance.
- En définitive, seules les alternances positives produi-
- "invention (?) du radio-modulateur.
- le chapitre fonctionnement de la lampe bigrille en superhétérodyne, les quelques lignes de la page 288 y relatives étant copieusement nébuleuses.
- En réalité le « changeur de fréquence bigrille » emploie simplement deux grilles pour faire ce qu’on fait très commodément avec une seule. Je soumets l’idée suivante aux contrefacteurs qui seraient désireux d’essayer de tourner mes brevets par des méthodes perfectionnées. Ils peuvent employer des lampes à 5 ou 4 grilles et à une ou plusieurs anodes. Us peuvent aussi mettre dans le môme tube à vide tous les filaments grille et plaque. II suffira ensuite de faire une théorie pseudo-technique compliquée faisant intervenir des accélérations d’électrons, des courants de forme complexe, quelques formules d’Einstein s’il y a lieu et en avant la contrefaçon !
- Reste à savoir si la justice saisie n’arriverait pas à dévoiler le pot aux roses.
- En tout cas je crois devoir, pour l’édification de vos lecteurs, indiquer les montages superhétérodynes équivalents à ce trop fameux modulateur. Ces montages (fig. 2 et 3) sont, soit à une lampe, soit à deux lampes et leurs caractéristiques sont protégées par les brevets Lévy 495660, 506297, 533807, 594826.
- Le fonctionnement du radio-modulateur (fig. 1 ) est identique en tous points au montage de la figure 3 qui représente le triode F G P dont le circuit plaque est alimenté simultanément par la pile de 80 v. et par la bobine III, laquelle est parcourue par un courant de haute fréquence prove-
- sant de l’effet, chaque battement traduit une augmentation du courant moyen plaque. Il y a donc 50 000 augmentations du courant plaque par seconde et par conséquent le circuit plaque est parcouru par un courant à la fréquence de 50 000, ce qui démontre l’effet détecteur de la superposition dans le circuit plaque.
- La lampe tétraode fonctionne exactement de la même manière :
- Par suite du rétrocouplage II I DE, des oscillàtions s’établissent dans le circuit C. D E et donnent lieu dans le circuit plaque P II 1 J I( à des courants de haute fréquence dont la fréquence est voisine de celle de C2 D E.
- L’ensemble F G' P joue donc le rôle du générateur hétérodyne F' G' P' de la figure 5.
- D’autre part, les tensions appliquées sur la grille G donnent dans le circuit plaque PIIIJ K des courants amplifiés à la fréquence des ondes reçues. La superposition, dans le circuit plaque P II I J K à conductibilité unipolaire des courants amplifiés de réception et du courant de l’hétérodyne, produit l’effet détecteur plaque connu et met en évidence la fréquence des battements sur la-1 quelle est accordé le circuit J K C3.
- L’explication donnée ci-dessus peut servir à la fois pour la figure 1 (radio-modulateur) et pour la figure 5 qui représente le superhétérodyne à modulation plaque. Nous allons montrer comment l’on passe de la figure 5 (brevets L. Lévy) à la figure 1.
- - Tout d’abord on peut évidemment mettre les deux lampes F G P et F’ G' P' dans le même tube à vide flig. 4
- p.349 - vue 373/663
-
-
-
- 350 =........ --- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Mais ensuite F et F' et P et P' étant respectivement au même potentiel, on peut confondre F F' en un seul filament et P P' en une seule plaque. On peut ainsi passer directement du montage de la figure 5 au montage de la figure 1 et il est démonstratif de le faire expérimentalement : le résultat pratique obtenu est identiquement le même.
- La comparaison des caractéristiques théoriques et pratiques des montages 2 et 3 avec celles du’radiomodulateur-(1) fait ressortir aux yeux de tout esprit non prévenu une analogie évidente qui ne nécessite aucunement la pose par M. Dubosq de principes nouveaux pour faire comprendre le fonctionnement si peu mystérieux du radio-modulateur.
- j\Tous terminerons cet exposé en rappelant que la loi punit non seulement la fabrication d’objets contrefaits, mais encore l’atteinte aux droits du breveté, la vente et le recel de ces objets.
- En conséquence, un avertissement formel est ici donné à tous ceux qui utiliseraient indûment les moyens protégés par les brevets L. Lévy 493660, 500297,
- 553807, 547026, ou recèleraient des appareils contrefaits.
- On me permettra enfin de déplorer qu’une invention française et reconnue à l’étranger (Amérique, Angleterre, Allemagne notamment), soit, en France, en butte à des campagnes de dénigrement et à des tentatives de contrefaçon de grande envergure.
- Dans un grand nombre de pays étrangers, on respecte généralement les droits des inventeurs et on leur est reconnaissant des progrès qu’ils apportent. En outre chacun de ces pays s’honore de ses inventeurs nationaux. En France, il semble que pour toute une catégorie d’industriels, l’inventeur soit considéré comme une proie sans défense, dont il s’agit de se disputer les dépouilles.
- L’inventeur bien connu Léon Brillouin a déjà stigmatisé comme il convenait, dans un article de Radioélectricité, certains de ceux-ci qui se spécialisent dans ce sport fructueux. C’est à modifier cet état d’esprit et à en réprimer les manifestations que nous nous emploierons nous aussi avec toute l’énergie que nous possédons et les moyens que la loi met à notre disposition.
- L. Lévy.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre et d’octobre 1925.
- Anomalie de dilatation des verres. — Signalé par divers auteurs (Putenpoll, Lebedelï, Lafon, etc.) ce phénomène a été étudié par M. Michel Samsoen pour des verres de compositions variées : phosphates, silicates, silico-borates, borates et anhydride borique. Dans tous les cas, le commencement de cette anomalie précède d’une trentaine de degrés la température pour laquelle l’échantillon cesse de pouvoir supporter une pression de quelques centaines de grammes par centimètre carré. Pour voir s’il faut mettre en cause une transformation allotropique ou attribuer cette anomalie à un phénomène physique, en rapport direct avec la viscosité,
- M. Samsoen a fait un certain nombre de mesures sur l’anhydride B203. Elles lui ont indiqué que, pour ce corps comme pour tous les verres, cette anomalie consiste en un changement brusque du coefficient de dilatation.
- Le champ de fractures de Rïbeauvillé (Haul-Rliin). — M. Arabu a déjà donné une liste des formations sédi-mentaires de cette région dont la tectonique ressemble à celle des régions similaires connues par le morcellement très poussé de l’ensemble. Les configurations signalées dans la dernière note transmise par le Doyen de la Faculté de Lyon permettent d’indiquer que; tout en donnant encore la physionomie tectonique de la région, les dislocations rhénanes, dirigées en moyenne N 15° à 20°E, ne l’expliquent pas entièrement.
- Ces accidents apparaissent ici comme l’expression d’un phénomène d’origine lointaine qui domine mal une infrastructure ancienne, à directrices différentes.
- Au sujet de la marche dite « sur la- pointe des pieds ». — M. Jules Amar signale tout l’avantage que présente, pour la digestion, un simple exercice à pratiquer un quart d’heure, chaque matin et chaque soir, exercice qui accélère d’ailleurs respirations et pulsations )' dans la mesure qui convient. 11 s’agit simplement dé-
- porter le corps en avant, la tête bien relevée, le jarret tendu, à la cadence de 130 pas à la minute ; ce qui n’indique en rien qu’il faille arriver à déformer le métatarse, l’homme n’étant pas absolument onguligrade.
- La lurgoéleciricité. — Au cours de ses recherches sur la capillarisation des matières colorantes, M. Kopac-zewski a observé un virage de certains colloïdes ampho-lères qui lui semblait montrer qu’une modification dans la répartition des charges électriques se produit pendant le gonflement des gels. Pour vérifier cette hypothèse, M. Kopaczewski a étudié un certain nombre de poudres, d’hydrosols et d’hydrogels, et, de toutes les mesures faites, il apparaît que les mouvements du ménisque constatés dans l’électromètre répondent à la production d’une nouvelle source de l’électricité, dont M. Kopaczewski essaie d’établir le mécanisme.
- La transformation du- soufre en sulfates. — Un travail antérieur de M. Guittonneau signalait la solubilisation du soufre à l’état d’hyposulfites, sous l’action de certains microorganismes. Les nouvelles expériences indiquent qu’en adjoignant, à ces bactéries, un bacille mobile, large de 0,5 à 0,7 n et long de I à 4 \>., on peut arriver au stade définitif : sulfates. Ce bacille ne reste pas coloré par la méthode de Gram ; il liquéfie lentement la gélatine et trouble le bouillon peptoné dans lequel il forme en outre un dépôt muqueux; enfin, il peut donner de belles cultures plissécs rappelant celles de certaines espèces du groupe de Bac. subtilis.
- La différenciation des perles de culture. — M. B. Szilard a demandé l’ouverture d’un pli cacheté qu’il avait déposé le 21 juin dernier et qui vient fournir un nouveau mode d’examen basé sur la différence de densité (jui existe entre la matière perlière et la nacre, par l’emploi d’un liquide de poids spécifique intermédiaire. Ce liquide est un mélange d’iodure de méthylène et de
- p.350 - vue 374/663
-
-
-
- LE “ D’ARTAGNAN
- monobromure cle naphtaline sur lequel flottent seules les perles d’Orient.
- Un nouveau minéral fia buttgenbachile. — M. Alfred Schcep poursuit ses études sur les richesses minéralogiques du Congo belge. Il signale ainsi l’existence de cristaux bleu d’azur, de densité 3,35, recouvrant la cuprite de Likasi. De faible biréfringence, ils-apparaissent, dans le champ du microscope, translucides sous la forme de prismes rectangulaires allongés et aplatis. Les analyses de M. Goubau leur affectent la composition 18CuO, 30, Az20s, 19ID0, soit fl*0, 17,34°/0 — CuO 71,50 — O 6,02 —- Az20s 5,40. Ce minéral présente ainsi les plus grandes analogies avec la connellite et M. A. Schœp le dédie à son collègue M. Bultgenbach, de l’Université de Liège.
- Sur la présence au Maroc du Pélobale cultripède. — La faune marocaine étant avant tout paléarctique,i! devient particulièrement intéressant d’y rencontrer des formes européennes et c’est, dans cet ordre d’idées, que M. J. Pellegrin a été amené à signaler, parmi les poissons d’eau douce, la Loche de rivière. Dans sa dernière note, il indique la présence du Pelobates cultripes Cuvier qui, lourd, présente l’aspect du crapaud et passe la majeure partie de son existence enfoui sous la terre qu’il creuse avec le tubercule noir et dur 'armant ses tarses. Son têtard se caractérise par les dimensions extraordinaires qu’il peut atteindre et, comme l’hypothèse d’une introduction paraît devoir être écartée puisque les échantillons de ce batracien ont été trouvés loin de la côte, dans une région désertique, !. Pellegrin admet qu’il s’agit là d’une forme 'autochtone et qu’il en est de ce Pélobate, comme du Pleurodèle de Waltl qui
- 351
- habite l’Espagne et le Portugal, et descend même dans le Maroc occidental, jusqu’aux environs de Saé et de Rabat.
- La biologie du Germon, dans la mer des Anlilles. —
- Il s’agit ici d’un Scombridè, Orcinus alalonga Risso, thon blanc, analogue à celui des côtes françaises et qui atteint 5 kgs. Or, MM. Gruvel et Conseil ont remarqué que les individus capturés en Europe sont toujours vides d’œufs ou de laitance alors que les germons, pris dans la mer des Antilles, se sont tous montrés avec des ovaires ou des testicules très développés. Ces observations doivent être rapprochées des remarques de Schmidt, au sujet des anguilles, et l’on peut en déduire que la merdes Antilles présente un centre d’attraction spécial pour la ponte de certaines espèces de poissons.
- Un mollusque producteur de lumière. — M. Risbec vient de découvrir, dans la baie de Nouméa, un gasléro-pode non pélagique qu’il dénomme provisoirement Triopa fulgurans et qui, durant la nuit, émet au moindre ébranlement, de trois à cinq séries de cinq éclairs très brefs, semblables à des étincelles électriques. Ce mollusque lit sous les pierres que l’on découvre à marée basse et l’on observe, sur son dos, quatre paires de papilles, dont les deux dernières, situées au niveau des branchies, portent les organes lumineux sous la forme de deux petites masses, un peu irrégulières et de couleur violette, qui apparaissent à l’œil nu comme des points foncés atteignant un demi-millimètre. La taille de l’animal est, de 15 mm. environ et l’agitation qu’il marque au début de chaque nuit doit être en rapport avec la production de la lumière, qui semble ctre pour lui un moyen de défense. Paul B.
- LE “ D’ARTAGNAN ”
- Nouveau paquebot-poste des Messageries maritimes.
- Les Messageries Maritimes viennent de mettre. tout dernièrement en service, sur leur ligne d’Extrême-Orient Chine-Japon, un nouveau paquebot de grand luxe, le d'Artagnan.
- Construit à Bordeaux, puis .aménagé à la Ciotat, voici d’abord les caractéristiques nautiques de ce navire, appelé certainement à connaître un succès durable.
- Longueur entre perpendiculaires : 165 mètres. Largeur au mètre couple : 19 m. 85. Profondeur au mètre creux ; 15 m. 65, Tirant d’eau : 8 m. 48. Jauge brute totale : 14.665 tonnes. Déplacement en charge normale : 20.500 tonnes. Port en lourd : 10.159 tonnes.
- Chauffant au mazout par 2 chaudières Proud’hon Capus, les machines à vapeur du d'Artagnan, des alternatives à triple expansion, développent 9580 ch Elles actionnent 2 hélices pouvant assurer une vitesse bien supérieure à celles de 14 nœuds et 14 nœuds 5 à lui imposées par les contrats d’exploitation, pour les différents secteurs de la ligne Marseille-Yokohama.
- Le à'Artagnan peut transporter, sans compter, les passagers de pont, près de 500 passagers de cabine : 166 passagers de lre classe, 152 de 2e classe et 102 de 5e classe.
- Les passagers de 1re classe ont à leur disposition : 2 cabines de luxe à 2 couchettes, 15 cabines dites de « priorité » à une seule couchette et 52 autres cabines à 2, 5 ou 4 places.
- Les 152 passagers de 2e classe sont répartis en 49 cabines et ceux de 5e classe en ont 520 à leur disposition.
- Toutes les installations pour passagers ne méritent que des éloges, et sont aussi luxueuses et confortables que celles des meilleurs transatlantiques. Legrand salon des premières est une pure merveille française de bon goût et d’élégance. La salle à manger satisfera également les plus diffi-Jficiles. Ce navire étant « à château central », un grand pont promenade permet aussi de faire plus de 200 mètres de footing, et les différents ponts sont reliés par ascenseurs.
- Un fumoir très sélect et une salle de jeux pour
- p.351 - vue 375/663
-
-
-
- 352
- LE “ D’ARTAGNAN ”
- Fig. i. — Le “ d’Artagnan ” virant de bord à Saigon pour accoster, le 23 septembre dernier.
- enfants complètent les installations des premières classes, richement décorées également, par ailleurs, de panneaux de marbre, de beaux placages en bois exotiques, des vues des ruines d’Angkor et d’un grand tableau représentant une des scènes bien connues du Siège de la Rochelle, où le héros de Dumas, dont le nom a été donné au navire, joue naturellement le rôle principal.
- Le d'Artagnan complète, en effet, la série dite « des Mousquetaires ». Actuellement, le Porthos reste seul en service, YAlhos ayant été, en 1917, torpillé en Méditerranée.
- La ventilation des cabines a été particulièrement soignée, fait si important pour qui connaît les traversées. souvent torrides, de Port-Saïd à Hongkong. Toutes les cabines ont au moins un hublot sur la mer et il n’y a plus de chambres obscures. Planchers et couloirs sont recouverts d’un mélange comprimé de liège et de caoutchouc, matière lavable, très isolante et assurant, en plus d’une propreté parfaite, biens moins de fatigue et de bruit dans les allées et venues des passagers et du personnel de service.
- Les secondes classes, aussi bien traitées que les premières, n’auront vraisemblablement jamais non plus de réclamations à formuler.
- Le transport des marchandises, seul vraiment rémunérateur en réalité sur les lignes d’Extrême-Orient, a retenu également toute l’attention des ingénieurs du d'Artagnan.
- Les cales avant, très vastes, permettent l’embarquement des plus gros colis. Les supports des mâts de charge' forment aussi manche à air, assurant une ventilation énergique des fonds de cale, fait précieux pour éviter des échauffements et
- détériorations se produisant encore si fréquemment pour certaines cargaisons (riz, maïs, etc.).
- Les cales arrière, équipées de treuils électriques, sont réservées plus spécialement pour les colis en caisse. Enfin, le long de chaque mât, une poutre-bigue permet au navire de soulager lui-même des colis de 30 à 40 tonnes, sans aucun secours étranger de bigue, de ponton-bigue ou d’autres appareils de levage importants n’existant pas, d’ailleurs, dans certaines escales du navire ( Djibouti, par exemple).
- Le d'Artagnan, à son premier voyage, a remporté partout bien plus qu’un succès d’estime ou de curiosité.
- A Port-Saïd, comme à Colombo et à Singapour, beaucoup de Britanniques l’ont admiré et loué sans réserves.
- A Saigon, presque toute la population européenne de la capitale économique de l’Indochine défila à bord. M. Monguillot, gouverneur général p, i. de l’Indochine, et le docteur Cognacq, gouverneur de la Cochinchine, tinrent même à être parmi les visiteurs. 11 n’a point passé inaperçu, non plus dans les ports de Hongkong et de Shanghaï, actuellement pourtant très troublés, et le Japon lui a réservé aussi un accueil très chaleureux.
- Il n’est point douteux, en effet, qu’avec son grand luxe et son remarquable confort, associés également à cette vieille cuisine française, toujours si estimée des étrangers, le nouveau grand paquebot des Messageries Maritimes ne contribue désormais à servir puissamment l’influence française en Extrême-Orient. M. Debeaupuis.
- Fig. 2.
- Le bateau à quai à mer haute.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
- p.352 - vue 376/663
-
-
-
- N° 2696
- mu
- 5 Décembre 1925
- LA
- SOMMAIRE :
- Le musée de la Marine : Cl Salivaire Jourdan.
- Les tanins végétaux : Pierre Labadie.
- La distinction des perles fines et des perles cultivées : A. Troller.
- La préparation de la saccharine : P. Durocher.
- Classification biogéographique des systèmes de culture de M. Chevalier : Daniel Claude. L’utilisation des peaux de reptiles de nos colonies dans l’industrie française : A. Gruvel.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Recettes et procédés utiles.
- Boîte aux lettres. — BibLographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO S F™nce * *. * * 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 377/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2696.
- 5 DÉCEMBRE 1925
- LE MUSEE DE LA MARINE
- A des intervalles plus ou moins rapprochés, le Musée de la Marine, installé dans les combles du Palais du Louvre, se .voit menacé d’en être expulsé.
- Une de ces crises sévit actuellement. La Commission chargée d’étudier une meilleure affectation des bâtiments appartenant à l’Etat, a jugé que les locaux occupés par le Musée de la Marine pourraient recevoir quelques-uns des services administratifs qu’il s’agit de réintégrer dans des immeubles domaniaux, et elle préconise son transfert dans l’un ou l'autre de nos ports ou même dans plusieurs, en le démembrant.
- Jusqu’à présent le Musée a pu résister aux offensives dont il a été l’objet.
- Elles venaient, le plus souvent, il faut le dire de l’Administration des Musées Nationaux, qui, se jugeant à l’é-Lroit dans les immensités des étages inférieurs du Louvre, convoite encore les 21 salles bien modestes pourtant et d’un accès peu commode, du Musée Fig. i. — Le Naval.
- Les richesses
- que ce Musée renferme et qui constituent en réalité une part importante du trésor artistique de la France, devraient, semble-t-il, lui mériter mieux que cette sorte d’animosité administrative ; nous retrouvons là une de ces cloisons étanches soigneusement maintenues entre nos divers services publics et qui défient tous les efforts mis à les renverser.
- Si vraiment on a absolument besoin des combles du Louvre pour y loger le peuple toujours plus
- 1. Les gravures qui illustrent cet article proviennent de photographies obligeamment prêtées par le Conservateur du Musée Naval.
- 53” Année. — 2” Semestre.
- nombreux, quoiqu’on en dise, des fonctionnaires, il n’est pas admissible que ce soit au détriment d’une collection unique au monde, puisque la France seule possède un Musée Naval réellement digne de ce nom. Souhaitons donc qu’au lieu de disperser ses pièces, ce qui serait le détruire, ou de le transporter dans une ville de province, où malgré
- les soins qu’on lui promet, il serait réduit à l’état de curiosité locale, on lui trouve à Paris même le logement où il puisse figurer avec tout l’éclat et toute l’importance qu’il mérite.
- Ceci dit, voici quelques renseignements sur ce Musée et ce qu’il contient.
- C’esten 1827(1) que le Musée Naval vit consacrer son existence légale.
- Mais dès août 1801,1e Journal des De'bats publiait l’entrefilet suivant.
- « Le public peut voir, dans la galerie du Ministre de la Marine (garde-meuble) les chefs-d'œuvre de Joseph Ver net représentant les principaux ports de France, ainsi
- que plusieurs beaux modèles des vaisseaux de la République placés dans cette galerie. Cette vue les consolera de la privation où l’on est de la suite précieuse des modèles de ce genre, renfermés depuis nombre d'années dans la salle dite de la Marine au Louvre ' dont l'accès est très difficile, pour ne pas dire impossible. »
- De quoi donc était composée cette sorte de collec-
- 1 • Historique du musée de la Marine, dans le catalogue dressé par M. Jean Destrem, Conservateur du Musée, que je saisis cette occasion de remercier de son obligeance à me renseigner et des beaux documents qui illustrent cet article.
- 23. 555,
- Royal Louis” vaisseau de Vépoque Louis XIV. Le modèle est du temps (*).
- p.353 - vue 378/663
-
-
-
- 354
- LE MUSÉE DE LA MARINE
- tion rassemblée dans cette salle du Louvre où il était si difficile de pénétrer?
- Un article de M. Destrem, dans la Gazette des Beaux-Arts, va nous le dire.
- D’abord des Cabinets de quelques amateurs épris des choses de la mer et de la navigation, tel celui que l’intendant de Rochefort, Michel Bégon, avait rassemblé dès 1697, d'autres provenant des ducs d’Orléans et de Chartres, d’un commis des finances, M. le Jcuneux, de Boucher,-peintre du roi, qui à sa
- Fig-. 2. — Le “ Soleil Royal ” vaisseaujie Modèle exécuté à Patelle,
- mort, « laisse un joli vaisseau de 6 pouces de long ».
- Mais surtout d’un embryon de Musée de Marine ou mieux d’une salle de modèle que créa, dans les circonstances qui vont être dites, Duhamel du Monceau, inspecteur général de la Marine en 1750 et dont le nom mérite d’être conservé.
- Il fut en effet le fondateur à Brest de l’Académie de Marine, que nous avons vu ressusciter il v a deux ans, puis à Paris la même année, le promoteur d’une école d’ingénieurs de la Marine, dont il explique comme il suit la nécessité dans un mémoire remarquable qu’il adresse au ministre de la Marine en 1774
- « Ayant observé dans mes différentes tournées,
- « que les Constructeurs et Ingénieurs ;de la Marine,.
- « n’étant "pas suffisamment instruits de leur art, « avaient manqué beaucoup de vaisseaux, je pro-« posai à M. le Comte de Maurepas l’établissement « d’une petite école à Paris où on leur enseignerait « les mathématiques, la physique et la manière de « calculer les plans de vaisseaux, pour connaître « avant la construction, les bonnes ou mauvaises « qualités de vaisseaux qu’ils se proposent de cons-« truire. En 1748 ayant rassemblé un grand « nombre de modèles de vaisseaux et des différentes
- 104 canons (lôyo). Sculptures de Coysevox. du Musée de la Marine.
- « machines qui ont rapport à la construction et au « gréement des vaisseaux, je proposai d’en faire un « don gratuit au Roi, s’il voulait bien me procurer « une ^salle pour les y déposer. Par cet établisse-« nient la Marine a, au Louvre, une galerie |de « modèles. »
- Celte fondation était placée sous 1 autorité de l'Académie des Sciences.
- Vint la Révolution ! La plupart des collections privées appartenant à des personnalités en vue devinrent propriétés de la Nation, parle procédé si simple de la confiscation, leurs propriétaires ayant été en outre guillotinés Les œuvres intéressant la Marine furent en général envoyées au Louvre où elles grossirent la collection réunie par Duhamel, mais sans qu’il fut question d’en faire autre chose qu’un dépôt.
- p.354 - vue 379/663
-
-
-
- LE MUSÉE DE LA MARINE
- 355
- Parmi les pièces ainsi récollées, il convient de citer au nombre des objets trouvés « chez Conclé, à Chantilly, un modèle de pirogue en clous de girofle fait par un sauvage des îles Moluques, sous sa cage de verre ». Celte pirogue venue de si loin, après quelques avatars, a trouvé dans notre actuel Musée Naval un refuge qu’on voudrait lui souhaiter définitif.
- Donc en 1827, sur l’inspiration de la duchesse d Angoulême, une ordonnance royale donna au Musée Naval son existence légale. L’ingénieur de la Marine
- Nombre de pièces diverses et intéressantes, concernant le matériel naval et sa mise en œuvre, ou se rapportant aux travaux exécutés dans les ports, prirent aussi la route de Paris.
- C’était déjà là un fond considérable, mais il importait de le compléter. Le budget de la marine fut doté d’une allocation destinée à y pourvoir.
- Les ports de guerre eurent .l’ordre d’établir des modèles des bâtiments de l’époque. C’est ainsi que le Louvre reçut de 1850 à 1848 une série de beaux modèles exécutés à une échelle uniforme (1/40); ils
- Fig. 3. — Vaisseau du XVIIe siècle. (Dessin de Pugel.)
- Zédé, chef de la belle lignée qui a donné à la France un vice-amiral, un général et un ingénieur général du génie maritime, avait établi le projet du Musée et il fut chargé de sa réalisation.
- Le premier noyau du Musée fut constitué tout d’abord par la collection des modèles déjà réunis au Louvre, comme il est dit par les Débats, auxquels s’ajoutèrent d’autres que Louis XVI avait fait construire. et qui au nombre de 15 étaient rassemblés au Trianon ; 15 de ces modèles furent transportés au Louvre. Les deux derniers qui étaient en carton, ont été laissés à Versailles et doivent y être encore, probablement, dans la Bibliothèque.
- Zédé explora aussi les ports' de guerre et de commerce et y trouva des trésors qu’il achemina sur le Louvre. Toulon notamment lui fournit les magnifiques statues et ornements divers que Pugel avait sculptés pour Carrière de la Galère Déale.
- comportent un ensemble admirable dont on ne trouve nulle part ailleurs l’équivalent.
- Cette allocation a été fort malheureusement supprimée depuis longtemps et le Musée Naval ne doit plus compter pour enrichir et compléter scs collections que sur la bonne volonté des Services publics, des particuliers et des Sociétés de navigation, qui, il faut le dire bien haut, ne cesse de se manifester de la façon la plus utile, par des envois de modèles de nos beaux navires modernes, militaires ou de commerce, et d’échantillons de tous genres du matériel naval employé actuellement.
- Il faut cependant souhaiter que le Département de la Marine dont le Musée naval, relève désormais directement, inscrive à son budget line somme annuelle destinée aux achats de pièces dignes d’intérêt, et aussi à l’organisation matérielle de la collection ,
- p.355 - vue 380/663
-
-
-
- 356
- LE MUSÉE DE LA MARINE =
- Un des buts poursuivis par les conservateurs qui se sont succédé au Musée de la marine a été de retracer la série des navires depuis les premiers âges jusqu’à nos jours et l’on conçoit aisément tout l’intérêt d’un pareil travail. Un atelier de réparation et de construction qui est adjoint au Musée même a rendu, à ce point de vue, des services précieux; on lui doit de beaux modèles de vaisseaux des xvne et xvme siècles exécutés d’après les plans de l’époque. D’autre part, on a reconstitué, d’après des docu-
- outre une importante bibliothèque de 1600 ouvrages spéciaux aux sujets maritimes, et une collection de dessins, estampes, photographies, aquarelles comprenant 5255 numéros.
- Fondé, comme il est dit plus haut en 1827,1e Musée a été ouvert au public en 1855 seulement.
- Le classement général comprend sept divisions :
- 1° Ports et arsenaux, avec leurs installations et appareils.
- Fig. 4.
- Le “ Sans-Pareil” vaisseau de 108 canons. Année 1760. Modèle du temps.
- ments certains, des échantillons des flottes grecques et romaines, des embarcations des peuples du Nord, etc. Mais il existe une lacune complète et regrettable entre ces époques lointaines et les navires du xvne siècle.
- Il faut souhaiter que cette lacune soit comblée le plus tôt possible. Là aussi, on possède sur les moyens de navigation de ces temps, des données suffisamment précises pour que ce travail soit exécuté sans de trop grandes difficultés. 11 y faut seulement quelques ressources financières que la marine se doit de fournir.
- *
- Tel qu’il est actuellement installé, le Musée naval du Louvre renferme 2565 numéros. On y trouve en
- 2° La construction navale et tout ce qui s’y rapporte.
- 5° L’armement des navires, tout ce qui sert à bord, à l’attaque et à la défense.
- 4° La navigation et tout ce qui a trait à la détermination de la position du navire.
- 5° La plus importante comprend les modèles de bâtiments de guerre depuis les marines de l'antiquité jusqu’au cuirassé moderne.
- 6° La marine marchande, à voile, à vapeur et à moteurs mécaniques, bateaux exotiques ou fantaisistes, etc.
- 7° Objets d’art comprenant toutes les oeuvres ayant un caractère documentaire, les portraits et bustes de marins célèbres, les objets historiques et commémoratifs.
- p.356 - vue 381/663
-
-
-
- LE MUSÉE DE LA MARINE
- Dans les nombreuses peintures, notons la belle série des ports de Joseph Yernet et ceux de Hue.
- Parmi les admirables modèles de vaisseaux, qui attirent toujours l’attention du public, il faut donner une mention spéciale au vaisseau Royal-Louis (époque de Louis XIV) qui est une pièce unique, au Sans-Pareil de 1760 et au Bien-Aimé de 1765. Ce dernier fut sous le second Empire l’objet d’un trai-
- 357
- frapper à coups de canne, et à tort et cà travers le malheureux Bien-Aimé, brisant mâts et vergues, qui laissent pendre leurs voiles lamentablement, mettant en un mot le navire dans l'état où l’eût laissé le plus fâcheux engagement. A tel point que l’on n’a plus osé le réparer, et qu’il figure désormais dans les vitrines du Musée, où il ne put d’ailleurs être réintégré qu’après la mort de l’artiste, dans l’état de démantèlement où il
- Fig. 5.
- Un chebec. Bâtiment à rames et voile latine du genre des galères, spécial à la Méditerranée.
- Modèle du temps.
- tement que E. Destrem rapporte non sans une indignation bien justifiée.
- A cette époque, un artiste dont M. Destrem a la générosité de ne pas écrire le nom, mais qui est très célèbre par ses toiles maritimes et dont le nom commence par un G eut, auprès de Napoléon III, le crédit suffisant pour se faire confier plusieurs modèles, entre autres celui du Bien-Aimé.
- On conçoit quel avantage il en tirait pour ses études.
- Or, ayant sans doute besoin de peindre un vaisseau maltraité dans un combat, il n’hésita pas à
- l’avait mis. En résumé, notre Musée naval est un ensemble documentaire et technique d’une très grande valeur et tel qu’il n’en existe pas d’autre au monde.
- C’est aussi une collection d'art extrêmement précieuse, puisque l’art pur y est représenté par près de 800 pièces.
- Sa place est donc dans la capitale, et non dans tel ou tel port de guerre ou de commerce qui serait trop heureux de le recevoir.
- Commandant Sauvaire Jourdan.
- p.357 - vue 382/663
-
-
-
- 358
- LES TANINS VÉGÉTAUX
- Théorie colloïdale du tannage.
- Le cuir est connu depuis la plus haute antiquité. Il était employé aussi bien pour des usages domestiques, que pour la décoration. Les Egyptiens, les Grecs, les Romains s’en servaient pour décorer .leurs intérieurs. En France, les premiers ouvrages en cuir qui nous soient parvenus datent du moyen âge. Le tannage des peaux d’animaux semble donc avoir existé de tout temps. Cela s’explique aisément, puisque la fabrication du cuir se fait par des procédés très simples, grâce à des agents naturels appelés tanins.
- Les tanins sont constitués par. un groupe de corps, trouvés dans l’organisme végétal, ayant des propriétés communes. Ces propriétés sont telles, qu’une peau, préparée dans certaines conditions, est transformée par les tanins en une matière imputrescible, possédant des propriétés physiques et mécaniques en relation avec son utilisation, en un mot en cuir. Les végétaux contiennent principalement des substances tannantes aux points où il y a assimilation ou accroissement. On trouvera donc du tanin en deux endroits :
- 1° Dans les parties du végétal exposées au soleil.
- 2° Dans les parties en voie de développement.
- Il convient de distinguer le tanin d’origine pathologique et le tanin d’origine physiologique, le premier est une production morbide qui est causée généralement par la piqûre d’un insecte. Comme exemple, nous citerons la noix de Galles du chêne produite par la piqûre d’un Cynips. Nous ne nous occuperons pas des tanins pathologiques. La combinaison qu’ils donnent avec le cuir n’est pas imputrescible. Ils sont impropres au tannage. Les tanins physiologiques seuls sont employés en tannerie. Il sont sécrétés par des cellules vivantes et se trouvent dans l’écorce, les feuilles, les fruits, le bois du végétal.
- Nous allons passer en revue les principales substances tannantes commerciales. Nous ferons au préalable remarquer que si l’emploi de telle substance plutôt qu’une autre est motivé par la qualité du cuir que l’on veut obtenir, un deuxième facteur important entre en jeu dans le choix du tanin : la flore du pays. C’est un facteur économique puissant.
- L’écorce de chêne a été employée en tannerie depuis la plus haute antiquité. Pendant tout le xixe siècle elle constituait la matière tannante principale des industries du cuir en France. Sa richesse en tanin varie avec un grand nombre de facteurs : variété et âge du chêne, position de l’écorce sur l’arbre, conditions climatériques. Sa teneur moyenne oscille entre 10 et 18 pour 100. Dans les régions septentrionales, les écorces de pin et de sapin sont très employées. En Algérie et en Tunisie on utilise depuis fort longtemps l’écorce du pin d’Alep contenant 8 à 12 pour 100 de tanin. En Australie la matière tannante est surtout fournie par l’écorce du mimosa.
- Les tanins, nous l’avons dit, peuvent se trouver en quantité notable dans les tubercules, les feuilles, les fruits des plantes. Au Mexique, il existe une plante, la Canaigre, dont la racine peut contenir jusqu’à 50 pour 100 de tanin. Les feuilles de Sumac de Sicile pulvérisées sont d’un emploi courant en maroquinerie. Elles dosent environ 23 pour 100 de tanin. Les fruits tannants les plus utilisés, les Valonées, sont les glands ftu chêne
- velani qui croit en Asie Mineure. Ils titrent 25 à 30 pour 100 de tanin. Le Dividivi est le fruit du 6'œsal-pinia coriciria. On le trouve en Colombie : il contient de 50 à 50 pour 100 de matière tannante. Enfin une poudre claire, connue sous le nom de Mvrobolams, est constituée par les fruits séchés des badaniers de l’Inde. Sa teneur en tanin est de 17 à 20 pour 1 00.
- Toutes ces substances tannantes peuvent être utilisées après un simple séchage. Mais les opérations exigent pour leur accomplissement une période de temps assez élevée. Pour des cuirs lissés, il faut compter environ 8 mois, pour des cuirs à semelles 18 mois. On utilise actuellement-ce que l’on appelle les extraits tannants. Ils donnent des tannages plus rapides et augmentent le rendement en cuir. Les principaux sont les extraits de châtaignier, de chêne et de québracho. Ce dernier provient d’un arbre de l’Amérique du Sud, le québracho Colorado dont le bois contient 19 à 28 pour 100 de tanin. Tous ces extraits tannants se préparent suivant des processus analogues. On extrait le tanin par des procédés dits sous pression, fondés sur la diffusion. Après une série d’opérations : clarification, décoloration, filtration, concentration, on obtient un liquide pouvant être utilisé directement par l’industrie. De nos jours, en France, on emploie surtout les extraits de châtaignier et de québracho. Le bois de châtaignier écorcé contient 6 pour 100 de tanin. Un bon extrait, fait en partant de ce bois, doit marquer 25° Beaumé et doser 50 pour 100 de tanin.
- Nous venons d’énumérer les principales substances tannantes employées en tannerie. Nous allons voir leurs actions sur les peaux convenablement préparées. Au préalable, pour la clarté des explications, nous allons donner quelques généralités sur les colloïdes.
- On entend par solution colloïdale, une solution non optiquement homogène contenant des particules individuelles amorphes, appelées granules ou micelles. Ces granules, qui sont de très faibles dimensions, sont doués de mouvements browniens. Ils sont à la même distance les uns des autres. Ils possèdent des charges électriques, il y a des colloïdes positifs et négatifs. Les colloïdes sont divisés en deux classes : les hydrophiles et les hydrophobes. Les hydrophiles contiennent une grande quantité d’eau à l’intérieur des granules ; ils sont stables. Les hydrophobes contiennent très peu d’eau, ils sont instables. Les uns et les autres sont sensibles aux acides et aux bases, qui exercent une influence sur leur pression osmotique et leur pouvoir de gonflement. Si l’on ajoute des électrolytes à une solution colloïdale, il se forme un précipité ou gel. De même des colloïdes de signes opposés sont, capables de précipiter; c’est une question de charge. Le phénomène inverse de cette précipitation s’appelle peptisation. Il consiste à rendre de nouveau soluble un gel colloïdal par l’adjonction d’un électrolyte ou d’un autre colloïde convenablement choisis.
- Ces propriétés que nous venons de mentionner s’appliquent aux peaux et aux solutions tannantes. La surface externe de la peau, le grain, est recouverte d’une membrane hyaline. Le dessous, la fleur, se compose de fibres conjonctives constituées par les matières organiques suivantes : géiine, élastine, conjonctive, coriine. Les peaux qu’utilisent les tanneries sont épilées à l’aide
- p.358 - vue 383/663
-
-
-
- 359
- LA DISTINCTION DES PERLES FINES ET DES PERLES CULTIVÉES
- de chaux, de sulfures alcalins ou de sulfure d’arsenic. On élimine ensuite ces substances par de l’acide chlorhydrique dilué par exemple. La peau, après ces diverses opérations, est appelée peau en tripe ; cette peau en tripe n’est autre qu’une gelée colloïdale à charge positive.
- Les différents tanins contiennent dans leurs molécules :
- 1° Des fonctions phénoliques pouvant être oxydées.
- 2° Des produits d’oxydation.
- Lès tanins que nous avons cités proviennent de végétaux pyrogalliques. Les solutions aqueuses de ces tanins contiennent de l’acide gallique à l’état de solution vraie, et de l’acide ellagique à l’état peptisé. Les tanins proprement dits maintiennent à l’état de solution colloïdale des groupements colorés appelés phlobaphènes. Ce sont des peptiseurs. Ils se comportent comme des colloïdes à micelles négatives.
- Voici ce qui se passe quand une peau est en présence de liqueur tannante. Des phénomènes capillaires, osmotiques et électriques déterminent la pénétration du liquide à l’intérieur des fibres. Cette pénétration est favorisée par le gonflement de la peau dû à l’influence des électrolytes. Il se produit une neutralisation de charge entre le colloïde positif, peau, et le colloïde
- négatif, tanin. Les fonctions phénoliques non oxydées, contenues dans la liqueur tannante, se dissolvent dans la fibre et donnent avec elle une combinaison moléculaire. Mais cette combinaison moléculaire est dissociable et la fibre n’est pas insolubilisée. Les produits peplisés se séparent alors sous forme de précipités qui se déposent : l°à la surface des fibres en les entourant d’un revêtement; 2° dans les espaces interfibrillaires. En même temps les produits d’oxydation de la liqueur tannante oxydent la fibre et se combinent avec cette fibre ainsi oxydée. Il y a insolubilisation. La peau ainsi préparée, soumise à l’action de l’eau bouillante, conserve sa structure fibreuse. Elle est transformée en cuir.
- Les méthodes industrielles de tannage par les tanins végétaux sont fondées sur les faits qui viennent d’être exposés. L’expérience, d’accord avec la théorie a permis aux praticiens de mettre au point divers procédés de tannage, en vue de l’obtention d’un cuir répondant à ce triple critère : meilleure qualité, rendement le plus grand, prix de revient le moins élevé.
- Pierre Labadie.
- Ingénieur-Chimiste.
- LA DISTINCTION DES PERLES FINES ET DES PERLES CULTIVÉES
- Depuis que le Japonais Mikimoto a réussi, au prix de longs et méritoires efforts, à obtenir industriellement des perles de culture, extérieurement identiques aux perles sauvages, le commerce des perles souffre d’un profond malaise. Le prix qui s’attache à line perle fine tient sans doute en partie à la beauté propre et inimitable de ce calcul d’huître méléagrine; il tient plus encore à sa rareté. Les huîtres perlières n’existent qu’en peu d’endroits, leur pêche est difficile et de faible rendement. N’est-il pas à craindre que l’élevage des méléagrines et la production artificielle des perles, fekique les pratique Mikimoto, ijê vieûneèt- '^perturber le^ marché des perles Éméf; pareilé -font important au surplus et dont le centre est à Paris. La perle de culture a sans conteste droit à la dénomination de perle fine, au même titre que la perle arrachée des tissus d’une huître de pêche.
- Elle n’e'st pas une perle artificielle ; elle naît dans les tissus de l’huître; elle s’y forme lentement par un processus purement biologique ; sa couleur, son orient, sa pureté de forme ne le cèdent en rien à ceux de la perle de pèche. Mais elle vaut moins cher, puisqu’elle est moins rare et que, théoriquement tout au moins, sa production peut s’accroître à volonté. Et comme aucun expert ne peut distinguer à vue une perle cultivée d’une perle fine de pêche, l’acheteur de perles, l’acheteur de bijoux en perles surtout, est exposé au danger d’acquérir aux prix des perles de pêche, des perles ayant en fait une valeur moindre. Une telle gemme n’est pas uniquement une source de satisfaction d’esthétique ou d’orgueil. C’est aussi bien souvent, pour sa propriétaire, un placement financier; ce qui explique
- l’inquiétude provoquée par l’apparition des perles Mikimoto.
- La perle de culture n’est cependant pas rigoureusement identique à la perle de pêche; M. Dollfus a déjà expliqué en détail dans La Nature (n° 2603, 23 février 1924), le mécanisme de sa production : il consiste essentiellement à greffer dans les tissus d’une méléagrine un sac perlier emprunté à une autre méléagrine et dans lequel on a préalablement inséré un noyau de nacre parfaitement sphérique. Autour de ce noyau, l'huître -sécrète ensuite des couches de matièrë^peflière parfaitement identiques •à celles d’une perle naturelle. Dans cette dernière au contraire, on ne trouve que rarement un noyau, en tout cas jamais de noyau de nacre.
- C’est donc dans la profondeur de la perle que gît la différence entre les deux espèces de perles, et pour la mettre en évidence, il y a un moyen très simple, c’est de couper la perle en deux ; la section faite, on sait à quoi s’en tenir. Mais la perle est perdue.
- Il faut trouver un moyen de voir à l’intérieur de la perle. M. Dauvillier a proposé, dans ce but, il y a quelques mois, l’emploi des rayons X. Ceux-ci, en effet, réfractés par le noyau de nacre, substance cristallisée dans un système différent de celui de la substance perlière, donnent naissance sur la plaque photographique à une image spectrale sur laquelle on peut reconnaître les figures caractéristiques de la nacre. C’est le principe même de l’examen des structures cristallines par les rayons X. C’est un procédé sûr, mais laborieux. Il exige un appareillage complexe dont le maniement n’est permis qu’à un spécialiste expérimenté. Le renseignement qu’il
- p.359 - vue 384/663
-
-
-
- 360 r—~ LA DISTINCTION DES PERLES FINES ET DES PERLES CULTIVÉES
- Marche d’un rayon lumineux issu d’un point A dans une perle fine.
- Fig. 2. — Marche d’un rayon lumineux issu d’un point A du canal dans une perle à noyau.
- donne n’est pas instantané, puisqu’il exige le développement et l’observation d’une photographie; c’est sur celle-ci que se fait l’expertise et non sur la perle.
- Un autre moyen un peu moins général, mais beaucoup plus simple, également sûr, et dont la mise en œuvre n’exige que quelques secondes d’oh- •-servations sur la perle même, vient d’être réalisé par deux savants : MM. Chilowski et Perrin fils. Il s’applique exclusivement aux perles percées d’un canal; les belles perles étant le plus souvent destinées à former des colliers sont presque toujours percées. Les inventeurs utilisent ce canal pour procéder à un véritable examen endoscopique qui repose sur un principe optique fort ingénieux et élégant. . :ït-
- La matière perlière proprement dite est formée de couches sphériques et concentriques, rappelant la structure d’un oignon ; la nacre est formée également de couches superposées, mais celles-ci sont approximativement planes. Dans les deux cas, la lumière se propage facilement en suivant les couches cristallines, tandis qu’elle passe difficilement d'une couche à une autre. Si une couche est illuminée en un point elle s’illumine tout entière, les couches voisines restant sensiblement obscures. Si l’on éclaire fortement en un point A la paroi du canal d’une perle fine (fig. 1), la lumière suivant une couche sphérique reviendra éclairer le point du canal symétrique par rapport au centre, elle émergera en B. Ce.phénomène se produira jusqu’au voisinage immédiat du centre, où il sera même plus marqué par suite du faible trajet qu’effectue alors la lumière. - /
- Dans une perle cultivée au contraire, la lumière suivra une couche plane du noyau de naGre, émergera dans la couche mince perlière qui l’entoure et viendra marquer sur celle-ci, en B ou en B' (fig. 2) une strie lumineuse visible de l’extérieur.
- Dans l’appareil Chilowski-Perrin, l’éclairage du
- canal se réalise comme il suit : on enfile la perle sur un tube minuscule dans lequel pénètre un faisceau lumineux intense provenant d’une lampe électrique à arc; à l’autre extrémité du tube, en face de ce trou, est disposé un jeu de deux miroirs A, B, à 45° sur l’axe du canal et perpendiculaires entre eux (fig. 3). La lumière se réfléchit sur le miroir A, le rayon réfléchi est perpendiculaire à l’axe du canal; il sort du tube par un petit trou ménagé en C dans la paroi. Le trou éclairant joue l’office de point lumineux d’exploration. Le second miroir B, placé à environ 1/2 millimètre du trou C, sert à observer le retour de la lumière et on le regarde au moyen d’un microscope de faible grossissement.
- On introduit le tube porte-miroirs par l’un des bouts du canal de la perle et l’observation se fait par l’autre bout; que la perle soit naturelle ou à noyau, on aperçoit toujours de la lumière;,mais si l’on déplace la perle le long du tube, les apparences sont complètement différentes d’un cas à l’autre.
- Voici tout d’abord le cas de la perle sans noyau (fig. 4) ; quand le système explorateur est à l’extrémité de la perle, le rayon réfléchi AC suit à travers la'perle un trajet circulaire tel que MN ; il reste pour ainsi dire enfermé'dans la perle, et il n’en sort qu’une très faible fraction par suite de la diffusion dans l’air du canal. Le canal regardé au microscope paraît sombre. Il en est ainsi jusqu’au moment où les deux miroirs se trou vent à égale distance du centre de la perle; à ce moment on voit un maximum delumière très vif ; car alors, et alors seulement, le miroir d’observation B se trouve en face de l’endroit du canal où revient la lumière. Aussitôt après on revient à la semi-obscurité. Ce maximum indique avec certitude que les couches sont sphériques jusqu’à quelques dixièmes de millimètre du centre et que, par suite, il s’agit d’une vraie perle fine.
- Dans le cas d’une perle à noyau, au contraire (fig. 6), c’est toujours une même fraction de
- Fig. 3
- Le tube explorateur de l’appareil Chilowski-Perrin.
- p.360 - vue 385/663
-
-
-
- LA PRÉPARATION DE LA SACCHARINE
- 361
- Fig. 4. — Perle fine.
- Tube explorateur à l’extrémité du canal de la perle : l’observateur constate que le canal est à peu près sombre.
- lumière qui vient éclairer l’air du canal, tant que les deux miroirs se déplacent dans le noyau de nacre, et le miroir B ne réfléchit rien parce qu’il ne reçoit aucune lumière, l’éclat observé reste donc le même pendant tout le trajet. Lorsque le miroir B arrive à la hauteur de la couche de séparation entre
- Fig. 6. — Perle à noyau.
- Quelle que soit la position des miroirs, l’éclat du canal reste toujours à peu près constant.
- Fig. 5. — Perle fine.
- Les miroirs explorateurs sont à égale distance du centre de la perle, le canal paraît tout à coup très lumineux.
- le noyau et la matière perlière, il réfléchit horizontalement la lumière qui a pénétré dans le canal en cheminant à travers la couche perlière extérieure; l’éclat observé augmente brusquement, mais légèrement, et reste ensuite constant, pendant que l’équipage continue son trajet à travers la couche perlière. Ainsi dans le cas de la perle à noyau, pas de maximum de lumière, tranchant comme un éclair entre deux phases sombres, mais seulement une légère augmentation d’éclat qui permet, du reste, de mesurer exactement l’épaisseur de la couche perlière.
- L’examen extérieur de la perle, éclairée par l’intérieur, donne un autre critérium de distinction. La perle fine apparait uniformériient brillante, tandis que des stries se marquent sur la perle à noyau.
- Ce procédé d’examen est tellement aisé, que l’observateur le moins entraîné, connaissant ces deux critériums, peut immédiatement faire lui-même la distinction entre des perles avec ou sans noyau. Désormais, les dames qui concevront quelque crainte sur l’authenticité de leurs perles, pourront elles-mêmes la constater, pu, ce qui leur sera plus agréable encore, la faire constater à leurs amies.
- A. Troller
- LA PRÉPARATION DE LA SACCHARINE
- Nous avons tous entendu parler de la saccharine. Pour plusieurs d’entre nous, ce mot évoque les temps douloureux de la guerre où nous devions ménager notre sucre et où nous édulcorions notre café avec Jcette curieuse drogue chimique. Curieuse certes, car ce produit qui n’a aucun caractère de
- parenté avec le sucre possède un pouvoir sucrant infiniment plus développé.
- Dissipons en effet tout d’abord un malentendu. Il est regrettable que ce nom de saccharine rappelle celui de saccharose. Nous savons que le sucre de canne, le sucre de betterave, n’est autre chose que
- p.361 - vue 386/663
-
-
-
- 362
- LA PRÉPARATION
- du saccharose. Cette presque similitude de nom pourrait prêter à confusion et laisser croire que la ; saccharine provient du sucre. Il n’en est rien. La ? saccharine est un produit chimique, purement synthétique ; la matière première d’où l'on part pour la préparer est extraite du goudron de houille. Sa découverte qui remonte à 1879 est due à un chimiste américain, M. Fahlberg.
- "Nous parlons aujourd’hui de ce corps, parce que les réactions qui lui donnent naissance sont des , réactions chimiques à la fois curieuses et inléres-
- DE LA SACCHARINE ............. ..............
- On sait que le goudron de houille soumis à la distillation se fractionne en une série de corps : benzène, toluène, naphtaline, phénol, etc.... Le toluène est un carbure d’hydrogène, homologue du benzène, liquide comme ce dernier, mais ayant un point d’ébullition légèrement plus élevé.
- 1° On commence tout d’abord par faire agir l’acide sulfurique concentré sur le toluène, à la température de 100°. Les photographies qui accompagnent cet article, qui nous ont été fournies„par la revue anglaise The Industrial Chemist, aideront
- Fig. i. — Pour préparer la saccharine, on fait d’abord agir l’acide sulfurique sur le toluène dans des appareils à levêlement de plomb ayant une double enveloppe pour le chauffage à' la vapeur. Remarquer les canalisations d’arrivée 'de toluène, d’acide sulfurique, le système de malaxage à la partie supérieure. Dans cette réaction, il se forme de l’acide toluène-suifonique.
- santés, concourant à la synthèse d’un produit doué d’un pouvoir sucrant près de 300 fois plus élevé que celui du sucre.
- Si, pour mieux faire comprendre le cycle de ces réactions successives que nous allons décrire, nous sommes obligés d’écrire quelques formules chimiques, nous nous efforcerons d’être brefs, tout en restant compréhensibles pour nos lecteurs qui ne peuvent pas être tous des chimistes.
- La saccharine est quelquefois appelée encore sucre de houille. C’est un peu exagéré, car l’on serait tenté de croire que la houille contient une matière sucrée et qu’on peut l’en extraire. Non, ce qui est vrai, c’est que le point de départ de cette belle synthèse est un produit retiré du goudron de houille : le toluène.
- d’ailleurs à la compréhension de ces diverses réactions.
- L’acide sulfurique agit énergiquement sur le toluène, en la transformant en un nouveau corps appelé acide toluène-sulfonique.
- CH3 C6H5 h- SOH2 == CÏUC^IUSOH + H2 O
- Toluène. Acide Acide toluène- E;iu.
- sulfurique. sulfonique.
- Cette réaction s’accomplit dans de grands récipients métalliques doublés intérieurement de plomb. Une double enveloppe permet le chauffage de l’appareil au moyen de la vapeur. Des canalisations avec valves amènent l’une l’acide sulfurique, l’autre le toluène. Un système de brassage intérieur constitué par un arbre à palette et mû parjme poulie
- p.362 - vue 387/663
-
-
-
- 363
- LA PRÉPARATION DE LA SACCHARINE
- met le liquide en agitation continuelle pendant la réaction.
- 2° L’acide toluène-sulfonique ayant été soigneusement purifié, la deuxième phase de la préparation consiste à le transformer en toluène-sulfo-chlô-rure, c’est-à-dire en un produit provenant de l’action de l’acide chlorhydrique sur l’acide loluèrie-sulfonique.
- CH3 C6 H* SOH + HCl
- Acide toluène- Acide
- sull'onique. chlorhydrique.
- == GIT G6 114 S02CI -h H20
- Toluène- Eau.
- sulfochlorüre. >
- En fait, pour obtenir ce dernier corps, on se sert, non de l’acide chlorhydrique, mais du pentachlo-rure de phosphore, lequel est un agent de chloruration énergique.
- 5° Le toluène sulfochlorure est un liquide huileux. Sourdis à l’action de l’ammoniaque ou du carbonate d’ammoniaque, il donne naissance à ce que l’on appelle en chimie une amide;on obtient le sulfamide de toluène.
- Fig. 2. — L’acide toluène-sulfonique, après avoir été transformé en chlorure d'acide, est mis en contact dans ces grands malaxeurs avec du carbonate d’ammoniaque. Une amide prend ainsi naissance : la sulfamide de toluène.
- CH5 C6 IPSO2 Cl
- Toluène sulfochlorure.
- = CH3CBHlS02NH2
- Sulfamide du toluène.
- + 2 NIL
- Ammoniaque.
- -h NM
- Chlorhydrate
- d’ammoniaque.
- Cette opération s’accomplit aisément dans de grands récipients munis d’agitateurs.
- 4° La sulfamide du toluène, produit cristallisé blanc, est isolée et soumise à l’action d’un oxydant énergique constitué par du permanganate de’potasse.
- 50
- Oxvgène.
- - H20
- Eau.
- CH3.C8HLSO*NH*
- Sulfamide du toluène.
- = GO3 H. G6 H1. SO'2 NU2
- Acide sulfamino-benzoîque.
- 5° Enfin l’acide sulfamino-benzoîque se transforme aisément sous l’action de la chaleur en perdant les éléments de l’eau et en donnant naissance à la saccharine dont le véritable nom chimique est le sulfamide benzoïque ou acide anhydrosulfamino-lue.
- /COv
- C02H. C6H4. SO2 MH2
- Acide sulfamjnobenzoïque.
- C6H4/ )NH-hII*0
- - \so?/
- Saccharine.
- Fig. 3. — Appareil où se passe l'oxydation de la sulfamide du toluène. Cette oxydation a lieu au moyen de permanganate de potasse dans une cuve cylindrique munie d’un système de brassage.
- Cet exposé de réactions diverses pourra peut-être paraître fastidieux au lecteur. Cependant, il faui savoir que ces réactions ont ceci d’intéressant, qu’elles ne sont, pas particulières à un corps comme la saccharine, mais qu’elles sont constamment appliquées dans l’industrie des produits organiques, qu’il s'agisse de matières colorantes, de parfums, de produits pharmaceutiques.
- C’est ainsi par exemple que tous les carburès aromatiques comme le benzène, le toluène, la naphtaline, etc., soumis à l’action de l’acide sulfurique, donnent des acides sulfo-niques.
- C’est ainsi par exemple que tous les acides organiques peuvent se transformer en chlorures, d’acide comparables au toluène sulfochlorure.
- C’est ainsi que tous les chlorures
- p.363 - vue 388/663
-
-
-
- 364
- CLASSIFICATION BIOGÉOGRAPHIQUE DES SYSTÈMES DE CULTURE
- d’acides mis en contact avec l’ammoniaque donnent des amides comparables à la sulfamide du toluène;
- C’est ainsi que certains radicaux organiques som mis à l’oxydation se transforment en radicaux acides. Ainsi, par exemple, dans le toluène qui a pour formule CH3.C6HS, le groupement CH5 peut être facilement oxydé et transformé en groupement C02H, le molécule du toluène étant de ce fait changée en acide benzoïque C02H. C6H3.
- Mais laissons maintenant cette théorie et parlons delà saccharine.
- Telle qu’on la rencontre dans le commerce, la saccharine est une poudre blanche extrêmement fine, soluble dans l’eau.
- La saccharine, par son origine et sa constitution chimique, aussi bien que par son inaptitude à la fermentation, ne présente aucun point d’attache avec le sucre.
- Il est donc regrettable que Fahlberg, l’inventeur de ce corps, ait cru devoir donner à ce produit, en- raison de sa saveur sucrée, un nom qui semble la rapprocher du sucre.
- La propriété la plus frappante de la saccharine est en effet sa saveur sucrée. Cette saveur est tellement intense qu’elle est encore fort sensible dans le mélange de 1 gramme de saccharine dans 70 litres d’eau.
- Elle communique aux liquides et aux solides avec lesquels on la mêle, une saveur sucrée 280 fois
- supérieure à celle d'un même poids de sucre de canne ou de betterave.
- La saccharine peut-elle remplacer le sucre dans l’alimentation? Certainement non, car elle n’est pas un aliment. Tandis que le sucre, en passant à travers l’organisme, subit une oxydation qui le détruit et contribue principalement à entretenir la chaleur corporelle, la saccharine au contraire ne fait que passer; elle est entièrement éliminée par les reins. On l’a prétendue toxique, mais des travaux récents ont montré que si ce produit n'était pas utile à l’organisme, il ne paraissait pas non plus nuisible.
- La médecine a songé à utiliser les propriétés intéressantes de ce produit. Ses qualités édulcorantes le sont dans le diabète où l’usage du sucre est interdit.
- La vente de la saccharine n’est, pas évidemment permise ; ce serait la porte trop facilement ouverte aux fraudeurs qui n’hésiteraient pas à remplacer le sucre véritable dans certaines préparations par une infime quantité de saccharine.
- Malgré tout, cette fraude s’exerce encore, mais sur une petite échelle ; hâtons-nous de dire d’ailleurs qu’elle est facilement décelable. Un moyen facile de la découvrir consiste à secouer avec de l’éther la matière suspecte ; l’éther enlève la saccharine sans toucher au sucre véritable.
- P. Durocher.
- Fig. 4. — Nous voyons en haut à gauche le fond de la cuve où se fait Voxydation. Le, liquide, qui s'écoule de cette cuve et qui contient la saccharine, est soumis à la filtration dans un filtre à vide que nous voyons en bas au second plan, et le liquide clair arrive dans la cuve en avant.
- CLASSIFICATION BIOOÉOORAPHIQUE DES SYSTÈMES DE CULTURE
- PRATIQUÉS A LA SURFACE DU GLOBE
- Jb
- Sous ce titre, M. Auguste Chevalier, directeur du Laboratoire d’agronomie coloniale au Muséum, vient de publier dans la Revue internationale de renseignements agricoles une étude particulièrement originale et intéressante qui est le premier essai synthétique de groupement des modes de culture du monde entier.
- On s’est, en effet, bien souvent occupé de géographie
- botanique, mais en ne considérant que les plantes spontanées. Au cours de ses nombreux et longs voyages en Afrique en Asie et en iMalaisie, M. Chevalier a reconnu et démontré que la forêt vierge africaine, aussi bien que les laides de Bretagne, les savarts de Champagne, les garigues. et maquis méditerranéens ne sont que des peuplements secondaires remplaçant d’anciennes cul-
- p.364 - vue 389/663
-
-
-
- 365
- CLASSIFICATION BIOGÉOGRAPHIQUE DES SYSTÈMES DE CULTURE
- tures ou plus souvent des jachères à longue révolution.
- En général, tous les systèmes de culture pratiqués dans les divers pays sont adaptés non seulement aux conditions topographiques, climatiques et à l’état de végétation spontanée préexistant, mais aussi à l’état social, aux conditions économiques et au stade de civilisation des peuples qui pratiquent ces cultures. Il est clair que, dans les pays où la population est peu évoluée, très clairsemée et dispose de surfaces cultivables illimitées, ou bien dans ceux où les produits de la chasse et de la pèche sont abondants, l’homme a moins perfectionné son agriculture que dans ceux où la population est très eense et a déjà atteint un haut degré cïe civilisation. Toutefois, cela ne signifie pas toujours qu’il a eu moins d’emprise sur la végétation spontanée, comme on peut le voir par le tableau qui va suivre.
- >1. Chevalier propose la classification suivante en quatre séries :
- 1° Agriculture proprement dite;
- 2° Culture en vue de la nourriture des animaux domestiques ;
- 5° Cultures forestières-;
- 4° Cultures en milieu aquatique.
- 11 les divise ainsi que le montre le tableau suivant :
- I. Agriculture proprement dite.
- I. Absence de culture et d’élevage.
- Cueillette, chasse, pèche, parfois incendies d’herbes. Pas d’action sur la végétation (Négrilles, Esquimaux, Fuégiens).
- II. Systèmes de culture extensifs.
- A. Culture ou élevage incomplets.
- a. Élevage sans agriculture : vie nomade saisonnière.
- J. Elevage du renne dans les toundras.
- 2. Elevage du chameau et du dromadaire dans les déserts.
- 5. Elevage des bovins ou ovins dans les régions montagneuses ou semi-arides des pays tempérés.
- 4. Elevage des bovins dans les pays subtempérés chauds et les régions tropicales.
- b. Vie agricole sédentaire ou semi-nomade.
- a. Agriculture sans gros bétail : houe, pas de charrue. * - ' •
- '5. Culture en forêt tropicale dense : abatage, suivi de jachères à longue révolution (forêt secondaire, palmeraies, bambouseraies).
- 6. Culture en forêt-parc ou en savane dans les régions tropicales : abatage partiel, jachères de 6 à 12 ans avec incendies d’herbes.
- 7. Culture dans les pays inondant naturellement à la saison des pluies, faite pendant l’inondation : riz, sorgho.
- 8. Culture des terrains inondant naturellement, faites après le retrait des eaux : berges du Nil, du Sénégal, du Niger, du Mékong.
- i>. Culture en dry-farming : steppes (Berbères, Indiens de l’Amérique du Nord).
- 10. Cultures enterrasses : Chine, Malaisîè,. Méditerranée, Cordillère des Andes.
- (3. Agriculture et élevage du gros "bétail : pas de charrue ou charrue primitive.
- 11. Culture sur l’emplacement de la forêt primitive ou secondaire : essartage, écobuage.
- 12. Cultures dans les forêts-parcs et les savanes tropicales : cultures herbacées alternant avec des jachères.
- B. Culture et élevage complets.
- Agriculture paysanne, charrue, engrais animal.
- 15. Champs alternant avec des jachères qu’on brûle (Inde, Malaisie).
- 14. Champs permanents qu’on ne brûle pas : culture paysanne des pays tempérés.
- 15. Cultures irriguées : riz, coton, canne à sucre.
- III. Systèmes de cultures intensifs.
- Cultures permanentes. Déchaumage. Engrais verts, animaux et chimiques. Irrigation et arrosage. Sélection des espèces, parfois traitées par des insecticides ou des fongicides.
- 16. Cultures herbacées avec assolement : Nord de la France, Beauce, Etats-Unis, Chine.
- 17. Cultures de plantes ligneuses occupant le sol de nombreuses années : caféier, cacaoyer, hévéa, vigne, vergers.
- 18. Cultures mixtes de plantes ligneuses vivaces et de plantes annuelles : champs-vergers de Normandie, oasis, théiers-hévéas de Ceylan.
- 19. Cultures irriguées : riz en Espagne et Italie, canné à sucre à Java, coton et céréales en Egypte et Arizona.
- IV. Systèmes de culture entièrement artificiels
- 20. Cultures potagères autour des villes; horticulture sino-annamile.
- II. Culture en vue de la nourriture des animaux domestiques.
- . I. Pâturages.
- Prairies, steppes, marais, ayant conservé en partie leur végétation primitive : pâturages de montagnes, savarts de champagne.
- II. Prairies de fauche.
- Pâturages aménagés où ne subsistent que des plantes fourragères spontanées.
- III. Herbages pâturés.
- Prairies non fauchées de l’élevage intensif : Basse Normandie.
- IV. Prairies artificielles.
- Cultures en rotation avec les céréales.
- III. Cultures forestières.
- I. Forêts ni entretenues, ni dégradées.
- - Forêts primitives.
- II. Forêts partiellement dévastées par l’homme.
- Forêts peu homogènes, boqueteaux, fragments de landes.
- III. Forêts reconstituées.
- La culture a succédé à la destruction de la forêt primitive, puis le sol épuisé, le terrain est abandonné et la forêt revient après un stade de jachère.
- IV. Forêts aménagées et cultivées. Semi-naturelles ou artificielles, mais complètement aménagées et soumises à une véritable culture.
- a. Futaies en peuplements purs.
- Feuillus ou résineux.
- b. Futaies en peuplements mélangés.
- p.365 - vue 390/663
-
-
-
- L’UTILISATION DES PEAUX DE REPTILES DE NOS COLONIES -
- 366
- Essences d’ombre et de lumière séparées ou mélangées.
- c. Taillis sous futaie.
- d. - Taillis simples.
- Forêts artificielles d’essençes non spontanées.
- Pins maritimes des Landes, pins sylvestres de France, eucalyptus d’Italie et Algérie.
- IV. Cultures en milieux aquatiques.
- Rizières chinoises, étangs à poissons allemands, etc. Tel- est cet essai de synthèse d’où se dégagent de mul-
- tiples indications : l’emprise progressive de l’homme sur la végétation spontanée qui disparaît peu à peu ou tout au moins se trouve remaniée sur presque tout le globe ; la nécessité d’adapter les cultures à la population comme au sol, sans vouloir unifier partout les méthodes; la multiplicité des moyens mis en œuvre par l’homme pour se procurer sa nourriture, et bien d’autres encore.
- 11 intéresse autant les sociologues que les agriculteurs, il attire l’attention sur la principale activité humaine et il ouvre la voie à de nombreuses observations qui viendront se placer tout naturellement dans le cadre si remarquablement tracé.
- Daniel Claude.
- L’UTILISATION DES PEAUX DE REPTILES DE NOS COLONIES
- DANS L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- On sait que, depuis longtemps déjà, on utilise, dans l’industrie de la maroquinerie et même de l'ameublement, sous le nom de « galuchat », la peau d’une Raie que l'on trouve, en assez grande quantité, sur les côtes de nos colonies de l’Océan Indien (Côte des Somalis, Madagascar, Indo-Chiné, etc...).
- Cette peau, qui avait été longtemps à la mode, est restée complètement délaissée pendant de longues années.
- Aujourd’hui elle est plus en honneur que jamais et les industries de la maroquinerie et de l’ameublement en réclament de grandes quantités.
- Nous pourrions citer tel homme politique célèbre dont la chambre à coucher est entièrement garnie de a galuchat ».
- Mais, depuis quelque temps, on s’occupe aussi de tirer parti de la peau des requins qui, tannée d’une façon spéciale, forme un cuir très beau, très résistant et que l’on emploie déjà pour la chaussure et la maroquinerie. On. commence à tirer de nos colonies beaucoup de ces peaux, qui sont particulièrement intéressantes. Djibouti et Madagascar vont devenir, sous peu, nos principaux fournisseurs en cette matière.
- Mais il y a mieux! Les peaux d’un certain nombre de Reptiles : crocodiles, grands lézards et serpents, sont, actuellement, particulièrement recherchées par la cordonnerie, la maroquinerie de luxe, la mode et la couture.
- Les peaux de Crocodiles, dont les plaques ne sont pas trop fortement ossifiées, sont surtout utilisées pour la confection de malles, de sacs de dames, de valises, etc. On emploie alors une partie du dos et le ventre.
- La partie dorsale, à cause des nombreuses plaques ossifiées qu’elle contient, est d’un usage beaucoup moins répandu que la partie ventrale. Celle-ci, après tannage approprié, devient très souple et on peut fabriquer avec elle des chaussures de luxe, , aussi résistantes que do haut goût.
- Nous possédons, dans nos colonies de l’Afrique occidentale française, de l’Afrique équatoriale, de l'Indo-Chine, de Madagascar et de la Guyane, 5 ou 6 espèces de Crocodiles dont les individus de taille moyenne permettront à la tannerie de tirer un parti convenable des peaux.
- Les Lézards, dont les peaux peuvent être préparées en vue d’un emploi industriel, sont surtout des Varans, dont certaines espèces de l’Indo-Chine sont particulièrement intéressantes. Deux ou trois formes africaines sont, également, utilisables.
- Avec ces peaux de lézards, on peut fabriquer tous les petits objets de maroquinerie comme : portefeuilles, étuis à cigarettes, sacs à main, manches de cannes et de parapluies, garnitures de chapeaux de dames, parements de jaquettes de dames, etc.... Mais la plus grande partie, et c'est là l’avenir de de ces peaux, est utilisée pour la fabrication de chaussures de haut luxe, qui sont du plus séduisant effet, tout en étant extrêmement solides.
- Enfin, les peaux des grands serpents des régions tropicales comme les Pythons, lesRoas, etc..., sont particulièrement recherchées aujourd’hui, non seulement pour la confection des mêmes articles de maroquinerie dont nous venons de parler, mais encore pour la fabrication de ceintures et la garniture de robes qui sont du plus haut goût.
- Il faut employer pour cela, naturellement, des peaux assez larges, c’est-à-dire, environ, de 15 à 20 cm. Plus petites ou plus grandes, elles sont, pour le moment du moins, d’un usage assez restreint. Mais si elles entrent un jour dans la décoration et l’ameublement, leur usage deviendra extrêmement répandu et on pourra utiliser, alors, toutes les belles peaux.
- De tous les Serpents, on préfère pour la maroquinerie, les serpents d’eau parce que la ligne ventrale du corps, sur laquelle ils rampent, n’est jamais abîmée et que l’on peut, ainsi, utiliser toute la largeur de la peau.
- Après les serpents d’eau, ce sont ceux de sable
- p.366 - vue 391/663
-
-
-
- L'UTILISATION DES PEAUX DE REPTILES DE NOS COLONIES
- 367
- qui sont le plus appréciés, pour la même raison.
- La conservation de ces peaux doit
- être faite avec le plus grand soin, •Mil
- sans quoi elles perdent très rapi-
- dement une partie de leur valeur
- commerciale.
- Les peaux de crocodiles doivent
- être conservées dans du sel et un sel aussi pur que possible en chlorure de sodium, sans quoi, s’il contient une trop forte proportion de sels de magnésie, qui, comme on le sait, sont très hygrométriques, les peaux absorbent l’humidité et le sel fait précisément pourrir ce qu’il était chargé de conserver.
- Pour les peaux de lézards et de serpents, la conservation se fait surtout par le séchage, hes
- fjpÉpj
- aucun pli, v . r * **
- nécessaire ^
- leur valeur 7
- Fig. 2. — Varan de l'Afrique occidentale. (Varanus exanthematicus Bosc.)
- (Photo Cintract.)
- peaux, après avoir été bien décharnées, doivent être séchées lentement à l’ombre et dans un courant d’air, de façon à ne pas prendre d’humidité, après avoir été bien étalées sur une planche et piquées en ne faisant aucun pli, ce qui est absolument pour leur conserver toute mar ch an d e.
- Si les peaux sont séchées trop rapidement, au soleil, surtout dans les Colonies, elles se racornissent et il [est ensuite tout à fait impossible de les assouplir et d’en tirer un parti quelconque.
- Le dépeçage des Reptiles, en vue de l’utilisation industrielle delà peau, est loin d’être indifférent.
- Pour les crocodiles, dont la peau est vaste, et dont on utilise séparément le dos et le ventre, on doit couper la peau en suivant les parties latérales du corps et en gardant du côté du ventre, qui est le plus important, le plus possible de la surface.
- Pour les lézards, comme c’est le
- Fig. i. .
- Crocodile du Siam... (Crocodilus Siamensis. Schneider.) (Photo Cintract.)
- dos qui est, en général, le plus intéressant, il faut inciser la peau par la ligne médiane et ventrale et les pattes, au milieu de la partie inférieure.
- - ' Si, au contraire, le dos porte une
- crête médiane, ce qui arrive quelquefois, et qu’il ne puisse être utilisé, on incise l’animal sur la ligne médiane et dorsale pour faire disparaître cette crête gênante.
- Enfin, les Serpents doivent toujours être ouverts sur la ligne de reptation, c’est-à-dire la ligne médiane et ventrale, sur laquelle ils se déplacent.
- Il faut, d’une façon générale, prendre de sérieuses précautions pour éviter les coups de couteau dans les peaux, au moment du dépeçage, si on veut leur conserver toute leur’beauté et, par conséquent, leur valeur. Jusqu’ici, ce sont les Hollandais
- Fig. 3. — Peau de serpent python de VIndochine. (Python molurus L.)
- (Photo Cintract.)
- p.367 - vue 392/663
-
-
-
- 368= L’UTILISATION DES PEAUX DE REPTILES DE NOS COLONIES
- nous. Leur prix est, en général, très élevé et compatible, seulement, avec les disponibilités des possesseurs de la livre et du dollar.
- C’est donc vers l’Angleterre et l’Amérique du Nord que sont exportés ces objets manufacturés chez nous, et c’est une consolation, puisqu’ils contribuent, de la sorte, à l’amélioration de notre balance commerciale et, par conséquent, au relèvement de notre devise nationale.
- Nous devons donc faire, tous nos efforts pour faire venir de nos colonies le plus grand nombre possible de peaux de Reptiles utilisables dans notre industrie de luxe nationale.
- Fig. 4-
- Peau de grand Serpent d’eau de VIndochine
- (Acrocordus javanicus Hornstedt).
- (Photo Cintract.)
- et aussi les Anglais, qui fournissent à notre industrie les peaux de Reptiles et, surtout, de lézards et de serpents, originaires de l’Inde, de Ceylan et de Java. Les Américains, au contraire, nous envoient des peaux d’Alligators (sortes de crocodiles) que nous leur renvoyons sous la forme de sacs, de chaussures, etc....
- Car, beaucoup des objets fabriqués en France ne restent pas chez
- Fig. ô.
- Fig. 6.
- Chaussure du milieu en peau d’alligator. Chaussures des deux côtés en peau de lézard (varan).
- Sac en peau de crocodile. Le côté
- est fabriqué avec un morceau de peau de la nuque.
- (Photo Cintract.)
- Ce faisant, nous contribuerons à obtenir trois résultats : le premier, sera de tirer de nos Colonies un produit nouveau et d’une valeur intéressante; le second, de fournir à une industrie française la matière première dont elle a besoin et, enfin, troisièmement, par l'exportation d’objets manufacturés en France, d’améliorer notre balance commerciale et, par conséquent, notre change.
- A. CituvEh,
- Professeur au Muséum.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüue, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925
- p.368 - vue 393/663
-
-
-
- SOMMAIRE :
- La fabrication des carrelages en grès cérame : E. Weiss.
- Les lâchers de Cailles dans le sud-ouest de la France : A. Feuillée-Billot.
- Le funiculaire aérien de l'Aiguille du Midi : André Bourgain.
- Sur l’emploi de quelques nouveaux alliages : I. L.
- Comment on nourrit “ des infirmes ” dans un jardin zoologique : V. Forbin.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Nouveautés en T. S. F. — Hygiène, etc. Variétés. — Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO \ France • • » • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. I fr. 25
- p.n.n. - vue 394/663
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2697.
- ;i2 DÉCEMBRE 1925
- LA FABRICATION DES CARRELAGES EN GRÈS CÉRAME
- Le grès cérame est une sorte de poterie en terre sablonneuse qui a la dureté du grès sans vernis ou bien qui est enduit d’une glaçure.
- Cette fabrication a atteint en Allemagne et dans
- destinés au pavage. C’est une matière inusable et inaltérable qui est inattaquable aux acides; elle a l’avantage de se polir à l’usage sans que jamais pour cela elle devienne glissante.
- Fig. i. — Pulvérisation des matières au tube finisseur.
- les Flandres, à l'époque de la Renaissance, une très grande perfection ; des poteries très anciennes de Beauvais et de Savignies sontre-cherchées des colleciionneurs ; depuis elles ont été imitées et constituent, une transition entre les grès cérames proprement dit, à pâte à peu près infmible, à glaçure mince et transparente, el les poteries communes à couverture opaque.
- Le grès ‘ cérame à été employé avec succès pour constituer des carreaux
- La fabrication des carrelages en grès cérame est développée en France à Maubeuge. Les photographies
- qui illustrent cet article ont . été prises à la Fabrique des Produits Céramiques de Maubeuge et montrent les phases successives de la fabrication que nous allons passer en revue rapidement.
- Tout d’abord il faut amalgamer les roches alcalines aux argiles dans des appareils dé broyage. Ce mélange constitue la matière première du carreau de
- 63' Année- — ?' Ssmestra
- 24. - 569
- p.369 - vue 395/663
-
-
-
- 370 r--. ; LA FABRICATION DES CARRELAGES EN GRÈS CÉRAME
- dans les moules qui présentent la forme du carreau à obtenir. On fait agir une pression sur ces moules à raison de 2 à 500 kg, ^par cm2. Par l'effet de cette pression formidable, on peut démouler les carreaux qui se présentent alors sous une forme de poudre agglomérée et compacte.
- Il ne reste plus qu’à mettre ces carreaux en cassettes et à les introduire dans les fours. Après un certain nombre de jours de cuisson à une température qui atteint 1500°, les cassettes sont défournées et les carreaux retirés des cassettes. Ils ont alors l’aspect d’une masse entièrement vitrifiée qui a toute la
- Fig. 3. — Introduction de la matière
- Pulvérisée dans les moules.
- grès cérame et il est indispensable de réduire les roches alcalines en poussière impalpable par plusieurs opérations successives.
- Les blocs sont traités dans un concasseur à mâchoires à la grosseur de 5 cm, puis ces morceaux passent sur un sécheur rotatif afin d'éliminer complètement l’humidité de la roche. Par laminage, on réduit ensuite les morceaux à la grosseur de 2 cm pour les envoyer au tube finisseur qui les pulvérise; la poudre obtenue est amalgamée avec des argiles dans des moulins.
- Lorsque la matière a été séchée et pulvérisée à sec, elle est introduite
- Fig. 4.
- Four de cuisson.
- Enfournement des produits.
- dureté du grès naturel et qui, comme nous l’avons dit au début de cet article, constitue un matériau de pavage d'un poli et d’une durée infinie.
- Aujourd’hui, grand nombre de travaux ont utilisé les carreaux ou pavés céramiques qui permettent d’obtenir un dallage de bel aspect, résistant et parfaitement hygiénique. Si l’on tient compte des prix d’entretien et des frais de renouvellement qu’occasionnent les autres genres de paArages, à intervalles assez rapprochés, on arrive à trouver que le prix du pavement céramique n’est pas plus élevé.
- Actuellement l’emploi de ce genre
- Fig. 5. — Dêfournement des produits.
- p.370 - vue 396/663
-
-
-
- LES LACHERS DE CAILLES DANS LE SUD-OUEST DE LA FRANCE
- 371
- de carrelage se développe,, toutes les fois qu'il s'agit de recouvrir des surfaces où la circulation est intense.
- 11 est d’ailleurs possible de colorer les.carreaux de grès cérame avec des oxydes métalliques que l’on incorpore au mélange; on peut réaliser des dessins
- variés, et l’on peut obtenir également des gorges et des pleins à volonté qui donnent un grand nombre de combinaisons d’assemblages pour l'obtention de pavages ou de revêtements décoratifs. ‘
- E-H. Wkiss.
- LES LACHERS DE CAILLES DANS "LE SUD-OUEST DE LA FRANCE
- Au printemps de 1924, il a été procédé à des
- lâché à Saint-Pierre-d’Oléron. Pour être exact, il
- lâchers de Caillés dans le sud-ouest de la France, c’est-à-dire dans les régions où, d’après les renseignements fournis par le D1’ J.
- Feytaud, le Doryphore et l’Otio-rhynque, causent le plus de dégâts.
- Le Ministère de l’Agriculture affecta une sommé de dix mille francs, sur le
- des jeux, à la réalisation de cette expérience, qui fut organisée par le prince Paul Murat, membre du Conseil de la « Société nati on ale d’A cclimalalion de France ».
- Mais, alors qu’il existe tant d’Oiseaux insectivores capables de détruire le Doryphore et l’O-tiorhynque, pourquoi avoir choisi la Caille? Ceci s’explique par le désir qu’a eu le Ministère d’atteindre un triple but : en cherchant à opposer aux Insectes déprédateurs un Oiseau qui puisse les dévorer, il a voulu procurer un-gibier de repeuplement à une contrée appauvrie par une chasse excessive et sauver l’existence dés derniers petits Passereaux insectivores menacés par les chasseurs à court de gibier. Cette tentative a-t-elle été couronnée de succès? Nous nous le demandons.
- Voyons les faits.
- Après un premier essai, fait en 1925, par les soins de M. Delacour président de la Section d’ornithologie de la « Société d’Acclimatation » et président de la « Ligue pour la protection des Oiseaux », l’expérience a été renouvelée l’année dernière.
- Le 50 mai 1924, un lot de 800 Cailles a été
- convient de signaler que 75 Cailles ont péri pendant le voyage et 8 ont été blessées que l’on garda en
- cage pour les soigner. Avant le lâcher, les oiseaux furent bagués de I à 800.
- Le Président de la Société de chasse de Saint-Pierre d’Oléron, M. Soudois, a rendu compte du lâcher. D’abord,
- ^ il a rappelé que le vignoble de File d’Oléron est ravagé par l’Otio-rhynque sillonné.
- « Ce Coléoptère gris, nommé «r Coupe-bourgeon », a fait son apparition en Autriche dans le vignoble de To-kay et c’est seulement vers 1900 qu’il commit quelques,ravages dans les vignes sablonneuses du littoral méditerranéen. 11 est apparu à File d’Oléron dix ans plus tard, pour détruire, en 1915 et 1914, une large étendue de vignes. »
- Les arséniates n’ont pas donné de résultats appréciables dans la lutte contre ce redoutable Insecte et, d’autre part, ces substances toxiques peuvent empoisonner les petits Oiseaux utiles à l’agriculture. M. Soudois insiste sur le fait que les Perdrix, paraissent avoir détruit les Otiorbynques ; du moins, pendant la guerre, tandis que les Perdreaux rouges se multipliaient en paix, les ravages causés par les Insectes avaient diminué d’intensité. Puis, quand la chasse fut reprise avec un redoublement d’ardeur, les Perdreaux, disparurent et FOliorhynque compromit les récoltes.
- C’est alors que l’on songea à remplacer les Per-
- prélevée
- Points d’atterrissage des Cailles. .................Caille lâchée àl’île d’Oléron.
- Fig. i. — i. Hadsund (Danemark)
- 2. Lg-lise-Neuve-d’Entraigues(Puy-de-Dôme). — —
- 3. Saint-Michel-en-L’Herm (Vendée)................ — —
- 4. Saint-Pezenne (Deux-Sèvres).................... — —
- 5. Barenton-sur-Serre (Aisne)..................... — —
- 6. Castclnaud-d’Estrefonds (Haute-Garonne). —
- 7. Frouville (Seine-et-Oise)...................... — —
- ti. Le Taillan (Gironde).................. — ddis la Char.-lnl.
- p.371 - vue 397/663
-
-
-
- 372 LES LACHERS DE CAILLES
- drix par des Cailles, — ce dont se réjouit M. Soudois.
- Un second lot de 800 Cailles a été remis àM. Alix Jean, président de la « Fédération départementale des chasseurs et des Pêcheurs de la Charente-Inférieure ». Les Oiseaux hagués de 801 à 1600 ont été lâchés par moitié dans la Charente-Inférieure et par moitié dans l’ile de Ré, d’après le désir exprimé par M. Pierre Salvat, inspecteur des Eaux et Forêts à Royan. Un autre lot de cinq cents Cailles a été expédié dans la Gironde, en juin 1924. M. Paul Cluzeau, président de la « Société des chasseurs au fusil de la Gironde », a fait lâcher les Oiseaux à proximité de champs de pommes de terre attaqués par le Doryphore, au nord-ouest de Bordeaux.
- Enfin, un lot de 100 Cailles a été adressé au l)r J. Feytaud, directeur de la Station entomologique de Bordeaux, aux fins d’expériences relatives à la destruction des Insectes nuisibles par les Cailles.
- Les cent Cailles sont arrivées à Bordeaux, le 51 mai 1924 ; mais une vingtaine d’individus avaient succombé aux fatigues du voyage. M. le Dr Feytaud fit lâcher, le 10 juin, 50 Cailles à la limite des communes d’Àrsac et du Pian. Ces Cailles ont été munies de bagues, à la marque du Muséum, et portant les numéros de 901 à 950. Les autres Cailles furent gardées dans un poulailler et 5 y ont survécu jusqu’en octobre.
- Afin de constater si les .Cailles mangeaient le Doryphore, le Dl Feytaud donna aux Oiseaux des Insectes mêlés à du millet et à du chènevis.
- Les observations, au laboratoire, ont consisté à placer une Caille, paraissant vigoureuse, dans une cage bien éclairée et de la mettre en présence d’un certain nombre de Doryphores vivants, ajoutés à des grains.
- Le tableau ci-après donne les résultats obtenus à la suite de ces expériences.
- DÉBUT ET FIN DE INOBSERVATION NOMBRE DE DORYPHORES OFFERTS NOMBRE DE DORYPHORES MANGÉS
- 10-11 juin 192 4. 15 11
- 11-12 » 15 7
- 12-15 » 15 15
- 13-14 » 15 7
- 14-16 » 15 6
- 16-17 )> 15 12
- 17-19 )) 15 3
- 19-20 )) 15 0
- 20-21 » 15 3
- 21-23 » 15 0
- 23-24 » 15 0 7
- 24-23 w 15 4
- 23-20 »* 13 0
- 26-27 » 13 2
- 27-28 » 15 2
- 28-1- juillet 1924. 15 5
- 1- 2 » 10 2 '
- 2- 3 » 10 2
- 3- 4 10 N 6
- 4- 3 » 10 6
- 5- 7 » 10 3
- 7- 8 d 10 + 10 larves ' 8 (dont 3 larves)
- S- 9 » 10 +10 larves 12 (aucune larve)
- DANS LE SUD-OUEST DE LA FRANCE
- Ces expériences, qui ont duré un mois, ont confirmé celles que le Dr Feytaud avait faites en 1925 ; elles montrent que les Cailles mangent volontiers les Doryphores^ même en présence de grains.
- La Caille qui servit de principal sujet d’expérience apaisa pendant les premiers jours son vif appétit, consécutif aux fatigues endurées pendant son voyage ; par la suite, sa faim étant apaisée, cette Caille prit moins de Doryphores, ainsi que le prouve le tableau suivant :
- OFFERTS MANGÉS POURCENTAGE
- Du 10 au 17 juin 90 58 64,4
- Du 17 au 28 juin 135 14 10,3
- Du 28 juin au 9 juillet . . . 85 32 37,6
- Totaux et moyenne. . . . 310 104 53,5
- Il restait à savoir si les Cailles, à l’instar des Perdrix, mangeaient les Charançons coupe-bourgeon, du genre Otiorhynque. L’expérience a été concluante; une Caille mise le 15 août dans une cage reçut 54 Otiorhynques mêlés à des graines appétissantes : trois heures après, il ne restait plus que trois Insectes.
- D’autre part, des Cailles reçurent des Otiorhynques morts par intoxication arsenicale et les mangèrent; Lune d’elles en consomma 91, en une quinzaine de jours, sans en paraître incommodée.
- Voici les résultats obtenus par le Dr Feytaud à la suite des diverses expériences qui ont porté sur des Insectes vivants et des Insectes morts par intoxication :
- NOMBRE NOMBRE
- DÉBUT ET FIN ÜOTIORHYNQUES . OFFERTS tï’OTlORHYNQUES MANGÉS
- DE
- Lobservation Vivants. Morts par absorption d’arséniato Vivants. Morts.
- de plomb. de chaux.
- 14-16 août . . . 5 15 5 13
- 16-18 » ... 1 18 1 18
- 18-19 » . . ü 6
- 20-22 )) ... 7) 3
- 22-23 » ... ?) 5
- 25-25 » . . 6 » 0
- 25-26 )> ... 14 4 18
- 26-27 »... 7 1 8
- 27-28 » ' . . . 10 1 11
- 28-29 » ... 4 5 » 4 5
- 8 73 18 8 91
- Contrairement à ce que l’on croyait, le traitement arsenical des vignes ne serait donc pas préjudiciable aux Oiseaux-gibier, qui mangent les Otiorhynques morts par intoxication.
- En résumé, les Cailles mangent volontiers le Doryphore et l’Otiorhynque ; mais il reste à prouver qu’elles demeurent dans les lieux où elles ont été
- p.372 - vue 398/663
-
-
-
- LE FUNICULAIRE AÉRIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI :.: 373
- lâchées. D’une part, les Cailles sont des Oiseaux migrateurs ; d’autre part, les champs de pommes de terre et les vignes ne sont pas leurs milieux préférés. Il y a donc lieu de craindre qu’elles ne rendent pas les services que l’on attendait d’elles.
- Notons cependant que M. Fr. Hughes, dans l’Aisne, aurait constaté que des Cailles auraient adopté pour habitat le territoire où elles ont été lâchées et qu’elles y auraient niché. Cette constatation très intéressante a pu être faite’grâee au baguage ; malheureusement, nous manquons de précisions à ce sujet.
- Les Cailles lâchées dans le sud-ouest de la France ont été baguées, comme nous l’avons dit plus haut. Les bagues portaient l’inscription Protègeoiso-Paris suivie d’une lettre et d'un numéro (*).
- Le baguage est en ornithologie une chose de la plus grande importance qui a permis d’étudier le phénomène de la migration. (Par exemple, nous sommes parfaitement renseignés sur les voyages périodiques des Cigognes.)
- Voici quels sont les renseignements qui nous sont parvenus sur le comportement des Cailles lâchées dans le Midi.
- 1° Une Caille a été trouvée, tuée par un Chat, près de Hadsund (Danemark), à 1300 km de File d’Oléron où elle avait été lâchée (2).
- 2° Une Caille a été tuée accidentellement par un faucheur, à Eglise-Neuve-d’Entraigues (Puy-de-Dôme). Elle portait la bague Protégeoiso-Paris. A. 110, et provenait d’Oléron,
- 3° Une Caille a été tuée, le 31 août 1924, à Saint-
- 1. Protégeoiso-Paris est l’adresse télégraphique déposée à la Poste par la a Société d’Acclimatation » qui a choisi cette abréviation pour faciliter l'inscription sur les bagues (inscription qui doit être très courte) et qui doit donner un nom connu.
- Comme inscription de même genre, nous citerons IRA Versailles qui a été adoptée pour ses bagues par la c< Station des Vertébrés » de « l’Institut de Recherches Agronomiques ».
- 2. Nous devons ce renseignement à M Skovgaard — directeur de la station ornithologique danoise et bagueur bien connu, — de Skobvo, près Yiborg.
- Michel-en-L’Herm (Vendée). Bague : A. 754. Provenance : Oléron.
- 4° Une Caille, tuée le 14 septembre. 1924, à Saintc-Pézenne (Deux-Sèvres), à 2 km de l’octroi de Niort, portait-la bague : A. 1831. (?)
- 5° Une Caille a été tuée le 5 octobre 1924, à Barenton-sur-Serre (Aisne). Bague : 171, A. Provenance : Oléron.
- 6° Une Caille a été tuée le 5 octobre 1924, aux environs de Castelnaud-d’Estrétefonds (Haute-Garonne). Bague : 743. Provenance : Oléron.
- 7° Deux Cailles ont été tuées à Fronville (Seine-et-Oise), le 20 septembre 1924. Bagues : A. 55 et. A. 1682. Provenance : Oléron.
- 8° Une Caille a été tuée au Taillan (Gironde), le 25 octobre 1924. Bague : A. 1019. Provenance : Jonzac, Marennes ou Saintes (?)
- Comme le montre la carte, il est à remarquer que ce sont plutôt les Cailles lâchées dans les îles qui se sont évadées et répandues dans différentes directions. Celles qui ont été lâchées sur le continent seraient-elles demeurées sur place? Cette question serait à élucider.
- En manière de conclusion, reconnaissons que les lâchers de Cailles ont présenté un réel intérêt puisqu’ils ont donné lieu à des observations ornithologiques assez importantes. De plus, ils ont prouvé que les Oiseaux dits granivores par excellence, mangent des Insectes, et ceci vient à l’appui de la thèse qui représente l’Oiseau comme l’auxiliaire précieux de l’agriculture et de l’hygiène publique, car si des Cailles et des Perdrix détruisent des Doryphores et des Othiorynques, à plus forte raison, les Passereaux insectivores et ceux de régime mixte rendent-ils encore plus de services qu’on ne pourrait le croire généralement.
- Aussi, dans les régions du Midi dévastées par les Insectes, ce que les habitants auraient de mieux à faire, ce serait de protéger les Oiseaux au lieu de les exterminer selon leur très regrettable habitude.
- A. Feuillée-Billot.
- LE FUNICULAIRE AÉRIEN
- Le massif du Mont-Blanc est certainement l’un de ceux qui offrent le plus d’attraits au touriste, tant par la grandiose majesté des sites que par la variété des sensations et des émotions qu’il peut provoquer chez tous ceux qui placent l’œuvre de la nature au-dessus de celle, des hommes.
- Aussi, cette région fut-elle très fréquentée, avant même que le chemin de fer y pénétrât : en 1900, on y comptait déjà une moyenne annuelle de 50000 touristes. Néanmoins, ce n’est qu’après l’ouverture du chemin de fer du Fayet-Saint-Gervais à Chamonix, puis à Vallorcine, près de la frontière suisse, que le mouvement touristique prit une grande extension.
- DE L’AIGUILLE DU MIDI
- Ainsi qu’il était à prévoir, l’afflux des voyageurs eut pour conséquence la construction de lignes de montagne pénétrant dans le Massif lui-même et en permettant l’accès aux personnes les moins entraînées. C’est ainsi que s’ouvrit, en 1909, le chemin de fer à crémaillère de Chamonix au Montenvers et à la Mer de Glace; puis successivement, de 1910 à 1913, divers tronçons de la ligne qui, partant du Fayet-Saint-Gervais, atteint aujourd’hui les approches du Glacier de Bionnassay, à 2372 mètres d’altitude.
- A ces deux chemins de fer, s’est ajouté récemment un funiculaire qui, partant des Pèlerins, hameau situé à 2 km de Chamonix, s’élève à La
- p.373 - vue 399/663
-
-
-
- 374 '. LE FUNICULAIRE AÉRIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI
- Paraz, à 1460 m. d’allitude et sera prolongé ultérieurement jusqu’au col du Midi, puis jusqu’au sommet de l’Aiguille du Midi, à 3842 m. d’altitude.
- Dès 1905, MM. Slrub et Feldmann étudièrent l’établissement d’un chemin de fer funiculaire sur plate-forme, reliant Les Pèlerins à l’arête supérieure du Glacier des Bossons; trois ascenseurs successifs, montés sur cables, devaient assurer le transport
- mode de transport. En 1926, les voilures atteindront les Glaciers, terminus de la deuxième section, sis à l’altitude de 2664 mètres.
- Jusqucs à présent, on n'a eu que rarement recours au funiculaire aérien pour transporter des voyageurs : on ne .peut guère citer, outre celui qui est l’objet de cette étude, que les lignes du Wetterhorn, en Suisse, du Pao de Assucar, près de Rio-de-Janeiro, du Mont Ulia, près de Saint-Sébastien et de
- Fig. i. — Carie du Massif du Moût Blanc.
- des voyageurs entre ce point et le sommet de l’Aiguille du Midi.
- Le hasard qui mit alors en présence M. Geretti, constructeur de transporteurs aériens et M. Strub, fit décider la. construction d’un funiculaire aérien à pylônes intermédiaires ; ce système avait l’avantage de rendre inutile la construction préalable d’une conteuse plate-forme en béton, tout en procurant une sécurité au moins aussi grande.
- Commencés en 1909, par la Société Dyle et Baca-lan, de Paris, d’après les brevets de la maison Ceretti et Tanfani, de Milan, les travaux furent interrompus de 19:14 à 1922. Depuis cette époque, les travaux ont été menés très activement; le 28 décembre 1923, on put ouvrir au public la première section de la ligne et dès le début de l’été 1924, les touristes vinrent nombreux, visiter ce curieux
- Lana à Giogo-del-Vigilio, près de Merano, en Italie. Les deux premiers comportent respectivement deux câblés porteurs dans un plan vertical, le troisième est doté de six câbles porteurs de niveau, le dernier enfin, fonctionne au moyen d’un seul câble porteur. Le chemin de fer de l’Aiguille du Midi appartient à ce dernier système (fig. 3). En rendant nécessaires des appuis intermédiaires, les irrégularités du profil de la ligne imposaient cc choix.
- Le système tricâble, ainsi nommé parce qu’il comporte essentiellement un câble porteur, un câble tracteur et un câble pour le frein, est d’ailleurs celui qui offre le plus de sécurité. D’une part, il est acquis en effet qu’en employant un seul câble porteur on obtient une résistance donnée avec une section inférieure à la somme des sections de deux câbles moins gros, et que deux câbles de faible dia-
- p.374 - vue 400/663
-
-
-
- LE FUNICULAIRE AÉRIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI rrr--—.375
- mètre travaillant de concert sont rapidement détériorés par la variation continuelle des tensions auxquelles ils sont soumis. D’autre part, en cas de rupture du câble porteur, la voiture du système à deux câbles n’est plus retenue que par un câble nécessairement usagé, alors que celle du funiculaire aérien Iricâble reste suspendue au câble frein. Ce dernier n’étant pas utilisé en service normal peut aisément être maintenu en parfait état. Signalons enfin que, contrairement à ce qui se passe dans les anciens systèmes, le freinage ne se fait jamais sur le câble porteur.
- Le câble porteur, dont la résistance à la traction atteint 180 kg par millimètre carré, est formé de 57 torons de 7 fils de 5 mm ; son diamètre atteint 64 mm : la rupture ne pourrait donc se produire que sous une tension supérieure à 550 tonnes.
- Placé au-dessous du câble porteur, le câble frein ne joue normalement aucun rôle : c’est un câble de secours qui peut fonctionner non seulement comme câble frein, mais aussi comme câble porteur ou comme câble tracteur. Eventuellement, le câble frein pourrait être utilisé comme second câble tracteur : il permettrait alors de doubler le débit de la ligne, quatre voitures, au lieu de deux se trouvant ainsi engagées sur la section. Ce câble est sans fin, ses extrémités sont réunies par une épissure entrelaçant les fils sur une longueur de 100 mètres.
- Le câble tracteur s’enroule sur une molette motrice placée à la station supérieure et relie, par leur extrémité amont, les deux voitures assurant normalement le service dans chacune des sections. L’anneau amorcé vers la station supérieure par le câble tracteur est fermé, vers la station inférieure, par le câble lest (fig. 5).
- Le câble frein et le câble tracteur ont un diamètre de 52 mm.; leur résistance à la rupture s’élève à 60 tonnes ; le diamètre du câble lest n’est que de 22 mm.
- Schéma du système (élévation et profil). P, câble porteur ; F, câble frein ;
- T, câble tracteur ; L, câble lest ; G, câble guide ;
- C' • V xrnîfrnr^
- Fig. 3.
- Mon! Blanc,
- (4807)/
- Co! du Midi,
- Glacier des Bossons, S43Ui
- Pierre Pj)inhia/0i ,
- La Para
- Les Pèlerins
- Pente] IZ
- Pig. 2. — Profil de la ligne lélép/iérique des Pèlerins à l’Aiguille du Midi.
- Le diamètre de ce dernier est d’ailleurs'uniquement fonction de la forme du profil de la ligne : léger pour un profil concave, il est de même diamètre que le câble tracteur, pour les profils convexes.
- Le câble frein, le câble tracteur et son complément, le câble lest comportent une âme de chanvre : ils ont ainsi toute la souplesse voulue pour franchir sans difficulté les diverses poulies disposées aux extrémités de la section.
- L’expérience a montré que la voiture pouvait parfois subir un balancement latéral sous l’influence du vent : l’addition d’un câble guide, sur lequel roule un galet capable de se mouvoir verticalement grâce à une glissière fixée sur le côté de la voilure, a permis de supprimer cet inconvénient, ën ramenant insensiblement la voiture à la position verticale, au passage des pylônes.
- Le câble porteur est divisé en tronçons d’une
- p.375 - vue 401/663
-
-
-
- 376
- LE FUNICULAIRE AERIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI
- Fig. 4. — La ligne, vue prise vers la traver. de coupure des câbles porteurs. (Clichc Bourgain.)
- longueur maximum de 1100 mètres; cette limite est imposée par les difficultés qu’eût présentées,1e transport de masses indivisibles dépassant sensiblement une vingtaine de tonnes et par l’impossibilité d’admettre des brasures de fils formant des points de moindre résistance.
- Actuellement, et ce sera lë cas des tronçons en construction, les brasures de fils sont échelonnées sur toute la longueur du câble : de la sorte, il ne se trouve aucun point présentant une diminution de résistance supérieure à 1/500 de la résistance totale. Le câble porteur ne comporte aucun joint. L’extrémité supérieure de chaque tronçon est solidement ancrée en un massif de maçonnerie ; un contrepoids en béton de 20 à 25 tonnes, fixé au moyen d’une forte chaîne de Galle, le tend suffisamment, à la station inférieure, pour qu’il ne risque pas de prendre une flèche trop grande au passage des roues du véhicule. L’expérience acquise montre d’ailleurs qu’il y a intérêt à diminuer cette flèche, même au prix d’une réduction du coefficient de sécurité attribué à la tension du câble ; ce coefficient est actuellement fixé à 10. La tension reste constante, quelles que soient les variations de longueur subies par le câble, sous l’influence des changements de température. On a prévu que la chaîne de Galle Ou le manchon de jonction pourrait se rompre : si l’une de ces éventualités se produisait, un collier spécial, monté sur le câble, viendrait buter contre des arrêts fixes et le retiendrait ; un dispositif de sécurité du même genre existe à l’extrémité ancrée.
- Le câble porteur repose sur des sabots fixés au sommet de pylônes d’acier (fig. G) fortement ancrés en de puissants massifs de maçonnerie établis sur le roc; la ligne comporte deux « voies », placées de
- part et d’autre de l’axe de chaque pylône et séparées par une distance de 4 mètres. La hauteur des pylônes varie, selon le profil du sol, de façon telle qu’aucun d’eux ne travaille au soulèvement.
- Lorsqu’on raison de la longueur de la section, la sustentation des véhicules doit être assurée par deux câbles successifs, une travée d’acier (fig. 7) d'une vingtaine de mètres supporte des rails spéciaux, dont les bouts convenablement effilés recouvrent les câbles porteurs là où ces derniers plongent vers le sol : les voitures peuvent ainsi passer d’un câble au suivant, sans le moindre risque de déraillement.
- Le câble frein est maintenu, vers le haut des( pylônes, par des sabots munis de galets qui, le cas échéant, e faciliteraient le Lmouveinent dudit
- câble.
- Le câble tracteur et le câble lest sont attachés auxjvéhicules ; ils sont supportés par des poulies fixées à mi-hauteur des pylônes, des cornes de
- guidage les obligeant à se placer correctement, même en cas de fort vent.
- La ligne des Pèlerins à l’Aiguille du Midi est divisée en quatre sections absolument indépendantes. Dans chaque section, le câble frein et le câble tracteur, ce dernier conjugué avec le câble lest, forment chacun un circuit fermé ; la manœuvre se fait de la station supérieure. A cet effet, cette dernière est munie d’un moteur électrique de 55 à 70 kw selon la section, commandant par engrenages un arbre vertical. Guidé par des galets, le câble tracteur se dirige vers une molette à trois gorges embrayée avec cet arbre et fait trois fois le tour de la molette motrice, au moyen d’une molette de renvoi; le câble frein franchit un dispositif
- S2
- du système {plan).
- A, tendeurs des câbles porteurs ; B B, câbles porteurs ; C, câble tracteur; C câble lest; V,, voiture montante ; Va, Voiture descendante ; M, tambour moteur; P. tambour de renvoi ; p, galets de renvoi ; S,, station inférieure ;
- S», station supérieure.
- p.376 - vue 402/663
-
-
-
- LE FUNICULAIRE AÉRIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI 377
- Fig. 6. — Le chemin de fer téléphérique et Chamonix. (Cliché Tairraz,)
- semblable, normalement au repos, mais qui peut être mis en mouvement, le cas échéant, par la manœuvre d'un embrayage.
- L’arbre horizontal du moteur est muni d’un frein à main commandé à distance et d’un frein électromagnétique ; ce dernier agit automatiquement en cas d’interruption du courant ou d’excès de vitesse ; si une voiture ne s’arrêtait pas au terminus de la
- Fig. 7. — Travée de coupure, des câbles porteurs.
- section, les deux freins se mettraient aussitôt en action d’eux-mêmes.
- Le machiniste se tient à l’avant de la station (fig. 8), d’où il observe les voitures; un indicateur de position de voitures lui permet d’ailleurs de se rendre compte à tout instant de la position des véhicules sur la ligne et par rapport aux pylônes. Le machiniste dispose d’un contrôleur au moyen duquel il peut régler la vitesse au moteur et d’un volant commandant le frein à main. Un voltmètre, un ampèremètre et un tachymètre lui permettent de contrôler le fonctionnement et la vitesse.
- Outre les organes déjà décrits, la station comporte un moteur de secours à essence d’une puissance de 50 kw, qui peut être embrayé avec l’arbre principal. Les voyageurs ont ainsi l’assurance de ne pas rester en route, en cas d’arrêt du courant ou d’avarie au moteur électrique.
- La voiture est suspendue à un chariot (fig. 9) muni de huit roues à gorge disposées sur un plan vertical et accouplées deux à deux par des balanciers.
- Le chariot présente ainsi la souplesse voulue pour que le poids de la voiture soit réparti sur une longueur suffisante de câble et un empatte-
- p.377 - vue 403/663
-
-
-
- 378
- LE FUNICULAIRE AERIEN DE L AIGUILLE DU MIDI
- Fig. 8. — Poste de commande de la Paraz.
- A, ampèremètre; V, voltmètre; . E, indicateur de posi-' tion des voitures : CT, câble tracteur’; CF, câble frein : M, moteur à essence de secours.
- ment assez grand pour que la stabilité puisse être assurée.
- Nous avons vu que l’on était parvenu à supprimer le « roulis » en ajoutant un cable guide; on est arrivé à amortir le « tangage » provoqué par le changement d’inclinaison du câble porteur en disposant, entre le chariot et la voiture, une genouillère dont l’articulation médiane est pourvue de disques de cuir fortement pressés entre deux plateaux circulaires.
- Le chariot comporte un dispositif automatique de freinage. La. voilure est attachée au chariot par l’intermédiaire d’un jeu de leviers qui, en l’absence de toute autre force, applique deux coins contre des mâchoires embrassant le câble frein.
- Le câble tracteur, fixé à l’extrémité de. l’un des leviers, contre-balance l’action du poids de la voiture sur le système, de concert avec le câble lest qui, lui, est tendu par un contrepoids placé à la station inférieure; les coins sont ainsi maintenus écartés des mâchoires. Il suffit que la traction exercée par les câbles sur le dispositif cesse du côté du tracteur pour que les coins, dont le profil a été calculé de façon à assurer un freinage progressif, viennent s’appliquer sur les mâchoires et immobilisent le chariot sur le câble frein après un parcours maximum d’un mètre.
- Une poignée, placée à portée du surveillant de la voiture, permet de vérifier aisément le fonctionnement du mécanisme et même, le cas échéant, d’obtenir l’immobilisation en cours de- route. Après déclenchement, le déclic ne peut être remis en place que du toit du véhicule ; une échelle fixe facilite l’opération et un garde-fou, spécialement établi à cet effet, prévient le danger de chute que pourrait, courir le surveillant. Ce dernier peut aussi, d’un
- point quelconque du parcours, communiquer avec le machiniste; il lui suffit, pour cela, de mettre en contact, avec un fil nu isolé qui suit la « voie » à hauteur du’véhicule, une tringle métallique connectée, à la masse ; il agit ainsi sur une sonnerie électrique placée à la station supérieure et transmet des avis suivant un code convenu.
- La voiture (fig. 10) présente un compartiment central fermé par des portières latérales glissantes et deux plates-formes ; lorsqu'elle contient les 6 voyageurs assis et les \ 2 voyageurs debout qui peuvent y prendre place, son poids atteint 4,3 tonnes.
- Si l’on considère que le câble porteur, tendu par un contrepoids de 20 à 25 tonnes, offre par ailleurs une résistance de 530 tonnes, on admettra que les risques de rupture sont pratiquement nuis.
- Aussi, c’est sans aucune appréhension que nous prenons place dans la voiture qui, presque aussitôt s’élance à travers la forêt des ïissours, puis monte à l’assaut de la montagne.
- Devant nous, la longue ligne de câbles paraît interminable. Brusquement, les sapins et les mélèzes laissent place à une clairière couverte d’é-boulis de rochers : c’est ici que, durant l’hiver, le chemin de fer aérien amène les bobsleighs lg
- qui prennent leur course
- Fig. q. — Le chariot.
- A, galets de roulement ; B, galets en contact avec le câble irein ; C, dispositil amortisseur des oscillations longitu dinalcs ; D, E, leviers d’attache de la voiture ; f, F, G, II, pièces du mécanisme de freinage ; M, mâchoires.
- p.378 - vue 404/663
-
-
-
- LE FUNICULAIRE AERIEN DE L’AIGUILLE DU MIDI ..* 379
- vers la vallée. C’est ici également que la ligne côtoie le lit d’avalanches du nant de la Creuse ; aussi, les massifs sur lesquels sont édifiés les pylônes sont-ils protégés par des éperons de maçonnerie suffisants pour écarter les avalanches et les éboulis d’arbres ou de rochers.
- Peu à peu, la ligne s’incurve vers le ciel, l’horizon s’élargit, la voiture glisse doucement dans un silence que trouble seul le roulement monotone des galets sur le câble. Un panorama magnifique se déroule lentement sous nos yeux : en bas, la vallée de l’Àrve avec Chamonix et se^ hôtels qui prennent l’aspect de jouets d’enfants; en face, le Brévent, belvédère de la vallée, domine l’ensemble de sa masse imposante, cependant qu’à droite, dans le lointain, les Aiguilles de la Floriaz et les Aiguilles Rouges forment une dernière barrière auprès de l’échancrure du col des Montets
- On voudrait pouvoir s’arrêter pour contempler
- Fig. ii. — La ligne et le glacier des Bossons.
- miner. Au-dessous de nous, de part et d’autre de la ligne, le nant des Praz et le nant de la Creuse coulent dans des ravins. A quelques centaines de mètres, le glacier des Bossons, blanc manteau jaspé, aux reflets verdâtres, étend ses plis en avant de la Montagne de la Côte. Nous arrivons à La Paraz : c’est ici que se termine la première section, seule en service quant à présent. Un sentier facile permet d’atteindre en 2 heures 1/2la future station des Glaciers sise entre le Glacier Rond et le Glacier des Pèlerins ; de ce point, dont l’altitude est de 2406 m, on a une vue superbe.
- Les pylônes de la deuxième section sont achevés ; dès les premiers beaux jours du printemps prochain, le câble frein sera hissé par un transporteur aérien de service; on le placera dans la gorge de son tambour moteur, puis on le fera descendre sur les sabots du sommet des pylônes, provisoirement munis de galets à cet effet. Le câble frein sera utilisé pour mettre en place le câble porteur de chacune des voies : c’est ici la phase la plus délicate du
- Fig. io. — La voilure au départ.
- (Cliché A. Bourgain.)
- montage, mais l’expérience acquise par la Société Dyle et Bacalan dans ce genre de travail permettra d’effectuer cette opération méthodiquement et dans les meilleures conditions. Le rejet du câble frein sur ses supports définitifs et la mise en place des autres câbles et des voitures se feront ensuite, mais non sans quelques difficultés.
- On peut dès maintenant prévoir qiLen juillet 1926 le funiculaire aérien de l’Aiguille du Midi déposera ses voyageurs à la station des Glaciers, à 2664 m. au-dessus du niveau de la mer. Il sera dès lors le plus important chemin de fer de ce genre,
- Les travaux continueront d’ailleurs sans autres relâches que celles qui seront imposées par les conditions météorologiques et il est probable que la ligne atteindra le col du Midi en 1928. 11 sera alors facile d’accéder à cet observatoire incomparable qu’est l’Aiguille du Midi, d’nù l’œil découvre un panorama immense, tant vers les diverses sommités de la chaîne du Mont Blanc que vers le Brévent, le Mont Buet et le lac Léman que l’on devine derrière la denture des derniers contreforts alpestres, entre les Cormettes de Bise et la Dent d’Oche, panorama auquel la profonde vallée de l’Arve donne un relief plus saisissant encore !
- Ce chemin de fer ne sera pas seulement utilisé
- Fig. 12. — L’Aiguille du Midi.
- p.379 - vue 405/663
-
-
-
- 380
- SUR L’EMPLOI DE QUELQUES NOUVEAUX ALLIAGES
- par les touristes soucieux d’éviter les longues marches dans la montagne, mais aussi par les amateurs de ski, de luge et de bobsleigh, qui trouveront dans la Vallée Blanche, entre l’Aiguille du Midi et les Rognons, de vastes ohamps de neige où ils pourront se livrer à leur sport favori en plein été. Enfin, il facilitera l’ascension du Mont Blanc, car il sera alors possible d’aller de Chamonix au sommet et d’en revenir dans la même journée.
- Oui,! la nature est magnifique, mais combien belle aussi est cette œuvre extraordinaire, ce. chemin de fer suspendu qui escalade la montagne et semble devoir plus encore à l’imagination qu’à la science.
- Il semble d’ailleurs que rien ne doive arrêter les progrès de la technique; de La Paraz, nous avons pu voir, pratiquée dans la forêt qui s’étend au nord-ouest de l’Arve, sur le flanc de la montagne, une large avenue qui s’élève suivant la ligne de plus grande pente. Là-bas s’ébauche un autre travail gigantesque, le funiculaire aérien qui permettra aux
- touristes partant de Chamonix de se rendre au Brévent; ce trajet comporte une dénivellation de 1200 m. qui, actuellement, ne peut être franchie par les sentiers qu’au prix d’une marche d’environ 4 heures.
- Conçue et exécutée par la Société Dyle et Bacalan, qui y appliquera son système Iricâble récemment doté d’intéressants perfectionnements, cette nouvelle ligne, qui présente des rampes continues de 120 pour 100, permettra d’atteindre en 12 minutes les approches du célèbre belvédère d’où le Mont Blanc apparaît dans toute sa splendeur, accompagné de son cortège de Dômes et d’Aiguilles, d’où la vue s’étend jusque vers les Alpes du Dauphiné, jusque vers l’Oberland bernois.
- Le chemin de fer aérien du Brévent, sur lequel nous reviendrons lorsque les travaux seront plus avancés, sera un chef-d’œuvre de hardiesse et sa construction marquera un nouveau triomphe de l’art de l’ingénieur.
- André Bourgain.
- SUR^L’EMPLOI DE QUELQUES NOUVEAUX ALLIAGES
- Certains métaux tels que l’aluminium, le magnésium, le tungstène, le molybdène, le chrome, le cobalt, le titane, dont l’emploi était assez rare il y a quelques années, trouvent actuellement un débouché très important en métallurgie. L’addition de ces métaux, même en petite quantité à la fonte, à l’acier, au cuivre, permet d’obtenir des alliages doués de propriétés particulièrement intéressantes, dont nous dirons quelques mots ici.
- Alliages d’aluminium. — Nous rappellerons que l’aluminium est préparé au four électrique à partir de ses minerais naturels qui sont, d’une part, la cryolithe (fluorure double cl’aluminium et de sodium), d’autre part la bauxite (alumine sensiblement pure mélangée d’oxyde de fer). Ces minerais sont abondants aux Etats-Unis et en France. Les Allemands, qui en sont privés, sont pourtant arrivés à obtenir de l’aluminium à partir de l’argile, mais jusqu’ici le procédé est peu pratique au point de vue industriel.
- L’aluminium, grâce à ses propriétés : légèreté, facilité de moulage, facilité d’emboutissage, conductibilité électrique fournit des alliages dont les propriétés sont mises à profit dans bien des cas.
- Un de ces alliages est déjà très connu : c’est le duralumin. Sa composition est sensiblement la suivante : Aluminium. . . . . . . . 95 %
- Cuivre. . î.................4 à 5 %
- Magnésium............... . . 0,50 env. °/0
- Nos grands établissements industriels (Société française de l’aluminium, Compagnie d’Alais, Froges, Camargue, etc.) fabriquent maintenant du duralumin.
- Un autre alliage d’aluminium, l’alférium, est fabriqué par les usines Schneider ; il a une composition sensiblement analogue.
- Ces alliages légers et résistants tout' à la fois sont utilisés dans la construction des avions. Leur emploi permet d’obtenir : l’homogénéité, l’incombustibilité ; la conservation de ces alliages permet de constituer à l’avance des approvisionnements. On peut les utiliser
- dans les. moteurs pour la fabrication des bielles, il en résulte un allégement sensible, une diminulion des forces d’inertie.
- Ces alliages sont de plus très bons conducteurs de l’électricité et ils peuvent à ce titre être utilisés pour les installations électriques. D’une façon générale le prix des petites pièces en duralumin est sensiblement égal à celui du laiton. Mais, d’autre part, on a préparé depuis peu un alliage spécial d’aluminium et de zinc, lequel offre l’avantage d’être plus résistant et plus dur que le laiton. Sa composition est la suivante :
- Aluminium..................... 84.
- Zinc.............................. 15
- Plomb............................. 1
- L’usage a montré que cet alliage pouvait remplacer le laiton dans la plupart de ses applications; d’autre part le prix de revient est inférieur à celui du laiton.
- Mais l’aluminium en tant que métal lui-même est appelé à trouver des utilisations dans le domaine de l’industrie électrique. D’après le rapport de la Commission spéciale instituée par les Syndicats de l’électricité, l’aluminium résiste sans altération aux agents atmosphériques dans les conditions usuelles de l’emploi de ce métal comme conducteur. Il présente aussi le maximum de conductibilité compatible avec la résistance mécanique exigée. Aussi il apparaît que les conducteurs en aluminium armés à âme d’acier seront tout indiqués pour les transports de force à longue distance. Ces câbles sont d’ailleurs déjà utilisés en Allemagne et dans la région de Grenoble où ils donnent entière satisfaction.
- Alliages de magnésium. — Le magnésium est un métal obtenu d’une façon courante par l’électrolyse de ses sels fondus (chlorure de magnésium ou plus récemment fluorure de magnésium).
- De même que l’aluminium, le magnésium donne avec les métaux tels que le cuivre, le cadmium, le calcium, le zinc, l’aluminium, des alliages dont les propriétés ont été étudiées et dont plusieurs sont très intéressantes
- p.380 - vue 406/663
-
-
-
- SUR L’EMPLOI DE QUELQUES NOUVEAUX ALLIAGES
- 381
- (résistance, allongement, résistance à la compression, dureté, etc.).
- Les alliages de magnésium et d’aluminium contiennent de -4 à 10 pour 100 d’aluminium ; on les emploie dans la construction des avions. Ces alliages se travaillent et se soudent très aisément ; il suffit seulement de prendre quelques précautions dans la coulée et dans le forgeage de l’alliage, ceci en raison de la tendance à l’inflammation du magnésium à une certaine température.
- Alliages de tungstène. — Le tungstène s’extrait d’un minerai nommé Wolframite; ce minerai est constitué par du tungstate de fer et de manganèse : la préparation du métal tungstène se fait au four électrique. Les Etats-Unis,(le Portugal ont de nombreuses mines de tungstène en exploitation ; la France en possède des gisements dans l’Ille-et-Vilaine, dans la Haute-Vienne,* dans l’Ailier, la Corrèze, le Plateau central, les Alpes.
- Le tungstène métal est déjà bien connu par son utilisation dans la préparation des filaments de tungstène pour les lampes électriques.
- Parmi les alliages de tungstène les plus employés, il y a lieu de parler des ferro-tungstènes et de Facier au tungstène. Ces alliages sont préparés directement au four électrique à partir du minerai de tungstène.
- Le ferro-tungstène est un alliage pesant, dont la densité varie de 4 à I I et la teneur en tungstène de 60 à 80 pour 100. Cet alliage est utilisé à titre d’addition aux bains d’acier, en vue d’y incorporer une certaine quantité de tungstène.
- Les aciers- au tungstène ont des utilisations très différentes suivant leur composition. C’est ainsi que dans la construction de l’automobile, pour la fabrication des ressorts, on utilise de l’acier contenant 0,50 pour 100 de tungstène.
- Pour la fabrication des aimants, on se sert d’un acier contenant 5 pour 100 de tungstène. On sait que les aciers dits magnétiques sont employés pour la préparation des aimants, et ceux-ci sont d’autant meilleurs qu’ils ont une intensité d’aimantation rémanente aussi élevée que possible. L’addition du tungstène exerce dans ce dernier cas une influence très heureuse.
- Enfin pour la préparation des aciers d’outils, ou aciers rapides on ajoute de 12 à 20 pour 100 de tungstène. Ces aciers contiennent de plus un certain pourcentage de chrome (de 3 à 5 pour 100). Dans ce cas le chrome apporte à l’acier la dureté à froid, le tungstène la dureté à chaud.
- Alliages de molybdène. —Le molybdène a des propriétés voisines de celles du tungstène. On l’extrait d’un minerai appelé molybdénite qui est un sulfure de molybdène ; ce minerai est très répandu au Canada, aux Etats-Unis, en France dans les Alpes et les Pyrénées.
- Au point de vue métallurgique, il entre, de même que le tungstène, dans la composition des aciers rapides, auxquels il communique de la dureté, on l’utilise aussi dans les aciers au nickel.
- Alliages de chrome. — Il n’est guère possible ici de ne pas parler de l’emploi du chrome au même titre que celui de l’emploi des métaux précédents. Le minerai de chrome, le fer chromé provient de l’Oural, de la Nouvelle-Calédonie, de l’Asie Mineure. Le chrome est incontestablement le plus important des métaux entrant dans la composition des aciers spéciaux, auxquels il communique une dureté toute particulière, une grande résistance à la corrosion. C’est ainsi que des métaux renfermant 26 à 28 pour 160 de chrome, exposés à une atmosphère oxydante, même à haute température,
- résistent indéfiniment. Il se forme à la surface du métal une mince pellicule d’oxyde, très résistante, qui le protège de toute détérioration.
- Les alliages fer-chrome sont relativement bon marché ; ils ont aujourd’hui de nombreuses applications dans l’industrie chimique, applications particulièrement dues à la grande résistance de ces alliages vis-à-vis des agents chimiques.
- Alliages de cobalt. — Le cobalt n’a présenté d’applications jusqu’à ces dernières années qu’à l’état de composé. L’industrie céramique consomme, on le sait, de grandes quantités de sels de cobalt pour l’obtention de ‘ différentes couleurs. Jusqu’à ces dernières années, le cobalt métallique n’avait aucune utilisation. Les intéressantes recherches de M. L. Guillet, de M. Tammann, de M. Weiss de Strasbourg ont montré tout l’intérêt que pouvaient présenter certains alliages de cobalt.
- Le Canada est le centre minier le plus important pour le cobalt. Ce métal s’y rencontre à l’état de minerai complexe constitué par de l’argyrose (sulfure d’argent), de la smalline (arséniure de cobalt), de la nickeline (arsé-niure de nickel). Le traitement de ce minerai est évidemment assez complexe, et ne se pratiquait au cours de ces dernières années qu’en Amérique. Tout récemment M. Guillet vient de faire connaître dans une Conférence aux Ingénieurs Civils que l’importante société « le Nickel» vient d’organiser d’une façon très scientifique le traitement des minerais les plus complexes du cobalt dans son usine du Havre. Les minerais utilisés proviennent de gisements très divers, de Nouvelle Calédonie, d’Espagne. De ce fait, le cobalt, métal provenant uniquement autrefois de l’étranger, va devenir un métal français.
- Parmi les prochaines utilisations du cobalt sur lesquelles il faille bientôt compter, il faut citer la fabrication des aimants permanents et celle des aciers à coupe rapide. L’emploi du cobalt dans la fabrication des aimants découle d’un très beau travail de l’éminent savant, professeur à l’Université de Strasbourg, M. Weiss, dont les recherches ont établi l’importance, au point de vue magnétique, de la combinaison de fer et de cobalt.
- Le prix de l’acier de cobalt est plus élevé que celui de l’acier au tungstène, déjà utilisé pour la fabrication des aimants, mais comme la force coercitive est plus grande, la quantité d’acier au cobalt est plus faible. On a d’ailleurs reconnu les avantages que présentent les aimants au cobalt en tant qu’inducteurs de magnétos des moteurs à explosion. Plusieurs maisons françaises fabriquent déjà couramment les aciers au cobalt pour aimants.
- L’emploi du cobalt dans la fabrication des outils remonte à un certain nombre d’années, et cela sous la forme d’un alliage chrome-cobalt nommé stellite. On a songé, il y a peu de temps, à préparer un acier au cobalt ; cet acier contient outre du cobalt (5 pour 100), du chrome (4,7 pour 100); du tungstène 18 pour 100; du vanadium 1,2 pour 100. Un tel alliage fournit des outils à coupe rapide susceptibles d’être trempés à une température plus basse que les aciers à coupe rapide ordinaires.
- Puisque nous parlons du cobalt, nous ne pouvons passer sous silence une dernière application fort intéressante qui vient d’être faite de ce métal : le cobaltage. Cette opération consiste en un dépôt électrolytique de cobalt. On se sert dans ce but d’une solution aqueuse de sulfate double de cobalt et d’ammonium. Le cobaltage est applicable à tous les métaux susceptibles d’être nickelés.
- A.Hiages de Titane. — Le nom d’un grand savant est
- p.381 - vue 407/663
-
-
-
- 382 COMMENT ON NOURRIT LES “ INFIRMES ” DANS UN JARDIN ZOOLOGIQUE
- particulièrement attaché à l’étude du titane, c’est celui d’Auguste Rossi. Il est né à Paris, il y lit ses éludes et âgé de 20 ans il partit pour l’Amérique où s’est écoulée toute sa carrière. C’est là que son attention lut attirée par le titane et l’on peut dire que depuis 45 ans environ c’est à l’étude de ce corps, de ses propriétés, de scs applications qu’il s’est entièrement dévoué. Ces études aboutirent à la création, à Pittshurg, d’une usine spécialement destinée à la fabrication des l'erro-tilanes et d’autres dérivés tels que le blanc de titane employé en peinture.
- Les minerais de titane qui se rencontrent dans- la nature en Suède, en .Norvège, au Canada, aux Etats-Unis sont le rutile (acide titanique presque pur) et l’ilménite (acide titanique associé au fer).
- - Les propriétés intéressantes que la présence du titane communique aux produits sidérurgiques ont déterminé des récherches pour obtenir ce métal sous une forme qui en rende l’emploi facile, c’est-à-dire sous la forme de feiro-titane.
- On y arrive aisément maintenant par l’aluminothermie.
- L’intérêt que présente l’emploi du titane pour le traitement des produits sidérurgiques résulte des: propriétés principales de ce métal. S’unissant d’une façon particu-
- lière à l’oxygène, le titane sera un désoxvdant de premier ordre.
- Mais la propriété la plus intéressante du titane est son affinité pour l’azote;
- On sait que l’azote est un élément extrêmement pernicieux pour l’acier qu’ilrend fragile. L’emploi du titane permet d’éliminer l’azote, èt on obtient de ce fait un acier dense, homogène, dont les propriétés mécaniques sont de ce fait très améliorées. L’acier ainsi préparé renferme de faibles quantités de titane, 0,025 pour 100 seulement. Ainsi que le fait remarquer M. Rossi, ce n’est pas évidemment cette faible quantité de titane qui confère à l’acier ses propriétés intéressantes. L’amélioration du métal provient uniquement de l’épuration de l’acier consécutive à l’emploi du titane.
- Ces propriétés sont aujourd’hui mises à profit pour la fabrication des rails. On a constaté, en Amérique, qu’au bout de six mois, l’usure des rails en métal préparé au titane n’était que le tiers de l’usure accusée au bout de quatre mois par les rails ordinaires.
- (Néanmoins des essais sont actuellement en cours en vue d’étudier les propriétés d’aciers contenant de 1 à 2 pour 100 de titane. On a remarqué que ces aciers peuvent être trempés à basse température et qu’ils peuvent être utilisés comme aciers à outils. I. L.
- COMMENT ON NOURRIT “ LES INFIRMES ”
- DANS UN JARDIN ZOOLOGIQUE
- Les trois photographies que nous reproduisons ici nous ont paru aussi amusantes qu’instructives, deux des qualités requises d’un article qui veut se cantonner dans la « vulgarisation ». scientifique! Elles ont été prises récemment au Zoologieal Garden de Regent’s Park, l’établissement londonien justement célèbre tant pour la richesse et la variété de ses collections que pour les soins intelligents dont sont entourés ses pensionnaires.
- Nous décrirons rapidement ces photographies, dont deux concernent une grosse araignée de l’Afrique Orientale. Nous regrettons de ne pas connaître son nom scientifique, la légende mentionnant simplement le terme anglais de silk-spidei‘, ou araignée à soie.
- La créature, parait-il, avait mal supporté le voyage et l’expatriation; elle dépérissait, refusant toute nourriture dans sa cage vitrée. Un des jeunes savants attaché à l’établissement eut l'ingénieuse idée d’exciter son appétit en faisant vibrer un diapason près de sa toile.
- Le son ainsi produit imitait si bien les bourdonnements désespérés d’une mouche prise au piège qu’ils réveillèrent tout de suite l’appétence de la malade; elle s’intéressa de nouveau-à l’existence! Bientôt, la faim lui rendît sa vitalité. Finalement, elle s’apprivoisa au point de venir chercher sa proie sur la main de son gardien, résultat qu’illustre la deuxième photographie où l’on voit l’araignée s’avancer vers le cancrelat qui lui.çst offert.
- Il serait possible d’écrire sur cette anecdote des commentaires aussi précieux que variés. Ménageons l’indulgente patience de nos lecteurs en nous contentant d’observer que les araignées sont très sensibles à l’action des vibrations musicales, et qu’il ne conviendrait plus de se moquer des pianistes et violonistes qui prétendaient que les araignées étaient mélomanes. Pour moi, j’imaginais jusqu’ici que ces créatures n’apprenaient la présence d’un insecte dans leurs filets que par les secousses qu’il imprimait aux fils, dans sa lutte vers la liberté. L’expérience du Jardin Zoologique de Londres indique très clairement que le diapason était approché de la toile, mais sans la loucher.
- Cette question de Fouie chez les invertébrés est encore mal éclaircie. On avait cru pouvoir admettre en principe que toutes les créatures capables de produire un bruit sont également capables de percevoir un bruit. Mais que dire de la proposition inverse, puisque l’araignée, munie d’organes auditifs, semble être parfaitement muette?
- La question est rendue complexe par ce fait que, chez les insectes, ces organes auditifs sont souvent placés dans des endroits inattendus. Nous les cherchons dans la tète, en notre présomption que tous les animaux sont bâtis sur notre modèle, nous autres, mammifères, alors que certains insectes les portent au thorax, d’autres sur. le ventre, d’autres encore sur les pattes !
- Que savons-nous, par exemple, sur l’ouïe et sur
- p.382 - vue 408/663
-
-
-
- GOMMENT ON NOURRIT LES “ INFIRMES " DANS UN JARDIN ZOOLOGIQUE 385
- le langage des fourmis? Sont-elles aussi muettes que silencieuses? Les supposons-nous ainsi parce que nos procédés d’observation sont trop médiocres? Je me permettrai de soumettre sur ce double sujet deux observations qui sont peut-être connues des entomologistes.
- Je me suis amusé souvent, dans une région de l’Amérique tropicale, à guetter d’énormes fourmis noires, longues de 4 à 5 cm, qui vivent par petites colonies dans des terriers. Je les taquinais en remuant le bout d’une brindille dans leur trou.
- Elles se massaient à l'orifice, et, en me penchant, j’entendais très distinctement leurs cris de colère, dont je dirai qu’ils sonnaient comme des « grincements aigus ».
- Ces géantes n’étaient point muettes, et il est possible que les espèces communes émettent des sons d’une intensité proportionnée à leur taille menue, sons qui nous échappent.
- Ma seconde observation a trait à l’ouïe de ces insectes.
- Il existe en Amérique du Sud une espèce de foui’mis voyageuses qui se cent par hordes innombrables.
- ‘Dévorant toutes les proies animales qu’elles peuvent maîtriser, elles envahissent parfois les villages, dont les habitants battent en retraite, par crainte des piqûres, fort douloureuses. Ils réintègrent ensuite leurs chaumières, admirablement nettoyées de toutes vermines.
- Une nuit, alors que je campais dans une hutte édifiée sur pilotis en pleine forêt vierge, avec deux Indiens pour compagnons, je fus réveillé par un cliquetis. Allumant une torche, je vis mes hommes qui heurtaient en cadence les lames de nos sabres d'abatis. Sur mes questions, ils m apprirent que nous étions assiégés par une horde de fourmis voyageuses, et qu’ils étaient en train de les mettre en fuite !
- De fait, à la lueur de la torche, je pus distinguer léurs rangs épais sur le sol; et, d’ailleurs, je n’avais pas besoin de mes yeux pour constater leur présence; l’avant-garde avait escaladé les pilotis, et nous étions déjà mordus! Mais les Indiens, tout en
- se défendant contre les agresseurs qu’ils écrasaient à grand renfort de gifles, continuaient leur cliquetis, et. 8 ou 10 minutes plus tard, la horde battait en retraite.
- Et je ne vois qu’une façon d’expliquer ce phénomène : le cliquetis imitait un signe de ralliement, un appel lancé en cas de danger par les chefs. Et j’ai toujours, admis, depuis lors, que les fourmis avaient un sens auditif bien développé.
- La troisième photographie que nous reproduisons montre un autre pensionnaire du Jardin Zoologique
- de Regenfs Park , un crabe terrestre qu’un accident a privé d’un de ses deux organes de préhension, et qui ne pouvait plus porter la nourriture à sa bouche.
- Heureux crustacé! Dans son infortune, il a eu la chance d’avoir un gardien dévoué, qui le nourrit — tel un bébé! — à la cuiller !
- Ces crabes terrestres , qui a b o n d e n t dans les régions chaudes, sont des créatures intelligentes, audacieuses, mais pas toujours amusantes !
- Ils creusent des tunnels qui débouchent dans les maisons, et malheur à la ménagère qui laisse traîner sur le sol des choses mangeables ou portables ! Elles disparaissent vite dans les ter riers !
- Un jour, alors que j'étais cloué dans une hutte par la fièvre, je vis une bande de ces» éhontés pillards emporter mes deux chaussettes dans leurs trous !
- Bien mieux, ou pire!
- Une serviette de toilette séchait sur un banc, et, sous mes yeux, après des tentatives répétées, ils réussirent, en se haussant sur leurs pattes, à saisir dans leurs pinces les franges de l'étoffe, qui allait subir le même sort; ils l’entraînaient déjà quand la botte que je leur lançai de mon lit de camp les rappela au respect de la propriété individuelle!
- Qui imaginerait qu’on peut nourir un crabe comme un enfant !
- Y. Fonmx.
- I*ig. i. — L’araignée malade mise en émoi par le son du diapason.
- p.383 - vue 409/663
-
-
-
- 3£4 COMMENT ON NOURRIT LES INFIRMES ” DANS UN JARDIN ZOOLOGIQUE
- Fig. a. — Désormais apprivoisée, l’araignée s’aventure sur la main du gardien pour recevoir un cancrelat.
- Fig. 3. — Un crabe blessé que l’on nourrit à la cuiller.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdixe, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925.
- p.384 - vue 410/663
-
-
-
- N° 2698
- 19 Décembre 1925
- LA NATURE
- ITOU HT ®H im ^ IL^PT IfS
- SOMMAIRE :
- Les poissons et la pêche dans le lac Léman : Léon Bertin.
- Variations des végétaux provoquées par l’électricité : Daniel Claude.
- La cellule photo-électrique : G. Mareschal.
- A propos de la superhétérodyne et du radiomodulateur : F. de Gournay Sur la détection en télégraphie sans fil : H. Pelabon.
- Académie des Sciences : Paul B. — Le Stroborama : Jacques Boyer. SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. —Science appliquée. — Hygiène et santé.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. NUMÉRO S France 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr, 25
- p.n.n. - vue 411/663
-
-
-
- LA NATURE. — N" 2698.
- 19 DÉCEMBRE 1925
- LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LÉMAN
- Le lac Léman (fig. 1) est le plus important lac de France et même d’Europe centrale et occidentale; il constitue une imposante masse d'eau de 89 milliards de m" et de 582 km2 de' superficie ; sa profondeur maxima est de 510 m. Aucun autre lac européen, excepté ceux de Finlande et de Scandinavie, ne possède à la fois sa grande étendue et sa grande profondeur.
- Bordé à l’Ouest par le Jura, à l’Est par les Alpes bernoises et au Sud par les Alpes de Savoie, il sert de frontière politique entre la France, à laquelle reviennent 239 km2, et la Suisse qui en détient 315.
- Considéré dans sa forme générale, le lac Léman est une sorte de croissant à concavité orientée vers le Sud.
- La distance entre ses pointes est de G5 km, tandis que sa plus grande largeur, d’Evian à Lausanne par exemple, atteint environ 14 km.
- Les géographes et les pêcheurs distinguent deux parties dans le lac Léman : le grand lac, que l’on pourrait appeler aussi lac de Thonon ou de Lausanne, et le petit lac ou lac de Genève proprement dit. La limite des deux parties peut être tracée approximativement entre la pointe d’Yvoire, du côté français, et la ville suisse de Nyon. Nous verrons plus tard que certains poissons, tels que l’Omble-Chevalier, fréquentent le grand lac à l’exclusion du petit lac. Il importait donc de faire la distinction ci-dessus dans un article consacré aux poissons et à la pèche dans le lac Léman;
- Ajoutons encore quelques considérations indispensables sur la profondeur des eaux (fig. 2). Les rives du lac sont prolongées au large par une terrasse immergée, la beine, qui ressemble en petit au plateau continental des côtes océaniques. La limite de la beine coïncide à peu près avec la ligne de profondeur ou isobathe de 15 m. C’est dire quelle est plus ou moins éloignée du bord suivant les endroits du lac que l’on considère. La beine est large, par exemple, entre Thonon et Yvoire. Elle est au contraire fort étroite à l’Est, le long de la côte de Meillerie à Saint-Gingolph. Les
- touristes connaissent la belle route qui unit ces deux villes en bordure du lac; ils se souviennent que les derniers contreforts des Alpes du Chablais dominent le Léman par des rochers abrupts; rien d’étonnant, par suite, à ce que les eaux y soient tout de suite très profondes et la beine réduite à des proportions congrues.
- Dans le langage des pêcheurs, la première pente qui fait suite à la beine, autrement dit le talus de la beine, est le mont. 11 plonge très vite vers le fond du lac qui se trouve en moyenne vers 500 m. Enfin nous devons distinguer le haul-lac, analogue
- à la haute-mer; c’est encore la région pélagique ou de pleine eau, tout ce qui n’estJ ni le bord ni le fond du lac. Il faut connaître ces d és i g n ations pour être en mesure de caractériser brièvement l’habitat des poissons. Certains d’entre eux, comme l’Umble et les Corégones, se tiennent toujours en haut-lac; d'autres fréquentent la beine ;
- . d’autres enfin vivent sur le fond pendant une partie de l’année.
- Les poissons du Léman. —Plusieurs naturalistes français et suisses ont dressé l’inventaire de la faune ichthyologique du lac Léman. Une vingtaine d’espèces ont été rencontrées, soit environ lé tiers du total des espèces de poissons d’eau douce de la France. La faune du Léman est donc.relativement pauvre et nous aurons bientôt à rechercher les causes de cette pauvreté manifeste. Parmi les poissons du lac, tous n’ont pas une égale importance au point de vue de la pêche, soit qu’ils existent en trop petite quantité, soit que leur habitat ne puisse être exploité régulièrement par les engins. Nous ne retiendrons que dix espèces.
- La première place est tenue par les Salmonidés qui ont ici quatre représentants principaux : la Truite, l’Omble-Cheyalier, la Gravenche et la Fera. Deux autres espèces, le Lavaret et la Palée, originaires d’autres lacs, ont été acclimatées depuis peu dans celui-ci.
- Les Cvprinidés occuperaient un rang distingué si l’on ne tenait compte que du nombre des espèces
- 25. — 585
- V A U D
- Lausanne
- J URA
- vian
- FRAN ÇAI S
- VAUD
- Genève
- [valais'
- C HAB LAI S
- S AVO IE
- Fig. i. — Le lac Léman.
- Surface 582 km. carrés, profondeur maxima 3io mètres, volume 89 milliards de mètres cubes, distance rectiligne entre les extrémités 65 km, largeur maxima, 14 km. Les rectangles hachurés indiquent les lieux de ponte de l'Omble-chevalier.
- 53' Année, — 2* Samestre.
- p.385 - vue 412/663
-
-
-
- 386 =..; LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LÉMAN
- Mont Beine
- Fig. 2. — Coupe transversale schématique du Léman. On distingue la beine, le mont, le fond et le haut-lac.
- et des individus, sans se soucier des qualités de la chair ni de la valeur marchande. Un peu dédaigneusement, les pêcheurs professionnels traitent ces poissons de blanchaille. Les poissons blancs du lac sont la Carpe, la Tanche, le Gardon, le Rotengle, l’Ablette, la Yandoise, le Chevaine, le Goujon,“le Véron, etc. Seuls ont une importance pratique le Gardon et l’Ablette.
- Trois autres familles de poissons nous intéressent encore. Ce sont les Percidés, représentés par la Perche commune, les Esocidés ou Brochets, enfin les Gadidés qui ont pour seul représentant en eau douce la Lotte ou Motelle.
- 1° Truite (Salmo Initia). — La Truite des lacs est considérée à juste raison comme étant une simple variété de la Truite ordinaire des ruisseaux. C’est elle qu’on rencontre jusqu’à près de 2500 m. d’altitude, notamment dans le lac d’Àllos (Alpes) et dans le lac Lassons (Pyrénées). Elle atteint une plus grande taille que la Truite ordinaire et dépasse quelquefois 4 m. de long. Sa coloration est aussi différente; les taches multicolores font place à un
- Fig. 4. — Fèra (Coregonus fera).
- Poisson de haut-lac en été et de fond en hiver. Appartient à la famille des Salmonidés. Dimensions moyennes : om.3o à om. 60.
- revêtement à peu près uniforme de taches noires ayant l’aspect de la lettre x. La Truite du Léman émigre à l’époque de la fraie et va déposer ses œufs dans les rivières affluentes. Il en résulte un cycle migrateur complet, calqué sur celui du Saumon, où le lac remplace la mer. En résumé : ponte et jeunesse dans les ruisseaux ; existence adulte dans le Léman. Au point de vue de la pèche, disons que les Truites occupent toute l’étendue du lac, mais se tiennent de préférence en pleine eau de surface.
- 2° Omble-chevalier (Salvelinus alpinus). — Ce poisson (fig. 5.) est à peu près localisé, en ce qui concerne notre pays, dans les lacs de la Savoie, du Dauphiné, du Jura. C’est un poisson essentiellement lacustre et pélagique. Nous avons déjà dit
- qu'il 11e fréquente que le grand lac Léman. Les circonstances de sa reproduction ont été étudiées récemment par M. le professeur André, de Lausanne. Sur la rive française existent deux aires de ponte ou omblières principales,Tune au large d’Yvoire et la seconde en bordure de la côte de Meillerie à Locum (fig. 4). Les omblières ne se distinguent des autres parties du lac que par un sol caillouteux ou rocheux suffisamment profond (100 à 500 m.) pour que la température y reste toujours basse et voisine de 6° C.
- 5°Corégones.— C'est le nom générique de la Féra (Coregonus fera) (fig. 4), de la Gravenche (C- hié-
- Fig. 3. — Omble-chevalier (Salvelinus alpinus). Poisson de haut-lac appartenant à la famille des Salmonidés. Dimensions moyennes : o m. 3o à 0 m. 60 et plus.
- malis) et des deux espèces acclimatées depuis peu, le 'Lavaret (C. lavaretus) et la Palée (C. pale a). Tous ces Salmonidés se caractérisent par la petitesse de leur bouche et par leur alimentation composée de toutes petites proies (Crustacés ayant au plus quelques millimètres de longueur). Ces caractères les opposent aux Truites et aux Ombles qui ont une grande bouche, garnie de dents fortes et se nourrissent d’autres poissons et de mollusques. Les Corégones sont spéciales, pour la France, au lac du Bourget et au lac Léman. Le lac d’Annecy en est dépourvu. Par contre les Corégones sont nombreuses en espèces et variétés dans tous les lacs de Suisse.
- Laissant de côté provisoirement le Lavaret et la Palée, dont il sera question dans un article ultérieur consacré à la pisciculture dans le lac Léman, il est intéressant de mettre en opposition les mœurs si curieuses des deux espèces autochtones. La Féra se pêché pendant la belle saison et fréquente alors les eaux du large, à une profondeur de 40 à 50 m. ; sa ponte a lieu en janvier et février dans les profondeurs du lac. La Gravenche, au contraire, se
- Fig. S. — Lotte {Lota vulgaris).
- Poisson de beine et de fond appartenant à la famille des Gadidés. Introduit dans le Léman au XVII“ siècle. Dimensions moyennes :om. 25 àom. 5o.
- p.386 - vue 413/663
-
-
-
- LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LÉMAN -r-.......- 387
- pêche en hiver. C’est l’époque à laquelle elle remonte du fond pour venir frayer sur les rives. Nous sommes évidemment très loin des vastes migrations du Saumon. Pourtant, on peut admirer la persistance d’un cycle migrateur (migrations verticales) chez ces espèces qui semblent à première vue absolument sédentaires et ne remontent jamais dans les rivières affluentes.
- 4° Lotte (Loto, vulgaris) (fig. 5). —La vie de ce poisson est liée, dans une certaine mesure, à celle de la Féra qu'il accompagne dans sa descente hivernale au fond du lac. Sans doute exerce-t-il des ravages parmi les œufs et les alevins de Féras et d’Ûmbles, dont il doit faire sa nourriture. D’ailleurs sa fécondité est considérable; une femelle pesant un kilogramme peut pondre près d’un million d’œufs.
- 5° Brochet (Esox liicius). — Ce requin des eaux douces, comme on l’appelle, est assez commun dans le Léman où sa voracité est bien comme des pécheurs. Le Brochet nage dans toute l'étendue lacustre ; il voisine en haut lac avec les Truites et les Ombles et, au-dessus de la beine, dans la région littorale, avec les Perches. Sa ponte a lieu de février à mai. Chaque femelle produit de 20 000 à 50 000 œufs par kilogramme de son poids.
- 6° Perche (Perça fluviatilis). — Voici encore un poisson vorace et carnassier. Il se tient en été dans les eaux peu profondes recouvrant la beine. C’est aussi là qu’il pond, au printemps, un très grand nombre d’œufs (80000 à 100 000 par kg du poids de la mère). En hiver, la Perche se réfugie sur les premières pentes du mont pour se soustraire à la rigueur de la température superficielle.
- 7° Cyprinidés. — Tous les poissons blancs ont à peu près les mêmes mœurs. Leurs exigences alimentaires et respiratoires sont faibles. Ce sont des animaux qui se nourrissent de tout et s’accommodent volontiers d’eaux peu courantes ou stagnantes et tièdes. Presque tous habitent la beine en été et les flancs du mont en hiver. Ils se reproduisent à la fin du printemps.
- Les deux principales espèces du Léman sont le
- Fig. 6. — La perte et la chute du Rhône à Bellegarde.
- Ce sont des obstacles infranchissables pour les poissons allant du Rhône vers le Léman.
- Gardon (Gardonus rutilus) et l’Ablette (Alburnus lucidus). Le Gardon est aussi appelé Vangeron. Quant à l’Ablette, sa petite taille et le brillant de ses écailles lui ont fait donner le sobriquet de sardine du lac. Elle est exploitée uniquement pour son écaillure dont on extrait la matière irisée nécessaire à la confection des fausses perles fines (perles du Léman).
- L’origine des poissons du Léman. — Une
- question fort intéressante se pose relativement à l’origine des poissons que nous venons de passer en revue et de tous ceux qui existent dans le lac Léman. D’où viennent-ils et comment se sont-ils introduits dans cette étendue lacustre?
- A quelle époque y ont-ils fait leur apparition ?
- On peut affirmer en premier lieu qu’ils ne sont pas antérieurs à l’époque quaternaire. En eflet le Léman a été recouvert jadis par un immense glacier qui s’étendait entre les Alpes et le Jura. Toute vie a disparu sous ce linceul de glace et a dû se reconstituer ultérieurement par immigration d'animaux venus des régions voisines.
- D’autre part, dès la fin de l’époque
- p.387 - vue 414/663
-
-
-
- 388 :— 1 LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LEMAN
- quaternaire, le repeuplement du lac était en’partie | réalisé. G’est ce que démontrent les découvertes d’écailles et d’ossements de Truites, de Corégones, ;de Brochets, de Perches, de Chevaines, etc., dans les palap.lt es.
- Plaçons donc au milieu du Quaternaire la date d’introduction dans le Léman de la plupart des poissons que nous y avons signalés. Reste à savoir d’où ils sont venus et par quelle voie.
- Le bassin du Rhône se présente tout d’abord à l’esprit. Des poissons n'ont-ils pu remonter le cours du fleuve et s’établir dans le lac Léman ? En vérité, c’est peu probable. La chute et la perte du Rhône à Bellegarde (fig. 6) sont des obstacles que ne peuvent franchir les poissons. D’ailleurs la faune du Léman a plus d’affinités rhénanes, que rhodaniennes. En particulier, les Corégones sont des poissons du Nord et du Nord-Est de l’Europe qui n’ont pu venir que du Rhin.
- Portons maintenant notre regard vers ce dernier fleuve. Un de ses affluents de gauche et le lac de Neuchâtel mêlent leurs sous-aflluents à ceux du Léman.
- C’est ainsi que la Thièle et la Vénoge coulent à peu de distance l’une de l’autre. On peut donc supposer que des phénomènes de capture ont permis temporairement aux eaux du lac de Neuchâtel (altitude 434 m.) de se déverser dans le bassin lémanique (altitude 373 m.). Une voie d'extension et de pénétration aurait été ainsi offerte à la faune rhénane. Ce n’est, bien entendu, qu’une hypothèse.
- D’ailleurs, elle ne permet pas d’expliquer la pauvreté relative de la faune du Léman. On ne peut concevoir pourquoi certains poissons du Rhin (Gré-mille, Apron, Barbeau, Brême, Lamproie) n’ont pas suivi les autres dans leur migration.
- Autant l’obscurité règne encore sur ce point, autant, par contre, on est assez bien renseigné sur l’histoire de quelques espèces comme la Lotte et l’Anguille.
- La Lotte s’est introduite dans le lac Léman vers 1680, soit provenant du lac de Neuchâtel par le canal d’Entreroches, soit échappée d’un vivier où un gentilhomme île Vevey gardait des poissons originaires du lac de Neuchâtel. Dans les deux cas, l’origine rhénane parait bien établie.
- Pour ce qui est de l’Anguille, ce poisson n’a été pêché que très rarement dans le lac Léman. La
- légende dit que saint Guillaume, évêque de Lausanne, blessé par des Anguilles, aurait maudit cette mauvaise race et l’aurait expulsée du lac. On peut expliquer plus scientifiquement la chose en invoquant, comme le fait Forel, une introduction difficile mais spontanée des Anguilles du Rhin, par l’intermédiaire du lac de Neuchâtel, de la Thièle et de la Yenoge dont nous avons déjà parlé. En outre des Anguilles ont été maintenues plusieurs fois en captivité dans un étang de Fernex, d’où quelques-unes* d’entre elles ont pu s’échapper et gagner le lac Léman.
- La Pêche dans le Léman. — Les méthodes de pêche autorisées sur le lac Léman sont assez peu nombreuses et se classent de la manière suivante :
- 1. Pèche à la ligne (à la traîne).
- II. Pèche au filet.
- A. Filet maillant.
- a) Grand pic.
- b) Tramait.
- c) Ménier.
- B. Filet traînant.
- d) Grand filet. ej Monte. f) Goujonnière
- et Sardinière.
- III. Pèche à la nasse (au ber-foux).
- La pêche à la ligne traînante est plutôt une occupation d’amateur que de professionnel. Elle permet toutefois de capturer des Ombles et des Brochets, sans avoir besoin d’un matériel coûteux. La ligne employée atteint et dépasse 100 m. de longueur et porte latéralement plusieurs ralingues terminées chacune par un hameçon et une cuiller. Une bobine suspendue au bord du bateau permet d’enrouler la ligne et de la remonter commodément, dès qu’une petite clochette avertisseuse annonce qu’un poisson vient de se faire prendre.
- Trois sortes de filets maillants sont utilisés par les pêcheurs du lac. On sait qu’ils ont ceci de commun que les poissons doivent s’y prendre d’eux-mèmes, en essayant de franchir les mailles, et qu’ils se trouvent arrêtés par leurs ouïes (opercules) ou par leurs nageoires pectorales. Les poissons « amaillés » sont ensuite remontés à la surface quand on relève le filet. Généralement on pose le soir et relève le matin; la pêche nocturne est plus profitable que celle de jour; probablement parce que les poissons voient moins les filets et ne peuvent les éviter aussi facilement qu’en pleine lumière.
- Parlons d’abord du grand pic, qui est le roi des filets, au moins par sa grande taille. C’est une nappe rectangulaire pouvant atteindre 1 kmàd km 1/2
- Fig. 8. — Le relevé du grand filet.
- p.388 - vue 415/663
-
-
-
- LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LÉMAN
- 389
- de longueur, sur une hauteur de 1 5 m.
- Les mailles ont 50 mm de côté, dimension juste convenable pour la capture des Truites et des Coré-gones. On immerge le grand pie à environ 15 m. de profondeur, grâce à des ralingues verticales suspendues à des flotteurs en liège. Les deux bouts du iilet sont repérés au moyen de bouées supportant une lanterne. La figure 7 représente la pose du grand pic; une des bouées lumineuses vient d’être mise à l’eau et quelques flotteurs sont également visibles au bord supérieur de l’engin.
- Le ménier est une réduction du grand pic. Ses caractéristiques ordinaires sont les suivantes : longueur 50 m., hauteur2 à 5 m., mailles de 50 mm. Il se tend au fond, généralement au bord extrême de la beine, et sert à capturer des Lottes, des Gardons et des Perches.
- Une place à part doit être réservée au tramail, sorte de ménier qui se compose de trois réseaux parallèles : deux réseaux à maille de 50 mm entre lesquels est compris un réseau à mailles de 150.
- Ce dernier réseau, dit auméè, a d'ailleurs une plus grande surface que les deux autres.
- Il en résulte qu’un poisson qui donne de la tête sur le tramail entraîne un des réseaux à mailles fines à travers une des mailles de Paumée et détermine ainsi une sorte de poche dont il ne peut sortir. Le tramail se tend au fond, comme le ménier, et sert principalement à la pêche des Lottes.
- Aux filets maillants s’opposent en bloc les filets traînants du genre de la senne. Leur emploi consiste à les tendre en arc de cercle, puis à les ramener à bord avec tous les poissons rencontrés sur leur passage. Ces filets exigent par conséquent une
- è» z
- Fig. io. — Le dernier temps du relevé de la moule. (Cliché de l’Administration des Eaux et Forets.)
- Fig. g. — Le premier temps du relevé de la monte.
- On aperçoit en avant la vessie qui soutient la poche du filet. (Cliéhè de l’Administration des Eaux et Forêts.)
- manœuvre incessante. On les pose et les retire sans arrêt.
- Le grand filet correspond, si l’on veut, au grand pic, malgré ses dimensions plus réduites n’excédant guère 200 m. en longueur et 20 m. en hauteur. Il se compose de deux bras en filet et d’une vaste poche conique située au centre. Le tout est garni de flotteurs en liège à la partie supérieure et de morceaux de plomb au bord inférieur. Étant donnée sa grande taille, le grand fdet ne peut être remonté qu'au moyen de deux treuils installés sur le bateau. Quatre hommes effectuent la manœuvre (fig. 8). Ajoutons que le grand filet est surtout consacré à la pêche des Ombles, des Truites et des Corégones. '
- La monte en est un modèle réduit destiné à la pêche littorale des Gardons et des.Perches. Les figures 9 et 10 représentent deux moments successifs du relevé de l’engin. On voit à la surface de l’eau un cercle de flotteurs en liège soutenant les bras du filet et une vessie gonflée d’air qui maintient l’extrémité de la poche. Deux hommes tirant à bras suffisent à manœuvrer la monte.
- Les noms de goujonnière et de sardinière indiquent qu’il s’agit de filets destinés aux Goujons et aux Ablettes (sardines du lac), c’est-à-dire à des poissons de petite taille. Ces filets ont par conséquent des mailles ne dépassant pas 15 mm de côté.
- Us s’emploient tout contre le rivage, en cernant autant que possible des bancs de poissons que l’on aperçoit dans l’eau.
- Nous croyons inutile de décrire les nasses ou verveux.
- Leur nom local est berfoux.
- On les emploie surtout à pêcher le Brochet.
- En résumé ;
- p.389 - vue 416/663
-
-
-
- 390 — LES POISSONS ET LA PÊCHE DANS LE LAC LÉMAN
- Ligne traînante. . . Ombles, Brochets. I
- Grand pic......Truites, Corégones.
- Ménier.................Gardons, Perches, Lottes.
- Tramait. . .... Lottes.
- Grand filet. .... Ombles, Truites, Coré-
- gones.
- Monte. ...... Gardons, Perches.
- Goujonnière .... Goujons.
- Sardinière....Ablettes.
- Berfoux.......Brochets.
- Ce tableau est d’ailleurs quelque peu théorique et n’indique que les poissons qui sont pêchés le plus fréquemment par chaque sorte d’engins.
- La réglementation de la pêche. — C’est un difficile problème que celui de la réglementation de la pêche sur le lac Léman. Un peu d’historique ne sera pas inutile pour faire comprendre l’Aat actuel de la question.
- Les plus anciennes mesures protectrices du poisson se trouvent dans une ordonnance de Philippe le Bel, en 1512. Défense y est faite de « pescher d’engin de quoi la maille ne soit de moufle d’un gros tournoi d’argent (25 mm) ». On conçoit qu’il s’agissait ainsi de permettre aux jeunes poissons d’échapper aux filets.
- En ce qui concerne plus spécialement le lac Léman, les plus* anciens textes remontent au xvie siècle.
- En 1550, interdiction de faire usage de substances vénéneuses ;
- En 1623, défense de pêcher des milcantons (fretin de Perche) et de la vive (fretin de poissons blancs);
- En 1624, défense de se servir de berfoux en mai et en juin ;
- En 1665, défense de se servir du grand filet en avril et mai « puisqu’en dit temps le poisson fraie » ;
- En 1805, limitation du nombre des bateaux de pêche ;
- En 1880, première convention franco-suisse. D’autres conventions ont suivi, en 1888 et en 1891, et nous conduisent ainsi au projet actuel de nouvel accord entre la France et la Suisse au sujet de la pêche sur le Léman.
- Pourquoi, d'abord, une nouvelle convention internationale est-elle devenue indispensable? La question doit être abordée sous divers points de vue.
- - 1° La délimitation des eaux françaises et helvé-
- tiques a été réglée par .le traité de Lausanne, du 50 octobre 1564, conclu entre la Bépublique de Berne et le duc de Savoie. D’après ce traité, la frontière est constituée par la ligne du milieu du lac et par deux lignes élevées au droit des frontières genevoise et valaisanne. Rien n’est plus imprécis en réalité pour le géographe qui éprouve des difficulte's inouïes à tracer sur la carte la ligne du milieu du lac. À plus forte raison est-il impossible aux pêcheurs <de savoir où se trouve la frontière. Maintes fois, par suite, des filets posés par des pêcheurs français et ayant dérivé pendant la nuit sont saisis par des
- gardes suisses. Des controverses fâcheuses mettent alors aux prises les uns et les autres.
- 2° Les pêcheurs de la côte française, principalement ceux de Thonon, de Meillerie et de Lugrin, sont des professionnels qui n’ont pas d’autre métier que la pêche. Au contraire, les pêcheurs suisses sont pour la plupart des paysans ou des restaurateurs pour lesquels la pêche est un appoint et non la source unique de leurs revenus. Il s’ensuit que la réglementation de la pêche en eaux françaises a dû être plus lâche, plus tolérante, que sur l’autre rive. D’où une nouvelle cause de différends entre Français et Suisses. Tel engin permis ici ne l’est point à quelques kilomètres de distance. D’autre part, les Suisses accusent nos compatriotes de pêcher comme des sauvages et de dévaster le lac Léman.
- 5° Il y a du vrai sans doute dans cette affirmation. Un fait certain est que le Léman, autrefois très riche en Salmonidés (Truites, Ombles, Corégones), tend à devenir un lac à Cyprinidés et à Per-cidés, c’est-à-dire à poissons communs. Le grand pic n’est pas innocent en la circonstance. Surtout employé en surface, il a capturé dans ces 30 dernières années un nombre déraisonnable de poissons de haut prix. C’est à tel point qu’il a fallu songer au repeuplement du lac Léman et que, chaque année, -les établissements de pisciculture déversent des milliers d’alevins d’Ombles et de Corégones. Mais encore faut-il pour cela une entente entre Français et Suisses, d’où une nouvelle nécessité de convention internationale.
- Celle-ci est à l’étude depuis 1921. Des séances tenues entre experts et délégués des deux pays ont abouti l’an dernier à un texte qui a été soumis aux Parlements. On Ignore, hélas! quand il sera voté, car des obstacles imprévus se dressent chaque jour. Le syndicat des pêcheurs de Thonon et de Meillerie s’élève contre un projet de nouvelle réglementation qui, disent-ils, nuirait gravement à leur industrie. Ils ne veulent pas convenir que l’appauvrissement du lac en Salmonidés est en grande partie leur fait et ne comprennent point que des mesures sévères soient prises relativement à la pêche de ces poissons devenus si rares. Ils voudraient, d’autre part, que soit institué un permis de pêche international permettant à tout pêcheur, quelle que soit sa nationalité, de pêcher dans* toute l'étendue du lac. Ce serait, en effet, le seul moyen d’éviter de nouveaux conflits entre pêcheurs et gardes des deux nations. Malheureusement les Suisses sont intransigeants sur ce point et repoussent la suggestion qui leur est faite.
- Nous ne pouvons qu’espérer des jours meilleurs et que, par suite de concessions mutuelles, la Convention franco-suisse sera enfin signée. Il n’est que grand temps de remédier à l’état déplorable où se trouve le lac Léman au point de vue piscicole. Sa situation n’est rien moins que brillante quand on la compare à celle des autres lacs et surtout du lac de
- Constance. T - r.
- Lkon Beutix,
- Agrège, Docteur ês science;-.
- p.390 - vue 417/663
-
-
-
- ^EjSSaBiRggiaR!S8^Kgg= w
- VARIATIONS DES VÉGÉTAUX PROVOQUÉES PAR L'ÉLECTRICITÉ
- Les expériences de M. Alberto Pirovano.
- On a souvent cherché à utiliser l’électricité sous ses diverses formes pour modifier la végétation des plantes et le rendement des récoltes et La Nature a maintes fois signalé les expériences d’électroculture.
- Mais je ne croîs pas qu’on ait jusqu’ici, en agronomie, tenté un essai semblable à celui que poursuit
- en îyzz dans un livre (/) qui a ete remarque non seulement des praticiens, mais aussi des botanistes.
- Un laboratoire fut créé pour ces recherches à Belgirate par le Syndicat de fructiculture, avec le concours du Ministère italien de l’Economie nationale. de la urovince de Novare. et de diverses indus-1
- Fig. i. — Le laboratoire d'électrogénétique de Belgirate.
- Sur les étagères? quelques .appareils de traitement électrique du pollen.
- actuellement M. Alberto Pirovarlo, à Belgirate (Italie).
- Fils d’un des pépiniéristes les plus connus de la Lombardie, spécialisé depuis longtemps dans l’hybridation des raisins de table, M. Pirovano connaît bien les problèmes pratiques de variation des végétaux. Cherchant à produire des variétés sensationnelles, il a pensé à se servir des actions physiques non pendant la croissance, mais pour n’agir qu’un temps très court, sur les organes reproducteurs. 11 a renoncé à traiter les ovules logés au fond des pistils et s’est borné à opérer sur les grains de pollen. Il a soumis ceux-ci à l’action de substances radioactives, de rayons ultra-violets, de courants de haute fréquence, de champs électromagnétiques et a observé de curieux effets dont il a rendu compte
- tries intéressées. Il fut inauguré en juin 1924 et M. Pirovano y poursuit actuellement ses expériences. Il y disposa des appareils nécessaires (fîg. 1) pour produire les actions les plus diverses qu’il groupa sous le nom d’ionolyse. Un laboratoire du même genre s’installe actuellement à Pistoia, centre de cultures fruitières et un autre à Rovigo.où le professeur Munerati va expérimenter sur les betteraves.
- Les expériences de M. Pirovano n’ont porté jusqu’à présent que sur des plantes annuelles : Pavot (Papaver somniferum), courges (Cucurbita pepo, C. maxima), Rose trémière (Althaea rosea), Mon-
- 1. A. Piuova.no. La niulazione eletlrica dette specie bo-Içmiche e la disciplina delta crédita nell' ibridqziona. Hœpli, Milan, 1922.
- p.391 - vue 418/663
-
-
-
- 392
- VARIATIONS DES VÉGÉTAUX PROVOQUÉES PAR L'ELECTRICITE
- Fig. 2. — Têtes de pavot somnifère : à gauche, normal; à droite, la fleur normale à été fécondée Par du radium, les graines ont avorté.
- naie du Pape (Lunaria biennis), Giroflée (Cheiran-llius annuiis), Hélianthe (Helianlhus uniflorus). Ces expériences donnent déjà une idée des variations profondes provoquées sur le pollen par l’action des divers agents physiques. Les photographies ci-jointes, que nous a communiquées M. Pirovano, en sont la preuve.
- Si l’on soumet aux rayons du radium du pollen de Pavot somnifère et qu’on féconde avec celui-ci une fleur normale, on obtient des capsules dont les graines sont totalement avortées (fîg. 2). L’action d’un champ magnétique sur le pollen produit des déformations et parfois la persistance des pétales ; des courants interrompus, rapides, provoquent des anomalies dont une des plus curieuses est la formation de pétales dans le carpelle, reproduite figure 3.
- Voici, à côté de courges normales d’Italie, un plant aux fruits raccourcis, jaunis, plus fertile; un autre à fruits courts, jumelés, à longs pédoncules, obtenus par traitement magnétique du pollen et un autre plant devenu dioïque et acaule après que le pollen a été placé dans un champ magnétique rapidement fluctuant (fig. 4 à 7.)
- Des faits du même ordre furent observés chez Lunulqria et Allhaea.
- Les résultats obtenus dans l’hybridation par ces nouvelles méthodes furent plus intéressants. Les essais portèrent sur différentes variétés de pavots, de courges, de tomates, de tournesols, de guimauves, de choux, de maïs, de pois.
- Ces résultats ont mis en évidence la possibilité d’affaiblir à volonté, par l’ionolysation du pollen, les caractères de l’espèce employée comme mâle et de déplacer ainsi la dominance, chez l’hybride, des caractères de l’un ou de l’autre parent.
- Par exemple, l’hybride obtenu du pavot somnifère à fleur blanche, fécondé avec, le pollen de la variété double à fleur écarlate, a dés fleurs rose pâle dont les pétales ont le centre blanc ; en ionolysant les anthères de la plante mâle, on obtient un hybride à fleurs rose pâle, avec un petit pourcentage à fleurs
- blanches; une ionolyse plus.forte, à 100 périodes, maintenue pendant 6 heures, donne un hybride caractérisé par la disparition absolue du pigment rouge.
- Autre exemple : en fécondant la courge palisson avec, d pollen de courte « porte-manteau », on a normalement un hybride chez les fruits duquel on peut dire que le caractère dominant est celui des fruits de la plante mâle ;. toutefois, si l’on soumet le pollen de la courge « porte-manteau » à 5 et à 12 heures d’ionolyse magnétique cà période lente, on obtient des fruits chez lesquels la dominance des caractères mâles diminue progressivement (fig. 8).
- Des résultats semblables furent obtenus sur les tomates, sur le maïs, sur le tournesol, etc.
- Par exemple, voici (fig. 9) les résultats obtenus en hybridant des fleurs de maïs Caragna par du pollen de maïs rouge turgescent, traité de diverses façons. L’action des divers traitements se traduit dans ce cas par une prédominance des caractères femelles.
- Parfois il y a des résultats contraires : l’ionolyse du pollen fait ressortir les caractères du parent mâle. Ces cas sont intéressants, eux aussi, en ce qu’ils concernent ce que l’on appelle les fausses hybridations, celles où l’élément mâle, par manque d’affinité avec l’élément femelle, ne s’unit pas à celui-ci, mais stimule seulement l’accroissement de l’ovule : les graines donnent seulement des plantes débiles, croissant difficilement. Dans ces cas, les traitements utilisés par M. Pirovano peuvent forti-
- •r *
- 3C-ÜU.ÎK
- .4
- Fig. 3. — Un pavot dont le pollen a subi des courants électriques interrompus. La floraison terminée, on voit sortir de la capsule d’étranges pétales.
- p.392 - vue 419/663
-
-
-
- VARIATIONS DES VÉGÉTAUX PROVOQUÉES PAR L'ÉLECTRICITÉ :------- 393
- Fig. 4 à 6. — De gauche à droite, courge d'Italie normale : courge racourcie, jaune et plus fertile par ionolyse lente; courge à fruits jumeaux longuement pëdonculés par aolion d’un champ magnétique variable
- fier l’élément male et permettre parfois d'obtenir de vrais hybrides au lieu de fausses hybridations.
- , Par exemple, la courge pâtisson, fécondée par le pollen de la courge « pain du pauvre », ne donne qu’un faux hybride sur lequel on observe, plus ou moins réduits, les caractères de l’espèce mère. Si l’on soumet le pollen du « pain du pauvre » à un champ magnétique fluctuant de 42 périodes pendant 5 heures ou à un champ magnétique pulsateur (courant excitateur à 83 volts) pendant une demi-heure, on obtient un véritable hybride dont les caractères se rapprochent beaucoup plus de ceux de l’espèce mâle.
- De même, l’hybridation de la courge pâtisson par le pollen de courge de Chine bicolore ne réussit pas et les fruits rappellent beaucoup la forme caractéristique, très côtelée, de l’espèce femelle Mais si le pollen de courge de Claine a été préalablement
- Fig. 7. — Courge d’Italie devenue acaule et dioïque après traitement du pollen par un champ magnétique variant rapidement.
- traité, on voit apparaître des fruits, gros, longs, à surface verruqueuse, qui indiquent une action beaucoup plus marquée de l’espèce mâle.
- Lorsqu’on croise des produits de plantes déjà traitées, on obtient des phénomènes encore plus complexes.
- Voici, par exemple (fig. 10), des fleurs mâles d’un hybride complexe réalisé entre deux courges issues toutes deux de plantes-à pollen ionolysé. Ces fleurs, dont les corolles ont été enlevées, montrent des caractères indéniables de fleurs femelles : sous les anthères apparaissent des renflements qui ne sont autre chose que des anthères portant parfois des ovules et des plaques stigmatiques au sommet.
- Ces résultats sont fort curieux et ouvrent certainement un nouveau champ aux recherches de génétique. Ils sont cependant encore trop récents et ne portent pas sur un nombre suffisant de générations pour qu’on puisse en tirer des conclusions définitives.
- Mieux vaut les signaler seulement aujourd’hui pour attirer l'attention sur ces nouvelles méthodes et inciter d’autres botanistes à répéter les expériences si intéressantes de M. Pirovano.
- M le Professeur Luigi Montemartini, directeur de l’Institut de botanique de l’Université royale de Pavie, qui vient de rendre compte de ces essais dans la Revue internationale de renseignements agricoles, termine par les sages conclusions suivantes auxquelles on ne peut que souscrire :
- « Les résultats ?
- S’il n’est pas encore possible de suivre M. Pirovano dans ses hypothèses sur la nature et la constitution du plasma vivant ou des chromosomes nucléaires (nous entrerions dans un des domaines les plus difficiles, les plus discutés et encore les plus obscurs de la biologie) et sur le mode d’agir de l’électricité, on doit reconnaître que les résultats de
- p.393 - vue 420/663
-
-
-
- 394 =rrr- VARIATIONS DES VÉGÉTAUX PROVOQUÉES PAR L’ÉLECTRJCITÉ
- Fig. 8. — Croisement de la courge pâtisson et de la courge porte-manteau. De gauche à droite : courge pâtisson en haut et courge porte-manteau en bas ; hybride après 3 heures de traitement du pollen par un champ magnétique variant lentement ; hybride obtenu après 12 heures du, même traitement.
- ses expériences présentent certainement un intérêt scientifique. Et cela non pas tant pour la production de si nombreuses formes, très aberrantes, qui rappellent celles obtenues d’une manière analogue chez certains animaux, que pour les résultats qui rendent possible l'hybridation de variétés qui ne s’y prêtent pas normalement, et la modification, chez tlles hybrides, de la répartition des caractères de leurs parents. L’action exercée sur la manifestation de
- l’une ou l’autre forme sexuelle mérite l’attention ; l’homme d’étude ne peut donc pas se désintéresser des résultats obtenus.
- Et pour la pratique ?
- M. , Pirovano lui-même déclare qu’il serait encore prématuré de faire des pronostics.
- Ses expériences, comme on l’a déjà dit, n’ont été pratiquées jusqu’à présent que sur des plantes annuelles. Pour les plantes fruitières, c’est cette année seulement qu'elles ont été entreprises à Belgirate, avec du pollen que M. Pirovano avait ionolysé dans son Laboratoire de Vaprio d’Àdda ; il faudra attendre que les graines ainsi obtenues donnent naissance à de nouvelles plantes et voir s’il se présentera des variations ; s’il
- Fig. g. — Fleurs mâles d’un hybride complexe de courge, montrant sous les anthères, des ovaires avec'plaques stig-maliques.
- s’en présente, il faudra juger si elles sont dignes ou non d’être conservées et multipliées.
- Quoi qu’il en soit, nous nous trouvons en présence d’une méthode nouvelle pour provoquer l’apparition de variations ; une soigneuse étude de la manière d’appliquer cette méthode et du degré auquel elle doit être appliquée pourra amener des résultats intéressants. Il faut attendre ces résultats surlout du traitement des formes hybrides, pour lesquelles, comme l’affirme M. Pirovano, il est plus que légitime d’espérer qu’on arrivera, avec des moyens appropriés, à discipliner, dans le sens le plus krge, l'hérédité génétique en la subordonnant complètement à la volonté humaine. »
- Damel Claude.
- I 2 3 4 5
- Fig. io. — Hybrides de maïs caragna ? x mais rouge turgescent q*.
- 1, Hybride normal. 2, Hybride obtenu avec du pollen de maïs rouge ayant subi une heure d’ionolyse. 3, Effet du pollen ayant subi deux heures d’iono-lyse. 4, Pollen soumis aux radiations ultraviolettes. 5, Pollen soumis aux rayons p et y du. radium.
- p.394 - vue 421/663
-
-
-
- 395
- LA CELLULE PHOTO-ÉLECTRIQUE
- Son emploi en photographie.
- Une cellule photo-électrique est un appareil qui présente au passage du courant électrique une résistance variant en même temps que l’intensité cle la lumière qu’il reçoit. On sait depuis longtemps déjà que le sélénium permet de construire une cellule de ce genre : deux fils métalliques isolés et recouverts de sélénium fondu donnent le résultat désiré, si l’on a opéré dans de bonnes conditions de fusion et de recuit. Une des premières applications de cette propriété fut faite, il y a une cinquantaine d’années, pour le photophone de Bell.
- Sur une cellule intercalée dans le circuit d’une pile et d’un téléphone, on dirige d’un poste éloigné de plusieurs mètres, un faisceau lumineux d’intensité constante, en obturant celui-ci près de la source au moyen d’un disque opaque percé d’un trou par lequel il peut passer ; en faisant tourner le disque plus ou moins vite, on obtient dans le téléphone des sons d’intensité variant avec la fréquence des obturations. Si on remplace le disque tournant par un miroir fixe de très peu d’épaisseur, auquel on fait refléter le faisceau lumineux pour le projeter sur la cellule, et qu’on parle sur le miroir, les petites vibrations de celui-ci suffisent pour faire varier l’éclairement et la parole est reproduite par le téléphone.
- Dans un autre genre d’application, nous nous souvenons que vers la même époque, deux physiciens anglais (Ayrton et Perry, croyons-nous) ont publié les éléments d’un appareil rudimentaire utilisant des cellules de ce genre pour réaliser la vision à distance; c’est-à-dire qu’une image reçue sur un verre dépoli à un endroit quelconque aurait pu, au moyen d’une ligne téléphonique, être vue instantanément à un poste éloigné. Aucun appareil de ce genre n’a été construit jusqu’à présent.
- D’autres applications furent réalisées notamment pour l’enregistrement de la parole et plus particulièrement, par M. Belin pour la reproduction des photographies à distance. Mais la cellule au sélénium, si elle est relativement facile à construire et peu coûteuse, a l’inconvénient, quand elle a été impressionnée par la lumière, de ne pas reprendre instantanément son état primitif dès que cette action cesse. Elle présente une certaine inertie nuisible à l’effet qu’on veut en obtenir. Bien que connue et travaillée depuis déjà longtemps, il est probable qu’elle est encore perfectible et que l’on pourra arriver à diminuer son inertie. D’autres .substances d’ailleurs sont susceptibles de produire l’effet photo-électrique^ [mais pour le moment, celle qui donne les meilleurs résultats est la cellule à base de potassium, dont l’inertie est si faible qu’on peut enregistrer des variations d’éclairement d’une durée de moins de 1 deux-millième de seconde. La Nature a donné l’an dernier (voir numéro du 17 mai 1924), un article très documenté sur la découverte et l’étude de ces nouvelles cellules. On les a déjà appliquées en physique, en astronomie à des études intéressantes, mais elles seront probablement bientôt utilisées pour des applications d’un ordre plus industriel.
- Dans une des dernières séances de la Société française de Photographie, M. Toulon a fait une communication intéressante sur leur emploi en photographie. On sait combien sont nécessaires les mesures du temps de pose pour arriver à des résultats aussi parfaits que possible. Les nombreux appareils) constx'uits dans ce but prouvent
- quelle importance on attache à la question. Plusieurs d’entre eux peuvent fournir des indications utiles, aucun ne donne unif entière satisfaction.
- La cellule présentée est construite à Paris par la Société des Recherches et Perfectionnements industriels, elle permet des mesures rapides et précises. Elle est formée par une ampoule de verre d’environ 4 cm de diamètre, vide d’air, mais contenant un peu d’argon. La calotte inférieure est tapissée intérieurement d’une couche de potassium reliée à un conducteur qui traverse le verre et forme la cathode. En face de cette couche de potassium on a placé un fd de tungstène en forme d’anneau, relié également à un conducteur traversant le verre et constituant l’anode. La calotte supérieure reste transparente et permet de faire pénétrer la lumière dans l’ampoule. Celle-ci peut être enfermée dans une boite dont un côté est muni d’un diaphragme permettant d’admettre plus ou moins de lumière. On relie la cathode et l’anode à une pile donnant une différence de potentiel de 40 à T50 volts, selon l’effet qu’on veut obtenir ; ces piles légères et d’un prix peu élevé sont d’usage courant en T. S. F. En intercalant dans le circuit ainsi formé un microampèremètre, on constate qu’aucun courant ne passe si le diaphragme est entièrement fermé, mais que la déviation de l’aiguille augmente à mesure qu’on l’ouvre. Le courant est très faible, il ne dépasse pas quelques dixièmes de milliampère en plein soleil. Il est très régulier, mais varie instantanément avec l’éclairement auquel, entre certaines limites, il est proportionnel. Muni de cet appareil, le photographe peut donc mesurer la lumière qui impressionnera sa plaque. Pour cela il peut, ou bien promener l’ampoule devant les différentes parties du sujet, ou mieux, sur le verre dépoli ; car en somme c’est la lumière réfléchie par le sujet qui impressionne la plaque. Les renseignements ainsi fournis par la graduation du microampèremètre permettent d’agir de façon à obtenir une pose correcte. On aura dû, bien entendu, procéder à des expériences préalables pour se constituer, une fois pour toutes, un tableau donnant le temps de pose en fonction de la graduation de l’appareil, selon l’émulsion et l’ouverture de l’objectif employé.
- Pour les très grands formats et pour les plaques autochromes, dont le prix est aujourd’hui assez élevé, il importe de se mettre dans les meilleures conditions pour obtenir de bons clichés.
- M. Toulon a indiqué qu’il serait même possible d’obtenir automatiquement la manœuvre du diaphragme. A cet effet, il a imaginé un appareil qui pourrait donner ce résultat. Les lamelles qui constituent l’iris seraient montées sur des pivots parallèles à l’axe de l’ohjectif et placés symétriquement autour de celui-ci. La surface découverte est fonction de l’angle de rotation des lamelles et il suffit que cet angle soit déterminé par le courant qui traverse la cellule. L’emploi de secteurs métalliques isolés, reliés à la cellule et disposés en regard des lamelles, permet la réalisation d’un électromètre simple donnant directement le résultat cherché,
- Un autre dispositif a été indiqué pour le fonctionnement plus ou moins rapide de l’obturateur. Le courant qui traverse la cellule charge un condensateur d’une dizaine de microfarads qui est déchargé en permanence
- p.395 - vue 422/663
-
-
-
- 396 == A PROPOS DE LA SUPERHÉTÉRODYNE ET DU RADIO MODULATEUR
- sur une résistance fort élevée, de 100 mégohms environ. Quelques secondes après l’orientation de la cellule vers le sujet à photographier, la tension aux bornes du condensateur est fonction de l’éclairement du sujet. En appuyant sur un bouton, on décharge brusquement le condensateur dans un électro-aimant dont l’armature est reliée au volet obturateur. La charge emmagasinée est plus ou moins grande suivant que le sujet est plus ou moins éclairé et, par suite, la force d’attraction de l’électro aimant est plus ou moins grande aussi, l’armature et le volet qui s’y trouve relié auront donc une course plus ou moins rapide qui sera fonction de la lumière reçue par la cellule. Les expériences faites par M. Toulon sur des appareils rudimentaires lui ont démontré la justesse de ses prévisions.
- Ces appareils sont d’une conception très ingénieuse, mais leur construction sous une forme pratique serait probablement assez délicate et leur prix serait assez élevé, aussi leur emploi nous parait-il limité à des cas spéciaux. Pour le moment, il est préférable de se contenter du groupe formant le circuit dont nous avons
- parlé plus haut : cellule, pile, microampèremètre. 1.1 peut être condensé sous une forme peu encombrante qui en permettra le transport à l’endroit voulu. C’est surtout quand il s’agit de clichés d’intérieurs tels que musées, églises, appartements, que l’opérateur se trouve dérouté pour l’évalualion de son temps de pose; la cellule qui est sensible à des éclairages extrêmement faibles est tout indiquée pour lui donner une indication exacte. Elle est susceptible aussi de bien d’autres applications. La luminosité d’un objectif, la sensibilité d’une émulsion, l’étalonnage des clichés à tirer, la surveillance des lampes servant au tirage, l’éclairement comparatif des écrans de projection, etc., seront mesurés avec une précision que ne peut donner l’appréciation par une observation directe, même pour un œil très exercé.
- La cellule photo-électrique donnera lieu dans d’autres branches de l’industrie à des applications très intéressantes qui sont en ce moment à l’étude, mais dès maintenant elle est prête à être utilisée pour tout ce qui louche à la photographie.
- G. Maiieschaj..
- A PROPOS DE LA SUPERHÉTÉRODYNE ET DU RADIOMODULATEUR
- .4 la suite de la lettre de M. L. Lévy, publiée dans notre numéro du 28 novembre, la Société des Établissements Ducretet, mise en cause dans cette lettre, nous prie d’insérer la réponse suivante. Nos lecteurs ont eu, ainsi, sous les yeux, les éléments du différend survenu entre ces deux constructeurs, et dans lequel les tribunaux seuls ont qualité pour juger. Nous considérons donc, en ce qui nous concerne, l’incident comme clos.
- K. D. L. R.
- Monsieur le Directeur,
- INous avons pris connai'sance de la lettre de M. Lévy, insérée dans votre numéro du 28 novembre, et dans laquelle il met en cause la Société des Etablissements Ducretet, au sujet d’un article de M. Dubosq, concernant le changement de fréquence par lampe bigrille.
- Le ton de cette communication — tout anormal et discourtois qu’il soit — ne nous a aucunement surpris, M. Lévy ayant pris l’habitude d’y recourir depuis quelque temps. Peut-être s’imagine-t-il renforcer son argumentation technique, en l’accompagnant d’insolences à l’égard de notre Société et de menaces à l’égard de notre clientèle !
- Il apparaît plutôt que cette attitude cache une préoccupation d’ordre purement commercial et nous trouvons M. Lévy bien osé d’abuser de l’hospitalité que lui offrent, dans leurs colonnes, des journaux sérieux pour les faire servir à des polémiques intéressées, sous le prétexte déguisé de controverses techniques. Les procédés violents de M. Lévy tendraient d’ailleurs à nous prouver qu’il n’a pas grande confiance dans la valeur de sa cause.
- En ce qui nous concerne, nous ne voulons pas entrer dans le détail de la discussion, car il y a un procès en cours entre le constructeur du Superhétérodyne et celui du Radio-modulateur, et nous nous ferions un scrupule d’entamer une argumentation qui ne pourrait être qu’incomplète.
- Nous tenons toutefois à préciser, dès maintenant, le point suivant :
- M. Lévy nous a reproché d’être contrefacteurs de l’appareil superhétérodyne type A, construit et vendu par les Etablissements Radio LL. Or, dans ces articles, il n’établit aucun parallèle entre cet appareil et le Radio-modulateur, il se borne à comparer celui-ci à un appareil totalement différent du sien, et qui n’est couvert par aucun de ses brevets. Par ce procédé, il cherche à créer une confusion dans l’esprit du public.
- Quant à nous, ayant minutieusement étudié la question brevets, nous attendons, avèc la plus grande tranquillité, le jugement qui sera rendu ; mais nous nous refusons, d’ici là, à en discuter publiquement et nous réprouvons l’attitude de M. Lévy qui, anticipant sur ce jugement, parle et agit comme s’il avait déjà gain de cause, alors qu’il n’est encore que demandeur.
- Aussi doit-on considérer comme sans portée les menaces que M. Lévy adresse à ceux qui vendent et utilisent nos appareils, et nous tenons à assurer nos clients que nous les couvrons entièrement contre toutes revendications dont ils pourraient être l’objet.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de nos sentiments distingués.
- L’Administrateur-Délégué,
- F. de-Gournav.
- p.396 - vue 423/663
-
-
-
- 397
- SUR LA DÉTECTION EN TÉLÉGRAPHIE SANS FIL (1)
- Les contacts rectifiants utilisés en téléphonie sans fil ont fait l’objet de très nombreuses études. En 1921, Mlle P. Collet a publié un important mémoire sur la galène (2). Elle attribue les propriétés rectifiantes de ce composé à la pellicule de soufre qui doit se trouver à sa surface. Un récent travail de J. Cayrel (3) confirme les idées de Mlle Collet. L’auteur montre, en effet, qu’avec les gros cristaux de galène, la détection ne présente une valeur notable, dans le sens galène-pointe, que si l’on approche celle-ci d’une face (III), c’est-à-dire d’une face parallèle aux plans contenant des atomes d’une seule espèce.
- Les conclusions de ces recherches m’ont engagé à essayer les dépôts de soufre sur le plomb chimiquement pur. Evidemment l’épaisseur de la couche de soufre devait être extrêmement grande en comparaison de celle qui peut se trouver sur la surface d’une galène clivée suivant une face (III).
- Sur la surface brillante d’un morceau de plomb récemment coupé, j!ai laissé tomber le brouillard jaune de soufre qu’on obtient aisément en inclinant un tube à essais dans lequel on fait bouillir une faible masse du métalloïde dont il s’agit. En substituant à la galène le corps ainsi préparé, on entend tout aussi bien avec un amplificateur à deux lampes qu’avec une bonne galène ordinaire.
- Le support de plomb n’est pas nécessaire. On entend très distinctement les émissions musicales de la Tour Eiffel et de Londres en substituant à ce métal d’autres
- 1. Note présentée par M. le général Ferrie à l’Académie des Sciences le‘23 novembre 1925.
- 2. P. Collet, Annales de Physique, 15, 1921, p. 356.
- métaux purs comme le nickel, le fer, le bismuth, le cuivre, l’étain, le zinc, l’argent, l’or, et même le mercure. On pourrait objecter que certains des métaux dont il s’agit sont susceptibles de se combiner même à froid au soufre, et mettre sur le compte des sulfures formés les propriétés détectrices observées, mais avec l’or qui est absolument inattaquable, même à chaud, on ne peut pas faire cette objection.
- Du reste, on peut remplacer le soufre par le charbon et utiliser tous les métaux énumérés plus haut, on a encore une détection nette ; dans ces conditions on ne peut plus invoquer la production d’une combinaison. En substituant au carbone la substance pulvérulente que l’on trouve dans le commerce sous le nom de bore amorphe on a des résultats aussi satisfaisants.
- J’ai essayé tous les métalloïdes susceptibles d’être préparés à l’état de poudre fine : le sélénium, le phosphore rouge, l’arsenic, l’antimoine et même l’iode, dans tous les cas, la détection a été bonne.
- Les résultats de toutes ces expériences sont d’accord avec les idées de Mlle Collet qui fait jouer le plus grand rôle dans la détection an soufre libre des galènes sensibles, persulfurées naturellement ou artificiellement.
- Conclusion. — Pour réaliser un détecteur il suffit de déposer sur la surface d’un conducteur la poudre très fine d’un diélectrique et d’approcher normalement une fine pointe conductrice.
- Remarque. — Dans tous les cas que j’ai étudiés, le courant redressé a toujours eu le sens conducteur-pointe.
- On a toujours trouvé presque de suite un point sensible.
- Quand la détection est réalisée, la pointe ne touche certainement pas le métal. H. Pelabo.n.
- 3. J. Cayrel, Comptés rendus, 180, 1925, p. 1728.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d octobre jqî5.
- Les injections d’huile camphrée. •—- Les expériences de MM. Léon Binet et R. Fabre ont consisté à rechercher l’acide campho-glvcuronique dans les urines et le camphre et l’huile dans les tissus de chiens sacrifiés 2, 5, 5, 7... 24 ou 48 h. après injection dans les masses musculaires d’une patte de 20 cm3 d’huile camphrée. — Il en résulte
- qu’on doit noter la disparition du camphre qui quitte rapidement les tissus pour être surtout éliminé par les reins; quant à l’huile, qui reste présente au lieu de l’injection pendant des semaines, elle est résorbée, grâce à un afflux de leucocytes qui constituent, autour des gouttelettes, une sorte d’enkystement. Paul B.
- * LE STROBORAMA
- Nouvel appareil stroboscopique à illumination intensive.
- Depuis longtemps, on utilise dans les laboratoires la méthode stroboscopique pour l’analyse des phénomènes périodiques rapides. Imaginé dès 4834 par le physicien belge Plateau dans le but d étudier les vibrations des plaques solides de différentes formes, ce procédé consiste à ne laisser apercevoir les mo-
- biles que juste au moment où ils reviennent au même point de l’espace en sorte que ces objets, bien qu’en mouvement, semblent immobiles pour l’observateur ou que leur progression paraît ralentie si l’on fait varier lentement la phase expérimentale. Il se produit là, en effet, une illusion d'optique très
- p.397 - vue 424/663
-
-
-
- LE STROBORAMA
- 398
- explicable. En vertu de la persistance des impressions reçues par la rétine, les images successives se composent entre elles et il en résulte pour l’œil de l’observateur une impression continue comme en éprouvent, par exemple, les spectateurs d’une scène cinématographique. Une succession de 4 à 5 images par seconde permet la perception du phénomène, qui est très nette quand la vitesse devient environ 4 fois plus grande. Tous les appareils inventés jusqu’ici, pour appliquer cette originale méthode peuvent se ramener à deux types : les stroboscopes à obturateur dans lesquels un dispositif cache l’objet sauf à l’instant où il passe au point d’observation et les stroboscopes à illumination dans lesquels une source éclaire seulement l’objet au moment où l’expérimentateur doit l’apercevoir.
- Dans sa forme originale, le stro boscope de Plateau, qui appartient à la première catégorie de ces instruments, se composait d’un disque percé d’une fente et qui tour-nait avec la même vitesse que l’objet à examiner. L'ouverture derrière laquelle regardait le physicien belge laissait passer le rayon visuel au moment voulu. Malheureusement l’emploi de ce stroboscope ne se généralisa pas dans les laboratoires mécaniques, car il exigeait la fixité de la position de l’œil, difficile à obtenir pratiquement, et en outre, l’image manquait de netteté. Le vibrateur stroboscopique, imaginé en 1922 par le professeur D. Robertson, de Bristol, repose sur le même principe et permet les essais de machines électriques (1).
- Les appareils stroboscopiques à illumination sont
- 1. Voir la description de cet appareil dans La Nature, n° 2558 (14 avril 1923), p. 230, art. Une illusion d’optique sert à mesurer des vitesses, par Jacques Boyer.
- d’un maniement plus aisé. Les mobiles se trouvent éclairés par le même disque qui, placé devant une source intense, livre passage aux rayons lumineux juste au moment précis. Divers savants et techniciens s’adressèrent à cette méthode. En particulier, Doppler l’appliqua en acoustique (1845). De son côté, Mach remplaça le disque rotatif par un interrupteur de lumière réalisé au moyen d’un diapason électromagnétique. Peu après, la stroboscopie reçut
- un perfectionnement plus intéressant. Foucault imagina la méthode stroboscopique de la roue dentée pour mesurer la vitesse de la lumière (1850).
- En 1875 et même avant, C r o v a, professeur de physique à la Faculté des Sciences de Mont-pellier, exposait, dans ses cours, la théorie de ces illusions d’optique en .se servant d’un tube à gaz raréfié, excité par une bobine d’induction. L’étincelle éclairant l’inter rupteur de Foucault ou le trem-bleur à marteau, toujours dans la même phase de leur vibration, les faisait apparaître immobiles. Grâce à ce mode d’éclairage, le savant donnait aux secteurs blancs et noirs peints sur un disque, animé d’un rapide mouvement rotatif, l’apparence de l'immobilité ou d’une rotation lente soit dans un sens, soit dans l’autre.
- Toutefois, malgré son intérêt pour l’étude au ralenti où à l’arrêt des organes de machines en marche, la stroboscopie électrique ne reçut guère d’applications industrielles jusqu’à ces temps derniers, car il fallait opérer dans l’obscurité. Bull, Oemichen (1920) et Guillet (1924) entre autres, apportèrent d’intéressants perfectionnements à la méthode soit en modifiant les organes producteurs de la décharge (interrupteur oscillant ou rotatif, rupture indépendante par turbine à mercure ou à
- Fig. i. —Le Stroborama de MM. L. et A. Séguin. Redresseur, transformateur et condensateurs sont logés dans une caisse que surmontent les tubes au néon.
- p.398 - vue 425/663
-
-
-
- LE STROBORAMA
- 399
- Fig. 2. — Étude d'un modèle d’hélice d'aviation au moyen du Stroborama.
- l'aide de cordes vibrantes), soit en enregistrant par la photographie on la cinématographie la succession des images stroboscopiques.
- Mais tous ces dispositifs, excellents dans la pénombre du laboratoire, ne permettaient pas d’étudier stroboscopiquement des machines dans les ateliers et en plein jour.
- Dans leur Stroborama (fig. A), récemment présenté à l’Académie des Sciences de Paris, MM. Laurent et Augustin Séguin se proposent de remédier au manque d’éclairage qui constitue le principal défaut des stroboscopes antérieurement construits. Cet inconvénient réside dans l’interrupteur chargé de synchroniser les éclairs du tube éclairant avec la fréquence du mouvement de l’objet. Quand le courant d’éclairage " passe, en effet, par le synchroni-
- seur, l’arc, produit à la rupture, en limite très vite l’intensité.
- 4 En outre, vu la détérioration rapide des contacts, le point d’allumage et la durée de l'éclair varient beaucoup au cours des observations. Afin de vaincre ces difficultés techniques, MM. Séguin ont complètement séparé les fonctions respectives de l’éclaireur et du synchroniseur. Ils asservissent le premier au second, qui détermine l’instant de l'éclairage, mais sans que le courant électrique le traverse.
- Afin que le synchroniseur provoque les éclairs à un instant précis, les inventeurs ont imaginé les dispositifs suivants :
- Un contacteur rotatif ou alternatif (fig. 2) provoque la décharge d’un condensateur de faible capa-
- Fig. 3. — Le synchroniseur.
- p.399 - vue 426/663
-
-
-
- 400 ..:....... ...' r LE STROBORAMA
- cité chargé à quelques centaines de volts dans le primaire, à faible nombre de spires et sans fer, d’un transformateur. Celui-ci détermine la tension nécessaire au passage du courant dans un tube a néon de MM. Georges Claude et Jean de Beaufort. Toutefois cette décharge a seulement pour but d’amoreer rillumination du tube. La source d’éclairage proprement dite se compose d’une puissante batterie de condensateurs maintenue constamment chargée par le courant alternatif ordinaire du secteur. Pour cela, un transformateur élève la tension jusqu’à celle nécessaire à l’allumage du tube,
- Sciences, ces techniciens procédèrent à l’examen stro-boscopique d’un modèle d’hélice d’aviation et d’un compresseur avec tête de bielle munie d’un roulement à billes ainsi qu’à l’étude des glissements des courroies. L’ensemble de ces dispositions facilitera sans doute l’introduction du Stroborama dans les usines. Grâce à la puissance illimitée d'éclairage de la source, on distingue en plein jour sur un disque tournant avec une vitesse périphérique de 100 m à la seconde, deux traits distants de 1 mm. Avec cet appareil, on pourra donc passer en revue les machines d’un atelier, contrôler en marche leurs
- Fig\ 4. — Banc de démonstration présenté à l'Académie des Sciences par MM. L. et A. Séguin. De droite à gauche, ôn, aperçoit le synchroniseur, un modèle d’hélice et la tête de bielle d’un compresseur
- et des valves servent à redresser le courant. MM. Séguin utilisent aussi actuellement la lampe à vapeur de mercure comme source d'éclairage, mais préconisent de préférence l’emploi des tubes au néon, vu leur grande intensité lumineuse.
- De toutes façons, on intercale ces tubes dans le circuit de la batterie de condensateurs par l’intermédiaire d’un éclateur réglé pour que la décharge passe en les illuminant, une fois que le synchroniseur (fîg. 5) a effectué l’amorçage. Lors de notre visite dans le laboratoire de MM. Séguin, nous avons pu juger de la puissance d’un stroborama de 1500 watts dont le projecteur fournit 1000 bougies environ. Nos yeux avaient peine à supporter l’éclat direct de la source au cours de diverses expériences qui ont été faites devant nous. Avec le banc de démonstration (fig 4) présenté à l’Académie des
- organes qui se déplacent parfois à des vitesses considérables, se rendre compte de leurs vibrations, de leurs déformations ou de leur fatigue accidentelle en fonctionnement. Dans l'industrie textile, par exemple, on surveillera sans peine la torsion des fils en examinant ainsi la rotation des broches. MM. Séguin envisagent même l’éclairage, par éclairs instantanés dans des tubes au néon, des grands phares installés sur les côtes ou sur les aérodromes.
- Dans ce dernier cas, en particulier, les tubes à gaz raréfié ajouteraient, à la concentration spéciale des systèmes optiques de Fresnel, une accumulation temporaire de l’énergie lumineuse et par suite la portée de leurs éclats se trouverait considérablement augmentée.
- Jacques Boyer.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahüfie, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925
- p.400 - vue 427/663
-
-
-
- LA NATURE- — N° 2699.
- 26 DÉCEMBRE 1925
- MODIFICATIONS DU LITTORAL DU CENTRE-OUEST DE LA FRANCE
- ÉROSION DES FALAISES CALCAIRES
- Indications générales. — Les 'promontoires solides sont attaqués et reculent, il y a perte pour la terre ferme; les anses se comblent, la mer recule devant ses propres dépôts et le continent gagne. L’étude des phénomènes littoraux est donc intéressante au point de vue des changements de forme de la côte. Mais, presque partout, ce sont des questions d’espèces qui dépendent de la topographie et
- les divisent profondément en masses plus ou moins grosses. Si les fractures sont des failles, le long desquelles les blocs ont été déplacés, l’érosion peut être très facilitée.
- Les cassures simples ou joints sont souvent très communes ; elles peuvent être verticales ou plus ou moins inclinées sur le plan de stratification de la roche. Souvent, on voit des séries de cassures et de
- Fig. i. — Falaise calcaire du Chef de Baye, près de La Rochelle.
- On voit les jetées de l’avant-port de La Pallice, et l’ile de Rc à gaurhe de la rade. (Cliché Dollot.)
- de la tectonique, de la lithologie, etc. Le climat n’entre guère en ligne de compte pour la côte examinée.
- 11 est évident que la forme du littoral dépend de sa constitution géologique, et aussi de la rapidité de l’érosion, marine ou aérienne. Les roches dures et massives résisteront aux diverses puissances d’érosion qui agissent sur elles, au niveau de la mer, ou au-dessus, ou encore au-dessous; les roches tendres ou les sables céderont plus facilement.
- . 11 faut tenir compte aussi de la disposition de certaines roches en lits parallèles, de la stratification, comme dans les schistes cristallins et dans toutes les roches sédimentaires.
- Du reste, ce n’est pas seulement une question de simple dureté ; de nombreuses roches qui remplissent certaines conditions de résistance sont souvent parcourues par de nombreuses cassures planes, qui
- failles, qui dominent en certaines zones, qui ont la même direction générale et qui sont, par conséquent, presque parallèles; je citerai, en particulier, les fractures du Lias près de Saint-Jean-d’Orbétiers au sud-est des Sables-d’Olonne (Vendée), et aussi celles du Crétacé supérieur (Campanien et Dordo-nien) des environs de Royan jusqu’à la Grande-Côte (Charente-Inférieure), surtout visibles sur la partie nord de la Conche de Pontaillac; dans les deux cas, la direction des fractures est parallèle à la direction générale de la côte.
- Du reste, il arrive souvent que la direction générale des cassures et failles soit traversée par d’autres fractures sous un angle variable.
- La présence de tous ces plans de division, qui forment quelquefois de petites crevasses — les parties séparées ne restant pas absolument en contact — facilite beaucoup la séparation de la masse ro-
- 26. — 401.
- 53' Année- — 2" Semestre
- p.401 - vue 428/663
-
-
-
- 402
- MODIFICATIONS DU LITTORAL DU CENTRE-OUEST DE LA FRANCE
- Falaise calcaire du jurassique supérieur de la Repentie, au nord de La Pallice. (Cliché Dollot.)
- tuée par des bancs presque horizontaux (hanches dans le pays) couverts d’algues marines, surtout de Fucus. Cette plate-forme ne s’étend jamais très loin et certainement jamais à la profondeur de 100 brasses; mais elle est visible au Grand-Cornard de Cbà-telaillon et aux Pâlies de l’Ile Madame.
- La rapidité de l’érosion dépend donc aussi de la disposition des roches entre elles. Si la partie inférieure est très dure,- et la partie supérieure plus tendre, la première formera une falaise, tandis que la partie supérieure sera en pente. Cela arrive dans le cas de sable, ou d’argile sableuse, au-dessus des bancs de calcaire [dur. La partie supérieure est
- chéitse em blocs. Ces derniers peuvent être alors plus ou moins facilement déplacés par les vagues Je puis citer, en particulier, la falaise de la Pointe du Ché-Àngoulins, au sud de La Rochelle.
- Dans le cas des assises sédimen-taires, les plans de stratification (joints) qui représentent les lits de dépôts successifs de la roche, peuvent faciliter beaucoup la destruction du littoral, surtout dans les régions où les couches stratifiées présentent des bancs alternativement durs et tendres. On le voit parfaitement le long-dès falaises de la Charente-Inférieure, dans les assises jurassiques de l’Àu-nis. Dans ce cas, il y a toujours une plate-forme d’abrasion marine en avant de la falaise ; elle est consti-
- Fig. 3. — Falaise nord de la pointe de Ché-Angoulins, avec cassures obliques dans les bancs calcaires. (Cliché Dollot.)
- Fig. 4. — Partie nord de la couche de Ponlaillac, près Royan, avec nombreuses cassures parallèles à la direction générale de la cûle. * (Cliché Dollot.)
- soumise aux agents atmosphériques, et les eaux entraîneront les parties tendres, jusqu’à ce que la pente soit douce.
- Quelquefois, la partie supérieure de la falaise est plus dure que la partie inférieure, par exemple à Fou-ras (Charente-Inférieure) où les calcaires cénomaniens reposent sur les sables verts du même étage. On voit alors des bancs rocheux qui surplombent une bande en recul sous l’action des vagues. Cela amène souvent la chute de la masse dure supérieure, par manque de support ; on voit sur le littoral les blocs qui se sont écroulés. Dans ce cas, la nature fait obstacle elle-même à son pouvoir de destruction ; les blocs tombés forment une espèce d’abri naturel
- p.402 - vue 429/663
-
-
-
- LE FORÇAGE DU MIMOSA
- 403
- contre le choc des vagues, et la nier les détruit avant de s’attaquer à nouveau au bas de la falaise. Le long des cotes de la Charente-Inférieure, on voit ainsi de ‘nombreux galets calcaires rongés, réduits et transportés par l’eau marine ; la Pointe du Ché est un exemple à citer, avec les blocs des anciens récifs coralliens du Jurassique. Mais la dureté de l’ensemble du sol géologique est assez grande, pour qu’il ne se forme jamais de pente de blocs et fragments depuis l’estran jusqu’en haut de la falaise.
- Il peut arriver que les bancs stratifiés soient les uns perméables, les autres imperméables ; il en ré-
- méa-ble est plutôt argileuse et alors plus glissante.
- Ce cas n'est pas très général, mais on le constate le long de la presqu’île de Fouras, où il y a une table de calcaires durs à Ichthyosarcolites reposant sur les sables argileux glauconieux imperméables.
- Protection de la côte. — Il est à peu près inutile de songer a protéger les' parties du littoral eonsti-, tuées par ; des roches solides, bancs calcaires, ou roches granitiques ; la protection serait le plus souvent impossible, surtout , dans les cas où la nier atteint presque constamment la;falaise, ;au moment de la marée. On ne peut envisager la construction/
- Fig. 5. — Fouras, au sud, sous le fort. Blocs calcaires crétacés, éboulés bar recul du support sableux.
- (.Cliché Dollot.)
- suite la production de suinteihents d'eau douce à la base des zones perméables, au-dessus des zones imperméables. L’écoulement de l’eau à certains niveaux facilite l’écroulement des blocs supérieurs, d’autant plus facilement que la zone imper-
- dè grands ouvrages pour aider à la sauvegarde de sols importants que dans les cas particuliers d’une ville ou d’une station balnéaire.
- Jules Wei.sch,
- Doven de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LE FORÇAGE DU MIMOSA
- Elle est vraiment curieuse, bien intéressante, et fort aimable, cette petite industrie horticole du forçage des branches dé Mimosa!
- On sait de quelle faveur jouissent, en plein hiver, auprès du public, les rameaux fleuris de ces arbres si élégantg, mais si frileux, chargés à plier de si nombreux petits pompons soyeux, offrant toutes les nuancés du jaune soufre au jaune roux, et dont l’ensemble forme une
- si lumineuse cascade d’or ! 11 faut ajoutera ces charmes, les qualités très décoratives du feuillage de certaines espèces.
- Il n’est donc.pas étonnant que les spécialistes cherchent à livrer au plus tôt, sur les marchés, ces Ileurs presque aussi populaires que les violettes, qui, dans la plupart, des cas, n’éclosent guère, normalement, avant février.
- Mais on ne force plus en pot des sujets pour ainsi dire
- p.403 - vue 430/663
-
-
-
- 404 = LE FORÇAGE DU MIMOSA
- nanisés, créés pour cette pratique, qui fleurissent dès la deuxième année, et que Ton entrait en serre chaude au moment voulu; on opère sur les branches mêmes, coupées à point sur les arbres qui se développent librement en plein air.
- Avantages. — Non seulement on avance ainsi l’épanouissement des boutons, — jusqu’à 15 à 20 jours, — ce qui est intéressant pour la vente à la veille des grandes -fêtes, Noël, Premier de l’An, etc., mais encore la floraison est ici plus régulière sur toute l’étendue du rameau, au moins pour certaines espèces, tandis qu’avec la floraison normale sur pied, en pleine terre, les panicules les plus élevées, ou extérieures, les mieux exposées au soleil, s’ouvriraient plus vite que les inférieures. En outre, quand le forçage est bien conduit, les fleurs ne sont pas marquées de ces taches qui accompagnent bien souvent la floraison naturelle, et dues aux altérations produites par le froid, la chaleur, la rosée, la pluie, le soleil, etc.
- Régions. — Cette petite industrie horticole, qui a pris dans ces dernières années, sur la Côte-d’Azur, un développement considérable, se pratique surtout à Cannes et ses environs : le Four-à-Chaux, l’Olivet, Mandelieu, La Roquette, Pégomas. En y joignant La Napoule, Théoule, les expéditions de Mimosa s’élèvent là, chaque année, à 500, à 400 mille paniers de 5 kg, dont une très grande partie est du Mimosa forcé.
- * Dans une petite localité, une dizaine de producteurs font un trafic, de la mi-décembre à la fin mars, de 55 000 colis, tel d’entre eux atteignant 8000.
- En 1925, on estimait le panier à 10 francs, ce qui représente un total de 5 à 4 millions de francs.
- A Cannes, sur la colline de la Croix-des-Gardes, les Mimosas sont plus précoces qu’à Mandelieu.
- Citons encore, comme régions de production du Mimosa, où on le force aussi plus ou moins, Golfe-Juan, Antibes, Nice, et, dans le Var, Hyères.
- Espèces forcées. — La technique du forçage, sans être d’une conduite très délicate, demande, cependant, une certaine habitude. Il faut bien connaître les espèces, et même les sujets ; apprécier le degré d’avancement des boutons ; savoir choisir les branches sur l’arbre, et surtout bien les conduire en étuve et les sortir à point, au moment où l’épanouissement des fleurs est jugé suffisant pour assurer à la marchandise une certaine durée.
- La précocité et la beauté des rameaux fleuris sont à considérer avant tout ; mais le feuillage, avons-nous dit, intervient parfois presque autant que les inflorescences, au point de vue décoratif; on sait quel bel aspect présente, par exemple, la frondaison du Mimosa Dealbata, découpée comme la plus fine dentelle.
- Les graines d’un même arbre peuvent produire, par le semis, des sujets qui diffèrent de plus d’un mois comme précocité de la floraison. Mais les espèces tardives ne donnent jamais de bons résultats pour les premiers forçages.
- On cherche donc, de plus en plus, les types hâtifs, cela par le semis, la sélection, le greffage, des soins culturaux appropriés, principalement une taille bien comprise, des arrosages en été, et même, parfois, après que les racines ont^ubi une certaine dessiccation dans le sol.
- Le M. Floribunda ou Rétinoïdes, ainsi que son nom l’indique, fleurit plus ou moins toute l’année ; mais, par des artifices de culture, on l’amène à produire en plein air surtout d’octobre à la Noël. On lui applique une taille sévère en janvier, à la récolte ; en juillet, nouvelle taille, mais légère, intéressant seulement le sommet des rameaux (étêtage) ; puis on arrose en août pour pousser h»: végétation. On a, d’ailleurs, créé des types remarquables
- par la beauté des inflorescences. Il faut reconnaître que les phyllodes entiers, grands ou petits, sont peu décoratifs. Remarquons que ce Mimosa est plus sensible au froid que le Dealbata, le plus résistant des 4 espèces citées ici. Toutefois, après la gelée (— 8 à — 9°) de la nuit du 16 au 17 décembre 1920, les forceurs n’ont pas moins remarqué qu’après le forçage, les feuilles de ce dernier ne tardaient pas à tomber, bien que les fleurs fussent intactes.
- Le Mimosa Baileyana est une espèce relativement récente, qui se développe très rapidement. Ses rameaux coupés ne ferment point leurs folioles à la lumière artificielle. C’est un sujet plus sensible à la-gelée que le Floribunda.
- Le Mimosa Podalyriaefolia, ou Motteana, est une autre récente création intéressante, qui fleurit en novembre, décembre, et est remarquable par la beauté de ses fleurs; cependant, celles-ci s’épanouissent assez irrégulièrement sur la même branche. Il ne voyage d’ailleurs pas très bien, les glomérules se fermant facilement. Enfin, l’arbre est, des quatre espèces que nous signalons, le plus sensible au froid.
- Époque du forçage. — Le moment du forçage est dicté par la précocité des espèces et des sujets. On a intérêt à posséder des plantations établies dans les situations exceptionnellement chaudes et abritées, avec des types à floraison échelonnée.
- Le forçage est, naturellement, d’autant plus facile, et donne de meilleurs résultats, que l’on se rapproche davantage de la floraison normale sur pied. En fin de saison, on a des fleurs plus grandes et plus belles, qui s’épanouissent plus régulièrement. On commence au début de novembre, avec le Podalyriaefolia ; puis viennent, successivement, le Baileyana, début de décembre, le Dealbata, vers la mi-décembre. On continue, avec ce dernier, jusqu’en lin février, ou mars, époque où la floraison normale des arbres est abondante en plein air. La facilité avec laquelle on force cette espèce n’a pas peu contribué à l’extension de sa culture.
- Réçolte des branches. — Il faut conduire les arbres à une faible hauteur, pour faciliter,la récolte des branches, car, surtout pour une certaine production journalière, ce travail est plutôt pénible pour les ouvriers, qui doivent être non seulement laborieux, mais aussi capables de bien choisir les rameaux à point. Il s’en faut de beaucoup, en effet, que sur le même pied tous soient prêts à la même époque; une certaine habitude, qui s’acquiert par l’expérience, est nécessaire pour cette appréciation. Les boutons ne sont plus entièrement de couleur vert glauque, mais pointillés de jaune. Roulés doucement entre le pouce et l’index, ils doivent laisser sur les doigts une poudre de même coloration. S’ils sont durs, s’ils résistent, ou si la poudre est verte, ils ne sont pas encore bons pour le forçage.
- Toutefois, avec certains arbres, ce dernier est possible, si ia poussière est verdâtre ; mais la floraison restera verdâtre aussi, or il faut rechercher un beau jaune.
- On doit cueillir les branches au nord, car les boutons y sont plus fermes, plutôt en dedans et dans les parties basses, et laisser, pour fleurir naturellement, les cimeaux, ainsi que les rameaux au sud.
- Il vaudrait mieux ne pas récolter par graqd vent, ni par temps de neige.
- L’Étuve. — En principe, le forçage consiste à soumettre les branches, dans une étuve, à l’influence d’un air humide et chaud (25 à 28°), le pied des lÿuneaux baignant dans de l’eau fraîche, courante, autant que • possible.
- p.404 - vue 431/663
-
-
-
- LE FORÇAGE DU MIMOSA —— : ; = 405
- Le meilleur dispositif est une salle assez obscure, de dimensions appropriées à la quantité de mimosa à traiter. Tout autour est un bassin en maçonnerie, ciment armé, zinc, etc., dans lequel circule l’eau. Les branches passent à travers les ouvertures d’une sorte de claie qui repose sur les bords de l’auge.
- A défaut de bassin, on répartit dans la pièce des récipients appropriés, où il faudra renouveler l’eau.
- La vapeur, qui doit entretenir l’air à un degré hygrométrique suffisant, et la chaleur nécessaire, sont produites par une chaudière placée au milieu de la salle. Le foyer intérieur oblige à pénétrer trop souvent dans l’étuve ; la fumée et les gaz du combustible peuvent refluer dans celle-ci. Un bac plein d’eau, pourvu d’un serpentin de vapeur, est le meilleur système, ou encore, la vapeur d’une chaudière extérieure vient barboter dans l’eau, ou même se répand directement dans l’atmosphère. Mais il y a bien d’autres agencements, qui, d’ailleurs, ne remplissent pas toujours les conditions les plus favorables.
- Certains disposent la bâche dans laquelle baignent les rameaux, sur une sorte de fourneau en maçonnerie complètement fermé, et dont l’air est chauffé par un thermosiphon. Mais nous avons dit qu’il est préférable de ne pas chauffer directement l’eau où sont les branches. En tout cas, ce système exige que l’on surveille bien la température du liquide.
- On met aussi à contribution la serre à thermosiphon, dont on couvre les vitres avec des paillassons. Mais il est plus difficile, ici, d’entretenir dans l’air l’humidité nécessaire, même en plaçant des bouillottes sur les tuyaux du thermosiphon. Il faut mouiller les sentiers, les murs, les tablettes, s’il y en a, pratiquer des bassinages 5 ou 6 fois par jour, etc.
- Un local quelconque convient toujours mieux que les petits dispositifs dont nous allons parler. On peut y pénétrer pour surveiller la marche du forçage, sans, pour cela, nuire au succès de l’opération.
- Il est bon d’y installer un thermomètre à maxima et minima et un hygromètre. Les appareils avertisseurs sont utiles dans les étuves d’une certaine importance.
- Les petits dispositifs ont tous un grave défaut, nous l’avons dit : la chaleur ambiante est trop influencée, quand on sort les branches qui sont prêtes, et celles qui sont encore en boutons sont perdues, si la floraison n’est pas simultanée.
- Il s’agit, ici, d’une caisse, d’un tonneau, dont l’aménagement peut varier, mais où l’on doit chercher à réaliser les conditions exposées plus haut. Ainsi, la caisse a le fond constitué par une auge en zinc contenant de l’eau, elle repose sur un foyer extérieur. Ou bien, le fond communique par un tube avec une petite chaudière. Ou encore, au centre du fond est fixé un tube vertical à moitié plein d’eau, que l’on chauffe avec une lampe extérieure et la vapeur se répand dans la caisse. Un robinet est prévu pour la vidange; une claie porte les pots pleins d’eau dans laquelle sont les branches de Mimosa. Si la hauteur de la caisse le permet, on peut faire deux, trois étages.
- Plus simplement, la caisse n’a qu’un fond à claire-voie, et on la place sur la bassine d’eau chauffée.
- A défaut de couvercle, mettre une étoffe. Une fermeture métallique condenserait la vapeur, et de l’eau tomberait sur les fleurs, pouvant les altérer. Un perfectionnement consiste à pouvoir rabattre un des côtés de l’ar-moirè, en guise de porte, et à munir celle-ci d’une vitre pour la surveillance.
- Le système qui consiste à piquer les branches dans du
- sable que contient le fond en zinc de la caisse, ou du tonneau, et que l’on entretient humide et chaud, n’est, pas à conseiller, car, ainsi, on brûle souvent les fleurs.
- Mise à Uétuve et conduite du forçage. — Les rameaux, coupés à la longueur de 70 cm à 1 m. sont réunis en bottes de 4 ou 5, ët plus. Les mouiller légèrement par temps normal, un peu plus les jours de vent. Les laver même, s’ils ont été cueillis au bord de la mer, pour les débarrasser des particules salines.
- Au moment de les introduire dans l’étuve, celle-ci devrait être à la température normale. De même, l’eau des récipients devrait être renouvelée chaque fois, s’il ne s’agit pas d’eau courante; c’est dire qu’il ne devrait pas y avoir des branches provenant de cueillettes différentes. Quelquefois on dispose d’une salle intermédiaire. Il est préférable, en effet, que l’on arrive progressivement à la température optimum. Cette transition ménagée est nécessaire surtout si les boutons sont avancés, peut-être même quelques-uns étant déjà épanouis. Laisser donc séjourner un jour au moins sans chauffer. Les branches doivent tremper dans l’eau sur une longueur de 50 à 40 cm.
- La température de l’air ne doit pas dépasser 28° ni descendre au-dessous de 25. Toutefois, il peut y avoir des différences avec les espèces, la saison, l’état des branches; pour certains, les limites sont 22 à 50°. L’important est que le degré de calorique soit maintenu uniformément. Se l’appeler qu’une température trop élevée expose les fleurs au noircissement. Eviter aussi l’excès de vapeur d’eau qui influe défavorablement sur leur durée de conservation.
- Ainsi donc, surveiller attentivement toute chose, la moindre négligence pouvant compromettre la récolte.
- Couvrir les branches d’une toile mouillée pour empêcher le dessèchement. Quand les fleurs s’épanouissent, la remplacer par une toile sèche, pour, au besoin, préserver de la lumière. Toutefois, le Baileyana exigerait toujours une toile sèche.
- Quand les moyens dont on dispose sont défectueux pour entretenir l’humidité de l’air, laisser d’abord plonger entièrement les branches dans de l’eau froide, durant une demi-heure, pour leur faire absorber une certaine quantité de liquide; puis envelopper complètement les bottes de toile à sac mouillée, afin de conserver le plus possible l’humidité. Au cours du forçage, humecter par trois fois toiles et tuyaux du thermosiphon, pour produire le plus possible de vapeur d’eau.
- La durée du forçage peut varier avec l’état de végétation, la saison, toutes autres choses égales. Il faut une certaine habitude pour saisir le degré d’épanouissement voulu, pour que les envois, plus ou moins lointains, n’arrivent pas en mauvais état. Surveiller donc attentivement, pour sortir les branches quand elles sont à point.
- En décembre, il faut 50 heures et même plus, en janvier 48, et à mesure que la végétation avance en plein air, la durée diminue encore ; dans les premiers jours de février, 24 heures peuvent suffire et même une nuit. Si l’on sort les fleurs pendant la nuit, les envelopper dans une couverture, afin qu’elles ne se ferment pas. Secouer chaque botte pour hâter le séchage (point délicat). Laisser dans une salle à 20°, environ, à l'ombre, car le soleil blanchit les glomérules (tamiser les rayons avec une toile, ou autre dispositif) ; éviter les courants d’air. Suspendre les branches à’ des fils de fer, ou à des traverses de bois ; ou encore, les placer sur des étagères percées de trous, reposant sur des échelles ; mais faire en sorte que l’eau d’égouttage ne puisse tomber sur d’autres branches, et aussi que l’air puisse circuler librement tout autour.
- p.405 - vue 432/663
-
-
-
- 406
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- Emballage. — Après avoir supprimé aux branches, s’il y a lieu, les quelques brindilles qui sont un peu avancées, ou même moisies, on les emballe dans des paniers en roseau-canne, de 5 kg généralement. ]e travail doit être fait avec soin, car le Mimosa forcé, devenu plus tendre, plus fragile, se brise facilement. Opérer quand il est encore moile, c’est-à-dire légèrement humide, mais non mouillé, car il noircirait au cours du voyage.
- Les expéditions se font surtout sur les marchés de Paris, Lyon, Londres, etc.
- Les prix sont très variables; fin décembre, janvier, pour la Noël, le Premier de l’An, le kilogramme peut atteindre 10 à T2 francs, mais quand la saison avance, qu’approche la floraison naturelle en plein air, les cours sont moins rémunérateurs.
- Axtoxin Rouît.
- Ingénieur agronome.
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- Aperçu général. — Tout le monde en France connaît les grands et pénibles efforts que notre pays a du faire pour transformer ses relations sécu-
- des meilleures intentions, considèrent les expéditions lointaines comme un éparpillement imprudent des forces et des ressources nationales. Aujour-
- Plat-eau
- de. Tana n arrive
- Canal de Mozambique
- Océan
- indien
- A I Arche en &\
- Cristaf/ophy/iien. 4\ 2 Grès Fine permiens d>l
- 2 ^illlllll Grès prossiers trias 6I
- Lias
- Jurassique 7 kbVvÂVîx‘nl Quate maire
- Crétacé
- Fig. i. — Coupe géologique de Vile.
- laires avec la grande île, d’abord en une vague alliance avec les autorités indigènes, puis en un protectorat, et enfin en une colonie directe. Les grands chefs qui se sont occupés de cette annexion, comme Gallieni et Joffre, la considéraient comme une précieuse adjonction à la puissance et à la richesse de notre patrie, et la suite des événements qui se sont déroulés depuis trente ans montre qu’ils ne se sont pas trompés dans leurs prévisions.
- Ges années de début ont commencé par de lourds sacrifices d’hommes et d’argent; ensuite est venue la période des opérations hasardeuses, et des déceptions retentissantes faute d’expérience acquise et d’études préalables ; l’abominable guerre a suspendu les progrès qui commençaient à se manifester ; mais depuis la fin des hostilités et malgré la pénible situation financière de la Métropole, on a vu se dessiner plusieurs voies fructueuses, et s’en préparer d’autres permettant de rémunérer largement la France de ses efforts.
- Certains esprits chagrins, quoique parfois animés
- d’hüi que la paix paraît s’organiser entre les nations « fortes et jalouses », on peut espérer que la France tirera quelque foroe de l’empire extraeuropéen qu’elle a pu s’assurer par des moyens aussi honorables et aussi pacifiques qu’il semble possible ; et nous avons le droit de dire qu’elle est la seule nation pouvant tenter de donner aux contrées qui acceptent son autorité politique un peu de civilisation chrétienne, parce qu’elle seule comprend le sens de ces termes.
- En fait les Français ont contracté amitié avec la partie intelligente et travailleuse des populations de Madagascar, comme de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc et de l’Indochine; c’est la caractéristique principale de notre mode de colonisation ; la question est maintenant de les décider au travail sédentaire, agricole et industriel qui seul consolide les premiers progrès de la civilisation.
- Dans quel sens cet effort de développement peut-il être poussé au plus grand avantage de la Colonie et delà France? C’est ce que nous tâcherons d’exposer
- p.406 - vue 433/663
-
-
-
- 407
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES r
- assez brièvement ; mais pour faire l’inventaire des ressources qu’offre Madagascar, il est nécessaire de tracer rapidement l’historique matériel de cette contrée.
- La constitution de l'île. — Tous les dictionnaires nous disent que Madagascar est une grande île de forme ovale, longue de 1580 km et large de 550 vers son milieu : la superficie totale de 600000 km2 est à peu près celle de la France.
- Mal gré sa situation tropicale entre 12 et 28° de latitude sud, on y jouit d’un climat supportable pour les Européens, grâce à l’Océan Indien et au canal de Mozambique entre lesquels elle est comprise. Ces mers lui valent de la pluie en quantité modérée, environ 60 cm. par an comme à Paris, mais assez inégalement répartie suivant les saisons et les régions. Une saison des pluies dont le milieu est en janvier fait monter très haut les cours d’eau, et la saison sèche est coupée assez souvent par de grands orages, désastreux, surtout pour les voies de communication, tant dans la région montagneuse où les pentes sont très fortes, que dans les bas-fonds qui disparaissent sous les inondations.
- Les ingénieurs estiment que les cours d’eau de Madagascar pourront être aménagés pour donner
- une puissance de 800000 à 900000 ch, autant qu’on en compte en France.
- Au premier coup d’œil jeté sur les caries topographiques et géologiques, on est frappé d’une certaine ressemblance entre Madagascar et la Corse, malgré la grande différence de leurs dimensions ; la Corse est presque dix fois moins longue et moins large que la nouvelle colonie.
- Toutes deux sont traversées dans toute leur longueur par une chaîne de montagnes dirigée suivant le méridien, et un peu plus rapprochée d’une des rives que de l’autre; la partie Est pour Madagascar et la partie Ouest pour la Corse sont occupées par les terrains anciens et prennent plus de la moitié de l’étendue totale; l’autre partie, composée de couches plus récentes, s’abaisse jusqu’au niveau de la mer et se termine en plaines et en marécages, mais ces derniers sont beaucoup plus considérables à Madagascar ; ils sont très boisés en palétuviers, avec quelques pâturages sur les collines, 'mais ne laissent guère de place pour les cultures.
- La grande chaîne est formée par des porphyres, produits par la première oxydation du sphéroïde de fonte de fer impure qui constitue la masse centrale
- p.407 - vue 434/663
-
-
-
- 408 —...... MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- Fig. 3. — Vallée et village sur les affleurements triasiques au pied des collines jurassiques (Ankavandra).
- du g obe terrestre; cette oxydation s’est faite sans eau, toute l’eau étant alors dans l'atmosphère où elle était réunie en une immense enveloppe de nuages imperméables aux rayons solaires; la température du sphéroïde central était trop élevée pour permettre à l’eau de l’atteindre. Mais la croûte de scories est devenue à une certaine époque assez continue pour subir une déformation d’ensemble, et un resserrement corrélatif à la diminution du rayon du sphéroïde fondu : ce mouvement s’est traduit par uu bombement important de plus de 10 km. de hauteur, entre les affaissements qui sont maintenant l’océan Indien et le canal de Mozambique.
- Quand la croûte de scories a été assez épaisse pour se refroidir superficiellement, d’énormes averses chaudes ont pu l’atteindre et y produire de grandes érosions qui ont jeté sur les flancs de la chaîne des masses considérables de détritus; du côté Est les pentes étaient si fortes que ces débris ne se sont pas arrêtés et ont été se rassembler au fond de la dépression indienne ; du côté Ouest, sur les pentes plus modérées, les matériaux se sont accumulés en talus. Dans cette situation, atteints par des averses bouillantes, ils ont été transformés en roches cristallophylliennes ; il ne faut pas oublier qu’à cette époque la pression atmosphérique était énorme, car l’atmosphère renfermait toute l’eau qui plus tard a formé les mers, et la plus grande partie de l’oxygène non encore absorbé par la scorification ; l’eau des pluies était par conséquent à une température fort supérieure à 100° et produisait toutes les réactions hydrothermales.
- Ces mêmes pluies bouillantes attaquaient les roches porphyriques des
- sommets de la grande chaîne, kao-linisant les parties feldspathiques, et formant ce qu’on appelle les latérites, c’est-à-dire des terrains meubles de sables plus ou moins argileux, dans lesquels les matériaux les moins attaquables se trouvent englobés.
- C’est dans ces masses ameublies qu’on rencontre les graphites, les micas, les corindons, les grenats, l’or, le platine, les minéraux radioactifs, tantôt sporadiquement isolés, tantôt réunis par alluvionnement en plages assez riches pour en permettre l’exploitation profitable.
- Mais la majeure partie de ces détritus, entraînés par les pluies jusqu’aux régions inférieures, augmentant ainsi l’épaisseur du revêtement peu perméable à la chaleur, a fini par permettre aux eaux pluviales de rester condensées dans les bas-fonds, et d’y former des mers; l’enveloppe des nuages s’est crevée, la période des climats s’est dessinée, les eaux se,sont refroidies, les couches sédimentaires ont commencé à s’accumuler dans les mers avec faibles pentes, la vie a pu commencer sous les eaux quand leur température est tombée au-dessous de 50° C. et que les rayons solaires ont pu pénétrer assez pour faire vivre les végétaux.
- C’est là le début de la géologie proprement dite, et cette seconde phase s’est prolongée jusqu’aux temps actuels sans changements généraux essen-. tiels.
- Les. premiers sédiments, auxquels les géologues donnent le nom de terrains primaires, et qu’ils ont reconnus dans les pays civilisés en les divisant en Cambrien, Silurien, Dévonien, Carbonifère et Mouiller (chacun de ces étages géologiques est caractérisé par sa faune et sa flore), ont sans doute rempli
- V;.
- p.408 - vue 435/663
-
-
-
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- 409
- les bas-fonds ; l’ordre de succession est assez constant, mais n’appartient pas nécessairement au même âge historique : le houiller de l'Europe centrale a les mêmes végétaux que la région tropicale moderne).
- Dans la région de Madagascar, ces couches primaires se sont formées dans des dépressions trop profondes pour rester émergées par rapport au niveau moyen de la mer ; les premiers affleurements sédinien-taires visibles sont des sables permiens et triasiques qui apparaissent en stratification discordante sur les talus cristallophylliens, tout au long du pied occidental de la grande chaîne.
- Tous ces affleurements de sables sont imprégnés dé bitumes, dont nous attribuons les plus anciens à
- Fig. 5. — Un village aux environs de Tananarive sur la route de l’ouest.
- Fig. 6. — Tamatave.
- majeure partie est en grands marécages, ne pouvant guère faire vivre que des forêts de palétuviers, sauf sur quelques pentes couvertes de vagues prairies et de buissons comme les plateaux de l’Afrique septentrionale.
- En fait, la région occidentale de l'île n’est favorable à la végétation agricole qjue vers ses extrémités Nord et Sud, mais elle est là très fertile et susceptible de grandes productions agricoles.
- Dans la partie moyenne, la végétation se montre au long du pied de la grande montagne, où elle pourrait prendre un grand développement grâce aux beaux cours d’eau qui descendent des sommets et pourraient
- l’âge historique des houilles du cinquantième parallèle Nord.
- A remarquer que, peu après cette grande émission d’hydrocarbures, l’ensemble de l’île a été le siège d’un plissement transversal à la grande chaîne et bien marqué sur le parallèle du cap Saint-André; ce bombement a relevé de. 200 ou 300 m. les affleurements bitumineux de Bemolouga, et la présence de ces bitumes fait de la région relevée un espace tout à fait stérile.
- Au Nord et au Sud, les sables ou grès du trias ont été recouverts par des alluvions qui rendent la culture possible, puis par des sédiments jurassiques, crétacés, tertiaires dont la
- Fig. 7. — Chutes de l’Onivé à Tsinjoarivo à 120 km. au sud de Tananarive {3o à 35 m. de chute).
- p.409 - vue 436/663
-
-
-
- 410
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- Fig. 8. — Onilaky, fleuve débouchant au sud de Tulear dans la baie de Saint-Augustin.
- servir à de grandes irrigations. Malheureusement l’accès de ces contrées est très difficile et entrave les efforts des agriculteurs : quelques cantons cependant pourront être mis en communication avec le Canal de Mozambique en aménageant les petits fleuves côtiers, et deviendront productifs si on arrive à amener là un peu de populations sédentaires, d’agriculteurs comme les Annamites.
- Si on passe à l’Est des affleurements triasiques, un trouve les roches cristallophylliennes dont la surface, ameublie en latérites et pourvue de cours d’eau, pourrait devenir productive en certains points, toujours sous le bénéfice de la création de voies de transports et d’installation de colons agriculteurs.
- Puis, au haut de la zone cristallophyllienne, les érosions ont formé quelques plateaux avant les grands sommets dont le plus élevé est à 2850 m.
- Sur ces plateaux il y a un peu d’agriculture, et c’est sur l’un d’eux que se trouve Tananarive vers la cote 1300 m. ; un peu plus au Nord, le même plateau porte un grand marécage exploité surtout comme rizière, et plus au Sud il y a d’autres plages fertiles : c’est le domaine des Hovas, jardiniers agriculteurs, qui sont la partie civilisée, intelligente et travailleuse de la population indigène. C’est parmi eux qu’on s’occupe de développer les plantations de café, de manioc, etc.
- Ce sont eux aussi qui travaillent sur le versant Est de la chaîne de montagnes, où se cultivent des pro-
- duits de grande valeur, des plantes à parfums, la vanille, le cacao, etc., mélangés à des broussailles et des hautes herbes où on récolte beaucoup de raphia, avec des plantes fibreuses utilisables comme textiles et comme pâte à papiers.
- Les pentes Est sont très raides, et cependant c’est là qu’on a créé la voie ferrée de Tamatave à Tananarive, au milieu des forêts qui couvrent les pentes de ce côté, et au bord de la mer on a commencé une belle voie de navigation, le canal des Panga-lanes, c’est-à-dire des vastes lagunes avec bord fer. tile, travail fort intéressant pour . l’avenir de la colonie puisqu’il peut être prolongé très loin et fournir une bonne voie de communication lacustre sur presque toute la longueur de Pile, pouvant recevoir les produits du flanc Est de la grande chaîne,
- p.410 - vue 437/663
-
-
-
- 411
- 7 MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- avec des distances à parcourir ne dépassant pas '150 km. : il y a là 60000 km2 qui doivent prendre un grand développement agricole, en dehors des productions minières dont nous n’avons pas encore parlé.
- On estime à 5 1/2 millions le nombre des indigènes à Madagascar, avec 1 pour 100 d’immigrants de diverses nationalités ; il y aurait aisément place pour un nombre égal ou supérieur de colons annamites auxquels il faudrait attribuer quelques cantons avec rizières et pêcheries, en les entretenant soigneusement à tous points de vue pendant les premières années, et en respectant leurs traditions. Ils se développeraient ensuite rapidement et rendraient de grands services en raison de leur attachement au sol natal et de leurs coutumes familiales et pacifiques.
- : Les productions agricoles. — La principale coil-
- Fig. il. — Taureau reproducteur.
- sommation de tous les pays méridionaux et orientaux est le riz, et les terrains qui se prêtent à cette culture ne manquent pas à Madagascar, non plus que l’eau nécessaire aux irrigations. Cette production peut donc s’y développer largement au fur et à mesure de l’accroissement de la population, et surtout de la population sédentaire dans les régions à riz, puisqu’il n’y a pas de difficultés de transport pour elle.
- Il n’en est pas de même pour le manioc qui pourrait donner lieu à un grand trafic avec l’Europe si les communications n’étaient pas si difficiles et si scabreuses dans les pays chauds où les produits alimentaires sont exposés à de nombreuses causes de destruction.
- Ce sont ces raisons qui réduisent à peu de chose jusqu’ici les exportations de riz et de manioc, et aussi celles des bestiaux bovins : les progrès à
- Fig. io. — Banlieue de Diégo-Suarez.
- attendre de l’avenir lèveront progressivement ces difficultés et Madagascar pourra prendre une place sérieuse dans les greniers mondiaux, mais seule-, ment à force de temps et de patience.
- Actuellement, ce sont les produits de plus haute valeur et de plus facile conservation qui sont les principaux objectifs des cultivateurs et des commerçants de la région de l’Imérina. Les plantations de café et de thé y prennent une réelle importance malgré la rareté de la main-d’œuvre, et à côté d’elles, on s’occupe le plus possible des productions difficiles, mais très rémunératrices, des plantes à parfums comme l’ylang, le géranium, à côté desquelles il faut placer la vanille, qui flatte le goût du gastronome autant que l’ylang flatte l’odorat.
- Il ne semble pas que les céréales ni les pommes de terre trouvent de très favorables conditions de productivité dans les pays tropicaux, et il y a avantage à s’attacher aux cultures des plantes indigènes par exemple des fruits à huiles, comme l’arachide et ses congénères; le coprah et l’huile de palme peuvent aussi donner lieu à de bonnes productions.
- Toutes les espèces d’épices asiatiques originaires
- Fig. 12. — Troupeau de chèvres et moutons indigènes des hauts-plateaux.
- p.411 - vue 438/663
-
-
-
- 412
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- des Indes réussissent bien dans la colonie, mais c’est la vanille qui semble appelée au plus large avenir.
- Les productions minérales. — Pendant la scorification, portant d’abord sur les impuretés les plus oxydables de la fonte, silicium, aluminium et métaux alcalins, dont la combinaison forme les porphyres, les matériaux les moins oxydables qui étaient dissous dans le bain métallique se sont trouvés isolés en assez fines parcelles, et sont restés en cet état dans la scorie : ce sont l’or, le platine, le graphite, le diamant et les minerais radioactifs. Lorsque le porphyre a cristallisé, il s’est formé dans sa masse des associations cristallines assez complexes comme les corindons, les grenats, les tourmalines, les zircons : l’érosion par les eaux bouillantes, en formant les latérites meubles a isolé les cristaux tout en contri-
- II en est d’ailleurs de même dans toutes les contrées nouvellement occupées par des prospecteurs : l’or est le premier de leurs objectifs, parce qu’il est monnaie par lui-même, et qu’il représente une grande valeur sous un petit volume; de plus les premières productions d’or se font sur des placers de torrents où l'or a été concentré par les crues, et l’orpaillage est là très facile et très rémunérateur; il suffit de déplacer les pierres roulées, de récolter à la pelle les sables que ces obstacles avaient aidé à enrichir, et de laver ces sables pour en faire de la poudre, d’or. C’est ce qu’on a fait à Madagascar au début, et on a produit ainsi jusqu’à 5000 kg d’or par an; mais les placers attaqués ont bientôt été épuisés et les recherches n’ont pas compensé ces disparitions. La production annuelle ne dépasse pas aujourd’hui 500 kg et les efforts
- Fig. i3. — Pont de chemin de fer sur la Sisaom. (Ligne de Tananarive à Antsirabé.)
- buant à leur organisation définitive, en transformant la silice souvent en grands cristaux de quartz, en réunissant en plages les micas, les graphites, les particules d’or, de graphites et les pierres dures dont les unes sont des objets de bijouterie, les autres utiles à l’industrie comme abrasifs. Mais l’action hydrothermale n’a pas suffi pour mobiliser largement les métaux usuels et pour en faire de sérieux dépôts filonniers : il n’y a pas à Madagascar beaucoup de grands filons concrétionnés plombifères, zincifères, argentifères.
- Le caractère des mines de Madagascar, c’est l’éparpillement des minéraux utiles dans des latérites en grandes masses qu’on ne peut exploiter qu’en carrières à ciel ouvert.
- Malgré cette absence de classement, il s’est formé des groupes spéciaux, notamment pour les graphites et pour les micas, et on les attaque avec une énergie croissante.
- Quant à l’or, au platine et aux pierres précieuses, on ne peut guère ici plus qu’ailleurs, les exploiter que dans les alluvions enrichis par le travail naturel des cours d’eau et des inondations, et comme il s’agit là d’une exploitation de surface, ces travaux n’auront qu’une durée assez limitée.
- faits jusqu’ici pour ouvrir de grandes exploitations sur les alluvions pauvres, à l’américaine, ne semblent pas en bonne voie.
- Plus heureuses et plus durables sont les grandes attaques faites sur les montagnes à graphites et sur les gisements de mica ; il y a cependant eu là des alternances de prospérité et de décadence, mais il y a tendance à la régularisation et les bénéfices sont satisfaisants.
- Depuis peu d’années l’effort des chercheurs s’est porté sur les minéraux radifères qui sont assez abondants à Madagascar; la bétafite surtout a de très bonnes teneurs en radium ; mais la valeur marchande de ce produit est très irrégulière ; la moindre découverte nouvelle en Afrique ou en Amérique peut provoquer de rapides variations de 50 pour 100 et plus sur le milligramme de radium : il n’y a de bien garantis que les possesseurs de concessions à bétafite.
- En fait, il y a à Madagascar de très grandes quantités de tous ces minerais précieux, mais on ne peut rien dire de ce que sera l’avenir de ces exploitations.
- Les combustibles. — La plaine inondable de l’Ouest contient des ressources considérables en
- p.412 - vue 439/663
-
-
-
- MADAGASCAR ET SES^RICHESSES -.y-.-::.. 413
- Fig. 14. — Musique d'indigènes Bitsmiraka.
- combustibles végétaux : ce sont des grandes forêts de palétuviers fournissant des bois de charpente sérieux, avec des fûts dépassant d’ordinaire 12 m. Le palétuvier résiste passablement aux causes de destruction inhérentes aux pays chauds et peut durer plusieurs années en estacades ; son écorce est un peu exploitée pour le tannage des cuirs et des peaux de caïmans, industrie à développer, car la matière première ne jmanque pas.
- La houille, ou plutôt des bitumes durs, se montre en gisements notables au pied ouest de la grande chaîne à la hauteur de Tulear, sur un de-s affluents de l’Onilaky, très loin des côtes vers lesquelles on est en train d’établir une liaison par routes sur 200 km environ. La couche que l’on a attaquée là semble appartenir au permien ; elle est couverte par les assises marquées sur les cartes comme grès triasiques, dont les affleurements occupent 10 000 km2 sous la forme d’une longue bande allant de Tulear jusqu’à la baie de Diego Suarez.
- Ces affleurements se montrent à la cote 200 m. à Bemolonga, sur le bombement transversal du cap Saint-André, et s’abaissent des deux côtés jusqu’au niveau de la mer. Partout où l'on a pu les examiner, ils ont montré leur zone supérieure richement imprégnée de piss-asphaltes, c’est-à-dire d’huiles bitumineuses ; les travaux de fouilles et de sondages accusent une puissance de grès imprégnés à 10 pour 100 en volume de bitumes, qui ne semble nulle part être inférieure à 20 m., et qui s’est montrée d’environ 100 m. vers le golfe de Nossibé. Il y a donc là des ressources considérables en hydrocarbures, probablement 10 à 20 milliards de mètres cubes d’huiles combustibles. Malheureusement l’exploitation en -est très difficile : un rapport très remarquable de M. Ilar-del (Revue pétrolifère, du 25 février 1925) constate qu’en raison de la ^
- nature collante de ces roches bitumi-
- neuses, on ne peut les travailler à Bemolonga qu’à ciel ouvert et à force bras, et comme les bras sont rares, M. Ilardel n’envisage qu’une production de 10 à 20 000 barils par an, chiffre si faible en face des énormes frais généraux coloniaux, que le baril (159 litres) reviendrait à près de 8 dollars f. 0. b., prix absolument prohibitif pour les expéditions aux ports d’Afrique et d'Europe qui, de longtemps, ne pourront payer que 2 dollars sur le canal de Mozambique.
- En quelques points de cette belle zone, les dispositions du terrain et des cours d’eau permettent d’obtenir de beaucoup meilleurs résultats, en utilisant les canaux et les petits fleuves côtiers pour les transports, et, en manipulant les roches imprégnées sous l’eau pour empêcher le collage, on peut faire une Exploitation mécanique, une manutention hydraulique, et arriver à produire des centaines de mille barils par an avec un prix de revient f. 0. b. inférieur à 1 dollar par baril, laissant ainsi un bénéfice net de plus de 100 pour 100. Il y a là les éléments d’une production sérieuse d’huiles avec
- i5. — Le lac de Tritriva (effondrement volcanique) d’Antsirabé, le Vichy Malgache.
- p.413 - vue 440/663
-
-
-
- 414
- MADAGASCAR ET SES RICHESSES
- bénéfices, qui sans doute trouvera de nombreux imitateurs quand elle fonctionnera.
- 'Mais' ce n’est là qu’une faible partie des résultats que l’avenir tirera des hydrocarbures de Madagascar. En effet, les reconnaissances faites depuis 25 ans par les ingénieurs Perrier de la Bathie, Merle", Bonnefond, Dumas, etc., vérifiées et condensées dans un très beau mémoire géologique de M. Joleaud (Revue pétrolifère, de mai 1924), montrent que la couche des sables bitumineux riches s’enfonce à peiite pente vers l’Ouest, au-dessous du niveau de la mer, sous les terrains jurassiques, crétacés, tertiaires, où il y a des assises marneuses imperméables. Dans ces conditions, la couche sableuse est certainement imprégnée d’hydrocarbures, et ceux-ci, protégés par les revêtements humides et imperméables contre les agents atmosphériques oxydants, sont restés à l’état de pétroles exploitables par sondages à très bon compte, et assez près de la mer. Certains indices permettent de prévoir que les forages seront très productifs et qu’il y a plusieurs niveaux fertiles.
- 11 est bien difficile de dire ce que produiront ces gisements, mais l’étendue totale des terrains que la carte géologique fait envisager comme pétrolifères, s’élève à plus de 50 000 km2; on compte au moins 1 et souvent % puits à ouvrir par hectare, donc un minimum de-100 par kilomètre carré : on a donc devant soi un avenir de 5 millions de puits, et si chacun d’eux donne par jour 10 tonnes ou 70 harils pendant 10 ans, on arrive à une productivité totale de 600 milliards de harils de pétrole à produire sur ces terrains... et la production mondiale actuelle est de 1 million de barils par an. Vraiment on peut dire, après avoir examiné le rapport Joleaud, que Madagascar est probablement pour l’avenir, la plus grande ressource de production d’hydrocarbures dans le monde. Les difficultés d’exploitation ne sont pas beaucoup plus grandes qu’ailleurs et celles des transports peuvent toujours être résolues, surtout pour des combustibles liquides.
- Si les industriels et les capitalistes français savent s’organiser convenablement pour tirer parti de ces ressources, et si de nouveaux systèmes administratifs n’empêchent pas l'essor de ces mines d’hydrocarbures si précieuses, il y a certainement là de quoi faire la fortune de nombreux exploitants, de la colonie et de la Métropole. Mais jusqu’ici la maladresse pratique des prospecteurs, la malveillance volontaire des concurrents étrangers, les erreurs commises dans l’enseignement public sur les questions de gisements de pétrole et de tous hydrocarbures, ont fait le plus grand tort à la mise en valeur de ces mines.
- Le principal objectif de ce petit travail est de
- remettre les choses au point et d'encourager les industriels à faire l’effort que mérite une question de pareille importance.
- Nous savons par les ingénieurs qui ont étudié ces terrains que l’affleurement bitumineux de Madagascar est le plus considérable de toutes les manifestations hydrocarburées sur la terre ; nous savons que les bitumes y sont assez fluides pour prouver que leur origine n’est pas plus lointaine que celle des huiles bitumineuses du Pérou, du Mexique, que celle du lac de Trinidad, des bitumes de Judée, ou des bitumes de Mésopotamie; nous savons que dans toutes les petites excavations pratiquées à titre de recherches dans les sables bitumineux, le piss-asphalte coule en quantités notables, ce qui signifie que les sources d’hydrocarbures continuent actuellement, en venant du bas comme le dit Mendéléef. Nous connaissons beaucoup de points où un sondage de peu de centaines de mètres trouvera certainement le pétrole fluant sinon jaillissant, et nous pouvons calculer pour le prix de revient en certains cantons moins de 1/2 dollar par baril, alors que les plus médiocres huiles bitumineuses du Mexique se vendent au prix de 1,25 dollar aux ports mexicains, et il en est de même pour les huiles des Iles de la Sonde, sans que cela empêche la Boyal Dutch d’avoir réalisé là d’immenses fortunes.
- Bien n’est plus facile pour la France que de s’assurer un aussi brillant avenir, et pour un nombre de siècles.
- Une des conséquences de l’organisation des grandes exploitations de pétrole à Madagascar sera d’amener là une population ouvrière bien payée qui fera réaliser aux producteurs de denrées alimentaires de grands bénéfices, et permettra ainsi le développement des cultures et une augmentation rapide du nombre des agriculteurs, des familles sédentaires, c’est-à-dire de la richesse d’avenir de cette colonie dont l’étendue permet d’envisager un nombre d’habitants voisin des 40 millions qui vivent en France, et de pourvoir tout le pays des voies de communication qui lui font défaut actuellement.
- Un autre avantage de ces industries sera de donner quelque stabilité aux cours des produits agricoles dont les soubresauts ont entravé la prospérité des habitants. Beaucoup de productions doivent prendre une large extension. La vanille ne sera pas la seule matière en progrès régulier : le tannage des peaux d’animaux, depuis le mouton et le bœuf jusqu’au caïman, la préparation des huiles comestibles ou de savonnerie, les plantes textiles, les pâtes à papier, la fabrication à grande échelle des farines de poissons, et bien d’autres prendront snccessivement un large essor dont on ne peut pas prévoir la limite. Effèiie.
- p.414 - vue 441/663
-
-
-
- 415
- ACADEMIE DES SCIENCES
- #
- Séances droctobre igi.5.
- La mesure du rendement photométrique des appareils optiques. — M. André Blondel décrit le photomètre portatif à pupille artificielle qu’il a construit à cet effet et qui permet de comparer, par deux lectures successives, la Brillance d’un écran diffusant, uniformément lumineux, et celle de la surface d’entrée de l’appareil étudié quand on éclaire la pupille de sortie par le même écran. Ce dispositif se prête à trois modes de montage et, avec toute l’exactitude ^désirable, il donne le rendement lumineux d’un projecteur, d’une lunette, d’un objectif photographique ou d’un microscope.
- La cémentation des métaux par les sels volatils. — Elle vient d’être réalisée par M. Thadée Peczalski par chauffage au milieu de sels métalliques et notamment de sels volatils à la température de l’expérience. Les dernières observations ont porté sur les deux chlorures CrCl3 et Ni Cl*, chauffés au contact du cuivre et du fer, la température de 800° étant maintenue quinze heures. Le dispositif comprenait un tube de fer renfermant une tige de cuivre entourée du sel étudié et, aux deux extrémités, on avait placé du carbone pulvérulent pour empêcher l’entrée de l’oxygène de l’air. Paul B.
- COLORIAGE MÉCANIQUE DES FILMS
- Le cinéma en couleurs naturelles, obtenues directement lors de la prise de vues, n’est pas encore dans le domaine de la pratique, bien que plusieurs procédés aient été proposés et que certains aient même fait l'objet d'un commencement d’exploitation .
- Il y a encore de grandes difficultés à résoudre pour arriver à prendre les vues dans les mêmes conditions de lumière que pour les films ordinaires en noir et blanc, tout en permettant de reproduire les couleurs exactes de la nature ; et pour arriver ensuite à les projeter dans toutes les salles d’exploitation sans modification des appareils employés poulies autres films.
- La question est toujours à l’étude et on a exposé ici même, dernièrement, le procédé K eller-Dorian (v. n° du 1er août 1925) qui semble devoir donner le résultat cherché.
- En attendant on en est réduit à peindre, avec des couleurs d’aquarelles, les images positives comme on le faisait pour la lanterne magique et plus tard pour les projections fixes des clichés photographiques.
- Dès que les projections animées nous furent données par les frères1’Lumière, on a voulu aussi avoir les couleurs. Mais, alors que pour les vues fixes, on avait des clichés de 8 centimètres sur 10, format généralement adopté, sur lesquels les images étaient relativement grandes et faciles à colorier au pinceau, on s’est trouvé pour les films cinématographiques en présence d’images ayant 18 millimètres sur 24, ce qui rend l’opération beaucoup plus difficile. On arriva cependant à la réaliser et on fut, avec raison, émerveillé de l’habileté des artistes qui pouvaient peindre les milliers de ces petites images dont se compose un film, quand on songe surtout que toute une série d’entre elles comporte des foules importantes. C’était long et coûteux ; mais quand on avait un exemplaire de cette nature on en restait à et il passait à tour de rôle dans les différentes
- salles d’exploitation, qui n’étaient pas alors très nombreuses.
- Dès que le succès vint à ce nouveau spectacle, il fallut aviser pour obLenir en couleurs la reproduction du même film à un grand nombre d’exemplaires et à un prix peu élevé. On songea alors au procédé de coloriage au pochoir, très employé pour la carte postale. On sait en quoi il consiste : s’il s’agit de peindre, à un grand nombre d’exemplaires, par exemple une carte représentant des militaires dont l’uniforme est rouge et bleu, dans un paysage de verdure, on enlève au canif sur une carte toutes les parties devant être coloriées en rouge, c’est le premier pochoir ; sur une autre carte on enlève toutes celles qui doivent être bleues, c’est le second pochoir et ainsi de suite, autant qu'on voudra de couleurs. Ensuite on superposera exactement l’un des pochoirs sur la carte à colorier et au tampon on y appliquera la couleur correspondante ; on procède de même pour toutes les autres couleurs.
- On comprend que pour des images aussi petites que celles qui forment un fdm, la première difficulté à résoudre fut le découpage des pochoirs. On l’a d’abord fait faire à la main par des ouvrières ayant de bons yeux, de bonnes pointes coupantes et beaucoup d’habileté.
- On se contentait à cette époque de bandes de trois ou quatre cents mètres, à raison de 52 images par mètre; cela faisait déjà un nombre respectable de décoûpages. Mais on demanda bientôt des bandes plus longues dont la projection dure une heure et plus, longues de 1200 à 1500 mètres. Il fallut aviser à les produire au meilleur marché possible par des procédés mécaniques.
- La maison Pathé-cinéma qui s’est spécialisée dans ce genre d'édition, sous le nom de Pathé-Color, a institué une méthode et étudié plusieurs machines intéressantes pour obtenir ce résultat. Pour faciliter la découpe, on a construit un appareil très ingénieux dont le principe peut être résumé ainsi : la pointe
- p.415 - vue 442/663
-
-
-
- 416
- COLORIAGE MÉCANIQUE DES FILMS
- Fig. i. — Machine à colorier.
- coupante a été rendue solidaire de l’armature d’un électro-aimant qui, relié au courant alternatif à 50 périodes,.lui imprime 100 vibrations par seconde. Dans ces conditions on comprend qu’en guidant cette pointe à la main pour lui faire suivre les lignes de l’image, on ne fait aucun effort pour la faire pénétrer dans le celluloïd. Malgré cela, une ouvrière ne peut guère obtenir plus d’un mètre de pochoir à l’heure. La marche des opérations est la suivante : le fdm ayant été choisi, on le confie à un peintre qui exécute sur des images agrandies une aquarelle des principales scènes à reproduire, il s’arrange de façon à limiter les couleurs au nombre de 6 environ. C’est d’après ces tableaux qu’on détermine le nombre des pochoirs à établir et pour cela on fait tirer autant de bandes positives qu’il y aura de couleurs. On s’assure bien entendu, au moyen d’instruments de repérage appropriés, que toutes les perforations coïncident bien entre elles et avec celles du fdm type afin que toutes les images soient exactement superposables, chacune de ces bandes devant servir pour faire le pochoir d’une seule couleur. Elles sont distribuées par fractions à de nombreuses ouvrières qui, avec le modèle sous les yeux, découpent les parties qui doivent faire un vide destiné à laisser passer la couleur. On emploie concurremment deux méthodes. Dans certains ateliers, la découpe se fait directement en faisant cheminer la bande, image par image, sous le couteau guidé à la main. Dans d’autres, on a pensé faciliter la besogne en' agrandissant l’image du fdm type au moyen d’une projection sur un verre dépoli (fig. 2). Un stylet, qui sert à suivre sur cette image agrandie les contours à découper, est alors relié au couteau vibra-
- leur par un système de pantographe. On emploie indifféremment l’une ou l’autre méthode selon les préférences de l’ouvrière. Les pochoirs ainsi découpés présentent dans certaines parties l’aspect d’une véritable dentelle qu’il faut manier avec de grandes précautions. On est cependant obligé de leur faire subir quelques manipulations pour les débarrasser de la gélatine qui serait nuisible pour les opérations ultérieures.
- La machine à colorier (fig. 1) a donné lieu aussi à bien des essais avant d’être mise au point. Le fdm,,à colorier, qui est le positif destiné à se dérouler dans tous les appareils de projection, est passé sous le pochoir d’une première couleur, les images étant exactement repérées. Ils cheminent tous deux sur un tambour denté qui les entraîne dans le même sens. Un ruban de velours chemine en sens inverse, il est imbibé de la couleur choisie par une brosse rotative qui frotte sur un ruban métallique passant constamment dans une petite cuve à niveau constant contenant la solution colorante. On emploie des couleurs d’aniline dissoutes dans l’eau.
- Quand le fdm a reçu sa première couleur, on le passe de la même façon sur une autre machine identique qui, au moyen du second pochoir, applique la seconde couleur et ainsi de suite jusqu'à terminaison complète.
- Il a fallu de nombreux tâtonnements pour arriver à construire ces diverses machines ; c’est de la mécanique dont la haute précision peut être constatée par les spectateurs, quand ils voient, par exemple, dans une procession qui défde sur l'écran de projection, plusieurs centaines de personnes tenant des cierges allumés dont toutes les flammes sont exactement coloriées, bien que sur la bande qui passe dans la lanterne elles n’aient pas même un millimètre de surface. G. Mareschal.
- Fig. 2. — Machine à découper Par projection.
- Le Itérant : P. Masson.
- Imprimerie IjAhuhe, 9, rue fie Fleurus, Paris.
- 1925.
- p.416 - vue 443/663
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE — i9î5
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences : comptes rendus des séances, 14, 46, 62, 78,111,143, 157, 188, 207, 223, 239, 302, 317, 550, 597, 415.
- Accélérateurs de vulcanisation, 4.
- Acide carbonique-carbonates : équilibre du globe, 138.
- — carbonique dissous : dosage, 47.
- — sulfurique : procédé des cham-
- bres de plomb, 302.
- Agglomérés : machines modernes, 327. Aiguille du Midi : funiculaire, 373. Aix-les-Bains : origine probable des eaux thermales, 10.
- Alaouites : tabac tombale, 302.
- Alcool absolu : fabrication industrielle, 154.
- Alfa : industrie, 17.
- Alliages nouveaux, 380.
- Alumine : entraînement par la magnésie, 239.
- Amérique du Sud : exploration, 227. Ammoniaque : synthèse, 114.
- Ane sauvage : vitesse et endurance, 111. Animaux avalés vivants, 83. Antidétonants, 62.
- Appareils photographiques : construction et réglage, 54, 174.
- Apprentissage : écoles de la S. T. C. R. P., 177.
- Aquarium marin de Londres, 216.
- Arazas : vallée, 158.
- Argon dans les cellules vivantes, 303. Attelage automatique des wagons, 257, 321.
- Autogire « La Gierva », 305,
- Automobile : bougie, 193.
- Automobiles : courses, 511.
- Supplément au n° 2699 de La Nature
- Avions : installations techniques de bord, 84, 106.
- B
- Bagnères-de-Luchon : sources froides, 239.
- Beurre de murumuru, 305.
- Bijoux d’insectes, 1.
- Blessés : side-car de transport, 31. Botanique en chemin de fer, 122, 130, 149, 164.
- Boues activées, 302.
- Bougie d’automobile, 193. Broyeur-pulvérisateur transportable, 271. Brunhes (Jean) : conceptions géographiques, 270.
- Buttgenbachite, 351.
- C
- Caillasses du calcaire grossier du bassin parisien, 78.
- Cailles : lâchers dans le S.-O., 371. Caillié (Piené), 276.
- Canada : prospérité des Indiens, 94. Caoutchouc : accélérateurs de vulcanisation, 4. »
- Carbonates-acide carbonique : équilibre du globe, 138.
- Carbonisation du bois en forêt, 65. Carillonnage : école, 113.
- Carrelages en grès cérame, 369.
- Cellule photoélectrique, 395.
- Cellules vivantes : argon, 303.
- Celtium et zirconium : séparation, 62. Cémentation par sels volatils, 415. Chambres de plomb, 302.
- Changements de vitesse électriques, 174.
- du 26 décembre 1925.
- Charbon : chargement mécanique sur les bateaux, 245.
- Chargement mécanique du charbon sur les bateaux, 245.
- Charme : anomalie des feuilles, 240. Chéiroptères de France, 333.
- Chevreul, 235.
- Chimie appliquée : enseignement, 44. Chromophotoptomètre Guérin, 124. Ciment armé : conduites forcées, 291.
- — de Vassy, 182.
- Cinéma : artifice optique, 12.
- — en couleurs Keller-Uorian, 7L Cinématographe, 111.
- Cobalt : présence chez les animaux, 62. Colloïdes : applications, 329.
- Coloriage mécanique des films, 415. Combustibles liquides : utilisation, 207. Conduites forcées en ciment armé, 291. Congélation : procédé Ottessen, 261. Conserves de pois'ons : préparation, 277. Contrexéville : eaux, 303.
- Corrosion des aciers étirés à froid, 143. Coulée des métaux en plaques, 209. Couleurs : photographie instantanée, 239. Courses d’automobiles, 311.
- Crustacés : malformations des pinces, 78. Culture : classilication biogéographique des systèmes, 364.
- Cupaniées malgaches, 188.
- Cyanures alcalins : point de fusion, 62.
- D
- D’Arlagnan, nouveau paquebot, 351. Deltas des lleuves : formation, 77. Détection en T. S. F., 397.
- Dicétones acycliques, 157.
- Dilatation des verres : anomalie, 550. Dilatométrie des fontes, 14. Discontinuité : surfaces, 6.
- 27
- p.417 - vue 444/663
-
-
-
- 418
- E
- Eaux de Contrexéville, 303.
- — minérales du Guergour, 259.
- — thermales d’Aix-les-Bains : ori-
- gine probable, 10.
- Écoles d’apprentissage de la S. T. C. R. P., 177.
- École de carillonnage, 113.
- — Centrale : nouveaux laboratoires,
- 14.
- — française de meunerie, 317. Écrevisse : glande verte, 14.
- Électricité : variation des végétaux, 591. Electrification de la Palestine, 223. Électrotechnique : applications des. colloïdes, 329.
- Engrenages à éléments laminés, 144. Équilibre acide carbonique-carbonates,
- . 138-
- Érosion des falaises calcaires, 401. Éruption de Santorin, 317.
- Excavatrices pour canaux, 128.
- F
- «
- Falaises calcaires : érosion, 401. Familles : noms en France, 211.
- Faune des îles Galapagos, 33.
- — d’Indochine, 337.
- Faux : fabrication, 38. '
- Fer : sesquioxyde, 14.
- Fermentation alcoolique du glucose :
- gaz, 78.
- — lactique, 188.
- Feuilles de charme : anomalie, 240. Films : coloriage mécanique, 415. Flamant, 118.
- Flotte allemande de Scapa-Flow : relèvement, 81.
- Fontaines lumineuses à l’Exposition des Arts Décoratifs, 150.
- Fontes : dilatométrie, 14.
- Forçage du mimosa, 403.
- Forêts submergées du nord-ouest de l’Europe, 91.
- Foudroiement : cas, 157.
- Fours électriques à induction, 143. France : pétrole dans le sud-ouest, 282.
- — : plissements géologiques et traits
- géographiques, 208. Funiculaire aérien de 1 Aiguille du Midi, 373.
- G
- Galapagos : faune étrange, 33.
- Gascogne : hauts-fonds du golfe, 275. Gentil (Louis), 47.
- Géographie : conceptions de M. Jean Brunhes, 270.
- Géologie : plissements et traits géographiques en France, 268.
- Germon : biologie aux Antilles, 551.
- INDEX ALPHABÉTIQUE :
- Glaces : fabrication à l’usine de Chante-reine, 49.
- Glande purpurigène, 14.
- — verte de l’écrevisse, 14.
- Globe : équilibre acide carbonique-carbonates, 138.
- Glucoside du Dalisca, 62.
- Golfe de Gascogne : hauts-fonds, 275. Grasserie du ver à soie, 303.
- Grès cérame : carrelages, 369.
- Grue mobile sur chariot électrique, 60. Guergour : eaux minérales, 239.
- H
- Hauts-fonds du golfe de Gascogne, 273. Haveuse multiple, 223.
- Hawaï : grands volcans, 263.
- Houille bleue, 343.
- Huiles d’animaux marins, 69.
- Huile camphrée : injections, 397.
- Huile : procédés modernes de raffinage, 219.
- Hyperboloïdes : tours réfrigérantes, 301. Hypochlorite de soude : action sur une dilution microbienne, 62.
- I
- Iles Galapagos : faune étrange, 33. Impression photomécanique : évolution des procédés, 249.
- Indiens du Canada : prosperifé, 94. Indochine : grande faune, 337. Ingénieurs chimistes : placement, 44. Injections d’huile camphrée, 397. Insectes : bijoux, 1.
- J
- Jardin zoologique : nourriture des infirmes, 382.
- L
- Laboratoires de l’École Centrale, 14.
- Lac Léman : poissons et pêche, 385. Légumineuses de la tribu des Téphro-siées, 62.
- Littoral : modifications, 401. Locomotives françaises nouvelles, 340. Loire : peuplement végétal des sables, 241.
- M
- Machine à calcul économique, 255. Machines modernes à agglomérés, 527. Madagascar : richesses, 406.
- Magnésie : entraînement par l’alumine, 239.
- Malformations des pinces des crustacés, 78.
- Manufacture nationale de Sèvres à l’Exposition des Arts Décoratifs, 133. Marche sur la pointe des pieds, 350.
- — : travail, 239.
- Marées : force motrice, 343.
- Marine : musée, 353.
- Maroc : pluies et végétation, 293. Mercure : formation directe des oxy-bromures, 46.
- Mercure : transmutation en or, 77. Métabolisme de la viande et cuisson, 78. Métallisation par projection : nouveau procédé, 207.
- Métaux : coulée en plaques, 209. Météorite d’Olivenza, 78.
- Météorologie moderne, 6.
- — : prévisions de l’abbé Gabriel, 303. Métropolitain : désodorisation par l’ozone,
- 97.
- Meunerie : École française, 317.
- Mimosa : forçage, 403.
- Miroir de télescope : construction à l’Observatoire, 132.
- Mistral, 317.
- Mollusque producteur de lumière, 351. Monotropitoside : préparation et propriétés, 143.
- Morue : nouvelle pêcherie, 142. Mousses : action de la lumière, 157. Murumuru : beurre, 303.
- Musée de la Marine, 353.
- Muséum : tortues, 229.
- Mylodon : découverte d’ossements à Cotocollao, 244.
- N
- Natation : apprentissage pratique, 36. Nickel : présence chez les animaux, 62. Noms de famille en France, 211.
- O
- Observatoire : travaux, 99.
- Or : transmutation du mercure, 77. Ottessen : congélation, 261.
- Oxybromures de mercure : formation directe, 46.
- Ozone : désodorisation du Métropolitain, 97.
- P
- Palestine : électrification, 223. Pangrafic, 63.
- Paquebot-poste nouveau : le à'Arta-gnan, 351.
- Parapluies : fabrication et montage, 145. Parasites en T. S. F. : élimination, 95. Parc national espagnol, 158.
- Peaux de reptiles : utilisation, 366.
- p.418 - vue 445/663
-
-
-
- Pêche dans le lac Léman, 385.
- Pêcherie nouvelle de morue, 1 42. Pélobate cultripède au Maroc, 351. Perles : différenciation, 350.
- — : distinction, 359.
- Pétrole en Pologne, 308.
- — et sourciers, 316.
- — dans le sud-ouest de la France,
- 282.
- Phénicoptère, 118.
- Photoélectricité : cellule, 395. Photographie. : construction et réglage des appareils, 54, 174.
- Photographie instantanée des couleurs, 239.
- Photographie et publications illustrées, 247.
- Photomécanique : évolution des procédés d’impression, 219.
- Photomètre original, 166.
- Photométrie des appareils d’optique, 415. Physique du globe : études, 196.
- Pinces des crustacés : malformations, 78. Plantes vertes sans racines, 72-Plaques : coulée des métaux, 209. Plissements géologiques et traits géographiques en France, 268.
- Pluies et végétation au Maroc, 293. Poissons : préparation de conserves, 277.
- — : du lac Léman, 385. ,
- Pologne : pétrole, 308.
- Poule d’eau : mœurs, 166.
- Pourpre : glande, 14.
- R
- Rabot électrique, 95.
- Radiomodulateur et superhétérodyne,396. Radiotechnique : applications des colloïdes, 329.
- Raffinage de l’huile : procédés modernes,
- 219.
- Rails : vie, 21.
- Ravalement par jet de vapeur, 129. Rayon vert : photographie, 303. Réduction microscopique : appareil, 63. Réfrigérants : tours hyperboloïdes, 301. Relativité restreinte : bases, 172.
- — : théories, 170.
- Relèvement de la flotte allemande de Scapa-Fhw, 81.
- Reptiles : utilisation des peaux, 566.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Rhinolophes, 333.
- Ribeauvillé : champ de fractures, 350.
- S
- Sables de la Loire : peuplement végétal, 241.
- Saccharine : préparation, 361.
- Salle à manger sans domestiques, 63. Santorin : éruption, 317.
- Scandium : spectre d’arc, 223. Serpentsquiressemblent aux vipères, 25. Sesquioxyde de fer, 14.
- Sèvres : Manufacture nationale à l’Exposition des Arts Décoratifs, 133. Side-car pour blessés, 31.
- Silicium et matière vivante, 180. Sondage difficile, 161.
- Soufre : transformation en sulfate, 350. Sources froides de Bagnères-de-Luclion, 239.
- Sourciers et pétrole français, 316. Sparterie, 225.
- Spectres d’absorption infra-rouges, 62. Spectre d’arc du scandium, 223. Sphérolites de réaumurite, 111. Stroborama, 397.
- Sucres : dosage, 239.
- Superhétérodyne, 347.
- — : évolution, 188, 204.
- — et radiomodulateur, 396.
- Surface du verre : absorption de vapeurs,
- 62.
- Synthèse de l’ammoniaque, 114.
- T
- Tabac tombale des Alaouites, 502. Tanins végétaux, 358 T. S. F. : détection, 397.
- — : élimination des parasites, 95. -
- — : orientation nouvelle de la réception, 285.
- Télescope : construction d’un grand miroir à l’Observatoire, 132. 'J'èphrosiées, 62.
- Terpènes : pouvoir rotatoire et dispersion, 111.
- Tortues du Muséum, 229.
- .......... 419
- Tourbes littorales, 91.
- Tours réfrigérantes hyperboloïdes, 301. Transmutation du mercure en or, 77. Travail dans la marche, 239. Tremblements de terre en 1924, 317. Tréponèmes : action de l’or et du platine, 302.
- Triazines : complexes du fer, 143. Trottoirs roulants nouveaux, 289. Turgoélectricité, 350.
- Tuyau en ciment armé pour conduites forcées, 291.
- V
- Vagues : force motrice, 343.
- Yallée d’Arazas, 158.
- Variation des végétaux par l’électricité, 391.
- Végétation et pluies au Maroc, 293. Végétaux : variation par l'électricité, 391. Ver à soie : grasserie, 303.
- Verre : absorption dé vapeurs par la surface, 62.
- Verres : anomalie de la dilatation, 350. Viande : cuisson et métabolisme, 78. Vision des couleurs : mesure, 124. Volcan de Santorin : éruption, 317. Volcans de Hawaï, 263.
- Vulcanisation : accélérateurs, 4.
- w
- Wagons : attelage automatique, 257, 521.
- X
- Xénon : hydrate, 239.
- 1
- Zirconium : minerais et usages, 254.
- p.419 - vue 446/663
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- P>, A. — Mesure de la vision des couleurs, 124.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 14, 46, 62, 78, 111, 143, 157, 188, 207, 223, 239, 302, 317, 550, 597, 415.
- Baldit (Albert). — Un aspect de la météorologie moderne,
- 6.
- Bertin (Léon). — Quelques tortues des collections du Muséum, 229. —Les poissons et la pêche du lac Léman, 385.
- Bidault de l’Isle (G.). — Une richesse nationale naturelle : le ciment de Yassy, 182.
- Bourgain (André). — Construction et réglage des appareils photographiques, 54, 174. — Attelage automatique des wagons, 257, 521. — Le funiculaire aérien de l’Aiguille du Midi, 373. s
- Bousquet (M-). — Ravalement des édifices et objets d’art par jet de vapeur, 129.
- Boyer (Jacques). — La transformation des insectes en bijoux, 1. — La carbonisation du bois en forêt, 65. — Désodorisation des tunnels du Métropolitain par l’ozone, 97. — La Manufacture nationale de Sèvres à l’Exposition des Arts Décoratifs, 133. — Les fontaines lumineuses à l’Exposition des Arts Décoratifs, 150. — Les écoles d’apprentissage de la S. T. C. R. P., 177. — Nouveaux trottoirs roulants pour Paris, 289. — L’école française de meunerie, 317.— Le stroborama, 597.
- C. (F.). — Changements de vitesse électriques, 174. — La bougie d’automobile, 193.
- Claude (Daniel). — Classification biogéographique des systèmes de culture, 364. — Variations des végétaux provoquées par l’électricité, 391.
- Clavery (Ed.). — Découverte d’ossements de Mylodonà Coto-collao, 244.
- Coop.man (L ). — Mœurs de la poule d’eau, 166.
- Coupin (Henri). — La botanique en chemin de fer, 122, 130, 149, 164.
- Coyne (A.). — Un sondage difficile, 161.
- Daüzat (Albert). — La vallée d’Arazas, 158. — Les noms de famille en France, 211. — Les conceptions géographiques de M. Jean Brunhes, 270.
- Debeaupuis (M.). — Le « d’Artagnan », 351.
- Démichel (E.). — Évolution des procédés d’impression photomécanique, 249.
- Doublet (E.). — Les travaux d’un observatoire, 99. — Les éludes de physique du globe, 196. — René Caillié, 276.
- Dubois (Raphaël). — Les plantes sans racines et la culture par symbiose, 72.
- Ddbosq (René). — L’orientation nouvelle de la réception en T. S. F., 285.
- Durocher (G.). — Industrie de l’alfa, 18. — La préparation de la saccharine, 361.
- Eefère. — Madagascar et ses richesses, 406. '
- Feuillée-Billot (Alex.). — Les serpents qui ressemblent aux vipères, 25. — Les rhinolophes, 333. — Les lâchers de cailles dans le sud-ouest de la France, 371.
- Forbin (Y.). — L’étrange faune des îles Galapagos, 33. — Endurance et vitesse d’un âne sauvage, 111. — Exploration géographique de l’Amérique du Sud, 227. — Les grands
- volcans de Hawaï, 263. — La grande- faune de l’Indochine, 337. — Comment on nourrit les infirmes dans un jardin zoologique. 582.
- G. (M.). — La salle à manger sans domestiques, 63.
- Gadeceau (E.). — Le peuplement végétal des sables de la Loire à Nantes, 241.
- Gournay (F. de). — A propos de la superhétérodyne et du radiomodulateur, 396.
- Gbuvel (A.). — Utilisation des peaux de reptiles de nos colonies, 364.
- Hémardinquer (P.). — Evolution du dispositif superhétérodyne, 188, 204. — Applications des colloïdes en électro-technique et radiotechnique, 529.
- Jaloustre (L.). — Voir Lemay (P.).
- Joleaud (L.). — Régime des pluies et zones de végétation du Maroc, 293.
- L. (I.). — Les' accélérateurs de la vulcanisation, 4. — Fabrication desglac?s à l’usine de Chantereine, 49. — Les huiles d’animaux marins, 69. — La synthèse de l’ammoniaque, 114. — Le procédé Ottessen, 261. —Emploi de quelques nouveaux alliages, 380.
- Labadie (Pierre). — Les tanins végétaux, 358.
- Lafargue (Xavier). — Fabrication industrielle de l’alcool absolu, 154.
- Laffitte (Léon). —Prospérité des Indiens du Canada, 94.
- L altran (J. de). —L’apprentissage pratique de la natation, 36.
- Lanorville (Georges). — Préparation des conserves de poissons, 277.
- Lefrarc (Jean-Abbl). — Les installations techniques de bord des gros avions modernes, 84, 106. — L’autogirc « La Cierva », 305.
- Legendre (R.). — Malformations des pinces des Crustacés, 78. — L’équilibre acide carbonique-carbonates du globe, 138.
- Lemay (P.) et Jaloustre (L-). — Le silicium et la matière vivante, 180.
- Lévy (L.). — À propos de la superhétérodyne, 347.
- Marcotte (Edmond). — La vie des rails, 21. — Les courses d’automobiles, 311.
- Maréchal (P.), — Side-car pour le transport des blessés, 31. Coulée des métaux en plaques. 209. — Chargement mécanique du charbon sur les bateaux, 245.
- Maresciial (G.). — La cellule photoélectrique, 395. — Coloriage mécanique des films, 415.
- Martel (E.-A.). — Louis Gentil, 47.
- Mayet (L.). — Origine probable des eaux thermales d’Aix-les-Bains, 10.
- Mercier (Arm.). — Le flamant ou phénicoplère, 118.
- Merle (René). — L’aquarium marin de Londres, 216.
- MoRHAitDT(Dr P.-E.). — Animaux avalés vivants. 83.
- P. (A.). — Les sourciers et le pétrole français, 316.
- P. (L.). — Remarquable anomalie dans les feuilles d’un charme, 240.
- Pahin (Lucien A.-H.). — Les nouvelles locomotives françaises, 340.
- Pawlowski (A.). — Le pétrole dans le sud-ouest de la France, 282. — La houille bleue, 343.
- p.420 - vue 447/663
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS —= 42!
- Pazdro (Z-Th.). — Le pétrole en Pologne, 308.
- Pelabon (H.). — Sur la détection en télégraphie sans fils, 397.
- R. (L.). — Un artifice optique au cinéma, 12.
- Rabot (Charles). — Une nouvelle pêcherie de morue, 142.
- Ranc (Albert). — L’enseignement de la chimie appliquée, 44.
- Reverchon (Léopold). — L’école de carillonnage, 115.
- Ritchey (G.-TV.). — Construction d’un grand miroir de télescope à l’Observatoire de Paris, 132.
- Rolet (Antonin). — Le forçage du mimosa, 403.
- Rocquerol (Général J.). — Un photomètre original, 166.
- Rddaux (Lucien). — Photographie du rayon vert, 505.
- Sauvaire Jourdan (Commandant). — Relèvement de la flotte allemande coulée à Scapa-Flow, 81. — Les hauts-fonds du golfe de Gascogne, 273. — Le Musée de la Marine, 353.
- Simon (Louis-Jacques). — Chevreul, 255.
- T. (A.). — Les théories de la relativité, 170. — Les minerais de zirconium et leurs usages, 254.
- Troi.ler (A.). — Le cinéma en couleurs parle procédé Keller-Dorian, 74. —Distinction des perles fines et cultivées, 559.
- Villers (R.). — Nouveaux laboratoires de l’Ecole centrale, 14. — Nouveau procédé de métallisation par projection, 207. — Haveuse multiple, 223. — Nouveau tuyau en ciment armé pour conduites forcées, 291.
- Warnant (Louis). — Etat expérimental actuel des bases de la théorie de la relativité restreinte, 172.
- Weiss (E.). — La fabrication des faux, 58. — Petite grue mobile sur chariot électrique, 60. — Un rabot électrique, 95. — Excavatrices pour canaux, 128. — Engrenages à éléments laminés, 144. — Fabrication et montage des parapluies, 145. — Procédés modernes de raffinage de l’huile, 219. — La sparterie, 225. — Petite machine à calcul économique, 255. — Broyeur pulvérisateur transportable, 271. — Tours réfrigérantes hyperboloïdes, 501. — Machines modernes pour fabriquer les agglomérés, 327. — Fabrication des carrelages en grès cérame, 369.
- Wei.sch (Jules). — Les forêts submergées du nord-ouest de l’Europe, 91. — Plissements géologiques et traits géographiques en France, 268. — Modifications du littoral du centre-ouest de la France, 401.
- p.421 - vue 448/663
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 14, 46, 62, 78,
- 111, 145, 157, 188, 207, 223, 259, 302, 317,
- 350, 397, 415
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les travaux d’un observatoire (E. Doublet)................. 99
- Construction d’un grand miroir de télescope (G.-W. Rit-
- chey)....................................................132
- Les théories delà relativité (A. T.).......................170
- Etat expérimental actuel des bases de la théorie de la
- relativité restreinte (L. Warnant).......................172
- Petite machine à calcul économique (E. Weiss). . . . 255
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Distinction des perles fines et cultivées (À. Troller) . 359
- Etude dilatomètrique des fontes...................... 14
- Spectres d’absorption infra-rouges................... 62
- Absorption de quelques vapeurs pa,r la surface du
- verre............................................ 62
- Point de fusion des cyanures alcalins................ 62
- Appareil de réduction microscopique.................. 63
- Spectre d’arc du scandium................................223
- Anomalie de dilatation des verres........................550
- Turgoélectricitè ........................................350
- Différenciation des perles de culture....................350
- Mesure du rendement photométrique des appareils optiques •......................................... 415
- 2. Chimie.
- Les accélérateurs de la vulcanisation (J. L.)....... 4
- L’enseignement de la chimie appliquée (A. Rang). . . 44
- La synthèse de l’ammoniaque (J. L.).................114
- Fabrication industrielle de l’alcool absolu (X. Lafaruue). 154
- Chevreul (L.-J. Simon) ......................... 235
- Minerais de zirconium, leurs usages (A. T.).........254
- Préparation de la saccharine (P. Durocher)............. 361
- Emploi de quelques nouveaux alliages (J. L.)........380
- Au sujet du sesquioxyde de fer...................... 14
- Formation directe des oxybromures de mercure . . 46
- Dosage des variations de l’acide carbonique dissous. 47
- Séparation du celtium et du zirconium............. 62
- Transmutation du mercure en or et en argent. . . 77
- Gaz de la fermentation alcoolique du glucose ... 78
- Pouvoir rotatoire et dispersion dans la série terpé-
- nique......................'..................111
- Nouveaux complexes du fer dérivés des triazines . 143
- Préparation et propriétés du monotropitoside ... 143
- Corrosion par l’acide sulfurique des aciers étirés à
- froid........................................... 143
- Au sujet des dicétones acycliques..................157
- Hydrate de xénon.................................. 239
- Entraînement de la magnésie par l’alumine. . . . 239
- Dosage des sucres..................................239
- Procédé des chambres de plomb......................302
- Transformation du soufre en sulfates...............350
- Cémentation des métaux par les sels volatils. .... 415
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Origine probable des eaux thermales d’Aix-les-Bains
- (L. Mayet)......................................... 10
- Louis Gentil (E.-A. Martel)........................... 47
- Equilibre acide carbonique-carbonates du globe (R. Legendre)...............................................158
- Les études de physique du globe (E. Doublet). . . . 196
- Plissements géologiques et traits géographiques en France
- (J. Welscii)...................................... 268
- Pétrole dans le sud-ouest de la France (A. Pawlowski). 282
- Le pétrole en Pologne (Z.-Tu. Pazdro).................508
- Les sourciers et le pétrole français (A. P.)..........316
- Caillasses du calcaire grossier du bassin parisien . 78
- Météorite d’Olivenza.................................. 78
- Sphérolites de réaumurite à enroulement hélicoïdal. 111
- Sources froides de Bagnères-de-Luchon.................239
- Eaux minérales du Guergour............................239
- Eaux de Contrexéville.................................303
- Tremblements de terre en 1924........................ 317
- Eruption du volcan de Santorin .......................317
- Champ de fractures de Kibeauvillé.....................550
- Buttgenbachite : minéral nouveau......................551
- 2. Météorologie.
- Un aspect de la météorologie moderne (A. Baldit) . . 6
- Photographie du rayon vert (L. Rudaux).............305
- Cas de foudroiement. . . ..........................157
- p.422 - vue 449/663
-
-
-
- : .................. -, —,:r:— TABLE
- Prévisions de l’abbé Gabriel.............
- A propos du mistral......................
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Les serpents qui ressemblent aux vipères (A. Feuillée-
- Billot)...........................................
- L’étrange faune des îles Galapagos (V. Forbin) ....
- Les huiles d’animaux marins (J. L.)..................
- Malformations des pinces des Crustacés (R. Legendre) .
- Animaux avalés vivants (Dr P.-E. Morhardt)...........
- Endurance et vitesse d’un âne sauvage (V. Fordin) . .
- Le flamant ou phénicoptère (A. Mercier)..............
- Mesure de la vision des couleurs (A. B.). . . . . . .
- Nouvelle pêcherie de morue (C. Rabot)................
- Mœurs de la poule d’eau (L. Coopman). .......
- Silicium et matière vivante (P. Lenay et L. Jaloustiie).
- L’aquarium marin de Londres (R. Merle)...............
- Tortues du Muséum (L. Bertin)........................
- Découverte d’ossements de Mylodon à Colocollao (E. Cla-
- very).............................................
- Préparation des conserves de poissons (G. Lanorvjlle) .
- Les rhinolophes (A. Feuillée-Billot).................
- Grande faune de l’Indochine (V. Forbin), ......
- Utilisation des peaux de reptiles (A. Gruvel)........
- Lâchers de cailles dans le sud-oüest (A. Feuille'e-Billot). Comment on nourrit les inlirmes dans un jardin zoo’.o-
- gique (V. Forbin).................................
- Les poissons et la pêche dans le lac Léman (L. Bertin).
- Glande verte de l’écrevisse..........................
- Glande purpurigène des Murex et des Pourpres . . Présence du nickel et du cobalt cher, les animaux.
- Métabolisme de la viande et cuisson..................
- Au sujet de la fermentation lactique.................
- Argon dans les cellules vivantes ... ......
- Grasserie du ver à soie...........................
- Présence au Maroc du Pélobate cultripède.............
- Biologie du germon aux Antilles......................
- Mollusque producteur de lumière......................
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les planles vertes sans racines (R. Dubois).......
- Les foiêts submergées du nord-ouest de l’Europe
- (J. Welsch)....................................
- La botanique en chemin de fer (II. Codpin). 122, 130,
- 149................................ • .........
- Remarquable anomalie dans les feuilles d’un charme
- (L. P.) . . ...................................
- Peuplement végétal des sables de la Loire (E. Gadkceau)
- L’école française de meunerie (J. Boyer)..........
- Classification biogéographique des systèmes de culture
- (D. Claude) .... ..............................
- Variations des végétaux provoquées par l’èleclrhilè
- (D. Claude) .............................
- Le forçage du mimos (A. Rolet)....................
- Légumineuses de la tribu des Téphrosiées..........
- Glucoside du Dalisca cannabina....................
- Action de la lumière sur les mousses..............
- Gupaniées malgaches. . ...........................
- Beurre de murumuru.............................. • .
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Prospérité des Indiens du Canada (L. Laffitte). . . .
- La vallée d’Arazas (A. Dauzat)..................
- Noms de famille en France (A. Dauzat) . ........
- Exploration géographique de l’Amérique du Sud (V. Forbin).............................
- MATIÈRES ................................... == 423
- Grands volcans de Hawaï (Y. Forbin).................263
- Conceptions géographiques de M. Jean Brunhes (A.
- Dauzat)......................................... 210
- René Caillié (E. Doublet) . . . ....................276
- Régime des pluies et zones de végétation au Maroc
- (L. Joleaud).....................................293
- Variations du littoral du centre-ouest de la France (J.
- Welscii)........................................ 401
- Madagascar et ses richesses (Effère)................406
- La formation des deltas des fleuves................. 77
- Tabac tombak des Alaouites......................... 302
- VI. - HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- L’apprentissage pratique de la natation (J. de Lalyman) 36 Désodorisation des tunnels du métropolitain par l’ozone
- (J. Boyer) ..................................... 97
- Action de t'hypochlorite de soude sur une dilution
- microbienne........................................ 62
- Travail dans la marche . . *.......................259
- Elude des boues activées.............., . . . . 302
- Action tréponémicide de l'or et du platine............302
- Marche sur la pointe des pieds........................350
- Injections d'huile camphrée...........................397
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Transformation des insectes en bijoux (J. Boyer) ... 1
- Industrie de l’alfa (G. Durocher)..................... 17
- La fabrication des faux (E. Weiss)............... 38
- La fabrication des glaces à l’usine de Chantereine(J. L.). 49
- Salle à manger sans domestiques (M. G.)............... 63
- L’école de carillonnage (L. Reyerchon)................115
- La manufacture nationale de Sèvres à l’Exposition des
- Arts décoratifs (J. Boyer)........................... 133
- Engrenages à éléments laminés (E. W’eiss) ...... 144
- Fabrication et montage des parapluies (E. W’eiss) . . . 145 Nouveau procédé de métallisation par projection (R.
- Villers)...............................................207
- Coulée des métaux en plaques (P. Maréchal)................209
- Procédés modernes de raffinage de l’huile (E. W’eiss) 219
- La sparterie (E. Weiss)...................................225
- Le procédé Ottessen (J.-L.). . . 261
- Broyeur-pulvérisateur transportable (E. Weiss) .... 271
- Tuyau en ciment armé pout conduites forcées (R.
- Villers)............................................. 291
- Tours réfrigérantes hyperboioïdes (E. W’eiss).............301
- Machines modernes à agglomérés (E.-H. Weiss). . . . 327
- Les tanins végé;aux (P. Labadie)........................ 358
- Fabrication des carrelages en grès cérame (E. Weiss) . 369
- Utilisation des combustibles liquides.....................207
- 2. Photographie.
- Un artifice optique au cinéma (R. L.)............. 12
- Construction et réglage des appareils photographiques
- (C. A. Bourgain),..........................54, 174
- Cinéma en couleurs par le procédé Relier-Dorian (A.
- Troller)......................................... 74
- Un photomètre original (Général J. Rouquerol) .... 166
- Photographie et publications illustrées. ....... 247
- Evolution des procédés d’impression photomécanique
- (E. Démichel)...................................... 249
- L»'cellule photoélectrique (G. Maresciial)........395
- Le stroborama (J. Boyer). .............................597
- Coloriage mécanique des films (G. MarescHal). .... 415
- DES
- 503
- 317
- 25
- 33
- 69
- 78
- 83
- 111
- 118
- 124
- 142
- 166
- 180
- 216
- 229
- 244
- 277
- 333
- 337
- 366
- 371
- 382
- 585
- 14
- 14
- 62
- 78
- 188
- 303
- 303
- 351
- 351
- 351
- 72
- 91
- 164
- 240
- 241
- 317
- 364
- 391
- 403
- 62
- 62
- 157
- 188
- 303 '
- 94
- 158
- 211
- 227 I
- p.423 - vue 450/663
-
-
-
- LA
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à rindustrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 2674. — 4 Juillet 1925.
- Le centenaire de la découverte du benzène par Faraday. — L’Angleterre va fêter le centenaire de la découverte du benzène ; ce corps est désigné souvent aussi sous le nom de benzine et de benzol. Outre ses applications propres qui sont nombreuses, il joue un rôle considérable en chimie organique par le nombre immense de dérivés auxquels il peut donner naissance ; la chimie des matières colorantes est née du benzène. Il joue un rôle aussi important dans l’industrie des parfums, dans celle des explosifs et dans celle des médicaments chimiques. L’étude du benzène a également eu une répercussion considérable sur la naissance et le développement des théories aujourd’hui en vigueur en chimie organique, théories qui ont permis de prévoir l’existence et le mode de préparation d’une foule de corps nouveaux et utiles. La découverte du benzène par Faraday marque donc une date réellement importante, et qu’il est juste de célébrer. C’est aussi l’occasion de rappeler que Faraday, si connu par ses immortels travaux sur l’électricité, notamment par sa découverte de l’induction électromagnétique, fut d’abord un chimiste de génie. Le professeur Thorpe, dans Nature, l'appelle cette phase de la carrière du grand savant.
- En 1812, Faraday, âgé de 21 ans, était employé comme apprenti chez un libraire de Londres ; le commerce n’était pas son fait. La science l’attirait. Il se décida un jour à écrire à deux savants célèbres l’un d’eux ne crut même pas nécessaire de répondre à la lettre d’un si humble solliciteur. L’autre était le grand chimiste Davy; il convoqua le jeune apprenti libraire et lui offrit aussitôt un poste d’assistant à la Royal Institution. Faraday débuta le Ier mars 1813 aux appointements de 16 shillings par semaine, soit 3i fr. 25. Quelque temps après, en 1815, il accompagne Davy dans un voyage en Europe, et à son retour est nommé assistant au laboratoire et aux collections minéralogiques, aux appointements de 3o shillings par semaine. Le premier travail de Faraday date de 1813 ; c’était une étude, en eollabo-ration avec Davy, sur le chlorure d’azote. Elle fut entreprise dès l’entrée du jeune homme au laboratoire du grand chimiste. La première publication personnelle de Faraday date de 1816 et est consacrée à l’analyse de la chaux vive. Jusqu’en i83o, Faraday se consacre exclusivement, à la chimie; ses travaux sur la liquéfaction des gaz lui valurent le début de sa notoriété. C’est en 1820 qu’il réussit à liquéfier le chlore, l’acide sulfureux, l’acide carbonique, l’hydrogène sulfuré, le protoxyde d’azote. En 1826, il découvre le benzène, en étudiant les produits liquides sous pression utilisés par une société qui s’appelait la C10 du gaz portatif. En i83o, une grave maladie l’immobilise pendant quatre ans ; les travaux de chimie lui sont interdits. C’est alors qu’il tourne ses méditations vers le domaine de l’électricité et du magnétisme qu’il devait révolutionner.
- La terre qui brûle à Tourneiuire (Aveyron). —
- Les journaux ont signalé ces temps-ci un échauffement du sol, observé à Tournemire (Aveyron), qu’ils ont largement ampliüé eu l’appelant « la terre qui brûle ». Renseignements pris, il s’agit plus modestement d’un éhoulis d’une dizaine de mètres de haut, dans des marnes toarciennes contenant de minces lits de lignit.es, des matières sulfureuses et des fossiles nombreux, dans lequel on a observé un,e augmentation marquée de température. L’éboulis ayant recouvert des pierrailles mêlées de feuillages et de branches mortes, on peut s’expliquer le phénomène par une combustion spontanée ou une pxydation rapide des matières organiques mises brusquement au contact de l’air. De là à l’indication de
- Supplément.
- gisements pétrolifères,SLS^a^d'ôin, bien que les marnes toarciennes de la région soient connues depuis longtemps comme contenant des hydrocarbures, mais en proportion trop faible pour rémunérer leur exploitation.
- Utilisation des aéroplanes au Canada. — Le programme d’opérations aériennes devant être effectuées an cours de la prochaine saison par le service d’aviation du Canada, pour le compte des divers services de l’administration fédérale, a été arrêté lors de la conférence annuelle- des délégués des divers ministères tenue récemment à Ottawa. Vingt-trois services ont pris part à la discussion. Trente-trois avions seront disponibles pour les opérations civiles ; ils seront répartis entre les bases d’aviation suivantes : 2 à Darmouth (Nord-Ecos.) ;
- 4 à Ottawa; 16 dans le Manitoba; 7 à High River (Alberta) ; 4 à Vancouver. Il y aura à chaque base au moins un avion équipé pour la prise de photographies aériennes.
- L’utilité pratique de l’aviation pour l’exécution de travaux administratifs est démontrée par le fait que les divers services du gouvernement fédéral ont de plus en plus fréquemment recours au personnel de l’aéronautique. Les travaux à effectuer pour le ministère de l’intérieur constituent la partie la plus importante du programme. Au cours de 192a, des travaux considérables seront effectués pour le compte des services suivants : forêts, levers topographiques, parcs nationaux, forces hydrauliques et drainage-irrigation, commission des frontières, terres de l’artillerie.
- En 1924 il a été levé par photographie aérienne 102400 km2. Le programme de 1925 comprend le lever d’une superficie double. La caitographie sera faite par la section des levers aériens. Les patrouilles forestières ont été augmentées. Rien n’a été négligé pour rendre l’organisation aussi parfaite que possible afin que les incendies forestiers puissent être découverts et éteints avec la plus grande rapidité et à un coût proportionné aux ressources des autorités forestières.
- Le séchage électrique du papier. — Dans les usines à papier, la dessiccation de la feuille obtenue finalement a lieu par des passages successifs sur des rouleaux chauffés à la vapeur. Ce traitement est relativement coûteux et donne souvent lieu à certains insuccès.
- Un inventeur américain, M. John Alexander, a imaginé un procédé de dessiccation du papier par chauffage électrique, procédé certes fort intéressant, et que décrit la revue « Le Papier ».
- Le séchoir électrique est constitué par une enceinte en briques, longue de 11 m , large de 5 m. et haute de 3 m. 60. Les parois ont une épaisseur de 35 cm et sont formées par deux briquetages de 10 centimètres d’épaisseur entre lesquels se trouve un espace de i5 cm rempli cFune matière calorifuge. On évite ainsi toute perte de chaleur par rayonnement et les parois externes du séchoir ont pratiquement la température de la salle.
- A l’intérieur du séchoir se, trouve un bâtis métallique supportant les organes de transport du papier et de chauffage.
- La chambre est divisée en trois compartiments.
- L’un d’eux, où s’effectue à proprement parler-le séchage, est long de 8 ni. 20 ; il est relié à chaque extrémité à un compartiment de 1 m. 5o de longueur environ, destiné à recevoir les rouleaux.
- Le papier est conduit dans la chambre chaude fqu’il traverse à cinq reprises successives par six toües métalliques sans fin, supportées à chaque extrémités par six, rouleaux situés dans les compartiments extrêmes du séchoir.
- p.424 - vue 451/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- Les éléments de chauffe sont constitués par des serpentins supportés par des briques isolantes et traversés par un courant électrique sous 44° volts. Ils sont tous placés à l’intérieur de la chambre centrale et sont répartis de façon que la température du séchoir aille en croissant, comme il convient. Chaque section d’éléments de chauffe est muni d’un thermostat automatique qui est placé sur le principal tableau de distribution.
- Les bu ées de séchage s’échappent dans les compartiments extrêmes d’où elles sont emmenées par un ventilateur. Elles se présentent sous la forme de vapeur à 167° utilisable à de nombreuses fins.
- Le séchoir Alexander est intéressant à double titre, car il permet tout à la fois d’élever la qualité du papier et d’en abaisser le prix de revient. L’inventeur considère que le papier séché électriquement est en effet plus résistant que celui qui provient d’une sécherie ordinaire à la vapeur, car il n’est pas soumis aux influences de la surchauffe, de la tension exagérée des bulles de vapeur qui ont lieu dans ce dernier procédé.
- La vapeur surchauffée s’échappant du séchoir constitue également un sous-produit utile dont la valeur vient diminuer les frais de fabrication dix papier.
- Fabrication d’acide phosphorique par volatilisation. — La Revue internationale cle Renseignements agricoles rend compte d’une importante étude de MM, II. Vt aggam, du Bureau des Sols du Département d’Àgriculture des Etats-Unis, qui a réussi à préparer industriellement l’acide phosphorique par volatilisation. Dans Industrial and Engineering Chemisiry, l’auteur fait observer que c’est là un procédé commercial qui offre de nombreux avantages sur la méthode classique de fabrication, à l’acide sulfurique.
- Il prévoit que bientôt, lorsque certaines études et recherches à ce sujet auront été complétées, ce procédé pourra se développer aussi pour la préparation des phosphates employés comme engrais. Que l’on emploie comme source de chaleur un combustible ou l’énergie électrique, on entrevoit des avantages distincts sur l’ancien système : i° On peut employer des phosphates à titre peu élevé ; 20 En employant les précipitations électriques modernes pour recueillir l’anhydride phosphorique volatilisé, on obtient directement un produit concentré, sans avoir besoin de filtrations et d’évaporations coûteuses ; 3° Le prix du combustible ou de l’énergie électrique est toujours inférieur au prix de l’acide sulfurique nécessaire pour obtenir le même résultat avec l’ancien système.
- Dans les fours ordinaires, la volatilisation de l’anhydride phosphorique se produit bien comme dans les fours électriques à arc, mais le rayonnement et les autres pertes de chaleur sont moindres en employant ces derniers.
- Il est très important, dans ce travail, d’établir quelle est la température la plus appropriée pour obtenir la plus complète volatilisation de l’anhydride phosphorique d’un mélange de phosphate minéral, de silice et de carbone. Bien que de nombreux travaux aient été entrepris à ce sujet, le problème n’est pas encore résolu. La température minimum nécessaire n’a pas encore été établie avec certitude; elle dépend de nombreux facteurs : rapport existant entre silice et chaux dans la charge; finesse de subdivision des matières et, par conséquent, contact plus ou moins intime des substances réagissantes ; quantité de carbone ou d’un autre réducteur présent; facteur temps; type de four employé.
- Cette étude est surtout intéressante pour les fours ordinaires, parce qu’il est très difficile que le travail puisse être exécuté dans les fours électriques à une température plus basse que la température de fusion du mélange.
- Des travaux pratiques, exécutés en laboratoire par l’auteur, ont indiqué qu’il faut, pour avoir un bon rendement, arriver à une température assez élevée (i5oo°-16000 C.).
- Un autre problème envisagé consistait à savoir quelle est la teneur minimum en P2 O3 de la scorie pour avoir une production convenant au point de vue économique. Si l’on veut, on peut éliminer presque complètement le P*O3 de la scorie, mais il faut prolonger l’opération et, par conséquent, consommer une quantité d’énergie électrique telle que ce procédé est en général fort peu économique. Il vaut donc mieux ne pas trop pousser
- l’opération, d’autant plus que la majeure partie de l’anhydride phosphorique présent est volatilisée assez rapidement dans ce procédé. L’auteur fait remarquer que de nombreux et importants problèmes se rattachent à ce système de préparation, comme, par exemple, l’utilisation commerciale possible de la scorie (résidu de fabrication resté dans le four). De plus, il reste à étudier les effets que la température élevée, l’anhydride phosphorique et les autres produits de volatilisation exercent sur la matière réfractaire et sur les parties métalliques des installations.
- Laforce déployée dans une morsure.— M. W. Treska vient d’étudier, dans les Archiv fur die gesammie Physiologie, la force déployée par un chien qui mord un os. Comparant les déformations produites par l’animal et celles qu’on reproduit au dynamographe, il a trouvé une valeur maximum de i65o legs par centimètre carré. Dans le cas où le chien mastique de la viande, la force déployée n’est que le quart de celle de la morsure. C’est encore une dépense d’énergie considérable. (D’après le Journal de Physiologie et de Pathologie générales.)
- Nouvelles de T. S. F. ^
- Les radiophares. — M. Charles Daniélou, sous-secrétaire d’Etat des ports, de la mai'ine marchande et des pêches, vient de prendre une décision d’une particulière importance pour les navigateurs de toutes catégories fréquentant nos côtes.
- A la suite d’essais techniques et d’une étude très approfondie à laquelle ont participé notamment des capitaines au long cours, la Commission des phares et balises, le service hydrographique de la Marine, l’administration des P. T. T., il a, en effet, approuvé un programme d’ensemble pour l’établissement sur le littoral français de radiophares, c’est-à-dire de postes qui, au moyen de signaux hertziens, permettront aux navires munis d’appareils récepteurs, soit de déterminer à distance leur position par rapport aux côtes, soit de connaître la route à suivre pour entrer dans les ports, lorsque, en temps de brume, les indications visuelles (amers, phares et feux) ne seront pas perceptibles.
- Il est prévu trois catégoi’ies de radiophares : ceux de grand atterrissage, au nombre de cinq, dont la portée ira jusqu’à 200 milles; ceux de brume, au nombre de vingt-trois, d’une portée d’une cinquantaine de milles, et enfin ceux qui seraient destinés plus particulièrement à guider les navires aux approches ou à l’entrée de certains ports.
- L’exécution de ce programme, qui sera progi'essive, constituera, au point de vue de la sécurité de la navigation, un des progrès les plus considérables qui aient été réalisés depuis longtemps.
- Essais d’émissions relayées. — La station d’émission de l’Ecole supérieure des P. T. T. vient d’effectuer des essais de transmission relayée par le poste radiophonique de Lyon-La Doua et de « Toulouse P. T. T. » On conçoit tout l’intérêt de ces essais qui permettront, s’ils réussissent, l’établissement d’une organisation analogue au système anglais.
- ' Nouvelles émissions. — Le Gouvernement tchécoslovaque a décidé de construire une chaîne de stations-relais de radiophonie dans les principales villes de Tchécoslovaquie. Les nouveaux postes émetteurs vont être établis en Bohême, en Moravie et en Slovaquie. On sait qu’il existe déjà deux stations de broadeasting en fonctionnement aux environs de Prague.
- Une nouvelle station radiophonique à grande puissance vient d’être construite près de Budapest. Les essais actuels ont lieu aùx ondes d’environ 5oo m.
- Une nouvelle station de radio-diffusion a commencé ses essais à Berlin. Sa puissance est d environ 2 kilowatts.
- Transmissions sur antenne intérieure. — M. Pierre Louis, l’amateur bien connu d’Orléans, a réussi à se faire entendre aux Etats-Unis sur une longueur d’onde de 20 m. en utilisant une antenne intérieure qui avait seulement environ 4 m. de large.
- p.2x1 - vue 452/663
-
-
-
- *t> Travaux publics
- tranchée qu’on effectue, l’appareil de verrous.
- est bloqué au rnoy5tt~"'
- Excavatrlce automobile.— Les excavatrices destinées a creuser des tranchées sont généralement des machines puissantes, de poids important, qui agissent au moyen de godets excavateurs, montés sur des chaînes robustes.
- Fig', i. — Excavatrice automobile.
- Ces chaînes sont généralement inclinées comme cela se présente dans les dragueuses et il en résulte fatalement un encombrement assez considérable de l’appareil, par conséquent une difficulté pour faire suivre à la tranchée des courbes de faible rayon, souvent l’impossibilité de déplacer l’excavatrice dans des chemins étroits placés en déblais ; elle ne peut alors circuler si la largeur est insuffisante. . '
- Une machine nouvelle remédie à ces inconvénients et présente l’avantage d’ètre d’une légèreté relative, comparativement à celles qui ont été utilisées jusqu’à présent. . _ ' '
- La chaîne qui porte les godets et qui constitue le bras de travail est placée, pour ainsi dire, verticalement ; elle est susceptible de creuser des tranchées de 20 à 4^> cm de largeur, la profondeur pouvant atteindre jusqu’à i m. 5o, ce qui est généralement suffisant pour la mise en place de conduites ou de câbles, pour la formation de rigoles de drainage ou pour tous les travaux du même genre.
- Sur le côté de la machine se trouve placé un transporteur transversal à courroie, il-reçoit la terre et les déblais provenant de l’excavation et il déverse le tout sur le côté de la tranchée. On peut d’ailleurs à volonté changer le transporteur de côté par un simple démontage et un remontage qui ne demandent qu’une heure environ.
- Le poids total de l’appareil est de 5 tonnes, ce qui n’est pas énorme pour une machine de ce genre. On assure la propulsion au moyen d’un moteur de 28 ch. La boîte de vitesse forme bloc avec le moteur et elle agit sur deux petites chenilles latérales. Le châssis qui porte les chenilles est monté à liaison flexible sur le bâti général du véhicule qui porte tout le mécanisme d’excavation.
- La boîte de vitesse assure trois vitesses : une marche avant qui donne des avancements deii, sî ou 44 m. par minute, une seule vitesse en marche arrière peut se faire à raison de i3 m. par minute. Les virages sont effectués comme dans la plupart des véhicules à chenilles par un embrayage indépendant, qui est monté sur l’arbre transversal de commande, ce qui permet de supprimer l’action motrice de l’une ou l’autre des chenilles à volonté et d’exécuter le virage du véhicule sur un -très faible rayon.
- Le mécanisme de l’excavatrice est actionné par un moteur à essence de 28 ch., déjà nommé, au moyen de chaînes qui agissent sur un arbre transversal. Le bras et le bâti qui portent le système de godets peuvent être élevés ou abaissés au moyen de câbles ou de poulies actionnés par un cabestan. L’abaissement se fait uniquement par le poids de l’appareil et lorsqu’on est arrivé à la positionné!emandée par la profondeur de la
- Il est fatal qu’au cours du travail les godets se trouvent amenés à rencontrer des corps durs; aussi on a prévu un dispositif amortisseur à ressorts qui empêche la détérioration des parties coupantes. Ce dispositif permet à la chaîne d’ètre bloquée, le mécanisme de commande pouvant continuer son mouvement par une sorte de débrayage que les ressorts réalisent; il entre en action lorsque la résistance sur les godets dépasse une certaine limite.
- Les godets ont leur partie coupante en acier au manganèse déjà appliqué dans le matériel de voie sur les chemins de fer et qui offre la particularité de pouvoir supporter de très grands efforts.
- Le travail se fait d’une façon normale comme dans les excavatrices déjà connues ; la chaîne à godets. se charge des déblais, creuse la tranchée, puis les godets remontent. Ils sont agencés pour que le renversement soit automatique : constitués de deux pièces articulées, ils se soulèvent et, arrivés au point le plus élevé, ils se renversent facilement et déchargent leur contenu sur le transporteur d’évacuation, même s’il s’agit de matériaux compacts comme de l’argile.
- La vitesse de travail est particulièrement intéressante pour les travaux publics ; elle varie bien entendu dans de grandes limites suivant la nature du terrain et elle peut aller de o m. 3o à 1 m. 5o de longueur de tranchée par minute. Dans ce cas, la vitesse d’avance est réalisée au moyen d’un mécanisme spécial de roues dentées, qui peut être modifié rapidement.
- Tous les engrenages et les chaînes sont, en général, pivotégés par des carters et un petit compresseur qui se trouve monté sur le moteur permet d’assurer le nettoyage rapide au moyen d’air comprimé.
- Constructeur : Barber-Greene Cie à Aurora (Illinois).
- Optique
- Loupe, lunette binoculaire réglable. — Cet appareil qui se fixe à la tète comme de simples lunettes, laissant les deux mains libres, permet, étant donné qu’il n’occupe qu’une petite partie du champ visuel, de passée, sans la " retirer de sa position d’emploi, de la vision avec loupe à la vision sans loupe.
- Son dispositif consiste en deux lentilles plan-convexes interchangeables et placées systématiquement par rapport au plan médian du visage, avec lequel elles font un angle d’environ 76°; elles sont montées sur une monture (fig. 2 ) et leur distance des yeux est telle (o m. 06) -qu'elles n’occupent, comme il e s t d i t p 1 u s h a u t, qu’une faible partie du champ visuel de l’opérateur. En outre, elles sont appliquées, la face convexe en avant, dans des cadres-drageoirs dont on les sort facilement pour obtenir ^es grossissements plus ou moins forts
- suivant les besoins et „. T , i, , • 1 • ;
- , , . F1 g. 2. — Loupe lunette binoculaire
- donnant respective - fo réglable,
- ment les grossisse - -
- ments : 1,2 ; 1,7 et 2,5.
- La fusion des images vues par chaque œil se produit quand les directions des regards passent sensiblement par les centres optiques des lentilles et se joignent en un point situé au voisinage du plan focal de chaque lentille. Pour permettre cette fusion, quel que soit l’écartement des yeux de l’opérateur elle grossissement choisi, on peu! faire varier, l’écartement des lentilles entre o in. o3o et o 111. 045 au moyen d’une mollette médiane.
- L’opérateur peut — et doit dans le cas où il porte déjà des verres correcteurs — se servir de la loupe binoculaire en conservant les verres correcteurs de son amétropie et spécialement de sa presbytie.
- Cet. appareil qui est muni de 3 jeux de lentilles de 5
- p.2x2 - vue 453/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- - et io dioptries de puissance, est appelé à rendre des services à tous ceux : ingénieurs, dessinateurs, chimistes, graveurs, horlogers, photographes, etc., pour lescjuels il est nécessaire de travailler avec vision agrandie de l’objet observé.
- Constructeur : .M. L. Berland, opticien à Llréchy (S.-et-Q.).
- Didactiscope chirurgical. — Depuis l’application rigoureuse de l’asepsie en chirurgie, les professeurs se
- Fig. 3.. — Le rlidactiscoj)c chirurgical.
- sont préoccupés de pouvoir opérer dans une salle close où-ils seraient seuls avec leurs aides, tout en permettant cependant aux étudiants de suivre les diverses phases de l’opération.
- Divers dispositifs ingénieux ont été imaginés, mais leur application a été limitée à cause de leur prix de revient très élevé et des objections suivantes qui ont été présentées :
- Dans le cas du plafond en verre avec gradins, la buée vient souvent ternir le verre et les observateurs sont gênés par la réflexion totale.
- Si l’on fait un éclairage intense du champ et une projection par épiscopie, ou bien l’éclairage est trop intense, aveugle le chirurgien et émet une chaleur considérable, ou bien l’éclairage est bon au point de vue chirurgical, mais alors l’image trop peu lumineuse est inutilisable. Déplus, la surface du champ opératoire visible pour les spectateurs est très réduite.
- Sous l’inspiration de M. le professeur Estor et sur les indications de M. le professeur Pech, de Montpellier, il vient d’être réalisé un didactiscope chirurgical représenté sur la figure 3. C’est un grand périscope constitué par un bâti en fer, mobile sur galets, supportant deux miroirs plans de i5o cm X 70 cm rigoureusement parallèles et distants de 2 m.- 25, les deux miroirs sont solidaires par une bielle et inclinables sous tous les angles.
- Cet appareil se place en dehors de la salle d’opérations, parallèlement à une cloison, dans laquelle on a fait préalablement pratiquer à 2 m. 5o de hauteur, une fenêtre de 1 m. 90 de large sur 1 m. de haut. .
- Les étudiants peuvent, en regardant dans le miroir inférieur ou miroir d’examen, suivre toutes les phases de l’opération qui se passe dans la salle.
- La figure 3. montre la salle d’opérations, divisée en deux au milieu de la porte d’entrée par une cloison transversale vue de profil sur la photographie.
- A droite est l’entrée du chirurgien et de ses aides, à gauche l’entrée des étudiants.
- Le didactiscope est un instrument précieux pour le professeur, car il supprime les barrières qui le séparaient des étudiants et lui laisse toute liberté de mouvement.
- Il ne peut incommoder en rien le chirurgien puisqu’il n’émet aucune source de lumière ou de chaleur au-dessus de sa tête.
- Il permet, comme le montre le cliché, d’éclairer le champ opératoire au moyen d’un réflecteur asciatique sans intercepter les rayons visuels des spectateurs, ce qui serait impossible avec un plafond en verre.
- La plus grande asepsie est observée du fait de l’absence de toute personne non indispensable à l’opération.
- Constructeurs : MM. Gallois et Cie, 41, boulevard des Brotteaux, Lyon.
- '*»> Objets utiles -
- Nécessaire de couture pour fauteuil. — La Nature a déjà décrit (n° 2662) un cendrier qui se tient en équilibre sur le bras d’un fauteuil et permet au fumeur de s’étendre... et de fumer tout en sachant où mettre su cendre.
- S’il était bien de penser ainsi aux messieurs, il convenait de donner aux dames la même commodité. C’est chose faite aujourd’hui avec le nouveau nécessaire de couture qui se pose sur le bras du fauteuil et y reste sans crainte d’être renversé.
- C’est une petite boite dans laquelle on trouve fil, aiguilles, dé, pelote à épingles, écheveaux, etc., toul
- Fig. 4. — Nécessaire de coulure pour fauteuil.
- ce qu’il faut pour les travaux de couture. Son fond se fixe par un bouton pression sur la même bande de cuir lestée ou Monsieur fixait son cendrier.
- Le travail fini, on relève les deux bandes pendant de chaque côté du bras du fauteuil et elles viennent, en se repliant, fermer le nécessaire qui n’est plus ainsi qu’une petite boîte close d’où aucun objet ne peut s’échapper et se perdre.
- Ln vente chez MM, ICirby, Beai’d et Çio, 5, rue Auber, Paris.
- p.2x3 - vue 454/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- <
- >
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : MÉLISSE OFFICINALE
- La mélisse officinale (Melissa officinalis, L.), Labiées, est également connue sous les noms de Mélisse citronnelle,-Citronnelle, Citronnade, à cause de l’odeur de citron que répandent ses feuilles quand on les froisse entré les mains. On l’a appelée aussi le « Thé de France ».
- Habitat. — Elle croit à l’état subsponta.né dans presque toute, la France, mais spécialement dans les lieux incultes frais du Midi, dans les Alpes, les Pyrénées; on la rencontre même aux environs de Paris, Elle est cultivée depuis longtemps dans nombre de jardins et depuis quelques années dans les champs de plusieurs départements.
- Description sommaire. — Plante à tige rameuse, carrée, plus ou moins velue, haute de o m. 3o à o m. 80. Feuilles pétiolées, opposées, ovales, crénelées. Fleurs de juin à septembre, d’abord jaunes puis blanches, parfois bleu pâle, axillaires 6 à 12; corolle moitié plus grande que le calice, à lèvres inégales, bi ou trifîdes. Fruit formé de 4 achaines. Les graines sont brunes, oblongues, en nombre d’environ 2000 dans un gramme; le litre pèse, en moyenne, 55o gr. Leur durée germinative ordinaire est de quatre années.
- Culture. — Bien qu’elle ne soit pas très difficile sur la nature du terrain pourvu qu’il ne soit pas très humide, la mélisse préfère une terre profonde, saine, un peu fraîche, bien exposée et même ensoleillée, car elle est sensible aux froids de certaines de nos régions. Il faut éviter les sols légers et secs, à moins qu’ils ne soient arrosables, parce que les feuilles y jaunissent et l’on n’a qu’un faible rendement. g
- Dans les champs où on la cultive en grand, on recommande, d’après MM. Rolet et Bouret, de les préparer par un premier labour de o m. 3o à o m. 35 et au second d’enfouir 3oooo kg de fumier de ferme, 400 de scories et de sulfate de potasse par hectare. Dans le Jardin familial, il suffit de fumer avec 3 à 4 kg de terreau par mètre carré avec un peu de nitrate de soude quelque temps avant la plantation.
- Multiplication. — Elle comporte deux procédés : par semis et par division des touffes.
- Par semis. — Il paraît préféré par les cultivateurs de la région parisienne. On le pratique de trois façons : a) on sème les graines sous châssis au mois de février et, si l’on réussit, on peut avoir dans un châssis de 1 m. 3oXi m- 3o mille petits plants prêts à mettre en pleine terre au 20 mai (A. G. et J. D ) ; b) on sème en juillet en pépinière et on plante en octobre ; c) ou bien, ce qui est plus rare, on sème en place en avril; cependant, à cause de sa simplicité, on pourrait l’adopter dans le Jardin familial bien exposé.
- Dans les champs, la plantation a lieu sur des planches de 1 m. 5o à 1 m. 80 de largeur, mais de 1 m. 20 à 1 m. 5o dans le jardin, sur des lignes écartées de o m. 5o à o m. 60 avec une distance de o m. 3o entre les plants ; on arrose pour favoriser la reprise.
- Par division des touffes. — On opère sur des touffes de deux ans de plantation qui peuvent donner en raison de leur volume i5 à 20 éclats en moyenne. On les plante à l'automne aux mêmes distances que ci-dessus; d’aucuns, cependant, mettent entre les pieds un espace de 5o cm en tous sens.
- Les soins culturaux consistent en binages et sarclages répétés pour protéger les plantes contr-e les mauvaises herbes. On arrose aussi quand le terrain est sec, sans en abuser cependant, l’excès d’eau étant nuisible à la qualité. Si l’exposition du terrain laisse à désirer, il sera prudent de rabattre les plantes à l’approche des gelées et de couvrir la souche au moyen de feuilles sèches et de paille.
- La plantation peut durer 10 ans, il est préférable de ne la garder que quatre ans pour en avoir un meilleur rendement. La mélisse mérite, après la guimauve, la camomille, la menthe et la bourrache, d’occuper une grande partie du Jardin familial. Elle figure d’ailleurs officiellement parmi les plantes médicinales- dont la culture doit être tentée tout d'abord.
- Récolte. — On coupe la plante aussitôt l’apparition des premières fleurs, de manière que les feuilles de' la base, qui sont les plus larges ne soient ni étiolées, ni jaunies, plus tard, les sommités fleuries prendraient un
- vague relent de punaise. On a tout intérêt à couper de bonne heure lorsque la plante est en pleine vigueur, ce qui permet de faire deux coupes. La première a lieu en fin mai ou commencement de juin, la seconde en septembre.
- Production. — On estime que les deux coupes peuvent donner dans une culture soignée i5ooo et même 20000 kg à l’hectare. Il faut opérer, comme pour la généralité des plantes, par un beau temps et quand la rosée est tombée, afin d’éviter que les feuilles mouillées ne noircissent en séchant.
- Séchage. — Il doit avoir lieu très rapidement, mais non en plein soleil, contrairement à ce qui a été avancé par certains auteurs. MM. Goris et Demilly, qui le savent par expérience, trouvent cette méthode défectueuse, et ils recommandent d’opérer dans un séchoir à air libre ou à air chaud. On monde auparavant les feuilles et les sommités à peine fleuries ; les premières sont étalées sur des claies et les secondes sont réunies en bouquets et suspendues. L’odeùr fine disparaît en partie pendant la dessiccation si la chaleur est élevée, mais la saveur citronnée persiste.
- Rendement. On admet que les feuilles de mélisse fraîche laissent par kilogramme 220 gr. de feuilles sèches. Dans l’Anjou on obtient 1800 kg de feuilles mondées sèches à l’hectare. (A. R. et D. B.).
- Composition chimique. — La mélisse contient surtout un principe amer soluble en partie dans l’eau et en partie dans l’alcool, une huile essentielle qui est incolore quand elle a été rectifiée. On en obtient une très petite quantité par distillation, aussi le produit que l’on trouve dans le commerce n’est-il pas pur. C’est, en général, un mélange d’essence de mélisse et d’essence de citron. L’essence pure est plus légère que l’eau, elle renferme du citral et du citronellal à fonction d’aldéhyde.
- Propriétés thérapeutiques. — Cette plante a été très vantée par les médecins arabes et recommandée par Dioscoride, Pline, Sérapion, Paracelse, Avicenne parmi les Anciens, et même par Trousseau dans les temps modernes. Entre toutes les vertus qu’on lui a reconnues, les plus importantes la désignent comme cordiale, excitante du système nerveux, antispasmodique, stomachique, céphalagique, sudorifique, etc., cependant celle qui paraît l’emporter aujourd’hui est la propriété antispasmodique, aussi l’emploie-t-on, et surtout ses préparations pharmaceutiques, contre les défaillances, syncopes et vertiges, les digestions pénibles, les maux d’estomac, etc. Pour ces raisons c’est une des plantes les plus populaires, ce que met si drôlement en relief le vieux dicton répandu dans le Dauphiné et rapporté par MM. A. Rolet et D. Bouret : « Si femme savait ce que vaut la mélisse, elle en mettrait jusque dans sa chemise. »
- Préparations pharmaceutiques et doses. — Les feuilles et les sommités fleuries sont les parties de la plante usitées en thérapeutique. Le nombre des préparations où elles entrent seules est limité. L’infusion se prépare d’après le Codex de 1908 avec 5 gr. de feuilles par litre durant une demi-heure, mais on porte souvent la dose à 10 gr., L’hydrolat ou eau distillée de mélisse 60 "à 90 gr. ; l’alcoolat simple 4 à 10 gr., mais ce qui a fait et continue la grande réputation de la mélisse, c’est son alcoolat composé ou « Eau de mélisse des Carmes déchaussés » fabriquée dès 1611 par les Carmes de la rue de Yaugirard.
- M. H. Leclerc a pu, avec raison, lui accorder, dans son Précis de Phytothérapie, les lignes suivantes : « Il est resté l'antispasmodique le plus populaire, celui auquel ont recours toutes les classes de la société dans les moments pathétiques de l’existence, dans les indigestions, syncopes, crises de nerfs, scènes de ménage. >> On l’emploie à la dose de 1, 2, 3 cuillerées à café dans un peu d’eau sucrée, ou encore sur un morceau de sucre bien imbibé.
- La mélisse entre dans l’alcoolat vulnéraire du Codex ainsi que dans l’alcoolàture vulnéraire ou Eau vulnéraire rouge qui sert à préparer le vin aromatique si usité pour le pansement de certaines plaies. Elle figure à côté de plusieurs autres dans la fabrication de deux liqueurs très répandues, l’Absinthe et la Chartreuse, sans oublier « le Vulnéraire », qui ne répond guère à la préparation
- p.2x4 - vue 455/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- pharmaceutique, mais qui eut son heure de vogue sur le comptoir du marchand de vin. Enfin la cuisine n’a pas dédaigné d’en faire un condiment.
- A l’extérieur, les alcoolats de mélisse et vulnéraire sont souvent employés en frictions, et la parfumerie utilise son essence pour la composition de ses eaux de sènteur.
- Observations commerciales. — ha Veuille d'Information du Ministère de VAgriculture, dans son aperçu des prix auxquels les plantes médicinales étaient payées au
- kilogramme après dessiccation, a indiqué, en '916, o i’r. 80 pour les feuilles de mélisse, avec mention de vente forte. Les bouquets valent généralement o fr. 90 à 1 fr. le kilogramme et les feuilles mondées o fr. 80 à 1 fr. 5o. D’après des renseignements spéciaux, l’herboristerie dans la région de Lyon aurait payé en mars 1924 les bouquets 3 fr. à 3 fr. a5 et les feuilles mondées 5 fr. à 5 fr. 5o le kilogramme, mais ce sont là des prix très rarement pratiqués dans le commerce.
- À. Trueli.e.
- HYGIENE ET SANTÉ
- QtSt,,
- LE PROBLÈME DU QUINQUINA'
- La Presse médicale vient de publier, sous la signature du D' S. Abbatucci, une intéressante étude sur la politique que la France doit envisager pour s'assurer une quantité suffisante de quinquina et de quinine pour les besoins de la métropole et des colonies. Nous sommes heureux de la reproduire.
- M. l’inspecteur général du Service de Santé Gouzien a fait, le 20 mars 1920, à l’Académie des Sciences coloniales, une remarquable communication sur là « question du quinquina dans les colonies françaises », qui est pour nous d’un intérêt capital, car on peut dire que la plupart de nos possessions d’outre-mer sont touchées par l’endémie palustre.
- Les achats de quinine effectués par le Département ne peuvent donner qu’une indication très imparfaite des besoins d’approvisionnement des divers Gouvernements coloniaux en alcaloïde. Ces achats s’élèvent à environ 4 535 kg dont la traduction en francs s’exprime par 2 222 5g4 fr., le kilogramme de chlorhydrate basique de quinine coûtant actuellement près de 5oo francs. Mais il faut ajouter à ces achats, effectués en France, ceux réalisés sur place aux colonies. Le total doit représenter plus de 2 millions 1/2 de francs.
- Ces chiffres sont d’ailleurs limités par les disponibilités financières et bien inférieurs aux besoins des services antipaludiques. C’est ainsi qu’on a calculé que si, en Afrique occidentale française, oh voulait soumettre chaque habitant au régime de la quinine préventive pendant quatre mois — à la dose quotidienne de o,25 — il faudrait dépenser 180 millions de francs, alors que le budget total des services sanitaires atteint à peine 12 millions (Rigollet). A la Réunion, en calculant la dose nécessaire pour chaque habitant Q5 gr.) pour uhe période d’une année, on arrive au chiffre de 1 83^ 5oo fr. A Madagascar, et rien que pour l’Emyrne, Gouvy a évalué à 26 kg la quantité de quinine qu’il faudrait employer pour traiter iooo enfants pendant les quatre mauvais mois de la saison palustre, soit ï3ooo francs.
- Or, si tous les besoins réels en quinine des colonies françaises et étrangères étaient satisfaits, il est probable qüe la production mondiale de l’alcaloïde ne pourrait y satisfaire. La production des Indes néerlandaises, le principal fournisseur, a été la suivante :
- 1921...............513.6o4 kg
- 1922. ........A.,' 534.545 —
- 1923. ......... 534.524 —
- 1924...............620.800 —
- Java est particulièrement favorisée par son terrain et son climat pour la culture du Cinchona Ledgeriana (du nom de l’Anglais Ledger qui le vendit aux Hollandais)
- donnant le plus fort rendement en alcaloïde. La main-d’œuvre y est abondante et les conditions de transport avantageuses.
- Il est donc du plus haut intérêt pour la France de rechercher dans ses possessions l’emplacement de terrains cinchonifères et d’instaurer une véritable politique du quinquina qui la libère de la tutelle étrangère.
- Les conditions pour une pareille culture sont les Suivantes : climat chaud, humide, à température constante, à l’altitude de 1000 à 1800 m.; emplacement abrité du vent et de l’insolation directe; sol silico-argileux, riche en humus, perméable sans excès, ne laissant pas stagner l’eau, de nature volcanique de préférence.
- Des essais ont déjà été effectués dans diverses colonies françaises» En 1865, le D1' Yinson essaya à la Réunion des plantations de C. Calisaya, variété Ledgeriana (quinquina jaune), de C. succirubra (quinquina rouge), de C. officinalis (quinquina gris). Mais l’expérience a montré dans la suite que l’analyse des écorces donnait des titres de quinine inférieurs à ceux de Java, et que leur traitement nécessitait l’emploi d’une main-d’œuvre beaucoup plus chère.
- En 1922, à Madagascar, une dizaine de mille de pieds de quinquina ont été plantés par les soins des services agricoles, dans le jardin d’essai de Nanisana, sur le plateau de Tananarive. Comme la récolte de l’écorce ne peut guère se faire avant quatre ans, les résultats de l’expérience ne sont pas encore connus.
- En Indochine, sa culture fut mise àj’essai en Cochin-chine en 1886 et en 1887 au Tonkin par Paul Bert. Elle fut abandonnée par suite de mauvaises conditions climatiques et agrologiques du milieu.
- En 1918, Yersin renouvela la même tentative en Annam, sur-la « Cordillère annamite », dont les conditions géographiques et géologiques paraissaient favorables. On n’est pas encore bien fixé sur les résultats obtenus ; mais il semble que les plantules ont dépéri, envahies par des champignons parasites des racines.
- Quoi qu’il en soit, il paraît utile d’organiser des missions de prospection dans toiles les colonies françaises pour y découvrir les terrains propices à la culture du quinquina. Pour les besoins mêmes de la défense nationale, hors de la métropole, on doit instituer une véritable politique du quinquina qui ne nous mette pas à la merci d’une puissance étrangère (t) et il faut savoir gré à M. le médecin inspecteur général Gouzien d’avoir appelé à ce sujet l’attention de l’Académie des Sciences coloniales. S. Abbatucci.
- 1. En 1920, le consul générttkd’Allemagne aurait essayé d’accaparer toute la production qulniqüe de Java, niais ses propositions furent repoussées par les autorités hollandaises.
- <
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La NatUfe oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et àccompagaées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement*
- Communication.—Le Rayon Vert. — M. le Commandant Fallais* à Saint-Malo, a eu la chance d’observer le Rayon Vert le 4 juin dernier, à Saint-Malo. Par une coïncidence heureuse* notre numéro du 6 juin contenant l’étude de notre collaborateur M. Em. Touchet sur ce phénomène d’optique atmosphérique lui parvint deux jours après. Les diverses phases observées par notre
- ntt 6 lâfr
- p.2x5 - vue 456/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- correspondant étaient tout à fait d’accord avec celles décrites dans l’article. Retenons, de l’observation du commandant Fallais, deux renseignements intéressants : i° Durée du phénomène : i secondes ont paru trop longues, et i seconde pas aësez. a” Couleur : émeraude claire. « Les peintres, écrit M. Fallais, me comprendront si je dis que cette couleur peut être reproduite sur la palette avec du vert émeraude, un peu de vert véronèse et, pour rendre le ton plus chaud, une pointe seulement d’un jaune de chrome foncé ».
- La pluie artificielle. — M. Albert-.fagot, membre de la Commission météorologique delà Sarthe, nous écrit :
- « Dans La Nature du i3, un article anonyme conclut : la pluie artificielle parait un rêve.
- Une réponse anticipée se trouve dans votre revue fin 1922 ou commencement 1923, rendant compte d’expériences effectuées en Amérique; on envoyait un avion répandre sur des nuages du sable chargé d'électricité à une haute tension.
- Etant en relations avec l’Université de Californie à Berkeley, je demandai des renseignements sur la créance qu’on pouvait apporter à cette information (la Californie de par son climat est le pays par excellence des soi-disant rainmakers); j’extrais d’une lettre du 8 juin iguS, la réponse textuelle qui se rapportait à ce sujet.
- « I hâve been told that the effort to produce reinfall in Cleveland (Ohio) b y scattering electrified sand in the air was successfull. The sand particles were charged by friction vvhile they are being ejected. These charges tended to neutralize the charges on vvater particles in the air allowing them to unité to form drops. »
- (On m’a dit que la tentative faite pour produire une chute de pluie à Cleveland, à Ohio, en répandant dans l’air du sable électrisé a réussi.
- Les particules du sable étaient électrisées par frottement au cours de leur éjection. Leurs charges tendaient à neutraliser les charges portées parles particules d’eau dans l’air, ce qui permettait à celles-ci de se rassembler pour former des gouttes.)
- Question. — Za bière et les cerises. — Un de nos lecteurs nous écrit : « On m’a signalé qu’il serait très dangereux de manger des cerises et de boire de la bière au même repas, et que, dans nombre de brasseries d’Alsace, il y a des pancartes indiquant ce danger aux consommateurs, car, paraît-il, une mort subite pourrait s’ensuivre.
- Comme la saison chaude s’ouvre et que les cerises et la bière vont être présentées sur les tables, je vous serais reconnaissant de me dire si le fait est vrai et sur quoi il est basé en cas d’affirmative. »
- Nous ne connaissons aucun fait de ce genre et serions heureux de connaître les observations de nos lecteurs sur ce sujet.
- Réponses. — Ecole Sophie-Germain. — A propos des crèmes glacées (n® 2669) : 1° la quantité de sucre, non indiquée, à ajouter aux fruits, dépend de l’état de maturité de ceux-ci et de leur saveur; 20 pour le pudding, la quantité de vanille à employer dépend du goût de chacun.
- Les couleurs inoffensives, utilisables dans les substances alimentaires, sont peu nombreuses : cochenille, orseille et autres matières végétales, à l’exception de la gomme-gutte et de l’aconit napel ; alizarine, indigotine et dérivés sulfonés purs.
- M. le Dt G., à Eygurande. — A notre avis le meilleur moyen que vous puissiez employer pour dessaler la poutre est d’absorber progressivement le sel par capillarité en plaçant à la surface une substance poreuse, sciure de bois sèche, plâtre cuit en poudre, etc. Changer fréquemment la substance absorbante et la remplacer par de la neuve. Au bout de très peu de temps, croyons-nous, vous obtiendrez un résultat satisfaisant.— N.-B. Si le maintien du plâtre ou de la sciure sur la poutre est difficile, disposer autour de celle-ci une sorte de caissette avec quelques feuillets légers.
- T. S. F. — M. V., à la Garenne-Colombes (Seine).
- — Il est difficile d’obtenir une bonne sélection en utilisant le secteur électrique comme antenne. Le meilleur moyen consiste à utiliser un accord en Tesla avec primaire apériodique, du genre du « Collector »
- S. S. M. déjà décrit dans La Nature. Il est simple de
- •SEp?
- réaliser le secondaire avec une bobine pn nid d’abeilles choisie suivant la longueur d’onde des émissions à recevoir. Le primaire apériodique se compose simplement de quelques spires, en fil isolé ou même nu, enroulées autour de cette bobine ou du moins couplées d’une façon assez serrée. Il serait bon également de placer un condensateur d’arrêt en série dans le primaire.
- M. l’abbé Millet, à Pontleroy (Loir-et-Cher). — Nous ne connaissons pas de livres théoriques uniquement consacrés aux appareils à résonance avec réaction. Vous pourrez consulter cependant des articles très intéressants de M. Blondel parus sur ce sujet dans la revue Radioélectricité, 63, rue Beaubourg, Paris.
- M. G. A., à Boulogne-sur-Mer. — 1° Le poste
- radiophonique installé sur un yacht, dont vous nous envoyez la description, est excellent en principe. Il serait cependant inutile d’utiliser deux postes de réception distincts, l’un pour la réception des ondes courtes, l’autre pour la réception des ondes moyennes. .
- Un seul poste à quatre ou cinq lampes comprenant un étage à haute fréquence à résonance, un étage semi-apériodique, une lampe détectrice à réaction et deux étages à basse fréquence sera employé avec succès dans ce but. L’étage semi-apériodique est d’ailleurs facultatif et inutile par l’audition des émissions puissantes.
- 20 Vous pourrez trouver des conseils pour le choix de cet appareil dans Lal Pratique radioélectrique par P. llémardinquer (Masson, éditeurs). De nombreux détails de construction avec données précises d’établissement se trouvent dans Zes Montages étalonnés en Radiophonie du même auteur.
- 3’ Si vous disposez d’une installation par la recharge cl'accumulateurs, il est plus économique d’utiliser une batterie d’accumulateurs pour le chauffage des lampes. Les audions employés seront d’ailleurs du type ordinaire à consommation normale (0,7 ampère).
- M. R., à Vertus (Marne). — i° L’insuccès partiel que vous avez constaté en remplaçant les résistances de votre amplificateur par des bobinages de liaison provient sans doute d’une mauvaise disposition de la rétroaction.
- Vous pouvez vous contenter de remplacer seulement la deuxième résistance par un bobinage, et de laisser les deux autres résistances inchangées.
- Comme bobinage résistant pour la réception des ondes courtes, un bobinage de liaison du type ordinaire peut être essayé avec succès (avec un bon compensateur, évidemment).
- 2° On entend fort mal en province Vémission du poste des P. T. T., cependant il nous semble que cette audition devrait être possible même sur cadre. Utilisez de préférence un cadre séparé avec spires bobinées en spirale plate.
- Un cadre de 1 m. 5o à 2 m. de côté comportant 5 spires écartées de 5 cm peut être utilisé. Un enroulement de 3 spires de 3 m. 5o X 2 m. 5o serait encore préférable.
- M. J. P., à Lisbonne (Portugal). — Nous serions heureux de vous donner le renseignement que vous demandez, mais il serait absolument nécessaire que vous donniez des précisions plus grandes sur l’émission que vous avez entendue. Autant que possible, il serait nécessaire de nous indiquer l’indicatif du poste entendu et surtout sa longueur (.Fonde.
- M. P., à Besançon (Doubs). — i° Nous vous remercions de votre intéressante communication qui paraîtra dans La Nature.
- 2° De nombreux expérimentateurs ont signalé des phénomènes de réception des ondes entretenues sur simple galène. Ce problème a été étudié dans Cent Problèmes Pratiques de T. S. F. et nos confrères de Radio-Revue ont ouvert une enquête à ce sujet. Le phénomène peut être causé, soit par des interférences produites dans les circuits de réception lors de l’audition d’émissions puissantes, soit par des effets accidentels d’oscillation du cristal, analogues à ceux constatés récemment dans les montages « cristadynes » à zincite.
- 3° Voici les indicatifs des postes que vous avez entendus :
- I. C. G. Pantellaria IItalie).
- P. C. G. Kootu ijk-Sambeck (Hollande).
- U. F. S. Eros
- iït-
- p.2x6 - vue 457/663
-
-
-
- La géométrie du compas, par A. Quemper de Lanascol, i vol. 4o3 p., 288 fig. Librairie scientifique Albert Blanchard, Paris, igaS. Prix : 24 francs.
- La géométrie du compas est la science des constructions géométriques à l’aide du compas seul, a 1 exclusion de la règle. L’auteur a rassemblé dans cet ouvrage tout ce que l’on connaît aujourd'hui sur la géométrie du compas, création de l’Italien Masche-roni, révélée par Bonaparte à Laplace et à Lagrange. Le traité de M. Quemper de Lanascol réjouira les fervents de la géométrie pure, qui y trouveront une forde de problèmes fort attrayants.
- Lampes, tubes et valves électriques, par H. Péciieüx, 1 vol. 2/(o p., 153 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1925. Prix : 25 francs.
- L’auteur étudie successivement les lampes électriques à incandescence, les lampes à arc, les tubes à vide, les redresseurs électroniques ou à ions, les lampes à trois électrodes^ Dans chacune de ces catégories d’appareils, il rappelle les phénomènes et les lois physiques qui interviennent, il décrit les divers modèles de lampes, indique leurs caractéristiques et donne d’intéressants détails sur leur construction. Il indique également comment on emploie ces lampes, et comment on détermine et contrôle leurs propriétés. Cet ouvrage rassemble ainsi une abondante et précieuse documentation. x
- Le radiomèlre de Crookes, par J. Lourbet, i brochure autographiée, 36 p., chez l’auteur, rue du Compas, Saint-Girons (Àriège).
- Crookes, en imaginant son radiomèlre, avait cru réaliser un dispositif mettant en évidence la pression de la lumière, dont Maxwell en i8y3 avait démontré théoriquement l’existence, mais on s’est bien vite aperçu que le mouvement giratoire du radiomètre ne pouvait s’expliquer par la pression de la lumière ; celle-ci a été mise en évidence plus tard par Lebedew (voir La Nature, n° 2462, 11 juin 1921). M. Lourbet s’efforce de démontrer que Crookes ne s’est pas trompé et que le mouvement du radiomètre est bien dû à la pression de la lumière et non à des effets thermiques. Mais ses observations nous paraissent, en réalité, venir à l’appui de la thèse qu’il croit combattre.
- La télégraphie sans fil à grande distance, par J. Brun, 1 vol. 232 p., 85 fig., Albin Michel, éditeur, Paris. Prix : i5 francs.
- L’auteur, après avoir rappelé les théories en faveur pour expliquer la propagation des ondes hertziennes autour de la Terre, décrit tout d’abord les divers systèmes proposés ou employés pour éliminer les parasites atmosphériques. Ces perturbations constituent en effet le principal obstacle aux communications radiotélégraphiques à grande distance. Il étudie ensuite les montages de réception pour communications à grande distance, les procédés d’enregistrement des signaux, les appareils à transmission automatique, puis l’exploitation des grands postes et l’organisation actuelle des radiocommunications mondiales.
- Manuel des chemins de fer (Traction, matériel, exploitation, législation), par J. Bourde, i vol. in-18, 460 p., 72 fig., J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix cartonné : 18 francs.
- On trouve dans ce volume la description de la locomotive et de ses organes, les formules théoriques indispensables pour calculer l’adhérence de la locomotive et par suite le poids qu’elle peut remorquer; puis la description des wagons, des freins, du matériel d’éclairage et du chauffage, des gares, des appareils de sécurité, des notions d’exploitation, et un bon résumé de la législation et des tarifs en vigueur sur les chemins de fer français.
- Les industries de fixation de l’azote, par M. Guichard, 1 vol. in-16, 204 p., 21 fig. A. Colin, éditeur^ Paris, 1925. Prix : 6 francs.
- Le problème de la fixation de l’azote atmosphé-
- rique était déjà posé avant la guerre et avait reçu plusieurs solutions pratiques. Mais pendant la guerre il s’est posé sous un jour nouveau et imprévu, et chaque pays belligérant à dû lui apporter d’urgence une solution. Aussi la fixation de l’azote est-elle devenue en peu de temps une très grande industrie, actuellement encore en voie de développement rapide. C’est l’histoire de cette industrie nouvelle qu’écrit M. Guichard. Il rappelle d’abord les cycles décrits par l’azote entre le monde minéral et le monde organique ; il montre la nécessité pour l’agriculture moderne de trouver des engrais azotés artificiels. Il étudie ensuite brièvement les diverses méthodes mises en oeuvre ou proposées pour fixer l’azote atmosphérique : oxydation (Birkeland et Eyde), hydrogénation (Haber, Claude, Casale), hydrogénation indirecte (cyanamide), azoturation (Serpek), cyanuration. IQ termine par un aperçu économique d’ensemble sur l’état actuel de la question de l’azote.
- Manuel de fabrication des épingles, des aiguilles, agrafes, etc., par M. Demouy, i vol., in-18, 266 p., 65 fig., J -B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix cartonné : 12 francs.
- Il y avait jusqu’ici peu ou point d’ouvrages sur la fabrication des épingles, aiguilles et objets similaires. Cette lacune est comblée par le manuel de M, Demouy. Il nous apprend comment on fabriquait ces articles avant l’emploi des machines, il explique le fonctionnement des machines automatiques aujourd’hui en usage, et donne pour chacun d’eux.les renseignements commerciaux essentiels. En dehors des épingles et aiguilles, ce livre traite des agrafes, boucles, boutons métalliques, et boutons pressions, plumes métalliques et hameçons.'
- Les Alpes françaises, par R. Blanchard, i vol. in-16, 23 cartes et graphiques. Armand Colin, éditeur, Paris, 1925. Prix : 6 francs.
- M. R. Blanchard décrit, ou plutôt explique la région géographique fpi'mée par les Alpes françaises. C’est un monde très varié comprenant de nombreuses régions naturelles, très différentes les unes des autres, quoique marquées par un certain nombre de traits communs. L’auteur met en relief les caractères de ces diverses régions ; relief, nature géologique, climat, végétation, communications avec les régions voisines, et fait ressortir l’influence de ces caractères sur le peuplement de la contrée, l’industrie et le mode d’existence de ses habitants. Les disciplines de la nouvelle école dite de la « géographie humaine » ont manifestement servi “de guide à cet intéressant ouvrage. .
- Analyse bactériologique des eaux potables, par B. Mol-liex. 1 vol. in-18, 192 p. Le François, Paris. Prix \ 10 francs.
- L’auteur expose tous les détails des opérations d’analyse bactériologique, puis donne d’une façon détaillée non seulement la monographie des germes pathogènes ou banals qui peuvent souiller les eaux, mais il en indique avec précision les méthodes de recherche et surtout d’identification; de nombreux tableaux simplifient la recherche. Enfin, la marche de l’analyse et l’interprétation des résultats révèlent le fruit d’une longue pratique.
- L’hygiène sociale ou le sens de la vie, par Jacques Lourbet. i vol. autographié, 96 p- Chez l’auteur, à Saint-Girons (Ariège).
- La Piété antique, par André Godard, i vol. in-16, 824 p. Perrin, Paris. Prix : 8 francs.
- Dans ce nouveau volume de philosophie religieuse, consacré surtout aux rapports des religions antiques avec la dogmatique judéo-chrétienne, l’auteur étudie incidemment, à propos des lieux rétributifs, les notions très importantes des philosophes dypamistes de l’Inde et de Grèce sur l’Ether, l’hyperespace ou l’ultrafluidique qui domine et pénètre à leur avis la matière cosmique. Ceci est à rapprocher.de certaines théories actuelles sur l’espace et la matière.
- de1 8 !ib
- p.2x7 - vue 458/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2675 ÎT Juillet 1925
- <;
- INFORMATIONS
- :>
- Le centenaire des découvertes de Chevreul. — C’est en 1825 que Chevreul prit avec Gay-Lussac le premier brevet d’invention destiné à appliquer industriellement les résultats de ses mémorables découvertes. De ce brevet naquit une industrie nouvelle, celle des bougies stéariques qui marqua un très important progrès dans la technique de l’éclairage. L’œuvre de Chevreul a été extraordinairement féconde en résultats pratiques : l’industrie de la savonnerie dut à ses découvertes l’impulsion qui la tira de l’empirisme et modernisa ses méthodes ; l’industrie de la glycérine trouva dans les « lessives usées » une matière première sans laquelle elle n’aurait pas pu prendre naissance et l’industrie de l’huilerie dut son essor au développement que prirent les applications des corps gras. La fabrication des peintures elle-même doit aux recherches que Chevreul entreprit en i85o une large part des progrès qu’elle a réalisés depuis un siècle.
- et avec succès, par plusieurs expéditions automobiles françaises, qui ont mis en relief l’habileté et le courage déployés par des voyageurs, ainsi que la qualité des voitures employées. Ces expéditions constituent de véritables explorations qui contribueront à créer à travers l’Afrique, en attendant les chemins de fer, de nouvelles voies de communication, indispensables au développement de ce grand continent.
- Citons d’abord l’expédition Tranin-Duverne qui a traversé tout le continent africain d’Est en Ouest, partant de Dakar pour aboutir en Abyssinie, à travers le Soudan, la Haute Volta, la Nigeria, la région du Tchad, et l’Ouadaï. La voiture employée était une Rolland-Pilain.
- Le capitaine Delingette accompagné de Mme Délin-gette à bord d’une automobile Renault à 6 roues a traversé l’Afrique du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Parti de Colomb-Béchar le x5 novembre dernier, il fran-
- BSsfi
- La Société de Chimie industrielle a pensé qu’elle ne devait pas laisser passer le centième anniversaire de la preniière application des travaux scientifiques de Chevreul sans le commémorer. Une séance solennelle aura lieu à Paris le u octobre iq.25 à l’occasion du cinquième Congrès de Chimie industrielle. Le Président de la République, le Gouvernement, l’Académie des Sciences, le Muséum National d’Histoire naturelle prendront part à cette cérémonie commémorative qui aura lieu dans les locaux mêmes ou Chevreul fit ses plus remarquables découvertes.
- Les fêtes de commémoration du Centenaire de Chevreul clôtureront le cinquième Congrès de Chimie industrielle qui s’ouvrira à Paris le 4 octobre prochain.
- Le tremblement de terre de Californie. — La
- côte ouest du Pacifique, si souvent ébranlée par les séismes, vient à nouveau d’être, le théâtre d’une catastrophe : le 29 juin une violente secousse a ébranlé la région de Santa-Barbara, riche station balnéaire, située à i45 km au nord de Los Angeles. On compte de nombreuses victimes, plusieurs morts et près de 400 blessés. Les dégâts matériels sont considérables.
- Les raids automobiles à travers l’Afrique. — Les
- audacieuses traversées du Sahara en automobile, ont suscité cette année de nouvelles et intéressantes tentatives plus hardies encore, les unes dues aux initiateurs mêmes des raids transsahariens, les autres à des émules. L’Afrique vient d’être sillonnée en tout sens,
- chit d’abord le Sahara pour rejoindre le Niger à Bou-rem ; puis il se dirige vers le Tchad, et atteint Fort-Lamy; il gagne ensuite Bangui, traverse une partie extrêmement accidentée et difficile du Congo Belge, en passant à Stanleyville, franchit la chaîne de Ruwenzori, le territoire de Kenia et arrive à Nairobi.
- Après quelques jours de repos, le capitaine Delingette repart vers le Sud, en direction du Gap; sa présence était signalée il y a quelques jours à Johannesburg.
- La mission Hardt, Audouin-Dubreuil sur voitures Citroën a pris également comme point de départ Colomb-Béchar le 28 octobre dernier. Jusqu’à Bangui, elle a suivi à peu près la même route que le capitaine Delingette; puis elle s’est dirigée sur Stanleyville et le lac Victoria. Le 25 avril, elle arrivait à Tabora. Là elle s’est partagée en 4 groupes; l’un d’eux, le groupe Brüll, se dirige sur le Cap; trois autres groupes : Haardt, Audouin-Dubreuil, Bettembourg, se sont dirigés vers la côte de l’Océan Indien par 3 itinéraires différents, aboutissant l’un à Monbassa, l'autre à Dar-es-Salam, le 3e à Mozambique. Là, ils se sont embarqués pour se rejoindre à Majunga, sur la côte Est de Madagascar et gagner Tananarive où ils viennent d’arriver.
- Grue flottante de 350 tonnes. — Les appareils de manutention destinés aux constructions navales ont des puissances considérables. La grue flottante la plus puissante du monde est actuellement celle que les usines
- *[>
- 2
- p.2x8 - vue 459/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- #!
- Cowans, Sheldon ont expédiée récemment au Japon.
- Le ponton a 3o m. de large et 90 m. de long. L’appareil peut lever 35o t. et les manutentionner sur un rayon de 33 mètres. La charge est supportée par deux blocs de 175 t. indépendants ou pouvant être couplés ensemble. Un crochet de 5o t. est placé à l’extrémité de la volée et la hauteur de levage à cet endroit dépasse 65 m. Un autre crochet de 5o t. se déplace sur trolley, ce qui permet le transport de poids faibles sans faire intervenir le mouvement de bascule.
- Ce mouvement est obtenu par deux vis de i3 m. de long et d un diamètre de 35 mm. La grue tout entière peut tourner suivant un cercle complet, toutes les commandes se font par moteurs à vapeur avec embrayage, freins hydrauliques, etc.... L’opérateur se trouve‘dans une cabine au-dessous de la volée et il a une vue nette du fonctionnement de la charge et de l’endroit où elle doit se poser. Une machine de propulsion disposée au milieu du pontqn actionne deux hélices. -
- Cet engin énorme a été construit en Angleterre. Les pièces ont été envoyées au Japon où eut lieu le montage qui fut exécuté avec une très grande rapidité, grâce à une perfection complète, non seulement dans la construction des pièces détachées, mais également dans la préparation du montage lui-mt-'me. Il fut facilité par la présence d’une grue flottante du même genre qui permettait de mettre en place les différents tronçons de la grue et de sa volée en quelques heures.
- Les gazogènes à fusion de cendres et les verres basiques. — La nécessité de tirer parti de tous les combustibles a provoqué de tous temps, mais surtout en ces dernières années, un intense mouvement de recherches et d’inventions dans les directions les plus diverses. Parmi celles-ci, il convient de faire une place spéciale au gazogène à fusion de cendres, sur lequel M. Berllielot a donné d’intéressants détails dans une recente conférence à la Société des Ingénieurs Civils, conférence consacrée à l’utilisation des combustibles inférieurs. Ces appareils, qui servent à gazéifier des charbons de médiocre qualité, très cendreux, et même des schistes, ressemblent à de petits hauts fourneaux. L’air soufflé, froid ou chaud, est envoyé au creuset par des tuyères situées à une certaine distance du fond. L’allure de combustion est très vive; c’est là le point capital. Elle peut varier de 5oo à i5oo kg de combustible par heure et par 11U de surface de la cuve mesurée dans la section des tuyères. On peut prévoir des gazogènes gazéifiant z5oo kg de combustible à l’heure, c’est-à-dire 4 fois plus que les gazogènes ordinaires. Les cendres fondent et sont recueillies; elles sont utilisables le plus souvent, comme ciment par exemple.
- Il existe en France un bel exemple d’installation de gazogène à fusion de cendres, aux Houillères de Saint-Etienne où elle fonctionne depuis 1921. Les gazogènes sont du système Philippon. On y traite aujourd’hui par 24 heures i3 t. 5 de schistes provenant du lavage des charbons et renfermant 8 pour 100 d’humidité, 60 p. 100 de cendres. On recueille du ciment d’une part, du gaz de chauffage pour les chaudières d’autre part, c’est-à-dire des kilowatts et l’on a donné une valeur à un produit qui n’était jusqu’alors qu’un résidu encombrant et sans emploi.
- Le gazogène à fusion de cendres, employé à traiter certains résidus convenablement préparés, donne non plus du ciment, mais des verres basiques, produit nouveau dont la fabrication a été étudiée par un savant céramiste,. M. Bigot. Les verres basiques sont constitués par des silicates-renfermant plus d’une molécule de base pour une molécule de silice. Ils jouissent-rle propriétés mécaniques et physiques intéressantes. Ils ne se ramollissent guère que vers noo° et sont fluides à i35o°. Difficiles à travailler par soufflage, on les emploie par coulage à l’état fluide. En raison de leur résistance à l’usure, à l’écrasement, à la flexion, de leurs qualités isolantes au point de vue électrique, de leur résistance aux réactifs chimiques, et aussi de [leur bon marché, les verres basiques se prêtent à de nombreuses applications : pavages, dallages, matériaux de construction, isolateurs électriques, industrie chimique, etc.
- M. Bigot prépare les verres basiques au moyen des déchets les plus divers : mâchefers, laitiers de hauts fourneaux, résidus de la fabrication de l’alumine, schistes résidus extrêmes du lavage des charbons.
- Pour obtenir des verres basiques à partir de ces
- schistes, on les additionne de castine en quantité voulue pour arriver à la composition d’un verre basique et on les traite dans un gazogène à fusion de cendres. A la base de l’appareil, on reçoit un jet de verre liquide qu’on recueille dans des moules métalliques où il se fige et on le porte au four à recuire. _
- Goût singulier de mésanges charbonnières. —
- Au mois d’octobre dernier, je fus un jour prévenu par mon jardinier que des mésanges mangeaient le mastic maintenant les vitres de ma serre. Un peu sceptique, je répondis au bonhomme, cependant d’âge et sérieux, qu’il remplaçât le mastic et l’affaire ce jour-là en resta là. Peu de temps après le brave homme vint me dire qu’il n’avait plus de mastic, que les mésanges le mangeaient au fur et à mesure qu’il le remplaçait! Contrarié et encore plus intrigué, j’achetai 2 ou 3 kilos de mastic et je consolidai moi-même mes carreaux branlants. Puis je m’installai à l’intérieur de la serre. Je n’y étais pas depuis cinq minutes qu’un picotement répété me fit lever le nez et à quelques centimètres de ma figure j’aperçus à travers les verres une mésange charbonnière en train de se régaler avec mon mastic. Puis deux, trois, quatre ou cinq compagnes vinrent la rejoindre et le festin continua de plus belle. Au bout d’une demi-heure environ, je sortis de ma cachette et pus constater mieux que du dedans qu’un sixième environ de mon masticage avait disparu. Cinq jours plus tard il n’en restait rien! Je ne pus faire mastiquer mes carreaux que deux mois plus tard alors que le froid agissant sur le mastic le rendait rapidement assez dur. J’ajoute que malgré mes recherches je n’ai jamais trouvé ni dans le potager ni dans les environs aucune mésange morte... d’indignation! P. Flkury.
- Les ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris. — On parle beaucoup de la crise de l’apprentissage. Depuis le temps qu’on en parle, des personnes et des groupements prévoyants ont agi et il est juste de jeter un coup d’œil sur leur œuvre comme vient de le faire M. G. Eugène Bertin dans Y Economiste français.
- Un précurseur, M. Kula, a préconisé l’action des Chambres de commerce. La Chambre de Paris n’a pas tardé à inaugurer des ateliers-écoles où les enfants insuffisamment fixés sur leurs goûts personnels se voient découvrir les méthodes, les charmes ou les difficultés de divers métiers. On leur enseigne à travailler le bois et le fer certes, mais à côté le travail du carLon, la maroquinerie, la plomberie, la broderie, la fonderie, la céramique, si bien qu’ils peuvent en quelques mois s’aiguiller en connaissance de cause. Il est satisfaisant de constater que des goûts personnels s’éveillent après peu de mois et ainsi se forment des travailleurs artistes, aimant le métier choisi parce qu’ils ont pu le comparer à d’autres et bien mesurer leur penchant avant de prendre une décision. Voici maintenant où l’on en est :
- Un atelier-école, rue des Epinettes, fondé en 1920, apprend la mécanique, la serrurerie, la menuiserie, la ferblanterie et la plomberie; 225 élèves. Ce nombre nous dispense de commentaire. Un autre, rue Aumaire, pour la petite mécanique, la menuiserie, la sculpture sur bois, la carrosserie, la serrurerie et la ferronnerie d'art; 23z élèves. Un troisième, rue de Babylone : serx-urerie, ferronnerie, menuiserie, ébénisterie pour les garçons, couture, lingerie, broderie, modes, car on étend aux filles le bénéfice des- ateliers-écoles qui réussissent si bien. Un autre atelier, place des Vosges, enseigne la papeterie, le cartonnage, la maroquinerie, les articles de voyage. Tout récent, cet atelier a ouvert ses portes avec 38 élèves.
- Enfin, rue Montmartre, des vendeurs de maisons de détail et des employés de magasins, des étalagistes, etc., et rue Saint-Lambert des serruriers, ferronniers, menuisiers, charpentiers, spécialistes des métaux en feuilles et; des tuyaux, se forment à la perfection.
- Au budget de 1925 cet enseignement professionnel figure pour 1 100 000 francs. Les Chambres syndicales et le Conseil municipal sé concertent pour développer cette institution féconde. On connaissait déjà les écoles spéciales de la Ville de Paris et qui n’a pas admiré dans les expositions du Livre, par exemple, les travaux de leurs élèves. Certains arts, comme la reliure, ont été rénovés et plus n’est à craindre la disparition des artisans qui ont fait jusqu’à présent la célébrité de notre Paris. L. R.
- p.2x9 - vue 460/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ‘tg'i'S. Construction
- Construction en bois armé. — Nous avons été à même de visiter dernièrement à Versailles une construction originale due à l’un de nos abonnés, M.'Marcou, qui
- est déjà l’auteur d’inventions intéressantes que nous avons signalées ici même.
- Le principe de la construction en bois armé imaginé par M. Marcou est d’utiliser un squelette métallique, constitué par des tubes de fer placés verticalement à i m. les uns des autres, reliés horizontalement par des fils ou des bandelettes de fer espacés d’environ ^5 cm,; ces fils n’existent naturellement pas dans les ouvertures des portes ou des fenêtres.
- Un soubassement en agglomérés ou en maçonnerie quelconque constitue un petit mur de 5o cm. de hauteur, qui présente sur chacune des faces de la maison une ouverture permettant l’aération en été. Ces ouvertures sont susceptibles d’être closes en hiver, en raison du système de chauffage préconisé par M. Marcou et que nous décrirons tout à l’heure.
- Sur le soubassement on place une semelle en charpente qui est séparée de la maçonnerie par une bande de carton bitumé uni. Des tubes verticaux de 17 mm, analogues à ceux employés pour le chauffage central, sont agencés dans des trous percés à 1 m. de distance
- _ .Faîtière
- >P^n«e
- Semelle-
- Fig. 2. — Ccmpe verticale de la maisonnette.
- dans la semelle inférieure. Chaque tube est fileté à ses deux extrémités pour y monter deux écrous de serrage. Les tubes verticaux servent à enfiler des briquettes de bois de formes diverses, suivant le service qu’elles doivent assurer. Ces briquettes vont par paire, elles sont assemblées ainsi deux à deux et peuvent réaliser soit la colonne de support d’un mur droit ou bien l’encoignure d’un mur d’angle, s’il s’agit de briquettes déformé simple. En prenant les briquettes de forme plus cornpli-
- Elément
- type.
- Fig. 4. — Assemblage pour poteaux (iertype).
- quéeeten lesassociant avec lapremière sorte, on constitue le point de jonction d’un mur droit et d’une cloison. Enfin les deux briquettes du deuxième système, chevauchées l’une sur l’autre, forment la cloison de deux murs ou de deux cloisons. On obtient ainsi tous les genres de murs, tous les modes de cloisonnement avec deux séries seulement de briquettes.
- Toutes ces pièces ont deux rainures latérales, ce qui permet d’y faire coulisser des panneaux de bois ; on constitue ainsi une cloison double, les deux séries de panneaux de bois étant séparées par un matelas d’air. On conçoit donc que le montage d’une maison de ce genre est particulièrement rapide et simple.
- Les briquettes sont enfilées sur une tige de jS- cm. de hauteur environ, ce qui permet de placer dans les tubes toute une série de briquettes. Pour être plus 'solide, le mur est chaîné de place en place en vissant, dans deux briquettes opposées, deux pitons et en passant dans ces pitons un fil de fer, Lorsque le fil est bouclé, on visse les pitons pour torsader et raidir les fils métalliques, dispositif d’ailleurs employé dans les cloisons courantes de plâtre.
- Le bâti des portes et des fenêtres comporte également deux rainures parallèles une languette de bois placée dans ces rainures et dans celles des briquettes de l’encadrement maintient énergiquement les portes et les fenêtres sans autres attaches, ce qui a pour effet d’ailleurs de consolider la maison sans faire intervenir de vis, ni de clous.
- Les cloisons étant édifiées complètement jusqu’à 10 cm en dessous de l’extrémité supérieure des tubes verticaux, on place les pièces de bois faîtières, percées de trous tous les mètres, afin de laisser passer les tubes. Transversalement on place des pièces de bois ou traverses qui s’entrecroisent avec les faîtières par des entailles à mi-bois.
- On prépare ensuite
- le plafond de la pièce. Pour cela les traverses sont pourvues de rainures dans lesquelles on glisse des panneaux de bois ou frises, assemblés par rainure et languette. Le plafond s’ajuste, de la même manière que les cloisons.
- Une fois le plafond monté, on place des écrous sur les tubes çt on les serre de manière à consolider le tout par le blocage des écrous supérieurs. Sur les tubes dont la hauteur donne l'inclinaison du toit, on enfile quelques briquettes soutenant les pannes de la charpente qui supporteront les traverses formant l’angle supérieur du toit.
- Une maison de 6 m. sur 6 m. se monte et se démonte avec une très grande rapidité : elle est constituée d’éléments légers exécutés à la machine dans des chutes de bois dur. La maison tient uniquement et solidement par 24 écrous.
- Le matelas d’air, entre les deux parties des parois est déjà isolant par lui-même, mais on peut rendre l’habitation plus confortable en fixant sur les façades une colle spéciale ou du papier asphalté. On recouvre ensuite avec des plaques de ciment amianté de 5 mm. d’épaisseur. On a alors des murs étanches sans peinture extérieure et la maison est extérieurement incombustible,
- J1 lîrf Ù\
- '
- w li
- Fig. 6.— Elément du a° type.
- p.2x10 - vue 461/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ép
- Fig. 7. — Assemblage pour croisement.
- Les plaques de ciment amianté sont maintenues en place par des couvre-joirils fixés sur les montants de bois armé : ce sont les seuls clous ou vis que l’on ait à utiliser dans la construction.
- 11 ne reste plus ensuite qu’à disposerla toiture en ciment amianté ondulé facile à placer, qui constitue une toiture légère. Une lamelle de plomb assure au sommet l’étanchéité delà couverture. On peut évidemment adapter tout
- autre système de couverture : tuiles, ardoises, zinc, etc.
- Sur le plafond on a posé tout d’abord une couche de papier, mais sans être collé et par-dessus on répand une couche de a à 3 m. de sciure de bois, sur laquelle on remet une couche de papier, puis 4 à 5 cm. de foin, enfin une couche de papier goudronné. On évite ainsi toute déperdition de chaleur en hiver et toute pénétration de chaleur en été. Il est évident que l’on peut remplacer les produits précédents par du liège ou de la tourbe, mais ces derniers sont soit plus onéreux, soit plus lourds.
- Le plancher est installé comme un parquet ordinaire en disposant des frises rainurées côte à côte qui s’assemblent par simple emboîtement.
- Pour assurer le chauffage de cette habitation, M. Mar-cou préconise une disposition très intéressante. Les ouvertures sur les parois dans le soubassement sont fermées en hiver au moyen d’un parpaing qui est remis en place et jointe avec de la terre franche. Le foyer est établi sous la maison. On creuse dans le sol un trou au centre de la maison et on y installe un poêle du modèle le plus simple. Pour y accéder, le trou est prolongé à l’extérieur et on y descend au moyen de quelques*marches ; on peut aussi aménager une descente par la cuisine ou par toute autre partie de la maison. Ce système de chauffage élimine l’humidité qui monte habituellement du sol ; c’est une chaleur douce et agréable qui vient du sous-sol et que l’on peut faire d’ailleurs monter dans les chambres au moyen de bouches ménagées aux endroits voulus, susceptibles d’être obturées par un voleta coulisse. La chaleur s’accumule dans le sous-sol sans déperdition, car l’espace entre le sol et le plancher étant clos, la chaleur ne peut se répandre que très lentement et très régulièrement par le plancher. Le poêle chauffe également les piliers de la maison et le sol lui-même ; on a ainsi une accumulation de chaleur qui subsiste très longtemps après que le feu est éteint.
- Des expériences faites sur la maison établie à Versailles ont donné les résultats suivants : au mois de janvier de cette année, le feu allumé vers 5 heures s’éteignait vers 9 heures. A 8 h. 1/2 du soir avec une température extérieure de 3°, la chambre de chauffe marquait 34° et la pièce au-dessus i 5°. Le lendemain à 7 heures du matin avec
- une température extérieure de 5°, la chambre de chauffe marquait 180 et l’intérieur de la maison 12°.
- On peut donner à la maison la disposition voulue en plan, car on a une installation extrêmement simple : il suffit de prévoir l’armature métallique en conséquence avec la position respective des murs et des cloisons. Une habitation de ce genre peut bénéficier également du dispositif de lit vertical et d’autres inventions ingénieuses dues à M. Marcou. 11 y a là une combinaison très intéressante et particulièrement originale qui rendra certainement de grands services pour l’édification économique de maisons rapidement montées, disposant malgré tout d’un confortable qui ne se rencontre pas toujours dans les maisons en maçonnerie, dont les principes ri’ont guère varié depuis de nombreuses années.
- M. Marcôu, 27, rue Satory, Versailles.
- Fig. 8. — icr et 20 types assemblés-pour' départ de cloisons.
- Objets utiles <<%
- Bouchon déboucheur « Hygienic ». — Le bouchon déboucheur « llygiepip )j (fig. 9), réunit deux outils en
- un seul : 1' un déboucheur qui permet d’enlever facilement les capsules métalliques obturant les bouteilles d eaux minérales ou gazeuses ; 20 un bouchon hermétique permettant de refermer la bouteille et d’empêcher totalement l’évasion du gaz et l’altération de l’eau. Ce bouchon, placé dans le capuchon dont on coiffe le goulot, est formé d’une bague de caoutchouc plus petite que l’orifice' de la bouteille. Une fois introduite en
- Bouchon déboucheur « Hygienic ».
- Fig. 9-
- Pour déboucher une bouteille.
- En fermeture hermétique.
- Fig. 10.
- place, il suffit de tourner le capuchon de gauche à droite pour serrer l’anneau de caoutchouc sur son butoir d’arrêt, de le gonfler ainsi et de le fixer solidement sur la paroi interne du goulot. La fermeture est assez étanche pour qu’on puisse tenir la bouteille couchée sans qu’une seule goutte de liquide s’épande (fig. 10). Pour déboucher, on tourne le capuchon en sens inverse, la bague de caoutchouc se desserre et l’on peut libérer l’orifice, quitte à le refermer aussitôt après, dès qu'on s’est servi.
- Un autre modèle, sans débouchoir, existe pour les bouteille s de champagne et de vins mousseux.
- En vente à la Société Produits d’Acier, 21, rue Tronchet,Paris,8°.
- %
- Berceau-pliant.
- — Voici un petit dispositif intéressant dont les caractéristiques sont la légèreté de tout
- l’ensemble et son «
- encombrement mi- II' Berceau-pliant.
- nime lorsqu’il est
- replié, qualités qui permettront son transport facile dans quelque endroit que ce soit.
- Il est formé d’une armature de bois, qui se replie et la rigidité de l’appareil en service est assurée par des tirants. Il comprend une sorte de hamac lavable et démontable, et une capote de tissu semblable, l’ensemble forme un berceau tout à fait-confortable. Le poids total est de 5 kg et ce petit dispositif peut supporter un poids de 5okg, ce qui est grandement suffisant pour l’usage auquel il est destiné.
- Ce fait permet néanmoins d’envisager son emploi comme baignoire, en le Fig- ta-—Le berceau replié
- munissant d’une adaptation et IJiac® dans un étui, caoutchoutée. On obtient
- ainsi un appareil de voyage que l’on peut transporter dans une housse ou dans une mallette, qui se glisse ' facilement dans les bagages sur une voiture automobile et qui assurera au bébé tout le confort qui lui est nécessaire.
- Constructeur : R, Largueze, 26, rue Dautancourt, Paris,
- 12
- p.2x11 - vue 462/663
-
-
-
- ><
- VARIETES
- INFLUENCE DE L'HERBE FRAICHE SUR LES QUALITÉS DU LAIT
- ET DU BEURRE
- L herbe fraîche du printemps agit sur l’arome, la couleur, la consistance du beurre. Il suffît de penser au beurre blanc, dur, cassant, peu savoureux, que donne, 1 hiver, 1 alimentation à 1 étable, avec les betteraves, les pommes de terre, la paille, le foin. ‘
- Il existe, d ailleurs, des différences tenant à la flore, à la fertilité du sol, à la richesse en eau des tissus, etc.
- On a prétendu que la saveur plus agréable du lait et du beurre ne saurait être obtenue en distribuant le fourrage vert à 1 étable. Peut-être ici, les animaux consomment-ils certaines parties des plantes qu’ils laissent sur pied quand ils sont aux champs; ou bien encore, certaines essences disparaissent-elles rapidement dans la plante cueillie.
- , La différence d’action d’un .même aliment considéré à 1 état vert et à 1 état sec, dit M. Pagès, n’est pas aussi facile à interpréter qu’on le croit généralement. 11 semble, cependant, que la richesse en matières albuminoïdes digestibles, dont on a beaucoup exagéré l’importance ; la prédominance de^l oleine sur les autres corps gras, dont on na pas tenu suffisamment compte; la jeunesse relative des tissus ; la présence^d’huiles essentielles très assimilables, et qui se sont oxydées dans le foin, sont les principales raisons de la supériorité des plantes vertes dans l’alimentation des femelles laitières.
- Ces plantes sont également plus riches en lécithine et en vitamines. Les « beurres d’herbe » ont toujours été plus réputés que les beurres d’hiver.
- D après Magne, « par la dessiccation, les plantes perdent, avec leur eau de végétation, les principes volatils aromatiques hydrogénés qui contribuent à rendre le beurre plus suave ».
- « Il est probable, dit Cornevin, que les variations entre le beurre d été venant des pâturages, et celui des vaches nourries en stabulation avec des fourrages secs, portent sur les acides volatils, et que ce sont eux qui donnent au beurre l’odeur caractéristique qui les différencie si bien des autres gra'isses de provenance animale ».
- En ce qui concerne l’arome, il est reconnu qu’il ne dépend pas seulement de la fermentation du lait et delà crème, mais aussi des huiles essentielles que contiennent les plantes vertes. Le régime du pâturage, dit M. Pagès, est très favorable à l’odeur et au goût du lait et d,u beurre. II permet aux animaux d’assimiler et d’éliminer par la mamelle certaines essences dont la destruction dans les plantes cueillies est extrêmement rapide, quoi qu il soit possible, parfois, d’atténuer un peu les inconvénients qui résultent, dans ce cas, de la distribution de la nourriture à l’étable, en ne cueillant les plantes qu’à l’instant même où on peut les donner aux animaux.
- Les laits très sàpides sont riches en oléine ; or, l’herbe verte est plus riche en ce principe, qui sert, en général, de véhicule aux huiles essentielles, aux composés aromatiques, qui ajoutent aux qualités gustatives du beurre. Dans les régions à grande culture, où l’on adoptera fatalement de plus en plus le régime de la stabulation, on cherchera à obtenir lès avantages du régime opposé, premièrement en ayant des bêtes élevées au pâturage dans les pays à beurre ; secondement, en les renouvelant assez souvent; troisièmement, en cultivant les plantes beurrières de façon qu’elles arrivent à maturité les unes après lés autres et à des époques déterminées, en laissant, les animaux libres dans des parcs assez spacieux, pendant la belle saison, dans des étables bien aérées et proprement tenues, pendant les grands froids de l’hiver. »
- On comprend que le consommateur aime à voir au beurre cette belle couleur jaune qui caractérise les « beurres d’hêrbe », coloration qui ne flatte pas seulement l’œil, mais qui est aussi un indice probable de bonne qualité.
- Les végétaux verts, surtout l'herbe et le maïs-fourrage, engendrent chez la vache un lait dont la crème, fortement colorée, monte rapidement à la surface du liquide, dit Pagès.
- On sait que les producteurs de Jersey peuvent faire varier, pour ainsi dire à volonté, en toute saison, la qualité et la couleur du beurre par la composition des rations, même « à chaque période du jour », a-t-on dit, et qu’ils mettent, pour cela, largement à contribution le panais.
- M. J.-Ph. Wagner a signalé que parmi les influences multiples qui dépriment la qualité des beurres produits au commencement du régime du pâturage, le pissenlit n’est pas étranger. Il ne peut contribuer à donner du beurre fin et de conserve, à cause de ses principes amers et diurétiques. La plante résiste, d’ailleurs, à la sécheresse, grâce à sa forte racine pivotante, pénétrant profondément.
- La teneur des plantes vertes en oléine contribue, avons-nous dit, à donner au beurre son onctuosité, son degré de consistance. Mais on doit se rappeler que ce caractère est moins à rechercher en été,. alors que la température de cette saison rend déjà le beurre trop mou.
- « Au pâturage, dit M. Pagès, le lait est plus riche en caséine, par suite de la richesse des jeunes pousses en principes albuminoïdes. »
- Pour M. Dechambre, « les principes protéiques agissent sur la qualité de la matière grasse : le beurre qu’ils donnent est ferme et à pâte longue ».
- D’après Diffloth, le régime sec produit un lait plus sodique que le régime vert. Les aliments nourrissants favorisent la prédominance de la potasse.
- Pour Pagès, l’alimentation au vert au pâturage donne un lait plus riche en matière minérale et acide phospho-rique, avec moins de sucre. Le liquide est plus maigre, plus difficile à digérer, par suite de l’autoacidification, qui est plus prompte, plus intense, produisant un caillé compact, moins facile à attaquer par les sucs digestifs.
- M. Albin Peter, directeur de l’Ecole de laiterie de Berne, à Rutti Zollikofen, a constaté, aussi, que pendant la période du régime au vert, soit à l’étable, soit au pâturage, la richesse en acide phosphorique du lait est régulièrement plus élevée. Dans des expériences, le lait dosait a,i5o à 2,209 de cet acide, de mai à octobre, et, 2,oi5 à 2,099 dans les autres mois de l’année. Les laits riches se coagulent mieux dans la fabrication des fromages.
- Pour M. Pagès, les altérations des deux sortes de beurre (régime vert et régime sec) ne sont pas tout à fait les mêmes : celui du régime vert tend surtout à devenir acide; celui du régime sec se transforme plus facilement en un corps gras ayant la consistance, l’aspect, l’odeur du suif, « Au point de vue de la finesse du produit, la première herbe est supérieure à la dernière; toutefois, les agriculteurs envisageant surtout la valeur alimentaire, la valeur commerciale, considèrent la végé-' tation automnale comme la vraie végétation beurriëre. Il n’y a pas d’hésitation possible entre les foins de première coupe et ceux de deuxième ; ces derniers sont toujours très supérieurs aux premiers ».
- D’après le même auteur, les foins de première coupe donnent un lait plus blanc, moins crémeux ; un beurre moins aromatique, de conservation plus difficile. D’où vient cette supériorité ? De l’affaiblissement progressif des radiations lumineuses et calorifiques, d’une modification probable des radiations chimiques, d’un changement plus probable encore de la flore, tout au moins dans la proportion des diverses plantes. Mais l’âge du fourrage, au moment de la récolte, paraît être la cause principale de cette supériorité.
- Les premiers foins sont habituellement fauchés après leur maturation, les regains avant la floraison.
- Il est curieux de constater que certaines prairies littorales qui, dans les années pluvieuses, ne produisent que des joncs, donnent, dans les années sèches, un foin remarquablement beurrier, comme si un certain degré d’acidité était ici, ainsi que dans les landes, une condition favorable à la production de végétaux possédant au plus haut degré cetle propriété.
- ApiTONIN Rolet,
- 13
- p.2x12 - vue 463/663
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- JSsD
- IpD
- L’encadrement des tableaux. — Souvent la valeur et le charme d’un tableau sont gâtés par un encadrement mal choisi, oubliant que le cadre doit être adapté au tableau, et non le tableau à l’encadrement.
- Les tableaux à l’huile demandent particulièrement des cadres dorés, parce que les teintes dorées (ou bronzées) rehaussent leur effet. Une marine, un paysage, un intérieur, doivent être montés dans un encadrement pas trop ornementé et à moulures plates; pourtant, s’il comporte une ornementation quelconque, du moins le dessin n’en doit pas être lourd afin que le sujet ne soit pas écrasé. Il faut que le cadre permette à la personne qui regarde et examine l’œuvre, non seulement d’en embrasser d’un coup d’œil l’ensemble, mais aussi d’en mieux voir la perspective. Avec un cadre surchargé d’ornementation et à moulure arrondie, l’œil s’arrêtera sur le cadre et seulement sur les sujets de premier plan.
- Par contre, pour les tableaux de genre ou de fleurs, un cadre décoratif est indiqué. Les portraits feront bien dans un vieux cadre, réparé et redoré au besoin. Les aquarelles demandent un encadrement doré, mais délicat et léger, avec un passe-partout de teinte blanche, bleuâtre ou g-ris-ardoise. Les eaux-fortes, les gravures colorées ou non, les photographies font un joli effet dans des cadres de chêne fumé, aux teintes variées, mais pour les sépias, la monture devra être d’une teinte analogue à celle du dessin ; pàx-fois un mince filet doré, discret, les embellit. Un cadre noir et une monture blanche conviennent également bien pour les gravures en couleurs.
- Un détail à ne pas oublier, comme le fait remarquer excellement la Revue de l’Ameublement : dans une gravure, c’est la marge la plus large qui doit être mise en bas, attendu qu’elle paraît toujours la plus étroite.
- Engrais pour pêchers. — A la dernière session générale de la Société des Agriculteurs de France, M. Pierre Marié a signalé la difficulté croissante qu’on éprouve à cultiver les pêchers dans certaines régions, du fait des maladies qui les attaquent et il a rendu compte des essais qu’il a entrepris pour améliorer les terrains de plantation.
- MM. Georges et Pierre Marié ont fait des essais d’amendement nouveaux et d’apports d’engrais dans les terres destinées à recevoir de jeunes pêchers, en 1920, à Brétigny-sur-Orge.
- Ils avaient pour but de tenter, en forçant beaucoup les doses d’engrais à décomposition lente, de voir comment la plante se comporterait. De plus, il a été ajouté dans les mélanges de terre et d’engrais de grosses quantités de craie sous forme de blanc de Meudon, pour remplacer, dans la terre, la chaux qui manquait et que le pêcher réclame.
- Les trous préparatoires creusés dans le sol avaient 1 m. 20 de côté et o m. 80 de profondeur. Les essais ont porté sur un certain nombre de formules différentes.
- Les meilleurs résultats ont été obtenus avec les formules suivantes comprenant des doses d’engrais pour 1 m3 1/2 de volume du trou.
- 1) 5o kg de craie (blanc de Meudon).
- 100 kg de fumier de ferme (très consommé).
- 2) 4° kg de craie.
- i5 kg de scories.
- 10 kg de corne torréfië.e.
- 80 kg de feuilles mortes (très consommées;.
- 3) 3o kg de craie.
- 8 kg de scories.
- 4 kg d’engrais complet Saint-Gobain n" 5.
- 80 kg de feuilles mortes (très consommées).
- La formule 2 paraît être celle qui donne les résultats les plus nets.
- Cinq autres formules ont été essayées et ont donné des résultats moindres.
- Les variétés sur lesquelles ont porté ces essais ont été :
- Admirable jaune, Grosse mignonne, Téton de Vénus, Amsden, Précoce de Hàle.
- Le meilleur porte-greffe semble pour ces essais avoir été le pêcher sauvage. Toutefois l’amandier donne très bien aussi.
- Les arbres plantés en 1920 ont tous repris parfaitement et ont très bien supporté la sécheresse de 1921. Leur croissance a été extrêmement vigoureuse et même exubérante et ils ont donné chaque année une quantité de fruits supérieure à la moyenne.
- Destruction des bacilles tuberculeux dans les crachats. — La Revue d’Hygi'ene publie une étude de MM. F. Carrieu et P. Boulouys sur cette question, dans laquelle ils étudient l’action de divers antiseptiques sur les crachats de tuberculeux.
- Des quatre produits préconisés par le Conseil supérieur d’Hygiène de France : sulfate de cuivre à 10 pour 100, crésylol sodique à 4 pour 100, hypochlorite de chaux à ro pour 100, eau de Javel à x° chlorométriqué aussi bien que du formol additionné de 5 pour xoo dé potasse et de la solution savonneuse alcaline de formol, préconisées par Courmont et Rochaix, aucune ne donne de résultats certains.
- MM. Carrieu et Boulouys ont essayé une chloramine, la paratoluène-sulfo-chloramine, vendue sous le nom de tochlorine par les établissements Poixlenc, et l’ont ti’ouvée un bactéricide de premier ordre qui, en 6 à 7 heures, est capable de détruire complètement les bacilles de Ivoch contenus dans les produits de l’expectoration. La solution à 5 pour 100 n’est ni dangereuse, ni toxique, elle n’a qu’une très faible odeur et elle est efficace quand elle est mélangée à volume égal avec des crachats. Elle est donc le meilleur produit actuellement connu pour lutter contre l’infection tuberculeuse et elle n’a contre elle que son prix encoi’e élevé.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- >•
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Letti'es de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des corresjjondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — L. P., Grandchamp. — Pour la documentation et la Bibliographie scientifiques, toujours difficiles à réunir, il existe quelques organismes de renseignements pouvant communiquer des fiches sur un sujet donné: en zoologie, le Concilium bibliographicum, 45, Hofstrasse, Zurich : en paléontologie, la Société de documentation paléontologique, 61, rue de Bulfon, Paiùs (fiches figurant des fossiles ; en chimie industxùelle, la Société de Chimie industrielle, 49, rue des Mathurins, Paris; en industrie, l’Association de documentation bibliographique, 82, rue Taitbout, Paris.
- La bibliographie des publications scientifiques françaises est publiée dans la Bibliographie scientifique française, 55, quai des Grands-Augustins. Des bibliographies spéciales généralement avec courtes analyses, sont publiées actuellement, grâce au concours de la Confédération des Sociétés scientifiques, par les périodiques suivants : Bulletin biologique, io5, boulevard Raspail, Paris (Bibliographia evolutionis) ; Année biologique, 49; boulevard Saint-Michel, Paris (biologie et morphologie) ; Bulletin de la Société géologique de France, 28, rue Serpente, Paris; Bulletin de la Société botanique de France, 84, rue de Grenelle, Paris; Bulletin de la Société mycologique de France, 84, rue de Grenelle, Paris; Bulletin de la Société des Américanistes, 6x, rue de Buffon, Paris (ethnographie américaine) ; Bibliographie géographique, io3, boulevard Saint-Michel, Paris; La Géographie, 184, boulevard Saint-Germain, Paris ; Bulletin de la Société chimique de
- p.2x13 - vue 464/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- France, 120, boulevard Saint-Germain, Paris; Journal de Physique et du Radium, 44 > rue de Rennes, Paris.
- Diverses publications étrangères sont consacrées à la bibliographie : Bibliotheca zoologica, Engelmann, à Leipzig ; Zoological Record, Londres ; Register zum Zoologischen Anzeiger, von Kerschelt, Leipzig.
- Certaines collections de monographies renseignent sur des questions données, par exemple, les Conférences-rapports de la Société de Physique, 49» boulevard Saint-Michel ; les publications de la Société de chimie biologique, 120, boulevard Saint-Germain; la collection des « Problèmes biologiques », 49. boulevard Saint-Michel, Paris.
- M. Gr. Risler, à Paris. — Eclatement des chambres à air de pneus. L’éclatement des chambres à air des pneus d'automobiles ne provient pas, en règle générale, des perforations par un corps étranger. Il se produit lorsque la chambre est mal montée ou lorsque le bandage lui-même éclate. L’éclatement de la chambre seule se. produit surtout quand, au montage, on a négligé de la gonfler légèrement avant de mettre le bandage sur la jante. La chambre se trouve piâse sous le talon du bandage et serrée fortement entre ce dernier et la jante. Quand le pneu est gonflé, l’air exerce une pression sous le talon du bandage et tend à le faire sortir de son logement. Dès que le bandage obéit à cette sollicitation, la chambre s’échappe sur une assez grande longueur et éclate. Quant aux bandages, ils éclatent à la suite de l’usure des toiles; celle-ci' peut être provoquée par des coupures qui facilitent l’accès de l’humidité et des poussières, et peuvent provoquer des décollements; ces derniers sont du reste parfois dus à un vice de fabrication. Un bandage peut encore éclater lorsqu’il est soumis à un effort excessif pour lequel il n’a pas été calculé : un dérapage, un patinage, ou un virage brusque. L’éclatement du bandage entraîne souvent, mais pas toujours, celui de la chambre à air.
- P.-C., 28. —• Le maillechort français a la composition suivante :
- Cuivre................5o grammes
- Nickel..........• . . 18 —
- Zinc..................,32 —
- Les deux premiers métaux ayant des sulfures noirs, vous pourrez facilement patiner les objets au ton vieil argent (argent sulfuré) en les trempant dans une solution légère de sulfhydrate d’ammoniaque.
- Commencer toujours par des teneurs très faibles, en répétant au besoin plusieurs fois l’opération jusqu’à ce que la teinte désirée soit obtenue, autrement on risquerait de dépasser, la mesure. Après rinçage à l’eau pure et séchage, gratte-boësser pour dégager les parties en relief. — N.-B. Le sulfure de potassium ou sel pour bain de Barèges peut être substitué, sans aucun inconvénient au sulfhydrate, Remployer également à l’état de traces.
- C. N., à Toulon. — i° Le dégraissage des lamelles d'os ne présente aucune difficulté, il suffit de les faire bouillir pendant une demi-heure à trois quarts d’heure dans de l’eau contenant environ 2 à 3 pour 100 de soude caustique, soit environ 100 cc. de potassium des peintres par litre d’eau, rincer ensuite à l’eau claire légèrement vinaigrée ; 20 Le blanchiment s’effectuera, en faisant tremper les lamelles dans l’eau additionnée de 20 gr. par litre de chlorure de chaux (poudre de chlore), rincer également à l’eau abondamment ; 3“ Quant à la coloration en vert elie peut être réalisée en faisant bouillir les lamelles blanchies dans un bain composée de :
- Eau non calcaire................ 2 litres
- Sulfate de soude ..................10 gr.
- Yert B diamino. ................ 2 —
- Vous pouvez également employer les teintures genre Kabyline.
- C. M., à Paris. — D’après Cerbeland, l’eau de Cologne de Jean-Marie Farina pourrait-être réalisée d’une façon
- approchée par le mélange suivant :
- Alcool à 900........................85o cc.
- Essence de bergamotte................ 6 gr.
- — de citron. ....... 3 —
- — de girofle................. 1 gr. 60
- —: de néroli. ................. o gr. 75
- -F- de lavande..................... 1 gr. 25
- — de romarin. ...... o gr. 80
- Teinture d’ambre gris au centième 3 —
- Après dissolution des essences dans l’alcool ajouter : Eau distillée de fleurs d’oranger. . . 100 cc.
- N. B. — Dans quelques formules publiées, on trouve la teinture d’ambre gris remplacée par la teinture de musc Tonkin au centième additionnée de 5 à 10 gr. d’extrait de violettes.
- A. B., h Auch. — Les appareils dont vous parlez sont en réalité des formolateurs dans lesquels le formol prend naissance lorsqu’un mélange d’air et d’alcool
- méthylique arrive soit sur une spirale, soit sur une grille de platine préalablement portée au rouge.
- En principe, le liquide peut être constitué par l’alcool méthylique seul, mais dans la pratique commerciale on ajoute à l’alcool un produit à odeur agréable et une matière colorante quelconque. Yous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre :
- Alcool méthylique..................1000 cc.
- Essence de verveine................. 40 —
- Yert malachite....................... o gr. 25
- Le formol jouit de propriétés désinfectantes et fait disparaître rapidement l’odeur de la fumée de tabac.
- M- JL, à Yire. — x° Nous avons répondu à une question de ce genre dans le n° 2668 du r3 mai 1925, p. 167 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter. 20 L’adresse demandée est 8, impasse de Mon-Désert.
- M. S., à Cormeilles. — Nous, pensons que vous voulez parler des jus pectiques employés en confîturerie, ils sont obtenus en partant soit des pommes fraîches ou sèches, soit plus fréquemment et à meilleur marché en •» utilisant les marcs de pommes résultant de la fabrication du cidre. Quel que soit le cas l’opération est très simple, car il suffit de cuire les matières de préférence sous légère pression.
- Les jus, après cuisson, sont passés aux filtres-presses puis cencentrés dans le vide jusqu’au point voulu propre à la gélification. 20 Ouvrages sur la confîturerie : Confi-turerie industrielle, par François, Paris, igi3 ; Confitu-rerie industrielle, par Jacobsen, Berlin, 1912 \ Confiturerie italienne, Carlo Bourdon, Turin, 1921 ; Confiturerie industrielle anglaise, Conrad Kapp, Magdebourg, 1907 ; Technologie de chimie de la confiturerie, par Saillard dans le Bulletin du Syndicat des fabricants du sucre,
- 1902-1903-1904.
- M. M., à Poitiers. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2668 du 23 mai 1925, page 167 de la Boîte aux Lettres, le nombre des spécialités est aujourd’hui si considérable, qu’il ne nous est pas possible d’en entreprendre l’analyse. En outre, la publication des formules aurait pour conséquence de priver l’inventeur d’un bénéfice légitime au profit d’un concurrent qui n’aurait ainsi aucune recherche à effectuer.
- Mlle D erre al, à Paris. — i° L’enduit des papiers dits « carbones » est essentiellement constitué par un mélange de matières grasses, cires et pigments, vous pouvez prendre comme type de composition la formule sui-
- vante :
- Suif épuré....................... too gr.
- Cire d’abeilles................... i5 —
- Pigment............................ 10 —
- Dans les fabrications industrielles, on emploie habituellement des mélanges de graisses solides à la température ordinaire, suif, saindoux, etc., et d’huiles animales, acide oléique, pieds de bœufs. A la cire d’abeilles on peut substituer, en partie, la cire de Carnauba. Quant aux pigments on y fait entrer, suivant la teinte à obtenir, le noir de fumée, le bleu de Prusse, l’indigo, seuls ou en mélange. 20 Nous n’avons pas connaissance d’un ouvrage spécial sur cette question.
- Musée zoologique d’Athènes. — i° Vous pouvez réaliser un mastic de remplissage du bois en prenant :
- Celluloïd .......................i5 gr.
- Acétone............... . . . . . 55 —
- Sciure de bois . ................3o -
- Faire préalablement dissoudre le celluloïd (non chargé) dans l’acétone par digestion à froid dans un flacon bien bouché, puis incorporer à la solution la sciure de bois choisie de préférence de même nature que la pièce à traiter. Conserver ensuite la pâte ainsi obtenue en vase bien clos pour éviter l’évaporation de l’acétone qui est très volatile (point d’ébullition 58° C).
- Au cas où, par suite de non emploi, le mastic serait durci, on pourrait lui rendre sa plasticité en y ajoutant à nouveau quelques centimètres cubes d’acétone.
- La surface du bois doit être parfaitement propre et sèche, l’adhérence est d’autant meilleure que cetle sur-
- p.2x14 - vue 465/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- face est plus rugueuse. L’application du mastic se fait avec les doigts ou au couteau souple; pour les fortes épaisseurs on applique des couches minces successives, en laissant bien sécher entre chaque couche, la chaleur active le séchage, mais il faut éviter le voisinage d’un foyer, l’acétone étant très inflammable. Quand le produit est durci, il peut être poncé au papier de verre et se polit comme le bois, 2° Les ouvrages suivants vous donneront tous renseignements pour la confection des produit de parfumerie : Formulaire de parfumerie» par Durvelle, éditeur, Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. La parfumerie, par Billon, éditeur, Albin Michel, rue Huyghens.
- M. G., à Seysses. :— i° Le vin que vous avez employé pour la fabrication de vinaigre contenait très probablement le ferment de la tourne, constitué par des filaments extrêmement fins ayant au plus un millième de millimètre de diamètre et de longueur variable. Si le ferment se trouvait déjà assez abondant, le vin placé dans un tube et agité circulairement devait présenter un aspect chatoyant et soyeux. Ce ferment vit aux dépens du sucre et de la glycérine en donnant des acides carbonique, propioniqüe et acétique, son développement n’est donc pas incompatible avec la présence du Mycoderma vini.
- L’altération se produisant surtout avec les vins pauvres en tanin, il est bon pour éviter celle-ci d’améliorer quelque peu la richesse tanique du vin avant son introduction dans l’appareil d’acétification. Bien entendu, un nettoyage complet du tonnelet, à la brosse et à l’eau chaude additionnée de métabisulfite de soude, s’impose avant remise en service, pour destruction du mauvais ferment. Quant au vinaigre déjà fabriqué, il vous sera peut-être possible de lui faire reprendre une couleur normale, après filtration, par agitation vigoureuse en présence de l’air dans une bouteille à demi remplie. 2° Pour dépolir les„ lampes à incandescence, préparer les deux solutions suivantes :
- A Chlorure de baryum .... 10 gr.
- Eau distillée. ..............100 —
- Gélatine blanche.............. 5 —
- Laisser gonfler la gélatine pendant une nuit, puis liquéfier au bain-marie.
- B Sulfate de soude ...... 7 gr. 5
- Eau distillée................. 100 —
- Verser lentement la solution B dans la solution A encore chaude, appliquer le mélange laiteux tiède sur les ampoules avec un pinceau doux, laisser sécher à l’abri de la poussière.
- N. B. On peut obtenir toutes colorations en faisant dissoudre préalablement dans la solution A une couleur d’aniline de la teinte choisie, cette couleur fixée par le sulfate de baryte formé donne une laque très stable.
- M. Bourgue, à Marseille. — L’obstruction des serpentins de votre réchaud à gaz de pétrole est due à la présence de goudrons et de carbone libre qui résultent de la dissociation des hydrocarbures sous l’influence de la chaleur. Nous pensons que vous pourrez débarrasser les tubes de ces produits en rinçant d'abord ceux-ci à l’essence pour dissoudre les goudrons qui donnent de l’adhérence aux particules de carbone ; une fois' les goudrons énlevés, ce dont vous vous rendrez facilement compte à la couleur du liquide sortant, les parcelles pourront être évacuées en tapotant légèrement avec un morceau de bois; au cas contraire, porter les serpentins au rouge naissant et y faire circuler de l’air au moyen d’un soufflet pour brûler le carbone. N. B. Toutes ces opérations devront être effectuées, réservoir d’essence vidé conrplètement, purgé de vapeurs d’essence et si possible dévissé et éloigné pour éviter toute explosion.
- M. B., à Albi. — Il est d’un rendement déplorable de choisir une source électrique de 12 volts pour une opération qui n’exige qu’une tension de 3 volts environ. Dans ces conditions, les trois quarts de l’énergie consommée doivent être dissipés inutilement dans une résistance additionnelle placée en série avec la cuve de nickelage. En àdmettant que les plus petites'pièces à hickeler présentent une surface de 2 cm2 et en observant comme règle que l’intensité dans le bain doit être de o,3 ampère par décimètre carré de surface à nickeler, il faudra pouvoir réduire l’intensité jusqu’à o“,q6, en utilisant une résistance réglable dont la valeur sera :
- 1 2T — 3T
- -----—= i5o ohms.
- 0.00
- Ce rhéostat pourra être constitué par un enroulement en fil de maillechort nu de 5/io de millimètre dont la longueur développée sera approximativement de 4o m. pour le fil de maillechort de résistivité courante. N. B. Nous attirons votre attention sur les écarts importants que l’on rencontre entre les résistances des maillechorts de différents fabricants.
- M. T., à Philippopoli (Bulgarie). — Les ouvrages qui suivent vous donneront très probablement satisfaction :
- Guide de manipulations chimiques élémentaires, par Jeanson. Manipulations élémentaires de chimie générale, par Noble. Editeur, Yuibert, 63, boulevard Saint-Germain. Cent vingt exercices pratiques de chimie, par A. Gauthier et Albahary. Editeur, Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Travaux pratiques de chimie organique, par Ulmann, traduction Cornubert. Editeur, Flammarion, 4, rue Rotrou. Manipulations de chimie analytique appliquée ,par François. Editeur Lefrançois, 91, boulevard Saint-Germain. <
- M. H., à Saint-Laurent-sur-Sèvre. — Le goût de bouchon est dû au développement sur ceux-ci d’une moisissure, l’Aspergillus niger. Pour éviter cet accident il suffit avant de se servir des bouchons de les placer dans un récipient en grès avec couvercle et de les arroser d’eau bouillante additionnée de 2 pour 100 environ d’acide sulfurique (mélange fait à froid). Si cette précaution n’a pas été prise, on peut remédier dans une certaine mesure, à l’effet constaté, en agitant le vin à plusieurs reprises avec quelques centimètres cubes d’huile d’olives ; après repos l’huile monte à la surface entraînant les principes mauvais et il suffit de dégorger par Une brève secousse, pour enlever cette huile, laquelle est par ailleurs sans action défavorable sur les principes aromatiques du vin.
- 5. A. F., à Malaga. — Voici, d’après l’arrêté du 10 octobre 1919 paru à l’Officiel du 14 octobre 1919, quelles doivent être les caractéristiques des essences pour autos désignées essence tourisme et essence poids lourds.
- Essence Essence
- lourisme poids lourds
- Début de la distillation. 1/20 du 5 pour 100. 4/20 ou 20 pour 100. 9/20 ou 45 pour 100. .11/20 ou 55 pour 100. 18/20 ou 90 pour 100. ig/20 où 96 pour 100. Densité moyenne à i5°G
- Avant
- Avant
- 6o°C
- 75o
- Avant 65°C
- Avant iio° Avant i35°
- Avant 1800 Avant 2o5° 0.742
- Nous ne vous conseillons pas de chercher à réaliser ces conditions par des mélanges, les produits initiaux pouvant avoir des compositions très variables.
- Bien entendu le carburateur doit être réglé pour le combustible dont on dispose ainsi que l’admission d’air de façon à réaliser une combustion complète, les constructeurs établissent du reste leurs modèles en conséquence.
- Avant 115°
- Avant 15o° 0.728
- M. Vesson à Saint-Hippolyte (Gard). — i° La composition suivante vous permettra de fixer les électrodes de votre voltamètre tout en assurant un isolement parfait. Mettre à macérer pendant plusieurs jours dans un
- flacon bien bouché :
- Caoutchouc Para gomme pure. ... 10 gr.
- Tétrachlorure de carbone...........200 cc.
- Benzine . . . •....................100 —
- Lorsque le liquide est devenu sirupeux, mélanger à une matière inerte qui peut être carbonate de chaux, talc, kaolin, en y ajoutant si on le désire un pigment tel que .rouge d’Angleterre, bleu de Prusse, cinabre, etc., cela en quantité suffisante pour constituer un mastic de bonne consistancé, que l’on applique alors sur les parties à luter parfaitement sèches. Dans les conditions que vous indiquez, c’est-à-dire en présence d’une solution, l’élévation de température possible est tout à fait négligeable comme effet sur le mastic.
- 20 Pour protéger les parties métalliques plongées dans un bain électrolytique, il vous suffira d’employer un vernis à l’alcool, toujours sur objet bien sec, vernis que vous pourrez colorer légèrement par une couleur d’aniline pour suivre plus facilement l'application. Après l’opération électrolytique un simple passage dans l’alcool dénaturé enlèveraTe vernis.
- 16
- p.2x15 - vue 466/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2676
- |I8 Juillet 1925
- <
- INFORMATIONS
- >
- Les comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- L Académie des Sciences vient de publier l’avis suivant, arrêté dans sa séance du 8 juin dernier :
- « Par suite des difficultés financières actuelles, l’Académie a décidé, dans le Comité secret de la présente séance, d apporter au règlement des Comptes rendus les modifications et additions suivantes, qui entreront en vigueur à partir du 6 juillet 1925 :
- Article 1e1. — Les extraits des Mémoires présentés par un Membre ou par un Associé étranger de l’Académie comprennent au plus quatre pages par numéro.
- Un Membre de 1 Académie ne peut donner aux Comptes rendus plus de dix Notes par année.
- Les extraits des Mémoires lus ou communiqués par les Correspondants de l’Académie comprennent au plus trois pages par numéro.
- Un Correspondant de l’Académie ne peut donner plus de huit Notes par année.
- Article 2. — Les Notes des personnes qui ne sont pas Membres ou Correspondants de l’Académie ne peuvent pas dépasser deux pages et demie. Le nombre des Notes d un même auteur ne peut être supérieur à cinq par année.
- Nota. — La page comprend 38 Lignes de 67 lettres ou intervalles. »
- Il est regrettable qu’une question d’argent oblige 1 Académie à réduire l’étendue de ses publications, tandis que les progrès des sciences provoquent une augmentation croissante du nombre des communications qu elle est appelée à recevoir, alors aussi que la victoire attire vers la France beaucoup de savants étrangers.
- Il faut espérer que l’Académie pourra trouver, soit dans des crédits budgétaires spéciaux, soit dans le don d un généreux ami des sciences, le moyen de continuer sans restrictions les publications qu’elle assume depuis plus d’un siècle.
- Les danses des automobiles. — Une automobile en mouvement sur une route est un système mécanique fort complexe et sa trajectoire qui devrait, en théorie, être parallèle à la route quand celle-ci est bien plane, se trouve en réalité affectée par toutes sortes de perturbations, dues notamment aux réactions périodiques des masses rotatives en mouvement, masses qui ne sont jamais parfaitement équilibrées ; il y a ainsi les pièces tournantes et oscillantes du moteur, il y a les roues et leurs bandages; enfin il y a les ressorts qui ont une période propre de vibration et peuvent entrer en résonance ave.c les perturbations périodiques dues à l’inertie des pièces tournantes. Les ingénieurs de chemins dé fer se sont trouvés aux prises avec des phénomènes du même genre, peut-être simplifiés, et ils leur ont donné des noms spéciaux : lacet, galop, roulis. Les techniciens de l’automobile ont trouvé des noms plus modernes. C’est ainsi que le shimmy et le dandinement des voitures automobiles faisaient récemment 1 objet d’une savante conférence de M. Broulhiet à la Société des Ingénieurs civils. Nous ne pouvons la résumer ici, en raison de son caractère mathématique; nous dirons seulement que le shimmy, désignation empruntée au vocabulaire de la danse moderne, se manifeste^ par le fait que les roues avant de la voiture décrivent sur la route une trajectoire sinusoïdale, accompagnée d’un rebondissement rythmé. L’essieu avant, au lieu de.garder une direction fixe, exécute une danse fort complexe. Le shimmy se produit en général aux vitesses élevées : 60, 70 et 100 1cm à l’heure. Il est particulièrement manqué lorsque trois conditions sont réalisées : route unie sans aucun obstacle, pneus de gros diamètre a basse pression, freins sur roue avant. Il y a deux sortes de shimmys : celui dans lequel le mouvement n atteint que l’essieu avant qui oscille sous l’avant de la voiture, et celui dans lequel la voiture entière prend part aux mouvements synchroniquement avec l’essieu. La voiture ne peut absolument pas dépasser la vitesse critique à laquelle le shimmy commence à se produire. Toutes les voitures présentent du shimmy lorsqu’on augmente le diamètre des pneus en abaissant la pression de l’air et qu’on augmente la vitesse de la voiture.
- Le dandinement est le mouvement alternatif des roues avant autour du pivot de direction sans qu’il y ait soulè-
- vement de la roue. Le dandinement peut se produire aux faibles vitesses, a 10 1cm à 1 heure, par exemple. Si l’on augmente la vitesse de la voiture, le dandinement disparaît ou se transforme en shimmy.
- Un des moyens pour atténuer le shimmy, préconisés par M. Broulhiet, est d’augmenter la largeur de la jante des roues. J
- L’aluminium dans les voitures de chemins de fer.
- La Compagnie des chemins de fer du Nord met en service un nouveau type de wagons métalliques pour voyageurs. L’aluminium y tient une place considérable. Les voitures entièrement en acier sont fort lourdes et l’on cherche à les alléger en substituant à l’acier l’aluminium ou ses alliages pour toutes les pièces qui ne concourent qu’accessoirement à la résistance : couverture, portières, panneaux de remplissage, garnitures intérieures des compartiments. Les voitures en question sont reconnaissables a la forme de leurs fenêtres étroites et arrondies en haut et en bas, et à leur caisse cintrée à la partie supérieure. M. Lancrenon, dans la Revue de l Aluminium, donne une description de ces nouvelles voitures, dont un modèle figure actuellement à l’Exposition des Arts Décoratifs.
- La toiture est en aluminium et, à elle seule, pèse
- I tonne de moins que la toiture en acier. Dans les voitures de 1" et 2e classe, la cloison intérieure du couloir longitudinal est également en aluminium. Les portières sont en tôle d’acier emboutie, mais les panneaux de garnissage sont en tôle d’aluminium ; les porte-bagages, les supports et cadres de banquettes, les plinthes sont en alpax. Dans une voiture de 3° classé, il y a 3 tonnes de pièces en aluminium ou alliages d’aluminium, qui permettent de réaliser sur le poids total du wagon une économie de 4 à 5 tonnes.
- , Nouveaux barrages sur le Nil. — Le gouvernement a décidé de procéder à la construction de deux nouveaux barrages très importants sur le Nil. Le principal de ces deux ouvrages sera établi sur le Nil Blanc à Gebel-Aulia, à 45 km en amont de Khartoum ; l’autre à Nag-K.amadi sur le Nil proprement dit en un point situé entre les deux barrages d’Assouan et d’Assiout, à 175 km en amont de ce dernier. Ces nouveaux ouvrages modifieront profondément le régime actuel du Nil. Le » barrage de Gebel-Aulia est destiné à retenir un volume d eau allant de 38oo millions à !jyoo millions de mètres cubes suivant 1 état du fleuve.- En moyenne, il augmentera de 4 millions de mètres cubes le débit d’étiage passant à Khartoum. On se rendra compte du caractère gigantesque de ce projet, en comparant sa retenue d’eau à celle du célèbre barrage d’Assouan qui, actuellement, retient 1600 millions de mètres cubes. Le barrage de Gebel-Aulia aura une longueur de 5 km, une hauteur maxima de 17 m. au-dessus des fondations. Il sera pourvu d’une écluse de 80 m. de long et 14 m. de large. La longueur totale du lac artificiel formé le long du fleuve par ce barrage ne sera pas inférieure à 480 km.
- II permettra d irriguer en Egypte une bien plus large superficie que celle qui actuellement reçoit les eaux fertilisantes du Nil.
- Par contre il réduira la période de temps pendant laquelle durent les hautes eaux en Egypte. On estime que ce sera un avantage; car lorsque celles-ci durent trop longtemps, elles provoquent de très graves dom-mages. Jusqu’ici le système de barrages installés sur le Nil ne permettait pas de réduire la durée des crues; la majeure partie du volume d’eau débité en crue provient en effet du Nil Bleu, dont le lit est à pente rapide et à courant violent : les crues le traversent rapidement en charriant avec elles leur limon. Il était impossible de songer à arrêter ou ralentir ce flot par un barrage situé soit sur le Nil Bleu, soit sur le Nil proprement dit, réunion du Nil Blanc et du Nil Bleu, car on aurait perturbé profondément le régime de transport du limon auquel l’Egypte doit sa proverbiale fertilité. Le Nil Blanc au contraire est à faible courant, il est relativement profond et ses eaux sont claires ; actuellement la crue du Nil Blanc arrive au confluent du NiLBleu presque en même temps que la crue de celui-ci; elle contribue
- -M 17 jgfr
- 3
- p.2x16 - vue 467/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- donc à prolonger la période des hantes eaux en Basse-Egyple. Le barrage de Gebel-Aulia, en faisant cesser cette coïncidence, changera la situation. Le coût de cet ouvrage est estimé à 3 millions de livres sterlings.
- Le barrage d’aval à Nag-Hamadi coûtera i a5oooo livres.
- Le but de cet ouvrage auxiliaire est de permettre d’appliquer à une grande partie du bassin le système de l’irrigation annuelle. 11 doit en outre permettre de distribuer de l’eau limoneuse à des régions qui ne reçoivent actuellement que de l’eau claire.
- Un cas de forcerie imprévu. — Il y a près d’un mois, j’examinais l’etat de mes espaliers de pêchers, lorsqu’une femelle pinson partit de son nid et me frôla le visage. Le petit chef-d’œuvre était établi à environ 2 mètres du sol, fixé à une brindille du pêcher et à un montant de l’espalier. Je constatai, sans les voir mais par le toucher, que trois œufs garnissaient le nid. Depuis lors, je passai presque chaque jour devant cet espalier, évitant d’effaroucher la gentille occupante dont je n’apercevais que la petite tête inquiète. Peu de temps après je remarquai les allées et venues du mâle et de la femelle pinson; les petits étaient nés! Puis quelques jours passèrent, lorsqu’un beau matin je fus intrigué par une boule verdâtre qui avait l’air d occuper une bonne partie du nid. Je m’approchai alors et je constatai qu’une pêche enrobée dans la mousse et les crins de cheval lorfe de la construction du nid par les parents avait pris un volume considérable et occupait à peu près les deux tiers de l’habitation. Chaque jour depuis lors, je constatai le développement anormal de ce fruit, qui à l’heure actuelle a un volume triple des autres fruits l’environnant ; les bestioles expulsées par cet hôte inattendu en étaient réduits à se tenir sur le bord de letir logis, ce qui d’ailleurs ne les a pas empêchés de prendre hier gaillardement leur premier vol. Je crois curieux de signaler le développement tout à fait anormal de cette pêche, certainement dû à la chaleur développée par la femelle pinson pendant la couvaison, puis à celle des petits eux-mêmes et enfin à ce que chaque nuit, la mère en protégeant ses petits mettait le fruit à l'abri de la fraîcheur nocturne. P. Fleury.
- Eclat de la phosphorescence marine. —- L’Année Biologique rend compte d’une série de mesures de l’intensité de la phosphorescence de la mer publiées par M. E.-L. Nichols dans Science. Au moyen d un pyromètre optique, celui-ci a déterminé cet éclairement et l’a trouvé, selon les nuits, variable de 0,0007 à o,3 milli-lambert. Le minimum est encore dix fois plus grand8* que l’éclat d’un objet blanc par une nuit claire sans lune. On sait que le millilambert est le millième d’un lambert qui correspond à l’éclat d’une surface parfaitement diffusante radiant ou réfléchissant un lumen par centimètre carré.
- Sur les mœurs du crabe Polybius Henslowi. —
- M. Legendre a décrit dans La Nature (n° 2629) une invasion de crabes de cette espèce survenue l’an dernier dans la baie de Concarneau. Son observation a suscité deux nouvelles notes parues dans le Bulletin de la Société zoologique .de France.
- M. Charles Pérez, professeur à la Sorbonne, a signalé que ue crabe est très commun au sud de la Bretagne, sur les côtes de la Gironde et de la Charente-Inférieure où on l’observe fréquemment du pont des bateaux, nageant en pleine eau, parfois en quantités considérables.
- M. Odon de Buen, professeur à l’Université de Madrid, l’a rencontré fréquemment sur les côtes atlantiques et cantabriques de l'Espagne, notamment d’avril à août 1923 entre le cap Saint-Vincent et Tarifa, dans le détroit de Gibraltar. Il est beaucoup plus rare en Méditerranée où il fut capturé à Malaga et sur la côte marocaine, entre Ceuta et Chafarinas. 11 abonde sur toute la côte de Galice où l’on en pèche, au moyen de filets spéciaux, des miliers de tonnes, dont on se sert comme engrais dans les champs. Il est particulièrement fréquent dans la rade de Tanger et celle de Barbate, sur la côte d’Espagne qui y fait face.
- On trouve souvent des Polybius dans l’estomac des thons au moment des voyages de ponte de ces poissons.
- Chose curieuse, les Polybius s’accumulent en essaims innombrables et montent à la surface, de nuit, quand on pêche à la lumière.
- L’autruche au Maroc. — Un colon français, le Dr Veyre, a entrepris avec succès au Maroc, nous apprend France-Maroc, l’élevage de l’autruche et créé ainsi, pour un avenir relativement prochain, un nouvel élément de richesse pour notre protectorat. Le parc d’autruches du Dr Veyre est situé dans sa propriété de Dar Bouazza au voisinage de Sidi Abd-er-Rahman. Le troupeau compte actuellement 70 sujets, âgés pour la plupart de moins de 4 ans.
- L’autruche, animal rustique et résistant, est facile à élever et à nourrir, Le point délicat est de la faire naître, car l’autruche est mauvaise couveuse. Elle pond de 60 à 70 œufs par an; mais l’incubation naturelle ne permet d’en utiliser qu’un très petit nombre pour la reproduction. Le Dr Veyre s’est attaché à résoudre le problème de l’incubation artificielle. Après 7 années d’études et d’expériences minutieuses, il est arrivé à réussir 80 pour 100 de ses opérations. C’est un résultat que les éleveurs du Cap sont loin d’avoir atteint, et qui va permettre au IL Veyre de commencer l’élevage en grand et de le répandre parmi les colons du Maroc. L'autruche a une valeur commerciale de premier ordre. Peu coûteuse à nourrir, elle rapporte bon an mal an, au cours du jour, un millier de francs.
- Congrès géologique international. — Le 14e Congrès International de Géologie se tiendra à Madrid en-mai-juin 1926.
- Les géologues, géographes et ingénieurs y étudieront particulièrement les richesses minérales de l’Espagne, dont une grande part reste encore à exploiter.
- Parmi les thèmes qui seront discutés au cours du Congrès, on signale déjà les suivants : les réserves mondiales en phosphates et pyrites; la géologie de la Méditerranée ; la faune cambrienne et silurienne, la géologie de l’Afrique et ses rapports avec celle de l’Europe; les vertébrés du tertiaire; les plissements hercyniens; les foraminifères du tertiaire ; les théories modernes de la métallogénie; le vulcanisme; Etudes géophysiques.
- Des excursions seront faites à Séville, Cordoue, Algésiras, Ronda, le nord du Maroc, Grenade, Alméria, Linarès, Huelva, Burgos, Bilbao, Asturies, Catalogne, Tolède, Escurial, Iles Baléares et Canaries, où les endroits les plus intéressants au point de vue géologique, minier, industriel et artistique seront visités.
- S’adresser au Secrétaire du Comité d’organisation, Institut Géologique de l’Espagne, Plaza de los Mos-tenses 2, Madrid.
- Nouvelles de T. S. T,
- Les émissions russes. — Nous avons déjà indiqué qu’une station radio-téléphonique installée à Moscou transmettait régulièrement sur i45o m. de longueur d’onde avec une puissance de 2 kw.
- Il serait facile, d’après la T. S. F: Moderne, d’entendre ces émissions en France sur bonne antenne et avec un appareil à cinq lampes.
- L’horaire serait le suivant :
- 14 heures, cours divers.
- 16 h. 3o, nouvelles et concert.
- Le dimanche :
- i3 h. 451 causerie.
- 16 h. 3o, nouvelles.
- 17 h. 15, concert.
- Changement de longueur d’onde. — La longueur d’onde du poste de Kœnigswiisterhausen n’est plus actuellement que de i3oo m. On sait.d’ailleurs qüe les émissions à grande puissance se feront sur cette longueur d’onde.
- La super-station anglaise. —- La station anglaise de grande puissance de Daventry (1600 m.), qui doit remplacer celle de Chelmsford, sera officiellement inaugurée le 3o juillet prochain.
- La radiophonie en Angleterre. — Le nombre de « licences » délivrées actuellement en Angleterre dépasse un million et demi. Ce chiffre permet de se rendre compte du dévelopement pris par la radiophonie grâce aux efforts de la B. B. C. (British Broadcasting C°).
- p.2x17 - vue 468/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- c$a>&. "Electricité ^$5
- La soupape électrique Hollier. — Plus que jamais, avec le nombre croissant des batteries d’accumulateurs en service, le besoin se fait sentir pour leurs posses-
- JTÔ—————i
- Secteur
- alternatif
- Transformât?
- Mmmmm
- Fusibles
- Fig. i. — Dispositif d’emploi de la soupape Hollier.
- seurs, quand ils n’ont que le courant4[alternatif, de disposer d’un appareil leur permettant de charger eux-mêmes leurs éléments avec le maximum de [simplicité et le minimum de dépenses.
- Parmi les nombreux appareils actuellement sur le marché, la soupape électrolytique, la « bonne vieille soupape », comme l’appellent ceux qui l’utilisent depuis longtemps, présente, quand elle est conçue avec réflexion, toutes les qualités fondamentales d’un bon redresseur : l’économie, le silence, la simplicité, la sécurité.
- La soupape Hollier réalise parfaitement les avantages d’un tel dispositif. Ses électrodes positives sont minuscules et en aluminium de marchepied d’automobile de prix minime. Son électrode négative, un tuyau de plomb enroulé en spirale, est inusable. L’électrolyte est une solution de vulgaire bicarbonate de soude versée dans un récipient en grès. Son transformateur bien
- construit permet de n’utiliser que la quantité de courant nécessaire, en redressant cependant les deux demi-périodes de l’alternatif,
- Une clef règle la plongée des électrodes positives, et par conséquent le débit, qu’on lit à l’ampèremètre du tableau.
- Cet appareil si simple et facile à manier est, en outre, absolument silencieux, qualité qu’appré-èieront ceux qui chargent pendant la nuit, ou que le bruit des redresseurs ordinaires incommode, et surtout on peut l’abandonner à elle-même, sans craindre de trouver au retour les plombs de secteur fondus ou les accumulateurs déchargés. Enfin le même appareil peut servir à recharger un élément de a volts ou 6 éléments, soit la volts.
- La soupape Hollier se vend, complète, chez R. Hollier, 54, rue de Sévigné, Paris. Prix ; i^5 francs.
- La protection contre les incendies dans les usines électriques. — Alors que le moindre incendie sur la voie publique suscite l’attention passionnée des specta-
- Fig. 2. — Soupape électrique Hollier.
- teurs, les incendies des usines productrices d’électricité sont des drames muets, rapides, sans histoire, et qui n’intéressent qu’un tout petit nombre de techniciens. Pourtant, une centrale d’électricité est un des nerfs moteurs de la cité. Les machines qu’elle renferme sont des machines coûteuses, puisque la valeur d’un alternateur peut dépasser le million. Tous les gros appareillages électriques : transformateurs, disjoncteurs, com-mutatrices, alternateurs, etc., sont, à chaque instant, exposés à l’incendie et il n'est pas d'exemple d’une station qui n’ait eu son incendie plus ou moins grave.
- Il faut reconnaître que la protection contre l’incendie, à l’intérieur d’une centrale, est réduite à sa plus simple expression. Evidemment, le problème est assez délicat puisqu’il faut sortir de la routine et renoncer, pour une fois, à employer l’eau, substance conductrice, comme agent d’extinction. Il y a bien, dans les stations, des extincteurs à main à liquide d’une rigidité diélectrique reconnue, mais, si ces appareils sont d’un parfait rendement sur des commencements d’incendie et sur des brasiers de petite importance, ils ne peuvent se rendre maîtres d’un incendie de turbo-alternateurs, ni éteindre la masse d’huile d’un gros transformateur.
- De plus, l’incendie des appareillages électriques est tellement brutal qu’il faut que la parade du feu soit
- Stater de \l ‘alternateur
- Commande intégrale
- Ajutage de _ vaporisation
- Air de rt froidiçs— de / 'aife ^nateur }Papillon
- Sortie de l'air de
- refrai d issemen t
- Vers l'alternateur
- Générateur A
- Pyrène
- Fig.'3. — Dispositif de protection contre les incendies d’alternateurs dans les usines électriques.
- instantanée et, de ce chef, il faut recourir à l’automaticité ou, tout au moins, à des dispositifs qui permettent une intervention instantanée.
- Plusieurs brevets intéressants viennent d’être pris concernant les appareils de protection pour les machines électriques et, en particulier, pour les turbo-alternateurs qui sont les grands seigneurs des usines et qui demandent- des égards de protection tout à fait spéciaux.
- Le dispositif en question consiste en un ajipareil distributeur de liquide extincteur.
- Ce liquide est le tétrachlorure de carbone comme dans les extincteurs à main ; sa rigidité diélectrique est considérable et son pouvoir extincteur ne l’est pas moins; il est envoyé sous pression, à l’intérieur de l’alternateur, au moyen du dégagement de gaz inerte provoqué par le déclenchement du générateur de pression, déclenchement qui peut être automatique ou manuel.
- Il est également possible d’établir une communication entre le déclenchement de l’appareil et la manœuvre du disjoncteur; c’est une installation mécanique qu’il est toujours aisé de faire selon les dispositions des lieux.
- Le système extincteur doit être conjugué avec un dispositif de fermeture d’une vanne placée dans la gaine d’arrivée d’air de refroidissement.
- Cette manœuvre a pour effet d’éviter le balayage des gaz extincteurs et de créer une atmosphère non comburante, au sein de laquelle le rotor peut continuer à tourner, par inertie, sans crainte de réignition.
- Il serait dangereux de prévoir celte vanne sur le refoulement et encore plus dangereux de prévoir une vanne sur le refoulement et une vanne sur l’arrivée, car dans ce cas, les surpressions qui sont le fait d’un incendie amèneraient fatalement l’arrachement de ces organes,
- p.2x18 - vue 469/663
-
-
-
- «Us
- SCIENCE APPLIQUEE
- Pour les transformateurs, un autre genre d’appareils a été prévu.
- On sait que le transformateur, avant de brûler, fait généralement explosion, et que l’huile s’écoule dans la fosse de vidange prévue à cet effet.
- Mais .il est toujours intéressant dé couper court à l’incendie en raison de la chaleur intense qui est dégagée par l’huile en combustion, ainsi que par les torrents de fumée qui se déversent dans la salle.
- L’appareil pour transformateur se compose d’un extincteur de io litres tenu en équilibre instable par un jeu de fusibles au-dessus du transformateur.
- En cas d’incendie, les fusibles cèdent, l’appareil bascule et envoie sur le transformateur un large cône de liquide extincteur, rigoureusement isolant, qui éteint sans créer de courl-circuit.
- Constructeurs : Phillips et Pain, i, rue Taitbout, Paris.
- t
- Objets utiles
- Le « Plum’nett’. » — Sur l’encrier ordinaire, il est nécessaire, dès que l’on ne s’en sert plus, de mettre le bouchon de verre ou de baisser le couvercle métallique afin d’empêcher que l’encre ne soit attaquée par l’air ou salie par la poussière. On constate qu’au bout d’un cer-
- Fig.
- Le « Plum’nett’ ».
- tain temps cette encre finit par attaquer la charnière et l’armature métallique du couvercle.
- Le « Plum’nett’ » obvie à ces inconvénients. Sans difficulté aucune, son couvercle, qui s’ouvre sous la simple pression de la plume, se referme hermétiquement de lui-mème. De cette façon, l’encre ne peut s’évaporer et la poussière ne peut pénétrer. Le couvercle et ses deux abattants sont en une matière inoxydable et incassable, et comme ils ne comportent aucun organe métallique, ils sont donc d’une durée indéfinie. Le restant de l’encrier est en verre, ce qui le rend d’un nettoyage facile.
- Il comporte un ou deux compartiments.
- Fabricants : M. Fortin et Cio, 09, rue des Petits-Champs, Paris.
- Plateau Handy. — Le plateau est un accessoire indispensable de toutes les réceptions. Qu’il s’agisse de servir un petit déjeuner, du thé, du café, des liqueurs, tous les objets nécessaires : soucoupes, tasses, verres, bouteilles, etc., sont apportés de l’office sur un plateau et c’est là que la difficulté siège. Ce plateau ne peut être tenu en équilibre qu’avec les deux mains, si bien qu’il n’en reste pas pour ouvrir une porte, débarrasser une table, déplacer une chaise. Devant chaque obstacle, il faut poser le plateau ou risquer de renverser ce qu’il supporte. Le plateau Handy a été étudié pour remédier à cet inconvénient; il est muni sur le côté d’un cadre rectangulaire qu’on peut soulever, fixer par deux tiges et qui sert alors de poignée. Arrivé à destination, on rabat le cadre et le plateau ne diffère plus d’un plateau ordinaire. La figure suffit à faire comprendre l’avantage de ce système qui laisse tou j ours une main libre pend ant le Iran sport.
- Fig. 5. — Plateau Handy.
- En vente à la Société Produits d’Acier, 21, rue Tron-chet, Paris 8e.
- Brosseuse Well « Bross ». — Il existe des appareils électriques à cirer les parquets qui sont certainement pratiques, ils ont néanmoins l’inconvénient d’exiger la
- Fig. G.
- Brosseuse « Well Bross ».
- présence d’une distribution électrique et ne sont en réalité très utiles que lorsqu’il s’agit de l’entretien de grandes surfaces. La dépense occasionnée par l’achat de ces appareils est élevée et il est compréhensible qu’une maîtresse de maison recule devant des frais aussi considérables.
- Cependant, il est presque prohibitif pour une femme, et à plus forte raison pour un enfant, de fournir la dépense de force qu’exige l’entretien d’un parquet soigné, aussi un inventeur a-t-il eu l’idée de combiner un appareil qui diminue considérablement l’effort à faire pour assurer l’entretien du parquet.
- Ce système est constitué par une plaquette support, sur laquelle l’opérateur monte pour solidariser l’ensemble en un point du plancher. Cette plaquette est munie d’une tige formant bâti, à l’extrémité de laquelle est articulée une autre autre tige constituant le manche de la brosse.
- La deuxième tige est commandée par un levier avec deux poignées, de sorte que l’on peut donneràlabrosseun mouvement de va-et-vient sans qu’il soit nécessaire d’exercer aucune pression, celle-ci est assurée par des ressorts qui relient le manche de la brosse à la tige formant bâti. Les ressorts assurent également en partie le rappel en arrière de la brosse pendant le mouvement.
- L’appareil pivoté
- facilement sur son axe, de sorte que l’opérateur n’a pas besoin de changer de place pour travailler sur une grande surface. En desserrant un écrou de blocage, l’appareil peut être replié de façon qu’il présente le minimum d’encombrement et qu’il puisse se ranger facilement dans un débarras ou dans le coin d’une cuisine. Enfin, malgré son nom à consonance étrangère, il faut noter que cet appareil est d’invention et de construction françaises.
- Constructeur : « WelL Bross », 33, rue des Petits-Champs, Paris.
- Hfil 20
- p.2x19 - vue 470/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- »<
- ><
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES
- Le groupe des Menthes renferme de nombreuses espèces, variétés ou hybrides dont les principaux représentants sont : la Menthe poivrée, et les M. à feuilles rondes; M. crépue; M. sauvage; M. verte ou romaine; M. aquatique; M. pouliot, etc., mais il n’est question ici que de la plus connue, la menthe poivrée (Mentha piperita. L) Labiées, qu’on appelle aussi menthe anglaise.
- Habitat. — La menthe poivrée, si répandue en Angleterre, est une plante des régions tempérées. On la rencontre dans les endroits humides, sur le bord des fossés. Cultivée depuis longtemps dans les jardins, elle est devenue assez récemment l’objet d’une grande culture dans plusieurs départements, notamment dans la Seine-et-Oise à Milly et à Houdan, en Provence, dans les Alpes-Maritimes où l’on y consacre des centaines d’hectares.
- Description sommaire. — Plante vivace à souche rampante, haute de o m. 3o à o m. 60 ; tiges carrées, dressées. Feuilles opposées, à pétiole court, dentées, un peu pubescentes. Fleurs petites, rougeâtres, violacées, en glomérules s’épanouissant de juillet à septembre. Les feuilles et les sommités ont une odeur pénétrante, une saveur poivrée, faiblement camphrée, chaude d’abord mais laissant ensuite une sensation de froid.
- Culture. — Les terrains frais non marécageux, ni trop ensoleillés, ni trop ombragés sont ceux qui lui conviennent le mieux; une terre de jardin fraîche, meuble et profonde lui plaît également. L’important est qu’il n’y ait pas d’excès d’humidité, car celle-ci favorise la rouille. Elle pousse vigoureusement dans un terrain bien défoncé et fumé. On peut employer tous les fumiers, jusqu’à 20 ooo kg à l’hectare, et certains engrais chimiques, tels que le nitrate de sodium, le sulfate d’ammonium, le superphosphate minéral, influencent favorablement la composition et la proportion de l’essence. Dans le Jardin familial, ces trois sels peuvent être répandus à la dose de 3o gr. par mètre carré.
- Multiplication. — Comme la menthe poivrée ne donne pas de graines, du moins de graines fertiles, où ne la multiplie que par les drageons provenant de la division des vieux pieds. Bien qu’on puisse faire cette opération à l’automne comme au printemps, la première époque est préférable parce que, en plantant ces racines fibreuses au moment où la végétation est en repos, on ne brise pas les bourgeons qui se sont déjà formés dans les plantes mères au début du printemps. (A. G. et J. D.). Toutefois, si les producteurs des environs de Paris l’entreprennent- à l’automne, ceux de la région méditerranéenne ne s’y livrent qu’au printemps.
- Dans le jardin, on creuse à la bêche de larges raies, mais peu profondes, 5 cm environ, tandis que sur les champs la plantation peut se faire à la charrue dans de larges sillons de cette profondeur, dans lesquels on. étale avec soin les plants de menthe, en lignes distantes de i5 à 20 cm (A. G. et J. D.), 25 à 6o cm (A. R. et D. B/), et si le terrain n’est pas suffisamment frais, on facilite la reprise par plusieurs arrosages.
- D’après MM. Goris et Demilly, il faut veiller, ce qui est difficile, à ce que la charrue ne donne pas un sillon trop profond, et d’autre part, c’est à dessein que l’on fait une plantation aussi serrée (o m. i5 à om. 20), car elle est beaucoup plus avantageuse au point de vue de la récolte future. Les plants de menthe se touchent bientôt et, dès la deuxième année, la plantation est uniforme. On ne reconnaît plus les lignes primitives et c’est ce qu’il faut rechercher pour avoir en peu de temps une bonne récolte. _
- Les soins culturaux, binages et sarclages, sont assez nombreux et se font à la main dès que les jeunes pousses ont 10 à i5 cm; ils ne doivent cesser que lorsque les plantes sont assez développées pour que les mauvaises herbes ne puissent leur nuire.
- Dans les environs de Paris, une plantation de menthe poivrée peut durer 4 à 6 ans, mais comme son rendement diminue à partir de la seconde année à cause de l’envahissement par les mauvaises herbes, les producteurs, après la deuxième coupe, la recouvrent de fumier et la labourent de manière à la retourner, puis ils la hersent au' printemps et ils en obtiennent ainsi une végé-
- MÉDICINALES : MENTHE POIVRÉE
- tation et une récolte abondantes. Mais, en fait, la plantation est renouvelée tous les 3 ou 4 ans, sauf dans les Alpes-Maritimes où elle ne dure qu’un an.
- Récolte et rendement. — Dans le jardin, on coupe les plantes, sur les champs on les fauche un peu avant la floraison dès le mois de juillet, en prenant les précautions que j’ai indiquées précédemment. Pour avoir deux récoltes, il faudrait disposer d’un terrain irrigué et bien fumé comme cela a lieu dans la région du Midi et spécialement dans les Alpes-Maritimes. Selon MM. Rolet et Bouret, les deux récoltes de ce département donnent jusqu’à 3o 000 kg de matière verte à l’hectare ; 20 000 kg constituent encore un bon rendement. Ailleurs, on compte généralement i5 000 kilogrammes.
- Séchage. — Pour la consommation familiale, on étale les feuilles ou les sommités fleuries sur des claies ou sur le plancher dans un local très aéré, dans le grenier, par exemple, à l’abri des rayons du soleil, afin de leur conserver leur couleur verte naturelle. On peut aussi réunir les sommités fleuries en bouquets et les suspendre en guirlandes dans le même endroit ou dans un séchoir spécial, lorsque la culture est faite sur une grande échelle.
- Pour l’herboristerie, on ne fait guère sécher que les feuilles mondées. La dessiccation, même la mieux conduite, fait toujours perdre nue certaine partie de l’huile essentielle. Pour la distillerie et la liquoristerie, on livre les plantes à l’état vert.
- Rendement. — En France, on estime qu’un- kilogramme de feuilles de menthe poivrée laisse 2i5 gr. de feuilles sèches. On a trouvé, d'autre part, que 100 kg de plante fraîche se réduisent à i5 kilogrammes.
- Composition chimique. — Cette menthe contient surtout : principe amer, matière résineuse, tanin, huile essentielle. A vrai dire, c’est cette dernière qui constitue son principal élément; elle a été l’objet, de la part de' plusieurs chimistes, de recherches scientifiques très étendues dont le compte rendu serait, ici, hors de propos. Au point de vue pratique, il importe de dire que c’est une essence plus légère que l’eau, qu’elle devient incolore après rectification et que ses caractères comme sa composition varient sous l’influence de plusieurs facteurs, notamment des milieux de culture et des origines. Son odeur est d’autant plus suave que la plante est cultivée dans un pays plus septentrional ainsi que le prouve l’essence de menthe anglaise Mitcham qui est la marque la plus réputée entre les essences française, américaine et japonaise. Le rendement moyen est de 200 gr. pour 100 kg de menthe fraîche Son principe constituant le plus important est le menthol dont elle contient, au total, entre 58 et 66 pour 100, puis viennent les terpènes pour 3o à 40 pour 100, et enfin les produits accessoires.
- Propriétés thérapeutiques. — Hippocrate, Aristote et Mathiole employaient la menthe pour des propriétés spéciales et parfois contraires qu’on ne lui demande plus aujourd’hui. On sait quelle possède plus que les autres menthes des propriétés stimulantes, excitantes, toniques , digestives , stomachiques , antispasmodiques, etc., entre lesquelles la principale la fait classer parmi les stimulants généraux. Aussi est-elle un des remèdes .populaires très usités, et même prescrite dans l’atonie des voies digestives, les flatuosités, les palpitations, les tremblements et les vomissements nerveux. On l’a administrée aux enfants tourmentés par les vers et aux nourrices pour faire passer le lait. Elle a joui jadis, et surtout son essence, d’une certaine réputation contre la dysenterie et même le choléra; sa « vertu » contre l’intoxication d’origine gastro-intestinale provenait, sans doute, du menthol qu’elle renferme. Il est probable que c’est également à lui qu’était due l’heu-reuse influence, dont parle le D1 H. Leclerc, des applications de pulpe de la plante fraîche contre le prurit des vieillards.
- Préparations pharmaceutiques. — Les feuilles et les sommités fleuries sont les parties de la plante usitées. Le Codex de 1908 prescrit l’infusion de menthe pendant une demi-heure à la dose de 5 gr. par litre d’eau bouillante, mais ce poids est souvent doublé. Le Dr H. Leclerc conseille l’infusion à 2 ou 3 pour 100, préparée
- p.2x20 - vue 471/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- avec la plante fraîche comme fournissant une boisson d’une délicatesse exquise. L’alcoolat se prescrit à la dose de 2 à io gr. dans une potion; i5 à 20 gouttes dans un verre d’eau donnent un liquide très frais, utile aux dyspeptiques. L’hydrolat 20 à 100 gr. ; l’essence 2 à 5 gouttes sur du sucre; le sirop 20 à 100 gr. dans les 24 heures; les pastilles presque à volonté. Les feuilles entrent dans les espèces aromatiques et l’alcoolat vulnéraire du Codex ainsi que dans plusieurs liqueurs : alcool de menthe, Chartreuse, Kummel, etc. L’essence constitue la base de nombre d’eaux dentifrices. Le menthol est aussi très employé comme antinévralgique et antiseptique, notamment pour calmer les douleurs de dents, les affections de la gorge et du nez; les crayons de menthol soulagent beaucoup les migraines.
- Les feuilles sont parfois usitées dans la cuisine comme condiments.
- Observations commerciales. — La menthe poivrée est au nombre des plantes qui méritent d’être cultivées sur une grande échelle, car sa consommation est considérable, La plante entière sèche vaut habituellement o fr. 80 à 1 fr. le kilo. Quant aux feuilles mondées, les prix ont varié de 1 fr. 60 à 2 francfe ; l’an dernier elles ont atteint 5 fr. 5o à 6 francs dans la région de Lyon. A l’état vert, les distillateurs les achètent entre 10 et 14 francs les 100 kilos.
- Avec l’absinthe commencera l’étude des i3 autres plantes qui, avec les 7 précédentes, composent le Petit Jardin familial de plantes médicinales.
- A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Q0
- ossT
- LA PRODUCTION ARTIFICIELLE DE VITAMINES
- L’importance des vitamines a été appréciée par les ménagères longtemps avant que les biologistes en eussent conçu l’idée et démontré l’existence. On s’en aperçoit aujourd’hui en constatant que bon nombre de produits alimentaires, qui furent payés cher de tout temps, sans qu’on s’en explique bien la raison, sont spécialement riches en vitamines. Telles sont d’abord les primeurs : pommes de terre nouvelles, carottes nouvelles, ainsi que le beurre, les jaunes d’œufs, etc. Inversement, certains procédés d’élevage en grand, axi moyen de drèches et de tourteaux, en même temps qu’ils abaissent le prix de revient des animaux domestiques ou de leurs produits (viande de boucherie, lait et laitages), diminuent aussi leur contenu en vitamines. En tout cas, notre lard indigène, provenant de porcs élevés dans des fermes suivant les procédés les moins raffinés, semble plus riche en vitamines que les lards américains fournis par des cochons nourris suivant le dernier cri de la science économique.
- Il semble donc, en définitive, que dans un budget bien équilibré la part qui est, consciemment ou non, attribuée à l’acquisition d’aliments riches en vitamines soit considérable. C’est ce qui donne un grand intérêt à une série de travaux parus ces derniers temps et consacrés à la production artificielle de certaines vitamines.
- Rappelons tout d’abord que Huldschinsky a démontré, en 1919 qü’un régime calculé de manière à provoquer le rachitisme à coup sûr peut être bien toléré si l’animal qui le consomme est exposé à des radiations ultraviolettes. Aussi, les rayons ultra-violets, qu’ils soient artificiellement produits ou qu’ils émanent du soleil, sont-ils aujourd’hui considérés comme l'un des plus puissants moyens thérapeutiques contre le rachitisme.
- Ces radiations ont donc un effet marqué sur l’organisme. Mais est-ce à cela que se borne leur action? N’ont-elles pas aussi un effet sur les aliments eux-mêmes ? C’est précisément la question à laquelle de nombreux travaux de Steenbock, Hess, Hume, Cowell, Drumond, etc., ont été récemment consacrés. Ces auteurs ont montré qu’une série de substances alimentaires pouvaient être « activées », c’est-à-dire positivement enrichies de vitamines ou plus exactement
- rendues anti-rachitiques par exposition ménagée aux rayons ultra-violets.
- Le fait est particulièrement marqué pour une substance encore mystérieuse par bien des côtés, mais qui joue un grand rôle dans l’organisme et qui est en tout cas étroitement apparentée aux substances anti-rachitiques : la cholestérine. La cholestérine est, en effet, le véhicule des vitamines si abondantes de l’huile de foie de morue. Mais la cholestérine chimiquement pure ne contient pas de vitamines. En revanche, on « active » cette substance et on la rend énergiquement anti-rachitique en l’exposant aux rayons iiltra-violets.
- Il faut d’ailleurs remarquer qu’il se pose là une question de dose. Les rayons ultra-violets sont de puissants destructeurs de la matière vivante. On les utilise comme antiseptique pour purifier l’eau de boisson et Zilva avait déjà pu montrer en 1920 que, par une exposition prolongée à ces radiations, on détruit complètement les vitamines de l’huile de foie de morue. Il s’agit donc, par des expériences bien conduites, de déterminer les doses exactes de radiations ultra-violettes capables d’enrichir vraiment en vitamines une substance alimentaire qui en est plus ou moins dépourvue comme par exemple les huiles végétales. 11 semble que ce problème ne soit pas bien difficile à résoudre, étant donné la précision des travaux qui ont déjà été consaci’és à ce sujet.
- Mais ici une autre difficulté s’élève. Ce traitement par les radiations ultra-violettes modifie le goût des huiles végétales et le rapproche nettement de celui de l’huile de foie de morue. Les huiles ainsi traitées seraient donc utilisables en thérapeutique seulement. Certes, ce serait déjà là quelque chose de fort important. Mais l’idéal serait assurément que les produits ainsi activés possèdent le goût agréable qu’on trouve à tant d’aliments aux propriétés anti-rachitiques caractérisées. On réaliserait ainsi un progrès de tout premier ordre. Donner aux huiles végétales d’arachide ou de coco la valeur alimentaire du beurre sans en augmenter sensiblement le prix et sans en rendre le goût désagréable contribuerait certainement à diminuer le prix de la vie.
- Dr P.-E. Moriiardt.
- •n
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondancé des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à-limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, Il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — Dans le n” 2672, Nouvelles de T. S. F., nos lecteurs ont sans doute rectifié d’eux-mêmes l’erreur d’imprimerie déformant le nom bien connu du général Ferrié qui a inauguré le yacht Commandant Tissot.
- Communication. — Le Rayon vert et le Rayon violet. — A la suite du très intéressant article de M. Tou-chet paru dans La Nature (n° 2670), je me suis appliqué à observer les couchers solaires au moyen d’une lunette astronomique grossissant 5o fois. J’ai pu ainsi constater que la frange verte est pour ainsi dire constante, bien que plus ou moins nette, et que cette netteté augmente à mesure que le soleil descend. Au-dessus d’un angle de 90’ à 120’, soit trois ou quatre fois lm diamètre de l’astre, c’est plutôt une frange violette qui apparaît. Cela m’a permis de constater successivement un rayon
- p.2x21 - vue 472/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- violet et un rayon vert dans les conditions suivantes : Un stratus obscur barre le ciel d’une bande transversale large comme environ les 2/3 du diamètre solaire et laissant au-dessus de l’horizon une bande de ciel d'une largeur à peu près égale. Cet horizon est formé par les sommets ondulés de l’Atlas variant de 25' à 35' au-dessus de l’horizon vrai. Or, au-dessus du nuage, le Soleil n’émettait qu’une frange violette dont le dernier rayon fut de cette couleur, tandis qu’au-dessous la frange devint franchement verte ainsi que le rayon ultime et dans toute sa pureté.
- Une autre fois le rayon était vert au centre avec les extrémités violettes. Peut-être y avait-il aussi un rayon terminal violet, mais il ne fut pas assez lumineux pour être distingué.
- Ces quelques observations faites dans le courant d’une seule semaine montrent la fréquence du phénomène, sa facilité d’observation avec la lunette et confirment la théorie de la dispersion si bien expliquée dans cet article tout en indiquant que celle-ci varie avec l’état atmosphérique (condensation, saturation hygrométrique et pression atmosphérique). DrF. Sanschi, lvairouan.
- Réponses. — Sao Paulo Club. — Les embarcations qui circulent sur les canaux français et pour lesquelles on a étudié la traction électrique sont en général des péniches de 3oo tonnes.
- il/. S. K. C. W. (Pologne). — i° Pour documentation sur la fabrication du chocolat, voici les ouvrages traitant cette question : Manuel pratique du Ch'ocolatier (Installation d’une chocolaterie, etc.), par L. de Belfort de la Roque, i volume (Bernard Tignol, Nolo, éditeur, Paris, 53 bis, quai des Grands-Augustins, 6ü) ; Nouveau Manuel du Confiseur et du Chocolatier, par Henri Blin, i vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°); Manuel de Confiserie et Chocolaterie (Bibliothèque René Dhommée), 1 vol. (J.-B. Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris, 6°); 20 Pour fabrication des bonbons :Manuel du Confiseur, par Henri Blin, précité; Manuel de Confiserie (éditeur, J.-B. Baillière) ; IJart du Confiseur moderne, par Barbier-Duval, i volume ; 3° Pour la biscuiterie : Nouveau manuel du Boulanger et du Biscuitier, par J. Fontenelle et F. Malepeyre, nouvelle édition, par Schield-Tréherne, 1 vol. (L. Mulo, éditeur); Manuel de Boulangerie, Pâtisserie, Biscuiterie (Bibliothèque René Dhommée), 1 vol. (J -B. Baillière, éditeur) ; 4° Pour la fabrication du macaroni : A midonnier et Fabricant de Pâtes alimentaires, par Morin, Malepeyre et Larbalétrier, 1 vol. (L. Mulo, éditeur).
- M. A. X. E. /., à Neuilly-sur-Seine. — Nous ne possédons, sur Y hydrofugation du papier par la résine, et l’application du procédé décrit à la fabrication de bouteilles en papier, que les indications données aux informations de La Nature, n° du 27 décembre 1924. Pour plus amples renseignements, s’il est possible d’en obtenir, vous pourriez vous adresser à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, à Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge, organe qui a publié en 1924, une note sur le procédé dont il s’agit. Nous ne savons rien de plus.
- M. J. P., à Bagnères-de-Bigorre. — 1“ Sensibilité de l’œil. La sensibilité de l’œil n’est pas la même pour toutes les couleurs. D'après Langley, les valeurs de la puissance mécanique minima qui doit entrer dans l’œil pour donner la sensation de la lumière sont : .
- 1,37 X io~6 ergs par seconde pour des radiations de longueur d’onde de 0,4 micron.
- 5.6 X io~° ergs-seconde pour la radiation de o,55 micron.
- (C’est la radiation qui présente le maximum d’énergie dans le spectre solaire et celle que l’œil utilise le mieux.)
- 1,26 X io-6 erg-seconde pour la radiation de o,65 micron.
- 3.6 X io~3 erg-seconde pour la radiation de 0,75 micron.
- D’après Tumlizcz, une bougie est visible à 12 km; elle envoie dans l’œil 5o X io~9 ergs par seconde, qui correspondent à un éclairement de 6,5 X io~9 lux de lumière blanche (le lux est l’éclairement produit par une source de 1 bougie sur une surface placée à 1 m. normalement aux rayons).
- 2" Equivalent énergétique de la lumière. — L’énergie rayonnée par une source de 1 bougie internationale sphérique, donnant une radiation monochrome de lon-
- gueur d’onde o,54 micron (jaune-vert), est de 0,02 watt. C’est la radiation qui a l’équivalent énergétique minimum.
- Nous ne connaissons pas actuellement de sources de lumière qui soient monochromes, ou qui n’émettent que des radiations perceptibles à l’œil. La plupart des sources usuelles reposent sur l’incandescence et rayonnent à côté d’une petite proportion de radiations lumineuses toute une gamme de radiations inutiles pour la vision.
- 0,094
- o,o83
- Voici pour un certain nombre de sources, d’une part le rapport R entre la puissance rayonnée lumineuse en watts et la puissance rayonnée totale en watts ; d’autre part l’équivalent énergétique E de la lumière de la source exprimé en watts par bougie internationale sphérique.
- R
- Flamme de pétrole............... . 0,012
- Flamme acétylène................... 0,064
- Bec Auer vertical avec cheminée . 0,029
- Lampe électrique à filament de
- charbon........................... 0,082
- Lampe Osram à filament de tungstène............................. 0,091
- 3° Sensibilité de l’oreille. — De même que l’œil n’e's0 ' impressionnable que par une série limitée de radia- -lions et n’offre pas la même sensibilité pour chacune d’elles, de même l’oreille a un domaine limité de perception pour les vibrations élastiques, et sa sensibilité varie avec la fréquence de celles-ci (nombre de vibrations par seconde).
- La zone de perception est comprise entre 3-2 et 20000 vibrations par seconde. Le maximum de sensibilité se trouve entre 5oo et 5ooo vibrations par seconde. Harvey Fletcher a mesuré, dans ce domaine, les variations de pressions minima nécessaires pour produire une sensation sonore. Voici quelques-uns de ses chiffres (en dynes par cm3).
- A la fréquence 3a, il faut 1 dyne; entre 5oo et 5ooo vibrations, il faut 0,001 dyne (soit 1 milliardième d’atmosphère). A 16 000 périodes, il faut 0,1 dyne.
- M. le DT M., à Wimereux. — Nous avons indiqué dans le numéro 2670, page 182, de la Boîte aux Lettres, une recette pour le tannage des peaux de serpents. Au cas où vous ne voudriez pas effectuer ces opérations vous-même, vous pouvez vous adresser à Boubée, natu-ralisateur, 3, place Saint-André-des-Arts, à Paris.
- T. S. F. — M. Cousin, à Nîmes (Gard). — Nous vous remercions de votre communication et votre idée nous semble, en effet, intéressante. Nous essaierons de donner prochainement dans La Nature des indications sur le moyen d’établir des postes émetteurs et récepteurs portatifs. Nous avons d’ailleurs déjà fait paraître en 1924 un article sur la « réception en automobile», qui pourrait vous servir pour l’établissement d’un modèle de ce genre.
- M. L. B., à Paris. — i° Votre projet d’antenne semble bon. Adoptez de préférence une antenne prismatique à quatre brins, de i5 à 20 m, de long. Il convient, en outre, de surélever l’antenne au-dessus du toit au moyen de deux mâts en bambou, ou même métalliques.
- 2° Si vous voulez recevoir les émissions radiophoniques à grande distance, il est préférable d’utiliser des étages d amplification à haute fréquence, plutôt que d’amplifier à basse fréquence après la détection.
- Deux étages d’amplification à basse fréquence à transformateurs constituent un maximum.
- Vous pouvez employer deux étages à basse fréquence pour la réception en haut-parleur, mais un seul suffit pour l’écoute au casque.
- Comme système de liaison à haute fréquence, vous pouvez employer la liaison à résonance par circuit oscillant accordé-capacité, ou la liaison semi-apériodique par bobinage avec ou sans fer. Pour le choix de ces procédés consultez la Pratique Radioélectrique.
- 3° Le dispositif superhétérodyne est un appareil très simple à régler et extrêmement efficace.
- Nous ne vous conseillons cependant pas d’entreprendtre sa construction si vous êtes débutant en T. S. F., et si vous ne possédez encore aucun des éléments qui peuvent entrer dans sa composition.
- Il serait préférable, soit d’acheter l’appareil chez le constructeur, soit d’acheter au moins dans le commerce des pièces détachées déjà réalisées afin de simplifier le montage.
- p.2x22 - vue 473/663
-
-
-
- Calculs numériques et graphiques, par Emile Ga.u. i vol. in-16, avec 33 graphiques, et io tables. Armand Colin, Paris, 1925. Prix broché : 6 francs.
- M. Gau présente ici l’essence même du cours qu’il fait depuis x5 ans aux étudiants de mathématiques générales de la Faculté de Grenoble.
- L’objet de son livre est d’exposer des méthodes permettant d’effectuer les calculs qui se présentent le plus couramment dans la pratique. Il s’est attaché à ne choisir que des méthodes assez élémentaires pour permettre au lecteur de les comprendre et de les manier, sans avoir à se munir au préalable d’un bagage mathématique trop pesant. Il débute par des généralités sur les opérations arithmétiques et sur les erreurs, qui trouvent ensuite leurs applications dans les chapitres consacrés aux fonctions d’une ou plusieurs variables, dans l’explication de la règle à calcul et des abaques. 11 montre ensuite comment on calcule la somme d’une série, les intégrales définies, les intégrales elliptiques et comment on résout numériquement les équations algébriques ou transcendantes.
- Actualités sur les machines-outils, les appareils de levage et la manutention mécanique, par MM. P. Dufour, F. Personne, H. Asbridge, D1' R. Faillie, M. Garvin, M. Fontaine, R Lazard et A. Borgne. 1 vol. 24X3i, 88 p. 118 fig. Editions « Science et Industrie », 22, avenue Montaigne, Paris. Prix : 10 fr.
- Ce volume présente un tableau d’ensemble des différentes machines-outils mises à la disposition des exploitations industrielles ainsi qu’une étude sur les appareils de levage et de manutention mécanique. Le lecteur y trouvera également un excellent article sur la pratique du montage de précision ainsi que des notes sur la protection du travailleur contre les accidents de machines et sur le dessin industriel.
- L'équipement électrique des voitures automobiles, par P. Prévost, i vol. de vm-228 pages, 68 fig. Dunod éditeur, Paris 1925. Prix broché : 20 francs.
- Ouvrage consacré à l’allumage, au démarrage et à l’éclairage électriques des automobiles. C’est un livre très élémentaire où l’auteur s’est volontairement borné à indiquer le fonctionnement général des diverses machines, sans trop entrer dans le détail des schémas et des montages ; il décrit brièvement les principaux types d’appareils en usage et donne d’utiles conseils pour le maniement et la surveillance de l’équipement électrique ainsi que pour le dépistage des pannes.
- L’Année Aéronautique 1924-1925, par L. FIirschauer et Ch; Dollfus. i vol. xxx-3o4 pages, nombreuses figures. Dunod, éditeur, Paris, 1925.
- Comme les années précédentes, cette publication contient toute la documentation technique, sportive, administrative, industrielle et commerciale relative au
- ‘ développement de l’aéronautique au cours de. l’année écoulée : monographie des nouveaux avions et moteurs, tableau des records officiels, résumé des concours d’aviation, récit des grands voyages en avions, si nombreux et remarquables en ces 12 derniers mois ; performances d’aérostation, vol à voile, organisation des pouvoirs publics aéronautiques en France et à l’étranger, résultats d’exploitation des compagnies aériennes. En annexe, on trouvera une note technique intéressante sur le problème du réchauffage dans la carburation et sa solution par la Société Zénith.
- Joseph et Etienne de Montgolfier, par le Comte de la Yaulx, et Paul Tissandier, 1 vol. in-4, 75 pl. en noir et en couleur. Tirage limité à 320 exemplaires. En souscription chez M. Jean Frachon, villa des Pins, Annonay (Ardèche). Prix : 3oo francs.
- Si le monde entier a reconnu aux Montgolfiër, sans conteste, le mérite de la découverte des aérostats, personne jusqu’à présent n’a pu suivre pas à pas la genèse de cette invention. Tout en s’acquittant d’une dette de reconnaissance envers les deux grands inven-
- teurs, les auteurs de ce livre ont voulu combler cette lacune. Grâce à un comité composé de MM. de Mont-golfier, Laurent Seguin, Marcel Béchetoille, Jean Frachon et des anciennes manufactures Canson et Montgolfiër, sous le patronage duquel ce livre est publié, de précieuses archives ont pu être inventoriées.
- Sur le copie de lettres même de l’usine familiale, on a retrouvé le récit des expériences préliminaires de 1782; sur le grand livré, au milieu des comptes de clients ou de fournisseurs, un compte spécial est ouvert pour les fournitures nécessaires à la construction des premières machines aérostatiques. Des portraits jusqu’alors inconnus du public montrent les deux inventeurs à l’époque de leur triomphe, et leurs expériences sont rappelées par des oeuvres d’art et manuscrits contemporains. Ce n’est pas sans émotion que le lecteur pourra revivre cette passionnante époque en contemplant ces documents anciens, presque tous inédits.
- Les reproductions sont l’œuvre de Daniel Jacomel, dont la réputation n’est plus à faire, et ne comprendront pas moins de planches en noir et en couleur. Les anciennes manufactures royales Canson et Mont-golfier de Yidalon-les-Ànnonay, berceau familial des héros de cet ouvrage, ont fourni un magnifique papier vélin fabriqué d’après les méthodes importées de Hollande par Joseph et Etienne de Montgolfiër eux-mêmes. Ce volume, dont le tirage est strictement limité à 320 exemplaires numérotés et imprimés au nom de chacun des souscripteurs, ne peut manquer de devenir à bref délai rarissime.
- L’orientation professionnelle de l’apprentissage, par G. Kass. i. vol. 116 pages. Béranger, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- L’auteur aborde ce redoutable problème de l’apprentissage, si angoissant pour l’avenir .de la France. Il faut préparer dès l’école l’enfant à son futur métier. Mais par quels moyens ? Il importe tout d’abord de distinguer les carrières vers lesquelles l’enfant pourra être dirigé. M. Kass préconise., chaleureusement le concours des parents, du maître et du médecin, et exceptionnellement celui d’un conseiller d’orientation professionnelle pour expertiser les aptitudes de l’enfant. Il plaide pour le développement des écoles de préapprentissage et l’organisation de l’apprentissage rural, il passe en revue, un peu rapidement, ce qui a été fait pour les œuvres d’apprentissage, esquisse le rôle des Chambres de métier et conclut en reprenant la phrase de Gaston Vidal : « La France doit être une nation de cadres. »
- Nos vins de France. Comment les classer, les vinifier, les conserver, les présenter, par Raymond Brunet.
- 1 vol. in-12, 232 p., 20 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 12 francs.
- Cet ouvrage contient la classification complète des vins de France, non seulement »de ceux des grands crus du Bordelais, de la Bourgogne, de la Champagne, de l’Anjou, de la Touraine, mais encore des principaux départements viticoles, quelle que soit la qualité de leurs produits.
- Les meilleurs procédés de vinification sont rappelés brièvement, puis les méthodes de conservation sont exposées en détail pour permettre à tous ceux qui ont des caves de soigner et d’élever avec rapidité leurs vins à la meilleure qualité possible. L’auteur auquel les questions hôtelières sont familières expose comment il faut guider le choix des consommateurs, associer les divers vins aux menus, régler l’ordre de .. marche de leur service pendant les repas, les décanter,, les chambrer ou les rafraîchir selon les circonstances. Il montre comment doivent être rédigées les cartes des restaurants pour intensifier la consommation, quels sont les services utiles que peuvënt rendre les sommeliers, le soin avec lequel doivent -être choisis les verres et les carafes. Enfin, il expose les divers moyens de propagande qui doivent être employés pour augmenter la consommation du vin et lutter contre sa prohibition.
- -m ^ w
- p.2x23 - vue 474/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2677
- 25 Juillet 1925
- Les origines de la photographie au gélatino-bromure d’argent. — Dans son article sur les origines de la photographie, M. .). Boyer a fait remonter, avec raison, à Poitevin, l'origine de la photographie sur gélatine. Mais le procédé primitif de Poitevin n’était qu’une grossière ébauche des procédés modernes ; ceux-ci reposent sur la mise en œuvre d’une autre découverte, de grande importance, celle de Y émulsion au gélatino-bromure d’où est sortie toute l’industrie moderne des plaques et des films photographiques.
- M. J. Berger, de Lyon, nous communique à ce sujet une note historique d’un haut intérêt. Nous en extrayons les détails qui suivent.
- Le véritable inventeur de l’émulsion parait être le Français Alexis Gaudin. Dans le n" du i5 avril 1861, de laLumière, journal dont il était rédacteur en chef, il relate divers essais effectués par lui avec de l’iodure d’argent lavé (préparé à part), puis incorporé dans de la gélatine chaude.
- Il obtenait ainsi une émulsion crémeuse qu’il étendait sur du verre et qui ressemblait à la couche d’iodure d’argent du collodion sensibilisé dans le bain de nitrate d’argent.
- Ces plaques au gélalino-iodure d’argent étaient développées au tanin.
- L’idée de Gaudin est reprise ensuite par un anglais établi à Redon (Ille-et-Vilaine), M. Thomas Sutton, qui, dans un article du Brilish Journal of Photography (14 juillet 1871), rappelle les essais de Gaudin et préconise la substitution du bromure d’argent à l’iodure.
- Quelques semaines plus tard (8 septembre 1871), dans le même journal, le Dr Maddox, à qui l’on attribue en général la paternité du gélatino-bromure, expose les résultats de ses essais d’émulsion au gélatino-bromure. On vient de voir que l’idée du procédé avait été formulée avant lui par Gaudin et Sutton. Le Dr Maddox n’a pas davantage le mérite de l’avoir rendu pratique ; ses essais sont encore informes et incapables de donner naissance à des applications.
- En 1873 apparaît la première mention d’un procédé nouveau découvert par M. Burgess, artiste-peintre anglais. Burgess employait l’émulsion de gélatinobromure avec développateur à l’acide pyrogallique alcalin. Il vendait ses émulsions en flacon, et aussi des plaques toutes préparées, qui eurent un certain succès; mais elles se conservaient mal. D’autre part, l’inventeur •ne divulgua point sa manière de préparer l’émulsion.
- Le premier qui ait donné au monde photographique un procédé vraiment pratique pour préparer l’émulsion est M. J. King, du Bombay Civil Service. Le 14 novembre 1873 il donne tous les détails pour éliminer de l’émulsion, par dialyse, le nitrate de potassium. C’était l’important. Dès lors, les progrès vont se précipiter et l’invention va entrer dans le domaine industriel. 11 y aurait encore bien des noms à citer; rappelons seulement celui d’un amateur anglais nommé Benett, qui le premier découvrit qu’en maintenant l’émulsion plusieurs heures à température élevée, on augmentait beaucoup sa sensibilité; découverte importante sans laquelle la gélatine, malgré ses autres avantages, n’aurait pu remplacer le collodion.
- Le procédé aux émulsions, né en France avec Gaudin, resta cependant assez longtemps inconnu dans notre pays. Mais en 1874, M. Edouard Milson apporta de Londres à Lyon les premières boîtes de pellicules au gélatino-bromure. Les premiers clichés datent de 187.5. M. Milson communiqua le procédé à quelques amateurs (dont M. Berger) et au photographe Garcin qui probablement le premier en France prépara des plaques au gélatino-bromure. Un simple ouvrier en soie de Lyon, M. Vernon, acquit bientôt une juste réputation pour la bonne préparation de scs plaques. Enfin, MM. Lumière furent les premiers, dans leur usine de Monplaisir, à préparer industriellement les plaques au gélatino-bromure, et l’on sait à quel degré de perfection ils ont porté cette fabrication.
- Les sources thermales de la région d’Antsirabé (Madagascar). — La jolie et riante station d’Antsirabé
- a été surnommée le Vichy de Madagascar. Située dans une région salubre et tempérée à i5oo m. d’altitude, elle est de plus en plus fréquentée parles fonctionnaires et colons de la grande île; elle est aujourd’hui en plein développement. Du reste, les indigènes viennent depuis fort longtemps y chercher la guérison de nombre de maladies.
- Au cours de sa mission de 1923 à Madagascar, M. le professeur Moureu a étudié d’une façon approfondie les sources thermales de la région d’Antsirabé. Le Bulletin des mines de Madagascar publie les conclusions du rapport de l’éminent chimiste.
- La région d’Antsirabé appartient à un puissant massif volcanique reposant sur un sous-sol granitique riche en minéraux radioactifs. Par la nature de leur gisement et leur minéralisation, les sources du bassin hydrolhermal d’Antsirabé s’apparentent étroitement à celles de nôtre Plateau Central, celles de Vichy et de Royat notamment. Elles sont particulièrement riches en bicarbonates alcalins et acide carbonique gazeux et sont légèrement chlorurées. Mais on avait cru, sur la foi de mesures un peu hâtives, qu’elles se distinguaient par une forte radioactivité, que l’on expliquait aisément par la richesse radioactive des roches profondes du bassin.
- M. Moureu a analysé avec soin les eaux de i5 sources de la région, et il a constaté qu’elles sont, en réalité, fort peu radioactives. Cette anomalie apparente s’explique aisément si l’on admet que la composition chimique des eaux d’Autsirabé est une conséquence du volcanisme. Parmi toutes les roches de l’écorce terrestre, les produits volcaniques sont, en moyenne, en effet, les plus pauvres en radioéléments et l’on observe au surplus que les sources bicarbonatées, toujours en relations avec des phénomènes volcaniques, ne sont que tout à fait par exception très radioactives. Dans notre Plateau Central, par exemple, sur 38 sources appartenant aux stations de Vichy, Mont-Dore, Saint-Nectaire, Royat, La Bourboule, trois seulement (source Choussy à Royat, sources Saint-Mart et Saint-Victor à Royal) sont fortement radioactives.
- L’influence des minéraux radioactifs distribués dans le sous-sol du bassin d’Antsirabé ne s’exerce donc que faiblement sur les sources thermales de la région; elle se manifeste toutefois par le fait que la radioactivité moyenne de ces sources est un peu supérieure à celle de la moyenne des sources du Plateau Central.
- La plus puissante locomotive électrique du monde. — C’est une machine destinée au chemin de fer de Virginie aux Etats-Unis, qui procède actuellement à l’électrification de la ligne de Mulleiis à Roanoke. Cette locomotive géante mesure 45 m. de long, pèse G37 tonnes et développe 712a chevaux. Elle est en réalité composée de 3 véhicules attelés l’un à l'autre, car il aurait été impossible de faire entrer en courbe une caisse rigide de cette longueur. Elle est alimentée par le courant alternatif qui peut être à 11 000 ou à 22000 volts. Elle a été construite par l’American Locomotive et par la Westinghouse Electric C°. Elle vient de faire avec succès ses essais de réception. Elle est la première d’une série de 36 machines identiques.
- Le séro-diagriostic en botanique. — M. F. Raedér a publié dans Botanisches Arc liiv une étude sur les affinités de diverses dicotylédones telles que les révèle le séro-çliagnoslic appliqué à leurs albumines, dont rend compte la Revue internationale de Renseignements agricoles. L’auteur opère non sur les graines, mais sur la totalité des plantes fraîches. Ses recherches ont porté principalement sur Adoxa moschatellina, Polygala vul-garis, Arctostaphylos Vva-ursi, Empêtrai», ni gravi, Ilypericum perforât»m et Viscum album.
- En ce qui concerne VAdoxa, les réactions positives obtenues démontrent clairement son affinité étroite avec les Caprifoliacées, les Dispsacées et les Rubiacées ; avec d’autres familles, les résultats sont encore douteux. Pour Polygala vulgaris, les réactions ont indiqué un lien d’affinité avec les Ericacées, les Cëlastracées, les Méli'a-cées, les Buxacées et les Hippocastanées. Dans le cas d’Arctostaphylos_ lira-ursi, il y eut des résultats nette-
- 4| 25 I3&.
- 4
- p.2x24 - vue 475/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- ment positifs avec les Ericacées, les Célastracées, les Polygalacées, les Yitacées, les Rhamnacées et les Sapin-dacées; il y eut d’autres réactions positives moins accentuées avec un grand nombre d’autres plantes.
- L' Empetrum nigrum montra une forte affinité avec les Polygalacées, les Ericacées, les Célastracées, les Rhamnacées et les Yitacées et d’une manière moins accentuée avec d’autres familles de plantes.
- Hypericum perforation montra une affinité avec les Hypéricacées, les Théacées, les Cistacées et les Buxa-cées. Enfin, les expériences pratiquées sur Viscum album mirent en lumière son affinité marquée avec les Polygonacées, les Myricacées, les Bétulacées et les Juglandacées et, d’une manière moins accentuée, avec un assez grand nombre d’autres familles.
- La minoterie française. — Le Bulletin de la statistique générale de la France vient de publier les résultats d’une enquête du Ministère de l’Agriculture sur le nombre des moulins existant en France au ier octobre 1924, répartis suivant leur capacité d’écrasement par jour.
- Yoici les principales données recueillies.
- Régions. Nombre d'e moulins.
- Nord........................ 1 .65a
- Est............................. 729
- Ouest........................ 3.674
- Centre...................... 1.798
- Est central................. 1.397
- Sud-ouest.................... 2.008
- Massif central................ 2.53o
- Midi.......................... 1.096
- Total.........14.884
- Régions
- C;< paci té d’écrascment (en quintaux)
- Nord....................119. o35
- Est. . ................... 44.966
- Ouest..................... 78.139
- Centre.................... 53.465
- Est central ........ 43.064
- Sud-ouest............... 62.786
- Massif central............ 35.449
- Midi ..................... 45-885
- Total............482.789
- On voit que près du quart de la totalité des moulins se trouve dans la région de l’ouest, mais que le quart du blé est moulu dans la région du nord où le nombre des moulins est cependant plus de moitié moindre. C’est qu’en effet beaucoup de petits moulins n’ont qu’une capacité d’écrasement très faible, tandis que certaines très grosses minoteries traitent des quantités de blé considérables. On en jugera par le tableau suivant :
- Moulins traitant
- par jour.
- Moins de 25 quintaux .
- de 26 à 80..........
- de 81 à 15o...........
- de i5i à 3oo .....
- de 3oi à 5oo........
- plus de 5oo.........
- Nombre.
- 11.35o 2.408 696 3o6
- 69
- 55
- Blé écrasé.
- Il 7.905 108.911
- 79-949 . 68.709 27.588 ' 79-727
- 14.884 482.789
- Transformation de la paille en fumier sans bétail.
- — A la Station expérimentale agricole dé Rothamsted (Angleterre), MM.. Richards et Hutchinson ont fait d’intéressantes expériences, en vue de mettre en pratique un procédé permettant de produire un fumier artificiel en utilisant la paille, sans intervention du bétail.
- Un tas de paille de 3o cm de hauteur fut saupoudré de chaux et arrosé, puis on le monta jusqu’à 3 m., ensuite on l’arrosa avec du sulfate d’ammoniaque neutre, jusqu’à ce que la solution de ce sel eût bien pénétré dans tout le tas.
- Après trois mois environ, la paille était décomposée en un humus brun, semblable à celui du fumier ordinaire. 366 quintaux de paille furent ainsi traités dans une exploitation de ‘Romney-Marsh. Cinq mois après, on fit des analyses comparatives de ce fumier artificiel et du fumier des bovins de cette même exploitation.
- Yoici les résultats de ces analyses :
- Fumier artificiel Fumier d’étable
- 0 0 p. tou
- CO 0 0,37
- 0,16 0,27
- 0,27 0,21
- 12,60 11,10
- Azote........................
- Acide phosphorique (exprimé en phosphate tricalcique).
- Potasse.........../..........
- Matière organique............
- Pour comparer l’efficacité de ces deux fumiers, on les appliqua à la culture de l’avoine, de façon à fournir à chaque parcelle de terrain une quantité égale d’azote, d’acide phosphorique et de potasse.
- Yoici les rendements comparatifs :
- Quintaux à l’hectare
- Fumure Grain. Paille.
- Fumier artificiel et engrais chimiques .................................. 23,6 54,3
- Fumier artificiel seul....................21.8 40,0
- Fumier de bovins..........................26,1 3g,5
- Déjections de bovins desséchées. 16.6 41)0
- Ces chiffres mettent en évidence la valeur pratique de ce procédé. H. B.
- L’Inde et la Chine portugaises. — Les Portugais ont conservé sur la côte occidentale de l’Inde trois établissements : Goa, Damào, Diu, restes du grand empire fondé par Yasco de Gama et Albuquerque. Ils constituent une province qui a pour chef-lieu Pandjim, dite aussi Yilla Nova de Goa, et se divise en trois districts : Goa, Damào, Diu.
- La superficie de T Inde portugaise est évaluée très diversement entre 365o km2 et 4800 km2.
- Pour la population, les évaluations varient entre 548000 habitants et 6o5ooo habitants, cette dernière faite en décembre 1910.
- Goa est située au sud de Bombay. Elle occupe une bande de terre, longue de i5o km entre la mer et les monts Ghates, et large en certains points de 5o km, soit certainement plus de 35oo km2. Sa capitale, Pandjim, a environ 24000 habitants; elle est reliée par chemin de fer à Bombay et à Madras.
- On trouve sur son territoire 5oi exploitations de sel, ainsi que 6 concessions de manganèse (20 mines), à Mormugâo.
- Damào n’a qu’environ 80 km2; son chef-lieu, qui porte le même nom, a 6000 habitants et le port en est bon. Il est à 162 km au nord de Bombay et à une cinquantaine de kilomètres au sud de Surate, à l’entrée du golfe de Cambaye. On y trouve 11 salines*
- Diu est une petite île d’environ 3o km2, située au sud de la presqu’île de lvalhiawar et à ,142 milles anglais à l’W. N. W. de Damào. On y trouve 5 salines. Son chef-lieu a i2 5oo habitants.
- Goa (Yieille Yille) est restée le chef-lieu d’une province ecclésiastique, ayant à sa tète un archevêque. Damào et Diu ont une population en majorité musulmane.
- Au point de vue économique, Pandjim et Damào sont d’intéressants ports de transit, par lesquels passe une partie du commerce de l’Inde anglaise ; leur situation, à ce point de vin;, est comparable à celle de Pondichéry. Il y a 82 km de chemins de fer sur les territoires de Goa et de Damào.
- Les Portugais se sont établis dès. le xvi“ siècle sur les côtes de Chine. Leur premier établissement, à Ning-Po dans le Tché-lviang, au sud du golfe de Iïang-Tchéou, fut détruit par les Chinois en 1545 ; Tchin-Tchéou (Fo-Ivien) subit le même sort en 1049; Macao, fondé en 1553 ou en 1557 d<inê une île à l'embouchure du Si-Kiang dans le Kouang-Toung, a réussi et a subsisté jusqu’à 110s jours. Mais les Portugais ont pa3ré tribut à la Chine jusqu’en 1849 et- Chine ira renoncé à sa suzeraineté qu’en 1887.
- La superficie de Macao est de 10 ou 12 km2, sa population est estimée à 74 866 habitants en 1920.
- Au point de vue administratif, le Timor portugais, avec Càmbing, en dépend.
- Le port de Macao est aujourd’hui un port mort, qu’a tué la concurrence de Hong-Kong; la contrebande de l’opium a été longtemps sa principale ressource.
- Macao est le siège d’un évêché. Sa population ne se compose guère que de Chinois et de métis sino-portu-gais (Macaïstes).
- p.2x25 - vue 476/663
-
-
-
- <SïD
- &
- SCIENCE APPLIQUÉE
- car..
- T. S. F. •9SI&J
- Petites inventions et tours de main de T. S. P.
- — Nous pensons être agréables à nos lecteurs en réalisant cette nouvelle rubrique qui les mettra au courant régulièrement des petits progrès pratiques continuels de la T. S. F. Nous comptons d’ailleurs sur la collaboration des amateurs de T. S. F. qui nous lisent, et nous serons très heureux d’insérer les communications relatives à leurs essais. P. Hémardinquer.
- Essais d’émission sur çadre.— En raison de ses faibles propriétés comme émetteur d’ondes, le cadre est rare-
- 5ooo Ühms
- ,002 MFD
- 250 T
- Fig', i. — Schéma d’un poste à émission dirigée à l’aide d’un cadre.
- ment utilisé pour l’émission, il est cependant possible de réaliser facilement d’intéressants essais d’émission dirigée à l’aide d’un cadre.
- La figure i indique le schéma d'un poste très simple utilisé par un amateur américain et décrit dans la revue Radio-News. L’enroulement du cadre comprend 6 ou 7 spires écartées de [plusieurs centimètres, et d’environ i m. 5o de côté.
- On peut employer comme lampe une lampe de réception ordinaire ou une petite lampe d’émission. Les
- Fig', a. — Poste pour émission sur cadre à grande distance.
- oscillations de cette lampe sont contrôlées au moyen de deux condensateurs variables C, et C2 de o,5/iooo de microfarad.
- Un manipulateur M, placé dans le circuit de plaque permet la transmission de signaux Morse. On peut également transmettre en radiotéléphonie à l’aide du microphone Ma, qui module par effet d’absorption de la spire X sur l’enroulement du cadre. Une bobine de choc X2, empêche le passage des oscillations de haute fréquence dans le circuit de la batterie.
- Pour la transmission à plus grande distance, il serait d’ailleurs préférable d’employer un grand cadre à une spire, du genre de celui indiqué par la figure-a.
- Emploi d’une bobine de Rhumkorff pour la tension de plaque, — Les amateurs américains utilisent parfois des
- bobines de Rhumkorff pour obtenir la tension de plaque nécessaire au fonctionnement de petits postes d’émission radiotélégraphiques (lig. 3).
- Le primaire P de la bobine avec son trembleur T et son condensateur C est d’ailleurs alimenté par la batterie
- Bobine
- *9tours.
- Vavww
- !q ooo Ohms
- JS te uns
- Emploi d’une bobine de Ruhmkorlï pour la tension de plaque.
- de chauffage de la lampe. Le manipulateur est seulement monté dans le circuit primaire et le secondaire S est intercalé dans le circuit de plaque.
- Modèle simple de résistance variable. — Il est assez facile de constituer une résistance variable à l’aide d’une résistance ordinaire en bâtonnet que l’on peut se procurer dans le commerce. Cette résistance est montée à l’extrémité d’une tige filetée qui peut tourner en même temps que le bouton moleté M (fig. 4). Un fil de cuivre est
- mimiiimiiiiiitiiiiim
- Fig. /,. — Modèle simple, de résistance variable.
- enroulé en spirale autour de la résistance, comme le montre la figure 4 et l’une de ses extrémités est reliée à cette résistance, l’autre à la borne d’utilisation B2.
- Lorsqu’on fait tourner le bouton M, la spirale de cuivre vient s’appliquer sur la résistance, et la faction de celle-ci qui reste en circuit diminue. La variation de résistance ainsi, produite est assez progressive si le contact est bon entre la résistance et la spirale.
- Pour utiliser la résistance on met en circuit les bornes
- Fig. 5. — Montage à galène à double détecteur.
- B, et B2 fixées sur une plaquette d’ébonite ou sur la paroi du poste, Bt étant reliée à la tige filetée, elle-même en contact avec une extrémité de la résistance.
- Un montage à galène à double détecteur. — D’après certaines expériences, l’emploi de deux détecteurs à galène montés en oppositiondonnerait des résultats appréciables pour l’élimination des parasites atmosphériques.
- La figure 5 indique le schéma d’un montage simple employé avec succès par un amateur américain.
- p.2x26 - vue 477/663
-
-
-
- s
- SCIENCE APPLIQUEE
- On emploie simplement pour ce montage deux détecteurs ordinaires Dj et D2 et deux condensateurs Cj et C2 de 2/1000 de microfarad.
- Les bornes A et B du schéma sont connectées à 1 appareil d'accord, en dérivation, par exemple, comme il est indiqué.
- Clef à tube spéciale pour le serrage des écrous des appareils de T. S. F. — Il est.assez malaisé de serrer les écrans dés bornes, douilles, prises de courant, etc., avec une pince, et les clefs usuelles sont généralement peu pratiques pour les usages spéciaux de la T. S. F.
- Un fabricant français vient de réaliser un modèle spécial à tube (fig. 6) assez long pour atteindre les écrous placés dans les parties les plus étroites du poste.
- L'extrémité inférieure de l’outil est interchangeable, de telle sorte que l’on peut adapter sur le même manche tous les types de clefs correspondant aux écrous de modèles quelconques.
- Mécanique
- Le Flexo, appareil protecteur de forets et tarauds. —
- Les mèches, tarauds et forets sont les outils les plus employés dans l’industrie des métaux ; outils fragiles et sujets à de fréquents accidents.
- Quand un foret casse, ce qui arrive souvent, non seulement l’outil est perdu, mais encore la pièce que l’on, était en train de travailler peut être elle-même perdue, en raison de la difficulté de retirer la partie cassée du foret.
- Ajoutez la perle de temps et le risque de blessures pour le personnel; on voit aisément que le bris d’un foret n’est pas un incident aussi insignifiant que l’on pourrait le croire au premier abord.
- Il y a donc grand intérêt à munir les machines d’un dispositif automatique qui l’empêche de survenir.
- Tel est le rôle de l’appareil Flexo.
- C’est un porte-outil avec dispositif d’entraînement à cliquets et déclenchement automatique.
- Quand une résistance trop grande.s’oppose à la rotation de l’outil, résistance qui provoquerait inévitablement la rupture du foret, le déclenchement automatique immobilise alors le foret tandis que la broche de la machine continue à tourner; tout accident est évité.
- Fig. 6. — Clef à tube spéeialepourle serrage des écrous des appareils de T. S. F.
- L’ouvrier n’a plus alors qu’à soulever èt dégager l’outil coincé; ce faisant, il remet le dispositif en ordre de marche.
- Le principe du mécanisme est le suivant : des ressorts (fig. 7) agissent avec une pression constante sur un accouplement à cliquets; ceux-ci s’encastrent dans une came qu’ils entraînent; la came à son tour entraîné le mandrin porte-outils.
- La pression des ressorts peut être réglée en déplaçant leur extrémité par rapport au point d’articulation des cliquets.
- Il en résulte que par la simple manœuvre d’une bague molletée, suivant une graduation spéciale pour chaque appareil, on peut obtenir que le déclenchement se produise au moment précis qui convient pour un diamètre d’outil donné.
- Les appareils Flexo sont en vente au Comptoir industriel de l’Est, 10, rue de Chàteaudun, Paris.
- Divers
- Instruments en acier inoxydable. — On sait que depuis la guerre, on trouve couramment dans le commerce des couteaux à fruits et des couteaux de table en acier inoxydable. L’expérience, répétée par beaucoup de vendeurs, qui consiste à laisser une lame de ces couteaux plantée dans un citron, prouve que leur appellation est exacte.
- L’acier inoxydable est un acier au chrome, contenant une forte proportion de ce dernier métal, l’étude en fut entreprise pendant la guerre, dans une aciérie de
- Fig. 8. — Instruments en acier inoxydable ayant~séjoui'né dans l’eau.
- Sheffield, par M. Harry Brearley, pour remédiera la corrosion des tubes de canon. Il résiste parfaitement à la rouille provoquée par l’humidité de l’air ou les acides faibles.
- Depuis peu, on en prépare également en France et l’on songe à en tirer de multiples applications,
- Outre les couteaux de toutes sortes, on a commencé d’en faire des feuilles de tôle, des tiges et des barres, diversement profilées, utilisables dans l’eau douce, l’eau de mer, les vapeurs, etc.
- L’idée est venue également d’en faire des instruments de chirurgie et de dissection pour les hôpitaux et les laboratoires.
- On sait les inconvénients des instruments en acier ordinaire qu’on ne peut employer que nickelés et qui s’altèrent dès que la couche protectrice de nickel est éraillée, au contact de l’eau, de la sueur, du sang, des désinfectants ou même au cours des stérilisations répétées.
- Les instruments en acier inoxydable sont donc des outils de choix qui doivent remplacer partout les anciens nickélés, chromés, argentés, vernis, de durée toujours précaire.
- On en fait aujourd’hui de toutes formes : scalpels, bistouris, couteaux, ciseaux, pinces, stylets, écarteurs, canules de seringues, etc., et encore, grâce au poli qu’acquiert cet acier, des miroirs pour la bouche, ayant l’avantage de n’avoir qu’une surface de réflexion ne donnant par conséquent qu’une image — et pouvant être aisément et rigoureusement stérilisés.
- Notre figure 8 représente trois de ces instruments ayant séjourné i3 jours dans l’eau; on y peut constater que leur poli et leur tranchant ne furent pas altérés.
- Instruments en acier inoxydable Stainless, 1, rue Bourdaloue, Paris, 90.
- p.2x27 - vue 478/663
-
-
-
- JÙD
- 1po
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 05^
- LA VOUTE CELESTE EN SEPTEMBRE Î925 (‘)
- Fig. i. — Occultation de l’étoile y Capricorne par la Lune, le 28 septembre 1925. (Image droite).
- La lumière zodiacale n’a pas le même aspect, le matin que le soir. Dessiner cet aspect et repérer les limites de la lueur par rapport aux étoiles visibles.
- II. Lune. — Yoici les phases de la Lune pendant le mois de septembre :
- P. L. le 2, à 19h 53m I N. L. le 18, à 4’1 12m D. Q. le 10, à oh i2m I P. Q. le 25, à iih5T"
- Age de la Lune, le icr septembre, à o’1 =i2J,4; *9»
- à o1' — oJ, 8.
- On trouvera l’âge de la Lune à une autre date du mois, en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 19; et, pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 12 — -j- 20° 59' ; le 26 = — 210 6. On sait que ces dates marquent les époques de plus grande hauteur ou de plus faible élévation de la Lune sur l’horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le ier septembre, à 6b. Parallaxe = 6o' . Dis-
- tance =• 360760 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i3 septembre, à rjh. Parallaxe — 54,8". Distance = 40^070 km.
- Périgée de la Lune, le 29 septembre, à 5h. Parallaxe — 5q' 58". Distance = 365 670 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 7 septembre, occultation de 8 B. Taureau (gr. 6,2), de 2ih i3ra à à 22“ 8m.
- Le 1 r, occultation de 64 Orion (gr. 5,1 ), de o 32m à ibi3”.
- Le 28, occultation de y Capricorne (gr. 3,8), de 22h36m à 23” 22“ (fig. 1).
- La Lune aura une phase intermédiaire entre le Premier Quartier et la Pleine Lune. L’immersion se fera au bord obscur; la réapparition aura lieu au Sud-Sud-Ouest du limbe éclairé.
- Le 3o, occultation de 351 B Verseau (gr. 6,5), de 231’ 20'“ à oh 3im, du T'r octobre.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Pleine Lune du 2 septembre. Les marées coïncidant avec la Nouvelle Lune du 18 aurontune amplitude relativement très faible (om,93 à Brest).
- Voici les heures, pour Brest, de ces plus grandes marées du début du mois :
- Marées du matin. Marées du soir
- Dates.
- Heures. Coefficient
- Heures. Coefficient
- L’année 1926 est une année de comètes, de petites comètes. La comète Tempel II, seconde comète périodique découverte par Tempel en 1873, dont la révolution sidérale est de 5ans, 173, a été retrouvée le 11 juin 1925 parM. Stobbe, à l’Observatoire de Bergedorf. Elle a été trouvée indépendamment, la même nuit, par M. Delporte, à l’Observatoire royal d’Uccle. Elle est très faible (120 grandeur). Elle passera au périhélie vers le 7 août, à la distance 1,82 du Soleil (distance Terre-Soleil = 1). L’éclat augmentera très peu en juin. La comète est la quatrième découverte en 1925 et inscrite sous la désignation igi5 d.
- On attend, cette année, le retour de la comète Tempel-Swift, dont la période de révolution est de 5aDS,68i. Elle a été découverte en 1869 et a été revue en 1880, 1891, 1908 et 1915. Un télégramme d’Uccle, adressé au Bureau international de Copenhague, a fait croire un moment que cette comète a été retrouvée le 28 juin 1925 par M. Delporte. L’objet a été revu le 3o juin et le 2 (juillet. Son éclat est de la 10e grandeur.
- L’objet Delporte, nom sous lequel il sera provisoirement désigné, était situé, le 28 juin, à ih 37“ o (t. m. de Greenwich), par :
- Ascension droite = o1' 23“ 28* ;
- Déclinaison — -}- o° 41 '•
- Il est bien faible pour les instruments moyens et nous n’engageons pas nos lecteurs, sauf ceux possédant des équatoriaux, à le rechercher.
- Aux dernières informations il paraît peu probable que l’objet trouvé par M.
- Delporte soit la comète Tempel-Swift.
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en septembre, décroît de -f- 8° 23' à — 2042'. Le Soleil traversera l’Equateur céleste le 23 septembre à i4b. Ce moment marque le commencement de l’Automne astronomique.
- La durée du jour, de 13h 25m le ior septembre ne sera plus que de iib43'" le 3o. La diminution est surtout sensible le soir.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage (t. m. Gr.). Dates.. Heures du passage (t. rn. Gr.).
- Sept. i'r nh 5o'n4T Sept *7 1ih 45“ i4s
- 3 ii1' 5om 3S — *9 11h 44'" ^28
- — 5 1ib 49m 24\ — 21 1 U 43“ 5o‘
- — 7 nh48ra 43s' ‘ 23 1 ib 43“ 8S
- — 9 I I h 4 8m 2S — 25 IIb42m 26’
- 11 II"47“ 2 13 — 27 11b 42“ 45s
- — i3 - nb46m395 — 29 111141“ 5S
- — - i5 Observati ' 11h 4 5“ 57' ons physiques. - - Le tableau ci-dessous,
- extrait de l’Annuaire du Bureau des Longitudes, fait suite à celui publié le mois dernier. Il contient les principales données permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil, pris à un jour déterminé.
- Nous avons donné, dans le « Bulletin astronomique »
- du n“ 2656, la définition des termes P, B0, L0.
- ' Dates. P Bo L0
- Sept. 3 -f- 21°,57 T- 7°>23 12 70,34
- — 8 . + 22°, 73 —j— y ® j u 5 6i°,3o
- — i3 + 23°,74 j rj 0 q 3550,28
- 18 -f- 24°,60 + 7°>ï4, 2890,27
- — a3 -j- 25°,3o + 7°>oi + 6°, 83 2230,27
- — 28 + 25°,83 i570,2g
- Lumière zodiacale. — Voici la période favorable pour observer la lumière zodiaoale le jnatin, avant l’arrivée du jour. On choisira les nuits sans clair de Lune, notamment à partir du 16 septembre jusqu’à la fin du mois.
- 1. Toutes les heures exprimées en ce Bulletin sont données en temps légal (temps de Greenwich), compté de oh à 2411, a partir de minuit. Pendantla période d’application de Vheure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- Sept. ier 2b 25” Ora,82 14h 51 ” O 5 00
- — 2 3h 17” o”,95 i5h 4i” l“,OI
- — 3 4h 5” i”,o5 i6b 27» i”,o8
- — 4 4h 49” 1 ; i 0 171' IO” 1m, 10
- — 5 5b3im i”,08 i7h5om i”,o4
- — 6 6b 11“ In,,00 i8b3ira om,94
- — n y 6h 5o” om,87 I9h 9m o”,8o
- En raison de l’amplitude élevée des marées, le mascaret se produira assez fréquemment. Voici les heures de ce phénomène :
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequiér. Gaudebec.
- Sept. 3 - im,o5 711 4ora 8b ”17 8b 26”
- — 3 im,o8 20h O” 20" 37'" 20b 46“
- — 4 im, IO 8b 21 ” 8h 58,n 9h 7m
- — 4 r, 10 20b 42” 21b 19” 2Ih 28“
- . — 5 im,o8 9k 3rf 9h 40"1 9h 49”
- — 5 ~ im,o4 2Ih 24“ 22b Im 2,2b IOm
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de septembre.
- Ajoutons, pour répondre à une question qui nous a été plusieurs fois posée, que cet Annuaire ne va pas disparaître'. L’Observatoire de Juvisy, que dirige à présent Mme Camille Flammarion, en assure la publication,
- *\jD*
- p.2x28 - vue 479/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE SEPTEJIB. à Paris. Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 51 i5m il1 49" 4* 18" 23“ IOh 59m 4- 5° 33' 3i' 48" 0 Lion
- Soleil . . . 16 5 29 I I 45 3G 18 2 11 35 -f 2 45 3i 52.8 Lion . ))
- ' 26 5 43 I I 42 6 l7 40 12 11 — 1 8 31 58,8 Vierge Le matin,
- S 6 Mercure. . 16 ( 26 0 0 48 10 45 17 42 9 54 + 11 42 8,4 a Lion 1
- 3 55 10 47 *7 38 10 33 *“I O 3o 6, 2 a Lion > plus grande élongation
- 4 5o I I i3 35 11 38 + 4 25 5,2 v Vierge \ le i5.
- 1 6 Vénus . . .? 16 00 00 28 56 i-3 14 69 4 *9 19 3o 11 i3 t3 1 5i — 6 — 11' 54 48 13,4 14.0 G Vierge x Vierge > Le soir, se couche, le 16,
- ' 26 9 25 14 10 18 55 i4 36 — 16 18 i4,8 a Balance ' 1 h. 10 m. après le Soleil.
- G 5 26 I 1 59 18 33 I 8 + 6 43 3,6 1 Uion
- Mars. . . . 16 5 2 2 I I 43 18 5 11 3i + 4 10 3,6 v Vierge ( Inobservable.
- 26 5 18 I I 28 l7 35 11 55 + 1 34 3,6 |3 Vierge '
- Jupiter. . . 16 14 59 r9 5 23 I 2 18 56 — 23 10 39.o v Sagittaire Première partie de la nuit.
- Saturne . . 16 9 46 14 48 19 49 i4 37 — i3 3 14 2 g Balance Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 16 l7 69 23 46 5 33 23 37 — 3 18 3,6 20 Poissons Toutelanuit.Oppos. le iG.
- Neptune. . 16 2 46 9 55 17 4 9 44 -f- i4 2 2,4 ^ Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- dans le même esprit et la même disposition. M. Quénis-set,‘ qui a préparé les tables, les ligures et les notices des Annuaires précédents, continuera, de même, pour les prochains. Il est vraisemblable que l’Annuaire pour 1926 paraîtra vers le début de décembre.
- Mercure a atteint sa plus grande élongation du matin, le 10 septembre, à 23\ à 17° 56’ à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher pendant la première moitié du mois, dès son lever.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dales. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 0,14 -f- 1,3
- .— 8 0,33 + o-4
- — 13 o,56 — o,3
- — 18 0,75 — 0,8
- — 23 0,89 — 1-1
- — 28 0,96 — 1,2
- Vénus est visible le soir, dès le coucher du Soleil.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellair
- Dales. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 0,81 — 3,4'
- — 8 °>79 -3,4
- — i3 0,78 -3,5
- — 18 °>77 — 3,5
- — 23 0,72 — 3,5
- — 28 0,74 — 3,5
- Mars sera en conjonction avec le Soleil le i3 septembre, à 12“. Il est donc inobservable.
- Jupiter est encore visible dans la première partie de la nuit. Pour l’observer utilement, une lunette de moyenne puissance est nécessaire. Mais les plus petites lunettes montrent son disque aplati, les bandes nuageuses qui. traversent sa surface et ses quatre principaux satellites. On sait que ceux-ci tournent autour de leur , planète en produisant des occultations, des éclipses particulièrement faciles à suivre d’ici. Le tableau ci-contre donne la liste des principaux phénomènes résultant des configurations changeantes de ces satellites.
- Saturne est encore nn peu visible, dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du i3 septembre.
- Grand axe extérieur ........... 35",82
- Petit axe extérieur . . . . . . . . . . . . ~j-iV',i2
- Haitteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. . ................ -f-190 49'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .............................. -|~‘20° 5g'
- Elongation orientale de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, le 4 septembre, à oh,3.
- Uranus sera en opposition le 16 septembre à 22h. II est donc visible toute la nuit.
- Nous avons publié la carte de son' mouvement sur le ciel pendant l’année 1925, au « Bulletin astronomique » du n° 2664. Le lecteur est prié de se reporter à ce Bulletin. Quelques personnes, douées d’une excellente vue, arrivent à suivre, à l’œil nu, la marche d’Uranus sur le ciel; une bonne jumelle est, pour cela, suffisante. Avec des instruments un peu puissants, Uranus montre un petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre.
- Neptune, plongé dans le rayonnement solaire, est inobservable.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Septemhr. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Septembr, Heure. Satel- lite. Phéno- mène;
- 1Br I9h 5o” Il O.f. i5 i9h 51 11 P.c.
- Ier ‘9 54 I Im. 15 20 39 III E.f.
- 2 *9 !9 I P.f. 16 20 46 I P.c.
- 2 20 26 I O.f. 16 21 21 IV O.f.
- 4 21 46 III P.f. 17 !9 33 II E.f.
- 6 22 27 II Im*. 17 21 34 I E.f.
- 7 2 2 3 IV Im. 18 18 46 I O.f.
- 8 *9 4i II O.c. 22 !9 25 III Em.
- 8 20 5 II P.f. 2-2 2 I IÔ III E. c.
- 8 21 44 I Im. 24 .8 23 IV Em.
- 8 22 25 II O.f. 24 19 56 I Tm.
- 9 18 54 I P. c. 25 18 25 I O.c.
- 9 20 5 I O.c. ï5 !9 24 I P.f.
- 9 21 10 I P.f. 25 20 4i I O.f.
- 9 22 21 I O.f. 26 17 58 I E.f.
- 10 !9 39 I E.f. 2 9 19 55 111 Im.
- 11 22 9 III P.c.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 3, à 1 y1*, Uranus en conj Le 15, à 14h, Mercure —
- Le 16, à 17h, Mercure ' — Le 17, à a3h, Mars -
- Le 2i, à 6h, Vénus —
- Le 21, Le 22,
- a .17"
- Satui
- à 221', Mercure
- Le 26, à 7h, Jupiter Le 27, à 2h, Vénus Le 3o, à oh, Mercure
- Etoiles filantes. — De
- onc. avec la Lune, a 3° 22' N.
- — la Lune, a i° 25'S.
- - —- la Lune, à i° 3i'S.
- - — la Lune, à 3° 6'S.
- - — la Lune, à 6° 9' S.
- - \ — la Lune, à 3° 3'S.
- — a Lion (gr. 4,2),
- ào° 9'N-
- - - — la Lune, à 20 4' S.
- — Saturne, à 3° 20'S. — Mars ào°52'N.
- nombreux essaims d’étoiles
- p.2x29 - vue 480/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- filantes sont actifs pendant le mois de septembre, en voici la liste, établie par M. TV.-F. Denning, d’après 1 Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite.
- Sept. ier 282°
- — 3 354°
- — 3 au i4 346°
- — 6 au 8 ()2°
- — 8 au 10 78»
- — i3 68°
- — i5 au 20 io°
- — i5 et 22 6°
- 20-21 io3°
- — 21-22 74°
- — 21 et 2 5 3o°
- — 21 3i°
- — 2g-3o 24°
- Déclinaison. Etoile voisine.
- •4“ 4r° a Lyre.
- + 38° r/( Andromède
- + 3° p-y Poissons.
- + 37° e Persée.
- + 23° X, Taureau.
- + 5° Piazzi IV, 236
- + 35° P Andromède.
- + ii° y Pégase.
- + 680 42 Girafe.
- + 44° a Cocher.
- + 36° P Triangle.
- -j- 180 a Bélier.
- + Gu y Bélier.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le Ier, à 3h 33m ; le 4, à oh 22“ ; le 6, à 2ih io” ; le 24, à 2h 2m ; le 26, à 22h5oni ; le 29, à i9h39ra.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates
- Temps sidéral à
- Passage. Temps legal, midi moyen de Paris.
- Septembre 8 Supérieur 2h igm 87* 1 th 8m 5%9
- — 18 — th4o'n25s 1 ih 47m 31s,4
- — 28 — ih im 12” iah 26m 5(is,g
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel étoilé le ier septembre à 23\ ou le i5 à 22" est le suivant :
- Au Nord : la Grande-Ourse; la Petite Ourse; Cephée (L p, x, g); Cassiopée (y), i). A l’horizon nord : Capella.
- A l’Est : Le Bélier (y); Andromède (y, M. 3i); le Taureau (les Pléiades); Persée (Algol, e, yj).
- Au Sud : Pégase (5, n, 1, 3); le Verseau (ç, t, 83 h, <W, 94); le Capricorne (a, p, p, 0); le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : La Lyre (;, ô, Ç, y) , a); l’Aigle (y, i5 h) ; Hercule (M. i3, a, x, p, g5, ô) ; le Cygne (p); là Flèche (;) ; le Dauphin (y).
- Les constellations d’hiver apparaissent à l’Est.
- Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Petite grue sur chariot électrique. — Constructeurs : Ransomes, Sims et Jefïries, à Ipswich (Angleterre).
- Side-car pour transport des blessés (n” 2676).— Constructeur : René Gillet, 128, route d’Orléans, Montrouge (Seine).
- Réponses. — N. N., Sainte-Foy. — Les tubes d'acier dans lesquels sont emmagasinés l’acide carbonique et l’acide sulfureux ne sont pas disposés pour un transvasement de liquides, mais pour un échappement du gaz détendu. D’autre part, l’acide carbonique à la température ordinaire de 2O0C ne peut ètre'maintenu liquide que sous une pression de 60 atmosphères, on ne peut par suite envisager son logement dans des flacons comme vous le désirez.
- J. B., au Creusot. — 1° Le trouble que vous avez pu constater dans votre essence pour automobile doit être dû soit à la présence d’impuretés en suspension, soit à des traces d’eau introduite par négligence. Pour faire disparaître ce défaut le mieux est d’opérer une filtration sur du* sel marin décrépité c’est-à-dire privé de son eau d’interposition par chauffage dans un récipient quelconque, une poêle par exemple, jusqu’au moment où aucun crépitement n’est plus perceptible. Laisser refroidir et garnir du produit un récipient muni d’un robinet inférieur avec faux fond portant Une flanelle pour empêcher l’entraînement du sel.
- 2° La préparation du sulforicinate d’ammoniaque, d’après François, s’effectue ainsi : A 100 kgr. d’huile de ricin première pression on ajoute peu à peu 26 kgr. d’acide sulfurique blanc à 66°B. La température initiale des constituants ne doit pas dépasser i5°C et la température finale rester en deçà de 3o°C, on refroidit donc en conséquence àmesuredes additions d’acide. La sulfonation doit se faire sans dégagement de bulles d’anhydride sulfureux, en agitant constamment, la durée de coulage de l’acide étant au moins de 8 à 10 heures. On opère industriellement dans un bac en bois doublé de plomb à arbre central rotatif portant des palettes.
- On laisse ensuite en repos pendant une douzaine d’heures et lave avec de l’eau salée à la température de 4o° environ en employant au total 5oo litres d’eau et i5 kgr. de sel pour faire quatre lavages. Chacun d’eux est fait en agitant fortement la solution saline et l’huile sulfonée, puis on laisse reposer afin de soutirer finalement l’eau de lavage par un robinet inférieur. La dernière eau ne doit pas être acide au papier de tournesol.
- Le produit ainsi obtenu est alors neutralisé par l’ammoniaque jusqu’à réaction faiblement alcaline. Pour 100 kgr. d’huile sulfonée il faut environ 10 kgr. d’ammoniaque à 2 2°B.
- II. G., à Boufarik. — Le meilleur moyen pour protéger votre tuyauterie en fer du contact du vin ou du moût, est l’étamage intérieur, ce qui aujourd’hui ne présente pas industriellement de difficulté, tout autre procédé d’enduisage ne vous donnera que des résultats imparfaits à cause du manque d’adhérence et vous reviendra aussi cher.
- G. Th., à Cherbourg. — Lorsque les taches de sang sur le linge sont anciennes et surtout si on a fait intervenir l’eau de Javel, le fer qui en est la caractéristique se trouve peroxydé, par suite difficilement soluble, ce qui explique votre insuccès par l’emploi de l’acide chlorhydrique. Dans ce cas il faut désoxyder le fer en se
- servant du mélange suivant :
- Eau ordinaire ........ 100 c. c.
- Sel d’étain........................20 gr.
- Acide chlorhydrique................ 3o c. c.
- Après avoir mouillé le tissu dans son ensemble on applique sur la tache au moyen d’un tampon de coton quelques centimètres cubes de la préparation ci-dessus et on renouvelle les additions jusqu’à ce que la tache ait disparu, finalement, on rince à fond de manière à ne pas laisser trace d’acide qui altérerait les fibres végétales.
- M. G. P., à Nice. — Les lessives pour le linge que l’on trouve dans le commerce sont essentiellement constituées par du carbonate de soude, du savon, du silicate de soude, avec parfois du perborate ou du per-silicate de soude, lesquels agissent comme oxydant peu dangereux en remplacement des hypochloriles.
- A titre d’exemple voici la composition vulgarisée de quelques lessives courantes :
- Carbonate Soude Silicate Perborate
- Lessives de soude caustique de soude de soude Savon Eau
- Phénix. . 4o 8 2 5 » « 2 rj
- Génie . . 5o 7 18 ) ,5 20
- Salsonatej 5o I !2 20 )) » 18
- Persil . . 33 » 7 10 20 3o
- Dixin . . 32 )) 3 8,5 38 i8,5
- Vous trouverez une série d’études très complètes sur les produits lixiviels, par de lveghel, dans la Revue de Chimie industrielle, années 1921-1922-1923-1924.
- Réunion des officiers, à Toulon. — Vous trouverez de la pdraphénylène diamine chez Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois, 3", et Pelliot, 24, place des Vosges. Pour petites quantités s’adresser à Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, ou Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince.
- HÉ 31 I»
- p.2x30 - vue 481/663
-
-
-
- -<<
- BIBLIOGRAPHIE
- L’installateur de pompes, i vol., 86 p. illustré, publié par la Société des Pompes Ledoux, 64, avenue de la République, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce petit manuel, rédigé par une maison réputée de construction de pompes, contient toutes les données théoriques et pratiques nécessaires pour résoudre les problèmes usuels en matière d’installation ou d’entretien des pompes. On y trouve notamment une description sommaire des principaux types de pompes en usage, des tableaux numériques pour le calcul des conduites, des renseignements pratiques sur la manière d’effectuer les travaux, des conseils pour le choix rationnel d’un type de pompe et pour l’entretien d’une installation, etc.
- The crystalline State, by Sir William-Henry Bragg,
- I br. 3i p.,.7 fig. The Clarendon, Press, Oxford, 1 g•>.5.
- Dans un langage imagé, accessible à tous, le célèbre cristallographe anglais résume nos connaissances actuelles sur la constitution des édifices cristallins.
- II montre surtout comment grâce aux rayons X on a réussi à apercevoir matériellement l’arrangement des atomes et des molécules dans les corps solides.
- Les ondes radio-électriques, par Michel Adam, i vol. 160 p., 80 fig. Editeur, Radioélectricité, 63, rue Beaubourg, Paris. Prix : 5 francs.
- Les amateurs de T. S. F. sont légion et les livres à leur usage sont fort nombreux. Mais la plupart de ces livres traitent surtout de questions pratiques, de montages, de constructions et supposent connues les notions physiques fondamentales sur lesquelles reposent la télégraphie et la téléphonie sans fil. Ces notions générales indispensables à tout esprit ouvert et curieux sont assez difficiles à découvrir dans l’abondante littérature mise actuellement à la disposition des amateurs. L’ouvrage excellent de M. Adam vient combler heureusement cette lacune; d’une rédaction claire et élégante, il explique les phénomènes essentiels au moyen de comparaisons faciles à saisir et faisant image. Sans doute, il ne vise pas à la rigueur absolue ; mais il donne des idées justes sur la nature des ondes, leur propagation, les vibrations électriques des antennes, les actions électro-magnétiques à distance, et sur le fonctionnement des organes fondamentaux en usage en radioélectricité. C’est un livre d’initiation qui peut être recommandé à tous les amateurs qui cherchent à comprendre.
- Les courants alternatifs, par Pierre Sève, i vol. in-16, 117 fig. et graphiques. Editeur Armand Collin, Paris. Prix broché : 6 francs.
- Les courants électriques alternatifs à faible fréquence (courants industriels), ou à fréquence élevée (radioélectricité), jouent aujourd’hui un rôle industriel d’une importance capitale. M. Sève expose les lois qui régissent ces courants, lois qu’il déduit des principes généraux de l’électricité. Son livre très clairement écrit n’est cependant ni un ouvrage de vulgarisation, ni un livre réellement élémentaire. Mais c’est un excellent précis, qui condense sous un faible format l’essence même des connaissances qui font l’objet de cours volumineux dans les écoles techniques d’électricité. Aussi rendra-t-il de précieux services aux étudiants et aux ingénieurs.
- Guide pratique du chauffeur d’automobiles, par René Champly, io° édition, 1 vol. in-8, 410 p., 429 fig-Desforges, Girardot et C‘°, éditeurs, Paris, 1925. Prix : 20 francs.
- Celte 'nouvelle édition a été mise au courant des progrès de l’industrie ; des chapitres bien documentés sont consacrés aux freins avant, à l’éclairage et au démarrage électrique, etc. Le code de la route de 1923 n’a pas été oublié.
- Dictionnaire aide-mémoire de botanique, par C.-L. Gatin. Révisé et corrigé après la mort de l’auteur par Mme Allorge-Gatin. 1 vol. in-12, 847 p-, 764 fig-Paul Lechevalier, Paris. Prix cartonné : 70 francs.
- Avec la complication croissante de la terminologie botanique, la nécessité d’un Dictionnaire concis, mais largement compris, se faisait chaque jour sentir de plus en plus. Le Dictionnaire Aide-Mémoire de botanique, œuvre posthume de C.-L. Gatin, vient heureusement combler cette importante lacune de la littérature scientifique française.
- Conçu d’après un plan original soigneusement élaboré, ce Dictionnaire aide-mémoire renferme avec ses 3oooo mots la plupart des termes que le savant ou l’amateur peut rencontrer au cours de ses recherches bibliographiques. Le chercheur, spécialiste ou non, y trouvera non seulement l’équivalent précis des principaux termes latins, allemands et anglais utilisés dans les diverses disciplines botaniques, mais encore la description de toutes les familles de Cryptogames, celle des genres de la (lore européenne, l’indication de tous les genres avec leurs principaux synonymes, les formules et le mode d’emploi des réactifs microchimiques, la description des expériences de physiologie, l’exposé des grandes théories génétiques, etc. Certains de ces petits articles condensent l'essentiel de nos connaissances sur les grands problèmes de la biologie des végétaux et par ce côté, le Dictionnaire Aide-Mémoire de C.-L. Gatin acquiert la valeur d’une encyclopédie botanique utile à tous les biologistes.
- Les méthodes modernes en aviculture, par P. Dii i lotii. 1 vol. in-8, 5oo p., 216 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 33 francs.
- Trop longtemps routinière, l’aviculture entre, en notre pays, dans la voie nouvelle du perfectionnement technique. Déjà, l’Angleterre, l’Amérique, le Canada, l’Australie nous ont devancés, en imprimant à leurs productions une intensité et un caractère rationnel dont les succès économiques furent éclatants. Chez nous, les concours de ponte, l’établissement des standards, la sélection aux nids-trappes, l’éclairage des poulaillers, l’emploi des pâtées sèches, toutes ces méthodes modernes n’intéressaient que les techniciens et les physiologistes. Mais une heureuse évolution se produit actuellement, et c’est pour mettre au point certaines théories encore discutées, c’est pour guider les aviculteurs hardis, mais bien inspirés, que M. Diffloth vient de publier ce nouveau volume. Il y étudie successivement toutes les innovations intéressantes, les découvertes nouvelles, les modes d’exploitation originaux permettant d’obtenir dans les conditions d’hygiène les plus parfaites le meilleur rendement, la plus grosse production d’œufs et de chair de bonne qualité, avec une moindre dépense.
- Précis d’hygiène, par Paul Courmont et A. Rochaix. 3° édition revue et corrigée. 1 vol. in-12, 901 p., 231 fig. Collection de Précis médicaux. Masson etC’°, Paris; Prix : 38 francs, relié 45 francs.
- Ce précis, écrit par le regretté Jules Courmont, est le vade-mecum, non seulement de l’étudiant en médecine, mais de tous les médecins, hygiénistes, fonctionnaires, s’occupant de la santé publique et aussi, par ses nombreuses données pratiques, du chef d’industrie ou de famille. Tenu à jour, dans ses éditions successives, par la piété de Paul Courmont et de Rochaix, il est le manuel le plus pratique, le plus commode à consulter, le plus sûr de tous ceux qu’011 a écrits jusqu’ici.
- Cette nouvelle édition renferme les données les plus récentes sur les maladies infectieuses, leur prophylaxie, l’épuration des eaux, les organisations sanitaires, les progrès de la lutte sociale contre la tuberculose et la syphilis, les elforts de plus en plus ordonnés et efficaces du Ministère de l’Hygiène et de la Société des Nations. Les maladies en voie de progression : fièvre méditerranéenne, encéphalite léthargique, trachome, y sont longuement étudiées, ainsi que les nouveaux moyens de désinfection et de dératisation. Les grands problèmes urbains : habitations à bon marché, ordures ménagères, établissements classés, protection légale des travailleurs, sont examinés en tenant compte des plus récents progrès.
- p.2x31 - vue 482/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- >
- N° 2678 1er Août 1925
- Le centenaire des chemins de fer. — On vient de fêter avec éclat en Angleterre le centenaire de l’ouverture de la ligne de Stockton à Darlington ; cette ligne
- série d’autres machines qui contiennent en germe les éléments essentiels de la locomotive moderne. Il ne fut pas seulement un constructeur de machines, mais le
- Fig. i. — La reconstitution du premier convoi de chemin de fer. (Phot. Forbin.)
- fut en réalité inaugurée le 27 septembre i8i5. Mais, on avait tenu à faire coïncider les fêtes du centenaire avec la session du Congrès International des Chemins de Fer qui s’est tenue à Londres en juin dernier. Pourquoi nos amis d’outre-Manche ont-ils choisi cette date de 1820 comme la plus importante à leurs yeux dans l’histoire des débuts du chemin de fer? En 1825, en effet, le rail et la locomotive à vapeur, les deux éléments essentiels du nouveau mode de transport, étaient déjà connus. La traction sur voie en fer était pratiquée depuis longtemps dans les mines. Quant aux véhicules automoteurs à vapeur, il y en avait eu déjà un certain nombre : tout d’abord le fardier à vapeur de Cugnot en 1769; puis en 1784 Watt avait breveté une locomotive à vapeur dont Murdoch construisit un modèle. Trévithic en 1804 construisit une véritable locomotive circulant sur rail et qui fut employée dans une mine de houille. Quant à George Stephenson, qui est considéré à juste titre comme le père de la locomotive moderne, il commença ses études sur cette classe de machines en i8i4- Il commença à construire une première locomotive en 1816, et en 1823 il fondait une usine pour la construction des locomotives. l£n 1825, il avait déjà construit i5 locomotives.
- En réalité, l’inauguration du chemin de fer de Stock-ton et Darlington marque la fondation du premier service public de transport utilisant la voie ferrée et la traction mécanique. Ge chemin de fer devait, à l’origine, être à traction hippique. C’est sur les conseils de George Stephenson, qui avait déjà fait ses preuves d’ingénieur et de constructeur, que la traction à vapeur fut adoptée. Les premières locomotives du chemin de fer de Stockton-Darlington furent construites par Stephenson; l’une d’elles, baptisée Locomotion, resta en service jusqu’en 1846. Stephenson construisit ensuite toute une
- 48.
- premier des ingénieurs de chemin de fer dans toute l’acception du terme.
- La Locomotion existe encore, et à l’occasion des fêtes du centenaire, on l’a remise en service, en l’attelant à
- Fig. 2. — Une des plus anciennes locomotives Stephenson remise en marche aux fêtes du Centenaire. (Phot. Forbin.)
- un convoi formé de wagons copiés sur les premiers wagons mis en circulation. Notre photographie 1 représente cette originale reconstitution. Le cortège officiel a revêtu les costumes du temps. La locomotive a 2 paires de roues; chacune est commandée par un cylindre ver-
- 33jfc~
- S
- p.2x32 - vue 483/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- lical placé au-dessus de la chaudière. Celle-ci a 3 m. de long sur i m. 20 de diamètre: la machine développe environ 10 chevaux et peut donner une vitesse de i3 km à l’heure; elle pèse en ordre de marche environ G tonnes sans son tender.
- Notre-figure 2 représente un autre spécimen des plus anciennes machines Slephenson, remis en service dans les mêmes conditions.
- La découverte de deux nouveaux. corps simples de la série de manganèse. — La découverte de nouveaux corps simples est aujourd’hui, pour les physiciens et les chimistes, un événement de haute importance. Les théories en vigueur aujourd’hui limitent en effet le nombre des corps simples, à 92, de poids compris entre celui de l’hydrogène le plus léger de tous et l’uranium, le plus lourd des éléments actuellement connus, et sur ces 92 corps, 87 sont connus; il n’en reste donc plus à découvrir que 5. De plus, nos connaissances actuelles sur la constitution delà matière permettent de classer les corps simples par numéro d’ordre de 1 à 92, le numéro d’ordre ou nombre de Moseley étant déterminé par la constitution de leur spectre de rayons X; les corps inconnus sont ceux de nombre atomique 43, 61, 75, 85, 87. Enfin ces corps se répartissent, en fonction de leur nombre atomique, en familles naturelles dont les membres jouissent de certaines propriétés communes générales et de certaines analogies.
- La connaissance du nombre atomique d’un élément révèle donc, à l’avance, certaines propriétés de ce corps; celles-ci peuvent guider le chercheur qui s’efforce d’isoler ou de caractériser un élément encore inconnu. La découverte de celui-ci apporte alors une nouvelle et puissante confirmation aux théories sur la constitution de la matière. C’est ainsi que récemment, MM. Coster et lievesy ont mis en évidence l’existence de l'élément 72, déjà signalé par M. Urbain sous le nom de celtium.
- Telle a été, également, la méthode suivie par deux savants allemands, M. Noddaçk et Mlle Tacke qui ont réussi après beaucoup d’efforts à mettre en évidence l’existence des éléments 43 et 75 jusqu’ici inconnus. Leur nombre atomique les classe dans la famille du manganèse. Nous résumons le travail de M. Noddack et Mlle Tacke d’après un article publié par Nature de Londres. La suite des déductions qui les a guidés est intéressante à reconstituer. Les deux savants se sont demandé d’abord dans quelles substances naturelles ils auraient chance de trouver ces éléments, et leur choix s’est fixé sur des minerais complexes composés de corps ayant des nombres atomiques voisins de ceux-ci.
- Leur attention s’est fixée d’une part sur le minerai de platine qui contient les éléments compris respectivement entre les nombres 24 à 29; 44 àj47> et 76a 79, et d’autre part sur la colombite, minéral qui contient les éléments allant des nombres 3q à 4'M et 71 à 74.
- Ils ont cherché ensuite à se faire a priori une idée approchée de la proportion suivant laquelle les éléments cherchés pouvaient entrer dans la composition de ces minerais. Nos connaissances géologiques actuelles sur la structure de l’écorce terrestre permettent d’affirmer que les éléments de nombre atomique impair sont beaucoup plus rares que ceux de nombre atomique pair; en fait un élément de nombre atomique impair est 10 à 20 fois moins abondant que l’élément qui le suit dans la classification naturelle, c’est-à-dire l’élément dont le numéro est d’une unité plus élevée. Le ruthénium (nombre atomique 44) et l’osmium (76) constituent respectivement environ 2><io~12 et 2 X io-11 de la masse de l’écorce terrestre. Les éléments 43 et 75 forment donc vraisemblablement io“15 et io~12 de celle masse.
- D’autre part, le platine forme 10 7 de la masse de l’écorce; d’où l’on conclut que la proportion des éléments 43 et 76 dans le minerai de platine, s’ils y existent réellement, est respectivement de l’ordre de 10 5 et io~b La colombite est constituée principalement de niobium qui entre pour io~9 dans la constitution de l’écorce; elle contient donc probablement 10et 10 6 des deux éléments, inconnus.
- Ges chiffres, très problématiques évidemment, donnaient toutefois aux deux chercheurs une idée du degré auquel ils devraient pousser les procédés chimiques d’extraction pour espérer obtenir des quantités mesurables des deux corps.
- Des analogies chimiques les guidaient de même dans le choix des réactions à employer pour les séparer.
- Les premiers essais portèrent sur les minerais de platine; mais ils durent être abandonnés, les deux savants ne disposant que de quantités insuffisantes. Ils se rejetèrent sur la colombite; ils traitèrent 1 kg de ce minéral.
- Un premier traitement par l’hydroxyde de sodium et le nitrale de soude leur permit d’en éliminer la plus grande partie du fer, du niobium et du tantale. La solution filtrée était ensuite traitée par l’hydrogène sulfuré et concent rée dans un volume de 5o cm5. Au moyen du nitrate de mercure, on faisait précipiter cette solution; le précipité obtenu pesait environ 1 gramme; le processus répété donnait finalement 5o milligr. d’un précipité qui devait contenir 5 pour 100 des éléments ch erchés. Enfin, en chauffant dans l’oxygène, on obtenait sur les parois froides du récipient une sublimation d’aspect blanchâtre ; c’est là que, pour des raisons d’analogie chimique, les deux auteurs pensaient devoir trouver les éléments 43 et 7.5. Mais il fallait les mettre en évidence; le meilleur moyen pour caractériser un corps simple et déterminer son nombre atomique est de produire son spectre de rayons X. C’est ce que firent. M. Noddack et Mlle Tacke; le produit sublimé était en quantité trop faible pour être appliqué directement sur l’anticathode d’un tube à rayons X. Ils le mélangèrent à de l’acide niobique et en firent sous cette forme l’analyse spectrale. Ils virent apparaître deux séries de raies nouvelles, l’une dans la série K et dont les longueurs d’onde donnaient, pour l’élément émetteur, d’après la loi de Moseley, le nombre atomique 43; l’autre dans la série L et révélant de même la présence d'un élément de nombre atomique 75.
- L’existence réelle de ces deux éléments dans la colombite était donc mise en évidence d’une façon irré -futable.
- L’Aquarium de l’Office des Recherches et Inventions. — L’attention de l’Office National des Recherches et Inventions a été appelée à plusieurs reprises sur l’intérêt que présenterait l’aménagement à Paris de bassins d’eau de mer où pourraient être conservés vivants les poissons et les crustacés expédiés de nos ports de mer.
- Notre capitale où affluent les arrivages venus de tous les points de la côte est à ce poiat de vue le plus important des marchés européens, où viennent s’approvisionner les marchés intérieurs et une partie de ceux de l’Europe centrale.
- Or, on sait que certains animaux marins, et notamment les crustacés de valeur, homards et langoustes, doivent être transportés vivants et que l’impossibilité de les garder à Paris en cet état oblige à leur vente immédiate. Etant donnée l’irrégularité de la pèche et celle de la demande, ces conditions défectueuses entretiennent l’instabilité des approvisionnements et par suite celle des cours, situation aussi préjudiciable aux vendeurs qu’aux consommateurs.
- Le stockage dans des bassins appropriés éviterait ces inconvénients et permettrait d’a'teindre des marchés plus éloignés et d’étendre ainsi le rayon de vente du marché français.
- D’autre part, les zoologistes et les physiologistes seraient très désireux de pouvoir poursuivre à Paris les recherches qu’ils ont pu commencer pendant les périodes de vacances dans les laboratoires maritimes.
- Malheureusement tous les efforts qui ont été faits en France jusqu’ici pour conserver des animaux marins ailleurs qu’au bord de la mer sont restés vains. L’Office National a donc décidé pour étudier cette importante question d’aménager en aquarium d’eau douce et d’eau de mer une vaste péniche dont il disposait. Ce laboratoire flottant permettra d’expérimenter dans des conditions qui n’avaient pas encore été réalisées les méthodes de conservation des êtres aquatiques.
- Pour mieux permettre au public de se rendre compte des efforts accomplis dans cet ordre d’idées, l’Office des Recherches et Inventions vient d’installer sa péniche à l’Exposition des Arts Décoratifs où elle est amarrée entre le pont de la Concorde et le pont Alexandre III. Pour l’instant, on y peut voir dans un cadre charmant une intéressante collection de poissons de nos côtes et de curieux poissons d’appartement.
- p.2x33 - vue 484/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> T. S. T.
- Petites inventions et tours de main de T. S. P. —
- Un radio-meuble de style. — On utilise de plus en plus, surtout à l’étranger, des postes récepteurs de luxe renfermés dans des meubles parfois de grand prix. Voici
- par exemple, un poste anglais d’un type parfait représenté par la figure i. La partie inférieure du meuble renferme les batteries d’alimentation; dans la partie supérieure se trouvent à gauche le poste récepteur proprement dit, et à droite le haut-parleur.
- Les ouvertures circulaires cannées que l’on aperçoit permettent,l’un le fonctionnement du haut-parleur, et l’autre la surveillance du bon fonctionnement de l’appareil.
- Le poste récepteur proprement dit comprend d’ailleurs quatre lampes : un étage à haute fréquence à résonance, une lampe détectrice à réaction, un étage à basse fréquence à transformateur et un deuxième étage à basse fréquence à résistance.
- L’emploi de cet étage à résistance et la qualité du haut-parleur qui comporte un diffuseur spécial permet d’obtenir des auditions très pures.
- Un modèle de parafoudre simple et pratique. — Malgré le danger relativement peu probable causé par une antenne en cas d’orage, il est cependant indispensable de munir toute installation d’un dispositif de mise à la terre, ou mieux d’un parafoudre.
- Un constructeur français vient de réaliser un modèle très simple et très pratique qui pourra rendre des services aux amateurs.
- Le parafoudre Redi est du modèle dit « à peigne », c’est-à-dire comporte deux rangées de pointes métalliques par lesquelles le fluide électrique s’écoule lorsque le potentiel de l’antenne devient dangereux.
- L’une des ouvertures de ce « peigne » G est donc
- Fig. 2. — Parafoudre Redi.
- reliée à la borne A d’antenne et l’autre à la borne T de terre (fig. 2). Un couteau en laiton C peut prendre deux positions. Dans la première position à droite il réunit directement l’antenne à la terre et l’antenne sert alors de véritable paratonnerre. Dans la position de gauche la borne P de prise de poste est reliée à l’antenne par le fonctionnement normal du poste.
- Enfin un fusible F très fin est intercalé dans le "circuit de l’antenne à la borne P, afin d’isoler immédiate-
- Fig. 3.— Noix de coco transformée en poste à galène.
- ment le poste de réception en cas de décharge. Après fusion du fil de plomb F, l’électricité se déchargerait à travers les dents du peigne C, même si l’on n’avait pas pris la précaution de placer à droite le couteau C.
- Un poste à gaJèneRnédit. — Les amateurs de T. S. F. se sont toujours ingéniés à donner aux postes ............... ^___________
- à galène des formes très
- * vS*-"
- originales, mais voie. encore un modèle inédit qui a été réalisé en Allemagne (fig. 3).
- Le poste tout entier est contenu dans une noix de coco, vide bien entendu. Le bobinage et le condensateur d’accord sont placés à l’intérieur de la coquille ; seuls les bornes de connexion, le détecteur et le bouton du condensateur sont apparents.
- Inverseur pour bobine de réaction. — On sait que, si l’on emploie un dispositif de réaction électromagnétique, il est généralement nécessaire d’inverser le sens des connexions de la bobine de réaction vers 600 m. de longueur d’onde.
- D’autre part, c’est une erreur de croire qu’en employant des bobinages interchangeables à broches du modèle très répandu, il suffise de retourner la bobine pour inverser le sens du flux dans le bobinage. Cette opération ne modifie rien en fait, et il est nécessaire de changer les connexions à la main ou d’utiliser un inverseur.
- Un modèle d’inverseur peut être établi très simplement à l’aide de quatre broches et de quatre douilles en laiton , de modèle ordinaire.
- Les douilles sont fixées sur la paroi même du poste et les broches sur une petite plaquette carrée en ébonite ou bakélite (fig. 4)-
- Les deux broches A' et C' sont courtcircui-tées et les extrémités de la bobine de réaction sont connectées aux deux autres broches B' et D'.
- Les douilles B et D-d’autre part sont réunies au circuit de plaque de la lampe détectrice et les douilles B et D ne portent aucune connexion. “
- On peut connecter la bobine de réaction dans un sens ou dans l’autre supprimer l’effet de
- Fig.
- Inverseur pour bobine de réaction.
- (D'D — B'B ou B'D — D'B), soit réaction en courtcircuitant les broches D et B. (Position C'D — B'B.)
- Construction ^ss,§ï>
- Carreau de ciment Broutta. — On a fort remarqué à la dernière Foire de Paris une maison construite en carreaux de ciment (fig. 5) dont le montage complet ne dura pas une journée entière. Ses éléments, apportés tout préparés sur deux camions, purent être directement mis en place sans avoir été préalablement posés à terre; la porte, la fenêtre, le plancher, le toit, furent placés sans difficultés et trouvèrent leur emplacement avec grande précision. Il y â certainement là un progrès notable en ce qui concerne la construction des habitations à bon marché.
- Les éléments sont des carreaux carrés de 5o X 5o X7,5 cm, creusés d’une série de 8 canaux cylindriques
- p.2x34 - vue 485/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- borgnes de 35 cm de diamètre. Chaque carreau est muni de rainures et de languettes coulées dans la masse pour faciliter l’assemblage. Les deux, faces carrées peuvent être rendues lisses ou grenues pendant la fabrication. Chaque carreau, tel qu’il vient d’être décrit, pèse environ 23 kg.
- On peut réaliser également des demi-carreaux et des
- Fig. 5. — La maison en carreaux Broutta exposée à la Foire de Paris.
- carreaux d’angle pour répondre à tous les besoins delà construction. Les demi-carreaux n’ont que cm sur 5o et ne présentent que 4 tubulures. Les carreaux d’angle présentent deux faces à angle droit, l’une de 25 cm de large, l’autre de 5o cm.
- On peut également réaliser des éléments de chaperon de mur, coiffant une ligne de carreaux, au moyen d’une gorge centrale. Les éléments de chaperon, de 5o cm de long chacun, sont munis de 2 rainures latérales, comme on le voit sur la figure 2.
- Les carreaux sont faits d’un aggloméré de ciment et de sable, soit au moyen d’un moule en fer, soit, mieux, à l’aide d’une machine spéciale.
- Le grand avantage du carreau Broutta est la rapidité de son montage. Les carreaux s’emboîtent exactement les uns sur les autres, grâce à leurs rainures et à leurs languettes latérales. Il suffit de disposer d’un sol plan ou
- Fig. 6. — Un mur élevé en carreaux Broutta. — Devant, un élément isolé et une partie du chaperon.
- d’y établir une sole en mortier de béton d’environ 15 à 25 cm de large pour élever un mur en très peu de temps. La figure 6 montre un mur de 3 m. de long sur 2 m. 60 de haut, dont la partie comprise entre les deux montants de bois fut montée en moins de 10 minutes. La solidité d’un tel mur est très grande ; elle est encore augmentée si l’on a soin de rejointoyer au moyen de ciment, de façon à transformer la construction en une masse monolithe.
- Les surfaces des carreaux sont suffisamment lisses
- pour supporter directement un badigeon à la chaux ou une couche de peinture. On peut aussi, sur une surface lai ssée plus grenue, faire un enduit de plâtre.
- Les emplacements destinés aux portes et aux fenêtres sont facilement obtenus en supprimant les carreaux nécessaires et en raccordant sur les bords par des demi-éléments.
- Les tubulures intérieures de chaque carreau donnent les avantages d’un mur à doubles parois, notamment au point de vue de la transmission de la chaleur et des bruits, tout en conservant une grande résistance.
- Les éléments du système de construction Broutta peuvent être faits à la main ou au moyen d’une machine.
- La plupart des systèmes de construction par matériaux agglomérés emploient des presses qui ont l’avantage d’avoir un très grand débit et l’inconvénient de ne pas être aisément transportables. Or, sila vitesse de fabrication est un élément d'économie considérable, l’impossibilité de fabriquer les éléments à pied d’œuvre, la nécessité de les transporter, sont de gros inconvénients, à cause de la proportion des brisures pendant le transport.
- M. Broutta a imaginé, avec le concours de MM. Ferrière et Kerger, une presse assez petite pour être facilement installée sur le chantier même, et qui peut cependant débiter 10 carreaux à l’heure, soit une surface de 2 m2i/2.
- Fig, 7, — La machine Broutta, Ferrièi*e et Kerger à mouler les carreaux.
- La figure 7 permet de juger de la simplicité de celte machine. Bile comporte un bâti en fer supportant un plateau de fer. Sur ce plateau peut être placée une tôle carrée de 52 cm de côté, qui supportera une des faces du carreau. Les parois latérales, leurs rainures et leurs languettes sont déterminées par des tôles placées de champ. La face supérieure est obtenue par lissage du mortier de ciment, coulé daus la cuve ainsi formée.
- Un dispositif ingénieux permet de réserver dans l’épaisseur du carreau des 8 tubes creux. Le levier qu’on voit sur la partie gauche de la figure 3, permet, une fois le cadre mis en place, de pousser dans l’intérieur la batterie des 8 tubes. Le mélange une fois gâché et lissé, les tubes sont sortis par tirage latéral.
- Le mortier prend instantanément et l’on peut alors, démouler. Le carreau, qui repose sur le plan de tôle amovible, est alors enlevé et mis à sécher. On remet en place une nouvelle tôle, on referme le carré des parois latérales, on introduit dans la cuve les 8 tubes et l’on peut aussitôt mouler un nouvel élément. Les carreaux mis à sécher peuvent être employés au bout de 24 heures.
- Le système dé construction de M. Broutta et la machine à mouler qui le complète forment un ensemble fort intéressant pour les constructions économiques, telles que celles de hangars, maisons à bon marché, etc. Le carreau Broutta peut encore avoir d’autres applications ; il peut notamment servir au revêtement des berges de canaux et de fleuves, afîouillés par la navigation ou les crues.
- Il y a]là un effort ingénieux qui se poursuit depuis plusieurs années et dont il convient de féliciter l’inventeur, qui n’est qu’un- simple ouvrier de l’Office national des Recherches et Inventions.
- Constructeurs : MM. Broutta, Ferrière et Kerger, in, avenue de Verdun, Issy-les-Moulineaux (Seine).
- 36
- p.2x35 - vue 486/663
-
-
-
- <
- VARIETES
- SUR LES VARIATIONS DE LA TEMPÉRATURE MOYENNE DE L'AIR
- DANS LA RÉGION DE PARIS
- La température moyenne normale de l’air à Paris est pour l’année de io° (exactement 9°,g8) pour la période embrassant les 119 années de 1806 inclus à 1924 inclus.
- moins, autour de sa valeur normale, et cela jusqu’en 1891, mais que, depuis cette époque, elle n’aurait plus varié, se maintenant dans l’oscillation de sens positif.
- Voici, ci-dessous, le tableau détaillé dé cette moyenne pour chacune de ces années ; ce sont les moyennes annuelles (année météorologique) de l’Observatoire de Paris, pour les années 1806 à 1873, diminuées de o°7 afin de les rendre comparables aux moyennes vraies des 24 heures, obtenues à l'Observatoire du Parc Saint-Maur
- (Seine), pour les années suivantes, de OO à 192c
- 1806 10°, 8 1848 10°, 1 \
- 1807 10°,7 1849 10°, 5
- 1808 9o,7 1850 9°, 5
- 1809 9°,6 1851 9°, 4
- 1810 9°, 9] 1852 10°,5 |
- 1811 11°, 5 1853 9°, 7 1892 10° 5
- 1812 9°, 7 1854 9°,7 ( no 00 1895 10°. 7
- 1815 9°,2 ) 9° ,88 1855 90.1 ( yu,oo 1894 100,5
- 1814 8°,8[ 1856 9°,9 l 1895 90,7
- 1815 100,11 1857 100,7! 1896 100,0
- 1816 8°, 5 1858 90,6 1897 10°,6
- 1817 90,9 1859 11°,1 1898 10°,5
- 1818 10°, 7 1860 8°,8 1899 11°, 2
- 1819 10°,5 1861 10°,1 1900 10°,6
- 1820 9°,1 1901 10°, 2
- 1862 10°, 6 1902 10°,0
- 1821 10°,0 1865 10° ,6 1905 10°, 4
- 1822 12°, 0 1864 90,7 1904 10°, 2
- 1825 9°, 2 1865 10°, 7 1905 10°, 0
- 1824 10°,5 1866 10°, 2 1906 10°, 7
- 1825 11°.0 J 1867 10°,2 , 1907 90,8
- 1826 10°, 8 1868 10°, 6 1908 11)0,0
- 1827 10°, 0 1869 10» 0 1909 9°,5
- 1828 11°, 0} 10°, 32 1870 10°,1 10°, 50 1910 10<>,2
- 1829 90,0 1871 9°, 5 ( 1911 11°, 2
- 1850 8°,91 1872 10°,4 \ 1912 10°,6
- 1851 10°, 7] 1875 10°,3 1 1913 11°, 0
- 1852 10° ,2 1874 10°.5 1914 10°,5
- 1855 9° ,9 1875 io»;o 1915 10°,2
- 1854 11°, 5 1876 10°,2 1916 10°,7
- 1855 10o,4 i 1877 10°, 8 1917 90,6
- 1878 10°, 2 1918 90,9
- 1856 90,7 \ 1919 90,9
- 1857 90,5 | 1879 8°, 9 1920 10°,7
- 1858 9°,0 1880 90,5 1921 11°, 4
- 1859 9°,8 1 1881 10°,2 1922 100,0-
- 1840 100,5/ 1882 9°,9 1925 10°,8
- 1841 90,4 ( 00 ao 188a 10°,0 1924 100,3
- 1842 10°, 0/ 9 >62 1884 10°,5
- 1845 10°, 1 1885 9°,9} 9o, 60
- 1844 90,41 1886 10°, 2 [
- 1845 8o,l 1887 8°, 9 \
- 1846 11°,1 , 1888 8°, 9'
- 1847 90,5/ 1889 90,7
- 1890 90,6
- 1891 8° ,8
- De l’examen du tableau ci-dessus, il semblerait que cette température moyenne aurait éprouvé des variations tous les 14 ou i5 ans environ, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, oscillant ainsi, soit en plus, soit en
- Les périodes froides seraient plus courtes que les périodes chaudes.
- Particularités, au point de vue température, de chacune des périodes.
- ire période, normale ou neutre 05 années) : l’année très chaude de 1811 ; l’année très froide de 1816; l’année froide de-i814 ; l’été très chaud de 1807 (i9°,2) ; les étés chauds de 1808 et 1818; l’hiver froid de 1813-14 ; l’été exceptionnellement mauvais et froid de 1816 (moyenne i5°,3). Extrêmes absolus de température : 36°,2 le
- 15 juillet 1808; — i4°>3 le 11 janvier 1820.
- 2e période, chaude (i5 années) . les années très chaudes de 1822 et 1834 ! les étés très chauds de 1822 (igO.o), 1826 ( 19°,5) et i834; les étés chauds de 1832 et ï835; l’hiver très froid de 1829-30 (moyenne (— 2°,3). Extrêmes de température : 36°,3 le 19 juillet 1825 et 36°,2 le ier août 1826; — i(/°,2 le 17 janvier i83o et — i7°,o le 24 janvier 1829.
- 3° période, froide (12 années) : l’année très chaude de 1846; l’année très froide de 1845 ; les étés très chauds de 1842 (ig0,5) et 1846 ( 190,4) ; les hivers froids de 1837-38, 1840-41 et t 846-47- Extrêmes absolus de température : 3(5°,6 le 18 août 1842; — ig0,o le 20 janvier 1838.
- 4° période, normale ou neutre (14 années) . l’année très chaude de 1859 ; l’année froide de 1860; l’été très chaud de 1859 {190,7) ; l’été chaud de 1857; les hivers 1853-54 et. i854-55. Extrêmes absolus de (température : 36°,2 le 4 août i85y ; — i6°,2 le 20 décembre 1859.
- 5° période, chaude (17 années) : les étés très chauds de 1868 et 1876 (i9°,o); les étés chauds de 1870, 1874 et 1877; l’hiver de 1870-71. Extrêmes absolus de température : 37°.6 le 9 juillet 1874; — 2i°,5 le 9 décembre 1871.
- 6e période, froide (i3 années) : les années froides de 1879, 1887. 1888 et 1891 ; l’hiver très froid de 1879-80 ; l’hiver 1887-88 et l’hiver froid de. 1890-91. Extrêmes absolus de température : 38°,4 le 19 juillet 1881 ; —2a0,6 le 10 décembre 1879.
- 7e et dernière période, chaude (33 années) : les années très chaudes de 1899, I911 et I921 > *es étés très chauds de 1893 (i8°,9), 1899 ( 1 g°,4> 1900 (19°,3), 1901 (190,0), 1904, 1911 (*9°>7) et 1921 (i9°,2); l’été chaud de 1897 ; les hivers froids de i8g4-g5 et de 1916-17 ; les périodes de froid de 1892-93 et de 1908-09 ; l’hiver très doux de 1915-16 (moyenne 6°,3) ; l’été très froid de 1916 (moyenne i6°,i). Extrêmes de-température : 38°,4 le 28 juillet 1921 et 37°,7 le 20 juillet 1900; — 170,0 le
- 16 janvier 1893 et — i5°,4 le 7 février 1895 et le 4 février 1917. E. Roger,
- Membre de la Société météorologique de France,
- p.2x36 - vue 487/663
-
-
-
- jao
- IgD
- HYGIENE ET SANTE
- ast.
- PROGRÈS DE LA VACCINATION ANTITUBERCULEUSE
- Le Dr Morhardt a exposé ici même l’an dernier (n° a638, 25 octobre 1924) les essais de vaccination antituberculeuse tentés récemment.
- M. le Dr Calmette et ses collaborateurs, MM. C. Guérin, .Weill-Hallé, Nègre, Boquet, Wilbert et Turpin viennent de faire connaître à l’Académie de Médecine, le 16 juin dernier, les progrès de leurs recherches et les espoirs grandissants qu’elles donnent.
- On connaît le procédé très particulier d’atténuation auquel le Dr Calmette a eu recours. Partant d’un bacille d’origine bovine extrêmement virulent, donnant, à la dose de 3 milligr. (bacilles essorés et pesés à l’état frais) par injection intra-veineuse, une tuberculose gra-nulique aiguë mortelle en 4 à 5 semaines aux jeunes bovins de 4 à 6 mois, il a réussi, après 23o cultures successives faites en i3 ans sur un milieu très alcalin, à base de bile de bœuf, à supprimer complètement et héréditairement la propriété tuberculigène de ce microbe qui reste néanmoins toxique pour les organismes tuberculeux, qui sécrète de la tuberculine et qui provoque la formation d’anticorps comme les bacilles vivants.
- Ce bacille-vaccin, dénommé BCG (bilié Calmette-Guérin), est inofïensif, quelle que, soit la voie par laquelle on l’introduit dans l’organisme : buccale, intraveineuse, sous-cutanée.
- Dans le premier semestre de 1922, 178 nourrissons avaient été vaccinés par le BCG qui purent être suivis jusqu’en juin 1924; i5 seulement moururent et aucun d’une affection présumée tuberculeuse.
- 94 d’entre eux, suivis jusqu’en 1925, se sont tous développés normalement, en bonne santé, bien que 3 vivent en contact permanent avec leur mère tuberculeuse.
- Depuis l’an dernier, 2070 nouveau-nés ont été vaccinés en France et en Belgique au moyen de 3 ingestions successives d’un centigramme de culture émulsionnée dans 2 cm3 d’un mélange de glycérine (40 gr.), glucose pur (10 gr.), eau distillée (1000 gr.), administré dans une petit cuillerée de lait, une demi-heure avant la tétée, les 4% 6°, 8e jours ou 5e, 7e et 90 après la naissance.
- Le ier juin 1926, les nouvelles reçues de 4 23 de ces enfants, vaccinés depuis plus de six mois, indiquaient que 137 étaient exposés à la contagion familiale, dont 86 du fait de leur mère tuberculeuse; aucun n’avait encore succombé à une affection présumée tuberculeuse ; 3o seulement étaient morts de maladies diverses : débilité congénitale, gastro-entérite, grippe, etc., 2 morts par méningite pourraient seules être considérées comme douteuses, faute de renseignements suffisants.
- Or, une statistique relevée dans les dispensaires et les œuvres d’hygiène sociale a montré qu’on peut envisager comme sensiblement exact le fait que tout enfant né de mère tuberculeuse, et non séparé, a au moins 1 chance sur 4 (dans certaines conditions, à Paris par exemple, 3 chances sur 4), de succomber à l’infection bacillaire au cours de la première année de son existence.
- La comparaison du taux de mortalité par tuberculose, qui se trouve être nul chez les enfants vaccinés en 1922, au plus de o,5 pour 100 parmi les enfants vaccinés du ier juillet au 3o novembre 1924, nul aussi pour ceux de ces enfants, au nombre de 137, qui ont vécu plus ou moins constamment exposés depuis leur naissance à la contagion familiale, est donc manifestement en faveur de la vaccination préventive.
- L’expérimentation sur les singes, pratiquée depuis la fin de 1923 à l’Institut Pasteur de Iiindia (décrit dans La Nature, n° 2638, 25 octobre 1924), a fourni des résultats aussi démonstratifs.
- On groupait dans une même cage :
- a) Un ou plusieurs singes vaccinés (soit par 5 ingestions (chacune à 48 heures d’intervalle) de 5 centigr. de BCG, soit par une seule injection sous-cutanée de 5 centigr.);
- b) Un ou plusieurs singes infectés par voie buccale;
- c) Un ou plusieurs singes témoins, non vaccinés et
- non artificiellement infectés. m
- On a opéré ainsi pour i5 chimpanzés (dont 3 vaccinés, 5 infectés et 7 témoins) et pour 5g pithéciens (papions-babouins, patas, callitriches, cercopithèques) dont 19 vaccinés, 20 infectés et 20 témoins.
- Aucun des vaccinés depuis plus d’un an n’est mort avec des lésions tuberculeuses, alors que tous les infectés et les témoins ont contracté la tuberculose et ont succombé dans les délais variant en général de 2 à 5 mois.
- Ces expériences ont fourni de nouvelles preuves de l’innocuité complète du BCG pour toutes les espèces de singes dont nous disposions. Elles ont montré qu’on pouvait aisément prémunir, pour plus d’une année, les singes de tous âges, même les chimpanzés adultes, en leur faisant ingérer 5 doses de BCG de 5 centigr. chacune, à 48 heures d’intervalle, et qu’il était possible d’entretenir chez eux l’état de prémunition contre l'inr fection continue par cohabitation en renouvelant chaque année l’absorption des mêmes doses de BCG par voie buccale.
- Des conclusions identiques se dégagent jusqu’à présent des essais de prémunition des jeunes veaux, poursuivis dans diverses exploitations agricoles infestées de tuberculose, depuis septembre 1924. Sur 568 animaux traités en France, 181 en Belgique, 415 aux Pays-Bas, 3n en Angleterre, aucun jusqu’à présent n’a présenté d’accidents tuberculeux.
- L’expérimentation sur les bovidés et sur les singes tend donc à démontrer, plus manifestement encore que les observations cliniques, la parfaite innocuité et l’efficacité protectrice de la culture vaccinale BCG.
- Elle apprend, en outre, qu’il est possible de conférer aux sujets adultes non encore infectés, à réaction tuberculinique négative, une résistance évidente à l’infection artificiellement provoquée par cohabitation ou par inoculation dirécte de bacilles virulents, et qu'on peut entretenir cet état de résistance par des revaccinations annuelles inoffensives.
- M. le Dr Calmette étend actuellement le. champ de ses essais.
- .Plusieurs laboratoires d’Etat, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Angleterre et en Ecosse, aux Etats-Unis, ont reçu et étudient notre culture vaccinale.
- Il en est de même de nos laboratoires coloniaux.
- A l’Institut Pasteur de Saïgon, MM. Noël Bernard, Lalung-Bonnaire et Bablet ont pu faire vacciner, jusqu’au ier avril 1925, 5o6 enfants annamites, qu’ils gardent sous leur contrôle. .
- A l’Institut Pasteur de l’Afrique occidentale française, ainsi qu’à la Maternité de Dakar, MM. Mathis, Guillet et Afïre ont fait ingérer eux-mêmes, du 24 mai 1924 au 8 mai 1925, les trois doses vaccinales à 218 nourrissons de race noire indigène, sans le moindre incident.
- Tous ces enfants, marqués par un tatouage au vermillon en arrière d’une épaule et revus régulièrement aux consultations de nourrissons, restent en parfaite santé, bien que plusieurs d’entre eux n’aient pas pu être soustraits à des milieux familiaux particulièrement infectés.
- D’autre part, sur l’initiative de M. le médecin inspecteur général Lasnet, et sur l’ordre du ministre des Colonies, des essais sont actuellement effectués en vue de la jmémunition contre l’infection tuberculeuse des jeunes recruesi indigènes de l’Afrique occidentale, de Madagascar et de l’Indochine, destinés à servir en France ou dans l’Afrique du Nord.
- C’est là un merveilleux résultat qui laisse entrevoir, contre la tuberculose, l’organisation d’une lutte aussi efficace que celle actuellement entreprise contre la syphilis.
- Le Dr Calmette a ainsi continué les plus belles traditions pastoriennes et bien mérité de l’humanité.
- R. M.
- •<>| 33 H»
- p.2x37 - vue 488/663
-
-
-
- •<
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. L abondance des demandes de renseignements nui parviennent au Service dé la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant .un ^ caractère d interet général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches Je plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le Cinéma en couleur. Procédé Keller-Dorian : Société des Procédés Keller-Dorian, 42, rue d’Enghien, Paris.
- Communication. — La bière et les cerises. — Nous avons reçu les réponses suivantes à la question posée par un de nos lecteurs. M. Furslenhof d’Havé, de Bruxelles, nous écrit :
- « Votre correspondant s’étonne de l’avis de brasseries d’Alsace annonçant qu’il y aurait danger de boire de la bière en mangeant des cerises. Son étonnement semble provenir de ce qu’il ne voit pas de raison à cet avis. On pourrait aussi s’étonner qu’une brasserie détourne les consommateurs de l’usage de son produit.
- A Bruxelles, il est d’usage populaire de dire que la bière n’est pas bonne au temps des cerises. Gomme il s’agit d’un dicton populaire, il doit avoir ses racines dans un passé assez lointain, donc à une époque où la pasteurisation était inconnue et où la bière (surtout les bières sucrées telles que le faro et le lambic qui étaient les seules bières consommées autrefois à Bruxelles) devait « tourner .», c’est-à-dire se gâter par fermentation en périodes orageuses. Jamais je n’ai entendu parler de mort à ce sujet, mais seulement de coliques. Comme l’ingestion d’une trop grande quantité de cerises (ingérée souvent avec les noyaux dans le peuple) peut également .donner lieu à des troubles intestinaux, la conjonction de la bière et des cerises en temps d’orages peut renforcer les troubles. A rapprocher de ces faits la recommandation de ne pas manger de moules ou d’huitres pendant les mois sans r, donc en temps chaud qui provoque ^décomposition plus rapide des mollusques avec production de toxines dangereuses ».
- D’autre part, M. P. Larue, ingénieur agronome à Gurgy, nous dit :
- « Vous demandez pourquoi la bière peut être nuisible après les cerises. Gela peut provenir de deux faits :
- i° Fermentation rapide des cerises dans l’estomac. En fait les fruits sucrés s’accordent mal avec les levures. L’eau fraîche constitue la meilleure boisson peut-être à leur adjoindre.
- a® Réaction cyanhydrique sur les noyaux de cerises, les seuls qu’on avale.
- Ceci avec beaucoup de dubitatif pour orienter les expériences alsaciennes. »
- /
- Réponses. — Salvané, à Montauban. — Pour imperméabiliser les toiles de bâches ou les bannes de magasin, on commence par préparer les deux solutions suivantes :
- A Eau non calcaire........... 10 litres
- Savon de Marseille. . . .' a5o gr.
- B Eau non calcaire........... 10 litres
- Sulfate de cuivre cristallisé 60 gr.
- On mouille préalablement la toile à l’eau ordinaire de façon qu’elle soit bien imbibée et après l’avoir tordue on la plonge dans le bain A où on la laisse s'imprégner. On égoutte sur le cuvier, tord à nouveau et plonge dans la solution B. Api'ès égouttage, on fait sécher, puis on répète deux ou trois fois les mêmes opérations en suivant toujours l’ordre indiqué. N. B. Les dissolutions A et B doivent se faire dans des cuviers en bois, à l’exclusion de récipients métalliques qui seraient susceptibles de précipiter le cuivre. Le sulfate de cuivre porte couramment le nom de vitriol bleu.
- B. G., à Angers. — La fabrication des torches de résine ne présente aucune difficulté, on prépare au moyen d’étoupes provenant de vieux cordages des mèches plus ou moins grosses et on les trempe dans de la colophane impure ou brai préalablement fondu. On laisse refroidir la mèche, puis la plonge à nouveau dans le bain dont la température doit être juste suffisante pour le maintenir liquide sans être assez élevée pour fondre la résine déjà déposée. Par des immer-
- sions successives en opérant d’une façon analogue à celle pratiquée autrefois pour l’obtention des chandelles, on fait acquérir à la torche le diamètre voulu.
- N. B. Le brai est le résidu de la distillation de la gemme du pin, dont on a ainsi éliminé les produits volatils.
- M. D., à Cholet. — Nous pensons que le procédé suivant vous donnera satisfaction pour revêtir vos murs d’un enduit imperméable.
- Prendre :
- Caoutchouc Para gomme pure. . 125 gr.
- Tétrachlorure de carbone. . . . 1000 c. c.
- Benzine....................... 5oo —
- Laisser digérer en flacon bien fermé, agiter fréquemment jusqu’à obtention d’une masse sirupeuse.
- Au moment de l’emploi ajouter i5 gr. environ de la mixture à 1 kg de peinture préparée de la façon ordinaire. Peindre sur les murs que l’on aura amenés à siccité parfaite pour cette application, en suspendant toute vaporisation d’eau dans l’atelier, aérant et allumant au besoin un poêle, cette condition est essentielle pour la réussite, autrement la peinture risquerait de se détacher du mur au bout de peu de temps.
- Cercle de garnison, Saint-Maixent. — i° Voici comment vous pourrez bronzer l’aluminium : étendre au pinceau sur l’objet à noircir une couche d’huile d’olive ou de préférence d’huile de lin. Chauffer sur un bec Bunsen, l’huile se cuit et contracte avec l'aluminium une très grande [adhérence. La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir que l’on peut obtenir absolu et très uniforme. Au cours du chauffage qui doit être assez élevé, on peut, si l’oxydation de l’huile paraît insuffisante, passer de nouvelles couches jusqu’à ce qu’on ait obtenu le résultat cherché. •i° Pour le cuivre il vous suffira d’employer une solution de sulfure de potassium (sel pour bains de Barèges), plus ou moins concentrée en commençant par une solution très faible au début (2 à 3 gr. par litre) de façon à atteindre progressivement la teinte voulue. 3° Le nicke-lage est mat quand la pièce n’a été polie ni avant, ni après. S’il s’agit de rendre mat un nickelage déjà brillant, vous pourrez dans une certaine mesure obtenir ce résultat en passant à la surface un tampon de colon imbibé de la solution suivante :
- Bichromate de potasse .... 5 gr.
- Acide sulfurique................. 10 —
- Eau ordinaire...................1000 c. c.
- Bien rincer aussitôt pour qu’il n’y ait pas dénicke-lage.
- M. B. A., rue François-ler, Paris. — Pour la destruction des moineaux (il s’agit du moineau franc), causant de sérieuses déprédations, il convient de se renseigner préalablement sur la teneur de l’arrêté préfectoral, dans le département, en ce qui concerne l’autorisation de détruire les animaux nuisibles et les espèces d’oiseaux classées comme tels. Lorsque l’autorisation est accordée, on peut procéder à la capture des moineaux de la manière suivante :
- Prendre du grain, en quantité suffisante pour proportionner les appâts à l’importance de l’invasion, c’est-à-dire sur les points où ils sont très nombreux, et dans le voisinage de ces points. Humecter les grains avec de l’eau-de-vie, en les brassant de façon que toute la masse en soit imprégnée complètement. De bonne heure, le matin, répandre les grains ainsi traités en longues traînées, sur le sol, à proximité des endroits où les moineaux pullulent.
- Ceux-ci, attirés par l’aubaine, s’enivreront en picorant ces grains.
- Vous verrez ces petits ivrognes tituber comiquement.
- Muni d’un panier, vous pourrez les ramasser aisément et, l’appât étant absolument inoffensif, lés porter à l’office, pour les y traiter comme tout gibier à plumes, de bonne prise.
- L’épouvantail, quel qu’il soit, est à peu près inefficace. Pour d’importantes invasions, les pièges à moineaux sont insuffisants; le résultat est aléatoire.
- Enfin, et avec autorisation préfectorale, il y a la chasse au fusil, concurremment avec la destruction des nids.
- p.2x38 - vue 489/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- The structural units of the material universe, by F.W, Aston, i br., 23 p., 3 fig. Editeur : Oxford University Press, Amon House, Warwick Square, London E. G. G. 1925.
- L’éminent physicien anglais Aston, auteur de remarquables travaux sur les isotopes, est aussi, à ses heures, un vulgarisateur de grand talent, ainsi qu’en témoigne la belle conférence reproduite dans la brochure ci-dessus. Elle explique, en termes simples et avec une admirable clarté, ce que sont les corps dits isotopes et comment cette notion nouvelle s& rattache aux théories modernes sur la structure atomique de la matière et la filiation des éléments.
- Qualitative Analyse und ihre wissenschaftliche Begrun-dung, von Dr W. Bôttger. i vol. 644 ?•> 32 fig. W. Engelmann, Leipzig, 1925. Prix reliée : 22 mark, or.
- Ce savant ouvrage est consacré à l’analyse chimique qualitative. Par son caractère pratique, sa documentation tenue à jour des plus récents progrès, et son plan très logique, il nous semble réaliser un guide très sûr pour le chimiste analyste. Il débute par un exposé général assez développé des principes de la chimie et notammenÇdes lois de la chimie physique, avec quelques aperçus sur les théories les plus modernes, relatives à la constitution de la matière. Puis un chapitre est consacré à l’équipement du laboratoire, aux méthodes générales de travail et de recherches. Les réactions caractéristiques des diverses substances en solution sont ensuite groupées dans un vaste chapitre. Puis l’auteur explique en détail pour les différents cas comment l’on procède à l’analyse; il a soin d'indiquer les fautes à éviter et de signaler les erreurs qui peuvent se produire ainsi que les phénomènes qui dans certains cas masquent ou paralysent les réac-
- tions caractéristiques.
- Les Industries de la Soie en France, par Pierre Clerget. 1 vol. in-16, 196 p., 10 graphiques et i5 tableaux statistiques. Collection Armand Colin, Paris. Prix : relié 7 francs. Broché 8 francs.
- Ce livre condense sous un petit volume tout ce qui est relatif aux industries dont la soie ou ses succédanés sont la matière première : on y trouvera un historique complet de l’évolution des industries de la soie depuis l’époque lointaine où les premiers tissus, venus de Chine, pénétrèrent dans l’Empire romain ; un exposé clair et précis des procédés de fabrication les plus modernes; de nombreux tableaux statistiques faisant ressortir l’état actuel du commerce de la soie et ses possibilités de développement; enfin plusieurs chapitres consacrés à l’éducation du ver à soie et aux moyens'employés, depuis Pasteur, pour combattre et vaincre les maladies qui l’atteignent.
- Entretiens familiers sur la chimie photographique, par G. Schweitzer. i vol. de iv-204 pages'. J. de Francia, éditeur, Paris. Prix : 16 fr. 25.
- Le photographe, amateur ou professionnel, qui veut comprendre ce qu’il fait, a besoin de notions de chimie. Il les trouvera dans l’ouvrage de M. Schweitzer ; elles y sont exposées sous une forme attrayante, simple et originale qui révèle un vulgarisateur de talent. L’auteur pônsacre d’abord quelques causeries aux principes fondamentaux de la chimie; puis il passe en revue les diverses substances utilisées en photographie, il indique leurs propriétés et explique les réactions chimiques auxquelles elles sont soumises dans les opérations photographiques.
- Tourteaux, par L. Bussard et C. Brioux. i vol. in-12,
- . 35o p., 55 fig., 32 pl« Collection des Manuels pratiques d’analyses chimiques. Béranger, Paris.
- Les tourteaux jouent un rôle dé plus en plus important dans l’alimentation du bétail et la fumure des terres. Il est difficile de les analyser , et d’en connaître la valeur avant achat. Des deux auteurs de ce livre, l’un est l’expert le plus qualifié en botanique des graines et il a créé et pratiqué depuis vingt-cinq ans l’examen microscopique des tourteaux ; l’autre est
- un expert chimiste qui s’est occupé spécialement de la toxicité des tourteaux. Ensemble ils ont écrit ce manuel magistral d’analyses dans lequel ils décrivent exactement les méthodes à employer, puis l’aspect et la composition des principales catégories qu’on rencontre et de leurs falsifications. De nombreuses planches facilitent la reconnaissance des éléments caractéristiques. Le livre se termine parle rappel de la législation relative aux aliments concentrés du bétail.
- Leçons préliminaires de zoologie, par P. de Beauchamp. i vol. in-8, 374 p., 25i fig., 1 pi. Lechevalier, Paris. Prix : i5 francs.
- Yoici un livre élémentaire, ; écrit par un de nos meilleurs zoologistes, à l’usage fies débutants se préparant par exemple au certificat d’études P. C. N. L’auteur s’est appliqué à exposer, en un style simple, sans abondance de termes techniques, une sorte d’introduction à l’étude des animaux vivants. Il débute par la cellule dont il résume la constitution, les échanges, les mouvements, la division, la spécialisation, puis il passe aux grands problèmes biologiques : la sexualité, le développement, la classification, l’origine des espèces, la variation et l'hérédité, les données de l'anatomie et fie l’embryogénie comparées, de la paléontologie et de la biogéographie. Il aborde ensuite les divers groupes d’animaux, représentés par des schémas très clairs, et les décrit succinctement. Chaque chapitre est suivi d’une courte bibliographie de langue française et d’indications pratiques pour guider l’élève dans ses observations et ses manipulations. Le tout constitue un manuel élémentaire fort utile et il faut espérer qu’il guidera nombre de jeunes gens dans l’étude de la zoologie.
- A Dictionar7 of the Flowering Plants and Ferns, par J. C. Willis, 5e édition revue, 1 vol. in-8, 727 -j- lv p. Cambridge Biological Sériés. Cambridge University Press. Prix cartonné : 20 sh.
- Dictionnaire de botanique très complet, renfermant les noms de toutes les familles et fie tous les genres de plantes à fleurs et de fougères, un grand nombre de noms populaires anglais et les noms techniques les plus employés. Chacun d’eux est suivi d’une explication plus ou moins longue, dont certaines prennent l’importance d’une brève monographie. L’ouvrage se termine par une clé de détermination des familles basée sur la classification d’Engler, fort utile pour amorcer une reconnaissance exacte de la plante. Le succès du Dictionnaire de Willis dans les pays de langue anglaise prouve son utilité et l’excellence de la méthode qu’il utilise.
- L’épicier-détaillant, par R. Freulon. i vol. in-i2, 25op., 49 fig. Le livre de la profession. Librairie de l’Enseignement technique, Paris. Prix : 8 fr. 5o.
- Comme les livres précédemment parus dans cette collection d’enseignement technique, celui-ci groupe les connaissances élémentaires à l’exercice d’une profession : histoire, matières premières, préparations, fraudes, gestion, etc.
- La Suisse au travail, par G. Lecarpentier. i vol. in-8, 286 p., 10 pl., 1 carte. Collection « Les Pays modernes ». Pierre Pioger, Paris. Prix : 10 francs.
- L’auteur rappelle rapidement l’histoire de la Suisse, sa situation de « plateau coincé entre deux montagnes », sa population, puis il passe en revue ses principales ressourcesv: agriculture, forêts, houille blanche, industries,: etc., et son organisation économique. C’est .un exposé d’ensemble, vivant, à jour, comme il est habituel dans la collection des Pays modernes.
- La mort, les maladies, l’intelligence, l’hérédité, indiquées immédiatement par l’analyse des empreintes des mains, par G. Muchfry. 2 vol. T, I, 253 p. avec fig. T, .II,'. 112 planches. Edition astrale illustrée, Paris.
- p.2x39 - vue 490/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2679 8 Août 1925
- La plus puissante turbine à vapeur du monde. —
- Les usinés thermiques génératrices d’électricité sont aujourd’hui exclusivement équipées avec des turbines à vapeur Commandant directement des alternateurs. Le développement continu de la consommation d’électricité oblige lés centrales à des agrandissements rapides, et les force en même temps à rechercher le maximum d’économie dans la production du courant. On est ainsi amené, pour réduire l’encombrement, à simplifier l’exploitation, "à diminuer la consommation de combustible et à construire des groupes dont la puissance unitaire est chaque jour plus élevée. Les groupes de la sùpércën-trale de Gennevilliers, mise en service en ig'i3, ont une puissance unitaire de 4» ooo kilowatts. Au moment où elles furent commandées, ce chiffre, qui paraissait extrêmement audacieux, constituait un record; mais celui-ci est dès maintenant dépassé. C’est ainsi que deux nouveaux groupés qui viendront compléter bientôt l’éqüipeinent de Gennevilliers auront chacun une puissance de 5o ooo kilowatts. Actuellement la Westinghouse Mfg C° des Etats-Unis vient de construire à Pittsburg et de mettre en service à New-York, dans la centrale de la Hudson Avenue, un groupe de 80000 kw. C’est le plus puissant aujourd'hui en service dans le monde. 11 pèse 1000 tonnes environ. La même station centrale possède deùx autres groupes de 5o 000 kilowatts chacun.
- Le platine, sa production et ses prix. — Jeter un coup d’œil en arrière sur la production et les prix du 'platine est une idée qui est venue à l’esprit de beaucoup de personnes, et dans nos laboratoires que de fois n’avons-nous pas entendu déplorer soit le prix élevé actuel du platine, soit son emploi à des usages auxquels il est moins indispensable.
- M. Edouard Payen, dans Y Economiste Français, rappelle les débuts de la connaissance du platine qui était séparé de l’or paillette par paillette, au fond de la bâtée au moyen d’une plume. Ceci se passait dès 1535 dans la Nouvelle Grenade (province de la Colombie). Cet « oro blanco » avait été utilisé par les Péruviens pour fabriquer des bijoux, ceci est attesté par les découvertes faites dans des tombeaux en Equateur, La Couronne d’Espagne dont la Nouvelle Grenade était un apanage revendiquait tout le platine trouvé, puis comme il fallait un encouragement à la récolte de ce résidu les représentants du Roi offrirent environ 2 pesos par livre de métal. Parmi lès Usages du platine on peut signaler la fabrication de pièces de monnaies espagnoles en platine doré. On pouvait Sroir encore ces dernières années quelques-unes de ces pièces au Maroc, entre les mains de bijoutiers indigènes, dans le Mellah de Marrakech. 11 est évident qu’au cours actuel du platine cette « fausse monnaie » possède une valeur cinq ou six fois plus grande que celle des pièces d’or correspondantes.
- Quoi qu’il en soit de cette entrée dans le monde du platine qui fut si longtemps considéré comme sans valeur, on arrive jüsqu’en l’année 1880 pour trouver au platine un cours de 1 franc le gramme : 25 shillings l’once troy de 3i gr. i .
- Les cours ont passé successsivemént par les valeurs
- suivantes 1880 . . 2.5 shillings les 3i gr. 1 soit 1 fr. le gr.
- 5 livres st. — "4 fr. —
- 1910 . 6 livres st. — 4 fr. 80 —
- I9Ï2 . 9 liv. 2 sh. — 7 fr. 3o —
- 1916 . *9*7 • 1918 . 1924 . 1925 . 12 liv. 14 liv. 10 sh. 20 liv. 2S liv. 24 liv. 10 sh. soit 80 fr. le gr.
- Le >7 mars 192$, le kilogramme de envii’on. platine valait
- 7 2 000 francs.
- La production du platine était localisée dans l’Oural et dans la Colombie pour la majeure partie. Eu 1911, la Russie produisait 3oo 000 onces troy, soit environ g3oo kg. En Colombie on produit i5ooo à 20000 onces, soit 45o à 600 kg, Le platine de Colombie provient de dépôts alluvionnaires importants, mais l’industrie y est
- dans l’enfance, les indigènes emploient encore les procédés de leurs ancêtres.
- Une petite quantité que l’on ne croit pas supérieure à 1000 onces, soit 3o kg, provient de l’Australie, du Canada, de Bornéo, de la Birmanie.
- Le platine brut de Choco (Colombie) contient :
- Platine..............85,20 pour 100
- Iridium.............. i,i5 —
- Palladium............ 0,78 —
- La production russe est devenue très faible, mais on annonce la découverte de ce précieux métal dans le Transvaal. L. R.
- Le papier d’alfa. Le créateur de cette industrie en France. — M. R. de Montessus de Ballore nous écrit la lettre suivante que nous publions bien volontiers, heureux de rendie ainsi hommage à un Français éminent qui a droit à la reconnaissance de ses compatriotes.
- « Voulez-vous me permettre d’ajouter quelques mots à l’article de M. Durocher sur « l'Industrie de l’alfa » [La Nature, 11 juillet 1925).
- L’introducteur en France de l’industrie du papier d’alfa est H. de Montessus de Ballore (1862-1917), mort professeur à l’Ecole de papeterie de l’Université de Grenoble, frère du grand sismologue de ce nom,
- II. de Montessus consacra sa fortune et sa vie à l’étude de cette fabrication. Ses procédés, tombés dans le domaine public, ont permis d’établir les grandes usines françaises et espagnoles qui fabriquent la pâte d’alfa.
- Ses ouvrages sur le sujet (Dunod, éditeur) font autorité et nul plus que lui n’est connu des spécialistes en la matière. » R. de Montessus de Ballore.
- Docteur ès sciences.
- La fluorescence du « Quebracho » et du « Tizerah » à la lumière de Wood. — La lumière de Wood est une lampe à rayons exclusivement ultra-violets, très employée pour produire notamment des effets de fluorescence. M. le professeur Meunier, de Lyon, en collaboration avec M. A. Bonnet, l’ont utilisée pour étudier la fluorescence des végétaux tannants, et ils sont arrivés à des conclusions fort intéressantes au point de vue pratique, que nous résumons d’après la communication publiée par le Cuir technique. Les végétaux tannants en usage (écorce de chêne, bois de châtaignier, sumac, galles, puits, et gousses diverses), ne possèdent pour la plupart aucune fluorescence à la lumière de Wood. Seuls les bois du Quebracho Colorado de l’Amérique du Sud et son succédané, le Tizerah du Maroc, présentent, sur une coupe fraîche, une fluorescence jaune d’une remarquable intensité.
- Les coupes anciennes, oxydées, ne présentent plus de fluorescence. Les extraits aqueux ne présentent qu’une fluorescence extrêmement faible ; mais on peut la raviver simplement en y plongeant un support convenablement choisi : papier filtre, laine, coton, soie naturelle décreusée, et surtout la soie d’acétocellulose ou l’acétocellulose brute. L’immersion de ces substances pendant quelques secondes dans une solution étendue d’extrait de Quebracho, sulfité ou non, leur communique immédiatement une magnifique fluorescence jaune éclatant. Il en est de même pour les extraits de Tizerah. Cette propriété tient à la présence, à, côté de tanin catéchique normal, d’une matière colorante jaune, la fisetine du fustet.
- Cette belle fluorescence peut être utilisée pour le traitement des étoffes ou de décors recevant les rayons ultra-violets de la lumière de Wood.
- Elle peut surtout être employée comme moyen très sensible d’analyse, soit pour reconnaître la présence du Quebracho ou du Tizerah dans un mélange renfermant à la fois des tanins pyrogalliques et des tanins caté-chiques, soit pour rechercher sur un cuir tanné s’il a été fait usage dans sa fabrication d’extrait de Quebracho ou de Tizerah L’importance de ce nouveau procédé d’analyse tient à ceci : toutes les méthodes de tannage rapide, à de' très rares exceptions près, utilisent l’extrait de Quebracho; on peut donc très aisément, par la méthode de MM. Meunier et Bonnet, distinguer si un cuir g été tanné par la méthode rapide, ou si, au contraire, il a été obtenu par tannage lent à l’écorce de chêne. Il suffit de
- 6
- p.2x40 - vue 491/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- raboter quelques décigrammes de cuir, de les agiter avec quelques centimètres cubes d’eau, de malaxer la solution décantée avec une pincée d’acétate de cellulose, de la verser sur du papier filtre, sur lesquels on projette ensuite le faisceau de lumière de Wood.
- Huiles de marmotte. Huiles de castor. — Qu’est-ce que l’huile de marmotte ? Sans doute, pensera-t-on, quelque produit fourni par ce petit animal alpestre et hibernant dont le souvenir reste indélébilement associé dans nos mémoires à celui des petits Savoyards? La marmotte est un petit mammifère autrefois très commun dans certaines régions des Alpes; on l’y trouve encore, mais il se fait plus rare. 11 est pourvu d’un tissu glandulaire, abondant surtout dans la région cervicale et thoracique qui forme la glande dite hivernale, la sécrétion de cette glande permet à l’animal de supporter la longue inanition de son sommeil. De cette glande on retire en la chauffant au bain-marie une substance grasse, ambrée, fortement odorante qui est la véritable huile de marmotte. Les populations des montagnes lui attribuent des propriétés médicales et s’en servent en friction contre les rhumatismes, en ingestion'contre les coliques hépatiques, la médecine vétérinaire l’utilise également.
- On pense bien que cette huile est et a toujours été fort rare. On peut cependant trouver dans de nombreux ouvrages des allusions à des produits tout différents désignés, eux-aussi, sous le nom d’huile de marmotte, produits rares aujourd’hui, mais qui naguère se trouvaient dans le commerce. M. le Dr J. Offner, dans la Parfumerie moderne, en explique la raison dans une intéressante étude qui met en relief une assez curieuse confusion.
- Dans quelques régions où vivent les Marmottes dans le Briançonnais, le Queyras, certaines vallées du Haut-Piémont, des Alpes-Maritimes, de la Provence, croit un Prunier très particulier, décrit pour la première fois par le botaniste dauphinois Villars sous le nom de Prunus briganiiaca Yill. C’est le Prunier de Briançon, ou Prunier des Alpes, nommé quelquefois encore Marmottier. Des noyaux de cette pi’une on extrait une huile qui n’a rien de commun avec la précédente, et cependant est appelée aussi huile de marmotte. C’est iine huile à peu près incolore,: de saveur douce, d’odeur agréable, rappelant l’huile d’amandes douces. Autrefois elle était consommée en grande quantité dans le Queyras comme huile de table et comme huile médicinale. Mais sa fabrication est aujeurd’hui à peu près abandonnée faute de main-d'œuvre. Les confusions qui peuvent naître entre l’huile animale de marmotte et l’huile du noyau de marmottier n’ont donc aujourd’hui aucun inconvénient pratique ; et de cette dénomination commune de deux produits si différents il ne subsiste qu’un petit problème lexicologique.
- Il est un autre produit qui fait l’objet d’une équivoque tout à fait analogue : c’est l’huile de ricin qui en langue anglaise est désignée sous le nom de castor oil.
- Les traducteurs français, trop souvent, traduisent imperturbablement par huile de castor, d’où des confusions parfois comiques, parfois aussi très sérieuses, comme le montrera l’anecdote suivante. Il y a une vingtaine d’années, une société américaine livrait en France à une Société de transports en commun une importante commande de moteurs électriques. Il était spécifié, dans les instructions accompagnant cette livraison, que les .paliers devaient être graissés au castor oil. Le représentant français de la Société américaine n’hésita pas ; il fit rechercher à grands frais, à travers le monde, de l’huile de castor ; on massacra un certain nombre de malheureux castors, déjà fort rares à l’époque ; mais l’huile qu’ils fournirent n’avaient aucune des propriétés de l’huile de ricin. Les paliers des moteurs électriques grippèrent les uns après les autres et toute la fourniture fut refusée.
- L’aviateur Pelletier-d’Oisy, au cours de son récent et fameux raid Paris-Japon, n’écrivait-il pas lui aussi : « J’ai changé d’huile aujourd’hui. Il n’y a plus de ricin et j’emploie le castor oil!... »
- i' L’origine de cette confusion est moins claire que pour l’huile de marmotte. Les uns disent que le nom de castor oil viendrait de la Jamaïque où le ricin aurait été confondu avec une autre plante portant le nom de Casto et qui serait le G-attilier (Vitex Agnus Castus).
- On a donné une autre explication plus simple : l’huile de castor était autrefois importée surtout du Canada, pays qu’habitaient les castors, d’où le nom d’huile du pays des Castors, huile des castors.
- Origine de quelques animaux domestiques. — On
- a souvent donné comme ancêtres au mouton les mouflons de Corse et de l’Atlas; actuellement, on est porté à le faire descendre du mouflon d’Arménie iOvis orientalis). L’hypothèse de Yargali des monts Altaï a été également défendue. 11 semble bien pourtant que l’on soit d’accord pour assigner au mouton l’Asie comme pays d’origine; mais il a été connu en Europe à l’état domestique dès l’époque des palaffittes. Les moutons à laine et les moutons à poil paraissent être sortis d’une souche commune. Toutefois l’on ne peut pas s’empêcher de remarquer que certaines races domestiques — la race sainlongeoise par exemple — se rapprochent de la chèvre. Morgan mentionne chez les Pré-Egyptiens Y Ovis longipes comme domestique.
- Les chèvres domestiques seraient issues d’au moins trois variétés : la Capra agragus,- de l’Asie antérieure; le Ilircus thebaicus, d’Egypte; la chèvre sauvage, des îles et des presqu’îles européennes de la Méditerranée.
- Le porc domestique d’Europe et d’Asie aurait une double origine : le sanglier de l’Inde et le sanglier de Sardaigne. On le rattachait autrefois au sanglier d’Europe (sus aper), avec lequel il peut se croiser, mais cette hypothèse paraît aujourd’hui abandonnée. Le porc de Madagascar dériverait d’une autre espèce : le potamo-chère.
- Pour ces trois animaux, la domestication a pu se produire dans plusieurs endroits simultanément et des croisements, suivis de sélection, ont pu se produire entre des moulons, des chèvres et des porcs d’origines différentes. La diversité des races domestiques s’explique en partie par la pluralité de leurs origines.
- Il ne faut pas confondre au surplus la domestication avec l’apprivoisement. C’est pourtant l’erreur dans laquelle est tombé M. de Morgan, lorsqu’il a écrit que les Prépharaoniques avaient des troupeaux d’antilopes (Bubalis buselaphus), de gazelles (Gazella. dorcus; Ga-zella isabella) et de mouflons à manchettes (Ammatragus tra gelaphus).
- Nouvelles de T. S. F.
- La T. S. F. en chemin de fer. — Les Compagnies de chemins de fer se sont, tout naturellement, préoccupées d’utiliser le précieux moyen de communication que constitue la T. S. F., soit pour l’agrément des voyageurs, soit pour améliorer les conditions d’exploitation en faisant cesser l’isolement du convoi avec le monde extérieur. Des essais intéressants ont été faits en France notamment par les chemins de fer du Nord et de l'Etat pour faire servir la T. S. F. à la signalisation. Ils n’ont cependant pas été généralisés ; l’expérience ayant montré qu’il fallait des postes nombreux et assez puissants ; et I on semble avoir reculé notamment devant les redevances à payer à l’administration des P. T. T. On pourrait évidemment envisager la conduite des convois par T. S. F., mais c’est là une grosse question qui n’est pas encore mûre. Quoi qu’il en soit de ces applications de grande envergure, et pour l’instant, problématiques, la T. S. F. en chemin de fer se réduit pour l’instant à l’installation de postes radiophoniques, à bords des trains de voyageurs, donnant à ceux-ci l’audition des postes de diffusion. Nous avons déjà consacré un article à l’installation ainsi réalisée par l’Orléans en 1923 sur l’express Paris-Bordeaux.
- M. de La Chassaigne, dans Radio Electricité, après avoir rappelé cette installation, signale qu’un amateur distingué, M. Méuars, a récemment monté, au cours d’un voyage en wagon-lit, son propre poste récepteur, et qu’il a pu sans difficultés écouler, en cours de route, entre Paris et Poitiers les principaux concerts étrangers.
- L’appareil était à 3 lampes, et M. Ménars le branchait simplement sur l’un des fils d’éclairage du wagon. H écoutait au casque. Il a pu faire ainsi nombre d’observations intéressantes : la perception est plus nette quand la voie est en remblai ; elle diminue quand le train s’enfonce dans une tranchée, et elle disparaît à peu près complètement sous les tunnels. Elle diminue également lorsque le train traverse une forêt, et elle augmente lorsque la voie longe un cours d’eau.
- p.2x41 - vue 492/663
-
-
-
- ><
- *t>
- T ourisme
- Fig. i. — Indicateur de niveau d’essence « Nilec-Jauge ».
- Indicateur de niveau d’essence « Nilec-Jauge ».
- - Ce petit accessoire d’auto, simple, exact et peu coûteux, se monte en quelques minutes sur tous types de voitures ; il suffit de faire un trou de 8 mm dans le bouchon du réservoir d’essence ou sur le réservoir directement.
- Pour connaître le contenu de son réservoir, l’automobiliste n’a qu’à appuyer sur le bouton (fig. i) ; aussitôt, la tige graduée monte sous l’action d’un flotteur et lui indique exactement le niveau de l’essence. Une simple pression du doigt ramène ensuite la tige à sa position primitive.
- La graduation du « Nilec-Jauge » est faite de haut en bas ; les litres sont marqués par \xne rainure noire, les 5 litres par une rainure rouge plus large sur la tige qui est en métal inoxydable. Il se vend aussi non gradué, avec notice de pose et graduation pouvant être facilement effectuées par le client. — Constructeur: G. Cocordan, à Avion-Fontainebleau (Seine-et-Marne).
- Roule-colis portatif. — Il est pratique de pouvoir utiliser un appareil facilement transportable afin de rouler des colis encombrants, par exemple pour transporter les bagages à la gare ou même simplement pour porter d’un endroit à un autre des valises, des paniers, des paquets. Il est utile d’avoir un appareil qui supprime la fatigue résultant du transport à bout de bras, même d’un petit nombre de kilos.
- Ce roule-colis est formé d’une armature métallique montée sur un essieu portant deux roues, une tablette peut se déplier et supporter les colis que l’on veut manutentionner, une courroie permet de tenir solidement les colis sur la tablette lorsqu'ils sont un peu encombrants. L’appareil replié n’occupe que peu de place, car il est pour ainsi dire presque plat; il peut donc se loger partout, eu voiture, en chemin de fer, en bateau, même dans un véhicule de transport en commun. Son poids n’est que de 3 kg 1/2, et il est capable de porter des colis pesant jusqu’à 3o kilogrammes. — Constructeur ; M. A. David, 8, rue Paul-Jozon, à Montereau (Seine-et-Marne
- Fjg. a, —Roule-colis plié.
- Fig. 3 et 4. — Le Roule-colis monté et chargé.
- car,
- aüF
- Couvre-selle pneumatique. — Ce couvre-selle est constitué par une enveloppe pneumatique que l’on peut gonfler absolument comme une chambre à air, il est établi généralement à la demande des différents modèles de selles que l’on trouve dans le commerce. Il se fixe à l’arrière par un petit lacet passant dans les ressorts de la selle, il est également lacé à l'avant surle bec sans serrer les fiasques de la selle, il suffit ensuite de gonfler un peu ce coussin pour obtenir _ „ ,,
- un amortisseur inté- ^ 5‘ ~ Couvre-selle pneumatique.
- ressant de bicyclette.
- Constructeur : Coussin pneumatique, 21, rue d’Àlem-bert, Issy-les-Moulineaux.
- Construction en tubes d’acier assemblés par raccords emboutis. — Nous avons déjà signalé (n° 2633, 20 septembre 1924) les raccords emboutis système Lerat qui permettent d’assembler aisément des tubes d’acier, de façon à constituer une charpente rapidement édifiée.
- Les applications de ce dispositif sont nombreuses; en voici quelques-unes qui ont été récemment réalisées pour la construction de meubles métalliques. M. Lerat construit sur ce principe des bibliothèques démontables, étagères ou rayonnages. L’ossature est composée de tubes d’acier percés de trous tous les 5 centimètres pour y emboîter les tasseaux supportant les tablettes.
- Voici sur le même principe un casier à pneus d’un montage facile (fig. 6).
- M. Lerat construit de même des tables, des tabourets, des penderies, des volières, des étalages, etc. Ce mode
- Fig, 6. — Casier à pneu en tubes d’acier système Lerat.
- de construction et d’assemblage lui permet d’obtenir des meubles légers, peu encombrants et robustes.
- Constructeur : M. Lerat, 27, boulevard des Italiens, Paris,.
- Mécanique
- Marteau [électrique pour détartrer les tubes de chaudières. — Le tartre, cette croûte calcaire qui à la longue se dépose sur les parois internes des chaudières, est pour celles-ci un ennçmi dangereux. Il empêche la propagation de la chaleur du foyer vers l’eau de la chaudière, et par suite il provoque des échaufïements redoutables du métal dont la température, au lieu de se maintenir au voisinage de celle de l’eau en ébullition sous pression, tend à se rapprocher de celle beaucoup plus élevée du foyer. L’entartrage est l’une des causes des explosions de chaudières, et il provoque toujours, en tout cas, une diminution de rendement, une consommation excessive de comhustible.
- D’où la nécessité de le combattre; de nombreux
- 43
- p.2x42 - vue 493/663
-
-
-
- nn
- «US
- SCIENCE APPLIQUEE
- moyens ont été proposés et sont effectivement employés : épuration des eaux, désincrustants ; ces divers procédés, pour être efticaces, exigent un contrôle minutieux, et il est bien rare que dans les installations, même les mieux surveillées, on ne se trouve pas à la longue aux prises avec les dépôts de tartre. Cela est tellement vrai que les grandes centrales électriques, pour qui les questions d’économie de combustible et de sécurité de fonction-
- nement sont vitales, emploient pour alimenter leurs chaudières de l’eau distillée. Cette solution n’est pas à la portée des installations moyennes ; celles-ci doivent donc être en mesure de débarrasser périodiquement leurs chaudières du tartre qui finit toujours par s’y déposer. C’était autrefois une opération qu’il fallait faire à la main à coups de marteau, encore n’était-elle possible que pour les corps de chaudières dans lesquelles un ouvrier peut pénétrer. Aujourd’hui ces travaux s’exécutent à la machine.
- Voici, pour le cas le plus difficile, celui des tubes de chaudières multilubulaires, un appareil d’un maniement aisé, offrant en même temps toute sécurité. Car il faut prendre garde que l’outil qui détache le tartre adhérent à la paroi d’acier ne puisse détériorer en aucun cas le métal et diminuer sa résistance.
- L’appareil se compose d’un outil détartreur, ayant les dimensions voulues pour pénétrer à l’intérieur et tout le long d’un tube de chaudière.
- Cet outil se compose de deux plateaux dans lesquels sont ménagés des logements où viennent se fixer les extrémités de 4 broches; sur celles-ci sont emmanchées avec un certain jeu une série de rondelles. L’outil est mis en rotation rapide au moyen d’un arbre de transmission tubulaire qui peut pénétrer à l’intérieur du tube de la longueur voulue; sous l’effet de la force centrifuge les rondelles sont projetées énergiquement contre la paroi et agissent comme un ciseau, mais un ciseau
- Fig. 8. — Emploi du marteau à détartrer.
- qui ne peut faire que des entailles d’une profondeur strictement limitée par le jeu laissé aux rondelles; de la sorte le tartre seul est attaqué, le métal n’est jamais touché. L’outil en fonctionnement est arrosé copieusement pour enlever le tartre détaché. L’arbre de transmission est mis en rotation par un moteur électrique monté directement sur lui à l’extrémité opposée à l’outil.
- Le tout est suspendu par un palan à un chariot qui se déplace sur un chemin de roulement formé de 2 tubes reliés par des entreloises et que l’on peut déplacer tout le long de la chaudière ; on lui donne la même inclinaison qu’aux tubes à nettoyer. Le palan permet de
- placer l’appareil en regard du tube à nettojmr. Tout le système est équilibré par un contrepoids relié au chariot par une chaîne, de sorte que le déplacement du moteur et de l'appareil dans le sens longitudinal des tubes s’effectue sans effort. Un ouvrier et un aide suffisent à faire fonctionner tout le système.
- Constructeur : Société d’Electricité et d’Electro-Outillage, 17, rue Dieu, Paris.
- Vaporisateur sécheur pour le repassage et l’apprêt. — Pour l’apprêt de tous tissus, il faut la présence d’une certaine dose d’humidité. Cette humidité a toujours été provoquée par des moyens empiriques, soit à l’éponge, au linge mouillé ou patte-mouille, au vaporisateur, etc., etc.... Tous ces moyens n’ont pas d’inconvénient à être employés sur des cotonnades, draperies et lainages, mais ils en présentent de nombreux pour les velours, peluches et toutes les soieries en particulier. Avec ces dernières, il est absolument indispensable d’humecter le tissu d’une manière uniforme, très régulière, toutefois sans excès.
- Pour obtenir des résultats vraiment pratiques, il faut effectuer le séchage du tissu immédiatement après la vaporisation, avec un outil qui sèche et vaporise simultanément ou alternativement.
- Le coque vaporisateur-sécheur Deslandes est constitué par une boule ovoïde creuse, chauffée d’une manière permanente par la vapeur provenant d’un générateur comme dans le coque ordinaire, mais il possédé de plus un vaporisateur d’une forme appropriée encastré dans la partie supérieure de l’appareil.
- Ce dispositif assure une vaporisation exempte de projection d’eau,la chambre de vaporisation reçoit la vapeur en provenance d’une chambre inférieure rem -plissant le rôle de séparateur d’eau condensée. Elle est mise en.communication avec le vaporisateur 'par l’intermédiaire d’une pédale actionnée par le pied, reliée au vaporisateur par/un tube central entouré d une enveloppe de vapeur.
- Il en est de même du vaporisateur lui-même, ce qui assure une vapeur suffisamment sèche.
- La valve spéciale actionnée par le pied laisse à l’ouvrière toute sa liberté d’action pour l’usage de ses mains. Elle peut ainsi manipuler son travail sur l’appareil, avec aisance, en ne vaporisant qu’à bon escient. L’ouverture de la soupape est réglée par la butée de la pédale, qui permet ainsi de réduire la quantité de vapeur au strict nécessaire.
- La vapeur débouche du vaporisateur par des fentes fraisées, de quelques dixièmes de millimètre de largeur, ce qui assure une vaporisation uniforme par le simple déplacement du tissu.
- Le coque demeure toujours à une température uniforme et constante dépassant j 10 à iio°, selon la pression du générateur. D’autre part, lorsqu’on injecte de la vapeur dans le vaporisateur, celle-ci rencontre des parois chauffées par la vapeur du chauffage normal et ne se condense pas. Elle rencontre de même le tissu préalablement chauffé par son contact avec la paroi extérieure du coque. La vapeur traverse ainsi le tissu sans se condenser. Un simple déplacement du tissu à droite ou à gauche du vaporisateur suffit pour sécher simultanément le tissu.
- Par ces explications, il est facile de se rendre compte de la rapidité d’exécution.
- Ces appareils se construisent en plusieurs formes et dimensions des plus courantes, depuis la forme réduite jusqu’à la dimension d’une table à vapeur..
- Constructeur : Edmond-Deslaudes, à Hendaye.
- p.2x43 - vue 494/663
-
-
-
- ^ÊD
- VARI ÊTES
- ><
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES
- Dans le groupe des absinthes, la principale espèce est la Grande Absinthe (Artemisia Absinthium) L. Synan thérées Sénécionidées, la seule dont il est question ici. Les plus importants de ces synonymes sont : Absinthe officinale, Absinthe commune, Absinthe amère, Armoise^ absinthe, Aluine, Alvine, Herbe aux vers, etc. Son nom dérive de deux mots grecs, a, privatif et « psinthos », douceur, à cause de sa saveur amère.
- Habitat. — Elle croît dans les lieux incultes et arides, le long des rochers et des murs, sur les talus des régions centrales et méridionales de l'Europe Elle est assez abondante en France.
- Description sommaire. — Plante rustique et vivace de o m. 60 à i m. 5o de hauteur, à tiges herbacées, cylindriques, cannelées dans leur longueur, à rejets stériles. Feuilles alternes, longuement pétiolées, très découpées, soyeuses, d’un gris blanchâtre en dessous. Fleurs, de juin à septembre, en petits capitules formant une grande panicule feuillée ; les fleurs femelles à la circonférence et les hermaphrodites au centre. Akènes très petits, obovés, sans aigrette. Toute la plante exhale une odeur aromatique pénétrante.
- Culture. — On la cultive depuis bien longtemps dans les jardins et elle occupait de grands espaces dans l’Est avant l’interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail ainsi que de la circulation de la liqueur, par le décret du 7 janvier iqi5 et la loi du 16 mars iqi5.
- Multiplication. — Elle se fait de deux façons : a) par graines; />) par éclats de touffes, mais la première est la plus employée. Les graines de la grande absinthe sont très fines et au nombre d’environ 11 5oo dans un gramme. Le litre pèse de 620 à 65o gr. Leur faculté germinative est de deux à quatre ans, leur germination est parfois difficile.
- L’absinthe étant peu exigeante se plaît à peu près dans tout terrain qui n’est pas trop humide, trop léger ou trop argileux, mais elle réussit mieux sur un terrain sec, profond, argilo-calcaire, notamment sur les coteaux perméables et pierreux à une exposition sud ou sud-est. La préparation du terrain comporte, selon l’endroit, bêchage ou labour de o m. 20 de profondeur et l’enlèvement des mauvaises herbes, puis une fumure au fumier de ferme additionné de superphosphate et de sulfate de potasse.
- ~a) Semis. — On l’effectue en pépinière de mars à mai sur une terre bien préparée, profonde et fraîche, absolument nivelée, ce qui est facile à faire au râteau dans le Jardin familial, et à la herse sur les champs. Quand il en est ainsi, on sème à la volée les graines qui, en raison de leur finesse, n’ont pas besoin d’être enterrées. On se contente de les faire adhérer au sol par un plombage au moyen d’un léger coup de batte. On laisse les plants un an dans la pépinière où on les éclaircit en cas de besoin, puis on les arrache et, après l’habillage ayant pour but de raccourcir leurs longues racines, on les repique dans un terrain bien préparé et fortement fumé, en choisissant pour cela un temps humide.
- On les dispose en quinconce à o m. 40 de distance sur des lignes préalablement tirées au cordeau et espacées de o m. 5o à o m. 60 Deux précautions sont à prendre lorsqu’on opère en grand : a) n’arracher les plantes de la pépinière qu’au fur et à mesure de leur repiquage pour éviter tout flétrissage; b) mettre trois pieds dans chaque trou, afin que la touffe prenne le plus grand développement possible pendant l'année qui suit la transplantation.
- Les soins culturaux au printemps et à l’été consistent en plusieurs binages et sarclages pour que le sol soit toujours propre. Les binages sont faits à la main dans le Jardin familial et à la houe à cheval dans les grandes plantations. 11 est bon, dans la deuxième et la troisième année, de faire en mars quelques arrosages de purin étendu d’eau, ou d’enfouir par un léger binage une petite quantité de- sulfate d’ammoniaque ou de nitrate de soude. En cas de gelée,-il est utile, à cause de la susceptibilité de l’absinthe, de recouvrir les plantes avec des feuilles, de la paille ou du fumier.
- La durée d’une plantation, pour être très rémunératrice, est de trois années, mais on peut la prolonger avec des soins culturaux bien appropriés. Dans le Doubs,
- MÉDICINALES : GRANDE ABSINTHE
- pays de très grande culture avant la guerre, la durée était de six ans.
- b) Par éclats de touffes. — L’opération a lieu à la fin de la troisième année. On plante de suite après division des souches mères (A. G. et J. D.). Les distances de plantation et les soins consécutifs sont les mêmes que ceux décrits plus haut.
- Récolte. — Elle commence la deuxième année dès l’apparition des bourgeons floraux. Dans le Jardin familial, on coupe les tiges à 5 à 6 cm du sol avec un sécateur ou une serpette; sur les champs on recourt à la faucheuse mécanique.
- Rendement en vert. — D’après MM. Goris et Demilly, dans une culture bien faite; le rendement par hectare est d’environ 12 000 kg de plantes fraîches la première année, 20000 kg la deuxième année et 25 000 kg la troisième année.
- Séchage. — Pour la récolte du Jardin familial, il suffit d’étaler les feuilles mondées sur des claies placées dans un endroit ventilé, à l’ombre, et de les y retourner souvent; quant aux sommités fleuries, on en fait des petits paquets assez lâchés qu’on suspend dans le grenier. On prend les précautions nécessaires pour qu’elles conservent le plus de feuilles possibles et que le tout possède âprès dessiccation une couleur verte nuancée de jaune. A ce point, on coupe les tiges en fragments de 8 à 10 cm, on les comprime dans des sacs en toile que l’on garde dans un local sec et aéré.
- Dans la culture en grand, on suit un procédé dont les détails sont donnés dans Culture des plantes médicinales par MM. Rolet et Bouret.
- Rendement. — On estime qu’un kilogramme de feuilles fraîches laisse 260 gr. de feuilles sèches. D’autre part, on a évalué le rendement moyen d’un hectare dans les environs de Paris entre 25oo à 3ooo kg de plantes sèches correspondant à 10000 kg environ de plantes fraîches.
- Composition chimique. — La grande absinthe contient : huile volatile, deux matières amères, l’une azotée, l’autre résineuse, matière azotée insipide, chlorophylle, albumine, fécule -particulière, tanin, des sels et entre autres de l’absinthate de potasse (D‘ Héraud). Les deux principes les plus actifs sont l’huile essentielle ou essence d’absinthe et le principe extrêmement amer ou absinthine.
- L’essence d’absinthe est plus légère que l’eau, d’abord brune elle devient bleue ou verte après rectification. Elle contient de la thuyone, de l’alcool thuylique, soit à l’état libre, soit à l’élat d’étbers acétique, isovaléria-nique et palmitique, du phellandrène, du pinène, du cadinène, de la céruléine. 100 kg de grande absinthe verte donnent 120 gr. d’essence brute.
- Propriétés thérapeutiques. — Les parties de la plante usitées sont les feuilles et les sommités fleuries. Parmi les propriétés attribuées à celte absinthe : apéritives, stimulantes, toniques, fébrifuges, vermifuges, emména-gogues, etc., les deux connues dès la plus haute antiquité sont les propriétés anlhelmintiques ou vermifuges, et les propriétés toniques amères ou apéritives. D’après le D1' H. Leclerc, Soranus, Sylvius, Mérat et de Lens la prescrivaient sous des formes différentes contre les parasites intestinaux. Son action ascaricide est due à son huile essentielle de même que son action apéritive et tonique résulte de l’absinthine qui n’est pas toxique. L’Ecole de Salerne tenait une macération d’absinthe dans du vin comme un sur préservatif contre le mal de mer, et son mélange avec du fiel de bœuf comme un remède contre les bourdonnements d’oreille. Trousseau la recommandait dans les cachexies et les lésions organiques diverses résultant des fièvres intermil tentes. On l’utilise aussi avec succès contre certains cas de chlorose, d’anémie, de neurasthénie et d’aménorrhée, mais on doit en faire un usage modéré.
- Préparations pharmaceutiques. — Voici les principales avec leurs doses : alcoolat d’absinthe 10 à 20 gr., eau distillée à 100 gr., extrait aqueux o gr. 20 à 2 gr., poudre 1 à 2 gr. comme tonique, 4 à 16 gr., comme vermifuge, sirop 5o à 100 gr. Teinture 20 à 3o gouttes, tisane 5 gr. par litre en infusion, vin 3o à 125 gr., mais il ne faut pas dépasser cette dose. Le sel d’absinthe,
- p.2x44 - vue 495/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- obtenu par incinération, autrefois si usité, ne l’est plus aujourd'hui. La plante fraîche est toujours plus efficace que la plante sèche. Les feuilles d’absinthe entrent dans les espèces vermifuges avec la tanaisie, la camomille et le semen contra, ainsi que dans l’elixir tonique de Gendrin.
- La grande absinthe est employée dans la fabrication de liqueurs très répandues : l’absinthe, le bitter, le vulnéraire, le vermouth, etc. La première est interdite comme je l’ai dit plus haut, à cause des accidents que produit son essence par un usage répété, accidents dont l’ensemble constitue ce qu’on appelle 1’ « absinthisme ». Les recherches qui ont été effectuées sur cette essence en vue de déterminer sa toxicité ont conduit à des résultats contradictoires. Tandis que d’après certains savants l’essence d’absinthe est la moins toxique de toutes celles qui entrent dans cette liqueur; pour
- d’autres, les propriétés épileptisantes de celle-ci sont dues uniquement à l’essence même d’Absinthe.
- La plante a été quelquefois employée comme condiment. Quand elle est broutée, elle communique au lait des vaches une saveur amère et désagréable, ainsi d’ailleurs qu’à la chair de tous les animaux.
- Observations commerciales. — Bien que la culture de la grande absinthe ne soit plus ce qu’elle était avant l’interdiction de la vente de la liqueur en 1915, elle est encore assez importante pour répondre aux besoins de la thérapeutique, car la France en importait avant la guerre pour 80 000 francs Le prix des feuilles sèches mondées vaut, selon les années, 1 fr. à 1 fr. a5 le .kilogramme ; il a varié l’an dernier de 1 fr. 40 à 1 fr. 60, tandis que celui des sommités fleuries n’a atteint que o fr. 75 à o fr. go. A. Truelle.
- 1po
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >
- Formules d’eaux de mer artificielles. — La revue de l’Office national Recherches et Inventions publie une intéressante étude de M, Legendre sur la conservation de l'eau de mer et les eaux de mer artificielles dont nous extrayons les données suivantes.
- Les formules d’eau de mer artificielle sont nombreuses, qu’on a essayées et préconisées pour remplacer l’eau naturelle dans les aquariums situés loin des côtes.
- Mous ne parlerons pas ici des essais sur l'action physiologique des divers sels, dont les premiers sont peut-être ceux qu’effectuèrent à Concarneau, Pouchet et Chabry en 1889 pour connaître l’influence du calcium sur le développement de l’oursin. Leur mémoire intitulé « l'eau de mer artificielle comme agent tératologique » est un modèle du genre. Depuis, Herbst, Loeb, et plus récemment Osterhout ont particulièrement montré l’antagonisme de certains ions et la nécessité des solutions « balancées ». Allen et Nelson, puis Allen ont mis en évidence l’action de divers autres facteurs, Nous insisterons en outre sur l’importance du pH des solutions.
- En France, Pouchet et Çhabry employèrent dans leurs expériences une eau de mer contenant les principaux sels signalés dans l’Atlantique à cette époque et dont la densité atteignait 1028,6.
- Perrier, pour l’aquarium do l’Exposition universelle de 1889, utilisa la formule suivante, souvent reproduite en France :
- Eau 3,ooo
- Na Cl 79
- MgCl* KC1 11 3
- MgSO* ÇaSO* 5
- 2
- qui lui permit de conserver, plusieurs mois, notamment des huîtres et des actinies,
- En Allemagne, Hermès donna la formule qui suit aux aquariums de Berlin et de Francfort :
- Na Q 90
- MgCl3 10 dissous dans l’eau pure jusqu’à
- MgSO4 7 densité de 1028 à 25°
- K Cl . a
- Van’t Hofî, en igo5, indiqua comme composition de l’eau océanique le mélange de sels :
- Na Cl 100
- K Cl 2,2
- MgCl® 7,8
- MgSO4 3,8
- Ca Cl2 1,0 environ
- qui servit à Allen et Nelson à préparer une eau de mer
- ainsi composée ;
- NaCl 26,75
- KC1 o,75
- MgCl2 . 3,42
- CaCl? q,5i
- MgSO' ^ 2,1
- Eaubidistillée 966,47
- 1.000,00
- à laquelle ils éprouvèrent plus tard le besoin d’ajouter 2,4 cc. de Na® CO5 M/2 pour l’alcaliniser.
- Bien d’autres variantes furent essayées. Toutes nous frappent aujourd’hui par leur manque de sels d’acides faibles, de tampons, de stabilisateurs, si bien que leur joH très bas, inférieur à 7 en présence de l’air, doit varier dans de grandes proportions sous la moindre influence. Il faut y renoncer complètement.
- Il est préférable de choisir une formule proposée par Mc Cleudon en 1916 et qui lui a permis de faire vivre des animaux délicats aussi bien que dans l’eau de mer naturelle. Sa composition est la suivante :
- Ca Cl* 22,07 cc. solution M/2
- MgCl® 5o,2 I — M/a
- MgSO4 57,09 — M/a
- I< Cl 10,23 — M
- Na Cl 483,65 - M '
- NaBr 0,80 — M
- NaHCO 3 2,40 - M
- Eau 373,68 M
- I ,OOQ,Q0
- L’année suivante (1917), il la perfectionna en y ajou-
- tant d’autres sels et il aboutit à la formule :
- CaCl* sec 1,12 g. OU mieux 11 cc. sol. M. à 201
- MgCl* t 6 aq. 5, io5 25,i 6
- MgSO4 -f 7 aq. 7,o35 28,55
- K Cl 0,763 10,2‘3
- Na Cl 28,27 483,65
- NaBr -j- 2 aq. 0,0824 0,8
- Na IICO3 0,11 2,5
- Na* Si O5 0,0025
- Na* Si4 O9 o,oo5
- H5 PO4 0,00-1
- H5BO* 0,062 I
- Al® Cl6 + i2aq. 0,026 0,01
- NPI5 0,001
- LiNO5 0,0014 0,002
- Eau pour 1 litre 373,63
- Na2Si03 est dissous dans l’eau avant l’addition de.<
- autres sels. Na* Si4 O9 est représenté par une solution sirupeuse épaisse de silicate de soude dont on titre la concentration en Si O®, à moins qu’on ne considère la solution commerciale comme équivalant à i,5 M. de Na-Si4O9.
- Procédé de fabrication du bois artificiel. — Un
- procédé de fabrication du bois artificiel a été imaginé par M. J. Congin et l’Etat français (Direction des re^ cherches scientifiques et industrielles et des inventions au Ministère de PInstruction publique), brevet n° 545.5o8.
- La composition de ce bois artificiel est la suivante :
- Pâte de vieux papiers . . 260 grammes.
- Sciure de bois.......... i5o —
- Colle................. 465 —-
- Plâtre.................... i5o -^-
- On obtient une masse qui se moule facilement et se travaille ensuite à l’outil, comme du bois. Cette masse se polit comme du stuc ; elle permet la constitution de placage de bois.
- Ces propriétés sont obtenues grâce à la texture feutrée. L’agglomérant estdu plâtre, de la colle forte, de la caséine ou dés .matières amylacées. On ajoute, soit à la pâte, soit après moulage, des substances tannigènes. IL B.
- 4él*
- p.2x45 - vue 496/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. L abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Rabot électrique. Constructeur : M. René Volet, 20, avenue Daumesnil, Paris, 12e.
- Communications. — A-propos de documentation et de bibliographie scientifique (n° 2675). — M. Marcel H. l’acheray nous fait à juste tilre remarquer que nous avons omis de signaler un des Offices les plus qualifiés sur ces sujets, l'Institut International de Bibliographie de Bruxelles (Parc du Cinquantenaire). Son but, ainsi qu’il le définit lui-même, est de perfectionner et unifier les méthodes bibliographiques et documentaires; organiser la coopération scientifique internationale dans les travaux bibliographiques; préparer un Répertoire bibliographique universel et en délivrer des extraits et duplicata.
- Cet Institut publie également divers Bulletins ou Revues (Bibliographia economica, Bibliographia tech-nica, etc.)
- A propos des Serpents (n 2676). — M. Is. Maranne, pharmacien à Périgueux, nous écrit :
- « A l’article intéressant et très complet sur les Serpents, paru dans le n° du xi juillet de La Nature, je me permettrai d’ajouter deux petites remarques concernant leur distribution géographique.
- L’auteur cite le Sud-Ouest comme région favorisée pour le Zamenis et en particulier les départements de la Gironde, de la Charente, Charente-Inférieure, Arienne et Vendée. On peut y ajouter le département de la Dordogne où le Zamenis est extrêmement commun. Ces dernières années, pendant tout l’été, il était plutôt rare de ne pas rencontrer cette couleuvre à chacune de mes promenades, et les enfants de mon quartier m’en auraient apporté toutes les semaines si j’avais voulu les leur payer.
- De même en ce qui concerne la Vipère Péliade, l’auteur mentionne cette espèce comme ne s’étendant pas au-dessous de la Loire, et n’existant pas dans le Midi. On peut faire exception pour les hautes montagnes d’Auvergne où la Péliade est très répandue. Sur les hauts plateaux d’Allanche et de Murat (altitude comprise en 800 et 1000 m.), elle y est plus abondante que la Aripère Aspic, et au voisinage du Puy Mary, à Lavi-gerie, à Dienne (altitude comprise en 1100 et 1700 m.), elle est même la seule espèce de Vipère que l’on rencontre. »
- A propos des serpents qui ressemblent aux vipères et du sérum antivenimeux (n* 2675).— M. Averoin, pharmacien à Ai’genton-sur-Creuse, nous écrit :
- « Je dois vous signaler une petite innovation que vient de faire paraître l’Institut Pasteur au sujet du sérum antivenimeux. Du moins est-ce la première fois que j’en suis avisé par un tout récent réapprovisionnement de ces sérums antivenimeux. L’Institut Pasteur présente son sérum V sous forme liquide, mais auto-injectable sans le secours d’une seringue spéciale. Le sérum est contenu dans un corps de pompe en verre obturé supérieurement par une enveloppe de viscose et inférieurement par un bouchon perforé protégé. Dans un petit tube ad !\oc se trouve une aiguille biseautée aux deux extrémités et stérile. On retire l’aiguille de son tube, on traverse le bouchon du corps de pompe et on se sert du tube vide comme piston par l’intermédiaire d’une rondelle de caoutchouc qui pousse le liquide. Le tout constituant une trousse d’urgence est vendu 10 francs. Le prix de 10 francs obligatoire est inscrit sur l’enveloppe extérieure de la boîte. Je ne sais pas si l’ancienne présentation à 5 francs est conservée, mais je tiens à vous signaler celte nouvelle à 10 francs pour éviter un conflit toujours regrettable ; Mad. Alex. Feuillée-Billot disant dans son article : Le prix des sérums est porté sur chaque flacon et ne peut être majoré par le pharmacien. Ce prix est de 5 francs les xo ce. Je dois ajouter que ce matin même j’ai signalé ce fait à notre éminent compatriote, M. Raymond Rollinat, qui
- de suite m’a demandé de lui fournir un de ces sérums auto-injectables. Cette présentation est fort intéressante et très pratique. Nul doute qu’elle ne renconti’e auprès de tous ceux susceptibles de se protéger conti’e les morsures de serpents le meilleur accueil. Notre grand établissement a réalisé là un véritable progrès en évitant les complications du port d’une seringue de 10 cc. et sa conservation stérile. L’encombrement de cette petite trousse d’urgence est insignifiant. »
- Fénelon, précurseur de la photographie. — Un de nos lecteurs, M. Pannetier, nous écrit à propos du centenaire de la Photographie.
- « A mon avis, la première idée du dessin photographique îxe revient pas à l’Anglais Thomas AVedgwood, ainsi que le rappoiùe, après tant d’autres éi-udits, M. Jacques Boyer dans son article, par ailleurs fort bien documenté, paru dans La Nature du 27 juin dernier.
- Le père de l’idée ne serait-il pas plutôt un Français? Et ce Français ne serait-il pas Fénelon qui écrivait dans « Le voyage supposé en 1690 » (Fables, Histoires et Cartes, pour le duc de Bourgogne) :
- « .... Il n’y avait aucun peintre dans tout le pays; « mais quand on voulait le portrait d’un ami, un beau « paysage, ou un tableau qui représentât quèlqu’autre « objet, on mettait de l’eau dans de grands bassins d’or « ou d’argent; puis on opposait cette eau à l’objet qu’on « voulait peindre. Bientôt l’eau se congelant devenait « comme une glace de miroir où l’image de cet objet « demeurait ineffaçable. On l’emportait où l’on voulait, « c’était un tableau aussi fidèle que les plus polies glaces « de miroir. »
- Réponses. — M. T. P., Pau. — L’article sur les routes macadamisées auquel vous faites allusion a été conçu et rédigé dans un esprit de vulgarisation scientifique. Il ne pouvait donc comporter une description détaillée avec plans, coupes et élévations cotés de la machinerie employée par la Société Suisse d’entreprises de routes (à Soleure, Suisse) pour la confection de celte sorte de macadam goudronneux. Au surplus, ce n’était point là le côté original de YAeberli-macadam, mais la macération dont le caractère est encore assez mal défini.
- Nous pensons, puisque ce procédé est particulièrement appliqué en Suisse, d’où il est originaire, que le matériel est sans doute fourni pour la plus grande partie par la maison U. Amman, de Langenthal (Suisse), dont l’agent technique en France est M. P. Junod, 3G, rue Coriolis, à Paris (XIIe), lequel donc vous renseignera sur les points spéciaux que vous nous demandez.
- Mais ce même matériel qui n’a en somme x-ien de spécial peut parfaitement vous être fourni par des maisons françaises, telles que : Société de constructions mécaniques de la Savoie, à Chambéry (Savoie); les établissements Joly, Leroux et Gatinois, 25, rue de la A7oûte, à Pai’is; les établissements Ransome, 4> rue Tronchet, à Paris, etc.
- Pour ce qui est de la pose de ce revêtement, elle ne diffère pas de celle du tarmacadam ordinaire que vous trouverez longuement décidt dans l’ouvrage de M. Le-gavrian, Les chaussées modernes (Librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris) ou encore dans len° spécial: « La route moderne » de la Revue de l’Ingénieur, 53, rue de Ponthieu, Paris).
- M. Mitre Zvibel, à Falticeni (Roumanie). — Le grand Atlas d’Ai’gelander vous donnerait toute satisfaction. Il a pour titre : Atlas des Nôrdliclien Gestirnten Himmels îür denanfangdes Jahres 1855, von Dr. F.-AV.-A. Argelander. Il a été publié à Bonn, en i863, par Adolph Marcus. Il en a été fait une réédition il y a quelques années, sur laquelle nous manquons de renseignements.
- Un nouvel atlas stellaire, contenant toutes les étoiles jusqu’à la grandeur 9 m. 3, les amas et les nébuleuses, depuis le pôle nord jusqu’à la déclinaison a3° sud, est en préparation. Il donnera les positions des étoiles pour l’époque x855,o, comme celui d’Argelander. Dessiné par le professeur Max Beyer, il est édité par le pi’ofesseur Dr K. Graff, à l’observatoire de Bergedorf.
- La première partie, comprenant la zone de — 23° à -f- 220, est divisée en 12 feuilles de '\i cm X 57 cm. Prix, port compris, x5 R. Mark =3,5 Dollars. Adresser les commandes à M. Max Beyer, Tresckowalle'e, 6, à Altona, Elbe (Allemagne).
- p.2x46 - vue 497/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- La concentration en ions hydrogène et sa mesure par la méthode électrométrique, par Maurice Vincent, i vol. iü-8, io3p., 2 fig., J. Hermann, Paris. Prix : 8 francs.
- Bon expose de la question du pH et de sa mesure électrométrique. L’auteur l’applique à la réaction du sang, à son équilibre en acides et bases, aux variations de cet équilibre dans les divers états physiologiques et pathologiques et notamment à la suite des injections intraveineuses de colloïdes électriques. On y trouve tout ce qü’il faut savoir, théoriquement et pratiquement, sur cette question capitale de chimie physique appliquée à la physiologie et notamment sur l’équilibre des humeurs du corps réglé par l’acide carbonique de la respiration, les phosphates et l’ammoniaque de l’excrétion urinaire, l’acide chlorhydrique de la sécrétion gastrique.
- Les montages modernes en radiophonie, par P. Hémar-dinquer (Tome I)j i vol. 234 p-, 382 lig. Etienne Chiron, éditeur, Paris, 1925. Prix : i5 francs.
- La radiophonie a fait de rapides et grands progrès. L’amateur a le choix, d’une part, entre un grand nombre de concerts; d’autre part, entre un nombre bien plus grand encore de montages et d’appareils. Quand il n’a pas suivi dès l’origine l’évolution de la technique radiophonique, il ne laisse pas que d’être embarrassé au moment où il commence l’installation de son poste. Le nouvel ouvrage de M. Hémardinquer lui apporte des conseils détaillés pour la construction et l’établissement d’un poste; il lui signale les difficultés de montage et de misé au point ainsi qüe les moyens efficaces pour les surmonter ; il lui indique enfin les résultats que l’on peut attendre de chaque montage ou de chaque type d’appareil. C’est donc un guide très précieux, dont la lecture aisée est encore facilitée par de nombreux schémas très clairs et une abondante illustration photographique. Le premier volume traite de la construction des cadres et des antennes, des condensateurs, dès bobines de self, des variomètres, des résistances, des transformateurs, du montage des appareils d’accord; il décrit en outre les formes les plus heureuses du simple poste à galène, les montages divers qUe permet d’établir une seule lampe détectrice à réaction, et enfin les appareils utilisant la détection par galène et l’amplification haute fréquence par une lampe.
- Àtmospharische Storungen in der Drahtlosèn Nachrich-teniihermittluhg, par le Dr À. Koerts. i vol. iÔ2 p., 24 fig. Editeur, M. Krâyn, 3g, Genthiner Strasse, Berlin, 1924. Prix : 10 marks or.
- Les parasites dits « atmosphériques » constituent actuellement le grand obstacle au développement commercial des radiocommunications. On ne connaît qu’impaffaitement l’origine et la nature de ces perturbations ; malgré les travaux et lès observations accumulés sur ce sujet, il s’agit en effet de phénomènes touffus et difficiles à débrouiller par l’observation seule. La théorie doit venir au secours de l’observation, en simplifiant et décomposant le problème, pour orienter les chercheurs. Telle est la tâche que s’est assignée un savant hollandais, le Dr Koertz dans le présent travail, qui remonte à 1923, mais qui, malgré cette daté déjà un peu reculée pour un domaine aussi ardemment étudié en tous pays, nous paraît constituer une contribution importante à l’élucidation de cette difficile question, et un outil des plus utiles pour les chercheurs. L’àuteur étudie d’abord par l’analyse mathématique l’influence d’üne perturbation extérieure de forme quelconque sur un système électrique oscillant simple, ou sur une série de systèmes couplés, il utilise ensuite ces résultats généraux en particularisant, à l’aide des observations recueillies sur les atmosphériques, la nature des éléments perturbateurs. Il peut ainsi analyser le fonctionnement des divers systèmes sélecteurs proposés pour éliminer les perturbations, déterminer certaines conditions générales d’efficacité, et faire une étude critique comparée de ces systèmes. Il étudie ensuite par les mêmes moyens
- la question de la réception dirigée, et en particulier signale l’intérêt des antennes dirigées placées sous terre ou sous l’eau.
- Cours d’Exploitation des Mines (livre VI), par L. E. Gruner. i vol. 367 pages, io5 figures, L. Eyrolles, éditeur, Paris 1925. Prix : 3i francs.
- Ce volume termine le cours très complet et très bien ordonné, professé par l’auteur à l’Ecole spéciale des Travaux Publics. Il traite un grand nombre de sujets différents : tout d’abord les accidents et les moyens de les éviter ou de les combattre : inondations, grisou, coups de poussières, feux souterrains, l’organisation du sauvetage, l’hygiène dans les mines et les maladies spéciales aux mineurs : ankylostomiase, nystagmus. Puis il passe en revue les installations de surface qui accompagnent les exploitations minières : stations centrales de force motrice, traitement mécanique des produits* criblage, broyage, lavage des charbons, préparation mécanique des minerais, dispositifs de stockage, de chargement; un chapitre spécial est consacré à la fabrication du coke et des agglomérés. L’ouvrage se termine par les statistiques du charbon et des principaux métaux, et par les textes officiels les plus importants touchant la législation et la réglementation de la police des mines en France.
- Principes d'anatomie et de physiologie appliqués à la gymnastique et aux sports, par le D1' L. Roblot, 7e édition refondue et misé à jour, 1 vol. in-12, 280 p., n3 fig. Lamarre, Paris. Prix : 12 francs.
- Ouvrage de vulgarisation dont le succès est prouvé par ses multiples éditions. L’auteur y passe en revüe les notions indispensables pour que la culture physique soit rationnellement conduite et produise les meilleurs résultats : anatomie des os, des articulations et des muscles, physiologie des principales fonctions, principes de massage et d’hydrothérapie, fonctionnement de la machine humaine pendant les exercices gymnastiques. Trop souvent, les sports sont enseignés et pratiqués sans aucune réflexion et ils conduisent parfois à dès désastres. La lecture de ces notions scientifiques élémentaires, clairement exposées, est à recommander à tous : professeurs, élèves, adeptes des exercices physiques de toutes sortes.
- Les algues marines et leurs emplois agricoles, alimentaires, industriels, par V. Vincent, i vol. in-8, 206 p., 21 fig. Baillière et fils, Paris; Le Goaziou, Quimper. Prix : 12 francs..
- Bonne monographie dans laquelle l’auteur, directeur des services agricoles du Finistère, passe en revue les principales algues côtières en donnant leur composition chimique, leurs caractères distinctifs, leur structure, leur mode de reproduction. Dans une deuxième partie, il rappelle la réglementation régissant leur exploitation et signale leurs diverses utilisations, comme engrais en agriculture, comme aliment du bétail, comme source d’iode et de brome, de gommes et mucilages, etc.
- Ecrit avec un grand sens pratique, ce livre rendra service à tous les exploitants du littoral.
- L’examen pour le permis de conduire, 1 brochure, par Baudry de Saunier. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- En quoi consiste exactement aujourd’hui l’examen du permis de conduire ? Quelles sont les questions techniques et pratiques que l’on pose au candidat ? Quelles sont les prescriptions du Code de la Route que le candidat doit connaître plus particulièrement ? Quelles sont les causes d’élimination ?
- Telles sont les questions auxquelles répond M. B. de Saunier dans cette brochure publiée sous les auspices de l’Union Nationale des Associations Touristes. " -
- p.2x47 - vue 498/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- >
- N° 2680 15 Août 1925
- Un pfateau soussnjarin surgit dans le golfe de Gascogne. — Le lieutenant de vaisseau Cornet, commandant du transport Loiret, vient de signaler un phénomène étonnant.
- On sait qu’il existe, dans le golfe de Gascogne, entre les côtes de France et d’Espagne une profonde dépression connue sous le nom de Fosse du Cap Breton, qui s étend sensiblement dans le prolongement du lit de 1 Adour. Au large, les cotes atteignent de 3ooo à 5ooo m. de profondeur.
- Le a5 mai dernier, le Loiret, parti de Rochefort pour Oran et arrivé dans ces parages (par 45°,07 de latitude Nord et 3°5^ de latitude Ouest), le commandant du navire constata avec surprise la présence d’une énorme lame roulant sur les flots, comme on en observe en présence de hauts fonds. Cette lame de fond provoqua même une avarie au bâtiment. Le 6 juillet, le Loiret est de retour dans la même région et fait route sur Roche-fort; il constate le même phénomène; on sonde et au lieu de trouver la profondeur de 4000 m. indiquée sur la carte marine, on trouve de 5 h. 10 à 12 h. i5, des cotes variant de 34 m. jusqu’à 135 m., révélant à la place de. l’ancien creux un plateau sous-marin inconnu recouvert de vase, de sable et de gravier. S’agit-il d’une modification récente du fond du golfe de Gascogne, d origine sismique par exemple ? Ou bien de la révélation d une lacune ou d’une erreur dans les cartes sous-marines Cette dernière hypothèse ne peut être rejetée a priori, quand on connaît les difficultés qu’éprouvent les hydrographes, avec les moyens actuels de sondage, à réaliser des opérations' serrées et précises. Une mission hydrographique de la marine sera prochainement envoyée dans ces parages et réussira sans doute à éclaircir ce mystère.
- Les noyaux de fruits. — Pendant la guerre les Empires Centraux durent, par suite de la pénurie de glycérine et de matières grasses, utiliser jusqu’aux amandes de tous les arbres à fruits (cerises, prunes, pêches, etc.). Ce palliatif ne dura point une fois la guerre finie. Elle est une des preuves, entre mille autres, de l’ingéniosité qu’ils mirent à créer de toutes pièces des industries momentanées que la nécessité rendait indispensables. En Bosnie-Herzégovine, tous les noyaux de prunes, et il y en avait des montagnes, furent ainsi utilisés.
- Aux Etats-Unis, en Californie particulièrement, il existait comme résidu des immenses usines de séchage des abricots et pêches une grande quantité de noyaux provenant du dénoyautage de ces fruits dont nous sommes submergés.
- On ne savait qu’en faire. Ze Chem. Met. Etig. d’avril i9u5 publie un intéressant article de A.-W. Allin sur l’utilisation de ces noyaux. Déjà, il existait à San José, en Californie, une usine : la « California Nut Praduet CT, qui récupérait de la sorte plus de 100000 dollars par an. C’était un résultat.
- Actuellement les 3 usines qui font en grand ce travail sont à West Berkeley, à Astoria L, I. et à San Francisco.
- On estime que 5 à 8000 t. de noyaux donnent 800 t. d’amandes, de valeur marchande de 200 dollars par tonne. On voit par là ce que peuvent rapporter annuellement les1 montagnes de noyaux de toute une région, qui fournit le monde entier de ses confitures, de ses gelées et de ses fruits séchés, dont la consommation s’est répandue avec le succès que l’on connaît.
- On estime que le travail d’utilisation de ces noyaux, dont nous allons dire deux mots, est très rémunérateur, ho 000 dollars de frais, donnant 100 000 dollars de profit. Les noyaux sont concassés, et la masse mixte de noyaux et d’amandes plus ou moins brisées est versée dans une solution de sel marin, d’une densité calculée de manière que les coques surnagent alors que les amandes tombent au fond.
- Les amandes, après un lavage complet, sont vendues et sont pressées pour en extraire l’huile, quia une bonne valeur marchande ; quant au tourteau, il peut servir pour les bestiaux, bien qu’il nous semble qu’étant donnée sa
- haute teneur en acide prussique il ne puisse être employé que comme adjuvant de ration.
- Les coques sont aussi lavées et distillées pour en faire le fameux charbon décolorant. Les gaz de la distillation servent à chauffer les écorces qui ne le cèdent en rien au charbon d’écorces de noix de coco, qui fut employé durant la guerre- comme garnissage des masques contre les gaz asphyxiants. Actuellement, le charbon de coques de noyaux de fruits est un des charbons décolorants les plus appréciés.
- En somme, une industrie florissante s’est montée sur les haldes dune autre industrie également florissante. Le sous-produit vaut le produit.
- Quand il m’est arrivé il y a quelques années, en Beauce, de voir des monticules de balles de blé inutilisées, quand je pensais que ce produit sans aucune valeur actuelle aurait pu être centralisé, s’il eût) existé des centres de battage, on pourrait en extraire du furfu-rol, produit de valeur pour les vernis, dissolvant incomparable des résines, matière première pour la préparation d’une foule de produits chimiques de valeur; on pourrait aussi en tirer des colles pentosaniques du genre de la gomme arabique qui actuellement se trouvent sur le marché des gommes aux Etats-Unis (Cf. Chem. Met. Eng., 1923.) Ceci n’est pas utopique. Une société, en France, commence à le faire et s’en trouve bien.
- Il ny aurait qu’à y penser systématiquement et à le faire- Albert Hutin.
- La préparation mécanique du chanvre. — A l’Académie d’Agriculture, MM. Ringelmann et Kayser ont présenté un procédé mécanique de préparation du chanvre.
- Après le rouissage microbiologique, la dessiccation des tiges est très lente, les tissus étant fortement gorgés d eau et exposés à être envahis par les moisissures. On doit achever le rouissage dans un four, avant de passer le produit à la broyeuse, afin que les tiges travaillées soient aussi sèches que possible, bien qu’elles retiennent encore 10 à 12 pour 100 d’eau.
- Par le procédé mécanique, les tiges sont simplement séchées sous un hangar, dès quelles sont récoltées, et avant de les broyer on les laisse, pendant 20 heures environ, dans une chambre bien chauffée, c’est-à-dire à une température très inférieure à celle, d’un four. Après broyage et peignage, la filasse est simplement lavée à l’eau de savon.
- Du même chanvre fut traité mécaniquement, et la filasse lavée à l’eau de savon.
- Une autre partie fut rouie à l’eau, en rouissage spontané, ou dans un bain ensemencé et la filasse séchée, broyée, fut lavée à l’eau ordinaire.
- On a constaté que le procédé mécanique, sans rouissage ni dessiccation poxissée au four, donne des fibres très utilisables, surtout pour les gros numéros de fil, de sorte que 1 on peut recommander, pour beaucoup d applications, le procédé mécanique qui simplifie le travail du chanvre et supprime les inconvénients du rouissage.
- Influence des engrais sur la production piscicole des étangs. — Il existe, en Bavière, une station expérimentale spécialement consacrée aux recherches sur 1 exploitation intensive des étangs.
- Les expériences faites à cette Station ont mis en évidence l’action très marquée des engrais phosphatés sur lé rendement en poissons.
- Dans des étangs à carpes, d’une superficie de 2000 m2 et d’une profondeur moyenne de 5o cm, représentant à peu près 1000 m3, on est parvenu à doubler Faugmen-tation moyenne annuelle de poids vif des poissons par l’emploi de. 100 kg de superphosphate.
- Les scories de déphosphoration de la fonte, moins solubles que le superphosphate, agissent moins, sauf dans les étangs à sol acide où elles doivent être employées de préférence.
- Dans les étangs nouvellement créés, ou remis en état* c est-à-dire remis en eau, il est nécessaire d’ajouter au superphosphate des matières organiques telles que ;
- 7
- p.2x48 - vue 499/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- boues d’épuration, drtches de brasserie, compost de roseaux, afin de faciliter le développement des bactéries fixatrices de l’azote.
- Dans les étangs anciens, l’application d’engrais organiques est inutile, leur sol est amplement pourvu de matières organiques qui jouent un rôle important dans l’alimentation des poissons.
- Importance de la superficie plantée en vignes, en France et en Algérie. — Au moment où la crise viticole fait l’objet des préoccupations des pouvoirs publics, il est utile de se rendre compte de l’importance acquise p^r-la culture de la vigne, car c’est en partie à la monoculture, à la spécialisation culturale dans les pays viticoles — le Midi, principalement — qu’est due la crise persistante dont se plaignent les viticulteurs quant à la vente des vins.
- La statistique pour l’année 1924 indique la répartition des vignobles, comme suit :
- Hectares.
- Vignes en production en France (Alsace et
- Lorraine exceptées)....................1.443.217
- Vignes non encore en production (France) . i5o.oo2
- Vignes en Alsace et Lorraine................... i5.326
- Vignes en production en Algérie........... 188.530
- Vignes non encore en production (Algérie). 11.404
- Total . ...............r 8o8.545
- Superficie en 1904 :
- France. ....................................*1.641.142
- Algérie...................................... 166.000
- Total................ 1.807.142
- Ainsi, en l’espace de vingt années, la superficie com-plantée en vignes a peu varié.
- Par contre, la production est plus élevée, conséquence de la mise en pratique de méthodes de culture intensive perfectionnée.
- En 1924, la récolte vinicole en France s’est chiffrée par 67312236 hectolitres, auxquels s’ajoutent les 810000 hectolitres produits par les 28000 hectares de vignes de la Tunisie. H. B.
- Les Dominions australien et néo-zélandais. — Le
- Commonwealth of Australia est né le ior janvier 1901 avec le xx° siècle. Il comprend : 6 Etats, 1 territoire fédéral, 1 territoire proprement dit; il possède 2 territoires extérieurs, administre 2 pays à mandat et contrôle i colonie.
- Noms des divisions Population
- territoriales Superficie au 4 avril 1921 Capitales
- km4 habitants
- ~ i° 6 Etats :
- Nouvelle Galles
- du Sud. . . . 801.510 2.099.768 Sydney
- Victoria .... 227.620 i.53i.5'2g Melbourne
- Queensland . . 1.736.695 757.634 Brisbane
- Australie méridionale ... 98.381 495.836 Adélaïde
- Australie occidentale . . . 2.527.633 332.2i3 Perth
- Tasmanie . . '. 67.894 * 213.877 Hobart Town
- 20 2 Territoires :
- Territoire du
- Nord .... 1.356.776 3.870 Port-Darwin
- Territoire fédéral ..... 2.362 2.A72 Dalgetty
- 7.704.767 5.436.794
- L’île Howe fait partie de la Nouvelle Galles du Sud,
- les îles Bass et Macquarie de la Tasmanie. La capitale provisoire du Gommonwealth est Melbourne ; la capitale .définitive devrait être Dalgetty. Le Territoire du Nord doit former un 7e Etat; il a été organisé en 1911.
- Les dépendances du Commonwealth sont :
- 1 2 Territoires Extérieurs : \
- km2 habitants
- Terrilory of Papua. i34.4°S 231.390 Port-Moresby
- Norfolk Island... 34 734 —
- i34.44'2 252.107
- La Papouasie a été confiée au Commonwealth en 1906; l’île Norfolk, colonie pénitentiaire, a été détachée en 1914 de la Nouvelle Galles du Sud.
- 20 Pays à mandat :
- km2 habit. (?)
- Territory of New-Guinea. 251.000 700.000 Rabaul
- Naourou Island ..... 5 2.129 —
- La New-Guinea est l’ancienne Nouvelle-Guinée allemande, placée sous mandat australien en 1919-20. L’île Naourou ou Pleasant dépendait des îles Marshall en 1914; elle est placée sous le mandat commun de l’Angleterre, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande et administrée par le Commonwealth.
- 3° Colonie contrôlée :
- km2 habitants
- Iles Fidji................ 19.266 137.266 Suva
- La Nouvelle-Zélande a reçu le titre de Dominion le 26 septembre 1907; le gouverneur général réside à Wellington. Le Dominion comprend la colonie proprement dite (île du Nord, île du Sud, Ile Stewart et îles Chatham), et ses possessions extérieures.
- La colonie avait, en 1921, 269.547 km1 et 1.217.673 habitants.
- Au point de vue superficie, elle se divisait comme suit :
- Ile du Nord . . . ............113.172 km4
- Sud................... . i5i.38o —
- — Stewart. ....... 1.724 —
- — Chatham................... 1.071 —
- Au point de vue administratif, elle comprenait 9 provinces : Auckland, Taranski, llawdees Bay, Wellington, Marlborough, Nelson, Westland, Canterbury et Otago, cette dernière subdivisée en 2 portions (Otago et South-land).
- Ses possessions extérieures sont :
- km2 habitants
- Iles Cook. . . . . . Terrilory of Western 723 13.209 en 1921
- Samoa 2.588 3 7 7 91 le 20 juin 1922
- Iles Tonga ..... 1 010 23.562 en 1919
- Les îles Cook sont colonie néo-zélandaise depuis 1901. Le Western Samoa (anciennes Samoa allemandes : Opoulon, Savaï, etc.), est placé sous mandat néo-zélandais depuis 1919-20; il a pour chef-lieu Apia. Les îles Tonga constituent un royaume protégé, que l’Angleterre a placé récemment sous le contrôle du Dominion : il a pour capitale Noukonalfa.
- Le Dominion a encore d’autres possessions qui sont inhabitées : les îles Auckland, Campbell, Bounty, des Trois Rois, Antipodes et Kermadec, et un fragment du continent antarctique; la Boss Dependency, annexée le 31 juillet 1923, qui s’étend sur une superficie de 2 millions de km® entre le 160° degré de Long. E. Gr. et le i5o“ degré de Long. W. Gr.
- Le Sahara vaincu peut-il être dompté ? L’aménagement du Sahara. — L’Académie des Sciences Coloniales met au concours pour 1925-1926 l’importante question suivante :
- Recherche d’une politique générale et à longue portée d’aménagement du Sahara : i° Données scientifiques ; 20 Procédés techniques ; 3® Etapes d'exécution ; 4" Méthodes financières ; 5° Perspectives d’avenir.
- Le concours est ouvert du ior juillet 1925 au-uer octobre 1926. Un délai de remise de trois mois est accordé aux mémoires en provenance de certaines régions éloignées, comme celles du centre africain. La collaboration de plusieurs auteurs est admise.
- Ce concours est doté d’un prix de 12 000 francs.
- Les mémoires dactylographiés seront inscrits sous une devise qui sera répétée sur une enveloppe cachetée contenant les noms et adresses des concurrents.
- Pour faciliter la remise du prix, les auteurs en collaboration désignei'ont dans l’enveloppe celui d’entre eux qui, éventuellement, pourrait en recevoir le montant et en donner reçu. .
- Adresser les mémoires sous pli recommandé à M. P. Bourdarie, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences Coloniales, rue Mayet, 16 bis, Paris (VI°).
- p.2x49 - vue 500/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- »>.» Mines *-&
- Dispositif nouveau pour la récolte des minerais enrichis par les appareils de la préparation mécanique. — Les produits extraits des mines de toute nature sont bien rarement livrables au commerce ou à l'industrie à l’état brut, tels qu’ils sortent des chantiers d’abattage, ni même après un triage fait directement sur place.
- La.tot alité ou une partie importante de ces matériaux est un mélange intime de .parties utiles et vendables et d’autres éléments, dits stériles, dont il faut tâcher de se débarrasser aussi complètement que possible : leur présence augmente les frais inévitables de transport et d’emballages, et diminue beaucoup la valeur payée par kilogramme de la matière riche qui est le but de l’exploitation : d’ailleurs les acheteurs de minerais ne l’acceptent qu’au-dessus d’un minimum déterminé de teneur en éléments utilisables.
- Pour faire ce triage, il faut nécessairement procéder à des concassages et à des broyages et les jjousser finalement à un point tel que les minéraux utiles soient j>assablement isolés des fragments de stériles. Tant qu’il s’agit de morceaux assez gros, dont la dimension moyenne est limitée par le coût de la main-d’œuvre d’un vrai triage, c’est le choix fait par des ouvriers exercés à cela qui est le moyen le .plus sûr de faire cette importante opération ; les mineurs allemands la poussaient jadis jusqu’à des fragments de i5 ou 10 mm
- de diamètre moyen, enlevant d’une part les staffs de minerais marchands, d’autre part les pierres stériles, mais il restait les fines et les mixtes: il faut rebroyer ces derniers et les join-Lig. i. Coupelongitudinaled uusluice dre ensuite aux fines, à nfles mobiles et rigoles. puis traiter ce mé-
- lange .par des procédés mécaniques imaginés à cet effet.
- Le p incipe de ces classifications mécaniques est presque exclusivement un classement par densités, effectué par entraînement dans l’eau, et les appareils à ce destinés appartiennent^ 4 catégories.
- La première et la plus générale comme applications est la table dormante, ou à secousses, successivement modifiée et qui est devenue le sluice, avec de nombreuses variantes.
- La seconde est le bac à piston ou lavoir à charbon, dont le principe est fort analogue à celui du sluice à certains points de vue, mais qui s’applique surtout à faire deux catégories entre des éléments de densités peu différentes et qui sont tous deux en proportions comparables, tandis que le sluice sert à rassembler des particules très denses et peu abondantes dans la lavée.
- La troisième est le jig où le mélange, placé dans un panier, est plongé dans l’eau immobile, puis retiré à courts intervalles, jusqu’à ce que ce mouvement relatif ait disposé les matériaux en trois couches superposées, les plus denses recouvertes par les mixtes au-dessus desquels se placent les parties relativement légères. On enlève successivement ces trois couches à la main, sauf dans le lavoir Evrard où la division se fait mécaniquement.
- Enfin le crible du Harz est analogue au jig comme classement, mais c’est l’eau qui monte et descend, et cela permet, par un artifice particulier, de recueillir la couche inférieure dense au fur et à mesure de sa formation; à grande échelle il est devenu le lavoir Marsaut.
- Ce dernier engin est le seul type dans lequel la récolte des parties denses s’effectue avec continuité pendant toute la durée du fonctionnement..
- Dans les trois autres, le travail de sortage est intermittent, mais pour les deux premiers une addition récente permet d’obtenir la continuité presque automatique de la séparation définitive, et c’est de cette addition que nous allons donner la description;
- Dans le sluice, comme dans le bac à piston, la lavée contenant les particules mélangées entraîne tout avec son eau, mais comme les grains denses arrivent au fond de pe courant plus vite que les parties légères, il se fait progressivement une division en deux pouçhes supe.rpo-
- î 'Chicanes
- SÉplEÊ
- Rigole i ;
- =&=&t
- Chicanes !1
- (T -h-T
- Tiroir à fumières
- Çtrier
- E3js|5Mî3 O
- F
- . — Coupc transversale du sluice avec une fente, la rigole, le tiroir et la gouttière.
- sées, l’une au fond très chargée en particules denses, 1 autre au-dessus contenant surtout les matériaux légers.
- Ces deux couches cheminent parallèlement, mais celle du fond est ralentie par le frottement et partiellement arrêtée par les obstacles qu’on lui oppose et auxquels on peut conserver le nom de rifles quoique ce ne soient plus aujourd’hui les canons de fusils des premiers prospecteurs; d’ailleurs le verbe rifle se traduit surtout pardérobe r, rafler, chiper, etcon-vient bien à un engin de captage des grains lourds: on peut, dans ce sens, l’ap-pliquer aux
- rainures en creux dans le fond de certains sluices ou tables.
- On comprend aisément comment fonctionne le lavage au sluice ou au bac : les pai'ties lourdes sont assez ralenties par les obstacles pour s’accumuler contre eux, tandis que la partie légère les franchit : il y a donc tendance à réunir les matériaux lourds, tant que l’espace préparé pour cela n’est pas comblé; mais quand il est plein, l’effet d’enrichissement cherché cesse de se produire. Pour récolter le produit enrichi, il faut vider les chambres d’accumulation et interrompre le courant de lavée.
- C’est là un inconvénient sérieux de ce système de concentration. Il entrave surtout le travail des cours d’eâu à grand débit qui entraînent une très faible proportion d’or ou de platine dans leurs sables, au moment des crues, comme c’est le cas pour les fleuves sibériens, californiens, etc.... On a bien*établi là des appareils automoteurs à roues hydrauliques, mais le service journalier de la récolte est relativement onéreux et si on ne fait pas la relève à intervalles très courts, les appareils récepteurs, vite encombrés, ne produisent que des résultats insignifiants. La même chose se produit pour le service des undercurrents des grandes exploitations hydrauliques, à moins de donner aux sluices une longueur énorme, dont le travail annuel de relevage est si onéreux qu’il ne compense pas les pertes en or et en mercure, surtout avec les exigences actuelles de la main-d’œuvre.
- De là , résulte l’intérêt croissant, tant pour les grandes exploitations minières que pour les mineurs isolés, de pouvoir disposer d’un engin de récolte applicable aux anciens types à service discontinu, le bac à piston et le sluice ; un constructeur parisien a préparé cette addition sur les indications fournies par un des collabo-rateui's de-XuNature. .
- Le principe en est simple : l’ancienne table dormante, au lieu de-rifles, était faite parfois en entaillant dans son fond des rainures transversales au mouvement de la lavée ; au lieu de donner à ces espaces d’accumulation des concentrés un fond fixe, on remplace ce fond par une boîfe û tiroir; mais pour pouvoir ouvrir le tiroir
- ryvs
- Etrier tète de 8
- Chicanes et lumières
- 44
- 44
- Fig. 3. — Coupe du rifle et de la rigole avec détail du tiroir et des chicanes.
- p.2x50 - vue 501/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- pendant le travail de la lavée, sans avoir de fortes projections d’eau, on couvre la rainure par un rifle mobile qu’on soulève seulement un instant, à intervalles plus ou moins l'approchés. Ce mouvement du rifle fait tomber dans la rainure une petite quantité d’eau qui entraîne les parties riches à récolter sans gêner notablement le travail général de la table, et aussitôt que le rifle obturateur est remis en place, on peut manoeuvrer le tiroir et récolter ainsi le produit qui se trouve dans la rigole.
- Les figures i, 2, 3, représentent en coupe le sluice
- assez minces, ou même de feuilles de zinc si on n’a pas à se servir du mercure. Quant au bac à piston, il est de fabrication ordinaire, ainsi que le sluice à fentes, et le rifle est fait en fonte brute ou eu acier fondu.
- 'Electricité
- Appareil électrique à graver les métaux. — L’appareil que nous allons décrire sert à marquer les pièces
- Couche à particules légères >\ Couche à particules lourdé^' ‘
- Tblè perforée Cuve de pistonnage
- Fig. — Coupe longitudinale du lavoir à piston ordinaire.
- muni du rifle mobile, des rigoles, et accessoirement d’une gouttière qui peut être remplacée par une trémie si on ne veut pas fractionner la récolte, quoique, dans la plupart des cas, ce service en détail soit plus avantageux pour le finissage.
- La figure 4 représente l’application du système de récolte à un bac à piston; on sait que, dans cet appareil, ce n’est plus le courant général de la lavée qui pousse directement tous les matériaux vers la sortie : c’est le pistonnage de cet ensemble qui fait ou aide le mouvement de progression, mais en même temps soulève à chaque instant tout ce qui est en mouvement, et provoque ainsi la chute relative des particulès les plus lourdes; de telle manière qu’en s’éloignant de la tête, la lavée est de plus en plus divisée en deux couches superposées. En arrivant à la sortie, elle rencontre deux plans inclinés remontants, formant seuils pour l’évacuation. L’un d’eux commence au fond du bac et doit recevoir seulement la zone des particules lourdes ; le second, partant au-dessus de celte zone, doit être suivi par les matières de la zone supérieure.
- Mais le niveau de séparation est incertain et variable, de telle manière que l’enrichissement est trop incomplet, à moins qu’un ouvrier habile intervienne fréquemment, surtout quand il y a grande disproportion entre la masse des particules lourdes et celle des particules légères. On obvie à cet inconvénient en rassemblant les parties lourdes dans une rigole à capacité limitée, et le produit qu’on en retire à chaque fois montre au chef de chantier
- Fig. 6. — Appareil électrique à graver les métaux.
- métalliques trempées : outils de toutes sortes, pièces de machines, instruments de chirurgie. Ces opérations de gravure s’effectuent en général soit à l’acide, soit par frappe d’un outil spécial sur lequel les lettres ont été préalablement gravées en creux. L’un et l’autre procédé sont complexes et coûteux.
- Le nouvel appareil repose simplement sur l’emploi d’une pointe portée électriquement à une température élevée, et avec laquelle on écrit ou on dessine comme on le ferait avec un crayon.
- Il comporte simplement un petit transformateur abaisseur de tension, dont le primaire se branche sur une prise de courant alternatif quelconque.
- Les deux conducteurs du secondaire aboutissent l’un à la pointe graveuse, l’autre à un large plateau métallique sur lequel on pose simplement l’objet métallique à graver; quand la pointe s’appuie sur l’objet, le courant passe et porte à une température très élevée la pointe graveuse qui à cause de sa faible section offre une grande résistance électrique.
- L’appareil pèse i5 kg et consomme 35o watts.
- Constructeur : Société d’électricité et d’électro-outillage, 17, rue Dieu, Paris.
- Couche à particules légères
- Couche à particules lourdes
- Tôle perforée
- Cuve de pistonnage
- Gouttière
- Coupe du battoir à piston'avec l’éceptacle et obturateur.
- s’il doit ralentir ou rapprocher les moments de vidange de la rigole pour rendre la séparation profitable (fig. 5).
- Ainsi complété, le bac à piston se prête spécialement à la récolte des matières relativement lourdes, comme le minerai de fer quand il est accompagné d’une forte proportion de gangues argileuses ou quartzeuses, ou au travail des minerais légers comme les micas, le graphite pailleteux ou la houille qui, dans ce cas, forment la zone supérieure utile, tandis que la rigole évacue les stériles : c’est le contraire dans le cas précédent.
- Tout le système rigole et gouttière est facile à construire économiquement en série surtout, parce que chaque partie peut être faite par estampage de tôles
- Objets utiles
- Tire-bouchon Le Parisien. — La revue Recherches, et Inventions décrit un tire-bouchon nouvellement imaginé et qui présente de nombreux avantages.
- L’inventeur s’est surtout proposé de faciliter la besogne des garçons de café qui, lorsqu'ils débouchent pour la première fois une bouteille, déchirent le plus souvent le bouchon etdoivent en rechercher ùnautre,mais l’instrument qu’il a réalisé est également utilisable par tout le monde.
- C’est une tige d’acier nickelé munie d’un manche, dont l’extrémité, arrondie et aplatie, porte un crochet. L’appareil se glisse facilement entre le verre et le liège; un quart de tour et sa pointe moussé , 1
- pique la surface du bouchon ;. on Fig.?.- ire- ouchon tire et le bouchon vient, mais sans tomber ni être percé.
- Il en résulte entre autres une grande économie de bouchons.
- Constructeurs : MM. Chappuis et Ygounenc, 2, rue Frédéric-Mistral, Paris, i5e.
- 52
- p.2x51 - vue 502/663
-
-
-
- <
- HYGIENE ET SANTE
- ><
- A PROPOS DU BACTÉRIOPHAGE LA DÉFINITION ET LES LIMITES DE LA VIE
- Les problèmes que soulève le bactériophage, découvert en 1917 par d'Hérelle, semblent prendre tous les jours plus d’ampleur. Il ne s’agit plus seulement de savoir si de cette découverte on tirera des conséquences ayant un intérêt pratique plus ou moins grand, mais bien plutôt si nous ne sommes pas en face d’un de ces faits qui sont de nature à bouleverser ce qui jusqu’ici était considéré comme l’une des données essentielles des sciences biologiques.
- Mais rappelons brièvement en quoi consiste cette remarquable découverte. En étudiant les propriétés biologiques des matières fécales d’un malade atteint de dysenterie due au bacille de Shiga, d’Hérelles utilisa le procédé suivant. 11 filtra une certaine quantité de ces matières afin de les débarrasser complètement de tous les microbes visibles au microscope qu’elles contenaient. Avec le liquide qui avait traversé le filtre et qui par conséquent était stérile au sens ordinaire du mot, il ensemença des tubes contenant un" bouillon de culture dans lequel croissait précisément le bacille de Shiga.
- Quelque temps après cet ensemencement il constata que le bouillon s’était clarifié et ne contenait plus aucun germe visible. Avec une parcelle du contenu des tubes ainsi clarifiés, il ensemença d’autres tubes contenant du bacille de Shiga; ces tubes se clarifièrent à leur tour. Il arriva ainsi à contaminer « en série » un nombre indéfini de tubes avec le « principe » qui avait passé à travers le filtre et qui se montrait ainsi capable de se multiplier sans arrêt.
- Il s’agissait là, évidemment, d’un quelque chose qui possédait ce qui, jusqu’ici, fut considéré comme la caractéristique la plus essentielle de la vie, à savoir la possibilité de se multiplier indéfiniment, de même que le germe d’une maladie infectieuse se transmet « en série » d’individu à individu. La première idée fut donc de considérer ce « principe » destructeur de bacilles comme un être vivant et de le classer dans le groupe toujours plus grand des ultra-microbes. C’est l’idée à laquelle obéit d’Hérelles en lui donnant le nom de bacteriopliagum intestinale.
- Mais les difficultés que soulève cette* conception ne devaient pas tarder à être mises en évidence par un grand nombre d’auteurs parmi lesquels nous citerons,, sans avoir la prétention d’être complets : Bordet, Kabeshima, Doerr, Bail, Zdansky, etc. Actuellement, semble-t-il, la plupart de ceux qui se sont occupés de ces questions n’acceptent pas ou n’acceptent qu’avec des. réserves l’hypothèse primitive.
- Il serait difficile d’analyser ici tous les arguments qui ont été invoqués pour et contre. Il en est quelques-uns qui cependant méritent d’être exposés à cause de leur signification générale.
- Un des premiers points qu’il importe de considérer, c’est que, pour certains auteurs, il semble y avoir autant de bactériophages qu’il existe de germes ou de microbes susceptibles d’être détruits dans les conditions qu’on a vues. On remarque, en effet, que certaines races de bactériophage n’agissent guère que sur un seul microbe. 11 y a là une première difficulté. On a quelque peine à comprendre, en effet, une pareille multiplicité d’êtres vivants, distincts les uns des autres.
- Un autre fait peu conciliable avec la théorie qui représente le bactériophage comme une unité vivante, c’est que ce « principe » ne subsiste qu’en présence de germes vivants en voie de prolifération active. En somme, on n’arrive à le mettre en évidence que par une seule réaction : la destruction du microbe à l’égard duquel il se montre "actif. Il faut d’ailleurs savoir que tous les ultra-microbes sont dans le'même cas. Nous ne connaissons ces germes que par leurs seuls effets sur les êtres vivants. Les recherches approfondies de Twort et d’autres n’ônt pas réussi à mettre en évidence des virus filtrables qui, comme tant de microbes visibles au microscope, soient sans effets pathologiques sur les animaux ni sur les plantes, c’est-à-dire, en somme, de simples saprophytes vivant sur des substances nutritives inertes telles que, par exemple, du bouillon de culture. Ce fait amène tout naturellement beaucoup
- d’auteurs à considérer le bactériophage comme une sorte d’ « éclat » ou. de fragment d’être vivant, c’est-à-dire en somme comme une hormone ou un ferment.
- Les bactériophages se montrent d’autre part plus résistants à Ih chaleur ou aux toxiques que les germes correspondants. Celui des coli-bacilles ou de la dysenterie résiste à une température de 56° qui détruit à coup sûr les germes correspondants. Cette règle n est d’ailleurs pas absolue. En ce qui concerne les substances microbicides il en est de même. Cependant on remarque que d’une manière générale les bactériophages supportent mieux que les germes qu'ils sont capables de détruire, le sublimé, le phénol, le chloroforme, la glycérine.
- En revanche, ils sont assez sensibles aux sels de quinine. Mais c’est surtout à l’égard de la concentration en ions d’hydrogène, c’est-à-dire à l’égard des variations du degré d’acidité, que le bactériophage se montre le plus sensible. Une très petite variation dans un'sens ou dans l’autre, surtout si elle est accompagnée d’une élévation de température, les détruit rapidement. L’ensemble de ces propriétés rapproche assurément davantage le bactériophage des 'ferments que des germes vivants.
- La dimension des ultra-micrôbes, et en particulier du bactériophage, présente plus d’intérêt qu’on n’en accorde d’ordinaire à cette face de la question.
- On s’est quelquefois demandé si les êtres vivants qui traversent les filtres peuvent contenir suffisamment de molécules pour accomplir des fonctions vitales. Notons tout d’abord que les plus petites dimensions décelables à l’ultra-microscope sont de l’ordre 5 à 10 pp (millième de millième de millimètre).’ D'autre part, un calcul connu d’Hofmeister montre qu’un cube ultra-microscopique de 100 pp de côté contient 25 000 molécules colloïdales ou albuminoïdes, a5o 000 molécules de cristalloïde ou a5 000000 molécules d’eau. Est-ce là, comme le voudraient Mac Kendrick et Léo Errera, de quoi suffire au fonctionnement d’une petite unité de vie ? Il est plus difficile de répondre par l’affirmative à cette question qu’on ne le croit. Voici, en effet, les dimensions des molécules d’un certain nombre de corps et de ferments, telles qu’elles sont données par Richard Kuhnf1) en pu, calculés par la méthode de diffusion.
- CO2 . . . ... . . . . . . o,3 pp
- Glucose..................... . 1,0 —
- Pepsine......................4,2 —
- * Lab ... .............. . 4.4 —
- , — Emulsine. ......... 8,2 —
- Invertine . . , . . . . . . . . -9,0 —
- Ovalbumine. . . . . . . 5,9 —
- Dans un cube de 100 pp de côté il ne peut donc y
- avoir guère plus de 1000 molécules d’invertine. C’est peu, surtout si l’on songe que pour Andriewsky le germe ultra-microscopique de la peste des poules est constitué par des micelles plus petites qu’une molécule d’albumine, c’est-à-dire, inférieures à 2,3 pp. En ce qui concerne le bactériophage lui-même, les recherches n’ont pas donné de résultats absolument concordants. Prausnitz et von Angerer admettent cependant que sa grandeur oscille autour de 20 pp.
- 11 semble décidément ne pas y avoir place pour beaucoup d’actions fermentatives à l’intérieur d’un bactériophage et c^est peut-être la raison pour laquelle ces individualités ne manifestent leur existence que par une seule propriété. Par là, ce principe se rapproche davantage des ferments que des êtres complexes que nous sommes habitués de qualifier de vivants. En tout cas on est amené à songer à un contage liquide et non pas figuré comme le sont les microbes que "nous connais-sions jusqu’ici.
- La critique la plus sérieuse, qui pourrait être portée contre l’hypothèse qui fait du bactériophage une individualité vivante, c’est celle qui prend en considération un grand nombre de travaux qui tendent à montrer qu’on peut produire des bactériophages à volonté, soit
- 1. Richard Kuhn : in Die Fermente, von Oppenheimer. Lieferung I et II. Thieme, Leipzig, 1924.
- p.2x52 - vue 503/663
-
-
-
- HYGIENE ET SANTÉ
- par la chaleur, s dit par la filtration, soit en mélangeant des cultures, soit en faisant agir des ferments tels que la trypsine, la bile, la papayotine, etc. Mais ces travaux, à en croire Zdansky)1), ne soiit pas très démonstratifs encore. S’ils devaient le devenir et si on se trouve par ailleurs conduit à admettre que le bactériophage est un être vivant, il faudrait conclure à la génération spontanée de la vie.
- Enfin Delezenne et Lebedt ont réussi à transformer du trypsinogène en trypsine, un ferment authentique, par des passages successifs « en série » ou, si l’on veut, par de véritables contaminations dans les conditions suivantes : à du suc pancréatique pur et par conséquent inactif, ils ajoutent un peu d'entérokinase. Cette entéro-kinase transforme le trypsinogène contenu dans le suc pancréatique pur en trypsine capable de digérer les albuminoïdes. La trypsine ainsi obtenue est capable à son tour d’activer d’autre, suc pancréatique qüi, à son tour, pourra, en activer d’autre et ainsi de suite indéfiniment. Cette expérience si intéressante montre qu’une action fermentative nettement distincte des phénomènes vitaux est transmissible indéfiniment tout comme l’agent de contage animé et figuré de la fièvre typhoïde ou de la diphtérie. On est contraint, par suite, de renoncer à considérer la multiplication indéfinie ou « en série » comme une des caractéristiques de la vie.
- On comprend que, dans ces conditions, les auteurs, qui tendent à -rapprocher le bactériophage aussi bien que certains ultra-microbes moins dés êtres vivants que des ferments ou des hormones, soient nombreux, car ils disposent d’une série impressionnante d’arguments.
- Une des explications les plus séduisantes consisterait à rapprocher, à l’exemple de Doerr(2), le bactériophage des phénomènes - biologigues complexes observés par Haberlandt d’où il résulte que, chez les plantes, des plaies déterminent la production de substances qui agissent sur les cellules voisines comme un excitant pour hâter la multiplication et la réparation. De même, Nasvitis admet la production de corps analogues dans les tissus animaux au cours de la guérison des plaies. Dans le même ordre d’idées, on doit mentionner le virus filtrable du sarcome des poules qui provoque une multiplication cellulaire aboutissant à la formation de tumeurs.
- 1. Zdansky. Ueber die Bakteriopliagie und die Môglichkeit ilirer therapeutischen Verwertung, Seuchenbekampfung, II, 3/4, 1925.
- 2. Doerk. Die invisiblen Ansteckungsstofîe und ihre Bezie-liungen zu Problemen der allgeineinen Biologie. Klinische Wochenschrift,, 14-5-23.
- On serait donc ainsi amené à penser que ces corps, hormones ou ferments, pourraient déterminer une modification des cellules aboutissant tantôt à une tumeur ou à une régénération, tantôt à la mort des cellules comme dans la bactériophagie.
- Les discussions qui ont lieu sur cette découverte et qui sont loin d’être closes ont donc un premier résultat. Ce qu’on croyait jusqu’ici être le critérium essentiel de la vie, à savoir une multiplication indéfinie et la possibilité de se renouveler par des passages successifs-» en série », a perdu sans retour cette situation éminente. Cependant, il ne résulte pas de là que nous soyons actuellement en droit de conclure définitivement à la non-existence du bactériophage. En tout état de cause, celui-ci peut être considéré comme les formes les plus élémentaires de la vie, celles qui sont à la limite des corps inertes, car il se rapproche des ferments par sa taille et aussi par le fait qu’il ne possède plus qu’ün très petit-nombre de propriétés chimico-physiologiques.
- Quoi qu’il en soit de la nature intime du bactériophage, l'idée de l’utiliser dans la lutte contre les maladies est singulièrement suggestive. On a donc cherché de divers côtés à créer une méthode thérapeutique ayant ce principe pour base. En médecine vétérinaire, d’Hé-relles a obtenu des résultats remarquables dans la typhose des oiseaux et surtout dans le barbone qui est une maladie microbienne du buffle. On a fait également des essais en Amérique du Sud sur l’homme atteint de dysenterie à bacille de Shiga. Da Costa Cruz croit que l’ingestion de quelques centimètres cubes de bactériophage constitue un médicament spécifique supérieur dans la dysenterie à tous les médicaments conuus à l’heure actuelle. Des tentatives assez heureuses dans la fièvre typhoïde ont été faites par Hauduroy (*) dans les infections staphylococciques par Gougerot, et dans les infections à coli-bacilles des voies urinaires par Zdansky.
- Mais peut-être que la vraie utilité du bactériophage est d’aider à créer une immunité. Actuellement dans le barbone du buffle on arrive, en effet, par 1 ingestion d’une partie de centimètre cube de bactériophage anti-barbon'e, à faire apparaître une immunité permettant de résister à plusieurs milliers de doses mortelles.
- Ainsi la découverte de d’Hérelles n’est pas seulement importante parce qu’elle nous amène à approfondir des données d’une très grande importance théorique, mais encore parce qu’elle nous promet de brillants résultats au point de vue de l’hygiène et de la thérapeutique.
- 1. Hauduroy. Le bactériophage de d’Hérelle. Le Bulletin Médical, nu8 16,. i5 et 18, 1Y, 1925.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >
- Pour avoir de très gros artichauts. — Voici le tour de main indiqué à cet effet par la Revue Jardinage. Il suffit, lorsque, sur une hampe florale d’Artichaut, le maître ou tête principale est aux trois quarts développé, de pratiquer à quelques centimètres au-dessous de lui, sur la tige, deux incisions en croix, puis maintenir l’écartement des tissus incisés de part en part, au moyen de deux petites chevilles de bois (brin d’osier sec);
- Ce curieux procédé permet, fait à temps, non seulement d’obtenir des capitules d’Artichauts amples et charnus., mais aussi de les avoir un peu plus tôt que lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes.
- Comment expliquer l’influence de ce procédé ?
- La double incision cruciale, pratiquée sur la tige principale encore tendre et en voie de développement, intercepte l’afflux de sève et permet ainsi une élaboration plus parfaite de cette dernière, c’est-à-dire un travail gradué intérieur à là suite duquel les bractées deviennent plus amples et plus charnues à leur base.
- Le travail cellulaire-qui se fait ici, à la suite de cétte opération, est le même que celui observé sur une grappe de raisin au-dessous de laquelle on a pratiqué, en temps voulu, une incision annulaire.
- La double incision en question, pratiquée au printemps sur les Choux Express, Cœur de bœuf et similaires, en voie de développement, les oblige à pommer et les empêche de monter à fleurs, fait qui se produit
- fréquemment à la suite d’un début de printemps froid et humide.
- Comment on doit faire la salade. — Rien ne paraît plus simple que d’assaisonner une salade en prenant les proportions voulues de sel, poivre, huile, vinaigre et moutarde, si l’adjonction de ce dernier condiment est jugée agréable.
- Cependant quelques considérations physiques de solubilités permettent d’obtenir autrement que par un brassage énergique et prolongé la répartition uniforme de tous les ingrédients.
- En effet, on peut observer que le sel est insoluble dans l’huile, mais très soluble dans le vinaigre, inversement, le poivre riche en matières grasses n’est pas mouillé par le vinaigre et au contraire l’est parfaitement par l’huile.
- Pour bien réussir la salade il convient donc d’observer les principes suivants :
- . i° Faire dissoudre le sel dans le vinaigre;
- 20 Délayer le poivre dans l’huile.
- La répartition sur les feuilles de salade peut aloi’s se faire très uniformément et un brassage modéré suffit pour obtenir le « fondu », ce qui n’exposera plus les convives à croquer un morceau de sel, ou à rencontrer sur une feuille une dose massive de poivre.
- Dans le cas où la moutarde serait employée, elle devrait être délayée dans le vinaigre en même temps que le sel,
- p.2x53 - vue 504/663
-
-
-
- •<
- 3^0
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qxti parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Correspondance. — M. Jean Laborde, de San José (Californie), nous écrit à propos du procédé Appert :
- « Je viens de parcourir, dans le numéro du a3 mai, le Procédé de conservation des fruits frais, indiqué à M. À. M., de la Bibliothèque universitaire de Solia (Bulgarie). Ce procédé est à peu près identique à celui qui est usité dans la partie de la Californie que j’habite: la vallée de Santa Clara, région essentiellement productrice de fruits, dont elle expédie d’immenses quantités, soit à l’étal frais, séchés ou en conserve, à l’intérieur et à l’étranger, et où chaque famille procède annuellement à la préparation des variétés (cerises, abricots, pêches, etc.) nécessaires à ses besoins.
- La seule différence consiste dans le mode de fermeture des bocaux, où les ronds de papier et la colle de farine sont remplacés ici (tout au moins dans les conserves de ménage) par un goulot à spires extérieures qu’épouse un couvercle spécial dont l’hermétisme est assuré par une rondelle en caoutchouc.
- Je serais surpris que ce mode de fermeture, éminemment pratique, ou un autre analogue, ne fût pas en usage dans les ménages de France ».
- Réponses. — M. P. D., rue du Château, Halle, Bruxelles'. — Le livre intitulé L’Apiculture moderne, par A.-E. Clément, traite de l’installation d’un rucher (lixisme et mobilisme), essaimage, divers types de ruches, conduite du rucher, maladies et ennemis des abeilles, miel et cire. Vous trouverez cet ouvrage à la Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris, 26, rue Jacob (6e), qui a également les ouvrages modernes suivants : Apiculture, par R. llommell, 1 volume; Manuel pratique d‘Apiculture intensive, par P. Peter’s, 1 vol. ; Cours pratique d’Apiculture, par E. Sevalle et H. Hamet, 1 vol.; Les Abeilles, par Sagot et Delépine, 1 vol. ; L'Apiculture pour tous, par Warré, 1 volume.
- M. M. R., à Sidi-Bel-Abbès (Algérie). — Pour l’ouvrage intitulé La Goutte d'eau (culture intensive de la vigne dans le Bas-Languedoc), mentionné dans l’article auquel vous faites allusion (La Nature, n° du 20 juin igaù), adressez-vous, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Samuel Maroger, ingénieur, 2, rue Voltaire, à Nîmes (Gard).
- M. C. G. G., à Patras (Grèce). — i° On peut faire Vextraction de l’huile d’olives par les dissolvants. Ceux que l’on emploie ordinairement sont : le sulfure de carbone, la benzine, le tétrachlorure de carbone. Ces divers produits présentent des inconvénients : craintes d’incendie, d’explosion, que l’on évite en employant un autre dissolvant : le trichlorure d’éthylène, appelé communément triéline ou simplement tri, qui est ininflammable, incombustible et inexplosible. Il a un pouvoir dissolvant à peu près égal à celui des liquides précités, mais son action est un peu plus prompte. Il est assez sensible à la lumière, il faut le placer dans des bacs en métal disposés dans le sol et le recouvrir d’une couche d’eau de o m. 2S à o m. 40, afin d’empêcher l’évaporation.
- 20 Pour le raffinage, l'huile sortant de la presse et contenant encore une certaine proportion d’eau est menée à un séparateur d’eau installé à côté de la presse. Après élimination de cette eau, l’huile est déversée dans un réservoir pour passer ensuite dans une chaudière à raffiner, où on élimine, par évaporation, le peu d’eau qu’elle contient encore.
- En sortant de cette chaudière, l’huile est complètement épurée et peut être soutirée dans des fûts.
- Pour appareils d’extraction des huiles par dissolvants et pour le matériel de raffinage dans le vide, voyez aux adresses suivantes : Edouard Bataille, 11, avenue de Ma-lakofî, Paris (i6°); A. Olier, 10, rue Beaurepaire, Paris (ioa); Léon Cail et Ci0, o, rue Palestro, à Marseille.
- M. le Dv T., à La Louvière, Belgique. — i° On peut se rendre compte de la pureté d’une cire par ses carac-
- tères organoleptiques, son odeur qui est celle du miel, son ramollissement à la chaleur de la main, sa non-adhérence aux dents lorsqu’on la mastique, ce qui la distingue essentiellement de la cire additionnée de résine. Si 1 on veut pousser plus loin l’analyse, on détermine les caractéristiques physico-chimiques, c’est-à-dire le point de fusion qui doit être voisin de 6o°-63°, l’insolubilité dans l’eau, l’alcool froid, la solubilité partielle dans l’éther froid et l’alcool bouillant, complète dans les huiles grasses et essentielles, la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone. La densité doit être comprise entre 0,960 et 0,970. On dose les acides libres en les évaluant en KOH (20 milligrammes par gramme de cire), les acides combinés (70 milligrammes par gramme de cire); enfin l’indice d’iode (8 à 11 ) est un excellent vérificateur de la pureté. Toute addition de matière étrangère, cire minérale, paraffine, suif, etc., modifie immédiatement ces constantes et oriente le chimiste dans la recherche du ou des corps qui ont amené la perturbation. Une grande expérience est nécessaire pour cela et ce travail n’est pas à la portée de l’amateur. Néanmoins, si cette question vous intéresse, vous pourrez consulter les ouvrages suivants : Les cires, par Cherchefsky; Le Pratique des Essais commerciaux, par Halphen, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille ; Dictionnaire des falsifications, par Chevallier et Baudri-mont, pages 4*7 à éditeurs Asselin et Ilouzeau,
- place de l’Ecole-de-Médecine ; Dictionnaire de Würtz, •A Supplément, pages iuo3 à 1212, éditeur Hachette, 79, boulevard Saint-Germain.
- A Noua pensons que vous entendez par bêtes de four les cafards o\l cancrelats ; pour les détruire, répandre dans les endroits infestés l’un des mélanges suivants :
- A) Tartre stibié . . . 10 gram
- Farine 100 —
- Sucre en poudre. . . 100 —
- B) Acide borique. . . . 5o —
- farine x 00 — -
- Sucre en poudre. . . too —
- On peut se contenter simplement de borax pulvérisé, mais nous considérons que l’addition de farine et de sucre en fait un appât plus recherché et par suite plus efficace.
- J. /., à Cannes. — Pour bien réussir une teinture, il est indispensable de tremper entièrement l’étolïe dans le bain et d’opérer « au large ». Il ne faut donc pas espérer reteindre votre capote d’auto d’une façon parfaite sans la démonter. Si cependant un résultat moyen peut vous satisfaire, vous pouvez essayer d’appliquer rapidement au pinceau, sur le tissu bien sec, la dissolution ci-dessous :
- Noir au stéarate ... i5 grammes.
- Benzine lourde . . . . 5oo cm3
- Prendre soin d’opéi'er en plein air à cause de l)inflam-mabilité de la benzine et de la toxicité de ses vapeurs.
- M. F. de C., à Boisnière. — Le bois d’eucalyptus renferme comme les feuilles, mais en moins grande quantité, de l’eucalyptol et de l’eucalyptène ; ces essences, dont l’odeur rappelle en même teipj>s celle du camphrier, de la lavande et du noyer, éloignent effectivement les mites. Si vous désirez construire une malle en bois d’eucalyptus, vous trouverez les matériaux nécessaires dans l’une des maisons suivantes : Gerber, 69, rue de la Plaine, Paris, 20e ; Guyot, 62, rue de Montreuil, ii°; Hauët, 70, boulevard de Reuilly, 12e; Hollande, 17, rue du Sergent-Bauchat, 12e; Lamere-caux, 75, rue de Charonne, u°; Collot, 5.3, rue de Montreuil; Roux Baudrand, 5o, rue de Picpus.
- M. Garde, à Vaucluse. — bu pâte qui remplit les piles dites sèches est constituée simplement par une solution concentrée de sel ammoniac, à laquelle on ajoute un peu d’amidon et que l’on chauffe, de préférence, au bain-marie, jusqu’à consistance d’empois. La masse encore chaude est coulée dans la pile préalablement montée et il suffit de laisser refroidir. N.-B. — La présence de chlorure de zinc qui prend naissance lors du fonctionnement de la pile assure la conservation de l’amidon et l’empêche de se putréfier. L’agar-agar pourrait également servir pour l’obtention d’une gelée, mais le procédé serait moins économique.
- p.2x54 - vue 505/663
-
-
-
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Manuel pratique à'Astronomie, par L. Rudaux. i vol. 266 pages, 158 lig. Larousse, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- 11 n’est pas d’occupation plus captivante que l’observation du firmament pour celui qui sait voir et comprendre ce sublime speclacle. Les amateurs qui désirent s’initier trouveront dans le nouvel ouvrage de notre collaborateur un guide excellent qui leur donnera, sous une forme claire et agréable, les notions élémentaires indispensables d’astronomie ; l’auteur met au service de ses lecteurs la grande expérience qu’il a acquise lui-même dans l’observation des astres, ainsi que dans la construction d’instruments improvisés. De très belles photographies et des schémas véritablement parlants - facilitent encore la lecture d’un ouvrage par lui-même captivant et qui ne manquera pas d’amener à la science astronomique de nouveaux et enthousiastes adeptes.
- Atlas céleste, par l’abbé Moreux. 12 cartes. G. Doin, éditeur, Paris, 1925.
- Ces 12 caries indiquent pour chaque mois de l’année les aspects du ciel visible dans nos régions. L’auteur a en outre indiqué en regard de chaque carte les principales curiosités en évidence pour l’observation. Cet allas répond à un besoin certain. Il facilitera à tous les astronomes amateurs l’observation du lirmament.
- L’état colloïdal et l’industrie, par W. Kopaczeuvski, T. Ier Industries des colloïdes, 1 vol. in-8, 327 p., 32 lig., 4 portraits. Béranger, Paris. Prix :
- L’auteur s’est déjà fait connaître par ses travaux personnels et des exposés généraux de la chimie des colloïdes ; il les applique ici à l’industrie. Après avoir rappelé les travaux anciens sur les colloïdes dont les plus vieux sont les recherches de l’or potable pty^ les alchimistes, il confronte les conceptions actuelles de l’état colloïdal, puis passe en revue les multiples industries où l’on rencontre l’état colloïdal : argiles, pierres précieuses, matières colorantes, substances alimentaires, caoutchouc, celluloses, mucilages et gommes, résines, tanins, pétroles, bitumes et asphaltes, etc. Puis il examine les méthodes de préparations de colloïdes artificiels et de synthèse utilisées dans les diverses industries et termine par les questions relatives aux soies artificielles, aux savons, aux matières plastiques, aux explosifs, aux perles artificielles. C’est un vaste domaine, encore peu exploré au point de vue de la chimie physique,'où le D’ Ro-paczewski ouvre de nouveaux horizons rien qu’en attirant l’attention sur l’état physique et les traitements des matières employées.
- Invention-de la turbine, par Marcel Crozet-Fourneyron,
- 1 vol. 55 p., 12 fig. Béranger, éditeur. Paris, 1925. Prix : 12 francs.
- En 1827, le jeune ingénieur Fourneyron créait la-turbine hydraulique ; d’illustres savants avaient déjà, sans succès, cherché à résoudre le problème que s’était proposé Fourneyron ; celui-ci a eu l’immense mérite de créer, de toutes pièces, une machine dont les premiers exemplaires fonctionnaient avec un rendement, extraordinaire pour l’époque, de 80 pour 100. On sait quel essor l’invention de Fourneyron devait donner plus tard aux entreprises d’énergie hydraulique. Un arrière-petit-neveu de l’inventeur,JVI. Crozet-Fourneyron, a entrepris de retracer les étapes suivies par son grand-oncle, et il nous fait assister à la genèse de la turbine, récit aussi instructif au point de vue moral qu’au point de vue mécanique et que l’Académie des Sciences a justement récompensé en lui décernant le prix Fourneyron pour. 1924. L'esprit d’invention n’est pas éteint dans la famille de Fourneyron ; l’auteur le montre en décrivant un régulateur à action directe et à mouvement louvoyant imaginé par lui et destiné aux turbines hydrauliques.
- Le bactériophage de d’Hérelle, par le Dr Paul Hau-
- duroy. i vol. in-18, 212 p. Le François, Paris. Prix : 10 francs.
- Il y a huit ans d’Hérelle communiquait à l’Académie des Sciences de Paris une première note sur le phénomène si particulier de lyse des bactéries qu’il avait découvert, phénomène produit par un principe auquel il donnait le nom de bactériophage. Dans tous les pays du monde on se mit à l’étudier. L’auteur résume tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Il réunit les faits épars dans des notes ou mémoires multiples et les groupe. Après avoir fait l’historique de la question, il décrit avec beaucoup de détails le phénomène de d’Hérelle et les propriétés du bactériophage. Il discute ensuite la nature du principe lytique, question qui a soulevé des discussions passionnées et prend nettement parti pour la théorie qui en fait un ultra-virus. Les applications thérapeutiques forment un chapitre important. Les diverses maladies animales ou humaines traitées avec le bactériophage sont passées en revue et pour quelques-unes d’entre elles l’auteur apporte des observations personnelles. La technique de maniement du principe lytique est minutieusement étudiée. Tous ceux qui voudront s’occuper de cette question trouveront là les détails nécessaires et qui leur éviteront des échecs et des déboires.
- Contribution à l’étude de Vappareil respiratoire.et de la respiration chez quelques invertébrés, par Paul Rémy, i vol. in-8°, 2*22 p., 3 fig., 8 pl. Imprimerie Wagner, Nancy. Prix : i5 francs.
- Dans cette thèse de doctorat, notre collaborateur étudie les régions respiratoires de nombreux invertébrés : insectes, diplopodes, chilopodes, arachnides, onychophores, crustacés, annélides, échinodermes, tuniciers, en injectant à ces invertébrés des leucodé-rivés qui se colorent au contact de l’oxygène des tissus. Il révèle ainsi nombre de détails intéressants, notamment sur les trachéoles des insectes et des araignées, et il peut ainsi discuter utilement la question de savoir si la respiration est un échange de gaz, physique ou chimique, entre les tissus et le milieu. On trouve dans cet ouvrage un grand nombre de renseignements intéressants sur une question de physiologie comparée encore très peu étudiée.
- Les Fastes de l’Agriculture. 1 vol. in-12, 227 p., fig. L’Edition universelle illustrée. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Une nouvelle publication, Les Fastes, se propose d’exposer annuellement, dans une série de volumes distincts consacrés chacun à une branche de la production française, le mouvement d’ensemble de cette production et les questions spéciales qui retiennent le plus particulièrement l’attention des uns et des autres en la matière. Le premier volume est consacré aux Fastes de l’Agriculture. On y trouve une série d’études agréablement présentées et solidement documentées sur les questions à l’ordre du jour, tendant à améliorer la production et à diminuer le coût de la vie.
- Radioactivity, by A. F. Kovarik and L.-W, Mu Keeuan. 1 vol. 20.3 p., publication du National Research Council of the National Academy of Sciences, Washington, 1925. Prix : 2,25 dollars.
- Ce résumé méthodique des travaux les plus importants sur le sujet, et des progrès'les plus, notables ^"effectués depuis 1916, constitue un ouvrage: de documentation de premier ordre et un précieux instrument de travail pour les physiciens.
- Historié Instruments for the Advancement of Science, by R.-T. Gunther, vol. 90 p. Humphrey Milford, éditeurs, Londres, 1925.
- L’université'd’Oxford possède de riches collections d’appareils scientifiques anciens : notamment astro-lables, cadrans solaires, instruments de topographie et géodésie, télescopes et microscopes. Le petit guide de M. Gunther énumère les diverses pièces de ces collections.
- p.2x55 - vue 506/663
-
-
-
- la nature
- Supplément.
- <
- N° 2681 22 Août 1925
- INFORMATIONS
- >
- Le tour d’Europe eu avion en 3 jours. — Le
- pilote Arraohart et l’ingénieur Carol viennent d’accomplir en 3 jours une merveilleuse randonnée aérienne à travers l’Europe. En voici les étapes :
- Le io août : Paris-Constantinople en 12 h. 3o avec escale à Belgrade.
- Le 11 août : Constantinople-Moscou en 11 heures avec escale à Bucarest.
- Le 12 août ; Moscou-Paris en 14 h. 40 avec escales à Varsovie et Copenhague.
- Ce voyage de 7600 km a été accompli à bord d’un avion Potez, mû par moteur Lorraine-Diétrich, de 45o ch.
- Les records de durée et de distance en avion. —
- Les aviateurs Drouhin et Landry viennent de conquérir ces deux records par une prouesse remarquable. Ils ont, en effet, tenu 1 air sans arrêt les 7, 8 et 9 août, pendant 45 heures 5i m. sec. et couvert ainsi 4400 km. L’appareil avec lequel a été réalisé cet exploit est un goliath karman du type bien connu. Il est mû par un moteur Farman de 5oo ch.
- La science en Russie. L’observatoire de Jakoutsk.
- — L’Observatoire physique central de Pétrograd nous informe que le 12 juillet 1925 un nouvel observatoire géophysique a été mis en service à Jakoutsk (<p = 62°oi', > = i29°43' de Greenwich).
- Ce nouvel observatoire, organisé par l’Observatoire géophysique central, n’étant qu’une de ses branches locales, n’est composé pour le moment que de deux sections : la section météorologique et la section aérologique.
- Ultérieurement le travail de cet observatoire sera complété par des observations actinométriques, optiques et magnétiques.
- La mesure de la hauteur en dirigeable. — La
- mesure de l’altitude est un des problèmes les plus délicats de la navigation aérienne. Les altimètres usuellement employés sont tous, en définitive, des baromètres : ils traduisent les vaiûations de la pression atmosphérique, et celles-ci ne sont pas dues uniquement aux variations d’altitude du bâtiment aérien. Au cours d’une longue expédition, les indications altimétriques données par ces appareils n’ont plus qu’une valeur grossièrement approchée ; de même les indications météorologiques que pourrait donner le baromètre cessent d’avoir une signification faute de connaître l’altitude. Il importe donc d’obtenir l’altitude de l’appareil par des moyens autres que le baromètre.
- Les dirigeables allemands fournis aux Etats-Unis et qui en ces. derniers temps ont traversé l’Atlantique étaient munis à cet effet d’appareils nouveaux qu’il est intéressant de connaître. L’un d’eux applique une méthode optique très simple pour mesurer la hauteur vraie. A l’avant du dirigeable est installé un projecteur parabolique au foyer duquel est disposé une lampe de 100 bougies à filament métallique. Un observateur placé dans la nacelle arriéré, observe avec un sextant la tache lumineuse projetée sur le sol ou sur l’eau et mesure l’angle compris entre l’horizontale et la droite qui joint son oeil à la tache lumineuse. Une table établie à l’avance au moyen de calculs trigonométriques simples lui donne immédiatement l’altitude. Cette méthode est évidemment applicable la nuit seulement, et quand il n’y a pas de nuages ou de brouillard entre le sol et le dirigeable.
- L’autre appareil est un sondeur au son du système Bell ni. Le principe en est le suivant : on fait détoner une cartouche en dessous du dirigeable, le bruit de l’explosion entraîne l’ouverture d’un circuit électrique dans lequel est inséré un électro-aimant dont l’armature maintient un ressort; l’ouverture du circuit libère le ressort, celui-ci met alors en rotation une roue enregistreuse. Le bruit de la détonation se propage, arrive au sol, se réfléchit, et revient au bout d’un certain temps à l’appareil. Ce retour provoque la mise en action d’un frein électromagnétique qui arrête la roue enregistreuse. L’angle dont celle-ci a tourné donne une mesure du temps mis par le son pour parcourir un trajet, et par suite une mesure de l’altitude. L’inconvénient du système est que les bruits parasites peuvent
- actionner l’appareil. Pour les éviter, celui-ci est muni d’un mécanisme auxiliaire qui met le récepteur sonore hors-circuit pendant un temps estimé à peu près égal à celui du trajet de l’écho. Il faut évidemment quelques tâtonnements pour exécuter ainsi une mesure correcte d’altitude. Le temps nécessaire pour faire une mesure juste serait de quelques minutes.
- Une ligne de transport de force à 150 000 volts
- en France. — Pour la première fois en France et sans doute en Europe une ligne de transport de force électrique vient de fonctionner sous la tension de i5oooo volts. Il s’agit de la ligne Lannemezan-Dax des chemins de fer du Midi. A vrai dire cette ligne qui fait partie du réseau d’électrification des chemins de fer du Midi a été mise en service, il y a déjà un certain temps, mais, comme les autres lignes du réseau du Midi, actuellement en service, elle ne fonctionnait provisoirement que sous 60 000 volts, bien que destinée à fonctionner ultérieurement sous iSo.ooo. C’est aujourd’hui chose faite pour la ligne Lannemezan-Dax, qui depuis juin dernier fonctionne d’une façon très satisfaisante sous cette tension élevée, qui eût semblé utopique voici seulement 10 ans.
- L’électrification de la ligne Paris-Orléans. — On
- annonce qu’avant la fin de la présente année, la ligne de Paris à Orléans sera électrifiée. Ce sera le premier stade de l’électrification du réseau de la Compagnie d’Orléans. L’énergie électrique nécessaire pour la ligne de Paris-Orléans doit être fournie par la Centrale hydroélectrique d’Eguzon, sur la Creuse, actuellement en cours de construction. Cette usine aura cinq turbines de
- 10 000 kilowatts. L’énergie sera distribuée à i5o 000 volts, courant alternatif triphasé et transformée, dans les sous-stations, en courant continu i5oo volts. Il y a
- 11 de ces sous-stations de Paris à Orléans. Les lignes électriques du réseau d’Orléans seront connectées à celles de l’Union d’électricité, alimentées, on le sait, par les centrales à vapeur de Gennevilliers et Vitry, dans la région parisienne. Si l’usine d’Eguzon n’est pas encore en service au moment où l’équipement de la ligne Paris-Orléans sera terminé, ee seront donc les centrales de la banlieue de Paris qui provisoirement fourniront l’énergie nécessaire à la traction des trains.
- Transport et déversement du béton à grande distance. — La Compagnie américaine « Western Electric » termine en ce moment à Kearny (New-Jersey), la construction d’une usine dont l’importance est. soulignée par rces détails qu’elle coûtera plus de 400 millions de francs, couvrira près de 24 hectares et que 3o 000 ouvriers y travailleront par la suite.
- Les entrepreneurs chargés notamment de l’exécution des fondations établies en terrains marécageux ont été amenés à envisager une solution spéciale à la fois simple, rapide et économique du transport et de la mise en place du béton sur un espace aussi grand,
- Ce chantier de bétonnage a été installé sur un ponton où étaient amenés les pierrailles, sables et ciments au moyen de barges ou allèges. Le béton fraîchement préparé était ensuite élevé dans une tour et déversé dans deux gou-lottes, puis à travers une petite trémie distribué sur une courroie transporteuse principale de 200 m. environ de longueur et placée à 4 ou 5 m. au-dessus du sol.
- La distribution du béton s’opérait transversalement par une autre courroie d’environ 70 m. de long, laquelle se déplaçait sur des rouleaux, le long de la courroie principale, de telle sorte, qu’elle pouvait recevoir le béton provenant de cette dernière à n’importe quel point et le distribuait ensuite à l’aide de goulottes latérales.
- Un nouveau procédé pour courber les tubes. —
- C’est un travail délicat que celui de recourber des tubes, surtout lorsqu’ils sont de faible diamètre, comme ceux qui servent à fabriquer les bobines ou des serpentins. Il faut introduire à l’intérieur des substances convenablement choisies qui ne s’opposent pas à la courbure, mais qui empêchent les parois de s’écraser, Le Bureau of Standards, de Washington, utilise à cet effet une méthode curieuse. Le tube à courber est, avant l’opération, rempli de glace. La glace constitue une excellentè
- <ü>
- 8
- p.2x56 - vue 507/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- matière de remplissage, et quand le travail est terminé, il suffit de la laisser fondre ; elle s’évacue d’elle-même. Le remplissage à la glace s’effectue très simplement; on remplit le tube d’eau et on le plonge dans un bain de'saumure à température suffisamment basse.
- L’altitude limite des arbres dans le Massif du
- Cantal. — L'Année Biologique analyse une note de M. Marty publiée dans la Feuille des Naturalistes sur l’arbre qui atteint la plus haute altitude dans le Massif du Cantal. Cet arbre est le sorbier des oiseleurs (Sort)us aucuparia) qu’on rencontre jusqu’à l’jSo mètres. A cette hauteur, ses pieds ne dépassent pas de 5o cm de haut et ne portent jamais ni fleurs ni fruits ; les folioles sont plus dentées et les bourgeons plus velus que dans la plaine-
- En l’absence de reproduction sur place, on peut admettre que ces plants proviennent de graines constamment apportées, vraisemblablement par des oiseaux et notamment par le merle à collier. Aucun autre arbre du massif : hêtre, sapin, saules alpestres, n’atteint à une pareille altitude. Le sorbier des oiseleurs est d’ailleurs, avec le bouleau, l’arbre qu’on rencontre le plus loin vers le nord et ce sont les deux seules espèces qui existent en Islande.
- Découverte d’une nouvelle peuplade en Sibérie.
- — L’Agence télégraphique de l’Ûnion des républiques soviétiques annonce que l’expédition sibérienne de l’académie des sciences et de la société académique russes vient de découvrir une nouvelle nation, habitant les rives du fleuve Nour, dont la langue et l’extérieur diffèrent totalement de ceux des Samoyèdes, indigènes de l’embouchure des fleuves Nour et Tass.
- Les indigènes voisins ne comprennent guère l’idiome de cette peuplade et les représentants de cette dernière se distinguent du reste des indigènes, plus blonds, par leur chevelure noire. Les Samoyèdes les appellent « Nian-Kassavo » (peuple des forêts) tandis qu’ils se donnent eux-mêmes le nom de « pechei » (hommes).
- La région habitée par cette peuplade nomade se trouve à une distance considérable des Samoyèdes errants aux embouchures du Nour et du Tass et jusqu’ici aucun homme civilisé n’avait pénétré dans les contrées où ces hommes primitifs mènent leur vie nomade.
- La pêche à la baleine dans le détroit de Gibraltar.
- — La pêche à la baleine n’est pas le monopole des mers froides du Nord ou du Sud. On pêche la . baleine avec beaucoup de succès dans le détroit de Gibraltar. C’est ce que nous apprend la revue La Pêche maritime. Une société norvégienne établie, il y a quelques années, à Algésii'as a capturé, en 1923, mille baleines, qui lui ont assuré un très beau bénéfice. Ce succès a attiré en Espagne, l’an dernier, une autre société norvégienne qui a établi son siège à Vigo et a obtenu, elle aussi, de brillants résultats.
- L’industrie du celluloïd en Italie. — Les dernières statistiques concernant l’exportation italienne d’objets en celluloïd accusent un développement remarquable de cette industrie qui, sur le marché intérieur, tient tête à la concurrence étrangère.
- Les chiffres suivants indiquent l’importance de l’approvisionnement de l’industrie italienne en matière première : le celluloïd brut, venant de l’étranger.
- Années. Quintaux. Lires.
- igi3................4.842 2,465.585
- 1920............ . 7.i63 22.357.800
- 1923. ...... 5.683 14.266.067
- 1924................8.621 20.523.652
- Les huit dixièmes environ du celluloïd importé sont employés par les fabriques de peignes.
- Il existe, en Italie, une trentaine de ces fabriques occupant environ 2000 ouvrières.
- L’avenir de l’industrie du celluloïd, introduite en Italie par M. Pompeo Mazzucchelli, est intimement lié à la possibilité d’approvisionnement en matière première dans les meilleures conditions.
- En 1924, s’est créée la Societa Italiana iïella Cellu-loide, à Gornate Superiore (province de Corne), laquelle peut produire, journellement, 2000 kg de celluloïd; sa production s’annonce comme devant être considérablement supérieure.
- -k Ünüduction et commerce du coton en Chine. —
- L’rA4bociution des filatures chinoises de coton a publié
- un compte rendu annuel sur les estimations de la récolte du coton en 1924 dans toute la Chine. La production est de 9,33 pour 100 supérieure à celle de 1923.
- Yoici les chiffres extraits du susdit compte rendu :
- Récoltes en piculs
- Années. (60 lcilogs.)
- 1919. . . . . 9.316 ,3go
- 1920. . . . . 6.760 . 4o3
- 1921. . . . . 5 438 220
- 1922. . . . . 8.34o .855
- 1923. . ... 6 310 35o
- 1924. . . . . 7 . I I I 062
- Les ex portations de coton brut chinois se sont chif-
- frées comme suit (en piculs)
- Années J apon. Etats-Unis. tutres pays.
- 19*9 912.897 112.o5o 47.093
- 1 920 2 20.312 119.649 87.162
- i cyi i 561.106 34.o65 14.310
- 1922 644-385 138.540 5g.o85
- 1923 75g.344 178.080 42. i5o
- Aroici mfin une statistique des importations de coton
- brut en Chine (en piculs).
- Années Indes. Etats-Unis. Autres pays.
- 1920 118.964 234.049 235.483
- Ï92I 984.414 5x6.676 192.826
- 1922 .870.069 155.318 332.382
- 1923 ... * .164.941 io3.089 364•214
- La pro gression de la production cotonnière en Chine,
- intéresse beaucoup les filature s françaises.
- Production et commerce du caoutchouc brésilien. — La production du caoutchouc, au Brésil, en 1923, a subi une crise intense.
- En 1924, cette production s’est relevée sensiblement, ainsi qu’il résulte des chiffres des exportations durant ladite année. Elles ont atteint 26 g63352 kg contre 21 980 o38 kg en 192!, soit une augmentation de 22,5 pour 100.
- Le Brésil a expédié en Europe 11 325 387 kg de caoutchouc, i5 687965 kg en Amérique (Etats-Unis et Pérou).
- Durant l’année 1924 les principaux pays acheteurs de caoutchouc au Brésil étaient les suivants :
- Kilogrammes.
- Etats-Unis...............1.507.656
- Angleterre............... 4-775.586
- Allemagne................3.o46.3g5
- L’augmentation des exportations pour les Etats-Unis est de 28 pour 100, ce qui porte leur pourcentage à 56 pour 100, et pour l’Allemagne de 35 pour 100.
- La production brésilienne, qui en 1900 représentait la moitié de la production mondiale, n’atteint plus, à l’heure actuelle, que 6 pour 100.
- On estime qu’en 1925, la production atteindra 28 5oo à 29000 tonnes, en raison de la progression des prix.
- Souscription en faveur de M. A. Chevalier. —
- Ainsi que La Nature l’a annoncé (n° 2672), un sinistre a détruit la plus grande partie des collections et des notes que notre collaborateur, M. Auguste Chevalier avait réunies au cours de trente années d’exploration pénible et souvent dangereuse en Afrique et en Indo-Chiné. Les locaux où se trouvaient ces richesses inestimables sont en partie détruits. Le désastre est cependant en partie réparable si l’on vient rapidement au secours de M. Chevalier, qui, au lendemain de l’incendie, s’est courageusement remis au travail. Nul doute que les pouvoirs publics ne fassent un effort pour remettre en état le laboratoire de M. Chevalier ; mais dans l’état actuel des finances publiques, il serait imprudent de ne compter que sur l’action officielle, aussi a-t-il paru nécessaire à l’Association pour l’avancement des sciences de demander au public scientifique de s’associer à cette oeuvre de reconstitution française. Elle a décidé de s’inscrire pour une somme de deux mille francs et de lancer un appel à tous.
- L’œuvre de M. A. Chevalier est à la fois scientifique et pratique et elle intéresse aussi bien les botanistes, que les agriculteurs coloniaux et les industriels. A ce double titre, il est nécessaire quelle ne soit pas interrompue.
- Les souscriptions sont reçues par M. Bachim, chef des Bureaux de l’Association, Compte de chèques postaux n° 319.12, Paris.
- p.2x57 - vue 508/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- .
- Petites inventions et conseils pratiques de T. S. P.
- — Nous faisons appel à nos lecteurs pour augmenter
- l’intérêt de cette rubrique, et serons toujours heureux d’insérer les communications intéressantes qu'ils voudront bien nous adresser. P. Hémardinquer
- Réceptions sur ligne téléphonique utilisée comme antenne.
- — On sait que l’Administration des P. T. T. interdit
- T. S
- Fig. i. — Montage avec primaire P apériodique.
- 1/1000“ [j. i'; o, 5/iooD” [j. r.
- théoriquement l’usage d’une ligne téléphonique comme antenne de T. S. F. Il existe cependant un assez grand nombre de lignes téléphoniques privées et c’est pourquoi il nous semble intéressant de publier la communication que M. Roger Péréal de Besançon a bien voulu nous adresser.
- La ligne téléphonique employée située près de Besançon avait une longueur de 6 km et était dirigée vers Paris. Notre correspondant n’utilisait pas une prise de terre, mais un contrepoids électrique fourni par une autre ligne de aoo m. de longueur seulement.
- Le poste de réception utilisé est d’ailleurs un simple poste à galène, ce qui augmente encore l’intérêt des résultats obtenus.
- Deux modes d’accord ont été utilisés, l’un avec primaire apériodique, l’autre en direct (dérivation).
- Le Tesla de fortune comportant le primaire P apériodique et le secondaire S1 (fig. i) du premier montage était simplement constitué par environ 5o m. de câble à deux fils de 5/io mm de diamètre, torsadés. L’un des brins fournit l’enroulement P et l’autre l’enroulement S,.
- Le couplage était fixe et tonte la longueur de la bobine toujours en circuit. Une autre bobine de self S2
- à curseur et un condensateur variable Ct permettaient d’accorder le circuit secondaire sur la longueur d’onde des émissions à recevoir.
- Avec ce dispositif les résultats de réception étaient excellents. Malgré la distance, il était ainsi possible d’obtenir en téléphonie une audition faible mais très nette et tout à fait compréhensible
- des concerts de la Tour Eiffel et de Radio-Paris.
- Fig. a, --Montage en déri- gn on(jes amorties, un très yation ( irect). grand nombre d’émissions ont
- pu être entendues parmi lesquelles les transmissions de :
- FL (Tour Eiffel), UA (Nantes), FFU (Ouessant), FUR (Rochefort), FFX (Bordeaux), ICB (Gênes), PCH
- (Scheveningue), OKP (lvbély), EGC (Madrid), etc.
- Avec le montage en direct (fig. a) des réceptions d’émission sur ondes entretenues ont été obtenues en grand nombre, et le fait est très curieux puisque le
- détecteur à galène était seul et qu’aucune hétérodyne
- n’était utilisée.
- Parmi ces émissions on peut citer celles de UFU, UFZ (Sainte-Assise), TY (Bordeaux), YN (Lyon), FL, LP (Kœnigswüsterhansen), POZ (Nauen, etc.
- Montage des bobines en fond de panier. Il est souvent utile de pouvoir changer rapidement des bobines
- en fond de panier, servant de bobines d’accord ou de résonance, par exemple.
- Le moyen le plus simple consiste à fixer deux broches mâles de lampes sur le mandrin en carton ou en press-pahn sur lequel l’enroulement est bobiné. Ces broches correspondent à deux autres broches femelles fixées sur la paroi même du poste (fig. 3).
- Les connexions sont naturellement réalisées au moyen de ces broches.
- Support pour bobines en nid d’abeilles. — Les bobines en nid d’abeilles avec montures à broches sont très employées actuellement et avec juste raison. Il est cependant néces- Montage de bo-
- • i i 1 .j bines en fond de panier,
- saire le plus souvent de pos- r
- séder un jeu assez complet de
- ces bobines, ce qui rend assez malaisé leur rangement et leur recherche immédiate.
- Rien de plus aisé cependant que de fixer des broches s’adaptant aux douilles mâles des bobines sur une petite planchette montée sur deux supports en bois (fig. 4)-Il est ainsi possible de fixer la série des bobines sur
- Fig. 4. — Support pour bobines en nid d’abeilles.
- cette planchette et de pouvoir utiliser immédiatement celles qui sont nécessaires.
- Usage des piles de lampes de poche pour la tensio^de plaques. — Beaucoup d’amateurs utilisent des piles de lampes de poche pour constituer des batteries de tension plaque. Une bonne pi’écaution pour assurer la con-
- Fig. 5. — Piles de lampes de poche utilisées pour la tension de plaques.
- servation de ces piles consiste, dans ce cas, à les isoler les unes des autres.
- On peut réaliser cet isolement très facilement au moyen de bandes de caoutchouc entourant les éléments (fig. 5); ces bandes de caoutchouc peuvent provenir, par exemple, de chambres à air hors d’usage de bicyclettes ou d’automobiles.
- *>> Mécanique
- Appareil à poncer à commande électrique. — Le
- ponçage est une opéi'ation indispensable et délicate dans les travaux de vernissage. Pour remplacer le travail à la main, on a inventé déjà nombre de machines pins ou moins complexes ; ce sont en général des machines utilisables seulement, en atelier et pour des surfaces planes. Dès qu’il s’agit de poncer des surfaces courbes, comme celles des carrosseries de voitures métalliques, il faut revenir au travail à la main.
- Pour combler cette lacune, une ingénieur d’une Compagnie de tramways belge a imaginé un appareil électrique portatif qui semble appelé à rendre de grands
- p.2x58 - vue 509/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- »
- w
- ÉM
- services dans nombre d’industries. Il comporte deux pièces ponceuses animées d’un mouvement alternatif exactement semblable à celui du ponçage à la main. Ces
- deux pièces sont montées sur un bâti métallique à poignées, pesant 4 kg environ, et qu’il suffit à l’ouvrier d’appliquer fortement à la main contre la surface à poncer. Une large bretelle permet de reporter sur le buste de l’ouvrier la plus grande partie du poids de l’outil ; le travail des bras est simplement un travail de guidage.
- Les pièces ponceuses sont mises en mouvement par un flexible que commande un petit moteur électrique mobile, placé non loin de l’ouvrier.
- Notre figure 7 représente un ouvrier en train de poncer une voiture de tramways. Les deux tuyaux que l’on aperçoit sont l’un : le flexible, l’autre un tuyau d’amenée d’eau.
- lig. 7. —• L’appareil à poncer en fonctionnement.
- L’appareil est construit par la Société d’Electricité et d’Electro-outillage, 17, rue Dion, Paris.
- Optique -£î'c,§£>
- Le Mutochrome. — Le Mutochrome est une invention due à M. C. F. Smiih qui est bien connu parmi les fabricants d’instruments d’optique et scientifiques anglais.
- Cet appareil est destiné à modifier et à transposer scientifiquement les coloris des modèles et des dessins de toutes sortes. Ces coloris sont projetés, ainsi que les modèles et les dessins en couleurs et plusieurs personnes peuvent les examiner à la fois. On fait varier indépendamment et avec une rapidité remarquable la couleur et l’éclat de chaque partie du dessin. De plus, l’appareil peut servir comme appareil photographique, il peut photographier sur une seule plaque les différentes parties du dessin.
- Voici comment est conçu le système optique du Mutochrome. On dispose un certain nombre de lentilles, A, en quantité variable. Ces lentilles photographient et projettent les parties de l’image, la plaque photographique se trouve en B. On la développe et on l’introduit à nouveau dans l’appareil ; la source lumineuse S est une lampe puissante de projection dont les rayons dévient au moyen d’un prisme 1) et convergent par les condenseurs C. Les diaphragmes à iris en G permettent de régler l’intensité. Les filtres colorés se trouvent placés en F. Une grande lentille concave joue le rôle de lentille d’agrandissement.
- Une fois les diverses parties de l’image projetée, selles se fondent sur l’écran ainsi qu’on le voit sur la figure. Si un point de l’écran est placé en E, on voit d’après la marche des rayons que toutes les lentilles A, donnent, par la photographie, des images de ce point en C. Si la position relative de l’appareil et du Mutochrome reste
- la même au moment de la projection, il est évident que tous ces points se trouveront superposés sur l’écran.
- Pour employer l’appareil, on commence donc par photographier le modèle ou le dessin dont on veut déterminer la coloration. Chaque lentille projettera son image particulière sur l’écran et les parties se fondront de façon qu’il se produise une image en couleur, grandeur naturelle, qui donnera véritablement l’impression de la réalité.
- Supposons qu’il s’agisse d’une étoffe imprimée où le dessin représente des roses, des feuilles et un fond. Une lentille projettera les roses, une autre les feuilles et la troisième le fond ; on aura tout à fait l’illusion de l’étoffe imprimée.
- Tous ceux qui s’intéressent aux couleurs et aux dessins comprendront l’importance de l’appareil, car une modification dans l’éclat et dans la teinte d’une partie d’un dessin ou plusieurs couleurs peut changer complètement l’aspect de l’ensemble. Toutes les expériences que l’on doit effectuer avec les méthodes en usage sont très coûteuses et le Mutochrome fait donc réaliser une grande économie, non seulement d’argent mais de temps.
- Au lieu d’adopter au jugé le jeu de colorations que l’on sait être agréables, on fera le choix désormais par expérience et sur la matière elle même qu’il s’agit de colorier. En effet, on peut projeter un dessin sur l’objet même où il doit être reproduit et on a immédiatement l’aspect définitif.
- Ceci est intéressant, car un dessin complet peut être plaisant sur le papier, il peut ne pas produire le même effet lorsqu’il est tissé ou imprimé. Les fabricants.de tissus connaissent bien ces difficultés et ils dépensent parfois des sommes fort importantes pour les différents essais.
- Le Mutochrome à 10 images permet la projection à une distance de 1 m. o3 en faisant varier indépendamment 10 parties différentes du dessin. La grandeur de l’image à cette distance est à peu près de 46 cm2. La lentille concave supplémentaire permet d’obtenir une image plus grande.
- En vente chez F. C. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- p.2x59 - vue 510/663
-
-
-
- JfcD
- IgD
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : BOURDAINE
- La Bourdaine (Rhamnus frangula. L.) Rhamnacées, a pour principaux synonymes, Bourgène, Aulne noir, Bois noir, Nerprun Bourdaine, Rhubarbe des paysans.
- Habitat. — On la trouve dans toute la France, dans les bois, les taillis, les haies, le long des ruisseaux surtout dans les terrains frais et humides.
- Description, sommaire. — Arbrisseau non épineux atteignant, selon les endroits 3 à 6 m. Tiges droites très ramifiées, dont la jeune écorce est brun rouge et la vieille gris brunâtre, tachetée de blanc. Feuilles alternes, pétiolées, entières, à nervures saillantes. Fleurs de mai à juin, parfois jusqu’en août, très petites, rose verdâtre, en fascicules à l’aisselle des feuilles, très recherchées par les abeilles. Baies d’abord rouges, puis noires et luisantes mûrissant en août-septembre.
- Culture. — Dans le Jardin familial sa place est dans la haie de clôture. On lui donnera un sol riche en humus, très frais ou légèrement humide et ombragé.
- Multiplication. — On y procède de deux façons : par le bouturage de rameaux pris sur des sujets de six ans environ ou par le semis en pépinière. (A. R. et D. B.).
- Récolte et séchage. — On récolte les tiges au moment de la floraison, de mai jusqu’en août, et même en septembre. On enlève l’écorce en longues lanières étroites sur les tiges un peu fortes et on la découpe en petits fragments que l’on dessèche en un endroit bien aéré. On reconnaît que le séchage est terminé quand les fragments s’enroulent en forme de cornets.
- Composition chimique. — Le D‘ H. Leclerc, qui a fait une étude complète de la bourdaine, relate que d’après Aweng, l’écorce renferme quatre principes tous doués d une action purgative : émodine, franguline, chryso-phane, acide frangulique.
- Propriétés thérapeutiques. — D’après le même auteur, la bourdaine a été signalée pour la première fois au
- moyen âge par Pierre des Crescences sous le nom d’Anormis ou d’Avornus; toutefois, ce n’est qu’à la Renaissance qu’elle a été exactement décrite par Tragus et Mathiole. Ce dernier recommandait très judicieusement de ne l’employer que préalablement desséchée : « D’en user lorsqu’elle est verde il n’est bon, attendu qu’elle ferait vomir ». Cette assertion et d’autres qui sont' dues à des médecins de cette époque ont été confirmées depuis. En somme, il faut donc rejeter absolument l’écorce verte de bourdaine et ne se servir que de l’écorce vieille de deux ans ou plus. En cet état c’est un des meilleurs laxatifs ou purgatifs végétaux, car elle n’irrite jamais l’intestin même par un usage prolongé ; elle remplace avantageusement la rhubarbe, aussi l’appelle-t-on parfois, rhubarbe des paysans. On l’a utilisée aussi comme vermifuge et dépurative. Les fruits sont inusités; ils ont passé pour purgatifs, mais comme leur action est incertaine et très variable, il vaut mieux s’en abstenir.
- Préparations pharmaceutiques. — La poudre de l’écorce s’emploie à la dose de i à 2 gr. en cachets de o gr. 5o avant les repas; l’extrait fluide i à 2 gr. mais la meilleure préparation, selon H. Leclerc est une décoction de 2 à 5 gr. d’écorce de 2 ans d’âge dans 25o gr. d’eau pendant 25 minutes : on laisse ensuite infuser à froid de 4 à 6 heures ; la liqueur décantée est alors absorbée au coucher.
- Observations commerciales. — En raison de son utilité thérapeutique journalière pour nombre de familles, il y a lieu d’accorder à la bourdaine une place assez grande dans le Jardin familial. Elle est d’ailleurs très demandée dans le commerce de l’herboristerie. Le kilogramme d’écorce sèche entière vaut, environ, x fr. 40 à 1 fr. 60 et coupée 1 fr. 60 à 1 fr. 80. La culture de cet arbrisseau peut encore fournir au commerce son bois qui est employé pour la fabi-ication de la poudre et des allumettes.
- DOUCE-AMERE
- La Douce-amère (Solanum dulcamara L.) Solanacées, est encore appelée Morelle grimpante, Vigne gi’impante, Vigne sauvage, Herbe à la fièvx'e, Loque, etc. Elle doit son nom à sa saveur d’abord amère, ensuite douceâtre lorsqu’on la mâche.
- Habitat. — La plante est commune dans les haies, les bois, les lieux frais et ombi’agés, au bord des ruisseaux.
- Description sommaire. — Sous ai'brisseau, à tiges grêles, grimpantes, de 1 à 3 m. de longueur. Feuilles entièi'es et cordiformes à la base, les supérieures divisées en trois lobes dont un médian plus grand. Fleurs de juin à septembre, violettes, parfois blanches avec une tache jaune ou verte à la base de chaque pétale. Fruit ou baie d’un beau rouge, Toute la plante exhale par le frottement une odeur désagréable.
- Culture. — Dans le Jardin familial sa place est dans les haies de clôture à moins qu’on ne l’utilise pour revêtir et décorer une tonnelle ou des treillages de ses souples rameaux et de ses jolies grappes de fruits au ton de corail.
- Multiplication. — On compte quatre moyens : 1° par éclats de pied ; 20 par marcottes ; 3° par boutui’es ; 4“ par graines.
- i° Par éclats de pied. — On plante, à la distance de 1 m. à 1 m. 5o, ceux qu’on a enlevés dans les haies à l’automne ;
- 20 Par marcottes. — On incise des fragments sar-menteux, on les enfonce un peu dans un sol frais en le tassant avec soin autour d’eux et, quand ils sont bien enracinés, ou les enlève pour les planter à demeure;
- 3° Par boutures. — On prend des rameaux possédant un œil à la base et l’auti'e au sommet, on les enfonce dans le sol comme précédemment en ne laissant au dehors que l’œil supérieur, et on les traite de même par la suite ;
- 4° Par graines. — On les sème en mars-avril dans de la terre bien pi'éparée, meuble et fraîche à une profondeur de 2 cm en mettant entre elles un espace de 10 cm. On les laisse en pépinière jusqu’à ce que les plants soient assez foi'ts; alors on les enlève pour les repiquer en les espaçant de 60 cm à 1 mètre.
- Récolte et séchage. — On y procède au printemps ou à l’automne sur des tiges âgées d’un ou de deux ans
- que l’on coupe soit en tronçons de 5o cm liés en bottes, soit en petits fragments de 3 à 4 cm qui sont fendus longitudinalement quand les tiges sont trop grosses. Le séchage est facile et il peut avoir lieu au soleil.
- Composition chimique. — Les tiges renferment de la solanine, dulcamarine et dulcamarétine (Geissler) ou, d’après Masson, un saponoïde acide glucosidique, Y acide dulcamarique, un saponoïde non glucosidique, l'acide dulcamarétique et un glucoside alcalin, la solacéine.
- Propriétés thérapeutiques. — Les premières connaissances paraissent remonter à Boerhaave qui lui a reconnu des propriétés diaphoi'étiques, puis elle a été recommandée par Linné dans la syphilis et le rhumatisme et enfin par plusieurs médecins comme dépurative. On lui accorde aujourd’hui des propriétés stimulantes, dépuratives, sudorifiques et diurétiques, mais on la classe plutôt parmi les médicaments sudorifiques et dépuratifs. On a proposé de la substituer à la salsepareille. Sa décoction est toujours populaire contre certaines maladies de la peau et contre les rhumatismes.
- Ses baies ont été considérées comme purgatives, mais comme leur action n’est pas encore bien définie, surtout quand elles sont vertes, il est prudent de s’en abstenir et d’empêcher les enfants d’en manger.
- Préparations pharmaceutiques. — La tige est aujourd’hui la seule partie usitée. Le Codex de 1908 indique une infusion de 20 gr. de tiges coupées dans un litre d’eau bouillante durant 2 heures. On a prescrit une décoction de 3o gr. par litre, l’extrait aqueux à la dose de 2 à 4 gr. et le sirop à la dose de 20 à 100 gr. Le Dr Leclerc recommande la formule suivante : douce-amère 100 gr., eau bouillante i5oo gr. Faire infuser 6 heures, passer avec expression, décanter la liqueur déposée, y ajouter 180 gr. de sucre pour 100 gr. de colature et passer après une ébullition rapide. De 5o à 100 gr. par jour. Les feuilles, qui sont émollientes, ont été employées autrefois en cataplasmes.
- Observations commerciales. — La douce amère donne lieu à une demande importante dans le commerce de l’herboristerie. Les tiges coupées en petits fragments et bien séchées valent, environ, o fr. 60, o fr. q5 et 1 fr. le kilogramme, suivant la demande. A. Truelle.
- «£H>
- p.2x60 - vue 511/663
-
-
-
- .Jteo
- IgD
- HYGIENE ET SANTE
- > ~
- LES SCORPIONS ET LEURS PIQURES
- Vingt-trois ans de pratique médicale à Kairouan m’autorisent, je pense, d’ajouter quelques observations aux intéressantes notes parues dernièrement dans La Nature (N08 '2659 et 2065). Cette ville du centre tunisien a une réputation spéciale pour l’abondance des Scorpions qui s’y rencontrent partout durant l’été. Les constatations faites au Maroc par M. Marcenac, s’appliquent parfaitement ici, bien que les Scorpions jaunes et les jaunes et gris soient plus communs et aussi dangereux que les noirs. Toutefois, depuis quelques années, ces arthropodes sont en voie de diminution par le fait du crépissage plus répandu des murs qui offrent ainsi moins de refuges pour leur nidification.
- Il y a encore une douzaine d’années, la chasse aux scorpions était le but d’une profession spéciale. On pouvait voir alors, chaque nuit, explorant mystérieusement les murs, deux indigènes munis, l’un d’une lampe à huile, l’autre d’une longue pince et de tiges métalliques auxquelles il embrochait de longs chapelets de Scorpions. Quelques sous pour l’achat de l’huile étaient toute la rétribution réclamée par ces braves gens.
- L’utilité de cette chasse était manifeste quand on pense qu’il ne se passait pas une nuit sans que quelques personnes ne fussent piquées, et j’étais obligé de me lever plusieurs fois par semaine pour donner mes soins. C’est une chance qu’aucun membre de ma famille n’ait été atteint tandis que presque tous les domestiques le furent une fois ou l’autre. Cependant le danger a toujours été présent. Je n’oublie pas ma surprise de trouver, au réveil de la première nuit passée dans ma maison, un énorme scorpion qui était tombé du plafond, pendant mon sommeil, dans une cuvette vide placée à côté de mon lit et d’où il cherchait inutilement à sortir. Que de visites il nous a rendues depuis ! Grimpant aux murs, caché dans les chaussures ou dans les vêtements. Une fois c’est dans la corbeille à papier où mon fils, alors âgé de 6 ans, cherchait des timbres-poste; une autre fois la dangereuse bête se promène sur la jambe de ma femme tandis qu’elle prend une douche, ou sur mes mains pendant que je m’appuie sur la fenêtre et j’en oublie....
- On l’entend la nuit. C’est un petit bruit sec et répété. On allume, on cherche, et avec un peu de chance on le trouve en train d’assassiner un cafard ou un autre insecte.
- Le Scorpion est, en Tunisie, beaucoup plus redoutable qu’on ne le pense ordinairement. Il ne se passe pas d’année à Ivairouan que je ne voie ou apprenne de décès dû à sa piqûre. C’est surtout les jeunes enfants et les vieillards qui offrent, de beaucoup, le plus de cas mortels. Mais je me souviens d’un beau jeune homme de 18 ans emporté pour avoir été piqué plusieurs fois au flanc.
- Quant au traitement, il varie suivant les temps et les hommes. Je ne trouve aucune action réelle aux médicaments appliqués simplement sur la peau de la région malade, qu’ils soient modernes ou antiques comme la scorpiojelle (huile de scorpion) dont l’effet est tout au plus moral. L’introduction de permanganate de potasse, d’hypochlorite de chaux ou de sérum antivenimeux directement dans les tissus atteints semble détruire une
- partie du venin. Je m’en suis servi pendant longtemps avec des émissions sanguines locales, mais je crois celles-ci plus réellement efficaces. Voici le traitement le plus rationnel auquel je suis arrivé et que je recommande à mes confrères.
- Deux éléments dominent dans la piqûre du Scorpion : i° La douleur qui est généralement extrêmement violente, le tableau qu’elle provoque est saisissant et peut durer 2 à 24 heures avec une intensité variable. 2° L’intoxication due au venin. Son effet local donne la douleur, de l’enflure et de la rougeur. L’effet général est surtout nerveux ou réflexe; transpiration froide, peau glacée, le regard inquiet, souvent des vomissements et de la diarrhée, deux moyens employés par l’organisme pour se désintoxiquer. Puis, si le cas est grave, le cœur faiblit et la mort peut survenir.
- A l’élément douleur, j’oppose une injection, au foyer de la piqûre, d’une solution de novocaïne-adrénaline (novocaïne o gr. 01, adrénaline 2 gouttes par ampoule d’un centknètre cube). L’effet en est merveilleux. Le soulagement est immédiat et presque complet, il est rare qu’il faille refaire une deuxième iujection 2 ou 3 heures plus tard. La novocaïne paralyse la douleur, l’adrénaline décongestionne et retarde l’élimination locale de la novocaïne et l’absorption du venin, peut-être neutralise-t-elle un peu ce dernier.
- Pour combattre l’envenimation, il faut faire au plus tôt le barrage de la circulation par une ligature au-dessus de la lésion quand celle-ci siège sur un membre, chose que font d’eux-mêmes les indigènes. Ensuite soutirer le plus possible de poison par émission sanguine. Deux ou trois incisions peuvent se faire sans douleur au jjoint anesthésié, on y applique une ventouse, à piston de préférence, et une bonne partie du venin resté dans les tissus est éliminée. Si la ligature du membre est convenablement faite, les veines sont gorgées de sang dont on retire ao à 200 gr. par ponction veineuse au moyen d’une seringue de 20 cm3. Cela fait, on peut enlever la ligature.
- Quand celle-ci a été appliquée trop tard ou pas du tout, la ponction veineuse perd son intérêt et c’est à aider l’organisme à se désenvenimer qu’il faut s’appliquer. Boissons abondantes pour faciliter les vomissements et la diurèse. Purgatif ou lavements. Soutenir le cœur par un cordial, surtout café ou caféine.
- On agira de même si la piqûre siège sur le' corps où tout barrage sanguin est impossible. Le traitement local indiqué plus haut doit être appliqué sans retard, et c’est dans ce cas surtout qu’il serait désirable de posséder un sérum antivenimeux spécifique pour les scorpions. Heureusement que la piqûre du corps est beaucoup plus rare que celle des extrémités, surtout des mains et des pieds, qui se posent involontairement sur la malfaisante bestiole.
- Son venin est particulièrement actif pour les insectes. Ainsi, tandis qu’une mouche transpercée d’une épingle peut encore vivre des heures ou des jours, elle tombe foudroyée si l’épingle a été plongée dans une glande à venin fraîchement écrasée, D1 F. Santsohi.
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aiix lettres présentant un caractère d’intérêt généra] et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Lès piqûres de scorpion. — M. J. Meys de la Mission Catholique de Yung-Ping-Fu (Chine) nous écrit à ce sujet.
- « Dans les n° 2659 et 2665 de Xa Nature ont été indiqués les divers remèdes oü moyens contre les piqûres de scorpion. Ici les scorpions n’attèignent pas les dimensions de leurs congénères d’Afrique, c’est
- pourquoi les moyens qui sembleraient ici d’une assez grande efficacité ne produiraient peut-être pas les mêmes effets ailleurs, où le venin injecté se trouve être plus abondant. Le moyen que les paysans d’ici préconisent pour combattre les effets de la piqûre du scorpion, c’est d’appliquer immédiatement à la blessure une tête d’allumette phosphorique à tête rouge (de celles qui s’enflamment par friction sur n’importe quelle surface rugueuse, et dont la fabrication a été défendue, ce me semble, par « l’Association internationale pour la protection légale des travailleurs », fondée à Berne, en igoo).
- « L’application du phosphore semble rendre complètement inactif le venin du scorpion. «
- 62
- p.2x61 - vue 512/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Réponses. — M. D. V. Vouters, à Amiens. — ^Documentation sur la trufficulture. Il y a les ouvrages suivants : La Truffe (production, récolte, etc.), par Mouille-fert, i brochure; La Truffe, par Ad. Chatin, x vol.; La Truffe (Etude sur les truffes et les truffières, par Ferry de la Bellone, i vol. ; La création des truffières dans le Périgord, par Pierre Larue, i broch. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e) ; Manuel de la culture des champignons et de la truffe, par Raymond Brunei, 1 volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille, 6e).
- 20 Documentation sur la culture du prunier. Voir les chapitres sur la culture susdite dans les ouvrages suivants : Traité d’arboriculture fruitière, par Pierre Passy, tome III, 1 vol. ; Culture des bons fruits, par P. Tricaud, 1 vol.; Les Arbres fruitiers : le Prunier, par G. Bellair, 1 vol.; Arboriculture fruitière, par L. Bussard et L. Durai, 1 vol. ; La Taille des arbres fruitiers de plein veut : Prunier d’Ente, Reine-Claude, par E. Rabaté, 1 vol. Pour la prépax'ation des pruneaux d’Agen, voir le livre intitulé Le Séchage des fruits et des légumes (Chapitre IX, la dessiccation des prunes), par J. Nanot et C. L.-Gatin, 1 vol. (Libi'airie Agricole, précitée).
- 3° Ouvrages sur l’apiculture, voir notamment : Apiculture, par R. Hommell, 1 vol.; L’Apiculture moderne, par A.-Ë. Clément, 1 vol.; Manuel pratique d’Apiculture intensive, par P. Peter’s, 1 vol. ; Les Abeilles, par Sagot et Delépine, 1 vol. ; Cours pratique d’Apiculture, par E. Sevalle, 1 vol. ; L’Apiculture pour tous, par Warré, 1 vol. ; Le Rucher, par C. Arnould, 1 vol. (Librairie Agricole).
- 4° Sur la fabrication du vin : Vinification, par L. Mathieu, 1 vol.; Vinification, par Pacottet, 1 vol.; Traité pratique de l’art de faire le vin, par le Dr F. Cazalis,
- 1 vol.; Ze Vin, par Chanciûn, 1 vol. (Libraire Agricole, précitée).
- M. B., rue Lafayelte, Paris. — Pour ce qui concerne le livre intitulé La Goutte d’eau. Culture intensive de la vigne dans le Bas-Languedoc, adressez-vous, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Samuel Maroger, ingénieur, 2, nie Voltaire, à Nimes (Gard).
- M. C., à Yieillevigne (Loire-Inférieure). — Le tracteur à chenilles, dont il est fait mention dans l’article sur « La culture rationnelle et intensive de la vigne, sous le climat méridional » (n° du 20 juin de La Nature), est un tracteur Clétrac petit modèle, dit « Tracteur \igne-ron », dont voici les caractéristiques : largeur o m. 80, longueur 1 m. g5, hauteur 1 m. 20; poids : 85o kg. Cette machine est construite par la firme Allied Machinery C1 de France, 19, rue de Rocroy, Paris, 10e. C'est une m'arque américaine, dont le prix varie suivant la valeur du dollar. En 1923, le pinx était de 24 000 francs, y compris le système de relevage des outils.
- M. M. S., à Lyon. — La publication dont il s’agit n’étant plus en notre possession, à l’heure actuelle, nous n’avons pas la date précise que vous demandez, mais vous pouvez vous adresser au Bulletin des ILalles (Paris, 33, rue Jean-Jacques Rousseau, ier) et y faire rechercher dans la collection des derniers mois l’étude sur la forêt française, comprenant l’article dans lequel il est question de la production de l’alcool de sulfite et de la pâte de cellulose.
- C. F., à Berne. — Les papiers marbrés du genre de ceux que vous nous avez soumis, peuvent être préparés avec toutes les substances susceptibles de donner un mucilage, graines de lin, algues cuites, gomme adra-gante, le plus souvent on préfère cette dernière, que l’on fait macérer dans l’eau froide pendant a ou 3 jours en remuant fréquemment, puis on passe le liquide à la mousseline ou au tamis de crin fin pour séparer les impuretés, on recueille dans une cuvette peu pi-ofonde, cuvette photographique par exemple et on écume soigneusement avec une carte.
- D’autre part, on prépare une solution aqueuse de la couleur choisie, on l’additionne de fiel de bœuf puis on la verse à la surface du bain sur lequel elle s’étend. Dans le cas de couleui's différentes, par exemple rouge, noir, bleu, etc., on ne mettra que peu de fiel dans le rouge, plus dans le noir, davantage dans le bleu et ainsi de suite pour les autres couleurs chacune étant plus chargée que la précédente.
- Le bain est aloi's aspei'gé avec une brosse trempée j
- dans de l’eau également fiellée, à ce moment, si on a mis plusieurs couleurs, celles-ci se séparent en veines inégales. Au moyen d’une aiguille à tricoter l’opérateur peut à volonté produire des effets de marbrures nombreux et variés en dessinant sur le bain des zigzags, des tourbillons que sa fantaisie lui suggéi’era, les couleurs demeurent dans la position où cette opération les a placées.
- Il ne reste plus qu’à appliquer à la surface du bain, la feuille de papier, celle-ci étant l'elevée présentera des dessins parfaitement transportés.
- M. Latour, à Paris. — Si vous disposez d’une balance suffisamment sensible, vous pouvez avec un matériel assez réduit déterminer les principales caractéristiques d’un charbon, c’est-à-dire l’humidité, les matières volatiles, le coke et les cendres.
- Dans un petit creuset en nickel, muni d’un couvercle, on pèse 5 gr. de charbon et on laisse à l’étuve couvercle enlevé jusqu’à poids constant, la perte de poids multipliée par 20 donnera l’humidité.
- Le couvercle étant remis, on chauffe le creuset avec une flamme modérée jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs combustibles, on laisse i'efroidir et repèse. La différence avec le poids précédent, multipliée également par 20, représentera les matières volatiles.
- Enfin, dans une capsule de porcelaine, plate de préférence, on pèse 5 gr. de charbon et on maintient au rouge jusqu’à ce que les cendres soient rouge bi-ique sans aucun point noir (opération toujours assez longue). Du poids total on soustrait la tare de la capsule et en appliquant le même multiplicateur 20, on a les cendres pour 100. Le coke s'évalue par différence à 100 de la somme des éléments dosés.
- Coke= 100 — (Humidité ~j- Matières volatiles + cendres).
- En résumé, le matériel pratique nécessaire comporte seulement outre la balance, un moufle, des creusets en nickel à couvercle et des capsules de porcelaine, c’est-à-dire un appareillage très limité que vous trouverez facilement par exemple, chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne ou Neveu, 16, rue Monsieui’-le-Prince.
- M. Badie-Levet, à Tunis. — x° L’agar-agar ne peut en effet être pulvérisé directement à cause de son élasticité. Pour réaliser la pulvérisation, il faut au préalable passer à l’étuve et effectuer le broyage immédiatement, avant qu’il n’y ait reprise d’humidité. Dans ces conditions l’opération devient facile.
- 20 Si vous désirez saturer l’excès d’acidité de votre marmelade, il faut employer le carbonate de chaux par exemple sous forme de blanc d’Espagne, le malate de chaux ainsi formé s’élimine sans difficulté avec les écumes pendant la cuisson. En aucun cas, on ne doit se servir de bicarbonate de soude qui donnerait un goût de lessive.
- M. Giraud, à Montpellier. — Il s’agit très probablement du Merulius lacrymans ou champignon des maisons. Vous pourrez sans trop de difficultés l& détruire par des badigeonnages au moyen d’une solution de zin-cate sodique. Pour préparer cette dissolution, étendre d’eau le chlorure de zinc liquide du commerce qui est à 45° B, jusqu’à ce que l’aréomètre ne marque plus que 33° B., ce qui correspondra à environ 3oo gr. de chlorure de zinc anhydre par litre.
- Prendre un litre de la préparation précédente, puis l’additionner d’une solution de 900 gr. de. soude caustique en plaque dans 4 litres d’eau, autrement dit de 4 litres de lessive de soude à 220 B.
- Après mélange intime, appliquer avec un vieux pinceau sur les murs préalablement brossés, ainsi que sur tous les objets envahis par le champignon, sans qu’il y ait à craindre une détérioration. Les deux constituants de la mixture sont des produits courants du commerce, le chlorure de zinc liquide comme désinfectant et la lessive de soude comme décapant sous le nom de « potassium des peintres ».
- M. A. Deshors, à Limoges. — Vous trouverez à volonté du chlorure de magnésium dans les maisons qui suivent : Blanc, 88, boulevard Magenta, Paris ; Etablissements Tencé, 34, rue delà Justice, à Aubervilliers ; Iven, 22, rue des Acacias à Villemomble, Seine; Société fx-an-çaise des produits magnésiens, 20, rue Baudin, Paris, 90; Les produits magnésiens de Villeneuve d’Aveyron, i36, rue de Vaugirar'd, Pax’is.
- p.2x62 - vue 513/663
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- Optique\cristalline. Polarisation rotatoire. Etats méso-morphes,pa.r H. Bouasse. i vol. 400 p., 214 fig. Dela-grave, éditeur, Paris, 1925. Prix : 3o francs.
- < Ce volume fait suite au volume consacré à la polarisation rectiligne et elliptique, dont nous avons déjà rendu compte. L’auteur y traite de la double réfraction circulaire, de la polarisation rotatoire dans les cristaux biréfringents, puis dans les solutions qui ont la propriété de provoquer ce phénomène. Il est ainsi amené à exposer, au point de vue physique, la question des antipodes optiques et des racémiques ; il étudie ensuite la double réfraction elliptique, la polarisation rotatoire magnétique, et enfin lé résultat de la superposition de la double réfraction ordinaire et de la polarisation rotatoire. Puis il s’efforce de jeter un peu de clarté dans un chapitre actuellement aussi obscur que tôuffu : à savoir les rapports entre le pouvoir rotatoire des cristaux et leur constitution cristalline ; il décrit également les phénomènes optiques dus à l’empilement de lamelles cristallines ; l’ouvrage se termine par l’étude des substances mésomorphes autrefois désignées sous la dénomination impropre de cristaux liquides, d’après les travaux récents de Friedél, Grandjean, Mauguin, et par un résumé des résultats fournis dans l’étude des cristaux par l’examen aux rayons X. La préface est, suivant l’usage de M. Bouasse, un pamphlet plein de verve, où successivement l’explosion de la Courtine, l’électrification des chemins de fer du Midi, sont prises à partie et sévèrement critiquées.
- L’odorat, par H. Zwaardemaker, i vol. in-16, 3i2 p., 29 fig. Encyclopédie Scientifique, Doin, Paris. Prix : i5 francs.
- C’est seulement depuis un peu plus d’un quart de siècle, grâce aux recherches du professeur Zwaar-demaker, de l’université d’Utrecht, et de ses élèves, que nous commençons à posséder quelques notions nettes sur les mécanismes de l’olfaction, Ja nature même de : l’odorat, et sur tous les grands problèmes se rattachant aux odeurs, dans le domaine desquelles l’expérimentation, souvent décevante, exige toujours une patience et une minutie de tout premier ordre. Les travaux du professeur Zwaardemaker, relatifs à ces questions, se trouvaient jusqu’à présent épars en diverses revues de langue française, hollandaise ou allemande, et son ouvrage capital « Physiologie des Geruchs », n’a jamais été traduit de l’allemand. Ce livre-ci comble cette lacune.
- Après un chapitre d’introduction consacré à des « Observations physiques sur les matières odoràntes », l’auteur aborde l’étude du mécanisme de la sensation olfactive, puis le problème de l’oîfactométrie expérimentale à propos de laquelle il définit la notion, qui lui est personnelle, d’olfàctie. Après un remarquable exposé de la classification des odeurs, où figurent tontes les classifications proposées jusqu’à cé jour, à côté de celle propre à l’auteur, et des chapitres spéciaux consacz'és à la question encore obscure de la compensation des odeurs, à l’étude des temps de réaction olfactifs et de la fatigue par les odeurs, se trouvent deux chapitres terminaux, dans lesquels l’auteur, avec une maîtrise incomparable, expose la question difficile des rapports du chimisme avec les odeurs, et celle des énergies spécifiques des odeurs.
- Installations téléphoniques, par J. Sciiils. 5° édition revue par G. Cornet. 1 vol. de vi-38i pages, 243 fig. Dunod éditeur, Paris 1925. Prix : 22 francs.
- Livre simple et pratique, destiné à servir de manuel au personnel des P. T. T., et qui peut être également consulté utilement par tous ceux qui désirent comprendre comment fonctionne ‘ leur téléphone. Il est rédigé avec une grande clarté; il donne des descriptions faciles à suivre, et cependant très précises, des divers appareils en usage dans l’administration française, y compris les plus modernes et les plus complexes : comme le téléphone automatique.
- Actualités sur Vorganisation industrielle. 1 broch. 40 p.
- Editions « Science et Industrie », 22, avenue Montaigne, Paris. Prix : 10 francs.
- Cette brochure, recueil d’études publiées sous la direction de M. Dufour, traite d’une façon générale des grandes questions que pose le problème de l’organisation industrielle : organisation de la direction, méthodes de travail, salaires, apprentissage, orientation professionnelle, dessin industriel, brevets d’invention, législation industrielle, physiologie du travail, hygiène du travailleur.
- L’industrie textile française, par A. Pawlowski, i vol. 216 p. Editeurs : Jules Charles et A. Brunet, 7, rue Séguier, Paris, 1925. Prix : 2Ô francs.
- L’industrie textile est, de loin, la plus importante des industries françaises, aussi bien par les effectjfs du personnel employé que par le chiffre d’affaires réalisé. On ignore généralement le rôle prépondérant du textile dans l’économie française. C’est que c’est une industrie extrêmement diversifiée ; très évoluée et très concentrée dans le Nord de la France par exemple, où elle a pris tous les caractères de la grande industrie, ailleurs elle a conservé parfois certains aspects de l’industrie d’autrefois. M. Pawlowski visite tour à tour tous les centres textiles de France; c’est un long voyage qui nous conduit avec lui dans presque toutes les provinces de France : Flandre et Cambrésis, Picardie où l’on rencontre toutes les variétés du textile, laine, drap, coton, toile, dentelles, tapis, Normandie avec Rouen,, Elbœuf et Fiers, Yosges et Alsace, Champagne avec le centre lainier de Reims, les draps de Sedan, la bonneterie de l’Aube, Lyon et ses soieries, Saint-Etienne et ses rubans, Roanne et ses cotonnades, Mazamet et son industrie si curieuse du délainage.
- Nous en passons, ne pouvant tout citer. Pour chacun de ces centres et pour chaque variété d’industrie textile, l’auteur rappelle en quelques mots l’histoire de l’industrie, les principales étapes de son développement et s’attache à mettre en lumière les conditions actuelles : influencé de la guerre, progrès de la reconstitution pour les centres dévastés, concurrence intérieure ou étrangère, amélioration d’outillage, problèmes de main-d’œuvre. Cette consciencieuse enquête est nourrie de renseignements précis, recueillis sur place.
- Colles, mastics, luts et ciments, par F. Margival, 2e édition entièrement remaniée, in-16, br., 282 p. Desforges, Girardot et Cie, Paris, 1924. Prix : i5 fr.
- Le seconde édition de cet ouvrage comporte outre les centaines de recettes figurant dans la première édition, de nombreuses formules pour la plupart d’origine américaine. La technique du collage progressa beaucoup en effet pendant la guerre où les besoins de l’aviation obligèrent à créer des colles très tenaces et insensibles à l’humidité pour la fabrication de bois contreplaqués d’hélice et de fuselage.
- L’ouvrage passe en revue successivement les produits à base de gélatine, de gommes, de caséine et d’albumine, d’amidon, d’huiles et les colles-vernis.
- La femme dans les industries d’art, par Mme L. Ciia-trousse. i vol. i5o p., 41 fig. L. Eyrolies, éditeur, Paris, 1926.
- Quelle carrière donner aux jeunes filles? Question aujourd’hui bien angoissante dans nombre de familles. Mme L. Chatrousse, directrice de l’Ecole Municipale de dessin de la Ville de Paris, vient en aide aux parents dans l’embarras, en leur signalant les principales industries dérivant du dessin et du modelage dans lesquelles la femme peut se créer une situation honorable, pour peu qu’elle ait le goût du dessin : architecture, ameublement, tapis, papiers peints, carrelage, mosaïque, vitraux, dentelle, broderie, céramique, orfèvrerie, illustration, vêtement, parure, etc. ; elle donne de sobres indications sur la technique de ces diverses industries ; puis elle compare l’atelier et l’école au point de vue dé la préparation à ces carrières.
- p.2x63 - vue 514/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- <•-<vO;-A ... "1*
- ><
- INFORMATIONS
- N
- Vy
- N° 2682 29 Août Ï925
- Nécrologie. — M. Jean Giraud. — Nous avons le regret d annoncer la mort, à ans, de notre ancien collaborateur, M. Jean Giraud, docteur ès sciences naturelles, professeur de minéralogie à l’Université de Clermont-Ferrand.
- Après une thèse remarquable consacrée à l’étude des formations sédimentaires et plus particulièrement de 1 oligocène de la Limagne, il accompagne en 190a M. Lacroix à la Martinique, pour l’étude de la trop célèbre éruption de la Montagne Pelée.
- L année suivante, il est nommé chef de la mission scientifique pour l’étude géologique de la Martinique; on lui doit plusieurs communications sur la géologie et le volcanisme de cette île, ainsi qu’une carte géologique.
- . Nommé professeur à Clermont, il interrompit à plusieurs reprises sa carrière universitaire pour des missions géologiques lointaines, en 1910-1911 à Madagascar, en 1915-19.18 en Indochine au service géologique de la colonie. Il était également depuis 1899, attaché au service de la carte géologique de la France et, à ce titre, a apporté une importante collaboration à la 2e édition de la carte de Clermont.
- Les isotopes du mercure. — M. F.-W. Aston, le célèbre physicien de Cambridge annonce dans la revue anglaise Nature que grâce à une subvention du Department of Scientitic and Industrial Research, il vient d achever la construction d’un nouveau spectrographe de masse, plus puissant que ceux dont il disposait jusqu’alors. Cet appareil sert, jon le sait, à effectuer
- I analyse spectrale au moyen des rayons positifs. La première étude à laquelle s’est livré M. Aston avec le nouvel instrument est celle des isotopes de mercure. Dès maintenant, il a pu caractériser nettement l’existence de six isotopes de poids atomique respectifs :
- I99> 200> 201, 202, 204. L’existence d’autres isotopes n’est pas exclue; mais en l’état actuel des recherches de M. Aston, toute affirmation serait prématurée. - -
- M. Aston fait remarquer que les résultats ci-dessus ont un rapport direct avec les affirmations récemment publiées en Allemagne et au Japon, au sujet de la transmutation du mercure en or. Celle-ci s’effectuerait par addition d’un électron au noyau de l’atome de mercure.
- II est clair, dit M. Aston, que si de l’or se formait réellement de cette manière, il aurait un poids atomique au moins égal à 198, chiffre sensiblement supérieur au poids atomique de l’or ordinaire qui est de 197,2. Il y aurait donc intérêt à élucider ce point; on pourrait ainsi se former une conviction définitive sur ces intéressantes recherches.
- Les détecteurs à cristaux. — On connaît en somme assez mal le mécanisme physique qui permet le . fonctionnement des détecteurs à cristaux, dont le plus répandu est la populaire galène employée par des milliers d’amateurs de T. S. F.
- M. A. Blanc a récemment consacré à cette question, si obscure encore, un important travail publié par les Annales de Physique. En voici les principales conclusions. Le phénomène de rectification présenté par ces détecteurs dépend exclusivement des propriétés du contact imparfait qui s’y établit entre deux corps doués de conductibilité métallique. L’étude détaillée de cette rectification montre que son sens et sa netteté dépendent de l’intensité du courant qui traverse le contact. Elle est en relation avec Fapparition de vibrations qui peuvent se produire dans les pièces, en contact et avec l’existence d’une dissymétrie dans la dilatation du contact.
- A côté des phénomènes.de-rectification, Ips détecteurs à cristaux présentent des phénomènes très nets de cqhération analogues à ceux des cohéreurs proprement dits, constitués par un contact imparfait entre métaux; inversement, du reste, ces derniers peuvent parfois se présenter comme des contacts rectifiants.
- Nouveaux microphones et téléphones. — La radiotéléphonie a besoin d’appareils aussi fidèles que pos-
- sible pour transformer en courants électriques les ondes sonores et vice versa. Aussi les inventeurs et les techniciens se sont-ils mis activement en devoir de perfectionner le téléphone et le microphone, instruments qui jusqu’ici ont donné toute satisfaction dans l’exploitation téléphonique ordinaire sur fil.
- L’Onde électrique signale un nouveau niierophone d’un principe intéressant imaginé par trois savants allemands :
- /MM. Massolle, Yogt et Engl, et nommé par eux le cathodophone. Dans cet appareil, il n’y a plus, comme dans le microphone, de membranes ou de particules ayant de l’inertie ; ce sont des ions qui constituent la partie vibrante. Une cathode recouverte d’oxydes alcalino-terreux est placée dans une enveloppé calorifuge et est chauffée au moyen d’un courant électrique provenant d’une batterie d’accumulateurs. Un cornet métallique formant anode est placé dans l’air à une distance de quelques dixièmes de millimètres de la cathode. La lame d’air ainsi ménagée entre les deux électrodes fait partie d un circuit électrique comprenant une batterie de piles et un rhéostat. Les ondes sonores reçues par le cornet font vibrer les ions situés dans la lame d air et modulent le courant de décharge, la courbe de celui-ci reproduit très exactement sans distorsion la courbe des -ondes sonores initiales.
- Le courant produit est plus faible qu'avec un microphone ordinaire, il est de l'ordre du milliampère ; il est nécessaire de l'amplifier, ce que l’on fait au moyen d’un amplificateur à lampes spécialement établi pour éviter les déformations ou distorsions.
- Les mêmes inventeurs ont également imaginé un nouveau téléphone haut-parleur pour transformer les courants téléphoniques en ondes sonores. Le principe de 1 appareil est celui du condensateur parlant. Voici comment l’appareil est réalisé. Sur un cadre est tendue une membrane mince en mica de 40 cm de diamètre et de quelques centièmes de millimètres d’épaisseur. Cette membrane est métallisée sur l’une de ses faces. L’autre face est distante de quelques centièmes de millimètre d’une armature métallique rigide formant boîtier. La couche métallique de la membrane de mica et le corps métallique du boîtier forment les amatures d’un condensateur qui, en parallèle avec une résistance ohmique, est placé dans un circuit plaque’ d’amplificateur. Le courant plaque, passant à travers la résistance, crée entre les armatures du condensateur une différence de potentiel. La membrane attirée par effet électrostatique prend une certaine courbure. Si le courant passant dans la résistance vient à varier, la différence de potentiel varie proportionnellement, et la force agissant sur la membrane varie, elle aussi, proportionnellement. On doit donc avoir une reproduction fidèle de la parole.
- La tension superficielle des solutions colloïdales et la détermination des dimensions moléculaires.
- — M. P. Lecomte du Noüy est un savant français qui à franchi l'Atlantique. Depuis quelques années, il poursuit des recherches aux laboratoires de l’Institut Rockefeller à New-York. Les travaux de l’Institut se rapportent à la médecine et à la biologie; M. Lecomte du Nouy a porté ses investigations sur les problèmes de l’état colloïdal; ceux-ci se rattachent étroitement à la biologie, mais appartiennent au vaste domaine de la physico-chimie. Le savant français a abordé cette étude par la détermination de la tension superficielle des solutions colloïdales. En ,4 ans, il a effectué plus de 60000 mesures et des résultats expérimentaux ainsi accumulés, il a dégagé d’intéressantes conclusions qu’il vient d’exposer dans un mémoire publié par le Journal„ de Physique.
- Le procédé employé pour effectuer ces mesures est très simple; Fauteur a imaginé un tensiomètre d’une construction simple et d’un maniement à la fois rapide et aisé. I,a Nature en a donné la description dans son n° 2391 du 24 janvier 1920. Nous nous bornerons à rap- % peler qu’il mesure l’effort à déployer pour arracher un anneau mis en contact avec le liquide à étudier.
- Cet appareil, très précis, a permis de mettre en évidence un phénomène non observé jusqu’ici. La tension de la couche superficielle d’une solution colloïdale
- 9
- p.2x64 - vue 515/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- immobile varie avec le temps et diminue d’une façon régulière. Celte diminution est due à l’adsorption posi-iive de la substance en solution. La diminution de la tension superficielle au début est proportionnelle au temps, et la durée de cette proportionnalité est fonction de la concentration, ensuite elle suit en général une loi logarithmique en fonction du temps. Ce phénomène permet de mesurer la vitesse d’adsorption.
- Pour chaque substance, il existe un maximum de la chute de tension à une certaine concentration et de plus dans la courbe qui représente au bout de 2 heures la tension superficielle en fonction de la concentration, on observe des minima très nets; ainsi la courbe de l’oléate de soude révèle 3 minima pour les concentrations respectives de 1/700000, 1/1 220000, 1/1390000. M. Lecomte du Noüy a pensé qu’il était logique d’attribuer ces minima à une organisation particulière des molécules adsorbées et peut-être à l’existence d’une couche mono-moléculaire orientée. Le calcul de l’épaisseur de ces couches devait permettre de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse.
- Le calcul a été fait, et il conduit pour l’oléate de soude aux résultats suivants :
- icr minimum (concentration 1/730000), épaisseur : 12,3o X io"8 cm.
- 20 minimum --- — épaisseur :
- 7,56 X 10 8 cm.
- 3e minimum — — épaisseur :
- 6,64 X io~8 cm.
- Or, Langmuir, par des considérations toutes différentes est arrivé aux dimensions suivantes pour la molécule d’acide oléique :
- Longueur : ii,2><io“s cm;
- Diamètre moyen : 6,8 X io-8 cm
- qui concordent bien avec les nombres ci-dessus, compte tenu de ce que le remplacement d’un atome d’hydrogène par un atome de sodium, pour donner l’oléate de soude doit accroître la longueur de la molécule.
- M. P. Lecomte du Noüy est donc autorisé à conclure que le premier minimum est vraisemblablement dû à l’organisation géométrique des molécules orientées verticalement dans la couche superficielle et formant ainsi une couche solide d’épaisseur égale à la longueur de la molécule. Le second minimum, à une concentration plus faible, serait dû à l’organisation de molécules horizontales, et le troisième à une rotation de 900 des molécules horizontales autour de leur axe longitudinal. On voit ainsi se confirmer l’idée que les molécules complexes comme celles des acides organiques n’ont pas la forme d’une sphère,, mais possèdent une longueur, une largeur, une hauteur. 11 est naturel d’admettre que la forme de ces molécules soit un parallélépipède. Partant de là on peut aisément calculer le volume, ainsi que sa masse et en déduire le nombre d’Avogadro. Il est remarquable que la valeur ainsi obtenue coïncide à 1/100 près avec le chiffre de Millilcan, obtenu par une tout autre méthode et considéré actuellement comme la valeur la plus sûre de cette constante universelle.
- Barreaux de grilles à revêtement d’aluminium.
- — Les charbons en brûlant sur les grilles des foyers produisent souvent des cendres fusibles qui empâtent les barreaux des grillés et les rongent, gênent le passage de l’air, paralysent la combustion et rendent difficile la conduite du feu.
- On a mis en pratique depuis quelque temps un procédé ingénieux qui semble apporter un remède efficace à çes inconvénients. Les barreaux sont recouverts par pulvérisation suivant le système Schoop ‘d’un revêtement en aluminium. Le fer absorbe partiellement l’aluminium et lorsque les barreaux sont chauffés, il se forme un alliage adhérant parfaitement au fer. En outre, la surface du revêtement s’oxyde et se couvre d’une couche d’alumine qui ne fond qu’à 23oo°, résiste à l’attaque des cendres et protège le métal sous-jacent. L’usage a montré que ces barreaux calorisés facilitent le décrassage de la grille, et s’usent moins que les barreaux ordinaires, et par suite exigent des remplacements moins fréquents, d’où une économie notable à la fois dans la conduite du feu et dans l’entretien du foyer. .
- La crise des chimistes en Allemagne. — Nos lecteurs n’ont pas oublié le récent article de M. Ranc. signalant le danger présenté par la surproduction de chimistes en France.
- La situation est analogue en Allemagne où la Société chimique vient de jeter un cri d’alarme, destiné à appeler l’attention sur le grand nombre de jeunes chimistes sortis des universités et auxquels n’est offerte aucune situation convenable.
- Le nombre des chimistes formés par les universités allemandes s’est accru beaucoup plus vite que celui des autres techniciens.
- Cette année, 1100 diplômés chimistes sortiront des écoles ; on estime que l’industrie allemande ne peut absorber, chaque année, qu’environ le tiers de ce nombre, soit 35o.
- D’autre part, les possibilités de placement de ces techniciens à l’étranger sont beaucoup plus réduites qu’avant la guerre, en partie pour des raisons politiques et aussi parce que tous les pays industriels ont actuellement une pléthore de chimistes. Il est donc sage de conseiller aux jeunes gens et à leurs parents de bien réfléchir avant de s’engager dans une carrière aussi encombrée.
- La construction des routes en béton par le procédé
- Vibrolithic. — On sait quel développement ont pris aux Etats-Unis les routes en béton. L’Europe commence, sous la poussée de l’automobile, à suivre cet exemple. Les méthodes employées outre-Atlantique sont très variées et donnent lieu, du reste, à des études approfondies en vue de déterminer' celles qui donnent les meilleurs résultats.
- Les publications techniques américaines témoignent de l’intensité des recherches effectuées dans cette voie.
- Parmi ces méthodes, il en est une relativement nouvelle, puisque ses premiers essais remontent à 1911, qui a pris en ces dernières années un développement rapide. C’est le procédé « Vibrolithic ». M. Antoine donne à ce sujet, d’intéressants détails, dans le Génie civil.
- 11 consiste essentiellement dans le répandage, sur la surface en béton frais, d’une couche de pierres cassées, comprimées ensuite dans le béton à l’aide de pilon-neuses spéciales.
- Voici la suite des opérations : le béton provenant d’une bétonnière, est répandu sur la fondation, il est ensuite égalisé à la main ou à la machine. Puis on fait circuler sur les formes un chariot portant la pierre cassée dont une couche régulière est répandue sur le béton frais.
- Cette pierre doit avoir des dimensions comprises entre 2 cm 5 et 6 cm et être très résistante à l’usure. On la comprime ensuite dans le béton. A cet effet, on recouvre le tout d’un plancher spécial, formé de planches assemblées sur lesquelles sont clouées des lattes de o m. 02 à intervalles de o m. 16. Ce sont ces lattes qui reposent sur la route et qui transmettent la compression au béton.
- Cette compression ou pilonnage s’effectue par un moyen original : sur le plancher on fait rouler à la main des chariots pesant environ 175 kg, chariots sur lesquels sont montés des moteurs à essence monocylindriques, dont leâ volants sont volontairement déséquilibrés par l’addition de masses additionnelles.
- Quand le moteur tourne, son bâti est soumis de ce fait à des vibrations énergiques, dans le sens vertical. D’où un pilonnage excellent à l’allure de i5oo à 2000 coups par minute. La couche de pierres s’incorpore dans la masse du béton.
- Si la route doit rester une chaussée en béton sans revêtement, il faut ensuite faire disparaître les rides de la surface au moyen de rouleaux et râteaux à main. Si au contraire, on désire revêtir la fondation en béton d’une couche de produits bitumineux, on laisse les aspérités du béton qui facilitent la liaison entre le bitume et la fondation.
- Ce procédé a pour effet essentiel d’augmenter la résistance de la dalle en béton, à la fois par la forte compression qu’on lui imprime et par l’incorporation d’une couche superficielle de pierres très dures. Il a en outre l’avantage de permettre une mise en service plus rapide de la route.
- p.2x65 - vue 516/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- CM.
- ><
- OüSC
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1925 0
- Nous complétons ici les informations données au précédent « Bulletin astronomique » concernant les comètes de l’année 1925.
- Tout d'abord, l’objet Delporte, au sujet duquel nous faisious des réserves quant à son identité avec la comète Tempel-Swift, n’est autre que la petite planète n° 29, Amphitrite. Une erreur dans le télégramme annonçant la découverte, et donnant un mouvement propre deux fois trop grand, a été cause de la confusion.
- La comète périodique Wolf, dont on attendait le retour cette année, a été retrouvée par M. Baade, à Ber-gedorf, le i3 juillet. La révolution de cette comète est de 6a"s,8o4. Elle n’est accessible qu’aux puissants instruments. C’est la 5e comète découverte en 1925 et inscrite en conséquence sous la désignation 1925 e.
- Dans Y Astronomie, M. F. Baldet fait remarquer que cette comète, découverte en 1884, a été revue en 1891, 1898 et 1911. On ne l’a pas retrouvée en 1918.
- Le même auteur donne, d’autre part, quelques informations sur les comètes encore attendues cette année.
- La comète Brooks, découverte en 188g, sera surtout visible en octobre. Il est peu probable qu’elle surpasse la i3e grandeur.
- La comète Borrelly, découverte en igo5, sera bien placée en octobre. On vient de la retrouver.
- 11 en sera de même pour la comète Tempel-Swift, découverte en 1869.
- La comète Schorr, découverte en 1918, revient pour la première fois. Elle est probablement très faible, et a dû passer au périhélie en juin.
- Enfin la comète Faye, découverte en 1843, a du passer au périhélie au début d’août. Elle devrait être visible le matin. Jusqu’ici, on n’a pas annoncé qu’elle ait été retrouvée.
- Toutes ces comètes, si on réussit à les voir, seront faibles d’éclat et l’année 1925 sera ainsi à la fois riche en comètes faibles et pauvre en belles comètes.
- I. Soleil. — En octobre, la déclinaison du Soleil décroît rapidement, et de — 3° 5' le iar, elle n’est plus que de —• i4°2' le 3i. La durée du jour diminue considérablement, et de 11h4.0"’ le ior, elle tombe à 9h55m le 3i.
- Le Soleil passant au méridien presque une demi-heure avant midi (temps moyen à midi vrai), il en résulte qu’à midi, il a parcouru plus de la moitié de sa trajectoire diurne. La soirée est donc, si l’on peut dire, moins longue que la matinée, et alors qu’il fait grand jour à 6h du matin, il fait nuit à 6h du soir.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que doivent marquer les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dales. Heures du (t. 111. inssajfü (à-.). Dates. Heures du passa (t. ut. Gr.).
- Oct. ier 11" 4om 26' Oct. 17 n"36m 7S
- — 0 11 " 3 91,1 48* — >9 11" 35“ 449
- — 5 nh 3g"’ I ls — 21 ii"35” 23'
- — 7 iil 38'" 35s — 23 11" 35“ 5E
- — 9 ii" 38"’ 2S 25 11’ 34“ 4gE
- — 11 ' iTb 37- 3os " — 27 ii" 34“ 37“
- — i3 ii"37m os — 29 ii"34“ 27"
- -- ï5 1ih 36m 32' — 3i 1 ih 34“ 2 oE
- Observations physiques.' — Le tableau ci-dessous, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, continue celui publié le mois dernier. Il renferme les principales données pour orienter les dessins ou photographies du Soleil. On ti*ouvera dans le « Bulletin
- astronomique » P. B0, L0. du n° 2656, la définition des termes
- Dates. t P ®o/ Lo
- o7c. 3 -f- 26°, 20 -j- .6°, 5g 910,31
- — 8 4- 26°, 3g + G»,31 250,34
- — i3 F 26°,40 + 50,98 3ig°,38
- —: 18.. F 26°,22 + 50,60 2530,43
- \ —1 23 -F 250,84 -F 5o,i8 1870,48
- — 28 -j- 250,28 -f- 40,72 121°, 54
- 1. Toutes les heures exprimées en ce Bulletin sont données en temps légal compté de oh à a4h à partir de minuit. Pendant les quelques jours d’application de Vheure d’été, «jouter 1 hepre à jiouteç les heures indiquées ici,
- Lumière zodiacale. — Ce mois est encore très favorable à 1 observation matinale de la lumière zodiacale.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire par les nuits très pures et sans clair de Lune, surtout du i5 au 20 : le i5, à minuit, vers 0 Poissons; le 20, à minuit, au Sud du Bélier.
- Les lecteurs de ce Bulletin qui observeront cette lueur seront bien inspirés de nous en faire parvenir la description, accompagnée de dessins.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois d’octobre, seront les suivantes :
- P. L. le 2, à 5" 2 3”
- » P. Q. le 9, à i8h 34m N. L. le 17, à i8h G"’
- Age de la Lune, le F oJ,2.
- P. Q. le 24, à i8h 3" P. L. le 3i, à 17" 16"
- octobre, à o"=i2j,8; le 1!
- On trouvera l’àge de la Lune, à une autre date du mois, par une opération très simple. On ajoutera autant de jours à l’àge ci-dessus qu’il y aura eu de jours depuis le xer ou le 18. Et si, au lieu de o\ on veut l’àge pour une heure déterminée, ajouter, en outre, 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 9 = -f- 2i° i3' ; le 23 — — 21° 21'. On remarquera qu’à ces dates la Lune occupe sa plus grande hauteur, ou, au contraire, sa plus faible élévation au-dessus de l’horizon, quand elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 octobre, à i\ Parallaxe =54'14". Distance = 4o4 ^20 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 25 octobre, à i3\ Parallaxe = 5g' 15". Distance = 370 ogo km. ~
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 octobre occultation de 61 Gémeaux (gr. 5,8) de a3h 3i“ à o" 3i le 11.
- Le 22, occultation de 14 Sagittaire (gr. 5,6), de 181’ i8ra à 18" 5o“.
- Le 25, occultation de 3o Capricorne (gr. 5,4), de de igh 27” à 20h42“.
- Le 27, occultation de 5o‘Yerseau (gr. 5,9). Immersion seule visible à oh 29'1’. Occultation de<jd Yerseau (gr. 4,5) de 23* 5™ à 23h5om. Occultation de >|»s Yerseau (gr. 4,6)1 de 23h 47”' à oh45m le 28. L'Annuaire astronomique fait remarquer l’intérêt de cette occultation par suite du voisinage d’étoiles assez brillantes. A observer à l’aide d’un oculaire à grand champ.
- Le 3i, occultation de g Baleine (gr. 4,4), de 2211 19™ à
- 23b34,n.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois auront lieu du iur au 5, à l’époque de la pleine Lune, et du 17 au 21, au moment de la nouvelle Lune. Yoici les heures, pour Brest, de ces plus grandes marées.
- Marées du malin. Mardi is du soir
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Oct. ier 3" 3“ om,g6 i5"26“ I 02
- — 2 3" 47“ i“,o5 16"08“ i“,o8
- —> 3 4" 27“ i™ ,09 i6h 46“ i“,o8
- — 4 5" 6“ i“,o5 r7''24“ 1 , 0 2
- — . 5 5", 42“ o“,98 18" o“ o“,g2
- — !7 3" 36“ o“,89. i5h52“ o“,g3
- — 18 4" 9™ om,96 16"26“ o"',q8
- — *9 4h 42“ °m,99 16"5q™ o"',98
- — 20 5" 17“ °"\97 i7h-35m Oln,g5
- — 21 5" 53“ o“,gi i8hi3“ o“,87
- Le mascaret se produira assez fréquemment au début
- du mois, par suite de la grande amplitude des marées. Yoici les heures de ce curieux phénomène :
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villerjuier. Caudebec.
- Oct. 2 i“,o5 . 7" 24“ 8" 1“ 8" 10“
- — 2 i“,o8 ig"43“ 20" 20“ 20"29“
- . —, 3 i“,og 8" o™ 8" 37“ 8" 46“
- — 3 i“,o8 20"18“ 20"55“ 2Ih 4“
- — 4 i“,o5 8" 38“ gi. ,5™ ‘2 4tn
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion
- p.2x66 - vue 517/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : OCTOBRE Lever à. Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5h 58"’ 1 ih 58"’53s i7h19“ I21' 47” — 5° 1' 3a' 3,6 Vierge
- Soleil . . .s 16 6 i3 11 36 19 16 5g i3 24 — 8 48 32 96 Vierge , »
- ' 26 6 29 11 3443 16 4° 14 1 —12 22 32 14 : 4 Balance }
- 1 v 6 5 5i 11 38 17 26 12 43 — 3 16 4-8 y Vierge , Inobservable.
- Mercure. .. 16 6 47 12 0 17 i4 i3 45 — 10 36 4,6 a Vierge ] Conjonction supérieure
- 26 7 3g 12 21 17 3 14 45 — 16 53 4,8 a Balance ’ avec le Soleil le 7.
- 6 9 34 14 17 18 41 i5 23 — 20 11 i5,8 1 Balance
- Vénus. . . 16 10 21 14 26 18 32 16 11 — 23 i5 17,0 a Scorpion ( Dès le coucher du Soleil.
- 26 10 44 14 36 18 29 17 1 < — 23 21 18,4 A Scorpion
- 6 5 14 11 12 17 9 12 19 — 1 3 3,6 y Vierge '
- Mars. . . A 16 5 11 10 56 16 42 12 42 — 3 40 3,6 Y Vierge \ Inobservable.
- 26 5 7 10 41 16 15 i3 7 — 6 16 3,6 0 Vierge ’
- Jupiter. . . 16 i3 9 17 16 21 24 19 4 — 22 5q 35,6 tt Sagittaire Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . 16 8 6 i~3 2 17 58 14 49 - 14 4 i3,8 D Balance Inobservable.
- Uranus. . . 16 i5 5g 21 44 3 3o 23 33 — 3 45 3 6 20 Poissons Dès le début de la nuit.
- Neptune. . 16 0 53 8 0 i5 8 9 47 -f i3 46 2,4 ^ Lion Avant l’arrivée du jour.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- pour 1925 contient les données principales pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d octobre.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 7 octobre. Il sera inobservable pendant tout le mois. Nous donnons, malgré cette invisibilité, le tableau de la phase et de la grandeur stellaire, afin de ne pas interrompre la série.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 °>99 — 1,2
- — 8 °>99 — 1,1
- — 13 °.99 — °>9
- — 18 0,98 0,6
- 23 0,96 — o,5
- - 28 0,94 — 0,4
- On«*remarquera que Mercure étant situé au delà du Soleil — puisqu'il est en conjonction.supérieure — il est éclairé de face (phase : 0,99 à 0,94)*
- Vénus est toujours visible dès le coucher du Soleil; elle brille de mille feux dans le couchant. Elle s’écarte de plus en plus du Soleil, sa plus grande élongation se produisant le mois prochain. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,72 — 3,6
- — 8 .0,70 — 3,6
- — i3 0,69 — 3,6
- — 18 0,67 “3,7
- — 23 0,65 ~ 3,7
- — 28 . o,63 — 3,6
- Mars est -encore très près du Soleil, il est inobser
- vable pendant ce mois-ci.
- Jupiter peut être suivi dès l’arrivée de la nuit. Il se couche de plus en plus tôt et sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 7 octobre. Nous renvoyons, poulies observations de la planète, à ce que nous avons dit les mois précédents.
- On pourra encore observer quelques-uns des curieux phénomènes auxquels donnent lieu les satellites dans leur révolution autour de la planète géante. En voici ci-contre la liste._
- Saturne est inobservable, il sera bientôt en conjonction avec le Soleil. Voici les éléments de 1 anneau à la date du i5 octobre.
- Grand axe extérieur......................... 34",78
- Petit axe extérieur......................... -}-i2",30
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l'anneau................................. -j-200 5o'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ................................... -)—21° I 6'
- Uranus est encore bien placé pour être observé, se couchant plusieurs heures api ès minuit. On peut le rechercher dès l’arrivée de la nuit. Le meilleur moyen de le trouver consiste à utiliser une jumelle et une bonne carte céleste, telle que celle de VAnnuaire astronomique, que nous avons reproduiie dans le « Bulletin astronomique » du n° 2664.
- Neptune se lè\e à présent peu après minuit. On pourra Je rechercher au moyen d’une bonne carte céleste et de sa position que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Oct. 6 9h 46m + i3° 5i' 2", 4
- — 16 9h47m -+ i3° 46' 2", 4
- — 26 9h 48'” + i3°42' 2", 4
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- Ier x9‘ 21 II Im. U ig1" 24“ II P. c.
- 2 19 3 I P.c. l7 20 9 I lin.
- •1 20 2 I I O.c. 18 17 24 I P.c.
- 3 18 29 III O.f. 18 18 4i I O.c.
- 3 !9 29 il 0. f. 18 19 40 I P.f.
- 3 !9 53,1 I E.f. J9 *7 43 IV P. c.
- 10 18 1 t I Im. . r9 18 IM I E.f.
- lu !9 I 111 0. c. 19 ‘9 27 II E.f.
- 10 !9 >9 II O.c. 25 19 22 I P. c.
- 10 *9 28 II P.f. 27 U 22 I O.f.
- I 1 43 1 P.f. 28 17 12 - III E.c.
- I I !9 2 I O.f. 28 l9 4 IV E.f.
- . 17 n 5o III P.c.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le Ier, a i\ Uranus en conjonc. avec la Lune, à 3° 18'N
- Le i2, à 2-21, Vénus
- Le 12, à a3\ Neptune Le 16, à i7h, Mars Le 18, à 5h, Mercure Le 19, à 5\ Saturne Le 21, à 4h, Vénus Le 23, à 17h, Jupiter Le 27, à i4\ Mercure Le 28, à 8\ Uranus
- — ô Scorpion (gr. 2,4)
- à o°. i'N
- — la Lune, à x° 3g' S
- — la Lune, à 4° 12' S
- — la Lune, à 5° 22' S
- — la Lune, à 20 55' S
- — la Lune, à 6° 18'S
- — la Lune, à i° 3y' S
- — Saturne, à 3° 18' S
- — la Lune, à 3° 23' N
- p.2x67 - vue 518/663
-
-
-
- ttBULLBTiN ASTRONOMIQUE ]Mf|
- Etoiles filantes. — Yoici la liste des essaims d’étoiles filantes visibles en octobre, que donne Y Annuaire du Bureau des Longitudes, d'après M. W.-F. Denning.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Oct. ier au 9 24° +“17° 7 Bélier.
- — 7 3i° + 180 a Bélier.
- — 8 43° -f- 56° r, Persée.
- — i5 et 29 1080 + 23° 5 Gémeaux.
- — 16 au 22 9°° + i5° v Orion.
- — 18 au 27 1080 T 12° p Petit Chien.
- — 20 au 27 328° -f 62° a Céphée.
- — 21 au 25 112° + 3o° p Gémeaux.
- — 3i 43° -|- 22° e Bélier.
- — (En) 290 + 8° ’Ç Bale’ne.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 14 octobre, à 3h 4u‘n ; le 17, à o'^i"’; le 19, à 2ih 20"’ ; le 22, à 18’ 9"1.
- Etoile Polaire. — Le tableau ci-après donne les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates Passage. Temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Octobre 8 Supérieur oh 21m 56" 13’1 6ra 2265,
- — i3 — Oh 2m l8s —
- — i3 — 23h 58ra 22s —
- — 18 —- 23h 38m 43s i3h 45w 48"
- — 28 — 221 59“ 24s i4h 25ra i3s5,
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel étoilé le i“r octobre à 2ih, ou le i5 à 20* est le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne ((3, 0, g, 61e) ; Céphée (5, p, y, £) ; Cassiopée (r], t).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, ô, tc) ; le Dragon (v, rp, 0, g); la Grande-Ourse (Ç).
- Au Nord-Est : Le Cocher.
- A l’Est: Le Bélier ( r, 3o, l, 14, e) ; le Taureau (Pléiades, a, fj, x, a, X) ; Andromède (y, it, M. 3i) ; Persée (Algol, £,?)).
- Au Sud : Pégase (e, n, 1,3) ; le Yerseau (Ç, 83 h, x, ip1) ; le Capricorne (a, p, p, 0); le Poisson austral (Fomalhautj.
- A l’Ouest : La Lyre (a, f, Ô, %, rj, ); Hercule (a, x, f, 95, 0, amas); la Couronne (ç, a); Ophiuchus ; l’Aigle (y, i5 h). Em. Touchet.
- <
- VARIETES
- LA FABRICATION
- L’Industrie du cuir comporte une série de préparations fort complexes, qui varient suivant le mode de tannage adopté, et suivant la nature du cuir que l’on se propose d’obtenir.
- C’est ainsi par exemple que l'on emploie le tannage au tan, à l’alun, au fer, au chrome, à l’huile.
- Dans l’industrie du cuir de luxe, la préparation du cuir verni constitue toujours une opération fort délicate. Cette industrie est mal connue, et nous croyons intéresser nos lecteurs en extrayant de la revue La Malle aux cuirs les quelques détails techniques suivants qui montreront les nombreuses phases par où l’on doit passer pour arriver à l’obtention d’un beau cuir verni.
- On vernit diverses sortes de cuir, et pour cela on peut se servir de divers vernis : d’une façon générale cependant les vernis à l’huile de lin sont considérés comme les meilleurs.
- Les peaux doivent tout d’abord être préparées pour le vernissage à l’huile de lin : ces peaux doivent en effet être souples et ne pas casser au pliage. Dans ce but le tannage de ces cuirs doit toujours être très soigné et poussé très à fond. Quand le tannage est terminé, on nourrit le cuir avec un bon dégras à base d’huile de lin ou d’huile de poisson. On suspend les cuirs pour les essorer, puis on les étire, et on les sèche.
- Pour vernir les cuirs, on emploie trois couches : la première, la couche d’apprèt; la deuxième, « couche de noir »; la troisième, « couche de vernis ». Toutes ces couches sont à base d’huile de lin.
- Avant tout il est nécessaire de se servir ici d’une huile de lin de bonne qualité et ayant déposé longtemps dans un réservoir; cette huile est alors transparente et d’un jaune clair. Comme on le sait l'huile de lin possède la propriété de sécher à l’air en donnant une pellicule solide. Cette dessication est due à une oxydation de l’huile. Pour que cette oxydation s’effectue assez rapidement, on lui ajoute un sel de plomb ou de cobalt, mais on peut aussi faire chauffer l’huile assez longtemps à 3oo°.
- Préparation de la première couche ou apprêt. — L’huile utilisée pour la première couche est mise dans un récipient en cuivre à moitié rempli et mélangée avec les matières nécessaires qui suivent, puis chauffée le plus vite possible à haute température. Pour 20 kgr d'huile de lin on emploie :
- 5o gr. de litharge 1400 gr. de bleu de Prusse 400 gr. d’acétate de plomb 3oo gr. de bichromate de potasse
- On chauffe ce mélange à 2000 jusqu’au moment où le
- DU CUIR VERNI
- vernis paraît être à point. Ceci se reconnaît à ce que si l’on met une goutte de vernis sur l'ongle, la masse se laisse étirer en un fil assez long. Le vernis est alors transvasé dans un récipient bien fermé. Avant d’en faire usage on le mélange avec le même poids d’essence de térébenthine en l’agitant fortement. Après cela, le mélange sera filtré sur une gaze fine afin de séparer diverses impuretés.
- Les cuirs devant recevoir la première couche sont tendus sur des cadres. On étale alors le vernis bien également. Cette opération finie, on place les cadres au soleil pour faire sécher le vernis. Cette première couche une fois sèche, on recommence l’opération précédente.
- Les cuirs munis de cette première couche sont poncés, sans les ôter du cadre, avec de la pierre ponce artificielle, puis débarrassés de la poussière. Le moment est alors venu de mettre la couche de noir.
- L’apprêt pour la couche de noir. — Pour préparer cette couche on mélange 40 gr. de litharge avec 20 kgr. d’huile de lin cuite et on fait bouillir ce mélange pendant 3 heures à 2000. Aussitôt après, on y ajoute 6 kgr. de noir d’ivoire, 600 gr. d’acétate de plomb, 200 gr. de borate de manganèse et 200 gr. de bleu de Prusse, puis on continue à faire bouillir cette composition pendant 20 heures.
- On laisse alors refroidir ; avant de faire usage de cette mixture, on mélange 1 kgr. 1/2 de ce produitaveca kgr. 1/2 d’essence de térébenthine et 3/4 de litre de benzine. Puis on ajoute 3oo gr. de bleu de Prusse que l’on mélange avec 3oo gr. de noir de fumée et 200 gr. d’essence de térébenthine. Ces produits seront broyés dans un moulin à couleurs et moulus jusqu’à ce que le bleu de Prusse soit transformé en poudre impalpable. A ce moment le produit de la mouture est mélangé avec la préparation noire antérieure.
- Le vernis est étalé sur les peaux avec beaucoup de soin; ces peaux sont fixées sur des cadres et séchées à 5o°, en terminant ensuite au soleil jusqu’à, ce que le vernis ne colle plus.
- Les peaux ainsi séchées seront enlevés des cadres, mises sur une table recouverte d’un tapis de feutre et poncées.
- Après cette opération, on débarrasse les peaux de toute trace de poussière; on les met à nouveau sur des cadres, et les surfaces vernies sont lavées à l’eau et ensuite bien essuyées.
- Le vernissage. — Nous arrivons maintenant au vernissage proprement dit.
- Pour préparer la couche de vernis on fait chauffer à 2000, 5o kgr. d’huile de lin pendant une heure, on enlève
- p.2x68 - vue 519/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- la mousse qui se forme et on y ajoute les substances suivantes :
- •2 kgr. de bleu de Prusse 7'jo gr. d’acétate de plomb 'jSo gr. de sulfate de zinc -,300 gr. d’acétate de manganèse 5oo gr. de noir de fumée 35o gr. de- litharge
- On chauffe ce mélange jusqu’au moment où le vernis a la consistance convenable. Ce vernis fini est filtré sur de la gaze et on le laisse refroidir. On le dilue ensuite avec de l’essence de térébenthine.
- Il faut que la pièce où l’on opère le vernissage soit exempte de toute poussière, et sans courants d’air. Avant de commencer le vernissage on arrose avec de l’eau les murs et le plancher de la pièce.
- Les ouvriers exécutant ce travail ne doivent avoir sur eux que les vêtements strictement nécessaires pour évi-
- ter toute poussière susceptible de tomber sur le vernis.
- Pour étendre le vernis on se sert d’un pinceau doux et large, on commence à l’étaler de tête en queue, puis en travers. 11 faut effectuer le travail très régulièrement.
- Les peaux ainsi vernies seront remises sur cadre et misesà l’étuve où elles restent à'55°C. environ 18 heures, puis on place toujours sur cadre, au soleil, ou dans une pièce bien sèche jusqu’au moment du séchage complet où le vernis n’a plus de mordant.
- Les peaux seront alors enlevées du cadre, et on nettoie légèrement leur surface au moyen d’une peau' de chamois.
- Il ne faut pas trop essuyer pour ne pas rayer le vex-nis.
- Les peaux ainsi finies, sont mesurées et mises en douzaines.
- Il faut remarquer qu’un grand nombre de procédés existent pour la préparation des vernis à l’huile de lin, Chaque fabrique tx-availle d’après ses propres recettes, qu’elle tient naturellement plus ou moins secrètes.
- I. L.
- 1m
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >
- Conserves au vinaigre. — M. Razès nous communique la l'ecette suivaixte qui permet d’utiliser des oignons, haricots verts, cornichons, poivrons, etc. « Prendre par exemple des cornichons que l’on ^essuie un par un avec un torchon propre (ne pas les mouiller ni à plus forte raison les laver). Cette opération terminée, déposer les cornichons dans une passoire, écumoire, les saler au moyen de sel gros, secouer le tout de façon à bien répartir le sel. La passoire, placée au-dessus d’un récipient destiné à recueillir l’eau qui s’écoulera, est abandonnée une nuit.
- On chauffe jusqu’à ébullition du vinaigre de vin ou d’alcool (bouteille cachetée de préférence, la qualité étant meilleure). On laisse tomber la température de quelques degrés (4 à 5 minutes de repos) et l’on verse le vinaigre chaud sur les cornichons préalablement rangés dans un saladier, soupière, etc. La macération dure une nuit. Api'ès quoi, le vinaigre est repins et chauffé jusqu’à ébullition, puis reversé sur les cornichons, macération 12 heures, i-eprise du vinaigre, ébullition. Pour cette dernière opération, les cox-nichons sont rangés dans le bocal qui doit les contenir. Ce bocal est ensuite fermé simplement au moyen d’un morceau de carton ou de parchemin.
- Mais dès i5 jours après les coimichons sont bons à consommer.
- Ceux que l’été passé nous avions faits avaient vu leux-vinaigre s’évaporer. Malgré qu’ils étaient sans liquide depuis au moins un mois, il nous a suffi d’ajouter du vinaigre bouilli pour qu’après deux jours ils aient repris leur consistance première, aucune moisissure ni graisse n’étaient apparu, ce qui indique combien le pi-océdé est bon. »
- Procédé pour argenture artificielle sur bois et métaux. — Ce procédé est très simple : on fait fondre, dans une cuiller en fer, 20 parties de bismuth et 20 parties d’étain pur. On agite ce mélange, avec un morceau de fer, jusqu’à fonte complète des deux produits.
- On retire alors du feu, puis on ajoute 20 parties de mercure, en mêlant bien intimement, puis on verse sur une pierre ou sur du marbre.
- Le mélange ainsi obtenu, et que l’on réduit en poudre, s’emploie soit avec du blanc d’œuf, soit avec de la gomme arabique. On l’applique, avec soin, sur le bois ou sur le métal, que l’on polit ensuite, pour donner à l’argenture une parfaite netteté.
- Revivification de l’alcool employé pour le séchage des clichés photographiques. — Ainsi que nous l’avons signalé dans une précédente recette, le passage des clichés dans l’alcool après leur obtention est un excellent moyen pour les faire sécher rapidement, mais l’eau apportée par le cliché a le défaut d’abaisser x-api^ dement le degré alcoolique.
- On peut éviter cet inconvénient en plaçant dans le flacon qui sert à emmagasiner l’alcool, quelques morceaux de colle fortfe telle qu’on la trouve dans le commerce, cette substance étant très hygrométrique absorbe l’eau d’appox-t et l’alcool peut aiixsi faire un long usage. -
- Quand la colle est saturée d’eau, elle n’est pas perdue, puisqu’on peut l’utiliser dans les conditions habituelles, pour le collage du bois, du carton, etc.
- Vernis à l’eau. — Le vex-nis à l’eau dont nous donnons la formule ci-dessous, permet de supprimer l’alcool aujourd’hui coûteux, en fournissant dans la plupart des cas, un résultat équivalent à celui des vernis alcooliques.
- Prendre :
- Gomme laque blanche. . . 9 gr.
- Borax pulvérisé.............. 2 gr.
- Carbonate de soude. ... o gr. 5
- Glycérine ........ o gr. 5
- Eau distillée............... 88 gr.
- Dissoudre le carbonate de soude et le borax dans la moitié de l’eau bouillante, y ajouter la gomme laque et après dissolution la glycérine et le reste de l’eau, filtrer au tampon de coton. 1
- BOITE AUX LETTRES
- - -----
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches leplüs souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Ravalement au jet de vapeur MM, Thomas et Harisson, 66, rue de la Condamine, Paris (18e),
- Réponses. — M. L. D., La Bocca (Alpes-Maritimes). — Les modèles de petits motoculteurs d’une largeur égale ou inférieure à o m. 5o ne sont pas nombreux.
- Dans les cultures de jasmin du littoral et étant donné que les plants sont palissés sur fils de fer, avec espacement de 1 m. à 1 m. io, on pourrait envisager l’exuploi de l’un ou l’autre modèle de petits tracteurs dont voici respectivement les caractéristiques :
- Tracteur « Beeman » (La traction et le matériel agraires, Paris, 18, rue de Mogador) : largeur o m. 45,
- p.2x69 - vue 520/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- longueur o m. 85, avec les mancherons 2'm. io, force 4/6 c. v.; poids avec houe, bineuse : 290 kg: hauteur 1 m. ; vitesse en travail : 2 à 3 km à l’heure ; consommation 3/5 de litre à i litre d’essence à l’heure, selon la dureté du sol. Il peut recevoir : charrue, houe-bineuse à 3 rangs, pulvérisateur à disques, herse, scarificateur, houe vigneronne, semoir à 3 rangs.
- Tracteur « Midweet-Utilitor » (tracteur américain) (Geo Dupuy, 31, rue Poussin, Paris, 16e) : largeur 445 mm, longueur totale, 2 m. i3 ; hauteur, gi5 mm; poids, 325 kg. ; vitesse en travail : 4 km à l’heure.
- Un autre modèle de cette marque a o m. 76 de largeur totale.
- Si l’espacement des rangs de la plantation est de 1 m. à 1 m. 10, il semble qn’un tracteur ayant plus de o m. 5o de largeur, pourrait être employé, par exemple, le Bino-Tracteur « Bauche » (Eug. Bauche et Cje, Le Chesnay, près Versailles (Seine-et-Oise), type, G. L. n’ 3, dont la largeur minima est de o m. 70, ou le modèle vigneron GL 5, dont la largeur est de o m. 80.
- l\I. J.-B., avenue Président Krüger (Nantes).— i°Nous n’avons pas publié d’étude sur la culture et le commerce du champignon de couche.
- Pour documentation sur cette question, nous indiquons les ouvrages suivants qui sont les plus modernes que nous connaissons : Manuel du Champignonniste professionnel et amateur, par A. Cauchois, 1 volume, traitant la culture industrielle et commerciale, la venle et la conservation ; Instructions pratiques sur la culture du champignon comestible, par Jacquin, 1 brochure; Le champignon de couche, par Lachaume, 1 volume traitant la culture dans les carrières, dans les caves et en plein air, récolte, conservation et commerce ; Le champignon, sa culture en plein air, dans les caves et dans les carrières, par Laizier, 1 volume. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, (6e).
- 2° La méthode de culture suivie actuellement est, à peu de chose près, la même que celle indiquée par les auteurs relativement anciens. Pour ce qui concerne le rendement, on ne peut le fixer à priori, en raison des variations de prix du fumier à employer et, surtout, de la main-d’œuvre et des frais accessoires, mais on peut dire que, bien dirigée et organisée commercialement, l’industrie champignonnière est d’un bon rapport; ses débouchés sont assurés aux Halles Centrales de Paris, dans les maisons de comestibles et chez les fabricants de conserves.
- Pour avoir des adresses, consulter le Bottin et la Chambre syndicale des Fabricants de conserves.
- Secrétaire : M. Gauthier, Paris, 3, rue du Jour (ier).
- M. J.-H., École normale, Huy (Belgique). — En ce qui concerne la bibliographie relative à Vanatomie du lapin, nous ne connaissons pas de documentation spéciale. Il y a le livre de Ch. Cornevin. Les Petits mammifères de la basse-cour et de la maison (lapins, etc.),
- 1 volume, et les ouvrages traitant de cuniculiculture (élevage du lapin). Mais pour obtenir des indications précises et se procurer un ou plusieurs ouvrages traitant. la question spéciale dont il s’agit, il conviendrait de s’adreser aux librairies ayant ces ouvrages : librairie agricole, 26, rue Jacob', Paris (6°) : Les Fils d’Emile Deyrolle, éditeurs, 46, rue du Bac, Paris (70); J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 19, rue Hautefeuille (6e) ; Librairie des Sciences agricoles (Charles Amat, éditeur), Paris, 11, rue de Mézières (6e).
- D’autre part, voir à la section de cuniculiculture de la Société Centrale d’Aviculture de France, Paris, rue de Lille (7e), et consulter M. Eugène Meslay, cuniculicul-teur spécialiste, à Sourdeval-la-Barre (Manche). Voir à la librairie de la revue Chasse et Pêche, à Bruxelles, 72, rue de la Concorde.
- M. Rollin, à Lyon. — Le formol nous paraît devoir être le meilleur désinfectant à employer pour vos peaux de chèvre, en ayant soin de placer ces peaux dans une caisse fermant hermétiquement et en vaporisant le formol au moyen d’un pulvérisateur. Laisser quelques jours en contact avant d’ouvrir. Nous pensons qu’en opérant ainsi vous obtiendrez tout au moins une grande amélioration. Un autre moyen susceptible de donner de bons résultats serait de saupoudrer la peau avant fermeture de la caisse avec de la farine de moutarde fraîche. Attendre également quelques jours, puis battre la peau avec une baguette souple du côté chair et recommencer au besoin l’opération.
- E. B., à Riom. — La formule suivante de savon à détacher vous donnera certainement satisfaction :
- Savon de Marseille...............25o gr.
- Eau non calcaire.................100 —
- Fiel de bœuf.............. . . i5o —
- Laisser en contact pendant une nuit le savon réduit en copeaux, l’eau et le fiel, puis chauffer au bain-marie en agitant pour rendre homogène jusqu’à consistance de miel. Après refroidissement partiel ajouter :
- Essence de térébenthine. ... 5 c. c.
- Benzine..................... . . 5
- Alcali volatil. ................ 5 —
- Bien mélanger et couler en boîtes. Pour l’emploi, appliquer un peu de savon sur les taches en se servant d’une petite brosse, frotter entre les doigts, puis rincer à l’eau tiède.
- 2° Le perborate de soude ne peut être ajouté à une mixture aqueuse, car il serait décomposé, le mélange n’est possible qu’avec des produits secs.
- 3° Les taches d’encre nécessitent un traitement spécial très différent du savonnage. Un des meilleurs est celui à l’hydrosulfite de soude que l’on obtient facilement en mettant en contact quelques heures du bisulfite de soude, liquide du commerce avec des rognures de zinc. On applique quelques gouttes de la préparation sur les taches puis rince soigneusement aussitôt que la coloration a disparu.
- 4° La soudure en pâte autodécapante s’obtient ainsi :
- F'aire fondre ensemble :
- Etain...................... 55o grammes.
- Plomb .......................45o —
- Après refroidissement, réduire en poudre par limage, puis délayer la poudre obtenue dans quantité suffisante d’un mélange composé de :
- Glycérine....................100 grammes.
- Sel ammoniac. ..... 5 —
- Il suffit d’appliquer un peu de pâte sur les parties à réunir, puis de chauffer modérément sans ajouter d’autre produit, la fusion a lieu vers i5o° C.
- P. V. II., à Louvain. — IL acidification de la colle préparée à la façon ordinaire est cause de la rouille quand l’application a lieu sur fer-blanc; on peut éviter cet inconvénient en préparant la colle comme suit. Prendre :
- Amidon....................... i5 gr.
- Blanc d’Espagne.............. 16 —
- Eau ordinaire . ..... . . 760 — '
- Soude caustique à 200 B. . . . 100 —
- Broyer à sec l’amidon et le blanc d’Espagne, puis y ajouter peu à peu l’eau de manière à obtenir un lait homogène. Finalement incorporer la soude en remuant toujours jusqu’à formation d’une masse gélatineuse, puis délayer si besoin est avec une quantité d’eau suffisante pour avoir la consistance cherchée. Cette colle ne peut s’acidifier par suite de sa forte alcalinité et la rouille du support n’est plus à craindre.
- Ecole Fellctin, Creuse. — ie Un des ciments les plus pratiques pour recoller les objets en verre est un mélange de chaux éteinte et de fromage blanc. Vous pouvez également employer un mélange de blanc d’Espagne et de silicate de soude, appliqué aussitôt préparation. Enfin, si l’objet est assez mince pour supporter l’action de la chaleur sans éclater, le chauffer dans la cendre chaude, enduire la tranche des fragments de gomme laque blanche, rapprocher, serrer fortement jusqu’à refroidissement complet.
- 20 Vous pourrez vous procurer de Y huile de cèdre épurée, chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince au prix d’environ i5 francs les 100 grammes.
- Pensionnat Hachy, Belgique. — Le meilleur moyen ' pour protéger vos tables de laboratoire en bois, du contact des acides, est de les revêtir d’une peinture au
- caoutchouc. Prendre :
- Caoutchouc pur Para.......... 125 gr.
- Tétrachlorure de carbone . . . 1000 c. c.
- Benzine . . -.............. . 5oo —-
- Laisser digérer pendant plusieurs jours dans un flacon bien bouché en agitant souvent de manière à obtenir un liquide sirupeux. N
- Ajouter environ 5o cm3 de la mixture à un kilogramme de peinture préparée de la façon habituelle, de la teinte choisie et appliquer au pinceau, la surface ayant été au préalable bien nettoyée et débarrassée de tout enduit par lavage à l’eau seconde (lessive de soude caustique à 5° B), puis rincée à fond et séchée.
- p.2x70 - vue 521/663
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- Pour comprendre le Ciel et VAtmosphère, par J. Rouen, i vol., 35-2 p., 34o fig. Hachette et G10, éditeurs, Paris, J925, Prix : 20 francs.
- Le nouvel ouvrage de M. Rouch traite d’astronomie et de météorologie ; mais en faisant un choix dans ce vaste domaine. C’est surtout un livre d’initiation, très judicieusement composé, et d’une lecture fort agréable. Il veut apprendre au touriste à regarder les spectacles si divers que lui offre la nature, à les observer et à les comprendre. Le firmament et ses constellations, la Terre) sa forme, ses’mouvements, le Soleil, la Lune, les planètes, la mesure du temps, les éclipses, l’étude des climats, celle de l’atmosphère, la prévision du temps sont les principaux sujets successivement abordés. Une très jolie illustration contribue à augmenter encore le charme de cet ouvrage.
- Un grand métallurgiste Alexandre Poii'cel, par G. Magnent, i brochure, 5a p., 1 portrait, Saint-Etienne, 19, rue du Grand-Moulin) 1925.
- M. Poùrcel est peu connu en France, en dehors d’un petit cercle de spécialistes. C’est cependant un savant, dont les recherches font honneur à notre pays ; elles ont eu une grande et heureuse influence sur les .progrès de la métallurgie. La Société des Anciens ' Elèves de l’Ecole des Mines de Saint-Étienne, pour fêler le soixantième anniversaire de l’entrée de M. Pourcel dans l’industrie, après l’achèvement de ses études à l’Ecole de Saint-Etienne a eu l’heureuse idée de résumer, en une instructive brochure, la carrière et l’œuvre de l’éminent métallurgiste.
- Annuaire statistique de la France (40e volume), 1924. 1 vol. 4o% p. Imprimerie Nationale, Paris, 1925.
- Le 40e volume de la précieuse publication du Service dé la Statistique générale de la France contient surtout des tableaux rétrospectifs remontant parfois v.jusqu’au' début du xix° siècle. Ils permettent de suivre les modifications démographiques, et écono-_. miques du pays ; et grâce aux tableaux analogues poqr les pays étrangers, de leur comparer l’évolution . 'des autres nations.
- JJ Automobiliste pratique, par H. Georget. i vol. i58p.,
- ' 108 fi g. Hachette, Paris. Prix : 7 fr, 5o.
- C.efpetit manuel élémentaire est à l’usage de l’aulo-ïnobiliste. débutant. 11 y trouvera tout d’abord la des-v .criptibn Mes organes essentiels de la machine, et l’explication très claire de leur fonctionnement accom-’ pagnée d’excellentes figures ; puis des conseils pour PappTéniiséagè de la conduite, la tenue de la route, le respect du Code de la route, la recherche des vpanngs et la repàràfion.
- Choix, Dépenses, Conduite d’une voiture automobile,
- 1 par P. Prévost. 1 vol. de vm-3i2 p., 3o fig: Dunod, éditeür,. Paris, rqa5. Prix ; relié 16 fr. 5o. '
- y. Après avoir : donné , des indications pour l e choix , d’une;voiture, l’auteur analyse le budget de l’automo-% x-jbilistè et expose les formalités à remplir. 11 rappelle
- ensuite les notions indispensables sur la boîte de vitesse,, l’embrayage, l’accélérateur, les freins, puis il
- 3. indique çeqque tout chauffeur doit faire avant le dé-f part. Uné fois sur la route, il le met en présence de tOutesyleS difficultés, lui apprend à se perfectionner dans l’utilisation de sa voiture.. Il étudie ensuite l’éclairage, puisTes pannes/Après des conseils s’adres-< sant à ceux • qpi veulent acquérir une voiture d’occa-r sion, l’auteur terminé par le Code de la route. .
- ’Èeiiseignement de la comptabilité des prix der revient dans les Universités et Ecoles Supérieures aux'- Etats-Unis, ‘par.P. M. Atkins. 1 vol.: 110 p. Eyrolles, édi-.„ tteur,«Paris^ 1925* .Prix. 5 ro francs. . ; .....
- La comptabilité des prix de revient est un des éléments importants d’une organisation industrielle moderne et rationnelle. Il ne faut pas la confondre avec la comptabilité générale, celle-ci est le tableau des transactions effectuées par l’établissement; la première est le registre, exprimé èn valeurs, de ce qui s’y passe, C’est, quand elle est intelligemment exécutée, un moyen de contrôle de la fabrication, d’une importance capitale. Pour être efficace, elle doit être dirigée non par un simple comptable comme on le fait trop souvent, mais par un homme ayant une formation analogue à celle d’un directeur d’usine. Aussi, certaines écoles et universités améri-
- , caines ont-elles créé des cours spéciaux dans ce but. L’auteur nous apporte la substance essentielle de l’enseignement donné aux Etats-Unis ; il dit d’abord ce qu’est la comptabilité des prix de revient, comment elle se doit pratiquer, les divers services qu’elle doit rendre. 11 montre ensuite à qui et comment elle doit être enseignée. Ce livre, qui abonde en suggestions intéressantes, mérite d’être lu et médité par tous les industriels. En la période de pénitence financière que nous traversons, il pourra guider nombre d’entre eux dan-= la bonne voie de la réorganisation rationnelle.
- Le Roman d’une épidémie parisienne. Le vol à l’étalage dans les grands' magasins, par A. Antijeau.me. 1 vol. in-16, 228 p. Doin. Paris. Prix : 7 francs.
- L’auteur considère la Kleptomanie, non comme une maladie mentale, mais comme un délit, ce qui est vrai dans un assez grand nombre de cas.
- 11 analyse cetfe épidémie d’un nouveau genre, il en cite de nombreux cas pittoresques et il propose un remède : la surveillance ostensible des magasins, le châtiment exemplaire des délinquantes.
- Le secret de la vie, par Y. Forbin. i vol. 256 p. Editions Baudinière, rue du Caire, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Notre excellent collaborateur et ami, M. Y. Forbin, publie un nouveau roman d’une grande originalité, dont la passionnante intrigue se déroule dans une ambiance scientifique. Le domaine qu’a choisi l’auteur est la biologie, ce qui ne veut pas dire qu’il ait eu l’intention d’écrire sur ce sujet un « manuel à l’usage des gens du monde! » Mais, avec son talent d’écrivain vulgarisateur, il a su exposer des questions de haute science d’une façon si claire et si attrayante que le lecteur, loin de s’en fatiguer, éprouve bientôt le désir de les étudier plus à fond.
- Mais ce n’est là qu’une des faces de cette œuvre qui met aux prises (parmi de multiples personnages) une jeune savante élevée dans l’irréligion et un jeune marin qui n’a que da « foi du charbonnier » à opposer à ses arguments matérialistes. Ils sont aussi sincères l’un que l’autre dans leurs croyances, et l’amour, après de dramatiques et: poignantes péripéties, triomphera du différend. . ^
- L’un des personnages de premier plan est uue figure bien moderne ; c’est un de ces demi-savants à qui leur état de fortune permet de cultiver les sciences en amateurs, et qui sont parfois, de dangereux « touche-à-tout ». Un autre personnage dira à son sujet : « Un savant qui change trois fois de champ d’études en quelques années, c’est un papillon qui folâtre sur les plates-bandes. Il faut s’arrêter à une fleur, et en épuiser le nectar. » ;
- • L’action se déroule dans une île déserté des Antilles, cadre qui nous vaut de belles descriptions de forêts-vierges; la scène du naufrage, qui jette sur le rivage le jeune marin, et la passagère qu’il arrache aux dents des requins, produit une impression très vive. On sent que l’auteur raconte là des choses que ses yeux ont vues.
- Ajoutons — ce qui n’est pas une remarque inutile par le temps qui court ! — que ce roman peut être mis dans toutes les mains..
- p.2x71 - vue 522/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2683
- 5 Septembre 1925
- La téléphonie haute fréquence sur les lignes à haute tension. — La téléphonie au moyen de courants porteurs à haute fréquence a été inventée en 1886 par Maurice Leblanc.
- Il n’a manqué à ce grand inventeur pour le réaliser pratiquement qu’un outil commode permettant de produire des courants à haute fréquence. Cet outil existe depuis l’invention de la lampe génératrice à 3 électrodes. Aussi la téléphonie haute fréquence commence-t-elle à se développer aujourd’hui grâce au matériel créé pour sa sœur cadette, la radiotéléphonie. L’intérêt de la téléphonie à haute fréquence, c’est qu’elle permet de transmettre simultanément un grand nombre de communication sur le même fil, en employant des courants porteurs de fréquence différente. Ces communications sont triées automatiquement à l’arrivée.
- Une autre application, d’un intérêt peut-être plus restreint, néanmoins importante, est, dans les distributions d’énergie électrique, la création de liaisons instantanées entre les postes principaux de distribution, utilisant les lignes mêmes qui servent au transport du courant. Ces liaisons sont absolument indispensables au bon fonctionnement de l’exploitation.
- On peut évidemment les obtenir par le téléphone ordinaire; mais cela implique la création d’une ligne privée spéciale ou l’emploi de lignes spécialisées du réseau d’Etat. L’une et l’autre solutions sont fort onéreuses.
- C’est pourquoi l’on a songé à utiliser le système si souple et si séduisant de la téléphonie à haute fréquence sur les lignes mêmes du réseau électrique.
- Mais l’adaptation du procédé à ce cas particulier comportait de sérieuses difficultés. La principale était le couplage entre les appareils à haute fréquence et la ligne à haute tension. Dans le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, M. R. Thibaudin expose en détail les essais effectués par la Société des Forces Motrices du Haut-Rhin pour réaliser un système de communications à haute fréquence répondant à toutes les exigences de l’exploitation. Après toute une série d’essais méthodiques, les différents problèmes posés ont pu ètx-e heureusement résolus, notamment grâce à la collaboration de M. Marius Latour, un de nos grands électriciens, qui a su indiquer des solutions ingénieuses et efficaces de toutes les difficultés révélées par la pratique. Après les tâtonnements inévitables du début, d’excellents résultats ont été obtenus. « Il semble bien résulter d’une expérience de deux années, déclare M. Thibaudin, que les postes haute fréquence bien montés et surveillés, branchés sur des réseaux en bon état, ont reïidu de réels services comparables à ceux de la téléphonie ordinaire ».
- Au surplus le nombre des liaisons de ce genre en fonctionnement ou en projet, pour la France seulement, est déjà important. Yoici les plus remarquables.
- Réseau 120000 volts de la Basse-Isère (Beaumont, Honteux, Saint-Etienne, Saint-Chamond, 90 km.).
- Réseau d'Etat à 120000 volts (provisoirement à h5obo) avec 3 postes en fonctionnement reliant Laneuveville devant Nancy à Conflans-Jarny (92 km.), et cette dernière localité à Forbach (q5 km.) deux postes doivent en outre être montés à Mohon et Landres.
- Chemins de fer du Midi (iSoooo volts) entre Lannemezan et Laruns (115 km.), Lannemezan et Dax (i5a km.) ; Lannemezan et Bedous (i45 km.) ; Dax et Pessac (r3o km.).
- Forces motrices du Ilaut-Rhin (i35ooo volts provisoirement 70000 volts) entre Ile Napoléon et Mulilberg (100 km.).
- En outre, des liaisons sont projetées sur ce réseau pour réunir l’Ile Napoléon respectivement à Ronchamp, Laufenburg.et Beznau.
- Nouveaux usages du soufre. — La Revue Universelle des Mines signale de nouveaux usages du soufre pratiqués aux Etats-Unis. Ils consistent à utiliser ce métalloïde dans la construction, en l’associant bien entendu à d’autres substances. Car, si le soufre a l’avantage de fondre à basse température, d’être mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité, et d’être relativement peu coûteux, par contre sa fragilité et son inflammabilité en interdisent l’emploi à l’état pur.
- La Texas Gulf Sulphur C° de New-York a cherché à surmonter ces difficultés en imprégnant ou en mélangeant certaines matières avec le soufre.
- Le mortier de Portland, par exemple, peut absorber jusqu’à 17 pour 100 de son poids de soufre fondu et donner un produit imperméable à l’humidité et d’une grande résistance mécanique. A ce soufre, on peut joindre des oxydes métalliques, servant de pigments, en vue d’obtenir des effets décoratifs.
- Une autre application a été faite en imprégnant de soufre des briques de ciment et d’amiante obtenues par très forte compx'ession. C’est la pierre artificielle dénommée « Petrosul » qui ressemble à l’ardoise, et peut lui être substituée à condition de ne pas devoir ctre soumise à des températures supérieures à no0.
- La pâte de bois pressée, et imprégnée de soufre, acquiert des qualités de résistance mécanique et de résistance à l’humidité.
- On fabrique ainsi, sous le nom de « Fibresul », des tubes en pâte de bois contenant 38o à 890 pour 100 de soufre. Le « Lavasul » est un produit formé par un mélange de 40 pour ioo de coke et 60 pour 100 de soufre. Il est à l’épreuve des acides nitrique, sulfurique et chlorhydrique dilués; par contre, il est attaqué par les acides sulfurique et nitrique concentrés et par les alcalis caustiques. Le soufre peut encore être utilisé pour l’imprégnation du bois. Celui-ci peut absorber jusqu’à son poids de soufre, absorption favorisée par l’emploi du vide.
- On utilise encore le soufre pour protéger le pied des poteaux télégraphiques, de la façon suivante. On fait dans le sol autoixr du poteau une cavité d’envii'on o m. 3o de profondeur; dans celle-ci on place la partie cylindrique d’une boîte dans laquelle on coule du soufi'e fondu qui forme ainsi un fond imperméable en forme de cuvette. L’espace annulaire ainsi obtenu est rempli de créosote qui, au bout d’xxn certain temps, est complètement absorbée par le bois.
- Découverte de l’agent sensibilisateur de plaques photographiques au gélatinobromure- — On connaît l’extraordinaire sensibilité à la lumière des plaques, photographiques à support de gélatine. Mais la cause de cette sensibilité était restée jusqu’ici mystériexxse.
- Elle réside évidemment dans la gélatine ; mais toutes les gélatines ne donnent pas à cet égard les mêmes résultats. '
- Cei’taines gélatines sont photographiquement plus actives que d’autres, et cependant la constitution chimique de la substance parait être la même dans tous les cas. M. Sheppard, du laboratoire de recherches de la Eastman Kodak C°, s’est attaché à découvrir la raison de ces différences, et il a été ainsi conduit à découvrir l’agent sensibilisateur de là gélatine.
- C’est une substance organique complexe connue sous le nom d'allylthiourée. Yoici comment le D‘ Sheppai'd a été conduit à ce résultat. Son collaborateur, M. Pun-nett, a tout d’abord réussi à préparer avec des gélatines actives un extrait qui, ajouté à une gélatine relativement inerte, conférait à celle-ci l’« activité » des bonnes gélatines. L’existence d’un principe activant était donc hors de doute. Restait à identifier ce principe. On’ observa qu’il se ti'ouvait contenu dans les solutions acides déchaulantes employées dans la préparation de la gélatine. Et l’on traita plusieurs milliers de litres de ces solutions pour en extraire l’agent cherché. On constata aussi son existence dans nombre de végétaux, surtout dans les graines de moutarde noire.
- Cette constatation donnait tout naturellement à'penser qu’il s’agissait d’un produit allylé. Des essais entrepris sur de nombreux composés allyliquês, il résulta finalement l’identification de l’agent actif avec l’allylthiourée. La proportion de ce corps nécessaire pour- sensibiliser la gélatine est du reste infime. Les teneurs des gélatines sensibles sont comprises entx'e 1/1 000000 et i/3ooooo.
- C’est l’allylthiourée qui crée les points sensibles où s’amorce le développement, dans les particules de bromure d’açgent incorporé à la gélatine. Ces points sensibles sont formés de sulfure d’argent résultant d’une combinaison de la substance organique avec le bromure
- U 73
- tn
- p.2x72 - vue 523/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- d argent, mais l’allyllhiourée lumière.
- seule est insensible à la
- Certains composes du sélénium et du tellure jouissent de propriétés analogues; ils peuvent de même constituer des agents sensibilisateurs, en créant des points sensibles formés de séléniures ou de tellurures d'argent.
- Fabrication de la pâte à papier avec le bois dur.
- L épuisement des ressources en bois tendres pour la fabrication de la pâte à papier a incité la puissante firme américaine Ford Motor et C° à poursuivre des recherches en vue d utiliser, pour cette fabrication, les bois durs.
- Le fait est d’autant plus intéressant que c’est la première fois que l’industrie papetière parvient à convertir du bois dur en pulpe par un procédé à la soude, et à obtenir de bons résultats dans l’utilisation de cette pulpe. Jusqu à ce jour, on ne traitait que le sapin, le peuplier, et plus récemment le pin maritime (procédé Rinman).
- La firme Ford Motor C° consacre à celte utilisation tous les fragments de bois qui proviennent de ses ateliers de carrosserie ; .elle réalise ainsi une nouvelle économie dans la consommation du bois.
- Voici le processus de cette transformation du bois dur en pâte à papier :
- Les fragments de bois sont d’abord réduits, mécaniquement, en éclats et copeaux transportés ensuite dans un immense digesteur, qui peut en recevoir, par fournée, 9 tonnes,
- Ces copeaux et éclats sont composés, en moyenne, de 75 pour 100 d’érable et de 2.5 pour 100 de chêne, hêtre et autres bois durs; ou y ajoute 20 25o litres de solution caustique de force suffisante pour réduire ces éclats et copeaux en fibre de haute qualité, pendant sept heures de cuisson, à 110 livres de pression-vapeur.
- Lorsque la cuisson est terminée, la fibre passe, à 1 aide de pompes, dans les laveurs, et on procède à un lavage complet.
- Le rendement équivaut, — d’après le Moniteur de la papeterie belge — à 100 pour 100 de fibre absolument prête et utilisable par les manufactures de papier.
- Ainsi, la puissante firme d’automobiles trouve la récupération fort avantageuse, pratique et économique d un tonnage énorme de déchets de bois durs provenant de ses nombreuses usines.
- En Amérique, les peuplements de bois propres à la fabrication de la pâte à papier s’épuisent relativement, mais il existe encore des forêts de bois durs constituant un tonnage considérable. En outre, l’industrie papetière des Etats-Unis peut compter sur les immenses ressources forestières du Canada.
- D’après la Revue universelle de la papeterie, la question du bois dur, à peine évoquée de loin en loin, était considérée comme insoluble, et en France, pas plus qu’ailleurs, en Europe, on n’y prêtait une sérieuse attention.
- L’industrie papetière française doit donc s’intéresser aux résultats obtenus aux Etats-Unis et chercher à se libérer, elle aussi, de la grande sujétion causée par l’affaiblissement des ressources en bois tendres. Henri Blin.
- indicatifs commencent par la lettre K, suivant les décisions du Congrès international de Paris.
- Voici quelques-uns de ces indicatifs communiqués par M. E. Kleiber de Colmar :
- *Kc8 Funktechnischer Verein Berlin.
- Kd6 Deutscher Radioclub Berlin, Gruppe Wanseebahn. **Ivdg Funktechn. Verein Berlin, Gruppe Elektrowerke. **IÜ2 Badische Gesellschafl fur Radiotechnik, Karlsruhe. Kji Wesldeulscher Funkverband, Münster i. W.
- Ivk5 Südwestdeutscher Radioclub, Frankfurt a. M.
- **Kk6 Physikalisches Institut der Universilat Marburg. Kpo Funktechn. Verein, Ortsgruppe Magdeburg.
- K5q Funkverein Cassel.
- Kq7 Deutscher Radioclub, Gruppe Cotlbus.
- ’**Kiw Funkverein Halle a. S.
- **Ky4 Oberdeutscher Funkverband Stuttgart.
- **Ky5 Funkverein Stuttgart.
- *Ky6 Funkverein Vaihingen a. d, Enz (Enzweihingen).
- La « T. S. F. Moderne » annonce qu’une nouvelle station à grande puissance est en voie d’achèvement à Charlottenburg. La station a une puissance de 2 kilowatts-antenne en téléphonie.
- L’antenne est en T 'à 5 fils, elle part d’une tour de i3o m. de haut pour aboutir à un màt auxiliaire de 80 mètres. 11 est question d’établir prochainement à Hambourg un poste de même pùissance.
- La radiophonie en Angleterre. — La nouvelle station à grande puissance de Daventry, qui a remplacé celle de Chelmsford, a été inaugurée officiellement le 27 juillet 1920. On annonce que cette station aura au moins une puissance de 3o kw, ce qui lui permettrait d’être entendue aux Etats-Unis. En tout cas, actuellement, ses émissions sont fort bien entendues dans toute la France.
- L’assemblée générale de la « British Broadcasting Company » vient d’avoir lieu récemmenL. D’après le rapport présenté aux actionnaires, il y aurait actuellement 10 millions d’auditeurs anglais, réguliers ou occasionnels, et l’on peut prévoir qu’il y en aura 20 millions d’ici deux ans.
- La compagnie a l’intention de coordonner de pins en plus son activité avec celle des autres sociétés européennes de radiophonie, et de faire de la radiodiffusion un moyen d’éducation intellectuelle et sociale en même temps qu’une merveilleuse source de distractions variées.
- La T. S. F. aux Etats-Unis. — La station de Schenectady émet actuellement sur 4 longueurs d’onde différentes : 1660, 38'o, 109 et 38 mètres. 11 est ainsi possible aux ingénieurs de la « General Electric Cy » de se rendre compte des modalités de la propagation suivant les longueurs employées.
- D’après un rapport de la « Radio Corporation », il serait question de construire une station de radiodiffusion de 5o kilowatts.
- Insectes chantants. — On sait que le commerce des insectes chantants : grillons, cigales, sauterelles, est une des curiosités du Japon, où on les tient d’ailleurs en grand honneur.
- Cette même tradition se rencontre aussi en Italie et plus particulièrement à Florence où elle se perpétue sur la belle promenade des Cassines.
- Il n’est pas d’enfant qui n’y arbore dans une minuscule cage de fin osier ou de fil de fer un « grillo canterino » posé sur une feuille verte, cependant que dames et jeunes filles vont chargées de fleurs et de rameaux.
- Nouvelles de T. S. T.
- La T. S. F. en Allemagne. — La nouvelle station radiophonique à grande puissance de Kônigswüster-hausen, qui doit émettre régulièrement sur i3oo m. de longueur d’onde, fait presque tous les soirs des essais de transmission.
- On peut entendre assez facilement ces émissions à Paris avec un poste à 3 ou 4 lampes.
- Un certain nombre de postes d’émission privés ont été autorisés, ils émettent sur ondes courtes et leurs
- La radiophonie en France. — Le poste de Marseille P. T. T. vient de commencer ses émissions. L’administration des postes possède ainsi actuellement 4 stations en France, soient : . .
- Paris (Ecole supérieure). Longueur d’onde 458 m.
- Lyon-La Doua.......... — 480 m.
- Marseille ........... — 35o m.
- Toulouse.............. — . 3io m.
- La modulation de la station de l’Ecole supérieure des P. T. T. est meilleure, mais la puissance n’a pas été augmentée.
- Une entente est intervenue entre le poste du « Petit Parisien » et le poste « Radio-Toulouse ». Aux termes de cet accord, le poste Radio-Toulouse pourra retransmettre une fois par semaine les radio-concerts du « Petit Parisien ». Les premières émissions par relai auront lieu'sans doute au mois d’octobre.
- Il est infiniment regrettable que, dans une grande partie de la France, il soit plus facile actuellement d’entendre les émissions des stations anglaises ou allemandes que celles des stations françaises, et il faut espérer que l’hiver de 1925-1926 amènera une amélioration profonde de la radiophonie française.
- ^ P. Hémakdinquer.
- p.2x73 - vue 524/663
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- $e> 'Electricité
- Chauffe-rivets électrique. — Le rivetage est une des opérations essentielles de la construction métallique ; il intervient dans la construction des chaudières, des réservoirs, des ponts, des navires, etc. On sait en quoi il consiste, le rivet chauffé au rouge blanc est introduit dans un trou percé à travers les tôles à réunir. On
- Fig. i. — Chauffe-rivets électrique.
- écrase au marteau l’extrémité qui émerge de ce trou, et l’on forme ainsi une seconde tête. En se refroidissant le rivet se contracte et donne un serrage énergique.
- Le chauffage des rivets a donc une importance considérable ; tout le monde a pu le voir pratiquer dans les chantiers de construction en plein air ; en général, on se sert de fours portatifs très simples, feux de forge, chauffés au coke ou au charbon de bois ; dans les usines on emploie des fours du même genre, et parfois aussi des fours chauffés au mazout ou au gaz. Ce mode, de chauffage, est d’abord antihygiénique quand il est pratiqué dans un local clos, parce qu’il y répand du gaz carbonique et de l’oxyde de carbone délétère.
- En outre il est extrêmement défectueux au point de vue économique : la chaleur du combustible y est très mal utilisée. De plus, il faut toujours un certain temps pour portey le chauffe-rivets à la température voulue, temps perdu pour le travail et consommant du combustible en pure perte.
- Pour éviter ces divers inconvénients, le chauffage électrique se présente immédiatement à l’esprit; c’est en principe un mode de chauffage onéreux ; mais dans le cas actuel, comme dans beaucoup d’autres cas particuliers, les commodités d’emploi du courant, la faculté de concentrer la chaleur dans l’objet à chauffer, d’interrompre le courant dès qu’il n’est plus nécessaire, rendent le chauffage électrique en réalité plus économique que tout autre. Il a en outre l’avantage évident de ne donner aucun dégagement de produits délétères. '
- Sur ce principe on a établi un chauffe-rivets très pratique et qui a fait maintenant ses preuves dans les principaux établissements de chaudronnerie.
- L’appareil est établi exclusivement pour le courant alternatif ; un transformateur abaisse la tension du courant du secteur, et alimente l’appareil avec un courant de faible tension et de grande intensité; on sait que pour les effets calorifiques l’intensité seule entre en jeu.
- Le rivet à chauffer est maintenu entre deux fortes
- pièces de cuivre disposées l’une au-dessus de l'autre et qui constituent les électrodes d’amenée du courant ; la pièce supérieure est fixe, la pièce inférieure est portée par l’extrémité d’un fort et large ressort en cuivre qui fait partie du circuit électrique du courant de chauffage, et qui sert en outre à repousser la pièce inférieure mobile vers la pièce fixe, et à assurer ainsi l’immobilité du rivet, ainsi que son parfait contact avec les deux électrodes. Le courant passe et est transformé en chaleur presque entièrement dans le rivet qui, en raison de sa section relativement faible par rapport à celle des autres conducteurs du circuit, offre une résistance électrique élevée.
- Quand le rivet est à la température voulue, l’ouvrier le saisit avec une pince et appuie sur une pédale qui, faisant descendre la pièce de cuivre inférieure, dégage le rivet.
- Notre figure représente un chauffe-rivets électrique pour courant triphasé permettant de chauffer 3 rivets. L’appareil est monté sur roues et muni de brancards, ce qui permet de le déplacer aisément.
- Il existe également des modèles pour chauffer à la fois 4 et 6 rivets.
- Constructeur : Société d’Electricité et d’Electro-outillage, 17, rue Dieu, Paris.
- Electroscope pour le contrôle de la laine et de la soie. — Le professeur Bernini, de l’Institut technique de Gênes, a inventé récemment un électroscope pour le contrôle de la laine et de la soie. Yoici, d’après L’Avenir textile, en quoi consiste cet ingénieux appareil.
- Il a la forme et les dimensions d’un petit réveil-matin, avec des plaques de verre sur les deux faces, et est portatif.
- Un bouton C se trouve à la partie supérieure et est fixé à une plaque centrale. Sur le côté se trouvent deux plaques verticales munies chacune d’une feuille d’or. Dans la position de repos, ces plaques sont pressées contre la plaque centrale pour éviter les ruptures des feuilles d’or.
- Pour employer l’appareil, on tire à l’extérieur les boutons A et B, puis on frotte une baguette d’ébonite fournie avec l’appareil sur un morceau de laine, et on la fait glisser deux ou trois fois contre le bouton C dans la position indiquée en E. Aussitôt les feuilles d’or se placent horizontalement, ce qui indique que la plaque centrale a reçu une charge électrique.
- Lorsque l’appareil est ainsi chargé, on touche légèrement le bouton C avec une des extrémités de la matière à examiner. Si les feuilles d’or restent horizontales, cela signifie que la plaque centrale est restée chargée d’électricité et qu’en conséquence l’étoffe en essai n’èst par conductrice ou est isolante. Le tissu est alors de la soie pure non chargée ou de la laine pure.
- Si, au contraire, les feuilles d’or s’inclinent plus ou
- Fig. — Electroscope pour le contrôle de la laine et de la soie.
- moins dans la position D, cela signifie que l’étoffe contient du coton ou de la soie artificielle, ou de la soie chargée. Si la chute est complète, le tissu est du coton pur, de la soie artificielle ou de la soie naturelle ayant reçu une forte chai’ge.
- Automobilisme
- « L’Intraflex », chape et chambre à air pour
- pneus. —- Cet équipement automobile |iig. 3) qui consiste en une cloison de paQutçfipuç,. ayant la forme d’un
- p.2x74 - vue 525/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- croissant avec nervures ou saillies et pouvant se loger ‘dans toute enveloppe de pneumatique, a- pour objet de constituer dans l’enveloppe même deux chambres distinctes dont l’une fonctionne comme « creux » et l’autre comme « pneu ».
- Ses avantages sont nombreux : maintien de l’enveloppe, sans affaissement ni déformation en dehors de la normale ; réduction du volume de la chambre à air, dont l’axe est rapproché de la jante de la roue ; souplesse plus grande par suite de l’élasticité triple et du triple effet provenant des modes d’action différents de la bande de roulement, de la section du « creux » et de la section du « pneu » ; décomposition et amortissement des chocs; possibilité de ventilation des canaux de la section du creux, ce qui empêche toute accumulation de chaleur, et par conséquent tout échauffement nuisible de l’enveloppe pneumatique ; marche normale et continue sur les parties portantes du « creux » que supporte le « pneu » avec sa souplesse constante, rendant le roulement aussi régulier et uniforme que possible sans les durs et fréquents ressauts habituels, lesquels, on le sait, déterminent l’usure rapide du bandage en en diminuant l’adhérence au sol et par suite la vitesse ; soutien et renforce-
- Fig. 3. — Cliapc a L’Inlrallex ».
- ment de la partie de l’enveloppe voisine des talons, évitant ainsi la désagrégation des cordes, cause fréquente d’éclatement en cet endroit; suppression pour ainsi dire complète des éclatements, tant du fait de l’amortissement des chocs et de la ventilation des canaux empêchant toute accumulation de chaleur susceptible de provoquer l’excès d’échauffement et de dilatation des gaz, que du renforcement de la partie faible de l’enveloppe, sans parler de la réduction du volume de la chambre à air et de son extension possible par compression des saillies du « creux » ; protection de la chambre à air contre les perforations; au cas même de crevaison, soutien et appui de Yintraflex ayant pour effet de faire obstacle dans une large mesure à l’affaissement du boudin, de rendre peu sensible la dénivellation de l’essieu et de supprimer, de ce chef, tout risque de capotage ; meilleur et plus long usage de l’enveloppe, moindre usure de la bande de roulement.
- 11 n’est pas plus difficile de monter ou de démonter un pneu muni de la chape intraflex qu’un simple pneu ordinaire attendu que la façon de procéder est la même. Un tableau de gonflage indique^ la pression à obtenir suivant la section de l’enveloppe.
- Fabricant : L’Intraflex, 24, rue des Belles-Feuilles, à Paris (16e).
- Avertisseur optique « Lumino » pour automobiles. — Cet appareil a pour but d’éviter à l’automobiliste tous gestes pas toujours commodes à exécuter pour indiquer qu’il va changer de direction ou d’allure. Il comporte : deux commutateurs fixés sur un des bras du volant par un collier de serrage, ce qui évite tout perçage; l’un de ces boutons est rouge et se trouve à gauche, l’autre est vert et est à droite ; un carter indicateur qui se,fixe à l’arrière de l’auto au moyen d’une ferrure à T dans la position choisie; deux flèches de sens opposé et le mot « Stop » figurés sur le cadran, une boîte de connexion à 4 homes dont le socle se place sous le capot ; enfin une] lampe témoin sur le tablier de la voiture.
- Ainsi en appuyant sur le bouton de droite (vert), l’automobiliste indique à ceux qui le suivent qu’il veut
- Volant
- Com ?
- iSTOP
- Fig. 4. — A, en appuyant sur le commutateur de droite, on indique que l’on va tourner à droite; B, en appuyant sur les deux, on indique un ralenti ou un arrêt.
- tourner à droite (fig. 4); s’il appuie sur le bouton de gauche (rouge), c’est qu’il va tourner à gauche; en appuyant simultanément sur les deux boutons, c’est qu’il va ralentir ou même s’arrêter, le mot « stop » s’éclairant.
- Yoici comment on installe le « lumino ». Quand les commutateurs sont placés sur les bras du volant de direction, on relie par un fil souple la borné 1 (fig. 5) du commutateur de gauche à la borne D du commutateur de droite, puis la borne 2 du commutateur de gauche à la borne S du commutateur de droite. On branche sur chacune des bornes D, G et S l’un des fils du câble à trois conducteurs repérés qu’on conduit directement aux bornes de la boîte de connexion marquées D, G et S, c’est-à-dire droite, gauche ou stop. On relie enfin la borne 2 du commutateur de droite avec la borne 2 de la boîte de connexion par un fil souple descendant avec les trois conducteurs du commutateur de gauche.
- Pour la lampe témoin, on la relie par un fil souple à la borne T de la connexion ; on relie enfin au pôle positif de la batterie, la borne fixant P électro-aimant.
- à la lampe
- Borne du L_ Com? de droite
- Masse
- Fig. 5.—- Schéma d’installation du « Lumino ».
- Cet appareil est livré avec des lampes de 6, 8, 12 ou 16 volts du type courant dans le commerce.
- Constructeur : Société anonyme « Lumino », 92, rue d’AuberviUiers, Paris (19°).
- p.2x75 - vue 526/663
-
-
-
- VARIETES
- ><
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : HOUBLON
- Le Houblon (Humulus lupulus. L.) Urticacées, a pour synonymes : Houblon vulgaire, Houblon à bière, Vigne du Nord.
- Habitat. — Il croît spontanément dans les endroits buissonneux et humides, dans les bois, les haies où ses rameaux longs et flexibles trouvent un support favorable.
- Description sommaire. — Plante dioïque, vivace par ses racines. Tige grimpante, volubile de gauche à droite, atteignant à l’état sauvage 3 à 4 m. de hauteur et io m. dans la culture. Feuilles opposées, ressemblant assez à celles de la vigne vierge. Fleurs (juillet-août), les mâles et les femelles sur des pieds différents, ces dernières groupées à la maturité par deux à la base de larges bractées foliacées formant des cônes en se recouvrant les unes les autres. A la face interne de ces bractées se trouvent deux akènes environnés d’une poussière nommée lupulin, qui donne au houblon son arôme et son amertume spéciale. Fleurs mâles petites, en grappe rameuse peu fournie.
- Culture. — En France, elle paraît remonter au vni° siècle. Comme plante industrielle, elle a lieu en grand depuis longtemps dans plusieurs départements ; je recommande à cet égard l’excellent livre de MM. A. Rolet et D. Bouret.
- Dans le Jardin familial la. place du houblon est dans les haies de clôture où il trouvera ses supports naturels. Il préfère un terrain de consistance assez forte, plus calcaire qu’argileux sans excès du premier. 11 est plus sensible au climat qu'à la nature du sol, qui doit être bien ameubli en automne ou en hiver sur une épaisseur de o m. 'jo à i mètre. On a recommandé l’emploi du fumier de ferme, du superphosphate de chaux et du sulfate de potasse lors du défoncement avec une addition de nitrate de soude quand les tiges se développent.
- Il existe plusieurs vainétés de houblon, précoces et tardives, dont on apprécie la valeur d’après leur teneur en lupulin; il faut choisir les plus réputées dans la région où l’on habite. *
- Multiplication. — Bien qu’elle puisse avoir lieu par semis, dans la pratique on n’emploie que le bouturage. Il est souvent préférable de le faire en pépinière, quoique certains l’effectuent à la place définitive.
- Bouturage. — Deux époques conviennent pour y procéder : en mars-avril (boutures d’hiver), en juin (boutures d’été), les premières proviennent de portions de tiges prélevées sur la souche au moment de la taille, les secondes, d’éclats de racines ou plutôt de tiges souterraines. Il va de soi que, si l’on recourt à la pépinière, il est nécessaire que le sol soit bien fumé, frais et même un peu humide plutôt que sec, afin d’être plus certain de la reprise des boutures. Si l’on se sert de fragments de tige dépourvus de racines, il est pimdent de les faire tremper un peu auparavant. Les boutures sont mises en terre à a5 cm dans la ligne qui est distante de la suivante d’un intervalle de ^5 centimètres.
- Plantation à demeure. — Le meilleur moment est de la fin février au début d’avril suivant les régions, pour que les boutures tirées de la pépinière soient à l’abri des fortes gelées auxquelles elles sont très sensibles.
- On dispose des trous de o m. 25 de côté s’ils sont carrés ou de o m. 40 de diamètre s’ils sont ronds, et suffisamment profonds pour qu’après avoir mis au fond du fumier bien décomposé, du terreau ou du compost, du superphosphate et un peu de terre, la bouture en place sur le tout ait son sommet à quelques centimètres au-dessous du niveau du sol. Les pieds enracinés sont disposés comme ils l’étaient en pépinière, le sujet est mis au milieu et l’on tasse suffisamment la terre autour, puis on fait une petite butte au-dessus de la bouture. (A. R. et D. B.)
- Soins culturaux. — Les principaux comprennent le remplacement des pieds morts, l’attachement des tiges à leurs supports naturels ou autres, l’entretien du sol en bon état de culture, l’enlèvement des rejets trop abondants, la taille, les binages, sarclages, arrosages, etc.
- Durée de la plantation. — Elle dépend surtout de la nature du sol. En grande culture, elle compte 8 à 12 ans généralement ; on en connaît en Angleterre qui ont pu atteindre, paraît-jl, i5o à 200 ans. Il en est probable-
- ment de même pour le houblon qui croît à l’état sauvage dans les haies si épaisses de la Normandie.
- Récolte et rendement. — Chez nous, elle va de la fin août au 5 ou 6 septembre pour les variétés précoces et du 8 au 20 septembre pour les variétés tardives. On l’entreprend par un beau temps, mais étant donné l’en-tremêlement des tiges avec les arbustes de la haie du jardin familial, il est tout indiqué de faire des récoltes successives en coupant un à un avec des ciseaux, pn leur laissant 1 cm 1/2 de pédoncule, les cônes arrivés à une maturité convenable, ce qu’on reconnaît à leur coloration jaunâtre, rougeâtre, etc., en raison de leur variété. La récolte terminée, on enlève toutes les ramifications.
- On estime qu’un hectare peut fournir de 600 à 2000 kg ; en France, quand la x’écolte est bonne, le rendement varie entre 900 à 1000 kg.
- Séchage, Rendement, Conservation. — On étale les cônes à l’ombre sur des claies ou sur le plancher d’un local bien aéré, sur une épaisseur de 5 à 10 cm, en ayant soin de les agiter le moins possible pour éviter la perte du lupulin. La dessiccation, qui dure 1 mois ou 2, selon le procédé mis en œuvre, est complète lorsque les cônes pressés entre les mains bruissent légèrement. Dans la culture en grand, on emploie des séchoirs à air chaud ou parfois des tourailles.
- Le rendement en cônes secs varie, selon les années, entre 25 et 33 pour 100 du poids des cônes frais quand les bonnes conditions sont réunies ; dans le cas contraire, il tombe à 20 et même à 12,5 pour 100.
- La conservation demande un ensemble de précautions, car le houblon est très altérable. Il faut le maintenir à l’état comprimé dans des sacs, des caisses ou des tonneaux placés dans un local sec, aéré, mais surtout le plus froid possjble, pour éviter qu’il ne s’échauffe par fermentation. D’ailleurs, il ne faut pas le conserver longtemps, car il peut perdre en un an 80 pour 100 de sa valeur, et, au bout de deux ans, son odeur et sa saveur deviennent désagréables.
- Composition chimique. — Deux parties sont à considérer, les bractées et le lupulin. Les bractées contiennent : matière astringente âpre, matière colorante inerte, chlorophylle, quelques sels, etc. Les propriétés médicinales résident dans le lupulin, poussière jaune, granuleuse, onctueuse ressemblant au pollen des végétaux. Sa saveur est ni acide, ni alcaline, mais d une franche amertume. On en trouve dans les cônes 9 à 18 pour 100 environ. Il renferme une huilé essentielle qui irrite la peau, une résine analogue à celle du chanvre indien, un principe amer se rapprochant de l’absinthine, un alcaloïde, la lupuline et un tannin l’acide humuli-tannique.
- Propriétés thérapeutiques. —- Dans l’antiquité, Pline relate qu’on employait le houblon contre les affections scrofuleuses; plus tard, on l’a préconisé dans les fièvres bilieuses. Aujourd’hui, on lui reconnaît surtout des propriétés toniques, apéritives, sédatives et narcotiques, et on le range parmi les toniques amers à la suite de la gentiane. C’est, en effet, un médicament sérieux par son action sur l’appareil digestif. A dose légère, il excite l’appétit, favorise la digestion et augmente l’énergie; à dose élevée, il agit comme calmant des excitations nerveuses.
- Son action hypnotique et sédative est due au lupulin qui est prescrit comme anaphrodisiaque dans plusieurs affections de l’appareil génital. A noter aussi, d’après le Dr H. Leclerc, l’influence remarquable qui lui a été reconnue par le professeur L. Rénon. Celui-ci l’a employé avantageusement comme équilibrant du système nerveux dans l’angoisse de guerre. Enfin, on a conseillé aux sujets qui ne peuvent supporter les opiacés de substituer aux oreillers de plume des oreillers remplis de cônes de houblon.
- Préparations pharmaceutiques. — Les deux parties vraiment usitées sont les cônes et le lupulin, très rarement les racines. L’infusion se prépare avec 10 gr. de houblon pour un litre d’eau bouillante; l’extrait aqueux se prend à la dose de o gr. 25 à o gr. ^5; le sirop 20 à 100 gr., comme tonique. Le lupulin est prescrit comme sédatif, en nature 0 gr. 25 à 1 gr. en ca-
- p.2x76 - vue 527/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- chefs; en extrait o gr. io à o gr. 5o; en teinture, 2 à 4 gr. ; en pommade, extrait alcoolique 3 gr. pour 3o gr. d’axonge ou de vaseline. Ces doses sont pour des adultes ; il faut employer des doses bien plus faibles dans la médecine infantile, et selon le conseil du médecin.
- En brasserie, le houblon joue un rôle très important dans la fabrication des différentes bières industrielles auxquelles il communique une odeur et une saveur agréables tout en assurant leur conservation par son lupülin et son tannin. Il sert aussi à la confection des bières de ménage, soit seul, soit en mélange avec d’autres plantes Comme la gentiane, le frêne, le noyer, etc. C’est ce qui explique l’étendue qu’on accorde à sa cul-
- ture dans un grand nombre de pays, surtout en Europe.
- On utilise dans le Nord, en Belgique et en Allemagne, ses jeunes pousses comme légumes, au moment où elles sortent de terre; on les prépare à la façon des asperges et des salsifis.
- Observations commerciales. — Le houblon est au nombre des plantes qui méritent une large place dans le Jardin familial, car, en dehors de ses emplois thérapeutiques et industriels, il compte à son avoir ses usages économiques dans la préparation des boissons. Sa vente pour l’herboristerie est très importante; les prix en sont très variables : 1 à 4 fr-> 2 fr. en moyenne le kilo pour les cônes ; 1 fr. à 1 fr. 20 pour les racines sèches, qui sont très peu demandées. A. Truf.i.i.k.
- BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus-souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Correspondance. — La bière el les cerises. — Nous avons reçu, sur cette question, la lettre suivante de Mlle Mathilde Muller :
- « Il est peut-être un peu tard pour parler de la question posée dans votre numéro du 4 juillet dernier, à savoir « s’il est dangereux de boire de la bière après avoir mangé des cerises i1 »
- La question est à la fois intéressante et sérieuse, vu que je me rappelle deux cas suivis de mort ; mais comme il y a de cela des années et que je n’osais pas tout à fait me fier à ma mémoire (j’ai quitté mon Alsace depuis si longtemps), j’ai voulu obtenir la confirmation de mes souvenirs et je puis vous dire à présent que, outre mon jeune frère qui a failli en être l’imprudente victime (il ne nous a révélé le fait que longtemps après...) mais en a été quitte pour d’atroces douleurs, j’ai connu personnellement deux jeunes gens qui sont morts dans d’horribles souffrances quelques heures après avoir bu de la bière, après avoir mangé des cerises. Les incrédules et les sceptiques ne manqueront certes pas de dire que ces jeunes gens seraient morts quand même, que cela était un pur hasard, et que eux-mêmes ne prêtent jamais la moindre attention à ces choses-là. Evidemment, toutefois il est toujours dangereux de jouer avec le feu et il me semble que, tant que la cause du fait en question —- cause qui vaut certainement la peine de sérieuses recherches — ne sera pas connue, il vaut mieux s’abstenir (ce qui ne doit pas être un grand sacrifice), ainsi que le recommandent les sages pancartes placées dans beaucoup de brasseries en Alsace, de boire de la bière après avoir mangé des cerises ou des quetsches. »
- La fabrication des faulx (voir n° 2676, 18 juillet içp5). Les Etablissements Coulaux, à Molsheim (Bas-Rhin), nous écrivent à ce sujet :
- « Nous nous permettons d’attirer votre attention sur une erreur de votre correspondant; la fabrication de la faulx a été introduite en France bien avant 1845 dans les usines Coulaux et C!o, à Klingenthal (Alsace), ancienne manufacture Nationale d’armes blanches où les deux fabrications sont encore aujourd’hui très prospères. »
- Réponses. — M. J.-L., à Lille. — Nous n’avons pas d’exemple de rationnement à base d’huile de foie de morue, pour les poussins, et nous ne pensons pas que celle-ci puisse, normalement, constituer la base de leur nourriture. On emploie, ordinairement, d’autres fortifianis tels que.: la thériaque mélangée avec de la farine d’avoine en quantité suffisante pour former une sorte de pâtée grumelée; celte recette est très employée parles aviculteurs anglais, qui recherchent avant tout la précocité ; les sujets atteignent rapidement leur accroissement complet. On peut employer aussi du pain trempé dans du vin sucré ou dans du cidre, ou un peu de poudre de quinquina ajoutée à une pâtée faite de farines; du pain desséché, au four
- et pilé, que l’on fait gonfler avec du lait pris en très petite quantité, ce pain devant être sec comme de la graine; du pain rassis mouillé dans un peu de lait ou de la farine d’orge imbibée de lait. Les poireaux, l’oseille hachés bien menu servent de médecine aux poussins, en ne leur en donnant que de temps à autre et en petite quantité. Les légumes cuits (carottes, pommes de terre, salades cuites), additionnés de farine d'orge pour former une pâtée sèche, constituent une bonne nourriture.
- L’essai d’huile de foie de morue devrait se faire en mélangeant cette huile, en petite quantité, à la pâtée composée de l’une ou l’autre façon indiquée ci-dessus. En tout cas, cette préparation ne devrait être faite que quelques instants avant de la distribuer aux poussins, car, à la longue, l’huile rancirait, la pâtée aigrirait, ou surirait et l’aliment aurait mauvais goût.
- La dessiccation de l’huile n’est pas à envisager, ne pouvant abouLir à un résultat pratique, en raison de la forte proportion d’eau qu’elle contient. Nous ne préconisons pas ce modê d’alimentation.
- M. Spinnael, Java. — Les tissus thermophiles électriques sont construits par M. Herrgott, au Valdoie, Territoire de Belfort.
- Constructeurs de matériel pour la fabrication du tapioca en perles : Hérault, 20, rue des Tourelles, Paris. Ilignette, 162, boulevard Voltaire, Paris.
- Constructeurs de matériel pour la fabrication de la farine de manioc : Touaillon, 37, boulevard Sébastopol, Paris; Boilève, 60, boulevard de la Gare, Paris; Le Clézio-Erhard et Cio, 4fi. boulevard Richard-Lenoir, Paris; Milice et Hocquette, à Compiègne (Oise).
- Séchage industriel, — Nous ne connaissons pas d’ouvrages répondant à votre désir, nous vous signalons toutefois d’importantes études intéressantes au point de vue technique publiées par la revue Chaleur et Industrie, rue Michel-Ange, Paris. Cette revue est l’organe de Y Office rationnel de chauffe qui serait en mesure le cas échéant de vous documenter d’une façon très complète pour les installations que vous auriez en vue.
- M. Henri C., Arcachon. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages traitant spécialement du nettoiement urbain (collecte et destruction finale des gadoues et produits des voies publiques), mais de nombreux articles de revues.
- On trouve bien dans certains ouvrages d’hygiène générale, tels que ceux du Dr Imbeaux, Bechmann, etc., des chapitres concernant ces sujets, mais ces derniers y sont envisagés d’une façon générale. De plus ces ouvrages sont de date relativement ancienne, et il faut reconnaître que malgré tout l’édilité technique a progressé depuis.
- Enfin ii 11e faut pas perdre de vue que ce problème varie de ville en ville. Il faut tenir compte, en effet, non seulement de la population, de son esprit, mais aussi de la topographie de la ville, de ses ressources, etc.
- Nous vous rappelons les articles parus dans La Nature sur la salubrité des villes de moyenne importance (g août 1924) et sur l’incinération des ordures ménagères (29 novembre 1924).
- Par l’intermédiaire de l’architecte-voyer de votre ville, vous pouvez recevoir toute documentation de la part des constructeurs de matériel d’enlèvgment (tombereaux à
- 78 fr
- p.2x77 - vue 528/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- «
- chevaux, camions automobiles, etc.). Pour l’incinération vous trouverez dans le n° du 29 novembre 1924, p. ij5, les adresses des fours décrits.
- M. G Tardy, Yougoslavie. — L'Ouistiti est construit par M. P. Cans, i3, rue Ernest-Lefèvre, Paris.
- M. J. de L., à Versailles. — i° Pour la conserve du beurre en boîtes, on peut opérer par le procédé Appert. On presse le beurre frais, bien délaité dans un linge (le délaitage parfait est une condition essentielle pour la bonne conservation), puis on tasse le beurre dans les boites, en ayant soin d’éviter le contact direct des mains ; on se sert de spatules en bois, parfaitement propres ; après quoi, on soude les boîtes et on les passe à l’autoclave. Laisser refroidir les boîtes reposant sur le fond opposé au côté à ouvrir; les impuretés restent emprisonnées dans le fond. En agitant vers 32° (température de solidilicalion du beurre), on réémulsionne le tout.
- Il n’y a pas d’ouvrage consacré spécialement à cette question. Mais vous pourriez demander ce renseignement à la Librairie agricole (Paris, 26, rue Jacob, 6e) qui a le livre intitulé La laiterie, par Louis Aminann.
- 20 Adresses de fabricants de boites pour conserves : Etablissements J. J. Carnaud et Forges de Basse-Indre, Paris, 3, rue d’Argout; Ch. Jovignot, Paris, 23, avenue de Châtillon; M. Pinard et fils, 2 bis, rue Richer, à Nantes (Loire-Inférieure) : Etablissements Besse, Paris, 96 et 100, rue Villiers-de-l’Ile-Adam, 20e.
- 3° Adresses pour sertisseuses : Etablissements Sudry, 26, rue Prairie-d’Amont, Nantes ; Ch. Jovignot (précité) ; E.-W. Bliss et C°, 100, boulevard Victor-Hugo à Saint-Ouen (Seine); Etablissements Weissenthanner, 8, rue Voltaire, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- 4“ Nous n’avons pas connaissance de beurrerie modèle dans la région dont il s’agit, mais vous pourriez probablement être renseigné sur ce point en vous adressant soit à M. Blanchard, directeur départemental des Services agricoles, à Versailles, soit au siège de la Fédération des laiteries coopératives de la région de Paris, 34, rue Taitbout, Paris (9e).
- M. F. D., î-ue du Faubourg-Poissonnière, Paris. — Pour ce qui concerne le procédé de concentration du moût de raisin — dont nous n’avons pas eu de nouvelles depuis l’époque que vous rappelez — nous ne pouvons que vous conseiller de vous adresser, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. J. Guyon, ingénieur, 60, rue delà Gare, à Carcassonne (Aude).
- Robert, à Lisbonne.- — 1" Pour répondre utilement à votre question sur l’incombustibilité, il faudrait connaître la réalisation que vous avez en vue.
- 20 Vous trouverez renseignements essentiels sur les matières plastiques cellulosiques dans l’ouvrage La cellulose, de Clément et Rivière, éditeur Bérenger, rue des Saints-Pères; des machines pour le moulage sous pression, chez Morane, 23, rue Jenner, 12e, et Emidecau, 2, rue de Vouillé.
- 3° Ouvrages sur les parfums synthétiques : La technique industrielle des parfums synthétiques, par R. Sornet, éditeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins. Bulletins scientifiques de la maison Roure-Bertrand, éditeurs E. Imbert et Cie, à Grasse.
- 4° Ouvrages sur la soie artificielle. La soie artificielle et sa fabrication, par J. Beltzer, éditeur Desforges, 29, quai des Grand s-Augustins. La soie artificielle, par Willems, éditeur Bernard Tignol, 53 bis, q. des Grands-Augustins. Les soies artificielles, par A. Chaplet et H. Rousset, même maison. Le celluloïd et les soies artificielles, par Bôckmann et Klotz, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. Les matières cellulosiques, par Beltzer et Persoz, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- 5’ Les synthèses dont vous parlez n’ont pas encore été réalisées.
- 6“ Opérations fondamentales de la chimie des colorants, par Hans Piez, traduction française de G. Vernet, éditeur Attinger frères, 3o, boulevard Saint-Michel. Lm fabrication des matières intermédiaires pour les colorants, par John Cannel Caïn, traduction française de P. Salles, éditeur Dunod.
- M. David, à Saint-Etienne. — Pour vieillir vos bois dorés, il vous suffira de passer à la surface et très légèrement avec un pinceau doux une solution contenant quelques gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque par litre d’eau. Afin de ne pas dépasser la mesure, commencer par une solution excessivement faible de façon à
- réaliser l’effet cherché par des applications successives et non d’emblée. Faire en outre un petit essai sur une partie dissimulée du meuble pour juger de l’action du réactif, avant de l employer en grand.
- Abonné, n° 5g-5, Roubaix. — Les colles dites colles froides employées pour le collage des bois sont à base de caséine; vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Caséine en poudre .... 155 grammes.
- 10 —
- 25
- Soude Solvay Fluorure de sodium .
- Chaux éteinte tamisée Arséniate de soude
- Délayer au moment de l’emploi, avec quantité d’eau froide suffisante pour obtenir la consistance voulue.
- M. Lj., à Charleville. — Nous pensons que la méthode suivante vous donnera satisfaction pour reblanchir vos balles de tennis : délayer du kaolin dans de l’eau de manière à former une pâle bien homogène, ajouter environ un dixième du volume de silicate de soude liquide du commerce, bien mélanger à nouveau, puis étendre d’eau pour former une bouillie claire, appliquer celle-ci au pinceau sur les balles, laisser sécher. Mettre dans le liquide une pointe d’outremer (bleu des blanchisseuses), si l’on désire réaliser un blanc bleuté.
- M. Quintin, à Barcelone. — La formule à laquelle vous faites allusion a été donnée à titre documentaire et surtout pour signaler que l'étamage de la fonte ne pouvait se faire directement sur celle-ci à cause de la présence du carbone qui entre dans sa composition en proportion de 5 pour 100 environ, dont une grande partie à l’état libre. L’étamage n’est donc possible qu’en se servant d’un intermédiaire qui est le fer pur obtenu électrolytiquement. Suivant la nature des fontes les résultats sont variables et on ne doit pas s’étonner d’un insuccès quand la dose de carbone libre est trop considérable, ce qui empêche l’adhérence du fer.
- M. C., à Muret. — i° Le silicate de soude se prépare d’une façon très simple en fondant un mélange de sable et de carbonate de soude sec d’après la réaction COsNa2 + 3 (SiO3) r=r S307Na2 + CO*.
- Le produit sortant du four a le même aspect que le verre, d’où son nom de verre soluble; traité par l’eau il se sépare un peu de silice de sorte que le silicate dissous est un peu plus alcalin que le produit fondu. La solution est concentrée par évaporation jusqu’à ce qu’elle marque 35° à 36° B, ce qui fait encore déposer un peu de silice. Finalement le silicate tel qu’il est livré au commerce a une composition voisine de celle du métasilicate SiO3Na*. 20 Yous trouverez les renseignements techniques sur le silicatage des routes dans l’article que nous avons publié n° 2640, du 8 novembre 1924, page 147, de la Science appliquée, et pourrez complémentairement vous adresser à M. Guelle, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, à Besançon, qui a fait une étude spéciale de cette question.
- Mme de R., à Paris. — Les peintures blanches noircies par endroits au contact des mains peuvent facilement être nettoyées en frottant avec un chiffon doux imprégné d’une bouillie claire de plâtre. Pour terminer on rince à l’eau propre avec une éponge pour enlever les dernières traces de plâtre.
- A. C., à Saint-Etienne. — Le goût dit empyreumatique, que l’on rencontre dans les eaux de vie de marcs, provient de ce que l’alcool a dissous les huiles essentielles des pépins ou de la rafle et que d’autre part des fermentations secondaires ont donné naissance à une forte proportion d’éthers, de fusel et d’alcool amylique.
- En principe il n’y a qu’une rectification bien conduite avec séparation des produits de tête (aldéhydes, éthers) et des produits de queue (alcools supérieurs) qui assure l’obtention d’un produit fin.
- Cependant, dans une certaine mesure, on peut utiliser la propriété d’absorption de certaines substances qui fixent physiquement une grande partie des essences et des alcools supérieurs. Tels sont par exemple les copeaux de bois de frêne qui ont été préconisés il y a déjà fort longtemps par Febvre-Trouvé ou encore les baies de genièvre, moulues et bien sèches employées à la dose de 200 à i5o gr. par hectolitre d’alcool à traiter. Ce dernier procédé présente en outre l’avantage d’apporter un arôme spécial qui masque la présence des impuretés restantes. Comme le traitement est peu coûteux, vous pourriez tout ou moins le tenter sur une petite quantité d’eau-de-vie avant d’opérer en grand.
- p.2x78 - vue 529/663
-
-
-
- G. T., à Saint-Jernej. — i° Les serpents de Pharaon sont simplement constitués par du sulfocyanure de mercure que l’on obtient en précipitant une solution d’un sel de mercure (nitrate par exemple), au moyen d’une solution saturée d’un sulfocyanure alcalin (sulfocyanure de sodium ou de potassium), laquelle est ajoutée jusqu’au moment où le liquide ne précipite plus. Le précipité blanc grumeux ainsi obtenu es t reçu sur un filtre lavé pour enlever les sels solubles, puis séché avec précaution. La poudre est additionnée d'un peu d’eau gommée et moulée en petits cylindres qu’on laisse à nouveau sécher à l’air.
- Le sulfocyanure de mercure est effectivement un produit toxique; il faut donc éviter, pendant l’expérience de combustion des cylindres donnant naissance à la masse serpenti-forme, de respirer les vapeurs qui se dégagent. En outre, quand la combustion est terminée, le produit spongieux ne doit pas être manié avec les mains ou tout au moins on ne devra pas omettre de laver ensuite celles-ci,
- Afin d’éviter ces manipulations toujours un peu dangereuses, surtout pour les enfants, on a préconisé le mélange suivant qui est inofïensif et donne des résultats
- analogues :
- Bichromate de potasse. . . 4o grammes.
- Nitrate de potasse........20 —
- Sucre en pondre ..... 4° —
- Pulvériser séparément chaque substance, le mélanger ensuite avec une carte, puis en faire une pâte comme précédemment avec de l’eau gommée, mouler et sécher.
- 20 L'arséniate diplombique (As O4)2 Pb2H2 ou As O4 PbH s’obtient par double décomposition entre l’arséniate acide de sodium ou de potassium et l’acétate de plomb As O4 Na2 H+(C2 EL O2)2 Pb = As O4 Pb H + 2 (C2 H®0*Na). C’est une poudre blanche, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides, fusible au rouge en un verre jaune opaque. L’addition d’ammoniaque le transforme en arséniate neutre (As O4)2 Pb5.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les submersibles, par P. Rabeau et A. Laurens, i vol. 214 p., 44 fig. Armand Colin, éditeur. Paris, 1925. Prix : 6 francs
- Cet ouvrage est dù à la collaboration d’un ingénieur du Génie Maritime, M. Rabeau, et d’un officier _de marine, M. Laurens. La question du sous-marin, d’un intérêt si considérable actuellement pour la politique maritime de la France, y est envisagée sous deux aspects : l’aspect technique : construction, fonctionnement, habitabilité, rayon d’action, et l’aspect militaire : mode d’emploi et tactique. M. Rabeau a traité la première partie avec beaucoup de clarté et de précision. Il expose avec une grande netteté les différents problèmes que pose la construction de sous-marins, il montre comment ils ont été résolus. Le commandant Laurens, dans une série de chapitres captivants, dégage les leçons de la guerre : il nous montre en action quelques submersibles, amis ou ennemis, engagés dans des opérations caractéristiques; les récits, empruntés aux relations officielles, mettent en évidence les difficultés souvent tragiques de la conduite des sous-marins, et font apparaître clairement les conditions dans lesquelles leur emploi acquiert le maximum d’efficacité.
- On sait à quelles controverses techniques et surtout politiques a donné lieu depuis la guerre la question des sous-marins. M. Laurens résume admirablement, dans le dernier chapitre du livre cette discussion dont trop peu de Français connaissent les divers aspects.
- Un grand ingénieur, Henri Fayot, par Henri Yerney. 1 vol. 5i p., 1 portrait. 19, rue du Grand-Moulin,. Saint-Etienne, 1925.
- M. Fayol est universellement connu par sa doctrine administrative. Mais il n’est pas seulement un- théoricien de l’organisation scientifique du travail; il.fut, d’abord, au cours de sa longue et brillante carrière, ingénieur et géologue éminent, puis administrateur de premier ordre. M. Yerney résume à grands traits l’œuvre de M. Fayol dans une étude que publient les anciens élèves de l’Ecole de Saint-Etienne à 1 occasion du 65e anniversaire de la promotion de leur célèbre camarade.
- Métallurgie du cuivre et alliages de cuivre, par M. Altmayer et Léon Gmt lut. . 1 vol. 714 bg->
- 48 pl. hors texte. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, agaS.
- Ce volume contient deux parties bien distinctes : la première, due à M. Altmayer, est consacrée à la métallurgie du cuivre ; Fauteur y étudie les différents procédés actuellement en usage aux divers stades des opérations, et notamment les méthodes nouvelles pratiquées aux Etats-Unis ; il se livre à de très intéressantes comparaisons entre les méthodes concurrentes, faisant ressortir les avantages et inconvénients propres à chacune. La seconde partie due àM. L. Guilïçt
- «
- traite des alliages du cuivre : laitons, bronzes, cupro-aluminiums, cupro-nickels, laitons et bronzes spéciaux, etc.
- L’auteur les passe en revue successivement en indiquant pour chacun d’eux sa composition, sa structure, ses propriétés physiques et mécaniques essentielles.
- Les bains, à travers les âges, par Paul Négrier avec la collaboration de P. Calmettes et M. Mareciialat. i vol. 35o p., i5o fig. Editeur : La Construction Moderne,
- 13, rue de l’Odéon. Paris, 192a. Prix 40 francs.
- L’usage des bains remonte à un temps immémorial, mais il a subi au cours des âges de singuliers avatars : les Romains l’ont pratiqué avec une ampleur et un luxe dont on retrouve les vestiges, souvent colossaux, dans toutes les contrées pénétrées par leur colonisation. Après la ruine de l’Empire Romain, le bain est resté longtemps encore en faveur; cependant on constate une décadence progressive qui atteint son maximum au xvi° et au xviie siecle. La renaissance du bain commence au xvnr siècle, et aujourd’hui, tout comme les Romains, nous sommes persuadés que le bain est une pratique indispensable à la santé et à la formation d’une vie saine. C’est cette évolution qui est retracée dans l’ouvrage de M. Négrier; jl nous montre non seulement comment ont varié depuis l’antiquité les idées sur ce sujet, mais aussi comment ont évolué les moyens mis en œuvre, depuis les thermes et les salles de bain de Rome jusqu’aux plus modernes piscines et établissements hydrothérapiques et installations. domestiques. Ce livre, plein d’une érudition souvent piquante, très joliment illustré, abonde en suggestions intéressantes et utiles. La lecture en est attachante et instructive à la fois du point de vue historique et du point de vue technique.
- Sur les Côtes de Norvège, par Camille Yallaux. i vol. in-16, 189 p., 21 gravures hors texte et 1 carte en noir. Librairie Hachette et C'°, Paris.
- Notre littérature de voyage ne possède qu’un très petit nombre d’ouvrages relatifs à la Norvège, encore sont-ils relativement anciens ; les plus récents remontent aux dernières années du xix° siècle. Aussi bien, le volume que M. Camille Yallaux vient de publier, Sur les Côtes de Norvège, mérite-t-il de retenir l’attention, de tous ceux qui s’intéressent aux terres du nord, d’autant qu’il constitue une œuvre de sérieuse documentation. C’est un tableau des aspects si divers de ce pays pittoresque, comme de l’activité féconde de ses habitants, aussi instructif qu’agréable à lire. L’auteur, qui est un des maîtres de la géographie française, possède le rare talent d’instruire, sans être pédant et ennuyeux, et de faire voir les sites qu’il décrit par des descriptions simples, dépouillées d’artifices de style. Sur les Côtes de Norvège est un des meilleurs livres de voyage, parus depuis la guerre.
- p.2x79 - vue 530/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2684
- 12 Septembre 1925
- <
- c ...#
- --Sfea.
- INFORMATIONS
- ><
- Le pétrole de Gabian. — Un sondage entrepris par l’Etat à Gabian (Hérault) a donné lieu, on le sait, en octobre 1924 à un important jaillissement de pétrole. Ce puits est toujours en fonctionnement : il a produit déjà 700 tonnes de pétrole et donne encore une>tonne par jour. Un nouveau forage entrepris dans le voisinage vient, ces jours-ci, de toucher le pétrole et de donner un important jaillissement de pétrole, qui a atteint près de 4 tonnes à l’heure. Ce forage, le quatrième entrepris à Gabian, a été commencé le i3 juillet; le 22 août, on atteignait le pétrole à 144 m. au-dessous du.soletle jaillissement commençait.
- L’adduction d’eau de Soueïda. — Soueïda est la capitale de l’Etat du Djebel Druse, en Syrie. Il nous arrive de cette région des nouvelles inquiétantes et intermittentes. Les Druses qui l’habitent se sont révoltés contre le mandat français, infligé des pertes sérieuses à une de nos colonnes et assiègent dans Soueïda depuis plusieurs semaines une petite garnison française, dont on connaît mal le sort à l’heure où nous écrivons ces lignes.
- Soueïda est située à 100 km environ au sud-est de Damas dans une zone volcanique désolée, aux communications difficiles. Elle est reliée aux villages environnants par de rares pistes, mal tracées, passant au milieu de blocs de basalte, avec des rampes atteignant 20 à 25 pour 100 et praticables seulement aux chameaux et aux petits"chevaux du pays.
- Nos troupes en occupant la région ont trouvé à Soueïda une alimentation en eau potable des plus défectueuses. Une Compagnie française du génie a réussi d’avril à novembre 1924 à réaliser un travail d’adduction d’eau, qui représente, en raison des conditions difficiles où il a été effectué, un remarquable tour de force.
- Le colonel Lemerle et le capitaine Humbert, dont la compagnie a été chargée du travail donnent à ce sujet dans la Revue du Génie des détails auxquels les circonstances actuelles donnent un vif intérêt,
- Les troupes françaises abritées dans la « caserne Bouxin », ancienne caserne turque à 1 km 5oo à l’est de la ville, ne pouvaient assurer leur alimentation en eau que par des corvées se rendant à une source éloignée de 4 à 5 km.
- La population de Soueïda était ravitaillée uniquement par des a birketts »," immenses réservoirs datant de l’époque'romaine, remplis à cette époque par des aqueducs souterrains aujourd’hui comblés ou détruits et qui maintenant rassemblent seulement l’eau des pluies. Pendant la saison sèche qui dure d’avril à novembre, il faut vivre sur ces réserves, du reste polluées.
- A 18 km au sud-est de Soueïda, à la cote 1400, alors que Soueïda est à la cote 800, il existe deux groupes de sources appelés « Aïn-Guiné » qui donnent une èau claire, d’excellente qualité. Leur débit est de xooo m5 par 24 heures au printemps et de 3ùo m5 à la fin de la saison sèche.
- Ce sont ces sources que l’on décida de capter au moyen d’une canalisation en ciment armé, enterrée à 60 cm de profondeur, desservant la eàserné Bouxin, la ville de Soueïda, et des abreuvoirs en deux points intermédiaires.
- On s’imagine aisément les difficultés de ce travail dans une telle région ; les tuyaux furent fabriqués sur place, le sable et le gravier nécessaires étaient obtenus par concassage de pieri’es de la région; le transport des concasseurs, des moteurs, des moules, l’alimentation des chantiers se heurtèrent aux pires difficultés ; la posé de la conduite exigea par endroits des fouilles importantes en plein roc; les sapeurs, de jeunes soldats de France ou dés indigènes de l’Afrique du Nord sont peu experts en travaux de maçonnerie et de ciment; les auxiliaires recrutés dans la région manquent souvent de bonne volonté et ne travaillent que par force ; il faut recourir à la réquisition pour avoir des travailleurs et des chameaux pour les transports. Puis les relèves désorganisent les chantiers, et enfin dans les derniers jours le mauvais temps interrompt le travail. Grâce à l’énergie de nos officiers, le capitaine Humbert, le lieutenant
- Fleur et le lieutenant Bourillier qui meurt à la peine, toutes ces difficultés sont vaincues. La conduite commencée en avril est terminée en novembre 1924. Le ier décembre 1924, l’eau arrive en abondance à la caserne Bouxin et à Soueïda. La population, longtemps sceptique, accueille ce résultat avec enthousiasme. Mais que reste-t-il aujourd’hui du beau travail de nos sapeurs ?
- L’Exploitation de la tourbe en Russie. — La tourbe en Russie est aujourd’hui utilisée industriellement et sur une. grande échelle. Il existe, en effet, à Elektiope-redatcha, près de Bogorodsk à 75 km. de Moscou, une station centrale de 36 000 kw, chauffée exclusivement à la tourbe et qui peut se flatter d’être unique au monde. Les procédés mis. en œuvre pour rendre la tourbe utilisable ont été imaginés par deux ingénieurs russes, MM. Klasson et Kirpitshnikofî, de Moscou. Leurs premiers essais, effectués à Bogorodsk, remontent à 1 g 13-
- Les études* furent poursuivies activement pendant la guerre ; elles furent encouragées ensuite par le gouvernement soviétique qui a compris les services que peut rendre à l’économie russe l’exploitation des 35 millions d’hectares de tourbières réparties sur le territoire des républiques soviétiques. Le procédé de MM. Klasson et Kirpitshnikofî est employé aujourd’hui sur plusieurs points de la Russie, ainsi qu’en Finlande, au Danemark, en Allemagne.
- Il présente un caractère extrêmement original qui le distingue de tous les autres systèmes essayés jusqu’ici en général sans succès. L’écueil qui a fait échouer toutes ces tentatives, c’est la très grande quantité d’eau contenue dans la tourbe et retenue par celle-ci. La tourbe brute, sortie de la tourbière, ne contient guère que 10 pour 100 de substance combustible. Les moyens artificiels de séchage se sont toujours révélés trop coûteux, de sorte que malgré de nombreuses études, enquêtes officielles, etc., l’exploitation de la tourbe en est restée à ses antiques et traditionnelles méthodes ; comportant uniquement Un séchage naturel; le produit obtenu contient encore une grande quantité d’eau et ne donne qu’un médiocre combustible.
- Or le procédé Klasson et Ivi.rpitschnikofî commence par hydrater la tourbe encore plus qu’elle ne l’est naturellement. 11 porte du reste la dénomination d’hydrotourbe. Après „ce premier tx-aitement, pai’adoxal en apparence, la tourbe est ensuite soumise A des Opérations de décantation et de séchage.
- Voici, d’après Engineering, comment les inventeurs ont été amenés à créer leur méthode. Les tourbières de Russie sont enchevêtrées de troncs d’arbre, de branches et de racines qui rendent impossible l’emploi des machines nxcavàtrices pour faire la récolte de la tourbe. Les deux inventeurs ont ainsi été amenés à envisager l’emploi de jets d’eau sous forte pression (20 atmosphères) pour attaquer la tourbière, dégager les troncs et racines, et entraîner la tourbe sous forme d’une pulpe liquide contenant au moins g5 pour xoo d’eau. Des pompes^enti-aînent cette pulpe et l’amènent dans des macérateurs où la tourbe parachève sa désintégration. Le macérateur est une espèce de malaxeur à hélice, mue par un moteur puissant. Les bi'anches de l’hélice homogénéisent la pâte tourbeuse qui passe à travers l’appareil. Plus cette jnacération est parfaite, plus le séchage ultérieur de la tourbe est facile,
- Au sortir du macérateur, le'liquide tenant la tourbe en suspension est déversé sur des terrains de séchage, convenablement aménagés..La pulpe a été additionnée» Hans le jet d’eau, d’une quantité d’une solution de sulfate de chaux suffisante pour former lien entré les particules colloïdales de la tourbe et faciliter la séparation de l’eau. En deux ou trois jours, le dépôt, qui primitive? ment avait une épaisseur de 20 cm, s’agglomère en une masse plastique de 10 cm. d’épaisseur assez sèche pour être découpée. Cette opération s’exécute au moyen de machines découpeuses spéciales à tracteurs automobiles. On laisse sécher à l’air pendant 3 à 5 semaines les briquettes ainsi obtenues. Elles sont alors directement utilisables sur les grilles des foyers ou des chaudières à vapeur; à Electrôperedatcha on a installé des grillés
- p.2x80 - vue 531/663
-
-
-
- | INFORMATIONS
- spéciales, à chaîne, système Makarieff, qui conviennent très bien pour ce combustible. Les chaudières Babcok et Garbe installées dans cette centrale donnent avec la tourbe 40 à 5o kg de vapeur par m2 de surface de chauffe et par heure. On peut aussi faire brûler la tourbe à l’état pulvérulent.
- D’autres recherches sont en cours en Russie pour perfectionner encore le traitement de la tourbe. Le professeur Stadnikoff, de Moscou, a trouvé dans l’hydroxyde de fer colloïdal un excellent ‘ liant pour la tourbe. Celle-ci peut alors être comprimée et sa teneur en eau réduite par ce moyen à 65 pour 100.
- Ce z-ésultat laisse espérer que le séchage artificiel de laAourbe pourra être rendu industriel.
- Une grande installation de déshydratation artificielle de l’hydrotourbe a été installée cette année sur les ter-' i-ains d’Electroperedatcha. Le séchage artificiel de l’hydrotourbe a l’avantage de pouvoir être pratiqué en toute saison, tandis que le séchage naturel, dans la région de Moscou, n’est possible que pendant 70 jours dans l’année.
- Les tourbières de Bogorodsk ont fourni en 19^4 plnxs de 34oooo tonnes de combustible, dont les a/3 ont été extraits par le procédé hydraulique de MM. Ivlasson et Kirpitshnikoff. En 1926, ce procédé sera'le seul employé.
- M. Ivlasson signale une autre application intéressante de son procédé. Au voisinage d’une tourbière russe où il est en usage, un terrain de sable aride a été.converti en un champ fertile grâce à un épandage de pulpe de tourbe mélangée avec de la chaux pulvérisée et de la pierre à chaux, pour neutraliser et consolider la masse.
- L’industrie de l’alfa et les transports maritimes.
- — Le Comité Central des Armateurs de France nous écrit à ce sujet :
- « Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur certains points d’un article relatif à l’industrie de l’alfa, paru dans le n° 2675 du 11 juillet 1925 de votre journal.
- Nous nous empressons de vous faire connaître que les renseignements donnés par l’auteur de cet article en ce qui concerne les taux de fret pratiqués pour les alfas par les vapeurs anglais à destination de l’Angleterre nç sont pas exacts. En effet, les Anglais payent pour l’alfa d’Algérie à destination de l’Ecosse, non pas 20 à 3o fr. par tonne de 1000 kg, mais bien un fret de 25 à 3o shillings. Il se trouve donc que les frets par les lignes anglaises sont au contraire très sensiblement supérieurs à ceux pratiqués par les lignes françaises sur les ports français de la Méditerranée ou de l’Atlantique.
- D’autre part, il y a lieu de remarquer que le monopole de pavillon ne joue pas pour les alfas en provenance de la Tunisie qui peuvent être transportés en France par des navires battant pavillon anglais.
- En conclusion, ce n’est donc pas une question de fret qui s’oppose à l’utilisation des alfas. »
- Les dangers du plomb tétraéthyle. - Nous avons tenu nos lecteurs au courant des intéressantes études faites, notamment aux Etats-Unis, sur l’emploi des corps antidétonants. Ces substances, mélangées en proportion infime au carburant des moteurs à explosion, en améliorent le régime de combustion. Elles permettent de recourir à des compressions plus élevées et d’employer des hydrocarbures plus lourds et moins chers que l’essence; leur emploi généralisé permettrait notamment de pousser moins loin la distillation des pétroles bruts, et l’on ménagerait ainsi, dans une certaine mesure, les précieuses réserves du monde en combustibles minéraux, liquides-. Le plus efficace de ces corps antidéto-nanls est, jusqu’ici, le plomb tétraéthyle. Malheureusement ce corps est un redoutable toxique ; il provoque des accidents relevant du saturnisme; de plus, c’est un .poison du système nerveux. Aussi son emploi, qui en ces derniers mois avait pris une assez grande extension aux Etats-Unis, provoque-t-il de sérieuses inquiétudes parmi les hygiénistes. La fabrication et la manipulation du plomb tétraéthyle sont extrêmement dangereuses et ont provoqué en 1923 et 1924, aux Etats-Unis, plusieurs morts et de nombreux cas d’intoxications graves.
- Le danger est grand aussi pour les mécaniciens qui réparent les moteurs encrassés. Enfin, le public, s’il n’a pas eu à souffrir jusqu’ici, se trouverait sérieusement menacé dans les grandes agglomérations, du fait d’un dégagement intensif dans les rues étroites de gaz d’échappement chargés de plomb tétraéthyle. Les con-
- clusions rassurantes des expériences faites sur des animaux par le Bureau of Mines des Etats-Unis, et dont nous avons rendu compte ici-mème, n’ont pas été acceptées, même aux Etats-Unis, par les hygiénistes et les médecins. Elles ont, au contraire, soulevé de sévères critiques.
- Récemment, la septième Conférence Internationale du Travail s’est également saisie de la question et a publié un rapport qui, sans conclure à l’interdiction du produit, en fait ressortir les dangers et réclame des mesures pour les réduire ; tout d’abord, une organisation de la fabrication assurant la sécurité des ouvriers; ensuite, une réglementation sévère de la vente du produit, ainsi que de l’essence qui le contient. Il importe en effet que les acheteurs et usagers soient prévenus de la présence d’une substance aussi redoutable. Il est notoire que le plomb tétraéthyle est actuellement vendu sous forme concentrée et sous des noms de fantaisie aux particuliers qui peuvent en faire eux-mêmes le mélange avec l’essence, et qui de ce fait se trouvent à leur insu exposés à des risques très graves.
- Signalons, à ce propos, que la Suisse vient d’interdire la vente de l’essence contenant des combinaisons de plomb, de sélénium ou de tellure. D’autre part, aux Etats-Unis, l’industrie intéressée a décidé d’interrompre temporairement la vente du plomb tétraéthyle jusqu’à ce que la question de son influence sur la santé publique ait été entièrement élucidée par une enquête officielle, actuellement en cours.
- Enfin, signalons également que la Badische Anilin und Soda Fabrik vient d’annoncer qu’elle a découvert et qu’elle entreprend la fabrication d’un produit antidétonant, inoffensif. Mais on ignore encore la nature de ce produit.
- L’épilogue de l’expédition norvégienne dans l’Océan Glacial de Sibérie. — Le Maud, le navire sur lequel Amundsen se proposait d’entreprendre une dérive à travers le bassin arctique, comme Nansen à bord du fameux Fram, vient enfin de sortir de l’étau de glace qui l’enserrait depuis trois ans, mais sans avoir pu accomplir son programme, ainsi que nous le .faisions prévoir.
- On se rappelle que le 28 juillet ,1922, sous le commandement du capitaine. Wisting, ce bâtiment avait appareillé de la pointe Barrow, sur la côte nord de l’Alaska pour entrer dans la banquise qui, sous la propulsion d’un courant marin, devait l’entraîner en direction du Pôle, tandis que le chef de l’expédition, le capitaine Roald Amundsen, débarquait avec le projet d’effectuer un raid en avion vers l’extrême Nord.
- Gomme nous l’avons raconté ici même, après avoir dérivé pendant i3 mois dans la direction désirée, le Maud, à partir du début de septembre 1923, fut poussé dans l’ouest et finalement, en février 1924, drossé contre les îles de la Nouvelle Sibérie. C’était l’échec de l’expédition. Au commencement d’août 1924, s’étant trouvé libéré des glaces sur la côte nord de cet archipel, le capitaine Wisting essaya de faire route vers la Norvège en longeant la côte nord de l’Asie. Des banquises lui ayant fermé le passage, il mit le cap à l’est pour essayer de sortir de l’Océan Glacial de Sibérie par le détroit de Bering. De ce côté, les glaces étaient également très compactes, et dès le 27 août elles contraignaient le Maud à un troisième hivernage à l’île des Ours, dans l’est de l’archipel de la Nouvelle Sibérie. Depuis juillet 1918, c’était le sixième hiver que l’expédition norvégienne passait dans l’Arctique. .
- Au début de cet été, les explorateurs réussirent à sortir de la banquise qui les avait arrêtés l’année précédente. Longeant ensuite la côte nord de Sibérie, vers ; l’est, ils sont parvenus, le 11 août dernier, à Waling, station de trappeurs, voisine du cap Oriental, à l’entrée nord du détroit de Bering et de là ont gagné l’Alaska. Dans quelques mois ils seront de retour en Norvège.
- Si'l’expédition n’a pu remplir son programme', elle n’en a pas moins obtenu des résultats importants.
- Elle rapporte notamment des observations très nombreuses sur le régime des courants marins dans la partie orientale de l’Océan Glacial de Sibérie et sur le climat de cette région. Pendant plus de six ans, le Maud a été un laboratoire d’océanographie et une station météorologique flottant au milieu des banquiées.
- ,.......... Chaules Rabot.
- p.2x81 - vue 532/663
-
-
-
- JfcD
- 1pd
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ><
- *»> Chauffage
- Tuyau-radiateur. — La chaleur qui circule dans les tuyaux d un poêle est en général mal utilisée et l’on connaît le procédé employé, notamment dans les poêles lorrains où les tuyaux décrivent des courbes assez compliquées, depuis la sortie du poêle jusqu’à l’évacuation dans la cheminée.
- . Cet appareil a été imaginé dans le même but, il consiste eu une série de cinq tuyaux verticaux reliés en haut et en bas par un collecteur pour assurer aux gaz un long trajet et une plus grande surface de contact
- Fig. i. — Tuyau-radiateur.
- avec l’air extérieur, pour que la chaleur soit utilisée au maximum.
- Constructeur : Etablissement Hamelet Bachmann, 16, rue Saint-Sabin, Paris.
- Radiateur Fougeron à circulation d’eau chaude.
- — Jusqu’ici le chauffage central par circulation d’eau chaude dont les qualités hygiéniques sont connues de tous n’était économiquement possible que dans les immeubles où pareille installation était prévue lors de la construction. Pour toute installation à établir dans une maison existante, la dépense est, à l’heure actuelle, quasiment prohibitive, pour un locataire parce que le principal de cette dépense est constitué par la tuyauterie qui, ne pouvant se déplacer, se trouve dès lors perdue en cas de changement d’appartement.
- Or le radiateur Fougeron (fig. a) que nos lecteurs ont pu voir à la Foire de Paris, étant mobile, il n’est pas. besoin de tuyauterie ; de plus, son système de chauffage faisant corps avec l’ensemble de l’appareil, cela permet,, de le déplacer dmne pièce à une autre, sans effort, à la façon d’un meuble ordinaire^ L’absence de tuyauterie évitant toute déperdition de calorique lui assure de ce côté un rendement maximum et une grande économie de combustible.
- Construit pour être logé facilement dans une cliemi nee, il n’est pas encombrant et ne nécessite aucun manutention parce qu’une fois rempli d’eau il n’y jamais besoin d’en ajouter. Il peut rester allumé tou 1 hiver sans avoir à y toucher, si l’on brûle du ga d éclairage, autrement que pour le régler suivant^ 1 température. L’électricité offre d’ailleurs les même
- avantages. Avec les combustibles liquides (pétrole, essence) sous pression, il suffît de remonter la pression tous les jours et dé; remplir le réservoir tous les trois ou quatre jours selon la capacité de ce dernier.
- Fig. 2. — Radiateur Fougeron.
- La chambre de chauffe, enfermant la chaudière et le brûleur disposé pour faciliter l’évacuation des gaz carburés, offre une parfaite sécurité contre les émanations.
- Toute la partie formant le radiateur est en bronze et en cuivre (rouge ou jaune), métal de première qualité et conducteur de chaleur incomparable à tout autre métal.
- Il est fabriqué avec ou sans brûleur et pour chauffer, selon la grandeur, un local de 3o, 45 ou m5, ce qui représente notamment une consommation-horaire de gaz de 180, 220 ou 3oo litres en plein débit, et de 120, i5o ou 200 litres en débit réduit. Il est livré peint ou émaillé dans les nuances : chêne, gris perle, vert amande, vert mousse, bleu saxe, etc.
- Constructeur ; Etablissements À. Fougeron, 21, rue de Normandie, à Asnières (Seine).
- Automobilisme
- Le surcompresseur « Lubp> et le graissage des autos. — Cet appareil (fig/ 3) comporte de petits graisseurs montés directement sur les orifices à lubrifier et une pompe và main fonctionnant par simple poussée sur les graisseurs qui provoque en même temps l’accouplement étanche et articulé de la pompe avec l’organe à graisser et l’introduction du lubrifiant (graisse, huile) dans les parties à lubrifier à une pression telle que le cambouis et autres impuretés sont expulsés des organes obstrués.
- Le « Lub » permet,*à l’aide d’une seule main, d’injecter sous une pression de près de 1000 Icgr. par centimètre carré le lubrifiant dans les axes à graisser. L’opération complète ne prend qu’une seconde par graisseur, ne nécessite aucun accrochage de raccord flexible sur le graisseur, et est toujours d’une efficacité absolue : quel que soit le degré d’obstruction des graisseurs considérés.
- Comme le montre la coupe schématique (fig. 4) l’appareil comporte un tube compresseur A avec une bille-soupape J; il se termine à son extrémité par. un aju-
- Surcompvessfiur « Lub »,
- tage en forme de rotule B. Un réservoir de lubrifiant C est fermé par un couvercle E, auquel est fixée une tige? piston D axée dans le prolongement de A. Le tube A peut coulisser dans un guide fixé à l’extrémité conique du réservoir C; il peut ainsi pénétrer dans l’intérieur de G d’une certaine longueur cjue limite la venue aq
- p.2x82 - vue 533/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- contact, avec le siège dix clapet J, de la tige-piston D. Enfin, un ressort E prenant appui d’une part sur le couvercle E et d’autre part sur la base du tube compres-
- seur A tend à ramener toujours ce dernier, par rapport au réservoir dans la position de la ligure.
- Le fonctionnement est alors aisé à saisir. Supposons la graisse remplissant le réservoir C ainsi que le tube compresseur A, et ce dernier appuyant par sa rotule B sur un graisseur. Si l’on pousse la pompe contre le graisseur, le réservoir coulisse le long du tube A et la tige-piston D pénètre dans A: elle chasse devant elle la graisse y contenue et, par 1 intermédiaire du clapet J et de la rotule B, la force dans l’organe à graisser avec une pression en raison de la très faible section de la tige D.
- Dès qu’on supprime l’effort, le ressort F fait exécuter au réservoir, par rapport au. tube A, un mouvement inverse; la bille J s’est aussitôt collée sur son siège et la tige I),- en se retirant, crée le vide entre son extrémité et le siège du clapet J ; quand, poursuivant son mouvement, I) s’échappe de A, mettant en communication avec le réservoir Cia capacité du tube compresseur A, le vide régnant dans ce dernier en provoque le remplissage instantané par succion, de la quantité de graisse correspondante, aspirée du réservoir C.
- Et l’appareil est prêt pour une nouvelle injection de lubrifiant, un seul coup de pompe suffisant généralement pour chaque graisseur.
- Constructeur : Lub, i Avenue de Villars, Paris.
- Coupe-circuit G.-F. anti-incendie des automobiles.
- — Souvent il arrive que lorsqu’une automobile se ren-
- Fig. 5. — Coupe-circuit G. F.
- A, corps en bronze ; B, tube, en verre ; C, mercure ; D, espace libre ; E, écrou de masse; F, isolant; G, écrou déblocage; H, tige isolée se fixant au primaire; !, écrou de lixation du iil ; .1, tige el écrou de fixation de l’appareil; K, pastille de cristal.
- verse, le moteur continue à tourner, et l’essence qui s’est répandue risque de s’enflammer au contact des étincelles de la magnéto ou de toute antre manière. Le dispositif G. F, , a pour objet de couper automatiquement le
- circuit de la magnéto dès que la voiture a pris une déclinaison dangereuse. A cet effet, on dispose sur le circuit primaire de la magnéto un coupe-circuit à bain de mercure (fig. 5], tel que, en position normale, deux bornes métalliques sont isolées l’une de l’autre, tandis qu’à une certaine inclinaison de l’auto, le mercure établit contact entre ces deux bornes, dont l’une est à la masse et l’autre, isolée, est reliée directement au circuit primaire de la magnéto. L’allumage est de ce fait coupé et le moteur s’arrête.
- 11 se place à proximité de la magnéto, assujetti par une patte métallique à un boulon quelconque du moteur, par conséquent à la masse ; il doit être posé verticalement, la borne isolée vers le haut. Après fixation, il suffit de réunir par un fil très bien isolé la borne du primaire de la magnéto à la borne isolée du coupe-circuit.
- Pour éprouver l’appareil avant sa fixation définitive, il n’y à qu’à incliner le système lui-même en touchant la masse à l’endroit propre, le fil conducteur étant branché comme il doit l’être; le mercure établissant le contact, le moteur s’arrête.
- Lorsque le véhicule roule normalement, rien ne se produit. Dans un cas de chute, en outre de l’arrêt de l’allumage, il se produit un certain freinage, par compression, qui atténue considérablement la violence du choc.
- Ce coupe-circuit ou appareil de mise à la masse peut aussi être agencé comme anti-vol au moyen d’un support à bascule à cran d’arrêt; au quart de tour qui permet de maintenir le coupe-circuit horizontal, la magnéto se trouve de ce fait constamment à la masse, immobilisant le moteur. Au besoin le capot peut être fermé au moyen d’une serras# amovible spéciale. Donc, la magnéto en court-circuit et le capot fermé, il devient impossible de mettre le moteur en marche sans fracture du capot.
- Pour le départ, il suffit de remettre l’appareil à mercure dans la position convenable.
- Le coupe-circuit G. F. est applicable aussi bien aux voitures automobiles et motocyclettes qu’aux avions et à tous systèmes d’allumage électrique.
- Constructeur : Société Circuit de masse G. F. automatique et anti-vol, 89, avenue Coligny, La Rochelle (Charente-Inférieure).
- Mécanique
- Perceuse à transformation. — Cette nouvelle perceuse est constituée par un simple porte-foret fixé dans un bâti spécialement étudié.
- La figure ci-contre montre que l’on obtient ainsi : soit une perceuse d’établi pouvant rendre les plus grands services dans tous les travaux de petite mécanique; soi’-
- Fig. 6. — Perceuse «Idéal ».
- le simple porte-foret si connu et apprécié de tous les mécaniciens. Le montage et le démontage du porte-ford dans le bâti se font instantanément. ;
- Cette machine permet de percer sans fatigue des trou1 de 1 à 10 mm de diamètre ; sa rigidité évite toute rupture de mèche. .
- Constructeur : M. Bourgery, 78, rue Saint-Hilaire, a Nogent-le-Rotrou, Prix : 80 francs.
- jToute fa pression concentrée dans ce tube
- surcompresseur « Lui) ».
- Aucune pression dans ce réservoir
- — Coupe schématique du
- m 84
- p.2x83 - vue 534/663
-
-
-
- isq
- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : HYSOPE
- L’Hysope officinale (Hyssopus officinalis, L.) Labiées, tire son nom du grec Hussopos. C’est une des plantes les plus anciennement connues, aux origines biblique et sacrée. La Bible l’oppose au cèdre du Liban et l’Eglise en fait le véhicule de son eau lustrale : « Asperges me, Domine, hyssopo, et mundabor.... »
- Habitat. — Bien qu’on la rencontre dans plusieurs régions de la France, son véritable habitat chez nous est la région méditerranéentie, notamment dans les Alpes-Maritimes et le Yar, et d’ailleurs partout où croissent la lavande, le romarin et le thym, sur les coteaux dénudés et pierreux exposés au midi. Elle est très répandue dans les pays qui bordent la Méditerranée.
- Description sommaire. — Plante à tiges un peu ligneuses à la base, formant une touffe atteignant .jo à 5o cm de hauteur. Feuilles opposées, oblongues, glanduleuses, caduques, tombant aux premiers froids. Fleurs sessiles (floraison de juillet à septembre) disposées en un épi terminal, placées toutes du même côté de l’axe ; corolle bleue, quelquefois rose. Fruit consistant en quatre achaines. Racine grosse, rameuse, revêtue d’tin abondant chevelu. L’odeur de la plante est aromatique et camphrée, ce qui la fait rechercher par les abeilles, mais éviter par les troupeaux.
- Culture. — L’hysope aime les terres légères, sèches et calcaires, bien ensoleillées, elle ne demande pas d’humidité. On la cultive depuis longtemps dans les jardins comme plante médicinale et comme plante d’agrément.
- Multiplication. — i0 Par semis; 2° par éclats de souches; 3" par touffes entières.
- i° Par semis. — Les graines sont noires, rugueuses, très petites et conservent trois ans leur faculté germinative. Le semis se fait sous châssis ou en pleine lerre bien fumée et nivelée. On y procède sous châssis en février ou au début de mars; la levée a lieu en l’espace de 3 semaines, tandis qu’en pleine terre elle demande i mois à 5 semaines environ (A. G. et ,1. D.).
- En pleine terre, on sème à la volée en juillet dans les environs de Paris, lin mars-avril dans le Midi, sur des planches d’environ î m. 3o de largeur, après avoir eu soin de mélanger les graines avec du sable pour en obtenir une distribution plus uniforme. On peut aussi répartir ce mélange dans des lignes espacées de o m. 3o. On plombe légèrement et l’on arrose.
- D’après MM. Rolet et Bouret, si l’on couvre le sol d’un léger pailli's (poussier de blé, aiguilles de pin, crottin de cheval) qui empêche la formation d’une croûte à la surface, la levée peut, dans ces conditions, atteindre g5 pour ioo.
- De l’avis des gens compétents, notamment de M. Lamothe, spécialisé dans cette culture, il faut préférer le semis, bien qu’il entraîne un retard de 3 mois sur la plantation des touffes, mais l’on a ainsi de jeunes sujets sains et vigoureux.
- 2° Par éclats de souches ou 3° par souches entières. — On les plante dans un sol bien fumé en laissant un intervalle de o m. 5o entre les lignes et de o m. 3o entre les pieds. On adopte aussi o m. 35 à o m. 4° au carré. Le repiquage a lieu en octobre ou au printemps et même en été suivant les régions. On y apporte les soins culturaux habituels avec un minimum de trois binages. Au printemps, il est utile d’enterrer un peu de fumiers-bien décomposé, 2 kg 5oo, à l’are, de nitrate de soude en deux fois (avril et juin) et 5 kgde superphosphate. Ladurée de la plantation est de 4 ans dans les environs de Paris.
- Récolte et rendement. — Les dates varient selon les régions, mais d’une façon générale, c’est au moment de la pleine floraison, de juillet à août. Dans le Jardin familial, on peut couper au sécateur les sommités fleuries, tandis que sur les champs on emploie la faucille ou la serpe.
- Selon MM. Goris et Demilly une bonne plantation permet de faire, dès la seconde année, deux coupes par an, la première en juin, la seconde en septembre. L’hectare peut fournir environ 25oo kg et la deuxième cueillette presque autant, ce qui est un rendement appréciable, mais, d’après M. Lamothe, un terrain ordinaire ne produit que 1800 kg. On estime qu’une plante cultivée en bon sol fournit jusqu’à 45o gr. de ramilles.
- Séchage et rendement.— Si l’on récolte la plante entière ou les sommités fleuries, on en forme des bouquets que l’on suspend en guirlandes, si l’on ne cueille que les
- feuilles, on les étale sur des claies, mais, dans les deux cas on les fait sécher à l’ombre aussi rapidement que possible pour conserver l’arome et la couleur verte de la plante. On emploie aussi des séchoirs à l’air libre quand on dispose de grandes quanti'és.
- Le rendement est variable : 100 kg de sommités fleuries laissent 23, 25 et même 3o kg de sommités sèches.
- Composition chimique. — L’hysope contient : huile essentielle, soufre, hysopine. La plante des pays chauds donne par la distillation du camphre analogue à celui des Laurinées. L’huile essentielle est liquide, d’une saveur brûlante, jaunâtre et se résinifiant au contact de l’air. L’hysopine est une substance neutre soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther (Dr A. Héraud).
- L’huile essentielle est très fluide, ambrée ou incolore et rappelle par son odeur celle de l’essence de tanaisie; l’hysope en renferme 0,4 pour 100. Les recherches de Cadéac et de Meunier ont montré qu’elle constitue une substance très active exerçant sur le bulbe des effets épileptogènes ; elle contiendrait deux fois plus de ces principes que l’essence d’absinthe.
- Propriétés thérapeutiques. — L’hysope est une des plantes les plus anciennement employées. Hippocratè la prescrivait dans la pleurésie. L’Ecole de Saherne la vantait dans des termes que Meaux Saint-Marc a traduits de la façon suivanle :
- L’hysope du poumon purge le phlegme humide;
- D’hysope cuit au miel le poumon est avide ;
- Lorsqu’une toux chronique allume sa chaleur,
- L’hysope du visage embellit la couleur.
- On lui accorde beaucoup de propriétés : excitante, stimulante, béchique, expectorante, stomachique, carmi-native, sudorifique, vulnéraire, vermifuge, antiseptique, .aromatique, emménagogue. Aujourd’hui, elle est surtout classée parmi les plantes béchiques et, à ce titre, elle est conseillée principalement contre les rhumes, la toux et les refroidissements.
- Préparations pharmaceutiques. — La préparation la plus employée est la tisane que le Codex de 1908 prescrit de faire avec 5 gr. de sommités fleuries par litre et une infusion d’une demi-heure Eau distillée 5o à 100 gr. ; sirop 3o à 60 gr. Le thérapeute, Dr Henri Leclerc, dans son Préris de Phytothérapie aussi savant qu’intéressant, conseille les préparations suivantes : Infusion à 2 pour 100 (2 à. 3 tasses par jour); l’alcoola-ture (X à XXX gouttes) dans un verre, ou le sirop suivant :
- Sommités fleuries d’hysope . . 100 grammes.
- Eau bouillante................1000 —
- Sucre. .............1600 —
- Prendre 100 gr. par jour. On peut le préparer comme suit. Verser l’eau bouillante sur les sommités, laisser infuser 6 heures dans un récipient couvert, passer avec expression, filtrfer et faire avec le sucre un sirop par solution au bain-marie.
- En dehors de la thérapeutique, l’hysope entre dans la liquoristerie industrielle : Absinthe, Chartreuse, Eau de mélisse des Carmes, Eau-de-vie de Dantzig, Esprit d’hysope, Vulnéraire. Enfin les feuilles ainsi que les sommités fleuries sont employées comme condiment dans la cuisine, surtout dans les pays du Nord.
- Observations commerciales. — Etant donnée la grande consommation de l’hysope en herboristerie, la Feuille d’information du Ministère de VAgriculture l’a recommandée, dans ses numéros du 11 juillet et 17 novembre 1916, au nombre des plantes qui méritent d’être cultivées en première ligne. Pour cette raison, il y a lieu de lui réserver une assez grande place dans le Jardin familial, à moins qu’on ne la fasse entrer également dans le jardin fleuriste, car elle possède aussi certaines qualités ornementales.
- En France, les prix de gros pratiqués pour l’herboristerie ont varié, d’après certains auteurs, entre 20 à 3o francs les 100 kg pour les sommités fleuries en bouquets et entre 60 à 70 francs pour les feuilles mondées.
- Dans le Midi, la plante en bouquets a été cotée 1 fr. 5o à 2 francs, les feuilles et fleurs mondées 3 à 4 francs le kilo. L’an dernier (1924), l’herboristerie de Lyon a payé l’hysope mondée entre 2 fr. 5o à 3 francs le kilo.
- A. Truelle.
- p.2x84 - vue 535/663
-
-
-
- —
- .<ÈD 1go
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- La réparation .provisoire de crevaisons de pneus de bicyclette. — Un cycliste ne doit jamais s'embarquer sans son nécessaire de réparation. C’est là le conseil de la prudence. Oui, mais quel est celui qui, à cet égard, n’a jamais péché par oubli ou par étourderie. Et voici précisément la crevaison imprévue. Rien pour réparer. Que faire ? Continuer sa route à pied ou rouler sur la jante ? Alternatives aussi désagréables l’une que l’autre. Yoici un moyen très simple de se tirer de cet embarras. Il nous est communiqué, par un de nos lecteurs, M. Bourgery, de Nogent-le-Rotrou. Sortez la chambre à air; placez sur le trou un papier mouillé grand comme un timbre-poste, un morceau de papier à cigarette par exemple ; faites deux tours avec une bande de toile autour de la chambre à air pour maintenir le papier en place et empêcher la dilatation de la chambre en cet endroit. Replacez la chambre et l’enveloppe, puis gonflez très dur. Cette réparation provisoire tiendra plusieurs heures, peut-être plusieurs jours.
- Pour extraire un taraud cassé dans une pièce métallique en fonte. — C’est un accident qui arrive assez souvent. L’extraction est très difficile quand on ne peut chauffer la pièce pour détremper le fragment ,de taraud. Yoici cependant un procédé simple. 11 suffit de verser dans le trou un peu d’acide chlorhydrique et d’atten'dre 24 heures. Les filets du taraud sont rongés; il suffit alors de saisir avec une petite pince l’extrémité du taraud ; il se laisse dévisser avec la plus grande facilité.
- (Communiqué par M. Bourgery, à Nogent-le-Rotrou.)
- Emploi de bois altérés pour la fabrication de la pâte à papier. — MM. John Rue, R. N. Miller et C. J. Humphrey, du Laboratoire des Produits forestiers, à Madison, Wisconsin (Etats-Unis), ont recherché les possibilités d’emploi de bois altérés, pour fabriquer la pâte à papier.
- La question est importante, car l’altération des bois destinés à la papeterie, parles micro-organismes, champignons et insectes, cause presque autant de ravages que l’incendie, bien qu’ils soient moins apparents.
- Les cryptogames se nourrissent de la substance du bois, qu’ils transforment en produits volatils, solubles dans l’eau ou moins résistants à l’action des produits chimiques. Quelques-uns de ces organismes s’attaquent principalement à la cellulose, tandis que d’autres s’alimentent surtout de lignite. Certains d’entre eux attaquent le cœur de l’arbre, d’autres l’aubier.
- Les essais de MM. John Rue, R. N. Miller et C. J. Humphrey ont donné les résultats suivants :
- i° Les pâtes obtenues par le traitement de bois fortement altérés (traitement au bisulfite) étaient presque aussi solides que les celluloses provenant de bois sains et auraient pu être employées à la fabrication du papier-journal.
- 20 La couleur des pâtes émanant de bois infectés était d’autant plus foncée que la coloration du bois lui-même était plus accentuée.
- 3° Les rendements en cellulose de bois altérés ne furent pas beaucoup.plus faibles que ceux des bois sains.
- 4’ La densité du bois ne permet pas, généralement, d’apprécier avec certitude sa valeur papetière.
- 5° La solubilité du bois dans une solution d’alcali à 1 pour 100 constitue, dans certaines limites, un intéressant critérium de sa valeur. H. B.
- Procédé pour coller les bandes de caoutchouc sur les volants.de scies à ruban. — La bande de caoutchouc doit être plus petite que le volant sur lequel on veut l’adapter, ce qui permet de la monter en la tirant.
- Il faut, tout d’abord, bien nettoyer la bande de caoutchouc à l’intérieur, puis le volant à l’extérieur, après quoi on chauffe le volant avec un fer rouge ou une lampe à souder, puis on enduit avec de la colle spéciale employée pour les caoutchoucs garnissant les voitures d’enfant. La bande de caoutchouc doit être montée ensuite en égalisant bien la tension ; après quoi, on passe la flamme de la lampe à souder à l’intérieur de la jante, pour faire fondre la colle ; on appuie bien et on laisse sécher pendant 12 heures.
- On peut employer également la colle ordinaire de menuisier, mais ce collage à la colle forte çst surtout employé quand on fait usage de bandes en liège au lieu de bandes en caoutchouc. H. B.
- Le greffage à la paraffine. — Dans le procédé de greffage en fente, plus particulièrement, la non-réussite provient souvent de ce que le greffon se dessèche par évaporation, avant que le courant de sève n’ait eu le temps de s’établir normalement entre le greffon et le porte-greffe.
- Un nouveau procédé comporte l’utilisation de la paraffine de la manière suivante :
- Lorsque la ligature est bien fixée, on ne met du mastic à greffer qu’en quantité juste suffisante pour obturer la partie laissée libre par le greffon.
- On prend alors de la paraffine ordinaire, du commerce, on la fait fondre au bain-marie, puis on l’étend au pinceau sur le greffon, en entier et sur le porte-greffe, de manière à bien recouvrir la plaie, et en évitant d’enduire le bourgeou terminal du greffon.
- La paraffine étant imperméable à l’air, le greffon se conserve intact, il n’est pas exposé à être desséché par le vent ou par les rayons solaires.
- La paraffine, peu résistante et très malléable, ne s’oppose pas à l’épanouissement des bourgeons.
- Il faut avoir soin de ne Remployer que juste à la limite de solidification, pour éviter’de brûler l’arbre.
- H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlir® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Les animaux avalés vivants. (Voirn° du 8 août 1925.) M.'F. David nous écrit à ce sujet :
- « J’ai vu une poule.avaler une petite vipère ou couleuvre; celle-ci encore vivante parcourait tous les intestins jusqu’à l’orifice du rectum et revenait à l’air libre; la poule se retournant la réavalait. Ce manège dura quelques minutes et je ne sais comment il se termina ».
- Réponses. — M. E.-J., rue de Lyon (Alger). — Pour renseignements et documentation sur Vobtention de la cellulose en traitant la paille parle procédé nitrique, vous pourriez renouveler votre demande à l’Institut chimique de Rouen, mais, si possible, par 1 intez’médiaire du directeur de la Station agronomique d’Alger. D’autre part,
- se renseigner à l’Ecole française de papeterie annexée à l’Université de Grenoble, où l’on doit être au courant des travaux publiés sur cette question, en particulier de ceux de M. Monnier, cité dans l’article de La Nature (n° 2673) ; nous n’avons pas l’adresse de ce spécialiste.
- Bibliothèque scolaire, Libourne (Gironde). — La documentation bibliographique concernant les travaux ou études faites sur les matières colloïdales des vins et des. moûts et sur les applications pratiques doit être recherchée dans leà traités d’œnologie et d’analyses des vins.et des moûts, et auprès des spécialistes œnotech-niciens, ou des organismes s’occupant spécialement d’œnologie, notamment voyez à la Station œnologique et agronomique de la Gironde, à Bordeaux,, là plus proche, et aux autres adresses que voici : Institut œno-technique de France, directeur : M. L. Mathieu à Gagny-lès-Paris (Seine-et-Oise) ; Station œnologique de l’Aude, directeur: M. L. Sémichon, à Narbonne; Station œnologique de Maine-et-Loire, directeur : M. Moreau, à Angers. Voyez aussi aux librairies éditant des ouvrages sur les vins et questions connexes : Coulet, éditeur,
- p.2x85 - vue 536/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- 5, grand’Rue, Montpellier; Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°). Nous ne possédons pas la documen-1a1ion bibliographique dont il s’agit; des indications ou des directives pour ces recherches peuvent être recueillies aux adresses précitées.
- M. Spinnael, à Tjiamis (Java). — Documentation sur la culture et l’industrie du manioc : indépendamment de l’ouvrage intitulé Culture et Industrie du manioc, 1 volume, par Léon Colson et Léon Chatel, qui était encore en vente l’an dernier, il y a les ouvrages suivants : Le manioc, 1 vol. (Dunod, éditeur, Paris, g3, rue Bonaparte (6e) ; La culture du manioc à Madagascar, par A. Fauchère, 1 vol. Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob (6e), et parmi les fascicules de la revue L’Agriculture pratique des pays chauds, les articles suivants : Fumure du manioc (n° 26) ; Ze manioc (n° 3g); Le manioc à la Réunion (n° g3) ; 7,e manioc africain (n* 110); Analyses de manioc à La Réunion (n° 100) ; Le manioc en Indo-Chine (n" 78) ; Le manioc à l’ile Maurice (n“ 7g); La farine de manioc dans l’alimentation (n0 80) (Challamel, éditeur précité). Voyez à cette adresse pour recherche de la documentation en France et à l’étranger.
- 81 g, Redon. — Pour les pulvérisateurs à employer pour Vépandage, en grande culture, des solutions d’acide sulfurique, en vue de la destruction des mauvaises herbes dans les céréales, voici les adresses 'de constructeurs se rapportant à votre desideratum : Etablissements Yermorel, à Villefranche-sur-Saône (Rhône) ; Castaing, 86, rue Jules-Ferry, Caudéran, Bordeaux (Gironde) ; Y. Hardy et C. Gravelat, à Saint-Georges-sur-Eure (Eure-et-Loir); Rebeyrol, à Castillon-sur-Dordogne (Gironde) ; Société de constructions agricoles, mécaniques, 118, rue de Crimée, Paris (ig°); Etablissements P. Berthoud, à Belleville-sur-Saône (Rhône); Etablissements P. Perras, cà Belleville-sur-Saône; J. Jouan-din, constructeur, à Reuilly (Indre).
- M. Tholose, à Aisy.—. i° Vous ne nous dites pas quelle est la nature de la pâte qui constitue votre statuette, ni quel genre de couleur bleue a été employée pour la peindre; dans ces conditions, il est très difficile de vous renseigner avec certitude sur le moyen à employer pour enlever la coloration. Comme nous supposons qu’il s’agit d’une pâte analogue au biscuit de Sèvres, nous pensons qu’il vous suffira d’abord de brosser dans un bain de savon tiède additionné de carbonate de soude (cristaux du commerce, puis, après rinçage, de passer dans un autre bain additionné d’environ 5 pour 100 d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique), finalement passer à l’eau claire. Au cas où la statuette serait en plâtre, essayer d’ùn badigeonnage à l’eau de Javel étendue de cinq à six fois son volume d’eau.
- 20 De même pour répondre utilement à votre seconde question, il serait nécessaire de connaître les produits odorants qui ont été emmagasinés dans vos tiroirs ; ne les connaissant pas nous ne pouvons que vous conseiller d’y placer quelques sachets contenant de la farine de moutarde fraîchement préparée.
- W., à Amiens. — i° L’application d'un enduit sur les poutres ne. peut qu’être favorable à leur conservation, caries vrillettes ainsi emprisonnées seront dans l’impossibilité de se reproduire. Quant à la pourriture due au développement de végétaux inférieurs, elle sera enrayée pour la même raison, surtout si vous avez la précaution de badigeonner le bois, avant d’enduire, avec une solution de sulfate de cuivre à 5 pour 100 (vitriol bleu du commerce). N. B. L’eau apportée par le plâtre est pratiquement négligeable, car elle s’évapore rapidement grâce à là porosité de celui-ci.
- 20 Pour réparer vos marches en pierre, faire préalablement un mélange bien homogène de :
- Sable blanc lavé.............700 gr.
- Magnésie calcinée lourde. . . . 100 —
- Puis arroser peu à peu ce mélange avec une solution de chlorure de magnésium à 220 Baumé, de façon à faire une pâte telle, que serrée dans la main elle reste assemblée sans laisser suinter de liquide. Etendre aussi régulièrement que possible avec une truelle qui peut être en fer, lisser et abandonner au durcissement tqui demande deux ou trois jours, en protégeant l’endroit réparé avec quelques planches. Avoir soin d’employer de la magnésie calcinée entre qSo° et g5o° préparée spécialement pour les ciments magnésium et bien observer la concentration de 22° B pour le chlorure de magnésium.
- M. /. F., rue du Souvenir, Lyon-Vaise (Rhône). — Documentation sur le piégeage et la destruction des oiseaux nuisibles. Yoyez les ouvrages suivants : Chasse, Elevage et Piégeage, 1 vol., par A. de Lesse; Fart de détruire les animaux nuisibles, 1 vol., par Alph. Blan-chon (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°); Manuel de l’Oiseleur (chasse aux oiseaux, filets, pièges),
- 1 vol., par J. G. et Conrard (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille (6e); Chasse aux petits oiseaux,
- 2 vol., par J. Crahay (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob (6e). Yoyez aussi les ouvrages spéciaux sur la capture, le piégeage des oiseaux nuisibles, à la Librairie Deyrolle, éditeur, Paris, 46, rue du Bac (7e).
- M. G., à Atnilly. — Puisque vous avez la faculté de percer des trous dans le soi, le mieux serait à notre avis d'opérer plutôt ainsi : Repérer préalablement par des déterminations convenables la partie du sol qui se trouve au-dessus de la cave, puis décaper en enlevant la terre arable sur une surface débordant cet emplacement d’au moins 1 m. à 1 m. 5o, cela de façon à atteindre le calcaire. Etendre alors sur celui-ci une couche d’argile grasse de o m. 20 à o m. 25 d’épaisseur en ménageant une pente légère comme pour un toit. Remettre ensuite en place la terre arable, gardée à proximité, ce qui permettra d’utiliser à nouveau le sol pour la culture s’il en était ainsi précédemment,
- M. Fuchs, à Plorbourg. — G La préparation des vernis est toujours une opération délicate, à cause de la pyrogénation necessaire des copals qui entrent généralement dans leur composition, c’est pourquoi nous conseillons rarement d’entreprendre leur fabrication. Si cependant vous voulez la tenter, voici comment vous pourriez obtenir un vernis pour cadre de bicyclette :
- Prendre :
- Bitume de Syrie.............. . 200 gr.
- Copal du Congo. . .............200 —
- Faire fondre le mélange et chauffer longuement, puis après refroidissément ajouter :
- • Essence de térébenthine .... 4°° gr-
- Vernis gras......................200 —
- Siccatif liquide.................. 3o —
- Bien que ce vernis soit très résistant, il n’a pas la solidité des vernis au four industriels qui ont comporté un chauffage à i5o° environ; en outre, vous éviterez difficilement lors de l’application la production de surépaisseurs.
- 20 Les produits vendus pour la destruction des mauvaises herbes sont essentiellement constitués par l’un des produits suivants, arsénite de soude ou de chaux, chlorate de soude, sulfure de calcium, ce sont des poisons pour tous les végétaux et il est évident que répandus à proximité des plantes utiles, il les détruiront également. Il faut donc prendre des précautions lors de leur emploi et ne les appliquer que dans les allées où on veut détruire les plantes qui se sont développées d’une façon intempestive.
- Helmet, à Bruxelles. — 10 Le platino cyanure- de baryum est appliqué sur les écrans- radioscopiques au moyen d’une solution de celluloïd analogue à la suivante :
- Celluloïd non chargé...............10 gr,
- Acétone........................... 5o —
- Acétate d’amyle....................5o
- 2° On peut détruire les taupes en se servant d’appàts additionnés de strychnine, mais le procédé est dangereux à cause des empoisonnements accidentels qui peuvent en résulter pour , l’homme ou les animaux domestiques ; nous pensons préférable la méthode à la
- baryte qui consiste à prendre :
- Carbonate de baryte ..... 100 gr .
- Farine de froment. ...... i5o —
- Sucre en poudre.. . . . . . . . 5o —
- Suif fondu . . v. G........ 1000 —
- Essence d’anis................ 5 —
- Après avoir fondu le suif, on y incorpore progressivement les ingrédients de manière à former une pâte, on mélange ensuite celle-ci avec du pain émietté, du fromage ou toute autre substance dont les taupes sont friandes ; l'appât est disposé de bon matin à l’entrée des taupinières fraîches, les autres aboutissant à des galeries abandonnées, puis on recouvre d’une motte de gazon.
- Société lorraine. —1 La colle servant à fixer les bandages pleins sur les jantes de roues métalliques est essentiellement constituée par de la gomme laque et du caoutchouc non vulcanisé. Après avoir fait fondre avec
- p.2x86 - vue 537/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- précaution ces deux éléments, on y incorpore un peu de minium et de soufre ; vous pouvez prendre comme
- base la formule suivante :
- Gomme laque. .... 5o grammes. Caoutchouc Para . . . 5o —
- Minium .............. 5
- Soufre en poudre ... 5 —
- Une fois le mélange rendu bien homogène, on moule en bâtons que l’on frotte au moment de l’emploi sur la jante légèrement chauffée, le bandage est ensuite appliqué en opérant progressivement ; quand tout est refroidi l’adhérence est parfaite. Si vous préférez employer une colle liquide, il vous suffira, avant refroidissement complet de la pâte, d’y ajouter une quantité suffisante de benzine, en se tenant éloigné de tout foyer, à cause de la grande inflammabilité de ce solvant.
- M. Bronne, à Bruxelles. — L’adresse donnée au sujet de l’emploi de la zéolitke, pour l’épuration des eaux calcaires, était bien exacte; la raison sociale complète de la maison est Noël Adam et J. B. Gail successeurs de Howatson, 6, rue Alexandre Cabanel, Paris i5c.
- M. P. Am.., à Cauderan (Gironde). — i° Ouvrages traitant de la vulcanisation du caoutchouc : Technologie du caoutchouc souple, par R. de Fleury, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; L’industrie du caoutchouc, par R. Jacobs, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères; 2° A l’état liquide Vacide sulfureux agit comme un dissolvant neutre, ce qui pfeut expliquer le gonflement du caoutchouc mis en sa présence. Quant au durcissement, il pourrait être attribué à une fixation complémentaire de soufre; mis en liberté par une réduction de l’acide sulfureux, la pratique industrielle a montré en effet que pour obtenir les durcis il fallait augmenter la quantité de soufre ; — 3° Vous trouverez du caoutchouc pur, sous forme de fines lanières, chez tous les marchands importants d’articles en caoutchouc à Bordeaux.
- M. P. G., à Combronde. — Pour recoller les objets en ébonite, on commence par faire digérer pendant plusieurs jours de la gutta-percha en quantité suffisante dans le sulfure de carbone, de manière à obtenir une sorte de sirop. On applique alors celui-ci sur les parties à joindre, puis on enduit rapidement la couche ainsi déposée d’une solution à 5 pour 100 de chlorure de soufre également dans le sulfure de carbone, on réunit les fragments, maintient serré par une ligature et laisse sécher, autant que possible au moins une journée. — N. B. Le sulfure de carbone étant très inflammable, effectuer toutes ces opérations de préférence le jour.
- M. P. Renaud, à Paris. — i° Vous pouvez débarrasser votre eau du fer qu’elle contient par un moyen très simple, qui consiste à y ajouter un léger lait de chaux, puis, après sédimentation, à décanter. Où la difficulté commencé, c’est dans l’évaluation exacte de la quantité de chaux qui serait nécessaire; pour la connaître, il faudrait faire une analyse préalable de l’eau. En outre, cette épuration exigerait l’installation d’un appareil spécial et une manipulation qui deviendrait ennuyeuse par sa répétition.- A notre avis, il serait préférable d’aller chercher l’eau dans une autre couche de terrain non ferrugineuse ; — 20 En ce qui concerne la décalcification, nous vous rappelons que la permutite donne d’excellents résultats; vous aurez tous renseignements sur son emploi dans les maisons suivantes : Etablissements Phillips et Pain, 1, rue Taitbout; Adam et Gail, successeurs de Howatson, 6, rue Alexandre Cabanel, Paris i5e.
- M. Fleurot, à Plombières. — Les lettres d’enseignes sont habituellement fixées sur les vitres au moyen d'un mastic constitué par un mélange de vernis gras et de céruse broyée. Nous pensons que le meilleur moyen d’obtenir un décollage serait de déposer quelques gouttes de lessive de soude caustique (potassium des peintres) à la partie supérieure des lettres, de manière que par imbibition progressive le liquide pénètre entre la lettre et le support. Plus la pose de l’inscription sera ancienne, plus il faudra de temps, mais avec de la patience vous réussirez très probablement.
- N. B. — Tenir compte cjue la pression atmosphérique
- agit déjà seule pour maintenir la lettre sur la glace, par conséquent ne pas chercher à soulever de suite, mais déplacer d’abord par glissement. D’autre part, manier le liquide qui est très caustique avec précaution et se servir de préférence d’un bâtonnet garni d’un petit chiffon pour l’application. ;
- M. M.. Armand, à La Suze. — i° Très probablement, c’est de la pâle à polycopier dont vous voulez parler; elle s’obtient ainsi. Prendre :
- Gélatine blanche. . . 100 grammes.
- Sucre blanc pulvérisé. 110 —
- Eau non calcaire. . . 35o —
- Glycérine pure à 3o° . 600 —
- , N. B. — La gélatine blanche est vendue chez les épiciers sous le nom de blanc-manger.
- On fait dissoudre au bain-marie, dans un vase non métallique, le sucre dans l’eau, puis on ajoute la glycérine. Le liquide étant toujours maintenu chaud, on introduit une à une les feuilles minces de gélatine en attendant une dissolution complète avant de mettre la feuille suivante. Il ne reste plus qu’à mélanger intimement, puis à couler la masse dans des caisses rectangulaires en fer-blanc d’un format un peu supérieur à celui du papier que l’on devra employer et ayant environ 1 cm 1/2 de profondeur. Enfin, on laisse refroidir jusqu’à prise parfaite; v~ u° L’encre est constituée par :
- Couleur d’aniline ... 2 grammes.
- Alcool à 90°................20 cm3
- Eau distillée...............80 cm3
- Agiter jusqu’à dissolution et filtrer.
- M. R. Ch. du B., boulevard Henri-IY, Paris. — Pour préserver de la dent du bétail l’écorce des arbres plantés dans des pâturages, on peut recourir au badigeonnage avec une substance appropriée à cet usage, par conséquent non nocive. Yous pourriez essayer, par exemple, un enduit de dégras ou d’huile de poisson, substances employées pour protéger le pied et les racines des arbres des ravages des rongeurs. On peut essayer le carbonyl ou le goudron, mais seulement sur les arbres déjà âgés. Nous estimons qu’il y a lieu de proscrire l’usage de peintures, notamment les peintures à base de minium, car elles ne seraient pas sans^danger pour les arbres comme pour les animaux.
- On peut se procurer l’huile de poisson chez un droguiste ou un corroyeur. On mélange cette substance avec une matière terreuse, de l’ocre par exemple.
- Pour le produit spécial que vous recherchez, vous trouveriez probablement d autres indications aux adresses suivantes : Laboratoires Truffaut, 90 bis, avenue de Paris, à Versailles; Comptoir parisien de Produits chimiques, Paris, 68, rue de la Folie-Méri-court (XI°).
- On peut préserver les arbres en les entourant d’épine, dispositif moins coûteux que les corsets, piquets, exigeant du bois et de la main-d’œuvre.
- M. J. B., à Cavagnac jLot). — Nous ne possédons pas les adresses de toutes les Sociétés d’Apiculture dont vous nous soumettez une très longue nomenclature. Nous vous donnons celles que nous connaissons. Pour les autres, vous trouveriez, probablement, des indications en demandant'ces renseignements au siège de la Société centrale d’Apiculture, à Paris, 28, rue Serpente (6e), et en compulsant l’Annuaire des Associations agricoles (C. Silvestre, éditeur, ^.^place Bellecour, à Lyon). Yoici les aclresses des Sociétés indiquées : Société d’Apiculture d’Eure-et-Loir, à Chartres; Bourgogne apicole, Dijon; Rucher du Périgord, Périgueux; Association syndicale apicole d’Indre-et-Loire, Tours ; l’Abeille Bourbonnaise, Moulins ; l’Abeille Arlésienpe, Arles (Bouches-du-Rhône) ; Société d’Apiculture de la Loire-Inférieure, Nantes; Société d’Apiculture, d’Avesnes (Nord); de l’Auxois, à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or); du Pays de Montbéliard, à Montbéliard (Doubs) ; Picardie apicole, Amiens ; Société d’Apiculture de l’Aube, Troyes ; Section d’Ajûculture de la Société d’Agriculture d’Indre-et-Loire, Tours; Société d’Apiculture de l’Aube, Troyes; Section d’Apiculture de la Société d’Agriculture d'Indre-et-Loire, Tours; Société d’Apiculture de la Loire, Saint-Etienne; Société d’Apiculture creusoise, Guéret; Syndicat du Cateau, à Le Cateau (Nord) ; du Cambrésis, à Cambrai (Nord) ; de la Haute-Normandie, Caen ; l’Abeille Roannaise, à Roanne (Loire); Société d’Apiculture de la Mayenne, Laval; Syndicat des Apiculteurs du Pays de Gex, à Gex (Ain).
- Pour les Syndicats et Sociétés de Sainte-Menehould, Vitry-le-François, Abeille Marnaise, Sociétés des Cha-rentes, duVimeu(Somme), Abeille Ardennaise, s'adresse!1, avec timbre pour réponse, aux directeurs départementaux des Services agricoles (Préfecture), dans chaque département.
- p.2x87 - vue 538/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2685
- Il 9 Septembre 1925
- <
- INFORMATIONS
- ><
- La catastrophe du dirigeable américain Shenan-
- doah. — Le dirigeable américain Shenandoah, surpris par la tempête au cours d’une croisière et foudroyé, a été entièrement détruit le 2 septembre à 16 heures. L’aéronef brisé en trois tronçons est venu s’écraser sur le sol. Son équipage avait un effectif de 42 personnes. Il y a 14 morts et de nombreux blessés. Le Shenandoah était un dirigeable de 5o 000 m3 avec 5 moteurs de 4oo G. Y., il avait été construit aux Etats-Unis sur les plans fournis par les établissements Zeppelin et lancé le a5 août 1923. Il était gonflé à l’hélium. Sa carrière, qui vient de prendre fin si tragiquement, avait été fort agitée; en janvier 1924, notamment, la tempête l’arracha à son mât d’amarrage de Lakehurst; il partit à la dérive et on le crut perdu. Il put cependant au bout de 10 heures regagner son port, mais avec de graves avaries. Rappelons que depuis la fin de la guerre, deux autres grands dirigeables du type Zeppelin ont eu le même sort malheureux qiie le Shenandoah : en Angleterre le R-38, en France le Dixmu.de.
- Le vent et l’avion. — A première vue, il semble qu’un avion, se rendant d’un jjoint à un autre, gagne autant de temps lorsqu’il a le vent pour lui, qu’il en perd lorsqu’il l’a contre lui. A la réflexion, on s’aperçoit bientôt de l’erreur commise, mais celle-ci apparaît immédiatement lorsqu’on applique à ce petit problème la relation élémentaire de la mécanique : le chemin parcouru est égal à la vitesse multipliée par le temps, ou, le temps est égal au chemin parcoui’u divisé par la vitesse.
- Soit e la distance à parcourir par l’avion, v sa vitesse propre, c’est-à dire la distance qu’il parcourt dans l’unité de temps lorsque l’air est calme, m la vitesse du vent.
- Le temps que met l’avion pour parcourir la distance e s’exprime ainsi :
- En air calme.................e;v\
- Avec le vent pour lui. . . . e/jr-f-m);
- Avec le vent contre lui . . . ei(v— m).
- Lorsque l’avion a le vent pour lui, il gagne donc par rapport à son « temps » en air calme le temps
- 'ejv — e/(v -|~ w) eivjv(v 4- w) ;
- lorsqu’il a le vent contre lui, il perd au contraire un temps :
- e/{v — h>) — ejv ewjv[v h>).
- La perte n’est donc pas égale au gain, elle lui est supérieure : pour aller d’un point à un autre, l’avion perd plus de ternes lorsqu’il a le vent contre lui qu’il n’en gagne lorsqu'il a le vent pour lui.
- Comme dit le physicien Iiumphreys dans Monthly Weather Review en reproduisant ces relations élémentaires, tout cela est évident et vieux comme le monde, mais il n’est peut-être pas inutile de le répéter pour ceux qui n’ont pas encore eu le temps de réfléchir à tout ce qui est évident en ce monde. A. B.
- Les câbles télégraphiques sous-marins. — On
- pourrait croire que le développement de la télégraphie sans fil a nui à celui des câbles ' sous-marins. Les dernières statistiques du Bureau International de l’Union Télégraphique de Berne prouvent qu’il n’en est rien. Au 3j décembre 1923, le réseau mondial comprenait 3621 lignes représentant 610731 km contre 3566 lignes et 5go 181 km en octobre 1922. Le réseau s’était accru au rythme moyen de 1400 km par mois. Au iorjuin 1925, il se composait de 365o lignes d’un développement total de 637741 km. Ces chiffres révèlent un accroissement mensuel de 1600 km et montrent .que l’essor du câble sous-marin est plus rapide que par le passé. Dans cet immense réseau, la part du lion appartient à l’Angleterre et aux Etats-Unis. La France y tient une place honorable, mais de second plan, avec 3i 160 km de câbles d’Etat et 33 433 km appartenant à des sociétés privées. Il est intéressant de signaler l’importance extraordinaire prise par l’ile Payai, de l’ai’chipel des Açores, qui sert de point de jonction et de x'elais à de nombreux câbles transatlantiques.
- L’hélium contre le mal des caissons. — Les physiologistes et les chimistes du Bureau of Mines des Etats-Unis viennent de trouver un nouvel emploi pour l’hélium, utilisé actuellement • pour gonfler des dirigeables. Ils préconisent, dans les caissons où les ouvriers travaillent sous pression, la substitution à l’air ordinaire d’une atmosphère artificielle faite d’oxygène et d’hélium.
- On sait que les ouvriers, au sortir des caissons, sont exposés à un danger redoutable, celui d’une brusque décompression qui entraîne des accidents toujours graves, parfois mortels.
- Ces accidents sont dus à un dégagement rapide de l’air dissous dans les vaisseaux sanguins et dans les tissus, d’où production de bulles gazeuses qui paralysent la circulation du sang et provoquent des troubles violents. On évite ce danger en soumettant les ouvriers à une décompression lente ; de même pour les scaphandriers, on ne procède à leur remontée que lentement ; il faut 2 heures pour remonter à la surface un scaphandrier qui a travaillé 3/4 d’heure par 60 m. de profondeur.
- L’hélium est beaucoup moins soluble dans l’eau que l’azote de l’air et se diffuse plus vite. C’est cette propriété qui a suggéré l’idée de le substituer à l’azote; dans l’espoir que le « dégazage » du corps humain serait, avec lui, plus aisé. Les expériences entreprises sur des animaux par les savants du Bureau of Mines semblent avoir confirmé parfaitement ces vues. Mais l’hélium est encore un gaz trop rare, pour que l’on puisse envisager des applications pratiques immédiates de ce système.
- La lampe électrique dans les mines. —- La lampè électrique à incandescence se substitue aujourd hüi, dans les mines, à la lampe à huile ou à essence, évocatrice du souvenir du grand savant Davy. A titre d’exemple, les mines de Bruay qui, en 1914, n’avaient en service que i3oo lampes électriques, en ont aujourd’hui i4 5oo, et ne conservent plus comme lampes à flamme que le nombre minimum autorisé par la réglementation actuelle, soit environ 25oo. Ainsi, l’ampoule électrique l’emporte aujourd’hui définitivement sur sa devancière.
- On peut s’étonner, non pas de ce succès, mais de sa date tardive. Comment la lampe électrique, si simple, si propre, en apparence si sûre, ne s’est-elle pas imposée plus tôt dans le domaine des mines ? On aurait tort d’imputer la lenteur de cette adaptation à l’esprit routinier des sociétés minières. Rien ne paraît plus simple que de réaliser de bonnes lampes portatives à main. En fait, aucune difficulté technique grave ne se présente. Mais, pour réaliser un instrument véritablement pratique, économique, et sans danger, il y avait à résoudre une foule de problèmes de détail, et à soumettre les solutions envisagées à un long et minutieux contrôle.
- C’est ce qui résulte clairement d’une étude très documentée que publie sur celte question, dans la Revue de VIndustrie minérale, M. Soulary, ingénieur aux mines de Bruay.
- Fort complexe, en réalité, était la tâche entrepi’ise par ceux qui entreprirent d’acclimater la lampe électrique au travail souterrain, dans des mines parfois grisouteuses, et de réaliser avec elle une marche industrielle de tout repos.
- On s’en rendra compte par l’énumération suivante des essais qu’il falluf entreprendre pour mettre au point les lampes, les accumulateurs, les tableaux de chargement, etc. Essais de plaques d'accumulateurs (durée, capacité, robustesse, etc.). Essais d'immobilisants (pouvoir absorbant, durée, etc.). Essais de bacs (étanchéité, solidité, déformations avec le temps). Essais à’ampoules (fragilité, consommation, rendement lumineux, influence des réflecteurs, etc.)'. Essais de corrosion des métaux, essais de vernis antiacides, essais de matières moulées, essais de dispositifs obturateurs contre les épanchements d’électrolytes, étude des causes de mauvais contacts électriques, etc.
- Les nombreuses études entreprises à Bruay ont fait réaliser au matériel des progrès sensibles. C’est ainsi que la duree des plaques d’aCcumulafeurs, qui n’était
- p.2x88 - vue 539/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- que de 80 jours en T914, atteint une année aujourd’hui.
- M. Soulary décrit l’organisation adoptée à Bruay pour la lampiste-ie et donne quelques détails sur le matériel en usage dans cette mine.
- Nous noterons que la substance immobilisante adoptée pour l’électrolyte des accumulateurs au plomb est la silice gélatineuse obtenue par la réaction classique de l’acide sulfurique sur le silicate de soude. On a intérêt à employer des gelées assez molles,.mais encore stables, pour augmenter la capacité de l’accumulateur et diminuer 1 action secondaire du sulfate de soude, impureté de la gelée, sur la plaque négative.
- L’immobilisation de l’électrolyte offre de grands avantages pratiques; elle évite les épanchements d acide qui, pour les accumulateurs ordinaires, exigent un nettoyage et un contrôle quotidiens, et qui en outre provoquent de rapides corrosions du matériel. Elle permet par suite l’emploi de bacs non transparents en matière moulée, bien préférables au celluloïd. Enfin, elle permet de faire fonctionner les lampes, sans aucun inconvénient, même à l’envers.
- Signalons encore qu’à Bruay, les accumulateurs sont rendus solidaires des pots de lampe au moyen d’une coulée de paraffine, ce qui rend extrêmement simple le montage et le démontage, et assure encore un avantage important : l’accumulateur et la lampe forment en fait un seul instrument; le pot de lampe et par suite l’accu est numéroté au matricule de l’ouvrier. Celui-ci a donc toujours le même accumulateur et c’est une garantie que toute défectuosité ou avarie sera signalée en temps utile.
- On constate aujourd’hui à Bruay que la lampe électrique est beaucoup plus économique que la lampe à essence, et qu’elle permet de réaliser une économie annuelle qui n’est pas inférieure à 800000 francs.
- 11 est donc à présumer que l’expérience approfondie faite à Bruay sera promptement imitée dans les autres concessions. Une statistique récente montre que dans les houillères du Pas-de-Calais, il y avait en service, à la fin de 1924, 32 565 lampes électriques contre
- 92078 lampes à essence. En 1913, les chiffres correspondants étaient respectivement : 38oo et 100 000.
- La production de l’alfa en France. — Comme complément de l’article récemment paru dans La Nature sur l’alfa et son utilisation, on nous communique le renseignement suivant :
- Dans le moment présent, notre pays n’emploie pas moins de 60 à 70 tonnes d’alfa par jour, soit à peu près 20 000 tonnes par an, contre 4 à 5ooo avant la guerre, et ce mouvement est en pleine progression.
- Ce mouvement parait, pour la plus large part, établi sur des bases solides, car il est à remarquer qu’il a pris son point de départ dans une production à petite échelle, il est vrai, mais qui s’est poursuivie pendant plus de trente ans. De sorte que les procédés sur lesquels il s’appuie ont fait leurs preuves industrielles. Ce sont les procédés à la soude, modifiés et adaptés aux données techniques les plus modernes.
- La partie la plus importante de la production actuelle, environ les 3/4, paraît revenir à une usine mise en marche il y a un an-et établie dans une partie delà , Poudrerie de Sorgues, près d’Avignon.
- Cette usine, appartenant à la Société l’Alfa a adopté les procédés à la soude des Papeteries Outhenin-Cha-landre. l’un des plus anciens promoteurs de l’utilisation de l’alfa en France._ . \
- t
- Les pièces de monnaie et les billets peuvent-ils véhiculer des microbes dangereux? — Quand on constate la saleté souvent repoussante des billets qui nous servent de monnaie, ou ne peut se défendre de quelques craintes à ce sujet. Les monnaies métalliques ne sont1 pas toüj ours d’un aspect beaucoup ' plus engageant. N’est-on pas en droit de redouter que ces objets ne constituent des Véhicules de germes pathogènes dangereux? Récemment un avocat du Havre, M. Franck Basset, ému des dangers que la monnaie circulante peut faire courir à la santé publique,, demandait au Ministre de l’hygiène de rechercher un moyen pratique de les stériliser.
- L’Académie de Médecine, saisie de la question, nomma une commission d’étude composée de MM. Hanriot, Léon Bernard, Jules Renault. Ses conclusions, présen-
- tées à la séance du 28 juillet, sont heureusement fort rassurantes.
- Le rapporteur, le D1' J. Renault, rappelle que la question a déjà été étudiée, pour la monnaie métallique tout au moins, dès 1896 par le IJ'' Vincent.
- Celui-ci constate que les pièces de monnaie sont, en effet, parfois souillées de microbes, mais fort exceptionnellement. « Les microbes déposés sur les pièces de monnaie n’y ont qu’une vie éphémère; les pièces jouent un rôle antiseptique très manifeste. Les micro-organismes sont détruits au fur et à mesure qu’ils sont mis en contact avec ces métaux et avec une rapidité d’autant plus grande que la température es-t plus élevée. Le pouvoir de l’anti.-eptique de l’or est faible; celui du bronze et surtout de l’argent est beaucoup plus marqué. »
- Les monnaies d’or sont donc les plus dangereuses; en France, tout, au moins, où l’or ne circule plus, ce danger a complètement disparu. A quelque chose, malheur est bon !
- Les billets ne constituent pas un milieu plus favorable que les métaux à la vie des microbes. Les expériences faites par le Dc Renault et M. Pierre-Paul Lévy, chef de laboratoire à l’hôpital Saint-Louis, sont très démonstratives. Ils ont bien trouvé des microbes dans des billets très sales, mais ces microbes sont surtout des saprophytes inofïensifs, et exceptionnellement des germes pathogènes. La recherche, par ensemencement du sérum coagulé, du bacille diphtérique sur des papiers laissés pendant plusieurs jours entre les mains d’enfants diphtériques est demeurée négative
- Le Dr J. Renault attribue ce résultat surprenant à l’action fortement stérilisante de l’oxygène de l’air,activée par la porosité du papier.
- Certes, il y aurait intérêt à stériliser fréquemment les billets et les pièces de monnaie "en circulation. Mais l’effort à faire, pour réaliser d’une façon efficace un iel programme, apparaît nettement comme disproportionné avec le résultat à obtenir.
- Le recensement de 1921-22 au Levant Français.
- — Le premier recensement régulier qu’ait connu la Syrie depuis plus de 1000 ans, peut-être même depuis la conquête par les Arabes sur les- Byzantins, a eu lieu en 1921 et en 1922. A dire vrai, comme il s’est heurté à la méfiance des populations, il a pris plutôt le caractère d’une évaluation que celui d’un recensement proprement dit. Sous ces réserves, voici les chiffres officiels :
- Superficie. Population.
- Etat d’Alep . . .
- — de Damas. .
- — des Alaouites — Grand-Liban — Djebel-Druze
- 82.000 km2 45.ooo —
- 6.5oo — io.5oo — 6.000 —
- 15o.000
- 840.000 hab 700.000 — 261.000 — 63o 000 — 60 000 —
- 2.491.000
- Le territoire militaire de l’Euphrate (confins militaires) est englobé dans 1 Etat d’Alep. Les Etats d’Alep et de Damas ont été réunis ultérieurement en un Etat de Syrie, avec Damas comme capitale.
- L’Etat des Alaouites est beaucoup moins peuplé qu’on ne le croyait ; mais, s’il n’a pas les 4°° 000 habitants qu’on lui attribuait jadis, peut-être a-t-il plus que les 261 000 du recensement. La crainte de l’impôt personnel a vraisemblablement déterminé les chefs indigènes à dissimuler une partie de la matière imposable, c’est-à-dire delà population. Il doit en être de même ailleurs.
- La population des principales villes serait la suivante :
- Damas 227.000 Tripoli. . . 31.512
- Alep 157.000 Antioche . . 3o.000
- Beyrouth-municipe. 91.438 Lattakieh . . 20.000
- (Beyrouth-ville). . . 80.000 Alexandrelte. j 5.000
- Homs. . 60 000 Zahlé. , . . '1 3.0O0
- Hatna. 35.000 Deir-ez-Zor . 12 000
- Le paradis des lettrés*-— D’après une récente statistique, la province canadienne d’Ontario serait en droit de revendiquer ce titre. On y compterait 460 bibliothèques publiques pour une population d’un peu plus de 3 millions d’habitants.
- •Comparativement à l’importance de cette population, la proportion serait, en effet, plus forte que dans.n’importe quel autre pays, province ou grande cité, aussi bien du Nouveau Monde que de l’ancien.
- p.2x89 - vue 540/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Construction 'ss*,§&
- Cheminées en ciment armé. — MM. Quintanel et Uascuel viennent d’apporter d’intéressants perl'ection-
- La cheminée en éléments de béton.
- nements à la construction des cheminées en béton armé. Ils emploient des éléments en forme de fer à cheval, moulés d’avance et qui viennent se poser facilement autour des armatures métalliques, formant la carcasse de la cheminée, préalablement mises en place ; de petites
- pour cette
- b iy. d un
- ciment demi-tluide. Le coffrage se réduit opération à un simple bouclier amovible.
- La cheminée (flg. i) est constituée par l’assemblage des éléments suivants :
- La pièce i représentée ligures 3 et 4 a une section horizontale en forme de fer à cheval, et présente intérieurement un évidement circulaire i pour le logement des armatures en fer. Une fente longitudinale 3 permet la mise en place de l’élément après la pose des fers.
- Sur les tranches supérieures et inférieures sont ménagées des rainures 4 pour le passage des ligatures reliant les armatures en fer. Dans la partie destinée à être montée vers l’intérieur de la cheminée sont ménagées pour la mise en place des dalles, de chaque côté et dans toute la hauteur, des encoches 5 entaillées elles-mêmes en 6 permettant, en même temps qu’une meilleure prise du mortier échelons de visite intérieure.
- La dalle 7 représentée sur la figuré ses tranches supérieures et inférieures pour le logement des ligatures reliant armatures proprement dites.
- Ces éléments sont assemblés de la façon suivante
- Les fers 9 formant la car- ' casse étant mis en place aux angles de la cheminée, les éléments 1 sont enfilés autour d’eux et empilés l’un au-dessus de l’autre, la partie arrondie vers l’extérieur, de manière à former dans toute la hauteur une série de nervures. Les dalles 7 sont mises en place à mesure par le haut dans l’espace ménagé entre deux nervures voisines et l’angle de leurs parois verticales correspondant exactement à l’angle des encoches 5 des nervures, elles ne peuvent s’échapper ni vers l’intérieur, ni vers l’extérieur de la cheminée. Entre chaque couche sont disposées, au cours du montage dans les rainures 4 et 5, les ligatures réliant les fers d’armatures 9.
- La liaison des nervures et des dalles est assurée ensuite .en coulant et pilonnant un mortier de ciment et
- — Vue, en élévation, ément de nervure creuse.
- le scellement des
- 5 présente sur une rainure 8 entre elles les
- fig. 4.
- Vue, en plan, d’un
- dément de nervure creuse.
- Une dalle d’emboîlement.
- dalles, moulées également à l’avance, rfelient les éléments précédents en s’encastrant dans des rainures ménagées à cet effet: les tranches horizontales de ces dalles portent une rainure pour le logement des ligatures métalliques qui relient entre elles les armatures ; enfin on remplit les vides au moyen d’un mortier de
- sable autour des armatures, de façon à l’emplir exactement les vides restant en u et 3 et cette opération se fait à l’aide d’un simple bouclier plat, métallique ou en bois, maintenu en place pendant le temps nécessaire à la prise du ciment et pouvant être réemployé Un grand nombre de fois. L’ensemble de la construction ayant
- p.2x90 - vue 541/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ses diverses parties reliées ou remplies par le mortier de ciment forme ensuite un tout monolithe dont la résistance aux efforts extérieurs est assurée par la présence des armatures dont le nombre et les dimensions sont calculées en fonction de ces efforts.
- Les diverses pièces entrant dans la construction,étant relativement légères, permettent l’édification rapide avec une main-d’œuvre restreinte au minimum, et l’emploi du bouclier mobile permet la suppression complète des moules métalliques ou coffrages compliqués, coûteux et d’un maniement difficile à l’extérieur ou à l’intérieur. Ce mode de construction permet en outre, en cas de besoin, l’édification d’une gaine réfractaire indépendante à l’intérieur de la cheminée, cette gaine pouvant avoir une épaisseur minimum, puisqu’elle est protégée extérieurement par la cheminée proprement dite et n’a par suite à résister qu’à son propre poids.
- Constructeur : L. Gascuel, 147, rue d’Alésia, Paris.
- 1Hygiène.
- purgeur et s’échappe hors de 1 appareil. Si le malade veut reprendre haleine, il suffît de fermer l’arrivée du liquide médicamenteux et les vapeurs qu’il aspire ne sont plus chargées, mais sont simplement formées de vapeur d’eau.
- <^0^. Divers
- Appareil pour le nettoyage des conduites de bière. — C’est un usage de plus en plus répandu dans les cafés, brasseries, etc., que' de.soutirer la bière sous pression pour la livrer en détail au consommateur. Ce procédé simplifie le travail, et permet de conserver à la bière toutes ses qualités en la soustrayant le plus longtemps possible au contact de l’air.
- Mais les conduites d’amenée de la bière s’encrassent à la longue, et il faut les nettoyer. L’appareil que nous allons déci’ire effectue ce nettoyage très simplement au moyen d’un violent courant d’eau chargé de sable que l’on fait circuler à travers les canalisations.
- L’appareil est relié en A à une conduite d’eau; celle-ci
- Fi»'. 0. — Inhalateur Heri-11.
- Inhalateur Herin. — La thérapeutique moderne préconise, dans de nombreuses affections de la gorge et
- des voies respiratoires, dés inhalations adoucissantes ou antiseptiques.
- Mais les dispositifs employés pour les faire subir sont souvent incommodes. Voici comment l’on procède en général. On commence par faire bouillir de l’eau et l’on additionne cette eau en ébullition de principes volatils divers.
- Pour procéder à cette addition, il faut ouvrir le récipient, verser le liquide médicamenteux, refermer et aspirer de suite. Mais alors le malade prend aussitôt une telle bouffée de. vapeurs trop fortes qu’il est obligé de retirer la bouche de l’appareil pour reprendre haleine. Quand il veut continuer l’opération après s’être reposé, les principes volatils sont évaporés et l’inhalation est nulle. D’autre part, le séjour prolongé au-dessus d’un inhalateur ordinaire conduit à l’aspiration de l’air vicié expiré par le malade dans l’inhalateur.
- Pour éviter ces inconvénients, M. Herin a imaginé un appareil dont nous empruntons la description à la Revue Recherches et Inventions. 11 permet de produire des vapeurs régulièrement médicamenteuses, d’éviter l’aspiration de l’air précédemment expiré, enfin d’activer, de ralentir ou meme de suspendre l’inhalation en cas de fatigue.
- L’appareil comprend un tube métallique supportant un entonnoir pourvu d’un compte-gouttes dont le tube en caoutchouc est comprimé à la base par une agrafe spéciale permettant de laisser passer le liquide en plus ou moins grande quantité, suivant qu’elle est plus ou moins ouverte. Le reste de l’appareil est semblable aux inhalateurs du commerce; l’eau du récipient inférieur étant chaude et la pince comprimant le caoutchouc étant fermée, on verse dans l’entonnoir la quantité de liquide médicamenteux prescrit; puis, progressivement, on ouvre la pince.
- On voit de suite que l’on peut régler l’air d’aspiration par la plus ou moins grande quantité de liquide admis dans le récipient inférieur qui contient l’eau bouillante.
- D’autre part, un trou purgeur d’air est aménagé à la base de l’entonnoir de telle sorte que, si le malade aspire, il absorbe les vapeurs et s’il expire, l’air qui sort d§ gps poumops rencontre sur sa route le trou
- Fig'. 7. — Appareil pour le nettoyage des conduites de bière.
- arrive en A dans le bas de l’appareil, en sort en B pour gagner les conduites à nettoyer. Le haut de l’appareil est un distributeur de sable que l’on laisse tout d’abord hors service en ' maintenant fermé le robinet E. La sortie B de l’appareil est reliée par un tube de caoutchouc à un robinet de tirage des conduites à bière, préalablement ouvert ; le retour de l’eau dans le haut de l’appareil en C est assuré en reliant cette entrée, par un tube de caoutchouc à un autre robinet de prise. En même temps, on réunit, à la cave, au moyen d’un tube recourbé, les conduites à bière correspondantes. L’eau va ainsi décrire un circuit fermé, passant par A B dans le bas de l’appareil, circulant dans les conduites à bière et revenant en C dans le haut de l’appareil.
- Tant que le robinet E est fermé, l’eau s’écoule par le tube de sortie D, le sable restant hors circuit.
- Quand le courant d’eau est bien établi dans l’ensemble de cette canalisation, c’est-à-dire quand l’eau de retour apparaît en D, on ouvre le robinet E qui sépare le distributeur de sable de la canalisation d’arrivée d’eau.
- Le sable tombe alors dans le bas de l’appareil, est entraîné par le courant d’eau, traverse le circuit en nettoyant les parois des canalisations, puis revient dans l’appareil d’où il repart pour refaire un certain nombre de fois le même voyage. Au bout de 3 ou 4 minutes l’opération est. terminée; on ferme le robinet E et on laisse l’eau circuler encore quelques minutes; le sable vient se rassembler de lui-même dans le cylindre de verre qui lui sert de logement.
- L’appareil est, gq yeqte chez R, Qirardet, 6, rue de la Côte, Nanéy,
- p.2x91 - vue 542/663
-
-
-
- '1*501
- VARIETES
- LA MALADIE DU HOUBLON
- Les producteurs de houblon, en France, en Angleterre, en Allemagne, se trouvent actuellement, en présence d’une nouvelle maladie fungique des houblons cultivés (Pseudoperonospora Humuli) qui a déjà atteint de vastes étendues de houblonnières, et dont la présence a été signalée dans le département de la Côte-d’Or.
- Cette maladie parasitaire, qui doit être le mildew ou une forme du mildew du houblon, apparut vers la lin de l’été de 19•a4, à un degré épidémique, en Angleterre, à la fois sur les houblons sauvages, les houblonnières et les pépinières de houblon, dans des conditions qui permirent de reconnaître qu’il s’agit d’un champignon microscopique, indigène dans ce pays, et qui parait provenir de l’ortie.
- Deux savants anglais, MM. Salmon et Ware, du South Eastern Agricultural College, ont étudié cette maladie et ont publié les résultats de leurs recherches et de leurs observations (J).
- Il est du plus grand intérêt pour les producteurs de houblon, en France, de surveiller leurs plantations, de bien connaître la maladie nouvelle,, afin de pouvoir se prémunir contre ses ravages.
- I. Caractères de la maladie. — Les feuilles de houblon attaquées par le Pseudoperonospora Humuli présentent des taches anguleuses caractéristiques d’un brun rougeâtre, à la face supérieure, plus pâle à la face inférieure. Ces taches sont fréquemment situées sur la côte d’une des nervures principales, ou forment de petits îlots entourés par les nervures secondaires de la feuille. Le cryptogame n’est visible qu’à la face inférieure de la feuille. Si une feuille atteinte est exposée à une lumière vive, et est roulée, l’épiderme supérieur étant appliqué sur le doigt, par conséquent la face inférieure orientée vers le haut, on peut, à la loupe, distinguer l’enchevêtrement des arbuscules qui constituent les conidiophores, et, aux extrémités des ramifications des conidiophores, des petits corps semblables à des graines (spore d’été ou conidies).
- Ces dernières, lorsqu’elles sont mûres, se détachent et, dispersées par le vent, la pluie, ou les insectes, elles propagent rapidement la maladie.
- La conidie germe dans l’eau, en émettant quatre à sept zoospores (ou même un plus grand nombre).
- Chaque zoospore est pourvue de deux cils très longs. Après avoir nagé pendant environ une demi-heure, ces zoospores s’immobilisent, perdant leurs cils, s’arrondissant et formant un tube germinatif à l’intérieur des tissus de l’hôte.
- La feuille, ainsi infectée, présente, au bout d’une semaine environ, à chacun des points d’infection une tache anguleuse caractéristique, dont la face inférieure se revêt des arbuscules des conidiophores. Cette tache, lorsque le cryptogame a produit une quantité de spores d’été, acquiert de ce fait une couleur presque noire, teintée de violet. Lorsque les taches sont petites, cette couleur foncée n’est pas très évidente, mais lorsque la maladie s’est développée avec intensité, ce qui a lieu sous l’influence d’une température chaude et humide, le cryptogame envahit les feuilles rapidement ; alors, les taches se fusionnent et forment de vastes plaques brunes, irrégulières, couvertes, à la face inférieure de la feuille, d’une production violet noirâtre.
- Le mildew attaque aussi les cônes de houblon lorsqu’ils sont mûrs et il peut les détruire complètement. Les bractéoles des cônes du houblon sont souvent infectés en premier lieu, ils brunissent et se dessèchent. Les rangées de bractées restent indemnes et vertes, d’où cet aspect strié que présente le cône atteint de la maladie ; finalement, il brunit et se dessèche plus ou moins. En arrachant les pétales des cônes infectés, on met en évidence le mildew sous forme d’une production noire plus ou moins éparse, laquelle s’étend à la face interne du pétale. Cette production constituée par le cryptogame
- i. Journal of thç $inisiry, of Agriculture, iqap yol, 3o, p. 43.
- n’est visible que par temps mouillé ou lorsque l’atmosphère est humide. Au contraire, par temps sec et ensoleillé, on ne peut distinguer à la loupe le cryptogame sur les cônes brunis et en voie de dessiccation.
- La production noirâtre qui, par temps humide, apparaît, provient des conidiophores du cryptogame. Plus tard dans la saison, le microorganisme forme, à l’intérieur des tissus de la feuille, un grand nombre de spores à parois épaisses (oospores). On suppose que les spores de repos qui tombent sur le sol en automne, avec les feuilles, restent vivantes jusqu’au printemps suivant et germent alors, infectent les nouvelles feuilles de houblon et perpétuent ainsi la maladie, d’une saison à l’autre.
- MM. Salmon et Ware ont constaté, par l’examen au microscope, que le mildew du houblon est identique, au point de vue de sa structure, à celui de l'ortie, avec cette différence, cependant que, dans le cas de mildew du houblon, les spores d’hiver sont de plus grande dimension. Des inoculations croisées permirent d’infecter les orties avec la Péronosporée du houblon et vice versa.
- II. Dégâts causés par la maladie. — Si la maladie se propage, elle peut constituer' un grave danger pour la culture du houblon. En 1923, elle apparut, en Angleterre, sous une-forme encore inconnue jusque-là.
- Les pousses restent arrêtées dans leur croissance, produisant des feuilles petites, gaufrées, cassantes, et restant groupées les unes contre les autres !
- Sur les feuilles de ces pousses et à la surface de la tige, le mildew produit ses fructifications (portant les spores d’été) en masses denses plus ou moins continues qui révêtent souvent de noir la totalité de la face inférieure de la feuille. On voit aussi, durant l’été, à l’extrémité des tiges, des déformations et, sur les pousses latérales, des productions petites, dures, spiciformes, qui restent définitivement arrêtées dans leur croissance.
- Il est possible que le mycélium hiverne dans le collet de la souche ou dans ses bourgeons. L’année suivante, il s’accroîtrait à l’intérieur de la tige de certaines des pousses nouvelles qu’il déforme et sur les petites feuilles gaufrées desquelles il produit des fructifications.
- Le dommage résulte de ce que des spores d’été, produites par les pousses spiciformes et émises par ces dernières, aboutissent à l’infection des cônes du houblon.
- III. La lutte contre la maladie. — Sur ce point on ne peut que signaler les prescriptions résultant des observations de MM. Salmon et Ware.
- Dès que la présence du mildiou est constatée dans une houblonnière sur les feuilles, il faut enlever celles-ci ffeuilles infectées ou non), jusqu’à une hauteur de 2 m. et les brûler.
- Faire la part du mal en appliquant le même traitement aux plantes voisines, situées de part et d’autre. Dès que les cônes ont été récoltés, couper toutes les tiges, les transporter à l’intérieur et les brûler. Rechercher les pousses spiciformes et les enlever. Lorsque plusieurs pousses de cette nature se développent sur un pied de houblon, il faut déraciner la plante et la brûler.
- Le Syndicat des Planteurs de houblon de Bourgogne a réclamé la stricte application de l’arrêté préfectoral prescrivant la destruction du houblon sauvage. En supprimant cet ennemi, on préservera des maladies telles que le « mildiou duveteux » et le « Blanc » les plantations de houblon, et on réduira, dans une très notable proportion, les graines dans les fleurs de houblon cultivé; dont l’abondance diminue la valeur jusqu’à 75 ou 80 pour 100.
- Enfin, il resterait à résoudre la question des traitements préventifs, afin de rechercher si le mildew du houblon (Pseudoperonospora Humili) serait justiciable des traitements par les composés cupriques comme l est le mildew de la vigne (Peronospora viticola).
- L’avenir de la production houblonnière est sous la dépendance immédiate des mesures défensives, dictées par les résultats concluant? d’essais et de nouvelles recherches scientifiques, Henri Hun,
- p.2x92 - vue 543/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- LA GÉLATINE EN « POUDRE ” ET EN “ PERLES ”
- Les gélatines alimentaires ou les colles fortes sont produites en feuillets ou en plaques d’aspect bien connu du public qui les emploie tant dans l’ordre de l’alimentation t(pâtisserie, confiseurs, etc), que dans celui des multiples autres applications techniques, qu’il serait trop long d’énumérer ici.
- L’extraction de la gélatine en autoclaves de ses matières premières (os, peaux, etc.) a atteint, ainsi que l’évaporation des bouillons obtenus, une perfection technique qu’il semble difficile de dépasser.
- Mais la transformation des gelées obtenues, en un produit sec et marchand, a été jusqu’ici bien imparfaite. Pour les' personnes qui l’ignorent, disons que les masses parallélépipédiques de gelée sont découpées en tranches de i ou 2 cm d’épaisseur, puis portées sur des claies garnies de filets à larges mailles, qui servent de support, ensuite amenées dans des « aérocondenseurs » ou séchoirs à air tiède, de température calculée pour ne point gélifier à nouveau les tranches.
- Ce séchage est des plus délicats : en hiver on doit réchauffer l’air de dessiccation et en été on doit le refroidir. Les conditions hygrométriques de l’atmosphère influent beaucoup et font de cette dessiccation un problème technique très difficile.
- Il y a quelques années, le bouillon tiède était tamisé, les gouttes obtenues séchées dans des tambours tournants, et l’on obtenait ainsi une gélatine ou une colle forte en poudre volumineuse, qui présentait divers inconvénients.
- Mouillage délicat pour la production des colles, difficulté pour l’acheteur de se rendre compte à la simple vue de la qualité de son achat (ce qui est facile avec les gélatines et colles en plaques), grand volume du produit marchand, d’où frais supplémentaires d’emballage et de transport.
- Une grande fabrique allemande, si l’on en croit {The Industrial Chemist, juillet 1925.) un article de A-J-W. I nderwood, a mis sur pied la fabrication de la gélatine en « perles » qui peut intéresser les lecteurs de La Nature. Ce procédé permet la fabrication aisée de la gélatine et des colles fortes, même dans les pays les plus chauds, ce qui avait été considéré, jusqu’ici comme une chose impossible.
- Alors que le temps de dessiccation des plaques de gelée, pour arriver aux plaques sèches, exige trois semaines, à partir du bouillon, ce procédé exigerait 8 heures.
- Il produit des perles ou pelotes de gélatine de 1 à 2 mm de diamètre, perles qui se dissolvent presque immédiatement dans l’eau, étant donnée leur grande surface (alors que chacun connaît les ennuis et le temps demandé pour la confection d’une colle, à partir des gélatines et colles fortes en plaques). Sur ce sujet, les ébénistes sont au courant des ennuis du réchauffage de leur « popotte », qui altère les colles quand on les réchauffe un nombre répété de fois. Ils ne sont jamais
- sûrs que la colle employée la dernière fois est identique à celle employée au début, ni au bouillon primitif surtout.
- Décrivons brièvement ce procédé allemand de production de gélatine en « perles ».
- Le bouillon sortant des évaporateurs, à 25 pour 100 de gélatine vraie, est envoyé sur des plaques perforées de trous d’un diamètre « optimum » (ni trop grand, ni trop petit). Les gouttes qui s’écoulent de cette plaque sont reçues dans un liquide froid (-}- io°] dans lequel la gélatine est insoluble ; ce liquide peut être le sulfure de carbone, le tétrachlorure de carbone, la benzine de pétrole, le benzol, l’alcool benzilique ou le trichloréthylène. La densité de la gélatine solidifiée est plus grande que celle delà gélatine liquide. On s’arrange pour avoir un liquide spécial composé par exemple de 1.7 p. de CCI4 et de 1 p. de benzène.
- Les n perles »• se solidifient à la surface de ce liquide mixte et tombent lentement au fond, séparées les unes des autres, faciles à récolter et à débarrasser de leur excès de solvant et d’eau.
- Les trous de la plaque dont nous avons parlé ci-dessus ont des dimensions établies par l’expérience et la théorie du problème capillaire de la goutte.
- En effet à un moment on constate que plus le diamètre des trous diminue, plus le diamètre des gouttes diminue lui aussi ; puis, à un certain moment, la diminution successive des trous donne naissance à des gouttes de diamètre maximum, car la formation de la goutte a lieu, non pas en fonction du trou, mais par son poids, le centre de gravité de la goutte étant beaucoup plus bas que dans les cas antérieurs. On adopte donc, comme ouverture optima des trous, une certaine valeur critique que l’expérience apprend à déterminer.
- La gélatine en perles présente les avantages suivants :
- a) Identité entre la colle obtemie et le bouillon qui lui a donné naissance.
- b) Extrême rapidité de dissolution.
- c) Economie de temps, de main-d’œuvre, meilleure utilisation du matériel que par les anciens procédés.
- Un phénomène du même genre a lieu dans les « moules à piston » pour matières plastiques. La théorie, d’accord avec la pratique montre que l’écoulement d’une pâte chaude à travers un ajutage est maximum quand l’angle de l’ajutage est de 12°; au-dessus et au-dessous de cet angle « optimum » d’écoulement, la vitesse d’écoulement est beaucoup moindre.
- Ainsi, pour fixer les idées, en une heure, 100 gr. de gélatine en perles absorbent 164 gr. d’eau, alors que dans le même temps, 100 gr. de gélatine en plaques n’en absorbent que 35 gr.
- Le trempage proprement dit (gonflement) dure 3o minutes au lieu de 12 à 24 heures.
- La France est une grosse productrice de gélatine’, et de très grosses firmes se sont adonnées à cette fabrication. ‘ Albert Hutin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LA PRÉVENTION DES BRULURES DE L'ŒSOPHAGE PAR LIQUIDES CAUSTIQUES
- L’une des plus fréquentes, parmi les intoxications qu’on observe chez les enfants, est due à l’absorption d’un liquide corrosif. Certains enfants de moins de 6 ou 7 ans ont une propension, souvent difficile à réprimer, qui consiste à s’emparer de toutes les bouteilles qu’ils rencontrent pour s’efforcer d’en boire leur contenu. On imagine sans peine les brûlures graves, souvent mortelles à plus ou moins longue échéance, qui peuvent résulter de cette mauvaise habitude quand les bouteilles qui leur tombent sous la main contiennent une lessive de soude concentrée telle que le « potassium des peintres » qu’on trouve assez communément dans beaucoup de pays, la Russie et les Etats-Unis exceptés, soit pour nettoyer le linge, soit pour décaper des meubles peints.
- La fréquence de ces accidents est encore assez
- grande. On observe chaque année dans tout hôpital de moyenne grandeur plusieurs brûlures dues à l’ingestion d’une lessive liquide. Naturellement on a souvent songé à prendre des mesures pour éviter ces inconvénients. Beaucoup de pays interdisent fort sagement de vendre cette lessive concentrée dans des bouteilles à bière, à vin ou à eau minérale afin d’éviter les confusions. Une étiquette sur la bouteille, avec une tête de mort et le mot poison, est d’un usage aussi très répandu, Si ces précautions peuvent avoir quelque effet pour des adultes, on reconnaît qu’il n’en est rien quand il s’agit d’enfants ne sachant pas encore lire. Or, d’après Johannessen, les victimes de ce genre d’accidents sont des enfants 94 fois sur 100.
- L’adjonction d’une substance fortement malodorante
- p.2x93 - vue 544/663
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- ou colorée à ces lessivés de soude n’est pas praticable, étant donné l’emploi qu’on fait de ces produits.
- En revanche, les lessives pulvérulentes sont moins dangereuses ; elles donnent bien moins souvent lieu à des accidents. Il faudra donc toutes les fois qu’il est possible leur donner la préférence. Mais il n’en est pas moins vrai que les lessives liquides s’emploient beaucoup et plus peut-être qu’il n’est réellement utile de le faire, comme le montre l’exemple de la Russie et des Etats-Unis.
- Pour protéger les enfants qui ne savent pas encore lire contre des liquides aussi dangereux, un procédé efficace est donc bien désirable. C’est la besogne à laquelle s’est attelé Langer)1) et à laquelle il semble avoir donné une solution assez élégante. Il adapte au col de la bouteille une bague à laquelle sont fixées 3 tiges rigides qui s’élèvent de plusieurs centimètres au-dessus du col en s’écartant légèrement les unes des autres. Pour que ces tiges ne puissent pas être rabattues le long du col on leur soude un ou'2 cercles à des hauteurs convenables. En somme, ce dispositif a l’aspect d’un entonnoir
- i. Langer. Zur Verhütung der Lsugenvergiftungen bei Kindern. Medizinischc Klinih, n° 31, 1926, ii65.
- fixe à claire-voie qui n’empêche pas d’utiliser la bouteille pour verser le liquide qu’elle contient dans un autre récipient, mais qui, par contre, empêche l’enfant de boire directement ce à la régalade » comme le biberon en donne l’habitude pendant les premières années de la vie. Certes, ce dispositif laisse subsister le danger d’une brûlure de la poitrine si l’enfant, malgré tout, essaye de boire. Mais ces brûlures sont moins graves puisqu’elles n’atteignent pas des organes aussi essentiels que le pharynx et l’œsophage et puisque la peau est plus ou moins partiellement protégée par des vêtements susceptibles de neutraliser jusqu’à un certain point l’alcalinité de la lessive.
- Les expériences faites avec des liquides anodins ont d’ailleurs montré que les enfants hésitent toujours devant cet appareil menaçant qui s’élève au-dessus de la bouteille. D’autre part, il est évident que pareils procédés sont de nature à prévenir les brûlures par ingestion de liquide corrosif qui arrivent chez des adultes ou des vieillards très distraits. On peut donc souhaiter que des dispositifs du genre de celui que Langer a imaginé et qui est si facile à construire trouvent un emploi de plus en plus fréquent. Dr P.-E. M.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches ' le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — A. O., au Moulin. — Vous trouverez des machines pneumatiques chez Geneste-Herscher, 42, rue du Moulin-Vert, Paris et chez Roger-Ducretet, qS, rue Claude-Bernard, Paris.
- La question de la condensation est exposée en détail dans le Traité de la Condensation, de Weiss, malheureusement un peu ancien (igo3) en ce qui concerne les appareils. (Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris.)
- M. II. J., à Lesneven. — Procédés de destruction des charançons. — On détruit larves et adultes par l’un ou l’autre des insecticides suivants : sulfure de carbone, tétrachlorure de carbone, chloropicrine.
- a) Mettre les grains dans des tonneaux pouvant être bouchés hermétiquement, et dans lesquels on verse le suifure de carbone, à la dose de 3o à 40 gr. par hectolitre de grains, qu’on laisse exposés à l’action des vapeurs toxiques pendant 48 heures. Avoir soin de ne pas approcher du lieu où on traite le grain avec une lumière ou autre corps en ignition, le sulfure de carbone ayant la propriété de former, avec l’air, des mélanges détonants. Bien nettoyer le local, puis en obturer les ouvertures et y brûler du soufre à raison de 3 kg par 100 m3 d’air, dose à laquelle on ajoute 200 gr. de salpêtre pour faciliter la combustion du soufre. Ouvrir et aérer après 48 heures.
- b) Le tétrachlorure de carbone, aussi efficace et de manipulation moins délicate que le sulfure de carbone, car il est ininflammable et incombustible, s’emploie à la dose de 2 gr. par quintal. Verser cet insecticide à la surface du tas de grains; ses vapeurs, plus lourdes que l’air, descendent vers la partie inférieure et toute la masse en est rapidement imprégnée. Recouvrir le blé de bâches goudronnées pendant 4 ou 5 jours.
- c) La chloropicrine est employée à la dose de 20 cm3 de liquide par mètre cube d espace occupé ou non par le grain, les vapeurs toxiques agissant pendant une semaine, à la température de i5° à 20°. Le maniement de cet insecticide exige des précautions. Les grains ainsi traités perdent 3o pour 100 de leur pouvoir germinatif, mais la farine et le pain qui en proviennent ne perdent rien de leur valeur nutritive et sont inoffensifs.
- Un agronome a fait connaître, à l’Académie d’Agri-culture, qu’il emploie avec succès le chloryl, qui tue les charançons même à la dose infime de 2 5 milligrammes par 5 litres de grains.
- 7)r Fr. M., rue Gambetta, Saint-Pol-sur-Mer (Nord).
- — Renseignements sur la sériciculture. — 1“ Certainement, l’élevage du ver à soie est à conseiller comme donnant un rendement intéressant lorsqu’il est bien compris et convenablement dirigé. En ce qui concerne la région où on le. pratique le plus, nous indiquons les départements de la Drôme, de l’Ardèche, des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, du Gard, des Alpes-Maritimes, du Var, de l’Isère, de l’Hérault, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Lozère;
- 20 En ce qui concerne l’acquisition d'un domaine planté de mûriers, avec magnanerie, on aurait, croyons-nous, des indications en les demandant à 1 Office national Séricicole, 07, avenue Victor-Hugo, à Valence (Drôme), aux directeurs des Stations séricicoles d’Alais (Gard), de Montpellier (Hérault), de Draguignan (Yar), aux directeurs des Services agricoles des départements mentionnés ci-dessus, notamment, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Amédée Desmoulins, directeur départemental des Services agricoles de la Drôme, à Bourg-les-Valence (Drôme);
- 3° On trouvera, aux Stations séricicoles précitées, les indications d’ordre technique pour la création d’une magnanerie avec exploitation agricole et plantations de mûriers. La région qui nous parait plus particulièrement indiquée serait celle qui comprend les départements de la Drôme, de l’Ardèctie ou du Gard ;
- 4° La cueillette des feuilles ne doit se faire que lorsque la tête des mûriers est formée, parce que le jeune arbre a besoin de toutes ses feuilles pour se constituer solidement. Les feuilles de mûriers trop jeunes ne sont jamais une nourriture de bonne qualité pour les vers à soie;
- 5° Pour documentation sur la culture du mûrier et l’élevage des vers à soie, il y a les ouvrages suivants : Traité sur le ver à soie du mûrier et sur le mûrier, par Lambert et Maillot, 1 vol.; Sériciculture, par P. Vieil,. 1 vol.: Mûriers et vers à soie, par Gobin, 1 vol.; Le ver à soie du mûrier, son élevage, par Ed. Zacharewicz,
- 1 brochure ; Conseils aux éducateurs de vers à soie, par Boullenois, x vol. ; Manuel pratique du Sériciculteur, par H.-L. Alph. Blanchon, 1 vol; Cours de Sériciculture pratique, par Laurent de l’Arbousset, t vol. ; Trâité du ver à soie, par Malpighi et Maillot, 1 vol. ; Elevage des vers à soie, par D. de Prat, 1 vol. ; Le ver à soie, son élevage et son cocon, par Jean de Loverdo, 1 vol. ; Etudes sur les maladies des vers à soie, par Pasteur, x vol ; Désinfection des magnaneries et de leur mobilier, par F. Lambert, 1 brochure. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6pl.
- M. E. J., Rouen. — Documentation sur le fonctionnement des Services de l’Administration de l’Agriculture et sur ceux de Y enseignement agricole. Les l'enseigne-ments que vous de,mandez ne se trouvent pas réunis dans des livres, mais peut-être sous forme de notices.
- p.2x94 - vue 545/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- €
- Le plus sûr moyen d'être renseigné sur les divers points qui vous intéressent, c’est de vous adresser à la Direction des Services agricoles de votre département (directeur : M. Labounoux, à Rouen], qui vous donnera, sinon ces renseignements détaillés et précis, du moins les indications pour les obtenir de l’Administration. Spécialement, en ce qui concerne les divers emplois dans 1 enseignement agricole (conditions, programmes des concours, traitements, etc.), vous pourrez être renseigné, croyons-nous, en faisant une démarche verbale auprès du chef du Bureau de l’enseignement agricole, Ministère de l’Agriculture, Paris, 78, rue de Yarenne (7e).
- M. M., boulevard George-VT, Bordeaux. — Contre la pullulation des puces dans une maison et jusque dans un jardin/ il n'y a guère de moyens de destruction radicale, complète, du moins nous n’en connaissons pas. Toutefois, nous avons vu employer une très forte infusion de thé vert, sucrée, laquelle attire les puces, qui viennent s’y noyer en masse. On pourrait donc placer, çà et là, dans les pièces infestées, des assiettes ou des plats remplis de ce liquide ; tout au moins faire un essai de ce moyen peu coûteux. D’autre part, les copeaux de sapin éloignent les puces. En 191a, nous avons signalé le moyen indiqué par le Dr Zapitza, moyen qui consiste en l’emploi d’iodoforme, mais cette substance a une odeur désagréable.
- Dans les chambres infestées, on pourrait faire brûler du soufre, en ayant soin de clore hermétiquement, et de laisser agir les vapeurs sulfureuses pendant 24 heures ; procéder ensuite à une vigoureuse ventilation des locaux et à un nettoyage très minutieux. Insuffler de la poudre de pyrèthre dans les joints des parquets.
- Nous signalons qu'il existe à Bordeaux une Station entomologique, que l’on pourrait sans doute utilement consulter, dans le cas dont il s’agit.
- M. J. E., Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). — Distillation des geignons d’olives. — Lorsque ces résidus contiennent encore une proportion d’huile assez importante, le moyen d’en tirer parti c’est de procéder à l’épuisement des grignons. Quant aux produits utilisables qui pourraient être obtenus par distillation en vase clos, vous serez renseigné très exactement sur ce point en consultant M. J. Bonnet, directeur du Service national de l’Oléiculture, à Marseille.
- M C. Le Marchais, Yieillevigne (Loire-Inférieure). — Emploi du formol pour le traitement des semences de blé. — On emploie une solution de formol du commerce à 4o pour 100, dans 480 volumes d’eau, en opérant de la manière suivante : asperger, à raison de 6 à 7 litres de la solution formolée, par hectolitre de semences, remuer celles-ci à la pelle, afin qu’elles soient bien mouillées, sans qu’il se forme une plaque à la base du tas. Couvrir le tas avec des sacs imprégnés de la même solution, mais bien tordus, et laisser ainsi 4 heures; ensuite étaler les semences sur une aire sèche, désinfectée par la solution formolée, et séchée naturellement.
- Les semences séchées doivent être semées aussitôt que possible ; on les ensache dans des sacs désinfectés par la solution de formol ou par ébullition dans l’eau, s’ils ont contenu du blé contaminé.
- Nous pensons qu’à la Station agronomique de la Loire-Inférieure, et à la Direction des Services agricoles de ce département, à Nantes, on doit être au courant de cette technique nouvelle caractérisée par l’emploi du formol (procédé E.-S. Salmon et H. Wormald.)
- M. Em. R., passage Sainfc-Pierre-Ainelot, Paris. — Analyse de terre. — Pour faire analyser une terre et avoir des indications sur les engrais à employer pour la rendre fertile, vous pouvez vous adresser au Laboratoire de la Société des Agriculteurs de France, Paris, 8, rue «d’Athènes (9°), ou au Laboratoire de la Station agronomique de l’Èst, Paris, 12, rue de Miromesnil (8e). Pour la province, s’adresser à la Station agi-onomique ou au Laboratoire agricole, au chef-lieu du département.
- Na 38o, cité Chabrol. — 1" Destruction des fourmis. —. La première -précaution à prendre c’est de bien repérer la fourmilière, après quoi, on peut recourir à l’un ou l’autre des moyens suivants ;
- Mélanger, à doses à peu, près égales, du sucre et du borax réduits en poudre et semer cette poudre sur le terrain parcouru par les fourmis. Elles ne tardent pas à déserter, procédé très simple et peu coûteux.
- Pour détruire une fourmilière logée sous un trottoir
- et pénétrant sous le rez-de-chaussée de votre maison, il faut chercher d’abord à déterminer l’emplacement du nid, en suivant la marche des insectes, pour reconnaître la position des principaux orifices, boucher ces trous au plâtre ou au mastic, en réserver un, celui qui occupe la position la plus centrale par rapport aux autres, y introduire la canule d’une seringue chargée de sulfure de carbone et boucher ensuite le trou pour empêcher le retour du liquide. Après avoir poussé celui-ci dans le nid, et avoir dégagé la canule, boucher à nouveau l’orifice central. Faire cette opération de bonne heure, le matin, alors que les fourmis sont presque toutes au nid. Eviter de fumer ou d’approcher avec un corps en ignition, le sulfure de carbone formant avec l’air un gaz détonant.
- On détruit aussi les fourmis en mettant, aux endroits qu’elles fréquentent, des éponges imbibées de miel de ba sse qualité. Lorsque ces éponges sont recouvertes de fourmis, on les trempe dans l’eau bouillante, puis on recommence l’opération. On arrête les fourmis, on les éloigne en mettant sur leur passage de petites baguettes de bois enduites de glu ou des ficelles trempées dans cette glu, ou du marc de café humide, ou encore quelques gouttes de pétrole dont on badigeonne les murs, les orifices. Le thymol les écarte aussi d’une façon efficace. Comme appâts, on peut recourir à l’eau miellée ou additionnée de sirop de gomme, d’orgeat, dans laquelle les fourmis viennent se noyer.
- a* Destruction des fourmis rousses dans les prairies. — Le procédé permettant la destruction rapide est celui-ci : repérer les fourmilières, y verser du pétrole, remuer avec une fourche les débris de bois, etc., qui forment les monticules et y mettre de suite le feu. En agissant promptement, on détruira la presque totalité des mâles, des femelles et des nymphes, qui ne sortent pas des fourmilières, et on anéantira aussi un très grand nombre de neutres ou d’ouvrières.
- Le charbon de bois, en très petits fragments jetés dans les fourmilières, fait fuir les fourmis.
- Il y a un autre moyen, très simple ; lorsque les fourmis sont dans la fourmilière avec leurs œufs, prendre un gros maillet en bois, pourvu d’un manche de 1 m. 3o à 1 m. 4o de longueur et frapper sur les fourmilières jusqu’à ce qu’elles soient aplaties.
- Autre moyen : faire, avec un pal, un trou peu profond au centre de la fourmilière, et verser dans ce trou à 3o gr. de sulfure de carbone.
- 3° Comme livres de cuisine, nous indiquons, plus particulièrement ; La cuisinière de la campagne et de la ville, 1 vol., par L.-E. Àudot ; Manuel de cuisine, 1 vol., par Mme Millet-Robinet; La cuisinière des ménages, 1 vol., par Rosalie Blanquet; Cuisine bourgeoise, 1 vol., par U. Dubois (Librairie agricole,Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. P.-H. C., à Castiglione. — Fosses septiques. — Une récente instruction établie par le Conseil supérieur d’hygiène précise comme il suit les conditions dans lesquelles certaines eaux peuvent être admises dans les fosses septiques.
- Si la fosse septique doit desservir de 1 à 10 usagers au plus, sa capacité volumétrique sera, au minimum, de 200 litres par usager dans le cas où les eaux de Avater-close'ts y seront seules admises ; de 5oo litres si elle reçoit aussi les eaux-vannes ménagères (eaux de cuisine et de toilette, à l’exclusion des eaux de bains). En aucun cas les eaux de bains, de buanderies ou de lessive, de pluie des toitures, ou de lavage des cours ne doivent y avoir accès. Celles-ci seront collectées et évacuées à part dans les fils d’eau, les ruisseaux ou dans le sol par des canaux appropriés. Les puisards sont interdits pour 1’évacuation des effluents même épurés).
- Seront également écartées de la fosse les eaux résiduaires industrielles ou autres contenant une proportion de substances antiseptiques suffisante pour gêner le processus de fermentation.
- La capacité volumétrique des fosses septiques destinées à desservir plus de 10 personnes, sera en rapport avec le nombre des usagers et la nature des eaux qui y seront admises.
- Le volume d’eau formant chacune des chasses d’évacuation des Avater-closets devra être, au minimum, de 6 litres et il sera fait en sorte que dans l’ensemble de la fosse, la concentration des matières organiques transformables en ammoniaque par les fermentations qui s’y accomplissent ne dépasse pas le taux de 200 milligr. d’ammoniaque AziD par litre.
- p.2x95 - vue 546/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- gjBiBUOtHEpc*)
- \w:\ >?/
- \y,\
- .
- N FORMIONS
- ><
- N° 2686
- 26 Septembre 1925
- Un glacier menaçant. — Un glacier de Norvège, le Suphellebi’ae, une des branches du Jostedalsbrae, la grande coupole glaciaire que les touristes ont l'occasion de contempler en parcourant le grandiose Sognefjord ou le non moins impressionnant Nordfjord, vient de faire une crue remarquable par son ampleur, comme par sa rapidité. A la fin de juillet, et au début d’août, en quelques jours, annonce le Tidens Tegn d'Oslo, ce glacier s’est allongé d’une trentaine de mètres, recouvrant le chemin de la vallée sur une longueur de 40 m. — A chaque instant des blocs de glace se détachent de la falaise terminale de l’appareil et vont écraser des arbres. Cet allongement brusque et relativement si considérable est d’autant plus intéressant qu’il s’est produit après une période prolongée de chaleur et de sécheresse. Charles Rabot.
- Amundsen organise une nouvelle expédition aéronautique dans les régions polaires. — A peine de retour de son vol sensationnel vers le Pôle, Amundsen prépare une nouvelle expédition aérienne dans l’Arctique. Le journal d’Oslo, Aftenposlen, annonce que le célèbre explorateur norvégien se propose l’été prochain de survoler le vaste espace compris entre le Spitsberg et l’Alaska. La région située à l’ouest de l’archipel polaire américain en direction du détroit de Béring forme le dernier grand blanc existant encore sur les cartes de la zone arctique. Cette partie du domaine des glaces renferme-t-elle des terres encore inconnues ou est-elle occupée par un océan couvert de banquises, c’est ce que l’on ignore et c’est ce qu’Amundsen se propose d’élucider.
- De tout temps et encore plus aujourd’hui, la plus grosse difficulté dont les explorateurs aient à triompher réside dans la réunion des capitaux nécessaires à leurs entreprises. Or, dès aujourd'hui, paraît-il, les dépenses de la nouvelle expédition aéronautique norvégienne sont déjà couvertes.
- Amundsen compte emmener les mêmes compagnons que cette année, l’Américain Ellsworth, elles lieutenants de vaisseau de la marine norvégienne Riiser-Larsen,-Dietrichson et Omdal.
- D’après un journal d'Oslo, les explorateurs emploieraient, comme dans leur dernière campagne, un avion Dornier, mais de plus grandes dimensions que ceux qu’ils montaient dans leur récente tentative vers le Pôle. Suivant une autre information norvégienne, Amundsen se proposerait, au contraire, de se servir d’un dirigeable pour cette nouvelle reconnaissance au cœur de l’Arctique. Charles Rabot.
- Les figures de Lichtenberg pour l’étude des tensions anormales sur les lignes électriques. — C’est un phénomène fort anciennement connu que celui des figures de Lichtenberg. Elles se produisent au passage de la décharge électrique par une borne en contact avec une lame de matière isolante placée elle-même sur une lame métallique. Ces figures affectent les formes les plus diverses. Ce phénomène qui' jusqu’ici ne constituait qu’une curiosité scientifique est aujourd’hui utilisé dans un appareil, le Jdydonograph, pour révéler et enregistrer l’apparition de tensions anormales, même de très courte durée, sur les lignes électriques. La lame isolante est ici constituée par une plaque photographique ; après développement, il apparaît sur celle-ci une tache caractéristique qui donne des renseignements très précieux sur la nature de la tension appliquée. La forme des taches donne des indications sur la nature de d’onde de surtension, leur diamètre renseigne sur l’intensité de cette onde. Le klydonograph constitue un instrument à la fois simple et extrêmement sensible pour l’étude des surtensions, actuellement à l’ordre du jour sur tous les grands réseaux électriques. Son inventeur est un ingénieur américain, M. Peters. L’appareil a été pré*-sente pour la première fois en France à la récente conférence internationale des grands réseaux à haute tension.
- Les postes de radio-diffusion dans le monde. —
- Le pays le plus riche du monde en poste dé « broad-
- casting », ou pour parler français en postes de radiodiffusion, c’est les Etats-Unis, tout le monde le sait : à eux seuls ils possèdent plus de postes pour amateurs que le reste du monde réuni.
- Mais on sait moins que le second rang appartient au Canada, qui possède 83 postes; et le troisième à la Russie avec 43 postes. A ient ensuite Cuba avec 38 postes, puis eoç-æquo : l’Angleterre et le Mexique, chacun avec ‘20 postes. La France et l’Allemagne suivent, avec 18 postes.
- La cathédrale d’Amiens et ses fondations. — La
- vaste excavation qui s’est subitement manifestée, ces jours derniers, sur le parvis de la cathédrale d’Amiens, à quelques mètres de ce bel et incomparable édifice, ne pouvait qu’alarmer les artistes et le public.
- C’est que cette église due à un des plus grands architectes du moyen âge, située à flanc de coteau, domine une plaine marécageuse, semblant ainsi vouloir de sa masse écraser et faire glisser le terrain sur lequel elle est bâtie."
- On est amené à ressentir d’autant plus cette impression que l’on sait que les fondations des plus importants édifices médiévaux ont été le plus souvent insuffisamment établies. A cette époque, on répugnait assez à dépenser beaucoup pour des maçonneries qui, étant enterrées, nul ne pourrait jamais admirer; on préférait voir les dons et offrandes utilisés pour la construction de ces belles voûtes aériennes qui, à Amiens, s’élèvent à plus de 4o m. au-dessus du sol.
- Tel n’a pas été le cas, heureusement, pour la cathédrale d’Amiens dont les substructions ont été descendues à plus de 8 m. de profondeur et exécutées très soigneusement suivant le conseil de Robert de Luzarches et les ordres de l’évêque et des membres dû chapitre. Les uns et les autres avaient compris que la situation exceptionnelle du futur édifice justifiait des fondations exceptionnelles. Ce chef-d’œuvre de notre architecture religieuse n’est donc nullement en danger.
- Les matières grasses à bon marché. Le présent et l’avenir de l’hydrogénation. — Quand l’illustre Sabatier, ses collaborateurs Sendei ens, Mailhe et ses élèves de Toulouse donnèrent les règles pratiques de l’hydrogénation des corps organiques les plus divers, il y a plus de 20 ans, peu de gens pensaient qu’un jour viendrait où cette réaction serait industrialisée et contribuerait à abaisser le prix des matières grasses comestibles ou non, c’est-à-dire l’une des parties les plus importantes du prix de la vie.
- Aujourd’hui la chose est faite et comme toujours peu ou pas chez nous. H. Tefft, surintendant des abattoirs Harris à Taroulc (Canada) (Canadian Chemistry and Metallurgy, juillet igi5, p. 15a), nous donne un aperçu rapide des procédés d’hydrogénation des huiles inférieures et généralement peu demandées sur le marché. Celles-ci sont transformées en produits à valeur marchande presque double, tels que saindoux ou succédanés de saindoux pour mieux dire et margarines.
- On part des huiles, telles que relles de maïs, de soja hispida, de baleine, et, par leur hydrogénation qui transforme les glycérides non saturés en glycérides saturés, on les durcit relativement par addition et surtout combinaison de 1 à i.5 pour 100 de leur poids d’hydrogène. On les améliore en somme, et comme goût et comme conservation.
- L’opération s’effectue par soufflage d’hydrogène pur sous une pression modérée et à chaud, en présence d’un catalyseur, spécial dont nous allons parler. ' Les huiles sont placées dans un appareil spécial appelé convertisseur, qui est un récipient, muni de deux serpentins, l’un pour la vapeur, l’autre pour l’eau froide, et d’un .agitateur bien conçu pour un mélange intime des huiles, et du catalyseur. On mélange d abord l’huile et le catalyseur (qui est du nickel en poudre très fine : mélangée à du kieselguhr ou terre d’infusoires). On agite;etl’pnchauffe à x8o°. Si le catalyseur est suffisamment actif,, la réacv tion étant exothermique, on n’a pins besoin dé ctvauffèr, Si pour une raison quelconque, la température .atteignait;
- p.2x96 - vue 547/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- ou dépassait 1900, on remplacerait la vapeur par un passage d'eau froide dans le deuxième serpentin. L’absorption de l’hydrogène est d’abord très active, puis s’abaisse rapidement.
- Alors on filtre le magma d’huile durcie hydrogénée pour séparer la matière grasse hydrogénée de la boue cata-lysatrice.
- Après quelques catalyses, le nickel doit être revivifié, car il contient de l’eau, des matières albuminoïdes, des huiles qui rendent son action nulle ; généralement les huiles sont filtrées avant l’hydrogénation, afin d’éliminer les « fèces » ou dépôts de matières albuminoïdes des huiles provenant de l’aleurone des graines oléagineuses.
- On élimine aussi, préalablement à l’hydrogénation, autant que faire se. peut, l’eau qui a pu s'émulsionner avec l’huile.
- Examinons maintenant les industries qui emploient les huiles hydrogénées pour raisons d’économies ou autres.
- Les fabricants de savons se sont ainsi rendus indépendants de certains de leurs fournisseurs.
- Ils achètent eux-mêmes leurs huiles et produisent des graisses dures ou demi-dures, analogues aux matières grasses dures vendues habituellement si cher.
- L’huiTe de maïs et l’huile d’arachides servent à la fabrication économique de bougies et surtout de margarines dites « margarines de fruits ».
- On se sert même d’huiles de baleine et d’huiles de poissons décolorées et désodorisées pour les mêmes usages. En somme, après élimination des acides clupadoniques malodorants, toute huile de poisson peut servir.
- On a aussi transformé l’huile de soja hispida, produit demi-siccatif et semi-malodorant, par hydrogénation, en un produit agréable au goût, qui sert pour la fabrication des biscuits.
- Ce produit neutre ne rancit pas, de telle sorte que, même à la longue, les biscuits qui en sont confectionnés gardent indéfiniment leur goût agréable, même exposés longtemps à un étalage et à la chaleur.
- Les huiles de ce genre sont appelées en Amérique huiles semi-durcies, soit de coton, soit d’arachide. Leur emploi est de plus en plus répandu.
- Comme on le voit, point ne sera besoin, par la suite d’importer, à des prix que le cours de la livre et du dollar rend prohibitifs, des saindoux, ou supposés tels, d’Amérique ou des colonies anglaises.
- Installons dans nos ports, pour traiter les huiles provenant de nos colonies, des usines d’hydrogénation, menées par de vrais praticiens, et nous aurons des fritures, des pâtisseries saines et à bon marché.
- Albert Butin,
- Les phosphates du Maroc. — L’exploitation des magnifiques gisements de phosphates du Maroc progresse rapidement. Elle est assurée, on le sait, par un organisme d’Etat, mais doté de l’autonomie financière; l’Office chérifien des Phosphates. L’extraction en 1924 a atteint le chiffre de 481 252 tonnes contre 225 3g5 en 1923.
- Les livraisons ont atteint 48044* tonnes, contre 190 728 en 1923.
- La quasi-totalité de ce tonnage a été exportée. Les principaux clients sont dans l’ordre : l’Espagne, la France, la Hollande, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, la Tchéco-Slovaquie, l’Angleterre, la Belgique.
- Les mines de phosphates employaient au 3i décembre dernier 345 européens et 1700 indigènes dont 1200 pour les travaux du fond.
- Le port d’embarquement des phosphates est Casablanca, où d’importants travaux sont en cours pour faciliter la manutention et le changement des phosphates.
- Le Canada, grenier de l’Empire Britannique. —
- Le haut commissaire du Canada en Angleterre fait connaître par la voie de l’agence Reuter, que la récolte des cinq principales graines cultivées dans le pays atteint, aux prix cotés pour livraison en octobre : froment, 444 millions de dollars; avoine, 220; orge,”76; seigle, x5 ; lin, 20. On estime que la valeur de ces cinq principales graines dépasse de 264 millions de dollars celle de la récolte de l année dernière. L’ensemble des produits agricoles récoltés cette année atteint une valeur de i3i8 millions de dollars, soit 3g8 millions de plus que Tan passé, cela représente une plus-value de gain de 600 à 700 dollars par famille occupée aux travaux agricoles. La circulation de cet excès de près de
- 400 millions de dollars dans le pays sera, sans doute, un élément de prospérité industrielle après la récolte. Les1 chiffres ci-dessus ne comprennent pas les résultats de l élevage du gros bétail et des moutons, ni les produits du laitage et de la basse-cour.
- La manutention des grains a dépassé, d’après la Commission du Port de Montréal, tous les chiffres atteints jusqu’ici. Le ier août il a été chargé 2277 712 boisseaux (865 53o hectolitres) sur les vaisseaux en partance. Les quatre élévateurs travaillant à plein toute la journée ont chargé i5 vaisseaux de 5ooo tonnes, dont 12 à destination de la Grande-Bretagne et de ports Européens. C’est la première fois que le chargement de grains en un seul jour a dépassé 2000000 de boisseaux. F. C.
- La fortune nationale des Etats-Unis. — Le bureau du Census vient de donner une évaluation de cette fortune pour 1922. Le nombre de 3to 8o3 millions de dollars qu’il publie « ne doit pas être très éloigné de ce qu’aurait coûté la masse totale des produits existant dans le pays s’ils avaient dû être achetés à la date du 3i décembre 1922 ». En 1912, l’évaluation était de 186 3oo millions. Il y aurait donc une augmentation de 72 pour 100.
- Dans le chiffre total on compte :
- Propriété immobilière, urbaine et rurale . 55- p. 100
- Vêtements et biens personnels...........12,4 p. 100
- Articles manufacturés................... 8,9 p. 100
- Chemins de fer et leur équipement . . . 6,2 p. 100
- Outillage mécanique fixe et mobile. . . . 4,9 p. 100
- Moyens de transports de toutes natures et
- distributions d’eau pour les villes . . . 4,8 p. 100
- Bétail................................... 1,8 p. 100
- Produits agricoles....................... 1,7 p. 100
- Véhicules automobiles................... 1,4 p. 100
- Métaux précieux......................... 1,4 p. 100
- Les plantes médicinales- — Avant la guerre on
- s’occupait peu en France de la récolte des plantes médicinales. L’Allemagne, par contre, en produisait une grande quantité et en exportait beaucoup. ,
- Une des conséquences de la guerre qui a obligé à récolter une grande quantité de ces plantes sur le sol français, a été d’habituer beaucoup de personnes à faire cette récolte. L’excellente propagande faite par les Comités des plantes médicinales qui continuent leur action encore actuellement, a porté ses fruits. Dans nos campagnes nous assistons à ce point de vue à une véritable transformation; dans la plupart des foyers on voit les personnes qui ont des loisirs se livrer à la cueillette de ces plantes jusqu’à présent perdues pour tout le monde. Aussi un marché de plantes médicinales de plus en plus important s’est établi.
- C’est ainsi qu’au cours de Tété 1920 on a payé les fleurs de tilleul sèches 10 francs le kilogiamme. Les pétales de coquelicot 5o francs. Sait-on que pour faire un kilog de pétales de coquelicot secs, il faut plusieurs centaines de mille fleurs. Ces prix sont, cependant déjà rémunérateurs et Ton trouve des récolteurs qui se chargent de rassembler ces importantes matières^premières. Notons en passant qujil y a 3 -ou 4 ans on n’offrait que quelques francs du kilo de fleurs de coquelicot. Rien d’étonnant à ce qu’en France on ait trouvé peu d’amateurs pour se livrer à ce travail.
- Milly, dans la Seine-et-Oise, est un marché important pour ces plantes officinales, voici les prix pratiqués ces derniers temps pour quelques plantes très courantes, aux 100. kilos :
- Bardane feuilles, 175 à 200 francs; Bourse à Pasteur, 25o à 3oo fr. ; Centaurée bouquet, 3oo fr. ; 1 kg de centaurée fraîche rend Saà gr., sèche; Bouillon blanc, plantes entières, i5c> à J y5 fr. ; Bouleau, feuilles mondées, 260 francs: Bourgeons de sapin, 750 à 800 fr. ; Bourrache, feuilles 200 à 25o francs, sommités fleuries, 5oo à 55o fr. ; Chardon bénit, 120 fr. : Eupatoire bouquel, 225 à 25o fr. ; Frêne, feuilles mondées, i5o à 200 fr. ; Fumeterre, 3oo à 35o fr. ; Gratteron, 25o fr. ; Lierre terrestre, 3oo fr. ; Menthe blanche, 22b à 275 fr. ; Mercuriale, 200 à 225 fr. ; Millefeuille, i5o à 200 fr. ; Millepertuis, i5o à 200 fr-; Mousse de chêne, 4°° fr. ; Noyer, feuilles, 175 fr. ; Ortie blanche, 35o à 40° fr. ; Pensée sauvage, bouquet 45o à 5oo fr. ; Reine des prés, fleurs, 800 fr. ; Saponaire, bouquet, 200- fr. ; Sa.uge, bouquet, i5o à 200 fr. ; Scabieuse, plante, 275 à 3oo fr. ; grande Chicorée feuilles, a5o à 3oo francs. L. R.
- p.2x97 - vue 548/663
-
-
-
- ,<§50
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Q^,<
- Mécanique
- Electro-pompe automatique. — Le problème de l’élévation et de la distribution de l’eau est toujours assez délicat à résoudre. En principe, rien n’est plus simple qu’une installation mécanique de pompage : elle comportera en général un moteur de préférence électrique pour les installations petites ou moyennes, et une pompe rotative aspirant l’eau djms''igÿ^uits par
- /C
- Fig. i. — Schéma de l’élcctro-pompe automatique Japy.
- exemple et la refoulant dans les conduites. Mais on se heurte de suite à une difficulté qui peut être assez grosse; les besoins d’eau sont en général intermittents ; intermittente aussi sera la marche du moteur et de la pompe. Mais il est alors nécessaire de prévoir un dispositif qui remette automatiquement le moteur en marche au moment voulu, et, en outre, il faut avoir un réservoir qui tour à tour se remplit et se vide. L’emplacement de ce réservoir, nécessairement placé au point le plus haut de la distribution,est une source d’embarras et de dépenses. '
- Les établissements Japy frères et Cie ont récemment apporté à ce problème une solution ingénieuse en créant un groupe électro-pompe automatique, qui fait appel à l’air comprimé pour supprimer le réservoir coûteux, insalubre et encombrant.
- La composition du groupe et son fonctionnement sont sommairement les suivants :
- Une pompe, du type « hélico-centrifuge », refoule dans un réservoir à air comprimé une émulsion d’eau et d’air comprimé, par l’intermédiaire d’un « aéro-injec-teur ».,
- Un interrupteur manométrique enclenche ou déclenche pour des pressions déterminées.
- Si on ouvre un des robinets de la distribution d’eau, la pression de l’air emmagasiné dans le réservoir assure l'alimentation pendant un certain temps (t8o litres disponibles); quand la demande excède la réserve, l’interrupteur contacteür s’enclenche, le courant est envoyé dans le moteur et la pompe fonctionne à nouveau.
- La distribution continue à être assurée par la marche normale du groupe, jusqu’au moment où, la demande d’eau cessant, la pression de l’air comprimé s’élève et fait de nouveau déclencher l’interrupteur manométrique.
- Le renouvellement automatique de l’air à accumuler
- dans le réservoir est assuré grâce à 1’ « aéro-injecteur » d’un modèle breveté.
- Ce nouveau groupe électro-pompe, prévu pour un débit de Booo litres à l’heure, à 25 m. d’élévation, est certainement appelé à rendre de grands services dans tous les cas où il est nécessaire d’avoir, soit une réserve d’eau sous pression, soit une mise en marche et un arrêt automatiques.
- Constructeur : Etablissements “Japy” frères, à Beau-court (territoire de Belfort).
- ctg'ïsi. Objets utiles
- L’affilage des lames minces de rasoirs mécaniques — Est il possible, oui ou non, d'affiler les lames minces de rasoirs mécaniques ?
- C’est une question qui intéresse aujourd’hui un très nombreux public. Les rasoirs mécaniques, genre Gilette, ont pris un développement extraordinaire; ils ont, en partie, supplanté l’ancien rasoir à grande lame emmanchée, qui reste, il est vrai, l’apanage du barbier de profession. Mais celui-ci a vu sa clientèle diminuer dans de singulières proportions.
- Le rasoir mécanique nous est venu d’Amérique; les lames américaines, qui doivent à leur excellente qualité une clientèle fidèle, malgré un prix d’achat chaque jour plus élevé, portent gravées les inscriptions suivantes : not to be resharpenea (ne doit pas être réaffilé) no stropping (ne pas affûter sur cuir) no honing (ne pas repasser' sur pierre). Cela signifie qu’il convient d’utiliser les lames telles qu’elles sont livrées par le fournisseur, et d’en racheter de nouvelles, purement et simplement, quand les premières ont perdu leur fil. Ce conseil , intéressé n’était peut-être pas trop difficile à suivre à l’époque où les lames valaient 3 francs la douzaine ; comme ce prix est aujourd’hui sextuplé, la question change d’aspect.
- En fait, on a imaginé de nombreux systèmes pour réaffiler les lames, et il s’est même monté une petite industrie de repassage à façon.
- Mais les résultats sont souvent bien décevants. Il y a donc, dans ce problème en apparence si simple, Une difficulté cachée.
- Nous avons eu l’occasion de consulter sur ce petit sujet d'économie domestique un véritable expert, M. J. Boulanger. C’est un vieux praticien de la mécanique et la question de l’affûtage des outils tranchants n’a plus de secrets pour lui. M. Boulanger a étudié d’une façon rationnelle la question de l’affilage des lames minces et cette étude l’a conduit à réaliser un petit appareil très logique, en même temps très simple,-qui permet à chacun de pratiquer cetle opération avec la certitude du succès. Nous le décrirons plus loin.
- Mais auparavant, il nous paraît intéressant de déve-
- à
- Fig. 2. — Position correcte d’une lame mince de rasoir, sur un cuir d’affilage.
- La lame doit faire exactement o° avec le plan du cuir.
- /', lame; h, cuir; />, largeur du biseau.
- lopper les considérations théoriques qui ont guidé l’inventeur.
- La première condition cà observer, c’est d’employer des lames de parfaite qualité. Quantité de lames vendues actuellement ne peuvent jamais être affilées, parce qu’elles sont fabriquées, soit avec des aciers ordinaires, soit avec des aciers supérieurs, mais mal trempés.
- p.2x98 - vue 549/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- La trempe joue, ici, en effet, un très grand rôle. Pour faire une bonne lame, il faut non seulement employer un acier spécial; il faut encore que celui-ci acquière, à la trempe, un degré de dureté convenable pour résister aux barbes les plus res êches. Ces opérations de trempe, effectuées en grand, sur un très grand nombre de lames à la fois, sont évidemment des plus délicates. Tous les techniciens de la mécanique le savent, et se rendent
- Fig. 3. — Lame mal placée.
- Kl’e l'üii livre le cuir un angle tic 10°. (le faible court île la position corrode suffit à changer l’angle, de coupe et à déformer les biseaux.
- y
- compte que seules les maisons qui ont procédé à des études scientiliques minutieuses peuvent prétendre à la fourniture de produits impeccables.
- Nous admettrons donc, dans ce qui suit, que l’on utilise une lanie de bonne qualité.
- Si l’on examine attentivement une de ces lames minces, on constate qu’elle a une épaisseur de i5 centièmes de millimètre, et qu’elle possède deux tranchants , formés chacun par deux biseaux faits sous un angle de 5° environ. C’est cet angle qu’il s’agit de créer lors du premier affilage, et de rélablir lorsque la lame a perdu son lil.
- Le problème de l’affilage se ramène alors à une question d’outillage. Il faut que les affilages, même répétés, ne déforment jamais les biseaux; qivils leur conservent toujours l’angle de coupe de 5°. Lorsque ces conditions sont remplies, on peut faire durer une lame fort longtemps, Par l’usure en est presque nulle, et même on en améliore la qualité par des affilages répétés. C’est ce qui se produit, tout le monde le sait, pour les rasoirs de coiffeurs, et les conditions sont, en réalité, les mêmes pour ces lames que pour les lames minces.
- Le tranchant d’une lame de rasoir n’est pas toujours impeccable au sortir de la fabrique; mais les affilages
- Fig- /,. — Le « Lis-Lam » ouvert.
- répétés sur cuir garni de pâte finissent par polir les biseaux, en faisant disparaître toute trace de traits,, même microscopiques. Ces traits sur le biseau des lames représentent la trace de l’entraînement de parcelles microscopiques, arrachées par l’affûtage primitif partant du talon de la lame et allant vers le tranchant ; celui-ci se trouve ainsi transformé, on s’en rend compte au microscope, en une véritable denture de scie.
- La lame de l’ancien rasoir avec son talon a un profil étudié, de telle sorte que le repassage sur cuir peut, assez aisément, se faire correctement lorsqu’on observe
- certaines précautions. Encore y faut-il un tour de main qui ne s’obtient qu’à la longue, et que certains même n’arrivent jamais à acquérir.
- Pour les lames mirées, il n’y a plus de guide pour l’opérateur, et il est pratiquement impossible de fixer, à l’œil, la position correcte pour l’affilage. Nos figures i et a en font comprendre la raison.
- La figure i représente une lame correctement posée sur la surface du cuir d’affilage. Le plan de la lame fait un angle de 5U avec celui du cuir. Dans la figure 2, on voit la même lame posée sur le cuir suivant un angle de io°; à l’œil la différence est difficilement perceptible. Cet écart suffit cependant pour rendre désastreuse l’opération de l’aflilage ; au lieu de rétablir l’angle du biseau à sa valeur primitive, on l’émousse et on diminue sa largeur b.
- On comprend alors que les machines affûteuses à rouleaux employées par les aflileurs à façon donnent les résultats irréguliers que nous signalions plus haut. La lame pst placée entre deux jeux de meules ; un jeu pour chaque tranchant; pour maintenir toujours la lame en position correcte, ft faudrait, la machine une fois réglée, que pratiquement aucun jeu ne puisse se produire dans l’écartement et le diamètre des meules, dans les pinces emprisonnant les lames, etc. ; un tel réglage est bien difficile à maintenir et ne pourrait s’obtenir qu’avec des machines de haute précision; ce qui n’est pas le cas en général.
- L’outil imaginé par M. Boulanger et baptisé par lui
- Lis-Lam est beaucoup plus simple et plus sûr. Il n’a évidemment pas le débit de ces machines affûteuses: mais il suffit amplement à celui qui désire réaffiler lui-mêle §es lames. ,
- Il lui permet de le faire avec toute la précision nécessaire.
- C’est une pince de 3o gr. environ, en forme de ciseaux, fabriquée en acier spécial de 70 kg de résistance, nickelée et très robuste.
- Les branches de cette pince servant de mordaches emprisonnent fortement la lame sur une très large surface ; ils la maintiennent en place au moyen de deux bossages correspondant aux deux trous extrêmes de la lame.
- Ces branches comportent chacune 2 biseaux guides faits à la machine à fraiser, sous un angle légèrement différent de celui formé par les biseaux des lames, parce qu’il a été tenu compte, à l’étude, de la légère flexion de la lame lors de l’affilage sur le cuir.
- L affilage se fait à Ja main. La lame, ainsi montée, est passée doucement, toujours en biais, sur un cuir ordinaire, exactement comme fait le coiffeur pour affiler son rasoir, mais en ayant soin de bien faire porter à plat les ciseaux de la pince sur le cuir.
- Grâce à la correction de l’affilage ainsi obtenu, on peut faire durer une lame plusieurs mois, en améliorant progressivement sa qualité.
- Le « Lis-Lam » est construit par M. J. Boulanger,^ 110, rue d’Angoulême, Paris. Prix : 8 fr. g5 contre mandat et g fr. 25 contre remboursement. m
- *> Divers
- Mastic pour ressouder les parties d’un objet de verre brisé. — Faire une bouillie avec du silicate de soude (solution commerciale) et du carbonate de baryte.
- II se forme un silicate de baryte qui après avoir fait prise devient insoluble, adhérent et très dur. Les surfaces à coller doivent être très propres.
- (Communiqué par M, de Beaumont),
- c cl —
- A A
- Fig. 5. — Coupe transversale du « Lis-Lam » fermé et garni d’une lame à affiler.
- a a\ angles des biseaux de la lame ; b b\ largeur des biseaux; /i, largeur de la laine ; e e', mor-daehes de l’appareil ; 0 o', angles d'affilage ; c d, jeu nécessaire sous le talon du biseau de la lame et sous le listre du biseau de la laine.
- p.2x99 - vue 550/663
-
-
-
- 1&d
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ><
- LA VOUTE CELESTE EN NOVEMBRE Ï925
- Les derniers numéros de L’Astronomie contiennent l’histoire de la Nova Pictoris, la brillante étoile nouvelle apparue en mai dernier dans la constellation du Chevalet du Peintre (Pluteum pictoris). Cette Nova fut découverte le 20 mai par M. Watson, à la position : Ascension droite = 6h 35“; Déclinaison australe =68° 34'.
- Nous n’en avons pas parlé plus tôt, parce que, en raison de sa position sous l’horizon, elle est inobservable en nos régions.
- On aurait identifié cette étoile avec une étoile connue, de "il0 grandeur, qui ligure sur les cartes photographiques obtenues à l’observatoire de Johannesburg, avec la chambre de Franklin-Adams, les 17 et 18 mars 1914 et le 10 février 1921. Par contre, sur une plaque de la carte du ciel, du ier mars 1924, une petite tache, de 14e,2 grandeur, serait la seule trace de la Nova.
- Ne cherchez pas le nom de M. Watson parmi la liste des astronomes. M. Watson, nous apprend The Obser-vatory, est un employé des Postes et Télégraphes de la Colonie du Cap. II se rendait, le 25 mai, un peu avant 6h du matin, à son travail, lorsqu’il remarqua une brillante étoile, d’environ 20 grandeur,’près de l’étoile a du Chevalet du Peintre. Il ne connaissait pas cette étoile. A l’heure du déjeuner, il la chercha dans un Atlas. Elle n’y était pas. « Convaincu, dit M. F. Bal-det dans L'Astronomie, d’avoir découvert sa seconde Nova — car ce fut lui qui paraît avoir observé le premier la Nova Aquuæ en 1918 — M. Watson télégraphia aussitôt à l’observatoire du Cap. Fort heureusement la soirée du 25 fut belle au Cap, tout le personnel de l’observatoire abandonna ce jour, qui était férié, et des photographies pour la position, la grandeur et le spectre, purent être obtenues. L’étude du spectre a été ainsi commencée dès le début. »
- Voilà une découverte qui fait grand honneur à son auteur et qui est bien faite pour engager les amateurs à se livrer à des études astronomiques. Il faut aussi féliciter sans réserve M. Watson d’avoir communiqué si rapidement sa première observation.
- L’étoile a augmenté assez rapidement d’éclat. A l’observatoire de La Plata, M. J. Hartmann a fait les estimations suivantes (vers 22h, t. c. Greenwich) :
- méridien près d’une demi-heure avant midi, l’après-midi est « plus courte » que la matinée. Il fait jour à 7* et nuit à i7h.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Ce renseignement est fort utile pour .tracer une méridienne, orienter un cadran solaire, etc.
- Dates. Heures du passage (t 111. Gr.). Dates. Heures du passa (t. m. Gr.).
- Nov. ier i ih 34“ 185 Nov. 17 1 ih 35“ 37s
- — 3 iib 34m i6‘ — 19 11 “36“ 2”
- — 5 1 ih 34m 178 — 21 ii11 36“ 3i‘
- — 7 IIh 34m 225 - 23 1ih37“ 25
- — 9 111134m 3os 25 11b 37™ 37“
- — 11 1 G 34“ 57* — 27 11h 38“ i4s
- — i3 1ib 35“ i5s — 29 1 ih38“ 55s
- Observations physiques.
- Le tableau ci-après,
- extrait de' Y Annuaire du Bureau des Longitudes, fait suite à celui que nous avons publié le mois dernier. Il renferme les principales données pour orienter les dessins ou photographies du Soleil. Nous avons donné, dans le « Bulletin astronomique » du n° 2556, la définition des termes P, B0, L0.
- Dates. P B0 L0
- \ ov. 2 + 24°,52 + 4°,22 55°, 61
- / + 23°,56 1 3°, 69 34g0,68
- — 12 + 22°,40 + 30,13 2830,76
- - *7 + 2I°,o5 + 2°, 54 217°, 85
- — 22 + ig°,52 + i°,94 l5i°,q5
- — 27 + 17°,81 + i°,3a 86°,Ô5
- Fig1, i. — Occultation de Ç Gémeaux parla Lune, le 5 novembre 1925. (Image droite.)
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale, pour les latitudes de la France, est très inclinée sur l’horizon, il ne faut guère espérer l’observer en -cette saison.
- Par contre, la lueur anti-solaire est très haute dans le ciel, et on pourra la rechercher, par les nuits sans clair de Lune, du 14 au 18 novembre, au Sud des Pléiades. Observer de préférence vers minuit.
- II. Lime.
- Les phases de la Lune,
- Dates. Grandeur. Dates. Grandeur.
- Mai 27 2,8 Juin inr , 1
- — 28 2,6 — 2 2,1
- — 2 9 2,5 — 4 i,9
- — 3o 2,4 — 5 1,8
- Ensuite, l’éclat de la Nova a diminué D’après le
- Bulletin de l’observatoire de Harvard College, le
- Dr Paraskévopoulos a fait les déterminations suivantes :
- Dates. Grandeur. Dates. D Grandeur.
- Juin 12 !>7 r. — Juin 21 2,9
- — i4 1,8 — 23 2>7
- — i5 2,0 — 24 2,9
- — 16 r>9 — .25 3,o
- — 17 >.9 — 26 . 3,i
- — 18 2,1 — 27 3,3
- — 20 2,6
- Nous rend rons compte ultérieurement des travaux
- faits sur le spectre de cette Nova. La nouvelle étoile
- paraît offrir un grand intérêt scientifique.
- I. Soleil. - - Le Soleil, en novembre, s’élève de moins
- en moins haut dans le ciel. Sa déclinaison, de — 140 2 P le ier- novembre, tombe à — 21037' le 3o. La durée du jour décroît de plus en plus. Alors que la durée de présence du centre de Soleil sur l’horizon de Paris est encore de 9” 52“ le ier, elle n’est plus que de 8h33m le 3o. C’est surtout le soir que l’on constate la diminution du jour. Cela tient à ce que le Soleil, passant au
- 1. Toutes les heux-es exprimées en ce Bulletin — sauf exception mentionnée — sont données ep temps légal, compté de 0 11 à 2411 à partir de minuit-
- pendant le mois de novembre, seront les suivantes :*
- D. Q. le 8, à N. L. le 16, à
- i5h13"
- 6h 58m
- P. Q. le 23, à 2h 5" P. L. le 3o, à 8b 11"
- à oh
- :,i4J>2; le
- 17
- Age de la Lune, le ier novembre,
- = oj, 7.
- Pour trouver l’àge de la Lune à une autre date du mois, ajouter à l’âge ci-dessus le nombre de jours écoulé entre le itr ou le 17 et la date considérée. Et pour une heure déterminée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 5 rrr -j- 2i° 28' ; le 29= — 21° 34'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le1’*’^ novembre, à 22''. Parallaxe =54' 14 '- Distance = 404 3ao km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Tei’re), le ig novembre, à 20h. Parallaxe =: 5g'42". Distance = 366 700 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 novembre,-occultation de 63 Taureau (gr. 5,7) de igh i4'" à 20h ionl.
- Le 5, occultation de X, Gémeaux (gr. 3,7), de 2ih2m à 21h 53” (fîg. 1). La Lune présentera une phase intermédiaire entre la Pleine Lune et le Dernier Quartier. L’immersion se fera au bord éclairé ; l’étoile réapparaîtra au bord o^bscur.
- Le 6, occultation de 85 Gémeaux (gr. 5,2), de 2ih 17“ à 221' i3“. Occultation de 217 B Gémeaux (gr. 6,3), de 23"44m à o'‘47m le 7.
- Le 21, occultation de 20 Capricorne (gr. 6,2), de i7b i9mgg i8h i3“.'
- Le 23, occultation de 74 Verseau (gr. 5,8), de 1711 nm à i8h 2om.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produirppf nu début du mois et au moment de
- p.2x100 - vue 551/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- la Nouvelle Lune du 16. Voici les heures, pour Brest, de ces plus grandes marées.
- Marces du mâtin. I Marées du soir
- Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Ier 4h 4" Im,OI 161' 2-3 m i'",oo
- 2 4h4ora o"\98 i6h 5gm Ora,95
- 3 5h i(îm °m>9i 17"34“ o'",87
- 4 5h 5-2m Om,82 i8h 9ra o'n,yG
- i5 311 3ra om,88 ï 5'1 2Im Om,92
- 16 3h 39'" om,95 i5"58m om,98
- *7 4h m 17 °m>99 i6h37m I ra,00
- 18 4“ 56m °m>99 i7h 17"1 °m>97
- *9 5“ 39” ora,94 i8h o,n om,89
- Le phénomène du mascaret ne se produira pas ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principales données pour recher-
- Nous continuons ci-dessous ' le tableau de la phase et de la grandeur stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stel
- * — — —
- Novembre 2 0,62 — 3,8
- — 7 0,60 — 3,9
- — 12 0,57 — 3,9
- — 17 0,55 — 4,o'
- — 22 o,53 — 4-o
- — 27 C 1.0 d — 4,i
- Mars s’écarte peu à peu du Soleil.
- Il se lève environ 2 heures avant lui et on peut l’observer immédiatement avant l’arrivée dû jour. Mais son diamètre, très petit, et sa faible élévation sur l’horizon ne permettent aucune observation utile.
- Jupiter est encore un peu visible, dès le coucher du Soleil.
- La planète géante est accessible aux plus petits instruments et une lunette de 43 mm permet déjà de reconnaître les bandes nuageuses qui traversent le disque.
- Dates : Lever Passage Cou cher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE. NOVEMBR. à Paris. au Méridien de Paris (*) à Paris. si on droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- < 5 6h 45ra 1 ih 34™ 17S 161 24“ M” 4o” — i5°37' 32' 19 "2 Balance ,
- Soleil . . . i5 - 7 I 11 35 i5 16 10 i5 21 — 18 26 32 24.0 Balance | ))
- t 7 l6 11 37 37 16 0 16 0 O — 20 43 32 27 6 Scorpion •
- \ 5 Mercure. . i5 8 9 27 5 12 42 i3 1 16 16 56 57 15 16 45 44 — 21 — 24 46 5o 5, 2 5 8 0 Balance a Scorpion Eloile du soir à la fin du mois.
- 25 9 *9 i3 10 17 I >7 33 — a5 3g '7,0 0 Scorpion
- i 5 11 1 14 47' 18 33 *7 5o — 26 22 20 0 0 Scorpion , Le soir, X Sagittaire ^Plns grande élongation
- Vénus. . . i5 11 9 14 56 18 43 18 39 — 26 14 22 0
- ( 25 11 9 i5 3 18 58 J9 26 — 25 2 ^4)4 x Sagittaire 1 28.
- 1 5 Mars. ... i5 / 25 5 5 4 4 2 59 10 26 10 12 9 58 i5 i5 »4 48 22 57 i3 13 14 3i 56 22 — 8 __ 11 — i3 47 i4 33 3,6 3,8 3,8 a Vierge •/. Vierge 1 X Vierge Devient un peu visible le matin.
- Jupiter. . . 15 11 27 15 37 J9 48 19 23 — 22 28 3a,8 x Sagittaire Dès le coucher du Soleil.
- Saturne . . 15 6 27 11 18 16 9 i5 3 — 15 7 i3,8 v Balance Inobservable.
- Uranus. . . i5 *4 0 19 44 I 28 a 3 3i - 4. 1 3,6 14 Poissons Première partie de la nuit.
- Neptune. . 15 22 57 6 4 «03- i3 1 I 9 49 + i3 37 2,4 Lion Seconde partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- cher et observer les planètes pendant le mois de novembre.
- Mercure sera visible comme étoile du soir du i5 au 3o novembre, sa plus longue élongation se produisant le 22, à 15n, à 2i° 55' à l’Est du Soleil.
- Cette élongation sera peu favorable, en France, pour les observations, par suite de la forte déclinaison australe de la planète.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur slellair e de Mercure : •
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Novembre 2 0,91 — 0,3
- — 7 0,87 — 0,2
- — 12 0,82 — 0,2
- — . 17 0,75 — 0,2
- — 22 6,65 — 0,1
- — 27 o,5o + 0,1
- Dans les petits instruments, Mercure apparaît avec une phase qui lui donne l’aspect de la Lune. L’observation des détails à la surfaée de Mercure est de la plus grande importance.
- Il faut, pour entreprendre une étude utile, un instrument puissant.
- Vénus est toujours visible dès le coucher du Soleil. Sa plus grande élongation se produira le 28 novembre, à 47° i3' à l’Est, du Soleil.
- La déclinaison australe de Vénus est encore plus forte ce niois-ci que celle de Mercure, de sorte que son observation sera assez difficile en nos régions.
- On pourra encore observer quelques-uns des phéno mènes du système des satellites, dont voici la liste :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Novembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Novembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 18 34“' 1 Im. i3 i6h 4i II E. f.
- 2 '9 27 II Im. i5 18 38 III O.f.
- 3 *7 1 I 0 c. 18 17 1 I Im.
- 3 l8 6 I p. f. 19 15 36 I P.f.
- 3 19 18 I 0 f. 19 *7 38 I O.f.
- 4 16 47 II p. f. 22 18 7 IV 0. c.
- 4 r9 9 II 0 f. 26 16 20 I P.c.
- 10 17 49 I p. c. 26 17 17 I O. c.
- 10 18 5? I 0 c. 27 16 45 I E. f.
- 11 l6 47 ' il p. c. 27 17 I 2 II Im.
- 11 18 26 I E. f. 29 l6 14 II O.f.
- 11 18 58 II 0. c.
- Saturne est inobservable.
- 11 sera, en effet, en conjonction avec le Soleil le 9 de ce mois, à 221'.
- Voici les éléments de l’anneau,- à la date du 16 novembre :
- p.2x101 - vue 552/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Grand axe extérieur ...................... 34",52
- Petit axe extérieur................ 12",87
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- Panneau................................ —|— 10 53'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau .................................... -fai0 33'
- Uranus, dans les Poissons, est encore très bien placé pour les observations, se couchant, le i5, 1 h. 1/2 après minuit.
- Nous avons donné, dans le « Bulletin astronomique ». du n° 2664, une carte de son mouvement sur le ciel pendant l’année 1925. Avec cette carte et une bonne jumelle, on pourra aisémeht suivre le déplacement de là planète parmi, les étoiles.
- Avec un instrument puissant, Uranus montre un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre environ.
- Neptune se lève à présent environ 1 heure avant minuit. On peut donc le rechercher et l’observer pendant la seconde partie de la nuit. On pourra s’aider d’une bonne carte comme celle de P Annuaire astronomique, ou encore de ses positions que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Nov. icr-4 43° + 22» e Bélier.
- — i"-8 58° + 20° A Taureau.
- — 13-14 530 4 32° 0 Persée.
- — i3 18 149° 4 23° ? Lion.
- — 13-14 ' 2790 4 56° 2348 Bradley.
- — 16 154° + 4o° g Grande Ourse.
- 20 et 27 62° 4 22° Taureau.
- — 25-28 i54° 4 40° g Grande Ourse,
- — 27 25° + 43° ' y Andromède.
- — .28 328° 4 62° a Céphée.
- L’essaim des Léonides, du i3 au 18 novembre.
- donné parfois des chutes très importantes de météores.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 3 novembre, à 5h 24™ ; le 6, à 2h 12“ ; le 8, à 23h im ; le 11-, à 19° 5om ; le 26, à 3h 55* ; le 29, à o1' 44m-
- Etoile Polaire. — Le tableau ci-après donne les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à
- Dates Passage. Temps légal, midi moyen de Paris.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- 9h48ra +i30'39\ 2", 4
- 9b49m -f- 13° 37' 2", 4
- 9h49m +i3°37' 2",4
- N o v. 5
- — 15
- — 20
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions : Le 6, à 2ih, Mercure en conjonc.
- Le 9, à 8h, Neptune Le 14, à 121', Mars Le i5, à 20b, Saturne Le 17, à 2ih, Mercure Le 19, cà 2ih, Vénus Le 20, à 6h, Jupiter Le 22, à iou, Mars Le 24, à i2h, Uranus Le 26, à 8h, Vénus
- avec ô Scorpion(gr.2,4), à o" 4' S.
- — la Lune, à i° 56' S.
- — la Lune, à 4° 4-4/ S.
- — la Lune, à 20 49' S.
- — la Lune, à 5° 5g' S.
- — la Lune, à 4° i5' S.
- — la Lune, à t° 2' S. — X Vierge, à o°- ùf N.
- — la Lune, à 3° 36'N. — Jupiter, à 20 38'S.
- Etoiles filantes. — h’Annuaire du Bureau des Longitudes donne la liste ci-dessous des radiants d’étoiles filantes actifs en novembre.
- Novembre 7 Supérieur 221120“ 4S i5h 4m39s,i —- 17 — 2ih 4om4is i5h44m 4%h
- — 27 — 2illoimi6“ i6h23ra3os,2
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ier novembre à 2ih ou le i5 à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : Persée ((3, r, s, B, Ç, P. II. 220, ü. 563, amas); Andromède (y, u, 56, M. 3i); Cassiopée (/), t, 4>, a); Bélier (y, 3o, X, tc, 33, 14, 0-
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, y, 5, k) ; le Dragon (v, 0, üj, 40, 77, 17, s, g, H. IV. 37); la Grande-Ourse; Céphée (ô, g, >, \, p, 0).
- A l'Est : Le Cocher (a, 14, 4 w> M. 37 et 38); l’Ecrevisse (la Crèche, g G ç2, 0, 5q, £, 1298, 24, M. 67);' les
- Gémeaux (a, p, Ç, ô, x, 38 e, 61, E. io83, 20, M. 35, H, IV. 4^); le Petit Chien (*, £. 1126); le Taureau (, rg X, 0, 'r, x, t, 88 d, x, 9, S, 73o, iii, M. 1); Orion (0, M.
- 42, c, a, p, t, 23 m, a, X, p, ç, 3i); le Lion.
- Au Sud : Les Poissons (a, G 77, 65 i, 35, 5i); la Baleine (Mira Ceti, y, 37, 66, S. 218, 37, £. 101 et 106); l’Eridan ; le Verseau; le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : Pégase (1, 3, 85, f, r, M. i5): le Cygne; la Lyre (a, f, nébuleuse annulaire), Em. Touchet.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qrri parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatllfÔ oblige^ à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. — La conservation du beurre. — A. propos de la réponse donnée à ce sujet à M. J. de L-(n° du 5 sept. 1925, page 79), de Dr Marcel Baudoin nous écrit :
- « M. le D1' E. Boismoreau et M. le Dr Baudoin (Marcel) ont jàdis inventé un procédé de conserve, en hoîtes, du beurre, complètement stérilisé. Un brevet a été pris.
- Le beurre est chauffé à Y autoclave à 1200 pendant un temps suffisant] puis il est reconstitué par un nouveau battage aseptique.
- Du beurre, ainsi préparé, s’est conservé plusieurs années. -
- M. le Dr Marcel Baudoin a encore du beurre stérilisé, conservé en tubes de verre, depuis 1920 ! par ce procédé. Ce beurre ne rancit pas quand l’opération est réussie.
- La conservation prolongée des boîtes de fer-blanc a des inconvénients. Le fer-blanc rouille et donne un mauvais goût au beurre.
- Le procédé a l’avantage de pouvoir utiliser même les beurres un peu contaminés ; mais, bien entendu, l’emploi d’un lait non tuberculisé -est de beaucoup préférable. Dejux sûretés valent mieux qu’une ».
- Les piqûres de scorpion. — M. Lamech, directeur de
- l’Observatoire astronomique de Corfou, nous écrit à ce sujet :
- « Je lis dans le n° 2681 de La Nature un petit passage dans les communications concernant les piqûres de scorpion.
- Au cours de mon séjour en Afrique du Nord et dans» l’Afrique centrale pour étudier le ciel et me familiariser avec les constellations australes, en ce payé où les scorpions sont nombreux, de grande taille et très venimeux, j’ai appris des indigènes que pour combattre une piqûre de scorpion, il faut rester au moins 24 heures sans boire d’eau. Et, comme' la piqûre provoque une grande soif, d’autant plus que le pays est chaud, on oblige le malade a sucer des pastèques, genre de melon que nous appelons melon d’eau. Ce remède semble bon, puisque j’eus moi-même à l'employer* sans avoir reçu aucun autre soin.
- Fait curieux, les indigènes pour rafraîchir ce melon l’exposent au soleil de midi durant 16 à 20 minutes avant de le mettre en tranches. Il est vrai que çet acte est en bon accord avec les lois physiques de l’évaporation, mais comment [les indigènes le tiennent-ils et de si longue date par tradition ? C’est pourquoi je trouve étonnante leur manière d’agir. »
- Réponses. — M. C. L., h Montaudin. — On -peut se servir du sable de mer pour faire du ciment et du béton. Mais ce sable est en général d’une très grande finesse; il en résulte que les bétons obtenus sont beaucoup moins résistants et exigent sensiblement plus de ciment que ceux exécutés avec du bon sable de rivière. L’opportunité de
- p.2x102 - vue 553/663
-
-
-
- jj^ll BOITE AUX LETTRES |(j£.
- l’emploi du sable de mer résulte donc avant - tout d’une comparaison des prix de revient des matériaux.
- M. II. F., à Bordeaux. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement de la minoterie de fèves. Voici des ouvrages traitant de la Meunerie : Technologie agricole [meunerie, boulangerie), i volume, par Emile Saillard ; Meunerie, Boulangerie, i vol., par Louis Ammann (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°); Meunerie, 1 voL (Bibliothèque René Dhommée, Librairie J..-B. Baillière, Paris, ig, rue Hautefeuille (6°).
- Vous obtiendriez, des indications sur la question dont il s’agit en vous adressant à l’Ecole de Meunerie, à Paris; à l’Ecole des industries agricoles, à Douai, ainsi qu’à la Direction des Services agricoles de la Gironde et à la Station agronomique de ce département, à Bordeaux. En outre, nous croyons que vous pourriez avoir des directives en consultant un spécialiste en technique minotière, M. Lindet, professeur de technologie à l’Institut national agronomique, à Paris, 16, rue Claude-Bernard (5e).
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- >*
- Notions de météorologie générale et nautique et éléments d’océanographie, par M. Coyecqüe. i vol. 386 p., ig5 fig. Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1925. Prix broché : 15 francs.
- Cet ouvrage a été écrit surtout à l’usage des marins, dans le biit de leur faire comprendre comment « naissent, croissent, vivent et meurent » les météores, adversaires redoutables de la navigation. Mais la question n’intéresse pas moins les aviateurs et nombre de gens de terre. M. Coyecque est un novateur dans l’enseignement de la météorologie. Abord du navire-école, le Jacques-Cartier, dont il a fait un poste d’observations météorologiques flottant de première importance, il a entrepris de répandre parmi les futurs navigateurs les éléments de la météorologie, en s’inspirant avant tout des méthodes nouvelles de prévision auxquelles les exigences de la guerre ont donné un si rapide développement et qui ont fait leurs preuves d’efficacité pratique. C’est le fruit dé cet enseignement que l’on trouvera dans ce nouveau livre. On y trouvera, condensées sous une forme très claire et mise à la portée de tous, les idées fondamentales de l’école française sur les systèmes nuageux et de l’éçole norvégienne de Bjerknes sur les fronts de discontinuité. L’auteur applique ces idées nouvelles à l’étude de la circulation atmosphérique, à l’analyse de la formation et de l’évolution des Cyclones, à la prévision du temps. C’est la première fois en France que ces doctrines sont exposées d’une façon didactique; l’auteur a su le faire d’une façon attachante et persuasive. Son livre mérite d’être lu par tous ceux qui s’intéressent aux grands spectacles de la nature. L’ouvrage se termine par un exposé rapide des notions élémentaires d’océanographie.
- Le Rotor. Instruments à progrès, par B.-A. Cha.it.. 1 br., 86 p., 18 fig. et graphiques. Imprimerie Anvers-Bourse, 85, Marché Saint-Jacques, Anvers, 1925. Prix 6 franes.
- Cette brochure est consacrée au rotor de Fleltner, dont l’auteur fait un éloge enthousiaste ; il expose la genèse de l’invention, ses applications à la navigation maritime ou fluviale ; il en étudie les possibilités d’emploi pour, la navigation aérienne et la production de force motrice ; et dans un appendice il fournit de très utiles renseignements numériques. Il est dommage que ce petit travail de vulgarisation, intéressant par beaucoup: de points, soit rédigé en un français par trop barbare.
- Electricity and the structure of M'atter, by L. Southern s, 1 vol- 128 p.:, 33 fig. Oxford University Press. Hum-phry Milford, Londres, 1925.
- Petit ouvragé d e-' vulgari sa lion agréablement écrit et présenté. Après un . historiqüe rapide du développement de la science électrique, l’auteur expose dans leurs grandes lignes les idées modernes sur l’architecture atomique et sur les ondes électro-magnétiques.
- Le Indagini Sulï Origine delle Acque sotterranee (con i metodi Fisici, chimici, biologici), par prof. Guido Timeus. i brochure (extraite de Bollettinno délia So-cietà Adriatica di Scienze Naturali), Trieste, 1924.
- Exposé des. diverses méthodes d’analyse des eaux permettant d’en déterminer l’origine soutecraiue.
- La guerre chimique entrevue par les Allemands et nous, par Henri Le Wita. i brochure 45 p. Editeur : la Revue des Produits chimiques, 54, rue de Turbigo, Paris, 1925. Prix : 5 francs.
- L’auteur analyse un ouvrage allemand de MM. Hans-lion et Bergendorf sur la guerre chimique, et se référant aux publications du professeur Moureu, du major Lefebure, du professeur allemand Haber, il proclame que l’arme chimique jouera dans les guerres futures un rôle prépondérant. Il nous montre l’Allemagne au travail pour, s’assurer la supériorité dans ce domaine, et nous invite à surveiller de près les efforts de l’industrie chimique allemande pour se réinstaller én France et y reconquérir la place qu’elle tenait avant
- 1914.
- L’industrie des produits chimiques et ses travailleurs, par A. MatAguin, i vol. in-16, xvni-487 p. G. Doin, éditeur, Paris, 1925. Prix : 12 fr.
- On trouvera ici, après l’historique de la profession, l’exposé des conditions techniques, économiques, hygiéniques et sociales dans lesquelles elle s’exerce à notre époque. Cette monographie, solidement documentée, nous initie à l’existence d’une classe de travailleurs peu connue du grand public.
- .Nettoyage, détachage, [dégraissage, blanchissage, blanchiment, par Herçay, 20 édition refondue, 1 vol. 3o8 p. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1925. Prix : 18 francs.
- On trouvera dans cet ouvrage une ample collection de recettes, logiquement groupées, et précédées, pour chaque chapitre, d’une monographie explicative. L’auteur, dans cette 2e édition, a ajouté de nombreuses recettes nouvelles, inspirées par les techniques les plus récentes.
- Nouveau traité pratique du jardinage, par R. Lequer-tier, i vol, 3i6 p., 71 fig., Garnier frères, éditeur, Paris, 1925. Prix : 9 francs.
- Cet ouvrage vise exclusivement la culture des légumes; très simplement et clairement écrit, il est destiné surtout aux citadins désireux de s’adonner à la pratique si salutaire à tous égards du jardinage. Il leur donne toutes les notions indispensables et leur fait en même temps comprendre le pourquoi des choses.
- L’homme qui volait le Gulf-Stream, par G.-G. Toudouze, 1 vol. 254 p. Gallimard, éditeur, yParis. 7 francs.
- Un descendant des empereurs du Mexique abattus par Cortez a découvert le moyen de détourner le Gulf-Stream, Il en profite pour venger ses ancêtres,
- . en déchaînant sur l’Europe le chaos glaciaire.'Tel est le point de départ de ce très attrayant roman d’àven-tures maritimes et Sous-marines, écrit avec une parfaite connaissance des choses de la mer.
- Theoria de las Valencias positivas y negativas, par P. Ignacio Puig S. J. 1 brochure 3i pages. Tipografia Càtolica Casais, Barcelone, 1924.
- La Genèse des Atomes, par Henri Mager. i brochure 3a p. Librairie Scientifique A. Blanchard, 1922.
- 4enô4>
- p.2x103 - vue 554/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- <
- INFORMATIONS
- N° 2687 3 Octobre 1925
- Dépôts de caoutchouc obtenus par voie électrique. — MM. Sheppard et Eberlin, du laboratoire des recherches de la Société Estmann Kodak, ont trouvé le moyen de déposer électriquement du caoutchouc sur une surface métallique, parun procédé, en somme, tout à fait comparable à la galvanoplastie pour les revêtements métalliques. C’est sans doute la première.fois qu’on réalise par voie électrique un dépôt dé matière organique.
- MM. Sheppard et Eberlin partent du latex de caoutchouc ; le iait qui s’écoule des incisions de YHeveci Brasiliensis est une émulsion ou une suspension de petites particules colloïdales, liquides ou solides on ne sait au juste. Mais ce que l’on sait depuis longtemps, grâce aux recherches de Victor Henri, c’est que ces particules sont chargées-électriquement ; cette charge est en général négative. Dès 1908, Corkerell à Ceylau a cherché à utiliser cette propriété pour coaguler le latex, en neutralisant électriquement les charges des particules colloïdales. MM. Sheppard et Ebei'lin se sont posé un problème tout différent; ils voulaient obtenir sur une plaque métallique ou sur un objet, quelconque un dépôt de caoutchouc, dans des conditions permettant de le vulcaniser ensuite sans difficultés.
- Ils ont obtenu ce résultat soit avec le latex naturel maintenu liquidé par addition d’ammoniaque, soit avec des émulsions réalisées à partir de caoutchouc déjà coagulé. Le procédé est extrêmement simple; dans l’émulsion on plonge deux électrodes et on fait passer le courant électrique; les particules chargées négativement sont attirées vers l’anode ; elles s’y neutralisent et se déposent à sa surface.
- 11 serait sans intérêt de. faire un dépôt avec du caoutchouc naturel pur; la vulcanisation en serait ultérieurement difficile; mais les deux savants ont constaté que l’on peut à l’émulsion adjoindre du soufre, des pigments, des accélérateurs. L’ensemble de ce mélange complexe vient' se déposer à l-’anode et y forme une couche adhérente et homogène, toute prête à la vulcanisation. Le soufre est employé à l’état colloïdal, ou bien finement pulvérisé, ou encore sous forme de polysulfure (d’ammonium de préférence). Les pigments doivent évidemment être eux aussi incorporés à l’émulsion, sous forme de poudre très fine; c’est parfois difficile ; mais on a constaté que les corps suivants conviennent bien : lilharge, blanc de plomb, carbonate de magnésie, argile, amiante en poudre, silice, certains noirs de charbon, métaux colloïdaux. La présence de certains savons ou protéines peut faciliter le mélange. Quant aux accélérateurs, leur incorporation à l’émulsion ne crée pas de difficultés.
- Le latex liquide est un produit qui a été importé en grandes quantités aux Etats-Unis l’an dernier. Mais actuellement ce mouvement se ralentit ; dans d’autres pays, en France notamment, il n’est pas aisé de se procurer. du latex. Mais on peut avec du caoutchouc coagulé refaire une émulsion analogue au latex; pour cela on dissout du caoutchouc-crêpe dans un solvant organique tel que la benzine ou le kérosène; on l’émulsionne ensuite dans une solution aqueuse de savon bien homogénéisée et que l’on agite vivement. Par exemple on prendra 1000 cm3 d’une solution à 5 pour 100 de caoutchouc-crêpe dans la benzine, on l’étendra avec 5oo ou 1000 cm3 de kérosène ; on ajoutera 5oo cm3 d’huile de ricin sul-fonée et le mélange sera délayé dans 3ooo cm3 d’une solution aqueuse contenant i5o gr. de savon.
- Revenons au transport électrique des particules de caoutchouc ; on a constaté que le dépôt s’effectue bien sur le plomb, le cadmium, le .zinc, l’étain, l’antimoine, sur le fer et l’acier sou^certaines conditions. La composition du dépôt ne. dépend pas de la nature de la plaque.
- Le voltage et l’ampérage peuvent sans inconvénients varier dans de très grandes proportions, la densité .de courant peut varier de o,385 à o,5i3 ampère par cm2;.et le voltage de 10 jusqu’à une centaine de toits.
- Après le dépôt il n’y a plus qu’à vulcaniser.
- La récupération des sous-produits de la carbonisation du bois. — Comme suite à l’article publié sur
- la carbonisation du bois en forêt (*) il convient de relater les essais qui ont été faits avec les appareils Porte et Chevalier, lesquels permettent de récupérer les produits de combustion s’échappant de la meule de bois.
- Daus ce but, on utilise des dégoudronneurs à plateaux, dont le principe consiste à faire barboter -les gaz à dégoudronner au travers de minces'couches de goudron. A la sorLie du dégoudronneur, les gaz ne contiennent plus que de l’acide acétique et de la vapeur d’eau. Au bas du dégoudronneur coule continuellement le goudron que les gaz ont laissé dans l’appareil.
- P.our débarrasser ceux-ci de leur acide acétique, on a recours au procédé de fixation par la chaux, avec formation d’acétate de calcium dont les usages sont nombreux (fabrication de l’acide acétique et de l’acétone, etc.). Cette fixation est réalisée facilement en faisant barboter les gaz dégoudronneurs dans un 'laif de chaux placé dans deux appareils satui’aleurs f Ôn obtient ainsi une liqueur d’acétate de chaux à 80 pour too après une filtration destinée à retenir les résinés aldéhydiques.
- Il ne reste plus, alors, qu’à débarrasser les gaz de l’alcool méthylique qu’ils contiennent. À cet effet, on condense la vapeur d’eau et l’alcool par une réfrigération énergique dans un condensateur tubulaire. Le flegme méthylique qui sort du réfrigérant est envoyé dans une .colonne à distiller qui sépare sans difficulté, l’alcool de l’eau. Mais les gaz sortant du réfrigérant sont encore saturés de vapeurs méthyliques qu’il faut éliminer. On y parvient en ayant recours à la propriété qu’a l’alcool de se dissoudre dans l’eau.
- On fait barboter les gaz à travers un appareil laveur, formé de plusieurs plateaux, et dans lequel l’eau circule de haut en bas, alors que les gaz circulent de bas en haut. Les petites eaux alcooliques sortant du laveur sont envoyées également à la colonne à distiller.
- Dans Bois et Résineux, où est étudiée celte question connexe au problème de la .carbonisation du bois, on indique, comme application concrète des appareils mobiles de carbonisation, le matériel breveté de Barbet qui comprend :
- i° Une cornue mobile horizontale fixée dans un fourneau en tôle avec foyer spécial pour le bois et les déchets de bois.
- a° Une voilure à deux réfrigérants renfermés dans une bâche en tôle et comprenant un petit scrubber de lavage des gaz.
- 3° Une distillerie roulante composée de trois chaudières, une colonne et un condenseur.
- 4° Une voiture portant un séchoir continu à tambour, qui réduit l’acétate à l’état de pâte ; un patouilleur à lait de chaux, une pompe à eau et une dynamo pour l’éclairage du chantier.
- Cette récupération des sous-produits est un utile complément de l’industrie moderne de carbonisation du bois. Henri Blin.
- Pour combattre la poussière sur les routes. -
- Avec le développement intense de la circulation automobile, la poussière est devenue, en été, sur certaines routes .un véritable fléau, non seulement pour les usagers de la route, mais surtout pour les habitants du voisinage. Divers moyens sont mis en œuvre pour combattre la poussière ; le goudronnage des chaussées donne de bons résultats; sur les chaussées calcaires on préconise depuis quelque temps le silicatage. Ces procédés protègent pendant un certain temps la surface de la chaussée et en empêchent la désagrégation. On recourt aussi à d’autres moyens, dont l’action est de plua.çourte durée, par exemple à l’arrosage, de préférence avec des solutions de sels déliquescents,, chlorure, .dé sodium (eau de mer), chlorure de calcium, chlorure de magnésium. L’eau s'évaporant, le sel déliquescent resté incorporé au revêtement et il retient toujours assez d’eau pour former un liant qui empêche la poussière de s’envoler en nuage au passage des voitures. En Suisse,
- I 1. Voyez La Nature, n° 2678. du, itr août 19.26. .
- p.2x104 - vue 555/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- pour combattre la poussière, on emploie avec succès, dans le mène ordre d idée, l’arrosage avec de la lessive de sullile ; ce produit est un résidu de la fabrication de la j>àte de papier ; et on l’obtient à bon compte dans les usines oii s’exerce cette industrie ; une route ainsi traitée se maintient en bon état pendant 2 ou 3 semaines s’il ne pleut pas; mais le produit est entraîné par les pluies; et au cours d’un été plusieurs arrosages sont, de ce fait, nécessaires.
- Il faut aussi prendre des précautions dans le choix du produit; car certaines lessives riches en sucre rendent les chaussées extrêmement glissantes, sans qu’on puisse corriger ce grave défaut en répandant du sable.
- On emploie aussi en Suisse pour le même usage, sous le nom de Vialit, une émulsion de lessive de sulfite, de goudron et de bitume.
- La dissolution des os et des dents des sépultures préhistoriques. —- Les squelettes des sépultures préhistoriques présentent des altérations parfois considérables par dissolution, cela se conçoit. L’étude de cette altération est donc d’un certain intérêt et un savant préhistorien, M. L. Franchet, vient de se livrer à une étude générale de cette question. M. Franchet fait tout d’abord remarquer qu’on s’est attaché — cela intéresse la médecine légale — à étudier la décomposition des parties molles du cadavre, mais l’altération du squelette n’offrant guère d intérêt pour le médecin légiste, elle a été laissée de côté jusqu’à présent. Aux préhistoriens, de s’en soucier.
- Les os des palaflites sont peu attaqués par les eaux stagnantes, mais si ceux-ci se trouvent dans des sols où ils sont exposés à de nombreux lavages par les eaux de pluie infiltrées, ils peuvent au contraire présenter des altérations dues à une dissolution.
- Un litre d’eau distillée dissout o mg. 70 de phosphate de chaux.
- Un litre d’eau saturée de CO- en dissout 87 milligr., soit ia5 fois plus.
- La structure de l’os permet la pénétration, dans toute la masse, de l’acide carbonique dans lequel se dissoudra en un temps plus ou moins long le phosphate trical-cique.
- Dans des sols granitiques, des dissolvants divers ajoutent leur action à celle du gaz carbonique ; aussi dans ces sols dérivés du granit, on constate même l’attaque de l’émail des dents qui reste au contraire inattaqué dans des sols calcaires.
- Dans ces sols granitiques, la kaolinisation donne en effet lieu à la formation de carbonates alcalins (de potasse ou de soude) qui ont une action dissolvante sur îe phosphate tricalcique. Enfin des microorganismes agissent de leur côté pour désagréger la molécule de phosphate de chaux; il en est de même pour les plantes supérieures dont les racines vont puiser les substances nutritives jusqu’aux os m 'mes.
- La matière organique des os, l’osséine, reste comme résidu de l’attaque des os par les acides étendus qui ne dissolvent que le phosphate.
- Les os anciens conservent une proportion d’osséine que Carnot a trouvée égale à 5,6y pour 100 dans des poissons du Silurien.
- Les os dont l’attaque du phosphate est avancée contiennent encore de 1 osséine qui pourra disparaître peu à peu par putréfaction.
- Peut-être existe-t-il une relation entre la disparition progressive de l’osséine et la fluoration des os ?
- Les dents voient leur émail résister très longtemps, cela se conçoit. Dans les sols calcaires l’émail reste pratiquement intact après même la disparition du cément et de l’ivoire. Dans les sols acides l’émail est attaqué à son tour et cette attaque peut aller jusqu’à la dissolution totale.
- Dans tous les cas, ces dissolutions du squelette et des dents ne peuvent se faire qu’avec l’intervention de l’eau, et dans les sols argileux où la circulation des eaux est très faible, l’altération est très lente,, et même le cadavre conserve ses chairs pendant un temps assez long (Revue anthropologique, janvier-mars 1926).
- L’origine des animaux porteurs domestiques. —
- L’homme utilise comme animaux porteurs (en plus du zébu et du yak, qui sont des bovins) le cheval, l’àne,
- le chameau, le dromadaire, l’éléphant et le lama, sans parler du mulet.
- Deux variétés du cheval sauvage au moins ont été domestiquées par l’homme dans des contrées dilîérentes : le cheval barbu (equus barbatus) de l’Europe Occidentale et le cheval de Prjévalski (equus Prjevalski), dont le domaine s’étendait primitivement depuis l’Atlantique jusqu’à la Mongolie. C’est dire que la domestication du cheval a été réalisée dans diverses régions de l’Europe et de l’Asie. Le cheval s’est répandu ensuite dans le monde entier ; les Kouchites l’ont introduit en Afrique et les Européens :en Australie et en Amérique.
- L’âne a été cru longtemps d’origine asiatique ; on pensait qu’il dérivait de l’onagre de l’Iran et de la Mésopotamie. Aujourd’hui, on le considère plus volontiers comme issu de l’âne sauvage d’Egypte et d’Abyssinie, dont quelques spécimens existent encore dans ce dernier pays. Peut-être a-t-il une double origine.
- Le chameau à deux bosses serait originaire de la Terre des Herbes de Mongolie ou de la Bactriane ; il a été introduit dans la Sibérie, la Russie d’Europe, l’Afghanistan, l’Inde et la Chine par les migrations des Touraniens, tant Mongols que Turcs.
- Le dromadaire aurait pour, patrie l’Iran otP4a Mésopotamie. Il n’a pénétré que très tard en Afrique, introduit par les Perses de Cambyse, dit-on, en 5a5 avant notre ère. Il ne s’est répandu dans le Maghreb et le Sahara qu’à l’époque romaine et au temps des Byzantins. Les Berbères Zénèles l'auraient introduit au Maroc et au Soudan à la fin du vi° siècle de notre ère. Les Européens l’ont acclimaté à Madagascar et en Australie.
- Deux espèces à'éléphants ont été domestiquées : l’éléphant carthaginois, de petite taille, disparu au ive siècle de notre ère; l’éléphant d’Asie, originaire de l’Inde. Comme ils ont été déjà étudiés dans La Nature nous ne reviendrons pas sur eux. Rappelons seulement que l’éléphant se reproduit très rarement en captivité et que l’on est obligé de capturer des individus sauvages pour les dresser.
- Le lama est un des rares animaux que les Indiens d’Amérique aient réussi à domestiquei1 avant l’arrivée des Européens. Mais il n’est jamais sorti des Andes, son pays d’origine. Son rendement en travail est d ailleurs très faible ; un chargement de 5o kg représente pour lui un maximum. Aussi est-il concurrencé de plus en plus dans son pays même par le mulet, qu’ont introduit les Espagnols, et qui est plus résistant et plus docile.
- Dans quel pays l’homme a-t-il eu pour la première fois l idée de procéder méthodiquement à des croisements des espèces asine et chevaline ? On ne le sait pas au juste. Peut-être est-ce en Egypte. En tout cas, l’antiquité gréco-romaine connaissait le mulet et les grands empires orientaux l’utilisaient déjà. On distingue le mulet, produit de l’âne et de la jument, du bardeau, produit de l’étalon et dejl’ânessç; le premier, plus robuste, est généralement préféré.
- Les essais de domestication du zèbre, du couagga, de, l’hémione et de l’hémippen’ont pas réussi pratiquement; il en est de même pour l’éléphant d’Afrique. Il ne.suffit pas en effet de domestiquer quelques spécimens d’une espèce, pour que celle-ci puisse être considérée comme domestiquée ; il faut en outre que 1 homme ait réussi à obieuir la reproduction indéfinie en captivité, et à faire disparaître, plus ou moins, l’instinct de la liberlé. C’est dire qu’il y a des degrés dans la domestication.
- Quant aux croisements entre espèces autres que l’àne et le cheval, ils n’ont pas eu de portée pratique. Les plus intéressants, au point de vue scientifique, sont celui entre le cheval et le grand zèbre de Weddel (zébrulc), obtenu par Hagenbeck à Stellingen, et celui entre le dromadaire et le chameau à deux bosses, réalisé au Jardin des Plantes dé Paris^
- Signalons aussi le petit zèbre avec le dauw ou couagga et avec l’âne.
- Les grandes villes d’Italie. — Voici quelle est, d’après le recensement de 1921, la population des principales villes d’Italie :
- Milan, 862,265 habitants; Naples, 794,'35o; Rome, 746,788; Turin, 51 o, 168 ; Palerme, 4^0,200; Gênes, 382,419; Florence, 268,121 ; Trieste, 246^587 ; Bologne, 218,996 ; Venise, 201,635.
- p.2x105 - vue 556/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- #»* "Physique
- Spectrographe à rayons X. — Les rayons X sont des radiations qui ont des longueurs d’onde bien plus courtes que celles de la lumière, mais qui sont de môme nature. On sait qu’ils peuvent être diffractés par les cristaux ; cette propriété, prévue par Laue, mise en évidence par Friedrich et Knipping, a permis de produire des spectres de rayons X par l’emploi de cristaux, de poudres cristallines et même de poudres amorphes. Ces spectres, que bien entendu l’on ne peut observer qu’au moyen de la plaque photographique, permettent de déterminer la structure atomique des cristaux et des poudres, ou bien de mesurer la longueur d’onde des rayons X.
- Pour répondre aux exigences des expérimentateurs, le docteur Millier a établi un spectrographe d’une précision suffisante bien que d’une construction très simple. Un spectrographe comporte essentiellement une fonte étroite par laquelle on admet le faisceau de radiations qui doit traverser la subslance dispersive, et des dispositifs de repérage précis. Le spectrographe Muller est constitué par une barre triangulaire sur laquelle glissent deux sellettes qui supportent le porte-plaque photographique et la fente. Cette barre passe par l’axe de rotation d’un petit cercle gradué qui supporte la monture du cristal. Au moyen d’un levier que l’on peut d’ailleurs bloquer on imprime au cercle gradué un mouvement oscillatoire ; l’extrémité libre du levier
- Fig. i. — Spectrograplie Muller monté pour l’application de la méthode du cristal unique de Bragg. —
- est maintenue en contact avec le bord d’une came montée sur l’arbre d’un moteur à ressort. Un bouton permet de mettre le moteur en marche ou de l'arrêter. Pendant la pose, un écran en plomb empêche que les rayonnements dispersés ne voilent le cliché.
- Le cristal est fixé sur la monture au moyen d’une cire molle adhésive.
- L’inclinaison de la monture est réglable ; on peut la faire glisser transversalement par rapport à la table de rotation pour amener la face du cristal en regard de l’àxe. Le bord de la table est gradué afin de faciliter le réglage et à enregistrer les lignes de chaque côté de la normale par rapport à la plaque photographique.
- La fente est formée par deux blocs de laiton que l’on peut bloquer pour laisser entre eux une distance connue, l’écartement peut être vérifié au moyen des lames d’un calibre d’épaisseur. Le porte-plaque reçoit les plaques, il est muni d'un écran en papier noir de sorte que l’instrument peut s’utiliser en plein jour sans danger de voiler le cliché et sans fourneau spécial pour protéger la plaque. -
- Une règle d’acier et un gabarit permettent de mesurer la distance entre le centre de rotation de la table à cristal et la surface de la plaque photographique ; des cames interchangeables donnent les angles d’oscillation de 5°, io° et i5°. '
- Cet appareil ainsi établi permet d’étudier les cristaux et les poudres par la méthode Bragg, qui utilise des rayonnements monochromatiques. Le cristal est disposé sur le trajet d’un faisceau limité et devient un centre de dispersion.
- En enlevant la monture qui porte le cristal, en pous-
- «•Li
- sant les sellettes à proximité du cercle gradué et en faisant usage d’une agrafe à ressort, l’instrument peut être utilisé pour appliquer la méthode Debye.
- La substance est en forme de poudre qu’on dispose au centre d’une pellicule photographique cylindrique. Un pinceau de rayons X monochromatiques s’y difïracle
- Fig. 2. — Spectrographe Muller monté pour l’analyse des poudres, méthode de Debye.
- et se photographie sous forme d’un certain nombre de lignes courbes ; les lignes correspondant à tous les plans possibles de clivage se photographient en même temps.
- Le spectrographe du docteur Müller permet donc d’avoir un instrument disposé pour opérer sur un seul cristal et pour se transformer rapidement en vue de l’analyse des poudres. L’appareil circulaire est disposé de façon que l’on puisse glisser le porte-poudre au centre de la table, en profitant du mouvement oscillant.
- Pour cette méthode de travail, l’appareil circulaire de 6 cm. de diamètre porte une pellicule photographique. Au lieu de deux plaques écartées pour former la fente, on met une seule plaque en laiton percée d’une ouverture de i mm. de diamètre. Celte plaque vient se loger dans une ouverture correspondante qui porte l’appareil à pellicule et se trouve dirigée exactement vers le porte-poudre disposé au centre.
- Le moteur qui actionne l’appareil imprime au cristal 6o oscillations à 1 heure et peut marcher environ pendant 5 heures sans avoir besoin d’être remonté.
- L’équipement complémentaire pour utiliser ce spectrographe est une source de rayons X. Le constructeur de l’appareil préconise le tube Schaerer.
- Ce tube se compose d’une anticalhode métallique refroidie par une circulation d’eau. Les rayons émergent d’une fenêtre constituée par une feuille d’aluminium placée immédiatement devant l’anlicathode. Celle-ci est amovible et on peut la remplacer par des anticathodes en fer, cuivre et molybdène ou en laiton, cette dernière devant recevoir les poudres cristallines à analyser. —
- Fig. 3. — Le spectrographe Muller, son écran de plomb et sa boîte.
- Le tube a un pouvoir redresseur considérable et il peut être alimenté directement par un transformateur statique à haute tension. Pendant le fonctionnement, le vide est maintenu d’une façon continue au moyen d’une pompe à mercure et on peut régler ce vÿde de manière à obtenir des rayons de la longueur d’onde désirée.
- En vente chez F,-C. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- 07 m
- p.2x106 - vue 557/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- gp> 7 . S. J7.
- Limiteur de tension pour circuit d’antenne. — Le
- parafoudre, très employé dans les installations électriques à courant faible, c’est-à-dire télégraphiques et
- téléphoniques, ne l’est guère par contre dans les installations radioélectriques. Cependant celles-ci, tout comme les premières, sont exposées à des surtensions d’origine atmosphérique, qui peuvent détériorer les appareils ou provoquer des commotions désagréables, parfois dangereuses pour l’opérateur.
- Mais le parafoudre classique, celui qu’on peut voir sur les tableaux électriques de tous les bureaux télégraphiques, ne convient guère à la T. S. F. On sait en quoi il consiste : il comporte en principe deux lames conductrices (charbons ou métal) séparées par un intervalle d’air.
- Fig. —Protecteur Lutèce.
- L’une est connectée à la ligne à protéger, l’autre à la terre. Si la tension sur la ligne dépasse une certaine valeur, une étincelle éclate entre les pointes et le courant dangereux est dérivé vers la terre.
- . Mais le fonctionnement de ces appareils est très irrégulier ; le potentiel disruptif de l'intervalle d’air est très variable; il est influencé par l’état hygrométrique et la
- Fig. 5. — Protecteur Lutèce adapté aux installations 'de T. S. F.
- température de l’air; les poussières qui peuvent s'accumuler sur les lames conductrices, les détériorations diverses que ces dernières peuvent subir viennent encore l’influencer. Enfin les tensions auxquelles se produisent les étincelles sont déjà élevées et la protection est par suite assez illusoire.'
- Le protecteur Lutèce évite ces inconvénients. C’est un parafoudre, lui aussi, mais caractérisé par le fait que l’étincelle éclate dans une ampoule remplie d’hydrogène raréfié, maintenu à une pression bien déterminée. Aussi l’étincelle se produitrelle dans des conditions toujours identiques, sous un voltage que l’on peut régler aptiori
- Fig. 6. — Montage ordinaire du protecteur Lutèce.
- lors de ,1a construction de l’ampoule, en choisissant la pression du gaz, et l’écartement des électrodes.
- L’appareil qui a d’abord été construit pour les besoins des postes et télégraphes peut donc parfaitement s’adapter à ceux de la T. S. F.
- Notre figure £ représente l’appareil tel qu’il est employé dans les installations télégraphiques, ou téléphoniques ordinaires.
- La figure 5 représente l’appareil adapté aux installa-
- tions T. tL F. L’ampoule parafoudre en verre est. montée a l’intérieur d’un tube isolant. La borne i est reliée au fil d’antenne; la borne 2 reçoit le fil de départ aux appareils et la borne 3 est connectée à la terre. Entre les bornes 1 et 2 est un fusible F.
- Le parafoudre, lorsqu’il entre en fonctionnement, établit le circuit entre 2 et 3. La présence du fusible est une précaution indispensable pour le cas où la décharge provoquerait une grande intensité de courant. Dans ce cas le fusible, en fondant, sectionne la ligne et isole les appareils de l’antenne.
- Pour protéger une installation, on emploiera le plus souvent le .schéma très souple de la figure 6, dans laquelle le parafoudre est placé en P.
- Pour un poste qui reste à l'écoule en dépit des orages on peut
- utiliser le schéma suivant (fig. 7) préconisé par le constructeur du parafoudre ; il comporte l’emploi d’un parafoudre ordinaire à charbon.
- Eu cas de décharge atmosphérique, la grande sensibilité du protecteur Lutèce P provoque aussitôt l’écoulement du fluide par le fil de terre de protection et entraîne la fusion du fusible F. Ce dernier en fondant isole les appareils et l’opérateur qui sont ainsi hors d’atteinte. Le parafoudre à charbon C continue, après le sectionnement de la ligne, à écouler vers la terre le courant dangereux."L’opérateur ne court donc aucun danger lorsqu’il replace le fusible F.
- Constructeur : Lutèce-Lumière, 24» rue Vavin, Paris.
- Objets utiles
- Réchaud éclairant. — Malgré les progrès du gaz et de l’électricité, la bonne vieille lampe à pétrole est encore fort employée.
- En ces temps de vie chère, il est bon de ne pas laisser perdre la chaleur que dégage la flamme éclairante ; d’autant plus qu’il est bien aisé d’en tirer parti sans nuire en rien à la production de lumière.
- Le réchaud représenté ci-contre constitue un moyen de résoudre ce petit problème domestique.
- Il comprend un collier que l’on monte autour de la galerie du bec de la lampe;
- On l’immobilise au moyen de trois vis. Ce collier porte un petit trépied métallique sur lequel sont montés un abat-jour et au-dessus de celui-ci un plateau évidé d’un trou central pour le pas-sagedu vase de lampe et l’échappement des gaz chauds.
- Sur le plateau'on peut pla-cer une petite casserole reposant sur des supports qui permettent la circulation du gaz autour de ce récipient. Une lampe à essence placée dans un support également fixé à ce plateau permet d’éclairer le dessus de la casserole et de surveiller la cuisson des aliments qu’elle contient.
- L’appareil, baptisé réchaud Family, est en vente chez Peyrichout, Remilly (Nièvre).
- Réchaud éclairant.
- p.2x107 - vue 558/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ><
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : NERPRUN CATHARTIQUE
- Le Nerprun cathartique (Rhamnus catharticus L.), Famille des Rhamnacées, a plusieurs synonymes : Nerprun purgatif, Noirprun, Bourgépine, Bourguépine, Epine de Cerf, Rhamnée.
- Si l’on en croit la tradition, ce serait une plante historique et sacrée : les branches épineuses de l’arbrBseau auraient servi à tresser la couronne d’épines du Christ.
- Habitat. — Le nerprun est fréquent dans les bois, les haies, les taillis humides d’une grande partie de la France.
- Description sommaire. — Petit arbre très rustique atteignant 2 à 4 m., & tige dressée, rameuse, branches opposées, grisâtres, terminées en pointe épineuse à leur sommet. Feuilles pétiolées, caduques, ovales, opposées sur les jeunes rameaux, fasciculées sur les anciens, dentées. Fleurs apparaissant d’avril à juin, d’un jaune verdâtre, petites, plus souvent dioïques que polygames, groupées en petits paquets à la base des jeunes rameaux. Fruits (baies) de la grosseur d’un pois, d’abord verdâtres, puis devenant noirs à la maturité, en septembre-octobre, contenant 2 à 4 graines, trigones, marquées du côté extérieur d’un sillon plus large à la base.
- Culture. — Dans le Jardin familial la place du nerprun est dans les haies où ses épines jouent un rôle assez défensif contre les "animaux Sa culture est facile étant donnée sa rusticité et qu’il ne craint pas le froid, il prospère dans tous les terrains, bien qu’il préfère un sol frais; il se plaît à toutes les expositions. Comme le sirop de nerprun est employé souvent dans la médecine vétérinaire, il est utile dans les fermes importantes d’avoir plusieurs pieds de ces arbrisseaux pour être sûr de recueillir une quantité suffisante de baies.
- Multiplication. — Elle peut avoir lieu de trois façons : par marcottes ou boutures, par semis.
- , Par marcottes. — On les fait par buttage en cépée et par couchage simple qu’on peut entreprendre à peu près toute l’année, mais plutôt au printemps ; on les relève au printemps suivant.
- Par boutures dites « boulures-plançons ». — On aiguise les branches à la base, et, après un court séjour le pif.d dans l’eau, on les met en place en les enfonçant dans le sol à force de bras, ce qui est plus facile si, auparavant, l’on a pris soin d’arroser le terrain. Il est encore plus simple de faire, préalablement, un trou au moyen d’un pieu ou d’une pince pour y planter la bouture ; finalement; on tasse la terre tout autour avec le pied.
- Par semis. — On choisit des graines assez récentes, car la durée germinatrice est de deux mois. Le litre de ces graines pèse 400 gr. environ. On sème en pleine terre, à l’automne, les graines dépouillées de la pulpe qui les entoure; on sème dru en rayons ou en paquets. On repique au printemps de la seconde année. Le semis fait en mars avec des graines lavées non stratifiées donne de bons résultats. (Ch. Ballet).
- Récolte. — On y procède quand les baies sont mûres, pendant les mois de septembre et d’octobre. Si la récolte est abondante, on choisit les plus grosses, les plus, luisantes, les plus riches en jus. Etant donnée leur violente action purgative, on ne doit pas en manger, les enfants surtout, de crainte- qu’il ne se produise de graves', inflammations de l’appareil intestinal. A l’état frais, les baies ont une odeur désagréable, un peu nauséabonde, une saveur amère et âcre. Elles renferment un suc visqueux, d’abord safrané, puis qui passe successivement aux diverses nuances du rouge et devient finalement rouge violet. *
- Séchage. — Pour les divers usages auxquels on les destine, il est 'préférable de beaucoup de s’en servir à l’état frais, d’autant plus que d’après le Dr Héraud elles perdent en partie leur propriété par la dessiccation. Cependant, comme l’on en vend dans le commerce à l’état sec, il peut être utile de les dessécher* On les traite alors comme les baies aqueuses et mucilagineuses en leur faisant subir une température assez élevée, puis en les exposant au soleil (en septembre) et en terminant le séchage à une douce chaleur.
- Composition chimique. — Le suc des baies, qui constitue aujourd’hui la seule partie servant de base aux préparations pharmaceutiques, contient : rhamnégine,
- cathartine, acide acétique, mucilage, sucre, matière azotée (Dr H.). Les recherches de Winckler en ont extrait la rhamno-cathartine qui est le principe purgatif. C’est un produit fort complexe composé d’émodine, de rhamnégine, de rhammosine, de gestérine,. de rhamno-génine, de rhamnose.
- Propriétés thérapeutiques. — Elles sont connues depuis longtemps. Selon le Dr H. 'Leclerc, Mathiole a enseigné le premier le moyen de préparer avec le nerprun un sirop propre à « évacuer le flegme et les humeurs grosses et visqueuses », mais c’est Alibert qui l’a considéré comme un purgatif très énergique « à réserver aux individus robustes qu’il est difficile d’émouvoir ». Les baies constituent donc un purgatif énergique, drastique qui occasionne des coliques assez vives quand on l’administre en nature. Aussi l'irritation, que les préparations de nerprun causent dans tout le canal intestinal, nécessite-t-elle l’usage, immédiatement après la purgation, d’une boisson mucilagineuse telle qu’eau de veau ou infusion de fleurs de guimauve. L’emploi de ce médicament est indiqué pour obtenir une très forte purgation dans les paralysies et les hydropisies.
- Préparations pharmaceutiques. — La principale est le sirop de nerprun qu’on pr* pare en chauffant à feu doux parties égales de suc clarifié et de sucre. La dose est de 20 à 60 gr. que l’on prend le matin à jeun dans une tasse de thé. Lne mixture purgative fréquemment prescrite est la suivante : eau-de-vie allemande 10 à 20 gr. ; sirop de nerprun 20 à 4° g*’. On la prend également dans une tasse do. thé; c’est une purgation, qu’il ne faut absorber qu’après conseil d’un médecin.
- Le suc clarifié s’emploie à la dose de i5 à 3o gr. après l’avoir édulcoré avec du sucre, du miel ou de la mélasse. Le rob ou extrait de nerprun, qui jouit jadis d’une certaine réputation comme dépuratif, était préparé par évaporation en consistance de miel du suc de nerprun préalablement filtré.
- Les baies de nerprun constituent un remède populaire dans les campagnes de certaines régions; i5 à 20 baies fraîches suffisent pour produire une forte purgation. Dans les Yosges, les paysans se purgent en prenant le matin dans leur soupe une trentaine de baies desséchées.
- De l’arbrisseau, on a encore employé jadis l’écorce moyenne à laquelle on a reconnu les propriétés éméto-cathartiques de la Bourdaine (Rhamnus frangula), et les feuilles qui, prises en infusion, jouissaient d’une action anti-laiteuse; elles passaient pour diminuer et même arrêter la sécrétion lactée dés nourrices. Dans cette .crainte, on a même attiré l’altention des cultivateurs sur ce fait, en leur recommandant de ne pas laisser manger ces feuilles par les vaches et les chèvres. Je n’ai pas observé dans les fermes normandes, dont les haies renferment souvent des nerpruns, que l’on ait pris des précautions contre cette très fâcheuse influence, si elle est justifiée, .
- En dehors de la médecine humaine, la médecine vétérinaire fait un fréquent usage du sirop de nerprun, notamment pour les chiens auxquels on en fait absorber comme purgation, selon la force des animaux, i5 à 60 gr. en mélange dans du lait.
- L’industrie utilise les baies de nerprun pour la préparation du vert de vessie en faisant agir sur .elles la chaux et l’alumine, et l’écorce de l’arbrisseau fournit à la teinture une couleur jaune' La chimie s’est servie du suc de nerprun comme réactif pour reconnaître la présence des acides et des alcalis ; les acides le rougissent et il verdit par les alcalis. Dois-je rappeler, maintenant qu’elle n’éxiste plus, la fraude qui consistait à se servir des baies comme colorant du vin, au mépris de la santé des-consommateurs ?
- ' Observations commerciales. — Les baies de nerprun fraîches sont vendues aux droguistes et aux pharmaciens des campagnes qui préparent eux-mêmes le suc de nerprun. Les baies sèches ont un cours très variable, 1 fr. 25 à 1 fr. 76 le kilogramme; cependant l’année dernière (1924), l’herboristerie en gros de la région de Lyon les a payées 3 fr. à 3 fr. 5o le kilogramme. Il est à peine besoin de dire qu elles ne doivent pas, comme cela s’est produit parfois, être mélangées à de petites
- M 109,>
- p.2x108 - vue 559/663
-
-
-
- VARIETES
- prunelles et à des baies de troène. La fraude est d’ailleurs facile à reconnaître, car les prunelles n’ont qu’un qovau, les baies de troène deux et les baies de nerprun deux à quatre et plus souvent trois.
- C’est surtout aux « ramasseurs » de plantes qu’il
- importe d’apporter la plus grande attention pour ne pas confondre les baies de nerprun et de troène au moment de la récolte; les premières sont rassemblées à la base des rameaux, tandis que les secondes sont groupées en panicule terminale. A. Truelle.
- LES COLLES DE PENTOSANES
- Par ces temps-de vie chère et augmentée de jour en jour, c’est un devoir pour 1ous de chercher à ne laisser rien perdre que ce soit. Diminuer la cherté de la vie par le réemploi doit être le but de chacun. En matière de colles et d’adhésifs de toute sorte, en particulier, nous laissons perdre chaque année des tonues de gomme -d’arbres fruitiers (pruniers, amaudiers, pommiers et cerisiers), des centaines et des milliers de kilos constitués par de l’arabinose, ou matières dont l’hydrolyse sous pression transformerait la gelée inutilisable qu’ils forment en*matières adhésives intéressantes.
- Le prix actuel des gommes Sénégal ordinaires (6 fr. le kilogramme), des gommes arabiques (8 fr. le kilogramme), des gommes Kordafan (6 fr. le kilogramme) et surtout des gommes adragantes pour apprêts (T5 fr.), rendrait intéressant tout essai d’utilisation de matières indigènes. Car, ne l’oublions pas, même pour les gommes des colonies françaises, c’est sur le marché anglais que se règle le prix.
- Ceci posé, il y a lieu d’examiner avec attention les essais couronnés de succès qui ont été entrepris par Fré-derick B. Laforge, au Bureau de Chimie de Washington, et dont Y Industrial and Engineering Chemistry de février 1924 (pages -13o-13a) donne un aperçu. Il s’agit de l’utilisa^-tion des rafles de maïs et de la balle d’avoine, en vue d’en extraire simultanément le furfural, dissolvant de valeur pour vernis, et des colles végétales de Pentosanes. Les Etats-Unis sont, on le sait, de formidables producteurs de maïs dont tous les produits (farines, semoules) et sous-produits (huile de maïs, source de bons factices de caoutchouc, et de margarine par hydrogénation) sont utilisés avantageusement. II restait la rafle dont des montagnes sans emploi s’accumulaient aux portes des fermes.
- On avait bien essayé d’en faire des allume-feux résinés, mais on n’en employait ainsi qu’une infime fraction.
- Le procédé d’hydrolyse que nous allons résumer utilise le tout d’une façon pratique.
- Il en est de meme de la balle d’avoine qui abonde aux Etats-Unis. En effet, tous les Anglo-Saxons sont de formidables consommateurs de « porridge », d’« oat meal », « quaker oats », noms donnés à l’avoine écrasée, parfois maltée, parfois torréfiée, qui sert de nourriture aux enfants en bas-âge et même aux grands enfants que nous sommes. Pas de « breakfeast » en ces pays, sans « porridge ». Par contre, surabondance de balle d’avoine, restée jusqu’à ce jour sans emploi.
- Si l’on chauffe à 1800 pendant 28 minutes dans un digesteur, soit de la balle d’avoine, soit de la rafle de maïs avec de l’eau, on obtient des solutions gommeuses à 28° B. à 45 pour 100 de colle, et ce que l’on distille ensuite contient entre 1 et 2 pour 100 de furfural à 10 fr. le kilogramme. [Prix actuel de la distillerie des Deux-Sèvres, à Melle, Deux-Sèvres (')].
- 1. Il va s’en dire que si les emplois du furfural venaient à augmenter, ce prix pourrait considérablement s’abaisser.
- En prolongeant de 7 minutes à i5 minutes cette durée de chauffage, on n’augmente pas le rendement en colle, mais on arrive au maximum de rendement en furfural, qui est de 2 pour 100.
- On a travaillé pratiquement en demi-grand, avec des charges de 200 kg de rafles ou de balles, et 410 kg d’eau. Consommation de vapeur: 226 kg. L’eau arrivait à 32°, l’évaporateur étant à simple effet, il faut compter 420 000 calories par opération.
- - Le résidu pressé cellulosique est à 60 pour 100 d’eau ; calculé sec, il est de 56 kg par opération de 200 kg.
- Pressé fortement, séché, il peut servir de fort appoint au combustible employé. A l’état sec, il représente un pouvoir calorifique de 2.i5o calories par kilogramme.
- On s’est servi de ce résidu également pour en obtenir, par traitement à la soude caustique faible, uné pulpe cellulosique à courte libre, mais utilisable. On en a fait par moulage des succédanés de bois et des parpaings pour murs minces et hourdis.
- 11 serait, dit-on, un bon succédané de la farine de bois, dont la mouture « au lin » (tamis 120) exige de la peine et de l’argent.
- Quant aux emplois possibles pour les colles nouvelles de pentosanes, on a trouvé que c’étaient de bons succédanés du silicate de soude. Mais cela nous paraît douteux, étant donné le bas prix du silicate de soude (38 fr. le neutre à 35° B. et 48 fr. l’alcalin à 45° B.), qui ne fera que s’abaisser avec la récupération des silices gélatineuses (sous-produits des Procédés Blanc, Messer-schmidt et du travail de la leucilè italienne.)
- Pour les travaux communs, les colles de pentosanes pourraient remplacer les gélalines, dextrine, léïogomme et amidons cuits. Mais là seulement, dit l’auteur de ces travaux, où l’on n’exige ni bel aspect ni adhésivité considérable.
- Comme colle de papiers peints également, on pourrait l’employec. Mais là encore, le bon marché des colles de peaux et des blancs gélatineux me paraît un sérieux obstacle à leur emploi. Là où les résultats les meilleurs, dit-on, ont été obtenus, pour les colles de pentosanes, c’est dans l’emploi comme agglomérant de fines d’anthracites pour briquettes destinées aux foyers domestiques, pour lesquelles on exige les qualités suivantes, que le brai de houille habituellement employé ne possède pas :
- Etre hydrofuges, sans odeur et sans poussière;
- Contenir peu de cendres et peu ou pas de soufre;
- Ne pas se ramollir à la chaleur;
- Etre bon marché.
- Ce travail américain est manifestement incomplet.
- Néanmoins, il nous paraît , de nature à suggérer chez nous, dans le même ordre d’idées, des recherches et tentatives d’un grand intérêt pratique.
- Albert Mutin.
- !'
- BOÎTE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,a Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications — Les ombres rouges. — Le Dr Bernardin médecin-major des troupes, coloniales,
- nous communique l’intéressante observation suivante :
- « Le 27 mars dernier, dans le canal de Suez, à 23 h., à bord du Latouche-Trêville, paquebot des chargeurs réunis. Le bateau qui descend vers Suez s’est garé à quelques milles au nord d’Ismaïlia pour laisser passer cinq paquebots qui remontent vers Port-Saïd. Nuit sans lune, avec ciel clair, plein d’étoiles, jusqu’au bord, si je puis dire. Notre projecteur* est éteint. Les paquebots qui arrivent vers nous portent chacun un projecteur
- p.2x109 - vue 560/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- très puissant qui nous inonde de lumière dès qu’ils apparaissent à la ligne d horizon. Ils sont distants les uns des autres de 4 milles, nous dit-on.
- « Nous sommes quatre passagers de Te classe assis sur la passerelle du commandant avec le commandant lui-même, M. Rousselet, et nous causons en attendant que le passage soit libre pour continuel1 notre roule. Le premier paquebot approche. Il est à environ un mille de nous. La lumière de son projecteur est aussi blanche et aussi fatiguante à fixer qu’un rayou de soleil. Et nous observons ceci : sur la paroi extérieure de la cabine du commandant, les ombres portées par les objets divers placés devant elle (cordages, bouées, etc.), nos ombres à nous-mêmes, ont une teinte rouge sang parfaitement claire et de même intensité sur toute l’étendue et sans, irisation sur les bords. Cinq observateurs font la même remarque et le commandant est tellement surpris (il s’agissait alors de l’ombre d’une bouée), qu’il porte son doigt sur la paroi, en demandant au second capitaine qui se trouvait là quel homme d’équipage avait eu la fantaisie de coller sur sa cabine la peinture d’une bouée peinte en rouge par plaisanterie. On eut tôt fait de 's’apercevoir que les autres ombres étaient rouges également. La paroi de la cabine était peinte en blanc. 11 n'y avait à bord aucune lampe rouge susceptible de colorer les ombres. » *
- L’explication de ce phénomène nous paraît être la suivante. Les ombres étaient évidemment éclairées par d’autres sources de lumière que celle devant laquelle les bouées ou autres objels formaient écran; ces sources de lumière, ne se trouvant pas à bord, ne pouvaient être que les projecteurs des bateaux dans le lointain; les rayons de ces projecteurs avaient à fournir un long parcours dans une atmosphère très chargée d’humidité ; les rayons rouges sont les moins absorbés dans ces conditions (ce qui explique pourquoi le soleil est rouge près de l’horizon ou les jours de brouillard); la lumière d if-, fuse répandue sur les parois de la cabine et provenant de ces projecteurs lointains est donc rougeâtre, tandis que celle du projecteur rapproché est sensiblement blanche; dans l’ombre ne subsiste que la couleur des projecteurs lointains, qui ressort plus vivement grâce au contraste avec la lumière blanche des plages voisines.
- Réponses. — M. G., place de l’Estran, à Calais. — Nous n’avons pas le renseignement que vous demandez sur les moulins à vent pour alimenter une station centrale d’éclairage électrique dans une ville danoise, tout au moins en ce qui concerne la citation parue dans La Nature (n du 22 février 1919), d'après une indication erronée de l’inventeur du système de moteur éolien mentionné dans cet article; mais nous vous indiquons que, dans une étude intitulée La production de Vélectricité par les moulins à vent, étude publiée dans L’Economiste Français, 2e vol., n° 31, du 3 août 1907 (Paris, 35, rue Bergère (9e) sont signalées les expériences faites par le professeur La Cour, d’Askaw, sur l’initiative du gouvernement danois. Ces expériences ont duré deux ans. 11 résulte de nos nouvelles recherches que la citation d’un article paru en 1914 dans La Nature est, de toute évidence, le fait d’une erreur de l’inventeur précité.
- Martin et CUl ZlJ\ à Rosario. — Le tracteur à chenilles, cité dans/ le 11“ 2672, du 20 juin 1925 (culture ra ionnelle et intensive de la vigne), est un tracteur Clétrac, de marque américaine, petit modèle, dit « Tracteur vigneron* », dont voici les caractéristiques : largeur o m. 80, longueur 1 m. g5, hauteur 1 m. 20, poids 85o kg. Le prix varie suivant la valeur du dollar. En 1923, ce prix était de 24000 francs, y compris le système de relevage des outils. L’adresse de la firme, pour la vente de ce tracteur, est celle-ci : Allied Machinery C° de France, Paris, 19, rue de Rocroy (io''V.
- M. G. B., Vernon-le-Bas, Souesmes (Loir-et-Cher). — Procédé pour faire périr des arbres sur place. Lorsqu’il n’est pas possible d’abattre les arbres, on peut les faire périr sur place en les empoisonnant.
- Voici le mode opératoire :
- Percer sur le tronc, à l’aide d’une tarière, quelques trous obliques, allant jusqu’au cœur de l’arbre et remplir ces trous avec une solution concentrée d’arséniate de potasse. Le procédé a été employé bien des fois, avec succès, pour détruire des arbres même très gros.
- Ün peut aussi employer le sulfure de carbone, en ayant soin de boucher ensuite les trous avec un bouchon
- de liège. L’acide sulfurique, versé avec beaucoup de précautions dans les trous, détruirait de même rapidement les arbres. Mais la manipulation en est délicate. Quant au sulfure de carbone, il faut éviter de fumer en opérant ou d’approcher avec un corps quelconque en ignition (danger d’explosion). Les produits indiqués se trouvent chez les marchands de produit^ chimiques.
- M IVeill. à Nancy. — La formule de colle pour coller le caoutchouc au cuir est la suivante :
- Gutta percha............... i5 gr,
- Sulfure de carbone .... 100 cc.
- Essence de térébenthine . . 100 —
- Faire digérer pendant quelques jours la gutta mise en petits morceaux dans le sulfure de carbone. Après dissolution ajouter la térébenthine et rendre homogène.
- M. Reuateau, à Bordeaux. — i° Les molettes de coupe-verre, lorsqu’elles sont de bonne qualité, rayent le verre sans intervention d’aucun liquide. Celle dont vous vous servez est probablement de qualité inférieure ou détrempée, vous pourriez alors essayer de passer préalablement, sur la partie de la vitre où doit rouler la molette, un peu de la préparation, ci-dessous qui favori-
- sera la morsure :
- Benzine................ 100 cc.
- -Camphre................. 10 gr,
- * Huile d’amandes douces. . 3o —
- Les traces grasses restant sur le verre seront facilement enlevées au moyen d’un chiffon imbibé de benzine.
- 20 La dissolution du calcaire des coquillages nacrés ne présente aucune difficulté puisqu’il suffit de les faire macérer dans de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce]; mais quand la matière minérale qui sert de squelette est ainsi enlevée, la con-chyoline matière organique reste seule à l’état gélatineux, les couches superposées s’accolent entre elles, puisque rien ne les sépare plus^et les phénomènes d’irisation (anneaux colorés de Newton) dLparaissent. L’enlèvement- du calcaire n’est donc pas avantageux comme vous paraissez le croire.
- G. T., à Heterje. — G Nous vous remercions des très intéressants renseignements que vous nous avez donnés et en ferons profiter les lecteurs de Lm Nature à première occasion.
- 2° L'acide suif hydrique ou hydrogène sulfuré peut se préparer avec un appareil très simple disposé d’une façon analogue à celle du briquet à hydrogène, que vous connaissez certainement et dont on trouve la figure dans tous les traités de chimie; on remplace seulement le zinc par du sulfure de fer, le liquide d’attaque étant le même, c’est-à-dire de l’eau acidulée par l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique
- Fe S + SO4 II2 ~ H2S + SO4 Fe
- La seule précaution à prendre est de ne pas employer de métaux pour la fermeture du vase, ni pour le robinet ; quand celui-ci est fermé, le dégagement gazeux qui se poursuit pendant quelques minutes refoule lé liquide acide et soustrait bientôt le sulfure de fer à son action, de sorte que ce dégagement s’arrête. Pour le produire à nouveau, au bout d’un temps quelconque, on rouvre lé robinet.
- M. B., à Apt. — Nous n’avons fait aucune erreur, car la Librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, porie bien au catalogue de sa bibliothèque professionnelle René Dhom-mée, sous le titre général Manuels des Mines et de la Métallurgie, l’ouvrage Coutellerie et taillanderie ; nous pensions, vu le manque d’astérisque qu’il était déjà paru. 11 existe d’autre part un opuscule l'Industrie de la coutellerie par Roberjot, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, mais nous ne savons dans quelle mesure il pourrait vous donner satisfaction.
- M. Nivat, à Viveroles. — Toutes les peintures sur boules de croquet sont condamnées à disparaître au bout de très peu de temps par suite des chocs ; si vous désirez une persistance de la couleur, nécessaire pour la distinction des boules, il faudrait teindre dans la 'masse et non peindre superficiellement. Nous pensons que vous pourriez opérer ainsi : Badigeonner d’abord les boules d’eau seconde (potassium des peintres ou soude caustique additionné de cinq fois son volume d’eau) pour enlever l’ancienne peinture, ce qui est indispensable, puis laisser tremper les boules, après rinçage dans une solution concentrée de couleur dite d’aniline, rouge, bleue, verte, etc., de préférence couleurs diamines, ces couleurs sout aujourd’hui courantes dans le commerce
- p.2x110 - vue 561/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- et se trouvent chez les marchands de couleurs prêtes à être employées pour la teinture des étoffes, en sachets ou en pastilles, Kabylines par exemple. Opérer par séjour prolongé à froid ou seulement dans l’eau tiède pour que le gonflement du bois n’amène pas une déformation de la boule. Faire bien sécher, puis appliquer à la surface un vernis léger au caoutchouc que vous obtiendrez facilement en étendant de benzine la « solution » couramment employée pour Tes réparations de pneumatiques. Si vous désirez un résultat parfait, il faudrait poncer au papier de verre finies boules sèches avant vernissage pour faire disparaître les aspérités.
- M. Vide au, à Bordeaux. — i° Vous pouvez sans inconvénient, pour vos chéneaux, recouvrir d’un lait de chaux les tuiles de votre toiture, la chaux se carbonatant très rapidement à l’air, le carbonate de chaux pouvant être entraîné par les pluies sera sans action sur le zinc.
- •i° Les préparations bleutées que l’on applique sur les lanterneaux, pour tamiser la lumière solaire pendant
- l’été, sont du type suivant :
- Blanc d’Espagne. . .............3oo gr.
- Bleu d’outremer................. 5o —
- Eau ordinaire....................600 —
- Après délayage et tamisage ajouter :
- Silicate de soude du commerce. 100 gr.
- Si l’on veut donner plus de solidité, mettre en outre un- peu d’huile de lin, mais sans exagération, car la peinture deviendrait trop résistante et ne pourrait plus être enlevée que difficilement pour la période d’hiver.
- M. Mallet, à Saint-Maurice. •— 1° Les éléments d'un accumulateur moderne sont en plomb-antimoine, alliage plus rigide que le plomb pur suivant les constructeurs, des alvéoles de formes variées y sont creusées dans lesquelles on loge une pâte d’oxyde de plomb délayé dans de l’acide sulfurique à 3o°B environ, pour les plaques dites négatives cet oxyde est de la litharge et pour les positives du minium; 20 L'électrolyte baignant les plaques est une solution sulfurique à 22°B, à fin de charge il marque 28°B et après décharge i6°B; 3° La capacité de i décimètre carré de plaque positive est de 1 ampère-heure ; sachant qu’un accumulateur met 10 heures à se charger, la charge normale par décimètre carré sera de oaio, mais à la formation on emploie un courant représentant seulement le quart ou la moitié du courant de charge normale, par conséquent on devra faire passer un courant de 2S à 5o milliampères ; 4° Les peintures genre Itipolin sont à base de Standolie ou huile de lin cuite longuement sans siccatif ; dans la pratique vous pouvez obtenir un produit ayant des qualités voisines en ajoutant à 1 kg. de peinture ordinaire i5 gr. d’un mélange obtenu en prenant :
- Caoutchouc pur Para . . . . . n5 gr,
- Benzine...................... 5oo cc.
- Tétrachlorure de carbone. . . 1000 —
- Opérer en flacon bien bouché et agiter fréquemment. Ecole française, de Tientsin. —- i° Le renversement
- de l’image sur plaque au gélatino-bromure, c’est-à-dire l’obtention directe d’un positif, peut s’obtenir par deux .procédés :
- i° £« surexposition qui, ainsi que l’a montré M. Jans-sen, après avoir donné un voile gris uniforme correspondant à un état neutre suivant l’état normal, donne un état inverse dans lequel l’image se présente avec les valeurs directes du sujet en phototype positif ;
- 20 L’emploi de certaines substances qui, ajoutées au révélateur, font apparaître une image positive au lieu d’une image négative,, telles sont la sulfocarbamide, la phénylsulfocarbamide, la thiosinnamine ; voici quelques formules de développateurs de ce genre :
- i° Développateur à la sulfocarbamide.
- Ieonogène . ............... 10 gr.
- Sulfite de soude . . . . . . . 3o —
- Borax ........................ 10 —
- Sulfocarbamide. . ............ 20 • —
- •y.. Eau distillée......... . 1000 cc.
- L’image apparaît d’abord en négatif, puis peu à. peu se transforme en positif.
- 20 Développateur à la sulfocarbamide.
- Ieonogène .......... 20 gr.
- Sulfite de soude ........ 60 —
- Carbonate de soude......... 3o — !
- Phénylsulfocarbamide.......... 10 —
- Eau distillée................1000 cc.
- L’image se développe directement en positif.
- III. Développateur à la thiosinnauime.
- Ilydroquinone.................. 100 gr.
- Sulfite de soude.................... 5o —
- Carbonate de soude................. 100 —
- Thiosinnamine ........ 2,5' —
- Eau distillée..................1.000 cc.
- On obtient directement un positif,
- 2° Très probablement votre insuccès provient de ce quele produit dont vous avez tenté la dissolution n’était pas en celluloïd, ou bien qu’il était trop chargé en matières minérales. Le celluloïd pur est en effet entièrement soluble dans l’acétone, l’acétate d'ample, l’éther sulfurique, les alcools éthylique ou amylique, l’éther acétique, l’acide acétique, employés seuls ou en mélanges.
- Quant à la souplesse elle peut être obtenue par addition de 2 à 3 pour 100 d huile de ricin.
- Fou KLI Chantu, Chine. — Le nom de citronnelle est donné à un certain nombre de plantes présentant une odeur de citron, mais n’appartenant pas à la même famille, telles sont la mélisse (labiée)., l’aurone (synan-thérée), etc. La plante dont vous voulez parler et qui produit la « Citronella oil » est l’Andropogon nardus» (Linné) de la famille des . Myrtacées elle est surtout cultivée dans l’Inde, les îles de Ceylan et de Java.oxï d'importantes distilleries sont montées.
- L’essence de citronnelle est un mélange de camphène, de dipentène, de ’méthylhepténone, de citronnellal, de bornéol et géraniol, les éléments principaux étant ce dernier et le citronnellal C,0H,sO; Sa densité à i5° C est de 0,890 à 0.891.
- 1./extraction de l’essence se fait par les procédés habituels, c'est-à-dire une distillation de la plante en présence de vapeur d’eau, soit avec l’alambic simple, soit sous pression réduite, ce qui empêche l’altération. On sépare ensuite l’essence de l’eau au moyen du récipient florentin bien connu; au fur et à mesure de l’entraînement de l’essence le rendement est d’environ 7 pour 100. Si cette plante existait également dans votre région et que vous désiriez en entreprendre le traitement, vous pourriez vous procurer tous appareils de distillation chez Egrot, 19, rue Mathis, à Paris, ou chez Dériveau, 10, rue Popinc-ourt, Paris.
- A. II., à Arles. — i° La pasteurisation des moûts est aujourd’hui de pratique courante) elle consiste à porter ceux-ci à une température comprise entre 63° et 68° qui est suffisante pour tuer tous les microorganismes contenus dans le liquide, sans altérer le goût en aucune façon, si cette dernière température n’est pas dépassée. Il existe des modèles d’appareils de toutes tailles pour effectuer cette opération et il vous suffira d’indiquer à l’une des maisons suivantes la quantité de moût à stériliser, pour avoir tous renseignements à ce sujet : Société Isobar, 10, rue Nouvelle. Compagnie aérohydraulique, 135, rue d’Alésia;- Max Depaty, 25, boulevard Malesherbes ; Société Gasquet, 4‘2, rue de Bercy: Bréhier et Cie, 5o, rue de l’Ourcq ; Cambray, 24, rue de Dunkerque; Ilignette, 162, boulevard Voltaire.
- 20 Pour préparer les vins de Champagne on opère ainsi : les moûts extraits en général par pression de raisins rouges très sucrés sont mis à fermenter pendant vingt-quatre heures dans de grands foudres. On soutire ensuite pour séparer du dépôt et on laisse fermenter dans des tonneaux pleins fermés par une bonde hydraulique.
- Le vin produit est soutiré et collé successivement trois fois à un mois d’intervalle; il est alors additionné d’une quantité de sucre (saccharose) bien dosée qui le rendra mousseux. Le vin ainsi préparé est mis en bouteilles bien bouchées, une fermentation alcoolique lente se produit, l’acide carbonique qui en résulte s’emmagasine dans le liquide. La multiplication de la levure pendant cette fermentation secondaire donne naissance à un dépôt, qu’il faut éliminer. Dans ce but on met les bouteilles sur pointe en les relevant progressivement et tournant doucement pour détacher le dépôt de la paroi. Quand toutes les parties insolubles ont gagné le bouchon, on enlève celui-ci d’un mouvement rapide pour les faire sortir et referme immédiatement, c’est l’opération délicate du dégorgeage après laquelle on ficelle le bouchon et capsule le goulot au papier métallique. La quantité d’acide carbonique contenue dans une bouteille d’une capacité de 700 cm3 est d’environ cinq litres et la pression intérieure de 5 atmosphères.
- p.2x111 - vue 562/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- ><
- INFORMATIONS
- ><
- N° 2688
- ÎO Octobre 1925
- Capture d’une tortue luth à Concarneau. — Les
- quotidiens ont relaté la capture d’une tortue luth (Sphargis coriacea) au large de Concarneau. C’est là un
- Fig. i. — La tortue luth de Concarneau nageant derrière le canot qui la remorque ; elle sort la tète pour respirer.
- événement assez rare sur les côtes de France, quoiqu’il ait des précédents comme on le verra plus loin.
- Voici tout d’abord sur la tortue de Concarneau des détails que nous empruntons à la note détaillée communiquée par M. R. Legendre, le 14 septembre iga5 à l’Académie des Sciences.
- Le 8 septembre dernier, un pécheur de crustacés, relevant ses casiers entre les îles Glenans et l’Ile-aux-Moutons eut la surprise de trouver une grosse tortue engagée dans un orin par le cou et l’aileron antérieur droit. Il ramena péniblement sa prise à Sainte-Marine à l’embouchure de l’Odet où, le lendemain, M. J.-L. Breton et les naturalistes qui l’accompagnaient purent l’observer et l’acquérir. Elle était alors échouée sur la rive. On la ceintura de cordes, puis on la remit à l’eau où immédiatement elle nagea avec énergie, entraînant même, malgré les efforts de deux rameurs, le canot qui
- Fig. 3. — La- tortue luth prise à Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée) en août i<ji3.
- cherchait à l’amener le long du Petrel, bâtiment utilisé par les travailleurs du Laboratoire de Concarneau,.. On la hissa à bord, au palan et on la ramena à Concarneau. A l’arrivée au port elle y passa la nuit, suspendue au bout d’un palan. Le lendemain, on l’y trouva morte.
- L’animal pesait 33o kg, mesurait 1 ni. g3 de long, o m. 88 de large. Ses.ailerons, antérieurs avaient 1 m. de
- long sur o m. 33 dans leur plus grande largeur. L’aileron postérieur droit était amputé et cicatrisé; le gauche avait o m. 5o de long sur o m. 3o de large.
- Fig. 1. — La tortue luth de Concarneau.
- Voici quelques détails de l’autopsie :
- « Le cœur, vidé de" sang, pesait 2 kg 'i5o. Les poumons, spumeux, violacés, d’aspect asphyxique, pesaient 5 kg; ils mesuraient 35 cm de long et les grosses bronches avaient un diamètre de 3 cm. Le bec corné formait un triangle de 18 cm de base sur i3 cm de haut. La cavité buccale et l’œsophage étaient tapissés de très nombreuses papilles cornées, dont les plus longues atteignaient 7 cm 5; après plus de 1 m. 5o d’œsophage,
- Fig. 4. — La tête de la tortue de Sain t-Gilles-sur-Vie.
- on trouva un estomac relativement petit, ne contenant' qu’un peu d’une bouillie verdâtre où l’on ne put reconnaître que quelques débris indéterminables et deux vers parasites vivants. L’intestin, déroulé, dépassait 14 m. 5o et était plein d’une inatièi'e pâteuse v.erdâtre ; on remarqua sa partie sécrétante, fort longue, aux cryptes énormes d’où l’on voyait sourdre un magma verdâtre ;
- p.2x112 - vue 563/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- on y trouva, vers le tiers inférieur, un calcul léger, ovoïde, de 6 cm 5 sur 4 cm 5. Le foie pesait j 7 kg 5 ; la vésicule biliaire contenait environ plus d’un demi-litre de bile verdâtre. Le pancréas, allongé, mesurait une trentaine de centimètres. Les reins, très lobés, pesaient 4 kg 'jSo. L’encéphale ne pesait que 6 gr. 75; la moelle cervicale mesurait seulement 8 mm de diamètre. Les yeux, aplatis sur leur face antérieure, avaient 4 cm 5 de diamètre horizontal, 4 cm de diamètre vertical et 3 cm d’épaisseur. Le plastron ventral, épais de 4 cm, était fort gras. C’était une tortue femelle, mais son corps ne contenait aucun œuf visible.
- Dans la région Sud de la Bretagne, on connaît deux autres cas de capture de tortue luth : un exemplaire de 385 kg amené à Concarneau voici une vingtaine d’années, et un exemplaire de 2 m. pesant 36o kg capturé à Audierne et étudié par Bureau en 1893.
- D’autre part, le Dr Marcel Baudoin nous signale qu’une tortue luth de 1 m. 70 de long a été capturée en août 1913 par un pêcheur de Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée) et ramenée vivante au port. Nous en publions ci-joint des photographies.
- - « En 1767, ajoute M. Marcel Baudoin, une tortue analogue avait déjà été capturée dans la baie de Bourgneuf, comme je l’ai signalé dans mon mémoire sur les Tortues de Vendée, d’après le professeur Viaud Grand Marais (*).
- M. Pellegrin, dans La Nature du 23 avril 1904 (n° i6i3) a relaté également la capture d’une tortue luth, le 7 février de la même année à Blaye, à l’embouchure de la Gironde. Elle mesurait 2 m. o5 et pesait 000 kg.
- Le raid aérien des aviateurs japonais. — Les deux pilbtes aviateurs japonais Abe et Kawatchi, accompagnés respectivement des mécaniciens Shinohara et Kataghiri, sont arrivés le 28 septembre à l’aérodrome du Bourget. Montés sur deux avions Breguet, moteur Lorraine-Dietrich, ces deux aviateurs viennent d’accomplir une randonnée aérienne de i3 33o kilomètres au-dessus de 'Asie et de l’Europe. Partis de Tokio le 25 juillet, ils ont survolé la Sibérie, la Russie et l’Allemagne. Ce fut un très beau raid, sans incidents graves, et qui fait honneur à ses auteurs ainsi qti’à leurs appareils.
- Un nouveau corps antidétonant.9 — Nous avons déjà signalé que la Badisclie Anilin und Soda Fabrilc étudiait et se préparait- à mettre sur le marché une substance antidétonante, destinée à améliorer la combustion de l’essence dans les moteurs à explosion ou à permettre l’emploi de compressions élevées et de combustibles plus lourds que l’essence. On connaît les graves inconvénients du plomb tétraéthyle utilisé dans ce but aux Etats-Unis et actuellement prohibé. La substance préconisée par la Société allemande serait le fer carbonyle ; liquide brun, bouillant à io3° C., aisément soluble dans le benzol et dans l’essence. Ce corps est toxique, comme le plomb tétraéthyle. Mais sous l’action de l’air et de. la lumière, il se décompose en donnant naissance à de l’hydroxyde ferrique. L’échappement de cette substance dans l’air des ateliers ou des rues fréquentées ne présenterait donc pas les mêmes dangers que l’emploi dü plomb tétraéthyle.
- La production de l’acide sulfurique à partir du gypse. — Tous les pays industriels font une grande consommation d’acide sulfurique; cette consommation est même une sorte de thermomètre de l'activité industrielle. Le procédé classique pour fabriquer l’acide sulfurique se ramène à brûler du soufre ou des pyrites et à oxyder l'anhydride sulfureux produit. Mais la production du soufre et des pyrites est localisée dans quelques pays dont se trouvent tributaires, par suite tous les pays fabriquant de l’acide sulfurique.
- Telle était, pendant la guerre, la situation de l’Allemagne; grande productrice et consommatrice d’acide sulfurique, elle éprouva les plus graves difficultés dans son ravitaillement en pyrites. C’est ce qui décida la Société Bayer, de Leverkusen, à reprendre [un procédé souv.ent proposé, mais jusqu’alors jamais exploité, qui consiste à puiser le soufre dans le gypse, pierre à plâtre ; cette matière est extrêmement répandue à la surface du globe ; c’est, on le sait, du sulfate de chaux.
- 1. Marcel Baudoin. De l'existence de la Tortue d'eau douce en Vendée à Vépoque gallo-romaine.. Nantes, 1909, in-8° (Cf. p. oüj). - '
- «*[!ï
- La méthode Bayer consiste à calciner dans un four rotatif, analogue aux fours à ciment, un mélange convenable de gypse, de charbon et d’argile. Les gaz produits contiennent de l’acide sulfureux qui servira à la fabrication de l’acide sulfurique; le résidu solide n’est autre chose que des clinckers utilisables pour la confection de ciment-Portland. 11 existe actuellement en fonctionnement en Allemagne une usine de ce type qui donne par mois 3ooo tonnes de clinckers et 2800 tonnes d’acide sulfurique.
- *n> Nouvelles de T. S. T.
- L’organisation de la radiophonie en Allemagne.
- — Le numéro de septembre 1925 de la revue Radioélectricité contient d’intéressants détails sur l’organisation de la radio-diffusion en Allemagne.
- Le très grand développement pris dans ce pays parla radiophonie a surtout été l’œuvre de l’année 1924. On évalue maintenant à un million le nombre des auditeurs de T. S. F. déclarés et abonnés, dont 38oooo résident dans le district de Berlin.
- Pour écouter les radio-concerts il faut uue licence dont le prix est de 2 marks par mois; 1,10 mark reviennent à la Société de radiophonie et 0,90 reviennent à l’Administration des Postes.
- Kœnigsvvüsterhausen est la station nationale par excellence, le « Deutschlandsender » ; la longueur d’onde actuelle est de i3oo m. et la puissance de ïo kilowatts.
- Les stations de diffusion régionales sont exploitées uniquement par des Sociétés par actions ; il existe actuellement neuf de ces Sociétés régionales qui ont construit les stations suivantes : Berlin (5o5 m.), Bres-lau (418 m.), Francfort (470 m.), Cassel (288 m.), Hambourg (395 m.), Hanovre (296 m.), Brême (279 m.), Kœnigsberg (469 m.), Leipzig (455 m.), Dx-esde (292^21.), Munich (485 m.), Nüremberg (34o m.), Munster (410 m.) et Stuttgard (433 m.). •
- Des stations-relais nouvelles vont, en outre, être construites à Dortmund, Elberfeld, Stettin et Kiel.
- Ces différentes stations ont une puissance qui varie de 1 à 4 kilowatts, mais il est question de la porter à 8 kilowatts. Un réseau téléphonique spécial sera établi; il permettra de relier les divers postes et d’émettre simultanément un même programme, comme il est d’usage en Angletex-re.
- Les décrets réglementant l’emploi et la construction des appareils récepteurs de T. S. F. ont été abrogés en septembre 1925 ; l’industrie radiophonique est devenue complètement libre. ..
- L’exposition radioélectrique de Berlin. — La
- deuxième exposition radioélectrique allemande a eu lieu cette année du 4 au 14 septembre. Un local spécial avait • été édifié l’an dernier à l’ouest de Berlin pour contenir les expositions de T. S. F.
- C’est un hall immense de i3o m. de longueur et d’une superficie de 7000 m2, et sa construction a duré cinq mois.
- Tout dans cette construction, d’ailleurs, a été étudié en vue du but à atteindre. Aucune partie métallique n’a été utilisée, les matériaux employés sont exclusivement le mortier, le béton et le bois.
- De plus, un cloisonnement intéiieur a été prévu, de façon à éviter les phénomènes d’écho et à permettre d’effectuer l’essai des appareils exposés.
- Une station d’émission a été installée à proximité ; l’antenne de cette station est soutenue par une tour métallique de i38 m.
- Le « Thermiotl ». — Le numéro de juillet 1925 de la revue américaine Radio News donne la description d’une lampe de T. S. F. sans vide.
- En principe, cette lampe comporte les mêmes oi-ganes que les lampes ordinaires, mais elle fonctionne à l’air libre.
- Le filament a une durée de 2000 heures et peut être alimenté directement sous 110 volts, avec 45 volts de tension-plaque, le courant-plaque est de o,5 milliampère. La i-ésistance interne du tube est de 65oooo ohms, le facteur d’amplification de 14.
- On conçoit que tout le secret de fabrication de la lampe réside dans la nature du filament, dont naturellement la composition n’est pas encore divulguée.
- IP
- p.2x113 - vue 564/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- a??
- OS§^
- *..> Optique
- Appareil à projeter, photographier ou dessiner les images obtenues au moyen du microscope. — Cet
- appareil, d’une grande simplicité d’emploi et fort commode, a été imaginé par le Dr Roger Leroux.
- En voici la description d’après la Revue d’Optique.
- Le microscope D, de marque quelconque, est placé dans un coffre en. bois, s’ouvrant par une porte à deux volets.
- Le fond du coffret est muni d’une ouverture à la hauteur du miroir du microscope, de façon à laisser pénétrer le faisceau luminenfr provenant d’une puissante lanterne E, refroidie par un ventilateur F. La lanterne représentée sur la figure est une lampe Philips à arc de tungstène, choisie pour les dimensions réduites de sa partie incandescente. Elle est amenée au foyer du condensateur H au moyen de la tirette I qui fait déplacer le socle^de la lampe, porté par une glissière suivant une direction parallèle à l’arc optique de ce condenseur.
- Le faisceau lumineux sortant de l’oculaire du microscope est renvoyé par un petit miroir mobile J, fixé au
- Fig. i. — Appareil à projeter, photographier ou dessiner les images obtenues au moyen du microscope.
- tube porte-oculairé vers l’écran blanc K amené en place dans le fond du coffret au moyen de glissières L. On' met au point sur cet écran en agissant comme à l’ordinaire d’abord sur le mouvement rapide, puis sur le mouvement lent du microscope.
- L’appareil peut être utilisé en plein jour.
- Pour photographier l’image projetée, l’appareil est établi de manière à permettre le remplacement pur et simple de l’écran par un châssis photographique qui amène une émulsion sensible exactement dans le plan de cet écran. Les portes étant fermées, le coffret réalise une chambre noire parfaitement étanche. Un obturateur donnant à volonté la pose ou l’instantané est fixé sur la monture du condensateur; il est commandé au moyen d’un bovvden.
- Le temps de pose est déterminé au moyen d’un posemètre spécial. Ce posemètre est constitué par une pile de disques de bristol en nombre convenable, fixée à l’extrémité d’un tube côurt qu’on applique sur le tube porte-oculaire ; on amène l’éclairage à une intensité déter^ minée en augmentant la résistance du circuit d’éclairage jusqu’à ce que, en regardant à travers le posemètre, la trace du faisceau lumineux aperçu par transparence disparaisse. Un tableau donne alors, pour chaque type de plaque employée et pour chaque écran coloré interposé, le temps de pose convenable. Un jeu de posemètres, qui se différencient entre eux par le nombre de bristols mis en piles et auxquels correspondent des tab.leaux respectifs, permet de déterminer les temps de pose pour toute la gamme de luminosité des images à photographier.
- Les essais de temps de pose, habituellement très longs et susceptibles d’éloigner le micrographe de cet auxiliaire précieux qu’est la microphotographie, sont ainsi évités,
- La photographie des corps opaques, et en particulier la métallographie sont rendues possibles par l’adjonction d un dispositif éclairant amovible (réprésenté sur la figure 2), constitué par deux parties tubulaires T,, T2 coulissant l’une dans l’autre, et à l’intérieur desquelles le faisceau éclairant est convenablement dirigé par des réflexions successives.
- La partie T,, fixe, comporte un miroir m1 qui renvoie verticalement la lumière provenant du condensateur E. La partie T2, mobile verticalement, se fixe au tube du microscope à la place du revolver et suit les mouvements de mise au point; elle porte Fig- 2- — Dispositif pour la un miroir m. qui renvoie métullographie et la photogva-horizontalement le faisceau l,luc des C01'BS °Pa<laes-éclairant et une glace sans
- tain à faces parallèles mz qui réfléchit ce faisceau vers l’objet à travers l’objectif sans gêner la formation de l’image objective.
- Pour dessiner l’image projetée, on munit le socle du coffret d’une planchette spéciale N, inclinée convenablement, et qui reçoit le papier à dessiner. L’image est projetée sur ce papier par orientation convenable du miroir J et son calquage s’effectue alors dans d'excellentes conditions de commodité.
- Constructeur : Société Française des Instruments d’optique, 5o, rue Saint-Quentin, Le Havre.
- Nouveau mode d’éclairage des préparations microscopiques. — Les observations au microscope exigent un éclairage de la préparation que l’on réalise, en général, par un jeu de miroirs projetant sous le porte-objet la lumière d’une source intense. Cette lumière traverse la préparation et pénètre dans le microscope.
- Ce dispositif, très simple en principe, comporte néanmoins quelques difficultés de réglage.
- Un constructeur de Londres a imaginé un mode d’éclairage différent et beaucoup plus simple encore. La lumière à projeter sous le porte-objet est en quelque sorte canalisée au moyen d’un tube de verre recourbé comme le montre la figure ci-jointe.
- La source de lumière est une ampoule électrique ordinaire recouverte d’un vernis, ne laissant à découvert qu’une petite fenêtre; l’une des extrémités du tube de verre est placée en regard de cette fenêtre. L’autre aboutit sous le porte-objet. Ce dispositif d’éclairage
- x
- convient à des instruments même puissants, et dans la plupart des cas n’exige pas l’emploi d’un condensateur de lumière. * '
- Constructeur : C. Baker, 244» High Holborn, Londres. Prix : i-j sh. 6 d.
- Hygiène *<&>
- Le Martyne-douche. — Le Martyne-douche est un dispositif qui permet d’installer très simplement un
- p.2x114 - vue 565/663
-
-
-
- excellent appareil à douche, dans une cuisine par exemple, ou dans une pièce quelconque pourvue d’un appareil de chauffage'quelconque. Aucune installation
- Le Ma ri vnc-douche.
- spéciale n’est nécessaire, et l’encombrement est réduit au minimum. Un serpentin placé dans une enveloppe métallique constitue une sorte de petite chaudière, de dimensions réduites, pas plus grande qu’une casserole. On la pose simplement sur la cuisinière, sur un réchaud à gaz ou à alcool, on la relie par une conduite en caoutchouc au robinet d’eau de la ville; l’eau arrive dans l’appareil s’échauffe à la température voulue et en sort pour monter, à travers un autre conduit en caoutchouc, à la pomme de la douche.
- L’appareil est donc instantanément prêt à fonctionner. On règle la température de la douche en réglant le débit de l'eau.
- En vente : Exploitation Martyne, 7 ter, passage des Petites-Ecuries, Paris. Prix : 89 francs.
- Baignoire Crystal chauffée à l’alcool ou à l’essence. — Nous avons signalé en son temps l’apparition de la baignoire Crystal, qui permet de réaliser simplement, et à bon marché, une salle de bain complète et très pratique. Le chauffage dans le modèle originel était fait au gaz au moyen d’une rampe allongée servant de bi'ûleur, placée sous la baignoire. Un ingénieux dispositif permet d’assurer automatiquement le remplissage et la vidange au moyen du robinet d’eau de la ville.
- Une objection peut être faite cependant à ce système séduisant qui met l’hygiène à la portée des bourses
- Bouchon
- Rampe
- Ra cçord
- Mesure
- Réchaud ^Gazogèi
- Manomètre I ,VaRe
- Réservoir
- 6
- Fig. 5 et 6. — Rampe à alcool et rampe à essence.
- moyennes. Dans les villes, il est en général facile de faire installer le gaz. Mais dans les bourgs et à la campagne, il n’en est plus de même; il faut recourir à un autre mode de chauffage.
- Le constructeur de la baignoire Crystal a réalisé des
- dispositifs permettant le chauffage à l’alcool, ou à l’essence. Dans le cas de l’alcool, il suflit de monter un gazogène à alcool au bout de la rampe à gaz. Cet appareil, qui fonctionne sur le principe de l’ancienne lampe à souder des plombiers fait du gaz d’alcool. La vapeur d’alcool produite dans le gazogène pénètre par un raccord dans un injecteur où elle se mélange à l’air et vient brûler dans la rampe avec une belle flamme bleue. L’appareil n’exige ni réservoir sous pression, ni pointeau de réglage. Il chauffe un bain en 3o minutes avec 1 litre -i d’alcool.
- Quand on emploie l’essence, le problème est un peu plus complexe. La rampe à gaz ne peut plus servir dans ce cas. Tl faut une rampe spéciale qui se place, du reste, sous la baignoire comme la rampe à gaz. A cette rampe est associé un réservoir “avec manomètre, pompe et burette à alcool. L’essence provenant du réservoir passe dans un tube réchauffeur où elle se vaporise. Elle vient se mélanger à l’air dans un injecteur. Le mélange brûle à la sortie de la rampe avec une flamme bleue, très chaude et très intense qui permet de chauffer un bain en 3o minutes avec o lit. 8 d’essence touriste.
- Constructeur : Société anonyme Crystal, i5, rue Hé-gésippe-Moreau, Paris.
- T. S. T. <*
- Antenne D. L. M. — Cette antenne est une antenne d’appartement. L’antenne ordinaire comporte quelques difficultés d’installation qui font reculer certains néophytes de la T. S. F. La nouvelle antenne D. L. M. évite ces difficultés.
- C’est un ruban formé d’un grand nombre de lames très minces de cuivre électrolytique, argentées ou dorées.
- Ces lames sont tissées de telle façon qu’elles se trouvent isolées les unes des autres, qualité qui, en plus de la très grande surface obtenue, donne un rendement très satisfaisant.
- L’installation se fait aisément dans la pièce même où se trouve l’appareil.
- O11 tend simplement l’antenne entre deux points quelconques au moyen de crochets, pitons ou fil de fer. Il faut prendre soin de faire aboutir l’antenne aussi près que possible du poste.
- Si la pièce dans laquelle se trouve le poste n’est pas de dimension suffisante pour placer l’antenne, rien n’empêche que celle-ci, passant par une ouverture prévue ou par une porte, même en faisant des détours, aille trouver son point d’attache dans une pièce éloignée. L’antenne « D. L. M. » peut ainsi être employée aussi bien dans les petits appartements que dans les grands.
- Dans le cas où il ne serait pas possible de faire passer l’antenne dans deux pièces différentes, on peut l’installer sous forme de cadre contre un panneau de la chambre ou au plafond, en observant que les côtés du cadre ainsi formé soient assez éloignés les uns des autres.
- Pour la suspension de l’antenne, le constructeur fournit de petits isolateurs en verre qui assurent un parfait isolement.
- Ce sont de petites bobines représentées sur la figure ci-contre et que l’on attache à des pitons au moyen de cordonnets de soie.
- L’antenne D. L. M. se fait en diverses couleurs, ce qui permet de l’assortir à l’ameublement, de la pièce.
- Roulée sur elle-même, elle prend la forme d’un rouleau de 6 à 8 cm de large pour une longueur développée de 8 à 10 mètres. Elle est donc aisément transportable.
- Constructeur : D. L. M. i3o, rue Réaumur, Paris.
- Antenne
- p.2x115 - vue 566/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ><
- attu
- <3^
- LA PRODUCTION ET LES UTILISATIONS DU RAIFORT
- Très souvent, on désigne sous le nom de Raifort cultivé le gros radis blanc, jaune, gris ou noir, qui a des propriétés antiscorbutiques et que l’on peut manger cru. Mais il ne faut pas le confondre avec le Cochléaria ou Raifort proprement dit, qui est le Raifort sauvage, désigné communément sous différents noms : Moutarde des capucins, Moutarde des Allemands, Cranson, Cran de Bretagne (Cochléaria armoracia), plante vivace de la famille des Crucifères, indigène et cultivée dans un grand nombre de jardins, à titre de condiment.
- La racine râpée du Raifort sauvage a l’odeur de la bonne moutarde, mais elle n’en a pas la saveur. On rencontre celte plante surtout dans les terrains frais, les lieux un peu ombrages, les climats humides; mais elle croît partout et, lorsqu’on l’a multipliée dans un jardin, elle se comporte comme la Bryone (Brjonia dioïca) (navet punais, navet Godard); elle prolifère à tel point qu il est parfois difficile de s’en débarrasser.
- I. Culture. — Le Raifort champêtre (Raphanus sati-vus campestris) a été, pendant longtemps, cultivé sur des sur!aces relativement importantes dans le Sud-Est de la France, notamment dans l’Ardèche, et il est encore très en honneur dans certains pays, en Alsace, en 1 ranconie, où ses propriétés condimentaires et médicinales sont très appréciées.
- Cette Crucifère, que de Combles propagea dès iy5o, est un gros radis à racine longue de 3o à 40 cm, de couleur violacée ou blanche, avec le collet rose ou rouge, et de 5 à 6 cm de diamètre.
- On multiplie le Raifort par éclats de racines plantés au printemps ou par semis de graines en août-septembre et même en juillet.
- On sème en lignes peu espacées, ce qui permet d’effectuer aisément des binages et sarclages nécessaires, car cette plante, au début de sa croissance, se défend assez mal contre les mauvaises herbes. On obtient les plus belles récoltes dans les sols profonds bien ameublis et fertiles. Cette culture comprend les façons aratoires que 1 on donne habituellement aux navets et aux raves. La graine doit être employée à raison de 4 à 5 lcg pour 1 hectare.
- Dès que la plante est assez forte pour bien adhérer au sol, on effectue l’éclaircissage ou essimplage, si besoin est, mais en ayant soin de laisser les racines assez rapprochées les unes des autres dans la ligne.
- La plante semée trop tard en saison risque de n’avoir pas suffisamment de temps ni de chaleur pour prendre tout son développement. Pour obtenir de bonnes graines, il faut faire une sélection des plus beaux sujets et les réserver comme porte-graines, couper les feuilles, mettre les racines en cave jusqu’au moment où les gelées de printemps ne sont plus à craindre. On met alors ces racines en pleine terre et on leur donne tous les soins qu’exigent les plants porte-graines.
- La graine du Raifort amélioré, dit de l’Ardèche, est plus grosse que celle du Radis ordinaire (Raphanus
- raphanistrum) ; le poids d’un hectolitre de graines est de 65 à 70 kg.
- Lorsqu’on a multiplié le Raifort par éclats de pieds, plantés au printemps, on peut récolter en octobre-novembre, de i5ooo à 20000 ou 25 000 kg de racines, sur un hectare. Sous le climat rude des régions montagneuses, on arrache les racines en novembre et on les met en silo après avoir supprimé le collet et les feuilles, que l’on donne de suite au bétail.
- En culture intensive, on emploie des fumures appropriées aux exigences de cette plante; on complète la fumure au fumier de ferme par l’application d’engrais chimiques, soit, dans les terres de fertilité moyenne, et
- par hectare :
- Superphosphate. ....... 3oo à 400 kg
- Chlorure de potassium. ... i5o à 200 — Nitrate de soude............ 100 à i5o —
- Les engrais phosphatés et potassiques sont incorporés au sol lorsqu’on effectue le labour et autres façons préparatoires à l’ensemencement. On réserve le nitrate de soude pour le répandre en deux fois, la moitié après la levée du Raifort, et le reste lors de l’éclaircissage et du premier binage.
- IL Utilisations. — La racine de Raifort, lavée et râpée, s’emploie en guise de moutarde. On la consomme aussi en tartines, avec du beurre frais. C'est parfois une utile ressource à la campagne, lorsqu’on ne peut se procurer de la moutarde. Pendant longtemps, les tartines de Raifort râpé, associées au beurre frais, ont pris place dans l’alimentation des populations flamandes.
- Le Raifort sauvage est un antiscorbutique puissant, surtout lorsqu’il est allié au cochléaria officinal, au cresson de fontaine et au vin.
- Voici une formule :
- Racine de Raifort.....................60 gr.
- Cresson de fontaine...................3o —
- Cochléaria officinal (feuilles)... 3o —
- Bon vin blanc.......................... 2 litres.
- Filtrer après huit jours de macération^-Avec la racine de Raifort, on peut préparer un dentifrice très efficace, dont voici la formule :
- Racines fraîches de Raifort ... 3o gr.
- Semence de fenouil................3o —
- Menthe poivrée. ................. i5 —
- Eau-de-vie....................... 1 litre.
- Filtrer après i5 jours de macération.
- D’après le Dr Cazin, les feuilles de Raifort écrasées, mises dans une quantité convenable d’eau chaude, servent à préparer des bains de pieds rubéfiants, aussi efficaces que ceux que l’on prépare avec la farine de moutarde.
- La pharmacie utilise le Raifort notamment pour la préparation du sirop de Raifort iodé. Henhi Blin.
- “5»d
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Emplois de l’acide carbonique dans les recherches de biologie marine. —XM. Legendre vient de donner dans le Bulletin de la Société zoologique de France quelques indications sur les multiples applications que l’acide carbonique peut trouver dans les laboratoires maritimes.
- Le gaz carbonique, dit-il, tel qu’on peut le produire aisément au moyen d’un appareil de Kipp, en prenant soin de le laver à la sortie dans une solution de bicarbonate de soude pour éviter l’entraînement de petites vésicules d'acide fort, peut rendre de nombreux services dans les laboratoires maiûtimes.
- On sait l’emploi qu'en a fait Delage,"suivi par beaucoup d’autres, comme agent de parthénogénèse artificielle.
- Il <^st aussi un moyen commode de faire varier le
- pH de l’eau de mer, sans altérer profondément l’équilibre salin de celle-ci. L’eau de mer dans laquelle on fait barboter de l’acide carbonique pur atteint un jsH de 5; celle dans laquelle passe bulle à bulle de l’air privé de CO2 atteint un de 9; entre ces limites on peut réaliser tous les intermédiaires, soit par barbotage d’une"atmosphère contenant un pourcentage déterminé de COa, soit par addition en proportion convenable d’eau de mer normale à l’eau préalablement rendue acide ou alcaline au maximum. Du jt?H 5 au jaH 9, la variation de tension de l’acide carbonique dissous est le procédé de choix pour la plupart des expériences biologiques; il est de beaucoup préférable à l’acidification par un acide fort et à l’alcalinisation par la soude, plus communément utilisés jusqu’ici.
- Cette technique permet notamment de produire des
- <IïI>
- p.2x116 - vue 567/663
-
-
-
- w
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ,jgr.
- variations du comportement et des inversions des tropismes chez de nombreux Invertébrés : Copépodes, Nébalies, etc.
- Bohn et Drzewina ont réussi, au laboratoire de Concarneau, en faisant barboter du CO2 dans l’eau de mer, à provoquer l’expulsion par les Convoluta roscoff'ensis de leurs Zoochlorelles symbiotiques.
- M. Legendre emploie également le barbotage de CO2 pour réaliser un triage rapide de la faune de petite taille abritée dans les touffes de Cystosires. On sait que ces Algues renferment dans leurs frondes et leurs souches un très grand nombre de petits animaux des plus variés qu’il est difficile d’apercevoir et de séparer par le seul examen des touffes. On a l’habitude de mettre celles-ci à tremper dans une cuvette pleine d’eau de mer et d’attendre plusieurs jours que l’eau s’altère. On voit alors apparaître successivement sur les bords de la cuvette différentes espèces qui quittent leur substratum, abandonnent leur milieu habituel et se rassemblent à la surface de l’eau ou même au-dessus, dans l’air humide. Oxner, en 1908, a analysé ce phénomène en ce qui concerne les Némertes. Le barbotage de CO- provoque instantanément la sortie des Caprellidés qui nagent activement près de la surface; très peu de temps après, les Ampliipodes font de même. On peut ainsi recueillir rapidement les espèces particulièrement sensibles à l’acidification, aussitôt après la rentrée au laboratoire.
- La bicyclette comme instrument d’arpentage. —
- Lorsqu’il s’agit d’évaluer une superficie de terrain travaillée par des ouvriers agricoles ou dans d’autres circonstances, et lorsqu’on n’a ni le temps, ni le loisir d’arpenter à la chaîne, on peut — du moins les personnes qui savent se servir d’une bicyclette — avoir recours à la méthode suivante, qui est simple, extrêmement rapide, et donne un résultat exact.
- Il faut, naturellement, que le sol soit assez dur pour que la bicyclette y puisse circuler.
- A-t-on, par exemple, à évaluer la superficie d’un terrain, dont la forme est rectangulaire ? On parcourt le terrain à bicyclette, dans le sens de la longueur et de la largeur, en comptant le nombre de tours que font les pédales, datis chaque sens. On est ainsi en mesure de calculer la superficie de ce terrain.
- Si, par exemple, on a compté 5o tours de pédales, en longueur, 16 tours en largeur, et si la bicyclette « développe » 5 m. par tour de pédale, les deux côtés du rectangle ont :
- 5oX5 = 25o mètres, et 25x5 = 125 mètres.
- La superficie est donc aïoX ia5 = 3i a5o m2.
- On peut, de cette façon, simplifier beaucoup les opérations d’arpentage. H. B.
- Entretien des tapis d’escaliers. — La partie des tapis touchant le bord des marches s’use presque toujours avant le reste,, en raison du frottement des pieds; parfois en très peu de temps, il faut remplacer le tapis ou le réparer tant bien que mal.
- On peut remédier à cet inconvénient en collant simplement des morceaux de papier gris sur le tranchant ou nez des marches, avant d’étendre le tapis. De cette façon, le frottement du tapis étant fortement diminué, il s’ensuivra une durée plus longue du tapis.
- Nettoyage du fer-blanc. — On sait que dans l’action de la flamme, les récipients en fer-blanc noircissent et perdent leur éclat. On peut les nettoyer en les frottant au moyen d’un chiffon imprégné d'un mélange assez épais de cendre et d’huile à brûler.
- On peut aussi les faire bouillir dans une marmite contenant de l’eau avec de la cendre et quelques cristaux de soude. On reconstitue l’éclat du neuf. Pour le cas enfin oïl on veut leur donner l’apparence de l’argent, il suffit de les frotter avec un chiffon imbibé d’acide acétique dilué.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Question à nos lecteurs. — Verres d’optique. — M. le capitaine Th. P. Souza>Brazil, 133, rue Parana-poan-Freguezia, Ilha do Governador, Rio de Janeiro, Brésil, désire entrer en relations avec des fabriques françaises de verres d’optique ( objectifs, oculaires, prismes, etc.) pour les petites lunettes d’instruments de précision.
- Il demande catalogues et prix courants.
- Communications. — L’huile de castor. — La désignation de castor oil, huile de castor, qui s’applique, on le sait, à l’huile de ricin, donne lieu à de fréquentes confusions daffs les traductions de textes anglais. Le II' Offner a recherché l’origine de cette dénomination si curieuse et nous avons résumé ses hypothèses à ce sujet (voir n4 2679, 8 août i^a5. Informations). L’une d’elles envisageait une confusion entre le ricin et le castillier." Un de nos lecteurs du Mexique, M. A. Gau-thereau, nous écrit à ce propos :
- « Je crois qu’il ne faut pas compromettre le castillier qui est innocent. Les Américains désignent la graine de ricin sous le nom de Castor Beans., haricots de castor, comme ils appellent les fèves, Ilorse Beans, haricots de cheval, et une autre légumineuse, Cow Peas, pois à vache.
- Qu’est-ce que les oastors viennent faire dans les haricots ?
- La couleur de la graine de ricin commercial est exactement celle que l’on désigne aux Etats-Unis sous le nom de (Castor. Peut-être est-ce à une analogie de couleur que la graine du ricin doit son nom de Castor Bean ».
- Réponses.- - M. V. F., àMiramas (Bouches-du-Rhône). — La préparation de la farine de luzerne se fait en procédant d’abord à la dessiccation de ce'fourruge vert, et ensuite à un broyage complet à l’aide d’un moulin broyeur.
- .Pour l’outillage que l’on doit employer, voyez à la Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, Paris, 10,) rue de Lancry (12'), et aux adresses suivantes : J.-C. Tissot, Paris, 7, rue du Louvre (icr); H. Délavai, Paris, 44, rue Planchât (ao°).
- En ce qui concerne le matériel destiné à cette préparation, on peut demander des indications à la Direction de la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (iac),
- Joindre timbre pour réponse.
- I)v J. Ch., avenue de Paris, à Auxerre. — Pour documentation sur Y aphalaleh et sur le principe toxique que contient cette plante, vous pourriez vous adresser à M. E. Prudhomme, directeur de l’Ecole supérieure d’Agriculture coloniale au Jardin colonial, à Nogent-sur-Marne (Seine), ainsi qu’à l’Institut colonial de Marseille, et au. Service des renseignements de l’Office agricole colonial, à Paris, Galerie d’Orléans (Palais-Royal). Voyez aussi à la Société d’Editions coloniales, Paris, 17, rue Jacob (6°). Nous ne croyons pas que des études spéciales sur cette plante aient été faites, et nous ne possédons pas les renseignements que vous recherchez.
- M. R. P. Paufy. — L'emploi du crud ammoniac ne doit pas être renouvelé à de trop courts laps de temps sur le même sol, à cause des cyanures, principes toxiques qu’il laisse dans le sôl et qui sont mis à profit pour détruire le chiendent et d’autres plantes nuisibles. Comme on l’emploie généralement à haute dose, dàns ce but, il n’est pas à conseiller d’en répandre en deux années consécutives, surtout si la terre doit être mise en culture l’année même. Dans ce cas, il conviendrait d’employer un autre engrais azoté, tel que le sulfate d’ammoniaque. A moins d’avoir comme objectif la des-
- p.2x117 - vue 568/663
-
-
-
- traction des plantes adventices, il faut toujours répandre le crud ammoniac environ quatre mois avant les semailles. Il conviendrait de s’adresser, pour, cette question, au Directeur des Services agricoles de la Dordogne, à Périgueux.
- M. Capdepont, à Talence. — 1" L’insecte qui attaque le bois des. meubles est la vrilletle opiniâtre ou Anobium pertinax. Le moyen le plus efiicace pour en opérer la destruction est d’introduire dans les trous, en se servant d’une seringue à aiguille line, de la liqueur de Yan Swieten que l’on trouve chez les pharmaciens, ensuite on rebouche les trous avec de la cire à parquets.
- a0 Pour colorer le celluloïd blanc, vous pouvez employer des solutions alcooliques de couleurs d’aniline appliquées au pinceau, ces couleurs se fixeront directement. Comme l’alcool dissoudra un peu du celluloïd en surface, il sei-a ensuite nécessaire de redonner le poli avec un chiffon de laine.
- Mme de R., à Paris. — On utilise en effet très fréquemment aujourd’hui des décapants neutres pour enlever les vieilles peintures, sans être obligé de recourir au potassium des peintres.. Ces décapants sont constitués essentiellement par de la paraffine ou de la cire en dissolution dans des mélanges variés des liquides suivants : acétone, benzine, sulfure de carbone, alcool dénaturé, acétate d’amyle, etc.
- Vous pouvez prendre comme type d’une de ces prépa-
- rations la formule qui suit :
- Benzol. . . ................5oo c. c.
- Acétone.......................5oo —
- Paraffine..................... 20 gr.
- M. Wels, à Chahal, Tunisie. — i° Nous pensons que
- le carton d’amiante serait ce qui conviendrait le mieux pour la confection de vos joints. 2° les renseignements les plus sûrs, au point de vue fertilisation du sol en vue de la culture de l’olivier, vous seront donnés par le directeur de l’Ecole d’agriculture coloniale de Tunis, ainsi que par celui de l’Ecole nationale d’agriculture coloniale de Nogent-sur-Marne. 3° La fluatation serait peut-être un moyen efficace de durcissement de votre sol en ciment, vous pourrez vous procurer les produits nécessaires chez Tesset-Kessler à Clermont-Ferrand. 4° Les encres à copier ne peuvent être utilisées sans inconvénients dans les stylos ; au bout de très peu de temps il se produit un enci'assement du distributeur, on ne peut supprimer ce défaut sans faire perdre à l’encre son aptitude au report.
- M. II. Giret, à Castiglione. — Le savon possède des propriétés antiseptiques très marquées; il n’est, par suite, pas à recommander d’envoyer dans les fosses septiques les eaux usées de lavabos et de salles de bains ; le développement des ferments anaérobies qui produisent la destruction des matières dans la fosse ne peut que se trouver entravé. Nous vous conseillons donc de rejeter ces eaux à part, leur évacuation étant subordonnée aux moyens dont vous disposez, égouts, puisards, etc. Si vous êtes obligé de les recueillir dans une fosse, l’addition d’un peu de lait de chaux sera probablement suffisante pour précipiter les acides gras du savon et empêcher la putréfaction.
- M. Thomassin, à La Lucette. — La fabrication de la grenaille de plomb ne présente pas de difficultés, il suffit de verser le plomb fondu sur une toile métallique, placée au-dessus d’un récipient contenant de l’eau froide. Les grains sont ensuite roulés dans un tonneau pendant un temps suffisant pour faire disparaître les aspérités, puis on classe par grosseurs au moyen de tamis à mailles plus ou moins larges. N. B. Pour donner au plomb de la dureté on y ajoute généralement quelques millièmes d’arsenic.
- M. Mac Avoy, à Elwange. — Rendait suivant vous donnera très probablement satisfaction pour rendre incombustibles les poutrelles de sapin de votre toiture :
- Prendre :
- Colle de peaux ........ 100 gr.
- Eau ordinaire................ i5oo —
- Faire tremper quelques heures, puis liquéfier en chauffant, de préférence au. bain-marie.
- Silicate de soude du commerce. 100 gr.
- Blanc d’Espagne................. 5o —
- Appliquer cet enduit chaud, donner 2 à 3 couches successives, en attendant que la couche soit bien sèche avant de mettre la suivante. Nul besoin d’employer un
- produit spécial pour préserver des « vers » (larves d’anobium), la protection par l’enduit ci-dessus sera parfaitement suffisante. Nous vous rappelons que par incombustibilité il faut entendre seulement suppression de combustion et de flammes, mais aucun enduit ne peut empêcher la carbonisation du bois à l’intérieur de l’enveloppe protectrice, autrement dit, en cas d’incendie, il ne faut pas compter que les objets ignifugés resteront intacts.
- M. Q. T., à Cherbourg. — 1° Le sel d'étain est bien le protochlorure d’étain SnCl2 qui prend naissance sous l’action de l’acide chlorhydrique dilué sur l’étain. 2° Les feuilles métalliques que vous nous avez adressées (papier à chocolat) sont constituées par un alliage de 98 pour 100 d’étain et 2 pour 100 de plomb, ajouté pour rendre moins cassant. Ce dernier métal peu soluble dans l’acide chlorhydrique' ne nuit pas pour préparer la solution dont vous devez vous servir. 3° La coloration rose que vous avez observée doit être due à la présence d’une faible quantité d’oxyde de manganèse résiduel ; s’il en est ainsi elle disparaîtra probablement au bisulfite de soude. 4° Vous trouverez les produits de blanchiment tels que perborates, persilicates, hydrosulfites, etc., chez Pelliot, 24, place des Vosges ou Poiiitet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois. 5° Ainsi que vous le dites fort bien les taches dues au déteint par voisinage doivent être traitées suivant la nature du tissu et celle de la couleur en cause, aucune règle ne peut être fixée d’avance ét seule une connaissance approfondie des matières colorantes permet de solutionner la question.
- M. P. F., à Lyon. —1 i° Le seul succédané du café qui puisse s’en rapprocher-le plus est la racine torréfiée de chicorée. 20 Le malt grillé, d’après Pellerin, a une
- composition voisine de la suivante :
- Humidité................. i5.22 °/0
- Matières protéiques........11.84 —
- — grasses ....... 3.4Ü —
- Sucres réducteurs........ 3.92 — ,
- Matières non azolées autres . . 49-73 —
- Cellulose................... . 11.35 —
- Matières minérales....... 4-43 —
- M. Moret, à Saint-Méry. — i° Nous pensons comme vous que l’absence de mousses sur le toit de la bergerie provient des vapeurs ammoniacales qui se dégagent en abondance du fumier des moutons, l’ammoniaque en excès et à l’état caustique est en effet funeste à la végétation. 20 C’est le sulfate de fer ou sulfate ferreux FeS047lT2°, connuvdans le commerce sous le nom de vitriol vert, qu’il faut employer pour détruire les mousses ; ce produit est utilisé couramment dans ce but, en agriculture à l’état de solutions à 5 ou 10 pour 100.
- M. Bourgeois, à Apt (Vaucluse). — Nous pensons que l’ouvrage suivant répondra à votre désir : La photocopie ou procédé de reproduction par la lumière d’une façon rapide et économique des dessins, cartes, gravures, esquisses, ou écritures, par A. Fisch, éditeur, J. de Francia, 118, rue d’Assas, Paris; et complémentairement : Les reproductions de photographies, documents, œuvres d’art dans la Bibliothèque de la Photo-Revue, même librairie.
- M. Svanstrôm, à Stockholm. — On peut obtenir une coloration noir jais de la chevelure en faisant suivi'e la teinture des cheveux par le henné, d’une application de bouillie tiède obtenue en délayant dans l’eau de l’indigo en pâte. Laisser en contact un temps assez prolongé jusqu’à réalisation de la teinte voulue, rincer la chevelure et sécher rapidement.
- M. Wels, à Chahal, Tunisie. — il vous sera très facile de tracer des lignes qui, à leur point de rencontre, donnent une coloration, en utilisant des solutions susceptibles par leur mélange de donner un produit coloré. Par exemple, on peut employer pour les traits horizontaux une solution très faible de perchlorure de fer et pour les verticaux une dissolution de tanin, ce qui donnera à l’intersection du tannate de fer noir. Même résultat sera donné respectivement par : Nitrate de plomb et sulfure de potassium. Phénolphlaléine et alcali. Perchlorure de fer et ferrocyanure de potassium. Toute la gamme des réactions colorées appliquées en analyse qualitative minérale peut ainsi recevoir une application amusante, bien qu’à notre avis, il apparaisse comme beaucoup plus simple de tracer des traits de crayon qu’un coup de gomme enlève lorsque leurs intersections ont été pointées à l’eucrc.
- BOITE AUX LETTRES
- l€
- 4\ D9 |i* '
- p.2x118 - vue 569/663
-
-
-
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- Les montages modernes en radiophonie, par P. Hémar-dinquer (tome II), i vol. 266 p., 409 fig. E. Chiron, éditeur, Paris, 1925. Prix : i5 francs.
- Nous avons déjà analysé le premier volume de ce nouvel ouvrage de notre collaborateur. 11 traitait des collecteurs d’onde, du choix des éléments de montage, dü poste à galène, des montages simples à lampes et des hétérodynes. Le second volume continue l’examen méthodique des dispositifs et montages pratiques qui peuvent intéresser l’amateur. Il traite des montages simples de réception à deux, trois et quatre lampes; puis des postes de réception plus puissants coippor-tant plus de quatre étages d’amplification. Dans un chapitre spécial, il décrit un certain nombre de dispositifs particuliers, créés surtout en vue de la réception des ondes très courtes, montages Cockaday, Reinartz, superréaction, flewelling, superhétérodyne, réflexes; il y étudie également la lampe bigrille, les amplifica-teurs de puissance à basse fréquence, l’alimentation directe des amplificateurs par le courant du secteur. Dans le dernier chapitre, il examine quelques accessoires importants du poste de réception : haut-parleurs, accumulateurs, redresseurs de courant, appareils de mesure. Tous ces montages sont étudiés avec beauco\ip de clarté et de précision. L’auteur ne se borne pas à en faire saisir le principe ; il fournit des données dé montage contrôlées par son expérience personnelle et qui permettront à chacun de réaliser et de faire fonctionner sans aléa les installations décrites.
- La mécanique de Variation, par le lieutenant-colouel Alayrac. 1 vol. in-8 raisin de x-35a p., 114 fig- Gau-thier-Yillars, éditeur, Paris, 1925. Prix : 5o francs.
- La construction des avions a été longtemps régie par des règles purement empiriques; malgré les efforts de quelques savants, comme M. Painlevé, qui se sont dès l’origine attachés au problème, pendant longtemps il n’y a pas eu de mécanique de l’avion. C’est que les questions fondamentales relatives à la résistance de l'air étaient trop mal élucidées pour que l’on pût bâtir un édifice théorique solide sur des données aussi chancelantes et décevantes que celles que l’on possédait alors. 11 n’en est pas de même aujourd’hui ; les expériences d’Eiffel et de Prandtl, les théories de Lanchestçr, Joukowski, Prandtl, offrent une base peut-être provisoire, mais solide sur laquelle on peut asseoir des déductions logiques de grande valeur pratique. L’étude approfondie de l’aérodynamique, science pleine encore d’obscurités, peut seule, en effet, / fournir la connaissance exacte des forces qui agissent sur l’avion. Celles-ci connues, le^ problème de mécanique rationnelle qui consiste à déterminer et étudier les trajectoires de l’avion est d’une relative simplicité. Le colonel Alayrac, qui professe à l’Ecole Supérieure d’aéronautique, s’est donc proposé tout d’abord d’exposer clairement l’essentiel des connaissances actuelles sur la résistance de l’air. Il complète l’étude des forces extérieures agissant sur l’avion par l’analyse de la. force propulsive et l’examen des variations des caractéristiques de l’atmosphère avec l’altitude. Suivant alors la méthode classique en mécanique, l’auteur analyse le mouvement dans l’espace du centre de gravilé de l’avion : étude du vol horizontal et détermination du plafond, étude de la montée, choix des caractéristiques de l’appareil, adaptation de l’hélice. Cette partie de l’ouvrage se termine par un chapitre consacré au vol à haute altitude. Vient ensuite l’étude du mouvement de l’avion autour de son centre de gravité, le problème de la stabilité, et l’application de ces considérations théoriques, non seulement à la construction, mais aussi à la conduite de l’avion. Cet excellent ouvrage d’étude montre aux techniciens de l’aviation la voie à suivre pour échapper à. l’emprise .d’un empirisme exclusif. Dans ce domaine, comme dans tout autre, l’investigation scientifique, alliance judicieuse de la théorie à l’expérience, est la seule source d’où le progrès jaillisse à coup sûr.
- La cinétique du développement, par E. Fauré-Frémiet. 1 vol. in-8, 335 p., 64 fig. Collection « les Problèmes
- biologiques. Presses Universitaires de France, Paris. Prix : 3a francs.
- Sous l’influence des progrès de la chimie physique, les sciences naturelles évoluent, et notamment la cytologie et l’embryologie. Ce livre est un exposé très complet et très documenté des nouvelles acquisitions de ces dernières années. L’auteur considère la cellule comme un complexe colloïdal hétérogène dont l’équilibre est influencé par la température, l’imbibi-tion, l’alcalinité et l’acidité, les diversions, etc., et dont il étudie les réactions. Puis, il traite de la croissance et de la division cellulaire qui viennent troubler cet équilibre et sont soumises aux mêmes actions physico-chimiques. Ceci l’amène à mesurer les transformations d’énergie au cours du développement embryonnaire et à fixer les lois de la croissance du corps et des organes. Deux cas particuliers sont ensuite examinés : la multiplication des cellules libres et notamment des Protozoaires, la multiplication des cellules in vitro qui constitue la culture des tissus.
- Clairement écrit, ce livre rassemble nombre de faits nouveaux dont beaucoup sont dus à l’auteur lui-même. Il ouvre des aperçus nombreux sur les grands problèmes de la biologie : la forme spécifique, l’hérédité, l’énergie de croissance.
- Machines-outils pour le travail des métaux, par C. Roure. 1 vol. in-16, 356 p., i3o fig. G. Doin, Paris, 1925. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage étudie les machines-outils destinées au travail des métaux. Il examine successivement les tours à décolleter, les machines à fileter, les fraiseuses spéciales, les machines à tailler les engrenages, les machines à rectifier, affûter, polir, meuler, les machines travaillant par compression du métal, les machines à mandriner, à roder, étireuses, machines à retreindre, etc. C’est donc une petite encyclopédie des machines-outils à métaux. L’auteur décrit les modèles les plus récents et les plus perfectionnés ; il en analyse les conditions d’emploi, étudie les méthodes de travail et détermine le champ d’application de chacune. Les ouvrages élémentaires et .à la portée de tous sur ce sujet sont rares en France. Celui-ci comble une lacune et rendra service à tous les techniciens de la mécanique.
- Le travail du bois par les procédés modernes. Tonie 1“'' : Les bois d’œuvre, par R. Champly. 1 vol. in-8, 276 p., x57 fig. Desforges, Girardot et C'°, éditeurs, Paris, 192Û. Prix ; 22 fr. 5o.
- Ce livre, écrit par un exploitant de scierie, donne des conseils précis et pratiques dictés par l’expérience.
- Le premier volume est consacrée à l’étude des propriétés des bois usuels, aux usages du commerce des bois, à l’étude de l’abatage des arbres, de leur cubage, du débit des grumes, de l’affûtage des scies, de l’organisation d’une scierie volante, du séchage et de l’ignifugation des bois débités.
- Manuel de Boucherie, par M. Goulet, i vol. 264 pages, ito fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris 1925. Prix : 12 francs.
- Après une description des animaux de boucherie et des notions sommaires sur leur élevage, l’auteur montre par quels intermédiaires compliqués la viande de boucherie passe du producteur au boucher de détail; puis il résume les notions indispensables à Ce dernier pour pratiquer son métier ; travail à l’abattoir, organisation de l’étal, découpage, contrôle sanitaire, utilisation des abats et issues, conservation des viandes, accidents du travail.
- Matematica de la Mortalidad con Elementos de proba-bïlidades, par Isidoro Rubio. i brochure 86 p. Benito Allen, 12, Plaza del Duque, Valladolid.
- L’art d’écrire en chiffres et en signes comme on parle, par Albert Klotz. 1 brochure. Beresniak, imprimeur, 12, ri*e Lagrange, Paris, 1925. Prix ; 6 fr. qh.
- p.2x119 - vue 570/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément. ,
- /%;
- <
- 0 ^
- INFORMATIONS
- N° 2689
- 17 Octobre 1925
- Une nouvelle application de la T. S. F. à la direction des navires. Le rayon tournant de M. Marconi. — M. Marconi a mis au point récemment une nouvelle application de la T. S. F. à la direction des navires. Celte .invention à laquelle il travaille depuis de longues années a reçu le nom de « rayon tournant ». L’idée se rattache au pi’incipe de la radiogoniométrie, employée depuis longtemps déjà. Mais le système de M. Marconi se distingue par la simplicité de son emploi qui n’exige, à bord du navire qui l’utilise, la mise en œuvre d’aucune connaissance technique ni, par suite, l’intervention de spécialistes. Le principe en est le suivant : à terre, un poste fixe jouant le rôle de phare émet des radiations de très courte longueur d'onde (6 m. environ), donc susceptibles d’être dirigées. On leur fait balayer l’horizon, à la manière des rayons lumineux d’un phare.' Dans l’intérieur d’un pinceau assez étroit (i5° environ), le phare lance, suivant certaines directions déterminées, des signaux Morse, différents pour chaque direction. Le navire, pourvu du poste de réception spécial imaginé pour rendre pratique ce système de direction, entend un certain nombre de signaux Morse, quatre ou cinq; il prend la moyenne et, se reportant à la carte, il détermine avec une précision suffisante sa position par rapport au phare. Cette épreuve, répétée à courts intervalles, permet au navigateur connaissant sa vitesse et sa carte de déterminer sa situation exacte. Ce système qui fonctionne de jour et, de nuit, par tempête comme par temps calme, et notamment en temps de brume, peut, rendre de grands services pour faciliter la navigation au voisinage des côtes, et l’entrée dans les ports par tous les temps.
- Les machines à vapeur à haute pression dans la marine. — La lutte est ardente, dans le domaine de la navigation, entre la machine à vapeur et le moteur Diesel. Les progrès de ce . dernier s’accentuent d’année en année et il existe, en service, en ce moment, un très important tonnage de bateaux à moteur de toutes catégories, depuis les petits navires de pêche jusqu’aux gros cargos et même aux paquebots. Le grand avantage du moteur Diesel,. c’est l’économie de combustible. Mais, on le sait, la machine à vapeur, la turbine surtout, n’est pas, à cet égard, arrivée à la limite du progrès. Dans les installations à terre, dans les centrales électriques notamment, on a considérablement diminué la consommation du combustible, en perfectionnant l’utilisation des chaleurs perdues (réchauffeurs d’eau d’alimenlation, surchauffeurs, réchauffeurs d’air de combustion), en améliorant le cycle thermodynamique (prises de vapeur à divers étages des turbines pour réchauffer l’eau d’alimentation), augmentation de la pression de la vapéur (chaudières à a5, 5o,. 6o et même ioo kg de pression). Tous ces progrès sont évidemment applicables à bord des navires, et s’ils n’y ont pas encore trouvé entièrement droit de cité, c’est que, pour des raisons faciles à comprendre, les armateurs sont en général prudents et conservateurs en matière technique, la sécurité de marche l’emportant de loin, à leurs yeux, sur toutes autres considérations. Mais la lutte entre les deux modes de propulsion oblige les constructeurs de machines à vapeur à s’engager dans la recherche des économies de combustible. C’est ainsi que YEngineer signale la prochaine mise en chantier en Angleterre d’un steamer à turbine dont les chaudières pi’oduiront de la vapeur à la pression de 35 kg par cm2. Ce chiffre n’a jusqu’ici jamais été atteint, même de loin, dans les installations marines. Les différents perfectionnements que nous mentionnions plus haut seront en outre employés, notamment les prises de vapeur étagées pour l'échauffer l’eau d’alimentation. Qn escompte une économie de combustible qui mettra cette installation au niveau des navires à moteur Diesel.
- Le repérage au son des avions. — Nous reproduisons ci-dessous, d’après la Revue américaine, Popular Radio, la photographie de l’appareil employé dans l’armée américaine pour situer au son l’emplacement des avions ennemis,
- Il comporte deux paires de gigantesques cornets acoustiques mobiles; la première paire dans le plan horizontal, la seconde paire dans le plan vertical. Ces cornets sont reliés aux deux oreilles de deux observa-
- teurs ; grâce aux propriétés de l’écoute biaüriculairè, l’un des observateurs détermine l’azimut de l’avion, l’autre détermine sa hauteur.
- L’épuisement des gisements de pétrole. — C’est devenu un lieu commun que d’affirmer l’épuisement à brève échéance des gisements de pétrole connus. Il est même aujourd’hui admis que les Etats-Unis, actuellement le plus grand producteur de pétrole du monde, n’a plus de pétrole que pour quelques années. Les prophéties pessimistes, proclamées à grand bruit et.peut-être non sans arrière-pensées intéressées, ont eu une assez sérieuse répercussion sur la politique mondiale de ces derniers temps. Que faut-il en penser ? Le Président des Etats-Unis, M. Coolidge, a voulu savoir avec.précision à quoi s’en tenir, et en mai 1924 il a institué une commission spéciale, le Fédéral Oil Conservation Board (commission fédérale d’économie du pétrole). Le-pre-mier soin de cet organisme a été d’oxxvrir une enquête sur la question de l’épuisement des gites américains ; l’American Petroleum Institute, consulté par le Fédéral Board, s’est livré à une étude approfondie de la question et vient d’en publier les résultats dans un gros volume iutitulé « American Petroleum Supply and Demand ». Les conclusions de ce travail, conduit par des experts d’une indiscutable compétence, sont en. somme rassurantes.
- Après un examen détaillé des champs pétrolifères des Etats-Unis, il a été établi qu’il reste encore dans les gisements connus plus de 5 3oooooooo de barils (de pétrole brut susceptibles d’être extraits par les méthodes actuelles d’extraction, c’est-à-dire par jaillissement ou pompage.
- En outre, lorsque ces procédés ne donneront plus de résultats, il restera encore 25 milliards dé barils dans les couches pétrolifères, quantité dont une grande proportion pourra être extraite à l’aide de procédés perfectionnés, dès que le besoin s’en fera sentir. .
- Mais ce n’est pas tout : le sous-sol des Etats-Unis est loin d’être .entièrement exploré, et de nouveaux gise^ mente seront sans doute encore découverts dans l’avenir; la découverte toute récente du gisement californien en est une preuve. De nombreux indices géologiques ten-
- <2â9f 4 délita.
- p.2x120 - vue 571/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- «
- dent à prouver que des découvertes analogues sont probables dans l’avenir.
- De même, le perfectionnement des procédés de sondage, en permettant d’atteindre des profondeurs plus grandes, donnera sans doute accès dans l’avenir à de nouvelle® couches pétrolifères non encore exploitées.
- Enfin, les Etats-Unis possèdent une gigantesque réserve de schistes bitumineux, dont on pourrait extraire 108 milliards de barils d huile brute donnant a5 milliards de barils d essence pour moteurs.
- L’heure de la famine du pétrole, si souvent annoncée en ces derniers temps, n’est donc pas près de sonner.
- Le pétrole de Gabian au dix-huitième siècle. —-
- M. L. Ottenheim nous écrit :
- « 'bous les journaux parlent en ce moment du pétrole de Gabian, pas un ne rappelle que ce pays est connu depuis bien longtemps pour son pétrole que l’on appelait jadis « huile de Gabian ».
- L’huile de Gabian, petrolœum, pétrole noir est cité avec ses vertus dans le Dictionnaire des Drogues simples de Lémery (page 672), édition de 1733, que j’ai sous les yeux.
- Le pétrole blanc venait, paraît-il, de Modène.
- Pour ma part, il y a bien 5o ans que j’ai entendu vanter son emploi contre les crises d’asthme, que son ingestion à l’état brut à la dose d’une cuiller à bouche soulageait instantanément. J’en ai d’ailleurs été témoin.
- Sans vouloir en rien diminuer le mérite des nouveaux inventeurs, j’ai cru intéressant de rappeler qu’il y avait des raisons de choisir Gabian pour y faire des sondages ».
- Les crocodiles de Madagascar. — Le crocodile est le seul animal dangereux de Madagascar. Mais il y est extrêmement abondant; il n’est guère de fleuves, de rivières, de petits lacs où on ne le rencontre, lorsque l’altitude ne dépasse pas 1000 m. et dès que la profondeur dépasse 1 m. M. G. Petit, dans la Revue d’Histoire naturelle appliquée, consacre une excellente étude à ces animaux, à leurs mœurs et à leur utilisation.
- Les crocodiles pondent tout au début de la saison chaude, en octobre, ou même souvent fin septembre. La femelle choisit un endroit sec; elle y creuse un trou profond de 75 cm à 1 m. ^el y dépose ses œufs. Le nombre en est variable, de 10 à 3o et parfois davantage. Ceci explique - l’extraordinaire pullulement de ces amphibies. L’incubation dure 20 à 20 jours. A l’éclosion, les petits mesurent de 12 à i5 cm de long. On est mal fixé sur la vie qu’ils mènent alors; vie errante sans doute et prudente, car il leur faut se soustraire à la voracité de leurs aînés. Les crocodiles se mangent entre eux, fort heureusement du reste, car, à l’heure actuelle, il n’y a pas à Madagascar beaucoup de moyens efficaces pour combattre leur multiplication.
- Pendant la saison sèche, le crocodile flâne et somnole. 11 est alors, semble-t-il, moins dangereux et les indigènes le redoutent moins pendant cette période. Mais il n’en est plus de même à la saison chaude, qui est pour lui une période de chasse et de rapts. L’animal devient alors redoutable; les enfants et les femmes sont souvent ses victimes; les voyageurs forcés de traverser les rivières à gué doivent prendre de grandes précautions. Le crocodile s’attaque aux bœufs au moment de l abreu-voir; il est friand de poulets et d’oies qu’il chasse la nuit dans les villages riverains. Sa proie préférée paraît être le chien. Le chien et le crocodile rivalisent de ruse, dans cette lutte. « 11 m’a été raconté souvent, dit M. Petit, que les chiens du pays, voulant traverser une rivière infestée de crocodiles, les attirent par des aboiements répétés en amont du point qu’ils ont choisi pour passer, puis courent en aval, se jettent à l'eau et nagent rapidement vers la rive opposée ». Mais le crocodile est souvent aussi fin que le chien. Perrier de là Bathie a observé en effet qu’un crocodile, entendant aboyer en amont, allait se poster en aval à’l’endroit précis où il prévoyait que le chien devait passer après sa feinte.
- Les crocodiles avalent des cailloux qui restent dans leur estomac et facilitent sans doute la digestion de leurs proies. Les Malgaches prétendent que le crocodile avale un caillou par an, et que le nombre des cailloux trouvés dans l’èstomac d’un animal en fait connaître l’âge.
- Les crocodiles, le fait est peu connu, ont un repaire qu’ils creusent eux-mêmes. C’est un couloir long de 5 à
- 6 m., parfois de 10 m., terminé par une chambre arrondie; il s’ouvre au fond de l’eau sous une souche, ou sous l’aplomb de la bergè. Ce boyau s’élève en pente douce vers le sol, et le plafond de la chambre aurait même des irous d’aération.
- A ce propos, M. Petit rapporte un drame terrible dont il tient le récit de la bouche d’un jeune Malgache, M. Randriamiarmison, stagiaire au laboratoire de M. Gruvel au Muséum. Le grand-père de ce jeune homme, Rainimihaboka, fut un jour, en pêchant dans une rivière, saisi par un crocodile de grande taille et entraîné par lui. Ne pouvant se soustraire à l’emprise de l’animal et sachant que les crocodiles ne dévorent leur proie que quand elle est putréfiée, il fit le mort. Il avait la chance d’être excellent plongeur, et pouvait nager sous l’eau pendant un très long temps. Déposé par le monstre dans la partie élargie de sa caverne, l’homme put respirer un peu; le crocodile, embusqué dans le couloir, surveillait sa victime. Pris de doute sur son état, il revenait brusquement le flairer et le tâter de son affreux museau.
- Enfin il s’éloigna peu à peu à reculons et disparut dans le fleuve. « Rainimihaboka entendit alors au-dessus de sa tête le galop d’un troupeau de bœufs qui ébranlait le plafond du gîte. Soudain un peu de terre s’éboula et le pied d’un bœuf creva le toit de terre. » L’homme saisit le jarret du bœuf, s’arc-bouta sur les genoux, s’aida de la tête et des épaules et, traîné par le bœuf affolé, émergea enfin à la lumière. Il était sauvé. De la rive, il put assister à la déception et à la fureur de son ravisseur devant le garde-manger vide. Eu contant son aventure à ses peLits-enfants, le vieux Malgache affirmait même que le malheureux crocodile ainsi joué avait été aussitôt attaqué et dévoré par ses congénères, sans doute en punition d’avoir laissé échapper sa proie.
- Le crocodile est, parait-il, très chatouilleux et les indigènes saisis par lui réussissent parfois à se dégager en lui caressant la face interne des membres postérieurs, ce qui le force à lâcher prise.
- 11 y aurait évidemment intérêt à débarrasser la grande île des crocodiles qui l’infestent, tout au moins à en diminuer le nombre.
- La chasse telle qu’elle est pratiquée par les indigènes est peu efficace. Le meilleur moyen semble résider dans l’utilisation industrielle des peaux de ces reptiles, à l’exemple de ce qu’ont fait les Américains avec les alligators. Une Société, la Société des Peausseries de Madagascar, s’est constituée dans ce but; son fondateur, M. Guignabert, espère l’an prochain livrer un minimum de 10000 peaux. Ces peaux trouvent leur emploi surtout en maroquinerie. On peut également utiliser l’ivoire des dents de crocodiles pour faire des boutons, et la graisse pour faire une huile employée dans l’industrie des cuirs.
- Le Tamarin des hauts, essence forestière de la Réunion. — L’acacia heteropkylla W. forme à la Réunion des peuplements qui offriraient le plus grand intérêt s’ils étaient exploités sous la direction d’un forestier de notre Ecole de Nancy. Il serait à désirer que le Gouvernement de la colonie mette en valeur les
- 7 à 8000 hectares de forêts qu’il forme là-bas
- D’après des observations faites en 1924 par M. M. Rigo-
- tard, cct arbre peut atteindre 5 m. 5o de circonférence à 1 m. 5o du dessus du sol. Le bois, d’une densité de o,63 à o,65 convient admirablement aux parquets, à l’ébénisterie. Les meubles en tamarin sont d’,une teinte claire, brun jaunâtre, magnifique souë le vernis.
- Le Tamarin des hauts qui croît surtout de i5oo à 1900 m. sur les riches terrains profond^ des coulées de lave basaltique ou des bas des pentes pourrait donc être une source de profits, une matière première précieuse, à la disposition d’une industrie des bois à la Réunion. Il pourrait fournir, outre l’ébénisterie, des traverses de chemin de fer, du chauffage, des bois de construction.
- Cette essence a un couvert léger, les feuilles, de légu-mineuse, se transformant lorsque l’arbre grandit, au point de perdre les folioles et de voir le pétiole seul subsister, s’élargissant en phyllode. Elle est très peu répandue, elle semble n’exister qu’à la Réunion et un peu à Madagascar. M. l’inspecteur des Eaux et Forêts Berlin, cbüseille dé l’introduire dans d’autres colonies.
- p.2x121 - vue 572/663
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- 'Electricité
- Vérificateur de piles sèches. — Lorsqu’on veut éprouver les différentes piles d’une batterie, si l’on place un voltmètre, les divisions généralement faibles ne permettent pas de se rendre compte très exactement de la qualité de la pile que l’on mesure.
- On peut établir un appareil pratique en utilisant un boîtier de montre ou un voltmètre hors d’usage, dans lequel on fixe une lampe électrique de poche de i v.'i/a.
- Cette lampe est montée sur un morceau de fibre ou d’ébo-nite qui se trouve coincé suivant le diamètre du boîtier.
- La lampe est fixée d’une manière quelconque, on peut au besoin utiliser la douille à vis qui forme monture et l’on réalise '®’i "T ^e^1Ycat,e111' les connexions en branchant l’un 1 des potes a la masse du boîtier,
- l’autre est fixé à un fil isolé qui sort par l’ouverture où se trouvait la tige du remontoir.
- De cette manière, lorsqu’on essaye une pile, si celle-ci est en excellent état, la lampe brille vivement, mais son éclat est d’autant plus faible que la lampe est plus usagée, et si la lampe brille peu, ceci indique què l’élément est usé, qu’il doit être rejeté ou refait.
- Ce dispositif est facile à établir. La lampe se trouve protégée par le verre du boîtier de montre, ce qui permet de se rendre compte, sans aucun démontage, de l’éclat de la lampe au cours de l’essai.
- Pour établir une lampe de bicyclette. — Lorsque l’on n’a besoin que de temps à autre de l’éclairage sur une bicyclette, il n’est pas nécessaire de se procurer des appareils d’un prix assez élevé, constitués par une dynamo actionnée par la roue avant. On peut prendre simplement des piles sèches ou à la rigueur des accumulateurs à liquide immobilisé qui alimenteront alors une ampoule analogue à celle des lampes de poche. On peut monter très facilement cette ampoule en se servant d’un gobelet en aluminium et de deux rondelles de liège d’un diamètre suffisant pour se loger dans le gobelet.
- L’ampoule est montée sur l’une des rondelles de liège avec sa douille. La première rondelle est fixée dans le fond du gobelet, elle est percée d’un trou ainsi que le gobelet lui-même pour laisser passer les fils de connexion. Sur la rondelle qui porte la lampe, on dispose une plaque de fer-blanc qui forme réflecteur, on petit même au besoin utiliser une cuvette argentée provenant d’un vieux réflecteur de petit modèle.
- La fermeture de ce phare est obtenue au moyen d’une plaque de mica clair; on a ainsi une face transparente,
- incassable.
- La pile de lampe de poche ou l’accumulateur à liquide immobilisé sera placé dans une sacoche. Le petit phare est monté sur le guidon ou snr la tige de la fourche avant, au moyen d’un collier, d’une équerre ou de tout autre dispositif facile à imaginer.
- On peut exécuter les connexions ,électriques à un fil ou à deux fils; dans le premier cas, l’un des pôles est constitué par la masse métallique du cadre. De toutes façons, ou met un interrupteur sur le tube horizontal du cadre ; par cet interrupteur passe le fil de connexion.
- **> Automobilisme
- Extincteur « Stop-Fire ». — Cet appareil, de dimensions des plus réduites, ce qui permet de le loger facilement sur le tablier avant d’une automobile, ne contient nul mécanisme, pompe, çlapet, robinet, tube, ni quoi
- Gobelet aluminium
- STS
- que ce soit à l’intérieur; c’est un simple récipient obturé par un bouchon maintenu par un ressort énergique.
- La pression est fournie par le liquide extincteur même et elle est suffisante pour projeter celui-ci à plusieurs mètres de l’opérateur, ce qui permet d’attaquer le feu à la distance convenable. Un litre d’essence enflammé est éteint avec 10 gr. de liquide et souvent moins.
- Le liquide est inoffensif, non délétère, ni acide, ni caustique : il ne détériore aucun des objets pouvant être atteints par le jet, tels que peinture, vernis, cuivrerie, étoffes, etc., et ne dénature pas les carburants sur lesquels il est projeté. La charge est indéfinie jusqu’à épuisement du liquide.
- Son aspect est des plus coquets ; il est entièrement nickelé et porte sur son enveloppe, en caractères ineffaçables, le mode de fonctionnement, ce qui ne laisse place à aucune hésitation pour l’opérateur ; voici d’ailleurs son mode d’emploi : prendre l’appareil dans la main, diriger l’orifice vers le sol, appuyer, soit le pouce, soit l’index sur la gâchette et bien à fond.
- L’orifice étant ainsi à découvert, le jet se produit aussitôt, le diriger sur les flammes qui s’éteignent instantanément.
- Pour fermer, libérer la gâchette qui retombe d’elle-même par l’effet du ressort.
- Le rechargement est opéré dans les trois jours par le fàbricant.
- Sur présentation du certificat délivré par ce dernier, la prime d’assurances des voitures automobiles io GY munies du Stop-Fire est réduite d’une somme très sensible, cela est très intéressant pour les automobilistes. .
- Agence de vente : MM. Boistel et Ruffin, 56, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris, 8e.
- m
- Wm
- Fig. 3.— Le « Stop-Fire ».
- m
- o
- (#3ss. Objets utiles
- Protecteur pour écouteurs téléphoniques. — Le froid contact avec l’oreille d’un pavillon de téléphone en ébonite est souvent désagréable. Mais surtout, il est bien souvent contraire aux règles de l’hygiène. Le téléphone est ra^-rement un instrument personnel; il sert à tous; il peut ainsi véhiculer et transmettre des microbes dangereux. ' ,
- Le petit accessoire représenté çi-contre est une sorte de garniture en tissu éponge dont on coiffe l’écouteur, soit en permanence, soit au moment de l’emploi. Ce protecteur amovible peut être aisément nettoyé lorsque le besoin s’en fait sentir.
- En vente, chez Marande et Preis-sig, 35, rue Jouffroy. Prix : 4 fr. 35 pièce franco.
- f P00q\
- / OOooooX / ooooûoo\
- 10 oooooo\ lüoooooool
- Fig. 4. — Protecteur pour écouteurs téléphoniques.
- Cafetière-Express. — La préparation d’un bon café est une opération délicate: trop souvent le liquide servi sous ce nom n’est, qu’une désagréable mixture ; parce que préparée sans soins ni précaution. La cafetière Express permet d’obtenir
- p.2x122 - vue 573/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- automatiquement un café d’excellente qualité. Elle comporte une petite chaudière A qui peut être chauffée, soit électriquement, soit par un réchaud à gaz ou à alcool. "
- Quand l'eau a atteint la température voulue, on est prévenu par l’émission d’un petit jet de vapeur qui sort par une soupape de sûreté; on . ouvre alors les
- . — Cafetière Express.
- robinets C ; la vapeur monte dans le conduit B et vient se condenser dans les récipients D où est tassé le café moulu. Elle s’v condense, en traversant la masse du café en poudre; la liqueur noire s’écoule dans la tasse E placée sur le dessus de la chaudière formant plateau. .On obtient ainsi un café de qualité parfaite.
- La cafetière Express-Veritas est vendue chez M. Ca-cioppo, 6, rue de Provence, Paris. La cafetière électrique pour 4 tasses coûte 100 francs, pour a tasses, 85 francs; les cafetières à alcool valent 90 et 70 francs.
- Plateau tournant pour service de table. — Lorsqu’une table de salle à manger a de grandes dimensions, on a souvent d’énormes difficultés pour assurer le service.
- Lorsqu’il s’agit de passer à un convive un plat, un ustensile quelconque, un huilier, une salière ou tout autre objet, il faut faire parfois de savantes manoeuvres qui sont gênantes pour tout le monde et qui se ter-
- Fig. 6. — Plateaii tournant pour service de table.
- minent quelquefois par la chute de quelque flacon ou de quelque récipient.
- Voici un appareil tournant qui évite tous ces inconvénients. Il est composé de deux pla1eaux_de bois qui sont réunis par un pivot central ; il suffit de disposer l’objet demandé sur cette plaque tournante, le convive l’amène devant lui à sa disposition en-faisant tourner le plateau.
- C’est une petite application mécanique aux choses domestiques; elle contribue en partie au remplacement
- des serviteurs, qui deviendront chaque jour de moins en moins indispensables grâce aux combinaisons réalisées par des esprits ingénieux.
- Le plateau tournant est un petit appareil simple et qui peut rendre de grands services.
- L’inventeur est M, Marcou, 34, avenue de Paris, Versa ill es.
- *&> Tours de main <r*
- Pour faciliter l’ouverture des boîtes, de conserves.
- —- Lorsqu’on veut ouvrir une boîte de conserves, même
- Fig. 7. — Dispositif pour faciliter,l’ouverture j des boîtes de conserves.
- avec un outil très perfectionné, on a souvent un effort assez important à faire pour maintenir la boîte immobile et lui permettre de subir, sans accident, l’action de l’ouvre-boîte.
- Il est facile d’agencer une petite plaquette de bois fixée à demeure sur une planche solide, ou à la rigueur sur le coin d’une table, si l’on a fréquemment à ouvrir des boîtes de ce genre.
- Dans ce morceau de bois on a coupé à la scie une entaille en forme de V et l’on colle sur les faces du V une bande de toile émeri. Lorsque pour ouvrir on place la boîte sur la table, elle vient buter sur les deux faces du-V, la toile émeri empêche la rotation de la boîte qui est ainsi solidement maintenue.
- On n’a pas besoin d’exercer une forte pression sur le' récipient que l’on ouvre très facilement avec l’outil dont on dispose.
- Ce montage est intéressant dans les cuisines qui desservent une agglomération où l’on a à un certain moment un grand nombre de boîtes de fer-blanc à ouvrir.
- Pour monter facilement des vis à bois. — On
- éprouve souvent de la difficulté à enfoncer des vis à bois, lorsqu’on travaille du bois très dur, et l’on a l'habitude dans ce cas de faciliter l’opération en trempant les vis dans delà cire ordinaire; de cette manière, on éprouve moins de résistance avec le tournevis on le vilebrequin.
- Lorsqu’on a un grand nombre de vis à monter de cette façon, il peut être intéressant de réaliser un petit appareil qui permettra de garnir très rapidement les filets de vis avec de la cire.
- La cire est fondue dans un plateau de tôle dont les bords ont 2 cm de hauteur.
- Ce plateau peut être supporté par un châssis et la chaleur nécessaire pour la fusion de la cire est obtenue par une lampe à alcool.
- Pour garnir rapidement les filets des vis avec la cire fondue, on utilise une fourchette de fer et l’on monte les vis dans les dents; de cette manière, on peut tremper les vis à bois dans la cire liquide uniquement, de manière que cette cire garnisse les filets. Les vis ainsi préparées sont dégagées rapidement de la fourchette en frappant avec celle-ci le bord de la botte, dans la-quëlle on doit ranger les vis avant de s’en servir.
- p.2x123 - vue 574/663
-
-
-
- ipq
- VARIETES
- •N
- UNE ASCENSION DE L'AIGUILLE VERTE (4Ï2Ï mètres) DANS LE MASSIF DU MONT-BLANC
- Le récit de la deuxième ascension de cette magnifique montagne par le versant d’Argentière a été fait par M. Henry de Ségogne, l'un des héros de cette dure et périlleuse exploration, dans le numéro de mars de La Montagne.
- Il importe que ces hauts faits de l’alpinisme franchissent les barrières des clubs et des associations alpines spéciales. Il y a un intérêt général et national lié à l’existence de ces pionniers toujours susceptibles de répondre « Présent » à l’appel qui peut leur être fait lorsqu’on a besoin d’hommes capables d’une résistance d’ordre supérieur, à des dangers de toutes natures. Ceci a été suffisamment prouvé de 1914 à 1918 pour qu’il ne soit-pas nécessaire de défendre ces hommes contre l’accusation classique par trop désinvolte : « C’est une folie ! »
- Yoici donc quatre alpinistes formidablement entraînés et endurants, dotés du courage indispensable qui se sont lancés à l’assaut de l’Aiguille Yerte le 2 août 1924.
- La première ascension par ce versant remontait à 1876; elle fut faite par Henri Cordier, J. Andei’egg, Ooakley Maund et Th. Middlemore avec les guides Johann Jaun et Andréas Manrer (Annuaire du Club Alpin français, 1876).
- En 1924, MM. Jacques Lagarde, Tom de Lépiney et Henry de Ségogne furent assez heureux pour parvenir au sommet et en revenir.
- Le mauvais temps contraignit la caravane à séjourner au refuge d’Argentière jusqu’au 6 août. A 22 heures, ils quittent le gîte. A 1 h. 5o ils ont franchi une rimaye à 3 147 m. Ils prennent ensuite un couloir de neige dure où des pierres descendent en rontlant aux oreilles des alpinistes, ceci en pleine nuit, éclairés par une lanterne que le premier de la cordée tient le plus souvent entre ses dents pour garder le libre usage de ses mains et se hisser sur le piolet. La pente de ce couloir glacé est par moments de 65°, ce qui rend difficile la morsure des crampons, cependant indispensable, la moindre glissade de l’un des membres entraînant toute la caravane. Et quel itinéraire Irouvera-t-on plus haut? Des séracs. « si audacieusement suspendus qu’on se demande comment ils ne tombent- pas, balayant la pente et les grimpeurs qui y adhèreat ». Les chutes de pierres, l’inclinaison effrayante de cette surface glissante... rien ne manque aux difficultés. Plus loin après ce couloir une série de passages très durs : séracs à contourner, rochers ver-glassés, peu stables, retenus seulement par un ciment de glace, sol « particulièrement traître ». Puis les ascensionnistes parviennent à une barrière de séracs, haute de 5o m., verticale, surplombante par endroits, étincelant au soleil qui à présent les éclaire. Plus loin ce sont des
- pentes de neige, toujours très raides par endroits, prêtes à partir en avalanche. Avec d’infinies précautions les alpinistes avancent sur ces pentes, contournent une tour de glace,passage singulièrement délicat qui les amène sur une arête 43678 m, 11 est 8 h. 35 du matin. Arête aiguë « couronnée d’une prête de neige mauvaise et sournoise », on ne peut hélas songer à s’y reposer. Yers 3800 m. ils trouvent un endroit où l’on peut s’arrêter, l'endroit n’est sans doute pas des plus sûrs : pente de 40° ; on amarre les sacs aux piolets. Mais la vue est incomparable, le décor fantastique; l’auteur en donne une description qui ne parle aux yeux que pour ceux qui ont pu déjà sentir la haute montagne. « Rien ne peut exprimer la sensation que l’on éprouve. » Mais il faut partir et nous allons voir que ces intrépides grimpeurs ne sont pas au bout de leurs peines. Le reste de l'ascension vers le sommet, pénible, dangereuse, n’offre cependant pas de difficulté technique spéciale. A 11 h. 25 ils sont au sommet de la Yerte à 4121 m. Peu d’arrêt et la descente commence par l’arête du Moine, puis par des pentes de neige qui ne sont sans grand danger que pour des « as » de l’alpinisme. A 17 heures grondements de tonnerre et, quelques instants après, torrénts de grêle. « Nous mai'chons dans des ruisseaux de grêle. » La foudre tombe par moments si près, qu’à la suite de chaque coup des pierres volent dans l’espace dont certaines atteignent les alpinistes, les renversent même. Un peu plus loin ils eurent la désagréable impression de sentir le fluide électrique parcourir leur corde. A 18 h. 3o ils parviennent à la rimaye, encombrée de neige fraîche, ils y enfoncent, un torrent de grêle menace de les submerger dans cette position critique. Ce n’est qu’à 20 h. 10 qu’ils peuvent se dégager et ne .plus appréhender de passer la nuit là, c’est-à-dire en captivité « jusqu’à ce que... » mais s’ils sont cette fois sauvés ils Vont continuer une pénible marche dans la neige, puis sur le bas de l’arête du Moine. La nuit est tombée et c’est à 22 h. 10 qu’ils pénètrent dans le refuge du Couvercle. Il y a près de 24 heures qu’ils se sont mis en route, près de 24 heures qu’ils luttent contre les difficultés et sont presque continuellement en danger. Qu’importe à présent, il ne reste plus pour eux que la très grande satisfaction d’avoir l’éussi cette course et les souvenirs impérissables de visions et de situations exceptionnelles.
- « Recommanderai-je pour cela de suivre, notre exemple ? Malgré que je sois ravi d'avoir réussi cette ascension, je n’oserai assumer une telle responsabilité, qu’on ne'manquerait pas de m’imputer le cas échéant. » N’est-ce pas la sagesse même qui parle dans cette conclusion de l’un d’eux ; n’est-ce pas la preuve que les alpinistes sont loin d’être des insensés ? L. R./
- LA SCILLE MARITIME
- La Scille maritime (Scilla maritima. L., Urginea Scilla. Steinh :) Liliacées, a pour synonymes : Urginée Scille, Scille officinale, Oignon marin, etc.
- Habitat. — En France, elle croît en abondance sur les rivages sablonneux de la Méditerranée, de l’Océan et de la Manche, en Bretagne et jusqu’en Normandie. On la trouve surtout en Algérie, en Espagne, en Sicile, dans le Levant, etc.
- Description sommaire. — Plante bulbeuse, vivace, dont la tige ou hampe atteint o m. 20 à 1 m. de hauteur. Bulbe très gros, pouvant peser plus de 2 kg, comptant plusieurs tuniques ou écailles nommées squames, blanches ou rougeâtres suivant les variétés. Feuilles radicales, lancéolées, mesurant, parfois, presque om. 3o de longueur, se fanant avant la floraison. Fleurs apparaissant de juillet à octobre, selon les régions, petites, blanches, disposées en grappe terminale sur une hampe. Fruit (capsule) triangulaire ; graines arrondies, noirâtres.
- Culture. — Ellene demande pas de soin spécial, à condition cependant que la terre soit légère, sablonneuse, ou encoie de la terre de bruyère, que le climat soit chaud et marin, et, autant que possible, une exposition au midi.
- Multiplication. — Elle peut avoir lieu par graines et par caïeux; ces derniers sont à peu près les seuls employés.
- Par caïeux. — Le terrain doit être bien préparé et fumé avec du fumier très décomposé. La plantation est exécutée au printemps en lignes espacées de 40 à 5o cm; on enfonce les bulbes, en terre de 10 à i5 cm. Les soins cultupaux consistent en binages et sarclages; Si la région est sujette à des froids assez vifs, on couvre. lq§ pieds avant l’hiver avec des feuilles ou du fumier pour les protéger suffisamment contre la gelée,
- Récolte. Dessiccation. Conservation. — On procède à la récolte des bulbes en automne quand- les feuilles se dessèchent et avant l’épanouissement des fleurs. On les débarrasse de la terre; on rejette les squames extérieures, généralement sèches, ainsi que celles du centre parce qu’elles sont blanches, mucilagineuses et que leur suc n’est pas suffisamment élaboré. On ne garde que les moyennes qui sont remplies d’un suc visqueux, inodore et très âcre. On les coupe en tranches minces, on les étale sur une claie et on les fait sécher au soleil, à l’étuve ou dans un four ; il importe que la dessiccation
- p.2x124 - vue 575/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- marche rapidement. On estime que 10 kg de squames fraîches laissent i kg 800 de squames sèches. On les conserve dans des boîtes qu'on place dans un local aéré et très sec pour les empêcher de moisir.
- Composition chimique. — Le bulbe de Scille contient : sciUiline, scillaïne, skuléine, tannin, matière colorante jaune, nialière colorante rouge, mucilage, sucre interverti, sels, trace d’iode. (Dr A. ; Béraud). Merck y a signalé trois principes amorphes : la scillipicrine, la scillitoxine, la scilline dont l’action sur le cœur est différemment énergique.
- " Propriétés thérapeutiques. — La Scille était connue des Egyptiens et des Grecs, ceux-ci en faisaient une plante funéraire/.Elle était considérée, ce qu’elle est toujours, comme un diurétique puissant, peut-être le meilleur qu’on possède ; on lui reconnaît aussi des propriétés excitantes, incisives et expectorantes. Elle est surtout préconisée dans l’hydropisie cardiaque; on la conseille dans les bronchites, l’emphysème, les pneumonies, etc. On consultera avec prolit sur son activité thérapeutique les ouvrages suivants : G. Pouchet, Précis de pharmacologie et de matière médicale-, A. Pic, Les Médicaments diurétiques; IL Leclerc, Précis de Phytothérapie.
- Préparations pharmaceutiques. — La partie usitée est le bulbe qui sert de base à un grand nombre de prépa-
- rations dont les principales sont, à l’intérieur : extraalcoolique o gr. 02 à o gr. 20; oxymel scillitique i5 à 3o gr. : poudre o gr. 10 à o gr. 3o ; teinture 1 à > gr. vins composés : de Trousseau et diurétique'j'amer de la Charité, io à Go gr. ; vinaigre scillitique 2 à 5 gr- A l’extérieur, en frictions, teinture xo à 25 gr. Mais étant donné que l’activité de certaines préparations pourrait, si la dose était trop forte, causer pai-fois des accidents, il ne faut en user que sur l’avis du médecin.
- La médecine vétérinaire emploie également la scille, mais à des doses différentes, et comme l’on a signalé des cas d’empoisonnement de jeunes animaux ayant mangé des feuilles et des fragments de bulbe, il est prudent de les empêcher d’en consommer.
- La scille sert aussi à préparer des appâts pour détruire les diverses catégories de rongeurs qui infestent nos demeures et les champs cultivés.
- Observations commerciales. — Malgré l’abondance de la Scille sur certaines régions de notre littoral, nous en importons encore de l’éti'anger : de Sicile, d’Italie, d’Espagne, du Levant, etc. On en trouve dans le comme tce deux variétés : la première et la plus commune, aux écailles rouges, porte le nom de Scille mâle ou d’Espagne; la deuxième, qui a des écailles blanches, est appelée Scille femelle ou d'Italie. À. Truelle.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui pai'yiennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il 11e peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Petite machine à calcul économique : M. Marcou, 34, avenue de Paris, Versailles.
- Communications. — Le sable de mer St la fabrication du ciment. — Le Dr Marcel Baudoin .nous écrit à ce sujet (Voir Nature, n° du ao septembre, 1926. Boîte aux lettres) :
- « Tous les cimenliei'S des bords de l’Océan, pour faire du ciment et même du béton, n’emploient que du Sable de mer, ou plutôt que du Sable des Dunes, qui peut ne pas être très ancien. (Des mouvements dunaires sont ti'ès x’écents parfois.) Ils ne s’en plaignent nullement.
- Moi-même, pour mes moulages en ciment armé et mes modelages de pièces préhistoriques, je n’ai jamais employé, habitant sur une grande plage de sable fin et au voisinage de fortes dunes, que du sable dunaire.
- Sa très grande finesse n’est pas un obstacle. Un mélange à parties égales" sera encore très restreint, même avec des ciments très ordinaires.
- Avec les. ciments à prise x-apide (Vassy, Minute, Le Tigre de Vendée, etc.), ce sable me donne d’excellents résultats.
- En Bas-Poitou, par exemple, sur le bord de la mer, il serait impossible de se procurer du sable de rivière!
- Mélangé avec la chaux, ce sable marin a un inconvénient, car il contient encore beaucoup de sel-marin , ce qui le rend hygrométrique. Pour les constructions ordinaii’es, il faudrait le faire cuire et le laver, pour éviter^’humidité des murs. Tous nos maçons, dans l’ouest, savent cela, mais ils l’emploient quand même, au naturel ! »
- Réponses. — M. Horace D., à Sanary (Var). —- Répartition de Vénergie dans le spectre solaire. Cette question a été étudiée par Langley, et les i'ésultats de cette étu le sont résumés dans une courbe ppbliée dans le Recueil des Constantes physiques de la Société française de physique, page 5x5. Le maximum de puissance rayonnée est atteint dans la région de longueur d’onde o,65 micron. Si l’on prend pour unité la puissance rayonnée par cette radiation du spectre solaire, on constate qu’elle a les valeurs suivantes pour les autrgs indications :
- Longueurs d’onde Puissance
- en microns. rayonnée.
- o,35 0,09
- 0,40 0,25
- o,45 0,52
- o,5o 0,78
- o,55 0,92
- 0,60 0,98
- o,65 i
- 0,70 0,98
- 0,75 0,94
- M. Schelstracte, à Hevei'lee. — Ne connaissant pas la marque de votre système photographique, nous supposons, d’après votre description, que chacune des lentilles doit être vissée isolément sur la monture suivant le but à atteindre. Les chiffres inscrits sur ces lentilles indiquent leur distance focale, ce qui vous permet de disposer de toute une gamme d’objectifs d’ « angle » plus ou moins grand. Pour le portrait par exemple, employer une lentille de grande distance focale (45) et inversement pour le paysage, la lentille i5. Bien entendu, le tirage du soufflet de la chambre variera dans chaque cas afin d’obtenir la mise au point. Quant à l’emploi simultané de plusieurs lentilles, il a pour effet d’amener des aberrations variables, suivant l’ordre dans lequel on a placé les lentilles et seule une série d’expériences méthodiques peut permettre de retrouver les montages complexes compatibles avec l’obtention d’une bonne image. A notre avis, le mieux serait de demander plus amples explications au fabricant du système optique, dont vous devez trouver la marque sur la monture d’objectif.
- M. Philibert, à Nice. — Nous avons répondu dans le n* 2777, page 3i de la Boîte aux Lettres, aux seules questions que vous nous aviez posées. Quant à la nouvelle concernant l’obtention d'agglomérés poreux, il serait indispensable pour pouvoir vous répondre utilement de connaître exactement la destination des objets que vous désirez fabriquer.
- M. Piedor, à Montreuil. — Les taches produites par l’eau iodée ou la teinture diode sur le linge empesé sont bien dues à l’iodure d’amidon formé; heureusement ce petit accident se répare sans difficulté en imbibant la tache noir-violacé d’une dissolution moyennement concenti'ée (20 pour xoo environ) d’hyposulfite de soude qui produit une décoloration parfaite en quelques secondes, il ne reste plus qu’à rincer soigneusement jxour enlever lés traces d’acide iodhydrique résultant de la réaction. N. B. Si vous pratiquez la photographie, vous pouvez vous servir fie la solution çorirante d’hyposulfite
- p.2x125 - vue 576/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- à 3o pour ioo employée pour le fixage. Prendre la solution neuve et non celle déjà usagée qui contiendrait des sels d’argent.
- Mme P., rue Mizon, Alger. — La fabrication des boissons, dites citronnade et orangeade, telle que vous l’envisagez — boissons vendues en bouteilles, dans le commerce — est une fabrication industrielle qui exige un outillage spécial et ne se prêtant pas à l’économie domestique. La place nous manquant pour en donner ici la description détaillée, nous vous conseillons de vous procurer la documentation spéciale sur cette question en consultant le Manuel du Limonadier, par Chryssochoïdès, i vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, n, rue Hautefeuille, 6e). Voyez aussi à la Bibliothèque Professionnelle de Dhommée (J.-B. Baillière, éditeur, ig, rue Hautefeuille), et chez Dunod, éditeur (Paris, g3, rue Bonaparte, 6<:).
- M. IL. B., Le Bois Chenu, Nice. — i° Recette pour conserves de haricots verts. Après épluchage, lavage et égouttage, ranger des haricots dans un récipient (pot en grès ou petit baril défoncé par un bout), en ayant soin de ne pas laisser de vide entre les haricots. Lorsque le récipient est rempli, mettre sur les haricots, bien tassés, un linge très propre et sur le linge une claie ayant, bien exactement, la dimension du récipient, claie en osier ou en bois, sur laquelle on établit la compression à l’aide d’un poids quelconque, par exemple une grosse pierre très propre. Verser ensuite, sur les haricots, une saumure pi'éparée à raison de 200 gr. de sel par litre d’eau. Cette saumure doit être préalablement bouillie; on l’emploie lorsqu’elle est refroidie; elle doit baigner complètement les haricots, en recouvrant la claie et le linge sur plusieurs centimètres de hauteur (3 à 4 cin). Il importe que les haricots soient toujours complètement recouverts de saumure. On peut rajouter des haricots, si besoin est, pour que le récipient soit rempli entièrement. Le léger dépôt mousseux qui se forme à la surface est sans inconvénient. Pour la consommation, il suffit de dessaler les haricots par un ou deux lava-ges à l’eau tiède, quitte à ajouter un peu de sel avant de consommer.
- 20 Comme revêtement pour toiture légère, on peut employer le Rubéroïd ou la tôle ondulée, ou le carton briqué.
- M. B. Z., Bahia-Blanca (République Argentine). — 1" La Nature a publié en l’année 1905, t. I, page 19, un article sur un procédé rapide de séchage des bois. D’autre part, on peut recourir au procédé de séchage rapide par les vapeurs de benzol. Les bois sont soumis, pendant quelques heures, à l’action combinée d’une chaleur variant entre 6o° et 8o°, dans une étuve, au fond de laquelle est un réservoir contenant du benzol porté à l’ébulliiion au moyen d’un serpentin chauffé à la vapeur. On laisse le bois baigner dans la vapeur de benzol, pendant quelques heures, puis on arrête l’opération et on évapore les vapeurs de benzol qui imprègnent encore le bois, qui, ensuite, est exposé à l’air libre et, en quelques jours, devient parfaitement sec. La vitalité de la cellule végétale est détruite. Les bois sont séchés en une semaine. L’installation des étuves à vapeur de benzol n’exige aucun organe mécanique.
- Enfin, on peut aussi sécher les bois par l’électricité, suivant un mode opératoire déjà décrit dans La Nature.
- •1" Pour détruire les troncs et les racines des arbres, il faut opérer par empoisonnement. A l’aide d’une tarière, percer des trous obliques, et verser dans ces trous une solution conofentrée d’arséniate de potasse, ou remplir ces trous avec de l’acide sulfurique pure (verser avec précaution pour éviter tout accident de brûlure). On peut, aussi, employer le sulfure de carbone, mais en ayant soin de boucher les trous avec un bouchon de liège.
- M. B., boulevard de Charonne, Paris. :— Un nid d'abeilles dans le toit d’une maison. — 11 est toujours préférable de faire v capturer par un apiculteur un essaim d’abeilles qui s’est fixé dans une maison. L’apiculteur fait ce travail gratuitement; on lui abandonne l’essaim, le miel et les gâteaux. Il n’est pas facile de déterminer le mode opératoire pour la destruction, lorsqu’on ne peut se rendre compte, à distance, de l’emplacement qu’occupe le nid. En tout cas, il faut d’abord repérer exactement cet emplacement, de manière à enlever des planches, si besoin est, pour capturer ensuite l’essaim en le faisant passer, par tapotement, dans
- un panier. Le tapotement, consiste à frapper, avec un bâton, sur l’emplacement du nid, pour déterminer l’émigration, la montée des abeilles dans le panier. Il faut enlever ensuite les rayons construits entre les solives.
- La destruction a été tentée par enfumage, soufrage, par les vapeurs sulfureuses ou par la chloropicrine. Mais nous ne pouvons, sans connaître l’état des lieux, préciser le mode d’emploi de ces gaz délétères. 11 conviendrait de faire enlever l’essaim par un apiculteur exercé. Pour tous renseignements, vous pourriez vous adresser à M. Lasalle, directeur de 1 Ecole supérieure d’apiculture de Paris, 20, avenue Félicie-Cholet, à Cha-renton (Seine).
- T. S. F. — M. Bouisson, à Marseille, — i° Nous ne connaissons pas exactement la puissance du poste de Marseille P. T. T., mais nous pensons cependant qu’il vous sera possible de recevoir ses émissions sur un grand cadre à l’aide d’un simple détecteur à galène, au casque évidemment.
- 20 Les relais microphoniques sont des appareils assez délicats, mais qui, cependant, peuvent rendre de bons services sans jamais être comparables aux amplificateurs à basse fréquence à lampes.
- Vous pourrez trouver dans Cent Problèmes Pratiques de T. S. F. des renseignements détaillés sur ces appareils.
- M. C. C., à Santander (Espagne). — 11 est fort difficile d’éliminer les troubles provenant d’un transforma -teur par courant alternatif à haute tension. Nous pouvons seulement vous recommander d’essayer de supprimer votre prise de terre, et de recevoir sans prise de terre ou avec un petit contrepoids électrique.
- M. Rivoire, à Vaison (Vaucluse). — Voici l’adresse que vous demandez pour des appareils de T. S. F. transformables à montage visible.
- Appareils « Electrons », 34, rue du Mesnil, La Va-renne-Saint-Hilaire (Seine).
- M. B. V., à Dijon. — Nous remarquons que votre schéma d’une lampe détectrice à réaction est inexact; l’entrée des courants de T. S. F. doit se faire par la grille de la première lampe et le pôle positif -f- 4 volts de la batterie de chauffage et non par le pôle négatif — 4 volts, comme vous l’indiquez.
- Voyez à ce sujet, si vous le désix-ez, La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur). ♦
- Les inégalités constatées proviennent de ce défaut, sans doute aussi de l’insuffisance de la bobine de réaction, et sûrement aussi du manque de largeur de votre antenne.
- M. L. Picard, à Paris. — i° Les appareils Reflex sont assez difficiles à mettre au point, surtout pour la réception des émissions puissantes sur ondes moyennes. 11 est cependant possible, en utilisant des montages simples avec détection par galène, d’obtenir des résultats intéressants et d’avoir le même nombre d’étages d’amplification avec une lampe en moins au minimum.
- i0 Pour le choix d'un appareil de réception à utiliser pour la i’éception sur cadre, vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique. Le dispositif superhétérodyne est le poste de réception qui convient le mieux au but que vous vous proposez.
- M. Thébault, à Paris. — i° La ligne à haute tension qui passe près du poste de réceptiun que vous désirez installer à la campagne vous gênera malheureusement sans doute beaucoup. Disposez votre antenne perpendiculairement aux fils de la ligne et au-dessus de celte ligne, évitez l’emploi d’une prise de terre et n’employez au besoin qu’un contrepoids électrique.
- 2° Pour accorder votre cadre, il suffit d’utiliser un condensateur variable de 1/1000 de microfarad en dérivation sur l’enroulement. Si vous voulez recevoir avec un poste super-régénérateur, il y a intérêt à faire, l’accord avec le moins de capacité possible; il est bon de disposer dans le circuit et en série un petit variomètre, à bobinages sphériques, par exemple.
- 3° On simplifie beaucoup le réglage d’un poste superrégénérateur et on améliore l’audition en utilisant une lampe d’émission de 10 ou 20 watts comme oscillalxdce et aussi une lampe de puissance comme détectrice et régénératrice comme il a été expliqué dans La Nature. Il est essentiel de régler soigneusement la tension de chauffage en même temps que la tension plaque.
- p.2x126 - vue 577/663
-
-
-
- Etude de Vécoulement des fluides en général, par MM. Lebrasseur et d’Espine. i br. illustrée, p. publiée par Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris. Prix : 14 francs.
- Le phénomène de l'écoulement des fluides a fait, en ces dernières années, l’objet de recherches expérimentales importantes, notamment en Allemagne et en Angleterre. C’est en effet une question fort importante au point de vue théorique et plus encore au point de vue pratique : elle joue un rôle considérable par exemple dans l’étude des turbines hydrauliques et à vapeur, dans celle des hélices, des tuyères, dans tous les problèmes de ventilation, de chauffage et d’échanges calorifiques en général. Le travail très documenté de MM. Lebrasseur et d’Espine vise presque exclusivement l’écoulement des fluides compressibles, la déler-miuation de leur débit dans une conduite, les lois de leur détente et le calcul des pertes de charge. Ce n’est donc qu’un côté de la question qui est envisagé. Mais il est traité d’une façon très complète, il résume les recherches les plus récentes de l’école allemande, trop peu connues actuellement en France, et il offre aux techniciens un précieux ensemble de chiffres et de résultats, logiquement groupés. Cette publication rendra de grands services aux ingénieurs.
- Observatoire National de Besançon, 26e, 27% 28% 29° Bulletin chronométriques, années 1913-1714. Publié par M. A. Lebœuf, i vol. illustré de XI~n5 et 67 p. Imprimerie Millot, Besançon, 1 g -a 5.
- Les publications chronométriques de l’Observatoire de Besançon étaient interrompues depuis 1914. Cette institution qui joue un rôle si considérable dans les progrès de l’industrie horlogère française a été en effet très éprouvée parla guerre; mais après de dures années de vie ralentie, elle a repris sous la haute direction de M. Lebœuf toute son activité d’autrefois. La présente publication qui résume l’œuvre accomplie depuis 1913 témoigne de la vitalité et de la résurrection de notre grand centre d’études horlogères. Elle débute par le rappel mélancolique des événements survenus durant cette période, et des épreuves subies par l’Observatoire ; M. Lebeuf y rend hommage à la mémoire de ses collabarateurs disparus; au premier rang desquels il faut citer le jeune et savant physicien Marcel Moulin, glorieusement tombé à la bataille de la Marne en septembre 1914. L’ouvrage contient l’exposé des résultats généraux obtenus par le service chronométrique de 1913 à 1924 et le rappel des règles qui, à Besançon, président à l’appréciation technique des chronomètres de poche et des chrono-graphes de précision. On y trouve en outre des études générales et des mémoires scientifiques du plus haut intérêt : l’horlogerie en i8a3 et 1923 par M. Lebeuf, comparaison entre l’art de l’horlogerie à l’époque de Breguet et l’industrie horlogère de notre temps ; une note historique dé M. Lebeuf sur l’évolution de la chronométrie française mettant en relief le rôle respectif du Dépôt de la Marine et de l’observatoire de Besançon; une note technique de M. Hérique sur l’influence des variations de la pression atmosphérique sur la marche des chronomètres de poche, résumant les travaux importants interrompus par la mort prématurée de l’auteur, une note de M. Gouday sur l’enregistrement des signaux horaires à Besançon, une étude expérimentale de grande valeur de M. Arçay sur l’amortissemeet des oscillations d’un balancier et l'influence des huiles.
- Le Rif, par M. Michaux-Bellaire. i brochure, 3a pages. Librairie ancienne, Ed. Champion, Paris, iqaÔ. Prix : 3 fr. 5o.
- Les yeux de tous lçs Français sont en ce moment fixés sur la région du Rif où s’est formée en quelques années la dangereuse puissance d’Abd-El-Krim. Mais bien peu d’entre eux ont des notions précises sur cette contrée. M. Michaux-Bellaire, un des hommes qui connaissent le mieux le passé du Maroc, retrace à grands traits, en quelques pages nourries de
- faits, l’histoire du Rif depuis sa conquête par l’Islam. Histoire aussi tourmentée que la configuration du pays, mais d’où il ressort clairement que jamais le Rif ne constitua une nation autonome, qu’il fut toujours une province plus ou moins mal administrée de l’empire du Maroc. M. Michaux-Bellaire donne également de très intéressants renseignements sur les influences religieuses dans le Rif et sur le rôle respectif joué aujourd’hui par les principales zaouïas locales.
- Souvenirs d’un voyage dans le Tartarie, le Thibet et la Chine. (I. Dans la Tartarie), par le R. P. IIuc. Nouvelle édition publiée et préfacée par H. D’Ardenne de Tizac. 1 vol. 3o2 p. avec carte et portrait. Editeurs Plon, Nourrit et Ci8. Paris, 1920. Prix : 10 fr.
- En 1844, deux jeunes missionnaires français en Chine, les R.-P. Hue et Gabet, entreprenaient, accompagnés d’un seul auxiliaire mongol, une immense pérégrination à travers les steppes et les déserts de Tartarie; traversant les régions désolées ou arides qui forment les marches de la Chine, ils pénétrèrent dans le Thibet, parvinrent à Lassa, puis regagnèrent en Chine la province de Sé Tchouen. Voyageant dans le simple appareil des plus pauvres lamas, les deux explorateurs eurent à surmonter bien des difficultés, mais ils purent observer à loisir le pays et les mœurs des habitants. De ce voyage justement célèbre, le R. P. Hue écrivit une relation non moins célèbre; son style alerte, sa bonne humeur, ses observations précises et pénétrantes lui donnent un attrait romanesque que les années n’ont pas diminué et une valeur documentaire qui ne s’est pas amoindrie; car l’aspect de ces régions et les mœurs de leurs habitants n’ont guère évolué depuis lors ; les populations tartares qui ont formé autrefois les hordes envahisseuses de Gengis-Khan, de Tamerlan, ces peuplades nomades, vivant d’une vie précaire, endurcies aux pires intempéries, mais simples, honnêtes, travaillées par un idéal profond et obscur, pourraient bien quelque jour, poussées par la nécessité, guidées par des influences intéressées, reprendre le chemin des grandes invasions ; c’était donc une excellente idée que de rééditer le récit du Père Hue, d’une documentation si directe et si vivante, mais depuis longtemps introuvable.
- Cours pratique de filetage. Détermination des roues de filetage. Exécution méthodique des vis et des écrous, par A. Cerles. in-vol. in-16, de 164 p., io5 fig. G. Doin. Paris, «925. Prix : 10 fr.
- Cet ouvrage enseigne aux tourneurs la détermination exacte des roues nécessaires à n’importe quelle opération de filetage. Il est précédé de notions élémentaires d’arithmétique permettant à tous les professionnels, avec un minimum de connaissances mathématiques, de résoudre les divers pi’oblèmes qui peuvent se présenter au cours de leur travail. De nombreuses applications illustrent les diverses méthodes en usage.
- Sintesi Scienli/ica (Coucezione Mouocinelica dell’ Uni-verso) o la Risonanza universale, par Bian-chi, prof. Romano. 1 vol. 2.36 p. Stabilfmento Tipografico L. B. Marsano, Genova, 1924. Prix : i5 lire.
- La Organizacion Cometaria del L'niverso. Una nueva Teoria Cosmogônica, par Don Manuel Sanchez, de Car-moha y Enriouez del Castillo. 22, Donato Guerra, Mexico, 1924.
- La Nébuleuse M. 42, Qrionis. Extrait du cahier d'observations de l’Observatoire de Corfou, par F. Lamech-. 1 brochure 32 p., 4 fig- Imprimerie Hachas, Corfou, 1925.
- E studio sobre los Observaciones de los Pasos de Mercurio, en 1907, 1914 y 1924, ^01- El. R. P. José Ubach (Boletin del Observatorio del Ebro), r br.,
- ' ü3 p. Toortsa, 192.5.
- p.2x127 - vue 578/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- <
- O
- INFORMATIONS
- ><
- N° 2690
- 24 Octobre 1925
- Le concours de camions à gazogènes. — On sait que les véhicules à gazogènes engagés dans le concours franco-belge viennent d’effectuer les dernières étapes du parcours de 2000 km qu’ils avaient à accomplir sur l’itinéraire Paris^Bnixelles-Strasbourg-Paris.
- A part trois véhicules qui durent abandonner pour des causes d’ailleurs étrangères à la traction par gazogènes, tous les véhicules partis de Paris, auxquels s’ëst joint à Bruxelles un camion belge, ont accompli sans incident tout le parcours.
- La dernière étape a eu lieu dimanche 11 octobre. Les camions partis de MèaUX arrivèrent à midi à Paris, place de la Concorde, à l’Aütomobile-Club de France.
- Ces épreuves sur route, qui se sont déroulées sous la direction de MM. Auclair, Ferrus et Lucas-Girardville, font grand honneur aux constructeurs des véhicules engagés et démontrent que l’alimentation des poids lourds par le bois ou le charbon de bois est actuellement un problème entièrement résolu.
- L’emploi du télégfaphone de iPoulsen comtne machine à dicter. — Le télégraphone est une remarquable invention faite, il y a plus d’un quart de siècle, par le savant danois Poulsen. Rappelons-en le principe : Une mince feuille d’acier passe entre les pôles d’un électro-aimant dont le circuit d’enroulement contient un microphone. Si l’on parle dans le microphone, on fait varier le courant dans le circuit de F électro-aimant, et par suite l’induction magnétique dans la feuille d’acier. Celle-ci s’aimante plus ou moins à l’endroit qui se trouve en regard de l’électro-aimant. Cette aimantation est permanente, et l’on a ainsi traduit sur le ruban d’acier le langage ou les sons en une sorte d’écriture magnétique, invisible, mais qu’il est très aisé de révéler.
- Il suffit, en effet, pour reproduire les sons ainsi imprimés, de refaire passer le ruban entre les pôles d’un électro-aimant intercalé dans le circuit d’un téléphone.
- Cette invention qui, à son origine, a suscité une très grande curiosité, n’a cependant reçu jusqu’ici à peu près aucune application. Il semble qu’elle puisse en trouver une dans la construction des machines à dicter qui se répandent de plus en plus dans les grandes maisons de commerce. On sait en quoi consistent ces machines : la personne qui dicte une lettre le fait devant un phonographe enregistreur; le disque ainsi impressionné est envoyé au service dactylogi'aphique ; la dactylographe le place dans uii parleur phonographique, fait parler le disque à la vitesse qui lui convient et écrit la lettre sous sa dictée. _ (
- Une société allemande, la Société Yox de Berlin, vient de réaliser une installation de machines à dicter utilisant le télégraphone.
- La Revue générale d’Electricité donne sur ce sujet quelques détails empruntés à VElectrical Review. La personne qui dicte le courrier a devant elle un microphone relié électriquement à l’électro-aimant impresion-neur du ruban d’acier. Celui-ci se trouve au loin, à proximité de la dactylographe qui, lorsque la dictée sera finie, n’aura qu’à faire passer le ruban sous l’électro aimant reproducteur de la parole, connecté à son casque téléphonique. Le dicteur peut, à volonté, mettre le fil en mouvement dans un sens ou dans l’autre, ce qui lui permet de revenir sur une phrase entière ; au besoin il peut la faire répéter par le ruban dans son propre téléphone. En cas d’erreur, on peut l’effacer; pour cela on fait passer le fil sous un aimant qui a pour action de détruire le magnétisme variable enregistré.
- Chute de pluie extraordinaire dans l’Yonne.
- M. Bidaut de l’Isle nous écrit de l’Observatoire de la Guette :
- « Je vous signale que le 20 septembre courant, on a enregistré 33 mm 9 de pluie, et le 22, 53 mm. Ces deux chutes, dues à la tempête d’équinoxe qui a sévi, ont produit l’inondation de toute la partie du bassin de la Haute-Yonne. Je n’ai trouvé; dansles archivesdela contrée, aucune chute de pluie approchant ce chiffre formidable !...
- Il a plu pendant 18 heures consécutives le 22. »
- L’azoture de plomb, succédané du fulminate de mercure — Le fulminate de mercure, explosif très
- brisant, est employé à la fabrication de détonateurs qui servent à amorcer la déflagration des explosifs usuëls. D’après un article de M. Lorges, dans la Revue de chimie industrielle, le fulminate est remplacé aujourd’hui en Allemagne par l’azoture de plomb (PbNB), sel plom-bique de l’acide azothydrique. L’acide azothydrique (NH3) se prépare en faisant réagir l’acide nitreux (HNO2) sur l’hydrazine (N2H4). Cette dernière substance se prépare en faisant agir un hypochlorite sur l’ammoniaque. L’azoture de plomb est un corps très instable qui se décompose très facilement en donnant une explosion très brisante. Quand on veut l’employër comme détonateur, on prépare l’azoture de plomb dans un état cristallin particulier, en précipitant l’azoture de soude par l’acétate de plomb en présence de nitrate de soude.
- Le sel cristallisé, trop brisant, ne peut être employé seul. Il faut le diluer par des nitrates ou des chlorates, du sulfure d’antimoine, du verre pilé, etc. 11 peut alors remplacer le fulminate et il a davantage de ne pas attaquer les capsules en aluminium. On a trouvé avantageux d’associer l’azoture de plomb au trinitrorésorcinate de plomb afin d’abaisser son point de déflagration et de permettre son emploi même à la température de l’air liquide.
- Les gorges du Tarn en bateau automobile. —
- Pour admirer, comme il convient, les magnifiques et célèbres défilés qui enserrent le haut cours du Tarn, entre le Çausse Méjean et le Causse de Sauveterre, de Sainte-Enimie au Rozier, il faut descendre la rivière en barque. Cette excursion, passionnante mais difficile, s’effectue sur de légères barques à fond très plat manœu-vrées par des bateliers de la région. Pour la remontée, les barques sont remorquées avide, péniblement, ou bien ramenées par chariots à leur point dè départ. M. H. Des-mons vient, le premier, d’employer avec süccès un mode de navigation moins primitif. Il a remonté les gorges dans une embarcation automobile. Il donne dans ia Revue du Togring-Club de France quelques détails sur ce joli tour de force qui suscitera, sans doute, des imitateurs. Le bateau employé était une embarcation coloniale à propulsion aérienne, un hydroglisseur, dont la coque mesurait 7 m. 70 de longueur et 1 m. de largeur maxima ; le groupe propulseur était constitué par un petit moteur de cyclecar de 6 CY. Malgré la rapidité du courant et les dangereux écueils qui sèment le lit du cours d’eau, le voyage s’est effectué sans incident.
- Une explosion de navire au cinéma. — On sait le souci de réalisme qui, de plus en plus, anime les metteurs en scène des scénarios cinématographiques. En voici un exemple de belle envergure. Un film américain comportait l’explosion en mer d’un steamer. On ne s’avisa pas de recourir à des truquages. L’éditeur du film acheta tout simplement un steamer de 4 000 tonnes, long de 100 m.
- Ce bâtiment construit en 1918 appartenait à la flotte d’Etat des Etats-Unis, constituée on le sait pendant la guerre, et aujourd’hui èn partie immobilisée pour diverses raisons. A l’époque, ce navire avait coûté 900000 dollars. On le chargea de 10 tonnes de dynamite et un beau jour, à 100 milles de Sandy Hoolc dans l’Atlantique, on y mit le feu; 20 appareils cinématographiques installés sur cinq remorqueurs enregistraient les divers aspects de ce spectacle. En quelques instants le navire s’engouffra sous les flots, au milieu, d’une épaisse colonne dè fumée. Ces quelques minutes de spectacle ont coûté, paraît-il, la bagatelle de 126000 dollars, soit plus de 2 5ooooo francs, au taux actuel des changes.
- Les tortues terrestres géantes. — La capture récente d’une tortue mariné géante à Concarneau (tortue luth de 2 m. de long et de 33o kg) nous incite à signaler une communication de M. P. Carié à la Société de Bio-géographie dans sa séance dü mois du juin dernier, süC Il les grosses tortues terrestres de l’océan Indien; M. Carié indiquait que, très abondantes autrefois, celles-ci ont été tellement chassées par les indigènes et les voyageurs, qu’on n’en trouve plus aujourd’hui qu’aux Mascareignes et aux Seychelles, et seulement à l’état de domestication. Dans l’île d’Aldahra et les petites îles
- 129
- *7
- p.2x128 - vue 579/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- voisines, il en reste quelques centaines au plus. Ces tortues de l'Océan Indien ont d’étroites affinités avec celles quaternaires dont des restes fossiles ont été trouvés à Gibraltar, à Malte et aux Baléares, tandis que celles .des ifes Galapagos, dont M. Y. Forbin entretenait récemment les lecteurs de La Nature rappellent les tortues quaternaires de Cuba.
- Toutes les grosses tortues sont généralement considérées comme très vieilles. M. Carié en cite une qui, mesurée et pesée vers 1740, dit-on, aurait vécu jusqu’en 1917 sans augmenter sensiblement de taille et de poids; elle pesait alors 155 kg et mesurait a m. Go de tour de carapace. Un autre exemplaire, pris par M. Carié en 1902, avait un plastron de 25 cm. de long et pesait 35 kg; bien nourri, il atteint aujourd’hui 85 cm de longueur de plastron et i/t5 kg de poids, montrant ainsi une croissance plus rapide qu’on ne le croit communément.
- La morue dans l’Océan Glacial. — Récemment nous signalions ici même la nouvelle pêcherie de morue inaugurée cette année sur la côte ouest du Grônland. Le journal d’Oslo, Aftenposten, appelle l'attention sur la présence de ce poisson, en grande abondance, dans une autre région de l’Arctique. Il s’agit de la petite île aux Ours ou Beeren Eiland située entre la Norvège et le Spitsberg. Un chalutier anglais, venu cet été courir sa chance sur les bancs très étendus qui environnent cette terre solitaire, n’a pas eu à regretter son initiative; à 28 milles dans Test-sud-est de l’île aux Ours, il a rencontré une telle masse de morues qu’en quelques jours il a fait son plein. Le poisson se' trouvait en si grande quantité qu’entre deux coups de lilet l’équipage n’avait pas le temps d’empiler dans la cale tout le'produit de la pêche précédente. Chaules Rabot.
- &> Nouvelles de T. S. T.
- La propagation des ondes très courtes. — Certains amateurs, employant pour la première fois des ondes au-dessous de 200 m. de longueur pour les communications à grande distance, ont cru pouvoir affirmer qu’aucun effet de « fading », ou évanouissement, ne pouvait être observé en transmettant aux environs de 100 m. de longueur d’onde.
- Il semble bien que cette opinion soit tout à fait inexacte, et que la propagation d’ondes de 100 m. soit soumise à des phénomènes irréguliers et nombreux, dont la cause est encore mal déterminée.
- M. Lardry a pu observer dans son laboratoire du Mans et pendant plusieurs mois les variations de réception des émissions de la Tour Eiffel sur ii5 m., du poste de Tunis (O. C. T. U.) sur 120 m., et du navire Jacques Cartier sur n5 mètres.
- Ce technicien a pu observer des variations extrêmement brusques et importantes, non seulement d’intensité, mais encore de longueur d’onde, que les graphiques parus dans LJ Onde électrique illustrent de façon saisissante. Ces deux genres de variations sont d’ailleurs indépendantes.
- Emissions des Postes d’Etat français. — Les
- postes des P. T. T., de la Tour Eiffel, de Toulouse, de Lyon, de Marseille et de Grenoble, installés par l’administration des P. T. T., procèdent depuis quelque temps à des émissions simultanées, toutes les stations étant reliées par fils téléphoniques.
- Les discours de MM. Caillaux et Painlevé en faveur de l’Emprunt, les discours prononcés à l’Assemblée de la Société des Nations ont été transmis de cette façon. En outre, ces postes ont^ transmis également les représentations de musique italienne données à l’Opéra de Genève; les possibilités d’une coopération internationale pour l’élaboration des programmes de radio-diffusion attirent de plus en plus l’attention.
- Recherche des interférences entre les postes européens de radio-diffusion. — Afin de déterminer les interférences pouvant troubler les réceptions des émissions de radio-diffusion européennes, l’Union Internationale de Radiophonie à Genève a organisé des expériences d’ensemble d’émissions radiophoniques pendant les nuits suivantes :
- Lundi 3i aoùt-ior septembre;
- Mercredi 2 septembre-3 septembre;
- Vendredi 4 septembre-5 septembre ;
- Lundi 7 septembre-8 septembre;
- Mercredi 9 septembre-10 septembre;
- Lundi i l septembre-i5 septembre, et chaque fois entre iZ heures et 1 heure du matin (heure de l’Europe occidentale soit Greenwich mean Time). 11 est bien entendu qu’il s’agit de l’heure normale au méridien de Greenw ich, et non pas de l’heure d’été exceptionnelle actuellement en vigueur en France, en Angleterre et en Belgique.
- L’Office International avait, d’autre part, envoyé aux chefs des différentes stations les indications suivantes :
- « Il est indispensable d’observer strictement les prescriptions suivantes :
- i° Tous les postes sans distinction devront prendre part à l’essai ;
- 20 Pendant toute la durée de chaque essai, chaque poste utilisera sa pleine modulation;
- 3° L’indicatif de chaque poste doit être annoncé à des intervalles ne dépassant pas une minute au maximum et ceci en faisant précéder l’indicatif du poste par une formule d’avertissement.
- Donc, au lieu de dire, par exemple « Constantinople appelle », celui qui annonce devrait dire : « Ici, poste de Constantinople ». Autant que possible, indiquez également le nom du poste en français ;
- 4° Suivant les moyens dont on disposera, on transmettra alternativement de la musique et des paroles. A défaut de musique, celui qui annonce pourrait siffler une note allant de l’aigu au grave;
- 5° Les auditeurs situés dans le rayon de chaque poste émetteur devront être avisés des essais projetés et sont invités à faire connaître le lendemain matin, par téléphone, à la première heure, les observations qu’ils auraient pu faire sur des brouillages éventuels provenant d’autres postes.
- Les résultats officiels de ces essais n’ont pas encore été publiés; quelques-uns, d’ailleurs, pouvaient facilement être prévus. Déjà le poste Radio-Toulouse a modifié sa longueur d’onde à la demande de l’Office International; sa nouvelle longueur d’onde est de 432 m.
- La réception des émissions radiophoniques en Tunisie. — Les émissions du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. sont, en général, fort mal reçues en province; il est parfois possible cependant de les entendre assez nettement à grande distance, mais dans des conditions locales particulières.
- Ainsi le numéro de septembre 1925 des Annales des P. T. T. donne le compte rendu de réceptions effectuées près de Tunis, à plus de i5oo km de Paris, par M. Crou-zet, inspecteur des Postes et Télégraphes.
- Le poste de réception est situé à la campagne dans la vallée de l’Oued Miliane, au bord du golfe de Tunis.
- L’antenne est unifilaire, d’environ 40 m. de long; la prise de terre est effectuée sur une canalisation d’eau qui descend dans le sous-sol au-dessous d’une nappe d’eau saumâtre.
- L’amplificateur comprend seulement deux lampes, une détectrice et un étage à basse fréquence à transformateur. Le montage d’accord est en Tesla du type Bourne.
- Les bobinages de primaire, secondaire et réaction sont en fond de panier, et leur diamètre moyen est de 12 cm (fil de 6/10 mm deux couches de coton). Ces bobinages comportent respectivement 20, 24 et 36 tours.
- Il est curieux de constater que la même installation réalisée au centre de la ville de Tunis n’a, par contre, donné aucun résultat satisfaisant.
- La T. S. F. et le siège de Soueïda. — Le journal Excelsior a rendu compte dans un de ses derniers numéros des grands services rendus par la T. S. F. lors du siège et de la délivrance de la ville de Soueïda, investie par les Druses.
- Les assiégés possédaient une petite station émettrice et réceptrice qui leur a permis de rester constamment en liaison avec l’armée de secours, et de lui réclamer les ravitaillements les plus nécessaires. Les aliments ou médicaments demandés étaient ensuite envoyés par avions.
- Ce fut encore plus au point de vue moral que la T. S. F. contribua à soutenir la vaillance des assiégés. D’abord, ces derniers ne se sentirent jamais isolés, et purent être tenus au courant des événements extérieurs et de l’avance de l’armée française; de plus, le poste récepteur permettait l’écoute constante des émissions radiophoniques françaises et étrangères et procurait ainsi des distractions réconfortantes.
- p.2x129 - vue 580/663
-
-
-
- JfeO
- 1SK>
- Photographie
- Manipulateur de plaques photographiques. —
- Voici un instrument vraiment pratique qui permet la surveillance continuelle de chaque plaque, même pendant le traitement simultané de plusieurs. 11 est formé d’un fil métallique qui est coudé et cambré suivant une forme telle qu'elle permet de tenir la plaque plus facilement qu’ayec la main et de la mettre dans toutes les positions.
- Ce support en fil métallique est nSuni d’une poignée qui permet une manœuvre facile. La plaque est tenue par les replis du fil qui exerce en 4 points une légère pression sur les deux côtés opposés de la plaque. Le côté gélatine est protégé par deux tringles, ce qui rend possible la superposition des plaques. Le fil est en nickel pur, inaltérable; les bains photographiques n’ont aucune action sur lui,
- L’appareil se fait en deux modèles suivant qu’il s’agit de cuves de développement verticales ou horizontales.
- On peut ainsi normalement développer plusieurs plaques que l’on superpose les une s «.aux autres, manipuler les plaques sans s’imprégner les doigts de solution, examiner chaque plaque par réflexion ou transparence, transférer rapidement une plaque d’un bain dans un autre, laver, égoutter, sécher sans cuve spéciale.
- Voici la manière de se servir de cet appareil
- Pour provoquer fé-çartement des agrafes et permettre l’introduction de la plaque, on présente celte dernière par la face sensible ef le support
- iv,r 1 t • j • ainsi qu’il est figuré
- Fig. 1. —Moded amploi du inampiir „i_pnntvP: la nlamlP lateur de plaques piifltpgrapliiqups. ? r ’ ,P ^ .
- -.. - s 4 4.... maintenue par la main
- gauche et le support tenu, poup le modèle A, par le pas de la poignée: et pour le modèle B parles boucles mêmes.
- On exerce à l’aide de la plaque et de la poignée une légère traction dans le sens des flèches, on relève la plaque et on la fait buter contre le support et cesser la traction. Lorsqu’il s’agit de retirer la plaque après séchage, il suffit d'opérer simplement la même traction.
- Constructeur : L. Didier des Gâchons, 33, rue du Dé; part, Paris.
- *»> Automobilisme
- Fume-cigarette Jack pour automobilistes. — Il est difficile de fumer la cigarette quand, on tient le yo-lapt d’une automobile, ou le guidon d’une motocyclette, voire d’une simple bicyclette. En effet, le vent consume la cigarette en quelques instants, et, ce qui est beaucoup plus grave, il peut entraîner des particules de tabac incandescentes, dangereuses pour les vêtements, plus dangereuses encore poui^ la voiture qui contient toujours des vapeurs et des liquides fort inflammables. Fumer en forêt est aussi, on le sait, fort dangereux, et les ciga-rettes sont accusées, à tort ou à raison, de beaucoup des incendies qui dévastent trop fréquemment nos plus belles régions boisées.
- Le fume-cigarette Jack est un petit instrument à la fois ingénieux et simple, qui remédie à ces inconvénients et écarte ces périls. Il permet aux amateurs de cigarette de satisfaire leur exigeante passion en toute tranquillité d’esprit. p
- Il se compose de deux parties, le fume-cigarette proprement dit qui u’a pas besoin d’être décrit et le manchon protecteur. Ce dernier est en bois léger; il se fixe sur le porte-cigarette, lorsque celui-ci a été garni de la cigarette; il est percé de rainures longitudinales
- convenablement dimensionnées, qui permettent le tirage, mais l’empêchent d’être trop violent. Un trou circulaire garni d’un œillet métallique permet même d’allumer la
- nrniijH '
- Protecteur
- Fig. 2,— Le fume-cigarette Jack";' à gauche : protecteur monté, sur le porte-cigarette ; à droite.; porte-cigarette et protecteur séparés.
- cigarette de l’intérieur lorsqu’elle est recouverte^ du protecteur.
- Les cendres tombent dans le protecteur ; aucune particule incandescente ne peut s’échapper à l'extérieur.
- Le fume-cigarette Jack a été imaginé et est construit par M. L, Vincent-Coutier, 35, rue de la Poyat, à Saint- t Claude (Jura). _
- Objets utiles
- Séchoir de plafond- — On a inventé un grand nombre de séchoirs de plafond qui, en général, ont de trop grandes dimensions et déparent un peu la pièce où ils sont placés. -•
- Voici un nouveau modèle peu encombrant, démontable, qui offre un grand intérêt. Il comporte 4 bâtons de bois et 2 pièces d’aluminium dans lesquels les bétons peuvent se monter. Un système de roulettes et de cordons permet de monter l’appareil de façon que le cadre se trouve à 18 cm du plafond. Quand il s’agit de placer le linge ‘sur le bâton et de le retirer, on descend l’appareil à hauteur voulue. Voici la façon d’installer cet appareil :
- Fig. 3. — Le séchoir dé plafond;
- On phoisit deux points gu plafond à 1 m, 33 l’un de l’autre et on fait deux petits trous dans lesquels on visse chaque poulie en plaçant la poulie double du côté le plus proche dp taquet. Leg deux bouts de la corde sont passés dans les gorges de la poulie double et ensuite dans le trou du cadre et on noue pour que la
- •ifîïîliib
- p.2x130 - vue 581/663
-
-
-
- m
- w*
- SCIENCE APPLIQUEE
- corde ne sorte pas. L’autre extrémité de la corde passe sur la poulie C et on la noue au point D du deuxième cadre.
- Les quatre baguettes se trouvent ainsi placées dans les deux cadres aux trous percés pour cet usage, et sont facilement démontables, on baisse enfin le séchoir afin qu’il soit au même niveau. Lorsqu’on a déter-. miné le niveau le plus facile pour y placer la lessive, on peut faire une marque dans la corde afin d’avoir toujours, d’une manière rapide, la bonne hauteur pour étendre le linge.
- Constructeur : Victor, i5 et 17, rue des Amandiers, Paris.
- Fauteuil-hamac « Gipsy ». — On connaît l’avantage et la commodité des fauteuils dits « transatlantiques »
- Fig. — Le fauteuil-hamac « Gipsy ».
- qui, repliés, occupent peu de place et qui permettent de prendre telle position de repos que l’on désire.
- Cependant ce genre de fauteuil n’est pas pratique quand on veut allonger les jambes ou reposer les bras. Certains
- Fig. 5. — Le « Gipsy » -transformé en fauteuil.
- modèles prévoient des bras aux fauteuils transatlantiques, mais ne permettent pas de se coucher commodément.
- Un nouveau système de fauteuil présenté au concours Lépine a la particularité de pouvoir se monter comme un fauteuil ordinaire avec bras, et au moyen d’un système de levier articulé, le fauteuil, par le simple mouvement du dos en arrière, bascule et prend la forme d’un véritable hamac. Ce mouvement de bascule est d’ailleurs fait en sens inverse automatiquement lorsque le corps revient en avant.
- La toile est fixée sur ce châssis d’une façon toute spéciale qui empêche toute déchirure et tout accroc.
- C’est en réalité un fauteuil, une chaise longue et un hamac réunis dans le même appareil.
- Constructeur : Daigney, 4> rue Saint-Sauveur, Paris.
- Chariot Pouss-Pouss pour bébé. — Cet ingénieux chariot Pouss-Pouss est destiné à des enfants en bas-âge, aussitôt que le médecin estime que l’enfant peut se tenir assis sans inconvénient.
- Il permet de faire prendre à l’enfant un exercice raisonné sans risque de fatigue excessive, de déformation quelconque ou de chute, il simplifie la garde et évite le souci de la surveillance en raison même de sa conception. L’usage du chariot assure non seulement l’exercice et le développement musculaire, mais encore une éducation plus rapide des sens de l’enfant.
- Ce chariot est constitué par un siège placé à une hauteur telle que les pieds de l’enfant se posent naturellement à plat sur le sol. Le siège est monté sur roues, un dossier ou une rampe soutient les reins de l’enfant, une courroie permet de l’attacher. Le chariot n’a pas de fond de sorte que les pieds peuvent se mouvoir sur le sol et l’enfant dès qu’il se tient debout prend appui sur une barre placée à l’avant à une hauteur convenable.
- Fig. 6. — Le « Pouss-Pouss ».
- Des dispositifs particuliers empêchent le basculement de l’ensemble dans un sens quelconque quelle que soit la position prise par l’occupant du chariot.
- Le premier mouvement de l’enfant attaché pour la première fois sur le siège est de faire mouvoir ses pieds de sorte que le chariot roule généralement, vers l’arrière, l’enfant enregistre la cause et l’effet'instinctivement, et dans l’espace de quelques heures il sait déplacer son chariot aussi bien en avant qu’en arrière. Attiré par les choses qui l’intéressent il acquiert également très vite le sens de la direction.
- Le buste est maintenu par la courroie, de sorte que les jambes et les reins sont fortifiés par l’exercice sans qu’on ait à craindre la fatigue, car l’enfant s’abstient de tous mouvements dès qu’il se sent un peu las. Lorsqu’il se lève, fortifié par l’exercice, on le libère de la courroie et il s’appuie sur la barre placée à l’avant.
- Il fait mouvoir le chariot en commençant à marcher de lui-même, mais il ne reste debout que pendant la période de temps où il ne se sent pas fatigué, car dès l’instant où la fatigue apparaît l’enfant se laisse retomber sur le siège.
- On n’a donc pas à redouter une fatigue excessive de nature à provoquer des déformations de jambes ou de reins et l’exercice que l’enfant prend de sa propre initiative suscite dans son petit cerveau un intérêt constamment renouvelé qui développe ses sens et qui a le grand avantage de simplifier considérablement la surveillance à exercer.
- Constructeur : E. Guignard, 16, rue Pasteur, Bois-Colombes,
- 132 mh
- p.2x131 - vue 582/663
-
-
-
- ’1@q
- VARIETES
- or,
- LE CHAUFFAGE DOMESTIQUE ET INDUSTRIEL A LA SCIURE DE BOIS
- Dcchet abondant des industries employant le bois comme matière première essentielle (scieries, menuiseries, etc.), la sciure constitue un sous-produit qui, jusqu’à ces dernières années, n’était que partiellement et imparfaitement utilisé. Elle joue encore un rôle important dans les emballages ; mais, au nom de l’hygiène, on tend de plus en plus à la proscrire comme moyen de nettoyage ou de protection du sol des lieux clos et des passages très fréquentés, et l’interdiction du balayage à la sciure est formellement inscrite aujourd’hui dans les règlements officiels concernant la préservation de la santé des ouvriers travaillant en commun dans les ateliers. Les autres usages courants de la sciure laisseront toujours d’importantes disponibilités pour une utilisation de cette substance qui, depuis la guerre, s’est considérablement développée; de plus en plus, on s’attache à employer la sciure comme combustible, soit seule, soit mélangée à d’autres déchets, tels que le brai, le poussier de charbon ou le papier usé et réduit en pâte. Les industriels ont agi sagement en s’engageant dans cette voie, et en s’efforçant de perfectionner les techniques de combustion de la sciure. Nul ne peut prévoir, en effet, quand et comment la crise mondiale du charbon, parvenue à un état aigu, sera conjurée. La production de la houille est généralement déficitaire. Les mines dont l’exploitation n’a pas été interrompue en 1914 ont été trop lourdement mises à contribution^ d’autres sont devenues et resteront momentanément inutilisables ; enfin, les difficultés de la main-d’œuvre et des transports contribuent à aggraver les inconvénients dus à l’insuffisance de l’extraction. Si, parmi les combustibles très divers qui ont été appelés à remplacer en partie la houille, la sciure de bois a été accueillie avec une particulière faveur, c’est d’abord parce que l’augmentation énorme des usages du bois et l’exploitation intensive des forêts en ont sensiblement accru la production; c’est ensuite parce que l’expérience a démontré l’importance de la valeur calorigène de la sciure. A l’état d’humidité normale, ce pouvoir calorique est, d’après Thevenin, de 2000 à 25oo calories, et il passe, d’après Razous, à plus de 3ooo calories, lorsque la sciure, entassée pendant quelques jours à l’abri de l’air humide, subit un commencement de fermentation qui a pour résultat de réduire son humidité. Pour exprimer d’une façon concrète la valeur de la sciure comme combustible, on peut dire, en tenant compte des résultats de plusieurs séries d’expériences concordantes, que 4 kg de sciure équivalent à 1 kg de charbon de terre, mais occupent malheureusement un volume 14 fois plus considérable.
- Avantage dû captage de la sciure, au point de vue économique et hygiénique. — Dans les scieries mécaniques ou dans les chantiers où le bois est débité en grandes quantités, il est facile de recueillir la majeure partie de la sciure, sans avoir recours à un outillage spécial; mais si l’on se propose d’employer la totalité de ce sous-produit ordinairement dédaigné, et si l’on s’est assuré les débouchés nécessaires, il devient indiqué de ne rien laisser perdre, et de procéder au captage intégral. Cette opération ne présente pas d’ailleurs que des avantages matériels. Les sciures de bois, comme les poussières métalliques ou minérales qui se répandent en abondance dans l’atmosphère des chantiers ou des ateliers, du fait de l’exercice de certaines industries, sont susceptibles de déterminer des maladies professionnelles redoutables, affectant principalement les voies respiratoires. Elles agissent mécaniquement en obstruant les ultimes ramifications bronchiques, et en blessant la muqueuse délicate des alvéoles pulmonaires ; d’où, pour les ouvriers, diminution de la capacité respiratoire, et tendance à l’essoufflement et à l’emphysème. De plus (et c’est là ce qui a fait condamner son emploi dans le balayage), la sciure qui se dessèche, et reste en suspension dans l’air après avoir été soulevée du sol, sert de véhicule à des microbes pathogènes ; elle est un agent d’infection en même temps qu’un agent vulnérant; et il y a pour le personnel ijn gros intérêt à l’évacuer
- en totalité dès sa production. Enfin, certains techniciens ont fait justement remarquer que les machines elles-mêmes bénéficient du captage intégral et immédiat. La sciure qui séjourne en abondance dans l’atmosphère se fixe sur les rouages délicats et les encrasse, provoquant des arrêts ou des ruptures. Ce n’est donc pas engager une dépense de luxe qu’organiser un système, peut-être coûteux, d’évacuation des sciures dans les usines qui traitent de grandes quantités de bois, avec la préoccupation de tirer parti des sous-produits.
- Le captage des sciures à la source est réalisé par un certain nombre de dispositifs qui ne sont pas d’un usage exclusif aux industries du bois. On fait appel parfois à des transporteurs à toile ou à chaîne sans fin, à de vastes conduites reliées à de puissants aspirateurs. Souvent des gaines spéciales enferment les machines et les relient à la conduite aspiratrice. Ces gaines aspirent la sciure en même temps que les poussières; elles entraînent même les déchets plus volumineux et les conduisent vers les chambres de réserve. Les menuiseries, les usines où l’on procède au broyage du liège se trouvent bien, d’adopter ce mode de captage des sciures par aspiration en appareil clos.
- Dans les chambres où aboutissent les conduites d’évacuation, des compartiments à cloisons contrariées servent à drainer progressivement les sciures vers les parties basses, cependant que l’air ainsi filtré s’échappe par une cheminée aménagée à cet effet; ailleurs, la séparation de l’air et des sciures est opérée par un cyclone qui dirige, grâce à un mouvement d’hélice, les particules solides vers le sol. Comme le pouvoir calorifique de la sciure augmente par le séchage, celui-ci est parfois rendu plus rapide par des appareils spéciaux. Dans d’autres cas, on attend purement et simplement qu’un séjour suffisamment prolongé dans les chambres de réserve ait provoqué la fermentation et l’évaporation qui confèrent à la sciure son maximum de combustibilité. Ce résultat est ordinairement obtenu entre 10 et i5 jours.
- Dès que la sciure, captée par les procédés qui viennent d’être brièvement rappelés, est suffisamment sèche, elle est en état d’être employée comme combustible. Pour cela, deux moyens s’offrent au consommateur : utilisation de la sciure sous forme d’agglomérés ou de briquettes; utilisation directe. En général, la première méthode ne nécessite pas la mise en service de foyers spéciaux, mais elle entraîne une manipulation supplémentaire et l’intervention de produits accessoires. La seconde n’est ordinairement avantageuse et ne donne le maximum de rendement qu’à la condition que les appareils de chauffage aient été spécialement adaptés à recevoir le nouveau combustible.
- Les agglomérés à base de sciure. — L’emploi de la sciure à la fabrication de briquettes dans lesquelles cet élément constitue le combustible essentiel, ou l’un seulement des produits calorigènes, présente bien des avantages. L’agglomération rend le transport beaucoup plus facile, la compression diminue le volume et la teneur en eau. La première opération consiste à malaxer la sciure avec un corps agglutinant qui peut être de nature très variable. On a utilisé, dans ce but, la terre glaise et le ciment, les colles animales ou végétales, la colophane, la gélatine, les brais, les goudrons, les résines de pin, le bitume et le coaltar. Le malaxage à bras est effectué de la même manière que la préparation du mortier. Le malaxage mécanique, qui permet de gagner du temps et de traiter des matières premières en quantités plus considérables, est également obtenu avec des machines empruntées à l'outillage d’autres industries (malaxeurs des cimentiers, mélangeurs et mouilleurs, mélangeurs des briqueteries). Le choix des appareils dépend de la nature de l’agglutinant et de la proportion des corps, autres que la sciure, qui entrent dans la composition de l’aggloméré. Quand le malaxage est terminé, le moulage et la compression peuvent être faits à la main ou par l’intermédiaire de moules-compresseurs mécaniques. Lq séchage constitue epfin le
- <HJ*
- p.2x132 - vue 583/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- dernier temps de la fabrication^ des briquettes ; le séchage naturel est sûr, mais il a l’inconvénient d’être lent. Suivant les régions, les saisons, les conditions atmosphériques, le séchage à l’air libre exige de une à trois semâmes. L’emplpi de la chaleur artificielle a pour avantage de hâter le moment où la consommation de l’aggloméré peut être possible. Tous les dispositifs utilisés dans les autres industries sont applicables ici, mais quand il entre dans la composition des briquettes des substances susceptibles de se modifier sous l’influence des hautes températures, il est important de surveiller le thermomètre avec une attention soutenue. C’est pourquoi beaucoup de. fabricants s’organisent de façon à disposer d’entrepôts assez vastes pour se contenter du séchage à l’air, l’installation des séchoirs se réduisant à l’édification de hangars couverts et largement ventilés.
- Les agglomérés de sciure ayant la forme de briquettes sont les plus communs. Qn prépare aussi des comprimés ovoïdes analogues aux boulets de charbon. De nombreux brevets ont été pris en France et à l’étranger pour des variétés d’agglomérés ne différant que peu les uns des autres!1). Il est plus intéressant d’entrer dans quelques détails au sujet de la composition de ces agglomérés. Voici à cet égard quelques formules ayant donné des résultats heureux :
- A) Sciure de bois, 70 pour 100; terre glaise, ù5 ; papier de rebut réduit en pâte, i5;
- B) Brai, 23 pour 100; terre glaise, 10; sciure, 46; poussier de charbon, 22 (2) ;
- C) Sciure agglomérée avec du goudron de houille brut et de l’argile, composition résistante et d’un prix de revient peu élevé (3).
- 11 faut tout particulièrement signaler que le mélange de tourbe et de sciure de bois possède un pouvoir calorifique élevé (4000 calories). C’est une considération qui n’est pas à négliger dans notre pays où l’exploitation des tourbières mériterait d'être poussée beaucoup plus activement qu’elle ne l’est en réalité. La crise charbonnière nous contraindra probablement à faire plus de cas de ces réserves.
- Parmi les agglomérés combustibles à base de sciure do bois, les moins volumineux sont ordinairement réservés aux usages domestiques, les grosses briquettes sont à l’occasion utilisées par les industriels. Mais la grande industrie a pins volontiers envisagé, pour tirer parti du pouvoir calorifique des sciures, l'installation de foyers spéciaux permettant l'admission directe de la sciure, simplement séchée et n’ayant subi aucune autre manipulation préalable. Qn a également construit des petits foyers à sciure fonctionnant bien pour la cuisine et le chauffage des appartements.
- Le chauffage direct à la sciure : foyers spéciaux. — Les foyers industriels dans lesquels on peut utiliser la sciure brute comme combustible doivent comporter quelques dispositions spéciales. Ges caractéristiques sont obtenues tantôt par des modifications apportées à des foyers déjà existants, et ayant admis, auparavant de la houille, tantôt par l’installation de foyers entièrement neufs et construits tout exprès pour brûler la sciure (4).
- Les foyers à sciure. sont des foyers à grille, avec voûte à réverbère, portant une hotte pour l’introduction du combustible. Âù chargement, un jet de vapeur entoure la hotte, pour empêcher la flamme de faire irruption par l'ouverture. Ce qui n’a pas d’importance pour les foyers à charbon en présenterait ici, où le combustible, finement divisé et aisément inflammable, prendrait feu en partie avant son introduction daps le foyer; les grilles doivent résoudre les difficultés suivantes : maintenir au foyer la sciure et les petits déchets de bois, tout en laissant les passages suffisants à l’air nécessaire à la combustion. L’air arrive sous la grille à une tempé-
- 1. Bans cette revue générale, nous 11’avons pas à signaler les fabricants qui ont fait breveter leurs procédés particuliers
- de manutention de la sciure en vue de l'obtention des agglomérés plus ou moins volumineux, destinés soit à l’indusfrie, sgjt apx usages doipestiqpes. i[aif à ce sujet Ig brochure de M. Hottip. (Èqquète dp jourpaf L’l7$i#e- sur i’ptj-ljsatipn dps scigres de bois comme combustible.)
- 3. Sa.rra.be. L’éclairage et le chauffage depuis le début des hostilités, Chimie et Industrie, ir0 année, n° 3, août 1918.
- 3. Chimie et Industrie, ire année, n" 4, sept., 1918, p. 403, Combustibles, brevets.
- 4. Yoir encore à ce spjet la brochure de M. Not.tin, 0. P.
- rature déjà haute, et par le jeu d’un ventilateur qui le répartit aussi également que possible sous la couche de combustible. Enfin, il est encore indispensable que la grille soit facile à réparer et à nettoyer.
- On a construit différents types de grille à sciure très ingénieux et pouvant s’adapter aux variétés courantes des grands foyers en usage dans l’industrie. Les unes sont constituées pur des barreaux ou des plaques disposées eu lames de persienne, et placée.s transversalement à l’axe du foyer. D’autres sont constituées de plaques de foute juxtaposées, mais percées de trous copiques pour la ventilation.
- Les foyers spécialement établis en vue de l'utilisation directe de la sciure sont déjà très variés. Les Américains en ont imaginé toute une série et construisent de nombreux exemplaires de chaque type. Il existe également des modèles anglais très recommandables dont qrielques-uns sont caractérisés par l’ingéniosité des organes de vérification, Nos constructeurs ne sont pas restés inactifs dans ce mouvement général!1),. Et ils ont produit des appareils dont le succès a démontré l’heureuse conception. Certains foyers comprennent une grille à barreaux horizontaux dont le diamètre prpît du sommet à la hase; ils sont alimentés au moyen d’une hélice en fonte. Dans d’autres, les sciures chargées à la pelle descendent par leur propre poids dans les trémies (l’une au-dessus de l’autre) située au devant du fourneau, avec déclic entraînant le combustible dans le foyer, et le chargement est particulièrement commode. Un tout récent perfectionnement apporté aux machines de cette dernière catégorie, a réalisé un foyer mixte, admettant à la fois du charbon, de la sciure et des -bûches de petit volume,
- Les mêmes principes ont servi à l’établissement des petits foyers à sciure pour les usages domestiques. Dans certains cas, on a transformé les cuisinières ordinaires; dans d’autres, op a construit de toutes pièces des poêles et des réchauds dont quelques-uns sont conn modes et bon marché. Parfois des appareils de fortune, dont l’invention a été provoquée par les circonstances de guerre, ont servi de modèle à l’industrie. Dans un établissement militaire important, dit M. Sarpada(2), pn a employé (pour fabriquer des réchauds alimentés à la sciure de bois) de vieux bidons à carbure, k L’appareil, une fois chargé, fonctionne pendant 10 ou 12 heures et permet de porter à l’ébullition en 2 heures 80 litres d’eau ou d’élever de 90 à 200 la température d’une pièce de 70 m3 environ. >>
- Conclusions. •— Cet exemple paraît concluant. L’ulili-sation de la sciure comme combustible est donc entrée dans une phase ou l’on a, d’ores et déjà, obtenu des résultats pratiques appréciables. Les recherches et les inventions de ces dernières années ne demeureront pas vaines si, en acceptant lq crise de la houille comme une difficulté acquise, les particuliers et les industriels s’efforcent d’y remédier en qyapt, autant que foire se peut, recours aux combustibles de remplacement. L’in? géniosité dépensée par çhqcuii & suppléer au manque de charbon sera plus féconde que les ruses mises en oeuvre pour accaparer, aux dépens de la collectivité, la plus grosse part possible de trop faibles stocks.
- En ce qui concerne le chauffage à lq sciure de bois, la question est peut-être plus avancée dans le domaine des usages domestiques (cuisine familiale et chauffage des appartements) que dans celui de l’industrie, Dé valeur calorifique bien inférieure à la houille, et, à poids égal, de volume beaucoup plus considérable, lq sciure ne saurait être substituée en toutes circonstances au combustible par excellence que représente le charbon de terre. De nombreuses opérations industrielles pâtiraient étrangement de cette substitution systématique, que d’ailleurs les quantités de spîure disponibles pe permettent pas d'envisager. Mais, par contre, il est des pas où le remplacement est possible et souhaitable: il permettrait à l’industriel intéressé de diminuer ses frais généraux, et à la collectivité dp disposer de quantités de charbon moins restreintes. Ce qu’il fout rechercher à l’heure actuelle, ce pont précisément les cas où le chauffage à lq sciu'pe serait nettement le plus favorable aux intérêts de tons. Francis Marre.
- Ohimjsle-expert pivs la Cour d’Appcl de Paris.
- 1. Yoir encore M. Nottin, o. c. (Foyers Godillot, Faye, Mai’go, etc.).
- 2. Chimie et Industrie, 0. c., août 1Q18..
- p.2x133 - vue 584/663
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- as?
- Nouvelle méthode de créosotage des bois. — Au
- Canada, une amélioration très importante a été réalisée dans l’imprégnation des bois par la créosote.
- « Forest Products Laboratories », cité par Empire Forestry Journal, .indique cette méthode, qui donne des résultats très satisfaisants.
- Préalablement au créosotage, les pièces de bois sont incisées suivant la direction des libres, la profondeur et l’emplacement des incisions variant avec la nature du bois. Les incisions servent de points de départ pour la diffusion du liquide. Le degré d’humidité, la qualité de la créosote, l’essence et quelques détails de manipulation influencent le résultat de l’opération.
- Le nombre et l’emplacement des incisions doivent être tels, que l’huile, pénétrant dans le bois par une des incisions, rencontre celle de l’incision voisine dans un temps déterminé, de façon à former une zone de protection d’épaisseur égale et englobant la partie non imprégnée. L’épaisseur de cette couche dépend de la profondeur des incisions.
- Les incisions se font au moyen de cylindres d’acier garnis de ciseaux amovibles. Cette opération ne sectionne pas la libre, mais crée des petites fentes entre les fibres dans le sens de leur longueur.
- La résistance mécanique des bois n’en est pratiquement pas diminuée.
- L’imprégnation de Hemlock '— un bois très dur — est très difficile avec les moyens ordinaires. Après incision, elle se fait aisément. En outre, on obtient un meilleur résultat avec une moindre quantité d’huile de créosote, par mètre cube de bois. Pour des bois de pins divers, l’imprégnation ne dure que la moitié du temps qu’exige le procédé ordinaire.
- « Forest Products Laboratories » en tire les conclusions suivantes :
- i° Pour les bois s’injectant aisément, l’injection conduit à un travail plus parfait et à une notable économie de créosote ;
- 2° L’incision rend possible l’imprégnation des bois durs ;
- 3° L’imprégnation se fait plus rapidement chez les bois incisés et l’économie de temps peut être de moitié pour les essences à injection facile; il en résulte un plus grand rendement des usines de créosotage ;
- 4° Les bois formant le chargement d’un même récipient à injection sont régulièrement et suffisamment imprégnés.
- Cette nouvelle méthode d’injection des bois est appliquée par « Canadian Pacific-Railways Cy » aux traverses de son réseau, et toujours avec succès. Henri Blin.
- Peintures aux résinâtes métalliques pour verres et céramiques. — Les solutions de certains résinâtes métalliques employées en peinture sur le verre, la porcelaine, donnent, après chauffage dans une atmosphère oxydante, des effets irisés particuliers.
- On emploie des résinâtes de chrome, de fer, d’or, de cadmiun, de cobalt, de nickel, d’argent, de platine, d’uranium, de bismuth.
- Le résinate de chrome s’obtient en précipitant une solution de bichromate de potassium par une solution de savon résinique.
- Pous obtenir les autres résinâtes, on traite une solution de savon résinique sodique par une solution aqueuse d’un sel approprié du métal en question : pour le résinate de fer on prend du sulfate terreux ; pour le résinate d’or, du chlorure d’or; pour le résinate de cadmium, du sulfate de cadmium, pour le résinate de cobalt, du sulfate de cobalt ; pour le résinate de nickel, du nitrate de nickel ; pour le résinate d’argent, le nitrate d’argent; pour le résinate de platine, le chlorure de platine ; pour le résinate d’uranium, le nitrate d’uranium, et pour le résinate de bismuth, le nitrate de bismuth.
- En outre, on emploie le résinate d’aluminium, avec lequel on obtient des peintures sur céramique à couleurs très vives.
- Le résinate d’aluminium se prépare en précipitant une solution de sulfate d’alumine, légèrement acidulée à l’acide sulfurique, par une solution de savon résinique sodique.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui | parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature ! oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- ^Adresses relatives aux appareils décrits.— Broyeur pulvérisateur transportable. Constructeur : Jeffreys, à Colombus (Ohio).
- Communications. — La cathédrale d’Amiens. — M. Brandicourt nous écrit d’Amiens :
- « Le petit entrefilet du supplément du n° 2686 (26 septembre) consacré à la cathédrale d’Amiens a attiré mon attention. Vous avez raison de rassurer vos lecteurs sur le sort de la cathédrale d’Amiens. Jamais notre magnifique basilique ne fut en danger. L’excavation qui s’est produite bien en avant du parvis était due à l’effondrement de caves anciennes. Comme une mère poule rassemble ses poussins autour d’elle, N.-D. d’Amiens était, aux xivc, xv° et xvi° siècles entourée de nombreuses auberges « hostelleries » destinées à abriter et héberger les nombreux pèlerins qu’attirait l’insigne relique du chef de saint Jean-Baptiste. C’est la cave, ou les caves de quelques-unes de ces anciennes constructions, qui s’est effondrée ; la voûte de ces raves n’était pas faite pour résister au passage incessant de lourds camions automobiles.
- Depuis 705 ans, notre cathédrale est demeurée impavide : bien des palaces modernes seront retournés en poussière avant que commence seulement à se désagréger la plus belle cathédrale du monde. »
- A propos des piqûres de scorpion. — M. Liébaut, habitant le Maroc, nous écrit :
- « Je lis dans La Nature, n° 2,681, divers remèdes contre les piqûres de scorpions; permettez-moi de vous signaler un traitement si simple, que la plupart des gens n’y croient qu’après en avoir constaté sur autrui les résultats.
- Le plus rapidement possible, faire dans la région de la piqûre une ou deux incisions très légères, y appliquer une simple « chique» de tabac bien humectée. En deux ou trois minutes la douleur est calmée.
- Je tiens ce traitement d’une personne ayant beaucoup voyagé en Amérique du Sud, où, parait-il, les indigènes se soignent de cette façon. Maintes et maintes fois j’ai eu l’occasion de l’appliquer à mes ouvriers marocains et chaque fois avec succès. Je n’ai jamais eu besoin de dire à l’individu ainsi traité de reprendre son travail, il s’y remettait de lui-même après quatre à cinq minutes de repos.
- Il y a quinze jours environ j’ai été chez un voisin soigner de cette façon un enfant de 6 ou 7 ans. Il y avait plus d’une demi-heure qu’il avait été piqué ; il était pris de frissons, etc. Une heure après l’application de la « chique », le gosse se mettait à jouer.
- La nicotine serait-elle un contre-poison du venin de scorpion ?»
- Réponses. — M. S. P., à Athènes. — Il existe différents ouvrages récents de chimie pharmaceutique. Outre le Précis de Pharmacologie, de Richaud (Collection des Précis médicaux, Masson et C‘% éditeurs), vous pouvez consulter Moureu, Notions fondamentales de chimie organique, Gauthier-Villars, éditeur; Delac-re, Tr'aité de chimie pharmaceutique organique, Doin, éditeur; Fourneau, Préparation des médicaments organiques, Baillière, éditeur.
- p.2x134 - vue 585/663
-
-
-
- Cours pratique de (orge et de chaudronnerie, par M. CahiAc. i vol. in-16, 320 p., 3i6 fig. G. Doin : Paris, 1925. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage groupe, avec les différents traitements du fer et de l’acier, les notions de géométrie et de tracé nécessaires à la réalisation des divers ouvrages en fer, les procédés de mise en oeuvre à froid et à chaud de ces métaux.
- Ce volume permet ainsi à l’apprenti de comprendre et de résoudre les divers problèmes qui peuvent se présenter à lui. Les principales divisions de ce livre sont les suivantes : t— Généralités sur le fër et l’acier (classification, propriétés). Traitement thermique.
- J Notions de tracé. Forge (travail à la main et mécanique). Laminage. Etirage. Tôlerie et chaudronnerie. Emboutissage. Soudure autogène. Découpage au chalumeau.
- Manuel de l’opticien fabricant, marchand et réparateur, par L. Yerleye, i vol. a3g p., 29 fig. Desforges-Girardot et Cle. Paris, 1925. Prix : 12 francs.
- Cet ouvrage prétend donner à l’opticien lés notions théoriques et pratiques nécessaires pour comprendre et exercer son métier. Il contient des généralités physiques sur la lumière qui ne se recommandent ni par la limpidité, ni par Pexactitude. Le praticien désireux d’acquérir les notions d’optique qui lui sont indispensables fera mieux de consulter Un traité élémentaire de physique classique. L’auteur donne ensuite des explications extrêmement sommaires sui’ les instruments d’optique, et aussi sur d’autres, instruments qui n’ont aucun rapport avec l’optique ; mais que vendent souvent les opticiens : baromètre, thermomètre. Le baromètre est, paraît-il, un instrument qui permet de se rendre compte du plus ou moins d’épaisseur de la couche d’air qui nous surplombe ! Nous osons espérer que les opticiens qui préparent nos verres ont un bagage scientifique un peu plus sérieux. De même, s’ils veulent pratiquer l’examen de la vue, nous leur conseillerons de puiser dans un ouvrage d’ophtalmologie et non dans ce manuel les notions indispensables. La fin de l’ouvrage consacrée à la lunetterie proprement dite contient quelques renseignements utiles.
- L’appareillage ménager et sa manipulation, par le DT M.-Gommés, i br., 21 p. Maloine, éditeur. Paris,
- 2 francs.
- Les travaux domestiques, apanage de la femme, sont encore en général pratiqués suivant une routine millénaire qui entraîne un cruel gaspillage de force. Comme les travaux industriels, ils peuvent et doivent bénéficier d’une organisation rationnelle et d’un outillage mécanique qui affranchira la femme, maîtresse dé maison ou servante, d’un servage indigne de notre époque. Telle est la thèse que soutient éloquemment le D' Gommés dans cette brochure, où il passe en outre rapidement en revue les différents problèmes à résoudre pour réaliser cet idéal.
- Manuel de coupe, par Mme Guerre-LavigNe. i vol. in-16, 3oo p., a3o fig. J.-B. Baillière et fils, éditeur. Paris, 1925. Prix : 12 francs.
- L’auteur publie ici le cours qu’il a professé dans les écoles de la Yille de Paris; il y enseigne d’une façon méthodique et originale la coupe de tous les vêtements féminins.
- La joie du Camping, par Bauùry de Saunier, i vol., 56 p., i5 fig. Flammarion. Paris. Prix : 5 francs.
- Le camping, la vie de vacances en plein champ sous la tente, est un sport charmant, hygiénique, économique. L’auteur montre comment on peut, à l’aide de l’automobile et de la roulotte-remorque, trouver dans le camping, outre les joies du plein air, la satisfaction d’un logis confortable.
- Venfant turbulent, Etude sur les retards et les anomalies du développement moteur et mental, par le Dr H. Wallon, r vol. iu-8, 653 p., Bibliothèque de Psychologie de l’enfant et de pédagogie, Félix Alcan. Paris. Prix : 40 francs.
- L’excès plus ou moins pathologique d’activité qu’est la turbulence en montre mieux les mécanismes et les motifs. S’appuyant sur une collection de deux cents et quelques observations, riches de faits concernant les conditions héréditaires, les affections familiales ou personnelles, les circonstances diverses qui peuvent influer sur le développement physique et mental de l’ènfant, l’auteur s’attache particulièrement à ses façons d’agir et de réagir, pour y reconnaître ses dispositions, aptitudes et progrès psychiques. Il montre quelles fonctions peuvent en devenir l’origine et l’instrument ; comment les étapes de cette évolution psycho-motrice sont identifiables par l’étude des retards et arrêts de développement ; comment chez d’autres catégories d’anormaux c’est un simple déséquilibre qui se traduit suivant les cas par certains états d’inconsistance mentale, par de l’excitation affective, par des tendances perverses, par le dérobement des idées et de l’attention,
- La méthode de ce travail tend à vérifier la formule célèbre que la psychopathologie doit suppléer à l’expérimentation bien souvent impraticable chez l’homme. Il abonde en indications de psychologie normale.
- L’imitation chez l'enfant, par Paul Guillaume, i vol. in-8, 235 p., Bibliothèque de Psychologie de l’enfant et de Pédagogie, Alcan, Paris. Prix : i5 fr.
- Dans cette riche monographie, le phénomène de l’imitation est saisi à ses débuts chez l’enfant du premier âge, Fauteur étudiant ses propres enfants, pendant leurs deux premières années. On conçoit l’intérêt d’une pareille enquête, poursuivie jour après jour et conduite par un psychologue de profession au courant des travaux contemporains sur le sujet ; les observations sont complétées par les théories, celles-ci à leur tour sont contrôlées au moyen des faits, ce qui permet soit d’approfondir les solutions adoptées, soit d’exposer plus clairement les problèmes.
- L’activité psychique. Les réactions centrales dans les phénomènes cérébraux, par Edme Tassy. i vol. in-16, 126 p. Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Alcan. Paris. Prix : 9 francs.
- La psychologie dite expérimentale ou positive étudie les conditions concomitantes de l’idéation et de l’émotion, mais non la formation même des idées et des sentiments, leurs possibilités de production en rapport avec les propriétés de la matière nerveuse.
- L’auteur montre comment se construit la fonction psychique, celle qui entre en jeu lorsque l’être pensant est immédiatement intéressé à l’action subie ou à Pacte projeté. Il indiqué que cette fonction se forme, non par les réactions sur l’extérieur, mais par les réactions de la matière nerveuse sur elle-même, et comment celléS-ci s’opposent et se différencient progressivement jusqü’à s’individualiser dans des manifestations distinctes et pleinement conscientes.
- Les fastes de l’Industrie, 1 vol. illustré, 164 p. Editeur, L’Edition Universelle illustrée, 3g, rue d’Amsterdam. Paris, 1925. Prix r) fr. 5o.
- Les fastes, ce sont les événements mémorables, les faits saillants dé l’année. L’objet de ce volume, rédigé par des notabilités de la science et de l’industrie, c’est de reconstituer l’essentiel de la physionomie de l’année écoulée. On ne peut contester l’utilité de cette tentative à une époque où les événements chaque jour se présentent en tous sens, où les problèmes s’enchevêtrent en désordre. Un coup d’œil en arrière, avec le recul nécessaire, favorise la réflexion et l’étude. Ce petit volume remplit bien le but qu’il s’est proposé : il contient de nombreuses études remplies de chiffres précis et d’idées : citons celle de M, Aftalion sur les aspects essentiels de l’industrie française en 1924; de M. J.-L. Breton sur les inventions de l’année; de M. Ch. Reibell sur les prestations en nature de l’Allemagne ; de M. Guillet sur l’activité des régions métallurgiques ; de M. Partiot sur les allocations familiales ; de M. Marlio sur l’aluminium; de M. Lœbnitz sur la céramique; de M. Quenisset sur l’étude des planètes, etc.
- p.2x135 - vue 586/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- ><
- INFORMATIONS
- ><
- N° 2691
- 3! Octobre 1925
- Le nouveau projet aéronautique d’Amundsen dans les régions polaires. — Dans nne note publiée récemment, nous annoncions qu’Amundsen se préparait à reprendre l’été prochain son projet de traversée du ba ssin arctique par la voie des airs, mais que d’après les journaux norvégiens le célèbre explorateur n’avait pas encore choisi le moyen de locomotion aérienne qu’il emploierait; il hésitait entre l’avion et le dirigeable.
- A 1 assemblée générale de la Société norvégienne de Navigation aérienne, tenue à Oslo le 9 septembre, le lieutenant de vaisseau Rdiser-Larsen, qui pilota l’hydro-plane d’Amundsen dans son dernier raid vers le Pôle, a exposé, au nom de son chef, le programme de sa prochaine campagne aéronautique dans l’extrême nord.
- Ainsi que nous l’avons annoncé, le nouveau voyage comprendra la traversée complète du bassin arctique. Partant du Spitsberg, Amundsen se dirigera vers le Pôle, et de ce point se rabattra vers la côte nord de l’Alaska.
- La Ring sbay ou baie du Roi servira l’été prochain, comme cette année, de base de départ à l’expédition : des bords de ce fjord à la pointe Barrow, le promontoire le plus avancé de 1 Alaska, vers le nord, la distance est de 3400 km.
- Instruits des dangers que la descente sur la banquise présente pour un avion par les péripéties de leur dernier raid, les explorateurs norvégiens ont adopté cette fois le dirigeable. A cet effet Amundsen a acquis du gouvernement italien le semi-rigide L. N. en service dans la marine de nos voisins et amis. Son volume est de i85oo m3 et sa vitesse horaire maxima de ni km., laquelle estobtenue au moyende trois moteurs de i5o ch. Une fois le contrat de vente signé, le N. L. a reçu de ses nouveaux propriétaires le nom de Norge (Norvège).
- Outre son chef, le capitaine Roald Amundsen, l’expédition comprendra : M. Lincoln Ellsworth, le mécène américain qui a accompagné les Norvégiens dans leur expédition de 1925 et dont les libéralités ont permis l’exécution de cette entreprise, les lieutenants de vaisseau de la marine norvégienne, Riiser-Larsen, Dietrichson, Omdal, llorgen et Gustav Amundsen — les trois premiers ont pris part au raid de l’été dernier — un météorologiste, un journaliste et un sans-filiste, tous les trois norvégiens.
- La direction de 1 aérostat sera probablement confiée à son constructeur, l’ingénieur italien Nobile. Trois mécaniciens de même nationalité compléteront l équipage, et peut-être également le mécanicien allemand Feucht qui accompagna Amundsen dans sa randonnée en avion. Le personnel comptera donc i5 ou 16 homme?.
- Sous une pression atmosphérique de 760 mm et par une température de — io°le Norge peut enlever 9,4 tonnes métriques. Le poids des hommes de l’équipage est évalué à 1600kg., celui de l’huile et de l’essence à 6000 kg; celui de l’équipement,.des vivres, des instruments scientifiques à 1200 ; il restera par suite une marge de 600 kg pour le lest proprement dit.
- Le dirigeable est actuellement soumis à une révision complète. Ce travail achevé, il entreprendra en janvier prochain un voyage d’essai de Rome à Norfolk en Angleterre, puis fera route vers Trondhjem, en Norvège. Aux environs de cette ville sera érigé un mât auquel le dirigeable demeurera amarré jusqu’à son départ au printemps.. De Trondhjem l’aéronef gagnera ensuite la baie du Roi, au Spitsberg, un trajet de 1420 km. — Sur les bords de ce dernier fjord va être érigé un hangar où le Norge sera abrité en attendant le moment favorable pour entreprendre son audacieux voyage. Les travaux préparatoires de cette construction sont déjà en bonne voie)
- Amundsen est un novateur hardi, non seulement dans la technique de l’exploration, mais encore en matière d’organisation financière. Jusqu’ici les dépenses de ces entreprises étaient couvertes soit par le budget des états, soit par des subventions fournies par des.académies ou des sociétés scientifiques, soit encore par les libéralités de mécènes.. Les sept campagnes qu’Amundsen et son navire viennent d’accomplir dans l’Arctique ayant absorbé toutes ses ressources, y compris son propre avoir, l’énergique Norvégien imagina une combinaison
- nouvelle en matière d’exploration, afin de se procurer l’argent nécessaire à l’exécution de son raid en avion pendant l’été 1925. Avec son ami américain Lincoln Ellsworth et la Société norvégienne de Navigation aérienne il constitua une société anonyme par actions pour la conquête du Pôle par la voie des airs. Les résultats du premier exercice sont, parait-il, satisfaisants. La vente des droits de traduction de la relation du voyage accompli l’été dernier — ces droits ont été cédés dans dix pays, — celle des photographies et des films cinématographiques pris.au cours de l’expédition, enfin les conférences qu’Amundsen va donner dans les deux mondes à partir du milieu de septembre, non seulement couvriront les dépenses de l’exploration de 1925, mais encore laisseront un excédent important. Cet excédent, ainsi que des concours financiers déjà acquis en Amérique, paieront l’expédition de 1926. Si cette nouvelle entreprise réussit, les actionnaires rentreront certainement dans une partie de leur capital. Souhaitons qu’au moment de la répartition finale ils n’oublient pas qu’Amundsen a donné l’exemple du plus généreux désintéressement en sacrifiant à son idée la modeste aisance que la conquête du Pôle sud lui avait apportée.
- Charlks Rabot.
- Un barrage gigantesque. — Le Rio Colorado, fleuve du Sud des Etats-Unis, est universellement célèbre par les canons gigantesques qui forment une partie de sa vallée. Ce fleuve coule à travers une région quasi désertique. Les Américains ont formé le projet de capter et d’utiliser l’énorme source d’énergie hydraulique qu’il constitue. Problème difficile à bien des égards, d’abord par la nature des contrées traversées, dans lesquelles il n’y a point pour l’instant de centres habités ni d’industries capables d’utiliser l’énergie recueillie ; problème difficile également en raison des compétitions des divers Etats traversés par le fleuve; les obstacles administratifs ne sont pas moindres aux Etats-Unis qu’en France. Le débouché principal de l’énergie électrique que peut fournir le Colorado se trouve dans le sud de l’Etal de Californie, à près de 400 km. de l’endroit où l’on se propose de barrer le Colorado. Cette distance, aujourd’hui, n’arrde plus les électriciens, et aux Etats-Unis on regarde comme résolus les problèmes que soulève un transport d'électricité de cette envergure. On a donc poussé les études techniques du projet d’utilisation du Colorado. Celui-ci comporte en particulier l’exécution d’un barrage qui battra tous les records du colossal : l’ouvrage aura 217 m. de hauteur au-dessus du fond de la rivière; 200 m. de largeur à la base, i5 m. de largeur au couronnement. Il sera construit en un endroit très resserré de la vallée, sa longueur ne dépassera pas 320 m. En arrière de ce mur, il se formera un réservoir de plus de 4o milliards de m3 d’eau, a5 fois la capacité delà retenue du grand barrage d’Assouan sur le Nil.
- La téléphonie aux États-Unis. — D’après une statistique récente, les Etats-Unis se classent en tête de tous les pays par rapport au nombre des téléphones, avec un total d’environ 16000000 de postes, soit 131 par 1000 habitants, alors qu’en Europe, la moyenne serait seulement de 12.
- C’est la ville d’Atlantic City (New-Jersey) qui détient le record du nombre d’appareils par rapport au millier d’habitants avec un chiffre de 336 ; San Francisco n’en compte que 269; Chicago 238; Boston, 222. Quant à New-York, bien qu’ayant plus d’appareils que Paris, Londres, Rome, Bruxelles, Liverpool, Anvers et Chan-gliaï réunis, on ne le trouve cité qu’au 43" rang.
- Les Jeux Olympiques, mesure de l’influence du climat sur l’énergie humaine. — Ecology publie une très curieuse étude de M. Guilhermo Hoxmark sur ce sujet. L’auteur a relevé le nombre- de points gagnés par chaque nation aux Jeux Olympiques d’Anvers en 1920 et de Paris en 1924 ; il a divisé le chiffre de la population de chaque pays par ce nombre de points, de façon à avoir l’indication du nombre de milliers d’habitants correspondant à un point; enfin, il a mis en parallèle la température moyenne annuelle de chaque pays.
- 1
- p.2x136 - vue 587/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- Voici, par exemple, les ré sultats obtenus pour Paris
- en 1924 : Pays. Points. M illier.s d'habitants par jmints. Tejnpéralure moyenne.
- Norvège 31.25 85 3.8
- Finlande. 34 99 3.1
- Suède 44-5 134 5.1
- Uruguay 10 156 16.4
- Danemark *7 i93 7.2 4.4
- Esthonie 7 25o
- Hollande U) 370 8.7
- Belgique 17.7a 433 9-1
- France 64 6i3 11.7
- Argentine i3 622 13.5
- Hongrie 8 980 9-7
- Grande-Bretagne . . 41.25 1.147 9.6
- Etats-Unis 94 1.254 10.6
- Autriche 5 1.295 8.1
- Suisse 29.5 i. 318 8.6
- Italie 25.75 1 . 5o8 i5.2
- Tchéco-Slovaquie. . 8 i -699 8.3
- Australie 3 1.812 17.2
- Haïti I 2.040 24.7
- Portugal •2 3.200 14.8
- Yougo-Slavie. . . . 4 4. a5o 10 7
- Roumanie 4 4.5oo 9. 3
- Sud-Afrique .... I 6.929 16.4
- Espagne 3 7.116 13.6
- Egypte 0.75 17.849 20.7
- Pologne 0.2 5 108.640 7-4
- Les résultats d’Anvers, quelque peu différents, montrent la même classification générale. On y voit un rapport étroit entre la température moyenne du pays et la valeur athlétique de ses habitants représentée par le rapport de sa population au nombre des points gagnés. Bien entendu, d’autres facteurs devraient être aussi considérés, mais il ne s’en dégage pas moins l’impression que les peuples des pays froids ont plus de vigueur que ceux des pays chauds, il serait intéressant de profiter des prochains Jeux Olympiques poux' étendre ces observations.
- La publication des livres dans le monde. —
- M. Fr. des Masières donne dans la revue Papyrus d’intéressantes indications sur la statistique de la production littéraire des différents pays.
- •Voici, pour 1922 et 1923, le nombre des éditions parues, comprenant les ouvrages nouveaux, les éditions nouvelles d’ouvrages déjà publiés et les revues.
- Pays 1972 1923
- Allemagne et pays de langue
- allemande 35.859 30.734
- Grande-Bretagne et Irlande . 10.842 » 12.274
- France territoriale 9.432 9-i59
- Etats-Unis 8.638 8.873
- Italie. ... 6.336 5.077
- Pays-Bas 4.169 4.788
- Danemark 3 419 4.218
- Suède 2.693 3,oi 5
- Portugal 1.515 2.069
- Suisse . 1.419 1.5o4
- Espagne : . 1.267 2.564
- Norvège 1.061 1.159
- Luxembourg 91 140
- Que de livres! Et partout, sau f en Italie, la produc-
- tion est grandement accrue par rapport à 1914, après
- avoir baissé, il est vrai, pendant les années de guerre.
- Les conserves des légumes et des fruits et leur pouvoir .antiscorbutique. — Le Biological Journal rend compte d’expériences récemment faites par M. E. Delf pour déterminer sur de jeunes cobayes la valeur antiscoi'butique de conserves de légumes et de fruits préparées de diverses façons.
- Quand on place des oranges, des citrons, des tomates, etc., en chambre froide, entre 2°5 et 5°4 pendant un certain temps, l’orange se conserve bien, le citron mal, les autres fruits perdent leur pouvoir antiscorbu-tique'en 5 mois environ.' Les jus de citron et d’orange se conservent bien à— 11 et — 14°, le premier mieux que
- le second. Les fruits coupés en tranches dans des bou-teilles, passées ensuite 5 minutes à xoo°, puis closes se conservent bien et les jus mieux qu’à froid.
- L’addition au jus de citron de 0,06 pour 100 de bisulfite de potassium ou de 0,09 pour xoo de sulfite fait perdre à ce produit une jjartie de sa valeur antiscorbutique.
- Ces données peuvent guider le choix du mode de conservation des aliments emportés par les voyageurs et les explorateurs pour éviter le scorbut.
- - jè "Nouvelles de T. S. T. ^
- Les projets de la radiophonie anglaise. — Les
- dirigeants de la « British Broadcasting Company » ont l’intention d’effectuer de nombreuses émissions relayées des stations étrangères lointaines au cours de l’hiver 1925-1926.
- C’est ainsi que des émissions américaines et en particulier les radio-concerts de la fameuse station Iv. D. K. A. de Pittsburg seront fréquemment retransmis. En outre, les opéras joués au Théâtre de Moscou et diffusés par la nouvelle « supei'-station » de Moscou seront, de nouveau, radiophonés régulièrement en Angleterre.
- Modifications des longueurs d’onde des stations de radio-diffusion. — A la suite des essais tentés pour essayer de déterminer les interférences entre les stations de diffusion, les modifications ci-dessous ont été appliquées.
- Ivoenigswusterhausen : toutes émissions sur i3oo m. de longueur d’onde ; Radio-Catalana (Barcelone) : nouvelle longueur d’onde, 460 m. ; Dortmund (Allemagne) : nouvelle longueur d’onde, 265 m.; Shenectady (Etats-Unis): nouvelles longueurs d’onde, r66o m., 38o m., 109 m. et 88 m. ; Nottingham (Angleterre) : nouvelle longueur d ’ on d e, 3 2 5 mètres.
- Nouvelles stations radiophoniques. — On annonce l’installation de nouvelles stations d’émission à Milan, à Berne, à Karlsborg (Suède) et au Caire. Une Compagnie de radiophonie vient d’être fondée en Esthonie et en Tchéco-Slovaquie, la Compagnie de radiophonie « Badio Jouxmal » vient d’être réorganisée avec un capital de kr. 1 000 000. *
- En Pologne, le gouvernement a concédé l’exclusivité de l’exploitation de la radiodiffusion à la Société « Polski-Radio ». Cette Société, au capital de i25oooo z.lotys, a l’intention de faire installer deux stations d’émission.
- Lue exposition de T. S. P. en Espagne. — Une exposition de radiotélégraphie et de radiophonie sera inaugurée à Madrid le i5 novembre. Cette exposition sera, parait-il, très importante.
- Le choix des lampes pour ia superréaction. — On
- sait que le choix des lampes à vide et le réglage du chauffage des filaments de celles-ci a une très grande importance pour le bon fonctionnement des postes à superréaction. *
- D’après des expériences récentes, relatées par le Dr Titus Ivonteschweller, il semblerait que des auditions très satisfaisantes soient obtenues en utilisant des lampes à faible résistance intérieure, par exemple des lampes françaises pour .amplificateur de puissance, de 6000 ohms de résistance intérieure.
- Une conférence internationale de T. S. F. aux Etats-Unis. — Le printemps 1926 verra se réunir à Washington une conférence internationale de radiotélégraphie, à laquelle, les gouvernements de 42 nations étrangères ont été -conviés par le département américain des Postes et Télégraphes.
- Le but principal de cette conférence est la révision de la convention radiotélégraphique de 1912. D’autres questions y seront également traitées, notamment l’avenir du broadcasting, étroitement lié au problème des interférences, qui préoccupe actuellement la conférence radio-téléphonique de Genève. Le sort des informations do presse retiendra aussi tout particulièrement l’attention des congressistes.
- 138
- p.2x137 - vue 588/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *t> Mécanique
- Pour monter un étau à main sur un établi. --
- Lorsqu'on ne dispose que d’un petit étau à main, il peut etre intéressant pour l'amateur de le monter facilement sur un établi ou une table à plateau épais.
- Pour cela on coupe deux pièces de bois rectangulaires
- dont la hauteur égale l’epaisseur de la table. La largeur de clia -que morceau de bois est de 4 cm et l’épaisseur est la même que celle de la branche de l’étau d’établi.
- Ces deux pièces de bois sont fixées sur le plateau de la tahle, de champ, au moyen de vis de manière qu’il y ait entre elles l’intervalle suffisant pour que l’étau puisse tenir sans jeu. Au moyen de deux morceaux de feuillard de 2 cm. de largeur, on maintient la branche de l’étau dans cette monture. Cette fixation des feuillards se fait de préférence avec des vis. On passe l’étau entre les deux morceaux de bois de manière que la tête de la vis touche l’établi, ce qui empêchera l’étau de glisser. .
- Entre la vis de l’étau et le ressort on a placé une petite bande de fer plat qui maintient les cales : ainsi la branche de l’étau ne peut plus se mouvoir de droite ni de gauche, les morceaux de feuillard l’empêchent de s’arracher et l’étau ne peut plus glisser et descendre.
- De cette manière on a à sa disposition un petit étau fixe qui peut servir à de menus travaux. On peut le démonter facilement et l’on n’a pas grandement détérioré la table sur laquelle on l’a placé ; on pourrait fixer cet appareil également sur une boîte à outils.
- Fig. 1. — Montage d’un étau à main sur un établi.
- Une sonnette de porte faîte avec un timbre de vélo. — On peut monter très facilement un timbre de bicyclette pour constituer une sonnette de porte. Le timbre est fixé sur une équerre de bois ou sur un morceau de cornière de manière que la manette qui actionne la sonnette se trouve disposée perpendiculairement à cette équerre et par suite parallèlement au mur.
- La fixation par vis sera faite dans des trous tamponnés, c’est-à-dire des trous garnis d’une pièce de bois
- Fig. 2. — Sonnette de porte faite avec un timbi'e de vélo.
- que l’on aura enfoncée à force. On obtiept ainsi l’immobilisation parfaite des vis qui fixent l’équerre, même si les parois de la cloison ne sont pas très résistantes.
- Pour actionner le timbre à distance, on perce un trou dans la manette sur laquelle on agissait quand l’appareil était monté sur une bicyclette et l’on fixe dans ce trou une petite chaînette ou un câble Bowden. Cette chaînette permet d’actionner ainsi le timbre. On peut d’ailleurs disposer des renvois d’équerre comme avec une sonnette ordinaire.
- Si la manœuvre doit être faite de l’extérieur, on perce un trbu de part en part dans le mur à l’aplomb de la
- languette et ce trou est garni d’un tube métallique de manière que la chaînette puisse y circuler librement à l’extérieur. On termine la chaînette par un anneau de grandeur suffisante pour qu’ofa puisse y passer le doigt et pour ramener cet anneau dans sa position de départ une fois qu’on a agi sur le timbrera chaînette est reliée, à la manette du timbre par l’intermédiaire d’un ressort à boudin.
- On peut encore simplifier tout cela si l’anneau de manœuvre se trouve simplement en ligne avec la manette, car la chaînette peut être remplacée par du fil de fer torsadé.
- L’installation devra s’adapter suivant la position possible pour la sonnette et pour l’anneau de manœuvre.
- jfcȔcctnctfc
- Emploi d’une bougie d’allu-ttuige comme avertisseur d’incendie. — On peut utiliser comme avertisseur d’incendie une bougie d’allumage usagée.
- Pour cela on prépare une petite cuvette de laiton, métal bon conducteur, de manière qu’un trou fileté dans cette cuvette permette dé recevoir une bougie d’allumage que l’on visse, comme si on la plaçait sur un moteur.
- Avant de visser la bougie, on dispose dans l’intérieur un petit anneau d’alliage fusible, alliages de Darcet ou de Wood par exemple, qui fondent à des températures relativement basses.
- L’épaisseur de l’anneau est calculée de façon que l’électrode centrale de la bougie, la seule que l’on ait laissée subsister, se trouve à 1/2 mm. environ du fond de la pièce laiton. Cette dernière pièce est fixée par un collier, par des vis, dans les endroits où il est nécessaire d’avoir des indications sur la naissance d’un incendie.
- Le cas échéant, lorsque le feu se déclai'e, tout au début, il provoque un dégagement de chaleur assez important : cette chaleur se communique à la pièce laiton, puis à la rondelle d’alliage fusible qui devient pâteux, puis liquide. Il coule dans la jaartie inférieure où se trouve montée la bougie et il établit le contact entre l’électrode centrale isolée et la masse de laiton.
- Il suffit d’intercaler cet interrupteur d’incendie dans le circuit électrique d’une sonnerie quelconque ou d’un groupe de sonneries, si l’installation l’exige. Le monta g est identique à celui d’un interrupteur quelconque en série avec la batterie de piles et la sonnerie trembleuse.
- Cet avertisseur d’incendie est très élémentaire et il permet d’utiliser les bougies usagées que l’on aurait jetées au rebut.
- Semelle pour fer à repasser. — Voici le moyen de transformer immédiatement un fer à repasser ordinaire
- Fig\3. — Avertiss eur d’incendie constit\ié à l’aide d’une bougie d’automobile.
- Fig. zi. — Fer à repasser muni de la semelle électrique.
- en fer électiûque, au moyen d’une semelle qui comporte à l’intérieur la résistance 'de chauffage, analogue à celle d’un fer électrique.
- p.2x138 - vue 589/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Elle porte à l'arrière une butée qui se termine de chaque côté par une sorte de crochet et, «à l’avant, une articulation où passent les deux fils métalliques qui viennent se fixer dans les deux crochets arrière et rendent ainsi le fer à repasser solidaire de la semelle. L’attache des l.ils de connexion évite leur rupture.
- Avec cette semelle, on peut utiliser des fers que l’on „ emploie habituellement et l’on ne change pas ainsi ses habitudes. De plus le prix de cet appareil est économique puisqu’il comporte uniquement l’organe utile électrique qui se trouve habillé d'un bâti et d’une poignée dans les fers électriques complets.
- En vente à la Société Electro-Chauffage Industriel et domestique i3 bis, rue des Mathurins, Paris
- *_> Objets utiles <%
- Jambière en caoutchouc. — Toutes les personnes qui sont exposées aux intempéries et qui ne veulent pas
- se munir de vêtements encombrants appré -c.ierontcette jambière. Elle est constituée jjar un tissu caoutchouté qui vient se placer sur la jambe et la cuisse, elle est fixée par un sous-pied, une série de courroies à l’arrière et une courroie à la partie supérieure qui maintiennent la jambière aux bretelles.
- Le montage et le démontage sont instantanés et la jambière repliée Lient peu de place. En cas de pluie elle assure une protection efficace des jambes et c’est un accessoire presque indispensable aux cyclistes, motocyclistes, voituriers, pêcheurs, etc.
- En vente chez M. J.-M. Schérer, 83, rue de la Forge, JVoisy -le-Sec.
- Fit
- Jambière en caoutchouc.
- Nouveaux ustensiles de cuisine. — Yoici quelques ustensiles de cuisine perfectionnés, de fabrication française.
- La Mijoteuse E. M. est une casserole à double fond entre les deux épaisseurs de laquelle se trouve une matière calorifuge destinée à tamiser la chaleur avant son arrivée au contact des aliments.
- Avec ce dispositif, ceux-ci cuisent lentement; ils mijotent comme l’indique son nom, les aliments cuits de cette façon sont plus savoureux et plus nutritifs que lorsqu’ils cuisent vivement.
- La cuisson se faisant comme au bain-marie, les aliments ne peuvent ni brûler, ni même attacher au fond du récipient. Après cuisson, le lait ne laissant aucun dépôt conserve toutes ses propriétés.
- Cette casserole permet de réaliser une économie de gaz importante, car une flamme de i cm suffit pour amènera l’ébullition, plus basse encore pour l’entretenir.
- Le plat E. M. est à multiples usages :
- D’abord, il sert à faire cuire sur le feu comme les autres plats, ensuite sa conformation permet de faire des crèmes au bain-marie ; de plus, ce plat sert de couvercle sur des casseroles, tout en y faisant, si l’on veut, chauffer les aliments sans risquer de se brûler. Ce plat, étant muni d’une queue au lieu d’anses, supprime l’inconvénient de se brûler les doigts lorsqu’on le retire du feu.
- Constructeur : La Mijoteuse, ioq, Cours de Yincennes, Paris,
- Bourrelets amovibles. — Ce nouveau système de bourrelets amovibles permet de calfeutrer hermétiquement les portes et les fenêtres ; il se pose et se retire très facilement.
- Ils sont maintenus par des ressorts qui sont percés à leur base de deux trous permettant de les fixer au moyen
- Fig. 8.
- — Bourrelet amovible.
- de petites vis à chacun des côtés du châssis mobile de la porte et de la fenêtre. De cette façon lorsqu’on ferme le châssis il faut appliquer l’appareil par sa partie rigide, formée d’une baguette à laquelle est collé le feutre, sur la partie dormante entourant le châssis. La partie flottante du bourrelet doit dans tous les cas porter sur le châssis ouvrant.
- Ainsi le bourrelet peut répondre avec efficacité aux exigences du manque d’équerre ou du gauche existant toujours plus ou moins dans les châssis mobiles des fenêtres ou des portes.
- Pour le bas des portes, il peut se placer en équerre indifféremment sur le côté intérieur ou extérieur et il glisse facilement sur tous les sols. Dans ce cas il est contenu dans un étui en papier et on le pose avec cette enveloppe. On enfonce les clous, on fixe le bourrelet et on ne déchire le papier qu’à ce moment.
- Dès que la saison froide est passée on retire les bourrelets que l’on brosse et on les range jusqu’à la saison d’hiver prochaine.
- Constructeur : E. Bouclier, 43, rue des Arts (Leval-lois-Perret).
- Tampon à teinture d’iode. — Ce tampon comporte un réservoir en ébonite pour la teinture d’iode dont il conserve indéfiniment les propriétés thérapeutiques. On a ainsi sur soi une réserve toujours prête en cas de nécessité. Cet appareil est formé d’un réservoir, d’un porte-tampon et d’un capuchon; pour la charge, on dévisse le capuchon ou le porte-tampon et l’appareil se remplit avec un compte-gouttes, comme un stylographe. Quand on veut en faire usage, il suffit de dévisser le capuchon et on découvre le tampon qui est constamment imbibé de teinture d’iode.
- L’appareil peut se mettre dans une poche, il tient c
- Fig. 9. —• Tampon à teinture d’iode « Iodanka ».
- moins de place qu’un briquet et 'il est indispensable à toute personne qui a le souci de sa santé, car l’application de la teinture d’iode permet d’éviter les suites souvent graves de petites blessures, piqûres et écorchures.
- On peut destiner l’appareil spécialement aux piqûres de moustiques en le garnissant d’ammoniaque au lieu de teinture d’iode.
- En vente à L’Iodanka, 54, rue de la Bienfaisance, Paris,
- p.2x139 - vue 590/663
-
-
-
- Isa
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- aflr
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE \925 +
- Le crépuscule, dit Y Annuaire du Bureau des Longitudes, est la lueur, croissante avant le lever, décroissante après le coucher du Soleil, qui provient de l’éclairement des couches supérieures de l’atmosphère par les rayons solaires.
- Le crépuscule civil commence le soir dès le coucher. Il se termine quand l’abaissement du Soleil est de 6° sous l’horizon. Le phénomène est inverse le matin.
- A ce moment, si le temps est clair, les planètes et les étoiles de ire grandeur commencent à paraître (ou à disparaître, le matin).
- La durée du crépuscule civil, pour la latitude de Paris, varie de 32 minutes (en mars et octobre) à 43 minutes (juin).
- Le crépuscule astronomique commence le soir au coucher du Soleil et se termine quand le Soleil est abaissé de i8° sous l’horizon. La nuit est alors complète. La durée du crépuscule astronomique, pour Paris, varie de ih48“ environ à plusieurs heures. En effet, à l’époque du solstice d’été, le Soleil ne s’abaisse pas à i8° sous l’horizon, à minuit, et la nuit n’est pas complète. On suit ainsi la lueur crépusculaire du coucher de l’astre à son lever. A minuit,® elle est au Nord. Pour faire cette observation, il faut un lieu découvert, sans aucune lumière artificielle ni clair de Lune.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil atteint son minimum ce mois-ci. De — ai046' le ior, elle atteint — 23° 27' le 22, au solstice d’hiver et remonte à — 23°7' le 3i. La durée du jour suit une marche correspondante : de 8h3im le rer, elle atteint son minimum du 20 au 2a, soit 8h 1 im ; elle est déjà de 8h i5“ le 3i.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage (t. m. Gr.). Dates. Heures du passage (t. m. Gr.).
- Déc. ier 1 ih 3gm 48s Déc. 17 nh46m42‘
- — 3 iih4om 24* — *9 iih47m4i”
- — 5 IIh4lra I 2S — 21 11*48“ 4T
- — 7 11*42™ 3S - 23 nh49“4i‘
- — 9 Il1142™ 55s — 25 1ih 5o“ 4 T
- — 11 1 ik 43“ 5oJ — 27 1ih 5im ios
- — i3 11h 44m56s — 29 I Ih 52“ 39'
- — i5 1 ih 45“ 43s — 3i nh 53“ 37'
- Observations physiques. — Nous continuons ci-dessous le tableau des données permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil (Voir le « Bulletin astronomique » du n° 2656).
- Age de la Lune, le ier décembre, à oh = le 16
- — oJ,2. Pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 16. Pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le3=+2i038'; le 17— — 210 4o'; le 3o — + 210 4 + On sait qu’à ces dates la Lune, lorsqu’elle passe au méridien, est à sa plus grande ou à sa plus faible élévation au-dessus de l’horizon.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 5 décembre, à i8h: Parallaxe =54' 9". Distance
- — 4o5 000 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 décembre, à i5h. Parallaxe = 60' 36". Distance = 361 85o km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le ier, occultation de x1 Orion (gr. 4,5), de 2ih 19™ à 22h 19“.
- Le 29, occultation de i5 Gémeaux (gr. 6,5), de i9h45m à 20*40“.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du i5. Elles auront une amplitude assez faible. Voici cette amplitude pour Brest :
- Dates.
- Déc. i3
- — 14
- — i5
- — 16
- — 17
- — 18
- — *9
- — 20
- La faible amplitude de ces marées ne permettra pas au phénomène du mascaret de se produire *
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au moyen des renseignements de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de décembre.
- Mercure, à la fin du mois, sera visible comme étoile du matin, sa plus longue élongation se produisant le 3i à 14h, à 2203i' à l’Ouest du Soleil. Il sera très bas sur l’horizon et peu favorablement situé. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant et après cette date.
- Voici le tableau de la phase :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- ih g 1 ^5. 0 T 0 i4" 8m 0 “-76
- 2h 3om om,8i I4h 52“ o‘ *,86
- 3h 14“ om,9i 15^ 35™ 0 L95
- 3h 5qm °m-97 i6h 19™ 0 m'99
- 4h 42“ im,oo I7h 5” 0 mi99
- 5h 29“ on\97 *7* 52” 0 ra,95
- 6h “17 om,9i i8h 42™ 0 “,86
- 7h 9m Om,82 i9h 34“ 0 m>77
- Dates. P B0 L0
- Déc. 2 ^ . + o°,68 2o,i 5
- — 7 + i3°,9i -j- o°,o4 3i4°,26
- 12 + 1 i°,76 — o°,6o 248°,38
- — 17 + 90,51 — I°,23 182°,5i
- — 22 + 70,17 — i°,86 116°,64
- — 27 — 40,77 — 2°,47 5o°,78
- Lumière zodiacale. — Il ne faut guère compter observer la lumière zodiacale en ce mois dans nos régions.
- En effet, la lumière zodiacale est, comme on sait, couchée dans l’écliptique, et la partie de celle-ci où elle se trouve est encore bien basse sur l’horizon. Par contre, la lueur anti-solaire atteindra sa hauteur maximum au moment du solstice d’hiver. Le 22 décembre, on pourra la rechercher près de l etoile tj des Gémeaux.
- INous répétons ici la demande que nous avons anlé-rieuremeùt formulée de recevoir les observations de la lueur anti-solaire. Cette lueur est très faible, et on ne peut l’observer que des lieux non éclairés, par les nuits pures et sans clair de Lune. Des photographies seraient fort utiles. Leur exécution présente évidemment de grandes difficultés, mais celles-ci ne paraissent pas insurmontables.
- II. Lune. — Le tableau ci-dessous donne les phases de la Lune pour le mois de décembre 1925 :
- D. Q. le 8, à i2hiim I P. Q. le 22, à iih8“
- N. L. le x5, à i9h 5m | P. L. le 3o, à 2him
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sont indiquées en temps légal, compté de oh à 24h à partir de minuit.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- 1925 Déc. 2 o,3o + o,5
- — 7 0,09 + i,5
- — 12 0,00 + 2,8
- — *7 0,12 + i.,3
- — 22 o,33 + °,4
- — 27 o,5i + °,1
- 1926 Janvier ier o,65 — 0,1
- Vénus est encore : assez bien visible dès le coucher du
- Soleil, sa plus grande élongation s’est produite à la fin
- du mois dernier. La plus petite lunette montrera la
- phase de la brillante planète, sous ; un aspect rappelant
- la Lune au Premier Quartier.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stel-
- laire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- 1925 Déc. 2 0,48 — 4,1
- — 7 0,45 — 4,2
- — 1 2 0,42 — 4,2
- — *7 0,39 -4,3
- — 22 o,36 -4,3
- — 27 0,32 -4,4
- 1926 Janvier ier 0,28 — 4,4
- Mars devient un peu mieux visible le matin se levant, à la fin du mois, trois heures environ avant le Soleil. Son diamètre est encore très petit et ne permet pas d’observations utiles avec les petits instruments.
- Jupiter devient de moins en moins visible le soir, se rapprochant de plus en plus du Soleil. Voici encore
- p.2x140 - vue 591/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE
- Soleil . .
- Mercure.
- Vénus. .
- Mars. . .
- Jupiter. .
- Saturne .
- Uranus. . Neptune.
- Dates : DKCKMBIÏI*; Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine.
- 5 7h 29™ IIh4lmI25 i5h54m i6h46m — 2 2° 2l' 32' 3l','2 Scorpion
- 1 i5 7 39 11 45 43 15 53 17 3o — 23 16 3a 33,6 Scorpion
- y 25 7 45 11 5o 41 15 56 18 14 — 23 25 3a 34,8 Sagittaire |
- ( 3i 1 7 46 11 53 37 16 1 18 41 -23 7 32 34,8 Sagittaire ^
- ( 5 8 36 12 38 16 4° 17 44 23 54 9>° \ Scorpion
- ) i5 6 45 11 9 i5 34 16 55 — 20 6 9,6 a Scorpion
- J 25 5 53 10 20 14 48 16 42 — !9 3i 7,6 a Scorpion
- v 3r 5 56 10 16 14 37 17 1 — 20 47 6,6 A Scorpion ,
- [ 5 10 58 15 6 19 14 20 9 — 22 54 27,2 1 41 Capricorne]
- 10 39 i5 4 19 28 20 46 — 20 4 3i ,0 0 Capricorne*
- j 25 • 10 12 14 55 *9 37 21 17 — 16 47 35,8 1 Capricorne!
- ( 31 9 5a 14 45 19 38 21 3i — 14. 45 3g,8 y Capricorne’
- î 5 4 57 9 45 14 33 14 48 — i5 43 3,8 a Balance )
- ) i5 4 55 9 33 14 10 15 15 — 17 42 4,o ( Balance 1
- j 25 4 53 9 21 i3 49 i5 43 — 19 27 4,0 0 Balance 1
- f 31 4 5i 9 l5 13 87 16 0 — 20 23 4,2 P Scorpion
- 1 9 48 14 5 18 21 19 48 — 21 3a 3i,0 h Sagittaire (
- ( 3i 1 8 67 i3 17 17 37 20 3 — 20 5a 3o,4 c Sagîttaire {
- S 15 4 47 9 34 14 20 i5 17 — 16 2 14,o 0 Balance 1
- 3i 3 53 8 37 13 21 i5 2.3 — 16 25 14,2 Ç Balance 1
- i5 12 2 17 46' 23 3o a3 3o — 4 1 3,4 14 Poissons
- 15 20 5g 4 6 11 13 9 49 + i3 3g 2,4 41 Lion
- VISIBILITE
- le 3i
- Le soir,
- l'Un- peu visible le matin.
- Inobservable.
- Inobservable.
- Première partie delà nuit. Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’hèure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- quelques-uns des phénomènes du système des Satellites que l'on pourra essayer d’observer dans le couchant.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Décembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Décembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 i6h4g III E.f. i3 i7hi3“ II P. c.
- 6 17 12 II P.f. 15 16 32 II E.f.
- 9 16 3i IV O.f. 19 16 54 I P. c.
- 11 17 33 I Im. 20 16 58 I E.f.
- I 2 17 10 I P.f.
- Saturne est pratiquement inobservable dans la lumière de l’aurore. Voici les éléments de l’anneau à la date du 18 décembre :
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à i2h, Mars en conjonc. avec a Balance (gr. 2,9),
- Le 6, à i6h, Neptune Le 13, à 91', Mars Le i3, à i2h, Saturne Le i5, à 5h, Mercure Le 15, à 18h, Mars Le 18, à oh, Jupiter Le 19, à 2h, Vénus Le 21, à i8h, Uranus Le 27, à 4h, Mars
- à o° 7'N.
- — la Lune, à 20 11' S.
- — la Lune, à 4° 35' S.
- — la Lune, à 20 45' S.
- — la Lune, ào°55'S. —• Saturne, à i°47/ S.
- — la Lune, à o° 2S' S.
- — la Lune, à o° 9'S.
- — la Lune, à3°5o/N.
- — a Balance (gr. 5,2),
- ào° 9'N.
- Etoiles filantes. — Le mois de décembre est caractérisé par un certain nombre de radiants, dont certains assez actifs, notamment celui des Géminides (météores rapides, courts) : on pourra observer ces météores du 8 au 14 décembre.
- Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs en décembre.
- Grand axe extérieur......................... 35",09
- Petit axe extérieur ........................ '-f i3",58
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -(-2 20 48,
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ............................ 4$'
- Uranus sera en quadrature orientale le 14 décembre. On pourra l’observer dans la première partie de la nuit et le rechercher au moyen de la petite carte spéciale que nous avons donnée dans le « Bulletin astronomique >> du ii° 2664.
- Neptune se lève à présent bien avant minuit et il est ainsi observable une grande partie de la nuit. Voici quelques positions où on pourra le rechercher.
- Dfiles. Ascension droite.. Déclinaison. Diamètre.
- Déc. 5 • 9h 49” + i3°37' 2",4
- 15 9h49ni + i3°39' 2", 4
- 25 9" 48“ + i3°4i' a",4
- — 3i 9h 48“ -h i3°44' a",4
- Neptune apparaît comme une étoile de 8e grandeur. Avec un fort grossissement, il présente un petit disque d’environ 2" 1/2 de diamètre.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Déc. ior 43° -f 56° ' ï) Persée.
- — iEr au 10 ii7° + 32° a-P Gémeaux.
- — 6 8o° -f 23° Ç. Taureau.
- — 6 au i3 149° + 4i° P IX. 254.
- — 8 au 14 1070 -f 33° a Gémeaux.
- — 10 au 12 i3o° + 46° i Grande Ourse.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) :1e icr décembre, à 2ih33m; le 4, à i8h22m; le 16 à 5h38m; le 19, à 2b27m; le 21, à 16“ ; le 24, à 201'5". Ces minima sont facilement observables à l’œil nu.,
- Étoile Polaire. — Le tableau ci-après contient les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à
- Dates Temps légal, midi moyen de Pari
- 1925 Décembre 7 20t2im5os i7h 2m 55s,8
- — 17 ig'1 42m 23“ i7h42m2is,3
- — * j 27 19'’ 2m 54' i8h 2im 46s,9
- — 3i — i8h 37“ 33%-i
- 1926 Janvier ier i8h43m 9“ —
- p.2x141 - vue 592/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel étoilé le i01' décembre, à 2ih, est celui décrit ci-après :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède (M. 3i, y); Cassiopée (r), i, tt, a).
- Au Nord. : La Petite Ourse (Polaire, s, y) ; Céphée (6, p, \, (B) ; le Dragon (o, 40, s, p) ; la Grande-Ourse
- (Ç, v, 23 h, a).
- A l'Est : Le Cocher (a, 14, 4 w) ; le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, (3, Ô, x, M. 35); le Petit Chien (Pro-
- cyon) ; le Taureau (a, -, y_, Pléiades); Orion (6, M. 42> 5, Z, P, L °)- . .
- Au Sud : Les Poissons (a, Ç, t}.1, 35) ; la Baleine (Mira, y, 66, 37); le Bélier, l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, tc); le Cygne (0, 61, ô) ; l’Aigle.
- Au Nord-Ouest : La Lyre (Véga).
- Em. Touchet.
- Procédé de recherche des fuites d’acide carbonique. — La Revue générale du froid publie sur ce sujet la traduction d’une étude de M. Charles L. Jones parue dans Ice and Réfrigération. La question intéresse tous les usagers du gaz carbonique et ils sont nombreux.
- Le gaz carbonique, inodore, inerte et en plus existant déjà normalement dans l’atmosphère, est beaucoup plus difficile à dépister que les autres gaz employés en frigorification, l’ammoniac par exemple. Il est vrai qu il est aussi beaucoup moins irritant et toxique, puisqu’on peut aisément supporter une concentration de 2 ou 3 pour 100 dans l’air qu’on inspire.
- On emploie pour reconnaître les fuites sur les canalisations les moyens suivants :
- i° Le badigeonnage à la solution de savon, d’un emploi général pour tous les fluides comprimés; la couche savonneuse mousse au point de fuite. Ce procédé est très sûr, mais il exige un travail assez long d’étalement de la solution sur toutes les surfaces des canalisations, ce qu’on ne fait généralement que lorsqu’on suspecte déjà une fuite.
- 2“ \Jécoute du bruit de la fuite. M. Jones a reconnu qu’on peut entendre nettement le sifflement du gaz s’échappant d’un cylindre à raison seulement de 0,1 kg par jour. Par malheur, les usines et surtout les salles de compresseurs et de machines ne sont pas silencieuses et l’écoute y est difficile.
- 3° L’introduction de produits odorants dans les cana-
- lisations, par exemple l’essence de menthe ou l'huile d’écorce d’amandes amères dont l’odeur est reconnaissable à de très faibles concentrations. On découvre ainsi les fuites, mais sans pouvoir les localiser.
- 4° L’observation du trouble de Veau de chaux, qui est peu démonstrative puisque la solution louchit rien que par l’acide carbonique de l’air et de la respiration, même sans fuite.
- 5° La production de fumées avec la triméthylamine, fumées très peu denses et peu visibles, et seulement dans certaines conditions de température et d’humidité.
- 6° L’emploi d’un indicateur de pH, préconisé par M. Jones, et qui est certainement la plus élégante solution. L’auteur préconise la solution de bleu de bromo-thymol, assez diluée pour qu’on puisse lire des caractères d’imprimerie à travers une épaisseur d’un pouce de cette solution. Le liquide, bleu ou bleu vert en contact avec Pair normal à 3 dix-millièmes d’anhydride carbonique, vire au jaune au contact d’une atmosphère à 2 pour 1000; il redevient bleu quand on l’expose de nouveau à l’air libre. C’est donc un indicateur chimique très suffisant dans la pratique ; pour qu’il vire rapidement, il convient qu’il soit placé dans des vases plats de façon que la surface en contact avec l’air soit très large et qu’aucune goutte d’huile ne soit tombée sur le liquide et l’isole de l’air; pour que ses indications soient correctes, il faut que le réactif et les vases restent propres, sans contact avec des acides ou des alcalis./*
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui I parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- changeur de fréquence et les appareils complets équipés en changeurs de fréquence sont construits par la Société des Etablissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris.
- Réponses. — D' S. T., à P. (Morbihan).— Utilisation des résidus de désoperculage du miel. On peut convertir en boisson légère, lorsqu’elles n’ont pas mauvais goût, les eaux qui ont servi à laver les rayons et les tourteaux de cires grasses ainsi que celles dans lesquelles on a fondu de$ cires grasses, ces résidus contenant encore une certaine quantité de matière sucrée.
- Yoici le mode opératoire :
- Mettre les résidus dans un baquet, verser dessus de l’eau froide et laisser macérer pendant 24 heures; ensuite, on entonne l’eau miellée, tirée à clair, dans des tonneaux propres et exempts de mauvais goût.
- Lorsqu’on lave les rayons non à l’eau froide, mais à l’eau chaude, on décante celle-ci au bout de quelques heures. Dans les deux cas, on emplit entièrement les tonneaux, qu’on laisse débondonnés et qu’on place dans un endroit aéré, dont la température est élevée de i5° au moins et de 25° au plus. Au bout de deux ou trois jours, la fermentation s’établit : elle est tumltueuse d’abord et un peu de boisson s’extravase. On jjremet^ dans les
- tonneaux la partie qui a coulé dehors, lorsque la fermentation est moins forte ; cette fermentation est achevée entièrement en un mois ou six semaines.
- Après ce temps, on peut mettre en cave, et laisser, quelques jours, la boisson s’éclaircir, avant de mettre en perce. On peut boire au tonneau ou tirer en bouteilles cette boisson si l’on tient à ce qu’elle soit mousseuse. Dans l’un et l’autre cas, elle vaut le meilleur cidre, pourvu que la dose de matière sucrée soit assez forte.
- A défaut de débris de cires grasses, on peut prendre du miel coulé, à raison de 1 kgr. pour 5, 6 ou 8 litres d’eau, selon la force de la boisson qu’on veut obtenir, et opérer comme ei-dessus pour le reste.
- Abbé L. N., à Autun. — Le plomb tétraéthyl n’augmente pas, à proprement parler, la puissance d’un moteur. Mélangé en infimes proportions à l’essence, il en améliore le régime de combustion; il évite le phénomène du cognement. Il permet surtout d’utiliser des huiles plus lourdes que l’essence. Enfin il permet aussi de recourir à des régimes dé compression plus élevés; ce qui conduit à des moteurs de meilleur rendement et de plus grande puissance. Mais cela exige manifestement une modification dans le réglage et même la construction du moteur. Il serait imprudent de faire fonctionner régulièrement un moteur à un régime de compression plus élevé que celui pour lequel il a été construit. Le plomb tétraéthyl était fabriqué aux Etats-Unis ; mais, en raison de sa grande toxicité et des da'ngers qui peuvent en résulter pour les ouvriers et même pour les promeneurs exposés à respirer des gaz d’échappement, cette fabrication a été suspendue jusqu’à nouvel ordre.
- -Si 143 ,
- p.2x142 - vue 593/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Approvpchamiento de las Energias Naturales, par J.-G. Gelpi Blanco. i vol. ia-4, 280 p., ioo fig. Union Librera de Editores, 14, Puertaferisso, Barceïona, i9'24-
- L auteur examine d’une façon méthodique les diverses sources d’énergie naturelle et montre comment on les utilise. Il étudie ainsi successivement les sources d’énergie que constituent le vent, les marées, les vagues, les cours d’eau et les chutes hydrauliques, les combustibles, et en particulier il étudie d’une façon serrée la question des vagues et marées et celle de la houille blanche: Puis il passe aux installations modernes qui servent à capter ces énergies ; il étudie les organes essentiels d’une usine hydraulique : amenées d’eau et turbines ; il montre l’évolution de ces machines dans ces dernières années ; et indique les grandes lignes de leur théorie mécanique; il analyse de même le mécanisme et le fonctionnement des divers moteurs thermiques, puis la transmission de 1 énergie au moyen du courant électrique. Cet ouvrage synthétique, bien composé et bien au courant des progrès modernes, est remarquable et justifie par sa qualité la récompense dont il a été honoré par l’Académie des Sciences de Madrid.
- Essai sur la question de la protection de la propriété scientifique, par M. Vigneron, i vol. 90 p. Librairie du Recueil Sirey, 22, rue Soufflot. Paris, 1925. Prix : 12 francs.
- C’est une question posée relativement depuis peu que celle de la propriété scientifique, question extrêmement complexe, dont les difficultés commencent à la définition même de la notion de propriété scientifique; celle-ci est évidemment différente du droit de 1 inventeur déjà protégé par la loi. D’assez nombreux projets ont été élaborés déjà pour créer le droit du savant sur sa découverte, et lui donner les moyens de tirer de ce droit un avantage pécuniaire. Dans une intéressante thèse de doctorat, M. Vigneron s’attache à définir juridiquement l’œuvre scientifique, distincte de linvention. Puis il examine et critique trois projets de législation, ceux du député Barthélemy, de MM. Dalimier et Gallié, et du sénateur italienRuffini; enfin il s’efforce d’établir à son tour une construction juridique, logique et complète. Le travail de M. Vigneron, par son caractère logique, aidera à jeter quelque clarté dans un problème difficile; mais il serait exagéré de dire qu’il apporte une solution définitive : il nous semble pécher, comme les projets dont au fond il s’inspire, par une analyse trop superficielle de la création scientifique. La plupart des auteurs sont, en effet, comme hypnotisés par la notion de la découverte d’un phénomène imprévu. Dans aucun de ces systèmes, on ne voit clairement comment on pourrait répartir les droits de propriété par exemple entre un Oerstedt qui découvre l’action du courant électrique .sur l’aiguille aimantée, et un Ampère qui découvre le mécanisme du phénomène et en établit les lois. Une autre question grave et primordiale, dont l’étude préalable s’impose, c’est celle des répercussions qu’une réglementation du droit du savant pourrait avoir sur la recherche scientifique. Cette étude n’a pas été faite par M. Vigneron, pas plus du reste que par les auteurs des projets de loi précités.
- Le bréviaire du botaniste. Florale de poche des genres et espèces complexes ainsi que de leurs hybrides, par P. Fournier. Fasc. V et VI (Rosa Rubus). Chez l’auteur," 1 bis, rue des Alliés. Saint-Dizier (Haute-Marne). Prix du fascicule : 3 francs.
- Les Champignons imparfaits, par Henri Coupin. i vol. de 127 planches, avec leurs légendes détaillées. Edité par l’auteur (chèque. postal 343 90, Paris). Prix : 120 francs net.
- Ces très intéressants Champignons que l’on désigne généralement sous le nbm latin de Fungi imperfecti comprennent beaucoup d’espèces qui sont, pourrait-on dire, « à la recherche d’une position sociale » parce qu’ils sont imparfaitement connus et que l’on ne sait
- trop où les placer, parce que leur cycle évolutif présente, du moins en apparence — peut-être — des lacunes qui ne permettent pas de les rapprocher avec certitude d’autres groupes bien caractérisés. La plupart, probablement, sont apparentés aux Ascomycètes, mais ce sont alors des Ascomycètes dont on ne connaît pas l’appareil ascosporé, mais seulement l’appareil conidien, qui, dans la majorité des cas, est dénué de tout détail; il y a là, pour les travailleurs, une mine presque inépuisable de recherches susceptibles d’amener des découvertes inattendues. Les Fungi imperfecti n’ont pas qu’un intérêt théorique ; plusieurs d’entre eux ont une importance pratique considérable, car, outre des espèces qui n’intéressent que les biologistes et les collectionneurs (très nombreux parasites des plantes sauvages), ils en comptent d’autres qui causent de très graves maladies crypto-gamiques aux plantes cultivées (Noir des Céréales, Nicole, Helminthosporium, Anthracnose de la Vigne, Rot blanc, Anthracnose des Pois, Javart des Châtaigniers, Septoria, Rhizoctone, Môle, etc.), aux animaux (Muscardine des Vers à soie, Isariae, Botrytis) et à l’homme (Actinomycose, Spôrotrichose, Pithy-riasis, etc,), sans parler d’innombrables moisissures (Pénicillium, Citromyces, Fusarium, Verticillium, etc.). C’est la première fois, croyons-nous, que tous ces documents sont rassemblés en un tout bien homogène et il faut féliciter notre collaborateur, chef des travaux de Botanique à la Sorbonne, d’avoir pu conduire ce gros travail à bonne fin.
- Les variations du corps humain, par le Dr L. Dubkeuil-Chambardel, i vol. in-16, z5o p., 104 fig. Bibliothèque des connaissances médicales, Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- L’auteur, qui s’est spécialisé dans l’étude de la tératologie, passe rapidement en revué les principales variations morphologiques du corps humain, qualifiées d’anomalies, de monstruosités, de phénomènes. Il étudie tout d’abord les variations générales du corps, celles qui portent sur la taille des individus, et décrit les différentes sortes de gigantisme et de nanisme. M. Dubreuil-Chambardel étudie ensuite les diverses variations que présentent les organes. Il insiste spécialement sur les variations des membres, si fréquentes aux doigts, aux mains, aux bras (polydactylies, syn-dactylies, ectrodactylies, hémimélies, etc.) et en montre les causes. Puis il signale les variations que
- présentent le thorax, l’abdomen, l’extrémité céphalique; enfin, celles du tégument sont l’occasion de rappeler les cas si hizarres d’hypertrichose et de troubles pigmentaires.
- Le Mystère psychique, par Gaston Danville. i vol. in-16, 160 p. Félix Alcan, Paris. Prix : 9 francs.
- En un court historique, l’auteur montre l’origine lointaine du mystère psychique; plus près de nous, ses principales manifestations ont pris deux noms populaires : mesmérisme et swedenborgisme, devenus ensuite magnétisme et spiritisme, auxquels s’est ajoutée récemment la métapsychique.
- Parti d’une croyance spiritualiste, le spiritisme aboutit de nos jours à une expérimentation qui revêt un caractère scientifique, et sous cette forme il a recueilli, ainsi que la métapsyehique, les curieux de mystère, aux dépens du magnétisme qui, lui, n’évolue plus.
- Mais, cette expérimentation nécessite l’intervention des médiums, dont le rôle et le contrôle sont curieusement analysés par M. Danville, au cours de deux chapitres qui abondent en aperçus nouveaux et en critiques ingénieuses.
- La vogue croissante de ces recherches amène l’auteur à étudier la psychologie du mystère et à faire comprendre comment, dans certains cas, « des hommes d’une grande valeur intellectuelle, des savants d’un mérite incontestable peuvent être si facilement dupes d’illusions grossières. » Il conclut que le mystère psychique ne semble pas entièrement dissipé, « mais réside ailleurs que dans les phénomènes exploités par le spiritisme, le magnétisme et la métapsyehique. »
- p.2x143 - vue 594/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2692
- 7 Novembre 1925
- <
- INFORMATIONS
- ><
- L’augmentation de population du monde. —
- Scientia publie une très curieuse étude de M. G. H. Knibbs, de l’Institut de Science et Industrie de Melbourne, sur la capacité de population du globe.
- D’après diverses statistiques, il a pu établir l’accroissement de population de différents pays. Yoici, par exemple, quelques chiffres à ce sujet :
- Population (en millions)
- Années. de la Chine. des autres pays
- 1715 133 i37
- 1735 154 162
- 1755. . , . . 187 196
- 1775. .... 235 232
- 1795 288 280
- i8i5 348 347
- 1835 4o3 419
- 1855 43o —
- 1875 435 —
- ^95 436 —
- De 1804 à 1914 le taux moyen d’augmentation de la population du monde était de 0,864 pour 100 par an, et pour 26 des pays les plus avancés, possédant des statistiques exactes, l’accroissement annuel atteignait 1, x 59 pour 100 pour la période quinquennale 1906-1911. De pareils taux d’accroissement ne peuvent absolument pas se maintenir pendant une période de quelque durée, comme on le voit sans peine en considérant le nombre d’années au bout duquel, avec les taux dont il s'agit, la population serait doublée. Au taux inférieur, ce doublement aurait lieu en 80,57 années; au supérieur, il se produirait en 60,15 années. Si l’un ou l’autre taux devait se maintenir, il existerait bientôt une population énorme. Ainsi, si nous considérons qu’en 1924 la population mondiale est de i85o millions, elle atteindrait les chiffres suivants aux dates indiquées :
- Population du globe.
- Population en millions .... Année où cette population serait 3.700 7.400 14.800
- atteinte au taux de 0,864 0/0. 2.004 b oc 2.165
- au taux de 1,169 °/°- 1.984 2.044 2.104
- M. Knibbs estime que cette population de 14 800 millions dépasse celle qu’il est possible à la terre de faire vivre, et bien que 7400 millions soit un chiffre probablement possible, il ne pourrait l’être qu’à condition d’accroître les ressources alimentaires et de mieux égaliser les populations selon la productivité des régions.
- Si l’on considère les résultats précédents, on voit donc que l’un et l’autre taux conduiraient à un état de saturation de population du monde entier vers l’an 2i65, soit 25o ans seulement. Conclusion qui naturellement surprendra fort ceux qui n’ont jamais envisagé le problème.
- La récolte des céréales en France. — Le Journal Officiel vient de publier les résultats approximatifs de la récolte de 1925, en ce qui concerne les diverses céréales.
- Pour le blé, les chiffres, comparés à ceux des années
- précédentes sont :
- Année. Surface ensemencée en milliers d’hectares.
- 192$ . 5.565
- 1924. 5.5 r 1
- 1923. 5.533
- 1922. 5.289
- J921 . 5.382
- 1 913 • 6.542
- Jîendement à Plia Production en milliers de
- en quintaux. quintaux.
- 16,16 89.561
- 13,8 8 76.525
- 13,55 74-998
- 12,51 66.220
- 16,35 88.o34
- 18,28 86.919
- On voit que la surface ensemencée augmente légèrement, bien qu’encore inférieure de plus d’un million d’hectares à celle cultivée avant la guerre. Le rendement, remarquable, est comparable à celui de l’année d’abondance 1921. La récolte est la plus importante qu’on ait enregistrée.
- En ce qui concerné le méteil et le seigle, la production est meilleure cette année qu'en 1924 : 1 311 890 quintaux au lieu de 1 2o3 44° pour le méteil et 11 371 25o au
- lieu de 10 221 760 pour le seigle, bien que les surfaces ensemencées soient légèrement plus faibles.
- . Cette heureuse récolte diminuera nos importations et sera, espérons-le, un élément d’amélioration des changes.
- Les salaires aux Étets-Unis de 1914 à 1924. —
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France résume une étude récemment publiée par le National industrial Conférence Board, de New-York, sur le mouvement des salaires dans les principales industries américaines depuis 1914 jusqu’en septembre1 1924, d’après des enquêtes portant sur 1764 établissements représentant 23 industries principales et occupant 740000 ouvriers. Les données fournies peuvent être rapprochées des estimations du coût de la vie aux mêmes dates et elles présentent alors un intérêt considérable tant comme indication de la situation ouvrière actuelle aux Etats-Unis que pour nous servir d’exemple des rapports qui s’établissent entre les salaires et le coût de la vie dans les périodes d’intenses fluctuations.
- Le tableau suivant résume ces données, le chiffre de base égal à 100 étant choisi en juillet 1914.
- Salaire Gain Indice
- horaire hebdomadaire du coiit
- Dates moyen moyen de la vie
- 1914 juillet. . . . 100 100 100
- 1920 3e trimestre . • 247 240 202
- —'4e — . 248 228 193
- 1921 ier — • 229 201 175
- 2e — . 217 l88 165
- — 3° — 205 l8l i63
- — 4e ' — 204 i83 163
- 1922 3e — • I98 187 15 5
- — 4e — 205 • i97 i58
- 1923 ier — 207 201 x 58
- — 2e — 221 216 160
- —• 3" — 225 214 162
- - 4° - • 228 21 5 i65
- 19^4 Ur — a3o 2l5 164
- 2° 228 207 162
- — 3e — • 229 203 163
- La crise de 1920 est marquée par un fléchissement des salaires horaires, mais la baisse des gains hebdomadaires apparaît notablement .plus importante par suite de la réduction de l’activité industrielle. a Le mouvement de baisse s’est arrêté vers la fin de 1921 ; durant le second semestre de 1922, il y eut un relèvement sensible des gains hebdomadaires correspondant surtout à un accroissement de la durée effective du travail. Au printemps de 1923, l’activité industrielle était redevenue normale et la hausse des gains hebdomadaires, par rapport à 1914, se rapprochait de celle des salaires horaires.
- Toutefois, ce mouvement fut de courte durée ; une nouvelle dépression se fit sentir dès l’été de 1923 et se prolongea jusque vers le mois de juillet 1924. Il est intéressant de constater que pendant cette dernière période, les salaires horaires ne subirent que des modifications tout à fait négligeables^ la dépression se trouve seulement marquée par la baisse des gains hebdomadaires qui, cependant, se maintinrent très sensiblement au-dessus du niveau ou ils étaient tombés à la fin de 1921.
- Depuis le mois d’août 1924, la reprise de l’activité industrielle s’est affirmée avec tendance au relèvement des salaires.
- En 1920, le pouvoir d’achat des salaires hebdomadaires était de 20 pour 100 plus élevé qu’en 19T4. Malgré la baisse du coût de la vie, ce taux fut réduit de moitié par l’effet de la crise industrielle. Mais à partir de 1922, le relèvement du coût de la vie ayant été très faible par rapport à celui des salaires, le pouvoir d’achat des gains hebdomadaires augmenta assez rapidement. Au printemps de 1923, il était redevenu de 3o.pour 100 plus élevé qu’en 19T4. *
- La seconde dépression entraîna une baisse bien moins accentuée qu’en 1921. A la fin de 1924» tandis que les salaires se trouvaient en augmentation de plus de
- | 145 jfjfr
- *9
- p.2x144 - vue 595/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- ioo pour ioo par rapport à 1914» le coût de la vie marquait seulement une hausse de moins de 65 pour 100, de sorte que le pouvoir d’achat des salaires était d’environ 25 pour 100 plus élevé qu’avant la guerre.
- Statistique des noyades. — M. J. de Lalyman, dont nos lecteurs ont lu l’étude si vivante et si complète sur l’apprentissage de la natation (n° 2676), a rassemblé une statistique vraiment effroyable des noyades dues à l’ignorance de la nage et du sauvetage. Les chiffres qu'il a recueillis dépassent de beaucoup ce que disent les statistiques officielles. Jugez-en parce qu’il vient de publier dans l’Education physique.
- « Au cours de l’été 1923, dit-il, il m’avait déjà été permis d’établir grosso modo que le nombre total des morts dues aux noyades avait été de beaucoup supérieur au total des morts dues aux accidents de chemins de fer, d’avions et d’automobiles réunis. La moyenne journalière, pour la France seule, du 14 juillet au i5 septembre, atteignait le chiffre effrayant de 20 par jour !... »
- En 1924, malgré le peu de chaleur de l’été, on retrouve le chiffre de 20 noyés par jour.
- M. de Lalyman a établi ses statistiques en tenant seulement compte des noyades mortelles, en éliminant les noyés ranimés après sauvetage, les suicides et les congestions. Il est arrivé, pour 1924, au tableau suivant:
- Morts au cours de baignade. ....... 640
- Morts par chute accidentelle dans l’eau. . . 296
- Morts au cours de promenades en barque. . 248
- Morts pendant une partie de pêche....... 120
- Morts en chasse.......................... 12
- Morts diverses.............................. 48
- Total des morts..........1.364
- Le plus grand nombre des victimes sont des jeunes gens : collégiens, étudiants, militaires en pleine force. Sur 640 morts aux baignades, 3oo étaient de la jeunesse des écoles; sur 248 morts par chavirage de barque, io5 étaient des étudiants et des écoliers.
- Les noyades sont d.onc une véritable catastrophe dont il convient qu’on se préoccupe. M. de Lalyman propose qu’on enseigne partout officiellement la natation d’une manière effective, gratuite et obligatoire, afin que tout le monde sache nager et se tenir dans l’eau.
- On pourrait ajouter à son vœu celui que tout le monde sache aussi ce qu’il faut, faire pour sauver les noyés. On en est encore en France à préconiser et à enseigner des méthodes de respiration artificielle désuètes et inefficaces, alors que partout ailleurs on les a remplacées par une autre plus simple, plus pratique, la méthode Schâffer, et qu’il existe, en France même, d’ingénieux appareils pour l’appliquer.
- On comprendra mieux maintenant l’importance de la propagande en faveur de la natation?
- Les produits de carbonisation des marcs de raisin. — M. Fran'cis Duplan vient de mettre au point un nouveau procédé d’utilisation de marcs de raisin, qui consiste à soumettre ces résidus à la distillation pyrogénée.
- Par ce procédé, on obtient de l’acide acétique, des alcools éthylique et méthylique, du goudron et du charbon.
- On peut soumettre à la carbonisation les marcs qui proviennent directement du pressoir, aussi bien que ceux déjà épuisés par les moyens de distillerie, en vue de la fabrication d’alcool éthylique ou d’eau-de-vie de marc.
- La carbonisation peut être effectuée par l’un ou l’autre des procédés actuellement connus.
- Par exemple, 1000 kg de marcs de raisin traités dans une cornue horizontale munie d’une voûte à température réglable ont donné les produits suivants :
- , Alcools éthylique et méthylique ... 29 kg 700
- Acide acétique.................... 85 kg 725
- Goudron........................ . . 5o kg —
- Charbon. . . ;.................... 1 x 7 kg —
- Gaz combustibles . . . . - , 57 kg 100
- Eau................ 660 kg 475
- Les alcools éthylique et méthylique peuvent être amenés au degré de pureté convenable par des procédés industriels connus.
- Le goudron obtenu diffère des goudrons ordinaires
- de bois ; il est plus léger que l’eau, il est composé d’hydrocarbures semblables à ceux que l’on retire de la pyrogénation de la tourbe ou de certains lignites. Ces hydrocarbures contiennent toute la série des benzols et des huiles diverses, jusqu’aux huiles de graissage. Ils peuvent être utilisés industriellement, comme ces benzols et ces huiles.
- Le charbon obtenu a des qualités exceptionnelles d’absorption et constitue une matière excellente pour le débenzolage des gaz ou pour certaines filtrations.
- Par la carbonisation, les marcs de raisin acquièrent une réelle valeur industrielle. Iîenri Blin.
- Ignifugation du bois. — On sait que ce problème est malaisé à résoudre parce qu’il est nécessaire que le bois reste dans les mêmes conditions de résistance mécanique et qu’il ne détériore pas les métaux qui peuvent être en contact avec lui. Voici, d’après la revue Engineering, un procédé dû à la Tirnber Pire Proofing C°, de Market Bos-worth et dont les bons résultats auraient attiré et retenu l’attention de l’Amirauté anglaise.
- Il consisterait à soumettre d’abord le bois à la vapeur à haute pression dans un cylindre d’acier. La durée et l’intensité du traitement dépendent de la dureté, des dimensions, delà qualité et de la nature du bois.
- L’action de la vapeur aurait pour effet, en ouvrant les pores du bois, de vaporiser l’eau contenue à l’intérieur. Puis on fait le vide en fermant l’arrivée de vapeur et en se servant d’une pompé de condenseur; on envoie alors une solution de phosphate d’ammoniaque et d’autres produits chimiques dans le cylindre. On exerce ensuite une pression hydraulique, enfin on retire le bois qui est séché au four.
- Nouvelles de T. S. F.
- L’exposition radioélectrique de 1925. — Ainsi que nous l’avons annoncé, l’exposition organisée par le Syndicat professionnel des industries radioélectriques s’est ouverte à Luna-Park le 4 octobre.
- C’est la première exposition de ce genre consacrée uniquement à la T. S. F. On sait, en effet, qu’en 1924 l’exposition radioélectrique avait lieu en même temps que le Salon de l’Automobile au Grand Palais.
- Par le nombre des visiteurs, et par l’importance des affaires qui y ont été traitées, on peut dire que le succès de cette manifestation a été tout à fait complet. Malgré l’état encore peu satisfaisant de l’organisation de la radiophonie en France, il semble bien que l’industrie radioélectrique française occupe maintenant un des premiers rangs en Europe, et la grande quantité des appareils exportés actuellement montre bien en quelle estime elle est tenue à l’étranger.
- Au point de vue technique, on a pu remarquer, non seulement une très grande amélioration dans la qualité de fabrication des appareils exposés, mais aussi d’intéressants perfectionnements concernant leur sensibilité et leur sélectivité Nous aurons prochainement l’occasion, d’ailleurs de décrire dans La Nature quelques-uns des appareils qui nous ont semblé les plus remarquables.
- La T. S. P. et la politique. — D'après le journal Excelsior, les membres du parti géorgien opposé aux Soviets auraient installé dans les montagnes un poste émetteur récepteur de T. S. F. Ce poste, qui a pu être soustrait aux recherches des troupes russes, même depuis l’échec de la dernière insurrection, pourrait rester en liaison constante avec un autre poste installé près de Constantinople, et recevoir ainsi les ordres et nouvelles destinés aux insurgés.
- La T.. S. P. et le théâtre. — La T. S. F. joue maintenant un rôle constant dans la vie courante, il était donc naturel qu’elle joue aussi un rôle au théâtre, puisque les auteurs modernes s’efforcent de décrire dans leurs pièces des « tranches de vie » journalière.
- Dans M. et Mme Un Tel, la nouvelle pièce de M. Amiel, qui vient d’être jouée au théâtre de la Potinière, la T. S. F. joue un rôle important, puisque c’est grâce à une émission entendue au moment le plus pathétique par les héros de la pièce que le dénouement a lieu dans un sens peut-être inattendu.
- p.2x145 - vue 596/663
-
-
-
- jteo
- 1@D
- SCIENCE APPLIQUÉE
- OÊL
- Mécanique -^-§33
- Collier de serrage P. C. à double tour. — Ce collier à double tour serre tous les diamètres sans pincement, alors même que le tuyau est plus gros que le tube sur lequel on l'applique. 11 se monte rapidement et son blocage pour ainsi dire automatique le rend indesserrable à la trépidation ; il se démonte en un clin d’œil et cela sans dérouler la bande, par conséquent, il se remonte de même indéfiniment.
- 11 est toujours complet puisque pour le montage, il ne nécessite aucune pièce séparée qui s’égare neuf fois sur dix ; il n’a pas d’aspérité tranchante qui puisse blesser.
- Toutes ces qualités ont été officiellement reconnues par le Service technique de l’Aéronautique et par les Ministères qui l’ont classé premier parmi tous les autres types de collier presque tous à un seul tour, recommandant de l’utiliser de préférence. Non seulement il est employé dans les services d’aviation où il faut, on le comprend, des accessoires parfaits, mais dans l’industrie automobile et dans celle des pompes.
- Pour le monter, faire d’abord un premier tour tel un nœud coulant, en passant la bande dans l’agrafe au-dessous de l’axe (fig. i) ; exécuter le second tour en tirant sur la bande, et, si elle n’est pas à la dimension, la couper en laissant 3 à 4 cm de plus que deux fois la circonférence, l’introduire dans la fente de l’axe sans la faire dépasser. Serrer très modérément en faisant tourner l’axe à droite au moyen d’un poinçon très court.
- Le démontage s’opère par le déblocage de l’axe, c’est-à-dire en déroulant celui-ci d’un quart de tour seulement et en tirant ensuite pour l’extraire de l’agrafe.
- Pour le remonter, rapprocher la bande de l’agrafe, sans dérouler le bout qui est resté enroulé ; introduire
- Fig. 2. — Remontage du collier de serrage P. C.
- l’axe qui est arrondi et fendu en V à cet effet et serrer modérément (fig. 2).
- Constructeur : Etablissement Caillau, 82, avenue Édouard-'Vaillant, Billancourt (Seine!.
- Agriculture
- Machines agricoles. Les instruments Rétro-force.
- — Le nom de Rétro-force a été donné à toute une catégorie d’instruments aratoires nouveaux, récemment inventés par M. Félix Bouyer, de Saint-Nazaire.
- La raréfaction de la main-d’œuvre rurale a beaucoup développé en ces dernières années le machinisme agricole à moteur. Mais il est bien évident, dans notre pays surtout si varié et si divisé, que l’emploi des outils à main: bêche, râteau, houe, brouette, etc., reste indispensable dans un grand nombre de cas. Ces outils, qui ne se sont guère modifiés au cours des âges sont d’un assez mauvais rendement. Ils utilisent mal l’énergie de l’ouvrier, parce que leur manœuvre ne fait intervenir qu’un petit nombre de muscles, et qu’elle leur impose un travail en réalité fort complexe.
- Prenons un exemple : la bêche ; il faut la faire pénétrer dans le sol, et en même temps la . diriger convenablement, Ce sont les bras de l’ouvrier qui ont à fournir la
- plus grande partie de l’effet musculaire nécessaire pour ces deux opérations élémentaires. Il en résulte que plus le travail exige de force, moins l’ouvrier a de facilité pour diriger l’outil avec précision.
- Les Rétro-force visent, précisément, à bien diviser le travail : l’effort moteur y est fourni exclusivement par le poids du corps, et les bras restent entièrement libres pour assurer la direction de l’outil.
- Yoici comment la chose a été réalisée.
- Le Rétro-force comprend un bâti formé d’une monture métallique portant deux bras mobiles, munis chacun d’un certain nombre de logements d’outils. Sur ce bâti, on pourra donc monter divers outils, et l’appareil pourra ainsi se transformer à volonté en charrue à main simple ou multiple, en bineur, en butteur, etc.
- Les éléments caractéristiques du Rétro-force sont l’organe de direction et celui de propulsion.
- Le premier est formé par deux mancherons de bois de 1 m. 40 de long, faisant avec le sol un angle de 45° et adaptés à la tèfe du bâti.
- L’organe de propulsion est une chaîne, fixée elle aussi au bâti par une de ses extrémités, et s’accrochant
- Fig. 3. — Rétro-force monté en bineur à semis.
- par l’autre extrémité à une boucle fixée sur une large ceinture que l’ouvrier porte au niveau du bassin. Cette chaîne, en outre, est munie d’un ressort amortisseur.
- Les dimensions de l’instrument sont calculées pour que, lorsqu’il est posé sur le sol, la chaîne fixée à la ceinture tendue, les deux poignées qui terminent les mancherons arrivent à hauteur de la poitrine de l’ouvrier et à o m. 3o environ en avant.
- L’ouvrier manœuvre l’instrument en marchant à reculons. Pour le mettre en mouvement, il s’incline légèrement en arrière ; il se laisse en quelque sorte tomber ; une traction s’exerce ainsi sur la chaîne et se transmet à l’outil. C’est la légère chute du corps qui produit l’énergie propulsive.
- Le travail musculaire se trouve ainsi réduit au minimum et l’ouvrier a toute liberté des bras pour diriger l’appareil avec précision. Aussi a-t-il non seulement un rendement supérieur à celui que l’on réalise avec d’autres outils, mais encore peut-il effectuer d’une façon irréprochable des travaux délicats, tels que le binage de plantes qui viennent seulement de lever ou d’être plantées.
- Notre figure représente un Rétro-force monté en bineur à semis. L’ouvrier qui le manie sarcle une ligne de haricots ; la ligne des plantes passe entre les deux socles du milieu ; la largeur travaillée est de 0 m. 45 ; la profondeur de 2 à 5 cm.
- Le Rétro-force rendra incontestablement de précieux services à la petite culture.
- Constructeur : F. Bouyer fils et C10, 11, rue Yillès-Martin, Saint-Nazaire. Agent à Paris : M. Guenneteau, 38, faubourg Saint-Martin.
- Objets utiles
- Dossier amovible pour lit. — Yoici un modèle de dossier complètement indépendant du lit, qui se place entre le sommier et le matelas, l’inclinaison réglable se produisant par un système de leviers articulés et une
- Fig. t. — Montage du collier'de serrage
- P. C.
- *C>47]§È1*
- p.2x146 - vue 597/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- vis à manivelle. Ce modèle se pose sur tous genres de sommier, il reste assujetti au lit et n’occasionne aucune gène pour le malade.
- II comporte une lame en acier trempé très souple; le
- Fig'. 4. — Dossier amovible pour lit.
- caractérise par sa fixité et par l’absence complète de tout mécanisme presque toujours obstrué par la suie.
- Il se compose de quatre coins ou entonnoirs (5) de dimensions variables disposés aux quatre points cardinaux, entraînant l’air en regard de la sortie (1), apportant la force nécessaire pour éviter que la fumée puisse retourner en arrière.
- Placé au sommet d’un conduit de fumée quel -conque, il joue le rôle suivant : la fumée circulant dans les tuyaux (1)
- (a) est arrêtée et protégée par un plafond faisant corps avec l’enveloppe (3).
- En temps normal, la fumée sort librement par les conduits (4) de la partie supérieure ; s’il se produit un peu de vent de n’importe quel côté, la fumée est refoulée à sa sortie supérieure et va sortir par les conduits 4 de la partie inférieure.
- Parles forts coups de vent ou rafales de n’importe quelle direction, les conduits à entraînement d’air (5) aident la fumée à sortir de tellesorte qu’en aucun cas la fumée ne peut retourner en arrière.
- Fig. 6. — Le Bouffe-fumée.
- malade est soulevé avec douceur jusqu’à la position assise s’il le désire et à tous moments sans être pour cela dérangé ou maintenu par d’autres personnes comme lorsqu’on emploie des oreillers ou d’autres systèmes.
- Un autre genre d’appareil a une inclinaison variable obtenue par de petits câbles sur une tringle à cliquet que l’on actionne comme une manivelle. Ce modèle se fixe sur lit en bois ou en fer au moyen de supports extensibles et réglables à volonté.
- Le système élévateur est simple, il peut être actionné par la personne alitée en remplaçant la manivelle par un levier qui permet également une descente automatique.
- Ces deux systèmes sont intéressants pour tous ceux dont le séjour au lit est d’une certaine durée, pour les personnes sujettes aux malaises, aux crises d’asthme;
- Porte-manteau de poche. — Yoici un petit objet que l’on peut mettre dans sa poche et qui peut servir de porte-manteau,
- Il est constitué par deux pièces métalliques articulées
- Fig. 5.
- Dossier amovible à inclinaison variable.
- son emploi facilite les soins, donne un confort appréciable aux malades et aux convalescents. — Construc-teur : M. Couillet, 3, cité des Trois-Bornes, Paris,
- Bouffe-fumée, — Cet appareil exposé au dernier concours Léjpipe, oit i| a obtenu pne médaille d’or, se
- dont l’unë porte un trou qui permet de fixer le portemanteau sur un mur, une porte, un arbre même, au moyen d’une aiguille qui, pour le transport, est contenue dans l’appareil.
- Le crochet mobile se rabat et constitue un portemanteau pratique pour l’intérieur des habitations, mais aussi pour la campagne et notamment pour les excursions. Il n’est pas encombrant, il est léger, tient moins de place qu’un petit canif et par conséquent il est facile à transporter.
- Constructeur :
- M. André Morin, boulevard de Belle ville, 5a,
- Paris.
- Tampon pour pieds de chaises et de fauteuils. — Yoici un tampon en feutre qui s’adapte aux meubles au moyen d’une vis.
- Il protège efficacement
- les tapis, linoléums et parquets et évite toute rayure possible
- . Ce tampon de feutre coiffe une armature qui porte la vis fixant l’appareil sur le pied du siège.
- En vente chez M, de GouUmges, /jo, rue Quipcam-poix, Paris,
- Fig. 8. — Tampon pour pieds de chaises ou de fauteuils.
- p.2x147 - vue 598/663
-
-
-
- »<
- VARIETES
- Q^<
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : PYRÈTHRE DE DALMATIE
- Le groupe des Pyrèthres comprend plusieurs plantes de la famille des Synanthérées. Parmi celles qui croissent en France, les deux principales au point de vue médicinal sont la Camomille Pyrèthre (Anthémis pyre-thrum) et le Pyrèthre matricaire [Pyrethrum Parthenium), et entre celles cultivées à l’étranger, dont les produits font depuis longtemps l’objet d’une grande importation chez nous, figurent, d’abord le Pyrèthre de Dalmatie, puis celui du Caucase. Ne pouvant malgré leur utilité introduire ces différentes plantes dans le Jardin familial, j ai choisi le Pyrèthre de Dalmatie qui, actuellement, jouit d’une grande vogue par son action insecticide sur les divers déprédateurs de nos jardins, vergers et vignobles, sans oublier les parasites indésirables sur nous et nos animaux domestiques.
- Habitat. — Le Pyrèthre de Dalmatie (Pyrethrum cinerariæfolium) est très cultivé dans la- péninsule des Balkans où il vient spontanément sur les pentes rocailleuses des divers pays, notamment sur les côtes Dal-mates. On le rencontre aussi dans le Caucase et en Perse à côté du Pyrethrum caucasicum qui présente deux types : les Pyrethrum carneum et P. Roseum.
- Description sommaire. — Plante rustique formant une touffe rappelant par plusieurs côtés le port et l’aspect floral de la Grande Marguerite des prés et des bois de notre pays. Feuilles alternes, d’un vert blanchâtre, longuement pétiolées et très divisées. Fleurs en capitules Lerminaux, peu odorantes à l’état frais, possédant après dessiccation une odeur forte et pénétrante.
- Culture. — Depuis les premiers travaux de P. Du-chartre et C. Yillemot, en 1858, la propagation du Pyrèthre de Dalmatie en France n'a cessé de faire des progrès sous la constante impulsion de chercheurs et de savants dont les plus connus chez nous sont : MM. E. Heckel, A. Juillet, F. Willaume, P. Marchai, Paillot et Faure, Gaumont, Poutier, Régnier, etc. Grâce à eux et au puissant soutien qu’ils ont reçu de l’Office national des Matières premières pour la Droguerie, la Pharmacie, la Parfumerie et la Distillerie du Comité interministériel des Plantes médicinales ainsi que des Stations entomologiques de l’Institut des Recherches agronomiques et de plusieurs Offices agricoles, les avantages économiques de la culture familiale ou commerciale sont déjà très importants. On compte actuellement une centaine d’hectares répartis en Languedoc, en Roussillon, en Provence, en Anjou, en Auvergne, dans le Poitou, dans le Dauphiné, en Alsace, etc.
- Le pyrèthre a été acclimaté en France, à plusieurs reprises, dans sa zone naturelle de végétation, c’est-à-dire approximativement dans la région de l’olivier, mais M. le professeur P. Marchai a indiqué, en igaâ, dans une communication à l’Académie d’Agriculture de France, que cette plante peut prospérer d’une façon remarquable dans la région parisienne tout en conservant ses propriétés insecticides. D’ailleurs, M. H. Faes, directeur de la Station fédérale d’Essais viticoles de Lausanne (Suisse), avait entrepris le premier, en 191a, une véritable culture vers le Nord, dans les terrains les plus ensoleillés du Valais.
- Multiplication. — J’emprunte aux intéressants articles de MM. F. Willaume et A. Juillet sur le Pyrèthre de Dalmatie, publiés en 1924 et 1925 dans « Cultures fruitières et industries annexes », une grande partie des renseignements ci-dessous.
- La multiplication a lieu d’abord par semis, puis par repiquage des plantes.
- Semis. — Jusqu’à présent, on a cultivé le pyrèthre un peu partout en Fronce, en semant au printemps ou à l’automne. Aucun conseil ne peut être donné à ce sujet jusqu’à ce qu’une expérience générale bien conduite, précise la meillleure date pour les semailles, suivant les différentes régions. On sème de préférence en pépinière dans des plates-bandes ensoleillées ou même sous châssis en épandant clair et sans enterrer les graines, qui sont très fines, au delà d’un centimètre, en lignes espacées de o m. 20 (M. Juillet recommande de ne pas les enterrer du tout), puis on tasse le sol et on le paille avec du fumier demi-fait. Les jours suivants on entretient l’humidité par des bassinages effectués le soir. La germination se produit 3 ou 3 semaines après le semis,
- On continue les arrosages jusqu’à ce que les jeunes plants possèdent quatre ou cinq feuilles.
- Il faut compter en moyenne 920 graines par gramme ; un lot de trois grammes permet d’assurer un minimum de plus de 700 plants capables de couvrir une surface de i5o m2 environ.
- Plantation à demeure. — On choisit un terrain chaud exposé au midi, caillouteux et perméable, car le pyrèthre se plaît dans les sols maigres, caillouteux, silico-cal-caires. Cependant, il prospère aussi dans des sols différents, M. P. Marchai a obtenu un rendement de 900 kg de fleurs fraîches à l’hectare dans un terrain froid et compact, sablo-argileux avec excès de sable. Il est bon de fumer le terrain avec des superphosphates qui augmentent la teneur des fleurs en principes actifs. Le repiquage a lieu sur des lignes espacées de o m. 60 en plaçant les plantes en quinconce à o m. 5o de distance. On réserve 10 pour 100 des plantes en vue de combler les vides qui peuvent se produire ; on a même conseillé i5 à 3o pour 100. On arrose modérément et l’on bine le sol de temps à autre. Malgré la longévité des pyrèthres, il est préférable, au point de vue pratique, de retourner la plantation après quatre récoltes pour éviter l’envahissement progressif par les mauvaises herbes.
- Récolte. — Il faut attendre deux ans avant que la plantation soit en plein rapport et alors on peut faire deux récoltes. (M. Juillet estime que dans le midi de la France, il n’y a qu’une récolte vraiment utilisable.) On l’effectue au moment où la majorité des fleurs est épanouie ; on choisit un temps sec et ensoleillé et l’on coupe les pédoncules au niveau supérieur des feuilles. Dans les champs, on se sert de la faucille, mais dans le jardin familial, un sécateur suffit. Chaque touffe peut porter 200 fleurs de 4 cm de diamètre, en moyenne. On fait sécher la récolte en l’étendant à l'ombre sous un abri sain, afin d’éviter les fermentations. On a recommandé de conserver les capitules à l’abri de l’air et de la lumière dans des flacons bien bouchés. C’est bien pour une très petite production, mais si elle était importante, il faudrait de grandes conserves en verre comme il y en a encore dans les vieilles pharmacies de province, ou, de préférence, des boîtes ou des estagnons en fer-blanc fermant hermétiquement.
- Si l’on veut obtenir de la graine, il faut réserver une partie de la récolte et ne couper les' fleurs qu’après complet épanouissement et début de dessiccation. On peut obtenir 3 kg 5 de semences par 5o m* de plantation.
- Rendement. — En France, M. Juillet a obtenu dans une exploitation de 10 hectares, en région méditerranéenne, 35o kg de capitules secs ou 1100 kg de tiges fleuries, à l’hectare, et M. P. Marchai 900 kg de fleurs fraîches. MM. Paillot et Faure ont pu fabriquer 56 kg de poudre brute en partant de la récolte d’un champ de pyrèthre de 3oo m2 de superficie, soit 19 kg, environ, par 100 m2.
- Préparation de la poudre. — Lorsque la récolte est, complètement sèche, on la soumet, quand elle est importante, à un broyage à la meule qui la réduit en poudre, mais on manque d’un petit appareil permettant ce travail à la ferme, car le moulin de ménage et la râpe d’épicier ne donnent pas de très bons résultats, selon M. Juillet qui en obtient de meilleurs en écrasant entre les doigts les capitules secs. La poudre doit être renfermée dans des récipients hermétiquement clos et remplis jusqu’au bord, afin d’enfermer le moins d’àir possible et de lui conserver toute son efficacité qui est due à une huile essentielle et à une oléo-résine solubles dans l’éther. Elle peut se conserver longtemps, mais il est prudent de l’employer au fur et à mesure de sa fabrication.
- Modes d’emploi. — Aux premiers emplois de la poudre de pyrèthre consistant pendant longtemps en produits insecticides connus sous les noms d’ « insecticides Vicat », de « poudre persane », de poudre à punaises », limités surtout aux parasites de l’homme et de l’animal, ont succédé ceux qui concernent les innombrables ennemis que comptent les différentes branches de l'agriculture.
- p.2x148 - vue 599/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Ces emplois ont conduit à plusieurs préparations, sans danger pour l’homme et les animaux, préconisées par leurs inventeurs, MM. Faes, Juillet, Willaume. Malgré leur modalité différente, elles possèdent une grande activité. On les désigne sous le nom générique de « Savon Pyrèthre » dont je ne puis, présentement, parler avec détails.
- Propagation. — Dans le but de diffuser sa culture et de vulgariser son exploitation pour nous affranchir de
- l’importation de la poudre des Balkans qui a atteint, par an, de ioo à i3o tonnes, je ne saurais trop recommander de lui faire une large place dans le jardin familial, à côté des plantes médicinales, eu raison des grands services qu’il peut rendre comme le représentant d’un de nos meilleurs insecticides. Pour obtenir des graines ou des plants à repiquer, il faut s’adresser aux Offices agricoles de l’Hérault ou de Seine-et-Oise.
- A. Truklli:.
- Jt«D
- IgD
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AyiS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de I_a Nature oblige à limiter striGtemcmt les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Nouvel éclairage pour microscope. — (N° du io octobre 1925 supplément p. 115). M. le commandant de Bony nous écrit à ce sujet :
- « Le procédé d’éclairage des objets examinés au microscope, au moyen de la lumière canalisée par une baguette de verre, n’est pas nouveau 1 il est décrit dans le volume Recettes et Procédés utiles, 4e série, p. i63. »
- Quoi qu’il en soit le procédé est très élégant.
- A rapprocher de la canalisation de la chaleur dans les tiges de quartz signalée dans l’article de La Nature sur le quartz fondu transparent paru dans le n° 2626, p. 80.
- Cette propriété peut trouver une application au microscope si l’on veut à la fois chauffer et éclairer la préparation ».
- Réponses. — M. E. P., à Epernay (Marne). — 1° Pour indications techniques et adresse concernant la marque de petite faucheuse à main dont il s’agit, adressez-vous à la Direction de la Station d’essais de machines, à Paris, 2, Avenue de Saint-Mandé («2°). (Joindre un timbre pour la réponse.) Vous obtiendriez aussi des renseignements, croyons-nous, en vous adressant au Secrétariat de la Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, à Paris, 10, rue de Lancry (120), et au Directeur des Services agricoles de la Marne, à la Préfecture de ce département.
- 2° Le dépôt qui s’est formé à l’intérieur de votre bouillotte est probablement dù à la nature calcaire de l’eau qui y séjourne. Vous pourriez essayer un nettoyage avec du vinaigre, de l’acide acétique ou oxalique ou autre acide faible. Il est difficile d’éviter ce dépôt si l’eau employée est naturellement très chargée de calcaire. Voyez l’article sur la décalcarisation des eaux [La Nature, n° du 18 avril 192a).
- 3° Les tiges et feuilles vertes des topinambours sont employées couramment comme fourrage. A cet effet, on doit les couper tardivement, quand le développement du tubercule n’en a plus besoin, et les hacher avant de les distribuer aux lapins. Les tiges et feuilles de topinambour contiennent en moyenne 84 pour 100 de matière sèche totale, 7,6 pour 100 d’éléments • protéiques, 1,9 pour xoo de matières grasses, 36,7 pour 100 d’extractifs non azotés et 22,1 pour 100 de ligneux.
- Ce fourrage ne doit pas constituer la nourriture exclusive des lapins ; il doit entrer pour une certaine part dans la ration comprenant d’autres aliments (betteraves, carottes, son, avoine, orge, etc.).
- M. le D' Augustin Trigo, à Valence (Espagne). — Vous pourrez consulter avec fruit les Leçons de Cosmographie de Tisserand et Andoyer (Armand Colin, éditeur, Paris) et, dans un bufplus pratique, comme vade-mecum de l’observatoire d’Amateur, Astronomie, Topographie, etc., de Gélion Towne (G. Thomas, éditeur, 44, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris). Enfin, pour être tenu au courant des progrès et. découvertes astronomiques, vous trouverez dans TJ Astronomie, revue mensuelle, tous les. renseignements désirables. S’adresser à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente Paris (6n).
- M. le Dv V., Brucieux. — Les pommes de terre que
- vous nous avez envoyées et qui contenaient dans un gros tubercule un certain nombre de petits semblent dues à la formation de tubercules secondaires sur les yeux de germination des pommes de terre qui se sont flétries.
- Dr G. D.,h Rennes-les-Bains (Aude). —Enseignement horticole pour jeunes filles. — Vous obtiendrez les renseignements dans le sens que vous indiquez en vous-adressantaux établissements suivants : Ecole supérieure d’agriculture pour les jeunes filles, à Belleville, Gometz-le-Chàtel (Seine-et-Oise), directiice : Mlle Thome, 34, rue Vaneau, Paris (7e); cette école a un cours d’horticulture maraîchère et florale et d’arboriculture; Ecole pratique d'horticulture pour jeunes filles, à Sceaux (Seine) ; Ecole supérieure agricole et ménagère de Grignon (Seine-et-Oise), directrice : Mme Babet-Charton ; Section d’Enseignement agricole féminin, à l'Ecole nationale d’Agriculture de Rennes (Ille-et-Vilaine), direc-rice : Mlle Bodin.
- On peut obtenir aussi des indications en s’adressant : à la direction de l’Ecole nationale d’Horticulture, à Versailles (Seine-et-Oise), à la direction des Services agricoles de l’Aude, à Carcassonne (M. Barbut) et au Ministère de l’Agriculture, Bureau de l’Enseignement agricole (Paris, 78, rue de Varenne, 7e), où l’on peut se procurer la liste des établissements d’enseignement horticole féminin, des écoles de laiterie et des écoles ménagères agricoles.
- Nous ne connaissons pas d’école donnant l’enseignement spécialement individuel, au gré des familles. Le régime est, généralement, l’internat.
- M. M. Stafford Mayer, Port-Louis. — Le tracteur Clétrac (tracteur à chenilles), muni du système de relevage des outils, tel qu’il est représenté dans l’article sur la culture rationnelle et intensive de la vigne {La Nature, n° 2672), est de marque américaine. Pour renseignements sur cette machine, s’adresser à la firme Allied Machinery C° de France, Paris, 19, rue de Rocroy (10e), et à M. Chalier, constructeur à Arpaillargues, près Uzès (Gard). Spécialement en ce qui concerne le treuil de relevage des outils, son fonctionnement et le nom de l’inventeur, prendre renseignements en s’adressant à M. Samuel Maroger, ingénieur, 2, rue Voltaire, à Nîmes (Gard).
- D' Beurois, à Dax. — Les compensateurs sont des appareils destinés à corriger, sur un réseau électrique à courant alternatif, le décalage de phase entre la tension et l’intensité du courant; ce décalage est dû surtout à la self-induction de la ligne et à celle des appareils récepteurs, transformateurs, moteurs asynchrones. Il se traduit par une diminution de la puissance efficace distribuée et par une mauvaise utilisation du métal des lignes de distribution ; et, par suite, par une perte pécuniaire. Sur les longues lignes de distribution, il y a un grand intérêt pour le réseau à avoir au point d’arrivée de la ligne un courant sensiblement en phase avec la tension. D’où l’emploi des appareils compensateurs, comme ceux qui sont installés notamment sur le réseau à haute tension du Midi. Les compensateurs synchrones ne sont pas autre chose que des moteurs électriques, synchrones; ces machines comportent un induit mobile traversé par le courant alternatif de la ligne et un inducteur produisant un champ magnétique constant; ce champ est développé dans l’inducteur par une excitatrice à courant continu. Quand l’excitation d’un tel moteur dépasse une certaine valeur, autrement dit quand le moteur est surexcité, il détruit le retard de phase du courant sur
- p.2x149 - vue 600/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- €
- la tension; il corrige le décalage. Le compensateur synchrone est donc un moteur synchrone surexcité, monté sur la ligne et tournant à vide. Cette propriété est connue et utilisée depuis fort longtemps ; elle a pris beaucoup plus d'importance depuis que les longues lignes de distribution se sont développées, parce qu’elle permet de réaliser une grande économie en diminuant les sections des conducteurs, à puissance transportée égale.
- Il est donc inexact de dire que les compensateurs synchrones soient des machines américaines. Les premières applications ont été faites en Angleterre dès 1891. Il est possible que les machines installées sur le réseau du Midi soient de construction américaine, mais tous les constructeurs français sont en mesure de construire des machines de ce genre.
- . M. jR. de S., Bruxelles. — Assainissement d'une pièce d’eau envahie par des végétaux minuscules et des insectes. — Considérant la destination de cette pièce d’eau et le but que l’on se propose, nous estimons que le peuplement en poissons ne permettrait pas d’obtenir le résultat cherché.
- Il s’agit, probablement, d’une invasion de lentilles d’eau, de végétations spontanées, conferves, filaments et mousses qui se multiplient à la surface des eaux tranquilles.
- Le moyen à employer est, tout simplement, d’avoir des cygnes on des canards sur cette pièce d’eau à tenir propre. Le cygne est le travailleur le plus actif .et le plus énergique pour la destruction de ces productions et des insectes ; par lui, la surface de l’eau devient nette comme un miroir, après un certain temps. Pendant quelques jours de grande chaleur seulement, il peut arriver que la production spontanée prenne les devants sur son travail de destruction, mais le nettoiement est déjà très avancé. Il faut mettre un nombre de sujets suffisant pour ne pas leur donner une trop grande surface à nettoyer, c’est-à-dire un peu plus que ce que les eaux peuvent nourrir seules durant l’hiver, et en cette saison il faut donner aux cygnes un supplément de nourriture (pommes de terre de basse qualité ou quelques graines).
- L’éjointage des cygnes est nécessaire pour éviter les envolées. On doit lâcher en une fois, sur la pièce d’eau, le nombre de sujets nécessaire; s’il en était autrement, les premiers occupants pourchasseraient les nouveaux venus et les feraient fuir.
- M. F. Wirth, Lisbonne. — Le professeur italien Fer-raris (1847-1897) est considéré en général comme l’inventeur des moteurs électriques à champ magnétique tournant; ses travaux sont l’origine des moteurs asynchrones à courant polyphasé. Dans de tels moteurs, l’inducteur est fixe ; il est excité par des courants alternatifs qui produisent un champ tournant dans l’espace.
- M. Dubois, à Courbevoie. — Le sulfate de zinc a des emplois multiples, par exemple pour l’obtention des réserves en impression d’indiennes, pour la fabrication des vernis, du blanc de zinc et surtout comme antiseptique désinfectant. Mais, à notre avis, si vous disposez de quantités importantes, le débouché le plus intéressant serait la préparation du lithopone d’après la réaction :
- ZnSO4 + BaS = ZnS -j- BaSO4.
- L’utilisation du lithopone comme peinture va toujours en croissant et on s’en sert également comme matière de remplissage dans les masses plastiques.
- La maison Hensey et C°, 20, boulevard Pagel à Saint-Ouen, spécialisée dans les produits zinciques, serait peut-être acheteur de votre sulfate de zinc.
- M. Zatarian, à San Sébastian. — La préparation suivante vous permettra de remettre en état la capote de cuir de votre auto, sans avoir à craindre que la couleur
- soit entraînée par la pluie :
- Stéarate de noir NN ... i5 grammes. Benzine lourde.............5oo —
- Faire l'application du mélange au grand air, afin d’éviter les effets toxiques résultant de l’absorption de la benzine en même temps que les dangers d’inflammation. Avoir soin en outre que le cuir soit bien sec, pour que la teinture prenne également sur toutes les parties.
- M. F. Cellard, à Saint-Chamond. — La filtration ne peut donner une eau stérilisée que si la masse filtrante ne présente que des pores excessivement ténus et si celte masse peut être changée assez souvent avec facilité, attendu qu’au bout d’un certain temps, si les mi-
- crobes sont encore retenus, il n’en est pas de même des spores qu’ils engendrent. Dans cet ordre d’idée, un assez grand nombre de filtres ont été imaginés et vous en trouverez une nomenclature très complète dans le Bottin, mais nous croyons que dans le cas qui vous occupe, le « Filtre pasteurisant » de Jacob Delafon, 4^, rue Laffitte, à Paris, serait particulièrement indiqué.
- L. C., à Monceau-sur-Sambre. — Le sulfate de fer convient tout spécialement à la destruction des mousses ; on peut l’employer, soit en arrosages au moyen d’une solution à 5 pour 100, soit en épandages à la main à l’état de sulfate de fer, dit neige, qui est simplement le sulfate de fer du commerce (vitriol vert) auquel on a enlevé par dessiccation six molécules d’eau, la répartition en est ainsi très facile.
- M. Pionian, à Tauris, Perse. — Il est inutile de faire intervenir le soufre pour la préparation du sulfate de cuivre en partant des résidus de cuivre métallique. Dans la pratique industrielle, on se contente de recouvrir ceux-ci d’une solution d’acide sulfurique étendu, puis défaire barboter dans le liquide un mélange d’air et de vapeur, au fur et à mesure de l’oxydation du cuivre ; l’oxyde formé se combine à l’acide sulfurique en donnant du sulfate de cuivre qui se dissout.
- Ce procédé très simple ne nécessite qu’une installation sommaire, on concentre ensuite le liquide à 3o° B. (bouillant) et laisse cristalliser, ce qui donne un produit commercial de richesse plus ou moins grande en sulfate de cuivre suivant la pureté des matières premières mises en œuvre, pouvant contenir du fer, du zinc, etm
- M. Julian, à Cannes. — i" Les termes de couleurs grasses, couleurs solubles à l’huile, couleurs aux stéarates sont équivalents et désignent les mêmes produits.
- 20 La plupart des noirs dits a aux anilines » donnent en effet un reflet bleuté, on peut corriger ce défaut et obtenir un noir « noir » en ajoutant un peu de colorant jaune. Dans le cas qui vous occupe, le jaune employé devra être également du jaune au stéarate.
- 3° Malgré nos recherches nous n’avons pu trouver l’adresse de la spécialité dont vous parlez.
- 4° Les couleurs aux stéarates sont insolubles dans l’eau.
- M. Bouty, à Paris. — U addition de corps poreux ou anguleux, pierre ponce, tubes de verre effilés, charbon de cornues, etc., a pour but de faciliter le dégagement des vapeurs dans les liquides chauffés pour éviter les soubresauts, mais non la mousse, celle-ci est due à la nature même du liquide susceptible de former des bulles incapables d’éclater par elles-mêmes si elles ne rencontrent pas un obstacle, tel est le cas de votre trichloréthylène chargé de matières grasses et savonneuses. Le mieux que vous ayez à faire est d’adapter à votre alambic un brise-mousse dont le dispositif est basé sur l’observation précédente. Vous trouverez des appareils de ce genre dans l’une des maisons suivantes : Egrot, 23, rue Mathis ; Besnard, 28, rue Geoffroy-Lasnier ; Brehier, 5o, rue de l’Ourcq.
- 2“ Vous voulez très probablement parler des tissus imperméabilisés de couleur orangé vif, cette imperméabilisation est réalisée par le ferrocyanure de cuivre en opérant ainsi :
- On commence par tremper le tissu dans une solution composée de :
- Prussiate jaune du commerce. 100 grammes.
- Eau ordinaire................ 10 litres:
- Après imbibition complète d’au moins une heure, le tissu est tordu, puis introduit dans une seconde solution contenant :
- Sulfate de cuivre............i5o grammes.
- Eau ordinaire. ....... 10 litres.
- La coloration rouge se développe alors par formation de ferrocyanure de cuivre insoluble qui reste occlus dans la fibre, on rince sommairement et laisse sécher. Si on désire une coloration plus intense, on répète deux ou trois fois les opérations dans le même ordre.
- M. Onofrez, à Galdetas Espagne. — Nous avons traité très longuement dans le n° 2687, page 112, réponse à l’Ecole française de Tientsin, la question du renversement de Vimage sur plaque au gélatino-bromure ; veuillez bien vous y reporter. Comme ouvrage sur ce sujet, nous pouvons vous indiquer : Les Positifs directs, de la Bibliothèque de la Photo-Revue, éditeur, J. de Francia, 118, rue d’Assas.
- p.2x150 - vue 601/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- >•
- Géométrie et relativité, par Ch. Audoin, i br., P-Les Presses Universitaires de France, Paris, 1925.
- Dans la grande bataille engagée à propos des théories relativistes, il faut, dit Fauteur, prendre parti dès maintenant pour ou contre Einstein; lui-même prend manifestement le parti d’Einstein et sa brochure n’est autre chose que le plan développé, d’nne grande plaidoirie en faveur de la théorie d’Einstein. C’est un petit précis, très bien conçu, de la question dans son état actuel, mais l’on n’y trouve, bien entendu, aucun développement théorique et aucune démonstration.
- Optical Methods in control and Research Laboratories, by J.-N. Goldsmith, S. Judd. Lewis, F. Twyman, 1 vol. illustré, 56 p., édit. Adam Hilger. Londres. En vente à Paris, à la Cambridge Instrument C°, ig8,rue Saint-Jacques. Prix : 14 francs.
- Ce volume, publié par la maison A. Hilger, constructeur d’instruments d’optique à Londres, est un excellent manuel de laboratoire, relatif à l’analyse spectrale, la réfractométrie et la polarimétrie. Il indique les principales applications de ces méthodes, le moyen de les pratiquer, et il contient de nombreuses références qui permettent de se reporter aux mémoires originaux et aux ouvrages techniques les plus importants en la matière.
- Teignes électriques aériennes à haute tension, par Jules-C. Brull, 1 vol. in-17 br., 66 p.. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs. Paris, 1925. Prix : 5 francs. Franco par la poste, 5 fr. 3o.
- Ce petit ouvrage traite du calcul des lignes électriques aériennes au point de vue mécanique : calcul des flèches et tension des conducteurs, application aux pylônes, emploi des poteaux bois comme supports de lignes. Il contient de nombreux exemples numériques.
- Manuel de la construction en ciment et en ciment armé, par M. Chanson, i vol. 424 P-» 438 fig.
- J.-B. Baillière et fils, Paris, 1925. Prix : i5 francs.
- L’auteur expose d’abord comment on peut calculer par des moyens élémentaires les dimensions à donner aux pièces en ciment ou béton armé ; il explique ensuite comment on prépare les mortiers et les bétons, comment on effectue les différents travaux de cimentage, comment on exécute des éléments en béton armé, puis des ouvrages complets. L’ouvrage abonde en renseignements pratiques qui seront très utiles à tous ceux qui veulent pratiquer la construction en ciment, aujourd’hui à l’ordre du jour en raison de son économie.
- Lista preliminar de las plantas de el Salvador, par Paul C. Standley et Salvador Calderon. i vol. in-8, 274 p. Direccion general de Agricultura, San Salvador. Prix : 5 dollars.
- Ce livre, écrit avec la collaboration de vingt spécialistes américains, mentionne 2222 espèces rangées par familles. A coté de leur nom latin, il donne leurs différentes dénominations vulgaires. Pour la plupart d’entre elles, il expose des données très intéressantes sur leurs propriétés et les usages qu’en font les gens du pays. Il se termine par une table alphabétique des noms latins et vulgaires, qui rend la consultation commode. Il constitue ainsi un document sur la flore de la côte Pacifique de l’Amérique Centrale des plus précieux, pour la connaissance des richesses végétales de cette région et notamment pour là distribution géographique des espèces dans ce passage entre les deux Amériques.
- Calalogue illustré des animaux marins comestibles des xôtes de France, et des mers limitrophes, avec leurs noms communs français xet étrangers. 2e partie : Poissons cartilagineux, mollusques, crustacés, etc., par L. Joubin et Eu. Le Danois. Mémoire n° 2 de l’Office scientifique et technique des pêches maritimes. 1 vol. in-4, 196 p., nombreuses fig. Blondel La Rou-gery, Paris. Prix ; 45 francs.
- Le premier volume publié l’an dernier était consacré aux poissons osseux ; celui-ci concerne les autres animaux marins les plus communs sur nos côtes et qui servent à l’alimentation. Pour chacun, on trouve le nom français, le nom latin, les désignations locales des pêcheurs tant français qu’étrangers, une courte description des caractères les plus saillants de la bête, le tout accompagné d’une photographie excellente facilitant la reconnaissance de l’espèce. Destinés aux pêcheurs, aux mareyeurs, aux commerçants en poissons, ces deux volumes leur permettront de mettre un peu d’ordre et d’unité dans leurs appellations si variables et pittoresques, mais si incommodes pour reconnaître les animaux dont ils s’occupent. Ils fourniront aux amateurs de pêche en mer un guide sommaire pour les aider dans leurs observations.
- Grundriss der vergleichenden Physiologie, par W. von Buddenbrock. Erster Teil : Simesorgane und^Nerven-system. 1 vol. in-8, 276 p., i43 fig. Gebrüder Born-traeger, Berlin, Prix : 12,75 marks.
- Les biologistes disposent déjà de plusieurs traités spécialement consacrés aux Invertébrés, mais qui étudient pour la plupart uniquement la morphologie. L’auteur, professeur de zoologie à l’université de Kiel, a choisi un point de vue purement physiologique. Il traite, dans cette première partie, des sens et des actions nerveuses dans la série animale : vision, phototropismes, fonctionnement de l’œil simple des Vertébrés et de l’œil composé des Arthropodes, sensibilité aux couleurs, audition, orientation, sens chimique; puis physiologie du système nerveux : excitabilité, coordination, fonctions des centres encéphaliques. L’exposé est remarquablement clair et bien à jour. Il faut seulement regretter l’absence de table des matières, d’indications bibliographiques et d’utilisation des travaux français !
- Conserves alimentaires, par H. Rousset (Nouvelle collection des Recueils de recettes rationnelles). 1 vol. in-16, 253 p., 62 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris. Prix : i3 fr. 5o.
- Les méthodes dérivées du procédé d’Appert n’occupent qu’une petite partie de l’ouvrage : on y trouve les plus intéressants renseignements sur les recettes de conservation de viandes par boucanage et enrobage, des œufs par toutes sortes de traitements, des fruits et légumes par dessiccation sur le fourneau de cuisine.... Notons eu particulier la reproduction des « recettes de guerre », élaborées en 1917 par les services agricoles américains, pour qu’aucun produit du jardin ne soit perdu. Ces recettes, méthodiquement classées, sont aisées à consulter.
- Lapins, Lapereaux et C1', par Ad.-J. Charon. i vol. in-12, 287 p., 78 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 9 francs.
- Ce livre montre les possibilités et l’avenir de l’élevage des lapins à fourrure qui prend, en ce moment, en Angleterre, un essor comparable à celui qui fut constaté, il y a vingt ans déjà, pour les fermes de pondeuses. Il traite successivement des moyens pratiques de sélectionner, élever, nourrir, vendre les animaux et surtout d’éviter les nombreuses maladies -qui causent trop souvent de coûteux insuccès. Les comptes d’élevage qu’il établit montrent ce qu’on peut espérer d’une installation bien conduite.
- Inventaire des périodiques scientifiques des bibliothèques de Paris, par MM. A Lacroix et L. Bultin-gaire (3e fascicule), 1 vol. 336 p. Masson et Cia, éditeurs. Paris, 1925. Prix : 20 francs.
- C’est le troisième et avant-dernier fascicule du grand œuvre bibliographique entrepris par l’Académie des sciences sous l’active impulsion de M. A Lacroix. Il contient la nomenclature des périodiques scientifiques existant dans les bibliothèques parisiennes, et dont le titre commence par une lettre comprise entre N et Z.
- '152]8F
- p.2x151 - vue 602/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2693
- Ï4 Novembre 1925
- /'?/
- ><
- -...
- ’tsgf
- INFORMAT!
- V 3 ©
- >«
- Une usine à brome à bord d’un navire. — Nous avons maintes fois entretenu nos lecteurs du plomb tétraéthyle, substance antidétonânte employéepour améliorer lerégime de combustion des moteurs à combustible liquide. La fabrication de ce produit a été entreprise en grand aux Etats-Unis ; puis àla suite d’accidents gravés survenus en cours de fabrication et dus à sa grande toxicité, la vente en a été momentanément suspendue, malgré le très grand succès qu’elle avait immédiatement obtenu. Ce succès avait eu une conséquence fort curieuse et assez inattendue : il avait entraîné la raréfaction du brome et une hausse formidable des prix de cette substance. En effet, le plomb tétraéthyle s’emploie en solution dans le bromure d’éthylène. Le brome a donc rapidement fait défaut et les fabricants de plomb tétraéthyle ont dû s’en procurer à tout prix. Ils prirent la décision d’aller le chercher au sein même de la mer; le brome s’y trouve à raison de i kg pour i5 ooo kg. On aménagea rapidement à bord d’un navire du Shipping Board une usine pour le traitement de l’eau de mer en pleine mer. Le procédé d’extraction consistait à traiter l’eau de mer par le chlore. L’installation de l’üsine à bord d’un navire avait pour but de réduire au minimum les frais de pompage des quantités énormes d’eau qu’il fallait traiter. Le brome a pu ainsi être obtenu à un pris de reviefat, parait-il, acceptable. Mais la fabrication du plomb tétraéthyle ayant été suspendue, on n’a naturellement pas continué l’exploitation de cette curieuse usine flottante.
- La soie artificielle. — On assiste, en ce moment, à un prodigieux développement de la fabrication de la soie artificiélle dans tous les grands pays industriels : France, Belgique, Angleterre, Italie, Allemagne, Etats-Unis notamment. La production mondiale en 1913 était évalùée à 14 millions de kilogrammes environ. Elle atteint en 19*24 le total de 5o millions de kilogrammes» presque égal à celui de la soie naturelle qui est de 60 millions de kilogrammes et il Semble bien qu’elle ne s’arrêtera pas à ce chiffré. L’industrie de la soie artificielle née des travaux d’un grand.inventeur français, le comte II. de Chardonnet, joue donc un rôle de plus en plus important dans l’économie mondiale. Il est intéressant de noter que le prix de revient de la soie artificielle va en s’abaissant progressivement, alors que relui de tous les textiles naturels va, au contraire, en augmentant. Si ces mouvements en sens inverse sé continuent, la soie artificielle, dans un avenir assez prochain, pourrait devenir notamment un sérieux concurrent du coton.
- Le grandi serpent de mer. — On sait quelles légendes et quelles observations incomplètes ont rendu célèbre le grand serpent de mer, dont on conte de temps à autre de nouveaux exploits. Les savants, tels que Oudemans, Racovitza, ont admis son existence réelle; en 1898, le commandant Lagrésille a affirmé l’avoir vu dans la baie d’Along; en 1923, M. Hérubel a signalé deux nouvelles apparitions en Nouvelle-Calédonie.
- Dans son beau livre, très documenté, qui vient de paraître sur VIndo-Chine, ses richesses marines et fluviales, M. le professeur Gruvel, après avoir énuméré toutes les espèces qu’on pêche dans notre Extrême-Orient, ne péüt s’empêcher de consacrer quelques pages aü grand serpent de mer et il apporte un nouveau témoignage fort troublant recueilli en 1921 sur place par M. Krempf, directeur du Service océanographique des pêches de l’Indochine. Il s’agit cette fois d’un pêcheur qui, non seulement a vu, mais touché l’animal.
- Nous ne saurions mieux faire que de reproduire textuellement la note de M. Krempf.
- « J e les ai recueillis (les renseignements) en mer et les tieüs d’un patron de chaloupe de la Douane, indigène âgé de 56 ans, nommé Tran van Con. Il y a de cela 38 ans (c’était donc en 1883), 14 ans avant la narration du commandant Lagrésille, cet Annamite a vu et touché le soi-disant serpent de mer. Voici son récit fidèlement traduit : l’animal était échoué et -mort ; c’était une épave en putréfaction très avancée. La tête avait disparu. Le corps seul mesurait 19 m. de long sur.i -m,
- de large. L’animal était formé de segihénts successifs à peu près tous semblables les uns aux autres. Chaque segment avait 1 m. de long et o m. 60 d’épaisseur et/ portait une paire d’appendices de 80 cm de long. Les téguments étaient d’une consistance remarquable; ils « sonnaient » comme de la tôle, lorsqu’on les frappait avec un bâton. La couleur de cette enveloppe tégumen-taire était d’un brun foncé sur la face dorsale, jaune clair sur la face ventrale. L’odeur que répandait cet animal prodigieux était telle que les Annamites même n’osaient l’approcher et que l’on dut se décider à remorquer l’épave au large et à la couler. Le nom donné à cet animal par mon narrateur est « con rit », c’est-à-dire mille-pattes ».
- Le serpent de mer serait-il donc un Arthropode ou bien l’annulation apparente serait-elle due à des écailles dermiques sur le corps d’un Vertébré? M. Gruvel pose la question sans la résoudre.
- Les œufs et le sexe des poussins. — Peut-on reconnaître dans l'œuf le sexe du futur poussin ? Question maintes fois posée et jamais résolue, malgré les procédés préconisés dont certains ne sont rien moins que scientifiques.
- La Revue internationale des renseignements agricoles rend compte de nouvelles recherches effectuées par MM. A. Jull et J.-P. Quinn au Bureau of Animal Indus-try des Etats-Unis et publiées par le Journal of Agricul-iural Research.
- Les auteurs ont spécialement examiné la forme et le poids des œufs. Pour déterminer la relation entre la forme de l’œuf et le sexe du poussin, ils ont mesuré, au moment de la ponte, la longueur et la largeur maximum de chacun des 990 œufs pondus par 24 poulettes Barred Plymouth Rock, du milieu de février à fin avril. Le sexe des poussins était déterminé par dissection lors de l’éclosion.
- Des 990 œufs, 5i2 produisirent des mâles et 478 des femelles; la longueur moyenne des oeufs donnant naissance à des mâles fut de 55,3i àz 0,06 mm et celle des œufs produisant des femelles de 55,42 ±0,07 mm, soit entre eux une différence moyenne de 0,11 rb 0,0g mm, c’est-à-dire une variation, tant absolue que relative, très faible. Si la production de chaque poulette est considérée isolément, on constate que,v.chez i3 individus, la longüfeur moyenne des œufs produisant des mâles est plus grande que la longueur moyenne des œufs donnant naissance à des femelles; chez les 1 1 autres, c’est l’inverse qui se produit.
- La forme des œufs fut déterminée par l’indice longueur-
- largeur exprimé par la formule ( *°° ^ ^aroeiu Y un
- \ longueur /
- œuf long et étroit ayant un indice faible, tandis qu’un œuf court et large à un indice élevé. L’indice moyen des œufs produisant des mâles fut de 75,17 ± 0,09 et celui des œufs donnant naissance à des femelles 70,09 ± 0,10, soit une différence moyenne de 0,08 ± o, i3.
- Pour l’étude du poids de l’œuf en relation avec le sexe du poussin» les auteurs ont examiné des œufs provenant de 2 sources différentes : œufs de 153 poules Barred Plymouth Rock unies à des coqs Rhode Island Red et œufs de 58 poules Rhode Island Red unies à des coqs de même race.
- Us ont examiné 418 œufs de la ir“ source et 226 de la 2° source, soit au total 644 œufs. Le jxdds des œül's était déterminé le jour de leur ponte
- Des 418 œufs de Ue source, on a obtenu 347 poussins et 71 morts en coquille.
- Sur les 347 œufs éclos, il y eut 190 mâles et 157 femelles. Le poids moyen des œufs produisant des mâles fut de 58,64 ±0,19 gr. ; celui des œufs donnant des femelles fut de 58,23 ±: 0,21 gr. ; il y eut ainsi une différence moyenne de.0,11 ±.0,28 gr.
- Sur les 71 morts-en. coquille, on identifia 3ô màles .et 41 femelles,............ .
- Le poids moyen.des œufs produisant des mâles fut de 67,56 rb-0,.44, gr-î oelui-dns œufs produisant des, femelles fut de 57,82 ± o,43 gr. avec une différence moyenne de o,-26-±-a,6i. -.........- • ...- ..........
- 20
- p.2x152 - vue 603/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- En tablant sur les 418 œufs on a : poids moyen des œufs produisant des mâles 58,4V) — 0,17; poids moyen des œufs donnant des femelles 58,45 ± 0,19; différence moyenne 0,04 ± o,a5.
- Sur les 226 œufs de 2' source on a : poids moyen des œufs produisant des mâles 58,06 ± 0,26 gr. ; poids moyen des œufs donnant des femelles 57,29 ± 0,27 gr. ; différence moyenne 0,77 ± 0,37.
- Considérant les 644 œufs, on obtient les chiffres suivants :
- Poids moyen des œufs produisant des mâles :
- = 58,24 — 0,14 gr.
- Poids moyen des œufs produisant des femelles :
- = 58,oi ± o, 16 gr.
- Différence moyenne :
- — 0,23 ±0,2 1.
- En conclusion, on peut dire qu’il n'y a pas de corrélation entre la longueur absolue d’un œuf, la forme d’un œuf et le poids d’un œuf, d’une part, et le sexe du poussin qui en éclôt, d’autre part.
- Procédés de destruction moderne des mîtes. —
- Les ménagères savent combien pénible est cette bestiole qui détruit les fourrures, les étoffes de laine et cause ainsi des dommages des plus appréciables.
- Le poivre, la naphtaline, le camphre, certaines mixtures à base de corps phénoliques ou terpéniques ne réus-sent qu’imparfaitement à les détruire.
- On a parlé de produits de la firme Bayer, du sucre d’ « Eulan » et autres, mais on ne spécifiait rien.
- Si 1’ on en croit la Revue des produits chimiques du 3i août 1925, les corps couverts par les brevets Bayer comme anti-mites sont l’éthylidène phénylhydrazone :
- CH3 CH = C°H3AzHAz le diaminobenzène :
- /C«H6AzH
- Az
- \ OlF1 Az
- la triphénylguanidine, la phénylhydrazidephtalique : .^AzCsbP
- C C°HsAzllAz (CO)*C6H4
- /AzHC8lD \AzHC°H6
- CO —CH*
- la pyrazolone | |
- Az II — A/, = CH
- Des traces de ces divers corps agiraient efficacement contre les mites. Les fourreurs, entreposeurs de peaux de lapins, de tissus de laine seront intéressés par les « Eulan », si vraiment, ils ont les vertus que l’on dit. C’est en effet par centaines de millions de francs que se chiffrent les entrepôts de fourrures dans le monde.
- Albert Hutin.
- Le contrôle des thermomètres employés dans les appareils officiels de distillation des combustibles liquides. — La Direction des Essences et Pétroles au ministère du Commerce communique la note suivante :
- L’attention de l’Administration a été attirée sur la nécessité d’exercer un contrôle sur les thermomètres employés dans les appareils officiels, et en particulier dans ceux servant aux essais de distiltlaion des combustibles liquides admis au tarif réduit de la loi du 5 août J919.
- L Administration croit devoir signaler aux intéressés que l’exercice d’un pareil contrôle risque de demeurer inopérant du fait que la plupart des appareils officiels sont commandés sans thermomètre, et qu il est toujours loisible aux opérateurs de substituer un thermomètre à un autre.Dans ces conditions l’attention des experts ne saurait trop être attirée sur la nécessité de procéder eux-mêmes, avant toute expertise, à la vérification des thermomètres qu’ils emploient.
- **> Nouvelles de T. S. F.
- Une bonne nouvelle pour les amateurs de T. S. P. parisiens. — On sait combien les signaux horaires de la Tour Eiffel, envoyés sur ondes amorties, sont gênants pour les amateurs parisiens. Ils troublent, en effet, d’une façon fort désagréable l’audition des postes locaux et surtout des émissions lointaines.
- On annonce cependant actuellement qu’à dater du
- ier janvier 1926, la Tour Eiffel assurera la transmission de ses signaux horaires entre 19 h. 57 et 20 h. 8 G. M. T. Aucune émission sur ondes amorties ne sera faite entre 20 h. 8 et 24 h. G. M. T.
- Les émissions françaises de signaux horaires ainsi modifiés seront effectuées simultanément par les stations de la Tour Eiffel (sur ondes amorties de 2600 m.) et de Bordeaux (ondes entretenues de i8 5oo m ) à 08 h. et à 20 h. G. M. T.
- Les programmes anglais. — D’après le journal Excelsior, la durée des émissions du super-poste anglais de Doventry serait prochainement augmentée dans des proportions considérables. L’émission serait pour ainsi dire continue entre 10 h. 3o du matin et h. 3o du soir avec seulement de courtes interruptions.
- Nouvelles stations de radio-diffusion. — Une nouvelle station d’émission d’une puissance de i5oo watts est actuellement en construction à Amsterdam. D’un autre côté, la puissance du poste d’Hilversum va cire portée à 10 kilowatts.
- Une importante station de broadcasting va être installée en Tchéco-Slovaquie, sa puissance sera de 12 kilowatts
- Il est question d’établir en Perse une grande station à Téhéran et des stations relais dans d’autres villes du pays.
- Essais de broadcasting à grande puissance. —
- Durant l’été dernier, la station américaine de Shenec-tady, W. G. Y., a effectué des essais de transmission de radio-concerts avec une puissance d’émission de 5o kilowatts.
- Le résultat de ces essais est naturellement fort intéressant, parce qu’aucune expérience comparable n’a été réalisée en Europe.
- Les émissions de la station peuvent être entendues à 6000 km de là, en haut-parleur, à l’aide d’un appareil à lampes. Sur simple galène, l’audition était possible à 800 km de l’émetteur.
- Grâce au parfait réglage du poste d’émission, on n’eut à déplorer aucune interférence avec d’autres émissions, malgré la grande puissance mise en jeu.
- On doit cependant remarquer que les auditeurs habitant à proximité de la station émettrice ne constatèrent pas une augmentation très sensible de l’audition ordinaire, alors que la puissance était passée, en réalité, de 3,5 kw à 5o kilowatts.
- L’horaire de la station de Rome. — D’après « la T. S. F. Moderne », l'horaire de la station de Rotne serait actuellement le suivant :
- 17 h. : Heure des enfants.
- 17 h. 3o : Orchestre de l’Hôtel de Russie.
- 17 h. 55 : Bulletin Stéfani.
- 18 h. : Jazz-band, Bourse.
- 20 h. 3o : Bulletin Stéfani, Bourse.
- 20 h. 40 : Concert.
- 22 h. : Signaux horaires.
- 22 h. 20 : Bulletin Stéfani.
- 22 h. 3o : Jazz-band.
- a3 h. : Clôture.
- La radiophonie en France. — Le nombre des amateurs de T. S. F. augmente sans cesse en France, l’industrie radio-électrique, est prospère, l’exposition de T. S. F. vient de remporter un très grand succès, mais l’organisation de la radio-diffusion est toujours aussi déplorable. Les programmes sont, le plus souvent, assez mal composés et ne peuvent être comparés aux programmes anglais ou allemands, les émissions sont irrégulières comme modulation et comme puissance..
- La Société française d’études de T. S. F., le Radio-Club de France, et l’Association des auditeurs de T. S. F. viennent de s’entendre pour former un groupement unique « L’Union radiophonique de France » avec l’appui du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques.
- Cette Union répartira entre les divers postes de T. S. F. toutes les cotisations reçues des constructeurs et des amateurs, et s’efforcera d’améliorer la radiodiffusion.
- Il faut espérer que ses efforts seront couronnés de succès, car il est temps de faire reprendre à la radiophonie française la place qu’elle devrait occuper en Europe.
- p.2x153 - vue 604/663
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Broyeur à colloïdes « Kek ». — On sait quelle importance croissante les colloïdes prennent, non seulement en médecine, mais aussi dans l'industrie. L’état colloïdal modifie les propriétés des corps et leur donne des qualités nouvelles dont beaucoup ont des applications.
- Aussi s’est-on ingénié à créer des machines qui désagrègent les matières, les pulvérisent, les mélangent intimement, augmentent les surfaces de contact.
- Le broyeur Plauson, dont La Nature a déjà parlé (n° a5i6) est un des types de machines imaginées dans ce but.
- En voici un autre dont les applications ne sont pas moindres, le broyeur « Kek ». ,
- Il en existe deux modèles, l’un petit (fig. i) pour les laboratoires, l’autre plus grand (fig. 2) pour l’industrie. Tous deux sont basés sur le même principe.
- La machine est constituée essentiellement par deux Risques horizontaux munis d’aiguilles disposées sur des circonférences concentriques.
- L’un supérieur est fixe; l’autre inférieur est mobile; il tourne à une vitesse périphérique de 6000 m. à la minute environ.
- La matière à pulvériser arrive au centre par l’entonnoir A et est projetée vers la périphérie, après avoir subi des chocs multiples.
- Elle sort, broyée, par toute m la circonférence, en B.
- Ce dégagement annulaire permet d’utiliser indifféremment la machine pour des produits secs , pulvérulents , pâteux , semi-fluides ou liquides, quel que soit leur degré de compacité.
- Un réceptacle largement distant de la décharge circonfé-rencielle recueille les produits finis.
- Un courant d’air violent est provoqué par la rotation du plateau inférieur, et facilite l’évacuation des produits finis.
- La machine « Kek » permet d-obtenir en fabrication continue la pulvérisation poussée très loin d’une infinité de corps difficilement broyables : les colorants minéraux et organiques, les minerais, les produits chimiques, les gommes, les résines.
- Elle résout la pulvérisation des produits très sensibles à l’élévation de la température, la violence du courant d’air qui la traverse provoquant un refroidissement continu de la machine et de la matière qui y
- Fig. 1.— Broyeur « Kek » pour laboi*atoire, pouvant traiter 10 à 20 le g par heure.
- circule constamment.
- La figure 3 donne un exemple d’une installation complète comprenant le concassage préalable, l’alimentation automatique et l’évacuation continue du poussier et de l’air vers un brûleur à charbon pulvérisé.
- Le même broyeur peut servir pour le soufre, la stéarine, le cacao, les colorants au soufre, le lait en poudre, le savon, les gommes, de nombreuses graines, qui sont tous sensibles à de faibles élévations de température.
- Il pulvérise assez finement pour servir dans l’industrie des phosphates sans passer par les superphosphates.
- Il peut réaliser des mélanges très fins et homogènes, tels que les pôles dentifrices (fig. 4)', les^encres d’imprimerie, le chocolat, la poudre de lait, les matières
- grasses.
- La machine permet de réaliser à froid et en continu des réactions qui demandent habituellement du temps, de l’encombrement et de la chaleur.
- Elle provoque également des réactions que l’on n’avait pu réaliser jusqu’alors par d -autres moyens, ou bien elle augmente les rendements en rendant les réactions
- plu s complètes et en éliminant les corps- formés dès leur, production. Les réactions limitées par des réactions réversibles sont ainsi modifiées.
- Citons, parmi les applications de ce genre, la neulra-
- Fig. 2. — Modèle industriel.
- A, .'îliiimntuliou ; B, dégagement minutaire ; C, poulievd'entramemenl ; D, commande pour alimeiilation ruilomuliipie.
- lisation des acides gras libres dans les corps gras, la fabrication de lubrifiants^ de colles, de soude caustique, la vulcanisation du caoutchouc, la préparation continue des superphosphates, etc.
- On voit à quelle multiplicité de besoins répond la machine « Kek ».
- Elle réalise industriellement des principes qui avaient été posés tout d’abord par Plauson .et complète son broyeur.
- En effet, il ne semble pas que les deux techniques Plauson et « Kek » doivent se heurter ou se concurrencer, mais au contraire s’unir pour le progrès de l’industrie.
- Le Plauson paraît avoir une productivité journalière plus faible par suite de sa marche en discontinu. Nous savons que de grands efforts ont tendu à le faire fonc-
- CJiarbon fnjlverrsC „ vers le brûleur
- Broyeur Gla/tVncptafign^, aytomahefue jsiF*
- ÜZnfr-èe dcttr—
- Séparateur pargraV} ef sencjrafroa ~ maÿn'ehcjuo
- Fig, 3. — Installation dé broyage pour chauffage au charbon [pulvérisé. :
- tionner en continu ; néanmoins, la capacité de production du « Kek » en continu, pour une consommation de puissance donnée, demeure nettement supérieure, surtout pour les produits solides.
- Yoiei quelques chiffres comparatifs pour un même produit liquide, donnés par M. Sarrot du Bellay :
- p.2x154 - vue 605/663
-
-
-
- « Kuk ;> it11 i
- Plauson
- Puissance du moteur. . . 10 à 3o HP Puissance absorbée à vide. 3 kw. Puissance absorbée ... 8-10 kw.
- Production horaire . . . 3.ooo kg.
- Vitesse de rotation (disques dé 26 incites). . . 3.ooo t/m.
- Vitesse circonférencielïe . G.ooo
- ni.-minute.
- 4o HP.
- 5 kw.
- Entre 16 et 19 kw 1.5oo kg.
- 1 . 000
- à i5.ooo t/m.
- 11.000 à 13.ooo m.-minute.
- Pour utiliser le Plauson dans les conditions les plus avantageuses, il faut l’alimenter avec un produit dont la désintégration est déjà très poussée. Il semble que le « Kek » serait, dans ce cas, un préparateur précieux, car il peut travailler avec des produits de la grosseur d’une noisette. En outre, il permet seul les pulvérisations à sec de produits sensibles à la chaleur.
- Les deux broyeurs colloïdaux qui viennent de paraître ajoutent donc un outillage précieux à de nombreuses indus I ries.
- Etablissements Philipps et Pain, 1, rue Taitbout, Paris, ç)e.
- Automobilisme
- L’échelle de gauche est graduée en vitesse, celle-ci étant comptée en kilomètres, en nœuds ou en milles à l’heure, selon l’unité adoptée. Entre deux graduations, l’évaluation se fait à vue, avec une précision suffisante.
- L’échelle du milieu est graduée en temps : dizaine de secondes, minutes, etc.
- L’échelle de droite est graduée en espaces parcourus, ceux-ci étant comptés en km si la vitesse a été prise en km-h ; en milles marins si elle a été prise en nœuds, etc.
- En faisant passer le fil tendu (ou une règle), par :
- a) L’espace parcouru et le temps, l’intersection avec l’échelle de gauche donne sur celle ci la vitesse horaire;
- b) La vitesse et l’espace parcouru, l’intersection avec l’échelle du milieu donne sur celle-ci le temps mis à parcourir cet espace ;
- c) La vitesse et le temps : l’intersection avec l’échelle de droite donne sur celle-ci l’espace parcouru ou à parcourir.
- Exemples :
- a) Un automobiliste a franchi 4 bornes kilométriques en 6 minutes 20 secondes. Quelle est la vitesse de sa voiture ?
- Réponse : 38 km.
- b) Le train marche à 4» km. Pouri;a-t-il arriver à X... dans 12 minutes, la distance étant de i5 km ?
- Réponse : non, il lui faudi’ait ?,3 minutes sans ralentir. La correspondance est manquée, à moins que l’allure n’augmente (pour vérifier celle-ci, problème a;.
- c) Un bateau filant iS nœuds a fait route pendant
- Distancé en kilomètres ou milles “ “ 0 k 3.
- minutes
- 1 minute
- JL 1 Km. ou Mil*.
- \ ^
- - 10
- 4-5
- 15
- . 35 \
- Fig. 5.
- Estimètre Duval
- Estimèfre Duval. — Cet accessoire permet aux automobilistes, cyclistes, aviateurs, marins, etc., de connaître rapidement, exactement et sans calcul, la vitesse de leur machine, le temps qu’ils mettront pour atteindre un point donné ou la distance parcourue depuis le départ.
- L’estimètre, abaque à 3 graduations parallèles comporte deux, faces : l’une pour les vitesses moyennes (bicyclettes, automobiles, navires, etc.) comprises entre 10 et 100 km ainsi qu’aux distances comprises entre 0,800 km. et 16 km; l’autre est réservée aux grandes vitesses (trains rapides, avions., etc.) comprises entre 45 km et 200 km ainsi qu’aux distances comprises entre 4 et i20 km.
- Un fil sans fin passant par deux œillets complète 'instrument,
- 9 minutes [à partir du dernier point observé. A quelle distance en est-il ?
- Réponse : 2 milles 3.
- On voit que l’apprentissage de l’estimètre dû à l’enseigne de vaisseau de réserve M. A. Duval ne demande que quelques minutes. Il offre également un intérêt aux sportsmen pour suivre méthodiquement les courses ou circuits automobiles, aux simples voyageurs qui veulent connaître la vitesse de leur train. Enfin, en les amusant, il familiarise les jeunes gens avec l’emploi des abaques dont l’usage tend de plus en plus à se généraliser.
- 11 a cet avantage de ne coûter que 4 H- 5o.
- Editeur : M. Blondel la Rougery, 7, rue Saint-Lazare, Paris, 9®.
- p.2x155 - vue 606/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- >
- LES VINS « A GOUT DE SOUFRE ” ET LEURS REMÈDES
- Si les raisins apportés à la cuve sont encore imprégnés de soufre ou de sulfate de cuivre, employés, comme l’on sait, pour combattre les maladies cryptogamiques de la vigne, le vin qui en résulte peut contracter des saveurs anormales fort désagréables, que l’on désigne sous l’appellation générale de « goût de soufre ».
- Il ne s’agit pas, en réalité, de la saveur propre de ce dernier corps : ce sont des réactions chimiques qu’il faut incriminer ici. Elles intéressent le soufre et ses composés, acide sulfureux, sulfites, sulfates, sulfures, etc., et engendrent les principes sapides redoutés.
- Au fait, le soufre et le sulfate de cuivre ne sont pas seuls à mettre ici en cause. La chimie œnologique fait aujourd’hui appel à divers ingrédients qui, renfermant aussi du soufre, peuvent, de même, troubler la bonne harmoni.e naturelle qui doit régner entre les constituants du vin et altérer ses qualités organoleptiques.
- On sait, par exemple, quelle place importante occupe le gaz sulfureux dans la vinitication des* grands celliers. C’est lui qui, par le simple méchage des tonneaux et futailles, anéantit les germes d’altération qui peuvent nuire au vin. A l’état libre, dissous dans l’eau, ou liquéfié, ou encore sous forme de métabisulüte de potassium, il sert à décolorer les jus roses pour la préparation des vins blancs; à muter les moûts pour faciliter leur débourbage ou leur conservation plus ou moins prolongée ; à stériliser la vendange que l’on veut ensemencer artificiellement avec des levains de levures sélectionnées (levurage), ou simplement à l’assainir, permettant ainsi aux bonnes levures alcooliques, moins sensibles à cet antiseptique, de dominer les microrganismes indésirables,
- En somme, la sulfitation (ou sulfitage) donne un vin de meilleure tenue, de bonne garde, qui se dépouille mieux, qui a une colaralion plus fixe, et aussi un bouquet plus accentué.
- Mais il ne faut pas exagérer la dose de cet agent de premier ordre qu’est le gaz sulfureux, pas plus, d’ailleurs, que celle des autres adjuvants, sous peine de rencontrer dans la boisson élaborée quelque imperfection, sans compter l’hygiène du consommateur.
- Faut-il signaler que le plâtre (sulfate de calcium), autorisé aussi en vinification par la loi, dans une certaine mesure, peut contenir du sulfure de calcium (réduction du gypse par les charbons rouges dans les fours à sécher) ? Ce même dérivé se rencontre parfois, également, dans le noir animal utilisé pour la fabrication des vins blancs, et encore dans certaines cendres des mèches soufrées, qu’on laisse trop souvent choir dans les tonneaux. Le bout de caoutchouc qui reste, par mé-garde, dans le moût, entraîne aussi avec lui du soufre (vulcanisation^). Il n’est pas jusqu’aux produits qui servent à « coller » les vins qui ne contiennent quelquefois des composés de soufre, devenant nuisibles si la fermentation du liquide n’est pas complète.
- En résumé, c’est à l’acide sulfhydrique (H2S), au gaz sulfureux (SO2) et à certains éthers formés par l’hydrogène sulfuré avec les alcools de la boisson fermentée, qu’il faut attribuer le « goût de soufre » du vin.
- Disons tout de suite que les remèdes préventifs généraux en pareille matière se dictent eux-mèmes : laver les raisins s’ils sont souillés de soufre ou de sulfate de cuivre, mais le premier, non mouillable, ne se laisse pas facilement entraîner par l’eau; lors du méchage des tonneaux, retenir les cendres de la mèche avec un dispositif approprié; rincer avec de l’eau bien propre les futailles trop fortement soufrées ; éviter les doses exagérées de SO2 dans les divers traitements du moût; soutirer le vin aussitôt la fermentation tumultueuse terminée, si l’on a quelque crainte, pour éviter son contact prolongé avec les lies, où sont réunies le soufre et ses composés, ainsi que les levures, ces dernières jouant un rôle capital dans la genèse de l’hydrogène sulfuré, comme nous allons le voir. A ce dernier point de vue, si l’on pratique le levurage, il faudrait pouvoir choisir une race de levures à faible pouvoir réducteur.
- L’hydrogène sulfuré. — L’hydrogène sulfuré (sulfure d’hydrogène, acide sulfhydrique, air puant) communique au vin l’odeur caractéristique des œufs pourris, des choux pourris (gaz des eaux sulfureuses de Bar'èges,
- d’Amélie-les-Bains, etc.). Le vin peut en dissoudre plus de trois fois son volume à la température de i5°. Quoique dangereux à respirer (i litre dans i5oo litres d’air tue un oiseau), il n’est pas à craindre pour l’organisme humain, à la dose où il est dans le liquide qui nous occupe.
- L’origine de ce gaz se trouve dans la décomposition des sulfures par les acides du vin; la fixation de l’hydrogène, parles levures, sur le soufre; l’action réductrice exercée par ces dernières, en état de vie ralentie, sur SO2 ; les sulfites et les sulfates.
- H-2 S se produit toujours pendant la fermentation alcoolique. Si c’est au début du cuvage, il est généralement entraîné par le gaz carbonique (CO2), mais si c’est à la fin, aucun corps véhiculant ne peut plus l’éliminer. Les vins plus particulièrement exposés sont les vins blancs, pendant leur séjour sur les grosses lies de fermentation, et les vins rouges qui ont été soutirés troubles, ou qui ont continué à fermenter après leur mise en tonneau.
- Souvent, dit M. Mathieu, l’odeur sulfhydrique est précédée d’une odeur de pain grillé, qui va en s’accentuant; il faut donc flairer l odeur du vin tous les 3 à 4 jours dans le mois qui suit la fabrication des vins blancs, ou quand on entonne les vins rouges.
- Remarquons que le gaz puant peut se retrouver dans les eaux-de-vie. 11 a été retenu par le cuivre de l’alambic. On peut 1 enlever par le contact du cuivre, comme on le verra plus loin. Cependant, il faut parfois redi-tiller, si l’eau-de-vie, un peu acide, a dissous une dose sensible de cuivre.
- On doit porter remède au vin atteint au plus tôt, car H2 S serait capable, en agissant sur l’alcool, de communiquer à la buisson le goût alliacé. Si le mal n’apparaît que fort tard, lorsque le viu est en bouteilles, on laisse simplement celles-ci débouchées. Dans les autres cas, voici les modes de traitement les plus recommandés, par ordre d’efficacité. Soutirer le vin aussi clair que possible en Yaérant, de façon que l’air pénètre dans sa masse en fines bulles qui « réveilleront » CO2 dissous dans le liquide; ce gaz entraînera alors H1 S. Cette aération nuit bien un peu à la coloration (oxydation), au bouquet, à la teneur en alcool, mais, devant le mal à guérir, ces inconvénients sont négligeables. Si le vin est fortement atteint, on peut combiner ce procédé avec les traitements au cuivre, au charbon, etc., indiqués plus loin.
- Pratique : laisser tomber le vin sur une planche, sur une toile métallique aussi fine que possible ; le soutirer à la pompe pourvue d’un tube à embouchure plate, qui étale le jet; pompe fonctionnant à vide, dont le tuyau de refoulement, terminé par une pomme d’arrosoir, plonge jusqu’au fond du liquide. Si ce dernier était encore trouble, il serait préférable de l’aérer en le filtrant sur une manche en tissu encollé avec de la terre d’infusoires extra-blanche.
- Le gaz sulfureux et l’hydrogène sulfuré se détruisent : la réaction donne du soufre,*de l’eau et de l’acide pen-tathionique (S50eH2), qui, avec H2S, produit également du soufre et de l’eau. On doit, évidemment, peu de temps après le traitement, séparer le soufre par décantation et collage, ou filtration sur un tissu serré. Il ne faut pas employer un excès de SO2 ; faire un essai préalable, progressif, sur une petite quantité dé vin, ou recommencer le traitement, s’il y a lieu. Il est à remarquer que ce gaz altère la couleur des vins rouges.
- Pratique : soutirer le vin malade dans un fût ipéché. Si cela est insuffisant, enlever un peu de liquide; brûler par la bonde une portion de mèche soufrée ; bonder et agiter violemment ; remplir le vide et laisser au repos. Ou bien, employer le inéiabisulfite de potassium, ou SO2 dissous.
- Le cuivre rouge, bien décapé, se combine avec le soufre de H2 S et donne du sulfure noir, que l’on enlève avec du papier émeri ; on renouvelle le contact, si besoin est. L’argent agirait mieux encore, mais.... On se rend compte de l’efficacité du procédé en agitant un peu de vin défectueux avec des copeaux, ou une pincée de limaille de cuivre.
- Pratique ; faire couler le vin en nappe étalée, mipce,
- p.2x156 - vue 607/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- sur une plaque de cuivre; dans un récipient de ce métal, en l’agitant ; dans un entonnoir en cuivre : dans le col de l’alambic; dans un vase (éviter le 1er et b* zinc, contenant de la tournure de cuivre (copeaux).
- On peut aussi, dit M. .Guyon, faire dissoudre dans le vin une dose convenable de sulfate de cuivre. Ce procédé radical est délicat, car s’il y a excès de ce sulfate le vin prend un goût désagréable ; il faut compter aussi avec le service des fraudes.
- Le charbon dé bois, comme les corps gras, les liuiles, absorbe les mauvaises odeurs (55 fois son volume de H2S), mais il décolore aussi; il convient donc, surtout, pour les vins blancs, avec lesquels on peut l’employer (un demi à i kg par hectolitre) en poussière, mise au préalable sous forme de pâte avec un peu de vin, puis incorporée par un brassage énergique. Grossièrement concassé, il est plus facile, ensuite, de séparer le charbon; cette dernière forme' seule convient pour les vins rouges (i5o gr. par hectolitre, à renouveler, si besoin est). En tout cas, laver d’abord le corps absorbant avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, mais l’employer bien sec.
- Pratique : fouetter énergiquement le vin avec le charbon, puis laisser au repos 5 à (5 jours. Attacher les morceaux avec une ficelle, ou les mettre dans un filet, et retenir la ficelle entre le bouchon et la douve.
- Pour une grande quantité de vin difficile à brasser, faire passer à plusieurs reprises le liquide dans une cuve contenant le charbon, et agiter. Si le vin est trouble, le couler dans un filtre à manche, encollé avec du charbon de bois léger en poudre, ou avec du carbo-Jine.
- L'huile, s’emploie d’une façon analogue. Celle d’olive est parfois trop fruitée ; préférer l’huile neutre de coton, d’ailleurs moins chère; en résumé huile pure, fraîche, sans goût, à la dose d’un quart à un litre par hectolitre de vin, suivant le degré du mal. Il est préférable de l’émulsionner d’abord en la battant fortement avec un peu de vin, et la verser sans délai dans le tonneau; agiter la masse durant quelques minutes, et à plusieurs reprises. Ou mieux, mettre dans une bonbonne de 5 litres i litre d’eau, 5o gr. de gomme arabique et l’huile ; agiter fortement; étendre de 3 à 4 fois son volume de vin, puis verser le mélange dans le fût à traiter (L. Mathieu). Si la préparation de l’émulsion paraît assujétissante, injecter directement l’huile dans le fond avec la lance d’un pulvérisateur. Pour l’expulsion, faire le plein du topneau avec du bon vin, que l’on introduit avec un entonnoir à long tube arrivant au centre du liquide ; l’huile qui surnage est ainsi chassée hors de la pièce; puis coller le vin au blanc d’œuf ou à la gélatine, et Je filtrer après repos et décantation.
- Le gaz sulfureux. — L’anhydride sulfureux, appelé improprement vapeur de soufre, communique au vin, même si le moût a mal fermenté, ou si la dose d’antiseptique a été excessive, le goût de soufre brûlé, de vapeur de soufre, ou goût de mèche. En se tenant dans les limites permises par les règlements (20 gr. au maximum de métabisulfite de potassium par hectolitre de liquide, ou 10 gr. d’acide sulfureux pur, libre), il n’y
- a pas trop lieu de craindre ce défaut. La dose limite de ce gaz perceptible à l’odorat varie de o gr. i5 à o gr. .25 par litre, suivant la composition du vin, le degré de sensibilité du palais du consommateur, et son accoutumance.
- On peut essayer de faire disparaître le mal par Vaération, pratiquée comme il a été indiqué plus haut; une partie du gaz nuisible s’évapore, et l’oxygène de l’air qui est absorbé agit aussi favorablement. On recommande également 4a tartroline, vendue par les marchands de produits œnologiques. On la verse par la bonde, par petites portions, en s'arrêtant dans les intervalles pour fouetter énergiquement la masse. La dose efficace sera donnée par un essai progressif sur quelques litres; 2 gr. par litre de vin seraient suffisants par déci-gramme de SO2 à éliminer, soit 100 à 200 gr. par hectolitre de vin sec. Mais cet ingrédient doit être employé soit au printemps, soit en été, afin que l’abaissement de température ne gêne pas son action.
- Le peroxyde de calcium est utilisé à la dose de 10 à 3o gr. -par hectolitre de vin sec. Faire également un essai préalable.
- Le goût alliacé1: — L'hydrogène sulfuré dissous dans le vin, peut, en réagissant sur les alcools de ce dernier, donner naissance à des éthers, en particulier l’éther éthylsulfhydrique, ou sulfure d’éthyle, qui a une saveur alliacée très spéciale (goût de rnercaptan), en même temps que fort désagréable. On rencontre ce défaut chez les vins rouges, mais surtout chez les vins blancs, pour lesquels le séjour sur les grosses lies est une pratique courante.
- On le trouve parfois aussi dans les eaux-de-vie qui proviennent des marcs dans lesquels le goût s’est développé pendant la conservation.
- 11 est très difficile de faire disparaître le principe incriminé, car, bien qu’il soit très odorant, il ne bout qu’à une température très élevée, et étant ainsi peu volatil, des aérations, même répétées, ne peuvent l'entraîner. Essayer le cuivre qui fixe le soufre du sulfure d’éthyle. Mais il est encore préférable de traiter le vin dès que l’on perçoit l’odeur de l’acide sulfhydrique, cause première du mal.
- D’après M. Mathieu, ce qui réussit le mieux c’est Y agitation du vin avec une masse importante de levures. On peut prendre des lies de vin sans odeur, comme en présentent les vins nouveaux, ou des lies déjà anciennes, mais remises en activité par une légère addition de sucre inverti, et séjour à 18-20°. On délaie ces lies dans du Vin à traiter, et les verse dans le fût, que l’on roule 4 fois par jour; ou bien on fouette, oubàtonne, ou encore on brasse en insufflant de l’air. Les levures absorbent le rnercaptan en 2 à 3 jours ; après repos on soutire. Il ne faudrait pas, non plus, laisser séjourner le vin sur ces lies, car les levures pourraient lui céder ce corps.
- Le procédé, dit l’auteur, est parfait pour les vins blancs, mais avec des vins rouges il a l’inconvénient d’enlevër de la couleur et du bouquel au* vin, lesquels se fixent sur les levures.
- Aistoxix Roi.kt,
- Ingénieur agronome.
- BOÎTE AUX LETTRES
- ><
- AVIS, —• L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherchés le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. — Les ombres rouges. — A' propos de la communication du Dr Bernardin, Les ombres rouges (n° 2C87, Boîte aux lettres), M. J. W. Giltay nous écrit de La Haye :
- <c J’ai souvent observé le phénomène suivant : Quand on lit, pendant que la lumière du soleil tombe sur les feuilles du livre, . et en même temps sur les paupières du lecteur, toutes les lettres sont-vues d’un .teinl? rouge-sang, sur. papier blanc.. J’ai .observé le même effet en
- visant, pendant une promenade, une grille de fer peinte noir ; elle aussi paraissait rouge quand les rayons du soleil tombaient sur mes paupières.
- L’explication est la suivante : les rayons, apûès avoir traversé les paupières, tombent sur la rétine et sont alors rouges, ce qui est causé par le sang dans les artères des paupières. Dans les parties de la rétine où se forme l’image du papier blanc, la lumière .rouge n’est pas aperçue, la lumière blanche, refléchie par le papier, ayant une trop grande intensité. Mais les . parties de la rétine où se forme l’image noire d’une lettre reçoivent seulement la lumière rouge, donc.ces lettres seront vues rouges. . .
- Peut-être la même explication pourrait-elle servir pour le phénomène observé par. le D‘ Bernardin.. Mais,, s’il eh ést ainsi, il n’aura pas pu voir sa propre ombre,
- p.2x157 - vue 608/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- mais seulement les ombres rouges de ses amis, parce que, en visant le soleil, l’ombre de l’observateur se trouve derrière lui. »
- L’observation du Dr Giltay est fort intéressante ; mais elle ne s’applique pas au phénomène des ombres rouges notées par le Dr Bernardin. L’observation de ce dernier a eu lieu, en effet, à a3 heures, c’est-à-dire en pleine nuit. N. D. L. R.
- A propos de l’huile de castor (n° 2688). M. le Dr Baudouin, de Croix-de-Yie (Vendée), nous écrit :
- « Au cours de mes études’ sur le Totémisme et les rapports des Animaux et Plantes totems avec les constellations, j’ai pu trouver la signification de termes similaires à Castor Beans (Haricots de Castor), signifiant graines de l’Arbre Ricin.
- On connaît d’autres locutions du même genre, sans parler des Horse Beans (Fèves) et Cow Peas (Pois à Vache). Ces dénominations, par associations de noms d’animaux et de plantes, sont un reste du Culte totémique, basé sur l'association du Pôle et de l’Equinoxe, l'animal représentant le Pôle et la plante étant TEqui-noxe d’automue.
- On sait que le Cheval et la Vache ont été des Grande-Ourse, au Néolithique, et que le Castor a été probablement une Petite Ourse (plutôt que le Dragon) à une époque plus récente ; d’ailleurs ces 3 animaux ont été des Totems polaires.
- D’autre part, le Ricin, la Fève, le Pois ont été des symboles de l’équinoxe d’automne, et aussi des totems !
- L’histoire du Ricin-totem en particulier est extrêmement curieuse et est citée dans la Bible.
- C’est pour la même raison que des Vaches portent parfois des noms de Chevaux ou réciproquement, parce que la Grande Ourse-Bovidé a précédé la Grande Ourse-Equidé.
- Il y a de même des Oiseaux qui portent le nom de Chèvre, parce que l’Equinoxe a été un Capridé avant d’être un Oiseau, au point de vue Totémique.
- Les exemples abondent p). Je les ai cités dans mon ouvrage, encore inédit, intitulé le Totémisme par les Etoiles, suite à paraître, de mon livre La Préhistoire par les Etoiles récemment publié (2). »
- Mau ckl Baudouin
- Réponses. — M. Br., à Neu-Moresnet. — Les encres employées pour les appareils enregistreurs sont simplement des dissolutions de couleurs d’aniline additionnées de glycérine pour leur donner de la consistanec et empêcher une dessiccation trop rapide ; vous pouvez
- Colorant 5 à 10 gr
- Alcool à gô0. . . . -20 —
- Alun . . 2
- Glycérine. . . . . 20 —
- Eau distillée . . . . . 5oo —
- Si l’encre est trouvée trop siccative, on augmente la proportion de glycérine, qui dans certaines encres est portée à 20 pour 100.
- Comme colorants, on peut utiliser le bleu de méthylène, la nigrosine W, le violet de Paris, etc.
- M. Gilon, à Nogent-sur-Marne. — Le vernis suivant vous donnera très probablement satisfaction pour protéger vos 'aquarelles.
- Gomme laque blanche ... 5 gi\
- Alcool à 95°................. g5 c. c.
- A 'employer de préférence au pulvérisateur, après repos et filtration.
- 2“ Comme fixatif souple, vous pouvez vous servir dans les mêmes conditions du eollodion riciné pharmaceutique, mais nous vous ferons observer que, malgré la souplesse de l’enduit, le pastel constitué par de la matière minérale donnera, ainsi englobé, une certaine
- rigidité à l’étoffe.
- Ce eollodion est amené au moment de l’emploi à fluidité voulue en y ajoutant une quantité suffisante du mélange suivant :
- Alcool à 90°.................. 220 c. c.
- Ether sulfurique D = 0,720. 640 —
- 1, Aux Iles Fidji il y a encore des Totems doubles : un Animal et un Végétal. Dans un Clan Kangourou, un arbre est associé à cet animal. Dans un clan du Serpent, il en est de même.
- a. Sir Frazer et Durkheim lui-même n’ont pas soupçonné l'origine réelle de ces faits.
- Eu égard à la grande volatilité de l’éther, opérer loin de tout foyer.
- M. G., à Bouchiers. — i1 Le moyen suivant très facile à employer vous permettra à’imperméabiliser aussi bien les manteaux que les chapeaux de feutre.
- Prendre :
- Tétrachlorure de carbone . 5oo c. c.
- Essence pour autos. ... 5oo —
- Vaseline................ 10 gr.
- Lanoline anhydre........ 10 —
- Mettre le tout dans un flacon que l’on peut boucher au moyen d’un bon bouchon et agiter jusqu’à homogénéité parfaite.
- Pour l’emploi, il suffit de . badigeonner la surface de l’étoffe avec un tampon imbibé de la mixture, puis de laisser sécher au grand air.
- 20 L’ imperméabilisation des semelles de souliers est réalisée en enduisant celles-ci d'un mélange de :
- Suif de mouton. . .. 2Ô0 grammes.
- Cire jaune........ a5o —
- Colophane......... 10 —
- Huile d œillette. . . 1000 cent, cubes.
- Faire fondre à feu doux, dans 1 ordre, le suif, la cire et la colophane, puis, après liquéfaction, ajouter l’huile.
- Avant application, bien sécher les chaussures non auprès du feu, ce qui les durcirait, mais en les emplissant •>i[ heures avant d’avoine en grains qui a la propriété d’absorber l’humidité. Appliquer alors le mélange sur les semelles et dans la couture de ces dernières avec un pinceau ou un chiffon.
- 3° L’usage des rasoirs dits mécaniques, types Apollo, Gillette, etc., est certainement le moyen le plus sûr de se raser sans danger de se couper, ces articles sont aujourd’hui courants dans Te commerce.
- 4" La détermination de l’heure nécessite des calculs astronomiques trop longs pour être exposés ici.
- M. le D* Létang, à l’Essart. — Pour rendre les coquillages transparents, choisir de préférence des valves déjà minces et peu incrustées en carbonate de chaux, puis les faire bouillir dans une solution de soude caustique à 3 pour 100 environ, de façon à dissoudre la conchyoline, rincer à fond, sécher, puis tremper dans le mélange suivant :
- Essence de térébenthine . . 250 gr.
- Huile de lin. ............. 120 —
- Copal. ....................120 —
- Ce mélange peut être coloré à volonté par l’une quelconque des couleurs dites aux stéarates solubles dans les corps gras. Si l’on désire du brillant, appliquer après séchage un vernis également gras.
- M. Bruneton, à Paris. — A notre avis, pour protéger votre auge en ciment de Vaction des eaux savonneuses, il conviendrait d’opérer ainsi : -
- i° Mastiquer préalablement au blanc de zinc broyé de façon à obtenir une surface bien lisse.
- 20 Donner deux ou trois couches de peinture blanche au lithopone, en attendant toujours que la précédente soit bien sèche.
- 3° Terminer par l’application d’un vernis au caoutchouc réalisé en prenant :
- Gomme pure para. ...... 75 gr.
- Sulfure de-carbone ...........5oo C. c.
- Essence de térébenthine. . . . 5oo Faire d’abord dissoudre le caoutchouc dans le sulfure de carbone, ajouter l’essence, bien mélanger, laisser reposer et décanter pour avoir un liquide limpide, étendre ensuite d’une quantité suffisante de benzine pour lui donner la fluidité convenable pour emploi au pinceau.
- -M. Langue, au Raincy. — L’élimination du savon contenu dans une eau ne peut se faire que par un traitement chimique avec réactifs dosés suivant la teneur, ce qui nécessite dès analyses non à la portée de l’amateur.Or les apports de savon dans Peau de votre source étant intermittents, la surveillance en est difficile. Tout ce que nous pouvons vous conseiller est de placer sur le parcours du ruisselet une fosse dans laquelle vous mettrez quelques morceatfx de calcaire ou pierre à c'haux non cuite, laquelle agira mécaniquement comme filtre et chimiquement dans une certaine mesure, mais vous 11e pouvez compter sur une purification intégrale par exemple en vue de la consommation comme boisson, car la contamination microbienne reste toujour s à craindre à cause du linge souillé faisant l’objet du lavage.
- p.2x158 - vue 609/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- »<
- Annales de VInstitut de Physique du globe de ï Université de Paris et du Bureau Central du Magnétisme terrestre, publiées par Ch. Maurain, t. III, i vol. i(i(i p. Editeur, les Presses Universitaires de France, Paris, 1925.
- Ce volume contient les chiü'res des observations magnétiques faites en 1928 par M. Eblé au Val Joyeux, celles de M.Tabesse à l’Observatoire de Nantes en ïgaJ ; le compte rendu des levés magnétiques effectués par M. Baldet dans le Sud de la France en 192a; par M. Brazier en Normandie en 1922 ; par M. Dôngier dans le Sud-Est de la France en juillet et août 1922 ; par M. Eblé dans le bassin de Paris en 1921 ; par M. Ch. Maurain et E. Fabesse en Bretagne en 1922 et 1920. M. Brazier résume les observations météorologiques du Parc Saint-Maur en 1923 et les mesures de la radiation solaire au même observatoire de igi5 à 1923. Ce même volume contient un mémoire de M. Salles sur la mesure du champ électrique de 1 atmosphère au Val Joyeux. Mlle Homery étudie les éléments magnétiques de l’Indo-Chine, de Madagascar; le commandant Carrier expose lès résultats dès observations magnétiques de la mission Ouadaï-Darfour.
- Die natürlichen Pflunzenfamilien, par A'. EngleiÀ et K. Prantl. 20 édition augmentée et revue par A. Eu-gler, Wilhelm Engelmann, éditeur, Leipzig.
- 11° vol. Mousses (2e partie), rédigé par Y. F. Bro-therus. 1 vol. in-8, 542 p., 3y6 fîg. Prix : 42 marks; relié 48 marks.
- 21" vol. Pariétales et Opunliales, rédigé par E. Gilg. 1 vol. in-8, 660 p., 288 fig. Prix : 34 m. : relié 4o marks. -
- ha Nature a maintes fois répété tout le bien qu’il faut penser de l’énorme ouvrage d’Eugler. C’est une encyclopédie botanique complète où l’on trouve décrits tous les genres et signalées les espèces, avec leurs cax’actères distinctifs, leur répartition géographique. Des ligures très claires l’illustrent abondamment.
- La 2" édition paraît actuellement et voici les 11e et 21e volumes. Le ii°, consacré aux mousses, termine l’énumération des groupes et contient la table des matières des tomes 10 et 11 qui forment pour les mousses un ouvrage complet.
- Le 2i° volume traite des Pariétales et des Opun-tiales, 11 débute par une étude du développement de nos connaissances systématiques de ces plantes, écrite par Engler. Puis, les spécialistes Gilg, Werdermann, Fmgler, Melchior, Pilger, Niedenzu, Janchen, Krause, H arm s, lrmscher, décrivent, selon le plan général de 1 ouvrage, les familles successives. L’ouvrage se termine par l’étude des Opuntiales qui comprennent les Cactus ; Engler discute leur position dans la classification, puis Yaupel passe en revue les nombreuses espèces de Cactées.
- Le rôle physiologique des parfums, par R. M. Gatte-fossé et D. C. Tamisier. 1 brochure in-16, 40 p. Lyon.
- M. Gattefossé, le parfumeur lyonnais connu, s’étant guéri par l’emploi d’essence de lavande, préconise l’emploi thérapeutique des parfüms. Les auteurs énumèrent les essences utilisables ils signalent leur action efficace et leur commodité d’emploi quand elles sont déterpénéès.
- A Monograph on the Tetraphyllidea with Notes on. relu-* 'téd Cestodés, pâr T. Southvvell. Mémoire, n* 2 (N. S.), de l’Ecole de Médecine tropicale de Liverpool. 1 vol. in-8, 368 p. 244 fig. University Press of Liverpool. Prix : 20 sh.
- Les poissons présentent fréquemment dans leur intestin des vers parasites. Notamment les Elasmo-branches, en sont le plus souvent pourvus dans la ..partie .qu’on nomme la valvule spirale. Tantôt ce sont des adultes qu’on rencontre, mais beaucoup plus des stades larvaires dont le développement ultérieur aura lieu.dans un nouvel hôte. La difficulté des détermina-nations précises, l’ignorance des formes successives présentées par une même espèce, la rareté relative des observations font que. la classification de tous ces
- vers parasites est encore des plus confuses et que la plupart des naturalistes renoncent à s’en occuper. C’est assez dire le mérite d’un ouvrage tel que celui-ci. L’auteur ayant recueilli pendant 6 ans un grand nombre de Cestades dans les pêcheries de Ceylan où l’on trouve dans certaines perles de ces vers enkystés a entrepris l’étude d’un des quatre ordres du groupe, celui des Tétraphyllidés. H discute leur classification, puis décrit toutes les formes connues qu’il représente par d’excellents dessins.
- A general Considération of Snake Poisoning and Observations on Neotropical Pit-Vipers, par Aikanio no Ama-bal. « Contributions from the Harvard Institute for Tropical Biology and. Medicine ». 1 vol. in-4, 64 p., 16 pl. en couleurs. Harvard University Press, Cambridge et Humphrey Milford, Lmndon.
- L’auteur, qui travaille au célèbre institut sérologique de Butantan (Brésil), a réuni dans ce volume deux séries d’études, l’une sur le venin des serpents, les glandes qui le sécrètent, son activité, ses effets physiologiques, les moyens de traitement; l’autre sur quelques serpents venimeux des sables, leur classification, l’ornementation de leur peau.
- La conductibilité électrique du corps humain, par André Strohl. i vol. in-8, x31 p., 16 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 8 francs.
- On a beaucoup étudié en ces dernières années la conductibilité du corps humain et notamment l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles. Les importantes données recueillies présentent encore cependant un certain degré d’incertitude du fait des phénomènes dë polarisation qui troublent les mesures. M. Strohl, par une expérimentation ingénieuse, a étudié cette force conlre-électromotrice qu’il a trouvée considérable et il montre son influence pour l’interprétatioxi des mesures électriques faites sur le corps humain.
- Puberté et maturité sexuelle. Etude histologique et expérimentale, par En. Retterer. i vol. in-8, 208 p., 25 fig. Gaston Doin et Cic, Paris. Prix 10 francs.
- Revue très bien faite des constatations histologiques et expérimentales montrant l’action des glandes génitales sur l’ensemble de l'organisme, de 1a naissance à la mort, particulièrement, grâce aux .expériences récentes de greffe.
- Les'mécanismes intimes de la vie. Introduction à l'étude de la personnalité, par le U1 Léon Mac-Auuffe. 1 vol. in-8, loi p., 48 fig. Amédée Legrand, Paris.
- - Prix : 12 fr. 5o.
- L’auteur cherche dans la chimie physique l’explication des formes de l’homme et des êtres vivants et il trouve que les types plats, à lignes droites sont dus à leurs colloïdes peu hydrophiles tandis que les types ronds sont des gels hydrophiles ! De nombreuses figures fournissent des exemples de ces divers types d’individus.
- Bats, Mosquitoes cuid Dollars, par le D1' Chas. A. R. Campbell, i vol. in-8, 262 p., planches. Stratford Cÿ, Boston, Mass. Prix : cartonné, 3 dollars.
- Le titre pittoresque de ce livre indique son sujet et la manière dont il est traité. La Nature a déjà exposé cette question qu’on peut résumer ainsi d’après le thème même de l’auteur : i° les moustiques . sont parmi les plus grands ennemis de l’homme auquel ils inoculent maintes maladies graves, notamment la malaria; 20 les chauves-souris sont parmi les plus grands amis de l’humanité, puisqu’elles se nourrissent piûncipalemént de moustiques ; '3° il faut protéger les chauves-souris, leur créer des abris confortables, faciliter leur multiplication et 4° elles transformeront les moustiques en dollars, puisqu’on trouvera dans les grottes, et les. abris qu’on leur aura ménagés un guano abondant et très fertilisant.
- p.2x159 - vue 610/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2694
- 21 Novembre 1925
- Nécrologie. — M. Tisserand. — M. Tisserand, ancien Directeur général de l’Agriculture, membre de l’Académie des Sciences, vient de mourir à l’àge de g5 ans. Nous extrayons les lignes suivantes de son éloge funèbre, prononcé à l’Académie des Sciences par M. Bouvier.
- « Peut-on imaginer carrière»plus longue, plus homogène et plus féconde que la sienne? Durant trois quarts de siècle, il fut l’homme d’une seule ceuvre et d’une seule idée : il voulut rendre la Fi'ance prospère et assurer son avenir en développant par la science les richesses de son terroir. Avec un rare bonheur, mais aussi une constance et des aptitudes peu ordinaires, il a su accomplir sa belle et lourde tâche.
- Laissez-moi indiquer les principales étapes de cette admirable vie. En i85o, il entre à l’Institut agronomique fondé depuis deux ans à Versailles. Il en sort dans les premiers rangs et, de ce fait, obtient une mission qui doit diriger et éclairer toute son existence : durant cinq années entières, il s’initie à tous les travaux de la pratique agricole et aux exigences de l'administration d’une exploitation rurale en visitant les pays de l’Europe les plus renommés pour leur agriculture, les Iles-Britanniques, la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Nor-vègé, l’Allemagne; il vit dans les fermes, il prend part à toutes les Opérations de culture, il sitit de près l’élevage des animaux domestiques. C’est le pèlerin de l’agriculture, un pèlerin passionné qui sacrifie à son culte le plus cheT.
- En 1858, muni d’un riche et précieux bagage, il revient en France et, dans les domaines impériaux, prend la direction d’un grand service agricole oxl il a pour tâche de procéder à la mise en valeur de vastes terrains situés dans les régions les plus pauvres de la France. Il réussit au delà de tout espoir dans cette difficile entreprise, si bien qu’après la guerre de 1870, il est nommé Inspecteur général de l’Agriculture. ,
- Alors commence son apostolat et son inoubliable campagne pour la régénération et le développement de l’Agriculture en engageant celle-ci dans les voies scientifiques et en dirigeant vers elle l’attention des savants : il fait créer les écoles pratiques d’Agriculture intermédiaires entre les fermes-écoles et les écoles nationales, et il reconstitue à Paris l’Institut agronomique dont il assume la direction jusqu’en 1879. C’est le moment où il occupe la lourde fonction de Directeur général de l’Agriculture, durant laquelle, pendant 18 années, il poursuit son œuvre sans jamais se lasser : les laboratoires agricoles se multiplient, les chaires départementales d’agriculture sont créées, dans le 'pays s’établis-’ sent de nombreux champs d’expériences, des missions d’études nous renseignent sur ce qui se fait à l’étranger. Tisserand a fait naître de toutes pièces l’organisation actuelle, si vaste et si absorbante qu’il a fallu la répartir entre plusieurs directions pour en parfaire le développement.
- Non seulement il l’a fait naître et l’a dirigée seul, mais.il a su par moments s’en distraire pour publier des Ouvrages de haute observation agricole et de sagacité scientifique 1 dès 1865, ses Etudes économiques sur le Holstein, le Slesvig ét le Danemark lui valurent dans le premier domaine une réputation de bon aloi ; en 1875, il attirait l’attention du monde savant par son travail sur la végétation dans la haute altitude, et en 1876 par ses recherches sur le traitement du lait à basse température.
- Il servit mieux encore la Science par le concours qu’il donna aux savants ; en 1877, il ne négligea rien pour rendre possibles et faciles les expériences en plein champ sur la vaccination anticharbonneuse, et Pasteur se fit alors un devoir de signaler chez M. Tisserand « la préoccupation constante de favoriser et de provoquer même les travaux scientifiques ».
- La transmutation du mercure en or a-t-elle été réalisée? — Nous avons signalé en leur temps les expériences sensationnelles au cours desquelles un savant allemand, le Dr Miethe, a cru réaliser une transmutation appréciable du mercure en or. La Revue Scientific American a chargé un savant américain, le D1' Sheldon, pro-
- fesseur de physique à l'Université de New-York, de répéter l’expérience du D' Miethe. Le D1' Sheldon s’est attaché à suivre aussi fidèlement que possible la méthode indiquée par le D1 Miethe; il n’a pu mettre en évidence la moindre trace d’or dans le mercure traité.
- 11 s'est tout d’abord servi d’une lampe à vapeur de mercure en quartz fondu, construite par la Cooper Hewitt Lamp G°. Une certaine quantité de mercure liquide contenue dans ce tube était chauffée jusqu’au point d’ébullition et l’on faisait passer pendant 3o à 5o heures un courant électrique intense (i3 ampères à 170 volts environ) à travers la vapeur chaude. Le mercure était ensuite minutieusement analysé, mais ne contenait pas d’or. Le D', Sheldon a ensuite répété l’expérience avec une lampe allemande identique à celle du D1 Miethe et fournie par le même constructeur ; le passage du. courant de
- 12 ampères a été maintenu pendant 170 heures.
- Le résultat fut encore absolument négatif. Si le professeur Miethe a trouvé de l’or, c’est probablement, pense le D1 Sheldon, parce que le mercure employé en contenait primitivement quelques traces. Il est impossible en effet, le D1 Sheldon en a fait lui-même l’expérience, d’éliminer ces traces par aucun procédé connu de distillation.
- Aussi l’expérimentateur américain avait-il pris la précaution de travailler avec du mercure provenant d’une source naturelle où l’or fût absent; ce qui simplifiait beaucoup le problème de la purification.
- Les expériences négatives n’ont jamais une grande valeur démonstrative. Mais l’expérience unique du Dr Miethe n’en a pas davantage, si elle ne peut être répétée. Il appartient donc à celui-ci de montrer quel est, dans son expérience refaite par le D1 Sheldon, le point caractéristique dont l’omission aurait fait échouer la tentative américaine. Jusque là, on doit considérer comme très problématique la transmutation dû mercure en or.
- Les nouveaux bâtiments de l’École Supérieure d’Electricité. — L’Ecole Supérieure d’Electricité a été fondée en 1894 par la Société Française (alors Internationale) des Electriciens. Sous la direction d’un professeur et savant éminent, M. Paul Janet, elle a pris un rapide développement dû à la haute valeur de son enseignement. Elle avait à l’origine 12 élèveê; ses promotions annuelles sont aujourd’hui de 200 élèves envi-x’on; les ingénieurs qu’elle a formés ont puissamment contribué au développement des industries électriques dans notre pays. Aujourd’hui l’électricité intervient dans toutes les industries sans exception et y joue un rôle de plus en plus important. Le besoin de techniciens savants et spécialisés s’affirme plus que jamais et l’Ecole Supérieure d’Electricité à été amenée logiquement à concevoir un large programme d’extension dé son enseignement. Mais, pour le remplir, elle se trouve exagérément à l’étroit dans les bâtiments qu’elle occupe, 12, rue de Staël, à Paris, conjointement avec le Laboratoire Central d’Electricité.
- Grâce au concours financier des industriels de la Ville de Paris, de l’Etat, l’Ecole Supérieure d’Electricité est aujourd’hui en mesure de réaliser ses projets d’agrandissements.Une vaste école va être .construite à Malakoff, en dehors, mais à proximité de l’eiieeinte de la capitale.
- La première pierre en a été pôsée le 9 novembre en présence de M. le Président de la République.
- Les 55 000 kilomètres en avion du commandant de Pinedo. — Nous avons assisté en ces derniers mois* à toute une série de magnifiques randonnées aériennes exécutées par des aviateurs de toutes nationalités, Tous ces exploits, cependant dignes d’admiration, sont dé-; passés par celui de l’aviateur italien, commandant de Pinedo, qui vient d’achever avec succès une tournée, de 55 000 km à travers l’Europe, l’Asie, l’Océanie et F Australie. Parti de Rome, le 21 avril 1925, le hardi pilote s’est rendu aux Indes par la voie ordinaire de Bagdad, Bender, Abbas, Karachi, Bombay, Calcutta; il a longé la côte Birmane, la péninsule de Malacca, puis a gagné l’Australie par l’archipel de la Sonde; il a parcouru ensuite la plus grande partie des côtes de l’Aus-
- p.2x160 - vue 611/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- tralie, s’est dirigé ensuite vers le Japon en faisant étapes en Nouvelle-Guinée, dans l’archipel des Philippines, à Formose, à Chang-Hai. 11 est ensuite revenu en 20 jours de Tokio à Rome en longeant les côtes de Chine, d’Indo-Chine, de Birmanie, en traversant l’Inde, la Perse, l’Irak et la Syrie. Ce beau voyage s’est effectué sur un hydravion Savoïa, moteur Lorraine ; il a demandé 3?o heures de vol.
- Les accidents dans les mines de charbon. — On
- dit souvent beaucoup de mal de la manière dont les règles de l’hygiène sont appliquées en France. Yoici cependant des chiffres qui paraissent assez.satisfaisants et qui proviennent d’un rapport présenté par Thomas Oliver au Congrès d’hygiène industrielle tenu à Amsterdam en septembre 1925.
- De 1873 à 1882, les cas de morts survenues en Angleterre dans les mines ont été de 2,5 hommes pour 1000. DeOgn à 1920 ce chiffre s’est abaissé à i,3. En Allemagne, ces chiffres étaient de 3,18 pour 1879 et de 2,40 pour 1914. En 1920, ils sont, en Belgique, de i,i3, en Grande-Bretagne, de 0,88 et, en France, de 0,77. C’est donc la France qui a la plus faible mortalité.
- Aux Eta'ts-Unis, au lieu de la diminution qu’on observe partout ailleurs, il y a augmentation. Les chiffres ont passé de 3,5 en 1890 à 3,62 en 1920. La raison de ce fait est que l’extraction du charbon est une industrie relativement jeune aux Etats-Unis et qu’on y emploie beaucoup d’étrangers comprenant mal les ordres.
- D’un autre côté; d’après Thomas Oliver, si l’on compare le nombre d’hommes tués aux millions de tonnes de charbon extraites, les chiffres des Etats-Unis seraient plus favorables que ceux des autres pays, du moins si on apprécie davantage les tonnes de charbon que les vies humaines.
- Remarquons encore qu’avant 1814, ce n’était pas l’habitude de faire des enquêtes au sujet des mineurs morts accidentellement dans les mines et que les premières mesures de protection dont bénéficièrent les mineurs remontent à 1842.
- *>> Nouvelles de T. S. F.
- Une curieuse expérience. — Des essais très curieux ont été récemment tentés par la station d’émission du navire explorateur Peary, qui effectue actuellement une croisière vers le pôle Nord.
- La station d’expériences arctique transmettait sur une longueur d’onde de 40 m. Cette émission était reçue et retransmise par le poste du Peary, et de nouveau cette émission relayée était reçue et retransmise parle grand poste de Chicago WJAZ. Enfin, l’émission définitive était transmise à grande puissance sur 322 m. de longueur d’onde.
- D’après les auditeurs américains, la réception finale était fort nette, et le programme de chansons légendaires en esquimau qui put ainsi être transmis eut un grand succès. Le microphone dans lequel chantaient les esquimaux était alors placé à 120 du pôle Nord.
- La propagation des ondes très courtes. — M. Lar-dry, l’ingénieur bien connu du Mans, continue à exposer dans le numéro d’octobre 1925 de l’Onde Electrique le résultat de ses essais méthodiques de réception des émissions sur ondes très courtes.
- Les essais ont porté sur la réception des transmissions du navire Jacques Cartier sur 5o m. de longueur d’onde, du poste AIN de Casablanca également sur 5o m., du poste d’Issy-les-Moulineaux de 48 à 5i m. de longueur d'onde.
- Ces réceptions ont démontré l’existence d’inégalités très nombreuses de réception que M. Lardrÿ a pu classer en deux catégories générales.
- Tout d’abord des variations très rapides, découpant les communications au point de les rendre inintelligibles, auxquelles M. Lardry a donné le nom de scintillation. '
- Ensuite des variations à très longue période'présentant un minimum et un maximum au cours de la journée, l'expérimentateur a appelé houle ce genre d’irrégularités.
- Ce qu’il y a de remarquable c’est que la houle est périodique. Pendant une certaine période, i5 jours, 1 mois, 2 mois .. le creux et la crête de la variation d’in-
- tensité passent tous les jours aux mêmes heures, puis, brusquement, tout le système se décale en bloc de plusieurs heures. Le décalage se produit par retard, comme s’il s’agissait d’un phénomène périodique analogue aux marées.
- L’influence des conditions locales sur la réception des oncles courtes. — Les réceptions effectuées dans les villes sont généralement beaucoup plus mauvaises qu’tà la campagne, et l’on peut constater, en général, de très grandes irrégularités d’audition. Il importe de ne pas confondre les variations d’intensité provenant de la propagation des ondes courtes et celles qui résultent des conditions locales d’élablissement du poste.
- M. Tourrou relate dans l’Onde Electrique d’intéressantes expériences de réception d’ondes de 5o m. effectuées à Bordeaux, ville particulièrement bien pourvue en canalisations électriques aériennes de toutes sortes.
- Toutes ces expériences ont démontré d'une façon très précise qu’il était absolument impossible d’étudier avec profit les variations d’intensité dues à la propagation lorsqu’on se trouve dans une ville industrielle, tout au moins pour les réceptions de jour.
- Ce sont les lignes de lumière et de transport de force pour moteurs industriels qui paraissent apporter lès perturbations les plus gênantes.
- Un nouveau montage à réaction. — Dans les montages à réaction électromagnétique ordinaire, la bobine de réaction est généralement intercalée dans le circuit de la lampe détectrice à réaction, le réglag-e est relativement sensible, et doit être effectué en même temps que celui de l’accord.
- M. Roller propose pour remédier à cet inconvénient d’utiliser une lampe de réaction supplémentaire distincte de la lampe détectrice. Cette lampe à réaction a sa grille montée en parallèle avec celle de la lampe à haute fréquence d’entrée et comporte une bobine de réaction dans son circuit de plaque. Cette bobine de réaction est d^ailleurs simplement couplée avec la bobine d’accord.
- La Radiophonie en Pologne. — Le gouvernement polonais a décrété l’installation immédiate d’une station de radio-diffusion à Varsovie; la puissance de èette station sera de 2 kw. Après quelques mois de mise en service celte station serait transportée définitivement à Cra-covie et remplacée par une autre de i5 kw.
- Nouvelles stations d’émission. — On annonce l’installation d’une très puissante station d’émission à Milan. Cette station fonctionnerait sur ondes courtes. Une nouvelle station serait également installée à Kiew, en Russie.
- Le programme de Radio-Toulouse. — Le poste Radio-Toulouse émet maintenant, comme on le sait, sur 441 m. de longueur d’onde avec une puissance de 2 kw.
- Voici, d’après la T. S. F. Moderne, l’horaire de ces émissions :
- 10 heures cours divers.
- 12 h. 3o concert.
- 13 h. i5 éventuellement concert,
- 17 h. 45 bourse et nouvelles.
- 20 h. 00 causerie.
- ,20 h. 45 conce'rt.
- De plus, une matinée supplémentaire a lieu le jeudi à
- 17 h. 3o et une autre le samedi à 17 h. 3o également, la première est destinée aux enfants et la deuxième aux ouvriers et employés qui bénéficient de la semaine anglaise.
- Le nombre des auditeurs déclarés en Europe. -
- Le nombre des licences en Suède a dépassé le chiffre de 100000 en juillet 1926, d’après la T. S. F. Moderne ; il a dépassé le chiffre de 160000 en Autriche à la même époque. Le nombre des auditeurs déclarés en France est encore bien inférieur à ces chiffres ; il est vrai que la législation française ne comporte encore qu’une formalité de déclaration et qu’aucune taxe obligatoire n’est perçue, avec pénalités prévues en cas de fraude. Il est donc plus difficile de déterminer un chiffre réel.
- La réception des émissions de la tour Eiffel en Alsace. — D’après notre correspondant d’Alsace, M. Emile Ivleiber, la réception des émissions de
- 18 heures de la tour Eiffel serait troublée par les transmissions du poste allemand de Kœnigswüsterhaus 'a
- (LP).
- HjfTigl»
- p.2x161 - vue 612/663
-
-
-
- JteD
- 1*3
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Q*,,
- Chauffage -
- Bouilloire à débit continu. — L’économie de combustible est., depuis de longues années, une des grandes
- Fig. i. — Bouilloire « Sagas ».
- questions à l’ordre du jour dans tous les pays industriels. De très grands progrès ont été réalisés, sous la poussée de cette préoccupation, dans le domaine de la force motrice et dans celui du chauffage industriel, à tel point qu’on a pu leur imputer en partie la responsabilité de la crise charbonnière qui, en ce moment, sévit avec intensité en Allemagne, en Belgique, en Angleterre et même aux Etats-Unis. Cette accusation ou plutôt ce compliment ne peut être pour l’instant adressé au chauffage domestique; nous somme? ici en présence d’un véritable gaspillage de combustible, auquel il est bien difficile de porter remède. Les appareils de chauffage domestique sont nécessairement de petites dimensions ; on exige d’eux avant tout la simplicité de manœuvre, la rusticité et un prix d’achat modique. Le chauffage dans un appartement ou dans une. cuisine ne peut évidemment être conduit comme dans une usine. Cependant, bien des progrès sont possibles et désirables. Caria dépense de combustible grève lourdement aujourd’hui tous les budgets modestes.
- Yoici un petit appareil très simple qui répond à ce souci d’économie bien comprise. C’est une bouilloire perfectionnée. L’eau chaude est une nécessité dans tous les ménages. Pour l’obtenir, on se contente en général de la chauffer dans une casserole.placée sur une flamme, le plus souvent celle d’un fourneau à gaz. Il suffit d’observer ladite casserole au cours de celle opération pour se convaincre du mauvais emploi qui est fait des calories dégagées par la combustion. Même avec une flamme bien réglée, la plus grande partie des gaz chauds se répand en pure perte dans la pièce.
- La bouilloire Sagas a été conçue pour éviter cette perte qui se traduit toujours par une dépense excessive et inutile.
- C’est un récipient fait de deux troncs de cône concentriques A et B ne laissant entre eux' qu’un espace extrêmement étroit (environ 5 mm). Le récipient à double paroi ainsi formé est surmonté d’une sorte de calotte C, placée dans l’axe de la cheminée centrale, et, par conséquent, sur le trajet direct des gaz chauds ascendants. Cette calotte abrite un tube de cuivre D enroulé horizontalement en spirale, puis descendant en forme de serpentin E à l’intérieur de la cheminée pour aboutir à ia base de cette dernière, où il se raccorde avec l’espace ménagé entre les deux troncs de cônes.
- Le récipient est pourvu d’une' anse|et rappelle par sou aspect extérieur la bouilloire domestique.
- Le tube enroulé en spirale dans la calotte peut être relié par un raccord à olive F, avec une conduite d’eau quelconque, un robinet d’évier, par exemple. Un deuxième raccord à olive G, également placé à la partie supérieure de là .bouilloire, permet la sortie de l’eau chaude.
- L’eau circule d’abord horizontalement dans la spirale de la calotte, puis en hélice dans le serpentin, enfin de bas en haut dans l’espace libre entre les deux troncs de cônes. Sous l’effet.de sa propre pression et de l’élévation de sa température, l’eau chauffée s’échappe d’elle-même par la tubulure en col de cygne G.
- Le corps de chauffe principal de l’appareil est donc constitué par l’espace qui sépare les deux troncs de cônes. Le rôle de la spirale horizontale, de la calotte et du serpentin, est de réchauffer l’eau froide avant son arrivée dans le corps principal de la bouilloire.
- On a ainsi réalisé une circulation méthodique des gàz chauds, d’une part, de l’eau à échauffer d’autre part, et l’on s’est placé dans les' meilleures conditions logiques pour effectuer entre ces deux milieux les échanges de chaleur. Aussi ce chauffe-eau a-t-il un rendement particulièrement élevé, de l’ordre de q5 pour ioo.
- Il convient de remarquer que l’arrivée de l’eau froide à la partie supérieure du chauffe-eau offre, outre la possibilité d’un réchauffage préalable, l’avantage d’empêcher la bouilloire de se vider par le bas, si le tuyau d’alimentation en eau froide (un simple tuyau souple en caoutchouc) vient à se rompre ou à se détacher.
- Autre avantage, lié au bon rendement de l’appareil: les gaz de combustion sont très fortement refroidis lorsqu’ils s’échappent à la partie supérieure de l’appareil; il en résulte qu’ils ont déjà perdu par condensation la majeure partie de la vapeur d’eau qu’ils contiennent, et de ce fait les condensations d’eau sur les murs de la pièce sont pratiquement supprimées.
- La bouilloire Sagas s’emploie sur un brûleur de réchaud quelconque.
- Constructeur : Lucien Brégeaut, 18, rue Voila, Paris.
- «a** Jlutomobilisme
- Indicateur de pression Schrader pour pneus d’autos. — Trois écueils sont à éviter lorsqu’on gonfle des pneus : i°l’insuffisance de gonflage, lequel détériore les pneus de la même façon que le ferait la surcharge de la voiture et peut réduire d’un tiers la durée de leur service ; 2° l’excès de gonflage qui multiplie les inconvénients des secousses et des cahots, supprime tout confort et fatigue les pneus ; enfin 3° l’inégalité du gonflage entre pneus de même essieu qui détruit l’équilibre
- Fig. "a. ~ Indicateur de pression Schrader.
- de la voiture, rend la direction plus difficile et fatigue les assemblages du châssis et de la carrosserie. .>
- Si ces écueils existent pour tous les pneus, du moins sont-ils „plus nuisibles avec les pneus-ballons pour lesquels la pression recommandée par le fabricant doit être rigoureusement observée. On s’épargnera donc des conséquences onéreuses en même temps qu’on assurera
- p.2x162 - vue 613/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Je confort et la sécurité de la voiture en ue se liant pas à la simple apparence pour juger du gonflage des pneus, mais en se servant d’un indicateur de pression.
- L’indicateur de pression Schrader établi dans ce but est un petit instrument à la fois simple, solide, peu coûteux et facile à employer. 11 ne lient pas plus de place qu’un canif. Pour l’utiliser, le bouchon de valve étant dévissé, on appuie l’indicateur sur l’orilice de la valve, en le tenant comme l’indique la figure %, pendant une ou deux secondes, et cela assez fortement pour éviter tout fuite. On peut alors retirer l’appareil. La pression aura fait sortir un petit cylindre gradué sur lequel on lit aisément, au trait le plus voisin du bord du corps nickelé, et cela tant qu’on n’aura pas repoussé le cylindre gradué dans son logement.
- Comme il existe, avons-nous dit, pour les pneus une pression recommandée suivant le type et le poids de la voiture, on s’évite tous ennuis et on obtient les meilleurs résultats en répétant régulièrement et fréquemment, pour chaque l’oue, l’opération précitée.
- 11 est fabriqué : droit pour pneus-ballons avec graduation de i à 4 kg; droit ou coudé pour pneus à haute pression, graduation de a à 8 kg; coudé pour pneus poids lourds, graduation de 2 à ra kg et de 3o à 170 litres par pouce.
- En vente à la Société des pneumatiques Dunlop, 64, rue de Lisbonne, Paris.
- *>_> .'Electricité
- Douille deux broches. — Voici un modèle de douille qui permet l’emploi du bouchon à baïonnette sur les
- prises de courant à broches. C’est, somme toute, un organe intermédiaire que l’on emploiera chaque fois que l’on désirera monter sur une prise de courant à broches un bouchon baïonnette.
- La douille intermédiaire peut aussi servir chaque fois qu’il est nécessaire de s’assurer du bon fonctionnement des prises de courant dans une installation. Il suffit alors de monter une lampe sur la douille et de voir ainsi si la lampe s’éclaire chaque fois que l’on place la douille dans les prises-de courant que l’on veut essayer.
- Constructeur : Santal, 71, avenue de la République, Paris.
- Cyclisme
- Frein à contre-pédalage. — Ce système de frein permet d’assurer par contre-pédalage le serrage des
- Fig. 4. —Frein à contre-pédalage.
- màéhoires de freinage sur la. jante de la roue arrière sans crainte de rupture de c-âble, il permet d’avoir toujours les mains libres au guidon et d’assurer un freinage progressif.
- Voici comment on monte l’appareil sur une machine ordinaire ;
- On démonte le contre-écrou de la cuvette de pédalier et on le remplace par l’appareil en ayant soin de faire prendre le filet de la cuvette et celui de l’anneau à-cames ensemble. On bloque fortement le contre-écrou et, on vérifie si l’anneau à cames peut aller librement de gauche à droite.
- On démonte aussi la clavette de manivelle de pédalier, on pose sur le bras de manivelle l’équerre avec le cliquet culbuteur de façon que ce dernier vienne en prise avec l'anneau à cames. Après réglage en hauteur et sur la partie latérale on rebloque la clavette, finalement on accouple le piston compensateur à la rotule de l’anUeau à cames, une fois l’étrier portant les patins solidement fixé sur la fourche inférieure ; le réglage du rappel en arrière de l’étrier s’obtient avec des boutons moletés.
- Constructeur : Société T. P. M., 33, rue de Cormeille, Levallois-Perrct.
- *ü> Objets utiles *
- Landau pliant pour enfants. — L’exiguïté des appartements des grandes villes a toujours suggéré aux
- Fig. 5. — Landau pliant pour enfants.
- inventeurs l’idéê de voitures d’enfant pliantes, jmuvant se ranger commodément.
- Il est indispensable que leur poids soit faible pour en faciliter là manutention.
- Un modèle intéressant, exposé au Concours Lépine, présente des avantages en ce sens qu’üne fois déplié il a l’aspect d’un landau confortable au lieu d’être simplement une voiture incommode, comme c'est le cas pour beaucoup de modèles portatifs. v
- Les côtés sont en bois contre-plaqué, léger et solide; la caisse est de forme anglaise confortable, profonde, de 85 cm. de long, 42 de large et 40 de profondeur. Cette caisse est capitonnée, peinte, et elle est munie d’une poignée en tube nickelé. La suspension par ressorts est réglable et souple, les roues sont à rayons et ont un diamètre de 3o cm. . ;
- La voiture se plie facilement comme une sorte de. grand accordéon, ce qui permet de la caser dans un automobile sans inconvénient. Son poids est de 14 kg et l’aspect, lorsque la voiture est dépliée, est celui d’un véritable landau non pliant, élégant et confortable et d’une grande stabilité.
- Constructeur : Félix Durand, rue Emile-Delombre, Aubigny-en-Artois,
- p.2x163 - vue 614/663
-
-
-
- 1@q
- VARIETES
- LA RÉGLEMENTATION FRANÇAISE DES POSTES D'ÉMISSION PRIVÉS
- Ln très grand nombre de nos lecteurs nous ont demandé de leur indiquer les formalité à remplir pour obtenir 1 autorisation d’installer un poste d’émission d’essais. Nous croyons donc leur être utile en leur donnant ci-dessous les indications nécessaires.
- Le candidat devra rédiger sur papier limbré, en deux exemplaires, une demande adressée à Y Administration "des P. T. T,, io3, rue de Grenelle, Paris (7°), suivant le type ci-dessous :
- DEMANDE DE CONCESSION d’üN POSTE RADIOÉLECTRIQUE ÉMETTEUR POUR ESSAIS OU EXPÉRIENCES
- Je soussigné................... demeurant à............
- ai Vhonneur de solliciter l'autorisation en vue d’obtenir la concession d’un poste radio-émetteur destiné à des essais d‘appareils ou recherches scientifiques et déclare me soumettre aux dispositions de l’arrêté du 18 Juin 1921, publié au Journal Officiel rfn 24 Juin 1921.
- Poste à établir chez M. ...............................
- (Adresse)..............................................
- Caractéristiques techniques : (Mode d’émission, antenne,«montage (joindre schéma de principe), puissance maximum, longueur d’onde.
- Fait à................ le..............
- (Signature)
- Deux sortes d’autorisations peuvent être accordées :
- f CINQUIÈME CATEGORIE : Puissance limitée à 100 watts alimentation. Longueur d’ondes de 180 à 200 m. Toutes les heures sont permises. Autorisation valable un an.
- QUATRIÈME CATEGORIE : Puissance et longueurs d’ondes déterminées dans chaque cas, suivant le but cherché (spécifier la nature des essais entrepris). Heures autorisées : 24 à 10 h. et iS à 16 h. Des restrictions sont faites pour les longueurs d’ondes suivantes : 9, i5, 25, 45» 109, 115 à 125 mètres.
- A l’expiration d’un certain délai" (six mois en général), on doit solliciter une nouvelle autorisation, en faisant connaître la nature des expériences effectuées et les résultats quelles ont donnés. L’Administration insiste sur l’importance qu’elle attribue à ces comptes rendus d’essais qui décident du renouvellement de l’autorisation.
- Sont interdites :
- i° Toutes émissions modulées par la parole, qui ne seraient pas en langage clair et en français, sauf autorisation spéciale et après avis de la Commission Interministérielle.
- 20 Toutes émissions faites par des procédés spéciaux qui ne permettraient pas, au moyen de récepteurs d’un modèle agréé par l’Administration, la réception et la compréhension des messages.
- L’usage de l’installation doit rester limité à l’échange de signaux et communications de réglages, à l’exclusion
- de toutes émissions susceptibles d’intéresser les amateurs d’auditions radiotéléphoniques.
- L’administration exerce un contrôle sur les postes d.’amateurs. Les agents de l’Administration chargés du contrôle peuvent pénétrer dans la station émettrice.
- Les postes radioélectriques privés d’amateurs sont assujettis à une taxe de contrôle de Too fr. par an. Cette taxe est due pour l’année entière, quelle que soit la date 'de mise en service du poste.
- Après avis des divers Ministères (Guerre, Marine, etc.), l’autorisation est donnée en même temps que l’indicatif est attribué.
- Une fois l’autorisation reçue, le concessionnaire doit passer un examen, A cet effet, il reçoit un avertissement de la Direction Régionale qu’un inspecteur aura à se présenter à sa station et, d’accord avec le possesseur de l’indicatif, fixe une date pour l’examen.
- Cet examen porte soit sur la radiotélégraphie, soit sur la radiotéléphonie, soit sur les deux.
- Pour le certificat d’opérateur radiotélégraphique, l’examen porte sur les matières suivantes :
- i° Aptitude à la transmission et à la réception au son des signaux Morse, pendant une durée minimum de cinq minutes, à la vitesse de huit mots à la minute (pour la 5e catégorie) ou de quinze mots à la minute (pour la 4e catégorie).
- 20 Connaissance des abréviations radiotélégraphiques d’usage courant.
- 3° Aptitude au réglage de l’appareil d’émission sur trois longueurs d’ondes différentes.
- Pour le certificat d’opérateur radiotéléphonique, l’examen porte sur les matières suivantes :
- i° Aptitude à la transmission et à la réception de façon claire, de la conversation au moyen de l'appareil radiotéléphonique.
- 20 Connaissance de la procédure radiotéléphonique suivante :
- « i° Avant tout appel, s’assurer que d’autres commu-« nications ne sont pas encours, pour éviter toute gêne.
- « 20 Se servir uniquement de l’indicatif qui a été « attribué par l’administration, sans emprunter l’indi-« catif d’un autre poste; ne pas utiliser un indicatif de « 'convention.
- « 3° L’appel se fait de la façon suivante : « Allô 8 CD « pour communication T. S. F.; ici 8 DD » (répété pluie sieurs fois).
- « Le poste appelé répond : « Ici 8 CD ; j’écoute 8 DD.
- « La fin de communication est donnée par chacun des « correspondants : « 8 CD terminé ». — « 8 DD terminé. »
- 3° Aptitude au réglage de l’appareil d’émission sur trois longueurs d’ondes différentes.
- Un droit d’examen de i5 fr., plus le timbre de dimension (environ 10 fr.) doit être payé, avant les épreuves, au guichet d’un bureau de poste ; le récépissé doit être remis le jour de l’examen au fonctionnaire chargé de cette mission.
- <
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ><
- Conservation de la chaux. — La Revue des Matériaux de construction et de Travaux publics donne les conseils suivants pour l’entreposage de la chaux à la campagne et dans les villes.
- A la campagne pour les besoins agricoles, on stocke la chaux en silos sous des hangars.
- Les silos seront établis près des champs à amender, dans un endroit sec, surélevé, loin de la circulation des eaux. On creuse une excavation d’environ 20 cm de-profondeur, de 5 m. de long et de 2 m. de large et on y dispose régulièrement en lits les morceaux de pierre à chaux, en les arrosant d’environ i5*litres d’eau par centimètre cube d’épaisseur. On continue jusqu’à une hauteur de 1 m. 20, puis on donne aux couches supérieures la forme d’un toit en pente. On recouvre alors le tas de chaux d’une couche de terre d’environ 5o cm. d’épais-
- seur qu’on pilonne soigneusement de façon à n’y laisser aucune fissure. On surveille cette couverture dont on bouche les fentes dès qu’il s’en produit. On peut ainsi conserver la chaux sèche en poudre pendant des mois.
- Sous les hangars, on empile la chaux par lits réguliers, aussi haut que possible. On recouvre de terre sur une épaisseur de i5 à 3o cm. seulement.
- A la ville, chez les marchands de chaux, on peut avoir à stocker soit des pierres à chaux, soit de la chaux éteinte.
- Les pierres sont empilées dans un lieu sec, sur un sol étanche et recouvertes de chaux en poudre. On peut recouvrir les tas de bâches imperméables. Les issues : portes et fenêtres, pouvant laisser passer l’air humidé, sont calfeutrées soigneusement.
- La chaux éteiute est placée dans upe fosse d’environ
- p.2x164 - vue 615/663
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- 2 m. de profondeur ou dans des barils ou caisses aussi bien fermés que possible. On l’abrite du contact de l’air par un revêtement de sacs ou de terre.
- Vers de terreau pour l’alimentation des poissons d’aquarium. — M. C. Bertrand, dont nous avons signalé les- réussites dans l’élevage des Scalaires que le public admire actuellement dans la péniche-aquarium d-e l'Office des Recherches et. Inventions, vient de communiquer à la Société Nationale d’Acclimatation et de publier dans la Revue d’Histoire naturelle appliquée les moyens qu’il emploie pour élever les vers de terreau et les faire reproduire, afin d’obtenir une nourriture abondante et excellente pour les poissons qu’on conserve en aquarium. Beaucoup de ceux-ci, et notamment les Cyprins et les Cichlidés, en sont très friands et s'en trouvent très bien, reprenant ainsi leurs forces quand ils ont été affaiblis ou malades.
- Pour Pélevage des vers, M. Bertrand conseille de prendre une caisse rectangulaire de 60 X 4° X 3o dans laquelle on met successivement les couches suivantes :
- 5 cm de terre meuble, -
- 5 cm de feuilles mortes.
- 5 cm d’un mélange de terre et d’argile.
- Par-dessus les éléments qui constituent la nourriture des Vers, c’est-à-dire un mélange de pommes de terre cuites à l’eau et qu’on a le soin de crevasser, les Vers aimant à se loger dedans, on ajoute un peu de carottes, oignons et feuilles de choux, ces légumes étant crus; sur le tout du marc de café. On étale dans la caisse une toile à éponger humide, sur laquelle on place les Vers recueillis en vue d’élevage, les Vers vivants traversent la toile, les malades ou les morts restent dessus, ce qui permet de les éliminer.
- On couvre la toile d’une planche lestée de pierres et on a le soin d’arroser souvent avec de l’eau tiède. La caisse bien aménagée doit présenter un espace libre d’une hauteur de 5 cm environ pour empêcher les évasions. La caisse est maintenue dans un endroit sombre, cave ou autre, à une température oscillant entre 8° et 120.
- M. Bertrand signale qu’il est très important d’entretenir une humidité constante par des arrosages répétés pour la bonne réussite de l’élevage. La nourriture des Vers sera renouvelée ainsi que le marc de café tous les i5 jours environ,
- Pour recueillir les Vers on enlève la planche, on les trouve rassemblés sous la toile. One caisse bien préparée et entretenue dure plusieurs années. Le Ver de terre, quand il est rouge, est également très bon. Pcnir se procurer des Vers de terre, M. Bertrand indique un moyen qui consiste à enfoncer en terre un bâton ou une bêche et à faire osciller rapidement l’instrument utilisé; tous les Vers, dans un rayon de 5o cm, sortent de terre et il n’y a plus qu à les ramasser. On peut les conserver facilement une huitaine de jours en les mettant dans un peu de terre'humide.
- Les Télescopes, Queues de voile et toutes les grosses espèces sont très friands de Vers de terreau. Pour les utiliser on les ébouillante, ce qui les tue et détruit les parasites, puis on les hache en menus morceaux. Les gros Poissons se conservent en meilleure santé avec les Vers de terreau ou de terre qu’avec les, Vers de vase. D’une façon générale, il faut d’ailleurs varier autant que possible la nourriture.
- Le vernis canadien. — C’est un vernis transparent, de couleur claire, présentant une grande résistance aux intempéries et aux acides, particulièrement aux vapeurs acides.
- Voici la formule de composition de ce vernis :
- &
- Pour t liire
- Celluloïd clair. ...... 5o gr.
- Essence de camphre. ... 3 —
- Alcool méthylique............i5o —
- Acétone..................... 700 —
- Huile de ricin............... 20 à î5 décigr.
- Le vernis canadien protège les peintures, les peintures émail, le bois, les surfaces vernies, tant intérieures qu’extérieures, surtout les surfaces exposées aux intempéries, celles qui sont l’objet de lavages répétés, par exemple les automobiles.
- Ce vernis présente toujours une surface polie. Appliqué aux accumulateurs, il empêche l'acide de s’insinuer en glissant ou en grimpant hors des batteries d’automobiles. Appliqué sur les murs des salles de bains, des cabinets de toilette ou sur n’importe quelle peinture ou peinture émail, il permet le lavage des surfaces sans que son brillant soit détruit. H. B.
- "WD
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- machines modernes pour fabriquer les agglomérés : Constructeur : Bonnet, à Villefranche. »
- jî, Valve Colloïd : La Piadiotechnique, 22, rue de la Boétie, Paris.
- Réponses. — M. le R' N., à Taroudant, Maroc. — Les émaux appliqués sur les parties métalliques des décorations sont simplement fixés à la gomme laque; lorsqu’ils se détachent,: la réparation est des plus faciles,'il suffit, après avoir bien nettoyé les parties à joindre, de placer entre elles une petite feuille de gomme laque blonde en écailles, puis de chauffer légèrement par-dessous le métal, par exemple avec une lampe à alcool. A un moment donné on voit fondre la gomme laque et par son propre poids l’émail supplique sur son support. Le seul point essentiel est de ne pas mettre trop de gomme laque, la solidité étant d’autant plus grande que l’adhésif est plus mince. On laisse bien refroidir, puis, avec une lame de canif légèrement chauffée, on enlève sur les bords les bavures de gomme laque en excès.
- N. B. Ne pas essayer de recoller avec un vernis à la gomme laque, ce qui ne donnerait pas du tout les mêmes résultats.
- B. 288. - i° Le baume du Canada est employé tel
- quel au collage des lentilles. Pour cela on le rend fluide par la chaleur, dans la cuvette formée par la lentille concave, puis, après dégagement des bulles d’air et écumage, on applique doucement la seconde lentille qui chasse l’excès de matière fluide. Après refroidissement la pression atmosphérique suffit pour maintenir l’adhérence des éléments, mais il est toujours prudent de conserver le système optique ainsi constitué à l’abri de la chaleur, car un glissement pourrait faire sortir le centre des lentilles de l’axe optique.
- 20 Vous trouverez du baume du Canada chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, au prix de i5 francs environ lés T 00 gr.
- 3° La composition d'une colle est subordonnée non seulement à la nature des matériaux à joindre, fer et cuivre dans le cas que vous indiquez, mais aussi aux conditions de milieu., température, humidité, liquides divers en contact éventuel.
- Sans indications précises de votre part à-ce point de vue, nous pensons que la formule suivante dans la plupart des cas vous donnera satisfaction.
- Gomme laque en écailles. . . . 60 gr.
- — copal Rauri ...... i5 —
- . — élemi ......... 10 —
- — mastic. . ................ 5 —
- Colophane. .- . . ... ... . i5 —•
- Alcool à brûler...............100 c c.
- M. W., à Neuchâtel (Suisse). — Choisissez de préférence les couleurs diamines pour batiker, leur affinité pour toutes les fibres textiles étant très grande. S’il s’agit de noirs, vous avez h votre disposition le noir oxydia-
- p.2x165 - vue 616/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- mine SOOO, le noir jais RB, le diazonoir solide BI1X, le noir Pluton CR. Dans le cas où un ton bleuté ne tous conviendrait pas, bien que la plupart de ces colorants donnent un noir franc, vous pourriez corriger par addition d’une trace de jaune d’or, jaune solide D, ainsi que cela se pratique couramment en teinture.
- M. Thomas, à Mulhouse. — iu Presque toujours, les tuyaux de lavabos se trouvent engorgés par des démê-lures de cheveux qui par inadvertance ont été jetées dans la cuvette. Dans ce cas le remède très simple consiste à verser dans la conduite une solution chaude à ro pour ioo environ de soude caustique ou potassium des peintres, qui dissout rapidement la matière albuminoïde du cheveu. Bien entendu si l’obtruction était due à un corps solide, épingle à cheveux, objet menu de toiletfe, il faudrait essayer de le chasser en passant un jonc dans le tuyau et en cas de non-réussite se résoudre à un démontage parle plombier.
- %° Le meilleur moyen de conserver les compas et les tire-lignes en bon état est de bien les essuyer après s’en être servi, avec une peau de chamois, puis de les conserver en un lieu sec. S’ils se sont rouilles, les remettre en état avec une pâte composée de rouge d Angleterre et d’-huile minérale (huile pour bicyclettes par exemple), mais éviter autant que possible de se servir de papier émeri, la rouille se développant alors beaucoup plus facilement, bien que le travail soit plus rapide.
- 3° Veuillez bien vous adresser directement à M. Welsch, doyen de la Faculté des sciences de Poitiers.
- M. M., à Givors. — D’une manière générale, pour empêcher la gelée de l'eau dans les canalisations et réservoirs, il faut éviter la circulation d’air autour de ceux-ci. Veillez par conséquent à ce que les portes ne restent pas ouvertes dans votre grenier de même que les tabatières ou ouvertures quelconques. B’autrë part, si vous pouvez, ainsi que vous le prévoyez, appliquer un revêtement en planches, formant caisse, et remplir l’intervalle avec de la sciure, vous serez assuré d’un résultat parfait.
- La sciure est le meilleur isolant en même temps que le .plus économique, dont vous puissiez vous servir, mais il faut l’employer bien sèche et non telle qu’elle pourrait résulter du sciage de bois verts ; vous devrez donc l’étendre préalablement, à l’air et la pelleter à plusieurs reprises, pour la débarrasser de son humidité éventuelle. Afin d’éviter toute altération ultérieure de cette sciure, il vous suffira de profiter du pellelage pour y incorporer i pour ioo environ de sulfate de cuivre en poudre (vitriol bleu). '
- M. Robert, à Lyon. — Les couleurs à employer avec Vaérographe et pouvant supporter le lavage sont à base de celluloïd ; vous les trouverez toutes préparées dans les maisons suivantes : Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs ; Etablissements Jacquelin, passage de la Main-d’Or, 58, rue de Charonne; Lefranc et C'",
- 18, rue de Yalois ; Levasseur et Cio, 22, rue des Filles-du-Calvaire ; Querelle, 3g, rue de Charonne; Routtand, i-33, avenue Jean-Jaurès, à Aubervilliers,. Seine ; Compagnie de l’Aérographe, 18, rue Réaumur.
- . FP., à Alger. — i° Yous pourrez vous procurer tous les journaux scientifiques allemands, en particulier le Journ. Prakt. Chem, à la Librairie étrangère, 22, rue de la Banque à Paris, il vous suffira d’indiquer les références de numéros telles que vous nous les avez mentionnées.
- 2° L’essence de Palmarosa s’extrait par distillation de l’herbe d’une graminée désignée sous le nom de Géranium indien (Andropogon Schnœanthus) cultivée aux Indes. Cette extraction s’effectue par la méthode classique en présence d’eau dont la vapeur entraîne l’essence ; on sépare ensuite cette dernière de l’eau condensée par un récipient florentin, ce qui ne présente aucune difficulté grâce à sa faible densité 0.888 à 0.896.
- , S° Pour purifier Vessence de palmarosa et en extraire le géraniol, on saponifie les éthers qu’elle contient en la chauffant au bain-marie avec la quantité théorique de potasse alcoolique, en surmontant le récipient d’un réfrigérant à reflux. Ensuite on ajoute de l’e,au, l’essence se sépare, on la décante et traite par la méthode d’Erdmann et Huth qui consiste" à passer par l’éther phtalique en chauffant au bain-marie, l’essence ainsi obtenue avec 4/5 de son volume d’acide phtalique pulvé-lùsé, on additionne de carbonate dé soude, lave à l’éther
- pour enlever les produits étrangers, déplace le phta-late acide de géranyle par l’acide sulfurique dilué et finalement le saponifie par chauffage au bien-marie avec une solution alcoolique de potasse, le liquide étant étendu d’une quantité suffisante d’eau, le géraniol pur se sépare.
- 4° La synthèse du géraniol a été effectuée en partant de là méthylheptenone condensée avec l’éther iodacétique ou l’éther bromacétique, en présence du zinc, ce qui fournit l’acide géranique synthétique. Ce dernier distillé avec le formiate de calcium ' donne le citral, qui par réduction classique fournit le géraniol. Le géraniol étant l’alcool terpénique le plus répandu dans la nature (essence de géranium, de pélargonium, de roses, de palmarosa, de citronnelle, de lemongrass, etc.), sa préparation synthétique industrielle ne s’est pas développée.
- 5° Comme documentation bibliographique, nous pouvons vous indiquer : L’Industrie des parfums, par P. Otto, éditeur Duuod, 92, rue Bonaparte; Technique industrielle des parfums synthétiques, par Sornet, éditeur Gauthiers-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins ; Bulletin scientifique et industriel de la maison Roure-Bertrand-, imprimerie Imbert, à Grasse.
- M. Clerc, à Bruxelles. — i° La dissolution de caoutchouc servant au collage est constituée de la manière suivante :
- Gomme pure Para ...... 3o gr.
- Solvant . . .......... 970 —
- Le solvant est lui-même composé de :
- Benzine . ....................1000 c. c.
- Tétrachlorure de carbone. . . 2000 c. c.
- 20 Pour recoller les poignées de vélos, prendre :
- Acétate d’amyle............... 5oo c. c.
- Acétone.................... 5oo —
- Celluloïd non chargé....... 100 gr.
- 3° Les vernis noirs p-our chaussures donnant un brillant sans brossage sont à base de gomme laque, vous pouvez prendre comme type de préparation la formule
- qui suit :
- Solution A. Gomme laque en écailles. 100 gr.
- Borax pulvérisé............. 5o —
- Eau ordinaire............... 5oo —
- Faire macérer la gomme laque pendant une journée, puis terminer la dissolution à l’ébullition en maintenant le volume primitif par addition d’eau à mesure de l’évaporation. Passer sur un linge pour séparer les impuretés.
- En possession de cette solution mère faire le mélange
- de :
- Noir diamine................. 20 gr.
- Alcool à brûler ........ 25oc. c.
- Glycérine.................. 100
- Solution A . . . . . . . ... . 5oo —
- Eau ordinabre . . .. 200 —
- Dissoudre préalablement le noir dans 1 alcool, successivement ajouter la glycérine, la solution A, puis l’eau. Bien mélanger et mettre en flacons. Ce vernis s’emploie avec un pinceau doux en blaireau pour-ne pas produire des stries à la surface du cuir. »
- 4° L’huile minérale dont il est souvent question dans les recettes correspond au pétrole lampant qui passe à la distillation des pétroles bruts entre i5o° et j8o° C, sa densité est de 0,780 à 0,810, il s’agit donc d’un produit peu volatil, il n’en serait pas de même de l’essence pour autos dont le type tourisme a été recueilli entre 700 et 1200 C et dont la densité est de 0.728 (voir dans le n° 2675 du 11 juillet 1925, page^iô de la Boite aux Lettres, les caractéristiques des essences pour autos).
- M. Dà Cunlia Moraes, à Gaia. — L’opération du ziu? cage des télés ne présente aucune difficulté et rentre dans la pratique de l’étamage, La précaution essentielle à observer est dé'décaper soigneusement lé fer dans un bain d’acide sulfurique étendu, ensuite la tôle est saupoudrée de sel ammoniac, puis, après avoir été chauffée, recouverte de zinc fondu.
- Finalement la pièce est nettoyée à la sciure de bois qui enlève par action mécanique la couche légère d’oxyde de zinc qui s’est formée à la surface par oxydation.
- Cette méthode, habituellement suivie, nécessite, bien entendu une installation convenable ; nous croyons que dans le cas qui vous occupe, c’est-à-dire le galvanisage intérieur seul de récipients, vous auriez avantage à appliquer le procédé JSchoop. (Société de Métallisation, 26, rue de Clisson, Paris.)
- p.2x166 - vue 617/663
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- >
- Notions d’électricité, par R! Swyngedauw. ior vol. Généralités. Piles. Accumulateurs. Sonneries, Téléphones, Dynamos à courant continu, 168 p , t44 fig- Prix : 7 fr. 5o ; ie vol. Le courant alternatif, 225 p., 149 fi g. Prix : 8 fr. (Collection des Manuels d’Enseignement technique, publiée sous la direction de Y. Nardon), Masson et Cic, éditeurs. Paris, 1925.
- L’enseignement technique a été longtemps négligé en France. Aujourd’hui, grâce à une loi bienfaisante, qui l’a rendu obligatoire pour tous les jeunes gens employés dans l’industrie, il est fort heureusement en voie de développement rapide. Sans doute notre pays possède depuis longtemps d’excellentes et nombreuses écoles d’ingénieurs ou de chefs d’industrie ; mais la formation des cadres subalternes et de la grande masse du personnel a été jusqu’en ces derniers temps pour ainsi dire abandonnée au hasard des initiatives individuelles, le plus souvent fort méritoires, mais inévitablement dispersées. Le rôle de l’enseignement technique est de donner à l'apprenti ou au jeune ouvrier le minimum de connaissances générales et spéciales nécessaire pour bien comprendre son métier ; cette instruction, qui n’est pas un apprentissage, permet au cerveau de guider la main, condition essentielle du bon travail et du progrès.
- On peut dire que dans cette voie, presque tout était à faire chez nous, lorsque, la guerre terminée, il fallut se remettre énergiquement aux tâches de la paix et à la reconstruction du pays. Jusqu’alors on avait beaucoup parlé, peu agi. Pour réaliser le programme grandiose de la loi sur l’enseignement technique, il fallait avant tout former des maîtres et créer des méthodes d’enseignement efficaces; tâche de longue haleine à laquelle se sont heureusement consacrés des hommes de grand cœur et de grand talent; au premier rang d’entre eux, il faut placer M. Labbé, l’énergique directeur de l’Enseignement technique, et M. Nard on, directeur de l’Ecole normale de l’Enseignement technique, directeur de la nouvelle collection à laquelle appartient l’ouvrage dont nous rendons compte.
- Les efforts des champions de l’enseignement technique ont eu pour premier résultat la création d’une pédagogie de l’enseignement technique; son existence se manifeste dès maintenant par la publication d’un certain nombre de manuels élémentaires, remarquablement adaptés aux besoins des jeunes esprits auxquels ils sont destinés : ceux-ci, malgré un bagage théorique à peu près nul, éprouvent avant tout le besoin impérieux de comprendre; il faut donc leur donner des explications, à la fois élémentaires et théoriquement impeccables ; il leur faut également des descriptions claires, parlantes, des machines ou des appareils les plus modernes.
- La rédaction des ouvrages destinés au nouvel enseignement exige donc les plus hautes qualités du vulgarisateur : connaissance approfondie du sujet traité, pénétration de la psychologie du lecteur, talent d’exposition. Elle exige en outre la soumission de l’auteur à une discipline rigoureuse dans la marche de l’exposition, dans le choix des explications, ceci afin de satisfaire aux règles générales dictées par la nouvelle pédagogie technique.
- Ces qualités essentielles Se retrouvent au plus haut degré dans les premiers volumes de la nouvelle collection due à M. Nardon et en particulier dans les notions d’électricité rédigées par M. Swyngedauw.
- Nous avons déjà de très nombreux ouvrages élémentaires d’Electricité, parmi lesquels plusieurs sont de premier ordre ; cependant l’ouvrage de M. Swyn-gedauw ne fait double emploi avec aucun de ceux-là. 11 peut être lu sans difficultés de bout en bout par un lecteur sans autre bagage que les éléments d’arithmétique ; il n’y trouvera cependant que des notions rigoureusement exactes, des descriptions parfaitement claires, et un ensemble logique et ^coordonné qui l’amènera à comprendre le fonctionnement,'les caractéristiques essentielles et le rôle d’appareils complexes, comme la dynamo, l’alternateur, les moteurs et les transformateurs. Cet excellent ouvrage peut être recommandé à tous les jeunes débutants en électricité
- et même aux personnes désireuses, sur le tard, d’acquérir sans trop de peine les notions usuelles les plus importantes.
- Ajoutons que chaque chapitre est accompagné d’un questionnaire et parfois d’exercices simples, mais très instructifs.
- ABC du bricolage, par Oncle Joe. i vol. 160 p., 210 fîg. Delagrave, éditeur, Paris, 1925.
- Le bricoleur sait transformer les rebuts en objets utiles ou agréables. Ce petit livre donne de nombreux exemples de ce que l’on peut faire dans cet ordre d’idées, avec un peu d’habileté manuelle et d’ingéniosité.
- Ze livret du tailleur, par G. Freyermutii et B. Erdmann. 1 brochure 34 p. et 1 album de 35 pi. (Collection des Livrets du métier). L. Eyrolles, éditeur, Paris, xg25.
- Recueil de modèles de coupe pour apprentis tailleurs.
- L’Indo-Chine. Les richesses marines et fluviales, par A. Gruvel. i vol. in-8, 3ig p., 92 fig., 28 pl. Société d’Editions géographiques, maritimes et coloniales, Paris. Prix : 40 francs.
- Cours professé au Muséum par l’auteur, conseiller technique du Ministère des Colonies en matière ,de pêches; il établit l’inventaire des richesses indochinoises aquatiques. L’exposé, très scientifiquement conduit, commence par des notions géographiques générales, l’étude de la côte et des fonds de pèche, les'conditions météorologiques et océanographiques. Puis vient la description des espèces de la faune et de la flore ayant une valeur économique et un exposé des techniques de pêche en mer et en eau douce. L’utilisation des produits'' et sous-produits, l’exploitation des salines suivent et l’ouvrage se termine par des réflexions que le lecteur a déjà pu entrevoir au cours de sa lecture; il faut développer, par la recherche scientifique et technique, l’exploitation de ces richesses innombrables : poissons frais, salés, fumés, séchés que fout l’Extrême-Orient demande, conserves de sardines, thons et langoustes, nuoc-mam ou jus de poisson, huiles, graisses, colles, engrais, peaux, algues, nacres, perles, etc., sans compter les poissons d’ornement. La 111er indoçhinoise est une fortune.
- Les parlementaires aux abattoirs, par Pierre Casanova et Francis Marre, i vol. in-12, 272 p. Editions scientifiques françaises, Paris. Prix : 10 francs.
- Sous ce titre quelque peu douteux, les auteurs exposent la question de l’approvisionnement en viande et celle toute d’actualité de l’organisation du marché de la Yillette qui fixe les cours. C’est une question économique complexe dont ils montrent les conséquences pour l’agriculture et les consommateurs.
- Ze cerveau et le cœur, par G. Fano. Traduit de l’italien par C. Capulo. 1 vol. in-16, 216 p., 19 fig. Nouvelle Collection scientifique. Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- 'Le. célèbre professeur de l’Université de Rome est bien connu par ses expériences sur la glande thyroïde,! sur la coagulabilité du sang, sur l’action de enzymes, sur les modes d’échanges entre les cellules et le milieu extérieur; ses investigations si précises sur le développement de. la fonction cardiaque chez l’embryon et sur l’automatisme du cœur. Ses ingénieuses recherches sur le cerveau de la tortue, en plus de leur grand intérêt physiologique, apportent une aide précieuse dans la connaissance du fonc-
- . Bonnement cérébral. et dans l’intelligence de la vie psychique. On trouve dans ce livre un résumé de ces intéressants travaux, agrémenté des réflexions de l’auteur; celui-ci n’est pas seulement un subtil expérimentateur, mais un penseur qui ne craint pas d’aborder les problèmes de métaphysique.
- p.2x167 - vue 618/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2695
- 28 Novembre 1925
- Les explosifs à oxygène liquide — Nos lecteurs savent que les explosifs à oxygène liquide trouvent aujourd'hui un large emploi dans les mines; les mines de fer et de charbon de Lorraine paraissent avoir été les premières à en faire un usage industriel. Celui-ci se répand aujourd’hui en raison des grands avantages inhérents à l’emploi de l’oxygène liquide, du point de vue de vue de la sécurité. Nous renvoyons sur ce point à l’article très détaillé publié par M. Benoit dans La Nature (i922, n° 25o8).
- Dans les quelques lignes qui suivent, nous insisterons surtout sur la composition des cartouches à air liquide, d’après les renseignements récemment publiés par M. Herpin, dans la Revue de Métallurgie.
- Une cartouche à oxygène liquide consiste en un tube de papier rempli de matières combustibles et absorbantes : suie, sciure de bois, poudre de charbon, noir de fumée, jointes ou non à cîes poudres métalliques (aluminium par exemple). Cette cartouche est rigoureusement inexplosive, tant qu’elle n’a pas été trempée dans l’oxygène liquide. Cette opération se fait au moment de l’emploi. L’oxygène s’évaporant assez vile, la cartouche redevient complètement inerte au bout d’un certain temps qui dépend de ses dimensions. Des cartouches de 38 X 3oo mm doivent être utilisées dans un délai de 10 à i5 minutes, après quoi elles perdent leurs propriétés explosives. C’est un avantage au point de vue de la sécurité, en cas de raté. C’est un inconvénient au point de vue du travail du mineur, celui-ci ne dispose que d’un temps limité pour placer sa cartouche et faire le bourrage; il ne peut, en conséquence, préparer des volées de plusieurs coups à tirer simultanément.
- Les Allemands, dans les cartouches à oxygène liquide qu’ils employaient en Lorraine, utilisaient la suie comme absorbant; les cartouches contenaient 47 gr. de suie, donnaient une force explosive de i5oo kg et une température d’explosion de 2200°. La vie utile de ces cartouches était de 5 à 7 minutes.
- Les cartouches aujourd’hui les plus employées sont celles cle M. Weber, directeur des mines de Nayange, de la Société de Wendel.
- L’absorbant de l’oxygène liquide est la cellulose; mais celle-ci est additionnée de poudre d’aluminium qui a pour effet en brûlant de renforcer l’explosif par accroissement de la température de combustion. La force explosive de la cartouche Weber de 38 X 3oo mm est de 2200 kg et la température d’explosion de 35oo°. Sa vie utile est supérieure à celle des cartouches à la suie, elle atteint 10 à i5 minutes.
- On peut faire varier la puissance et l’effet de l’explosif à oxygène liquide en faisant varier le dosage et la nature de l’absorbant et de la poudre métallique. On peut donc adapter la cartouche à oxygène liquide à la dureté de la roche et aux conditions d’exploitation. On peut employer des cartouches de grand diamètre, dont la vie utile atteint jusqu’à une demi-heure ; on peut ainsi tirer simultanément 10, 10 et même 20 coups de mine. C’est ainsi qu’aux carrières de pierre à chaux de Sorcy (Meuse), on procède à l’abatage de grandes masses de roc: au moyen de 10 trous de mines de 12 m. de profondeur chargés chacun de 12 cartouches de 120 X 5oo mm, on arrive à abattre un front de taille de 4o m. de longueur, 12 m. de haut et 7 m. de profondeur.
- Les économies des usines Ford. — M. Ford, le célèbre constructeur d’automobiles, compte aujourd’hui parmi les hommes les plus riches du monde. Su fortune ne l’empêche pas d’être, dans la direction de ses usines, extrêmement attentif à la répression de tout gaspillage. Appliquant une sage maxime, chère à nos pères, il estime qu’il n’y a pas de petites économies; il les pratique toutes, systématiquement, même les économies de bouts de chandelles ! Le résultat est impressionnant, puisqu’il atteint chaque annéé le joli denier dé i5 millions de dollars, soit plus de 33o millions de francs Nau cours actuel du dollar.
- Un extrait du Management and Administration publié par la Revue technique et industrielle nous apprend
- comment est réalisée cette somme de petites économies.
- Plus de 1000 hommes sont employés aux usines Ford à Détroit pour la récupération des outils, du matériel et des diverses matières premières et matériaux. Les balayures, dont le poids journalier atteint 3 tonnes, sont triées, ce qui permet de récupérer des outils, boulons, tournures, etc.... Le reste sert de combustible. Les déchets de toile sont employés pour faire des sacs, des gaines; les déchets de ruban remplacent la corde et la ficelle. Les déchets de tapis servent pour emballer les pièces. Les tournures passent à la centrifugeuse ; l’huile qui les imprégnait est ainsi récupérée. L’hypo-sulfite de soude qui a servi aux photographies ou aux films contient des sels d’argent qu’on précipite et qui sont vendus aux usines s’occupant de l’extraction de l’argent. Fn abattoir fournit de la viande aux employés de l’usine : les graisses qui proviennent de cet abattoir sont raffinées et servent pour polir ou finir certaines pièces d’automobile. Une équipe de 6 hommes a pour mission de tirer parti des vieilles briques, maçonneries, plâtras, etc.... Elle en retire 6 produits utiles. Ces matériaux sont classés par nature et par grosseur. Ils serviront à l’entretien des routes ou aux réparations des bâtiments, ou aux constructions neuves. Les déchets d’amiante mélangés à différents ciments sont employés comme première couche isolante pour les conduites de vapeur. Les briques réfractaires brûlées sont débarrassées du noir qui les recouvre, broyées et employées pour la construction ou la réparation des fours. Les caisses d’emballage ont été standardisées et le nombre des types différents ramené de 600 à 45. ce qui facilite le réemploi des morceaux de bois. Les pointes sont, enlevées. Elles sont arrachées si on peut les prendre avec un outil. Si la tète est cassée et que les deux extrémités sont accessibles, on y branche deux bornes alimentées par du 220 volts 7 ampères ; la pointe s’échauffe, brûle son alvéole, ce qui l’élargit, et se retiré alors très facilement. Si une seule extrémité apparaît, ou arrive au même résultat avec une lampe à acétylène. Les pièces de bois débarrassées des pointes sont sciéès, coupées aux longueurs voulues et employées à nouveau pour faire des caisses ou des boîtes. Les déchets servent de combustible : la sciure de bois est répandue sur les sols humides ou maculés d’huile. Le papier des emballages reçus est conservé, coupé à un format convenable, et utilisé à nouveau. En différents endroits de l’usine sont placées des boîtes à papier; d’autres reçoivent les morceaux de pain que les ouvriers jettent, etc....
- Le tout est récupéré.
- Les laboratoires Bourbouze. — La Société des Laboratoires Bourbouze compte ces jours-ci 3o ans d’existence, et cependant elle n’est pas encore assez connue du public. Nous avons songé qu’il convenait, pour célébrer cet anniversaire, de rappeler les origines de l’œuvre et d’en faire mieux connaître le fonctionnement. Qu’il nous soit permis d’abord de remercier La Nature qui nous a généreusement accordé l’hospitalité de ses colonnes.
- La Société des Laboratoires Bourbouze ne fait en somme que continuer l’œuvre du savant modeste et généreux qu’était J .-B. Bourbouze, chef des Travaux de Physique à la Faculté des Sciences et à l’Ecole de Pharmacie, collaborateur de Desains, de Jaruin, de Berthelot et d’Almeida. Bourbouze avait fondé, sous les auspices de l’Association Philotechnique, un cours gratuit de manipulations de physique qui réunissait chez lui le dimanche matin les jeunes gens avides de s’instruire et de connaître les merveilles de la Science. A sa mort (1889), ce cours fut continué par quelques anciens élèves mais ne tarda pas à péricliter, faute de direction. En 1896., un comité provisoire, constitué par des anciens élèves, élabora la formation d’une Société dont la présidence d’honneur fut attribuée à Gabriel Lippmann et au docteur Gréhant. Gr4cé à l’aide puissante et généreuse de M. Buehet, Directeur de la Pharmacie Centrale de France, de MM. Gaiffe, Gaumont,, Poulenc, les cours de la
- p.2x168 - vue 619/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- nouvelle société purent fonctionner dès le icr novembre 1895 dans les locaux de la Pharmacie Centrale de France. Installés ensuite successivement rue de Jouy, puis rue Saint-Antoine, les Laboratoires sont maintenant, depuis 1910, 40, rue des Alouettes, dans un immeuble construit pour eux par M. Gaifîe.
- Tous les dimanches matins, les élèves des deux sexes, employés de commerce et d’industrie, ouvriers, instituteurs ou étudiants, font des manipulations de Physique, de Chimie, d’Electricité, de Photographie, de Travail du Verre, et cela pour ainsi dire gratuitement, car les élèves inscrits payent en tout 25 francs par an de droit d’inscription, ou plus exactement de cotisation, car ils deviennent ainsi membres de la Société des Laboratoires Bourbouze.
- Sous la présidence éclairée de M. le Sénateur Morel, ancien.Ministre, les Laboratoires Bourbouze continuent sans bruit leur besogne philanthropique et utilitaire.
- Nous serons heureux si nous avons pu, par ces quelques renseignements, intéresser à cette bonne œuvre les lecteurs de La Nature. C. Hemardinquer,
- Secrétaire general des Laboratoires Bourbouze, Directeur de l’Ecole Scientia.
- P. S. — Nous avons organisé depuis le 8 novembre un cours pratique de T. S. F. qui rendra certainement de grands services.
- La péniche aquarium de l’Office National des Recherches et inventions. — La péniche aquarium installée par l’Office National des Recherches et des Inventions en bordure du quai d’Orsay, devant le Ministère des Affaires Etrangères, a été l’un des clous de l’Exposition des Arts Décoratifs qui vient de se terminer. Ses bacs d’eau de mer, d’eau tropicale, et d’eau douce froide, dans lesqtiels vivent et nagent les poissons les plus curieux du monde entier, tant par leurs formes et leurs couleurs que par leurs mœurs, ont reçu depuis le 20 juillet dernier près de 100000 visiteurs. Devant ce succès qui prouve l’intérêt scientifique et économique d’une installation de conservation de poissons vivants, notamment dans l’eau de mer artificielle, et la valeur artistique d’une telle présentation, l’Office National vient de décider de laisser encore sa péniche amarrée au Quai d’Orsay, où elle continuera d’être visible au public comme pendant l’Exposition, tous les après-midi (sauf le lundi) et les dimanches matins. En semaine, elle servira le matin aux recherches scientifiques que la réalisation de ce laboratoire flottant a suggérées à divers savants.
- Dalles en béton ,’de sciure. — La Revue des matériaux de construction et de travaux publics signale qu’on vient d’essayer à Londres, à Saint-Pancras, un dallage de trottoir en carreaux formés de ciment et de sciure de bois minéralisée. Le nouveau produit, dénommé Novocrate, s’est bien comporté : sa résistance est satisfaisante ; il est plus insonore que le béton ordinaire, il se refroidit moins en hiver et s’échauffe moins en été.
- L’industrie du coton en Italie. — Le Bulletin de la Chambre de commerce de Milan donne un aperçu général de la situation actuelle de l’industrie du coton en Italie.
- Actuellement, il existe, en Italie, 1200 firmes travaillant le coton, dans i5o5 établissements, avec 4600000 broches, i3i 111 métiers, ioo machines d’impression à cylindres, 5000 machines pour la fabrication des bas, 8000 machines pour la bonneterie, 6000 machines pour la passementerie ; 54 machines sont employées pour filer les déchets.
- Les broches et les métiers se répartissent comme suit :
- • Broches Métiers
- Lombardie Piémont Ligurie Vénétie Italie méridionale. . . 58,45 pour 100 • a4>54 3,69 — 5,85 — 6,24 — 71,7 pour 100 18,6 — 1,4 — 2,8 — 3 —
- Les teintureries de coton, au nombre de a5o, produisent, par jour, 200000 kg environ, elles se trouvent, principalement, en Lombardie, en Piémont et en Campanie ; 24 usines font l’impression avec 140 machines,
- dont 100 machines continues à cylindres (sur les 3ooo existant dans le monde entier).
- La production totale de la filature italienne est passée de 100 millions de kg. en 1896 à i5o millions en 1924; en certaines années, elle produisit 200 millions de kg. La production des tissages est de près de 700 millions de mètres, soit environ 100 millions de kg.
- L’industrie cotonnière italienne occupe 260000 ouvriers et distribue annuellement 1 2.20 millions de salaires. Elle emploie 200000 ch de force dont la plus grande partie est fournie par la force hydraulique. Elle paie au Trésor 400 millions, annuellement; elle importe pour 2 milliards et demi de matières premières, produit pour 4 milliards et ses exportations atteignent 4o pour 100 de sa production. H. B.
- L’industrie du bois en Pologne. —Sur 36704 000 hect. constituantlatotalité(du territoire polonais, 8g63 5oo hect. sont couverts par des forêts.
- Les étendues boisées les plus considérables sont dans les voievodies du Sud et de l’Est et dans la voievodie de Silésie. Dans celles de Stanislawo-\v, les forêts couvrent 34,1 pour 100 du territoire; dans celle de Silésie 33,8 pour 100; dans celle de Polésie 31,4 pour 100 ; de Volhynie 28,4 pour 100 et de Lwow 25 pour 100.
- En admettant 80 années comme moyenne des coupes de toutes les forêts, on évalue le rendement annuel des forêts polonaises à 33 5ooooo m3 de bois. En déduisant de ce nombre 16 200000 m3 de bois d’œuvre et 10 millions 9 de m3 de bois de chauffage pour la consommation intérieure, la Pologne serait en état d’exporler environ 7200000 m3 de bois d’œuvre par an.
- En 1922, l’exportation du bois était de 1970.4 170 quintaux métriques-; en 192.3, elle était de 23743290 quintaux métriques.
- Les exportations sur l’Allemagne atteignent 70 à 80 pour 100, surtout en bois non ouvré, bois de construction, bois pour la fabrication de la cellulose, bois de mines.
- L’Angleterre tient la seconde place dans le commerce d’importation du bois polonais. Viennent ensuite la Tchécoslovaquie, la Hollande, la Lithuanie, la Roumanie et la Suède.
- La création d’une Bourse du Bois à Bydgowez est appelée à développer très largement le commerce du bois polonais. H. B.
- Fourmis contre poux. — La Presse Médicale indique que dans un travail sur la parasitologie d’Aréquipa, le professeur Escomel signale l’avidité particulière dont témoignent certaines fourmis à l’égard des poux.
- En plaçant la chemise d’un campagnard pouilleux au voisinage d’une fourmilière, Escomel a constaté qu’en moins d’une demi-heure les fourmis avaient saisi et emporté dans leurs magasins la totalité des poux et des lentes que le vêtement renfermait.
- Que ne l’avons-nous su pendant la guerre !
- .'Nouvelles de T. S. T.
- Nouvelles émissions de la Tour Eiffel. —• Depuis le 3 novembre 1925 le poste radiotéléphonique de la Tour Eiffel a commencé des émissions quotidiennes entre 19 h. 3o et 21 heui’es sur 2200 m. de longueur d’onde et avec un programme amélioré.
- L’organisation internationale de la radiophonie.
- — Le journal Excelsior publie d’intéressants détails sur l’organisation internationale de la radiophonie.
- L’Office international de la radiophonie de Genève a dressé un plan d’organisation complet pour la réalisation de manifestations radiophoniques internationales.
- Durant l’hiver i925-i92fi, la station à grande puissance de Davectry va relayer, ainsi que nous l’avons annoncé, une série de programmes continentaux.
- D’autre part, les entreprises d’émission, membres de l’Union radiophonique, réserveraient certaines nuits de la saison prochaine à des programmes compreuant uniquement de la musique et de la littérature d’un seul des pays représentés à Genève.
- Toute l’Europe bénéficierait ainsi de ces émissions de caractère national, classées par chaque pays à tour de rôle.
- m v° æ»
- p.2x169 - vue 620/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- C5À
- LA VOUTE CELESTE EN JANVIER 1926 (*)
- Les astronomes, réunis cet été au Congrès de Cambridge (Angleterre), ont décidé de modifier quelque jaeu l’appellation du temps de Greenwich, répandu de plus en plus de par le monde. Pour bien montrer l’universalité de ce Temps, on a donc décidé de l’appeler Temps Universel. Ainsi, nos amis Anglais, s’ils ont le regret de voir le nom de Greenwich disparaître à la suite des indications horaires, auront la fierté de dire que la hase du « Temps Universel » est encore le méridien qui passe par le vieil observatoire anglais.
- L’Union astronomique internationale, dans sa circulaire n° 76, du 14 août 192.5, a porté cette nouvelle, officiellement, à la connaissance des intéressés. En résumé, l’expression « Temps Universel », que nous emploierons dorénavant dans ce « Bulletin asti onomique », remplacera les mots « Temps civil de Greenwich. » Les deux appellations sont équivalentes et désignent, toutes deux, le temps civil qui commence à minuit. Pour la France et pour les pays ayant même fuseau horaire que FAn-gleterre et la France, le « Temps Universel » coïncide avec le « Temps légal », que marquent nos montres, en hiver.
- Quand l’heure d’été sera appliquée, le « Temps Universel » sera en retard de x heure sur l’heure d’été. Ainsi, quand nous compterons midi, heure d’été, il sera 11 heures de « Temps Universel ».
- Il a été décidé que l’on désignerait ce Temps par les initiales T. U., ce qui est un peu plus simple que d’employer, comme autrefois, les lettres T. c. Gr. (Temps civil de Greenwich).
- I. Soleil. — Le Soleil, en .janvier, s’élève très sensiblement, chaque jour, sur l’horizon. Sa déclinaison, de — 23° 3' le ier janvier, atteint — 170 3U le 3i.
- La durée du jour croît assez rapidement. De 8h i6ra le Ier elle est de gh igm le 3i. Cette dui’ée du jour est celle de la présence du centre du Soleil sur l’horizon.
- Vers le i5 janvier, le Soleil passe au méridien vers midi, de sorte qu’il s’écoule autant de temps du lever à midi que de midi au coucher.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marque une horloge bien réglée lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. On sait que si, au moment de ce passage, on marque sur le sol la trace de l’ombre d’un fil à plomb, on a ainsi la direction de la méridienne du lieu.
- Dates. Heures du passage (T. U.). Dates. Heures du passa (T. U.).
- Janvier iei 1ih 54“ 7S Janvier 17 I2h Ora 45*
- — 3 1 ih 55m 3* - 19 I2h Im 24*
- — 5 1 ib 55m 58s — 21 J2h 2m o‘
- — 7 1ih 56m5is - 23 I 2h 2m 33s
- — 9 1 ih 57™ 425 25 I2h 3m 2S
- — 1 x ii11 58“ 329 27 I2h 3“ 2gs
- — i3 1 ih 5gm igs — 2g I 2h 3“ 52s
- — x5 I2h om 3B 3i I2h 4m I 2b
- Observations physiques. — Les petits instruments permettent déjà de faire de bonnes observations du Soleil. Une lunette de est suffisante pour effectuer une
- bonne statistique de l’activité solaire. Elle pourra même donner de nombreux détails des taches.
- Les observateurs bénévoles peuvent aborder avec intérêt l’étude du Soleil, malgré les observations méthodiques faites dans plusieurs grands observatoires. Le Soleil, comme on s’en doute, a une vie prodigieusement active, sa surface est le siège de phénomènes incessants : taches, facules, protubérances, etc. Certaines taches présentent des variations très rapides. C’est sur ces variations que pourra se porter avec fruit l’attention des ôbseiwateurs.
- 1. Toutes les heures exprimées en ce Bulletin — sauf exception indiquée — sont données en Temps Universel (c’est-à-dire en temps légal) compté de oh à a4h à partir de minuit. Nous, donnons plus haut la définition du Temps Universel.
- On pourra utiliser pour l’observation la méthode par projection, ou la méthode de vision à l’oculaire. Cette dernière est préférable, quoique plus fatigante peut-être, pour l’observation des petits détails. Avoir bien soin de munir les oculaires d’une bonnette à verre noir, absolument indispensable pour la vision directe.
- Paur la mise en place des divers détails de la surface, la méthode par projection est recommandée.
- Lumière zodiacale. — On pourra rechercher la lumière zodiacale, au Sud-Ouest, dans les soirées très pures, sans clair de Lune, notamment du 10 au i5 janvier.
- Nous recommandons, pour faire de cette lueur des observations profitables, d’en dessiner le contour en le repérant sur des étoiles connues. Donner toutes indications sur l’éclat de la lueur, sur sa couleur, sur l’intensité des différentes parties, en un mot signaler toutes les particularités constatées.
- Eclipse totale de Soleil. — Une belle éclipse de Soleil se produira le 14 janvier. Elle sera invisible à Paris.
- L’éclipse générale commencera à 3h 5gm (c’est-à-dire que, à cette heure, il y aura un point de la Terre qui commencera à voir l’éclipse) ; le maximum se produira à 6h36m, et la fin à gh i4m (moment où, de la Terre, on cesse de voir l’éclipse).
- La grandeur maximum de cette éclipse sera de 1,02e, en prenant le diamètre du Soleil comme unité.
- La plus grande durée de la totalité sera de 4m 10* (en plein Océan Indien).
- L’éclipse sera visible du Sud de l’Asie, du Nord de l’Australie, dans l’océan Indien et dans F Afrique orientale.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier, seront les suivantes :
- D. Q. le 7, à 711 22m I P. Q. le 20, à 22h3ira
- N. L. le 14, à 61'35m | P. L. le 28, à 2ih35ra
- Age de la Lune, le 1er janvier, à o'1 =i6j,2; le x5
- = oJ,7- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date
- du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i8r ou le i5. Si l’on veut avoir l’àge de la Lune à une heure déterminée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- La considération de l’àge de la Lune offre un premier moyen, assez grossier d’ailleurs, de comparer des observations lunaires. On peut dire — en gros — que des dessins pris aux mêmes âges lunaires correspondent à des éclaii’ements identiques. En fait, ce n’est pas exact et il vaut beaucoup mieux indiquer, lors des observations, la longitude du terminateur. Deux dessins d’un même objet lunaire pris par même longitude du terminateur correspondent presque exactement à des éclai-rements identiques.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le i3 =— 2i°4q/ ; le 26 — -J- 21° 40'.
- Le 26 janvier, la déclinaison de la Lune étant de 2ï°48/, et l’équateur étant, à Paris, incliné de 4x°io' sur l’hoiûzon, la Lune sera à 4*° io' -f- 2i°4o', soit à 62° 5o' au-dessus de l’horizon, lorsqu’elle passera au méridien. Ce sera sa plus grande hauteur du mois.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 2 janvier, à nh.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le i5 janvier, à oh.
- Apogée de la Lune le 2g janvier, à i6h.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 17 janvier, occultation de Verseau (gr. 5,2), de igh 23™ à 20h iim.
- Le 21, occultation de p Baleine (gr. 4,4), de i7h5om à xgh2m.
- Le 24, occultation de 353 B Taureau (gr. 6,5), de igh 58m à 2oh 25m.
- Marées, — Les plus grandes mai’ées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du |x4 janvier. Voici les dates de ces plus grandes marées et leur importance :
- p.2x170 - vue 621/663
-
-
-
- BULLETIN-ASTRONOMIQUE j
- Unies. Mnrcc du matin. Murée du soir.
- Janvier 14 o'\()4 o,n,98
- i5 i'n,0I 1 ,n,o3
- — îb i'\o4 im,o3
- — 17 Im,OI oVgS
- — 18 om,94 o1", 8cj
- III. Planètes. — Le tableau ci dessous, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le i'r, a 1 J\ Saturne en conjonc. avec Ç Balance, (gr. 0,7),
- Le 2, à 23\ Neptune Le 10, à 3\ Saturne Le 1 1, à 7*“, Mars Le 1 2, à ai11, Mercure Le 14, à 201', Jupiter Le 16, à 7h, Yénus Le 18, à 3\ IJranus Le 3o, à 4h, Neptune
- à o° o',a N.
- — la Lune, à 20 i5' S.
- — la Lune, à 20 40' S.
- — la Lune, à 3° 48' S. la Lune, à i° 58' S.
- — la Lune, à o° io' N.
- — la Lune, à 6° 06' N. la Lune, à 3° B’j' N.
- — la Lune, à 20 io' S.
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE h h Paris. sioii et * VISIBILITÉ
- ,J A N VIE H Paris. de Paris (1) droite, son. apparent. étoile voisine.
- 6 t1' 45m nh56m25s i6h 7m I9h 7™ — 22° 33' 32'34'; 8 Sagittaire
- Soleil . . •• iG 7 4i 12 0 25 16 21 19 5o — 21 2 32 33,6 Sagittaire c )>
- 2G 7 3i 12 3 6 16 36 20 33 -— 18 5o 32 32,4 Capricorne'
- Mercure. . V ' 26 G 10 6 38 7 1 10 22 10 42 11 8 14 34 14 46 15 15 17 3o 18 29 19 34 — 22 10 — 23 33 — 23 3 6 0 5 2 5 0 £ Scorpion ) X Sagittaire V Sagittaire j Le matin, au début du mois.
- L G 9 28 14 3i 19 34 21 42 — X2 47 43,0 5 Capricorne') Le soir,
- Vénus . . . 1 ïG 8 42 i3 58 19 i5 21 49 - 9 54 5o,4 5 CapricornelPlus grand éclat le 7 jan-
- 7 44 13 10 18 35 21 4° — 8 2 57,8 p Verseau ' vier.
- i 6 4 5o 9 8 i3 26 16 17 — 21 13 4,2 a Scorpion \
- Mars. . . . 16 4 47 8 58 i3 9 16 47 — 22 21 4)4 a Scorpion ( Un peu visible le matin.
- { 26 4 43 8 49 12 55 17 17 — 23 10 4)6 0 Scorpion S
- Jupiter. . . 16 8 5 12 29 16 54 20 19 — 20 5 3o, 2 P Capricorne Invisible.
- Saturne . . iG 2 5q 7 4o 12 22 i5 29 16 44 14 4 y Balance Le matin.
- Uranus. . . 16 9 57 i5 43 21 28 23 33 — 3 41 3,4 20 Poissons Dès le coucher du Soleil.
- Neptune. . 16 18 5o x 58 9 6 9 46 -j- i3 5o 2,4 ip Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le matin, au début du mois, sa plus grande élongation s’étant produite le 3i décembre. On pourra essayer de l’observer jusque vers le 10 janvier. La planète sera très peu élevée sur l’horizon, et ses conditions de visibilité peu favorables.
- Vénus, dans le Capricorne, puis le Verseau, est encore visible le soir, son plus grand éclat arrivant le 7 janvier. Elle se rapproche du Soleil et sera en conjonction inférieure avec cet astre le 7 février prochain. Ensuite, elle brillera le matin.
- Mars devient un peu visible le matin, dans la constellation du Scorpion. Son diamètre, bien petit — 4 1/2 secondes environ — ne permet encore aucune observation utile avec des instruments de moyenne puissance.
- Jupiter est invisible, se trouvant en conjonction avec le Soleil le 25 janvier, à 6h.
- Saturne devient visible le matin, se levant, le 16, vers 3h du matin. Il est assez bas sur l’horizon, dans la constellation de la Balance. Une lunette de moyenne puissance ou 8imm) permet de bien distinguer
- l’anneau qui entoure la planète.
- Uranus est encore visible, dès le coucher du Soleil, dans la constellation des Poissons.
- La petite carte que nous avons donnée dans le « Bulletin astronomique » du n° 2664 permet encore, en y reportant la position d’Uranus, de le retrouver au ciel. Rappelons que, dans les instruments assez puissants, Uranus présente un diamètre bien sensible de 4^ environ. Son disque est bleuâtre.
- Neptune est visible presque toute la nuit. Son opposition avec le Soleil se produira le 12 février prochain-.
- On pourra le trouver en s’aidant d’une bonne carte céleste, et de ses positions sur le ciel. Voici ces posi-
- tîons : Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janv. 6 9h 47“ + i3°46' + i3°5o' 2",4
- — iG 9h46m a", 4
- 9,l45" + i3°56' a",4
- Etoiles variables. — Observer fréquemment l’étoile Mira Ceti (a Baleine), variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8, dont le maximum doit se produire dans le courant de ce mois de janvier.
- Minima de l’étoile variable Algol (S Persée) : le 8 janvier, à 4h 1 im ; le 11, à ih o” ; le 13, à 2ih 5om ; le 16, à 18’ 39'" ; le 3i, à 2h 45“-
- Etoiles filantes. — U Annuaire du Bureau des Longitudes donne la liste ci-après des radiants actifs en janvier (d’après M. W.-F. Denning) :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Janv. 2 1190 Ç 160 -f- Ecrevisse.
- — 2 et 3 2 32° + 49° P Bouvier.
- — 4 au 11 i8o° + 35° N Chevelure.
- — 18 232° + 36° Ç Couronne.
- — 28 236° -j- 26° a Couronne.
- — En io5° + 44° 63 Cocher.
- Les Bootides, qui apparaissent les 2 et 3 janvier (radiant p Bouvier), sont des météores rapides, à longues trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le ier janvier à 23h ou le i5 janvier, à 2211 est le suivant :
- Au Zénith : Le Cocher; Persée (Algol, e, vj).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire) ; le Dragon.
- A l’Est : La Vierge; le Lion (Régulus, y, 54); Ie Cancer (Amas, 0, 1, ç).
- Au Nord-Est : La Grande-Ourse (Ç).
- Au Sud : Le Grand Chien (Amas, ç, Sirius)\ Orion (Nébuleuse, ô, X, o, 1) ; le Petit Chien (Procyon) ; la Licorne (i5 S, 3o) ; le Navire.
- A l’Ouest : Andromède (Nébuleuse, y); le Bélier; les Poissons (a); l’Eridan (32, o2) ; la Baleine (Mira).
- Au Sud-Est ; Les Gémeaux (Castor, ô, ç, x).
- Em, ToycHgT,
- p.2x171 - vue 622/663
-
-
-
- ><
- 3SSO
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- CSÉ“
- QUELQUES THÉORIES RÉCENTES SUR LE SOMMEIL
- Les très nombreuses explications de phénomènes du sommeil qu on a données jusqu'ici ne sont guère satisfaisantes. Il n en est aucune, en effet, qui ne néglige quelque aspect important de cet état physiologique dans lequel nous passons plus d'un tiers de notre existence. La raison en est, vraisemblablement, que les chercheurs ont le plus souvent confondu somnolence et sommeil et voyaient dans ce dernier un état de la matière vivante plus qu une véritable fonction, particulière à certains êtres très. élevés en organisation. Mais aujourd’hui on est arrivé à un meilleur résultat, grâce surtout aux études. récentes sur l’encéphalite léthargique qui ont apporté à ce problème une contribution réellement décisive et ouvert ainsi sur la physiologie du cerveau des horizons singulièrement intéressants.
- Frappé surtout par la diminution de l’excitabilité des organes des sens que manifeste l’homme qui dort, on s était primitivement contenté de voir dans le sommeil simplement le contraire de l’état de veille. Plus tard, les théories invoquées pour expliquer le mécanisme du sommeil ont surtout fait intervenir des modifications de la chimie des humeurs et par conséquent une sorte d intoxication par analogie avec ce qui se passe au cours de la narcose chloroformique par exemple ou du coma qui survient par acidose chez les diabétiques ou par « urémie » chez les albuminuriques.
- On a été ainsi amené à invoquer des substances kéno-genes et des kénotoxines. Ce sont là des problèmes auxquels R. Legendre et H. Piéron ont consacré de très brillantes recherches qu’on trouvera résumées ainsi que tout ce qu on savait sur le sommeil en 1913 par H- Piéron dans un livre fondamental sur « Le problème physiologique du sommeil ». Mais, bien que l’existence de substances qui se produisent au cours du travail physique et qui déterminent une sensation de fatigue et une tendance générale au sommeil ou plus exactement une somnolence soient indiscutables, elles n’expliquent pas ce que nous observons.
- On a également invoqué des modifications circulatoires ayant pour résultat de troubler la nutrition ou le fonctionnement de la substance nerveuse du cerveau, de manière à déclancher le sommeil comme dans le coma qui succède à une hémorragie cérébrale.
- Enfin, plus récemment, on a attribué à une modification de l’équilibre acido-base du sang, et plus exactement à une tendance à l’acidose, une influence déterminante sur la production du sommeil.
- Quant à la théorie fort ingénieuse, imaginée il y a quelque 3o ans par Mathias Duval, qui considérait que les prolongements dendritiques ou filiformes des cellules nerveuses se raccourcissent sous l’influence de la fatigue et interrompent ainsi les communications entre les divers centres nerveux, elle n’a plus qu’un intérêt historique. L étude histologique de la substance nerveuse n’a pas réussi à mettre en évidence rien qui ressemble à la rétraction invoquée par cet auteur.
- En fait, toutes ces théories n’expliquent qu’une face de la question et prennent certains effets pour la cause. Ce qu il y a de fondamental dans, le sommeil, ce n’est ni l’existence de substances kénogènes, ni des modifications circulatoires, ni un changement d’équilibre entre les bases et les acides du sang bien que chacun de ces phénomènes intervienne, comme nous allons voir, pour une certaine part, dans la production du sommeil.
- *
- * *
- Le sommeil est caractérisé, si on peut dire, par une très riche symptomatologie qui le distingue très nettement d états analogues : des diverses formes de coma, des troubles circulatoires du cerveau, du sommeil hibernal des marmottes, de la somnolence qui s’observe dans certains cas pathologiques et notamment chez certains individus dont la glande thyroïde est insuffisante.
- Son caractère le plus essentiel, comme le remarque Economo, celui qu on a jusqu’ici le plus généralement négligé, c’est sa réversibilité. Le sommeil est un état qui disparaît complètement et immédiatement sous l’influence d’une excitation relativement légère, n’atteignant pas le seuil de la douleur, Aucun des phénomènes patho-
- logiqueâ que nous avons énumérés ne présente ce caractère.
- En outre, le sommeil est un phénomène psychologique qui s’accompagne d’une dissociation de la personnalité. On ne peut pas dire, comme le remarque Hænel : «Je dors », on peut seulement dire : « J’ai dormi ».
- Cette dissociation de la personnalité se produit souvent d’une manière brusque. Le passage de l’état de somnolence à l’état de sommeil se fait sans transition. Parfois cependant, le sommeil est précédé de phénomènes dits, pour cette raison, hypnagogiques et particulièrement significatifs. Il s’agit d’hallucinations par lesquelles certains nerveux attribuent soudain, au moment où le sommeil se déclanche, une réalité exagérée à des images ou à des représentations passagères qui surviennent dans leur conscience en désagrégation.
- Certaines insomnies sont d’ailleurs dues au fait que le sommeil est. empêché précisément par le fait qu’au moment où il arrive, des représentations pénibles ou désagréables qui, jusque-là étaient refoulées par l’activité générale de l’individu, trouvent la possibilité d’ occuper le champ entier de la conscience et de déterminer un état d excitation ou d irritation incompatible avec lui.
- A côté de ces phénomènes, le sommeil en présente d’autres, d’ordre physique, qui ne sont pas moins intéressants. D’abord, il y a, surtout chez les individus normaux, abaissement de la pression sanguine. De même le.tonus de l’ensemble des muscles striés est diminué, fait rendu manifeste par le ronflement qui s’explique de la manière suivante. La mâchoire inférieure, d’ordinaire maintenue en place par la tonicité des muscles masséter, se déplace assez pour que la base de la langue qui lui est appendue vienne obstruer partiellement le passage entre le nez et le larynx. Dans ces conditions, l’air ne passe plus qu’avec une certaine difficulté en déterminant des vibrations sonores.
- Par contre, les muscles à fibres lisses sont plus contractés ou plus contractiles à l’état de sommeil qu’à 1 état de veille. Ainsi s’explique qu’une série de phénomènes dus au spasme de ces muscles surviennent la nuit de préférence.
- On observe également une tendance à l’acidose qui, par un mécanisme délicat, dans le détail duquel il n'est pas possible d’entrer ici, rend la respiration plus profonde et plus lente. D’ailleurs la respiration qui, pendant la.journée, est exécutée surtout avec les muscles abdominaux (type abdominal), se trouve pendant la nuit exécutée surtout, par ampliation du thorax (type costal).
- Pendant la nuit, certaines réactions biologiques diminuent d’intensité. Le sucre du sang n'augmente pas après l’ingestion de sucre pendant le sommeil comme pendant la veille. De même une injection de peptones ne détermine pas la même élévation de température chez l’homme qui dort que celui qui est éveillé. Corrélativement le sommeil s’accompagne d’un abaissement de la température et plus particulièrement de la température fébrile. Chez les malades, comme chez les bien portants^ d ailleurs, en effet, le maximum de la température s’observe vers la fin du jour et le minimum vers la fin de la nuit.
- C est du cote des yeux qu’on observe les symptômes les plus remarquables. D’abord le sommeil s’annonce par une pesanteur très caractéristique de la paupière supérieure. En outre, pendant le sommeil, certains muscles de 1 ceil, parmi lesquels le droit supérieur, sont contractés de telle sorte que les yeux se dirigent en haut et en dedans. En même temps le sphincter de l’iris est contracté de telle sorte que la pupille est très étroite. t Notons encore que le sommeil s’accompagne chez l’homme, un peu comme chez les plantes, de phénomènes d’accumulation ou de création de réserves (glycogène, amidon).
- Tous ces faits devaient amenei' à penser que le sommeil est vraisemblablement dû à une fonction déterminée d'un centre cérébral spécial. Mais ce n’était encore là qu une hypothèse qui semble avoir été émise pour la première fois par Mauthner dès 1890.
- Il a fallu pour débrouiller cette ^question les études récentes que Tençéphalite léthargique a permis de faire
- p.2x172 - vue 623/663
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- sur une vaste région du cerveau qui, il y a encore un quart de siècle, était encore une terra ignota.
- Notons tout d’abord que l’encéphalite léthargique est quelque chose de très différent de la maladie du sommeil qu’on observe dans l’Afrique équatoriale. Cette dernière n’est pas autre chose qu’une sorte de coma provoqué par une intoxication générale et profonde et n’atteint pas spécialement les centres nerveux. L’encéphalite léthargique, elle, est due à un germe encore inconnu qui a une prédilection particulière pour une région spéciale du cerveau dont la physiologie a pu être étudiée avec précision. Ce germe, comme un expérimentateur extraordinairement habile, opère, tantôt ici, tantôt là, des destructions limitées dont les effets peuvent être étudiés avec toute la minutie désirable.
- Mais les lésions que provoquent ces germes sont extrêmement délicates et il a fallu de longues et de pénibles recherches avant de réussir à les mettre en évidence d’une façon tout à fait nette.
- Quoi qu’il en soit, Economo a observé deux formes d’encéphalites léthargiques. Dans l’une, la plus fréquente, les lésions sont situées au voisinage du troisième ventricule!1), assez en (avant. Le symptôme qui domine alors est le sommeil vrai, mais de longue durée qui
- i. Rappelons que le système nerveux central est primitivement un tube. Ce tube, au cours du développement, donne naissance à son extrémité antérieure, celle qui deviendra plus tard l’encéphale, à plusieurs renflements qui forment une série de ventricules autour desquels sc développe la substance cérébrale. Les premiers de ces renflements correspondent aux hémisphères à l’intérieur desquels on trouve les deux ventricules latéraux. Le troisième ventricule se trouve près de la base du cerveau et environné par ce qu’on a appelé les ganglions gris de la base : thalamus, corps strié, etc. C’est en piquant une certaine région du plancher du quatrième ventricule que Claude Bernard a l'ait, quelques-unes de ses pins fameuses expériences (détermination d’un diabète passager'.
- caractérise une forme assez fréquente d’encéphalite léthargique. Lorsque les lésions siègent un peu plus en arrière, plus près de l’aqueduc de Sylvius qui joint le troisième au quatrième ventricule, au contraire le sommeil est impossible et le malade est constamment agité.
- Depuis peu, ces constatations si intéressantes ne sont plus spéciales à l’encéphalite léthargique. Dans quelques cas rares, le centre du sommeil a été atteint par d’autres causes pathogènes : abcès ou embolies (Adler, Hirsch, etc.), qui, elles aussi, ont pu faire dormir.
- Faut-il maintenant admettre avec Economo que ce centre du sommeil est chargé d’empêcher ou, pour employer le mot technique, d’inhiber le fonctionnement des centres supérieurs et particulièrement de l’écorce cérébrale ;1 Doit-on plutôt admettre avec Hamel que ces centres supérieurs ont un rôle plutôt négatif et que quand la conscience s’obscurcit c’est que le centre du sommeil n’envoie plus aux cellules de l’écorce cérébrale les influx nerveux d’ordres divers nécessaires pour que l’homme prenne conscience de sa personnalité ? Ce sont là encore sujets de discussions et d’hypothèses incontrôlables. Bornons-nous à constater qu’en mettant en évidence l’existence d’un centre du sommeil, chargé d’organiser au mieux cet état de repos et de défense contre les excès de fatigue, que les Anciens personnifiaient par Morphée., la clinique moderne a réalisé une magnifique conquête(2). Dr P.-E. Morhakdt.
- 2. Parmi les travaux auxquels il a été fait, plus spécialement allusion dans cette étude on peut citer, en dehors de celui de II. Piéron, Le problème physiologique du sommeil, Masson et C‘°, éditeurs, Paris, 791,3 ; IIaxs JIakxkl, Schlaf und Sch.lufzent.rum, Medizinische Klinik, n° 3/,., 20, VIII, 25 ; C. Egoxomo. Uebcr dèn Schlaf. Berichle ans den wissen-scliaflichen Yereinen. Gesellscliaft der Aerzte in Vie», 20, III, 20. Wiener Medizinische Wochenschrift, n° ta, 1020,
- p. 8;°..
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — AI. P., à Monlargis. — i° Appareils à mouler les briquettes : Presse à bras PP de la Société Messidor, 4, nie de Liège, 8e. Presses industrielles ou semi-industrielles : Dupuy, 27, rue du Banquier, i3° ; Jannol, à Triel, Seine-et-Oise, Pellerin, 84, rue d’Hauteville.
- 20 Appareils à brûler les poussiers : Foyer Marga, M. Varinois, i5, rue Poussin, 16e; Société des Installations thermiques, 23, rue Ballu ; Foyer Lienart, 68, rue Jouffroy, 170 ; Foyer Michel Perret, 19, rue Schefîer.
- 3° Soudure pour aluminium : Le Stagneol, chez Benoit, 7, rue de Malte.
- 4° Pour faire de la pyrogravure à l’aide d’un thermocautère électrique, il vous faudra un bas voltage 4 à 6 v, et un haut ampérage. Prendre un fil de platine de 4/ioc en interposant toutefois un rhéostat pour régler le chauffage, ce rhéostat pourra être constitué par du fil de 20/10, prendre en outre la précaution d’amener le courant par de gros conducteurs de 35/io“.
- 5° Le fer forgé se patine ainsi : On commence par préparer une mixture avec :
- Huile de lin..................... i5o gr.
- Goudron de Norvège................700 —
- Essence de térébenthine .... i5o —
- On porte au rouge naissant la pièce à patiner, puis on l’enduit de la mixture avec un tampon d’étoupe ; si la patine n’est pas assez accentuée on répète l’opération.
- il/. Croie, à Ziïlisheim. — Tout d’abord pour bien distinguer au microscope les fibres de lin de celles du chanvre, il convient de les colorer légèrement avec une solution quelconque de eouleur d’aniline, ce qui permettra d’observer les détails de structure. On constatera ainsi que la fibre de lin est droite, d’aspect bambou avec
- des croisillons aux nodosités. Au contraire la fibre de chanvre est sinueuse et présente un canal accentué. Pour se familiariser avec les caractéristiques de chaque libre, le mieux est de faire des préparations types ou de s’en procurer, par exemple chez Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- C. A., à Paris. — 1“ Les cadrans dont vous parlez ont été très probablement granités au procédé Sclioop, vous aurez tous renseignements à ce sujet de la Société de Métallisation, 48, boulevard Haussmann. 20 Nous ne connaissons pas de dictionnaire récent du type que vous demandez.
- M. Le plâtre, à Paris. — 1® Pour répondre avec précision à votre demande, il faudrait savoir quelle est la teinture qui a été appliquée réellement sur la chevelure, or les coiffeurs pour ne pas effrayer la clientèle désignent le plus souvent sous le nom de henné ou teinture végétale des préparations à base de paraphénylène diamine. A notre avis le mieux serait de procéder à la décoloration par l'eau oxygénée rendue alcaline par quelques gouttes d’ammoniaque, procédé absolument inotîensif et peu coûteux.
- 20 Les produits vendus comme régénérateurs de la chevelure doivent surtout leur efficacité à leur action antiseptique en détruisant les champignons microscopiques qui altèrent la vitalité du cheveu. C’est dans cet ordre d’idées que le formol est utilisé très souvent et vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre la formule suivante ;
- Formol du commerce à 40 °/0, . . . 5 c. c.
- Alcool à 900........................900 —
- Essence parfumée (au choix) quelques gouttes.
- Colorer, si on le désire, par une trace de safran, de caramel, cochenille ou autre couleur végétale à volonté.
- N. B. — Bien entendu, nous ne considérons pas comme régénérateurs de la chevelure les teintures qui ne constituent qu’un artifice.
- L. B., à Saint-André-les-Yergers. — A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de mettre au point
- p.2x173 - vue 624/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- des questions industrielles qui nécessitent des recherches toutes spéciales. Dans le cas qui vous occupe : collage d'articles de bonneterie pour remplacer la couture nous pensons qu’une.colle à l’acétate de cellulose légèrement glycérinée pourrait vous donner satisfaction, mais, bien entendu, des essais systématiques seraient à faire.
- F. S., à Arles. — Le silicate de zirconium ou zircon qui porte aussi les noms d’iargon, hyacinthe, ostranite, calyptolithe, engelhardite, etc., permet l’obtention de la zircone ou oxyde de zirconium et de sels de zirconium qui ont aujourd’hui de nombreux emplois industriels.
- Les procédés d’extraction de la zircone sont assez nombreux et d’une application relativement facile, l’un des plus simples est celui d’Hermann qui consiste à fondre le minerai bien pulvérisé avec le carbonate de sodium dans un creuset en plombagine. On épuise la masse ainsi fondue par l’eau bouillante pour enlever le silicate de sodium et traite le résidu formé du zirconate de sodium par l’acide sulfurique étendu d’un peu d’eau, on chauffe ensuite jusqu’à volatilisation de l’excès d’acide sulfurique, reprend par l’eau et précipite la solution par la soude. Lepi'écipité est privé de fer en le redissolvant par l’acide chlorhydrique et en ajoutant de lhyposulfite de sodium; par ébullition la zircone se précipite, le fer restant en dissolution. Enfin on purifie cette zircone par redissolution dans l’acide chlorhydrique, ébullition jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’acide sulfureux et reprécipitation par l’ammoniaque.
- La caractéristique de la zircone est sa presque infusibilité, ce qui l’a fait employer dans la fabrication des lampes Nernst et pour les usages céramiques (creusets, briques réfractaires), principalement pour le revêtement intérieur des fours électriques ; dans ce même ordre d’idées, le nitrate de zirconium est utilisé souvent pour le durcissement des manchons à incandescence.
- D’autre part, les faibles conductibilités calorifique et électrique de la zircone en font un excellent isolant qui la font adopter dans les appareils de caléfaction électrique.
- La zircone exempte de fer étant d’un beau blanc onctueux convient très bien à la préparation des couleurs et des laques, son pouvoir couvrant est très grand, elle ne s’altère ni au contact de l’air, ni à celui de l’hydrogène sulfuré, des acides ou des alcalis. Sous forme de borate, le zirconium sert en cristallerie et émaillerie.
- Enfin on doit citer comme application toute spéciale ' des sels de zirconium celle à la radiographie. Les sels de zirconium ne se laissant pas traverser par les rayons X, si on en tapisse les parois internes de l’estomac, l’intestin ou la vessie, ces organes apparaissent très nettement soit sur l’écran, soit sur la plaque grâce à leur opacité. Comme ils sont absolument inofîensifs, leur emploi tend à se substituer, de plus en plus, à celui des sels de bismuth qui peuvent avoir une action nocive.
- M. Cardot, à Alger. — Ce n’est qu’au bout d’un temps assez long que le silicate de soude forme avec les bases du verre et de la porcelaine des silicates doubles complètement insolubles dans l’eau. Par conséquent il est prudent d’attendre avant de mettre les objets recollés au contact de l’eau. Un essai-témoin fait avec des fragments de nature analogue permet de se rendre compte, avec facilité, du durcissement atteint ainsi que de la résistance du ciment employé.
- Mme Verdin, à Paris. — i° La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour imperméa-
- biliser les semelles de chaussures.
- Suif.....................'i5o gr.
- Saindoux. ......... 120 —
- Essence de térébenthine . . 60 —
- Cire jaune................ 60 —
- Huile d’olives............ 60 —
- Faire foudre à feu doux, rendre homogène et enduire les semelles légèrement chauffées de la mixture de façon que le cuir soit simplement imprégné sans que la matière grasse reste visible à la surface après imbibi-tion de quelques heures ; si l’opération a été bien exécutée, la semelle ne doit pas être glissante.
- 20 Pour regoudronner votre filet de tennis, employer une dissolution de goudron de Norvège dans l’eau chaude additionnée de 5 pour 100 environ de carbonate de soude. Etendre ensuite d’eau en quantité suffisante avant immersion du filet, suivant l’intensité de goudronnage que vous voudrez obtenir.
- 3° L’encre bleue pour stylo est obtenue avec une couleur d’aniline, très probablement le bleu de méthylène ; dans ces conditions vous ne pourrez enlever les taches d’encre sans altérer la teinte du tapis que par des lavages répétés à l’alcool à brûler.
- M. Girard, à Montceaux. — L’eau de pluie étant fortement chargée d’air et contenant des traces de nitrates doit évidemment déterminer une formation abondante de rouille dans votre canalisation en fer, ce qui n’a pas lieu avec les eaux d’origine souterraine. Eu égard à la grande faculté d’adsorption du charbon pour les gaz, nous vous conseillons d’essayer de mettre dans la citerne de la braise de boulanger récemment préparée. Avoir soin de munir le tuyau d’aspiration d’une crépine pour éviter les obstructions et changer de temps à autre la braise quand on pourra supposer que son action est épuisée par suite des apports d’oxygène.
- T. S. P. — M. Liicard, à Paris. — Il n’est pas intéressant d’essayer de régénérer les piles sèches en blocs pour la T. S. F. En les faisant traverser pendant plusieurs heures par un courant continu de faible intensité, on peut obtenir quelquefois une amélioration passagère, mais cet effet ne saurait être durable.
- M. Braeste, à Tarbes (Hautes-Pyrénées). — Vous pourrez trouver des renseignements très complets sur la construction des postes de réception puissants à 5 ou 6 lampes dans Les Montages modernes en radiophonie, par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Pour le calcul des éléments, des postes ainsi que pour le choix des modèles à employer, vous pouvez consulter La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Fr., à Troissy (Marne). — Nous retrouvons votre lettre et nous nous excusons de ce retard involontaire.
- La direction d’une antenne de T. S. F. ordinaire n’a pas l’importance essentielle qu’on lui attache souvent.
- Nous pensons qu’une antenne en nappe à deux ou trois fils, ou prismatique, d’une trentaine de mètres de long, assez élevée, tendue au-dessus de votre cour entre les deux bâtiments, et entre les points que vous indiquez par D E, vous donnerait de bons résultats.
- M. A. R., à Troyes. — Les sifflements constatés dans votre amplificateur à basse fréquence proviennent peut-être d’une lampe défectueuse ou d’une tension-plaque trop élevée.
- Si les chargements effectués sous ce rapport ne vous donnent pas de résultats, essayez de shunter la batterie de plaque par un .condensateur de 2 à 3 microfarads, vérifiez que la masse magnétique des transformateurs est bien réunie au pôle positif de la batterie de plaque.
- M. A. Aron, à Paris. — Un petit accumulateur de 4 volts de faible capacité vous donnera certainement de très bons résultats pour le chauffage de vos lampes à faible consommation.
- L’entretien de cette petite batterie sera très facile et il vous suffira de la recharger de temps en temps à l’aide d’un petit chargeur d’accumulateur à valve de redressement, genre « Colloïd » ou « Philips », par exemple. Il existe, d’ailleurs, dans le commerce des accumulateurs spéciaux à faible capacité qui n’exigent que des charges peu fréquentes.
- Vous trouverez dans La Pratique radioélectrique des renseignements détaillés sur les soins d’entretien nécessaires pour la conservation des batteries. Un bon accumulateur peut servir plusieurs années, et devient rapidement beaucoup plus économique que les batteries de piles qui ne peuvent être rechargées.
- M. Kahn, à Nancy. — Nous vous remercions de votre intéressante communication au sujet des relais mécaniques pour postes à galène. Il serait évidemment fort utile d’établir des relais microphoniques ou similaires sans lampes, qui pourraient amplifier les réoeptions obtenues au moyen d’un poste à gaïène. Les essais tentés jusqu’à présent ont malheureusement été peu concluants surtout pour la réception des émissions radiophoniques. .
- On comprend d’ailleurs aisément qu’il est fort difficile de faire jouer à un appareil mécanique quelconque, aussi parfait soit-il, le rôle de relais instantané que remplit la lampe à trois électrodes.
- p.2x174 - vue 625/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Mécanismes usuels, par F.Harang, i vol. 269 p., 17711g. (Manuel d’enseignement technique Nardon). Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1925. Prix : 9 francs.
- Ce-volume appartient à la nouvelle collection de manuels d’enseiguèment technique dont nous avons signalé l’apparition à propos des Notions d’électricité, de M. Swyngedauw. Sa composition est bien caractéristique des préoccupations qui animent les rénovateurs de l’enseignement technique. L’auteur ne s’est pas borné à de pures descriptions d’organes de machines, il fait débuter son ouvrage par un exposé très clair des éléments de la cinématique, puis il classe les divers mécanismes, et enfin décrit successivement les roues de friction, les engrenages, les transmissions par poulies, courroies, roues dentées et chaînes, les machines simples- à poulies, moufles, palans, vis et écrous, bielle et manivelle, cames, puis les embrayages et les changements de vitesse. L’auteur a éliminé de son exposé toutes considérations qui eussent exigé l’intervention de géométrie trop savante. Son but n’est pas d’apprendre à ses élèves à dessiner ou à construire un engrenage par exemple, mais de leur faire comprendre quel en est exactement l’usage ; de nombreux exemples numériques permettent au lecteur, pour chacun des sujets traités, de bien concrétiser ses idées. D’excellentes gravures, très claires, accompagnent et complètent un texte lui-même remarquable par sa clarté et sa précision.
- Mon automobile dépense trop, par Baudry de Saunier. 1 vol. in-16 raisin, 110 p. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- L’automobile a, depuis longtemps, cessé d’être une distraction à l’usage des privilégiés de la fortune. Elle est devenue un instrument de travail indispensable dans nombre de professions. Son propriétaire, le plus souvent, est forcé de compter. Ce petit livre, rempli de judicieux conseils, lui apprendra à le faire d’une façon rationnelle et lui permettra de réaliser de réelles et notables économies.
- Le Verger colonial. Guide pratique à l’usage des colons des pays chauds, par R. de Noter, i vol. in-8, 175 p., fig. Société d’Editions géographiques, maritimes et coloniales, Paris. Prix: 12 francs.
- L’auteur indique comment on procède à la culture de tous les arbres fruitiers* exotiques, par les procédés les plus simples et les plus pratiques. Il traite successivement des climats, des sols, des engrais, des irrigations, puis passe aux plantâtions, aux pépinières, aux choix des espèces, au bouturage et à la taille. Il décrit ensuite les principales plantes alimentaires qu’on peut cultiver, ce qu’on en tire, et le tout forme un manuel pratique fort utile aux colons.
- Faune de France. 10. Hyménoptères vespi'formes, par L. Bereand. i vol. in-8, 364 P-> 663 fig. Lechevalier, Paris. Prix : 46 francs.
- Nous avons déjà signalé l’œuvre importante et admirable entreprise par l’Office central de Faunistique de la Fédération française des Sociétés de Sciences naturelles, dans le but d’établir l’inventaire complet de la faune de France. Le dixième volume vient de paraître, consacré aux Hyménoptères fouisseurs (Sphégides, Pompilides, Scoliides, Sapygides, Mutil-lides), par M. Berland, assistant au Muséum national. C’est un groupe d’insectes les plus intéressants par leurs mœurs qu’ont révélées Réaumur, Latreille, Lepeletier, Dufour, Fabre, Ferton, mais leur détermination spécifique était restée des plus difficiles, en l’absence de tout bon traité de systématique. Yoici la lacune comblée et les naturalistes curieux de ces insectes pourront désormais savoir à quels animaux ils ont affaire. Comme dans les livres précédents de la Faune, l’introduction l'appelle les principes, de classification, la morphologie, le développement, la biologie, les moyens de chasse et de collection, puis vient la description des familles, des genres et des espèces, préaisée par de nombreuses figures très exactes et suivie d’indications sur les régions d’habitat et les mœurs.
- L’oxyde de carbone et Vintoxication 0xycarbonique. Etude chimico-biologique, par le Dr Maurice Nicloux. 1 vol. in-8°, a54 p., 35 fig. Masson et Cie, Paris. 1925. Prix : 22 francs.
- L’oxyde de carbone est extrêmement répandu et il est extrêmement toxiqüe. Les développements de l’industrie en créent de nouvelles sources chaque jour en multipliant les foyers de combustion. Son étude est donc devenue de première importance et tous, chimistes, physiologistes, médecins, hygiénistes, toxicologues, ont à se préoccuper de son action. Nul plus que le D' Nicloux, professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg, n’a établi plus de faits, n’a réalisé plus d’expériences démonstratives élucidant l’effet de l’oxyde de carbone sur l’organisme humain. C’est l’ensemble de nos connaissances actuelles qu’on trouvera réunies dans ce volume, groupées, classées avec une logique qui entraîne la conviction et dicte les moyens pratiques de protection et de sauvetage.
- L’auteur rappelle les sources très diverses de ce gaz, les réactions chimiques qui lui donnent naissance, son mode de préparation, ses propriétés physiques et chimiques. Après ce chapitre de chimie vient celui de physiologie qui est capital : la combinaison de l’hémoglobine du sang avec l’oxyde de carbone et l’oxygène suit la loi d’action des masses. Ceci explique le mécanisme d’empoisonnement, les doses toxiques, le coefficient d’empoisonnement et de mort et aussi prescrit le seul traitement efficace : la ventilation pulmonaire par l’oxygène pur. L’auteur a établi ces données grâce à des techniques remarquablement précises qu’il décrit en détail afin d’en permettre aisément l’emploi.
- Ce livre fondamental doit être lu non seulement des physiologistes et des médecins, mais aussi de tous les industriels qui emploient des foyers de combustion : gazogènes, gaz à l’eau, gaz d’éclairage, hauts fourneaux, etc. Il leur apprendra les précautions à prendre et les secours à organiser pour éviter les accidents mortels, trop fréquents actuellement.
- Les fondements biologiques de la psychologie, par Jean Liier.mitte (Collection Science et Civilisation). 1 vol. in-8°, 241 p., 6 fig. Gauthier-Villars et Ci0, Paris. Prix : 14 francs.
- Le problème du' rapport des faits psychiques et des fonctions cérébrales a de tout temps passionné les esprits, mais ce problème n’a acquis une valeur scientifique qu’à partir du jour où les faits seuls et leur enchaînement causal, sans souci de leur substratum métaphysique, ont retenu l’attention des chercheurs et où l’observation et l’expérience ont seules été employées comme instruments d’investigation.
- C’est cette méthode qu’a suivie M. Lhermitte pour faire un exposé complet des résultats actuellement acquis dans ce domaine. Après avoir donné un aperçu des théories et des hypothèses proposées pour expliquer la nature des phénomènes psychiques, il étudie successivement, en se basant sur les recherches les plus récentes : la structure et la physiologie générale du système nerveux, l’influx nerveux et sa nature, le neurone physiologique, la circulation des influx nerveux dans l’écorce cérébrale, le système nerveux des vertébrés, l’évolution phylogénétique et ontogéné-tique du système nerveux, le cerveau de l’homme adulte, les émotions et leurs expressions organiques, le cerveau et la pensée verbale, le sommeil et le rêve, l’appareil régulateur des fonctions psychiques.
- Nos sœurs musulmanes. Scènes de la vie du désert, par Mme Henriette Céda rit: . 1 vol, in-16, 224 p. Hachette, Paris. Prix : g francs.
- L’auteur a eu le rare privilège d’être reçue, en amie, pendant tout un hiver, par quelques-uns des grands chefs de l’Extrême-Süd algérien. Tantôt aux confins du désert, chez le bachaga de Laghouat, tantôt sous la tente, èn plein Sahara ou dans la splendeur du Souf, chez l’agha d’Èl-Oued, il lui a été donné d’observer les coutumes de ses hôtes. Elle les raconte agréablement et nous fait ainsi connaître maints traits de mœurs, encore mystérieuses.
- p.2x175 - vue 626/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2696
- Décembre 1925
- Jonction géodésique de la Corse et des Alpes Maritimes. — M. Paul Helbronner vient, par cette opération très réussie, de couronner sa longue entreprise (maintes fois exposée dans La Nature) de la Méridienne des Alpes. Après avoir construit toute la méridienne de Corse jusqu’au détroit de Bonifacio (avec rattachement à la Sardaigne), il séjournait, en août 1925, 10 jours au sommet du Monte-Rotondo, puis 11 jours au sommet du Monte-Cinto (2710 m ). Et le 4 septembre, il pouvait annoncer au Club alpin français l'achèvement de ses visées de précision entre ces deux cimes et les projecteurs de çes stations de la Côte de Provence, distantes de 200 à 3oo km. Ce beau succès, hautement scientifique, dépasse, par la longueur de portée, la fameuse jonction géodésique de l’Espagne (Mulahacen 3554 m., Tetica 2000 m.) avec l’Algérie (Filhaoussen, 1135 m, et M’Sabiha, 1017 m.) exécutée en 1879 par les généraux Perrier et Ibanez, à distaiices de 245 a a5» km.
- On sait que les visibilités au delà de 225 à a5o km sont assez rares. La plus lointaine authentique est la vision du Yiso, par Freshfield, depuis la Punta san Mat-teo (Ortler) à 338 km. Celles de l’Elbrouz vu de l’Ara-rat par le général Chodzko (en i85o, 400 kil.) et gar deux touristes (en 1910, à 420 (?) kil.) sont contestées. En septembre 1884, le Mont-Blanc à 335 kil. et la Mala-detta à 012 ont été vus du Puy-Mary (Cantal). (Y. La Nature, n° 1966, u5 janvier 1911.) E.-A. M.
- Un nouveau générateur d’ondes électromagnétiques très courtes. — Il y a deux ans, les physiciens américains Nichols etTear ont réussi à produire les ondes éléctromagnétiques de '0,22 mm de longueur d’onde. Cette longueur d’onde les classe déjà dans les radiations lumineuses infra-rouges et ainsi se trouvait réalisée expérimentalement la liaison effective entre les radiations lumineuses et les électromagnétiques. Une jeune savante russe, Mme A. Glogolewa-Arkadiewa, vient, par un procédé nouveau, de créer des ondes plus courtes encore, et d’atteindre la longueur d’onde de 0,082 mm. L’appareil utilise de la limaille de fer en suspension dans de l’huile, et agitée mécaniquement de telle sorte que les particules ne soient jamais en repos. Dans ce mélange de limaille et d’huile. plonge partiellement une roue tournant lentement ; une couche mince d’huile chargée de limaille adhère donc constamment à la périphérie de la roue. Deux conducteurs reliés à une bobine d’induction prennent contact avec la jante de la roue. Les particules de fer séparées par une mince couche d’huile se comportent comme autant d’oscillateurs électriques hertziens et rayonnent des ondes très courtes. On a ainsi pu obtenir toute une gamme de radiations de très courtes longueurs d’onde, descendant jusqu’à la valeur ci-dessus indiquée. Les longueurs d’onde ont été mesurées au moyen d’un interféromètre semblable à celui de Nichols cl Tar.
- Ampoule électrique à incandescence n’émettant pas de rayons ultra-violets. — Les lampes électriques dites « demi-watt » émettent, par suite de la haute température de leur filament, une proportion notable de rayons ultra-violets : ceux-ci traversent le verre de l’ampoule, ët malgré l’absorption atmosphérique pénètrent dans l’œil. Ces rayons, ainsi que l’a démontré le Dr Pech, ne sont pas sans danger. Ils provoquent à la longue une irritation de la paupière, et, ce qui est plus grave, une altération du cristallin. J1 est donc indispensable de protéger l’œil contre ces dangereuses radiations. Jusqu’ici le seul remède possible était d’employer un écran ou des.lunettes en verre spécial; les ampoules dépolies, émaillées, ou recouvertes d’un vernis spécial réalisées jusqu’à maintenant, laissent, en effet, passer encore beaucoup de rayons ultra-violets et absorbent en même temps beaucoup de lumière, ce qui rend complètement illusoire l’économie procurée par les lampes demi-watt. Dans une conférence faite à la Société d'Encouragement à VIndustrie Nationale, M. J. Curie vient d’annoncer qu’il a mis au point la fabrication d’un verre spécial pour la construction des . ampoules de lampes élec-
- triques ; ce verre absorbe totalement les radiations ultraviolettes dangereuses,, tout en n'absorbant que modérément les radiations lumineuses visibles. Ou peut ainsi réaliser un éclairage agréable, économique et sans danger pour la vue. Cès lampes en verre spécial ont reçu le nom de lampes Optiçia.
- Les cellules photoélectriques employées pour le tri des cigares. — On vient de construire, aux Etats-Unis* une curieuse machine pour trier automatiquement les cigares suivant leqr couleur; l’œil humain est remplacé par une cellule photoélectrique. Les cigares sont amenés successivement devant une ampoule photoélectrique et éclairés par un faisceau lumineux provenant d’une lampe à incandescence. Suivant sa couleur, le cigare réfléchit des quantités de lumière différentes et fait varier en conséquence le courant électrique produit parla cellule, courant qui dépend de l’intensité de la lumière frappant la substance sensible. La cellule peut ainsi agir surdes relais commandant des organes mécaniques qui répartissent les cigares dans des boites suivant leur couleur. •
- La lewisite, gaz toxique. — On a fait grand bruit, il y a quelques mois, autour du nouveau gaz toxique de grande puissance mis au point aux Etats-Unis par le capitaine Lewis. Mais sa composition est restée longtemps mystérieuse. Elle ne l’est plus aujourd’hui et dans son récent ouvrage: sur les explosifs et gaz de combat, M. Pascal donne sur ce sujet d’intéressantes précisions. En cherchant à généraliser aux autres carbures non saturés et aux autres chlorures la réaction de,condensation de l’éthylène sur le chlorure de soufre, qui fournit l’ypérite, on constata qu’en présence du chlorure d’aluminium, l’acétylène est absorbé par le chlorure d’arsenic. En 6 heures, un mélange de 440 gr. de chlorure d’arsenic (As Cl5) et de 3oo gr. de chlorure d’aluminium (Al Cl5) absorbe 100 gr. d’acétylène et donne naissance à un liquide visqueux, brun foncé, à odeur de géranium.
- Ce liquide détone quand on veut le distiller ; màis après décomposition par l’acide chlorhydrique refroidi à o°, on obtient une huile que l’on peut fractionner.
- Il passe ainsi trois dérivés chlorovinylés du chlorure d’arsenic, tous trois extrêmement toxiques. Ce sont la chlorovinyldichlorarsine (CH Cl = CH —- As Cl2), la di-chlorodivinylchlorarsine (CH Cl.= CH )2 As Cl, la trL chlortrivinylarsine (CHCl = CH)5As.
- Le premier corps est un liquide à peine, jaunâtre, bouillant à 90° sous 26 mm, très toxique, sternutatôire, aussi irritant pour les bronches que l’ypérite, et plus absorbable encore par la peau.
- Le deuxième bout à i3o° sous 26 mm; il est moins irritant pour la peau, mais beaucoup plus actif encore sur le système respiratoire.
- Le troisième, enfin, bout vers x5i° sous 28 mm ; il est solide vers 3 ou 4°; il est beaucoup moins irritant,' mais violemment sternutatôire.
- Ce sont là évidemment trois produits fort dangereux qui viennent s’ajouter à une liste déjà fdrt longue.
- La peinture de ki Tour Eiffel. — M. Marc, dans la Revue Arts et Métiers, explique comment s’effectue la réfection de la peinture de la Tour Eiffel. Ce n’est pas une mince opération. Elle exige 3o 000 kg de peinture et 4° 000 journées d’ouvriers. Tout le travail se fait sans échafaudage et à la main, car les machines à peindre par pulvérisation ne peuvent ici être employées : le treillis de la Tour est formé d’éléments trop petits et la jiulvérisation entraînerait-une perte énorme de peinture. De plus, les grandes longueurs de tuyaux flexibles nécessaires et la position souvent périlleuse des ouvriers interdisent l’emploi de ce procédé par ailleurs fort économique. Une réfection totale comporte : le neltoyrage à la brosse de crin de toutes les parties salies par la poussière: le lessivage des parties couvertes de graisse, le décapage au marteau des parties oxydées, le brossage à la brosse métallique des parties décapées, l’application
- p.2x176 - vue 627/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- de deux couches de minium sur les parties ainsi prépa- 1 rées, l’application d’une couche de peinture sur l’ossature.
- A l’origine, les fers de la Tour avaient reçu une première' couche de minium de fer avant la construction; puis deux couches de peinture à l’huile de lin et au minium de fer après la construction ; enfin, en 1889, une quatrième couche de peinture épaisse et d’une couleur agréable. Cette couche se fissura rapidement et dès 1892 il fallut procéder à une première réfection qui fut exécutée au moyen d’une peinture à la céruse et à l’huile de lin.
- En 1899, en vue de l’Exposition, il fallut repeindre la Tour pour lui donner un aspect plus élégant. On appliqua deux couches d’une peinture vernissée, qui se montra très résistante, mais dont le brillant disparut dès la première année. En 1907, la céruse étant interdite, la Tour a été repeinte avec une peinture à base de sesquioxyde de fer micacé.
- Nouvelle réfection en 1914 avec cette même peinture; les travaux interrompus par la guerre ont été achevés en 19x7. La dernière réfectionvexécutée en 1924 s’est également faite avec cette peinture à l’oxyde de fer.
- Expériences sur l’érosion dite glaciaire. — Le
- Ministère de l’Agriculture (Direction générale des Eaux et Forêts) vient de publier le tome V des Eludes glacio-logiques (Service des forces hydrauliques, 2e partie, eaux et génie rural, in-8, 224 p. et pl., Paris, I. N. 1925), par les soins de M. P. Mougin, inspecteur général.
- Les glaciers du Mont Blanc (versant français) ont un peu augmenté depuis 191 x.
- Ce beau fascicule annonce (p. 175) qu’une expérience matéxielle va être tentée pour trancher, si possible, « la controverse toujours pendante sur la réalité de Féroce sion glaciaire et du pouvoir excavateur de la glace » contestés notamment par de Lapparent, J. Yallot, E.-A. Martel, etc. ; défendus par Penck, etc.
- Les faits reconnus sont contradictoires.
- « La Commission glaciaire de Savoie a fait installer <c au glacier d’Argentière et à celui des Bois « des re-« pères » pour déterminer l’importance de l’abrasion « glaciain sur les rocs ».(Au glacier de l’Aar, le D'Penck avait calculé une usure annuelle du roc de o m.0006).— Dans l’hiver 1918-19x9, le glacier d’Argenlièi’e avait atteint le premier repère : si la crue commencée en 1911 persiste », on aura sans doute des éléments pour « résoudre le problème si discuté ».
- Catastrophe à un barrage-réservoir. — Les journaux ont signalé le désastre survenu le 2 novembre dernier dans la vallée de Conway, au nord du pays de Galles, par suite de la rupture d’un barrage.
- Nature, notre confrère anglais, donne à ce sujet les renseignements suivants : il s’agit d’un barrage construit à Ilyn Eigian, en 1908, pour fournir la puissance hydroélectrique aux usines d’aluminium de Dolgarrog. Ce barrage, en ciment, avait la forme d’un L très ouvert à angle arrondi tourné vers le lac. Il contenait, au moment de la rupture, environ 4 millions de mètres cubes d’eau. Une brèche s’étant produite près de la jonction des deux branches du L, apparemment au-dessous du barrage en ciment, tout ou la plus grande partir de la masse d’eau s’échappa brusquement. Pendant plus de 3 'km elle suivit le lit du trop-plein et tomba presque verticalement ainsi de plus de 3oo m. de haut dans la vallée de Conway'.
- Ce fut une terrible avalanche. Les quartiers de roc, les' blocs de ciment, un pont suspendu, une chapelle temporaire construite en fer, nombre de bâtiments furent entraînés, brisés et leurs débiùs dispei’sés dans la vallée.
- C’est, paraît-il, le plus grand désastre de ce genre observé jusqu’ici en Grande-Bretagne.
- Des scaphandres à 150 mètres, — Les scaphandres ordinaires à casque métallique et vêtement de tissu ne permettent guère de descendre profondément dans l’eau à cause de la pression de celle-ci sur le corps et de la contre-pression qu’il faut maintenir sous le casque.
- Depuis longtemps, on cherche à idéaliser des scaphandres entièrement métalliques, véritables sous-marins individuels, suffisamment résistants à la pression
- pour que l’homme puisse y vivre à la pression atmosphérique. On conçoit les avantages d’un tel appareil : possibilité de descendre et de remonter très rapidement, d’atteindre des profondeurs aussi grandes que le permet la résistance de l’enveloppe ; on imagine aussi les difficultés d’une telle réalisation : opposition entre le poids et la résistance du scaphandre, étanchéité absolue des joints, etc. Aussi, si de nombreux modèles furent imaginés, réalisés, voire même essayés, aucun n’avait encore fait ses preuves. C’est maintenant chose faite, et dans deux circonstances.
- D’une part, au mois de mai de cette année, à Kiel, 011 a soumis en cuve fermée, des scaphandriers munis d’un appareil métallique de la maison Neufelt et Ivuhnke, à des pressions correspondant à des profondeurs de 100 m. environ (10 kg par centimètre carré), dans le but de s’assurer de leur comportement et de leur capacité de travail, avant de tenter au large d’Ouessant, par fond de 120 m., le renflouement de la cargaison du paquebot Egypt, coulé en 1922 par collision dans le brouillard, alors qu’il transportait plus d’un million de livres d’or et d’argent en lingots. Ces essais ont parfaitement réussi et les travaux réels doivent commencer au mois de mai prochain.
- D’autre part, la disparition du sous-marin anglais M-1, au large de Portland, probablement due à une collision au moment où il remontait en surface, a provoqué l’offre par l’Allemagne de l’envoi de scaphandriers entraînés munis de l’appareil métallique Gutmasche, pour participer au sauvetage. Ces scaphandres sont maintenant sur les lieux, et, bien que gênés par le mauvais temps, ils ont pu déjà descendre sur le fond à la recherche de l’épave.
- Le Bulletin technique du Bureau Veritas donne des scaphandriers de Kieî la description suivante :
- Le scaphandrier se trouve complètement enfermé dans une carapace métallique dont les bras et les jambes sont en segments articulés. La carapace est en aluminium. La partie supérieure est percée d’une fenêtre et de deux hublots latéraux en verre épais. Le scaphandrier a la tête et les épaules très à l’aise. Il peut retirer les bi'as de ses articulations métalliques afin de rnanipuler ses soupapes et ses leviers de commande. Les articulations sont en acier au nickel, et toutes montées sur des roulements à bille. Les joints sont faits avec un caoutchouc résistant à l’huile. Les extrémités des bras comportent l’un une véritable main articulée en fer forgé, manipulée de l’intérieur et permettant de manier des outils dans tous les sens, l’autre des cisailles pour couper des câbles et faire les gros travaux.
- Le scaphandrier dispose à l’intérieur de bouteilles d’oxy-gène, comprimé à i5o kg, et' il règle lui-même l’arrivée et la pression de cet air toujours frais. Le gaz carbonique est réduit au fur et à mesure de l’expiration par absoi'plion, de sorte que le plongeur peut rester dans son appareil cinq heures consécutives sans ressentir le moindre trouble et sans danger pour son organisme, puisqu’il se trouve à la pression atmosphérique. Il communique en permanence avec la surfa’ce par le téléphone ou par signaux Morse en cas d’avarie du téléphone.
- L’éclairage est assuré par un fort projecteur monté sur la carapace elle-même.
- Le scaphandrier dispose de compartiments d’eau qu’il remplit ou vide grâce à son oxygène comprimé et qui lui permettent de monter ou de descendre à volonté : le centré de gravité du scaphandre se trouve sensiblement confondu avec le centre de gravité de l’homme. Les mouvements sont parfaitement aisés. L’homme peut non seulement monter, descendre et marcher, mais se coucher et se redresser.
- Le poids net de l’appareil est d’environ 175 kg.
- A une profondeur de x5o m, son coefficient de sécurité est 3, de sorte qu’il pouvait théoriquement descendit à 45o m.
- Les pinces articulées placées au bout des bras permettent de transporter des caisses, attacher des grapins, couper des câbles, poser des cartouches de dynamite et aussi de découper des tôles au moyen d’un chalumeau oxy-acétylénique maintenu sur la coque par des électroaimants et allumé et réglé depuis la surface, d’après les indications téléphoniques données du fond.
- Tel est le nouveau et puissant moyen de sauvetage dont on peut maintenant disposer avec certitude.
- p.2x177 - vue 628/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Q0L
- Nouveautés en T. S. F.
- Récepteurs téléphoniques sensibles extra légers.
- L écoute des émissions radiotéléphoniques et radio-
- «
- Fig. i. — Casque type « Zéphy
- télégraphiques au casque est appréciée, non seulement des amateurs habiles et avertis qui veulent écouter les émissions provenant de stations très lointaines, mais même des nombreux, « usagers » de la T. S. F. qui ne peuvent faire 1 achat d un haut-parleur ou désirent avant tout la netteté et la pureté de l’audition procurée par ce genre de réception.
- Un casque téléphonique est, d’ailleurs, indispensable dans tout poste de T. S. F., même pourvu d’un haut-parleur, car il est nécessaire pour les réglages préliminaires des appareils.
- Mais deux qualités essentielles sont indispensables dans un casque téléphonique, d’abord naturellement la sensibilité qui permet l’écoute des émissions lointaines avec le minimum de lampes, ensuite un poids relativement
- faible, afin qu’une écoute prolongée ne puisse devenir désagréable et ne risque pas de produire une fâcheuse migraine. Rien de plus pénible, en effet, qu’un casque trop lourd enserrant trop brutalement les tempes et donnant l’impression que le crâne est serré dans un carcan de supplice. Cet inconvénient est encore plus sensible pour le débutant en 1. S. F. et pour les « amateurs » féminins qui commencent à être fort nombreux.
- Un progrès très sensible sous ce rapport vient d’être réalisé par un fabricant français.
- Le calque, type « Zéphyr » construit par lui, et dont le nom indique bien les avantages, ne pèse en effet que i5o grammes au plus, avec son cordon de connexion.
- Malgré son faible poids, l’appareil est robuste et tous ses éléments sont étudiés de façon à conserver une bonne sensibilité tout en réduisant au minimum le poids de toutes les pièces (fig. x). Les écouteurs sont montés sur un support à la cardan permettant toutes les inclinaisons désirées et le « serre-tête » est en corne polie.
- L’aimant pennanent est en acier au cobalt; les enrou-lements des électro-aimants en fil de cuivre sont bobinés sur des carcasses isolantes supprimant tout risque de mise à la masse. La insistance de chaque écouteur est de 2000 ohms.
- Constructeur : Maison Brunet, 3o, rue des Usines, Paris.
- Un poste de T. S. F. ingénieux. — On a pu
- admii'er à la deimière exposition de T. S. F.- un grand
- Fig. ?.. — Le poste ouvert.
- nombre de postes de T. S. h', fort élégants, et eomplèle-ment dissimulés sous l’apparence des objets mobiliers les plus variés.
- Voici une forme particulièrement heureuse et qui
- semble originale. Le poste complet, c’est-à-dire l’amplificateur à résonance à quatre lampes, les piles d alimentation, les bobines d'accord et. même les écouteurs, sont' contenus dans une petite étagère-bibliothèque.
- La partie centrale de celte bibliothèque est fermée au moyen de deux portes recouvertes de dos de livres reliés, de façon à imiter pai'faitement une bibliothèque avec ses livres bien rangés.
- On voit sur la figure a le poste ouvert, et l’on peut se
- Fig. 3. — Aspect du poste fermé.
- rendre compte’sur !la figure 3 qu’il est fort difficile de discerner la vraie destination de ce meuble lorsqu’il est refermé. Les prises d’antenne et de terre se font simplement par la partie supérieure où sont placées des bornes de connexion à cet effet.
- Construction : Maison Radiomuse, 4°/ rue Denfert-Rochercau, Paris.
- Automobilisme <-*
- Ressort de voiture Peplam. — Les ressorts des voitures ont deux rôles à remplir : a) ils servent d’abord de lien entre l’essieu et le châssis; b) ce lien doit avoir des propriétés d’élasticité qui assurent le confort des occupants de la voiture. Or, il est bien évident que le ressort ordinaire n’est pas conçu pour remplir parfaitement ces deux rôles.
- Il ne remplit pas le premier, car on ne peut supposer sérieusement qu’un ressort ordinaire serve en toute circonstance d’attache entre l’essieu et le châssis, puisqu’il suffit que la lame maîtresse se rompe — ce qui arrive tôt ou tard — pour qu’un accident souvent grave se produise. Pourquoi les lames cassent-elles ? Peut-on imputer cet inconvénient à leur mauvaise conception ou à leur mauvaise fabrication ? C’est peut-être vrai dans quelques cas isolés et alors la rupture est rapide et fréquente, mais dans le cas général, la lame est saine et bien calculée. Sa rupture n’est pas due à un défaut, mais à une transformation lente, mais sûre, du métal qui fléchit et qui vibre des millions de fois sur les routes bonnes ou mauvaises. Des efforts locaux aux assemblages, rouleau, boulon central, bride, déterminent des amorces de rapture qui se propagent plus ou moins rapidement dans toute la largeur du métal. Cette propagation de la rupture est de înêrne nature que la propagation d’une déchirure dans un tissu et s’accomplit par le travail normal de la lame.
- Supposeras, au contraire, qu’on ait substitué à la lame maîtresse une lame « Peplam » (fig. 4). Cette lame étant constituée ]jar des fils d’acier indépendants, même en cas de rupture d’un fil, la rupture ne se propage plus dans toute la largeur de la lame et reste localisée. Cette lame réalise donc un lien incassable entre le châssis et l’essieu.
- Au point de vue de l’élasticité, nous devons considérer le l’essort ordinaire soumis à un effort' de réaction quelconque. Cette force, due aux déplacements relatifs de l’essieu et du châssis, peut s’analyser suivant ses trois composantes : la première étant une force horizontale dirigée dans l’axe de la marche de la voiture, la seconde une force
- verticale et la troisième, appliquée au même point que les deux précédentes, est horizontale et orientée transversalement. Les suspensions actuelles, avec ou sans amortisseurs, sont faites pour résister et pour amortir les deux
- Fig.
- La lame « Peplam ».
- p.2x178 - vue 629/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- m
- premières composantes qui se traduisent respectivement par un eîîurt d’ouverture, des rouleaux et par une flexion verticale des ressorts. La troisième composante transversale qui crée un couple de torsion dans des points du ch à ssis n'est pas amortie, car la lame mai tresse ne possède aucune élasticité pratique à la torsion et ce choc est purement et simplement transmis de l'essieu au châssis
- Fig. 5. — Lame « Péplum » formant ressort de suspension.
- ou réciproquement du châssis à l’essieu, lorsqu'il s’agit de la vibration périodique qui imprime aux renies Je mouvement latéral appelé shimmy.
- Si l’on a pris soin de remplacer la lame maîtresse par la lame « i’eplam » définie plus haut, on se rend compte que, cette lame possédant une élasticité transversale due au gauchissement possible de sa surface (üg. 5), les choes latéraux de toute nature seront amortis et la suspension aura un moelleux incomparable.
- La fabrication de cette lame a été mise au point par les Etablissements Phillips et Pain, i, rue Taitbout, à Paris.
- L’Alîto-Stop. — La circulation automobile sur les routes et dans les rues devient de plus eu plus intense; les accidents deviennent aussi de plus en plus nombreux. Un des plus fréquents est le tamponnement de deux
- voitures qui
- Fig. G. — Auto-Stop indiquant le ralentissement ou l’amU.
- se suivent ; la première s’arrêtant brusquement sans prévenir celle qui la suit, celle-ci freine trop tard etse précipite sur la première.
- M. Sollier a imaginé un petit appareil
- , Plaque principale
- avertisseur automatique destiné à éviter ce genre d’accidents. C’est un simple tube, librement ouvert à l’une de ses extrémités et dans lequel s’engouffre naturellement, lorsque l’automobile est en marche, une veine d’air. A
- l’autre extrémité du tube est montée une palette oscillant autour d’un axe; cette palette porlel’iùdica-tion Stop sur sa face extérieure. On comprend aisément le principe de l’appareil , il est monté à
- l’arrière de la .voiture; quand celle-ci est au ralenti, la plaque est abaissée, l’indication « Stop » est apparente et prévient, la voiture suivante-qu’elle doit ralentir, elle aussi; quand la voiture se,remet en marche etdépasseune certaine vitesse le courant d’air soulève la plaque et l’indication disparait, mais il faut que la plaque ne retombe pas, tant que la voilure reste en marche à vitesse normale: pour cela elle est munie d’une plaquette vissée sur elle et dont le plan lui est perpendiculaire; cette plaquette, quand la plaque principale est abaissée, rentre dans le
- Fit
- ''Plaquette .
- — Auto-Stop lors de la marche accélérée de la voiture.
- tube et n’y joue aucun rôle, tuais quand la plaque principale s’est soulevée et s’est effacée dans le lit du vent, la plaquette se présente alors à l'orifice du tube, normalement au courant d’air; la pression de l’air la maintient dans cette position et maintient aussi, par suite, la plaque principale dans sa position horizontale d’effacement. L’ensemble est équilibré de façon que l’indication « Stop » s’efface par exemple lorsque la vitesse de la voiture dépasse 4 km à l’heure.
- Ce petit dispositif, simple et ingénieux, semble pouvoir rendre de réels services.
- Constructeur : G. Sollier, -6, rue Gay-Lussac, Paris.
- Bouchon indicateur de niveau et verrouillent de réservoir. — L’adduction d’une indication de niveau sur le bouchon du réservoir est le système le plus simple que
- l’on puisse imaginer pour se rendre compte delà quantité d’essence qui reste disponible dans le récipient. 11 existe bien des indicateurs à distance et nous avons déjà eu l’occasion d’en décrire un certain nombre de modèles, mais il est souvent très suffisant d’avoir l’indication sur le réservoir lui-même.
- Un des systèmes les plus-récents consiste en un support fixé sur le réservoir et comportant un couvercle à charnière avec'fermeture à clé. Le couvercle est formé d’une boîte triangulaire percée d’une fenêtre et munie d’un verre gia-dué. Devant cette graduation se déplace une aiguille.
- Sur le côté du support se trouve fixé un tube traversé
- Fig. .9. — Le même ouvert.
- par un poussoir; le poussoir agit sur l’aiguille du couvercle lorsque le bouchon est fermé, mais il ne se trouve plus en contact avec l’aiguille indicatrice dès que le bouchon est ouvert. L’aiguille indique le niveau de l’essence dans le -réservoir, car le poussoir est actionné par une tringle à l’extrémité de laquelle se trouve un flotteur.
- La fermeture à clé du couvercle permet de rendre inviolable le réservoir d’essence ét d’éviter toute soustraction du précieux liquide.
- René Tampier, 1, rue de Bellevue, Boulogne-sur-Seine,
- p.2x179 - vue 630/663
-
-
-
- ><
- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : RÉGLISSE OFFICINALE
- La Réglisse officinale (Glycyrrhiza globra. L.), Légumineuses Papilionacées, lire son nom de deux mots •grecs « Glucus » doux et « riza » racine ; elle possède plusieurs synonymes : Réglisse glabre, Bois doux, Racine douce, Racine bonne, Racine sucrée. Il en existe plusieurs espèces.
- Habitat. — Elle est indigène dans le Midi de l’Europe, notamment dans la Sicile, l’Espagne, etc. On la cultive depuis longtemps en France dans le département d’Indre-et-Loire. D’après la Notice du Ministère de VAgriculture sur le Commerce des produits agricoles, la culture, en 1906, était de plus en plus délaissée, la surface cultivée était d’environ 12 hectares. Les principaux centres étaient Ingrandes, Bourgueil, la Chapelle-sur-Loire et principalement Benais et Restigné.
- Description sommaire. — Racines vivaces, rampantes, atteignant 1 à 2 m., brunes à l’extérieur, jaunes à l’intérieur, à saveur sucrée et agréable; tiges annuelles presque ligneuses, pouvant atteindre 1 m. à 1 m. 5o. Feuilles alternes, glabres, à 4-7 paires de folioles ovales lancéolées. Fleurs (juin-août) petites, violettes ou bleu pâle, disposées en grappes pédonculées, atteignant la moitié de la longueur des feuilles. Fruit (gousse), 2 à 3 cm de long, comprimé, contenant 3 à 4 graines brunes.
- Culture. — Elle est relativement facile parce que la réglisse, étant très rustique, ne craint pas les gelées. Elle demande, cependant, des sols profonds, silico-argileux, fertiles et meubles pour que ses racines pxiissent s’étendre, mais elle redoute les terres trop compactes, trop humides ou trop sablonneuses, sujettes à se dessécher pendant l’été. On doit défoncer à 5o ou 60 cm à l’automne et labourer en février ou mars, et comme cette plante est épuisante, on fume abondamment au fumier de ferme à demi décomposé.
- Multiplication. — On y procède de deux façons : x° Par éclats de souches; 20 Par semis.
- x.° Par éclats de souches. — C’est le procédé le plus employé. On se sert d’éclats suffisamment pourvus de bourgeons et de racines que l’on a mis de côté, lors de l’arrachage effectué la troisième année après la plantation. Les meilleurs éclats ont 2 à 3 bourgeons. On les plante par 4 ou 5 à la fois, de l’automne à la lin de l’hiver ou au printemps, selon les régions, à 3o ou 35 cm sur des lignes espacées de 60 cm ; ou à 5o cm en carré, et on les enfouit de 4 à 5 cm (A. R. et D. B.).
- Sous le climat de Paris, ces éclats sont plantés pendant le mois de mars sur des lignes écartées de 80 cm et à 5o cm de distance les uns des autres (A. G; et J. D.).
- Soins culturaux. — Ils consistent en binages qu’on exécute au cours du développement de la végétation. A l’automne, quand les tiges ont pris la teinte jaune foncé indiquant qu’elles se dessèchent, on les coupe au ras du sol, puis on donne un léger labour, à la bêche dans le Jardin familial, à la charrue dans les champs. On étend du fumier en couvertuie et on l’enterre au mois de mars par un deuxième labour. Ces soins sont continués pendant les deux premières années.
- 20 Par semis. .— On sème en mars ou en avril sur une terre bien préparée, en planches de 1 m. 20 de largeur, mais lorsqu’on peut opérer sous châssis on gagne du temps, car la germination en est avancée de i5 jours.
- Récolte et rendement. — La récolte a lieu à la fin de la troisième année, car c’est à ce moment que les racines ont acquis les qualités requises. On arrache les racines à l’automne au moment de la chute des feuilles. Il faut y apporter assez de soin pour ne point briser les racines dont la longueur et la grosseur sont des facteurs de la qualité marchande. On trie les plus belles qu’on destine à la vente et on réserve les plus petites pour le renou -"Vellement de la plantation. On enlève les bourgeons et le chevelu, puis la terre; on lave, s’il y a lieu, et on fait sécher au soleil ou au grenier. On peut aussi les conserver à l’état vert, dans du sable fin et bien sec.
- Le rendement à Bourgueil a été de 4000 à 5ooo kg de racines sèches, mais la Notice dont j’ai parlé plus haut a indiqué une production de 12000 kg à l'hectare tous les 4 ou 5 ans; le poids a été pris, très probablement, à l’état vert.
- Composition chimique. — La racine contient de la glycdfe-hizine, saccharose, maunile, fécule, huile, aspa-
- ragine, résine, albumine, acide malique, matière colorante, sels, etc. La saveur sucrée est due à la gly-cyrrhizine qui sy trouve à l’état de glycyrrhizate d’ammoniaque.
- Propriétés thérapeutiques. — On lui reconnaît des propriétés pectorales, béchiques et adoucissantes; on la classe parmi les plantes béchiques. Théophraste la préconisait déjà pour calmer la toux, et, à ce point de vue, elle constitue encore un remède populaire sous forme de jus noir.
- Préparations pharmaceutiques. — La partie usitée est la racine qu’on appelle habituellement bois de réglisse. On doit la ratisser préalablement pour lui enlever l’écorce qui lui donne de l’amertume. La tisane peut être préparée de trois manières : par infusion, macération et décoction. Le dernier Codex_ de 1908 prescrit une macération de 5 heures avec 10 gr. de racines par litre. C’est sous cette forme que la tisane est la plus agréable, parce que, à froid, l’eau ne dissout pas le principe âcre dû à la résine. On en fait aussi une infusion à la manière ordinaire à la dose de i5 à Go gr par litre. Grâce à la glycyrrhizine, la racine de réglisse sert surtout à édulcorer les tisanes auxquelles on l’ajoute quand elles sont tièdes. D’après Gubler le glycyrrhizate d’ammoniaque a, sur le sucre, l’avantage de résister aux fermentations, notamment aux spores de l’oïdium albi-cans. La racine forme avec l’orge et le chiendent la base des tisanes les plus employées dans les hôpitaux.
- La décoction n’est guère employée que pour la préparation de l’extrait de réglisse, bien plus connu sous les noms de « suc ou jus de réglisse, jus noir, sucre noir ». On le fabrique dans le commerce sous forme de bâtons de i2 à i5 cm de long et de 1,5 à 2 cm d’épaisseur. Cet extrait ou « suc » est usité tel quel ou sous -forme de pâte, pastilles, etc. Le Dr H. Leclerc recommande au début des trachéites et des bronchites légères, comme très adoucissante, la boisson obtenue en faisant fondre 2 gr. d’extrait de réglisse dans une tasse de lait bouillant, et il ajoute à ce sujet l’anecdote suivante que j’emprunte à son excellent Précis de Phytothérapie. « Un vieux praticien que j’ai connu dans mon enfance donnait à ce mélange le nom de « lait de corbeau ». Cela lui avait attiré de la part d’une de ses clientes, assez peu au courant de la zoologie, cette observation vaudevillesque : « Voyons, Docteur! Ce ne sont pas les corbeaux, mais les corneilles qui ont du lait! »
- La poudre de réglisse sert souvent d’ex-cipient pour les pilules et à'ies enrober; elle entre dans la composition de la Poudre de réglisse composée, qui constitue un agréable laxatif dont voici la formule : réglisse pulvérisée 60 gr. ; Séné pulvérisé 60 gr. ; Fenouil pulvérisé 3o gr. ; soufre lavé 3o gr. ; sucre en poudre 180 gr. Dose une à deux cuillerée? à café.
- La boisson rafraîchissante si populaire connue sous le nom de « Coco », parce qu’on la débitait jadis dans une tasse faite d’une noix de coco. (Dr H. L.), a pour base aujourd’hui une macération de racines de réglisse, additionnée de coriandre, anis et citron, mais en voici la formule primitive donnée par Antoine Pasquier dans son Traité des Boissons, publié en 1742. Les mesures anciennes ont été transformées en modernes par C. B. Re-naudet. Racines de réglisse 200 gr., Eau-de-vie un quart de litre; Ecorce de deux citrons; Orge perlé 125 gr.
- En médecine vétérinaire, la poudre de réglisse associée à celle de guimauve et au kermès minéral est conseillée contre la toux des chevaux et des ruminants. Par suite, étant donné les différents emplois de cette plante tant pour la médecine humaine que vétérinaire, je conseille de lui accorder une assez grande place dans le Jardin familial, et surtout dans celui des fermes qui possèdent un important cheptel.
- Observations commerciales. — Les bottes de racine de réglisse cultivées en France mesurent 1 m. 5oh 2 m., pèsent de 5o à 100 kg et valent 45 fr. les 100 kg. Chez les droguistes, la racine sèche vaut o fr. 80 le kilogramme; mandée au vif 2 fr. 80. (A. R. et D. B.).
- Je suis étonné que la culture de la Réglisse officinale n’ait pas été recommandée, en 1916, par les Feuilles officielles du Ministère de l’Agriculture au même titre que beaucoup d’autres plantes, car nous importons de
- p.2x180 - vue 631/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- différents pays : Espagne, Turquie, Russie, Grèce, Italie, une grande quantité de racines et de jus de réglisse. Pour en donner une idée, je relaterai que la Statistique agricole annuelle de 1919, la dernière qui rend compte de nos importations et exportations,
- indique pour les premières, au Commerce spécial' 25 157 quintaux métrique de racines pour 3a ia3 700 fret 3 041 quintaux de jus de réglisse pour 4 56i 5oo fr-Plus que jamais, il est à souhaiter que ces 36 millions ne sortent pas de France. A. Tkuelijî.
- ><
- 3teo
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ><
- Procédé pour l’entretien delà carrosserie d’automobile. — Pour redonner au vernis de la carrosserie, jjréalablement nettoyé et lavé à l’eau, son brillant primitif, on emploie la composition suivante :
- Huile de lin et essence de térébenthine, par parties égales, bien opérer le mélange et, avec un chiffon de laine légèrement trempé dans la composition obtenue, frotter les parties vernies, lavées, à faire reluire.
- Pour enlever les taches de graisse sur le vernis de la carrosserie, frotter légèrement les taches avec un morceau de flanelle trempée dans Peau chaude et enduite de craie finement pulvérisée (blanc de Meudon).
- On termine en rinçant simplement à l’eau, puis on essuie avec une peau de chamois. H. B.
- Imprégnations à la colophane. — On emploie, pour imprégner à la colophane, des solutions de cette matière dans des solvants appropriés. Ainsi, pour hydrofuger des tissus de papier, on dissout, à chaud : 100 kg de colophane dans 20 litres de benzol, on y ajoixte 100 kg de lithopone et ensuite 3o à 40 litres de goudron de bois, suivant le brevet Casella. • II. B.
- Les parquets sans Joints. — Pour établir des parquets sans joints, on emploie de la sciure de bois réduite à l’état de flocons, ou de la poussière de liège, avec un agglomérant constitué par un ciment magnésien.
- La sciure de bois donne au parquet les propriétés isolantes. Le liant magnésien est un ciment très dur! Parfois on ajoute au mélange de l’amiante à fibres longues pour donner plus d’élasticité à l’ensemble.
- On dissimule la couleur de la sciure de bois par un mélange de colorants, parmi lesquels les oxydes de fer sont les plus employés.
- Le procédé est indiqué par M. Heckly, ingénieur-architecte, qui fait remarquer que pour un mélange devant résister à un rocilement ou à une usure particulièrement intense, il faut forcer la dose de ciment magnésien, tandis que pour avoir une grande élasticité, la fibre d’amiante permet de plus grandes flexions, sans rupture.
- On emploie de la magnésie contenant, au maximum, o,5o à 1 pour 100 de chaux libre; au delà de cette
- proportion, la chaux diminue la résistance et l’humidité rend dangereux les lavages; elle se gonfle pendant la prise du produit et se rétracte pendant la dessiccation, d’où résultent des tensions, qui peuvent produire des fissures.
- Le produit doit être appliqué en deux couches : la couche inférieure est la plus épaisse (12 à 14 mm) ; elle est constituée par un mélange moins riche, mais plus élastique. La couche supérieure n’a que 4 à 5 mm d’épaisseur. Les deux couches sont données avec soin, surtout la deuxième.
- La surface est raclée, puis huilée.
- L’aspect des surfaces des parquets sans joints peut varier. C’est ainsi que l’on fait des marbres artificiels en mélangeant les ocres. On peut aussi dessiner des carrelages en limitant les parties colorées par des traits bien nets. IL B.
- Nouveau procédé d’ignifugation du bois. —
- L’Amirauté britannique a adopté, api-ès de sérieuses expériences, le procédé suivant pour rendre le bois incombustible.
- Tout d’abord, le bois est soumis à un procédé de revêtement ou de vide qui chasse l’air des pores du bois et vaporise la sève.
- Ensuite, le bois est imprégné, sous pression, de produits chimiques qui remplacent les éléments expulsés ; puis il est séché à l’air et au four. La solution reste sous forme de menus cristaux incrustés dans les fibres du bois.
- Lorsque celui-ci est chauffé, les cristaux se dilatent et forment une couche vitreuse qui exclut l’oxygène. L’exposition à un chauffage prolongé sert seulement à carboniser le bois et contribue à prévenir la propagation du feu.
- On a rendu le teck incombustible jusqu’à une épaisseur de 6 pouces.
- Dans un autre essai, une porte en sapin de 17/8 pouce d’épaisseur a été soumise pendant une heure à une température élevée graduellement jusqu’à 16800 F ; elle est restée réfractaire au passage de toute flamme.
- H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Bouffe-fumée (n° du 7 novembre) ; M. Jean Lapeyre, 70, rue des Martyrs, Paris, 9e.
- Communication. — M. G. Bourlat, à Poitiers, nous écrit que se trouvant le 16 octobre 1925, à 20 h. 10 m., à L'ussac-les-Chàteaùx (Tienne), en compagnie deM.Ri-bardière, minotier à Lussac, ils virent tout à coup, à dryite de la Grande Ourse et à sa hauteur, une immense traînée de feu, se dirigeant vers l’étoile Aldébaran (x du Taureau).
- Cette traînée, d’abord de couleur jaune et rouge, présenta ensuite de grosses boules vertes se succédant. Le parcours était nettement horizontal. Le météore se dirigeait de l’ouest à l’est, La durée totale de l’éclai-
- rement dura environ quatre fois plps que l’étoile filante. Cette traînée couvrait la moitié de la distance entre la partie droite de la Grande Ourse et Aldébaran.
- Réponses. — M. P. C., à Àndelot. — La. formule à laquelle vous faites allusion pour la conservation des poteaux de clôture est la suivante :
- Solution A Chlorure de zinc solide . 3oo gr.
- Eau ordinaire. . .... 1000 cc.
- Solution B Soude'caustique en plaques. „ 900 gr.
- Eau ordinaire . . • . . . 4000 cc.
- Mélanger les deux solutions et badigeonner les pieux à plusieurs reprises avec la mixture jusqu’à imbibition parfaite.
- N. B. — Le chlorure de zinc et la soude caustique sè trouvant plus facilement dans le commerce à l’état de solution, on peut aussi préparer le mélange en étpndant préalablement d’eau la solution commerciale de chlorure de zinc jusqu’à ce qu’elle marque 33° à l’aréomètre Baume et la lessive de soude (potassium des peintres) de façon qu’elle soit amenée à 220 B,
- -«|M82
- p.2x181 - vue 632/663
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES ||^
- La formule revient alors à prendre :
- Chlorure de zinc à 33°B.............i litre
- Lessive de soude à 22°B.............4 litres
- Puis on termine comme il est indiqué ci-dessus.
- M. E. S., Lille. — Acoustique des bâtiments. — Cette question très délicate a donné lieu à peu de travaux en France et nous ne connaissons aucun ouvrage qui lui soit consacré. Il y a lieu toutefois de signaler l’article publié dans La Nature du 24 avril 1909 par M. L. Fournier sur les travaux de M. Lyon au Trocadéro et la Communication de M. Marage à Y Académie des Sciences en 1906 (vol. 142, p. 878) sur les qualités acoustiques d’un certain nombre de salles de Paris.
- La question de l’acoustique architecturale a été étudiée systématiquement par un savant américain du plus haut mérite, M. Wallace Sabine, qui y a consacré la plus grande partie de son existence. Les travaux de M. Sabine sont continués actuellement par son élève, M. Watson, de l’Université d’Illinois (Etats-Unis). Ces savants ont créé des méthodes pour ausculter l’acoustique des salles, pour déterminer l’importance des effets de réflexion du son, les relations entre le temps de réflexion du son dans une pièce, le volume de la pièce et les matériaux absorbants qui s’y trouvent, ils ont également étudié les qualités acoustiques des divers matériaux susceptibles d’emploi.
- Les travaux les plus importants de Sabine sont les suivants :
- Architectural Acoustics, publiés dans la revue américaine, Engineering Record, 1900, vol. I, pages 349, 376. 400, 426, 45o, 477 et 5o3.
- Architectural Acoustics (suite du précédent travail). Proceedings of the American Academy of Science and Arts. Vol. XLII, n° 2, juin 1906.
- Architectural Acoustics. Engineering Record. Vol. LXI, p. 779-781, 18 juin 1910, p. 779-781.
- Etude de l’effet des courants d’air sur l’acoustique. Architectural Acoustics. The correction of Acoustical Diffculties, dans l’Architectural quarterly of the Haward University, mars 1912, p. 3 à 23.
- Theater Acoustics. American Architect. Yol. CIY, p. 257-279, 3x décembre 1913.
- Architectural Acoustics. Building Material and Musical Pitch. The Brickbuilder. Yol. XXIII, p. 1 à 6, janvier 1914. Les plus importantes publications de Watson ont été publiées dans le Bulletin de V University d’Illinois, notamment Acoustics of Auditorium (n° 29 du 16 mars 1914).
- Sound Transmission through Partitions (n° du 6 mars 1922). Ce dernier travail a été analysé par M. Dreyfus dans le Bulletin n° 20 de l'Union des Syndicats d’Electricité (2 décembre 1922), publié dans la Revue générale d’Electricité.
- M. V. C. A., ingénieur à R. (Roumanie). — i° Matériel pour la fabrication de soie artificielle. Etablissements Morane jeune, 23, rue Jenner, Paris.
- 20 Construction des funiculaires^ aériens. Yoyez l’ouvrage Chemins de fer funiculaires. Transports aériens par Lévy-Lambert. Gauthier-Yillars, éditeur, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Franco, Sao-Paulo. — Nous ne connaissons pas de maisons françaises fabriquant les excavateurs à jet d'eau, type Monitor.
- M. A. M. O., à Téhéran (Perse). — Documentation sur la culture, la préparation et le commerce des tabacs et la fabrication des cigares de la Havane : voyez l’ouvrage intitulé Le Tabac de Cuba et les cigares de la Havane, par Paul Serre, 1 volume ; Le Tabac, sa culture, sa préparation, production et consommation dans les divers pays, par L. Laurent, 1 vol. (Société d’éditions maritimes et coloniales, Paris, 17, rue Jacob, 6e). Pour la culture du tabac : Le Tabac, culture et industrie, par E. Bouant, 1 vol.; Cultures coloniales : Plantes industrielles, par II. Jumelle, x vol.; Culture du Tabac, par de Backer, x vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. A. B., boulevard Saint-Michel, Paris. — La bibliographie concernant l’apiculture aux colonies, principalement en pays tropicaux, est assez désuète. Nous indiquons : Manuel d'Apiculture à l’usage du colon algérien, x vol., par le D’ Reisser; Apiculture et sériciculture, par Paul Marchai, t vol. Pour ces ouvrages, et poux- en connaître d’autres, ou des études publiées dans des organes coloniaux, s’adresser à la Société
- d’Editions maritimes et coloniales, Paris, 17, rue Jacob (6e). Voir au siège de la Société centrale d’Apiculture, Paris, 28, rue Serpente (6e), et au Service des renseignements de l’Office colonial, Paris, Palais-Royal (Galerie d’Orléans). On pourrait aussi obtenir des indications, croyons-nous, en s’adressant à M. E. Prudhomme, Ecole supérieure d’agriculture coloniale, à Nogent-sur-Marne (Seine), et à M. Lassalle, directeur de l’Ecole supérieure d’Apiculture, 20, avenue Félicie-Cholet, à Charenton (Seine).
- M. J.-J. D., à Vintiane (Laos). — Nous ne connaissons pas de publication relative à des études sur Y emploi de l’huile de ricin comme substitut du mazout dans les moteurs Diesel et semi-Diesel. Mais vous trouveriez sans doute des indications en vous adressant à M. le Directeur de la Station d’Essais de machines à Paris, 2, avenue de Sant-Mandé (12'), et à l’Institut colonial de Marseille (Section des matières grasses). L’emploi comme huile lubrifiante paraît plus intéressante. Il y a lieu de remarquer que, pendant la guerre, on s’est efforcé de propager la culture du ricin aux colonies, notamment dans l’Afrique du Nord, précisément en vue de fournir à l’armée, plus particulièrement pour les moteurs d’aéroplanes, l’huile de ricin comme lubrifiant remplaçant les huiles employées ordinairement et qui faisaient défaut.
- Le Bureau de renseignements de l’Office colonial, à Paris (Palais-Royal), pourrait aussi, croyons-nous, vous donner des indications sur la question qui vous intéresse, ou des directives à cette fin.
- M. J. F., rue du Souvenir, à Lyon-Vaise (Rhône). — i° Nous avons répondu à votre question au sujet de la destruction des oiseaux nuisibles et des ouvrages sur le piégeage. (Voyez « Boîte aux Lettres », n° 2684, du 12 septembre 1925, p. 87.) Nous indiquons : Manuel de l’Oiseleur (chasse aux oiseaux, filets, pièges), x vol., par J.-G. et Conrard (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille, 6e) ; Chasse aux petits oiseaux. 1 vol., par Cra-bay; L’art de détruire les animaux nuisibles, 1 vol., par H.-L. Alph. Blanchon (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e). Yoyez aussi les ouvrages sur la capture, le piégeage des oiseaux nuisibles (Deyrolle, éditeur, Paris, 46, rue du Bac, 7e).
- 2° Nous ne connaissons pas de produit sous forme d’appât anesthésiant pour la capture des moineaux. On ne peut employer un produit toxique qui rendrait les moineaux inutilisables comme gibier et risquerait d’empoisonner des animaux domestiques. Nous confirmons l’efficacité du procédé indiqué dans le n° 2678, du xe‘ août 1925 « Boîte aux Lettres », employer comme appât du grain bien trempé dans l’eau-de-vie, semer des traînées de grains aux endroits lés plus fréquentés. Les moineaux enivrés par l’eau-de-vie titubent, ne peuvent s’envoler. Muni d’un panier, on les ramasse et on les porte à la cuisine.
- Comme piège, pour destruction en masse, on peut employer une lourde et large planche supportée obliquement par un piquet au pied duquel est attachée une très longue corde. Sous la planche semer comme appât des grains ou de la mie de pain. A distance, on tire sur la corde pour déterminer la chute de la planche dès que l’on voit de nombreux moineaux réunis sous ce piège très simple.
- 3° La glu s’emploie sous forme de gluaux ou appeaux, petites branchettes enduites de glu et disposées sur les arbres et aux endroits les plus fréquentés par les oiseaux.
- A. R. S., à Gannat. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages se rapportant à la communication de M. Jules Gabriel à l’Académie des Sciences, d’autant plus que cette communication est récente. Mais vous pourriez vous reporter au texte exact de cette note soit dans les Comptes rendus de l’Académie, soit dans la revue L’Astronomie qui a reproduit cette communication dans son numéro de septembre 1925, p.'337, sous titre : « Sur un cycle luni-solaire de 744 années et sur l’application de ce cycle à l’Astronomie ». Dans le même numéro, p. 44°> vous consulterez avec intérêt un article de M. Joseph Lévine : « Sur une période de q3 ans ».
- La lecture des deux notes précédentes vous permettra de retrouver les années ayant mêmes caractéristiques astronomiques.
- Vous pouvez vous procurer TJ Astronomie au siège de la Société astx’onomique de France, 28, rue Serpente, Paris.
- p.2x182 - vue 633/663
-
-
-
- >
- Les confus de lu science ei de la foi, par l'abbé Tii. ij Mokeux, directeur de l’Observatoire de Bourges, jj Tome II, i vol. iu-16, 3oo p. J. Doin, éditeur, Paris, 192a. Prix : 10 francs.
- Après avoir; dans un premier volume, retracé les conquêtes de la Science dans le monde inorganique et avoir discuté les théories récentes de l’énergie et de la matière, l’abbé Moreux aborde des questions brûlantes.
- D’où vient le monde .’ Est-il éternel ou bien son existence requiert-elle un Créateur ? D’où vient la vie.’ Dans quelle mesure doit-on accepter les théories évolutionnistes ? Par quel mystérieux mécanisme potivons-nous expliquer les transformations du monde . végétal et animal depuis les premières manifestations de l’être vivant ? Quelle est l’origine de l'homme ? Sur tous ces points, la science a-t-elle des dogmes; et si oui, comment les concilier avec les enseignements de la Foi ?
- Et les grandes thèses de la liberté, de la Providence, du miracle, de la vie future, comment ies concilier avec les données de notre science actuelle ?
- Ce vaste examen amène l’auteur à cette conclusion rassurante à la fois pour la religion et la science, à savoir que la foi n’a rien à craindre de la science, quels que soient les progrès et l’évolution de celle-ci.
- Explosif, poudres: gaz de combat, par Paul Pascal, i vol. 296 p.., 118 fig. J. Hermann, édit. Paris, igri5. Prix : 35 francs.
- La fabrication des poudres et des explosifs a provoqué pendant la guerre l’éclosion d’une industrie colossale. La France, à elle seule, a fabriqué 1200000 tonnes d’explosifs et 3ooooo tonnes de poudre B, et cependant à l’ouverture des hostilités sa capacité de production était à peine de 22 tonnes de poudre par jour. Elle a donc'été forcée de tout improviser; à cette Lâche gigantesque ont coopéré, à côté des ingénieurs officiels, une nombreuse phalange de savants recrutés principalement parmi les professeurs de l’Université. Parmi eux se trouvait l’auteur du présent ouvrage, aujourd’hui professeur à l’Université de Lille ; il a ainsi puisé dans ses recherches et travaux de temps de guerre une précieuse documentation qui donne à ce livre une valeur exceptionnelle. Il débute par une savante étude technique et expérimentale de la réaction explosive. Puis il examine les procédés de fabrication des divers explosifs en usage : nitroglycérine, nitrocelluloses et cotons-poudres, hydrocarbures nitrés, explosifs à l’air liquide, pandastites, poudres noires, explosifs chlorates, poudres sans fumée ou colloïdales, fulminates de mercure. Un chapitre spécial particulièrement intéressant est consacré aux gaz de combat.
- Manuel de tissage (tissus complexes), par C11. Labk-idte.
- 1 vol. in-18, 3o4 p. 445 fig. J.-B. Baillière. Editeur. Paris, 1915. Prix : i5 francs. • «
- Ce manuel forme, en réalité, le deuxième volume d’un véritable traité de tissage. Le premier volume était consacré aux matières textiles et aux tissus simples. Celui-ci explique la fabrication dçs tissus double face, des tissus doubles et multiples, des tissus piqués, matelassés, des velours et des gazes.
- Mémorial du distillateur-liquoriste, par L. Cuniasse,
- 1 vol. in-18, 299- p., fig-, Le François, Paris. Prix : i5 francs.
- Manuel contenant nombre de renseignements utiles pour cette profession, mis à jour et bien groupés. L’alcool, la fermentation, l’alcoométrie avec les tables complètes de correction, de mouillage et de comparaison ; l’analyse des sucres, des colorants, les plantes et les essences utilisées en distillation, etc., y sont étudiées avec soin. Un formulaire choisi et des recettes utiles, ainsi que la reproduction des textes de lois et des règlements qui s’appliquent aux alcools et aux liqueurs terminent cet ouvrage.
- ' Macrophotographie et Microphotographie, par J.. Mow-
- mi.r.AKi). 1 vol. iu-i(>, (>71 p., 8b fig. Encyclopédie
- scientifique. Doin, Paris. Prix : 25 francs.
- Les ressources offertes par la photographie ont permis la création de méthodes d’enregistrement et de recherche, qui, appliquées aux sciences naturelles et médicales, ainsi qu’à certaines industries, mettent à même aujourd’hui d’élargir, dans des proportions considérables, le champ des investigations, ainsi que de faciliter les démonstrations, en permettant non seulement d’exécuter des images précises, au point de vue contours, relief et couleurs, mais,encore de saisir et de reproduire certains phénomènes vitaux, en les rendant perceptibles à nos yeux.
- Macrophotographie et microphotographie en noir et en couleurs, stéréographie et microstéréographie, métallographie, utilisation des radiations ultra-vio-lettes, macro et microcinématographie lente, rapide et ultra-rapide, utilisation des rayons X. et microradiographie, etc., etc., sont successivement passées en revue dans cet ouvrage, et leurs techniques clairement expliquées par un spécialiste de ces questions.
- Die Végétation der Erde. IX. Die Pflanzeuwelt Afrikas, par A. Exglek. 1 vol. in-8, 341 p., 5 fig., r carte,
- Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix: broché, 22 marks , relié, ib marks.
- Etude de géographie botanique très complète où sont énumérées les nombreuses espèces de plantes observées dans les diverses régions de l’Afrique. Il est impossible de résumer cet énorme catalogue,
- appuyé sur une bibliographie très complète, mais il convient de remarquer que, contrairement à trop d’ouvrages allemands? il n’oublie pas la participation étrangère à l’œuvre d'exploration et que notamment il accorde, à juste titre, une place prééminente à notre collaborateur Auguste Chevalier dont ©n connaît l’œuvre admirable et persévérante en Afrique occidentale et tropicale.
- Les poissons des eaux douces de la France, par le
- D' Louis Roule, i vol. in-<2, 228 p., 16 fig., 37 pl.
- Presses Universitaires de France, Paris.
- Ecrit pour les pêcheurs et pour le public, ce livre débute par une description du corps des poissons et par un tableau de détermination par voie dichotomique des 20 familles et des 69 espèces de poissons qu’on rencontre dans nos eaux douces. Les familles, les genres, les espèces sont ensuite étudiés : noms scientifiques et populaires, forme, habitat, mœurs, utilisations. Les planches très bien faites qui accompagnent le texte figurent toutes les espèces dont il est parlé.
- La psychologie organique, par Pieuki: Jean-, i vol. in-81*, 297 p., 102 fig. Félix Alcan. Paris. Prix : 20 francs.
- L’auteur passe en revue les tropismes des végétaux, leurs modifications adaptatives et plus rapidement certains des phénomènes du même ordre que montrent les animaux. Il y voit, en plus du déterminisme physico-chimique, une polarisation vers une fin psychologique mystérieuse : la psychologie organique, • ^
- fXlle cle La Iléiuiion (ancienne fie Bourbon), par Raphaël Barquissau, IIippolvte Foulque et Hubert Jacob de Corue.mov. 1 vol. in-8°, de 288 pages avec 17 reproductions photographiques et 2 caries hors texte. Prix : i5 francs.
- Ecrit à la gloire de l’île par trois de ses enfants, ce livre expose l’histoire de la colonisation, rappelle ceux que l’île a donnés à la France : l’amiral Bouvet, le général Lambert, Juliette Dodu, -Roland Garros et parmi les poètes et les savants : Parny, Lecomte de Lisle, Léon IJierx, Joseph Bédier, Marius-Ary Leblond et le chirurgien Guyon.
- L’activité et l’évolution économiques de l’île mettent en relief l’importance actuelle de la vieille Ile Bourbon comme .productrice de sucre, de rhum, de vanille et d’essences.
- Une bibliographie réunionnaise complète cet important ouvrage qui montre bien la valeur et la vitalité de la colonisation française.
- 184
- p.2x183 - vue 634/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2697
- 12 Décembre 1925
- ><
- INFORMATIONS
- ><
- Le prix Nobel de 1924 et 1925. — Le prix Nobel de physique pour 1924 vient d’être décerné au professeur Siegbahn de l’Université d’Upsala (Suède). Le prix Nobel de physique pour 1925 et celui de chimie pour 1924 et 1925 n’ont pas été décernés et sont reportés. Le professeur Siegbahn est connu par les progrès qu’il a fait faire à la technique spectroscopique des rayons X ; Il y a appoi’té un degré de précision inconnu jusqu’à lui ; les chiffres qu’il a publiés font autorité, ils ont permis le développement des travaux théoriques modernes relatifs à la distribution et aux propriétés des électrons à l’intérieur des atomes.
- L’inauguration de l’Ecole Nationale du pétrole.
- — Le 21 novembre dernier, l’Ecole Nationale supérieure du pétrole et des combustibles liquides créée à Strasbourg en 1922 a inauguré ses bâtiments sous la présidence du Ministre du Commerce et de l’Industrie. Rappelons les stades du développement de la nouvelle école dont le fonctionnement a été exposé- dans La Nature (n“ 2586, 27 oct. 1923) par son premier directeur, M. le professeur Gault. En 1920, l’Université de Strasbourg créait le Laboratoire du pétrole. En 1922, cet organisme se développe et donne naissance à l’Institut du pétrole qui groupe en trois sections les études et enseignements théoriques et techniques relatifs au pétrole : chimie, géologie, exploitation. L’Institut est aujourd’hui l’Ecole Nationale supérieure du pétrole et des combustibles liquides, érigée en établissement autonome. Sa création et son développement ont reçu le puissant concours de l’Office National des combustibles, de la municipalité de Strasbourg, de la Chambre de Commerce du Bas-Rhin et de l’industrie régionale.
- L’Ecole du pétrole depuis sa fondation a déjà rendu d’importants services en formant des techniciens appréciés et en poursuivant au Laboratoire d’importantes recherches. Dans son nouveau cadre élargi, elle continuera, sans nul doute, brillamment sa belle carrière.
- L’emploi du glycoï dans les solutions inconge-lables pour radiateurs d’automobiles. — A l’approche des grands froids, les radiateurs d’automobiles créent quelques soucis à leurs propriétaires. Il faut-éviter le gel de l’eau, qui provoquerait des dégâts très graves. Un moyen simple, mais peu pratique consiste à vider le radiateur au moment où l’on remise l’automobile. Il est préférable, quand on utilise chaque jour la voiture, de mélanger à l’eau une substance qui en abaisse le point de congélation. En France, on emploie en général la glycérine, en proportion de 20 à i5 pour 100 en volume. Aux Etats-Unis on préfère l'alcool; c’est qu’il y a là-bas plus de 10 millions d’automobiles en service, la glycérine n’est pas un produit extrêmement abondant et son emploi généralisé comme liquide incongelable exigerait des quantités que l’industrie ne saurait fournir.
- Les services officiels aux Etats-Unis ont donc préconisé l’emploi de l’alcool et le public semble avoir obéi fidèlement à leurs conseils : dans la saison 1924-1925 les automobiles des Etats-Unis n’ont pas consommé à cet usage moins de 106000 hectolitres d'alcool éthylique dénaturé. On voit que les automobiles échappent aux rigueurs du régime sec.
- Mais l’eau alcoolisée a de graves inconvénients ; lorsqu’elle s'échauffe, l’alcool s’évapore assez rapidement et au bout de peu de temps la solution a perdu son pouvoir anticongelant.
- Une société de produits chimiques américaine, la Carbide and Carbon Corporation, de Long Island, préconise aujourd’hui l’emploi du glycol comme substance anticongelante. Deux de ses chimistes, MM. Curme et Joung, viennent de consacrer à cette question uue intéressante étude dans Industrial and Engineering Industry.
- Le glycol (CH2OFI. CH2.OH) est au point de vue chimique un corps intermédiaire entre l’alcool éthylique et la glycérine. Il commence, paraît-il, à être fabriqué en grand aux Etats-Unis. C’est un liquide, clair, sans odeur, bouillant à -|- 1970 C. En solution dans l’eau, il en abaisse le point de congélation : cet abaissement s’accroît eu proportion de la concentration jusqu’à ce que celle-ci atteigne en volume 60 pour 100 de glycol. Le point de congélation est alors de — 49° C. Si la con-
- centration augmente encore, le point de congélation remonte et revient à — n°,6 pour le glycol pur. Les concentrations les plus employées sont comprises entre 25 et 35 pour 100, avec cette dernière on est à l’abri des froids descendant jusqu’à — 290 C.
- L’avantage du glycol par rapport à l’alcool, c’est que, en solution aqueuse, sa tension de vapeur est très faible et que par suite les pertes du glycol par évaporation sont à peu près nulles; c’est l’eau et non le glycol qui s’évapore ; la solution ne peut donc aller qu’en se concentrant, et il suffit d’y ajouter de l’eau de temps à autre pour compenser les pertes. Le point d’ébullition des solutions de glycol de 25 à 4° pour xoo est très voisin de celui de l’eau pure : 100 à io5° C. Le refroidissement du moteur s’effectue donc dans des conditions à peu près semblables à celles qui régnent avec l’eau ordinaire et le régime du moteur n’est pas modifié. La viscosité et la chaleur spécifique de ces solutions, au surplus, sont très voisines de celles de l’eau pure: Le glycol a encore d’autres avantages très importants au point de vue pratique : il est sans action nuisible sur les métaux et ne donne lieu à aucune corrosion; il n’abîme pas les joints en caoutchouc. Enfin il est inoffensif pour les vernis et peintures de la voiture.
- Nous ne croyons pas que le glycol soit actuellement un produit répandu en France. Mais avec le développement de l’automobile, sa fabrication pourrait peut-être ici comme aux Etats-Unis trouver des débouchés intéressants.^
- A propos du Serpent de mer. — M. A.-G.-L. Jourdan nous adresse l’intéressante communication suivante :
- « Le Serpent de mer n’est pas un serpent imaginaire comme beaucoup de monde semble le croire, seulement il est assez rare d’en voir, surtout ayant atteint les .
- dimensions fantastiques '"G * (
- qu’on leur attribue parfois.
- J’ai eu la chance d’en apercevoir trois spécimens dans la mer de Chine, voici dans quelles circonstances : revenant de Manille par un. temps calme, magnifique, je me tenais à la proue du navire pour profiter de la fraîcheur.du vent résultant de la vitesse et prenais plaisir à examiner dans la mer les nombreuses méduses de couleurs et de tailles variées qui semblaient faire de vains efforts pour s’écarter du chemin du bateau. Arrivé à la hauteur du méridien d’une petite île appelée « lie des serpents » qui figure sur les cartes géographiques un peu détaillées, mais trop éloignée pour être visible du point où nous étions, je fus surpris d’apercevoir à la surface de l’eau, à peine immergé, àla distance vite franchie d’une trentaine de mètres, un animal ayant l’apparence d’un serpent long de 3 m, d’un diamètre maximum de 18 à 20 cm diminuant jusqu’à la queue, le corps régulièrement annelé d’un bout à l’autre, alternativement jaune clair et noir, 'la longueur de chaque anneau étant de 12 à i5 cm. La tête, plut t petite, était immédiatement suivie d’un renflement d’envii’on 3o à 35 cm de diamètre, de l’épaisseur du corps qui lui faisait suite, et muni de quatre pattes, deux de chaque côté, rappelant les formes d’une tortue, mais sans carapace, tachetée jaune et noir, munie d’une queue annelée d’en-viron 3 m de long. Je n’ai pu distinguer si le corps était rond comme celui des serpents ou, comme je le suppose, légèrement aplati.
- L’animal ne paraissait pouvoir se mouvoir qu’avec lenteur, car, malgré l’arrivée du navire, il fut roulé par les vagues et disparut dans le sillage; peu d’instants après je revis deux autres sei’pents d’aspect similaire mais avec les anneaux jaunes de couleur plus foncée :
- /
- p.2x184 - vue 635/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- sur aucun je n’ai aperçu d’appendices comme ceux mentionnés dans Lu Nature : étant plus éloignés du navire que le premier, je ne pus observer d’autres détails.
- A part les dimensions, la description qui précède semble correspondre assez exactement à celle de « Tran van Con » ; il s’agit vraisemblablement du même animal non encore parvenu à l’état adulte, il n’y a là rien de troublant, les 3/4 de la terre sont recouverts d’eau, il est tout naturel que nous ne connaissions que très imparfaitement la faune océanique d’autant plus que l’animal en question, très probablement d’origine océanienne, apparemment dépourvu de moyens de locomotion rapide, demeure confiné dans les mêmes parages et n’a que^peu de chance d’être observé en Europe.
- Les serpents de toutes sortes abondent dans toutes les îles océaniennes ; il serait intéressant de savoir si le nom d’ « Ile des serpents » spécialement appliqué à celle en question n’aurait pas pour origine la rencontre fréquente près de cette île de « serpents de mer » analogues à ceux que j’ai eu la chance d’apercevoir.
- Ci-inclus un croquis rudimentaire de l’animal ci-des-sus décrit tel que je l’ai vu très clairement dans la mer de Chine, pas’,assez longtemps, malheureusement, pour fixer mon attention sur les détails de la tète et des pattes.
- Nouvelles de T. S. T.
- Les postes de Toulouse. — D’après les auditeurs locaux, une grande amélioration aurait été apportée au poste de « Toulouse P. T. T. », dont les débuts avaient été si défectueux. Actuellement l’émission semble régulière, puissante, et assez pure.
- D’autre part, la station « Radio-Toulouse » de la « Radiophonie du Midi » qui a récemment changé sa longueur d’onde (441 m.) continue ses émissions régulières. Le nombre des amateurs augmente sensiblement dans la région. -v.
- Le poste « Radio-Toulouse » a d’ailleurs radio-dif-fusé plusieurs manifestations sportives de la région, entre autres une course d’automobiles.
- Les émissions sont, parait-il, entendues régulièrement en Esthonie (23oo km de Toulouse) et l’on signale même qu’un paquebot des « Messageries Maritimes » a pu les capter à l île de Ceylan (8o36 km).
- Émissions transatlantiques. — Durant tout l’hiver, le poste de Londres transmettra tous les vendredis soir un programme de musique de danse de 20 h. 3o à 2 h. (Orchestre du Savoy hôtel), spécialement à destination des Etats-Unis dont les stations relaieront celle émission.
- La radiophonie en Allemagne. — On annonce que la puissance de nombreuses stations, entre autres de Breslau et de Cassel, va être augmentée. Une grande station d’émission sera prochainement montée aux environs de Cologne.
- Le poste modèle de réception pour amateurs. —
- M. Ernest Archdeacon a exposé dans L'Antenne d’intéressantes suggestions au sujet de la construction des postes de réception destinés aux amateurs et plus spécialement aux « usagers » de la T. S. F., qui désirent uniquement écouter les émissions, et ne s’intéressent nullement aux phénomènes de la propagation des ondes en eux-mêmes.
- M. Archdeacon voudrait que les constructeurs établissent un appareil type d’un prix relativement modique, à quatre lampes, par exemple.
- Des précautions spéciales seraient prises pour faciliter le, réglage de cet appareil, des courbes de résonance exactes seraient fournies, de manière à avoir des points de repère sûrs, si le dispositif de réaction est disposé de manière que le réglage de la réaction influe peu sur le réglage de l’accord.
- L’auteur indique encore les perfectionnements suivants qui pourraient être facilement réalisés.
- i° Connexions par fiches et jacks sur l’appareil, pour le téléphone et le haut-parleur : les fiches, standardisées seraient fixées d’avance sur- l’un et sur l’autre. Il y aurait au moins 3 jacks, permettant de marcher à volonté sur 2, 3 ou 4 lampes.
- 2° Connexions par fiches entre l’appareil et les accu-
- mulateurs ou les piles, avec des fiches différentes poulie 4 volts et le 8o volts, rendant impossible toute erreur.
- 3° Connexions par fiches entre l’appareil et la terre, entre l’antenne et la terre.
- 4e II faudrait encore prévoir sur l’appareil une petite lampe à 4 volts qui pourrait remplir un double but :
- A. Servir de fusible, et empêcher en tout état de cause le grillage des lampes par une maladresse ou une distraction de l’opérateur.
- B. Servir de lampe témoin, pour empêcher qu’on laisse le poste allumé par inadvertance, ce qui peut fort bien arriver avec la plupart des lampes à faible consommation où le dépôt métallique sur les parois empêche de voir l’incandescence du filament.
- 5° Faire un appareil où toutes les manettes et connexions soient sur une seule face, ce qui permet de l’enclore facilement dans une boîte : cette boite en chêne comprendrait un couvercle amovible fixé simplement avec des crochets : cela coûterait sans doute moins cher que les incommodes boîtes vernies des appareils courants, et remplacerait du même coup le fastidieux et aléatoire emballage nécessité par celles-ci, quand leur propriétaire veut les transporter chez des amis, ce qui est très fréquent.
- On peut remarquer que d’assez nombreux constructeurs ont déjà réalisé des appareils qui répondent à ces «. desiderata ». On ne peut, d’ailleurs, que les approuver et souhaiter que ces solutions soient bientôt adoptées . parla majorité des fabricants français.
- Les vœux du Congrès des Colonies et des Français établis à l’étranger au sujet des agences radio-télégraphiques. — Le Ctongrès des Colonies et des Français établis à l’étranger vient de siéger sous la présidence de M. Chaumet, alors Ministre du Commerce et des P. T. T. Le Congrès a souligné en ces termes, par le rapport de M. Pierre Lyautey, la nécessité d’organiser des agences radiotélégraphiques françaises d’informations :
- <t Une initiative intéressante de création d’agence ra-diotélégraphique a été prise vers l’Indochine et vers le Pacifique ; mais ce ne doit être qu’un premier pas. Il faudrait tenter des efforts analogues dans les différentes parties du monde, l’Amérique du Sud, l’Afrique du Sud, l’Australie, et profiter de l’organisation française de la T. S. F. pour avancer nos travaux. Il semble que des organisations semblables peuvent servir de points de liaison entre les maisons, industries, associations, ayant des intérêts directs ou indirects à l’étranger. Ce seront des sortes de régulateurs dans leurs affaires, en raison de la nature des renseignements économiques publiés par le radio quotidien dans lesquels ces maisons pourront puiser les indications nécessaires. C’est ainsi que l'Agence Radiotélégraphique de l’Indochine et du Pacifique reçoit tous les jours le cours de la piastre, du taël en francs et en shillings, du taël mexicain en dollars, du slrails dollar de Singapoor et du Calée Tical de Bangkok, les cours du caoutchouc, de l’étain, du riz, des brisures, du paddy, du coprah, des farines, des soies, du coton, les cours des principales marchandises. Ce sont ainsi des œuvres d’utilité nationale, d’utilité économique nationale, dirons-nous, dont les résultats dépendent de l’organisation du réseau d’agences qui sont, et ici la métaphore est exacte, « autant d’antennes nécessaires. »
- « Nous ne saurons que conclure à l’utilité de la construction d’agences télégraphiques. »
- « D’ailleurs trop de Français se figurent qu’un article* du journal du matin et du soir a une influence sur l’étranger lointain, alors que les réponses données aux nouvelles tendancieuses ne parviendront chez l’ami étranger qu’il faut encourager que i5 jours peut-être après l’arrivée de la nouvelle télégraphique qui a produit de fâcheux effet. »
- « Il faut enfin assurer la liaison entre ces agences et les organes français ou étrangers, de façon que les nouvelles ainsi publiées à grands frais ne demeurent pas occultes, mais soient au contraire connues des journaux à grand tirage. »
- « En conclusion, le Congrès en séance a émis l’avis qu’il serait souhaitable que, dans chaque grande zone du inonde, des agences radiotélégraphiques soient créées sur l’exemple de l’Agence Radiotélégraphique de VIndochine et du Pacifique.
- 186
- p.2x185 - vue 636/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- s*. Nouveautés en T. S. F. - ^
- Un nouveau détecteur indéréglable à cristal Le détecteur à galène est le plus simple et l'un des plus fidèles1 détecteurs ; les réceptions obtenues avec son aide sont parfaitement nettes et pures.
- Malheureusement, tous les « galénistes » savent combien la recherche du point sensible du cristal est parfois difficile, et aussi quel manque de sélectivité on doit souvent constater dans les postes à galène, surtout par suite de la trop faible résistance du détecteur.
- On vient récemment de présenter sur le marché français un détecteur à cristal ne nécessitant aucune batterie de pile auxiliaire et qui, tout en possédant une grande résistance, ne demanderait absolument aucun réglage.
- Il s’agit d’un détecteur à cristal de carborundum, dont le principe est connu depuis longtemps, mais dont la mise au point définitive a exigé des recherches minutieuses exécutées aux Etats-Unis par la Compagnie du Carborundum (aux chutes du Niagara).
- Ce détecteur présente extérieurement l’aspect d’une résistance de 80 ooo ohms en bâtonnet avec deux bornes de connexion placées simplement de part et d’autre d’un tube isolant comme le montre la figure i. Le montage s’effectue comme celui d’un détecteur à galène ordinaire; il y a cependant un sens de connexion optimum très facile à déterminer par expérience.
- Ce détecteur convient particulièrement bien lorsqu’on veut effectuer la détection par galène dans des montages
- Calotte piétaHique
- Borne de conqexion
- N
- 11
- Fig. i. — Détecteur indéréglable à cristal.jj
- à lampes, dans des postes réflexes par exemple, ou dans des appareils alimentés directement par le courant alternatif d’un secteur.
- Dans ce cas, non seulement aucun réglage n’est nécessaire, mais encore le détecteur n’est nullement sensible à l’influence des signaux trop puissants déjà amplifiés par les étages à haute fréquence, et.qui risqueraient de mettre très vite hors d’usage un cristal ordinaire de galène.
- Grâce également à la grande résistance que nous avons notée, l’accord obtenu est beaucoup plus précis.
- Dépositaire : Maison Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Bobinages pour ondes très courtes. — La réception et l’émission des ondes très courtes exigent l’emploi de bobinages spéciaux qui doivent posséder les qualités suivantes :
- 1° Très faible capacité propre, obtenue généralement à l’aide de spires non jointives cylindriques ou de bobinages de forme spéciale* et en évitant d’employer un enduit isolant quel qu’il soit;
- 20 Faible résistance ohmique, obtenue en employant du fil de grosse section en cuivre de bonne conductibilité ;
- 3° Pertes par courant de Foucault réduites au minimum grâce à l’emploi de fil de section appropriée;
- 4“ Pertes par diélectrique très faibles, ce qu’on obtient en diminuant le support isolant des fils et en le supprimant même presque complètement si possible.
- Les bobines « Spira ». semblent posséder presque tous ces avantages. Elles sont formées de fil de cuivre nu de 12/(0 millimètre de diamètre et l’enroulement comporte des spires écartées, simplement maintenues par quelques brins de cordes. L’ensemble est maintenu sur un support spécial à broches très simple et très réduit.
- Ces bobines sont réalisées sous la forme de spirales, comme le montre la figure 2, ou sous la forme cylindrique.
- Voici, à titre d’exem pies, les caractéristiques d une
- série de ccs bobines en form e de i spirales.
- Nombre Sel-finduction Longueurs d’onde obtenue s avec :
- de en
- Spires. Micro-H en ry. C ”0,01 0 ™ 0,2à ( ; ~ 0,5
- 4 a ,3 9 4'5 6 G
- y 5, ,> <4 <>9 97
- 10 9,5 18 9* i3o
- I ‘i i5 2 3 115 163
- 16 2 3 ’29 14 3 202
- , -7Cuivre nu
- /
- Fig. 2. — Bobinage pour ondes très courtes.
- Lorsqu’on veut obtenir des longueurs d’onde plus grandes^ (ce qui est rare), on peut facilement ' accoupler ces bobines en série.
- Voici également les caractéristiques d’une série de bobines en hélice (diamètre 90 mm, longueur 8 à 40 mm).
- Nombre de Self- Longueurs d’onde avec
- Spires. induction. C = 0,01 G = 0,2,5 C = o,5
- 4 3,5 11 56 79
- 7 7>8 17 83 118
- 10 x 2 20 104 147
- 1.3 r7 25 124 174
- 16 2 3 2 9 i43 208
- 20 3 a 34 170 238
- 25 42 39 19 4 274
- 3o 5 2 43 2x5 3o5
- On remarquera que la limite minima de longueur d’onde obtenue, inférieure à 9 m, est tout à fait intéressante. , \
- Constructeur : André Serf, 14, rue Henner, Paris (90).
- Hygiène
- Ventouses pneumatiques du Dr Ducruet. — La
- ventouse est employée depuis fort longtemps en thérapeutique. C’est un petit globe de verre que l’on applique
- Fig. 3. — Préparation de la ventouse.
- sur la peau et dans lequel on fait rapidement un vide partiel.
- La peau et les tissus sous-jacents sont fortement aspirés à l’intérieur de la ventouse et il se produit dans cette région un afflux de sang.
- Dans les ventouses les plus anciennement employées, pour obtenir le vide, on échauffait l’air à l’intérieur de la ventouse par la combustion rapide d’un peu de coton
- p.2x186 - vue 637/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- mbibé d’alcool ; le refroidissement de l’air provoquait ensuite la diminution de pression cherchée de 1 atmosphère interne de la .petite cloche. Ce procédé demande un certain tour de main qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain. En ces derniers temps, on lui a substitué des ventouses dans lesquelles la diminution de pression est obtenue mécaniquement au moyen d’une pompe aspirante, une fois la ventouse en place.
- La nouvelle ventouse du Dr Ducruet se rattache à ces ventouses que nous pourrions appeler mécaniques, bien qu’elle diffère complètement de celles auxquelles nous venons de faire allusion.
- Elle comporte une cloche de verre, ouverte à ses deux: extrémités ; k l'intérieur de cettô cloche est monté un ballon de caoutchouc qui débouche à l’extérieur à travers l’extrémité étroite de la cloche. Ce ballon est muni d une soupape de gonflement avec raccord.
- Pour préparer la ventouse, on gonfle le ballon avec une pompe de bicyclette, de manière qu il remplisse environ la moitié de la ventouse.
- On dévisse la pompe, la ventouse est prête.
- Pour la mettre en place sur le patient, il suffit de l’ap pliquer fortement à la place choisie, et d appuyer à la main sur la soupape ; le ballon se dégonfle et la peau
- Fig. 4. — Emploi de la ventouse pneumatique.
- Le socle de la lampe est une plaque de bois de 20 cm X iî cm. La branche de la lampe est une tige en laiton creux de 3o cm de longueur. On entre cette tige à force dans le trou que l’on prépare préalablement près d’une
- Fig. 5. — Lampe de bureau économique.
- extrémité du socle. Le fil à deux conducteurs passe à l’intérieur du tube sur lequel on fixe la boîte contenant la lampe. Cette fixation peut être simplement faite au moyen d’un filetage à l’extrémité du tube et de deux écrous serrant la paroi de la boîte.
- Le fil à deux conducteurs communique avec la douille de la lampe, qui est fixée sur un petit socle maintenu par des vis sur l’un 'des fonds de la boîte. L’entrée du
- est aspirée pour combler la diminution de volume interne de la ventouse.
- Ce système a de nombreux avantages : on peut régler la force de la ventouse en gonflant plus ou moins fortement le ballon.
- On peut préparer à l’avance toutes les ventouses nécessaires, ce qui permet de ne découvrir le malade qu’au dernier moment et pendant un temps très court.
- En vente chez G. Boulitte, i5, rue Bobillot, Paris.
- Objets utiles ^
- Lampe de Bureau économique. — Voici le moyen d’établir avec le minimum de frais une lampe de bureau, sinon décorative, tout au moins pratique.
- On prend une boîte à bonbons d’une longueur suffisante pour qu’elle puisse contenir à l’intérieur une lampe électrique et l’on peut utiliser si l’on veut une lampe flamme qui nécessitera un diamètre moins important pour la boîte. Sur la suface latérale de la boîte, on coupe une bande d’environ 8 cm que l’on enlève ou que l’on peut laisser de préférence fixée à la boîte par un côté, car elle formera réflecteur.
- Ce découpage s’effectue le plus proprement possible et l’on peut utiliser une petite scie à métaux emmanchée sur une monture qui permet de travailler comme avec une scie à guichet. On peut prendre pour cela une lame de scie cassée, qui est fixée dans une pince en laiton montée dans un manche d’outil.
- On peut monter aussi très simplement la lame de scie en l'emmanchant dans un tube de caoutchouc épais que l’on rentre à force et en pratiquant ainsi une ligature très serrée sur ce tube caoutchouc pour que pendant le travail la scie ne coupe pas l’isolant. La partie extrême sera travaillée à la meule émeri de manière à réaliser la forme de la scie.
- fil dans le socle se fait à l’extrémité par un trou d’équerre avec le montant vertical.
- S’il est nécessaire d’équilibrer le poids de la lampe et de donner plus de résistance au socle, on peut rapporter une autre plaque de bois, ou à la rigueur une pièce de métal portant des rainures qui permettront de placer le porte-plume et les crayons, etc. L’intérieur de la boîte en fer-blanc forme réflecteur et le volet qui a été détaché empêche l’arrivée de la lumière sur les yeux. Extérieurement, la boîte est passée au vernis noir, par exemple du vernis de vélo, la tige de cuivre est astiquée et le socle est verni ou passé au brcu.
- Bouchon « Idéal » à clé. — La
- Nature a décrit récemment (n° 2675) un bouchon fermant les bouteilles par gonflement d’une bague de caoutchouc introduite dans le goulot, la dilatation de l’anneau de caoutchouc étant obtenue par serrage au moyen d’une vis.
- Le constructeur de ce bouchon vient d’y ajouter un détail qui rend les bouteilles inviolables. Au lieu de tourner la vis de serrage'à la main, on l’actionne au moyen d’une clé à quatre pans qui peuvent être taillés IdéüTjfà'cjé'011 de telle sorte qu’une seule clé puisse 1 ’
- servir pour chaque bouchon ou pour
- chaque série de bouchons. De cette façon, il devient inutile de mettre les provisions liquides de bouche sous clé dans une armoire ; il suffit de boucher chaque bouteille à clé ; elle est fermée de telle façon qu’on ne peut l’ouvrir sans avoir la clé correspondante.
- En vente chez Produits d’acier, 21, rue Tronchet, Paris.
- p.2x187 - vue 638/663
-
-
-
- VARIÉTÉS
- LE POIRÉ
- Le poiré ou vin de poires se fabrique dans de nos départements, mais c’est surtout dans l’Aube, le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne, la Sarthe, la Seine-Inférieure et l’Yonne que sa fabrication atteint une certaine importance. Les meilleurs crus de poiré sont situés dans l’Orne et le Calvados. Dans cette dernière région, la production de la commune de Clécy est désignée sous le nom de « champagne de Clécy » ; nous verrons par la suite que les poirés bien préparés présentent en effet une très grande ressemblance avec les vins mousseux. Mais c’est par leurs caractères propres, leur goût exquis et particulièrement subtil, que les vins de poires retiennent l’attention éclairée des connaisseurs.
- Dans la région de Domfront, sous-préfecture du département de l’Orne, capitale du poiré peut-on dire, la culture du poirier à poiré paraît remonter à des temps très anciens, notamment dans le Passais et le lloulme. M. Auguste Chevalier admet qu’elle y est beaucoup plus ancienne que celle du pommier à cidre qui a été importé du Nord-Ouest de l’Espagne par les navigateurs et peut-être aussi par les pèlerins normands allant tous les ans à Saint-Jacques de Compostelle. Jusqu’au xn“ siècle, le cidre était à peu près inconnu en Normandie où la boisson régionale était la Cervoise, bière préparée avec du froment, de l’orge et de l’avoine.
- Les variétés de poiriers à poiré qui constituent une grande part de la richesse des cantons de Domfront, Passais et Juvigny-sous-Andaine dans l’Orne, de Baren-ton et le Teilleul dans la Manche, Ambrière et Lassay dans la Mayenne, doivent provenir des grandes forêts du moyen âge. Elles sont parvenues jusqu’à nous en subissant une série de sélections. Les plus répandues sont le Gros Blot, le Rouge Vigny, le Longuet, YAntri-cot, le Raguenet, le Sept Forges, qui la plupart dérivent d'un poirier sauvage, le Pirus cordata, produisant des fruits à peine gros comme une cerise qui vit encore dans certaines parties de la Bretagne et de l’Anjou. Il y en a d’autres d’origines botaniques différentes parmi lesquelles le Plant de Blanc qui a été probablement importé.
- La culture du poirier présente certains avantages sur celle du pommier. Elle donne lieu notamment à une production plus fréquente; les années sans poires sont rares. On lui reproche d’être longue; c’est au bout de i5 ans de greffe qu’un poirier commence à produire et ce n’est qu’à l’âge de 5o à 60 ans que sa production atteint un plein rendement, il est vrai qu’elle dure ensuite, presque sans soin, sans crainte ni des maladies ni des insectes, pendant deux ou trois siècles.
- Dans ses grandes lignes, la fabrication du poiré est la même que celle du cidre; le détail cependant comporte quelques modifications.
- La conservation des poires est délicate par suite de la tendance plus ou moins marquée de ce fruit au blettissement.
- Les poires blettes sont nuisibles non seulement parce qu’elles communiquent aux jus des saveurs désagréables,
- mais aussi parce qu’elles engorgent les instruments de broyage.
- Les jus obtenus par broyage de poires saines et âpres coulent facilement. Ils se clarifient par défécation et fermentent plus rapidement que ceux de pommes.
- La fermentation est à surveiller de très près, car elle est souvent tumultueuse. Il y a intérêt à ce qu’elle se produise à basse température. Presque toujours plus alcoolique et plus tannique que le cidre, le poiré, toutes choses égales d’ailleurs, doit se conserver mieux que ce dernier. Les mêmes précautions sont toutefois à observer. L’emploi de petits fûts dans des caves froides est à recommander.
- Le poiré possède un goût particulier très agréable, différent de celui du cidre ou du vin, avec lequel il s’accorde très bien. Soigneusement préparé, avec des poires parfumées, il est limpide, le plus souvent incolore, quelquefois légèrement ambré et même rosé, le poiré est véritablement un produit de choix. Mis en bouteilles avec toutes les précautions désirables, il y acquiert de sérieuses qualités de corps et devient mousseux. Dans cet état, la confusion est possible entre le poire et les petits vins blancs mousseux de l’Anjou et de la Touraine, aussi a-t-il été utilisé souvent pour leur coupage. Ses véritables utilisations sont : la consommation et la distillation. Elles sont suffisantes pour qu’on puisse espérer l’industrialisation de sa fabrication d’après les méthodes suivies pour le cidre et en voie de réels progrès.
- Actuellement, les bonnes années, on produit dans l’Orne, la Manche et la Mayenne, un million d’hectolitres de poiré. Les trois cantons de Domfront, Passais, Juvigny peuvent produire à eux seuls, dit M. A. Chevalier, 200 ooo hectolitres de poiré. Des fermes de io hectares en fabriquent jusqu’à 200 hectolitres à l’année. On cite des champs de vieux poiriers qui ont fourni 5o et 75 hectolitres à l’hectare. Certains de ces arbres mesurent 20 m. de haut, ont un tronc de plus de 1 m. de diamètre et donnent jusqu’à 25 hectolitres de poires. On ne possède pas de données aussi précises sur toutes les régions pirifères de. France et notre production nationale de poiré ne peut être évaluée sérieusement.
- Maintenant, pour terminer, un conseil aux touristes, aux vrais touristes qui cherchent à vivre la vie des pays qu’ils traversent : restez quelque temps dans la région de Domfront (Orne) et buvez-y du poiré! Que ça soit au sortir des profondes futaies de la forêt d’Andaine si richement variée dans ses vallonnements, ses essences, ses percées, ses ruisseaux ou devant l’immense et délicate étendue des vergers telle qu’on la voit à la lisière d’une pineraie au-dessus du village de Peyrou ou à la pointe du vieux château de Domfront, ou encore du haut du tertre Saint-Anne dominant la célèbre cassure géologique où se glisse la Yarenne poissonneuse; au retour de toutes ces promenades, le verre de poiré tonique et rafraîchissant avec son pétillement d’une honnête gaîté sera évocateur de toute la beauté de cette riche et tranquille contrée. v Albert Piano.
- 4üd
- HYGIENE ET SANTÉ
- >•
- LES PIQURES DE SCORPIONS
- Ayant habité 19 ans en Haute-Egypte, puis 2 ans au Caire et étant maintenant depuis 3 ans en Moyenne Egypte, je me suis trouvé acquérir une petite expérience en matière de piqûres de scorpions dans ce pays.
- J’ai l’impression que les pertes de vies humaines causées par les scorpions en Egypte seulement dépassent 1 200 par an (réparties très inégalement suivant les différents mois) autant qu’il est possible d’en juger en l’absence non pas de statistiques, mais de toute exactitude dans les statistiques.
- 11 y a plusieurs espèces de scorpions inégalement
- nocives, quoique mal connues. Il semble que le degré de nocivité d’une même espèce ne dépende pas seulement de la quantité de venin injectée et de son rapport avec le poids de la victime {La Nature, n° 256g), mais que le degré de virulence du venin varie en outre suivant la saison, l’âge, le sexe et le mode de nourriture du SGorpion qui a piqué. Parallèlement, le degré de résistance du sujet piqué varie suivant la saison, le degré de fatigue et la dernière nourriture ingérée qui en modifiant la composition de son sang peuvent aggraver le résultat de la piqûre.
- p.2x188 - vue 639/663
-
-
-
- HYGIENE ET SANTÉ
- Il est donc particulièrement difficile, quand on soigne un patient avec succès, de déterminer de façon certaine s’il s’est rétabli naturellement, oii si la cure est due à la méthode employée; méthode dont l’efficacité ne peut être établie que par l’unanimité absolue des succès dans de nombreux cas, en un lieu donné (c’est-à-dire pour les une ou deux variétés de scorpions qui y résident).
- C’est cette difficulté qui explique l’emploi d’une variété infinie de remèdes, dont les plus bizarres eux-mêmes ont à leur actif quelques succès apparents malgré leur inefficacité spécifique certaine.
- i° Pierres (agates, cornalines, fluorines, sardoines) ou monnaies (Alexandre le Grand, Antonin le Pieux, dynastie arabe des Omniades ) anciennes portant un scorpion gravé ou frappé. Le talisman doit être essayé ( ! ?) car il peut n’avoir jamais reçu de vertu magique ou bien l’avoir perdue. Mettre le talisman dans un endroit où l’on a enfermé plusieurs scorpions en leur laissant la latitude d’aller et de venir. Si les scorpions sont attirés parle talisman et tombent en arrêt devant lui, c’est qu’il est « bon ». Si les scorpions continuent d’aller et de venir sans s’en occuper tout comme si le talisman n’existait pas, c’est que son charme s’est éventé ! ! !
- Donc, en cas de piqûre, mettre le talisman (reconnu bon jadis par son propriétaire) dans un verre d’eau. Après quelques instants boire l’eau et poser le talisman sur la piqûre. Pour peu que le propriétaire du talisman ait un pouvoir de suggestion suffisant, il parviendra à vous faire voir le venin qui ressort de la piqûre? Seulement il y a toujours des patients qui ont l’esprit de contradiction poussé au point de mourir quand même!
- 2° Lecture de certains passages des Théotokies (office copte de la Vierge Marie) par des moines vénérables ou des sacristains renommés. La concurrence s’est portée jusque-là et il y a des gardiens de mosquée qui consentent également à psalmodier certaines sourates du Coran particulièrement recommandées par le Cheikh el Rifai qui charmait les animaux immondes. Il est certain que ce sont là d’excellents moyens de préparer les patients, chacun suivant sa religion, à... se soumetti'e à la volonté du Seigneur Dieu (c’est la formule employée ici par périphrase,)...
- 3* L’huile de scorpions (La Nature, n° 2665). C’est un remède turc plutôt qu’égyptien. Malgré que je mette avec attention beaucoup de scorpions dans le formol pour les envoyer à M. Paillary (le spécialiste en la matière) je n’en ai jamais vu se tuer eux-mêmes. Celte légende, comme celle du suicide par le feù, tient probablement à ce qu’avant de mourir la bête prend instinctivement sa position de défense : le dard porté en avant par la queue recourbée au-dessus de la tète ; et que dans les mouvements convulsifs de son agonie elle peut paraître faire effort pour se piquer elle-même à un observateur superficiel. Il y a aussi (pour ceux qui n’aiment pas l’huile) le vinaigre de scorpions. Enfin, la purée de scorpions écrasés sans huile ni vinaigre vient compléter cette salade de remèdes qui consentent parfois à ne pas tuer ceux qui sans eux auraient guéri naturellement. Il est inutile d’en citer davantage ; dans tous les pays du monde, les remèdes de bonnes femmes sont aussi nombreux qu’inefficaces.
- 4° Il ne faut pas les confondre avec le remède empirique. Débridage absolument immédiat de la plaie (souvent avec un tesson de verre ou de poterie), ligature énergique du membre à la seconde même, puis massages centrifuges habiles du membre et au besoin des omoplates et du côté gauche dans les cas graves ; si l’intervention a été très rapide, elle donne des résultats appréciables. Elle doit en tous les cas constituer la période d’attente de secours plus effectifs. Le patient doit toujours être de suite enveloppé dans des vêtements ou une couverture de laine et être mis à l’abri du vent.
- Le débridage tardif semble inutile, le poison étant déjà entré dans le torrent circulatoire où le patient raconte toujours qu’il le sent progresser de plus en plus vite au fur et à mesure qu’il s’éloigne de la piqûre (sic! ?)j dans le sens de là circulation veineuse. Les ventouses sont également trop longues à aller chercher et à mettre et il est généralement impossible de les placer aux extrémités piquées. Malgré le crédit immémorial accordé par les Egyptiens aux ventouses, aux ventouses scarifiées et saignées, dont ils abusent plutôt, je ne les leur ai jamais vu employer contre les piqûres de scorpions (La Nature, n° 2681 du 22-8-1925);
- 5e Piqûres diverses et injections de sérum antivenimeux spéciales contre les scorpions. Je reste sceptique sur les possibilités d’application pratique plutôt que sur leur efficacité spécifique. Les sérums ne se conservent actifs que peu de semaines, surtout dans les climats très chauds. Or, les piqûres les plus fréquentes sont en automne, à la fin des chaleurs, alors que le sérum que 1 on peut trouver en dépôt, même s’il est relativement récent, a déjà perdu la majeure partie de son pouvoir d’immunisation (c’est peut-être pour cela qu'on a dit trop vite qu’il n’en avait jamais eu!)
- Mais surtout, les délais pour obtenir la nuit un méde-decin et sa seringue et pour qu’il aille se munir des ampoules (sérums ou injections diverses) sont tels en pratique, que quand il arrive, ou bien jle patient presque remis n’en a plus guère besoin, ou bien le malheureux n a plus besoin de rien à jamais.
- II. faut souligner le fait que les scorpions étant une famille zoologique très différente des reptiles n’ont pas le même venin. En conséquence il est illogique d’essayer de neutraliser le venin-des scorpions avec du sérum contre les morsures de serpents, au même titre que d’essayer de soigner les maladies les plus différentes avec une panacée universelle.
- 6° Après beaucoup d’essais le seul remède qui ne m ait pas donné de mécomptes est l’ammoniaque employée comme suit : d’abord faire vomir artificiellement tout,ce qui est dans l’estomac, et si le patient a mangé des choses particulièrement acides (Mich : lait aigre ou mehallel : cornichons ou navets ou raves au vinaigre, qui sont des aliments du soir en temps chaud, c’est-à-dire au moment et à l’époque des piqûres) faire boire et vomir à nouveau pour laver si possible l’estomac. Puis : enfant 4 à 6 gouttes, femmes 8 gouttes, hommes 10 à 12 gouttes de bonne ammoniaque (non éventée) dans un quart de verre d’eau. Si l’effet est un peu lent, on peut redonner une demi-dose 1 heure après, mais c’est presque toujours inutile L’effet est rapide surtout si on y joint les massages (et particulièrement ceux au bas des omoplates) mentionnés à l'empirisme. On peut aussi occuper le malade en lui mettant un peu d’ammoniaque pur sur la piqûre, ça l’amuse généralement et ça ne peut pas lui faire grand mal, ni grand bien.
- Tous les sujets sont unanimes à décrire d’eux-mêmes la progression de la neutralisation du poison dans leur organisme suivant le sens de la circulation artérielle, c’est un fait, je laisse à plus savant le soin de l’expliquer.
- J’ai traité environ 3oo cas de 1907 à 1916 dont certains désespérés sur des patients en voie de tétanisation.
- Je n’ai connu qu’un seul insuccès dams un cas où il y avait doute sur l'origine de la piqûre. 11 s’était produit une extraordinaire congestion pulmonaire et des troubles dans la vue et la station, inhabituels après la( piqûre du scorpion. J’ai toujours supposé que ce cas provenait d’un Defeïne qui est un reptile, ce qui expliquerait que (malgré une légende mal fondée) l’ammoniaque soit restée sans effet.
- L’ammoniaque, comme je l’ai indiqué, est un remède simple, peu coûteux, d’un emploi rapide et exigeant seulement quelques précautions de bouchage et un renouvellement semestriel. Il serait désirable d’enregistrer les résultats d’un grand nombre d’essais faits un peu partout pour pouvoir ensuite prolonger la méthode dans les régions où elle aura réussi.
- Il n’est pas inutile de savoir, ne serait-se que pour les fuir, quels sont les lieux d’élection des scorpions. En Egypte la réponse est nette : partout où il y a (ou partout où il y a eu dans un passé récent) des excréments d’hommes ou d’oiseaux.
- Dans le désert : les carrières, les anciens camps, les grottes, les cimetières sont toujours peuplés. Dans la vallée du Nil : les terrains vagues des villages, les tas dé pierres et de décombres, les amas de fumier et d’ordures , les perrés des digues, les débarcadères, les gares, les fentes et trous des murs, et enfin, et surtout les cabinets, les poulaillers, et pigeonniers sont sujets à caution. De même le cœur ou la fibre de certains palmiers qni ont été choisis pour perchoir nocturne parles moineaux. Eviter d’habiter le rez-de-chaussée des maisons, surtout quand il est humide.
- Les chats et les poules tuenTles scorpions ; les chiens se font tuer par eux. La lumière attire beaucoup les
- p.2x189 - vue 640/663
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- «
- VJSS,
- JW
- scorpions surtout quand elle est en rais, comme par exemple le pinceau lumineux qui passe sous la porte mal jointe. Certaines odeurs et fumées (poivre rouge, encens.,..) passent pour les mettre en fuite.
- 11 me reste à souhaiter à tous les lecteurs de n’ètre jamais piqués....
- Marcel J long musc ii.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L abondance des demandes de renseignements qai parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature obbge à limiter strictement les réponses aux lettres présen-tant un caractère d intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances £l ne peut être, en général, répondu immédiatement ’
- Communications. — A propos des prévisions météorologiques de R. P .Fournier en i G4 3 et des petits soleils.
- Nous recevons de M. le Colonel Noir la lettre suivante :
- « Dans le n°2 686 de La Nature (Les études physiques du globe, de M. Doublet), je lis à la page ao3.
- « Si le soleil produisant en l’air des parties (?) ou petits_ soleils darde quelques rayons sanglants, etc... (extrait du traité d’hydrographie du P. Fournier, paru en i643).
- « Voulez-vous me permettre de vous communiquer à ce sujet un souvenir personnel qui intéressera peut-être vos lecteurs ?
- « Depuis longtemps, dans l’Eglise de France, l’usage s)est établi de renvoyer au dimanche suivant la célébration de la Fête-Dieu. Les paysans de l’Ouest oui, presque jusqu’à nos jours, considéré cette coutume comme sacrilège et continué à chômer la fête à sa date, dans la crainte que le travail en un pareil jour ne portât xnalheur à leurs récoltes.
- « Il y a quelque iS ou 3o ans, m’étant rendu par hasard . dans une métairie-, précisément un matin de bête-Dieu, je. ne fus pas peu surpris de voir tous les habitants assis en rang le long d’un mur, l’air consterné.
- « — Qu y a-t-il? qu’avez-vous ? demandai-je.
- « — Oh ! Monsieur, c’est aujourd'hui la Fête-Dieu : nous avons vu ce matin un miracle effrayant. Pendant dix minutes, le soleil a lancé des boules, comme de petits soleils qui partaient dans tous les sens.
- « Comme bien vous pensez, j’attribuai le phénomène à une hallucination ou à une suggestion commune à toute la famille et je n’y pensai plus.
- <c Bien des années après, quel ne fut pas mon étonnement quand, un matin d’été, peu après le lever du soleil, je m’entendis appeler par la femme de chambre de ma femme, qui me criait effarée : que Monsieur vienne voir! le soleil lance des boules!
- « J’accourus. Le ciel était très pur, mais le soleil était sans rayons, peut-être par suite d’un excès d’humidité dans 1 atmosphère. Bref, sans la moindre fatigue, on pouvait fixer le disque encore assez éclatant. Je fixai 1 astre avec persistance, dans l’attente très incrédule dü phénomène. Or il ne tarda pas à se produire. Une quantité de disques blanchâtres, quelques-uns gris, très peu avec une vague coloration, tourbillonnaient autour du soleil, d’un diamètre sensiblement moindre que le dia-rnètre apparent de l’astre.
- « L’explication est trop simple pour que j’insiste. Le phénomène, à n’en pas douter, est dû à une réaction rétinienne. Elle ne peut se produire que si l’astre, dans, un ciel pur, est facile à fixer, c’est-à-dire dans des conditions particulières et assez rares. -— Les anciens marins én ont-ils tiré des indications utiles ? Il importe peu, je crois, mais il est intéressant de constater que 1 histoire des petits soleils n’est pas un rêve de leur imagination et que là encore, comme dans beaucoup d’autres cas, ils ont bien observé. »
- A propos du séchoir de plafond (n° 2690). — M. L.-H. Webber, 24, rue de la Rochefoucauld, Paris, nous écrit qu’il est fabricant de cet appareil.
- Appareils à polycopie. — « Depuis une dizaine d’années existe dans les Empires Centraux un appareil à polycopier constitué par une glace dépolie. La matrice, écrite avec une encre spéciale, est mise en contact avec
- la glace préparée et nettoyée an préalable par un premier liquide incolore et assez mobile. On retire la matrice au bout d’un temps plus ou moins long, puis on étend sur la glace un second liquide dont la consistance et le goût rappellent la glycérine.
- Enfin, avec, un tampon garni d’encre grasse on frotte la surface de la glace sur laquelle apparaissent les traits correspondant à ceux de la matrice.
- Ces appareils ont fait leur apparition en Franc'e.
- Un abonné pourrait-il me faire savoir comment éviter l’adhérence de l’encre grasse dans les blancs, au cours du tirage, quand l’adjonction du second produit ne suffit pas ? Les insuccès ne seraient-ils pas dus à une préparation défectueuse des produits? à des encres grasses préparées pour d’autres usages ?
- Tous renseignements sur manière de tirer de ces appareils le parti que promettent les modes d’emploi et sur les produits à utiliser ou même à préparer soi-même seraient reçus avec reconnaissance. » A. S.
- 1
- Répoïises. — M.R.D., à Tananarive (Madagascar;. — Au sujet de micas, voici quelques adresses de firmes :
- Comptoir des micas, 2, rue Edmond-Gondinet, Paris, i3e; Comptoir Souchal et Déchelette, 2, rue Béranger, Paris, 3e; Oppenheimer etCie, 28, rue Bergère, Paris, 9e; Brufack, 90, boulevard Richard-Lenoir, Paris. ii°; Etablissements Poulain et Gallet, 54, rue de Maistre, Paris, 18e; Société des graphites de l’Aukara-tra, 16, rue delà Pépinière, Paris, 8e; Herman-Sonheur, représentant de la Richmond Mica C°, 51, faubourg Poissonnière, Paris, 9° ou à Anvers (Belgique).
- T. S. F. — M. L.-B., à Castres. — Choisissez pour votre montage un potentiomètre de 200 à 400 ohms. Si cet élément était de trop faible résistance, il causerait une perte de courant importante, puisqu’il est connecté aux bornes de la batterie de chauffage.
- Il est probable que l’emploi de cet accessoire vous permettra d’obtenir une bien meilleure audition, votre dispositif de réaction sera plus facile à régler, et l’appareil beaucoup plus stable.
- M. Bertrand, à Bruxelles. — 1“ Pour le choix d’un appareil de récepLion vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique, par P. Hémardinquer (Masson éditeur).
- Nous pensons que, dans votre cas, la réception sur cadre sera préférable et qu’avec un amplificateur à 5 lampes ou une superhétérodyne vous pourrez entendre en bon haut parleur la plupart des radio-concerts européens.
- 20 La fabrication des lampes à faible consommation a été très améliorée depuis quelque temps, il n’y a donc aucun inconvénient à les utiliser en employant, bien entendu, des rhéostats de chauffage spéciaux de plus grande résistance.
- Il suffit d’une batterie de piles sèches pour alimenter un amplificateur muni de ces lampes, mais il est encore plus économique d’adopter un petit accumulateur de 4 volts de faible capacité (20 ou 3o ampères-heure).
- M. Henri B., à Paris. — La section du circuit magnétique d’un transformateur à basse fréquence est beaucoup trop faible pour l’usage auquel vous le destinez. Le fil que vous voulez employer a également une sec-, tion beaucoup trop faible.
- M. J. Wagner, à Toulouse. — 10 11 nous semble que les craquements constatés dans votre amplificateur proviennent simplement de l’emploi de lampes défectueuses.
- 20 Vous avez oublié dans votre schéma de placer dans le circuit de grille de la lampe détectrice le condensateur shunté qui est absolument indispensable..
- 3° Nous croyons que le type d’antenne qui vous don-, nera les meilleurs résultats sera le modèle [prismatique de i5 à 20 m. de long.
- p.2x190 - vue 641/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Nouveau traité de mathématiques générales, par Eug. Fabry. Tome II (4° édition), i vol, 276 p. J. Hermann, éditeur, Paris, 192.5. Prix : 40 francs.
- Le traité de méthématiques de M. Fabry comprend le bagage de mathématiques supérieures nécessaire et suffisant pour abordée avec fruit l’étude de la physique ou de la mécanique. L’exposé en est très clair et d’une lecture aisée ; l’auteur a volontairement laissé de côté les développements trop complexes ou trop subtils, pour rester dans le cadre d’un enseignement aussi élémentaire que possible. Ce volume traite les sujets suivants : différentielles, intégrales indéfinies et définies, intégrales doubles, intégrales curvilignes et de surface ; équations différentielles et équations aux dérivées partielles ; chapitres essentiels de la mécanique rationnelle, principes fondamentaux de la théorie de la résistance des matériaux et de la théorie des erreurs.
- Peut-on prédire le temps? par Jean Mascart, i vol. 74 p., M. Aubin, Lyon, 1924.
- M. Mascart était particulièrement désigné pour répondre à cette délicate question, puisque, sous sa direction, l’Observatoire de Lyon joue un'rôle important dans l’étude de la météorologie et publie régulièrement des études climatologiques et des pronostics à long terme. Les conclusions de l’auteur sur la possibilité actuelle de prédire le temps sont assez sceptiques ; mais il estime que la solution de ce difficile problème n’est pas impossible et qu’elle a été surtout retardée par le manque d’organisation et d’esprit scientifique. Le lecteur appréciera, à ce sujet, les critiques vives et spirituelles dirigées contre certaines méthodes employées jusqu’ici. L’ouvrage de M. Mascart constitue un résumé d’ensemble des problèmes multiples qui sont à la base de la prévision du temps ; il permettra au lecteur de se rendre compte de l’état actuel de cette question si importante, et à,laquelle les besoins de la navigation aérienne donnent aujourd’hui un regain d’actualité.
- Le chauffage industriel, par H. Le Ciiatei.ier , membre de l’Institut, 3° édition, 1 vol. 16 X ^5 de 556 p., avec 100 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1925. Prix broché : 48 francs.
- Le traité de M. Le Chatelier est aujourd’hui un ouvrage classique : la préoccupation essentielle de l’auteur est de traiter scientifiquement le problème si complexe du chauffage et de démontrer les services que peut et doit rendre à l’industrie l’application des lois fondamentales de la physique et de la chimie, ainsi que l’emploi systématiqué de la méthode scientifique. L’éminent savant s’attache avant tout à l’analyse du phénomène de la combustion ; puis il passe en revue les différents combustibles, et il étudie les différentes espèces de fours où on utilise leur chaleur de combustion. Quelques pages sont consacrées aux fours électriques. Cette nouvelle édition est presque identique à la précédente, à part quelques légères additions tenant compte de travaux récents.
- The Anthocyanin Pigments of Plants, par Muriel Wiieldalk Onsi.ow. 2° édition, 1 vol. in-8°, 314 p. Cambridge Univérsity Press, Cambridge. Prix : cartonné, 21 sh.
- Les pigments qui colorent les plantes et leurs fleurs ont donné lieu à un très grand nombre de travaux botaniques, chimiques et génétiques, mais aucune étude d’ensemble n’en avait encore été faite.
- L’auteur examine la distribution morphologique et histologique de l’anthocyanine, puis ses propriétés chimiques et ses réactions, encore assez mal connues, sa préparation, les facteurs physiologiques qui agissent sur sa formation et les rôles d’écran pour les radiations qu'on lui a attribués. La seconde moitié de l’ouvrage est consacrée aux questions de génétique liées aux couleurs des plantes; on sait que l’albinisme, les colorations bleues, rouges, etc., les inégalités de pigmentation jouent un très grand rôle dans les études des généticiens, la sélection des plantes et des fleurs,
- la pi'oduction des nouvelles variétés horticoles. L’intérêt tant théorique que pratique de cet ouvrage est donc considérable.
- Die gasanalytischet Methodik des dynamischen Stoff-wechsels, par le Dr Wilhelm Klein et Maria Steubek. 1 vol. in-8°, 99 p., 20 fig. Georg Thieme, Leipzig. Prix : 5,4o marks.
- L’analyse correcte des gaz de la respiration est à la base d’un très grand nombre de données physiologiques de première importance pour la connaissance de l’énergétique humaine. Ces mesures simples au premier abord, puisqu’il ne s’agit de^doser que l’oxygène et l’anhydride carbonique, nécessitent cependant une très grande précision et des corrections multiples. Ce petit livre est un manuel technique qui passe en revue les méthodes classiques, décrit les appareils, leur manipulation et se termine par une série de tables numériques fournissant les données indispensables.
- Notes de voyage paléolithique en Europe centrale, par l’abbé H. JBreuil. i broch. ’in-8°, 83 p., Sq fig. Institut de Paléontologie humaine. Extrait de Y Anthropologie. Masson et Cie, Paris.
- Etude de nombreux et intéressants objets recueillis en Hongrie, en Bohême et en Moravie, dans le loess et dans des cavernes : haches, pointes de flèches, grattoirs, os travaillés, statuettes, etc.
- La préhistoire par les étoiles, par le Dr M. Baudouin. 1 vol, in-8, 32g p., 119 fig. Maloine, Paris. Prix : 22 francs.
- Le soiis-titre du livre indique la thèse très originale soutenue par l’auteur : « un chronomètre préhistorique; l’orientation stello-solaire des monuments préhistoriques ; découverte de ses lois et rites du culte correspondant.
- Topo-guides de Savoie. I. Le Bonhomme. — Touring-Club de France (Comité. Tourisme en montagne). Echelle 1/40.000° 1925. Prix : 2 francs.
- Première feuille d’une série savoisienne à l’usage du public non topographe. On a réduit le relief du sol aux principales lignes de crête et aux langues de glacier, mais en maintenant un nombre de cotes d’altitude bien suffisant pour apprécier les hauteurs relatives. Des Contamines au voisinage des Chapieux, on possède ainsi un tableau clair (en 3 couleurs) des chemins et sentiers du joli Yal Montjoie tout entier et des trois cols si embrouillés et désolés du Bonhomme (2329 m.), de la Croix du Bonhomme (2476 m., refuge T. C. F. à 2444 m ) et des Fours (2663 m.), à la jonction du Faucigny, de la Tarentaise et du Beau-fortin. On y a utilisé les points de triangulation de H. et J. Yallot.
- Topo-guides du massif de la Chartreuse édité par les syndicats d’initiative du pays de Chartreuse (1924-1926). Six feuilles à l’échelle du 3o.ooo“. Trois ont paru. II. La grande Sure. IY. Le grand Boni (EsJ). YI. Chamechaude.
- Très curieux essai de cartes sans terrain, qui ne vise certes pas à remplacer les cinq belles feuilles au 20.000° de M. Buisson (Paris, Barrère, 1918). Mais le relief est indiqué par d’épais tracés de crêtes et par un signe d’escarpements rocheux. Pour les forêts on a eu l’idée ingénieuse de coucher une figure d’arbres dans le sens de la pente du terrain et il y a de nombreuses cotes. En trois couleurs c’est fort clair. La viabilité (en rouge) est particulièrement soignée (pancartes repères, chemins à éviter, lettres d’itinéraires, etc.). Au verso, il y a le détail et l’horaire des itinéraires. C’est, en somme une nouveauté éminemment pratique et maniable pour les promeneurs. Premier spécimen français, très réussi, dans sa forme simplifiée, des « markierte-Wege-Ivarten » si populaires et nombreuses en Autriche et Allemagne, longtemps avant la guerre. Prix : 1 fr. 5o la feuille.
- p.2x191 - vue 642/663
-
-
-
- LA NÀTURË
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N* 2698
- 19 Décembre 1925
- Avis de l'Administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment nos abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 décembre, n" 2699, de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, par notre compte postal n° 599,1e montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 25 décembre aux abonnés qui nous ont versé directement, cette année, le montant de leur souscription et qui 11’ont pas -utilisé le chèque postal qui leur a été adressé.
- L’assèchement des instruments d’optique. — La
- buée et les gouttes d’eau qui se déposent sur les verres des instruments d’optique sont fort gênantes ; cette gêne est particulièrement grave lorsqu’il s’agit d’instruments nécessaires à la marche ou à l’emploi d’un navire, par exemple les télémètres des navires de guerre et les périscopes des sous-marins. Le moindre défaut d’étanchéité permet l’entrée d’air humide ou d’eau à l’intérieur de l’instrument, si bien que l’air de remplissage est saturé de vapeur d’eau et que le moindre abaissement de température provoque des condensations importantes et fâcheuses.
- Un ingénieur du Génie maritime, M. Perrin, a imaginé une méthode élégante pour remédier à cet inconvénient. Nous en trouvons la description dans le Bulletin Technique du Bureau Veritas.
- Elle consiste à faire tout d’abord le vide dans l’enceinte à assécher ; on utilise à cet effet un appareil très simple : un éjecteur à air, dans lequel un jet d’air comprimé s’échappant à grande vitesse par une tuyère con-vergente-divergente entraîne dans un diffuseur l’air qu’il rencontre et aspire ainsi celui qui se trouve à l’intérieur de l’instrument. La pression y est alors abaissée à-8 cm de mercure. L’air moteur au cours de sa détente dans l’éjecteur se refroidit considérablement et sa température peut descendre jusqu’à — i5°. Il se débarrasse par suite de toute son humidité, l’eau qu’il contient se congèle ; c’est sur cet air froid et rigoureusement sec que l’on prélève l’air que l’on enverra ensuite, dans l’en,ceinte de l’instrument d’optique pour y rétablir la pression atmosphérique. On le réchauffe au préalable au moyen d’un circuit électrique entourant le tube de remplissage.
- En somme on extrait l’air humide et on le remplace par de l’air sec et chaud ; on enlève ainsi presque instantanément la buée sur les verres d’un périscope; des gouttes d’eau sont enlevées en quelques minutes.
- Quelques composés de l’antimoine employés en émaillerie. — U y a bien longtemps que les émaux et glaçures des faïences et des porcelaines sont connus. Il en est de même des émaux opaques employés dans les industries des objets émaillés de l’économie domestique, bien que cette industrie soit récente par rapport à la céramique proprement dite, quia des millénaires derrière elle.
- Les opacifiants les plus divers ont été et sont employés. Il en est un, qui jusqu’ici ne'pouvait pas être évité malgré son haut prix, l’oxyde d’étain. Mais dans ces derniers temps, son prix, commandé par le marché anglais et le haut cours de la livre, a été tel que son emploi est devenu prohibitif pour les émaux bon marché. En effet, l’oxyde d’étain neige dit du procédé Berthon a atteint 3o francs le kilogramme. Aussi s’est-on tourné vers un opacifiant bien meilleur marché, et, dit-on, aussi bon ou à peu près, l’oxyde d’antimoine, Sb203, qui vaut actuellement 7 francs le kilogramme. Il pourrait être vendu bien moins cher encore, puisque nous avons en France de nombreuses mines d’antimoine riches et bien exploitées.
- Telles sont par exemple les mines de la Lucette dans la Mayenne, celles de Rochetrejoux dans la Vendée., celles de Massiac dans le Cantal, celles d’Auzon dans le.Plateau Central, sans parler de mines qui pourraient être exploitées en Corse et qu'on dit très riches, mais d’accès difficile. A certaines mines comme la Lucette, F exploitation, a été dirigée, surtout dans. le. passé pour l'extraction des sulfures; antimoniures et arsénioeulfures
- aurifères. Il en a été de même aux mines du Châtelet.
- En tout cas, nous n’avons nullement besoin d’importer à haut prix des composés antimonieux ni d’Amérique ni d’Angleterre. Certaines firmes anglaises d’ailleurs, pour , vendre plus agréablement leurs produits, les vendent sous la forme d’une « Fritte » à îopour 100 d’antimoine ; mais les céramistes et émaillistes ont intérêt à la faire eux-mêmes.
- Des essais ont été entrepris avec la ténacité la plus grande en vue de savoir si les émaux opacifiés à l’aide de l’oxyde d’antimoine pouvaient être nocifs ou* non pour l’alimentation. On a fait mitonner des soupes et des ragoûts durant des mois et l’on n’a pas, dit-on, trouvé d’antimoine dans les filtrats, même à l’état de traces infimes. Il en a été de même pour le lait et les bouillies de la première enfance.
- D’ailleurs, 1 antimoine a des usages très nombreux; alliages les plus divers, peintures à haut pouvoir couvrant, alliages antifriction, fabrication de moules dits en régule employés dans le moulage des mélanges de caoutchouc et de certaines matières plastiques dans les cas où l’on n’exige pas trop de pression. On arrive ainsi à diminuer considérablement les prix du moulage par rapport aux moules en acier « poliglace » dont les prix sont souvent prohibitifs.
- Dans ces derniers temps, on est arrivé àfabriquerun produit à base d’antimoine et de sélénium appelé pourpre de sélénium cadmifère qui donne dans l’industrie des émaux domestiques sur tôle des résultats merveilleux. Quand le sélénium domine, on a des pourpres de toute beauté ; quand l’antimoine domine, on a alors des émaux orangés moins beaux. Mais dans l’un comme dans l’autre cas, les émaux obtenus ne sont pas nocifs dans l’alimentation.
- Nous sommes donc loin du temps où le mot antimoine faisait frémir certains médecins et où le Dr Sangrado cher à Lesage entrait en fureur rien que d’en entendre parler.
- Voici encore quelques applications des composés antimonieux qui peuvent intéresser le lecteur :
- Bouges d’antimoine, qui, sous le nom de « cramoisis d’antimoine » (oxysulfures), de vermillons et de soufres dorés (sulfures à teneurs variables en soufre libre), servent à la coloration et à la vulcanisation du caoutchouc souple pour tuyaux et chambres à air, ainsi qu’à celle des objets en ébonites rouges, en fvorines colorées et toutes autres matières plastiques montées.
- Jaune de h aples ou antimoine de plomb, couleur peu employée, mais dont, certains peintres et chromotypographes prétendent ne pas pouvoir se passer, pour obtenir des tons « chair » de certaines catégories de figures humaines.
- • Antimoine précipité métallique et Beurre d’antimoine ou trichlorure d’antimoine qui servent à obtenir le « bronzage » des canons d’armes à feu.
- Laetate d'antimoine, fluorure d’antimoine, fluoro-métique et émétique lui-même employés en teinture et en pharmacie galénique, ce dernier depuis un temps immémorial.
- Enfin, dans ces derniers temps, les Allemands ont découvert certains composés de l’antimoine sous le nom d’Eulan, brevets Baeyer, etc., qui sont à base d’antL moine et qui seraient d’admirables antimites et. conservateurs des laines et des fourrures, poils et peaux divers. A. IIotin.
- Production de l’écorce à tan en Tunisie. — Les
- forêts de chêne-liège de la Tunisie produisent l’écorce à tan.
- Le tanin est extrait uniquement du liber. La couche génératrice, d’une êouleur rouge vif sur. les arbres non mis en production, contient jusqu’à 19 pour 100 d’acide tannique. Sur les gros arbres, son épaisseur peut atteindre 3o à 40 mm.
- Le tanin du tronc est, à de. rares, exceptions près, plus épais que celui, des branches.
- Qn exploite, principalement, les parties de l’arbre non démuselées, la partie supérieure, du tronc et les branches principales.
- Le poids, d'écorce à tau. que peut donner un chêne-liège dépend de la surface exploitée, et de l'épaisseur de
- 20
- p.2x192 - vue 643/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- liber. Le""premier de ces éléments est facile à évaluer pour le tronc du moins. Quant au second, il ne peut être apprécié assez exactement que par des sondages à la hache sur le tronc et sur les branches. Le poids du mètre carré d’écorce à tan est fonction de l’épaisseur. Après dessiccation ce poids est d’environ i kgr par millimètre d’épaisseur, chiffre qui peut servir de base à l’estimation des rendements probables des coupes à tanin.
- Un chêne-liège non démasclé de i m. de circonférence à 2 m. 5o du sol, et de 5 m. de hauteur de fût, avec écorce de 20 mm. d’épaisseur, produirait donc au minimum un quintal métrique de tanin.
- La levée des écorces à tan n’est possible qu’à l’époque de la circulation de la sève, de fin mai à fin août. Les plaques constituant la couche à tanin sont détachées à la hachette, puis exposées au soleil et, après dessiccation, on les met en sacs pour les conserver dans des locaux secs et bien aérés. La teneur en tanin diminuerait sous l’action de la pluie. H. B.
- Un pays qui se dépeuple. — L’Eslhonie est un pays dont les données ethnographiques sont assez exceptionnelles. Il s’agit d’une contrée qui comprend actuellement 47 000 km2 et qui, d’après le dernier recensement, compte 1 707 000 habitants, ce qui donne une densité de 23 habitants par km2. L’Esthonie est donc un des pays les moins peuplés de l’Europe.
- La population citadine qui est répartie en i3 villes ne comprend que 263 000 habitants dont 122000 pour la capitale Tallin (Reval).
- Bien que ce pays soit très agricole, le chiffre des naissances y est très faible. Déjà avant la guerre, le gouvernement d’Esthonie était le gouvernement de Russie où les naissances étaient le moins nombreuses : 25 naissances pour 1000 habitants en 1911, contre une moyenne de 44>9 pour l’ensemble de la Russie. En 1921 et 1922 le nombre des naissances a été respectivement de 20,4 et de 19,7. Il est à remarquer que pour ces mêmes années les chiffres pour la France ont été de 20,7 et de 1 g,4*
- Les chiffres de la mortalité sont également assez élevés, de sorte que pour les mêmes années 1921 et 1922, l’excédent des naissances sur la mortalité n’a été que de 4,7 et 3,1 pour 1000.
- Ces divers chiffres sont intéressants à connaître. Ils montrent que la dépopulation en France n’est pas un phénomène unique et qu’il s’explique beaucoup plus par des raisons économiques que par des raisons de race, comme on le voit souvent prétendre.
- *»> 'Nouvelles de T. S. T.
- La radiophonie au Mexique. — La T. S. F. Moderne annonce qu’un programme très complet a été étudié par le Ministre de l’Instruction publique mexicain pour utiliser la radiophonie en vue d’instruire le public mexicain et spécialement les Indiens.
- Des postes récepteurs ont été établis dans tous les centres et les programmes des émissions, qui comprennent également des morceaux de musique, se rapportent essentiellement aux questions intéressant les Indiens.
- Les auditeurs de T. S. F. allemands. — Le nombre des auditeurs de T. S. F. augmente très rapidement en Allemagne ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer; bientôt même il semble qu’il dépassera celui des amateurs de T. S. F. anglais.
- Le mois de septembre a amené un contingent nouveau de 20000 auditeurs, ce qui, au icr octobre, porte leur effectif total à 872 6g5, ainsi répartis : Berlin, 375481 écouteurs; Breslau, 45g53; Francfort et Cassel, 61 36o; Hambourg, Brême, Hanovre, iio32; Konîgs-berg, 14164; Leipzig, Dresde, 103869; Munich et Nuremberg, 86 5g2; Munster, Dortmund, Elberfeld, 47 878; Stuttgart, 26 366.
- Des concours originaux par T. S. F. — La « Bri-tish Broadcasting C° » a annoncé pour les 7, 9 et 12 décembre le commencement d’un original concours par T. S. F. Il s’agissait d’un drame mystérieux qui s’est passé au « studio » le 7 décembre, et dont les auteurs ont été jugés le 9 durant l’émission de ce jour. Mais l’émission fut interrompue au moment d’apprendre la clef du mystère, et il s’agissait, pour les auditeurs, de discer-
- ner quelle aui'ait pu être la solution réelle du problème policier en question.
- Au cours de l’émission du 12 décembre, la solution exacte fut indiquée, et les noms des concurrents qui avaient envoyé les meilleures réponses furent proclamés.
- Un grand journal quotidien français a annoncé, de son côté, qu’il allait organiser un grand concours radiophonique. Il s’agira de^(déterminer le nom des auteurs de morceaux de musique ou de poèmes qui seront transmis au cours des émissions du poste Radio-Paris.
- Nouveaux essais américains d’émissions à grande puissance. — La General Electric C° a repris ses essais dlémission à grande puissance de 5o kilowatts avec un poste installé à Shenectady.
- Afin d’éviter toute erreur dans la comparaison entre l’émission normale de j5oo watts et l’émission de 5o kw, les essais sont faits au même endroit avec la même antenne.
- On a pu constater que les réceptions étaient plus régulières et dépendaient moins des conditions atmosphériques, par contre, les effets de « fading » n’étaient pas supprimés.
- La radiophonie dans l’Amérique Centrale et dans l’Amérique du Sud: — De nouvelles stations ont été installées au Mexique où le gouvernement fait tous ses efforts pour développer la radiophonie.
- Le président de la République de Bolivie vient de réglementer la radio-diffusion sur le territoire bolivien. Une taxe annuelle légère sera payée par tous les détenteurs d’un poste de réception.
- Il en est de même au Pérou où l’Administration des Postes doit veiller au payement de ces taxes.
- Le carillon du « Big Ben ». — Les amateurs de T. S. F. français ont souvent entendu, au cours des émissions anglaises, le fameux carillon de la Tour de Londres. Le journal Excelsior donne quelques détails sur la manière dont est installé le microphone qui permet d’obtenir ces émissions.
- Il s’agissait, avant tout, d’assurer la protection de ce microphone contre les agents atmosphériques.
- On a donc placé dans une enveloppe de coton, et enfermé le tout dans une vessie de foot-ball. Cette vessie est elle-même hermétiquement fermée à l’aide d’un vernis. Le tout est suspendu à une poutre à environ 3 m. au-dessus des cloches.
- Les stations espagnoles. — Le nombre des stations d’émission espagnoles, en fonctionnement ou en cours d’installation, est maintenant.relativement élevé. Voici, d’après la T. S. F. Moderne,“la liste de ces stations.
- lcw m.
- Barcelone...........EAJ1 1 3a5 En fonctionnement
- Madrid Radio Espana. EAJ2 3 3xo Fonctionne.
- Cadix..........EAJ 3 1 35o —
- Madrid.................EAJ4 1 3o5 En construction.
- Séville................EAJ5 1 35o Fonctionne.
- Madrid Radio Iberica. EAJ6 3 392 —
- Madrid Radio Union. EAJ7 6 408 Fonctionne.
- San Sébastian. . . . EAJ8 3 346 En essais.
- Bilbao............. . EAJ9 x 3oo Fonctionne.
- Cadix . ............EAJ10 1 33o —
- Bilbao..............EAJn 1 325 En essais.
- Asturias...............EAJ12 1 345 En construction.
- Barcelone ..... EAJi3 x 460 Fonctionne.
- Valence........EAJ14 1 4oo —
- Madrid Radio Espa-
- nola........EAJi5 1 490 —
- Carthagène..........EAJ 16 1 3oo Prochainement.
- Emplac. à déterminer. EAJ17 x 3oo —
- Barcelone...........EAJ18 1 3oo En construction.
- Oviedo..............EAJ 19 x 400 —
- A déterminer . . . EAJ20 1 400 —
- Séville.............. EAJ21 1 3oo
- Salamanque .... EAJ22 1 290 —
- Saragosse ..... EAJ23 x 325 —
- Valence................EAJ24 1 36o Ne travaille pas.
- Malaga ...... EAJ25 1 3^5 En construction.
- Malaga ...... EAJi5 1 400 —
- Nota. — Les puissances indiquées sont les puissances d’alimentation.
- p.2x193 - vue 644/663
-
-
-
- -<^D
- SCIENCE APPLIQUÉE
- oél
- C5K*
- Mécanique *$<&>
- Accéléromètre enregistreur. — Lorsqu’il s’agit d’étudier les accélérations de véhicules à moteur, de
- [Tl -y;
- . * "C., s*~' ys c « r ^ r
- * V4- ' ' - ’!r'rî' -4- :
- Fig. t. — Accéléromètre enregistreur Collins.
- wagons de chemins de fer, d’ascenseurs et en général de tous mobiles, on utilise un appareil appelé accélé-
- Fig. 2. Coupe de l’appareil.
- romètre. Il indique la manière dont se comportent les organes et permet d’étudier le fonctionnement des res-
- et permet de choisir quels sont les mieux adaptés à tel ou tel genre de traction.
- L’appareil dû à M. W.-C. Collins est un accéléromètre enregistreur, qui permet d’obtenir un diagramme sur un film de celluloïd transparent au moyen de l’action d’un style mobile. L’appareil peut être employé pour enregistrer les accélérations verticales ou horizontales suivant la position qu’il occupe.
- Sur la vue en plan de l’instrument (fig. 2), on distingue les différentes pièces de l’appareil qui est disposé pour servir à enregistrer les accélérations verticales.
- Une masse M est supportée par deux morceaux d’acier plat, JB et B,, et elle est reliée au moyen d’une tige d’acier additionnelle L à une autre pièce O, qui se meut sur deux couteaux K et K, La pièce O comporte une pièce d’aluminium plate A, l’extrémité de cette lame peut se mouvoir librement entre les pôles d’un électro-aimant E.
- Le style traceur S est fixé à la lame d’aluminium, par suite, tout mouvement de la masse M provoque des déplacements du style traceur qui décrit des courbes sur le film de celluloïd passant sur le rouleau R.
- Ce film est entraîné par un mouvement d’horlogerie qui n’est pas visible sur le schéma. La vitesse du film peut varier de 3 à 20 mm par seconde.
- Les courants qui sont provoqués par le déplacement de la lame d’aluminium entre lés pôles de lélectro-aimant amortissent le mouvement et permettent d’obtenir de la part de l’instrument des indications utiles.
- La période naturelle du système complet est approximativement de 25/1000 de seconde. La valeur de cette période donne une sensibilité d’environ 1 mm pour la mesure avec une accélération égale à g, c'est-à-dire 9 m. 81 par seconde. On peut obtenir des sensibilités diverses en modifiant les ressorts de contrôle qui commandent la valeur de la période de l’appareil, La pression du style traceur sur le film est rendue plus ou moins importante au moyen de la vis T.
- Une ligne marquant les temps est tracée sur le film au moyen d’un second style qui est actionné par un électro-aimant, lequel est relié à ün mouvement pendulaire qui donne un contact électrique à chaque seconde. On produit ainsi des espacements réguliers du temps qui permettent de fixer la durée des diverses accéléra-
- Fig. 3- Accélération verticale^d’homme normal.
- sorts, en rapport avec l’action des diverses surfaces des routes. 11 sert à comparer entre eux les divers bandages
- Fig. /j.— Accélération horizontale d’homme normal.
- lions tracées sur le film, On obtient des courbes qui indiquent de quelle manière les mobiles se sont comportés et l’action qu’a eue le déplacement au point de vue de l’accélération verticale et horizontale.
- C'est ainsi qu’on a obtenu des courbes avec des
- Fig. 5. — Accélération verticale d’homme ayant une jambe artificielle.
- voitures automobiles fonctionnant à différentes vitesses. On a même enregistré des accélérations avec l’ihstrü-
- p.2x194 - vue 645/663
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ment porté par un homme marchant au pas et par un autre opérateur amputé d’une jambe et muni d’une jambe artificielle.
- On peut faire ainsi des comparaisons très intéressantes
- Fig. C. — Accélération horizontale du même.
- qui permettent d’apprécier la valeur des appareils divers en vue des buts qu’ils doivent atteindre.
- Cambridge Instrument Cy, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- Objets utiles
- Punaise baïonnette et punaise à crochet. — 11
- n’est pas de petite chose que l’on ne puisse perfectionner, voire même les punaises.
- On sait que celles-ci ont généralement une pointe d’acier fixée à une tête de même métal ou de cuivre.
- Voici un inventeur qui, découpant et modelant la tête et la pointe d’nn seul coup, a eu l’idée de donner à celle-ci la forme triangulaire d’une baïonnette pour augmenter sa résistance et la faire mieux pénétrer dans les bois durs. Il obtient ainsi une punaise très solide dont la pointe ne plie pas et qui ne peut tournër dans son logement.
- Cet inventeur s’est préoccupé de faire servir le même objet à l’accrochage des bibelots légers sur les murs. Il a donc repris sa punaise baïonnette à poinle triangulaire, mais celte fois, il a orné la tête d’un motif artistique : damier, stries, décoration traitée en cuivre, en émail, etc., comme dans les boutons de manchette et il a ajouté à la tête un crochet auquel on peut pendre bien des choses. L’effet de ce clou d’un nouveau genre est très réussi.
- M. Géo Leighton, - ------'ri
- ig. 7. — Punaise baïonnette et punaise à crochet.
- rue Thorel, Paris.
- Calage des portes et fenêtres. — Dans les locaux de toutes natures, appartements, bureaux, écoles, hôtels, hôpitaux, laboratoires, etc., il peut être nécessaire ou tout au moins utile, à certains moments, de maintenir lès portes ou les fenêtres, celles-ci notamment, à une position d’entre-bàillement déterminée, soit que l’on veuille simplement aérer sans risque de chocs intempestifs dus aux courants d’air, soit que l’on cherche, en outre, à orienter les filets d’air dans la direction la moins gênante pour les occupants ou à faire obstacle aux regards indiscrets des voisins ou passants.
- L’appareil figuré ci-dessous répond à ce but et paraît devoir rendre de nombreux services, tant dans les villes ou agglomérations que dans les habitations rurales.
- 11 se compose d’un loqueteau, qui se fixe à l’angle supérieur du vantail ouvrant, et d’une plaque horizontale qui, placée au-dessus, est portée par le cadre dormant de la menuiserie. La plaque, en forme dé quart de cercle, est munie, à sa périphérie, de plusieurs encoches dans lesquelles peut s’engager le nez du loqueteau, quand celui-ci est relevé*
- Le loqueteau est manœuvré au moyen d’une chaînette ou d’un cordon qui lui est attaché par l’intermédiaire d’un petit ressort à boudin et dont l’extrémité libre pend, à portée de la main, le long du montant du vantail Ouvrant.
- Après avoir amené le vantail à la position désirée, si on tire la chaînette, le nez du loqueteau se relève et, en s’engageant dans l’encoche correspondante, immobilise le vantail. Ce calage devient définitif par l’accrochage de l’extrémité de la chaînette à un clou ou crochet planté çlaps je montant, à jiauteur convenable,
- Pour libérer le vantail, il suffit de décrocher la chaînette : le loqueteau retombe, par son propre poids, à sa position de repos. En vue de réduire au minimum cette
- Fig. 8. — Vantail libre.
- course de retombée, il est bon de planter au-dessous un clou à faible saillie contre lequel le loqueteau vient buter.
- Cet appareil s’applique aussi bien aux portes et fenêtres de balcon qu’aux fenêtres à appui. 11 est fabriqué en deux modèles, suivant qu’il doit être adapté à un vantail ouvrant à droite ou à gauche.
- Sur les” fenêtres à deux vantaux, il faut, en principe, deux appareils ; mais, généralement, la disposition des
- Fig. 9. — Vantail entr’ouvert et immobilisé.
- pièces permet de n’armer qu’un seul vantail; l’autre est maintenu complètement fermé pendant la période de calage du premier.
- Constructeurs ; Fontaine et G10, 181, rue Saint. Honoré, Paris,
- p.2x195 - vue 646/663
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- <
- LA LÈPRE EN FRANCE
- L’Académie de Médecine examine en ce moment la question de la prophylaxie de la lèpre en-France, à la suile d’un rapport de M. le professeur Jeanselme exposant la situation sanitaire de notre pays, en ce qui concerne cette maladie, rapport établi après une enquête faite par tous les services d’hygiène intéressés.
- <c A l’heure actuelle, dit M. le professeur Janselme, quelques foyers de la lèpre médiévale subsistent encore en Finance, mais ils sont en voie d’extinction. Perrin, de Marseille, avait estimé autrefois à une quarantaine le nombre des lépreux habitant les villages haut situés dans la vallée du Paillon (Alpes-Maritimes). En 1913, le médecin-inspecteur Balestre, « en calculant très largement », arrivait à un total de 33 malades pour tout le département des Alpes-Maritimes. En 1923, d’après une enquête faite par MM. Yigne et Boinet, le nombre des lépreux n’était plus que 10. En réponse au questionnaire de la Commission, M. Barbary, médecin-inspecteur des Alpes-Maritimes, nous communique le chiffre officiel de 12 lépreux dont 5 sont hospitalisés. Quant aux anciens foyers du Yar et des Bouches-du-Rhône, ils sont presque éteints. Toutefois, récemment, est entré à l’hôpital Saint-Louis un jeune lépreux de i3 ans originaire de La Crau.
- D’après Zambaco-pacha, une endémie assez vivace subsisterait encore dans le Sud-Ouest de la France et en Bretagne. Mais si l’on écarte les faits d’importation exotique constatés dans les ports’armoricains, si l’on élimine les cas de syringomyélie et de sclérodactyiie, etc., que Zambaco englobait indûment dans le cadre de la lèpre, cette maladie se réduit en Bretagne à quelques cas sporadiques. J’en ai signalé un autrefois (i8g5) sur un cultivateur de Pédernec, village de l’arrondissement de Guingamp. Cet homme était atteint d’une forme tuberculeuse floride et son mucus nasal était bacillifère. Malgré une enquête que j’ai faite sur place, il ne m’a pas été possible de découvrir l’origine de la contamination.
- « MM. Milian et Rouchy ont signalé l’existence de cas très disséminés de lèpre autochtone dans le département du Cantal, notamment dans l’arrondissement de Mauriac. M. J. Mazeyrie (thèse de doctorat; Lyon 1924) a relevé, sur le registre des entrées de l’hôpital de Tulle, 4 cas de lèpre tuberculeuse ou mixte dont 3 paraissent être d’origine autochtone.
- « Contre ces petits foyers d’endémie lépreuse en voie de disparition spontanée, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures énergiques. Aucune expansion n’est à craindre. La maladie s’observe à peu près exclusivement dans certains villages d’accès difficile et se cantonne dans quelques familles indigentes où elle se perpétue de père en fils, par contagion. En général, ces lépreux sont un objet de dégoût pour la population saine qui les tient à l’écart; certains, en fait, sont isolés. Par mesure de prophylaxie et par humanité, ces malheureux devraient être recueillis dans des asiles où ils trouveraient le confort et les soins médicaux que réclame leur état.
- « Bien plus menaçante que l’endémie autochtone est la lèpre importée en France des contrées exotiques. Nombre de missionnaires ou religieuses, de colons, de marins, de soldats et de fonctionnaires contractent la lèpre dans nos possessions françaises, puis rentrent dans la mère patrie, soit lorsque la terrible maladie s’est déjà démasquée, soit pendant le cours de sa longue incubation. Des étrangers, originaires de pays où la lèpre est endémique, dès les premiers indices révélateurs du mal, accourent en France dans l'espoir d’y trouver la guérison. Grâce à la multiplicité et à la rapidité des transports, l'afflux de ces lépreux vers la France va toujours grandissant.
- « A l’hôpital Saint-Louis, en moins de 10 ans (1887-1895), j’ai pu étudier près de 80 de ces malades provenant tous de contrées notoirement léprigènes. D’après la statistique dressée par M. Lemaître, chef du personnel de cet hôpital, il est entré dans cet établissement, du Ier janvier 1910 au 3o avril 1925, 104 lépreux (y compris 3g soldats des troupes indigènes admis pendant la période de guerre). En réalité, le nombre des lépreux qui reçoivent des soin? à Saint-Louis est plus consi-
- dérable que ne l’indique cette statistique, car dans celle-ci ne figurent pas les malades, et ils sont nombreux, qui se rendent aux consultations externes de l’hôpital.
- « Aux données précédentes, si l’on ajoute celles que fournissent les malades de la ville, on peut évaluer à 160 et même à 200 le nombre des lépreux qui circulent dans Paris.
- « Pour 123 des cas que j’ai observés, tant à l’hôpital qu’en ville, il m’a été possible de préciser le lieu de contamination. Ainsi que le montre le tableau ci-joint, ce sont les Antilles, la Guyane, le Brésil et les Etats circonvoisins de l’Amérique latine qui fournissent le plus gros contingent. Les autres sources d’importation sont, par ordre d’importance décroissante, la Nouvelle-Calédonie, l’Indochine, la Turquie; la Grèce et les Echelles du Levant :
- Martinique ....
- Guadeloupe....".
- Haïti.............
- République Domini
- caine.........
- Cuba.............
- Costa Rica ....
- Guyane française.
- Colombie.........
- Venezuela. ....
- Brésil...........
- Argentine........
- Paraguay. . . . .
- Tahiti . . . . . .
- N ouvelle-Calédonie Indochine française Indes néerlandaises Inde anglaise. . .
- Birmanie.........
- Inde française . .
- « Dans nos gros centres maritimes', comme dans la capitale, les cas de provenance exotique, sans être communs, ne sont point rares. Une enquête rapide et nécessairement incomplète, dit M. Pitres, prouve, qu’en 20 ans il a été observé 3o cas de lèpre à Bordeaux. Et il ne s’agit là que des faits avérés et non pas de ces formes frustes et ambiguës qui donnent prise au doute. D’autre part, M. Perrin a pu suivre à Marseille 3g cas de lèpre importée soit d’Italie, soit des Colonies.
- « Ces agglomérations artificielles de lépreux ne constituent pas des foyers à proprement parler, car jusqu’à présent elles ne paraissent pas avoir contribué à propager la lèpre en France. Il y a pourtant quelques exceptions à cette règle. L’observation que j’ai communiquée en 1923 à l’Académie de Médecine d’un jeune Parisien contaminé à Paris même par son père atteint de lèpre exotique n’est pas unique. Lande a observé une Française qui, sans avoir jamais quitté le sol natal, contracta la lèpre en donnant ses soins à un enfant lépreux. Perrin a publié le cas d’une femme née à Marseille qui, sans sortir de France, prit la lèpre au contact de son mari devenu lépreux au Tonkin où il avait résidé 20 ans. M. Prouff (de Morlaix) a rapporté un exemple indiscutable de lèpre exotique transmise sur le sol français : un colonial après un séjour prolongé dans des foyers d’endémie lépreuse vient se fixer à Lampaul-Guimiliau (Finistère) où il habite avec son oncle. Il devient lépreux, et quatre ans plus lard, son oncle est atteint de la lèpre. Wolff (de Strasbourg) a publié le cas d’un Alsacien devenu lépreux au Tonkin, qui, de retour dans son pays, infecta son neveu.
- te Plusieurs exemples analogues ont été pbservés dans les Etats de l’Europe occidentale. »
- Comment se défendre contre cette menace ?
- Quatre ordres de moyens préventifs ont été proposés : l’internement forcé; la création de sanatoria où les lépreux pourraient être admis sur leur demande; l’interdiction, effective et non pas illusoire, faite aux lépreux d’entrer en France; la surveillance sanitaire des lépreux, qui suppose la déclaration obligatoire.
- Aucun ne semble aisément applicable. La séquestration dans des léproseries aurait contre elle l’opinion publique ; aucune région ne voudrait donner asile à un sanatorium spécial; la visite sanitaire à la frontière ne dépisterait que les cas déjà visibles, alors que l’inçubatiOR
- 9 cas. 6 —
- 4 —
- 3 —
- 2 •—
- 1 — i3 —
- 2 —
- 3 — 12 —
- 3 —
- 1 —
- 3 —
- 7 “
- 5 —
- 2 —
- 2 —
- 1 —
- Ile Maurice.......... 1 cas.
- Ile de la Réunion . . 2 —
- Madagascar............2 —
- Guinée................2 —
- Gabon................ 1 —
- Sénégal ....... 1 —
- Maroc.................4 —
- Algérie...............1 —
- Egypte................1 —
- Syrie.................2 —
- Palestine.............2 —
- Turquie...............5 —
- Grèce.................3 —
- Italie................3 —
- Lithuanie ...... 2 —
- Séjour dans plusieurs
- foyers léprigènes . 4 —
- Alpes-Maritimes ... 4 —
- Côtes-du-Nord .... 2 —
- Gard ................ 1 —
- p.2x196 - vue 647/663
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- est fort longue. Reste l’obligation de déclarer tous les cas connus; c’est à celle-ci que s’est ralliée la Commission de l'Académie de -Médecine. Elle a en effet proposé les mesures suivantes :
- i® Inscrire la lèpre sur la liste des maladies dont la déclaration .est obligatoire
- a® Soumettre les lépreux vivant à domicile ainsi que les personnes de leur entourage à des examens cliniques et bactériologiques qui seront pratiqués, à courts intervalles, par un médecin compétent désigné par l’inspecteur d’hygiène départemental et chargé par celui-ci de
- préciser, dans son rapport, les mesures prophylactiques que comporte chaque cas particulier;
- 3° Créer, sur certains points du territoire, de préférence auprès des cliniques dermatologiques universitaires ou autres, des asiles aménagés pour recueillir et traiter les lépreux, quelle que soit leur condition de fortune.
- D’ailleurs, s’il est bon de prendre des précautions contre la lèpre, il ne faut pas oublier qu’elle est une maladie très rare, infiniment moins grave, socialement, que la syphilis et la tuberculose. R. M.
- ><
- 3feD
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de JL,a Nature oblige a limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d interet général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est. rappelé qu’en raison des recherches le plus sotn en l nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, eu général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. G. L., à Sierck (Moselle). — i° Documentation bibliographique sur la reproduction et la culture des champignons comestibles. Voici les ouvrages connus indépendamment de ceux qui traitent de la culture de l’Agaric (champignon de couche).
- Les champignons comestibles autres que le champignon de couche, par J. Gérôme, i brochure; J.es champignons comestibles et vénéneux, par Maublanc, i vol. ; Nouvel Atlas de poche des champignons comestibles et vénéneux, par P. Dumée, 2 volumes. (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e.)
- a° Nous n’avons pas connaissance de l’obtention d’un champignon cultivé sur le malt, d’après des expériences faites en Belgique, ou ailleurs.
- Quant aux champignons comestibles, autres que l’agaric, vous obtiendriez des renseignements, croyons-nous, ,en vous adressant à la Direction des Services agricoles de votre département et au Muséum d’Histoire naturelle, à Paris.
- 3° En ce qui concerne la reproduction et la culture de la morille, nous donnerons, dans un article spécial, les indications techniques dont le développement ne peut tenir dans le cadre de la Boîte aux Lettres.
- M. C. G., chimiste à Patras. — Ouvrages renfermant des détails historiques sur Véclairage ; L'éclairage, par L. Fournier, Hachette, éditeur, Paris, 1925 ; TJ éclairage à Paris, par H. Maréchal, Béranger, éditeur, Paris ; U éclairage, par A. Veber, Dunod, éditeur, Paris, igo6.
- Mlle N., à Dijon. — Destruction des rongeurs dans les champs. — C’est certainement par erreur que vous attribuez aux engrais, ou plutôt à certaines substances fertilisantes, le pouvoir de . détruire les mulots, les souris et les taupes. Les procédés de destruction employés consistent en appâts empoisonnés (pain de baryte, acide arsénieux, phosphure de zinc, noix vomique, etc.), ou mieux en la dissémination du virus Danysz, mici’O-organisme en culture, qui ne tue que les rongeurs, est inoffensif pour l’homme, les animaux domestiques et le gibier.
- Le virus Danysz est contagieux, c’est-à-dire qu’il détermine une véritable épidémie chez les rongeurs. Il est fourni par le Laboratoire Pasteur, 35, rue Dutot, Paris ( 15*), au prix de 5 francs l’ampoule. Chaque ampoule diluée dans un litre d’eau salée est suffisante pour traiter un hectare. Répandre par temps sombre, la lumière solaire atténue la virulence du virus qui doit être employé aussitôt que l’ampoule est ouverte.
- Voici le mode opératoire :
- Prendre de l’avoine aplatie (non concassée), à raison de 10 kg par hectare à traiter; préparer de l’eau salée, à raison de 8 gr. de sel de cuisine par litre d’eau de boisson ; flamber un peu l’ampoule au-dessus d’une lampe à alcool, et, quand elle est légèrement tiède, en briser l’extrémité pointue et en verser le contenu dans un litre d’eau salée, remuer avec un agitateur, pendant quelques minutes. Verser ce mélange sur 10 kg d’avoine aplatie, bien remuer la masse afin qu’elle soit complètement imprégnée, recouvrir le tas d’une toile propre, et
- laisser reposer 2 heures environ ; opérer dans une pièce chaude.
- Ce grain imprégné de virus sera répandu par petites pincées à proximité des trous et galeries creusés par les rongeurs, et près des nids.
- Ne préparer le matin que le mélange à utiliser dans la journée, car le lendemain le virus n’a plus qu’une virulence très amoindrie.
- Usines de Montvedon, Marseille. — Nous regrettons de n’avoir pas l’indication concernant l’adresse que vous recherchez au sujet des produits de carbonisation des marcs de raisins.
- La note émanant d’une communication faite par l’auteur du nouveau procédé à l’Académie d’Agriculture de France, nous pensons que vous pourriez obtenir ces renseignements en vous adressant au Secrétariat de l’Académie d’Agriculture, à Paris, rue de Belleehasse. D’autre part, vous pourriez voir aussi à la Station viticole de l’Ecole nationale d’Agriculture de Montpellier, qui doit être au courant de cette question.
- Com. n° 2687. — Le phénomène des ombres rouges signalé par le Dr Giltay dans le numéro du 14 novembre, est. certainement identique à celui que vous indiquez dans votre lettre.
- Dr V. Ch., à Ravenne. — Nous ne connaissons en librairie aucun ouvrage ou manuel pour l’usage des pianos automatiques. Nous faisons appel aux lecteurs de la Boîte aux Lettres pour nous fournir, s’ils en connaissent, des indications à ce sujet.
- M. L,. P., Bartow. — Durcissement des briques de ciment. — II est malaisé de donner un renseignement précis alors qu’il n’est indiqué ni la nature du sable, ni la quantité d’eau. A première vue, ces proportions 5 de sable et 1 de ciment nous paraissent expliquer qu’avec le climat humide de votre région, vos produits mettent longtemps à sécher. Avez-vous essayé 3 de sable et 2 de ciment;’ Si le sable est argileux (ou schisteux), il faut le rejeter parce qu’il est reconnu qu’il retarde beaucoup le durcissement, à moins qu’il ne soit lavé sérieusement, également le sable provenant de la décomposition des ieldspaths ; le sable contenant du mica ne peut donner aussi qu’un mauvais mortier. Comment est confectionné le mélange Cela joue un grand rôle vis-à-vis de la compacité des mortiers. La chaleur accélérant le durcissement, vous pourriez essayer d’entreposer vos produits dans un local suffisamment chauffé.
- P. D., à Anvers. — Le papier photographique dit au charbon est constitué par du charbon ou des matières colorantes en poudre impalpable retenues dans une couche de gélatine. Pour obtenir ce papier on commence par préparer une mixtion colorée composée de :
- Gélatine blanche.................. 200 gr.
- Matière colorante, noir de fumée,
- sanguine, etc.................. 5 à 10 gr.
- Eau distillée..................... 1000 c. c.
- On laisse gonfler la gélatine dans l'eau pendant douze heures au moins, liquéfie au bain-marie, puis incorpore progressivement la matière colorante de façon à lu répartir uniformément dans la masse.
- Cela fait, on étend sur une plaque de verre la feuille de papier qui doit recevoir la préparation et on encadre cette feuille de quatre réglettes en bois faisant une saillie de 1 à 2 mm, puis on verse par un coin la mixture chaude en quantité suffisante pour recouvrir toute la surface, on incline en sens convenable pour
- p.2x197 - vue 648/663
-
-
-
- jM BOITE AUX LETTRES
- assurer une répartition uniforme et pose le tout à plat bien horizontalement. Quand la gélatine a fait prise, on enlève les réglettes et on suspend le papier par un coin pour le faire sécher. Ainsi préparé, ce papier bien sec se conserve indéfiniment.
- Pour le sensibiliser on prépare seulement au moment de l’emploi le bain suivant qui ne se conserve pas :
- Bichromate de potasse.........3o gr.
- Ammoniaque liquide à 220 B. . . . io c. c. Eau distillée . . ............1000 c. c.
- Le papier gélatiné est immergé complètement dans la solution jusqu’au moment où, après s’ètre incurvé, il est redevenu plat, on l’applique contre une plaque de verre bien propre, passe à la surface une raclette de caoutchouc pour éliminer l’excès d’eau, sèche au besoin avec un buvard neuf, puis on l’enlève et le suspend dans l’obscurité pour le faire sécher.
- Cette sensibilisation du' papier peut s’effectuer en pleine lumière attendu qu’il ne devient sensible qu’une fois sec.
- Le papier est alors prêt à être employé sous un cliché que l’on expose à la lumière et le développement se fait par le procédé connu, par report sur une plaque de verre d’abord, puis ensuite sur papier dit double transfert.
- A. C., à Paris. — Le Batik. i° La cire dite Javanaise est simplement un mélange de paraffine et de cire blanche, on en fait varier les proportions à son gré suivant le point de fusion de la paraffine dont on dispose et l’instrument employé pour l’application : tjanting ou cuiller javanaise, pointe à batik, pinceau plus ou moins gros, etc.
- 1° Après teinture, la cire est enlevée par immersion dans un bain de benzine ou plus simplement d’essence pour autos, cette cire, ainsi que le solvant peuvent être récupérés en soumettant le liquide à la distillation, mais il faut pour cela disposer d’un petit appareil de laboratoire composé essentiellement d’un ballon et. d’un réfrigérant. Nous attirons votre attention sur le danger que peut présenter la distillation d’un produit aussi inflammable, si elle est pratiquée par un opérateur inexpérimenté, nous vous conseillons plutôt de vous abstenir.
- 3° Les couleurs à employer pour batiker doivent être de préférence les « diamines » qui prennent directement sur soie, laine, même sur coton sans intervention de mordants.
- 4° Par suite de la difficulté de faire pénétrer la cire jusqu’au plancher du velours, à moins que vous ne recherchiez des effets originaux, vous ne pourrez réaliser une teinture uniforme du poil.
- MC., à Valence. — Les parties au contact de votre linoléum roulé sont surtout rendues adhérentes par la pression atmosphérique (expérience du tire-pavé). A notre avis, le moyen le plus simple d’effectuer le décollement serait 'de plonger le rouleau dans l’eau tiède, puis au bout de quelque temps, une fois le linoléum assoupli, de détacher progressivement les feuilles en introduisant entre elles une lame mousse telle qu’un couteau à papier. Bien entendu, ce travail devra se pratiquer sous Veau de façon que celle-ci, à mesure de la pénétration, empêche toute reprise d’adhérence.
- M. N., à Autun — L'hexaméthylène tétramine C6HiaAz4 = [(CH2)]6Az4 s’obtient par la méthode de Boutleraw en traitant le trioxyméthylène ou formol polymérisé par l’ammoniaque; vous trouverez tous détails sur le mode opératoire dans le Bulletin de la Société chimique, 1860, page 221, et dans le Répertoire de Chimie pure, 1860, t. If, p. 425.
- M. D., à Beauvais. — Nous pensons que vous pourrez coller, d’une façon efficace le papier métallique sur vos goulots de bouteilles en vous servant simplement de la dissolution de caoutchouc courante pour réparations de pneus, que vous étendrez d’une quantité suffisante de benzine pour la rendre plus fluide ; vous n’aurez pas ainsi à craindre que l’humidité provoque un décollement.
- Cette solution-mère se prépare en faisant digérer pendant quelques jours du caoutchouc pur Para dans un mélange de benzine et tétrachlorure de carbone, soit :
- Gomme pure..................... 3o gr.
- Benzine. . . .................. 320 c. c.
- Tétrachlorure de carbone.......65o c. c.
- M. S., à Brive. — x0 11 vous sera facile de teinter
- vos statuettes d'albâtre en vous servant de solutions aqueuses de couleurs d’-aniline. Commencez toujours par des solutions diluées pour ne pas dépasser le but en colorant trop fortement, répéter plutôt l’opération jusqu’à intensité voulue ;
- 20 Za moisissure que vous observez dans votre placard est due au manque d’aération, vous pouvez éviter cet inconvénient en faisant dans chaque panneau de la porte une ouverture en bas et une autre en haut. Vous trouverez chez tous les quincailliers des grilles en laiton toutes préparées pour décorer ces ouvertures;
- 3° Un procédé qui nous a personnellement très bien réussi pour éloigner les fourmis est de badigeonner les endroits où elles ont l’habitude de passer aveo une solution alcoolique de thymol. En même temps qu’il est doué d’une odeur agréable, ce produit jouit de propriétés antiseptiques des plus marquées qui en doublent l’utilité.
- M. F. D., aux Ternes (Cantal). — i° La gravure en relief des plaques de zinc se pratique ainsi : La plaque étant préalablement bien dressée et polie, soit à la pierre-ponce, soit à l’émeri, on trace au moyen du vernis-épargne les lettres ou dessins qui doivent être en relief, cela en se servant d’un pinceau fin ou d’une plume de grosseur appropriée et sans faire de bavures. On laisse sécher à l’air, puis on entoure la plaque de cire à modeler de façon à constituer une bordure qui empêche ultérieurement le mordant de s’échapper.
- Après quoi., on verse dans la cuvette ainsi obtenue de l’acide chlorhydrique étendu d’eau, qui dissout le zinc dans les parties non protégées et on répète les additions d’acide jusqu’à ce que le relief paraisse suffisamment dégagé. Pour terminer, on rince à l’eau, on séché et enlève le vernis avec de l’essence de térébenthine.
- Le vernis-épargne est constitué par :
- Cire jaune. . . •................ . 100 gr.
- Essence de térébenthine............ 100 gr.
- Noir de fumée quantité suffisante pour colorer.
- Si l’on désire rendre les reliefs plus apparents, on peut les noircir au pinceau avec du vernis Japon.-
- 20 II y a trois moyens principaux de faire la preuve de Vaddition :
- a) Faire l’addition de bas en haut après l’avoir fait de haut en bas, placer en regard de chaque colonne les retenues. Comparer les résultats, ce qui permet de localiser l’erreur, si elle existe, par la non-concordance.
- Supposons que l’on trouve une première'fois
- 3 4 5 3 9 4 10
- Et comme retenues 2 14 i3 i5 21 43
- Puisque l’addition en sens inverse donne
- 4 3 2 9 4 10
- Et comme retenues 3 2 14 i3 i4 n 43
- On en déduit que le chiffre des centaines est faux, mais que l'erreur provient de la colonne des unités.
- Comme conséquence il faut revoir au moins les deux colonnes à di’oite de celle qui donne un résultat faux.
- b) Diviser comme vous le signalez, l’opération en plu-sieurs parties, que l’on additionne séparément et dont on réunit les totaux.
- c) Faire la preuve classique par 9 en additionnant les restes de la division par 9 de chaque nombre élémentaire, la somme de ces restes doit être égale au reste de la division par 9 du total trouvé-.
- Par exemple, on aura :
- 576 — m 9 -|- 8 )
- 368 = m9-j-8>m9-{-3 9*4 = m 9 -f 5 )
- 1857 = mg-)-3
- Ce moyen, qui au premier abord paraît long, est cependant pratique, puisqu’il se réduit à l’addition en une colonne de tous les restes; que l’on trouve facilement en additionnant horizontalement les chiffres du nombre considéré.
- M. Caverluchère, à Asnières. — On donne au fer forgé une patine noire en portant la pièce au rouge naissant, puis en l’enduisant d’un mélange fait préalablement avec :
- Goudron de Norvège ...... 140 gr. "
- Huile de lin .................. 3o -
- Essence de térébenthine........ 3o —
- Au besoin on répète l’opération jusqu’à obtention de l’intensité cherchée.
- 4[T99n*
- p.2x198 - vue 649/663
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Histoire du cinématographe de ses origines jusqu'à nos jours, par C. Michel-Coissac. i vol. in-8° de 65o p., 133 fig. Editeurs, Le Cinéopse, Paris, et» Gauthier-Yillars. Paris, 1925. Prix : 33 francs.
- Le cinématographe est né en 18g3 avec les premières projections animées des frères Lumière, il était l’aboutissement d’une longue série de recherches et d’inventions dont M. Michel-Coissac fait avec raison remonter l’origine jusqu’à la lanterne magique. Depuis lors, le cinématographe a conquis le monde; il a donné naissance à un art dramatique nouveau et fait éclore une industrie colossale; il est devenu un merveilleux instrument de vulgarisation et d’enseignement. M. MicheL-Coissac retrace avec détails toutes les phases de cette passionnante évolution, qu’il a lui-même vécue, car il fut un cinématographiste de la première heure. 11 remonte tout d’abord aux origines de la projection lumineuse avec la lanterne magique, la fantasmagorie, les ombres chinoises; puis il analyse les efforts des savants et chercheurs qui se consacrent au problème de la synthèse du mouvement; il résume l’oeuvre des précurseurs du cinéma et, documents en main, il rend à chacun son droit et établit irréfutablement la paternité des Lumière, ti-op souvent et injustement discutée. Ils ont été les premiers, non pas à analyser le mouvement par la photographie, mais à le reproduire en projection sur un écran. L’auteur montre ensuite les progrès accomplis depuis i8g5 dans les appareils; il nous initie à tous les secrets de l’art et de l’industrie cinématographiques : édition, exploitation, création des œuvres cinématographiques, fabrication du film, il termine par une partie consacrée au cinéma d’enseignement. Sur ce vaste sujet M. Michel-Coissac a écrit un livre admirablement documenté et d’un puissant intérêt qui de la première à la dernière page ne faiblit jamais.
- Vindustrie chimique des bois, leurs dérivés et extraits industriels, par P. Dujiesny et J. Noyer, i vol. in-8, 43i p., io5 fig. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 5o fr.
- L'ouvrage, divisé en deux parties, traite de la distillation des bois, puis de la fabrication des extraits tannants. Après avoir rappelé la composition des bois, les auteurs décrivent les principaux procédés de carbonisation en insistant sur l’utilisation des grignons d’olives ; ils montrent la fabrication de l’acide acétique et de l’alcool méthylique. La deuxième partie est consacrée aux tanins que l’on peut extraire pour remplacer l’écoi'ce de châtaignier déficitaire et accessoirement au bois de campêche. Les méthodes modernes, les appareils et les brevets récents sont indiqués ainsi que les méthodes d’analyse et le tout forme un ensemble pratique qui se termine par un tableau statistique montrant la situation de ces industries.
- Le livret du fourreur, par Ch. Kutzschmar. i vol. illustré, 120 p. (Collection des Livrets du métier). L. Eyrolles, éditeur, Paris, 1920.
- Ce petit livre est destiné à montrer à l’apprenti en quoi consiste le métier de fourreur et à lui donner des notions succinctes sur les divers animaux dont on utilise le pelage pour la confection des fourrures.
- Le livret de la repasseuse, par Mlle Yermillet. i broch., 65 p., 34 fig. (Collection des Livrets du métier). L. Eyrolles, éditeur, Paris, 1925.
- Contient des notions sur les tissus qui passent entre les mains de la repasseuse, des conseils sur l'hygiène de l’atelier, et des indications pratiques pour le repassage du linge.
- Etude sur. la vieillesse et le rajeunissement par la greffe, par le Dr Serge Voronoff, x vol. in-8“, 2x3 p., 36 pl. hors texte. Gaston Doin, Paris. Prix : x5 fr. '
- L’auteur, bien connu par ses expériences de greffe effectuées sur l’homme et les. animaux, expose ses idées sur la mortalité des animaux supérieurs opposée à l’immortalité des protozoaires, sur le processus qui
- détermine la vieillesse et la mort, sur le rôle de la glande endocrine du testicxile dans la longévité. De là découle la possibilité d’un rajeunissement, essayé par Brown-Séquard au moyen de l’opothérapie, puis par des greffes totales ou partielles inefficaces tant qu’on ne réussit pas à assurerait greffon une nutrition normale. Le Dr Yoronoff décrit sa technique et montre quelques-uns des résultats heureux obtenus, avec de nombreuses et belles photographies à l’appui.
- La Médecine de demain, Science de la vie. par le Dr E. Laplaxciie. i vol. in-16, x58 p. Gaston Doin, Paris. Prix : 6 francs.
- Séi'ie de»4 conférences dans lesquelles l’auteur cherche une définition non mécanique de la vie et en tire des conclusions en faveur de la médecine morphologique qu’il veut propager.
- Essai d'introduction critique à l’étude de Véconomie primitive. Les théories de K. Buecher et 1‘ethnologie moderne, par Olivier Leroy, i vol. in 8°, 138 p., 14 fig. hors texte. Librairie orientaliste Geuthner, Paris. Prix : 20 francs.
- L’économiste allemand Karl Buecher a étudié en i8g3 les manifestations de la vie sociale élémentaire chez les primitifs en un volume qui a eu la plus grande expansion. Il a, dit l’auteur, fait du primitif une pure création de l’esprit, ayant une mentalité dont l’évolution a été linéaire et ce point de vue simpliste a faussé toutes ses conclusions. Ce livre est une critique vive de cette méthode d’étude périmée. M. Leroy rappelle qu’il existe un grand nombre de « sauvages » très différents, que la logique seule ne peut suffire à reconnaître les éléments primitifs d’une civilisation quelconque, que les interprétations uniformes ne peuvent expliquer ce que nous savons déjà de la stimc-ture sociale, de la propriété, de la séparation des sexes, du travail, des échanges, si bien que le monument construit par Buecher est fragile pai-ce qu’il n’a pas tenu compte de tous les faits.
- Morale et Religion, par Emile Boutroux. x vol. in-16, 245 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 8 francs.
- Ces pages sont une contribution de première importance à l’histoire des idées morales et religieuses en France du commencement du xix“ siècle à nos jours. Le grand philosophe que fut Emile Boutroux y a donné le meilleur de sa pensée et de son àme. Prononcées, chaque année, dans la série des Conférences de Foi et Vie sur les Problèmes du temps présent, ces conférences ont été un apostolat philosophique en vue d’orienter les esprits cultivés à ti'avers les conflits et la confusion des systèmes en faveur, parmi le chaos des opinions du jour — et cela sans combativité ni violence, mais avec une grande fermeté et aussi une grande ardeur.
- Pochettes routières départementales de la France (Paris, Y. Attinger, 3o, boulevard Saint-Michel, 1925). Complétant les 2 premiers fasc. déjà annoncés (sur le Nord-Ouest et le Nord), les 4 dernières viennent de paraître (III Est; IY Ouest; Y Sud-Ouest; YI Sud-Est).
- Nous rappelons la commodité de ces claires et et jolies petites cartes routières dépai’teçnentales, spécialement pratiques pour dresser des itinéraires kilométrés, et que l’on consulte sans les déplier. Prix : 8 francs la pochette ou 43 francs les 6. L’échelle est d’environ i/5oo.ooo°.
- Les grands vins de France. Numéro spécial de la Vie technique et industrielle, x vol. in-4, 121 p., fig., 14, rue Séguier. Paris. Pi'ix : 10 francs.
- Anthologie du vin, renfermant de multiples illusti’a-tions, i,l contient des articles de. MM. Guestier, Charles Brun; Raymond de Luze, Calvet, Bouchard, Chap-r pa^, Marquis de Polignac, Doleris, Mathieu, Guillou, Michaut, Montagne, Bertrand, dp. H.un, Mùchefel, de Tarde, etc.
- p.2x199 - vue 650/663
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- <
- INFORMATIONS
- N° 2690
- 26 Décembre 1925
- Avis de l'Administration* — L’échéance du 3i décembre étant l'une des plus chargées de l'année, nous prions instamment nos abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 décembre, n° 2699, de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, par notre compte postal n° 599, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 25 décembre aux abonnés qui nous ont versé directement, cette année, le montant de leur souscription et qui n’ont pas utilisé le chèque postal qui leur a été adressé.
- Les terpènes industriels. — On emploie aujourd’hui des parfums synthétiques dans certains produits courants de parfumerie, tels que lotions communes, savons ordinaires, etc. Il est évident que quand il s’agit de désodoriser les tunnels et gares du métro, et lieux du même genre, des latrines, etc., où l’on projette par arrosage des lotions étendues, par centaines de litres chaquefjour, il ne saurait être question d’employer pour ce faire dps essences chères, des produits coûteux.
- Parmi les produits que l’on emploie viennent au premier rang les terpènes, corps relativement bon marché.
- Ces produits, peu employés il y a quelques années-, ont actuellement un marché bien défini et des plus étendu.
- Expliquons ici ce que sont ces terpènes.
- Une essence de fleurs, d’écorces, de feuilles, de fruits, etc. est en principe constituée par une partie insoluble dans l’alcool de degré moyen qui constitue les « terpènes » et une autre partie soluble dans l’alcool, qu’on appelle l’essence déterpénée.
- Les essences déterpénées ont une valeur de beaucoup supérieure aux essences brutes.
- Les terpènes, jusqu’à ces derniers temps, étaient dépréciés et souvent même ne trouvaient pas de marché.
- Mais il en est tout autrement à l’heure actuelle. Bien que leur insolubilité dans l’alcool restreigne beaucoup leur emploi, il est des cas (savons communs, lotions ordinaires) où cette insolubilité ne gêne pas. En effet, ils sont faciles à émulsionner, ou à dissoudre dans les solutions alcalines, telles que les savons.
- En général, les usines qui vendaient les essences déterpénées par l’alcool considéraient les terpènes comme un sous-produit négligeable.
- Yoici quelques chiffres relatifs aux terpènes les plus courants qu’on peut trouver sur le marché.
- Les terpènes de menthe valent de 70 à 90 fr. le kg. ; cela va d’ailleurs avec la hausse effrayante de l’essence de menthe qui atteint 800 fr. le kg. (Mitcham) et du menthol naturel. Le menthol liquide synthétique, ne dépasse pas 3oo fr.
- Les terpènes delémon-grass, de citronelle, de lémons, de citrons, d’hespéridées, ont des prix qui varient de 10 à a5 fr. le kg.; ils servent à la parfumerie : savons communs, lotions pour antisepsie, etc.
- Les terpènes de badiane, débarrassés du maximum de leur contenu en anéthol par refroidissement méthodique, suivi d’essorage à froid, ont aussi leurs usages. Ils ne valent guère plus de 7 à 9 fr. le kg.
- La fabrication du camphre artificiel laisse des sous-produits qui portent les noms de terpinolène (léger ou lourd), thymène (bien à tort), et qui sont en somme des déterpénés plus ou moins impurs. Leur prix varie de 4à6fr. suivant qualité. Les terpinolènes servent surtout comme succédanés d’essence de térébenthine, quand cette dernière atteint des prix prohibitifs.
- On s’en sert dans les vernis à l’alcool comme adjuvants. Quant au « thymène » vrai, c’est de l’essence de thym débarrassé du thymol par cristallisation. Le thymol lui-même (à part le thymol synthétique peu fabriqué) est extrait, en Espagne, des essences de thym et de serpolet, etc.
- On l’extrait en Ilindoustan de l’essence d’ajowan. II y a donc une bizarrerie commerciale à confondre sous le même nom un terpène (sous-produit de la fabrication du camphre synthétiqne) avec un sous-produit [d’extraction du thym, du serpolet et de l’ajowan, adultérateur de l’aspic et de la lavande commune.
- L’un vaut 5 fr. le kg. et l’autre a5 fr.
- Il existe aussi des résines intéressantes et comme prix et comme emplois : ce sont les résines provenant de la distillation de certains parfums, résines solubles dans les alcalis ou tout au moins émulsionnables.
- Leur prix va de 3 à 4 fr.
- C’est ainsi qu’on arrive, malgré le prix élevé des essences vraies, à satisfaire tant soit peu le besoin des masses de se parfumer, goût relativement moderne et qu’on ne peut que constater sans le discuter.
- (Albert Hutin.
- Le coton à Madagascar. —- Une mission toute récente effectuée dans la grande Ile par M. Y. Cayla, le spécialiste français de la culture du cotonnier, a prouvé que Madagascar peut devenir — si l’on veut — un important producteur de coton. M. Cayla a parcouru toutes les régions où quelques essais de culture ont déjà été tentés, où le climat, le sol, les voies de communication existantes ou à établir peuvent déterminer des emplacements à coton. C’est l’ouest de l'ile qui semble le plus favorable, mais, outre les vallées de cette côte, sur la carte qui accompagne son rapport, une large zone en pays Betsiléo, haut bassin du Man-goky, une autre plus au nord de Tananarive contre le lac Alaotra sont désignées pour faire des centres cotonniers dans l’avenir. Si l’on veut, car, avant d’étendre au petit bonheur les cultures de coton, il faut une très sérieuse expérimentation confiée à des spécialistes débarrassés de tout autre souci, de toute besogne administrative, agricole ou commerciale, éviter aussi de confier l’expérimentation à l’indigène. Ainsi on fixera les variétés les plus aptes à produire de bons cotons à Madagascar, les époques favorables pour le semis, la récolte, les assolements à adopter, les règles de la culture sèche, de la culture irriguée, car des irrigations sont possibles en maints endroits.
- L’association cotonnière coloniale, en faisant établir par M. Cayla le bilan de l’état actuel du coton à Madagascar, a fait oeuvre de premier intérêt pour l'industrie française à laquelle ce spécialiste n’hésite pas à déclarer que Madagascar peut lui fournir plus du dixième du coton dont elle a besoin. L. R.
- La production du coton en Algérie. — Avec la concurrence ou plutôt la politique économique des Etats-Unis, notre industrie cotonnière, en accord avec nos services d’agriculture coloniaux, est en train de développer la production de la précieuse fibre dans des territoires français.
- Ain^j en Algérie où le cotonnier existe depuis longtemps, la période des essais, sans être, close, au contraire, a donné lieu déjà à une très intéressante production algérienne de coton.
- En 1924, 2000 hectares, en 1925, 5ooo furent cultivés en cotonnier et l’on estime à plus de 5oooo hectares les terres convenant au coton.
- Des fermes expérimentales sont spécialement chargées d’étudier les variétés et les méthodes de culture, de propager les semences les meilleures. Ainsi, la station expérimentale de Ferme Blanche à 10 km au sud de Perrégaux (Oran), la station d’Orléansville (Alger) seront en mesure de diriger efficacement les remarquables efforts de nos colons
- On doit signaler que le coton vient dans des terrains contenant une petite proportion de sel, même une dose empêchant les autres cultures. On conçoit ce que cette particularité du coton a de précieux pour la mise en valeur de l’Algérie.
- M. Rigotard, chargé de mission agi'ologique, a organisé l’étude des terrains salés en vue de l’utilisation par le coton (voir Revue générale des Sciences, octobre 1925). Au point de vue des irrigations, on signale que, en outre des tei'res’ irrigables, on peut pratiquer une culture sèche du cotonnier, sur terrains défoncés à 70 ou 80 cm de profondeur; si ces essais réussissent, c’est une nouvelle étendue importante de terres à coton qui se prépare.
- Les variétés de coton cultivées sont des variétés égyptiennes et les fibres obtenues ont été très cotées sur le marché. L. R.
- p.2x200 - vue 651/663
-
-
-
- INFORMATIONS
- Quelques améliorations aux « parquets sans
- joints )>. — Voilà tantôt 60 ans que les ciments magnésiens, dits ciments de Sorel, du nom de l’ingénieur et chimiste français Sorel qui les a découverts etappliqués, ont conquis la faveur des techniciens du bâtiment. Les noms les-plus divers leur ont été donnés et ce serait transformer cette page en une page de publicité que de les désigner par leurs noms commerciaux.
- Nous ne reviendrons donc pas sur la technique de l’application de ces ciments, si ce n’est pour signaler des innovations que la pratique a sanctionnées récemment et qui ne manqueront pas d’intéresser les lecteurs de La Nature.
- Les chimistes anglais P.-W. Barnett et B. Bakewell viennent de publier dans le Department of Science and Industrial .Research (Building Research Bulletin N° i, iga5, pages 26 et suivante's) un fort intéressant aperçu des recherches toutes récentes sur les meilleures modalités de la fabrication desdits ciments. Tout d’abord, la matière première magnésienne la meilleure et la plus économique serait la magnésite pauvre en chaux, la gioberthe par exemple, mais en aucun cas la dolomie telle qu’elle se présente dans les carrières de dolomie. En effet cette dernière (carbonate double de magnésie et de chaux), telle qu’on la rencontre sur les contreforts des Cév^ennes, dans le département de l’Hérault, par millions de mètres cubes, ne saurait nullement convenir, aux ciments magnésiens au moins directement. Néanmoins des brevets récents permettent de l’enrichir en MgO (Hérépian Nonancourt).
- En effet la magnésie lourde technique, provenant de la calcination des magnésites et giobertites, ne doit pas contenir, pour être apte à la fabrication de parquets sans joints de bonne qualité, plus de a,5 0/0 de chaux caustique.
- La calcination doit s’effectuer entre 8oo° et 12000.
- En dessous,^elle est absolument insuffisante ; au-dessus il y a frittage, c est-à-dire formation de spinelles ou sili— coaluminates de chaux, ou bien même de ferrites et ferrâtes de chaux et de magnésie, qui sont à éviter pour larbonne qualité des parquets sans joints.
- A 1 analyse, une bonne magnésie technique ne doit en somme pas contenir moins de 92 à 94 0/0 de MgO et pas plus de 2 0/0 de CaO.
- Sa finesse doit-être au moins du passage total à un tamis compris, comme numéro anglais, entre 120 et i5o mailles au pouce linéaire. Les solutions de chlorure de magnésium doivent être comprises, comme densités entre i,i38 et 1,176.
- Nous sommes, ne l’oublions pas, en France, de gros producteurs de solutions ou cristaux de chlorures de magnésium (procédés Balard, Boulouvard, etc.) et longtemps, ce produit a été un résidu de fabrication.
- Tous les marais salants en produisaient qui n’arrivaient pas à'se vendre. Actuellement les salines d‘u Midi le vendent à des prix très intéressants, et il serait à souhaiter que, par nos bas prix, nous arrivions à en être fournisseurs pour tous les pays susceptibles de faire des parquets sans joints.
- Le prix actuel en est de 40 dollars la tonne en Amérique, et en France 85 fr. le quintal cristallisé et qo fr. le fondu.
- Les matières de remplissage pour les parquets sans joints sont les sciures de bois, les poussières de liège,, le kieselguhr. Elles réduisent l’expansion par le séchage.
- Au contraire le sable, l’amiante, etc., communiquent au parquet sans joints un aspect dur et pierreux, alors que les poussières ci-dessus indiquées donnent du moelleux sous les pas (églises, halls, théâtres, etc.) ~
- On a aussi employé des poussières de corozo qui ne valent pas plus de 3o centimes le kg, et qui donnent aussi du moelleux. Les matières inertes sont mouillées au chlorure de magnésium avant d’être mélangées à la magnésie lourde.
- En thèse générale, les parquets sans joints doivent être exposés le moins possible à l’eau. Les pièces d’acièr qui y sont plongées (tirants, fers divers) s’y attaquent mal-heureus.ement très vite. Mais un brevet anglais 214369 B, 1924, signale que si l’on remplace le chlorure de magnésium habituellement employé par une solution concentrée de chlorure ferreux, la résistance à l’air augmente considérablement et, en même temps, les pièces de fer immergées ne sont plus corrodées. Le brevet précité indique 45 parties de chlorure ferreux pour 100 parties de magnésie calcinée. On ajoutei'ait 70 parties d’eau à
- -se
- 100 parties de magnésie calcinée et aux 45 parties indiquées de chlorure ferreux.
- Le chlorure ferreux, qui n’est pas un produit couramment commercial, peut être fabriqué à peu de frais par les utilisateurs, in situ, en attaquant de l’acide muriatique impur par de vieilles ferrailles. Albert Hutin.
- L’herbier ptéridologique du Prince Bonaparte.
- — Le précieux herbier de 'fougères constitué par le Prince Roland Bonaparte vient d’être offert par S. A. R. Madame la Princesse de Grèce au Service de botanique du Muséum National d’Histoire naturelle de Paris. Il est dès maintenant installé, avec la Bibliothèque ptéridologique du Prince, dans une salle spéciale de l’établissement qui a reçu le nom de Galerie Roland Bonaparte. En outre les fascicules X1Y, XY et XY1 des Notes ptéridologiques viennent de paraître, continuant la liste des genres et des espèces de cet herbier. Enfin, M. le professeur H. Lecomte fait savoir qu’il recevra avec reconnaissance, pour compléter cette remarquable collection, tous les matériaux d’herbier et toutes les publications nouvelles concernant les cryptogames vasculaires.
- Cours public de photographie. — Le cours de photographie en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin par la « Société Française de Photographie » se rouvrira, pour la 26° année, le lundi 4 janvier 1926 à 9 heures du soir, pour être continué les lundis suivants à la même heure, dans l’hôtel de la Société, 51, rue de Clichy, à Paris. Les dames sont admises.
- *>> Nouvelles de T. S. T.
- Cours supérieurs par radiophonie. — Le secrétaire d’Etat allemand, Hans Bredow, a eu l’idée d’organiser des cours supérieurs par radiophonie qui commenceront cet hiver.
- Les conférences qui composent ces cours se rapportent à des sujets très variés : philosophie, histoire, littérature, beaux-arts, musique, médecine, agronomie, horticulture, physique, etc.
- Les relais radiophoniques internationaux. — Le
- numéro de novembre de la revue Radioélectricité contient une étude sur la question des relais radiophoniques internationaux.
- Dans cette question, la transmission téléphonique sur fil joue un rôle aussi important que la transmission radioélectrique.
- Au point de vue technique, la transmission par ligne téléphonique à longue distance n’offre pas de difficulté que l’on ne sache vaincre actuellement.
- C’est donc surtout au point de vue administratif que la conférence radiophonique internationale de Genève a eu à se préoccuper de ce problème.
- Les vœux émis à Genève tendent à l’institution d’une sorte de coopération administrative basée sur des règles simples et pratiques, afin de permettre aux postes d’émission d’utiliser avec le minimum de formalités et de frais les lignes téléphoniques reliant deux pays voisins ou traversant le territoire d’autres pays.
- Essais de relais de postes européens. — Ainsi que nous l’avions annoncé, les stations anglaises ont relayé le i5 octobre les émissions des postes suivants
- Radio-Paris, Hilversum, Bruxelles, Munster, Dort-mund, Saint-Sébastien, Rome.
- En général, l’expérience obtint beaucoup de succès, mais ce furent surtout les émissions de Radio-Paris, Munster et Rome qui furent le mieux entendues.
- La radiophonie en Angleterre. — Il serait question de réduire, ou tout au moins de limiter, le nombre des stations d’émissions anglaises et. au contraire, d’augmenter leur puissance.
- Cette mesure serait désirable, non seulement au point de vue international, car elle réduirait les risques d’interférence entre les stations, mais même au point de vue national, caries amateurs anglais pourraient ainsi, avec des postes très simples, recevoir plusieurs stations nationales. Il est évident que ces stations puissantes seraient placées en dehors des agglomérations afin de ne pas troubler l’écoute des stations lointaines par les amateurs urbains.
- 202 fe-
- p.2x201 - vue 652/663
-
-
-
- <
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- QSt.,
- LA VOUTE CÉLESTE
- Au moment où s’acliève l'année 1925, il est d’un certain intérêt de reunir ici les données relatives aux diverses comètes, très nombreuses, qui sont venues « illuminer » nos nuits, si l’on peut toutefois appliquer ce mot à des astres qui, tous, ont été invisibles à l’œil nu.
- La première comete de l'année ( 192.5 a), a été découverte le 22 mars, à l’observatoire de Siméïs (Crimée), par M. Schain et, indépendamment, par M. Comas Sola, à Barcelone, le 23 mars. Elle était très faible et son éclat a été noté, par divers observateurs, entre la 10e et la 12° grandeur. Cette faiblesse d’éclat montre la perspicacité dont font preuve les « chercheurs » de comètes, puisqu’un astre aussi minuscule est « repéré » simultanément par deux observateurs. Le 23 mars, M. Comas Sola, sur un cliché photographique, a remarqué une trace de queue. Mouvement rétrograde. Distance périhélie considérable =4,209 (la plus grande connue; celle de'la comète de 1792 était seulement de 4,0431. Au début de mai, elle était de n%5 grandeur.
- Le 24 mars, à l’observatoire du Cap, M. Reid a découvert la comète 19^5 b. Grandeur notée, suivant les observateurs : 8,0 à 9,5. L’éclat de la comète allait en augmentant. Le 3i mars, c’était une masse nébuleuse, granuleuse, ronde avec condensation de gsr,5. Le 23 avril, queue de 8' à io’ de longueur.
- La comète 1925 c a été découverte au Mont Lysin (Pologne) par M. Orkisz, le 4 avril, dans la constellation de Pégase. 90 grandeur. En réalité, la comète avait été observée la veille, 3 avril, à l’aube, mais il fut impossible, ce matin meme, de déceler un mouvement propre. Le professeur Th. Banachiewicz et le Dr Lund-mark ont fait remarquer l’analogie des éléments de cette comète avec ceux de la comète de l’an i5oo.
- La comète périodique Tempel II (découverte par Tempel en 1873) a été retrouvée le 11 juin, à l’observatoire de Bergedorf, par M. Stobbe. Sa révolution sidérale est de 5!1D8,17.3. Elle était, le 11 juin, de 12° grandeur.^ La même comète, la quatrième de l’année (1925 d) a été retrouvée indépendamment, la même nuit, par M. Delporte, à 1 observatoire d’Uccle près Bruxelles. Elle est passée au périhélie vers le 7 août. Les 18 et *9 juin» M. Yan Biesbroeck, à l’observatoire Yeikes, vit une queue de 3' de longueur.
- La comète péi-iodique Wolf a été retrouvée par le Dr Baade, à l’observatoire de Bergedorf, le 25 juillet. Cette comete (1925 e) était, a cette epoque, de i5e grandeur. Sa révolution est de 6a"B,8o4. Découverte par Wolf en 1884, elle a été revue en 1891, 1898, 1911. Elle est toujours télescopique. Elle est passée au* périhélie le 8 novembre. On doit remarquer l’extrême précision de l'orbite, calculée par M. Kamiensky, directeur de l’observatoire dé Varsoyie, l’erreur entre son éphéméride et la position observée n’étant que de 4'. Cependant, les perturbations causées par Jupiter ont été si importantes lors du dernier retour que la distance périhélie s’est accrue d’une unité astronomique.
- La comete périodique Borrelly a été retrouvée le 14 août, à l’observatoire de Nice, par M. Schaumasse. C’est la sixième comète de l’année (1925 f). Elle n’avait pas été revue depuis 1911. Sa durée de révolution est de 6a,"%93o. L’éclat augmèntait.
- La comète périodique Bropks (1925 g) a été revue le 19 septembre, comme une nébulosité de 9°,5 grandeur, par M. Tscherny. Les observations des 19 et 24 septembre de MM. Albitzky et Schain ont donné un éclat beaucoup plus faible : i3°,i et 12e,5.grandeur. La comète Brooks sera visible pendant plusieurs mois, mais son éclat restera toujours très faible.
- La comète périodique Faye (1925 h) a été retrouvée le 20 octobre par le Dr Baade, à Bergedorf. Son éclat était de 13e grandeur. Elle est passée au périhélie le 8 août dernier. Une photographie prise le 20 octobre par le Dr Baade, avec le télescope de jra de l’observatoire de Bergedorf, montrait la comète de i3G grandeur, avec une faible queue.
- La comète 1925 i a été découverte le 17 novembre, à
- r. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de o1' à 24h à partir de minuit. Voir au n° 269a la définition du « Temps universel ».
- EN FÉVRIER Î926 (*)
- 1 observatoire Yerkes, par M. Yan Biesbroeck, et indé" pepdamment, trois heures plus tôt, par M. Steavenson, à Norwood. Il s agit, cette fois, d’une comète relativement brillante — 8° grandeur — donc accessible aux petits instruments. La comète montrait une queue. Elle était visible dans la seconde partie de la nuit, à la limite des constellations des Chiens de chasse et de la Chevelure de Bérénice.
- Enfin, la dernière comète de 1925, une nouvelle comète, la dixième de 1 année, a été découverte le 18 novembre. Cette.comète (rqsS jj, porte le nom de Wilk-Peltier. 13 après un télégramme, elle était de 7° grandeur, de 8°,5 d apres un autre. Son déplacement en 24 heures était considérable -f- 17"1 20’ en ascension droite, et — 20 3o/ en déclinaison,ce quia fait penser qu’elle passait relativement près de la Terre. Dans la constellation d’ITercule l’Abi6 sa découverte’ elle se dirigeait rapidement vers
- Comme la précédente, la comète Wilk-Peltier a pu être accessible aux petits instruments.
- En résumé, 1 année 1925 a été très riche en comètes; on a revu cinq comètes périodiques, ce qui est très rare en une seule année. Mais aucun de ces astres n’a été accessible à 1 œil nu. La Mécanique céleste, avec le retour des comètes périodiques, a pu enregistrer de nouveaux succès pour la précision de ses méthodes. Mais l’Astrophysique n’aura guère tiré parti de ces petits astres vaporeux dont le faible éclat, une fois étalé par le spectroscope, est insuffisant pour impressionner utilement les plaques sensibles.
- I. Soleil. En février, le Soleil s’élève fortement dans le ciel. Sa déclinaison, de — 170 14' le ior février, atteint 8°„8 le 28. Sa durée de présence sur l’horizon augmente également, et de 9h 22™ le W, la durée du jour est de ioh52œ le 28, soit un accroissement de ih 3ora dans le mois.
- , Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c est-à-dire 1 heure marquée par une horloge bien réglée, quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris. On sait que ce renseignement est fort utile pour tracer une méridienne, par exemple pour la construction d’un cadran solaire, etc.
- Heures du passage Heures du passage
- Dates- (T. IJ.). Dates. (T. U.).
- Février ier I2h 4ro 2QS Février i5 I 2h 4m 5q'
- — 3 12" 4ra 35‘ — 17 I2h 4m 53’
- — '5 I2h 4ra 475 19 I2h 4m 43‘
- “ 7 I2h 4m 56s — 21 I2h 4ra 3i*
- “ 9 I 2h 5™ is — 23 I2h 4ra 165
- — 11 I2h 5“ 4S — 25 I2h 3ra 58!
- — i3 I2h 5m 3S — 27 I 2h 3"* 38‘
- Observations physiques. — Nous insistons-.pour que 1 on continue régulièrement l’observation physique du Soleil. En dehors de l’attrait qui s’attache à ces observations, elles repondent à un réel besoin ; la surface solaire est en perpétuel mouvement, et des observations faites par un grand nombre d’observateurs peuvent saisir un phénomène fugitif, qui, sans elles, risquerait d’être perdu. Tous les instruments, même les petites longues-vues, permettent, d’étudier le Soleil. La méthode par projection est celle qui est la plus pratique pour la mise en place des détails principaux. Pour dessiner les fins détails des taches, l’observation directe, avec l’oculaire muni d’une lunette à verre noir, est de beaucoup préférable.
- Lumière zodiacale. — Voici l’époque très favorable pour l’observation, sous nos latitudes, de la lumière zodiacale. On sait que l'on désigne ainsi une lueur vapo-' reuse, en,forme générale de fuseau, qui a pour point de départ le Soleil, et s’étend, loin de lui, dans le plan de l’écliptique. L’éclat, dans les parties les plus lumineuses, est égal à plusieurs fois celui de la Voie Lactée. La teinte est plutôt jaunâtre.
- Son observation consiste, pour celui qui ne veut pas en faire une étude approfondie, à noter ses'limites estimées par rapport aux étoiles visibles connues, sa coloration, son éclat, en prenant pour base telle partie de la Voie Lactée que l’on indiquera.
- En réalité, il serait utile d'effectuer une étude beaucoup plus complète, par exemple d’entreprendre des
- p.2x202 - vue 653/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- mesures photométriques pour la photographie de zones de cette lueur situées à diverses distances du Soleil. Une telle étude pourrait indiquer s’il y a des variations d’intensité en rapport avec l’activité solaire.
- Tl est possible qu’il y ait une relation entre l’éclat de la lumière zodiacale et. l’intensité du rayonnement solaire. La question est pleine d’intérêt et nécessiterait une étude très poussée. .
- On a expliqué la lumière zodiacale par des particules, ou petits satellites tournant autour du Soleil : les satellites étant plus nombreux au fur et à mesure que l’on s’approcherait du Soleil, la lueur doit augmenter d’intensité quand la distance à l’astre du jour diminue. C’est ce que montre l’observation.
- D’autre part, il existe un phénomène qui est relié à la lumière zodiacale : c’est la lueur anti-solaire. C’est une lueur extrêmement faible que l’on voit juste à l’opposé du Soleil. S’il s’agit de particules ou- de satellites, ceux-ci sont, à l’opposé du Soleil, éclairés juste de face, et ne présentent pas de phase. Il y aurait ainsi renforcement de lumière, d’où cette lueur anti-solaire. On a encore expliqué celle-ci par une sorte de queue’de la Terre. La répulsion de la lumière solaire s’exercerait sur les particules de l’atmosphère, qui seraient ainsi chassées par la pression de la lumière. L’ensemble de ces particules formerait une sorte de queue, juste à l’opposé du Soleil, queue que nous verrions par le bout, donnant aussi l’apparence d’une tache ronde sur le ciel. On pourra essayer de trouver la lueur anti-solaire, vers le io février, entre le Cancer et le Lion; vers le i5 février, à l’Ouest de Régulus. Cette lueur est très faible, et pour l’observer, il faut des nuits très pures, sans clair de Lune, ni la présence de lumières artificielles.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de février, seront les suivantes :
- D. Q. le 5, à 23h25ra I P. Q. le ig, à i2h36m N. L. le 12, à 1711 Q.om | P. L. le 27, à i6h 51”
- Age de la Lune, le ier février, à oh—iyi,y\ le i3 = oj,3. Pour avoir l’àge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1e1 ou
- le i3 et pour une heure considérée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 10 ——2i°4i' ; le 22 = —}— ax° 44r- A. ces dates, la Lune, lors de son passage au méridien, sera à sa plus faible ou à sa plus grande hauteur au-dessus de l’horizon.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 14 février, occultation de 876 B Taureau (gr. 6,3); immersion seule visible à i8h (la Lune se couche à 191 3om).
- Le 17, occultation de £2 Baleine (gr. 4.3), de i8hom à i8ha5m.
- Beau phénomène à observer tout à fait à la fin du crépuscule. La Lune montrera un joli croissant, deux jours avant le premier quartier. L’immersion aura lieu au bord obscur, visible grâce à la lumière cendrée ; la réapparition au bord éclairé.
- Le 21, occultation de y} Orion (gr. 4>5), de i6h47“ à. i71,8m.
- Le a5, occultation de 12 B. Lion (gr. 6,3), de 2ih 3a à
- Marées, — Les plus grandes marées du mois se
- Voici les valeurs mes. de ces plus grandes marées,
- Dates. Marée du matin. Marée du soir.
- Février 11 0,80 0,87
- — 12 0,94 1,00
- — i3 1 ,o5 U09
- — 14 1,11 1,12
- — 15 1,10 1,07
- — 16 1 ,o3 °>97
- 11 0,90 0,82
- Nous donnerons, le mois prochain, divers renseignements pour calculer l’heure et l’importance des marées dans divers ports de France.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de février.
- 4STRE Dates : KKVÏUEK Lever à Paris, Passage au Méridien de Paris (1) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 71' i8m i2h 4m47s i6h52“ 21" i4m — 160 4' 3a' 3o"o Capricorne, ’
- Soleil . . .< ,5 7 2 12 4 5g !7 9 21 53 — 12 5o 32 26,4 Capricorne, )>
- ( 25 6 43 12 3 58 17 25 22 32 — 9 16 32 21.6 Verseau
- 1 5 7 i3 11 36 15 59 20 L\2 — 20 19 4 B 0 Capricorne, 1 Inobservable,
- Mercure. . 15 . 7 5 12 9 17 3 21 5l — i5 11 4,8 ô Capricorne>en conjonct. avec le Soleil
- 25 7 9 12 36 18 3 23 0 - 7 43 4,2 X Verseau J le 16 lévrier.
- 5 6 4^ 12 9 17 36 21 19 — 7 40 61,8 p Verseau ) En conjonct. avec le Soleil
- Vémis . . . i5 5 44 11 6 16 29 20 55 —- 8 40 59,8 b Verseau > le 7 févr. Visible le matin
- 25 5 0 10 16 i5 3i 20 43 — 10 9 53,0 e Verseau à la fin du mois.
- 5 4 3y 8 40 12 43 J7 47 — 23 39 4,6 Sagittaire
- Mars. . . . l5, 4 29 8 3i 12 34 j 8 18 — 23 45 4,8 g Sagittaire avant l’arrivée du jour.
- * ‘iS 4 19 8 23 12 27 18 49 — 23 29 5 ,o Ç Sagittaire
- Jupiter. . . i5 6 26 11 0 15 34 20 48 — 18 23 3o,4 6 Capricorne Inobservable.
- Saturne . . 15 1 8 5 49 TO 3o i5 36 — 17 2 15,2 y. Balance Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . i5 8 1 i3 5o 19 38 23 38 — 3 8 3,2 14 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . i5 16 48 23 5y 7 G 9 43 —}- 14 7 2,4 Lion Toute la nuit. Opp. le 12.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 16 février, à ih.
- Vénus devient étoile du matin. Après avoir illuminé nos soirées pendant de longs mois, elle se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 7 février à i5h. On pourra l’observer, à la fin du mois, avant l’arrivée du jour. Phase de Vénus, le i5 février = o,o3.
- Mars revient et déjà son diamètre apparent grandit. Il se lève à présent 2h 1/2 avant le Soleil. Son diamètre de 5" ne permet encore d’observations utiles qu’avec les grands instrument^, Mais il est très bqs sur l’horizon,
- pour la France, et il faut encore attendre pour effectuer des observations avec les instruments moyens. Phase de "Mars, le i5 février = o,g3o.
- Jupiter est encore inobservable, plongé dans le rayonnement solaire.
- Saturne devient très visible le matin, se levant, le i5, à ih8m. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le i5 février, à 5h. L’anneau qui entoure la planète est visible dans les instruments de moyenne puissance. On le devine déjà avec une lunette de om,o4 de diamètre.
- Uraum psî praticjueiqegt inobservable, se trouvant
- p.2x203 - vue 654/663
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- très près de l’horizon ouest à la fin du crépuscule. On pourra essayer de le rechercher au moyen de sa position donnée au Tableau des planètes.
- Neptune sera en opposition avec le Soleil le 12 février, à 2ih. Il est donc visible toute la nuit. Voici quelques positions où on pourra le rechercher en s’aidant d’une bonne carte céleste.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Février 5 9h 44m -f- l4° Ol' 2" ,4
- — i5 9h43“ -j-140 07' 2",4
- — 25 9h42m -j- 140 712 a",4
- Il faut une lunette passez puissante (om,95 ou mieux om, 108) pour bien voir le diamètre apparent de Neptune. IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à ioh, Mercure en conjonc. avec Jupiter, à i° 32' S.
- Le 6, à i5\ Saturne — — la Lune, à a° 27' S.
- Le 8, à 23h, Mercure — Vénus, à io° 38'S.
- Le 9, à 4h> Mars — — la Lune, à 20 33’ S.
- Le 11, à i8h, Jupiter — — la Lune, à Z CAi 0 0
- Le 12, à o1’, Vénus — — la Lune, à io° 16' N.
- Le 12, à i3h, Mercure — — la Lune, à 0® 8'S.
- Le 14, à i5h, Uranus — — la Lune, à 3° 59'N.
- Le 16, à i6h, Mercure — — 1 Verseau, (gr. 4,3)
- à o° 7' N.
- Le 17, à 20h, Vénus — — Jupiter, à 90 o8'N.
- Le 26, à 8h, Neptune — — la Lune, à 20 06'N.
- Etoiles filantes. — IL’Annuaire du Bureau des Longitudes indique un seul radiant actif en février, à la date du 16, près de a Cocher, par 74° d’ascension droite et -j- 480 de déclinaison.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Per-sée), visibles à l'œil nu. Le 2 février, à a3h35“ ; le 5, à 20h 24™ ; le 23, à ih 20“ : le 25, à 22h q“ ; le 28, à i8h 58“. . ’ y ’
- Temps sidéral à 121 (T. U.) et Période julienne :
- Dates. \ j • Jours de la période Temps sidéral. julienne.
- Février i9r 2oh 53m 5S 2 424 548
- — 11 2Ih 32“ 3ls 2 424 558
- — 21 22h 11™ 5ys 2 424 568
- V. Constellations. — - L’aspect de la voûte céleste
- r février à 2ih ou 1e i5 février, à 2011 est le suivant
- Au Zénith, presque exactement, se trouve (3 Cocher. Autour du Zénith : les Gémeaux, le Taureau (Pléiades, 0, a, x), et Persée (amas, Algol, e, i]).
- Au Nord : Deneb frôle l’horizon. Le Dragon.
- A l’Est : Le Lion (a, y, 54) ; la Vierge; le Bouvier. Au Sud : Orion (nébuleuse, S, 1, g, 1) ; le Grand Chien (Sirius); le Petit Chien (Procyon).
- A l’Ouest : Le Bélier; la Baleine (Mira Ceti) ; Pégase.
- Em. Toüchet.
- JfeD
- ipo
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour peser avec un compte-gouttes. — Le compte-gouttes sert à mesurer de très petites quantités de liquide, mais il est indispensable que les gouttes soient toujours de la même grosseur et c’est le compte-gouttes que l’on trouve chez les pharmaciens qui permet ce débit régulier.
- L’emploi du compte-gouttes permet de peser facilement de petites quantités de liquide qui rentrent dans certaines formules. Par exemple, s’il faut 2 ou 3 gr. d’un extrait pour fabriquer un parfum ou autre produit, il est bien difficile d’employer la pesée pour des poids aussi faibles, à moins de disposer d’appareils tout à fait précis.
- La mesure dans une éprouvette, graduée en centimètres cubes, ne donnant aucun bon résultat, puisque la densité des différents liqudes est très variable, on peut, en connaissant le nombre des gouttes qu’il faut pour un gramme d’un produit, doser exactement en poids les quantités de liquide nécessaire.
- Ainsi, lorsque l’on veut un gramme d’alcool, il faut prendre 60 gouttes. Il est donc intéressant de connaître pour les liquides les plus fréquemment employés dans les préparations le nombre de gouttes nécessaires pour obtenir un gramme.
- Voici un tableau qu’il est utile de posséder :
- Acide acétique ...................56 gouttes.
- Alcool à 25°......................65
- Ammoniaque..........................53 —
- Acide chlorhydrique.................21 —
- Chloroforme....................... 53 —
- Eau distillée.....................20 —
- Elixir parégorique............ 53 —
- Essences de fleurs. En moyenne. . 5o —
- Ether............ y S —
- Glycérine......................... a5
- Acide sulfurique.............. 26 —
- Teinture d’iode...................61 —
- Procédé pour courber le bois. — La courbure du bois est obtenue par la méthode de compression des fibres et non par allongement qui diminuerait la résistance des fibres jusqu’à la cassure.
- Le bois est d’abord façonné à la section1 requise, sur toute la longueur, ensuite on le place dans un tube en partie rempli d’eau chauffée par un serpentin dans lequel passe de la vapeur à une température de 75°C, environ. Il faut que le bois soit complètement saturé d’humidité.
- Un excès de vapeur tend à tï'op cuire le bois et à
- diminuer sa résistance. Il convient donc de fixer par l’expérience cette durée de cuisson.
- Par exemple, pour des brancards de charrue en chêne, longueur 1 m. 25o, section 28 X 38 mm. rayon de courbure à obtenir, i5o à 200 mm., il faut compter trois quarts d’heure à une heure. L’eau doit être changée tous, les jours, car le bois de chêne contient de l’acide tannique qui rend l’eau noire et donne au bois une teinte indésirable.
- Les bois, suffisamment cuits, sont extraits du tube et placés sur un appareil constitué par une table en fonte ou en acier. On fixe le bois par des guides et des crampons, des pièces à chaque bout l’empêchent de s’allonger au moment du travail de courbure qui, dès lors, ne fait que comprimer les fibres. On pose cet appareil sur la machine à courber, qui lui donne la courbure requise.
- Le bois est alors prêt pour le séchage dans un séchoir spécial de 6 m. de longueur, 1 m. 5o de largeur, chauffé par un sei’pentin formé par 4 tuyaux de 3o mm. de diamètre sur toute la longueur du séchoir.
- 11 faut environ 24 à 36 heures pour obtenir des bois bien secs conservant la courbure donnée. II. B.
- Rougissement des cuvettes de W.-C. — L’emploi de glaçures céramiques blanches a permis de donner aux installations sanitaires blanches une surface glacée très unie, ce qui constitue un grand avantage au point de vue de l’hygiène et de la vue. Mais il arrive parfois que cet aspect devient au bout d’un temps plus ou moins long désagréable par suite de l’apparition d’une coloration rouge dont on s’explique maintenant la cause.
- Gomme l’on sait, les produits sanitaires sont une terre cuite — argile jaunâtre et peu poreuse — qui est recouverte d’une glaçure blanche et opaque à laquelle on incorpore souvent de l’oxyde d’étain, quelquefois même un mélange d’oxyde d’étain et d’oxyde de plomb. Malheureusement ceux-ci contiennent de très petites quantités d’autres métaux qui, une fois oxydés, produisent une forte action colorante. Parmi ces métaux, il faut citer ïe cuivre, lequel alors se transforme en oxyde vert, puis en oxyde rouge qui est, en effet, un colorant intense.
- Dans le cas des W.-C., le rougissement provient de ce qu’ils sont constamment en contact avec des matières agissant comme réducteurs (en l’espèce les urines) de l’oxyde de cuivre présent dans la glaçure, et qu’elles réduisent au cours du temps en oxyde rouge, l’intensité de la coloration dépendant du degré de cuisson, car il est évident, comme le fait remarquer la fevue Kevninfiy
- p.2x204 - vue 655/663
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Runds. que ces réducteurs agissent plus violemment et plus rapidement sur des produits cuits à basse température que sur des produits cuits à une température élevée.
- Désinfectipn des éviers. — On sait que les graisses
- provenant des résidus contenus dans l'eau de vaisselle finissent en s'amassant par donnerune mauvaise odeur aux éviers. 11 est possible de faire disparaître cette odeur en versant dans le conduit soit de l'ammoniaque, de la soude, soit encore de l’acide chlorhydrique baptisé dans le commerce esprit de sel.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. P., à Epernay. — i” Pour conserver aux objets en caoutchouc toute leur souplesse, opérerainsi : Placer dans le fond d’un flacon à large col un tampon de coton hydrophile et verser sur celui-ci quelques centimètres cubes d'essence de girolle. Mettre ensuite dans le flacon les objets en caoutchouc et fermer hermétiquement avec un bouchon bien ajusté. Ainsi traité, le caoutchouc, même au bout de plusieurs années, conserve la souplesse qu’il possédait au moment de sa fabrication.
- 20 Le détartrage des bouillottes en aluminium s’effectue facilement et sans danger pour le récipient en utiè lisant la propriété de ce métal d’être inattaquable par l’acide nitrique, alors que les dépôts terreux de carbonate et de sulfate de calcium passent rapidement en solution. Il suffît d’étendre l’acide du commerce (eau forte) de huit à dix fois son volume d’eau, puis de rincer à l’eau pure, dès que le sédiment a disparu. N. B. Bien éviter toute confusion avec l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) dont l’action serait, au contraire, néfaste.
- M. le Z>‘ A., à Àmplepuis. — i° Lorsque l’on veut empêcher le papier de boire après avoir gratté, il suffit de saupoudrer la place avec un peu de résine finement pulvérisée, puis de fortter avec l’ongle; bien que la colophane ordinaire puisse parfaitement suffire, on recommande d’employer de préférence la résine Sandaraque. 20 Pour coller des étiquettes, sans craindre qu’elles ne se détachent par l’humidité, employer le vernis blanc français à l’alcool. 3" Les pellicules photographiques se collent à la gélatine, si elles sont en gélatine ; quand elles sont en celluloïd, il faut employer une colle de même nature à base de celluloïd dissous dans un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle. 4° Voici deux adresses de maisons où vous trouverez assez facilement des'livres d'occasion : Ch. Boulangé, 14, rue de l’Ancienne-Comédie ; Pierre Bessire, 3g, rue de Seine.
- M. Bronne, à Bruxelles. — i° Veuillez vous reporter, pour ce qui concerne la conservation de la souplesse du caoutchouc, à la réponse faite ci-dessus à M. P., à Epernay. 2° La couleur rouge que présentent certains caoutchoucs manufacturés est due à l’emploi de sulfure d’antimoine (soufre doré d’antimoine), lequel est dans une certaine mesure un agent de vulcanisation, surtout par le soufre libre qu’il contient, mais en outre ce sulfure constitué une charge ; or un caoutchouc est d'autant meilleur et plus souple qu’il est moins chargé.
- C. et B., à Parisi — Le vieillissement de la pierre neuve se réalise facilement par badigeonnage au moyen d’une mixture obtenue en délayant quelques grammes de noir de fumée dans de l’eau additionnée d’une cuillerée ou deux de soude caustique (potassium des peintres) par seau d’eau. Si la pierre voisine est jaunâtre," ajouter également à la préparation un peu de perchloriye de fer. Faire bien attention à n'employer que des mixtures très diluées, au début, pour ne pas teinter la pierre d’une façon exagérée, procéder plutôt par applications successives jusqu’à obtention du résultat cherché.
- M. Lapointe, à Arcueil. — Un moyen très simple de faire disparaître les taches grasses soit sur un dallage, soit sur un plancher, consiste à disposer sur chaque tache un petit tas de plâtre sec, tel qu’il sort du sac du maçon. Par capillarité, la matière grasse remonte à la
- sui'face et est absorbée par le plâtre. Le lendemain on balaie ce plâtre chargé et on le remplace par du neuf. On répète cette opération autant que cela est nécessaire et nous savons par expérience personnelle que le résultat attendu est parfois obtenu avec une rapidité sur laquelle on n’osait compter.
- M. B., à Verfeil. — La préparation de la teinture de tournesol sensible s’effectue ainsi :
- On fait bouillir pendant une demi-heure, en remplaçant à mesure l’eau évaporée, le tournesol en pains du commerce, préalablement réduit en poudre dans io fois son volume d’eau ordinaire additionnée de 5 pour ioq de chaux éteinte. On filtre, puis on sature le liquide par un courant d’acide carbonique, jusqu’à ce que la coloration soit franchement rouge lie de vin; on porte à l’ébullition pour décomposer le bicarbonate de calcium qui s’est formé et filtre une dernière fois. Ce procédé permet d’obtenir directement une teinture sensibilisée, sans qu’il soit nécessaire d’opérer par tâtonnements en faisant des additions alternatives d’alcalis et d’acides.
- V. B. — L’acide carbonique nécessaire se pi’épare sans difficultés par la méthode classique de décomposition des morceaux de craie sous l’action de l’acide chlorhydrique ordinaire, le point essentiel est de sursaturer la solution.
- Jean de Bigorre, à Paris. — i# La présence d’un dépôt après traitement de la gomme laque par le borax n’a rien d’anormal attendu que la gomme laque contient des cires résines insolubles dans ces conditions ; comme elles ne participent pas à la confection du vernis, il suffit donc de les séparer par une filtration sommaire au coton sans s'en inquiéter.
- 2° En ce qui concerne les précipitations observées, en présence de sels de magnésium ou d’étain, elles sont dues à la formation de laques et résultent des affinités chimiques des constituants; il faut donc éviter l’addition de tout corps susceptible de former avec la gomme un composé insoluble, ce qui séparerait celle-ci de la solution primitivement réalisée.
- M. B., à Quessoy (Côtes-du-Nord). — j°Les gants en caoutchouc sont obtenus par le procédé dit de la « feuille levée », c’est-à-dire que l’on dépose un certain nombre de couches de caoutchouc sur un moule, puis, après séchage, on enlève cette couche superficielle.
- Pour préparer les moules, on commence par faire un creux en plâtre sur main naturelle, puis dans ce creux on coule une substance inattaquable par le soufre, habituellement verre ou porcelaine, cette dernière étant déposée par la méthode à la barbotine, ensuite elle est soumise à une cuisson suffisante pour lui donner de la dureté. La dissolution de caoutchouc est constituée par du Para ou des Crêpes fumées dissous dans le toluène, on la soufre à 5 pour ioo. Le liquide étant placé dans des bassines, on y trempe les moulages à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’épaisseur du caoutchouc déposé atteigne environ un millimètre. On cuit alors à la vapeur pendant 2 heures à 2 h. 1/2, on désulfure au bain bouillant de soude caustique et passe enfin en bain de glycérine pour conserver aux articles leur souplesse le plus longtemps possible. 20 Adresses de fabricants de moules en porcelaine : Mossire, 86 bis, rue des Amandiers; Jubin, 114, rue Oberkampf; Delye, rue Godefroy, à Saint-Ouen; Blanchard, 141, boulevard Voltaire, Paris; Girard et Dumont, 36, rue Nationale, à Pavillon-sous-Bois.
- M. le Dt B., à Montélimar. — Ainsi que nous vous le disions dans le n° 2604 du ier mars 1924, page LXXI de la Boîte aux Lettres, Y usure des toiles de vos filtres-presses provient plus de la fatigue du tissu par serrage et traction de la masse pâteuse sous pression que de
- p.2x205 - vue 656/663
-
-
-
- B01TF »’*’
- m
- k
- 'action destructive des mis étrunaei-s. ‘a ..... sont réellement des moisissure^ dont vous cive/. >érihé la présence, il vous suffira pour les détruire de tremper de temps à autre vos toiles de filtres-presses dans une dissolution de sulfate de cuivre (vitriol bleu) à 5 pour ioo et de laisser sécher sans rincer.
- M. C., k La Rochelle. — Le colmatage des parois de votre puisard est dû au développement d’algues sulfu-raires (Beggiatoa alba) dé naturé visqueuse qui trouvent un milieu favorable dans les eaux tièdes chargées en matières albuminoïdes qui leur fournissent le soufre nécessaire à leur constitution. Nous pensons que vous pourrez les détruire en jetant dans le puisard quelques poignées de sulfate de cuivre (vitriol bleu du commerce) et en rendant 1 eau acide par addition soit d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique), soit d’acide sulfurique (vitriol). En cas d’insuccès il faudrait se résoudre à faire repiquer les parois du puisard par un puisatier.
- M. Dauplay, à Yientiane Laos. — Les couleurs dites azoiques ont pour caractéristique la diazotation, permettant d obtenir des composés qui renferment deux atomes d azote soudés l’un à l’autre par une liaison simple ou double.
- Pour cela on part des amines de la série aromatique que 1 on oxyde par l’acide nitreux, en présence d’un acide, par exemple :
- C6 Az0 OH. = Ce H5. Az = Az Cl + ^IDO.
- Chlorhydrate dyiiiliiic Chlorure de diazobeuzitie
- Cette opération, qui consiste à transformer une base en composé azoïque, est aujourd’hui très fiéquente pour l’obtention des colorants dits diamants, diamines, d’oxa-mine ou de benzidine qui ont la propriété précieuse de se fixer directement sur le coton non mordaneé, ce qui les fait appeler couleurs directes et en Allemagne couleurs substantives. Tels sont le jaune solide B, le benzo-orange S, l’écarlate 3 B, le. violet N, le benzo bleu v solide B, les noirs naphtylamine, naphtol, etc.
- Parfois le colorant prend directement naissance sur la fibre imprégnée des bases et réactifs nécessaires, c est 1 opération du développement effectuée seulement sur le coton.
- Dans la pratique industrielle, on emploie pour le dia-zotage un mélange de nitrite de soude et d’un acide, la solution doit être aussi concentrée que possible et la température très basse (5° à io°) pour éviter une décomposition. Suivant la nature de l’amine, on prend jjlus ou moins d acide, presque toujours l’acide chlorhydrique, les acides sulfurique et azotique ne servant qu’excep-tionnellement.
- Comme type de réaction, on peut prendre celle portant sur l’aniline en opérant ainsi au laboratoire :
- On verse doucement 5o c. c. d’acide chlorhydrique dans un mélange de 18 gr. 6o d’aniline et 6o c. c. d’eau très chaude, en remuant constamment avec une baguette de verre. On laisse refroidir et amène à o° par addition de glace en mettant celle-ci en excès ; on introduit alors i/j gr. de nitrite de solution au i/5e, la diazotation est terminée lorsqu’une goutte du liquide donne une réaction au papier amidonné ioduré, indiquant la présence d’un excès d’acide nitreux. La température finale ne doit pas dépasser 70 et le volume total 25o c. c. par addition de glace.
- Comme ouvrages sur la question, consulter : Chimie des matières colorantes, par Seyewetz et Sisley. Opérations fondamentales de la chimie des colorants, par 1[. Fierz, éditeur Attinger, 3o, boulevard Saint-Michel. La Teinture et l'impression, par Letellier, Librairie scientifique, 6, rue de la Sorbonne. Fabrication des matières intermédiaires pour les colorants, par Cannel Cairn, éditeur Dunod, 92, ruè Bonaparte.
- M. Ilavard-Duclos, à Chartres. — i° Les emplois les plus importants du kaolin sont la fabrication des produits céramiques et la charge des papiers; quant aux terres argileuses moins pures, elles ne peuvent être utilisées que pour l’obtention des poteries.
- 20 Les pièces de lustrerie sont mises en couleur de la manière suivante : on applique d’abord une couche de
- vernis à bronzer composé de :
- Copal du Brésil ...............3oo gr.
- Huile de lin cuite............ , 5o —
- Essence de térébenthine.........65o —
- On laisse sécher, puis, quand le vernis est encore poisseux, on dépose à la surface au moyen d’un tampon
- uc coton de la poudre de bronze de la teinte choisie, qu on trouve chez tous les marchands de couleurs (bronze rouge, vert, or, argent, etc.). On peut ainsi obtenir une très grande variété de Ions et réaliser les plus gracieux effets par dégradés, oppositions, accentuation des reliefs, etc. *
- Au cas où vous voudriez dorer réellement, remplacer le vernis à bronzer par le vernis dit « Mixtion » composé d’un mélange de :
- Huile de lin ordinaire...........33o gr.
- Huile de lin cuite. ....... 70 ___
- Siccatif pour équipages..........i3o
- Essence de térébenthine..........470 _
- On opère comme précédemment, c’est-à-dire que sur le vernis poissant encore on vient déposer de l’or en feuilles. Pour cela on place les feuilles d’or sur un petit coussin plat formé d’une peau mince tendue sur une planche avec un peu de coton cardé. On coupe les feuilles de la forme qu’on désire avec un couteau à lame mince et on enlève les morceaux qu’on veut aPpl*tIuer> avec un pinceau plat à poils longs et doux qu on passe légèrement sur la joue où on a frotté un peu de graisse. La feuille étant posée, on l’étend en soufflant doucement dessus et au moyen d’un pinceau non graissé. Quand 1 application est à peu près sèche, on brunit les parties, qui doivent être brillantes avec un brunissoir d acier ou une pierre à brunir. La dorure étant finie, on lui donne plus d’éclat et de solidité en passant une couche très mince de vernis blanc.
- M. le T) A., à Amplepuis. — Dans le cas d’un encol-lage général du papier, vous pouvez employer soit la gélatine, soit l’amidon.
- La solution de gélatine est obtenue ainsi :
- Prendre : Gélatine blanche .... 12'gr.
- Eau froide . ...........1000 cm"
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, liquéfier ensuite au bain-marie et rendre homogène. Quand le bain est légèrement refroidi, y tiemper les feuilles de papier et les laisser sécher à 1 air libre en les suspendant par un coin, mettre sous presse encore fraîches.
- L empois d amidon se prépare ainsi :
- Arrow-root..................... ao gr
- Eau ordinaire.................. 1000 cm3
- Porter environ 900 c. c. de l’eau à l’ébullition dans une capsule et d’autre part délayer l’amidon dans les 100 c. c. d eau froide restant, verser doucement le lait ainsi obtenu dans 1 eau bouillante en remuant constamment, laisser refroidir, puis tremper dans l’apprêt ainsi obtenu les feuilles de papier comme il est indiqué ci-dessus.
- M. B., à. Y. Pour préparer la soudure en pâte dont vous voulez parler on opère ainsi :
- On commence par faire fondre un mélange de ;
- • lMain.........................55o gr.
- Plomb. ........... 450 —
- Aptes avoir rendu bien homogène, on laisse refroidir et réduit en poudre par limage; cette poudre est enfin delayee dans la quantité suffisante pour former une pâte du mélange suivant fait d avance jusqu’à dissolution :
- Glycérine................ . . 100 cm3
- Sel ammoniac pulvérisé......... 5 gr,
- M. Nicolay, à Bruxelles. — Nous pensons qu’il s’agit de blanchir de la paille ayant conservé sa forme primitive, et non de pâte de paille ; pour réaliser le blanchiment; il faut opérer ainsi : i° débarrasser la paille de ses impuretés et matières grasses par ébullition ou dans un bain bouillant de savon à 7 ou 8 gr. par litre ; 2° rincer soigneusement à l’eau tiède, puis introduire la paille dans un lait de chlorure de chaux soigneusement tamisé pour éviter la présence de grumeaux, maintenir la paille bien immergée pendant deux à trois heures, en agitant fréquemment ; au bout de ce temps, ajouter au bain, après avoir retiré la paille, 1 pour 100 du volume du bain d’acide acétique du commerce (acide pyroligneux). Rentrer la paille, laisser encore en contact, un temps égal au premier, à température voisine de 40° C., laver copieusement; 3° passer la paille ainsi blanchie dans une solution d’hyposulfite de soude à T pour 100 de façon à détiuire toute trace de chlore, terminer par un rinçage à l’eau pure. — N. B. Le chlorure de chaux est vendu sous la désignation courante de « poudre de chlore » et doit titrer, s’il est de préparation récente, nou chloro-métriques.
- *fi5ÿT»
- p.2x206 - vue 657/663
-
-
-
- -K - » \
- Bl
- IÜGRAPH1E
- The National Physical Laboratory, Collected Researches, Vol. XVIII, 1924- 1 vol. 456 p- H. M. Stationery Office, London, iga5. Prix : 17 s. 6 d.
- Ce volume, comme tous ceux qu’a publiés jusqu’ixc le National Physical Laboratory de Londres, contient un grand nombre de travaux fort importants qui témoignent de l’activité déployée par le grand institut de recherches anglais. Le présent volume est consacré à des recherches d’ordre électrique, paimii lesquelles il convient de signaler les suivantes : une étude de M. A. Campbell sur les propriétés magnétiques de l’alliage fer-silicium dans les champs magnétiques alternatifs faibles ; plusieurs communications de M. Butterworth, relatives à des problèmes de mesures électriques en haute fréquence ; de M. Hollingworth sur la mesure de l’intensité électrique des réceptions radioélectriques; de MM. Smith et Napier sur la mesure de l’amplification fournie par les amplificateurs basse ou haute fréquence ; de M. Dye sur l’emploi du multivibrateur Abraham-Bloch pour réaliser la mesure précise des longueurs d’onde et fournir des longueurs d’onde étalons, sur les transformateurs de liaison des amplificateurs ; de M. Smith sur une méthode électromagnétique de mesure de la composante horizontale du champ magnétique terrestre ; les essais de MM. Paterson, Walsh, Taylor et Barnett sur les charbons de lampes à arc pour projecteurs. etc.
- La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Le pH, par R. Legendre, x vol. in-8 de viii-283 p., 3i fig. Les Presses Universitaires de France, Paris, 1925. Prix, cartonné : 3o francs.
- Quand une substance se dissout dans un solvant, on admet aujourd’hui qu’elle se dissocie en même temps plus ou moins complètement en ions. Un acide en solution libère ainsi des ions hydrogène, et ce sont ceux-ci qui confèrent à la solution son caractère acide. Si les acides forts se dissocient presque complètement, il n’en est pas de même pour les acides faibles. La composition titrimétrique d’une telle solutionne suffit donc pas à nous renseigner sur son acidité réelle ; ce qu’il faut connaître, c’est la concentration de celle-ci en ions hydrogène, concentration que peuvent faire varier dans de très grandes limites de très faibles différences dans la nature et la concentration des divers constituants de la solution.
- Pour la pratique, on a remplacé la détermination de la concentration par celle d’un nombre qui en est fonction et qu’on appelle le pH.
- Ce nombre joue aujourd’hui un rôle capital dans les études biologiques parce qu’il nous renseigne avec précision sur les délicates, mais si importantes variations de composition et d’équilibre chimique des milieux biologiques. La technique de la détermination du pFI est essentiellement un chapitre de physicochimie appliquée et, pour cette raison, elle est encore assez peu familière à beaucoup de biologistes. M. R. Legendre a entrepris la tâche de leur faire comprendre, aussi simplement et clairement que possible les principes sur lesquels repose la détermination du pH, et, en traitant complètement le cas particulier de l’eau de mer, de démontrer la fécondité extraordinaire de cette méthode d’investigation.
- Il expose tout d’abord, en langage accessible, le mécanisme physico-chimique des solutions et les lois d’équilibre auxquelles obéit la dissociation ionique dans leur sein. Il arrive ainsi à faire comprendre nettement le problème de l’équilibre des ions hydro-1 gène (H) et hydroxyle (OH). Puis il décrit en détail les techniques de mesure du pH : colorimétrie et élec-trométrie. L’expérience personnelle de l’auteur en cette matière sera d’un grand secours à ceux de ses lecteurs qui auront le désir de se familiariser avec ces méthodes. La première partie de l’ouvrage est donc une véritable manuel d’études. La seconde partie est un exposé coordonné, systématique, des innombrables questions que la notion de pH permet d’aborder dans le milieu biologique complexe qu’est l’eau de mer : variations d’alcalinité des mers, équilibres
- des sels d’acides faibles contenus dans l’eau de mer et les fonds marins, rôle fondamental de l’acide carbonique dans ces équilibres, influence de la lumière, influences biologiques et inversement influences des variations du pH sur la vitalité, les migrations, les tropismes des êtres vivants, sur leur habitat, leur distribution géographique, et sur les conditions mêmes de leur croissance et de leur multiplication Cette magistrale synthèse des recherches effectuées dans ces divers ordres d’idées découvre une foule d’horizons nouveaux pour la physique du globe comme pour la biologie. Elle trace la voie aux recherches nouvelles auxquelles elle apporte en outre l’appui d’une documentation extrêmement étendue. Signalons également un appendice d’un grand intérêt pratique sur la conservation de l’eau de mer et les eaux de mer artificielles.
- L’adaptation, par L. Cuénot, i vol. in-16, 42° p., 84 fig- Encyclopédie scientifique. Doin, Paris, Prix : 20 francs.
- C’est une des questions biologiques les plus difficiles parce qu’elle nécessite de nombreux faits bien observés, touche aux problèmes métaphysiques de la création et de l’ordre, exige une grande impartialité. Le professeur de la Faculté des sciences de Nancy possède toutes les qualités et la science nécessaires pour traiter ce sujet qu’il étudie depuis longtemps.
- Il classe les'nombreux faits connus en accommodations individuelles, acclimatations, adaptations spécifiques globales, adaptations des organes à leur fonction, adaptations statistiques. Mais tout n’est pas adapté, comme le prouvent les organes inutiles, rudimentaires ou excessifs. La recherche de l’explication met en défaut toutes les théories proposées : lamarckisme, darwinisme, mutationnisme et conduit au grand problème métapEy-l? siqne : le choix entre le finalisme spiritualiste, le mécanisme matérialiste ou l”agnosticisme, pour lequel la science ne peut guider.
- Animal LÀfe in the Sea, par R.-J. Daniel, i vol. in-8, 119 p., 56 fig-, 5 pl, University Press of Liverpool ; Hodder and Stoughton, London. Pi’ix : Prix cartonné :
- 5 sh. 6 d.
- La mer est toujours le monde merveilleux et mystérieux qui attire l’homme. 11 suffit de rassembler quelques histoires des animaux qui la peuplent pour faire le plus attachant des livres, surtout quand on l’illustre de vieilles images et des dessins des animaux les plus singuliers. C’est ce qu’a fait M. Daniel, avec quelques chapitres : le grand serpent de mer, les monstres marins disparus, les baleines, les pieuvres géantes, les plus grands poissons, les profondeurs de la mer.
- Brillât-Savarin, conseiller à la Cour de cassation, gas tronome et gastrologue, par Fernand Cayen, i br, in-ia, 61 p. J. Peyronnet et Cio, Paris. Prix : 3 francs
- Aimable conférence faite dans la salle des fêtes du Journal sur l’agréable sujet de la gastronomie et de son maiti’e.
- Transports et tarifs de chemins de fer, par G. Pour 1 vol. 200 p. Jules Charles et A. Brunet, éditeurs Paris, igaô. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage résume le régime des chemins de fer, les règles générales applicables au contrat de transport, et donne des notions sur les tarifs.
- Gracieuse au béret bleu, Roman basque, par Eugène Grangié, i vol. in-12. 188 p. J. Peyronnet et Cle, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Roman où sont décrites avec vérité les mœurs et les coutumes du pays basque.
- La ÿiittileyre, Contes et poèmes landais, par A. Blanc-Péridier, i br. 63 p. Collection des Clochers de France. J. Peyronnet et C‘% Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- p.2x207 - vue 658/663
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE — 1925
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTE
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. — INFORMATIONS.
- Académie des Sciences : comptes rendus...................... 17
- Accidents dans les mines de charbon.........................162
- Acide phosphorique : fabrication par volatilisation......... 2
- — sulfurique : production à partir du gypse...........114
- Aéroplanes : utilisation au Canada.......................... 1
- Afrique : raids automobiles..................................... 9
- Alfa : papier.................................................. 41
- — : production en France.............................. 90
- Alfa et transports maritimes................................ 82
- Algérie : coton................................................201
- — : surface des vignes................................... 50
- Allemagne : organisation de la radiophonie..................114
- — : radiophonie.......................................186
- — : T. S. F.......................................74, 194
- Aluminium dans les voitures de chemins de fer............... 17
- — : revêtement des barreaux de grille................. 66
- Amérique centrale et du Sud : radiophonie...................194
- Amiens : fondations de la cathédrale........................ 97
- Amundsen : nouveau projet aéronautique.........................137
- — : organisation d’une nouvelle expédition............ 97
- Angleterre : radiophonie................................18, 74
- Animaux porteurs domestiques : origine.........................106
- Antidétonant nouveau...........................................114
- Antimoine : composés employés en émaillerie.................193
- Antsirabé : sources thermales.................................. 25
- Aquarium de l’Office des Recherches et Inventions. . . 34, 170
- Arbres : altitude limite dans le Cantal..................... 58
- Assèchement des instruments d’opliquc..........................193
- Ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris. ... 10
- Australie ..................................................... 50
- Automobiles : danses........................................... 17
- Automobile : raids à travers l’Afrique...................... 9
- Autruche au Maroc............................................ 18
- Aviateurs japonais : raid aérien...............................114
- Avion : 55 000 km du commandant de Pinedo...................161
- — : records de durée et de distance...................... 57
- — : repérage au son..................................... 12l
- — : tour d’Europe en 3 jours.......................... 57
- — et vent................................................ 89
- Azoture de plomb, succédané du fulminate....................129
- Baleine : pêche dans le détroit de Gibraltar................ 58
- Barrage gigantesque............................................137
- Barrages nouveaux sur le Nil................................... 17
- Barrage-réservoir : catastrophe............................... 178
- Barreaux de grilles à revêtement d’aluminium................... 66
- Bateau automobile dans les gorges du Tarn .....................129
- Benzène : centenaire de la découverte par Faraday. .... 1
- Berlin : exposition radioélectrique............................114
- Béton de sciure : dalles.......................................170
- — : transport et déversement à grande distance .... 57
- Billets de banque et contagion................................. 90
- Bois dur : emploi pour pâte à papier........................ 74
- — : ignifugation.........................................146
- — : industrie en Pologne.................................170
- — : récupération en carbonisation.................... 105
- Botanique : séro-diagnostic................................., 25
- Bourbouze : laboratoires.......................................169
- Brésil : caoutchouc............................................ 58
- Broadcasting : essais à grande puissance....................154
- Brome : usine à bord d’un navire............................153
- Câbles télégraphiques sous marins.............................. 89
- Californie : tremblement de terre .......................... 9
- Camions à gazogènes : concours ................................129
- Canada : grenier de l’Empire britannique....................... 98
- — : utilisation des aéroplanes . . ................... 1
- Cantal : altitude limité des arbres............................ 58
- Caoutchouc brésilien ........................................
- — : dépôt électrique . . ................... • • •
- Carbonisation du bois : récupération des sous-produits . . .
- — des marcs de raisin..................................
- Carillon du « B'g Ben »....•.................................
- Catastrophe à un barrage-réservoir...........................
- Calhédrale d’Amiens : fondations. . .........................
- Cellules photoélectriques pour tri des cigares...............
- Celluloïd : industrie en Italie..............................
- Céréales : récolte en France ................................
- Chambre de Commerce de Paris : ateliers-écoles...............
- Chanvre : préparation mécanique • • .........................
- Chemins de fer : aluminium dans les voitures.................
- — : centenaire..................... ...................
- Chemin de fer Paris-Orléans : électrification. ..............
- Chevalier : souscription pour son laboratoire................
- Chevreul : centenaire des découvertes .......................
- Chine : coton................................................
- — portugaise.............. . . ................... • • •
- Cigares : tri par cellules photoélectriques..................
- Cinéma : explosion de navire ................................
- Climat : influence sur les Jeux Olympiques ........
- Colloïdes : tension superficielle et dimensions moléculaires .
- Colonies : service radiotélégraphique .......................
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences....................
- Concarneau : capture d’une tortue luth. .........
- Conférence internationale de T S. F. aux Etats-Unis. . . .
- Congrès géologique international.............................
- Conserves et pouvoir antiscorbutique.........................
- Corps simples nouveaux.......................................
- Corse : jonction géodésique avec les Alpes-Maritimes. . . . Coton : en Algérie...........................-.................
- — : industrie en Italie................................
- — en Chine.............................................
- — à Madagascar. . . . .................................
- Courbure des tubes...........................................
- Crabe Polybius : mœurs.......................................
- Crocodiles de Madagascar.....................................
- Dalles en béton de sciure.................................. . .
- Détecteurs à cristaux........................................
- Dirigeable : mesure de la hauteur............................
- — Shenandoah : catastrophe. ...........................
- Dominions australiens et néozélandais .......................
- Ecole nationale du pétrole : inauguration................-
- Economies des usines Ford ...................................
- Electrification de la ligne Paris-Orléans....................
- Emaillerie : composés d’antimoine ......................... • •
- Energie humaine : influence du climat et Jeux Olympiques.
- Engrais et production piscicole des étangs...................
- Erosion dite glaciaire : expériences.........................
- Espagne : exposition de T. S. F..............................
- — : stations de T. S. F................................
- Esthonie : pays qui se dépeuple..............................
- Etats-Unis : fortune nationale...............................
- — : salaires ..........................................
- — : T. S. F............................................
- — : téléphonie.........................................
- Europe : nombre des auditeurs de T. S. F.....................
- Explosifs à oxygène liquide..................................
- Explosion de navire au cinéma................................
- Exposition radioélectrique...................................
- — de T. S. F. en Espagne...............................
- Faraday : centenaire de la découverte du benzène . . . . . Fluorescence du quebracho et du tizerat à la lumière de
- <n "Wood.....................................................
- Forcerie : cas imprévu.......................................
- 58
- 105
- 105
- 146
- 194
- 178
- 97 177
- 58'
- 145
- 10
- 49 17 53
- 57
- 58 9
- 58
- 26
- 177
- 129
- 157
- 65
- 186
- 17 113 138
- 18 138
- 34
- 177 201 170
- 58
- 201
- 57
- 18
- 122
- 170
- 65
- 57
- 89
- 50 185 169
- 57
- 193
- 137 49
- 178
- 138
- 194 194
- 98
- 145 74
- 137 162 169 129
- 146
- 138 1
- 41
- 18
- Supplément au n° 2699 de La Nature du 26 décembre 1925. H(§| 209
- 27
- p.2x208 - vue 659/663
-
-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Ford : économies des usines....................................169
- Fourmis contre poux............................................170
- France : émissions de T. S. F. des postes d’état............130
- — : radioplionie..................................74, 154
- — : récolte des céréales..................................145
- — : surface des vignes................................... 50
- Fruits : noyaux . ............................................ 49
- Fumier : transformation de la paille........................ 26
- Gabian : pétrole............................................... 81
- — : pétrole au xvme siècle...................... . . 122
- Gai toxique : lewisite.........................................177
- Gazogènes à fusion de cendres.................................. 10
- Gélatinobromure : agent sensibilisateur........................ 73
- Gélatinobromure d’argent : origine............................. 25
- Générateur d ondes électromagnétiques très courtes..........177
- Géodésie : jonction de la Corse et des Alpes-Maritimes. . . 177
- Géologie : Congrès international............................... 18
- Gibraltar : pêche à la baleine.............................. 58
- Giraud : nécrologie............................................ 65
- Glacier menaçant............................................... 97
- Glycol : solution incongelable pour radiateurs d’autos ... 185
- Golfe de Gascogne : plateau sous-marin.................. 49
- Gorges du Tarn en bateau automobile.........................129
- Grilles : revêtement d’aluminium des barreaux............... 66
- Grue flottante de 350 tonnes................................ 9
- Gypse : production d’acide sulfurique. ........................114
- Hauts fonds du golfe de Gascogne............................ 49
- Hélium contre le mal des caissons........................... 89
- Huiles de marmottes et de castors........................... 42
- Hydrogénation : présent et avenir........................... 97
- Ignifugation du bois........................................146
- Inde portugaise............................................. 26
- Insectes chantants............................................. 74
- Instruments d’optique : assèchement............................195
- Interférences entre postes européens de radiodiffusion . . . 130
- Isotopes du mercure. . ..................................... 65
- Italie : grandes villes........................................106
- — : industrie du celluloïd............................. 58
- — : industrie du coton....................................170
- .Iakoutsk : observatoire....................................... 57
- Jeux Olympiques et influence du climat......................137
- Laboratoires Bourbouze......................................169
- Lampe électrique dans les mines............................... 89
- — — sans rayons ultra-violets.......................177
- Levant français : recensement.................................. 90
- Lewisite, gaz toxique..........................................177
- Lichtenberg : ligures et tensions anormales................. 97
- Lignes électriques : tensions anormales........................ 97
- Livres : publication dans le monde.............................138
- Locomotive électrique la plus puissante........................ 25
- Machines à vapeur à haute pression dans la marine...........121
- Madagascar : coton..........................................201
- — : crocodiles............................................122
- — : sources thermales d’Antsirabé......................... 25
- Mal des caissons et hélium..................................... 89
- Marconi : rayon tournant....................................121
- Marcs de raisin : carbonisation................................146
- Marine : machines à vapeur à haute pression.................121
- Maroc : autruche.............................................. 18
- — : phosphates............................................ 98
- Matières grasses à bon marché.................................. 97
- Mercure : isotopes............................................. 65
- — : possibilité de transmutation en or.................161
- Mésanges charbonnières : goût singulier........................ 10
- Mexique : radiophonie................'......................194
- Microphones et téléphones nouveaux............................. 65
- Mines de charbon : accidents...................................162
- Mines : lampe électrique....................................... 89
- Minoterie française............................................ 26
- Mites : destruction............................................153
- Monnaie : pièces transportant des microbes?.................... 90
- Morsure : force déployée........................................ 2
- Morue dans l’Océan Glacial.....................................130
- Navires : direction par le rayen tournant de Marconi.... 121
- Nécrologie : Jean Giraud....................................... 65
- — : Tisserand.............................................161
- Nil : nouveaux barrages....................................... 17
- Nobel : prix de 1924 et 1925 ................................. 185
- Nouvelle Zélande............................................... 50
- Noyades : statistique..........................................146
- Noyaux de fruits............................................... 49
- Observatoire de Jakoutsk....................................... 57
- Océan Glacial : morue........................................ 130
- Océan Glacial de Sibérie : épilogue de l’expédition......... 82
- Œufs et sexe des poussins......................................153
- Ondes courtes : influence des conditions locales sur la réception. 162
- — — : propagation.........................................162
- Ondes électromagnétiques très courtes : générateur. .... 177
- Ondes très courtes : propagation...............................130
- Ontario : paradis des lettrés.................................. 90
- Optique : assèchement des instruments..........................193
- Or : possibilité de transmutation du mercure...................161
- Oxygène liquide : explosifs....................................169
- Paille : transformation en fumier.............................. 26
- Papier d’alfa : créateur en France............................. 41
- — : fabrication de pâte avec du bois dur............... 74
- Papier : séchage électrique...................................... 1
- Parquets sans joints : améliorations............................202
- Pêche à la baleine dans le détroit de Gibraltar.............. 58
- Peinture de la Tour Eiffel......................................177
- Péniche-aquarium de l’Ollice des Inventions.............54, 170
- Pétrole de Gabian............................................... 81
- — — au xvme siècle........................................122
- Pétrole : épuisement des gisements..............................121
- — : inauguration de l’École nationale..................185
- Phosphates du Maroc............................................. 98
- Phosphorescence marine : éclat.................................. 18
- Photoélectricilé : cellules pour le tri des cigares. ..... 177
- Photographie : agent sensibilisateur du gélatinobromure . . 73
- — : couis publics.........................................202
- — au gélatmobromure : origine............................. 25
- Pinedo : 55 000 km en aïion..................................161
- Pisciculture et engrais........................................ 49
- Plantes médicinales.......................................... 9 i
- Platine : production, prix...................................... 41
- Plomb tétraéthyle : dangers..................................... 82
- Pluie : chute extraordinaire dans l’Yonne....................129
- Pologne : industrie du bois.....................................170
- — : radiophonie...........................................162
- Population du monde : augmentation..............................145
- Portugal : colonies en Inde et Chine......................... 26
- Poussière des routes : pour la combattre.....................105
- Poussins : sexe et œufs.........................................153
- Poux : destruction par les fourmis...........................170
- Préhistoire : dissolution des os des sépultures..............106
- Prix Nobel de 1924 et 1925................................... 185
- Quebracho : fluorescence.....................................41
- Radiateurs d’autos : glycol incongelable.....................185
- Radiodiffusion : interférences entre postes européens .... 130
- — : modifications de longueurs d’onde.....................138
- — : nouvelles stations....................................154
- — : postes dans le monde................................. 97
- Radioélectricité : exposition................................146
- —• : exposition de Berlin..................................114
- Radiophares.................................................. 2
- Radiophonie en Allemagne.....................................186
- — en Amérique.............................................194
- — anglaise : projet.......................................138
- — en Angleterre......................................18, 74
- — : cours publics........................................202
- — : émissions transatlantiques...........................186
- — en France..........................................74, 154
- — : au Mexique...........................................194
- — . nouvelles stations.................................. 138
- —• : organisation en Allemagne............................114
- — : organisation internationale..........................170
- — en Pologne..............................................162
- — : poste modèle de réception pour amateurs..............186
- — : réception en Tunisie.................................130
- — : relais internationaux................................202
- Radiotélégraphie aux colonies................................186
- Radio-Toulouse : programme...................................162
- Recensement au Levant français............................... 90
- Repérage au son des avions...................................121
- Réunion : tamarin des hauts..................................122
- Rome : horaire de T. S. F....................................154
- Routes en béton : procédé « Yibrolithic »....................... 66
- — : pour combattre la poussière...........................105
- Russie : émissions de T. S. F................................... 18
- — : exploitation de tourbe................................ 81
- Sahara : aménagement......................................... 50
- Salaires aux _itats-Unis.....................................145
- Scaphandres à 150 mètres.....................................178
- Sciure : dalles en béton.....................................170
- Séchage électrique du papier................................. 1
- Sépultures préhistoriques : dissolution des os ....... . 106
- Séro-diagnostic en botanique................................. 25
- Serpent de mer............................................153, 185
- Sibérie : découverte d’une nouvelle peuplade................... 58
- Soie artificielle............................................153
- Soueïda : adduction d’eau.................................... 81
- — : siège et T. S. F......................................130
- Soufre : nouveaux usages........................................ 73
- Sources thermales d’Antsirabé................................... 25
- Statistique des noyades........................................ 146
- Superréactipn : choix des lampes................................138
- Tamarin des hauts à la Réunion............................... . 122
- Tan : production en Tunisie.....................................193
- Tarn : gorges en bateau automobile..............................129
- T. S. F. : en Allemagne...................................... 74
- — : auditeurs allemands..................................194
- — : changement de longueur d’onde.................... 18
- — : en chemin de fer.................................... 42
- — : concours originaux..........- . . .................194
- — : conférence internationale aux États-Unis.............138
- — : et direction des navires..............................121
- — : émissions nouvelles................................... 2
- — : émission des postes d’ .tat français..................130
- — : émissions russes..................................... 18
- — : en Espagne...........................................194
- — : essais d’émissions relayées........................... 2
- — aux États-Unis......................................... 74
- p.2x209 - vue 660/663
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- T. S. F. : expérience curieuse................................162
- — : exposition en Espagne................................138
- — : lampe « Thermion »...................................114
- — : nombre des auditeurs en Europe.......................162
- — : nouveau montage à réaction...........................162
- — : nouvelles............................................154
- — : nouvelles émissions de la Tour Eiffel................170
- — : nouvelles stations d’émission. ......................162
- — et politique...........................................146
- — : postes de Toulouse...................................186
- — : programmes anglais...................................154
- — : propagation des ondes très courtes..........130, 112
- — : réception des émissions de la Tour Eiffel en Alsace. 162
- — : réception des ondes courtes..........................162
- — : et siège de Soueïda..................................130
- — et théâtre.............................................146
- — : superstation anglaise................................ 18
- — : transmission sur antenne intérieure................... 2
- Télégraphone Poulsen comme machine à dicter...............129
- Téléphonie aux Etats-Unis.......................................137
- — haute fréquence sur lignes à haute tension............. 73
- Tensions anormales des lignes électriques : figures de Lichtenberg. . .................................................. 97
- Tension superficielle des colloïdes et dimensions moléculaires. 65
- Terpènes industriels............................................201
- Thermion.......................................................444
- Thermomètres : contrôle........................................151
- Tisserand : nécrologie.........................................493
- Tortue luth : capiure à Concarneau.............................111
- Tortues terrestres géantes.....................................129
- Toulouse : posies de T. S. F...................................186
- Tour Eiffel : nouvelles émissions..............................170
- — : peinture.............................................177
- Tourbe : exploitation en Russie................................ 81
- Tournemire : terre qui brûle.................................... 1
- Transmutation du mercure en or : possibilité...................161
- Transport de force : ligt e à 150 000 volts en France .... 57
- Tremblement, de terre de Californie ............................ 9
- Tri des cigares par cellules photoélectriques..................177
- Tubes : pour les courber....................................... 57
- Tunisie : réceptions radiophoniques'...........................130
- — : tan, production......................................195
- Turbine à vapeur la plus puissante............................. 41
- Ypnt et avion.................................................. 89
- Verres basiques des gazogènes.................................. 10
- Vibrolithic : procédé de construction des routes en béton . . 66
- Vignes : surface en France et en Algérie................... 50
- Villes d’Italie................................................499
- Voitures de chemins de fer : aluminium............!... 17
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accéléromètre enregistreur.............................
- Acier inoxydable : instruments.........................
- Affilage des lames de rasoirs..........................
- Antenne D. L. M........................................
- — par ligne téléphonique...........................
- Autos : graissage et surcompresseur « Lub »............
- Auto-Stop...............................................
- Automobiles : avertisseur « Lumino »...................
- —. : ressort Peplam.................................
- Avertisseur « Lumino » pour automobiles................
- Baignoire Crystal chauffée à l’alcool...................
- Berceau pliant.........................................
- Bicyclette : établissement d’une lampe.................
- Bière : nettoyage des conduites........................
- Bobinages pour ondes très courtes......................
- Bobines en fond de panier : montage....................
- Boites de conserves : pour faciliter l’ouverture .... Bouchon déboucheur « Hygiénic »........................
- — « Idéal » à clé.................................
- — indicateur et verrouilleur de réservoir..........
- Bouffe-fumée...........................................
- Bouilloire à débit continu.............7...............
- Bourrelets amovibles...................................
- Brosseuse Well-Bross...................................
- Broyeur à colloïdes Kek................................
- Cafetière Express......................................
- Calage des fenêtres et portes..........................
- Carreau de ciment Broutta..............................
- Chaises : tampon pour pied.............................
- Chariot Pouss-Pouss pour bébé..........................
- Chaudières : marteau électrique pour détartrer.....
- Chauffe-rivets électrique..............................
- Cheminées en ciment armé...............................
- Collier de serrage P. C................................
- Colloïdes : broyeur Kek................................
- Construction en bois armé..............................
- — en tube d’acier .................................
- Coupe-circuit anti-incendie des aulos..................
- Couture : nécessaire pour fauteuil.....................
- Couvre-selle pneumatique...............................
- Cuisine : nouveaux ustensiles..........................
- Détartrage des tubes de chaudière : marteau............
- Détecteur indéréglable à cristal ......................
- Didactiscope chirurgical...............................
- Dossier amovible pour lit..............................
- Douche Martyne.........................................
- Douille deux broches...................................
- Éclairage du microscope................................
- Ecouteurs téléphoniques : protecteur...................
- Electropompe automatique...............................
- Electroscope pour laine et soie........................
- Essence : indicateur de niveau « Nilec-Jauge » . . . .
- Estimètre Duval........................................
- Excavatrice automobile........................'. . . .
- Extincteur « Slop-Fire »...............................
- Fauteuil-hamac Gipsy...................................
- Fenêtres : calage......................................
- Fer à repasser : semelle...............................
- Flexo, protecteur de forets et tarauds.................
- Forets « Flexo » protecteur............................
- Frein à contre-pédalage................................
- Fume-cigarettes pour auto..............................
- Galène : poste inédit..................................
- Graissage des autos....................................
- 195 28 99
- 116
- 59
- 83 180
- 76
- 179 76
- 116
- 12
- 123 92
- 187 59
- 124 12
- 188
- 180 148
- 163 140
- 20
- 155
- 123
- 196 35
- 148
- 432
- 43
- 75
- 91
- 147
- 155 14 43
- 84 4
- 43
- 140
- 43
- 187
- 4 147 115
- 164 115 123
- 99
- 75
- 43
- 156
- 5
- 123
- 132
- 196
- 139
- 28
- 28
- 164
- 131
- 35
- 83
- Gravure des métaux : appareil éleclrique.................... 52
- Incendie : protection dans les usines électriques........... 19
- Indicateur de niveau d’essence................................. 45
- — de pression Schrader pour pneus d’auto...............453
- Inhalateur llérin.............................................. 92
- Instruments en acier inoxydable................................ 28
- « Intraflex » pour pneus.................................... 75
- Inverseur pour bobine de réaction........................... 55
- Jambière en caoutchouc......................................... 14
- Laine et soie : electroscope................................... 75
- Lampe de bicyclette : pour l’établir........................ 42
- — de bureau économique.................................188
- Landau pliant pour enfants.....................................194
- Limiteur de tension pour circuit d’antenne.....................108
- Lit : dossier amovible.........................................147
- Loupe-lunette binoculaire réglable.............................. 3
- Machines agricoles Rétro-force.................................I47
- Manipulateur de plaques photographiques........................15j
- Marteau électrique à détartrer.............................. 43
- Mastic pour verre...........................................499
- Métaux : appareil électrique à graver.......................... 52
- Microscope : nouveau mode d éclairage..........................I15
- Microscopie : appareil de projection et photographie .... 45
- Minerais : appareil de récolte.............................. 51
- Mutochrome. . .............................................. 99
- Nettoyage des conduites de bière : appareil................. 92
- Parafoudre Redi............................................... 55
- Perceuse à transformation.......................'........... 84
- Photographie : manipulateurs de plaques........................434
- Piles de lampes de poche pour tension de plaque............. 59
- — sèches : vérificateur....................!...........423
- Plateau Handy,............................................. 29
- Plateau tournant pour service de table.........................124
- Plum’nett..................................................... 29
- Pneumatique « Intraflex »................................... 75
- Pneus d’auto : indicateur de pression Schrader.................163
- Pompe électrique automatique................................... 99
- Ponçage : appareil électrique.................................. 59
- Portes : calage.............................................[ 499
- Porte-manteau de poche......................................’ 44g
- Protecteur pour écouteurs téléphoniques ......... 125
- Punaise baïonnette et punaise à crochet........................199
- Radiateur Fougeron à circulation d’eau chaude. ....." 85
- Radiomeuble de style.......................................... 35
- Radiophonie : récepteurs extra-légers......................... 479
- Rasoirs mécaniques : affilage des lames99
- Récepteurs téléphoniques extra-légers..........................179
- Réchaud éclairant............................... ’ 49g
- Repassage : vaporisateur-sécheur.......................!!!.'. 44
- Réservoir : bouchon indicateur verrouilleur............. 180
- Ressort a Peplam ». ............................! ! ! 179
- Rivets : chauffage électrique..........................' ’ 75
- Roule-colis portatif...............................' 43
- Séchoir de plafond........................................... 151
- Selle : couverture pneumatique.........................." * 45
- Semelle pour fer à repasser .......................... ! ! ! 139
- Soie et laine : électroscope................................... 75
- Soupape électrique Hollier.............................! 1 49
- Spectrographe à rayons X........................... 107
- Surcompresseur « Lub »..........................................83
- Tampon à teinture d’iode..................................... 140
- Tampon pour pieds de chaise....................................148
- Tarauds : « Flexo » protecteur................... ... . 28
- Teinture d’iode : tampons......................................140
- p.2x210 - vue 661/663
-
-
-
- MP
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- T. S. F. : antenne 1). L. M.............................. 116
- — : bobinages pour ondes très courtes...................187
- — : détecteur indéréglable à cristal....................1,87
- — : limiteur de tension . ...............................108
- — : petites inventions et tours de mains. . . 127, 35, 59
- — : poste ingénieux..................................... 179
- Téléphone : protecteur pour écouteur........................123
- Tire-bouchon « le Parisien »................................ 52
- Tubes d' acier : construction................................... 43
- Tuyau-radiateur................................................. 83
- Ustensiles de cuisine nouveaux..................................140
- Yaporisateur-sécheur pour repassage........................... 44
- Ventouses pneumatiques du Dr Ducretet...........................187
- Vérificateur de piles sèches....................................125
- Verre : mastic pour recollage...................................100
- Vis à bois : pour les monter facilement......................124
- III. - VARIÉTÉS.
- Irilluence de l’herbe fraîche sur les qualités du lait et du
- beurre (A. Rolet).......................................... 13
- Variations de la température moyenne de l’air dans la région
- de Paris (E. Roger)........................................ 37
- Fabrication du cuir verni (I. L )............................. 69
- Fa maladie du houblon (II. Eux)............................... 93
- La gélatine en poudre et en perles (A. Hutix)................. 94
- Les colles de pentosane (A. Hütix)............................110
- Production et utilisation du raifort (11. Bux)................117
- Ascension de l’Aiguille verte (4121 m.) dans le massif du
- Mont Blanc (L. R.)........................................125
- La scille maritime (A. Truelle)..............................125
- Le chauffage domestique et industriel à la sciure de bois
- (F. Marre)................................................153
- Les vins à « goût de soufre » et leurs remèdes (A. Rolet). . 157
- Réglementation française des postes d’émission privés. . . . 165
- Le poiré (A. Rang)...........................................189
- IV — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Le problème du quinquina (S. Arbatucci)......................... 6
- La production artificielle de vitamines (DrP.-E. Morhardt). . 22
- Progrès de la vaccination antituberculeuse (R. M.).............. 58
- A propos du bactériophage La définition et les limites de la vie. 55 Les scorpions et leurs piqûres (Dr F. Santsciii).................... 62
- Prévention des brûlures de l’œsophage par liquides caustiques
- (D-P.-E. M.).............................................. 94
- Quelques théories récentes sur le sommeil (D1' P.-E. Morhardt). 173
- Les piqûres de scorpions (M. Jungfleisch).................189
- La lèpre en France (R. M.)................................197
- V. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Acide carbonique : emploi en biologie marine................117
- — — : recherche des fuites............................143
- Alcool : revivification pour séchage de photographies.... 70
- Aquarium : vers de terreau..................................T65
- Aigenture ariilieiellF sur bois et métaux................... 70
- Arpentage par bicyclette....................................... 118
- Artichauts • pour en avoir de gros.......................... 54
- Auto : entretien de la carrosserie..........................182
- Avertisseur d’incendie fait d’une bougie d’allumage.........139
- BaciUes tuberculeux des crachats : destruction.............. 14
- Bicyclette servant à l’arpentage................................118
- Bois altérés pour pâte à papier................................. 86
- — artificiel : procédé de fabrication..................... 46
- — : créosotage........................................... 135
- — : ignifug tion nouvelle................................ 182
- — : procédé pour le courber...............................205
- Bougie d'allumage comme avertisseur d’incendie..................139
- Carrosserie d’auto : entretien..................................182
- Céramiques : peintures aux résinâtes............................135
- Chaux : conservation...........................................165
- Colophane : imprégnation.......................................182
- Compte-gouttes pour peser......................................205
- Conservation de la chaux.......................................165
- Conserves au vinaigre.......................................... 70
- Couchage du bois ........ .................................. . 205
- Crachats : destruction des bacilles tuberculeux................. 14
- Créo-otage des bois............................................135
- Cuvettes de AA7. C : rougissement..............................205
- Désinfection des éviers........................................206
- Eaux de mer artilicelles : formules............................. 46
- Encadrement des tableaux........................................ 15
- Engrais pour pêchers......................................... 18
- Escaliers : entretien des tapis..............................114
- Etau à main : pour le monter sur un établi...................139
- Eviers : désinfection........................................206
- Fer-blanc : nettoyage........................................118
- Fuites d’acide carbonique : recherche........................143
- Greffage à la paraffine......................................... 86
- Ignifugation nouvelle du bois................................182
- Incendie : avertisseur fait d’une bougie d’allumage..........139
- Nettoyage du fer-blanc..........................................118
- Papier : emploi de bois altérés.............................. 86
- Paraffine : greffage........................................... 86
- Parquets sans joints ......................................... 182
- Pêchers : engrais............................................... 14
- Peintures aux résinâtes pour verres et céramiques............135
- Photographie : revivification de l’alcool pour séchage .... 70
- Pneus de bicyclette : réparation provisoire.................. 86
- Résinâtes : peintures pour verres et céramiques.................135
- Salade : comment la faire. . . .............................. 54
- Scies à ruban : collage des bandes de caoutchouc............. 86
- Sonnette de porte faite d’un timbre de vélo..................139
- Tableaux : encadrement.......................................... 14
- Tapis d’escaliers : entretien...................................118
- Taraud cassé : pour l’extraire................................. 86
- Vernis à l’eau.................................................. 70
- Vernis canadien.................................................165
- Verres : peintures aux résinâtes................................135
- Vers de terreau pour poissons d'aquarium........................165
- Vinaigre : conserves............................................ 70
- Volants de scie à rubans : collage de bandes de caoutchouc . 86
- W. C. : rougissement des cuvettes...............................205
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique (E. Tocciiet). 29, 67, 101,141,171, 205 Lé Jardin familial des plantes médicinales (A. Truelle) :
- Mélisse olficinale. ............................... 5
- Menthe poivrée . ................................. 21
- Grande absinthe ................................... 45
- Bourdaine. ........................................ 61
- Douce-amère............................................... 61
- Houblon.................................................... 77
- Hysope..................................................... 85
- Nerprun catarthique........................................109
- Pyrèthre de Dalmatie.............................• • • 149
- Réglisse officinale........................................181
- FIN DE LA TABLE Dü SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P Masson. — Imprimerie Lahure, nie de Fleuras, 9, à Pans. — 1925.
- p.2x211 - vue 662/663
-
-
-
- 424 ............-..:::= TABLE DES
- Au sujet du cinématographe-................. . Ml
- Procédé de photographie instantanée des couleurs. 239
- 3. Électricité.
- Rabot électrique ( E. Weiss).......................... 95
- Changements de vitesse électriques (F. C.i. ... . . . 174
- Evolution du dispositif hétérodyne (P. Hemardinquer)
- 188, 204
- Orientation nouvelle de la réception en T. S. F.
- . (R. Ddbosq)........................................... 28
- Applications des colloïdes en électrotechnique et radio -
- technique (P. Hemardinquer)..........................329
- A propos de la superhétérodyne (L. Lévy)............347
- A propos de la superhétérodyne et du radiomodulateur
- (F. de Gournay)..................................... 396
- Sur la détection en T. S. F. (H. Pélabon) . . .... 397
- L’élimination des parasites en T. S. F.............. 95
- Fours électriques à induction........................ . 143
- Electrification delà Palestine........................ 223
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Nouveaux laboratoires de l'Ecole Centrale (R. Yillers) . 14 Petite grue mobile sur chariot électrique (E. Weiss) . 60 Exeavatrices pour canaux (E. Weiss).. ....... 128
- Ravalement par jet de vapeur (M. Bousquet)...............129
- Fontaines lumineuses à l’Exposition des Arts Décoratifs
- (J. Boyer)..............................................150
- Un sondage difficile (A. Coyne) ......................... 161
- Le ciment de Vassy (G. Bidault de l’Isle)................182
- Haveuse multiple (R. Yillers)..............................223
- La houille bleue (A. Pawlowski) . . . ...................343
- MATIÈRES
- 5. Transports.
- La vie des rails (E. Marcotte)...................... 21
- Sidc-car pour le transport des blessés (P. Maréchal) . 31
- Carbonisation du bois en forêt (J. Boyer)................ 65
- Ecoles d’apprentissage de la S. T. C. R. P. (J. Boyer). . 177
- Bougie d’automobile (F. C.)........................ . 193
- Chargement mécanique du charbon sur les bateaux
- (P. Maréchal)....................................... - 245
- Attelage automatique de wagons (A. Bourgain) . . 257 521
- Nouveaux trottoirs roulants (J. Boyer) . . .........289
- Courses d’automobiles (M. Marcotte).....................311
- Les nouvelles locomotives françaises (L. Pahin) .... -340 Le funiculaire aérien de l’Aiguille du Midi (A. Bourgain) 373 Antidétonants........................................... 62
- 6. Aviation et aéronautique.
- Installations techniques de bord des gros avions mo-
- dernes (J.-A. Lreranc)....................... 84, 106
- L’autogyre « La Cierva » (J.-A. Lefuanc)..............305
- 7. Marine.
- Relèvement de la flotte allemande de Scapa-FIow
- (Commandant Sauvaire Jourdan)..................... 81
- Hauts-fonds du Golfe de Gascogne (Commandant Sau-
- vaire Jourdan).................................273
- Le « d’Artagnan » (M. Debeaufuis).................. . 351
- Le Musée de la Marine (Commandant Sauvaire Jourdan). 353
- FIN DES TABLÉS
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiurk, 9, rue de Fleuras, fi Paris. — 1925.
- p.2x212 - vue 663/663
-
-