La Nature
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- LA NATURE
- CINQUANTE-QUATRIÈME ANNÉE 1926 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C-, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINB
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE. — N° 2700.
- 2 JANVIER 1926
- ET DE
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRI
- ORIGINE ET CARACTERISTIQUES DES ESQUIMAUX
- L’étude scientifique des Esquimaux est à peine ébauchée. Les expéditions qui s’étaient aventurées jusqu’alors dans leurs domaines ne poursuivaient
- Fig. i.
- Esquimau dëlBaihursl Intel.
- maux qui peuplent le littoral •• septentrional de l’Alaska, où ils sont en contact, depuis près d’un demi-siècle, avec les fonctionnaires et baleiniers
- Fig. 2.
- Esquimau de Union Siraii, aux yeux clairs.
- que des buts géographiques. Certains explorateurs, comme Vilhjalmur Stefansson, qui vécut plusieurs années parmi eux, nous avaient bien recueilli de précieuses «observations sur leurs «moeurs. D’autres voyageurs nous ^avaient décrit les habitudes des indigènes du Groenland et du Labrador. Mais ces travaux étaient fort incomplets, et, la plupart du temps, manquaient de méthode.
- Il nous faut ajouter que les Esquimaux du Groenland (colonie danoise) œt du Labrador (colonie : canadienne) ne représentent pas l'élément pur de la race. Beaucoup «sont métissés, et presque 'tous/' convertis "au christianisme, abandonnent peu à peu les mœurs ancestrales.
- Cette remarque s’applique également aux Esqui-
- 54“ Année. —: 1"'.Semestre-
- américains. Leurs habitudes se transforment rapidement. Ils ne savent plus construire d’iglôs (huttes de neige), qu’ils remplacent par des maisons de bois. Pourvus de fusils, ils ont désappris l’usage de l’arc, et, là’encore, les progrès de l’évangélisation font disparaître rapidement les pratiques de sorcellerie (chamanisme) qui tenaient lieu de religion à toute la race.
- Il faut louer sans réserves l’initiative du Gouvernement Canadien qui fut le premier à organiser une expédition scienlilique, conduite par des savants expérimentés, pour étudier méthodiquement, pendant qu’il en est temps encore, les habitudes, la physiologie, la psychologie, le langage et les traditions d’une race mystérieuse qui est malheureusement sur son déclin.
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- ORIGINE ET CARACTERISTIQUES DES ESQUIMAUX
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- Pig.
- — Esquimau Toqulluag, à type négroïde.
- Dans cette étude, comme dans celles qui suivront, nous aurons surtout recours aux travaux de la Canadian Àrclic Expédition, en regrettant que ses rapports soient encore pour la plupart en préparation. Cependant, trois brochures, dont deux sont dues à M. D. Jenness, le très distingué anthropologiste attaché à l’expédition, nous sont déjà parvenues.
- Parmi les photographies que nou;> publierons, plusieurs nous ont été bienveillamment communiquées par le Dr Edward Sapir, du Victoria Memorial Muséum, d'Ottawa. D’autres ont été prises par M. knud Rasmussen, l’explorateur danois qui- vient de traverser les régions arctiques américaines.
- Organisée par le Ministère des Mines du Canada, dirigée par M. Ste-fansson, l’expédition passa cinq années parmi les tribus esquimaudes les plus primitives, celles qui vivent autour du golfe de Couronnement (Coronation Golf). Ajoutons qu’un savant français, M. Henri Beuchat, qui faisait partie de l’expédition comme anthropologiste, périt en 1914 avec d’autres membres, le na-
- vire qui les transportait ayant été écrasé par les glaces. Leurs corps ne furent retrouvés qu’en 1925.
- Disséminés dans une région presque aussi vaste que l’Europe, et qui comprend le Groenland, l'Archipel Arctique, le Labrador, le littoral septentrional de l’Amérique et le Nord-Est de la Sibérie, les Esquimaux n’ont jamais été recensés. Mais on estime que leur nombre est de moins de 50000 têtes. Depuis la prise de contact avec les blancs, de nombreuses tribus ont été balayées par nos maladies : phtisie, variole, alcoolisme.
- La race est-elle homogène? Comme nous l’avons dit, elle a subi des mélanges dans les régions-frontières avec les Caucasiens, et aussi avec ses voisins du Sud, les Indiens du Canada et de l’Alaska. Mais, d’après le D‘ Jenness, même dans les tribus, comme celles du Coronation Gulf, qui né sont pas encore entrées en contact avec des éléments hétérogènes, on distingue trois types assez caractérisés par la forme du nez (très fin, aquilin ou camard), par la saillie plus ou moins prononcée des pommettes et par d’autres signes (fig. 1, 2 et 3).
- Certains signes paraissent être communs à toutes les peuplades. Les yeux sont uniformément bruns. Les cheveux sont noirs et abondants, ils conservent leur couleur jusqu’à un âge très avancé. Ils sont généralement lisses, bien que l’on rencontre des chevelures légèrement bouclées, surtout chez les hommes. Barbe et moustaches sont noires, peu fournies, et ne poussent que très tardivement, les hommes de 30 ans étant presque complètement imberbes. La peau est presque aussi blanche que chez un Européen blond (fig 4), Les pieds et les mains sont remarquablement petits; un Européen ne peut pas se servir des gants et des chaussures faits par les indigènes. La taille moyenne chez les peuplades de pure race serait de 1 m. 648 pour les hommes et de 1 m. 564 pour les femmes.
- Une remarque stupéfiante, mais qui est basée sur des observations faites par différents voyageurs et savants dans diverses contrées, est que les hommes ne terminent leur croissance qu’à 30 ans,
- Pig, 4. — Blancheur de la peau chez les Esquimaux.
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- ORIGINE ET CARACTÉRISTIQUES DES ESQUIMAUX
- et les femmes, à 25 ans. On a voulu expliquer ce développement tardif par des conditions climatériques et alimentaires. Mais les Lapons et les hyper-boréens sibériens, qui se trouvent placés dans des conditions assez semblables, terminent leur croissance beaucoup plus tôt que les Esquimaux.
- Les origines de cette race sont encore enveloppées de ténèbres. D’après ses traditions, lorsqu’elle arriva dans son domaine actuel, elle le trouva au pouvoir de petits hommes qui vivaient dans des demeures mi-souterraines, recouvertes de constructions de pierres. La Canadian Arclic Expédition a rencontré plusieurs huttes répondant à cette description, et l’on en a signalé autour de la Baie d’Hudson et dans l’Archipel Parry. Plusieurs explorateurs admettent maintenant que ces demeures édifiées de grandes pierres plates ne peuvent pas être l’œuvre des Esquimaux, et qu’il faut les attribuer à une race qui aurait précédé ces derniers.
- Ces nains seraient-ils des Pygmées, race négroïde qui a laissé des descendants directs.dans différentes parties de l’Asie, de l'Océanie et de l’Afrique? Il est étrange que l’on trouve chez les Esquimaux des individus qui possèdent, avec leurs lèvres très
- (l)’après M. Marcellin Boule.)
- épaisses, leur nez large et aplati, leurs cheveux bouclés, certains caractères négroïdes.
- Sur l’origine des Esquimaux, plusieurs hypothèses ont été proposées. Les traits ne sont pas sans analogies avec ceux des mongoloïdes, et l’on a supposé qu’ils formèrent le dernier contingent de l’immigration asiatique en Amérique, où, se heurtant aux « Indiens » déjà établis dans le Sud, ils s’enfoncèrent dans les régions arctiques.
- Cette hypothèse nous parait devoir être écartée. La culture évoluée par les Esquimaux, et qui s’adapte si admirablement aux conditions climatériques, le grand nombre d'inventions originales qu’elle comporte (dont l’iglô en forme de dôme, le poêle à huile, l’indicateur annonçant automatiquement l'approche d’un phoque sous la glace, inventions que nous aurons l'occasion de décrire), tout nous porte à croire que cette race habile le Word de
- l'Amérique depuis des milliers d’années, et qu’elle franchit le Détroit de Behring bien avant les ancêtres des Indiens actuels.
- Nous préférons, si étrange qu’elle puisse paraître à première vue, l’hypothèse de l’origine européenne et française des Esquimaux, ou, comme ils s’appellent entre eux, des Innouits.
- Ainsi que le met en lumière le beau livre de M. Marcellin Boule, Les Hommes fossiles('), les crânes et squelettes découverts en France, notam-men à Chancelade, dans le Périgord (d’où le nom de ] ace de Chancelade), ressemblent étonnamment à ceux des Esquimaux modernes. On en jugera par la camparaison entre une.ligure que nous empruntons à l’ouvrage que nous venons de citer et celle
- Fig. 5. — Crâne d'Esquimau : face très développée angles des maxillaires en dehors.
- que nous trouvons dans une des brochures de la Canadian Arclic Expédition. Celle de gauche montre le crâne trouvé en 1888 à Chancelade; celle de droite, le crâne d’un Esquimau. On conviendra que la ressemblance est frappante (fig. 5 et 6).
- Sans ncus attarder à d’autres détails anatomiques, exposons l’hypothèse émise ou approuvée par de nombreux anthropologistes. Cette race dite de Chancelade vécut en Europe occidentale à l’Age du Benne, c’est-à-dire à une époque glaciaire où d’immenses troupeaux de cette espèce habitaient notre pays. Avec le retour de la chaleur, les rennes émigrèrent vers le Nord, où les suivirent celles des peuplades qui s’étaient spécialisées dans cette chasse depuis d’innombrables, siècles, tandis que d’autres races, plus intelligentes ou plus souples, s’accommodaient du changement de climat et de sa conséquence : l’arrivée d’une nouvelle faune.
- Ainsi, tandis que la belle race dite deCrô-Magnon demeurait dans nos régions, dont elle ornait de magnifiques dessins les cavernes, les « Chancelades », chasseurs et nomades suivaient les rennes dans leur 1. 2° édition. Masson et Cie, éditeurs.
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- % LES RAYONS ULTRA-PÉNÉTRANTS DANS L'ATMOSPHÈRE TERRESTRE
- lente avancée vers les régions froides, c’est-à-dire vers les régions qui continuaient à produire en abondance la mousse et le lichen, bases de leur alimentation:
- La migration à travers les steppes de la Russie et de la Sibérie prit on ne sait combien de millénaires, tant pour les rennes que pour la peuplade qui vivait presque exclusivement à leurs dépens. Chasseurs et cervidés s’attardèrent dans le Nord-Est du continent asiatique (où a survécu une colonie esquimaude), avant de franchir le pont de glace du Détroit de Behring; et, les uns suivant les autres, ils continuèrent leur lente marche vers l’Est jusqu’à ce qu’ils eurent atteint le rivage oriental du Groenland, bordé par l’infranchissable barrière de l’Atlantique.
- On peut considérer les Esquimaux comme des survivants de l’Age du Renne. Certes, ils sont moins spécialisés que leurs ancêtres, puisque les tribus du littoral partagent leur temps entre la poursuite du caribou (renne sauvage) et la chasse au phoque et à la baleine; mais les tribus de l’intérieur vivent presque exclusivement aux dépens de ce cervidé,
- dont toutes les parties sont utilisées soit pour leur alimentation, soit pour leur chauffage et éclairage (lampes à graisse), soit pour leur habillement, soit pour leur armement et leur outillagev
- Ainsi, décrire les mœurs et habitudes de cette race, c’est offrir une reconstitution de l’existence de nos lointains ancêtres, de ceux de la période postglaciaire qui virent encore errer sur notre territoire des hordes de rennes.
- On s’étonnera qu’une race ait conservé de nos jours une culture aussi antique, qu’elle continue à se servir d’outils et d’armes d’os ou de pierre. Le phénomène est expliqué en partie par son long isolement, car ce sont les échanges d’idées et de marchandises entre races voisines qui constituent le principal facteur dans l’évolution de la civilisation. Nous verrons, d’ailleurs, combien la civilisation évoluée par les Esquimaux est admirablement adaptée au milieu ambiant, et nous décrirons les inventions merveilleuses qui sont à leur actif et qui leur permettent de vivre dans une région où toute autre race serait décimée par le froid et par la faim.
- V. Forbijv.
- LES RAYONS ULTRA-PÉNÉTRANTS DANS L’ATMOSPHÈRE TERRESTRE
- Les radiations électro-magnétiques aujourd’hui connues s’étendent sur une vaste échelle à peu près continue de longueurs d’onde, depuis les ondes très longues, à basse fréquence ou ondes hertziennes jusqu’aux radiations à très haute fréquence des rayons y du radium, en passant par les ondes infra-rougesq par les ondes lumineuses proprement dites du spectre visible, par les rayons ultraviolets et par les rayons X.
- Les ondes possédant la plus grande fréquence connue dans les rayons y ont une longueur de 0,07 Angstrôm (l’Angstrôm vaut 10~8 cm). Les fréquences des rayons y du radium s’échelonnent entre 2,5 X 1Û18 et 4 x 1019 vibrations par seconde. Ce sont des rayons doués d’un très grand pouvoir pénétrant, bien supérieur à celui des rayons X les plus pénétrants que l’on sache réaliser.
- Depuis longtemps, on soupçonne l’existence dans notre atmosphère de rayons bien plus pénétrants encore. Dès 1905, Mac Lennan et Rutherford constataient qu’un électroscope placé dans une boîte métallique entièrement close et parfaitement étanche à l’air se déchargeait spontanément, et que la vitesse de cette décharge diminuait si l’on enfermait la boîte entre des parois épaisses d’un centimètre ou davantage. De cette expérience ils concluaient que la décharge était provoquée par des rayons d’un pouvoir pénétrant au moins égal à ceux des rayons y, qui, traversant les parois métalliques, venaient ioniser l’air de la chambre de l’électroscope. Il existait donc dans l’atmosphère terrestre une radiation pénétrante que l’on attribua tout d’abord aux matériaux radioactifs de l’écorce terrestre. Cette hypothèse dut être abandonnée en 1910, lorsque Gockel constata au cours de mesures en ballon effectuées jusqu’à l’altitude de 5000 m. que l’intensité de la radiation ultrapénétrante était à cette hauteur aü moins égale à celle qui règne à la surface du sol. Si cette radiation émanait des maté-
- riaux terrestres, son intensité eût dû être presque nulle à cette altitude ; car la traversée d’une couche d'air de 75 m. suffit à la réduire de moitié. En 1912-1914, Hess et Kohlhôrster reprenant les expériences de Jockel, jusqu’à l’altitude de 9 km, constatèrent que l’intensité de la radiation ultra-pénétrante diminue avec l’altitude jusqu’à la hauteur de 5000 m., mais qu’elle augmente ensuite.
- Des expériences de Millikan et Bowen exécutées en 1922 à l’aide de ballors sonde et d’appareils enregistreurs qui atteignirent l’altitude de 15 600 m., confirmèrent qualitativement les affirmations de Kohlhôrster. On est donc fondé à déclarer qu’il existe dans notre atmosphère des radiations beaucoup plus pénétrantes que toutes celles qui ont pu être produites jusqu’ici au laboratoire. L’origine de ces radiations ne peut être attribuée à des matériaux terrestres; il est naturel de penser qu’elles proviennent d’une source cosmique extérieure à notre globe.
- Mais jusqu’ici, en dehors du fait même de leur existence, on ne savait rien de ces extraordinaires radiations : leur origine, leur nature, leurs propriétés étaient restées mystérieuses. Un peu de ce mystère se dissipe, grâce à de nouvelles expériences effectuées par le physicien américain Millikan, du Norman Bridge Laboratory, de Pasadena.
- Dans une communication présentée le 9 novembre dernier à la National Academy of Sciences, à Madison, M. Millikan affirme une fois de plus l’existence de ces rayons ultra-pénétrants ; il formule en outre les déclarations très nettes qui suivent :
- 1° Le pouvoir pénétrant de ces rayons est bien supérieur à celui des rayons X les plus pénétrants que l’on connaisse ; pour absorber complètement ces radiations il faut une épaisseur d’eau de 20 m.5, au moins, corres-
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- pondant à une épaisseur de plomb de 1 m. 80. Les rayons X les plus pénétrants que Ton sache produire au laboratoire sont arrêtés par une épaisseur de plomb de 1,25 cm.
- 2° Ces rayons ultra-pénétrants ne sont pas homogènes ; ils sont distribués dans une région spectrale qui correspond à des fréquences bien plus élevées (1000 fois environ) que celles des rayons X: leurs longueurs d’onde paraissent comprises entre 0,0004 et 0,00067 Angstrôm. Nous avons indiqué plus haut que les rayons y les plus pénétrants que l’on connaisse ont une longueur d’onde de 0,07 Angstrôm environ ; ils se trouvent encore bien en deçà des nouveaux rayons.
- 5° Ces rayons ultra-pénétrants, en heurtant la matière, se diffusent en provoquant l’apparition de radiations secondaires de fréquence moins élevée, phénomène analogue à celui observé récemment sur les rayons X par Compton.
- 4° Ces rayons pénètrent sur la Terre avec une intensité qui reste la même à toutes les heures du jour et de la nuit, et qui pratiquemerit est constante dans toutes les directions.
- Les. résultats du professeur Millikan ne peuvent manquer de soulever un très vif intérêt. Notons en passant qu’ils confirment et précisent les nombreuses observations publiées en ces dernières années par le D1' Noclon.
- En raison de. l’importance, de la question, il nous paraît utile d’extraire de la communication de M. Millikan quelques détails sur les expériences qui l’ont amené à formuler les conclusions qui précèdent.
- M. Millikan avait décidé d’expérimenter sur une montagne élevée et dans les profondeurs d’un lac exclusivement alimenté par la Tonte des neiges, ceci afin d’échapper à tout soupçon de contamination radioactive de l’eau par circulation souterraine au contact de roches radioactives. L’endroit choisi fut le lac Muir situé à 5540 m. d’altitude, sur les pentes du Mont Whitney, le plus haut sommet des Etats-Unis; les expériences effectuées en août dernier pendant une dizaine de jours, consistaient à plonger des électroscopes dans les eaux du
- lac, à des profondeurs diverses allant jusqu’à 18 m. Les lectures révélaient une diminution très nette de la charge de l’électroscope, jusqu’à la profondeur de 12 m. 50 ; celte décharge de l’électroscope n’avait pu être provoquée que par des radiations extrêmement pénétrantes qui avaient traversé d’abord la couche atmosphérique- au-dessus du lac, correspondant à une épaisseur de 6 m. 90 d’eau, puis la couche d’eau du lac, soit au total une épaisseur de matière absorbante correspondant à 18 m. 40 d’eau. Des expériences analogues effectuées au lac Arrovvhead, situé à 2100 m, d’altitude et éloigné de près de 500 km du lac Muir ont donné des résultats parfaitement concordants.
- Les observations faites sur l’absorption des radiations ultrapénétrantes en fonction de l’épaisseur de la couche absorbante traversée ont permis à Millikan, par extrapolation des formules connues sur l’absorption • des rayons X en fonction de la fréquence, d’aboutir aux deux premières conclusions résumées plus haut. , :
- Il a, en outre, constaté qu’au lac Muir, il existe des radiations de même nature que les rayons y peu pénétrants du radium, mais en proportion beaucoup plus forte qu’à l’altitude plus basse de Pasadena. Il en attribue le phénomène à l’apparition de radiations secondaires par diffusion des rayons ultra-pénétrants sur la matière ; en vertu d’un mécanisme analogue à celui révélé par Compton pour les rayons X. '
- Enfin la quatrième conclusion a été imposée par des mesures faites à toutes les heures de la journée et de la nuit.
- Où naissent ces rayons extraordinaires? À cette question, l’on ne peut encore répondre que par des hypothèses. M. Millikan, s’appuyant sur la théorie de l’atome de Bohr, trouve que des rayons de cette fréquence devraient apparaître au cours de la transformation^ d’un atome d’hydrogène en atome d’hélium. Mais où se produit cette transformation ? Dans les régions supérieures de l’atmosphère terrestre ou dans des mondes lointains? Quel en est le mécanisme ? Ce sont des problèmes à propos desquels l’imagination peut se donner libre cours.
- A. T.
- CHAUSSÉES URBAINES MODERNES
- Au point de vue technique, les différents Congrès internationaux de la Route ont posé cette condition que, quelles que soient la vitesse et le poids des véhicules circulant sur un revêtement, celui-ci ne doit présenter ni désagrégation, ni arrachement des matériaux constitutifs ; également jpas de « nids de poule » dont la cause reconnue est l’inégale usure des matériaux sans homogénéité, ni d’ondulations dues au cheminement de ces mêmes matériaux, parfois aussi parce que la fondation laisse à désirer.
- Pour bien faire, l’usure d’un revêtement doit être non seulement très lente, mais aussi régulière que possible, de façon à avoir, avec Puni de la chaussée, la,douceur de roulement, condition de la moindre fatigue des voyageurs et des véhicules.
- Au point de vue économique, il ne doit demander qu’un entretien facile et peu onéreux, de telle sorte que par un amortissement prolongé du revêtement,
- on obtienne le moindre prix de revient. Enfin, ce qui est important à une époque où les changes nous sont absolument défavorables, qu’il soit le moins préjudiciable à la défense de notre devise.
- Ceci précisé, voyons comment se présentent et se comportent, à l’heure actuelle, quelques-uns des revêtements employés, soit en France, soit à l’étranger.
- I. Revêtement? pavés. — a) Pavages en pierre {pavés d'échantillons et petits pavés). — De ce que la pierre doit être homogène pour les raisons indiquées plus haut, il s’ensuit que l’on ne doit utiliser que des pavés en granit, en porphyre ou en grès quartzite. Le type de pavage le plus usité en France comporte des pavés dits d'échantillon ayant la forme d’un parallélépipède rectangle d’assez grandes dimensions : 0 m. 14 X 0 m. 20 sur 0 m. 14 à 0 m. 16 de hauteur. A cause de son prix très élevé,
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- ce revêtement doit être réservé aux voies à circulation intense et très lourde.
- . Le pavage en petits pavés, généralement de basalte, ayant 0 m. 08 à 0 m. 10 de côté, convient bien pour les voies à moyenne circulation lourde, à la condition toutefois que ces pavés aient une forme sensiblement cubique et qu’ils.soient posés de telle manière que les roues abordent tous les pavés obliquement. -
- Ce dernier revêtement dit pavage mosaïque s’ét.a-éblit ainsi : sur la fondation en béton ou sur l’ancien miacadam bien profilé, on étale une forme en sable >,de.0*m.-03 d'épaisseur sur laquelle on dispose les éléments, soit en mosaïque à joints brouillés (fig. 1), soit le plus souvent à arcs de cercles orthogonaux. Les ranges forment pour ainsi dire voûte et les véhicules les abordent par la concavité dans les parties dé la chaussée qui sont en palier; de cette façon, là réaction des roues a tendance à serrer les pavés. Dans les parties en pente, à droite de la chaussée comme à gauche, la convexité est tournée vers le haut de la côte.
- Les joints entre pavés sont comblés avec du sable humide.
- Essayé depuis quelques années en France et notamment à Paris (pont de la Concorde, place de Saint-Ger-main-des-Prés, avenue d’Iéna, etc.) le pavage mosaïque a donné de bons résultats. De plus, les petits pavés sont bien meilleur marché que les pavés d’échantillon que nous vendent d’ailleurs fort cher la Norvège et la Suède. Au point de vue de la qualité, on préférera le pavé fabriqué à la main au pavé débité mécaniquement.
- b) Pavage en bois. — Les pavés proviennent, soit de bois durs (chêne, lcarri, teck, etc.), soit de bois tendres (pin des Landes, pin rouge du Nord, mélèze, pitchpin) ; ces derniers qu’on préfère aux premiers sont ceux adoptés par la ville de Paris. Ils sont, quelle que soit l’essence, taillés aux dimensions suivantes : 0 m. 20 X 0 m. 08 sur 0 m. 12 de largeur, et de telle sorte que lorsqu’ils sont en place, les fibres du bois sont verticales. Afin de combattre la pourriture, on les imperméabilise 'en les soumettant à un traitement à l’huile de créosote.
- Pour exécuter ce type de pavage (fig. 2), on commence par établir une fondation en béton reproduisant très exactement le profil de la ..chaussée, puis dessus on place la couche de roulement avec des pavés très réguliers. La pose se fait avec ou sans joints; tandis que dans le premier cas, les ranges sont séparées au moyen de réglettes de bois de 0 m. 008 d’épaisseur et normales cà l’axe de la
- chaussée, dans le second cas les ranges successives sont serrées les unes contre les autres sans autre intervalle que celui qui résulte des petites différences de largeur des pavés.
- C’est le premier dispositif qui est le plus employé. Les joints ou les interstices sont ensuite comblés soit avec du mortier de ciment, soit avec du brai, de préférence. La surface est enfin saupoudrée avec du sable ou du petit gravillon que l’on balaie au bout de quelques jours.
- Le pavage en bois étant d’un prix élevé ne saurait convenir que pour les voies de luxe des grandes' villes.
- c) Pavages en pavés et carreaux d'asphalte et de basalte fondu. — On sait que la poudre asphaltique est utilisée, par moulage et compression, pour la fabrication de carreaux ou de pavés ayant généralement 0 m. 20 X 0 m. 10, sur 0 m. 05 d’épaisseur. Dans le revêtement Lithofalt (fig. 3), la matière mise en oeuvre sous forme de carreaux de 0 m. 04 d’épaisseur est un mélange de 2/3 de roche asphaltique réduite en poudre et de 1/3 dé sable siliceux auquel on ajoute 9 à 10 pour 100 d’asphalte de Trinidad raffiné ; ce. mélange est chauffé à 550° C, puis comprimé dans des moules sous la presse hydraulique, à raison de 500 kg par centimètre carré. Sortis des moules, ces carreaux (poids 2 kg) sont aspergés d’eau froide et mis en tas ; ils sont froids au bout d’une heure et peuvent de suite être employés.
- Les carreaux sont posés à plats sur une solide fondation en béton dans un bain de mortier de ciment; on les enfonce dans le mortier en les frappant avec un maillet en bois, de façon qu’il reste sous le carreau environ 0 m. 01 de mortier. On place les carreaux aussi jointifs que possible, puis on garnit les interstices en coulant sur la surface un coulis de ciment qu’on étend au balai. Sitôt que cette laitance commence à smpaissir, on nettoie la surface du revêtement en l’essuyant avec du sable fin que l’on traîne au balai.
- Ce revêtement léger, élastique, ne présentant pas d’ondulations, enfin d’un entretien facile, convient bien pour les chaussées urbaines ; il est en tout cas supérieur au revêtement en poudre d’asphalte comprimées , : .
- Coulé dans des moules en fonte, le basalte qui fond facilement vers 1200°, permet d’obtenir des carreaux, des pavés et des dalles, parfaitement réguliers et très résistants à la compression. La pose des pavés en basalte fondu s’opère également à bain de mor-
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- tier sur fondation en béton, les joints étant lissés au ciment. La pratique montre toutefois que le joint au sable est préférable au joint de ciment. Ce type de revêtement qui présente une surface de roulement uniforme et une très grande résistance à l’usure a été appliqué notamment à Yitry-sur-Seine, sur la route nationale n° 19, le basalte provenant des gisements de l’Auvergne.
- II. Revêtements agglomérés par pénétration. — Si dans un macadam, on substitue au liant à l'eau un liant adhésif : ciment, silicate de soude, brai, bitume, on obtient ce que les techniciens appellent un revêtement à liant par pénétration. Bien entendu chaque liant doit être employé selon un processus adapté à ses propriétés.
- a) Macadam silicate. — Le durcissement par les silicates et fluate de soude des pierres tendres utilisées dans la construction des maisons est connu depuis longtemps. L’idée devait venir d’en faire l’essai aux chaussées empierrées. C’est en 1918 en Suisse et en 1922 en France (sous la direction de M. Guelle, ingénieur des Ponts et Chaussées à Montbéliard) que les premières applications ont été faites. Depuis, devant les résultats obtenus et bien que la technique de ce mode de revêtement ne soit pas définitivement assise, de nombreux silicatages de chaussées à trafic moyen ont été réalisés ou se poursuivent dans un grand nombre de nos départements.
- La chaussée, au préalable soigneusement nettoyée, est copieusement arrosée de façon à être détrempée. Un piochage mécanique jusqu’à 0 m. 07 de profondeur est ensuite exécuté afin de permettre un ancrage suffisant du nouveau revêtement à l’ancienne chaussée. D’après les observations notées à ce jour, l’emploi des matériaux durs (porphyre, trapp, ophite) est contre-indiqué, seule la pierre calcaire demi-dure, cassée à l’anneau de 0 m. 04, a donné de bons résultats, sans doute parce que le colmatage s’y fait mieux.
- On prépare en premier lieu un mortier en mélangeant suivant un certain dosage le silicate de soude et le sable calcaire; on brasse en second lieu le mortier avec la pierre cassée, auparavant abondamment mouillée afin de faciliter non seulement le brassage, mais aussi l’enrobage complet de chaque pierre par le mortier. Le mélange ainsi brassé est
- Fig. 3. — Chaussée en carreau d’asphalte {Lithofalt.)
- Fig. 2. — Pavage en bois.
- répandu sur la chaussée et réglé suivant le profil prescrit. D’ordinaire, le revêtement a une épaisseur de 0 m. 08. La compression est la troisième opération ; après une trentaine de passages du rouleau compresseur (11 tonnes environ), on arrose le revêtement et on reprend ensuite le cylindrage. Le liant qui apparaît à la surface doit être constamment et activement poussé vers l’axe de la chaussée avec des balais; balayage et cylindrage sont poursuivis jusqu’à ce que les taches que forme le silicate en refluant à la surface se rejoignent, produisant ainsi un enduit continu. Après cylindrage, on répand à la surface du revêtement une couche de sable calcaire. La chaussée ne doit être livrée à la circulation qu’après deux jours complets de séchage.
- Jusqu’ici l’emploi du calcaire que l’on rencontre un peu partout en France ne pouvait être envisagé dans la construction des chaussées, le silicatage a donc de ce côté une sérieuse valeur à la fois technique et économique. Les chaussées silicatées, moins poussiéreuses, moins sonores et plus roulantes que les chaussées ordinaires, auraient, affirme-t-on, une durée trois fois plus grande; toutefois, il semble que la surface devient légèrement glissante en cas de brouillard épais ; les gouttelettes tombant sur la chaussée déterminent une légère couche gluante de nature à gêner la circulation automobile. De même, en temps de verglas, les parties silicatées sont très glissantes.
- b) Macadams bitumés à chaud ou à froid. — On reproche au goudron son défaut de plasticité à la température ordinaire et aussi le fait qu’à l’usage il devient cassant et se détériore par exfoliation. Le goudron renferme à la fois des composés solubles dans l’eau — dont certains sont nocifs pour la végétation et les poissons — et des composés volatils; comme ces divers composés constituent la plus grande proportion des éléments vraiment agglomérants du goudron, il s’ensuit que leur disparition progressive sous l’action de l’évaporation et des pluies, lui fait subir un vieillissement prématuré qui lui enlève en quelques mois ses qualités adhé-sives, et le ramène à un état de dessiccation caracté-
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- Fig. 4. — Épandage du Spramex au moyen d’un appareil à pulvérisation.
- ristique le prédisposant à l’effritement ; de là, ces craquelures, puis ces exfoliations, enfin ces desquamations de largé étendue qui se manifestent parfois assez vite dans les revêtements goudronneux. En outre, il contient de la naphtaline, laquelle ayant un pouvoir considérable d’évaporation se crée un passage. vers l’extérieur à travers la couche, formant ainsi dans la masse une infinité de petits canaux microscopiques, par où l’eau pénètre dans la chaussée. En hiver, le gel de cette eau produit, par expansion l'éclatement de la couche, et ainsi une désagrégation rapide est amorcée, d’autant plus rapide qu’elle affecte la masse tout entière. Ce caractère nuisible de la naphtaline dans les goudronnages superficiels a été nettement constaté lors des essais faits sür une voie de Nanterre.
- Au contraire, le bitume tire ses propriétés agglomérantes du fait qu’à la température ordinaire, une grosse partie des éléments qui le constituent sont visqueux ou semi-visqueux, et qu’en outre, ceux-ci ne sont ni volatils ni miscibles avec l’eau ; il en résulte dès lors une conservation de très longue durée de ses propriétés aggTomérantes. La pratique montre que si, par hasard, une particule est arrachée de l’enduit, elle s’y recolle bientôt après ; la chaleur estivale qui accentue cette plasticité, sans l’exagérer toutefois/contribue parfaitement à la bonne tenue de la chaussée.
- Le bitumage peut s’opérer soit à chaud au moyen du spramex, soit à froid avec le cold-spray.
- Le spramex est un brai de pétrole mou, mais élastique, contenant près de 100 pour 100 de substances solubles dans le sulfure de carbone. Il lie parfaitement les matériaux superficiels, donne une chaussée unie, non glissante et capable de porter de gros trafics. Une voie en spramex durerait deux à trois fois plus longtemps qu’une voie simplement goudronnée superficiellement. Avant toute application, la chaussée devra être stable et consolidée aussi fortement que possible; l’enlève-
- ment de toutes les poussières, de tous les détritus organiques, de tous produits pouvant empêcher l’adhérence du produit à la surface de la chaussée devra être aussi complet que possible.
- Gela fait, le liant pour être appliqué, doit être porté à une température de 175°. Le mode opératoire est le suivant : les fûts métalliques contenant le spramex comme aussi ce dernier étant coupés à la hache, les morceaux de spramex froids sont introduits dans une chaudière où on les porte à là température précitée, sans avoir à craindre qu’ils prennent feu. Le spramex est alors répandu sur la chaussée à l’aidé soit d’un pulvérisateur (fig. 4), soit avec des seaux et, dans ce dérnier cas, étalé avec des racloirs en fer. Ce travail, pour donner de bons résultats, doit être pratiqué par un beau temps sec. Après l’épandage, il faut saupoudrer aussi vite que possible la chaussée de petites cri-blures cubiques sèches et bien propres; séchant très rapidement, la chaussée peut être livrée presque immédiatement à la circulation.
- Des applications de ce produit ont été faites en France au cours de ces dernières années : citons notamment plusieurs voies à Biarritz, les allées de Paulmy à Bayonne, le cours Bosquet et le boulevard des Pyrénées à Pau, etc.
- On a cherché à éviter cette obligation de fluidifier le bitume par la chaleur, et cet ennui de ne pouvoir opérer par n’importe cpiel temps, en substituant à l’action de la chaleur, par exemple, une émulsiori aqueuse. Maintenu ainsi en suspension dans l’eau sous forme de fines particules, le bitume devrait pénétrer avec elles dans les interstices des pierres et s’agglomérer avec ces dernières dès que l’émulsion serait rompue et l’eau évaporée. Le cold-spray dénommé aussi colas, d’origine anglaise, est donc une émulsion qui permet, grâce à l’addition de certains produits chimiques non nocifs et à un traitement mécanique et thermiqué appropriés, de procéder au bitumage à froid, et cela avec un matériel très simple. Il a été employé notam-
- Fig. 5. — Revêtement en Cold-Spray (Pont de Suresnes, près Paris).
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- ment sur certaines sections des magnifiques voies de pénétration de la banlieue londonienne vers la capitale; en France, à la suite- d’essais satisfaisants-effectués au- cours de 1922 sur diverses voies de Suresnes (fig. 5), plusieurs départements, ainsi que l’Algérie et la Tunisie, ont procédé à des applications parfois importantes.
- Si la satisfaction première se continue, il y aura là pour les services voyers un procédé de revêté-ment peu compliqué et d’un prix de revient qui, rapporté à l’unité des services rendus, serait certainement le plus bas de tous les agglomérants.
- carpe, à raison de 6;5 litres par mètre carré, l’émulsion étant assez fluide pour pénétrer par gravité dans les vides. Sur la couche ainsi traitée; ori étale alors un gravillon anguleux, et on laisse la chaussée se reposer une journée, tout en permettant la circulation.
- À l’expiration de ce délai, on cylindre pour faire pénétrer le gravillon dans la massé entre les pierres, et constituer ainsi une surface de roulement compacte, homogène, unie, bien agglomérée et sans joints - superficiels trop épais.
- Un ou plusieurs jours après, on termine le tra-
- Fig. 6. —, Chaussée en asphalte coulé.
- Sur la fondation de la chaussée, on commence par répandre une première couche d’empierrement à l’eau ordinaire, c’est-à-dire comportant incorporation de matières d’agrégation et on la cylindre suivant la pratique courante de manière à l’amener à une épaisseur finale de 0 m. 08 à 0 m. 10. On procède ensuite à l’exécution de la seconde couche d’empierrement; celle qui doit être imprégnée de cold-spray et qui ne doit pas comprendre de matière d’agrégation ; cette couche, composée de pierres bien calibrées, est cylindrée jusqu’à une épaisseur finale de 0 m. 05 (*).
- . On répand alors régulièrement T émulsion. bitumineuse ;avec des arrosoirs à tuyau en queue de
- 1, On. peut .utiliser, le cold-spray comme revêtement supeiv ficicl des chaussées, mais s’il est, à cet égard, supérieur au goudron ordinaire, du moins la méthode par pénétration donne dejmeilleurs résultats.
- y-ail par un revêtement supèVficicl. Les réparations d’entretien des chaussées ainsi traitées sont extrêmement faciles, comme d’ailleurs avec le produit précédent, le spramex.
- c) Macadam asphaltique Tnnidad. — Ce macadam dénommé aussi asphalt-macadam n’est autre chose qu’un empierrement ordinaire dans lequel l’agglutinant à l’eau, ou matière d’agrégation, est remplacé par un liant bitumineux, en l’espèce le mastic asphaltique qui est un produit à base d’asphalte de Trinidad et d’huile résiduelle de pétrole, en proportions déterminées. de façon que la mixture présente un degré de plasticité ou de pénétration parfaitement correcte..
- Les pierres (porphyres, trapps, de préférence) sont d’abord épandues et régalées sur la chaussée, puis comprimées au rouleau compresseur (18 tonnes) à sec et absolument à refus. Pendant ce temps, le
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- mastic est fondu dans des chaudières et porté aune température de 160°-'180°, en ayant soin d'éviter de brûler le mélange; on malaxe avec un outil quelconque. Le produit est alors versé dans des arrosoirs spéciaux et répandu sur le macadam à raison de 12 à 16 kg environ par mètre carré. On jette à la pelle le gravillon sur le mastic encore chaud et on cylindre de nouveau pendant un court instant de manière à bien l’incruster dans les vides des pierres; on balaie le surplus. Ensuite, on répand une-seconde couche de mastic à une dose de 5 à 4 lig par mètre carré, et on saupoudre aussitôt de sable.
- On livre à la circulation après refroidissement. Cette seconde couche qui peut être appliquée au moyen d’un appareil à pulvérisation n’est pas indispensable, mais constituant une chape d’usure, elle a, de ce fait, l’avantage de parfaire le travail et de procurer une plus grande résistance à l’arrachement.
- d) Asphalte comprime à froid, asphalte coule' et asphalte cylindre'. — En raison des installations nécessaires pour la préparation de la poudre et son chauffage, la confection des chaussées avec la poudre asphaltique comprimée à chaud ne peut guère se faire que dans les grandes villes. On a donc cherché à utiliser la poudre froide, ce qui permettrait de l’expédier loin des usines où on la prépare. On a imaginé, à cet effet, un procédé dans lequel un solvant légèrement caoutchouté, ajouté à la poudre au moment de son emploi dans dès malaxeurs spéciaux, ramollit le bitume d’imprégnation, tout en augmentant son pouvoir adhésif et ainsi pénètre parfaitement le calcaire.
- Le mastic étendu sur la fondation est pilonné et cylindré (fig. 6). Le dallage est exécuté sur une épaisseur de 0 m. 05b au plus, la compression à froid s’effectuant mal sous de plus fortes épaisseurs; ceci indique que ce procédé ne peut être envisagé que pour des chaussées à circulation très lourde.
- Quant à l’asphalte coulé, il s’obtient avec un mastic d’asphalte qui est un mélange et une cuisson
- de poudre calcaire asphaltique et d’un asphalte raffiné, convenablementfluxé(Trinidad, Auvergne, etc.). La confection de ce revêtement peut se pratiquer de deux façons : soit en constituant un béton de pierrailles et de sable agglomérés avec du mastic fondu; ce béton est placé en une seule couche sur la fondation de la chaussée (représentée par l’ancienne chaussée en macadam ou par un béton de ciment) ; soit en coulant un mortier de menus matériaux et de sable également agglomérés avec le mastic, sur une couche asphaltique ou armature inférieure.
- Des applications d'asphalte coulé ont été faites à Versailles, à Vichy, etc.
- Le revêtement en. asphalte cylindré :ou bitusheet comporte deux couches séparées d’égale épaisseur, 0 m. 04, avec des pierrailles et du sable de grosseurs différentes. Le liant bitumineux se compose de Mexican Eagle et de fluxphalt. La fondation consiste, dans l’ancien macadam ramené à un niveau convenable pour tenir compte de l’épaisseur totale (0 m. 08) du revêtement et cylindré, ou bien en une assise de moellons recouverte de gravier. Les mixtures sont chauffées à 150°-1400 dans des ré-chauffeurs et des tambours malaxeurs, chargées dans des chariots en bois avec couvercle conduites à pied d’œuvre, où elles doivent arriver en ayant encore une température d’environ 120°. On les répand de la façon la plus uniforme sur la fondation, on nivelle avec des râteaux en fer préalablement chauffés et on passe un rouleau à main de 180 kilogrammes.
- Par-dessus, on met la couche supérieure de la même manière. On saupoudre légèrement avec des débris de pierres. On laisse refroidir et on comprime pour finir avec un rouleau d’environ 8 tonnes.
- Ce type de revêtement qui convient particulièrement pour les voies à circulation légère ou moyenne, présente tous les avantages de ceux en asphalte comprimé ou coulé, tout en étant moins cher, puisqu’on n'a pas besoin de la fondation en béton.
- M. Bousquet.
- LES ÉCRANS DE FUMÉE
- Pendant la guerre de '1914-1918, on a beaucoup employé les écrans de fumées, pour masquer à l’ennemi des mouvements de troupes ou des objectifs trop tentants.
- Ces écrans ont servi sur terre, mais surtout sur mer. C’était là du reste un retour à une tactique fort ancienne, l’histoire militaire fournit de très nombreux exemples de l’emploi de cette ruse de guerre, souvent utilisée par les anciens. De tout temps on a vu produire des nuages artificiels, en bi’ûlant par exemple de la paille un peu humide. Au cours de la grande guerre, il a fallu employer ou plutôt improviser des pro-
- cédés moins primitifs. La guerre terminée, on a continué à perfectionner les procédés créés au cours des hostilités. Il est bien évident que les écrans de fumée, dans une guerre future, joueront un rôle considérable, surtout dans les opérations navales, où les canons et les méthodes de tir modernes permettent de commencer, à de très grandes distances, l’ouverture d’un feu très précis.
- M. Walker, du Chemical "VYarfare Service, donne dans la revue américaine Industrial and chemical Engineering des détails fort intéressants sur l’état actuel de la technique des écrans de fumée dans la marine américaine.
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- ........ LES ÉCRANS
- Les nuages artificiels sont constitués par des suspensions de particules solides ou liquides qui doivent, être assez stables pour ne pas se dissiper trop vile, assez épaisses pour bien masquer les points à protéger, pas trop cependant, afin de ne pas gêner l’observation; les substances employées ne doivent pas incommoder le personnel qui travaille et se bat au milieu du nuage, ni détériorer le matériel.
- La plupart dès procédés employés consistent à répandre dans l’atmosphère des substances très avides d’eau qui fixent la vapeur d’eàu contenue dans l’air, pour former de fines gouttelettes liquides restant en suspension.
- M. Walker distingue trois méthodes; leur emploi respectif dépend des conditions tactiques du combat. 11 y a tout d’abord la méthode par explosifs; la substance qui crée le nuage est enfermée à l’intérieur d’un projectile : obus, grenade, ou bombe. L’explosion du projectile provoque la dispersion de la substance et le nuage apparaît au point d’impact. Il y a ensuite la méthode thermique : la substance est placée dans des bougies spéciales que l’on enflamme, ou dans des boites à fumée que l’on chauffe; la substance se vaporise, se répand dans l’air et s’y combine à la vapeur' d’eau. A cette méthode se rattache l’incorporation de substances fumigènes aux gaz d’échappement des aéroplanes. Il y a enfin la méthode par pression; les substances fumigènes sont enfermées dans des récipients clos sous très forte pression ; elles s’en échappent par des tuyères.
- M. Walker passe ensuite en revue les différentes substances ou mélanges fumigènes actuellement employés : Ce sont les suivantes.
- Phosjshore blanc. — C’est, comme tout le monde le sait, un corps solide à la température ordinaire. Il fond à 44° C., bout à 290° C. ; au contact de l’air il s’oxyde rapidement à la température ordinaire, pour donner de l’anhydride phosphorique très avide d’eau, avec laquelle il forme l’acide phosphorique. 1 kg de phosphore donne 5,'lb kg d’acide phosphorique. On obtient un nuage blanc et dense ; le phosphore ne cor-, rode pas l’acier, ni le fer; il donne des nuages inoffensifs pour le personnel. On l’emploie exclusivement pour le chargement de projectiles fumigènes.
- Anhydride sulfurique (SO3) et oleum. — L’anhydride sulfurique se présente sous forme d’un solide, à la température ordinaire; il fond à 50° C. et en se combinant à l’eau, il donne des nuages d’acide sulfurique (S04H2), lui-même encore très avide d’eau dont il fixe des quantités considérables. L’anhydride sulfurique peut être emmagasiné dans des récipients de fer ou d’acier ; le nuage produit, étant données les conditions de concentration, n’est pas dangereux pour le personnel, mais légèrement irritant. L’anhydride sulfurique, comme le phosphore, n’est employé que pour le chargement de projectiles. L’oleum, solution d’anhydride sulfurique dans l’acide, est employé dans les mêmes conditions. On peut l’utiliser aussi dans l’échappement des moteurs de chars d’assaut, dans celui des aéroplanes; bien qu’il puisse détériorer gravement les entoilages; enfin dans l’échappement des cheminées de destroyers.
- Tétrachlorure de titane (TiCl4). — C’est un liquide qui bout à '130° C., et qui avec l’eau donne un hydrate TiCl4.5H20. Celui-ci se décompose ensuite en hydroxyde
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- de titane et acide chlorhydrique. Cet acide est lui aussi fort avide d’eau, qu’il fixe pour donner des gouttelettes qui restent en suspension. Le nuage de tétrachlorure de titane est moins persistant que celui que l’on obtient avec le phosphore ou l’oleum; quoique inoffensif pour le personnel, il est légèrement irritant; il est corrosif pour les étoffes et pour la peau. Le tétrachlorure de titane est employé sous pression, ou dans l’échappement des aéroplanes.
- Mélange de tétrachlorure de silicium et d’ammoniaque. — Ces corps fumigènes s’emploient sous pression ; le tétrachlorure de silicium est emmagasiné dans une bouteille d’acier contenant en outre de l’acide carbonique comprimé à 38 kg par cm2. L’ammoniaque est enfermé dans une autre bouteille. Le mélange des deux substances, à la sortie de ces bouteilles, s’effectue dans une boîte à fumée, elles réagissent l’une sur l’autre pour donner du chlorhydrate d’ammoniaque qui s’échappe de la boîte et capte l’humidité atmosphérique. Ce mélange est employé pour produire les rideaux de fumée à bord des navires.
- Mélange HC. — C’est un mélange de poussière de zinc et d’hexachloréthane solide additionné de chlorhydrate d’ammoniaque, de chlorate de sodium et de carbonate de magnésium en faibles proportions. On l’emploie en bougies ou dans des projectiles; la fumée se, produit grâce à la formation de chlorure de zinc, avide d’eau. Ce mélange est facile à manier, mais coûteux.
- Pétrole brut. — En brûlant incomplètement de l’huile minérale, on obtient d’épais nuages, formés dé gouttelettes d’eau condensée, de gouttelettes de goudron et de particules de charbon.
- A bord des navires, la création de fumées par ce moyen est très simple et peu coûteuse.
- Il suffit d’injecter l’huile à la partie inférieure de la cheminée du bâtiment. C’est un procédé économique,, mais il a l’inconvénient de ralentir la marche du bateau, de salir les tubes des chaudières, et de produire un nuage extrêmement salissant.' On n’a pas encore réussi à réaliser avec l’huile des engins fumigènes pratiques, utilisables à terre.
- Les substances fumigènes les plus employées sont actuellement l’huile, l’oleum et le phosphore. Si l’on cherche à réaliser la dépense minima pour un nuage d’opacité donnée, le premier rang appartient à l’huile, le second à l’oleum, le troisième au phosphore.
- Mais la question peut s?envisager d’un point de vue tout différent ; on peut chercher à obtenir le maximum d’opacité avec un minimum de poids de substance fumigène; ce point de vue a une grande importance en raison de l’intérêt de jour en jour plus considérable qui s’attache à la création de rideaux de fumée au moyen d’avions.
- Dans ce cas, c’est le phosphore qui mérite le premier rang; l’oleum vient au second, l’huile minérale au dernier.
- Enfin, M. Walker suggère un procédé tout différent pour produire les nuages artificiels; il consisterait à atomiser de l’eau en la projetant à travers des tuyères, de façon à obtenir des gouttelettes extrêmement ténues. On obtiendrait ainsi des nuages identiques, en somme, aux nuages naturels.
- R. Yillers.
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- TROUVAILLES D’OISEAUX BAGUES
- . J’ai, publié, dans La Nature, trois articles sur les routes migratoires de la mouette rieuse, de la
- Fig. i. — Tête de puffln des Anglais.
- Le bec porte deux tubes nasaux.
- cigogne blanche et de la bécasse. Voici des observations faites sur quelques autres espèces d’oiseaux.
- Palombe (Columba p. palumbus L.)1. — Un individu de cette espèce, annelé à Dresde, fut tué en hiver à Liancourt (Oise). Un autre, bagué en Prusse orientale, fut trouvé en Italie. Un autre encore, marqué en Suède, fut repris en Portugal.
- Il a été .vérifié, que de jeunes palombes, baguées au nid, sont revenues au printemps suivant dans le cantonnement familial.
- Direction de la migration : sud, sud-ouest, ouest.
- Pigeon colombin (Columba œnas L.). —Plusieurs petits ramiers, bagués à Dresde, furent tués dans les Pyrénées, dans la première quinzaine d’octobre, ce qui indique une migration hâtive et un voyage rapide.
- Direction de la route : sud.
- Tqurterelle vulgaire (Strpetopelia t. turlur L.). — De trois tourterelles anneiées 'en Silésie, deux furent trouvées sur. la côte ouest de la Grèce et la troisième en Sicile.
- Direction du voyage : sud.
- Foulque noirâtre (Fulica a. atra L.). — Deux foulques anneiées à l’île Fehmarn (Schlesw.ig), furent trouvées, P une en Hollande, l’autre .sur la côte nord de la France. Deux individus, marqués en Bohême, hivernèrent dans le nord de l’Italie. Un individu bagué le 51 octobre 1917, à Plumenau (Moravie), fut tué deux jours plus tard, à 525 kilomètres de là, en Hongrie. Il avait voyagé vers le sud-est. Plusieurs exemplaires revinrent dans leur patrie, l’année suivante. .
- Les foulques émigrent, en automne, vers l’ouest, le sud-ouest et le sud-est.
- Puffin des Anglais (P. p. puffinus, Brunnich.). — Un
- exemplaire, bagué en juin 1912, aux lies Scillv, fut trouvé en. janvier 1914, dans le Finistère.
- Ce voyage n’est pas extraordinaire pour un puffin.
- Guillemot troile (Uria t. troille: L.), — Deux jeunes exemplaires, annelés en Ecosse, se trouvaient en novembre de la même année à Gothenbourg (Suède). Un individu, marqué à Héligoland* émigra vers Stavanger (Norvège). Les guillemots n’entreprennent pas de vraies migrations, mais errent parfois à l’aventure. '
- Sternes (genre Sterna). — Une sterne, marquée près de V.iborg (Danemark), fut reprise sur l’Elbe inférieure. D’autres hirondelles de mer, baguées dans les. territoires allemands de la mnr du Nord et de là Baltique,, émigrèrent en Hollande, en Angleterre, sur. les côtes françaises, en Espagne et en Portugal. Une sterne caugek (S- s< sanclvicensis Lath.), originaire d’Angleterre, fut tuée à la Côte d’ivoire (Afrique).
- Les sternes émigrent donc par la route occidentale que suivent les mouettes rieuses, c’est-à-dire par les côtes de la Baltique, de la mer du Nord et de l’Atlantique, qui conduisent en Espagne et.munie en Afrique, où la migration s’étend à la côte, ouest, presque jusqu’à l’Équateur; A remarquer, que les mouettes rieuses ne vont pas au delà des pays méditerranéens.
- Les sternes originaires du nord-est de l’Europe hivernent fréquemment dans les territoires de la mer du Nord et de la Manche, c’est-à-dire dans les contrées où nichent leurs congénères originaires dp l’ouest de l’Europe. Les migrateurs du genre Sterna voyagent par conséquent vers l’ouest et le sud-ouest. On a observé qu’ils reviennent l’année suivante dans leur patrie. Ainsi, deux sternes arctiques (S-. paradisea Brun.) se trouvèrent dans leur lieu d’origine après 4 ou 5 ans, deux sternes communes (St. hirundo L.) après 4 ans, une autre sterne commune et une autre sterne caugek après 7 ans.
- Guifette noire (Hydrochelidon n. nigra L.). — Plusieurs exemplaires annelés en Hollande, dans le nord-ouest de l’Allemagne et auJutland, hivernèrent sur les côtes ouest de la France. Un individu, bagué
- i. Voyez « Les Noms des Oiseaux trouvés en France », par A. Ménégaux.
- Fig. 2. — Sterne.
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- TROUVAILLES D’OISEAUX BAGUÉS
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- en Bohême, fut repris au Golfe du Lion (Midi de la France).
- Goéland brun (Larus f. fuscus L.). — En Angleterre le goéland brun, encore nommé goéland à pieds jaunes, est, suivant les individus, sédentaire, nomade ou migrateur; Il accomplit ses voyages le long des côtes françaises jusqu’en Espagne; parfois, il passe au Maroc.
- Deux exemplaires, 'annelés aux îles Féroé, furent tués au Maroc et en Égypte.
- Des individus marqués à Rossitten (Gourlande) voyagèrent, en partie vers l’ouest le long des côtes, et furent trouvés dans le., Mecklembourg, au Danemark, à Héligoland et en Portugal, —- et en partie à travers l’Allemagne en se dirigeant vers le sud jusqu’en Égypte.
- M. de Lucanus signale (Die Râtsei des Vogelzuges) un curieux exemple de la vitesse du voyage de Larus fuscus. Un exemplaire annelé à Rossitten, le 22 novembre 1913, fut abattu dans les Sept Montagnes, le 5 décembre suivant.
- Les Sept Montagnes ne sont pas un quartier pour le goéland brun. L’individu dont nous parlons s’y trouvait donc en cours de route. A vol d’oiseau, la distance qui sépare le pays sus-indiqué de Rossitten, c’est-à-dire dé la Kurisehe Nehrung, est d’environ 1000 kilomètres. Le goéland a franchi cette distance en 13 jours, donc 77 kilomètres en moyenne par jour. D’autre part, comme la vitesse de vol de Larus fuscus, d’après les calculs de M. Thienemann, est de 13,8 mètres à la seconde, c’est-à-dire de 50 kilomètres à l’heure, l’oiseau dont nous parlons n’a par conséquent volé que pendant 1 1/2 heure par jour, en moyenne, pour, en 15 jours, accomplir le trajet de 1000 kilomètres. En réalité, il ne voyageait que lentement.
- En somme, les goélands à pieds jaunes émigrent vers l’ouest, le sud-ouest et le sud.
- Goéland argenté (Larus a. argentatus, Pontop.). — Oiseau sédentaire. Certains individus sont quelque peu nomades. Les exemplaires que des expérimentateurs ont bagués, ont été repris aux environs, parfois à proximité immédiate du lieu où ils avaient
- Fig. 4. — Bec, patte et queue de goéland.
- été marqués. On en retrouva même après 10 années.
- Les individus originaires des îles Frisonnes visitent de temps en temps les côtes allemandes et néerlandaises.
- Ceux d’Angleterre survolent parfois la Manche pour aller séjourner sur les côtes de France.
- Goéland marin (Larus marinus L.). — Des exemplaires bagués à Rossitten, pendant la migration d’automne, furent repris dans le Schleswig, le Mecklembourg, en Danemark, Hollande, Belgique, dans le nord de la France, en Angleterre, certains en France moyenne: Fig. 3. — Route migratoire
- Des individus iso- des sternes.
- lés voyagent directement vers le sud, en survolant les
- Ces chiffres romains indiquent le mois de la trouvaille;
- terres. Ainsi, un goéland de l’espèce en question, annelé à Rossitten, en automne, fut tué 22 jours plus tard, à Belgrade.
- Goéland cendré (Larus c. canus L.). — Plusieurs exemplaires, marqués dans le'Jutland, furent trouvés en hiver, sur les côtes ouest de France. L’an dernier, un individu bagué par M. P. Skovgaard, près de Yiborg (Danemark), fut découvert, mort, près de Gand (Belgique),
- Des goélands cendrés, annelés en Prusse orientale et en Poméranie, furent trouvés dans le Schleswig, au Jutland, en Angleterre, en Belgique, dans le nord de la France, où ils passaient l’hiver.
- Un individu annelé en automne, à Rossitten, fut tué six ans plus tard en Finlande, ' où il nichait.
- Des exemplaires isolés elï’ectuent leur voyage, en survolant l’intérieur des pays, au lieu de suivre les côtes. Ainsi, un goéland cendré, bagué à Rossitten, fut abattu dans le Brandebourg.
- Dans les territoires de la mer Baltique, Larus canus est fréquemment sédentaire. En Angleterre, cet oiseau est sédentaire;'ét nomade.
- Arm. Mercier;
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d'octobre et de novembre 192$.
- La fluorescence des matières colorantes végétales. — Malgré le rapide développement de l’industrie des colorants synthétiques dont l’origine se retrouve parmi les goudrons et benzols, fournis par la distillation de la houille, les colorants végétaux trouvent encore, des emplois importants en teinture et ils sont préconisés pour le traitement de certains produits alimentaires. Or, les extraits sont souvent livrés sous des noms de fantaisie qui ne rappellent en rien leur origine. Comme moyen d’examen, MM. L. Meunier et A. Bonnet ont utilisé la lumière de AVood et leurs expériences ont porté sur le Bois jaune [Morin), le Quercitron (Quercétine), la Graine de Perse (Rhamnétine), la Gaude (Lutèoline), l’Epine-Yinette, le Coptis du Japon (Berbérine), le Cur-cuma, etc., etc. Les résultats acquis fournissent un critère extrêmement utile pour caractériser les divers extraits du commerce et c’est ainsi, notamment, qu’on peut différencier les extraits de l’ustet ou d’épine-vinette, sans qu’il devienne facile de les confondre avec la variété nombreuse des produits courants venus de « bois jaunes ».
- Les rayons X et la marche des réactions chimiques. — Une précédente note de M. J.-J. Trillat a montré qu’il est possible d’avoir, à l’aide de ces rayons, des spectres de lecture facile, en attaquant des laines métalliques planes par une très faible quantité des acides gras saturés et en opérant ensuite par la méthode du cristal tournant. On arrive ainsi à connaître sensiblement l’affinité de l’acide pour le métal. Un travail récent du même auteur a porté sur les acides oléique, linoléique et lino-lénique dont une faible quantité a été déposée sur une lame de plomb, la couche d’attaque étant, par la suite, spectographiée en fonction du temps. La méthode mise en œuvre a rendu très évidentes les étapes de l’oxydation des acides non saturés, oxydation qui se réalise par additions successives d’une même quantité d’oxygène et s’accompagne d’un allongement moléculaire à peu près constant qui provoque bientôt la polymérisation.
- La découverte de deux nouveaux ferments, dans l’émulsion des amandes. — M. Marc Bridel a déjà indiqué que le nom de primevérosidase doit servir à désigner le ferment des glucosides à primevérose et celui de primevérase le ferment sous l’action duquel, en solution aqueuse étendue, le primevérose est hydrolyse en glucides réducteurs simples, glucose et xylose. Une nouvelle série d’essais portant sur l’émulsine des amandes et le monotropitoside indiquent la présence, dans celte émul-sine, de la primevérosidase (ferment des primevérosides) et la primevérase (ferment du primevérose) qu’on n’avait pas encore signalée dans le règne végétal.
- L’action de la base tropine sur le cœur. — L’étude conduite sur des chiens par MM. René Uazard et L.-J. Mercier indique un ralentissement du rythme cardiaque, avec diminution de l’amplitude des systoles auriculaires et ventriculaires. Cela marque une nolable différence entre le tropanql et l’atropine, cet alcaloïde provoquant, au début de son action, une certaine accélération, sauf cependant chez les animaux à sang froid.
- Les injections sous-cutanées d’oxygène. — MM; Agasse Lafont et Roger Douris soumettent à l’Académie un dispositif ingénieux qui permet la nouvelle thérapeutique employée avec succès contre les broncho-pneumonies, la grippe à forme adynamique ou pleuro-pulmonaire, la coqueluche, les anémies graves et la tuberculose. L’ensemble de l’appareil comprend simplement un flacon générateur de gaz (où l’oxygène est fourni par la décomposition de l’eau oxygénée, à l’aide d’un comprimé de sel Cr'^CUK2) et d’une seringue en verre dont le remplissage s’effectue soit par l’embout, soit par la canalisation centrale du piston, sensiblement à la pression atmosphérique.
- Au sujet du volcan de Sanlorin. — La dernière note de M. Consl. A. Ktenas donne de nouvelles indications sur l’éruption actuelle. Une série d’explosions partielles se traduit par des poussées de vapeur sortant successivement des différentes ouvertures de la partie supérieure et des parois du dôme. On a pu constater que ces phénomènes (20 à 50 en 20 secondes) correspondent, parfois, à des poussées de vapeur rythmiques et, lors des explosions principales, de gros projectiles sont rejetés jusqu’à 1500 m. de la bouche de sortie; ce sont en général des fragments angulaires et incandescents du dôme projetés à l’état solide. L’existence de gaz. combustibles est montrée par des jets de flammes jaunâtres et l’on note des gaz couleur bleu verdâtre qui s’enflamment et sortent, avant l’explosion principale, des petites ouvertures; enfin, dans les nuées venues du dôme, on a signalé la présence de l’anhydride S0S et de l’hydrogène sulfuré H2 S.
- *
- La composition du cerveau humain. — Trois cerveaux prélevés chez des adultes morts d’embolie ou d’accident et le quatrième chez un vieillard de 80 ans ont permis à MM. Lematte et L. Beauchamp une série d’analyses, se ramenant aux conclusions qui suivent : les quantités des différents éléments minéraux (Na OH, K0J1, Ca(OH)2, Mg(OIl)2, Fe(Oil)2, SOU2, ROM U, HCl) varient, pour des adultes, dans des limites assez restreintes ; l’àgc modifie peu la composition du cerveau, dont le phosphore reste l’élément dominant; enfin, pour le vieillard, la quantité d’eau est diminuée, mais les tissus sont plus riches en éléments P et Na.
- La recherche, la séparation et le dosage du bismuth. — L’iodure de bismuth donne, avec les alcaloïdes naturels, des complexes insolubles, fortement colorés en rouge et, quand on met en œuvre des hases çle synthèse possédant un atome d’azote aminé convenablement substitué, les complexes iôdobiomulhiques posfèdent une grande solubilité dans certains solvants organiques (pii en permet la séparation facile. MM. Girard et Fourneau signalent, parmi de telles bases, l’hydrate de tétracétyl-ammonium, l’iodobhmulhate correspondant, fortement coloré, étant très soluble dans le benzène, La méthode mise au point par ces savants isole le métal Bi de dilutions au milliardième et caractérise le quart de microgramme.
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- Au sujet des huiles d'animaux marins. — Des travaux du chimiste japonais Tsujimoto, on a conclu à l’existence, dans certaines huiles de squales péchés dans les mers de l’Extrême-Orient, d’un carbure d’hydrogène, dénommé squcilène, hexaéthylénique et fournissant avec les acides HCl et HBr des sels bien, cristallisés qui répondent aux formules C50H30, 6 HCl et C3ÜH30, 6 HBr. Des études de MM. Em. André et H. Canal, il résulte que ce composé et le spinacêne, signalé en 1917 par Chapman, ne sont pas des espèces chimiques définies et que l’élude complète doit en être reprise, d’ailleurs comme celle des carbures retirés par ces mêmes auteurs des huiles de Cetorliinus maximus et de Scijtn-nus licha qui paraîtraient avoir pour composition* G30 R50 ou C31 H82.
- L'azotémie au cours du mal de montagne. — Une première série d’essais, conduits par R. Moog sur des cobayes vivant dans l’air raréfié et parM. Guillemard sur des! lapins transportés à l’Observatoirè Vallot, avait indiqué une augmentation de l’azote uréiquë et résiduel du sérum. Des prises de sang faites sur son fils âgé de 14 ans ét sur lui-même viennent d’indiquer à M. Guillemard qu’une accumulation notable de sustances azotées non protéiques dans le sang, paraît bien coïncider chez l’homme, avec la crise du mal de montagne. Au point de vue pathogénique, la fatigue musculaire se montre, à elle seule, incapable de déterminer ces accidents; on doit donc conclure à l’action de l’anoxhémie, la fatigue pouvant d’ailleurs intervenir comme un facteur d’aggravation. Il n’en faut pas moins reconnaître dorénavant, avant de fixer les conditions de ce phénomène,
- que la vie dans l’air raréfié détermine une auto-intoxication azotée.
- Alimentation à la viande crue et à la viande cuite. — Les nouvelles expériences, auxquelles le professeur Richet s’est livré en collaboration avec MM. Oxner et Richard, ont porté sur des poissons, élevés au Musée Océanographique de Monaco. Les sujets étudiés appartenaient à l’espèce Canlharus griseus Cuv. et ce n’est qu’au 260e jour que, deux d’entre eux étant morts, un troisième déjà mis hors de cause au 205e jour, les essais ont été arrêtés. Pour M. Richet, les résultats sont décisifs ; la viande soumise à la cuisson, différente par suite de l’alimentation normale, a entraîné, sinon toujours le dépérissement et la mort, du moins une diminution dans la rapidité du croît. Pour les poissons, comme pour les mammifères, la cuisson de la viande en abaissé la valeur nutritive.
- Le gaz ammoniac et les chlorures de phosphore. — Alors que le gaz Azll3 agissant sur un chlorure d’acide, donne Je chlorhydrate AzlPCl par substitution du groupe Azll2 au chlore, on obtient, dans le cas des chlorures PCI3, PCI5 des composés azotés plus complexes. L’étude de ce phénomène a été reprise par M. Perpérot qui établit que les premiers produits de la réaction sont bien des amines. Comme on éprouve une grande difficulté à les séparer nettement du chlorure Azll4 Cl, il est possible que ces composés ne soient pas libres et qu’il y ait, au début, formation d’un produit d’addition, se décomposant ensuite, pour donner l’amine P (Azll2)", n’étant égal à 5 ou à 5, suivant que l’on a mis en oeuvre PCI3 ou PCI5. Paul B.
- REMARQUABLE COURONNE LUNAIRE
- On sait que les couronnes sont des cercles, ou anneaux colorés, qui se voient dans certaines circonstances autour du Soleil et de la Lime : c’est daus ce dernier cas d’ailleurs qu’elles sont le plus facilement observables, car l’éclat de l’astre du jour, en, nous aveuglant, empêche généralement de les apercevoir.
- Les couronnes sont des phénomènes de diffraction qui se produisent toutes les fois que devant le Soleil ou la Lune viennent s’interposer des nuées peu épaisses, constituées de gouttelettes d’eau très Unes et sensiblement égales en diamètre (rappelons en passant que le phénomène peut être reproduit en plaçant une lampe à quelque distance derrière une vitre recouverte de buée). Autour de l’astre on voit un anneau bleu mélangé de blanc, puis un cercle rouge bien limité à l’intérieur et se dégradant à l'extérieur vers l’anneau suivant. En général le nombre de ces anneaux dépasse rarement deux, et le diamètre du premier est ordinairement de un à deux degrés, bien que par exception il puisse arriver jusqu’à quatre degrés, Les couleurs du spectre sont plus ou moins apparentes, surtout pour les derniers cercles qui ne présentent guère, d’une façon atténuée, que le rouge (toujours à l’extérieur) et le vert
- (à l’intérieur). Les diamètres des anneaux brillants sont proportionnels aux longueurs d’ondes des rayons lumineux donnant naissance au phénomène et en raison inverse du diamètre des gouttelettes d’eau interposées ; les couronnes ne se forment pas lorsque ces gouttelettes ont des dimensions très différentes, car chaque groupe de ces éléments disparates donne alors naissance à un système particulier de cercles qui chevauchent les uns sur les autres et ne produisent en lin de compte qu’une auréole blanchâtre autour de l’astre.
- Telle est la théorie générale de l’apparition de ces phénomènes lumineux si fréquemment visibles, mais le plus souvent sous l’aspect d’une simple et unique couronne. Il est rare au contraire d'observer des apparences à première vue tout à fait anormales, et en même temps d’une grande intensité au point de vue des colorations spectrales. Une remarquable couronne lunaire, que j’ai pu observer récemment, à Paris, me paraît intéressante à signaler.
- Le 51 octobre dernier, vers 20 heures, la Lune apparut tout d’abord environnée de deux anneaux bien marqués parfaitement circulaires et montrant toutes les nuances spectrales : à l’intérieur du second anneau, le bleu violet.était netLement visible.
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- Quelques minutes plustard,-observant à nouveau le ciel, je notai que la seconde couronne avait une forme excentrique. Des nuages plus épais, quoique toujours transparents, passaient à un niveau inférieur, ce qu’il était facile de constater en raison de leur mouvement apparent; dés modifications d’intensité se produisaient dans la visibilité des anneaux que lentement, sans cesser alors de les observer, je vis changer de forme. En un quart d’heure environ ils prirent successivement les différents aspects
- des croquis hâtivement pris parfois, en raison de la rapidité des transformations Le dessin en noir et blanc est impuissant à donner la sensation, la valeur des colorations autrement que par une interprétation plus que conventionnelle ; particulièrement par ce procédé il est impossible de traduire les nuances que présentaient les arcs supplémentaires. En ‘2, par exemple, l’arc du bas était teinté comme par l’extension diffuse de l’anneau rouge auquel il était accolé. En 5, remarque à peu près analogue ;
- Fig. i. — Aspects principaux de la couronne lunaire observée le 3i octobre iguS.
- représentés sur la figure ci-dessus. Ces modifications se produisaient tantôt progressivement, tantôt par réapparitions sous une forme nouvelle après une extinction momentanée ; toutes ces variations d’ailleurs se rattachant à la mobilité des nuées, à leurs inégales et changeantes transparences.
- C’est évidemment à des niveaux nuageux superposés-et de constitution différente quant cà la dimension des 'gouttelettes, et aussi dans le jeu de ces éléments par rapport au rayon visuel, qu’il faut attribuer la mobilité des anneaux excentriques ou déformés, ainsi que la formation d’arcs supplémentaires qui s’y greffaient (fig. 2, 5 et b)-.-
- Ces ligures reproduites ici ne peuvent que,représenter les principales formes successives,' notées par
- cependant on voyait un arc limite rougeâtre se perdant à sa partie inférieure dans le vert de la couronne enveloppante, tandis que son intérieur était jaune verdâtre. L’arc de la figure 5 se dessinait plus franchement, avec une succession de coloration se fondant comme dans les autres anneaux concentriques. Les quatre anneaux de la figure 4 ont montré la-succession de toutes les couleurs du spectre, et d’une manière remarquable au point de vue intensité.
- Ce spectacle céleste a été véritablement merveilleux ; ,par leur .luminosité et la netteté de leurs formes, ses différentes phases, nettement visibles à première vue, étaient capables dè retenir le regard le plus indifférent. Lucien Huhaux.
- Le Gérant : P. Massun. — Imprimerie Laiiuhi:, 9, rue de Fieurus, Pans. — 1925.
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- SOMMAIRE
- L'homme fossile Aurignacien de Libos (Lot-et-Garonne) : Lucien Mayet.
- La conquête de l'énergie : Raymond Maillet.
- La ferronnerie d’art et sa technique actuelle : Jacques Boyer.
- Le “ Camranh ”, premier grand navire français à moteurs : M. Debeaupuis.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Physique. — Variétés. Boîte aux lettres. — Bibliographie.
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- LE NUMÉRO
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE.
- - N° 2701.
- 9 JANVIER 1926
- L’HOMME FOSSILE AURIGNACIEN DE LIBOS (LOT-ET-GARONNE)
- M. Gaston Astre, préparateur de Géologie à la Faculté des Sciences de Toulouse, laboratoire du Professeur Jacob, vient de publier (') une élude détaillée d’un document de paléontologie humaine du plus haut intérêt scientifique : un squelette humain, d’âge aurignacien, inclus dans la terrasse de 20 m. de la vallée du Lot, à Libos.
- Les hommes fossiles datant de F « Age du Cheval », lequel a précédé immédiatement F « Age du Pienne » — c’est-à-dire ayant une ancienneté de 15 000 à 18 000 ans — ne sont pas encore très nombreux et une belle unité de plus apparaît, extrêmement précieuse pour l’élude de nos lointains ancêtres quaternaires. Mais l’intérêt du squelette de Libos se trouve décuplé du fait de son inclusion au sommet de la terrasse de 20 m., qui marque la fin du remblaiement monastirien de la vallée du Lot (2).
- La découverte d’une belle industrie ainsi que d’une superbe série de galets et os gravés de F Aurignacien supérieur dans le sommet de la terrasse de 20 m. de la vallée de l’Ain, sous l’abri de ta Colom-bière, par MM. Mayet et Pissot (1915) avait fixé l’âge géologique précis de cette phase archéologique que le professeur abbé Breuil a eu le grand mérite d’isoler, d’individualiser. Mais aucun squelette humain de ce même âge n’avait encore été rencontré en position stratigraphique. L’Homme de Libos comble cette lacune très remarquablement.
- Il s’imposait donc de résumer ici le beau mémoire de M. Gaston Astre car sa découverte se place à côté de celles de Cro-Magnon (1868), de Menton-Gri-maldi (1872-1901), de Solutré (1925-1924).
- Libos est une agglomération située au bord du Lot, à 5 km en aval de Fumel, chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne, près des confins du Périgord et
- 1. Bulletin de la Société di Histoire naturelle de Toulouse. Tome LUI,-1er et 2e trimestres 1925.
- 2. Est-il besoin de rappeler la division du Quaternaire en étages marins établie par l’éminent géologue français Ch. De-
- Fig. 2. — Position du squelette en place, entièrement dégagé, et prêt à être relevé.
- La grande paroi d’abatage établie autour de la pièce, préservée avec le plus grand soin, permet de discerner la stratigraphie du gisement. La séparation des couches a été accentuée au couteau sur la coupe elle-même avant photographie.
- .FUMEL
- Fig. i. — Libos, au sud-ouest de Fumel, entre Samt-Vite et Monsempron.
- de l’Agenais (fig. 1). A quelques centaines de mètres au Sud-Ouest de celte agglomération, une ballastière a été creusée qui fournit les graviers nécessaires à F édification d'une cité ouvrière de la Société métallurgique du Périgord. Elle entaille la terrasse de 20 m. de la vallée du Lot.
- Le 28 février 1924, un squelette humain fut mis au jour par les ouvriers. M. Durupt, ingénieur-directeur des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Fumel, fit arrêter le travail en ce point et prévint le Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de Toulouse.. M. Astre fut aussitôt envoyé à Libos. Grâce à l’initiative comme à la collaboration précieuse de M. Durupt, il eut toutes facilités pour préciser les conditions de gisement du squelette et relever celui-ci avec toutes les précautions nécessaires.
- Le squelette de Libos était inclus dans une lentille de limon jaune, argileux, fin, compact, encaissé par des graviers et cailloutis (fig. 5). L’ensemble
- péret., division qui tend à devenir classique à l’étranger... el. même en France :
- IV. Monastirien : Ligne de rivage de 18-20 m.. terrasses tluviales de 18-20 m., quatrième glaciation ou glaciation de Würm.
- III. Tyrrhknien : Ligne de rivage de 28-52 m. terrasses tluviales de 28-52 m., troisième glaciation ou glaciation de Riss.
- IL Mii.a7.zien : Ligne de rivage de 55-60 m.., terrasses tluviales de 55-60 m., deuxième glaciation ou glaciation de Mindel (maximum d’extension glaciaire en Europe),
- I. SicniKN : Ligne de îTvage de 90-100 m., terrasses fluviales de 90-100 m., première glaciation ou glaciation de G iin z.
- Pour plus de détails, cf. Mayet Lucien, Corrélations géologiques et palèontologiques du Paléolithique ancien : Préchel-léen, Cbelléen, Aclieuléen. Bulletin de la Société Préhistorique Française, séance du 26 février 1925.
- Jd. Division géologique du Quaternaire et niveaux archéologiques paléolithiques. Ibid., 26 mai 1921.
- 2
- 54* Année. — 1* Semestre
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- L’HOMME FOSSILE AURIGNACIEN DE L1BOS (LOT-ET-GARONNE)
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- MÉMflttM
- Fig. 3. — Coupe schématique du gisement de Libos (d’après Astre).
- Section du squelette en noir, à une profondeur de i m. 40. Terrasse de-18-20 m. : 4, cailloutis alluvial à stratification entre-croisée visible sur cinq mètres. — 2, limon jaune compact, homogène, argileux; épaisseur : 0 m. 5o à 0 m. 75. — 3, argile noire, avec petits galets de quartz, micaschistes, granités, etc. Zone de remaniement superficiel ; épaisseur : 0 m. 80. — 4, terre végétale en surface ; épaisseur ; environ o m. 10.
- représente en ce point la terrasse de 20 m. et se trouve recouvert d’une couche d’environ 1 m. d’ar-
- Fig. 5. — Tête osseuse vue de coté gauche (Norma lateralis) : glabelle prononcée; ascension un peu oblique du front, faible hauteur du crâne, développement du crâne postérieur, etc.
- gile noirâtre (aux caractères lithologiques très différents) et de terre végétale (fig. 3).
- L’étude la plus minutieuse des conditions géologiques du gisement permet de dater le squelette d’une manière formelle.
- Ou bien il. s’agit d’un corps qui a été enseveli directement, intentionnellement, dans le limon jaune, durant le dépôt de celui-ci, ou bien il s’agit d’un noyé dont le cadavre a été charrié par le Lot quaternaire jusqu’au moment où il s’est enlisé dans quelque marécage des rives pendant que le remblaiement monastirien s’achevait. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit d'un individu contemporain de la fin de ce remblaiement.
- Fig. 4. — Tête osseuse vue de face (Norma anterior), montrant bien l’élargissement de l’orbite, la largeur du front, etc.
- C’est dire qu’il est d’âge aurignacien. Les corrélations des étages géologiques et des industries humaines préhistoriques étant :
- Temps post-glaciaires. . .
- Monastirien................
- Période régressive (interglaciaire) Riss-Würm . . .
- Tyrrhénien .......
- Magdalénien.
- Solutréen.
- Aurignacien final.
- Aurignacien.
- Moustérien.
- Achéuléen.
- Extrême fin du Chelléen. Chelléen.
- Préchelléen.
- Encore que cet âge ne soit appuyé par aucun document archéologique et que l’allongement du squelette sur le dos puisse correspondre aussi bien à un enfouissement naturel qu’à une sépulture intentionnelle, il n’importe, car le gisement de La Colombière a établi sans ambiguïté le parallélisme
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- L'HOMME FOSSILE AUR1GNAC1 EN DE L1BOS (LOT-ET-GARONNE)
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- de l’Aurignacien et de la fin du remblaiement des vallées à 20 m. au-dessus du niveau actuel des eaux.
- D’autre part, l’étude paléontologique du squelette de Libos en le faisant entrer au sein du grand groupe des Cro-Magnons, chasseurs de chevaux dans les steppes et les vallées quaternaires, confirme son ancienneté.
- Il s!agit d’un homme dont la taille est évaluable au minimum à 1 m. 65, mais pouvait être notablement plus élevée — la fragmentation des os des membres n’a pas permis de la calculer de façon précise; — aux alentours de la quarantaine — sutures à peine boudées par places; — dolichocéphale — indice céphalique de 71,8 avec un diamètre antéro-postérieur maximum de 188 mm, ce qui n'indique pas une tête très longue, mais un indice transverse maximum de 155 mm qui répond à une tête remarquablement élroite.
- Le crâne est surbaissé, comme celui du célèbre « vieillard de Cro-Magnon », à glabelle accentuée, avec ligne d’ascension du front bien développée mais un peu oblique d’avant en arrière et fort développement du crâne postérieur.
- La face inférieure a été détruite, vraisemblablement lors du charriage du cadavre par les eaux du Lot. L’orbite gauche est suffisamment conservée pour montrer son élargissement transversal, sa hauteur plutôt réduite, tout en restant au-dessus de celle des orbites extraordinairement basses de certains Cro-Magnons, le « vieillard » avant tous autres, sa forme quadrangulaire (fig. 4, 5 et 6).
- La mandibule n’est pas très haute, 29 mm au niveau du trou mentonnier (ce qui est assez inhabituel chez les Cro-Magnons) avec menton triangulaire projeté en avant; insertions rugueuses de robustes muscles masticateurs et usure intense des dents, érodées jusqu’à leur chambre pulpaire, chez cet homme encore relativement jeune. Rien de bien spécial à noter au sujet des branches montantes des condyles, de l’angle de la mâchoire, sinon l’absence de déviation externe de la région angulaire (tig. 7).
- Les os du tronc et des membres se trouvent fragmentés et fort mal conservés. Du moins peut-on juger de la robusticité du squelette, qui est moyenne; de l’aplatissement des tibias qui se pré-
- Fig. 6, — Crâne vu d’en haut (Normal verticalis); dolichocéphalie accentuée par réduction très prononcée de la largeur.
- sentent légèrement platycnémiques ; des cannelures profondes des péronés.
- L’examen du squelette en place dans le gisement montrait l’absence de la dyssymétrie parfois signalée chez les anciens chasseurs quaternaires : allongement du membre supérieur par rapport au membre inférieur. Ici, les membres supérieurs se présentaient plutôt courts pour des membres inférieurs plutôt longs.
- Tels sont, rapidement esquissées, les caractéristiques morphologiques dominantes de l’Homme fossile de Libos. Sa dépouille s’est trouvée enfouie dans les alluvions du Lot à la fin de l'édification du remblaiement monastirien, dont la terrasse de 18-20 m. est le reliquat. .11 se place dans le groupe ethnique des Cro-Magnons aurignaciens, Chasseurs de chevaux, prédécesseurs, mais non ancêtres directs des Chasseurs de Rennes magdaléniens du type de Laugerie-Chancelade, prédécesseurs également des Solutréens d’origine asiatique, venus s’infiltrer parmi eux dès le début des temps post-glaciaires.
- ~.. i
- Fig- 7-
- Mâchoire injêrieure, vue de face et de profil.
- Lucien Mayet,
- Docteur ès sciences,
- Chargé de Cours d’Antliropologie et Paléontologie humaine à l’Université de Lyon.
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- LA CONQUÊTE DE L’ÉNERGIE
- Un million de C.V.
- 100.000 C.V.
- Fig. i. — Machines fixes à vapeur en France. [Puissance en milliers de C. V.
- Bien des civilisations ont fleuri sur la terre depuis les temps.déjà lointains où l’homme y a fait son apparition. Beaucoup se sont éteintes, laissant derrière elles des vestiges que le Temps a plus ou moins effacés ; mais aucune ne parait avoir autant travaillé, aulant construit que notre civilisation occidentale. Dans les domaines de la philosophie et des arts, la Chine, la Grèce et d’autres encore nous ont devancés et égalés. Mais aucune race n’a jamais créé une industrie aussi puissante que la nôtre. Pour satisfaire ses appétits matériels, pour augmenter son confort, pour accroilre sa puissance, aucun peuple n’a poussé aussi loin que les Occidentaux l’asservissement des forces de la nature. Notre civilisation est caractérisée par le développement incessant du machinisme. Tandis que l’Orient sommeillait, les héritiers de l’Empire Romain, ayant secoué la torpeur du Moyen Age, ayant donné à leurs états des bases politiques suffisamment solides, partaient à la conquête du monde et, s’appuyant sur une forme nouvelle, expérimentale et mathématique des sciences physiques, donnaient à leurs industries de production, de transformation et de transport, un développement prodigieux. Pour permettre ce progrès^ il fallait et il faut toujours obtenir l’énergie en quantités sans cesse plus considérables et à des prix aussi bas que possible; ce fut là et c’est encore la préoccupation constante de nos industriels.
- Comment croît avec le temps la consommation d’énergie faite, chaque année, par les héritiers de Rome? Voilà certes une question qui ne comporte pas de réponse à la fois simple et définitive. Les phénomènes du domaine de l’économie politique sont toujours dépendants d’un si grand nombre de causes et de circonstances qu’une formule mathématique ne saurait suffire ni à les décrire dans tous leurs détails, ni, à plus forte raison, à les prédire. La guerre a détruit momentanément l’industrie extractive du Pas de Calais. Un hiver sec, ou du moins sans grandes précipitations de neige, limite le débit des usines hydro-électriques au printemps suivant. Les champs pétAlifères connaissent tour à tour des années de prospérité et des périodes défavorables. Tout est-il donc le fait du hasard? En d’autres termes, sommes-nous incapables de dégager de l’enchevêtrement des faits particuliers, une loi générale et approchée ayant une valeur statistique? Que non pas.
- Au premier coup d’œil, on voit que la loi de progression n’est pas arithmétique : il suffit de penser par exemple à la multiplication rapide du nombre des véhicules automobiles. Le progrès va plus vite, beaucoup plus vite. Cela ne doit pas surprendre; chaque année, l’industrie affecte aux comptes « Amortissement » et « Travaux neufs » une partie de ses recettes. En d’autres termes, elle capitalise une fraction de son revenu; la valeur des usines et leur capacité de production croissent donc avec le temps comme un capital placé à intérêts composés. Que le taux de capitalisation reste constant
- I
- AL inc/us 21710__
- 19B50-J]
- Dix millions de C.V
- Fig. 2. — Locomotives en France. Puissance en millions de G. Y.
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- LA CONQUETE DE L’ENERGIE
- 21
- pendant de longues années, voilà qui certainement n’est . pas vrai. Mais du moins oscille-t-il autour d’une valeur moyenne. Et dès lors on entrevoit que la consommation annuelle d’énergie laite par notre civilisation doit croître en progression géométrique, la raison de cotte progression n’étant autre que l’unité augmentée de la valeur moyenne du coefficient de remploi. Cette formule mathématique cache l’effrayante rapidité du progrès. La fonction exponentielle
- y = (i + »•)*
- prend vite, quand x augmente, des valeurs vertigineuses. Avec un taux r de 5 pour 100 par an, le nombre y met près de quinze années à doubler. Mais il décuplera en 47 ans, il centuplera en 94 ans. Après moins de trois siècles, il serait devenu un million de fois plus grand. Pour obtenir, en fonction du temps ,r, des représentations graphiques acceptables de la grandeur y,‘ il faudra donc porter en ordonnées des longueurs proportionnelles, non aux valeurs de y, mais à celles de son logarithme, et dans un tel système de représentation une fonction exponentielle correspondra à une droite. Tous les diagrammes qui illustrent cette élude sont ainsi établis. Sur la figure 1, on suit par exemple l’accroissement de la puissance des machines fixes à vapeur, en
- France et de 1840 à 1880 1900 1920 4920. La ligne poinlillée
- Pg représente une progression géométrique ; la ligne Pa, une progression arithmétique. Et visiblement, il y a peu d’écart entre la marche réelle du phénomène et la loi exponentielle.
- Il ne faudrait cependant pas accorder à la formule précédente une valeur universelle qu’elle ne saurait avoir: on a vu au prix de quelles approximations statistiques on l’établit. Mais, d’autre part, elle ne peut être indéfiniment vérifiée, car rien ne saurait croître au delà de toutes limites à la surface d’une planète finie et éphémère.
- Pour serrer la question de plus près, il faut examiner successivement chaque groupe de machines. Bien entendu, il n’y a pas, à proprement parler, de génératrices, car l’énergie ne se laisse pas engendrer, mais seulement transformer. On s’entend néanmoins très bien en pratique et on dit d’une machine qu’elle est génératrice quand elle restitue l’é-
- 1880
- 1900
- 1920
- nergie qu’on lui a fournie sous une forme noble, c’osl-à-dire facile à transporter, à emmagasiner et surtout à utiliser, la forme mécanique et, plus encore, la forme électrique.
- Donc, quand un type nouveau de génératrices fait son
- Fig. 4. — Production mondiale de combustibles minéraux.
- Millions de tonnes.
- Fig. 3. — Production française de combustibles minéraux.
- Millions de tonnes par an.
- entrée dans le domaine de la pralique industrielle, il représente naturellement le dernier terme du progrès, et c’est lui qui permet de a produire » l’énergie au meilleur compte, c’est-à-dire en réalisant les p’us gros bénéfices. Pour construire, installer et exploiter des génératrices de ce nouveau type, les capitaux vont donc affluer, empruntés aux entreprises anciennes. Le taux d’accroissement sera élevé : c’est la phase de jeunesse. Pour ne donner qu’un exemple, il y avait en France, en 1922, 561 000 automobiles et 61 000 cycle-cars et motocyclettes. En 1925, il y avait 448 000 autos et 91 000 véhicules légers. Le coefficient d’accroissement a donc été de 27 pour 100.
- Mais le type de machines dont nous suivons l’histoire va vieillir lentement. Tout d’abord, la nouvelle industrie sera sevrée, c’est-à-dire que les capitaux étrangers n’afflueront plus ou presque plus pour aider à son expansion et qu’elle devra se suffire à elle-même. Son développement deviendra donc moins tumultueux.
- Et puis un jour, la limite des possibilités sera atteinte et l’adolescence sera achevée. Auparavant, la Croissance était déjà devenue lente, parce que les anciennes exploitations étaient plus avantageuses que les nouvelles, parce que ce que les économistes appelaient le phénomène de la rente avait joué ; en matière de houille blanche par exemple, on a d’abord capté les forces qui pouvaient l’être le plus économiquement, et les chutes qui resteront à utiliser en dernier lieu exigeront de grosses dépenses de première installation.
- C’est maintenant l’âge mûr. Mais la vieillesse viendra inexorablement. D’abord il peut y avoir crise d’alimentation. Quand, en effet, la civilisation exploite pour ses besoins .les vastes. réserves de combustibles minéraux
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- 22 —.... LA CONQUÊTE DE L’ÉNERGIE
- enfouies dans le sol, elle mange les économies que la Nature avait faites aux temps géologiques ; elle ne jouit pas d’un revenu, elle dévore son patrimoine. Un jour donc, les dernières machines à vapeur devront peut-être s’arrêter faute de charbon, si déjà depuis longtemps ce dernier n’est pas devenu un objet de luxe. D’ailleurs un type de génératrices peut mourir autrement que de faim. Le vent, les courants, les chutes d’eau, les marées, la chaleur solaire, le bois, l’alcool et l’huile sont prodigués sans cesse à l’humanité par le Soleil, véritable capital d’énergie dont nous touchons quotidiennement ou annuellement l’intérêt. Et cependant les moulins à vent ne sont plus guère que fies objets de curiosité, la marine à voile recule sans cesse devant la marine à vapeur. Que reste-t-il des premières machines utilisées par l’humanité ancienne? De la machine-homme, de l’esclave, absolument rien. De la machine-animal, peu de chose en somme : en 1923, il y avait en France 2 745 000 chevaux, équivalant à bien moins d’un million de chevaux-vapeur. Le foin et l’avoine sont chers ; le temps est précieux; la machine à vapeur et le moteur à explosion sont donc, tout compte fait, d’un emploi plus économique. Aussi chaque jour voit-on le cheval reculer devant le moteur. Un type de machines vieillit, en résumé, parce que tout progresse autour de lui et que des types plus modernes apparaissent qui drainent les capitaux disponibles. On ne renouvelle plus la machine usagée, on la remplace.
- Ainsi donc les types de machines naissent, vivent et meurent comine des êtres vivants. On en va donner quelques exemples.
- Si c’est en 1752 que la première machine à vapeur a été établie en France, aux mines d’Anzin, pour servir à l’extraction de la houille, ce n’est qu’au xixe siècle que la vapeur fut reine. De 1840 à 1900, la puissance totale des machines fixes est passée de 54 000 à 1 791 000 chevaux-vapeur, ce qui correspond à un taux d’accroissement annuel moyen de près de 7 pour 100 et à une période de doublement de 10 ans. Mais aujourd’hui la machine à vapeur en est à l’àge mur : en 1920, on n’en est arrivé qu’à 4 226 000 CY et depuis 1910, les centrales thermo-électriques sont à elles seules en augmentation de 741 000 CY, soit plus de la moitié de l’accroissement total, 1 269 000 CV. C’est dire que le turbo gagne rapidement et que sans doute à l’heure actuelle, la machine alternative recule déjà devant lui. Ensemble, les centrales thermo-électriques et la grande industrie minière et métallurgique, ont, de 1910 à 1920, augmenté de 1 155 000 CV leur puissance vapeur installée ; dans la petite industrie, la vapeur perd donc presque partout du terrain devant le moteur électrique plus souple et plus facile à conduire ; même dans le textile, la vapeur a reculé de 555 à 531 milliers de chevaux; de 258 à 196 dans l’alimentation. (Voir le tableau suivant.)
- Au contraire, depuis 1828, date de la mise en exploitation du chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire, la machine à piston est toujours, sur le rail, la reine incontestée ; aussi, la période de jeunesse dure-t-elle encore (fig. 2), la loi exponentielle est toujours vérifiée. Des 25 millions de CV français, plus des 4 cinquièmes sont au service des chemins de fer. Le nombre des locomotives croissait d’ailleurs moins vite que leur puissance totale, car la puissance unitaire moyenne passait de 28 CV en 1859 à 400 en 1876, 507 en 1903, 676 en 1912 et 963 en 1921. Aujourd’hui encore le Creusot construit pour le P. L. M. de nouvelles machines plus puissantes que tous les types européens en service.
- Répartition, par industries, de la puissance des machines fixes à vapeur en France.
- 1910 1920
- INDUSTRIES
- Milliers Milliers
- de CV. / 0 de CV. °/o
- Production d énergie électrique. 596 15,4 1157 26,9
- Métallurgie 545 18,4 750 17,7
- Mines . . . 512 17,5 700 16,6
- Textiles . . 555 18,1 541 12,8
- Bâtiment 205 6,8 262 6,2
- Agriculture. . . . 197 6,7 250 5,9
- Alimentation 258 8,0 196 4,6
- Chimie. ..... 125 4,2 140- 5,3
- Papier ..... 90 5,1 106 2,5
- État. . . 74 2,5 95 2,5
- Objets mobiliers et domestiques. 44 1,5 49 1 .2
- L’augmentation rapide de la puissance totale des machines à vapeur françaises et l’essor industriel du xixc siècle — de la métallurgie en particulier — étaient subordonnés à l’accroissement de l’extraction annuelle des combustibles minéraux. Dès avant le début du xive siècle, le charbon de terre avait d’importants usages à Liège. En 1520, la Faculté de Médecine de Paris fut consultée au sujet de l’emploi que l’on commençait à faire des houilles anglaises dans cette capitale. Mais en 1553, une épidémie s’étant déclarée, une ordonnance fit défense aux maréchaux de Paris d’employer la houille dans leurs ateliers. En 1601, Henri IV favorise l’extraction du charbon de terre en exemptant celui-ci de la redevance du dixième due au souverain en vertu de son droit régalien. En 1667, Louis XIV protège l’industrie extractive par des taxes à l’importation qui, en 1692, sont élevées à environ 12 francs par tonne. A la veille de la Révolution, la France produit 300 000 t. de houille par an. Depuis cette date, et jusqu’à la fin du xix° siècle, les statistiques nous montrent (fig. 5) un accroissement régulier de l’extraction, qui double en moyenne tous les 16 ans.
- Mais, dès 1900, si les besoins de la consommation ne cessent pas d’augmenter, il faut pour les satisfaire faire un plus large appel à l’importation, car on approche en France de la limite des possibilités; même après guerre on ne dépasse pas 40 millions de tonnes.
- D’une façon générale, les nations de vieille civilisation éprouvent chaque jour des difficultés plus grandes à tirer de leur propre sol appauvri les ressources en énergie et en matières nécessaires à la satisfaction des besoins d’une population qui ne s’accroît plus que lentement, mais qui exige toujours plus de confort ; il y a là évidemment l’origine de ce besoin d’expansion et de colonisation commun à tous les pays occidentaux. La figure 4 montre que la production mondiale de houille et lignite n’est pas encore nettement influencée par une prochaine saturation. Quant à la production de pétrole, elle est encore en pleine période exponentielle ; mais l’avenir est des plus incertains, en cette matière, car le tarissement des gisements connus interviendra vraisemblablement avant un siècle. Au contraire, il resterait encore dans le sous-sol de notre planète, une quantité de charbon suffisante pour un millier d’années au moins ; en France, il n’en resterait que pour cinq siècles. De telles estimations n’ont naturellement qu’une valeur indicative.
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- LA FERRONNERIE D’ART ET SA TECHNIQUE ACTUELLE 23
- On pourrait multiplier les exemples. A quoi bon? la conclusion s’indique déjà assez clairement.
- De même que les individus naissent, vivent et meurent au sein d’une nation dont chacun travaille à accroître la grandeur et la prospérité, de même les types de machines ou les sources d’énergie se succèdent, apportant chacun leur contribution au progrès de la civilisation. Y aura-t-il une limite à ce progrès? Notre civilisation
- domptera-t-elle l’énergie intra-atomique? partira-t-elle à la conquête des autres planètes de notre système solaire? ou. sera-t-elle frappée de vieillesse avant d’avoir pu entreprendre une telle œuvre? Mourra-t-elle de mort violente, poignardée par un nouveau déluge de barbares asiatiques ?
- Raymond Maillet.
- Ingénieur au Corps dos Mines.
- LA FERRONNERIE D’ART ET SA TECHNIQUE ACTUELLE
- Fig. i.
- De tous les métaux, le fer forgé est celui qui se prête le mieux à la décoration architecturale et domestique, car il unit la robustesse à la légèreté. On réalise avec lui des ossatures puissantes, que l’artiste peut ajourer à sa guise, des portes monumentales, de gracieuses rampes d’escalier, de sveltes cages d’ascenseur aussi bien que de jolis bibelots.
- Toutefois sa nature oxydable lui fait souvent préférer, — même à l’heure actuelle où des revêtements protecteurs permettent de remédier à
- cet inconvénient —, le bronze et le cuivre dans l'intérieur des appartements. Tandis qu’à l’extérieur des édifices, comme les peintures préservatrices empâtent les ornements ferronniers, on leur substitue fréquemment des pièces en fonte moulée qui, fabriquées en série, reviennent bien moins cher aux usagers.
- Cependant la clientèle riche s'intéresse de plus en plus aux travaux de fer forgé que, depuis un quart de siècle environ, d’habiles maîtres français : les Emile Robert, les Szabo, les Schenk, les Raymond Subes, les frères Nies et les Edgar Rrandt, entre autres, s’efforcent de rénover.
- Comme le constate avec justesse Henri Cluzot, conservateur du Musée Galbera, après avoir versé dans le moderne style et le naturisme, l’art de la forge revient maintenant à un traditionalisme raisonné que le perfectionnement de l’outillage mécanique a rendu également très éclectique. Durant cinq ou six lustres, en effet, les artisans se laissèrent guider par les cubistes, les futuristes et autres rapins fantaisistes ; mais aujourd’hui, ils semblent avoir renoncé aux expériences stériles. Ils
- Soudage à la forge des volutes d’une rampe d’escalier. Ateliers d'Edgar Brandt, Paris.
- marchent avec assurance, croyons-nous, dans une voie féconde en s’inspirant — sans les copier servilement — des grandes leçons du passé. Les pen-
- tures des portes de Notre -JÜame de Paris dues à Biscornet ou les grilles de la place Royale de Nancy, œuvre de Jean Lamour, serrurier du roi Louis XV, ne sont-elles pas d ’ i n i m i tables chefs-d’œuvre ! Les ferronniers de jadis, moins affairés que ceux de notre époque, besognaient à loisir ; à force de réflexions, de tâtonnements et d'essais, ils surent découvrir les lois de l’esthétique rationnelle, qui demeurèrent au cours des âges, survivant aux révolutions et aux caprices de la mode. Le réalisateur de formes nouvelles subit forcément l’influence de ces habiles prédécesseurs. Comme l’écrit René d’Àvril, « dans l’art, pas plus que dans la nature, qui souvent l’inspire, il n’y a pas de génération spontanée! » Voilà, ce nous semble, le secret de la réussite aussi bien en ferronnerie que dans n’importe quelle application artistique. Aussi en dépit des progrès de l’outillage métallurgique, le marteau reste encore l’instrument indispensable du ferronnier. Meme dans les importantes usines de ce genre qui tendent à remplacer, de plus en plus, les petits ateliers d’autrefois, la forge (fig. 1) demeure le laboratoire professionnel par excellence. Là s’appliquent toujours des principes séculaires, mais à 1 aide de moyens d’exécution plus perfectionnés.
- Le forgeron actuel, après avoir rougi sa barre, la plie et la soude suivant les contours indiqués par le dessinateur, puis vient l’adaptation des différentes pièces par le limage, le polissage et l’ajustage. Quant aux ornements, ils se repoussent encore au
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- marteau, se cisèlent ou se burinent selon leur épaisseur. Enfin on réunit les diverses parties de l’objet forgé, qu’on patine ou qu’on polit. Tantôt la pièce forme un ensemble à elle seule, tantôt, elle entoure un miroir, se monte dans un verre ou soutient la coupe opalescente d’un lampadaire électrique.
- Dans les grands établissements industriels modernes, existe un atelier de modelage (fig. 2). Là, des dessinateurs et des sculpteurs créent les modèles des pièces ferronnières. Puis une fois les
- sans avoir la prétention de faire un cours complet de ferronnerie.
- Diverses machines facilitent d’abord les opérations de dressage (fig. 5): Après avoir débité les lopins par catégories et longueurs, soit à la scie, soit au marteau-pilon, soit à l’estampeuse, soit à la cisaille, des ouvriers les dressent au marteau, puis les percent et les taraudent convenablement pour permettre leur assemblage ou leur fixation définitive dans l’ensemble.
- Les barres ainsi préparées passent ensuite à la forge d’où d’habiles spécialistes vont tirer de cette matière encore inerte les effets artistiques les plus inat-lendus. 11 faut, en effet, une maestria consommée pour manier le marteau, pour allonger ces fers rigides, les creuser, les contourner selon le relief des maquettes. 11 ne suffit pas seulement de frapper à coups redoublés sur le métal incandescent dont
- En haut: Dessinateurs et sculpteurs créant les modèles des pièces de ferronnerie ou réalisant des maquettes en plâtre.
- En bas : Atelier de dressage.
- (Après avoir débité les barres de fer par catégories et longueurs, les ouvriers les dressent, les percent ou les taraudent.)
- rectifications faites, soit à la suite des observations du chef de fabrication, soit selon le gré des clients, on en moule des maquettes en plâtre. Les artistes réalisent d’abord le modèle avec de la terre glaise ou de la cire à modeler qu’ils pétrissent pour en ébaucher grossièrement la forme première, puis ils améliorent les détails du relief au moyen de leur pouce et d’un ébauchoir en bois.
- Le modelage des maquettes de vases, de coupes et autres objets analogues s’obtient à l’aide d'un tour de potier.
- Une fois les maquettes mises au point, il s’agit de les exécuter avec le métal et à l’échelle voulue. Naturellement le ferronnier d’aujourd’hui n’a plus besoin comme ses devanciers de façonner lui-même ses clous ou ses vis et jusqu’à ses outils. Il reçoit le fer en barres de sections requises pour le travail qu’il a en vue et que nous décrirons sommairement
- les Yulcains modernes -ne; parviennent à vaincre la résistance qu’avec beaucoup de peine, de temps et d’habileté. Pour acquérir la pratique de la forge, les apprentis commencent par étirer des déchets de fer de toutes formes et de toutes sections nommés rapuinlis en termes de métier. L’étirage d’un barreau de grille, rond ou carré, par exemple, se fait de la même manière, mais en y apportant plus de soins et se termine par un limage à chaud. La transformation d’un bloc de fer en volutes ou en fleurs exige encore une plus grande maîtrise. Le forgeron doit marteler la barre chauffée tantôt brutalement, tantôt doucement. Pour donner une idée de la longueur de tels travaux, rappelons que l’achèvement d’une seule des pentures de Notre-Dame de Paris demanda 4500 heures à Biscornet, le patient serrurier qui les forgea au xme siècle. Après en avoir composé le dessin, le génial artisan dut pré-
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- parer et étamper les 55 motifs qui; en décorent les volutes et réunir par 807 soudures, nécessitant chacune une chaude spéciale, ces ornements au corps delapenture On comprend qu’en admirant un tel chef-d’œuvre de ferronnerie, ses contemporains aient accrédité la légende que Bis-cornet n’avait pu le réaliser qu’avec l’aide surnaturelle de Satan !.
- Mais revenons aux forgerons actuels qui, sans « vendre leurs âmes au diable », exécutent des merveilles non moins remarquables dans les ateliers d’Edgar Brandt. Notre objectif les a saisis au moment où ils soudaient à la forge (fig. I) des volutes en ferronnerie, destinées à la rampe de l’escalier d’honneur du Club français de Shanghaï (Chine).
- Un peu plus loin, les mêmes ouvriers, après avoir forgé un motif, l’ajustent sur le tambour de ladite rampe (fig. 10). L’exécution de ce travail nécessite plusieurs opérations. On commence d’abord par réaliser un modèle en tôle de même grandeur que le tambour de la future rampe et dont on badigeonne la surface pour pouvoir y reporter facilement le tracé du décor. Ensuite les hommes appliquent successivement, sur ce gabarit, les traverses basses et hautes, préalablement « débillardées », c’est-à-dire dont on a abattu les arêtes. La traverse basse doit épouser parfaitement les courbes de l’ouvrage, la traverse haute s’établit parallèlement à la précé-
- Fïg. 5. — Torchères éleclriqucs d’Edgar Brandt.
- Fig. 4. — Cache-foyer d’Edgar Brandt.
- dente tout en évitant les jarrets de l’arrivée el du départ des paliers, de façon à obtenir une main courante très douce au toucher. D’autre part, il faut mettre d’aplomb les montants qui relient ces deux traverses tandis que les hommes s'efforcent d’ajuster, de monter et de souder les motifs décoratifs qui courent dans l'intervalle.
- Parfois, pour certaines pièces, on doit refouler le fer, autrement dit augmenter l’épaisseur de la barre en un de ses points, soit en vue d’y percer ultérieurement un trou, soit pour amorcer une soudure à cet endroit, soit pour la renforcer afin de pouvoir la couder sans quelle se casse. Ce travail se fait de deux façons différentes : à la main ou à la machine, mais toujours à chaud. Dans le premier cas, on frappe fortement au bout de la barre tandis que l’autre extrémité porte sur une petite enclume diLe « tas » ou bien est serrée dans un étau. On' a soin de redresser, de temps à autre, le fer qui se tord en cours d’opération. Le second mode de refoulement s’exécute à la machine. On place la partie chaude à travailler entre deux mors que l’on bloque avant la mise en route. Quant aux trous renflés et de formes diverses nécessaires pour assembler certains objets de ferronnerie, ils s'obtiennent par refoulement et poinçonnage à chaud.
- Cependant, après avoir coupé à leur grandeur approximative, dans les lopins de fer de grosseur variée, les morceaux devant servir à réaliser une porte, un cache-foyer (fig. 4), des torchères électriques (fig. 5) ou un simple paravent (fig. 6), le forgeron leur donne leurs formes par des passages successifs au feu. Là, commencent les tribulations de l’artisan, car un moment d’oubli peut compromettre la réussite finale. Si le fer, en effet, se soude de lui-même sans l’adjonction d’aucune substance étrangère, il faut du coup d’œil pour juger du moment propice où les surfaces à unir atteignent la température voulue, comme nous l’avons noté rapidement un peu plus haut. Le forgeron doit
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- Fig. 6. — Paravent en fer forgé d'Edgar Brandt.
- maintenir ses pièces dans le sens de la flamme, les tourner, les retourner, puis les retirer de la forge quand elles sont « chauffées à blanc ». Alors le métal a acquis son maximum de malléabilité, mais si on pousse la chauffe, il « grille » et ne se soude plus. La soudure se fait soit par amorce, soit en bout, soit à l’aide d’un montant garde-corps sur patin. Quand on opère selon 'la première méthode, on commence par refouler suffisamment le métal de l’extrémité de la barre pour permettre l’amincissage des deux lèvres à réunir. On met ensuite au feu les amorces ainsi préparées en ayant soin qu’elles chauffent également. Lorsque les étincelles jaillissent du foyer, le forgeron retourne les amorces, les lèvres en dessous afin de faire tomber les crasses formées sur le métal et un dernier coup de vent achève la chaude. Il projette alors un peu de grès sur les morceaux por- -tés au rouge blanc, puis, Fig. 7. — Lampadaire ' à un signal donné, son aide de Sue et Marre. retire du feu une des par-Les volutes en tôle de ties métalliques et, la se-
- soigneusement sans repoussé. brusquerie, il la pose sur
- l’enclume, l’amorce sur le dessus. De son côté, le maître-forgeron apporte la deuxième pièce, la superpose sur la précédente, l’amorce en dessous, et il frappe à petits coups avec un marteau afin d’en achever la première « chaude». On remet ensuite au feu les morceaux désormais unis, lorsque l’on veut y adapter d’autres tronçons de barres de fer pour compléter ou pour décorer la pièce. Quand on effectue une soudure en bout, on amène les fers chauds sur l’enclume, le forgeron tape alors d’un bout, tandis que son aide, se tenant vis-à-vis de lui, martèle l’autre extrémité. Les deux hommes frappent alternativement les morceaux de fer. Enfin la soudure d’un montant garde-corps sur patin exige les opérations suivantes. On perce d’abord un trou dans la plaque pour permettre le
- Fig. 8. — Horloge de parquet en fer forgé par Szabo.
- passage ultérieur de la flamme dans le feu de
- Fig. 9. — Porte en 1er forgé de “ VIntransigeant ” avec médaillons dorés. (Œuvre d’Edgar Brandt.)
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- forge. On prépare ensuite un refoulement et un goujon ou cheville dans le montant. On soude le tout sur un tas préparé à cet effet.
- Pour parachever le travail des pièces soudées, on les remet au feu mais on les retire quand elles sont simplement rouges. Alors, toujours avec le marteau mais accompagné des ciseaux, du burin et des matoirs, Partisan adoucit les angles trop vifs, fignole les détails insuffisamment venus. Avec ses outils, il modèle le fer chaud comme un sculpteur cisèle un bloc de marbre. Parfois aussi les ferronniers d’aujourd’hui utilisent la soudure électrique et\sLSOuclureautogène(t\g. 11) pour certaines pièces fines forgées par ailleurs, tels que lustres, pieds de lampes, appliques
- en fer forgé, il faut le polir ou lui donner une patine (fig. 13). Les ferronniers cherchent à colorer leurs productions de diverses manières selon l’usage auquel elles sont destinées. Par exemple, en trempant une pièce dans de l’acide sulfurique étendu,
- Fig. io, ij, 12 el i3.
- En haut : Ajustage d’un motif sur le tambour d'une rampe d’escalier en fer forgé.
- A gauche : Soudure autogène au chalumeau à gaz de pièces fines pour lustres, coupe de plafonniers, etc. A droite : Montage d’un panneau de porte en fer forgé. (Travail à la perceuse électrique.)
- En bas : Atelier de patinage des pièces enfer forgé. Grattage au papier de verre et frottage à la pierre ponce des motifs d’un lustre passé à l’acide sulfurique.
- d’éclairage, etc. On arrive, en particulier, avec le chalumeau à gaz, à assembler au moyen de la soudure autogène les motifs de décoration les plus délicats. De même, les perceuses électriques (fig. 12) facilitent les montages des panneaux de porte, des rampes d’escalier, des cages d’ascenseur et autres grosses pièces de ferronnerie.
- Enfin, après l’achèvement d’un objet quelconque
- puis en la frottant une fois sèche avec de la pierre ponce pulvérisée mélangée d’huile de lin, on obtient une teinte gaie, brillante, claire et qui s’harmonise très bien avec les décorations intérieures des appartements modernes. Au contraire, le fer forgé prend un aspect plus sévère si on le recouvre d’une couche inoxydable de noir de fumée, de corne brûlée ou de noir à la cire. D'autres fois, on dore, on argente ou
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- on donne une patine colorée à certains motifs d’un ensemble ferronnier. Ainsi les médaillons dorés de la porte du nouvel hôtel du journal Y Intransigeant à Paris (fig. 9) font bien ressortir la sveltesse des volutes de cette récente œuvre de Brandt. De même Szabo, dans une horloge de parquet (fig. 8), a fait appel à des patines variées.
- L’éminent spécialiste a repris le thème sur lequel les ferronniers brodent sans cesse depuis longtemps. Sur une charpente constituée par un treillis aux larges ouvertures, s’attachent des branches de vigne vierge portant des fruits noirâtres tandis que d’autres feuilles du même arbuste grimpent autour du cadran des heures. Ces feuillages découpés et repercés sont des plus naturels, si le motif du battant parait moins réussi.
- Toutefois la ferronnerie d’art ne comporte pas exclusivement du fer forgé. Les ferronniers exécutent maintenant au repoussé certaines décorations trop délicates ou trop fragiles. Ce « relevé » se fait encore au marteau, mais à froid et non pas à chaud ; les plaques de tôle ou de cuivre remplacent, en ce cas, comme matière première, les épaisses barres de fer dont on se sert pour les travaux de forge. Une fois en possession du modèle qu’il doit repousser, l’ouvrier calque le dessin, le reporte sur la tôle ou le cuivre et en découpe les contours à la scie mécanique. Cette opération préliminaire terminée, l’artisan va tirer de cette feuille métallique plate sans chauffer avec des marteaux à pannes longues ou rondes, carrées ou pointues, avec des ciseaux et des matoirs, des feuilles en relief, des volutes plus ou moins compliquées. Des tas ou petites enclumes ajustables sur son élau soutiendront sa feuille métallique qui sous ses coups de marteau s’emboutira, se cintrera, se plissera en tous sens.
- Le repoussage se fait soit sur le tas, soit au procédé du ciment. Dans la première méthode, le repousseur travaille sur son enclume. Il interpose seulement entre celle-ci et la feuille de métal une plaque de plomb dans lequel s’incrusteront les creux de ses motifs quand il les emboutira au marteau. Dans le second mode de repoussage l’ouvrier encastre sa pièce dans un récipient rempli avec du ciment de fontainier qui, plus dur que le plomb, permet la ciselure des modèles à arêtes vives. Après avoir pris sa forme et son relief d’ensemble, la pièce se termine avec les matoirs, petits ciseaux à froid de tailles réduites, minces, larges,, arrondis ou pointus. Avec ces outils et la « tranche )} qui s’insère entre les mâchoires de •-l'étau, l’-artiste
- avive la pureté des saillies, fait ressortir certains détails. Il donne à sa pièce le dernier coup de fion en rectifiant ses contours par le planage ou battage au marteau sur un tas rond. Enfin quand, vu leurs formes spéciales, on ne peut pas travailler directement les objets au marteau ; on Tes emboutit sur des tas de profils convenables. Quoique la technique du repoussé ne ressemble pas à celle du forgeage, ce travail est non moins difficile, car l’exécutant doit manier le métal avec un doigté très sûr. L’étirage double parfois les dimensions de la plaque primitive et il faut que celle-ci reste suffisamment épaisse pour ne pas se trouer ou être trop fragile.
- En définitive, si la souplesse du fer forgé se prête, grâce aux progrès de la mécanique et de la métallurgie, à toutes les fantaisies des virtuoses du marteau, la ferronnerie exige de ses adeptes un long apprentissage, beaucoup de persévérance et de talent dans l’exécution. On peut regretter cependant que ce métal commun n’orne pas plus souvent nos demeures ; il y remplacerait avec avantage certains matériaux de construction d’un usage banal. Mais comme on trouve aujourd’hui dans le commerce des pièces fabriquées en série depuis les rampes d’escalier et les lampadaires jusqu’aux boutons de portes et aux grilles de balcons, les architectes utilisent, de plus en plus, dans nos maisons, ces décors en fonte. Seuls, d’ailleurs, les amateurs fortunés peuvent s’offrir le luxe de beaux fers forgés signés par un artisan de valeur. ,
- . Les ferronniers d’aujourd’hui auraient peut-être intérêt à abaisser leurs prix afin d’augmenter le nombre deleurs clients puisqu’ilsdisposentdemoyens techniques, qui abrègent leurs travaux et que leurs illustres prédécesseurs ne possédaient pas comme nous le remarquions ci-dessus. Quand Jean Lamour, par exemple, martelait ses merveilleuses grilles de Nancy, on ne connaissait ni les cisailles mécaniques ni le marteau-pilon, ni les perceuses électriques, ni la soudure autogène, ni les patines variées qui ont permis à leurs successeurs du xxe siècle, d’unir à la solidité de l’ossature, la légèreté des décore, les jeux de lumière et d’ombre des gracieux ajourages de leurs esthétiques conceptions. Puisse donc l’industrialisation de cet art se généraliser dans notre pays. Que grâce à l’édition de modèles simples et parfaitement adaptés aux besoins usuels, de sobres et gracieux fers forgés viennent bientôt remplacer les clinquantes décorations-similis et les objets en toc, qui enlaidissent si souvent les homes modestes. ... ...... ..........._ Jacques Boyer. ;
- LE “ CAMRANH ”, PREMIER GRAND NAVIRE FRANÇAIS A MOTEURS
- Si beaucoup de pays (Norvège, Danemark, Japon, Allemagne, Etats-Unis, Hollande, etc.) accordent depuis plusieurs années une faveur croissante aux moteurs Diesel comme mode de propulsion de leurs navires de commerce, la France est restée, jusqu’à
- ce jour, très en retard sous ce rapport, et à peu près totalement réfractaire aux motorships. A part les sous-marins, quelques autres petits bâtiments de guerre, certains gros chalutiers et une vingtaine au plus de petits caboteurs, le moteur Diesel n’avait
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- Fig. 2. — Le “ Camranh ”, vue prise par Vavant.
- On remarquera le màt-bigue en poutrelles, replié parallèlement au mât avant et capable de soulever tonnes
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- pas été employé jusqu’ici sur des unités dépassant 2000 tonnes, bien qu’ayant définitivement fait ses preuves depuis longtemps comme endurance, sécurité de fonctionnement, rendement et entretien.
- Rompant avec la routine et avec les préjugés, la Compagnie des Chargeurs Réunis s’est assuré l’honneur déposséder maintenant, avec le Camranh, le premier grand navire français à moteurs.
- Les lecteurs de La Nature seront certainement satisfaits de trouver ici quelques renseignements précis sur ce beau navire qui marquera une date dans les annales de notre marine de commerce.
- I. Caractéristiques extérieures. —Le Camranh, vapeur de charge destiné au service de la ligne d’Indochine (J) des Chargeurs Réunis, mesure 157 m. de longueur entre perpendiculaires, pour une largeur hors membres de 18 m. et un creux sur quille de 12 m. 18. Son déplacement en charge normale atteint 17175 t., et sa portée en lourd 11 7001. Jauge brute : 8898 t. Jauge nette : 54501. La capacité des cales et entreponts à marchandises serait de 18 000 m3. Deux hélices.
- La coque du Camranh, construite aux Chantiers de Nantes des Ateliers et Chantiers de la Loire, supporte trois ponts, avec château et gaillard. Le château est surmonté d’un grand roof métallique utilisé surtout pour les installations de quelques passagers (6 cabines h 2 couchettes, salle à manger et fumoir). Au-dessus de ce roof se trouvent, à l’avant, les appartements du commandant, placés immédiatement sous la chambre de veille et l’abri de navigation ; à l’arrière, les cabines des officiers et le poste de T. S. F.
- A la suite des leçons de la guerre sous-marine, le Camranh a été divisé 'en 9 compartiments étanches par 8 cloisons transversales. Un double fond occupe toute la longueur du navire, formant ballasts et citerne. 4 ballasts à eau peuvent contenir 599 m3. Les deux autres, ainsi que la citerne, sont utilisés pour le combustible liquide (1846 m3).
- II. L’appareil moteur. — Le choix de la Compagnie des Chargeurs Réunis s’est porté sur un des nouveaux moteurs Diesel-Sulzer à 2 temps, pour les raisons suivantes :
- , Tout d’ahord, comparativement aux anciens Diesel à 4 temps, l’échappement des ;« 2 temps » se fait maintenant par des lumières situées dans les parois mêmes des cylindres. Leur culasse ne comporte plus qu'une ouverture unique pour l’admission de combustible et d’air comprimé du démarrage, ce qui diminue considérablement les chances de fêlure et tous les ennuis des soupapes nombreuses ou fermant mal.
- Le moteur Diesel à 2 temps, pour une même puissance, tourne moins vite aussi (95 tours au maximum) que le moteur à 4 temps. D’où diminu-
- 1. Le nom de Camranh a été précisément donné en l’honneur d’une magnifique baie du Sud-Annam, où fit jadis escale toute la flotte russe de Rodjesensfci, avant le désastre de Tsoushima.
- tion d’usure, économie assez sérieuse de combustible et d’huile de graissage; d’autre part, cette vitesse s’accommode bien avec celle de l’hélice.
- Le démarrage et le changement de marche sont aussi plus faciles avec le « 2 temps ». Ses organes étant moins nombreux et plus légers, les réparations, surtout en mer. sont aisées et rapides.
- Enfin, à puissance égale, les « 2 temps » sont également moins encombrants et bien moins lourds (plus de 50 p. 100) que les anciens « 4 temps », ce qui augmente d’autant la charge utile du navire.
- Pour ces raisons, l’appareil moteur du Camranh comprend 2 Diesel-Sulzer à 2 temps et à 4 cylindres. Avec un alésage de 680 mm et 1 m. 10 de course, ils peuvent développer, au total, 5400 G. Y. Par les photographies reproduites ci-dessous (fig. 5 et 4) on pourra aisément se rendre compte de l’emplacement fort réduit occupé par l’appareil moteur dans les flancs du Camranh, surtout pour qui connaît toutes les installations ordinaires des navires à vapeurs, chaufferie et soutes, condènseurs, tuyauterie, etc.
- Rappelons ici en quoi consiste le moteur à 2 temps; au premier temps, le piston, dans sa course ascendante, comprime de l’air à une pression élevée ; on introduit alors le combustible qui s’enflamme de lui-même. Le piston est repoussé en arrière.
- Le deuxième temps ou temps moteur commence et se poursuit en même temps que s'effectue la combustion du liquide admis. A la fin de ce temps, des lumières s’ouvrent pour permettre l’échappement des gaz brûlés. Celui-ci s’effectue au moyen d’un organe spécial, une pompe de balayage qui envoie dans le cylindre un courant d’air destiné à chasser les gaz brûlés et à les remplacer par de l’air frais. Dans le moteur Sulzer cette fonction est assurée par des turbo-soufflantes indépendantes du moteur Diesel et commandées par moteurs électriques.
- Déplus, pour assurer tout le service des « quarts », dans la machine du Camranh, 18 hommes suffisent sous la direction du chef mécanicien : 4 mécaniciens principaux, 1 officier mécanicien électricien, 4 élèves-mécaniciens et 9 graisseurs. D’où une seconde source très sérieuse d’économies, comparativement au nombreux personnel (chauffe et machine) absolument nécessaire sur les steamers actuels de même tonnage.
- Il convient également d’ajouter que le travail, près des Diesel, n’est guère qu’un travail de surveillance très peu fatigant, et s’accomplissant dans une atmosphère dont la température n’a rien de comparable à celle qui règne dans les chaufferies sur des steamers.
- Placés latéralement par rapport aux moteurs principaux, le Camranh possède en outre deux moteurs auxiliaires. Diesel-Sulzer, à 2 temps et à 4 cylindres, et développant 410 G. Y. chacun^ Ils sont attelés à deux dynamos de la Compagnie Électrique
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- de Nancy, de 240 kilowatts chacune, et tournant à 200 tours-minute. Le courant produit est utilisé pour l'éclairage, les appareils de conduite et de levage (voir plus loin), et pour actionner deux « turbo-soufflantes » Brown Boveri fournissant l’air de balayage nécessaire aux deux moteurs principaux. Un petit groupe électrogène Weber, de 50 kw. a été aussi installé pour fonctionner éventuellement comme groupe de secours.
- Le démarrage des moteurs Diesel-Sulzer du Camranh s'effectue par de l’air comprimé à 70 kg
- 1° Deux pompes électriques de réfrigération (Sulzer), de 200 tonnes, avec filtres appropriés ; 2° Une pompe à combustible (Weir) de 15 tonnes ; 5° Une pompe de transvasement (Garuthers) de 60 tonnes ; 4° Quatre pompes électriques Rateau : une pour les cales (120 tonnes), une pompe de service (120 tonnes), une autre pour les water-ballasts (200 tonnes) et, enfin, une pompe électrique pour l’eau douce (5 tonnes); 5° Un groupe de pompes de réserve (Worthington) pour l’huile ; 6°.Une pompe d’épuisement de secours (Garuthers),
- Fig. 3. — Vue d’ensemble du groupe moteur Diesel-Sulzer tribord du “ Camranh”.
- Onîaperçoit les culasses des 4 cylindres, disposés par groupes de 2. A gauche, la conduite unique servant à la lois à l'admission du combustible, de l’air comprimé (au démarrage) et aussi pour l’évacuation.'Au fond, le tableau de distribution électrique. A droite, en bas, l’extrémité du cornet acoustique. Carters, manivelles et arbres sont installés sous le plancher grillagé visible également à droite. On notera l’encombrement très réduit de ce groupe moteur, qui se
- répète symétriquement à bâbord.
- dans une batterie de 8 bouteilles d’acier de 800 litres chacune. Cet air est emmagasiné par des compresseurs actionnés naturellement par les moteurs eux-mêmes.
- Les départs successifs et simultanés des cylindres, la mise en marche normale et surtout les renversements de marche (si délicats avec les turbines) s’exécutent avec une aisance absolument remarquable.
- À noter que les moteurs Diesel-Sulzer du Camranh peuvent fonctionner sans difficulté et sans corrosion avec des mazouts non épurés renfermant une forte proportion de soufre, et qu’une large teneur en hydrocarbures à poids moléculaire élevé n’entraîne guère non plus d’encrassement ni de calaminage.
- lll. Appareils auxiliaires. — Le Camranh a été muni aussi d’importants appareils auxiliaires. Pour les pompes, à signaler notamment : ~
- de 60 tonnes. Les réservoirs à combustibles, fournis par les Chantiers de la Loire, comprennent 2 réservoirs à mazout de 10 m3, et deux réservoirs à pétrole d’égale contenance, associés à deux réservoirs cà huile, de 5 tonnes chacun.
- Le Camranh comprend en outre une installation frigorifique Sulzer permettant d’assurer 13000 fri-gories-heures..
- Son appareil à gouverner, fourni par la maison Brown, est également fort ingénieux. A la fois hydro-électrique et basé sur certains freins à huile employés depuis peu dans la manœuvre des tourelles des cuirassés, il évite totalement les « coups de barre », souvent très violents, si désagréables et malheureusement trop connus encore des passagers logés à l’arrière, près de la chambre de barre, sur les paquebots à vapeur.
- Extérieurement, le service de manutention des
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- Tribord
- Fig. 4. — Vue de détail de la partie supérieure de 2 cylindres des Die-sel-Sulzer, bâbord du Camranh. Au premier plan, à droite, les volants servant à toutes les manœuvres du groupe bâbord.
- marchandises est assuré par : 1° 12 mâts de charge de 6 tonnes : 2° 3 treuils électriques Clark-Chap-marin de 6 tonnes chacun; 5° 10 treuils électriques Clark-Chapmann de 4 tonnes; 4° Un mât-bigue de 40 tonnes, en poutrelles d’acier. Placé normalement le long du mât avant, ce mât permettra au navire d’effectuer lui-même les manutentions de colis lourds sans aucun secours étranger d’appareils de levage importants n’existant pas encore, d’ailleurs, dans certaines escales prévues (Djibouti, par exemple).
- Le guindeau est également électrique.
- La vapeur est d’ailleurs totalement inconnue à bord. La sirène marche à l’air comprimé et le charbon est employé uniquement pour la cuisine.
- Une chaudière verticale Cochran et un bouilleur de 20 tonnes ont été installés pour, éventuellement, réchauffer le mazout au cas, fort peu probable, où le navire naviguerait en régions froides.
- IY. Les essais, les résultats. — Après les essais classiques de vitesse (plus de 13 nœuds) et de consommation, suivies de petites épreuves en route libre, le Camranh est parti du Havre le 13 janvier dernier, à destination de l’Amérique du Sud.
- Après avoir touché Rio-de-Janeiro,
- Santos et Buenos-Ayres, il était de retour en France aux tout premiers jours de mai. Voici un court résumé tiré du journal du bord et des documents officiels :
- cf Le fonctionnement des moteurs a « été parfaitement satisfaisant au cours « de ce premier voyage de près de
- « quatre mois, et la consommation « de combustible particulièrement « réduite. La consommation journa-« hère moyenne n’a guère dépassé «9 t. 76, la consommation par « mille étant de 44 kg 878 environ...
- « La vitesse moyenne du navire, « durant ce parcours de 13 770 mil-« les, a été de 9 nœuds 5, suivant « les conditions de marche pres-« crites par l’armateur. Le tonnage « des marchandises transporté a at-« teint 8210 t. à l’aller, et 9500 t. « au retour. Aucun incident de mar-« che n’a été observé pendant ce long « voyage, et la visite approfondie « des divers organes des moteurs, « faite à l’arrivée à Dunkerque, a « révélé leur parfait état. .. »
- Créé pour la ligne d’Indochine des Chargeurs Réunis, le Camranh, chargé à bloc, est parti à nouveau de Dunkerque le 14 juin dernier, pour son premier voyage en Extrême-Orient.
- Après avoir touché Anvers, le Havre, Bordeaux, Marseille, Port-Saïd, Djibouti, Colombo et Singa-pore, il est arrivé à Saigon le 14 août ; ayant repris la mer le 15 septembre, il est rentré en France le 16 octobre, après une excellente traversée.
- M. Debeaui’uis.
- Bâbord
- Fbmpe d'épiisem t de jecoj/AS
- Turbo -soufflante
- NZÏb
- ï
- Dynamdbatord
- (G>)
- Moteur auxiliaire
- Pompe
- de transvasement
- Pompe
- Installation
- frigorifique
- Pompe à combustible Bouteilles de lanVemïa air comprimé
- OOOO I OOOO
- Pompe de cales
- Cloison
- étanche
- Fig. 5. — Plan schématique de la salle des machines du Camranh. En partie d’après les documents obligeamment communiqués par l’agence de Saigon des « Chargeurs Réunis ».
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuhe, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925-
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- SOMMAIRE :
- Les diatomées : algues microscopiques : M. Lefèvre.
- L'extraction des alcaloïdes : P. Durocher.
- Constructions isothermiques en Solomite : M. Bousquet.
- Jean-Étienne Montucla, l’historien des mathématiques : E. Doublet.
- Chronique : F. Marre. — Académie des Sciences : Paul B.
- Un autobus à huit roues monté sur deux trucks : E. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : T. S. F. etc., — Variétés.
- Boîte aux lettres - Bibliographie.
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- LA NATURE
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- applicable à partir du ^'octobre 1925, après mise en vigueur des nouveaux tarifs postaux.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*, Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C", 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE.
- 16 JANVIER 1926
- — N° 2702.
- LES DIATOMÉES : ALGUES MICROSCOPIQUES
- Peu d’espèces végétales présentent une aussi grande abondance et une répartition aussi large que les diatomées. Nous les frôlons tous les jours, à la ville comme à la campagne ; nous en absorbons meme accidentellement avec nos aliments et cependant peu de personnes soupçonnent leur existence. Les coquilles des huîtres, certaines algues des étalages de nos poissonniers en sont souvent couvertes ; les estomacs de certains crustacés en contiennent un grand nombre ; les ruisseaux et les bassins des jardins publics en recèlent des myriades. Combien de promeneurs se doutent que la boue brune qu’ils regardent avec répulsion renferme les êtres les plus délicats que la nature ait créés ?
- Les diatomées s'accommodent en effet de peu et se multiplient en abondance dans les lieux les plus inattendus. Les eaux douces, les eaux saumâtres, la pleine mer hébergent des diatomées. On en trouve accrochées aux algues marines, sur les objets et les coquillages immergés, surtout dans les endroits abrités (parcs à huîtres, marais salants, etc.). Les espèces d’eau douce se fixent volontiers sur les plan-
- Fig. 2. — Disposition des chromatophores chez Gyrosigma attenuatum Kiitz (eau douce).
- tes aquatiques, les mousses humides, les pierres, les pilotis, les portes des écluses, les barrages, les vannes des moulins. La moindre excavation où l’eau séjourne en permanence (fossés, bassins, mares, fontaines, flaque alimentée par un robinet qui ferme mal) est susceptible de renfermer des diatomées. Elles peuvent encore se développer sur la terre simplement humide. Nous en avons récolté de magnifiques espèces sur des conferves qui avaient pris naissance dans la rigole d’alimentation d’un urinoir. On juge par là combien il est facile, même à la ville, de se procurer du matériel d’études.
- Une diatomée se présente le plus souvent sous la forme d’une cellule isolée à forme rigoureusement géométrique, ce qui fait qu’un observateur non averti peut la prendre, à première vue, pour un cristal.
- Cette cellule est formée de deux valves qui s’emboîtent exactement l’une dans l’autre et constituent ce qu’on appelle un frustule.
- Dans de nombreuses espèces, les valves sont réunies par un troisième élément, une bande rigide dite connective, qui entoure la zone d’em-
- boîtement à la façon d’une ceinture. On a longtemps supposé que les valves des diatomées étaient composées de cellulose incrustée de silice.
- Dans une étude très complète, M. le Professeur
- Fig. i. — Disposition des chromatophores chez Melo-sira varians Ag., en voie de formation d’auxospores (eau douce).
- Mangin (*) a démontré, par analyse microchimique, que cette membrane était en réalité formée de composés pectiques et de silice et il n’a pu, en aucun cas, obtenir la réaction de la cellulose.
- Les frustules sont enrobés dans une gelée transparente, inerte, analogue à la gélatine et qu’on nomme coléoderme. La fonction de cette substance semble être de faciliter la formation des auxospores, au cours du rétablissement de la taille normale. Le coléoderme a aussi, dans certains groupes (Mélo-sirées, Fragillariées), un rôle mécanique dont nous parlerons plus loin.
- Chaque frustule renferme les éléments qui constituent habituellement une cellule : protoplasme et noyau. En plus de ces éléments elle contient des chromatophores et quelques globules d’une substance huileuse. Les chromatophores sont des masses colorées en vert brun; ils sont formés en majeure partie de chlorophylle et de phicoxanthine. Ils n’ont ni la même disposition ni la même forme chez toutes les espèces et peuvent présenter l’aspect de plaques pariétales plus ou moins régulières (Naviculées, surirellées) ou celui de granules arrondis (Mélo-sirées, biddulphiées).
- Certains groupes de diatomées : naviculées, cym-bellées, etc., ont leurs valves sillonnées dans le sens
- 1. Annales des Sciences Naturelles. Botanique. 9e série, VIII, 12.
- 5‘4' Année- — U' Semestre-
- 55.
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- 34 ' —---...'. LES DIATOMÉES : ALGUES MICROSCOPIQUES
- \'V\
- Fig. 4. — Chætoceros, diatomée pélagique ( Villefranc/ie-sur-Mer).
- longitudinal par une fente appelée raphé, qui met ainsi directement le protoplasme en communication avec l’extérieur. Aux deux extrémités et au centre de cette ligne médiane se trouvent, le plus souvent, de petites surfaces lisses et arrondies en forme de boutons, qu’on appelle nodules. Certaines diatomées sont couvertes de stries disposées de telle façon qu’elles font croire à l'existence d’un raphé alors qu’il n’existe pas en réalité. D’autres enfin sont totalement dépourvues de raphé ou de pseudo-raphé. La présence, l’apparence ou l’absence de raphé ont d’ailleurs servi de base à une classification des diatomées en raphidées, pseudo-raphidées et anara-phidées.
- Si l’on rencontre presque partout des diatomées, il ne faut pas conclure de là que toutes les espèces se développent partout avec la même facilité; la température, l’altitude, la minéralisation des eaux ont une influence énorme sur leur développement. Telle
- Fig. 6. — Arachnoidiscus japonicus Ehr., i55 jac Diatomée marine.
- ou telle espèce de montagne ne se rencontre jamais en plaine ou vice versa.
- Beaucoup de diatomées vivent en épiphites, disposées en touffes,- en bouquets sur des plantes aquatiques.
- • Chez les fragillariées, les frustules, retenus les uns aux autres par le coléoderme, forment de longs rubans disposés en ligne droite ou brisée ; les gom-phonémées se balancent gracieusement à l’extrémité d’un long pédoncule gélatineux qui les retient aux plantes ou aux matériaux immergés ; les naviculées reposent simplement, sans y adhérer, sur le support qu’elles ont adopté ; d’autres espèces, enfin : Rhi-zosolenia, Altheya, Chaetoceros, nagent librement dans l’eau. Elles forment une partie très importante du plancton marin et d’eau douce, où elles voisinent avec les crustacés, les infusoires, les algues vertes
- Fig. 5. — Bacteriastrum hyalinutn varians, 290 y. Plancton marin de Hong-Kong.
- et les péridiniens. Ces diatomées sont, en général, très faiblement silicifiées et leur préparation, pour être démonstrative, exige une technique spéciale.
- Un certain nombre d’espèces sont douées de mouvements. Lorsqu’on examine une préparation contenant des naviculées vivantes, on s’aperçoit qu’elles rampent sur le porte-objet avec une assez grande rapidité. De nombreux observateurs ont essayé de trouver la cause de ces déplacements ; les uns les ont attribués à des cils vibratiles extrêmement ténus et invisibles avec les dispositifs optiques actuels ; d’autres en cherchent la cause dans la sortie du protoplasme par le raphé. L'addition d’une poudre insoluble très fine au liquide dans lequel on examine les algues vivantes, permet de constater qu’elles créent autour d’elles des tourbillons corm pliqués dont les phases successives se répètent régu-
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- LES DIATOMÉES : ALGUES MICROSCOPIQUES ------ 35
- fièrement, mais on n’est pas parvenu à trouver d’une façon certaine la cause des déplacements.
- Il est possible de cultiver les diatomées d’eau douce et les diatomées marines. Le Docteur Miquel (1), qui est un spécialiste de la question, a entretenu des cultures de ces algues pendant de nombreuses années. Les diatomées en général s’accommodent d’une eau fortement minéralisée et assez chargée en matières organiques d’origine végétale. La présence de la chaux ne semble pas avoir sur leur développement une aussi funeste influence que sur les protococcales et surtout sur les desmidiées. Le Docteur Miquel a pu constater que la température et la nature des radiations lumineuses ont une très grande influence sur le développement des frustules et sur leur multiplication. À 5° leur croissance est totalement arrêtée ; elle est maximum entre 20°-25.°. Une température de 45u tue les frustules les plus résistants, sans aucun espoir de résurrection.
- En augmentant la proportion de différents élé-
- Fig. 8. — Isthmia enervis Ehr., marine.
- ments minéraux des milieux nutritifs ou en faisant varier la teinte et l’intensité des rayons lumineux qui éclairent ces cultures, il a pu obtenir des formes monstrueuses en tous points comparables aux formes tératologiques naturelles.
- La multiplication des diatomées se fait par division de la cellule : le protoplasme se partage en deux parties, une cloison apparait dans le sens longitudinal du frustule tandis que les valves se déboîtent. Au bout de quelques heures, deux frustules adultes sont formés, accolés par leur face valvaire; ils ne tardent pas à se séparer et à se diviser eux aussi.
- Les jeunes hémifrustules se formant à l’intérieur de l’ancien, la taille de l’espèce diminue à chaque division, tmssi y a-t-il rétablissement de la taille normale par formation d’auxospores, lorsque la taille des individus a diminué de moitié.
- On n’est pas encore très fixé sur la façon dont se produisent les auxospores. De nombreuses observations faites à ce sujet sont contradictoires. Qu’il nous suffise de savoir que le résultat de leur forma-1. Yan Heure, Les diatomées de Belgique.
- F^S-. 7- — Actinoptychus lieliopelta Grun., 26o jx. Diatomée marine.
- tion est la création d'une diatomée de grandeur double de celles qui lui ont donné naissance ec dont les formes sont plus grossières. Cette nouvelle diatomée se multiplie cà son tour par divisions successives en s’affinant un peu à chaque fois. Au bout de quelques divisions, l’espèce est redevenue de taille et de forme normales.
- Certains auteurs prétendent que les diatomées se reproduisent aussi par spores. Les observations faites à ce sujet sont loin d’ètre concordantes. La sporulation a cependant été nettement établie par P. Bergon pour une espèce marine : Biddulphia mobilien-sis (*).
- La structure des valves des diatomées est d’une infinie délicatesse, aussi doit-on prendre certaines précautions pour les examiner dans les meilleures
- 1. P. Bkrgox. Bull. Soc. Sc. d’Arcachon, 19('5 et i904.
- Fig. 9. — Navicula (Piunularia) nobilis Ehr.
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- Fig. io. — Orthoneis splendida Greg, Grun., 90 (j., marine.
- conditions possibles et ne perdre aucun détail.
- Pour cela on détruit la matière organique qui recouvre et emplit les cellules en les faisant bouillir une vingtaine de minutes dans un acide puissant : acide chlorhydrique, azotique, ou sulfurique. La matière vivante est détruite, la carapace siliceuse n’est pas attaquée et se présente avec toute sa finesse.
- Un autre procédé consiste à faire « griller » les diatomées sur une lame métallique (platine si possible) chaulïée au rouge ; le contenu cellulaire disparaît à peu près complètement ; on monte ensuite au baume ou au styrax. Les diatomées pélagiques étant en général plus faiblement silicifiées ne résisteraient pas au traitement par les acides ou par la chaleur. M. le Prof. Mangin (') a mis au point une méthode de coloration de ces espèces par l’héma-toxyline vieille ou le rouge de ruthénium. Il a pu ainsi faire apparaître des caractères spécifiques nouveaux qui échappent à l'examen de matériel non coloré.
- Les quelques microphotographies ci-contre donneront une idée de la diversité de formes et de la
- 1. Annales des Sciences naturelles. Botanique, Y1II-12, 9° série.
- Fig. 12. — Coscinodiscus oculus iridis Ehr., i65 u.
- finesse des diatomées. Nous devons convenir une fois de plus que la Nature est plus admirable encore dans ses petites créations que dans ses grands desseins.
- La délicatesse de ces frustules en fait des tests de choix pour l’essai des objectifs de microscope.
- Un des tests les plus employés est la Surirella gemma, espèce qu’on rencontre communément dans les marais salants. La diatomée la plus difficile à résoudre semble être Y Amphipleitra peüucida, dont les stries transversales ne sont définies d’une façon satisfaisante que par d’excellents objectifs à immersion ou mieux par les apochromatiques
- La beauté des diatomées et la diversité de leurs formes ont tenté de nombreux amateurs qui ont constitué de fort jolies collections d’un intérêt systématique évident. Certains d’entre eux, très patients, sont parvenus à ranger, en les déplaçant à l’aide
- Fig. 11. — Surirella biseriata Breb., var.
- subacuminata Grun., 160 y.. Diatomée d’eau douce.
- d’un cil de*porc, plusieurs centaines de diatomées différentes sous le même couvre-objet, dessinant ainsi des rosaces ou des figures d’un jolLelîet artistique.
- Inutile de souligner la difficulté de ce travail que l’haleine de l’opérateur ou même l’état électrique du milieu suffisent à troubler.
- Les diatomées semblent avoir existé aux époques éloignées de la formation des terrains. On trouve en effet, en de nombreux points du globe, des dépôts de frustules fossiles parfois très abondants : Ile de Für (Jutland), Ile Rodrigue (océan Indien), Sendaï (Japon), Massif Central, Berlin, etc. Ces dépôts souvent très purs ont une grande surface et atteignent parfois plusieurs mètres d’épaisseur. Les espèces qu’on y rencontre existent souvent encore vivantes dans la période contemporaine et ceci nous permet de constater que les diatomées sont une des formes qui ont le moins évolué.
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- L’EXTRACTION DES ALCALOÏDES
- Industriellement on utilise ces dépôts sous le nom de tripoli pour le polissage des métaux. de farine foSsile ou de terre d’infusoires comme masse d’absorption dans la fabrication des explosifs.
- Les diatomées récentes jouent un rôle très important dans la nature; elles forment avec les péridi-
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- niens la majeure partie du phytoplancton marin ; elles servent de nourriture aux petits crustacés qui deviennent à leur tour la proie des poissons.
- Dans les eaux douces elles jouent le même rôle et aident en outre à la purilîcation des eaux par l’oxygène qu’elles dégagent. M. Lefèvre.
- L’EXTRACTION DES ALCALOÏDES
- Le temps est bien loin où seul le pharmacien, ou pour mieux dire l’apothicaire, préparait lui-même dans son laboratoire les médicaments et les différents produits dont il avait besoin. La préparation des produits chimiques pharmaceutiques est devenue maintenant une véritable industrie, industrie dotée d’ailleurs de tout un matériel sou vent fort compliqué et toujours très important.
- Passer ici en revue tout l’arsenal thérapeutique moderne, montrer comment se réalise en grand,la préparation de la multitude de produits dont on se sert aujourd’hui en médecine, tout cela nous entraînerait trop loin et sortirait du cadre restreint de cet article. Il nous paraît plus logique de prendre quelques cas isolés qui découlent, au point de vue industriel, d’un même mode opératoire.
- On sait, par exemple, que de nombreuses plantes sont aujourd’hui utilisées en thérapeutique ; nous ne faisons pas ici allusion aux « simples » qui trouvent leur utilisation dans la préparation de tisanes, d’extraits, de sirops; nous voulons dire que l’on sait maintenant que certaines plantes contiennentdes principes actifs utiles ; que ces principes actifs peuvent être extraits des plantes qui les contiennent, et que l’extraction de ces dits principes constitue l’objet de plusieurs industries. En voici quelques exemples : la cocaïne est .extraite des feuilles de coca ; la spar-téine du genêt ; l’atropine, de la belladone : le menthol de l’essence de menthe, laquelle existe dans la feuille de menthe : l’eucalyptol de l’eucalyptus, et l’on pourrait en dire autant d’une foule d’essences et d’alcaloïdes.
- Mais nous venons de prononcer ici un mot que tout le monde connaît et dont on ignore généralement le sens exact. Qu’est-ce qu’un alcaloïde? Â vrai dire la définition en est un peu compliquée. Evidemment nous savons que la morphine, la cocaïne, la quinine, etc., sont des alcaloïdes, mais cela n’est pas une définition. Pour mieux comprendre ce terme, il faut remonter un peu loin... à l’alchimie!
- Le mot alcali nous vient des Arabes qui s’en servaient pour désigner le carbonate de soude. Plus tard les alchimistes appliquèrent le nom d’alcali à trois substances : la potasse ou alcali végétal; la soude, ou alcali minéral; et l’ammoniaque ou alcali animal.
- De nos jours on divise les alcalis en deux classes : les alcalis minéraux (potasse, soude, ammoniaque)
- et les alcalis végétaux ou organiques, appelés encore alcaloïdes, bases végétales.
- Les uns et les autres s’unissent aux acides pour former des sels généralement cristallisés.
- Les alcaloïdes sont donc des hases, d’origine végétale ; ils sont parfois liquides, le plus souvent cristallisés. Quelques-uns ne contiennent que du carbone, de l’hydrogène, de l’azote. Les autres, et ce sont de beaucoup les plus nombreux, renferment en poutre de l’oxygène.
- Ajoutons que les alcaloïdes sont des produits doués le plus souvent de propriétés physiologiques accentuées et caractéristiques, généralement toxiques. La découverte de ces produits n’a pas été seulement une belle conquête pour la chimie, elle a encore doté la thérapeutique de remèdes héroïques. En effet ces substances sont de\enues, pour la plupart, dans les mains des médecins, des agents précieux dont l’emploi a remplacé dans presque tous les cas celui des substances dont ils proviennent. Ainsi à ces décoctés troubles et indigestes de quinquina que les malades n’avalaientqu’avecune extrême répugnance on a substitué le sulfate de quinine.
- Mais en raison de leurs propriétés énergiques, les alcaloïdes ne peuvent être employés qu’avec une extrême prudence, puisque pour certains d’entre eux (aconitine) quelques dixièmes de milligramme de plus que la dose nécessaire, pour produire un effet salutaire peuvent déterminer des accidents graves et même la mort.
- Gomment extrait-on les alcaloïdes des plantes qui les contiennent? Il faut savoir tout d’abord que les alcaloïdes n’existent généralement pas à l’état libre dans la plante : ils s’y trouvent combinés à des acides organiques : acides citrique, malique, au tanin, etc... Leur extraction repose sur les deux propriétés suivantes :
- 1° Les sels d’alcaloïdes sont solubles dans l’eau et ne le sont que peu ou pas dans les dissolvants organiques, l’éther, le benzène, le chloroforme, le trichloréthylène, le tétrachlorure de carbone ;
- 2° Les alcaloïdes à l’état libre sont presque insolubles dans l’eau et pour la plupart solubles dans les dissolvants organiques que nous venons de citer.
- Le problème de l’extraction d’un alcaloïde consiste donc d’abord à décomposer le sel d’alcaloïde contenu dans la plante, de façon à mettre la base alcaloïde en liberté. Ce résultat peut être obtenu en
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- Fig. i. — Lot de feuilles de belladone triées et pesées en vue de l’extraction
- ultérieure de l'atropine.
- Fig. 2. Fxlî action des alcaloïdes pat un dissolvant orgamc/ue. Nous voyons ici une série d*extracteurs eé tôle contenant la plante dont on veut extraire le principe actif,, et au centre desquels .vient circuler
- le dissolvant qui s’empare de ce principe.
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- Fig. 3. — Alambic pour la distillation des dissolvants. Généralement celle distillation se fait, dans le vide pour abaisser la température • d’ébullition du dissolvant. Remarquer la pompe à vide, à droite en relation avec l’alambic.
- humectant la plante divisée par un lait de chaux. 11 ne reste plus maintenant qu’à faire agir sur cette plante ainsi traitée un dissolvant convenable qui s'emparera de 1’alcaloide.
- À la vérité le problème peut être pris d’une autre façon. Nous venons de dire que les'sels d’alcaloïdes sont solubles dans l’eau. Or les alcaloïdes se trouvent dans la plante à l’état de sels. Il semblerait donc plus rationnel d’épuiser directement la plante par l’eau, puisque cette eau se chargerait du sel de l’alcaloïde contenu dans la plante. Évidemment; mais si a priori cette méthode paraît simple et séduisante, dans la pratique, elle est plus compliquée. L’eau, tout en dissolvant le sel d’alcaloïde contenu dans la plante, dissout aussi une foule d’impuretés, tanin, matières colorantes, matières extractives diverses. 11 en résulte un liquide coloré, chargé d’une multitude de principes dont il est difficile de se débarrasser dans la suite. Cependant, dans certains cas, cette méthode est utilisée.
- Lorsque l’on a recours aux dissolvants organiques, éther, chloroforme, voici comment on opère : la plante convenablement divisée et légèrement humectée d’un lait de chaux est introduite dans un extracteur en tôle. À côté de cet extracteur se trouve un grand récipient contenant le dissolvant utilisé pour dissoudre l’alcaloïde (chloroforme par exemple).
- Un système de canalisations permet de faire arriver le dissolvant dans l’extracteur au contact de la matière végétale. L'une de nos photographies, lesquelles nous ont été fournies par The Industrial Chemist, fait voir l’extracteur, à côté la cuve à dissolvant. En pénétrant dans l’intimité des cellules végétales, ce dissolvant s’empare de l’alcaloïde et sort de l’extracteur chargé de ce principe actif.
- Cette solution d’alcaloïde est alors agitée avec une solution aqueuse de l’acide dont on veut préparer le sel; ainsi, par exemple, une solution d’atropine dans un dissolvant convenable (lequel ne doit pas être miscible à l’eau, bien entendu) est agitée avec de l’acide dilué en quantité voulue pour s’unir à la base atropine : le sulfate d’atropine formé passe en solution dans l’eau; cette solution aqueuse est évaporée à basse température, elle fournit lé sel de T alcaloïde.
- Quant au dissolvant, lequel a cé lé à l'eau acide son alcaloïde, il est conduit dans un alambic où il est distillé, et peut- à nouveau rentrer dans le cycle des opérations.
- Dans le cas où l'eau doit être employée pour enlever le principe alca-loïdique de la plante, le traitement repose sur le même principe. L’eau mise en contact avec le végétal dissout l’alcaloïde à l’état de sel. Mais en raison des nombreuses impuretés dissoutes également par l’eau dans cette opération, on ne peut songer à recueillir le sel d’alcaloïde con-
- Fig. 4. — Dans certains cas, le principe enlevé des plantes doit être rigoureusement desséché. On utilise avantageusement dans ce cas, une étuve à vide ; voyez les étagères de l’étuve, laquelle est ouverte. Une pomte produit le vide dans l’étuve hermétiquement close. L’eau perdue par la matière à dessécher vient se condenser dans les récipients à gauche.
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- CONSTRUCTIONS ISOTHERMIQUES EN SOLOM1TE
- tenu dans la solution aqueuse par une simple évaporation de cette solution. On l’additionne d’un alcali, de carbonate de soude, par exemple : de ce fait la base alcaloïde est mise en liberté dans l'eau et généralement ne s’y dissoul pas. Mais que l’on vienne à agiter ce liquide aqueux avec un dissolvant convenable non miscible à l’eau, du chloroforme par exemple, ce dissolvant s’emparera aussitôt de la base alcaloïdique, et le traitement se fera ensuite comme dans le premier cas.
- Evidemment tout ceci comporte de nombreux détails opératoires variables souvent avec la nature de l’alcaloïde à extraire, détails sans intérêt d’ailleurs pour le lecteur.
- ? Le principe de l’extraction des alcaloïdes paraît
- donc fort simple d’après cet exposé. Pratiquement il n’en est pas de même, et l’obtention de ces corps qui demandent à être préparés à un très grand état de pureté constitue, dans un grand nombre de cas, l’une des operations les plus difficiles de l’industrie pharmaceutique. Ajoutons enfin que la teneur des plantes en alcaloïdes est toujours fort petite, 1 à 2 pour 100, quelquefois beaucoup moins. Leur extraction est toujours accompagnée de celle de substances dont il est parfois fort difficile de les séparer, et leur purification ultérieure comporte souvent une série d’opérations qui ressortent plus du laboratoire scientifique que de l’atelier.
- P. Durocher.
- CONSTRUCTIONS ISOTHERMIQUES EN SOLOMITE
- Ce matériau de construction assez récent, dénommé Solomite, se compose de faisceaux parallèles de paille ou de roseaux comprimés dans une double armature.
- 11 se présente sous la forme d’un panneau rectangulaire (fig. 1) dont les dimensions courantes sont : longueur 2 m. 80, largeur 1 m. 50 et épaisseur 0 m. 05 ; son poids est de 60 à 65 kg, soit près de 15 kg au mètre carré.
- Du. à un ingénieur russe, M. Tchayeff, ce dispositif a déjà permis un certain nombre de réalisations intéressantes pour diverses constructions de l’Exposition des Arts Décoratifs : pavillon de Mulhouse, pavillon Pri-mavera. des grands magasins du Printemps, auberge du village français, etc. ; enfin quelques villas ont été aussi édifiées dans la banlieue parisienne,
- telle celle que représente la figure 2 (propriété de la princesse Poniatowska, à Garches).
- La solomite est utilisée comme élément de remplissage, soit pour les cloisons, soit pour les murs dont l’ossature est constituée par des pans de bois (fig. 5), de fer ou de béton armé. Dans te premier cas, tes panneaux sont fixés au moyen de clous, bou-
- Fig. i. — Vue d’un panneau de solomile. (2m. 8o X un. 5o). Poids : 6o kg.)
- Ions et rondelles, dans 1e second avec des fils de fer ; enfin dans 1e dernier par l’intermédiaire de pattes à scellement.
- La forte compression dont est l’objet la paille donne à celle-ci une grande cohésion et la solidarise avec son armature, de sorte que l’ensemble possède une résistance appréciable à la flexion. D’essais faits à ce point de vue au Conservatoire national des Arts et Métiers de Paris, sur un panneau de 0 m. 47 x 0 m. 24 X 0 m. 05, nous extrayons tes résultats de nature à retenir l’attention des constructeurs. (Voir tableau p. 41.)
- Sur un autre panneau de mêmes dimensions essayé en vue de la résistance au cisaillement,deux pièces de fonte de 1 m. 14 Xlm.ll étantplacées, l’une sur ledit panneau, l’autre par-dessous entre tes armatures longitudinales (feuillards) et transversales (fils d’acier j, on a constaté, après avoir placé une charge de 100 tonnes sur les pièces en fonte, que la réduction d’épaisseur est restée en partie permanente ; seules, quelques tiges de paille superficielles ont été tranchées par tes pièces de fonte.
- On devine que cette grande rigidité 1e rend parfaitement incombustible. Outre que ce fait a été
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- CONSTRUCTIONS ISOTHERMIQUES EN SOLOM1TE ....: 41
- vérifié au cours d'un incendie d’un important immeuble du boulevard Raspail (n° 14), les essais faits encore au Conservatoire National des Arts et Métiers sur une cabane faite en solomite ont montré particulièrement que la température maxima relevée à l’intérieur de la cabane où des planchettes de bois arrosées de pétrole et amoncelées sur une hauteur de 1 mètre environ avaient été allumées, avait été de 920° C. et que l’élévation de température provenant de la chaleur, transmise au dehors par les parois, n’avait été que de 5° C. au maximum.
- Dix minutes après l’allumage du bûcher, la cheminée s’effondrait; après 15 minutes, quelques flammes atteignaient l’extérieur des parois.
- Vingt minutes après, les panneaux étaient encore debout, mais commençaient à être rongés sur les côtés ;
- CHARGES EXERCEES SUCCESSI- VEMENT FLÉCHISSE- MENT ( flèches verticales mesurées au milieu de la portée 0,52). OBSERVATIONS
- kg m/m
- 50 1,7 Sous une charge de 550 kg le panneau
- 100 4,5 s’est plié par le milieu, mais les liges cle
- 150 8,0 paille tic se sont pas rompues.
- 200 11,5 L’essai n'a pu être poursuivi plus loin,
- 250 16,0 l’éprouvette pliée et dont les extrémités
- 500 21,0 étaient libres n’oilrant plus de résistance
- 550 58,0 et. cédant sous la charge.
- après une demi-heure, le tiers environ des panneaux était désagrégé. La face intérieure de ceux-ci était
- Maison de campagne à Garches revêtue en solomite.
- calcinée, la face extérieure paraissait intacte, à part quelques trous ayant livré passage aux flammes. Enfin une heure après environ, les parois étaient encore debout et localisaient, àl’intérieur dejla cabane l’incendiequi s’éteignait de lui-même. Pour l’éteindre complètement, on renversait les parois de la cabane sur le foyer et on plaçait sur le tout un panneau de solomite, ce qui étouffait définitivement les dernières flammes.
- On remarquait aussi que le panneau qui avait été enduit de mortier, présentait une résistance aux flammes un peu supérieure à celle des autres panneaux. Malgré qu’il soufflait un vent assez fort, aucune particule ou flamme n’avait été entraînée, risquant ainsi de communiquer le feu aux objets voisins.
- En plus de ces qualités inhérentes à sa fabrication, la solomite possède cette autre qualité de la paille, l’insonorité. Les essais du Conservatoire des Arts et Métiers ont permis d’établir comme coefficient moyen de conductibilité entre 0° et 55° C, 0 kg, 0759 avec une approximation relative de dt 1 pour 100. Cette insonorité a été mise en application avec succès par la maison de pianos Pleyel pour ses salles d’audition, 22, r. Rochechouart.
- L’analyse chimique de la paille indique qu’elle est constituée par 48 pour 100 de cellulose et pour le reste, 52 pour 100, par des matières minérales d’origines diverses, cela explique encore la longue résistance de la paille à l’humidité et à la putréfaction. D’autre part, par les toitures en chaume que l’on voit encore dans bien de nos campagnes, on note que la paille, bien employée, n’est pas attaquée non plus par les rongeurs ou les parasites divers.
- Fig. 3. — Murs-cloisons et plafonds d'une construction -en s'olomile.
- Fig. 2.
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- 42 =r JEAN-ÉTIENNE MONTUCLA, L'HISTORIEN DES MATHÉMATIQUES
- C’est ainsi qu’on voit des hourdis formés de rouleaux de paille recouverts de leur glaise subsister encore en parfait état après plus d’un siècle d’existence. On pourrait citer également certaines sépultures pharaoniques où des gerbes entières de paille ont été trouvées, après des milliers d’années, avec leur aspect primitif.
- Les panneaux de solomile sont recouverts d’un enduit de plâtre quand il s’agit de parois intérieures et de ciment pour les faces.extérieures. A cet effet, les faces des panneaux doivent être brûlées avant la mise en place afin de faire disparaître les brindilles de paille qui dépassent. Le brûlage s’opère, soit à la lampe à souder, soit en aspergeant la solo-mite d’essence ou de pétrole, auxquels on communique le feu par en bas avec une allumette, le panneau étant placé verticalement.
- Ils se débitent aussi dans le sens de l’armature longitudinale ; on se sert soit d’une scie simple ou circulaire, soit d’un couteau très tranchant ou encore d’une hache si l’on a affaire à un ouvrier bien exercé. Pour le débitage transversal, si la ligne de coupe coïncide avec une ligne de crochets, il suffit de couper le fil d’acier, à l’aide d’une pince spéciale, à I centimètre au delà de cette ligne et de recourber soigneusement les extrémités du fil coupé, de telle façon que le solomite ne puisse se relâcher, et que les extrémités recourbées des fils d’acier (2 mrn. 2 de diamètre) ne dépassent pas le plan des faces du panneau. Par contre, si la ligne de sectionnement passe au delà de la ligne des crochets, il y a lieu de poser des crochets supplémentaires suivant cette ligne; pour cela, on coupe des bouts de fil de 0 m. 08 de long, puis on recourbe l’une des extrémités en prenant modèle sur un crochet, on plante ensuite ces crochets dans la solomite à
- l’intersection de la ligne de sectionnement avec chacun des 12 fils d’acier du panneau.
- Le panneau étant retourné avec précaution, on coupe l’un après l’autre tous les fils d’acier longitudinaux, puis on recourbe les extrémités, tant des fils d’acier que des crochets.
- Pour la coupe en biais des panneaux, s’il ne se trouve pas de crochet au point d’intersection de la ligne de sectionnement et d’une armature, on en pose un supplémentaire comme il est indiqué précédemment..
- Comme on le voit, la mise en oeuvre de ces panneaux est à la portée de tout le monde : une pince coupante et un large couteau d’acier suffisent. L’économie de main-d'œuvre vient donc se joindre à l’économie réalisée grâce à la modicité du prix de ce matériau, et aussi à ce fait qu’il augmente la surface habitable, soit 15 pour 100 par rapport à une construction en meulière.
- De préférence, l’enduit de ciment doit s’appliquer au moyen d’un appareil à air comprimé (cernent-g un). Le mortier projeté avec force forme une couche très résistante, aussi dense qu’après un pilonnage énergique. Non seulement le revêtement est plus imperméable, mais exempt de fissures et de crevasses, ce que l’on ne peut toujours obtenir avec la truelle et la taloche. Les parcelles de mortier adhèrent fort bien en rencontrant la surface rugueuse de la paille, et forment soit un enduit de l’épaisseur désirée, soit un dallage s’il s’agit d’un hourdis ,
- Par ce qui précède, on se rend compte que la solomite peut parfaitement être utilisée dans la construction de maisons, d’ateliers, d’entrepôts frigorifiques, etc.
- M. Bousquet.
- La Science en Famille.
- JEAN-ÉTIENNE MONTUCLA, L’HISTORIEN DES MATHÉMATIQUES
- Deux ouvrages importants retraçant l’histoire des sciences mathématiques depuis leur origine jusqu’à la (in du xvmc siècle, ont eu pour auteurs des Lyonnais. Ces auteurs s’appelaient Montucla et l’abbé Bossut.
- Ce dernier vécut de 1750 à 1814, et, dans le Bulletin des sciences mathématiques, nous avons rendu hommage à sa mémoire, à l’occasion du centenaire de sa mort. Nous voulons en faire autant pour son émule.
- Montucla est aujourd’hui quelque peu oublié. Cela tient peut-être à ce qu’il ne lui a été consacré qu’une seule notice biographique, celle que Savinien Auguste Le Blond lut devant la Société libre d’Agriculture de Seine-et-Oise, le 25 nivôse, an VIII. C’est à l’aide de cette notice, et en profitant de quelques renseignements glanés çà et là, que nous allons essayer d’attirer l’attention de nos lecteurs sur un homme qui la mérite plus que beaucoup d’autres.
- Jean-Étienne Montucla naquit à Lyon le 5 septembre 1725, il vient donc d’y avoir 200 ans. Son père le destinait au commerce, qu’il exerçait lui-même, mais il ne lui en
- fit pas moins donner une brillante éducation et le confia au collège des jésuites de Lyon, un des meilleurs de tout le royaume. Le jeune Montucla y apprit parfaitement les langues anciennes, et il semble que ce soit plus tard qu’il ait appris, par ses propres efforts, les langues modernes. Il savait parfaitement l’italien et l’anglais, et, ce qui était beaucoup plus rare, le hollandais et l’allemand('). 1
- Mais son éducation ne fut pas exclusivement littéraire.
- 1. Voici quelques lignes copiées dans Y Histoire de l'ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, d’Alfred Maury :
- « Jusqu’en 1780, on compta à Paris à peine 20 ou 30 Français en état de traduire une page d’allemand, Turgot fut de ce petit nombre. J’ai ouï dire à ce sujet au comte de Las-teyrie que, peu d’années avant la Révolution, cet idiome demeurait encore si inconnu, qu’ayant reçu une lettre écrite en allemand, il fut huit jours sans pouvoir découvrir personne en état de la lui traduire, malgré ses nombreuses relations. »
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- JEAN-ÉTIENNE MONTUCLA, L’HISTORIEN DES MATHÉMATIQUES = 43
- Les Jésuites donnaient une grande attention à l’enseignement des sciences, en particulier à celui des mathématiques. On sait, — en ce qui les concerne personnellement — qu’un certain nombre de leurs missionnaires se-distinguèrent comme astronomes et géographes ; qu’il nous suffise de nommer les P. P. Yerbiest, deFontanev, Pézenas, Gaubil.
- Le professeur de mathématiques du collège de Lyon s’appelait le P. Béraud. C’était un homme ayant des connaissances fort étendues, puisque, non content d’occuper sa chaire de professeur, il était conservateur du médail-lier de la ville de Lyon, et faisait des observations astronomiques dans un petit observatoire qui se ' trouvait dans le bâtiment même du collège. C’est là que Jérôme de Lalande reçut ses premières leçons d’astronomie pratique.
- Si l’on avait du reste quelque doute sur le mérite du P. Béraud (*), il suffirait de penser que ce n’est probablement à leurs seules qualités natives que Monlucla, Bossut, Lalande, Fleurieu, ont dû leurs succès dans la carrière des sciences. Lalande, eh tout cas, n’a jamais manqué une occasion de proclamer ce uu’il devait à son maître. •
- En sortant du collège, Montucla se rendit à Toulouse pour faire son droit. On sait que la Faculté de droit de Lyon n’a pas encore un demi-siècle d’existence, ayant été ci’éée par le décret du 29 octobre 1875.
- De Toulouse, il se rendit à Paris, ce qui était tout naturel ; car, à cette époque, il n’v avait pas de comparaison possible entre les ressources intellectuelles qu’on pouvait trouver dans la capitale, et celles qu’offraient les plus grandes villes de province. Les choses ont heureusement changé à ce point de vue.
- A Paris, Montucla fréquenta assidûment la maison hospitalière de Jombert, voisine du fameux caféProcope. Jombert était alors le grand éditeur des livres de mathématiques, auxquels il joignait les livres relatifs à l’Art militaire, à l’Architecture et aux Beaux-Arts. Ce fut pour le jeune Lyonnais l’occasion de faire de nombreuses connaissances dans le monde des savants et des artistes.
- Entre autres productions que Montucla confia aux presses de Jombert, il faut citer l’édition revue, corrigée et augmentée des Récréations mathématiques et physiques d’Ozanam, encore un Lyonnais, ou à peu près, car Ozanam (1640-1717), était né à Bouligneux, en Bresse, et était, croyons-nous, un arrière-grand-oncle de l’écrivain catholique dont on a célébré le centenaire il y a quelques années. La famille Ozanam, notons-le en passant, était d’origine israélitc, et son nom l’indique suffisamment. Montucla, en celte occasion, avait su si bien garder l’anonyme que cette édition, pour pouvoir paraître, devant être approuvée par un censeur de librairie, c’est à son propre examen qu’elle fut renvoyée.
- Mais venons à son grand ouvrage. 11 y avait préludé dès 1754 en publiant son Histoire des Recherches sur la Quadrature du Cercle, ce fameux problème qui a occupé inutilement tant de chercheurs, et dont les Académies, avec raison du reste, ne veulent plus entendre parler.
- En 1758, parut la première édition de VHistoire des
- 1. Lauréat Béraud vécut du 5 mare 1702 au 26 juin 1777. 11 semble n’avoir jamais quitté Lyon. Ses observations astronomiques ont clé, pour la plupart, publiées dans le Journal de Trévoux. Ajoutons que l’Académie de Bordeaux couronna plusieurs mémoires sur des questions de physique qu’il lui soumît.
- Mathématiques. Nous ne pouvons analyser ici cet ouvrage qui retrace l’histoire de la science, depuis l’origine jusqu’au temps de Newton et de Leibnitz. La place nous manquerait. Voici l’appréciation qu’en donne Savinien Le Blond.
- «L'Histoire des Mathématiques parut en 1758. Elle assura à son auteur une place distinguée dans le monde savant, et si ia modestie avec laquelle il s’annonça lui-même ne permet pas d’exiger partout de lui un style également riche et recherché, on ne peut que vanter l’extrême clarté et la précision vraiment admirable avec laquelle il a su traiter les matières qui en paraissaient le moins susceptibles. C’est là, sans doute, ce .qu’il fallait dans un ouvrage destiné avant tout à donner des choses et non des expressions, à rassembler des idées et non à les peindre. >
- (( Ce genre de mérite est principalement recommandable dans les livres de sciences : les hommes de tous les pays sont appelés à les lire; ils doivent donc être dépouillés de tout l’appareil de langage, pour ne briller que de la force logique et de l’éloquence des choses, les deux premiers éléments de la langue universelle. »
- L’étranger n’avait pas attendu la publication de cet ouvrage pour reconnaître le mérite de son auteur; le 5 juillet 1755, l’Académie royale de Berlin nomma Montucla son associé.
- En France, il n’arriva pas aussi vite au fauteuil académique. 11 ne fit point partie de l’ancienne Académie des Sciences, et c’est quand l’Institut fut créé qu’il fut associé à cette compagnie.
- C’est sans doute pendant la première partie de sa vie que Montucla s’occupa d’études scientifiques, tout à fait différentes de celles qui absorbèrent la plus grande partie de sa carrière.
- Parmi les collaborateurs de Y Encyclopédie se trouvait un militaire distingué, le comte d’IIérouville de-Claye, auteur de beaux travaux topographiques. M. d’IIérouville, qui devait devenir lieutenant général, c’est-à-dire; général de division, et inspecteur général de l’infanterie, conçut le projet d’une histoire de 1a guerre à toutes les époques. C’était un projet très vaste (il ne semble pas du reste qu’il ait été mené 'à bonne fin) pour lequel il lui fallait des collaborateurs actifs et instruits. Diderot nous apprend (Voir, Ceci n’est pas un conte) que Montucla fut un de ceux qu’il s’adjoignit.
- Montucla était intimement lié avec les encyclopédistes et, en particulier, avec d’Alembert. Quand ce dernier eut des difficultés avec l’Académie de Lyon, on voit Monlucla, fidèle à son ami, se retirer de cette société. Cependant, l’auteur de YHistoire des Mathématiques n’écrivit point à Y Encyclopédie.
- Mais, tout en se livrant avec ardeur aux études scientifiques, il suivait parallèlement une autre carrière. Il était chargé de fonctions publiques, de l’ordre le plus élevé.
- En 1761, il fut emmené à Grenoble par l’intendant de la généralité qui avait cette ville pour chef-lieu, et il fut le secrétaire de ce magistrat. En 1765, il se maria, et la jeune fille qu’il épousa s’appelait Mlle Romand.
- Son bonheur conjugal fut bientôt interrompu, pour un temps assez court, d’ailleurs, par un événement qui a laissé de tristes souvenirs dans nos annales coloniales.
- En 1763, nous avions fait une perte irréparable, celle du Canada, qui doit valoir à la mémoire de Louis XV la'haine de tous les Français. M. de Ghoiseul s’imagina, bien à tort, qu’un moyen de la réparer était de coloniser les régions équinoxiales de l’Amérique appartenant à la France.
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- Citons à ce propos quelques lignes d’Henri Martin (Histoire de France, 1. XVI, p. 235).
- « L’entreprise, si chanceuse dans tous les cas, fut conduite avec une imprudence déplorable. On ne prit pas la peine d’étudier ces belles et dangereuses contrées où la puissante fécondité de la nature recèle tant de pièges pour l’homme. On attira, par de brillantes promesses, des cultivateurs de diverses provinces, et surtout des Allemands et des Alsaciens, plus disposés, selon les tendances des races teutoniques à l’émigration, que les paysans de langue française ; on les embarqua pêle-mêle avec bon nombre d’enfants perdus des grandes villes, propres, tout au plus, à des industries de luxe impossibles dans une colonie naissante, on les jeta sur les rives du Kourou et les îlots du Salut, dans la saison des pluies diluviales du tropique, sans avoir fait les préparatifs nécessaires pour les recevoir. Au lieu des maisons en bois qui leur étaient promises, on les entassa dans de mauvais hangars ; les vivres qui leur arrivèrent étaient avariés,- la mortalité se mit entre ces malheureux, et leurs tristes campements ne furent bientôt plus que des cimetières. Sur environ 12 000, peut-être 2000 au plus échappèrent, ils communiquèrent le fléau qui les dévorait aux anciens colons de Cayenne, qui furent décimés, et presque détruits à leur tour (1763-1764). Vers le même temps, une pareille tentative, sur une moindre échelle, coûta la vie à quelques centaines de pauvres gens qu’on voulut établir, sans précautions, à Sainte-Lucie. »
- Quand on connut, à Paris, ce désastre dont l’histoire m ériterait d’être contée tout au long* car il a eu des suites graves, et, sans doute, son souvenir, vague en partie, a contribué, pendant plus d’un siècle, à détourner les Français des entreprises coloniales, il fallut bien aviser à y remédier et tâcher de sauver les colons survivants. En conséquence, M. de Cboiseul envoya à Cayenne, M. Étienne-François Turgot ('), chevalier de Malte et frère du futur ministre de Louis XVI, pour soulager les malheureux colons dans la mesure du possible.
- M. Turgot demanda que Montucla lui fût adjoint en qualité de secrétaire, et, à ce titre, on joignit celui d’astronome du Roi. Onpensait, sans doute avec raison, que les leçons d’astronomie pratique que le P. Béraud avait pu lui donner l’auraient préparé suffisamment pour qu’il put déterminer la longitude et la latitude d’un lieu donné, et lever la carte du pays. Mais les malheurs de l’expédition ne laissèrent pas à l’astronome le temps de joindre ses propres travaux à ceux qu’il avait si bien décrits.
- On sait la suite : Turgot commença par faire arrêter l’intendant Thibault de Chanvalon qui, par ses prévarications, avait, pour une grande part, causé le désastre qu’il s’agissait de réparer. Mais quand, après quatre mois de séjour et trois de maladie, il revint en France rendre compte de ce qu’il avait vu ainsi que de ses actes personnels, il arriva bien à faire punir l’intendant, mais les bureaux du Ministère, furieux de n’avoir pu étouffer l’affaire (on voit que lés choses n’ont pas beaucoup changé), se vengèrent sur lui. — Étienne Turgot fut exilé par lettre de cachet ! — A partir de ce jour, il se consacra exclusivement aux études de botanique, qui l’avaient
- 1. lSTé en 1721, mort en 1789. Brigadier des armées du roi en 1764, et, à la mort de son frère aîné, marquis de Sous-mons, membre de l’Académie des Sciences. Voir son éloge par Condorcet, et le beau livre intitulé Turgot, oùM. Schellc étudié l’illustre contrôleur général et sa famille.
- toujours intéressé depuis sa jeunesse et, digne frère du grand Turgot, refusa la pension de 12 000 livres qu’on lui offrait en récompense de ses services passés.
- Cet événement, secondaire en apparence, eut des conséquences sérieuses; car, le contrôle général étant devenu vacant en 17-69, il fut question d’y appeler l’intendant de Limoges, mais Choiseul s’y opposa et le dépit lui fit déclarer que le grand économiste n’avait pas une « tête ministérielle ». Maynon d’Invau fut donc remplacé par l’abbé Terray, celui de tous les ministres des Finances de l’ancienne monarchie qui a laissé les plus mauvais souvenirs.
- Quant à Montucla, il ne put que seconder Turgot dans ses efforts pour réparer des malheurs dont il n’était pas cause. Toutefois, il recueillit des échantillons de certains végétaux précieux qu’il remit aux botanistes après son retour en France. Il ne semble pas que la relation qu’il avait écrite de son voyage ait été publiée.
- En somme, son absence dura quinze mois.
- Peu après son retour, l’amitié du célèbre graveur Cochin, qu’il avait jadis connu chez Jombert, lui valut la place de premier Commis des Bâtiments du Roi.
- Cette administration était une sorte de Ministère des Beaux-Arts, et sa direction était un des postes les plus enviés, car elle donnait l’occasion d’avoir de fréquents rapports personnels avec le souverain, les rois de France ayant généralement été, comme on sait, de grands bâtisseurs.
- Quand Montucla entra en charge, le Directeur des Bâtiments était M. de Marigny, frère de Mme de Pompa-dour, propriétaire du magnifique hôtel qui est aujourd’hui le palais de l’Elysée, résidence habituelle du chef de l’État. Montucla vécut en bons termes avec son premier Directeur. Plus tard, l’abbé Terray remplaça Marigny, et les fonctions du premier Commis perdirent beaucoup de leur importance, sans qu’il s’en plaignit.
- Peu après la mort de Louis XV, la Direction des Bâtiments fut confiée à M. d’Angivilliers, homme sensé et honnête, qui donna toute sa confiance à son premier Commis, dont il appréciait les lumières.
- Ainsi, quand Cassini IV voulut réunir les documents qui lui permettraient de reconstituer l’histoire de l’Observatoire de Paris, c’est Montucla que M. d’Angivilliers chargea de les rechercher. Ses recherches, par malheur, demeurèrent infructueuses, et c’est seulement de nos jours que ces documents ont été retrouvés et publiés, ainsi que nous l’apprend M. Wolf dans sa belle Histoire de VObservatoire de Paris.
- Dans les Mémoires pour servir à l’Histoire des Sciences, que Cassini IV publia en 1810, on voit que Montucla fut son plus précieux auxiliaire quand il s’agit de sauver le superbe édifice de Perrault, car l’Observatoire tombait littéralement en ruines.
- Lorsque, en 1787, Louis XVI commanda la belle statue de Cassini Ier qu’on voit à l’Observatoire, nul doute qu’il n’ait été inspiré, directement ou non, par le premier Commis des Bâtiments.
- Montucla resta en place pendant vingt-cinq ans, et ses travaux scientifiques s’en ressentirent, car il était trop consciencieux pour leur sacrifier les devoirs de ses fonctions.
- Le seul ouvrage qu’il ait publié, à cette époque de sa vie, est sa traduction de la relation du voyage d’exploration qu’avait fait, à travers l’Amérique septentrionale, encore bien peu connue, l’officier anglais Carver. Dans la préface de cet ouvrage, nous apprenons que l’auteur avait entendu, de la bouche de Turgot lui-même,, cette prédiction, qui se réalisa avant que vingt années se fussent
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- écoulées, que la conquête du Canada par les Anglais aurait pour conséquence nécessaire la perte de leurs colonies américaines.
- Mais la Révolution vint ; elle eut entre autres résultats fâcheux, celui de faire perdre sa place à Montucla qui, à coup sûr, n’était nullement responsable des abus de l’Ancien Régime, et qui avait certainement lutté contre ces abus daps la mesure du possible.
- En vrai philosophe, il reprit ses travaux intellectuels et prépara une seconde édition de son grand ouvrage.
- Chose singulière, il ne semble pas que les travaux administratifs ou scientifiques de Montucla aient pu le préparer à devenir un chef d’atelier ; n’oublions pas d’ailleurs que, en 1792, il était âgé de soixante-sept ans. Et, pourtant, Savinien Le Rlond nous apprend que « ses concitoyens vinrent le chercher dans son cabinet pour les diriger dans la foudroyante fabrication dont la France offrit pendant six mois un immense atelier ». Il est regrettable que Le Blond ne nous donne pas plus de détails sur ce point, et Biot, dans son Essai sur l’Histoire générale des Sciences pendant la Révolution fraii-çaise, ne nomme pas Montucla parmi les savants qui, avec Monge, Berthollet, Guvton de'Morveau, Fourcroy, Chaptal, organisèrent les ateliers où la défense nationale alla chercher des ressources. Il y a là un petit, problème historique à résoudre, à savoir de trouver de quelle façon et dans quelle mesure Montucla s’est1 mis au service de la patrie en danger.
- Quoi qu’il en soit, dès la création de l’Institut, Montucla fut appelé à en faire partie. Il n’avait point appartenu à l’ancienne Académie des Sciences, pour des raisons que nous ignorons, mais son biographe nous apprend qu’il avait eu « les secondes voix à la dernière nomination de l’Académie, pour la place de correspondant qui fut donnée à Dietrich ».
- Pour le dire en passant, il s’agit du célère baron de Dietrich, né à Strasbourg en 1748, décapité le 28 décembre 1793, et dans le salon duquel Rouget de Lisle chanta pour la première fois la Marseillaise. Dietrich était surtout un minéralogiste et un chimiste, Montucla un mathématicien ; mais, alors, on était moins scrupuleux sur les étiquettes qu’on ne l’est à présent —‘ Montucla fit partie de l’Institut en qualité d’associé, et, parce qu’il résidait à Versailles, il ne pouvait en être autrement.
- II ne semble pas que la vie de Montucla, passée dans une sphère élevée peu accessible au grand public, remplie en outre par des travaux scientifiques et historiques hors de la portée du plus grand nombre, ait pu le rendre populaire. Il l’était cependant et, apparemment, ne s’en doutait pas.
- « On sait, nous dit Le Blond, que dans l’an II toutes les administrations avaient été chargées de dresser des listes complètes de ce qui restait de gens ayant cultivé les sciences ou propres aux emplois. Tous venaient se faire inscrire, et Montucla semblait craindre d’être aperçu. La voix d’un ouvrier se fit entendre, et ce nom cher aux Sciences fut placé par toute la section en tète d’une foule insignifiante, trop inepte pour soupçonner même le contraste qui en résultait. »
- Quoi qu’il en soit, la Révolution avait eu pour Montucla cette conséquence qu’il était complètement ruiné, les fonctions qu’il exerçait ayant été supprimées. On voulut le nommer professeur de mathématiques dans une École centrale de Paris, le mauvais état de sa santé ne lui permit pas d’accepter. D’ailleurs, ce n’est pas à plus de soixante-dix ans qu’on débute dans l’enseignement, surtout dans l’enseignement élémentaire.
- La seule ressource dont il disposait dans les deux dernières années de sa vie élait un bureau de la loterie nationale — quelque chose comme un bureau de tabac. — A la mort de l’illustre physicien de Saussure, la pension dont celui-ci jouissait fut. accordée à Montucla, qui ne put en profiter. Il mourut le 27 frimaire an VIII (19 décembre 1799), d’une rétention d’urine, résultat d’une vie trop sédentaire.
- Outre sa veuve, il laissait une fille mariée depuis 1783, et un fils employé dans les bureaux du Ministère de l’Intérieur. Nous ignorons si les enfants de Montucla ont eu des descendants. En tout cas, il serait intéressant de savoir quel a été le sort de ses papiers où devait se trouver une correspondance précieuse échangée avec tous les savants de l’Europe.
- Les dernières années de Montucla furent bien tristes, il n’y a pas à en douter; elles l’auraient été davantage, si le travail n’eût été là pour le consoler.
- La première édition de son Histoire des Mathématiques s’arrêtait à la fin du xvn° siècle, à l’époque de Newton et de Leibnitz. On souhaitait vivement que cette œuvre fût prolongée et comprît la science du xviiic siècle, ce siècle qu’avaient illustré les Bernoulli, Euler, Glairault, d’Alem-bert, Lagrange et Laplace.
- Jérôme de Lalande était un de ceux qui insistaient le plus auprès de l’auteur pour qu’il complétât son ouvrage. Il se vante quelque part de l’y avoir forcé, et nous devons lui en être reconnaissants.
- Quand Montucla mourut, les deux premiers tomes de la nouvelle édition étaient imprimés. Ils comprenaient l’Histoire des Mathématiques jusqu’à l’année 1700, et étaient beaucoup plus étendus que les volumes primitifs. II y avait aussi les 500 premières pages du volume suivant qui étaient imprimées, mais le reste de la copie n’était point achevé. Avec son dévouement habituel à la Science, Lalande résolut de ne pas laisser incomplète l’œuvre de son ami. S’aidant des notes laissées par celui-ci, il parvint à publier les deux derniers volumes en 1802.
- Le quatrième est presque entièrement consacré à l’histoire de l’Astronomie et de la Navigation. Le portrait de Montucla accompagne VHistoire des Mathématiques, et Lalande, bien qu’il fût fort laid, a cru devoir y joindre le sien. Une chose étonnante, c’est qu’à cette époque, il se soit trouvé un libraire pour se charger d’une telle publication, alors que la vie était difficile pour tout le monde, et que les avances faites ne pouvaient rentrer qu’avec bien de la lenteur.
- Le livre de Montucla est un ouvrage précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des Sciences. Us n’ont qu’un reproche à lui faire : la difficulté qu’on éprouve à se le procurer. Un exemplaire en bon état de la seconde édition se vendait, il y a quelques années, jusqu’à trois cents francs ! Et il n’y a pas d’espoir que ce livre soit jamais réimprimé, car l’époque où il s’arrête est déjà trop ancienne.
- D’autres Histoires des Mathématiques ont paru au xix' siècle. Leurs auteurs ont assurément trouvé de grands secours dans celle de Montucla et n’ont pas toujours suffisamment reconnu ce qu’ils devaient à leur illustre devancier.
- Nous dirons, pour finir, que le 18 vendémiaire an VIII, le grand ouvrage de Montucla fut présenté au Corps législatif, qui l’accueillit avec faveur. Notre Parlement actuel serait sans doute bien surpris si un hommage de ce genre lui était offert.
- E. Doublet,
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- CHRONIQUE
- Les raisins sans pépins. — La présence, presque constante, de quelques grains sans pépins sur les grappes de presque tous les cépages a longtemps intrigué les viticulteurs. Les botanistes ayant expliqué que ces grains provenaient exclusivement de fleurs non fécondées, il n’en restait pas moins intéressant d’élucider comment certaines de ces fleurs pouvaient évoluer jusqu’à la fructification normale, aux pépins près, alors que d’autres se dessèchent et tombent presque aussitôt après la pollinisation. Même lorsque sont réunies les meilleures conditions, toutes les fleurs ne sont pas fécondées, car le hasard qui préside à la distribution du pollen, aidé en cela par le vent et les insectes, ne saurait suppléer à une main intelligente qui en déposerait un grain sur chaque ovaire. Le fait n’est d’ailleurs pas spécial à la vigne, puisque la possibilité a été envisagée, pour les céréales, de promener une corde tendue à hauteur des épis, ce qui déterminerait une véritable pluie pollinique, donnant à chaque fleur le maximum de chance d’ètre fécondée. C’est qu’en effet, pour les plantes cultivées, la non-fécondation se traduit par une perte sèche pour le cultivateur. Il n’en est pas autrement pour la vigne, et c’est pour cela que Pacottet a pu proposer, avec juste raison, deprocéder à des soufrages, d’ailleurs indiqués au printemps, contre l’oïdium, pour déterminer un ébranlement d’air favorable à la dissémination du pollen.
- Dans l’étude sérieuse qu’il a faite du phénomène, Muller Thurgau émit l’hypothèse fort plausible que la plus ou moins grande proportion des raisins sans pépins était sous l’étroite dépendance de l’abondance de sève sur chaque pied envisagé isolément. Que cette sève soit peu abondante ou peu riche, et qu’étant fécondées les fleurs en grand nombre l’accaparent tout entière dans leur évolution normale, le nombre est infime des grains sans pépins. Que la sève au contraire, très nutritive, circule abondamment et soit en excès, eu égard aux besoins de fleurs fécondées peu nombreuses, et la proportion des grains sans pépins s’élève considérablement. C’est donc une question de lutte pour la vie entre grains normaux et anormaux, lutte dans laquelle la nature a sagement disposé en faveur des premiers. En dehors, par conséquent, des circonstances qui déterminent, avec une mauvaise pollinisation, la possibilité de grains sans
- pépins, il y a, réglant le développement de ces derniers, la question primordiale de nutrition, ces grains anormaux ne pouvant croître que lorsque les besoins des grains normaux sont surabondamment assurés. Pour appuyer son hypothèse, Muller-Thurgau eut l’idée de se servir de l’incision annulaire de l’écorce dont tous les arboriculteurs savent tirer parti lorsqu’ils veulent faire grossir tel ou tel fruit par la suralimentation. Sur la vigne, le nombre de fruits sans pépins obtenu par cet artifice fut en effet plus grand, sans préjudice aucun pour les grains normaux, et ceci uniquement parce que l’excès de sève, retenu au niveau de la grappe, permet de se développer aux fleurs non fécondées qui, sans cela, se fussent desséchées.
- D’autres auteurs, Sannino, Tossati, entre autres, ont pu faire les mêmes constatations, que sont venues confirmer les recherches de Manaresi Angelo sur des variétés italiennes. L’influence de l’incision des sarments s’est encore manifestée par une proportion plus élevée des grains sans, pépins et surtout par une plus grande grosseur des fruits, avec ou sans pépins.
- Mais le poids moyen des grains normaux l’emporte de beaucoup sur les autres, et c’est dans cette différence de poids qu’il faut voir la cause de la réduction très sensible de récolte. Toutefois, celle-ci eût été bien plus accusée encore si ces grains sans pépins ne s’étaient pas développés, car ils n’en sont que le témoin et non la cause. Celle-ci étant uniquement une pollinisation défectueuse, on doit donc s’attacher à réunir toutes les conditions favorables à une bonne fécondation. Et comme la pollinisation artificielle, acceptable comme un pis-aller dans les serres où se fait la culture des raisins de luxe pouvant supporter des frais élevés, n’est pas pratique en viticulture ordinaire, l’auteur a essayé de l’artifice proposé par Pacottet. Par des soufrages effectués durant la dernière semaine de juin et la première semaine de juillet, il a sensiblement diminué les effets de la coulure par rapport à des témoins servant de comparaison. Mais c’est là un palliatif encore bien insuffisant et tout moyen susceptible d’améliorer la pollinisation (comme, par exemple, l’alternance des cépages prédisposés à la coulure avec des cépages qui y sont peu sujets) mérite d’être mis en œuvre. Francis Marre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1925.
- L’action du sulfate de soude pour le raffinage des matt.es. — Ces produits sont des sulfures complexes qu’on obtient par grillage des minerais et qu’on raffine pour en enlever notamment le fer, qu’on fait passer dans la scorie à l’état de silicate, par addition de sable et de sulfate de soude. M. Bogitch s’est préoccupé de déterminer le rôle exact de ce sel dans la métallurgie du fer, du nickel, du cuivre et du plomb. C’est au total un oxydant énergique (SO4 Na2->- SO2 -f- 0 + Na20) et d’autant plus que l’on doit faire intervenir, notamment pour le nickel et le fer, la décomposition du gaz SO2 (SO2-*- O2-)- S) ; ce qui fait que 1 kg de sulfate dégage plus de 112 gr. d’oxygène disponible, comme on pouvait lé croire d’après la première des réactions indiquées. Les expériences de M. Bogitch expliquent enfin pourquoi
- la méthode de grillage et réaction ne peut être mise en pratique dans la préparation du nickel.
- Le relief sous-marin du Golfe de Gascogne. — Une note de M. Fichot dissipe toute équivoque au sujet d’un plateau récemment signalé dans cette partie des eaux françaises. Sa non-existence est définitivement acquise depuis l’exploration faite, en août dernier, par le navire hydrographe Gaston Rivier, sous la conduite de l’ingénieur principal Gathenod. Les profils du relief sous-marin montrent, en toute certitude, que l’isobathe de 200 m., qui marque vers la pleine mer la frontière du plateau continental, n’a subi aucune modification depuis la détermination faite en 1828 par les élèves de Beautemps-Beaupré. Paul B.
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- 'fa.
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- UN AUTOBUS A HUIT ROUES MONTÉ SUR DEUX TRUCKS
- La question des transports en commun préoccupe tous les constructeurs et plus particulièrement en Amérique, d’où nous sont venus les énormes autocars aujourd’hui fréquents, notamment pour les excursions et le service des courses.
- Les autobus à six roues sont également très employés pour assurer de longs parcours et même certains services relient l’Océan Atlantique à l’Océan
- à protéger tous les organes délicats contre la boue et la poussière. Chaque moteur agit sur un essieu et l’on a ainsi deux roues motrices à l’avant et deux roues motrices à l’arrière.
- Il s’agit, bien entendu, de fournir le courant nécesr-saire pour alimenter ces moteurs et il ne faut pas songer à employer des batteries d’accumulateurs, qui constituent un poids mort considérable et qui
- Fig. i-
- Aspect général de l'autobus à huit: roues sur boggies.
- Pacifique et traversent tout le continent américain d’une façon permanente.
- Un nouveau modèle d’autobus dépasse en proportions tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Il est en effet monté sur huit roues, 4 à l’avant et 4 à l’arrière.
- Chaque groupe de 4 roues est monté sur une sorte de boggie sur lequel vient s’articuler le châssis au moyen d’une cheville ouvrière et de galets qui assurent la rotation facile de la carrosserie posée ainsi sur deux supports extrêmes.
- Le mécanisme qui produit la rotation des roues doit être naturellement tout à fait particulier, puisqu’il n’y a aucune liaison mécanique entre les deux trucks. La Yersare Corporation qui a imaginé ce véhicule a eu recours au moteur électrique.
- Sur chaque truck, au centre, se trouve placé un moteur de 20 ch, alimenté par du courant a 175 volts. Les moteurs sont parfaitement blindés de manière
- exigent des recharges longues, ainsi que des batteries de rechange.
- L’avant de l’autobus porte un moteur à essence de 100 ch environ. C’est un 6 cylindres qui actionne, par l'intermédiaire d’un embrayage, une génératrice électrique montée dans son prolongement.
- Cette génératrice fournit ainsi le courant nécessaire aux moteurs de traction.
- Bien [entendu la voiture est équipée électriquement d’une façon complète. Elle comporte deux petites génératrices de 600 watts à 32 volts et une batterie d’accumulateurs de 15 éléments d’une capacité de 155 ampères-heure. Les génératrices et cette batterie assurent l’équipement électrique de la voiture pour les différents accessoires.
- Les vitesses variables du véhicule sont assurées par les moteurs électriques de traction sur lesquels agit un contrôleur qui peut brancher diffé-
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- 48 .: UN AUTOBUS A HUIT ROUES MONTÉ
- Fig. 2. — Vue d’un boggie montrant tes galets servant à la rotation du châssis.
- remment les moteurs sur le courant d’alimentation.
- La vitesse maximum que l’on puisse atteindre est de 50 milles à l’heure, ce qui est déjà considérable pour un véhicule de cette importance. Il faut compter raisonnablement sur une vitesse de 25 milles. La vitesse moyenne, avec 8 arrêts par mille de 10 secondes chacun, arrive à 11 milles à l’heure, bien entendu sur un terrain plat.
- La voiture est équipée avec trois systèmes de freins indépendants. Tout d’abord un frein à air automatique Westinghouse, qui peut s’appliquer sur les huit roues ; un frein à main est à la disposition du conducteur pour les arrêts et les stationnements de longue durée ; en plus de ces deux freins, un frein électrique est monté dans le circuit électrique d’alimentation.
- Un réservoir d’essence contient 40 gallons et il est placé sous le châssis au centre. L’air nécessaire pour assurer la distribution d’essence sous pression est fournie par un petit compresseur.
- Ce véhicule formidable dispose de 44 places assises, il peut contenir également 52 passagers debout, ce qui fait un total de 96 voyageurs transportés.
- Il peut ainsi véhiculer un poids de 45 tonnes, ce qui, somme toute, est à peu près le même que celui d’une grande voiture de tramway.
- Huit ressorts puissants absorbent les chocs de la route et protègent les organes du châssis.
- La longueur totale est près de 13 m. 50. Les roues montées avec bandage caoutchouc ont un diamètre de 75 centimètres. La distance de centre en centre des trucks est de JO mètres. Le poids total du véhicule est de 16 tonnes.
- 11 est possible, grâce aux articulations avant et arrière, de faire
- SUR DEUX TRUCKS ____________
- tourner cette immense voiture sur une courbe de 15 mètres de diamètre.
- Les trucks ne peuvent pas obliquer d’un angle supérieur à 45° par rapport à l’axe de la voiture et la direction est assurée par le conducteur au moyen d’un volant, comme dans un véhicule automobile ordinaire.
- En dehors de sa grande capacité de transport et de sa facilité de virage sur des courbes de faible rayon, cet autobus présente l’avantage, grâce à la transmission électrique aux deux moteurs de traction, de simplifier considérablement le mécanisme, d’éviter en particulier le système délicat du changement de vitesse.
- Cet organe est en effet ici superflu, puisque la vitesse peut être réglée par le contrôleur électrique, le moteur à essence tournant toujours à une vitesse de régime avec un rendement maximum. Il est d’ailleurs possible de réduire la vitesse de ce moteur à essence et par conséquent de diminuer la tension du courant d’alimentation.
- On comprend facilement qu’il y ait un grand nombre de combinaisons possibles, surtout sur un châssis de cette importance où l’on dispose d’une place suffisante pour loger des organes électriques n’exigeant qu’un faible encombrement. Il est intéressant aussi de constater le retour en faveur de la formule de la transmission pétroléo-électrique, essayée dès les débuts de l’automobilisme, puis abandonnée, mais que l’accroissement de tonnage des véhicules a obligé à reprendre. f E. Weiss.
- Fig. J.
- Boggie où Von voit les dispositions du moteur électrique au centre.
- Le Gérant ; P. Mwsow, — Imprimerie Lahbbe, 9, rue de Fleurus, Pun», — 1925.
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- N° 2703
- 23 Janvier 1926
- LA NATURE
- o
- SOMMAIRE :
- La jonction géodesique de la Corse et de la France continentale : A Troller.
- Préface à une initiation biologique : Dr Max Aron.
- Graissage scientifique en chronométrie : Léopold Reverchon.
- Académie des Sciences : Paul B. — L’édition cinématographique : G. Mareschal.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T.^S. F. — Science appliquée : Automobilisme^etc. — Variétés. Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C'*, Éditeurs, i îo, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (7Ç. C. : Seine tS.s3^)
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- applicable à partir du i" octobre iq?5, après mise en vigueur des nouveaux tarifs postaux.
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- LA NATURE — N° 2703. — ' ' ' 23 JANVIER 1926
- LA JONCTION GÉODÉSIQUE DE LA CORSE ET DE LA FRANCE CONTINENTALE
- En 1879, les gouvernements français et espagnol faisaient exécuter la jonction géodésique de l’Algérie et de l’Espagne par les missions confiées d’une part pour la France au colonel Perrier, au commandant Bassot et au capitaine Defforges ; d’autre part, pour l’Espagne, au général Ibanez, au colonel Barraquer, aux commandants Puigcerver, Borrès et Pinal, au capitaine Cebrian et à MM. Merino etEsteban, astronomes. En mai dernier une séance solennelle à la
- La géodésie poursuit un double but : le premier, de caractère essentiellement pratique, est la description _ géométrique du sol d’un pays, c’est la base même de tous les travaux topographiques et cartographiques ; le second, de caractère scientifique pur, est la détermination de la forme et des dimensions du globe terrestre, ainsi que des anomalies locales qu’elles peuvent présenter. 11 y a du reste intime corrélation entre ces deux ordres d’études.
- .iLivourne
- Couc/on
- 702
- imbino
- Mon/te Cinr 2710?
- m Monte ^ Rotoni 2625?
- Echelle
- O 10 20 30 40 30-
- nilomètres
- Fig. i. — Jonction géodésique directe de la Corse à la France Continentale.
- Sorbonne a rappelé cette opération à propos du centenaire de la naissance du général Ibanez, qui fut d’ailleurs créé Marquis de Mulhacèn (du nom du sommet culminant du quadrilatère de jonction) à la suite de cet événement scientifique.
- Le Tome XIII du Mémorial du Dépôt de la Guerre (Paris, lmp. Nationale, 1887) est entièrement consacré à ces opérations.
- Cet exploit, resté célèbre à juste titre, vient d’être renouvelé, au cours de l’été dernier, par M. Paul Ilelbronner qui a réussi à effectuer la jonction géo-désique de la Corse à la France continentale. .
- Quelques explications préliminaires nous paraissent indispensables pour bien faire comprendre le haut intérêt scientifique et national qui s’attache à cette opération.
- Pour établir la carte d’un pays, il faut s’appuyer sur un réseau géodésique>et la valeur de la carte dépendra, avant tout, de l’exactitude de ce réseau. Pour dresser la carte de France, dite de l’Etat-Major, les ingénieurs géographes de l’armée ont tracé d’abord un réseau fondamental qui comporte une sorte de large quadrillage du pays, constitué par trois méridiennes et un certain nombre de parallèles formant autant de chaînes géodésiques dans les mailles desquelles se sont intercalées des chaînes complémentaires.
- Voici eh gros comment l’on opère : on mesure d’abord, avec le maximum de précision et une fois pour toutes, la largeur d’une base de quelques kilomètres. On mesure les coordonnées astronomiques du point de départ de la chaîne et
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- l’orientation du premier côté. On procède ensuite par triangulations successives : la base formera par exemple le côté d’un premier triangle, côté de départ. De chacun de ses sommets on vise une mire établie en un troisième point convenablement ohoisi ; de ce sommet on visera, à leur tour, les mires des deux premières stations.
- On détermine ainsi les angles de ce triangle et l’on en calcule les côtés ; ceux-ci, à leur tour, servi-
- points intéressants visibles d’une station, mesures d’angles zénithaux au théodolite, pour mesurer les altitudes.
- Les points géodésiques sont matérialisés sur le terrain par une construction dite signal géodé-sique; elle comporte en général une solide construction en maçonnerie encastrant le repère, un pilier, le plus souvent dans l’axe de ce repère, pour supporter les instruments d’observation, et, sur-
- Fig. 2.
- Sommet du Monte-Cinto ; altitude 2707 m. point culminant de la Corse.
- Au sommet : signal gèodèsique d’acier en forme de pyramide. On est en train de le garnir de panneaux en planches qui en masquent le pilier. Les panneaux créeront un abri facilitant les observations de nuit ; ils sont percés d’échancrures permettant des visées sur les cinq foyers lumineux à observer la nuit. Au premier plan, le refuge Ilelbronner du Cinto. Au deuxième plan Mlle Jacqueline I-Ielbronner, le chel-cuisinier et Prosper Faure, guide chef des expéditions. Sur la table, prés du refuge, les piles Wileff destinées à alimenter un projecteur lumineux
- installé dans 1’
- ront de base pour la visée de nouveaux sommets et le calcul de nouveaux triangles et ainsi de suite de proche en proche. Ces triangles, dont les angles et les côtés sont connus, fournissent le moyen de calculer les coordonnées géographiques : latitude et longitude, de leurs sommets. On mesure, en outre, sur le terrain, l’altitude de ceux-ci. On possède alors les données nécessaires pour repérer avec précision la position de ces divers points par rapport au géoïde.
- Les observations consistent essentiellement en mesures d’angles : tours d’horizon au théodolite ou au cercle azimutal, instrument plus précis, pour déterminer les directions des divers signaux et
- axe du signal.
- montant le tout, une mire sur laquelle les stations voisines dirigent leurs visées.
- La géodésie purement scientifique procède par les mêmes moyens en y appliquant le maximum de précision. Sa grande tâche est la mesure précise de longueurs d’arcs de parallèles ou de méridiens. On sait que c’est par la mesure de deux arcs de méridien, l’un en Laponie, l’autre en Equateur, que l’on a pu déterminer le sens et la valeur de l’aplatissement de la Terre. L’établissement du système métrique a exigé la mesure d’un arc de méridien compris entre Dunkerque et Perpignan, effectuée par Delambre et Méchain, de 1792 à 1798.
- Dans une période plus récente (1899-1906), la
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- France, sous le haut contrôle de son Académie des Sciences, s’est vu confier, par l'Union Géodésique Internationale, la mission de la mesure d’un arc de méridien dans la région équatoriale de l’Amérique. Les données accumulées au cours des campagnes de géodésie pratique contribuent, lorsqu’elles offrent les garanties de précision nécessaires, à contrôler et à compléter les résultats acquis par la géodésie théorique.
- Les travaux géodésiques exigent de nombreuses
- commencés en 1818, se sont poursuivis surtout dans la première moitié du siècle dernier ; les stations en montagne offraient alors des difficultés énormes, parfois insurmontables, aux officiers géodésiens qui, notons-le en passant, ont été souvent les précurseurs de l’alpinisme. En outre, ces régions alors deshéritées n’offraient qu’un médiocre intérêt économique, et une précision rigoureuse ne paraissait pas indispensable pour leur cartographie. La
- Fig. 3. — Sommet du Monte Rotondo (2625 m.).
- Refuge Helbronner construit pour le séjour pendant les semaines d’observation et de projection.
- et souvent pénibles campagnes sur le terrain, suivies de longs, complexes et minutieux calculs effectués au bureau. Ce sont donc toujours des œuvres de longue haleine, qui incombent en général à des organismes publics, comme notre Service Géographique de l’Armée.
- M. Paul Helbronner, depuis plus de 20 ans, consacre toute son activité à une œuvre grandiose de géodésie à la fois théorique et pratique, à savoir : la description géométrique détaillée des Alpes Françaises. La jonction de la Corse au Continent est un brillant épisode dans l’histoire de ce travail, poursuivi avec une science, une ténacité et un désintéressement admirables.
- Lors de l’établissement du réseau géodésique qui sert d’ossature à nos cartes nationales, les régions montagneuses, les Alpes notamment, ont été un peu négligées. La chose s’explique aiséipent: les travaux,
- situation a bien changé depuis lors : la bouille blanche, le tourisme, l’alpinisme ont fait des régions alpestres un centre économique de première importance : routes, chemins de fer, captages de chutes, usines, constructions de tous genres s’y sont multipliés et, au cours de leur exécution, on eut trop souvent à déplorer l’onéreuse insuffisance des cartes existantes, ainsi que leur infériorité par rapport à celles des pays limitrophes.
- M. Helbronner, en 1902, a entrepris de réparer cette infériorité et de tendre sur les Alpes Françaises à la fois une chaîne méridienne géodésique de haute précision, et un réseau secondaire extrêmement serré. Chaque année, à la belle saison, suivant un plan méthodique, il organise une campagne sur le terrain, il fait des stations prolongées sur des sommets difficiles et souvent dangereux ; il exécute lui-même toutes les observations ; il fait construire les
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- signaux; on imagine aisément au prix de quel labeur, étant donnée la difficulté d’accès des matériaux ; puis le reste de l’année il se consacre aux calculs, aux mises au net, ainsi qu’au perfectionnement des instruments et des méthodes. 19 campagnes, représentant 55 mois d’opérations, 1680 stations occupées, dont 151 au-dessus de 5000 mètres, 20000 kilomètres carrés, les plus accidentés de France, couverts par ces triangulations qui donnent la définition du sol par un nombre de positions précises dépassant 10000 ; la publication de J 2 volumes d’observations en cours de publication et de deux •albums annexes, comprenant notamment un magnifique panorama en couleurs du Mont-Blanc, dont La Nature a déjà parlé, tel est le bilan de l’effort, soutenu pendant vingt années de travail, par un homme seul, sans autre interruption que celle des années de guerre.
- Il faut ajouter que cette œuvre, d’un intérêt public évident, a été entièrement exécutée aux frais de M. Helbronner. Elle n’a pas coûté un centime à l’Etat dont le concours s’est limité au prêt d’équipes de travailleurs militaires.
- En 1924, M. Helbronner achevait l’établissement de sa méridienne des Alpes, qui s’étend aujourd hui du Léman à la Méditerranée, par-dessus les Alpes Françaises auxquelles elle s’accroche par 75 stations fondamentales. Cette armature de haute précision, sur laquelle se greffent de nombreux réseaux de détail, s’étend sur 400 km., du nord au sud, et s’épanouit, au voisinage du littoral, sur près de 200 km. de l’est à l’ouest. L’erreur probable maxima, sur cçs 400 km., ne dépasse pas 1 mètre. Cette précision a permis à M. Helbronner d’établir sur la côte provençale une grande base de départ en vue de la jonction avec la Corse.
- La Corse, jusqu'ici, netait point rattachée à la France Continentale. Pour établir la topographie de la grande île, il avait fallu &e rattacher à la triangulation italienne aboutissant aux îles d’Elbe et de Capraia. Encore ce rattachement était-il entaché de discordances atteignant le 1/2000e de la distance, chiffre peu admissible pour un enchaînement géo-désique de premier ordre. Ainsi la position exacte de la Corse n’était pas fixée. Incertitude fâcheuse du point de vue cartographique et topographique, fâcheuse également du point de vue scientifique pur ; car la Corse, territoire isolé, possédant un système de montagnes très puissant et de direction régulière, offre un terrain d’études précieux pour de nombreux problèmes géophysiques, notamment celui des déviations de la verticale, mais sous condition préalable que sa situation géographique soit exactement déterminée.
- . Toutes ces raisons étaient vivement ressenties aussi bien en France qu’en Italie. La Commission géodésique italienne proposait naguère, à notre Service Géographique de l’armée, de souder géodésique-ment la Corse à la côte italienne entre Gênes et Livourne, opération qui eût permis de réaliser la
- mesure d’un arc de méridien de 7 degrés et demi environ, s’étendant du monte Cramosino dans les Alpes Centrales à l’île del Toro.
- L’opération qui vient d’être si heureusement réussie par M. Helbronner a, au point de vue français, l’avantage de relier directement la Corse au territoire national. Elle permettra, en outre, la mesure d’un arc de méridien passant par-dessus les Alpes et compris entre deux parallèles écartés de plus de 550 kilomètres, elle apportera ainsi une précieuse contribution à l’étude générale de l’aplatissement et de la grandeur du rayon terrestre.
- Passons maintenant aux détails de la jonction.
- Lors de la jonction Espagne-Algérie, on disposait sur chaque rivage de côtés de départ sensiblement parallèles. A chaque extrémité, placée à dessein sur un point dominant, on produisait des signaux lumineux et l’on effectuait des visées surles signaux émis par les autres stations. On mesurait donc en chaque sommet du quadrilatère les deux angles compris entre les directions observées sur les 5‘ autres sommets. Grâce à la forme du quadrilatère ces lectures d’angle donnaient toutes garanties de précision.
- Pour la Corse, il n’en allait pas de même; il était impossible, en raison de l’orientation du relief, d’y trouver une ligne de points culminants suffisamment longue et à peu près parallèle à la côte de Provence. Le problème était donc plus complexe.
- M. Helbronner l’a résolu en constituant non plus, comme dans la jonction hispano-algérienne, un quadrilatère à deux diagonales, mais une figure complexe (voir fig. 1) s’attachant à 4 stations de départ sur le Continent et à 5 stations en Corse ; ce qui donnait la possibilité d’observer non plus 8, mais une vingtaine d’angles dont la moitié était suffisante pour offrir déjà des conditions surabondantes pour l’exécution des calculs définitifs.
- Les stations choisies sur le Continent étaient le fort du Coudon, près de Toulon (altitude : 702 m.j, le sommet de la Sauvette (779 m.) et les forts du Mont-Chauve (840 m.) et du Mont-Agel (1149 m.), appartenant à la place de Nice.
- Les stations choisies en Corse étaient le Monte-Rotondo (2625 m.), le Monte-Cinto (2710 m.), point culminant de la Corse, et le Monte-Stello (1505 m.).
- L’équipement des stations continentales était relativement aisé, celui des trois forts, surtout, en raison des commodités d’accès, d’habitation et d’installation. On y amena des projecteurs de la guerre ou de la marine, à miroirs ou à lentilles, éclairés par des lampes électriques à incandescence. Pour alimenter celles-ci, on se servait de batteries d’accumulateurs rechargées au moyen des groupes électrogènes des forts. La station de la Sauvette, d’accès un peu plus difficile, était naturellement dépourvue de groupe électrogène fixe; M. Helbronner, dans cette station comme dans celles de Corse, a eu recours, pour éclairer la lampe à projecteur, à du courant fourni par trois batteries de 50 piles Wylef ;
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- ces piles à oxyde de cuivre ont la propriété de se régénérer par chauffage ou même par simple exposition solaire, rendant à l’élément cuivre l’oxygène occlus perdu pendant la décharge.
- L’émission lumineuse des projecteurs était, suivant le type de projecteur employé, de 4 à 10 millions de bougies.
- Les miroirs utilisés furent de dimensions très variables : au fort de Coudon, le miroir avait 1 m. 10 de diamètre; au fort du Mont-Agel, on plaça un
- Au début d’août, tout était prêt, et M. Helbron-ner gagnait le refuge du Rotondo pour y attendre une nuit propice aux observations; attente angoissante, nous confie l'éminent géodésien. « Si, en effet, dit-il, je ne devais pas apercevoir, dans les nuits qui allaient suivre, les lumières' de mes projecteurs, c’étaient les efforts moraux et matériels des derniers mois qui devenaient inutiles... Si, au contraire, la réalisation des visibilités espérées justifiait les longues et importantes dispositions que j’avais
- *ig- 4-
- Au sommet du Monte Stello (i3o5 m.)
- Projecteur de o m. 6o avec sa lampe de ioo bougies. Pilier maçonné. Mire d’acier.
- projecteur R. C. A. sur le miroir de 1 m. 50; au fort du Mont-Chauve, on utilisa un projecteur à lentille de 0 m. 60 et aux quatre autres stations on équipa des miroirs deOm. 60.
- L’équipement des stations de Corse se heurtait par contre à de grosses difficultés; il fallait aux 5 sommets édifier des mires métalliques, des piliers maçonnés et les constructions nécessaires à un habitat prolongé, puis monter les projecteurs et leurs encombrantes batteries de piles. Il fut nécessaire de créer des chemins muletiers, des sentiers et des pistes indispensables aux caravanes de construction et de ravitaillement.
- Pendant 6 mois, une dizaine d’officiers et un détachement de 200 hommes du 175e d’infanterie furent employés à ces travaux préparatoires.
- prises, c’était la satisfaction immense obtenue de la résolution du grand problème scientifique et national auquel je m’étais audacieusement attaqué. »
- l/attente à la première station, celle du Rotondo, dure 6 jours ; mais la nuit du 6 au 7 août apporte enfin le succès : le feu du Stello, à 70 km., brille avec une intensité éclatante; les projecteurs du Cou-don et de la Sauvette sont visibles, celui du Coudon, notamment, apparaît sans discontinuité jusqu’à 4 heures du matin, à plus de 271 km. de distance, permettant de battre tous les records de longueurs de visées observées jusqu’ici sur la Terre dans une opération géodésique. Les visées se poursuivirent dans la nuit du 9 au 10, et dans celle du 12 au 13 août.
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- 54 -_______PREFACE A UNE INITIATION BIOLOGIQUE
- Le 17 août, au sommet du Monte-Cinto, commence une nouvelle période d'attente, troublée par de violents .orages qui bouleversent le refuge £t le rendent inhabitable ou couvrent le sol de 15 cm. de neige. Mais la nuit du 25 au 24, celle du 26 au 27 août et celle du 27 au 28, permettent trois magnifiques séries de visées sur leStello, et sur les quatre projecteurs du Continent.
- La station du Stello est occupée du G au 15 septembre; d’excellentes visées y sont faites sur le Mont-Chauve et le Mont-Àgel. Enfin les stations continentales étaient occupées du 20 septembre au 4 novembre. La jonction géodésique est alors un fait accompli.
- Les premiers dépouillements des observations montrent que la précision recherchée a été entièrement obtenue. Le 1er janvier 1926, les calculs définitifs de la compensation analytique se terminaient, accusant une précision moyenne d’une seconde sexagésimale par angle observé .
- Il convient, enfin, d’ajouter que M. Ilelbronner a profité de son séjour en Corse pour y poursuivre le prolongement de sa méridienne des Alpes, et qu’au cours de ses stations sur les sommets de l’ile, il a effectué de nombreuses visées lui permettant de se rattacher au réseau géodésique italien en Sardaigne et sur les 5 îles de l’archipel Toscan : Monte-Cristo, Elbe, Capraïa. A. Troller.
- PREFACE A UNE INITIATION BIOLOGIQUE
- Les directeurs de La Nature ont estimé qu’une chronique biologique a ait sa place dans une revue vouée, par son titre même, à enregistrer les progrès de toutes les sciences qu’on est convenu d’appeler « naturelles », et ils m’ont fait l’honneur de m’ouvrir, pour la rédiger, l’accès de ces colonnes. Initier mes lecteurs à l’état actuel d’une discipline en pleine évolution, née il y a un siècle à peine, et dont les acquisitions essentielles datent d’hier, c’est là une tâche dont je ne méconnais pas le péril. A celui qui l’entreprend, il n’échoit pas seulement la nécessité d’adopter, au milieu de questions disparates, parmi d’innombrables documents, une série de sujets qui composent une mise au point suffisamment homogène et complète, mais encore celle de les dépouiller des broussailles d’un vocabulaire trop ésotérique ou d’une technicité trop ardue. Il importe en tout cas qu’avant de voguer sur des ilôts où d’insidieux courants risquent de nous entraîner à la dérive, nous fixions exactement notre but et que nous prenions toute garantie sur la sûreté des pilotes et la solidité du navire.
- La biologie ne constitue pas une règle que l’on puisse, dès l’abord, définir en termes stricts, et encadrer de rigides frontières. Elle embrasse en réalité tout un complexe de sciences variées que groupe, autour d’une appellation identique, une certaine communauté d’orientation. Fixer notre but, savoir où nous nous dirigeons, c’est, parmi ces sciences, opérer notre choix: c’est retenir, de leurs données, celles qui nous sembleront les plus propres à être réunies sous le signe biologique, dans ce que ce vpcable évoque de fondamental et de général. Est-il nécessaire de rappeler que l'étymologie du mot « biologie » le consacre à exprimer l’étude de la vie. Problème audacieux! Perspective sans limites! A accepter celle signification, nous devons reconnaître que les biologistes dignes de ce nom ont disparu de notre temps. Sans doute les faut-il chercher aux époques les plus reculées de l’histoire de la pensée, et les découvrir parmi ces précurseurs, capables d’avoir emprisonné, en de puissantes synthèses, tout le système du monde organisé. Biologistes, parmi les premiers, Anaximandre et Anaxi-mène de Milet. Biologistes, Empédocle, et Démocrite, et Epicure. Biologiste plus que tous, l’auteur de l’harmonieux poème où, joignant une hardiesse de pensée qui confond à une sérénité qui émeut, Lucrèce ose expliquer la vie et la mort. Il est équitable d’ajouter, à la décharge de notre époque, que ces féconds génies ont puisé, à la
- source vive de leur imagination bien plus que dans l’observation des phénomènes, les principes des doctrines qu’ils ont construites. De nos jours la science a d’autres rigueurs. La multiplicité des méthodes et des techniques, l’abondance de la documentation amassée par nos devanciers dans toutes les branches du savoir, impliquent de lentes et laborieuses initiations à chacune d’elles, et exigent une étroite spécialisation. La biologie singulièrement s’est morcelée. Il n’existe plus une science biologique, on ne saurait évoquer que des sciences biologiques. Le zoologiste étudie les êtres organisés à travers la série animale, décrit des types, établit des comparaisons, édifie des généalogies et s’élève ainsi aux grandes notions de lignées, de phyllums, propres à éclairer le problème de l’évolution. Le prolistologue, en portant ses investigations dans le monde infini des unicellulaires, remonte aux sources mêmes de cette évolution. L’anatomiste, lorsqu’il confronte les pièces squelettiques d’espèces différentes et suggère d’instructifs rapprochements, le physiologiste, lorsqu’il approfondit le mécanisme d’une fonction, font, eux aussi, de la biologie. Parmi tous les chercheurs, susceptibles de revendiquer la même dignité, il me faut, sous peine d’étendre outre mesure une telle énumération, en négliger de nombreux, et non des moindres, et je ne puis que vouer à l’injustice d’une trop rapide citation l’embryologiste, le chimiste, l’entomologiste, le paléontologiste même.... Que ceux que j’oublie me soient indulgents.
- Puisqu’il paraît téméraire de parler de science biologique une et indivisible, du moins avons-nous le droit de nous demander si tant de voies ne convergent pas en quelque carrefour ; si ces disciplines particulières, ces Ordres mineurs, ne sont pas dominés par un Ordre majeur, auquel chacun d’eux doive sa part contributive. Quand le zoologisle drisèque un insecte ou bien examine un poisson avec le dessein de le classer systématiquement, quand le physiologiste envisage les modalités du rythme respiratoire d’un mammifère, quand l’embryologiste fixe les étapes du développement du cœur, on ne saurait certes assigner de commune mesure à leurs préoccupations ni de même tendance à leurs efforts. Mais que le zoologiste vienne à porter son attention sur l’évolution des cellules germinatives du poisson ou de l'insecte en cause, que le physiologiste considère, chez le sujet auquel nous l’avions vu s’adresser, les phénomènes intimes de la nutrition des tissus, que l’embryologiste
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- s’applique à élucider les facteurs de l’ontogenèse, alors ces savants ne se trouvent plus séparés par d’imperméables cloisons. Leurs buts se rapprochent. Au lieu d’étudier, chacun dans sa sphère, des structures ou des activités particulières à un groupe limité de la série zoologique, ils abordent des problèmes qui se posent, sous une forme identique, à propos d’un nombre immense d’êtres vivants. Ce n’est plus d’une biologie spéciale, c’est de la biologie générale que désormais relèvent leurs travaux.
- S’il en est ainsi, nous devons reconnaître qu’une branche des sciences biologiques ouvre, plus constamment, et, qu’on me permette ce mot, plus électivement qu’aucune autre, l’accès à ces hauteurs d’où se découvrent de larges horizons. Je l’ai tue jusqu’ici, et c’est à peine si je l’ose désigner, tant je redoute, célébrant une discipline que je sers depuis nombre d’années, d’encourir le titre d’orfèvre. Que du moins l’on consente à entendre, pour ma justification, ses mérites. L’histologie, puisqu’il me faut enfin l’appeler par son nom, consiste, chacun le sait, en l’étude des cellules, ainsi que des tissus et organes que les cellules composent en s’unissant. La notion de cellule est à la base de toute étude histologique. Elle domine, qui plus est, la biologie entière. La cellule représente, en effet, l’unité de matière vivante. Envisager son organisation, sa structure; rechercher comment et sous quelles influences elle se multiplie, capable ainsi d’édifier les organismes les plus complexes ; savoir les causes qui régissent ses différenciations, quand en de tels organismes elle acquiert, avec une fonction particulière, des caractères spéciaux; considérer les groupements ' élémentaires ou tissus qui résultent de cette différenciation; analyser les influences réciproques qui s’exercent entre eux, ainsi qu’entre les organes dont ils sont les éléments : n’est-ce pas aborder, par son principe même, le problème biologique? La vie de tous les êtres organisés, animaux et plantes, n’est faite que de la vie élémentaire des cellules qui les constituent. Il incombe à l’histologiste d’assumer leur étude et d’explorer les prodigieux édifices dont elles sont à la fois la matière et les artisans. La perspective, on le reconnaît, s’ouvre vaste et attirante. Aux sujets que je viens de mentionner, d’autres d’ailleurs s’ajoutent, dignes aussi d’ardente curiosité. Du domaine de l’histologie ressortent les nulle problèmes de la sexualité : origine et évolution des gamètes, fécondation, déterminisme du sexe; de lui toujours l’étude des causes qui, le sexe une fois fixé, conditionnent les différences entre individus mâles et femelles ; de lui enfin l’abord, à son origine cellulaire, de ce mystère plus troublant que tout autre, l’hérédité.
- Je m’étais proposé d’éclairer notre but. Le voilà désormais en vue. L’histologie, dans ce que cette science a de plus fondamental, fera la substance de nos causeries, et les grandes lignes de notre programme sont implicitement tracées dans les indications qui précèdent.
- J’avais pris un autre engagement. Je m’étais promis de rassurer mes lecteurs sur la stabilité du navire qui va nous emporter, sur la sûreté de ses pilotes. Qu’une fois encore on me pardonne ces images.
- Par elles j’ai voulu signifier qu’au seuil d’une initiation biologique, il n’est pas sans intérêt de connaître la valeur des méthodes auxquelles nous devons nos connaissances, ni sans importance d’être renseigné sur l’esprit qui anime et sur les tendances qui dirigent les chercheurs.
- L’histologie a longtemps pris place parmi les sciences purement morphologiques. Son objet, c’était la contemplation des formes inertes, des tissus préparés par des
- méthodes qui toujours les tuent et parfois en altèrent la structure. Pour être à même d’entreprendre la réalisation du plan ambitieux dont je viens d’indiquer les points essentiels, elle a dû s’évader hors de ses frontières primitives. Après la statique, c’est la dynamique cellulaire qu’elle a rangée parmi ses préoccupations. Ses propres méthodes, dont celle des coupes fines et colorées de pièces préalablement fixées est la plus répandue, lui sont devenues insuffisantes. S’agil-il de scruter l’organisation vitale de la cellule, le jeu intime de ses activités essentielles, elle recourt à la physico-chimie, qui, en lui révélant l’état colloïdal du protoplasma et du noyau, lui permet d’approfondir chaque jour davantage les propriétés de la matière vivante. La chimie organique l’aide à déceler, au sein des tissus, les substances variées issues de leur métabolisme. C’est à la physiologie qu’elle s’adresse quand elle tend, non plus à considérer en eux mêmes des aspects, mais à découvrir leur raison d’être. L’histologie s’est rangée parmi les sciences expérimentales. A cette orientation nouvelle elle doit, non seulementd’avoir élargi considérablement son domaine, mais encore, et surtout, d’avoir renforcé ses moyens d’investigation et affermi ses éléments de certitude. Tant que la morphologie s’appliquait à la seule description des structures, des textures, des architectures qui expriment les divers états de l’organisation, elle risquait double critique : celle de prendre pour objets des pièces nécessairement soumises, au préalable, à l’injure des réactifs qui les préparent, et celle de se prêter à l’interposition, entre ces pièces et les yeux qui les explorent, d’un élément de subjectivité propre à égarer le jugement. Je sais bien qu’aucun de ces reproches n’a de valeur décisive. Les histologistes savent faire la part des artifices susceptibles de les tromper. Quant à l’emprise humaine, trop humaine, des tendances individuelles sur lafaculté d’observer, elle n’est pas l’exclusif et douloureux apanage de la microscopie. Il n’en est pas moins vrai que l’expérimentation soustrait, dans une large mesure, celui qui la pratique à de tels motifs de méfiance. Les histo-physiologistes, pour aboutir à des conclusions fermes, ne se contentent pas d’une expérience unique sur un sujet donné. Leur devoir — comme ont su le leur enseigner les physiologistes, leurs frères aînés — est de la répéter, d’en modifier les conditions, de « cent fois sur le métier remettre leur ouvrage ». Voilà qui est bien propre à restreindre, jusqu’à le rendre négligeable, le « coefficient de subjectivité ». Une bonne expérience est celle qui, publiée avec tous les détails de la technique qu’elle a mise en œuvre, peut et doit être reproduite, avec des résultats identiques, par quelque autre chercheur que ce soit. Incontestable supériorité sur l’observation purement morphologique ! Un fait histologique nouveau est-il découvert grâce à l’examen minutieux de préparations réussies ? Si précis qu’il soit, il peut n’être pas retrouvé, si ceux qui essaient de le vérifier ne disposent pas d’un matériel d’égale valeur, ou bien laissent s’insinuer, entre ce matériel et leurs regards, le voile que tissent de vieilles habitudes de penser et de croire.
- Mais il paraît dérisoire de plaider la cause de la science expérimentale, quand les leçons d’un Claude Bernard sont présentes à l’esprit de tous ceux qui, médecins ou biologistes, ajoutent leur pierre à l’édifice fondé par lui, quand les ont vulgarisées et répandues tous les manuels scolaires. Quelques siècles plus tôt, ne pouvait-on déjà lire sous la plume de Léonard de Vinci, ce géant capable d’avoir allié l’art le plus réfléchi à la plus ardente pensée, et parcouru le champ d’un universel savoir, ces lignes décisives : « Tl me paraît que vaines et pleines
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- d’erreurs sont les sciences qui ne naissent pas de l’expérience, mère de toute certitude, et qui n’aboutissent pas à une notion expérimentale, c’est-à-dire dont ni leur origine, ni leur milieu, ni leur fin, ne passent par aucun des cinq sens. » On aurait pu m’inculper d’avoir, en célébrant l’expérience, affecté une injuste méfiance à l’égard des sciences morphologiques, si cette large définition ne remettait les choses en place et ne me permettait de réhabiliter, sous des réserves précises, l’histologie descriptive, dont je suis d’ailleurs un humble serviteur. Elle aussi peut et doit tendre à s’assimiler à une véritable expérimentation. Elle aussi, par ses propres ressources, est capable d’atteindre à cette dignité. Il n’y a là, pour elle, qu’une question de méthode. Qu’à cette fin elle soumette ses résultats au contrôle inflexible des procédés d’investigation les plus variés; qu’elle fasse appel aux objets les plus nombreux; qu’elle ne balance pas à multiplier les techniques relatives à une recherche déterminée ; qu’elle suscite des comparaisons et s’applique sans faiblir à dépister toutes causes d’erreur. Question de méthode, certes, mais aussi question de mentalité. Les causes d’erreur ne résident pas seulement dans la matière. Elles ont aussi parfois leur siège dans l’esprit. Un savant n’a-t-il pas dit : « Les faits passent, les théories restent.... » C’était une boutade. Donnons-nous la consolation d’admettre qu’elle ne vaut que pour une négligeable minorité. Et pourtant il est sûr que notre évolution scientifique subit l’influence tyrannique de notions toutes faites, de principes spécieux, que nous lègue la tradition. Est-il besoin de rappeler que l’idée d’Aristote du rôle du cœur en tant que centre de la pensée a prévalu jusqu’au delà du moyen âge, et qu’elle a encore sa trace dans certaines de nos locutions ? N’est-il pas, plus près de nous, certains aphorismes qui gardent. force d’articles de foi pour la plupart des profanes et pour bien des initiés? Pourtant, apparaît-il irréfutablement démontré que « l’homme descende du singe », que « la fonction crée l’organe » ...? Ce sont là des exemples
- banaux, choisis entre cent autres possibles. Nombre de chercheurs sont amenés un jour ou l’autre, par le hasard d’une découverte, à lutter contre ces suzerains de la pensée, et la lutte est terrible et souvent inégale.
- Est-ce à dire que tout principe soit nécessairement suspect, toute théorie néfaste? L’admettre de parti pris, introduire dans la recherche scientifique un esprit obstinément révolutionnaire, ou bien s’assujettir trop étroitement à l’objectivité des faits et, devant quelques arbres, oublier la forêt, ce serait certes courir au-devant d’autres dangers. Mais, sur la route semée d’embûches qui s’ouvre sous les pas des savants, il est pour eux des guides sûrs. C’est la mesure, vertu chérie des Grecs, nos premiers Maîtres, c’est le bon sens, c’est l’équilibre du jugement. A ces qualités premières de celui qui observe de mettre, selon l’expression de Jules Renard, un peu d’eau claire dans le puits de la science. A elles d’ôtre érigées en contrôleurs suprêmes de nos constatations, des interprétâtions que nous fondons sur elles, des généralisations que nous leur faisons subir. A elles d’imposer, s’il y a lieu, la primauté d’un fait, dûment vérifié, consciencieusement établi, sur un principe, si ancré qu’il soit dans les cerveaux. Le pilote de l’esquif biologique qui leur asservira sa conduite évitera, sous leur sauvegarde, bien des naufrages. Ainsi sera-t-il à même d’apporter sa contribution, souvent modeste, toujours honnête, à la science qu’il cultive. Est-ce là un idéal, et puis-je, avant d’entamer dans ces colonnes la rédaction d’une chronique qui vulgarisera les progrès d’une discipline en pleine évolution, évoquer la réflexion décevante d’un grand biologiste : « La science est une sjhère qui s’accroît sans cesse en augmentant ses points de contact avec l’inconnu a? Qu’importe! L’essentiel, pour ceux qui cherchent, est que la sphère continue à s’accroître. Et nombreux seront toujours ceux qui, penchés sur ce globe magique, l’interrogeront avec ferveur. Dr Max Aron.
- Charge de Cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
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- Le problème du graissage rationnel n’a jamais été résolu dans le domaine de la chronométrie. Il n’a reçu que des solutions de fortune, comme celui du réglage aux températures avant les travaux deM. Ch.-Ed. Guillaume.
- Le grand maître de la théorie horlogère,
- Grossmann, après avoir mélancoliquement constaté qu’en horlogerie, surtout dans les montres de poche, le graissage peut augmenter le frottement au lieu de le diminuer, écrit, en laissant ce périlleux sujet sub judice :
- « Les qualités principales de l’huile fine dont on fait usage en horlogerie doivent être son inaltérabilité cà l’air et aux diverses températures que la
- montre doit affronter, sa parfaite fluidité et l'absence d’acides dans sa composition. Il appartient à la
- chimie organique de résoudre cette question importante, en vue de conserver le plus longtemps possible la précision de marche aux instruments, chronométriques ». Un point c’est tout.
- Au point de vue pratique l’horlogerie a reçu les offres de service d’une nuée de chimistes ou pseudo-chimistes, et les huiles mises à la disposition des artistes se déclarent toütes en état de résoudre le problème. Elles s’en sont du moins vantées jusqu’ici, en faisant admettre, comme une règle fondamentale, celle de la goutte d'huile
- Fig. i. — Un pivot de balancier de montre avec sa goutte d’huile.
- A, pivot ; B, pierre percée ; G, contre-pivot en pierre ; D, huile.
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- nécessaire tous les deux ans aux pivots. Cette règle constitue cependant une véritable confession d’impuissance.
- Les huiles en usage dans les montres et les chronomètres appartiennent, en effet, au règne animal ou végétal. On ajoute bien aux substances actives empruntées à ces deux règnes des doses variables d'huiles minérales; mais, jusqu’ici, on avait été arrêté par l’indépendance de ces adjuvants.
- L’huile minérale disposée sur une surface métallique est en effet récalcitrante à la concentration. Elle est vagabonde. Elle ne tient pas en place. Elle s’étend aussi loin que lui permet la fluidité de ses molécules qui ne demeurent tranquilles que sur une couche infiniment mince.
- Ce défaut est bien ennuyeux. Il est même rédhibitoire. Il annihile toutes les qualités, incontestées d’ailleurs, de l’huile minérale pure. Inaltérabilité, fluidité, sans la ténacité, ce sont des vertus aussi vaines que celles de la jument de Roland, après sa mort.
- Voici une petite image qui représente une goutte d’huile à un pivot d’horlogerie. Je l’emprunte à un beau travail de M. Àrçay, directeur du Laboratoire de Chronométrie de Besançon, relatif à l’influence des huiles sur l’amplitude des oscillations d’un balancier (fig. 1).
- Le pivot en question est celui d’un balancier. Il est liguré en A. Il tourne dans une pierre percée B, et son extrémité repose sur un contre-pivot en pierre C. L’huile est en D. Il faut, tenir compte de ce fait que ce pivot exécute par jour 452 000 oscillations (18 000 à l’heure). Chacune de ces oscillations peut atteindre l’amplitude de 500° : 452 000 fois par jour ; dans ses va-et-vient, le pivot remue sa goutte d’huile qui doit rester fidèle à son poste comme un factionnaire consciencieux.
- Vous voyez combien il serait désirable de pouvoir utiliser une huile minérale pure, parfaitement
- PDn°367lO
- Spiral d'acier. Balancier Guillaume
- P.Dn036709 Spiral d'acier. Balancier Guillaume
- RQn°775125 'Spiral Efinvar •>mêt.è Affxe
- Fig. 3. — Essais physiques des huiles. (Laboratoires Wisner.) A droite : centrifugeuse tournant à 8ooo tours par minute.
- 18 19 20 Octobre 7S2S
- Fig. 2. — Résultats des observations de trois montres entre 210 5 et -j- 48°.
- Graissage à l’huile minérale sur surface neutralisée par procédé P. Woog.
- fluide et inaltérable, au lieu d’une combinaison à hase animale ou végétale, qui se fige au voisinage de 0° C, verdit, rancit au gré de l’atmosphère qui l’entoure.
- Vous comprenez parfaitement la nécessité pratique du changement de la goutte d’huile tous les deux ou trois ans, c’est-à-dire de la visite à l’horloger, médecin des montres, médecin parfois tout au plus digne du titre d’officier de santé,
- Mais voilà! jusqu’ici l’huile minérale s’est empressée de se défiler. Sur le métal, elle n’a jamais rien voulu savoir. Dès que les molécules d’huile minérale, sentent les molécules métalliques sous elles, elles prennent la poudre d’escampette et le malheureux pivot tourne à sec.
- Or, voici qu’un chimiste subtil, doublé d’un minutieux et savant observateur, vient de trouver le moyen de fixer l’huile vagabonde, et de la faire tenir bien sagement au pied du pivot comme la plus docile des huiles végétales. Ce chimiste c’est M. Paul Woog, chef du laboratoire de l’importante maison d’huiles Wisner, de Clichy.
- M. Paul Woog, à la suite de travaux minutieux et de recherches heureusement orientées, a déterminé la psychologie de la molécule d'huile. Il l’a étudiée à fond, cette molécule. Par molécule, j’entends la véritable molécule chimique, la molécule ultime de la décomposition des corps. Elle est si petite qu’on est obligé de l’étudier sans lavoir. 11 faut se figurer qu’une molécule d'huile d’olive, par exemple, a son volume exprimé en centh mètres cubes par un zéro, suivi d’une virgule suivie elle-même de vingt aiitres zéros et des chiffres 1, 4, 4, 1, ce qui s’écrit ainsi :
- 1441 . 10~24 cm3.
- La molécule d’huile de glycérine est bien plus petite encore puisque son volume est représenté par :
- 119.10-24 cm3.
- Je cite ces chiffres empruntés aux
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- Mg. 4.
- Essais des huiles (appareils pour déterminer les Fig. 5. — Essais des huiles.
- points d’inflammation et deTcombustion). [Une collection d'échantillons témoins.
- études de M. Woog pour faire entendre la délicatesse des mesures auxquelles il s’est livré et l’extrême précision de ses recherches. Recherches dans le détail desquelles naturellement je puis d’autant moins entrer qu’elles vont donner naissance à un gros ouvrage actuellement sous presse.
- Eh bien! Le moyen employé par le distingué chimiste pour fixer les molécules de la goutte minérale à la place où se trouve sur notre dessin la goutte grasse, consiste simplement à revêtir la surface métallique d’une couche infiniment mince d’un corps comme l'acide stéarique, corps actif qui se charge de neutraliser, le métal et de l’isoler de l’huile minérale. Et sur l’acide stéarique la goutte minérale va désormais se comporter comme une goutte végétale, ou animale, ou mixte. Elle tiendra, tout en conservant ses propriétés d’inaltérabilité et de fluidité.
- Les chiffres que je viens de citer tout à l’heure suffisent à montrer que la couche d’acide stéarique isolante ou neutralisante n’apporte aucune gêne dans les mouvements du pivot. Son épaisseur peut être considérée comme absolument négligeable. Seulement sa couche de molécules. orientées, parce que polarisées,
- est parfaitement stable, par suite de l’attraction qui maintient ces molécules en quelque sorte accrochées à celles superficielles du métal. Naturellement, il a fallu faire des expérimentations sur la matière vivante — en l’espèce sur de vraies montres, — pour se rendre compte si la pratique confirmerait exactement la théorie, ainsi que cela se doit produire chaque fois que la théorie est juste.
- M. Paul Ditisheim, chronométrier bien connu,
- Fig. 6. — Essais des huiles. Une batterie de viscosirnèlres.
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- et qui s’intéresse à tous les progrès scientifiques de son art, a soumis à l’Observatoire de Neuchâtel deux montres de bord (chronomètres de tout premier ordre) et une montre de précision moindre, munie d’un spiral élinvar et d’un balancier mono-métallique. Ces trois pièces sont demeurées trois semaines soumises à des températures variant de — 21° 5 C à 4- 48°, et le relevé de leurs marches est donné dans le graphique de la figure 2.
- .Ce graphique est suffisamment éloquent pour qu’il n’y ait rien à y ajouter.
- L’Observatoire de Neuchâtel a été frappé de ce résultat, et son distingué directeur, le D1' Arndt, a immédiatement pris des mesures en vue de faire établir un appareil susceptible de réaliser des essais entre — 50° C et 60° C.
- Cette décision qui sera imitée dans d’autres établissements chronométriques, il faut bien l’espérer, vient à point répondre aux exigences récemment formulées en Angleterre par le service de l’Aircraft pour les montres destinées à l’aviation. L’Aircraft demande des essais entre— 60° et-4- 60° C/C’est’que les avions sont devenus d’une extraordinaire audace. Quo non ascendant, semble dire chacun d’eux. Et dans les hauteurs de l’atmosphère, la température
- est fort basse. Elle descend rapidement à mesure qu’on monte. Ce ne sont pas d’ailleurs seulement les indicateurs du temps qui ont besoin de se plier aux nécessités de la conquête de l’air, mais lès innombrables enregistreurs chargés de relever les courbes météorologiques de toute sorte, en liberté ou sous la surveillance d’un pilote.
- La petite mécanique, en général, est aussi appelée à tirer parti d’un procédé scientifique à la fois élégant et simple. Les porteurs ordinaires de montres en bénéficieront enfin. Car leur goutte d’huile durera, et il en résultera pour eux des économies sensibles de visites et de révision.
- Nous donnons ici quelques vues du Laboratoire des Établissements Wisner, où M. Paul Woog a accompli tous ses travaux, et nous rendrons hommage à un chef d’industrie qui n’a pas hésité à faire des frais considérables d’exploration dans un domaine un peu négligé parce que difficile à étudier. Le résultat auquel sont parvenus les efforts conjugués de l’industriel et du savant montre que 1’ Audentes fortuna juvat n’est pas toujours un vain mot Heureusement !
- _ Léopold Reverchon.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et décembre 1925.
- Les variations des quantités d’urée contenues dans la salive. — Indépendamment des substances spéciales, comme la mucine, la ptyaline, l’acide sulfocyanique, formées par le protoplasma des cellules génératrices de la salive, on trouve dans cette sécrétion quelques corps dérivés du sang, dont les proportions dépendent, en apparence, de la composition même de ce liquide et par suite de l’activité rénale. L’urée, trop longtemps considérée comme un élément anormal, est de ce nombre. Les expériences de M. Desgrez et de Mme L. Gabriel indiquent, à son sujet, que son augmentation dans la salive coïncide bien avec un travail insuffisant des reins et qu’une série de dosages faciles peut fournir au médecin une indication très utile. On doit noter en outre que, chez les azotémiques, on peut observer une élévation du rapport de l’azote de l’urée à l’azote total.
- Variations des propriétés élastiques des alliages. — On sait qu’à l’état d’équilibre les alliages métalliques binaires sont constitués soit par des agrégats de deux phases de concentration fixe, soit par une phase de concentration variable ou solution solide, et la dernière communication de MM. Ghevenard et l’ortevin résume les conclusions de leurs recherches pour établir des relations d’ensemble entre la constitution chimique et les propriétés élastiques : module et décrément. 11 semble ainsi que, le moduleé tant une propriété moléculaire, on ne peut tendre à relever sa valeur par alliage ou traitement, dans la mesure où l’on augmente la limite élastique, la ténacité et la dureté et que, dans les solutions
- solides, très voisines des métaux purs, les variations du décrément s’éloignent notablement de la loi linéaire.
- Action de la silice sur les sulfates de baryum et de magnésium. — Reprenant le dispositif employé pour ses études sur la décomposition du sulfate de chaux, Mlle G. Marchai a fait porter ses nouvelles expériences sur les sels S04Ba et S04Mg. Pour le premier, la formation du silicate Si02,Ba0 a lieu à une température nettement inférieure à celle qui marque la dissociation du sulfate seul, la chaleur dégagée par la formation du sel Si02,Ba0 s’évaluant à 14 cal. 7. Pour le second, l’addition de silice abaisse à 680° le commencement d’une décomposition qui demande une température de 880°; ce qui paraît donner 8 cal. 5 pour le sel Si02,Mg0 à partir de ses éléments.
- Les séismes de la région de Kaboul. — Les tremblements de terre sont assez fréquents en Afghanistan, où les indigènes croient que les vibrations du sol. qui détruisent leurs maisons sont dues au galop du cheval de Mahomet. M. Raymond Furon a étudié à ce sujet la région de Kaboul qui se trouve dans la zone instable désignée par Montessus de Ballore sous le nom de Cercle alpino-caucasien-himalayen et sur l’emplacement du grand géosynclinal secondaire figuré par le Professeur Haug. Il apparaît à M. Furon que les séismes y sont dus au jeu d’une longue faille principale qui limite l’IIindou-Kouch au Sud, faille rectiligne ENE-WSW et régulièrement
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- suivie sur 200 km par les rivières du Pandjchir et du Ghorbend.
- La vie des graines dans le vide à la température de l’hélium liquide — Sous un vide d’un dix-millionième de millimètre, M. Paul Becquerel a maintenu, durant dix heures et demie, des graines extrêmement fines (Ronce, Tabac, Julienne, Amarante, Trèfle des prés) à une température de 5°8 absolus. Les tubes ont été récemment ouverts et les résultats fournis par les semis indiquent un pouvoir germinatif plus élevé que celui des graines témoins desséchées et conservées à Pair libre. Ces faits modifient, du point de vue physiologique, la conception classique de la vie latente, car ils démontrent que, dans ces conditions très spéciales, on peut suspendre la vie des graines sans provoquer la mort.
- Acclimatation de Vomble-chevalier dans les lacs alpins. — M. Louis Léger résume les expériences conduites depuis plus de 15 ans par le Laboratoire de pisciculture de Grenoble, dans divers lacs situés entre 2000 et 2500 m. d’altitude des massifs de Belledonne et du Taillefer. Il apparaît que des Salmonidés expérimentés dans les lacs sans affluent pérenne, l’omble-chevalier, par son cycle entièrement lacustre et son habitat normal en eau très froide, est le seul dont on puisse assurer la reproduction. Il s’accommode des aliments les plus divers : larves de Tanvpides et de Trichoptères, Chydo-rides, Ostracodes ; on voit même certains sujets, poussés par la faim, absorber de petits cailloux lacustres, couverts d’algues et de diatomées et ne point dédaigner les rares apports exogènes : Diplères adultes variés, Àphi-diens, Thysanoures et même quelques Coléoptères. Et, landis que la chair de l’omble est excellente, sa pêche ne présente aucune difficulté.
- La localisation du brome chez une algue floridée. — M. Sauvageau a déjà signalé la présence de l’iode, à l’état libre, dans le suc cellulaire de deux algues flo-ridées, et surtout dans des organes particuliers qu’il a dénommés ioduques. Les recherches qu’il a effectuées sur une peiite Floridée, YAntithamnionella sarniensis lui ont montré que, dans la cellule, on trouve une masse réfringente, incluse dans une volumineuse vacuole com-
- prise entre la membrane et le corps cellulaire proprement dit, et qui contient du brome, soit à l’état libre, soit à l’état de combinaison très peu stable.
- La thermochimie du glucinium. — Les mesures effectuées par Mlle Marchai et M. Matignon ont porté sur les chaleurs de dissolution de la glucine, des sulfates et du chlorure de glucinium anhydre. Le tableau qui résume les données thermiques ainsi acquises indique une analogie très étroite entre les propriétés chimiques des deux métaux G! et Al, bien que de tels élémenls possèdent des valences différentes et n’appartiennent pas, dans la classification de Mendéléeff, à une même famille.
- Les reptiles et les batraciens du Grand et du Moyen Atlas. — Les collections herpétologiques du Musée de l’Institut scientifique chérifien à Rabat et les échantillons, qu’il a ramassés en plusieurs points peu connus de l’Atlas ont indiqué à M. J. Pellegrin qu’au Maroc, par suite de conditions de température plus favorables, Reptiles et Batraciens montent beaucoup plus haut que dans l’Europe centrale. C’est ainsi qu’on rencontre encore la Grenouille verte à 2000 m., alors que, dans les Alpes, elle ne dépasse guère un millier de mètres, et M. Pellegrin attire sur une telle constatation l’attention de ceux qui se proposent de faire l’exploration méthodique de la grande chaîne africaine.
- Effets physiologiques des courants de haute fréquence à sens constant. — Les courants employés dans la d’Arsonvalisation peuvent être redressés au moyen de détecteurs électroniques et, ainsi modifiés, ils acquièrent des propriétés physiques particulières. Malgré leur fréquence, ils produisent, avec la polarisation des tissus, des phénomènes caractéristiques d’excitation des nerfs mixtes et des muscles striés. Chez l’homme, avec une intensité suffisante, on arrive ainsi à une tétanisation très forte, mais non douloureuse, qui peut être maintenue une dizaine de minutes, sans fatigue appréciable, les applications s’effectuant au moyen, soit d’électrodes métalliques, soit d’électrodes spongieuses imbibées d’eau. Ces dernières nouvelles sont dues à la collaboration de MM. Cluzet et Chevalier. Paul B,
- L’ÉDITION CINÉMATOGRAPHIQUE
- Tirage et développement automatique des] films.
- L’industrie cinématographique s’est sensiblement modifiée depuis quelques années. Au début, les Pathé, les Gaumont, qui furent les créateurs de cette industrie, édifièrent des établissements où l’on produisait le film intégral depuis le choix du scénario jusqu’à la vente ou la location, en passant par toutes les manipulations nécessaires pour la confection du négatif et du positif.
- Aujourd’hui on tend de plus en plus à spécialiser chaque opération en des mains différentes. De même que pour un livre on a recours à l’écrivain, à l’imprimeur, au vendeur; pour le film on a le metteur
- en scène, le tireur-développeur et le loueur. Actuellement il existe plusieurs Sociétés qui ont leurs metteurs en scène, choisissent des scénarios et exécutent le négatif : il y a aussi le metteur en scène indépendant. Dans tous les cas, dès qu’on est en possession d’un scénario, soit qu’il ait été conçu par le metteur en scène, soit qu’après entente avec un auteur on se propose d’utiliser un roman ou une pièce de théâtre, il faut faire un devis, réunir les capitaux nécessaires à son exécution. On devra posséder ou louer un « studio », faire établir les décors, se procurer les meubles destinés aux scènes
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- d’intérieur, enfin constituer la troupe. On trouve toutes les ressources nécessaires pour cela tant à Paris qu’à Nice.
- Quand le négatif sera terminé, il faudra trouver un éditeur ou l’éditer soi-même ; mais, dans un cas comme dans l’autre, on ne sera pas toujours outillé pour faire l’impression et le développement du positif. .. Il faudra alors s’adresser à l’une des maisons qui se sont fondées spécialement pour faire ce travail.
- Il y a en France 2000 salles de cinéma dont 560 dans Paris et sa banlieue.
- Il y en a dix fois plus aux Etats-Unis, mais notre production n’y est pas toujours favorablement accueillie parce qu’elle n’y est pas comprise. 11 y a heureusement l’Amérique du Sud et une grande partie de l’Europe où l’éditeur pourra placer nos œuvres.
- Si l’on sait qu’un programme pour une séance ordinaire se compose de 3 ou 4000 mètres, on comprendra que c’est par centaines de kilomètres qu’il faut tirer la copie du négatif pour alimenter tous les écrans.
- Aussi n’y arriverait-on pas avec les anciennes méthodes de tirage et de développement. On a recours à des procédés plus rapides, aussi automatiques que possible pour supprimer la main-d’œuvre et travailler plus économiquement.
- Ce sont ces procédés que nous allons essayer de décrire sommairement pour en donner une idée à nos lecteurs.
- En principe une tireuse moderne (qui est placée dans une pièce éclairée à la lumière rouge) travaille d’une façon continue à raison de 100 mètres à la minute. A la partie supérieure (fig. 1) on place d’un côté la bobine du négatif, de l’autre celle de la bande vierge. Ces deux bandes sont guidées par des galets portant des dents qui entrent dans leurs perforations et elles sont entraînées par une sorte de laminoir, mû par un moteur électrique, qui les applique Tune contre l’autre dans un couloir métallique situé en face d’une lanterne contenant une lampe à incandescence. Dans la paroi faisant face au couloir se trouve une fente étroite par laquelle passe la lumière qui impressionnera la bande vierge au travers du
- négatif. Après quoi les deux bandes, continuant leur trajet, se séparent et viennent s’enrouler sur les bobines placées à la partie inférieure.
- Tous ceux qui font de la photographie savent que les clichés varient en intensité selon que la lumière était plus ou moins vive au moment où ils ont été pris. Dans une bande négative qui est établie à dessein dans des conditions très différentes de lumière pour obtenir des effets de soleil, des effets de nuits, des éclairages d’intérieur ou de plein air, etc., il y a donc des parties plus ou moins transparentes, d’autres plus ou moins opaques, et si on impressionnait la bande positive toujours avec le même temps de pose on aurait des résultats inutilisables.
- On remarquera que dans la tireuse décrite ci-dessus on dispose de plusieurs moyens pour faire varier le temps de pose. On peut, agir sur l’intensité lumineuse, soit en éloignant ou approchant la lampe, soit en faisant
- varier le courant qui l’alimente; on peut aussi faire varier la largeur de la fente et enfin la vitesse du passage devant cette fente.
- On est donc obligé, quand on utilise l’ancienne mé-
- thode, de couper le négatif par sections pour moteur grouper les parties de même opacité. On se limite à 6 ou 8 catégories. Ce travail est effectué par des ouvriers, dits étalonneurs, qui
- en ont une grande habitude et dont l’œil est très exercé à ce classement.
- On fait alors un tirage séparé pour chacune de ces catégories, en employant l’un ou l’autre, parfois l’un et l’autre, des moyens indiqués plus haut pour faire varier le temps de pose en raison de l’opacité du négatif. Il faut ensuite, après développement, remettre chaque cliché à sa place pour reconstituer la bande positive dans l’ordre établi par le scénario. Tout cela occasionne une perte de temps qu’on évite avec la méthode moderne.
- Le négatif est monté dans l’ordre exact indiqué par le scénario sans s’occuper de l’intensité de chacune des parties qui le composent, un cliché très clair pouvant voisiner avec un autre très foncé. On agit pour faire varier le teqips de pose sur l’intensité lumineuse seulement. On obtient ce résultat
- Fig. i. — Schéma, d’une machine à tirer les films.
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- — L’ÉDITION CINÉMATOGRAPHIQUE
- Principe de la machine à tirer Lobel. Schéma du variateur.
- Fig. 2.
- automatiquement au moyen d’appareils appelés variateurs. Voici le principe de deux appareils qui sont les plus employés en France.
- Pour faire varier la lumière, il suffit d’introduire dans le circuit de la lampe une résistance plus ou moins grande, c’est-à-dire une bobine de fil fin qui règle le passage du courant proportionnellement à sa longueur. Dans le système Lobel, on a divisé cette résistance en huit sections qui donnent donc huit intensités différentes, quantité suffisante dans la pratique pour le classement des clichés selon leur opacité. Le variateur (fig. 2) se compose en principe d’une série de barres verticales a, b, c, d, au nombre de huit (dont 4 seulement sont représentées ici) correspondant chacune à une partie de résistance R intercalée dans le circuit qui alimente la lampe. Derrière ces barres il y en a d’autres horizontales, au nombre de 50 ou 40 (dont 5 seulement sont représentées), e, f, g, h, i..., dont elles sont isolées électriquement; mais avec des fiches métalliques passant dans des trous ménagés dans l’une et l’autre barre, on peut les relier entre elles. Au moyen du frotteur M placé sur le côté et prenant contact en H avec l’arrivée du courant, on peut envoyer successivement celui-ci dans les différentes barres horizontales. Pour obtenir automatiquement ce résultat en raison- de l’opacité du cliché qui se présente devant la lampe, on a pratiqué sur le bord de la bande négative (fig. 3) une encoche, en enlevant avec des ciseaux un peu de celluloïd entre les perforations, à l’endroit où l’on passe d’un cliché à un autre. Un ressort R, monté sur le couloir par où passe la bande, appuie constamment sur le bord de celle-ci; quand il arrive à l’encoche il s’abaisse légèrement et vient fermer en P le circuit d’une pile actionnant un électro-aimant qui commande le déclenchement de la pièce M (fig. 2).
- On voit dès lors que, selon la position des fiches, la résistance intercalée sera plus ou moins longue. Examinons par exemple ce qui se passe dans la position représentée sur notre croquis : le courant passe de II en M et de M en /. La fiche se trouvant sur la barre verticale b, on voit qu’une petite partie de la
- résistance est éliminée. Quand, passant au cliché suivant, la pièce M sera descendue d’un cran elle enverra le courant sur la barre horizontale 2, la position de la fiche sur la barre verticale d montre que presque toute la résistance est supprimée, c’est qu’il s’agit d’un cliché opaque, il faut que la lampe produise plus de lumière C’est le contraire qui se produira quand la pièce M sera en 5; toute la résistance sera utilisée, il s’agit d’un cliché faible; et ainsi de suite pendant tout le passage de la bande. La position des fiches est déterminée par les étalon-neurs et. comme le même négatif peut être retiré plusieurs fois à des époques différentes, on a repéré une fois pour toutes leur position en recouvrant le variateur d’une feuille de carton qui masque tous les trous, sauf aux endroits prévus pour le premier tirage. Il suffira donc de classer chaque carton avec la bande correspondante pour être prêt immédiatement à un nouveau tirage,
- Le variateur Gaumont (fig. 4) présente des dispositions tout à fait differentes. Sur le côté de la tireuse à laquelle il est relié par un engrenage E, se trouve un tambour métallique denté A sur lequel reposent des molettes, également métalliques, montées sur ressort a, b, c, d...
- Elles sont au nombre de huit (4 seulement sont représentées ici) toutes réunies sur une traverse B et correspondent chacune à une section différente de la résistance R. Le courant qui alimente la lampe arrive par D sur le tambour, passe par les molettes pour se rendre à la résistance et à la lampe. Pour intercaler telle ou telle fraction de celle-ci, il faudra donc que la seule molette correspondante touche le tambour, toutes les autres en étant momentanément écartées. Ce résultat est obtenu au moyen d’une bande de papier fort (fig. 5) portant sur les bords des perforations qui correspondent aux dents du tambour. Sur ce papier on a percé des fentes a, b, c, d..., qui ne permettent le contact qu’à une seule molette. La position de ces fentes et leur longueur sont déterminées par l'étalon-neur qui, à cet effet, fait défiler une première fois le négatif dans la tireuse placée au jour (sans film vierge en regard)' et la bande de papier placée sur son tambour.
- À mesure que les clichés passent sous ses yeux, il trace sur le papier un trait au crayon de la même longueur que le cliché et il le situe en face de la molette qui, sui-
- o
- D
- Fig. 3.
- Tireuse Lobel. Mécanisme de déclenchement automatique du variateur.
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- : L’EDITION CINEMATOGRAPHIQUE
- vantson appréciation, correspond à l’intensité voulue j pour l’éclairage. Quand ce travail est terminé on découpe les fentes aux endroits indiqués. Afin de ne pas avoir une bande de papier aussi longue que le négatif et pour réduire la dimension des fentes, on a disposé l’engrenage E de façon que la vitesse du tambour soit cent fois moins rapide que celle de la tireuse. Les bandes de papier ainsi réduites sont beaucoup plus maniables ; on les classe avec le négatif et elles sont prêtes à servir pour un tirage ultérieur.
- L’automatisme n’est pas réduit seulement au tirage, il est appliqué aussi au développement, au fixage, au lavage, au teintage et au séchage. Les premières machines de ce genre ont été imaginées el construites par les Etablissements Gaumont qui sont outillés aujourd'hui de telle sorte qu’ils pourraient produire par jour 70 kilomètres de film positif entièrement terminé.
- Le principe de ces machines consiste à faire passer le film, à raison de 500 mètres à l’heure, dans une série de tubes placés l’un à côté de l’autre et contenant les différents bains. A la partie supérieure de la rangée des tubes (fig. 6), et au-dessus de chacun d'eux, se trouve une série de galets dentés qui sont tous animés de la même vitesse, grâce à un arbre de couche muni d’engrenages d’angle et mu par le moteur M. Le film, au sortir de la machine à tirer, est placé sur une bobine V située à l’étage supérieur dans une chambre noire. Son extrémité est collée à une amorce constituée par de la vieille bande qui occupe toute la longueur de la machine et servira à entraîner les premiers mètres jusqu’au bobinoir final. Il est conduit par un
- couloir étanche jusqu’au premier galet et descend dans le premier tube, puis remonte, passe sur le second galet et redescend dans le tube suivant, etc...
- On voit sur le croquis de détail (lig. 7) les galets dentés D et la boucle B formée dans ce trajet.
- Elle est maintenue au bas du tube T par une petite masse en nickel M posée simplement sur le côté celluloïd de la bande, son poids suffit pour tendre les deux brins de la boucle.
- Les premiers tubes contiennent le bain de développement, les suivants le bain de fixage.
- A
- 3 à c d
- ~ a
- Variateur Gaumont.
- Ces bains sont renouvelés d’une façon continue dans les tubes par une pompe qui les alimente par la partie inférieure au moyen des conduites E et II; des trop-pleins d servent à l’évacuation du bain usagé.
- Seul l’hyposulfite est recueilli pour permettre ensuite, par des procédés chimiques, la récupération de l’argent qu’il contient.
- Gela en vaut la peine, car il y en a environ 150 gr. par mille mètres de bande. Toute cette partie de la machine, développement et fixage, est placée dans une pièce éclairée à la, lumière rouge où un ouvrier peut venir surveiller la bonne marche des opérations en tirant légèrement la bande entre deux galets et en passant une petite lampe rouge derrière les images.
- L’autre partie est en plein jour. On y voit les tubes de lavage qui reçoivent l’eau courante venant d'un réservoir G à niveau constant, évacuée par les tuyaux a, b. Après lavage, la bande reçoit une légère teinture venant d’un flacon T, afin d’éviter l’effet de dureté que produirait le blanc pur sur l’écran.
- Elle passe alors au séchage. Pour cela, sa circulation étant toujours entretenue par les galets, elle est amenée dans une sorte d’armoire S, A, R, munie de chicanes dans lesquelles on envoie constamment, au moyen d’un ventilateur, un courant d’air chauffé électriquement, en ayant soin de prendre, au moyen de thermomètres et d’hygromètres, les précautions nécessaires pour éviter la fusion de la gélatine. Au sortir de la sécheuse, le film s’enroule en B, entièrement terminé.
- Les mêmes machines servent au développement des négatifs, mais cela demande plus de surveillance parce que chacun d’eux est pris dans des conditions de lumière différentes selon qu’on aura opéré au soleil, cà l’ombre ou dans un intérieur.
- Bien que l’opérateur ait soin d’accompagner chacun de ses clichés de prise de vues d’une fiche explicative et que les clichés qui doivent avoir reçu à peu
- Fig. 5.
- Variateur Gaumont. La bande de papier perforée qui commande le Jonc lionne ment du variateur.
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- L’ÉDITION CINÉMATOGRAPHIQUE
- Fig. 6.
- Machine Gaumont à développer, fixer, laver, teinter et sécher les films. Une seule personne, placée dans une chambre noire, suffit à diriger le fonctionnement de cette machine.
- Fig. 7. — Le mécanisme du passage des films dans les tubes contenant les bains de développement, fixage ou lavage. (Détail de la machine de la figure 6.)
- près le même temps de pose soient groupés et collés à la suite les uns des autres, il est indispensable de suivre le développement. Pour cela, l’ouvrier qui se tient près des premiers tubes examine avec sa lampe rouge la venue de l’image et il peut modifier le temps d’immersion dans un ou plusieurs tubes, supprimer même au besoin l’un d’eux, en relevant la boucle, comme on le voit sur notre croquis (fig. 7). Il n’a pour obtenir ce résultat qu’à tirer sur l'un des brins et à l’abandonner quand il juge que la petite masse M est arrivée à l’endroit qu’il juge suffisant.
- Il y a à Paris plusieurs maisons dont le matériel permet une production importante. Il faut satisfaire à l’édition, non seulement des films établis dans notre pays, mais aussi.de ceux qui nous viennent de l’étranger, notamment des Américains qui menacent de nous submerger 4 cause de leurs prix moins élevés.
- En faisant établir leurs positifs en France, ils évitent les frais élevés de port et de douane. 11 serait bien à désirer que la plus grande partie de la production de nos machines s’appliquât à l’édition du film français.
- G. Mareschal
- le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
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- SOMMAIRE:
- L’Organisation sociale des Esquimaux : V. Forbill.
- Le drame du gouffre Bertarelli (45o m.J : E.-A. Martel. Chronique. — Les vélins du Muséum : Léon Bultillgail’e. La fabrication des pneumatiques : I. L.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Bulletin astronomique, : La voûte céleste en mars 1926. Hygiène et santé. — Boite aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs, LE NUMÉR01 France • * * * 1 franc
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- LA NATURE
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- Fig. i. — Une tribu d'Esquimaux changeant de domicile.
- L’ORGANISATION SOCIALE DES ESQUIMAUX
- Bien que les Esquimaux soient loin d’occuper le dernier degré sur l’échelle de la civilisation, ils n’ont guère qu’une cellule sociale, qui est la famille composée du père, de la mère et de leurs descendants directs.
- Plusieurs familles se grouperont pour former une petite tribu; mais les liens seront toujours lâches entre les membres d’une pareille communauté, qui s’émiettra au moindre prétexte. La cohésion sociale n’existe pas ; l’autorité des chefs est éphémère ou nulle; la forme de gouvernement est une démagogie qui est pres-quedel’anarchie.
- En réalité, les fonctions de chef ne sont exercées par personne. Un homme peut acquérir une certaine in fl u en ce soit par sa force physique et ses exploits de chasseur, soit par ses connaissances en magie. Mais cette influence s’évanouira dès qu’un autre homme aura éclipsé son renom. Même à l’apogée de sa
- gloire, il ne pourra donner des ordres aux membres de la tribu, qui se considèrent ses égaux. Il ne jouira d’aiicun privilège. Par exemple quand on répartit la viande.d*un phoque ou d’un renne, il reçoit la même portion que les autres. '
- L’organisation de la .famille.est-assez'Compliquée* du fait que deux maris peuvent échanger temporairement leurs femmes, ou qu’une femme peut prendre plusieurs maris. Les membres des couples interchangés se considèrent dès lors comme des parents très rapprochés, ët les enfants des deux familles deviennent frères et soeurs, ce qui les empêche de se marier entre eux. Cette loi est appliquée même lorsque l’échange de femmes ne s’est produit qu’une seule fois. ...
- N° 2704. — 50 janvier 1926.
- Fig. 2. — Une tente en peau de renne.
- Chaque sexe a ses attributions bien définies. À l’homme incombent la poursuite du gibier, la construction de la hutte de neige, ou lerection de la tente de peaux qui remplace l'iglô pendant les migrations du printemps et de l’automne. Lui seul s’occupe de la fabrication ou de la réparation des armes et outils. Au cours des migrations, presque constantes chez cette race essentiellement nomade, c’est l’homme qui charge le traîneau, la femme n’ayant d’autres obligations que de lui passer les
- objets par une brèche taillée dans la muraille.
- Les principales fonctions de la femme sont de cuire la nourriture, de préparer les peaux, de taiL 1er et de coudre vêtements et chaussures, de ramasser du combustible pendant l’été, d’atteler les chiens 'au traîneau. Elle va à la pêche, mais n’emploie que la canne et la ligne, tandis que l’homme ajoute le harpon à ces outils.
- A cette division du travail correspond une division de la propriété. Le mari possède en propre ses armes, ses outils, la tente, le traîneau, et tout ou partie de l’attelage de chiens. Les biens meubles de la femme sont le pot de pierre et la lampe-poêle, les planches qui supportent ces deux objets, ses couteaux, son appareil à faire du feu, sa trousse à coudre, sa canne à pêche, le bâton à marcher dans la neige, et, d’une façon générale, les ustensiles de cuisine (cuillers de corne ou d’os, etc.). Elle peut posséder en propre un ou plusieurs chiens. Les vêtements appartiennent à ceux qui les portent.
- En cas de divorce, la femme remporte chez ses parents toutes ses possessions, sans oublier les principales, qui sont la marmite et la lampe à
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- Fig. 3.
- Campement d’Esquimaux.
- graisse, deux objets qui jouent un rôle de première importance dans la vie de ce peuple. L’homme que sa femme abandonne ne pourrait ni manger ni s’éclairer ni se chauffer, s’il n’allait demander l’hospitalité à un voisin.
- La viande et les peaux acquis par un chasseur appartiennent à la famille ; mais elle est tenue de partager la première avec les voisins. En hiver, alors que la cuisine se fait dans l’intérieur des huttes, la ménagère peut cacher de la nourriture pour elle et son mari. La ruse est impossible l’été, alors que le repas se prépare en plein air; aussi, les voisins se réunissent-ils tous autour du feu, prêts à réclamer leur part.
- Dans l’intérieur de la famille, il n’y a pas de privilégiés : les parts sont égales pour tous. Chaque visiteur qui se présente reçoit une petite offrande de nourriture. M. D. Jenness voulut se conformer à cettè règle en tenant toujours prête dans sa tente une marmitée de riz, que les Esquimaux se partageaient sans oublier les enfants.
- Ces derniers sont la propriété de leurs parents, qui peuvent les vendre, par exemple, à un ménage sans enfants. En payement de l’abandon de leurs droits, ils se font donner des objets; un couteau et une écuelle de bois pourront représenter la valeur d’un garçon. Généralement, quand une fille se marie, l’époux n’a rien à payer à ses beaux-parents, car le couple, s’il reste avec eux, contribuera à leur bien-être par leur travail. Mais si le fiancé doit se séparer de sa belle-famille pour retourner dans sa tribu avec la jeune femme, il est tenu de payer en marchandises la valeur d’une fille qui sera perdue pour les parents.
- La terre (et les eaux qu’elle enserre ou qui l’avoisinent) appartient à la communauté. Chaque tribu a ses
- domaines de chasse et de pêche où les étrangers ne peuvent demeurer qu’en se faisant accepter, à titre temporaire, comme membres de la communauté, et en se conformant à ses lois et coutumes : surtout au partage du gibier et du poisson.
- Une bande qui se déplace sur une distance considérable pour aller trafiquer dans un poste-frontière, ou s’approvisionner de m a lié re'p r c m iè res (pyrite pour le briquet, perches pour les tentes et les manches de harpon, etc.), ne peut pas se passer du concours des tribus dont elle traverse les immenses domaines, car, dans son ignorance des endroits giboyeux ou poissonneux, elle se condamnerait à mourir de faim. Et c’est là une des raisons et des excuses de l’échange temporaire de femmes, qui crée, comme nous l’avons dit, des liens de parenté.
- Le tambourin, le seul instrument de musique connu des Esquimaux, prend une place considérable dans leur existence, ainsi que nous le montrerons dans le chapitre consacré à la magie. Il est considéré comme une propriété communale, et c’est le membre le plus influent de la bande ou de la tribu (généralement un sorcier) qui en est le dépositaire. Mais tous les membres peuvent (s’en servir, s’ils veulent organiser une séance de magie ou une danse.
- Le droit de propriété s’exerce sur des choses intangibles ; sur les esprits que les chamans ont su attacher à leur service. Sans entrer ici dans des détails, notons qu’un novice qui a l’ambition de devenir sorcier peut acheter d’un « professionnel » un des « démons » qu’il a en surplus. Le vendeur n’est pas tenu responsable si l’esprit refuse de travailler pour l’acheteur, qui, d’ailleurs, ne se formalisera pas en cas d’insuccès.
- La propriété des objets se transmet des parents
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- L’ORGANISATION SOCIALE DES ESQUIMAUX i....' __ 67
- aux enfants. Mais ceux-ci sont tenus d’en déposer une minime partie sur la tombe du défunt, quitte à reprendre les « offrandes » quelques années plus tard. Lorsqu’il s’agit d’objets de valeur (par exemple, d’un fusil, d’un couteau de fabrication européenne, ou de ces fausses nattes que portent les élégantes), on place généralement sur la sépulture des a modèles réduits », minuscules copies qui plaisent autant, paraît-il, aux mânes du défunt que les objets réels.
- Dans une société basée presque -Fin-,
- uniquement sur la volonté ou la fantaisie j individuelle, et qui ne supporte pas l’autorité d’un chef, les instincts criminels ont libre jeu. Et c’est bien ce qui se passe chez les Esquimaux, qui punissent plus sévèrement les voleux-s que les assassins.
- Nous pourrions citer sur ce chapitre d’innombrables faits. Yoici une anecdote, aussi comique que lugubre (deux épithètes qui s’accouplent rarement!), que nous emprunterons au journal de route de M. Knud Rasmussen :
- « Quand nous atteignîmes le village, qui ne comptait que trois tentes, un homme vint au-devant de nous, avec un visage qu'illuminait un bon sourire jovial, et nous sentîmes tout de suite que nous trouvions en lui un ami.
- « Mais, quand il nous apprit son nom, Igtjugar-juk, je me remémorai ce que d’autres Esquimaux m’avaient conté sur son premier mariage. Les parents de la jeune fille étant opposés à ses projets matrimoniaux, il leur avait un jour rendu visite en se faisant accompagner par son frère aîné.
- « Embusqués devant l’iglô de la belle, ils avaient
- 5. — Nulahùgyuk Crcck, près Bernard Harbour.
- Séchage des poissons.
- tué d’abord le père, puis la mère, et, successivement, tous les frères et les sœurs, soit en tout huit personnes ! Après ce massacre, il avait pu enfin épouser la douce fiancée, désormais seule dans le monde!
- « Qu’on juge de ma surprise lorsque,, dès mon arrivée, le digne personnage m’exhiba fièrement un document portant le sceau du Gouvernement Canadien qui l’élevait aux fonctions de gendarme. Le libellé débutait comme suit :
- « Ceci est pour montrer que le porteur, un certain Ed-jo-akuk (Igtjugarjuk) a été commissionné par moi, magistrat de Sa Majesté dans et pour le territoire du Nord-Ouest, comme constable spécial pour ledit territoire dans le but de découvrir et de livrer à la Justice un certain Quaugvak, accusé de deux meurtres. »
- Voici une autre anecdote que j’emprunte à la relation du Dr D. Jenness, en la résumant :
- A Asiak, village de la péninsule de Kent, une femme, nommée Mittik, fut accusée publiquement
- Fig. 6. — Piliers de pierres pour protéger les vivres contre les renards.
- d’avoir causé la mort d’un homme par ses sortilèges. Dans la discussion, un homme fut frappé d’un coup de couteau. Il courut chercher son fusil, mais tomba mort en route. Un de ses amis poignarda le meurtrier, et trois hommes furent mortellement blessés dans la.querelle.
- Dans la même localité, se déroula un horrible drame qui met bien en relief les mœurs des Esquimaux. C’est encore au D'\ I). Jenness que nous en empruntons lé récit :
- .Un vieux couple, accompagné de trois fils, dont l’ainé avait amené sa jeune épouse, s’arrête à Asiak pour y passer la nuit. Un villageois demandeà par ta ger les faveurs delà j eune fem m e. Le mari s’y oppose avec indignation, et, plutôt que de céder à la force, la perce de sa lance : elle fait quelques pas sur la neige et tombe morte.
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- LE DRAME DU GOUFFRE BERTARELL1
- Son père, un nalif d’Àsiak, accourt avec d’autres compagnons : le gendre est tué à coups de couteaux. Le deuxièmè frère le venge en poignardant dans le dos le père de la jeune femme, qui tombe foudroyé, et le meurtrier est frappé à son tour. Pour mettre t fin à la vendetta, on décide de massacrer toute la famille. Le vieux père est mis à mort ; son troisième fils, grièvement blessé, réussit .à s’enfuir; le deuxième, laissé pour mort, est sauvé grâce au dévouement de sa vieille mère. Total : quatre tués et deux blessés.
- On ne s’étonne plus de la faiblesse numérique d’une race où l’on s’entre - tue si facilement, où la vie humaine est une marchandise sans valeur.
- Un homme affûte un couteau qu’il vient de fabriquer.
- Entre un voisin qui le tourne en dérision sur sa façon d’aiguiser une lame. L’autre continue tranquillement son opération, puis, jugeant que la lame est suffisamment repassée, la plonge soudain dans la poitrine du moqueur en demandant : >
- « Dis-moi donc si mon couteau coupe bien !»
- Les femmes elles-mêmes s’en mêlent. Une matrone se moque d’une voisine, parce qu’elle est, stérile, et reçoit d’elle un coup de couteau qui la tue net. Dans tous les cas que nous venons d’exposer, les meurtriers ne furent ni punis ni même inquiétés. Parfois, l’auteur d’un crime juge prudent de s’exiler pendant quelques années.
- Cette impunité n’est plus une règle absolue depuis 1916, et les Esquimaux savent désormais
- qu’ils peuvent être’amenés à rendre des comptes à la justice humaine. Sept années auparavant, deux Esquimaux avaient assassiné deux jeunes missionnaires catholiques, Canadiens-Français, dont ils avaien t ensuite mangé le cœur.
- Une patrouille de ce corps d’élite qu’est la Royal Northwest Moun-ted Police partit à leur recherche, parcourut plusieurs milliers de kilomètres à leur poursuite, et, finalement, après quatre années de courses à travers les solitudes arctiques, s’empara des assassins, qui furent jugés et pendus.
- (d suivre.) V. Forbln.
- Fig. 7. — Enfants jouant au « tag » sur la neige. Dalphin and Union Slrait.
- LE DRAME DU GOUFFRE BERTARELU (450 M.)(l
- A la fin d’Août 1925 la presse quotidienne menlionnail brièvement un accident, faisant deux victimes au fond d’une caverne ««près de Pinguente •> (Istrie) et laissant ressortir huit alpinistes.
- Il s’agissait en réalité de l’abîme Bertarelli ou Grolta délia Marna, près Raspo, à 53 km. S. E. de Trieste, décrit au n° 2656 de La Nature (28 février 1925).
- Voici le résumé des renseignements reçus de notre correspondant et ami, M. Eug. Boegan, l’un des organisateurs des recherches dans ce gouffre, où il a failli lui-même succomber.
- Il y a eu, en effet, mort de deux hommes, et l’abîme a été exploré jusqu’à 450 mètres environ de profondeur, 70 mètres plus bas que les 1-2 Novembre 1924.
- La Societa Alpina dette Giulie avait décidé, cet été, une quatrième expédition, ayant pour but de forcer un passage à travers l’éboulis qui avait arrêté la précédente. Dirigée par M. Eug. Boegan, chef des services hydrauliques de Trieste, la descente commença le lundi 24 Août à la première heure.
- Les opérateurs étaient partagés en trois équipes ;
- 1° La pointe (MM. Malusa, Cesca, Tevini, Battellini, '
- 1. Le chiffre de 430 m., donné par l'es premiers rapports (août-septemhrc_ 1925), est porté à 450 m. par la relation définitive (Alp. Giulie, revue’ de la Soc. Alp. delle Giulie, 2* semestre 1925, reçue le 15 janvier 1926). Alt. de l’orifice 695 m.; du siphon (245 m.). La longueur développée des puits et galeries est de 875 m. ,
- Jenull, Redivo) ; 2° Le soutien (MM. Mahorsich, Devecchi) ; 3° Le poste d’en haut (MM. E. Boegan, Steffè, Urbica Daneu et quatre aides de Raspo).
- L’exploration se poursuivit, toute la journée du 24, aux prises, comme les précédentes, avec les pires difficultés. Mais l’escouade de tète eut l’heureuse surprise de trouver l’éboulis de barrage naturellement déblayé ; une crue souterraine quelconque l’avait emporté. A 23 h. 20 cette équipe téléphonait qu’elle venait, par des plans inclinés successifs, d’atteindre 450 mètres (d’après le baromètre) de trouver 300 mètres de nouveaux couloirs (larges seulement de 0 m. 60 à 2 mètres) et d’èlre arrêtée par un siphon infranchissable.
- A ce moment même, le ciel se couvrait, le vent s’élevait, la pluie menaçait avec tous indices d’une violente tempête survenante. A peine Boegan avait-il téléphoné à la pointe l’ordre impératif de battre eh retraite, sur le champ, que l’ouragan se déchaîna, déversant des trombes d’eau. En trois minutes un torrent s’engouffrait dans la doline qui forme la bouche de l’abîme. Il était 23 h. 1/2.
- Celte première irruption dura dix minutes, épargnant les huit hommes (attachés) du poste supérieur ; une deuxième, plus violente (à minuit), laissa encore fonctionner le téléphone, et l’équipe de soutien put communiquer qu’elle-même au fond du grand puits (à 190 m.) était à peu près à l’abri, tandis que la pointe, au fond des galeries, s’était réfugiée dans des crevasses de rochers, la rivière souterraine ayant m nié de 0 m. 60
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- CHRONIQUE .....1 .69
- Soudain à minuit et demi l’abat d’eau devint,une cataracte, obturant toute la bouche du grand puits de 150 mètres dans un véritable tourbillon.
- Eug. Boegan, Urbica et Steffè, arrachés de leurs postes de manœuvre à 00 mètres de profondeur par l’irrésistible cascade, purent s'agripper miraculeusement à la poutre transversale des échelles et à des saillies de rochers, juste à l’orifice de ce grand puits (Y. fig. 1 et 5 du n° 2656).
- Mais deux des aides de Raspo, Carlo Bosich et Biagio Bosich (18 et 25 ans) furent emportés et précipités dans le gouffre, en hurlant un double cri de désespoir.
- Cordes, échelles, téléphones, agrès, lampes, vivres, tout avait été englouti aussi. La pluie ne cessa qu’à 2 heures du matin et l’eau ne commença à décroître que lentement. Dans cette épouvante noire de la nuit du 24 au 25 août au fond de la 1 e grotte (60 m.) le poste d’en haut dut attendre jusqu’à l’aube pour regagner la surface du sol et organiser les secours. Les clameurs d’appel vers le bas s’étaient perdues, sans réponse, parmi le bruissement des eaux roulantes.
- Au dehors la tourmente avait rompu toutes les lignes téléphoniques : il fallut aller jusqu’à Trieste, en auto par routes défoncées, pour quérir l’aide des autorités et des deux sociétés {Alp. Giul. et Ass. XXX Otlobre).
- Le mardi 25 à 19 heures de nouvelles échelles pouvaient plonger dans l’abîme; on descendit quelques dizaines de mètres pour appeler, et l’immense tuyau rocheux laissait monter faiblement : « Nous sommes vivants, oui' Mais faites vite ».
- On ne saurait détailler ici ni les circonstances émouvantes qui ont sauvé les deux équipes de la noyade, ou du fracassement par les chutes de pierres; — ni les difficultés périlleuses du sauvetage ; — ni l’état des huit malheureux après cinquante heures de geôle souterraine dont trente devant la mort imminente. Le premier rescapé était extrait du grand puits le mercredi 26, août à 5 h. du matin et le huitième à 9 h. 45.
- Des deux cadavres, retrouvés nus et rompus à plus de 250 mètres de profondeur un seul put être remonté ultérieurement, quand la chute d’eau fut tout à fait arrêtée.
- Les résultats importants de cette terrifiante et funèbre expédition sont les suivants (sans reparler des conclusions géologiques précédemment relatées) :
- 1° L’abîme Bertarelli, ou Grotta délia Marna, dépasse de beaucoup en profondeur (450 m.) -les trois gouffres les plus creux explorés jusqu’à présent : Trebiciano (522 à 529 m., près Trieste), Sarkolié (510 m.; Monténégro); Kacna-Jama (504 m. ; près Trieste) ;
- 2° Dans le Carso, comme en Angleterre, France, Péloponèse etc., certains abîmes continuent, de nos jours, à engloutir les grandes pluies : ils fonctionnent donc encore par intermittences et ne sont pas morts ;
- , ;5° C’est bien à l’érosion tourbillonnaire dans des fissures préexistantes qu’est due leur formation de haut en bas;
- 4° Au contact de couches marneuses, argileuses, imperméables ils sont continués par des réseaux de galeries aquifères, où les eaux engouffrées descendent en pentes ou par échelons;
- 5°; Ces réseaux existant bien au-dessus des vallées de drainage voisines, il n’y a pas plus de niveau hydrostatique unique que de nappe de fond (Grundwasser), dans les calcaires fissurés du Carso, des Causses, du Jura, des Alpes d’Angleterre, etc. ;
- 6° Sauf très rare exception on aboutit toujours à un siphon amorcé, constituant le sommet des réservoirs allongés qui restent impénétrables jusqu’aux résurgences. — On peut citer comme ayant permis de ressortir par une telle résurgence (et après déblaiement), le petit abîme de la Cournounelle près Minerve (Hérault);
- 7- La rapide absorption de la crue souterraine par le siphon fait présumer l’existence de grands bassins à l’aval, comme au Mas-Raynal (Aveyron).
- 8° Les bouchons de débris, de pierrailles et de rocs au fond des gouffres, — les éboulis dans les galeries sont retenus par des étranglements et ne forment pas le foncî véritable. De grandes chasses d’eau naturelles réussissent parfois à les forer (Bertarelli; Gaping Ghyll en Angleterre; Padirac; etc.) ;
- 9° De rudes travaux de désobstruetion pourront donc-être entrepris avec chances de succès, quand la pénurie croissante de l’eau, la diminution inquiétante et formelle des fontaines, obligera à recourir aux réserves souterraines (encore insuffisamment connues) des calcaires, et à poursuivre la régularisation de leurs écarts (Problèmes de Vaucluse, Sorgue, d’Aveyron, les Gillardes, Fontaine l’Evêque, Timavo, etc).
- 10° Pour l’abîme Bertarelli, il vaudra mieux, lors d’une autre grande absorption d’eau, y jeter 50 kg. de fluorescéine, pour déterminer avec quelle résurgence du Va 1-Fiumera-Quieto il correspond;
- 11° Ces explorations excèdent les ressources et moyens des entreprises privées : elles exigent le concours et les subsides des pouvoirs publics et des grandes associations. (La perte de matériel du 24 août s’élève à 50 000 lire) ;
- '12° Enfin elles ne sont pas de simples promenades, comme les ont appelées certains géologues, mal informes (ou mal intentionnés), qui persistent d’ailleurs à contester (par pur entêtement) les nouveaux principes démontrés, d’après des milliers de faits et depuis quarante ans, de l’hydrogéologie souterraine.
- Dans le Carso surtout, bien d’autres gouffres, visités dans des buts scientifiques, ont été homicides! — Dès 1866, l’abîme des Morts (profondeur 264 m.), près Trieste, au cours d’une recherche d’eau, tuait déjà quatre hommes !
- E.-A. Martej.
- CHRONIQUE
- L’île la plus isolée du globe : Tristan da Cunha. — M. Alluaud vient récemment d’exposer à la Société de Biogéographie (Compte rendu des Séances, n° 16, décembre 1925), ce qu’on sait de Tristan da Cunha, l’île la plus isolée du globe, de sa flore et de sa faune.
- Tristan est située à mi-chemin entre le Cap de Bonne-Espérance et le Cap Horn, à 5000 km de Cape-Tovvn, à 5700 de Montevideo, à 2400 de Sainte-Hélène qui est la
- terre la plus proche. Elle forme avec ses deux voisines plus petites : Inaccessible et Nighingale, et une autre, Gough, située à 500 km au S.-S.-E., un archipel qui appartient à l’Angleterre. Sa latitude est de 57°5' sud, symétrique de celle des Açores dans l’hémisphère nord, mais son climat est beaucoup plus froid, puisque les glaces flottantes arrivent jusqu’à elle.
- Tristan et ses voisines sont d’origine volcanique, comme toute la traînée d’iles qui parsèment l’Atlantique
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- 70 ' — LES VÉLINS
- du sud au nord : Islande, Açores, Madère, Canaries, Cap Vert, Ascension, Sainte-Hélène. L’ile principale mesure 116 km8; elle est dominée en son centre par un pic haut de 2550 m., ce qui la rend partout abrupte et rocheuse, sauï un petit plateau habitable et cultivable de 5,5 km sur 1,5.
- Tristan da Cunha fut découverte en 1506 par le navigateur portugais dont elle porte le nom. Elle était alors inhabitée. Des naufragés, puis des colons l’occupèrent qui vivent patriarcalement, en commun, sans monnaie, sans alcool; les crimes et délits y sont inconnus. On y compte actuellement 150 habitants, plus que n’en peut nourrir le sol, surtout depuis que les rats venus d’un bateau échoué ont envahi le pays. Le gouvernement anglais a récemment proposé à la population de l’évacuer en Afrique australe en lui donnant des terres, mais il s’est heurté à un refus. La principale ressource de File était autrefois la pêche à la baleine et la chasse aux phoques, mais ces animaux sont devenus rares. Tristan n’est donc pas un paradis terrestre !
- On rencontre sur ses côtes T éléphant de mer et l’otarie à fourrure ; des oiseaux de mer : un manchot,
- LES VÉLINS
- L'Exposition des Vélins du Muséum d’Histoire naturelle, qui s’est ouverte au Musée des Arts Décoratifs (Pavillon de Marsan) le 12 janvier dernier, doit permettre au public d’admirer une collection aussi intéressante pour les artistes que pour les savants, à laquelle on ne saurait faire qu’un seul reproche, celui d’être restée trop longtemps cachée. c, Une entreprise, dont la réalisation s’est poursuivie, sans interruption pendant plus de deux siècles et demi, malgré les vicissitudes politiques et où Part le plus délicat semble s’être mis au service de l’esprit scientifique le plus sincère, voilà ce que représente cette collection dont les sujets sont empruntés aux différents règnes de la nature et qui compte près de 5000 aquarelles ou dessins. La présence dans un établissement scientifique d’un trésor d’art aussi considérable est un fait assez rare pour qu'il soit permis d’entrer à son sujet dans quelques détails et de fixer quelques dates.
- Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, possédait dans son château de Blois un jardin botanique et une volière, dont il décida de faire peindre en miniature et sur vélin les sujets les plus intéressants. Quelques-uns de ces vélins sont l’œuvre de Daniel Rabel, d’autres et les plus nombreux furent peints par Nicolas Robert, déjà connu par ses illustrations de la « Guirlande de Julie », le seul dont Gaston d’Orléans semble s’être souvenu dans son testament où il parle des « livres de fleurs et d’oyseaux qu’il a fait portraire par Robert peintre ».
- C’est à Louis XIV que Gaston, mort le 2 février 1660, léguait sa précieuse collection de vélins en même temps que de nombreuses œuvres d’art. Les vélins furent transportés à Paris dès le 28 novembre de la même année sous la surveillance d’un certain abbé Bruno ou Breunot, et remis à la Bibliothèque du Roi bien que, pourdes raisons sur lesquelles nous n’avons pas à nous étendre ici, le testament ne dût être '
- DU MUSÉUM .................. . . -...
- trois albatros, un goéland, un sterne, quatre pétrels. Trois oiseaux terrestres seuls l’habitent : un bruant, une grive et une poule d’eau. iNi reptiles, ni batraciens, cinq mollusques dont un escargot et deux limaces. Deux vers, trois myriapodes, trois crustacés, six coléoptères, quelques lépidoptères, deux mouches, des puces, une punaise, ni orthoptères, ni hyménoptères. C’est tout, et M. AUuaud, qui donne leurs noms scientifiques, signale combien cette faune est pauvre pour la zone tempérée.
- La flore est mieux connue grâce à l’exploration d’Aubert du Petit-Thouars en 1795; elle montre, notamment par l’arbre unique de ces îles, Philica arborea, des affinités africaines.
- L’exploration biologique de Tristan da Cunha, si elle était reprise, fournirait certainement de précieux renseignements pour les principales questions de biogéographie ; la connaissance précise de la répartition et des affinités des êtres vivants de cette île perdue, si isolée, permettrait notamment de mieux définir les rapports des deux continents qui bordent l’Atlantique sud. Une expédition ou un navigateur feront-ils bientôt escale sur ces côtes abruptes et peu hospitalières ?
- DU MUSÉUM
- accepté par Louis XIV qu’en novembre 1661 et enregistré par le Parlement que le 5 juin 1663.
- Paris possédait aussi son Jardin Botanique, officiellement établi depuis 1635 sur l’emplacement de l’actuel Jardin des Plantes. C’est là que nous retrouvons, en 1664, Nicolas Robert avec le titre de « peintre ordinaire de Sa Majesté pour la miniature » que lui avait fait donner Colbert. Il continue l’œuvre de Blois en prenant comme modèles les fleurs du Jardin du Roy, mais se transportant à la Ménagerie de Versailles pour y peindre les oiseaux.
- Nicolas Robert a laissé plus de 700 vélins portant son cachet ou signés par lui. Il est possible, ainsi que l’a démontré le Dr Ed. Bonnet, qu’un certain nombre des premiers soient l’œuvre de ses élèves : J. Bailly, N, Villemont ou N. Le Roy. Il est difficile d’autre part, même eju se reportant au Catalogue des plantes des deux jardins respectifs, de distinguer ceux qui avaient été peints à Blois de ceux qui furent peints dans la suite à Paris. Ce qui importe plus, c’est l’opinion de savants comme Antoine de Jussieu, bon juge en la matière, qui déclare que « les vélins de Nicolas Robert sont peints avec une telle exactitude que la moindre partie y est exprimée dans la perfection ». On doit aussi à Nicolas Robert la belle collection de dessins à la sanguine qui ont servi pour exécuter les gravures de la chalcographie du Louvre, auxquelles ont collaboré Louis-Claude de Chastillon et Abraham Bosse. Ce sont ces gravures dont les originaux se trouvent à la Bibliothèque du Muséum que reproduisent les figures 1 à 4. .
- Colbert, qui avait dans ses attributions la direction des Beaux-Artrs comme aussi celle du Jardin des Plantes, s’intéressait vivement aux vélins de Robert. Il en fit faire des copies par les trois élèves du peintre, cités plus haut et, sans doute, par Nicolas Robert lui-même. C’est cette collection, dite de Col-
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- LES VÉLINS DU MUSÉUM
- bert, que possède encore aujourd’hui le Hofmuseum de Vienne.
- Fagon, premier médecin du roi et surintendant du Jardin des Plantes, appréciait aussi le mérite et l’utilité des vélins. Il les aurait fait, dit-on, transporter à Versailles où le retenait son service auprès de Louis XIV, et se serait occupé de dresser un plan pour la continuation et la mise en ordre de la collection. Ce qui est certain, c’est qu’en 1717, les vélins étaient revenus à la Bibliothèque du Boy où ils devaient rester jusqu’à la Révolution.
- Nicolas Robert eut pour successeur, en 1685,
- Jean Joubert qui, mieux doué pour le paysage que pour la miniature, se fit suppléer puis, en 1700, définitivement remplacer par Claude Au-briet.
- Celui-ci était un botaniste instruit autant qu’un peintre distingué. Il avait accompagné Tour-nef ort dans son voyage en Orient et en avait rapporté des connaissance s précises sur les espèces peu communes en France. Nous avons de lui plus de 500 vélins.
- Ce fut une femme, Marie-Magdeleine Basseporte, élève d’Aubriet, qui recueillit sa charge en 1755 et la garda pendant près d’un demi-siècle. Nous avons d’elle des aquarelles qui ne sont pas sans mérite, au bas desquelles, après sa signature, elle proclame fièrement son âge de 80 ans. Gérard Van Spaendonck, d’origine hollandaise, la suppléa à partir de 1774 et fut titularisé en 1780. Artiste d’une grande réputation, il devait être le dernier peintre du roi et le maître de la génération suivante.
- La Révolution, loin d’entraver le développement de la collection des vélins, lui donna, au contraire, une vie nouvelle en la rattachant plus étroitement au Jardin des Plantes. Le décret de la Convention
- 71
- du 10 juin 1795, qui organisait le Muséum et y créait une bibliothèque, spécifiait que les vélins déposés à différentes époques à la Bibliothèque Nationale seraient transportés dans celle du Muséum. Par un autre décret du mois de septembre de la même année, la Convention proclamait l’intérêt qu’il y avait à continuer la collection et à encourager les artistes qui se livraient à ce genre de travaux. Pour réaliser ce double but, elle mettait à la disposition
- du Muséum une somme annuelle de 6000 livres, à répartir entre les artistes qui devraient être choisis au concours.
- Le Muséum réorganisé comportait une chaire d'iconographie végétale dont le titulaire était l’ancien peintre du Roi, Gérard Van Spaendonck.
- C’est en cette qualité, etcomme commissaire du Muséum, que, s’étant mis en rapport avec les membres du Comité d’instruction Publique et les fonctionnaires de la Bibliothèque Nationale, Van Spaendonck procède avec son collègue Desfontaines au transport des vélins au Muséum.
- Nous pouvons croire qu’il fut l’inspirateur des mesures prises pour organiser dans cet établissement l'enseignement de la peinture appliquée aux sciences de la nature.
- « Ce cours, est-il dit, dans le projet de règlement présenté par les professeurs du Muséuih en 1795 au Comité d’instruction Publique et agréé par lui, ce cours sera consacré à l’art de dessiner et de peindre toutes les productions de la nature. On rassemblera, dans une salle destinée à cet effet, tous les élèves qui se présenteront pour apprendre cet art. On les formera, par les exemples des grands maîtres et par l’exercice non interrompu, à rendre avec vérité, correction et pureté, les caractères, la
- Fig, i.
- Une gravure de Robert représentant la petite absinthe.
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- 72 r::.......... . -— LES VÉLINS DU MUSÉUM —-----------------.........:...—
- forme et les couleurs des minéraux, des -végétaux I ainsi que des nouveaux: « Afin que les uns et les et des animaux. » I autres soient véritablement consacrés à Futilité pu-
- Fig. 2.
- Une autre gravure de Nicolas Robert représentant l’Angélique.
- Un autre article du même projet concerne l’usage l blique, ils seront exposés successivement dans le qu’on fera des vélins de l’ancienne collection royale * Muséum pour y servir particulièrement aux leçons
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- Fig. 3. — Une gravure Fig- 4• — Une autre gravure
- de Louis de Chastillon ; L’oseille de Bonüus. de Chastillon : l’angélique des Alpes.
- de botanique, de zoologie et d’iconographie naturelle ».
- La collection des vélins devenait ainsi une partie
- Fig. 5. — Une gravure d’Abraham Bosse.
- essentielle de l’enseignement des sciences naturelles. On modifia dans la suite, et à diverses reprises, les classements pour les mettre en harmonie avec les conceptions nouvelles, on prit des mesures pour réserver dans chaque volume une place aux espèces ou aux individus qui n’y figuraient pas encore; on attira enfin des collaborateurs plus nombreux comme pour hâter l’achèvement de la collection.
- Un des peintres admis à la suite du premier concours fut Pierre-Joseph Redouté, surnommé le « Raphaël des fleurs » par ses contemporains. Ancien collaborateur de Yan Spaendonck et déjà connu à l’époque de Marie-Antoinette dont il fut le professeur, il devait continuer à peindre jusqu’en 1840. Son passage au Muséum est marqué par plus de 500 vélins. Henri-Joseph Redouté, son frère, est surtout connu par les dessins qu’il rapporta de l’expédition d’Égypte. Gombaud, peintre d’oiseaux, Oudinot, peintre d’insectes et de coquillages, Maréchal, peintre d’anatomie, travaillèrent avec eux dans les dernières années du xvme siècle et dans les premières du siècle suivant.
- En 1822, les artistes attachés officiellement au Muséum étaient au nombre de quatre: P.-J. Redouté pour les plantes, H.-J. Redouté pour les reptiles et les poissons, de Wailly pour les quadrupèdes et les oiseaux, N. Huet pour les vers, les insectes et les coquilles.
- Nous ne pouvons donner les noms de tous ceux qui augmentèrent, dans la suite, la collection des
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- Fig. 6. — P.-G. Van Spaendonck, membre de l’Inslilut, Professeur d’iconographie végétale au, Muséum national, d’après une lithographie de Fonrouge.
- vélins. Contentons-nous de citer deux femmes : Juliette Àlberti et Adèle Riche, et de rappeler les noms d’Abeille de Fontaine, de Bessa, de Werner, de Cocourt et de Y.-J. Huet. Le contraste est frappant avec la période allant de 1664 à 1795 qui n’avait connu que cinq peintres officiels.
- Avec le xixe siècle, cependant, devait s’arrêter l’accroissement de la collection. Déjà un esprit d’économie avait fait substituer, dans bien des cas, au vélin le papier bristol qui n’était employé qu’ex-ceptionnellement aux époques précédentes.. D’implacables réductions budgétaires obligèrent bientôt l’Administration du Muséum à diminuer le nombre des commandes, puis aies cesser complètement.
- Ajoutons, pour être juste, que les progrès de la photographie rendaient beaucoup moins indispensable le concours des artistes et que l’esprit scientifique nouveau se détachait sans effort des préoccupations d’art.
- Les vélins Mu Muséum sont actuellement enfermés dans 102 grands volumes in-folio richement reliés ët dont la moitié, au moins, remontent à l’origine de la collection et sont aux armes du Roy. Chaque volume peut contenir une centaine de vélins qui sont placés, sans attache, entre les feuilles dont ils portent le numéro.
- Nous donnerons une idée de l’importance attribuée à chaque genre en disant que 66 volumes sont exclusivement consacrés aux plantes, 8 aux oiseaux, 6 aux poissons, 5 aux mammifères, 2 aux reptiles et 2 aux insectes. Trois volumes renferment des _planches d’anatomie comparée. Les autres espèces
- sont réparties dans les derniers volumes. Ajoutons que la collection s’enorgueillit de 3 miniatures remarquables représentant Gaston d’Orléans, Louis X1Y et Colbert dont les noms dominent, du moins à ses débuts, l’histoire des vélins du Muséum.
- Ce qui fait l’unité en même temps que la valeur scientifique de cette collection, c’est que tous les artistes exécutent une tâche que des savants leur confient et dont ils contrôlent l’exécution. Ici l’œuvre d’art doit avoir la valeur d’un document, parce qu’entre les mains des professeurs et de leurs élèves elle deviendra un objet d’étude et servira, à l’occasion, à appuyer une démonstration. Aux critiques d’art de juger si une contrainte qui ne tendait qu’à obliger les peintres à suivre de très près la nature nuisit à l’originalité de leur talent.
- Les vélins du Muséum constituent aujourd’hui pour l’étude des sciences naturelles les plus magnifiques et les plus précieuses des archives. Ils évoquent l’œuvre des hommes illustres qui en ont été les inspirateurs et servent à fixer la date à laquelle certaines espèces ont été introduites en France ou y ont été étudiées pour la première fois. Ils perpétuent surtout le souvenir de la forme aimable qu’a revêtue dans notre pays l’étude des sciences naturelles et du caractère vraiment humain des savants du Muséum d'Histoire naturelle.
- Léon Bultingaike.
- Bibliothécaire du Muséum.
- Fig. 7. — Pierre Joseph Redouté, le “ Raphaël des fleurs” (/749-/040). dessin 'de Mlle Godefroy.
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- LA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- Il est incontestable qu’une des applications les plus importantes du caoutchouc consiste dans la préparation des pneumatiques ou bandages pour les autos. Cette industrie à elle seule utilise un tonnage formidable de caoutchouc; le matériel dont elle dispose est actuellement très perfectionné et pour décrire ces fabrications importantes il faudrait tout un volume. Nous nous bornerons donc à donner un léger aperçu de cette intéressante industrie. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été fournies parla Société Dunlop; elles aideront à
- sont emportées par le lavage. Après épuration complète, le caoutchouc prend l’apparence d'une grande feuille appelée crêpe.
- Ces crêpes sont placées dans des séchoirs où on envoie de l’air chaud, et le séchage s’accomplit assez rapidement, mais dure cependant o à 4 jours.
- Cette matière sèche est ensuite amenée à l’appareil appelé mélangeur. Cet outil ne diffère du déchi-queteur que par la nature et les dimensions des cylindres. Ces cylindres sont en fonte trempée et sont disposés pour recevoir un système de chauffage
- Pig. i, 2 et 3. — A gauche : coupe de pneumatique à tringles monté sur jante à base creuse Dunlop. Au milieu : coupe de pneumatique à tringles monté sur jante Straight-Side. A droite : coupe de pneumatique à
- talons monté sur jante à talon.
- mieux faire comprendre les differentes phases de la préparation.
- Nous ne ferons pas ici l’histoire du caoutchouc, mais il nous paraît cependant nécessaire de rappeler quels sont les traitements que l’on fait subir à la gomme avant de la rendre utilisable à la préparation des pneumatiques.
- On sait que la coagulation du latex au moyen des acides donne le caoutchouc brut. Ce produit subit d’abord un traitement mécanique de pressage et de fumage et arrive sur le marché en masses fumées de couleur brune plus ou moins foncée.
- Le premier traitement consiste à laver cette gomme indigène et à la mettre en feuilles.
- Après l’avoir laissé tremper dans des bacs contenant de l’eau chaude et l’avoir débitée en morceaux, on la fait passer entre les cylindres de déchique-teurs. Ces appareils se composent de deux bâtis en fonte recevant deux cylindres qui tournent à des vitesses différentes sous un courant d’eau froide. La masse est broyée, écrasée, tandis que les impuretés
- et de refroidissement ; ils sont mus par un moteur électrique. Le caoutchouc passe entre ces cylindres sous une très forte pression et de ce fait devient très plastique.
- Mais l’addition de certains ingrédients est maintenant nécessaire, et ces ingrédients ont leur rôle défini. Nous verrons plus loin comment on procède à la vulcanisation des bandages. En vue de cette vulcanisation, le caoutchouc est additionné de soufre. Les enveloppes et chambres à air sont vulcanisées avec 5,5 pour 100 de soufre, alors que pour les bandages plus forts, il en faut jusqu’à o pour 100.
- D'autre part, on sait depuis longtemps que la présence de certains composés comme la magnésie, la litharge ou la chaux permet une économie de temps appréciable dans la vulcanisation. Des recherches modernes ont même permis de découvrir certains corps organiques jouissant de la même propriété (hases organiques, dérivés de la thiourée, dérivés nitrés) ; tous ces corps sont appelés des accélérateurs de là vulcanisation.
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- LA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- A côté de ccs produits, pratiquement indispensables à la vulcanisation, le fabricant utilise des substances faciles à incorporer au caoutchouc.
- Ces substances, appelées « charges », n’ont pas pour but de réduire le prix de revient des mélanges et d’augmenter le bénéfice du fabricant. Elles sont ajoutées dans le but de modifier les propriétés du caoutchouc, particulièrement pour améliorer ses qualités mécaniques (résistance aux efforts de traction, de compression et à l’usure) et à aider à sa bonne conservation.
- La meilleure de toutes les charges est le noir à
- les huiles minérales, certaines huiles végétales (de lin, de coton), les goudrons.
- Entin en vue de colorer la masse, on leur adjoint des colorants. Les pigments blancs renferment'de l’oxyde de zinc, du lilhopone, de l’oxyde de titane* du carbonate de chaux ; les pigments orange contiennent du sulfure d’antimoine, du sulfure de mercure. Les pigments rouges contiennent du fer. Enfin on se sert aussi des couleurs organiques telles que la fuchsine, le vert brillant, des laques; le noir de gaz est universellement employé comme pigment noir. Toutes ces différentes matières sont incorporées
- Fig. 4. — Vue des usines Dunlop à Montluçon.
- gaz, obtenu par combustion incomplète des gaz naturels des puits de pétrole. Il augmente considérablement la résistance du caoutchouc ; 1 d’après Boisy, un mélange à base de noir de gaz, sous un fort jet de sable, résiste trois fois plus que l’acier ; la bande de roulement pour pneumatiques à base de noir de gaz est la matière la plus résistante à l’abrasion de la route.
- Le noir de fumée est aussi une excellente charge. Il en est de même de l’oxyde de zinc. Pour les chambres à air on utilise du sulfure d’antimoine.
- A côté de ces charges minérales, on utilise des charges organiques qui ont pour effet d’augmenter la souplesse et la plasticité du caoutchouc. Elles aident aussi à la bonne conservation du caoutchouc vulcanisé.
- Les plus employées sont la paraffine, la cérésine,
- au caoutchouc dans des moulins de mastication consistant en rouleaux entre lesquels le mélange est passé. Cette opération est très délicate; en effet le mélange du caoutchouc, du soufre, des pigments, des charges, des accélérateurs produit un écbauffe-ment considérable. Si la température devient trop élevée, la vulcanisation peut être prématurée et produire des résultats désastreux. Aussi le contrôle de la température doit-il s’exercer avec soin pendant l’opération des mélanges ; les cylindres du mélangeur sont d’ailleurs creux et peuvent être refroidis intérieurement par une circulation d’eau froide.
- Après avoir subi ces différents traitements, la matière est apte à sa transformation en objets manufacturés.
- Si l’on fait une coupe dans un bandage d’auto, on remarquera que ce bandage est composé de
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- Fig. b. — Les générateurs de vapeur dans une usine de fabrication de pneumatiques. La niise en œuvre d’un important outillage nécessite une dépense considérable de vapeur, absorbée surtout par les autoclaves de vulcanisation.
- trois parties distinctes : 1° la partie en contact avec le sol ; cette partie est constituée uniquement par du caoutchouc mélangé ; 2° les côtés constitués par des couches de caoutchouc et de tissu ; 5° le talon, partie par laquelle l’enveloppe est solidement maintenue sur la jante, est constitué par du caoutchouc très dur.
- La partie en contact avec le sol doit être particulièrement résistante.
- Le caoutchouc qui la .constitue est préparé ainsi que nous l’avons décrit précédemment. Après les opérations de mélange, il est amolli jusqu’à consistance voulue, et puis placé, et comprimé dans une machine ou façonneuse qui lui donne la forme voulue. Dans son passage à travers celte machine le caoutchouc est maintenu à la température voulue au moyen d’une enveloppe de vapeur ; il sort de l’appareil sous forme d’une bande que l’on coupe à la dimension requise.
- L’imprégnation du tissu en caoutchouc est actuellement réalisée par un des deux moyens suivants :
- Ou bien on fait passer le tissu à travers une solution de caoutchouc dans un dissolvant approprié ; ou bien on applique directement sur la bande de toile une pâte épaisse de caoutchouc. Le premier procédé est le plus généralement suivi actuellement. Le caoutchouc est amené à l’état de solution épaisse au moyen de benzine. Un système d’étendage permet de recouvrir la toile de cette solution, tandis que des aspirateurs convenablement disposés hâtent l’évaporation du dissolvant lequel vient se dégager
- dans des appareils de récupération. Tout danger d’intoxication est ainsi évité, et la benzine, entièrement récupérée, peut être remise en œuvre;
- Le montage du bandage est exécuté sur une sorte de tambour ressemblant à une grande et large bobine de bois. Le tissu caoutchouté est enroulé autour de la bobine : la partie formant le talon et constituée par du caoutchouc très dur y'est soigneusement soudée sur les bords. Il ne reste plus qu’ à appliquer la partie du bandage en contact avec le sol, et ce dernier est maintenant prêt pour la vulcanisation.
- On sait que l’on désigne sous le nom de vulcanisation le phénomène qui se produit lorsque l’on chauffe le caoutchouc avec du soufre. Ge phénomène a pour effet de modifier profondément les propriétés physiques et chimiques du caoutchouc. Le caoutchouc vulcanisé est plus dur, moins plastique que le caoutchouc cru. Il a perdu plus ou moins CQmplètement la propriété de se souder a lui-même. Il est moins sensible aux variations de température. De plus la résistance et l’allongement augmentent.
- 11 existe plusieurs modèles d'appareils pour .opérer la vulcanisation du caoutchouc. Le plus souvent,on se sert soit d’autoclaves, soit ,de: presses constituées par des plateaux creux où circule la vapeur.
- Dans la vulcanisation des pneumatiques on utilise la presse-autoclave, combinaison de l’autoclave et de la presse, dont la puissance varie entre 20 et 400 tonnes.
- Fig. .6.Laveur déçhiqueteür de gommé brute. La gomme brute arrive à l’usine, souillée de sable et de nombreuses impuretés. Cette gomme est convenablement malaxée dans l’eau courante qui entraîne les impuretés.
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- 78 1 : 1 LA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- Fig. ~. — Atelier de gommage des tissus pour le pneu d’auto.
- Le bandage destiné à être vulcanisé est d’abord ajusté à une jante d’acier, puis placé dans un
- Fig. 8. — Métier a gommer avec récupérateur de benzine.
- moule fait de deux parties pouvant se joindre exactement Ce moule est alors soulevé par une grue et déposé dans la presse-autoclave, laquelle est remplie d’un certain nombre de [moules ainsi préparés. Le couvercle de la presse est alors fixé, et on fait arriver graduellement la vapeur dans l’appareil. La durée de l’opération varie avec la grosseur des bandages à vulcaniser. Alors que des bandages de vélo sont vulcanisés en quelques minutes à une température d’environ 150°, pour les bandages d’auto, il faudra souvent \ à 2 heures. Quand l’opération est jugée terminée, les bandages sont sortis de l’appareil de cuisson et retirés des moules.
- En ce qui concerne la fabrication des chambres à air, signalons ici le perfectionnement actuel de celte
- Fig. q. — Atelier de coulure d’enveloppe de vélo.
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- LA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- Fig. io. — Bandage dans son moule envoyé par
- fabrication. Les chambres à air étaient faites autrefois en soudant sur une tringle métallique creuse, de diamètre approprié, les deux bords d’une bande ds gomme d’épaisseur et largeur désirables. Actuellement un appareil simplifie cette fabrication, c’est la boudineuse avec laquelle on peut obtenir directement des tuyaux de caoutchouc, et dont nous parlerons plus loin.
- Disons, d’autre part, quelques mots de la fabrication des bandages pleins pour poids lourds. Ces bandages se composent d’un gros boudin en caoutchouc plein fixé sur un cercle en acier appelé armature.
- Fig il. — Atelier de jabrication des boyaux. On sait que sous le nom de boyaux on désigne un pneu faisant à la fois jonction de chambre à air et d’enveloppe. Les boyaux sont utilisés particulièrement par les vélos de course.
- chemin roulant jusqu’à l’atelier de vulcanisation.
- Cette armature est d’abord enduite d’une dissolution épaisse de caoutchouc. Suivant les fabricants, on emploie ensuite l’une des méthodes suivantes pour confectionner le bandage.
- On peut confectionner le bandage plein par superposition de feuilles de caoutchouc. Pour cela on se sert d’un appareil appelé calandre, lequel est composé d’une série de cylindres entre lesquels on fait passer la masse de caoutchouc préparé. Le mélange happé par le,s cylindres est écrasé et transformé en bandes de largeurs égales. Ces bandes sont enroulées autour de l’armature précédente jusqu’à obtention
- Fig. 12.
- Soudage des chambres à air.
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- LA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- Fig. i3. — Boudineuse permettant Vobtention directe du tuyau qui constitue la chambre à air. .
- tournant dans un cylindre à doubles parois dans lequel on fera circuler à volonté soit de la vapeur, soit de l’eau.
- À l’avant du cylindre se trouve une tête en acier à double enveloppe où se fixera la filière amovible.
- Le mélange de caoutchouc, réchauffé entre les cylindres d’un réchauffeur, est envoyé dans la boudineuse sous forme de bandes; la vis sans fin le triture et le force à s’écouler par la filière sous forme de boudin ayant les dimensions voulues.
- A la sortie de la boudineuse, le boudin est entraîné par un tablier mobile jusqu’à l’armature dont nous avons parlé plus haut, sur laquelle on le soude convenablement.
- de l’épaisseur désirable pour composer le boudin de roulement. En fait, on superpose sur l’armature des bandes constituées par des gommes de diverses qualités.
- On place d’abord des bandes de gomme dure, puis de gomme de moins en moins dure jusqu’au moment où la souplesse désirée pour la bande en contact avec le sol, appelée bande de roulement, est atteinte.
- Ce bandage terminé est ensuite vulcanisé en autoclave.
- Un procédé plus moderne consiste dans la confection des bandages pleins à la boudineuse.
- La boudineuse se compose essentiellement d’une vis d’Archimède
- Fig. 14. — Grosse boudineuse permettant l’obtention directe d’un boudin de caoutchouc plein, destiné à confectionner un bandage plein pour poids lourds.
- On procède ensuite au moulage du tout dans des moules appropriés, en deux parties, enduits de silicate ou de savon pour éviter l’adhérence, et le moule ainsi prêt est porté à l’autoclave à vulcanisation. Cette dernière opération nécessite souvent 4 ou 5 heures.
- La cuisson terminée, on refroidit les moules en les aspergeant d’eau et on enlève les deux parties ! du moule.
- Un léger firtissage est ensuite nécessaire, et il ne reste plus qu’à contrôler le bandage et à-lui faire subir quelques essais physiques.
- Fig. i5. — Collage du bandage plein sur les armatures métalliques.
- Le Itérant : P. Masson. — Imprimerie Lautjmî, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1920.
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- N° 2705
- 6 Février 1926
- LA NATURE
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- (SIUM©,
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- SOMMAIRE :
- La préparation du chloral : G. Durocher.
- La figure de la terre : Jean Boccardi.
- La meunerie française et son outillage actuel : J. Boyer.
- Les postes de T. S. F. portatifs : P. Hémardinquer.
- Académie des sciences : Paul B. — La restauration du sphinx de Gizèh : V, Forbin.
- SUPPLÉMENT:
- Informations : Nouveautés de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lett res. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- le numéro i f— • • ! ,/an,c=
- ( Union postale. 1 fl*. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et Ci8, Éditeurs, 1 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI8 (J\. C. : Seine >5.234)
- France et Colonies.................................................... .
- Étranger : Tarif extérieur n° ...........................................
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- (Voir ci-dessous la liste des pays acceptant le tarit postal réduit).
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE- — N° 2705.
- 6 FÉVRIER 1926
- LA PREPARATION DU CHLORAL
- Tandis que la médecine des siècles passés ne disposait que de médicaments tirés du règne végétal et parfois du règne minéral, la médecine actuelle, béné-liciaire des découvertes de la chimie organique se sert d’une grande variété de produits, synthétiques dont quelques-uns sont extrêmement précieux.
- Longtemps, ce fut le hasard seul qui fit découvrir les propriétés curatives d’une substance, mais
- innombrables composés, hàtons-nous d'ailleurs de dire que beaucoup n’ont eu que des propriétés curatives éphémères qui paraissent provenir plutôt d’une habile réclame que d’une action réelle. Pour d’autres, cette action est encore discutée et le nombre des composés qui possèdent une véritable utilité médicale est relativement restreint.
- Les photographies que nous présentons ici nous
- Fig. i. — Le chloral est obtenu par la réaction du chlore sur l’alcool. Remarquer ici une série de bombes à chlore liquide. Chaque bombe comporte une vis à pointeau permettant de laisser dégager à volonté le chlore dont on suit le dégagement dans un flacon laveur. Ce gaz se rend dans un récipient de grès contenant de l’alcool.
- aujourd’hui on oommence à entrevoir les rapports qui existent entre l’architecture moléculaire d’une espèce chimique et ses propriétés physiologiques. On connaît des radicaux anesthésiques, antiseptiques, soporifiques, comme on connaît ceux qui sont capables d’engendrer des matières colorantes. Faut-il rappeler par exemple ici que c’est en se basant sur ces conceptions que le chimiste français Ed. Fourneau a préparé la stovaïne, corps purement synthétique aujourd’hui très employé en thérapeutique et dont les propriétés anesthésiques sont voisines de celles de la cocaïne?
- Aussi le nombre des produits chimiques utilisés en médecine s’accroît-il de jour en jour. Parmi ces
- ont été fournies par The Industrial Chemist. Elles sont relatives à la préparation du chloral, médicament qui a fait ses preuves depuis longtemps, et dont Futilité est incontestable dans certains troubles pathologiques. Nous savons que le chloral est employé pour provoquer le sommeil ; c’est un produit dont nous avons tous entendu parler. Mais nous sommes certainement loin de nous douter de la façon dont ce corps est obtenu.
- Il est intéressant d’en décrire ici la préparation, car elle constitue un exemple de réaction synthétique.
- Deux produils doivent être mis en œuvre pour obtenir le chloral : le chlore et l’alcool.
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- 54‘ Année-
- I” Semestre-
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- 82 r—:—— .. - .. —-= LA PRÉPARATION DU CHLORAL
- Fig. 2. — Dans la réaction du chlore sur l’alcool, il se forme du chloral, mais il se produit aussi du gaz acide chlorhydrique. Remarquer en bas à gauche les récipients en grès où se fait la réaction du chlore sur l’alcool. Une canalisation ménagée au sommet de ces appareils permet à l’acide chlorhydrique gazeux de se dégager. Cet acide gazeux arrive dans une série de récipients contenant de l’eau (en haut à droite) où il se dissout en donnant l’acide chlorhydrique ordinaire.
- Nous savons que le chlore est ce gaz verdâtre à odeur irrespirable trop connu pour ses méfaits comme gaz asphyxiant. Le chlore a pourtant de bien nombreux emplois aujourd’hui dans l’industrie, ne devrait-on citer ici que la préparation de l’eau de Javel. Ce chlore s'extrait maintenant par électro-lyse du chlorure de sodium. Comme à l’état gazeux il n’est guère transportable, on le liquélie en lui faisant subir une forte pression et on le renferme dans des cylindres en fer. L’industrie moderne en consomme des quantités croissantes pour la préparation de l’indigo synthétique, du chloral, du chloroforme, des matières colorantes, des parfums, pour le désétamage des boites de fer-blanc qui se pratique par l'action du chlore sec sur l’étain, etc.
- Dans les usines fabriquant le chloral, le chlore nécessaire arrive à pied d’œuvre dans des cylindres ou bombes de métal. Une vis à pointeau, placée au haut du cylindre, permet de laisser dégager le gaz ; une tubulure adaptée au cylindre amènera le chlore dans l’appareil où il entrera en réaction avec l’alcool. Cependant, sur le trajet de cette tubulure est adapté un petit flacon laveur contenant de l’acide sulfurique, ceci en vue de s’assurer delà vitesse du dégagement des bulles de gaz de chlore.
- L’alcool employé dans ce but doit être aussi con-
- centré que possible ; il est contenu dans un récipient en grès, lequel plonge dans un bain-marie en fer. Ce récipient en grès porte à son sommet deux ouvertures, l’une destinée à laisser passer le chlore, et l’autre pour permettre la sortie du gaz acidç chlorhydrique qui se forme pendant la réaction du chlore sur l’alcool. ...
- Voici, en effet, comment se ’prodüit la formation du chloral : - ; .
- CTiP0 + 6 Cl =' C?IÏCT3(T '4- 5 HCL ,
- Alcool Chlore Chloral Acide
- chlorhydrique
- Le chlore est donc d’abord amené dans l’alcool soigneusement refroidi par un courant d’eau extérieur, puis peu à peu la' chaleur, dégagée par la réaction, produit une élévation de température qui atteint 70° environ.
- Ainsi que nous l’avons vu, il se produit de l’acide chlorhydrique au cours de cette réaction; il s’en produit même beaucoup. Naturellement, on ne laisse pas cet acide se dégager en pure perte dans l’atmosphère. Ce serait peu économique et bien malsain. Une canalisation partant de l’appareil à réaction l’amène à l’état gazeux dans une série de flacons remplis d’eau, où il se dissout en donnant l’acide chlorhydrique ordinaire. Il faut savoir en effet que l’acide chlorhydrique pur est un gaz et non un liquide. Le produit que nous connaissons sous le nom d’acide chlorhydrique, ou encore acide
- Fig. 3. — Quand la réaction du chlore est terminée, on agite le chloral brut avec de l'acide sulfurique et on le distille. On obtient ainsi le chloral anhydre, lequel est un liquide. La thérapeutique utilise le chloral hydraté, lequel est cristallisé et on l’obtient en traitant le chloral anhydre par de l’eau.
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- LA FIGURE DE LA TERRE
- muriatique n’est autre qu’une dissolution dans l’eau de l’aeide chlorhydrique gazeux, à 50 pour 100 environ.
- Toute fabrique de chloral se trouve donc ainsi être productrice d’acide chlorhydrique.
- Quand on a fait passer dans l’appareil à réaction la quantité jugée nécessaire de chlore, on arrête l’arrivée de ce gaz. Le produit de la réaction est à ce moment constitué par du chloral souillé de nombreuses impuretés. Pour le purifier et le rendre apte à l’usage de la thérapeutique, on l’agite avec de l’acide sulfurique et on le distille.
- Le chloral ainsi obtenu est ce qu’on appelle en chimie du chloral anhydre, c’est-à-dire exempt d’eau. C’est un liquide qui bout à 28°. Son odeur est irritante et provoque le larmoiement. Ce n’est pas en cet état qu’on l’utilise. Le chloral anhydre jouit de la propriété de se combiner à l’eau en don-
- nant le chloral hydraté, lequel est cristallisé, et possède une odeur caractéristique qui n’est pas désagréable. C’est le produit pharmaceutique.
- Le chloral possède la propriété de se dédoubler au contact des alcalis en donnant naissance à du chloroforme. Or nous savons tous combien le chloroforme est un anesthésique puissant. Aussi au début de la découverte du chloral, laquelle d’ailleurs remonte à 1825, a-t-on songé à utiliser le chloral comme anesthésique. En réalité l’expérience a montré que l’action physiologique du chloral jouit au contraire d’un pouvoir hypnotique comparable à celui de l’opium et ne donne lieu à la perte de sensibilité qu’au moment où il menace l’existence en qualité de poison du cœur, c’est-à-dire au moment où l’on en a absorbé une dose toxique.
- G. Durocher.
- LA FIGURE DE LA TERRE
- I. On a annoncé dernièrement (') que les mesures géo-désiques montrent la forme ovoïde de la Terre, et on a cru y trouver une confirmation de l’hypothèse cosmogonique dualistique de M. Belot. Les lignes qui suivent montrent bien quelles sont les convictions de l’auteur à ce sujet et quel est le but qu’il s’est proposé :
- « Le géoïde est donc, non pas ellipsoïdal, mais ovoïdal. Animé, comme tout le système solaire, d’un mouvement de translation dans un milieu très faiblement résistant, vers un apex, il a une forme appropriée à ce mouvement et non à une simple rotation autour de son axe....
- On voit en même temps comme on est loin de la forme tétraédrique prônée par certains; la pointe sud est presque exactement une demi-sphère, même en prenant la surface géographique qui est une sculpture du relief infime par rapport au géoïde. »
- Le sujet est très intéressant et doit attirer l’attention des savants. J’expose ici les idées qu’a suscitées dans mon esprit la lecture de la note en question.
- Avant tout, on peut affirmer sans aucune crainte de contredite, que les idées cosmogoniques de M. Belot sont loin d’avoir rencontré le même consentement que les idées de Newton sur la figure ellipsoïdale de la Terre et celles de Laplace sur la cosmogonie. En outre, même en admettant la cosmogonie proposée par M. Belot, il semble que la confirmation qu’en a trouvée M. Gorceix n’en est pas une. En effet, si c’est le mouvement vers l’apex qui a fait prendre à notre globe la forme ovoïde, il faudrait dire que l’apex se trouve sur la ligne des pôles du monde; tandis qu’il est certain 'qu’il s’en écarte sur la voûte céleste, d’à peu près (50°.
- J’ajoute qu’on ne sera pas d’accord avec l’auteur qui parle, d’un milieu résistant, lorsqu’on sait que tous les mouvements des planètes, des comètes et des satellites sont calculés comme s’il n’existait pas de milieu résistant, dont l’action — d’après les lois de la mécanique — devrait varier avec les différentes vitesses de ces astres
- 1. M. Cn. Gokceix. Constatation métrique de la forme ovoïde de la terre. Comptes Rendus, 12 janvier 1925.»
- dans les différentes parties de leurs orbites. Or, on ne trouve aucune trace de cette variation de résistance. On se tromperait en soutenant que l’action du milieu n’altérerait aucunement les mouvements relatifs dans l’intérieur de notre système.
- IL Depuis deux siècles, les mesures géodésiques ont toujours confirmé les idées théoriques de la Mécanique céleste relativement à la forme que prend une masse fluide, plus ou moins homogène, lorsqu’elle est animée d’un mouvement de rotation autour d’un axe. Si du temps de Laplace, Biot, etc., — lorsque les continents de notre globe n’étaient pas couverts, pour une large partie, d’un réseau de triangles géodésiques — on pouvait admettre une inégalité sensible entre les différents méridiens, aujourd’hui on ne peut plus douter que la forme géométrique qui représente le mieux le géoïde est celle d’un ellipsoïde de révolution aplati.
- Sans doute, les réseaux géodésiques ne recouvrent que la sixième partie du globe entier ; mais les mesures de l’intensité de la pesanteur ont été faites partout, et elles concourent avec les mesures d’arc à nous donner
- la valeur de l’aplatissement de l’ellipsoïde terrestre,
- qui mérite toute confiance. Par là la figure ou la forme de la Terre est assez bien définie. Quant à ses dimensions, elles ne peuvent être données que par les mesures d’arc. Mais, qu’on le remarque bien, les deux éléments a (demi-grand axe) et e (ellipticité) ne peuvent être obtenus avec précision qu’en faisant concourir toutes les mesures d’arcs bien raccordés entre eux par la jonction des réseaux des différents pays. VAnnuaire du Bureau des Longitudes a bien raison de répéter cela chaque année.
- 11 s’ensuit que toute déduction sur la vraie forme du géoïde reposant sur les ellipsoïdes locaux ne peut aucunement mériter la même confiance qu’un système d’éléments se rapportant à l’ellipsoïde d’ensemble obtenu avec les jonctions susdites. Donc, on ne peut espérer de corriger par ces ellipsoïdes locaux la forme générale admise jusqu’ici et qui reçoit toujours de -nouvelles confirmations. On ne peut aucunement affamer que ces
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- 84 ......;-... LA FIGURE DE LA TERRE
- petites déviations locales nous amènent à constater la forme ovoïde de la Terre.
- Si je dois mesurer une longueur et si après 5 mensurations j’obtiens — par un hasard presque impossible — toujours la même valeur, je puis dire que la moyenne des 5 valeurs égales représente, avec une précision extrême, la longueur demandée ; sauf, bien entendu, les erreurs systématiques. Dans ce cas, l’accord parfait entre plusieurs mesures est une garantie de la précision atteinte parce qu’il n’y a qu'une inconnue à déterminer, c’est-à-dire, la longueur cherchée.
- Mais, si — par un autre hasard — la mesure du même arc de méridien, par exemple de 10°, répétée 5 fois, donnait toujours la même longueur, on ne pourrait tirer les valeurs des éléments a et e, de l’ellipsoïde terrestre, de l’ensemble de ces 5 mesures. On n’aurait qu'une équation pour déterminer deux inconnues. S’il s’agissait de la longueur de 1°, elle serait déterminée avec une précision extrême, et les formules de la géodésie indiqueraient à quelle latitude correspondrait cette longueur. Mais avec les 5 mesures susdites on ne pourrait remonter aux éléments de l’ellipsoïde terrestre. Dans ce cas singulier, l’accord parfait entre les 5 résultats serait un inconvénient; et il en est à peu près de même lorsqu’on parle d’un ellipsoïde local.
- Pour pouvoir déterminer a et e il faut s’éloigner le plus possible du cas d’indétermination. On comprend en effet, qu’en faisant varier a et e on trouverait plusieurs systèmes de valeurs satisfaisant géodésiquement aux équations de condition se rapportant à des arcs mesurés à des latitudes peu différentes entre elles, il faut que les équations de condition soient très différentes surtout par les coefficients de a et e, comme il arrive pour des latitudes très différentes entre elles par valeur et par signe.
- On doit donc accepter avec bénéfice d’inventaire les valeurs obtenues pour a et e dans un seul pays.
- 111. Au commencement du xvui0 siècle on s’appliquait à trouver dans les longueurs de 1°, mesurées à des latitudes très différentes, la confirmation des idées, théoriques de Newton. De là les fameuses expéditions des académiciens français au Pérou et en Laponie. Quand on eut démontré que la longueur de 1° était plus grande en Laponie on poussa la prétention jusqu’à vouloir trouver un allongement progressif du degré en rapport avec des latitudes croissantes, mais surtout par des arcs mesurés à peu de distance; cette confirmation faisait défaut assez souvent. Delambre rapporte qu’on avait eu l’idée singulière de partager en deux l’arc de méridien mesuré en France, pour en déduire les valeurs de a et de e pour l’ellipsoïde terrestre. Naturellement, le résultat fut négatif. ^
- La forme plus ou moins ellipsoïdale du globe une fois établie, on compara deux à deux les longueurs de 1° mesurées à des latitudes très différentes ; mais les valeurs déduites pour a et e des différents groupements des arcs deux à deux présentaient de grandes discordances surtout pour e. On s’aperçut enfin que ces discordances étaient dues beaucoup plus aux erreurs des latitudes extrêmes qu’aux petites erreurs des mesures de longueur.
- Plus tard, quand on put disposer de nombreuses mesures d’arcs, dont quelques-uns atteignaient, 10°, 15°, 20°, on établit les équations de condition entre les inconnues a et e et les longueurs des arcs, dont on introduisait l’amplitude en degrés. On eut ainsi les déterminations de a et de e par Bessel, Paye et Clarke, avec les aplatis-111
- sements respectifs de .tt— , —— • À ce sujet, il ne
- 1 299 292 293 J
- sera pas inutile de faire remarquer qu’il arriva à Faye la même chose qu’à Strave pour la constante d’aberration et à Enckc pour la parallaxe solaire; c’est-à-dire qu’en partant d’une valeur plus approchée de la vérité, on en vint — après un long travail — à déterminer
- .1
- une valeur plus éloignée. Faye était parti de ^-j-,valeur
- certainement plus l'approchée que
- La cause de ces discordances et de ces mécomptes était double. D’un coté les déviations locales faussaient un peu les valeurs des latitudes extrêmes et par conséquent l’amplilude des arcs. D’un autre côté ces mesures d’arcs, sans aucune jonction, ne pouvaient pas conduire aux meilleures valeurs de a et de e pour l’ellipsoïde général.
- À la vérité, s’il s’agissait d’obtenir la longueur de 1° pour la mesure d’un arc assez grand, par exemple de 30°, l’erreur à craindre 6" \J2 sur son amplitude (en prenant ± 6" comme erreur maxima d’une latitude) produirait
- sur la longueur de cet arc une erreur d’environ . -,
- D 150 000
- soit de 90 cm sur la longueur de 1°. Mais quand on veut
- déduire a et e, les déviations locales sur des arcs non
- raccordés (par des jonctions des réseaux géodésiques) ont
- un effet assez considérable sur. les valeurs que l’on
- trouve pour les inconnues.
- Aujourd’hui on préfère introduire, au lieu de l’amplitude des arcs, les valeurs elles-mêmes des latitudes, des longitudes et des azimuts. La méthode dite des aires a été substituée à celle des arcs. En outre, on multiplie les déterminations de latitude le long d’un arc, pour contrôler, et à l’occasion corriger les latitudes extrêmes. Toutefois la précision de ces déterminations de latitudes intermédiaires ne devrait pas être bien différente de la précision que l’on cherche à réaliser sur les latitudes, extrêmes.
- IV. D’après ce que nous venons de dire, on voit le mal fondé de la constatation métrique annoncée par fauteur de la Note que nous avons citée. En effet, il af firme que les arcs de méridien de l’Europe centrale conduisent à adopter pour ces régions un ellipsoïde de Bessel amplifié de tandis que les arcs d’Afrique conduisent
- à l’ellipsoïde de Bessel sans amplification. Mais, peut-être, l’amplification a-t-elle été faite par l’auteur lui-même lorsqu’il s’élève de ces constatations locales bien douteuses, et qui en tout cas n’embrassent que la 12e partie du globe, à la détermination de la forme du géoïde et à l’introduction d’une surface de raccord entre les deux prétendus demi-ellipsoïdes d’aplatissement égal et de dimensions différentes. Le raccordement se ferait le long d’une bande équatoriale, de — f0 8' 45" à -j- 48' 55", par une surface qui n’a aucune définition géométrique.
- Quand nous prenons un ellipsoïde pour surface de référence du géoïde, nous pouvons calculer les différences entre les éléments géographiques, longitudes, latitudes et azimuts observés sur le géoïde et ces mêmes coordonnées déduites du calcul, au moyen de l’ellipsoïde adopté, pour le point de l’ellipsoïde qui correspond au point du géoïde. Mais comment faire cette comparaison entre le géoïde et une surface aussi peu définie que celle proposée par l’auteur?
- Quant à la coordonnée altitude et à la différence suivant cette coordonnée entre le géoïde et l’ellipsoïde, la chose est moins facile, mais elle est encore plus difficile lorsqu’on introduit une surface de raccord. En tout cas,
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- LA MEUNERIE FRANÇAISE ET SON OUTILLAGE ACTUEL == 85
- l’ensemble des déviations locales relativement à l’ellipsoïde nous porte à conclure que l’écart entre le géoïde et l’ellipsoïde ne dépasse jamais 250 m. Cela étant, il ne serait pas exact de dire que la méthode classique ne permet pas de voir la vraie forme du géoïde, qu’on suppose toujours symétrique par rapport à l’équateur. Assurément ce n’est pas la différence entre deux ellipsoïdes locaux embrassant la 12e partie du géoïde qui nous ferait connaître la vraie forme de celui-ci.
- Remarquons en passant qu’on ne peut parler de rayons polaires sud et nord (avec différence de 58 731 m) dans un ovoïde qui n’a pas de centre. En outre, puisque les deux demi-ellipsoïdes admis par l’auteur auraient le
- 1
- même aplatissement (quoique l’un soit amplifié de ;j q'qqq
- par rappport à l’autre) on ne voit pas comment on pourrait parler d’un allongement dans la partie sud, comme l’exigerait la forme ovoïde. Il est vrai que l’auteur introduit une surface de raccord G), en transportant le plan du plus grand parallèle à -j-16’ au nord de l’équateur admis jusqu’ici; mais à ce sujet je me permets de faire les remarques suivantes :
- 1°. Le rayon de ce parallèle est d’environ 700 m. plus court que celui de l’équateur auquel nous conduisent les meilleures mesures géodésiques, c’est-à-dire a — 0 578 588 m.
- 2° 11 serait difficile d’admettre que la différence entre l’équateur ancien et le nouveau parallèle maximum con-*
- 1. A la vérité, la Nature aurait songé elle-même à faire le raccord, puisqu’il n’y a pas de discontinuité entre les deux demi-ellipsoïdes.
- siste en ceci : qu’à l’équateur on a latitude zéro et au parallèle susdit on a colatitude égale à 90°.
- D’ailleurs, comme l’auteur n’admet que l’aplatisse-
- i
- ment pour les deux parties du géoïde séparées par l’équateur, on peut se demander à quel géoïde se rapportent les aplatissementsdonnés respectivement comme se rapportant au géoïde tout entier, par Faye, Clarke et Hayford. et à quel parallèle se rapportent les valeurs presque identiques que ces auteurs donnent pour a.
- Et l’aplatissement trouvé par Brown d’après les
- inégalités lunaires, aplatissement qui laisse de côté les déviations locales et sc rapporte à la vraie forme du géoïde, pourrait-il résulter, des deux aplatissements de 1
- 2QQ admis par l’auteur pour les deux demi-ellipsoïdes?
- En terminant je rappellerai qu’à la conférence de Madrid de l’Union géodésique internationale, on a décidé d’adopter dans tous les travaux géodésiques se rapportant à la représentation de tous les pays du monde un ellipsoïde de référence unique, celui de Ilavford avec aplatis-1
- sementet a = 0578588 m. On a môme décidé 297,0
- que cet ellipsoïde doit être adopté chaque fois qu’il s'agit de calculer, pour les besoins de la géodésie supérieure, les déviations de la verticale par rapport à un ellipsoïde déterminé. Ces décisions sont bien significatives.
- Jean Boccardi.
- LA MEUNERIE FRANÇAISE ET SON OUTILLAGE ACTUEL
- Avant d’entreprendre une étude d’ensemble sur la meunerie française, il convient de connaître la matière qu’elle travaille, le grain de blé, car la nature complexe de ce « fruit », dont la paroi extérieure ou péricarpe se trouve soudée à la graine, conditionne l’outillage actuel de cette importante industrie nationale. En réalité, comme l’ont montré les travaux classiques du chimiste Payen, du botaniste Trécul, de l’agronome Aimé Girard et de quelques autres savants, l’examen microscopique (Fig. i et 2) révèle encore dans le péricarpe trois épaisseurs membraneuses différentes, et, dans la graine, trois autres tissus cellulaires également superposés : le tégument séminal, l’endoplèvre et le testa. Toutefois, la meunerie, qui se propose d’extraire la farine du froment, n’entre pas dans tous ces détails scientifiques.
- Au cours d’une série d’opérations purement mécaniques, les moulins obtiennent, d’un côté, les sons formés par les membranes extérieures de l’albumen restant unies à celles du péricarpe, tandis qu’en écrasant les cellules glutineuses et amylacées du périsperme, ils retirent les farines premières d’autre part. En outre, sons, farines et débris de l’embryon plus ou moins mélangés ensemble leur fournissent les farines bises et les petits sons.
- Les minotiers ne s’inquiètent donc pas des divisions histologiques et considèrent seulement dans le grain de blé les trois parties essentielles suivantes : Y enveloppe qui comprend, avec le péricarpe, les téguments extérieurs du périsperme, le germe ou embryon détaché de l’albumen et Y amande farineuse, c’est-à-dire le périsperme débarrassé de ses téguments extérieurs. Grâce à des moyens mécaniques de plus en plus perfectionnés, les techniciens s’efforcent de rejeter les deux premières pour réserver la troisième à l’alimentation hunlaine. D’ailleurs, enveloppes et germes servent au bétail et, comme le constate Aimé Girard, ce que l’homme perd ainsi en pain, « il pourra le retrouver sous la forme de viande ».
- Aujourd’hui les procédés de mouture dérivent des constatations précédentes et depuis le commencement du xixe siècle on a abandonné, dans presque tous les pays du monde, les meules de jadis pour des appareils plus perfectionnés. A présent, on tend à substituer aux milliers de petits moulins disséminés dans toute letendue de la France d’importantes minoteries pourvues d’un outillage mécanique très complexe et capables de satisfaire aux desiderata de la plus exigeante clientèle.
- D’après la dernière enquête faite par le Ministère
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- Fig. i. — Schéma de la constitution d'un grain de blé, montrant les enveloppes, l’amande et le germe.
- de l’Agriculture, 14 884 moulins (ayant une puis: sance totale d’écrasement de 482 789 quintaux par jour) existaient dans notre pays, à la date du 1er octobre 1924.
- Les statistiques officielles classent ces établissements en diverses catégories de la façon suivante :
- Nombre Puissance
- de journalière
- Catégories. moulins. d'écrasement.
- Fournissant moins de 25 qx. H 550 117 905
- - — de 25 à 80 qx . 2 408 108 911
- de 81 à 150 qx. 696 79 949
- — de 15 là 500 qx 506 68 709
- — de 501 à500 qx. 69 27 588
- — plus de 500 qx . 55 79 727
- Les anciennes méthodes de broyage du blé ne permettaient pas d’isoler complètement la farine du son, car les meilleures meules laissaient toujours passer de minuscules parcelles des enveloppes corticales qui se mélangeaient à la farine aü cours du blutage. Pour séparer complètement le péricarpe de l’amande farineuse, il fallait opérer différemment. On y parvint en concassant peu à peu les grains, puis en isolant, au moyen d’un courant d’air, leurs différentes parties constitutives. Mais pour mieux comprendre le progrès réalisé, complétons encore nos connaissances sur le grain de froment. Dans son amande farineuse, se trouve un albumen, séparé de l’embryon par une assise digestive et qui ali-
- mente ce dernier au moment de la germination. L’albumen se compose de grains d’amidon logés dans un réseau de gluten qui va en s’amincissant vers le centre. La partie interne, la plus tendre, fournit la fleur de farine très blanche mais pauvre en gluten. La zone moyenne un peu moins blanche, mais plus riche en aliments azotés, donne le gruau blanc ou farine ordinaire et la dernière portion de l’amande, qui renferme le plus de gluten ainsi qu’un pigment coloré, constitue le gruau bis ou farines bises. Enfin dans là couche de cellules et dans l’assise digestive qui bordent le noyau farineux, Mège-Mouriès isola des diastases rendant assimilables ces réserves.
- Ceci posé, résumons en quelques mots l’histoire des méthodes de mouture moderne. Vers 1810, un meunier autrichien, Ignace Paur, simplifia le tamisage pénible du gruau en inventant un sasseur mécanique et réussit, le premier, à fabriquer une fleur de farine (Kaisermthl) d’une remarquable pureté. Puis, dans les dernières années du xixe siècle, la meunerie subit une transformation plus profonde par la substitution des cylindres en fonte et en acier aux pierres meulières qui agissaient par frottement. Actuellement celte industrie est très perfectionnée. Pour nous rendre compte de la puissance de l’outillage nécessaire en l’occurence, nous allons visiter une des plus importantes minoteries françaises : les Grands Moulins de Paris, récemment installés (fig. 5) dans la capitale, en bordure de la
- Fig. 2. — Coupe microscopique transversale d’un grain de blé.
- On distingue t'enveloppe avec le péricarpe et les tègu ments extérieurs du pèrisperme, \e germe ou embryon central et l’amande farineuse dont les granules forment la partie principale du grain.
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- Fig. 3. — Vue d’ensemble extérieure des Grands Moulins de Paris situés quai de la Gare.
- Au premier plan, on aperçoit les voies de raccordement de la minoterie avec la ligne Paris-Orléans et un train
- en déchargement.
- Seine et des lignes de la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.
- Le déchargement du blé. — Les blés y arrivent soit par eau, soit par voie ferrée. Dans le premier cas, les péniches de 5 à 700 tonnes viennent s’amarrer près d’une estacade (fig. 4) construite sur le quai de la Gare et les grains sont transportés par des élévateurs pneumatiques jusqu'à la minoterie. Cette installation de déchargement avance de 50 rn.
- environ au-dessus du fleuve; elle comprend deux canalisations aériennes en tôle que supportent des pylônes à charpentes métalliques et qui se terminent par 4 tuyaux articulés. À l’extrémité de chacun de ceux-ci se trouve une tuyère actionnée par un palan qui sert à l’élever ou à l’abaisser. Ces appareils fonctionnent, en principe, de la manière suivante. Dans un bâtiment de la minoterie, se trouve une turbo-soufflante qui crée une dépression de 18 à
- r Séparateur
- ‘Bascule automatique 500 k.
- 7/7ïï/7/7/7/7/T/7?7?77/7/T/7Y;
- yp=q—[ Elévateur
- DECHARGEMENT PNEUMATIQUE
- Fig. 4. — Schéma du déchargement pneumatique des grains.
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- Fig. 5. — Une installation d’élévateurs pneumatiques sur une estacade -en bordure de la Seine.
- 23 cm de mercure à l’intérieur de deux récipients à vide ou aboutissent les canalisations dont une ou plusieurs des tuyères terminales - plongent .dans la masse de blé d’un bateau (fig. 6) Un homme surveille la marche de l'opération et dirige, en tirant sur les chaînes du palan, l’extrémité de l’aspirateur à l’endroit voulu, au fur et à mesure de la succion des grains. Au bas de ces récipients, des écluses ou distributeurs rotatifs évitent toute entrée d’air et permettent de décharger le blé sur une bande élévatrice. On le pèse ensuite avec des balances automatiques de 500 kg et de là, on l’emmène par d’autres rubans aboutissant à des élévateurs qui le déversent à nouveau sur des bandeaux d’où il tombe dans les silos. La capacité horaire de cette installation dépasse 120 tonnes; les Grands Moulins de Paris s’en servent surtout pour le déchargement des blés exotiques.
- Dans les ports français, on utilise également d’autres modes de déchargement. À Bordeaux, par exemple, on a mis récemment en service un élévateur américain à godets système Mayo (üg. 7) qu’un moteur actionne directement sur la poulie du haut. On fait descendre l’appareil dans les différents panneaux des navires au moyen d’une grue roulante à l’extrémité de laquelle il se trouve suspendu. De la sorte, on peut procéder très rapidement au travail de déchargement.
- Les céréales arrivent également par chemin de fer dans les grandes minoteries françaises. Un quai légèrement surélevé et de chaque côté duquel viennent se placer les trains, sert d’ordinaire à la réception. Au fur et à mesure de l’arrivée des wagons, des manutentionnaires vident les sacs (fig. 8) sur les bandeaux établis parallèlement aux rails.
- Ces courroies sans fin, d’une capacité horaire et unitaire de 50 tonnes environ, acheminent les grains vers une installation de nettoyage et de pesage automatique. Les silos à blé sale des Grands
- Moulins de Paris comprennent 52 cellules d’une contenance totale de 110 000 quintaux. Un contremaître prélève un décalitre de chaque chargement aux fins d’analyses de laboratoire.
- A sa sortie des silos, on pèse de nouveau le blé sur des bascules automatiques, puis on l’élève vers les salles où s’effectue le premier nettoyage.
- Le nettoyage du blé. — Autrefois on y procédait par voie sèche et pour les blés tendres on se contentait d’un criblage que suivaient un épierrage et un triage.
- Mais aujourd’hui on préfère s’adresser à la méthode par voie humide employée d’abord pour les
- Fig. 6. — Extrémité d’un des élévateurs pneumatiques plongeant dans la masse de blé d’un chaland.
- Un homme tirant sur les chaînes du palan dirig-e l’éxtré-mitè de l’aspirateur à l’endroit voulu au fur et à. mesure de la succion des grains.
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- Fig. 7. — Élévateur à godets, système Mayo pour~le déchargement des grains, récejnment installé au port de Bordeaux.
- blés durs et demi-durs, mais qu'on applique également aux blés tendres à condition de faire suivre leur lavage d’un séchage immédiat destiné à en ramener le degré d’humidité au pourcentage normal (maximum 16 pour 100 d’humidité). Dans ce
- procédé, les grains commencent par passer dans un appareil magnétique qui élimine les bouts de ferraille, puis ils arrivent aux séparateur s-aspirateurs, perfectionnements des tarares. Ces appareils se composent de tamis de dimensions différentes qui séparent, par aspiration et criblage, le blé des poussières, des menues pailles, des balles et des grains avariés ou trop légers. Des séparateurs, les grains tombent dans des cuviers épierreurs où un courant d’eau provoque le dépôt des pierres dans une boite et, de là, une goulotte les amène à une barboteuse qui les lave à grande eau. Ils arrivent ensuite aux vis rinceuses (fig. 9), puis ils pénètrent dans le tambour d'une essoreuse disposée soit verticalement, soit horizontalement. Là, des lames à palettes inclinées et animées d’une très grande vitesse de rotation les reprennent pour les remonter rapidement vers la base de sortie supérieure de cette colonne tout en les épointant et en leur faisant perdre l’excès d’eau de lavage qui s’écoule au travers de l’enveloppe en tôle perforée dudit appareil
- Fig. 8. — Quai de déchargement des blés aux Grands Moulins de Paris. Au fur et à mesure de l’arrivée des wagons, les sacs sont vidés sur des tapis sans fin qui acheminent les grains vers les appareils de nettoyage.
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- Fig. 9. — Vis rinceuses servant à laver les grains au sortir des barboteuses.
- Enfin pour compléter leur ressuyage, au sortir de l’essoreuse, les grains sont remontés jusqu’au conditionneur ou grande étuve verticale de forme rectangulaire et à double enveloppe, en tôle perforée où s’achève le séchage du blé. Cette colonne est divisée en trois parties dans la minoterie. On laisse alors les blés, ainsi nettoyés sommairement, se reposer quelque temps dans les silos, ipuis on les
- fait passer successivement sur des séparateurs, des trieurs à graines rondes et longues, des épointeuses, des tarares grossiers, des brosses et des tarares fins qui achèvent le second nettoyage.
- Après leur nouveau passage dans des séparateurs, les blés renferment encore des graines étrangères (orge, avoine, etc.), susceptibles de nuire à la santé des consommateurs ou de ternir les farines.
- NETTOYAGE
- S1L.0 S
- — D'échargem4 pneumatique-, 1erNettoyage (lavage)
- Moulin
- 2? Nettoyage
- Mélange
- Cyclone
- Trai tsp
- Vis bjé
- Séparai'.
- E D/erreur
- Ueciets
- “Bac boteuse
- 2 moteurs
- Mêlai g'.
- Fig. 10 — Coupe du bâtiment où s’effectuent les opérations du nettoyage.
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- =zn--------—... - LES POSTES DE T.
- Ils doivent donc subir des criblages dans des cylindres portant des alvéoles de différentes dimensions. Dans les trieurs à graines rondes, les orifices sont plus petits que les grains de blé et dans ceux à graines longues plus grands que lui. Des trieurs, le blé remonte à répointeuse. Cette machine comprend un coffre où se déverse d'abord le grain, puis un tambour fixe garni intérieurement d’un aggloméré d’émeri. Sur cette enveloppe, un batteur à lame d’acier projette le froment qui s’épointe peu à peu tout en cheminant vers la sortie où il tombe dans le canal d’aspiration qu’un énergique courant d’air débarrasse de ses impuretés.
- Entre les deux tarares, le blé subit un ultime brossage qui a pour but de lui enlever les dernières traces de poussières adhérentes à son enveloppe ainsi que les petites pellicules produites au cours de l’épointage. On l’effectue au moyen de différents types de brosses mécaniques dont les plus employées ressemblent aux épointeuses. Deux plateaux en fonte constituent la partie essentielle de ces machines. Le plus petit d’entre eux porte une ouverture amenant les grains dans le tambour dont l’autre extrémité
- S. F. PORTATIFS .... 91
- est fermée par le plus grand, muni également d’un orifice d’évacuation. Sur ces deux plateaux, se fixe la toile métallique formant enveloppe et sur laquelle six brosses tournant intérieurement viennent frotter les blés. En outre, un tambour concentrique en toile pleine empêche les grains de s’écarter de la surface frottante au cours de leur cheminement sous la poussée de l’aspirateur-ventilateur qui les amène jusqu’à un très fin tarare, d’où il sort pour s’emmagasiner dans les silos du moulin.
- Ayant achevé le cycle compleL des opérations de nettoyage, le blé, devenu propre, est bon maintenant pour la mouture. A l’aide de machines que nous allons voir à l’œuvre, l’amande se transforme en farine et l’enveloppe en son. Pour obtenir ce résultat, les'grains nettoyés doivent subir successivement le broyage et son blutage, le séchage et le sassage, le désagrégeage et son blutage, le convertissage et son blutage, le reblutage et le mélange des farines.
- Nous examinerons dans un prochain numéro ces diverses opérations.
- (A suivre.) Jacques Boyer.
- LES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- Leurs usages et leurs caractéristiques.
- L’emploi des postes de réception portatifs se répand de plus en plus en France, non seulement pour réaliser des expériences au cours de voyages, mais même pour l’usage habituel. Il est donc intéressant de déterminer les avantages, les caractéristiques, ainsi que les multiples usages auxquels ces appareils peuvent servir.
- -La multiplication des modèles de ces postes n’a, d’ailleurs, été possible que depuis un temps relativement court, grâce aux perfectionnements de la technique radioélectrique, et surtout grâce à l’avènement des lampes à vide à faible consommation dont les filaments peuvent être chauffés à l’aide de piles.
- Il y a longtemps, à dire vrai, que l’on a commencé à construire des postes portatifs. Déjà en 1896, le sénateur Marconi en avait apporté un modèle très léger en Angleterre. Mais il s’agissait là de postes radiotélégraphiques de faible puissance, alors que l’on peut actuellement, avec un poste portatif moderne, écouter dans la campagne, sans autre collecteur d’ondes qu’une antenne portative de
- quelques mètres ou un petit cadre pliant, toutes les émissions radio téléphoniques européennes !
- Le principal rôle d’un poste de réception portatif consiste évidemment à permettre l’audition des émissions radiophoniques au cours de déplacements en chemin de fer, en automobile ou en bateau.
- Nous avons d’ailleurs déjà donné quelques notions sur ces genres de réception dans le numéro 2650 de La Nature.
- En dehors de la distraction procurée par ces essais, il est également possible de tirer de ces expériences des enseignements utiles. Les auditions ainsi obtenues dans des conditions diverses et dans des endroits éloignés les uns des autres souvent dissemblables au point de vue géographique et même géologique, permettent de déterminer des phénomènes qui dépendent justement très étroitement des conditions locales.
- C’est ainsi que récemment un amateur de T. S. F. américain, au cours d’un voyage en Suisse, a pu tenter de fort utiles essais d’audition des stations américaines et particulièrement des émissions du
- l'ig, i — Appareil de super-réaction, modèle portatif avec cadre intérieur forme valise. I, prêt à Jonclionner; 2, replié pour le transport.
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- LES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- Fig. 2.— Cadre démontable type Gamma; ouvert.
- poste de Pittsburg (K. D. K. A.). En montant son poste de réception sur les pentes de la fameuse Jungfrau, dans l’Oberland bernois, il a déterminé l’existence d’une zone dans laquelle l’action des parasites atmosphériques semble insignifiante, même en plein été. Si cette nouvelle se confirme, on conçoit tous les enseignements qu’elle peut comporter.
- L’amateur de T. S. F. non technicien, qu’on peut désigner avec plus de précision sous le nom « d’usager delà T. S. F. », n’a pas les connaissances nécessaires pour se livrer à de telles recherches et n’a même pas le désir de s’en occuper. Le plaisir de connaître, en voyage, les dernières nouvelles de presse, les cours de Bourse et des changes de la matinée, et de pouvoir, chaque soir, continuer à entendre son concert favori ou les radio-jazz fameux du « Savoy », le récompensera cependant très amplement de la surcharge supplémentaire que lui a causée son petit poste portatif.
- Mais, en voyage, on séjourne quelquefois pendant un certain temps dans une ville ou un village; le poste portatif devient alors semi-fixe ; on le place dans une chambre d’hôtel ou de villa, on utilise
- Crochet de fixation sur le poste pour installation provisoire
- Œillet d arrêt pour réglage de longueur d'antenne
- Borne de descente de fil d an tenne pour installation fixe
- Etrier support de bobine
- Fig. 4. — Antenne en ruban tissé en fil de cuivre émaillé.
- très souvent alors, comme nous le verrons, un fil électrique ou un conducteur métallique quelconque en guise d’antenne de fortune.
- Lorsque le voyage est fini et que l’amateur de T. S. F. est revenu dans sa demeure habituelle, qu’il a retrouvé son antenne ou son cadre fixe, le rôle du poste portatif n’est nullement terminé.
- Il est bien évident qu’un poste portatif peut rendre des services tout aussi bons qu’un poste fixe ordinaire. Il-a, d’autre part, l’avantage sur celui-ci d’être autonome, peu encombrant, et de pouvoir être transporté facilement dans une pièce quelconque d’un appartement.
- C’est pourquoi, ainsi que nous l’avons expliqué au début de cet article, l’usage des postes portatifs se répand de plus en plus, et que les amateurs les emploient généralement toute l’année, aussi bien l’hiver et dans leur résidence ordinaire, que dans leurs voyages ou excursions.
- Indiquons maintenant quelles doivent être les caractéristiques essentielles d’un poste de réception portatif.
- Un tel poste est exposé évidemment à des chocs nombreux au cours des transports parfois très longs qu’il devra subir; quelles que soient les précautions prises, en automobile, en chemin de fer, ou même à la main, les trépidations et les heurts sont inévitables. Un tel poste doit être extrêmement solide et son montage sera particu-. lièrement soigné.
- Il est absolument nécessaire que toutes les connexions soient établies en fil rigide, et que les .écrous de contact soient très serrés et même légèrement rivés, afin d’éviter la formation de mauvais contacts au cours du voyage.
- Tous les éléments du montage doivent être, de même, très rigidement fixés au bâti même du poste, et l’ensemble protégé par une valise absolument étanche qui les préserve de l’humidité.
- Aucun élément du poste, d’ailleurs, ne doit être extérieur à cette valise qui renferme généralement aussi les piles de chauffage et de tension plaque.
- On suit, sous ce rapport, deux méthodes différentes. II est possible de placer les piles dans la valise du poste proprement dit, ou bien l’on peut utiliser une deuxième valise qui contient ces batteries, et aussi leS accessoires de montage, casques téléphoniques, haut-parleur, fils de connexion, antenne pliante, etc...
- La première méthode a l’avantage de réduire l’encombrement des colis à transporter, la deuxième permet, d’autre part, de réduire le poids de chacun
- Fig. 3.
- Cadre démontable Gamma replié pour le transport.
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- LES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- d’eux. Il est difficile d’indiquer quel est le procédé qu’il convient d adopter ; c’est là une question d’espèce, et ce choix dépend d’abord des préférences de l’amateur et aussi du type de poste utilisé, des conditions de son transport.
- Il semble seulement que, pour le transport à la main ou en chemin de fer, il vaille mieux adopter un modèle en deux parties, si le poste est relativement encombrant ; au contraire, pour les voyages en automobile, un appareil plus lourd mais plus compact semble préférable.
- Les audions constituent évidemment les éléments les plus fragiles de l’appareil, d’autant plus qu’il s’agit de lampes à faible consommation, encore plus sensibles aux chocs que les lampes ordinaires à plus gros filaments.
- Ces lampes peuvent être placées pendant le transport dans des étuis élastiques spéciaux, à l’intérieur même de la valise contenant le poste, ou bien l’on peut se contenter de les laisser soigneusement fixées sur leurs douilles. Il serait possible d’utiliser des supports élastiques de lampes, dont il existe de nombreux modèles, mais il est suffisant, la plupart du temps, d’adopter des supports ordinaires.
- Nous préférons cependant, pour notre part, employer la première méthode, beaucoup plus sûre.
- Des précautions sont cependant nécessaires pour le transport, et il faut s’assurer qu’aucun organe mobile, aucun accessoire, ne risque de détériorer ces lampes au cours du voyage par suite des trépidations.
- Une autre qualité d’un poste portatif doit être la simplicité de réglage. Les essais que l’on réalise avec ces postes, sont généralement hâtifs et, pour qu’ils puissent donner des résultats intéressants, il est indispensable que le réglage soit facile et rapide.
- La plupart du temps, il sera également nécessaire, pour la réception sur cadre ou sur antenne intérieure, que l’appareil soit suffisamment sensible, étant donnée la très faible quantité d’énergie recueillie par ces collecteurs d’ondes.
- Mais les caractéristiques essentielles d’un poste portatif doivent être naturellement un poids relativement faible et des dimensions restreintes.
- Ces qualités seront d’autant plus difficiles à obtenir que le poste sera plus puissant, c’est-à-dire le montage plus complexe.
- Quels sont maintenant les col-
- Fig. 5. — Accord simple en dérivation.
- c,:
- 7
- £
- Ligpe
- d'électricité
- :c,
- -£r yr— W
- (©
- "^B., (borne grille)
- Fig. 6.
- ~° B-] (borne 4 vokts)
- Accord en prenant comme antenne un fil du secteur.
- lecteurs d’onde que l’on peut employer avec ces postes?
- Tout d’abord, si l’appareil est très sensible, il suffit du simple bobinage d’accord du poste, un bobinage en nid d’abeilles de quelques centimètres de diamètre seulement en général, pour remplir le rôle d’un cadre minuscule, et permettre d’entendre les émissions radiophoniques à plusieurs, centaines de kilomètres.
- C’est ainsi que, dans la région parisienne, à l’aide d’une superhétérodyne ou d’un poste comprenant 2 à 5 étages à haute fréquence avant la détection, on peut facilement recevoir les radio-concerts de la super-station anglaise de Daventry sur 1600 mètres de longueur d’onde.
- S il s’agit seulement de recevoir les émissions sur ondes courtes, un appareil de super-réaction peut donner des résultats comparables.
- L emploi de cette bobine d’accord comme cadre ne nécessite aucun montage spécial, il est simplement nécessaire, évidemment, d’orienter la bobine dans la direction du poste dont on veut recevoir les émissions, comme s'il s’agissait d’un cadre ordinaire.
- Il en résulte que c’est le poste tout entier que l’on doit orienter, puisque la bobine d’accord est généralement placée rigidement sur ce poste.
- Le cadre constitue, en général, un collecteur d’ondes qui peut être employé dans tous les cas, que le poste soit installé en pleine campagne ou dans une habitation quelconque.
- (S H L 81
- -o B1 ( borne grille)
- ~° B ! (borne 4 volts)
- Fig.
- (a)
- mmm(6)
- Réception avec prise de terre seulement a) en direct, b) en Testa.
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- 94
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Mais on n’emploiera évidemment pas un cadre ordinaire de dimensions moyennes, dont le transport serait impossible. L’enroulement peut être simplement disposé à l’intérieur de la boîte même du poste (fîg. 1). Les résultats sont généralement bons et bien meilleurs fqu’en employant une simple bobine d’accord, de dimensions relativement beaucoup plus petites.
- Un cadre de grandes dimensions, mais pliant, donc de faible encombrement une fois replié, donne évidemment des résultats encore supérieurs et permet d’obtenir des réceptions excellentes à des distances plus grandes ou avec un poste moins sensible (fig. 2 et 3).
- Une antenne pliante à grande surface, formée d’un ruban de cuivre mince, ou en fils de cuivre émaillés tissés, constitue également un collecteur d’ondes excellent et très pratique (fig. 4).
- Suspendu rapidement dans la campagne entre deux perches en bambou, ou entre deux branches d’arbre, fixé plus simplement par une extrémité au tronc d’un arbre ou à un support quelconque, et connecté au poste par une autre extrémité, ce petit accessoire permet d’obtenir de très bonnes auditions.
- Il peut, d’ailleurs, être employé aussi facilement à l’intérieur d’une habitation, tendu à l’aide de petits clous fixés dans des murs, ou suspendu le long de la cage d’un escalier.
- En campagne, la prise de terre sera simplement constituée par une tige métallique de quelque 50 centimètres de longueur enfoncée dans la terre humide ; dans une habitation, on reliera simplement le poste à une canalisation d’eau ou de gaz.
- On réalise simplement l’accord en dérivation à
- l’aide d’un bobinage L, et d’un condensateur variable CH, placé le plus généralement en série à l’aide du commutateur M ; les bornes B sont simplement reliées à la grille de la première lampe et au pôle-h 4 volts ou — 4 volts suivant le poste utilisé (fig. 5).
- Bien que donnant des résultats beaucoup moins réguliers, un fil d’un secteur électrique d’éclairage constitue très souvent un collecteur d’ondes de fortune très efficace. Il suffit de prendre la précaution de placer en série dans le circuit un condensateur d’arrêt Ct de 2 microfarads qui empêche toute mise à la terre du secteur, si les lames du condensateur variable C2 venaient à se toucher par accident (fig. 6).
- On peut encore très souvent se contenter d’utiliser la terre seule comme collecteur d’ondes (fig. 7). En employant ce montage, nous avons pu fort bien recevoir les émissions parisiennes à plus de 600 kilomètres de Paris à l'aide d’un simple appareil à quatre lampes.
- Restent enfin les cas particuliers de la réception en automobile et en chemin de fer. Nous avons déjà indiqué que, dans le premier cas, la masse métallique de la voiture constituait un collecteur d’ondes isolé et très suffisant ; en chemin de fer, un fil du réseau électrique d’éclairage qui existe dans la plupart des wagons, servira de la même manière qu’un fil de secteur ordinaire.
- Nous aurons encore à déterminer dans un prochain article les caractéristiques de la construction du poste portatif proprement dit, et les raisons qui peuvent guider l’amateur pour le choix d’un modèle particulier.
- P. Hémaudinqueu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1925.
- Un procédé de préparation du fluor. — MM. Lebeau et Damiens signalent l’avantage que présentent les modifications suivantes dans la méthode indiquée en 1886 par Henri Moissan : emploi comme électrolyte du composé KF, 5I1F placé dans un récipient de cuivre ou de nickel qui constitue l’électrode négative.; température de 150°, enfin montage de l’appareil avec une baguette de nickel de 8 mm de diamètre — entourée d’un récipient de cuivre ayant la forme d’une bouteille dont elle traverse le col — comme anode.
- La radioactivité des eaux minérales d’Hammam Meskoutine. — Cette station thermale se trouve sur la ligne du chemin de 1er de ConstanLine, à Duvivier, à 112 km de Conslanline, et les eaux qui l’alimentent se caractérisent presque toutes par leur haute température t94°-96°) et l’importance de leur débit. La' grande cascade, qui peut fournir 500 litres à la seconde et tombe d’une hauteur d’une quinzaine de mètres pour se déverser dans l’oued Chedakra, est formée par la jonction de dix sources avoisinant les bords du plateau parsemé d’anciennes émergences aujourd’hui bouchées, en forme
- de cônes ou de colonnes. Comme l’ont indiqué MM. Pou-get et D. Chouchak, ces eaux bicarbonatées calciques et légèrement sulfureuses sont peu radioactives (2,4 mmi-crocuries par litre). Par contre, les eaux émergeant le long de l’oued, à des températures comprises entre 67° et 84°, ont indiqué une teneur variant de 5,98 à 15,8 mmc.
- Application des mesures capillaires.— Pour déterminer la composition d’un mélange binaire d’acides gras par analyse physico-chimique, 011 étudie, en fonction de cette composition, les variations d’une grandeur physique comme le point de fusion ou l’indice de réfraction ; puis on procède par interpolation. M. Dubrisay a fait choix de la tension superficielle qui s’exerce à la surface de séparation de liqueurs alcalines et de solutions benzéniques de mélanges d’acides, les tensions étant mesurées par la méthode des gouttes. C’est ainsi que ce chimiste a pu distinguer l’acide palmitique d’un mélange équimolécu-lairc d’acide stéarique et myristique et confirmer l’existence de l’acide daturique.
- Pâli B.
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- LA RESTAURATION DU SPHINX DE GIZÈH
- Grâce à l’initiative du Gouvernement égyptien, notre génération aura la possibilité d’admirer le Grand Sphinx dans toute sa beauté vétuste, privilège qui fut refusé à d’innombrables générations.
- La vénérable image a connu des siècles d’ensevelissement sous le linceul de sable que renouvelle et qu’épaissit sans arrêt le vent du désert. Il porte entre ses pattes antérieures une stèle dont les
- avait conquis toute la Syrie), en désignant pour son successeur l’un de ses petits-fils, l’heureux chasseur, qui régna pendant dix ans sous le nom de Thoutmosis IV.
- Au cours du xrxe siècle, le Sphinx avait été désensablé deux fois. La dernière opération prit place en 1886. On peut en conclure qu’un nettoyage s’imposerait tous les cinquante ans. D’après
- Fig. i. — Un aspect nouveau du Sphinx. Ses pattes entièrement dégagées entre lesquelles on voit la stèle de Thoutmosis IV.
- inscriptions hiéroglyphiques nous ont révélé une curieuse anecdote, que nous livrons aux méditations des psychanalystes, qui se vantent.de pouvoir interpréter les rêves.
- A une époque qui remonte au xive siècle de l’ère ancienne, un jeune seigneur, harassé par une partie de chasse, s’endormit à l’ombre de la statue, et fit un songe étrange. Le dieu Harmakis, que figure le Sphinx, lui apparut sous la forme d’un géant drapé de lumière, et lui demanda de rendre son image à la clarté du jour, en lui promettant de le faire monter sur le trône, s’il lui donnait cette satisfaction
- Et le dieu tint sa promesse! Peu après le déblaiement du Sphinx, le pharaon régnant, Thoutmosis III, terminait sa glorieuse carrière (durant laquelle il
- des descriptions léguées par des voyageurs du Moyen Age, l’ensablement aurait été parfois si complet que, seule, la tête du colosse restait visible.
- On comprend que les gouvernements des siècles passés aient hésité avant d’entreprendre le nettoyage, opération qui mobilisait toute une armée de fellahs.
- La longueur totale de la statue est de 59 m., dont 17 m. 25 pour les pattes antérieures (fig. 1). Le sommet de la tète est à 17 m. au-dessus du dallage qui sert d’assises à l’image. Il y a deux mois, avant le commencement des travaux, elle était enlisée à mi-hauteur de la poitrine. C’est dire que le dégagement complet entraînera l’évacuation de plusieurs milliers de mètres cubes, qu’il est prudent de transporter assez loin, si l’on veut que le
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- Fig. 2. — L’enlèvement du sable entre les pâlies.
- vent du désert, qui souffle en tempête durant cinquante jours de l’hiver (février-mars), ne ramène pas trop rapidement le fâcheux linceul.
- Mais ceux des touristes qui tiennent à voir les « pattes » du Sphinx feront bien de se presser î Le désert proche est un infatigable niveleur, et l’année ne se sera pas écoulée que, déjà, le dallage aura disparu sous les apports de sable. Toute la plaine de Gizèh est recouverte d’une couche dont l'épaisseur est de 15 à 20 m. au-dessus du niveau quelle avait, lorsque lès Egyptiens édifièrent les Pyramides et le Sphinx.
- C’est dire que l'on ne pourra jamais rendre à ces monuments leur beauté initiale, quand leurs silhouettes s’épanouissaient librement sur l’horizon de ciel bleu.
- On voit sur l’une de nos photographies que les travaux d’excavation sont conduits à la manière antique : ce sont des manœuvres (hommes et jeunes garçons) qui transportent le sable dans des corbeilles (lig. 2).
- Sur les chantiers archéologiques organisés par des missions européennes ou américaines, les déblais sont évacués par voies ferrées.
- En même temps que l’on désensable la statue, on poursuit les réparations urgentes que demandait la tête (fig. 5), où les architectes du Gouvernement égyptien ont constaté l’existence de profondes fissures qui, comblées par le sable fin, avaient passé jusqu’alors inaperçues.
- Elles seront réparées par des injections d’un ciment spécial.
- Il est possible que ces crevasses aient pour cause des infiltrations d’eau de pluie dans une cavité, profonde de 5 m., qui se trouve sur le sommet de la tête.
- De nombreuses légendes se rattachent à ce trou.
- On a dit, notamment, que c’était l’entrée d’un passage qui permettrait de descendre dans l’inté-
- rieur de la statue, qui recèlerait des chambres souterraines, que l’imagination des chercheurs de trésors emplissait de richesses. D’autres ont prétendu que cette cavité avait été creusée par des détrousseurs de tombes, et dès le temps des pharaons.
- Nous nous souvenons même qu’une expédition américaine s’organisa, il y a une trentaine d’années, dans le but d’explorer l’intérieur du Sphinx, et qu’elle publia, dans une revue de New-York, un plan hypothétique montrant les passages secrets et chambres souterraines de la statue.
- Un égyptologue français, M. Hip-polvte Boussac, a suggéré une explication au sujet de cette mystérieuse cavité.
- D’après lui, le Sphinx aurait été coiffé, à l’origine, d'un gigantesque diadème symbolique (Vafew que l’on voit sur plusieurs statues du dieu Osiris), et la cavité aurait servi de fondation à cet ornement.
- On peut encore supposer que cette couronne, prévue dans les plans des constructeurs, ne fut jamais exécutée ou mise en place, de même que les tours de plusieurs de nos cathédrales (dont Notre-Dame de Paris) attendent encore, après de nombreux siècles, les clochers qui devraient les coiffer. Y. Forma.
- Fig. 3. — L'échafaudage de la tête.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lauutie, 0, rue de Fleuras, Pans. — 1925.
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- N° 2706
- 13 Février 1926
- LA NATURE
- o
- SOMMAIRE :
- Industrie et commerce chez les Esquimaux ; V. Forbin.
- La meunerie française et son outillage actuel : Jacques Boyer.
- La mécanique horlogère : Léopold Reverchon.
- Stéréoscopie des déformations : P.-L. Mercanton.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Nouveautés en T. S. F. Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Editeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO S France • » • 1 franc ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et Ci#, Éditeurs, j ao, Boulevard St-Germain, PARIS, VI” (7{. C. : Seine t5.23g.)
- France et Colonies................ .......................... 50 fr.
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- LA NATURE. — N° 2706.
- 13 FEVRIER 1926
- INDUSTRIE ET COMMERCE CHEZ LES ESQUIMAUX
- Fig. i.
- Ig 10
- Si primitifs que soient les Esquimaux, si barbares que soient leurs mœurs, on hésite à les traiter de « sauvages » devant les développements matériels de leur civilisation.
- L’iglà est une pure merveille d’architecture avec sa forme de dôme, et c’est bien l’habitation la plus parfaite, la plus confortable, la plus résistante, qu’ait jamais inventée une race hyperboréenne. Les Indiens, qui vivent plus au Sud (les Dénés, les Côtes-de-Chien, etc.), gèlent l’hiver dans leurs tentes de peaux, malgré le feu de bois qui en occupe le centre, tandis que l’Esquimau peut se dépouiller de tous ses vêtements dans sa hutte de neige une heure après que la construction en est terminée, soit une demi-heure après qu’il y a allumé sa lampe à graisse.
- Sans ces deux inventions jumelles de l’iglô et de la lampe, jamais les Esquimaux n’auraient pu supporter les rigueurs de l’hiver arctique, durant lequel le thermomètre descend fréquemment à — 50°. Nous croyons donc utile de leur consacrer quelques lignes de description.
- L’iglô, habitation d’hiver (remplacée en été par la tente en peaux de rennes), s’édilie à chaque étape, pendant les migrations, ou est habité durant plusieurs semaines ou plusieurs mois, quand la tribu s’attarde dans des parages où abondent les phoques. On l’établit soit sur le rivage, soit sur la mer congelée. Nous emprunterons les détails de construction à un roman ethnographique (La Fée des Neiges) que l’auteur de ces lignes a écrit :
- « Dès qu’Oayouk (le chef de la bande) jugeait le
- légèrement
- Fig. 2. — Iglô à trois dômes. Au premier plan, les chiens sur la neige. 54" Année. 1*C Semestre.
- en construction. La famille a dû décharger un traîneau pour transporter les blocs de neige.
- moment venu de faire halte, on se mettait en quête d’un emplacement favorable. II faut que la neige soit épaisse au moins d’un pied, et que le froid ait eu le temps de la durcir.
- Armés de couteaux longs, étroits, recourbés, taillés d’une seule pièce dans un os de renne, les hommes découpent dans la neige des moellons de forme régulière, dont les premiers sont posés de champ, et de façon à former un cercle, dont le diamètre déterminera les dimensions de la maison.
- La difficulté commence avec la deuxieme rangée, car, pour que la hutte prenne forme de dôme, les blocs, légèrement inclinés vers le centre, doivent maintenant décrire une ligne continue qui s’élèvera en spirale vers le sommet.
- Le maçon trouve les matériaux à ses pieds, dans l’intérieur du cercle, où il s’emmure progressivement (fig. 1). À coups précis et rapides de sa lame d’os, il façonne les pavés, taillant en biseau les arêtes horizontales, les met en place bout à bout, non sans exercer çà et là quelques pressions pour qu’ils adhèrent à leurs voisins. La tâche devient de plus en plus délicate jusqu’à la pose du dernier bloc, qui est la clef de voûte.
- De son bras gauche, et après l’avoir dégrossi, le maçon le soulève hors de l’ouverture, tandis que le couteau manié par sa droite en corrige le contour et modifie les angles des moellons entre lesquels il va prendre place. Trois coups de la grande lame, qui taillent la muraille au ras du sol, découpent une porte, que l’homme abat du dedans, d’une poussée du pied.
- En moins d’une demi-heure, la maison peut être achevée.
- 7. - 97.
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- 98 :--....~ INDUSTRIE ET COMMERCE CHEZ LES ESQUIMAUX
- Vite, la femme y pénètre avec ses bagages, et le mari, avant de boucher extérieurement les joints en y foulant de la neige, relève la porte derrière elle, qui s’empresse d’allumer sa lampe. Vingt ou trente minutes suffiront à chauffer l’abri, où l’on oubliera qu’il souffle dehors un vent mortel qui gelait la salive sur les lèvres, où l’on oublie, en devisant dans la vapeur odorante qui s’échappe du pot de pierre rempli de viande et de sang, ceux qu’a surpris la tourmente de neige, et qui meurent de froid et de faim.... »
- Selon les circonstances, l’architecte esquimau varie remarquablement ses procédés. Quand l’iglo doit servir plus d’une nuit, on élève devant la porte
- une allée couverte qui sert d’abri aux chiens, et où l'air extérieur s’échauffe sensiblement avant de pénétrer dans la hutte par les fentes de la porte. Deux familles alliées établiront des communications entre leurs iglôs en amorçant des corridors sur une allée commune. Deux couples qui vivent en commun souderont leur hutte l’une à l’autre en leur donnant une porte extérieure unique.
- La construction la plus remarquable est celle qui réunit deux ou trois iglôs d’habitation à une hutte beaucoup plus élevée et spacieuse, qui sert de maison de danse (fig. 2), Les dômes s’enchevêtrent élégamment, sans qu’aucun support les soutienne : ce sont, en somme, des chambres voûtées qui s’ouvrent largement sur un vaste hall. Celte ingénieuse disposition a surtout pour but de chauffer cette grande salle commune avec la chaleur produite par les lampes allumées dans les chambres.
- Les dimensions des iglôs varient autour des chiffres suivants : hauteur intérieure de la voûte, 2 m.; diamètre intérieur au ras du sol, de o à 4 m. Quand la hutte doit servir longtemps, on perce dans la muraille une fenêtre où l’on insère soit un carreau de glace limpide (glace d’eau douce), soit un cadre tendu d’une membrane fournie parles entrailles du renne ou du phoque.
- L’aménagement ne varie guère. Le traîneau, les
- Fig. 4. — Une famille dans sa huile de neige.
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- INDUSTRIE ET COMMERCE CHEZ LES ESQUIMAUX .99
- harnais et les bagages encombrants sont placés sur des bancs de neige près de la maison, ou encore sur la toiture de l’allée couverte, hors de la portée des chiens qui seraient tentés de dévorer les lanières et enveloppes de cuir. A l’intérieur, on édilie un banc de neige sûr lequel on entasse les fourrures et le sac à coucher (fig. 5). Au chevet de cette plate-forme, des planches (taillées dans du bois flotté) supportent la lampe, au-dessus de laquelle le pot de pierre est accroché à des hâtons fichés dans la muraille. Les ustensiles, peu nombreux, sont rangés sur ou sous la table. Une niche creusée à la hase du mur, près de la porte, abrite les jeunes chiens. Des quartiers de venaison gisent ou s’entassent sur le sol.
- Gomme la marmite, la lampe est taillée dans un bloc de pierre schisteuse (soapsione, stéatüe), que fournissent de rares carrières, que les tribus visitent périodiquement au prix de voyages le plus souvent longs et pénibles. Les dimensions d’un pot sont généralement d’un mètre de longueur sur 25 à 24 cm de largeur et 17 à 18 de profondeur. D’après Stefansson, il ne faut pas moins d’une année de travail (avec des outils rudimentaires) pour façonner un tel pot.
- La confection d’une lampe demande moins de temps. C’est une sorte de plat peu profond, long d’un mètre environ, sur une largeur de 50 à 55 cm (fig. 6). On le remplit d’une huile tirée de la graisse du phoque, ou, à son défaut, de celle du renne mu de l’ours blanc. La mèche est fabriquée avec le duvet qui enveloppe les graines d’une certaine plante; quand on a soin de la moucher, elle ne fume pas, et produit une belle flamme jaune-clair qui porte assez rapidement l’eau du pot à l’ébullition tout en chauffant et en éclairant l’iglo. La voûte de neige devient un miroir aux innombrables facettes qui reflètent la lumière et distribuent la chaleur dans toute l’étendue de la chambre.
- Et c’est là un contraste frappant avec le tépi du Peau-Rouge et la tente « perfectionnée » de l’explorateur, où l’on gèle devant un grand feu, dont la radiation est faible, et où passe le souffle glacial des vents coulis.
- Sur le terrain industriel, chaque Esquimau doit se suffire à lui-même, sauf pour le pot et la lampe, qui, dans la majorité des cas, s’acquièrent par voie d'héritage ou par voie d’échange. Il fabrique ses armes (arc, flèches, harpons., couteaux, haches, lances), et, comme le temps et les distances ne comptent pas à ses yeux, il voyagera pendant des
- Fig. 6.
- Une lampe à huile.
- Fig. 5. — Jeune Esquimaude du Groenland.
- mois pour se procurer, à l’orée des forêts du Sud, le bois dont il confectionnera les manches de ses armes et les perches de sa tente, ou, dans certaines
- Mg- 7-
- Esquimau portant ses « lunettes à neige ».
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- LA MEUNERIE FRANÇAISE ET SON OUTILLAGE ACTUEL
- vallées, le cuivre natif dont il fabriquera ses lames et ses pointes, en le martelant à froid à l’aide d’un marteau de pierre. .
- Pour fabriquer un traîneau, ces ingénieux primitifs ont recours à un étonnant procédé, quand le bois ou les os de baleine leur manquent. Ils bourrent de chair de poisson l'espace de 2 à 5 cm qui sépare deux peaux juxtaposées : le froid transforme cet ensemble en une planche artificielle... et comestible! A la fin de l’hiver, quand le traîneau est devenu inutile, les chiens sont nourris avec cette « farce » d’un genre si nouveau !
- Les objets fabriqués par les Esquimaux présentent une étonnante variété de catégories et de formes, variété qui dénote la haute antiquité de leur civilisation. L’outillage, en particulier, comprend de très nombreux instruments : vilebrequin à archet, scies à scier les os ou les métaux, ciseaux à froid, grattoirs pour la préparation des peaux et ciseaux pour les découper, etc.
- Nous mentionnerons encore les deux catégories de pirogues faites l’une et l’autre de peaux tendues sur un squelette de branches ou d’os : le kayak, embarcation individuelle, et Youmiak, qui peut transporter toute une famille, et qui sert à la poursuite de la baleine.
- Quant aux vêtements et aux chaussures, nous avons déjà dit qu’ils sont l’œuvre des femmes (fig. 5). Les hommes ne fournissent que la matière première : pelleteries pour les vêtements extérieurs, membranes intestinales pour le « linge de corps », tendons pour la fabrication du « fil », etc. Les peaux, livrées à l’état brut, durcies par la dessiccation et par le froid, doivent être assouplies, résultat qu’obtient laborieusement la femme en malaxant le cuir entre ses molaires, interrompant la trituration pour frotter de ses ongles la portion trempée de
- salive, et reprenant le patient travail jusqu’à ce que toute la peau lui soit passée par la bouche. Précisons que ce sont surtout les peaux de petits mammifères (marmotte, rat musqué) destinées au linge de corps qui sont préparées de cette façon.
- À cette industrie, plutôt compliquée, ^correspond un commerce basé sur l’échange des produits et matières premières. Les rares tribus qui possèdent sur leur territoire une carrière de stéatite confectionnent des pots et des lampes qui, passant de mains en mains, s’exportent à des milliers de kilomètres, et jusqu’en Sibérie. Les cuillers à pot, faites de cornes de bœuf musqué, les lingots de cuivre, le bois flotté, les pierres à feu, sont des marchandises très recherchées. Les tribus côtières échangent de la viande et de la graisse de phoque contre de la chair et des peaux de rennes.
- Depuis quelques années, les Esquimaux ont appris la valeur des peaux de renards blancs ou noirs, que les agents des Compagnies des fourreurs cherchent avidement, et qui tendent à devenir une monnaie d’échange, une sorte d’étalon de richesse. Mais le cerveau de cette race primitive n'a pas encore compris l’importance commerciale de l’intermédiaire; et l’on voit des familles entreprendre un pénible voyage de 1000 à 1500 km pour porter une demi-douzaine de peaux à quelque comptoir où on les leur paiera en feuilles de tabac, en couteaux, et autres objets de pacotille.
- Rasmusscn raconte ce trait plaisant. Un Esquimau, qui avait acquis une montre dans un de ces comptoirs, la rapporta précieusement chez lui — et pour la partager entre ses deux femmes et ses quatre enfants ! Chacun ou chacune put s’accrocher au cou une partie de boîtier ou un rouage.
- Y. Forbux.
- LA MEUNERIE FRANÇAISE ET
- Nous avons, dans notre précédent article (n° 2705), fait assister le lecteur à l’arrivée dés grains au moulin ainsi qu’aux diverses phases du nettoyage. Passons maintenant en revue les opérations proprement dites de la minoterie (fig. 1).
- Le broyage et son blutage. — À sa sortie des silos d’emmagasinage qui servent à régulariser la marche des grandes minoteries, le blé passe dans de nouveaux tarares, puis descend dans des bascules qui enregistrent automatiquement, sans aucune surveillance, les quantités mises en mouture. Il remonte ensuite, et toujours par aspiration, dans un appareil magnétique destiné à lui enlever les particules de fer. D’une trémie dont un disque permet de régler le débit, les grains glissent sur une table où viennent affleurer des pôles d’aimants qui retiennent les déchets métalliques. Ceux-ci demeurent tandis que le blé continue sa descente et sort de l’appareil.
- SON OUTILLAGE ACTUEL {Suite)
- De temps à autre, on arrête la machine en fermant la vanne de réglage et on retire à la main les impuretés de fer adhérentes aux pôles des aimants.
- Des trieurs magnétiques, les grains passent progressivement dans une série de 4, 5 ou 6 paires de cylindres en fonte munis de cannelures hélicoïdales et tournant en sens inverse à des vitesses différentes. Ces appareils (fig. 2) effectuent le broyage du grain afin de séparer complètement l’amande farineuse de son enveloppe. Ces cannelures, parallèles et tracées en hélice très allongée, ont entre elles un écartement variant de 2 mm 5 environ dans le premier passage à 1 mm dans le dernier; leur nombre diffère également selon la marche adoptée. Ainsi, pour 4 passages, sur des cylindres de 220 mm de diamètre, on en grave respectivement 500, 400, 500, et 600, alors que pour 6 passages, on prend d’ordinaire la pro-
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- LA MEUNERIE FRANÇAISE ET SON OUTILLAGE ACTUEL
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- Nettoyage MOULIN Magasin à farine
- Fig. i. — Coupe schématique du moulin proprement dit, où s’effectuent les opérations de broyage, de sassage, de désagrégeage, de convertissage et de blutages.
- gression de 300, 400, 450, 500, 600 et 700. Parfois aussi on modifie les cannelures dont la section est généralement triangulaire. De toute façon, le meunier cherche dans le broyage à obtenir le moins de farine possible, mais par contre la plus forte proportion de semoules et de gruaux qui fourniront ultérieurement au convertissage des produits farineux de qualité bien supérieure.
- Rendons-nous compte à présent, en prenant pour guide l’excellent Manuel de meunerie de M. Rouquin paru en 1925, comment va s’écraser notre blé.
- Après son passage par la balance automatique et par le trieur magnétique, le grain arrive entre les deux premiers cylindres de broyage et, comprimé entre les cannelures de ceux-ci, il éclate dans le sens de la longueur. Les deux lobes s’écartent sans toutefois se séparer entièrement, les poussières logées dans le sillon se détachent et tombent mélangées d'un peu de farine ainsi que de menus fragments de l'amande. Toutes ces parcelles de froment sont alors amenées au premier blutage qui s’opère dans le plansichter. Ici, il nous faut ouvrir une parenthèse pour donner, une fois pour toutes, quelques renseignements complémentaires sur le fonctionnement des appareils à cylindres et des plansichters que nous retrouverons encore dans la suite des opérations de mouture.
- Les premières de ces machines les plus généralement employées dans les meuneries françaises se construisent à 4 cylindres.. Les grains tombent d’abord dans des trémies en bois, puis un système distributeur, constitué par un cylindre en fonte
- muni de cannelures longitudinales, les entraîne sur un plan incliné, qui lui-même les déverse entre deux autres cylindres cannelés destinés cà les broyer. Mais, comme l'accomplissement des travaux de broyage, et de convertissage exige de la précision, on règle au moyen de paliers fixes ou mobiles, d’engrenages, d’embrayages, de débrayages automatiques et de divers dispositifs assez complexes, l’écartement et le parallélisme des cylindres. La distance qui sépare, en effet, ces derniers doit varier suivant la nature des céréales à traiter. Il faut aussi que les cylindres soient rigoureusement parallèles entre eux pendant leur rotation pour qu’ils attaquent uniformément les grains sur toute leur longueur et qu’ils exercent une pression réglable à volonté sur la masse à travailler sans toutefois modifier la distance d’écartement. Ces manœuvres se font, d’ordinaire, par des leviers à portée de la main des ouvriers chargés de surveiller la marche des appareils.
- D’autre part, on rencontre, dans les moulins français, différents types de bluteries (hexagonales, rondes, centrifuges, planes). Mais les plansichters sont les plus récents des appareils utilisés aujourd’hui pour extraire, séparer, diviser et classer les produits provenant du broyage ou du convertissage. On peut les considérer, grosso modo, comme des tamis Ordinaires actionnés mécaniquement. Leur avantage réside surtout dans l’augmentation des surfaces tamisantes et dans la possibilité de combiner les tamis de façon à réaliser, dans une seule machine, l’extraction et la , division des pro duits de mouture.
- Dans les plansichters à caisses jumelées système Bunge (fig. 5) on
- îng. 2. — Cylindres broyeurs vstème Buhler frères. (Ces appareils effectuent un Premier broyage grossier pour séparer l’amande de son enveloppe.)
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- a réussi à obtenir la plus grande surface de blutage sous un emplacement très réduit, grâce à la superposition des tamis. Cette machine comprend des caisses blutantes constituées par une série de cadres superposés comprenant chacun un tamis, un ramasseur, des systèmes de brossage et d’accélérateurs. Des tiges, reliées d’une part au châssis et de l’autre au couvercle de l’appareil, maintiennent tous les cadres serrés les uns contre les autres. Sur le cadre supérieur qui reçoit le couvercle, se fixent des collerettes en fer-blanc destinées à recevoir les manches d’entrée tissées en coton très serré dont la souplesse permet la libre oscillation du coll're entier. Ce dernier châssis inférieur comprend une série d’ouvertures circulaires munies de collerettes où viennent déboucher tous les produits classés par le plansichter. .
- Des manches souples en coton rattachent ces orifices aux boîtes de sortie.
- Les châssis du plansichter se suspendent en haut par des rotins et des tiges métalliques, en bas par des béquilles; leur mouvement de commande s’obtient grâce à un arbre vertical disposé dans! Sun socle ajouré et reposant à sa partie inférieufe dans une crapaudine centrale pendant qu’un boitard, faisant corps avec le socle, guide la partie supérieure. Un gros volant supporte, d’un côté, la crapaudine qu’une rotule relie à chacune des caisses mobiles. D’autre part, un contrepoids pouvant se déplacer le long d’une tige filetée permet l’équilibrage de tout le système. La poulie calée sur l’arbre vertical reçoit la commande par l’intermédiaire d’une courroie renvoyée par un galet.
- Gomme réseaux blutants, on emploie soit des tissus métalliques (en acier étamé, en laiton ou en bronze phosphoreux), soit des étoffes de soie. Leurs degrés de finesse s’expriment par des numéros qui désignent le nombre des mailles comptées sur une longueur d’un pouce (27 mm). Par exemple, les toiles métalliques (nos 18, 20, 22, 26 et 28) servent pour garnir les tamis de broyage; les nos 40, 42 et 45 pour l’extraction des gros gruaux et les nos 45, 50, 60 et 70 pour la division de_ces derniers. Les garnitures en soie nos 8, 9, 10, 11 et 12 s’utilisent d’ordinaire, pour le blutage des farines; les nos o,
- 4, 5 et 6 pour la division des tins tinots et gruaux tandis qu’on réserve les nos 0000 à o pour le passage des semoules.
- En possession de ces données techniques, destinées à nous faciliter l’intelligence de la suite, revenons à nos blés, qui ont subi un broyage grossier entre les deux premiers cylindres. On les dirige alors sur le plansichter qui sépare les grains insuffisamment broyés des produits terminés ou devant passer au convertissage. Cette machine a, somme toute, opéré leur classification de la manière suivante. Le blé, arrivant sur une première série de tamis garnis de toile métallique à mailles fines (n° 18), s’v arrête, puis s’achemine vers le conduit de sortie tandis que les semoules, gruaux, fins (mots
- et farines traversent cette première toile, puis tombent sur une seconde série de tamis à toile métallique beaucoup plus fine (n° 40) laissant seulement passer les gruaux, les fins finots et la farine. Les semoules retenues seules s’évacuent vers le conduit de sortie. Les produits ainsi filtrés, au travers de la toile (n° 40), continuent leur cheminement ; ils tombent sur une troisième série de 6 tamis garnis en soie (nos10, i l et 12) où la farine reste seule, laissant les autres produits qui se dirigent vers le dernier groupe de tamis garnis de toile métallique excessivement fine (n° 50) afin de diviser Ce qui reste en fins finots et gruaux.
- En définitive, du plansichter sortent : 1° le blé insuffisamment broyé ou refus destiné à subir un deuxième broyage ;
- 2Ü Les semoules qu’on envoie au sécheur puis au sassage;
- 5h La farine noire provenant en partie du silloii longitudinal des grains et dont le nettoyage n’a pu détacher les poussières ;
- 4° Les gruaux qui passeront par le sécheur et le sassage;
- 5° Les fins finots qui iront directement au convertissage.
- Le refus ou blé insuffisamment broyé passe sur une deuxième paire de cylindres dont l’écartement est moindre que l’intervalle laissé entre les précédents. Le « piochage » et cette pression désagré-
- Fig. 3. — Plansichter à caisses jumelées système Bunge. (Ces appareils sont des tamis actionnés mécaniquement.)
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- geront davantage l’amande. Dans le compartiment du plansichter où s’opérera cette nouvelle classification des produits, on obtiendra plus de semoules, de gruaux, de fins finots et de farine tandis qu’il restera encore un peu de refus qui ira vers le troisième passage de broyage, puis vers le quatrième. Chacun de ces broyages est suivi d’un blutage analogue d’où on extrait toujours des produits similaires qu’on rassemble par catégories. Au coors de ces divers broyages', l’amande du grain se détache
- classer selon leurs degrés de pureté. Les semoules et gruaux blancs renferment seulement une partie farineuse sans traces d’enveloppe alors que les semoules « vêtues « et les gruaux « vêLus .» contiennent des parties d’amandes auxquelles adhèrent certains débris decorce. Avant donc de convertir ces derniers en farine, il faudra, apres classement, les soumettre au désagrégeage, que nous étudions plus loin.
- Occupons-nous d’abord des sasseurs qui fonction-
- Fig. 4. — Sasseurs des Grands Moulins de Paris.
- Ces machines servent à séparer des semoules et gruaux les minuscules brindilles corticales qui ont traversé
- les mailles des tissas blutants.
- complètement des couches enveloppantes, mais pour récupérer les dernières parcelles farineuses qui adhèrent encore aux résidus corticaux, on peut procéder à un cinquième et même à un sixième broyage. Ce « curage de sons », comme les techniciens français nomment quelquefois les ultimes passages à travers des cylindres écartés seulement de 10 mm. 1, permet d’obtenir le maximum de rendement. Les sons, gruaux bis et farines bises qu’on recueille alors doivent être blutés séparément, car ils forment des produits de qualité inférieure.
- Le sassage. — Examinons à présent les sasseurs (fig. 4) qui permettent de séparer des semoules et gruaux les minuscules brindilles corticales ayant traversé les mailles des tissus blutants, et de les
- lient, en principe, comme les bluteries planes, sauf que le mouvement de leur tamis, est non plus circulaire, mais alternatif et rapide. Un coffre en bois, muni de regards vitrés, renferme leurs divers organes : distributeurs, sas, chambre de détente et boîte d’aspiration. Leurs distributeurs se composent d’un cylindre en fonte cannelé longitudinalement et monté sur un axe en acier tournant sur deux paliers graisseurs. La transmission du mouvement de commande s’opère par courroies et poulies d’un arbre vilebrequin. A la sortie du distributeur, les produits tombent d’abord sur un plan incliné les amenant à la table de sassage animée d’un rapide mouvement de va-et-vient et sur laquelle se montent 4 tamis ou porte-soies destinées à calibrer les
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- semoules ou gruaux. Au-dessus de ces tamis, se trouvent 4 groupes de petites gouttières en fer-blanc pour recueillir les pellicules soulevées par le passage de l’air, envoyé par aspiration dans chaque compartiment de l’appareil et dont on règle l’arrivée au moyen de deux ouvertures latérales. Les pellicules ayant échappé à l’aspiration ascendante viennent se déposer dans la chambre de détente ainsi que dans la boîte d’aspiration et tombent dans une vis les évacuant vers l’extérieur. Les grosses semoules provenant du broyage parviennent dans un demi-
- entier de plansichter à cause des difficultés de leur séchage et passés encore dans un sasseur mais à tamis garnis de soies plus fines (nos 85, 75, 65' èt 55).
- Le désagrégeage. — Maintenant pour détacher des grosses semoules « vêtues » les parties d’enveloppes qui y adhèrent, on les soumet au désa-gréageage. Cette opération s’effectue encore au moyen de cylindres lisses ou très finement cannelés, mais tournant moins vite que ceux du broyage. Après leur passage au travers de plusieurs paires
- Ing. 5. — Appareils convertisseurs réduisant les semoules et gruaux en jarine.
- Le convertissage s’effectue par douze passages successifs entre deux cylindres en fonte trempée à surface lisse et tournant très lentement.
- compartiment de plansichter de 6 tamis de soies nos 11 et 12 où, au cours de leur cheminement, elles se débarrassent des particules farineuses, puis on les dirige sur un premier sasseur dont les tamis garnis de soie n0! 40, 30, 24 et 20 en opèrent la classification. Les produits, ayant traversé les tissus blutants, sont dirigés vers les convertisseurs et les semoules « vêtues » que l’étoffe de soie a retenues vont au désagrégeage. Quant aux pellicules de sons, aspirées ou déposées, on les renvoie à la bluterie du dernier broyage. De leur côté, les gros gruaux et les gruaux broyés arrivent dans un autre demi-compartiment de plansichter, subissent un séchage préalable, puis passent sur un deuxième sasseur à tamis nos 60, 30, 40 et 30. Les fins finots et fins gruaux broyés sont reblutés sur un compartiment
- de cylindres désagrégeurs, les produits arrivent dans un compartiment de plansichter destiné à opérer l’extraction et la classification des gruaux. Les deux premiers tamis avec toiles métalliques n° 40 extraient les pellicules détachées des parties d’amande qu'on envoie à la seconde paire de cylindres désagrégeurs, tandis que les autres produits tamisés cheminent peu à peu sur diverses autres toiles blutantes. La farine ainsi obtenue est évacuée extérieurement, pendant que les gruaux et finots plus gros arrivent sur un dernier tamis qui les divise. De leur côté, les pellicules rejetées par les bluteurs, au cours de l’opération précédente, subissent un second désagrégeage avec les produits de qualité inférieure provenant du sassage des gruaux bis. Un nouveau blutage extrait les der-
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- celles farineuses qui constituent la farine ïème qualité. Les fines pellicules restantes ^5x sons et les fins gruaux repassent au sassage.
- Le convertissage. — Quant aux semoules et gruaux parfaitement propres, on les réduit en farine par le convertissage (fig. 5) qui s'effectue, cette fois, par 8 à 12 passages successifs entre deux cylindres en fonte trempée, à surface lisse et tournant à une vitesse très réduite. Comme pour le désagréageage, après chaque passage, on procède à un nouveau blutage. On blute avec un plansichter qui extrait les farines, divise et classe les différents gruaux insuffisamment convertis. Toutefois, entre les cylindres convertisseurs et l’envoi au blutage, s’intercale un appareil spécial, le « détacheur », qui brise les amalgames farineux formés par le passage entre les cylindres désagrégeurs et qui nuiraient à un bon blutage. Enfin dans les grandes minoteries françaises on a l’habitude de rebluter toutes les farines premières et toutes les farines secondes dans une ou plusieurs bluteries rondes afin d'en retirer les gruaux qui auraient pu traverser les déchirures accidentelles des tissus blutants.
- Le mélange des farines et l’ensachage. — Là, s’achève le cycle des opérations de mouture proprement dite. Mais, comme les différentes farines provenant des plansichters de sûreté manquent d’homogénéité, si l’on veut avoir une qualité uniforme, il faut, après les avoir montées dans les silos au moyen d’un système d’élévateurs, les mélanger pendant une durée de 24 heures. Ce « barbotage » s’opère au moyen de rouleaux-mélangeurs disposés au-dessous des silos d’emmagasinage. On retire ensuite, au fur et à mesure des commandes, les farines de ces derniers et il ne reste plus qu’à les mettre en sacs.
- Aux Grands Moulins de Paris, cette manutention se fait au moyen d’ensacheurs automatiques. Chacun de ces appareils se compose d’un bâti en fonte renfermant le mécanisme et d’un tube en tôle au centre duquel tourne un arbre vertical muni de trois
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- MAGASIN A FARINE
- Fig. 6. — Les sacs de farine, remplis pat les ensa-cheuses automatiques, descendent par des toboggans jusqu’au rez-de-chaussée où des hommes les chargent sur camions.
- hélices qui poussent la farine dans les sacs tout en la foulant. Ensuite, une fois les produits ensachés, des toboggans (fig. 6) les descendent jusqu’au rez-de-chaussée. Là, des hommes les chargent sur camions ou sur wagons.
- Notons, en outre, que les minoteries françaises bien installées filtrent complètement l’air aspiré sur les diverses machines de nettoyage, de mouture et de manutention pneumatique. A l’aide d’aspirateurs-ventilateurs, de collecteurs et de conduits d’aspiration, on y récupère les folles farines et on y collecte les poussières afin d’éviter tout danger
- d’incendie. On rencontre aussi parfois, dans certains de ces établissements, des laboratoires pour analyser les produits et régler les mélanges d’après la nature des blés. A l’usine • des Grands Moulins de Paris, on voit même une boulangerie où se font journellement des essais de panification, qui permettent à cette Société d’indiquer à ses clients
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- ~ LA MÉCANIQUE HORLOGÈRE
- la valeur de scs farines. Terminons cette courte étude en donnant quelques chiffres destinés à montrer l’importance actuelle de la meunerie française. y ,
- On évalue les besoins annuels de noire pays en froment, à 90 000 000 de quintaux environ, soit 78 000 000 de quintaux pour l’alimentation et 12 000 000 de quintaux pour les semences. D’autre part, la France a produit, de 1909 à 1918, une moyenne annuelle de 86 000 000 dè quintaux de
- blé. En 1924, notre récolte atteignit 76 000 000 de quintaux et en 1925, on l’évalue à 87 000 000 de quintaux, soit un rendement de 16 quintaux par hectare. L’année dernière, nous avions dû importer 14 600 000 quintaux pour compléter le déficit de notre production. Mais vu l’excellence de notre dernière récolte et la baisse du franc, il est fort probable, qu’au cours de 1926, nous en achèterons beaucoup moins à l’étranger.
- Jacques Boyer.
- LA MÉCANIQUE HORLOGÈRE
- Depuis le jour lointain — lointain d’un siècle et demi — où Frédéric Japy introduisit le mécanisme dans la fabrication de la montre et de la pendule, cette fabrication a magnifiquement évolué. Il n’est peut-être pas inutile de jeter un coup d’œil sur cette évolution, au moment où l’Exposition des Arts décoratifs vient d’appeler sur elle l’attention publique, par l’organisation d’un atelier d’apprentissage.
- On peut considérer trois stades nettement distincts dans l’histoire de la construction mécanique des machines horaires. Le premier, celui au-dessus duquel rayonne le nom de Japy, marque une rupture nette avec les anciens procédés manuels. Le but de Frédéric Japy était de faire exécuter par des machines-outils tout ce qui ne nécessitait pas absolument la main de l’homme guidée par l’esprit.
- Le second stade est celui au cours duquel les pièces ont commencé à être exécutées avec assez de précision pour pouvoir être considérées comme interchangeables. A son aurore, nous trouvons vers 1835, c’est-à-dire soixante ans après l’initiative de Japy, le mécanicien Leschot, alors au service de la maison genevoise Vacheron et Constantin (*).
- Le troisième stade a commencé, il y a presque exactement 50 ans. En 1876, il y eut à Philadelphie une Exposition universelle au retour de laquelle, Favre-Perret, qui y avait officiellement représenté la Suisse, signala à ses compatriotes que les Etats-Unis avaient poussé l’interchangeabilité très avant, produisant en g ran des séries toutes sortes de pièces parfaitement finies, et susceptibles d’être utilisées sans aucune retouche. La première usine suisse qui s’orienta sur la voie, indiquée par Favre-Perret, fut celle des Longines, créée par Francillon.
- Aujourd’hui toutes les grandes fabriques européennes ou américaines de montres et de pendules mettent en pratique les principes successivement admis au cours de ces trois époques et qui constituent la fabrication mécanique, interchangeable et en grandes séries.
- Naturellement pour construire une montre, il faut un grand nombre de ces outils automatiques
- 1. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le principe de l'interchangeabilité à été posé dès 1764 par le célèbre typographe français Fournier le jeune.
- ou semi-automatiques. D’aucuns sont assez simples. D’autres sont très compliqués, tels certains outils dits à revolver qui exécutent successivement un nombre plus ou moins grand d’opérations ou de passes.
- Il y a cependant un principe, directeur qui est celui-ci : une machine-outil d’horlogerie ne doit pas être trop compliquée, car alors elle devient fragile et cesse de produire économiquement (1).
- Dans une montre ordinaire, renfermant environ 150 pièces, vis comprises, on peut estimer qu’au moins 1500 opérations sont nécessaires, et, comme certaines pièces sont presque microscopiques, on s’imagine le soin extrême avec lequel doivent êlré établies les machines nécessaires à leur production automatique.
- . Citons un exemple. La machine représentée par la figure 1 produit des vis à l’allure de 8 par minute. Il faut donc 7 secondes et demie pour sortir une de ces vis. Or, dans les très petites montres de dames, il y a des vis ainsi produites qui ne pèsent pas plus de 1 milligr. 704. Pour voir que ce sont des vis, il faut les regarder à la loupe. Et pourtant, elles ont un filet parfaitement régulier et une tête fendue. Une simple division vous montrera qu’il y a 588 000 vis de ce genre dans 1 kilogramme. Ce chiffre est parfaitement authentique. Il résulte du pesage d’un lot de ces pièces minuscules au Bureau international des poids et mesures (2).
- 1. A titre cle curiosité et pour montrer jusqu’à quel point extrême les chercheurs d'automatisme ont poussé l’ingéniosité, je donnerai ici quelques indications relatives à une machine américaine employée par la Société des montres Elgin, décrite sous le titre suggestif de Superhuman automalics. C’est une machine qui perce, taraude et fraise les trous de la platine de la montre. Celte machine exécute 85 opérations différentes et se compose de 14 000 pièces, 5 fois autant qu’en contient une locomotive moderne. Réellement, elle est formée de l’accouplement, deux par deux, de 56 petites machines travaillant sur les! deux côtés de la platine consécutivement ou simultanément. Il y a dans cette merveille 320 engrenages dont cortains tournent à la vitesse de 7000 tours à la minute. Dès qu’un outil fait défaut, une lumière électrique apparaît pour indiquer le lieu de la défaillance. On peut admirer sans réserve un outil aussi complexe, mais on conçoit sans peine qu’il doit être coûteux d’établissement et d’entretien.
- 2. Dans certaines publications américaines on relève des chiffres plus extraordinaires encore. Ainsi dans The 11 a le h, publié par la Société des montres Elgin, on peut lire que
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- LA MÉCANIQUE HORLOGÈRE ----— IU7
- Fig. i. — Ces très curieuses machines automatiques dont les mouvements sont dirigés par l'air comprimé peuvent produire des vis presque microscopiques dont le hoids 11e dépasse pas 1,7 milligramme.
- Si l'on évalue à 150 (‘j le nombre des pièces d’une montre ordinaire, il faut compter qu’un tiers sont des vis. Il y a donc 50 vis environ par montre. Une usine produisant 1000 montres par jour a donc besoin de 50000 vis et peut occuper 14 machines du type indiqué plus haut, travaillant 8 heures par jour et produisant chacune 5840 vis..
- Avec les machines automatiques et semi - automatiques, nous sommes dans le royaume du chiffre. C’est par le chiffre, en effet, que se calcule la puissance et l’utilité de ces auxiliaires de l’intelligence humaine, dont le but est à la fois de multiplier la production e't de réduire au strict minimum la dépense de force de l’ouvrier. " Faisons une petite excursion dans ce domaine.
- eerlamcs vis entrent au nombre de 20 000 dans un dé à coudre ordinaire. 11 en faudrait 583555 pour former le poids d’une livre anglaise. Par contre, dans une autre brochure, je trouve le chiffre de 508 000 pièces pour une livre, ce qui se rapproche davantage de celui que j’ai'donné après oontrôle.
- 1. Ce chiffre de 150 n’est ici que pour donner une idée approximative. En réalité, d’une fabrique à l’autre, le nombre des pièces, vis comprises, change assez sensiblement.' C’est ainsi que la montre américaine Elgin accuse'211 pièces, et. nécessite 3773 opérations.
- M. Cognarcl, de la maison Brcguct, a eu l'obligeance de compter les pièces entrant dans une montre du type dit à grande visserie. Il en a trouvé 156, plus le cadran et 18 pieds de pont;. La platine est percée de 48 trous et les vis sont, au nombre de 44.
- Lorsqu’on entre dans le domaine de la complication, il 11’y a pas de limite. En 1900, M. Leroy a exécuté une montre ultra-compliquée renfermant environ 1200 pièces. Mais ces pièces ne rentrent plus dans le domaine de la fabrication mécanique qui nous occupe ici.
- Nous venons de voir avec quelle rapidité se produisent les vis. Passons à une pièce qui, en horlogerie, semble d’une touchante simplicité : la platine. La platine est un disque de laiton dans lequel sont percés des trous. Ces trous sont destinés à recevoir des vis, de serrage ou de fixation, ou des axes de mobiles, roues et pignons. De-ci, de-là, des creusures serviront de logement à certaines pièces, tout en diminuant l’épaisseur du mouvement. Les trous sont en nombre variable : une quarantaine dans une platine de montre ordinaire. Dans une platine de pendule de 80 mm de diamètre, il y en a 08. Une ouvrière, en une journée de 8 heures, effectue le perçage de 150 de ces platines. Elle fore donc 5700 trous, de grandeurs différentes, par jour. Chaque trou demande ainsi 5 secondes. Lorsque la platine est sortie des perceuses et des fraiseuses, elle est disposée avec une série d’autres dans un chargeur, d’où elle passe dans la machine représentée figure 2 qui lui donne exactement l’épaisseur voulue. Notons en passant que les dimensions sont réalisées au cinquantième ou au centième de millimètre.
- Voici à titre de curiosité les résultats du chronométrage dans la fabrication d’un axe. de centre de réveil à pignon fuselé. La pièce est représentée par la figure 6 dans laquelle À est l’axe proprement dit, B les fuseaux qui tournent réellement dans leur logement, C le pignon, D la roue, R le ressort et D la rondelle de fixation. Pour chacune de ces pièces, les opérations sont détaillées dans le tableau qui les accompagne (p. 108),
- Fig. 2. — Dans ces machines, les platines de montre, arrivant d'un chargeur, sont mises automatiquement d'épaisseur.
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- LA MÉCANIQUE HORLOGÈRE
- La fabrication de la montre s’exécute aujourd’hui suivant deux méthodes différentes dont chacune a ses avantages et ses inconvénients. Avantages et inconvénients sont clairement indiqués dans une élégante brochure illustrée publiée par la Fabrique suisse d’ébauches de Fontainemelon, à l’occasion du centenaire, non de sa fondation — qui date
- de 1793 — mais de sa réorganisation en 1825.
- La première méthode demande le concours du fabricant d’ébauches qui produit mécaniquement le mouvement et du fabricant d’horlogerie qui achète ce mouvement et termine la montre. C’est la fabrication mixte ou dispersée.
- Dans la seconde, la manufacture de montres pro-
- T'ig. 3. — Dans cet atelier de machines automatiques s'opèrent la production, le décolletage et la taille des pignons.
- . A Ser.
- 1° Calibrage de la barre 5 2° Décolletage de l’axe quelques centièmes de mm plus fort que la
- cote finie.............. 45
- 5° Finition de la partie recevant l’aiguille. . 10
- 4° Finissage du carré . 10
- 5° Trempe................... 2
- 6° Vérification et redressage ................ 20
- 7° Finition des portées. 40
- 8° Contrôle................. 5
- B
- 1° Cisaillage à la longueur................... 1/2
- 2° Trempe..............1 /50
- 5° Polissage................ 1
- C
- 1° Découpage du flanc. 1/2
- 2° Planage du liane. . 4
- 5° Taillage................ 12
- 4° Reprise du trou
- d’après les dents . . 5
- 5° Décapage, vernissage. 5
- 6° Contrôle................. 5
- 7° Sertissage sur le pignon ..................... 4
- D Sec.
- 1° Décolletage de l’é-bauebe en réservant quelques centièmes ae mm pour la finition .................... 17
- 2° Alésage du trou . . 6
- 3° Finition de la partie recevant la roue d’après le trou .... 12
- 4°*Cône de centrage pour le perçage des trous de fuseaux. .... 4
- 5° Perçage des trous. . 0
- 6° Décapage...............1/2
- 7° Mise en place des fuseaux................... 5
- 8° Sertissage des fuseaux . . ... . . 21/2 9° Sertissage de la roue. 4
- 10° Contrôle............... 5
- F
- 1° Découpage à plat. . 1/12
- 2° Cambrage................ 4
- 3° Trempe . ... . . 1/15
- 4° Polissage............... 1
- 5° Bleuissage .....' 1
- F
- 1° Décolletage............. 5
- 2° Ebarbage du trou . . 3
- 3° Décapage...............1/2
- duit dans ses propres ateliers la montre complète y compris l’ébauche. C’est la fabrication concentrée.
- La plus grande partie des montres suisses se construisent d’après le premier procédé, plus souple, et vraisemblablement plus économique que l’autre.
- Il faut dire que l’ébauche actuelle n’a pas grand’-ebose, autre que le nom, de commun avec l’ébauche d’il y a cent ans.
- Il y a cent ans une ébauche de montre se composait de deux platines, des ponts de roues et de barillet, de la raquette, du cliquet, de la roue d’encliquetage, de deux piliers donnant l’écartement des platines et de quelques vis d’assemblage. Il y a cinquante ans l’ébauché était devenue le finissage ; elle comprenait les roues et les pignons, et le système de remontage qui n'existait point il y a. un siècle. Enfin, de nos jours, l’ébauche est un mouvement complet auquel ne manquent que l’échappement et l’organe réglant.
- De plus les pièces qui, en 1825, étaient grossièrement découpées, forgées, limées et fraisées sont maintenant complètement terminées, ou prêtes au
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- LA MÉCANIQUE HORLOGÈRE
- dorage. Les machines pour réaliser l’interchangeabilité doivent produire des pièces parfaites.
- Au reste la figure 5, tirée de la brochure de Fon-tainemelon (*), indique la différence des trois stades de l’évolution : ébauche, finissage, mouvement.
- ventf atteindre les 'machines, nous pouvons encore voir comment se fabriquent ces minces rubis percés dont les trous servent de logements à des axes aussi ténus que ceux des pivots de balancier.
- Le morceau de rubis brut — rubis artificiel —
- Fig. 4.— En haut à gauche : Les ponts servant à fixer les divers rouages sur la platine portent des pieds d’ajustement. L’ouvrière pose et rive ces pieds. En haut à droite : L'ouvrière perce et taraude les coqs de montre qui doivent porter le pilon d’attache du spiral. En bas à gauche : Outil roulant les pivots
- des pignons pour leur donner le poli et le fini. En
- dites “vis
- Pour donner une idée de la délicatesse que peu-
- 1. Il m’est fort agréable de remercier ici M. Maurice Robert, un des deux chefs de cette importante usine qu’on peut qualifier usine modèle, pour l'excellent accueil qu’il m’a réservé dans cet établissement qui occupe un millier d’ouvriers environ et travaille à la fois pour la Suisse et la France. C’est à son obligeance que je dois les illustrations qui accompagnent cet article. Je dois aussi des remerciements à la Société de mécanique horlogère de Paris qui a bien voulu me communiquer le tableau de chronométrage établi à son usine de Puteaux.
- bas à droite : Machine taillant les fraises hélicoïdales fraises”.
- est fixé au moyen de gomme laque sur une tablette dont il est séparé par une mince feuille de papier 'buvard de 5 centièmes de millimètre d’épaisseur environ. On débite la pièce en feuillets fort minces, au moyen de disques en bronze phosphoreux, dont la tranche est garnie de poussière de diamant. Le disque s’arrête lorsqu’il a coupé entièrement le rubis et pénétré de 2 à 5 centièmes de millimètre seulement dans le buvard qui sert ainsi de tampon protecteur à la tablette. Les feuilles de
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- MO .... . .. — LA MÉCANIQUE HORLOGERE
- Fig. 5. — Les trois âges de l'ébauche d'une montre.
- a, l’enfance (ébauche rudimentaire) ; b, l’adolescence (finissage) ; c et d, l’âge mûr (mouvement.)
- rubis ainsi débitées sont alors découpées mécaniquement en petits cercles de la dimension d’une tête d’épingle, à travers lesquels on perce le trou de passage des pivots. Notons en passant que, dans le balancier, ces pivots peuvent être de l’ordre du cinq centièmes de millimètre.
- Lorsqu’on songe à de si minuscules dimensions, on comprend le soin qu’il faut apporter à ne point faire subir de choc violent à sa montre.
- L’étirage du fil d’acier qui servira à fabriquer les spiraux va nous donner une idée de la valeur que le machinisme, même le plus simple, est susceptible de donner à une matière dont la valeur est en somme bien minime.
- Un kilogramme d’acier à spiraux peut valoir une douzaine de dollars. De ce kilogramme on peut tirer 42000 m.de fil dont la valeur atteindra 125 000 dollars. Multipliez ce chiffre par le cours du change. À 22 francs cela vous donne 2 750000 francs!
- Tout fantastique qu’il apparaisse, ce chiffre n’a rien d’exagéré. 11 s’applique à des montres dont le format ne descend pas au-dessous de 15,5 mm (6 lignes). Si l’on tenait compte des montres spéciales comme celle de 0,75 mm- (5 lignes), présentée cà Disposition de 1000 par M. Paul Ditisheim, on arriverait à des nombres absolument formidables. Cette pièce, dont le mouvement entier pesait 95 centigrammes, était munie d’un spiral ne dépassant pas un dixième de milligramme. 11 avait coûté 200 francs, 200 francs-or bien entendu. Cela en aurait mis le kilogramme à 2 milliards de francs-or! On n’aurait pu payer ce kilogramme
- avec le produit du dernier emprunt français!
- On peut se promener dans le domaine de la mécanique, on ne trouvera nulle part rien qui dépasse le mouvement d’horlgoerie. 11 peut prendre la devise du roi-soleil : nec pluribus impar. Et, chose curieuse, ce mouvement auquel on demande de la précision et qu’on traite généralement avec aussi peu de soin que possible, qu'on oublie régulièrement de faire huiler alors que toutes les machines connues ne peuvent vivre sans huile, ce mouvement travaille en .quelque sorte contre nature ! Il brave les lois élémentaires de la mécanique !
- MM. Grossmann démontrent, dans l'Horlogerie théorique, le manuel mathématique classique de la partie, que « les fibres extérieures d’un ressort peuvent supporter un allongement par unité double de celui que produit la rupture par traction. « Ils attribuent ce résultat extraordinaire à une « réaction des fibres intérieures ».
- Sans doute celte question de l’action paradoxale des ressorts moteurs d’horlogerie sera-t-elle tranchée quelque jour. En attendant, elle explique très bien le fait de la cassure fréquente de ressorts de montre aux premiers remontages. Le porteur d’une montre dans laquelle se produit un accident de ce genre est naturellement incliné à incriminer le fabricant. Il se trompe. Le ressort a théoriquement le droit de casser quand il veut! De même qu’une montre traitée sans égard a le droit de se livrer à des écarts dont son propriétaire est seul responsable.
- Il serait bien nécessaire que, dans nos écoles primaires, où l’on apprend tant de choses, et parfois si
- O (:
- Lip. à. — Axe de centre à pignon fuselé comportant 5 pièces.
- A, axe de centre ; B, fuseaux ; C, pignon ; I), roue ; E, ressort; F, rondelle.
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- STÉRÉOSCOP]E DES DÉFORMATIONS
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- mal, on fit aux enfants une leçon de choses sur l’horlogerie. Une grande fabrique, la Société des montres Zénith, a publié, à cet etfet, des tableaux à très grande échelle et une brochure conférence de nature à permettre cette leçon. Des tableaux et des brochures de ce genre devraient être répandues dans
- 1. Dans une jolie plaquelle intitulée The box of wonders in your pocket (la boite des merveilles dans votre poche), M. De Forest Hulburd, président de la Société américaine des
- les écoles. 11 y a bien peu d’enfants qui ne prendraient plaisir à un exposé de ce genre.
- Léopold Reverchon.
- montres Elgin, écrit : « Le ressort moteur peut se briser à n’importe quel moment, nul ne sait an juste pourquoi. Les chocs ne semblent pas l’incommoder. Il peut casser dans' la nuit au- repos sous votre oreiller ». C’est tout bonnement parce que le ressort est un bon garçon, qui consent à travailler tout le temps dans des conditions anormales ! Il casse quand il est de mauvaise humeur !
- STÉRÉOSCOPIE DES DÉFORMATIONS
- Les possibilités multiples de la stéréoscopie sont encore trop méconnues. Presque tous les usagers de la stéréophotographie en sont restés à la prise de vue double et simultanée au moyen de l’appareil usuel à deux objectifs identiques, solidairement montés à l’écartement normal des yeux, et cette pratique leur donne à peine l’efi'et de relief de la vision binoculaire à l’œil nu, en limitant à 200 m. au plus le champ de pénétration du stéréoscope. Quelques amateurs, mieux renseignés, savent utiliser de plus grandes bases en combinant deux vues du même sujet prises simplement avec un même appareil monobjectif ordinaire, mais de deux points de vue distants de n fois l’écart normal des yeux. Ils obtiennent alors, au stéréoscope, l’effet de relief renforcé que donnerait un objet géométriquement semblable au sujet, et réduit à 1/w, mais rapproché de 1 jn de sa distance réelle à l’objectif photographique Q). Ils peuvent ainsi scruter des paysages très étendus en profondeur.
- Dans l’un comme dans l’autre des cas susdits, on a toujours affaire à deux vues distinctes d’un objet qui doit rester immuable durant la prise de vue. L’écartement initial des stations détermine seul un relief qui est réel et correspond aux parallaxes diverses sous lesquelles la base apparaît des différents points de l’objet photographié.’ C’est la stéréoscopie usuelle à deux lignes de visée.
- Il est cependant possible d’obtenir une sensation de relief à l’aide de deux vues, prises rigoureusement du même point de vue, dans la même direction et dans les mêmes conditions d'opération, appareil, éclairage, etc., à un certain intervalle de temps. Mais il faut pour cela que d’une opération ta l’autre le sujet se soit déformé ou déplacé dans quelqu’une au moins de ses parties. La sensation de relief procède en effet ici exclusivement de cette déformation qui modifie les distances réciproques des images correspondantes sur les deux clichés d'un même point de l’objet. Si ces distances sont égales pour chaque paire d’images, il n’y a pas stéréoscopie. Au contraire dès que les deux images d’une paire sont plus rapprochées que celles d’une paire voisine, le point correspondant est vu en avant de ce voisin ; s’il y a eu, en revanche, excès d’écar-
- 1, Ou lira avec fruit sur ce sujet (lollardeau, Truité de stéréoscopie.
- tement, il est vu en arrière. On se trouve donc bien en présence d’un relief, mais fictif et strictement représentatif des déplacements subis par les points de l’objet dans l’intervalle des prises de vue et dans des plans parallèles à la plaque photographique. Les déplacements selon les lignes de visée de l’objectif, ne se traduisant par aucune variation de la distance des images conjuguées, échappent au stéréoscope.
- Cet effet de relief fictif a ses bornes d’ailleurs le rapprochement de l’image stéréoscopique est arrêté par la difficulté croissante de l’accommodation des yeux. Le recul de l’image est limité au parallélisme des axes oculaires et à l’impossibilité d’obtenir la sensation stéréoscopique si ces axes divergent, ce qui implique que la paire d’images d’aucun point du sujet n’aura un écart supérieur à celui des yeux de l’observateur. Il faut; en tout état de cause, pour l’examen, disposer les deux vues assez près l’une de l’autre pour que les points restés immobiles dans l’intervalle des deux opérations photographiques forment, dans le stéréoscope, un fond immuable sur lequel on verra se détacher l’ensemble des points qui ont bougé. D’ailleurs puisqu’on dispose de deux photographies distinctes et indépendantes, on pourra évidemment toujours les grouper de manière que les déplacements et déformations apparaissent en relief sur le fond plat immuable. Si, par exemple, on a photographié de profil une coulée de lave marchant de droite à gauche les linéaments mobiles se seront déplacés vers le bord gauche de la deuxième photographie. II suffira donc de la monter à la droite de la première pour que, les distances des points mobiles conjugués étant devenues plus faibles que celles des points demeurés immobiles, le stéréoscope les fasse voir en avant du fond. Si on faisait le montage inverse, les parties mobiles apparaîtraient en arrière et comme vues au travers de découpures du plan représentatif des parties inchangées. D’ailleurs c’est plutôt déconcertant à voir.
- Ce relief fictif cst accessible tout comme le vrai à la mesure par le stéréocomparateur. Seulement la mesure obtenue ue signifie rien d'autre que la distance, à l’échelle instrumentale, du plan de front perspectif où l'observateur verra tous les points dont le déplacement a eu pour l’objectif photogra-
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- 27 août 1923 - Base : 1 mètre 27 août 1923
- Fig. 1. — La cataracte du glacier du Rhône, vue de Vhôtel Belvédère.
- phique la môme parallaxe angulaire. Ces points du sujet pouvaient être, en réalité, fort diversement éloignés dudit objectif
- De ce relief parallactique on pourrait bien tirer les déplacements réels mais il y faudrait, en plus, la connaissance exacte des distances initiales (ou finales), des points du sujet à la station.
- Le télémètre ou encore la prise d’une vue supplémentaire, à l’extrémité d’une petite base partant de la station, fournirait] ces distances, mais ce serait s’écarter du but primordial de notre méthode qui est de révéler au premier examen, avec une grande sensibilité, les minimes modifications survenues dans le sujet avec le temps.
- Exemple : un explorateur arrive auprès d’un glacier inconnu. Le temps lui manque pour y placer des repères d’avancement, mais il doit repasser par là le lendemain ou dans une semaine, un mois, etc. D’un point de vue montrant bien le profil terminal du glacier et dans une direction soigneusement repérée, sur un point éloigné ou à la boussole, il prendra une première photographie; il en fera une seconde à son retour. L’examen de ces images au stéréoscope le renseignera sans ambiguïté sur des changements quasi indiscernables autrement.
- Autre exemple : un glissement de terrain est présumé : dans la saison où la végétation gênera le moins on photographiera les lieux d’un repère fixe, dans une direction-fixe. On recommencera plus tard et l’on examinera la paire ]de vues au stéréoscope. 11 décéléra aussitôt les changements intervenus.
- Pour illustrer cet exposé d’une méthode d’investigation géophysique dont j’ai indiqué le principe dès 1921 (’), voici un double ensemble d’instantanés pris au glacier du Rhône avec un
- 1. C. R Acad, des Sciences, 7 mars'1921.
- simple kodak Brownie 6 1/2-9. Le môme sujet a été photographié le 27 août 1925 de la terrasse de l’hôtel Belvédère, des deux extrémités d’une base de 1 m. et avec une légère convergence des axes de visée. Une troisième photographie a été faite le 29 août, quarante-huit heures après environ, de l’extrémité gauche de ladite] base et dans la 'direction primitive. L’examen stéréoscopique du premier ensemble fait apparaître un relief équivalent à celui d'un objet quelque 16 fois plus petit vu de 16 fois plus près que nature. La mise en regard delà photographie du 27 août, à gauche, et de celle du 29 à droite décèle aussitôt l’importante déformation du sujet, de la région inférieure gauche entre autres ; on remarquera que le glacier semble flotter en avant du terrain plus rapproché.
- La méthode est applicable à une foule de cas, aux translations aussi d’objets qui ne se déforment pas, par exemple, à des bancs de nuages dérivant, aux arcs de l’aurore polaire, etc.
- Une condition essentielle est d’ailleurs que les modifications du sujet ne le défigurent pas et que ses détails caractéristiques restent identifiables immédiatement sur les deux photographies, sinon ce serait le désarroi pour la vision binoculaire, malgré la souplesse d’adaptation de l’œil ; la superposition stéréoscopique deviendrait irréalisable. D’ailleurs la méthode, dont la sensibilité fait tout le prix, perdrait toute utilité. Quant à cette sensibilité, elle équivaut au moins à déceler des parallaxes de l’ordre d’une minute sexagésimale de'déplacement transversal à 1 km., correspondant à 0,5 m. Les forts déplacements mis en relief par notre stéréosco-pie du glacier du Rhône équivalent à une vingtaine de minutes d’arc; leur valeur absolue est de l’ordre de 1 1/2 m. P.-L. Mercantojv.
- 27 août 1923 stérèoscopie du même point 29 août 1923 ' ’
- Rig. 2. — La cataracte du glacier du Rhône, vue de l’hôtel Belvédère.
- Photo. P.-L. Mercanlon. (Clichés extraits de l’Annuaire du Club Alpin Suisse 1924.)
- Le Gérant : P. Massok.
- Imprimerie Paiiche, 9, rue de Fleuras. Paris,— 1925.
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- SOMMAIRE :
- Les anguilles du Pacifique : Charles Rabot.
- L’industrie galvanoplastique actuelle : Jacques Boyer. Parkings”. Garages publics pour automobiles : Pierre Bourdeix.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée : Nouveautés en T. S. F. Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. , E nUMéRG i France * • • • 1 franc
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C1*, Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (T^. C. : Seine 15.2 J4)
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- LA NATURE-
- — N° 2707.
- 20 FÉVRIER 1926
- LES ANGUILLES DU PACIFIQUE
- D’après le D1 Johs., Schmidt.
- L’anguille d’eau douce n’existe pas seulement en Europe et sur le versant oriental de l’Amérique du Nord, mais encore dans la moitié au moins des pays riverains de l’océan Indien et du Pacifique.
- Pour cette dernière partie du globe nos connaissances à son sujet demeurent fort incomplètes. Nous savons simplement que dans le domaine indopacifique, le genre Anguilla est représenté par de multiples espèces, mais nous ignorons pour ainsi dire leur nombre exact, comme leurs caractères spécifiques, et leurs aires de distribution, à plus forte raison leur biologie. Aussi bien n’est-il pas exagéré de dire que la question de l’anguille dans les bassins de l’océan Indien et du Pacifique demeure enveloppée d’un profond mystère. •
- Dissiper cet inconnu en poursuivant la solution des multiples problèmes que présentent la classification et la biologie de ce poisson dans ces parties du monde, telle est la tâche considérable que le l)1' Johs. Schmidt, directeur de la section physiologique du Laboratoire Carlsberg à Copenhague, vient d’entreprendre.
- Pour la mener à bien, nul n’est plus qualifié que cet éminent naturaliste. Nos lecteurs n’ont pas oublié ses heureuses recherches sur l’anguille d’eau douce dans l’Atlantique [La Nature, n° 2548). Ils se souviennent qu’après dix-huit ans de patientes recherches à la mer, le I)1 Schmidt a découvert que cet hôte de nos rivières et de nos étangs se reproduit à l’est des Antilles, dans la mer des Sargasses et que, véhiculées ensuite par les courants, ses larves accomplissent en trois ans le long voyage entre celle région et les embouchures des cours d’eau d’Europe. Ce savant se trouve par suite en possession d’une technique qui autorise les plus grands espoirs pour la solution du problème auquel il vient de s’attacher.
- Au moment où ces lignes paraîtront, le I)1' Schmidt aura commencé ses investigations en Nouvelle-Zélande, qu’il continuera ensuite à Tahiti. Auparavant il a étudié toutes les anguilles indo-pacifiques que renferment les principales collections d’histoire naturelle d’Europe, ainsi que de nombreux exemplaires qui lui ont été emoyés d’Asie, d’Australasie et d’Océanie; en même temps il a soigneusement com-
- t4‘ Année — 1” Semestre
- pulsé la littérature concernant ce genre; ces éludes préliminaires lui ont fourni la matière d’un mémoire (*) et d’une note (2) du plus haut intérêt exposant l’état de la question.
- A l’aide du premier de ces deux textes, examinons en premier lieu la distribution géographique de l’anguille d’eau douce en Afrique, en Asie, en Australasie, en Océanie. Si ce poisson fait pour ainsi dire défaut sur la côte occidentale du continent noir, au sud du Tropique du Cancer (3), en revanche, il est copieusement représenté sur sa côte méridionale à partir du cap des Aiguilles (cap Àgulhas) et sur toute sa côte orientale jusqu’au fleuve Juba dans le
- pays des Somalis.
- Le musée de Berlin possède une anguille géante capturée dans le lac Nyas-sa, où elle était évidemment parvenue parle Zambèze et le Chiré.
- De même sur le versant est du Kenya, le puissant massif montagneux de l’Afrique orientale, on trouve de nombreux exemplaires de ce poisson dans les cours d’eau jusqu’à l’altitude de 1500 à 1700 m, où ils arrivent en remontant les fleuves Athi et Tana. Notons que l’espèce fréquentant cette région ne se rencontre pas dans les eaux ayant une température inférieure à 18°.
- Pareillement l’anguille existe à Madagascar, aux Comores, aux Seychelles, à la Béunion, à Maurice,
- d. Schmidt (Johs.). On lhe Distribution of lhe fresh-waler Ecls (Anguilla) throughoul the World. II. Indo-Pacific Région. A bio-geographical investigation. (Kgl. Danske Yi-densk. Selsk. Skrffter. — Nalurvidensk. og. Malhem. Àt‘d., 8. Række, X. 4. Copenhague, 1925.)
- 2. SeniMDT (Ions.), Postscript, in The hreeding Places of lhe Eel (Smitlisonian Report l'or 1924, Washington, 1925, p. 279-516). Une planche reproduit deux photographies de larves d’anguille indo-pacifique, les premières représentations qui en aient été publiées.
- 5. La seule exception à cette règle concernant la côte occidentale d’Afrique au sud du Tropique du Cancera été relevée dans le (louve Orange. Des anguilles y ont été capturées à son confluent, avec le Caledon River, au nord-est de Rurghersdorp. En mentionnant celle trouvaille, Rarnard, auteur d’un mémoire sur les poissons de l’Afrique australe, suggère qu'il est possible qu’elles soient parvenues en ce point, en remontant, non point le llcuve Orange, mais un des cours d’eau côtiers de l’océan Indien où elles sont abondantes, et en rampant ensuite sur le sol à travers la bande de terrain séparant les deux bassins hydrographiques. En Europe fréquents sont les exemples de migrations effectuées dans ces conditions,
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- Tng. i. — Distribution des anguilles à la surface du globe. En noir, les côtes dont elles fréquentent les fleuves.
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- 114 ...i.ï" .r. LES ANGUILLES DU PACIFIQUE
- à l’ile Rodriguez, sur les deux versants de la péniu- i suie transgangétique et en Birmanie jusqu’à Ran- | goon. Aux Indes elle remonte les cours d’eau jusqu’au cœur du pays ; on l’a signalée, par exemple, à Almora, au pied de l’ilimalaya de Kumaon, où elle arrive par le Gange. De même ce poisson peuple les cours d’eau sur tout le pourtour insulaire de l’océan Indien du côté du nord-est, depuis la pointe septentrionale de Sumatra jusqu’à Florès et Timor, enfin, dans le nord-ouest de l’Australie, à la terre Dampier. Par contre, dans les deux branches septentrionales de l’océan Indien, la mer Rouge et le golfe Persique, sa présence est douteuse ou bien n’a pas été dûment constatée. Si maintenant on jette les yeux sur la carte du Pacifique (fig. 1 et 2), on voit que l’an-
- industrie aussi importante. D’après deux statistiques publiées par le I)1' Schmidt, son rendement moyen annuel dans l’empire du Soleil Levant est voisin de 4100 tonnes métriques. L’anguille est également présente à Formose (*), aux Philippines sur la côte nord de la Nouvelle-Guinée. On possède un témoignage précis de son abondance dans cette dernière terre. A la fin de février 1922 une expédition hollandaise, pénétrant dans l’intérieur de cette grande ile, fut témoin de la montée des anguilles dans le fleuve Mamberamo qui se jette dans le Pacifique près du cap d’Urville. D’après le récit d’un de ses membres, le fleuve était, dans toute sa largeur, couvert de ces poissons, et avec un filet improvisé composé de gaze tendue sur des bâtons
- Fig. 2. — Distribution des. cinq espèces tempérées d'anguilles.
- guille d’eau douce fait défaut sur le versant est de la Sibérie. La localité la plus septentrionale dans cet océan où elle ait été recueillie est llakodaté (42° de Lat. N.), soit la pointe méridionale de File niponne de Yézo. Mais, à partir de l’extrémité sud-est de la Corée, elle devient abondante, et elle se rencontre en quantité considérable sur la côte ouest de cette péninsule, puis sur la côte orientale de la Chine, depuis l’embouchure du Liao-ho, dans le golfe de Liao-tung, jusqu’à la rivière de Canton, enfin à l’île d’Ilaïnan. L’anguille vit dans tous les cours d’eau de cet immense secteur. A litre d’exemple, signalons qu’elle a été pêchée à Kioti-Kiang sur le Yang-tsé et qu’on la trouve fréquemment, sur les marchés de Pékin, de Shanghaï, de Hong-Kong, à telle enseigne que dans cette dernière ville, en trois jours un Danois put en acheter 64 échantillons pour le laboratoire du DI: Schmidt.
- Au Japon, ce poisson existe en masses encore plus considérables. Nulle part ailleurs dans le monde, sauf dans les pays d’Europe et sur le versant oriental de l'Amérique du Nord, sa pêche ne constitue une
- il fut possible d’en capturer des milliers. Or avant cette date les explorateurs néerlandais n’en avaient pas pêché un seul dans le Mamberamo.
- Dans les autres iles de la Mélanésie, dans la Micronésie, la partie orientale de l’Australie depuis le cap York jusqu’à l’intersection du 140’ de longitude est avec la côte sud, en Tasmanie, enfin en Nouvelle-Zélande, l’anguille est commune. 11 est difficile de se rendre compte de son degré de fréquence en Australie. D’après les renseignements que le I)1' Schmidt a reçus, elle se trouve en grand nombre dans les cours d’eau de la côte orientale et y atteint une taille énorme — des exemplaires pesant plus de II kg ont été pris —/néanmoins elle n’y fait pas l’objet d’une pêche régulière, en raison de la répugnance des habitants à son égard. Dans l’état de Victoria on en capture cependant une. certaine quantité, de 19 000 à 52000 kg par au, pendant la période 1915-1920; par contre dans la Nouvelle-Galles du Sud, rareté En 1920, le résultat de la pêehe dans cette ile a été de- 45 tonnes métriques.
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- LES ANGUILLES DU PACIFIQUE
- ment on voit figurer ce poisson sur les marchés.
- En Nouvelle-Zélande l'anguille est particulièrement abondante; elle peuple pour ainsi dire, tous les lacs et toutes les rivières de ces deux îles et y acquiert également une grande taille et un poids considérable. Le mémoire que nous résumons mentionne un exemplaire de 5,5 kg qui, d’après les mesures effectuées par des indigènes, aurait présenté une longueur de 1 m. 85 et une circonférence de 0 m. 50. Des naturalistes néo-zélandais signalent des échantillons pesant jusqu’à 17 et 20 kg. Les Eaoris sont
- 115
- a été signalée ; par contre elle est absente aux îles Hawaï ainsi que sur l’étendue entière de la côte occidentale des deux Amériques. En résumé, elle se rencontre dans toute la partie ouest du Pacifique, tandis qu’elle fait défaut dans sa partie est. Au nord de l’Equateur sa limite orientale parait être entre Pile Jaluit, dans l’archipel des Marshall (6°5f de latitude nord, i69°50f de longitude est); au sud de la Ligne, ce genre semble s’étendre notablement plus dans l’est, jusqu’à Mangareva, une des Gambier par |54°55' de longitude ouest.
- Fig. 3. — Distribution des anguilles dans l'archipel malais.
- Les régions océaniques ombrées indiquent les zones où la profondeur est inférieure à 200 mètres.
- très friands de ce poisson ; citez les indigènes de l’intérieur il forme même un des articles les plus importants de leur alimentation, et, pour le capturer lorsqu’il descend à la mer pour aller se reproduire au large, ils érigeaient jadis des barrages en travers des rivières. Gomme les habitants de nos estuaires, les Maoris montrent une prédilection pour les jeunes anguilles, et, lorsqu’elles remontent les cours d’eau, ils se livrent à leur capture avec autant d’acharnement que nos compatriotes en mettent à pêcher les civellcs. Un naturaliste rapporte que dans une seule localité et en une seule nuit il vit des naturels capturer de 100 à 150 kg de ces petits poissons.
- Dans la Polynésie, à la Nouvelle-Galédonie, aux Nouvelles Hébrides, aux Fidji, aux Samoa, aux iles de la Société, aux Marquises, l’anguille d’eau douce
- Entre les deux immenses cuvettes de l’océan Indien et du Pacifique riches en anguilles s’étend une vaste région dans laquelle elles sont rares ou même font défaut. G’est le large plateau sous-marin unissant l’Asie sud-orientale à l’Australie. Cette plate-forme, sur laquelle reposent l’Indochine, la presqu’île de Malacca, Sumatra, Java, Bornéo, la Nouvelle-Guinée, se trouve partagée en deux parties par les profondes dépressions des mers de Célèbes et de Banda. Alors que dans sa plus grande étendue elle n’est recouverte que de 100 m. d’eau, les ombilics de l’archipel malais offrent des profondeurs de 4000 m. et même plus.
- Dans ce domaine océanique une relation paraît exister entre les circonstances bathymélriques et la présence de l’anguille. Ainsi dans toutes les terres entourées de petits fonds ce poisson fait défaut,
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- Fig. 4. — Trappe à anguilles (Pa-tuna), dans une rivière de Nouvelle-Zélande. (D'après Downes.)
- exemple: l’Indochine, la presqu’île Malacca, ou peu fréquent comme à Bornéo ; en revanche il devient relativement abondant à Célèbes, c'est-à-dire dans le voisinage des abîmes creusés dans l’épaisseur de la plate-forme australasienne. Cette absence ou cette rareté de l'anguille sur ce socle constitue un fait d’une portée considérable, dont le Dl Schmidt a tiré des conclusions biologiques fort intéressantes que nous indiquerons plus loin.
- Cette rapide esquisse de la distribution géographique de l’anguille dans l’océan Indien et dans le Pacifique montre combien à ce point de vue ce domaine diffère de l’Atlantique.
- Alors que dans ce dernier océan ce genre n’est guère représenté en dehors de la zone tempérée boréale — exceptionnellement en Amérique il se rencontre au sud du Tropique du Cancer — il se montre très abondant dans la zone tropicale comme dans les deux zones tempérées de l’océan Indien et du Pacifique.
- Egalement quant au nombre des espèces, les deux domaines atlantique et indo-pacifique présentent des différences essentielles.
- Tandis que le premier n’en possède que deux : VAnguilla vul-garis spéciale à l’Europe et Y Anguilla rostrata particulière au versant oriental de l’Amérique du Nord, le second en renferme de 15 à 20 pour le moins, En second lieu, et c’est là un point capital, l’océan Indien et le Pacifique renferment tout à la fois des espèces tropicales et des espèces tempérées et les premières
- sont de beaucoup les plus nombreuses, 15 à 17 contre 5 espèces tempérées : VA. japonica au Japon et en Chine, TA. Aucklandi en Nouvelle-Zélande et TA. australis en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Tasmanie.
- Il y a lieu de faire remarquer en outre que dans les océans dont nous nous occupons les espèces ne sont pas nettement localisées. Ainsi deux espèces tropicales du Pacifique fréquentent également les zones tempérées : TA. Mauriiiana Bennett dans l’hémisphère nord,TA. ReinhardtiSlem-dachner dans l’hémisphère sud. D’autre part, dans une même terre de l’Océanie, il n’est pas rare de rencontrer à la fois plusieurs espèces; la petite île de Tahiti, par exemple, n’en possède pas moins de cinq.
- Ce rapide aperçu met en lumière l’ampleur et la complexité des problèmes dont leD1’ Johs. Schmidt a entrepris l’étude. Le savant naturaliste va d’abord s’attacher à mettre de Tordre dans la question ; pour cela, il se propose d’établir une classification rigoureuse des anguilles indo-pacifiques, puis de déterminer avec précision Taire de distribution de chaque espèce. Les études qu’il a entreprises avant son
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- Fig. 5. — Rendement de la pêche de l’anguille au Japon, en 7920. Les résultats sont exprimés en milliers de livres anglaises,
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- Fig. 6. — La distribution des espèces tempérées d’anguille et la température de la mer à 400 m. de profondeur.
- départ lui ont révélé combien la classification adoptée jusqu’ici est erronée. Prenons, par exemple, l’An-guilla australis décrite par Sir John Richardson.
- D'après les auteurs qui s’en sont occupés récemment, elle s’étendrait sur tout le vaste espace compris entre la côte orientale d’Afrique et Tahiti dans le sens est-ouest et entre les Philippines et l’île Auckland en direction méridienne. Or, le Dr Schmidt a été amené à reconnaître que sous cette détermination unique on confond trois espèces complètement différentes ayant chacune un habitat particulier. Signalons que, pour établir la classification des anguilles indo-pacifiques, l’éminent savant danois se préoccupe principalement du nombre des vertèbres et des rayons des nageoires lequel varie suivant les espèces, en se servant pour cela des rayons X. Cette méthode biométrique non seulement donne une base solide pour la déterminations pécifique, lorsqu’il s'agit d’exemplaires adultes, mais encore fournit le seul moyen d’identifier leurs larves. Par cette innovation le Dr Schmidt a rendu à la zoologie un nouveau service d’une portée considérable.
- Une fois la classification des anguilles indo-pacifiques achevée, le Dr Schmidt abordera l’étude de leur biologie et l’importante question de leur reproduction et de leurs migrations.
- Les premières lumières à ce sujet lui ont été fournies par des récoltes que l’état-major scientifique de l'Albatros, le navire de recherches des Etats-Unis bien connu, a effectuées au cours de la croisière accomplie en Australasie sous la direction du D1’ Hugh M. Smith de 1907 à 1909. Une collec-
- tion de Leptocéphales ayant été recueillie au cours de ce voyage fut soumise à l’examen du Dr Schmidt. Or, dans cette série, le naturaliste danois découvrit deux larves d’anguille provenant de la mer de Célèbes, par conséquent d’une région de très grands fonds, et présentant les mêmes caractères extérieurs que celles des espèces atlantiques. L’une, mesurant 0 m. 055, n’avait pas encore subi de métamorphose, tandis que l’autre, longue de 0 m. 055, avait déjà éprouvé ce changement d’état. L’examen de leurs caractères biométriques permit de reconnaître qu’elles appartenaient à l’A. Mauritiana.
- Cette trouvaille montre que, comme les espèces européenne et américaine, les anguilles d’eau douce indo-pacifiques effectuent leur ponte au-dessus de grandes profondeurs, que leurs larves subissent une métamorphose, et qu’après cette transformation les alevins remontent les cours d’eau. Que les anguilles de l’Australasie se reproduisent dans des mers très creuses, leur absence ou tout au moins leur rareté sur la plate-forme unissant l’Asie sud-orientale à l’Australie, alors qu’elles abondent à l’est comme à l’ouest de ce seuil, constitue un second argument.
- Ce que l’on sait de l’anguille japonaise indique également que ses places de ponte se trouvent dans des cuvettes très déprimées. Notons d’abord que cette espèce, à la différence de la plupart des autres anguilles indo-pacifiques, présente une grande ressemblance au point de vue biologique avec les formes atlantiques, notamment avec celle d’Amérique. Ainsi les exemplaires adultes de l’A. japo-nica descendent vers la mer en
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- Fig. 7. —• Distribution des espèces tempérées d’anguille et les courants océaniques.
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- automne et ses larves leptocéphales remontent les cours d’eau au printemps. Ajoutons que ces civelles , possèdent à peu près la même taille que celles de l’espèce américaine, soitO m. 057-0 m. 058, et sont probablement de même âge. On remarquera enfin que la distribution de l’anguille de l’Asie orientale présente une singulière similitude avec celle de l’anguille américaine; dans les deux cas, c’est la côte orientale du continent qui est visitée par le poisson migrateur et dans les deux cas l’aire embrassée par sa migration comprend toute la zone tempérée et seulement une petite partie de la zone tropicale.
- ' Aucune larve d’anguille japonaise n’a été encore recueillie, en sorte que l’observation directe n’a pas révélé la région maritime où cette espèce se reproduit ; toutefois l’interprétation de faits connus permet de suppléer à cette lacune.
- La figure 5, empruntée au mémoire que nous analysons, montre qu’au Japon l’anguille est surtout abondante sur les côtes du Pacifique, que l’on en pêche vingt fois plus sur ce versant que sur celui de la mer du Japon (5057 t. métriques sur la côte ouest d’Hondo contre 159 sur la côte est). On doit observer en outre que dans la partie nord de la mer du Japon, ce poisson fait défaut et que dans cette mer intérieure les eaux sont très froides (1). Il est donc à peu près certain que ce dernier bassin ne doit pas être le lieu de ponte des anguilles de l’Asie orientale. Au sud de l’archipel nippon, les circonstances océanographiques du Pacifique sont complètement dilïérentes de celles que présente la mer du Japon;,sous certains rapports elles rappellent l’Atlantique occidental où se reproduisent les anguilles européenne et américaine. Il y a là un système de courants marins se mouvant dans le sens des aiguilles d’une montre; c’est, dans le nord, le Kouro-Sivo, le Gulf-stream du Pacifique (fig. 7), et, à l’est et au sud de ce grand courant, sur une étendue considérable, les eaux ne sont soumises à aucun mouvement de dérive permanent comme dans la mer des Sargasses. D’autre part dans le sud du Japon les eaux, à une profondeur moyenne,atteignent sur de très vastes espaces une température supérieure à celle observée dans toute autre partie du Pacifique nord (fig. 6). En conséquence, d’après le Dr Schmidt, il y a grande apparence de raison pour que ce soit dans cette région que se reproduit l’anguille japonaise.
- Ainsi que le montre la figure 6, à l’est de l’Australie, en direction de la Nouvelle-Zélande, le Pacifique sud renferme une zone où à une faible profondeur (400 m.) les eaux atteignent également une température élevée. Il est, par suite, permis de penser que les espèces de la zone tempérée australe de cet océan accomplissent leur ponte dans cette région au voisinage du tropique et que de là leurs
- 1. A une profondeur de 400 m., la température de la mer èst inférieure à -f-JH.
- larves émigrent vers l’ouest et vers le sud, vers les rivages de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
- Si les anguilles indo-pacifiques paraissent se reproduire dans les mêmes conditions que leurs congénères atlantiques, toutes leurs espèces ne sem blent pas posséder des facultés migratrices aussi grandes que l’anguille d’Europe et celle d’Amérique. Les Leptocéphales d’Europe non seulement ne s’arrêtent pas devant le vaste plateau que recouvre la mer du Nord, mais encore se répandent dans toute son étendue et même la franchissent pour gagner la baltique. Or, que voyons-nous en Malaisie? Sur toute la plate-forme sous-marine située à proximité des grands fonds où elle est née, l’anguille de cette région est absente ou tout au moins rare. Si ses facultés migratrices étaient aussi développées que celles de l’espèce européenne, ses Leptocéphales seraient abondants sur les hauts fonds de la Malaisie comme sur ceux qu’entoure la côte nord de l’Australie.
- Le mémoire récent du Dr Schmidt pose l’intéressante question de l’origine de l’anguille. Le grand nombre d’espèces que renferme le Pacifique équatorial et leur groupement dans cette zone ont conduit l’éminent naturaliste danois à penser que cette région océanique doit être le centre d’apparition de ce genre. La plupart de ses espèces sont, en effet, indigènes des zones tropicales du Pacifique, cinq seulement appartiennent aux régions tempérées. Or, ne voit-on pas ces dernières espèces revenir dans les régions chaudes pour y frayer? De toute évidence il y a là une manifestation d’atavisme persistant. Périodiquement, les membres les plus éloignés de la famille retournent vers les lieux qui furent leur berceau et ne peuvent se reproduire que dans ce milieu spécial.
- Au cours de son voyage actuel qui sera forcément rapide, le Dr Johs. Schmidt n’a pas la prétention de résoudre les nombreux problèmes énoncés dans le mémoire qu’il vient de publier. Son programme est plus modeste. 11 se bornera à établir sur des assises solides une base de départ pour des études ultérieures. Ces études nécessiteront de minutieuses explorations océanographiques et zoologiqueS. ,
- Un résultat satisfaisant ne sera obtenu que si on emploie dans le Pacifique la méthode d’investigation appliquée si heureusement par le D1’ Johs. Schmidt pour élucider l’énigme de l’anguille d’eau douce dans l’Atlantique, c’est-à-dire si on organise des croisières scientifiques, comme celles qui ont rendu le nom du Dana fameux dans les annales de la zoologie. Malheureusement, aux temps actuels, de pareilles expéditions coûtent très cher, d’autant que le Pacifique est fort éloigné de nous et tous les états européens étant plus ou moins obérés par la guerre ne sont guère disposés à'dépenser de grosses sommes pour permettre aux naturalistes de poursuivre des études biologiques.
- De ce fait, la solution du problème des anguilles indo-pacifiques ne semble pas immédiate, à moins
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- que les Etats-Unis qui, eux, disposent de ressources inconnues dans notre vieux monde ne se laissent tenter par cette grande œuvre scientifique. D’avance, on peut prédire à la nation qui l’ac-
- complira une illustration retentissante dans le domaine des sciences naturelles,
- Chaules Rakot.
- L’INDUSTRIE GALVANOPLASTIQUE ACTUELLE
- Déposer, grâce au courant électrique, une mince pellicule métallique sur des moules non conducteurs ou même sur un autre métal moins rare de façon à reproduire avec une scrupuleuse exactitude le modelé d’une statue, les ciselures d’un objet d’orfèvrerie ou d’argenterie, le relief d’une médaille ou les finesses d’une planche gravée, voilà le but de la galvanoplastie actuelle dont les origines remontent à plus d'un siècle. Dès 1802, en effet, Brugna-telli, professeur de chimie à l’Université de Pavie, réussit à dorer une pièce d’argent au moyen de la pile voltaïque. Toutefois, la constatation de ce phénomène demeura sans lendemain. Il était réservé au physicien russe Jacobi de découvrir, en 1857, la plasticité du cuivre électrolylique ; l'année suivante, ce véritable créateur de l’industrie galvanoplastique, put montrer à l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg des plaques de cuivre recouvertes de signes en creux ou en relief et obtenues en décomposant un bain de sulfate de cuivre par une pile de Daniell.
- Par la suite, Jacobi perfectionna ses méthodes et en 1859 il employa des moules formés de substances non conductrices (plâtre, cire à cacheter) et enduites intérieurement de plombagine afin de les rendre conductrices de l’électricité. .Dès lors, la galvano-
- Pig. 2. — Passage à la plombagine d’un moule en gulta.
- Pig. i. — Confection d’un moule en gutia-percha. Après avoir remonté le plateau supérieur de la presse, l’ouvrier procède au démoulage d’une plaquette.
- plastie sortit du domaine du laboratoire et ses applications industrielles n’allaient pas tarder à se multiplier en Allemagne et en Grande-Bretagne. L’Anglais Elkington fit breveter en France un procédé pour dorer et argenter électrolytiquement les objets au moyen de sels d’or ou d’argent uni avec le cyanure de potassium (1840). Quelques mois après, le comte de Ruolz prit un brevet analogue dans lequel il remplaçait ce dernier par du prussiate dépotasse. A ce moment, un bijoutier parisien Christofle acheta d’abord les brevets de Ruolz, puis ceux d’Elkington quand il douta de la validité des premiers et après avoir soutenu maints procès en contrefaçon contre de peu scrupuleux adversaires, il parvint à fonder la plus importante maison d’orfèvrerie galvanoplastique de l’univers. Cette société subsiste encore aujourd’hui. Mais l’outillage des âteliers primitifs de la rue de Bondy s’est modernisé, le nombre de ses usines s’est multiplié et on y applique des méthodes techniques perfectionnées.
- Actuellement d’ailleurs, dans le monde entier, de nombreux établissements exécutent des dépôts métalliques par électrolyse sur les objets les plus divers. Nous nous bornerons à exposer ici les procédés de cuivrage, d’argenture et dedorure, nous proposant de consacrer ultérieurement un article au nicke-lage qu’on emploie également sur une vaste échelle.
- Comme sources d'électricité, on rencontre encore, dans les petits ateliers, les piles Daniell, Bunsen ou au bichromate et quelquefois des piles thermo-électriques Clamond dans les villes où le gaz, nécessaire à les alimenter, coûte peu cher. Mais
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- Cuivre bonne qualité dépôt tenace. 0,2 — clichés..........................0,6
- Laiton Argent Or. .
- Dépôt résistant............
- Dépôt solide mais granuleux sur les bords. . . Bain de cyanure............
- 1,5
- 4
- 0,3
- 0,4
- 0,15
- 0,07
- 0,6 1,5 4 .
- 16
- 0,5
- 0,5
- 0,5
- 0,15
- Fig. 3. — Une grande cuve de cuivrage.
- Les ouvriers sortent du bain un tronçon de moulage d’une statue.
- les grandes fabriques galvanoplastiques ont remplacé depuis longtemps par des machines dynamos à couvant continu et des accumulateurs, les piles d’un entretien trop onéreux. Quelquefois aussi les usines empruntent l’énergie électrique à un secteur urbain alternatif. Cependant comme les bains galvanoplastiques exigent des courants continus, il faut alors adjoindre à l’installation un redresseur.
- D’autre part, la beauté, l’épaisseur et la régularité des dépôts galvanoplastiques dépendant de l’intensité et de la constance du courant qui circule à travers les cuves, il faut doser exactement le débit de ce dernier. On intercale donc, entre la source d’électricité et les bains, un rhéostat qui jouera, dans le circuit, le rôle du « robinet » dans une canalisation d’eau, puis des voltmètres et des ampèremètres chargés d’indiquer la tension et l’intensité des courants électriques. En outre, l’expérience ayant montré que pour obtenir des dépôts solides, on ne devait pas dépasser un certain nombre d’ampères par décimètre carré de la surface, à recouvrir, on tient compte aussi en électrolyse dé la densité du courant. En galvanoplastie comme dans la construction d’un édifice, il faut laisser aux maté: riaux le temps de s’unir, de se cimenter. Voici, d’après le Traité de galvanoplastie de M. Alfred Soulier (7e édition 1925), les densités de courant, variables selon le métal et la nature du dépôt désiré.
- Densité du courant électrique
- Ampères
- Mélaux. par décimètre carre
- On voit combien ces chiffres varient d’un métal à un autre et selon la structure de la pellicule galvanique à réaliser. Les ampèremètres permettent de déterminer à l’avance la qualité des dépôts et ils indiquent, avec une approximation très suffisante en pratique, la quantité de métal déposée par heure. De son côté, le voltmètre fera connaître également si la source possède la tension de décomposition requise pour tel ou tel bain galvanoplastique.
- IJne fois le courant électrique convenablement réalisé, examinons d’abord comment on va s’en servir pour la galvanoplastie du cuivre.
- On commence d’ordinaire par mouler l’objet à reproduire, car on tient généralement à conserver le modèle original. Puis on recouvre ce moule, réalisé en plaire, en cire, eu stéarine, en gutta-per-eha ou en alliage Darcet fusible à basse température, d’une couche de cuivre qu’on y dépose électrolyti-quement sur la face portant l’empreinte de l’objet.
- La matière plastique la plus employée aujourd’hui est la gutta-percha aussi élastique que la gélatine, insoluble dans le sulfate de cuivre et dans les acides. Malheureusement elle coûte très cher à l’heure
- Fig. 4. — Soudure des différentes parties d’un groupe monumental en cuivre, obtenu par dépôt électrolytique.
- Vue prise dans les ateliers Christofle et C".
- Ce monument, œuvre du sculpteur E. Preiser, sera installé par l’architecte Bersl à Haguenau (Bas-Rhin).
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- actuelle. Comme elle se ramollit à la chaleur, on la pétrit dans l’eau chaude, puis on procède au moulage à la main, à la presse ou au four. Dans le premier cas, une fois la boule de gutta ramollie, à l’eau tiède, ou la met dans une capsule au-dessus d’un feu pas trop vif et on la dépose avec une cuiller sur un point de l'objet à reproduire en la pressant avec les doigts légèrement humectés. On opère ainsi sur toute la surface à mouler. Dans le procédé Pellecat, on ajoute de l’huile de lin pour augmenter la fluidité de la gutta; mais cette addition diminue l’élasticité et la dureté de celle-ci, aussi doit-on donner aux moulages une plus forte épaisseur. On y parvient en entourant l’objet d’un cadre en métal de forme appropriée et qui retient la gutta, lors de la coulée. En outre, il faut avoir soin d’incliner le modèle et d’y verser le mélange fondu au point le plus élevé afin que son infiltration dans les creux provoque l’expulsion des bulles d’air. On laisse ensuite la gutta se refroidir. Si le sujet est exécuté en argile, il se trouve détruit par l’opération du moulage.
- Lorsqu’on a à reproduire un objet en plâtre, ôn le renforce d’abord par derrière au moyen de plâtre grossier, puis on badigeonne sa surface avant d’une eau savonneuse. Ensuite, après séchage, on l’enduit d’une émulsion grasse formée de vaseline, de cire vierge et de savon mou. On abandonne alors le plâtre ainsi préparé durant quelques jours, on l’essuie avec un pinceau sec et on y coule de la gutta comme précédemment. Enfin pour mouler des objets métalliques selon le procédé Pellecat, il faut également l’enduire .d’une mixture, composée de
- Fig. 6.
- - Gral te-bossage à la main d’objets argentés ou dorés cafetières, sucriers, tours de jardinières, etc.
- Fig. 5. — Argenture èleclrolylique de couverts en métal blanc. L’ouvrier plong'e une brochette de cuillers dans un bain à base de cyanure d’argent et de potassium.
- vaseline et de savon mou, l’y laisser séjourner quelques heures, en enlever l’excès au pinceau et on peut ensuite procéder au moulage. Parfois, si les pièces à reproduire sont très contournées, on doit les mouler en plusieurs parties après avoir recouvert la surface de leur creux de papier d’étain sur lequel on applique de minces lames de gutta neuve ramollie dans l’eau chaude. On coule ensuite, sur l’ensemble ainsi préparé, la mixture ordinaire.
- S’il s’agit de mouler une plaquette, des médailles, des bronzes d’ameublement peu épais, des clichés d’imprimerie, on les plombagine, puis on les met sous la plate-forme d’une presse et on les entoure d’un cadre en fer dépassant, de deux centimètres environ, les parties les plus saillantes. Après quoi, l’ouvrier trempant ses mains dans l’eau froide pétrit entre ses doigts une certaine quantité de gutta qu’il roule dans la plombagine et pose sur l’objet à reproduire. Il met dessus une solide plaque de fonte et, en manœuvrant la vis de la presse, fait descendre petit à petit le plateau.
- Par suite de la pression, la gutta s’étale et épouse fidèlement les contours de la pièce cà reproduire. Au bout d’un moment, la matière plastique se refroidit. L’ouvrier remonte alors le plateau supérieur delà presse et procédant au démoulage (fig. i) obtient une excellente empreinte de l’objet.
- Lorsqu’il s’agit de démouler un modèle en terre, une fois la gutta refroidie, on le retourne, on attaque son envers d’abord à l’ébauchoir, puis à l’eau courante qui délaye peu à peu l’argile. Si l’objet est en plâtre, on le casse au maillet et on en
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- Fig. - 7. — Grattc-bossage mécanique au tour.
- retire soigneusement les morceaux. Quant aux objets métalliques, on les dépouille aisément de leur enrobage. De toutes façons, il faut compléter par des lavages suivis d’un dégraissage à l’eau savonneuse et d’un nettoyage au pinceau, la toilette des moules à gutta. On les laisse ensuite sécher, puis on corrige leurs petites imperfections avec de la cire à modeler et on passe à la plombagine (fig. 2), afin de rendre conductrices leurs parties superficielles, porteuses des empreintes des modèles. A ce moment les moules sont prêts pour le cuivrage.
- On met alors le moule plombaginé dans une cuve contenant de l’eau acidulée et du sulfate de cuivre. On le relie au pôle négatif de la source électrique tandis qu’on dispose vis-à-vis, dans le même bain, une anode de cuivre mise en relations avec l’autre pôle. Au cours de l’électrolyse, le métal, se transportant du positif au négatif reproduit l’objet primitif avec une scrupuleuse fidélité. Le dépôt s’ellêctuant à l’envers, la finesse du moulage se trouve conservée quelle que soit l’épaisseur du cuivre. Si bien que parfois des spécialistes même très experts distinguent difficilement, à première vue, l’original de la reproduction.
- Mais pour la galvanoplastie en ronde bosse, on ne saurait opérer le cuivrage de la façon précédente, car on se heurte à plusieürs difficultés
- Lenoir et après lui Gaston Planté ont indiqué les moyens de surmonter ces dernières. Voici comment la maison Christofle a perfectionné leur méthode pour reproduire des statues importantes, telles la Vierge de Notre-Dame de la Garde à Marseille (9 m. de hauteur) ou les Muses qui surmontent l’Opéra de Paris et qui mesurent 5 m. On construit avec des fils de plomb une carcasse qu’on enferme dans le moule en gutta de la statue comme dans une boîte. Getle ossature a pour but d’uniformiser le dépôt métallique superficiel ; elle sert d’anode, on la relie au pôle positif et elle ne doit toucher en aucun point le moule relié au pôle négatif. Mais, vu l’insolubilité de ladite anode dans le sulfate de cuivre, on ménage au bas du moule plusieurs trous qui permettent au liquide du récipient de circuler afin de remplacer le sulfate à concentration trop faible de l’intérieur. Souvent, pour les pièces importantes de galvanoplastie en ronde bosse, on doit les fractionner en plusieurs parties qu’on moule et qu’on cuivre séparément. Quand la couche électrolytique est devenue suffisamment épaisse sur la gutta, on retire le moulage de la cuve. Quelquefois, vu la pesanteur de la pièce (fig. 5), on doit la soulever au moyen d’un palan et de chaînes rattachées aux crochets de sa carcasse de soutien.
- On sépare la statue de son moule, en versant de l’eau bouillante sur le dépôt métallique et il abandonne aussitôt sa chemise de gutta. Après quoi, on en ébarbe les bords afin d’enlever les granulations inutiles et on retouche les défectuosités qui ont pu se produire au cours du cuivrage. Quand la statue est réalisée en plusieurs tronçons comme le monument représenté ci-contre, en cours de montage dans les ateliers Christofle et dû au sculpteur Edouard Preiser (fig. 4), on en assemble les différentes parties en les soudant au chalumeau. En outre, avant que son architecte, M. Berst, ne l’installe dans la ville de Haguenau (Bas-Rhin), il subiia le patinage voulu pour imiter le bronze d’une manière parfaite. Enfin, pour consolider le cuivre
- Fig. 8. — Un coin des ateliers de brunissage de la maison Christofle et Cie à Paris.
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- parfois trop mince des statues colossales, on coule souvent dans leur intérieur une certaine quantité de plomb de même qu’au dos des galvanotypes, on soude également de l’alliage d’imprimerie.
- Comme autres applications de la galvanoplastie industrielle, nous allons maintenant décrire Y argenture et la dorure qui, depuis la guerre, ont redoublé d’importance, la hausse considérable de l'or e,t de l’argent ayant rendu prohibitifs pour beaucoup de gens les pièces d'orfèvrerie et d’argenterie massives. Ici le corps sur lequel la pellicule électrolytique doit s’appliquer étant conducteur, on n’a pas besoin d’employer les moules en gutta plombaginés. On effectue directement, sur le métal commun, le dépôt d’argent ou d’or.
- Mais si les opérations qu’on fait subir aux objets sont simples, elles sont nombreuses et doivent s’exécuter de façon très minutieuse. Yoici, par exemple, des couverts bruts fabriqués en métal blanc (alliage de cuivre, de zinc et de nickel), salis par un ultime brossage à la pierre ponce huilée. On commence à les attacher par des fds de laiton fixés eux-mêmes à des baguettes de cuivre, puis on les plonge dans des solutions alcalines de potasse ou de soude pour leur enlever les matières grasses. Ensuite on les « déroche » à l’acide sulfurique étendu et on les « décape » à l’eau-forte pour faire disparaître les traces d’oxyde. Enfin, après rinçage, on les met dans un bain de brillantage (acide sulfurique, acide azotique et sel marin) ou dans un bain de matage (acide sulfurique, acide azotique et sulfate de zinc), selon qu’on désire une surface brillante ou mate. Ces pièces sont alors lavées à grande eau et on les amalgame en les immergeant dans une solution de nitrate de mercure. Nos couverts se trouvent maintenant décapés, parfaitement nettoyés et recouverts d’une mince pellicule de mercure qui servira de ciment à la couche électrolytique. Un ouvrier s’empare donc de ces brochettes de cuillers
- Fig. io. — Pièces d’orjèvrerie galvanoplastique de Christofle et Cie.
- Fig. ()- — Jolie pendule de Jean Dunand. Le caducée es! en bronze doré cleclrolyliquement.
- ou de fourchettes afin de les plonger dans un bain à base de cyanure d’argent et de potassium (fig. 5). Les barres de cuivre qui les soutiennent s’appuient sur les bords des cuves et se trouvent reliées au pôle négatif tandis qu’une lame d’argent vierge plongée dans le bain constitue l’autre pôle. Pour obtenir une argenture solide, les couverts doivent séjourner environ 4 heures dans un bain ayant la composition suivante :
- Eau........................1000
- Cyanure de potassium . 150
- Azotate d’argent fondu 45
- Potasse caustique ... 20
- et dans lequel passe un courant d’un ampère par décimètre carré à recouvrir. Dans les maisons honnêtes, on pèse les pièces avant et après l’argenture, seul moyen de contrôler la quantité du dépôt et de garanlir aux clients l’épaisseur de la couche d’argent. Quand elles sortent de la cuve galvanoplastique, les pièces argentées sont d’un blanc mat laiteux peu flatteur pour la vue. Aussi doivent-elles passer dans divers ateliers où on va leur donner les derniers coups de flou I
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- L’INDUSTRIE GALVANOPLASTIQUE ACTUELLE
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- D’ordinaire, on gratle-bosse les objets argentés avant et après la mise au bain électrolytique (fig. 6), c’est-à-dire- qu’on' nettoie leur surface en les frictionnant longtemps avec des brosses spéciales à fils métalliques. Souvent, pour effectuer cette opération, les ouvriers se mettent deux par deux autour d’une table munie d’une cuve contenant une décoction de bois de Panama. Sur les rebords de la table se trouvent disposés les objets venant de l’argenture et dont ils fouillent toutes les cavités superficielles avec leurs brosses plongées au préalable dans le liquide du récipient placé devant eux. Dans les usines fabriquant beaucoup de pièces d’argenterie en série, on monte souvent, sur la tète d’un tour ordinaire tournant très vite une brosse ronde on fil de laiton (fig. 7) sur laquelle on dirige un mince filet d’eau. L’opérateur ou l’opératrice présente successivement toutes les parties de l’objet à la périphérie de la brosse. Une planche, disposée au-dessus du tour, protège le ou la machiniste contre les projections de liquide.
- On s’adresse aussi au sassage pour nettoyer les petites pièces argentées. Cette opération consiste à les mettre dans un étroit et long sac en toile avec de la sciure de bois imprégnée d’eau vinaigrée. L’ouvrier tient le sac par chacune de ses extrémités et lui imprime un mouvement cadencé de va-et-vient. Les objets se trouvent alors roulés avec la sciure qui les nettoie. Il existe aussi des sas-seurs mécaniques très simples. Dans ces appareils, le sac est mis dans une rigole, animée elle-même d’un mouvement de bas en haut et de haut en bas, que lui imprime une bielle actionnée par une poulie. D’autre part, on se sert également, pour le polissage de l’argenterie galvanoplastique, de tours analogues à ceux employés pour le gratte-bossage mais sur lesquels on peut monter successivement des séries de poupées différentes. On commence par prendre des meules en feutre, puis on achève avec des disques formés chacun d’une dizaine de rondelles de drap ou de peau de chamois empilées les unes sur les autres et percées d’un trou central. On les monte sur le nez de tours en les ’pinçant entre deux écrous de bois serrés par des boulons. On présente successivement les pièces à polir à ces divers types d’organes polisseurs. Les premiers fonctionnent à sec, mais sur le drap on met de la pâte de rouge d’Angleterre mélangée avec de l’huile d’olive et on frotte la peau avec de la chaux de Vienne.
- Quelquefois, au lieu de polir les objets d’argenterie, on préfère les brunir soit en totalité, soit en partie, de façon à mieux mettre en valeur leurs motifs de décoration. On confie généralement le travail du brunissage à des femmes (fig. 8). Elles frottent aux endroits voulus des pièces à l’aide d’outils de formes diverses, en acier 'poli ou en
- agate. Sous l’action de leurs brunissoirs, mouillés avec de l’eau savonneuse, des infusions de réglisse ou autres mixtures spéciales, elles étalent les minuscules facettes mates du dépôt électrolytique et les transforment en vrais miroirs. Quand les rayons lumineux se réfléchissent bien sur l’aiguière, la coupe ou le plat qu’on leur a confié, leur besogne est achevée. Si l’argenterie polie provenant d’un dépôt électrolytique de courte durée revêt un aspect agréable, l’argenterie brunie semble moins séduisante à l’œil, mais se montre d’un bien meilleur usage.
- D’une façon générale, on réalise la dorure comme l’argenture. Les bains qu’on emploie sont à base de cyanure double d’or et de potassium. Les revêtements galvanoplastiques d’or ,se font très vite, adhèrent parfaitement sur tous les métaux et unissent à leur chatoyante couleur, une grande inaltérabilité. Ils coûtent relativement peu, car la précieuse matière se divise à l’extrême. On arrive, en effet, d’après les constatations expérimentales .d’Outerbridge, à déposer électrolytiquement sur un objet une pellicule Jdorée épaisse de 0 mm 000.025, tandis que la feuille d’or battu la plus mince mesure encore 0 mm 000.065.
- Aussi la dorure galvanoplastique s’applique beaucoup, non seulement sur les monnaies ou médailles, sur les bijoux ou sur les décorations de meubles, mais encore sur les pendules (fig. 9), les lustres d’églises, les candélabres, les statues civiles ou religieuses et autres objets de grandes dimensions.
- Ces chiffres montrent l’importance de la pesée des revêtements pelliculaires car, quel que soit le poids du précieux métal déposé, l’objet doré présente la même apparence.
- Les productions d’argenterie ou d’orfèvrerie galvanoplastique prennent chaque jour un cachet de plus en plus artistique. Les samovars, les cafetières et les plateaux ciselés ou polis (fig. 10), les sur-touts, les corbeilles à pain de style moderne, les jolies théières et pots au lait d’aujourd’hui sont d’une remarquable facture. Enfin les galvanoplastes savent rehausser depuis longtemps, grâce à la Fée Electricité, les tons trop blancs ou trop uniformes des métaux précieux par des effets polychromes et de leurs bains électrolytiques sortent des pièces aux nuances variées qui peuvent rivaliser avec les chefs-d’œuvre des Benvenuto Cellini, des Auguste, des Odiot, des Thomire et autres célèbres orfèvres de jadis.
- En résumé, les circonstances économiques actuelles semblent très favorables au développement de l’industrie galvanoplastique en France,
- Jacques Boyer -
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- “ PARKINGS ”. GARAGES PUBLICS POUR AUTOMOBILES
- Vingt carrosses bientôt arrivant à la file Y sont en moins de rien suivis de plus de mille.
- Boileau.
- La circulation urbaine semble vouée à une perpétuelle manifestation de plaintes et de récriminations. Aussi elle nous offre un constant problème d’organisation et de transformation.
- Les plaintes sur les embarras de Paris sont d’ailleurs séculaires et, en dépit d’un accroissement démesuré de la circulation, elles varient peu à travers les temps.
- Ainsi nous voyons qu’à l’heure actuelle, règne de l’automobile, ces conflits sont identiques à ceux de jadis.
- C’est ce qui démontre que chaque temps ré-soud le problème toujours 'nouveau apporté par le progrès en marche. Cela peut aussi nous donner confiance en demain.
- Depurs quelque temps d’ailleurs la question a changé d’aspect et il est né une science de la circulation prêtant aide à la politique de la circulation. En effet, l’ingénieur consulté en la matière, comme pour donner au bon sens l’auréole de l’autorité scientifique, a introduit dans le problème les lois qui président à l’écoulement des fluides dans les canaux.
- C’est une loi qui se peut constater — une sorte d'axiome — que pour augmenter le débit d’un liquide par un canal, il suffit d’accroître la section de celui-ci ou bien la vitesse de celui-là, parfois aussi et simultanément, les deux éléments mêmes de ce débit.
- Par analogie, il va de soi qu’en augmentant le nombre de files de voitures qui circulent sur une avenue, on augmente du même coup le nombre des voitures mises en circulation. S’il s’agit de la vitesse, le débit du trafic augmente en même temps qu’elle, car dans le même temps un plus, grand nombre de véhicules défilent alors devant le blanc bâton de l’agent préposé à notre sécurité.
- Notre souvenir peut encore évoquer facilement cette énorme, tout encombrée et parfois splendide
- circulation de l’avenue des Champs-Elysées, retour du bois. C’était l’époque des majestueux ou fringants attelages que la circulation automobile a entièrement supplantés.
- Bien que fortement accrue en nombre, aujourd’hui, la circulation n’occupe cependant qu’une superficie de la chaussée sensiblement moindre que celle de l’ancienne circulation hippomobile moins rapide et moins ordonnée.
- D’après une recette venue de Londres, la section des boulevards, mais des boulevards seulement, a été de même accrue du fait de la suppression sur les rives de la chaussée du stationnement des véhicules et de l’utilisation de la partie médiane à leur relais. Cette nouvelle disposition, en même temps, qu’elle facilite aux piétons l’accès des trottoirs, rend libre une double voie de circulation où se forment deux files circulantes.
- Toujours dans un même ordre d’idées on s’occupe beaucoup aujourd’hui d’augmenter la vitesse les véhicules. On fait donc une sélection éliminant sur certains parcours les véhicules lents devenus en certains endroits un anachronisme.
- La loi fondamentale mais très simple de l’hydraulique reçoit en tout ceci une complète consécration.
- La création récente d’un sens unique de circulation dans les voies de dégagement latéral a donné de très bons résultats. Il reste à signaler que dans ces voies il se produit ce qu’en hydraulique et en électricité on appelle des résistances ou plus simplement des frottements. Nous voulons parler de l’encombrement des bas côtés des rues par d’innombrables véhicules en stationnement permanent. Ceux-ci, il est vrai, séjournent alternativement, et selon que le jour est pair ou impair, sur la rive droite ou la rive gauche de la rue, afin de gêner moins l’accès des locaux commerciaux. 11 fallait bien, en bonne justice distributive des maux dont, nous le savons, les contribuables se trouvent. accablés, assurer une répartition égale de ceux-ci entre
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- Fig. i. — Projet de garage à l’angle du boulevard des Italiens et du boulevard Haussmann.
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- 126 : " PARKINGS ", GARAGES PUBLICS POUR AUTOMOBILES
- chaque riverain. Sauf dans les mois à 51 jours, on y parvient exactement par le procédé d’alternance que nous'avons indiqué.
- Passe encore s’il ne se produisait que frottement, mais le plus souvent survient l’accrochage d’un véhicule en mouvement par un véhicule en station. Alors c’est l’arrêt du flot circulant, un bouchon mis au goulot de la bouteille, a-t-on dit, en un mot l’embouteillage.
- Mais que font là ces innombrables voitures en stationnement et quelle nécessité y a-t-il à les tolérer au long du jour et de la nuit ? Certaines sont en chargement ou en déchargement et il n’y a rien à dire à cela, mais la plupart attendent un client ou bien leur propriétaire venu à son conseil, à son bureau ou bien à quelque rendez-vous. C’est un fait que pour des nécessités multiples des milliers de voitures de toute facture, des plus riches aux plus démocratiques, restent immobilisées sur les chaussées tout le jour, d’autres la nuit. Le plus souvent elles sont abandonnées sans surveillance aux intempéries et aux aléas de l’honnêteté publique. Que sera-ce lorsque chaque citadin ayant maison en banlieue viendra le matin à son comptoir ou à son bureau avec sa démocratique Citroën?
- Tout autour des II ailes centrales des milliers de voitures encombrent le quartier une partie de la nuit et de la journée, embouteillant les voies de circulation les plus importantes entre le Nord et le Sud de Paris. Y a-t-il à cela un remède?
- Le garage, son nom l’indique, remplit par rapport aux automobiles une fonction analogue à celle des gares dans le cas des chemins de fer. Comme la circulation automobile elle-même, le garage ne relève que de l’initiative privée et jusqu’à ce jour les préoccupations administratives, dans ce domaine, en dehors de la réglementation du -stationnement sur la voie publique, sont restées minimes ou nulles. Mais la situation s’aggrave de jour en jour et, dès à présent, elle est telle que les administrateurs responsables de la capitale : préfet de police-, directeur des travaux, édiles, nous apportent par la voie des quotidiens des plaintes et doléances directes et fréquentes et déclarent qu’ils envisagent des solutions positives.
- Finalement, le 17 octobre dernier, M. Morain, notre vigilant préfet de police, a présidé la première réunion d’une Commission spéciale chargée d’étudier les questions relatives aux garages et passages souterrains.
- Il s’agit, bien entendu, de garages publics, aussitôt dénommés « parkings ».
- On est donc décidé à agir. Mais que faire?
- Mais où donc loger les voitures, en particulier les voitures publiques et foraines qui, dès le matin, remplissent non seulement les bas côtés de certaines rues, mais encore les cours des immeubles des quartier du centre? Ce serait donc la fonction du « parking » de les recevoir. Encore faut-il qu’il puisse être créé à proximité des besoins, c’est-à-dire en
- plein centre, et cela à première vue semble difficile.
- Des études antérieures sur la question des garages automobiles privés nous ont amené à rechercher une solution de ce problème et voici ce que nous sommes amené à proposer pour Paris dans les divers cas signalés par la presse dans ces derniers mois :
- 1° Création de garages à tablier hélicoïdal et à sens unique de circulation sous le sol des promenades et jardins municipaux, de manière à respecter l’aspect actuel ;
- 2° Création sur terrains propices de garages en élévation et en souterrain également à tablier hélicoïdal et à sens unique de circulation;
- 5° Création sous la chaussée même du boulevard Ilaussmann en construction, à la jonction du boulevard des Italiens, de garages d’accès commode par la rue Laffitte et la rue de Grammont, établis en souterrain à la traversée de ces boulevards.
- Système de construction dit à « tablier hélicoïdal ».— Avant d’aller plus loin, nous devons exposer le principe d’un nouveau système de construction auquel il y a lieu d’avoir recours et dénommé d’après sa forme « système à tablier hélicoïdal », lequel a fait l’objet de notre invention, récente. Il est le résultat de recherches en vue de la construction de garages automobiles privés.
- Il s’agit d’une disposition basée sur le développement des constructions et installations non plus horizontalement, mais suivant la rampe continue d’un tablier hélicoïdal construit autour d’un noyau vide de forme géométrique quelconque.
- Ainsi, la maison n’a plus de plans d’étages, mais seulement une série de rampes hélicoïdales.
- L’aspect d’un immeuble construit de cette façon est représenté dans la figure 3.
- Ainsi qu’on le voit sur le plan de la figure 4, le nouveau système de construction proposé comporte essentiellement des rampes j, formant une voie en plan incliné à développement hélicoïdal, autour de laquelle sont édifiées les installations ou constructions à desservir et dont les planchers alternés entre eux, d’après le niveau atteint en chaque point par le plan de la rampe d’accès j, permettent un dégagement maximum.
- C’est sur ces planchers, eux aussi établis suivant la rampe, que sont garés les véhicules ou bien édifiées les installations.
- Un noyau vide ou jour central m', m3, recouvert d’un toit lumineux avec parties amovibles pour régler l’aération assure ou complète l’éclairage et l’aération du système.
- Un dispositif couplé, tel que celui de la figure 4, permet les arrivées par une rampe et les départs par l’autre, sans embouteillage.
- L’emploi de ce dispositif se prête particulièrement a 1 installation de garages automobiles dans le centre des villes.
- En effet, il permet l’accès des véhicules par leurs propres moyens à tous les étages aériens ou sou-
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- terrains. De ce fait la rue, avec les avantages qu’elle comporte, se trouve comme prolongée à l’intérieur de l’édifice, jusqu’au faîte aussi bien qu’en profondeur.
- I. Garage sous jardin ou promenade publique. — Voici la solution proposée suivant l’idée déjà entrevue de créer ces parkings sous les squares, promenades, afin de conserver ceux-ci à leur destination.
- Il s’agit d’une rue ordinaire se développant en hélices sous les emplacements choisis. Sur les bas côtés de cette route, les voitures se garent elles-mêmes aussi naturellement que sur les accotements nivelés d’une route nationale.
- En fait, qu’on imagine des stations de métro sous chaussée centrale à l’endroit même où existent
- Ainsi seraient maintenus à leur destination, avec les moindres modifications à l’esthétique du milieu, les emplacements, squares ou jardins publics, lesquels constituent souvent l’unique disponibilité foncière dont les villes disposent dans le centre des villes.
- II. Garage en élévation et garage mixte (en élévation et en souterrain). — Là où l’on dispose d’emplacements appropriés, il suffirait, sur le plan même du garage souterrain qui vient d’être décrit, de construire en élévation. On conçoit qu’il y aurait à cela plus de facilité et d’économie. Rien ne s’oppose également à la construction de garages mixtes en souterrain et en élévation.
- La construction édifiée avec étages multiples permet d’envisager ce genre d’édifice sur des terrains
- OjOO D :C,
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- Fig. 2.
- Coupe transversale à travers les deux boulevards.
- les deux voies ferrées actuelles. Ce sont les trot» toirs établis au niveau de cette chaussée qui sont affectés au garage des véhicules. Mais alors que la station métropolitaine est établie horizontalement et suivant une direction rectiligne, ladite station souterraine évolue en plan incliné et en courbe ; en un mot elle tire-bouchonne tout comme un ressort à boudin jusqu’à profondeur suffisante pour obtenir un développement de parcours offrant le garage de capacité requise.
- Mais il importe que la circulation s’effectue à l’intérieur de ces dispositifs avec rapidité pour obtenir un grand rendement aux heures d’affluence. 11 faut en plus assurer la sécurité des mouvements.
- L’idéal serait de créer à l’intérieur de ces dispositifs le sens unique de circulation qui donne des résultats si favorables dans la circulation sur rue. Ce résultat est obtenu par une combinaison de deux dispositifs de ces stations en tire-bouchon. Il suffit do les juxtaposer et à chaque spire, autant dire à chaque étage, de les mettre en communication, un des dispositifs étant réservé à l’entrée et à la descente et l’autre à la montée et à la sortie. Par l’emploi de ce dispositif, il n’existe aucun retour en arrière cl par conséquent aucun motif de collision et d'encombrement.
- Ainsi se trouvent assurés au mieux l'ordre, la sécurité et la rapidité (fig. 4).
- de haut prix, c’est-à-dire, dans le centre même des villes, par exemple aux abords des Halles Centrales où il est urgent de garer hors des voies publiques qu’elles obstruent quelque 4 à 51)00 véhicules qui chaque jour viennent du dehors apporter les denrées et produits.
- Il suffirait pour cela d’édifier un garage aérien ou bien un garage mixte, aérien et souterrain' d’après les plans proposés (fig. o).
- III. Garage sous chaussée (application à un garage sous le boulevard Ilaussmann). — Les installations parfois ne peuvent s’étendre qu’en surface. Il en résulte que le tablier hélicoïdal ascendant ne peut être appliqué.
- Cette circonstance se produit à la jonction du boulevard Ilaussmann avec son futur prolongement, le boulevard des Italiens du les véhicules en stationnement sont nombreux et la circulation particulièrement intense.
- Voici donc ce que nous sommes amené à proposer en ce point.
- Les deux boulevards seraient maintenus à leur niveau, mais la chaussée de la rue Laffitte et de son prolongement, la rue de Orammont qui actuellement traverse perpendiculairement ces deux boulevards, peu avant leur jonction, serait creusée en rampe d’accès d’une part au droit du Crédit Lyonnais, d’autre part entre le boulevard Haussmann et
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- Fig. 3. — Projet d’élévation d’un garage aérien et souterrain.
- la rue Pillet-Will. Quant à la traversée des deux boulevards et à l’intervalle qui les sépare, elle s’effectuerait par-dessous en tunnel — en tunnel éclairé et bordé de magasins s’entend — et ce tunnel serait un facile accès à des garages souterrains établis, aussi spacieusement qu’on le désirer^, perpendiculairement à cette voie d’accès, sous le boulevard Haussmann, sans même gêner la création ultérieure en contre-bas d’une ligne de chemin de fer métropolitain prévue sous ce boulevard.
- Le garage à créer est prévu à sens unique de circulation avec garage oblique des véhicules. En plus, à l’opposé de l’entrée dans le fond du garage, il est prévu un ascenseur ou monte-voiture débouchant au jour dans l’axe même du boulevard, là où existe un trottoir central. Cet ascenseur sera emprunté à la sortie par les voitures désireuses de rejoindre ce point directement.
- Chacune des installations proposées comporterait en outre : salles de repos et de récréation des chauffeurs, buvettes, buffet, toilettes etW.-C., magasins de vente d’accessoires, poste de secours et réparations, distributeurs d’huile et d’essence, distribution d’eau, d’air comprimé, de l’électricité, téléphones, gardiens, etc.
- Voici donc comment nos rues pourraient être dégagées des voitures parasites plus encombrantes parfois que les. voitures en circulation. En un sens, ce serait tout comme si la chaussée des rues se trouvait élargie.
- évidemment, ce moyen n'est simple qu'en apparence, car il exigerait des dépenses, mais assurément les moindres dépenses pour parvenir au résultat cherché.
- 11 n’est d’ailleurs que juste de penser que les dépenses, tant de fonctionnement que d’intérêt des capitaux engagés, pourraient être couvertes, tout au moins en partie, par une taxe modérée appliquée aux usagers, qui subissent actuellement bien d’autres sujétions et ennuis du fait de l’usage de la voie publique comme relais.
- En résumé les suggestions proposées plus haut en vue de la construction de garages publics pour automobiles paraissent répondre aux besoins actuels et en partie aux préoccupations de l’avenir basées
- sur l’observation du rapide développement de la circulation automobile.
- C'est là, en effet, un moyen efficace de décongestionner les rues de la capitale, notamment dans ses parties les plus encombrées. La solution est donc à la fois opportune et pratique et pour l’instant, l’unique moyen proposé pour remédier à la situation présente qu’on ne peut prétendre perpétuer. En elle-même, cette'question des garages publics présente donc un intérêt direct, mais l’intérêt général n est-il pas aussi de parvenir dans cette voie à une réalisation ?
- L intensité de la circulation, quoi qu’on fasse, atteint toujours en effet dans le cœur de Paris son point de saturation. Cette constatation permet d’avancer que toute facilité nouvelle offerte au trafic assure aussitôt son essor et, partant, celui de notre développement économique dont le trafic, qui en est le moteur certain, traduit le rythme.
- L’avenir de l’industrie automobile est d’ailleurs lié à la solution de ce problème, aucun développement ne lui étant possible sans accroissement simultané des facilités de circulation.
- Parmi ces facilités, les « parkings », installés au cœur des capitales, sont la solution justement réclamée en tous pays. Ces garages permettent, en effet, démettre à l’abri des milliers de véhicules qui, à l’heure actuelle, occupent sur la voie publique des emplacements nécessaires pour conserver la circulation et assurer son développement continu.
- Mais il était nécessaire, en raison de la rareté et du coût du terrain en ces endroits, qu’un moyen pratique permit d’édifier ces garages ou parkings, comme on les a appelés, avec la capacité requise, c’est-à-dire avec étages multiples facilement accessibles aux automobiles par leurs propres moyens.
- À cet égard, les solutions proposées, avec ou sans tablier hélicoïdal, paraissent le moyen de résoudre ce problème,
- PlERRE ËOURDEIX.
- Architecte.
- Fig. 4. — Plan d’un élément, montrant le sens de circulation des voitures.
- Le Gérant : P. Masson. — Iniprimcrie Laiiuue, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- SOMMAIRE :
- Les travaux d'un observatoire : E. Doublet.
- Une particularité paradoxale de la croissance des coquilles de “Murex” : P. Remy. Récents progrès dans la fabrication des coffres-forts : Jacques Boyer.
- Témoignage de la faune dans les modifications du climat : Jean Mascart. — G. Gouy.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Bulletin astronomique : La voûte céleste en Avril 1926. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET O*, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO
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- LA NATUR
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- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
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- N° 2708.
- LA NATURE. —
- 27 FÉVRIER 1926
- La Science en Famille.
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE
- Nous avons essayé de donner une idée de ce que sont les travaux de l’astronome observateur, mais ces travaux n’ont qu’un but : recueillir des documents dont l’étude nous permettra d’arriver à connaître, dans une certaine mesure, cet Univers dont notre Terre, dont notre système solaire lui-même ne sont que des parties insignifiantes.
- On sait que les Anciens avaient des idées tout opposées sur ce sujet; pour eux, notre globe était une masse énorme occupant le centre de l’Uni-vers, et tous les astres se mouvaient autour de lui. Pour expliquer les phénomènes apparents, ils étaient obligés de supposer des age-ncements de sphères emboîtées les unes dans les autres et formant un mécanisme d’une complication effroyable, mais ce préjugé de l’immobilité delà Terre, que nous impose au premier abord le témoignage de nos sens et auquel tous nos contemporains n’ont peut-être pas renoncé (1), ce préjugé, dis-je, l’emporta, et d’autant mieux que Ptolémée, dans son grand livre qu'on appelle YAlmagesle, tout en convenant que si notre globe tournait autour de son axe, l’explication des phénomènes serait beaucoup plus simple, déclare que c’est une supposition absurde. Il n’admet pas davantage le mouvement de translation de la Terre.
- On ne pourrait citer un meilleur exemple pour prouver la force qu’ont parfois les préjugés. Ptolémée avait toutes les aptitudes du géomètre et de l’astronome, et il a méconnu le véritable système du monde, dont un de ses prédécesseurs, Aristarque,
- 1. Un dramaturge très oublie aujourd'hui, mais qui lit partie de l'Institut,• Mercier, mort en 18Ut, refusa toute sa vie d'admettre le système de Copernic : « Ucs savants ne me feront jamais croire, disait-il, que je tourne comme un poulet à la broche ». ......
- avait une idée très juste. Selon Archimède, les hypothèses essentielles par lesquelles Aristarque expliquait les phénomènes célestes . étaient les suivantes : .
- 1° La fixité absolue de la sphère des étoiles fixes.
- 2° La fixité absolue du Soleil, dont le centre coïncide avec le centre de celte sphère.
- 5° Le mouvement diurne de la Terre autour d’un
- de ses diamètres.
- 4° Le. mouvement annuel de la Terre sur une circonférence de cercle ayant,pour centre le centre du Soleil.
- Aristarque ajoute que ; le rayon de la sphère des étoiles fixes doit être infini par .rapport au rayon de l’orbite t er ros tre ; s’il n’en était : pas ainsi, l’aspect du ciel et dès.étoiles fixes varierait selon l’époque de l’année (1).
- La vérité était donc parfaitement connue ; mais, comme plus tard Galilée, Aristarque eut des adversaires acharnés. S’il ne fut pas, comme Socrate, condamné à boire la ciguë, ce ne fut pas la faute du pieux. stoïcien Cléanthe. L’hypothèse de l’astronome tomba dans l’oubli, d’où Copernic la tira, et ce que nous venons de raconter ne fait pas honneur à notre espèce.
- Franchissons un intervalle de près de dix-huit siècles, et, d’Aristarque, passons à Copernic.
- Ce réformateur de l’Astronomie, notons-le en passant, était non pas Allemand, comme on le dit souvent d’après une phrase écrite trop légèrement par Fontenelle, mais Polonais. Son véritable
- 1. En fait, les étoiles soûl si éloignées de nous, que si nous élioiis transportés dans celle de toutes les planètes connues qui est la plus distante du Soleil, les constellations nous offriraient leur aspect accoutumé; nous reconnaîtrions parfaitement la Grande Ourse, Orion, etc. Le Solefi, réduit à l'apparence d'une grosse étoile, nous paraîtrait décrire à peu près le même chemin sur la route céleste, mais nous auriuiis une autre étoile polaire, un autre équateur, etc.... ;
- 9 - 129.
- Fig. i. — Le'système solaire d’après Ptolémee. (Système des épicycles.)
- 54° Année. — 1" Semestre-
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- nom, qu’il modifia pour des raisons d’euphonie, était Zépernic ou Tsepernic, et l’on conviendra qu’il n’y a pas de nom qui ait une tournure plus franchement slave. Sans doute, la partie de la Pologne qu’il habitait a été annexée à la Prusse, mais en faire un Germain pour cela, c’est absolument comme si nous voulions faire de Christophe Colomb un Français, parce qu’il est possible qu’il soit né en Corse.
- Mais venons-en à son œuvre astronomique.
- Né en 1472, il semble bien que, dès l’année 1507, il était arrivé aux conclusions du grand travail qui l’a immortalisé. En 1514, il avait terminé la rédaction du livre où il a fait connaître ses conclusions. On sait que, pressentant que ses théories seraient vivement attaquées et qu’il pourrait avoir à en souffrir personnellement, il ne se décida à faire imprimer cet ouvrage que tout à fait à la fin de sa vie ; il mourut le 24 mai 1543.
- Copernic n’a pas été observateur. Aussi bien, sur les bords brumeux de la Vistule, il eût été bien mal placé pour essayer de faire une série suivie d’observations. C’était sur les observations des Anciens qu’il travaillait ; tout au plus, de temps en temps, faisait-il quelques vérifications au moyen d’un triangle articulé en bois, seul instrument qu’il ait jamais possédé. Ce triangle fut plus tard la propriété de Tycho-Brahé, qui le considérait comme une relique précieuse et le célébra en vers latins. Il a sans doute été détruit en 1619, lorsque le peuple de la Bohême se révolta contre les Habsbourg.
- Copernic, après avoir examiné toutes les idées théoriques des anciens astronomes, finit par adopter celles d’Aristarque; il délogea notre globe de sa position centrale, que le Soleil vint occuper, et le fit tourner circulai rement autour de ce dernier astre, tout en l’animant sur lui-même d’un mouvement de rotation journalier. Ainsi, on s’expliquait facilement la succession des jours et des nuits; les étoiles fixes, ainsi que les planètes, cessaient d’être assujetties au mouvement diurne ; rien n’était plus clair que la présence du Soleil successivement dans chacun des signes du zodiaque, tandis que, de l’astre central, on aurait vu notre globe dans le signe opposé. La précession des équinoxes s’expli-
- quait tout aussi facilement : il suffisait de supposer que l’axe de rotation de la Terre, en 26 000 ans, décrit un cône •autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique, plan qui reste fixe sur la sphère étoilée.
- Copernic avait du d’ailleurs maintenir dans son système quelques-unes des complications introduites à tort par les Anciens. Il n’en est pas moins, de tous les astronomes, celui qui a fait faire le plus grand pas à la théorie. A celle-ci, il fallait désormais un matériel d’observations nouvelles, nombreuses et aussi précises que possible.
- Ce fut Tycho-Brahé (1546-1601) qui se chargea de recueillir ces observations. Quoique gentilhomme et très entiché de sa noblesse, il se consacra à l’étude et, ayant su s’attirer la faveur du roi de Daner mark Frédéric II, il obtint la propriété de la petite île de Hvœn (Huena en latin), qui se trouve dans le détroit du Sund : cette île, dont la surface est environ 8 km2, appartient aujourd’hui à la Suède.
- Là, Tycho, disposant de ressources importantes, commença par se faire bâtir un magnifique observatoire, qu’il appela Uranibourg, et, doué d’un grand talent de mécanicien, voulut avoir dans cet établissement le matér riel le plus parfait qu’il fût possible d’avoir de son temps. Ce matériel, il le fit construire sous ses yeux.
- Entre autres instruments précieux, il avait un grand quart de cercle mural d’environ 2 m. de rayon. Le limbe avait 15 cm de large et 5 d’épaisseur. Ce quart de cercle était gradué à l’aide de transversales et muni de deux visées mobiles sur l’axe. Une foule d’autres instruments accompagnaient celui-là. Nous n’en donnerons pas le détail, nous dirons seulement que les lunettes n’étaient pas encore inventées, et que les visées se faisaient à l’aide de pinnutes.
- On était, à Uranibourg, spécialement favorisé en ce qui concerne la mesure du temps. Une horloge gigantesque en cuivre marquait les secondes; sa roue principale avait deux coudées de diamètre et-était armée de 1200 dents. Il y avait aussi deux horloges moins grandes, mais marquant aussi les secondes. L’illustre astronome, toutefois, n’était pas
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- Fig. 3. — Le système de Copernic. Reproduction d'un dessin original de Copernic lui-même.
- absolument satisfait de la marche de ces machines et dut imaginer certains procédés pour suppléer à leur imperfection.
- Tycho fut aussi théoricien, et il imagina un système pour expliquer les mouvements apparents des planètes, système différent de celui de Copernic, mais non conforme à la réalité. Ne pouvant renoncer à la vieille doctrine de l’immobilité de la Terre, car il lui répugne de concéder « à une masse inerte, opaque et paresseuse comme elle, un triple mouvement contre toute vérité physique et contre le témoignage exprès des Ecritures » (’), il fait, tourner le Soleil autour d’elle en une année (sans parler du mouvement diurne, commun à toute la sphère céleste), tandis que les planètes tournaient autour de lui.
- Quelques astronomes de l’Antiquité avaient eu des idées analogues, et ces idées sont complètement oubliées.
- La véritable gloire de Tycho fut de surpasser tous ses prédécesseurs par l’exactitude et le nombre de ses observations, et, par un bonheur dont il était digne, quand, chassé de son pays après la mort de Frédéric II, il essaya à Prague de refaire sa vie scientifique, il eut, parmi ses auxiliaires, l’illustre .lohann Kepler, auquel il légua, quand il sentit la mort venir, ses registres
- 1. Tycho-Hrabé était‘fort religieux, ce qui ne l'empêche pas d'avoir vécu en très mauvais termes avec le pasteur [parochus) de son ile.
- d’observation. 11 ne pouvait les mettre en de meilleures mains.
- On sait le parti que Kepler sut tirer de ce trésor. Le principal résultat de ses immenses travaux, exécutés dans les conditions les plus pénibles, qui parfois le firent songer à chercher à l’étranger des conditions de vie moins dures ('), peut se résumer dans les trois grandes lois qui portent son nom.
- 1° Les planètes décrivent dans l’espace des ellipses dont le Soleil occupe un des foyers.
- 2° Les aires décrites par le rayon vecteur allanL du Soleil à une planète sont proportionnelles aux temps employés à les parcourir.
- o° Les carrés des temps des révolutions de deux planètes sont proportionnels aux cubes des grands axes de leurs orbites.
- L’astronome anglais Ilalley devait plus tard étendre aux comètes les lois de Kepler.
- De cette troisième loi, il résulte que, si l’on connaît la parallaxe du Soleil, c’est-à-dire l’angle sous lequel on verrait, du centre de celui-ci, le rayon de la Terre, autrement dit la distance'qui nous sépare de l’astre-roi, on connaîtra la quantité analogue pour toutes les autres planètes, et toutes les dimensions du système. C’est absolument comme un plan,
- 1. 11 serait volontiers venu en France et l'on doit regretter que cela ne lui ait pas été donné ; mais les circonstances n’étaient pas favorables. Plus tôt, les superstitieux Valois auraient peut-être l'ail de lui un de leurs astrologues ; plus tard, aux belles années de.Colbert, il aurait siégé à l'Académie des sciences, à côté de Cassini, Hoc mer et Huyghens.
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- dont l’échelle est déterminée, nous donne une idée très exacte du terrain qu’il réprésente.
- Aussi, on conçoit l’importance qu’a, pour les astronomes, la détermination exacte de cette parallaxe du Soleil, à laquelle ils ont appliqué diverses méthodes, notamment celle qui est basée sur l’observation des passages de Vénus sur le Soleil. Ce phénomène, qui a été visible en 1874 et 1882, a vivement excité alors la curiosité publique, et nous avons le regret de dire qu’il ne se reproduira pas avant le 8 juin 2004; le 6 juin 2012, on pourra l’observer encore une fois.
- Tycho, par exemple, faisait la parallaxe du Soleil vingt fois trop grande, et il en résultait que, pour lui, le volume du Soleil n’était que la huit-millième partie de ce qu’il est réellement, ou 163 fois le volume de la Terre, qui, depuis les Anciens, était connu avec assez d’exactitude. En faisant tourner le Soleil autour de la Terre, il devait être moins choqué que nous ne le serions, nous qui savons que notre globe n’est que la treize-cent-millième partie de l’astre qui nous éclaire; les idées métaphysiques de Tycho, qui étaient d’ailleurs celles de tous ses contemporains, l’aidaient à accepter son système du monde, qui nous semble si singulier.
- « Si vos théories étaient vraies, objectait-on à Copernic, Mercure et Vénus devraient avoir des phases analogues à celles de la Lune. » — L’illustre Polonais répondit que si jamais on trouvait un moyen de perfectionner la vue, ces phases deviendraient visibles. — Soixante ans environ après sa mort, la découverte des lunettes lui donna raison.
- Cette invention était due d’un côté à des lunetiers de Hollande dont le nom est resté douteux, de l’autre à Galilée. Quand celui-ci ' eut construit la lunette qui porte son nom, il s’en servit immédiatement pour étudier le ciel, et fut récompensé de son labeur par de nombreuses découvertes telles que celles des montagnes de la Lune, des quatre premiers satellites de Jupiter, des taches du Soleil, de la décomposition de la voie lactée en un nombre infini d’étoiles, chose qu’avait pressentie, bien des siècles auparavant, le philosophe grec Démocrite.
- Et cependant, ces découvertes sensationnelles ne sont que les moindres titres de Galilée à la gloire. Avant tout, on doit le considérer comme le second créateur de la Mécanique, Archimède étant le premier.
- Pour résumer l’histoire de la science entre Galilée et Newton, nous ne pouvons mieux faire que de citer quelques lignes de Laplace :
- « Il était réservé à ce grand homme (Newton), de nous faire connaître le principe général des
- mouvements planétaires. La Providence, en le douant d’un profond génie, prit soin de le placer dans les circonstances les plus favorables. Descartes avait changé la face des sciences mathématiques par l’application de l’algèbre à la théorie des courbes et des fonctions variables. Fermât avait perfectionné la géométrie par ses belles méthodes des maxima et des tangentes. Wallis, Wren et Huyghens venaient de trouver les lois de la communication du mouvement. Les découvertes de Galilée sur la chute des graves et celles de Huyghens sur les développées et sur la force centrifuge conduisaient à la théorie du mouvement dans les courbes. Képler avait déterminé celles que décrivent les planètes, et il avait même entrevu la gravitation universelle. Enfin Hook avait très bien vu que les mouvements planétaires sont le résultat d’une force primitive de projection, combinée avec la force attractive du Soleil. Mais la science attendait encore le génie qui devait coordonner dans un seul système ces puissantes idées et fixer la loi de la pesanteur, de la généralisation et du rapprochement de ces grandes découvertes : telle fut l’œuvre de Newton. »
- Voici à peu près comment Newton a été amené à formuler sa grande loi de la gravitation universelle :
- il se trouva tout naturellement amené à déterminer la chute de la Lune vers la Terre en un temps déterminé, une minute, par exemple, et à la comparer à la chute ^des corps telle que nous pouvons l’observer. On connaissait alors approximativement, en rayons terrestres, la distance de la Lune à la Terre. Supposons que cette distance soit exactement mesurée par le nombre 60; si l’intensité de la pesanteur varie en raison inverse du carré des distances, la chute de la Lune en une minute devra être la 5600e partie du chemin parcouru en une minute par un corps tombant à la surface de la Terre.
- Il fallait donc commencer par évaluer le rayon terrestre en mesures usuelles, en pieds, puisque nous sommes au xvue siècle. Or, cette détermination était alors très inexacte, et les marins anglais donnaient à la minute de l’arc de méridien terrestre (le mille) une valeur qui, traduite en mesures modernes, était 1609 m. au lieu de 1855!
- Il en résulta que Newton ne put faire coïncider le résultat de ses calculs avec ceux de l’expérience. Il abandonna donc son travail, et s’occupa de physique.
- Mais, en 1682, il eut connaissance de la nouvelle mesure du degré terrestre qui venait d’être faite en France par l’abbé Picard, astronome très modeste, mais dont Newton connaissait la haute capacité. Il
- Fig. 5.
- Buste de Tycho-Brahè.
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- îonc d’introduire dans ses formules la nouvelle valeur du rayon terrestre et fut assez heureux pour constater une coïncidence parfaite entre le résultat de son calcul et le nombre attendu. Il éprouva d’ailleurs une telle émotion lorsqu’il entrevit cette coïncidence qu’il ne put aller jusqu'au bout et chargea un de ses amis de terminer cette vérification. C’est seulement en 1687 que furent publiés les Prin-cipia mathema-tica philosophiæ naiuralis, qui firent connaître au monde savant cette grande découverte..
- Du même coup, les principaux phénomènes du système du monde étaient expliqués, ou , tout au moins, on en entrevoyait l’explication. On pouvait deviner, par exemple, que la Terre est un sphéroïde aplati vers les pôles, ce que vérifièrent les astronomes français au siècle suivant ; on voyait que les phénomènes de la précession des équinoxes, de la libration de la Lune, des marées, que l’on disait le tombeau d& la curiosité humaine, que le mouvement des comètes, regardées jusqu’alors comme des astres
- absolument irréguliers, que tout cela résultait de la loi newtonienne.
- Newton mourut le 20 mars 1727, à l’àge de 85 ans. Le 7 mars 1827, un siècle après, presque jour pour jour, la France perdit celui qu’on a appelé le Newton français, Pierre-Simon Laplace, auteur de la Mécanique céleste, le plus illustre, peut-être, de tous ceux qui ont marché sur les traces du grand Anglais. Il faut espérer qu’au mois de mars 1927, en Angleterre comme en France, on ne manquera pas de rappeler le souvenir de deux hommes qui ont fait tant d’honneur à leurs patries.
- Pig.. 6.
- De Laplace, nous voulons seulement rappeler sa célèbre hypothèse cosmogonique, par laquelle il a tenté d’expliquer la formation de notre petit monde solaire, qui n’est qu’un point en comparaison de l’Univers infini.
- Selon Laplace, à l’origine des choses, notre Soleil aurait occupé un espace beaucoup plus étendu qu’à l’époque actuelle. La plus éloignée de toutes les planètes, Neptune (que Laplace ne connaissait pas), se serait trouvée primitivement réduite à l’état de vapeurs, sur la surface de la nébuleuse à température très élevée, qui, en des milliards de siècles, s’est transformée et est devenue le système formé par le Soleil et les planètes qui lui font cortège.
- Cette nébuleuse gigantesque était douée d’un mouvement de rotation autour d’une certaine ligne qu’on peut appeler son axe, et ce mouvement allait en s’accélérant, à cause du refroidissement qu’elle ne pouvait manquer d’éprouver.
- Sur l’équateur de la nébuleuse, qui devait nécessairement s’aplatir, en vertu de la force centrifuge, il se forma un anneau qui se sépara de l’ensemble et continua à tourner de son côté. Une cause quelconque vint brisercet anneau, etlediviser en plusieurs fragments qui, étant fluides, prirent des formes sphéroïcfales et gravitèrent autour de celui d’entre eux qui avait la plus grande masse. — Voilà une planète accompagnée de ses satellites. Rien n’empêche que de nouveaux satellites, de par le même mécanisme, se forment aux dépens de la planète principale. A l’heure actuelle, nous voyons encore subsister un anneau qui entoure Saturne et semble témoigner en faveur de l’hypothèse de Laplace.
- — Les anciens instruments d'observation. Quadrant azimuthal d’Helvetius.
- Extrait du Bulletin de la Société Astronomique.
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- LA CROISSANCE DES COQUILLES DE “ MUREX
- La grande masse de la nébuleuse a conservé son mouvement de rotation, une seconde, une troisième planètes se sont formées successivement, solidifiées parfois, car il n’est pas sur que toutes les planètes en soient arrivées à ce point, et, peu à peu, notre système solaire s’est, formé tel que nous le connaissons.
- L’hypothèse de Laplace explique en gros les phénomènes de notre système du monde, elle ne les explique pas'lous; par exemple, on ne voit pas
- comment, si cette hypothèse est vraie, certains satellites ont des révolutions de sens rétrograde, comment l’orbite de certains autres est presque perpendiculaire au plan de la planète dont ils dépendent.
- Si on avait pu faire ces objections à Laplace, il aurait répondu par ces mots qu’il prononça, dit-on. sur son lit de mort : « Ce que nous savons est peu de chose, ce que nous ignorons est immense ».
- E. Doublet.
- UNE PARTICULARITÉ PARADOXALE DE LA CROISSANCE DES COQUILLES DE “ MUREX ”
- Les Murex, appelés vulgairement Rochers, sont des Mollusques gastéropodes qui comptent de nombreuses et grandes espèces dans les mers chaudes et quelques-unes, plus modestes, sur nos côtes. Leur coquille est très reconnaissable aux fortes épines qui la hérissent et qui sont disposées en lignes transversales (varices) séparées par des espaces plus ou moins larges et plus ou moins lisses (fig. 1 et 2, L, L', L"). Comme nous l’expliquerons plus loin, l’ouverture de la coquille est toujours bordée, du côté extérieur, que les conchyliologistes appellent techniquement le labre, par une de ces lignes de piquants (fig. 1 et 2, L).
- U est très facile de comprendre comment croît une coquille lisse comme celle d’un Escargot; elle est doublée intérieurement par une membrane molle et vivante, le manteau; celui-ci se termine au bord de l’ouverture par un bourrelet épais, de structure complexe qui sécrète du calcaire par intermittences pendant la belle saison; de minces bandes calcaires prolongent l’orifice, de sorte que la coquille s’accroît lentement, par à-coups successifs qui se traduisent sur le test par des stries plus ou moins nettes, dites stries d’accroissement; la croissance s’arrête, naturellement, pendant le long repos hivernal.
- Dans une coquille épineuse de Murex, il y aura nécessairement alternance entre la formation de la rangée complète des piquants longs et épais et la formation de la partie lisse comprise entre deux-rangées successives de piquants L et L'.
- Si l’on examine les Murex grands ou petits d’une collection, logiquement on doit s’attendre à trouver tous les stades de la croissance, c’est-à-dire que le bord libre de la coquille devrait être constitué tantôt par une rangée de piquants, tantôt par une partie lisse. Or, j’ai regardé beaucoup d’exemplaires de Murex exotiques ou européens, et l’on a bien voulu en examiner pour moi dans diverses collections ; tous, sans exception, ont l’orifice de la coquille bordé exactement par une rangée de piquants. C’est paradoxal, mais tout possesseur de Murex, de ! Harpa, ou de tout autre Gastéropode orné confîr- |
- mera assurément cette constatation; jamais, dans les Musées ou dans les figures des livres, on ne trouve un Murex, quelles que soient son espèce, sa provenance et sa taille, pris en flagrant délit de croissance.
- Trois causes, à ce qu’il me parait, peuvent rendre compte de ce paradoxe : la lre tient aux mœurs de l’animal (cause éthologique) ; la 2e est d’ordre statistique; la 3e est humaine.
- 1° Il est certain que la croissance de la coquille, c’est-à-dire l’addition d’une zone lisse à ce qui était auparavant limité par la rangée de piquants, est une période de crise : la coquille nouvelle est d’une extrême minceur, sans aucune résistance, et le moindre choc l’ébrécherait; aussi il est probable que, pendant cette période, le Murex, abrité sous des pierres ou des Algues, mène une vie cachée; il demeure sans doute immobile et ne prend pas de nourriture; il doit donc avoir beaucoup moins de chances d’être capturé que les exemplaires qui ont leur labre garni de piquants, et qui mènent alors une vie active.
- 2° Il est très probable que la période pendant laquelle se forme le fuseau lisse est d’une durée extrêmement courte; elle est peut-être de quelques jours, de quelques semaines au plus. Puis, lorsqu’il s’est ajouté au fuseau lisse une nouvelle rangée de piquants, apparaît une phase non pas de repos sécrétoire, mais d’épaississement et de solidification de la portion de coquille qui vient d’être édifiée le plus rapidement possible. Cette période dure sans doute longtemps, des mois peut-être. Evidemment un collecteur qui ramasse des Murex aura beaucoup plus de chances de rencontrer ceux qui sont entrés dans la longue période d’épaississement que ceux qui sont dans la courte phase de croissance en surface.
- 5° Enfin il doit y avoir encore une cause purement humaine : chez les Murex qui sont en train d’édifier un fuseau lisse de leur coquille, l’orifice de celle-ci est fragile, et souvent il doit être ébréché; les collecteurs ne ramassent pas de tels échantillons
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- RECENTS PROGRES DANS LA FABRICATION DES COFFRES-FORTS 135
- lorsqu’ils en trouvent; ils préfèrent, de même que les collectionneurs, avoir des coquilles nettement terminées par la ligne de piquants, et qui n’ont pas l'air incomplet de celles qui sont en voie de grandissement.
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- Certaines espèces de Murex présentent une autre particularité curieuse : si l’on regarde la rangée des piquants, lesquels sont nettement dirigés vers l’ex-. térieur, on verra facilement, entre deux replis, une dent spéciale, épaisse et lisse, dirigée vers l’intérieur (fig. 1 et 2, D) (’) : on a vu deux fois un Murex de Nouméa se servir de cette dent comme d’un coin pour maintenir écartées les deux valves de
- 1. Voir pour détails le livre du Professeur Cdékot L’Adaptai ion [Encyclopédie scientifique, Doin, Paris. 1925), p. 516 à 519.
- Fig. i. Coquille du Murex ramosus Linné, du Pacifique et de l’océan Indien, vue du côté de l’ouverture.
- L, L", rangées de piquants foliacées ; la dernière rangée de piquants foliacés; la dernière rangée (la 22”) L orne le bord externe de l'ouverture ; D, dent à ouvrir les coquilles.
- Mollusques vivants, dont ce Murex pouvait alors ronger facilement les parties molles. Cette dent « à ouvrir les coquilles », qui est très reconnaissable sur les anciennes rangées de piquants (fig. 2, D’, D") ne peut être d’aucun usage pendant la formation du fuseau lisse, puisqu’elle n’est plus au bord de l’ouverture ; et si elle est absolument nécessaire au Murex pour qu’il puisse se nourrir, il s'ensuit que, pendant le temps de la croissance, et jusqu’à ce qu’il se soit formé une nouvelle dent résistante, le Murex restera à jeun, ce qui lui est une raison de plus pour se tenir caché.
- P. Remy.
- Fig. 2. — Même coquille que celle de la figure 1, vue du côté opposé .à Vouverture.
- L, 22”, L’, 2i", et L” 20" rangée de piquants; D, extrémité de la dent à ouvrir les coquilles ; cette dent était en D, lorsque l'ouverture de la coquille était en L et en D" lorsque l’ouverture était en L".
- RÉCENTS PROGRÈS DANS LA FABRICATION DES COFFRES-FORTS
- Jadis les coffres-forts se composaient simplement de caisses en fortes planches de chêne bardées de clous métalliques. On conserve dans les musées quelques-uns de ces meubles dont les artistiques ferrures et les entrées de clés invisibles n’offraient que des garanties illusoires contre les malandrins ou l’incendie. Ces coffres servaient surtout aux administrations pour transporter en diligence la solde des fonctionnaires civils ou des armées en campagne (fig. 1). Commerçants, banquiers et particuliers les utilisaient rarement pour conserver
- leur numéraire, que des placards, ménagés dans les murs des maisons et fermés par des portes munies de serrures plus ou moins rudimentaires, leur permettaient de cacher. Mais depuis une centaine d’années, le développement considérable pris par les valeurs mobilières donna naissance aux coffres-fort s métalliques, que leurs constructeurs s’efforcèrent de rendre de plus en plus invulnérables à leurs deux genres d’ennemis : les cambrioleurs et l'incendie. Si bien qu’aujourd’hui, ces spécialistes peuvent crier victoire. En appelant la chimie à leur
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- 136 = RÉCENTS PROGRÈS DANS LA FABRICATION DES COFFRES-FORTS
- Fig. i. — Coffre-fort de l’époque de Louis XIII confectionné avec des planches de chêne bardées de fer.
- Ce coiïre servait à transporter la solde des armées en campagne.
- aide, les métallurgistes ont fini par triompher des plus habiles chevaliers de la pince-monseigneur (*), et savent soustraire les trésors aux plus violents brasiers!
- D’une façon générale, à l’heure actuelle, les coffres-forts se composent de deux caisses métalliques emboîtées l’une dans l’autre. Des entretoises maintiennent l'écartement entre ces dernières dont on dispose les assemblages de telle façon qu’ils n’offrent aucune prise .extérieure aux outils des voleurs. D’ordinaire, les manchons des deux caisses sont en tôle d’acier d’un seul morceau, coudée aux quatre angles verticaux au moyen d’une machine spéciale, sur laquelle nous reviendrons un peu plus loin. L’intervalle compris entre lesdites caisses sert d’abord à loger les blindages spéciaux défendant le coffre contre les tentatives des malandrins, .puis les produits réfractaires constituant la défense contre l’incendie et éventuellement les matières protectrices contre les attaques au chalumeau.
- Les portes i.fig. 2) se fabriquent de la même-façon que les corps, au moyen de deux enveloppes métalliques dans l’intervalle desquelles on pilonne avec des dames pneumatiques (fig. 3), les défenses contre le feu. Les portes présentent des feuillures plus ou moins compliquées qui viennent s’encastrer très étroitement dans des contrefeuillures -formant
- 1. Voir dans La Nature, notre article sur Les perceurs de coffres-forts et leur outillage perfectionné, n° 2672, 20-juin 1925), p. 591-396.
- Fig. 2. — Mise en châssis d’une porte de caveau de banque.
- Cette porte est épaisse de e5o millimètres.
- le châssis de l’ouverture. Une fois fermé, le coiïre constitue donc un bloc rigide et indéformable, en cas de chute au cours d’un incendie. Ses portes se montent sur la caisse extérieure au moyen de cols de cygne ou mieux de robustes pivots qui évitent de pratiquer dans les parois des vides nuisibles à leur solidité.
- Pour travailler les matériaux servant à confectionner les coffres-forts, on doit faire nécessairement appel aux plus puissantes machines-outils. Dans une importante usine se livrant h cette fabrication, nous avons vu fonctionner un certain nom-
- Fig. 3. — Pilonnage des déjenses contre l’incendie dans des portes de coffre-fort.
- Le travail s’effectue au moyen de pilons pneumatiques.
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- bre de remarquables engins mécaniques.
- Donnons d’abord un coup d’œil aux riveuses pneumatiques (fig. 4), puisa la cisaille à guillotine (fig. 5) dont les lames découpent, en une seule fois, des tôles de 2 m. 60 de longueur et de 12 mm. d’épaisseur.
- Examinons un peu plus longuement la machine à couder (fig. 6) sous la traverse horizontale de laquelle les ouvriers font glisser la tôle préalablement planée. Ils serrent ensuite cette feuille métallique entre la traverse et le bâti de ladite machine. À ce moment, la partie mobile que l’on aperçoit en avant tourne autour de son tourillon en rabattant la tôle contre un mandrin d’acier porté par la traverse horizontale. À côté, dans le même.atelier, travaille, avec une force imposante, la poinçonneuse multiple (fig. 7) qui perfore, en une seule descente de sa barre porte-poinçons, 54 trous de rivets dans des tôles épaisses de 12 mm. Enfin, au cours d’une visite dans une autre fabrique, nous avons remarqué une fraiseuse raboteuse Ingersoll (fig. 8) spécialement étudiée pour l’usinage des
- Rivetage pneumatique des assemblages des manchons de coffre-fort.
- pièces de coffres-forts. L'ouvrier place, sur la table mobile de cette machine, les ébauches, qui prennent rapidement le profil voulu. Un unique passage sous un jeu de fraises accouplées suffit, en effet, pour raboter avec elle les énormes châssis des grosses
- Fig. 5. — Cisaille à guillotine.
- Les lames de cette puissante machine découpent en une seule fois des tôles épaisses de ta millimètres
- et longues de am. 6o.
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- Fig. 7- — Poinçonneuse multiple.
- Elle perfore en une seule descente de sa barre porte-poinçon 54 trous de rivets dans des tôles
- épaisses de 12 millimètres.
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- Fig. 8. — Fraiseuse-raboteuse Ingersoll spécialement étudiée pour l'usinage des pièces de coffres- forts.
- Atelier Fichct à Creil.
- portes destinées à défendre l’entrée des caveaux de banques (fig 9)
- Du reste, devant l’outillage de plus en plus perfec-
- Fig. g. — Ajustage d’une grosse porte de caveau de banque de 5oo millimètres.
- tionné des cambrioleur» (appareils portatifs ac tionnés par l’électricité, emploi de la thermite ou du chalumeau oxyacétylénique pour fondre les parois métalliques, etc.) les constructeurs n’ont pu se contenter des tôles d’acier doux composant les deux manchons des coffres. Au cours des dernières années, ils s’efforcèrent d’abord de trouver des blindages inattaquables soit aux instruments de 'perforation (perceuses, chignoles électriques, scies'circulaires, etc.), soit aux outils de chocs (burin, bédanes, marteaux, etc.) et, en outre, insensibles cà la détrempe. Cette dernière opération consiste « à recuire » le blindage et à le laisser refroidir lentement pour lui enlever les qualités de dureté acquises par la trempe.
- Les techniciens parvinrent à résoudre le problème en adoptant des métaux très résistants au cisaillement, ayant une limite élastique faible, un haut coefficient d’allongement et ne perdant pas leur dureté de trempe par le recuit. En conséquence, à l’heure actuelle, tous les coffres-forts construits sérieusement sont munis d’un blindage métallique imperforable, incassable et indétrempable.
- Doue après avoir dressé un mur impénétrable aux engins purement mécaniques, il fallait se préoccuper de défendre les coffres contre un nouvel ennemi particulièrement dangereux :1e chalumeau oxyacétylénique. Les recherches entreprises dans ce dernier domaine furent longues, laborieuses et exigèrent plusieurs stades pour aboutir à un résultat définitif.
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- Les constructeurs essayèrent d’abord d’employer du béton armé pour remplir l’intervalle entre les deux caisses des coffres. Mais l’expérience ne tarda pas à démontrer l’insuffisance d’une telle défense contre le chalumeau. En effet, quelle que soit la qualité des matériaux de bétonnage, le ciment qui leur sert de liant fond entre 1400° et 1700°, soit à des températures très inférieures à celles que dégage la flamme des chalumeaux (2500° à 5000°). De plus, les bétons de construction présentent l’inconvénient de pouvoir s’attaquer au pic ou avec des instruments analogues ; en sorte que s’ils ne sont pas protégés par des blindages métalliques inattaquables aux outils de choc. Les cambrioleurs les démolissent aussi facilement que les paveurs brisent, avec leurs burins pneumatiques, les couches bétonnées servant d’assises au pavage des rues de Paris ! En conséquence, les constructeurs durent abandonner cette voie et dans le second stade de réalisation, ils firent appel aux ressources de la chimie. Ils songèrent à utiliser des composés minéraux contenant des oxydes de terres rares excessivement durs et présentant des points de fusion très élevés (2500° environ). L’usage de ces corps constituait un énorme progrès et
- opposait aux attaques par le chalumeau un obstacle presque insurmontable. Le cambriolage des coffres ainsi construits nécessite , en effet, un matériel considérable et un temps très long.
- Toutefois ces perfectionnements ne répondant pas encore complètement aux desiderata de leur clientèle, les fabricants de coffres-forts voulurent parachever leur œuvre. Ils remplacèrent les alliages précédents par des produits riches en métaux inoxydables, absolument inattaquables aux instruments mécaniques. L’inoxydabilité de ces ihétaux spéciaux rendait, en outre, la morsure du chalumeau oxyacétylénique très difficile, ce dernier coupant, comme on le sait, les métaux par oxydation.
- Dès lors, la question semblait devoir demeurer stationnaire, lorsque récemment une importante firme française de coffres-forts, la maison Fichet, fit breveter, dans la plupart des pays du monde, une nouvelle protection basée sur Funion des métaux à grande conductibilité avec des oxydes de métaux rares (Zirconium, Titane, etc.), excessivement durs et presque infusibles. Grâce à cette composition « antichalumeau », on peut considérer le problème comme complètement résolu. Dans des essais sur des blindages ainsi réalisés, on a pu
- Fig. io.-— Essais au laboratoire des matériaux de défense contre tes chalumeaux.
- Laboratoire de l’usine Fichet, Paris.
- maintenir la flamme du chalumeau en contact pendant une heure avec leur surface sans obtenir la moindre perforation. A la vérité, la fabrication de telles pièces métalliques revient très cher et exige de nombreux essais, en particulier, on en examine des éprouvettes au laboratoire (fig. 10) afin de pouvoir en garantir les qualités aux clients. Voilà le revers de la médaille. Mais l’achat d’un tel coffre-fort, est, somme toute, une assurance dont le montant doit dépendre des chances de risques et des valeurs à protéger. Ainsi un joaillier ne doit pas lésiner pour se procurer un meuble dont l’inattaquable blindage met ses millions de pierreries ou de bijoux à l’abri des « savants » cambrioleurs d’aujourd'hui!
- D'autre part, indépendamment des malandrins,
- Yincendie guette aussi le coffre-fort dont il menace parfois de détruire le contenu, si la protection est inefficace. Pour le défendre d’un tel péril, on commença par loger, entre ses deux enveloppes métalliques, de la sciure de bois, des cendres, du kiesel-guhr ou autres corps peu conducteurs de la chaleur que l’on y plaçait soit en liberté (d'où dangers de tassement^--ultérieurs sous l’eff^ des trépidations et àl chocs), soit à l’état agw gloméré. Actuellement! on préfère employer des substances peu conductrices par elle-mêmes, mais mélangées à des sels dégageant, sous l’influence de la chaleur du foyer incendiaire, de grandes quantités de vapeurs aqueuses, incluses sons forme d’eau de cristallisation.
- Par suite du travail d’évaporation de ces composés, la température de l’intérieur du coffre ne dépasse guère 100°, quelle que soit la température du brasier. Des essais ont permis de s’assurer de ces chiffres. On laissa pendant 4. heures, dans une atmosphère à 800°, des coffres ainsi construits dont la température intérieure (indiquée par des thermomètres enregistreurs) ne dépassa pas 105°. Des pyromètres servaient à mesurer la température du four et les papiers retirés des coffres, après chaque épreuve, présentaient seulement de légères traces d’humidité.
- Cependant, il ne suffit pas à un coffre-fort moderne d’avoir, dans ses parois, de solides protections contre le vol ou l’incendie, il faut encore que sa serrure soit inattaquable et incrochetable. On confère à cette dernière, l'inattaquabilité en la disposant sur la partie placée derrière toutes ces défenses ou mieux en couvrant les parties vitales de son mécanisme de protections supplémentaires
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- spéciales. De même, dans un navire de guerre, on renforce la cuirasse aux endroits des œuvres vives du bâtiment. En second lieu, les serrures actuelles des coffres-forts de bonne marque possèdent une incrochetabilité absolue; elles ne peuvent s’ouvrir avec des crochets ou des rossignols.
- Depuis le début du xixe siècle, époque où l’ingénieur anglais Bramah inventa la serrure dite « à pompe » jusqu’au moment où Alexandre Fichet perfectionna la serrure dite « à garniture», tous les efforts des spécialistes se portèrent donc vers la
- décompte avec changement instantané du secret. Une vingtaine d’années plus tard, Pierre Haffner supprima les parties extérieures de la serrure de façon à rendre impossible la surprise du secret dont une même clé commande tout le mécanisme. Depuis lors plusieurs inventeurs sont même parvenus à rendre les combinaisons inlâtables, c’est-à-dire à interdire la recherche du mot par tâtonnement ou par écoute. Les résultats obtenus par l’ingéniosité de ces divers systèmes sont tels, qu’actuellement les cambrioleurs renoncent d’ordi-
- Fig. il. — Coupe d’une installation de chambres fortes. Siège social de la Société Générale, Paris.
- création de serrures très précises fonctionnant à l’aide de clés peu encombrantes et très difficiles à imiter par empreinte. En outre, pour qu’un cambrioleur ne puisse même pas ouvrir un coffre-fort quand il a volé la clé. on a imaginé le système des combinaisons qui permet au propriétaire dudit coffre d’établir'un « mot » à son choix pour faire jouer sa serrure. Toute personne possédant la clé du coffre, mais ignorant le mot choisi, ne pourra ouvrir le meuble. En général, ces combinaisons comprennent une série de rondelles intérieures manœuvrées de l’extérieur, indépendamment les unes des autres. Ces organes agissent sur une barre d’arrêt qui vient condamner le pêne de la serrure toutes les fois que les rondelles ne se trouvent pas dans la position correspondant au mot choisi. Dès 1856, Fichet avait inventé les combinaisons à
- mure au crochetage des serrures et préfèrent s’alta -quer aux parois abritant les objets de leur convoitise.
- En résumé, on construit donc maintenant des coffres-forts absolument incrochetables qui mesurent jusqu’à 5 m. de hauteur ou de largeur et 1 m. de profondeur. Au delà de ces dimensions, qui suffisent d’ailleurs, la plupart du temps, aux meubles destinés à abriter la fortune ou les objets précieux des particuliers et même les billets ou les pièces comptables de négociants, on ne saurait réaliser des coffres-forts d’un seul morceau suffisamment maniables. Les banques, par exemple, ont dû installer des chambres fortes composées de panneaux démontables. Telles sont les remarquable* installations parisiennes du Crédit Foncier, du Crédit Lyonnais ou de la Société Générale avec
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- 4 étages de caisses à compartiments mises à la disposition du public et qu’une de nos gravures représente en coupe (fig. 11). 11 existe même des salles de coffres-forts complètement entourées d’un fossé rempli d’eau.
- Enfin, certains constructeurs français de coffres-forts ont su allier l’art à la science en créant des modèles dont l’aspect extérieur imite, de la façon la plus complète, des meubles en bois d’une élégante facture. Ils y parviennent non seulement par la modification des formes extérieures des caisses,
- mais aussi par l’application sur ces dernières de peintures artistiques spéciales reproduisant à s’y méprendre les marqueteries ou les veinages ligneux les plus divers. Parfois ils ajoutent également des moulures ou des motifs en bronze qui permettent de faire figurer ces artistiques coffres-forts dans un salon de pur style Empire, dans un boudoir Louis XIII ou dans un cabinet Renaissance, sans que leur présence semble insolite au milieu des ameublements les plus luxueux.
- Jacques Boyer.
- TÉMOIGNAGE DE LA FAUNE DANS LES MODIFICATIONS DU CLIMAT
- Toutes les connaissances humaines viennent s’enchevêtrer lorsque l’on veut, dans l’histoire du globe, tracer le chapitre des variations du climat : interprétation des restes d’un passé lointain, histoire géologique, influences cosmiques et périodicité des phénomènes de l’atmosphère, qualités et régimes de l’air et des eaux. Or les hommes qui étudiaient tous ces problèmes avaient une curiosité orientée chacun par sa propre discipline, sa formation professionnelle : et, ainsi, ils émirent les hypothèses les plus opposées, insistant sur des faits contradictoires, de sorte que le problème reste toujours aussi confus et que l’on est actuellement débordé par des milliers d’observations locales.
- Nous avons eu l’occasion (Q d’indiquer ici rapidement comment se pose le problème général des révolutions du globe et de montrer les liens étroits qui réunissent la géographie et la météorologie, car il y a incessamment des problèmes de conflit et d’équilibre entre les divers éléments terrestres.
- Mais, si l’on n’admet pas que la terre soit parvenue à un e'tat fiable et définitif, ce qui serait contraire aux lois astronomiques, il paraît évident que de telles modifications doivent se poursuivre à travers notre époque : la période glaciaire n’est pas loin de nous, et le climat des diverses parties du globe n’était sûrement pas alors ce qu’il est maintenant.
- Un des exemples les plus frappants de variations considérables dans les conditions de la végétation et de la vie animale se trouve dans les forêts entières d’arbres pétrifiés : le Chalcedony Parle de l’Arizona offre la plus belle collection d’arbres silicifiés; Livingstone en a rencontré une en descendant le Zambèze ; dans les notes du vovageur portugais Welwitsch (publiées par Choffat) on trouve la description d’une forêt silicifiée près d’Angola ; on en rencontre en Egypte (forêt d’Agate), sur une vaste étendue du désert libyque et jusqu’en Abyssinie; P. Fliche a étudié les bois silicifiés des provinces d’Oran et d’Alger, de Tunisie et d’Egypte — autant de preuves de conditions climatériques bien différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui.
- Pareillement, les changements constatés par les recherches paléonlologiques dans la faune de certaines parties des mers conduisent àTpenser qu’il dut y avoir de grandes différences dans les climats marins, et, par conséquence directe, dans les climats terrestres.
- S’il en est ainsi, les alternances des conditions climatiques durent avoir une influence perturbatrice sur l’évolution et le développement de l'humanité tout comme, aujourd’hui encore, les climats différents conditionnent
- 1. La Nature, 2G juillet 1924 et 7 février 1925.
- les races en leur imprimant des caractères spéciaux. Dans cet ordre d’idées, sur une aussi vaste étendue que les Etats-Unis, on a cru constater que la densité de la population est plus grande, et augmente, dans les régions à température moyenne, et qui présentent aussi une pluviosité moyenne ; on voit que le problème s’élargit si une question aussi fondamentale que celle de la natalité se trouve être en relation avec les facteurs météorologiques, et l’on a même été jusqu’à considérer le refroidissement progressif du globe comme une cause primordiale de l’évolution (Quinton).
- En tout cas, ceci incite bien à rechercher des symptômes des variations climatiques dans la période humaine toute récente : et, afin de préciser la nature des variations climatologiques possibles, on s’est efforcé de grouper tous les renseignements recueillis par les voyageurs : vestiges de civilisation et de culture, bourgades abandonnées, travaux d’irrigations en ruines, fluctuations des lacs intérieurs et :.çles: cours d’eau,' etc.... Les faits abondent, mais leur interprétation définitive reste parfois délicate.
- En présentant des reproductions d’objets de bronze trouvés en Sibérie, sur le Iénisséi, Virchow faisait observer déjà que ces objets, vraisemblablement d’origine loura-nienne, indiquent un haut degré de civilisation, peu compatible avec les conditions climatériques actuelles de ces contrées, ce qui fait penser que, lors de la'fabrication de ces objets, le climat était plus doux qu’aujourd’hui ; de même, les instruments humains trouvés au milieu des travertins si abondants d’JIel-flassi établissent suffisamment, selon Rolland, que, dans les temps primitifs de l’humanité, le Sahara algérien n’était pas desséché comme il l’est aujourd’hui; Henri Duveyrier a rapporté à la Société de géographie des empreintes de sculptures de la province marocaine de Sous représentant des éléphants et rhinocéros d’où l’on a pu conclure que, il n’y' a pas plus de 2 à 5 mille ans, le Sahara était humide, pluvieux, avec une riche végétation, des rivières abondantes aujourd’hui taries, toutes preuves de changements considérables accomplis sous les yeux de l’homme (Grad) ; Jules Garnier trouve, en 1891, les preuves du dessèchement progressif du Sahara; mais, sur ce principe, il ne faut avancer qu’avec une extrême prudence puisque Partsch, de son côté, soutient que les mêmes anciens lacs de l’Afrique du Nord ne contenaient pas plus d’eau jadis qu’à présent.
- Le problème du dessèchement de grandes zones terrestres a donné lieu à des travaux multiples (<).
- 1. Sur le dessèchement du globe on peut consulter G ici et Terre, t. XXVII (1906-1907-}, pp. 81 cl 484.
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- Habert l’étudie en Afrique, mais il est tout à fait exagéré de dire, comme Charles Rabot, que « les preuves de cette détérioration progressive du climat du Sénégal, apportées par M. Henry Hubert, ne laissent place à aucun doute ».
- Muschketoff donne des exemples de dessèchement progressif en Turkestan ; Rossikoff en fait autant pour le Nord du Caucase ; pour l’Asie Centrale, Kropotkine attribue à ce même phénomène des migrations et, indirectement, les invasions en Europe ; Berg et Ignalov, au contraire, ont indiqué en 1898 que quelques lacs, et la mer d’Aral en particulier, sont en période de crue marquée. Etudiant le niveau des lacs de l’Asie centrale, de Schokalski annonce que le lac Balkach est en crue et que le Issyk-koul, qui baissait très sensiblement, augmente très sensiblement depuis 1900, d’où un changement de sens dans les phénomènes.
- Le grand lac Salé, avait-il jadis une hauteur de 180 m. au-dessus de son niveau actuel ? Est-il en train de disparaître comme le, veut.Byers? Ellsworth Huntington fait converger maintes preuves pour une conclusion analogue en Perse : il prétend démontrer que les migrations en masse de l’humanité asiatique sont dues à des changements de climats, mais présente en réalité fort peu de changements rigoureux et ses conclusions peuvent être considérées comme prématurées ; ceci n’empêche pas cet rfuteur de baser sur ses conclusions toute une théorie de géographie humaine, qu’il soutient au milieu des plus ardentes controverses.
- j Ces quelques rapides indications suffisent à montrer que les documents humains, à proprement parler, sont d’une interprétation fort malaisée, pour ne pas dire incertaine. Il est curieux d’observer que l’accord semble d’autant plus précis que l’on fait appel à des témoignages plus éloignés de nous. Les restes de coquilles marines (Cf. notamment R. Tournouër) et les dépôts salins du Sahara ont1 fait penser que la mer, dans les temps anciens, couvrait la dépression des chotts algériens, et les faits nous conduisent à remonter au passé le plus lointain : de Lapparent (1901), nous l’avons dit, donne pour certain que la mer couvrait le centre de l’Afrique... à l’époque du crétacé, et en particulier (1905) que le Sahara était occupé par une mer, étant donné la nature des fossiles caractéristiques; le même auteur (1904) se préoccupe de l’influence sur le climat de la Méditerranée d’un bras de mer miocène compris entre l’équateur et le tropique ; pour l’époque tertiaire, également, Bonnet nous renseigne sur le climat du Maroc. A l’époque quaternaire remontent d’immenses détritus sahariens, qui assignent à cette région un climat entièrement opposé à celui des temps modernes, avec chutes d’eau torrentielles rappelant celles des zones tropicales, bien que Pomel n’admette pas que le Sahara ait été une mer de la période quaternaire ; après une longue étude sur la position de la mer quaternaire au Sahara, et même dans les déserts libyque et arabique, Rolland conclut que cette mer ne couvrait pas tout le Sahara; et,avec les documents géologiques et anthropologiques qui peuvent éclairer ce problème complexe, Brooks fait une tentative intéressante pour la reconstitution de la suite des climats à partir du stade quaternaire.
- Les faits abondent, on le voit.
- Après les dépôts considérables de coquilles trouvés en Egypte par Cari Mayer-Eymard, Gaudry suppose (1894) que le sol égyptien était alors à un niveau inférieur de 80 m. à son niveau actuel : la mer s’étendait à travers la Tripoli Laine jusqu’à la grande Syrie. Sur des bases
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- bien fragiles, on a proposé en 1874 de créer, dans l’ouest du Sahara, une mer intérieure qui donnerait des débouchés vers le Soudan, région qui réellement, d’après de Lapparent (1903), fut occupée par la mer beaucoup plus longtemps et plus complètement qu’on ne le croyait jusqu’alors. Enfin, sur des points particuliers, Charles Marlins, Debray, etc., ont apporté d’intéressants renseignements sur le niveau de la mer à l’époque romaine, ou plus exactement sur son état d’avancement dans les terres.
- Mais, sans parler du crétacé, le tertiaire est bien loin — même dans le miocène! — et le quaternaire reste conjectural.'
- Un seul fait reste certain : il faut renoncer à l’opinion que le climat est chose invariable.
- Car les documents les plus déconcertants nous sont apportés : résidus de flore tropicale au Spitzberg, traces glaciaires dans les régions équatoriales !
- L’expédition de Gustave Nordenskioldau Spitzberg (1890) trouve dans les montagnes des gisements de fossiles de différents âges, des spécimens de plantes fossiles dont les espèces attestent que ces régions vécurent, en d’autre temps, sous un climat analogue au climat actuel des régions tempérées. Ainsi, l’histoire de cette importante modification du climat de la terre fut gardée par les roches mêmes qui en ont été les témoins : à travers les siècles, les assises des troncs polaires ont conservé les empreintes admirablement conservées des feuilles, des fruits, même des troncs de cette époque et le sol du Spitzberg, aujourd’hui éternellement glacé, fut autrefois recouvert d’une flore tropicale et subtropicale (Rabot, 1892).
- Si donc, d’une part, des modifications climatiques d’aussi vaste amplitude- affectent la régularité que commande la continuité mêuie des phénomènes astronomiques, physiques et météorologiques qui entrent en jeu comme facteurs d’un climat, elles doivent présenter, d’autre part, la lenteur qu’elles ont toujours eue. Hypothèse diluvienne, hypothèse glaciaire, aucune des théories proposées n’explique exclusivement tous les faits expérimentaux : mais quelle cause invoquer pour ces alternances climatiques, ces sortes de retours quasi périodiques, et quelle durée leur assigner? Se voyant impuissants à trouver le mot de l’énigme dans les lois de la météorologie actuelle, les géologues en ont appelé aux physiciens et aux astronomes pour leur demander une cause possible de refroidissement occasionnel du globe : perturbations que les corps célestes de notre système exercent sur le mouvement de la Terre, variation d’excentricité de l’orbite, précession des équinoxes, déplacements du périhélie, nuages cosmiques, radiation variable du soleil, etc., dans les domaines les plus divers.
- Il reste à faire un choix, à mettre la main sur le cycle astronomique qui, d’accord avec les observations actuelles, se rapportera le mieux aux indications tirées de l’étude des anciens glaciers.
- Et, pour s’y reconnaître dans tous les faits connus sur les terrains, les sédiments, les empreintes, les érosions, pour déterminer dans leurs réactions mutuelles tous les éléments de la vie de la planète, pour choisir entre les hypothèses et les origines, terrestres ou astronomique, il nous apparaît qu’il serait grand temps d’aborder ce problème avec la collaboration des spécialistes les plus divers, collaborateurs de bonne volonté pour éclaircir une grande question des conditions mêmes de la vie de l’homme sur la Terre. Juan Mascakt.
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- g: gouy
- La physique française vient de faire une perte cruelle en la personne de G. Gouy, décédé le 27 janvier.
- Nous extrayons les lignes qui suivent de l’éloge prononcé par M. Emile Picard à l’Académie des Sciences dont G. Gouy était membre non résident.
- « Gouy a été un physicien d’une profonde originalité. On lui doit des découvertes extrêmement remarquables dans les parties de la physique qui avaient fait l'objet d’un nombre immense de travaux, et où il semblait qu’il n’y eut plus qu’à glaner. Un de ses premiers travaux est relatif à la vitesse de la lumière. On admettait alors comme évident que la vitesse de propagation de transport de l’intensité lumineuse se confond avec la vitesse de propagation des ondes individuelles.
- Il en est bien ainsi dans les milieux privés de dispersion; mais,comme l’a montré Gouy en 1880, il en est autrement pour les milieux dispersifs ou la vitesse des ondes dépend de la période. Dans ces derniers milieux, il faut distinguer entre la vitesse de la lumière ou du train d’ondes et la vitesse des ondes. Les conclusions théoriques ‘du jeune physicien furent vivement contestées, mais elles ont été retrouvées un an après par Lord Rayleigh. Ce n’est d’ailleurs qu’à une date relativement récente qu’on a donné, par des expériences faites avec le sulfure de carbone, une vérification expérimentale de la théorie de Gouy. Toutes les mesures directes, méthode de Fizeau et méthode de Foucault, mesurent la vitesse du train d’ondes et non la vitesse des ondes.
- Une autre découverte considérable de Gouy est relative à la propagation des ondes sphériques de faible rayon. Par rapport à une onde plane émise en même temps, une onde émanant d’une source ponctuelle prend une avance dont la valeur limite rapidement atteinte est égale au quart de la longueur d’onde. Des considérations analogues s’appliquent aux ondes sphériques convergeant vers un foyer, d’où cette conséquence remarquable que, en franchissant un foyer, la lumière subit une avance égale à la moitié d’une longueur d’onde. Gouy a vérifié expérimentalement ce résultat en répétant l’expérience des miroirs de Fresnel modifiée de manière que l’un des faisceaux passe par un foyer ; la frange centrale est alors noire au lieu d’être blanche.
- Non moins importantes sont^les études de Gouy sur ce que l’on appelle la dilfraction éloignée, c’est-à-dire les cas de diffraction pour lesquels la déviation des rayons est considérable. Dans les expériences ordinaires de diffraction, la lumière n’est plus observable quand la déviation n’est pas très petite. En employant des écrans à bords extrêmement aigus, et en concentrant la lumière au foyer d’une lentille convergente se trouvant sur le bord même de l’écran, on peut avoir des déviations atteignant 150 degrés. Des phénomènes entièrement nouveaux se présentent alors ; en particulier, la lumière diffractée est en rapport intime ayec la nature de l’écran, contrairement à ce qu’on observe dans les expériences habituelles.
- Toutes ces recherches de Gouy témoignent d’une réelle ingéniosité mathématique en même temps que d’une grande habileté expérimentale. Que de travaux de notre . confrère, relatifs à d’au très parties de la Physique, il faudrait encore rappeler, si l’on voulait donner une idée un peu précise de son œuvre! Ge seraient, en électrostatique, des remarques sur le pouvoir inducteur des diélectriques, une étude devenue classique sur certains phénomènes présentés par lés tubes de Natterer, qui ont longtemps constitué pour les physiciens des énigmes insolubles, et où Gouy a montré que la pesanteur joue un rôle essentiel. II faudrait aussi dire un mot de ses travaux relatifs aux effets du champ magnétique sur la décharge dans les gaz raréfiés, de ses études sur l’électrocapillarité, sur le pouvoir émissif et absorbant des flammes colorées.
- Le nom de Gouy reste également attaché à l'étude des mouvements browniens. Depuis l’époque où le botaniste Brown avait signalé ce curieux phénomène, on avait émis de divers côtés l’opinion que de tels mouvements étaient peut-être identiques aux mouvements d’agitation prévus par les théories cinétiques. Les observations systématiques de Gouy montrèrent que le phénomène est d’une constance extrême dans son irrégularité, et indépendant de circonstances accidentelles, telles que inégalités de température, trépidations du sol, évaporation du liquide. La conclusion de Gouy universellement adoptée est qu’il y a identité entre le mouvement brownien et celui des molécules dans un gaz. »
- G. Gouy.
- Le Gérant : P. Massoh. — Imprimerie Lahuke, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1925.
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- SOMMAIRE :
- La Récurvirostre Avocette : L. Coopman.
- Les charbons actifs d’Édouard Urbain : H. Chaumat.
- Action du gel sur les végétaux : Antonifl Rollet.
- Araignées venimeuses du Brésil : L. M.
- Voiture à hélice sur voie ferrée : E. Weiss. SUPPLÉMENT:
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — - Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeur». LE NUMÉRO S Fr“nce • • » • 1 franc
- (20, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fi*. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tjssandier
- MASSON et Cie, Éditeurs, j 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI8 (7{. C. : Seine 15.234)
- PRIX D’ABONNEMENT ANNUEL
- après mise en vigueur des nouveaux tarifs postaux.
- France et Colonies.............................................................
- Étranger : Tarif extérieur n° 1................................................
- Étranger : Tarif extérieur n° 2................................................
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- LA NATURE. — N° 2709.
- 6 MARS 1926
- LA RÉCURVIROSTRE AVOCETTE
- L’avocette à tête noire, Recurvirostra avocetta L., la récurvirostre avocette, comme on la désigne également, est certes connue de tous, amateurs d’oiseaux ou non. C’est en effet un fort étrange oiseau en même temps qu’un superbe spécimen de la gent ailée, dont la silhouette ne s’oublie pas dès qu’elle a frappé le regard.
- Son plumage tout autant que sa forme sont, en fait, caractéristiques.
- Son habit tout d’abord. Le blanc pur domine dans le plumage de l’avocette, mais l’oiseau se pare aussi magnifiquement d’un superbe casque d’ébène qui, en une ligne d’un noir profond, se prolonge le long de la nuque. De même, les scapulaires les plus rapprochées du dos, les petites et moyennes couvertures des ailes et les rémiges sont d’un noir très chaud, l’opposition de ce blanc et de ce noir faisant merveille.
- Ce plumage est chez les individus bien adultes invariable en toutes saisons. Il est aussi identique, pourrait-on dire, chez le mâle et la femelle, tant est minime la légère modification qui se manifeste parfois à l’époque déjà reproduction.
- Mais plus encore que ce contraste dans les couleurs, le bec de l’avocette retient l’attention. Il est à nul autre pareil, long — il peut atteindre de 17 à 18 cm —, flexible et surtout singulièrement retroussé; par-dessus le marché, il est très mince. Imaginez, pour le surplus, notre volatile, gros à peu près comme un vanneau, hissé sur deux longues jambes d’un gris bleuâtre et s’avançant sur des pattes palmées, balançant un cou assez grand, le plus souvent courbé en S. De cet assemblage bizarre, il est néanmoins résulté un oiseau fort élégant, à la démarche aisée et facile, d’un charme tout particulier.
- On ne peut pas dire que l’avocette soit un oiseau rare. Sur les côtes, elle est même souvent assez abondante lors des migrations. Cependant, en été, elle ne fréquente pas les bords de toutes les mers. Elle est peu commune à l’intérieur des terres.
- On la rencontre dans presque toute l’Europe, en Afrique, en Asie.
- Fig. 2. — Avocette en vol.
- 54' Année- —1" Semestre-
- Fig. i. — Avocette couvant.
- Mais, comme nidificateur, elle se localise en certains endroits, près des Bouches-du-Rhône, dans la Camargue, le Languedoc, le Roussillon.
- En Belgique, c’est un nidificateur accidentel, mais en Hollande, elle est abondante lors de la saison nuptiale. 11 en est de même aux abords de la mer Noire et de la mer d’Azof.
- Chose assez curieuse : jadis l’avocette s’établissait volontiers sur les côtes anglaises pour s’y reproduire. Actuellement, elle en a complètement disparu et ne s’y rencontre plus que très irrégulièrement, au moment des passages.
- L’avocette qui vient prendre ses cantonnements en Europe, au mois d’avril, regagne son habitat d’hiver, en septembre, parfois fin août, voyageant indifféremment le jour ou la nuit, longeant de coutume les bords de la mer, volant à bonne hauteur.
- Pour se cantonner lorsqu’est venue l’époque de la reproduction, l’avocette affectionne les côtes, l’embouchure des fleuves, plus encore le voisinage des lacs salés ou saumâtres, là où des flaques d’eau étendues, à fond vaseux, abondent. L’eau douce ne l’attire guère.
- L’avocette est un oiseau fort sociable et pacifique ; aussi se rencontre-t-elle d’ordinaire en colonies plus ou moins nombreuses.
- On ne lui connaît pas de querelles sérieuses, dont elle serait au reste fort empêchée, étant donné la faiblesse de son bec et sa conformation.
- On a, sur les mœurs de l’avocette, donné maints renseignements, se contredisant souvent les uns les autres. En fait, on semble assez peu fixé sur beaucoup de détails de sa biologie et notamment en ce qui concerne les services que lui rendrait son bec si anormalement constitué.
- Les observateurs qui ont parlé de cet oiseau sont néanmoins d’accord, assez régulièrement, sur la composition de sa nourriture. Vers, larves, insectes aquatiques de divers genres, petits crustacés divers en seraient la base, soit quelle les recherche sur le sol, le sable des plages, soit que s’avançant dans l’eau, tantôt marchant tranquillement ou nageant, ce qu’elle fait avec grâce et facilement, elle se livre
- , 10. — 145.
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- Fig. 3. — Nid d’avocette.
- à la pêche aux menus animaux dont elle fait sa proie. Peut-être aussi avale-t-elle parfois des matières végétales. J’étais amené àcette supposition à la mi-avril dernier, alors qu’examinant le contenu d’un estomac d’avocette, je constatai qu’il contenait, outre 26 petits fragments de quartz déjà polis, 57 grains de plomb n° 8, ingérés récemment selon toute apparence. Quelle fantaisie avait bien pu inciter l’oiseau à picorer ces grains de plomb, déchets du coup de fusil d’un chasseur? En signalant le fait aux spécialistes, j’émettais l’avis que l’avo-celte avait pu prendre cette grenaille pour de petites graines, ce qui nous semblait cependant assez peu probable, tout oiseau discernant parfaitement la nature de ses aliments. Pour le surplus, je rapprochais ce cas de celui d’un grèbe jougris dont l’estomac contenait des pellicules de céréales.
- En réponse à ma note, un ornithologue, le Dr Arnault, qui étudie particulièrement le régime des petits échassiers en capLivité, signala que l’hypothèse pouvait être fondée. Les barges, diverses espèces de chevaliers, bien que pourvus régulièrement de pâtée et de viande hachée, consommaient également beaucoup de petites graines destinées à leurs compagnons granivores.
- On omet cependant généralement, en parlant de la nourriture de l’avocette, d’indiquer de quelle façon elle se saisit de ses victimes ou bien les explications données diffèrent complètement.
- Par exemple, Naumann dit à ce propos : « L'avo-cctte se sert de son bec comme d’un sabre; elle le porte rapidement à droite et à gauche et elle prend les animaux qui nagent dans l’eau et qui demeurent adhérents aux sillons de la face interne. L’avocette fouille aussi de son bec les flaques d’eau que la vague en se retirant a laissées sur la plage vaseuse et qui fourmillent de petits animaux. Souvent elle demeure une heure entière auprès d’une seule de ces flaques. D’ordinaire, elle commence par enfoncer tout droit son bec dans l’eau ou dans la vase, le fait claquer à la manière des canards, puis le porte à droite et à gauche comme on fait manœuvrer un sabre. J’en ai vu quelques-unes dans un marais, promener ainsi leur bec dans l’herbe courte et humide ».
- Brehm ajoute à ceci : « J’ai observé la même
- allure chez les avocettes que j’ai vues sur les bords du lac de Mensaleh et du lac Mœris, mais je crois que quand le sol est bien vaseux, elles le fouillent surtout à la façon des canards ».
- Le Dr Bodinus, qui a conservé des avocettes en captivité, rj’est, lui, nullement de cet avis.
- « J’ai pu facilement observer, dit-il, comment les avocettes prennent leur nourriture. On admet généralement qu’elles y procèdent d’une façon toute singulière, en agitant leur bec latéralement. On dit que ces mouvements de latéralité se font le bec ouvert, que les animaux marins se prennent entre les mandibules et que l’oiseau les avale ensuite. D’après mes observations qui excluent toute idée de doute, l’avocette exécute ces mouvements le bec fermé et cela sur terre comme dans l’eau. Je croirai volontiers qu’elle le fait pour effrayer les petits animaux dont elle se nourrit. La vase est agitée, les animaux qui y sont cachés sont mis à découvert et l’oiseau peut alors les saisir et les avaler. C’est là ce que fait l’avocette en portant son bec à droite et à gauche. Jamais je n’ai vu une de mes captives prendre sa nourriture comme on le supposait. J’ai observé au contraire qu’elles la saisissaient avec la pointe du bec, tout comme un pluvier ou un autre oiseau analogue. »
- L’avocette est un oiseau plutôt craintif qui fuit l’homme dès qu’elle a appris à le connaître. Il est, il faut l’avouer, malheureusement vrai qu’elle n’a guère à se louer de son voisinage et qu’on la pourchasse souvent. En fait, ce bel oiseau apparaît assez fréquemment sur les marchés.
- Ses mœurs comme nidificateur sont assez semblables à celles de la majorité des aquatiques. S’établissant de coutume sur les bords de la mer, d’un fleuve, d’un marais saumâtre, l’avocette construit sur le sable ou sur la vase, à l’aide de matériaux divers qu’elle recueille à proximité, un nid assez primitif, fort peu artistique, qu’elle ne prend pas la peine de dissimuler. La femelle y pond de 2 à 4 œufs, de la grosseur de ceux du vanneau, également piriformes, à écale mate. De teinte jaune olivâtre ou terreuse, parfois roux clair, ces œufs sont tachetés de cendré, de violet, avec des macules superficielles brunes ou noirâtres. L’incubation dure de 17 à 18 jours, le mâle et la femelle se relayent pour couver.
- Le poussin, qui ne demeure guère au nid, est couvert d’un duvet soyeux et épais qui, sur les parties supérieures, est lavé de fauve et de cendré et semé de taches et de bandes disposées assez irré-
- Fig. 4. — Le bec de l’avocette.
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- LA REÇURV1 ROSTRE AVOCETTE .. 147
- gulièrement et noirâtres. Une de ces bandes forme une sorte de demi-cercle autour du bassin. Les parties inférieures, gorge et ventre, de même que l’extrémité des ailes sont blanches; l’abdomen est teinté de fauve pâle.
- Les plumes ayant remplacé ce duvet, le jeune apparaît semblable à l’adulte avec cependant les parties noires tirant sur le brun.
- Les adultes manifestent beaucoup d’attachement pour leurs petits et témoignent d’une grande inquiétude lorsqu’on s’en approche.
- Dans la Camargue. — Cette espèce a été particulièrement étudiée par un ornithologue londonien, M. William E. Glegg, qui, pour faire des observations sur le vif, se rendit notamment dans la Camargue. Il était incité d’autant plus à ce voyage que des recherches entreprises précédemment par deux de ses compatriotes, le Dr Eagle Clarke et M. Ingram, l’avaient vivement intéressé.
- Le premier avait en effet signalé (Ibis, 1895) que si en cette région, il n’avait pas en 1894 trouvé cette espèce abondante, il en avait néanmoins découvert sept couples nichant dans une petite île de l’Ltang de Consécanière.
- M. Ingram, d’autre part, indiquait (Fiekl, septembre 1908) qu’il avait pu observer une colonie d’avoceltes nichant dans une des îles de l’Etang du Valcarès.
- Et M. Glegg tenta à son tour l’aventure.
- De ses excursions, accomplies en mai et juin 1924 et dont il relate les péripéties dans Brilish Birds (septembre 1925), il a rapporté de fort intéressantes observations et de remarquables documents photographiques — qu’il nous a aimablement autorisé à reproduire.
- M. Glegg et l’ami qui l’accompagnait, entrèrent pour la première fois en contact avec les avocettes, le 19 mai. A cette date, ils en aperçurent un assez grand nombre sur les bords de l’Etang du Valcarès, y prenant leurs ébats, cherchant leur subsistance en compagnie de flamants.
- « Un des jours suivants, continue l'observateur, je découvris, sur une des îles dudit étang, une grande colonie nichant en cet endroit particulièrement attrayant pour leur espèce. Nous y vîmes beaucoup de nids de ce bel oiseau. Tous étaient établis sur la vase à des endroits inférieurs au niveau des grandes eaux d’hiver. Nous n’en découvrîmes pas un seul parmi la végétation dont ces îles sont plus ou moins couvertes. »
- Les_nids variaient beaucoup en ce qui concerne la
- Fig. 5. — Avoceite s'approchant de son nid.
- nature des matériaux dont ils étaient construits. Dans les uns, il y avait trois, dans les autres, quatre œufs.
- « L’avocette, assure M. Glegg, est de loin, l’oiseau le plus difficile à photographier. Cependant je ne pense pas, dit-il, que cela soit dù à sa timidité. J’incline plutôt à supposer que la couveuse ne tient pas le nid aussi" fermement que les autres oiseaux parce que ses œufs sont moins sensibles aux chauds rayons du soleil que ceux des autres especes.
- « Ce fut le 22 mai que, pour la première fois, je disposai ma tente-abri à proximité d’un de ces nids. Mais l’oiseau ne fit que deux très courtes apparitions auprès de celui-ci. Je n’essavai même pas d’en prendre une photographie. J’entrepris une nouvelle tentative le jour suivant, mais sans plus de succès, car l’avocette ne fit que trois courtes visites à sa ponte.
- « Je m’en allai alors tenter l’expérience sur un autre nid, espérant y être plus heureux. Ce déplacement ne me permit que de vérifier une observation de Jaubert et Barthélemy Lapommeraye qui, dans Les Bichesses ornithologiques du Midi de Ici France, disent : « La femelle ne couve pas ses œufs assidûment; elle fait, à cet égard, comme la plupart des oiseaux de mer, qui laissent au soleil, pendant la plus grande partie de la journée, le soin de les réchauffer et ne viennent que le soir, à moins que le ciel ne se couvre et ne menace d’un orage ».
- « Je renouvelai encore ma tentative le 27 mai, la tente-abri ayant été dressée le soir précédent. Je trouvai ce jour, dans le nid, un œuf éclos et le jeune faisant entendre un fort appel. Les œufs étaient complètement maculés de boue. Le moment était propice, étant donnée l’incubation avancée. L’avocette revint en effet bientôt à son nid et fut photographiée aisément. ^:
- « Alors qu’elle était posée sur le nid, je remarquai que son long bec délicat était souvent entr’ouvert comme si la chaleur du soleil l’incommodait; l’oiseau semblait en effet haletant (fig. 1).
- c Je continuai mes observations sur ce nid, le jour suivant. Un jeune oiseau était encore éclos et un
- Pig. ù. —Attitude caractéristique de la femelle.
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- autre vint à éclosion alors que j’étais posté sous ma tente.
- « Le premier jeune avait rapidement pris de la force; on l’entendait répondre aux appels des adultes qui se trouvaient à quelque distance. Finalement il vint, toujours appelant, se poser sur le bord du nid. Un des parents finit par s’approcher de celui-ci et emmena aussitôt l’oisillon. De ma tente, il me semblait aussi que le second jeune répondait également aux appels des adultes.
- « Le 29 mai, j’allai essayer mes talents de photographe sur un autre nid, mais je n’obtins pas de meilleurs résultats. J’ajouterai que ces opérations successives ne parurent guère contrarier les oiseaux, car dans aucun des cas le nid ne fut abandonné.
- « Au cours d’une de mes séances photographiques, alors que j’étais dans ma cachette, il me fut donné d’avoir cinq nids sous les yeux, ce qui me donna l’occasion de faire une observation intéressante. Je pus, en effet, me rendre compte que le mâle et la femelle prennent part à l’incubation. En fait, j’aperçus une avocette s’approcher doucement d’un oiseau qui couvait; ils caquetèrent ensemble quelque temps, puis la couveuse se levant, son compagnon la remplaça aussitôt sur le nid.
- « Les jeunes oiseaux ne se montrent pas volontiers et en dehors de ceux que j’avais vus éclore, je n’en aperçus qu’un seul courant sur le sol. Cependant des douzaines de poussins étaient déjà éclos ainsi qu’en témoignait l’état des nids. Je suppose que les jeunes avocettes se mettent à l’abri dans l’épaisse végétation environnante dès qu’elles en ont la force. L’agitation des adultes que nous apercevions à ces endroits indiquait du reste clairement que leurs petits se trouvaient à proximité.
- « L’attitude des parents lorsqu’ils nous apercevaient et leurs tentatives pour attirer notre attention dans un autre sens, étaient des plus intéressantes à observer, notamment alors qu’ils volaient au-dessus de la vase, leurs longues pattes ramenées en arrière. Parfois aussi les pattes touchaient le sol lorsqu’ils abaissaient leur vol et alors les mouvements de l’oiseau devenaient une combinaison du vol et de la marche. »
- Par expérience, je puis dire que l’avocelte, tant en Hollande qu’en Camargue, est un oiseau intrépide, mais j’estime que les oiseaux hollandais sont encore plus courageux que ceux de France. C’est ainsi que j’en ai vu un foncer droit sur moi au moment où il quittait le nid. La raison de cette attitude est vraisemblablement due à ce que les oiseaux de Hollande sont beaucoup plus accoutumés à la préserfce de l’homme que ceux de France.
- En ce qui concerne la migration des avocettes, le Dr Eagle Clarke a signalé (Ibis, octobre 1898), que les avocettes se remarquaient encore dans leurs cantonnements, en Camargue, le 23 septembre 1896. Le colonel H.-W. Madoc indique, d’autre part, qu’il u’aperçut, le 22 septembre 1924, qu’une seule avocette, à l’Etang du Valcarès.
- M. Glegg fit encore une excursion en Camargue en juin 1925 et une exploration des îles des étangs du ‘Valcarès lui montra que les avocettes y étaient encore plus nombreuses qu’il ne l’imaginait. Les avocettes étaient particulièrement nombreuses comme oiseaux nidificateurs sur le bord méridional de cet étang. Malheureusement l’avocette fait son nid sur la vase nue qui est sujette à être recouverte par l’eau lors d’un changement de vent. « En fait, dit-il, j’ai découvert beaucoup d’œufs qui avaient été détruits en cette circonstance. »
- Les jeux amoureux de l’avocette. — Un autre ornithologue anglais, M. J.-S. Huxley, s’est spécialement occupé de l’avocette, pour étudier ses mœurs à l’époque nuptiale. Pour mener à bien son travail, il s’est rendu en Hollande, où les colonies nidifica-trices sont assez nombreuses.
- « Tandis que je visitais File de Texel, dans le Zuy-derzée, nous dit-il, j’ai eu maintes fois l’occasion d’observer les avocettes évoluant dans leurs cantonnements de nidification.
- o Deux visites que je fis à cette Ile de Texel, du 22 au 51 mars et du 12 au 28 avril, me permirent de me documenter sérieusement à ce sujet. »
- Et M. J.-S. Huxley narre comme suit, dans ;un des derniers numéros de l’excellente revue British Birds, les curieuses observations qu’il lui fut donné de faire et qu'avec bonne grâce il nous permet de reproduire.
- « Durant ma première visite, écrit-il, mes amis et moi constations déjà la présence de nombreuses avocettes, une centaine environ, déjà installées dans leur principal cantonnement de nidification, le « Prins Hendrik Polder ». Il y en avait aussi près de Ondersehild et de Waalenburg.
- « L’attitude des oiseaux indiquait qu’ils n’étaient pas encore tous accouplés.
- « Lors de notre seconde visite, nous remarquâmes que 50 à 60 oiseaux étaient demeurés au Prins Hendrik Polder.
- « La ponte commença le 21 avril et quelques pontes étaient complètes le 28 avril.
- « Nos observations portèrent, pour un certain nombre d’oiseaux, sur le temps entier de l’accouplement et par conséquent sur leur attitude lors de la période nuptiale. Ces observations furent d’autant plus précises que chaque Jour l’un ou l’autre d’entre nous, consacrait un temps considérable à surveiller les oiseaux, de façon que rien ne nous échappât de leurs mouvements. Au reste, le Prins Hendrik Polder était un endroit particulièrement favorable pour faire ces observations.
- « Disons immédiatement que de celles-ci on peut déduire que l’avocette ne fait pas la cour à sa femelle. Elle ne se livre à nul jeu aérien, à aucune cérémonie spéciale; elle n’a pas de chant, n’émet aucun appel spécial durant cette période de sa vie,
- « Naumann, lorsqu’il traite ce sujet, déclare que l’avocette mâle fait entendre & l’époque de la nidification, une note qu’il traduit par « tliouk » et qui
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- ======== LES CHARBONS ACTIFS
- lui est particulière. Mais je dois dire que mes observations m’ont fait constater qué cet appel n’est pas seulement poussé par le mâle, mais que la femelle le fait également entendre. Il n’a au surplus aucune signification passionnelle.
- « D’autre part, Jourdain indique que le mâle a une note spéciale, à cette époque, mais qu'il ne donne que quand il est posé" sur le sol. Si le fait est exact il nous a échappé.
- « Nous avons néanmoins constaté qu’à cette époque, il existe entre les oiseaux, une animosité plus ou moins marquée, qui se traduit parfois par des velléités de combat. Egalement la femelle prend une attitude particulière, suivie d’une manifestation du mâle, puis d’une attitude spéciale des deux oiseaux, après l’accouplement. Mais en aucune façon, il n’y a de véritable cour au sens propre du mot.
- « Une certaine hostilité entre les couples commence à se manifester vers la fin [mars.. Elle se marque cependant de façon plus prononcée dans la suite. Celte animosité n’est cependant jamais très accentuée. De coutume, un des oiseaux court ou voltige vers un autre qui se met à fuir en courant ou s’envole. Occasionnellement deux oiseaux prenaient l’essor en même temps, voltigeaient l’un en face de l’autre, mais je n’ai jamais vu les combattants entrer en contact.
- (( Mâle et femelle ont d’ailleurs une telle similitude de plumage qu’il est impossible de se prononcer avec certitude sur le sexe des oiseaux en conflit. .
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- « D’ordinaire, les mâles sont légèrement plus grands que les femelles ; mais les plus grandes femelles sont beaucoup plus grandes que les petits mâles. Et s’il y a une légère différence de coloration dans le plumage d’hiver du mâle et de la femelle, il n’en existe plus aucune durant la saison de nidification.
- Néanmoins, d’après ce que j’ai vu, je peux dire que ce sont habituellement les mâles qui se querellent et que de coutume le conflit surgit alors qu’un mâle s’approche d’un couple déjà apparié. Je ne serais cependant aucunement surpris si de semblables querelles éclataient ainsi entre des femelles. »
- En ce qui concerne la nourriture de l’avocette, le Dr G.-J. van Oordt, de Hollande, signale à M. Huxley qu’il croit qu’elle consiste pour une bonne part en Corophium longicorne, une espèce de crustacé qui vit dans des trous dans la vase et d’où iis projettent leurs longues antennes.
- Si cela est, ce serait peut-être une explication de la forme particulière du bec de l’oiseau qui lui permettrait de saisir ces longs appendices.
- Le D‘ T.-G. LongstafF indique d’autre part qu’il a souvent vu des avocettes agiter leur bec d’une manière caractéristique, à la façon d’une faulx, soit à la surface de l’eau, soit à une certaine profondeur au-dessus de la vase.
- Elles captureraient ainsi des organismes entièrement différents.
- L. Coopman.
- LES CHARBONS ACTIFS D’ÉDOUARD URBAIN
- Les propriétés absorbantes du charbon sont connues de tout temps. De tout temps, en matière de chimie, c’est dire depuis que cette science a pris rang parmi les sciences exactes, depuis que notre génial Lavoisier a introduit la mesure et la balance dans l’expérimentation chimique.
- Dès 1777, Fontana, puis Scheele avaient signalé la propriété absorbante du charbon pour les gaz, dont le baron Thénard en 1827, dans son traité de chimie, parle comme de la plus remarquable peut-être des propriétés du charbon.
- C’est en 1842 que de Saussure fit connaitre sa célèbre et. classique expérience. On sait en quoi elle consiste. Un morceau de charbon de bois est porté au rouge. On l’éteint sous le mercure et on le fait passer dans une éprouvette de gaz ammoniac. Le gaz est aussitôt absorbé, le vide se produit, et le mercure monte dans l'éprouvette. Cette expérience peut être répétée avec maints autres gaz : le gaz chlorhydrique par exemple ou l’anhydrique sulfureux. De Saussure a même signalé que les charbons de buis et de noix de coco sont plus absorbants que les charbons de bois courants plus légers, et il croit pouvoir dire que, pour une origine identique,
- le charbon est d’autant plus absorbant qu’il est plus dense.
- Mais c’est là une généralisation trop hâtive, et d’ailleurs, ce n’est pas la densité que l’on doit envisager en la matière, mais bien la compacité, c’est-à-dire le rapport du volume du carbone que contient le charbon envisagé au volume apparent. Berzelius affirme que le carbone amorphe seul est absorbant, qu’il doit être poreux et léger, et qu’il ne doit pas provenir de la calcination de matières qui fondent avant de se décomposer.
- Que le charbon doive être poreux pour être très absorbant, cela est de toute évidence, mais il n’est pas du tout certain qu’il doive être nécessairement léger. Les expériences de De Saussure sur le charbon de buis et de noix de coco le montrent avec la plus grande netteté. En réalité, il y a deux sortes de phénomènes qui sont constamment superposés et enchevêtrés dans cette propriété absorbante du charbon par les gaz, et c’est ce qui rend l’étude de 'ce phénomène extrêmement complexe.
- Il est connu que toutes les poudres, même non poreuses, absorbent les gaz. J’entends par là une poudre formée d’une matière non poreuse en soi,
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- 150 ===== LES CHARBONS ACTIFS D’ÉDOUARD URBAIN
- Fig. i.
- Schéma d'une installation de charbon actif.
- La tourbe et l'acide phosphorique sont dans les cornues à gauche. Le phosphore brûle dans la chambre de combustion et l’acide phosphorique produit est concentré dans la tour de Gaillard. A droite, circulation des eaux et des gaz de combustion.
- 1
- à- 1 diûx)e a, a>6t L_ J
- mais qui est poreuse en tant que poudre, par exemple une poudre de silice. La poudre est poreuse, mais elle est formée de grains de silice qui n’ont pas, eux-mêmes, de pores. Lorsque la poudre de silice absorbe un gaz, c'est une condensation à la surface des grains par une sorte de teinture que les physico-chimistes croient formée d’une seule épaisseur moléculaire. C’est là le phénomène de d’adsorption.
- Si, en plus, les grains de la poudre sont poreux, il y a absorption proprement dite dans les tubes capillaires qui sillonnent les grains.
- Les travaux sur les propriétés absorbantes du charbon ont été extrêmement nombreux à partir du milieu du siècle dernier, et on compte sur la matière beaucoup plus d’une centaine de brevets.
- Mais c’est surtout depuis la guerre des gaz que l’ère industrielle des charbons dits « activés » s’est ouverte.
- Les charbons activés ne sont autre chose que des charbons dans lesquels, par une préparation spéciale, le pouvoir absorbant du charbon a été accru dans une très forte proportion, par exemple rendu 6 ou 10 fois plus grand.
- En fait, deux procédés principaux subsistent : le procédé Baeyer, et le procédé Edouard Urbain. Nous en parlerons tout à l’heure. Il est même permis de dire qu’il ne subsiste plus qu’un seul procédé vraiment pratique, tant le procédé Edouard Urbain se substitue rapidement au procédé Baeyer et le remplace peu à peu partout.
- Comme nous l’avons dit, le phénomène d’absorption des gaz par un charbon est un phénomène très complexe, aussi nous nous bornerons à indiquer ce que l’on peut considérer-comme des faits .acquis à l’heure actuelle.
- >Tout d’abord, on peut affirmer que le charbon a un pouvoir absorbant d’autant 'plus grand qu’il est
- plus pur, et, en particulier, l’existence de certains complexes d'hydrogène est de nature à restreindre beaucoup ce pouvoir d’absorption.
- A première vue, on pourrait croire que la présence d’hydrogène dans le charbon peut faciliter, par exemple, son absorption pour le chlore; mais, en réalité, il se forme alors de l’acide chlorhydrique qui se fixe sur le charbon, et le charbon souillé d’acide chlorhydrique ne fixe plus rien.
- La faculté absorbante du charbon est une propriété élective, et le pouvoir absorbant pour une substance déterminée paraît intimement lié au
- Fig. 2. — Coupe à travers un absorbeur vertical.
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- LES CHARBONS ACTIFS D’ÉDOUARD URBAIN ======= 151
- dégagement de chaleur qui se produit pendant cette absorption.
- Voici un tableau d’un certain nombre de substances qui ont été rangées par ordre de dégagement de chaleur décroissant. Ce tableau donne la chaleur dégagée en calories gramme-degré par molécule-gramme de substance absorbée :
- Dans ce tableau, où les corps sont rangés par ordre de quantité de chaleur dégagée décroissante, tout corps peut remplacer le suivant préalablement fixé par le charbon. On voit que l’eau figure en queue de liste assez loin en arrière des autres corps, et le charbon a un'pouvoir absorbant assez faible pour la vapeur d’eau.
- f.- Fig. 3. — Schéma d’une installation de débenznlage.
- A. Prèabsorbeurs. — B. Absorbeurs. — C. Ejecteur-condenseur. — D. Refroidisseur-scparateur. — E. Vapeur pour chauffage direct. — F. Vapeur pour chauffage indirect. — G. Collecteur de gaz benzolé. - H. Collecteur de gaz dében-zolè. — I. Collecteur de vapeurs d'eau et de benzol. — J. Tuyau d’évacuation des gaz permanents. — K. Benzol. — L. Eau de refroidissement, — M. Eau de condensation.
- Molécule absorbée chaleur dégagée
- Acétate d’amyle.................6.141
- Ether . . . ....................5.417
- Acétate d’éthyle................4.668
- Chlorobenzène...................4.588
- Toluène............................. 4.250
- Acétone .............................5.797
- Chloroforme.....................5.768
- Pinène...........;...............5.741
- Alcool isoamylique..............5.752
- Sulfure de carbone..............5.654
- Tétrachlorure de carbone. .... 5.620
- Iodure de méthyle . . . ... . 5.552
- Benzène.........................5.250
- Alcool.............................. 2.855
- Aniline.........................2.652
- Eau ........................... . 400
- Cette chaleur dégagée pendant la condensation d’une vapeur par le charbon est souvent supérieure à la chaleur latente de liquéfaction et même à la somme des chaleurs latentes de liquéfaction et de fusion (travaux de Favre). C'est donc plus qu’une condensation.
- Tous les corps qui précèdent l’eau la déplacent; cependant, ce phénomène peut être troublé par la solubilité réciproque des corps en présence. C’est ainsi que le benzène, même à l’état dilué dans le gaz d’éclairage, 25 à 50 gr. par mètre cube, envoyé sur du charbon mouillé, se fixe sur le charbon et déplace l’eau. Mais l’expérience ne réussit que si le courant gazeux est extrêmement lent. Par contre, si l’on envoie un courant d’eau surchauffée sur du charbon ayant fixé du benzène, le benzène est déplacé, et cela, même pour un passage extrêmement rapide. C’est une question de température. On peut dire d’ailleurs que les matières volatiles sont d’autant mieux absorbées qu’elles sont plus près de leur point de liquéfaction. Lorsqu’il s’agit de gaz à une température très supérieure à leur point de liquéfaction, il n’y a presque pas de différence entre le charbon ordinaire et le charbon activé. Au contraire, lorsque les vapeurs sont très peu au-dessus de leur point de condensation, le charbon activé reprend tous ses avantages.
- Nous indiquerons encore un dernier point. Cette combinaison du charbon et du gaz n’obéit pas à la loi de la solubilité en fonction de la pression,
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- comme le montrent les deux faits suivants :
- 1° Quand -on fait passer un courant de gaz d’éclairage contenant 50 gr. de benzène par mètre cube, et dans lequel par conséquent la pression propre du benzène est très faible, même pour une durée de contact extrêmement courte, le charbon peut absorber les 98 centièmes du benzène contenu dans le gaz d’éclairage;
- 2° Les vapeurs de brome sont encore absorbées, même dans un vide très poussé. C’est ainsi que Dcwar a pu obtenir le vide de Hittorf (qui se mesure en millionièmes de millimètre de mercure) en remplissant l’espace à vider par des vapeurs de brome que l’on fixe ensuite par du charbon.
- Préparation des charbons actifs. — Les agents d’activation sont assez nombreux.
- Les meilleurs sont : l’acide sulfurique, le chlorure de zinc et surtout l’acide phosphorique.
- Ils paraissent tous agir tout d’abord comme agents déshydratants ainsi que l'ont montré les travaux d’Edouard Urbain.
- L'acide sulfurique a été employé par l'Etat Français. À120°, les matières subissent la carbonisation sulfurique. On lave et on sèche. Le charbon contient alors 2,5 pour 100 d’hydrogène, soit deux fois moins que dans le produit initial. On calcine ensuite cà 9001. En creusets ou en cornues, on a des résultats variables du simple au double. Dans le vide, on obtient des résultats constants.
- Le chlorure de zinc agit d’abord comme déshydratant à la manière de l’acide sulfurique. A plus haute température, il y a formation abondante d’oxyde de zinc. C’est à l’oxyde de zinc qu’il faut attribuer l’activation, comme Edouard Urbain l’a montré en activant par du zincate d’ammoniaque qui perd à chaud tout son ammoniaque et ne laisse que l’oxyde de zinc. Il faut opérer à 1000°.
- L’acide phosphorique paraît être de tous les agents d’activation celui qui donne les meilleurs résultats. Il agit comme déshydratant. Vers 600°, la petite quantité de phosphore qui commence à se produire réagit sur les complexes d’hydrogène, et donne de l’hydrogène phosphoré. Ce n’est que vers 800° que le phosphore apparaît en abondance, et l’on pousse jusqu’à 1200°. Le charbon ainsi obtenu ne
- contient plus que 0,2 pour 100 d'hydrogène; il peut absorber jusqu’à 65 à 70 pour 100 de son poids de benzol, même dans une atmosphère qui ne contiendrait que 25 gr. de benzol par mètre cube, et céder ensuite 98 pour 100 de son benzol, même pour une durée de contact extrêmement courte.
- La matière première d’Edouard Urbain est une tourbe d’origine allemande ou hollandaise, remarquable par sa très faible teneur en cendres (teneur qui varie entre 1 et 2 pour 100). Cette tourbe est très soigneusement desséchée, pulvérisée et mélangée avec une solution d’acide phosphorique. Le mélange est passé à la filière et [ensuite desséché à
- 5 à 600°. C’est là que s'arrête Baeyer, en débarrassant le charbon ainsi obtenu de l’excès d’acide
- phosphorique par un lavage, et en desséchant à nouveau.
- Edouard Urbain pousse l’opération beaucoup plus loin : il calcine le charbon préalablement desséché à 500 ou 600° à une température de l’ordre de 1200°. A cette température non seulement tous les complexes d'hydrogène ont disparu, mais le charbon réduit l’acide phosphorique et le phosphore distille.
- On pourrait songer à fabriquer du phosphore en même temps que les charbons activés, mais c’est là un produit sans grand débouché, et la seule usine de Givors, qui s’équipe pour fabriquer par jour
- 6 tonnes de charbon Urbain, produirait du phosphore bien au delà de la consommation mondiale.
- Par contre, si le phosphore est un produit sans débouché, l’acide phosphorique et les phosphates ont des usages considérables.
- Le phosphore distillé est donc brûlé, et les vapeurs d’acide phosphorique pur ainsi obtenues sont condensées dans l’eau par un lessivage méthodique. On obtient ainsi de l’acide phosphorique à l’état pur, et l’on peut fabriquer les sels dans le même état de pureté en neutralisant par des bases appropriées.
- Le charbon ainsi calciné est ensuite lavé par de l’acide chlorhydrique qui dissout les dernières traces de matière minérale, puis séché à 500° avant la mise en fûts.
- Comme on est parti de l’acide phosphorique impur provenant, par exemple, des phosphates
- Fig. 4. — Les installations de débenzolage du gaz d’éclairage à l’usine de Montargis. A gauche, les deux appareils absorbeurs fonctionnant alternativement.
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- Fig. 5. — IJinstallation de débenzolage à l'usine à gaz de la Ciotat.
- naturels, l’industrie se présente, comme suit : c'est une fabrication d'acide phosphorique pur à t'aide d'acide phosphorique impur, avec, comme sous-produit, du charbon Urbain.
- Ainsi s’explique, spécialement pour la région lyonnaise, l’installation à Givors de la fabrique de charbon, tout à côté de l’usine Coignet. L’industriel avisé qu’est M. Coignet a senti à la fois la grande importance, et peut-être aussi le danger, de la découverte d’Urbain, et il y a de beaux jours qu’il a lié partie.
- Le charbon Urbain ainsi obtenu a un pouvoir absorbant très supérieur à celui du charbon Baeyer. En faisant varier la proportion d’acide phosphorique, la température et la durée de la calcination, Edouard Urbain obtient des charbons extrêmement gradués, dont le pouvoir absorbant varie à volonté, par exemple entre 4 et 5 pour] 100 de son poids de benzol, et 70 pour 100. La nuance courante est 55 pour 100. Baeyer ne dépasse guère 55 pour 100.
- Applications des charbons Urbain. — Masques de guerre. — J’ai dit que c’était la guerre des gaz qui avait provoqué l’essor de cette industrie, et la première utilisation qui a été faite de ces charbons est la confection des masques respiratoires. Le masque à charbon est de beaucoup supérieur à tout autre. Le charbon pour masques est du charbon à 70 pour 100. L’usine de Nanterre (qui fabrique déjà depuis longtemps, et en pleine marche industrielle, 600 kg de charbon Urbain par jour) a comme clients pour les masques tous les Etats dits ' civilisés du monde, sauf un, et on ne sera pas sur-
- pris que ce soit la France. Je dois dire que M. Pain-levé, Ministre de la Guerre, mis au courant de cette situation paradoxale, a réparé cette erreur dans la même journée.
- Nous pouvons d’ailleurs être tranquilles. L’usine de Givors, en cas de conflit, serait mobilisée, et pourrait fournir et alimenter les masques pour plusieurs millions de combattants.
- Charbons médicinaux. — Une des plus curieuses, et la dernière née des applications des charbons activés, est leur usage en médecine.
- On peut être sceptique sur le pouvoir absorbant de charbons qui peuvent être admirablement préparés avec des bois choisis, mais qui restent en vrac dans une usine sans que l’on prenne des précautions spéciales pendant la manutention, et que l’on conserve chez soi, flacons ouverts ou médiocrement bouchés, ou même dans une boîte de carton qui ne réalise pas un hermétisme parfait.
- On vient de faire l’expérience suivante : on a relevé dans treize pharmacies de Paris des charbons médicinaux, et on a mesuré leurs pouvoirs absorbants. Ils se classent presque tous entre 1 et 2 pour 100 de leur poids; l’un a donné 8, un autre, très remarquable, 22 ; le charbon Urbain donne 55 à 57 couramment (il s’agit du pouvoir absorbant pour l’anhydride carbonique). Il est infiniment probable que le charbon qui donne 22 a été lancé par un industriel avisé qui connaissait déjà les charbons activés, mais qui ne connaissait pas encore le charbon Urbain.
- On va, dans le courant du présent mois, lancer sous le nom de « Carbonal » le charbon activé
- Fig. 6. — Installation de 1 ècupération de pétrole à Limanowa [Pologne).
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- Edouard Urbain, spécialement préparé pour les usages médicaux.
- Débenzolisation du gaz d'éclairage. — Pendant la guerre, en vue de la fabrication des explosifs, on a extrait le benzol du gaz d’éclairage qui en contient à peu près 50 à 40 gr. par mètre cube. En raison de la haute valeur du benzol, la débenzolisation se généralise ; elle va d’ailleurs être rendue obligatoire en France très prochainement. En enlevant !le benzol, on enlève des calories qu’il faut restituer pour rester dans la limite des cahiers des charges. On y parvient très facilement par des procédés très connus et très peu coûteux (gaz à l’eau, etc.).
- A Nanterre, l’Union des^gaz fait édifier en ce moment une usine qui traitera 80 000 m5 de gaz par jour; c’est actuellement la plus puissante du monde. Mais il y a déjà des applications nombreuses en France et dans toute l’Europe. On vient de traiter à Rome pour 100 000 me, à Madrid également, à Berlin même, et partout le procédé Urbain a été préféré au procédé Baeyer. Le Gaz de Paris va traiter pour un million de mètres cubes par jour, et la Société d’éclairage, chauffage et force motrice, qui a son champ d’action dans une grande partie de la banlieue parisienne, pour à peu près autant. Il se trouve que c’est la "Ville de Grenoble qui a servi de champ d’expériences depuis plus de deux ans. La Ville avait traité avec la Société Baeyer. Elle vient de résilier son contrat et de traiter avec Edouard Urbain. L’usine à gaz de Grenoble produit par jour 9000 me actuellement ; à 40 gr par mètre cube, c’est 360 kg de benzol qui tombent chaque jour. L’opération est d’une simplicité extrême : Deux colonnes d’absorption sont installées, pendant que l’une se sature, on extrait le benzol de l’autre. C’est une simple manœuvre de robinets et cela coûte 25 francs par jour.
- Pour extraire le benzol du charbon, on envoie dans un serpentin disposé ad hoc de la vapeur surchauffée de façon à porter le charbon à une température de 120°. On envoie alors de la vapeur d’eau surchauffée sur le charbon même; le benzol est entraîné, et dans ces conditions, le charbon ne se mouille pas. Le mélange gazeux se condense dans un réfrigérant ; le benzol et l’eau se séparent par ordre de densités ; l’eau file à l’égout et le benzol va dans les citernes.
- Le procédé d’extraction d’Urbain est très supérieur à celui de Baeyer qui envoie directement la vapeur sur le charbon; le charbon se mouille et le charbon mouillé n’absorbe plus que très mal. Il est d’ailleurs connu (expérience de Grenoble durant deux années) que le charbon Baeyer, qui absorbe primitivement 50 pour 100, n’en absorbe plus que 20, puis 10, puis quelques pour cent. Le charbon Urbain, au contraire, grâce à l’emploi de la vapeur d’eau • sous deux formes, qu’Urbain appelle la vapeur indirecte (dans le serpentin) et la vapeur directe, idée très simple et géniale, après
- treize mois d'emploi et de travail continu, garde le même pouvoir absorbant.
- Notons enfin que pour faciliter la fixation du benzol pendant la période d’absorption, le charbon est refroidi. On y parvient en envoyant un courant d’eau dans les serpentins.
- Il est extrêmement utile de débarrasser, au préalable, le gaz, de petites impuretésjassez variées qui forment à peu près I pour 100 du gaz et qui restreindraient beaucoup la durée du pouvoir absorbant. C’est pour cela que le gaz passe d’abord dans un préfUtre, contenant un charbon médiocre, préparé à dessçin, et peu coûteux. D’ailleurs, ces impuretés finissent par se concentrer peu à peu dans le charbon du pré-filtre, et il se peut que la chimie trouve là de très intéressantes applications pour des produits actuellement introuvables. Les impuretés nuisibles sont surtout constituées par des vésicules de goudrons et de la naphtaline.
- L’emploi des charbons n’est pas le seul qui permette la débenzolisation, et, pendant la guerre, on a employé certaines huiles (huiles d’anthracène) qui pouvaient absorber le benzol sous pression, installations très coûteuses, et l’huile employée est très coûteuse et assez volatile pour qu’il s’en consomme, une quantité assez importante.
- Ce qui est 'surtout frappant dans une installation de débenzolisation, c’est la très grande simplicité des moyens. Les appareils sont simples, les manœuvres très réduites. Il suffit, comme nous l’avons dit, d’avoir un double appareil, et tout se borne à la manœuvre de robinets et à la fourniture d’un peu de vapeur au bon moment. L’usine de Montargis est toute minuscule (fig. 4), l’usine de la Ciotat est une niche à chiens (fig. 5).
- Application dans les champs pétrolifères. — Dans les champs pétrolifères, le sol est saturé de carbures forméniques, et, faute d’installations très coûteuses, les carbures les plus volatils et les plus précieux sont (perdus. On pourrait citer tel champ pétrolifère des Etats-Unis où les installations de compresseurs et de réfrigérants ont coûté 12 millions, de dollars. L’installation d’une usine de récupération par charbons activés Edouard Urbain n’a coûté, dans le même district, que 15 000 dollars, et il n’y a pas de frais constants. Les frais de premier établissement sont ’pbès dé mille fois moindres, ayant en plus m avantage que l’usine à charbon absorbe tout, même les essences les plus volatiles distillant à H- 8° et même à 0°, tandis que les installations à compression et à refroidissement (laissent toujours perdre ce qu’il y a de plus volatil, c’est-à-dire déplus précieux.
- Il y a des installations en service en Roumanie, en Pologne (fig. 6), en Tchéco-Slovaquie et aux Etats-Unis. Les essences recueillies sont supérieures aux meilleures essences d’aviation et sont demandées sur le marché avec 40 pour 100 de prime.
- Charbons décolorants. — Mais il est une industrie qui est peut-être encore plus remarquable par
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- l’importance des débouchés, c’est l’industrie des charbons décolorants.
- Les raffineries de sucre consomment par an 10 000 t. de noir animal en France et 800001. aux Etats-Unis. C’est donc, en France, à peu près cinq fois la production de l’usine de Givors, et, pour les Etats-Unis, 40 fois.
- Dans cette industrie, on ne cherchera pas à faire les charbons les meilleurs, car on ne peut songer à remplacer tous les appareils des raffineries ; il faut donc songer seulement à produire un charbon qui ait à peu près le même pouvoir décolorant que le noir animal à volume égal afin d’utiliser les mêmes appareils.
- Mais l’avantage est pourtant immense. Le noir animal doit en effet son grand pouvoir absorbant à son extrême division, car il y a un support minéral important; mais ce support minéral est une gêne quand on cherche à décolorer des liqueurs quelconques et, en particulier, des liqueurs acides. La partie minérale du noir animal abandonne quelque chose et les liquides sont modifiés. Dans l’industrie sucrière, il est nécessaire, pour avoir une grande constance de fabrication et ne pas souiller les sirops, de s’arranger pour que l’acidité des liqueurs ne dépasse pas une valeur maxima déterminée et assez faible. On peut s’attendre à voir l’emploi du charbon Urbain simplifier beaucoup la fabrication du sucre, car il faudra beaucoup moins de soins et de sujétions précises pour les liquides que l'on met à cristalliser.
- À l’heure actuelle, les os sont hors de prix, car deux industries se les disputent : l’industrie du noir animal et l’industrie de la colle forte.
- Edouard Urbain va les mettre d’accord en supprimant l’industrie du noir animal et fera ainsi baisser le prix de la gélatine.
- Applications diverses. — Les charbons Urbain ont déjà trouvé d’autres débouchés, par exemple dans la fabrication des poudres sans fumée, dans la fabrication des objets en caoutchouc, du celluloïd, etc., et plus généralement dans toutes les industries où l’on emploie comme dissolvants des matières très volatiles et très coûteuses.
- À l’heure actuelle, on ne peut récupérer ces produits volatils que par compression et refroidissement. Il faut que cette compression et ce refroidissement soient très énergiques parce que les vapeurs sont souvent très diluées et la récupération n’est que partielle. On sait que, dans les poudreries de l’Etat, l’emploi de l’air liquide a été préconisé. Avec les charbons Urbain, il y a une grande simplification. Si dilués que soient les gaz (exemple du gaz benzolisé), le charbon absorbe tout et il opère par une sorte de compression interne qui se
- complique, comme nous l’avons dit, d’une affinité élective.
- La Société Ilutchinson vient de traiter avec la Société des charbons Urbain pour une installation. La formule du traité est assez curieuse. L’Urbain Corporation prend à sa charge l’installation de l’usine de récupération ; on partage les bénéfices et au bout de dix ans, l’Urbain Corporation se désintéresse de l’affaire et abandonne l’usine en toute propriété à son client.
- Voici pour terminer, quelques tableaux.
- Le premier donne le volume, ramené à zéro degré du gaz absorbé par l’unité de volume de charbon (travaux de Hunter, 1865 à 1865). On a opéré à une pression voisine de la pression atmosphérique, et, pour les gaz liquéfiables, à une température un peu supérieure à la température d’ébullition.
- Le deuxième tableau donne, pour quelques gaz, le poids de gaz absorbé en pour 100 du poids du charbon.
- Le troisième tableau montre l’influence de la température.
- Tableau I.
- Gaz ammoniac . . . . . 171,7 volumes
- Cyanogène . . 107,5 —
- Bioxyde d’azote. . . . . 86,5 —
- Chlorure de méthyle. . . 76,4 —
- Pither méthylique . . . . 76,2 —
- Ethylène. ..... . .. 74,7 —
- Protoxyde d’azote . . . . 70,5 -
- Anhydride carbonique . . 67,7 —
- Oxyde de carbone. . . . 21,2 —
- Oxygène . . 17,9 —
- Tableau II.
- Gaz ammoniac . . . 15 °/0 en poids
- Cyanogène 12,5 »/„ -
- Bioxyde d’azote . . . • H,5 »/o —
- Chlorure de méthyle . • 17 % -
- Tableau III.
- Température.
- Vapeur d’eau 158° 24 volumes
- — . 127° 44 —
- Sulfure de carbone . . . 192° 82 —
- — . . . 117° 100 —
- • . . 91° 157 —
- Alcool méthyliquc . . . . 181° 47 —
- — ... . 156" 87 —
- — ... . 100° 150 —
- Ethylamine . 186° 57 —
- — . 148° 92 — . 100° 124 — IL Chaumat.
- Professeur au Conservatoire national îles Arts et Métiers.
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- ACTION DU GEL SUR LES VÉGÉTAUX
- Les gelées d’hiver produisent sur les végétaux des désordres graves, que, de prime abord, on attribue uniquement à la force expansive de Ja sève se congelant. Mais les déchirures des tissus ne doivent pas seules être mises en cause.
- Prillieux a signalé les difficultés que l’on éprouve pour congeler de l’eau dans des tubes capillaires. On a pu ainsi l’amener à — 20°, mais la solidification se produit au contact d’un cristal de glace (surfusion). Le liquide qui circule dans les vaisseaux des plantes n’étant pas de l’eau pure, ne se prend en glace qu’au-dessous de 0°. On s’accorde généralement à reconnaître que la sève ne se congèle pas dans les cellules. Déjà, en 1830, Gaeppert affirmait que leur paroi n’est pas déchirée. D’autres estiment que s’il y a perforation, elle est due à la glace extérieure. Sachs a constaté que par pression, ces éléments ne laissant pas passer de grains d’amidon, les fissures, si elles existent, ne peuvent donc être que très réduites.
- Sous l’influence du froid, la contraction des tissus et la plasmolyse chassent une partie de l’eau dans les vides, où, n’étant plus comprimée, elle peut alors se dilater et se congeler. Mais avant sa solidification on constate déjà lin flétrissement des tissus. Une tranche de betterave qui se congèle à l’abri de l’évaporation se couvre d’un large glaçon, s’épaississant de plus en plus, tandis qu’elle se ratatine en perdant son eau. Dans un œuf dur gelé, des prismes de glace sont interposés entre les lamelles de matière solide, qui prend l’aspect corné. Dans les mêmes conditions, la colle d’amidon se transforme en un corps poreux, dont l’eau s’échappe facilement.
- Au début de la plasmolyse, d’après Matruchot et Mol-liard, Naegeli, de petits cristaux se forment dans la paroi des cellules, ce qui rompt l’équilibre de la concentration du suc, et l’exosmose continue, avec la formation de nouveaux cristaux. Si l’on refroidit un organe aune température voisine de la congélation, dit E. Pantanelli, on détermine une augmentation progressive de la perméabilité cellulaire, ce qui est rendu évident par la rapide émission d’eau d’un tissu tenu au sec, et par l’exosmose de substances d’un tissu plongé dans l’eau. On a prétendu que l’effet' désastreux des gelées sur les vignes, au printemps, réside dans l’état de pléthore aqueuse des bourgeons. A force de s’étirer sous la poussée du liquide, la membrane cellulaire ne peut que lentement revenir à ses dimensions normales. Si elle est surprise par le froid avant cette rétraction, l’eau s’extravase d’autant plus facilement que la paroi s’est amincie.
- D’après Miiller-Thurgau, l’appauvrissement du protoplasma en eau amène souvent sa mort à une température peu inférieure à 0°, avant même le dégel. La quantité d’eau, qui doit être ainsi perdue, varie selon les plantes et les tissus (Chandler). Les organes très aqueux, fruits, tubercules, oignons, et même jeunes bourgeons en voie de développement au printemps, sont ainsi exposés à la mort avant le dégel.
- Selon M. Molisch, la sève peut se congeler dans la cellule même, dans le cas très particulier où les éléments ne sont pas réunis en tissus ; ainsi, à une température de — 15° dans l’air, ou de — 6° dans l’eau, le protoplasma des poils staminaux du Tradescantia Virgi-nica se prennent partiellement en glace et meurent. Lorsque les tissus sont compacts et les cellules contiguës, sans interruption de lacunes, la difficulté d’issue de l’eau
- en dehors de l’élément est nécessairement plus grande, et c’est seulement par la surface externe de la plante qu’elle pourrait sortir plus ou moins facilement. Or, précisément, chez ces plantes, en général les tissus externes des organes verts sont en même temps munis d’une cuticule fort épaisse (feuille de pin, par exemple).
- Ainsi donc, d’ordinaire, c’est dans les méats, lacunes, etc., que l’eau sortie des cellules se solidifie, en expulsant l’air à son* tour, mettant ainsi obstacle à la circulation des sucs nourriciers. On peut constater le fait au microscope, sur des coupes de feuille ou de pétiole. Même à l’œil nu, il est possible de voir, sur des feuilles d’iris, les places blanchâtres des glaçons qui soulèvent l’épiderme. Le Verbesina Virginica (Composée exotique voisine des Jnules), montre à la base des tiges un manchon très apparent de glace. Chaque brin, qu’il soit resté en place, ou qu’on l’ait coupé au ras du sol, comme on le fait généralement à l’automne, laisse sortir par lès fentes de l’écorce, qui est striée longitudinalement et ailée, ce qui facilite les déchirures, des lamelles de glace radiantes, très minces et très fragiles, plus ou moins ondulées, courbées. Ajoutons que le suc cellulaire est riche en inuline, moins soluble à une basse température.
- Les feuilles, tiges, pétioles gelés deviennent rigides et peuvent être brisés aisément. Généralement les pétioles se courbent, la concavité tournée vers le sol, et les feuilles s’abaissent, (lierre, hellébore, etc.) ; il en est de même des hampes florales (tulipe, frétillaire, etc.) ; les branches de tilleul et de divers pins s’inclinent vers le sol; celles de l’érable negundo se redressent, celles du marronnier d’Inde se redressent par un froid léger, et s’abaissent par un froid plus intense.
- La formation de glace dans les méats intercellulaires, principalement dans le parenchyme cortical, peut amener un décollement étendu de ces lacunes. Les parenchymes à parois minces peuvent être disloqués ; leurs éléments, déformés ou écrasés, ne contiennent plus qu’un protoplasma désorganisé, et le végétal ne peut souvent cicatriser les déchirures, lors du retour à une température plus élevée. Toutefois, dit W. Russel, la dissociation des éléments parenchymateux est rarement totale; la zone périmédullaire, l’endoderme, le parenchyme ligneux et le parenchyme libérien, n’offrent parfois aucune altération.
- Dans les tiges, l’eau se congèle d’abord sous l’épiderme. et dans ce cas le dommage n’est pas bien grand. Si l’abaissement de température continue, la glace se produit alors dans la zone d’accroissement, le cambium, qui est extrêmement tendre; il s’écrase, ce qui met un terme à la prolifération des cellules, d’où résulte la mort de la plante.
- En tenant quelque temps entre les doigts une feuille gelée, la fusion brusque de la glace dans les lacunes lui donne un aspect plus transparent. Au dégel, les parties tuées deviennent molles et flasques ; à la moindre pression, l’eau s’échappe des tissus; bientôt ils prennent une teinte brune et livide, et ils ne tardent pas à se dessécher. G. Bertrand attribue la teinte livide à l’action des diastases oxydantes sur les composés phénoliques, comme le tanin dans l’intérieur des cellules, la mort de celles-ci permettant le mélange intime de tous les principes qui y sont inclus. W. Russel a pu constater, à l’aide du réactif de Ruzicka, qui colore en rouge le protoplasma vivant, que même dans les tissus les plus disloqués, cer-
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- ACTION DU GEL SUR LES VÉGÉTAUX ,, —- 157
- faines cellules ne sont pas tuées et peuvent survivre encore quelque temps, grâce à l’eau qu’elles récupèrent. Gela explique que des plantes, cependant flétries et en partie désorganisées, ne périssent définitivement qu’au bout de quelques jours, même parfois après plusieurs semaines, quand elles possèdent des éléments vivants dans les tissus conducteurs et dans les parenchymes qui les avoisinent (zone périmédullaire, péricycle, etc.) ; les cellules du parenchyme du bois et du liber sont, en général, celles qui meurent en dernier lieu. En somme, dit l’auteur, la mort de la plante ne survient que très rarement d’une façon brusque; c’est en quelque sorte cellule par cellule qu’elle s’éteint.
- C’est surtout la durée du froid qui est funeste; s’il persiste quelques nuits, il peut causer plus de dommage qu’une température plus basse agissant une ou deux nuits seulement; les bourgeons peuvent geler et se dessécher « comme un linge humide gèle par basse température ». Cependant, il est probable, dit Prillieux, que la durée de l’action du froid, même avec une température modérément abaissée, n’est pas sans effet sur la survie de la plante, et le degré de résistance du protoplasma, car un état d’équilibre s’établit rapidement; l’eau cesse de sortir des cellules.
- Un froid très vif, mais arrivant progressivement, sera mieux supporté, môme un certain temps, que s’il arrive soudainement, avant que le zéro soit atteint. La rapidité de l’abaissement de la température aggrave le danger de la déshydratation du protoplasma et son influence nocive.
- L’étendue du mal est, naturellement, variable suivant la température, mais aussi suivant certains facteurs qui dépendent du milieu extérieur ou de la plante elle-même. Quand on observe au microscope les mouvements de la matière vivante de certaines cellules végétales, on constate que ces mouvements se ralentissent quand la température tend vers zéro. En supposant même qu’ils s’arrêtent alors, on ne peut conclure que cette température est mortelle. Il est certain que l’exsudation de l’eau des cellules doit se produire avant ce point. D’autre part, si même avec sa congélation dans les méats, des déchirures graves n’interviennent pas, la plante pourra continuer à vivre normalement lorsque la température se sera relevée, si le protoplasma, et le contenu cellulaire en général, peuvent récupérer le liauide qu’ils ont perdu. Ici entrent en jeu, et l’évaporation qui tend à faire perdre l’eau, et l’absorption par les racines, qui doit rétablir l’équilibre. Si ce dernier ne peut être atteint, la plante se fane, mettant obstacle à la rapidité du mouvement osmotique de l’eau; finalement elle se dessèche; on dit que le froid « brûle la plante ». Gorke prétend aussi que lorsque la sève est gelée, certains composés azotés sont éliminés au dehors lors du dégel. L’état des racines a donc une très grande importance. Vesque a montré, en 1878, que, si au-dessous d’une température minimum, ces organes ne peuvent plus absorber les liquides du sol, par contre, il en est une où cette absorption est optimum, et le calorique, ainsi apporté aux tissus, ne peut être aussi que favorable.
- Il importe donc, si les tissus n’ont pas été réellement tués, si la gelée n’a pas été trop rude, ou de trop longue durée pour le protoplasma, ou les tissus générateurs, que le dégel soit lent, c’est-à-dire que ne souffle pas, à ce moment, un vent violent et sec, ou que les rayons du soleil levant ne frappent pas directement les organes gelés. D’après Bernbeck, l’évaporation est proportionnée à la force du vent, ou à l’effort subi par les rameaux qui résistent à la poussée ; la perte d’eau diminue lorsque
- l’inclinaison cesse. Il est connu que si la neige accompagne une forte gelée, celle-ci est moins dangereuse, la mauvaise conductibilité de la neige faisant obstacle au réchauffement rapide des plantes gelées. De même, quand la pluie survient après la gelée, les dégâts sont un peu atténués. Remarquons que lorsque le végétal est recouvert de glace, les funestes effets du dégel rapide, par les rayons du soleil, sont encore accentués par l’évaporation de l’eau de fusion. On a constaté, dans les vignobles, que le froid humide et le gel avec verglas sont beaucoup plus nuisibles, en hiver, que les froids secs, car la congélation de l’eau à l’extérieur des tissus, ajoute encore à la congélation intérieure de l’eau contenue dans les tissus morts, saturés par voie d’imbibition ; il en résulte parfois l’éclatement du cep. On a encore prétendu, à propos des bourgeons aqueux des vignes gelées au printemps, que « sous l’action brutale du soleil, il y a production de vapeurs à travers les cellules gorgées d’eau, qui alors éclatent sous leur pression ».
- Lorsqu’on prend une feuille gelée entre les doigts, puis qu’on la laisse en l’état, on voit qu’il n’y a de tués que les tissus que les doigts ont touchés. On peut mieux encore constater la chose quand on plonge des feuilles dans de l’eau tiède, et d’autres dans de l’eau voisine de 0°; les dernières seules conservent leur état normal. Wtnkler a observé, après un dégel lent, que des arbres vivaces pouvaient supporter — 20° C. et même — 30°. Les jeunes feuilles persistantes sont moins sensibles que les plus vieilles.
- Les gels et dégels successifs ont pour conséquence un appauvrissement plus prononcé des cellules en eau, puisque la persistance d’une basse température ne permet guère à la plante de récupérer convenablement ce liquide par les racines; en somme, celle-ci se trouve à peu près dans les mêmes conditions que si elle avait eu à subir un dégel rapide, et elle en souffre de même. Toutefois, Sachs a remarqué que les plantes peuvent geler et dégeler plusieurs fois de suite pendant l’hiver, sans être endommagées, pourvu que le dégel soit lent. Mais il y a là, certainement, à tenir compte des extrêmes de température. Winkler a constaté qu’en hiver, en général, les arbres ne supportent même pas un refroidissement six fois renouvelé, à la température de —13°, s’ils sont, après chaque refroidissement, ramenés pendant 24 heures à plus 20°. Les feuilles des plantes toujours vertes sont, à ce point de vue, plus résistantes, d’autant plus qu’elles sont plus jeunes. C’est, semble-t-il, continue l’auteur, à ces alternances de températures basses et élevées, qu’il faut surtout attribuer les dégâts causés par le froid.
- Si Sachs, Duhamel, Prillieux, etc., tout en admettant que la gelée puisse, par sa seule action, causer la mort du protoplasma, estiment que le dégel et la période qui suit ne constituent pas moins le point délicat, et que souvent la plante peut périr après un dégel rapide, il n’en est pas de même d’autres savants qui ont étudié aussi cette question. Molisch dit n’avoir obtenu qu’une aclion nulle en faisant intervenir soit le dégel rapide, soit le dégel lent, sur des feuilles coupées, portées à — 5° ; mais on a objecté que ces organes n’étaient plus en relation avec les racines. Müller-Thurgau croit aussi que, généralement, c’est le gel, et non le dégel, qui tue les plantes. Pour Gaepperl, quand le végétal est tué, il est déjà mort au moment du dégel, se basant, en cela, sur la coloration bleue que prennent les fleurs de certaines orchidées, en particulier Calant!w vemtri folia, Pliajvs çjrandiflorus, qui semble résulter de l’oxydation de l’indigo blanc du protoplasma. Mais pour Prillieux, cette colo-
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- ARAIGNEES VENIMEUSES DU BRESIL
- ration n’apparaît avec intensité qu’au dégel. D’après II. Chandler, la rapidité du dégel ne semble avoir aucune action sur la résistance des bourgeons à fruit et des jeunes fruits du pêcher. A propos de l’action des gelées blanches sur la vigne, on a dit : « quand un bourgeon est gelé, qu’il dégèle en quelques minutes ou en 24 heures, le résultat est le même, il est détruit; de nombreuses expériences l’ont nettement établi, a Hans Molisch croit qu’à une température peu supérieure à 0°, le végétal éprouve par transpiration une perte d’eau sensible, qui ne saurait être facilement réparée, par suite de l’arrêt de la circulation, dû à l’abaissement de la température. Mais l’auteur a constaté aussi que la plante périt également si on la soustrait à l’évaporation. Il y a donc quelque trouble qui intervient, par exemple, diverses substances restent en dissolution, alors que d’autres se précipitent.
- On le voit, le mécanisme de la mort des plantes par le gel est loin d’être élucidé. Le problème, certes, est complexe, si l’on pense aux divers facteurs qui interviennent, outre le froid lui-même, l’humidité de l’air et du sol ; composition de ce dernier; spécificité, limite de résistance et capacité d’accommodation des végétaux; leur état de végétation et de santé; leur âge; la dureté du bois, etc. 11 est certain, par exemple, qu’au printemps les bourgeons tendres de la vigne, gorgés de sève peu
- concentrée, sont plus sensibles que les sarments aoûtés, en automne, ou encore que le tronc des arbres. La qualité et le degré de concentration des sucs nourriciers ihiportent avant tout. Une sève chargée de matériaux solubles se solidifie plus difficilement. La concentration se produit non seulement par la perte d’eau, mais aussi par des modifications du contenu des tissus : changement dans la constitution des protéines, qui les rendent plus solubles ; présence d’amino-acides ; amidon transformé en sucre, etc. Les matières colloïdales, des pentosanes, qui retiennent l’eau dans le protoplasma, entrent aussi en jeu. Il n’est pas jusqu’à la forme et aux dimensions des cellules, qui peuvent avoir également une influence.
- Les gelées noires précoces, au début de l’automne, ou tardives, au début du printemps, et les gelées blanches, dues au rayonnement nocturne, à cette dernière époque, sont redoutées, à juste titre, des cultivateurs et des jardiniers. Aussi, par des pratiques culturales diverses, cherchent-ils, en automne, à favoriser l’entrée en repos de la sève, qui entraîne, avec des modifications dans le contenu de celle-ci, sa concentration et l’aoûtement des tiges ; ou, au contraire, à retarder le réveil des plantes, à l’approche des beaux jours, époque où la sève est d’abord très diluée.
- Ayi'o.m.n Rolet.
- ARAIGNÉES VENIMEUSES DU BRÉSIL
- Parler du venin des Araignées, c’est faire impie- i diatement prononcer le nom de la Tarentule, de |
- Fig. i. — Plaie consécutive à une morsure d'araignée Lycosa raptoria observée par le Dr J.-L. Guimarâes.
- la région de Tarente (Italie), assez grosse araignée dont la piqûre était redoutée dès la plus haute antiquité. Pline signalait déjà les accidents provoqués par cette bête. Mais nombre de cas de « tarentu-lisme » ont été causés par des araignées beaucoup plus petites, à venin très actif : Latrodectus iZ-guttatus, tant en Italie qu’en Espagne, en France, etc., au cours des derniers siècles.
- Il y a bien d’autres araignées de nos maisons, de nos jardins français, sinon redoutables, du moins fort désagréables par les accidents d’urticaire, les démangeaisons, l’irritation de la peau, etc., que provoque leur simple contact.
- Dans l’Amérique du Sud, de grandes araignées
- Fig. 2. — Effets du venin d’une araignée, 4 jours après la morsure.
- Observation du professeur Kraus et du Dr Rocha Botelho : gros œdème de l’avant-bras et de la main ; teinte violacée, noirâtre des téguments ; nécrose profonde intéressant la peau, le tissu sous-cutané, l’aponévrose et les muscles. Douleurs très vives et continues.
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- ARAIGNEES VENIMEUSES DU BRESIL
- sont aussi redoutables que chez nous la vipère, ou presque.
- Les accidents causés par le venin, aranéisme, et la préparation d’un sérum antivenimeux spécifique de F envenimation par les araignées, ont été étudiés très remarquablement par les docteurs Vital Brazil,
- dont le corps peut dépasser 40 mm de longueur (fig. 5, n° 1).
- Ctenus nigriventer lveys. espèce très voisine de la précédente (fig. 5,n° 2).
- Nephila cruentata Fabri, longue de 25 mm (fig. 5, n° 3).
- Fig. 3.
- Quelques araignées venimeuses du Brésil
- 1, Ctenus férus 2 •
- 2. Ctenus nigriventer d .
- 3. Nephila cruentata ? . 4. Trechona venosa 2 . 5 et 6. Lycosa raptoria d et 2 •
- Ces araignées sont figurées demi-grandeur naturelle.
- directeur de l’Institut de Butantan, à Sâo Paulo, (Brésil) et J. Vellard, assistant, dans un beau mémoire tout récent (*) auquel sont empruntées les figures du présent article.
- Cinq espèces sont les plus fréquemment en cause :
- Ctenus férus Perty, araignée de grande taille
- 1. Brazil et Vellard. Contribuiçâo ao estudo do venono itas aranhas. Meinôrias do Inslituto do Butantan. T. II, 1925, Sao Paulo.
- Trechona venosa Latr., bête géante, mygalo-morphe, atteignant facilement 55 mm (fig. 5, n°4).
- Lycosa raptoria Walck, l’une des plus répandues des araignées brésiliennes (fig. 5, nos 5 et 6).
- Les effets de la piqûre directe sont très variables suivant les conditions où elle est faite, l’état de l’araignée, la température, etc.
- Le venin des Ctenus agit exclusivement sur le système nerveux, entraînant de violentes douleurs, des convulsions, puis la paralysie, des troubles car-
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- VOITURE A HÉLICE SUR VOIE FERRÉE
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- diaques, parfois la mort (jeunes enfants). Cette action est comparable à celle du venin de la vipère,
- Le venin de Lycosa raptoria a surtout une action locale nécrosante, très active et provoque des plaies profondes extrêmement lentes à guérir (lig. 1 et 2).
- On peut, en injectant à des moutons, chaque jour, une petite dose de venin d’araignee, obtenir d’eux un sérum extrêmement actif et très précieux contre les accidents d’envenimation. Toutefois Faction d’un tel sérum est strictement spécifique, c’est-à-dire ne protège que contre le venin de l’espèce employée pour préparer l’animal donneur de sérum.
- D’autre part, le sérum anli-ophidique et le sérum anti-scorpionique sont sans action sur le venin d’araignées.
- Ces mêmes venins d’araignées sont très résis-
- tants : les basses températures ne les modifient pas ; la chaleur entre 55" et 65° les atténue et aux environs de 100°, les détruit. Parmi les agents chimiques, seul le permanganate de potasse a une action atténuante marquée.
- Ne nous plaignons pas trop après cela de nos Lalrodectes et de nos Lycoses d’Europe.
- Si nos araignées indigènes font toutes des piqûres venimeuses, elles sont infiniment moins dangereuses que les espèces tropicales et ne nécessitent pas l’usage de sérums spéciaux (1).
- L. M.
- i. On consultera avec profit sur loulc cette question les renseignements rassemblés par Mme le Dr Marie Pliisalix dans son ouvrage Animaux venimeux el venins, Masson et Cic, éditeurs, Paris, 1922, t. I.
- VOITURE A HÉLICE SUR VOIE FERRÉE
- Nous avons parlé déjà dans La Nature de la voilure à hélice imaginée parM. Leyat.
- Le même principe de traction par hélice aérienne a été appliqué à des draisines, véhicules exlra-légcrs, pouvant se déplacer sur voie ferrée, voie étroite ou voie normale.
- La première draisine à hélice mise au point par M. Leyat est destinée à la Compagnie minière du Congo Français, qui possède un réseau étendu de voies de 60 et qui désire relier ses diverses exploitations par des véhicules rapides, jusqu’à Brazzaville.
- Les principales caractéristiques de la draisine sont les suivantes :
- Moteur de 6 chev. ; hélice de 1 m. 40;
- poids total en ordre de marche 560 kg ; poids utile 250 kg.
- La vitesse en palier est de 60 km à l’heure, le rayon minimum de la courbure de la voie est de 25 m.
- On a prévu des boggies à roues porteuses et des galets directeurs montés élastiquement, de sorte
- que le véhicule, malgré sa légèreté, a une stabilité suffisante même sur les parties de la voie en mauvais état. Les galets directeurs peuvent être relevés
- et l’appareil étant léger est facilement retiré de la voie ; il est alors agencé pour effectuer à ce moment des parcours sur route comme une voiture à hélice ordinaire.
- C’est une solution i n t é r e s-sante pour les déplacements rapides de véhicules légers sur voie ferrée.
- La forme carrossée est celle de moindre résistance à l’avancement dans l’air. L’usure des pneumatiques est supprimée et la légèreté du véhicule ramène à peu de choses l’entretien de la voie.
- C est peut-être la solution qu’il faudra adopter pour des parcours à grande vitesse avec arrêts peu fréquents, qui permettront de réaliser des transports rapides, chose intéressante pour les liaisons coloniales, notamment à travers les déserts africains.
- // E. .Weiss.
- Fig. r.
- Voiture à hélice aérienne de M. Leyat montée sur rails.
- le Gérant : P- Masson. — Imprimerie Lahuiie, 9, rue de Fieurus, Pans. — 1925.
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- SOMMAIRE :
- La fabrication moderne des perles imitation : G. Durocher.
- Le centenaire du lieutenant Bellot : E. Doublet.
- Chaussées urbaines modernes : M. Bousquet.
- Le tannage au tanin végétal : Pierre Labadie. — Académie des sciences : Paul B. U ne révélation dans les transports sur neige : I. L.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. Science appliquée. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO | ^rance • • > •• 1 franc
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- LA NATUR
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et Ci#, Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (T{. C. : Seine j5.234)
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- France et Colonies.............................................................
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, no, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE.
- N° 2710.
- 13 MARS 1926
- LA FABRICATION MODERNE DES PERLES IMITATION
- L’industrie de l’imitation des perles remonte à fort longtemps, à 1860- Elle est due à un fabricant parisien d’objets de piété et de rosaires, nommé Jacquin, qui habitait la rue du Petit-Lion à Paris. Ce Jacquin était un pêcheur; il avait remarqué que des écailles d’ablettes restées au fond d’un baquet possédaient les jolis éclats argentés de la nacre. Il eut donc l’idée d’incorporer ces écailles d’ablettes à un liquide gélatineux, à seule fin d’en recouvrir les objets et d’imiter la nacre. Jacquin appela essence d'orient cette mixture d’écailles, d’ablettes.
- L’ingéniosité des inventeurs s'évertua dans la
- Celte fabrication est à peu près délaissée aujourd’hui, et l’on utilise surtout comme matière première une boule massive de verre ou d’émail ayant le poids et la solidité de la perle.
- L’imitation de la perle constitue une industrie surtout localisée dans la banlieue parisienne. Cette industrie est très développée; elle fait vivre dé très nombreux ouvriers et ouvrières. Chaque usine a naturellement ses procédés, ses tours demain, qu’elle garde jalousement secrets ; aussi la fabrication de ces perles est-elle, d’une façon générale, très peu connue.
- Les résultats actuellement obtenus sont admirables.'
- Fig. j. — Le triage des boules d'émail et leur classement suivant différentes grosseurs.
- suite à trouver un moyen d’obtenir de petites sphères enduites de celte essence d’orient, destinées à imiter la perle. Pendant fort longtemps, et encore maintenant, on a utilisé dans ce but de petite boules de verre creuses. L’essence d’orient, convenablement mélangée à une solution gélatineuse est insufflée à la pipette dans ces petites boules de verre. En roulant ces boules, l’émulsion s’étend sur toute la surface interne de la sphère; on obture ensuite la boule de verre au moyen de cire ou de paraffine.
- En perfectionnement à cette fabrication fut plus tard l’emploi de sphères de verre irisées par les procédés connus d’irisalion du verre (par exemple au moyen des vapeurs de tétrachlorure de titane).
- Les perles ainsi obtenues sont jolies, elles imitent assez bien la perle vraie, mais elles n’ont ni le poids, ni la solidité de la perle naturelle : elles se brisent sous un choc léger.
- La perle française jouit de ’ce fait sur le marché d’une supériorité qui n’a pu lui êLre enlevée par les autres fabriques étrangères. Toutes les bijouteries du monde viennent s’en approvisionner à Paris. On doit voir là évidemment une preuve de plus du goût français.
- Mais ce que l’on ne sait peut-être pas assez, c’est que cette industrie se perfectionne chaque jour et sait tirer un parti judicieux des recherches scientifiques qui ont fait éclore de nombreuses matières premières nouvelles, tel par exemple l’acétate de cellulose.
- Plusieurs de ces usines n’ont pas craint de s’adjoindre un laboratoire de recherches, des chimistes, grâce auxquels des essais nouveaux sont sans cesse pratiqués.
- Nous nous proposons dans le cadre restreint de cet article de donner une idée de cette fabrication
- 11. — 161.
- 54* Année. — 1" Semestre.
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- 162 LA FABRICATION MODERNE DES PERLES IMITATION
- intéressante à tous points de vue et dont la réalisation comporte plusieurs phases.
- D’une façon générale, l'imitation des perles est réalisée en partant de petites boules d’émail. Ces boules sont trempées dans du collodion à la nitrocel-lulose, lequel collodion contient en suspension de l’essence d’orient. Certains procédés d’irisation permettent ensuite de donner ci la perle ainsi obtenue un éclat particulier qui rappelle la perle vraie.
- I. Fabrication de la boule d’émail. — Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la sphère creuse de verre est en partie abandonnée maintenant, et la matière première de la fabrication de la perle est une boule d’émail.
- Pour obtenir ces boules d’émail, lesquelles doivent être naturellement percées de part en part pour permettre dans la suite l’enfilage du collier, plusieurs procédés sont utilisés.
- L’un des plus courants est le procédé dit «'à la main ». On chauffe un bâton d’émail au dard d’un chalumeau ; l’émail entre en fusion et on le dépose sur un fil de cuivre creux appelé « charnière », préalablement chauffé par le chalumeau, puis l’ouvrier imprime à la charnière, au moyen des doigts, un mouvement de rotation, afin de donner une forme sphérique à la perle encore en fusion. On procède ensuite au « dérochage » qui consiste à dissoudre fa charnière de cuivre dans de l’acide nitrique.
- line modification intéressante de ce procédé est mise en application depuis de longues années; elle consiste à se servir d’un fil plein en métal quelconque, trempé dans une pâte composée de kaolin et d’alumine ou d’autres matières inertes. Cette pâte a pour but d’empêcher la boule de verre d’adhérer au fil métallique, ce qui permet de détacher la perle sans procéder au dérochage à l’acide nitrique.
- On a utilisé aussi la fabrication au moule, réalisée au moyen d’une pince ; mais ce procédé a été reconnu pêu 'pratiquê a caiïsé des bavures qu’il"
- occasionne.
- Ces différents modes de fabrication sont lents et délicats ; de plus l’ouvrier ne peut placer sur une charnière que quelques perles d’une certaine grosseur, car la charnière, sous leur poids, se plie. Le procédé boursier remplace la main de l’ouvrier, qui imprime un mouvement de rotation à la charnière, par une machine produisant le même mouvement et permettant de remplir complètement la charnière tout en obtenant des perles plus régulièrement rondes.
- Le procédé Bonnet utilise également un fil lour-nant mécaniquement, mais enduit d’une prépara-ration à base d’alumine et de kaolin permettant ainsi d'éviter le dérochage.
- Enfin le procédé Jossand emploie aussi une machine automatique donnant seulement une seule grosseur de boule par machine.
- En résumé, comme on le voit, cette fabrication de la boule d’émail est actuellement très perfectionnée
- et elle en permet l’obtention rapide et mécanique .
- IL L’essence d’orient. —• Il faut tout d’abord savoir que l’essence d’orient ne s'écrit pas « essence d’Orient », comme beaucoup de personnes le croient. Ce produit ne vient pas en effet de l’Orient, et si on l’appelle ainsi c’est parce qu’il possède un éclat particulier, un « orient » qui rappelle celui delà nacre.
- Qu’est-ce donc que l’essence d’orient? On sait, depuis l’observation remarquable de Jacquin, que l’écaille d’ablette est tapissée d’un pigment blanc argenté : c’est en effet à Tablette commune, YAlbumus luci-dus, que théoriquement on s’adresse pour obtenir l’essence d’orient. Le pigment argenté qui recouvre lés écailles, débarrassé des matières organiques auxquelles il adhère, se résout en une multitude de paillettes aux reflets iridescents qui forment ce qu’on appelle l’essence d’orient.
- On estime à 4000 le nombre des poissons nécessaires pour fournir un kilogr. d’écailles. Dans ces conditions, nos pêcheries d’eau douce étaient absolument insuffisantes pour alimenter une industrie de ce genre. Aussi le marché des matières premières fut bientôt entre les mains des Allemands qui exploitaient en grand les pêcheries de la Prusse orientale et les lacs de Mazurie. .
- Il fallut donc chercher et se procurer ailleurs l’essence indispensable. Dans ce but on utilise avec succès la vessie natatoire f de l’Argentine (Aryen-tina Sphyræna), abondant en Méditerranée; les écailles de l’alose, du hareng, et même- de la sardine.
- Ainsi cette industrie, qui primitivement ne faisait appel qu’aux produits d’eau douce, a pris peu à peu une extension nouvelle et intéresse désormais les pêcheries maritimes grâce auxquelles nous devrions nous passer de l’étranger.
- Un nous signalait tout dernièrement que des Allemands s’occupaient activement d’acheter en Islande des écailles de harengs. Ces écailles sont tràittiés sur place cri vue de la préparation" d’essertee d’orient.
- Ici encore, l’outillage moderne, perfectionné à la faveur des recherches scientifiques, a permis une mise au point élégante et rapide de la préparation de ce produit.
- Pour séparer le pigment argenté, le procédé consiste à laver les écailles dans de l’eau ammoniacale. A la faveur de l’alcali le pigment argenté se sépare de la matière graisseuse à laquelle il adhère. Il suffit alors de passer le tout sur un tamis très fin. Le pigment argenté passe avec l’eau ammoniacale au travers du tamis, tandis que l’écaille séparée de ce pigment reste sur le tamis.
- Mais nous avons dit plus haut, qu’en vue de recouvrir les boules d’émail d’essence d’orient, cette dernière devait être incorporée à du collodion. Il est donc nécessaire de procéder lout d’abord à l'élimination de l’eau, et dans ce but on laissait autrefois déposer le pigment, puis le précipité ainsi obtenu était lavé plusieurs fois à l'eau, à l’alcool,
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- - LA FABRICATION MODERNE DES PERLES IMITATION
- big. 2. — La préparation de l'essence d’orient. \
- Après traitement des écailles d’ablette, le pigment blanc de ces dernières qui constitue l’essence d'orient est en suspension dans de l’eau.‘En vue d’éliminer cette eau, on soumet le mélange d’essence d’orient et d’eau à l’action d’une centrifugeuse.
- ensuite décanté soigneusement et enfin mélangé à du collodion. Ce procédé demandait des mois, car l’essence d’orient se dépose très lentement dans l’eau. La centrifugeuse permet actuellement la séparation très rapide de l’essence et de l’eau.
- Il y a cependant ici un point très délicat : l’essence d’orient doit être, nous l’avons dit, incorporée à du collodion. Or, on sait que le collodion ne peut supporter l’addition d’eau, même en traces faibles, sous peine de donner lieu à une précipitation de la nilrocellulose qui le constitue, sous peine aussi de donner naissance dans la suite à un enduit sans brillant par suite de la présence de cette eau. Il faut donc, avant toute incorporation au collodion, déshydrater convenablement l’essence d’orient. Ici l’imagination de pseudo-chimistes s’est donné libre cours pour breveter les procédés les plus hétéroclites de déshydratation.
- Assez récemment la question a été scientifiquement étudiée et mise au point par un chimiste et un biologiste éminent, M. Paul Fabre-Domergue, qui a consacré de longues années à l’étude de l’essence d’orient.
- Le procédé Fabre consiste à centrifuger l’essence d’orient, et à la mélanger ensuite à un sulfori-cinate alcalin. La pâte ainsi réalisée est soumise à une évaporation convenable jusqu’à sa parfaite déshydratation. En cet état elle donne par mélange avec le collodion une masse très homogène et d’un bel éclat nacré.
- III. Les vernis cellulosiques à la nitrocellulose et à l’acétate de cellulose. — Au début de la fabrication des perles on ne se servait pas de collodion.
- L’essence d’orient était incorporée à une solution de gélatine. On obtenait de ce fait un enduit peu résistant à l’eau !
- Un grand perfectionnement a consisté dans la suppression complète de la gélatine et dans l’obtention de perles résistant très bien à l’eau et même à l’eau chaude, grâce au remplacement de la gélatine par le collodion, c'est-à-dire par un vernis cellulosique.
- Sous le nom de vernis cellulosiques, on désigne aujourd’hui des vernis constitués par des dissolutions des éthers de la cellulose, tels que la nitrocellulose ou l’acétate de cellulose, dans des dissolvants organiques.
- On connaît et on utilise d’ailleurs depuis longtemps en thérapeutique une dissolution de nitrocellulose [dans un mélange d’alcool et d’éther, c’est le collodion.
- Mais des études, entreprises au cours de ces dernières années sur les vernis cellulosiques, ont permis de mettre sur pied de nombreuses préparations dont les utilisations ne se comptent plus. C’est à ces vernis que s’adresse l’industrie de la perle en vue de l’incorporation de l’essence d’orient.
- La nitrocellulose, en tant que base de vernis, présente l’avantage de donner une pellicule extrêmement cohérente et souple.
- Le choix judicieux des solvants décide de la valeur des vernis.
- Le plus souvent on utilise soit un mélange d’éther et d’alcool, soit de l’acétate d’amyle, soit de l’acétate de méthyle, soit encore un mélange
- Fig. 3. — Afin de pouvoir tremper les boules d’émail dans de l'essence d'orient, on les enfile sur de petites tiges métalliques.
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- complexe de différents solvants. Un heureux succédané de .la nicrocellulose a été plus tard l’acétate de cellulose. Le principe de l’utilisation de ce corps à la préparation des vernis est le même que celui de la nitrocellulose II faut noter cependant que les solvants de ces deux corps sont souvent différents. Cette propriété est mise à profit dans l’irisation comme nous le verrons plus loin.
- L’essence d’orient convenablement déshydratée est incorporée aux vernis cellulosiques judicieusement choisis. Ainsi par exemple, si l’on s’adresse à la nitrocellulose, on préparera le vernis suivant cette formule :
- Nitrocellulose ..... 10 g.
- Acétate d’amyle .... 90 —
- Essence d’orient .... quantité suffisante
- Si, au contraire, on s’adresse à l’acétate de cellulose, on pourra utiliser la formule ci-dessous :
- Acétate de cellulose. . . 10 gr.
- Alcool méthylique . . . 10 —
- Tétrachloréthane .... 90 —
- Essence d’orient .... quantité suffisante
- IV. Le trempage des perles. — Nous voici maintenant en possession des différents éléments qui permettront aisément l’obtention de belles perles : boules d'émail, essence, d’orient convenablement préparée et mélangée à un vernis cellulosique.
- Si nous enfilons une de ces boules d’émail sur une petite tige métallique et que nous la plongions dans un vase tenant en suspension l’essence d’orient, elle se couvrira de ce vernis et après l’évaporation du dissolvant, elle sera revêtue d’une jolie pellicule nacrée.
- Il est évident qu’en pratique on ne peut songer à tremper ainsi, une à une, les boules d’émail : le travail serait trop long. Généralement les sphères d’émail fixées sur de petites tiges métalliques sont piquées sur des disques de cire.
- TJne ouvrière saisit alors un de ces disques de la main droite et, ayant devant elle une cuvette plate contenant le vernis orienté, y plonge adroitement les sphères d’émail. Cette opération est assez délicate et demande une certaine expérience. Il est nécessaire d’extraire lentement et graduellement les boules d’émail du vernis sous peine d’entraîner en même temps que la boule un excès de vernis qui viendra ensuite couler le long de la tige métallique. Cet inconvénient n’est pas toujours facile à éviter, et il est souvent nécessaire d’enlever ensuite avec un pinceau habilement manié l’excès de vernis qui découle de chaque perle.
- L’opération que nous venons de décrire ne suffit d’ailleurs pas pour donner à la boule d’émail l’apparence de la perle. 11 est nécessaire, après dessiccation de la première couche, d’en appliquer une deuxième, une troisième, et même jusqu’à douze et treize couches suivant la qualité de la fabrication.
- Après l’application d’un certain nombre de couches, la boule d’émail s’est transformée en une jolie perle* Une ouvrière doit maintenant adroite-
- ment sectionner le « bec » ou la bavure de vernis qui existe à la base de la perle, et enlever la petite tige métallique. La perle est terminée, elle est prête à l’enfilage.
- Le procédé que nous venons de décrire est très employé; pourtant il a des inconvénients et surtout il ne permet pas un très grand rendement.
- On utilise parfois le procédé dit à « la corde » et, dans ce but, on emploie une machine comportant un barillet à axe horizontal entre les flasques duquel les boules d’émail sont disposées sur des fils tendus et mises en rotation par une commande appropriée. Des leviers à main permettent de faire tourner le barillet et de l’abaisser de façon que, chaque fois, une rangée de boules d’émail vienne plonger dans le bac à vernis. Ce procédé permet d’opérer le trempage très facilement et avec une grande rapidité.
- Il existe d’ailleurs différents modèles d'appareils permettant le trempage mécanique des perles.
- Un procédé plus moderne consiste à appliquer l’enduit nacrant par pulvérisation. Dans ce cas, les boules d’émail sont enfilées; on fixe ensuiLe d’une manière rigide, sur un cadre, un certain nombre de rangs de ces boules ainsi enfilées. Le vernis cellulosique contenant l’essence d’orient est projeté sur les boules au moyen d’un pulvérisateur d’un système quelconque de manière à recouvrir d’une façon régulière toute leur surface. En opérant ainsi, la composition nacrante est répartie d’une façon très régulière, sans excès et suivant l’épaisseur voulue.
- Y. L’irisation des perles. — La perle fabriquée par l’un des procédés que nous venons de décrire est constituée par une petite sphère nacrée, brillante, mais elle a un grave défaut, c’est de ne pas avoir les reflets irisés de la vraie perle.
- On sait qu’une pellicule suffisamment mince est irisée; tout le monde a remarqué ce phénomène, ne serait-ce qu’en observant les légères couches de pétrole qui stagnent dans la rue au-dessus d’une flaque d’eau. Or, les vernis cellulosiques se prêtent admirablement à la réalisation de ce phénomène. Une pellicule provenant de l’évaporation de dissolution d’éthers cellulosiques, dont la concentration est faible, est suffisamment mince pour montrer les magnifiques phénomènes interférentiels de l’irisation. Les colorations apparaissent lorsque la pellicule est appliquée sur un corps réflecteur : métal, verre.
- Depuis longtemps on a su mettre à profit cette intéressante propriété. C’est ainsi, par exemple, que les feuilles transparentes de gélatine, après avoir été bien nettoyées, puis trempées dans une solution de nitrocellulose, donnent par séchage de très belles irisations. La gélatine irisée est beaucoup employée dans l’industrie des paillettes pour robes.
- Ce procédé d’irisation a été judicieusement utilisé pour réaliser l’irisation de la perle préparée ainsi que nous l’avons expliqué précédemment. Une telle
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- perle est d’abord plongée dans une solution tiède de gélatine. Quand la couche de gélatine s’est solidifiée, on la rend brillante en la frottant avec une peau de chamois, puis on la trempe dans un vernis cellulosique. Après dessiccation de ce dernier, on voit apparaîlre de magnifiques rellets irisés.
- Mais cette couche irisée étant peu épaisse et très peu adhérente aussi, elle ne pourrait de ce fait supporter le contact de l’eau, ni l’effet de la transpiration ou du frottement; la perle serait immédiatement détériorée et perdrait son irisation. Pour remédier à cet inconvénient, on recouvre la couche irisée par un autre enduit de gélatine, et, après des-
- siccation de ce dernier, d’un vernis cellulosique.
- De ce fait, la couche irisée est théoriquement protégée. Eu réalité, le résultat obtenu est de peu de durée, car la couche de gélatine, essentiellement sensible à toute trace d’eau, ne tarde pas à se laisser pénétrer par l'humidité de l’air, et l’irisation disparaît assez rapidement.
- Les vernis à l’acétate de cellulose ont permis d’obvier partiellement à ce sérieux inconvénient.
- Une solution d’acétate de cellulose permet en effet d’arriver au même résultat que celui obtenu avec la gélatine, et présente l’avantage de donner une pellicule insoluble dans l’eau.
- Ce dernier procédé est souvent utilisé. Il a, par contre aussi, un sérieux inconvénient. Les pellicules de nitroccllulose et d’acétate de cellulose dont les solvants sont différents ont entre elles très peu d’adhérence. Il n’est, pas rare de voir des perles irisées se décortiquer d’elles-mêmes au bout de quelques mois, et presque toujours les pellicules irisées cèdent à une pression de l’ongle. On reproche, d’autre part, à ces perles ainsi irisées de faire trop la « tache de pétrole » et de dépasser ainsi le résultat qu’elles devraient atteindre : l’irisation douce et fondue de la perle vraie.
- En fait, s’il existe actuellement d’intéressants procédés d’irisation, il faut reconnaître [qu’il reste encore beaucoup à faire dans cette voie
- Fig. 5. — La fabrication des perles est extrêmement délicate et doit être constamment contrôlée au laboratoire, où d’autre part des recherches sont poursuivies pour perfectionner cette fabrication.
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- pour se rapprocher de la belle irisation naturelle de la perle vraie. Si la superposition de couches non miscibles produit, comme nous l’avons vu, de magnifiques reflets irisés, en fait, elle ne paraît pas devoir constituer un procédé de choix.
- Cette question de l’irisation qui ne laisse pas d’être passionnante pour bien des chercheurs n’a pas été sans susciter d’intéressantes recherches qui, jusqu’ici, ne sont pas sorties du domaine dn laboratoire. Il est probable que la solution pratique du problème de l’irisation n’est pas' dans la super-
- position de ces couches non miscibles comme nous l’avons décrite. Elle est peut-être beaucoup plus simple et se trouvera sans doute dans l’obtention d’une essence d’orient directement irisée. Le problème sera alors simplifié et le marché verrait bientôt apparaître des perles irisées d’un orient admirable, absolument dignes de rivaliser avec la perle naturelle. Ici encore le dernier mot est à la science, an travail, et viendra confirmer ce vieil adage : « Celui qui n’avance pas recule ».
- G. DijTîocher.
- Lq. Science en Famille,.
- LE CENTENAIRE DU LIEUTENANT BELLOT
- John Franklin, né le 16 avril 1786, était entré à l'àge de 14 ans dans la marine royale d’Angleterre. Cet humble début ne l’empêcha pas d’avancer rapidement. A la bataille de Trafalgar, le 21 octobre 1805, il était déjà officier, et se trouvait sur un vaisseau dont le nom est resté célèbre, le Belléro-phon.
- Plus tard, on le voit assister au bombardement de Copenhague, au siège de la Nouvelle-Orléans et prendre part à la guerre de l’Indépendance hellénique.
- Il fut aussi, pendant quelques années, gouverneur de La Tasmanie, où il laissa le souvenir d’un administrateur ferme et habile. C’est après avoir exercé ces hautes fonctions qu’il sollicita le commandement de l’expédition qui a rendu son nom célèbre et qui lui coûta la vie.
- Ce n’était pas la première fois qu’il explorait les régions boréales. En 1818, sous les ordres de Buchan, il avait navigué dans les eaux du Spilzberg et atteint la latitude 80° 34'. En 1819 et 1825, il reconnut le littoral nord du continent américain.
- En 1845, il aurait pu se juger trop âgé pour prendre part désormais à de telles expéditions, mais il n’en fit rien et, malgré ses cinquante-ûeuf ans, il insista pour être autorisé à rechercher de passage du Nord-Ouest. Deux navires, YÉrèbe ellsi Terreur, lui furent confiés. Ces bâtiments, peu d’années auparavant, avaient été mis sous le commandement de James Ross, qui avait atteint le 79® degré de latitude australe.
- Les deux premiers lieutenants de Franklin s’appelaient Crozier et Fitz-James. Ce dernier était spécialement chargé des observations magnétiques, dont l’importance, dans des régions si peu connues, était considérable. En totalité, les deux équipages se composaient de 158 hommes.
- Le 19 mai 1845, l’expédition sortit de la Tamise et fit voile vers le Nord. Au mois de juillet, elle se trouvait à l’ile groenlandaise de Disko, et c’est de là qu’étaient datées les dernières dépêches de Franklin qu’on reçut en Angleterre.
- Deux années s’écoulèrent, l’opinion publique s’émut. L’Amirauté envoya plusieurs expéditions chargées de retrouver, s’il était possible, les traces de Franklin. Des particuliers, Grinnell, de New-York; Peabody, de Londres, joignirent leurs efiorls à ceux du gouvernement anglais; enfin, et surtout, il ne faut pas oublier de dire que la noble compagne de Franklin, femme dont le dévouement conjugal a fait l’admiration du monde entier^), dépensa sa fortune pour armer des navires chargés, eux aussi, de missions analogues. On sait que Mac-Clintock, commandant un petit navire équipé aux frais de lady Franklin, réussit à découvrir le 6 mai 1859, les restes de quelques-uns des marins de Y Erèbe et de la Terreur. Il était visible que, comme jadis les naufragés de la Méduse, ils avaient été réduits, pour prolonger quelque peu leurs jours, à se faire anthropophages! Sir John Franklin, d’après les notes inscrites sur un calepin qu’on retrouva, était mort le 6 juin 1847.
- Les navigateurs français ayant exploré les mers polaires ne sont pas très nombreux et cela est regrettable, car les Anglo-Saxons n’âüfaient pu s’adjuger, sans aucune difficulté, comme ils l’ont fait, les régions qui avoisinent les deux pôles, si notre pavillon y avait paru plus souvent. Il y en a eu cependant quelques-uns, parmi lesquels nous citerons Groseillier, qui, chose étonnante, aux belles années de Colbert, ne put obtenir l’aide du gouvernement français pour réaliser ses plans et en fut réduit à se mettre am-’service de l’Angleterre. C’est
- 1. Franklin avait été marié deux fois et avait eu ce bonheur d’avoir successivement pour épouses deux femmes admirables. La première, Eleonor-Ann Porden, poétesse estimée, avait une instruction très étendue, et quand son mari partit pour son troisième voyage dans les mers arctiques, elle était gravement malade et sentait sa fin prochaine ; néanmoins elle l’encouragea à faire son devoir et lui remit un drapeau, qui fut celui de l’expédition, et qu elle avait confectionné de ses propres mains. Elle mourut le 22 février 1825. Franklin se remaria en 1828 avec Jane Griffith, fille d’un riche négociant. La seconde lady Franklin ne mourut, que le 8 juillet 1875, âgée de 85 ans et honorée du respect universel.
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- à lui que celle-ci doit ses premiers établissements sur les bords de la baie d’Hudson.
- Un siècle plus tard, nous trouvons le Toulousain Pagès, qui, en 1776, atteignit la latitude 81° 50' nord, dépassant la pointe septentrionale du Spitz-berg. '
- Bien des années après, un jeune marin français qui donnait les plus belles espérances, Jules de Blosseville, eut l’occasion de rencontrer Franklin dans le salon d’Arago, qui appréciait beaucoup la valeur scientifique de l’un comme de l’autre. Les conversations que Blosseville eut avec le navigateur anglais l’enthousiasmèrent; il voulut, lui aussi, explorer la vaste région, alors presque inconnue, qui entoure le pôle boréal, et, en 1855, chargé du commandement de la Lilloise, il partit de Dunkerque le 21 juillet. Le 6 août, il écrivait à son frère la dernière lettre qu’on ait reçue de lui. Bien qu’une expédition ait été organisée pour tâcher de le sauver (*), lui et ses compagnons, bien que les Chambres aient promis une somme de 100 000 fr. à celui qui ferait connaître son sort, on ne put jamais retrouver ses traces.
- Après la disparition de Franklin, un autre jeune officier français, René-Joseph Bellot, se distingua parmi ceux qui unirent leurs efforts pour tâcher de le sauver, si c’était possible, ou, du moins, tâcher de savoir où et dans quelles circonstances, il avait péri.
- Bellot était né à Paris le 18 mars 1826. Son père était un maréchal-ferrant qui, ayant trouvé du travail à Rochefort, alla s’y établir alors que son fils était encore un tout jeune enfant, si bien que celui-ci regarda toujours le port charentais comme sa véritable ville natale. Les circonstances favorisèrent le jeune René : on s’aperçut qu’il était doué d’une intelligence remarquable, et, grâce à la municipalité de Rochefort d’une part, à quelques généreux particuliers, d’une autre, il put faire ses études au collège. A 15 ans 1/2, il entrait à l’École Navale, et, quand il en sortit, ce fut avec un des premiers numéros.
- Après quelques embarquements où il acquit la pratique de son métier, il prit part, en 1845, à une campagne de guerre à Madagascar et s’y conduisit si brillamment qu’à 19 ans, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, cas très rare, assurément.
- Il navigua ensuite dans les mers océaniennes, et, en 1850, il obtint du marquis de Chasseloup-Laubat, alors ministre de la Marine, l’autorisation de se joindre à une des expéditions anglaises ayant pour but la recherche de Franklin.
- Il s’embarqua sur un très petit navire, qui ne jaugeait que 90 tonneaux, le Prince-Albert, que lady Franklin avait armé à ses frais, et que montait un équipage de 18 hommes. Le commandant du
- 1. La Commission scientifique du Nord fut eréée à cette occasion. Présidée par le chirurgien Paul Gaimard, elle compta parmi ses membres, Bravais, l.ottin, Xavier Marinier, etc.
- Prince-Albert, Kennedy, reconnut bientôt les hautes qualités de son lieutenant, si bien que plus tard, pour une autre expédition, il offrait à celui-ci la première place, se contentant de la seconde. Ils ne naviguèrent cependant plus ensemble ; mais ce trait, qui fait honneur au capitaine Kennedy, mérite d’être rapporté.
- De leur côté, les matelots anglais furent quelque peu étonnés, dans leurs préjugés nationaux, quand ils virent à l’œuvre le jeune officier français que sa petite taille n’empêchait pas de faire preuve d’une vigueur et d’une force de volonté surprenantes. Aussi, se piquaient-ils d’honneur pour ne pas se montrer inférieurs à lui et supporter tout aussi vaillamment les fatigues et les privations.
- Le 22 mai 1851, le Prince-Albert quitta le port d’Aberdeen ; le 10 juillet, il abordait à Uppernawick, colonie danoise sur la côte du Groenland. Là on fit l’acquisition d’un traîneau et de chiens, qui, dans ces contrées, servent de bêtes de somme. Le but immédiat qu’on se proposait était d’atteindre le port Léopold, où l’on savait qu’il se trouvait un dépôt de vivres.
- Le 9 septembre, Kennedy partit dans une chaloupe avec cinq hommes, pour faire une reconnaissance. Pendant plusieurs jours, on ne le revit pas. Bellot partit à sa recherche, et, après det> fatigues inouïes, il fut assez heureux pour le retrouver, le 21 octobre. Le 25, ils furent de retour à bord.
- L’hivernage fut très long; pendant 1 1 mois consécutifs, le Prince-Albert fut immobilisé dans les glaces. On ne resta d’ailleurs pas oisif à bord de la goélette. Le 5 mars 1852, Bellot prend la direction d'une expédition qui doit chercher si on peut trouver des traces de Franklin au voisinage du point où l’on est enchaîné par la rigueur de la saison. C’est seulement le 51 mai qu’on est de retour, après avoir enduré toutes les j misères imaginables. Sans l’énergie de Bellot, on n’aurait sans doute pu les supporter. Officier, il ne se bornait pas à commander, il prêchait d’exemple, et comme ses compagnons, il halait le canot sur la glace raboteuse. Quand on atteignit le Prince-Albert, tout le monde souffrait du scorbut, aussi bien ceux qui avaient, avec Bellot, quitté le navire, que ceux qui y étaient restés.
- Le 6 août, le navire put quitter sa prison, et le 7 octobre, on abordait en Angleterre. Bellot apprit alors que, depuis sept mois, il était lieutenant de vaisseau.
- Le 10 mai 1855, il se rembarquait sur le Phénix qui se proposait le même but que le Prince-Albert. Bellot ne devait pas revenir de cette nouvelle expédition. Le 12 août, accompagné de quatre matelots, il partait de l’île Beechey pour porter des dépêches de l’Amirauté au capitaine Belcher. Il y avait-plusieurs jours qu’ils étaient partis, lorsque la glace se rompit, et ils se virent, Bellot et deux hommes, emportés par une île flottante. La brise était forte, ils ne pouvaient que se laisser entraîner. Quelques ins-
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- Fig. i. — Le tombeau du lieutenant Bellot, à Roche]ort.
- tants après que l’officier avait dit à ses compagnons : « Avec la protection de Dieu, pas un cheveu ne tombera de notre tête », il ne pouvait résister à la violence du vent, qui le précipita dans la mer. Saisi par le froid, enveloppé d’épais vêtements, il ne put se sauver à la nage et disparut sous la glace. Ses compagnons d’infortune, dont il venait de s’éloigner, ne retrouvèrent que le bâton sur lequel il s’appuyait. Ce malheur arriva le 18 août 1853, à 6 heures 1/2 du matin.
- C’était une grande perte que faisait la France. En 1870, Bellot n’aurait pas encore eu -45 ans. À cette époque, assurément, il eût été capitaine de vaisseau, peut-être amiral, et eût rendu de grands services à la défense du pays. On ne peut non plus ne pas tenir compte de la gloire scientifique qu’il aurait acquise.
- Les hommages, du moins, n’ont pas manqué à sa mémoire : Rochefort lui a érigé une statue, et Paris a donné son nom à une de ses innombrables rues. On peut voir un monument élevé en son honneur au Musée de la Marine et les Anglais lui ont consacré un obélisque qui se voit à Greenwich, au voisinage de l’hôpital des marins invalides.
- Il est à noter qu’il avait su se faire aimer même des Esquimaux ('). Quand ils eurent connaissance de sa mort, ils le pleurèrent.
- On pourrait faire encore autre chose, et donner son nom à un navire de l’Mat.
- Lady Franklin, qui n’avait pas d’enfants, avait conçu une sorte de sentiment maternel pour Bellot. Elle le pleura comme si elle eût été sa mère : i « Généreuse nature, écrivait-elle, vaillant jeune j homme que j’aimais comme un fils et qui repré-j sentait si dignement parmi nous l’esprit chevale-i resque de ta patrie, tu n’es plus, hélas! Mais tu es mort chéri et admiré de tous, en héros, en chrétien! » Jusqu’à la fin de sa vie, elle lui conserva un pieux souvenir.
- Le journal de voyage de Bellot à été publié en 1854 et réimprimé en 1866. A présent, on ne le trouve plus en librairie, et cela est regrettable, la jeunesse pourrait y puiser d’utiles leçons (2).
- E. Doublet.
- 1. Ces hommes primitifs avaient parfaitement reconnu qu’il n’était pas de la même race que ses compagnons. Ne connaissant en fait d’hommes blancs, que les Anglais et les Américains, ils le classèrent parmi ces derniers.
- 2. Le nom de Bellot a été donné à un détroit qui se trouve à l'intersection du 72e degré de latitude et du 95e degré de longitude ouest compté à partir du méridien de Greenwich, et à un cap qui se trouve à peu près par le 82° degré de latitude et le 70e de longitude. Lady Franklin a fait ériger une stèle à sa mémoire sur l’ile Beechey.
- CHAUSSEES URBAINES MODERNES
- Dans la première partie de cet article, nous avons étudié, après les pavages, les revêtements agglomérés par pénétration.
- Diverses critiques sont faites à la méthode par pénétration ('): en premier lieu, le cylindrage ayant pour but la mise en place des matériaux ne peut s’effectuer qu’au moyen d’un rouleau compresseur d’un gros poids.
- En raison des dimensions des pierres, cette opération n’est pas sans coûter cher; de plus on est amené à les écraser en grande partie afin de garnir les vides avec des éclats ou du gravillon. Ceci a pour conséquence une diminution de résistance de la couche inférieure. Enfin la pratique révèle des fissures capillaires dans bon nombre de pierres; or, comme les
- 1. Voir La Nature, n°2700, 2 janvier 1926.
- fissures sont impénétrables au liant, il s’ensuit
- Fig. i. — Chaussée en larmacadam.
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- naturellement que le revêtement est insuffisamment mal lié.
- En résumé dans cette méthode, ou le macadam est très comprimé, donc écrasé, et alors le revêtement est peu durable, ou il est peu comprimé, et, dans ce cas, il nécessite sinon plus, du moins autant de liant que dans la méthode par mélange — que nous allons examiner, — ce qui fait que le revêtement est aussi plus coûteux, tout en étant cependant moins compact ou moins résistant.
- Revêtements agglomérés par mélange. — A la différence de la méthode précédente, la méthode par mélange permet d’assurer l’adhésion parfaite du liant avec la pierre, et de réaliser l’homogénéité de sa répartition dans la masse de la chaussée; elle donne un véritable béton pouvant être rigoureusement dosé, les liants pouvant être goudronneux, asphaltiques ou hydrauliques.
- a) Lianls goudronneux. — Lorsque le liant employé est le goudron, mêlé ou non de hrai, la chaussée ainsi faite est appelée tarmacadam (fig. 1 ), l’agrégat étant généralement formé en volumes de : 00 pour 100 au moins de pierres de 0 m. 05-0 m. 06, 50 pour 100 de pierrettes de 0 m. 05-0 m. 04 et 10 pour 100 de criblures de 0 m. 01-0 m. 02. Tous ces matériaux, bien cassés et bien calibrés, sont soigneusement séchés (fig. 5), puis enrobés de goudron chaud, Tune et l’autre de ces opérations au moyen de machines spéciales. Une fois enrobés, ils sont le plus souvent laissés en tas quelques semaines et employés froids, quand l’enduit qui les recouvre a pris une consistance presque solide et simplement collante (procédé suisse Aeberli dont nous avons parlé en son temps). Si, au contraire, les circonstances obligent que l’application des matériaux soit faite aussitôt après leur préparation, on opère à chaud, en employant l’agrégat immédiatement à sa sortie de machine, et dans ce cas le liant comporte du goudron (5 parties en poids) additionné de brai fl partie) de façon à constituer un liant à prise rapide.
- La couche de tarmacadam est étendue au plus
- Fig. 2. — Chaussée en béton asphalté.
- sur 0 m. 10 d’épaisseur et cylindrée avec un rouleau de 8 cà 12 tonnes, d’abord avec précaution, ensuite plus fortement. On répand, ensuite, une couche de criblures goudronnées qu’on cylindre énergiquement pour qu’elles s’incorporent fortement avec la croûte du tarmacadam; au-dessus, on étale une couche de sable goudronné sur laquelle on fait passer également le cylindre, afin de sceller la surface.
- Quelques jours après, on livre à la circulation la partie de chaussée exécutée ; enfin, au bout de 4 ou 5 semaines, on effectue par temps favorable un goudronnage superficiel sur lequel on jette à la volée des criblures, goudronnées ou non, et l’on fait passer une dernière fois le cylindre.
- Convient-il d’utiliser plutôt des matériaux durs (porphyre, quartzite, trapp, etc.) que des matériaux tendres (calcaires)? Les avis sont partagés , mais il nous paraît, avec M. Le Gavrian, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, que s’il s’agit d’une chaussée à circulation lourde, de quelque ampleur, les premiers s’imposent, à condition toutefois qu’on leur assure une cohésion aussi complète que possible.
- L’entretien d’une chaussée en tarmacadam est fort simple ; le cantonnier l’effectue selon la méthode « point à temps » et au moyen d’un petit outillage portatif qui lui permet de faire lui-même sur le tas le séchage, le chauffage et l’enrobage des petites quantités d’agrégat nécessaires à la réparation de Haches, craquelures, etc.
- D’autres systèmes se rattachent au tarmacadam : le teerbetonite dans lequel la pierre est mélangée à froid au goudron chaud; le iarvia X où le liant est à hase de goudron et de brai ; Yaztec dans lequel le goudron est additionné de bitume provenant de la distillation des pétroles asphaltiques ; le tarmac qui est un tarmacadam fait avec du laitier, etc.
- Utilisés en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis, ces sortes de revêtements, bien exécutés, ont donné de bons résultats; des applications en ont été faites en France.
- Fig. 3. —Sécheur-mélangeur type Ransome.
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- b) Liants asphaltiques. " — Ces revêtements d’origine anglaise ou américaine comportent des matériaux granuleux enrobés à chaud dans un liant d’asphalte (ou de bitume commercial) auquel est ajoutée une matière pulvérulente, « fdler » en anglais,
- « farine » en français, généralement de la poudre calcaire ou dolomitique finement blutée ou encore du ciment Portland. Selon le calibre des matériaux pierreux et sableux, et les dosages respectifs appliqués, on a un mortier (sheet asphalt) ou un béton asphaltique (asphaltic concrète).
- Mais dans l’un comme dans l’autre cas, la chaussée (fig. 2) comporte : 1° une fondation solide et parfaitement réglée en béton hydraulique ou en pierres convenablement solidarisées entre elles, ou enfin formée par une ancienne chaussée en macadam ordinaire ; 2U une couche de roulement en mortier ou en béton asphaltique; souvent, quand cette couche est en mortier, on interpose entre elle et la fondation une couche intermédiaire en vue de former tampon élastique, surtout si la voie est à circulation intense et lourde.
- La couche de roulement dans les revêtements à mortier asphaltique est exclusivement composée, avons-nous dit, d’un mélange d’asphalte et d’éléments fins : sable granuleux et farine. Tandis que le sable et le liant asphaltique sont chauffés séparément, la farine est seulemenl ajoutée au moment du mélange qui est opéré mécaniquement. La mixture, étendue à chaud, est soigneusement réglée comme épaisseur et densité; elle est ensuite comprimée avec des cylindres légers. Enfin la surface est saupoudrée avec de la poudre calcaire ou du ciment Portland.
- Quant au béton asphaltique, il peut être constitué par de gros ou de petits éléments pierreux, du sable et de la farine. Dans le premier type, ce béton, confectionné à chaud, est placé sur la fondation en une couche de 0 m. 05 d'épaisseur et cylindré de telle façon que la surface ne présente pas de vides vraiment appréciables. Souvent on complète par une couche de scellement de manière à rendre non seulement cette surface absolument imperméable, mais aussi pour protéger les pierrettes contre le contact direct des roues des voitures, contre les chocs et l’usure. Dans le second type, les pierres, à raison même de leurs petites dimensions et aussi de leur proportion moindre par rapport à celle des éléments
- fins, sont entièrement noyées dans la pâte que forment ces derniers avec le liant, pâte qui devient ainsi le principal élément de résistance de l’agglomérat. Fabriqué à chaud également, ce béton est répandu sur la fondation ou sur l’ancienne chaussée, et cylindré ; généralement on parachève la surface ainsi obtenue en la saupoudrant avec de la poudre calcaire ou du ciment Portland.
- Comme on le voit, ce dernier béton ne diffère pas beaucoup du mortier asphaltique. Au cours de ces dernières années, de nombreuses applications ont été faites en France, plus particulièrement à Paris, de ces revêtements, tels : le monolastic, mortier asphaltique dans lequel le liant est un pror duit dénommé « mexphalte » provenant de la disv tillation des pétroles de Mexique; le Trinidad, mortier ou béton asphaltique, selon la composition, et dont le liant est de l’asphalte de Trinidad fluxé avec des huiles provenant également de la distillation des
- pétroles ; le bi-tulühe, béton asphaltique avec liant provenant aussi de la Trinidad : le Wes-trumile - asphalt dans lequel les pierres et la farine (chaux et poudre) sont mélangées à froid à une émulsion d’asphalte de Trinidad associé à des produits résineux et ammoniacaux ; etc.
- Quel que soit le produit employé, la préparation d’un agglomérat asphaltique comporte les mêmes opérations que pour le tarmacadam : triage et mélange des matériaux suivant des dosages précis, séchage des matériaux, fusion du liant asphaltique et malaxage. Le séchage des matériaux et leur malaxage ,Ivec le liant (fondu à part) se pratiquent toujours dans des machines analogues à celles utilisées pour le tarmacadam ; cependant comme les chantiers de revêtements asphaltiques ont généralement plus d’importance que les chantiers de tarmacadam, ces machines sont le plus souvent de grandes dimensions et installées à poste fixe, pour des semaines ou des mois, dans un dépôt de matériaux ou de carrières.
- L’entretien des revêtements asphaltiques rappelle un peu celui des revêtements goudronnés, toutefois-il demande encore plus de soin.
- c) Liants hydrauliques. — Les chaussées en béton qui sont, jusqu’ici, après les pavages en granit ou en grès, les revêtements les plus robustes, doivent être constituées avec des matériaux durs, bien choisis (porphyre, Arapp, diorite) et exécutées,
- jFig. 4. — Machine lisseuse-pilonneuse et finisseuse système Lakewood.
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- Fig. 5. —- Appareil Vibrator en fonctionnement sur un revêtement en béton defcimcnt.
- quels que soient les procédés employés, avec un grand soin. Sur un pareil chantier, la fabrication du béton doit être opérée méthodiquement ; la qualité du ciment, sa durée de prise, le calibrage et la qualité des matériaux mis en œuvre, la quantité d’eau, le temps de gâchage du béton, sont autant de points importants devant faire l’objet d’une surveillance constante et bien comprise.
- Au début, on constituait le revêtement bétonné en deux épaisseurs ; la pratique a montré que la résistance à la flexion et aux déformations du revêtement ainsi composé était moindre que celle d’une unique couche de même épaisseur, mais parfaitement homogène; on donne donc à cette couche une épaisseur qui, selon la nature du sous-sol,'l’importance et la lourdeur de la circulation prévue, varie entre 0 m. 12 et 0 m. 25; cette épaisseur peut être uniforme sur toute la largeur de la chaussée, ce qui est le cas pour les voies urbaines, le sol étant réglé parallèlement au profd envisagé.
- Le mélange du béton s’effectue à la bétonnière et est porté au lieu de répandage, à la brouette ou en wagonnets, ou mieux encore au moyen d’une bétonnière munie d’un bras horizontal pivotant autour d’un axe vertical sur laquelle se déplace une benne portant la charge du béton sortant du malaxeur (fig. 5). Le béton étant versé sur le sol, que l’on a eu soin d’arroser, on l’étend et on le régale soigneusement au moyen d’une cerce, puis, on exerce une compression sur le béton, au moyen soit d’un rouleau léger, soit de pillettes pneumatiques. Enfin, on lisse le mortier qui a reflué à la surface au moyen de la taloche ou avec des balais très souples ou encore avec des courroies.
- Gomme la compression, même pratiquée avec un cylindre tandem à 2 roues sensiblement égales, est
- assez difficile à mener, si l'on veut qu’aucune dépression ni trace du rouleau ne se manifeste sur la surface, et comme le pilonnage ne réalise pas une homogénéité et une égalité suffisantes dans le tassement du béton et le reflux de la laitance, les Américains ont imaginé des appareils qui opèrent mécaniquement les trois opérations de réglage, de compression et de lissage de la surface, telle la machine Lakewood (fig. 4).
- Les quelques défauts reprochés aux chaussées en béton sont les suivants : interruption trop longue de la circulation durant leur exécution; production de fissures, causes de détérioration; difficulté du creusement des tranchées pour canalisations; enfin réparations malaisées et onéreuses. Il faut reconnaître que depuis les premières applications de ces revêtements, on est arrivé à diminuer les inconvénients, c’est-à-dire qu’on a pu diminuer considérablement l’interruption de circulation par l’emploi de ciments à durcissement rapide comme le ciment fondu et que le perfectionnement des joints longitudinaux permet d’exécuter une chaussée par demi-largeur, réduisant de cette façon les ennuis d'une interruption complète à ceux d’une interruption partielle. La difficulté des tranchées n’existe plus pour ainsi dire avec l’emploi des brise-béton à air comprimé. Quant aux réparations, grâce à l’emploi de ciment à durcissement rapide et à l’outillage pneumatique sus-indiqué, elles n’offrent que des difficultés comparables à celles des réparations des pavages en bois ou des revêtements asphaltiques.
- Par contre, on reconnaît aux chaussées bétonnées de ne pas être poussiéreuses et de présenter une surface très roulante qui, quoique unie, n’est pas glissante, même par temps humide; de même, elles ne craignent
- Fig. 6. — Chaussée en béton de ciment armé.
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- pas d’être établies sur un sous-sol humide. Leur durée utile est estimée à 15-20 ans; c’est la durée pendant laquelle les frais d’entretien sont inférieurs à l’amortissement du coût d’une chaussée neuve.
- Diverses variantes de chaussées en béton existent à l’heure actuelle et ne diffèrent entre elles que par le matériel employé ou la mise en œuvre : le Soli-didit, agglomérant cimentaire de constitution moléculaire définie, dont l'élément actif, dénommé « siligère », est à base de chaux, de silice et d'autres substances convenablement choisies ; le Rhotibénite, revêtement dans lequel une poudre composée de menues fibrilles de bois imprégnées d’un produit goudronneux est incorporée dans le béton de ciment afin de donner à celui-ci une certaine élasticité ; le Vibroliihic dans lequel le béton de ciment apres avoir été répandu et régalé, est saupoudré d’une couche de menues criblures de pierres que l’on recouvre avec des planches minces et flexibles. On fait rouler sur ce plancher un appareil à moteur à explosion déséquilibré, spécial, dit «vibrator» (fig.5), qui a pour objet, tout à la fois, de faire pénétrer les criblures dans la masse et de tasser le béton, etc.
- Quelques essais heureux ont été faits en France des revêtements bétonnés et aussi de l’emploi dü béton armé pour la confection de chaussées (fig. 6), établies sur un sol insuffisamment résistant ou soumises à un trafic très lourd où il ne serait pas possible de donner au béton une épaisseur suffisante.
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- L industrie de la tannerie a énormément évolué depuis une dizaine d’années. Elle est passée d’un empirisme souvent grossier à une technique'solidement appuyée sur des faits scientifiques. Autrefois l’art du tanneur consistait à utiliser pour le mieux, mais sans en rien modifier, les agents naturels. Il n’était pas le maître de la fabrication de son usine, et le cuir obtenu était souvent la conséquence de la qualité de l’eau employée. De nos jours, dans la tannerie moderne, rien n’est laissé au hasard. La théorie permet de prévoir l’influence des principaux facteurs entrant en jeu dans le tannage et donne les moyens de les combattre s’ils sont nuisibles, de les favoriser s’ils sont utiles. De grands progrès ont été réalisés dans la branche de la tannerie traitant les peaux par les tanins végétaux. Le point de départ a été la nécessité d’augmenter la rapidité de fabrication du cuir, nécessité causée et par la demande croissante du marché, et par l’impossibilité d’immobiliser longtemps de gros capitaux à cause de l’instabilité des cours. Ces progrès résultent de l’application à l’industrie des remarquables travaux sur la constitution des tanins, sur les fermentations des jus tannants, enfin et surtout sur les matières albuminoïdes dont les colloïdes sont
- TANIN VÉGÉTAL =r—-
- Comme armatures, on utilise des grillages en fil d’acier doux, le‘métal déployé, etc.; placées à peu près au milieu de l’épaisseur du revêtement, elles réalisent une distribution des charges sur une plus grande surface tout en s’opposant à l’effet de cisaillement.
- Nous croyons que pour nos voies urbaines à grand trafic le revêtement à retenir en premier lieu est celui en béton de ciment Portland, établi selon les dernières méthodes américaines. Pour les voies à moyen trafic, il ne peut donner aussi que de bons résultats, en raison de la facilité que l’on a d’utiliser comme agglomérants, dans les rechargements de chaussées macadamisées, soit le ciment, soit la chaux. De plus, la chaussée bétonnée présente sur certains revêtements asphaltiques ce grand avantage de ne pas exiger d’achats à l'étranger, puisque l’on peut trouver dans toutes nos régions le liant hydraulique nécessaire à sa construction.
- Cela ne veut pas dire toutefois que les autres revêtements dont nous avons indiqué les caractéristiques et les avantages ne puissent trouver aussi leur emploi. Le programme des travaux envisagés pour la meilleure adaptation du sol des voies urbaines à la circulation actuelle est, d’ailleurs, assez vaste, pour que l’on puisse recourir à l’un ou à l’autre de ces revêtements quand il apparaîtra à l’architecte-voyer qu’il répond le mieux au but à réaliser.
- M. Bousquet.
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- le chapitre capital. Nous allons décrire les pratiques actuelles du tannage végétal limitées à l’obtention du cuir pour sellerie et du cuir à semelles et à courroies.
- Il y a trois étapes dans la fabrication du cuir. Elles aboutissent successivement à l’obtention de la peau en tripe, du cuir en croûte, du cuir marchand. On désigne respectivement ces trois stades sous les dénominations de travail de rivière, tannage proprement dit, corroyage. Nous ne décrirons que les deux premiers, le troisième sortant trop du sujet traité.
- Le travail de rivière est ainsi appelé en souvenir de ce que les opérations qu’il comporte se faisaient dans les anciennes tanneries sur la berge même d’une rivière. L’eau joue en effet un grand rôle en tannerie et jusqu’au xxe siècle, il était de règle pour un tanneur d’installer son usine sur la rive même ou du moins à proximité d’un fleuve. La première opération du travail de rivière est le reverdissage (fig. 1). Les peaux arrivent à la tannerie sous la forme de peaux en poils. Ces peaux ont été préservées de la putréfaction par un salage énergique. Elles sont de plus souillées de sang ou d’autres substances organiques ou minérales. Le reverdis-
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- sage consiste en un nettoyage aussi parfait que possible de la peau en poils. Ce nettoyage se fait par l’eau courante. Il est pratiqué dans des lavoirs rectangulaires en ciment, munis de crochets sur leurs bords.
- Les peaux sont suspendues verticalement ; l’eau ne tarde pas à entraîner ou dissoudre les impuretés. On laisse ensuite séjourner les peaux dans les lavoirs, et pour hâter le reverdissage, on additionne l’eau de sulfure de sodium à raison de 2 kg par mètre cube d’eau, de soude caustique à la dose de 1 pour 1000, ou encore d’acide sulfureux. Il est à remarquer que dès le reverdissage les peaux commencent à gonfler ; on sait quel rôle joue le gonflement dans le tannage.
- Après le reverdissage vient l’épi-lage ou ébourrage. Il consiste à séparer du derme l’épiderme et ses productions épidermiques. Il y a
- plusieurs procédés d’épilage ; nous ne mentionnerons que les deux plus importants : l’échaufle et le pelanage.
- Dans l’épilage à l'échauffe, on fait subir aux peaux un commencement de putréfaction.
- La couche muqueuse de Malpighi qui est constituée par les cellules vivantes de l’épiderme se décompose. On peut alors facilement séparer les poils et la couche cornée du derme. Le point délicat est d’arrêter l’action des micro-organismes quidé ter minent la putréfaction juste au moment où la couche de-Malpighi est détruite. Ce procédé d’épilage s’emploie pour les cuirs forts pour semelles. Il se pratique généralement dans une pièce voûtée et fermée appelée pendoir (fig. 2), dans laquelle on peut introduire de la vapeur. Les peaux sont disposées pliées par le milieu sur une galerie parallèle aux murs. Il y a de nombreuses variantes cà ce mode opératoire, toutes tendant à améliorer le contrôle de marche de l’opération.
- Un autre procédé d’épilage très employé dans le traitement des grosses peaux est le pelanage ou épilage à la chaux. L’action alcaline de la chaux combinée avec l’activité de bactéries contenues dans
- Fig. 2. — Le pendoir.
- Fig. i. — Cuves de reverdissage.
- la peau, a pour effet de détruire rapidement la couche de Malpighi et les productions épidermiques. I)e plus la chaux accentue le gonflement des fibres dermiques et saponifie les graisses qui dans le cas particulier des peaux de mouton, sont un véritable obstacle à un bon tannage. Le pelanage se pratique dans des cuves en ciment appelées pe-lains, dans lesquelles les peaux sont suspendues verticalement. Ges cuves sont munies à leur partie inférieure d’un agitateur à ailettes. Les peaux passent d’abord dans un lait de chaux d’un pelain épuisé ; on les plonge ensuite dans un pelain ayant moins servi que le précédent ; on termine enfin par un lait de chaux n’ayant pas encore été utilisé. Le seul inconvénient du pelanage résulte de l’action solubilisatrice de la chaux sur la coriine et sur les fibres. On obvie partiellement à cette perte en poids delà peau en abrégeant l’opération par l’adjonction de sulfure de sodium ou d’arsenic.
- L’épilage à réchauffe et le pelanage sont complétés par l’ébourrage proprement dit. La séparation delà peau et des poils ne se produit que grâce à une
- Fig. 3. — Machine à épiler,
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- intervention mécanique. Les machines employées, comme beaucoup de celles utilisées dans le corroyage, sont constituées par une courroie de cuir sans lin sur laquelle sont disposées une série de palettes (fig. 5). Une table mobile sur rails permet de présenter la peau à l’action des outils. Le poil est éliminé, après arrachement, par un courant d’eau.
- On procède ensuite à l’écharnage. Cette opération consiste, comme son nom l’indique, dans l’élimination des chairs qui adhèrent encore à la surface des peaux. On effectue l’écharnage grâce à des machines composées essentiellement d’un cylindre à spires hélicoïdales constituées par des couteaux en acier. Il est quelquefois nécessaire de faire suivre l’écharnage d’un dégraissage. On utilise de nos jours le dégraissage à l’essence de pétrole. Les peaux sont suspendues dans un autoclave dans lequel on injecte de l'essence de pétrole. Celle-ci est ensuite distillée et sert à une opération ultérieure.
- La dernière opération du travail de rivière consiste dans le déchaulage (lig. 4). Il se pratique dans des lavoirs rectangulaires en ciment. Cette opération a pris une importance très grande dans la tannerie moderne. Les peaux sont appelées à subir brutalement l’action de jus tannants concentrés. Il faut qu’elles soient placées dans les meilleures conditions pour que cette action leur soit profitable. Aucune trace de chaux ne doit subsister, toule substance étrangère doit être éliminée, un certain gonflement doit être obtenu. Un déchaulage bien conduit doit aboutir à ce triple résultat. On emploie en général, pour arriver à ce but, des acides organiques qui forment des sels avec la chaux et qui en tant qu’électrolytes favorisent le gonflement du colloïde peau. Les plus utilisés sont l’acide lactique, l’acide formique et l’acide butyrique. L’acide lactique est employé dans le cas de fabrication des cuirs souples, l’acide formique dans le cas des cuirs durs. Dans le cas des cuirs employés en maroquinerie on utilise, pour le déchaulage, des confits ayant pour effet de relâcher les fibres dermiques, d’amollir la peau, de lui donner la minceur, la flexibilité et l’élasticité voulue. Le tannage se fait ensuite au chrome.
- Nous sommes maintenant en présence de la peau en tripe prête à subir l’action du tanin. Autrefois le tannage se faisait en une longue série d’opérations délicates : hasserie, refaisage, mise en fosse. Le résultat final n’était obtenu pour les cuirs à semelles qu’après un lent travail de 18 mois, travail qui, par sa durée et sa minutie, exigeait une surveillance assez étroite et comportait de grands aléas. Le même résultat peut être obtenu actuellement en 15 jours, et le produit final répond mieux aux exigences du commerce. Cette révolution dans la tannerie est due, comme nous le disions dans un précédent article, à l’emploi des extraits tannants. Mais il n’y a pas de règles fixes pour cet emploi, et la pratique aussi bien que la durée du tannage
- varient dans de très grandes limites d’une usine à l’autre. Yoici comment on procède habituellement : l’installation comporte une douzaine de cuves rectangulaires en ciment, placées à côté les unes des autres et dont le niveau affleure le plancher de l’usine, ceci dans le but de faciliter les manipulations.
- Les peaux sont suspendues verticalement dans ces cuves. On observe les deux principes suivants : chaque cuve doit recevoir des solutions d’extrait : 1° de moins en moins acides ; 2° de plus .en plus riches en tanin ; et cela jusqu’au tannage complet. Or, l’acidité d’un jus tannant est le résultat de la fermentation des hydrates de carbone qu’il contient, sous l’influence de levures et de bactéries spéciales. Cette fermentation est d’autant plus avancée et par suite l’acidité d’autant plus grande que le jus tannant a été déjà d’autant plus utilisé. On effectuera donc un tannage méthodique en alimentant, grâce à un système de tuyauteries convenable, chaque cuve avec le contenu de la cuve venant immédiatement avant dans la série des opérations. Les jus tannants arrivent donc sur des peaux de moins en moins riches en tanin au fur et à mesure qu’ils s’affaiblissent. On termine par une solution neuve et l’on se débarrasse du jus le plus usé.
- Les solutions tannantes employées ordinairement sont des mélanges d’extraits de châtaignier et de québracho. C’est, en somme, modifiée et simpli-
- Pig. 4 — Lavoirs pour le déchaulage.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES .........= 175
- fiée, ce que l’on désignait autrefois sous le nom de basserie.
- A la sortie de la basserie, le tannage est achevé, mais on a coutume de procéder à un travail mécanique en présence d’extraits tannants. Ce travail permet à la peau de fixer une nouvelle quantité de tanin ; le rendement en cuir se trouve de ce fait augmenté. On opère dans des tonneaux-foulons. Ce sont des cylindres horizontaux en bois, animés d’un mouvement de rotation autour de leur axe. Ils sont munis d'une porte à charnières par laquelle on introduit les cuirs provenant de basserie, en même temps qu’une quantité d’extrait convenable.
- Après 24 heures de foulonnage, on retire les peaux qui sont alors désignées sous le nom de cuirs en croûte, et „ on les achemine vers le séchoir.
- La sèche des cuirs est une opération très simple, mais pourtant très importante. Elle complète et achève l'action des extraits tannants. Pendant la sèche, les cuirs fixent l’oxygène de l’air : par suite de cette oxydation, il y a augmentation de la quantité de tanin comlainé à la fibre dermique. La sèche des cuirs s’effectue dans une grande pièce convenablement éclairée et aérée (fig. 5). Chaque cuir est fixé à un arc de cercle en bois et ces arcs sont suspendus par des crochets aux poutres du plafond. La température doit varier le moins possible et doit être maintenue dans les environs de 20°.
- Il ne reste plus qu’à transformer les cuirs en croûte en cuirs marchands. Les opérations que
- nécessite une telle transformation (sont désignées sous le nom de corroyage. L’emploi de certains cuirs exigent de plus des qualités spéciales qui sont obtenues grâce aux « nourritures ». Les nourritures consistent en l’adjonction aux cuirs, dans certaines conditions, de graisse et particulièrement de suif, ceci dans le but d’augmenter leur souplesse et de les empêcher d’être hygrométriques. Enfin, s’il y a lieu, on procède à la teinture. Nous ne décrirons pas tout ce dernier stade de la fabrication du cuir qui n’entre pas dans le cadre de cet article.
- La grande simplicité actuelle du tannage végétal résulte de l’emploi des extraits tannants. Des simplifications plus grandes seront encore apportées aux pratiques en vigueur. Les découvertes futures sur les colloïdes et sur les albuminoïdes auront leur retentissement immédiat en tannerie. Les recherches sur la constitution des tanins aboutiront sûrement à mettre au point une théorie définitive du tannage.
- Mais l’avenir de la tannerie réside dans la synthèse, consécration et couronnement des travaux de toutes les branches de la chimie.
- La fabrication industrielle du tanin synthétique et son utilisation rationnelle ^joueront dans la tannerie future un rôle rénovateur analogue à celui qu’ont joué, lors de leur apparition, les extraits tannants (1).
- Pierre Labadie.
- Ingénieur-Chimiste.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article ont été prises par M. Carlos à la Tannerie bordelaise.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Fig. 5. — La sèche des cuirs.
- Séances de décembre 1925.
- La rhamnodiaslase. — Dans une nouvelle note relative au Rhamnus infedona L., WM. M. Bridclct Charaux reviennent sur le mode de préparation du ferment déjà signalé sous les noms de rliamnase on de rhamninase qu’ils indiqueront dorénavant sous le terme rluunno-diastase. Us indiquent l’intérêt qu’il y a à ne pas suivre, les mêmes opérations que dans l’extraction de l’émulsine des amandes et rappellent que la diaslase en question leur l
- semble une source de plusieurs ferments dont l’action très étendue s’exerce plutôt sur certains glucosides dom nanl par dédoublement, en présence d’acides minéraux étendus, plusieurs molécules de glucose parmi lesquelles on a déjà signalé le glucose, le rhamnose, le galactose et le xylose. L’hydrolyse n’est d’ailleurs que partielle, les molécules d’hydrates de carbone restant combinées sous forme de glucides complexes. Paul B.
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- Fig. i. — Transport de 20 tonnes de bois, sur la neige, à l’aide du Snow Motor.
- UNE RÉVÉLATION DANS LES TRANSPORTS SUR NEIGE
- Le problème des transports mécaniques dans les pays neigeux est resté, malgré les progrès frappants réalisés au cours du dernier quart de siècle par les transports automobiles, sans aucune solution. Les régions couvertes de neige épaisse en hiver suspendaient presque en entier l’activité et pour ainsi dire la vie. De nombreuses industries connaissent les difficultés résultant de l’absence de moyens mécaniques pour le transport du matériel, des ouvriers, etc.
- Voici cependant une solution et qui semble bien être définitive. Elle vient d’Amérique où la neige provoque, en hiver, un ralentissement très profond de l’activité.
- Les photographies que nous reproduisons nous ont été communiquées par la Revue Pétrolifère; elles montrent que c’est une machine simple, composée de deux cylindres en forme de cigares, le long desquels court un mince filet d'acier en spirale.
- Le volume de ces deux cylindres fait porter l’appareil à la surface de la couche de neige, quelle que soit son épaisseur. Le mouvement est' imprimé par un moteur d’automobile' quelconque qui se pose sur un cadre. Il est combiné de façon à pouvoir faire tourner les cylindres soit dans lemême sens, soiten sens opposé, soitenfinàleur communiquer unmouve-mentindépendant, de sorte que la manœuvre à droite ou à gauche, en avant ou en arrière, est des plus simples.
- Des essais viennent d’être faits sur la Jungfrau, où, pendant des journées entières, l’appareil a évolué devant des experts des chemins de fer,
- des délégués militaires, des compagnies touristiques, etc.
- L’appareil peut se transformer en voiture de tourisme par l’adjonction d’une carrosserie ordinaire, ou en tracteur industriel, voire militaire, etc.
- Une de nos photographies représente un train de bois pesant 20 tonnes et que le tracteur a très facilement remorqué à la vitesse de 50 km. à l'heure.
- Le problème étant résolu, il est à prévoir que l’activité, pendant l’hiver, augmentera dans les pays de grandes neiges : Pologne, Roumanie, Russie', Etats-Unis, Canada, Alaska, etc.
- Le matériel et les hommes pourront désormais et grâce à cette invention, traverser à grande vitesse les champs recouverts de neige, grimper les montagnes, 'descendre dans les vallées, à l’aide de moyens mécaniques.
- I. L.
- big. 2. — L’appareil Snow Motor à l’essai sur la Jungfrau.
- Imprimerie I.aiiuihî, 9, îuc de Irieurus, Pari?. — 1926.
- Le Gérant : P. Massok.
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- N° 2711
- SOMMAIRE :
- La pisciculture dans lelac Léman; Léon Bertin.— Une révolution dans l’imprimerie : Jacques Boyer. Les câbles à haute tension ; Auguste Pawlowsky.
- Le Laboratoire d'agronomie coloniale vient d’être reconstruit : J. de la Cerisaie.
- Académie des sciences : Paul B. — Les sondages aérologiques.
- SUPPLÉMENT:
- Informations.: Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. —- Nouveautés en T. S. F. Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. LE NUMÉRO S France ' • • • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandjer
- MASSON et C'*, Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VIe (7^. C. : Seine 15.234)
- PRIX D’ABONNEMENT ANNUEL
- après mise en vigueur des nouveaux tarifs postaux.
- France et Colonies.............................................................
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- Le tarif extérieur n° 1 est applicable aux pays suivants : Allemagne, Argentine, Aul/iche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Espagne, Eslhonie, Etats-Unis d’Amérique, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et ses colonies, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Paraguay, Perse, Pologne, Po> tugal et ses colonies, Roumanie, Russie (Z7. R. S. S.), Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Uruguay.
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- LA NATURE. — N” 2711. :...............-.—.......
- LA PISCICULTURE DANS LE LAC LÉMAN
- 20 MARS 1920
- Cet article est le complément de celui que nous avons publié dans La Nature (n° 2698), en décembre dernier, sur les poissons et la pêche dans le lac Léman.
- Rappelons que ce lac, qui était peuplé jadis principalement de Salmonidés, c’est-à-dire de poissons fins comme les truites, les ombles-chevaliers et les corégones, tend à devenir un lac à poissons vulgaires et de moindre valeur marchande (perches, ablettes, gardons, etc.). « Il semble que l’état biologique du Léman passe par une crise et qu’il s’y produise une rupture d’équilibre entre les différentes espèces de poissons (1). » La situation est, sinon désespérée, du moins fort inquiétante. En 1897, les Salmonidés constituaient en poids 85 pour 100 du total des captures, dont ils ne représentent plus aujourd’hui que les 12 ou les 15 pour 100. Pour certaines espèces, telles que les corégones, la chute est même plus accentuée et le pourcentage passe de 68 pour 100 en 1897 à 1,5 pour 100 en 1921.
- À quelles causes attribuer ce grand changement dans la population ichthyologique du Léman? Les pêcheurs, bien entendu, accusent la maladie qui sévirait sur certaines espèces ; ou bien ils prétendent que les corégones disparaissent faute d’une nourriture suffisante. En fait, rien de tel n’a jamais été constaté. Le seul coupable paraît être le pêcheur
- 1, KiiErniA.\NN, La pèche et la pisciculture en Suisse et dans - VItalie du Nord (Compte rendu d’une mission d’enquête piscicole), Paris, 1927).
- Fig. r. — Truites des lacs. (Salmo trutta, var. lacustris.)
- Poissons de liaut-lac appartenant à la famille des Salmonidés. Elles sont plus grandes (jusqu’à i mètre) et de pigmentation plus uniforme que les truites ordinaires.
- lui-même, qui a fait, il y a dix ou vingt ans, des hécatombes formidables de Salmonidés.
- Ne nous attardons pas, d’ailleurs, à la recherche vaine d’une culpabilité toujours discutable et occupons-nous plutôt des remèdes propres à enrayer le mal en question.
- Un seul doit être retenu : c’est le repeuplement du lac à l’aide- d’œufs embryonnés et d’alevins obtenus dans des établissements de pisciculture.
- Nous sommes donc conduits à exposer sommairement les méthodes générales de la pisciculture, puis à dire en quoi consiste le repeuplement particulier du lac Léman.
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- Pisciculture des Truites et des Ombles-chevaliers. — Les truites ne se reproduisent pas dans le lac Léman, mais émigrent, à l’époque de la fraie, dans les rivières affluen-tes dont elles remontent le cours le plus haut possible. Au contraire les ombles-chevaliers ont leurs frayè-res dans les eaux du lac, en des endroits déterminés, dont le fond caillouteux ou rocheux est suffisamment profond pour que la température y reste toujours basse et voisine de 6° C.
- À l’état de nature, les œufs pondus par les femelles sont fécondés en pleine eau par la laitance des males et sont ensuite abandonnés à eux-mêmes pendant toute la durée de l’incubation. On conçoit, que le plus grand nombre d’entre eux devienne la proie des poissons voraces et notamment des lottes et des per-12 - 177
- Fig. 2. — Fécondation artificielle de la Truite à F établissement de pisciculture de Thonon.
- Un des pisciculteurs fait jaillir la laitance d’une Truite mâle et la déverse sur des œufs déjà recueillis dans une passoire
- (Cliché de l’Administration des Eaux et Forêts.)
- 54' Année. — i" Semestre.
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- ches. Une truite pond de 1500 à 2000 œufs par kilogramme de son poids. Un omble-chevalier pond de même des milliers d’œufs. Qu’en reste-t-il, toutefois, à l’cpoque de l’éclosion? à peine quelques centaines, plutôt même quelques dizaines.
- C’est en constatant un tel gaspillage que l'homme a songé de longue date à incuber lui-même les œufs des poissons et à les soustraire de la sorte à toutes les causes de destruction auxquelles ils sont soumis. Ainsi la pisciculture de repeuplement a pris naissance. Elle comprend trois opérations successives : 1° la fécondation ; 2° l’incubation; 5” l’alevinage ou élevage des jeunes poissons pendant les premières semaines de leur vie libre.
- 1° Fécondation. — La méthode employée couramment est appelée à tort « fécondation artificielle ». Il vaudrait mieux dire fécondation artificiellement provoquée. On sait que les femelles mûres ont un ventre énorme, ballonné, d’où les œufs peuvent sortir à la moindre pression. Les mâles oiïrent la même particularité, avec cette différence que leur abdomen, un peu moins volumineux, laisse sourdre un liquide crémeux qui est la laitance.
- Il suffit donc de saisir adroitement, d’abord une femelle, puis un mâle, et de leur presser le ventre au-dessus d’un récipient, pour obtenir le mélange d’œufs et de laitance propice à la fécondation.
- On a reconnu qu’il est préférable d'agir à sec, suivant la méthode russe. La présence d’eau, ce qui peut sembler paradoxal, nuit en quelque mesure à l’opération. f
- Les figures 2, 4 et 8 représentent la fécondation artificielle de la truite à l’Etablissement domanial de pisciculture de Thonon (llautç-Savoie), celle de l'omble-chevalier sur le lac Léman^et celle du lavaret sur le lac du Bourget. On peut apercevoir le jet de laitance qui sort de l’abdomen des poissons.
- 2° Incubation. — 11 faut des nids pour les œufs en incubation, puis des berceaux à l’usage des alevins. Nids et berceaux doivent répondre très exactement aux besoins de l’espèce considérée.
- Pour les œufs qui n’ont pas besoin d’une agitation incessante, — comme c’est le cas pour les œufs de truites et d’ombles-chevaliers, — les
- appareils incubateurs consistent généralement en claies faites de baguettes de verre parallèles. On les immerge dans des auges en ciment (fig. 5) où l’eau circule et se renouvelle nuit et jour, mais sans être capable de soulever les œufs ni de les déplacer. Chacune des 15 auges que possède l’établissement de pisciculture de Thonon mesure 7 mètres de longueur sur 0 m. 80 de large et 0 m. 15 de profondeur. Il peut y tenir, côte à côte, une dizaine de claies où prennent place environ 20000 œufs de truites ou d’ombles.
- Les claies ne sont pas posées tout à fait sur le fond de l’auge, mais maintenues aune certaine hauteur par le moyen de petits pieds dont elles sont pourvues ou d’un rebord qui règne sur tout le
- pourtour de l’auge. Ainsi l’eau baigne aisément les œufs et assure leur nettoyage automatique. Bien entendu, des soins sont cependant nécessaires. Les pisciculteurs doivent chaque jour visiter leurs claies et enlever, avec une pipette, les œufs morts reconnaissables à leur opacité. Des maladies peuvent aussi survenir ou des moisissures se développer à la surface des œufs. Une surveillance continuelle permet seule de réduire ces accidents au minimum. Il a été reconnu que les moisissures apparaissent moins fréquemment à l’obscurité qu’à la lumière; c’est pour cela que les auges sont recouvertes, pendant toute la période où elles fonctionnent, par des couvercles en bois, visibles sur la figure 5.
- La question de l’eau n’est pas indifférente, cela va sans dire, au cours de l’incubation. Les Salmonidés exigent une eau limpide, fraîche et très aérée. Toute cette eau est fournie par une rivière voisine ou par un torrent de montagne. Ainsi, à Sarrebourg, les établissements trutticoles, si remarquables à tous points de vue, sont alimentés par un affluent de la Sarre qui débite quotidiennement de 25 à 50 000 mètres cubes d’eau. La Sarre rouge descend du Donon, ce qui explique que son eau soit à la fois pure et froide, conditions nécessaires à l’élevage des truites. Les bacs d’incubation reçoivent même une double alimentation, l’une d’eau de source, l’autre d’eau de rivière, à des'- températures différentes. L’exploitant peut ainsi, à sa volonté, modifier la température de l’eau mixte destinée aux œufs et aux alevins.
- Fig. 3. — Une des salles d’incubation à Vétablissement de pisciculture de Thonon.
- On aperçoit les sept auges en ciment et briques où sont posées les claies servant à l'incubation des œufs de truites et d’ombles. Des claies et des récipients pour le transport des alevins sont visibles à gauche.
- (Cliché de l’Administration des Eaux et Forêts.)
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- 5° Alevinage. — Sans insister plus longuement sur la technique de l’incubation, supposons que les embryons soient éclos et proposons-nous de nous rendre compte de la valeur des méthodes employées. H suffit de calculer le rapport entre le nombre des alevins obtenus et celui des œufs mis en incubation pour avoir ce qu’on appelle le rendement de l’élevage. Il peut monter à 95 pour 100 dans une exploitation modèle ou descendre à 75 pour 100, 50 pour 100, 50 pour 100 même lorsqu’un vice de manutention est venu troubler le bon fonctionnement des appareils.
- Les alevins peuvent séjourner pendant plusieurs semaines dans les auges dont on a eu soin de retirer les claies devenues inutiles. Ces alevins
- ques centimètres de longueur et sont devenus très agiles. C’est alors que le fretin est transporté dans les bassins de plein air que représente la figure 2. Les grands établissements de pisciculture possèdent même des étangs d’élevage dont la superficie varie d’un demi-hectare à plusieurs hectares, et la profondeur, de 50 centimètres à 2 mètres. Diverses dispositions pratiques, à l’entrée et à la sortie de l’eau, empêchent la fuite des élèves. En Suisse sont assez fréquemment utilisés des étangs tout en longueur et même de vérilabiés canaux qu’il est très facile de metlre à sec.
- Dans les bassins et les étangs de pisciculture, l’alimentation des sujets a une double origine. L’éleveur continue à distribuer les hachis de viande.
- Fig. 4. — Pêche et jécondalion artificielle des ombles-chevaliers sur le lac Léman. (Cliché de l’Administration des Eaux et Forêts.)
- n’exigent d’abord aucun autre soin que ceux de propreté; leur vésicule vitelline suffit à les nourrir. Mais plus tard, après consommation totale des réserves de l’œuf, se pose le terrible problème de l’alimentation artificielle des sujets. Le mieux serait de leur offrir de petites proies vivantes et notamment les daphnies, les larves d’insectes, les vermisseaux dont ils se nourrissent à l’état de nature. Mais à défaut de pouvoir se procurer toujours et en assez grande quantité les bestioles en question, le pisciculteur donne à ses élèves diverses substances que l’on peut réduire en fine bouillie : rate de bœuf, cervelles, jaunes d’œufs durcis, etc.
- Au bout de quelque temps peuvent être utilisés des mets moins coûteux et plus grossiers, tels que-déchets d’abattoirs et. de poissonneries La seule précaution à prendre, afin d’éviter les épidémies toujours redoutables, est de faire bouillir ces aliments avant de les réduire en pulpe.
- 4° Elevage proprement dit. — Les auges d’incubation deviennent bientôt insuffisantes pour contenir les jeunes poissons qui ont maintenant quel-
- Mais en outre existe un aliment naturel constitué par les animalcules qui se développent spontanément parmi les végétaux aquatiques.
- Deux catégories de poissons, avons-nous dit, les truites et les ombles-chevaliers, s’élèvent suivant les méthodes décrites ci-dessus. Demandons-nous, maintenant, ce qui’ a été tenté à leur égard dans le lac Léman. *
- En ce qui concerne les truites, la situation est assez satisfaisante et même le pourcentage des captures a augmenté, au moins relativement, depuis une trentaine d’années. Cela tient peut-être à ce que les autorités suisses ont établi sur les affluents du lac des pièges pour la capture des reproducteurs, au moment ou ils remontent vers les frayères, et déversent chaqiie année plusieurs centaines de milliers d’alevins. '
- Les affluents de la rive française ont une allure trop torrentielle: pour rendue, possible une opération de même sorte)'Aussi les jeunes élèves obtenus à l’établissement de pisciculture de Thonon, jeunes truites communes (Salmo Imita) et jeunes truites
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- Fig. 5. — Daphnies.
- Minuscules crustacés (i à 3 mm.) faisant partie de l’alimen-' tation des corégones.
- fli a3, antennes ; a/\ abdomen; c, cœur ; e, èphippic, sac contenant des œufs fécondés ; t, tube digestif ; y, œil.
- arc-en-ciel (Salmo irideus), sont destinés à l'empoissonnement, non du lac, mais des rivières de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l’Ain. Des envois d’œufs embryonnés et de truitelles ont même été effectués récemment à destination du Maroc.
- Tandis que la truite du lac est élevée plus particulièrement en Suisse, la pisciculture de l’omble-chevalier, à cause de la situation des frayères d’Yvoire et de Meillerie (J), incombe de préférence aux services français. Chaque année, pendant la période d’interdiction de la pêche (novembre), quelques pêcheurs sont autorisés a capturer des ombles pour les besoins exclusifs de l’élevage. Un garde des Eaux et Forêts les accompagne el pratique immédiatement la fécondation artificielle.
- Environ 200 000 œufs embryonnés et 120 000 alevins âgés de six semaines ont été obtenus cette année au Laboratoire de Thonon et déversés dans le lac Léman. Cette production est encore très faible, si l’on songe que des lacs helvétiques, comme celui de Lugano, beaucoup plus petits que le Léman, reçoivent annuellement de un à deux millions de jeunes ombles. M. Kreitmann, dans son rapport déjà cité, conclut à la nécessité d’agrandir l’établissement domanial de Thonon et de lui adjoindre même une annexe en un point convenablement choisi des bords du lac.
- Pisciculture des Corégones. — Les Gorégones sont, des Salmonidés pélagiques, qui se tiennent toujours en pleine eau, et se nourrissent uniquement de plancton. Leurs aliments principaux sont les minuscules daphnies (fig. 5), lescyclops(fig. 6) et autres crustacés de petite taille flottant en nombre immense dans les eaux du lac.
- Les espèces et variétés de corégones sont très
- 1. Voir la position de ces frayères sur la ligure 1 de notre article du 19 décembre dernier.
- nombreuses. La féra (Coregonus fera) du Léman se capture en surface, pendant toute la belle saison, puis disparaît en hiver et va pondre sur le fond. La gravenche (Coregonus hiemalis) a des mœurs juste opposées et n’est accessible aux engins de pêche que durant la période de fraie, qui a lieu sur le littoral, en décembre et janvier. Tout le reste du temps la gravenche habite les eaux profondes. Dans le lac du Bourget existe une autre espèce, le lavaret (Coregonus lavaretus), dont la biologie est en quelque sorte intermédiaire à celles de la féra et de la gravenche. Le lavaret se tient constamment dans les eaux superficielles et pond en hiver près des rives. Le blaufelchen (Coregonus cœruleus) du lac de Constance vit presque toute l’année et fraie de novembre à mi-décembre, en plein lac, dans les couches supérieures, les œufs coulant ensuite lentement vers le fond. Citons encore la palée (Core-gonas palea), commune dans les lacs de Neuchâtel, de Bienne et de Morat. Ce corégone est très voisin de la féra, excepté qu’il pond mi-partie sur les graviers littoraux et mi-partie sur le sable ou les pierres du mont, à des profondeurs n’excédant pas une trentaine de mètres.
- Ce sont surtout les corégones (féraset gravenches) dont la situation dans le lac Léman est déficitaire. Rappelonsqu’ilsconstituaientenJ 897 les 68 pour 100 du total des poissons capturés et qu’ils n’en représentent plus de nos jours que de 1 à 2 pour 100. Le Léman produit aujourd’hui moins d’une livre de corégones par hectare, tandis que le lac de Constance en produit 6 kilogrammes, et que l’on pourrait obtenir, par un repeuplement intensif, un rendement de 20 à 50 kilogrammes dans l’un et l’autre de ces deux lacs.
- Les corégones méritent d'attirer tout particulièrement l’attention des pêcheurs et des pisciculteurs.
- En efl'et ils se nourrissent de petits êtres qui, sans eux, seraient perdus pour l’homme.
- Leur croissance n’est pas contrebalancée, comme c’est le cas pour les truites, les ombles, les brochets
- et les perches, par ' ' ^ ,
- r .. Fig. 6. — Cyclops.
- une consommation MinUscfie crustacé (, à >m| formidable de Cy- faisant partie de la nourriture des
- prinidés. corégones
- 1 , , . , a, fla, antennes ; at, abdomen
- La chair des /, fourche caudale ; oc, œil ou ocelle corégones étant ov, sac ovigère.
- tout bénéfice, il y
- aurait intérêt à effectuer une pisciculture intensive de ces animaux. Malheureusement ni la féra, ni la gravenche, ne se prêtent à une telle pisciculture;
- oc.
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- Fig. 7. — Batterie d'incubateurs de Zoug à l'établissement de pisciculture de Thonon.
- On aperçoit les vingt bouteilles remplies d’œufs de corégones. L’eau arrive par la canalisation inférieure.
- (Cliché de l’Administration des Eaux et Forêts.)
- celle-ci en raison de son séjour au fond du lac pendant la majeure partie de l’année ; celle-là par suite de la difficulté d’obtenir des reproducteurs, leur rassemblement ayant lieu également dans les profondeurs du lac. Force est donc de recourir à des espèces étrangères, notamment à la palée du lac de Neuchâtel et au lavaret du lac du Bourget.
- C’est en 1925 que, sur l’initiative de M. Kreitmann, inspecteur des Eaux et Forêts, ont eu lieu les premiers déversements d’œufs embryon-nés de lavaret Ils ont porté sur des quantités de 2 à 5 millions d’œufs, donc relativement restreintes, puisque, pour arriver aux quantités généralement usitées en Suisse, il en aurait fallu une vingtaine de millions.
- Malgré tout, les résultats ont été excellents. Les captures de corégones, qui n’étaient, pour les eaux françaises du lac, que de 4560 kilogrammes en 1924, sont montées à 18 600 kilogrammes pendant les dix premiers mois de 1925.
- Il nous reste à dire comment se pratiquent la fécondation et l’incubation des œufs de corégones. Plaçons-nous dans le cas du lavaret. Notre figure 8 représente la fécondation artificielle de ce poisson au lieu même de la pêche, sur le lac du Bourget. Les œufs fécondés sont ensuite expédiés à Thonon dans des caisses spéciales où ils sont disposés en couches parallèles, séparés par de la mousse et rafraîchis par des morceaux de glace.
- Le moment est venu de les mettre en incubation. Mais les œufs de corégones ne s’accommodent point des claies ni des auges qui conviennent à la pisci-
- culture des truites et des ombles-chevaliers. 11 leur faut une eau tourbillonnante. Aussi le laboratoire de pisciculture possède des incubateurs spéciaux dont les plus employés sont la bouteille de Zoug et la bouteille de Mac Donald.
- La première est utilisée, notamment en Suisse et en France et se recommande par sa simplicité. La figure 7 et, mieux encore, le schéma de gauche de la figure 9 permettent d’en comprendre le fonctionnement. La bouteille de Zoug est une carafe sans fond, placée le goulot en bas, et recevant ainsi l’eau d’une conduite qui l’amène d’un réservoir sous pression. Le tourbillon d'eau, réglé de telle sorte qu’il ne se produise aucun débordement, brasse les œufs sans arrêt. Une vingtaine de bouteilles sont ordinairement branchées sur la même canalisation et constituent une batterie de Zoug
- («S- 7).
- Plus compliquées sont les bouteilles de Mac Donald, d’usage courant aux États-Unis. La carafe, cette fois, possède un fond et repose sur celui-ci (fig. 9). L’eau est amenée par un tube qui traverse la masse des œufs et s’échappe par un second tube plus court. Ainsi les œufs sont brassés et baignent dans une eau toujours renouvelée et riche en oxygène. 11 existe des batteries de Mac Donald comprenant une centaine de bouteilles et permettant l’incubation simultanée de plusieurs millions d’œufs:
- L’élevage des corégones ne peut
- Fig. 8. — Pêche’ et fécondation artificielle des Lavarets sur le lac du Bourget.
- (Cliché de l’Administration des Eaux et Forêts.)
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- UNE REVOLUTION DANS L’IMPRIMERIE
- (être poussé ail delà de l’éclosion. En effet ces ani-ijTiaux exigent des conditions de vie pélagique et (une nourriture planctonique qu’il est pratiquement ^impossible de réaliser au laboratoire.
- * L’établissement domanial de pisciculture de .Tbonon, dont il a été question» plusieurs fois au cours de cet article, appartient à l’Administration des Eaux et Forêts. Son directeur actuel est M. Kreitmann,
- ; de qui nous avons pu apprécier ; toute la science et le dévouement au cours d'une récente mission d’études. Malheureusement l’établissement dont il s’agit est trop peu considérable pour faire face aux besoins du repeuplement des eaux. françaises du lac. 11 comprend en tout et pour tout, sans compter les bassins de plein air, 15 auges pour l’incubation des œufs de truites et d’ombles ef 20 bouteilles de Zoug destinées aux œufs de corégoncs. '
- Il y a donc nécessité urgente de l’agrandir. Ce ne sont pas en effet des milliers d’œufs embrvonnés et d’alevins, mais des millions qu’il faudrait pouvoir produire et déverser annuellement. Le laboratoire de Thonon deviendrait ainsi une véritable
- et de Mac-Donald (à droite).
- usine où les opérations se succéderaient dans l’ordre suivant :
- 1° Incubation des œufs d’ombles-chevaliers et élevage des alevins (du 20 novembre au 10 février) ;
- 2“ Incubation des œufs de truites communes (du 10 décembre à fin janvier) ;
- 5° Incubation des œufs de truites arc-en-ciel (de mi-janvier à fui mars) ;
- 4° Incubation des œufs de corégonés en bouteilles de Zoug (en décembre et janvier),
- La diversité de ces élevages rend possible, dès à présent, une production ininterrompue depuis novembre jusqu’en mars ou avril. Il suffirait de la rendre dix fois plus considérable par un aménagement approprié.
- Les résultats obtenus sur d’autres lacs, en particulier sur le lac de Constance, et si bien mis en relief par M. Kreitmann ('), seront-ils pour le gouvernement de notre pays un encouragement suffisant? Qu’on n’oublie pas non plus la nécessité d’une entente entre Français et Suisses. C’est revenir, en somme, à la conclusion de notre premier article et à l’expression du désir de voir signer promptement une convention internationale franco-helvétique. Léox Bertin.
- 1. hoc. ni.
- Agrégé, Docteur es sciences..
- UNE RÉVOLUTION DANS L’IMPRIMERIE
- La “ Thotmic ” ou machine
- U '
- Deux techniciens anglais, Augost et Hunter, viennent de mettre au point une originale machine à composer photographique qu’ils ont baptisée du nom de Thotmic et qui doit, selon leurs dires, révolutionner l’imprimerie. Comme elle possède certaines analogies avec la monotype, il nous faut rappeler brièvement le fonctionnement de cette dernière avant de décrire la nouvelle invention.
- Ainsi que nos lecteurs le savent, la monotype fond, compose et justifie les lignes à caractères mobiles qui sortent i dans l’ordre (Voulu sur une galée, toutes prêtes pour servir au tirage. Son mécanisme comprend deux organes essentiels : un clavier et une fondeuse. Selon la judte comparaison employée par Ant. Seyl dans son livre sur La technique du journal (1925), on peut considérer le clavier de la monotype comme une machine à écrire très robuste, associée à une machine à calculer et ayant pour fonction d’enregistrer la copie par des perforations successives'sur; une bande de papier, laquelle commande ^à son tour la fondeuse. t a
- à composer photographique.
- Une fois l’article ou le bout d’article composé, le ruban perforé arrive sur la fondeuse dont les organes délivrent alors automatiquement les caractères ou les blancs pour les ranger dans la galée sous forme de lignes selon la justification adoptée.
- Le monotypiste effectue ces opérations en posant les doigts sur les touches du clavier qui, en s’abaissant, actionnent des lames réunies par un châssis dit « intermédiaire ». Ce dernier commande les pistons à air comprimé actionnant automatiquement les poinçons perforateurs du papier. En outre, une roue, dont chaque dent correspond à une unité du caractère composé, avance chaque fois que l’opérateur frappe une touche. Quand le doigt abandonne! une de celles-ci,^ les poinçons perforateurs se retirent du papier et le ruban avance, prêt à recevoir une nouvelle perforation pour l’enregistrement i de la lettre suivante. Les espaces entre les mots' s’obtiennent en frappant une barre spéciale qui élève un pointeur d’intervalles, et quand la lignera se terminer, un timbre avertisseur retentit. L’opérateur finit alors le mot ou la syllabe. D’autre part,
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- UNE REVOLUTION DANS L’IMPRIMERIE
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- Fig. i. — IJ appareil photographique de la “ Thotmic Entre la chambre obscure renfermant le film vierge et le clavier dont elle erft solidaire s’intercale l’objectit placé au voisinage de la bande alphabétique et formé d’une lentille avec mise au point automatique.
- le pointeur d’intervalles enregistre le nombre d’espaces et, sut* lin tambour calculateur, s’inscrivent les unités de caractères à répartir entre ceux-ci pour former une ligne.
- On place alors le rouleau de papier ainsi perforé
- sur la fondeuse et il va s’y dérouler, en sens inverse, de la marche sur le clavier. À ce moment, les perforations affleurent un cylindre percé de trous correspondant à des tubes. Dans ces derniers, passe l’air comprimé qui soulève des goujons d’arrêt servant de butée à des mâchoires.
- Celles-ci, par l’intermédiaire d’une tige de commande, amènent au-dessus du moule la matrice correspondant aux perforations et, grâce à un pointeau central, une pompe chasse le métal fondu dans chaque moule. Après refroidissement, les caractères sont éjectés et assemblés, au fur et à mesure, dans un canal jusqu’eà achèvement complet de la ligne qui, finalement, se trouve transportée dans la galée.
- Avec l’aide de ces notions technologiques, nous allons mieux saisir le fonctionnement de la Thotmic (fig. I et 2) qui, à l’instar de la monotype, exige la confection préalable d’une bande de papier perforée servant à guider le mécanisme photographique. N'ayant pu encore la voir, fonctionner dans aucune imprimerie parisienne, nous en emprun-
- Fig. 2. — Clavier de la photocomposeuse “ Thotmic ”.
- En abaissant les touches, l'opératrice interrompt les circuits des électro-aimants et la tige qui porte^ces derniers progresse de l’épaisseur d’une lettre.
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- terons la description à un article de notre confrère le Papyrus et aux notes qu’ont bien voulu nous fournir les inventeurs, -MM. August et limiter. La machine associe deux appareils : un clavier qui prépare les lignes de la composition, une chambre photographique dans laquelle le texte s’imprime photographiquement et automatiquement sur une pellicule vierge. Le cliché photographique ainsi obtenu servira à exécuter ensuite un cliché gravé sur métal qui sera employé pour l’impression sur papier. En
- fixe, l’amène dans une certaine position à la fin de son déplacement, puis, qu’arrivé là, la masse mobile se détourne jusqu’à ce qu’il occupe une direction diamétralement opposée. En conséquence, notre cube se trouve magnétiquement relié à un bloc tantôt fixe, tantôt mobile, décrivant, chaque fois, une longueur d’un pouce.
- D’autre part, pour réaliser des fractions déterminées dans cette unité, MM. August et Hunter garnissent la tige du mécanisme calculateur de la
- Fig. 3. — Opératrice travaillant avec la nouvelle photocomposeuse “ Thotmic ”. L’objectif se trouve entre le film alphabétique et la chambre obscure renfermant le film vierge.
- principe, le clavier de la Thotmic fait appel à des phénomènes électro-magnétiques, utilisés aujourd’hui, de façon courante, dans la mécanique de précision.
- Quand un ouvrier doit travailler, de la sorte, une pièce de fer ou d’acier, on sait, en effet, qu’il n’a qu’à la poser sur le bâti d’une machine dans lequel, grâce à un embrayage automatique, on fait passer un courant électrique pour qu’elle se trouve maintenue très énergiquement sur son support. Tant que le courant passe, le bloc à ouvrer reste attaché sur son fondement ; mais, si l’on interrompt ledit courant, l’homme enlève ou recule la pièce à son gré. Posons maintenant un cube de fer sur un support électro-magnétique ainsi réalisé et mettons en contact avec lui une seconde masse animée d’un mouvement de translation latéral alternatif. Supposons, en outre, le contact électrique agencé de telle manière que le courant, traversant le support
- Thotmic d’une série de petits électro-aimants très exactement séparés et qu’un ressort maintient à des intervalles réguliers. Quand le courant traverse un desdits électro-aimants, une attraction s’exerce immédiatement sur celui qui lui fait vis-à-vis. Les ressorts se compriment, la rangée des aimants se raccourcit par contraction, grâce à une griffe magnétique et dans la mesure indiquée par la règle. Le système de justification employé par les constructeurs de la Thotmic est analogue à celui de la monotype de Lanson ; autrement dit, ils emploient comme unité 0,001 (1/1000 de pouce). La combinaison de séries de 8 unités pleines s’éèhelonnant selon une progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32, 61 et 128) permet d’obtenir toutes les fractions désirées.
- Si, par exemple, on ferme le circuit 8, le mouvement du mécanisme sera de 0,008 et si l’on ferme
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- les circuits 8 et 52, on aura une justification de 0,040.
- D’autre part, l'appareil photographique (fig. I ) se trouve à l’autre extrémité de la machine. Entré la chambre obscure renfermant le film vierge et le clavier dont elle est solidaire, s’intercale l’objectif, sis lui-même au voisinage de la bande alphabétique et formé d’une lentille avec mise au point automatique.
- Voyons maintenant l’opératrice de la Thotmic au travail. En abaissant les touches du clavier (fig. 5), elle interrompt les circuits des électroaimants, et la tige qui porte ces derniers progresse de l’épaisseur d’une lettre de 24 points. Un dispositif spécial, dont la commande réside dans l’appareil photographique, transforme la justification en la valeur correspondante et détermine la force de corps des textes. En même temps, l’extrémité de ladite tige se rattache à un levier qui porte, à l’autre bout, un tambour autour duquel s’enroulent des bandes perforées à 8 rangées de trous. Ceux-ci produisent la série des contacts nécessaires pour imprimer à la tige justificatrice le nombre voulu de pouces et de fractions de pouce. Le déclenchement s’opère par l’attraction magnétique, qu’exerce le courant sur des arceaux d’acier trempé servant d’appui au levier. Ce dernier progresse d’une section vers le tambour chaque fois que la dactylographe frappe une touche. Les commutateurs restent
- rabattus jusqu’à ce que la justification entière d’une ligne ait traversé l’appareil photographique et, à ce moment, le mécanisme se trouvant libéré est prêt à composer la ligne suivante. D’ailleurs, le courant ne traverse les commutateurs rabattus que si une perforation d’espacement dans la bande de papier régulatrice ferme définitivement le circuit. Aussi, grâce à ce dispositif, le clavier possède une avance de o lignes sur le film. L’intervalle entre la composition et l’opération photographique pourrait être augmenté si, au lieu de 8 électro-aimants, on en mettait davantage
- Les renseignements sommaires donnés ci-dessus ne sauraient encore fixer complètement la valeur pratique de la Thotmic et prédire si bientôt elle détrônera les linotypes ou autres machines à composer. En tout cas, les principes sur lesquels elle repose méritent d’attirer l’attention des techniciens.
- Son adoption transformerait, en effet, l’imprimerie. Après avoir composé automatiquement des lignes de lettres ou de signes typographiques, une chambre obscure assurerait le contrôle précis du mouvement de progression d’un film vierge, qu’il suffirait de fixer pour obtenir à volonté un positif ou un négatif d’intensité voulue, que l’on transformera en cliché d’imprimerie par les procédés photomécaniques employés pour la reproduction des images. Quelle simplification, en particulier, pour la technique des^journaux ! Jacques Boyer .
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- et les communications télégraphiques et téléphoniques.
- La coexistence de câbles haute tension et de fils télégraphiques ou téléphoniques est-elle possible? Le problème se posa tout particulièrement à la suite de l’équipement'de feeders de transport de force par les compagnies de chemins de fer et tramways. On se souvient sans doute des difficultés rencontrées avant la guerre par la Compagnie du Midi, du fait des phénomènes d’induction produits par le courant de traction sur les fils de télécommunication voisins. Après bien des tâtonnements, les ingénieurs du Midi parvinrent à éliminer les -influences à l’aide d’un fil de contre-tension, et d'une ligne de retour, pourvue de transformateurs-suceurs. La substitution du continu au monophasé devait, d’ailleurs, faciliter la coexistence des courants.
- Cependant l’utilisation de tensions de plus en plus élevées devait inciter les électriciens à rechercher des méthodes d’une efficacité indiscutable. Les administrations téléphoniques de nombreux pays en sont naturellement venues à créer un Comité consultatif international, de manière à fixer les directives essentielles qui doivent présider à l’installation des divers réseaux en vue d’éviter les influences perturbatrices et leurs dangers. Dans une conférence à l’un des congrès tenus en I 925 à Grenoble,
- M E. Brylinski, le savant technicien, les a exposées avec sa haute autorité. Ses observations se peuvent ainsi résumer. Il importe essentiellement que les lignes téléphoniques et les câbles haute tension devant voisiner reçoivent des aménagements soigneusement étudiés.
- C’est ainsi qu’en ce qui concerne les artères haute tension, les courbes de tension des machines rotatives fixes produisant du courant alternatif doivent être normalement sinusoïdales et qu’il sied de ne pas sursaturer le fer des transformateurs .En matière de traction, on devra éviter les harmoniques supérieurs dans les moteurs, réduire l’amplitude des ondes alternatives superposées au courant continu dans les redresseurs à vapeur de mercure, et assurer la parfaite conductibilité du rail conducteur.
- Il n’importe pas moins de répartir heureusement la charge entre les différentes phases des réseaux polyphasés. S'il s’agit de courant triphasé, il n’y a pas d’inconvénient à mettre le neutre à la terre, pourvu qu’on interdise la circulation par la terre de courants des harmoniques de rang 5 ou multiples de 5. Les mises à la terre de courant triphasé ou monophasé ne doivent pas affecter simultanément deux conducteurs
- lorsqu’il n’y a pas mise directe du neutre à la terre.
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- Fig. i. — Installation téléphonique protégée contre la haute tension (au-dessus de 25 000 volts), formule rrançaise, système Thomson-Houston.
- A, paral'oudre à cornes ; B, bobine de drainage ; C, appareils de protection comportant : c„ sectionneur bipolaire à fusible ; cg, éclateur à vide ; c5, parafoudre bipolaire réglable. D, bobines de self ; E, transformateur téléphonique ; F, para-foudre à mica et charbon du modèle téléphonique usuel ; P, poste téléphonique avec sa magnéto M en boîte métallique.
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- Enfin, il est indispensable de pourvoir les lignes de triphasé et de monophasé de rotations et de croisements sur toute leur longueur.
- Parallèlement, les circuits téléphoniques comportant un montage avec mise à la terre, ou dissymé-
- Fig. 3.
- Appareil téléphonique protégé contre la haute tension.
- Fig. 2.
- Installation téléphonique protégée contre la haute tension (formule allemande système Siemens).
- triques à l’égard de la terre, devront recevoir un translateur propre à rétablir la symétrie. Dans les lignes pupinisées, il est nécessaire d’interposer une résistance entre le point neutre de l’enroulement extérieur d’un translateur et la terre.
- Les conducteurs d’un circuit seront de même métal et de même section, et les connexions ne devront en aucun cas créer de résistance pour les courants téléphoniques. Enfin des rotations et croisements assureront l’équilibre par rapport à la terre.
- Ces dispositifs primordiaux ne concernent que le cas de lignes dont la tension excède 60000 volts et de celles de plus de 1000 volts dont le retour s'effectue par la terre. D’un autre côté, malgré toutes les précautions qu’on peut prendre, il est bon de ne pas rapprocher exagérément les circuits précités.
- Néanmoins, il y a souvent un grand intérêt à juxtaposer une ligne d’énergie et une ligne de télé-communication.
- Par exemple, les compagnies de distribution d’électricité ont besoin de relier leurs usines génératrices avec les divers postes et services du réseau..
- Il leur importe d’éviter à cet égard l’emploi des lignes de l’Etat, beaucoup moins sures que des lignes de transport, parce que exécutées avec beaucoup moins de soin et de précautions.
- De nombreuses compagnies ont donc été amenées à placer des fils oniques sur les poteaux
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- mêmes qui supportent les câbles haute tension. Les Houillères de la Houve ont équipé dans ces conditions 400 kilomètres de lignes et l’Electricité de Strasbourg plus de 200. C’est dire que les moyens employés ont été singulièrement efficaces.
- Le fil téléphonique ne peut être évidemment soustrait à l’induction provenant du feeder qui l’accompagne.
- Mais on prend soin dë compenser l’influence du champ électromagnétique à l'aide de rotations appliquées au fil téléphonique. M. West, ingénieur
- Fig. 4. — Prise téléphonique pour appareil à main portatif.
- La prise contient un transformateur d’isolement qui n'est mis en circuit que quand oïi se sert de la prise. Elle est raccordée à la ligne par un câble isolé à 5ooo volts protégé par un éclateur à disque de mise à la terre.
- en chef de l’Electricité de Strasbourg, estime que ces rotations doivent être éloignées de 200 mètres au grand maximum, et égalisées à la fin de la ligne.
- D’autre part, pour pallier à l’influence du champ électrostatique, on fait usage de bobines de drainage. Actuellement, il est admis qu’il suffit d’une bobine tous les 50 kilomètres. L’impédance de ces appareils, à 25 périodes par seconde, est de 20000 j ohms environ.
- Ces formules sont tellement efficaces qu’à l'Electricité de Strasbourg, des contacts entre les fils* se
- Fig. 5. — Sectionneur avec éclateur à disque.
- sont produits — la ligne hauic tension est à 70000 volts — sans causer d’autre accident au personnel qu’un court bourdonnement d'oreilles.
- Mais l’organisation spéciale des lignes ne constitue pas le seul facteur à considérer. Il apparaît indispensable de disposer d’un appareillage adapté à cet emploi. Tout d’abord, celui-ci doit être solide, résistant et lourd. Aussi place-t-on parfois les instruments dans un récipient en fonte, en vue d’éviter l’action de l’humidité.
- La partie essentielle d’une installation réside dans l’éclateur à disques, que M. West décrit ainsi dans un rapport : « Cet éclateur est formé par une boîte métallique, dans laquelle se trouvent deux pôles de la ligne montés à une certaine distance d’une plaque bien travaillée qui est mise à la masse. En cas de surtension ordinaire, une étincelle jaillit entre la borne et cette plaque, et la surtension n’atteint pas avec toute sa valeur lés appareils de protection plus proches de l’appareil téléphonique. En cas de contact direct ou de rapprochement dangereux entre la haute tension et le circuit téléphonique, il se produit immédiatement une soudure entre la plaque et les bornes de façon que tout danger soit évité. En ce cas, la communication téléphonique est naturellement interrompue, mais sur une installation bien exécutée le contact direct doit être impossible. »
- Fig. 6. — Bobine de drainage.
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- A l’arrière, des éclateurs sont élablis des coupe-circuits de 8 ampères, qui fonctionnent en cas de contact direct des fils. Ils sont placés à côté d’éclateurs à pointe et de tubes à vide. Plus on se rapproche de l’appareil téléphonique, plus le système de protection devient sensible.
- Le transformateur est isolé pour une tension de service de 25 000 volls pour voisiner avec un câble sous 70000 volts.
- Il existe aussi des coupc-circuits et tubes à vide côté basse tension. En fait, une installation de ce type (voir fig. 1 et 2) paraît réaliser un maximum de sécurité.
- Le prix de revient en Alsace d’un poste comme celui dont il a été question atteint 4000 francs, un circuit téléphonique avec rotation s’élève à 1700 fr. par kilomètre. Les intéressés considèrent que, malgré l’importance du sacrifice à consentir, on retire encore un sérieux bénéfice de pouvoir disposer d’un parfait outil d’exploitation.
- On comprend que M. Brylinski ait pu déclarer devant les plus hautes sommités de l’électricité, et sans rencontrer de contradicteur, « que l’expérience prouve que, jusqu’à des tensions atteignant et dépas-
- sant 60000 volts composés, quelques prescriptions très simples permettent aux lignes d’énergie et de télécommunication de coexister sans préjudice pour ces dernières ».
- Il ne saurait échapper que cette constatation prend une valeur toute particulière si l’on considère la réalisation prochaine des grands câbles de transport de l’énergie : Alpes — Plateau Central, Dordogne — Creuse — Paris, Pyrénées — Bordeaux — Yerdon, Truyère — Lyon, Rhin — Lille — Dunkerque, Rhône — Paris, dont l'exploitation nécessitera l’aménagement d’un réseau téléphonique parallèle. Il importe également de rassurer l’opinion, un moment inquiétée par les incidents de Bordeaux lors d’un essai des feeders du Midi. La science des électriciens a permis d’établir les lois qui régissent les inductions — causées par la présence d’harmoniques supérieurs dans la courbe du courant et de la tension — et d’imaginer un matériel anti-perturbateur, en même temps qu’un appareillage de sécurité. Un incident de début ne saurait compromettre l’avenir d’une grande œuvre nationale.
- A ur, ustk Pawlovvski .
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- LE LABORATOIRE D’AGRONOMIE COLONIALE VIENT D’ÊTRE RECONSTRUIT
- Fondé en 4911, à la suite d’un accord entre le Ministère de l’Instruction publique et le Ministère des Colonies, le laboratoire d'agronomie colo-?iiale fonctionnait depuis trois ans à peine quand la guerre vint interrompre son essor. Mais son créateur, Auguste Chevalier (fig. 1) que des voyages d’explorations scientifiques en Asie, en Afrique, et en Malaisie ont signalé, depuis longtemps, à l’attention des botanistes et des planteurs exotiques, n’était pas homme à laisser péricliter son œuvre. Au cours de 4920, il rouvrit ce centre d’études où tous ceux qui s’intéressent à la végétation tropicale viennent maintenant.se documenter.
- En examinant les remarquables collections ou en consultant les précieuses archives entassées dans ces antiques bâtiments du Muséum d’histoire naturelle, savants ou simples importateurs de produits coloniaux étaient sûrs de trouver les renseignements cherchés. Mais, le 6 juin dernier, un incendie anéantit, en quelques minutes, les richesses scientifiques péniblement recueillies par le professeur Chevalier au cours d’une dizaine de missions au Soudab et au Gabon, à travers les lagunes de la Côte d’ivoire, les forêts du Congo, de la Guinée française (fig. 5) et de l’Indo-Chine !
- Cependant l’énergie du maître survécut encore au désastre. A l’instigation de Mme Philippe de Vilmorin, un comité se forma pour reconstruire son laboratoire. L’Académie des sciences coloniales, sur la proposition de son président M. Hanotaux et de M. Paul Bourdarie son secrétaire perpétuel,
- ouvrit une souscription avec le concours de l’Association française pour l’avancement des sciences. Très rapidement les dons arrivèrent.
- Aux subventions officielles de l’Indo-Chine, de l’Afrique occidentale française, du Maroc, du Togo et du Cameroun s’ajoutèrent des dons de nombreux groupements industriels, entre autres des planteurs de caoutchouc de Cochinchine qui, à eux seuls, envoyèrent 50000 francs.
- Les maçons, les menuisiers et les ébénistes purent donc se mettre immédiatement à l’ouvrage et cinq mois après le sinistre, le mal est aujourd’hui réparé : le Ministre vient d’inauguyer le nouveau laboratoire. Grâce à l’initiative privée, les vitrines des collections (fig. 4) se regarnissent peu à peu tandis que sur les rayons de la bibliothèque s’alignent les livres envoyés par des établissements scientifiques ou de simples particuliers. Comme l'écrit humoristiquement Pierre Mille : « quand l’État ne s’en mêle pas, on va encore assez vite en France! »
- Mais jetons un coup d’œil sur les matériaux employés à la reconstruction de ces salles où se trouvent employés des bois coloniaux de l’Afrique tropicale à peu près inconnus jusqu’ici en France. Admirons en particulier, le parquet (fig. 5) du cabinet du professeur Chevalier. Les différents blocs ligneux qui le constituent réalisent une mosaïque des plus originales. Ce carrelage, formé d’échantillons recueillis parle savant botaniste, offre des tons divers, nuances acajou et jaune plus ou moins foncées.
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- L’exploitation commerciale de ces essences ligneuses s’impose, à l’heure actuelle, car nos colonies peuvent fournir à la menuiserie et à l’ébé-nisterie des bois aux veinages des plus chatoyants. Pourquoi donc acheter à l’étranger des produits similaires à ceux que nos savants ont découverts dans les forêts vierges de nos possessions africaines ou asiatiques?
- M. Chevalier a rapporté, en effet, de ses diverses expéditions un herbier admirable se rapportant à plus de 600 espèces d’arbres représentant l’inventaire à peu près complet des ressources en bois de la Côte d’ivoire, du Gabon, du Soudan et des principales régions de l’Indo-Chine.
- du laboratoire d’agronomie coloniale.
- arbre. Cette méthode, rarement employée par les voyageurs, permettait ultérieurement la détermination, des espèces au laboratoire tandis que des observations anatomiques en fixaient rigoureusement l’origine botanique et la structure intime de laquelle dépendent leurs qualités ou leurs défauts. Si malheureusement un certain nombre de spécimens ainsi récoltés au milieu de la brousse et des forêts vierges tropicales ont été détruits par l’incendie de l’année dernière, il en reste encore assez, dans les vitrines du nouveau laboratoire du Muséum, pour que les spécialistes y puisent d’utiles renseignements. De même, en regardant les boiseries intérieures, les tables de travail et autres meubles qui ornent ces salles, les artisans pourront se rendre compte des ressources offertes par les forêts tropicales pour la décoration des demeures françaises.
- D’ailleurs, l’activité du Laboratoire d’agronomie
- big. 2. — Le Dr Chevalier, botaniste explorateur, directeur du laboratoire d’agronomie coloniale, au Muséum. Sur sa table, bois coloniaux en courv d’examen.
- Pour recueillir chaque échantillon, il procédait comme il suit. Dès qu’il rencontrait un arbre nouveau arrivé à complet développement et vivant dans des conditions normales, il le faisait abattre par les bûcherons indigènes. Puis une fois le géant à terre, il prélevait des fragments de rameaux et si possible des fleurs ou des fruits qu’on devait parfois sécher avant de les emballer (fig. 4). En même temps, on débitait des échantillons dans le cœur et dans l’aubier. On inscrivait ensuite un numéro unique sur tous les échantillons provenant d’un même
- big. 3.
- Le parquet des salles du laboratoire fait de bois coloniaux variés.
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- Fig. 4.
- Convoi de nègres transportant les échantillons botaniques recueillis par te Dr Chevalier, au cours d'une mission en Guinée française.
- coloniale ne se borne pas à l’élude des bois. Sous la savante direction du professeur Chevalier, on y a e ntrepris et on continue à y poursuivre des travaux sur divers points de biologie végétale et sur les p lantes tropicales présentant un intérêt économique : coton, café, caoutchouc, arachides, etc. Le savant professeur publie le résultat de ses recherches et de celles de ses collaborateurs dans la Revue de botanique appliquée qu’il dirige.
- On y trouve déjà une abondante documentation se rapportant à la plupart des produits agricoles coloniaux! Que de problèmes vitaux pour « l’autre France » y sont , abordés ! Que de renseignements utiles y sont donnés ! Que de déboires, les observations qui y sont relatées n’éviteront-elles pas aux planteurs de cotonniers et de théiers, par exemple!
- Pour sa part, le Professeur Chevalier a étudié les différentes variétés de palmiers. à huile, les Hévéas et les autres arbres producteurs de caoutchouc.
- Pour l’arachide, qui constitue fa principale richesse du Sénégal, il a recherché les moyens rationnels d’étendre sa culture et de remédier aux dégâts des petits coléoptères qui l’attaquent. Il a publié aussi d’importants mémoires sur le phlmier à huile, qui procure à 40 millions de nègres, shabitant les régions côtières de la Casamance jusqu’au Congo, la matière nécessaire à leur alimentation. A la suite de voyages à la Gold Coast (colonie anglaise) et à l’île portugaise de San Thomé, il a su renseigner notre administration sur* les mesures a prendre pour implanter le cacaoyer en Afrique occidentale ; il a également fait commencer, dans ' plusieurs stations expérimentales de l’Indo-Chine, ' des essais d’intro-
- duction d’arbres fruitiers^d’Europe, de Chine et du Japon.
- En montrant que no& variétés les plus estimées d’abricotiers, de pêchers, de poiriers et de pruniers européens transportées à l’état grellé sur les montagnes du Tonkin dépérissent rapidement tandis que greffées sur des sauvageons du pays elles se conservent et fructifient ; il a indiqué aux arboriculteurs indo-chinois la marche à suivre pour éviter les mécomptes. '
- C’est à lui encore que l'on doit la découverte, en Afrique centrale, d’une espèce de caféier résistante aux insectes et qui a fait la fortune des planteurs des Indes néerlandaises.
- En définitive, le Pr Chevalier, comme il nous le disait récemment, s’attache à étudier « en botaniste et en pionnier » les productions végé+ taies utilisables de nos principales? colonies. . - ;
- Fuissent donc de généreux Mécènes aider dans leur tâche, les savants chercheurs du laboratoire d’agronomie coloniale désormais ressuscité, afiri que, grâce à la mise en pratique de leurs directives; le (( coq gaulois » ne se contente pas « de gratter quelques arpents de sable », mais récolte, dans les champs et les forêts de son vaste empire d’outremer, une moisson sans cesse accrue par l’emploi de cultures scientifiques ou de méthodes rationnelles d’exploitation.
- L’œuvre d’Auguste Chevalier, utile ;’C toutes les contrées tropicales, fruit d’une longue expérience acquise'dans les régions' du globe les plus diverses et souvent les moins connues, font honneur à la France.
- J. de la Cerisaie.
- Pig. 5. — Le IL Chevalier, faisant sécher des échantillons végétaux dans un village du Soudan, avant leur transport en Europe.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1925 et janvier 1926.
- Élections. — En remplacement de Sir Archibald Geikie, M. Kamerling Onnes, de Leyde, a été élu associé étranger et, pour la section de physique générale. l’Académie a appelé à elle, comme Correspondant Robert Andrews Millikan.
- Les éléments minéraux associés à /’oxijhémoglobine du sang de cheval. — MM. Desgrez et Meunier ayant déjà signalé la présence du lithium dans le sérum et dans le sang total, viennent d’appliquer à l’oxyhémoglobine et à ses produits de dérivation des recherches tendant à montrer certaine affinité élective entre les composés minéraux existant dans le sang et l’ensemble des éléments de ce liquide. Les résultats acquis mettent en évidence le rôle du pigment, comme vecteur des éléments métalliques. C’est ainsi qu’après une première cristallisation, l’hémoglobine lixe sur sa molécule les métaux K, Na, Ca, Ci et Mn, notamment le potassium. Une seconde cristallisation alïaiblit la proportion de cet élément sans variation sensible du calcium et, quand on dessèche à l’air le produit de cette opération, on constate que le pigment sanguin présente deux formes, l’une soluble, exempte de lithium et retenant le métal Ca, l’autre insoluble, ayant fixé sensiblement tout l’élément Li, alors que le potassium a disparu de ces deux portions.
- L'a préparation du chlorure de glucinium. — Aujourd’hui produit commercial, l’oxychlorui'c de carbone ou phosgène peut trouver quelques débouchés comme agent de chloruration des oxydes métalliques, notamment pour la préparation des chlorures très volatils. MM. Matignon et J. Cathala ont ainsi été amenés à étudier la réaction Gl 0 -f- CO Cl* G1 Cl2 -f- CO2 en déterminant sa vitesse en fonction de la température et du débit gazeux. La réaction commence vers 550° et progresse rapidement quand monte le thermomètre, l’opération se réalisant dans des appareils en quartz.
- L’épuration des eaux d’égout par les boues activées. — Lorsqu’on met en pratique le procédé des lits bactériens, on constate toujours que l’effluent épuré ne four-
- nit pas, sous forme de nitrates et de nitrites, la totalité de l’azote préexistant dans l’eau brute. La méthode des boues activées présente un fait du même ordre et M. Lucien Cavel s’est préoccupé d’en établir l’importance en augmentant artificiellement la dose d’élément Az, la boue agissant sur de l’eau d’égout additionnée de composés ammoniacaux en solutions connues (AzfPCl, AzIPF, CO311 (Az H4) etc.). En poussant l’épuration à ses limites, ce qu’on ne réalise pas dans la pratique, où l’on se contente d’une clarification suffisante par fixation des colloïdes, la perte peut atteindre 42,4 pour 100, chiffre voisin de celui qu’avaient indiqué Müntz et Laine en 1908.
- Il est probable que le mécanisme des opérations aboutit à l’azote libre, comme dans le cas des lits bactériens.
- Caractères chimiques des feuilles. — MM. H. Colin et A. Grandsire ont fait porter leurs études sur la carotte, car elle fournit fréquemment sur la même parcelle de terrain, et parfois sur le même plant, des feuilles vertes, des: feuilles étiolées et d’autres en voie de rougissement. Comparées aux normales, les feuilles rouges d’automne se montrent plus riches en sucres et en acides organiques libres, mais non en acides salifiés, moins minéra-' lisées et partiellement décalcifiées. Les feuilles jaunes sont, par contre, pauvres en sucres, riches en eau et en sels minéraux.
- Le plancton du lac Léman. — MM. Léon Bertin et F. Angel viennent de commencer l’étude des Entomostra-cés pélagiques de 27 stations comprises entre la côte française et une ligne passant par la pointe d’Yvoire et le Delta de la Dranse. Les captures ont été faites en août dernier, de jour et de nuit, à une profondeur maxima de 100 m. et les recherches dont ces savants soumettent les premiers résultats à l’Académie ont été poursuivies dans trois voies différentes : détermination des genres et des espèces d’Entomostracés ; étude de leur répartition verticale, enfin examen du contenu stomacal et intestinal des Poissons.
- Pal-l R.
- LES SONDAGES AÉROLOGIQUES
- Le gonflement automatique des ballons-pilotes et des ballons-sondes.
- La connaissance du mouvement de l’air aux differentes hauteurs de l’atmosphère est très importante dans la météorologie moderne, notamment pour les besoins de l’aviation et de l’artillerie. Les météorologistes, à cet effet, exécutent des sondages au moyen de ballons en caoutchouc dont la vitesse ascensionnelle est bien déterminée. On observe au théodolite la trajectoire de ces ballons, dont certains s’élèvent jusqu’à plus de 50 km. Pratiquement, ces ballons remplis, d’hydrogène sont gonflés jusqu’à ce qu’ils
- fassent équilibre à un poids de 150 grammes, pour une ascension verticale de 100 mètres en 50 secondes. L’appareil automatique inventé par *M. Jobelot, météorologiste à l’observatoire de Montsouris, réalise scientifiquement le gonflement en arrêtant l’arrivée, du gaz dès que le ballon pilote soulève le poids de' 150 grammes. On peut, bien entendu, gonfler des ballons de différents volumes; il suffit de substituer au poids de 150 grammes, un autre poids convenablement choisi : le gonflement s'effectue automati
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- LES SONDAGES AÉROLOGIQUES
- Fig. i.
- Début du gonflement.
- Le bras oscillant est horizontal.
- quement, de la même manière.
- Voici l’intérêt du gonflement automatique.
- Un ballon, même de bonne qualité, éclatera s’il est trop gonflé. En utilisant l’appareil automatique, on a la certitude que le ballon n’éclatera pas, au moment du gonflement, puisqu’on ne laisse pénétrer que la quantité nécessaire d’hydrogène ; par contre, il arrive, et c’est fréquent, que le ballon pilote éclate à quelques centaines de mètres. Le météorologiste se hâte alors de gonfler un second ballon, qui remplacera le ballon éclaté ; mais cette hâte provoque souvent des maladresses dans le gonflement et le second ballon éclate au sol; on a perdu deux ballons et le sondage en général est manqué, en raison du temps perdu.
- L’appareil automatique dégage l'observateur de ce souci des gonflements hâtifs ; en même temps, il permet de réaliser de sérieuses économies.
- Description de l'appareil automatique. — Les pièces essentielles sont : 1° un bras oscillant;
- 2° un robinet tournant autour d’un axe horizontal, fixé entre les deux branches d’une fourchette qui forme l’extrémité du bras oscillant.
- A l’autre extrémité du bras oscillant, un contrepoids équilibre l’appareil; on s’en assure avec un niveau placé sur le bras oscillant.
- Au robinet on accroche le poids qui fixe la limite de gonflement; puis on adapte sur lui le ballon à gonfler. A ce moment, le bras Fig. 3. Fin du gonflement. oscillant doit être
- Le bras oscillant a tourné, il est horizontal (fig- 1 )• vertical. Le robinet Au fur ct à me-
- d’arrivée de gaz est ferme ,
- automatiquement. sure- fi116 ballon
- se gonfle, sa force ascensionnelle augmente ; le bras oscillant, sollicité par le ballop, s’incline comme le fléau d’une balance; mais le robinet reste toujours vertical.
- Le robinet est ouvert quand le bras oscillant occupe la position horizontale, il se ferme automatiquement lorsque le bras oscillant occupe la position verticale (fig. 1 et 5).
- Le gonflement des ballons pilotes et des ballons-sondes avec l’appareil automatique nécessite, comme pour la balance, trois opérations d’une durée de quelques secondes.
- Fig. 2. — Schéma de l’appareil de gonflement automatique.
- ' A, bras oscillant, pouvant tourner autour de l’axe B ; C, contrepoids fixé à l’extrémitc du bras oscillant ; D, arbre du. robinet automatique ; E, robinet automatique, monté sur l’arbre horizontal D, autour duquel il peut tourner. Le robinet auquel on accroche le ballon et le poids tare est toujours vertical. Il se ferme quand le bras A est vertical, comme dans la position figurée sur ce schéma.
- d° Fixation du ballon.
- 2° Réglage avec le contrepoids (durée d’une seconde environ).
- 5° Accrochage du poids (').
- Le gonflement terminé, il faut éviter, lorsqu’on retire le ballon, de laisser retomber brusquement le bras oscillant sur sa butée de caoutchouc. On risque, en négligeant de prendre cette précaution, de briser le niveau.
- L Directement au robinet pour les ballons pilotes ; au bras oscillant pour les ballons-sondes. Dans le gonflement des ballons-sondes, le robinet est maintenu vertical par un dispositif spécial.
- Le Gérant : P. Masson. — IrtTpnmerie Laiiure, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- N° 2712
- 27 Mars 1926
- LA NATURE
- EÏ1OTI1 WEB HT ©H ILHœg M£/^5RT HT.M,
- Locomotives
- À
- SOMMAIRE :
- Inhalateurs d’oxygène pour les hautes altitudes de l’aviation : D1 Garsaux.
- Les prénoms en France : Edouard Lévy.
- Foyers magdaléniens récemment découverts à Etrechy : G. Courty.
- Les Automotrices et locomotives à combustion interne : A. Bourgaill.
- La figure de la terre : Ch. Gorceix. — Une nouvelle lampe de réception de T. S. F. : P. Hémardinquer.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Bulletin astronomique : La voûte, céleste en Mai 1926. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMERO
- France . . , . Union postale,
- 1 franc I fr. 25
- MASSON ET C’c, Editeurs.
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C‘‘, Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (J\, C. : Seine îS.sSj.)
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- France et Colonies.............................................................
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- LA NATURE-
- — N° 2712.' , :......................: .....— 27 MARS 1926
- INHALATEURS D’OXYGENE POUR LES HAUTES ALTITUDES DE L’AVIATION
- C’est surtout pendant la guerre de 1914 qu’on s’est attaché, tant en France qu’à l’étranger, à réaliser des inhalateurs automatiques d’oxygène, car dès
- faire réaliser en France le premier des appareils de ce genre.
- Il se compose essentiellement :
- I'ig. i. — Pilote muni de son masque respiratoire.
- 1916, les avions de chasse, de reconnaissance^et de prises de photographies atteignaient des altitudes telles que pilotes, observateurs ou mitrailleurs
- 1° D’un réservoir d’oxvgène comprimé (lolérance de 175 kg pendant la guerre, 150 kg actuellement), et de capacité variable suivant l'utilisation ;
- éprouvaient des malaises dus, ainsi que l a démontré Paul Bert, au manque d’oxygène.
- C’est au début dè 1917 que j’èus à m’occuper de
- 2° D’un distributeur ou détendeur automatique de gaz, distribuant automatiquement l’oxygène à partir de l’altitude utile, et proportionnellement à
- 13. - 193.
- 54“ Année. — 1" Semestre-
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- 194 INHALATEURS D’OXYGÈNE POUR LES HAUTES ALTITUDES DE L’AVIATION
- .IfiVBtyMfJi aWIOiDUL
- MLaiILÆJAiniL
- Fig. 3. — Distributeur automatique de gaz Panhard et Lcvassor.
- l'altitude atteinte. Get appareil fut construit sur mes indications par la maison Panhard et Lcvassor;
- 5° D’un contrôleur de débit gazeux ;
- D’un masque respiratoire chauffant.
- Le réservoir de gaz comprimé est d’un modèle commercial et ne présente aucune caractéristique spéciale.
- Le détendeur automatique (fig. 2) se compose de :
- 10 Un détendeur : D ;
- 2° Une capsule barométrique : C ;
- «> Un jeu de leviers : L ;
- ;f° Un raccord d’admission de gaz à haute pression : K ;
- à" Un ajutage de sortie du gaz à basse pression : J ;
- 6° Un manomètre à haute pression : T.
- Tous ces organes sont réunis et maintenus en place sur un châssis en aluminium.
- Le détendeur à membrane' est constitué par un réservoir cylindrique en aluminium étanche, divisé en deux compartiments.
- Le compartiment m' inférieur est le compartiment de détente proprement dit. Il contient un jeu de leviers l, qui, par l’intermédiaire d'un pointeau, ouvre et ferme l’orifice d’admission du gaz à haute pression.
- Le compartiment ni supérieur renferme un ressort régulateur de la pression du compartiment de détente. La pression de ce ressort est réglée une fois pour toutes, mais elle peut être augmentée ou diminuée par le serrage ou le desserrage de la vis 11. Une augmentation de pression correspond à une augmentation du débit global d’oxygène.
- La membrane qui sépare ces deux compartiments est constituée par une toile caoutchoutée et armée
- au centre d’une large rondelle de cuivre solidaire à sa face supérieure d’une tige de guidage en laiton.
- La capsule barométrique, entièrement amovible et interchangeable d’un appareil à l’autre, n’est autre qu’un faible réservoir d’air à la pression atmosphérique normale, constitué par une calotte et une face mobile en cuivre. Cette dernière, solidaire en son centre d’une tige de guidage en laiton (s), est traversée par elle. La calotte et la face mobile sont réunies entre elles à leur périphérie par une bande circulaire de caoutchouc souple en forme d’U renversé ; un gros ressort R, prenant point d’appui sur le châssis, maintient le couvercle enfoncé sur la calotte. Une soupape permet d’équilibrer la pression intérieure de la capsule avec celle de la pression atmosphérique au sol. Un jeu de leviers transmet, en les amplifiant légèrement, les mouvements de la capsule à un pointeau de réglage du débit du gaz à l’extérieur. Il comprend un levier principal (L) en acier qui bascule autour d’un support en aluminium fixé au châssis et un levier'secondaire en laiton (L') articulé avec le pointeau de réglage du débit.
- Sous l’action de la poussée du gaz à haute pression, le pointeau {v) s’ouvre et le gaz pénètre dans
- Panhard et- Levassur.
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- INHALATEURS D OXYGÈNE POUR LES HAUTES ALTITUDES DE L’AVIATION
- 195
- le compartiment inférieur du détendeur; il s’établit dans ce compartiment une pression d’environ 170 gr., par suite de l'action delà membrane et des leviers qui commandent le pointeau. Cette pression se maintient constante, quels que soient le débit du gaz, la pression initiale dans le réservoir et la pression atmosphérique extérieure.
- En établissant l’équilibre entre la pression atmosphérique au sol et l’intérieur de la capsule, on enferme dans cette capsule un certain volume d’air à la pression du sol. Quand on s’élève, la pression atmosphérique diminuant, le fond mobile de la capsule est soumis à une poussée considérable équilibrée à chaque instant par le ressort R, convenablement calculé. La compression progressive de ce ressort amène un déplacement de la tige (s) qui
- Iug. 5. — Distributeur automatique de gaz Gourdou.
- commande le jeu de leviers. On obtient ainsi un réglage du débit proportionnel à faltitude. L’avantage de cette disposition est que leS ciïo.rts produits par la capsule sous l’action de l’altitude sont considérables (25 kg à 3500 m. ; 54 kg a 7 500 in.); il en résulte que. le mouvement de la manœuvre du levier et, par suite, la position du pointeau (v’) sont impérieusement assurés quels que. soient les frottements du mécanisme. , .
- D’autres distributeurs automatiques; de gaz sont nés depuis, de volume’plus déduit, basés sur un principe analogue, et ou le distributeur et le détendeur sont confondus ; je citerai; le Panhard et Levas-sor/ l'ig. 5 et et le Gourdou, (fig. 5), ce .dernier tendant à se généraliser aujourd’hui en raison de sa construction exclusivement métallique. Tous sont établis pour assurer un débit convenable à toute altitude:
- On les règle habituellement pour que leur débit commence vers 5000 mètres.
- Le contrôleur de débit (fig. 6) a pour but de permettre au pilote de s’assurer du bon fonctionnement de son appareil à une altitude déterminée.
- Il est constitué par une petite turbine et placé dans une boite ronde, traversée par le gaz débité qui imprime à la turbine un mouvement de rotation.
- Enfin, le masque respiratoire (fig. 7) est constitué par une petite calotte en aluminium dont les contours épousent la partie inférieure du nez et le pourtour de la bouche. À la partie inférieure est aménagé un orifice de 2 cm de diamètre par lequel se fait la respiration normale et par où s’écoule la vapeur d’eau de condensation. Cet orifice est prolongé en bas sur 1 cm 1/2 par un tuyau en aluminium de même diamètre que lui.et qui maintient l’intérieur du masque à l’abri des courants d’air. Tout le pourtour du masque est serti dans une bordure en caoutchouc creux lui permettant d’épouser d’une façon absolue la forme des parties du visage sur lesquelles il repose. L’arrivée de l’oxygène à l'intérieur du masque se. fait par l’intermédiaire d’une petite tubulure en cuivre, percée de trous, qui diffuse le gaz de chaque côté des narines; le masque se fixe à l’aide d'élastiques, de môme que les lunettes.
- Pour remédier à la congélation de la vapeur d’eàu de condensation de la respiration à la sortie, du
- Résistance chauiiante.
- Fig. — Masque du D' Garsaux (échelle rj4).
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- 196
- LES PRÉNOMS EN FRANCE
- masque, les masques sont munis d'un dispositif chauffant électrique.
- Cet appareil est utilisé aujourd’hui; au laboratoire pneumatique du Bourget, il nous permet des expériences qui atteignent actuellement près de 12500 m., et c’est avec lui que les pilotes français ont ramené chez nous le record d’altitude par plus de 12 000 m.
- Pour de telles profondeurs atmosphériques, on règle les appareils pour un débit plus grand et l’on
- ajoute au masque une deuxième ou même une troisième arrivée de gaz.
- Malgré les résultats obtenus, nous avons presque terminé la mise au point d’un distributeur automatique à oxygène liquide, et nous envisageons toujours l’utilisation pour les très hautes altitudes de la cabine à pression constante.
- Dr Garsaux.
- Cliut' du Service médical à l’Aérodrome du Bourget.
- LES PRÉNOMS EN FRANCE
- Le mot de « prénom » est, en France, relativement récent, il est à peine antérieur au début de la Révolution. Jusque-là, François, Henri, Léon étaient des « noms de baptême », et il fut une époque, comme nos lecteurs ont pu s’en rendre compte par l’article de M. Albert Dauzat ('), où le nom de baptême ne précédait pas un nom de famille, il constituait, à lui seul, la dénomination dès individus. •
- Le mot de « prénom » vient du latin « prænomen » et signifie « avant le nom ». Cependant, les documents administratifs prennent de plus en plus l’habitude de placer le ou les prénoms après le nom de famille ; en style de gendarme, on ne s’appelle pas Jean-Jacques Rousseau, mais Rousseau Jean-Jacques. Cette pratique regrettable tient à ce que, dans les tableaux à colonnes, la première colonne, celle de gauche, indique les noms, la suivante, les prénoms, et cela est rationnel. Mais, dans les pièces qui n’affectent pas la forme de tableaux, l’ensemble du nom devrait reprendre son aspect normal : qui songerait, dans un récit, dans une étude littéraire, à parler de De Musset Alfred, ou de Musset (Alfred de) ? L’inconvénient est surtout sensible pour les gens dont le nom de famille n’est autre chose qu’un prénom palronymisé : Charles, Louis, ou pour les enfants de père et mère non dénommés, désignés à l’état civil par une suite de prénoms, dont le dernier doit leur servir de nom patronymique, transmissible à leur descendance.
- Le Code civil suppose, ou plutôt donnerait à supposer que les enfants reçoivent tous, à leur naissance, plusieurs prénoms. H est exact qu’il en est ainsi dans la plupart des cas, mais les gens qui n’ont qu’un seul prénom sont encore assez nombreux. Le nombre des prénoms qui peuvent être donnés à un en Tant n’est pas limité, il est très rare qu’il dépasse quatre. Des statistiques prouvent que, dans une même ville, les pauvres donnent moins de prénoms à leurs enfants que les riches : c’est ainsi que, pour l’année 1920, 41,72 pour 100 des nouveau-nés du XVIe arrondissement de Paris ont reçu trois prénoms, alors que, dans le XIIIe arrondissement, la proportion tombe à 18,12 pour 100; pour quatre prénoms, le pourcentage est de 1,63 dans le XIIIe et de 10,55 dans le XVIe. Au-dessus de quatre prénoms, il y a encore 1,41 pour 100 (cinq prénoms) et 0,29 pour 100 (six prénoms) dans le XVIe, alors que le XIIIe donne zéro.
- Un autre facteur joue également pour la détermination du nombre de prénoms, c’est le facteur géographique : dans certaines. régions, spécialement dans la
- 1. Xa Natufe, numéro du 3 octobre 1925, p. 211, col. 2.
- région parisienne, c’est l’enfant à deux prénoms qui domine, dans d’autres, c’est l’enfant à trois prénoms. En voici, pour l’année 1920, quelques exemples :
- Nombre total des naissances. 2 prénoms. 5 prénoms.
- Nanterre (Seine). 774 401 = 51,81 % 164=21,19%
- Pub'aux (Seine). Suresnes (Seine). 486 222 = 45,75 °/0 110 = 22,63%
- 201 115 = 56,22 % 57 = 28,55%
- Limoges .... St-Léonard 744 649 = 40,04 % 200 = 12,34%
- (Hte-Yienne) . 102 49 = 49 % 13=13 %
- Clialon-s-Saônc . 686 327 = 47 ,67 % 190 = 27,69%
- Nancy Sl-Ilémy 2604 1273 = 48,87% 888 = 54,05%
- (B.-du-Rhône). 154 89 = 66,42% 24 = 17,91%
- et, pour l’année 1921, à Nice :
- Nombre total : 2857.
- Deux prénoms : 1356 = 40,56 pour 100.
- Trois prénoms : 895 = 51,39 pour 100.
- Là où les enfants à trois prénoms sont les plus nombreux, la différence du pourcentage est, le plus souvent, moins accentuée : '
- Ronnétable (Sarthe), années 1915 à 1921 incluses :
- Nombre total : 440.
- Deux prénoms : 192 = 45,04 pour 100.
- Trois prénoms : 201 = 45,68 pour 100. Montpellier, année 1920 : !
- Nombre total : 1616.
- Deux prénoms : 629 = 38,92 pour 100.
- Trois prénoms : 675 = 41,77 pour 100.
- Dijon, année 1920 :
- Nombre total : 1612.
- Deux prénoms : 595 = 56,79 pour 100.
- Trois prénoms : 011 = 57,90 pour 100.
- Cependant, à Chartres, pour la même année, nous trouvons une proportion d’enfants à trois prénoms tout à fait anormale; sur 572 nouveau-nés :
- I l ont reçu 1 prénom 191 — 2 prénoms = 35,59 pour 100
- 551 — 5 prénoms = 57,87 pour 100.
- 59 — 4 prénoms = 6,80 pour 100
- L’influence locale agit encore sur les prénoms à un autre point de vue. Le secrétaire de la mairie de Bais (Mayenne) a fait les remarques suivantes sur les usages de sa région : « Le premier prénom du premier né est ordinairement, si c’est une tille, le prénom de la mère,
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- ........ ------LES PRÉNOMS
- si c’est un garçon, celui du père ; le second prénom est habituellement celui du saint fêté le jour de la naissance ou celui de Marie, prénom courant dans notre région, même pour les garçons : en 1920, 11 enfants sur 67 portent le prénom de Marie, en 1921, la sur -48 ; le troisième prénom est habituellement celui du parrain si c’est un garçon, celui de la marraine si c’est une fille ».
- Il faut aussi tenir compte des saints locaux : quand un homme a pour prénom Luglien, on peut être sûr qu’il est né à Montdidier (Somme), les saints Luc et Luglien étant les patrons de celte ville et le prénom de Luglien étant inconnu dans tout le reste delà France.
- Le choix des prénoms n’est pas absolument libre. Aux termes de la loi du 11 Germinal an XI (1er avril 1803), qui nous régit encore, peuvent seuls être reçus comme prénoms les noms en usage dans les différents calendriers et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne.
- Malheureusement cette formule est très vague : que faut-il entendre par * différents calendriers » ? Les prénoms étrangers sont-ils admis?Quand s’arrête l’histoire ancienne? L’histoire ancienne de quels peuples? A quoi reconnaît-on qu’un personnage est connu? Autant d’incertitudes. Suivant la mentalité des maires ou des procureurs de la République, ici on accepte à peu près tous les prénoms, sauf ceux qui, de toute évidence, sont contraires à l’ordre public ou à la décence (Anarchie, Revolver, qui ont été demandés), là — chose plus étrange — on refuse un grand nombre de prénoms, même les plus usités : Henriette, Simone, etc.
- La discrimination est des plus délicates. Parmi les noms de fleurs, personne ne soulèvera d’objections en ce qui concerne Rose et Marguerite, mais Violette n’est pas toujours admis par les mairies et, dès le 26 Germinal an XII, le tribunal de Semur (Côte-d’Or) faisait preuve d’une sévérité excessive pour un prénom cependant gracieux :
- « Le tribunal, considérant que le mot Pensée, qui a été donné pour prénom à la fille de l’exposant dans l’acte servant à constater sa naissance, inscrit le 21 ventôse an II sur les registres de l’état civil de la commune de Semur, où elle est née, n’est point un nom en usage dans les différents calendriers ni celui de personnages connus de l’histoire ancienne,... (*) ordonne que le mot Pensée, qui a été donné pour prénom à la fille née du mariage de Jean-Baptiste Charles Dangeville et de Henriette Louise Sallier..., demeure changé en celui de Marie-Henriette, qui sera le véritable prénom de la fille dudit Dangeville, etc... ».
- Par contre, j’ai pu citer dans mon Manuel des prénoms, plusieurs centaines de prénoms extraordinaires, presque inimaginables, et cependant réels, puisque je les ai tous relevés sur des actes authentiques; à ce point de vue la Picardie et la Flandre battent tous les records, mais on en trouve d’étranges un peu partout : le 7 juillet 1889 est morte, à l’âge de 84 ans, dans le 4e arrondissement de Paris, Mme Pidansat, veuve Staebel, née à Bagneux-la-Fosse (Aube), dont le prénom unique était Céphalide. Le 19 novembre 1891 est né à Nanvoile (Oise) un enfant du sexe masculin dont le premier prénom est Jolynès. Le 5 décembre 1880 est né à Villebéon (Seine-et-Marne) un enfant du sexe masculin dont le prénom unique est Fantarine. Nous pourrions multiplier à l’infini de tels exemples, qui prouvent l’insuffisance de la réglementation de la loi de l’an XL
- 1. 11 en aurait été différemment du nom de Pcrsée.
- F.N FRANfF • j97
- Mais quelques points doivent spécialement attirer l’attention : la plupart des prénoms féminins sont des prénoms masculins allongés soit d’un e muet, soit d’une syllable terminée par un e muet. La féminisation des prénoms masculins n’est pas la même dans toute la France : Joseph donne Josèphe dans la région parisienne, Josephte (Q ou Josette en Savoie, Josée en Lorraine (2). Quelque invraisemblable que la chose paraisse, il n’est pas de prénom masculin qui ne puisse être mis au féminin : le 26 juillet 1912 est née à Santiago (Chili), de parents français, Henriquelte Germaine Marie Grossin. Jusqu’à l’an dernier, je croyais que mon prénom n’était pas féminisable, en quoi je me trompais. Je dois confesser aujourd’hui mon erreur, puisque Mlle Alfrédine Edouarda Louise Douville est née le 10 août 1866 à Roye (Somme).
- Certains parents disposent les prénoms de leurs enfants de telle sorte qu’ils constituent une phrase ou un membre de phrase. Le cas le plus net est celui de Marie Constant Amand Fidèle, que j’ai trouvé dans des communes très éloignées les unes des autres, depuis l’Eure-et-Loir jusqu’aux Basses-Alpes, et dans les actes distants les uns des autres de plus de cent ans. Parfois aussi les parents font précéder le nom patronymique de l’enfant d’un prénom, qui le complète pour former un double sens. J’en ai déjà donné des exemples, en voici deux nouveaux : Laure Durin, décédée le 5 octobre 1922 à Noisy-le-Sec (Seine) et Versin (Gétorix), né le 8 avril 1899 à Aulnay-la-Rivière (Loiret) : Gétorix est le prénom unique et témoigne, une fois de plus, des progrès de la conception moderne des places respectives du prénom et du nom.
- Pendant la guerre — le phénomène se reproduit, d’ailleurs, à chaque crise nationale — des enfants ont reçu des prénoms patriotiques (Bernard Alexis Driant) Girod est né, le 25 septembre 1916, à Champagnole (Jura), do parents qui étaient marchands ambulants. Le 21 juillet 1885 est né à Neuvelle-les-Yoisey (Haute-Marne) un enfant qui a reçu les six prénoms de Turenne (5) Murat Eugène Louis Napoléon Bonaparte, et le 28 septembre 1887, à Beton-Bezoches, arrondissement de Provins (Seine-et-Marne), la petite Trapied a été prénommée Reine Victoria.
- En dernier lieu, signalons qu’il ne faut pas avoir une confiance absolue dans les prénoms pour distinguer deux personnes portant le même nom patronymique. Les confusions résultant de Phomonymie complète, prénoms et nom, sont quotidiennes et les parents sont imprudents lorsqu’ils donnent à l’un de leurs enfants les prénoms d’un autre enfant, précédemment décédé : si la place ne m’était mesurée, je n’aurais pas de peine, en reproduisant différents jugements, à montrer qu’il peut en résulter un sérieux préjudice pour l’intéressé. L’interversion des prénoms aboutit au même résultat : deux sœurs, toutes deux encore actuellement vivantes, sont nées, l’une le 1er janvier 1909 à Ghelles (Seine-et-,Marne), l’autre le 13 avril 1910 à Brou (même département), la première est prénommée Marcelle Marie et la seconde Marie Marcelle.
- La conclusion découle naturellement de l’exposé des faits : le législateur de l’an XI a cru éviter, en ce qui
- 1. Prononcé Josette.
- 2. Le prénom de Charlette se rencontre dans la Haute-Marne, la Côte-d’Or et une partie de la Haute-Saône; le prénom de Charlotte est répandu dans toute la France.
- 5. Pourtant Turenne n’est pas un personnage de l'antiquité. Le prénom de Kléber se rencontre dans tous les départements.
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- FOYERS MAGDALÉNIENS RÉCEMMENT DÉCOUVERTS A ÉTRECHY
- concerne fe choix des prénoms, I,ouïes les dénominations extravagantes dont on avait affublé un grand nombre d’enfants en l’an IL La liberté absolue des prénoms n’est pas à souhaiter, car il y a trop de parents qui, pour faire un jeu de mots ou pour illustrer la richesse de leur imagination, sont portés à infliger à leurs enfants des prénoms qui les rendront ridicules pendant tout le cours de leur existence et qui conviendraient mieux à un
- cbevai de course ou à un chien. Mais la loi de l’an II n’ a pas, tant s’en faut, remédié au péril : reste à trouver une formule qui puisse concilier les restrictions nécessaires avec un libéralisme intelligent; jusqu’à présent personne n’a pu résoudre ce problème.
- Etiouaiu* Lévy.
- Dnrlüur mi droit, Secrétaire et rapporteur I de lit Commission de l'état civil.
- FOYERS MAGDALÉNIENS RÉCEMMENT DÉCOUVERTS A ÉTRECHY
- - (Seine-et-Oise).
- Des hommes à. courte taille et à puissance musculaire énorme, appartenant au type de Chancelade du professeur L. Testut, ont laissé dans les Pyrénées et surtout dans les nombreuses grottes du Périgord, des traces multiples de leurs industries. M. George Grant Mac Curdy, professeur à TUniver-sité de Yale et directeur de l’Ecole américaine des recherches préhistoriques en Europe, vient de consacrer dans son magistral ouvrage : Les origines humaines (’) un intéressant chapitre sur la culture de ces hommes universellement connus sous le nom de Magdaléniens (-). Bien des gravures et des peintures sur les parois des Grottes de la Moulbe, de Font de Gaüme (1 2 * 4 5 * * * *), des Combarelles en Dorgogne (France), bien des dessins au charbon et des peintures polychromes dans l’intérieur des grottes de La Pilota (l), d’Altamira, d’Alpera, de La Àrafiaf5) en Espagne, pour ne citer que les plus célèbres, sont à notre avis, beaucoup plus des manifestations de langage e"crit que d’art, bien que les productions artistiques se mêlent intimement à l’écriture dès les origines de l’humanité. Àù milieu d’une gravure pariétale de mammouth dans la caverne de Font def Gaume, on remarque des figurations très nettes de tentes en usage chez les Magdaléniens qui devaient avoir dé grandes affinités avec les Esquimaux et surtout, selon Jacques de Morgan, avec les Kamtcha-^ dales(°).
- Jusqu’ici, on a pensé que les Magdaléniens étaient troglodytiques, autrement dit, qu’ils ne séjournaient que dans les grottes, et pourtant, les dessins de tentes ou de huttes laissent entrevoir l’usage de ces dernières, soit pendant-les saisons
- 1. Human Origins, par G. G. Mac Cunnv, 2 forts volumes largement illustrés, chez D. Appleton et Cle éditeurs, '1914 à New York. U. S.
- 2. Du nom de la fameuse station de la Madclaine (Dordogne) foùillée par En, Laktet et H. Cjiristy. ‘
- 5. La caverne de- Font de Gaume, par L. Gaiutax, II. IhiEuii, et D. Peyiioxy, Monaco, 1910: Masson et Gio, éditeurs, Paris.
- 4. La Pileta, par H. Bkeüii,, H. Obermaieu et YV. Vekneu. Monaco, 1915. Masson et Cie, éditeurs, Paris.
- 5. Les 'peintures préhistoriques des grottes de Iji
- Amila, par En. Herkaxdez-Pachkco, Madrid, 1924.
- O. La préhistoire orientale, ouvrage posthume de .1. de
- Morgan, publié par L. Germain, chez P. Geuthncr, éditeur,
- Paris. 1925.
- estivales, soit dans les endroits où les grottes faisaient complètement défaut.
- Nous avons, avec les gravures et les peintures des grottes, des documents iconographiques d’une haute valeur sur des habitats encore en usage chez les Tchouktchis.
- Du fait que les cavernes n’existent pour ainsi dire point dans les parties quasi centrales et septentrionales de la France, on a pu supposer que les Magdaléniens n’avaient fait que traverser en nomades les zones déshéritées de demeures naturelles. Il est vrai qu’en dehors des cavernes, l’industrie magdalénienne n’a jamais été trouvée qu’à l’état sporadique à la surface du sol. Les fouilles qu’E. Doigneau a praticpiées au Beauregard de 1867 à 1875 ont eu pour résultat de faire connaître en Seine-et-Marne des types de silex taillés, caractéristiques de l’époque du Renne. Depuis, un grand nombre de préhistoriens ont confirmé ces fort importantes recherches ; citons notamment M. Paul Bouex,.de Nemours, avec sa trouvaille de dents de renne dans le gisement précité. « ... Aucun des abris, écrit E; Doigneau, qui existent ou qu’on pouvait facilement se procurer sous le surplomb de certaines roches de là région de Fontainebleau, n’offre le moindre vestige d’habitation (1) a.
- Ilne pouvait en être autrement, attendu que l'action des intempéries a depuis un très long temps effacé les restes de cendres des foyers. Néanmoins, il nous appartenait de découvrir en septembre dernier, en présence de notre ami R. Le Scieller, des dépôts cendreux renfermant une industrie franchement magdalénienne au-dessus de la vallée d’Etré-chy en Seine-et-Oise. Fort intrigué déjà par la présence de silex paléolithiques disséminés çà et là dans le bois de Saint-Marlin de la Roche, à proximité d’un banc de grès exploité pour le pavage, nous avons procédé un peu au hasard à des petits sondages qui furent couronnés de succès. A-l’altitude de 150 m. au-dessus du niveau de la mer et à 1 m. de profondeur au-dessous du niveau actuel du sol, nous trouvions une couche grise de 25 cm de puissance, entièrement constituée par des cendres agglomérées à du sable. Nous ne tardions pas
- 1. E. Doigneau. Nemours. Temps géologiques-, temps préhistoriques-, temps historiques, Paris, 1884.
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- FOYERS MAGDALÉNIENS RÉCEMMENT
- à recueillir dans ces cendres de nombreux burins, des lames, des grattoirs et des percuteurs. Immédiatement, sous la cendre, se rencontrait une petite couche de limon rouge très dure et battue à la manière d’une aire de grange. Il s’agit là, sans aucun doute, de l’ancien sol magdalénien.
- Nos fouilles nous ont conduit à envisager, d’après l’étendue des cendres, l’existence de huttes avec entretien d’abondants foyers en conséquence de la sévérité du climat à une époque qui ne remonterait
- DÉCOUVERTS A ÉTRECHY
- verte paraîtrait aujourd’hui banale depuis que chacun sait couramment que le renne a vécu en France pendant le magdalénien. La contemporanéité de nos silex avec l’existence du renne ne reste point à démontrer. Nous n’avons pas, il est vrai, rencontré d’ossements dans nos foyers d’Elréchy, car le milieu cendro-sableux, essentiellement perméable, est contraire à la conservation du tissu osseux. On ne peut que le regretter. Par contre, nous avons enregistré la présence de la poterie dans la cendre.
- Fig. i.
- A, percuteurs concaves : B, lames coupantes ; C, burins doubles et simples rencontrés dans les foyers magdaléniens du bois de Saint-Martin de la Roche au-dessus d’Etrechy (Seine-et-Oise). (Ch. Léger, phot. 1925.)
- pas, numériquement parlant, à moins de 12 à 15000 ans
- À Etréchy en Seine-et-Oise où se situent les foyers paléolithiques, nous sommes dans l’arrondissement d’Etampes. C’est là que Jean-Etienne Guettard trouva et signala pour la première fois à l’Académie des Sciences, en 1751, des ossements de renne enfouis à l’emplacement de « gréseries » jadis exploitées au-dessus de la vallée de Brières-les-Scellés, du côté de la Maladrerie appelée Saint-Lazare.
- « ... Le carrier, écrit E. Guettard, dit avoir trouvé, sous une des roches de grès, la plus grande partie des, ossements de renne; il prétendait même avoir rencontré une tête humaine(4) ». Cette décou-
- 1. J. E, Guettard 1 Mémoires sur différentes parties des Sciences et des Arts, Paris. 1768.
- Cette poterie est à l’état fragmentaire, mais elle est très noire et fort altérée, parce qu’elle était insuffisamment cuite. La poterie magdalénienne considérée comme douteuse par les préhistoriens ne semble pas cette fois être un mythe. Tout dernièrement, M. le professeur G. Mac Curdy pouvait écrire dans ses Origines humaines, « que la caractéristique des stations paléolithiques, était l’absence de la poterie ». 11 apparaît maintenant que si la poterie de cette période n’est pas parvenue jusqu’à nous, c’est qu’elle a dû se consumer entièrement dans le sol. D’autre part, nos foyers magdaléniens étaient recouverts de dalles en grès. Celles-ci favorisaient-elles l’accroupissement en guise de siège? Etaient-elles destinées à éviter des brûlures? C’est encore fort possible. Toujours est-il que cette
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- sorte de dallage, en préservant les loyers de leur complète destruction, nous permet d’entrevoir aujourd’hui le genre de vie des Magdaléniens dans les environs de Paris.
- L’industrie lithique, elle, est parfaitement conservée dans la cendre. En outre de burins droits, simples où doubles et de lames minces, il y a des percuteurs à forme concave, rappelant grossièrement un arc de cercle. Le silex utilisé est celui de la craie tiré des dépôts alluvionnaires de La Juine. Nous avons récolté un disque en caillasse de Beauce. Si l’on tient compte de l’usage des grès stampiens, on a trois catégories de matières premières extraites presque sur place et concurremment employées.
- De l’ensemble de nos investigations dans les foyers paléolithiques du bois de Saint-Martin de la
- Boche, au-dessus d’Etréchy, il se révèle deux faits nouveaux : l’utilisation de huttes vraisemblablement analogues à celles représentées sur les parois des grottes du sud-ouest de la France et la connaissance de la poterie chez les Magdaléniens.
- Le mobilier osseux des chasseurs de rennes ne s’est jusqu’ici point maintenu dans les foyers, mais des circonstances de milieu plus favorables permettront peut-être un jour de le rencontrer dans cette même région.
- L’aire de répartition des tribus magdaléniennes paraît ainsi s’étendre largement sur toute la France, sans omettre l’Europe, dans des conditions d’habitat différentes de celles que nous avons jusqu’à présent constatées. g Gourty
- Président de la Société préhistorique française.
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- Fig. i. — Automotrice Daimler en 1888. (D’après La Nature de cette époque.)
- Les avantages du moteur à combustion interne pour la traction. — L’idée d’appliquer les moteurs à combustion interne aux véhicules sur rail n’est pas nouvelle; dès 1860, on proposa de substituer aux locomotives à vapeur des engins mus par la machine à gaz que Lenoir venait d’inventer.
- La médiocrité du rendement de la locomotive à vapeur, 7 à 9 pour 100, donnait à penser qu’il n’était pas difficile d’obtenir mieux et le moteur à explosion, dont le rendement était déjà plus élevé, ne pouvait manquer d’attirer l’attention.
- Cependant, ce n’est que vingt-huit ans plus tard, croyons-nous, que l’on vit, pour la première fois, un véhicule sur rail (fig. 1) pourvu d’un tel moteur. Celte tentative était d’ailleurs prématurée, car le moteur à explosion n’avait pas encore alteinl
- une perfection suffisante pour lutter avec avantage contre la machine à vapeur. La régularité du fonctionnement et la souplesse de cette dernière sont d’ailleurs des qualités dont l’importance a toujours été considérée comme capitale.
- Depuis, les moteurs à combustion interne ont fait de grands progrès : les moteurs légers à régime élevé ont conquis la route, puis l’air, cependant que les Diesel à régime lent retenaient l’attention des constructeurs de navires, après s’être imposés sur les submersibles.
- Les locotracteurs à essence firent d’abord leur apparition sur des voies d’usines et d’exploitations minières, et peu après, des automotrices à essence furent mises à l’essai sur quelques lignes d’intérêt local, notamment sur celles des Deux-Sèvres, de l’Indre et de l’Aisne.
- Pendant la guerre, les locotracteurs (fig. 2) ont été utilisés sur les voies de 0,60, à proximité des lignes de feu : la rapidité de leur mise en marche, l’absence de lueurs et de fumée les désignaient tout
- fig. 2. — Locotracteur Schneider pour voie de 0 m. 60 (puissance 44 kilowatts). *
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- spécialement pour cet usage. Depuis, l’évolution qui s’est produite dans les conditions économiques, en rendant très désirable une réduction de nos importations de combustibles, nous a obligés à accorder une importance plus considérable que par le passé au rendement des machines.
- A l’étranger, on se préoccupe également de la question : de nombreux modèles ont déjà été construits et l’Exposition de matériel de chemin de fer qui s’est tenue à Berlin en 1924 a permis de constater que de grands progrès avaient été réalisés.
- Le moteur à combustion interne présente sur la machine à vapeur des avantages spécifiques du plus
- F ig. 3. — Appareil Fieux.
- hommes et consomme, outre le charbon, une quantité d’eau considérable, il est toujours prêt à fonc-
- 4-
- Schéma générateur de la transmission hydraulique Hele-Shaw. '
- A, la couronne c étant concentrique de l’arbre fixe a, la rotation des cylindres ne provoque aucune action, des pistons ; le générateur tourne à vide; B et C, selon que l’excentricité donnée à c parle levier / est positive ou négative, le liquide est refoulé soit par l’orifice 0., soit par l’orifice 0,, et le rotor du récepteur, sous l’impulsion du liquide, tourne dans l’un
- ou dans l’autre sens.
- grand intérêt : contrairement à celle-ci qui exige, avant tout travail, une mise sous pression, qui nécessite pour son service la présence de deux
- tionner, peut être conduit par un seul homme et consomme exclusivement du combustible liquide ou gazeux.
- ürande vitesse Point mort vitesse
- freinage efectr. Démarrage
- Pédale de démarrage
- +
- Par contre, alors que la machine à vapeur peut aisément exercer un effort de traction considérable à la plus faible vitesse, la puissance du moteur à combustion interne varie en fonction de la vitesse et n’atteint sa pleine valeur que pour une vitesse dite de régime, laquelle, suivant le type considéré, peut varier entre 500 et 1500 tours par minute. Il résulte de ce fait que le démarrage ne peut se faire aisément que grâce à la présence d’un dispositif permettant de faire varier le rapport entre les vitesses respectives de l’arbre du moteur et de l’essieu. Dans
- V.., t Transmission électrique des loçolracteurs Moyse. Fs
- G, G2 induits du générateur ; I S, inducteur shunt ; I E, inducteur série ; PA, pôles auxiliaires; C, contiôleur ; I, inverseur; Mt PL moteur ; PP, pôles principaux r A, accumulateur ; R, résistance de charge ; CD, conjoncteur-/ disjoncteur.
- l’automobile, une « boîte de vitesses », contenant plusieurs jeux d’engrenages qu’il est facile de mettre successivement en prise, autorise une variation par sauts. Ce système donne toute sa-
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- tisfaction ; mais son application aux véhicules lourds, tels que ceux en usage sur les voies ferrées, pose un problème qu’à vrai dire l’on avait déjà entrevu lors de la mise en service des camions lourds.
- Plus le poids entraîné est considérable, plus , le glissement relatif des plateaux de l’embrayage dure longtemps, d’où la nécessité detendre les dimensions des surfaces de friction, et d’employer, par conséquent, des organes plus lourds que ceux utilisés dans l’automobile. L’inertie plus grande pré-
- Àlors que dans l'embrayage ordinaire, les deux fonctions sont remplies par les mêmes organes, dans l’embrayage Fieux elles sont nettement séparées : un conjoncteur-disjoncteur admet automatiquement tous les glissements utiles et un coupleur à très faible inertie assure une excellente liaison mécanique.
- Le conjoncteur-disjoncteur comporte en principe deux plateaux P et P', concentriques à l’arbre A du moteur, des biellettes B, B', B,, Bj, et un ressort
- Fig. 6. — Transmission hydromécanique H. Schneider.
- Coupe longitudinale de la partie hydraulique et vue en élévation des organes de la transmission mécanique.
- v, volant embrayé avec le moteur ; a, arbre creux ; b, bloc des cylindres ; c, piston ; d, manivelle auxiliaire ; e, rotor du générateur; /,/, couronne dentée du rotor du générateur; g, arbre de renvoi; a', b', c\ ri', e', pièces correspondantes
- du récepteur.
- sentée par de tels embrayages rend plus difficile le passage d’une vitesse à l’autre.
- Le problème de la transmission, a) L'appareil Fieux. -— Plusieurs dispositifs ont été conçus en vue d’éluder ces difficultés ; l’un des plus ingénieux est l’appareil Fieux (fig. 5), appliqué aux automotrices et locotracteurs Schneider.
- Comme chacun sait, l’embrayage, dans une automobile, répond à deux fins : d’une part, il doit admettre un certain glissement relatif des surfaces en contact, au moment du démarrage, lorsqu’on met les éléments en prise, et aussi dans les quelques secondes qui suivent un changement de vitesse; d’autre part, il lui incombe d’assurer, entre l’arbre du moteur et l’arbre primaire du changement de vitesse, une liaison mécanique suffisante.
- de friction R, dont les extrémités sont en contact avec les doigts D, D', respectivement fixés sur les plateaux P et P’; le tout, enfin, est enfermé dans un tambour claveté sur l’arbre récepteur.
- Le plateau P est fixé sur l’arbre du moteur ; le plateau P', libre sur l’arbre, est relié à P par les quatre biellettes, articulées deux à deux et présentant, à l’extrémité la plus éloignée de Parbre, des masselottes M, M', Mt, M't.
- Dès que l’arbre entre en mouvementée plateau P entraîne le plateau P', par l’intermédiaire des biellettes ; dès que la vitesse atteint une valeur suffisante, les masselottes, sollicitées par la force centrifuge, antagoniste de l’effort moteur, s’écartent de l’axe de rotation, tendent à réduire l’angle aigu compris entre les doigts D et D’ et obligent ces der-
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- •niers, par conséquent, à exercer, sur chacune des extrémités du ressort hélicoïdal une poussée de sens contraire qui varie en fonction de la vitesse. Le ressort adhère d’autant mieux au tambour que la vitesse est plus grande et admet un glissement d’autant plus étendu que la vitesse est moindre. La conjonction est ainsi aisément obtenue au moment où le moteur donne son meilleur couple et la disjonction se produit automatiquement dès que la vitesse tombe au-dessous du point de conjonction.
- On conçoit qu’avec ce dispositif le moteur ne puisse jamais être calé ni par une surcharge, ni par une fausse manœuvre et que la conduite de la machine soit simplifiée au point de pouvoir être assurée par un agent inexpérimenté.
- À la suite de l’arbre récepteur, se trouve le coupleur G, embrayage rudimentaire de faible inertie, dans lequel un disque d, monté à cannelure sur l’arbre, primaire de la boite de vitesses, peut être fortement pincé entre un plateau p, fixé sur l’arbre de liaison et un plateau mobile p', appliqué par des rondelles Belleville.
- L’appareil Fieux peut supporter sans inconvénient des glissements de plusieurs minutes en pleine charge ; la chaleur produite est aussitôt dispersée dans le carter par l’huile qui baigne le mécanisme.
- La transmission mécanique a un excellent rendement; mais elle ne se prête pas à une variation continue de la vitesse. On a cherché, en établissant des transmissions hydrauliques, thermo-pneumati-
- iD
- Fig. 8. — Transmission hydromécanique H. Schneider.
- 203
- G'
- Fig. 7. — Transmission hydromécanique * H. Schneider.
- Coupe partielle suivant A' B' : i, inverseur à pignons d’angle,
- m, faux essieu en liaison avec les roues motrices,
- ques et électriques, le moyen d’obtenir aisément de telles variations.
- b) La transmission hydraulique. — La transmission Heie-Shaw (fig. 4), qui peut être considérée comme le prototype de la transmission hydraulique à variation continue, comporte un générateur constitué par six cylindres en étoile tournant autour d’un distributeur central. La course des pistons est commandée par une couronne circulaire dont l’excentricité réglée par un levier peut varier d’une valeur négative à une valeur positive, en passant par zéro. Le récepteur est constitué par un appareil' semblable, mais à excentricité fixe. Le rotor du récepteur est entraîné dans Lun ou l’autre sens, à une vitesse qui varie en fonction du débit du générateur; la vitesse du moteur restant constante, le couple obtenu sur l’arbre du récepteur varie en raison inverse de la vitesse de ce dernier. Cette transmission est très souple; mais on lui reproche de ne rendre guère plus de 70 à 75 pour 100 de l’énergie qui lui est fournie.
- c) La transmission à air comprimé. -— La transmission peut encore se fajre par l’air comprimé; mais pour que le rendement soit acceptable, il est nécessaire que la compression soit aussi iso-thermique que possible et que l’air soit réchauffé —ce qu’il est facile de faire en utilisant la chaleur
- Coupe partielle suivant A B.
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- des gaz d’échappement du moteur — avant son admission dans les cylindres de travail. Ce procédé, qui comporte une variante utilisant comme fluide transmetteur les gaz d’échappement au lieu de l’air comprimé, n’a guère été appliqué en France; mais des machines munies de telles transmissions ont été construites en Allemagne et en Angleterre.
- d) Les transmissions électriques. — L’électricité se prête très bien à la réalisation d’une transmission à variation continue.
- Dans le système Crochat-Collardeau, une génératrice à deux enroulements, l’un en shunt, l’autre en série avec l’excitation, est accouplée avec un moteur à explosion. Reliée à une réceptrice série arrêtée, cette génératrice ne peut s’amorcer tant que l'enroulement shunt seul est dans le circuit ; mais dès que l’enroulement série y est mis également, elle
- grande en accélérant l’allure du moteur thermique, ce qui procure un accroissement supplémentaire de tension.
- Le changement de marche est obtenu simplement en inversant le sens du courant dans les inducteurs des moteurs.
- La transmission électrique est particulièrement intéressante par son excellent rendement, par la possibilité de faire travailler le moteur thermique à son meilleur régime et par la facilité delà conduite.
- On a pensé qu’il était possible de faire mieux encore : considérant que c'est surtout lors du démarrage qu’il importe d’obtenir des variations entre les vitesses respectives du moteur thermique et de l’essieu, quelques constructeurs ont établi des transmissions mixtes comportant une prise directe à la grande vitesse.
- Moteur
- /'ig. g. — Transmission électromécanique Thomas.
- donne un courant dont le voltage est fonction de la vitesse angulaire du groupe électrogène. Selon que l’on shunte le compoundage de la génératrice ou les inducteurs de la réceptrice, on obtient soit une augmentation, soit une réduction de la vitesse du véhicule, par rapport à celle de la génératrice.
- Un autre dispositif (fig. 5), appliqué aux loco-tracteurs G. Moyse, utilise une génératrice com-pound dont l’enroulement série peut être shunté. Lorsque la génératrice tourne au ralenti et n’est pas connectée avec les réceptrices, aucun courant ne se produit; mais dès que la connexion est effectuée, la résistance offerte par les réceptrices à l'arrêt étant très faible, le courant traverse l’enroulement série, la génératrice s’amorce et le véhicule démarre.. Le démarrage est très facile car, contrairement au moteur à combustion interne dans lequel la puissance varie en raison directe de ,1a vitesse, le moteur série produit un couple d’autant plus puissant que la vitesse est plus*faible.
- Pour changer la vitesse de translation, on fait varier le voltage : on shunte les inducteurs série pour diminuer la tension, ou l’on met un deuxième inducteur en série avec le premier pour l’augmenter. On peut d’ailleurs obtenir une vitesse plus
- e) La transmission hydro-mécanique. — De cette conception dérive la transmission hydro-mécanique H. Schneider (fig. 6, 7, 8) de la Société suisse de construction de locomotives de Winter-thur, appareil remarquable qui paraît appelé au plus brillant avenir. Le générateur comporte un arbre creux relié au moteur thermique, cet arbre présente une partie excentrée formant manivelle; une cloison sépare l’intérieur de l’arbre en deux cavités communiquant respectivement avec deux cavités semblables pratiquées dans l’arbre du récepteur. Les cylindres, dont les fonds . sont en contact avec la partie excentrée, renferment des pistons fixés au rotor et, selon leur position, communiquent avec l’une ou l’autre cavité de l’arbre creux Le récepteur est disposé de façon à peu près semblable ; mais il comporte un nombre de cylindres double de celui du générateur, et l’arbre creux, qui ici est rectiligne, ne tourne pas et peut être excentré par rapport au rotor.
- Lorsque les robinets des conduites reliant le générateur au récepteur sont complètement ouverts, la transmission se fait par le liquide, la manoeuvre du levier de commande de l’excentricité suffit à régler la puissance du couple appliqué à l’essieu et la vitesse
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- de translation ; une excentricité nulle correspond à la marche à vide, laquelle peut également être obtenue en mettant le refoulement du générateur en communication directe avec l'aspiration.
- Si l’on ferme complètement les robinets, le liquide se trouve bloqué, s’oppose à tout mouvement des pistons, et le rotor est entraîné par l’arbre creux. Un train d’engrenages reliant le rotor à un faux essieu assure la transmission mécanique du mouvement.
- En entr'ouvrant plus ou moins les robinets,,' oii peut transmettre l’énergie par liquide et par engrenages, simultanément et en proportion quelconque.
- La marche arrière est obtenue, .hydrauliquement, en donnant une valeur négative^ à l’excentricité de 1’arbre du récepteur, et mécaniquement, en déplaçant sur leur arbre des pignons coniques d’un inverseur (fig. 7).
- Enfui, si, le véhicule étant en marche, on bloque l’arbre du générateur, l’essieu fait tourner le rotor par l’intermédiaire, soit des engrenages, soit du flux hydraulique venant du récepteur qui joue alors le rôle de pompe : la transmission Schneider constitue alors un frein, puisqu’il suffit de fermer progressivement les robinets de communication entre le générateur et le récepteur, pour obtenir l’arrêt.
- Cette transmission a l’avantage d’être relativement simple et légère, et donne un rendement de 80 à 93 pour 100, suivant la proportion d'énergie transmise mécaniquement ; elle permet d’ailleurs d’obtenir un démarrage plus rapide que celui de la locomotive à vapeur. , *
- f) La transmission pneumo-mécanique. — Comme exemple de transmission pneumo-mécanique, on peut citer l’appareil Hautier, dans lequel un train planétaire répartit l’énergie entre un arbre relié mécaniquement aux roues et un compresseur d’air qui alimente un moteur en liaison avec un essieu. Un locotracteur muni de cette transmission
- fonctionne depuis 1913 : le rendement varie entre 67 et 90 pour 100, suivant la vitesse.
- g) La transmission électro-mécanique. — On retrouve une disposition analogue dans la transmis -sion électro-mécanique Thomas (fig. 9) : ici, le train planétaire A répartit l’énergie entre l’arbre B, en liaison avec un essieu moteur et l’arbre creux C, concentrique au premier et sur lequel est fixé l’induit de la génératrice D. Cette dynamo, dont les enroulements sont en série, est connectée en série avec une réceptrice de même type dont l’induit est calé sur l’arbre B.
- Pour obtenir le démarrage du véhicule, on embraye avec le moteur le boîtier contenant le train épicycloïdal ; les planétaires sont entraînés, mais le point d’appui offert par le pignon central, solidaire de l’arbre B, les oblige à tourner sur eux-mêmes en sens contraire : l’arbre C subit l’impulsion des planétaires et la génératrice I.) produit un courant. Celui-ci excite la. réceptrice E qui ajoute son couple à celui appliqué sur le pignon central par les planétaires et l’essieu moteur commence à tourner. La vitesse de l’arbre creux diminue au fur et à mesure que celle de l’arbre B augmente, s’annule, change de sens et devient enfin égale à celle de l’arbre B ; à ce moment, un coupleur magnétique F rend les deux arbres solidaires et le moteur travaille dès lors en prise directe. Grâce à un second coupleur magnétique G, qui permet de supprimer la liaison avec l’essieu, on peut lancer le moteur en envoyant dans la dynamo D le courant d’un accumulateur.
- Quelques constructeurs enfin ont établi des machines à transmission directe ; le démarrage résulte ici de l’emploi de moteurs présentant un notable excès de puissance et de certains artifices tels que l’admission dans les cylindres d’air comprimé provenant d’un accumulateur. On peut classer dans cette catégorie le système Still, dont nous dirons plus tard quelques mots. (A suivre.) A. Boürgaik.
- LA FIGURE DE LA TERRE
- Sous ce litre, La Nature du 6 février 1926 a publié la critique d’une communication faite le 12 janvier 1925 à l’Académie des Sciences(*), sans que celte communication, forcément très restreinte de par les règlements, ait été développée dans aucune autre publication ; il en résulte forcément une certaine obscurité sur quelques points dont a profité M. J. Boccardi pour défendre la tradition. Lorsque le compte rendu du Congrès pour l’avancement des sciences de Grenoble en 1925 aura paru, on pourra y trouver la question plus développée, bien qu’encore il ait fallu, toujours en vertu d’un règlement draconien, amputer largement la communication faite à l’assemblée dans la section de géophysique. 11 sera aussi utile de se reporter pour la compréhension de certaines parties essentielles à « l’appendice rectificatif à ajouter à Origine des grands reliefs terrestres (*). Nous
- 1. Ch. Gorceix. Constatation métrique de la forme ovoïde de la Terre. C. R. -12 janvier -1925. T. tLXXX, n‘ 2, p. 152.
- 2. Ch. Gorceix. Origines des grands reliefs terrestres, 1924. P. Lccli'eVallier, éditëur.
- y renvoyons les lecteurs que la question intéresse afin de ne pas allonger démesurément cet article que nous voulons borner à la réfutation des objections soulevées par le savant ancien directeur de l’Observatoire de Turin qui a bien voulu attirer l’attention de ses collègues sur ce sujet qu’il a jugé très intéressant.
- Reprenons dans leur ordre les différentes observations : Si c’est le mouvement vers l’apex qui a fait prendre à notre globe la forme ovoïde, le sens du mouvement devrait êtrüf dans le prolongement de la ligne des pôles et non à 60° environ.
- L’étude mathématique tendant à déterminer l’équation de la courbe méridienne d’un corps placé dans les mêmes conditions qus la Terre n’est pas faite, peut-être même n’est-ellc pas possible; une théorie des radiations solaires de Milankovitch (*) qui, au point de vue mathématique, conduit à une équation différentielle de même
- 1. Milakkovitch. Théorie mathématique des phénomènes thermiques produits par la radiation solaire. Gauthier-Villars. Paris”, 1920.
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- 206 r::-,...... ........r - = LA FIGURE
- forme, semble l’indiquer; elle fournit cependant quelques indications assez vagues dont celle-ci : la direction, mal connue de l’apex, direction variable dans le temps d’ailleurs, étant supposée à 50° du pôle N, par suite des deux rotations de la Terre, ce sont les points situés au nord du parallèle 50° sud qui subissent successivement la résistance du milieu, le maximum ayant lieu pour ceux de latitude 40° nord ; c’est donc sur ce parallèle que se trouvera le plus grand aplatissement ou le maximum de rayon de courbure pendant la traversée de l'amas. Nous en avons tiré une conclusion intéressant la Méditerranée (1).
- Puisque nous avons parlé de résistance, répondons de suite à la deuxième objection de M. Boccardi.
- Dans toute la théorie que nous soutenons, nous avons parlé de traversées d’amas par le système solaire, traversées séparées par.de longues périodes pendant lesquelles la déformation due à la. résistance tendait à se détruire. La dernière traversée ayant eu lieu pendant Père tertiaire tiès probablement, les aslronomes ont raison de ne pas faire intervenir actuellement de résistance dans leurs calculs, ce qui ne prouve pas qu’il soit impossible de trouver un résidu de l’effet de résistance produit au tertiaire, dans la forme de la Terre. L’astronomie ne va donc pas à l’encontre de la théorie présentée.
- Par la suite, M. Boccardi semble ne pas avoir compris le but que nous poursuivions. Celui-ci n’était pas, en effet, de trouver une surface de référence ovoïde meilleure que les ellipsoïdes admis, mais de montrer qu’avec les mesures actuelles on pouvait affirmer la dissymétrie des deux hémisphères. Une surface de révolution ovoïde est celle dont les pôles sont inégalement distants du plan du parallèle de rayon maximum, que par analogie nous appellerons l’équateur; la normale y est perpendiculaire à la ligne des pôles et nous avons appelé bs et ès les distances, qui sont les rayons polaires, des pôles à ce plan; ils aboutissent au centre du cercle équatorial.
- Nous n’avons rien préjugé des variations de la courbure de la section méridienne du géoïde et le mot aplatissement n’a pour elle aucun sens; ce qu’a trouvé Brown, d’après les inégalités lunaires, c’est probablement l’aplatissement d’un ellipsoïde équivalent à l’ovoïde, au point de vue de cet effet, ce qui n’est pas la môme chose.
- Nous partageons l’avis de M. Boccardi en ce qui concerne la jonction du plus grand nombre de réseaux possible, mais encore ne faudrait-il pas, pour réduire les mesures au niveau de la mer, commencer par assimiler celui-ci à un ellipsoïde déterminé, puisqu’en réalité c’est la nature de cette surface de niveau qu’on cherche.
- Pour pouvoir faire ces calculs, il faut évidemment que la surface de référence soit bien définie et ait une équation simple; l’ellipsoïde y convient parfaitement et comme c’est lui qu’indique la mécanique pour un corps homogène en rotation, il faut s’v tenir, c’est lui qui conviendra le mieux, huit qu'on ne tiendra compte que de la rotation. Mais si l’on veut faire intervenir la translation, il devient tout naturel de choisir un demi-ellipsoïde pour chaque hémisphère, en séparant l'ensemble des réseaux au Nord de l’équateur de ceux qui sont au Sud. C’est ce que nous avons fait en attendant que nos arrière-pelits-fds aient des documents plus précis et plus nombreux, qui vraisemblablement compliqueront encore la question.
- L’aplatissement dont nous avons parlé est celui des demi-ellipsoïdes de référence et non du géoïde ovoïde qu’on cherche à préciser et pour lequel le mot n’a pas de sens. Nous avons môme vu que pour lui le plus grand rayon de courbure devrait èlre vraisemblablement au voisinage du parallèle 10° N, si au moment de la tra-
- 1. Appendice cit., p. 181.
- >E LA TERRE =r:—:: : ;—
- versée de l’amas la direction de l’apex était la même qu’aujourd’hui, ce qui est douteux et rend incertaine la prévision concernant l’emplacement de ce rayon de courbure maximum.
- L’idée de notre travail provient de . la lecture ;le l’ouvrage du capitaine Perrier, aujourd’hui colonel et à la tète de notre service géodésique : « Mesure de l’Arc du Pérou » (J), dans lequel sont puisés les documents géo-désiques invoqués et qui y déclare qu’à la suite des mesures faites, l’hypothèse bien connue de Green, Preston et autres savants, d’après laquelle la terre aurait une forme légèrement pyramidale, le sommet de la pyramide vers le pôle sud devient vraisemblable.
- L'amplification dont nous accuse M. Boccardi n’est donc, pas personnelle, nous sommes en bonne compagnie et, en ce qui concerne l’application à la théorie d’E. Belot, il en est de même : M. Lecornu, dans la séance de l’Académie des Sciences du 24 novembre 1924, discutant avec le tétraédriste M. Lallemand, a déclaré que la cause de la dissymétrie pouvait être recherchée, comme le fait M. Belot, dans la rencontre d'un nucuje cosmique. Pour M. Belot il s’agissait d’une forme originelle, congénitale en quelque sorte, et non de déformations- successives s’effaçant plus ou moins complètement une fois les traversées achevées, comme nous le prétendons ici.
- Nous avons donc simplement conclu des observations du savant géodésien cité, que, si les mesures exécutées dans l’Europe centrale, conduisaient à l’ellipsoïde de Besscl amplifié de 1/10 000 comme surface de référence optima, et celles cïe l’Afrique du Sud à cet ellipsoïde, la meilleure surface de référence pour l’ensemble du globe, a éléments ellipsoïdaux, serait celle provenant de la soudure des deux avec une surface de raccord, à déterminer, le long d’une bande équatoriale; il y en a une infinité, nous en avons choisi une, à titre provisoire, remplissant des conditions vraisemblables.
- . Démarquons en passant que l’hémisphère sud, en grande partie marin, ne sera jamais recouvert par un réseau bien serré de triangles et que la jonction du vieux monde dt du nouveau n’est pas envisagée je CTois; notre bagage scientifique n’augmentera donc pas énormément de ce côté.
- La différence entre a des divers ellipsoïdes et de a' de l’ovoïde proposé est : Clarke, 545, Etats-Unis, 125, Bessel, .505, llayl'ord, 088; elle est bien de l’ordre de l’incerlitucle qui règne sur ce paramètre. M. Boccardi a choisi ce dernier qui est le plus grand; l’ellipsoïde d’Jlav-ford n’est pas celui qui a servi de base au travail, cela n’est donc pas surprenant. Si la comparaison avait été faite avec lui au lieu de celui de Bessel, il est probable que l’écart serait bien moins considérable.
- Il ne faut pas d’ailleurs s’exagérer la grandeur relative de ces différences de forme. Si on trace une circonférence de 1 in. de rayon avec un Irait de 0 mm 1 d’épaisseur, pour figurer l’aplatissement polaire il faudra raccourcir les rayons polaires d’à peu près trois fois l’épaisseur du trait; quant à l’ovoïde son profil serait tout entier contenu dans l’épaisseur de celui-ci, mais l’équateur serait remonté vers le Nord de 55 mm environ.
- Quant à la décision de la conférence de Madrid, elle n’a rien à voir dans la question ; pour rendre les mesures comparables, elle prescrit d’employer un même ellipsoïde, qu’elle définit, mais elle ne préjuge pas de la forme exacte de la Terre dont la recherche est toujours le but de la haute géodésie; son but pratique élant surtout rétablissement du canevas des cartes géographiques.
- Un. Goiici-j.x.
- I, Capitaine l'i.iuiu-.ii. Mesure de l are du Pérou. Lu Urographie. 1914. p. 472.
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- UNE NOUVELLE LAMPE DE RÉCEPTION DE T. S. F
- Les formes et les usages des lampes à deux grilles sont déjà bien connus des amateurs de T. S. F., puisque l’usage courant de ces lampes remonte en France à plus d’un an.
- Ces lampes à vide comportent, on le sait, deux grilles concentriques séparées, formées chacune d’un fil de nickel ou de molybdène enroulé en hélice (fig. 1). La grille G' la plus rapprochée du filament est appelée grille intérieure ou de contrôle.
- Il existe également des lampes à deux grilles à
- ) +20 +40
- Tension grille extérfen voits
- big. 2. — Courbes caractéristiques d’une lampe à deux grilles à faible consommation.
- a, Courbes caractéristiques du courant grille intérieure en fonction de la tension grille extérieure, la plaque et la grille' intérieure étant portées à un potentiel de + i3 volts par rapport au pôle (—) de la batterie de chauffage. (Tension de chauffage : 3,8 volts), b, Courbe caractéristique du courant de plaque en fonction de la tension grille extérieure, la plaque et la grille étant dans les mêmes conditions que précédemment.
- faible consommation, dont la disposition est identique, mais dont le blâment très fin, thorié, n’exige qu’une intensité d’environ 6/100 d’ampère sous une tension de 3,2 à 3,3 volts.
- Nous avons expliqué dans La Nature les principales applications de ces lampes, et spécialement les montages à changement de fréquence, utilisés dans les appareils dits « radio-modulateurs » décrits dans un récent numéro.
- Lorsqu’on fait varier le potentiel de la grille principale ou extérieure G en portant la grille G' à un potentiel fixe, on obtient une courbe caracléris-
- big. i. — Lampe française à deux grilles.
- B, culot P, plaque et sa broche ; G', grille intérieure ;
- G, grille ordinaire ; F, filament.’
- tique du courant-plaque analogue à celle de la figure 2.
- La courbe de l’intensité du courant-plaque a, dans ce cas, une allure analogue à celle d’une lampe triode ordinaire, mais le potentiel de plaque a pu être ramené à une valeur relativement faible (13 volts dans le cas de la figure).
- Cependant, dans ces modèles de lampes, il faut augmenter évidemment l’écartement entre le filament et la plaque, ce qui augmente par suite les dimensions de la plaque et peut diminuer la conductibilité de l’espace filament-plaque.
- ! ! Y-
- big. j. — Disposition des électrodes dans la lampe mixte grille.
- F, filament ; G G' grilles ; P, plaque , S et S' support des grilles.
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- UNE NOUVELLE LAMPE DE RÉCEPTION DE T. S. F.
- De plus, en raison de leur construction même, le potentiel de la deuxième grille G' réagit sur le parcours des électrons émis par le filament, et modifie, dans la plupart des cas, les propriétés de la lampe par rapport à celles d’une lampe triode ordinaire.
- M. le professeur André, Blondel, dont les remarquables travaux sur la radiotechnique sont bien connus de nos lecteurs, vient d’inventer un nouveau modèle de lampe à deux grilles tout à fait original, et dont les propriétés diffèrent entièrement de celles
- Fig. 5. — Aspect d'une lampe mixte grille à consommation normale.
- de la lampe à deux grilles ordinaire que nous avons décrite au début de cet article.
- Celte lampe contient bien, en effet, également deux grilles séparées électriquement, mais ces grilles sont placées à la même distance du filament ; les deux hélices constituant les grilles sont enroulées côte à côte et constituent les filets d’une vis à deux filets (fig. 5).
- On a alors deux grilles G et G' tout à fait distinctes, et qui agissent séparément, mais chacune à la manière ordinaire, puisqu’elles sont à égale distance du filament ; on peut, d’ailleurs, en les groupant en parallèle reconstituer à chaque instant une lampe
- I II III
- Fig. 4. — Disposition schématique d’une lampe ordinaire en I, d'une lampe à deux grilles en II, et d’une lampe mixte grille en IIL
- ordinaire. Les électrons émis par le filament sont influencés en partie par la portion G de la grille, en partie par la portion G', sans que G' réagisse sur G.
- G peut donc être reliée, comme d’habitude, au circuit excitateur dont la lampe doit amplifier les oscillations, tandis que G' peift être reliée à un autre circuit dillèrent, circuit de réaction, d’hétérodyne, etc.
- La figure 4 schématise d’une façon très nette les différences existant entre une. lampe triode ordinaire, une lampe bigrille, et cette nouvelle lampe, à laquelle M. Blondel a donné le nom de mixle-grille.
- L’aspect extérieur, de la lampe n’est d’ailleurs guère différent de celui d’une lampe ordinaire, les deux grilles étant naturellement montées sur des supports distincts, mais peu visibles parce que situés dans le même plan (fig. 5).
- La disposition des grilles peut, d’autre part, être modifiée de façon assez simple. On pourrait utiliser, par exemple, deux grilles en spiralé plane, enroulée sur un cadre isolant (fig. 6).
- Rien n’empêche, également, de donner, si besoin est, plus d’importance à l’une des grilles qu’à l’autre en augmentant le nombre de ses filets.
- Cette lampe, encore aux essais, paraît, dès à présent, devoir permettre de nombreuses et fort intéressantes applications. Nous en étudierons quelques-unes dans un prochain article.
- Notons seulement qu’on peut réaliser, grâce à elle non seulement tous les montages classiques de détectrice et d’amplificatrice comme pour les modèles ordinaires, mais encore des dispositifs spéciaux.
- D’autre part, ses qualités de stabilité et ses constantes bien déterminées semblent lui assurer la faveur des amateurs de T. S. F. qui déplorent trop souvent les variations trop accentuées constatées dans les différents types d’une même série.
- P. HÉMAIlDnNQUEK.
- Fig. 6. — Disposition des grilles - en spirale plate. --
- Le Gérant \ P Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1925.
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- N° 2713
- 3 Avril 1026
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- La région pétrolifère de Bakou : G. Durocher. — Initiation biologique : La cellule : Dr Max Aron. Les automotrices et locomotives à combustion interne : André Bourg;ain.
- Les conceptions géographiques de M. E. de Martonne : Albert Dauzat.
- Académie des Sciences : Paul B. — Les gazomètres secs : E.-H. Weiss.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Travaux d’amateur. — Chauffage, etc. Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET O, Éditeurs. LE numéro \ Francc • • » • I franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. . ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
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- LA RÉGION PÉTROLIFÈRE DE BAKOU
- Nous n’avons pas ici l’intention d’émettre une opinion sur les problèmes d’ordre général posés par la révolution russe ; ceci n’est pas notre affaire.
- Cependant à cette époque où la question du pétrole occupe d’une façon générale une place si importante, il peut être intéressant de savoir ce que devient l’industrie pétrolifère dans une région comme celle de Bakou, où le précieux combustible est vomi avec une abondance inconnue dans les autres gisements du monde. Il y a là des réservoirs prodigieux qui pourront supporter impunément les méthodes intensives d’une fiévreuse exploitation, des flots de pétrole que la Russie pourra, le moment venu, déverser sur le marché mondial.
- La découverte du pétrole à Bakou remonte aux premiers siècles de notre ère, sinon à une époque encore plus reculée. Dès le moyen âge, ce produit jouissait d’un écoulement relativement large. C’est ainsi que Marco Polo, ayant visité Bakou au xme siècle, raconte que le naphte se transportait alors dans des outres, à dos de chameau, même jusqu’à Bagdad. Il est d’ailleurs curieux de constater que ce système archaïque s’est perpétué jusqu’à nos
- jours. Il n’est pas rare en eilêt, encore à l’heure actuelle, de rencontrer dans les faubourgs de Bakou des caravanes de chameaux chargés d’outres, dans lesquelles les paysans transportent du pétrole brut.
- Ce n’est cependant qu’en 1860 que commença l’extraction du pétrole sur des bases scientifiques, mais à cette époque la production ne dépassait pas 5000 tonnes. Naturellement, à cette époque, rien n’existait comme moyen de transport, ni pipe-lities, ni chemins de fer, ni flotte-citerne sur la mer Caspienne.
- Lorsque, grâce à un essai satisfaisant pratiqué parles Sociétés Nobel et Lianosoff, la routine des industriels du naphte fut vaincue, la construction des pipe-lines prit un essor particulier. C’est ainsi que, durant la période de 1880 à 1900, le rayon de Bakou se couvrit d’un épais réseau de canalisations, servant au refoulement du naphte des exploitations aux usines, de même que des dérivés du naphte d’usine à usine ou aux embarcadères.
- Au début du présent siècle, on comptait 58 pipelines, représentant une longueur totale de 400 km. et en 1900 le refoulement du naphte des exploita-
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- 210 ..:...LA RÉGION PETROLIFERE DE BAKOU
- Fig. 3. — Pose du pipe-line'a Bibi-E'ibat.
- tions aux usines atteignit le chiffre de 7 millions de tonnes.
- Dès cette année, et d'après les renseignements donnés par M. G. Perruche, dans la Revue pétrolifère, les exportations dépasseront de oO pour 100 les chiffres d’avant-guerre. Or, l’augmentation progressive de la production, les facultés limitées d’absorption du marché intérieur, les demandes croissantes de l’Europe et du Proche-Orient en naphte caucasien constituent des facteurs économiques favorables à un essor ultérieur desdites exportations.
- Cependant cet essor se trouve encore entravé par suite de l’inaptitude des moyens de transports actuels à refouler des lieux de production aux ports d exploitation de grandes quantités de naphte.
- De nombreux problèmes d’ordre industriel et économique sont donc actuellement à l’étude dans la région pétrolifère de Bakou : construction de nouveaux pipe-lines, de nouvelles lignes de chemins de fer, de nouvelles usines, perfectionnement du matériel d’exploitation. C'est sous l’impulsion énergique de M. Serebrowsky que cette restauration est en train de s’accomplir.
- La localisation des gisements pétrolifères s’étend sur une vaste étendue dans la région de Bakou.
- La presqu’île d’Apchéron est particulièrement remarquable par sa richesse; nulle part au monde,
- Fig. 5. — Forage rotatif à Bakou.
- en effet, il n’a été extrait une telle quantité de naphte d’un champ aussi restreint qui comprend Balakhang, Sabountachi, Ramang, Bibi-Eïbat. Semblable richesse des gisements est due à la saturation considérable des couches en naphte et en gaz. C’est ainsi, par exemple, qu’on rencontre à Bibi-Eïbat des couches naphtifères à plus de 900 m de profondeur et que la base du gisement est encore loin d’être atteinte.
- L’ile Artem, située à l’est delà presqu’île d’Apchéron et dont elle n’est séparée que par le détroit resserré d'Apchéron, est aussi très riche. Il y a même lieu de croire que les gisements de naphte ont leurs prolongements sous la mer, car, par temps calme, on peut observer au nord de l’ile des émissions de gaz s’élevant du fond de l’eau.
- À citer encore aux environs de Bakou les exploitations de Sourakhany, les plus jeunes champs de ce rayon, et où de fréquentes éruptions se
- Fig. 4. — Pose du pipe-line à Bibi-E'ibat.
- produisent. On y a enregistré des records de production dépassant ceux du monde entier.
- Tant dans l’ordre d’importance que d’ancienneté, le rayon pétrolifère de Grozny prend immédiatement rang après celui de Bakou.
- Venant en troisième rang après Bakou et Grozny, et d’une importance moindre, le rayon pétrolifère de l’Oural-Emba occupe un vaste territoire compris entre les lignes de chemin de fer d’Astrakhan et de Tachkent et la côte septentrionale de la mer Caspienne. C’est un territoire formé d’immenses steppes arides, n’ayant qu’une rare population nomade et à peu près dépourvu de moyens de communication. Le rayon d’Emba n’est exploité que depuis 1911, grâce à la construction de pipe-lines qui conduisent le pétrole jusqu'à la mer Caspienne.
- La région de Ivouban produit du naphte particulièrement riche en benzine. Celte région s’allonge en un ruban étroit sur le versant septentrional de la chaîne du Caucase. Certains endroits sont exploités industriellement, mais il reste une grande superficie de terrains qui n’ont pas encore connu les sondages.
- De même les gisements de Tifïis dans les environs d’Elisabethpol sont connus depuis longtemps
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- LA RÉGION PETROLIFERE DE BAKOU .........-. 211
- par la population locale qui les utilise pour satisfaire aux besoins de sa consommation. Mais ces gisements sont encore à la période de prospection.
- D’ailleurs, il existe dans toute cette contrée, si riche pourtant en précieux combustible, des millions d’hectares jusqu’ici inexploités. Ainsi, par exemple, toute la région transcaspienne est appelée à devenir dans un avenir peut-être prochain un centre important de production. Mais jusqu’ici l’absence d’eau potable, de combustible, de main-d’œuvre, de voies de communication plus ou moins praticables, — d’immenses étendues étant occupées par des salines marécageuses où les marchandises ne peuvent être transportées que par bêtes de sommes, — ont rendu l’exploitation à peu près impossible.
- Ainsi que nous le disions précédemment, tout un programme de perfectionnements est à l’étude dans cette contrée qui pourrait être si riche.
- Déjà cependant les antiques procédés de forage se sont perfectionnés et les moyens déjà utilisés en Amérique ont fait leur apparition à Bakou. C’est ainsi que l’on s’est servi, il y a déjà plusieurs années, du forage à tige, puis quelque temps plus tard
- Fig. 6. — Épurateur et dessiccaleur de gaz naturel pour P extraction de la gazoline à Sourakhany.
- du forage au câble, et même du forage rotatif.
- Des 27 raffineries de naphte qui existent dans le rayon de Bakou, 18 seulement étaient en activité au moment de la nationalisation. D’autre part des travaux de réfection sérieux n’ayant pas été accomplis dans ces usines depuis le début de la guerre, en raison de la pénurie des matériaux, ces usines
- Fig. p. — Photographie impressionnante prise lors de P incendie d’un puils de pétrole et montrant l’intensité du dégagement gazeux.
- se trouvèrent, la nationalisation venue, en fort piteux état. Ici encore tout est en voie de modernisation; cependant la production des usines actuellement en fonctionnement atteint un chiffre très élevé maintenant.
- Parallèlement à oes diverses améliorations, le transport du naphte réalise de sérieux progrès.
- Nous avons dit plus haut que le réseau de pipe-lines était déjà très développé. La canalisation qui relie Bakou à Batoum atteint 871 km de longueur.
- Lille a été terminée en 1905. Cette canalisation permet de refouler de Bakou une quantité très grande de pétrole, puisque le diamètre en a été calculé pour permettre le passage de 50 litres,, par seconde.
- Le rayon pétrolifère de Grozny accède à la mer Caspienne par un pipe-line qui aboutit à Petrovsk-Port, et qui a 165 km de longueur. D’autres réseaux moins importants sont construits, ou en voie de construction.
- La mer Caspienne, qui sert ainsi de débouché aux différentes régions pétrolifères, constitue de ce jfait la voie d’eau du naphte vers les ré-< gions du centre et du nord de la Russie, de même que vers la Sibérie.
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- INITIATION BIOLOGIQUE
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- La flolte-citerne de la Caspienne comprend un grand nombre de vapeurs pétroliers qui trouvent un abri dans la rade d’Astrakhan.
- Enfin le rayon pétrolifère de Bakou est relié par le chemin de fer de Transcaucasie à Tiflis et Batoum avec différents embranchements.
- Cependant, les années de guerre mondiale et civile, qui eurent, sur le système général des transports de la Russie, une. si funeste répercussion, ne pouvaient avoir une influence moins désastreuse
- anéantis par le feu et l’explosion, pénurie extrême de locomotives, état déplorable des voies ferrées et des ouvrages d’art des chemins de fer, tel était l’état de cette situation il y a peu de temps encore. Mais il est hors de doute que l’industrie pétrolifère a ressuscité maintenant dans la région de Bakou; elle s’y développe d’une manière intensive qui mérite d’être suivie avec intérêt. Il y a d’ailleurs de sérieuses chances pour que les gisements russes ne s’épuisent pas aussi vite que les gisements d’Àmé-
- Pig. 8. — Photographie impressionnante prise lors de l'incendie d’un puits de pétrole et montrant l'intensité du dégagement gazeux.
- sur les moyens de transport du naphte, tant par voie d’eau que par voie de terre.
- Nombreux matériel roulant détruit, entrepôts
- rique et pour que l’exploitation du pétrole y prenne vraisemblablement, un jour prochain, un essor prodigieux. G-. Durochku.
- INITIATION BIOLOGIQUE
- La Cellule.
- 1. Généralités. Le protoplasme et la vie.
- — On admet aujourd’hui que tous les êtres vivants sont formés d’un agrégat d’éléments très petits, qu’on appelle des cellules (de cellci, petite chambre). Il existe des êtres unicellulaires. Leurs espèces présentent même une prodigieuse variété. On les englobe sous la dénomination générale de 1. Voir La Nature, ii° 2705, 23 janvier 1926.
- protistes, et on appelle les protozoaires ceux d’entre eux qui prennent place dans le règne animal, les protophytes ceux qui se rangent parmi les végétaux.
- L’existence des protistes témoigne que la cellule est une unité fonctionnelle, puisqu’elle est capable, d’une manière autonome, de détruire sa propre substance et de la réparer en assimilant, de respirer, de produire de l’énergie, de se multiplier, bref de
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- INITIATION BIOLOGIQUE
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- manifester ce qui est l’essence de la vie même. La cellule est aussi une unité morphologique. En dehors de son organisation complexe, on ne saurait concevoir de possibilité de vie. Nous reviendrons sur ce point.
- Ce n’est pas de longue date que l’on sait les animaux et les végétaux composés de cellules, et qu’a pris place, dans la Science, la théorie cellulaire, contenue en substance dans les quelques lignes du paragraphe précédent. Il est bien classique de rappeler qu’en 1667 Robert Ilooke vit le liège formé d’aréoles régulières dont il fit des cellules. Mais ce n’est qu’au cours du xixe siècle que se précisa cette notion. À l’origine de la découverte des cellules, ce sont surtout des botanistes que l’on trouve. En dépit du juste hommage qu’on doit à ces précurseurs, nous ne pouvons nous arrêter longuement à l’analyse de leurs premières investigations. Leur intérêt est avant tout rétrospectif et nous avons davantage à dire sur les progrès accomplis depuis lors. Contentons-nous de rappeler les noms de Mirbel (1800), Rutrochet (1824), Raspail (1858). On considère Schleiden (1858) et Swann (1859), l’un allemand, l’autre belge, comme les véritables fondateurs de la théorie cellulaire. Il apparaît pourtant que leurs travaux n’ont fait que développer ceux des savants français qui les avaient précédés, et singulièrement
- Fig. 2. — Exemples de pafaplasme.
- A, ovocyte de poisson; m, membrane; n, noyau; p, protoplasme; d, deutoplasme (paraplasme) composé de substances protéiques, incluses en des vacuoles périphériques. — B, cellules graisseuses de mammifère. Le noyau n et le protoplasme p sont rejetés à la périphérie contre la membrane ; îa graisse g (paraplasme) occupe tout le reste de la cellule. — C, cellule de glande salivaire de mammifère, n et p comme précédemment; s, grains de sécrétion protéiques ou séreux (paraplasme). — D, cellules pigmentaires delà rétine; n, noyau ; pg, pigment renfermé dans la cellule sous forme de fines granulations (paraplasme). — E, cellules du tissu conjonctif (labrocytes) à grains de sécrétion s (paraplasme). — F, cellule caliciforme à mucus d'un épithélium. Le mucus m (paraplasme) est contenu dans une sorte de calice que supporte le protoplasme p avec le noyau n.
- Fig. i. — Divers types de cellules.
- A, cellule nerveuse (cellule ramifiée). — B, cellules musculaires (cellules fusiformes). — C, globules blancs hyalins du sang de l'homme (cellules sphériques). — D, globules rouges du sang de grenouille (cellules ovoïdes). — E, cellule hépatique de mammifère (cellule polyédrique). — F, cellules intestinales de vertébré (cellules cylindriques).
- de Dutrochet, qui avait étendu aux animaux les observations préalablement réalisées chez les plantes.
- A l’origine, la cellule représentait, pour ceux qui l’étudiaient, une simple cavité, encadrée de parois régulières et rigides. Peu à peu, l’attention, du contenant, s’est portée sur le contenu. En 1855, Dujardin et, ultérieurement, Hugo Mohl, Purkinje, notèrent que la cellule possède une substance, le cytoplasme et, en 1851, Robert Brown reconnut la présence, à l’intérieur de toute cellule, d’un organisme régulier, le noyau. Leydig, en 1856, définit la cellule : une masse de cytoplasme pourvue d’un noyau. La cytologie dès lors était née. Avec les progrès de l’optique microscopique, on pénétra de plus en plus avant dans la connaissance du cytoplasme et du noyau, dont on précisa la composition et la structure. On reconnut aussi que toute cellule résulte de la division d’une cellule préexistante, et les acquisitions réalisées à cet égard par les Mohl, les Nàgeli, les Remak, se trouvent synthétisées par l'axiome fameux de Virchow : omnis cellula ecellula (1857). On observa d’abord la division directe, mode grossier de la reproduction des cellules. Plus tard, vers 1880, fut découverte la division indirecte ou mitose, phénomène compliqué au moyen duquel se réalise normalement la multiplication cellulaire. Ce n’est,
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- on le voit, que vers la deuxième moitié du siècle passé que les fondements de la biologie moderne ont été posés.
- La notion de cellule domine, en effet, comme je l’ai montré dans un article précédent, la biologie entière. La cellule est l’unité de matière vivante ou, comme l’a énoncé Claude Bernard, le premier représentant de la vie. C’est sa forme, sa structure, les lois de son fonctionnement et de sa reproduction, qu'il importe d’élucider si l’on veut comprendre les phénomènes de la vie chez les êtres les plus élevés en organisation. Nous allons entamer, dès à présent, ce programme.
- I. Généralités sur les dimensions et la forme des cellules.— Rien n’est plus varié que les dimensions des cellules. Le mot cellule évoque certes un élément de taille minuscule, à propos duquel il est opportun d’utiliser, comme unité de mesure, le millième de millimètre ou micron, symbolisé par la lettre grecque p.. Mais s’il est vrai que certains protistes ne dépassent pas une fraction de p., il existe aussi des cellules dont le diamètre s'élève à plusieurs centimètres : l’œuf de poule, qui n’est autre chose qu’une cellule énorme entourée d’une membrane secondaire, en fournit un exemple bien connu. Entre de tels extrêmes, toutes les gammes de dimensions peuvent être représentées.
- La forme des cellules n’est pas moins sujette à la diversité que leur taille. En état d’équilibre dans un fluide, une cellule isolée, un protiste, se montré le plus souvent globuleuse ou ovoïde. Tel est le cas, chez les métazoaires, des cellules sanguines. Mais, s’assemblant en tissus et en organes, les cellules affectent, suivant leur différenciation et leurs rapports, l’aspect le moins constant. On pourrait multiplier les exemples. Il nous paraît suffisant d’en choisir quelques-uns, que montre la figure 1.
- Quelles que soient leurs dimensions ou leurforme, les cellules possèdent en tout cas la même constitution fondamentale et comprennent un cytoplasme, un noyau, une membrane, que nous étudierons successivement.
- II. Le cytoplasme cellulaire. — Le cytoplasme n’est pas homogène. Sous ce terme on désigne le complexe, l’ensemble réalisé par trois constituants possibles, qui sont le protoplasme, le - paraplasme et le métaplasme.
- Le protoplasme représente la « masse active » du cytoplasme. C’est en lui que résident les propriétés essentielles de la matière vivante. C’est lui qui assimile, respire et croît.
- Le paraplasme correspond à des substances qui, sans entrer dans la constitution du protoplasme, c’est-à-dire en figurant, comme on dit en physicochimie, une « phase » indépendante, prennent place dans le corps cytoplasmique. On les trouve sous forme de grains réguliers, renfermés ou non en des vacuoles, ou de liquides, ou, selon une acception plus générale, d’« enclaves » d’aspect, de dimensions, d’état physique ou chimique les plus divers. Le
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- jaune de l’œuf est une forme du paraplasme, et la figure 2 en reproduit quelques autres types. Le pa-raplasnie résulte de l’activité dite a sécrétrice » du protoplasme, c'est-à-diro de cette propriété, inhérente à la matière vivante, de puiser électivement, dans le milieu ambiant, certains corps, et, à leurs dépens, de réaliser des composés nouveaux. Ces produits d’élaboration, participants du paraplasme cellulaire, ont pour destinée, soit d’être utilisés au profit même des cellules qui les renferment, et de servir à leur entretien, à leur croissance, à la mise en jeu de leurs activités spécifiques, soit d’être rejetés en dehors. Dans ce dernier cas le paraplasme est lié à ce qu’on nomme la fonction glandulaire, fonction altruiste, apanage de certaines cellules dont les aptitudes sécrétrices s’exercent au profit du reste de l’organisme.
- Le métaplasme enfin consiste en des substances qui peuvent être non seulement intra-cellulaires, mais encore, et plus souvent, extra-cellulaires. Contrairement au paraplasme, le métaplasme n’est jamais voué à une utilisation plus ou moins directe au profit du protoplasme. Il reste, une fois formé, irréversible, et il devient dans une certaine mesure indépendant de la vie cellulaire. C’est ainsi que l’on range, dans la catégorie des métaplasmes, certains squelettes internes des protozoaires, et, chez les métazoaires, des substances, chimiquement définies, qui prennent place entre les cellules, dans les tissus dits de soutien (tissu conjonctif, cartilage, os).
- De ces définitions, il résulte que, dans le cytoplasme, c'est le protoplasme qui joue le rôle premier. C’est en lui que réside la matière vivante par excellence.
- Mais le protoplasme lui-même possède une composition hétérogène. Tandis qu’il conserve en partie le caractère d’une masse amorphe, sans structure, en partie il subit des différenciations en éléments qui acquièrent une forme, un aspect définis, et constituent une « phase séparée ». Le protoplasme non différencié répond à ce qu’on peut appeler le protoplasme fondamental. Quant aux éléments du protoplasme différencié, ils revêtent la signification de véritables instruments du travail cellulaire, voués à des activités vitales déterminées Prenant les a embrassés sous la dénomination générale de « protoplasme supérieur ». Parmi ces différenciations, il en est qui sont propres à toutes les cellules, et liées à cette propriété de « sécréter », d'élaborer, que j’ai, un peu plus haut, considérée comme un attribut essentiel de la vie. Nous les étudierons prochainement. D’autres sont en rapport avec des manifestations plus spécifiques de l’énergie cellulaire, et résident en des éléments spécialisés. Nous en dirons quelques mots plus tard, à propos de la différenciation cellulaire et de ses résultats1.
- Ainsi notre tâche présente comporte l’étude du protoplasme fondamental. Dans la suite nous aurons à en visager le protoplasme différencié propre aux cellules en général.
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- A. — Le protoplasme fondamental. — Le protoplasme fondamental renferme, outre des éléments minéraux, des substances organiques variées, sous un certain état physico-chimique. Son étude comprendra donc deux points de vue, lun chimique, et l'autre physico-chimique.
- 1° Composition chimique du protoplasme fondamental. — Sous peine d’ouvrir un vaste chapitre de la chimie organique et de risquer des développements hors de proportion avec cette « initiation », on ne peut qu’énumérer brièvement les composants essentiels du protoplasme vivant. Les chimistes ont isolé, dans le protoplasme, des substances protéiques, des hydrates de carbone, des graisses et des lipoïdes, et divers sels minéraux. De plus, en toute cellule vivante, l’eau entre dans une proportion considérable. Parmi ces éléments, une mention particulière doit être réservée aux substances protéiques, ou albuminoïdes. Ce sont des édifices moléculaires complexes, qui résultent de liaisons entre des corps appelés peptides, eux-mêmes constitués par des chaînes d’acides organiques, les acides aminés. Unies à des lipoïdes, à des hydrates de carbone, les protéines donnent des lipoprotéides, des glycoprotéides. Combinées avec d’autres substances organiques, les nu-cléines, dans la constitution desquelles on trouve en particulier de l’acide phosphorique et des bases puriques, les protéines fournissent des nucléopro-téides, renfermés surtout dans les noyaux cellulaires.
- On a encore beaucoup à apprendre sur la constitution de certaines de ces substances, sur leur état dans le protoplasme et leur rôle dans la vie cellulaire. On a toutefois acquis, sur les relations quantitatives qui existent entre plusieurs d’entre elles, des notions importantes. Deux physiologistes français contemporains, A. Mayer et G. Schaeffer, ont montré qu’il y a des constantes chimiques, capables de caractériser telle ou telle espèce cellulaire chez un animal déterminé. C’est ainsi que les rapports entre la cholestérine et les acides gras, d’une part, entre le phosphore renfermé dans les lipoïdes et les acides gras, d’autre part, ont une valeur invariable pour une espèce de cellules donnée. La teneur en, eau est aussi une constante cellulaire.
- 2“ Constitution physico-chimique du protoplasme fondamental. — Autrefois on n’étudiait le protoplasme qu’à l’aide de préparations de pièces préalablement fixées. Or la fixation entraîne une précipitation de la masse protoplasmique et fait naître ainsi des apparences de structure : d’où l’erreur, commise par les anciens auteurs, d’attribuer au protoplasme une sorte de charpente solide, de « spongioplasme », représentée soit par un réseau, soit par des filaments, soit encore par des granules juxtaposés ou des alvéoles.
- Depuis une époque relativement récente, on sait qu’au contraire le protoplasme ne possède pas de structure à l’état vivant, et que son état physicochimique n’est autre que celui d’un système colloïdal.
- Étudier le protoplasme, au point de vue d’où nous nous plaçons, revient donc en premier lieu à étudier l’état colloïdal : [problème considérable, qui a suscité déjà de multiples travaux, mais dont nous ne dirons que ce qui paraît strictement nécessaire à l’intelligence des données essentielles.
- C’est l’anglais Graham qui, vers 1860, a introduit dans la science la notion des colloïdes. Ce savant a montré que les corps chimiques dissous se rangent en deux catégories : ceux qui passent à travers une membrane de parchemin, sorte de filtre aux mailles extrêmement serrées, et ceux qui ne la traversent pas. Aux premiers, il a attribué la dénomination de cristalloïdes et, aux seconds, celle de colloïdes. La différence fondamentale qui sépare ces deux grands groupes de substances est la suivante :
- Les cristalloïdes sont à l’état de dissolution moléculaire, c’est-à-dire que, dans leur solvant, ils sont représentés par des molécules libres, dont l’ordre de grandeur est d’une fraction de millimicron (millionième de millimètre). Aussi a-t-on le droit de concevoir comme pratiquement homogène la solution d’un cristalloïde; elle est, de plus, parfaitement stable : abandonnée à elle-même, elle ne subit spontanément aucune modification d’état.
- Tout autre est le cas des colloïdes. L’état colloïdal se caractérise par le groupement des molécules en édifices complexes, constituant des globules que Nàgeli a appelés les micelles. Les micelles ont un diamètre fort divers, susceptible de varier de quelques millimicrons à plus d’un micron. Dans tous les cas, un colloïde est essentiellement hétérogène. Il comporte une phase dispersée (micelles), et un milieu de dispersion (milieu intermicellaire). Les micelles peuvent être solides dans un milieu liquide (disper-soïdes) ou liquides dans un milieu liquide (émul-soïdes). 11 est d’ailleurs d’autres cas sur lesquels nous n’insisterons pas ici. Le protoplasme vivant appartient à la classe des émulsoïdes.
- Ce ne sont pas là les seuls éléments de définition propres à le caractériser. Un émulsoïde est en effet susceptible d’affecter deux états extrêmes, reliés par toute une série d’intermédiaires. Ou bien il comporte des micelles petites, pauvres en eau, relativement écartées les unes des autres (fig. 3). Dans ce .cas les micelles sont animées de mouvements compliqués et rapides en zig zag, qu’on nomme les mouvements browniens (découverts par l’anglais R. Brown), Un tel colloïde présente d’intéressantes particularités optiques. Examiné à T ultra-microscope, c’est-à-dire avec un dispositif tel que la lumière soit dirigée de côté sur sa surface, sans le traverser comme dans les conditions habituelles de l’observation microscopique (fig. 4), il se montre constitué par des points brillants et mobiles sur fond noir. Les points brillants correspondent aux micelles, qui se comportent comme autant de centres de diffraction des rayons lumineux. Il présente en outre, observé sous une faible épaisseur, le phénomène dit de Tyndall, qui consiste en un reflet bleuâtre. Ces propriétés cârac-
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- Fig. 3. — Figures théoriques opposant Pétât d'un cristalloïde à celui des colloïdes.
- A, cristalloïde : molécules (sous forme de points) dispersées dans le solvant. — B, colloïde (sol) : micelles ou agrégats moléculaires, dispersées dans un milieu liquide où circulent des molécules libres (dissociées ou. non). — C, Colloïde (gel) : micelles fortement imbibées, très voisines les unes des autres.
- térisent ce qu’on est convenu de définir un « sol colloïdal ».
- Ou bien l’émulsoïde possède des micelles relativement volumineuses, fortement imbibées d’eau, et, comme on dit, très « liées au milieu de dispersion ». De semblables micelles ont un indice de réfraction qui diffère peu de celui du milieu. Elles sont, de plus, étroitement voisines les unes des autres. Dans ces conditions l’ultra-microscope ne révèle aucune hétérogénéité. Lè phénomène de Tyndall ne se manifeste pas. Le colloïde apparaît optiquement'vide 1 Dans ce cas il s’agit de ce qu’on appelle un « gel colloïdal » (fig. 5). C’est à cette catégorie qu’appartient le protoplasme vivant.
- Connaître les propriétés physico-chimiques du protoplasme, c’est en somme connaître celles d’un gel colloïdal. Nous sommes ici trop limités par le cadre que nous nous sommes assigné pour ouvrir une digression étendue à ce sujet, et nous nous bornerons à de sommaires indications.
- Contrairement à un cristalloïde, un colloïde — sol ou gel — est essentiellement instable. Les micelles, d’ailleurs inégales, grossissent ou diminuent, s’unissent ou se séparent, s’imbibent ou perdent de l'eau, suivant des influences multiples. Des échanges continus s'opèrent entre les micelles et leur milieu de dispersion. Dans ce dernier circulent des molécules, ou des électrolytes dissociés en leurs ions constitutifs. À leurs dépens les édifices micellaires subissent des remaniements incessants.
- Ces. changements sont conditionnés par certains processus physiques. D’abord les micelles sont chargées électriquement. On saisit qu’il en résulte — sans préjudice d’actions plus complexes — un jeu d'attractions et de répulsions possibles, soit entre les granules micellaires mêmes, soit entre eux et les substances du milieu. Chaque micelle offre corrélativement sa surface aux phénomènes d'adsorption, qu’on peut grossièrement définir par le dépôt et la concentration, en couche infiniment mince, à son niveau, de molécules ou d’ions présents dans le milieu. Une importance particulière s’attache encore à Yimbibition des micelles. On conçoit enfin que, dans un milieu qui renferme des substances extrêmement variées, et où les limites de séparation entre « phases » distinctes représentent une étendue
- énorme, les lois de Y osmose, de la tension superficielle, doivent entrer continuellement en jeu. Les modifications physico-chimiques du protoplasme ont u'n témoin mesurable : son degré de viscosité. CeLte propriété subit, au cours de la vie cellulaire, des fluctuations étendues, et revêt la plus grande signification.
- Il serait pourtant téméraire de prétendre à expliquer la vie par ces seuls processus physico-chimiques, dont nous venons de donner une esquisse sommaire. Claude Bernard a su marquer la limite de nos investigations, qui a écrit : « La plus simple méditation nous fait apercevoir un caractère de premier ordre, un quid proprium de l’être vivant, dans cette ordonnance vitale préétablie ». In vitro un gel, par exemple une solution visqueuse de gélatine, peut bien témoigner des propriétés de l’état colloïdal, être le siège des phénomènes auxquels nous avons fait allusion. Mais, dans l’état actuel de nos connaissances, il n’y a pas de chances qu’on lui communique le pouvoir de s’user et de réparer sa propre substance, de croître, de produire de l’énergie, en unmot, le pouvoir de vivre. Les processus physico-chimiques sont des moyens que la vie met en œuvre pour se manifester au sein d’un milieu chimiquement complexe, et dont la complexité est elle-même une condition de leur déclenchement. Encore donne-rait-on de ces activités spécifiques une interprétation bien incomplète, si on les considérait d’un point de vue purement actuel, et si l’on méconnaissait un facteur essentiel de leur réalisation, l’hérédité. L’ensemble des phénomènes liés à la vie se reproduit, pour chaque cellule, pour chaque individu, selon les traits fondamentaux de l’innombrable suite des générations antérieures. Ils sont dominés par les propriétés héréditaires et trouvent en elles, en quelque sorte, leur modèle préexistant. Manifestations vitales et hérédité sont deux termes inséparables. Voilà qui est propre à décourager tout chercheur, ambitieux de créer de la vie. La statue qu’il sculpterait n’est pas, à l’exemple de celle de Pygmalxon, près de s’animer. En revanche il n’est pas vain d’espérer que chaque jour verra' naître, à propos du protoplasme ^vivant, des acquisitions nouvelles, susceptibles d’éclairer toujours davantage le fonctionnement d’une machine que nous ne pouvons, au moins dans
- Fig. 4.
- Figure schématique montrant le système d’éclairage utilisé pour la microscopie (A) et pour Vultra-microscopie (B).
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- l’état présent de la science, aspirer à reproduire.
- Si d’ailleurs on inclinait, après avoir envisagé la constitution du protoplasme fondamental, à assimiler la vie à l’état colloïdal, on rencontrerait bientôt de nouvelles difficultés d’interprétation. Le protoplasme fondamental ne représente en effet qu’une part du protoplasme en général et, comme nous l’avons écrit plus haut, la cellule recourt, pour la mise en jeu de
- certaines de ses activités, à des sortes d’ « instruments de travail » doués d'une forme, d’une structure propre. Dans un prochain article, nous dirons quelques mots de ces « différenciations » qui nous amèneront à l’étude des autres constituants de la cellule, le noyau et la membrane.
- D1' Max Aron.
- large de cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- «S&ss-
- LES AUTOMOTRICES ET LOCOMOTIVES A COMBUSTION INTERNE [Suite (')]
- Les divers modèles d’automotrices. — La première automotrice à combustion interne qui circula en France est celle que M. Tartary fit établir pour les chemins'de fer départementaux des [Deux-
- d’un moteur à 4 cvlindres de 100x160 donnant une puissance de 35 k\v à la vitesse de 1600 tours par minute. L’embrayage est à cône inverse; une garniture de ferodo prévient les inconvénients que
- Fig. i. —' Automotrice Renault-Scemia.
- Sèvres. Ce véhicule, qui n’est ,à vrai dire qu’une automobile sur rails, est muni d’un moteur de 16 kw(2) et ne peut contenir qu’une vingtaine de voyageurs.
- Diverses usines, entre autres de Dion-Bouton, Renault, Saurer et Berliet construisirent des automotrices du même genre, cependant que les Etablissements Crochat mettaient au point leur type à transmission électrique très différent des précédents et se rapprochant beaucoup plus de la voiture de tramway que de l’automobile.
- Peu à peu, les divers types évoluèrent dans le même sens et l’on trouve maintenant des automotrices à moteur thermique capables d’assurer dans de bonnes conditions un service régulier sur voie ferrée. Nous nous contenterons de décrire quelques modèles d’entre les plus intéressants.
- L’automotrice légère Renault (fig. 2) a 6 m. 80 de long et 3 m. 60 d’empattement; elle est munie
- 1. Voir n° 2712,
- 2. L’emploi du cheval-vapeur comme mesure de puissance n étant autorisé: légalement (ju’à titre provisoire (loi du 2 avril 1919), nous avons jugé préférable d'indicjuer les puissances en kilowatts (1,56 cheval-vapeur).
- pourraient présenter les glissements prolongés ; des lèvres élastiques, taillées dans la masse du cône femelle, assurent un démarrage progressif ; le cône ne présentant qu’une faible inertie, le changement de vitesse se fait très facilement.
- La boîte de vitesses comporte 4 vitesses et une marche arrière de manœuvre. Tous les arbres sont montés sur des paliers à billes et un joint de cardan permet les déplacements relatifs de l’essieu moteur. Le rendement de cette transmission est de 95 pour 100 en prise directe.
- Cette voiture, établie pour la voie métrique, ne comporte qu’un seul poste de conduite ; elle atteint aisément l’allure de 50 km à l’heure en palier. Seule, elle peut gravir en prise directe des rampes de 38 mm par mètre ; avec une remorque de 8 tonnes, les rampes inférieures à 50 mm par mètre peuvent encore être franchies en troisième vitesse. Ce véhicule, capable de transporter 40 voyageurs, consomme environ 20 litres d’essence par 100 kilomètres.
- Avec le concours de la Société de Construction et d’Entretien de Matériel industriel et agricole (Scemia), la Société Renault a établi des automotrices (fig. 1 )
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- Fig. 2. — Automotrice légère Renault.
- plus fortes, pourvues de deux postes de conduite. Ces voitures, dont la tare est d’environ 9 tonnes, ont 10 m. 55 de long et 5 m. 60 d’empattement; elles peuvent recevoir des moteurs de 55 ou de 42 lcw.
- La transmission rappelle celle de l’automotrice légère. Ces véhicules se font avec un ou .deux essieux moteurs ; dans le modèle à adhérence totale, le mouvement est transmis, à l’essieu arrière, par un arbre principal et un couple conique, à l’essieu avant par un arbre intermédiaire en liaison avec l’arbre principal et un couple conique. Un inverseur de marche, constitué par un pignon conique engrenant deux couronnes coniques folles sur l’essieu, met à la disposition de chaque poste de conduite 4 vitesses et une marche arrière. Un clabot baladeur, coulissant sur l’essieu, permet de rendre l’une ou l’autre couronne solidaire de l’essieu.
- Cette automotrice, que l’on construit pour la voie normale et pour la voie métrique, peut atteindre une vitesse de 40 à 50 km à l’heure ; elle offre place à 40 voyageurs et comporte des compartiments pour la poste et pour les bagages. Des essais effectués sur la ligne départementale de Reims à Asfeld, sur un parcours de 50 km, ont montré que l’emploi de ce type conduisait à une dépense kilométrique trois fois moindre que celle nécessitée par la mise en circulation d’un petit train.
- Les mêmes constructeurs ont établi un type plus puissant, à boggies, muni d’un moteur à 6 cylindres de 110 X 160 , donnant 80 kw à 2000 tours et 55 kw à 1200 tours, vitesse à laquelle le couple atteint son maximum.
- Cette automotrice a 17 m. de long et les axes des bogies sont séparés par une distance de 11 m. ; elle offre place à 100 voyageurs. La transmission, analogue à celle utilisée sur les modèles précédents, commande, dans chaque bogie, l’essieu placé le plus près du centre de la voiture.
- La vitesse peut s’élever à 50 km à
- l'heure en prise directe sur des rampes de 18 mm par mètre ; avec une remorque de 15 tonnes, cette automotrice peut franchir à la même allure des rampes de 8 mm par mètre.
- Dans toutes les automotrices Renault, la mise en marche du moteur est obtenue électriquement.
- Les Etablissements Schneider ont construit, pour les Chemins de fer de Grande Banlieue, des automotrices (fig. 4) à deux postes de conduite munis de moteurs à 4 cylindres de 155 X 170, dont la puissance atteint 50 kw à 1200 tours; une dynamo spéciale assure la mise en marche du moteur et l’éclairage de la voiture. Au lieu d’être placé à l’une des extrémités du véhicule, comme dans les modèles précédents, le moteur est disposé vers le milieu de la longueur, sur le côté (fig. 5) ; le poids de la partie mécanique étant également réparti sur les deux essieux, la stabilité est meilleure.
- La transmission est caractérisée par la présence d’un embrayage Fieux et comporte une boîte de vitesses à 4 rapports, un inverseur à pignon cylindrique permettant d’obtenir les mêmes vitesses dans les deux sens.
- Ces automotrices, dont la longueur est de 9 m. 25, ont 5 m. 60 d’empattement et pèsent 10 tonnes; elles admettent 40 voyageurs, atteignent la vitesse de 50 km à l’heure et entraînent aisément à cette même allure une remorque de 16 tonnes sur des rampes de 7 mm par mètre. La consommation d’essence varie entre 50 et 55 litres par 100 kilomètres, suivant le profil et l’état de la ligne.
- Les Etablissements Schneider ont transformé en automotrices (fig. 5) quelques voilures de 2° classe des Chemins de fer de l’Ltat. Deux des quatre compartiments à voyageurs ont été transformés en
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- compartiment à bagages et poste de conduite; un moteur de 50 kw, placé à l'avant, dans le sens transversal, transmet le mouvement à l’essieu avant au moyen de chaînes jumelées. La boîte de vitesses comporte 4 rapports et une marche arrière; elle est en liaison avec le moteur par l’intermédiaire d’un embrayage Fieux.
- Ce véhicule, dont la tare est de 14,5 tonnes peut atteindre la vitesse de 60 km à l’heure en palier, avec une remorque de 10 tonnes ; avec une remorque de 20 tonnes, la vitesse maximum est réduite à 50 km à l’heure en palier et s’abaisse à 20 km à* l’heure sur les rampes de 12 mm par mètre.
- Il existe à l’étranger des machines beaucoup plus fortes. C’est ainsi que la Société Sulzer a établi des automotrices de 64 tonnes munies de moteurs Diesel de 150 kw à transmission électrique. Ces véhicules offrent place à 100 voyageurs et atteignent en palier la vitesse de 75 km à l’heure avec une remorque de 50 tonnes.
- L'emploi des automotrices à combustion interne présente un intérêt tout particulier sur les lignes à
- faible trafic où, en raison de l’importance du capital qu’il faudrait immobiliser dans les installations fixes, l’application de la traction électrique conduirait à des résultats déficitaires.
- Il est une autre application où la machine à combustion interne se révèle également intéressante : la locomotive de manœuvre. Contrairement à la locomotive à vapeur, qui doit rester sous pression pendant toute la durée du service, le locotracteur ne consomme rien en dehors des périodes de travail effectif et permet ainsi de réaliser d’importantes économies. Aussi, les locotracteurs, qui sont de plus en plus employés sur les voies privées, commencent-ils à se montrer dans les gares de nos grands réseaux.
- Les engins utilisés ici sont relativement lourds et à adhérence totale, ce qui leur permet d’exercer un effort de traction élevé. En raison des variations considérables que peut subir, d’une manœuvre à l’autre, le tonnage remorqué, on exige de ces machines une grande souplesse.
- La Société Renault construit un locotracteur de 22 tonnes (fig. 6), muni d’un moteur à 6 cylindres donnant 65 kw à 1600 tours. La boîte de vitesses comporte 4 rapports; un inverseur à pignons coniques permet d’utiliser ces vitesses dans les deux sens et transmet le mouvement à un faux essieu relié aux roues par des bielles. En première vitesse (4 km à l'heure), l’eff ort de traction (atteint 4850 kg ; le tonnage remorqué, qui varie en fonction du profil, peut s'élever à 970 tonnes en palier, mais ne dépasse guère 120 tonnes sur les rampes de 50 mm par mètre. La vitesse maximum est de 19,6 km à l’heure, mais le moteur étant débrayé, cette machine peut être incorporée sans in-
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- Fig. 6. — Locotracteur Renault de 65 kw.
- convénient dans un train roulant à 60 km à l’heure.
- La Société Baudet et Donon construit une machine de 50 tonnes munie d’un moteur à 8 cylindres donnant 75 kw. La'boîte de vitesses comporte 6 rapports, un démultiplicateur à combinaisons double le nombre des rapports et un inverseur transmet le mouvement à un faux essieu relié aux essieux par des chaînes. Cet engin est à cabine large et à doubles commandes : le machiniste peut ainsi toujours voir l’extrémité de la rame, ce qui facilite beaucoup les manœuvres par refoulement.
- Enfin, il convient de citer le locotracteur G. Moyse (fig. 7) de 20 tonnes, à moteur Panhard sans soupapes à 4 cylindres donnant 65 kw et transmission électrique permettant une grande précision de manœuvre. Le fait qu’avec cette transmission on change de vitesse sans perdre la moindre énergie dans des glissements d’éléments d’embrayage est très favorable dans le locotracteur qui, de par sa fonction, est appelé à user à tout instant du changement de vitesse : en la circonstance, le rendement de la transmission électrique est pratiquement plus élevé que celui de la transmission mécanique.
- Le locotracteur G. Moyse est muni d’un frein à air comprimé, d’un frein à tambour sur chacun des deux moteurs électriques et peut encore être freiné électriquement, les moteurs fonctionnant alors comme
- générateurs. De même que le précédent, cet engin est à cabine large et à doubles commandes.
- Il n’existe, à l’heure actuelle, que très peu de locomotives puissantes à combustion interne; on n’en compte guère que quatre : la locomotive Sul-zer de 755 kw à commande directe, le démarrage se faisant par injection d’air comprimé dans les cylindres, et trois machines de 880 kw commandées par les chemins de fer russes. Celles de ces locomotives qui ont été mises en service sont loin de donner satisfaction : la machine à transmission directe démarre péniblement et la locomotive Diesel à transmission électrique, construite sur les indications du professeur Lomonossof, atteint avec le tender le poids de 160 tonnes, excessif pour la puissance.
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- LES CONCEPTIONS GÉOGRAPHIQUES DE M. E. DE MARTONNE ===== 221
- Est-ce à dire que l’emploi du moteur à combustion interne, sur les voies ferrées, doive être limité aux puissances relativement faibles? Nous ne le pensons pas : les Etablissements Schneider travaillent à la construction d’une locomotive de 90 tonnes à transmission directe, mue par un moteur Still-Schneider de 900 kw. Ce type de moteur, qui a déjà fait ses preuves sur des navires, utilise, sur l’une des faces des pistons, la pression résultant d’une explosion de vapeur d’huile lourde; sur l’autre, la vapeur d’eau provenant d’une petite chaudière. Un brûleur à huile permet de mettre très rapidement cette chaudière sous pression; la
- vapeur seule est utilisée lors du démarrage. Lorsque la machine est lancée, on peut éteindre le brûleur, les chaleurs perdues du moteur suffisant à entretenir la pression voulue dans la chaudière.
- Cette machine et la puissante locomotive Diesel à transmission hydro-mécanique H. Schneider que la Société de Construction de Winterthur étudie en ce moment, marquent peut-être le déclin de la vieille locomotive à vapeur à laquelle les chemins de fer doivent le développement que l’on sait ; mais en entretenir davantage nos lecteurs aujourd’hui nous entraînerait trop loin.
- A.miiik Doi.'iuiAi.N.
- LES CONCEPTIONS GÉOGRAPHIQUES DE M E. DE MARTONNE
- M. E. de Martonne, professeur à la Sorbonne, qui termine une refonte complète de son magistral Traité de géographie physique, est aujourd’hui, avec M. Jean Brunhes, dont nous avons résumé récemment les doctrines (1 2), le représentant le plus qualifié de la géographie française. Il s’est spécialisé dans la géographie physique, comme M. Brunhes dans la géographie humaine. L’un et l’autre furent élèves de Vidal de la Blache. Mais iis diffèrent par leurs tempéraments et par leurs tendances.
- Grand voyageur comme son émule — aucun géographe ne peut se former sans les voyages, sans l’observation directe et la comparaison des faits — M. de Martonne a surtout exploré, en dehors de la France et des pays limitrophes qu’il connaît à fond, l’Europe centrale et orientale. Comme géographie régionale, il a publié une monographie remarquable de la Valachie, en attendant un grand ouvrage sur l’Europe centrale, interrompu par la guerre, mais qui verra bientôt le jour; à notre pays sont consacrés un petit, livre de vulgarisation, Les régions de France, et une magnifique série à'Albums des paysages caractéristiques de la France, dont la publication vient de commencer. Dans le domaine de la géographie générale, le Traité de géographie physique parut, en un volume, il y a vingt ans; la quatrième édition comprendra trois tomes (*).
- La tendance essentielle de M. de Martonne est de donner à la 'géographie un caractère de plus en plus précis et scientifique. Sans cesse il insiste sur le nombre et la variété des connaissances techniques què le géographe doit s’assimiler, comme sur la nécessité des études sur le terrain, la rigueur de l’observation, les exigences de la documentation.
- La géographie moderne — c’est sa caractéristique la plus apparente — s’est mise à l’école de nombreuses sciences forféloignées les unes des autres : météorologie, géologie, botanique, zoologie, anthropologie, sociologie, économie politique, qu’elle tend, semble-t-il, à s’annexer peu ou prou. Cette boulimie n’est-elle pas de nature à •nuire à une science que son rajeunissement aurait rendue
- 1. Dans La Nature du 24 oct. 1925.
- 2. Le second tome vient de paraître ; le troisième est sous presse. Un Abrégé de géographie physique en un volume résume le Traité. Les divers ouvrages cités sont ou seront publiés chez Armand Colin, à l’exception des Régions de la
- France (chez Flammarion) et de Y Album (chez Payot).
- trop ambitieuse? Ne conduira-t-elle pas à la dispersion des forces, à l’émiettement? Non, si le géographe a conscience de son rôle. La collaboration entre les sciences connexes est aujourd’hui une nécessité universelle; mais chacune garde son point cle vue spécial et son but déterminé.
- Limiter le champ des investigations géographiques est une entreprise chimérique. Ce qu’il faut, c’est dégager le point de vue géographique, c’est fixer les principes de la méthode. M. de Martonne en pose trois, qui sont, primordiaux.
- D’abord le principe d'extension, déjà mis en lumière par Ratzel. La géographie étudie essentiellement l’extension et la répartition des faits, en les décrivant d’abord après les avoir observés, puis en les reportant sur la carte.
- « Toute science, en abordant le problème de l’extension d’un phénomène, se rapproche de la géographie. La surface de la terre est un merveilleux laboratoire: en y observant l’aire d’extension d’un phénomène et ses variations locales, on peut saisir parfois sur le vif ses causes et ses conséquences » (*).
- La représentation sur la carte est singulièrement suggestive : en groupant les phénomènes abstraitement isolés de leur ambiance complexe, elle fait ressortir les connexions et les divergences, voire les antécédents historiques et fait jaillir les synthèses. Nous avons indiqué naguère (3) comment la géographie linguistique était en voie de renouveler la science du langage. Etudes et cartes de géographie botanique ou zoologique ne se. comptent plus. M. Brulails a récemment appliqué avec succès la mélhode cartographique à l’archéologie médiévale (s). La sociologie elle-même s’en inspire : M. de Martonne donne, dans la conférence que nous venons de citer, un curieux exemple de cartographie portant sur les opinions politiques. On voit que si la géographie a largement emprunté aux autres sciences, elle rend ses prêts sous une autre forme.
- • Le second principe directeur, mis en lumière par Ritter, est le principe de géographie générale. L’étude
- 1. Tendance et avenir de la géographie moderne dans la Revue de /’Université ds Bruxelles, 1914 (Conférence faite par M. cle Martonne à Bruxelles).
- 2. La Nature, lt9 avril 1922.
- 5. La géographie monumentale de la France, brochure (Paris, Champion, 1923).
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- géographique d’un phénomène suppose la préoccupation constante . des phénomènes analogues qui peuvent se montrer en d’autres points du globe. Par exemple, l’analyse des caractères des côtes bretonnes prend une valeur géographique, si nous pouvons les rapprocher de côtes semblables, de façon à montrer comment leurs particularités s’expliquent par les principes généraux de l’évolution des formes littorales (*) ».
- Le troisième principe enfin est le principe de causalité. S’il n’est pas propre, tant s’en faut, à la géographie, c’est lui qui donne à celle-ci (en s’associant aux précédents) son caractère scientifique :
- « L’application de cette méthode a fait la principale originalité des écrits de Ilumboldt. C’est dans son application que les plus grands progrès ont été réalisés au xix° siècle. La description des formes du terrain nous paraît désormais inséparable de leur explication, et cette explication suppose l’étude du passé» (Traité, id., ibul.).
- M. de Martonne insiste particulièrement sur le contact permanent avec la réalité. La géographie n’est pas une abstraction. lise plaît à répéter que la géographie originale descriptive est le summum à réaliser :
- « Ce qu’il y a de fécond et d’original à la fois dans la méthode géographique, c’est qu’elle met en présence
- 1. Traité de géographie physique. 1, 22.
- DES SCIENCES ... - . -------
- des réalités terrestres. Le genre Quercus est une abstraction : la nature nous montre des forêts de chênes, avec tout un cortège de plantes associées. L’extension et la physionomie de ces forèls sont, en chaque lieu, le résultat d’un certain équilibre entre des influences diverses spéciales à cet endroit : climat, sol, relief, exposition, déboisements et cultures. La grande industrie est une abstraction ; la réalité, ce sont des groupements industriels déterminés par des combinaisons locales de circonstances favorables : présence de la houille, facilités cle transport, population dense et active. »
- Nous terminerons par cette citation, qui nous parait. résumer le mieux la pensée maîtresse de l’auteur :
- « Ni l’étude de l’extension, ni la préoccupation exclusive des relations de cause à effet ne suffisent à caractériser la méthode géographique; mais l’union de ces deux points de vue met entre les mains du savant un instrument de travail vraiment neuf et original. Chercher à localiser les phénomènes et à dégager en même temps leurs rapports, tels qu’ils se présentent à nous dans les régions où ils peuvent être réellement observés ensemble, voilà la tâche essentielle du géographe (‘) ».
- Al.IililîT Dauzat.
- 1. Tendances et avenir..., p. 473.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1925 et janvier 1926.
- La synthèse du thymol. — Pour la première fois, la synthèse complète de ce phénol, de grand emploi dans l’industrie des parfums artificiels, a été réalisée par MM. L. Bert et P. Ch. Dorier. Nous marquerons les principaux stades d’une longue série de réactions : alcool isopropylique -> bromure d’isopropyle —>- cumène — chlorure de cumylc —>- paracymène —nitro-2-p.-cymène -> amino-cymène —> acélylaininobromocymène —>- ami-nobromocymène -> chlorure de bromocymène diazonium —bromo-5-p.-cymène ->• thymol.
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- Les enclaves et les cendres de Fouqaé Kameni. — On sait que l’éruption actuelle du volcan de Santorin se rapproche beaucoup de celle qui marqua l’année 1860, par la constitution de ses laves et de leurs enclaves, mais elle en diffère par la nature des cendres rejetées. M. Const. A. Kténas indique que les enclaves recueillies sur le champ de laves nouvelles, ou projetées en blocs indépendants lors des éruptions paroxysmales, appartiennent au groupe des enclaves homœogènes plésiomorphes antilogues pour la majeure partie. Grises, d’un brun noirâtre, à structure grenue ou porphyritique,' elles présentent. une texture miarolitique ; l’augitc existe presque seule en fait de métasilicate et le plagioclase est très basique. Quant à la roche enrobante, elle appartient le plus souvent au-type ordinaire de dacitoïde à pâte obsi-diennique ou mi-ponceuse.
- Les cendres comprennent des fragments anguleux de lave, des phénocristaux ou leurs débris, des morceaux de ponce, enfin une poussière fine blanchâtre où l’on distingue des microlites. Du point de vue composition chimique, l’analyse indique la présence des acides ,S(J41D et H Cl, et des métaux Ca, Mg, Na.
- La truite omble du Moyen Atlas. — M. Jacques Pel-legrin a déjà signalé cet intéressant Salmonide du Maroc, dont l’aspect général et la petitesse des écailles montrent d’étroites affinités avec les ombles-chevaliers de nos lacs du Dauphiné et de Savoie. Sa nouvelle note donne des indications nouvelles sur les dimensions, la coloration, le régime et le mode de reproduction d’un poisson qui semble aujourd’hui confiné dans un lac profond du Moyen Atlas, l’Aguelman Sidi Ali ou Mohamed, et dont il y aurait lieu de poursuivre la propagation dans quelques localités judicieusement choisies d’autres régions montagneuses de l’Empire Chérifien.
- La détection et la stabilité de certains détecteurs. — M. Pelabon a observé que pour réaliser un tel appareil il suffit de déposer sur une plaque conductrice la poussière d’un diélectrique et d’approcher une pointe, ou' mieux une sphère de 1 à 3 cm de diamètre. Ses dernières expériences l’amènent à penser que tout contact imparfait métal-diélectrique-métal peut constituer un détecteur, inutilisable en pratique si le diélectrique est gazeux ou liquide et, par suite, extrêmement sensible aux varialions de la température, mais stable si le mauvais conducteur possède un faible coefficient de dilatation et une grande résistance à la déformation.
- Le durcissement des ciments hydrauliques. —D’après M. Baykoff, la cristallisation résulterait d’un phénomène plus complexe qu’une sursaturation passagère de composés solubles, due à la solubilité plus grande des composés anhydres. Il y aurait, dans le durcissement, à considérer trois périodes successives : 1° une dissolution, pendant laauelle le liquide se saturerait progressivement des divers
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- éléments solubles; 2° une colloïdation coïncidant avec le début de la prise ; 3° la cristallisation ou durcissement proprement dit, les gels se transformant en agrégats cristallins.
- Les flammes du volcan de Santorin. — Sortant des trous et fissures du petit dôme central qui surmonte les épanchements de la lave nouvelle, elles sont de deux sortes : les plus abondantes, de couleur orangé rouge, atteignent parfois une hauteur de 20 à 25 m. ; les autres, en forme de lance et beaucoup moins développées, ne dépassent pas 1 m. Leur analyse a été faite par MM'. Geor-galas et Liatsikas, à une distance de 270 ou de 480 m. du dôme. Elle a décelé la présence, dans les mélanges gazeux, de l’hydrogène, de l’azote, de l’oxygène et des vapeurs de chlorure de fer. Dans une fumerolle enfin s’exhalant à i50°-220°, on a remarqué, avec la vapeur d’eau, les acides chlorhydrique, carbonique et sulfureux.
- La guérison des épühéliomas de Rôntyen ulcérés. — M. Dehedat soumet à l’Académie les résultats fournis par la diathermocoagulation sur des lésions déjà vieilles de 25 ans, et nécessitant des pansements depuis plusieurs mois, par suite d’une induration qu’accompagnaient un bourgeonnement et un écoulement ichoreux et fétide. Malgré les conseils donnés d’une amputation du médius droit et de l’index gauche, le Dr Debedat se soumit, après anesthésie à l’allocaïne, à la diathermo-coagulalion pratiquée par le Dr Bordier. Après pansements au Uniment oléocalcaire, puis lavages et tamponnemenls avec un liquide isotonique et antiseptique, les douleurs ont complètement disparu et la chute des eschares au bout d’une dizaine de jours fut précédée d’une lymphorrée abondante. La cicatrisation était totale au bout de six semaines et ces résultats semblent indiquer que les praticiens ont dorénavant un moyen efficace de lutter contre le cancer des radiologistes.
- Paul B.
- LES GAZOMETRES SECS
- La presque totalité des gazomètres est du type à cuve d'eau. La cloche simple ou télescopique flotte sur l’eau. Elle peut se soulever et emmagasiner le gaz produit par l’usine. Les cuves sont construites en maçonnerie, en béton armé ou en métal. Elles sont établies au niveau du sol ou enterrées.
- Pour diminuer considérablement le volume d’eau, on agence parfois une cuve de forme annulaire. Ce procédé a l’avantage de réduire les fondations nécessaires, mais il a l’inconvénient d’augmenter le poids de l’ouvrage et, en raison de ce fait, le fond est souvent en forme de calotte sphérique.
- Un système différent] est celui du gazomètre sans cuve, dit gazomètre sec. Dans ce modèle, la cloche est remplacée par le dispositif du couvercle qui est muni d’un grand piston, glissant le long des parois du réservoir. Le joint est réalisé au moyen d’une certaine quantité de goudron, qui est contenue dan-s une gouttière de toile. Le bord extérieur de la gouttière est armé de patins en tôle d’acier, qui sont en contact permanent avec les parois du gazomètre proprement dit, grâce à une pression qu’exercent des contrepoids.
- Il se produit toujours quelques fuites de goudron qui se rassemble à la base de l’appareil.
- Une pompe le reprend et l’envoie constamment dans la gorge.
- L’un des principaux avantages de ce système est d’être complètement insensible à l’action de la gelée, puisque l'appareil ne nécessite pas l’usage de l’eau.
- L’ensemble est aussi moins lourd et les fondations sont moins importantes et moins chères.
- Les premiers gazomètres secs ont été construits surtout en Allemagne, mais on vient d’en monter plusieurs en Amérique de capacités gigantesques.
- Celui de Michigan cube 28 500 m3 ; celui de Flus-hing, à New-York, atteint 85 000 m3, enfin le gazomètre sec de Harrison Cas Plant peut contenir 425 000 m3 de gaz.
- La cuve est polygonale, à chaque angle elle est munie de montants profilés en U. '
- Le montage des gazomètres secs américains (l’Amérique sèche se généralise) a été effectué d’une manière très originale, car on ne s’est pas servi d’échafaudages. Dès que les premières viroles du réservoir furent mises en place, le couvercle a été construit; on l’a muni immédiatement de son joint étanche en goudron. Sur le couvercle, on a placé le toit du gazomètre dans le but de l’utiliser comme plate-forme pour les différents travaux.
- On continua la pose des anneaux successivement. Dès qu’ils atteignaient le couvercle on n’aurait pu progresser sans un artifice, qui permit de faire jouer au piston son rôle à l’avance. Le moyen employé fut très simple, car on se contenta d’injecter, dans le réservoir, de l’air comprimé qui soulevait l’ensemble du piston et du couvercle.
- Cette manœuvre était conduite jusqu’à ce que le couvercle eut atteint une hauteur suffisante pour permettre le montage d’une autre série d’anneaux.
- Afin de travailler au montage en toute sécurité et d’éviter une descente accidentelle du couvercle, celui-ci était fixé aux colonnes par des crochets.
- Cette opération de soulèvement fut répétée jusqu’à l’achèvement complet de la cuve. A ce moment le toit a été fixé à sa position définitive ; on a évacué l’air comprimé, de manière que le couvercle de la" cuve put redescendre et le gazomètre terminé, entrer en service.
- E.-H. Weiss.
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- Fig. i. — Gazomètre sec de 428000 m3 en ccnslruclion à Ilarrison. Gas Plant.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1926.
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- SOMMAIRE :
- Les boues activées et l’épuration des eaux d’égout : E. RolantS.
- La chasse et la pêche chez les Esquimaux : V. Forbin.
- La reconstruction des cités minières du Nord : Auguste Pawlowski.
- Académie des Sciences : Paul B.
- Araignées hissant des coquilles : René Merle.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Nouvautés en T. S. F. — Microscopie, etc.
- Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET O, Éditeurs. LE NUMÉRO \ France • • * • * franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C1*, Éditeurs, 120, Boulevard St-Germain, PARI S, VI* (T{. C. : Seine 1 S.s34)
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- après mise en vigueur des nouveaux tarifs postaux.
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- (Voir ci-dessous la liste des pays acceptant le tarif postal réduit).
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- Le tarif extérieur n0 i est applicable aux pays suivants : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Espagne, Esthonie, Etats-Unis d’Amérique, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et ses colonies, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Paraguay, Perse, Pologne, Pot tugal et ses colonies, Boumanie, Russie {U. -R. S. S.), Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Uruguay.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C“, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- 10 AVRIL 1926
- LA NATURE. — N” 2714.
- LES BOUES ACTIVÉES ET L’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT
- Fig. i. — Installation de boues activées à Reading pour une population de 120000 âmes (au centre). Au second plan : lits de séchage des boues.
- Toutes les eaux dont nous avons usé, soit dans la vie domestique, soit dans les opérations industrielles, sont plus ou moins souillées; aussi doit-on s’efforcer de les éloigner de telle façon qu’elles ne puissent nuire ni dans les lieux d’où elles proviennent, ni partout où elles s’écoulent. Cet éloignement a été d’abord obtenu en déversant les eaux au ruisseau qui les conduit à la rivière, ou en les épandant sur le sol qui les absorbe.
- Pour les petites agglomérations, le tout à la rivière fut longtemps une méthode très pratique. Grâce au phénomène naturel de l’autoépu-ralion, les eaux usées, diluées et épurées, disparaissaient sans laisser de traces apparentes. Mais les villes devenant plus considérables, il arriva un moment où, selon l'expression de E Duclaux, la rivière ne fut plus proportionnée à l’égout et n’en forma plus qu’un prolongement.
- Ce fut surtout évident pour les villes où l’industrie s’était développée.
- La pollution des cours d’eau est une cause de diminution de bien-être, de dommage économique et souvent d’insalubrité.
- Le déversement des eaux usées sur le sol a toujours été et est encore une méthode simple de s’en débarrasser. Pour les collectivités, il a été longtemps l’exception ; ce n’est qu’au milieu du xixe siècle que ce procédé s’est développé en Angleterre, puis sur le continent. Il fut même considéré pendant un certain temps comme la méthode idéale d’épuration des eaux usées.
- Les eaux s’écoulaient des drains le plus souvent claires et limpides et la fertilité du sol était augmen- I
- tée par les engrais apportés par les eaux d'égout.
- La qualité principale d’un terrain pour être propre à l’épandage des eaux usées est d’être d’une porosité convenable. On s’est aperçu que cette porosité diminuait assez rapidement par suite de l’apport des matières solides entraînées par les eaux. Aussi s’est-on efforcé de retenir ces matières, d’abord par décantation simple, puis par précipitation chimique.
- C’est à ce moment que s’est posé le problème des boues dont la solution réellement pratique n’est pas encore trouvée. Ces boues, d’une importance considérable dans les grandes villes, surtout lorsqu’on emploie la précipitation chimique, ne tardent pas à être le siège de fermentations répandant de mauvaises odeurs ; aussi doit-on les éloigner ou les sécher, ce qui est onéreux et souvent difficile.
- Les difficultés rencontrées dans certains cas par la mauvaise qualité du sol, et la nécessité de restreindre les espaces utilisés pour l’épandage, suscitèrent les recherches des savants. Les premiers, Schlœsing et Müntz montrèrent que les transformations de la matière organique, conditions essentielles de l’épuration, étaient l’œuvre des microbes. Les expériences d’Hi-ram Mills déterminèrent les conditions qu’il fallait réaliser et en particulier l’aération dont elles démontrèrent l’importance. D’autre part, on remarqua que les microbes pouvaient aussi être utilisés pour détruire par fermentation anaérobie une partie des matières organiques contenues dans les boues.
- De là sont nés les procédés dits
- 15. — 225e
- Fig. 2. — Installation de Davyhulme, pour Manchester.
- 54' Année. — 1" Semestre.
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- 22&= LES BOUES ACTIVÉES ET L’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT
- d'épuration biologique artificielle des eaux d’égout.
- Le mécanisme de ces procédés peut être exposé simplement. Par une première décantation très rapide, les eaux d’égout abandonnent les matières solides lourdes, presque uniquement minérales, qu’elles entraînent. Une deuxième décantation est opérée, mais celle-ci de durée plus longue, dans de grands bassins qu’on a appelés fosses septiques. Les boues s’y déposent, les matières organiques subissent une fermentation anaérobie; lorsque la capacité des bassins est sensiblement réduite, elles sont évacuées. Contenant une moins grande proportion de matières organiques, et ces matières étant plus difficilement fermentescibles, les boues s’essorent et se sèchent assez rapidement. L'effluent de la fosse septique est alors épandu par divers procédés sur des sols artificiels, appelés lits bactériens. Sur les matériaux de ces lits, les eaux déposent les matières organiques que des organismes très nombreux détruisent par oxydation. Lorsque l’installation est convenablement aménagée, l’effluent de ces lits est suffisamment épuré pour pouvoir être écoulé à la rivière sans produire aucune nuisance.
- Des perfectionnements furent apportés à ces procédés. Aux fosses septiques on préfère parfois d’autres fosses ou bassins (fosses Imhofi’, ljydrolytic tanks, etc.), permettant d’opérer la fermentation des boues dans un compartiment distinct de celui dans lequel les eaux se décantent. Les lits bactériens du contact furent remplacés presque partout par les lits bactériens percolateurs. Pour ces derniers, un grand nombre d’appareils furent imaginés pour répartir les eaux décantées sur les matériaux.
- Les eaux d’égout qui contiennent tous.les déchets de la vie domestique et des opérations industrielles ont une composition qui varie non seulement avec le lieu, mais aussi avec le temps: A part certains cas spéciaux, ce sont les matières organiques qui causent la pollution produite par les eaux d’égout. Ces matières organiques, de compositions les plus diverses, depuis les plus complexes jusqu’aux plus simples, peuvent être divisées en trois groupes, suivant l’état dans lequel elles se trouvent dans les eaux : solide, colloïdal et soluble.
- Les matières organiques solides entraînées dans les eaux d’égout, aidées par les matières minérales solides, se déposent plus ou moins rapidement dans les bassins de décantation suivant les dimensions de leurs particules. Il reste toujours une partie de ces particules d’une finesse telle qu’elles sont main-
- tenues très longtemps en suspension, grâce surtout aux matières colloïdales. Elles peuvent néanmoins se précipiter lorsque ces dernières changent d’état physique et se contractent en flocons. Quant aux matières organiques solubles elles sont rapidement envahies par les germes.microbiens qui les décomposent.
- Une épuration n’est efficace que si elle conduit à la décomposition de la matière organique en ses éléments ou à sa transformation en produits stables. Quelles que soient les phases qui se succèdent au cours de l’opération elles doivent toujours se terminer par une oxydation : oxydation des matières solides ou colloïdales pour produire un composé analogue à l’humus de la terre arable, oxydation ou combustion des matières solubles avec formation des produits ultimes, acide carbonique et nitrates.
- On a longtemps tenté d’obtenir cette oxydation par une aération intensive, soit de l’eau directement, soit des lits bactériens construits à cet effet, mais sans succès.
- C’est en J 911 et 1912 que Clark et Adams, à la station de Lawrence (U. S. À.) montrèrent qu’en prolongeant l’aération intensive, on pouvait clarifier l’eau d’égout et réduire ainsi dans de grandes proportions la surface des filtres et des lits bactériens pour réaliser l’épuration.
- G. Fowler, qui avait reconnu l’importance de ces résultats, reprit les essais et avec ses collaborateurs découvrit le rôle considérable de la boue. Non satisfait d’obtenir la clarification des eaux d’égout, il prolongea encore l’aération dans le but d’arriver à l’épuration complète. Après quelques semaines, il remarqua que l’ammoniaque disparaissait brusquement et qu’il se produisait des nitrates. Il décanta alors le liquide clair et le remplaça par de l’eau d’égout brute fraîche qu’il soumit de nouveau à l’aération jusqu’à nitrification complète de l’ammoniaque. Celte opération fut renouvelée un certain nombre de fois en retenant toujours les matières déposées. Il constata que, à mesure que le dépôt de matières solides augmentait, le temps nécessaire pour chaque oxydation successive diminuait, jusqu’à ce qu’il fut possible d’obtenir la nitrification et lepuration de l’eau d’égout fraîche en quelques heures. La boue ainsi accumulée avait donc acquis une propriété nouvelle et on lui donna le nom de boue activée.
- D’une façon générale, on peut définir la boue activée : une boue; formée des matières organiques des eaux d’égouts, capable,' dans certaines condi-
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- LES BOUES ACTIVÉES ET L’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT 221
- tionset en présence de l'air, d’adsorber les matières colloïdales, d’absorber les matières dissoutes et d’oxyder les matières organiques et l’ammoniaque.
- La boue activée a un aspect tout différent de celui de la boue d’égout dont elle provient. Sa couleur est moins foncée, les particules qui la forment sont plus volumineuses et se déposent rapidement, laissant surnager uij liquide limpide; son odeur n’est plus désagréable, mais rappelle celle de la terre humide ; enfin, l’essorage en est assez facile, tandis que cette opération est pratiquement impossible avec les boues d’eau d’égout.
- La boue activée est une boue vivante, elle est peuplée de germes microbiens et d’organismes inférieurs qui, chacun pour leur part, concourent à l’épuration.
- Les nombreux germes microbiens apportés par l’eau d’égout ne persistent pas tous dans la boue activée, il se produit une sélection et il ne reste qu’un petit nombre d’espèces aptes à détruire la
- diffuseur
- On a aussi préparé une boue partiellement activée permettant d’épurer jusqu’à un certain point l’eau d’égout, en soumettant des volumes succcessifs d'eau brute à des périodes d'aération de 6 heures et n’excédant pas 48 heures.
- Le procédé aux boues activées a fait l’objet de nombreuses études et expériences tant au laboratoire que dans les stations d’épuration. 11 met en œuvre une série de phénomènes physiques, chimiques et biologiques, plus ou moins simultanés : adsorption, clarification, fermentation carbonée, nitrification.
- L’ « adsorption » est la fixation des matières colloïdales sur un support solide. Elle a été reconnue depuis assez longtemps se produire sur les malé-
- ^Tuyau dair
- ( Dav^hul me)
- big. 4 et 5. — Types de diffuseur d’air à Withington et à Davyhulme, (d’après Cavel, Revue d’Hygiène.)
- matière organique par oxydation et les germes nitrifiants. Ces espèces sont variables suivant la composition des eaux; ainsi l’ensemencement d’une eau d’égout avec une boue activée provenant d’une eau d’égout de composition différente n’a pas toujours donné de résultats immédiats. Les essais d’ensemencement avec une espèce déterminée n’ont pas été poursuivis.
- On a souvent remarqué dans les boues activées la présence d’organismes inférieurs qui semblent se succéder à mesure que la boue se forme. Ce sont des protozoaires ciliés ou flagellés, des masses zoogléiques, des nématodes, etc., qui rampent à la surface des flocons de boue. Ces protozoaires peuvent, par leur pullulation excessive, favorisée probablement par insuffisance d’aération, augmenter considérablement le volume apparent des boues et rendre difficile leur séparation d’avec le liquide épuré.
- Le procédé de G. Fovvler pour la préparation de la boue activée est très long. On opère plus rapidement en accumulant de la boue d’égout et en l’activant ensuite. On peut aussi, d'après F. Dienert, la former avec d’autres matières suffisamment légères, telles que la terre, la vase, l’argile, la pouzzolane, le charbon de bois, le noir animal, la craie, le bioxyde de manganèse, etc., en ensemençant ces matières avec une boue préalablement activée.
- riaux des lits bactériens. Les flocons de boue activée jouent le même rôle d’une façon très marquée.
- La clarification n’apparaît qu’après un certain temps d’aération très variable suivant la composition des eaux. Elle se produit par la coagulation des matières colloïdales non adsorbées, qui s’agglutinent d’une façon analogue à ce qui se passe, lorsqu’on ajoute au sol du fer. Cette coagulation serait facilitée, d’après F. Dienert, par la précipitation d’une partie importante de la chaux contenue dans les eaux.
- Les microbes brûlent la matière organique en produisant un dégagement d’acide carbonique, c’est ce qu’on appelle la fermentation carbonée. Cependant il existe quelques composés organiques qui résistent à l’oxydation, même après une aération très prolongée, mais le plus souvent la présence de ces composés stables est pratiquement négligeable au point de vue épuration.
- La nitrification de l’ammoniaque n’est apparente que lorsque la fermentation carbonée est presque terminée. Elle peut être complète par une aération suffisamment prolongée, et elle augmente en proportion delà quantité de boue dans le mélange. Elle peut par contre être empêchée ou masquée par la présence dé aux résiduaires industrielles. La présence de nitrates ne doit être considérée que comme un témoin que la combustion du carbone est ter-
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- minée. On a attribué aussi aux nitrates le rôle de catalyseurs aidant à l’oxydation.
- Les protozoaires jouent un certain rôle dans l’épuration, ces organismes inférieurs se nourrissent de matières organiques coagulées et les microbes détruisent les produits de cette digestion. Mais, par contre, on les accuse de détruire les bactéries utiles à l'épuration. On a pu les supprimer, sans nuire à l’activité microbienne, en additionnant momentanément à l’eau d’égout de petites quantités d’une matière colorante.
- Installation. — On peut épurer les eaux d’égout par le système discontinu ou par le système continu. Le premier est réservé aux installations expérimentales, le second aux installations de villes. Ces dernières comprennent essentiellement : un bassin de décantation pour le traitement préliminaire, un bassin d’aération, un bassin de décantation et un bassin de réactivation des boues.
- Traitement préliminaire. — On a d’abord préconisé une décantation juste suffisante pour retenir les matières lourdes qu’on ne peut maintenir facilement en suspension dans l’eau, les matières flottantes plus ou moins volumineuses étant toujours arrêtées au préalable, comme dans les procédés antérieurs.
- Depuis, dans le but de réduire les dépenses de fonctionnement, on tend à décanter les eaux de plus en plus, avant de les admettre dans les bassins d’aération. Cette façon d’opérer présente plusieurs avantages. Le bassin de décantation préliminaire régularise le débit et jusqu’à un certain point uniformise la composition de l’eau d’égout, ce qui est imporlant pour les villes industrielles. Les boues dans le bassin d’aération sont plus légères et par suite tenues en suspension avec une moindre force; enfin leur volume est moindre. Par contre, on doit traiter les boues de décantation putrides ou très putrescibles, tandis que les boues activées ne” deviennent pas septiques lorsqu’on les étend en couches de 100 à 250 mm pour les sécher.
- Il est toujours indispensable d’éliminer au préalable les huiles et graisses, qui font mousser les eaux agitées et sont un obstacle à la dissolution de l’oxvgène.
- Aération. — Le principe de l’épuration des eaux d’égout par les boues activées est de maintenir ces boues en suspension dans l’eau en présence d’un excès d’oxygène. Ces deux conditions sont remplies par insufflation d’air, ou, à un moindre degré souvent suffisant, par l’agitation mécanique.
- Insufflation d'air. — L’insufflation d’air, qui a été seule utilisée pendant un certain temps, a été opérée d’abord au moyen de tubes perforés placés au fond des bassins. Pour obtenir une plus grande dispersion de l’air insufflé, on a entouré les orifices par des toiles métalliques ou des pierres cassées. Actuellement, pour réduire les dimensions des bulles dans le liquide, on envoie l’air comprimé dans des « diffuseurs », boites métalliques recou-
- vertes de plaques poreuses. Chaque diffuseur reçoit l’air par un tuyau vertical avec dispositif pour contrôler la distribution.
- La disposition des diffuseurs dans le fond des bassins et la forme de ces derniers a varié. D’abord placés au fond de sillons disposés transversalement au courant de l’eau, les diffuseurs sont maintenant le plus souvent accolés à une des parois des bassins. La surface des plaques poreuses, d’abord de 1/6 de la surface des bassins, a été réduite progressivement, elle n’est plus maintenant que de 1/18 à Davyhulme (Manchester).
- Toujours pour réduire la dépense de force pour comprimer l'air, on a essayé de faire l’aération intermittente par pulsation. Il ne semble pas qu’on obtienne ainsi un bénéfice important, si ce n’est dans certains cas et pendant la nuit lorsque le volume et la concentration des eaux d’égout sont réduits. On a aussi essayé l’aération intermittente par des diffuseurs placés sur des bras mobiles autour d’un axe, la rotation plus ou moins rapide des bras fait varier l’aération et ses périodes.
- Il est facile de comprendre que la quantité d’air insufflé et la durée de l’aération varient très largement suivant la composition des eaux d’égout; les limites ordinaires sont : 4 à 8 m3 d’air par mètre cube d’eau traitée ; durée de l’aération : 2 à 10 heures, le plus souvent 4 heures.
- Agitation mécanique. — L’aération peut être aussi obtenue en renouvelant les surfaces de l’eau exposées à l’air. C’est ce qui a été réalisé en premier lieu à Sheffield.
- Dans les bassins d’aération par insufflation d'air, la profondeur n'a qu’une importance relative. L’agitation mécanique, avec le dispositif adopté à Sheffield, exige au contraire des bassins peu profonds, mais une grande surface est indispensable. Ces bassins sont divisés en un certain nombre de canaux parallèles, aux extrémités arrondies, séparés par des murs élargis aux extrémités pour éviter les remous, d’une longueur totale de 1000 m. environ. Au milieu de ces canaux, sur deux lignes, sont disposées des roues à aube, une par canal (‘). L’eau d’égout, après traitement préliminaire, entre dans un des canaux, à débit réglé par une vanne à flotteur, circule dans les canaux et en sort par déversement sur le mur de séparation des chambres de retenue des boues, d’où elle s’écoule dans les bassins de décantation des boues. Les roues à aube, tournant à raison de 15 tours à la minute, font circuler le liquide et les boues à une vitesse de 0 m. 50 à la seconde et les remuent en produisant des changements rapides de surface. Un dispositif permet de faire rentrer dans le circuit une partie des houes pour en maintenir toujours la même proportion dans le mélange. A Sheffield, les effluents sont peu ou pas nitrifiés,' mais ils sont clairs et imputrescibles.
- 1. On a récemment expérimenté avec succès un nouveau mode de propulsion appelé Spiro-flow.
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- LES BOUES ACTIVEES ET L’EPURATION DES EAUX D'ÉGOUT
- Plan
- i -. — > j JLaux brutes
- Retour des boues
- ^ Pbmpe ;!
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- ! , Sortie deau
- ! T*2 épurée
- Coupe longitudinale
- T eau
- Niveau
- Coupe A-A
- Fig. h. — Installation d’épuration des eaux d’égout par les boues activées, type Sheffield, à la station de Mesly (d'après P. Bourgeois).
- A, chambre des moteurs ; a,, pompes à boues en sous-sol ; B, bassin d’aération ; C, plate-forme des roues à palettes ; i, conduite d’arrivée aux eaux brutes ; 2, conduite d’évacuation des eaux épurées; 3, conduite d’évacuation des boues en excès ; 4, conduite de retour des boues au bassin d’aération.
- L’agitation mécanique a été réalisée d’une autre façon dans les appareils « Simplex », dont le premier a été installé à Bury. Le bassin, de forme cylindro-conique, est divisé en deux parties concentriques par une cloison, plongeant dans le liquide, portant à sa partie supérieure un plateau élevé de quelques centimètres. La partie intérieure sert de chambre d'aération, la partie extérieure de bassin de décantation. La chambre d’aération est munie d’un appareil conique, avec ailettes, prolongé par une sorte de puits plongeant jusque près du fond du bassin. Cet appareil est mobile, et, lorsqu’il est mis en mouvement, le liquide est rejeté en couche mince à la périphérie du plateau, et le mélange eau et boue remonte dans le puits pour être rejeté à son tour et ainsi de suite. Il se produit un mouvement ascendant et descendant en spirale qui assure un long contact du mélange avec l’air. Certaines installations de ce système ont les deux parties séparées comme dans les autres procédés.
- Décantation des boues activées. — Dans tous les systèmes, l’écoulement étant continu dans le bassin d’aération, il en sort un mélange d’eau et de boues
- qu’on reçoit dans des bassins où s’effectue la séparation. Ces bassins sont généralement du type cylindro-conique dit Dortmund, le mélange entre dans un appareil spécial au centre, l’effluent clair sort par la périphérie. Les dimensions de ces bassins sont telles que les eaux y sont retenues environ 2 heures.
- Réaération des boues activées. — Les boues activées qui se déposent au fond des bassins de décantation perdent peu à peu leur activité et pourraient même avec le temps redevenir septiques.
- Aussi s’efforce-t-on de les soutirer le plus rapidement possible pour les mélanger avee les eaux d’égout, avant leur entrée dans le bassin d’aération. La plupart des installations ont des bassins spéciaux pour réaérer la boue très liquide avant de l’employer à nouveau. Ceci présente Davantage d’obtenir une boue ayant le maximum d’activité, ce qui peut être indispensable lorsque les eaux d’égout reçoivent par intermittence des eaux résiduaires industrielles nuisibles pour l’épuration.
- Facteurs influençant les boues activées — Si pour les eaux domestiques l’épuration est obtenue régulièrement, il n’en est pas de même lorsque
- Eau chargée.
- -Eau décantée
- de boue b}:'! —>Vers la fosse à boues
- '•.èô'L
- Fig. p. — Coupe schématique d’un décanteur.
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- LES BOUES ACTIVEES ET L’EPURATION DES EAUX D’EGOUT
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- les égouts reçoivent des eaux résiduaires industrielles. En effet, l’acidité, l’alcalinité insuffisante ou excessive, les antiseptiques, les huiles, graisses et goudrons, nuisent à l’épuration. De plus, certaines matières organiques sont peu adsorbables ou très résistantes à l’oxydation.
- Les remèdes à ces inconvénients sont : l’interdiction ou la réglementation du rejet de certaines eaux résiduaires, l’addition de produits chimiques (carbonate de chaux ou acide), la parfaite séparation préalable des matières grasses, le mélange dans le bassin de décantation préliminaire, l’emploi de boues réactivées en proportion des matières organiques à oxyder.
- L’effet de la température n’est pas aussi grand qu’on pouvait le craindre, étant donné que la bouc activée est une boue vivante. Les observations montrent qu’on ne constate de ralentissement sérieux qu’au-dessous de +5° G., seule la nitrification est moins active. Dans les climats froids, on est obligé de prolonger la durée de l’aération pendant l’hiver.
- Comparaison des deux procédés. — Les deux procédés d’application des boues activées ont des partisans convaincus ; mais, vu le petit nombre d’expériences comparatives sur une même eau d’égout, on ne peut encore .tirer des conclusions certaines en faveur de l’un ou l’autre. Il est fort probable que les circonstances locales conduiront dans l’avenir à un choix dicté par les conditions spéciales.
- Le principal argument a été que l’agitation mécanique exigerait une moins grande dépense de force que l’insufflation d’air, il semble bien actuellement que la différence ne soit pas assez importante pour faire négliger d’autres considérations.
- L’agitation mécanique exige une décantation préalable plus poussée que l’insufflation d’air, elle semble plus sensible aux facteurs énumérés plus haut.
- Dans le système à l’air diffusé, les bassins sont construits d’après le débit moyen et on peut y traiter un volume plus grand d’eau en augmentant le débit de l’air insufflé. Dans le système à agitation mécanique, la capacité des bassins doit être en rapport avec le débit le plus fort -de l’câu la plus chargée, de façon à obtenir l’épuration dans tous les cas. Il en résulte que les bassins du premier système sont beaucoup moins importants que ceux du second.
- Néanmoins, avec les deux méthodes, l’installation étant en rapport avec le volume et la composition des eaux d’égout, on peut obtenir l’épuration à un degré acceptable.
- Épuration partielle par les boues activées. — On utilise à Birmingham une des propriétés des boues activées, c’est ce qu'on appelle la floculation ou coagulation et adsorption des matières colloïdales.
- Les eaux sont d’abord décantées, puis aérées pendant un temps relativement court en présence
- d’une faible proportion de boues activées. Après décantation l’effluent est épuré dans des lits bactériens percolateurs. La floculation permet d’admettre sur les lits un volume double d’eau.
- Autres combinaisons. — Le procédé breveté « Sept-Aer-Sed » est une combinaison de fosse septique, bassin d’aération et bassin de décantation. Il ne parait pas que ce procédé se répande, car les ingénieurs, et cela se comprend, recommandent de traiter les eaux d’égout à l’état le plus frais possible, ce qui est loin d’être le cas pour les effluents septiques.
- Dans une fabrique américaine de conserves alimentaires on traite les eaux usées par une série d’appareils combinant les deux procédés d’aération : l,e décantation, aération mécanique (Simplex), 2e décantation, aération par l’air diffusé, 5e décantation. Cette méthode qui parait compliquée serait plus économique que le traitement simple par l’air diffusé, et plus efficace que l’aération mécanique seule.
- Boues. — Dans toute installation d’épuration d’eau d’égout, l’opération la plus délicate est le traitement des boues. C’est dans le but de les réduire qu’on a préconisé les forces septiques, les forces Imhoff, l’hydrolytic tank et d’autres analogues.
- Les boues activées sont beaucoup plus humides que les boues d’égout, un repos de quelques heures dans un bassin permet la séparation d’une partie de l’eau; mais elles en contiennent encore 98 pour 100 environ.
- Les différents moyens d’essorage ne sont efficaces que si on les aide par addition d’acide ou de sulfate d’alumine. On peut ainsi réduire la proportion d’eau de façon que les boues soient transportables. Elles peuvent être desséchées soit sur des lits poreux, soit par chauffage.
- Les boues activées sont généralement plus riches en azote et en acide phosphorique que les autres boues d’égout, aussi a-t-on vanté leur emploi comme engrais. Des expériences ont montré qu’elles avaient une valeur certaine surtout lorsqu’elles étaient utilisées à l’état humide.
- Boues activées et lits bactériens. — Il n’est pas douteux que le procédé aux boues activées a été un remarquable progrès au point de vue hygiénique. L’absence d’odeurs et de mouches permet de construire les stations d’épuration des eaux d’égout à proximité des habitations, ce qui ne peut se faire avec les lits bactériens. On obtient des effluents plus limpides et d’une stabilité plus grande, qui déversés dans les rivières n’y apportent aucun trouble. La méthode est plus souple et se prête facilement aux variations du débit ou de la composition des eaux d’égout. .
- Au point de vue économique, ce procédé présente aussi certains avantages. La surface nécessaire pour la station est réduite dans des proportions importantes; l’installation est plus facilement réalisable
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- LA CHASSE ET LA PECHE
- partout, car il est parfois dilficile de se procurer des matériaux convenables pour les lits bactériens à un prix qui ne soit pas excessif; les dépenses d’installation sont généralement moins élevées.
- Par contre, les dépenses de fonctionnement sont plus grandes, tant pour la force motrice (suivant le prix du courant électrique), que pour le personnel qui doit être qualifié. Cela explique pourquoi ce procédé ne parait pas recommandable, si ce n’est dans certains cas, pour les petites stations d’épuration. Enfin la difficulté de traitement de boues plus aqueuses est plus grande que dans les procédés anciens, sauf lorsqu’on peut disposer de vastes terrains .pour les sécher.
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- L étude du procédé aux boues activées a augmenté nos connaissances sur l’épuration des eaux d’égout et aussi sur P autoépuration qui s’accomplit dans les rivières. Ainsi G. Fowler a attribué au limon activé des fleuves de Chine, le maintien de la pureté relative des eaux de ces fleuves malgré les fortes pollutions qu'elles subissent. On peut en espérer encore beaucoup surtout lorsque le problème du traitement des boues sera résolu (*).
- E. Rouants,
- Chef de Service à l’Iuslil.ut Pasteur de Lille.
- 1. E. Roi.ants. « Les eaux usées ». Encyclopédie de Chimie industrielle, Paris, Baillière, 1925.
- LA CHASSE ET LA PÊCHE CHEZ LES ESQUIMAUX
- Comme nous le faisions remarquer à la fin de notre premier article (Q, la vie des Esquimaux peut être considérée comme une vivante reconstitution
- de ces ruminants, leur premier soin est d'atteindre son rumen, et de se gorger, séance tenante, de toute la bouillie qu’ils peuvent absorber. Si le camp
- #ÉÉ
- Fig. i. — Un kayak en peau de phoque.
- de l’existence de nos ancêtres de l’âge de la pierre taillée, qui vivaient presque exclusivement, eux aussi, des produits de la chasse et de la pêche. La comparaison est particulièrement exacte en ce qui concerne les tribus esquimaudes éloignées du littoral de la mer, car elles ne peuvent se nourrir qu’aux dépens des mammifères terrestres et des oiseaux, tandis que les tribus voisines de la mer ajoutent à ces ressources les phoques et les baleines.
- Notons avant tout que le règne végétal joue un rôle insignifiant dans l’alimentation des Esquimaux. Dans leurs déserts poussent çà et là de minuscules arbustes produisant des baies comestibles dont se régalent les oiseaux, mais qui sont le plus souvent négligées par l’homme. M. D. Jeuness, qui nous décrit dans son rapport de la Canadian Arclic Expédition 5 ou 6 de ces espèces à fruits, nous apprend encore que les Esquimaux sont assez friands d’une racine (Polygonum) qu’ils déterrent durant l’été, et qu’ils conservent en prévision des disettes de viande.
- En réalité, les végétaux n’entrent régulièrement dans leur alimentation que sous une forme : la mousse et le lichen qu’ils trouvent à demi digérés dans l’estomac du renne. Lorsqu’ils ont abattu un
- 1. La Nature, n° 2700, 2 janvier 192Ô.
- n’est pas très éloigné, ils rapportent les rumina, et mettent le contenu à tremper dans l’eau pendant plusieurs heures. Egoutté, le produit a l’apparence des épinards, et se mange froid.
- Quand les rennes sont tués à l’automne, les rumina sont conservés tels quels. Contenu et contenant se congèlent, formant une masse qui peut se conserver pour l’hiver, et que l’on coupe en tranches, au fur et à mesure des besoins. Les organes digestifs des petits mammifères (marmottes, écureuils, fouisseurs, rats musqués, etc,), sont mangés crus avec leur contenu, sans être nettoyés. On a grand soin de recueillir en été les crottes des rennes, que l'on réserve pour les marches hivernales, et que l’on grignote entre les repas, détail qui montre quel prix les Esquimaux attachent aux aliments végétaux.
- On sait que le terme « Esquimau » signifie dans la langue des Dénés « mangeur de viande crue », et que c’est là un sobriquet donné par les Peaux-Rouges à leurs voisins, qui s’appellent entre eux Inouyils. La réputation des hyperboréens américains est partiellement justifiée, car ils mangent crus et saignants certains organes de leurs victimes, notamment le foie et le cœur du phoque. Les oiseaux de petite taille sont plumés et mangés aussitôt pris, et il en est de même pour les petits pois-
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- cubes de lard de phoque sont offerts aux convives, qui le mangent cru, et le festin est complété par des poissons séchés, qui, le plus souvent, sont couverts de moisissures.
- Depuis une quinzaine d’années, les fusils que les trafiquants américains ou canadiens échangent contre des pelleteries tendent à supplanter l’arc, mais beaucoup d’Esquimaux n’ont encore d’autres armes que leurs flè-
- Fig. 2. — Un canot de peau sur le bord de la banquise.
- tais
- sons ; on ne prélève que les entrailles sur les poissons de grande taille, dont le corps est mangé soit bouilli, soit congelé.
- Quand le combustible ne manque pas, l’Esquimau préfère la nourriture cuite, ou, à son défaut, la viande congelée et le poisson séché.
- Les recettes culinaires sont peu nombreuses, et les menus sont d’une monotonie remarquable. Au reste, voici la description d’un repas, avec ses préparatifs.
- La femme choisit de la neige fraîche et en remplit le pot de pierre, qu’elle suspend au-dessus de la lampe. Dès que la neige est fondue, elle y met à tremper un morceau de viande, qu’elle retire et met à refroidir sur la table quand l’eau en ébullition se couvre d’écume. Elle remplace alors la viande par du sang de phoque, liquide ou congelé, et attend de nouveau que l’eau se recouvre d’écume. La soupe est prête, et elle la distribue dans des cornes de bœuf musqué ou autres récipients. De petits
- Sait
- déjà fris sont alignés la télé vers le trou.
- Pig. 4. — La chasse à l’arc. Position du tireur. Au loin chiens rabatteurs.
- ches à pointe de cuivre, d’os ou de pierre. Ils s’en servent avec assez d’adresse, à condition que la cible ne soit pas éloignée de plus d’une cinquantaine de pas. Cette médiocre portée les amène à user de ruse pour s’approcher à bonne portée du gibier.
- Ces patients chasseurs ramperont pendant des heures sur la neige en poussant devant eux un petit traîneau supportant un écran blanc. Quand ils aperçoivent au loin une bande de rennes, toute la tribu est mobilisée instantanément, et voici comment se passent les choses, d’après une description que nous empruntons à un roman ethnographique, La Fée des Neiges.
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- LA CHASSE ET LA PÊCHE CHEZ LES ESQUIMAUX .... 233
- « Quel émoi quand le guetteur fait connaître, par des signaux conventionnels, qu’un troupeau de cervidés est en vue ! Les femmes elles-mêmes se débarrassent de leurs fardeaux, tandis que leurs maris étudient la direction du vent, d’une pincée de poils arrachée d’un vêtement, et qu’ils laissent flotter dans l’air. Guidées par l’indication, les
- Fig. 6. — Comment un Esquimau coupe et mange sa viande.
- Fig. 5. — La corvée d’eau brise la glace pour recueillir de l'eau dans les seaux de peau posés à terre, à Okangawik ( Victoria Island).
- nège. Enfin, la distance est réduite à la portée des arcs ; les chasseurs se redressent; les flèches trouent les flancs;.les bêtes affolées galopent. Mais les hurlements de loup que poussent les femmes font rebrousser la fuite, et les blessés s’affaissent dans la lente agonie que n’abrégera nul coup de grâce. Cependant le renne est sensible aux égards, et l’on devra, avant de le dépecer, lui verser un peu d’eau dans la bouche, un peu d’huile dans les oreilles, un peu de graisse fondue sur les sabots.'... »
- La dernière phrase est une allusion aux croyances de ces chasseurs à l’âme primitive, qui prêtent de curieuses exigences aux bêtes sauvages. Le gibier ne peut pas se plaindre d’être mis à mort, puisqu’il est créé et mis au monde pour nourrir les humains ; mais il se considérerait comme offensé, si l’on omettait les cérémonies d’usage, destinées à propi-ticr et à honorer son ombre. L’esprit d’un ours blanc pourrait se venger cruellement, si l’homme qui lui a porté le coup fatal oubliait de déposer sur sa carcasse quelques offrandes, notamment un arc et des flèches en miniature qui lui serviront à chasser dans le royaume des ombres.
- Le phoque joue un rôle de la plus haute importance dans la vie de l’Esquimau. Gomme le fait remarquer l’auteur de La Fée des Neiges, à qui
- femmes vont s’embusquer derrière un pli de terrain, d’où le vent portera leur odeur vers les bêtes, et les hommes avancent prudemment jusqu’à la crête qui leur cache la proie.
- « Alors, la tête enfouie sous le capuchon, l'échine ployée, tenant d’une main leur bâton et de l’autre leur arc, de telle façon que ces objets rappellent de loin les cornes du renne, ils vont et viennent en ayant l’air de brouter, mais en se rapprochant insensiblement des stupides créatures qui trottineraient plutôt à leur rencontre, alarmées, comme elles le sont, par les senteurs humaines que le vent ramène de l’autre direction.
- « Des heures s’écoulent à ce ma-
- Fig. ?. — Le dépeçage d'un phoque.
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- 234 .T.:::::::1, LA CHASSE ET LA PÊCHE CHEZ LES ESQUIMAUX
- nous emprunterons les détails qui vont suivre,
- « cette chasse se déroule dans de telles conditions, imposées par les mœurs de l’animal, qu’elle restera toujours le monopole de la race indigène.
- « Dès que l’hiver commence à congeler la mer, chaque phoque fait choix d’un emplacement sous le plafond de glace qui ne va pas tarder à s’épaissir : de ses dents, il y creuse le trou qui lui fournira l’air indispensable à ses poumons, et, pour l’entretenir en bon état, il grignotera, au fur et à mesure de sa formation, la glace qui finirait par le combler. Nul signe ne désigne de loin l’ingénieuse cheminée, qu’a bientôt recouverte la neige, et dont la place ne peut être révélée que par le flair des chiens. »
- L’emplacement une fois découvert, le chasseur, s’aidant d’un bâtonnet d’os, procède à des sondages, rencontre le trou, tasse la neige autour de l’outil, quelques cristaux qui s’en détachent pouvant suffire à éveiller la méfiance du phoque.
- « L’outil retiré laissait voir un trou large de moins de 2 cm, où le chasseur s’empressait d’ins-aller son indicateur, appareil d’une simplicité merveilleuse. Taillé dans un os de renne, il a les dimensions d’une aiguille d'acier à tricoter; à sa pointe inférieure est fixé un petit disque de corne; à sa pointe supérieure est attachée une cordelette de cuir qui l’ancre à un clou d’os planté dans la neige. A l'approche du phoque, qui vient gonfler ses poumons, le déplacement de l’eau fait pression sur l’air de la cheminée, et l’aiguille, secouée d’un tremblement à peine perceptible, indique au chasseur que le moment est venu de tendre ses muscles : la viande et l’huile — toute sa' vie et celle des siens — vont s’offrir aux dents du harpon, qu’il tient levé dans sa droite, verticalement, alors que sa gauche serre la boucle qui termine la corde d’atlache.
- « Tout à coup, l’aiguille s’enfonce : tel l’obturateur d’un piston, la rondelle de corne qui la termine est entraînée par la succion qu’exerce le phoque, à l’orifice inférieur de la cheminée. Durant cette fraction de seconde, l’arme meurtrière, actionnée par un bras où l’homme a concentré toutes ses forces, doit pénétrer, plus rapide que l’éclair, par une ouverlure moins grosse qu’une noix, pour mordre à plein dans les chairs de la victime, et sans briser l’indicateur.... »
- Le reste n’est plus qu’une question de force. Après une lutte plus ou moins prolongée, le phoque est hissé par l’orifice, que des coups de hache-à-glace ont élargi. Après l’avoir achevé, le premier soin du chasseur est de couper un petit carré de peau, qu’il lance dans le trou, offrande adressée aux autres phoques, qui, sensibles à cette politesse, consentiront peut-être à tâter du harpon.
- Mais ce n’est là que le début d’un cérémonial. La carcasse doit être traînée jusqu’au camp, et installée sur le dos, au centre de l’iglô, où la femme lui verse de l’eau douce dans la bouche, en prononçant des paroles magiques. S’il s’agit du premier phoque de la saison, il est interdit de donner ses os à ronger aux chiens; on doit les brûler ou les enterrer. Enfin, sa vessie et la peau entourant les naseaux doivent être soigneusement conservées, et suspendues à la place d’honneur. Si l’on omettait un seul de ces détails, l’âme du « premier tué » irait prévenir les autres phoques qu’on lui a manqué d’égards, et ils se garderaient bien de remonter du fond de la mer!
- Ours bruns et ours blancs sont toujours attaqués avec l’aide des chiens, qui les forcent à la course, donnant aux chasseurs le temps d’arriver avec leurs harpons ou avec des couteaux attachés à de longues perches. Cette chasse est très dangereuse, et des Esquimaux y trouvent parfois la mort.
- Les Esquimaux sont d’adroits pêcheurs, bien qu’ils n’aient à leur disposition que des hameçons grossièrement fabriqués à la main, soit en cuivre, soit en fer. La ligne est tirée des tendons du renne ou des fannons de la baleine, et la canne est une baguette dont la longueur ne dépasse jamais 60 cm. L’hameçon (un simple crochet sans barbe) est appâté avec un lambeau de chair ou de peau de poisson.
- Si la pêche à la ligne est une distraction en été, elle est loin d’être un agréable passe-temps en hiver, alors que les lacs se congèlent sur une épaisseur de 1 m. 50 à 2 m. Il faut forer un trou assez large, opération qui prend une demi-heure, et recommencer un peu plus loin, après une heure de pêche, car les poissons deviennent méfiants! Un pêcheur doit donc creuser de cinq à six trous dans sa journée, et il ne doit pas oublier de poser les poisons capturés sur la glace, la tête tournée vers le trou. C’est durant ces pèches hivernales que les Esquimaux, si endurcis qu’ils soient à leur rude climat, ont parfois les pieds gelés, malgré la précaution qu’ils prennent de se munir d’un paillasson en peau d'ours polaire. Si les soins ne sont pas immédiats, la gangrène se déclare, et les pieds doivent être amputés — souvent, par les propres mains de la victime.
- Au printemps, l’arrivée des saumons est guettée avec impatience. Oii leur prépare des trappes dans les rivières, et ils s’ils accumulent souvent en si gr,ànd nombre qu’on en capture des centaines en moins d’une heure. Les gros sont enfilés par les ouïes sur une corde, tandis que les petits sont croqués tout vivants, tète et arêtes y comprises!
- Y. Fokiîin.
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- LA RECONSTRUCTION DES CITÉS MINIÈRES DU NORD
- Quiconque parcourt aujourd’hui la région des charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais demeure profondément surpris des transformations apportées à la physionomie générale du pays. Les maisons de briques, auxquelles le temps avait imposé une patine noirâtre, comme pour les associer à la grisaille du ciel artésien et flamand, étendaient, naguère, sur des kilomètres leur uniformité monotone et triste. Les « corons » maussades, qui semblaient ne devoir jamais finir, éloignaient impitoyablement le touriste de ces lieux désolés, ou seuls des bataillons de bambins mettaient une note de vie et de gaîté. Les visiteurs de Lens, de Courrières, de Dourges, de Liévin ne reconnaîtraient plus, aujourd’hui, les cités artésiennes. Il semble que la baguette d’une bonne fée ait revêtu la Cendrillon de la veille de charmants atours.
- Destructions et reconstructions. — L’invasion, lés bombardements aériens et terrestres, les explosions systématiques, l’incendie avaient, durant Lla guerre, ouvert des plaies multiples dans la campagne minière. Les corons du département du Nord comprenaient en 1914, 10 648 logements, dont 3340 aux mines d’Aniche, 4008 aux mines d’Ànzin, 200 à Àzincourt, 226 à Crespin, 1041 à Douchy, 1184 à l’Escarpelle, 200 à Vicoigne et 315 à Thi-vencelles, 10 500 furent détruits ou détériorés. Au 1er janvier 1925, l’intégralité des bâtiments avait été restaurée, et il ne restait effectivement que 21 logements à réédifier.
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- *ig> 2.
- Un coin de la nouvelle cité-jardin Maréchal Foch aux mines de Dourges.
- Fig. i. — La cité-jardin de Darcy aux mines de Dourges. (Maison réparée.)
- Simultanément les houilleurs du Pas-de-Calais envahi possédaient 37 317 maisons, qui furent, pour la plupart abattues ou meurtries : celles-ci se répartissaient ainsi : mines de Béthune, 4281, Car-vin, 103, Courrières, 5629, Dourges, 2330, Dro-court, 1095, Lens, 8694, Liévin, 4282, Ostricourt, 795, Yimy et Gouy, 112. Au 1er janvier, 1925, 58493 avaient été rétablies, soit 6274 à Béthune, 584 àCarvin, 6893 à Courrières, 5291 à Dourges, 995 à Drocourt, 8654 à Lens, 4252 à Liévin, 1973 à Ostricourt, 199 à Yimy et Gouy. On observera immédiatement l’augmentation sensible des locaux, bien que la reconstitution du Pas-de-Calais occupé fût alors loin d’avoir été parachevée. Cette extension des habitations est encore plus frappante dans les houillères du Nord, qui --v ~ ! disposaient, au début de 1925, de
- ““ ' 1 17 222 maisons ouvrières, la pro-
- gression atteignant 70 pour 100 par rapport à 1914.
- La compagnie d’Anzin a ainsi porté à 7555 maisons ses constructions personnelles et Aniche a élevé à 5951 le nombre de ses demeures. La réduction du travail a été le facteur déterminant du développement constaté. Pour assurer, à nouveau, l’extraction d’avant-guerre,dépassée d’ail-' leurs en 1925, il a fallu, de toute nécessité, recruter et abriter une main-d’œuvre supplémentaire considérable.
- L’opération bâtimentaire n’a pas laissé d'être onéreuse. Il faut, en effet, évaluer entre 25000 et 50000 francs le coût de chaque’habitation.
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- Fig. 3. — Vue de la cité-jardin Maréchal Foch aux mines de Dourges.
- De ce chef, il a donc fallu décaisser, pour les deux départements, plus d’un milliard et demi. L’achèvement du programme, l’exécution des locaux collectifs, écoles, hôpitaux, églises, postes, porteront à au moins deux milliards et demi la totalité du sacrifice.
- Mais les Compagnies ne se sont pas uniquement
- proposé de faire renaître leurs cités sur le plan inharmonieux du passé. Avec un louable souci d'améliorer le bien-être des mineurs, elles ont tendu à généraliser la formule des cités-jardins, qui détruit la monotonie du coup d’œil, et assure aux occupants plus de soleil, de lumière, de salubrité et de charme.
- Fig. 4. — Plan d’urbanisme pour 600 logements d’ouvriers.
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- LA RECONSTRUCTION DES CITÉS MINIÈRES DU NORD — 237
- Les initiatives d’avant-guerre et les mines de Dourges. — Cette conception avait déjà hanté certains philanthropes bien avant la guerre.
- Dès 1905, la société de Dourges entrait dans cette voie et envoyait son architecte étudier les aménagements de Port Sunlight, Bournvilleet Letchwort, en Angleterre.
- Six agglomérations de ce type avaient été créées au moment de la mobilisation; elles renfermaient 791 logements. Trois de ces villages furent notablement agrandis lors de la restauration des 'mines. Darcy reçut ainsi 170 maisons nouvelles,
- Crombez, 166, Bruno de Boisge-lin, 254.
- Avec les édifices de deux nouvelles cités, le nombre des maisons est passé de 791 à 2172.
- Pénétrons dans ces villas, le mot n’a rien d’excessif. Le sous-sol renferme une cave ou un cellier. Le
- rez-de-chaussée comporte une cuisine-buanderie, la salle commune, et une chambre à coucher, tandis qu’au premier on trouve deux autres chambres à coucher et le grenier, souvent transformé en pigeonnier.
- La cour est pourvue d’une remise pour les combustibles, d’un cabinet doté d’une fosse septique, d’un poulailler treillagé, d’une garenne à lapins et d’une citerne pour recueillir l’eau des pluies. Un double jardin enserre la maison. Sur une face, une étendue de 5 ares a été réservée pour la culture potagère, tandis que de l’autre côté on aperçoit un jardin d’agrément, avec des arbres, des arbustes aux feuillages persistants, des gazons fleuris, des plantes grimpantes.
- Ce dernier précède l’avenue.
- L’écoulement des eaux ménagères et pluviales s’effectue au moyen
- 5. — Maisons ouvrières des mines de Liévin.
- Type pour ménage sans enfants.
- d’aqueducs couverts. La lumière électrique est on cours d’installation.
- Comme il ne suffit d’ailleurs pas de pourvoir l’ouvrier d’une demeure accueillante et gaie, comme il faut l’inciter à en tirer tous les avantages, la Société a institué l’Œuvre des Cités-jardins, qui instruit ses 2250 membres par des conférences, les encourage par des distributions de graines sélec-lionnées, et suscite leurs efforts par des concours et des récompenses.
- Aux mines de Liévin. — Les mines de Liévin ont dù rétablir l’intégralité de leurs locaux, œuvre cyclopéenne si l’on veut bien considérer qu’il a fallu relever 865 maisons en 1920, 1156 en 1921, 1189 en 1172 en 1923, 595 en 1924, 255 en 1925.
- Les constructions de Liévin peuvent se ramener à 3 types principaux :
- 1° La maison à 5 pièces habitables, pour ménages sans enfants, comporte les caves h' provisions et à
- Pi g. 7. — Maisoji ouvrière de Liévin. Type pour famille nombreuse.
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- charbon du soùs-sol, la cuisine, la salle à manger, les W. G. du rez-de-chaussée, la chambre et le grenier dé l’étage.
- 2° Le type pour familles moyennes diffère du précédent en ce qu’il comprend une chambre de plus et un débarras au rez-de-chaussée, et au premier deux pièces avec penderies. Une disposition spéciale permet d’y adjoindre une grande cuisine. 5° Enfin, les locaux pour familles nombreuses renferment des vestibules plus étendus, une belle cuisine et des pièces de plus grandes dimensions.
- Sémillantes d’aspect, les maisons ont leur gros oeuvre en moellons ou en briques ; les façades sont décorées de briques blanches ou d’enduits cimentés. Les cours extérieures sont clôturées de barrières coquettes en ciment armé. Les habitations du dernier type sont parfois dotées d’un porche, qui agrémente leur physionomie.
- Aux mines de Nœux. — Les types adoptés par les Compagnies sont extrêmement nombreux, et d’une grande variété d’aspect.
- Nous ne saurions les présenter tous au lecteur. Toutefois, nous signalerons encore les cités des mines de Nœux, tant pour l’emploi particulier de certains matériaux que pour l’organisation qui a procédé à leur réalisation.
- L’élément essentiel en reste la brique, mais on y a adjoint l’aggloméré de schistes houillers, provenant du fond des exploitations. Les schistes sont évacués au dehors et stockes dans les terrils où ils se calcinent naturellement. On attaque le terril par galeries, pour détacher les schistes. Ceux-ci sont roulés et culbutés jusqu’aux concasseurs et trom-mels, d’où, par la gravité, ils sont reçus, classés, au niveau du sol.
- On les mélange alors à de la chaux hydraulique et du ciment, on les presse, et on les sèche, comme dans la préparation des autres agglomérés.
- A l’intérieur des locaux, les blocs obtenus sont enduits de plâtre. Grâce à la régularité de leur surface, l’économie de plâtre est bien plus grande qu’avec la brique ordinaire. Le schiste, d’autre part, s’oppose bien à l’humidité, même avec des expositions aux vents de pluies. Ajoutons que l’esthétique n’y perd rien, au contraire.
- Les cités ont une tonalité rosée qui séduit l’observateur.
- La compagnie de Nœux d’autre part n’a pas procédé elle-même à l’édification des 5245 maisons qui lui sont nécessaires. Elle a constitué, pour l’installation de 635, à Drocourt, la Société Immobilière de l'Artois, qui a imaginé un plan d’urbanisme du plus heureux effet.
- Aniche, a, de même, fondé la Société immobilière de l’Ostrevent pour des fins analogues.
- Nous ne saurions terminer cette brève évocation sans remarquer que la population étrangère s’est considérablement multipliée dans nos charbonnages nordiques. M. l’Ingénieur en chef Georges a estimé à 50 000 mineurs l’effectif étranger des houillères du Pas-de-Calais, sur 150 000 travailleurs employés.
- Certaines exploitations ont même une proportion d’hétérogènes supérieure à celle des Français : Maries 51 pour 100, Bruay 55 pour 100, Courrières 65 pour 100, Ostricourt 71 pour 100, Drocourt, 75 pour 100. Les déracinés ont une tendance à se grouper, sous l’égide de leur pasteur et de leur instituteur. On rencontre ainsi des villages entièrement polonais où toutes les enseignes sont en polonais.
- Cette transformation n’est pas l’une des moins caractéristiques et des moins originales du pays noir rénové et modernisé.
- Auguste Pawlowski.
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- Séances de janvier t^i5.
- Un nouvel isolant électrique. — En faisant .agir l’aldéhyde IfCHO sur un crésol, M. André Samuel s’est arrêté à l’état intermédiaire qui permet d’obtenir, comme dans le cas d’une bakélite, une masse visqueuse, soluble dans l’alcool et l’acétone; puis il a traité ce produit de première condensation par le chlorure S2C12, en neutralisant l’acide chlorhydrique dès sa formation. Le rapport du chlorure de soufre au composé formo-phénolique initial reste constant (12 pour 100) en donnant un produit blanc, de densité 1,18 et se ramollissant vers 80°, pour se polymériser totalement sous pression vers 150°. Ce nouvel isolant que son auteur dénomme thiolite est infusible, ininflammable et résiste aux agents chimiques ; il donne enfin des vernis neutres et fluides d’emploi avantageux. L’étude, faite par le Laboratoire central d’électricité, indique - un pouvoir spécifique inducteur
- de 4, 5, une rigidité électrique très élevée et une .résistivité de 500 X 106 mégohms : cm.
- Au sujet, des alliages fer-sulfure de fer. — M. Bogitch reprend l’étude de ces alliages qui ont déjà retenu l’attention de MM. Henry Le Chatelier, Ziégler, Tammann, Friedrich, Baykoff et Guetler. Pour certains de ces savants, le fer et son sulfure seraient miscibles à l’état liquide en toutes proportions ; pour d’autres, fondus ensemble, ces corps donneraient naissance à deux phases liquides superposées. M. Bogitch contredit formellement cette dernière manière de voir. Si la fusion est opérée,' au contact de certains corps en proportions variables, on obtient, d’après lui, soit des métaux fortement hétérogènes, soit des doubles couches et, dans ce second cas, l’action du carbone produit un véritable déplacement du soufre dans
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- ARAIGNÉES HISSANT DES COQUILLES
- ses alliages avec le fer..Pour l’auteur, ce fait est à rapprocher d’un autre bien connu des métallurgistes : on ne peut désulfurer un acier par une scorie basique qu’en présence de carbone, introduit au préalable dans le mêlai fondu.
- Pois secs régénérés et pois verts. — Dans un précédent mémoire, IL Muttelet a indiqué que les trois rap-
- amidon amidon azote insoluble
- ports--------1 —r:—:— >-----------r-p;— croissent avec
- sucres cellulose azote soluble
- l'état de maturité des pois et qu’ils sont pratiquement indépendants de la vaiiété étudiée; il a imaginé enfin d’en faire un élément d’appréciation dans l’examen des conserves.
- Dans le cas des conserves de pois verts, ils gardent les mêmes caractères que pour les pois crus, et le troisième seul marque un léger accroissement, dû à une faible insolubilisation des matières azotées au cours de la fabrication; pour les pois secs régénérés, il prend des valeurs nettement supérieures (9 à 10 contre 2 à 4) et cela tient à une cuisson à l’étuvéc prolongée, qui tend à insolubiliscr la majeure partie des éléments azotés.
- Les terrains métamorphiques au sud de Limoges. — Au milieu d’un massif éruptif, indiqué sur la carte géologique sous le nom de leptynite, M. Jean Gandillot a reconnu l’existence d’un affleurement de houille. Le massif étudié comprend un granité monzonitique àbiotite dont le feldspath potassique est du microline ; les schistes métamorphiques qui le séparent de la houille ont une puissance d’une dizaine de mètres et présentent des lits de quartz déformés par écrasement où l’on rencontre de la séricite en grandes lames.
- L’affleurement du charbon se distingue en des points distants de 150 m. La densité en est faible et la cassure brillante. Il indique à l’analyse (°/0) : carbone fixe 58,25; matières volatiles 29,70 ; eau 1 ,.82 ; cendres 9,85. Son âge
- est indéterminé et la puissance de la couche ne dépasse pas 10 cm.
- Le mécanisme de la fusion de la houille. — La fabrication du coke métallurgique repose sur la fusion pâteuse que subissent certaines qualités de charbon à une température variant de 550 à 400°. Cette fusion permet à la matière pulvérulente de s’agglomérer en une masse homogène dont la décomposition ultérieure donne un coke compact et de bonne qualité. En poursuivant ses études sur des combustibles venus des mines de Couriot, Grosménil, Anzin, Lens, Béthune et Bruay, M. Etienne Audibert a mis en évidence quelques particularités qui tiennent à deux faits : 1° la température de pyrogénation commençante de la bouille est un peu inférieure à celle de fusion commençante ; 2° la pyrogénation, semblable en cela à beaucoup de réactions chimiques, est un phénomène lent et progressif, tandis que la fusion se réalise brusquement dès que la température voulue est atteinte.
- La flore des sommets volcaniques du Tibesli. — Au cours d’une exploration du Sahara oriental, de 1912 à 1917, la mission Tilho a pu atteindre, à la frontière franco-anglo-égyptienne, les hauteurs formant la ligne de partage des eaux du Nil et du lac Tchad. Elle en a rapporté une collection de spécimens bolaniques qui ont été donnés au Muséum où M. François Pellegrin s’est attaché à déterminer la flore du sommet même de l’Emi-Koussi, situé à peu près à mi-distance entre la Tripoli-taine au Nord et le lac Tchad au Sud. Parmi ces plantes cueillies entre 5000 et 5400 m., 'M. Pellegrin signale Réséda villosa Goss, Globularia nlypum L., Silene villosa Forsk, Echium humile DesL, Solanum nigrum L. et Rumex vesicarius L. Comme il était à prévoir, ces végétaux sont, pour quelques-uns seulement, sahariens ; la majeure partie est d’affinité nettement méditerranéenne. Paul B.
- ARAIGNÉES HISSANT DES COQUILLES
- M. Louis Page, assistant au Muséum d'Histoire naturelle, vient de publier dans les Archives de Zoologie expérimentale et générale un fort intéressant mémoire sur quelques araignées du sud de Madagascar, observées, recueillies et envoyées au Muséum par M. R. Decary, administrateur des Colonies.
- On connaît depuis longtemps des Araignées qui se logent dans des coquilles de mollusques. C’est ainsi que l’Argyronite ou araignée d’eau qu’on rencontre souvent dans les mares de nos pays, va parfois s’abriter dans des coquilles vides de Lym-nées ou de Planorbes. D’autres espèces terrestres, telles que certains Drassides et Salticides choisissent de même des coquilles terrestres vides. Dans le nord de Madagascar, au câp Diego, M. Decary a observé un autre Sallicide du genre Ilgllus qui habite des coquilles d’Hélicides. Mais il y a loin de ces gîtes de hasard à l’ingéniosité des Araignées dont nous allons parler.
- D’autres savent en quelque sorte camoufler leurs
- toiles eL le cocon qu’elles y suspendent. Ainsi, une petite araignée de l’Amérique du Sud, le Dignelia caniiies, dépose son cocon dans un tube et tapisse celui-ci de brindilles et de feuilles mortes tombées alentour sur la toile ; un Argiopide, Cyclosa turbi-nata, fixe sur son coton les débris des insectes qu’il a dévorés et qui sont restés accrochés à la toilè. L'Agroeca brunnea, très commun aux environs de Paris’, fait son cocon sur les graminées et, après y avoir pondu, va chercher à terre des grains de sahle et des petits cailloux qu’il colle sur la coque de soie blanche. Le Theridion saxatile fait de même. A Madagascar, le Nemosculus Waterloti construit au centre de sa toile une retraite en forme de cône enroulé dans laquelle il enchâsse de petits cailloux pris sur le sol avoisinant. Enfin, il arrive parfois que l’Epeire des jardins montre sa toile verticale tendue par un petit caillou pendant à l’extrémité d’un fil, mais c’est là simple accident dû à la rétraction du fil pendant qu’il sèche.
- Chose curieuse, quand la coque d’un Nemoscolus
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- ARAIGNÉES HISSANT DES COQUILLES
- Fig. i. — Coquille de Tropidophora suspendue à une branche et habitée par une araignée.
- est détachée de la toile et tombe à terre, l’araignée sait la remonter et la remettre en place, de même qu’elle sait la déplacer de plusieurs centimètres. C’est ce qu’ont observé Mme J. Berland, en 1917, pour le N. Lcniræ et récemment M. Decary pour le A . Waterloli. Le procédé employé semble identique à celui que nous allons décrire.
- À plusieurs reprises, M. Decary a rencontré dans des buissons, jusqu’à 8 ) cm du sol, des coquilles \ides de gastéropodes : Hélix, Clavator, Cyclo-slorna, etc., suspendues par un fil à une tige (fig. 1 et 2). Tantôt ce sont des coquilles de Tropidophora (fig. 1) dont l’opercule est fermé par des fils de soie tissés, ce qui ne laisse aucun doute sur leur utilisation par une araignée ; d’autres fois, ce sont des coquilles de Clavalor Balstoni, également fermées par un opercule de soie ne laissant qu’un petit orifice, dans lesquelles on trouve une femelle de l’araignée Olios cœnobita, soit seule, soit avec ses œufs ou ses jeunes. Il arrive même que des coquilles hissées et pendues par Y Olios, abandonnées par l’Araignée quand elle grossit et remplacées alors par d’autres plus grandes, sont occupées par une autre espèce, Rhilynina fasciolata.
- Voilà donc des araignées qui ne se contentent pas de s’abriter dans des coquilles vides, sur le sol, ou de camoufler leur nid, mais qui font celui-ci dans des coquilles qu’elles savent soulever de terre et suspendre.
- Inutile de chercher à comprendre et expliquer cet instinct, aussi précis et extraordinaire que tous ceux déjà signalés chez bien d’autres Araignées.
- 11 faut se contenter de connaître la manière d'opérer. M. Decary a pu la découvrir, fort laborieusement puisque ces animaux ne travaillent ainsi que la huit et qu’une lumière vive les arrête.
- Ayant mis dans une caisse un fond de sable, de
- petites branches feuillues et des Olios, M. Decary a pu apercevoir ce qui suit :
- L’araignée descend sur le sol, choisit une coquille et tapisse de soie l’endroit de la coquille qui servira de point de suspension : sommet de la spire pour les coquilles pointues, partie externe du tour extérieur pour les coquilles surbaissées. Elle fait ensuite quelques voyages jusqu’à la branche qui servira de support en filant chaque fois un fil. Elle remonte une fois de plus sur la branche et commence à hisser la coquille à l’aide du câble qu’elle a filé, semblant le pelotonner entre scs pattes. D’autre part, on sait que le fil en séchant se rétracte. Les coquilles se sont ainsi trouvées suspendues à 4 et 5 cm au-dessus du sol. L’araignée pèse de 2 à 4 décigr., la coquille jusqu’à 9 gr. ; Y Olios cœnobita arrive donc à soulever jusqu’à 35 fois son poids.
- En liberté, on trouve, avons-nous dit, des coquilles jusqu’à une hauteur de 80 cm, dans les buissons. Une telle élévation ne peut être réalisée en une seule opération. M. Decary n’en aépas vu plusieurs successives et dans ses boites, les araignées se sont contentées de consolider par quelques fils supplémentaires la masse qu’elles avaient élevée. Mais on sait, par les observations d’Edward 11. Robertson, rapportées par Mc Cook, ce que font les Theridion quand ils hissent les matériaux de camouflage de leur cocon. Ils tissent, à plusieurs reprises des fils entre les branches et le corps à soulever ; chaque fois, le retrait des fils pendant le séchage raccourcit la distance; peu à peu, la masse s’élève aussi haut que l'araignée. Nul doute que les Olios opèrent de même, d’autant plus que Mme J. Berland a vu également les Nemoscolus Lauræ hisser en plusieurs temps leur nid jeté à terre.
- Quel palan différentiel inventé par l’homme ferait oublier cette utilisation inconsciente des propriétés physiques des fils d'araignée! , Fig. 2. — Coquille de Clavator
- b ' Balstoni, suspendue à une
- branche et habitée par une Rexé Mica LE. araignée Olios cœnobita.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiciu-:, 9, rue de Fleurus. Paris. —
- 1926.
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- SOMMAIRE :
- Initiation biologique: La cellule : Max Aron. — La machine frigorifique “ Corblin ” : A. Troller. Les progrès dans la construction des postes de T. S. F. portatifs : P. Hémardinquer.
- La pre'paration du riz : E.-H. We:SS.
- La technique de la fabrication moderne des confitures et gelées : Albert Hutill.
- Le papillon qui féconde les Yuccas : P. Vignon.
- SUPPLEMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Canotage automobile, etc. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . . . Union postale.
- 1 franc I fr. Z$
- MASSON ET Cie, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C®, Éditeurs, 120, Boulevard Sr-Germain, PARIS, VI® (T{. C. : Seine j 5.234)
- PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL
- Tarif intérieur : 50 fr. valable pour France et Colonies. Règlement par mandat, chèques postaux (compte re°5()Ç), Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris. (Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de l’année selon les prix qui seront fixés pour les affranchissements postaux.)
- Les abonnements pour l’étranger sont exclusivement payables en monnaies étrangères
- et selon les prix indiques ci-dessous.
- Tarif extérieur n°l valable pour 1 es pays ayant accepté une réduction de 5o pour 100 sur les affranchissements de périodiques : Allemagne. Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Egypte, Espagne, Estliome, Etats-Unis d'Amérique, Ethiopie,Grèce. Hongrie, Italie et ses colonies, Lettonie. Luxembourg, Norvège, Paraguay, Perse, Pologne. Portugal et ses colonies, Roumanie, Russie [Û. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Uruguay.
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- LA NATURE.
- N° 2715.
- 17 AVRIL 1926
- INITIATION BIOLOGIQUE'" / '
- La Cellule. ’*
- JL Les instruments du travail sécrétoire de la cellule. — Dans mon précédent article j’ai parlé du . protoplasme fondamental, et j’ai étudié son état colloïdal. Outre ce constituant amorphe, sans structure, le protoplasme comprend des éléments « différenciés », c’est-à-dire doués d’une forme, d’un aspect physique que révèle l’examen microscopique de cellules fixées et colorées, et parfois même de cellules vivantes. Ainsi qu’il m’a été donné précédemment de le faire remarquer, certaines de ces « différenciations protoplasmiques » sont propres à toutes les cellules, alors que d’autres correspondent à une spécialisation fonctionnelle et n’existent que dans certains tissus. Je ne m’occuperai pour le moment que des premières, c'est-à-dire de celles qui se montrent en rapport avec la propriété d’élaborer, commune à toutes les cellules vivantes.
- Les différenciations dont il s’agit ont la valeur de véritables instruments du travail cellulaire. Il leur échoit de participer plus ou moins directement aux transformations que subissent les substances puisées par la cellule dans le milieu qui l’entoure, et à l’édification, aux dépens de ces substances, de produits nouveaux. On appelle « sécrétion » cette forme de l’activité vitale.
- Parmi ces agents de l’élaboration, les mieux connus, à l’heure actuelle, appartiennent à ce qu’on
- I. Voir f.a Na Ivre, 23 janvier '192C>.
- Fig. 2. — Micro-photographie d’une coupe d’ovaire de moule, montrant cinq ovocytes (œufs jeunes) dont le cytoplasme renferme de nombreuses mitochondries. La zone claire au centre de chaque cellule correspond au noyait.
- Grossissement : 5oo diamètres.
- Fig. i. — Divers aspects du chondriome.
- A, mitochondries et chondriocontes d'une cellule hépatique (d’après Noël); B, chondriocontes en bâtonnets dans trois cellules des tubes contournés du rein; C, mitochondries et chodriocontes de cellules végétales (d’après Guillermond) ; D, chondriocontes d’une cellule intestinale ; E, chondriocontes d’une cellule pancréatique.
- Dans les cellules en A et C, le chondriome est répandu dans tout le cytoplasme : en B et E, il est “ polarisé” du côté de la cellule qui renferme le noyau ; en D, il est polarisé aux deux extrémités de la cellule.
- est convenu d’appeler le chondriome.. Ce terme générique s’applique à différentes espèces d’éléments, ou chondriosomes. Tantôt il s’agit de granulations régulières et fines, les mitochondries, tantôt de filaments ou de bâtonnets plus ou moins trapus, plus ou moins allongés, les chondriocontes. L’existence universelle du chondriome dans la cellule vivante ne fait plus de doute pour aucun biologiste. Grâce aux techniques spéciales qui le révèlent, on l’a observé aussi* bien chez les animaux que chez les plantes, dans quelque tissu ou organe que ce fût. Comme leur forme, la localisation des chondriosomes est éminemment variable. Parfois répandus dans le corps cytoplasmique entier, ils se rassemblent, en d’autres cas, dans un point déterminé de la cellule. La figure 1 montre un certain nombre d’exemples de leur aspect et de leur situation. La figure 2 est la photographie microscopique d’une préparation qui met en évidence les mitochondries.
- Que le chondriome intervienne dans l’élaboration, au sein du. protoplasme, de certaines substances, c’est ce que de nombreuses constatations permettent de croire avec sécurité. Par exemple, lors du développement des cellules adipeuses jque renferme en abondance le tissu conjonctif des vertébrés, et singulièrement le tissu conjonctif sous-cutané, les mitochondries sont le siège du premier dépôt des gouttelettes graisseuses Dans la suite ces gouttelettes, de plus en plus volumineuses, enrobent complètement les mitochondries, puis elles confluent en une goutte unique qui remplit la cellule entière (fig. 5). Chez les plantes, certains chondriosomes offrent le
- 16. — 241.
- 64* Année. — i°r Semestre,
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- 242 —r-----——- INITIATION
- Fig. 3. — Quatre étapes delà formation d’une cellule graisseuse.
- a, cellule jeune au cytoplasme rempli de mitochondries;
- b, la graisse (en noir) apparait au niveau des mitochondries ;
- c, les enclaves graisseuses deviennent dè plus en plus grosses, le noyau commence à être rejeté a la périphérie ;
- d, les enclaves graisseuses ont conliué en une gouttelette qui occupe toute la cellule et qui a rejeté à la périphérie ce qui reste de protoplasme avec le noyau.
- même aspect granuleux ou filamenteux que chez les animaux. D’autres constituent une variété du chondriome, et méritent le nom de « plastes ». C’est au niveau des plastes que l’amidon, la chlorophylle, prennent naissance, et certains végétaux offrent, pour l’étude du chondriome, un matériel si favorable, qu’ils permettent d’observer in vivo et de suivre, pour ainsi dire, étape par étape, la genèse à son contact de certains produits de sécrétion.
- S’il y a lieu, sur la base de telles observations, de conclure que le chondriome est un agent de l’élaboration protoplasmique, du moins son mode d’action demeure-t-il fort obscur. La théorie que l'on admet le plus volontiers, à l’heure actuelle, c’est que le chondriome est formé de composés chimiques (on a des raisons de croire que, parmi eux, dominent les lipoïdes phosphorés) doués du pouvoir de catalyser les combinaisons d'où naissent les produits sécrétés. Or on sait ce qu’il faut entendre par catalyse : c’est l’action favorisante que certains corps, en quantité infinitésimale, sont susceptibles d’exercer sur telle ou telle réaction sans y participer directement. Le rôle des chondriosomes et des_plastes serait de cet ordre. Si cette hypothèse répond à la réalité, il n’v a pas lieu de supposer, avec certains auteurs, que les éléments du chondriome se transforment directement en substances élaborées. Tout au plus peuvent-ils se trouver emprisonnés à l’intérieur même des enclaves qu’ils ont contribué à édifier. Mais ce phénomène implique à son tour la disparition, au cours du travail cellulaire, de certaines mitochondries ou. de chondrio-contes, et laisse place à l’idée qu’il s’en reforme cle novo au sein du protoplasme. C’est bien là ce
- BIOLOGIQUE — ...............................;—
- qu’il semble raisonnable de croire. Le chondriome doit, en somme, correspondre simplement à une « phase » séparée du protoplasme, et non, comme on l’a supposé, à des sortes d’organites permanents et autonomes de la cellule.
- Ce qui vient encore compliquer la question, si importante au point de vue des phénomènes vitaux, des attributions du chondriome, c’est que, si son intervention dans la genèse de certains produits apparaît plausible, d’autres en revanche naissent en dehors de son influence. C’est ainsi que, chez les végétaux aussi bien que chez les animaux, on peut voir des substances liquides ou solides se former et se déposer à l’intérieur de petites vacuoles, creusées dans le protoplasme, et constituant, par leur ensemble, un système qu’on a appelé le vacuome (de même qu’on a nommé le chondriome l’ensemble des chondriosomes). Le vacuome est indépendant du chondriome, et il préside à des sécrétions diflérentes de celles dévolues à ce dernier (fig. 4). Les parois des vacuoles détiennent-elles, comme les chondriosomes, des propriétés spéciales, propres à leur permettre d’influencer la formation des corps qui les occupent? Question délicate à résoudre, et toujours ouverte.
- Outre ces importants auxiliaires du protoplasme, voués à participer au travail d’édification chimique qui s’v accomplit comme en un minuscule laboratoire, on trouve dans les cellules d’autres différenciations encore. Les ovocytes, c’est-à-dire les jeunes œufs en croissance, contiennent souvent, à côté du noyau cellulaire, une sorte de sphérule vivement colorable par les réactifs tinctoriaux. On l’a appelée le noyau vitellin, parce qu’on lui a attribué la fonc-
- \V 0 •
- Fig. 4. — Cellule du canal de l’cpididyma. (D'apres j. Benoit.)
- 11, noyau ; c, cils ; clt, ehondriocontes ; v, vacuoles du vacuome^ renfermant des grains de sécrétion.
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- Initiation biologique =- -......^
- tion d’intervenir dans la mise en charge par l’ovocyte de ces réserves de dentoplasme, ou vitellus, dont il a déjà été question. L’existence de cette différenciation remarquable, constatée d’abord dans les œufs, a été ensuite démontrée dans bien d’autres cellules douées d’une vive activité élaboratrice, si bien qu’à la dénomination restreinte de noyau vitel-lin on a substitué celle, plus générale, de parcisome (fig. 5) mais on ignore l’exacte attribution de celte différenciation protoplasmique. La même obscurité enveloppe une sorte de protoplasme plus intensément colorable que le protoplasme fondamental, parfois condensé en grossiers filaments, qui a reçu la dénomination d'ergostoplasme (protoplasme éla-borateur).
- Distinct du chondriome et du vacuome, et localisé au point de la cellule où pénètrent les produits à remanier, l’ergostoplasme en effet intervient sans doute dans ce travail. Mais comment, on ne sait.
- Mais ce n’est pas tout. Par certaines méthodes, on décèle, toujours dans les cellules à notable activité sécrétoire, un entrelac compliqué de sortes de canalicules, l'appareil de Golgi. Cette différenciation du protoplasme détient des caractères morphologiques fort nets, tant par son aspect (fig. fi) que par sa situation constante au pôle d’excrétion de la cellule, c’est-à-dire là où les produits d’élaboration sont rejetés quand ils le sont. En revanche sa signification physiologique est bien mal connue, et nous avons tout au plus le droit de le rattacher aux instruments du travail sécrétoire de la cellule. Certains auteurs l’ont rattaché au vacuome.
- Si j’ai mentionné, au risque de communiquer à mon exposé un caractère un peu aride et complexe, toutes ces différenciations si variées, ce n’est pas tant pour m’efforcer à être complet (qui pourrait se
- Fig. 6. — Deux cellules du canal de l’épididyme. (D’aprcs Benoît.)
- n, noyau ; e, cils; v, vacuome, renfermant'des grains de scorétation ; g, appareil de Golgi.
- Fig. 5. — Micro-photographie d’une coupe d’ovaire d’araignée, montrant un ovocyte dont le cytoplasme renferme cote à côte le noyau proprement dît (pâle) et le noyau vitellin (très joncé) formé de strates concentriques. Grossissement : 3oo diamètres.
- vanter de traiter complètement un chapitre de biologie cellulaire que de nouvelles acquisitions enrichissent chaque jour) que pour attirer l’attention sur l’extraordinaire diversité des moyens mis en œuvre par le protoplasme pour sécréter, j our édifier les substances que son entretien, son activité réclament. Encore faut-il, à côté de ce qu on voit, réserver la place de ce qu’on est incapable d’observer, et ne pas oublier le rôle probablement capital du noyau cellulaire, que nous envisagerons séparément. Bref si l’on cherche à pénétrer le fonctionnement de ce prodigieux laboratoire qu’est la cellule, on voit s’ajouter, à la complexité des phéno-, mènes physico-chimiques dont les colloïdes protoplasmiques sont le siège, celle de nombreux appareils dont on connaît bien l’aspect et l’évolution, dont le rôle parfois apparaît assez clair, mais dont le mode d’action demeure mystérieux. Problème d’autant plus décourageant qu’à des différenciations structurales multiples correspondent, selon toute probabilité, des modes d’actions différents. IN’avais-je pas raison d’avancer, dans ma dernière chronique, que le temps ne saurait paraître proche, où, toutes ces structures une fois reproduites dans un protoplasme créé de toutes pièces, la vie en jaillirait enfin?
- Devant le protoplasme cellulaire, ses différenciations, et ses enclaves, nous nous trouvons comme en présence d’une usine où nous verrions juxtaposés, des matières premières, des appareils compliqués voués à les remanier et les produits de ces remaniements, sans comprendre le fonctionnement des appareils en cause, sans même connaître exactement de quels matériaux ils se trouvent constitués. Avouons notre ignorance. C’est elle qui stimule notre désir de plus et de mieux savoir.
- Max Aitox.
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- LA MACHINE FRIGORIFIQUE “ CORBLIN ”
- Compresseur
- Fig. i.
- Schéma de principe d'une machine frigorifique à compression.
- Les applications industrielles et domestiques du froid prennent chaque jour plus d’importance. Mais le développement en est peut-être moins rapide en France que dans d’autres pays. Ce retard apparent tient sans doute aux conditions économiques particulières à notre pays ; c’est ainsi que la machine frigorifique domestique a trouvé un terrain d’élection aux Etats-Unis dont la population, privée de boissons alcoolisées, a fait des breuvages glacés une boisson nationale. Les grands entrepôts frigorifiques sont, de même, plus nécessaires dans les pays comme l’Angleterre qui font venir de l’étranger une proportion importante de leurs matières alimentaires.
- Quoi qu’il en soit, le retard constaté en France ne saurait être imputé à nos techniciens, ni à nos inventeurs frigoristes. Car dans ce domaine, la France s’est toujours trouvée à l’avant-garde du progrès et c’est chez nous que l’on a vu éclore en ces dernières années la plupart des idées neuves en matière de froid. Faut-il rappeler le rôle de Tellier, le père du froid, créateur de machines frigorifiques et plus encore créateur du transport et de l’entreposage frigorifique des viandes? Il convient de citer également l’abbé Àudiffren, inventeur du Frigorigène, un des premiers modèles de machine domestique, aujourd’hui encore très apprécié ; Maurice Leblanc, créateur de la machine frigorifique à vapeur d’eau, et qui, quelques mois avant sa mort, concevait un type nouveau de machine frigorifique à air.
- • Les lignes qui suivent seront consacrées à un type nouveau de machine frigorifique, qui dans ces derniers mois, a fait ses preuves industrielles avec un remarquable succès. L’inventeur, M. Corblin, est également un Français.
- La machine fonctionne suivant le cycle classique des appareils à compression, représenté sur le schéma de la figure 1. Un gaz liquéfiable, de l’am-
- moniac par exemple, est comprimé par le compresseur À et refoulé dans un condenseur B (refroidi par de l’eau où il se liquéfie sous pression). Ce liquide, détendu au passage d’un robinet détendeur C, gagne l’évaporateur D où il reprend l’état gazeux, en produisant du froid qui peut être utilisé de diverses façons, par exemple à refroidir une saumure entourant l’évaporateur. Le gaz qui se dégage de celui-ci est aspiré par le compresseur, comprimé à nouveau, renvoyé dans le condenseur et le cycle recommence.
- L’originalité du système Corblin réside dans le compresseur. Le plus souvent les compresseurs de machines frigorifiques sont du type classique à piston.
- Le compresseur Corblin est à membrane.
- Le principe en est facile à comprendre, il est indiqué schématiquement sur la figure 2. Bans une cavité À, entre deux blocs d’acier est fixée une membrane élastique en acier B. Une pompe refoule et aspire alternativement de l’huile au-dessous de la membrane. Celle-ci se déforme donc alternativement. Lorsque la pompe à huile comprime de l’huile au-dessous de la membrane, celle-ci est repoussée jusqu’au fond de la cavité À, et peut, dans ce mouvement exercer une compression sur un gaz qui remplit cette cavité; au temps suivant au contraire, la membrane se déforme en sens inverse et finit' par venir s’appliquer contre la paroi inférieure de la chambre A. Du gaz est alors aspiré dans la chambre A. La membrane se comporte ainsi comme un piston de machine alternative, mais un
- Aspiration I | Refoulement
- A ^ Membrane /
- iHH^r % //X
- Pompe à huile
- F ig. 2.
- Schéma de principe du compresseur Corblin.
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- LA MACHINE FRIGORIFIQUE “ CORBLIN ” ".......245
- piston de grande surface, très léger et de faible inertie.
- L’avantage de ce dispositif, par rapport aux machines usuelles à piston, apparaît immédiatement ; dans ces dernières on a toujours à résoudre deux problèmes délicats : le graissage du cylindre dans lequel se meut le piston, et la construction d'un presse-étoupe rigoureusement étanche.
- Ici pas de presse-étoupe et pas de graissage de la chambre de compression ; le gaz frigorifique n’est donc pas souillé par contact avec le lubrifiant; les purgeurs et séparateurs d’huile deviennent inutiles ; on peut employer des gaz qui attaquent les huiles de graissage ; et surtout on évite l’encrassement des tuyauteries, des clapets, des robinets, causes de la plupart des pannes, surtout dans les petites machines où le brassage continu du mélange du lubrifiant (huile ou glycérine) et du fluide frigorifique (ammoniac, anhydride carbonique, etc.), provoque la formation d’une sorte de cambouis, obstruant les robinets et entraînant une diminution de rendement.
- Autre avantage important au point de vue du rendement : l’espace nuisible est supprimé dans le compresseur à membrane.
- Dans les compresseurs ordinaires à pistons, comprimant des gaz au voisinage de leur point de liquéfaction, on est conduit à laisser un espace nuisible relativement grand, pour parer au risque d’éclatement des fonds de cylindre causé par l’entraînement ou la présence d’un exces de liquide au-dessus du piston au moment de la compression. Dans le compresseur à membrane, au contraire, l’espace nuisible peut être nul, car la membrane est flexible et de plus, le bâti de la pompe à huile porte une soupape qui s’ouvre et laisse passer l’huile, dès que
- Fig- 4-
- Armoire frigorifique munie d’un compresseur
- Corbtin de 5oo jrigories.
- Fig. 3. — Coupe d’un compresseur à membrane Corblin
- monlranl les divers organes de la machine.
- la membrane est collée sur le fond de la chambre A. Ainsi ce nouveau compresseur offre deux grands
- Fig. 5. — Compresseur à membrane de 3ooo Jrigories {hauteur o m. ç8,
- diamètre extérieur des plateaux à ni. 48.)
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- Fig. 6. — Installation frigorifique complète, avec fabrication de glace, munie, de 2 compresseurs Corblin de i5 000 frigories chacun..
- avantages : sécurité de fonctionnement, rendement meilleur. Ajoutons enfin que le démontage et le remontage de la machine sont très aisés, et n’exigent pas l’intervention de spécialistes.
- La figure 3 représente la coupe d’un compresseur Corblin; on y retrouve en a et b, les deux plateaux entre lesquels est fixée la membrane élastique c ; il est la chambre de compression. Le gaz venant de l’évaporateur g est aspiré à travers le clapet e ; il est refoulé sous pression à travers le clapet f vers le condenseur. Au-dessous du plateau b est montée la pompe à huile ; la paroi de son cylindre est munie de la soupape h dont nous avons parlé plus haut. L’huile venant du carter est refoulée au-dessous de la membrane à travers les orifices bl dans la chambre de compression d ; elle retourne au carter, par la. soupape hl et les orifices iv Une petite pompe compensatrice /^remplace l’huile qui s'échappe entre piston et cylindre et assure l’application de la membrane sur le plateau a qui forme le fond de la chambre.de compression. Ainsi est supprimé l’espace nuisible. Elle aspire l’huile à travers le clapet k et la refoule à travers le clapet n dans la conduite ni. Elle est commandée par la came p montée sur. l’arbre de la pompe à huile.
- M. Corblin a réalisé, sur ces bases, un assez grand nombre de types de machines : de petites machines domestiques de 500 frigories-heure. c’est-à-dire produisant environ 5 kg de glace à l’heure et commandées par un moteur de 1/4 de cheval et des machines plus fortes de 1500, 5000, 6000 et 15 000 frigories-heure.
- On a relevé sur ces machines des rendements
- Fig. 7. — Compresseur à membrane Corblin pour comprimer à 1200 kg.
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- LES PROGRÈS DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS 247
- exeéllents, allant de 2000 à 2200 frigories par cheval-heure, à — 8° avec de l’eau dé condensation à 18°.
- D’autres applications industrielles du compresseur à membrane sont en voie de réalisation; car celle machine convient particulièrement bien pour
- les très hautes pressions : catalyse, production d’acide carbonique liquide pour boissons hygiéniques et brasseries, rectification des gaz à l’état pur, compression du chlore, etc.
- Notre figure 7 représente un compresseur à 1200 kg pour synthèses par catalyse. À. Troller.
- LES PROGRES DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- Nous avons indiqué dans un récent numéro de La Nature, comment on pouvait utiliser un poste portatif, et les divers collecteurs d’ondes qui devaient être employés suivant les circonstances de réception.
- Nous allons maintenant étudier les perfectionnements qui ont été apportés à la construction de ces postes, et qui ont amené la réalisation des appareils actuels, de plus en plus répandus.
- Le plus simple des postes portatifs, le plus ancien aussi, qui a fait son apparition bien avant 1914 est évidemment le poste à galène.
- Tous les « vieux amateurs » se rappellent encore les modèles divers et ingénieux présentés vers 1912-1915, et dont le plus pratique, sans contredit, avait la forme et les dimensions d’un simple écouteur téléphonique de réseau, et servait à capter les signaux horaires de la tour Eiffel.
- On peut dire que, par sa simplicité idéale, par son absence complète d’accessoires encombrants, par sa solidité aussi, le poste à galène est vraiment l’appareil portatif par excellence.
- La construction de ces modèles n’a d’ailleurs fait relativement que peu de progrès, le montage d’accord utilisé le plus souvent est toujours le montage en dérivation (fig. 1).
- Le seul perfectionnement apporté au système réside dans le choix du condensateur d’accord, qui est généralement à air, et dans celui des bobinages d’accord, le plus souvent en galettes interchangeables; le rendement est ainsi maximum.
- Tous les éléments du poste peuvent être contenus dans un coffret de petites dimensions, qui contient également les écouteurs téléphoniques et même les accessoires d’antenne.
- Mais le grand inconvénient de ces postes, inconvénient qui en restreint l’emploi, est leur très faible sensibilité ; sans l’aide d’un collecteur d'ondes très développé, il ne saurait être question de recevoir à grande distance les émissions radiophoniques à l’aide de ces appareils.
- Il est assez rare que l’on puisse disposer d’un bon
- Fig. i. — Schéma de poste simple à galène, avec accord.
- O,, condensateur d’accord en dérivation ; L«i bobinage interchangeable ; D, détecteur à galène; M, inverseur d’antenne ; C2, conden-
- sateur fixe en dérivation sur les écouteurs Te.
- collecteur d’ondes de fortune, il est encore plus rare que l’on puisse construire rapidement une antenne bien dégagée et très efficace ; on voit donc, qu’en général, un poste à galène portatif ne sera utilisé que dans le voisinage d’un poste d’émission (L).
- Après le poste à galène, l’appareil de réception le plus simple est la lampe détectrice à réaction (fig. 2).
- Composé d’un petit nombre d’éléments, n’exigeant pour l’alimentation de son unique lampe à faible consommation que des batteries de piles de petite capacité, le montage en est facilement réalisé dans une petite valise qui contient tous les éléments nécessaires au fonctionnement de l’appareil, ainsi que les, accessoires d’antenne.
- Un tel poste, bien que beaucoup plus sensible qu’un poste à galène, n’est cependant pas utilisable pour la réception en haut-parleur, ni pour l’audition à grande distance des émissions radiophoniques faibles sur cadre ou antenne intérieure.
- Si l’on dispose pourtant d’une bonne antenne de fortune, on peut parfois obtenir des résultats satisfaisants.
- C’est ainsi que nous avons pu recevoir à 400 km à l’ouest de Paris les émissions de Radio-Paris en utilisant comme antenne un fil aérien d un secteur électrique d’éclairage.
- En disposant un étage d’amplification à basse fréquence, à la suite de la lampe déteclrice à réaction, on augmente beaucoup la sensibilité du dispositif, sans accroître outre mesure ses dimensions (fig. 5 et 4).
- On peut alors obtenir des auditions en « petit » haut-parleur à faible distance d’un poste émetteur, ou des réceptions plus distinctes au casque à moyennes distances.
- L’emploi du cadre comme collecteur d’ondes devient même possible dans un rayon restreint
- 1. Mentionnons ecpendimt des essais effectués avec antenne tendue à l’aide d'un cerf-volant
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- 248 LES PROGRÈS DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- Fig. 2. — Montage simple d’une lampe
- détectrice à réaction sur antenne ; accord en dérivation.
- Lt L2 bobine d'accord et de réaction ; C, condensateur d’accord avec inverseur M ; C2 R„ condensateur shuntc de détection ; Cit condensateur shunte de téléphone.
- autour du poste émetteur ; le cadre trouve place alors dans la valise même du poste (lig. 5).
- Malgré tout, l’usage de ces appareils simples demeure relativement limité, par suite de leur faible sensibilité, et aussi de leur manque relatif de sélectivité, ce qui est une cause de gène absolue dans les grandes villes.
- Les montages de sensibilité moyenne à quatre lampes, qui permettent d’obtenir des auditions satisfaisantes en haut-parleur dans un rayon de 400 à 500 km sur antennes de fortune, ou de bonnes auditions au casque dans un rayon encore plus grand, même sur cadre ou antenne intérieure, demeurent les favoris des amateurs ; l’emploi d’un étage d’amplification à haute fréquence à résonance leur confère une sélectivité suffisante (fig. 6).
- Une forme portative pratique est relativement facile à obtenir avec un poids et des dimensions
- Fig. 4. — Poste portatif à deux lampes type P. A. R. M.
- suffisamment restreintes; la valise qui cou Lien t le poste peut renfermer tous les accessoires : piles, bobinages, lampes et même haut-parleur (fig. 8), ou simplement l’appareil de réception lui-même, les accessoires étant renfermés dans une valise séparée.
- Ces deux solutions pratiques ont chacune leurs partisans, comme nous l’avons d’ailleurs fait remarquer dans notre précédent article.
- Le poste portatif à grande puissance, de sensibilité maximum, bien que de prix d’achat soit plus élevé et de construction plus complexe, représente actuellement le modèle idéal, à notre avis, pour l’amateur qui veut recevoir rapidement un grand nombre d’émissions dans les conditions locales les plus diverses et quelquefois les plus défavorables.
- Un appareil de ce genre permet, en effet, d’obtenir d’excellentes auditions dans un rayon de quelque
- Fig. 3. — Lampe déteclrice à réaction suivie
- d’un étage basse fréquence à transformateur.
- Même légende que figure 3, sauf C3 condensateur shunt du primaire du transformateur ; C*, condensateur de téléphone ; Tr, transformateur rapport 5.
- mille kilomètres à l’aide d’un petit cadre portatif ou d’une antenne en ruban de quelques mètres. A l’aide des seules inductances du poste, bobines en nid d’abeilles de quelques centimètres de diamètre, il est même aisé de recevoir au casque les émissions dans un rayon de 2JO à 500 km sans aucun autre collecteur d’ondes, antenne ou cadre séparé.
- Ün doit d’ailleurs distinguer ou moins deux principes sur lesquels est basée la construction de ces postes très sensibles.
- Les modèles d’appareils du premier type sont à amplification à haute fréquence directe. Leur sensibilité a été accrue- en augmentant le nombre des étages à haute fréquence avant la détection, et le nombre de ces étages est au minimum de deux.
- Sans accroître le nombre des lampes, un artifice permet d’accroître le nombre des étages d’amplification ; c’est le montage dit réflexe. Dans ce montage, on le sait, un lampe, peut être utilisée à la fois comme amplificatrice en haute fréquence et en basse fréquence.
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- LES PROGRÈS DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS 249
- Ainsi le poste représente' par la figure 8 comprend cinq lampes.
- Deux de ces lampes sont utilisées comme amplificatrices à haute fréquence à liaison par transformateur haute fréquence à fer. Une troisième lampe est employée à la fois comme amplificatrice à haute fréquence à résonance et comme amplificatrice à basse fréquence, et les deux dernières lampes sont à basse fréquence ; la détection se fait par galène.
- Bien que ne comportant que cinq lampes seulement, le poste possède donc une amplification à peu près équivalente à celle fournie par un appareil à six ou même à sept lampes.
- En fait, les résultats sont excellents comme nous l’avons expliqué plus haut, et il suffit de poser l’appareil dans un coin quelconque d’un appartement pour entendre les radio-concerts sans antenne ni cadre (fig. 9). Un cadre démontable et léger per-
- I<ig. b. — Schéma classique de poste à résonance à quatre làmpes
- à réaction sur le circuit de résonance.
- G,, condensateur d’accord; C2, condensateur de liaison ; C,-„ coudensateur de résonance ; Ct et Cs, condensateurs shunts; L,, bobine d’accord ; L., bobine de réaction ; L,-., bobine de résonance ; R2) résistance de fuite.
- met les auditions au cours d’excursions dans la campagne.
- Les différents modèles de superhétérodynes peuvent constituer également avec autant de facilité des postes portatifs de haute sensibilité et d’encombrement relativement faible. (Voir La Nature, n° 2686.)
- Dans les modèles français cependant, les piles d’alimentation et les accessoires ne sont pas contenus, en général, dans la valise même du poste et sont renfermés dans une boîte séparée.
- Aux Etats-Unis, au contraire, les modèles portatifs sont, le plus souvent, complètement autonomes.
- Bien que servant exclusivement à la réception des ondes courtes, et constituant essentiellement des appareils d’essais, peu destinés aux « usagers » de la T. S. F., les postes superrégénérateurs peuvent cependant être mis facilement sous une forme portative, ainsi d’ailleurs que nous l’avons exposé dans un récent article de La Nature consacré à la superréaction (Voir La Nature, n° 2672.)
- Fig. 5.
- Poste portatif à deux lampes Irpe anglais monté dans une petite
- valise avec cadre de réception en spirales plates.
- 1, bobine d'accord interchangeable ; 2, bobine de réaction ; 3, condensateur d’accord; 4, rhéostat de chauffage; 5, rhéostat séparé de la détectrice ; 6, cadre se trouvant dans le couvercle de la valise.
- Mais ce ne sont pas seulement les postes radiophoniques de réception que l’on peut maintenant réaliser sous une forme portative pratique ; on construit également des appareils émetteurs-récepteurs pratiques, permettant une liaison bilatérale en radiotéléphonie dans un rayon d’une centaine de kilomètres.
- Le poste représenté par la figure'10 et dont le poids ne dépasse pas 15 kg permet un trafic régu-
- Fig. 7. — Poste valise à 4 lampes à transformateur accordé type Over.
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- 250 LES PROGRÈS DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES DE T. S. F. PORTATIFS
- Fig. 8.
- Poste type Gamma à montage “ reftexe ” à cinq lampes
- (une valise contient les piles et les accessoires).
- reils équilibrés à lames écartées pour émission.
- Cet appareil avec des lampes super-cimpli chauffées à o volts et sous 250 volts de tension plaque, porte à 100 km en radiophonie très facilement et la liaison bilatérale France-Amérique en télégraphie a pu être tentée.
- La gamme des longueurs d’onde s’étend de 60 à 150 m.
- En réception, la longueur d’onde s’étend de 55 à 180 m.
- L’accord de la détectrice s’effectue en Tesla, les bobines sont en gros fil de 15/10 et à spires écartées de manière à offrir le moins d’amortissement possible.
- Le côté récepteur de ce poste permet la réception facile des amateurs américains et même des postes Z. (Nouvelle-Zélande.) L’alimentation du fdament se fait par un accu de 6 volts 40 ou 60 ampères-heure avec prise à la horne — 4 volts pour la réception (la même
- lier de ce genre. Un seul inverseur permet de passer de la réception à l’émission. À l’émission le montage est celui d’un master oscil-lator « reversed fead baclc » amplifié par 5 amplificatrices en parallèle.
- La modulation se fait par variation du potentiel de grille des lampes amplificatrices, par l’intermédiaire d’un transformateur de modulation à rapport variable.
- Un milli-ampèremètre plaque permet de contrôler la modulation ; un ampèremètre thermique d’antenne de 0 à 0,5 permet de parfaire les réglages.
- La manipulation en télégraphie se fait par coupure du courant plaque.
- Les selfs sont des spirales de ruban de cuivre de 10 mm. de large, et les condensateurs sont des appa-
- Fig. g.
- Gamma placé dans un appartement et fonctionnant sans antenne ni cadre.
- batterie sert en effet à tout l’appareil). If alimentation plaque se fait par des batteries de piles sèches, par exemple, 5 en série, soit 240 volts avec prise à la borne -h 80 volts pour la réception. Là encore les mêmes batteries sont utilisées à la fois pour la réception et l'émission.
- Nos lecteurs ont pu se, rendre compte par ces quelques exemples du degré de perfectionnement auquel est parvenue la construction des postes portatifs de réception et même d’émission modernes. Ce sont actuellement des appareils d’un fonctionnement tellement régulier que l’on peut dire que, grâce à eux, la réception des radio-concerts est assurée en quelques minutes en un point quelconque de la France, à l’aide d'un collecteur d’ondes de fortune quelconque. -
- Fig. 10.
- Poste émetteur en valise type Artis.
- U. Hiîmardixqdeu.
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- LA PRÉPARATION DU RIZ
- Le riz constitue la base de l’alimentation de plus de la moitié de l'humanité. Sa culture exige des soins incessants. La rizière est couverte d’une nappe d’eau dont on doit régler la hauteur et qu’il faut renouveler à l’époque de la maturité.
- Pour récolter le riz, on coupe les tiges avec des faucilles tranchantes, on les gerbe et on les transporte à la ferme où se fait l’égrenage. Le grain est vanné pour séparer le son du riz, on l’expose ensuite en couches minces au soleil, pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il devienne dur et cassant sous la dent.
- •Le riz est ensuite décortiqué et, bien souvent, par des moyens encore très primitifs. Les machines sont utilisées dans les grandes exploitations, mais la petite culture est encore rebelle trop souvent aux nouvelles méthodes de travail.
- Le riz subit donc, dans les pays tropicaux, au voisinage des cultures, diverses manipulations. On exporte de ces régions des riz décortiqués.
- Mais ces riz ne sont pas encore propres à la consommation ; ils doivent subir, pour être acceptés des Européens, toute une série de traitements; ils pourraient sans doute les recevoir sur place, mais pour des raisons douanières, il s’est trouvé qu’il était plus avantageux d’effectuer ces manipulations en France. Et il s'est monté, à cet effet, des usines pourvues des plus modernes perfectionnements.
- Le vannage du riz en lndo-Chine.
- L’industrie française du riz a pris depuis 55 ans un développement considérable, on compte actuellement plus de 50 usines importantes.
- La première rizerie fut établie en 1888, à Marseille, dans les anciens locaux de la Raffinerie de sucre de la Méditerranée. Ce furent les frères Cattanéo, de Gênes, qui firent ces premiers essais et qui commencèrent à importer en France des riz décortiqués en provenance de Saigon et des riz bruts originaires des Indes anglaises, du Japon, d'Italie et d’Espagne.
- Fig. i
- Fig. 2. — Filage du riz à Madagascar.
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- LA PREPARATION DU RIZ
- Fig. 3. — Machine à décortiquer le riz.
- Jusqu’à cette époque,, la France recevait des riz déjà prêts à la consommation, qui d'ailleurs rentraient en franchise de douane. Quelques années plus tard, on appliqua un droit d’entrée de 5 francs pour les riz bruts et de 8 francs pour les riz blancs. Ces droits protecteurs donnèrent naissance à l’installation d’autres rizeries, suivant l’exemple donné par les frères Cattanéo. Le nombre des usines s’accrut constamment.
- Des essais faits pour cultiver des riz en France ne donnèrent guère de résultats appréciables. Dans le delta du Rhône, en Camargue, le seul avantage obtenu fut de dessaler des terrains impropres à toute culture. Les tentatives faites en Isère échouèrent également; cependant il faut signaler qu’en Haute-Garonne, depuis deux ans, des émigrants italiens font des essais en grand dont on attend les résultats.
- Pour le moment, nous recevons donc le riz brut de l’importation. Les riz viennent en France déjà décortiqués, c’est-à-dire dévêtus de la balle florale. Afin de les rendre comestibles, il faut les soumettre au blanchissage, au triage et au glaçage ou endobage.
- Aux temps primitifs, ces opérations étaient réduites à leur plus simple expression. Le riz était poli dans un creux en forme de calice préparé dans une pierre et on le travaillait avec un pilon de bois. Ce système est encore appliqué dans certaines campagnes du Piémont, mais il faut convenir qu’il est devenu plus mécanique. L’outil a conservé le nom de « pila ».
- On eut ensuite recours à deux autres systèmes. Dans le premier, le riz était travaillé par un frottement rapide entre une meule de liège ou brosse et une meule en pierre naturelle ou artificielle. On utilise aussi
- des cylindres horizontaux en pierre tournant contre une enveloppe en toile métallique rugueuse. On imagina une grande quantité de machines que les préparateurs de riz construisaient eux-mêmes et dont ils gardaient rigoureusement le secret. Les plus connues sont les sbramini, les organetti, etc....
- Dans une deuxième méthode, on travaillait le riz par frottement avec des corps étrangers tels que balles de riz, déchets, même de la poudre de marbre. Cela donna naissance également à de nombreuses machines appelées grolles, élici, tittoni, etc. Ce système était en fait supérieur au premier procédé au point de vue du rendement et du fini du travail, mais il avait le grave inconvénient d’être long et de nécessiter à plusieurs reprises l’opération du tri, afin d’éliminer les corps étrangers qui avaient servi à blanchir. Enfin les sous-produits oblenus étaient tout à fait inférieurs.
- Actuellement les procédés sont tout à fait perfectionnés et M. François ^attanéo a établi à Modane la Rizerie des Alpes, qui peut être considérée comme le modèle du genre.
- On y traite les riz Piémontais au moyen d’une machine du type dit Hambourg. C’est une machine à blanchir d’origine ancienne italienne, qui a été modifiée par des constructeurs allemands et perfectionnée ensuite par des industriels italiens.
- Le riz décortiqué qui vient d’Italie est versé à son arrivée dans de grands silos qui contiennent plusieurs millions de kilogrammes. Il est envoyé au blanchissage après avoir été isolé des corps étrangers qu’il peut contenir tel que : paille, ficelle, pierres, clous, etc.
- L’opération du blanchissage, qui est la plus im-
- Fig. 4. — Magasin à riz de la Rizerie des Alpes.
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- TECHNIQUE DE LA FABRICATION MODERNE DES CONFJTURES ET GELÉES 253
- portante, se fait par le passage successif du grain dans quatre machines à blanchir. La blanchisseuse comporte une meule conique de J m. 25 de diamètre, revêtue d’émeri. Elle tourne dans une cage également conique munie de huit couteaux de caoutchouc para et d’autant de grilles en toile perforée.
- Le riz se trouve pris entre la meule et l’enveloppe. Il est retenu par les couteaux en para. Il finit par être entraîné. Il tourne sur lui-même et se blanchit progressivement dans ces quatre passages. La deuxième enveloppe du grain sort par la toile perforée et constitue la farine de riz destinée à l’alimentation du bétail, notamment des oiseaux de basse-cours, des vaches laitières et des porcs. Cette farine contient 25 pour 100 environ de matières grasses et de produits alimentaires. La farine de riz est également utilisée en boulangerie pour poudrer les tables à pain.
- Lorsque le grain sort des quatre machines à blanchir, il passe ensuite dans des lustreuses constituées également par des meules coniques, mais plus allongées que les précédentes. Ces meules sont revêtues de brosses en crin végétal et en laine qui finissent par enlever le peu de poussière qui reste encore sur les grains.
- A ce moment on recueille du riz qui contient encore tous les grains cassés et toutes les brisures. On est donc obligé de les trier au moyen de plan-sichtérs et de trieurs. Les grains entiers se trouvent rassemblés et les déchets, demi-grains et brisures sont envoyés à la meule de mouture pour obtenir des farines.
- Finalement, pour donner au riz un aspect plus flatteur encore et pour assurer une meilleure conservation, on le glace par un endobage de glucose cristallisé. Il passe pour cela dans de grands tam-
- bours à grains, à alimentation continue, tournant très lentement.
- Certains consommateurs préfèrent le riz huilé appelé « camolino ». Le camolinage se fait de la même manière que le glaçage. Au lieu de glucose, on utilise de l’huile de vaseline blanche.
- Au point de vue consommation et qualité, on estime que le riz le meilleur est celui qui est consommé dans les quatre mois, qui suivent la fabrication. On risque ensuite, surtout dans les pays chauds, d’avoir du riz poussiéreux, attaquable par les vers.
- Les riz de luxe appartiennent à quatre catégories qu’on appelle : Java, Piémont, Espagne, Japon.
- Le riz qualité Java a des grains énormes allongés. Il reste toujours un peu dur sous la dent et conserve un goût particulier qui ne plaît pas à tous les consommateurs.
- La qualité Piémont a des grains plus petits que le précédent. Elle est aussi plus arrondie, mais le goût est meilleur.
- La qualité Espagne, il y a trente ans, était caractérisée par des grains excessivement petits. Dans ces dernières années, les cultivateurs espagnols sont arrivés à produire des types meilleurs.
- La qualité Japon est actuellement presque introuvable en Europe, car, depuis la guerre, le Japon n’exporte pour ainsi dire plus. Au contraire, il importe du riz de Corée, des Indes et de l’Indo-Chinc.
- La création des rizeries françaises nous met à même d’utiliser les immenses ressources en riz de nos domaines coloniaux. Les perfectionnements réalisés dans l’outillage assurent aujourd’hui la production d’un riz de qualité parfaite, condition indispensable, car les consommateurs deviennent de plus en plus difficiles. E.-ll. Weiss.
- LA TECHNIQUE DE LA FABRICATION MODERNE DES CONFITURES ET GELÉES
- Une conférence fort intéressante fut faite en août 1925, à VAmerican Socicly, par C. P. Wilson sur tes modes d’emploi modernes et les utilisations de la pectine, matière première abondamment répandue dans les fruits et indispensable dans la fabrication de toutes gelées et confitures.
- La pectine a été découverte en 1825 par Braconnot qui la relira des racines de carottes. Uet. illustre chimiste s’était déjà rendu célèbre par des études sur la gélatine. Nous ne perdrons pas notre temps à discuter si la pectine est, ou non, une espèce chimique définie ou une très vaste famille de substances assez mal déterminées au même titre que les matières albuminoïdes. Nous savons, en tout cas, qu’elle se trouve dans les fruits, tiges et racines et, qu’en présence d’eau et de sucre elle possède la propriété de former des gelées, même en très petite quantité, en présence de beaucoup d’eau.
- On a 'pris l'habitude d’appeler gelées de fruits tout aussi bien des gelées claires que des gelées mélangées de pulpe et qui sont à proprement parler des marmelades.
- Depuis des temps très reculés, les ménagères savent que l’on peut parfaitement obtenir anss l’action de la
- chaleur des gelées appelées gelées faites au soleil « ou » gelées à froid.
- Uhacun sait que le jus de groseilles, le jus de cassis cl d’une foule de baies de notre pays et d’autres sont constitués par la quantité voulue de pectine et d’acides pour se gélifier sans concentration. L’expérience de bien des siècles a ainsi prouvé que la présence de la pectine était indispensable pour fabriquer des gelées alimentaires. Aussi la pénurie de fruits, dans certains pays et à certaines époques, a-t-elle eu pour effet d’amener les manufacturiers à isoler industriellement la pectine et à l’utiliser méthodiquement pour obtenir en toutes circonstances des résultats certains.
- Là, encore une fois, la pratique a précédé la science. Quand une mère de famille a pu constater que le liquide qui entourait les pommes cuites, qu’elle avait faites au four, ajouté à des jus d’autres fruits, conduisait à une gelée 'ferme que l’on n’aurait pu arriver à obtenir avec ces jus seuls, on peut dire que ce jour-là elle a découvert la lechnique industrielle de la fabrication des marmelades et confitures.
- Actuellement, une foule de sous-produits, jusqu’ici négligés ou mal employés peuvent trouver dans cette voie
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- 254 TECHNlQltëomjkX FABRICATION
- des applications. Tels sont, le marc de pommes, les peaux, cœurs et déchets de pommes provenant de la fabrication desTruits secs (pommes séchées et tapées), les résidus de citrons provenant de la fabrication de l’acide cilrique et de l’essence de citron, les cossettes de betteraves épuisées de leur sucre, etc., etc.
- 11 est évident que pour l’utilisation de tous ces sous-produits, les lois actuelles sur la répression des fraudes devront être modifiées. 11 y aura lieu de distinguer, grâce à des étiquettes de garantie, entre les gelées et marmelades faites avec des produits contenus dans le fruit lui-même et les marmelades et gelées faites par addition de pectine industrielle.
- Voici, d’après l’auteur précité (C. P. Wilson), les teneurs en pectine de diverses matières premières servant à fabriquer la pectine industrielle.
- Pourcentage de pectine clans la matière clans la matière
- humide sèche
- marc de pommes. . . 1,5 à 2,5 15 à 18
- pulpe de citrons ... 2,5 à -4,0 50 à 15
- — d’oranges. . . . 5,5 à 4,5 50 à 40
- — de betterave . . • 1,0 15 à 50
- carottes............. 0,fi 7,14
- Dans l’extraction de la pectine à l’eau froide, les sucres et les acides des fruits étant enlevés ainsi que l’excès d’eau, le pourcentage en pectine est relativement élevé, mais par contre l’épuisement à l’eau chaude, surtout en présence d’acides ajoutés, diminue Je pourcentage des jus en pectine. On a employé indifféremment des acides organiques ou des acides minéraux. Les acides organiques employés ont été : les acides citrique, tartrique, lactique, acétique et malique; souvent même on a employé des mélanges de ces divers acides. La pratique a conduit à ne plus employer l’acide acétique. Comme acides inorganiques on a employé les acides chlorhydrique, phos-phorique, sulfureux et sulfurique. Les usines de Californie se servent surtout d’une solution sulfureuse saturée. L'extraction a lieu soit sous pression, soit à la pression atmosphérique.
- Le chimiste américain Douglas se sert pour l’épuisement d’eau bouillante légèrement acide. Muter emploie les alcalis caustiques (2 à 4 pour 100) durant 15 à 50 minutes entre 40 et 80°. Il obtient ainsi un pectate de soude dont on extrait la pectine par un traitement acide ultérieur.
- Pour avoir des solutions de pectine pure donnant des gelées limpides, on doit enlever l’amidon au moyen d’une enzyme diastasique. On doit aussi enlever les protéines au moyen d’une enzyme protéolytique.
- Pour précipiter la pectine, il existe quatre procédés : .
- 1° La précipitation alcoolique; 2° Le salage; 5° La précipitation éleclroly tique ; 4° La précipitation colloïdale.
- L’inconvénient du premier procédé réside dans le prix élevé de l’alcool et la nécessité de sa récupération totale sous peine de pertes coûteuses. La régie américaine autorise diverses formules d’alcool dénaturé dans ce but: 0,5 gallon de benzol dans 100 gallons d’alcool éthylique; ou bien 5 gallons d’acétate d’éthyle dans 100 gallons d’alcool éthylique.
- Le liquide alcoolique final doit toujours avoir un degré alcoolique supérieur à 50°.
- La précipitation par le sel marin a donné de mauvais résultats, car la pectine obtenue adsorbe du sel qu’on ne peut plus enlever. La précipitation de la pectine par voie électrolytique n’a pas encore donné de bons résultats. M. C.-P. Wilson a étudié et mis au point -une méthode de précipitation de la pectine basée sur les propriétés des colloïdes.
- Nous allons décrire cette méthode, dans le cas de l’extraction de la pectine des peaux de citi’ons épuisées de l’essence de citrons et des pulpes de citrons épuisées de la fabrication de l’acide citrique. Il y a de 2,5 à4,0 pour 100 de pectine dans ces déchets ; on les épuise à l’eau contenant 0,5 pour 100 d’acide sulfureux.
- MODERNE DES CONFITURES ET GELÉES
- Les peaux de citrons sont moulues très fin, chauffées à 98° pendant 10 minutes; on détruit ainsi le ferment soluble appelé pectinase qui serait capable de convertir la pectine en acide pectique et empêcherait la gélification . La pulpe est épuisée et filtrée sur une cuve à faux-fond couvert d’une toile filtrante. On travaille sur 1000 kg de pulpe à la fois. On ajoute une solution d’acide sulfureux à 1 pour 100 de SO2 ; la pulpe maintenue en suspension est portée rapidement à 90°, ce qui permet la destruction de la pectinase. On maintient ces 90° pendant deux heures; on filtre. Pour obtenir des solutions claires de pectine, on ne doit remuer cette pulpe ru’avcc beaucoup de soin ; on évite ainsi de former des mousses qui empêcheraient la filtration, souvent même les jus sont filtrés à travers la pulpe de papier ; on refroidit ces jus qui ne contiennent guère que 1/2 pour 100 de pectine.
- L’excès d’acide sulfureux est enlevé par un passage à travers les chicanes en bois d’une tour convenablement disposée pour le courant d’air inverse.
- Pour la séparation de la pectine, les théories les plus compliquées et encore obscures de la chimie colloïdale sont venues en aide à la technique tâtonnante. La pectine étant un colloïde émulsoïde possède une charge électrique négative. Au contraire l’ammoniaque et le sulfate d’alumine donnant par leur réaction do l’hydrate d’alumine possèdent une charge positive. Le contact de ces deux corps donne un précipité d’alumine et de pectine combinés.
- Pratiquement on fait une solution de sulfate d’alumine à 25 pour 100. On maintient la solution de pectine en agitation violente et l’on ajoute rapidement la charge d’ammoniaque puis, immédiatement après, celle de sulfate d’alumine. Les conditions optima de précipitation ont lieu quandte liquide présente le minimum de viscosité. L’expérience a prouvé que ce point correspondait à une concentration en ions hydrogène de 4,0 à 4,2; on la détermine en employant le bleu de bromo-phénol comme indicateur; on décante ensuite une fois que le dépôt s’est formé. Ce dépôt est recueilli centrifugé, pressé et séché à l’air chaud à 65°, le plus vite possible pour ne pas altérer la pectine. Elle se présente commercialement comme une masse vert-brunâtre cornée; on pourrait l’employer telle quelle pour confectionner des gelées communes; elle contient de 10 à 12 pour 100 d’hydrate d’alumine, plus des sels de chaux en petite quantité.
- On peut la transformer en une pectine plus pure contenant fi pour 100 d’hydrate d’alumine seulement. On se base sur le fait suivant : l’hydrate d’alumine est insoluble dans l’alcool fort alors que le chlorure d’aluminium y est soluble. Dès lors on procède comme il suit : on met en suspension la pectine sèche broyée finement dans de l’alcool à 85° contenant 10 pour 100 en volume d’acide chlorhydrique concentré.
- On emploie un excès de ce dernier acide et on l’élimine par lavage avec de l’alcool neutre. Dans toutes ces manipulations, l’alcool, produit cher, est filtré et récupéré par distillation. La pectine est desséchée sous le vide, broyée, classée par tamisage et empaquetée pour la vente ; c’est une poudre grisâtre donnant une gelée neutre comme couleur et odeur ; elle peut gélatiniser de 140 à 220 fois son poids de sucre mélangé de fruits.
- On a aussi lancé sur le marché de lapectine concentrée liquide tant pour les manufacturiers en confitures et gelées que pour les ménagères. Ces produits contiennent de 4 à 4,5 pour 100 de pectine. On fait aussi des mélanges secs de pectine et de sucre gélifiant 40 fois leur poids de fruits. Enfin on vend aux confituriers de la pectine pure.
- Comme on le voit, celte fabrication de la pectine est intéressante. Elle permet l’utilisation rémunératrice, aussi bien pour les mères de famille à la campagne que pour les manufacturiers eux-mêmes, de produits, qui, jusqu’alors, ne servaient qu’à engraisser les poules et les I porcs. • Ai.beht Mutin.
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- LE PAPILLON QUI FÉCONDE LES YUCCAS (l1
- On sait que maintes fleurs doivent leur fécondation aux visites que leur font les Insectes. Ne cherchant que le nectar, l’Insecte se frotte, en passant, aux étamines ; dans une seconde fleur, il se frotte au stigmate, et ce gourmand est un involontaire véhicule du pollen. Mais on ignore souvent qu’un infime Papillon Tinéide assure, exprès, la pollinisation des Yuccas d’Amérique (fig. 1). La bêle, dis-je, le fait exprès : entendons-nous ! Tous ses actes tendent directement, savamment, à la fécondation du végétal, mais elle n’agit évidemment pas à la façon de l’Homme, avec une pleine conscience du but visé. Tout se passe en elle dans le demi-jour de l’instinct, d’uruinstinct qui aura été inné dès le début. Un aïeul génial aura d’autant moins inventé la méthode qu’il lui aurait fallu du même coup se procurer l’organe neuf, que l’on verra.
- Quel est ce Papillon1? Présidant aux noces florales des Yuccas, il devrait porter l’excellent nom générique de Pronuba, et la première en date des espèces observées devrait s’appeler Yuccasella, si, comme parrain, le biologiste américain Riley n’avait pas été devancé en Europe par Zeller, lequel, sans rien pouvoir connaître des mœurs étonnantes du Tinéide, avait baptisé au hasard Tegeticula alba
- Fig. 2.
- Le papillon femelle de Pronuba récolle.
- l’insignifiant et muet cadavre arrivé jusqu’à lui dans un envoi?2).
- La femelle, qui seule possède la science native et les outils, fait son œuvre en trois temps : elle récolte, elle pond, elle pollinise.
- Elle récolte. À peine éclose, elle vole aux Yuccas du voisinage et grimpe en haut d’une étamine. La tète dépassant un peu l’anthère, elle gratte, de ses palpes, le pollen glutineux (fig. 2). Elle extrait, elle arrache le pollen, l’étamine en est toute secouée.
- Elle ramasse ce pollen et le bourre sous sa tète avecla"paire nouvelle d’outils qu’elle a : des « tentacules maxillaires », armés en dessous de poils, et qui s’ouvrent ou se ferment comme'dcs doigts. Les pattes antérieures se comportent du même coup comme celles du'ehat quand il fait, sa toilette. Ayant vidé quelques anthères, la bestiole porte au cou une masse, trois fois grosse comme sa tête, de pollen
- 1. Les photographies sont de M. Le Charles.
- 2. IUley a narre la jolie histoire de Pronuba dans plusieurs Revues américaines, notamment, en 1892 et 1893 dans les Proceed. biol. Soc. It ashington, vol. Vil et VIII. Les ligures qui accompagnent notre article viennent de là. -
- comprimé. Mais n’allez pas croire qu’elle vise à se nourrir.de ce pollen; à l’état de Papillon elle ne mange pas, sa trompe n’étant pas fonctionnelle et son intestin finissant en cul-de-sac. C’est pour des fins moins prosaïques quelle s’évertue. Mais quelle est donc son intention?.
- Il s’agit d’abord pour elle de pondre, mais pas n’importe comment et n’importe où ; de pondre dans un ovaire du Yucca, lequel ovaire ne saura être ensuite fécondé à moins quelle ne s’en mêle.
- Donc, elle va pondre.
- Sur la fleur, voyons-la posée maintenant à mi-hauteur du pistil dilaté (fig. 3).
- Des six pattes, elle embrasse les filets de deux étamines contiguës. Le bout de l’abdomen cherche le point fatidique où il faut pondre. L’endroit marqué est à un millimètre environ du fond d’un des trois sillons primaires, correspondant aux cloisons qui séparent les carpelles du Yucca. Ne pas confondre avec les sillons moins creux qui régnent sur l’axe des carpelles et qui ne mèneraient point là où il faut. Où est-il donc si nécessaire de pénétrer? 11 faut conduire l’œuf à l’intérieur d’une fente étroite, s’allongeant contre la rangée des ovules, entre ceux-ci et la cloison qui sépare deux carpelles.
- Mais, pour avoir accès dans cette fente, il faut piquer, il faut percer. Un Lépidoptère est-il donc un Térébrant? Et les Papillons ne déposent-ils pas leurs œufs sur les objets? Sans doute; mais il arrive aux Tinéides d’être armés d’une tarière : Pronuba en possède une merveilleuse. Il y à là un oviscapte fait de deux tubes qui sortent l’uu de l’autre, et qui sortent ensemble du bout de l’abdo-
- Pig. 3.
- La Jemelle pond.
- men. La surface du tube de base fait la lime; le tube distal porte une aile dentée en scie; chacune des pièces manœuvre sous l’action de tiges internes
- Fig. i. Un Yucca.
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- 256 .......... LE PAPILLON QUI FÉCONDE LES YUCCAS
- sur quoi des muscles tirent. Ce n’est pas touL : un long tuyau souple et vivant sort à volonté du bout de l’oviscaptc; il est garni de poils tactiles, pour se guider; les poils de l’extrémité font grappins pour que le tuyau soit maintenu pendant l'effort qu'il fait pour chasser l’œuf. Le pistil une fois percé par la tarière, c’est le tuyau flexible qui mettra l’œuf, en long, contre les ovules'du Yucca. Pronuba ne pond pas plus de six œufs dans un pistil : un œuf par chambre ovulaire, au maximum.
- pi g ^ Ayant pondu, le Papillon
- féconde le végétal. Il grimpe, Le palpigère mt, à t { iuscm’au sti(T_ développé à la base du , ’ Jut>4u dU bL1o
- palpe mp, mate, où les « tentacules
- sert ici à transporter maxillaires » vont faire une le pollen. besogne inverse de celle de
- tout à l’heure. Ils prennent le pollen sous le cou et le frottent sur le stigmate, insistant, passant et repassant, appuyant dans le liquide sligmatique, s'arrêtant au centre de l’organe. C’est qu’un fin canal s’ouvre là, qui mènera le pollen dans les six chambres des ovules.... Les tentacules maxillaires retournent sous le cou, ils reprennent du pollen cl en redonnent au stigmate : le Yucca sera, pour sûr, fertilisé.
- Quelle est donc la signification anatomique de ce « tentacule », indispensable, qui fait ici figure d’un organe d’exception? Nous avons sous les yeux le minime article de base du palpe, mué en un long doigt (fig. 4). Des transformations non moins radicales du « palpigère » ont eu lieu dans d’autres ordres d’insectes; il est devenu languette membraneuse chez les Panorpes, stylet aigu chez les Diptères et piqueurs chez les Hémiptères; mais, parmi les
- Fig. 6. — Chrysalide de Pronuba, vue de jace et de profil, montrant ses-lobes dorsaux.
- Papillons, la femelle de Pronuba est seule à ne pas le garder à l’état d’un banal petit segment, porteur du palpe.
- La fleur est fécondée, l’œuf est pondu : que se passe-t-il? Le contact de l’œuf irrite quelques ovules, qui grossissent comme une galle pour nourrir l’embryon. Par ailleurs, au chemin que la tarière a creusé dans le pistil correspond un arrêt de développement tout local de la gousse. Mais les autres ovules viendront à bien. La gousse une fois mûre, la Chenille la perce et tombe à terre (fig. o). Armée de trois fortes paires de pattes, cetle chenille creuse le sol, s’enfouit, et passera l’hiver au chaud dans un cocon. Huit jours avant que les Yuccas ne refleurissent elle se transforme en chrysalide. Celle-ci n’est pas infirme; une pointe céphalique l’aidant à diviser la terre, elle prend encore appui sur de forts lobes dorsaux, pour remonter à la surface (fig. 6). Et le Papillon vole aux Yuccas; poussé déjà par l’instinct qui le guidera dans sa carrière pour le bien commun de la lignée animale et de la plante.
- Un cousin très proche de Pronuba, Prodoxm
- Fig. b. — A gauche : gousse non déformée de yucca obtenue par fécondation artificielle ; au milieu : gousse déformée par la ponte de Pronuba et perforée par les chenilles; à droite : une chenille dans la gousse.
- decipiens, vit lui aussi sur les Yuccas. Mais comme sa destinée est plus banale! Sans le moindre souci d’amasser le pollen, de pondre dans le pistil, de féconder la fleur, il se borne à loger ses œufs dans la tige verte. Dans la tige, les œufs éclosent, les larves vivent en mineuses, sans pattes ; qu'en
- feraient-elles? La chrysalide n'a nul besoin non plus des palettes dorsales de Pronuba. En revanche, il lui faut un cône céphalique plus puissant pour forer le mur, à présent ligneux, de sa prison. Elle jaillit de la tige et l’adulte peut éclore, pour une vie toute ordinaire. Bien de plus instructif que la comparaison de ces existences opposées que des formes sœurs mènent ainsi côte à côte. Deux équipes jumelles exploitent quasi le même terrain : la fleur, et la tige de celte fleur. Chacune a sa tache propre. Chacune aura ses instruments. .Et l’instinct natif sera l’indispensable auxiliaire des organes. Sans le savoir vital, à quoi serviraient en effet le tentacule et l’ovis-capte?... Mais, ce talent consubstantiel, c’est de l’idée : l’organe typique est donc, aussi, fils d’une
- Professeur à l'Institut catholique de Pans.
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- Le Gérant : P. Masson.
- 1926.
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- N* 2716
- 24 Avril 1926
- LA NATURE
- o
- V. Forbin.
- Jean Mascart. Jean-Abel Lefranc.
- SOMMAIRE :
- La “ dernière " exploration des Etats-Unis :
- Les résultats récents des observations de latitude :
- Moteurs d’avions à refroidissement par air ou par eau :
- Académie des sciences : Paul B.
- Un nouveau marteau électro-mécanique: R. Villers.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Mécanique, Froid artificiel, Objets utiles. Variétés. — Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres — Bibliographie.
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- LE NUMERO
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- LA NATURE
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- 24 AVRIL 1926
- LA NATURE. — N° 2716.
- LA “ DERNIÈRE ” EXPLORATION DES ÉTATS-UNIS
- Le fait qu’il existait encore, sur le territoire continental des Mats-Unis, une vaste région où l'homme blanc n’avait jamais pénétré, surprendra plus d’un lecteur. La prospérité de la grande République, les progrès matériels considérables qu’elle a réalisés, l’immense réseau de voies ferrées qu’elle a construit, tout nous portait à supposer qu’elle ne réservait plus de secrets au géographe, ni de promesses à l’explorateur.
- La région dont il s’agit ici est connue sous le nom de Navajo Mountain. C’est un fantastique amas de plateaux creusés de canyons infranchissables, situé à l'ouest des* Montagnes Rocheuses, et que traverse la frontière commune à l’Ulah et à l’Ari-zona, non loin du confluent du Colorado et du San-Juan. Son nom lui vient de la tribu des Navajos, nomades apparentés aux trop fameux Àpaches, et qui ont « enterré la hache de guerre » depuis une trentaine d’années pour se livrer à l’élevage des chevaux, des moutons et des chèvres.
- Dans un rayon d’une centaine de kilomètres, les abords méridionaux de Navajo Mountain offrent un intérêt passionnant aux archéologues. Ce fut là
- Fig. 2.
- La crevasse par laquelle passa P expédition.
- Fig. i. — La porte de Navajo Mountain.
- que vécut une mystérieuse race de troglodytes qui édifièrent des villages aériens dans des cavernes creusées à mi-hauteur de falaises perpendiculaires, villages qui comportaient des maisons à deux ou trois étages, solidement construites de pierres et de charpentes, et qui, malgré un abandon qui doit dater de dix siècles au moins, sont encore assez bien conservées.
- Les abords septentrionaux sont particulièrement intéressants pour le géologue, avec leurs plateaux profondément éventrés par l’érosion, et surtout avec leurs ponts naturels, découverts en 1906, et dont l’un, le Rainbow Rridge (le Pont de l’Arc-en-Ciel) est la plus grande des arches naturelles connues dans le monde entier.
- C’est, si j’ose dire, à un amateur, que la géographie est redevable de cette ultime exploration du territoire des États-Unis. M. Charles L. Rernheimer, dont je m’honore d’être l’ami, ne se froissera pas du terme que je viens de lui appliquer... en italique ! Chef d’une importante firme industrielle de New-York, c’est à la rude et périlleuse existence de l’explorateur qu’il demande son délassement! Et l’on admirera sa ténacité quand nous aurons précisé qu’il recommença quatre fois son expédition (de 1921 à 1924) avant de découvrir le défaut de la cuirasse, de pénétrer dans l’impénétrable massif, et d’atteindre son. but.
- Il vient, sous le titre de Rainbow Bridge, de
- 17. - 257.
- 54* Année. — 1" Semeitr».
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- 258 = LA “ DERNIERE ” EXPLORATION DES ÉTATS-UNIS
- Fig. .1. — Dans la Navajo Mountain.
- publier ses relations (chez Doubleday, Page et C°), et c’est dans ce bel ouvrage magnifiquement illustré avec les photographies de l’auteur, que nous puiserons les notes suivantes.
- M. Bernheimer nous confie dans sa préface que, dès sa jeunesse, il fut hanté par le désir de conquérir cette Montagne des Navajos, marquée en blanc sur les cartes, ce qui excitait son imagination d’écolier. Mais il nous paraît utile de dire pourquoi cette région demeitrâ si longtemps une « terre inconnue ».
- C’est, par excellence, le bad land, le mauvais pays, le désert véritable, impropre non seulement à la vie humaine, mais à la vie animale. Des rats et des chiens-de-prairie (marmotes), quelques espèces d’oiseaux, des serpents et des lézards composent toute la faune. Les carnassiers (coyotes, ours, loups, poumas) ne s’aventurent pas dans ces solitudes, où ils périraient de faim et de soif, car l’eau y est rare, sauf lorsqu’une pluie torrentielle dévale dans un défilé en emportant tout sur son passage.
- Les Indiens eux-mêmes ne se hasardaient pas volontiers dans ce « Pays de la Mort ». Ils n’en bravaient les horreurs que pour échapper à la poursuite des soldats de « l’Oncle Sam », après un soulèvement. Et, sur plusieurs points, M. Bernhei -mer a trouvé des squelettes aux os blanchis —ceux des malheureux prospecteurs qui s’égarèrent dans ce formidable labyrinthe, pour y périr.
- Quant aux difficultés relevant de la topographie, elles sont mises en évidence par plusieurs des photographies que nous reproduisons. Le miracle, c’est que la caravane de l’explorateur, avec ses chevaux
- chargés de vivres et d’eau-, ait pu pénétrer dans le massif en s’accrochant au flanc de hautes falaises presque perpendiculaires. Plus d’une fois, les voyageurs ne purent avancer qu’en se frayant une route à coups de cartouches de dynamite.
- La première expédition, organisée en 1921, n’atteignit pas son but. Bien que M. Bernheimer se fût adjoint les deux meilleurs guides de la région, il lui fut impossible de pénétrer dans le massif ou même d’en faire le tour. Des gorges infranchissables, profondes de 500 à 1000 m., surgissaient, à chaque nouvelle tentative, devant la caravane, l'obligeant à rebrousser chemin. Aussi, l'itinéraire suivi pendant cette première expédition présente-t-il sûr la carte une étonnante série de zigzags.
- Les résultats obtenus eurent cependant leur importance. M. Bernheimer établit nettement que le massif ne pouvait pas être abordé par l’Ouest ou par le Sud. En outre, il avait été le premier homme blanc à parcourir de vastes étendues de territoire, décrits jusqu’alors d’après les récits des Indiens. Enfin, il avait pu étudier plusieurs groupes d’antiques villages de troglodytes dont l’exploration archéologique, confiée à des savants expérimentés, contribuera sans aucun doute à la solution de ce problème qit’est encore l’origine des indigènes américains.
- La deuxième expédition se mit en marche le 24 juin 1922, en partant, comme l’avait fait la précédente, du poste-frontière de Kayenta, curieuse localité où régnent encore, à l’exception du « poteau
- Fig. 4. — La caravane franchissant la Tête Chauve.
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- : LA '• DERNIERE " EXPLORATION DES ETATS-UNIS
- de torture » et du « scalpage », les lois et coutumes célébrées jadis par Fenimore Cooper, Mayne lleid, Gustave Aimard, car c’est là que viennent se ravitailler les Navajos, les Pioutes, et autres nomades que la civilisation américaine n’a pas encore réussi à s’assimiler.
- Quelques heures après le départ, l’un des deux guides, Johnson le Mormon, tombait avec son cheval dans un trou de sable mouvant, à la traversée d’un canyon. Après le double sauvetage, un mulet lourdement chargé s’entêtait à franchir cette fosse traîtresse, où il disparaissait aussitôt jusqu’au garrot. Quatre hommes armés de cordes et de ma-
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- chance voulut qu’ils découvrissent alors un trou d’eau sous une roche.
- Finalement, le guide-chef, M. YVetherill, avait la bonne fortune de découvrir, au fond du canyon, un couloir, ou plutôt une crevasse, qui, s’élevant à une hauteur de 1500 m., permettait de franchir les précipices, et de gagner l’autre versant de Navajo Mountain. Ce défilé était si étroit sur une longueur de 3 à 400 m. qu’un homme ne pouvait passer qu’en s’aplatissant entre les parois (fig. 2). Or, il s’agissait d’y passer avec des bêtes de somme!
- Tous les membres de l’expédition, les savants comme les guides, se mirent à l'œuvre. Grâce à
- Fig. 5. — Les abords du massif.
- driers ne réussissaient à le tirer de là qu’après plusieurs heures de travail.
- L’exploration véritable ne débuta que le 27 juin, quand les voyageurs atteignirent Sagito, point situé sur le flanc sud-ouest de la Navajo Moutain. Ils y trouvèrent une petite famille d’indiens, dont le chef répondait au nom de Sagi-nini-yazzi, qui signifie en dialecte navajo « le petit homme qui vit dans les rochers ». On l’engagea comme guide.
- Les journées suivantes furent consacrées à des reconnaissances. Partout, des précipices infranchissables repoussaient les explorateurs, et leur obstination faillit leur coûter cher, lorsque, pris au fond d’une gorge comme des rats dans un piège, impuissants à escalader la muraille de 800 m de hauteur qui leur barrait la route du retour vers le camp, ils constatèrent que leur provision d’eau était épuisée; il ne leur en restait que quelques gobelets, de quoi humecter les naseaux de leurs chevaux. Mais la
- l’outillage que M. Charles L. Bernheimer, instruit par ses précédentes tentatives, avait eu la sagesse d’emporter, des coups de mines chargées soit à la dynamite, soit au « T. N. T. », élargirent le couloir, et les débris de roiie servirent à combler une profonde excavation. Ce travail demanda 3 jours (et pas des journées de 8 heures, ajoute plaisamment l’auteur).
- Enfin, le 5 juillet, les explorateurs, montés sur leurs chevaux, pouvaient franchir le couloir, passer du Gliff Canyon dans le Bridge Canyon, et atteindre le Pont de l’Arc-en-Ciel sans mettre pied à terre. L’ambition de M. Bernheimer était accomplie ; il avait fait le tour de Navajo Mountain et découvert une nouvelle route d’accès vers cette huitième merveille du monde qu’est la gigantesque arche naturelle.
- Deux jours plus tard, M. Bernheimer et ses compagnons revenaient chercher leurs bêtes de somme,
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- 260 :-- LES RÉSULTATS RÉCENTS DES OBSERVATIONS DE LATITUDE
- qui franchirent à leur tour la passe. La conquête de la nouvelle route était définitive !
- Le 9 juillet, l’expédition rebroussait chemin vers la civilisation. Après une pénible marche de 5 jours, elle atteignait le lieu de rendez-vous d’où une automobile transportait à Kayenta ML Bernheimer et ses compagnons.
- L’année suivante, en mai, M. Bernheimer complétait son exploration, pénétrait dans plusieurs canyons du Navajo Mountain et étudiait quatre nouvelles stations archéologiques. La plus importante paraît être celle de Tsé-a-Chong, mot indien qui signifie « Vilains Rochers ». Dans l’étroite et profonde gorge qui porte ce nom, les explorateurs, guidés
- les sépultures qu’elles comprennent, n’ont jamais été violées.
- M. Charles L. Bernheimer n’a pas encore publié la relation de sa dernière expédition (1924). Son beau livre ne lui consacre qu’un bref postscript, sous forme de lettre au professeur Clark Wiesler, de Y American Muséum.
- Cette lettre nous apprend que M. Bernheimer explora le Canyon des Navajos, long de 150 km, et qui était considéré avant lui comme inaccessible. 11 y découvrit de nouveaux groupes de villages troglodytes. Et ce fut au cours de cette dernière expédition qu’il étudia et photographia sur un plateau isolé, baptisé par lui Cummings Mesa, 50 empreintes
- Fig. 6. — L'expédition traversant un chaos désertique.
- par un Navajo, ne comptèrent pas moins de 55 villages troglodytes sur une distance de 15 km. D’après les calculs de M. Earl H. Morris, jeune archéologue de grande expérience que Y American Muséum of Natural Ilistory avait attaché à l’expédition, ce canyon doit contenir de 150 à 150 groupes de ruines. La. découverte est d’autant plus intéressante qu’aucun blanc n’avait encore pénétré dans ce canyon, ce qui laisse supposer que ces ruines, et
- de dinosaures, que, seuls, les Navajos connaissaient, et qu’ils appelaient Yetso Béta, ce qui signifie en leur langue « les empreintes de Dieu ».
- N’avions-nous pas raison de dire, au début de cet article, que la géographie et d’autres sciences ont contracté une dette de reconnaissance envers cet industriel new-yorkais qui se délasse du souci des affaires en explorant les derniers coins inconnus de son pays. V. Foiimk.
- LES RÉSULTATS RÉCENTS DES OBSERVATIONS DE LATITUDE
- Nous avons eu l’occasion, dernièrement (l), d’appeler l’attention du lecteur sur le problème si important du déplacement du pôle et, en exposant l’état de la question, nous avons montré les particularités de la courbe décrite par l’extrémité de l’axe de rotation, dite polhodie : les singularités sont de deux sortes, les unes, 1. La Nature, 1925, p. 155.
- polaires, dues nettement à un déplacement du pôle, tandis que d’autres, extra-polaires, ont encore des causes et des origines assez mystérieuses. Or, l’activité des chercheurs est très vive dans cette direction, les importants travaux sont abondants bien qu’assez peu connus du public à cause de leur caractère technique, et il nous a paru utile — et peut-être intéressant - -
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- LES RÉSULTATS RÉCENTS DES OBSERVATIONS DE LATITUDE == 261
- de résumer les publications de sources très diverses dans lesquelles se trouvent les résultats récents qui ont été acquis par les astronomes les plus exercés aux observations de latitude.
- C’est ainsi qu’il faut signaler très spécialement les travaux remarquables du D1 Walter Lambert, directeur de la Station d’Ukiah (Californie) : ce savant a repris, d’une part, la théorie, tout en procédant, d’autre part, à une discussion approfondie des observations de sa station, et, entre autres résultats, trouve que le pôle boréal se rapproche de -f- 0",005 par an du continent nord-américain. Certes, sur la discussion de trois stations internationales, Wanach était antérieurement parvenu à une conclusion du même ordre de grandeur, avec une correction, globale cette fois, de -f- 0'',07 : mais d’abord, pour Wanach, le pôle se rapprochait de Carlo-forte (ou de Greenwich) ; de plus, ceci permet vraiment de se demander si, avec un matériel aussi restreint que celui qui fut recueilli dans les trois stations et non sans quelque interruption, il est déjà possible de tixer avec précision la direction de ce nouveau déplacement du pôle — nous ne le pensons pas.
- A Pino (Turin), Boc-cardi a effectué des recherches spéciales, grâce à des observations dans le premier vertical, et faites exclusivement de nuit pour éviter la réfraction de la salle, due principalement à l’inégal échauf-fement des parois du pavillon ; il a pris également en considération de petits termes que l’on néglige ordinairement dans la réduction au jour, par exemple le second terme de la précession en déclinaison, qui n’est pas tout à fait négligeable pour des étoiles dont la déclinaison atteint 45°.
- Les diagrammes qu’il a publiés montrent d’une manière évidente la variation cle la latitude à période semi-lunaire (15 j. 8); puis, plus tard, en portant à 10 le nombre des étoiles observées pendant la nuit au premier vertical, il a mis en évidence une variation diurne de la latitude qu’il exprime par la formule H cos (y + a),
- dans laquelle )j.=r0",05 en moyenne, y est une, constante et a représente l’ascension droite de l’étoile.
- Toutefois, ayant précisément trouvé à Pino une confirmation de son hypothèse de la réfraction annuelle ou conique,. Gourvoisier objecte que des variations représentées par la formule précédente pourraient être dues à des erreurs systématiques sur les déclinaisons; sans doute, on n’avait pas failli à réobserver aussi ces dix étoiles au cercle méridien de Pino, mais il s’agit en réalité d’effets assez faibles à propos desquels il est malaisé d’être affirmatif.
- Cependant, une longue série d’observations de 82 circumpolaires’au Cap semble bien confirmer une variation
- diurne. Par ailleurs, Orloff a fait une discussion approfondie des observations effectuées au premier vertical, tant par ses prédécesseurs que par lui-même; il ne trouve pas trace de la période mensuelle que quelques astronomes avaient cru constater dans les observations d’Odessa; mais il confirme aussi une variation diurne de la latitude ainsi qu’une variation à période semi-lunaire, et en communique par des circulaires l’expression suivante
- -|-0",035 cos (2 ft + 100°)
- dans laquelle f — 15°, 14042 et t représente le nombre de jours.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur presque toutes les séries de déterminations suivies de latitude pour y constater une oscillation dont la période est environ de 14 jours; nous citerons, par exemple, les premières
- observations faites tout récemment à Rio-de-Ja-neiro par le Dr ÏNello Gaina, qui montrent des variations de latitude d’une pareille période, avec une amplitude de -f- 0",18 environ.
- On peut encore rappeler ici que Boccardi, appréciant de 0",19 à 0",70 les amplitudes de la polho-die, annonce une correspondance entre les amplitudes et les déclinaisons de la Lune ; en 1900-1901, on eut un minimum dans les variations de la latitude, alors aussi, précisément, que les déclinaisons de la Lune étaient à leur minimum, et la même correspondance se reproduisit lors des observations de 1919-1920; au contraire, en 1910-1911, on rencontre l’amplitude maxima entre toutes de Aç, tandis que la Lune était à son maximum de déclinaison.
- Boccardi explique également un maximum secondaire par un changement qui a élé effectué sur les étoiles à observer dans les 10 «tâtions, explication qui parait d’autant plus légitime que, dès ce changement dans les couples d’étoiles, la lunette photographique flottante de Greenwich mettait aussi en évidence un saut dans les observations.
- *
- * *
- Dans ses rapports de 1921 et 1924, Kimura, l’éminent directeur actuel des opérations internationales, revient sur l’opportunité de multiplier les recherches, soit en augmentant le nombre par trop restreint des stations internationales actuellement fondamentales, soit par la libre collaboration d’autres observatoires. C’est ainsi que, aux stations d’Odessa et de Johannesburg, est venu s’ajouter le nouvel observatoire de Rio-de-Janeiro, à la latitude australe de 22° 54' ; on y emploie la méthode de Talcott avec une lunette zénithale du type de celle des stations internationales.
- 11 ne nous reste plus qu’à résumer les résulta!s appor-
- .° le
- ............. b '£' l-
- Marche du pôle de.içi5,q à 1020,0 d’après les observations photographiques de Washington et de Greenwich.
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- 262 = MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR AIR OU PAR EAU
- tés par les observations les plus récentes en ce qui concerne les termes extra-polaires clans la variation en latitudes :
- 1° Les séries d’observations dignes de confiance, pourvu qu’elles soient continues et suffisamment prolongées, peuvent être analysées, non sans des difficultés multiples, pour mettre en évidence un nombre fini de légères variations de périodes différentes;
- 2° Les longueurs des périodes trouvées pour ces variations particulières sont assez analogues, bien que les observations au premier vertical fournissent généralement des indications plus grandes que celles qui résultent des observations, assez rares, effectuées au méridien ;
- 3° Il est malaisé d’expliquer l’origine d’une variation d’amplitude à peu près constante, et dont la forme serait -f-aSin(2 0—d + A) (*), pour les observations faites à la latitude d’environ 39° N. ; cette variation paraît réelle, bien qu’obtenue par des instruments très différents, et révélerait peut-être (?) des déplacements diurnes de la verticale dans les stations correspondantes;
- 4° Une variation d’une forme analogue, applicable à toutes les stations, peut être attribuée à des changements réguliers des instruments sous l’elïet des modifications météorologiques ;
- 3° Des erreurs de nuit ont leur origine dans l’air de surface qui entoure les établissements et les télescopes;
- 6° Il est fort intéressant que, en dehors des variations annuelles, on rencontre aussi de nombreuses variations secondaires en rapport étroit avec les ascensions droites des étoiles observées, ce qui prouve leur liaison avec la rotation même de la Terre;
- 7° Quelques-unes de ces variations secondaires, non-
- i. A est généralement un angle petit.
- polaires ont des périodes qui coïncident sensiblement avec celles que comporte le mouvement polaire.
- Ce dernier point est très- important, car il explique pourquoi, à la suite de divers baltements, le mouvement dé Chandler est si variable alors qu’il devrait être régulier, et l’on peut en conclure que la variation de latitude est composée de deux mouvements : l’un, de nutation libre de la période de Chandler, et l’autre, mouvement de l’axe instantané de rotation dans l’espace autour de la position moyenne de l’axe de la figure.
- Théoriquement, cette dernière sorte de mouvement, dont la période de révolution est quelque peu inférieure au jour sidéral, peut être fort petit : il est souvent possible que la précision de l’observation ne puisse l’atteindre et ainsi, alternativement, on peut recourir comme explication soit à un changement rapide de la direction locale du fil à plomb, ou à des déplacements de masses internes, soit à une déformation de la Terre elle-même dans son ensemble.
- Le problème de la variation des latitudes comporte, on le voit, une quantité de questions extrêmement délicates, tout à fait à la limite de nos moyens d’adion expérimentaux, et, sur bien des points, il est encore tout à fait impossible, malgré la multiplicité des observations effectuées, d’apporter des conclusions définitives et de soulever toutes les contradictions qui subsistent. Mais on peut du moins utiliser l’expérience acquise pour conclure avec assurance que, à l’avenir, les chercheurs devront attacher autant d’importance aux causes intérieures qu’aux causes extérieures : d’une part, changement de la direction du fil à plomb dû aux variations internes du globe; d’autre part, changement provenant des modifications des conditions météorologiques.
- Jean Mascap.t.
- *
- MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR AIR OU PAR EAU
- Les milieux aéronautiques français ont été ces mois derniers très émus par la lutte que se sont livrée, autour de l’attribution des commandes de l’Etat pour l’armée, deux types de moteurs d’avions : les uns du type classique, qui utilisent l’eau pour le refroidissement des cylindres, les autres, nouveaux venus, qui utilisent l’air.
- A plusieurs reprises, nous avons parlé ici de cette question si controversée, mais sans l’étudier à fond ni en tirer des conclusions, désireux que nous étions de ne pas prendre parti dans cette lutte avant d’être en possession de chiffres précis.
- Maintenant les commandes sont passées par l’Etat ; elles ont donné à peu près égale satisfaction à tous les intéressés; d’autre part, nous avons pu suivre une expérience comparative entre les deux formules de moteurs, nous sommes donc en mesure d’exprimer une opinion impartiale. Nous dirons sur quels faits elle se fonde et quelle est l’importance de cette question tant pour l’avenir de notre industrie aéronautique que pour la sécurité de notre défense nationale.
- I. Historique. — Comme chacun le sait, les premiers vols des frères Wright, événement prodi-
- gieux, ne purent être réalisés qu’au moyen d'un moteur assez léger pour l’époque et créé de toutes pièces par les géniaux inventeurs. Ce moteur d’environ 55 ch, inspiré du moteur d’automobile, était refroidi par le moyen d’une circulation d’eau et d’un radiateur sommaire. Ce moteur, relativement très lourd, était, cependant, d’un fonctionnement assez précaire.
- Par la suite, la presque totalité des moteurs, tous français d’ailleurs, qui permirent les premiers coups d’ailes de l’aviation en Europe, furent également à refroidissement par eau. Les constructeurs de l’époque avaient suffisamment de nouveaux problèmes h résoudre pour construire des avions capables tout simplement de voleter et n’étaient pas tentés d’y ajouter délibérément les difficultés d’une nouvelle formule de moteur.
- Cependant ces moteurs étaient loin de donner satisfaction; une grande partie des ennuis de mise au point provenait de la fragilité des organes de refroidissement, fuite d’eau aux cylindres, défauts de circulation de l’eau, fragilité des radiateurs, etc..
- Quelques constructeurs français réussirent à construire des types de moteurs à air qui fonction-
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- lièrent très convenablement. Anzani, Rep, Nieuport créèrent ainsi des moteurs de 20 à 50 ch dont la légèreté relative était en grande partie obtenue par la suppression des dispositifs de refroidissement à eau et leur remplacement par quelques ailettes légères placées à la partie supérieure des cylindres, à hauteur de la chambre d’explosion et qui augmentaient ainsi considérablement la surface radiante. Ces cylindres se refroidissaient dans le courant d’air produit par la marche de l’avion. C’est avec un moteur de ce type que Blériot réussit la première traversée de la Manche en 1909.
- Le succès du r efroidissement par l’air s’affirma et devint éclatant avec le célèbre moteur rotatif Gnome construit par l’ingénieur Séguin.
- Ses 50 chevaux ne pesaient en effet que *75 kg et grâce à la vitesse de rotation (1200 tours à la minute) de ses cylindres munis d’ailettes, le refroidissement était assuré dans d’excellentes conditions, aussi bien d’ailleurs au point fixe qu’en plein vol.
- Plus tard, d’autres constructeurs, Renault et De Dion créèrent des moteurs à cylindres fixes et 8 cylindres en Y
- IP
- Bill
- ËsmÈÊmÊÊÊSmêâ
- Fig. i.
- à refroidissement par air de qui donnèrent respectivement
- 50 ch pour 160 kg et 80 ch pour 215 kg. Ces moteurs assez lourds, mais de faible consommation, étaient refroidis au moyen d’un ventilateur soufflant sur les cylindres munis d’ailettes, ils eurent leur emploi sur certains avions, mais il est hors de doute qu’ils furent d’une utilisation moins brillante que la pléiade des moteurs Gnome de 50 à 80 ch, Rhône 80 à 120 ch, Clerget 80 puis 150 ch, etc..., qui tous se trouvaient parfaitement bien du refroidissement à air, à tel point qu’en 1915 on ne pensait plus du tout aux moteurs à eau.
- Lors de la déclaration de guerre, la plus grande partie de notre flotte aérienne était constituée par des avions équipés avec des moteurs refroidis à l’air, soit rotatifs en étoile, soit fixes en Y. Cependant
- déjà la recherche de la plus grande puissance avait amené un constructeur à créer un moteur refroidi à l’eau, en étoile d’ailleurs, le Salmson 120 ch qui paraissait un monstre pour l’époque.
- Par contre, les Allemands entrèrent en guerre uniquement avec des moteurs classiques d’automobiles avec refroidissement par eau.
- Pendant la guerre, le besoin de moteurs de plus en plus puissants nous fit abandonner peu à peu les brillants mais assez fragiles moteurs à air pour les plus lourds et plus robustes moteurs à eau qui tels
- les Renault de 150 à 500 ch, les Lorraine jusqu’à '575 chevaux, les Salmson de 120 à 250 ch, les Ilispano de 150 à 500ch équipaient tous nos avions à la fin de la guerre.
- La raison principale de cette disparition totale en quelques années d’une formule qui était loin d’avoir donné toute sa mesure, semble avoir été que les constructeurs français de moteurs à air n’orit pas assez poussé leurs bureaux d’études, car ce qui est réalisé maintenant pouvait aussi bien l’être à ce moment.
- Si, d’une
- part, en effet, les moteurs rotatifs en raison de certaines difficultés provenant de l’excès dé la force centrifuge ne pouvaient songer à dépasser un diamètre qui limitait leur puissance à 150 ou 200 ch au plus, rien n’empêchait en principe soit de supprimer la rotation de leurs moteurs pour aboutir à la nouvelle formule actuelle, soit de gravir encore quelques échelons en utilisant la formule si curieuse de la bi-rotation que les Allemands adoptaient à la fin de la guerre sur le bi-rotatif Siemens Schükert et qui permettait d’atteindre et de dépasser 200 ch sans vitesse excessive ni de l’hélice ni des groupes cylindres.
- D’autre part, nous venons d’avoir en France l’exemple d’un constructeur qui est passé très simplement d’un moteur à eau en étoile, le 260 Salmson, au même moteur à air par le changement de ses
- — Vue d'ensemble d’un moteur 400 ch Jupiter, refroidi par l’air, vu du côté hélice.
- Les tuyaux d'admission des gaz sont derrière les cylindres,
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- cylindres. Or, pendant la guerre, ce Salmson existait en 250 ch et l’étude d’une transformation eût été aussi facile.
- Bref', quelle que soit la cause de la totale défaillance en France de cette formule, presque personne ne croyait plus dans son avenir lors de l’armistice; seuls les anciens de l’aviation se rappelaient, devant les mauvais moteurs sortis vers la fin de la guerre, combien il était fâcheux de n’avoir pu sauvegarder
- Quelques moteurs à air, de faible puissance, commencèrent cependant à se faire jour dans les écoles et dans l’aviation sportive et ce fut avec étonnement que l’on vit il y a deux années le quadrimoteur Blériot se classer second dans le concours des avions de transport avec des moteurs à air de 230 ch qui lui procuraient de brillantes caractéristiques.
- Situation actuelle. — L’industrie aéronautique française est en pleine effervescence depuis plu-
- Fig. 2. — Coupe schématique de l’avion de transport Spad. r équipé avec un moteur Lorraine 400 ch, refroidi à l’eau, qui laisse place à une cabine de 4 places seulement. e° équipé avec un moteur Jupiter 400 ch, refroidi à l’air; il permet l’aménagement d’une cabine de 6 places.
- la saine simplicité des vieux moteurs à air. Mais ces i grincheux n’étaient pas écoutés. p
- Depuis la guerre, le marché de l’aéronautique française a été dominé par l’existence d’un stock considérable de moteurs de guerre dont l’armée regorgeait et que l’aviation civile pouvait acheter à très bas prix.
- En, raison de cet état de choses, peu propice aux créations nouvelles, l’armée, de 1918 jusqu’à maintenant, n’a guère modifié ses types d’avions militaires qui dans l’ensemble sont encore des Nieupôrt 29, des Breguet 14, des Goliath, etc. .; ,
- 11 est donc facile de comprendre que la formule de moteur la plus en faveur fût encore celle de la fin de la guerre, celle des moteurs à eau,
- sieurs mois par suite de la rivalité subite qui s’est déclarée entre les constructeurs des moteurs à eau formant la majorité de notre industrie „et les constructeurs de nouveaux moteurs à air dont le plus important est d’invention étrangère.
- L’enjeu de cette lutte était non seulement les importantes commandes de moteurs de l’armée, mais aussi l’orientation future de notre technique des moteurs. '
- Aussi la lutte fut-elle vive; et, nous lé disons à regret, elle ne se cantonna pas, comme il eût convenu, sur le terrain, exclusivement technique. On vit, en. France et même à l’étranger, s’amorcer des campagnes par trop intéressées, qui finalement ont été plus nuisibles qu’utiles au bon renom de
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- Fig. 3. — Vue de face d’un monoplan Dewoitine de chasse, montrant le maître-couple du fuselage avec un moteur fixe de ,f5o ch Lorraine refroidi par l’eau.
- notre industrie. Voici ce qui s’était passé : pendant que de parti pris nous nous incrustions dans la formule du moteur à eau, en Angleterre on travaillait délibérément, sur un programme méthodique, la formule du moteur à air. Deux des plus importantes fabriques aéronautiques anglaises réussissaient à satisfaire le programme très dur imposé par l’administration britannique et mettaient au point plusieurs types de moteurs dont les puissances allaient de 200 à 450 ch. Les essais et améliorations exi-
- gèrent deux à trois an?; mais les résultats furent tels que la plupart des avions de guerre anglais sont équipés aujourd’hui avéc ces moteurs.
- Pendant ce temps, en France on se désintéressait entièrement de la question ; mal renseignés sur les efforts anglais ou trop confiants envers leur propre matériel, les services officiels français ne manifestaient que scepticisme à l’égard de la formule du moteur à air et lui déniaient tout espoir d’avenir. Un constructeur français, depuis longtemps spécia-
- Fig. 4. — Vue de Jace du même monoplan Dew oitine aménagé pour un moteur 400 ch Gnome et Rhône à air.
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- lise dans la construction des moteurs en étoile et qui avait conçu l’intention d’étudier un moteur à air de grande puissance, prit conseil auprès de qui de droit; Il reçut de la bouche la plus autorisée, le charitable avis que ce genre de moteur n’intéresserait jamais l’administration française. Devant un tel encouragement, l’abstention était toute naturelle.
- Mais voici qu’un des moteurs anglais à air est introduit en France et entre en lice avec les moteurs à eau. Les Etats-Unis, de leur côté, après des études serrées, viennent à leur tour délibérément au moteur à air. Il faut donc ouvrir les yeux, bon gré mal gré. Et l’on s’aperçoit alors que l’aveuglement des services officiels, la paralysie bien naturelle des constructeurs, nous forcent, pour regagner le temps perdu, à solliciter des licences de construction auprès des constructeurs anglais. Situation un peu humiliante, sans doute, si l’on songe aux millions de francs consacrés par la France à soutenir son industrie de moteurs d’avions ; mais cette blessure d’amour-propre peut engendrer une émulation féconde, tandis qu’il serait désastreux de tourner le dos au progrès, pour de simples raisons de xénophobie industrielle.
- 11 se peut d’ailleurs que les moteurs à eau reviennent un jour en faveur; certains de leurs partisans espèrent, en efïet, obtenir d’eux une endurance trois et quatre fois supérieure à: l’endurance des moteurs actuels qu’ils soient, .à eau ou à air.
- Quoi qu’il en soit* voici quels sont en 1925 les principaux types de moteurs à refroidissement par air qui ont pu atteindre et franchir le fameux cap des 200 ch.
- C’est en Grande-Bretagne que nous en trouvons le plus grand nombre; ceci tient évidemment à l’établissement, il y a 4 à 5 années, par les services anglais, d’un programme bien déterminé.
- Les usines Armstrong Siddelc»; ont créé deux modèles très en faveur outre-Manche :'le « Lynx » de 200 ch avec 7 cylindres en étoile et le « Jaguar » de 400 ch avec 14 cylindres en deux étoiles. Le moteur de 400 ch est en somme le doublement du premier avec les mêmes organes; l’un sert sur les avions de guerre, l’autre sur les avions écoles et d’entraînement.
- Les usines Bristol ont créé le « Jupiter » de 400 ch avec 9 cylindres en étoile.
- Aux Etats-Unis nous trouvons le Wright 200 ch avec 9 cylindres en étoile et le Wright 400 ch avec 9 cylindres en étoile.
- Les Etats-Unis ont aussi le Curtiss 400 ch avec 9 cylindres en étoile.
- En France nous n’avons que le 250 ch Salmson en une étoile de 9 cylindres, transformation heureuse du 2G0 ch à eau.
- L’Allemagne en cette voie n’est guère plus brillante que nous, au njoins dans les réalisations que nous connaissons. Junkers a créé un moteur de 220 ch environ à 6 cylindres en ligne.
- II. Comparaison technique entre les deux for-
- mules. — Divers éléments interviennent pour le classement qualitatif d’un moteur d'aviation : poids, encombrement, montage, accessibilité des organes, résistance à l’avancement, etc.
- La comparaison doit, bien entendu, porter sur des moteurs de même puissance et d’utilisation similaire.
- C’est ce que nous avons eu la bonne fortune de pouvoir faire avec deux excellents moteurs très concurrents à tous points de vue : le célèbre Lorraine Dietrich 400 ch et le Jupiter 400 ch construit en France par Gnome et Rhône.
- Ces deux moteurs ont été utilisés sur des avions de transport similaires, sur les mêmes parcours ; leurs essais ont été contrôlés très sérieusement et impartialement en vue de l’équipement d’une flotte d’avions nouveaux. Ces essais ont été effectués par notre plus importante compagnie aérienne, la CIDNA sur le réseau de Paris à Constantinople.
- Poids. — Cet élément a une importance toute particulière, en aviation tant militaire que marchande. Or à robustesse égale, les moteurs à air offrent de très gros avantages.
- Pour le même avion, on calcule que le Jupiter pèse en état de marche environ 200 kg de moins que le Lorraine. Voici le détail de cette comparaison :
- i i. . Lorraine Jupiter
- 400 ch 400 cli
- 1 ' kf;
- Poids nu avec moyeu .... 405 545
- Radiateurs, eau, nourrice, tuyauteries ............................145 0
- Bâti support. ............... 50 15
- Capotage .......................... 10 7
- Total........................ 588 507
- Différence : 221 kg
- La consommation de combustible étant sensiblement égale pour les deux types de moteurs, c’est du moins ce qui semble résulter de l’essai suivi sur le réseau de la CIDNA en 1924 et 1925, le gain net de poids est donc supérieur à 200 kg en faveur du moteur à air.
- De nombreux avantages techniques en résultent :
- A égalité de résistance (à l’avancement, un avion déterminé muni d’un moteur à air peut donner soit une plus grande vitesse, soit une amélioration sensible de sa vitesse de montée et une élévation de son plafond, soit une augmentation correspondante de la charge utile enlevée (combustible, bombes, armement, fret, etc.).
- Comme exemple intéressant nous pouvons citer l’avion Dewoitine qui avec Lorraine 450 ch vole à 259 km à l’heure, monte à 4000 m en 10,2 minutes et atteint le plafond maximum de 7 450 m; alors que ce même avion équipé avec un moteur Jupiter 420 ch atteint une vitesse de 245 km, monte à 4000 m en 9,45 minutes et peut parvenir au plafond de 7 900 m.
- Ces avantages ne sont négligeables ni en aviation
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- Fig. 5. — Capotage d’un moteur Jupiter 400 ch à air. Seules les têtes des cylindres
- dépassent le capot pour être placées dans un courant d’air.
- commerciale où la proportion de poids transporté a une si grande importance, ni en aviation militaire où la proportion du poids total et de la puissance joue un si grand rôle sur la qualité des performance_s et la maniabilité.
- Encombrement. — La simple vue des deux types de moteurs suffit pour montrer combien le moteur à air en étoile est plus logeable et plus avantageux pour obtenir un bon centrage général des avions.
- En effet la longueur d’un Lorraine 400 ch est de 1 m. 80 tandis que celle du Jupiter n’est que de 1 m.
- Cette dernière formule permet une bien meilleure concentration des masses lourdes au plus près du centre de gravité de l’avion, il en résulte une plus grande facilité de conception des dessins et un accroissement considérable de la maniabilité en vol. De plus la visibilité est meilleure pour le pilote par suite de la réduction de la longueur du capotage du moteur.
- Ce dernier avantage est particulièrement sensible pour les avions très rapides sur lesquels le pilote doit être encastré dans le fuselage pour mieux diminuer la résistance à l’avancement. Dans ce cas, si
- Fig. 6. — Un bon capotage de moteur à eau. Avion Dewoitine moteur 400 ch Lorraine. Au-dessous : les deux radiateurs Lamblin.
- le capotage est long, le pilote ne voit rien devant lui non plus que pour atterrir.
- En outre le sommaire capotage des moteurs à air permet de mieux profiler le fuselage des avions.
- Fixation. — Les moteurs à air en étoile, grâce à leur forme, peuvent être fixés par quelques boulons sur une couronne métallique, elle-même fixée par 4 boulons au fuselage de l’avion. Réduit à cette simple expression le bâti support d’un Jupiter ne pèse au total que 15 kg.
- Par contre les longs moteurs en Y à eau, nécessitent, tant en raison de la répariition de leur poids sur une plus grande longueur que des conséquences plus graves des vibrations éventuelles, un berceau complexe composé de deux longerons parallèles pour recevoir les boulons du carter et d’au moins 2 ou 4 contrefiches généralement tubulaires qui procurent la rigidité nécessaire au porte à faux; le poids de ce berceau atteint 50 kg pour un Lorraine.
- L’amovibilité exceptionnelle des moteurs à air en étoile a été étudiée de près par les constructeurs de moteurs en Y à eau et depuis une année on trouve des moteurs Lorraine ou autres montés sur des berceaux également très amovibles sans cependant atteindre la simplicité et l’amovibilité des bâtis de Jupiter.
- L’avantage de fixation du Jupiter serait donc, en soi, peu important; mais ces moteurs ont la faculté de pivoter dans leur ensemble autour de 2 des quatre boulons. Cette opération effectuée en quelques minutes facilite considérablement la visite de tous les organes du moteur sur la piste, soit avant, soit après chaquè vol ; point des plus importants pour la sécurité même des vols, car une inspection bien faite permet d’éliminer souvent avant le départ de petits dérangements qui pendant le vol deviendront | graves et pourront entraîneras pannes avec toutes j leurs fâcheuses conséquences.
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- Il faut constater aussi que le changement d’un moteur à air en étoile, sans aucune canalisation d’eau, est infiniment plus simple et plus court que le changement d’un moteur en Y avec ses tuyauteries d’eau, ses radiateurs et ses multiples joints.
- Un Jupiter peut se changer en 2 heures avec 2 hommes ; pour un Lorraine il faut 8 heures avec 2 hommes et le travail est beaucoup plus délicat.
- Sur les avions commerciaux du réseau Paris-Constantinople, par suite de la longueur du moteur Lorraine 400 ch, une partie de celui-ci a dû être encastrée dans la coque; dans ces conditions un changement de moteur demande 10 heures à 2 hommes et une simple révision sur piste devient un véritable travail.
- On comprend aisément combien la diminution de ces délais de changement de moteur influe sur le prix de revient du kilomètre.
- Résistance à Vavancement. — Sur ce terrain, le moteur à eau parait mieux défendre sa formule.
- Les partisans des moteurs à eau déclarent d’une part que le capotage des moteurs en I, en V, en W voire en X, peut plus facilement suivre au plus près les règles d’un profilage parfait, favorable à une bonne pénétration dans l’air et par conséquence à une meilleure vitesse.
- Ces capotages enveloppent complètement les moteurs et ne laissent saillir aucune partie qui puisse s’opposer brutalement à l’écoulement des filets d’air et créer des remous ennemis de la vitesse.
- D’autre part, on fait valoir, qu’avec un moteur à eau bien capoté, il est plus facile de prévoir derrière l’hélice une zone de refoulement plus dégagée. Cet avantage serait d’autant plus sensible en France qu’aucun de nos moteurs uLilisés couramment n’est démultiplié et que leurs hélices sont de faible diamètre.
- Pendant longtemps, nous avons attaché une grande importance à ces arguments. Toute perte sur la vitesse, en effet, influe très sensiblement sur le prix de révient de l'aviation marchande et sur la valeur tactique des avions de guerre.
- Ces arguments semblaient avoir d’autant plus de valeur que l’expérience des moteurs à eau en étoile avait montré que le maître-couple assez élevé de ces moteurs (260 ch maître-couple 1 m. 20) entraînait une sensible diminution de vitesse.
- Depuis peu la question se présente autrement; le concours d’avions de chasse qui, depuis plusieurs années, se déroule devant le service technique de l’aéronautique, a permis de constater que les craintes exposées ci-dessus n’étaient nullement fondées.
- Plusieurs avions de chasse ont été successivement essayés avec le Lorraine 450 ch, l’Hispano 450 ch et enfin le Jupiter 400 ch ; malgré la différence de puissance qui défavorisait le moteur à air, dans de nombreux cas les avions équipés avec le Jupiter, tout en ayant des performances supérieures en plafond, avaient une vitesse sensiblement égale. A titre d’exemple citons l’avion Blériot qui, équipé avec Lor-
- raine 450 ch, volait à 219 km à l’heure à 4000 m. et atteignait cette hauteur en 9,59 minutes et qui équipé avec Jupiter 400 ch volait à 217 km à l’heure et atteignait un même plafond de 4000 m. en 9,52 minutes.
- Il est vraisemblable que cette supériorité provient du moindre poids du moteur à air et peut-être aussi du fait que le fuselage d’un avion Jupiter peut avoir un maître-couple diminué, bien que jusqu’alors on crut le contraire.
- Nous devrons donc considérer que l’excédent de résistance à l’avancement des cylindres refroidis par Pair n’est pas plus gênant que la résistance des radiateurs d’un moteur à eau.
- Tous les moteurs à air en étoile n’ont d’ailleurs pas un diamètre aussi grand que celui du Jupiter qui est de 1 m. 42. Les usines Armstrong Siddeley, créatrices du 400 ch Jaguar à air, ont cherché à avoir toutes les supériorités sur les moteurs à eau, lorsque l’on craignait cette faiblesse des moteurs à air et elles sont arrivées à diminuer considérablement le diamètre de leur Jaguar en diminuant les dimensions de leurs cylindres. Le Jaguar possède en effet 14 cylindres en 2 étoiles de 7. Dans ces conditions le diamètre de ce moteur ne dépasse pas 1 m. 18; avantage compensé, il est vrai, par certains inconvénients inhérents à la formule des moteurs en deux étoiles : complexité de construction qui rend peu accessibles les cylindres arrière, ensuite multiplication gênante des pièces délicates comme les soupapes, bougies, etc., enfin quasi impossibilité de capoter convenablement ces moteurs.
- Dans le même bul, les usines Wright aux Etats-Unis ont construit un moteur à air de 400 ch à 9 cylindres en une seule étoile dont le diamètre ne dépasse pas 1 m. 45. Le rapport de la course du piston à l’alésage est nécessairement plus faible dans ce moteur que dans les moteurs usuels.
- Dans le moteur Gurtiss à air, la puissance de 400 ch est répartie en 9 cylindres à grande course et son diamètre atteint 1 m. 60.
- Volant de chaleur. — Nous trouvons ici une autre objection grave, les moteurs à air n’ont pas, dit-on, la possibilité d’emmagasiner dans l’eau de refroidissement une certaine quantité de calories et manqueraient ainsi d’un « volant de chaleur ».
- Certains avions doivent pouvoir non seulement voler dans de grands froids (et nous nous souvenons de notre vol vers Moscou, dans une atmosphère à 40° au-dessous de zéro), mais ils. doiventde plus être capables de vols piqués avec le moteur au ralenti (chasse) ; il faut donc que ce moteur puisse « reprendre » sans hésitations, même si pendant le vol piqué, il s’est totalement refroidi. — Les moteurs à eau ont l’avantage de ne pas se refroidir, l’eau étant à environ 80° garde une température normale d’environ 50 à 60° même pendant les plus larges vols piqués ; cette faculté des moteurs à eau se nomme « volant de chaleur ».
- Il est certain que les moteurs à air ne jouissent
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- pas de cet avantage. Nous nous sommes documentés sur la valeur de cette objection qui a été étudiée pendant les épreuves du concours des avions de chasse ; il nous a été répondu que jusqu’alors l’inconvénient du manque de volant de chaleur n’avait pas été retenu par les services techniques.
- Cela ne veut pas dire que la question ne soit pas sérieuse, mais bien qu’au besoin il y serait pallié par un dispositif quelconque de réchauffage électrique ou autre du carburateur.
- Les partisans des moteurs à air objectent que si cet inconvénient existait il serait à opposer aux difficultés que rencontrent les pilotes de moteurs à eau pour maintenir constante, par le jeu de volets, la température de leur eau de refroidissement, ce qui effectivement est bien délicat.
- Vulnérabilité. — Il est enfin un dernier point important, c’est celui de la vulnérabilité des avions militaires.
- Qu’une balle ou un éclat d’obus atteigne les radiateurs, les tuyauteries ou les chemises d’eau des cylindres, c’est la panne irrémédiable au bout de quelques minutes, avec souvent, dans ce cas, le
- feu à bord par suite des ruptures d’embiellage et de carter.
- Des incidents de ce genre n’avaient pas de graves conséquences au début de la guerre lorsque les avions, prudents, ne s'écartaient pas de nos lignes, mais à partir de la période où les grandes reconnaissances devinrent la règle, de nombreux avions furent ainsi perdus. Les moteurs à air sont évidemment moins vulnérables à cet égard et cet avantage n’est pas un des moindres.
- Pour conclure il semble bien que la supériorité technique du moteur à air se soit imposée aux usagers malgré bien des résistances.
- La marine, puis l’armée, paraissent maintenant convaincues, la récente et dure expérience de la campagne du Maroc ayant eu raison des dernières hésitations. Et quant à l’aviation marchande, plus modeste cliente, elle vient après de longs essais de se rallier à cette nouvelle formule; les principales compagnies françaises envisagent en effet d’équiper leur nombreux avions de 11)26 avec des moteurs à air.
- JCAX-ÀJ)EI. LliKHAiNC.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 1926.
- Élections. — Au premier tour de scrutin, dans la séance du 1er février, M. Camille Matignon, professeur au Collège de France, a été élu membre de la section de chimie en remplacement de M. Albin Haller.
- La réalisation expérimentale du syndrome pella-yreux. — Sans qu’on sache si le mais agit par infection, intoxication ou carence, on a constaté que la pellagre, maladie dont la pathogénie reste ainsi obscure, se développe toujours chez les mangeurs de maïs pauvrement nourris. Reprenant des études qu’il avait commencées avec Weill ou Michel, M. Georges Mouriquand s’est attaché, dans deux séries d’expériences qui ont porté sur des cobayes, à localiser le trouble dystrophique de la nutrition cutanée. Il indique que tout s’est passé comme si, en dehors de toute avitaminose; le pouvoir pellagrigène du maïs s’exerçait seulement en présence d’un régime partiellement déséquilibré, l’équilibre alimentaire écartant cette action pathogène, lin reproduisant ainsi des faits cliniques, M. Mouriquand montre que
- l’alimentation à hase de mais complet ou non ne détermine en général la pellagre que chez les sujets soumis à une subinanition de misère.
- Les fossiles recueillis au cap Stewart. — Les affleurements jurassiques de la terre de Jameson ont fourni à la mission Charcot une abondante récolte dont le professeur Haug a poursuivi l’étude. La faune du cap Stewart peut être attribuée à l’étage inférieur du groupe mésoliasique et la présence du Lias moyen sur la côte orientale du Groenland est d’une importance capitale, car le Lias marin (rhétien exclus) n’avait pas encore été signalé, dans le bassin atlantique, au nord du cercle polaire. Si l’on remarque que l’affleurement du Lias, le plus rapproché de celui du cap Stewart, se trouve dans l’extrême nord de l’Ecosse, sur le 51e parallèle, on voit que l’extension vers le pôle, de la transgression des mers basiques se trouve répartie à plus de 50° au nord de la limite extrême que l’on 'croyait pouvoir lui assigner.
- Paul B.
- UN NOUVEAU MARTEAU ÉLECTRO-MÉCANIQUE
- L’emploi des outils à percussion rapide a pris un grand développement en ces dernières années. Les Parisiens peuvent en voir à l’œuvre tous les jours sur les chantiers de pavage, pour défoncer rapidement les vieilles chaussées, ou pour damer les revêtements en asphalte. La liste de ces outils est du reste assez longue : machines à river, marteaux
- burineurs, marteaux frappeurs, marteaux piqueurs de mineurs ou de carriers, ciseaux à marbre ou cà bois, perforatrices, etc. Le principe en est toujours le même, une masse frappante, animée d’un mouvement alternatif rapide, vient heurter à chaque fin de course l’outil de travail.
- La commande de ces machines est le plus sou-
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- UN NOUVEAU MARTEAU ÉLECTRO-MÉCANIQUE
- 'Fig. i. — Principe de la transformation d’un mouvement rotatif en mouvement rectiligne oscillant.
- La masse E, à l’extrémité de la tige D, tourne autour de l’arbre C, lié à la masse A. Sous l’effet de la force centrifuge, développée par E, la masse A, qui ne peut que se déplacer suivant .v .v, entre les glissières B, prend un mouvement oscillant entre deux positions extrêmes.
- vent assurée par l’air comprimé, qui donne toute satisfaction au point de vue de la souplesse et de la puissance à mettre en œuvie dans l’outil. Mais l’air comprimé, qui, malgré de nombreux essais, a été à peu près abandonné pour toutes les autres transmissions de force motrice, n’est pas sans présenter de sérieux inconvénients.: il faut tout d’abord produire cet air comprimé, ce qui exige une installation encombrante et coûteuse. Les conduites qui amènent l’air à l’outil sont lourdes, peu maniables, et donnent lieu à des fuites qui diminuent le rendement de l'installation; rendement déjà très faible théoriquement; car aux pertes inhérentes à la production de l'air comprimé, et à son transport, il faut ajouter celles qui se produisent dans l’outil : celui-ci n’est autre chose qu’une petite machine à
- Fig. 3. — Emploi du marteau Kango comme outil perforateur dans la pierre.
- air comprimé, mais fonctionnant au point de vue du rendement, dans les conditions les plus défectueuses.
- Aussi depuis longtemps déjà de nombreux inventeurs se sont-ils efforcés de créer des outils percuteurs à commande électrique. La commande électrique est, a priori, très séduisante : le courant électrique aujourd’hui se trouve partout; les fils électriques sont légers et maniables. Mais il y a lieu de croire que la réalisation d’un outil à marche alternative rapide, au moyen d’un dispositif électrique, se heurte à de sérieuses difficultés; car jusqu’ici les outils pneumatiques régnent en maîtres presque exclusifs dans ce domaine. La plupart des disposi-
- Fig. 2. — Principe de la transformation d’un mouvement rotatif en mouvement rectiligne oscillant.
- Là masse A est soumise à l'action des forces centrifuges développées par deux masses E, Es tournant en sens inverse. Les réactions latérales, perpendiculaires à x x, sont ainsi annulées.
- tifs électriques avec lesquels on a tenté de créer des marteaux percuteurs ne sont autre chose que des électro-aimants : l’armature servant de marteau est un noyau de fer doux se déplaçant à l’intérieur d’une bobine alimentée en courant alternatif.
- C’est sur un principe tout différent que repose l’ingénieux marteau électromécanique que nous allons décrire. Cet appareil imaginé, par M. Golds-chmidt, est actuellement construit en Angleterre sous le nom de Kango et fonctionne d’une façon, dit-on, très satisfaisante.
- L’électricité n’y intervient que pour communiquer, par un moteur, un mouvement de rotation rapide à un jeu de deux masses tournantes. Ce mouvement est transformé, comme nous allons l’expliquer, par le jeu de la force centrifuge, pour imprimer un mouvement alternatif rectiligne à la masse qui jouera le rôle de marteau.
- Imaginons (lig. 1) une masse A, assujettie à glisser entre deux glissières BB par exemple, qui lui interdisent tout mouvement de rotation. Sur cette masse est articulé en C un bras D terminé par une masse E. Le bras est animé d’un mouvement de rotation uniforme. Des considérations de mécanique élémentaires-, montrent que le centre de gravité de l’ensemble de ces pièces mobiles : masse A et bras rotatif, se projette en un point fixe de l’axe xx ; la masse A se meut parallèlement à cet axe sous
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- UN NOUVEAU MARTEAU ÉLECTRO-MÉCANIQUE
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- l’eiïet de la projection suivant xx, de la force centrifuge eréée par la masse excentrée E ; si F est la valeur constante de cette force, le mouvement rectiligne de la masse À:est celui qui correspond à l’action d’une force variable R cos a, en désignant par a l’angle variable du bras D avec l’axe xx. On ; voit ainsi que la mas^e'A prend un mouvement ; d’oscillation sinusoïdal'de part et' d’autre d’une 1 position centrale; mouvement dont l’accélération est maxima quand la masse arrive à fin de course.
- S’il n’y avait qu’une masse tournante E, la masse oscillante A serait soumise, outre l’effort moteur parallèle aux glissières, à un effort normal à celles-ci qui provoquerait des réactions dangereuses. Mais il est bien facile de les éviter, en munissant la masse A de deux bras mobiles tournant en sens inverse. Les réactions latérales se neutralisent, tandis que l’effet moteur est doublé (fig. 2).
- Tel est le principe du marteau Kango. 11 nous reste à voir comment il est mis en œuvre. La figure 4 le fera comprendre. La masse servant de
- DIAPHRAGME FLEXIBLE
- TETE OU MARTEAU
- PIECE FRAPPEUSE
- ARBRE COULISSANT
- ACCOUPLA
- FLEXIBLE
- BALAI
- Fig. 5. — Vue en coupe du marteau Kango.
- Fig. 4. — Schéma de l’équipage frappeur d’un marteau à .force centrifuge.
- A, masse frappante ; E, E2, masses tournantes excentrées tournant autour de l’axe G C invariablement lié à la masse frappante ; F, arbre tournant ; G H, tL engrenages coniques transmettant le mouvement de rotation de l’arbre F aux masses E,ES.
- marteau est en À. Ellè est en forme de T et sur ses deux bras horizontaux peuvent tourner deux masses tournantes E15 Es construites de telle sorte que leur centre de gravité soit fortement excentré par rapport à leur axe de rotation G. G.
- On a ainsi réalisé le dispositif schématique de la figure 2. Un arbre F, pouvant se déplacer librement dans le sens vertical, tourne à grande vitesse, mû par un moteur électrique ; il transmet son mouvement de rotation- aux masses excentrées Ej E2 par l’intermédiaire du jeu d’engrenages coniques G, H, ll2 qui fait tourner les deux masses en sens inverse l’une de l’autre.
- Par le jeu de la force centrifuge expliqué ci-dessus, tout l’équipage formé par l’arbre F, le jeu d’engrenages, le marteau A et ses masses tournantes, prend un mouvement alternatif de bas en haut et de haut en bas.
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- UN NOUVEAU MARTEAU ELECTRO-MECANIQUE
- Seule la course de haut en bas est utile pour la percussion; mais on emmagasine dans le ressort K le travail produit pendant là course ascendante et le ressort le restitue à la descente.
- Le mouvement de rolation de l’arbre F lui est imprimé par un moteur électrique fixé d’une façon invariable dans le bâti de l’appareil; ce moteur a un arbre creux, à l’intérieur duquel l’arbre F peut coulisser librement; un joint flexible de construction spéciale assure la liaison entre ces deux arbres, et communique à l’arbre F le mouvement de rotation du moteur électrique, en lui laissant cependant toute liberté pour son mouvement de coulissage commandé par les niasses rotatives.
- La figure 5 représente une coupe du marteau Kango.
- On y aperçoit les divers organes dont' nous venons d’expliquer le rôle.
- Ils forment un ensemble robuste, mais qui souffrirait gravement s’ils étaient exposés aux poussières et aux projections d’huile inévitables au cours des travaux que l’on
- demande à l’appareil. Il fallait donc les enfermer dans une enveloppe parfaitement étanche. Aussi la tête du marteau ne frappé-t-elle pas directement sur l’outil, mais sur une enclume intermédiaire montée sur un diaphragme flexible en cuir.
- Celui-ci isole complètement l’intérieur de l’appareil.
- Le marteau Kango n’est actuellement construit que suivant un seul modèle pesant un peu plus de 4 kg.
- Son moteur électrique, est un moteur univer-
- Fig. 6.
- Ouvrier burinant une pièce d’acier avec le marteau Kango.
- (La prise de courant est laite dans une simple douille de lampe.)
- sel tournant à 10000 tours par minute; les masses centrifuges, grâce à la démultiplication des engrenages, tournent à 5000 tours, et donnent donc 5000 coups à la minute. La puissance absorbée est d’environ 500 watts.
- L’appareil se branche sur une prise de courant quelconque, à courant continu ou alternatif, une douille de lampe d’éclairage par exemple.
- Cette petite machine peut être employée à divers travaux : burinage des métaux, nettoyage de pièces de fonte, perforation rapide de la pierre, travail du bois, etc. Elle peut être employée partout où l’on dispose du courant électrique, ce qui élargit notablement le champ d’applications des outils à percussion, limité actuellement par le prix élevé de l’installation d’air comprimé.
- Elle a, en outre, sur les outils à air comprimé, l’avantage d’être aisément transportable.
- Ces derniers sont évidemment liés à leur Usine d’air comprimé.
- Sans doute, il existe des groupes motocompres-seurs, autonomes et mobiles, montés sur chariot; ce sont néanmoins d’assez lourds véhicules, tandis que l’outil électrique, avec tous ses accessoires, peut tenir dans une boite ne pesant pas au total plus de 15 kg.
- Le marteau Kango actuel n’est pas assez puissant pour aborder tous les domaines acquis à l’air comprimé, notamment le rivetage, le défonçage des chaussées ; mais des modèles plus puissants, établis suivant le même principe, sont à l’étude.
- II. VlI.LliRS.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiühe, P, rue de FUurus, Paris. — 1920
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- N° 2717 1er Mai 1926
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- Le breton et le français : Albert Dauzat.
- Les travaux d’un observatoire : l'astronomie stellaire : E. Doublet. La soudure autogène dans l’hydrogène atomique : A. Troller. Académie des Sciences : Paul B.
- Un indicateur de grisou pour lampe de mine.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Nouvautés en T. S. F. — Chimie, etc. Bulletin astronomique. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE. — N° 2717.
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- 9p
- 1er MAI 1926
- LE BRETON ET LE FRANÇAIS
- Nous sommes loin de l’époque où l’abbé Grégoire, dans un rapport célèbre, réclamait à la Convention l’anéantissement des patois. Nous avons même fait clu chemin depuis le temps, plus voisin de nous, où nos parlers régionaux, voilà quelque trente ans encore, étaient l’objet du dédain de la bourgeoisie et de l’ironie des boulevardiers. Le régionalisme a passé par là, et il a fait de louables efforts pour réhabiliter tous les éléments de notre passé provincial, dont le langage est un des plus caractéristiques. N’a-t-il pas eu tort toutefois de trop oublier ses devanciers, tant linguistes que folkloristes, qui les premiers, le bâton de voyageur à la main, ont butiné ces fleurs encore vierges et ont appelé l’attention sur la richesse d’une flore si injustement méconnue?
- Parmi nos parlers régionaux, le breton est, sans conteste, l’un des plus remarquables par son histoire comme par son individualité.
- Là-bas
- mité de cette terre d’Armor qui s’allonge vers les lointains de l'Océan, terre archaïque qui évoque, par la solitude de ses landes, par l’éloquence de ses alignements et de ses dolmens, un merveilleux passé de religions et de coutumes disparues,— survit le dernier rameau de la langue celtique que les migrations aient greflé sur le continent.
- Cette langue, qui se parla autrefois de l’Irlande au Danube et au Pô et dont nos ancêtres aventureux portèrent les échos en Espagne, à Rome et jusqu’en Asie Mineure, n’a laissé aujourd’hui que
- quelques débris, d’autant plus vénérables, d’un grand édifice écroulé. Le gaulois a totalement disparu, absorbé par le latin qui s’en est assimilé les éléments; et la science, non sans peine, peut en reconstituer une ébauche (*) en colligeant les témoignages des auteurs anciens, en déchiffrant les inscriptions, en faisant parler les noms de lieux.
- Car le breton n’est pas fds du gaulois, comme on l’avait cru jadis ; il n’en est, si l’on peut dire, que le neveu, rejeton du groupe brittonique qu ’ apportèrent en Armorique, aux alentours du vie siècle, les Bretons de Grande-Bretagne chassés par les envahisseurs angles et saxons. Le breton est un cousin germain du gallois, un cousin plus éloigné de l’irlandais et de l’écossais gaélique.
- On retrouve dans le breton quelques racines du gaulois comme clour, eau, guen, blanc, mardi, cheval, peu, tête, qui correspondent au gaulois dubron, vin-dos, marcos, pennos ; mais il y a surtout des racines communes avec les langues celtiques d’Angleterre, sans compter les nombreux emprunts faits au bas latin, puis au français. Le breton a gardé une individualité très marquée ; il offre divers sons ignorés dus français ; il présente nombre de caractères grammaticaux très curieux et, avant tout, une particularité inconnue à’ toutes les langues de l’Europe continentale, la varia-
- 1. On trouvera un exposé d ensemble dans La Langue gauloisç, de M. G. Dottik (Paris. Klincksieck). La:Revue'celtique est l’organe de ces études (Paris, Champion).
- 18, — 273.
- Limite du français et du breton en 1886 (d'après PSèbiftot)
- _Paroisses où te catéchisme ne se fai tpi us gu‘en français
- (à Auray et à Locmariaquer 4 ity a catéchisme breton pour une infime minorité d'enfants)
- — Paroisses ou it y a un enseignement du cathéchisme en breton et un autre en français / Betz et Guide!, où quelques enfants == Seulement suivent le catéchisme français. sont comprises sur la carte parmi les paroisses bretonnes )
- à l’extré-
- Fig. i. — Envahissement du domaine breton par le français dans le Morbihan.
- 5*' Année. — •*' Semestre.
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- LE BRETON ET LE FRANÇAIS
- 274
- lion de certaines consonnes initiales suivant la finale du mot précédent ; ainsi on dit : an li, une maison, mais ma zi] ma mai'son,
- Chaque langue nationale, en se développant, étiole ou étouffe peu à peu sous son ombre ses frères et concurrents moins favorisés par les conditions ou les hasards de la géographie, de l’histoire, de la politique. Le français, à l’origine, n’était que le dialecte de Paris et d’Orléans ; mais il a profité de la situation centrale de Paris et s’est associé à la fortune des Capétiens. Au fur et à mesure qu’il s’est répandu dans le royaume, les classes cultivées d’abord, puis les paysans plus tard ont subi sa pénétration et ont abandonné peu à peu leur langage. Le mouvement s’est accéléré au xix‘‘ siècle avec le chemin de fer, le service militaire et l’instruction obligatoire, la diffusion du journal et du livre. Certes il est nécessaire que tous les Français connaissent, parlent et lisent le français. Mais [celui-ci ne pourrait-il se répandre sans faire disparaître les autres idiomes? Malheureusement l’expérience prouve que le bilinguisme n’est qu’un régime transitoire : l’une des deux langues en présence, la plus puissante, la pins utile dans la vie sociale finit par éliminer l’autre peu à peu.
- Toutefois la lutte peut être longue. La périphérie, par son éloignement de la capitale, résiste davantage. Le breton est précisément un des parlers régionaux qui ont le mieux tenu.
- Ce n’est pas à dire qu’il n’ait pas reculé déjà dans le passé. Des témoignages historiques et l’examen des noms de lieux nous prouvent qu’à la suite de l’installation des Bretons en Armorique, vers les vmc-ixe siècles, le breton avait gagné au nord le diocèse de Saint-Malo, au sud la région de Gué-rande jusqu’au voisinage de Saint-Nazaire. Puis il se replia vers l’ouest. Ce recul fut d’abord rapide, mais il semble qu’ensuite une stabilisation entre le français et le breton s’établit pour plusieurs siècles, de part et d’autre d’une limite linguistique coupant la Bretagne du nord au sud.
- En 1886, la limite, tracée par Paul Sébillot (1 2), partant de la mer à l’ouest de Portrieux, décrivait un vaste arc de cercle (à convexité tournée vers > l’ouest) jusqu’au canal de Nantes à Brest, qu’elle coupait à égale distance de Loudéac (côté français) et de Pontivy (côté breton) ; elle se dirigeait ensuite au sud-sud-est jusqu’à P embouchure de là Vilaine, en passant à 15 km environ à l’est de Vannes (*)?
- Cette limite est-elle restée fixe depuis un siècle, voire depuis quarante ans, comme on l’admet, [ou est-elle en voie de déplacement? Et surtout, à l’in-
- 1. « La langue bretonne », limites et statistiques, avec cartes, dans la Revue d’ethnographie, 1880.
- 2. Rappelons, en outre, cju’il existait encore, en 1886, une enclave bretonne en Loire-Infèrieurc (partie rurale de la commune de Batz), résidu d’un îlot plus important, que la poussée du français dans la basse vallée de la "Vilaine sépara du reste de la masse bretonne vers le xu° siècle. Il n’y restait, en 1886, que trois, cents bretonnants environ. Aujourd’hui il n’y en a plus.
- térieur du territoire de langue bretonne, dans quelles conditions se propage la connaissance du français? quelles sont les vicissitudes de la lutte entre les deux langues? Tel était le but de l’enquête que j’ai faite sur place l’été dernier. J’ai complété mes observations personnelles par des renseignements que m’ont fournis, avec une égale obligeance, des membres de l’enseignement et du clergé.
- *
- * *
- Comme je l’avais prévu, d’après les résultats concordants d’enquêtes analogues que j’avais faites dans d’autres parties de la France, la pénétration du français en Bretagne s’est fort accélérée depuis la fin du siècle dernier.
- D’abord la prétendue fixité de la frontière linguistique n’est qu’un trompe-l’afil et ne correspondra bientôt plus à la réalité des faits. Déjà Paul Sébillot notait sur plusieurs points, notamment dans le sud du Morbihan, la poussée du français.
- Voici par exemple, près du. rivage des Côtes-du-Nord, le bourg de Plouha qui, nous dit-on, est le premier village, en venant de l’est, où on parle breton. Mais dans quelles conditions le parle-t-on encore? Ecoutons le témoignage de M Briand, instituteur en retraite, qui a enseigné pendant trente ans dans cette localité :
- o Quand, il y a 51 ans, je suis arrivé à Plouha, tous les nouveaux élèves, sauf ceux qui venaient des villages limitrophes de Tréveneucet de Plourhan (zone du français) savaient le breton, et très pou d’entre eux pouvaient, à 5 et 6 ans, répondre en français. Actuellement c’est tout le contraire, et sur 150 élèves qui fréquentent l’école publique, il n’y en a guère qui sachent le breton.... Le breton est dédaigné particulièrement par les jeunes filles, qui vous répondent en français si on leur parle en breton. Les gens d’âge seuls aiment encore à parler la vieille langue, qui ne sera plus parlée ici dans trente ans. »
- J’ai observé un état de choses analogue au sud du Morbihan. Dans la presqu’île de Rhuys, où j’ai passé une huitaine de jours, circulant de côté et d’autre, écoutant, sans m’y mêler, les conversations des paysans ou des pêcheurs devisant entre eux, jeunes et vieux, je n’ai pas entendu une seule fois parler breton, mais toujours français. Le breton a-t-il donc disparu déjà? Pas tout à fait : mais il agonise. Voici quelques précisions que j’ai recueillies.
- . Le breton n’est plus parlé que par les grands vieillards (au moins septuagénaires, en moyenne) : encore ceux-ci comprennent-ils à peu près tous le français. Une femme de Saint-Gildas, âgée de 43 ans, et portant la coiffe, m’a dit :
- « J’ai appris le breton de mes grands-parents. Je peux encore le parler, quand je rencontre un vieillard qui ne s’exprime pas en français, ce qui devient de plus en plus rare; mais j’y mêle beaucoup de
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- LE BRETON ET LE FRANÇAIS ........... 275.
- mois français. Mes père et mère n’ont plus parlé breton depuis la mort de mes grands-parents. Les enfants ne savent plus le breton. »
- La gardienne du château de Sucinio, qui porte la soixantaine, se rappelle que, dans son enfance, on ne parlait que breton : aujourd’hui c’est le contraire. Une paysanne des Monténols, commune d’Arzon, m’explique que sa mère (78 ans) lui parle en breton, mais qu’elle lui répond en français. Dans la même commune, Louise G. (26 ans), du hameau de Béniaze, sait à peine quelques mots de breton, juste de quoi se faire comprendre ^ des derniers vieillards qui le parlent. A Port-Na-valo, il n’y a plus que onze maisons (environ le dixième), où il reste des gens âgés parlant breton.
- La situation est la même dans les îles du Morbihan et la périphé'-rie de Vannes. Les jeunes gens ne veulent plus parler le breton ; les enfants ne le savent plus. Dans une dizaine d’années, le breton aura disparu de cette région et la limite linguistique passera au nord-ouest de Vannes, en laissant seulement un ou deux îlots bretons, comme Séné, village de pêcheurs qui a gardé son originalité et son individualité tant sociale que linguistique.
- Des renseignements aussi précis qu’intéressants m’ont été fournis par M. l’abbé Guillevic, vicaire général de Vannes. On sait que le clergé doit enseigner le catéchisme dans la langue de la famille, prêcher dans la langue du peuple. 11 doit ainsi suivre les changements linguistiques qui peuvent se produire. Or sur 169 paroisses qui avaient été classées comme étant de langue bretonne lors du remaniement des diocèses sous Napoléon Ier, il y en a aujourd’hui 48 où le catéchisme et la plupart des prédications (sinon toutes) se font en français, et 27 qui, considérées comme bilingues, ont deux catéchismes, Lun en breton, l’autre en français, et des prédications en breton ou en français suivant les messes. Mon correspondant me fait remarquer que ces données appellent un léger correctif, parce que les instituteurs et institutrices, même libres, engagent
- des enfants parlant plutôt le breton à suivre le catéchisme français, Dans trois localités, Caudan, Crach et Garnac, tous les garçons vont au catéchisme breton, toutes les filles au catéchisme français : répartition évidemment arbitraire, mais qui prouve, du . moins que les enfants connaissent les deux langues.
- Ces documents établissent d’abord le recul du breton sur toute la région côtière : il n’y a plus de catéchisme breton à Groix, à Belle-Ile, dans le
- canton (ou doyenné) de Sarzeau, dans les îles du Morbihan (‘) et les paroisses, jadis bretonnes, des cantons de Mu-zillac et de Questem-bert. Dans l’intérieur des terres, la poussée est au contraire peu sensible.
- Dans les Côtes du Nord, le breton résiste mieux, bien qu’on observe un fléchissement au sud et surtout sur la côte (2) : propagé jadis par la côte, c’est par la côte que le breton est refoulé. A Saint-Connec, où on prêchait en breton il y a trente ans, on ne parle presque plus breton et on ne prêche plus qu’en français; la paroisse de Saint-Gilles est complètement francisée ; à Mur, il y a vingt ans qu’on ne prêche plus qu’en français. . M. le curé-doyen de Plouha m’a déclaré qu’il serait bientôt obligé de cesser les prédications en breton, sous peine de n’être plus compris. Les catéchismes sont en avance sur les prédications ; à Plouha, il n’y a plus de catéchisme breton, et on a dù organiser des catéchismes français dans le doyenné, à Lanloup, Lanleff, Plé-hédel et Pludual, où l’on ne prêche encore qu’en breton.
- Mais il ressort une autre constatation, qui cadre aussi avec nos observations personnelles. A l’inté-
- 1. Pour les îles, on remarquera que celles que je viens de citer sont desservies par des services fréquents de bateaux, tandis que Houat (services peu fréquents) est resté bilingue, et Huidic (aucun service régulier, ni liôtel, ni restaurant) est demeuré complètement breton.
- 2. Je crains d'ailleurs que ma documentation ne soit incomplète pour les Côtes-du-Nord ; en tout cas, il n'y est pas fait état des prédications en français dans les stations balnéaires en clé.
- Tréguier
- )Lannion
- PtouhaO J
- i
- Guingamp
- Rostrenen
- —- Limite du français et du breton en 1886 Loca/it-és où l'on prêche qu'en français Localités où on prêche en français et en breton
- Fig. 2. — Envahissement du domaine breton par le français dans les Côtes-du-Nord.
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- 276 . —....... LE BRETON ET LE FRANÇAIS
- rieur du domaine breton, chaque ville, chaque bourg, chaque localité industrielle est directement gagnée au français et fait, plus ou moins vite, tache d’huile aux alentours. Dans chaque ville, la bourgeoisie, les commerçants, les ouvriers, les employés et les fonctionnaires ne parlent que français, et beaucoup d’entre eux, surtout vers l’est, ne comprennent même pas le breton (l).
- Vannes, Quimperlé, Quimper, Morlaix et plus encore Lorient et Brest, sans parler de centres de moindre importance, sont des foyers de francisation. L’étude de ces foyers [est fort suggestive, car la francisation [d’aujourd’hui nous montre par quel processus s’est produite jadis la romanisation de la Gaule. Vannes a surtout gagné [au sud, car le nord résiste mieux, mais Lorient a entraîné dans le sillage du français huit paroisses (Notre-Dame de Larmor, Keryado, Saint-Christophe, Sainte-Anne-d’Arvor, Sainte-Brigitte, Port-Louis, Gavres, Groix). Il est remarquable que chaque chef-lieu de canton forme, en général, un foyer de francisation : Guéméné comme Locminé, chacun seul dans son canton, a le catéchisme français ; Gourin et le Faouët ont les deux catéchismes, toutes les autres paroisses des deux cantons n’offrant que le catéchisme breton. Dans le Finistère, il y a 14 paroisses exclusivement de langue française, les six de Brest, les trois de Quimper, les deux de Quimperlé, deux sur trois à Morlaix, plus Chàteaulin et Saint-Pierre-Quilbignon (bourg ouvrier voisin de Brest). Sont mixtes : Saint-Martin (de Morlaix), Audiernc, Concarneau, Douarnenez, Lambezellec, Landerneau, Lesneven, Pont-l’Abbé, Rosporden, Saint-Marc, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Renan (12 au total), tous chefs-lieux de canton ou gros bourgs ; Lambezellec et Saint-Marc appartiennent à la banlieue de Brest.
- *
- * *
- A un autre point de vue, la diffusion et la compréhension du français vont en diminuant au fur et à mesure qu’on va de l’est à l’ouest.
- Au pardon de Carnac (2), on entend parler les deux langues, peut-être un peu plus le breton. Mais tous les enfants parlent français et les marchands font leurs appels en français. Jeunes gens et jeunes filles parlent français entre eux-. Dans la région, j’ai rencontré une octogénaire ne comprenant pas le français et quelques vieilles femmes (mais pas d’hommes) ayant du mal à soutenir une conversation.
- A Port-Louis, les sardinières s'entretiennent en français entre elles et avec les marins. Au contraire à Concarneau, les pêcheurs et leurs femmes con-
- 1. Un rural, habitant à un kilomètre de Quimperlé, m’a dit que le breton 6’eiïace autour de la ville; ses plus jeunes enfants ne le savent même plus. — Un type d’ilot français est Pont-de-Buis (poudrerie nationale), près de Chàteaulin, où, sur 52 fillettes de l’école maternelle, une seule ne comprenait pas le français.
- 2. À remarquer que les indigènes ne disent plus guère ici « le pardon », mais « la fête ».
- versent généralement en breton, mais ils s’expriment très bien et volontiers en français. A Loctudy, tous s’expriment en breton entre eux, même les enfants, et beaucoup parlent assez mal le français ; j’ai rencontré quelques jeunes fdles comprenant, mal et parlant à peine le français : on m’a dit que le fait était exceptionnel, mais il est plus fréquent parmi les paysannes ayant passé la quarantaine. Le centre d’archaïsme paraît constitué par la contrée des monts d’Arrée et de la Montagne Noire, qui envoie encore au service militaire une certaine proportion de jeunes gens complètement illettrés et ignorant le français, ainsi que m’en a témoigné un sous-officier breton en garnison à Saint-Avold. L’influence du français agit, dans l’ensemble, comme une vague déferlant d’est en ouest et qui s’affaiblit peu à peu en s’éloignant de son point de départ. Le centre de résistance est le Finistère (où 14 paroisses seulement, toutes urbaines, sont considérées par le clergé comme de langue française).
- Gomment se fait-il qu’il se trouve encore des jeunes gens ignorant le français, après quarante ans d’instruction obligatoire, alors que les écoles, publiques et libres, n’enseignent que le français? M. Déchet, inspecteur primaire de Chàteaulin, m’en a donné la raison. La commune de l’ouest breton est extrêmement vaste et comprend, outre le centre communal, des hameaux importants, distants de plusieurs km (parfois jusqu’à 8 ou 9 km). Comme les lois scolaires prescrivent l’installation d’une école par commune, et que la création des écoles de hameaux se heurte à toutes sortes de difficultés d’ordre local, administratif et surtout budgétaire, les hameaux éloignés du centre communal se trouvent dépourvus de tout moyen d’instruction. Il y a là une situation fâcheuse qui devrait attirer l’attention des pouvoirs publics, car il importe que tous les Français sachent parler, lire et écrire en français.
- L’exemple de Chàteaulin, d’après le témoignage de M. Béchet, est intéressant à analyser, car c’est le type du bourg (2500 hab.) entouré d’une campagne essentiellement bretonnante. Commerçants, bourgeois, fonctionnaires parlent exclusivement le français; ouvriers, paysans et domestiques parlent surtout breton. Mais les enfants de l’école maternelle ne parlent plus que le français, tout en comprenant un peu le breton. Les officiers ministériels appelés à régler les affaires rurales sont obligés de parler breton ; dans les ventes aux enchères, on annonce le prix dans les deux langues. Dans les marchés et foires, les transactions se discutent en breton.
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- Le breton est donc en recul devant le français et il cédera encore plus de terrain quand les enfants qui sont aujourd'hui sur les bancs de l’école auront atteint l’âge d’homme et que la [génération actuelle de vieillards aura disparu.
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- LE BRETON ET LE FRANÇAIS
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- Les causes sont les mêmes que pour tous nos parlers régionaux.
- D’abord : la déchéance sociale d’une langue ou d’un dialecte, qui tombe au rang de patois dès qu’il n’est, plus parlé par l’élite intellectuelle et par les villes. Confiné chez les ruraux, outre qu’il s’appauvrit de ce fait dans son vocabulaire et sa syntaxe, l’idiome régional se dégrade aux yeux des paysans. Ceux-ci le considèrent comme un signe d’infériorité; les femmes surtout, on l’a vu par quelques exemples — jeunes filles répondant en français à une question en breton, fillettes allant toutes au'catéchisme français — sont particulièrement sensibles à ce point de vue. Le service militaire et la guerre qui l’a prolongé pour plusieurs classes, l’émigration des ouvriers agricoles ou industriels et des jeunes domestiques, si recherchées en Bretagne, à un degré moindre le développement du tourisme dans certains cantons, ont contribué à l’évolution. Enfin le breton n’était pas, jusqu’à ces derniers temps, une langue écrite, on ne l’enseigne pas à l’école, et ceux-là même qui parlent habituellement breton ne comptent et ne peuvent compter qu’en français, car ils ont appris le calcul dans cette langue : fait d’autant plus remarquable qu’on compte généralement dans sa langue maternelle.
- D’autres causes d’infériorité sont plus ou moins spéciales au breton. Celui-ci n’est parlé que sur un domaine restreint, l’équivalent de deux départements ou dix arrondissements (sur 25 que comprend la Bretagne(M. Mais tandis que presque tous
- 1. Exactôment les deux cinquièmes. En défalquant les îlots français des villes et des bourgs (ceux de Brest et Lorient surtout sont considérables), on arrive à la conclusion qu’un tiers à peine des Bretons parle habituellement breton.
- ceux qui parlent breton sont bilingues, passé la limite linguistique personne, à l’exception de quelques émigrés, ne comprend le breton. Le breton ne sert donc pratiquement à rien, non seulement dans le reste de la France, mais même dans les trois cinquièmes de la Bretagne, où la masse l’ignore autant qu’en Provence ou en Alsace.
- A l’intérieur même de son territoire, le' breton est morcelé en nombreux dialectes. On en compte
- cinq types principaux : le vanne-tais (Morbihan), le cornouaillais (sud du Finistère), léonais (nord du Finistère), trégorrois (ouest des Côtes-du-Nord), goëlo (à l’est du précédent). Le vanne-lais, très particularisé, est incompréhensible aux paysans des autres régions, qui ne l’entendent pas davantage. Entre Cornouaille et Léon, on se comprend, non sans quelques difficultés; avec Guingamp, c’est déjà un peu plus malaisé.
- L e morcelle-mentdialectalfait donc obstacle à la résistance du breton, qui serait plus grande s’il ne formait qu’un bloc. Depuis la fin du siècle dernier, celte résistance s’est organisée.
- Le mouvement n’est pas venu des paysans, mais des régionalistes et des éléments conservateurs. A ce sujet, mon enquête a fait ressortir le point de vue différent des membres de l'enseignement et du clergé. Ceux-ci accusent ceux-là — instituteurs publics et libre s, j’insiste sur ce point — de vouloir détruire le breton, tandis que les éducateurs reprochent au clergé de faire obstacle à la pénétration du français. Pour être impartial, il faut, je crois, renverser la position du problème : le clergé, que son éducation et son rôle attachent aux forces de la tradition et du passé, devait être naturellement le défenseur du breton. Les maîtres chargés d’enseigner le français cherchent naturelle-
- Fig. 3.
- Envahissement du domaine breton par le français dans le Finistère.
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- ment, de leur eôté, à assurer la pénétration de notre langue nationale; beaucoup d’entre eux, aiment lé breton, regrettent sa disparition, et s associent plus d’une fois aux efforts tentés pour le conserver.
- Le principal effort a consisté à refaire du breton une langue écrite. Une littérature s’est développée depuis quelques lustres : souhaitons-lui d’engendrer un jour un Mistral armoricain. Des périodiques paraissent, en breton; quelques journaux font place à des articles dans les deux langues. De leur côté, les paysans ont appris à lire le breton au catéchisme^); ils arriveraient donc à lire assez bien ces publications, si, ici encore, le morcellement dialectal n’y faisait obstacle. Le breton écrit est en effet, en principe, le dialecte de Léon, choisi à cause des on traditionnalisme phonétique; il en résulte que c’est surtout dans le Léonais que le paysan peut profiter de cette littérature, moins en Cornouaille et en Trégorrois, peu ou point dans le Morbihan. Enfin l’efficacité de cette renaissance littéraire serait plus grande si elle avait pu s’abstraire de la politique, ce qui n’est pas toujours le cas, tant s’en faut.
- 1. Dans les écoles libres catholiques du Morbihan, les instituteurs libres apprennent à lire le catéchisme et l'hislorre sainte en breton; il y a une note spéciale pour cette lecture clans les examens et inspections de ces écoles. Quelques-uns de ces instituteurs emploient la méthode bilingue pour enseigner le français.
- Pour conclure, si l’on doit souhaiter une diffusion plus complète du français en certains points du Finistère, la pénétration de notre langue en Bretagne occidentale, oit elle était inconnue de la masse voilà à peine un siècle, est aujourd’hui assurée. Le français occupe des positions stratégiques dominantes d’où rien ne le délogera (!). Loin de le menacer, le breton est au contraire sérieusement miné et compromis dans son avenir. Les linguistes comme les régionalistes ne peuvent qu’applaudir aux efforts désintéressés et sans arrière-pensée politique pour conserver une langue qui constitue une partie précieuse de notre patrimoine national.
- Albert Dauzat.
- 1. Signalons en passant que, sur la zone limitrophe, là où la population abandonne le breton pour le français, les paysans parlent un très bon français, bien plus correct que dans les nombreuses.provinces où la coexistence d'un patois cousin germain introduit des tours vicieux et des prononciations fâcheuses : car ici, c’est le français du livre et de l’école qu’on apprend et qu’on parle. Un fait analogue a été constaté en Suisse, où l’allemand le plus correct est celui des Grisons, qui n’a pas été influencé par un dialecte germanique. — A mesure qu'on s’éloigne à l’ouest, le Irançais des paysans devient plus incorrect. On est surtout frappé par le recul de l'accent tonique et par une prononciation de certaines consonnes qui rappelle celle des Alsaciens (aspiration de k, l, assourdissement de b, g, d) et qui a son origine dans la phonétique lexicale ou syntaxique du breton. Ces défauts disparaissent avec la génération qui ne se sert plus du breton comme langue usuelle.
- La Science en Famille.
- LES TRAVAUX D’UN OBSERVATOIRE : L’ASTRONOMIE STELLAIRE
- Nous avons essayé, dans un précédent article, de donner une idée des principaux résultats auxquels ont conduit les travaux des astronomes sur le petit groupe de planètes qui se trouvent sous la dépendance de notre Soleil, mais ce groupe, ou notre Monde, est infiniment petit si on le compare à l’ensemble des étoiles, dont le Soleil n’est qu’une des plus médiocres, et même à ce que nos yeux et nos instruments les plus puissants nous, font voir parmi ces étoiles, bien faible partie de F Univers.
- Nous avons déjà indiqué par quels {moyens on peut apprendre à connaître les principales constellations, nous n’y reviendrons pas. Piien n’est plus rare que de trouver quelqu’un qui sache les distinguer les unes des autres et donner leurs noms aux plus belles étoiles; cela ne date pas d’hier, et Tur-got, il y a un siècle et demi, déplorait que la plupart des hommes, même après une très longue éducation, « ignorassent le cours des saisons et ne sussent pas s’orienter », ce n’en est pas moins regrettable.
- Mais laissons cela', ainsi que les moyens par lesquels on obtient la détermination des positions d’étoiles, positions que l’on classe en catalogues ;
- voyons les idées que les astronomes se sont faites de la distribution des étoiles dans l’espace infini. Avant tout, il faut se rappeler que la propagation de la lumière n’est pas instantanée, que sa vitesse, si prodigieuse qu’elle nous semble (300 000 km environ par seconde), fait que nous ne voyons pas les astres à leur véritable place, et nous les fait voir alors que, peut-être depuis bien des siècles, ils ont cessé d’exister, car ils ne sont pas éternels ; nous ne pouvons donc nous faire qu’une idée approximative des positions relatives des astres.
- On emploie encore, dans le langage courant, l’expression de « sphère céleste », bien que tout le monde sache que ce mot ne répond à aucune réalité. Les Anciens ne pensaient pas de même, pour eux les étoiles étaient attachées (aslra in fixa cælo, d’où étoiles fixes) à une sphère solide de cristal mobile autour d’un de ses diamètres et communiquant son mouvement (avec quelques modifications) à d’autres sphères portant les planètes. Au delà de la sphère des étoiles fixes, c’était le domaine du feu céleste, de 1’ « Empyrée »(*)..
- il 1. Pour les Anciens, ou du moins pour les Pythagoriciens, 'il y avait un autre feu au centre du monde et diffèrent du
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- LES TRAVAUX D'UN OBSERVATOIRE : L’ASTRONOMIE STELLAIRE —- 279
- Mais l’astronomie stellaire a peu occupé les Anciens. Ils ont surtout consacré leurs efforts à l’explication des phénomènes de notre système solaire; ces efforts ont été grands, et témoignent de leur puissance intellectuelle.
- Venons-en aux Modernes. — Et, d’abord, les étoiles fixes sont-elles réellement immobiles les unes par rapport aux autres?
- Halley soupçonna le premier que quelques étoiles avaient changé de position depuis le temps des astronomes grecs; mais, obligé de comparer ses propres observations à celles de ces derniers, observations entachées! de tant d’erreurs, faites avec des instruments grossiers, il ne put affirmer la réalité de ce changement. Son contemporain, Gassini II, qui n’a pas le renom qu'il mérite(*), fut plus heureux.
- Soleil. — Les deux termes extrêmes du monde, étant ses parties « les plus nobles », devaient être occupés par l’élément noble par excellence. — Il y avait là un vestige inconscient de ce culte primitif du l'eu sur lequel nous avons déjà appelé | l’attention de nos lecteurs.
- 1. Jacques ^ Gassini (1677-1756) a eu le malheur, comme Louis XIII, d’être inférieur à son père et,à son fils; le grand Cassini et Cassini de Tlmry, auteur de la grande carte de France, ont fait tort aux autres membres de leur famille, et c’est une injustice qu’il faut réparer quand l’occasion s’en présente.
- Æ7"erre
- Fig. 2. — Nous ne voyons pas les étoiles dans leur vraie situation.
- Soit trois étoiles A. B. C ; pendant le temps que leur lumière franchissait l’espace les séparant de la Terre, elles se sont déplacées par suite de leurs mouvements propres. Et alors que nous croyons lés voir en A. B. C, correspondant aux directions suivant lesquelles leurs images nous arrivent simultanément, elles se trouvent occuper en réalité les directions A'. B'. C'.
- Fig. i. — Les mouvements propres des étoiles font „ changer lentement l’aspect des constellations.
- La grande Ourse : i, il y a 5o ooo ans ; 2, aspect actuel ;
- 3, dans 5oooo ans.
- Jacques Gassini laissa de côté les observations des Anciens, et il compara les latitudes de la belle étoile Arcturus, qui se trouve sur le prolongement de la queue de la Grande Ourse, données par ses propres observations, avec celles que Richer avait obtenues en 1672, quand il fit son fameux voyage à Cayenne; en 66 ans, l’étoile s’était rapprochée de l’écliptique et s’en trouvait plus voisine de deux minutes. Les observations de Tycho-Brahé, employées ensuite, confirmèrent ce résultat, et, depuis, on admet que la latitude d’Arcturus diminue de 2" par an. Depuis le temps de Ptolémée, le déplacement d’Arcturus est à peu près égal au diamètre de la Lune.
- Ainsi donc, Arcturus a un mouvement propre bien caractérisé, et des études ultérieures ont étendu ce résultat à une foule d’autres astres.
- Mais, puisque notre Soleil est une étoile lui aussi, on est amené à se demander, et c’est ce que firent Fontenelle et Cassini, s’il n’est pas également animé d’un mouvement propre, si la fixité, dans l’espace, qu’on lui attribuait depuis Copernic, n’est pas une illusion. Jamais question plus intéressante ne se posa aux astronomes.
- Johann Lambert G), né à Mulhouse en 1728,
- i. Lc/s Allemands ont voulu faire de Lambert un « patrio-tisçher Elsaesser » parce qu’il n’aimait pas la France et sur-
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- mort à Berlin en 1777, était un ouvrier tailleur qui fut un remarquable autodidacte. En 1761, il publia en allemand ses Lettres cosmologiques, que, plus tard, il traduisit en français.
- C’est un ouvrage de vulgarisation, où Lambert s’est inspiré de la fameuse Pluralité des Mondes de Fontenelle, dont il n’a pas, d’ailleurs, à beaucoup près, le charme. Mais quelle ampleur dans son sujet! Lambert voit dans chaque étoile un soleil entouré, commele nôtre, d’un certain nombre de planètes et de comètes, et l’ensemble de l’un et des autres forme un système de premier ordre.
- Pour notre auteur, notre Soleil appartient à un amas sphérique d’étoiles ayant comme diamètre environ 150 fois la distance qui nous sépare de Si-rius et composé d’environ un million et demi d’étoiles que nous voyons dans toutes les directions sur la voûte céleste.
- Dans cet amas, qui forme un système de 'second ordre ('), toutes les étoiles circulent autour d’un corps central obscur, ou d’un centre de gravité commun, et leurs mouvements réels se combinent pour nous avec les mouvements apparents qui sont des suites du mouvement de notre Soleil, et forment ce qu’on appelle les mouvements propres résultant de l’observation des étoiles fixes. Il sera possible plus tard de séparer ces deux composantes et d’indiquer la direction dans laquelle notre Soleil se meut (2).
- tout les idées philosophiques qui y régnaient de son temps. Or, Mulhouse n’était pas une ville alsacienne, c’était une enclave de la Suisse en Alsace et cette ville ne lit jamais partie du « Saint Empire Romain germanique ». Lambert n’était, donc pas Alsacien.
- 1. Et il y a des amas d’amas formant un système de troisième ordre, et ainsi de suite. On conçoit que, si l’on continue de la sorte, on arrive bientôt au terme que l'intelligence humaine peut, atteindre.
- 2. Avant Lambert, nous aurions du peut-être nommer l’astronome anglais Thomas Wright, qui publia en 1750 un ouvrage consacré au même objet et dont le titre est : An original Theory of new Hypolhesis of the Universes. Ce livre est à peu près introuvable, et l’illustre Société Royale astronomique de Londres serait bien inspirée si elle en ordonnait la réimpression. Arago avait réussi à se procurer à grand’peine un exemplaire du livre de Wright, mais il ne put le lire parce que, l’ayant prêté à M. Otto Struve, celui-ci le garda. Arago a exprimé, dans une note de Y Astronomie populaire, le dépit que liai a inspiré ce procédé germanique.
- Le xvin° siècle n’était pas terminé que W. Hers-chel indiquait cette direction. Pour lui, notre Soleil, en traînant son cortège de planètes, se déplace, dans la direction de la constellation d’Hercule. Les étoiles de la constellation vers laquelle le Soleil marche doivent évidemment sembler s’écarter les unes des autres, et les étoiles qui occupent une position opposée sur la sphère céleste doivent sembler se rapprocher. Ces déplacements sont d’ailleurs si faibles qu’il faut, pour les constater, beaucoup de
- travail, de sagacité et des instruments de la plus haute précision. Homère et Moïse, s’ils revenaient au monde, retrouveraient un ciel tout à fait semblable à celui qu’ils ont connu.
- Le point vers lequel marche le Soleil s’appelle Y apex, et le point opposé l’anti-apex.
- Le tableau ci-dessous donne les coordonnées que divers astronomes ont indiquées comme étant celles de ce point.
- Ainsi, notre Soleil se meut dans l’espace, avec une vitesse qu’on estime être d’environ 20 kilomètres par seconde, et il nous entraîne après lui; et cependant, depuis les temps historiques, l’apparence du ciel étoilé est toujours la même!
- Seulement, s’il nous semble au premier abord que ce mouvement est rectiligne, en fait, il est probable, si-
- Ascensions droites. Déclinaisons.
- W. flerschel. . 245°, 9 + 49°, 5
- Argelander. . . 259°, 9 _l_52°, 5
- 0. Struve . . . 261°,4 H-3 7°,6
- Galloway(*) . . 260°,1 H- 54°, 4
- Madler .... 261°,6 H-59°,9
- L. Struve . . . 273",3 -+-27°,3^
- Ristenpart. . . 281°,0 -h39°,l
- (Nous n’indiquons pas les résultats de toutes les déterminations qu’on a faites de la position de l’apex, déterminations dont la moyenne est
- 274°,5 -f-35°,l)
- 1. Le travail de Galloway date de 1847 ; il y a fait usage d’étoiles de l’hémisphère austral, et qui, par suite, doivent sembler se rapprocher. Ces étoiles avaient été observées par Là Caille vers 1750, puis par Johnson et Henderson vers 1850.
- Fig. 3. — Mouvement du Soleil dans l’espace.
- Les positions successives représentent la valeur du déplacement quotidien du Soleil par rapport à son diamètre et la flèche indique la direction de ce mouvement par rapport au plan de l’orbite terrestre (ou écliptique).
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- non certain, que le Soleil décrit dans l’espace une courbe fermée très peu différente d’un cercle et dont il n’a parcouru, depuis qu'il y a des astronomes, qu’une partie extrêmement petite, ce qui fait qu’elle semble se confondre avec une ligne droite.
- S’il en est ainsi, supposons que, par le centre du Soleil, nous fassions passer un plan perpendiculaire à cette ligne droite, il contiendra le centre de l’orbite en question, qui doit être occupé par un astre peut-être obscur, dont noire Soleil ne serait que l’humble satellite. —
- Seulement, parmi toutes les étoiles contenues dans ce plan, laquelle choisir? On ne sait trop : l’astronome allemand Madler (’), mort en 1874, à 80 ans, croyait que c’est l’étoile Alcyone, une des plus remarquables du groupe des Pléiades, qui serait indiquée comme la plus conve-
- 1. Madler s’esl surtout fait connaître par la grande carte de la Lune qu’il construisit en collaboration avec Beer (frère de Meyer-beer qui avait réuni son nom et son prénom), mais sa recherche du « Soleil central » a peut-être, plus d’importance, bien que, sur ce point, il ait été combattu par des astronomes i nable. Le Soleil ferait sa révolution autour de ce ires éminents, tels que su- John llerschel. , I centre en 22 268 000 années terrestres et l’année
- du Soleil comprendrait 522 886 000 révolutions du Soleil autour de son axe, ou, si l’on veut, le nombre que nous venons d’écrire est celui des jours que compte ce qui serait une année pour les habitants du Soleil, s’ils pouvaient exister.
- On voit tout l’intérêt philosophique de recherches de cet ordre, qui seront continuées tant qu’il y aura des hommes.
- Nous pourrions nous étendre indéfiniment sur un tel sujet, mais il faut savoir se borner. — Indiquons donc quelle est, selon W. Herschel, la position de notre, Soleil dans l’ensemble de l’univers.
- Il y a dans le ciel des amas d’étoiles où les astres sont rapprochés tles uns des autres d’une manière étonnante. Quand, à l’aide d’un instrument de quelque puissance, on examine un de çes amas, on est littéralement ébloui en voyant ces étoiles rapprochées les unes des autres, comme des abeilles volant par essaim.
- Parmi ceux de ces essaims qui sont les plus faciles à observer,
- Fig. 5. — La richesse du ciel dans la Voie Lactée.
- A l’aide d’une lunette, même de faible puissance, on aperçoit des milliers d’étoiles se détachant sur un fond blanchâtre provoqué par l’armée prodigieuse des plus faibles étoiles que la photographie ^révèle groupées en
- véritables nuées.
- *y>i Regutu£
- Arctvrud
- - - - ifeBêtvIgeüSè,
- I r"
- *
- V °
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- Premières déterminations de /Apex
- Moyenne des déterminations thodernes de l'Apeü
- Fig. 4. — Carte générale de l’hémisphère céleste boréal, et position moyenne de Z’Apex.
- Cette carte ne comprend que les principales'ôtoiles et la Voie Lactée.
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- 282 — LA SOUDURE AUTOGÈNE DANS L’HYDROGÈNE ATOMIQUE
- nous signalerons les Pléiades (la Poussinière, comme disent les paysans), où une vue ordinaire distingue- six étoiles, mais où des observateurs mieux doués (par exemple Moestlin, qui fut le maître de K épier) en voient jusqu a onze,
- En réalité, ce groupe comprend plusieurs milliers d’étoiles qui ont été cataloguées par divers astro-
- I'ig. — IJamas d’étoiles des Pléiades.
- nomes, notamment par M. Wolf, de l’Observatoire de Paris.
- Ajoutons les voisines des Pléiades, les Hyadés, la Crèche du Cancer, l’amas de Persée, celui d’Hercule, la nébuleuse perforée qu’on voit dans la Lyre et qui est un amas d’étoiles, voilà de quoi satisfaire la curiosité des amateurs.
- Mais toutes ces merveilles ne sont rien auprès de cette Voie Lactée, qui, telle qu’une écharpe d’argent,
- LA SOUDURE AUTOGÈNE D^
- La Nature a déjà signalé brièvement dans ses Informations, le nouveau mode de soudure autogène réalisé par M. Langmuir et ses collaborateurs de la General Electric C°, et qui repose sur les propriétés de l’hydrogène atomique. Ce procédé est maintenant entré dans le domaine industriel et il semble appelé à révolutionner en partie la technique de la soudure autogène.
- La naissance de cette invention illustre d’une façon frappante l’efficacité de l’alliance de la science et de l’industrie. Au laboratoire de recherches de la General Electric C° à Shenectady, il n’y a pas de démarcation entre la science pure et la science appliquée. L’une et l’autre s’v prêtent un mutuel et constant appui, qui se traduit par de brillantes découvertes théoriques et par des inventions rému-
- fait le tour du ciel, et, comme l’avait prévu Démocrite, se compose de myriades de myriades d’étoiles, prodigieusement rapprochées les unes des autres (1).
- La Voie Lactée est une collection de merveilles, amas d’étoiles, nébuleuses, etc., mais qu’est-elle au juste? Est-ce une nébuleuse annulaire, comme celle de la Lyre, ou une nébuleuse en spirale, analogue à celles qu’on admire dans les constellations d’Andromède et des Chiens de Chasse, nous ne pouvons le savoir, et l’apparence est la même pour nous dans les deux cas, puisque nous nous trouvons dans son intérieur. Ce qui est certain, c’est que son étude ne sera jamais terminée, quels que soient les
- Fig, 6. — La nébuleuse annulaire de la Lyre, vue dans une lunette de moyenne puissance.
- efforts des successeurs de La Caille et de Bradley comme des successeurs de Laplaçe, de-Tisserand, d’Henri Poincaré. La moisson à recueillir est immense, et les ouvriers sont peu nombreux.
- E. Doublet.
- 1. Des ouvrages spéciaux ont été consacrés à la Voie Lactée, notamment par M. Wolf, de l’observatoire de Heidelberg, et J. Easton d’Amsterdam.
- [S L’HYDROGÈNE ATOMIQUE
- nératrices. Peut-être ne sera-t-il pas inutile de rappeler que la science française a, elle aussi, donné souvent des preuves éclatantes de la fécondité de celte méthode; l’exemple de Lavoisie’r, de Gay-Lussac, de Régnault, de Pasteur est là pour le prouver, et il serait à souhaiter que cette belle tradition se renouât de nos jours.
- Avant de décrire les appareils et les méthodes de soudure créés par le physicien Langmuir, il nous paraît nécessaire de retracer la genèse de ses découvertes sur l’hydrogène atomique et leurs résultats essentiels.
- L’hydrogène atomique. — Les premières observations de Langmuir sur ce sujet remontent à 1911. Le savant était alors engagé dans des recherches tendant à perfectionner la lampe électrique à incan.
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- LA SOUDURE AUTOGENE DANS L’HYDROGENE ATOMIQUE 283
- descence. La lampe à filament métallique dans le vide venait de triompher, grâce au fil de tungstène. On cherchait à en accroître encore le rendement lumineux : il fallait pour cela augmenter la température du filament incandescent. Mais l’évaporation de tungstène dans le vide créait un obstacle en apparence infranchissable. Langmuir songea à maintenir dans l'ampoule une atmosphère gazeuse à une pression relativement élevée, qui ralentit l’évaporation du métal. Il fut ainsi conduit à étudier les lois de la convection de la chaleur dans les gaz ; ce phénomène très complexe n’avait pas jusqu’alors été étudié expérimentalement avec toute la précision nécessaire, ni surtout dans un domaine assez étendu. Les recherches de Langmuir, complétant les vieilles et sommaires expériences de Dulong et Petit, ainsi que les travaux théoriques de Boussinesq, pour ne citer que ses précurseurs français, ont abouti dans dans ce domaine à des conclusions du plus haut intérêt au point de vue de la science pure. Faut-il rappeler qu’elles l’ont conduit à invenler la célèbre lampe dite demi-watt, à atmosphère d’azote?
- Au cours de ces investigations, Langmuir expérimenta les gaz les plus différents, en particulier l’hydrogène. Pour ce dernier, il constata une anomalie surprenante aux lois générales de la convection, qu’il avait établies pour tous les autres gaz. Pour ceux-ci, il avait démonlré que la transmission de chaleur par conduction et convection est proportionnelle à la puissance 1,9 de la température absolue du fil chaud, loi valable à toutes températures jusqu’à celle de fusion du tungstène (5660° absolus ou 2587° G.).
- Seul l’hydrogène s’est trouvé faire exception à cette loi; il s’y conforme jusqu’à 1700° absolus environ ; puis, la température augmentant, il s’en
- Fig. 2. — Autre modèle de chalumeau à hydrogène atomique.
- pig. i. — Modèle de chalumeau à flamme d’hydrogène atomique.
- écarte très rapidement. Ainsi entre 2600 et 5400°, la chaleur que l’hydrogène à la pression atmosphérique transporte par conduction et convection est proportionnelle à la 5e puissance de la température absolue ; pour l’hydrogène à la pression de 50 mm de mercure, elle est proportionnelle à la 6e puissance.
- « Cette anomalie, dit M. Langmuir dans l’intéressant mémoire que vient de publier la General Electric Review, suggéra l’idée que, aux températures élevées, les molécules d’hydrogène se dissocient en atomes, suivant la formule H2 = 2 H, avec absorption d’une grande quantité d’énergie. L’énorme conductibilité calorifique de l’hydrogène aux hautes températures (23 fois celle de l’azote à 5400° absolus) serait donc attribuable à l’absorption de l’énergie du fil chaud par la dissociation des molécules d’hydrogène et à la libération de cette énergie à une certaine distance du fil dans le gaz plus froid, par recombinaison des atomes diffusant dans l’atmosphère environnante. »
- On pouvait songer aussi à la formation d’un polymère de l’hydrogène, de formule Ii3, par exemple, rappelant l’ozone (O3). Mais cette hypothèse se heurtait au fait que la conductibilité est beaucoup plus forte dans l’hydrogène à faible pression que dans l’hydrogène à la pression atmosphérique. Or la loi d’action de masse, qui constitue un des fondements de la chimie physique, fait prévoir que la proportion du' gaz dissocié en atomes doit être plus forte aux pressions faibles; tandis que s’il s’agissait d’un polymère de l’hydrogène, ce serait l’inverse.
- Langmuir admit donc délibérément l’hypothèse
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- de l’hydrogène atomique, hypothèse alors bien audacieuse, mais que confirmèrent bientôt une l'ouïe d’observations faites par d’autres savants, dans des domaines tout différents, notamment dans des recherches d’analyse spectrale et d'ionisation.
- L’hydrogène atomique a des propriétés chimiques remarquables ; c'est un réducteur puissant: ainsi les oxydes de tungstène (W0r>), de cuivre (CuO), de fer (Fe203), de zinc(ZnO), de platine (PtO2) sont, par lui, rapidement réduits à l’état métallique, à la température ordinaire, alors que l’hydrogène moléculaire est sans action. De même l'hydrogène ato- I mique, à la température ordinaire et dans l’obscurité, se combine immédiatement à l’oxygène ou au phosphore.
- Autre phénomène remarquable : la dissociation de l’hydrogène moléculaire par un filament de tungstène chauffé est radicalement paralysée par des traces infimes d’oxygène ou de vapeur d’eau en contact avec le filament.
- On a pu déterminer les constantes de la dissociation de l’hydrogène moléculaire en hydrogène atomique : la chaleur absorbée par cette décomposition est, à pression constante, d’environ 98 000 petites calories par molécule-gramme (2,016 gr.).
- Le degré de dissociation, c’est-à-dire la fraction de molécules d’hydrogène dissociées en atomes, négligeable à température ordinaire, est déjà égale à 1,22 X 10_,> à 2000° absolus pour de l’hydrogène à la pression atmosphérique; à 5000° il est de 9,05X 10~2 ; à 5,200°, il est de 0,154 ; à 5400°, il est de 0,245 ; à 5600°, il est de 0,561.; à 4000° il est de 0,625 et à 5000° de 0,9469.
- Ces différents résultats, fort intéressants du point de vue de la physique ou de la chimie pures, étaient restés sans application, jusqu'au jour où R. W. Wood constata, en 1922, la présence de l’hydrogène atomique dans l’arc électrique au sein de l’hydrogène à faible pression.
- Langmuir eut alors l’idée qu’il serait possible d’obtenir de l’hydrogène atomique à des concentrations plus fortes, en faisant éclater un arc puissant entre des électrodes de tungstène, dans l’hydrogène à la pression atmosphérique et en expulsant de l’arc l’hydrogène atomique au moyen d’un jet d’hydrogène.
- Des éludes furent aussitôt entreprises ; elles durèrent plusieurs années et aboutirent à la mise au point de la soudure par les flammes d’hydrogène atomique.
- Le problème était le suivant : extraire de l’arc l’hydrogène dissocié et l’amener à se recomposer en hydrogène moléculaire au contact même des pièces à travailler. Les expériences préliminaires avaient démontré que certains métaux, le tungstène notamment, jouent le rôle de catalyseurs et accélèrent, même à des températures élevées, la recom-moléeulaire, et absorbent la majeure partie de la chaleur énorme dégagée au cours de cette réaction.
- Entre deux tiges de tungstène de 6 mm de diamètre, montées transversalement dans un tube horizontal en alundum, parcouru par un courant d’hydrogène, on fit passer des arcs de 20 ampères ; sous des voltages de 500 à 800 volts ces arcs sc maintenaient stables, quand la distance entre électrodes ne dépassait pas 2 cm. Les arcs prenaient autour des électrodes une forme d’éventail. On constata que les tiges de fer de 2 ou 5 mm de diamètre placées à 5 ou 5 cm de diamètre au-dessus de l’arc entraient en fusion en 1 ou 2 secondes.
- Puis, avec un petit tube, on dirigea un jet d’hydrogène au centre de l’arc. Pour maintenir la stabilité de celui-ci, il fallait rapprocher les électrodes l’une de l’autre (1 à 5 mm de distance). L’arc continuait à s’épanouir en éventail de 5 à 8 mm de rayon. Mais les flammes d'hydrogène atomique s’étendaient bien au delà de cette zone. A 1 ou 2 cm de l’arc, on faisait aisément fondre du molybdène, dont le point de fusion est à 2900° absolus. Au voisinage même de l’arc, on put faire fondre dés tiges de tungstène (point de fusion 5660° absolus).
- Par contre, dans les mêmes conditions, le quartz est beaucoup plus difficile à fondre, ce qui montre bien le rôle catalytique joué par les surfaces métalliques dans la recombinaison des atomes d’hydrogène.
- C’est là un point essentiel, car c’est la rapidité de cette recombinaison qui règle la vitesse du flux de chaleur transmis à la substance à travailler; plus elle est grande, plus est haute la température qu’il
- binaison
- Fig. 3. — Tube d’acier soudé à l’hydrogène atomique et écrasé sans que la soudure ait cédé.
- la
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- LA SOUDURE AUTOGÈNE DANS L’HYDROGÈNE ATOMIQUE
- est possible d’atteindre, et plus promptement est obtenu ce maximum.
- Langmuir montrequeles flammes d’hydrogène atomique atteignent une température beaucoup plus élevée que celle des chalumeaux oxhydriques et oxy-acétyléniques-, qui donnaient jusqu’ici les flammes les plus chaudes que l'on connût. Il estime que la température dans une flamme d’hydrogène atomique dépasse -4000° absolus ; soit au moins 250° de plus que pour la flamme oxyacétylénique, et il calcule que ï’énergie calorifique peut être ainsi transmise à
- autogène ces précieuses qualités. MM. Langmuir, Weissmann et Peter ont mis au point, dans ce but, des chalumeaux permettant de produire et de contrôler aisément les flammes d’hydrogène atomique.
- Dans le type représenté figure 1, on voit 2 électrodes disposées sous un angle aigu et séparées l’une de l’autre par des isolateurs en lave. Elles sont formées par des tiges de tungstène de 5,1 mm. de diamètre. Un ressort, commandé par un levier à main, fixé au manche de l’appareil, maintient normalement les électrodes au contact. C’est la position de
- Fig. 4. — Appareils employés an laboratoire de la General Electric C° pour réaliser la soudure à l’arc électrique dans une atmosphère d’hydrogène.
- A, arc; G, tU3rau de gaz; GF, flamme; II, tuyau flexible amenant le gaz, le conducteur électrique et le fil de métal d’apport; N, tuyère; WW, fil de métal d’apport.
- une surface métallique, avec un débit de 450 watts par centimètre carré.
- Températures élevées, échaufièments très rapides, tels sont donc les avantages essentiels de l’hydrogène atomique. 11 faut en ajouter un autre d’égale importance : la présence autour de la pièce chauffée d’une atmosphère constamment réductrice. On peut ainsi fondre du fer sans craindre aucune contamination par le carbone, l’azote ou l’oxygène. De même il est possible de fondre, sans intervention de flux spéciaux et sans crainte d’oxydations partielles, des alliages aisément oxydables contenant du chrome, de l’aluminium, du silicium, ou du manganèse. On a même pu fondre sans difficulté de gros morceaux d’alumine, de magnésie, ou de thorine.
- La soudure à la flamme d’hydrogène atomique. — 11 était tout naturel d’utiliser pour la soudure
- repos. Dans la position de travail, on presse sur le levier et les électrodes s’écartent de 1 cm environ.
- L’hydrogène arrive par un tube à travers le manche de l’instrument; de là, des tubes flexibles l’amènent à chacun des supports d’électrode et il s’échappe à travers les espaces annulaires entre les électrodes et les isolateurs en lave. On produit un jet de force suffisante pour baigner d’hydrogène le sommet des électrodes et la pièce à travailler en même temps que pour extraire les atomes formés dans l’arc.
- Dans le modèle de la figure 2, l’hydrogène de balayage arrive en un jet rapide par le tube central que l’on voit émerger au dehors d’une sorte de pomme d’arrosoir, tandis que les orifices de celle-ci laissent passer des .filets d’hydrogène à vitesse plus lente pour baigner les électrodes et la pièce.
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- 286 —— LA SOUDURE AUTOGÈNE DANS L’HYDROGÈNE ATOMIQUE
- Fig. 5. — Autre modèle d’appareil pour soudure
- semi-automatique à l’arc dans une atmosphère d’hydrogène.
- A, arc; GF, flamme d’hydrogène ; WW, fil de métal d’apport.
- L’arc générateur des atomes peut être alimenté par du courant continu à 250 volts avec résistances en série, ou par du courant alternatif. Ce dernier est préférable. JQ faut 520 volts alternatifs pour amorcer l’arc quand les électrodes sont froides et 150 seulement quand elles sont chaudes. Le montage le plus simple consiste à alimenter les électrodes avec du courant à 400 volts au moyen d’un transformateur. L’intensité du courant est comprise entre 20 et 70 ampères suivant l'épaisseur des pièces à souder. La chute de voltage dans l’arc varie de 60 à 100 volts suivant l’écartement donné aux électrodes.
- L’arc a la forme d’un éventail de 0 à 15 mm de large et de très faible épaisseur. Avec un courant de 20 ampères, une tige de fer placée à 5 cm de cet arc est rapidement fondue.
- L’échauffement d’une masse de métal est d’autant plus rapide qu’elle est plus voisine de la périphérie de l’arc. Pour la soudure, opération qui exige le maximum de vitesse de chauffe, on tient le métal au contact même de la périphérie de l’arc ; la distance des pointes des électrodes au métal est donc de 9 à 15 mm. Le chalumeau est tenu à 45° des surfaces à souder, de sorte que l’hydrogène insufflé se déplace sur la surface en fusion dans le sens opposé au mouvement de l’appareil ; dans ces conditions le métal fond très vite, mais se refroidit lentement, ce qui permet aux gaz dissous de s’échapper avant la solidification de la soudure.
- On obtient ainsi des soudures très régulières et de qualité parfaite, la vitesse de soudure.est beaucoup plus grande qu’avec les autres procédés.
- M. Langmuir et ses collaborateurs ont appliqué avec succès le mode de soudure autogène à la plupart des métaux et alliages usuels : aciers au carbone, aluminium, nickel, cuivre, etc.
- L’hydrogène est un gaz relative-
- ment coûteux, et qu’il n’ésl pas toujours aisé d’approvisionner.
- M. Langmuir a imaginé quelques moyens simples et ingénieux pour parer à cet inconvénient. Ainsi quand la présence de l’azote dans la flamme n’a pas d’inconvénient, on peut employer du gaz ammoniac que l’on dissocie, au préalable, par passage dans un serpentin en fer chauffé à 650° G. ; on obtient ainsi un mélange de 5 parties d’hydrogène et 1 d’azote que l’on envoie dans l’arc électrique. De même, on peut employer, pour les métaux non ferreux, le gaz d’éclairage, au besoin additionné d’hydrogène, ou encore décomposer catalytiquement de l’alcool mé-thylique qui donne un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone.
- La soudure électrique à l’arc dans l’hydrogène. — Le mode de soudure dont nous venons d’exposer le principe n’est pas une soudure électrique à l’arc. L’arc électrique n’est ici qu’un organe auxiliaire, générateur d’hydrogène atomique ; ce n’est pas lui qui soude, mais bien une flamme' externe, tout comme dans les chalumeaux usuels.
- Dans la soudure électrique à l’arc, on fait éclater un arc électrique entre une électrode de travail et la pièce même à souder. C’est la chaleur dégagée au sein de l’arc qui intervient alors. Les beaux résultats obtenus par M. Langmuir ont inspiré à un autre savant de la General Electric C°, M. P. Alexander, l’idée d’étudier la soudure à l’arc électrique dans une atmosphère d’hydrogène. Ces investigations ont provoqué à leur tour de très sérieux progrès pour ce système de soudure.
- M. Alexander dirige contre l’électrode soudante un jet d’hydrogène ; l’arc éclate donc au sein d’une atmosphère d’hydrogène. Ce gaz brûle au contact de l’air, mais seulement par sa périphérie, le métal à souder reste toujours au sein d’une masse réductrice d’hydrogène. La chute de potentiel dans cet arc
- Fig. 6. — Essais de pliure sur diverses soudures effectuées avec une électrode métallique dans l'hydrogène.
- Les pièces A et B sont des pièces soudées dans les mêmes conditions K-Vmais dans l’air: ia pliure ne peut dépasser 3o0;'
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- est beaucoup plus grande que dans un arc ordinaire au sein de l’air. L'énergie libérée dans l’arc et utilisable pour le travail de soudure est au moins doublée.
- L’hydrogène ainsi employé accélère très notablement 1^ vitesse du travail de soudure pour deux raisons : tout d’abord parce que l’énergie disponible dans l'arc est plus élevée, ensuite parce que, en raison de la vitesse du flux de chaleur, il est inutile de tailler en biseau les bords à réunir. L’opération de la soudure se réduit à faire fondre rapidement au contact l’un de l’autre, les deux bords à rejoindre et à y ajouter une faible quantité de métal d’apport pour compenser les pertes de mé-
- tal par électroévaporation dans le cratère de l’arc.
- Les soudures obtenues sont remarquables par leur ductilité. (Y. fig 6f)
- M. Alexander a montré que l’on pouvait employer également avec succès un jet de gaz à l’eau, contenant des proportions variables d’hydrogène. Le gaz à l'eau a l’avantage d’être facile à produire en tous lieux et d’être très bon marché. 11 préconise aussi dans certains cas l’emploi du mélange gazeux provenant de la décomposition de l’alcool méthylique, ou encore celui du mélange d’azote et d’hydrogène fourni par la décomposition catalytique de l’ammoniac.
- A. Trouer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 1926.
- Le gisement des hommes fossiles de la Denise. — Il existe au musée du Puy deux blocs argilo-gréseux, contenant chacun une calotte crânienne, avec des os, des membres enchevêtrés qui ont été trouvés en 1844 au voisinage du grand volcan quaternaire dont la coulée constitue les colonnes basaltiques dites orgues d’Espaly. Pour clore les discussions qui se sont élevées sur les relations chronologiques à établir entre les hommes fossiles et les éruptions du volcan voisin, M. Ch. Dcperct a repris l’exploration du gisemént, resté en l’état où il avait été laissé en 1844. IL a pu établir ainsi que les couches stratifiées à fossiles humains se présentent comme une période calme de sédimentation aqueuse séparant deux époques d’explosions volcaniques ; il ne saurait plus être question de victimes'du volcan delà Denise et les débris ont été charriés pêle-mêle par un petit cours d’eau. Enfin ces hommes fossiles appartiennent, semble-t-il, à une époque préhistorique très ancienne, le Chelléen ou même le Préchelléen et ce serait jusqu’ici les plus anciens débris humains découverts en France.
- Les roches éruptives du pays sakalave. — La majeure partie de 'ces roches, pour la zone médiane comprise entre le Manambolo au sud et le Sambao au nord, se rapporte à deux groupes principaux : des gabbros, avec; ou sans olivine et des microgranites. Des observations de M. Louis Barrabé on peut admettre qu’elles sont d’âgé crétacé. Elles ont constitué des dvkes et des sills dans le Trias, le ,Jurassique et même parfois le Crétacé inférieur et leurs coulées superficielles sont interstratifiées dans le Crétacé. On ne peut signaler dans la région étudiée aucune manifestation volcanique tertiaire ou quaternaire et les volcans récents qui avaient été indiqués ne sont en effet que des laccolites de gabbro ou de dolérite, intrusifs dans le Trias et dénudés par l’érosion.
- Les nouveaux engrais azotés.—On sait que lacyana-mide sert à la préparation de produits fertilisants, uréine ou phosphazote, dans lesquels l’azote existe surtout sous la forme d’urée et d’ammoniaque, avec une proportion plus ou moins élevée de sulfate de gua-nylurie et de dicyandiamine. Des essais conduits par
- MM. Brioux et Pieer, il est à retenir que l’on doit s’efforcer, dans la fabrication des nouveaux engrais azotés uréiques, d’empêcher la formation de dicyandiamine et de réduire au minimum celle de guanylurie. L’industrie tend d’ailleurs à diminuer la teneur en azote, sous forme guanyurique, du phosphate qui n’en retient plus aujourd’hui que 10 à U pour 100 sur le chiffre total.
- L’âge des grains de blé et la température de leur germination. — Une longue série d’expériences a permis à M. 0. Munerali de constater que, selon la façon dont les grains mis à germer à des températures diverses réagissent, on peut juger avec un critérium presque absolu de l’âge de la semence si elle date des trois dernières années. C’est ainsi que les graines de l’année ne germent pas ou germent en faible proportion si elles sont soumises à la température de 30-52° ou de 22-24° ; la plus grande partie germe entre 12 et 14 et toutes entre 5 et 7°. Les semences de l’année précédente germent à toute température, mais elles tendent à précéder les premières à la température de 12 à 14°. Enfin, les graines, vieilles de deux ans, partent bien de 52 à 30° ou de 24 à 22°, mais elles marquent un retard très sensible de 12 à 14° et surtout de 5 à 7°.
- La présence d'un cyprès dans les montagnes du Tassili clés Azdjers. — Pendant la traversée du Tassili, avec la mission Tunis-Tchad, M. Lavauden a pu identifier l’essence que Duveyrier avait indiqdée comme étant le Thuya articulata Desf et qui, dans la langue tamahec, porte le nom de Tarout. Il s’agirait du Cupressus sem-pervirens L. forma horizontalis. On doit ainsi admettre qu’à une époque peu reculée (xvu0 siècle), une véritable forêt de cyprès s’étendait sur le versant méridional du Tassili des Azdjers et l’action do l’homme n’a pas été le seul facteur de sa destruction. 11 faut reconnaître que cette forêt n’aurait pu se constituer ou se perpétuer dans les conditions actuelles du climat saharien, et sa disparition est la preuve matérielle que le déséquilibre constaté aujourd’hui dans ces régions entre les pluies et l’évaporation s’est, depuis un temps rapproché, considérablement accentué. Du point de vue de l’histoire biologique du Sahara, la découverte d’une forme de
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- UN INDICATEUR DE GRISOU POUR LAMPE DE MINE
- Cupressus montre de façon irréfutable qu’il y a eu, au i cours même des temps historiques, sinon changement de clima't, du moins aggravation très importante des conditions de vie.
- La cémentation des alliages ferreux par le tungstène. — Le cément employé par M. J. Laissas indiquait à l’analyse : C, 0,54; W, 81,52 pour 100 et les essais
- effectués à des températures variant entre 900 et 1000° montrent qu’avec le métal AV la cémentation donne des couches environ deux lois plus importantes que dans le cas du chrome, la couche brillante externe avant lieu dès 80G° et se développant d’autant plus vite que la température est plus haute, le temps de chauffe plus long et l’acier moins carburé.
- .. Pau; B.
- UN INDICATEUR DE GRISOU POUR LAMPE DE MINE
- Fig. i. — La lampe de mine munie de l’indicateur de grisou.
- Parmi tous les dangers qui menacent encore l’existence du mineur, malgré les grands progrès réalisés en matière de sécurité, il faut compter le grisou, qui chaque année fait un certain nombre de viotimes parmi les travailleurs du sous-sol.
- Aussi cherche-t-on depuis longtemps des indicateurs de grisou, pour prévenir à temps l’ouvrier du danger qui le menace. Différents systèmes ont éLé déjà proposés et mis en pratique. Nous ne croyons pas qu’il en existe qui offre une sécurité absolue. Tout moyen nouveau, susceptible de compléter cette sécurité, doit donc être considéré comme le bienvenu..
- La revue anglaise Engineering vient de décrire un nouvel indicateur de grisou imaginé par M. G. Gulliford, directeur de la lampisterie des mines de houille de Denaby et Cadeby à Rotherham. Ce dispositif fonctionne associé à une lampe électrique de mineur.
- H consiste essentiellement en un récipient perforé dans lequel une toile métallique entoure un fil fusible en platine. Ce fusible peut être mis eu série dans le circuit de la lampe. Il suffît pour cela de manœuvrer un 'petit interrupteur à vis. L’appareil est alors en mesure de déceler le grisou.
- Que se passe-t-il, en effet, lors de cette mise en circuit du fusible? S’il n’y a pas de grisou dans l’air ambiant, l’introduction du fusible dans le circuit de la lampe a simplement pour effet de réduire le courant, donc de diminuer l’éclat du filament éclairant.
- En même temps le fusible est porté au rouge sombre.
- S’il y a du grisou, il se met à brûler au contact du fusible; celui-ci s’échauffe, et sa résistance électrique augmente; le filament de la lampe diminue encore d’éclat, tandis que la lueur du fusible augmente. Si la proportion de grisou dans l’air atteint 2,5 pour 100, le fusible fond et la lampe s’éteint. L’attention du mineur est ainsi immédiatement éveillée. 11 lui suffit à ce moment de tourner de quelques tours la vis de l’interrupteur pour [que la connexion normale entre la lampe et l’accumulateur soit rétablie. La lumière est donc aussitôt rendue; le mineur prévenu du danger peut battre en retraite sans difficulté et venir signaler le péril à qui de droit.
- Fig. 2. — Coupe de la lampe montrant, à gauche, l’indicateur de grisou.
- On aperçoit la toile métallique entourant un tube poreux qui contient un fil de platine. Une vis permet- de mettre celui-ci en série avec le circuit de la lampe.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiivuk, 9, rue de Fleurus, Paris. —- 192C.
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- SOMMAIRE :
- Distributeurs électro-magnétiques Gourdon : A. B.
- Les nouvelles conceptions de l’immunité : D1 S. Epsteill.
- Le guano péruvien et ses producteurs : V. Forbin.
- Académie des Sciences : Paul B. — L’horloge électrique “ Bulle-Clock ’’ : M. Bousquet.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : Travaux d’amateur, etc. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET O, Éditeurs. |ao? boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO
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- LA NATURE
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- MASSON et C'% Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (%. C. : Seine 15.234)
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- L’électro-aimant, découvert par Ampère, a déjà trouvé de multiples applications : sonneries, télégraphie, téléphone, régulateurs de lampes à arc, etc. , mais on avait hésité jusqu’ici à lui demander des travaux de force, à cause de son mauvais rendement.
- Un ingénieux inventeur, M. Georges Gourdon, vient de remarquer que l’électro-aimant présente, comme moteur, des avantages particuliers qui valent d’être utilisés: on a immédiatement avec lui un mouvement rectiligne, alternatif dont l’amplitude et la vitesse sont facilement réglables avec précision et dépendent de la tension du réseau employé. D’autre part, la loi de variation dans le temps de la vitesse du mobile est toute différente de celle qu’on obtiendrait à partir d’un moteur et l’on peut réaliser des mouvements d’une souplesse comparable à celle d’une manœuvre faite à la main.
- Il s’est donc attaché à trouver à l’électro-aimant de nouvelles utilisations. La première consistant en l’équipement des sonneries des cloches de l’église de Montmorency ayant parfaitement réussi, M. Gourdon a étendu ses recherches aux métiers à tisser dont deux éleclros peuvent lancer alternativement la navette d’une manière rapide et la recevoir en l’arrêtant doucement, beaucoup mieux que les dispositifs mécaniques actuels dont ils n’ont pourtant pas la complication. Ces premiers essais valurent à l’inventeur un prix Barés de l’Office national des Recherches et Inventions.
- Peu après, M. Gourdon imaginait, en partant du même principe, un dispositif de commande à distance des barrières de passage à niveau. Enfin, le dernier Salon des Appareils Ménagers vient de voir triompher les distributeurs électro-magnétiques de liquides qui méritent d’être examinés en raison de la précision de leur réglage et de la douceur de leur manœuvre.
- Les distributeurs Georges Gourdon, quelles que soient leurs tailles et leurs variantes de détail, comprennent tous
- une pompe aspirante et foulante ou une pompe à air dont la lige d du piston f se continue par un noyau de fer doux c (fig. 1).
- Ce noyau c est télescopique ; il se compose de plusieurs tronçons dont les distances peuvent être réglées micrométriquement, de façon qu’on puisse faire varier la longueur totale, le centrage magnétique et, par conséquent, la longueur de course. Ce noyau plonge dans un électro a formé de plusieurs bobines b superposées. Le piston f circule dans un corps de pompe formé d’un tube de métal ou de verre armé, muni d’un clapet d’aspiration g fermé par une bille li et d’un tube de refoulement j muni d'un autre clapet k.
- L’aspect réel de l’appareil est représenté par la figure 2.
- La série de bobines superposées de l’électro et a pour but, avec le télescopage du noyau, d’obtenir des centrages magnétiques divers, modifiant la course du piston. La quantité de liquide soulevé est donc prévue d’avance et peut être réglée avec une très grande précision.
- Le même appareil peut délivrer un certain nombre de quantités variées, selon que l’on met en circuit un ou plusieurs électros.
- Dans tous les cas, le refoulement s’opère simplement par le poids du noyau de fer doux retombant et poussant le piston, quand on coupe le courant.
- Les manœuvres peuvent se faire au moyen d’un tableau portant un [secteur l muni d’autant de plots
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- qu'il y a de bobines. On peut y ajouter un compteur formé de petits électros p qui, par roues à rochet et cliquets,, commandent des disques porte-chiffres qui viennent se placer devant les voyants r. Chaque petit électro est actionné par le courant envoyé à la bobine qu'il contrôle. En totalisant les nombres inscrits, on a immédiatement le débit total ou le débit demandé.
- L’appareillage électrique étant complètement isolé de la pompe on peut réaliser celle-ci en n’importe quelle matière, par exemple en verre, cristal, porcelaine, si le liquide qui la traverse est oxydable et peut s’altérer, se colorer ou prendre un goût fâcheux au contact du métal.
- On conçoit que de semblables appareils doseurs de précision puissent trouver de multiples applications chaque fois qu’il s’agit de répartir un liquide dans un grand nombre de flacons, comme on le fait pour les boissons, les parfums, les produits pharmaceutiques, et M. Gourdon a même prévu des appareils distribuant dans les services d’hôpitaux du lait ou des tisanes chaudes, au moyen d’une résistance électrique placée à la surface du tube de refoulement de la pompe, des dispositifs de stérilisation par l’ozone, d’autres de gazéification des limonades et sodas, etc.
- On imagine, en effet, qu’on puisse ajouter tout accessoire désirable à une pompe électro-magnétique, selon les besoins de chaque industrie.
- Une des applications les plus indiquées des pompes Gourdon était le mesurage et la distribution de l’essence aux automobiles, le long des routes, à partir de grands réservoirs.
- On sait que plusieurs genres d’apparareils mécaniques ont déjà été réalisés dans ce but.
- Il a établi dans ce but un appareil à double contrôle (fig. 5) dont toute la tubulure est métallique sauf un récipient volumétrique en verre dans lequel apparaît l’essence qu’il jauge. Cet appareil a , l’avantage de doser deux fois l’essence livrée et ces deux opérations sont faites en moins d’une minute pour 40 litres de liquide servi. Un seul coup de pompe est donné, l’usure est donc infime et la précision de la quantité livrée satisfait les deux parties, acheteur et vendeur. s
- Le noyau télescopique c va se centrer, suivant la demande, dans l’une quelconque des bobines e\ e2, e3, qui constituent l’électro. La course du piston cl, solidaire du noyau c, sera donc plus ou moins longue, l’aspiration plus ou moins grande, la quantité de liquide plus ou moins importante.
- Pour le refoulement, le courant étant coupé dans la bobine qui a attiré le noyau, celui-ci redescend entraîné par son poids propre et aussi par celui de ..y
- la masse f variable qui surmonte le noyau et vient au bas de course se reposer sur la joue supérieure de l’électro.
- Le piston il, solidaire de tous les mouvements du noyau, refoule dans sa descente la quantité de liquide aspiré ; celui-ci, par l’orifice g et le tube qui le suit, gagne le réservoir volumétrique gradué h embrassant le corps de pompe a.
- Le réservoir volumétrique est gradué pour 5, 10, 20 litres, par exemple. La ligne repérant le sommet de ces quantités, tracée sur le réservoir, est immédiatement surmontée d’une tubulure de trop-plein munie d’un robinet susceptible d’ètre commandé électriquement. Ces trois robinets de trop-plein portent les indices i1, i2, i3 ; ils commandent le retour à la citerne du liquide dépassant la quantité demandée.
- La course du noyau est réglée pour -refouler 5 litres 1/2, 10 litres 1/2, 20 litres 1/2. Si la demande est de 5 litres, il faut d’abord envoyer le courant à la bobine inférieure de l’électro e1, le noyau vient se centrer dans cette bobine, accomplissant la course la plus réduite.
- Le courant est coupé, le noyau redescend et le piston refoule 5 litres 1/2 de liquide qui s’engage dans le tube g et vient s’emmagasiner dans le réservoir volumétrique transparent h où il atteindra et dépassera la ligne limite des 5 litres. ;
- Le robinet de trop-plein i1 étant ouvert à ce moment, le demi-litre absorbé en trop s’écoulera vers la citerne sous l’œil du client satisfait de constater que les 5 litres par lui demandés sont bien dans le réservoir gradué, portant le poinçon de garantie.
- Pour pouvoir être mis en service sur la voie publique, le distributeur d’essence est fixé sur une colonne de fonte placée sur chariot (fig. 4).
- Le même système peut être appliqué à la distribution de liquides mousseux, tels que la bière, moyennant le remplacement de la pompe aspirante et foulante par une pompe à air. Il a alors l’avantage de supprimer l’emploi de l’acide carbonique, d’un usage aujourd’hui général dans les cafés et les brasseries, malgré les complications que présentent la manipulation et l’entretien des cylindres d’acier où ce gaz est comprimé.
- La bière de bonne qualité n’exige pas d’addition d’acide carbonique et les grands cafés parisiens qui se sont fait une renommée de leurs bières la tirent à l’air comprimé. Mais i! est nécessaire d’épuiser très vite le fût commencé, le contact prolongé de l’air avec la bière étant susceptible d’absorber complètement le gaz carbonique qu’elle contient naturellement et de l’affaiblir au point de la rendre
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- invendable parce qu’elle ne mousse plus et qu’elle est devenue sans goût.
- Il y a deux moyens d’éviter cette perle du gaz carbonique naturel : le premier est d’adjoindre à une
- Fig. 4. — Appareil distributeur d'essence sur chariot, construit pour fonctionner sur la voie publique.
- pompe électro-magnétique à air automatique un réservoir d’air comprimé complètement en charge sur le fut; le second consiste à envoyer dans le fût le contenu d’un sparklet de gaz carbonique (fig. 5).
- La seconde solution est de beaucoup la meilleure, parce qu’elle permet de doser la quantité de gaz carbonique introduite dans la bière, quantité qui ne doit pas être exagérée, comme c’est le cas dans l’emploi exclusif de la grande bouteille d’acide pour le tirage à la pression.
- La bière ne devant contenir que la quantité d’acide qui lui convient, les appareils sont munis d’un magasin à sparldels dont la capacité est préalablement et rigoureusement réglée.
- On peut concevoir aux distributeurs Gourdon encore bien d’autres applications, par exemple le dosage des huiles de graissage et leur envoi automatique dans les organes des gros moteurs ; dans ce cas, l’appareil est tributaire d’une horloge qui, par un relai, commande l’élec-tro tous les quarts d’heures, demi-heures ou heures.
- On peut encore les faire servir à la projection dans les salles de spectacles, cinémas, théâtres, dans les hôpitaux et casernes, de liquides stérilisateurs, as-sainisseurs, pulvérisés, lancés du plafond des salles, dont la distribution automatique serait commandée par horloge, etc.
- . On voit, par ces quelques exemples, les multiples utilisations qu’a pu tirer un inventeur ingénieux d’un très vieil appareil, l’électro-aimant, beaucoup trop méprisé jusqu’ici. A. B.
- Sperklet de CO2
- Fig. 5.
- Pompe Gourdon, munie d'un sparklet de gaz carbonique pour la distribution de la bière.
- LES NOUVELLES CONCEPTIONS DE L’IMMUNITÉ
- Depuis qu’il a pu être établi que des sujets ayant guéri d’une maladie contagieuse ou vaccinés contre cette maladie deviennent immuns, c’est-à-dire réfractaires à la contagion, on a essayé de rechercher le mécanisme de cet état qui préserve contre toute nouvelle atteinte de l’agent pathogène spécifique.
- L’opinion qui a prévalu à ce jour était que l’immunité se résumait par la défense de l’organisme entier ; que les tissus, cellules, etc., étaient tous gardiens vigilants de l’intégrité de notre « moi ».
- C’est pourquoi un des élèves des plus marquants de Pasteur, Wright, déclara que la vaccination
- ne pouvait se faire que par la voie sanguine et que « si la voie sous-cutanée est bonne, la voie intraveineuse est encore préférable ». Pourtant les deux voies, tellement chères à Wright présentaient un gros inconvénient : l’infraction d’un corps albuminoïde étranger dans l’économie générale provoquait des réactions souvent longues, toujours douloureuses, quelquefois dramatiques, parfois dangereuses.
- En ce qui concerne particulièrement la fièvre typhoïde, les injections vaccinantes avaient un autre inconvénient: ne pouvait pas être vacciné qui
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- voulait. Il y avait, tout d’abord, la limite d’àge : la pratique courante exclut de la vaccination sous-cutanée les enfants de moins de 14 ans et les sujets au-dessus de 50 ans. A côté de cela il est indispensable qu’un individu soumis à la vaccination par piqûres soit absolument sain, qu’il ne présente aucune tare acquise ou héréditaire. C’est pourquoi les cardiaques, hépatiques, fébricitants, scrofuleux ou tout simplement malingres ou fatigués, étaient considérés comme « contre-indiqués ».
- Malgré cela les vaccinations antityphoïdiques ont rendu d’immenses services pendant la guerre et grâce à elles la typhoïde pouvait être considérée comme maladie négligeable.
- Si, toutefois, cette immunisation préventive ne pouvait pas s’appliquer à environ 12-15 pour 100 des soldats et à 55-40 pour 100 de la population civile, pour les raisons précitées, c’est que l'on ne connaissait aucune autre méthode d’application que celle par le sang, et à l’aide de piqûres hypodermiques.
- Et l’on n’osait même pas penser à une autre voie, puisque la théorie de la défense générale de l’organisme était un dogme.
- Le premier qui osa douter de cet évangile fut le Professeur Alexandre Besredka, de l’Institut Pasteur, de Paris. Comme saint Thomas, il a voulu mettre les doigts dans la plaie; ses études sur le charbon et la variole lui fournirent l’occasion d’étayer ses doutes.
- Le D‘ Besredka s’était, en effet, aperçu qu’il était presque impossible de vacciner, par piqûres, un petit animal contre le charbon. Les recherches et observations, faites à ce sujet, prouvèrent que l’agent pathogène du charbon devient inopérant s’il pénètre dans l’organisme sans concours de la peau ; ce qui veut dire que si l’on injecte cet' agent, appelé la bactéridie, dans le derme, dans la veine, dans le péritoine, mais en respectant rigoureusement la peau, l’animal ne devient pas malade. Mais il suffit que la peau soit souillée en introduisant ou en retirant l’aiguille pour que l’infection se produise.
- On peut en conclure que la peau, l’épiderme, est le seul organe réceptif pour la bactéridie, et qu’aussi bien l’infection que l’immunisation charbonneuse ne peuvent se faire sans concours de la peau. '
- Une expérience des plus intéressantes est venue confirmer cette théorie : si l’on injecte à un cobaye des bactéridies dans le péritoine en respectant rigoureusement l’épiderme, celles-ci ne feront aucun mal
- à l’animal, aucun contact entre la peau et l’agent pathogène n’étant établi. Les bactéridies, errant dans l’organisme, sont digérées au fur et à mesure.
- Mais si, avant que toutes les bactéridies soient détruilcs, on fait au cobaye une piqûre à raide d'une seringue vide, dans le péritoine, on établit un canal entre le péritoine et la peau et le cobaye périra, pour peu qu’une seule bactéridie vivante soit restée dans la cavité péritonéale. Le canal que nous avons fait a permis aux bactéridies d’entrer en contact avec la peau et de provoquer le charbon.
- Le même cas, exactement, se produit pour la variole. Ici encore il n’est pas possible de contracter la maladie ou de devenir immun, sans que l’épiderme soit le véhicule premier du virus ou du vaccin.
- Un être sans épiderme ne pourrait jamais contracter ni le charbon, ni la variole, et Marsvas, écorché vif par Apollon, pouvait pendant le court temps de survie que lui laissait cette opération, être certain que la bactéridie ou le virus vaccinal n’avaient aucune prise sur lui.
- Ces constatations ont incité le D' Besredka à chercher plus loin. Comment se comportent le bacille d’Éberth, qui donne la typhoïde, le bacille de Shiga, qui occasionne la dysenterie, et le vibrion cholérique qui est l’agent pathogène du choléra asiatique? Qu’on les injecte par la peau, le péritoine, la veine, le cerveau, le sujet ainsi traité contractera toujours la maladie qui a pourtant son siège dans l’intestin.
- Le Dr Besredka fit une nouvelle expérience de laboratoire qui lui donna toutes les précisions à ce sujet. Il injecta à deux lapins dans la veine marginale de l’oreille, c’est-à-dire aussi loin que possible de l’intestin, des doses mortelles de bacilles d’Éberth. Il tua le premier 5 heures environ après l’injection et l’examina. Les bacilles d’Lberth inoculés dans la veine de l’oreille n’y étaient plus. On n’en trouva guère dans le sang, ni dans les urines. Mais à partir de la vésicule biliaire et jusqu’à, y inclus l’intestin, ils régnaient en maîtres, à l’exclusion de tout autre microbe.
- Comment expliquer ce phénomène? Pourquoi les bacilles d’Éberth ont-ils quitté si précipitamment les organes dans.lesquels ils ont été injectés?
- Si l’on procède à l’autopsie du second lapin qui meurt, 2-5 jours plus tard, delà typhoïde, on trouve que c’est dans l’intestin que les bacilles d’Éberth ont accompli leur redoutable besogne. C’est là qu’ils se sont fixés, c’est à cet endroit-là qu’ils se sont
- Fig. i. — Schéma d’un lapin.
- M, l'intestin grêle ; a, piqûre du virus de la typhoïde dans l’oreille ; b, piqûre du virus de la typhoïde dans le péritoine ; c, piqûre du virus de la typhoïde dans l’œil ; d, piqûre du virus de la typhoïde dans la patte, a, b, c, d, ne sont que des lieux de passage ; sans atteindre un organe ou un tissu quelconque, le -virus file vers l’intestin grêle.
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- métallique verticale, fixée sur un support en quartz dépoli, d’un excellent pouvoir isolant dans l’air, une petite lunette grossissante munie d’une échelle micrométrique permettant de déterminer la position d’une feuille d’aluminium de quelques millimètres de largeur, suspendue en face de la tige chargée. D’une capacité extrêmement faible, d’une grande sensibilité et conservant longtemps sa charge à vide, cet appareil accuse des variations de charge de 2 volts et son inventeur le juge susceptible d’applications variées dans l’étude des phénomènes radioactifs.
- La structure microscopique des charbons de terre. — L’étude d’une certaine quantité de houilles et de charbons spéciaux comme les bogheads et les cannel-coals, démontre que de telles roches peuvent être considérées comme formées de deux constituants microscopiques : des corps figurés d’origine végétale (tissus lignifiés, spores, algues) et une pâte colloïdale, d’origine secondaire, donnée soit par une gélification des corps figurés, soit par une précipitation de substances organiques, en solution ou en pseudo-solution dans l’eau. Au total, ces deux constituants semblent d’origine presque exclusivement végétale. Si l’on considère enfin, les trois types de charbons : les bogheads, ou charbon d’algues, les cannels-coals, formés surtout de microspores,et la houille brillante, due à des fragments de tissus lignifiés, on voit que les teneurs en matières volatiles sont inversement proportionnelles au développement de la substance fondamentale (pâte) et l’on doit tenir pour évident le rôle primordial joué par la nature des corps figurés.
- Un gisement de molybdénite au Maroc. — M. Maxime Coutin signale sa présence, dans le grand Atlas marocain, près d’Azegour, à 10 km environ, au sud-ouest d’Amismiz. Le minerai se présente en rapport avec un large développement de grenatite dans un banc de calcaire redressé, chargé de lentilles de graphite et intercalé dans une série schiteuse. On y rencontre la molybdénite soit en lamelles aplaties et très disséminées, soit en masses foliées associées parfois à des parties friables riches en pyroxène, soit encore à l’intérieur de nodules ferrugineux. M. Coutin indique enfin que cette minéralisation s’apparente aux gites de contact du tvpe Banal.
- Recherches sur l’huile de cachalot et le sperniaceti. — Pour M. L. André et Mlle Th. François, les caractères des graisses retirées du corps du cachalot en font des produits intermédiaires entré les corps gras et les cires, et l’on ne peut encore dire si de telles propriétés leur sont imprimées par l’animal lui-même ou si elles proviennent des graisses de céphalopodes dont il fait sa nourriture. Ceux-ci, parmi lesquels on signale de gigantesques calmars, sont à peine connus des naturalistes et l’on ne peut guère citer à leur sujet qu’un travail du professeur Joubin déjà vieux d’une trentaine d’années.
- Les franges d’écrouissage ou de corrosion. — On sait que l’attaque par les réactifs chimiques des surfaces polies fait quelquefois apparaître de nouveau des traces de rayures antérieure $ au polissage et dues au dégrossissage, à moins qu’elles ne proviennent d’essais pour la détermination de la dureté. M. Albert Portevin signale à ce sujet la confusion qui s’est parfois établie entre ces « rayures latentes » et les lignés de Neumann, dans le fer a. Il indique enfin que les déformations superficielles des grains, résultant du polissage ou des rayures, font voir, après attaque, des caractères qui indiquent une permanence de l’état cristallin ; ce qui explique qu’avec des déformations suivant des directions non strictement parallèles, la finesse de structure et la distorsion du réseau qui en dérivent aient pu faire croire à la production d’une couche « amorphe ».
- L’hydrogénation des substances organiques. — Les expériences de MM. lvling et Florentin se caractérisent par l’emploi d’une pression et d’une température élevées, en présence de divers agents catalytiques. Elles ont porté sur le cyclohexanol et la naphtaline. Dans le premier cas, on opérait à 450°, au contact d’alumine, pour recueillir surtout du cyclohexane ; dans le second à 500°, la présence d’halogénurcs (FcCl3, A1C13) a permis, en trois heures, la transformation de 60 pour 100 du car* bure mis en œuvre en un liquide constitué de benzène, de toluène et de xylène, sans traces de goudrons.
- Il semble qu’il y ait là une méthode d’hydrogénation sous pression susceptible de donner des résultats fructueux dans la recherche de nouveaux carburants.
- Paul B.
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- Dans ce type nouveau du à MM. Moulin, profes- I seur à la Faculté des Sciences de Besançon et Favre- ' Bulle, horloger de la Marine, le pendule non seulement régularise le mouvement, mais le produit, alors que dans les horloges ordinaires, le régulateur est mis en marche par les rouages qui entraînent, les aiguilles. Rappelons que si dans les horloges ordinaires, on admet — ce qui est exact comme l’a démontré le savant physicien M. Lippmann — que l’impulsion motrice actionnant le pendule doit être fort courte et faite au voisinage du point mort, ce principe appliqué aux appareils de chronométrie électrique a conduit souvent à des erreurs parce qu’on
- oubliait que le pendule étant à la fois moteur et régulateur, les conditions ne pouvaient plus être les mêmes et qu’aucune d’elles ne devait être négligée afin d’arriver à un isochronisme parfait.
- En effet, dans le cas d’un pendule oscillant librement, soumis à la fois à la résistance passive proportionnelle à la vitesse et à une résistance de courte durée se produisant au voisinage du point mort, on a le mouvement pendulaire amorli. Le calcul comme l’expérience montrent que l’isochronisme subsiste, si on donne au balancier une petite, impulsion au voisinage du point mort pour restituer l’énergie perdue et entretenir les oscillations ;
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- c’est ainsi qu’on cherche à se rapprocher au mieux de ces conditions;' dans les échappements de montres ou de pendules ordinaires. Mais dans les horloges électriques où le pendule fait mouvoir les aiguilles, il faut considérer qu’outre les forces retardatrices qui agissent dans les appareils ordinaires, il se produit une force motrice qui se développe au moment du passage du courant et une force antagoniste au moment de la mise en mouvement du rouage de transmission.
- Ces forces étant prépondérantes, il faut donc rechercher les conditions.nécessaires pour que leur intervention n’apporte aucune perturbation au système réglant. La première est maxima au moment de l’attaque, par suite de l’inertie du mécanisme assurant la transmission du mouvement du pendule aux aiguilles et aussi à cause du frottement au départ. Il est évident que lorsque la vitesse est acquise, l’effort d’entrainement se limite aux résistances passives (frottements des pivots, engrenages, poids des aiguilles si elles ne sont pas équilibrées) ; quant à la force néccssfiire pour réaliser le contact électrique, elle est également assez forte par suite de la pression suffisamment élevée qu’il faut produire pour assurer une bonne fermeture du circuit. Celte dernière force serait sans effet, si on pouvait obtenir qu’ëlle se produise quand le pendule atteint la position verticale en même temps que se produit l’effet moteur dû à un passage instantané du courant électrique.
- Toutefois, ces conditions ne sauraient encore suffire, car pour qu’un bon fonctionnement soit réalisé, il faut que la première des forces envisagées dont l’importance est relativement grande-s’exerce également au passage du point mort pendant un temps très court. Or, il est très difficile d’obtenir l’impulsion au point mort en même temps qu’un bon fonctionnement du pendule moteur, parce qu’il faut avoir des émissions de courant très courtes et par conséquent très intenses pour produire la force nécessaire, et même alors il se produirait une difficulté de conserver les contacts électriques et une impossibilité de compter sur la constance de la pile en raison de la polarisation qu’on ne peut éviter avec des débits élevés.
- La Bulle-Clock évite ces difficultés grâce à un dispositif permettant de ne pas employer d’émissions trop courtes de courant, ce qui d’ailleurs améliore les conditions de marche des horloges électriques à balancier moteur. Le principe qui a donc servi de base est le suivant : obtenir qu'à tout instant les forces retardatrices agissant sur le penchde soient exactement compensées par les forces motrices produites par le passage du courant électrique, de telle sorte qu aucune influence perturbatrice ne se produise pendant toute la durée de la course du pendule et que, par suite, celui-ci se comporte absolument comme s'il était libre.
- Ce principe a été réalisé par un système électro-
- magnétique de rendement élevé, associé à une nouvelle disposition de contact électrique solidaire du cliquet de commande fermant le circuit au moment précis où se produit la résistance due à la transmission du mouvement aux aiguilles, l’interrompant automatiquement dès que l’entraînement est terminé, la force retardatrice annulée. En un mot, ce système électro-magnétique permet d’imprimer au balancier une action décroissante, à tout instant égale à la résistance produite par l’inertie des organes de transmission ainsi que de* toutes résistances. Il offre ainsi l’avantage de supprimer .1.'étincelle de rupture.
- Pour parer aux variations possibles de la pile fournissant l’électricité, il a été établi un correcteur d’isochronisme, lequel produit h chaque oscillation un couple de rappel du pendule dont la composante, normale à l’axe du balancier, et variant à partir de zéro, en croissant avec l’amplitude, s’ajoute à la pesanteur et maintient l’isochronisme le plus absolu. Ce dispositif d’isochronisme est constitué par un ressort à boudin articulé sur le bâti d’un côté, et sur le pendule de l’autre; en s’écartant de la verti-ticale, il produit un couple ramenant la période à la valeur choisie, quelles que soient les différences d’ampliludes, compensant ainsi automatiquement le défaut d’isochronisme de ces grandes amplitudes. On peut donc employer une pile quelconque malgré les variations de débit.
- Le dispositif électro-moteur comporte un balancier formé d’une tige d’acier au bout de laquelle est fixée la bobine traversée par un aimant fixe en forme d’arc de cercle; les extrémités de cet aimant présentent chacune un pôle sud et le milieu une polarité nord. Au premier abord, cet aimant multipolaire semble anormal, attendu qu’on a l’habitude de ne considérer que des aimants artificiels à 2 pôles, mais par la suite on se rend compte de la modification apportée par les inventeurs notamment dans l’utilisation de l’aimant. Si on fait le spectre magnétique, c’est-à-dire le tableau d'attraction de la limaille de fer, on voit que les lignes de forces dans la partie médiane de l’aimant sont groupées en un champ très intense, normal à la direction du mouvement du pendule et a celle du fil sur la bobine.
- Dès lors, lorsque la bobine transformée en aimant passera dans ce champ, la combinaison des forces magnétiques se fera dans les meilleures conditions pour le rendement maximum, malgré la faible intensité du courant parcourant la bobine. De plus, la direction normale à la bobine que prennent les lignes de forces de l’aimant permet d’augmenter d’une façon notable le jeu entre l’aimant et la bobine sans que leur action réciproque subisse de variations.
- La tige d’acier K du balancier amène le courant à la bobine A et le courant sort de celle-ci par une tige de laiton L parallèle à celle du balancier ; traversant cette dernière dont elle est isolée et montée à l’extrémité de la tige L une goupille en argent I) va
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- assurer au moment voulu le passage du courant lorsqu’elle sera en contact avec la fourchette F. Cette goupille, quand le balancier est vertical, est comme encastrée, et très peu dans l’encoche de la fourchette. '
- La fourchette représentée schématiquement (fig.l) pivote sur un axe 0 fixé aux platines du mouvement; cet axe porte à son extrémité antérieure des cliquets qui feront mouvoir la roue à roehets. Aux deux angles de l’encoche, la fourchette porte, faisant saillie sur les côtés, à droite une plaque d’argent G, à gauche, une plaque isolante H. Comme on le voit aussi, chaque côté se termine par une sorte de corne analogue à celle d’une fourchette d'échappement à laquelle la goupille ne touche pas lorsque le mouvement de ladite fourchette est exécuté à droite ou à gauche.
- Les fils conducteurs de la pile (fig. précédente) sont reliés, le négatif à la tige d’acier, le positif au mouvement, isolé comme il convient par l’intermédiaire de l’axe de la fourchette. Voici la façon dont la force électrique agit (fig. 2). Si le balancier est à bout de course à gauche, par exemple, la fourchette est elle-même inclinée à gauche, la goupille ne touchant aucun organe, le courant ne passe pas. La pesanteur agissant, le pendule se met en mouvement vers la droite, il frappe alors la plaque d’argent G presque au moment où il va arriver à la position verticale. À ce moment, le courant passe, transforme la bobine en électro-aimant ayant un pôle nord à droite, un pôle sud à gauche (par construction). Lés forces magnétiques de la bobine et de l’aimant réagissent les unes sur les autres, les pôles nord voisins se repoussent, tandis que les mêmes pôles nord et sud de la bobine s’attirent ; il en résulte une impulsion du pendule dans le sens de la flèche /’.
- La fourchette ayant été renvoyée à droite, la goupille abandonne le contact, le courant cesse, de passer, et le balancier poursuit son chemin jusqu’à la fin de l’amplitude parcourant l’arc supplémentaire correspondant; puis, il revient à gauche et renvoie la fourchette dans ce sens lorsque vers la verticale, il touche la plaque isolante II, placée de ce côté. Mais le courant ne passe pas, la pesanteur seule opère. Il y a donc une seule impulsion par seconde, le pendule étant établi pour battre la demi-seconde. Enfin, lorsque le pendule est arrivé à la fin de l’amplitude à gauche, le mouvement recommence. Le même ensemble de phénomènes se reproduit alors et dure tant que la pile fournit la force utile.
- Ainsi en raison de la disposition des lignes de forces agissant toutes dans le même sens — celui du déplacement du pendule, — on a une résultante de valeur maximum et par conséquent, un rendement électro-mécanique très élevé pour le dispositif d’entretien des oscillations qui se comporte comme un véritable moteur magnéto-électrique transformant presque toute l’énergie électrique
- fournie par la pile-en énergie mécanique utilisée directement pour actionner le pendule.
- Grâce à la valeur très faible des résistances passives et au rendement du système électro-moteur, la consommation a pu être très réduite. L’intensité maximum employée est de 0,5 milliampère seulement. La pile employée — type nouveau Leclanché ou type Fer y — fournit un travail total de 50 watts-heure, soit 18 546 kilogrammètres ; or, le calcul indique que l’énergie nécessaire pour actionner la Bulle-Clock pendant un an est de 256 kgm. Par conséquent, la pile peut assurer le mouvement durant de nombreuses années, mettons seulement 10 ans; ainsi avec une pile de 6 francs, par exemple, soit 0 fr. 60 annuellement ou 0 fr. 05 mensuellement, on actionne cette horloge. La pile peut être logée dans un cylindre support ou dans tout autre endroit approprié.
- Quand la goupille attaque la fourchette et la mène, la force du courant employée d’abord assez forte, décroît ensuite pendant ce temps, le courant d’induction qui se produit lorsqu’un solénoïde circule au voisinage d’un aimant, naît et croît en vertu de l’accroissement de la vitesse et acquiert un maximum. Ce courant est conlre-électro-moteur et dirigé en sens inverse du courant moteur qui a transformé, comme il a été dit, la bobine en électroaimant. Au moment de la rupture du contact, il y a presque équilibre, et il n’y a pas d’étincelle de rupture, si difficile à empêcher dans tous les instruments électriques.
- Il y a lieu de noter que les fermetures de courant successives du circuit électrique sont assurées même si l’amplitude est excessivement faible. Dans ces conditions, le pendule se met en marche de lui-même quand il est arrêté presque complètement. La Bulle-Clock présente donc cette particularité unique de se remettre en marche seule, soit après un choc imprévu, soit lorsqu’on l’a transportée et qu’on l’a mise à sa nouvelle place, soit dès qu’on l’installe une première fois.
- La fourchette tourne sous un angle constant, même au cas où l’amplitude augmenterait considérablement. car l'engagement de la goupille n’a pas lieu aux extrémités de la course du pendule. Les variations de l’amplitude ne gênent donc en rien le fonctionnement correct du mouvement, et comme les facteurs qui influent sur l’isochronisme des oscillations du pendule ont été déterminées et réglées d’autre part, le fonctionnement du mouvement est donc assuré.
- Voici comment s’opère la transmission du mouvement au mécanisme de commande des aiguilles. On voit (fig. 2) que la roue qui est la seule pièce horizontale du mécanisme à roehets S porte sous elle, une vis sans fin en acier 2 qui fait tourner une roue taillée en hélice U correspondante à celle de la vis sans fin et qui fait un tour entier en une minute. Quand le rochet a fait 60 tours, la roue hélicoïdale en a fait un. Cette dernière porte l’ai-
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- 304 =.... == L’HORLOGE ÉLECTRIQUE “ BULLE-CLOCK ”
- Fig. i. — Schéma du mécanisme de l'appareil Bulle-Clock.
- guille des minutes de la pendule et par une minuterie ordinaire actionne l’aiguille des heures- Tout cela se produit, les pressions sur les pivots étant pratiquement nulles, au maximum de quelques grammes infiniment moindres que celles produites
- Fig. 2. — Détail du disposilij assurant les contacts électriques.
- dans les appareils horaires mécaniques par le couple du ressort moteur.
- Tous ces organes avec le rochet, la partie antérieure de l’axe de la fourchette portant les cliquets, sont compris à l’intérieur ou à l’extérieur de deux plans constitués par une platine à l’arrière et une contre-platine à l’avant. Ces deux plans sont réunis par quatre piliers qui les maintiennent parallèles. La platine est elle-même relice par deux bras fixés aux extrémités de l’entretoise placée à la partie supérieure, soit de la colonne qui, pour un modèle, sert à contenir la pile, soit d'une armature qui supporte l’organisme général.
- Fig. 3. — Une horloge Bulle-Clock.
- Sous la bobine, sur une tige filetée et prolongeant le balancier est adaptée une rondelle moletée en laiton dont le poids est tel qu’à un tour entier du curseur de réglage, dans un sens ou dans l’autre, corresponde une avance ou un retard de 50 secondes par jour dans les grands modèles de Bulle-Clock et de 40 secondes, dans les petits modèles.
- Divers modèles de Bulle-Clock ont été établis afin de répondre à tous les goûts ; mais si l’habillage et le mécanisme difterent, du moins la disposition de tous les organes est la même et donne dans tous ces modèles les mêmes qualités de solidité et d’exactitude. . M.r Bousquet.
- Le Gérant • T. Masson. — Imprimerie Laiiore. 9, rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- N0 2719 II —^ 15 Mai 1926
- LA NATURE
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- SOMMAIRE :
- La psychologie d’une race primitive : les Esquimaux : V. Forbin.
- Les gaz de combat dans l’histoire : M. et L. Jacqué.
- Le raffinage du cuivre et l’obtention des feuilles de cuivre : I. L. — Académie des Sciences : Paul B. La vision stéréoscopique des objets en mouvement : Claude de Rochefort-Luçay. Comment on reconnaît les arbres et les arbustes : Henri Coupiil.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. — Hygiène et santé.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . , . Union postale.
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- MASSON ET Cle, Editeurs. 120, boulevard Saint-Germain. Paris.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et O*, Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (J{. C. : Seine 15.334)
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- LA NATURE-
- N° 2719.
- 15 MAI 1926
- LA PSYCHOLOGIE D’UNE RACE PRIMITIVE : LES ESQUIMAUX
- Les philosophes — s’il en est encore de cette categorie — qui nous citent en exemples les mœurs des peuples primitifs feraient sagement d’étudier celles des Esquimaux ; ils y apprendraient à estimer nos vieilles civilisations, qu’il est de mode de dénigrer, et qui leur apparaîtraient alors presque parfaites, par comparaison!
- Le parricide et l’infanticide sont des crimes que les tribunaux des peuples civilisés ont trop souvent à juger, mais qui sont condamnés par les lois comme par l’opinion publique, tandis que, chez les Esquimaux, ces actes abominables ne soulèvent
- sa vie l'impotence du vieil âge. Dans la majorité des cas, une famine prolongée pourrait être donnée comme , excuse. La famille, victime d’une série de mauvaises chasses, a consommé ses provisions, toujours minces chez cette race de chasseurs imprévoyants, qui vivent au jour le jour. Le vieux père, qui n’est plus bon pour la chasse, qui marche péniblement, et qu’il faut charger sur le traîneau, est désormais une bouche inutile. Partager avec lui les dernières bouchées, c’est diminuer la ration des autres membres, plus utiles que lui à la communauté. Si l’on juge cet acte abominable en tenant
- Père et cnfanPesquimaux.
- lug. i. —
- ni émotion ni réprobation : personne ne les considère comme des crimes.
- Je ne veux pas dire que la majorité des Esquimaux tuent leurs parents et leurs enfants,, et je dois même préciser que le parricide est une exception, et que l’on voit fréquemment des vieillards impotents que leurs enfants et leurs petits-enfants entourent de soins attentifs, et qu’ils laissent mourir de leur mort naturelle. Le point en discussion est celui-ci, et j’y insiste : un homme qui se débarrasse de son père, devenu une charge pour lui, ne perd pas droit à l'estime de ses concitoyens. Et il en est ainsi de la jeune mère qui, renonçant à élever son enfant nouveau-né, le met à mort de ses propres mains, ou l’expose sur la neige, pour qu’il soit tué par le froid ou dévoré par les renards.
- Sur le parricide, je pourrais citer de nombreux cas observés par M. LL Jenness, de la Canadian Arctic Expédition, et par d’autres explorateurs aussi dignes de foi que cet éminent savant. C’est toujours le père (jamais la mère) qui doit payer de
- compte du milieu, on lui découvre un semblant d’excuse.
- Mais, dans d’autres cas, les enfants n’attendent pas la disette. Ils. raisonnent à froid que le vieux père n’a plus que quelques années ci vivre, et, dès lors, il est condamné ; on n’attendra plus qu’une occasion propice. Je n’ai jamais entendu dire, et je n’ai jamais lu, qu’un fils ait égorgé son père; le plus souvent, on profilera d’une marche par mauvais temps pour le jeter en bas du traîneau, et pour l’abandonner sous la rafale de neige ou dans « le vent qui tue », le vent glacial. Ou encore on l’emmurera dans un iglô, en lui laissant une ou deux journées de 'vivres.
- Le meurtre des enfants est beaucoup plus fréquent. En principe, dès la naissance de deux jumeaux, l’un deux (de préférence la tille) est sacrifié.
- Une mère a toujours le droit de mettre à mort son nouveau-né, mais avec le consentement de l’époux, et à condition que le meurtre prenne place
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- 64* Année. — 1" Semestre.
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- LA PSYCHOLOGIE D’UNE RACE PRIMITIVE: LES ESQUIMAUX
- b1
- regarde à
- Fig. 2.
- Un départ pour la chasse chez les Esquimaux Nctjilik.
- dans les Irois ou quatre jours qui suivent la naissance.
- Cette dernière restriction a un motif purement religieux, si l’on peut employer cet adjectif, la religion des Esquimaux n’étant qu’un fatras de superstitions puériles ou grossières. Ils considèrent que le nom est une chose vivante, une sorte d’âme. Comme l'enfant n’en reçoit un que vers le cinquième jour qui suit sa venue au monde, la mère ne court aucun risque en le tuant avant cette date. Passé ce délai, le nom-urne pourrait la hanter, ou même lui causer du tort.
- Les raisons invoquées par la mère pour expliquer son acte ne trouveraient pas grâce devant un jury européen.
- Généralement, elle le met au compte du mauvais temps, qui se traduit toujours, pour ce peuple imprévoyant, par une disette de vivres.
- Durant les migrations hivernales, il est possible de loger l’enfant sur un traîneau; mais, en été, ce sont les femmes qui transportent sur le dos tous les bagages, et celles qui n’ont pas le sentiment maternel très développé rechignent à ajouter un enfant à leur charge. - -
- Mais la plupart des mères criminelles se contentent de dire qu’elles sont encore trop jeunes pour élever un enfant, qu’il faut, en l’absence - f-
- d’aliments lactés ou végétaux, nourrir au sein jusqu’à l’âge de quatre à cinq ans. Et ces meurtres doivent être très fréquents. M. D. .lenness précise que, durant le même hiver, quatre infanticides prirent place dans le voisinage de la station de l'Expédition Arctique ( Canadienne, pour une population de moins de cent âmes.
- .l’insiste de nouveau sur ce point : la moralité esquimaude ne condamne pas ces meurtres, t qui n’indignent
- personne. Bien plus, les mères criminelles raconteront en public leurs abominables exploits, et même en plaisanteront. Je crois qu’un tel cas d’inconscience est unique en ethnographie. Chez plusieurs races primitives que j'ai fréquentées, le meurtre du nouveau-né était toléré dans certains cas (enfants, mal constitués, ou nés hors du mariage) ; mais les mères, sans nier leur acte, ne s’en vantaient pas.
- Il convient de dire que ces mœurs ne sont pas générales chez les Esquimaux. Le D' Jenness et d’autres explorateurs citent plusieurs cas où l'enTant, exposé vivant sur la neige, fut recueilli par une brave femme qui tenta de l’élever en lui donnant de la viande mâchée. Mais, ce qui est surprenant, c’est que les mères, presque sans exception, s’attachent tendrement à leurs petits, dès qu’ils ont passé le délai fatal, c’est-à-dire dès qu’ils ont reçu une âme avec un nom.
- Rarement grondé, l’enfant n’est jamais battu. La raison de ce traitement est qu’il porte généralement le nom d’un parent défunt, qui, de ce fait, s'est réincarné en lui. Ainsi, corriger un enfant qui s’est mal conduit, c’est corriger le grand-père ou la
- rand’tante dont il
- Et l’on
- allonger une
- a reçu le nom. deux fois avant de lui taloche, car l’âme du défunt pourrait en témoigner du ressentiment!
- J’ai dit, dans un chapitre précédent, que la vie humaine compte pour peu aux yeux d’un Esquimau, et que les assassinats sont fréquents chez cette race. J’effleurerai ici un autre sujet, élément indispensable dans une étude sur la psychologie d’une race, pour qui pudeur et chasteté sont des mots vides de sens. 0 les tableaux idylliques sur les mœurs des primitifs! Ce n’est pas chez les hyperboréens de
- big. 3. — Une cuisine. Le camp est couvert de lanières et de morceaux de viande de Caribou, séchant à l’air. Dans le foyer brûlent des herbes séchées de Drvas inteerifolia.
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- LA PSYCHOLOGIE D’UNE RACE PRIMITIVE: LES ESQUIMAUX ...: 307
- l'Amérique que les poètes pourraient se documenter !
- La promiscuité est la loi de l’iglô, avec son grand lit de fourrure où s’entassent les membres de la famille et leurs hôtes de passage. Le mariage, d’ailleurs, n’est qu’un contrat provisoire, qu’abrège fréquemment le divorce, et deux hommes qui veulent se prouver leur amitié font des échanges de durée plus ou moins courte, auxquels les épouses se prêtent volontiers. L’immoralité des Esquimaux fait contraste avec les mœurs des autres indigènes américains : les « Peaux-Rouges » font preuve, sur ce chapitre, d'une réserve et d’une dignité que l'on pourrait donner en exemple à certaines races civilisées.
- La seule vertu que l’on accorde volontiers aux Esquimaux, c’est le respect de la propriété; ils ne sont pas voleurs, et les rares auteurs de larcins sont voués à la vindicte publique, qui, souvent, les oblige à changer de tribu et à s’enfuir au loin. Il peut paraître étrange qu’un voleur soit traité plus sévèrement qu’un assassin ; mais nous découvrons aisément l’explication de ce phénomène dans les habitudes que le climat impose à ces primitifs.
- Chasseurs et nomades, les Esquimaux ne sauraient emporter dans leurs fréquentes migrations tous leurs biens. Ils entassent ceux qui leur seraient inutiles près de leur iglô, avant de s’éloigner du littoral pour aller pêcher et chasser dans l’intérieur, pendant les deux ou trois mois de saison tiède. Ils édifient d’énormes piles de vêlements de fourrure, de vivres, d’objets domestiques, en leur donnant pour fondations les traîneaux surélevés par des quartiers de roche, afin de les soustraire aux attaques des bêtes sauvages, et le tout est recouvert par des peaux de rennes étroitement serrées de lanières.
- Le pillage de ces « caches » (pour employer ici le terme canadien) est considéré comme le plus grand des crimes, et c’est un forfait dont peu d’Es-quimaux se rendent coupables, sachant bien que,
- Fig. 4 — Un jeu Je femmes et d’enfants rappelant celui de la couverture. La personne lancée doit s’y tenir de la plus gracieuse façon; quand elle retombe à côté, même si elle s’est blessée ou fracturée un membre en tombant, on n’interrompt pas le jeu et on passe à une autre.
- s’ils étaient découverts, ils seraient punis sévèrement par la communauté. M. Jeriness cite le cas d’un homme qui déroba des fourrures de deux « caches » appartenant à deux notables. Hanté par les remords, il se pendit, et son corps fut traîné loin du campement, afin que, suprême châtiment, il fût dévoré par les renards.
- Le même respect est accordé aux cachettes de venaison. Ouand un chasseur a tue plus de rennes qu’il ne peut en utiliser sur l’heure, il entasse les carcasses sous un monceau de grosses pierres pour les protéger contre les carnassiers, avec l’espoir de les retrouver en cas de disette. Le plus souvent, la viande pourrit dès le retour de la chaleur, et il faut qu’une bande en voyage soit tenaillée par la faim pour qu’elle se décide à violer une de ces cachettes.
- Signalons encore, dans cet ordre d’idées, que les parents et amis d’un défunt déposent sur sa tombe certains objets de valeur qui lui ont servi en ce bas monde ; vêtements de fourrure, armes, ustensiles. La sépulture d’un chasseur recevra son fusil, s’il en avait un; celle d’une jeune femme, ses faux cheveux. Personne n’oserait dérober un seul de
- Fig. 5. — Un groupement de famille en hiver. Les iglus communiquent.
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- LES GAZ DE COMBAT DANS L’HISTOIRE
- ces objets. Stefansson, qui a passé vingt années de sa vie d’explorateur parmi les Esquimaux, affirme qu’il n’a. jamais entendu parler d’un vol, et déclare même que leur langue n'a pas de mot pour exprimer cet acte. Mais, d’après les observations de M. Jenness, il semble que ce respect de la propriété d’autrui ne serait observé qu’entre indigènes. Et il écrit :
- « Nous apprîmes à nos dépens que, pour quelques Esquimaux, voler les étrangers n’est pas voler. Non seulement on nous déroba de nombreux objets à notre station, mais on mit au pillage une des « caches » qne nous avions établies sur le littoral, crime généralement considéré comme abominable en pays arctique. »
- La psychologie de cette race olïre de curieux contrastes. Nous avons montré qu'elle n’a pas de respect pour la vie humaine, et nous pouvons ajouter qu’elle fait souvent preuve de cruauté. Une femme, racontant comment elle avait tué son nouveau-né deux ans auparavant, riait aux éclats en disant que les renards avaient . dû faire un bon repas avec le petit corps. Quand une chienne a mis bas, on ne conserve généralement qu’un petit, et les femmes prennent un plaisir manifeste à torturer les autres avant de leur écraser la tète à coups de pierre.
- Et, cependant, il n’est certainement pas de race au monde qui ait la larme aussi facile. Que quelqu’un raconte en pleurant qu’il vient de perdre un ami, et toute l’assistance se met à sangloter, ce qui ne l’empêchera pas d’éclater de rire quelques minutes plus tard, en entendant un bon mot.
- Car ces grands enfants ont un
- sens de l'humour très développé, comme le note le Dr Jenness dans le passage suivant de son rapport :
- « Nous venions de terminer le montage de notre maison de bois, type d’habitation inconnu dans les régions arctiques. Deux Esquimaux, inhabiles à découvrir la porte, jetèrent un regard anxieux par la fenêtre. Pour se moquer de leur embarras, un autre Esquimau qui se trouvait avec nous leur conseilla de grimper sur le toit et d’entrer par le tuyau de la cheminée!
- « Quelques instants plus tard, ce même farceur se faisait des grimaces devant notre petite glace, en criant : « Mais qui est ce personnage? Quel est son
- » Remarques qui rire chez ses com-
- Fig. 6. — Une vieille femme qu'on abandonnera sur la neige si elle ne peut suivre sa famille dans les déplacements.
- nom? Est-il assez joli garçon déchaînaient des accès de fou pagnons.... »
- Ces primitifs font preuve d’un sens artistique remarquable. Dans les relations de la Canadian Arc tic Expédition, on peut voir les reproductions de dessins exécutés par des Esquimaux qui ne manquent ni d’exactitude ni de charme. Ce fut un de ces artistes polaires qui joua jadis une abominable farce à un « demi-savant » américain, en dessinant devant lui la silhouette d'un animal gigantesque qu’il avait (disait-il 1) rencontré dans l'intérieur de l’Alaska. En réalité, il ne l’avait rencontré que dans un magaz'ne que lui avait montré jadis un explorateur, et le dessinait de mémoire.
- Or, ce monstre était un mammouth — d’où la nouvelle sensationnelle qui apprit bientôt aux lecteurs de nombreux journaux américains que des bandes de mammouths vivaient encore en Alaska !
- V. FoRIilN.
- LES GAZ DE COMBAT DANS L’HISTOIRE
- Dans les guerres modernes, les hommes sont bien peu de chose lorsqu’ils se heurtent à un adversaire mieux armé. Tout procédé de destruction inconnu de l’un des combattants affaiblit sa résistance morale et conduit à l’abandon de la lutte. Même quand le moyen employé par l’ennemi n’est pas plus meurtrier que ceux auxquels le combattant a fini par s’accoutumer, la surprise détermine chez les plus braves une période d’indécision dont profite le camp adverse s’il est bien dirigé.
- Il est évident que l’emploi de substances toxiques et corrosives, dont on a fait si grand usage pendant la dernière guerre, se prête particulièrement à créer ces états d’àme angoissants qui ont éprouvé des vaillants comme les Canadiens, les'Ecossais et nos coloniaux lorsque la première vague de chlore les atteignit entre Bixchoote et Langemark le 2"2 avril 1915. La surprise fut complète et terrible.
- L’emploi des stupéfiants et des gaz asphyxiants, s’il n’avait pris jusque-là un développement sérieux, n’est cependant pas un fait nouveau dans 1*histoire des guerres.
- Déjà au vc siècle avant notre ère, pendant les guerres du Péloponèse, les Spartiates cherchaient à étouffer les défenseurs de Platée, en brûlant contre les murailles, à la faveur du vent, des fascines imbibées de soufre et de poix.
- Thucydide nous raconte comment, au siège de Délium, les Béotiens employèrent une machine, véritable lance-llammes, qui les rendit maîtres de la place. « Ils scièrent en deux, dans le sens do la longueur, une grande poutre, évidèrent les deux côtés et les rejoignirent exactement de manière à former un tube. A l’une des extrémités, ils suspendirent une chaudière avec dés chaînes. Un bec de soufflet, en fer, était adapté à la même extrémité et
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- descendait vers la chaudière ; de nombreux ferrements maintenaient le reste de la poutre.
- Cette machine fut amenée de loin sur des chariots au pied de la muraille, dans la partie formée plus particulièrement de saiments et de bois. Quand elle fut à portée, ils adaptèrent de grands soufflets à l'extrémité placée de leur côlé et se mirent à souffler. L’air comprimé tombant sur la chaudière remplie de charbons ardents, de soufre et de poix produisit une immense flamme et provoqua un tel embrasement au rempart qu’il devint impossible de s’y tenir ('). »
- Plutarque nous raconte que le général romain Serto-riusfit amonceler pendant la nuit face aux barbares qu’il combattait un long talus de cendres et de poussières. Au matin, il ‘lança des cavaliers au galop sur le talus et les barbares furent aveuglés et à moitié asphyxiés par le nuage de poussières que le vent poussait sur eux. Ser-torius prolila de leur désarroi pour les vaincre.
- Sextus Junius Africanus signalait, dès le m° siècle de notre ère, les moyens d’empoisonner les sources, les cours d’eau et même l’atmosphère. Dans ses mixtures il employait, entre autres, le soufre, le salpêtre, le sulfure d’antimoine, l’asphalte, constituant ainsi des combustibles violents qui dégageaient des torrents de vapeurs sulfureuses. Heureusement ses données étaient si confuses qu’elles ne risquaient guère d’ètre appliquées.
- Il y a sans doute quelque chose de vrai dans les légendes du prêtre Jean (xie siècle) : il emplissait de matières toxiques des statues creuses en cuivre; en brûlant, ces matières dégageaient par les narines et par la bouche des statues des torrents de vapeurs empoisonnnées.
- Les historiens des Croisades nous parlent souvent du feu Grégeois, du lancement dans les villes assiégées de récipients remplis de matières enflammées et asphyxiantes.
- La production de vapeurs toxiques par la combustion de matières opiacées et arsenicales est signalée par l’Arabe Hassan Alrammah dans un ouvrage sur la guerre (xiii* siècle).
- La littérature guerrière ou alchimiste allemande des xve et xvie siècles donne (déjà!) plusieurs exemples des moyens d’asphyxier l’ennemi à la guerre. On y remarque fréquemment l’emploi de l’arsenic; les composés arsenicaux volatils contribuaient donc déjà à empoisonner les combattants tout comme la gamme variée des arsines pendant la Grande Guerre. L’emploi de ces mélanges était prévu en particulier pour la guerre de mine et la guerre de siège.... 11 est vrai que l’Autrichien Senften-berg précise que les Chrétiens ne doivent les employer que conlre les Turcs et les Infidèles et jamais contre d’autres Chrétiens.
- V « extraordinaire )) Léonard de Vinci avait de son côlé pensé à l’emploi des vapeurs d’arsenic pendant les sièges. •
- N’oublions pas de citer « l’huile repoussante de Fiora-vanti », fabriquée avec de la lérébenlhine, du soufre, de l’assa fœtida, des excrémenls humains, le tout soigneusement distillé.
- Le chimiste Glauber, vers 1640, donne la recette de bombes fumigènes et incendiaires à base de térébenthine et d’acide nitrique. On devait les employer contre les Turcs, alors très menaçants.
- Leibniz lui-même, en 1670, signale un artifice (stink-pott) dont la fumée insupportable se développe abondamment.
- En 1680, Louis XIV refusa le (( liquide infernal » du 1. Tudcydibe. Histoire des Guerres du Péloponèse. Traduction Ch. Zévort.
- docteur Dupré; il fit même détruire les documents de l’inventeur « dans l’intérêt de l’humanité, ».
- Voltaire nous raconte dans son Histoire de Charks XII, comment ce roi, par l’emploi d’un fumigène de fortune, réussit le passage de la Duna : « Ayant remarqué que le vent soufflait du nord, où il était, au sud où étaient, campés les ennemis, il fit mettre le feu à quantité de paille mouillée, dont la fumée épaisse se répandant sur la rivière, dérobait aux Saxons la vue de ses troupes et de ce qu’il allait faire. A la faveur de ce nuage, il fit avancer des barques remplies de celte même paille fumante; de sorte que le nuage grossissant toujours et chassé par le vpnt dans les yeux de ses ennemis, les mettait dans l’impossibilité de savoir si le roi passait ou non.... » Il franchit donc la rivière. « U fait aussitôt débarquer son canon et forme sa bataille, sans que les ennemis, offusqués par la fumée, puissent s’v opposer que par quelques coups tirés au hasard. Le vent ayant dissipé ce brouillard, les Saxons virent le roi de Suède marchant déjà à eux. »
- Pendant les guerres de Napoléon Ier, un chimiste anglais avait déjà proposé de remplir les projectiles avec de l’acide cyanhydrique. A la même époque, Dundonald, à la suite d’une visite aux mines de soufre de Sicile, avait présenté en 1812 au prince régent d’Angleterre un mémoire oii il préconisait l’emploi de vagues d’acide sulfureux. En 1855, cette idée fut reprise et développée par son auteur devenu l’amiral Dundonald. Il proposait d’amonceler dans un endroit convenable en face des redoutes de Malakoff et du redan de Sébastopol un mélange de 2000 tonnes de coke et de goudrons avec quelques centaines de tonnes de soufre ; on attendrait un vent favorable pour y mettre le feu et l’on profiterait du désarroi des défenseurs pour effectuer un bombardement efficace et réduire les Russes à l’impuissance.
- Le gouvernement anglais d’alors considéra ce procédé, qui peut-être aurait donné les résultats attendus, comme indigne d’un combattant loyal.
- Dans un article sur le feu Grégeois, publié en 1864, B. AV. Richardson, suggérait l’emploi de ballons répandant sur l’ennemi le feu et le poison. « La guerre, disait-il, est devenue si horrible, si cruelle, qu’on ne peut que la rendre moins barbare en la rendant plus énergique. »
- C’est la théorie que le Grand Etat-Major allemand a développée avec tous les raffinements imaginables pendant la Grande Guerre.
- En 1805, l’empereur Napoléon III ordonnait d’abandonner les expériences faites au camp de Chfdons (sur des chiens) avec des obus asphyxiants.
- En 1870, c’est un pharmacien allemand qui propose de remplir les obus avec de la vératrine, alcaloïde de la cévadille. Il s’agit d’un alcaloïde slernutatoire extrêmement actif et vénéneux;, mais ce moyen n’était guère plus applicable que beaucoup d’autres, théoriquement possibles. 11 existe, en effet, de nombreux poisons d’origine végétale, animale ou minérale qui pourraient être employés à la guerre. Mais leur prix élevé et leur production limitée les mettent le plus souvent en dehors de toute applicalion sérieuse et continue à la guerre. Il en est de ces matières comme des explosifs : on est obligé pour des fabrications intenses d’avoir recours aux corps les plus abondants dans la nature. La triste expérience de la dernière guerre a d’ailleurs montré que ces corps eux mêmes, ou leurs dérivés, sont susceptibles d’offrir tous les genres et tous les degrés de toxicité.
- Rappelons enfin que, peu avant la guerre, la police
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- avait employé contre la bande Bohnol, à Choisy-le-Roy, des grenades au-bromacétale d’éthyle, corps d’ailleurs peu toxique et surtout suffocant.
- On s’était bien mis d’accord à la Conférence de La Haye (28 juillet 1899 et 19 octobre 1907) pour défendre aux belligérants l’emploi de tous procédés illégaux et barbares, tels que l’empoisonnement des sources et des aliments destinés à l’adversaire, l’emploi d’armes empoisonnées, de projectiles chargés de substances toxiques, en un- mot « des matières propres à causer des maux superflus ». La plupart des grandes nations d’Europe et d’Orient, y compris l’Allemagne, signèrent cette convention. Cependant les Etats-Unis ne voulurent s’engager à rien; l’amiral Mahan faisait remarquer avec quelque raison qu’il n’est pas logique de protester contre l’emploi des gaz asphyxiants quand on ne se fait aucun scrupule de noyer au milieu de la nuit les centaines d'hommes d’un cuirassé par l’emploi de torpilles sous-marines.
- Quoi qu’il en soit, les Alliés se refusaient à croire que les Allemands manqueraient à un engagement solennellement signé par eux ; on n’avait d’ailleurs aucune idée au commencement de 1915 de-l’extension qu’allait prendre la guerre des gaz. Aussi, quand un déserteur allemand vint annoncer aux Anglais que ses compatriotes étaient en train de s’installer pour leur envoyer une vague de chlore, on se contenta, dans les lignes anglaises, de ridiculiser une idée aussi baroque et on fit même des caricatures à ce sujet : on n’avait pas confiance dans la « guerre d’apothicaires » ; c’est l’expression dont on s’était servi au Ministère de la Guerre, en réponse à un chimislo bien connu qui, au commence-
- ment de cette même année 1915, avait proposé l’emploi d’obus toxiques. Les Allemands eux-mêmes ne se rendirent pas compte de l’importance du désarroi causé par la terrible surprise du 22 avril 1915; il est fort heureux pour les Alliés qu’ils n’aient pas su ni osé en tirer tout le parti possible.
- 11 fallut cependant bien se décider à adopter les mêmes procédés que les Allemands.
- Nous avons vu par le court exposé qui précède que l’idée est loin d’être nouvelle. Dans toutes les guerres on a cherché à empoisonner les sources, à détruire les habitants des villes assiégées par la famine, par la destruction des canalisations d’eau potable. C’est qu’en réalité, en dépit des protestations humanitaires, l’affreuse guerre n’a d’autre but que la destruction et, à cet effet, tous les moyens sont bons. La reproduction périodique de la guerre est la conséquence fatale des luttes économiques et de l’esprit de haine adroitement cultivé par l’envie et la convoitise.
- Les progrès de la science et du matérialisme conduisent à employer les moyens les plus expéditifs pour en finir avec l’adversaire et l’on peut être sûr que, malgré tant de généreuses utopies, la guerre de demain dépassera en horreur celle qui l’a précédée. Les perfectionnements de l’aviation et de la guerre chimique permettraient sans nul doute de rendre des régions entières inhabitables.
- On est conduit à favoriser pendant la paix le développement et le maintien de puissantes industries de chimie organique, si l’on ne veut pas être à la merci d’adversaires plus puissamment organisés.
- M. et L. Jacqüé.
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- Notre intention n’est pas, dans ce petit article, d’exposer à nos lecteurs la métallurgie du cuivre ; cette question pourrait d’ailleurs leur paraître manquer d’intérêt et du reste elle est exposée tout au long dans tous les traités de chimie minérale.
- Il est, par contre, un côté de cette industrie qui est généralement peu connu, c’est celui relatif à la forme sous laquelle le cuivre est livré au commerce. La métallurgie du cuivre produit des lingots. Gomment transforme-t-on ces lingots en feuilles de cuivre par exemple ? C’est ce que nous voulons expliquer ici ; pour plus de clarté nous jugeons seulement nécessaire de rappeler en quelques lignes la préparation du cuivre brut.
- Le cuivre est un des plus anciens métaux utilisés. Aux époques préhistoriques, on le connaissait déjà ; l’abondance de ces minerais et surtout sa métallurgie relativement simple expliquent cette précoce apparition.
- Les minerais de cuivre les plus répandus sont des sulfures, des arséniures où le cuivre se trouve mélangé à du fer, à du plomb, à du nickel, à de l’argent, à du zinc, à de l’antimoine. Quelquefois on le trouve à l’état natif.
- Le plus riche minerai est la Cbalcosine qui contient 80 pour 100 de cuivre à l’état de sulfure ; le
- plus abondant est la Chalcopirite, sulfure de cuivre et de fer qui contient 95 pour 100 de cuivre.
- Les principaux gisements de ces minerais sont situés dans l’Amérique du Nord, au Chili, en’ Saxe, dans l’Oural, en Espagne, au Japon, en Asie, en Australie, en Afrique.
- I)’une façon, générale, les minerais traités en métallurgie contiennent au minimum 15 pour 100 de cuivre. Si ce minerai de cuivre était pur, le traitement serait simple, mais il faut éliminer les métaux étrangers qui sont le fer et le zinc dans les minerais dits purs, le soufre, le plomb, l’arsenic, l’antimoine dans les minerais impurs.
- Le minerai sulfuré est d’abord soumis à un grillage qui élimine une grande partie du soufre. On fond ensuite le minerai grillé en y ajoutant du charbon, lequel réduit l’oxyde de cuivre formé partiellement. Au cours de cette fusion de nombreuses impuretés et de l’oxyde de fer forment une scorie très fluide qui surnage et que l’on élimine. Le sulfure de cuivre ainsi obtenu s’est enrichi en cuivre par l’élimination des impuretés de la gangue du minerai, et par la volatilisation de l’arsenic et de l’antimoine. Une nouvelle fusion en présence de charbon et de silice amène le cuivre à letat métallique. Le produit ainsi obtenu s’appelle industriellement du « cuivre noir »
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- Tel qu’il sort, de cette opération métallurgique il se présente sous la forme d’un lingot, souvent très impur. Ces impuretés sont dues aux corps étrangers qui accompagnent le cuivre dans le minerai naturel : le soufre, le nickel, l’antimoine, l’arsenic, le bismuth, le fer; beaucoup d'entre elles ont un effet très nuisible sur les propriétés physiques du cuivre, sur sa dureté, sa malléabilité, sa flexibilité. De ce fait, elles doivent être plus ou moins éliminées avant que le métal ne soit transformé en feuille, en tube, en fils, etc.
- De nombreuses méthodes de raffinages du cuivre ont été proposées, mais cependant la plus généralement employée est celle que l’on utilise à Swansea qui consiste à fondre la masse de cuivre brut et à amener ce métal à un certain degré d’oxydation.
- On procède ensuite à la réduction de l’oxyde de cuivre, mais après avoir enlevé les oxydes impurs ou scories la surface du~métal en fusion.
- Le cuivre brut, à sa réception, varie dans sa composition, suivant ses origines. Parmi les sources importantes de cuivre brut il faut citer le Chili (Braden), l’Espagne (Rio-Tinto), l’Afrique (Katanga). Ainsi une analyse type des cuivres de Braden à sa réception a donné des chiffres suivants : cuivre, 99,5 pour 100; antimoine, 0,05 pour 100; arsenic, 0,02 pour 100; nickel, 0,05 pour 100 ; traces de bismuth. Un échantillon de cuivre de Rio-Tinto a donné : cuivre, 97 pour 100; bismuth, 0,02 pour 100; antimoine, 0,06 pour 100; arsenic, 1 à
- 2 pour 100; nickel, 0,05 pour 100; traces d’oxygène.
- Pour purifier ce cuivre brut, on provoque sa fusion dans des fours spéciaux appelés « fours à réverbère » où le métal est fondu en présence d’un violent courant d’air. Chacun de ces fours peut contenir une charge de 15 tonnes et même plus. Cependant au delà de cette quantité, il est assez difficile de maintenir le métal en fusion à la température désirable. Dans le four à reverbère, le combustible est brûlé dans un compartiment séparé de celui où est provoquée la fusion du cuivre ; de ce fait les impuretés du charbon ne viennent pas contaminer le cuivre. Dans un haut fourneau, au contraire, le métal et le combustible sont en contact intime.
- Ce four est fabriqué au moyen de briques réfractaires ; on ménage, dans le milieu du toit et sur les côtés, des ouvertures pour le passage de l’air. Une porte latérale sert au chargement du four, porte que l’on scelle quand le chargement est terminé. Le foyer peut atteindre 6 m. de longueur et 4 m. de largeur; il est constitué par du sable siliceux très pur. Enfin une cheminée de 25 m. de haut est annexée à chaque four.
- On a remarqué que ce n’est qu’au bout d’un certain nombre d’opérations qu’un tel four est apte à fournir du cuivre pur.
- Les masses de cuivre brut sont empilées dans le compartiment de fusion et le métal est chauffé rapi-
- Pig. 2. — Equipe d’ouvriers chargée de couler le cuivre dans les moules. Le cuivre fondu est versé en légères couches dans les moules. Un ouvrier écumeur doit enlever avec un écumoir en fer les petiles impuretés qui surnagent le cuivre en fusion dans le moule.
- Fig. j. — Au deuxième plan : un four à réverbère où est pratiqué le raffinage du cuivre. Dans le métal en fusion on plonge des perches de bouleau vert. La réduction de l’oxyde de cuivre est obtenue par l’action du carbone fourni par le végétal. Au premier plan : une série de moules dans lesquels on coulera le cuivre purifié.
- qui flottent à
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- Fig. 3. — Avant de passer au laminoir, les gâteaux de- cuivre sont réchauffés dans le jour après avoir été décapés dans un bain faiblement acide.
- dénient jusqu’à ce qu'il commence à fondre, c’est-à-dire vers : 1,000'°. A partir de ce moment, les ouvertures du four qui étaient d’abord obturées sont ouvertes et l’air est admis à circuler librement, tandisique’le métal continue à fondre lentement.
- Quand la fusion est complète, on s'efforce de réaliser aussi bien que possible l’oxydation par l’air. Gelle-rci est obtenue: par. le brassage de la masse fondue au moyen d’un ringard mis en mouvement soit à la’main, soit à la machine.On provoque ainsi, pendant deux heures.; une violente, agitation du cuivre fondu. Pendant cette oxydation les impuretés viennent flotter'à, là.sùrfàce et on les enlève.'Une prise d’essai opérée de temps à autre et portée au laboratoire d’analyse permet de sc rendre compte de. l’état de,la purification, et plus rapidement encore l'aspect du petit lingot ainsi prélevé fixe souvent l’opérateur sur l’état de la réaction.
- Le but de cette fusion oxydante est de volatiliser l’antimoine, l’arsenic, le zinc qui peuvent être présents et d’oxyder les autres impuretés ainsi qu’une partie du cuivre lequel en lin d’opération arrive à contenir 8 pour 100 d’oxyde de cuivre à l’état dissous dans le cuivre métallique.
- Pendant cette opération, la température est soigneusement contrôlée au moyen de pyromèlres.
- Quand l’oxydation est jugée suffisante et que les impuretés surnageantes ont été enlevées, on procède à la réduction de l’oxyde de cuivre contenu dans le cuivre, de façon que la teneur de cet oxyde tombe
- de 6 pour 100 à 0,5 pour 100. On ne cherche généralement pas à descendre plus bas que cette teneur de 0,5 pour 100 en oxyde de cuivre, car on diminuerait ainsi la conductibilité et la résistance du cuivre.
- Pour opérer la réduction, il y a lieu tout d’abord naturellement d’obturer les arrivées d'air du four, après quoi on projette sur le cuivre en fusion un peu de charbon de bois, tandis que l’on enfonce dans le métal en fusion des perches de bouleau vert. La volatilisation des produits gazeux de la combustion du bouleau vert provoque un violent brassage de cuivre en fusion. Dans une de nos photographies (photographies gracieusement fournies par la revue The Industrial Chemist), on remarque que l’ouvrier doit lui-même se préserver des projections de métal chaud déterminées par ce brassage.
- La réduction de l’oxyde de cuivre est ainsi réalisée par l’oxyde de carbone, l’hydrogène et les hydrocarbures volatils fournis par la combuslion du bois vert, tandis qüe l’addition du charbon de bois a déterminé la' formation d’un mâchefer qui retient les impuretés. Ge procédé de réduction à l’aide d’une perche de bouleau vert est encore un des moyens les plus efficaces qui aient été employés jusqu’ici dans ce but. Cette opération de la réduction demande une heure environ, et , elle est terminée lorsque après avoir; prélevé;un; échantillon et l’avoir refroidi dans de l’eau, celui-ci présente dans son intérieur une couleur bien rosée et un lustre soyeux. Au Contraire la réduction est jugée insuffisante lorsque
- Fig. 4. — Pour l’obtention des feuilles minces de cuivre, on les passe d’abord dans de l'acide sulfurique à to pour roo: on les lave ensuite à l’eau et on les sèche' en les saupoudrant de sciure de bois, puis on les envoie au laminoir.
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- la coloration est rouge brique et manque de lustre.
- Voyons maintenant comment le cuivre ainsi purifié est amené à l'état de feuilles de cuivre. Le métal en fusion est transporté du four dans des moules appropriés au moyen de cuillères en fer forgé. Ces moules doivent être fabriqués avec une fonte spéciale qui ne doit pas éclater facilement, et à Swansea ils sont préparés dans la fonderie de l’usine elle-même. Ces moules sont d’abord soigneusement nettoyés avec de la cendre d’os, et dis-
- unie pour la couche suivante. Un ouvrier écumeur suit l’ouvrier chargeur autour des moules, enlevant les moindres traces de corps étrangers au moyen d’un écumoir en fer forgé.
- Le cuivre ainsi obtenu n’est pas pourtant du cuivre rigoureusement pur, d’ailleurs un tel cuivre ne trouverait guère son utilisation dans l’industrie. La teneur en oxyde cuivreux est d’environ 0,5 pour 100 et comme nous l’avons dit, on n’a pas intérêt à l’abaisser sous peine de nuire à la ducli-
- Fig. 5. — Laminoir employé pour transjormer les gâteaux de cuivre en feuilles d’épaisseur variable.
- Remarquer les gâteaux de cuivre à droite.
- posés en certain nombre sur le sol de l’atelier.
- Les ouvriers chargeurs font le tour dé ces moules de droite à gauche, y versant du cuivre en fusion qui se solidifie dans les moules sous la forme d’une sorte de. gâteau. La première couche atteint de 2 à 5 cm d’épaisseur, et chaque moule reçoit une première couche, qui se solidifie/avant de recevoir une nouvelle couche.
- L’homogénéité de la feuille de cuivre qui sera ultérieurement obtenue à partir du gâteau de cuivre dépend dé l’adresse des ouvriers chargeurs qui doivent s’efforcer d’obtenir une surface plate et unie à la surface de chaque couche. Pendant le chargement des moules, un agent désoxydant est répandu en pluie fine à la surface du gâteau pour empêcher la formation de mâchefer et pour conserver la surface
- lité du métal. De même dans certains cas, on a intérêt à conserver au cuivre une certaine teneur en arsenic. Aussi dans les plaques de enivre utilisées dans la construction des locomotives, on exige une teneur én arsenic voisine de 0,5 pour 100. Pendant la fusion *du cuivre, un échantillon du métal est analysé en vue du dosage de l’arsenic, et si cela est jugé nécessaire on rajoute au métal en fusion une quantité suffisante d’arsenic. Pour certaines applications il est utile d’avoir un cuivre contenant une petite proportion de nickel, de bismuth, d’antimoine.
- Les gâteaux de cuivre obtenus dans les moules sont ensuite transférés, de l’usine de raffinage aux manufactures de laminage.
- Les laminoirs sont formés de solides bâtis de
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- fonte fixés au sol, dans lesquels tournent en sens inverse des cylindres horizontaux en acier, mis en mouvement par une machine à vapeur et dont la distance peut être variable, à l’aide d’une vis de pression. Leur diamètre est de 50 à 60 cm. C’est entre ees cylindres que passent les gâteaux de cuivre préalablement réchauffés. On les y fdit passer plusieurs fois, en rapprochant chaque fois"les cylindres; on s’arrête quand l’épaisseur voulue est obtenue. Si la plaque laminée se refroidit au cours de cette
- opération, ori a soin de la réchauffer. Pour rendre la belle couleur rouge au cuivre qui a noirci par oxydation pendant le laminage, on l’asperge d’urine qui réduit l’oxyde, on réchauffe légèrement et on plonge dans une solution acide qui nettoie.
- Par laminage direct on arrive ainsi à avoir des feuilles de 2 à o mm ; pour avoir une plus faible épaisseur, on lamine plusieurs planches superposées à la fois, et on arrive alors à 4 dixièmes de millimètre. I. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1926.
- Le bassin houiller de la Haute-Dordogne. — Sous ce nom, M.'Georges Mouret désigne la partie comprise entre la Clidaneet Madie, du long chenal qui traverse le massif central, entre INoyaut et Decazeville, et qui, interrompu au sud de Pontaumur, reparaît au sud du Bourg de Lastie, dans la vallée de la Clidane. Une récente exploration lui a permis de confirmer les travaux antéi’ieurs d’Amiot, de délimiter exactement l’extension du bassin, de reconnaître le caractère de ses limites, enfin de rectifier, par là, certaines conceptions jusqu’alors admises sur l’origine du grand gisement houiller.
- L’analyse des essences de pétrole. — MM. Aubert et Àubrée se sont préoccupés de perfectionner la méthode imaginée en 4919 par L.-S. Simon et Chavanne et basée sur la mesure des températures critiques de solubilité dans l’aniline. Comme solvants, ils ont mis en œuvre l’aniline et l’alcool benzylique et ils ont poursuivi leurs expériences sur divers carbures (hexane, heptane, octane, décane, cyclohexane, benzène, toluène) et sur des mélanges variés. Les résultats acquis indiquent l’existence de relations analogues à celles que l’on connaît pour l’aniline, d’où la possibilité, notamment pour une analyse rapide des essences employées dans les moteurs d’aviation, d’appliquer4--la ,méthode des deux solvants après fractionnement initial identique à celui de Simon et Chavanne, mais sans opération de nitration et sans deuxième fractionnement.
- Le seuil de condensation amylogène. — En opérant sur des cellules sfomatiques (feuilles de Ficaire exposées quelques jours à l’obscurité), l’endoderme (hvpocotyles de haricot), la coiffe de la racine (haricot et jeunes plants de blé) et le parenchyme vert de la feuille (gemmules de haricot), M. A. Maige indique que le caractère amylifère spécial des cellules est en relation avec un niveau moins élevé du seuil de condensation. 11 semble qu’il y a là une notion physiologique jouant un rôle très important au point de vue de la répartition générale de l’amidon dans la plante et de sa localisation dans certains tissus.
- A propos des roches leuciliques. — La leucite, on le sait, se forme par voie ignée dans les magmas riches en potasse et présentant un déficit suffisant de silice lorsqu’ils s’épanchent à la surface ou se consolident près de celle-ci; enfin, elle se transforme facilement, à faible profondeur, sous l’influence d’agents pneumatolytiques.
- Cela explique pourquoi l’on ne connaît pas de leucite, loin de la surface (exception faite pour la missouritc, roche intrusive superficielle, et les syénites et fergusite, où la transformation s’est opérée par la production d’or-those et de néphéline). De ces remarques et d’une découverte faite dans les tufs de la Somma et du Latium, M. Lacroix déduit une classification, nouvelle dans la systématique des roches leuciliques, avec les familles syénilique, monzonitique et théralitique, suivant la valeur du rapport de l’orthosc au plagioclase.
- Quelques sources thermales de Madagascar et de La Réunion. — Les analyses de MM. Ch. Moureu, Lepape et Geslin ont porté sur les gaz spontanés de onze sources (Antsirabe, AntsirakéLy, Ramainandro, Ranomafana, Cilaos, Hellbourg) et les données numériques qui expriment les rapports mutuels des proportions, en volumes, de l’azote et des gaz:rares, puis les teneurs en hélium, établissent des analogies extrêmement étroites entre les sources étudiées et les sources bicarbonatées du Plateau Central qui en sont éloignées de 10 000 km.
- De l’influence du traitement thermique sur quelques alliages d’argent. — Les premiers travaux de Carpenter et Whitelev, puis de'Guerther avaient indiqué l’existence de deux eutecloïdes Zn3Ag2 et Cd5Az2. MM. Léon Guillet et Jean Cournot ont recherché si la présence de ces composés confirment les récentes théories générales de la trempe. L’examen microscopique et la mesure de dureté à la bille indiquent pour l’alliage zinc — argent seul un phénomène très net d’accroissement de dureté par revenu, analogue à celui du duralumin. De nouvelles expériences permettront d’ailleurs d’établir des diagrammes exacts.
- La mobilité des ions dans les gaz. — M. Marcel Laporte soumet à l’Académie un dispositif fonctionnant comme un speclromètre et la méthode utilisée rappelle celle de Fizeau ou de la roue dentée. Ses expériences ont porté sur l’air, l’oxygène et l’azote humides où secs, le gaz carbonique sous différentes pressions et l’argon. _ Pour tous ces gaz, il a été nécessaire de conclure qu’il existe des ions de mobilités dont les valeurs sont comprises entre deux limites nettement tranchées. Au total, l’appareil permet d’évaluer les proportions relatives des / différentes mobilités dans un spectre qui apparaît comme continu, tout au moins dans les limites du pouvoir séparateur.
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- LA VISION STÉRÉOSCOPIQUE DES OBJETS EN MOUVEMENT ~--- 315
- Les pistons en aluminium, en alpax ou en magnésium forgé. - - Dans le rendement des moteurs à combustion, l’effet de paroi joue un rôle fondamental qui domine le problème du piston. Dans le cas d’un piston à fond mince, il y a non seulement un encrassement rapide., mais encore une dilatation qui nécessite le plus souvent de grands jeux : s’il est nervure, il rayonne de la chaleur dans l’intérieur des carters et dans le mécanisme où il fluidifie les lubréfiants. Avec un piston lourd, on a quelques chances d’éliminer ces inconvénients, en
- évitant une concavité intérieure. Pour M. L. de Fleury, les formes des fonds qui donnent simultanément le maximum de légèreté et d’efficacité correspondent, pour un piston à fond extérieur plat, à un profil intérieur constitué par la section d’un cône ou d’un dièdre, de préférence;! génératrice convexe intérieurement. L’avantage de ce tracé est d’autant plus élevé que l’on emploie un métal de meilleure conductibilité et de plus faible densité et que l’on prend de plus grands alésages.
- Paul B.
- LA VISION STEREOSCOPIQUE DES OBJETS EN MOUVEMENT
- La vision stéréoscopique normale n’est en somme que l'interprétation subconsciente de deux images simultanées formées sur la rétine de nos yeux. Cette interprétation, quand elle est possible, nous donne une impression de relief correspondant à la réalité.
- Il est bon de remarquer toutefois que cette interprétation n’est pas toujours possible, et, dans ce cas, la vision binoculaire n’est plus capable de nous donner des renseignements précis sur la position des objets que nous voyons.
- Si nous regardons, par exemple, des fils, parallèles tendus horizontalement à des distances différentes de nos yeux, comme par exemple, des fils télégraphiques, il nous sera impossible de nous faire une idée de la position relative de ces fils. En effet : les images produites sur notre rétine droite et sur notre rétine gauche sont absolument identiques puisque les positions des yeux se trouvent sur une ligne parallèle aux fils.
- Il n’en est plus de même si les fils sont tendus verticalement, car dans ce cas, les yeux se trouvent sur une ligne perpendiculaire aux fils et les images produites sur les rétines droite et gauche sont différentes et interprétables. Il est très facile de se rendre compte de ce fait expérimentalement, il suffit pour cela de tendre quelques fils minces horizontalement et de les regarder des deux yeux, ces fils paraîtront situés sur un même plan ; il suffira alors de pencher la tête sur l’épaule pour voir immédiatement les fils dans leur position relative. Dans beaucoup de cas, du reste, la vision binoculaire est impuissante à donner une idée exacte de la réalité. Heureusement, le subconscient est capable d’interpréter l’ensemble des impressions procurées par nos sens et nous donne constamment une idée très exacte de ce qui nous entoure. C’est ainsi que la vision monoculaire peut parfaitement devenir, en quelque sorte, stéréoscopique et donner une impression de relief, quand il existe un mouvement relatif entre l’œil et l’objet observé.
- Supposons, en effet, qu’un observateur se trouve dans un train, et regarde par la portière dans une direction perpendiculaire au mouvement du train : si le train est immobile, l’observateur aura la vision stéréoscopique normale du paysage;
- Supposons maintenant que le train se déplace du côté de la gauche de l’observateur avec une vitesse telle, que la distance qui sépare les yeux soit parcourue en un temps T, par exemple une seconde.
- Nous pouvons dire que les deux yeux voient la même chose, mais à une seconde d’intervalle, l’œil droit voit exactement ce que voit le gauche, mais une seconde après.
- Chacun des deux yeux voit, en somme, une série d’images stéréoscopiques se succéder, à une seconde d’intervalle.
- Si dans ces conditions nous fermons un des deux yeux, l’œil ouvert verra cette série d’images, qui est interprétable au point de vue stéréoscopique, et nous aurons encore l’impression du relief.
- Dans le cas où le paysage est remplacé par une vue cinématographique prise d’un train en mouvement les choses se passent exactement de la même façon, et les deux yeux voient en même temps une série de photographies stéréoscopiques, que le subconscient interprète, et nous donne l’impression d’un paysage en relief. Cet effet est d’ailleurs général, et il s’ensuit qu’un mouvement relatif entre un objet cinématographié et l’objectif de l’appareil, produit sur l’écran un effet quasi stéréoscopique. C’est probablement pour cette raison que le cinéma qui représente le plus souvent des objets en mouvement nous donne une impression de relief très supérieure à une photographie ou une projection fixe.
- On peut mettre en évidence cette impression de relief au moyen d’une expérience facile à réaliser. On disposera comme indiqué sur le croquis, une source lumineuse et un écran semi-transparent sur lequel on projettera l’ombre d’un fil de fer auquel on’ aura donné une forme quelconque.
- Si l’on observe par transparence l’ombre du fil de fer, on ne verra qu’une ligne noire plus ou moins contournée mais ne donnant aucune idée de relief. Si l’on donne alors au fil de fer un mouvement de rotation régulier, l’ombre observée apparaîtra en relief et il sera très facile de se rendre compte de la forme vraie du fil de fer.
- Claude de Rociiefort-Luçay.
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- COMMENT ON RECONNAÎT LES ARBRES ET LES ARBUSTES
- - S’il est permis à tout le monde de ne pas savoir distinguer la Renoncule âcre de la Renoncule rampante ou, même, le Trèfle incarnat du Trèfle des prés, il faut avouer qu’il est un peu sot de confondre un Tin avec un Peuplier ou un Bouleau avec un Orme et, d’une manière générale, d’ignorer le nom des arbres qui ornent les avenues des grandes villes, qui font l’ornement de nos parcs ou constituent nos îoois et nos forêts. Contrairement à ce que l’on croit a priori, la manière de les distinguer et, par suite, de connaître leur nom, est des plus faciles: Tandis que les plantes basses, c’est-à-dire les plantes herbacées, se reconnaissent, sur tout, à leurs fleurs, les arbres et les arbustes, c’est-à-dire les plantes ligneuses, se reconnaissent, surtout, à leurs feuilles. Le « port » général — très difficile, d’ailleurs, à définir—, les bourgeons, les fleurs, les branches, la nature de l’écorce, etc., n’interviennent que secondairement et nécessitent des éludes plus attentives que lés feuilles qui, outre la facilité de ;les distinguer, ont l’avantage de se trouver' non seulement sur l’arbre lui-même, mais, bien souvent aussi, sur le sol, où elles sont tombées un jour d’orage ou, pour certaines, à la fin de la saison; .
- Je n’ai'pas l’intention de passer ici en revue les caractères de tous nos arbres, — ce qui représenterait un gros volume —', mais je voudrais, par quelques exemples, choisis parmi les plus familiers et les plus répandus à l’état sauvage, donner une idée de la manière de procéder.
- La première chose-à se demander est de savoir si la feuille de l’arbre considéré est simple ou composée. Si elle est dite simple, c’est qu’elle est d’une seule pièce; dans ce cas, elle comprend, bien souvent, fine queue* le pétiole, et une lame plate, le limbe. Celui-ci est parcouru par des lignes plus ou moins rameuses, les nervures. Si la feuille est dite composée, c’est qu’elle est formée de plusieurs pièces : la queue ou pétiole porte plusieurs lames plates, les folioles, parcourues également par des nervures.
- Parmi les feuilles composées se distinguent, tout de suite, celles où les folioles se trouvent au bout du pétiole et disposées en éventail, c’est-à-dire en rayonnant à partir de cette extrémité.
- S’il n’y a, par feuille, que trois folioles — lesquelles ne sont pas bordées de dentelures —, c’est que l’on a affaire au Cytise Faux-Ébénier, arbre de 9 à 10 mètres de haut, qui, au printemps, s’orne de grappes pendantes de fleurs jaunes du plus gracieux effet.
- S’il y a, par feuille, plus de trois folioles, — lesquelles sont bordées de dentelures, — c’est que l’on a affaire au Marronnier d'Inde, ce superbe arbre qui orne la plupart de nos parcs ainsi que plusieurs de nos avenues et que tout le monde connaît pour ses grappes dressées de fleurs rosées
- et ses grosses graines brunes, joie des enfants.
- Parmi les feuilles composées, il y a un autre groupe tout à fait distinct du précédent. C’est celui où les folioles sont placées, non au bout du pétiole, mais à droite et à gauche de lui, c’est-à-dire à la manière des pennes d’une plume d’oiseau, ce qui leur a fait donner le nom de feuilles pennées. Ces feuilles, d’autre part, quoique constituées essentiellement de même, peuvent différer les unes des autres, selon les espèces par leur position sur la tige. Ou bien, ces feuilles sont placées sur les branches, deux par deux, vis-à-vis,l’une de l’autre : on les dit alors opposées. Ou bien les feuilles sont disséminées avec les branches ét une par une, c’est-à-dire sans jamais se faire vis-à-vis : on les dit alors alternes.
- Parmi les feuilles composées et opposées, il faut citer la Clématite Vigne-blanche qui, à vrai dire, n’est ni un arbre, ni un arbrisseau, mais une plante à la tige ligneuse et grimpant dans les buissons grâce à ses pétioles qui peuvent s’enrouler autour des supports. Cette Clématite, appelée vulgairement Herbe-aux-gueux, est répandue partout; ses folioles ont le bord crénelé ou non suivant les races. — D’autres plantes ligneuses ont, également, des feuilles à la fois composées et opposées, mais ne sont pas grimpantes; ce sont : Le Frêne, reconnaissable à ses bourgeons, gros et noirs, protégés par 2 à 4 écailles, et le Sureau, dont les bourgeons ne sont pas noirs et sont protégés par plus de 4 écailles.
- Parmi les feuilles composées et disposées sur le mode alterne se rangent des plantes piquantes et des plantes non piquantes.
- Dans le premier groupe (plantes piquantes), il en est qui piquent par suite de la présence de deux épines disposées par deux à la base des feuilles : c’est le cas du Robinier Faux-Acacia, plus connu sous le nom, d’ailleurs impropre, d'Acacia. D’autres piquent par suite de la présence d’aiguilles disséminées sans ordre sous les branches et les feuilles : ce sont les Rosiers et les Ronces. Les Rosiers ont la base du pétiole élargi avec deux petits prolongements à droite et à gauche, tandis que cette disposition ne se rencontre pas chez les Ronces, dont il existe de très nombreuses espèces.
- Dans le deuxième groupe (plantes non piquantes), il en est dont le bord des folioles est dentelé (c’est le cas du Sorbier des Oiseleurs, aux bourgeons velus et non visqueux et du Sorbier domestique ou Cormier, aux bourgeons visqueux et non velus) et d’autres dont le bord ne Test pas (c’est le cas du Noyer dont les feuilles, froissées, dégagent une forte odeur de brou-de-noix, et du Baguenau-dier, dont les feuilles, froissées, n’ont pas d’odeur forte et dont les fruits, qui succèdent à des fleurs jaunes, sont renflés en vessie).
- Abordons maintenant la question des arbres ou
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- des arbusles dont les feuilles sont simples, c’est-à-dire ne sont pas composées : ce sont, de beaucoup les plus nombreux.
- Il faut d’abord y mettre à part le Genévrier, où les feuilles, semblables à de courtes aiguilles, sont disposées, trois par trois, tout autour des branches, c’est-à-dire suivant la terminologie botanique, ver-licillées. De loin, il est, d’autre part, facile à recon-
- naître deux sous-groupes qui sont les suivants.
- Premier sous groupe. — Feuilles dont le bord à droite et à gauche ne présente ni crénelures ni lobes (c’est-à-dire de parties séparées par des angles plus ou moins profonds).
- C’est là que ce placent : Le Buis, aux petites feuilles ovales, eoriaces, luisantes au-dessus, ne tombant pas en hiver et trois autres arbres ou
- Fig,, i. — Quelques types de J eu ides a’a rire.
- 1. Cytise. 2. Robinier faux acacia. 5. Aubépine., 9. Charme.
- naître : c’est un buisson très compact, d’un vert sombre.
- Tous les autres arbres ou arbusles à feuilles simples peuvent être divisés en deux groupes selon que ces feuilles sont disposées suivant le mode opposé ou suivant le mode alterne (voir, plus haut, la signification de ces termes).
- 1° Feuilles simples et opposées. — Considérons, en premier lieu, le cas de la présence de feuilles opposées, c’est-à-dire se faisant vis-à-vis sur les branches. On peut de suite, y mettre à part le SSerprun, dont certains rameaux sont épineux, et le Chèvre feuille sauvage, dont les liges sont enroulées autour des branches d'autres végétaux, et que, d’autre part, tout le inonde connaît pour ses fleurs à l.’arome délicieux.
- Aucun des autres représentants du groupe n’a les tiges piquantes ou grimpantes. On peut y recon-
- arbustes dont les feuilles meurent après la belle saison et que l’on distingue par le tableau ci-dessous :
- Feuilles blanchâtres en dessous et, bourgeons poilus.......................................
- Feuilles non blanchâtres . en dessous et bourgeons non poilus.
- Feuille en cœur à la base .... Feuilles non en cœur à la base.
- Camèrisier.
- Lilas.
- Troène.
- Deuxième sous-groupe. — Feuilles dont le bord présente des crénelures ou des lobes. — Dans ce sous-groupe, on peut, immédiatement, reconnaître le Cornouiller à ce fait que le limbe de la feuille est parcouru par des nervures arquées qui, partant du pétiole, se dirigent presque parallèlement les unes aux autres jusque vers le sommet.
- Cette disposition, très spéciale, ne se rencontre pas dans les autres représentants du même sous-groupe, dont les nervures sont ramifiées et anasto-
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- mosées en réseau. Le tableau ci-dessous permettra de les distinguer :
- bourgeons Bourgeons sans écailles ...... enveloppés d’une seule a) Mancieane.
- écaille . b) Viorne, Obier.
- t Bord des feuilles ne pré-
- Bourgeons 1 sentant pas des lobes,
- garnis \ mais seulement de
- de < petitesdents tout juste
- plusieurs I visibles à l’œil nu. . c) Fusain d'Europe.
- écailles. f Bord des feuilles pré-\ sentant des lobes . . d) Erables.
- À ces caractères essentiels on peut joindre les renseignements suivants :
- a) La Mancieane ( Viburnum Lantana) a des feuilles ovales, en cœur à la base, épaisses, velues, au pétiole court et poilu. Les fleurs sont blanches et donnent des baies d’abord rouges, puis noires.
- b) La Viorne Obier (Viburnum Opulus) a des feuilles minces, non velues, présentant 3 ou 5 lobes terminées en pointe. Le pétiole est allongé et porte des bosses (nectaires) au voisinage du limbe. Les groupes de fleurs présentent au pourtour des fleurs plus grandes que les autres et stériles, c’est-à-dire ne donnant pas de fruit. C’est cette même plante que l’on cultive dans les jardins sous le nom de boule-de-neige ; mais, dans cette race horticole, il n’y a que des fleurs stériles.
- c) Le Fusain d'Europe (Evonÿmm europæus) n’est pas le Fusain que l’on cultive dans tant de jardins et qui provient du Japon; c’est une espèce sauvage facile à reconnaître à sa feuille finement dentée sur le bord (elle n’est pas coriace et luisante comme celle du Fusain du Japon) et à une écorce d’un vert mat.
- d) Sous le nom A'Erables on groupe plusieurs espèces du genre Acer qui sont très différentes les unes des autres et, par suite, très faciles à distinguer :
- Le Sycomore (Acer Pseudo-Platanus), dont les feuilles, blanches en dessous, ont des lobes bordés de petites dents non pointues.
- Le Faux-Sycomore {Acer plalanoüles), dont les feuilles, vertes sur les deux faces, ont des lobes terminés en angle aigu.
- L’Erable champêtre [Acer campestre), dont les feuilles, bien vertes en dessus et vert pâle en dessous, ont des lobes arrondis au sommet. Ces feuilles ne sont guère plus larges — et, souvent, même, moins — que la paume de la main.
- 2° Feuilles simples et alternes. — Lorsque les feuilles sont, à la fois, simples — quant à leur forme — et alternes — quant à leur répartition sur les branches, — on peut distinguer trois groupes :
- jer Groupe. — Veuilles restant vertes en hiver et demeurant, à cette saison, sur l’arbre (c’est ce que l’on appelle des feuilles persistantes, lesquelles font qualifier les arbres qui les portent de « toujours verts »).
- 2e Groupe. — Feuilles tombant en hiver. Branches plus ou moins épineuses.
- 3e Groupe. — Feuilles tombant en hiver. Branches non épineuses.
- Passons ces trois groupes en revue.
- 1er GROUPE
- De ce groupe, on peut isoler, tout de suite, le Lierre, qui grimpe sur les arbres et les murs, ou rampe sur le sol. Ses feuilles, avec ses lobes triangulaires, sont bien connues et servent, souvent, de modèles de dessin. À noter, cependant, que les feuilles qui accompagnent les rameaux floraux, n’ont pas cette forme et ne présentent pas de lobes. Toutes les feuilles du lierre, d’ailleurs, qu’elles soient sur les rameaux ordinaires ou sur les rameaux floraux, sont assez coriaces et d’un vert sombre.
- Les autres végétaux ligneux du même groupe
- a) Pelit-lloux.
- b) Houx.
- c) Pin.
- cl) Sapin.
- e) Épicéa.
- a) Le Petit-Houx (Ritscus aculealus), dit aussi Fragon épineux, ne rentre dans la catégorie des arbustes (une dizaine de centimètres de haut) que par sa tige qui, quoique verte, est au moins aussi dure que du bois. Ce que, dans le tableau ci-dessus, nous avons appelé ses feuilles — c’est ainsi, d’ailleurs, que toute personne non initiée les désigne — sont, en réalité des rameaux transformés en organes aplatis et très piquants à leur extrémité (les véritables feuilles sont de petites écailles tout à fait insignifiantes) : c’est sur le milieu de ces rameaux transformés que sont placées les fleurs, lesquelles sont^verdàtres et, à la maturité, sont remplacées par des baies rouges aussi grosses que des cerises.
- b) Le Houx (Ilex aquifolium) a des feuilles extrêmement coriaces et très luisantes à la face supérieure : ce sont des lames plates et bordées de pointes extrêmement acérées. C’est un arbrisseau atteignant, au plus, environ la taille humaine. Les fleurs sont blanches et les fruits rouges.
- c) Les Pins ont des troncs très résineux et des feuilles en longues aiguilles. Il y en a plusieurs espèces. Les plus répandues sont : le Pin silveslre, dont les aiguilles ont de 3 à 10 cm. de long environ, et le Pin maritime. dont les aiguilles ont de 10 à 15 cm. environ.
- peuvent être groupés ainsi :
- j Feuilles ne pré-i sentant qu’un Feuilles moins de trois V seul piquant au fois plus longues que l sommet
- larges.
- Feuilles plus] de trois fois plus ton-, gués que larges.
- \
- / Fer ! t
- euilles présen-, tant de nom-V breux piquants. Feuilles groupées par 2 à 5.
- Feuilles marquées en dessous de deux Feuilles 1 lignes blanches, isolées j parallèles à la les unes < nervure du mi-
- des 1 lieu...............
- autres. / Feuilles non marquées en dessous de deux lignes blanches.
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- d) Le Sapin (Abies excelsa) a des feuilles étroites et plates, marquées, ordinairement — mais pas toujours — de deux lignes blanches en dessous. Les branches sont étalées horizontalement et diminuent de longueur depuis en bas jusqu’au sommet, d’où un « port » conique bien connu.
- c) VEpicéa (Picea excelsa) a le même port que le Sapin, mais les feuilles, au lieu d’être aplaties, ont quatre angles, c’est-à-dire que, si on les coupe en travers, la section est presque losangique tandis que celle du Sapin est plutôt ovalaire.
- On peut les diviser ainsi :
- 1° Bourgeons protégés par une seule écaille qui les entoure complètement et est laineuse à sa face interne. C’est le cas des Saules, qui comprennent plusieurs espèces assez difficiles à distinguer les unes des autres. Leurs feuilles sont souvent accompagnées, à la base, par deux petites lames, l’une a à droite, l’autre à gauche — qui tombent très rapidement (stipules).
- 2° Bourgeons protégés par deux ou trois écailles.
- 2e GROUPE
- Ce groupe, qui ne renferme que des arbustes « piquants. » aux feuilles ne persistant pas en hiver (ou, comme l’on dit, caduques) comprend :
- L'Épine-vinette (Berberis vulgaris), arbrisseau de 1 à 5 mètres de haut. Les feuilles sont ovalaires, avec le bord denticulé ; elles sont accompagnées, à leur base, par une longue épine à trois branches. Les fleurs sont jaunes et disposées en petites grappes pendantes. Les fruits sont des baies, en forme d’œuf, rouges et à saveur acidulée.
- L'Aubépine (Cralœgus oxyacantha), arbrisseau très épineux de 2 à 4 mètres de haut. On le reconnaît facilement à ses fleurs blanches, d’une odeur exquise, et à ses feuilles découpées en lobes.
- Le Prunellier ou Épine-noire (Prunus spinosa), formant des buissons (1 à 2 m. de haut) extrêmement épineux, qui, au printemps, se couvrent de fleurs blanches. Les feuilles ne se développent qu’ensuite ; elles sont ovales, finement dentées au bord. Les fruits sont des baies globuleuses, d’un bleu noirâtre, à saveur très acerbe.
- Le Néflier (Mespilus germanica) est un arbuste modérément épineux. Les feuilles sont oblongues, un peu velues en dessous, au bord ni denté ni lobé.
- 5e GROUPE
- Ce groupe, comme on l’a vu plus haut, renferme les végétaux ligneux non épineux, aux feuilles non composées, caduques (c’est-à-dire mourant et tombant en hiver).
- Ou Jpeut, tout de suite, y mettre à part, à cause de leur faible taille : VAirelle Myrtille, qui n’a pas plus de 4 à 7 décimètres de haut, et dont les feuilles sont minces, ovalaires, avec le sommet formant un angle aigu, et le Groseillier rouge, qui a 1 m. à 1 m. 50 de haut, reconnaissable à ses feuilles velues en dessous bordées de 5 à 5 lobes, eux-mêmes profondément dentés.
- Un peu plus grand est la Bourdaine (Rhamnus Frangula), arbrisseau de 1 à 4 m de haut, aux feuilles ovales ou elliptiques, non bordées de dents et marquées, de chaque côté de la nervure médiane, de 8 à 12 nervures secondaires, parallèles entre elles et presque droites.
- Tous les autres représentants du groupe sont non des arbrisseaux, mais.de véritables arbres et certains d’entre eux atteignent, même, une très grande taille.
- / Feuilles non terminées en pointe...........
- Feuilles présentant de larges lobes latéraux. Nervures en éventail.
- Feuilles 1 -terminées eu
- pointe.
- . i-\-
- Feuilles au bord denté, ne pré-sentantpasde lobes laté -raux.
- Feuilles à peu près aussi longues que larges. . . . iFeuilles nettement plus longues que larges. . . .
- Aune.
- Platane.
- i
- Tilleul.
- Châtaignier
- o° Bourgeons protégés par plus de trois écailles. — Dans ce groupe on distingue, immédiatement, le Merisier (Prunus avium) qui se reconnaît à ce fait que le pétiole, tout près de l’endroit où il se continue avec le limbe, porte quelques petites bosses vertès ou rougeâtres ou nectaires.
- Aucun des autres arbres de la même série ne possède de nectaires sur le pétiole. Celui-ci, d’autre part, permet de reconnaître les arbres du genre Peuplier (Populus) qui offrent cette particularité d’avoir un pétiole un peu aplati dans deux directions perpendiculaires suivant qu’on regarde sa base ou son sommet. Parmi eux on distingue : le Peuplier blanc, aux feuilles extrêmement blanches en dessous ; le Tremble, au limbe grossièrement denté, à peu près aussi long que large, peu ou pas du tout poilu en dessous ; le Peuplier noir, au limbe un peu plus long que large et terminé par une 'pointe non dentée sur le bord (une variété très répandue, le Peuplier pyramidal, est connu de tout le monde par sa grande taille et son port élancé très spécial qui le fait reconnaître dans le paysage, même de très loin).
- On distinguera les autres arbres de la même série par le tableau ci-dessous :
- Bord (les feuilles ni denté ni lobé..........
- Bord des feuilles occupé par des lobes arrondis. Bourgeons presque sphériques. . . .
- I Jeunes branches pendant
- sur le sol...........
- Quelques
- Jeunes brandies ne
- pendant pas vers le sol.
- Bord
- dos
- feuilles
- denté.
- Bourgeons
- non
- J sphériques, ’ c’est-à-dire un peu allongés.
- n e r v u r e s secondaires lourd mes. .
- Aucune nervure se-c o n d a i r e fourchue .
- Il cire. Chêne. Noise f ter
- B mil eau.
- Orme.
- Charme,
- Ces deux derniers arbres sont ceux que l’on confond le plus souvent entre eux, car ils présentent
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- 320 r~:.COMMENT ON RECONNAIT LES ARBRES ET LES ARBUSTES
- de nombreuses variétés ou races, où les caractères différentiels sont peu nets.
- En général, on reconnaît les Ormes à ces trois caractères : les feuilles, froissées entre les doigts,
- sont simples, c'est-à-dire droites, non fourchues ; enfin, la base du limbe est irrégulière et dépasse le sommet du pétiole un peu plus d’un côté que de l’autre. Quant aux Charmes on les distingue par les
- se montrent rugueuses ; quelques-unes — parfois même une seule — des nervures secondaires (c’est-à-dire celles qui sont de chaque côté de la nervure du milieu) — sont fourchues, tandis que les autres
- caractères opposés aux précédents : toucher non rugueux ; aucune nervure secondaire fourchue ; base du limbe identique à droite et à gauche.
- Henri Coupin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lautoe, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1920.
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- N° 2720
- SOMMAIRE :
- Les nids des petits oiseaux : L. Coopman.
- Les procédés d épuration des eaux de surface destinées à la boisson : M. Bousquet. L’enseignement pratique du soufflage du verre à la Faculté des Sciences de Paris : Jacques Boyer. Madame du Châtelet et la querelle des forces vives : Ch. Bioche.
- L’utilisation agricole de l’eau en Algérie.
- SUPPLÉMENT :
- Informations — Science appliquée : La Radiophonie pratique. — Appareils ménagers. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. - Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- LE NUMÉRO S ' ‘ f/a"C=
- ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et Cie, Éditeurs, 1 20, Boulevard St-Germain, PAR] S, VIe C. : Seine 15.23q.)
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- LA NATURE.
- — N° 2720.
- 22 MAI 1926
- LES NIDS DES PETITS OISEAUX
- Il est curieux de remarquer l’insistance que mettent certains ornithophiles à rapporter les actes des oiseaux à ceux que nous accomplirions dans les mêmes situations. Cette interprétation fausse beaucoup d’observations qui, présentées par ces amis des oiseaux, bien intentionnés sans aucun doute, mais n’ayant guère observé sur le vif, revêtent un caractère complètement different de celui quelles ont en réalité. Combien de fois s’expliqueraient fort naturellement les actions, paraissant anormales ou révélatrices de sentiments compliqués, si on les examinait au point de vue scientifique, ou avec un gros bon sens et sans vouloir, comme à plaisir, torturer l'Histoire naturelle.
- On prête à l’oiseau une prudence que beaucoup d’entre nous pourraient envier. Les oiseaux, dit-on, dissimulent leur nid avec un soin tout particulier,
- Fig. 2. — Un nid de merle au printemps.
- tel qu’il est parfois impossible de découvrir le fragile berceau des oiselets.
- Or, regardez autour de vous ce qu’il en est exactement. A ce moment, l’instinct de la conservation devrait chez les volatiles, être exacerbé au maximum et ils ne devraient négliger aucune précaution pour se mettre, eux et leur progéniture, à l’abri de leurs ennemis.
- Au lieu de cela, que voyons-nous? Dès que l’instinct qui les pousse à nicher se manifeste, ils s’installent on pourrait dire n'importe où, au premier endroit qui leur paraît propice et qui est souvent le plus exposé de ceux qu’ils pourraient choisir. Cinq fois sur dix, ces nids sont voués à la destruction.
- Combien voit-on de nids le long des routes, des chemins fréquentés, à portée de la main de qui voudrait s’en emparer? Passe encore tant qu’ils ne contiennent que des œufs. Mais dès que les jeunes sont éclos, les allées et venues des parents, qui de eoutumë ne se gênent plus guère, alors que vous avez stationné quelque temps dans la proximité du nid, en décèlent fatalement la présence. Cependant
- Fig. i. — Nid de Loriot garni de longs copeaux blancs.
- des taillis, des bosquets, des sapinières sont proches, les lisières broussailleuses de la forêt ne sont pas éloignées, et là les nids auraient été parfaitement
- Fig. 3. — Nid de fauvette griselle « orné » de bourre de saule.
- 21. — 321
- s** Année.
- i" Semestre.
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- 322 —.......:::: LES NIDS DES PETITS OISEAUX
- dissimulés, à l'abri de beaucoup de mésaventures.
- Les chevêches nicheront dans les vergers, à portée des enfants de la ferme, des chats du voisinage. Et dans le hois voisin, il est des creux inexpugnables. Les merles feront leur nid dans les haies encore dépourvues de feuilles (fig. 1) et tout auprès, il existe une sapinière, de gros buissons compacts de houx.
- Les troglodytes, dans la forêt, témoigneront d’une surprenante prédilection pour les huttes provisoires des bûcherons et cependant pas bien loin de celles-ci, il est des broussailles impénétrables. ' Les fauvettes, les pouillots ont à leur disposition mille emplacements plus favorables les uns que les autres, mais ce sont les bords des routes, des sentiers qui les attirent.
- Le loriot construit d’ordinaire son nid de brins de .plantes sauvages, de longs filaments d’écorce, de liane, de grandes herbes flexibles. Mais s’il en a l’occasion, il récoltera des rubans de papier, des bandes' de chiffons, des copeaux de hois et voici son nid devenu d’une étonnante visibilité, alors que précédemment un profane devait le chercher longtemps pour le découvrir et encore n’y réussissait-il pas toujours (fig. 2).
- Les fauvettes griseltes construisent des nids de graminées dont la découverte nécessite parfois quelques recherches dans les haies, les buissons. Mais il est des oiseaux de cette espèce qui utilisent le duvet cotonneux des graines de saule pour « décorer » leur home, disposant de petits amas de cette bourre blanche, non dans la coupe du nid, ce qui serait compréhensible, mais à l’extérieur de celui-ci et surtout sur les bords supérieurs (fig. 5). Et voici le nid visible à deux mètres de distance, parfois encore de plus loin. Construit dans les branches du saule, le nid 'entouré de ces flocons blancs avait toute
- b i g. 5. — Nid d’élevage de troglodyte.
- l<ig. 4. - Nid de troglodyte dans un talus.
- chance d'échapper à la vue. Mais il n'y est jamais édifié, et alors...
- Des troglodytes, des merles, des rouges-gorges, des accenteurs-mouchets établissent communément leur nid au milieu de tas de fagots, de ramilles sur Je point d’être enlevés. Tout près, il est pour chacun d’eux un emplacement idéal dont ils ne profiteront pas, on ne sait par quelle absence de prévoyance. Des pinsons nicheront dans une haie, à 80 centimètres du sol. Derrière la haie croissent des épicéas touffus.
- Le milan pourrait vivre caché, partant heureux, dans son vieux nid, mais il faut qu’il ajoute à l’édifice. de grands bouts de papier, des chiffons. Si ceux-ci s’accrochent dans les branches, il ne prendra pas la peine de les déplacer et ils flotteront comme des drapeaux, indiquant que l’aire est occupée.
- De multiples cas identiques sont faits courants. Et l’on parlera de la prudence, de.la prévoyance des oiseaux.
- Chose plus bizarre : l’expérience n’assagira jamais ces petits imprudents qui vivront dans l’inquiétude tout’ au long du temps de la nidification, dérangés sans cesse par les intrus dont ils auront attiré l’attention. Jamais, dans la suite, ils ne songeront à modifier leur ligne de conduite. Une année après l’autre, ils retomberont dans' la même faute qui n’est pas, comme on l’a parfois dit, une faute de jeunesse, le résultat de l’inexpérience.
- Plus singulier encore : j’ai vu et d’autres avec moi, des rouges-gorges, des pies-grièches, des merles, des éperviers, des buses, des pipits, des faisans, qui sont venus faire une seconde ponte dans le nid qui venait d’être dévalisé.
- L’oiseau s’adapte aux circonstances, répète-t-on. C’est rarement vrai. Quelle nécessité ont les mésanges d’emprunter pour nicher de vieux tuyaux de pompe, le creux d’une vieille statue brisée, une boite aux lettres, la colonne en fer d’une barrière,
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- un vieux récipient en équilibre instable parmi les branches, où leur nid sera facilement découvert, alors que dans le voisinage de ces excavations hétéroclites existent quantité de crevasses inabordables.
- Sous un autre rapport, il semble que l’oiseau n’ait nullement le sentiment de vouloir cacher son nid. On croirait même qu’il veut en indiquer l’emplacement. Indifférence, imprévoyance, manque d’instinct?
- Les corneilles choucas utilisent, comme matériaux de base de leur nid, des branchettes qu’elles vont cueillir sur les arbres croissant dans la proximité des creux des murs, des troncs d’arbres où elles s’établissent. Elles saisissent le rameau ainsi cueilli entre les mandibules et se précipitent aussitôt vers l’ouverture de la crevasse. La branchette se trouve-t-elle placée en travers, de façon quelle ne puisse pénétrer dans le nid, le choucas, après quelques démonstrations de colère, la laisse choir sur le sol, alors qu’un très simple mouvement de bascule la disposerait convenablement. Ceci n’est certes pas
- Fig. 7. — “ Nid de mâle ” de troglodyte, accolé à une roche moussue.
- une adaptation aux circonstances. Mais en outre, jamais le choucas ne va ramasser le- rameau qui vient de dégringoler. Et ces bâtonnets s’amoncellent au bas du mur, au pied de l’arbre, signalent au premier venu que le creux a un locataire. Il en est de même pour les buses qui laissent choir au pied de Faire'qu’elles se disposent à occuper, les brins de pin, d'ipécéa dont elles veulent tapisser le fond et qu’elles ne ramassent jamais, ce qui a pour résultat d’indiquer que le vieux nid va être habité.
- À aucun de tous ces oiseaux, de cruelles mésaventures non plus n’ont jamais rien appris.
- En ce qui concerne le défaut d’adaptation aux circonstances, il est des faits fort probants. Voyez par exemple les corvidés.
- Les corneilles choucas, les corneilles noires rembourrent leur nid de matériaux moelleux : poils, chiffons, papier, etc.
- Par contre les freux qui sont de la même famille et qui nichent plus hâtivement que leurs congé-
- Fig. 6. — Le même sectionné, montrant les plumes qui le garnissent.
- nères n'utilisent, dans leur gros nid de branchettes, nul rembourrage de ce genre. Il n’est au fond du logis des petits freux que des brindilles plus menues, assez rarement quelques brins de paille ou un peu de feuilles mortes. La saison est-elle rigoureuse? Survient-il une vague de froid? (Eufs ou jeunes en pâlissent. Aussi n’est-il pas extraordinaire de découvrir les œufs abandonnés alors qu’ils contiennent déjà un gros embryon ou des petits défunts.
- Malgré la répétition de cés avatars, les freux ne songent pas à nicher plus tardivement, ni à étoffer leur nid. L’adaptation fait défaut complètement en ces circonstances qui existent depuis toujours et nul instinct n’en fait sentir, aux freux, l’impérieuse nécessité.
- Le même cas se présente pour les bécasses, nidi-ficateurs précoces. Il en est qui pondent en mars, malgré une température peu propice. La neige survient, le nid est enseveli. Manque d’adaptation aux circonstances atmosphériques.
- Ne s’adaptent non plus pas aux circonstances, les hirondelles, les pouillots véloce, les rouges-queues tvtis qui immuablement reviennent au printemps dans les pays du Nord. Que la température soit favorable ou que le froid sévisse, ils sont de retour pour ainsi dire à jour fixe. On pourrait supposer que
- Lig. 8. — Nid de moineau.
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- big. ç. — Nid d’étourneau contenant 11 œufs.
- revenus alors que l’hiver réel n’est pas encore clos, ils vont d’un coup d’aile se transporter là où le ciel est plus clément. Que non. Privés de nourriture, ils meurent sans avoir la pensée de changer de cantonnement. On connaît les hécatombes que les froids tardifs font parmi les hirondelles que l’on relève mourantes aux environs des habitations, parfois dans les dépendances de celles-ci.
- Un autre exemple typique : il n’est pas connu de tous que le troglodyte, le « roilelet » du profane, construit deux sortes de nid à usages absolument différents. L’un est toujours rembourré de plumes, c’est le berceau de la nichée. L’autre ne sert que d’abri passager aux oiselets. C’est ce dernier que l’on appelle « nid de mâle », assez improprement d’ailleurs, car si le mâle s’y loge alors que la femelle
- Fig. — ii. — Nid normal de tourterelle.
- couve, le couple, séparément, utilise de ces abris alors que le temps de la nidification est passé (fig. 4
- à ?)•
- Or ce « nid de mâle » n’est pas rembourré de plumes et parfois une des parois est constituée par le tronc de l’arbre, le mur, le rocher, la terre, contre lesquels il est appliqué. Jamais on n’y trouve de jeunes. Le froid fut-il même rigoureux au point que leurs propriétaires y périssent, épuisés par le manque de nourriture, jamais ils n’auront l’instinct de le tapisser de la. moindre plume. Ce n’est cependant pas faute d’habitude puisque, invariablement, le nid des jeunes est amplement garni de duvet. Toujours ce manque d’adaptation constaté en de nombreuses circonstances.
- Par contre le moineau domestique que l'on voit
- Fig. io. — Nid d’étourneau dont un martinet s'est emparé. Il y a pondu, après avoir enlevé les plumes et enduit les tiges de graminées de mucus.
- se loger en hiver dans un vieux nid qu'il aménage pour passer la mauvaise saison, ne sait voir la moindre plumule sans éprouver le désir de se l’approprier, y eut-il déjà en son logis de quoi l’envelopper jusqu’au cou. Il est un instinct qui l’incite à recueillir des plumes et il lui obéit sans plus (fig. 8).
- On a écrit quelquefois que les oiseaux nichant dans les cavités se bornent à amonceler dans leur trou différents matériaux qu’ils ne prennent guère la peine d’arranger. Ces nids mal aménagés sont exceptionnels. Voyez la plupart des nids de moi-riçaux, d’étourneaux (fig. 9 et 10), de choucas, de rouges-queues. Ces homes temporaires sont bâtis avec le même soin, le même souci du confortable que ceux des volatiles nichant parmi les branches. Comme ceux-ci ils sont constitués d’une couche extérieure de matériaux plus ou moins grossiers, puis rembourrés au moyen de matières molles, de plumes, de poil, de papier, de laine, etc., soigneusement entrelacés.
- S’il est des espèces telles les pics, les martins-pêcheurs qui ne construisent pas à proprement parler de véritables nids, déposent leurs œufs soit
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- sur quelques copeaux de bois, soit sur un lit d’arêtes et de débris d’insectes, ce n’est pas parce qu’ils nichent dans des creux, mais parce qu’ils obéissent aux habitudes de leur espèce. Les bécasses, divers aquatiques, les engoulevents, pour ne pas nicher dans des trous, n’agissent pas autrement que les pies.
- Jamais, pour ainsi dire, on ne verra un oiseau construisant ainsi que le veulent ses mœurs, un nid recouvert d’un dôme, se dispenser d’établir celui-ci, même s’il s’installe dans un emplacement qui lui permettrait de s’épargner cette besogne. Les chéli-dons qui bâtissent sous un balcon par exemple, ne se dispensent jamais d’édifier complètement leur maisonnette de boue, les troglodytes, invariablement construiront leur home en forme de boule, même sous un appentis couvert.
- En toutes circonstances, la pie complétera son nid d’un revêtement très lâche de brindilles épineuses. Ce n’est certes pas pour abriter sa couvée ou sa nichée, puisque ce n’est pas un dôme imperméable ainsi qu’on le croit parfois. Sans effet contre les intempéries, cette couverture sert, dit-on, à mettre le contenu du nid hors des atteintes des ennemis de l’agasse. Précaution inutile et dont nulle autre espèce ne s’embarrasse ; elle n’empêche pas les corneilles de s’emparer des œufs ainsi abrités et les cresserelles, de temps à autre les chevêches, s’approprient le home ainsi aménagé. Seule la pie construit dans ce style, sans raison, ses mœurs l’y incitant > depuis toujours. Tous les petits porte-plumes ont coutume de bâtir un nid de forme déterminée et ils ne songeront jamais à modifier leur façon de faire, même si le travail ne répond à aucune nécessité.
- Fig. i3. — Nid de rouge-queue de muraille sous le plancher d’un fenil.
- il y a cependant des exceptions, mais qui sont loin d’être adaptations heureuses. Des individus semblent s’ingénier à ne rien’faire comme leurs pareils. Ils
- s'installent dans les emplacements les plus bizarres qui soient, construisent leurs nids des matériaux les plus singuliers, alors qu’à deux pas se trouvent les
- Fig. 12. — Nid de tourterelle construit en cônes d’aulne.
- endroits préférés de leur espèce, les matériaux les plus propres à les satisfaire. Les exceptions de ce genre sont des anomalies et tout le contraire d'une adaptation.
- Ces oiseaux sont ce qu’on pourrait appeler les « oiseaux fous », de mentalité semblable à celle de certains humains qui ont « un hanneton dans la cervelle ».
- En fait, dans ces agissements, il n’y a aucune tendance vers le mieux.
- Témoin ce nid de tourterelle construit à grand-peine de cônes d’aulne alors que l’oiseau pouvait récolter fort aisément, tout auprès, les brindilles qui sont les ordinaires matériaux utilisés par ses semblables (fig. H et 12).
- Il en était de même de ce nid de rouge-queue de muraille creusé au milieu d’une toufï’e de foin s’échappant de la fente d’un plancher de fenil, alors que le mur de celui-ci n’était que crevasse (fig. 15).
- Remarque identique pour ce nid de sitelle creusé dans une meule de foin et dont les oiseaux maçonnèrent l’ouverture comme s’il s’agissait de l’entrée du creux d’un arbre, et aussi pour ce nid de martin-pêcheur placé dans un long trou d’aération du mur d’un moulin. Au reste la liste de ces singularités, dont la découverte est une bonne fortune pour le collectionneur, pourrait s’allonger indéfiniment.
- L. CoOPMANNi
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- LES PROCÉDÉS D’ÉPURATION DES EAUX DE SURFACE
- DESTINÉES A LA BOISSON
- Pour bien des personnes, les expressions « eau potable » et « eau pure » sont de même valeur ; en cela, elles commettent une erreur scientifique. La jnotabilité d’une 'eau relève essentiellement, de sa composition chimique, de sa teneur en sels minéraux (calcaires et magnésiens), en oxygène dissous, etc. Une eau est potable quand sa composition chimique lui confère des propriétés qui la rendent apte à la consommation. Celte même eau est pourvue de propriétés organoleptiques, c’est-à-dire saveur et goût, et de propriétés nutritives positives ou négatives, suivant que la quantité de substances minérales dissoutes bu incorporées demeure en deçà ou en delà des limites fixées par la potabilité même. Enfin selon celte même composition, l’eau se prête ou non à la cuisson des légumes et au savonnage. Quant à la pureté d’une eau, elle résulte exclusivement de l’absence d’organismes vivants, notamment de microbes, que seules la microbiologie et la bactériologie décèlent.
- Ainsi l’état de potabilité d’une eau n’implique pas forcément celui de pureté, et réciproquement. La pratique montre aussi qu’il est toujours difficile d’affirmer qu’une eau potable présente la garantie-d’une pureté constante.
- C’est le cas- de la plupart des eaux superficielles de rivières qui, en temps ordinaire, c’est-à-dire en dehors des périodes de crues durant lesquelles elles présentent une teneur élevée de matières en suspension, revêtent tous les caractères de l’eau potable à l’exclusion de la pureté. Par contre, les eaux de sources, sauf cas accidentels de pollution, ne présentent le plus souventqu’unc pureté sinon complète, du moins satisfaisante, mais n’offrent pas toujours pour cela des conditions de potabilité acceptables.
- En tout cas, comme il est plus facile de purifier une eau potable que de rendre potable une eau pure, cela explique qu’on préfère capter une eau courante n’offrant pas un caractère de très grande pureté, quitte ensuite à la soumettre à un traitement purificateur.
- Que doit-on entendre par purification, alors que sur ce point également, le public ne fait pas une démarcation suffisamment nette entre l’aclion de filtrer et celle de stériliser'1 Tandis que le but de la filtration est d’éliminer de l’eau toutes les matières qui y sont en suspension, celui de la stérilisation est d’obtenir la destruc-• tion systématique des microbes. Par conséquent, filtrer une eau ne signifie pas que l’on rend cette eau stérile : pour qu’elle le devienne, il faudrait, en effet, que l’action séparative exercée par la substance filtrante soit absolue et que pas une particule solide ne se retrouve dans le liquide filtré. Quoiqu’on en dise, il n’existe pas encore de procédé répondant à cette double condition ; aussi se contente-t-on d’exiger d’une installation purificatrice qu’elle soit d’une efficacité constante, et qui dit : efficacité constante, dit : sécurité.
- Tous les procédés proposés n’bnt pas cette efficacité constante, il y en a même oii cette efficacité est décroissante, mais si cette décroissance est régulière, ils ne sont pas pour cela à rejeter, parce que, si leur mise en service est soigneusement établie, ils sont susceptibles d’assurer une sécurité satisfaisante (*).
- De procédé vraiment parfait, il n’y a que la stérilisation par la chaleur sans ébullition, malheureusement elle
- 1. Eau pure, par R. et S. Lecointre Patin (Lilir. Larousse).
- ne peut s’appliquer aux gros volumes d’eau que nécessite maintenant l’alimentation d’une ville.
- Sans doute, l’épuration chimique dans laquelle le stérilisateur ou le coagulant est automatiquement mélangé à l’eau brute, présente en période de 'fonctionnement normal, une constance dans ses résultats, mais si des causes viennent affecter profondément la ' composition physique, chimique ou bactériologique de l’eau, on comprend qu’il n’est pas possible d’augmenter les d ises de réactifs au delà d’une certaine limite sans modifier par là même la potabilité de cette eau. C’est pour cette raison que les procédés d’épuration chimique opérant ainsi sont à rejeter parce qu’ils présentent une efficacité intermittente, donc pas de sécurité. Une semblable installation, susceptible de traiter une eau dont la turbidité peut subir des fluctuations brusques, n’est possible que si on la dote, d’un filtre rapide, véritable tampon amortisseur contre les à-coups.
- La stérilisation par l’ozone et par les rayons ultraviolets demande une eau préalablement clarifiée, autrement dit une eau aussi pauvre que possible en matières organiques ; si la turbidité de cettee au est modifiée, comme il peut arriver en période de crue, la puissance bactéricide est diminuée. L’une comme l’autre de ces stérilisations sont exposées aux interruptions du courant électrique ; évidemment, c’est, un inconvénient loin d’être négligeable pour l’épuration en grand, surtout quand ce courant est pris sur un secteur dont les causes d’interruption sont multiples et de durée variable. A cela sans doute, il est possible de parer en complétant la station par une installation électro-génératrice, s’il est plus économique de consommer le courant d’un secteur. De plus, on observe à l’encontre de la première de ces stérilisations, des défaillances en temps de brume, ce qui en limite dès lors l’emploi aux pays non sujets aux brouillards ; on reproche à la seconde d’avoir un pouvoir bactéricide fonction de la puissance abiotique de la lampe en quartz, autrement dit à l’usure très,variable de celte dernière (2000 à 5000 heures). Ajoutons que des éludes et des recherches dont il faut bien augurer, sont faites pour atténuer ces inconvénients, sinon les faire disparaître; la science n’a pas dit son dernier mot en celte matière.
- La filtralion artificielle sur sable n’est pas non plus exempte de critiques. On sait que cette filtralion se pratique par voie, soit lente (filtres à sable submergé, filtres à sable non submergé), soit rapide (filtres dits américains.)
- On reproche aux filtres à sable ordinaires sur lesquels le travail s’opère le plus souvent en deux phases — dégrossissage de l’eau brute sur des préfiltres à gros sal.de, épuration complète sur des filtres à sable très fin — divers inconvénients : d’une pari, la vitesse du «passage de l’eau doit ôlre réduite, et uniforme; d’après les prescriptions du Conseil supérieur d’hygiène de France, elle ne doit pas excéder 3 mètres par 24 heures (ou Dm. 08 par heure), ce qui implique la construction des bassins filtrants très étendus, donc fort coûteux actuellement; d’autre part, le principal élément de leur pouvoir épurateur étant la pellicule à membrane filtrante qui se forme à la surface du sable par l’agglutination des matières colloïdales contenues dans l’eau brute, un- filtre ne peut donc donner son plein effet qu’après une durée de fonc-
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- LES PROCEDES D EPURATION DES EAUX DE SURFACE : ::.:z 327
- lionnemenl assez longue pour que celle membrane ait pu se constituer; durant cette période de maturation, un mois à peu près, il faudrait, pour bien faire, que le filtre marchât à vide, et cèci, comme le dit fort bien M. Bidault des Chaumes, non seulement pour la mise en route de l’installation, mais après chaque nettoyage de la couche supérieure du sable. Souvent, on se borne à mettre en décharge, pendant 8 à 10 jours, l’eau d’un filtre nettoyé, ce qui est de nature à enlever à la filtration durant les trois semaines suivantes, une bonne partie de son efficacité au point de vue bactériologique.
- Ce serait une erreur de croire que, seule, la membrane filtrante possède le pouvoir de fixer les germes; sielleen emprisonne la majorité, on en trouve aussi une assez grosse proportion, 20 à 50 pour 100, dans le filtrat recueilli à une petite distance au-dessous, tandis que 0 m. 40 plus bas, il n’y en a plue que 0,1 pour 100. L’épaisseur de la couche sableuse a donc une influence active sur le résultat de la filtration, telle que le nombre moyen des germes renfermés dans le filtrat augmente quand la hauteur de la couche sableuse diminue ; ce qui a fait dire à un bactériologiste allemand que l’engorgement général du sable a une importance plus grande que la formation de la membrane, et à d’autres bactériologistes que la nécessité de la membrane est bien douteuse ('). En tout cas, le filtre peut offrir une couche de sable, ou trop mince pour être suffisamment efficace lorsque l’eau est fortement troublée par des crues ou des orages, ou trop épaisse pour les périodes normales, où l’eau est assez limpide à l’état brut, de sorte que dans ces cas, le débit du filtre est inutilement réduit, et l’importance de l’installation inutilement exagérée (1 2 *).
- Un écueil auquel se heurte parfois la filtration sur le sable résulte du ruissellement le long des parois cimentées des bassins; les filets d’eau trouvent un plan conducteur vertical et gagnent assez facilement les zones inférieures du filtre, sans avoir été soumis à l’épuration complète. La formation de ces canaux est donc redoutée des hygiénistes, attendu que les infiltrations qu’ils déterminent peuvent contaminer l’eau des réceptacles inférieurs, et ainsi rendre illusoire ou presque l’épuration. Il est vrai que les constructeurs de filtres peuvent y obvier s’ils disposent les parois d’après les idées de Golder ou de 51. Bechmann(5). Si le sable est à un haut degré absorbant, un retrait du lit sableux peut parfaitement se produire tout autour des quatre parois du filtre, à une distance pouvant aller de 0 m. 025 à 0 m. 037 de largeur et à une profondeur de 0 m, 05 à 0 m. 50. L’inconvénient est gros de danger et ce fait montre que les méthodes ordinaires employées pour mesurer les grains de sable ne fournissent pas toutes les données nécessaires, qu’elles ne font pas apprécier la capacité rélenlive ou absorbante, celle-ci dépendant non pas de la présence de pellicules colloïdales, comme on le suppose généralement, mais de la structure interne et de la surface active (4). Ceci
- 1. Le Génie civil, 7 juin 1919 ; Filtres à grand débit et à nettoyage automatique, par M. Biiiaui.t nus Chaumes, ingénieur des Aits et Manu'àclures.
- 2. En l’état actuel do nos connaissances, on ne s'explique pas encore très exactement le rôle de la membrane filtrante, d'autant que des filtres non pourvus de membranes assurent, dans certaines conditions, un pourcentage d’élimination extrêmement remarquable.
- 5. 'Note sur un nouveau dispositif des bassins filtrants à sable fin, par M. Bechmaxn. (Libr. Bernard.)
- 4. Engineering News Record, 1920. Note sur le retrait
- des filtres à sable, par A. Woi.max cl Siiepi'Aiid Powei.i..
- montre que le choix du sable a une grande importance.
- Le fonctionnement régulier et ininterrompu des filtres à sable est entouré d’autres difficultés, les unes dues à des influences qui échappent au calcul, les autres à des défaillances ou à l’incompétence du service. Dans la première catégorie se rangent les influences climatiques : en hiver, la gelée qui saisit la surface des filtres, trouble leur fonctionnement, entraînant ainsi l’imperfection du filtrage ; en été, la température qui a une assez grande influence sur le débit, lequel peut varier à raison de 0 m. 03 par degré ; ensuite les végétations aquatiques qui se développent parfois avec une rapidité inattendue, pouvant, si le développement de ce feutrage est excessif, rendre inactive la surface filtrante. Il y a aussi le vent qui peut faire détacher ces algues, produisant dans ces conditions une sorte de dénudation du lit sableux, et par suite risque d’amener une sérieuse élévation de la teneur bactérienne de l’eau. D’autre part, la décomposition des algues et des autres organismes morts peut avoir pour effet de communiquer à l’eau une saveur et une odeur désagréables comme aussi d’y introduire une forte proportion d’ammoniaque. On peut, il est vrai, parer à ces inconvénients, souillures et protection contre la chaleur et le froid, par le voûtement des filtres ; la pullulation exagérée des algues en été et la congélation en hiver n’étant plus à craindre, les interruptions du service sont évitées, la surface de réserve est réduite, d’où économie ; en outre, la pratique montre que l’obstruction des filtres voûtés est plus lente à se produire et que les frais de décroûtage sont par suite réduits ; enfin la membrane filtrante n’est pas exposée à se détacher de son support sous l’action du vent.
- Ce qui précède montre qu’une semblable installation doit être soumise à un contrôle rigoureux et permanent, que son fonctionnement et sa surveillance tec-hniqué ne peuvent être confiés qu’à un personnel sérieux et à un chef de service compétent, à même de faire sinon des analyses bactériologiques complètes, du moins des analyses qualitatives rapides.
- Dans la filtration sur sable non submergé, le processus tend théoriquement à se rapprocher de la filtration naturelle, puisque la couche filtrante n’est jamais recouverte par l’eau à filtrer ; l’air circulant constamment à travers la masse sableuse est drainé par chacun des filets d’eau distribué, de sorte que les espèces anaérobies subissent à la fois la présence de l’oxygène enfermé dans l’eau et celle de l’oxygène contenu clans l’air; on observe particulièrement que, si le principe de ce mode de filtration est des plus séduisants, les résultats pratiques obtenus jusqu’ici paraissent imprécis.
- Il apparaît toutefois, comme le font remarquer avec raison MM. Decointre-Patin, que, si l’on s’en tient aux références bactériologiques émanant d’autorités scientifiques incontestables et insoupçonnables, le point faible de ces filtres réside moins dans le principe lui-même que dans son application. Dans ce procédé également, la nature et la grosseur du sable ne sont pas quelconques, il doit être de grosseur uniforme et relativement grossier; fin, il ne pourrait être utilisé qu’à la condition d’abaisser considérablement le débit des filtres ou d’augmenter leur hauteur, toutes choses pratiquement désavantageuses. Ceci dit, puisqu’une installation de filtration, pour si bien conçue et conduite qu’elle soit, ne peut donner qu’un pourcentage d’élimination qui, bien qu’assez grand, n’assure après tout qu’une sécurité relative, on comprend fort bien les craintes des hygiénistes et leur tendance à exiger de plus en plus que toute eau courante destinée à l’alimentation publique,
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- L’ENSEIGNEMENT PRATIQUE DU SOUFFLAGE DU VERRE
- soit non seulement filtrée, mais stérilisée. Dans ces conditions, il suffit de concevoir une clarification ayant pour but de fournir non une eau épurée immédiatement consommable, mais une eau destinée à subir l’action stérilisante, soit de l’ozone, soit de certains réactifs chimiques judicieusement choisis, soit encore de la chloration (chlore libre) Q). Outre qu’en procédant ainsi, on obtient une efficacité constante, c’est-à-dire parant à tous les à-coups, on diminue les frais de construction, d’entretien et d’exploitation de la station purificatrice. Ce processus peut aussi bien se faire avec des bassins à sable submergé, mais à vitesse plus grande, ou avec ces filtres rapides dits aussi américains.
- Dans ces sortes de filtres, la membrane clarifiante est produite artificiellement par un coagulant — sulfate d’alumine ou autre — en un temps très court et avec l’épaisseur voulue, donc plus ou moins forte selon que l’eau brute est plus ou moins limpide. Il n’est plus question ici de période de maturation, donc de temps perdu après le nettoyage d’un filtre; sa remise en service se fait sans -délai. Grâce à sa-consistance, la membrane peut reposer non plus sur du sable fin, mais sur du sable assez gros afin que la vitesse de filtration horaire atteigne 4-5 m. ; le débit est donc 40 à 50 fois supérieur.
- Il est parfaitement établi, à l’heure actuelle, que la filtration rapide bien adaptée à la nature de l’eau brute donne au point de vue bactériologique, des résultats ausri satisfaisants que la filtration lente ; les expériences comparatives faites jadis au lac de Miiggél sont sur ce point probantes: réduction de 91,3 à 99,6 pour 100 de la teneur bactérienne de l’eau brute. Ces chiffres ont été, par la suite, corroborés à Little-Falls où'YEdst-Jersey C° exploité une des plus grandes usines d’épuration des Etats-Unis : le pourcen tage de réduction a atteint 99,1 pour 100,
- 1. f^a chloration, par Bartonv et Legendre. Revue d’Hygiène, 1918: :
- L’ENSEIGNEMENT PRATIQUE
- A LA FACULTÉ DES
- Dans le Journal officiel de la République française qui enregistra, l’an dernier, la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur, de M. Henri Yigreux, chef d’atelier à la Faculté des Sciences de Paris, les motifs de cette distinction méritée se trouvaient ainsi formulés : « Artisan habile et passionné pour son art, a créé un enseignement très suivi du soufflage des instruments de verre de laboratoire particulièrement utile à la formation des futurs chimistes et physiciens. Ingénieux inventeur de nombreux appareils et procédés de perfectionnements très appréciés des savants ».
- Ce virtuose du chalumeau a rénové Te travail du verre au laboratoire, et surtout il s’est appliqué à en développer la pratique parmi les étudiants, futurs biologistes, physiciens ou chimistes.
- L’habileté manuelle, dans les travaux du verre notamment, est souvent, en effet, une qualité sinon indispensable, du moins précieuse pour l'expérimentateur. M. Yigreux enseigne aujourd’hui les principes de cet art à de nombreux élèves dans son
- et n’est jamais descendu au-dessous de 9b,5 pour 100. Nombre d’exemples analogues pourraient être invoqués, s’il était encore besoin de dissiper la méfiance que l’on a montrée, il y a quelque vingt ans, à l’égard de la méthode américaine. Si, d’autre part, comme le soulignent MM. Putzeys et Questionne (2), on fait entrer en ligne de compte le fait que la clarification et la décoloration de certaines eaux sont obtenues de la façon la plus efficace par ces filtres, on ne peut méconnaître qu’ils réunissent des avantages que la filtration lente est incapable d’assurer. Bien entendu tous les procédés actuels de stérilisation leur sont applicables.
- Sans doute des hygiénistes objectent que l’alumine — par exemple — introduite dans l’eau est de nature à produire à la longue une influence nuisible sur la santé : il est aisé d’opposer à cela que bien des eaux potables considérées comme irréprochables, ainsi que des eaux minérales, en renferment de petites quantités ; en fait l’eau épurée est débarrassée de ce produit si les opérations sont bien menées. En tout: cas l’usage de ces eaux n’a exercé jusqu’ici, semble-t-il, aucune action nuisible sur la santé des populations qui les utilisent.
- Les filtres rapides ont aussi, nous le rappelons, cet avantage qu’en raison de leur débit plus grand, ils exigent moins de place ; ce qui est fort intéressant à une époque où les matériaux entrant, dans la: construction des filtres : ciment, sable, gravier et acier sont fort chers et le seront pendant longtemps. Cela permet aussi de les installer dans des bâtiments où ils seront protégés contre les actions du froid, du vent et de la chaleur. Quant à leur manutention, elle est d’une extrême simplicité; c’est ainsi qu’à Cincinnati, grande ville américaine, un seul homme fait marcher une installation fournissant le chiffre formidable de 420 000 mètres cubes par jour. M. Bousquet.
- 2. Approvisionnemenl et distribution de l'eau, par Rutoï, Putzeys et Questrenère. (Lib. Béranger.)
- DU SOUFFLAGE DU VERRE
- SCIENCES DE PARIS
- atelier de la Faculté des sciences de Paris (lîg. 1). Les cours sur le travail du verre, qu’il a faits régu-dièrement depuis 1919, sont très suivis par les étudiants et étudiantes et même par des industriels déjà établis. Voici d’ailleurs longtemps que M. Vi-greux est à la Sorbonne; il y entre comme garçon de laboratoire en 1895, puis trois ans plus tard, un appareil de distillation fractionnée, dont M. Haller l’avait chargé de surveiller la marche, éclate et le brûle grièvement. Au lieu de le détourner des laboratoires, cet accident l’incite à perfectionner les instruments de recherches chimiques. Depuis lors, il ne cessera d’innover dans ce domaine. Devenu en 1906, chef d'atelier, il apporte aux savants une collaboration des plus précieuses. Pendant la guerre il apprend le soufflage du verre aux mutilés ; puis, une fois la paix signée, il reprend ses occupations au laboratoire de chimie organique. Le 51 janvier 1919, à la suite d’une explosion, survenue au cours d’une expérience, il doit subir l’ablation complète de l’index de la main gauche. Mais ce nouvel acci-
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- dent n’arrête pas non plus son zèle. A peine remis de sa blessure, il continue son apostolat scientifique. Afin de faire de nouveaux prosélytes, il va donner quelques conférences en province, aux Instituts de chimie de Nancy ou de Lyon, de Lille ou de Rennes, à l'Ecole supérieure de Rouen et récemment encore il montrait à des docteurs étrangers, réunis en Congrès à la Faculté de médecine de Paris, l’importance du travail du verre pour les recherches physiologiques, les examens bactériologiques, les dosages ou les analyses pharmaceutiques.
- L’emploi du verre s’impose surtout en chimie, car
- qués tels que tubicus ou alambic à trois ballons. Par la suite, comme le prouve Berthelot dans le premier volume de sa Chimie au moijen âge, les chercheurs delà « pierre phylosophale », employaient également, de façon courante, les fioles, les matras, les tubes et les cornues en verre pour essayer d’atteindre leur chimérique objectif! L’un des plus célèbres d'entre eux, Albert le Grand (H95-1280) énumère effectivement dans son traité De A Ichem ia, parmi les diverses conditions à remplir par l’alchimiste pour parvenir au grand oeuvre, « que tous les vaisseaux dont il se sert soient en verre on en pote-
- Fig. J. — L’atelier de soufflage du verre à la Faculté des Sciences de Paris. Élèves travaillant sous la direction de M. Vigreux.
- cette substance solide, transparente, inattaquable à la plupart des corps et capable de recevoir toutes les formes possibles, se prête admirablement bien à l’expérimentation quotidienne.
- Avec des appareils en verre; le chimiste peut combiner ou décomposer les éléments, chauffer ou refroidir des solutions salines, distiller dans le vide ou sous pression, purifier des alcools, condenser des acides et des éthers ou conserver simplement ses réactifs. En un mot, le verre constitue l’outillage fondamental des laboratoires scientifiques et industriels d’aujourd’hui. Du reste, plus de 2000 ans avant Jésus-Christ, les hommes savaient déjà travailler,-souffler et souder le verre. Il n’est donc pas surprenant de rencontrer dans les œuvres de Lozime le Panopolitain, qui vivait vers la fin du me siècle de notre ère, des appareils de chimie assez compli-
- rie vernie, car les liqueurs acides (aquæ acutæ) attaquent et détruisent les récipients de cuivre, de fer et de plomb ».
- Cependant jusque vers la fin du xvne siècle, on ne rencontrait dans les laboratoires européens que de la verrerie très ordinaire. Les chimistes ne variaient guère alors leurs expériences et se bornaient surtout à distiller les corps les plus hétéroclites au petit? bonheur et à observer ce qui en résultait. Le thermomètre n’étant pas encore connu, ils chauffaient au premier, au deuxième degré, etc., pour mener à bien telle ou telle opération, c’est-à-dire qu’ils devaient brûler telle ou telle quantité de charbon de bois. Nicolas Lémery, dans son Cours de chimie (qui parut pour la première fois à Paris en 1675, et eut une dizaine d’éditions jusqu’en 1756), indique encore ! un procédé primitif pour « sceller hermétiquement
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- et clore l’embouchure ou le col d’un vaisseau de verre avec des pincettes rougies au feu. « Il suffit, écrit-il, d’échauffer ce col avec des charbons ardents qu’on approche peu à peu, l’on augmente et l’on continue le feu jusqu’à ce que le verre soit prêt de se mettre en fusion ». Baume, « maître apothicaire
- de Paris », donna dans sa Chimie expérimentale et raisonnée (1.775) des conseils pour couper le verre au moyen de la pierre à fusil, mais ne parle pas du diamant.
- « Les vaisseaux, écrit-il, sortant de la verrerie ne sont point appropriés et ne peuvent servir aux opérations. Les ballons ont le col trop long et ne sont point percés, les becs des chapiteaux ne sont point ouverts. Le chimiste est obligé d’arranger ces vaisseaux et de les mettre en état de servir. »
- Mais il était réservé à Lavoisier de doter les laboratoires de méthodes précises grâce à l’introduction de la balance et de rénover leur outillage avec l’aide du chalumeau. L'immortel fondateur de la chimie moderne construisit de ses mains, ou fit établir sur ses indications de nombreux appareils en verre, dont on peut encore admirer quelques spécimens dans les collections du Conservatoire des Arts et Métiers.
- Au cours du xix0 siècle, tous les chimistes se rendent compte qu’il leur est indispensable pour leurs recherches de savoir « traiter le verre à la lampe, de donner aux tubes de verre des formes diverses en les courbant, de les souffler en boules, etc. » comme le constate avec juste raison le savant suédois Berzélius, dans son Traité de chimie (1855). Cependant, durant cette période, ils n’avaient à leur disposition que l’antique lampe à huile dont ils activaient la flamme au moyen du chalumeau. Un peu plus tard, Gay-Lussac substitua la lampe à alcool à la simple boîte remplie d’huile et garnie d’une mcche. Enfin apparut le chalumeau
- Fig. 3. — Fabrication d’un ballon.
- Première phase. Chauffage de l'extrémité d’un gros tube qui sera ensuite soufflé.
- Fig. 4. — Fabrication d'un ballon. Deuxième phase. Ce verre étant ramolli par la chaleur, l’opérateur souffle dans le tube, tout en le faisant tourner.
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- a gaz imaginé par notre compatriote de Luca (1857) et qui, pouvant fournir un jet continu, permit aux souffleurs de verre de travailler commodément. Cependant, comme le système ne donnait pas une flamme suffisamment grande pour réaliser de grosses pièces, on lui substitua peu après le chalumeau muni d’injecteurs cylindriques et tel qu’il existe maintenant.
- Chose digne de remarque, au moment où l’outillage se perfectionnait et où les progrès de la chimie exigeaient une verrerie de plus en plus compliquée, le soufflage du verre déserta les laboratoires. Alors s’établirent, près des grands centres universitaires d’Europe et en particulier à Paris, des souffleurs en chambre. Ces artisans se chargèrent de satisfaire aux besoins des physiciens et des chimistes. Quelques-uns de ces professionnels parisiens, Àlvergniat, par exemple, réalisèrent souvent de véritables merveilles.
- Cependant, quelque habiles que soient les vir-
- big. 6. — fabrication d'un appareil pour le dosage des produits ammoniacaux.
- tuoses du chalumeau, ils ne sauraient répondre, dans tous les cas, aux desiderata du savant voulant se livrer à certaines recherches originales, étudier un phénomène très spécial ou mettre au point une nouvelle méthode. Pour remplacer alors les appareils classiques par d’autres plus appropriés à son but, il faut que l’expérimentateur sache travailler le verre afin de fabriquer l’outillage nécessaire à la poursuite de son idée.
- Nous avons donc demandé à M. Yigreux, que vingt-cinq ans de pratique au laboratoire de chimie organique de la Sorbonne ont rendu maître dans cet art, de nous en dévoiler les principes.
- Comme nous l’a fait remarquer tout d’abord cet habile praticien, le travail du verre n’exige qu’un matériel des plus simples : un chalumeau à gaz d’éclairage, muni d’injecteurs cylindriques interchangeables et quelques instruments accessoires tels que limé à trois faces, pinces coupantes, pointes métalliques servant à border les tubes, ciseaux et griffes spéciales pour soutenir les ballons sans se
- Fig. 5. — Courbure d’un tube pour la fabrication d'un serpentin prismatique.
- brider les doigts au cours de leur chauffage dans la flamme.
- On emploie couramment dans les laboratoires, la soufflerie à pédale pour actionner le chalumeau. À Paris ou dans les grandes villes et dans certains aLeliers industriels (fabrication d’ampoules radiologiques, de thermomètres, etc.) on la remplace souvent par Y air comprimé (fig. 2) ou par une trompe soufflante dont la puissance varie avec la pression d’eau.
- Entrons maintenant dans quelques détails afin de montrer sur le vif la technique actuelle et d’ailleurs fort simple du soufflage. Avant de. commencer n’importe quelle construction d'appareils, l’opérateur doit procéder au nettoyage intérieur et extérieur des tubes à employer. Cela fait, la bonne disposition des mains est une des conditions essentielles à remplir. Supposons qu’il s agisse de fabriquer des soudures. Après avoir appuyé les coudes
- big.f. — Principaux appareils inventés par M. Vigreux.
- Analyseur à température réglable, colonnes de distillation dans le vide, etc.
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- sur la table de façon à laisser ses mains libres, notre'artisan saisit le tube de verre avec la main gauche entre le pouce et les autres doigts pour lui imprimer un mouvement de rotation continu et régulier, tandis que de la main droite, la paume en dessous, il tient l’autre extrémité du tube entre le pouce et l’index. S’il s’agit de faire un ballon (fîg. 3) on borde une extrémité du tube à travailler dont on étire l’autre bout. Puis on ferme le col. On réalise ensuite une première boule et une seconde que l’on réunit à la première par chauffage et soufflage. On fabrique ainsi 2, 3 ou 4 boules de façon à réaliser une masse de verre suffisante pour le volume du récipient à obtenir. Après quoi, on se débarrassé de la partie effilée et on chauffe la masse tout entière dans une grande flamme. Une fois la pâte vitreuse ramollie, on porte le tube à la bouche (fîg. 4) et on le tourne tout en soufflant assez lentement au début, puis en augmentant la pression au fur et à mesure jusqu’à l’obtention de la grosseur désirée pour le ballon.
- Pour faire un serpentin de petit diamètre, il faut activer puissamment le chalumeau. On tient dans une large flamme le tube droit qu’on enroule en hélice en l’inclinant légèrement sur l’horizontale, de manière à le chauffer sur une assez grande longueur. En dehors de la flamme, le verre étant encore chaud, on l’arc-boute en chauffant le tube droit au point non encore enroulé, puis on le sort de la flamme pour poursuivre la formation de la spire et .ainsi de suite- Pour les serpentins prismatiques (fîg. 5), plus faciles à réaliser que les précédents, on courbe le tube à angle droit, 4 fois et à intervalles égaux dans toute la longueur, en maintenant la même inclinaison et, partant, le même écart entre les spires.
- MADAME DU CHATELET ET LA
- Il y a deux siècles une question était vivement discutée entre les savants et menaçait, comme l'a dit Emile Du Bois Reymond, reprenant une expression de d’Alem-bert, de provoquer « le scandale d’un schisme dans la plus infaillible des sciences ». Les uns, avec Newton, défendaient la mesure des forces vives donnée par Descartes; les autres, celle donnée par Leibniz. Dans divers écrits, on cite Mme du Châtelet, l’amie de Voltaire, comme une protagoniste de l’opinion de Leibniz. Or, en lisant les ouvrages de cette femme savante, on voit qu’elle n’avait pas toujours soutenu cette opinion. Comme il a été fréquemment parlé des relations de Mme du Châtelet avec divers personnages marquants, il m’a semblé qu’il pouvait être intéressant de donner quelques détails ; le changement d’opinion auquel ils se rattachent a son importance dans l’histoire des sciences.
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- Les candidats au baccalauréat apprennent comment l’idée de forcé vive se rattache à celle de travail et se trouve, comme l’a dit Cournot, être la clef de la mécanique industrielle. Descartes avait pensé que la vis mo-trix d’un corps en mouvement était proportionnelle à la
- D’autre part, les soudures internes permettent la réalisation des appareils de laboratoires très compliqués que nécessitent souvent aujourd’hui les travaux de chimie organique. Assistons, par exemple, à la naissance du doseur d'ammoniaque (fig. 6) inventé par M. Yigreux. Il se compose d’un tube à pointes de \ 5 cm (possédant 4 couronnes de 4 pointes et 4 plateaux également de 4 pointes) reliées par un caoutchouc à un réfrigérant de 25 cm dont l’orifice plonge dans le ballon renfermant la solution titrée. Ce dispositif avec son tube à pointes, qui effectue une véritable distillation fractionnée, permet les dosages très rapides de matières azotées.
- D’ailleurs, M. Yigreux a imaginé de nombreux appareils en verre, à l’usage des laboratoires scientifiques et industriels (fig. 7). Citons, entre autres, son analyseur à température réglable, ses colonnes de distillation dans le vide ou sous pression réduite, sa trompe, sa soupape de sûreté et son réfrigérant. Dans ce dernier, les vapeurs se condensent dans un tube d’environ 22 mm de diamètre, qui présente intérieurement un grand nombre de pointes disposées en chicane et creusées dans la masse même du du verre. Ces pointes, formant un grand nombre d’obstacles froids rencontrés par les vapeurs dans leur course, réalisent une réfrigération très intense.
- Le maître qui dirige l’atelier de soufflage du verre à la Faculté des Sciences de Paris, a donc rendu d’incontestables services aux savants et en s’initiant aux tours de mains qu’une longue pratique lui a permis d’acquérir, ses élèves pourront perfectionner, à leur tour, la technique du soufflage du verre, si utile actuellement pour tous les travailleurs du laboratoire.
- Jacques Boyer
- QUERELLE DES FORCES VIVES
- masse et à la vitesse de celui-ci. Dans une courte note, intitulée, Brevis demonstratio erroris memorabilis Carlesii (Acta eruditorum, 1686), Leibniz faisait remarquer que, le travail fourni pour élever un corps pesant étant proportionnel à la hauteur parcourue, la vis rnotrix que celui-ci acquérait en retombant était proportionnelle à cette hauteur, or celle-ci l’était au carré de la vitesse acquise. *
- Ceci dit, je n’entre pas dans le détail des polémiques et j’arrive au rôle joué par Mme du Châtelet. L’Académie des Sciences ayant mis au concours, pour l’année 1758, la question de la Nature et de la Propagation du Feu, reçut de nombreux mémoires dont aucun, d’après ce qui est dit dans l’Ains précédant les trois mémoires couronnés, n’a paru pleinement satisfaisant. A la suite de ces trois mémoires, l’Académie en a publié, dans le Recueil des prix, imprimé en 1759, deux autres dont l’un est de Mme du Châtelet et le second de Voltaire, sur le désir exprimé par les auteurs de ces Mémoires.
- Au cours de son Mémoire, Mme du Châtelet écrit : « L’effet de la force d’un corps étant le produit de sa masse par sa vitesse », et dans une note en bas de la pagé : « Si la force d’un corps était le produit de sa masse par le carré de sa vitesse comme M. Leibniz et de très grands philosophes l’ont prétendu, et comme on
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- le croirait encore sans la façon admirable dont M. de Mairan a démontré le contraire.... »
- Le Mémoire est suivi d’une liste de corrections occupant deux pages; une de ces corrections se rapporte à la note ci-dessus citée. La partie de cette note que j’ai soulignée doit être remplacée, d’après l’erratum, par : a et comme une grande partie du monde savant le croit encore malgré la façon admirable dont M. de Mairan a établi le contraire dans son Mémoire de 1728 ».
- Si Mme du Châtelet remplace les mois le croirait encore par le croit encore, ce qui semble indiquer qu’elle est moins affirmative sur le succès de Mairan, elle n’en persiste pas moins à déclarer admirable la démonstration de celui-ci.
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- Mais Mme du Châtelet a bientôt changé plus complètement d’opinion car, en 1740 elle a publié, chez Prault fils, des Institutions de physique dédiées à son fils. Et en tête de cet ouvrage il y a un Avertissement du libraire ainsi conçu :
- « Le premier tome des Institutions de physique était prêt à être imprimé dès le 18 septembre 1738, comme il parait par l’Approbation (Approbation accompagnant le volume) et l’impression en fut même commencée en ce lemps-là, mais l’auteur ayant voulu y faire quelques changements me la fit suspendre. Ces changements avaient pour objet la métaphysique de M. de Leibniz dont on trouve une exposition abrégée au commencement de ce volume. » *
- Voici quelques textes qui précisent la pensée de Mme du Châtelet au moment où elle public ses Institutions de physique; elle dit : « M. de Leibniz qui a découvert le premier la véritable mesure de la force vive... », puis viennent des développements en faveur de la théorie de Leibniz à propos desquels je me bornerai à citer les titres de paragraphes, mis en manchettes.
- « Les forces vives sont comme les carrés des vitesses. Preuve de cette vérité par la chute des corps. »
- « Combien cette découverte fut combattue dans les commencements. » Et, rappelant le « Mémoire que M. de Mairan a donné en 1728 contre les forces vives », Mme du Châtelet ajoute : « Comme cet ouvrage me paraît ce que l’on a fait de plus ingénieux contre les forces vives, je m’arrêterai à vous en rappeler ici quelques endroits et à les réfuter.... Je me flatte que M. de Mairan regardera les remarques que je viens de faire sur son Mémoire comme une preuve du cas que je fais de cet ouvrage; j’avoue qu’il a dit tout ce qu’on pouvait dire en faveur d’une mauvaise cause ».
- On voit, en rapprochant les dates que j’ai citées, combien le changement d’opinion de Mme du Châtelet a été rapide. 11 semble vraisemblable que ce changement est dû à l’influence de quelqu’un des hommes éminents avec lesquels la docte Emilie — comme on l’appelait parfois — s’entretenait des sciences.
- Ce n’est certes pas à Voltaire, car celui-ci continua à soutenir l’opinion opposée à celle de Leibniz dans un mémoire dont on trouve l’analyse dans le volume de l'Histoire de l'Académie des Sciences, de 1741.
- Mme du Châtelet avait été en correspondance avec Jean Bernoulli qui fut un des plus ardents à soutenir l’opinion de Leibniz. Mais c’est aux Mémoires de Bernoulli que répondait celui de Mairan, en 1728, si admiré par Mme du Châtelet dix ans plus lard. Ce n’est donc pas, je crois, à Jean Bernoulli qu’on peut attribuer la conversion de sa correspondante.
- D’autre part Mme du Châtelet était en relations très suivies avec Maupertuis et Clairaut. Clairaut a toujours été considéré comme un savant de premier ordre. Maupertuis avait, à cette époque, une grande notoriété et si, à la suite d’une querelle retentissante avec Voltaire, il a semblé quelque peu déprécié, je peux noter qu’actuel-lement il est jugé favorablement par diverses autorités scientifiques. D’Alembert dit formellement, dans l’Encyclopédie que Maupertuis n’a pas pris parti dans la dispute des forces vives. Je n’ai trouvé dans les œuvres de Clairaut aucune discussion de la question, mais, par contre, j’ai vu qu’à l’occasion de problèmes précis Clairaut écrivait la différentielle de la force vive exactement comme nous l’écrivons maintenant, c’est-à-dire conformément à la théorie de Leibniz, ce qui ne laisse aucun doute sur sa façon de penser. Il souscrivait certainement à ce que disait d’Alembert dans le Discours préliminaire de son Traité de Dynamique, publié en 1743, lorsqu’il constatait que les géomètres étaient d’accorcl sur les principes fondamentaux de l’équilibre et du mouvement, et concluait à propos de la question des forces vives : « Aussi n’aurait-elle pas sans doute enfanté tant de volumes si on se fût attaché à distinguer ce qu’elle renfermait de clair et d’obscur. En s’y prenant ainsi on n’aurait eu besoin que de quelques lignes pour décider la question ; mais il semble que la plupart de ceux qui ont traité celle matière aient craint de la traiter on peu de mots ».
- Or, vers l’époque où Mme du Châtelet s’est ralliée à la théorie de Leibniz, maintenant classique, Maupertuis et Clairaut, occupés de leurs travaux de géodésie et des conséquences qui en résultaient pour la ‘ forme de la Terre, s’étaient retirés au Mont Valérien pour travailler plus à loisir. Mme du Châtelet venait, à cheval, leur rendre visite dans leur studieuse retraite. 11 me semble qu’il n’est pas téméraire de supposer que les entretiens avec des savants qui traitaient des problèmes mathématiquement, au lieu de se livrer à de copieuses dissertations, ont pu modifier l’opinion de leur belle visiteuse. D’autant plus que c’est du même temps que date la collaboration, bien connue, de Clairaut à l’adaptation des Principes de Newton, publiée sous la signature de Mme du Châtelet ; c’est du même temps que Grandjean de Fouchy, successeur de Mairan dans les fonctions de secrétaire perpétuel de l'Académie, mentionne des leçons de géométrie données par Clairaut à Mme du Châtelet. Bref les relations scientifiques ont été particulièrement fréquentes, et il me semble qu’il y a une forte probabilité pour que Mme du Chlaelet ait trouvé son chemin de Damas, si j’ose m’exprimer ainsi, à la suite de scs chevauchées vers le Mont Aralérien.
- Cn. Biocue.
- L’UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGERIE
- I. Considérations générales.
- Productions agricoles de l’Algérie. — L’Algérie est un pays agricole et minier. Les produits du sol, agricoles principalement, constituent l’origine et l’avenir de sa richesse. Le développement de son industrie, encore naissante, est lui-mème intimement lié à la mise en valeur de la terre.
- Les résultats déjà obtenus autorisent les plus larges espoirs. En elfet, si on se réfère au bulletin du mouvement commercial de l’Algérie, publié par la Direction des Douanes, on constate que la valeur des produits faisant l’objet du commerce spécial de la Colonie a atteint, en 11)24, 4784258000 francs,
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- savoir :'à l'importation, 2 795 744000 francs, dont 2224 millions originaires de la France ; à l’exportation, 1 990 494 000 francs, dont 1475 millions à destination de la France.
- Or, le commerce d'exportation porte presque entièrement sur les produits agricoles. Bien que l’année 1924 ait été, pour l’Algérie, une année moyenne de production agricole, on relève cependant que les exportations sont intéressées pour plus des trois quarts par les produits agricoles, notamment les vins (667 millions), les céréales (252), les moutons (114), lés laines, cuirs et peaux (74), les tabacs (112), l’alfa (55), les dattes (55), le crin végétal (25), le liège (25), etc....
- 11 convient de remarquer, en outre, que, sur les 11 millions d’hectares qui constituent la propriété privée dans les seuls territoires du Nord/1), 2 900000 hectares seulement ont été ensemencés en 1924.
- Les rendements réalisés sur cette superficie réduite d’emblavures sont inférieurs, de très loin, à ceux obtenus en France et à l’étranger. Le rendement moyen à l’hectare ne dépasse guère une dizaine de quintaux pour les terres cultivées par les européens et il descend à cinq quintaux pour celles cultivées par les indigènes (2). On se rend ainsi compte, pour les céréales, des augmentations que l’on peut attendre de l’extension des surfaces ensemencées et, surtout, de l’amélioration des rendements.
- « On peut donc dire, écrivait en 1920 le rapporteur de la Commission des grands travaux publics, que les facultés de production de l’Algérie en céréales sont encore illimitées. On peut en dire autant des vins, des moutons, des huiles, des minerais, des bois, si bien qu’à l’exception du charbon et du coton, il semble que l’Algérie, seule, pourrait fournir à la Métropole la presque totalité des matières premières et surtout alimentaires qui lui font défaut. Pour cela, il suffirait que cette énorme capacité de rendement ne soit plus paralysée par les multiples causes qui arrêtent à chaque instant les énergies et les bonnes volontés ».
- C’est dans cette voie qu’est entrée résolument l’Algérie. L’œuvre à accomplir comportait l’étude simultanée de multiples problèmes, savoir :
- 1° développement de la colonisation en favorisant le peuplement et en facilitant l’acquisition, par les agriculteurs expérimentés, des terrains indigènes improductifs (•’) ;
- 1. La superficie de ces territoires, en 1917, était de 21 millions d’hectares, se décomposant comme suit :
- Domaines public et privé de l’Etat.. . . 5100 000
- Biens communaux........................ 4150 000
- Propriété privée indigène............ . . 9 200 000
- Propriété privée européenne............ 2 300 000
- 2. L’année agricole 1923, favorable pour les céréales, a donné 22 610 000 quintaux sur 2670000 hectares ensemencés, soit ain rendement moyen de 8 quintaux par hectare.
- L’année 1924, déficitaire, n’a donné que 10 130 000 quintaux sur 2 940 000 hectares, soit 5,5 quintaux par hectare.
- 3. Jln projet de,réforme de la propriété foncière est acluel-
- 2° Organisation des services d’études et d’expérimentation agricoles, du crédit et de la coopération agricoles, et, en général, des divers moyens susceptibles d’aider les agriculteurs à tirer le meilleur parti des terres cultivées ;
- 5° Travaux propres à développer les moyens de transport et à remédier, dans la plus grande mesure possible, aux excès et aux.caprices qui, en Algérie, caractérisent tous les phénomènes naturels dont dépend le sort de l’agriculture.
- Dans cette dernière catégorie de problèmes, l’hydraulique agricole constitue la question capitale. On en examinera rapidement ici les grandes lignes.
- Aperçu des conditions géographiques de l’Algérie. — En la limitant à la bordure méridionale de l’Atlas Saharien, l’Algérie occupe une superficie de 525 000 kilomètres carrés, soit les 5/5 environ de celle de la France. Considérée en masse, c’est une haute terre dont l’altitude moyenne de 900 m. (*) n’est alteinte par aucune région européenne. Avec son régime de pluies, tombant presque exclusivement de novembre à avril, et la réduction sensible de la durée des saisons intermédiaires, printemps et automne, les climatologistes la considèrent comme type du climat méditerranéen. M. l’Inspecteur général des Ponts et Chaussées Flamant, dans une notice publiée en 1900, en a donné une remarquable description dont voici quelques extraits intéressants au point de vue hydraulique;
- Dans ses grandes lignes, l’Algérie est constituée par une série de vastes plateaux élevés, les Hauts Plateaux, et par deux versants orientés, l’un vers la Méditerranée, le Tell, l’autre vers le Sahara.
- Le Tell est la région la plus fertile. Elle est formée d’un grand nombre de massifs montagneux séparés par de profondes vallées au fond desquelles coulent des torrents et dont la partie inférieure est remblayée par des alluvions quaternaires qui donnent des terres généralement fertiles. La culture des céréales y domine ; mais, dans les vallées inférieures, elle tend à céder la place à la vigne et aux cultures arbustives ou industrielles.
- Pour toute culture, l’eau est un élément indispensable. Elle manque souvent en Algérie et, cependant, le Tell reçoit, en moyenne, une quantité d’eau pluviale égale à celle de la France. Mais, d'une part, les besoins sont plus grands à cause de l’élévation de la température; de l’autre, la répartition entre les diverses saisons s’y fait d’une façon moins favorable.
- Sur le littoral et dans le Tell, les quantités d’eau qui tombent vont, en général, en croissant depuis l’Ouest, où la hauteur moyenne d’eau tombée n’est guère que de 500 mm par an, jusqu’à la Kabvlie,
- lement en instance devant le Sénat. 11 permettra la mise en valeur cl’une très grande partie des terres improductives.
- 1. Allas d'Algérie cl de Tunisie, par Augustin 1Ji:rxaiu> et in; Flotte iie Boquevaiiie, Fascicule II, llypsomélrie. Les altitudes se répartissent ainsi : 17 500 kilomètres carrés de 0 à 200 mM 20000 kilomètres carrés de 200 à 400 m., 61500 kilomètres carrés de 406 à 800 m., le surplus au-dessus de 800 mètres.
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- ======= L’UTILISATION AGRICOLE
- où celte hauteur atteint et dépasse 1 mètre. Elle décroît ensuite jusqu’à la frontière tunisienne, où elle n'est guère que de 800 mm sup le littoral et 700 mm dans l’intérieur.
- Nulle ou presque nulle en juillet et en août, l’importance des pluies croît à peu près régulièrement jusqu’en décembre ; elle décroît ensuite jusqu’en juin, mais en présentant une certaine recrudescence en marsj1).
- Ces observations générales sont des moyennes de part (et d’antre desquelles se tiennent les années sèches et les années pluvieuses, qui se succèdent suivant une loi qui n’est pas encore bien établie. Toutefois, on a remarqué qu’il est rare de rencontrer une seule année sèche entre deux
- DE L’EAU EN ALGÉRIE ——..............335
- Plateaux est mauvais. De plus, il ne reçoit qu’une quantité d’eau pluviale bien inférieure à celle qui tombe sur le Tell. La hauteur de pluie annuelle ne dépasse guère 450 mm en moyenne, sur l'ensemble de la région. La marche annuelle de la pluie est à peu près la même que dans le Tell; toutefois, dans la partie la plus éloignée de la mer, les pluies semblent présenter deux maxima par an, en mars et en octobre, soit au voisinage des équinoxes.
- Les Hauts Plateaux sont une région à céréales et pacage.
- Le versant' Saharien, bien moins tourmenté que le Tell, présente un grand nombre de larges vallées auxquelles il ne manque que l’eau pour être les plus fertiles de l’Algérie. Il pleut encore moins que
- WXvxM Zone très pluvieuse + 800 mm.. WïM Zone pluvieuse 500'800mm. IllIlIll.IZone peu pluvieuse 300~500mm.
- très peu pluv. lOOBQOmqfflFF/ 1 .... z) Zone sèche-aie lOOmnyAj-, J ; - {($vur O ra jawflTnfl I Wm/
- Bizerte
- Mône .
- pousse
- Fig. i. — Carte pluviométrique de l’Algérie par de Flotte de Roquevaire.
- périodes pluvieuses et inversement. Ordinairement, plusieurs années de même caractère se succèdent pour former une période sèche ou humide, comprenant un certain nombre d’années. Les périodes sèches, sont néfastes pour l’agriculture.
- Les Hauts Plateaux forment, entre le Tell et le Sahara, une série de vastes dépressions elliptiques remplies d’alluvions lacustres et au fond desquelles se trouvent des lacs sans écoulement, où l’évaporation a accumulé, pendant des siècles, les sels 'amenés par les cours d’eau qui viennent s’y perdre. L’altitude des lacs salés va en décroissant de l’Ouest à l’Est : chott Tigri, P200 m., chott Chergui, 1000 m. ; Zahrez du département d’Alger, 840 m. ; chott El llodna, 400 m,; chotts du bassin fermé de l’Aurès, 800 à 900 m. Le sous-sol des Hauts
- - 1. Ces constatations ressortent lumineusement de l'examen des douze cartes pluviométriijucs mensuelles de l'Algérie "dressées par de Flotte de Roquevaire et exposées p<ir le Gouvernement Général de l’Algérie à l’exposition de la Houille Blanche à Grenoble.
- sur les plateaux et la hauteur d’eau tombée ne dépasse guère 100 mm. par an. La distribution avec les saisons est nettement semi-annuelle et deux maxima très accentués se produisent vers les équinoxes.
- Le problème de l’eau en Algérie. — Cet exposé sommaire de la géographie algérienne suffit à faire comprendre ce que doit être l’hydraulique agricole dans ce pays : elle doit tendre à assurer l’emploi intégral des eaux utiles et l’évacuation des eaux nuisibles.
- M. Steeg, ancien gouverneur général de l’Algérie, affirmait, devant les Assemblées Algériennes en 1922, la nécessité de poursuivre une politique de l’eau : « Pour dégager notre responsabilité, disait-il, des difficultés que la situation financière de l’Algérie nous impose, il ne suffira pas d’incriminer les caprices d’une nature marâtre, aussi longtemps que nous n’aurons pas fait tout ce qui dépend de nous pour l’asservir, docile, à la satisfaction des besoins de l’homme... Nous avons occupé la terre, gagné
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- 336 : L’UTJLISATJON AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE
- les esprits et les cœurs ; mais il est une conquête que nous avons à peine et mollement entreprise, conquête essentielle cependant, la conquête de l’eau... -
- « La conservation et l'utilisation de l’eau, de toute l’eau, celle que roulent nos oueds comme celle que recèle obscurément notre sous-sol, exige un effort immédiat et vaste ».
- Cette œuvre, M. Steeg d’abord, puis son successeur, M. Yiollette, en ont fait un des objets principaux de leur active préoccupation. On peut mesurer l’importance des efforts accomplis et projetés en comparant les dépenses annuelles faites au titre de l’hydraulique agricole dans le passé à celles qui sont actuellement engagées ou envisagées pour un avenir prochain.
- Non compris les frais de personnel, les dépenses annuelles moyennes pour les travaux d’hydraulique agricole proprement dite ont été successivement de :
- 580 000 fr. entre 1889 et 1901, période pendant laquelle l’Algérie dépendait financièrement de la métropole ;
- 1 500 000 fr. pendant la période 1901 à 1921, qui a suivi la création du budget spécial;
- 2 700 000 fr. pour les années 1921 à 1925.
- Or, les prévisions de dépense pour la période 1924-1929 sont de 150 millions, soit une dépense annuelle de 21 millions.
- Programme de travaux. —-Depuis la création du budget spécial, trois programmes de grands travaux publics ont été successivement votés par les Assemblées Financières Algériennes :
- 1° Le programme de 1902, qui s’élevait à 50 millions, dont 7 millions pour les travaux hydrauliques ;
- 2° Le programme de 1907, s’élevant à -475 millions, dont 11 millions pour l’hydraulique ;
- 5° Le programme de 1920, s’élevant à 2600 millions
- Ce dernier programme, dont la réalisation doit s’étendre sur une période de 15 années à compter de 1921, comporte, pour les travaux hydrauliques, une dotation globale de 205 millions, dont 19 affectés à l’achèvement des travaux du programme de 1907.
- Cet ensemble imposant de travaux hydrauliques a déjà reçu un commencement d’exécution. Leur dotation, pour les exercices 1921 à 1924, a atteint 15 millions.
- Au cours de leur session de 1924, voulant marquer leur volonté de développer l’organisation économique de la colonie, les Assemblées Algériennes ont extrait du programme général un programme de première urgence, à réaliser au cours de cinq années, 1925 à 1929, qui comporte une dotation globale de 115 millions pour les travaux hydrauliques. ,
- Les principaux travaux portés à ce programme de cinq ans figurent dans le tableau ci-après :
- CATÉGORIES DE TRAVAUX ENTREPRISES ÉVALUTATION DE LA DÉPENSE ENVISAGÉE DOTATION POUR LA PÉRIODE 1925-1 m
- 1° Irrigations . Utilisation des eaux de la Tafna et mise en valeur des terres qui la bordent 10.000.000 1.000.000
- Irrigations de la plaine de l’Habra 5.550.000 2.550.000
- Barrages sur la Haute-Mina et mise en valeur des terres qui la bordent 5.000.000 5.000.000
- Dévasement du barrage de Foued Fergoug. . 1.125.000 1.125.000
- Mise en valeur du Bas-Chèliir 25.000.000 5.575.010
- Aménagement des irrigations de la plaine de ChélilU 75.000.000 60.000.000
- Barrages et travaux hydrauliques en grande Kabylie 10.000.000 2.500.000
- Aménagement du bassin de Hodna 7.000.000 6.450.000
- Utilisation des eaux du versantnord de l’Aurès. 12.000.000 4.157.450
- Barrage-réservoir des Zar-dézas et aménagement des irrigations de la plaine du Sal'-Saf . 9.000.000 5.500.000
- Aménagement des irrigations de la plaine de Bône par les eaux de la Seybouse et des oueds Namousse et El-Kebir 18 000.000 4.000.000
- * Mise en Aaleur des hauts plateaux 17 000.000 1.500.000
- 2» Dessèche- ments, Assainissement de la plaine de l’Habra et de la Macla 10.000.000 5.000.000
- assainisse- ments Dessèchement du lac llalloula 4.000.000 5 000.000
- et protection contre Dessèchement des marais de Bout'arik 1.900.0:0 1.000.000
- les eaux. Assainissement et dessèchement. de la plaine de Bougie 2 500.000 1.000.000
- Proteetiou de Batna contre les inondations. . 1.000.000 800.000
- Assainissement de Bône et protection de la ville contre les inondations. 2 900.000 1.880.000
- Dessèchement du lac Fezzara 6.800.000 400.000
- Dessèchement du lac Tonga ... . . . ’ 2.500.000 650.000
- Dans ce tableau, les travaux projetés sont groupés en deux catégories :
- Les travaux d’irrigation, destinés à assurer l'emploi des eaux utiles ;
- Les travaux de défense contre les eaux nuisibles.
- On se bornera à examiner ici la question de l’utilisation des eaux, qui fera l’objet d’un prochain article. (A suivi'e.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiïre, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- N* 2721 29 Mai 1926
- LA NATURE
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- de nos Côtes
- SOMMAIRE :
- Les Cétacés de nos côtes : R. Legendre.
- Nouveaux essais de freinage continu des trains de marchandises : J. Netter.
- Johann et Georges Forster : E. Doublet. — La technique de la chamoiserie : I. L. Chronique. — Académie des Sciences : Paul B. — Une hélice nouvelle : N. Lallié
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Bulletin astronomique: La voûte céleste en juillet 1926. Variétés : L’industrie des galoches. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO
- France . . , . Union postale.
- 1 franc 1 fr. 25
- MASSON ET Cie, Éditeurs. J20, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- . MASSON et C‘\ Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (T{. C. : Seine j5.a3g)
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- 12 mois (5a nf‘) 6 mois (26 n°').
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- Florins
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- 87—
- 4 —
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- 29 MAI 1926
- LA NATURE. — N0'2721.
- LES CÉTACÉS DE NOS COTES
- Depuis quelque temps, les journaux font 'grand bruit d’une nouvelle guerre qui commence sur toutes nos côtes. Une commission, dont je fais partie, réunie par M. le Sous-Secrétaire d’État de la Marine marchande et des Pêches, a été chargée d’étudier Tes moyens propres à assurer la destruction des « bélugas ».
- On annonce pour les prochains mois, une vaste offensive avec bombardements par avions, tirs au fusil et au canon, barrages explosifs : tous les engins et tou s les moyen s de la guerre moderne.
- C’est la reprise énergique d’hostilités qui durent depuis la fin du siècle dernier entre pêcheurs et cétacés, sans avoir jusqu’ici amené de victoire décisive.
- Peut-être n’est-il pas inutile de définir l’ennemi à qui l’on s’attaque, de préciser ses méfaits, d’examiner les moyens de le combattre.
- Nous nous proposons donc de rappeler, dans cet article, les caractères des Cétacés qu’on peut rencontrer près de nos côtes, de signaler leurs mœurs, d’indiquer les remarques utiles que pourraient faire les amateurs d’histoire naturelle qui auront, au bord de la mer, l’occasion d’en observer.
- Dans un second article, nous parlerons du plan offensif actuel, des projets de destruction ou de capture et d’utilisation.
- Les Cétacés sont des Mammifères aquatiques ; ceux de nos régions sont exclusivement marins. Bien que leur forme générale rappelle celle des Poissons, on les en distingue à première vue par
- leur peau nue, sans écailles, et plus vite encore par leur queue horizontale, à deux lobes égaux, sans os, tandis que celle des poissons est verticale, dans le plan général de symétrie du corps.
- Les Cétacés ont tous une forme de cigare ou de dirigeable, à gros bout en avant. Sur ce gros bout,
- on voit deux yeux, 'généralement petits, un ou deux évents, une bouche avec ou sans dents.
- Sur le dos, beaucoup ont un aileron plus ou moins développé : de chaque côté, tous ont deux nageoires qui représentent leurs membres antérieurs.
- Sur le ventre un orifice marque l’anus. Chez les femelles, deux petites fentes logées de chaque côté logent les mamelles que les petits viennent têter dans les premiers temps après leur naissance.
- Ce sont tous de gros animaux. Le marsouin, le plus petit de nos régions, mesure déjà 1 m. 50 ou 1 m. 60; la baleine atteintlbm. et le cachalot 25 m.
- Ils sont tous d’excellents nageurs et passent toute leur vie en mer. Certains atteignent des vitesses de nage extraordinaires; c’est ainsi, que les Dauphins suivent souvent en se jouant les navires les plus rapides et qu’on les a vus bondir et tourner autour de torpilleurs filant 30 et 53 nœuds. Munis de poumons et non de branchies, ils respirent l’air en nature et non celui dissous dans l’eau. Aussi viennent-ils fréquemment à la surface et ne plongent-ils ni longtemps ni profondément. Racovitza, qui en a vu beaucoup et de près à bord de la Belgica, estime qu’ils ne des-
- 22. — 357.
- Fig. i. — Les grands Cétacés qu'on peut rencontrer sur nos côtes.
- 1, baleine tranche ; i5 m. ; 2, balénoptère : 9 à 3o m. ;
- 4, cachalot : 25 m.
- $4’ Année, — 1" Semestre.
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- 338 ......... - LES CÉTACÉS DE NOS COTES
- cendent pas au-dessous de 100 m. La Princesse-Alice a suivi pendant 6 heures un balénoptère qui réapparaissait en surface régulièrement toutes les 10 minutes. On a vu un cachalot faire 60 ou 70 respirations, puis plonger pendant une heure.
- Les petits Cétacés de nos côtes, Dauphins et Mar-
- biologie, de leurs mœurs, de leurs voyages et toutes les observations qu’on pourra recueillir seront précieuses à noter et à signaler.
- Mais il importe, ici comme pour toutes les questions de sciences naturelles, de préciser avant tout le nom de l’animal que l’on a rencontré. Bien sou-
- FigT 2.
- Les petits Cétacés de nos cotas-.
- i, Orque : 8 m. ; 2, Pscudorque : 4 m. ; 3, Tursiops : 2 m. 5o ; 4, Dauphin : 2 m. ; S, Marsouin : 1 m. 5c 6, Grampus :3m.; 7, Lagenorhynchus :2 m. 70.
- souins, plongent bien moins longtemps, d’après mes nombreuses observations à Concarneau où on les voit souvent reparaître en surface moins d’une minute après leur précédente apparition. Les plus gros se reconnaissent à distance par le souffle qui sort de leurs évents et se condense, dans l’air froid, en brouillard jusqu’à 5 et 6 m de hauteur ; les petits respirent pendant les bonds qu’ils font à la surface de l’eau.
- A cause de leur vie maritime et de leurs déplacements rapides, on sait encore peu de chose de leur
- vent, les récits des voyageurs et des amateurs perdent toute valeur à cause de leur imprécision qui rend impossible l'identification de la bête à laquelle ils se rapportent. Lotir en citer un exemple, les « bélugas » dont les pécheurs se plaignent justement ne sont pas encore connus avec, certitude et l’on se demande si le destructeur de filets est le Grampus, le Dauphin, le Marsouin, ou, si plusieurs sont coupables.
- Les Cétacés de nos mers sont assez peu nombreux pour qu’on les identifie facilement, quand on peut
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- Fig. 3. — Échouage d'une bande d’une cinquantaine de Globicèphales sur la plage de Mounis Bay près Penzance (Cornouailles) le /er juillet iqn.
- les examiner à loisir. Leur reconnaissance exacte, pendant qu’ils nagent près d’un bateau, est autrement difficile. Pour les naturalistes qui en captureraient ou en trouveraient échoués sur la côte, les indications et les tableaux suivants suffiron1, je l’espère; à les désigner avec précision.
- Les Cétacés sont divisés en deux sous-ordres : les Mysticètes à fanons, présentant deux évents séparés; les Odontocètes, sans fanons, à dents plus ou moins nombreuses, et n’avant qu’un seul évent.
- Fanons. 2 évcnls..........Mysticètes.
- Pas de Fanons. 1 évent .... Odontocètes.
- Fig. 4. — Une bande de nombreux cétacés photographiée en mer.
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- LES CÉTACÉS DE NOS CÔTES
- Les Mysticètes ne comprennent qu’une seule famille, celle des Balénidés, contenant 5 genres dont 3 se rencontrent par hasard près de nos côtes.
- Quand on leur ouvre la bouche, on voit si la peau de la gorge est lisse ou plissée par une série de sillons. Dans le premier cas, c’est une Baleine vraie; dans le second, un Mégaptèreou un Balénoptère. Le Mégaplère à des nageoires très longues et une queue arrondie; le Balénoptère a des nageoires courtes et une queue triangulaire, falciforme. Leur reconnaissance ne présente donc aucune difficulté.
- Mysticètes.
- 'Peau de la gorge lisse..........)
- Fanons longs, élastiques.........Baleines.
- .Pas d’aileron dorsal........)
- l)AU-îxim5s<Ponil 1a( Nageoires 1res lon-j
- gués...........> Mégaplère.
- JQueue ronde. . . )
- /Nageoires courtes.),, n . • . > Balenopleres.
- Queue triangulaire. \ 1
- Peau de la gorge S à sillons . Fanons courts, et gros. .
- Le genre Baleine comprend plusieurs espèces. La Balæna mysticetus des mers polaires est aujourd’hui à peu près éteinte et l’on ne rencontre guère dans nos mers, très rarement, que la B. glacialis ou B. biscayensis qui atteint 18 m.
- Les Balénoptères ou Borquals comprennent quatre espèces qui viennent parfois échouer sur nos côtes : le Balœnoptera musculus ou B. Sibbaldi, le plus grand, qui atteint 50 m ; le B. physalus autrefois appelé B. musculus, de 19 à 25 m; le B. borealis, 15 m; le B. acutoroslrala, moins de 9 m. On a signalé plus fréquemment le B. physalus et le B. acutoroslrala., amenés accidentellement à terre. Outre leurs tailles différentes, les caractères suivants permettent de les distinguer.
- B. Sibbaldi, fanons noirs à franges noires.
- B. physalus, fanons àraies longitudinales sombres sur fond clair, franges blanches.
- B. acutoroslrala, tête pointue, fanons jaunâtres à franges blanches.
- B. borealis, fanons noirs à franges blanches, diffère du B. physalus par sa queue qui n’est pas. blanche en dessous.
- Le Mégaptère, Megaptera boops, se reconnaît immédiatement par ses arêtes dorsales à bords festonnés blancs. 11 atteint 15 m.
- Les Odontocètes comprennent 5 familles dont 2 se rencontrent seulement dans les eaux douces. On distinguera les 3 marines par les caractères suivants :
- Tête énorme, cjuadrangulaire, bouche énorme,
- dents à la mâchoire inferieure ..... Piiysiîteiudës. Crâne bizarre à rostre étroit et solide.
- ! 2-f-2 dents à la mâchoire inférieure . . Zipiiiides. Event un peu à droite, os nasaux courts,
- petites dents.................................Delphinidés.
- !Les Physétéridés ne comptent que deux espèces, le Cachalot (Physeler catodon ou P. macrocepha-lus) qui dépasse 20 m, et le Kogia breviceps, long de 5 m, qu’on ne voit pas sur nos côtes.
- Les Ziphiidés comptent 4 genres dont 3 sont accidentellement rencontrés dans nos mers. On les recon-
- naît aisément à la forme bizarre de leur crâne prolongé par un rostre étroit et solide. On les distinguera par les caractères suivants :
- Arêtes en avant de l’évent.
- Tubérosités sur les maxillaires, à la racine du bec ;
- 2 H-2 dents en avant de la mâchoire inférieure 5 m.. . Ziphius caoirostns Pas de tubérosités ; 2 —j— 2 dents vers le milieu de la mâchoire inférieure ; 4 à 5 m. Mesoplodon bide ns
- Arêtes maxillaires. Bec.
- Dents recouvertes par la gen- Hyperoodon cive; 5 à 9m................. rostralus
- Les Delphinidés sont beaucoup plus nombreux. On les classe en deux sous-familles, selon que les vertèbres cervicales sont soudées ou non.
- Les Delphinaptérinés ne se voient presque jamais sur nos côtes. Ils comprennent seulement le narval (Monodon monoceros) dont le mâle porte une ou deux longues défenses spiralées et le vrai béluga (Uelpinaplerus leuccis) des mers arctiques sans nageoire dorsale qui n’est pas celui de nos pêcheurs.
- ( Vertèbres cervicales libres. Üklpiiinaptérinës. ülli’iumdës j Au moins 2 vertèbres cervi-
- ( cales soudées............ Dei.piiininks.
- Les Delphinidés forment deux groupes, selon qu'ils ont ou non un bec. On les distingue notamment par l’examen de leurs dents. Le tableau suivant permettra de reconnaître ceux qu’on peut trou-
- Phocoena commuais. Orca gladialor.
- Pseudorca crass ideus.
- Globicephala melœna.
- Grampus grisous. Lagenorhynchus. L. albiroslris.
- L. acutus.
- Tursiops Iruncatus.
- Delphinus delphis.
- Ces caractères suffisent pour reconnaître exactement l’espèce à laquelle appartient tout individu qu’on pourrait observer.
- ver :
- Dlil.PMlXINËS.
- 1. Pas de bec :
- [ Tète obtuse et arrondie. Dents en forme de bêche. 1 m. 50 . . . Grandes dénis. Noir à taches blanches. G à 9 m.......................
- ! Environ 10 paires de dents à chaque mâchoire. Entièrement noir. Nageoires courtes, ovales. 4 m. .
- 8 à 10 paires de petites dents coniques en avant de chaque mâchoire. Nageoires longues et
- minces. Noir. Cm...............
- Pas de dents à la mâchoire supérieure, 2 à 7 paires à l'inférieure. Grande nageoire dorsale. Gris.
- 5 m. 50........................
- 80 à 90 vertèbres. Corps court. Lon-\ gués nageoires. 2 m. 50 à 5 m.
- I Lèvre supérieure blanche, environ 1 25 -f-25 dents à chaque mâchoire.
- 1 Lèvre supérieure noire, plus de ] 50 + 50 dents à chaque mâchoire.
- I Nageoires pectorales noires sur l la peau blanche en cet endroit.
- 2. Dec :
- l 21 â 25 paires de dents à chaque \ mâchoire. Bec assez court. . . j 40 à 60 paires de dents à chaque ( mâchoire. Bec pointu. 2 m.. .
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- LES CÉTACÉS DE NOS COTES
- 341
- Le degré de fréquence de ces rencontres est très variable.
- Les Dauphins (Delphinus delphis) abondent dans le golfe de Gascogne; ils diminuent de nombre dans la Manche et deviennent rares dans la mer du Nord.
- Les Marsouins (Phocæna com-munis) pullulent dans la mer du Nord, diminuent dans la Manche et encore plus dans le golfe de Gascogne.
- Les Tursiops sont partout peu nombreux; ils s’arrêtent à l’Irlande et à l’Ecosse et sont remplacés plus au nord par les Lagenorhi/nchus.
- Les Gram pus, rarement capturés,
- Fig. 5. — Un Marsouin de i m. 80 apporté à Concarneau.
- Cependant, le laboratoire qui y est installé a reçu pendant de nombreuses années van Beneden qui a écrit l’Ostéographie des Cétacés et Pouchet qui a créé les collections des galeries d’anatomie comparée du Muséum. Gela donne une idée des chances de capture qu’auront les chasseurs et les pécheurs qu’on va engager à détruire les Cétacés le long de"nos côtes.
- Est-ce à dire qu’ils auront à craindre une certaine monotonie dans leurs parties?
- Tout d’abord, nos renseignements actuels sont surtout basés sur les arrivages à la côte, soit de Cétacés
- Fig. 6. — Un Dauphin de 2 m. i5 harponné par un Ihonnier et apporté au laboratoire de Concarneau.
- Sur le mur, à gauche, une côte de grand Cétacé.
- sont signalés à l'entrée de la Manche, notamment en Cornouaille anglaise. On en a vu à Roscoiï, au Mont-Saint-Michel, à Saint-Vaasl-la-Hougi;e, à Luc-sur-Mer.
- Les Globicéphales apparaissent parfois en bandes nombreuses.
- Les Orques sont les ennemis des Baleines qu’ils poursuivent et attaquent avec férocité ; ils sont devenus rares comme elles.
- A Concarneau, où je poursuis depuis nombre d’années des observations sur les Cétacés que les pêcheurs apportent, j'ai vu des centaines de Dauphins, quelques Marsouins, un Tursiops. Je n’ai jamais rencontré les autres espèces. Un Grampus et une bande de Globicéphales y ont été autrefois signalés.
- Fig. 7. — Dauphins plongeant après avoir bondi le long d’un bateau de pêche. (Photo Rudaux.)
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- morts ou mourants, soit de bêtes harponnées par les pêcheurs. Il est possible qu’on trouve plus de variété au large.
- Puis, ce genre de chasse est pittoresque. Il se pratique en mer, à bord d’un bateau, sur un but excessivement mobile et rapide qui oblige à une grande promptitude de visée.
- Enfin, les amateurs de sciences naturelles, les « field naturalisé » pourront profiter de leurs chasses pour aider à connaître bien des points obscurs de la vie de ces animaux.
- L’animal étant exactement déterminé, il sera utile de mesurer sa longueur totale, celle de sa tète, de ses nageoires, la position de son anus, etc. On pourra également noter, son sexe, prendre des croquis de sa forme et de sa couleur, chercher sur sa peau les parasites qui s’y fixent parfois, observer les cicatrices que laissent souvent autour de la bouche les ventouses-des Céphalopodes avec lesquels il s’est battu, les stries parallèles qui peuvent zébrer le corps et qu’on considère comme la trace des coups de bec et de dents échangés au moment des amours.
- Rentré à terre, on pèsera si possible l’animal entier et, si l’on peut, on l’ouvrira. Il sera bon de recueillir le contenu de l’estomac qui renseigne sur la dernière nourriture prise : yeux, otolithes et arêtes de poissons, becs de Céphalopodes, Crustacés divers, etc. Dans tout le tube digestif, on pourra rencontrer des vers parasites qui feront le bonheur des zoologistes spécialistes de ces animaux. Parfois, on en trouvera aussi dans les poumons. On mesurera la longueur de l’intestin. On pourra peser tous les organes séparément. Signalons que le poids de l’encéphale est, chez les Cétacés, considérable par rapport au poids du corps et que beaucoup de données numériques sont encore insuffisantes pour une étude complète de cette question. Quelquefois, les femelles procureront des petits plus ou moins développés.
- Rien n’est à négliger ni à perdre quand le hasard procure une bonne rencontre.
- Avant de tirer, on pourra observer la vitesse de. nage, la durée de chaque plongée et si possible les mouvements de propulsion dont on sait si peu de chose.
- La date de la capture, le lieu d’observation, la taille, le sexe, l’état de maturité, s’ils sont soigneusement notés, pourront aider à la connaissance des mœurs et des migrations de ces animaux.
- En France, autrefois, Pouchet avait accumulé nombre de données importantes et recueilli beaucoup de pièces intéressantes qu’on admire aujourd’hui au Muséum, rien qu’en se faisant avertir de tous les échouages de Cétacés.
- En Grande-Bretagne, depuis 1915, sir Harmer, directeur du British Muséum, fait de même et rassemble chaque année beaucoup de documents de premier ordre.
- Les observations déjà connues posent de multiples
- DE NOS COTES r...................., ----
- problèmes qui attendent de nouvelles données des solutions définitives.
- Par exemple, il semble que les Marsouins se tiennent à peu près toute l’année sur les bords de la mer du Nord, de l’embouchure de l’IIumber à l’entrée de la Manche; ils manquent dans le Nord de l’Ecosse, l’ouest de l’Irlande, les bords du Canal de Saint-Georges. Ils semblent ainsi se plaire dans les mers peu profondes, à l’inverse des Dauphins. On connaît à peu près l’époque de leur naissance : le solstice deté et la taille du nouveau-né par rapport à celle de sa mère.
- Pour les Dauphins, Fischer, à Arcachon, a vu de la fin de décembre à avril, et surtout en février et mars, une forte proportion de femelles. A Concarneau, où les thonniers apportent nombre de Dauphins du 20 juillet à fin septembre, je n’observe que des mâles; les femelles sont exceptionnelles. En Grande-Bretagne sir Harmer ne trouve aucun Dauphin pendant les mois de mai, juin et juillet; on en capture beaucoup sur la côte sud d’Angleterre, des îles Seilly à l’ile de Wight, d’aoùt à décembre, et quelques-uns au nord de l’Ecosse en hiver. Ces données font supposer des déplacements saisonniers, peut-être une migration vers le nord en hiver, un. éloignement des côtes au début de l’été suivi d’une concentration vers le golfe de Gascogne. Les mers intérieures : mer du Nord, moitié orientale de la Manche, mer d’Irlande, ne seraient pas fréquentées, comme si les Daupîiins se tenaient et circulaient surtout près du bord du plateau continental. L’abondance des femelles en hiver, opposée à leur rareté en été serait-elle liée à la croissance, à la naissance et à l’allaitement des petits? A quelle époque ceux-ci apparaissent-ils?
- Sur les Tursiops, nous sommes encore moins renseignés, ainsi que sur les Grampus, pour lesquels Brasil a posé les mêmes questions.
- Je ne parle pas des autres Cétacés plus grands qui n’échouent sur nos côtes que par hasard et qu’on n’a pas encore observés en nombre suffisant pour faire même une hypothèse sur leurs mœurs, leurs voyages,, leur répartition géographique, leur saison de reproduction.
- Pour donner une idée de ce que peut apprendre une simple capture, je signalerai celle faite le 3 septembre dernier à Concarneau d’une femelle de Dauphin de 2 mètres environ portant un petit de 1 m. 08. Elle permit de fixer approximativement l’époque de la naissance, la taille du nouveau-né et la vitesse de croissance des divers organes qui furent mesurés ou pesés.
- On ne saurait donc trop recommander aux naturalistes, aux amateurs, aux chasseurs qui vont collaborer à la chasse aux « bélugas » de recueillir le plus de renseignements possibles sur tous les Cétacés que le hasard mettra à leur portée. Tout ce qu’ils verront bien et noteront exactement sera précieux pour la science. R. Legemdre.
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- NOUVEAUX ESSAIS DE FREINAGE CONTINU DES TRAINS DE MARCHANDISES
- Une Commission de l’Union internationale des Chemins de 1er procède actuellement à des essais comparatifs /entre les systèmes de freins continus pour trains de marchandises qui ont été respectivement adoptés par les puissances alliées et par l’Allemagne. Il s’agit des systèmes Westinghouse et Kunze-Knorr. Ce dernier est déjà appliqué à tous les véhicules allemands; le premier n’est qu’une modification de l’appareil en service sur nos trains de
- de dispositifs permettant de les incorporer dans les trains des puissances alliées.
- Les Allemands ne pourront donc se prévaloir du fait accompli pour imposer le frein Kunze-Knorr au reste de l’Europe.
- Par contre, s’ils parvenaient à établir la supériorité technique de cette solution, il y aurait puérilité de la part de leurs voisins à persister — par un faux amour-propre — dans le choix d’un autre frein.
- Fig. i. — Aux États-Unis. Un train de marchandises équipé avec freinage continu à Pair comprimé.
- voyageurs et sur l’universalité des véhicules américains.
- Comptant sur l’hégémonie que devait leur assurer la victoire, les Allemands avaient adopté leur frein dès 1916 sans se soucier de la signature apposée en 1909 au pied du protocole de Berne qui leur faisait pourtant une stricte obligation de n’arrêter leur choix qu’après avis d’une commission chargée de s’assurer que le nouveau frein pouvait sans inconvénient être admis en trafic international. Aussi les rédacteurs du traité de Versailles durent-ils y insérer une clause (art. 570) obligeant l’Allemagne à laisser librement circuler sur ses lignes les wagons munis de tel frein que les Alliés viendraient à adopter dans le délai de 1 0 ans et à munir ses propres wagons
- Il est toutefois permis de douter que les essais auxquels procède actuellement l’Union internationale des Chemins de fer fournissent à l’Allemagne l’occasion d’administrer la preuve dont il s’agit.
- En 1912 et en 1915, la Commission de Berne avait déjà reconnu possible l’adoption en trafic international du frein à vide Clayton-IIardy à simple conduite et du frein Westinghouse à double conduite.
- Elle avait néanmoins formulé des réserves portant sur les sujétions qu’entraîneraient soit la substitution du vide à l’air comprimé, soit l’emploi de deux conduites générales au lieu d’une seule. Il est évidemment probable que si une réunion avait eu lieu, en 1914, le frein Kunze-Knorr eût été l’objet de réserves analogues car, pour éviter l’emploi de deux
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- conduites, il met en œuvre deux freins au lieu d’un seul, savoir : un frein différentiel et un frein du type Westinghouse. La Commission n’eût pas manqué non plus de souligner que le frein Ivunze-Knorr agit plus lentement que les autres parce que, avec le moyen qu'il met en œuvre pour freiner les véhicules chargés, il lui faut augmenter plus que les autres la durée de remplissage des cylindres à frein.
- Quoi qu’il en soit, on disposait, dès 4914, de trois solutions pour le freinage des trains de marchandises ; mais toutes trois impliquaient de telles sujétions que — sauf en Allemagne — on hésitait à y recourir. Les sujétions étaient d’ailleurs uniquement dues à l’obstination avec laquelle on s’était attaché à doter le frein d’une propriété spéciale : lamo-dérabilité au démarrage que l’on jugeait indispensable pour descendre en toute sécurité les longues et fortes pentes. La pratique américaine qui remontait à plus de trente ans prouvait cependant que la difficulté pouvait être résolue en adaptant un simple robinet aux tuyaux par lesquels l’air s’échappe des freins et qu’il suffisait de tourner ce robinet avant d’aborder une longue descente,
- Fig. 3. — L’intérieur du wagon d’observation (partie avant). A, téléphone haut-parleur ; B, manomètres ; C, indicateur de vitesses; D, boîte à billes ; E, appareil enregistreur.
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- pour que le desserrage s'effectue très lentement et que le mécanicien puisse effectuer un nouveau serrage avant que la vitesse du train ait sensiblement augmenté par l’effet de la déclivité.
- Aussi les Compagnies françaises ont-elles résolument écarté les trois systèmes imaginés avant la guerre et se sont-elles bornées à retenir quelques perfectionnements apportés aux distributeurs pour les rendre aptes au freinage des plus longs trains, savoir : l’adjonction d'une poche accélératrice destinée à accroître la vitesse de propagation de l’onde de freinage et l’adoption d’un mode spécial d’alimentation du cylindre à frein par deux canalisations dont l’une, à large section, s’obture automatiquement dès que la pression dans le cylindre est devenue suffisante pour provoquer une application légère des sabots sur les bandages tandis que l’autre, à faible section, continue seule à alimenter le cylindre où la pression n’augmente alors plus que lentement.
- Ces deux perfectionnements, qui assurent la simultanéité d’action des freins de tète et des freins de queue, ne supposent que des modifications insignifiantes à la triple valve des freins Westing-
- Fig: 4. — L’intérieur du wagon d’observation (partie arrière)
- house en service. Les essais en cours ne manqueront pas de faire ressortir la douceur et la faible longueur des parcours d’arrêt réalisés par le frein Westinghouse à simple conduite pourvu de la nouvelle triple valve type L et complété, sur les wagons de grande capacité, par l’adjonction d'un cylindre spécial destiné à frei-
- big. 5. — Un des appareils d'observation du wagon d’observation (la boite à bittes).
- p, plans inclinés à pentes variant de 25 à 800 mm. par mètre, sur chacun desquels repose une bille. Lorsqu’un choc se produit dans le train, les billes remontent les plans inclinés et, suivant l’importance du choc, une ou plusieurs d’entre elles tombent dans la bâche. Le plus fort numéro des billes tombées donne une indication sur la violence du choc.
- ner le chargement.
- Avec le frein Kunze-Knorr les parcours d’arrêt seront plus longs et les, réactions relativement plus importantes; car ce frein, malgré les deux cylindres dont tous les véhicules équipés doivent être munis, n’arrive à freiner le chargement que dans des conditions médiocres et au prix d’un ralentissement spécial de son action sur tous les véhicules vides ou chargés.
- Ce ralentissement, indispensable dans le système Kunze-Knorr, mais complètement inutile dans les autres systèmes, constituera une cause sérieuse de difficultés pour le mélange dans un même train de véhicules munis les uns de freins Kunze-
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- lînorr, les autres de freins de système différent. On peut éspérër toutefois que les techniciens réussiront à triompher de ces difficultés, faute de quoi l’article 370 du traité de Versailles mettrait les Allemands dans l’obligation de modifier leurs appareils.
- Ajoutons enfin qu’il ne sérail peut-être pas sans danger de pratiquer dans le robinet du mécanisme deux crans : l’un pour le desserrage complet, l’autre pour le desserrage partiel. Le mécanicien aurait, en effet, presque toujours à utiliser le premier cran et il prendrait l’habitude, pour desserrer, de faire le geste correspondant.
- Pour peu qu’engagé sur une forte pente, il se trompe el passe au premier cran, c’est un desserrage complet qui se produirait et le train risquerait fort de s’embal-
- ler. Certains accidents restés inexpliqués et qui n’ont sans doute pas eu d’autre cause, n’auraient pu se produire si le frein n’avait pas été modérable au desserrage mais simplement organisé pour que —
- sur fortes pentes — le desserrage ne puisse jamais se produire que lentement.
- Pour procéder aux essais en cours,la Commission de F Union i nternationale des Chemins de fer dispose d’un matériel très important et des plus perfectionnés. Sur les 75 wagons qui forment les trains d’essais, 7 sont aménagés en postes d’observation, tandis que 7 autres sont organisés pour servir respectivement de dortoirs, de salles d’étude, d’ateliers photographiques, de magasins ou d’ateliers.
- Vos photographies donnent des détails sur ces diverses installations.
- J. Netter.
- Ing. 6.
- L’appareil enregistreur du wagon d’observation.
- S, styles indiquant la variation de pression dans les tubes manométriques reliés à l’une des capacités du frein (conduite générale, réservoir auxiliaire, cylindre à frein) ; f, style' indiquant les manœuvres effectuées par le mécanicien ; U, style servant au repérage électrique des temps.
- La Science en Famille.
- JOHANN ET GEORGES FORSTER
- « Les pays rhénans, disait Guillaume 1er, ont été rattachés à la France pendant quinze années seulement, et cela suffit pour qu’ils aient une mentalité différente de celle des autres Allemands. » — Le vieil empereur se trompait : si les Rhénans ne pensent pas comme les autres Germains, c’est que, dans leurs veines, le sang celtique coule pour une bonne part, que leurs ancêtres, comme les nôtres, ont été latinisés et, bien qu’ils parlent allemand, ils ne pensent pas, ils ne sentent pas comme les riverains de l’Elbe ou de l’Oder. L’influence de Rome est de celles qui ne s’effacent jamais.
- D’ailleurs, de 1794 à 1814, dans cette contrée, si, comme ailleurs, on souffrait des guerres continuelles de
- Napoléon, par contre, on comprenait parfaitement que, sous bien des rapports, on avait infiniment gagné à la destruction de l’ancien ordre de choses. Sous l'administration de préfets tels que le marquis de Lézay-Marnésia et Jean-Bon-Saint-André (le héros de la bataille navale du 13 prairial an II), le pays prospérait grandement.
- Un des hommes qui facilitèrent cette réunion des pays rhénans à la France s’appelait Georges Forster. C’était un savant Irès distingué, dont la carrière scientifique et politique offrira peut-être quelque intérêt à nos lecteurs; mais nous devons d’abord parler de son père qui fut, lui aussi, un naturaliste de haute valeur.
- Johann Reinhold Forster était né à Dirscbau, dans la
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- Prusse occidentale, le 22 octobre 1729, et il mourut le 12 janvier 1794, à Halle. Après avoir fait ses premières études à Marienwerder, il les continua au gymnase Joachim, à Berlin. De là, il se rendit à l’université de Halle, avec l’intention d’étudier la médecine; mais son père aurait préféré le droit. Finalement, il se rabattit sur la théologie. De Halle, il passa à Dantzick, et enfin, devint « prédicateur », c’est-à-dire vicaire, dans un village appelé Yassenhof, où il s’occupa surtout d’histoire naturelle. 11 avait d’ailleurs une instruction prodigieuse et il en vint à savoir dix-sept langues vivantes ou mortels. Ajoutons que les littératures anciennes le charmèrent toujours et qu’Horace était son auteur de prédilection.
- Par contre, il n’avait guère étudié les préceptes de la Civilité puérile et honnête, peu connue en Prusse au dix-huitième siècle, si bien que, ayant été présenté à Frédéric, voici le jugement qu’il inspira à celui-ci :
- « C’est un bien savant homme, mais jamais je ne vis un plus grossier personnage. » — Et Frédéric devait s’y connaître en malappris, lui qui avait dù rappeler par circulaire aux officiers de sa garde que lorsqu’ils étaient appelés à manger à la table de Sa Majesté, ils devaient commencer par lui présenter leurs respects, et que si, pendant le repas, il leur arrivait de se salir les mains avec de la sauce, ils ne devaient pas les essuyer dans leur barbe !
- De plus, Forsler, excellent homme au fond, avait un caractère des plus difficiles : nulle part, il ne pouvait s’entendre avec personne, et cela lui fit grand tort. Ajoutons, pour l’excuser, que, toute sa vie, il eut à lutter contre la misère. Bien d’autres, à sa place, n’eussent pas été plus affables.
- De gouvernement russe, connaissant sa valeur intellectuelle, l’invita à entrer à son service, et il accepta de visiter les colonies fondées dans la Russie méridionale par Catherine 11. 11 remplit sa mission consciencieusement, mais n’obtint pas une récompense proportionnée à son mérite, et il alla chercher fortune en Angleterre, où sa famille vint le rejoindre. Pour vivre, il enseigna d’abord l’allemand, le français et les sciences naturelles, mais ne tarda pas à être choisi pour accompagner Cook pendant son second voyage de circumnavigation et, de plus, autorisé à emmener son fils Jean Georges Adam, né à Yassenhof, le 27 novembre 1754. L’expédition se proposant des huis scientifiques, deux astronomes, Wales et Bayley, un peintre et dessinateur, llodges, en faisaient également partie. Le père et le fils s’embarquèrent sur la Résolution, commandée par Cook lui-même; le chef du second navire, Y Aventure, s’appelait Furneaux. L’expédition, très remarquablement préparée, dura du 15 juillet 1772 au 50 juillet 1775, soit trois ans et huit jours, et, quand elle prit fin, les deux navires se trouvaient dans le plus triste état.
- Nous ne pouvons raconter en détail cette expédition, où l’on doubla le Cap de Bonne-Espérance, et, se trouvant dans l’Océan Pacifique, on chercha à atteindre la plus haute latitude australe possible. Le 50 janvier 1774, se trouvant par 71° 10', on ne crut pas pouvoir aller plus loin vers le sud, et on rebroussa chemin. On visita une multitude de localités, faisant toutes les observations possibles, notamment celle d’une aurore australe, la première de toutes celles que des physiciens 'ont étudiée de visu.
- Parmi les principales terres auxquelles on toucha, il faut citer la Nouvelle-Zélande, Taïti, l’ile de Pâques, les ' Marquises, enfin, Vanikoro, qui devait, quelques années plus tard, être le tombeau de La Pérouse, et dont les
- indigènes, très inférieurs aux Taïtiens, parlaient une langue différente que Forster étudia. Dans une lie voisine, nommée Tanna, il put observer l’éruption d’un volcan.
- Dans chacune des îles où l’on abordait, on distribuait aux habitants des graines de plantes utiles, ou bien, on les semait à leur insu. On leur donnait des animaux, poules, moutons, lapins, porcs, etc., dans l’espoir qu’ils s’acclimateraient dans le pays. Les navigateurs français faisaient de même, et on conviendra que, du seizième au dix-huitième siècle, les Européens avaient fait un immense progrès moral, quant à la conception de leurs devoirs envers les « Indiens ».
- Des études faites pendant ce voyage, on tira la conviction de la non-existence d’un continent austral, que jusqu’alors on s’imaginait exister parce qu’on le croyait nécessaire à l’équilibre de notre glube.
- Quand il remit les pieds sur le sol anglais, Georges Forster avait vingt ans et demi. Quelle école qu’un tel voyage fait sous la direction d’un père qui était un savant de haute valeur, par un jeune homme qui était déjà très iustruit au moment du départ; car, à ce moment, G. Forster était déjà capable d’aider son père dans ses leçons et ses traductions, et même, il avait traduit en anglais le Voyage de Bougainville.
- Cook fut naturellement récompensé selon ses mérites. La Société Royale de Londres se l’agrégea, et, de plus, lui décerna la médaille de Copley, qui n’a qu’une valeur minime — cinq livres sterling — mais qui n’en est pas moins, au point de vue moral, un titre d’honneur inappréciable. — Parmi les raisons qui la lui firent accorder, il importe de citer les progrès que le grand navigateur avait introduits dans l’hygiène navale, grâce auxquels son très long voyage n’avait coûté la vie qu’à un seul homme ; enfin, l’Amirauté le nomma capitaine de vaisseau en titre, et lui donna, en outre, une place lucrative dans l’administration de l’hôpital maritime de Greenwich.
- 11 ne fut pas question, pour Forster, de récompense, tout au contraire, il fut plutôt mal accueilli par le ministre de la marine, lord Sandwich. Celui-ci était le protecteur de Cook, et, pendant le voyage, les rapports entre Forster et son chef n’avaient pas toujours été cordiaux, loin de là! Cook avait un caractère autoritaire et cassant, ce qui ne dut pas nuire au succès de l’expédition, et Forster, de son côté, était peu sociable et atrabilaire. — Tout ce qu’on accorda au naturaliste, ce fut de publier, dans un ouvrage spécial, les résultats de ses études sur la botanique, la géographie physique et l’ethnographie. Malgré la valeur de cet ouvrage, Forster n’en tira pas de bénéfices, et ne tarda pas à être emprisonné, à cause de ses dettes.
- 11 était interdit aux officiers de la Résolution et de Y Aventure, ainsi qu’aux passagers, de rien publier sur leur voyage sans l’autorisation de l’Amirauté, Forster éluda son engagement et fit paraître, en 1777, sous le nom de son fils, un ouvrage formé de deux volumes in-4°, renfermant sa relation du voyage. Ce livre, qui ne tarda pas à être traduit en français, en allemand, et même en russe, ne réalisa pas les espérances de son auteur, qui ne tira de sa vente qu’un soulagement momentané.
- Georges Forster se rendit alors en Hollande, puis en Allemagne en passant par Paris, où il vit Buffon et Franklin, mais n’eut pas le temps de sé créer d’autres relations. Ainsi qu’il l’avait espéré, il trouva des secours dans son pays natal. Des princes, tels que Ferdinand de Brunswick et François d’Anhalt-Dessau lui vinrent en aide, ainsi que
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- 348 ..... LA TECHNIQUE ]
- I es loges maçonniques, si Lien que Johann Forster fut mis en-liberté et obtint une chaire d’histoire naturelle à l’université de Halle en même temps que la direction du jardin botanique. 11 entra en fonctions en juillet 1780 et ses leçons eurent d’abord un grand succès ; mais, par malheur, son caractère n’était pas changé, et le nouveau professeur ne tarda pas à être en mauvais termes avec les étudiants aussi bien qu’avec ses collègues. 11 se brouilla même avec les francs-maçons, bien qu’ils l’eussent tiré de prison. 11 n’en travaillait pas moins pour cela, ainsi que son fils, qui avait été nommé professeur au « gymnase carolin » de Casse!. Plus tard, on trouve Georges Forster à l’université de Wilna, en Pologne ; mais, comme le lui avait prédit l’empereur Joseph II, il y éprouva beaucoup de difficultés. — C’est vers celte époque qu’il se fit recevoir docteur en médecine à Ilalle, et qu’il épousa Thérèse Ileyne, fille d’un célèbre helléniste. Celte union fut un nouveau malheur pour lui.
- La guerre qui éclata en 1787 entre la Russie et la Turquie ruina les espérances de Forster, que le gouvernement russe venait de charger d’un voyage d’exploration dans ses vastes Etats. — 11 avait donné sa démission de professeur à Wilna et en fut réduit à venir à Mayence, ou il obtint un modeste emploi de bibliothécaire. 11 continuait d’ailleurs ses travaux scientifiques, et, pour1" s’aider à vivre, faisait des traductions. C’est à lui que les Allemands doivent de pouvoir lire Bufïon en leur langue.
- II eut aussi l’occasion de former un jeune naturaliste, qui devait arriver à la plus haute renommée, — Alexandre de Humboldt(1), qui parla toujours de son maître avec la plus affectueuse gratitude. Au printemps de 1790, ils dirent ensemble un voyage qui dura trois mois, le long des bords du Rhin et dans les contrées limitrophes. Forster publia la relation de ce voyage.
- Mais il s’occupait aussi de questions politiques. Quand les Français, commandés par Custine, envahirent le pays rhénan (septembre 1792), la population les accueillit comme des libérateurs, et, s’il se trouvait quelque pan-germaniste pour protester contre ce mot, nous le ren-
- 1. llumholdt nous apprend, dans le Cosmos, que c'est G. Forster, encore très jeune, qui a le premier signalé la différence de température entre les côtes occidentales et les côtes orientales des continents, différence qui est tout en faveur des premières. — Voir, à ce sujet, les Klein Schriften de Forster, publiés en 1794, année de sa mort.
- LA TECHNIQUE DE
- On sait que le tannage a pour but de transformer la peau des animaux en cuir, c’est-à-dire en une substance qui, avec une solidité, une souplesse et une malléabilité suffisantes, se distingue de la peau dépilée, parce qu’elle offre une grande résistance à la putréfaction et que, bouillie avec de l’eau elle ne peut pas se transformer en gélatine.
- Industriellement le tannage se pratique actuellement de différentes façons, suivant la variété de cuir que l’on se propose d’obtenir, et suivant la matière première à laquelle on s’adresse. Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant ici quelques notions sur la technique de la chamoiserie, opération généralement assez mal connue et pourtant fort intéressante. Nous nous inspirerons d’un travail très intéressant sur cette question paru récemment dans la Halle aux cuirs et
- E LA CHAMOISERIE —-
- verrions au témoignage du plus grand des poètes allemands, de Goethe, qui, dans son poème A'Hermann et Dorothée (Q, a dépeint les scènes qui accompagnèrent celte invasion. Les soldats français n’étaient pas tous des saints, il s’en faut, mais ils valaient mieux que les Prussiens; aussi, les habitants chassaient-ils les officiers de leurs seigneurs, et les seigneurs eux-mêmes, l’archevêque de Mayence en tête, s’empressaient de passer le Rhin.
- Forster, qui avait eu immédiatement la confiance de Custine, s’attira la haine des classes privilégiées, qui mirent sa tête à prix, en déclarant qu’il n’y avait pas possibilité de demeurer fidèle à une cause qui s’était abandonnée elle-même.
- Les populations, avons-nous dit, voyaient ces événements d’un œil favorable et demandaient à être réunies à la France. C’est Forster qui, par une adresse présentée le 19 novembre à la Convention, fut le porte-parole de ses concitoyens. Le 15 décembre, la grande assemblée décréta que, dans les pays occupés par nos armées, l’Ancien-Régime serait détruit et la souveraineté du peuple proclamée. — En vertu de ce principe, on fit un plébliscite, et, les 17 et 18 décembre 1792, le peuple rhénan vota sa réunion à la France.
- « Les voix dissidentes, écrivait Forster, sont comme une goutte d’eau dans la majorité du pays tout entier...
- les paysans se déclarent courageusement...le ne crois
- pas que, de l’autre côté du Rhin, on puisse songer à reconquérir des populations qui se séparent librement. »
- Le 21 mars 1793, une Convention rhénane renouvelait le vœu populaire, et chargait trois délégués, — dont Forster — de le porter à Paris.
- 11 espérait, sans doute, être envoyé à la Convention comme député des populations rhénanes, mais ses espérances furent déçues par la tournure des événements qui amenèrent la retraite de Custine. Des chagrins privés venaient s’ajouter à ses déconvenues politiques. Sa femme lui avait avoué qu’elle en aimait un autre, et il avait consenti à une séparation douloureuse pour lui. Il mourut dans la misère à Paris, le 12 février 1794.
- Son nom est presque oublié, c’est un tort. Georges Forster doit être connu en France aussi bien que sur les bords du Rhin. E. Doublet.
- 1. Dans le chant qui est intitulé Clio. Glio est. la muse do Plnstoirc, et cela est profondément significatif.
- LA CHAMOISERIE
- dans Ganterie et dû à M. Rigollet bien connu dans le monde de la chamoiserie.
- Le chamoisage est un des plus anciens moyens de conservation des peaux. Depuis les temps les plus reculés, les peuples du Nord utilisaient les peaux après les avoir immergées à plusieurs reprises dans de l’huile de poisson.
- Le chamoisage est en effet un tannage à l’huile de poisson. La peau chamoisée obtenue, appelée improprement peau de chamois, présente des caractères de souplesse et d’imputrescibilité qui lui sont propres et qui en font- une peau précieuse pour de nombreux usages et particulièrement pour la ganterie.
- Toutes les peaux peuvent se chamoiser. Les cuirs de bœufs et de vaches donnent le buffle, employé autrefois à la fabrication des baudriers de gendarmes; le renne
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- LA TECHNIQUE DE LA CHAMOlSERIE ... . ...349
- chamoisé donne une peau remarquable employée en chaussure et en ganterie. Le veau chamoisé constitue le veau velours employé en chaussure. Enfin l’antilope, le daim, le chamois, la chèvre, le chevreau donnent des produits pour ganterie et maroquinerie.
- Mais les peaux les plus fréquemment chamoisées, celles qui donnent lieu à l’industrie la plus importante, ce sont les peaux de moutons et d’agneaux.
- Dans le tannage de ces peaux à l’huile de poisson, l’insolubilisation de la substance gélatineuse, qui constitue le corps de la peau est obtenue par oxydation de certaines huiles au contact de la peau, aussi est-il nécessaire de se servir d’huiles s’oxydant régulièrement et lentement. C’est pour cette raison que l’on se sert des huiles de poisson et plus particulièrement des huiles de foie de morue et de haleine dont l’oxydation est fa plus complète.
- Théorie de la chamoiserie. — Les corps gras sont constitués par des combinaisons de la glycérine avec des acides gras.
- Les acides gras que l’on rencontre le plus fréquemment dans les corps gras sont :
- L’acide stéarique C18 II31’ 0*.
- L’acide oléique C1SI134 0 2.
- L’acide linoléique Clslhi9 02.
- L’acide linolénique C18ll5O02.
- L’acide clupadonique CI8JIÎ802, etc.
- L’acide stéarique, le plus riche en hydrogène est un acide dit « saturé » ; il sc trouve en abondance dans le suif.
- Les autres acides qui renferment de moins en moins d’hydrogène, sont des acides non saturés; ils le sont d’autant moins qu’ils renferment moins d’hydrogène.
- L’acide oléique existe dans l’huile d’olive; les acides linoléique et linolénique existent dans l’huile de lin ; l’acide clupadonique, le plus éloigné de la saturation, se rencontre dans l’huile de foie de morue et d’une manière générale dans les huiles de poissons.
- Si l’on cherche à chamoiser de la peau avec de l’huile d’olive, le résultat est presque nul, avec l’huile de lin il s’affirme un peu plus; avec les huiles de poisson, le tannage est complet.
- 11 résulte de là que la propriété spéciale que possèdent les huiles de poisson de pouvoir tanner la peau, provient de ce fait que ces huiles renferment les acides gras les plus éloignés de la saturation.
- Ces acides gras ont une tendance naturelle à se saturer si on leur fournit de l’hydrogène, et à se transformer en acide stéarique ou acide saturé ; c’est d’ailleurs là le principe de l’hydrogénation des huiles qui permet de transformer des huiles en corps gras solides, analogues au suif. Mais cette saturation des molécules de l’acide gras, au lieu de se faire par l’hydrogène, peut également se faire par l’oxygène et on conçoit que des acides gras comme l’acide clupadonique seront plus avides d’oxygène que l’acide oléique.
- Les acides gras de l’huile de poisson ont donc une affinité spéciale pour l’oxygène de l’air, affinité qui se manifeste pendant le chamoisage.
- Lorsque les peaux saturées d’huiles sont abandonnées au contact de l’air, ces acides gras absorbent l’oxygène de l’air et une fois oxydés, ils possèdent la propriété d’entrer en combinaison avec la peau pour donner un composé stable, imputrescible qui est la peau chamoi-sée.
- On comprend, dès lors, pourquoi les huiles de poissons, riches en acide clupadonique, très avides d’oxygène,
- sont capables de chamoiser, tandis que l’huile d’olive, riche en acide oléique, qui est très peu avide d’oxygène, ne donne qu’un chamoisage insignifiant.
- Pratique de la chamoiserie. — Les peaux de moulons destinées au chamoisage sont reçues directement des abattoirs à l’état de peaux fraîches ou salées, ou bien viennent de l’extérieur à l’état de peaux sèches.
- La première opération consiste à mettre ces peaux en trempe pour les débarrasser du sel ou des matières étrangères qu’elles contiennent. Puis ces peaux sont badigeonnées avec une pâte composée de sulfure de sodium et de chaux éteinte, pâte exerçant une action épilatoire.
- On procède ensuite à l’effleurage qui se pratique soit au couteau sur un chevalet, soit au moyen d’une scie.
- La fleur enlevée, il reste ce que les chamoiseurs appellent la chair et qui constitue la partie de la peau qui sera chamoisée. Ces chairs sont lavées à grande eau, puis subissent l’opération du confit qui a pour but de débarrasser la peau de la chaux qu’elle peut encore retenir. On passe pour cela les peaux dans un bain acidulé par un acide organique.
- Les peaux sont encore lavées à l’eau courante, puis envoyées à la presse hydraulique où elles sont débarrassées de la plus grande partie de l’eau qu’elles contiennent.
- En sortant de la presse, les peaux sont ouvertes, et c’est alors que commence véritablement l’opération du chamoisage.
- Comme nous l’avons vu, le chamoisage s’obtient par une oxydation de l’huile de poisson dans la peau; on utilise pour cela le foulon du chamoiseur.
- Ce foulon est formé d’une auge oblique creusée dans une pièce de bois pouvant recevoir 150 à 200 peaux et dans laquelle viennent frapper des pilons. Ceux-ci ne se meuvent pas perpendiculairement mais décrivent un arc de cercle venant frapper l’auge sous un angle de 45°. Le manche des pilons est articulé à la partie supérieure autour d’un arbre horizontal fixé sur le bâti. Le marteau soulevé en dessous par un arbre à came retombe par son propre poids sur les peaux placées dans l’auge. Celles-ci sont arrosées d’huile de morue et sous l’action de ce battage énergique, la température s’élève et active l’oxydation de l’huile.
- Cette partie de l’opération doit être surveillée avec soin, car une action trop prolongée amènerait un échauf-fement tel que les peaux se carboniseraient et seraient perdues. Aussi doit-on arrêter le foulage après deux ou trois heures d’action.
- Les peaux sont retirées du foulon et étendues sur des planchers à claire-voie où l’oxydation se continuera plus lentement en attendant un prochain foulage. Ce roulement est établi entre tous les lots en fabrication pour leur permettre de passer au foulon chacun de leur tour.
- La durée du chamoisage est de 5 à 6 semaines. La transformation de la peau est indiquée par des caractéristiques bien déterminées que l’ouvrier doit surveiller avec soin, faisant varier la durée du foulage ou l’addition d’huile suivant que le chamoisage est trop rapide ou trop lent. L’odeur caractéristique de l’aldéhyde acrylique, produit de l’oxydation de l’huile, est un indice de bonne fabrication.
- Quand l’opération est jugée terminée, les peaux sont retirées des foulons et on les fait tremper dans des cuves pleines d’eau. Les peaux s’y gonflent; on les retire pour les passer à la presse hydraulique de façon à enlever la plus grande partie de l’huile non combinée à la peau.
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- Celte huile oxydée constitue ce que l’on nomme le « moellon » piir de chamoiserie, qui a la propriété d’être émulsif et qui sert pour nourrir les gros cuirs tannés à l’écorce sous le nom d’huile de poisson ou « dégras ».
- Les peaux retiennent encore une certaine quantité d’huile combinée que l’on élimine à l’aide d’un alcali, de préférence le carbonate de soude. Ce dégraissage est effectué dans des tonneaux que l’on fait tourner.
- Les peaux sont alors essorées et de nouveau écharnées et séchées à la tempéra lurc de 40 à 45°.
- Une fois sèches, les peaux sont un peu dures et plissées, il est nécessaire de les assouplir. Dans ce but on les met dans la sciure humide pendant quelques heures, et on obtient finalement un cuir souple connu sous le nom de chamois brut.
- Les peaux sont ensuite choisies pour la fabrication qui leur convient le mieux. Les meilleures servent à la ganterie, le vêlement et autres articles de fantaisie.
- 1. L.
- CHRONIQUE
- Les saints de glace en 1920. — M. J. Bidaut de l’Isle nous écrit de l’Observatoire de la Guette.
- « Une précipitation anormale amenée par un vent violent du nord-ouest s’est abattue dans la partie sud-orientale du département de l’Yonne, du 15 au 18 mai.
- A l’observatoire, on a enregistré 23 mm de pluie en 24 heures du 15 au 16 et 50 mm 2 du 16 au 17. Le 18 à 3 heures du malin une forte bourrasque de neige s’est produite, qui a recouvert le sol sur une épaisseur de 6 à 8 cm. La pluie a continué ensuite pendant près de 10 heures. Au total, il a plu du 15 au 18, pendant 01 heures consécutives, chose extrêmement rare en cette saison. L’hygromètre n’est jamais, pendant ce laps de temps, descendu au-dessous de 85 centièmes. Tous les affluents de la haute Seine ont débordé rapidement, causant des sérieux dégâts dans les habitations proches des rivières, dont les cotes se sont brusquement augmentées de plus de 2 m. Le Cousin, à Avallon, 2 m. 10 le 17. La Cure 2 m. 85. L’Yonne 2 m. 58 à Cravant. L’Àrmançon 3 m. 05 à Tonnerre. Le Serein à l’Isle,
- 2 m. 40 le même jour (étiage normal pour ces rivières, 10 à 40 cm).
- La crue subite du Serein a causé, à Guilion, à 10 km en amont de la Guette, la mort de trois personnes qui tombèrent avec leur attelage dans un champ inondé au bord de la route de Trévilly à Guilion, submergée elle-. même de plus d’un mètre d’eau. Le cheval fut retrouvé noyé avec sa voilure dans le lit de la rivière où ils avaient été entraînés. On n’a pas encore pu retrouver les trois voyageurs, dont les corps ont dû être emportés par le Serein mué en torrent.
- A Auxerre, à 40 km nord-ouest de l’Observatoire de la Guette, les précipitations lurent plus considérables encore. On y a relevé notamment le 15 mai, 15 mm 5, le 46, 81 millimètres 5 et le 17, 17 mm 7 (soit 112 mm 2 en 5 jours). Si l'on songe qu’il en tombe en moyenne annuelle dans la région 050 à 700 mm, il est tombé en 5 jours le 6e de la quantité moyenne recueillie en une année !...
- Ce chiffre de 81 mm en 24 heures ne semble pas avoir été noté depuis que des observations sérieusement contrôlées sont effectuées dans la région, soit depuis plus de 50 ans.
- La dépression atmosphérique qui a accompagné cette pluie vraiment diluvienne n’a pas été aussi profonde qu’on pourrait supposer. Du H au 15, la profession s’est maintenue entre 751 mm (maximum) et 740 (minimum).
- Le 15 mai, à minuit, le baromètre a commencé à descendre doucement jusqu’au 16 à 15 heures, où il atteint le minimum (758 mm), puis il est remonté peu à peu à partir de 10 heures le même jour. Le 17 il
- avait regagné 747 mm à midi. Le thermomètre a oscillé, pendant la bourrasque, entre les deux extrêmes suivants : + 10°, et + 2°,2.
- Le vent a presque constamment soufflé du N.-N.-O. avec une vitesse moyenne, du 15 au 17 mai, de 20 à 22 m à la seconde. On a enregistré des vitesses de [dus de 50 m. Des murs ont été renversés, notamment à Tonnerre, des fils électriques coupés et des poteaux abattus. Des arbres ont été brisés. L’un d’eux près Saint -Fargeau (Yonne) est tombé sur une automobile qu’il a écrasée tuant le conducteur et blessant grièvement deux personnes. » G. Bidault du. l’Isle
- Le mal de terre. — La Presse Médicale vient de publier une intéressante étude de M. le Dr .1. Bohec sur le « mal de terre », observé'fréquemment à la fin des grandes traversées, alors qu’on approche du port d’arrivée.
- Nos marins, dit le D‘ Bohec, ont coutume d’appeler mal de terre un ensemble de symptômes qui constitue une forme curieuse, pour ainsi dire inversée, non encore décrite, du mal de mer. Les Anglais disent : charnel fever. Cette dernière dénomination a le double avantage de localiser géographiquement, au moins pour les Anglais et en partie pour les Français, et de caractériser cliniquement le syndrnme en question. En effet, le eliannel fever apparaît, en général, dès que le navire rentre, au retour de voyage, dans les eaux de la Manche, à la hauteur des phares de Bishop ou d’Ouessant.
- Et, d’autre part, c’est bien une sorte de lièvre sans température, faite de malaises divers qui relèveraient d’un état sympalhicotonique : courbature générale, agitation, nervosité, anxiété respiratoire et circulatoire, céphalée, anorexie, insomnie, nausées et vomissements. Les symptômes capitaux sont la perte de l’appétit et l’insomnie.
- Le sujet, très anxieux, a un état nauséeux désagréable qui va souvent jusqu’au vomissement ;_il n’a de goût à rien, ni au tabac, si il est fumeur, ni aux alimente qu’un spasme pharyngé empêche de passer. Pas de vertige, au contraire du classique mal de mer. Après le débarquement, pendant les premières journées à terre, on observe une somnolence invincible ou un sommeil profond et lourd inhabituel.
- Les marins sujets au mal de terre sont ceux qui n’ont pas le mal de mer ou de l’ont que très rarement. Ce sont généralement des hyperiendus.
- Est-ce un malaise physiologique ou bien surtout mental? Quelle part y prennent les éléments psychiques : l’inquiétude vague des nouvelles à la reprise de contact avec la terre et les soucis qui s’y attachent, soucis maté-
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- UNE HÉLICE NOUVELLE
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- riels et moraux que la pleine mer avait fait presque oublier; et aussi la nervosité, l’émotion sentimentale ou nostalgique et même patriotique du retour, qui créent un choc émotionnel suffisant pour déclencher les troubles ?
- Le Dr Bohec croit à un mélange des deux actions et
- rapproche le mal de terre des crises d’asthme, de migraine, de ces états dans lesquels ta constitution habituelle du sujet joue le principal rôle. Sans vouloir l’expliqner par des théories plus ou moins prématurées, nous avons tenu à signaler ici ce trouble nouveau particulier aux navigateurs. R. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1926.
- Le pltyloplanclon de la Loire. — Les échantillons, étudiés par M. Jean des filleuls, ont été prélevés en janvier dernier dans la région de Saumur. Par sa pauvreté, le phytoplancton de la Loire rappelle celui des lleuves à cours rapide. Il a besoin, la plupart du temps,
- de l’apport de nouveaux organismes que lui cèdent les affluents, les bras morts et les étangs qui bordent ses rives. Ces observations confirment celles de Schenck, de Brunnthaler, de Dugelli et de Kofoïd relativement au Rhin, au Danube, à la Sihl et à l’Illinois. Paul B.
- *
- UNE HÉLICE NOUVELLE
- Hélice Maublanc-Lallié
- L’hélice, depuis plus d’un siècle, est employée à la propulsion des navires. Elle a été l’objet d’importantes études et d’innombrables essais. Faut-il en conclure qu’elle a désormais atteint son dernier point de perfection et que sa forme est définitivement déterminée? Personne n’oserait l’affirmer. Le type généralement adopté — comportant l’aile à contour elliptique — est le résultat de l’empirisme. 11 n’est pas exempt de défauts. On s’accorde à reconnaître que le rendement de la partie centrale est mauvais.
- Les praticiens et spécialistes posent en principe que les parties de l’aile qui donnent le maximum de rendement sont les surfaces inclinées à 15° sur l’axe de l’hélice; aussi c’est l’opinion nettement exprimée par M. Doyère, inspecteur général du Génie maritime (*), MM. Rateau et Dzewiecki. « L’observation, dit ce dernier, que les éléments d’une hélice ont un rendement^maximum, lorsqu’ils sont inclinés à 45° sur la direction de l’axe, est parfaitement d’accord avec la théorie. »
- La conséquence logique à tirer de cette constatation, c’est assurément de donner le plus grand développement possible aux surfaces inclinées à 45° et surfaces voisines. Or, dans l’hélice ordinaire, la région de l’angle à 45°, en raison du contour elliptique de l’aile, est relativement peu développée.
- La nouvelle hélice Maublanc-Lallié tient compte de ces desiderata. Elle a une forme plus rationnelle et plus scientifique que l’hélice usuelle. Les surfaces de ses ailes ou fractions de pas suivant la direction de l’axe, sont d’autant plus développées qu’elles sont plus voisines de l’angle de 45°.
- En raison de ces conditions de construction, la nouvelle hélice prend une forme caractéristique. Dans sa rotation, elle décrit un tronc de cône ; elle attaque le liquide par les pointes amincies de ses
- 1. Étude sur le calcul des propulseurs hélicoïdaux. Technique moderne, juin et juillet 1918.
- ailes qui s’élargissent et s’épaississent graduellement. Les surfaces, qui se déplacent près de. l’axe et en avant du moyeu, déterminent le long de ce moyeu un courant de liquide très rapide qui s’oppose à la cavitation. On remarque que le sillon d’eau brassée par le passage de l’hélice a très peu de largeur, ce qui prouve que la propulsion s’exerce suivant l’axe, et avec un minimum de projection extérieure du liquide.
- En comparant l’hélice Maublanc-Lallié avec l’hélice ordinaire, on peut constater expérimentalement la supériorité de rendement sur des bateaux de genres divers.
- Des essais de longue durée ont été poursuivis sur le Sainl-Brevin, de la Compagnie des Messageries de l’Ouest, qui fait un service journalier entre Nantes et St-Nazaire. L’hélice ancienne à 4 ailes d’un diamètre de 1 m 66 a été remplacée par une hélice Maublanc-Lallié à 5 ailes d’un diamètre de I m. 54. La machine à triple expansion de 260 ch tournait avec l’ancienne hélice à 250 tours et elle tourne avec la nouvelle à 212 tours sans que la vitesse de marche ait varié. La diminution de vitesse de rotation de 58 tours par minute procure une économie de vapeur, qui se traduit par une économie de charbon, une économie de graissage, une moindre usure de la machine. Sur 1 eliigli Tide, chalutier à vapeur de 250 ch, attaché au port de Boulogne, l’hélice ancienne tournait à 140 tours, l’hélice Maublanc-Lallié à 4 ailes d’un diamètre de 2 m. 10 tourne à 110 tours, soit 50 tours de moins par minute ; cependant la vitesse de marche de ce bateau a été augmentée aussi bien en route libre que sur le chalut; une notable économie de charbon, en outre, est réalisée.
- Le Blaireau, petit chalutier à vapeur de 110 ch du port de Lorient, pourvu de la nouvelle hélice, a sa vitesse de marche accrue d’un demi-nœud tout en faisant une économie de charbon journalière de 150 l<g environ.
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- Fig. i. — Hélice Maublanc-Lallié à 2 ailes vue de côté.
- Dans des essais officiels de la canonnière la Tapageuse (1500 ch à 500 tours) faits sur les bases d’Hyères avec une hélice d’un diamètre maximum imposé de 1 m. 94, à trois ailes, les résultats ont démontré un gain de vitesse comparativement à l’hélice de type usuel dont le diamètre était considéré comme étant trop réduit. Le rapport de la Direction des Constructions navales concluait : « Le problème particulier posé à MM. Maublanc-Lallié a donc été bien résolu par ces inventeurs. L’hélice qu’ils ont fournie permet d’avoir un pas plus faible et par suite une meilleure utilisation dans ce cas particulier où le diamètre maximum imposé ne permettait pas cette réduction de pas avec les hélices des modèles habituels ».
- L’efficacité de l’hélice en marche arrière a été remarquée dans tous les essais. Les bateaux en
- Fig. 3. — Une aile d’hélice Maublanc-Lallié à 3 ailes pour chalutier.
- pleine vitesse et faisant instantanément machine arrière, sont arrêtés dans une longueur.
- Les trépidations sont supprimées ou considérablement réduites avec la nouvelle hélice. Cet effet a été constaté nettement sur le Centaure (ancien Moineau de la marine de l'Etat, remorqueur de 500 tonnes, 654 ch) qui trépidait de façon gênante, avec son hélice du type ordinaire.
- Le rapport de la Compagnie France, société nationale de remorquage et de sauvetage, signale ainsi l’amélioration constatée aux essais : « Les trépidations sont très atténuées, à ce point de vue résultats merveilleux ». L’absence de trépidation (particulièrement appréciable pour les bateaux à moteur à pétrole) a comme conséquence, dans tous les cas, une meilleure utilisation de l’efl’ort de propulsion, une moindre usure des paliers d’étambot et de la ligne d’arbre.
- L’hélice Maublanc-Lallié manifeste sa supériorité de rendement — comme on le voit par les exemples cités — en augmentant la vitesse de marche du bateau et en économisant le combustible. Au surplus la réduction possible du diamètre réalisée sans
- Fig. 2. — Hélice Maublanc-Lallié à 2 ailes vue d'arrière.
- nuire au rendement, — par suite du bon emploi des surfaces actives voisines du centre —- a son importance dans les hélices à grande vitesse de rotation et présente un intérêt spécial dans les remorqueurs et chalutiers où il s’agit d’obtenir un grand effort de traction avec un minimum de diamètre.
- Une dernière remarque. Les proportions des diverses parties de l’hélice Maublanc-Lallié ne peuvent être établies rigoureusement ; comme toute bonne hélice, elle doit être construite en vue d’une application déterminée et soigneusement adaptée au bateau auquel on la destine. Mais l’expérience acquise, d’après les essais déjà faits, permet de réaliser cette adaptation dans des conditions satisfaisantes.
- N. Lallié.
- Lauréat de l’Institut.
- le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1920.
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- N“ 2722
- 0
- 5 Juin 1926
- LA NATURE
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- SOMMAIRE :
- Le plus grand paquebot français " Ile de France ” : Cl Sauvaire Jourdan. La phosphorescence des sulfures métalliques : A.-A. Guntz. Académie des Sciences : Paul B.
- Les œufs des petits oiseaux : L. Coopman.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée : Construction. — Chauffage. — Variétés. Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. . E NUMÉRO $ France • • • • 1 franc
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris. ( Union postale. 1 fr. 25
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C1', Éditeurs., i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI' (J{. C. : Seine 15.23g.)
- PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL
- Tarif intérieur : 50 fr. valable pour France et Colonies. Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris. {Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de Vannée selon les prix qui seront fixés pour les affranchissements postaux.)
- Les abonnements pour l’étranger sont exclusivement payables en monnaies étrangères
- et selon les prix indiqués ci-dessous.
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- 12 mois (52 nrl' 6 mois (26 n01'
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses Pesetas. Florins hollandais. Leis roumains
- 2JS0 0 H 8 u.— 207- 77- 700
- 1.40 0 5 10 7.- 10.— 3.50 350
- Tarif extérieur n° 2
- valable pour tous les autres pays.
- 12 mois (52 n 6 mois (26 n ’
- 1 Livres Francs
- Dollars. Sterling. suisses.
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- Florins
- hollandais.
- 87—
- 4 —
- Les abonnements sont payables d’avance. Les numéros antérieurs à 1926 sont vendus 1 fr. 5o.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C”, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE.
- N° 2722-
- 5 JUIN 1926
- LE PLUS GRAND PAQUEBOT FRANÇAIS
- “ Ile de France ”
- Le 14 mars dernier, des cales de la Société des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire à Penlioël, est descendu à l’eau le paquebot lie de France construit pour le compte de la Compagnie générale Transatlantique.
- C’est là un événement dont il imporle de marquer rimportance.il s’agit en effet du, plus grand navire qui ait été construit en France, jusqu’à nos
- Comparé avec les grands paquebots étrangers tous destinés comme lui au trafic entie l’Europe et les Etats-Unis, Vile de France ne sera inférieur qu’à 5 navires similaires : Leviathan, ex-allemand Vaterland de 59 000 tonneaux, aux Etats-Unis, Majestic, ex-Bismarck, 57 000 tonneaux à l’Angleterre, Berengaria, ex-Imperator, 52000 tonneaux à l’Angleterre, Aquitania, 45 000 tonneaux, Angle-
- * Fig. i. — L’Ile de France sur sa cale.
- Le paquebot repose sur son berceau dont on voit l'extri mité avant et est encore supporté par les épontillcs qui seront enlevées au moment de la mise à l’eau.
- jours. De plus, en raison de ses dimensions, et du lieu où il devait se produire, son lancement présentait des difficultés qui ne laissaient pas d’être très sérieuses.
- Voici les caractéristiques de ce beau batiment auquel, au moment seulement de sa mise à l’eau, on a imposé, avec le traditionnel et religieux cérémonial, si émouvant dans sa simplicité, le nom bien
- choisi de Ile de France.
- Longueur................. 241 m.
- Largeur hors membrure . 28 —
- Creux sur quille......... 21 m. 50
- Déplacement.............. 41 000 tonnes
- Port en lourd............ 11 500 —
- Jauge brute. ............ 40 000 tonneaux
- Equipage . . . . . . . 805 hommes
- Passagers en cabines. . . 1 740 —
- 64* Année. — •*' Semestrr.
- terre, Olympic, 45000 tonneaux. Puis vient Vile de France, que suivent le Paris à la France, avec 54000 tonneaux, YHomeric, le Columbns, et le Maure'lania (Angleterre).
- Pour établir les plans de son nouveau navire, la Compagnie générale Transatlantique s’est inspirée directement du paquebot Paris que quatre années d’un service intensif et ininterrompu ont classé au premier rang des grandes unités à passager. On ne pouvait donc mieux répondre aux besoins et aux désirs d’une clientèle difficile qu’en s’inspirant des caractéristiques générales du Paris pour réaliser Vile de France.
- L'IIe de France est donc un Paris amélioré : il aura les qualités remarquables de son aîné en même temps qu’il bénéficiera des perfectionnements tirés de l’expérience et aussi des progrès réalisés.
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- Fig. 2. — Le lancement du paquebot Ile de France.
- L’enlèvement des mères cpontilles avant le lancement.
- La dimension des personnages donne une idée de la hauteur de la muraille du navire. Photo Clair Ciuyot.
- depuis quelques années dans les constructions navales.
- La grande longueur du nouveau paquebot posait, devant les chantiers et ateliers de Saint-Nazaire qui avaient accepté de le construire, un problème singulièrement délicat.
- Il faut se rendre compte, en effet, que lorsqu’un navire glisse de sa cale à l’eau, la partie de la coque, l’arrière, qui y entre la première, pénètre vers le fond jusqu’au moment où elle se soulève par suite de la flottabilité propre au volume immergé. A ce moment, une partie de l’avant du navire, plus ou moins importante, repose encore sur la cale, et on conçoit qu’il se produit alors un violent eflort tendant à rompre le navire par son milieu. Cette tendance à la rupture, négligeable avec des navires de longueur moyenne, devient très préoccupante lorsqu’il s’agit de coques de 200 m. et au delà.
- De plus, avant l’instant où se produit ce phénomène de basculement, l’arrière s’enfonce clans l’eau d’une quantité'supérieure au tirant d’eau qu’il gagnera lorscpie l’opération sera terminée. Il faut donc être assuré que la profondeur de l’eau devant la cale sera largement suffisante pour éviter que l’étambot du navire touche le fond, ce qui amènerait, on le conçoit, l’arrêt de la masse en mouvement, et les accidents les plus graves.
- Or, dans le discours qu’il a prononcé avant le
- lancement M. I)al Piaz, président de la Compagnie générale Transatlantique, a très nettement déclaré que Vile de France devant être suivi par une unité de dimensions encore plus considérables, il ne pourrait être question de la construire à Saint-Nazaire si le problème de l’approfondissement du port n’était pas résolu en théorie et en pratique.
- En fait pour Vile de France, on en était à l’extrême limite possible ; les calculs indiquaient qu’à pleine grande marée, l’étambot du navire ne trouverait entre sa pointe et le sol sous-marin qu’une vingtaine de centimètres d’eau, et cette trop petite marge a encore été réduite en réalité, par le fait de circonstances impondérables : direction du vent, pression barométrique, etc.
- À ce sujet on a parlé de la possibilité d'appliquer à ces grands lévriers des mers, le système de la construction en cale sèche. C’est un procédé qui supprime évidemment les aléas du lancement traditionnel, puisqu'il suffit, lorsque la coque est terminée, d’introduire l’eau dans le bassin où son montage a été eflcitué. Il est appliqué à l’arsenal de Lorient où quelques navires de guerre ont été construits de cette façon. Mais c’est une solution qui n’est à la portée que des institutions où la cpiestion du « plus ou moins cher » n’entre pas en ligne de compte, ce qui est le cas, chacun le sait, quand il s’agit de nos arsenaux d’Etat. Les chantiers privés ne peuvent s’offrir ce luxe, et la ville de Saint-Nazaire devra creuser son port si elle désire
- Fig. 3. — L’Ile de France glisse à la mer. Photo Clair Guyot.
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- voir les grandes unités transatlantiques de l’avenir s’édifier sur ses bords.
- On comprend donc très bien l’émotion que devaient éprouver les ingénieurs des Chantiers et toutes les personnalités dont la responsabilité était engagée dans la réussite de ce grand événement.
- Mais tout avait été bien calculé, le lancement s’est produit sans le moindre incident, et il convient d’en féliciter tous ceux qui y ont travaillé.
- Nous allons passer en revue rapidement les principales données de la coque et des installations pro-
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- Et à ce sujet, voici un fait qui démontre l’extrême importance qui s’attache à cette question de la parfaite rigidité dans la construction d’un navire. Il s’est produit en 1925 à bord du grand paquebot Majeslic, que la Compagnie Anglaise « White Star » a reçu de l’Allemagne où il avait été construit à Hambourg, en 1915, sous le nom de Bismarck, en compensation, infligée par le traité de paix, des pertes subies par le commerce maritime britannique du fait des sous-marins allemands.
- Le Majestic est le plus grand navire actuelle-
- Fig. 4. — L’Ile de France entre à l'eau.
- Le berceau qui porte la coque glisse sur les deux couettes suifées de la cale. On aperçoit les ravageurs qui s’appiétent à repêcher les morceaux de suif entraînés à l’eau.
- prement dites de la nouvelle et magnifique unité de la flotte commerciale française. Sa solidité a été l’objet, on le pense bien, des calculs les plus serrés. On sait qu’une coque de navire n’est en somme qu’une grande poutre métallique creuse qu’il importe de garantir avant tout contre les efforts de flexion cpie lui impose sa plus ou moins grande longueur sous la poussée des vagues. Les ponts jouent un rôle principal dans la résistance à cette flexion.
- L'Ile de France cil possède 9 dont 5 s’étendent d’un bout à l’autre et jouent par conséquent le rôle principal dans cette question vitale de la rigidité du navire, 2 autres formeront le château central et renforceront encore singulièrement la partie du navire où s’exerce plus spécialement cette tendance à la flexion qu'il faut combattre.
- ment à flots. Il a 291 m. de longueur et jauge 56 000 tonnes. Il porte 4000 personnes.
- Or, en décembre 1925, au cours d’un voyage vers New-York, par très mauvais temps, nous raconte un article de la Berne de la marine de Commerce (du commandant Cosal), on entendit tout à coup comme un coup de canon qui aurait été tiré dans l’intérieur du navire. Il marchait alors à bonne allure contre la mer. Apres quelques recherches on s’aperçut qu’un des ponts intermédiaires (sur 4) s’était cassé transversalement sous les efforts que les lames imposaient à la structure du bâtiment. La cassure s’étendait sur une partie du pont sur les deux flancs du navire et se prolongeait sur le bordé meme jusqu’aux hublots.
- Le pont en question était, il est vrai, dans un état relatif d’affaiblissement par suite, de découpures
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- qu’on-y avait pratiquées pour laisser passer certains organes : monte-charge et autres. Le cas était grave, les trois autres ponts pouvant ne plus suffire à assurer la rigidité de l’ensemble et une catastrophe effroyable devait alors se produire. On put cependant atteindre New-York sans autre accident, puis avec grandes précautions ramener le Mcijeslic en Angleterre, à Belfast où il a été réparé, renforcé, ce qui lui a permis de reprendre récemment son service. Pendant la traversée de retour, la cassure du pont P s’ouvrait et se fermait de 12 mm. aux mouvements du navire.
- Notons en passant que le pont supérieur de ['Ile de France, sur lequel sont placées les embarcations de sauvetage, est à une hauteur de 50 m. 45 au-dessus de la quille. Pour rendre un compte exact de l’énorme volume que constitue la coque de Vile de France avec ses 241 m. de longueur, sa largeur de 28 m. et la hauteur que nous venons d’indiquer, j’aurai recours à une comparaison de mon ami Clair Guyot (Echo de Paris), concrétisée dans la fîg. 5. Elle nous montre que la rue de la Paix, de Paris, ne suffirait à contenir le navire ni en hauteur, ni en longueur ni en largeur.
- La coque du nouveau paquebot sera munie d’un double fond cellulaire et divisée en 16 compartiments par 15 cloisons étanches. La flottabilité en cas d’accident sera ainsi assurée dans des conditions excellentes.
- Dans la partie centrale, par le travers des chaudières et des machines, sera disposée, de chaque bord, parallèlement à chacune des murailles, une cloison longitudinale formant double coque. Les compartiments de l’espace ainsi aménagé seront utilisés comme soutes à pétrole. En cas d’avaries, l’envahissement de l’eau serait ainsi limité non seulement dans le sens horizontal, mais aussi dans le sens vertical.
- En cas d’incendie dans les cales on disposera, pour l’éteindre, d’un tuyautage spécial amenant de la vapeur.
- Partout ailleurs, on trouvera les moyens d’extinction ordinaires les plus puissants, et au cas où le feu prendrait dans des compartiments où le personnel de service ne séjourne pas, on sera prévenu par 20 avertisseurs d’incendie, envoyant leurs appels sur la passerelle et dans la chambre des machines.
- En cas d’accident grave nécessitant l’évacuation du navire, on disposera de 56 canots, 2 baleinières,
- 2 canots automoteurs munis d’appareils de télégraphie sans fil et destinés à remorquer le convoi des embarcations. Le nombre et le volume de celles-ci sont calculés de façon à assurer très largement le-sauvetage de tout le personnel présent à bord, passagers et équipage.
- Les communications par T. S. F. se feront dans les conditions les meilleures et les plus complètes. Leur portée dépassera 550 milles le jour et 900 milles la nuit. Outre le poste principal, il y aura 2 postes de secours, et plusieurs installa-
- FRANÇA1S “ ILE DE FRANCE ” : :.....
- tions de radiotéléphonie permettant de converser avec les postes radiotéléphoniques de terre et aussi avec les paquebots munis d’installations semblables. On sait que les paquebots Paris et France de la Compagnie générale transatlantique ont été les premiers grands paquebots munis d’installations de cet ordre.
- On trouvera à bord de Vile de France les appareils auxiliaires de navigation les plus perfectionnés, et notamment, un compas gyroscopique, un radio-goniomètre, permettant de fixer à 200 milles .de distance la position du navire par rapport à des postes terrestres, et assurant, par conséquent, l'atterrissage en temps de brume avec la plus grande sécurité. Le commandant disposera également d’un appareil de sondage par écho sur le fond.
- Les machines seront des turbines Parsons développant une force totale de 52 000 ch. Elles seront au nombre de 8 : 4 pour la marche avant, 4 pour la marche arrière et actionneront 4 hélices. La vitesse de service sera de 21 nœuds, pouvant être poussée jusqu’à 25 nœuds. La vapeur nécessaire sera fournie par 20 chaudières réparties en 4 compartiments étanches et brûlant uniquement du mazout. L’approvisionnement de ce combustible sera de 7500 tonnes permettant le voyage aller et retour Le Havre-New York.
- Les très nombreuses machines qui doivent assurer les services secondaires d’une « ville flottante » comme 17/e de France : éclairage, vcnLilalion, treuils, machines réfrigérantes, cuisines, offices, installations des logements de passagers, etc., fonctionneront par l’électricité que fourniront un nombre important de dynamos. En outre, un groupe électrogène de secours actionné par un moteur à pétrole, assurera en cas d’accidents graves, l’éclairage du navire, la manœuvre des treuils d’embarcation et le service de la T. S. F.
- À la vitesse de 21 nœuds, la consommation de mazout sera de 800 kg par mille parcouru, et à 25 nœuds de 1200 kg. Si on avait voulu atteindre 25 nœuds, il eût fallu brûler 1500 kg par mille, soit presque le double de ce qu’exige la vitesse de 21 nœuds! Ce n’est donc pas par l’attrait d’un voyage plus rapide que celui de scs concurrents étrangers que les passagers de Y J le de France seront attirés à son bord. Mais ils y trouveront, tout d’abord le maximum de sécurité assurée par les meilleures qualités nautiques et la perfection de la construction, tant de la coque elle-même que des engins der’toute nature qui y seront logés. Notons encore qu’on s’est préoccupé de faire jouer au nouveau paquebot un rôle commercial plus important que celui de ses devanciers France et Paris. On y trouvera à cet effet une importante cale à marchandises, alors que les deux navires susnommés n’ont guère que des cales à bagages. Le point de vue purement nautique étant ainsi examiné, il convient de dire quelques mots de l’aménagement intérieur et de ce qu’y trouveront les passagers qui confieront
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- Fig. 5.
- Les dimensions du paquebot Ile de France comparées à celles de la rue de la Paix à Paris.
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- à ce magnifique exemplaire de l’art de la construction navale le soin de les transporter sans encombre d’un bord à l’autre de l’Atlantique et de leur faire oublier le cours des heures. Le but que se propose à ce sujet la Compagnie Générale Transatlantique est de procurer à ses passagers les installations qu’ils sont habitués à trouver dans les hôtels américains, lesquels sont, on le sait, des modèles de luxe et de confortable.
- Le navire comprendra 9 ponts, dont 5 continus; le plus élevé dé ces derniers ponts étant le pont C.
- Au-dessus du pont C se trouvera un château qui comprendra lui-mème 2 ponts partiels : le pont promenade B, qui s’arrêtera à l'avant, à 54 m. 50 del’étrave,et, au-dessus, le pont des embarcations A qui est en retrait de 20 m. par rapport au pont B.
- Au-dessous du pont principal C, se trouveront 4 ponts continus, dans les entre'ponts desquels seront installés les divers logements des passagers et de l’équipage.
- Enfin, cà l’avant et à l’arrière, 2 ponts partiels seront réservés aux marchandises (automobiles, bagages, sacs postaux, chambres frigorifiques pour le fret, etc.).
- Les passagers auront à leur disposition, salle de sports avec installations hygiéniques up lo date, promenades abritées, salles de jeux pour enfants, salles de lectures, fumoirs, bars, grands salons avec accès aux ponts promenades, cafés, terrasses, salons de coiffure, magasin d’exposition, bureau de. renseignements avec local pour coffres-forts, bureau de tabac, bibliothèque, chapelle. Les hôpitaux, avec pharmacie et salle d’opéraLions seront particulièrement soignés.
- La salle à manger des ir,JS classes pourra recevoir
- LA PHOSPHORESCENCE DE
- Tout ce qui louche au feu et à la lumière nous intéresse, car notre vie et notre civilisation en dépendent.
- Quand on parle du feu on évoque sa lumière, mais qui dit lumière ne dit pas forcément feu; nous sommes cependant habitués à les associer tous les deux et s’il survient un phénomène qui contredise cette association devenue instinctive par une longue hérédité, notre curiosité est vivement éveillée et c’est ainsi que la phosphorescence bénéficie d’un attrait toujours nouveau.
- Nous rangerons donc sous la dénomination générale de luminescence tous les phénomènes où l’émission de lumière n’est pas d’origine essentiellement thermique.
- Un premier classement nous est donné par la cause qui provoque la luminescence, et nous distinguerons :
- La chimiluminescence. -— Avec l’exemple célèbre du phosphore (qui a donné son nom à toutes
- SULFURES METALLIQUES
- à table 700 personnes, elle sera complétée par 4 salles à manger particulières, et des salles spéciales pour les enfants. Les emménagements de 2e et 5e classes seront particulièrement confortables.
- Parmi les innombrables installations destinées à assurer le bien-être ou la sécurité des passagers, celle des frigorifiques mérite une mention spéciale.
- La température des locaux variera avec la nature des provisions, elle sera de 5° dans le compartiment des vins, champagnes ou eaux minérales; —5° dans ceux des viandes, volailles, gibiers et poissons; 0° dans la chambre de conservation des œufs et du beurre ; -+- 5° dans celle des légumes, fruits, citrons ; — 5° dans la glacière pour la glace de consommation et 10° dans la chambre à fret, qui, à elle seule comportera un volume de 580 nr\
- La construction de 17/e de France a duré un peu moins de 15 mois. Au moment de sa mise à l’eau, le navire pesait 15 000 tonnes, soit plus de 2 fois le poids de la Tour Eiffel.
- Le graissage du chemin de lancement a nécessité 20 000 kg de matières grasses.
- Le nouveau paquebot doit être prêt à entrer en service en mai 1927. Il pourra porter 1777 passagers en plus de son équipage de 805 hommes et femmes, donc au total 2580 personnes.
- En terminant ce compte rendu de la venue au monde de la plus belle unité de la flotte commerciale française, il est juste de rendre hommage à la Société des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire « Penhoet » qui l’a construite, à MM. Godard, directeur général de cette Société et Lannes, ingénieur général à la Compagnie Générale Transatlantique qui en ont établi les plans.
- C1 Sauvaire-Jourdax.
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- les luminescences). La biolnminescence ou luminescence des êtres vivants, algues, vers luisants en sera un cas particulier.
- La photoluminescence. Provoquée par la lu mière dans son sens le plus général.
- La radio ou électroluminescence. — Provoquée parles rayons corpusculaires.
- La triboluminescence. — Provoquée par les chocs (ne se présente que dans les solides) et comprend comme cas particulier la cristalloluminescence.
- Enfin la thermoluminescence est à classer à part, car la chaleur n’est pas à proprement parler la cause primitive comme nous le montrerons plus loin.
- A ce premier classement nous pouvons en superposer un deuxième obtenu en distinguant, suivant la nature de la lumière produite, des luminescences sans durée pratique, dites de fluorescence, et des luminescences persistantes dites de phosphorescence.
- Les sulfures métalliques se signalent parfois à
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- |K ILiM
- de
- Fig. i. — Schéma du mécanisme de la phosphorescence^
- Autour du noyau central positif, les électrons gravitent sur des orbites. La cause qui provoque la phosphorescence détache un électron de position O sur la dernière orbite. L’électron prendra soit la position 1 sur une trajectoire supplémentaire de l’atome, soit la position 2 où il est libre, soit la position 3 sur un atome de soufre voisin. Le retour au bout d’un certain temps à la position O s’accompagne de l’émission de lumière.
- notre attention par une belle photophosphorescence et c’est elle que nous allons plus particulièrement étudier.
- Si je dis que sous l'action de la lumière un corps À se transforme en un corps B, 'et qu’inversement à l’obscurité le corps B, se transforme en À avec émission de lumière, nous n’aurons guère pénétré dans l’intimité du phénomène si nous ne pouvons préciser quels sont les corps À et B.
- Tout au plus aurons-nous ainsi exprimé la réversibilité du phénomène de photoluminescence. En chimiluminescence, le problème est plus avancé puisque nous pouvons par exemple écrire pour le phosphore la relation.
- piQü _j_ 2 O2 = 2 P2 O5 -+- lumière relation qui élucide le côté chimique du problème en laissant de côté le mécanisme même transformant l’énergie chimique en énergie lumineuse et dont l’analyse rentre dans le domaine proprement dit du physicien.
- Pouvons-nous en faire autant pour les autres luminescences et mettre des formules à la place des
- Intensité
- Température ou concentration
- Fig. 2. — Optimum de phosphorescence.
- lettres À et B? Je voudrais pouvoir pour les sulfures métalliques satisfaire ainsi la curiosité de mes lecteurs, mais je ne le puis et je me demande même si la réponse en sera jamais possible dans ce sens.
- Et cependant le besoin d’une explication se fait bien sentir et serait des plus utiles pour sortir de l’empirisme où jusqu’à présent s’est enlisée la préparation des corps phosphorescents.
- Mais avant de chercher le guide précieux que sera une bonne hypothèse, voyons expérimentalement, indépendamment de toutes théories, quels sont pour solides phosphorescents les résultats généraux les plus importants.
- Je résume ces règles, car elles sont maintenant classiques depuis les premiers travaux de Lecoq de Boisbaudran, Verneuil, Urbain, Lénard, etc...
- 1° Le corps pur n’est pas phosphorescent.
- 2° Cette pureté doit être rigoureuse, et présente parfois de très grandes difficultés de réalisation (indication).
- 5° Le corps pur ne devient phosphorescent que lorsqu’il dissout en solution solide une trace infime d’un métal lourd : par exemple, manganèse, bismuth, cuivre ou de certaines terres rares ; ce métal sera appelé phosphorogène ou luminogène, tandis que le corps pur (oxyde, sulfure, etc.) est le diluant.
- 4° La concentration en métal phosphorogène doit
- toujours être faible, par exemple —elle ne
- dépasse pas 1 pour 100, sinon la luminescence cesse, il y a donc un optimum.
- 5° Le spectre se compose de bandes diffuses, rarement de raies et la nature de la luminescence est caractéristique du métal phosphorogène, mais cette règle,, n’est exacte qu’en première approximation,
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- c’est-à-dire que le diluant exercera une influence qui ne permet pas, saut' dans le cas des terres rares, de diagnostiquer aussi facilement le luminogène par son spectre de phosphorescence que par le spectre d’émission thermique pur.
- Cette influence du diluant se fait sentir nettement, dans les deux dernières règles que voici.
- fl° La luminescence due à un phosphorogène n’existe que dans un certain intervalle de température. Elle s’annule pour les deux températures extrêmes qui limitent ainsi un domaine de températures où la luminescence présentera un maximum ;
- Cherchons donc le fil d’Ariane qui nous guidera dans ce dédale expérimental et faisons choix d’une hypothèse, même risquée. Nous pouvons supposer a priori que le mécanisme de l’émission lumineuse proprement dite est le même dans tous les cas. La cause qui le provoque peut seule changer.
- Utilisons donc précisément les récents progrès de la physique des radiations et admettons la théorie des quanta et des schémas d’atomes selon .Rutherford et Bohr.
- Puisque la luminescence dépend essentiellement de la présence d’une trace de métal lourd, par exemple
- Fig. 3. — A gauche : photographie d’un buste de Napoléon prise à la lumière ordinaire. A droite : photographie du même buste prise dans l’obscurité. Le buste est recouvert de substances phosphorescentes et qui, sous l'action d'un rayonnement ultra-violet non visible, deviennent luminescentes.
- Photo Radiana.
- le domaine dépend autant, sinon plus, du diluant que du phosphorogène.
- 7° La phosphorescence est modifiée dans plusieurs de ses caractères par addition des sels alcalins, chlorures, sulfates, carbonates, borates, etc... de Sodium, Potassium, Magnésium, Lithium. Ces sels, dits additions fusibles, ont un rôle certain favorable, mais parfois aussi défavorable, de là les recettes multiples indiquées.
- Telles sont les grandes lignes qui régissent la préparation des sulfures métalliques phosphorescents, préparation que nous voyons dépendre déjà de nombreux facteurs et à ces règles élémentaires il faut ajouter de nombreux détails; si nous voulons y entrer nous tombons dans une complication inextricable qui rend ce chapitre de la chimie particulièrement confus, car on y voit la recette, fille de l’empirisme, y tenir la première place au lieu de la préparation raisonnée.
- de cuivre, il n’est pas trop téméraire de supposer que l’émission lumineuse aura son siège dans cet atome ou dans son voisinage immédiat. Prenons donc un atome de ce métal suivant le schéma de Bohr (fig. 1).
- Il y aura émission lorsqu’un électron quitte une position extérieure pour en gagner une autre plus rapprochée de l’intérieur. Il y aura saut brusque parce que les seules places stables sont en nombre limité. Ce sont les orbites stationnaires de Bohr, groupées en niveaux, et ce saut libérera sous forme d’énergie lumineuse la différence d’énergie correspondante à ces deux positions ; cette émission sera donc discontinue, vue à l’échelle de l’atome.
- Elle représente un retour spontané à une plus grande stabilité.
- Il a fallu que l’électron soit mis d’abord dans la position extérieure plus instable, ce sera le rôle de la cause qui provoque la luminescence. Dans le cas
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- particulier de la photoluminescence, nous pouvons saisir sur le vif ce phénomène grâce à la découverte de l’effet photoélectrique qui apporte justement à ces théories un très grand soutien.
- L’effet photoélectrique est la manifestation extérieure d’un de ces déplacements électroniques dû à l’absorption d’une certaine quantité de lumière ; il y a d’assez grosses dif fi cul tés pour admettre que l’absorption procède aussi par quanta,
- dire par absorption brusque delà quantité hf, h étant une constante universelle dite de Plarik et f la fréquence de la radiation; mais le fait expérimental nous est seul nécessaire, il nous montre qu’un électron est expulsable et se manifeste à l’extérieur avec une énergie cinétique donnée par la relation.
- W représentant le travail d’arrachement nécessité pour sortir l’électron du niveau. Si ce niveau est profond, un électron d'un niveau extérieur le remplace presque aussitôt, avec émission de lumière. Cette fluorescence est une fluorescence vraie, dite atomique, et dont le spectre est bien rarement situé dans la région visible. Laissons donc de côté, malgré leur intérêt pour une systématique générale, toutes ces fluorescences provenant de sauts de l'électron à l’intérieur de l’atome; ne gardons que celles qui proviennent du niveau le plus extérieur où l’électron expulsé retournera, au bout d’un temps plus ou moins long, reprendre la place vacante, vacante d’ailleurs par son propre départ s’il provient lui-même de ce niveau. C’est le cas le plus courant si
- la lumière excitatrice a une fréquence faible légèrement supérieure à celle qui sera rendue au retour.
- La loi de Stokes ne fait que traduire ce fait en disant que la lumière de fluorescence est moins réfrangible, c’est-à-dire a une longueur d’onde supérieure à celle de la lumière excitatrice.
- Si l’atome dont un électron vient de s’échapper
- fait partie d’un moléculaire, cet électron peut soit se placer sur un niveau correspondant à l’ensemble moléculaire, soit sortir tout à fait de la molécule, ce qui correspond à une ionisation du groupement moléculaire.
- Le premier cas correspond à des luminescences d i fï e rentes de celle que nous voulons étudier. On les rencontre dans les corps organiques et peut-être dans les sels d’uranyle. Laissons-les de côté, parce qu’à la lumière des récents travaux sur la structure cristalline au moyen des rayons X, l’existence de la molécule, en tant qu’individualité définie, semble compromise dans les cristaux comme ceux des sulfures phosphorescents. D’après ces travaux ce sont les atomes et non les molécules qui occupent les nœuds du réseau. Si nous admettons maintenant que dans le sulfure de zinc ZnS, par exemple l’atome phosphorogène s’interpose dans le réseau à la place d’un atome de zinc, il voisinera avec 6 atomes de soufre, chacun de ceux-ci aura des relations communes avec lui et 5 autres atomes de zinc. Notre atome de cuivre sera ceinturé de 6 atomes de soufre présentant un peu de dissymétrie dans leurs champs de force et cette dissymétrie s’estompe
- Fig'. 4. — Eu haut : Fleurs recouvertes de peintures phosphorescentes et photographiées à la lumière ordinaire. En bas : même sujet soumis à l’action d’un rayonnement ultra-violet non visible et photographié dans l’obscurité. Photo Radiana.
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- au fur et à mesure que nous nous éloignons, sans que l’on puisse tracer une frontière exacte à l’influencé du cuivre.
- Le phénomène expérimental de l’optimum nous oblige à admettre que les atomes de cuivre se gênent mutuellement lorsque leur concentration est trop forte, et qu’ils exercent l’un sur l’autre ce que Perrin a appelé un effet de protection qui les met à l’abri de l’effet photoélectrique.
- Nous trouvons qu’il n’y a plus de photoluminescence par exemple pour la proportion de 1 atome pour 1000 de zinc, c’est-à-dire lorsque 1000 atomes de zinc séparent encore les atomes de cuivre.
- Les limites de cette molécule vague que nous considérons et que nous appellerons un centre, suivant une terminologie empruntée à Lénard, s’étendraient donc au moins à cinq fois la distance des atomes.
- Dans ce centre les propriétés particulières au diluant se font sentir et s’associent avec celles du phosphorogène pour régler non seulement le spectre d’émission et le spectre d’absorption où l’excitation se produit, mais également tous les autres caractères, et si dans le diluant interviennent des additions fusibles, celles-ci auront donc aussi leur influence d’autant plus forte que l’emprise du diluant sera elle-même plus forte.
- Nous avons un exemple dans le cas du sulfure de zinc à phosphorogène cuivre : le centre formé autour de l’atome de cuivre possédera une absorption dans l’ultra-violet et le violet et le retour de l’électron s’accompagnera d’une luminescence verte. Modifions un peu le diluant en ajoutant progressivement à ZnS du sulfure de cadmium isomorphe, ce dernier va prendre sans eflort sa place dans le réseau cristallin et nous constatons le changement progressif du spectre d’absorption qui remonte vers le visible parce que CdS est un corps rouge absorbant les radiations vertes et bleues; la lumière émise est aussi modifiée et se déplace du vert vers le rouge.
- Ceci nous amène à étudier l’action de la température par le moyen de notre hypothèse.
- L’effet photoélectrique que nous avons pris comme point de départ nous a donné un électron expulsé de l’atome. Que devient-il? S’il reste libre dans le milieu, il finira par retourner à l’atome au bout d’un temps plus ou moins long qui dépendra de sa mobilité et des chocs qu’il va recevoir au cours de sa sortie; la bousculade à laquelle il sera soumis l’amènera à se représenter plus ou moins vite devant son atome et la durée de son escapade, c’est-à-dire sa durée moyenne de vie, dépendra donc :
- 1° de l’agitation thermique ;
- 2° du nombre d’atomes de phosphorogènes présents.
- Nous avons admis que l’électron restait libre; des expériences de conductibilité sous l’influence de la lumière appuient cette hypothèse; mais certains phénomènes nous amènent aussi à penser qu’au cours de sa pérégrination l’électron peut être recueilli
- par un atome voisin du centre capable d’acquérir des électrons supplémentaires et d’augmenter ainsi sa couronne extérieure.
- Dans ce cas l’agitation thermique réalise encore le retour de l’électron, mais beaucoup plus lentement ; l’atome qui a capté cet électron peut lui-même subir facilement un effet photoélectrique, car il suffit d'une énergie assez faible, c’est-à-dire d’un rayonnement de fréquence rouge ou infra-rouge, pour détacher l’électron supplémentaire qui n’est pas solidement attaché, dont l’énergie est suffisante; car c’est ainsi que l’on peut expliquer l’effet d’un rayonnement infra-rouge, qui agit comme une élévation de température en produisant une vive luminescence.
- On peut montrer cette influence de l’agitation thermique :
- 1° en refroidissant le corps à la température de l’air liquide; la phosphorescence cesse, elle reparaît si l’on sort de l’air liquide le tube contenant le corps ;
- 2° si l’on insole à basse température, on détache toujours les électrons, car l’effet photoélectrique en est indépendant. Dans le cas du sulfure de calcium on ne voit aucune luminescence, mais il en existe une pour le sulfure de zinc, elle est seulement plus faible. Notons en passant que cette luminescence à basse température n’est pas favorable à une explication purement chimique, puisque les réactions chimiques ne se produisent plus à ces basses températures.
- Si l’on retire le tube de l’air liquide, tous les électrons jusqu’alors engourdis par le froid, se précipitent et nous voyons une brillante luminescence.
- C’est le phénomène de la thermoluminescence qui ne se produit donc que s’il v a eu excitation préalable.
- Il se produira aussi si l’on passe de la température ordinaire à une température plus élevée.
- À une température trop élevée, l’agitation thermique devient telle que les centres qui se tenaient indépendants perdent leur faculté d’être ionisés. On peut supposer que l’effet de protection augmente avec la mobilité et le nombre de nos centres dans le milieu diluant.
- Suivant un adage classique, ce que l’on perd en force on le gagne en vitesse, ce que l’on perd en durée on le gagne en éclat : les phosphorescences durables sont celles qui correspondent à l’extrémité froide du domaine de température.
- On aperçoit la grande ressemblance qui existe entre l’optimum du à la concentration et l’optimum dù à la température.
- Jusqu’à présent, malgré quelques tentatives, on ne voit pas de règle permettant de prévoir a priori la couleur, le domaine de température et les autres caractères de la luminescence. On a reconnu aussi que pour un même phosphorogène le spectre de la lumière émise n’était pas constitué d’une bande unique, mais de plusieurs, 4 au plus.
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- Ces bandes sont indépendantes les unes des autres à tout point de vue, tant et si bien que l’on pourrait les attribuer à - des phosphorogènes différents.
- Il en résulte que la désignation (encore incomplète) d’un corps phosphorescent doit comprendre au moins le diluant, le phosphorogène, la bande étudiée et l’addition fusible, nous écrirons ainsi ZnS Cu NaCl qui est vert et ZnS Cu NaCl qui eH violet.
- On peut essayer d’attribuer, comme l'a proposé Lenard, ces diverses bandes à des états de valences différentes du phosphorogène par exemple à Gué et Cu-^ et d’après cet auteur certaines additions fusibles favorisent tantôt l’un de ces états, tantôt l’autre.
- Il est bien évident que c’est vers la connaissance de règles de ce genre que nous devons diriger nos efforts, comme y ont réussi les chimistes coloristes organiques.
- Etant donné le nombre de diluants possibles, de métaux lourds et d’addition fusibles, on peut songer à réaliser un nombre considérable de corps phosphorescents ; en réalité les considérations précédentes nous font comprendre sans peine qu’il faut réunir déjà trois premières conditions pratiques.
- La première est que la phosphorescence soit dans le spectre visible, la deuxième que la température ordinaire où nous vivons soit comprise dans son domaine de température et enfin, que l’excitabilité soit obtenue pour des fréquences voisines du visible, cela limite considérablement nos possibilités et nous
- restreint aux sulfures du 2e groupe de la table de Mendeleef. Mais en réalité, si nous ne voulons pas nous borner à la phosphorescence habituelle, le phénomène est très général.
- Lorsqu’on parle delà phosphorescence des sulfures métalliques, on envisage le diluant alors qu’il serait plus logique de commencer par le phosphorogène.
- Pour établir une revue systématique des corpslu-minescents, il vaudrait mieux commencer par le phosphorogène et l’é t u d i e r dans les divers diluants possibles.
- L’usage s’est conservé de désigner un produit phosphorescent par le diluant et cela pour la raison bien simple qu’il représente plus de 99 pour 100 en général du produit et qu’il ne peut y avoir de confusion ni de discussion sur cette appellation.
- Laissons d’abord de côté des suif a res alcalins pour lesquels les phosphorescences signalées sont peu nombreuses et peu étudiées, et passons de suite aux sulfures alcalino-terreux qui ont été l’objet, il y a 20 ans, d’un magistral mémoire de Klatt et Lé-nard.
- Les résultats acquis par cette étude systématique sont très nombreux, vouloir les énumérer tous serait fastidieux, limitons-nous à ceux qui ont donné des produits connus : la pierre de Bologne ou sulfure de baryum, la pierre de Canton ou sulfure de calcium aux coquilles d’huîtres qui fut amélioré par Balmain (1877) et mis dans le commerce par lui ; analysé par Verneuil, le bismuth y fut reconnu comme le luminogène, et une recette tout à fait classique fut donnée par sa préparation avec des
- Fig. 5. — En haut : Décors phosphorescents de diorama photographiés en lumière ordinaire. En bas : Mêmes décors photographiés dans l’obscurité et rendus visibles grâce à la luminescence provoquée par des rayons ultra-violets. Photo Radiana.
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- coquilles d’huîtres, ces dernières ne sont pas indispensables et une formule bien plus simple est la suivante :
- CaO................ 20
- S................... 6
- Amidon .... 2
- K2SO*..............0.5
- Na2S04 . . . 0.5
- (i\Or>)c Bi. ... 1 cm5 d'une solution à
- 1/2 pour 100, c’est-à-dire 5 mmg.
- Le mélange est chauffé à la température du rouge sans dépasser 900° pendant une demi-heure.
- Celte préparation est la plus facile de toutes, parce que les éléments en sont faciles à obtenir suffisamment purs, ou avec des impuretés qui ne sont pas gênantes parce qu'elles rentrent dans la catégorie des additions fusibles.
- La luminosité est violette, elle est belle et elle est très durable, ceci provient de son domaine de température assez élevée, mais ce produit comme tous les sulfures alcalino-terreux a contre lui son altérabilité.
- Il faut d’ailleurs noter que le diluant n’est pas CaS pur, mais un mélange de 1/5 CaS avec 2/5 de Caü, CaCCF CaSO\ plus les alcalis. Si donc sa préparation est facile, l’interprétation des résultats est plus difficile.
- Avec d’autres métaux que le bismuth les phosphorescences sont de teintes diverses, le cuivre donne un vert, le manganèse un rouge.
- U semble d’ailleurs que la lisle des phosphoro-gènea certains doit se limiter aux métaux suivants : cuivre, bismuth, manganèse, plomb, antimoine, argenl, peut-être nickel, fer, uranium, c’est-à-dire à des métaux dont les sulfures sont colorés. Beaucoup de résultats signalés avec d’autres métaux sont douteux, car ils ont été publiés par des expérimentateurs insuffisamment préparés aux difficultés exceptionnelles que l’on rencontre pour être sur de la pureté des produits, de tous les produits em-ployés.
- Le sulfure de strontium donne une belle luminescence bleue due au bismuth, très durable, et avec une formule de préparation analogue à celle du sulfure de calcium.
- Le sulfure de baryum est trop altérable pour être d’un emploi possible, il semble que dans cette série de diluants, en passant du calcium au baryum le spectre de luminescence d’un phosphorogène se déplace vers le rouge.
- Si nous passons dans l'autre série : glucinium, magnésium, zinc, cadmium, mercure, nous trouvons les sulfures de glucinium et magnésium luminescents, mais altérables et ne donnant pas de phosphorescence durable, le sulfure de cadmiun et de mercure sont trop colorés pour donner seuls des luminescences visibles.
- Le sulfure de zinc est, par contre, un diluant de choix ; on peut le comparer à un pur sang, particu-
- lièrement rétif, et qui ne s’est laissé dompter que récemment au prix de grandes difficultés. Il semblait ne pas vouloir révéler son phosphorogène et peut-être un moment a-t-on cru qu’il pouvait s’en passer. En réalité il rentre dans les règles communes et doit au cuivre sa belle luminosité verte.
- Pour le prouver il faut préparer un produit sans cuivre, ce qui est aussi difficile qu’un produit sans sodium. On sait que pendant un certain temps on a hésité à attribuer la flamme du sodium au sodium, précisément parce qu’on la remontrait partout, sans le vouloir, et même en voulant l’éviter. Il en est de même du cuivre.
- La réussite s’obtiendra en examinant le problème comme un chirurgien moderne voit ses opérations et cela demande pour le chimiste qui’ n’est pas encore habitué à ces minuties opératoires un grand et souvent difficile effort.
- L’étude du sulfure de zinc nous a montré de plus que non seulement la nature des molécules voisines de l’atome luminogône exerce son influence, mais aussi leurs dispositions dans l'espace, autrement dit la structure cristalline n’est pas indifférente et le dimorphisme de ZnS se manifestera dans la nature de la photoluminescence.
- La variéLé connue sous le nom de blende de Sidot est précisément la Wurtzile, variété hexagonale, et non la blende cubique; cttle dernière donne une luminescence très différente, plus brillante, plus courte qui reçoit son interprétation naturelle par le déplacement du domaine de température qui est plus bas pour la blende.
- L’influence de la structure cristalline est également sensible dans le fait suivant : la rupture du cristal (car la poudre est toujours encrislaux petits, mais mesurables et bien définis) amène la disparition de la phosphorescence.
- Les phosphorescences qui ont permis de réaliser les décors représentés sur les figures 5, 4 et 5 sont provoquées par la lumière ultra-violette, elles sont très brillantes. On peut se poser comme première question quelles sont leurs intensités et comme deuxième question quel en est le rendement en fonction de la lumière excitatrice. Les intensités sont assez faibles malgré tout et il faut faire appel à une très petite unité, la microbougie. Avec cette unité, tant que la source excitatrice est présente, nous trouvons des valeurs aux environs de 5000, 10 000 au plus par cm2; mais lorsque la source excitatrice est éteinte, la décroissance survient, extrêmement rapide.
- Nous arrivons ainsi au chapitre des applications actuellement possibles ou à entrevoir pour l’avenir.
- On pense habituellement à utiliser les sulfures comme accumulateurs de la lumière du jour, particulièrement précieux par ces temps de vie chère, car ils rendent gratuitement la nuit la lumière emmagasinée. Malheureusement, la décroissance rapide comme on vient de le voir rend trop faible la luminosité; celle-ci subsiste bien toute la nuit, mais
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- ne peut être visible que dans l’obscurité complète, circonstance qui est rarement réalisée et que l’on trouve seulement dans une chambre à coucher ou au fond des bois. De plus ces faibles luminescences ne sont guère perceptibles de loin et l’œil qui les distingue peut à peine discerner les contours et à plus forte raison ne peut déchiffrer un texte.
- Aussi malgré la longue liste des applications de la phosphorescence de longue durée qui ont été proposées, cette dernière est surtout intéressante comme un témoignage de l’esprit inventif de nombreux chercheurs.
- Voici quelques données. Si nous chiffrons par 100 la luminosité des premiers instants nous trouvons au bout d'une heure une valeur de 1 à 0.1 et qui au bout de 10 heures se réduit encore au dixième.
- Au fond ce résultat ne doit pas nous surprendre, si l’on veut bien remarquer que ce n’est pas le diluant qui accumule la lumière'et que lenergie ne provient que de l’ionisation de quelques rares atomes phosphorogènes. Dans un kg de produit capable de couvrir plusieurs mètres carrés nous ne trouvons que 1 décigramme de métal actif Gu ou Bi par exemple et la loi de l'optimum nous interdit d’augmenter la dose
- L’énergie emmagasinée est donc limitée à quelques quanta au plus par atome ; ce qui représente une belle énergie si on la rapporte au kg de phos-phorogène, mais qui reste minime si on la chiffre au kg de produit phosphorescent ou au mètre carré couvert.
- Il est toujours imprudent de préjuger de l’avenir et de dire que le problème de l’éclairage nocturne est sans espoir, disons donc simplement que sa solution n’est pas encore en vue.
- Dans une voie un peu différente on a pu cependant trouver une solution acceptable dans certains cas particuliers ; elle consiste à faire appel à la radioluminescence en utilisant des rayons et des substances radioactives ; rayons qui représentent
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- une énergie invisible transformable en énergie visible par l’intermédiaire d'une substance radiolumincs-cente. Si nous mélangeons intimement un sel radioactif à du sulfure de zinc, ce dernier s’illumine et cette luminosité est permanente sous certaines réserves de détails; elle a le grand défaut d'être chère et toujours faible, ses applications sont limitées à de petites surfaces où le prix de revient du cm-n’intervient pas sensiblement.
- Pour ne point terminer cette revue des applications sur une note trop pessimiste, nous trouverons plusieurs applications de la fluorescence ou de la phosphorescence dans les premiers instants : il y en a une en particulier qui serait scientifiquement intéressante, c’est celle qui consiste à suppléer à la persistance rétinienne trop courte par la persistance de phosphorescence dans le problème de la télévision ; dans le même ordre d'idées on peut essayer de diminuer le nombre nécessaire par secondes des images cinématographiques et d'une façon générale de toutes pulsations d’une source d'éclairage.
- On peut aussi récupérer un rayonnement ultraviolet invisible comme celui des tubes à vide et des lampes à vapeur de mercure et le remplacer par un rayonnement coloré de préférence en rouge pour ces dernières, car il aura Davantage de modifier leur teinte trop verte. Dans ces dernières applications il faut tenir compte du rendement. On peut distinguer un rendement en quantité, nombre de quanta rendus sur nombre de quanta absorbés et un rendement en énergie tenant compte de ce que le quantum de luminescence est d'une fréquence moindre. Si le premier rendement peut atteindre 80 pour 100, le deuxième ne dépasse guère 50 pour 100.
- En dehors de ces emplois possibles, la phosphorescence reste un brillant mais fugitif phénomène, excitant notre curiosité parce que, selon une expression impropre mais parlante, il nous fait toucher du doigt la lumière froide.
- A.-À. Guivrz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1926.
- Elections. — Au cours du mois de.mars, MM. Léon Frédcricq et Emile Forguc ont été élus Correspondants pour la section de médecine et de chirurgie, en remplacement du 1)' Bergonié et de M. Depage. Dans la section des Académiciens libres, M. Jean Charcot occupera dorénavant le fauteuil (Je M. Tisserand.
- Les pegmatites de Madagascar. — On a signalé, dans la grande lie, l’existence de nombreux niobates et litano-niobates uranifères — euxénite, samarskite, lergusonite, bétafite, samirésite, ampangabéite — suffisamment abondants et radioactifs pour être exploités comme minerais de radium, mais jusqu’ici on n’avait pas rencontré d’uranite. Mlle Y. Brière indique sa présence
- dans les provinces de Fianarautsoa (à Malakiatina) et de Vobemar. Le premier gisement est constitué par une pegmatite potassique, traversée par des filons de quartz ou des veines et parfois par de véritables tourmalines. L’uraninile y forme de gros nodules dont la partie centrale seule renferme le minéral intact, noir, compact et parsemé de tissures remplies de produits d’altération d’un rouge orangé ou jaune rappelant par l’aspect ceux de la pechblende du Katanga. Au nord de Madagascar, à Vobemar il semble aussi que le minéral, chargé de petites paillettes d’autunite, provient d’une pegmatite.
- Une nouvelle pompe à condensation. — On sait tout l’intérêt que présente une pompe fonctionnant sur vide
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- primaire (10 à 50 mm de mercure) et qu’il est possible d’accoupler avec un appareil d’un faible prix de revient, comme une trompe à eau. Le modèle construit par M. L. Dunoyer a pour avantage d’être mis en route très rapidement, dès le moment où l’on commence à chauffer le mercure. La pression primaire est de l’ordre de 20 mm et le vide limite que l’on peut obtenir indique, à la jauge de Mc Leod, 0,01 micron de mercure, la vitesse propre étant de 570 cm3 par seconde. Ce dispositif fonctionne depuis deux ans dans le laboratoire de son inventeur et rend de grands services pour fixer la technique .des gaz purs, sous faible pression.
- La cémentation des alliages ferreux par l'aluminium. — Les précédents estais de M. Jean Cournot ont porté sur l’immersion dans des bains d’aluminium pur, l’action du chlorure Al2 Cl6 gazeux, la pulvérisation mécanique et l’action d’un mélange de poudre d’alumine et de chlorure au four tournant. La méthode la plus rapide comprend la cémentation dans le ferro-aluminium pulvérisé, par chaull'age à 1000° dans un four à moulle, en atmosphère oxydante. Les premiers résultats acquis indiquent un vieillissement très net de la poudre utilisée comme cément, après quatre ou cinq emplois, durant chacun quatre heures, entre 900 et 950°. Il semble que la méthode ne présente guère d’intérêt au-dessus de 1100°; enfin, les résultats sont bien plus favorables dans le cas du fer doux que dans celui de l’acier dur ou de la fonte.
- L'oxydation de la harmaline. — Harmaline et har-mine sont deux alcaloïdes qui figurent en parties égales, dans les graines de Peganum h annula. Leur hydrogénation donne le même produit, une tétrahydroharmine, et l’oxydation ménagée, par l’acide azotique ou le permanganate alcalin permet de passer de la première à la seconde, ce qui indique une même structure moléculaire. MM. Hasenfralz et Sutra ont obtenu un rendement voisin du chiffre théorique en employant l’acide chro-mique et quelques essais tentés sur la bromoharmaline et l’isobromoharmine leur ont indiqué que, dans ces deux dérivés, le brome se rattache au même atome de carbone de l’édifice moléculaire qui les constitue.
- La couche moyenne houillère de Gages. — M. Auguste Loubière vient d’étudier, au nord-est du Houergue, à la limite des terrains secondaires, une bande de terrain carbonifère, courant de l’ouest à l’est, et dont on connaît trois assises, sans en avoir jusqu’ici précisé l’âge relatif. Dans les schistes provenant du toit de la couche houillère moyenne, il a retrouvé les espèces slépha-niennes courantes, notamment des Asterotheca et des Cordaïtées, indiquant le houiller supérieur proprement dit. La couche la plus puissante et qui est atteinte à 570 m. par le puits de mine Sainte-Marie parait, à M. Loubière, devoir èlre siluée tout à fait à la base du stéphanicn moyen, sinon en partie au sommet de la zone des Cordaïtées.
- Paul B.
- LES ŒUFS DES PETITS OISEAUX
- Nous avons décrit (n° 2720) diverses particularités qu’on peut observer dans les nids de certains oiseaux.
- Ce sont aussi des anomalies moins fréquemment rencontrées qu’on l’assure, les œufs qui dans un nid diffèrent de* forme et de couleur. Il n’est d’ordinaire dans ces couvées qu’un œuf, plus rarement deux, qui sont de forme dissemblable. Ce sont ou des œufs nains ou des œufs géants (fig. 1) et en ces derniers — notre mentalité nous poussant cà chercher en tout des choses extraordinaires — on voit souvent des œufs de coucou auxquels la femelle cuculidé aurait donné une couleur identique à ceux de sa dupe.
- La couleur des œufs se trouvant dans un même nid varie aussi rarement. Seulement les macules, taches ou marques sont plus ou moins nombreuses sur les uns que sur les autres, d’où une apparence de couleur différente, les derniers pondus ayant moins de mouchetures (fig. 2 et 5).
- Mais il arrive fréquemment que dans des nids différents d'une même espèce, les œufs ne soient pas identiques (fig. 4) et quelquefois aussi de couleur quelque peu dissemblable. La couleur du fond de Fécale peut être plus ou moins claire, plus jaunâtre, plus brunâtre, plus verdâtre, les macules plus ou moins foncées, plus ou moins rougeâtres, etc. Des femelles, faute de pigment, peuvent pondre des œufs plus ou moins blanchâtres, tandis que d’autres chez quLle produit colorant abonde, pondent des
- œufs beaucoup plus teintés. Ceci se remarque facilement chez les espèces pondant des œufs blancs pointillés de rouge par exemple, les points prenant la forme de taches étendues ; d’autres fois ces œufs sont pour ainsi dire blancs.
- La ressemblance entre les œufs d’une même ponte est telle que les zoologistes indiquent facilement quels sont pour une espèce les spécimens d'une même ponte.
- Enfin il est des espèces dont les femelles pondent des œufs absolument dissemblables d’un oiseau à l’autre, à tel point que le non-initié les prend pour des œufs d'oiseaux différents. C’est notamment le cas pour le pipit des arbres qui fournit des variétés étonnantes.
- Par contre, chez certaines espèces, les œufs, soit forme, soit couleur, sont extrêmement peu variables. C’est le cas pour la plupart des fauvettes.
- On a avancé que les œufs des oiseaux nichant dans les troncs et les endroits sombres sont presque toujours blancs. C’est loin d’être exact. Les œufs de l’étourneau, du rouge-queue de muraille sont bleu d’azur; ceux des moineaux domestiques, des moineaux friquets presque bruns, tant ils sont tachetés ; ceux du motteux, bleutés avec des taches rougeâtres ; ceux des mésanges, de la sitelle, toujours maculés de points, de taches rouges; ceux des choucas bleuâtres ou verdâtres, fortement tachetés, etc. Dans les nids en boule ou en dôme, des troglodytes, pouillols divers, mésanges h longues queues, les
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- œufs sont blancs pins ou moins copieusement marqués de rouge, de brun.
- En ce qui concerne les oiseaux pondant dans les nids etrangers, il est curieux de constater qu’il s’agit surtout du faisan. Cet oiseau a en effet l’habitude de « perdre » ses œufs à droite et à gauche, tantôt sous une haie, tantôt dans le bois, dans les champs. S’il trouve dans le voisinage le nid d’un volatile approximativement de sa taille, perdrix, bécasse, canard, coq de bruyère, il y déposera un œuf, mais très rarement plus, ne reviendra à ce nid que par un hasard peu fréquent.
- Trop volontiers, on indique aussi que dans un nid contenant une ponte anormalement nombreuse, celle-ci est le produit de deux femelles. C’est généralement là observation superficielle, le fait de deux femelles pondant dans un même nid est une rareté. Une quinzaine d’œufs dans un nid de faisan, une ponte de 22 ou 23 œufs dans un nid de perdrix ne signifient pas que deux oiseaux y ont pondu. On oublie trop aisément que dans ce cas, le chiffre de la ponte serait beaucoup plus élevé encore, chaque femelle pouvant, seule, déposer, pour le premier de ces volatiles, 8 ou 10 œufs, pour le second une vingtaine. On remarquerait aussi que chaque jour, deux nouveaux œufs s’ajouteraient à la couvée.
- D’autre part, en cette circonstance, Jon ne tient pas compte qu’un nid ayant été détruit, peut être remplacé à peu d’intervalle par un nouveau avec ponte complète quelquefois, et qu’alors un oiseau pondant normalement 5 œufs peut donc en fournir 10, parfois 15 si le deuxième nid disparaît à son tour et ce, dans un laps de temps réduit.
- Aussi en captivité, des oiseaux pondent quelquefois 20, 50 œufs alors qu’en liberté ils n’en pondent normalement pour une couvée que 5 ou 6.
- Pourquoi une femelle prolifique ne pourrait-elle avoir une ponte exceptionnelle et pourquoi au lieu de chercher au fait une explication anormale, ne pas admettre une solution assez naturelle?
- Les oiseaux reconnaissent leurs œufs, leurs jeunes, affirme-t-on. Ce n’est pas toujours exact et
- Fig. 2. — Variétés d’œujs de coq de bruyère. Les exemplaires
- finement tachetés sont de la variété courante.
- Fig. i. — (Eufs de poule d’eau Les œufs finement tachetés sont de la variété ordinaire. Celle à grosses macules est rare. Le dernier œuf, en bas à droite, est anormal.
- en suivant certaines règles, on peut échanger les œufs d’espèces différentes s’ils ont un volume relativement identique. A un rouge-gorge qui pond des œufs ocreux, on peut par exemple faire adopt;r les œufs bleus de l’aecenteur-mouchet.
- Mais auparavant il convient d’observer les oiseaux que l’on veut ainsi mystifier. Tous ne sont en effet pas d’humeur à tolérer cet échange et alors ils abandonnent la couvée étrangère ou lancent par dessus bord l’œuf qui n’est pas le leur.
- Ce sont les oiseaux ayant du « caractère » qui se révoltent ainsi. Des oiseaux sans caractère, apathiques, ce dont on se rend compte au chant, aux allures, plus encore à la façon dont est construit le nid, à l’emplacement de celui-ci, adopteront régulièrement les œufs qu’on introduira dans leur nid.
- En cette question de ponte dans des nids étrangers, il ne faut pas non plus confondre avec les oiseaux « voleurs de nid ». Le martinet pondra dans un nid de moineau ou d’étourneau contenant déjà des œufs du propriétaire, mais il expulsera celui-ci « manu militari » et ne couvera que ses œufs propres, repoussant sur le côté les œufs qui ne lui appartiennent pas. 11 en est de même des pics épeichcs qui s’installent dans un trou qu’un des leurs ou eux-mêmes ont foré et dont des mésanges ont cru pouvoir disposer. Même chose en ce qui concerne les cresserelles qui dépossèdent les pies.
- Relativement au nombre, plus ou moins grand, des œufs pondus par des femelles différentes d’une même espèce, le fait s’explique aisément par l’état physique de 1 oiseau. Une vieille femelle pondra moins d’œufs qu’une femelle adulte en pleine force, un oiseau sédentaire ayant eu à subir toutes les rigueurs d’un hiver prolongé pondra moins pour une première couvée, les privations l’ayant épuisé, que pour la seconde.
- C’est encore une erreur de dire que les oiseaux vivant en colonies ne pondent ordinairement qu’un œuf unique, étant donné la difficulté qu’ils éprouvent à élever leur progéniture,
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- Fig. 3. — Quelques spécimens d’œufs a’épervicr montrant les variétés allant des exemplaires fortement maculés aux œufs blanc sale.
- Voyez ce qu’il en est pour les corneilles freux, dont les colonies comptent parfois plus d'un millier de nids (on en signale en Hollande qui sont constituées par 5000 nids), les hérons, les chélidons, les cotyles dont les colonies peuvent se composer de plus de cent couples. Les freux pondent de 5 à 5 œufs; les hérons, de 5 à 5; les chélidons, les cotyles, de 4 à 5 œufs.
- En ce qui concerne les oiseaux de mer, ce n’est pas non plus la difficulté de se nourrir, eux et leurs jeunes, qui fait qu’ils pondent’seulement un œuf.
- On en a la preuve en voyant l’accroissement formidable de ces colonies lorsqu’elles sont protégées.
- Voyez ce qui se passe au Pérou. Jadis les « mines » de guano étaient exploitées sans méthode, les oiseaux producteurs massacrés, leurs œufs détruits. Aujourd’hui une loi protège ces volatiles, les îles à guano sont de véritables réserves surveillées par des gardiens appointés. Depuis lors, en dépit des ravages que font encore parmi les colonies divers prédateurs ailés, le nombre des oiseaux a augmenté dans une telle proportion qu’alors que dans le passé on extrayait d’une île 25 000 tonnes de guano en 10 ans, elle produit actuellement 00000 tonnes. Au cas oii ces oiseaux éprouveraient de la difficulté pour se nourrir, la colonie au lieu de progresser se maintiendrait évidemment sans changement ou serait en diminution.
- On a aussi fait état en diverses circonstances des ruses ou artifices des mères oiseaux. Mais combien peu observateurs sont certains de ceux qui ont avancé ces faits. Combien de fois voit-on les oiseaux dénoncer eux-mêmes la proximité de leur nid à ceux dont ils pourraient le plus craindre.
- Voyez les pouillots, les fauvettes, les pipits, les merles, les pie-grièchcs, les vanneaux, les courlis signaler aux plus indifférents, par leurs cris plaintifs, que l'on se trouve près du berceau de leur famille. S’ils avaient gardé le silence, maintes fois le dénicheur fût passé auprès du nid sans même, songer qu’il en était proche. D’autres font l’éclopé, s’échappent de leur nid en traînant l’aile, alors que
- s’ils n’avaient pas donné signe de vie, nul n’aurait aperçu le nid dont ils s’efforcent d’éloigner l’intrus. En réalité tous ces faits montrent, à de rares exceptions près, que communément les oiseaux agissent mécaniquement, sans la moindre réflexion, sans la moindre prudence, sous l’influence d’un instinct qui est parfois de fort mauvais conseil et qui n’est guère d utilité. Un chat, par exemple, ne se laissera pas prendre au manège d’un oiseau qui simulera une blessure et il continuera à avancer vers le nid qu’il ambitionne de dévaliser.
- Cette sollicitude que les oiseaux manifestent à l’égard de leur nichée n’est qu’un instinct assez aveugle. "
- Les oiseaux ne paraissent pas reconnaître leurs jeunes et ils nourriront des petits étrangers avec le même dévouement que s’il s’agissait des leurs.
- Enlevez les jeunes d’un nid de merle et placez-les dans un nid de grive et vice versa. Après un court moment d’hésitation, merles et grives nourriront les petits remplaçants. Il en va de même pour les fauvettes et les rouges-gorges par exemple. Des verdriers adopteront de jeunes métis de canari par lesquels un éleveur remplacera leur nichée, et ainsi de suite.
- Tout ce que nous venons de dire n’est évidemment pas pour rendre moins intéressants les petits oiseaux. Di en an contraire. Mais à notre point de vue, il y aurait avantage pour la Science à écarter toutes ces fausses données qui encombrent la biologie de nos petits hôtes ailés.
- Les compilateurs sont trop enclins à répéter sans contrôle les erreurs les plus flagrantes. Rééditées sans relâche, ces affirmations erronées finissent par devenir indéracinables et contribuent à fausser le jugement de nombre d’amis des oiseaux qui se fient à toutes ces redites sans grand fondement et en tirent des conclusions qui ne concordent pas du tout avec les faits réels.
- L. Coonnvx.
- Fig. 4. — Œujs de formes diverses : en haut, œujs d’étourneaux ; au milieu, œufs de merle; en bas : œufs d’engoulevent, de Loriot et de geai.
- Le Gérant • P. Masson. — Imprimerie I.aiiiiie, 9, rue de Fleurus, Paris. — 192G.
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- N° 2723
- 12 Juin 1926
- LA NATURE
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- SOMMAIRE:
- L’utilisation agricole de l’eau en Algérie (suite).
- Le violonista pneumatique : Jacques Boyer.
- Modification du littoral du centre-ouest de la France : Jules Welsch.
- La chasse aux “ Bélugas” et l'utilisation des petits cétacés : R. Legendre.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : La T. S. F. pratique. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C‘\ Éditeurs, i 20, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (J{. C. : Seine 15.234)
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- LA NATURE.
- N° 2723.
- 12 JUIN 1926
- L’UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE (Suite).
- II. Aménagement des eaux utiles. Irrigations.
- Cultures irriguées. — En Algérie, on pratique deux sortes d’irrigations :
- 1° Les irrigations d’hiver et de printemps, qui s’appliquent principalement aux cultures de céréales.
- Un arrosage en octobre-novembre facilite le labourage et assure la germination. Un autre arrosage, en mars-avril, époque de la formation de l’épi, garantit les moissons contre les effets périodiques et désastreux de la sécheresse printanière. Dans les terres en jachère, cet arrosage de printemps permet aussi de faire d’excellents labours préparatoires.
- 2° Les irrigations d’été, qui sont nécessaires aux cultures riches telles que prairies artificielles, maïs, arbres fruitiers, cultures maraîchères, etc.... Elles améliorent notablement aussi les rendements delà vigne et du tabac. Enfin, dans les régions propices, elles ont permis, depuis quelques années, les essais d’acclimatation de deux cultures industrielles qui semblent appelées à un gros avenir : le coton, dont la culture progresse, chaque année, dans les plaines chaudes du Chéliff, .de lTIabra, de la Seybouse et du Saf-Saf, la betterave de sucrerie et de distillerie, dont les essais plus récents s’annoncent comme satisfaisants.
- Les quantités d’eau réclamées par chacune de ces cultures varient avec les régions et la pluviosité de l’année. Les données ci-dessous peuvent être admises comme des moyennes :
- DÉBIT - - MÎT IV T1T lès; VMAMMî If
- CONTINU PÉRIODE q «J .1 A J 11 Ij j AUMbltU
- CULTURES PAU SECONDE D ARROSAGE d’eau d’arro-
- CAR HECTARE sages
- Céréales et » Octobre 1.500 2 ou 5
- fourrages. . à Avril à 2.500 m3 arrosages
- Prairies artili- 0 35 Mars 5.000 »
- cielles. . . à 0 >, 5 à Septembre à 8.000 m3
- Vignes. . . . 15 juin 1.500 2 cm 5
- » au 15 août à 2.500 m3 arrosages
- Tabacs. . . . 0 07 1e1' mai au ior septembre 750 m3 )>
- Vergers . . . O1, -12 Avril à Octobre 1.600 m3 ))
- Cultures maraîchères. . 0 5 Avril à Septembre 5.000 à 8.000 m3 B
- Coton. . . . 0 K 5 Mars 10.000
- à 0 i. 75 à Octobre 15.000 m3 »
- Conditions hydrologiques. — Le vaste problème de l’utilisation des eaux ne comporte pas de solution générale et uniforme, mais seulement des solutions d’espèce qui, dans chaque région, doivent s’adapter aux besoins et aux possibilités. Les données comportent, comme variables principales, les ressources en eau disponibles, l’aptitude du sol et des gens à l’irrigation.
- C’est ainsi que l'aménagement des eaux change d’aspect suivant que l’on envisage :
- 54’ Année. — 1" Semestre-
- Fig', i. — Diagramme des débits annuels de l’Oued Fodda de içi2 à ig22 en millions de m3.
- Le Tell, où les eaux relativement abondantes, les vallées fertiles et l’extension de la propriété européenne favorisent le développement des cultures riches d’été ;
- Les Hauts Plateaux, où le sol pauvre et la pluviosité médiocre n’admettent généralement que la culture des céréales et l’élevage;
- Le Versant Saharien, auquel il ne manque que l’eau pour que certaines de ses larges vallées se classent parmi les plus fertiles de l’Algérie(1).
- Dans tous les cas, les connaissances hydrologiques doivent être à la base des études sur l’utilisation des eaux. Il existe une documentation déjà abondante et précieuse sur l’hydrologie de l’Algérie. L’admininistration en poursuit le développement avec activité, notamment en ce qui concerne le régime des pluies, le régime des eaux de ruissellement et la recherche des eaux souterraines ; ce travail de documentation est confié au Service météo-
- 1. Bans le Zab Chergui, à l’Est île lliskra, on a relevé, en ecrlaines années favorables, des rendements en céréales qu’on peut qualilior de miraculeux, qui ont atteint cl largement dépassé lût) pour 1.
- Illllllltsli
- big. 2. — Diagramme des débits mensuels moyens de l’Oued Fodda en m*-seconde (moyenne des dix années 1972-/922).
- 24. — 369.
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- 370 =- ~ L’UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE
- Fig. 3. — Diagramme des hauteurs en m/m. d’eau tombée pendant les années njia à i<)22 dans le bassin de l'Oued Fodda.
- rologique, au Service hydraulique et au Service des Mines et de la Carte géologique.
- Régime des pluies. — On a vu précédemment que, nulle ou insignifiante de mai à septembre, la pluviosité est généralement abondante en automne et décroît ensuite jusqu’en mai, avec une recrudescence en mars. Cette irrégularité dans l’année s’aggrave de deux faits :
- 1° Au lieu d’affecter, comme en France, la forme de pluies légères et durables, les précipitations, en Algérie, sont habituellement violentes et espacées, parfois orageuses et torrentielles.
- 2° Les écarts sur la normale sont considérables d’une année à l’autre. En 1924, année moyenne, le déficit a été de 25 pour 100 sur les Hauts Plateaux et dans le Tell. En 1920, année très sèche, il a atteint 50 pour 100. Au contraire, en 1917, année pluvieuse, l’excédent a été de près de 100 pour 100.
- Débits des coins d'eau. — Le régime des oueds algériens a meme allure. Sauf sur le versant Tel-lieri, ces cours d’eau sont généralement à sec de mai à septembre. Dans la même année, leurs débits instantanés et mensuels présentent des variations d’une amplitude considérable. C’est ainsi que, pour leChéliff, cours d’eau le plus important de la colonie et qui traverse successivement les Hauts Plateaux et le Tell, le débit d’étiage descend à 800 litres par seconde, alors que celui des crues dépasse souvent 1000 nr’ et a atteint 1400 nr.
- Les deux diagrammes 1 cl 2 sont significatifs à cet égard. Ils représentent les débits annuels et mensuels moyens relevés pendant 10 ans sur l’Oued Fodda, affluent du Chelilf en région tellienne. On y voit également que la variation des débits annuels peut atteindre près de 100 pour 100 du débit moyen par excès et 60 pour 400 par défaut. L’amplitude de ces variations s’aggrave, d’ailleurs, dans les oueds des Hauts Plateaux et du Sahara.
- Ruissellement. — Au point de vue de la technique hydraulique, il est intéressant de rechercher la loi qui lie les débits des oueds aux quantités
- d’eau tombées sur leurs bassins versants respectifs, autrement dit, de déterminer les coefficients de ruissellement. Dans ce pays, au relief accentué, où les forêts et les terrains cultivés n’occupent qu’une infime partie du territoire, où les pluies sont violentes et les crues volumineuses, on pourrait s’attendre à des coefficients de ruissellement très élevés. Or, il n’en est rien. Tandis que ces coefficients atteignent 0,50 à 0,50 dans les bassins européens, ils oscillent, dans le Tell, entre 0,10 et 0,20. Sur les Hauts Plateaux et le Versant Saharien, le débit apparent des oueds se réduit souvent à 1/50° du volume total des pluies.
- Cette anomalie s’explique en grande partie par l’activité exceptionnelle de l’évaporation sur le territoire algérien. La hauteur que peut perdre mensuellement une nappe d’eau atteint 50 mm en moyenne pendant l’hiver; en été, elle peut s’élever à 200 mm dans le Tell, 500 mm sur les Hauts-Plateaux et plus de 500 mm dans le Sahara. L’évaporation sur les terres imprégnées est encore plus active.
- A titre indicatif, on peut se reporter aux deux diagrammes 5 et 4 qui donnent les hauteurs de pluie et les coefficients de ruissellement pour l'Oued Fodda, pendant les années 1912 à 1922.
- Nappes souterraines. — Une partie assez importante des eaux pluviales s’infiltre néanmoins dans le sol, soit pour s’accumuler sous forme de réserves, généralement profondes, soit pour cheminer plus ou moins rapidement, comme de véritables cours d’eau souterrains.
- La technique de l’irrigation. — Les ressources en eau étant connues, il faut en tirer le meilleur parti. Les mélhodes employées procèdent de deux principes généraux.
- Le premier consiste à exploiter les eaux telles qu’elles s’offrent naturellement, c’est-à-dire avec des débits capricieux et incertains. L’ouvrage type qui répond à son application est le barrage de dérivation.
- Le deuxième tend, au contraire, à assurer aux cultures irriguées la permanence et la régularité nécessaires, soit par l’utilisation des réserves natu-
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- Fig. 4. — Diagramme
- des coejficients de ruissellement de IQ12 à IQ22 dans le bassin de l’Oued Fodda.
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- L’UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE
- relies que contiennent les nappes souterraines, coit par l'accumulation artificielle des eaux dans de vastes réservoirs.
- Barrages de dérivation. — Ces ouvrages sont très répandus en Algérie. D'un établissement relativement peu coûteux, ils suffisaient aux besoins, jusqu’ici limités, de la culture indigène et de la colonisation. On trouve des vestiges de barrages datant de l’occupation romaine; les Berbères et les Arabes en ont construit beaucoup et en construisent encore, en usant de procédés rudimentaires^ Depuis la conquête, l’Administration française les a mulli-
- 37!
- 1500 litres par seconde, qui se divise ensuite en deux canaux principaux, un sur chaque rive, pour desservir, aux abords d’Orléansville, un périmètre de 10 000 hectares, dont 4800 sont régulièrement irrigués pendant l’été.
- Le barrage de Charon, également sur le Cheliff, qui mesure 180 m. sur 3 m. Cet ouvrage, exécuté pendant la guerre, doit alimenter un canal de 22 km., capable de porter 14000 litres par seconde, et, par l’intermédiaire de deux branches, une sur chaque rive, desservir un périmètre de 25 000 hectares, dont une partie de plus eu plus importante
- Fig. 5. — Le barrage de dérivation sur le Chclijf à Charon.
- pliés un peu partout, dans les meilleures conditions de durée et de stabilité. On peut, par destination, les classer en deux catégories.
- 1° Barrages établis en vue des irrigations d’été.
- Ces ouvrages conviennent au Tell, où les cours d’eau conservent des débits d’éliage appréciables et où les cultures d’été trouvent généralement un sol favorable. Très souvent, les canaux qu’ils alimentent sont établis avec des sections assez grandes pour écouler des débits plus considérables que ceux d'etiage, afin de pratiquer concurremment les irrigations de printemps et d’été.
- Parmi les barrages les plus importants, on peut citer les suivants :
- Le barrage de Ponteba, sur le Chéliff, qui mesure 85 m. de longueur au couronnement et 12 m. de hauteur. Construit en 1871, il dérive les eaux dans un canal de 25 km. de longueur, capable de porter
- bénéficiera des irrigations d’été, au fur et à mesure que les débits d’éliage seront relevés par la mise en service des barrages-réservoirs projetés en amont.
- Le barrage de Relizane, sur la Mina, dernier affluent de rive gauche du Chelilï. Cet ouvrage, de 120 m. de longueur et de 15 m. de hauteur maximum, distribue l’eau à la riche plaine de Relizane, sur une superficie de 8000 hectares, par l’intermédiaire de deux canaux principaux.
- Le barrage de Barrai, sur la Seybousc, qui alimente un réseau de canaux desservant 5000 hectares de la plaine de Bône, une des régions les plus prospères de l’Algérie.
- En 1914, on comptait déjà plus de 1000 entreprises d’irrigation utilisant, par dérivation, les débits d’étiage des cours d’eau.
- 2° Barrages destinés aux irrigations d’hiver et de printemps.
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- 372 ......" L'UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE
- Ce type de barrage convient plus spécialement aux Hauts Plateaux et au Versant Saharien, où les oueds, à sec en été, ont presque toujours des débits d’hiver et de printemps relativement abondants. Ces ouvrages ont pour mission de dériver les eaux, surtout en périodes de crues, dans de larges collecteurs qui, par des ramifications divergentes, étalent les masses d’eau sur de grandes surfaces presque exclusivement affectées à la culture des céréales. Deux ou trois crues régulièrement épandues suffisent pour assurer une bonne récolte sur des terres dont certaines sont
- Barrages-réservoirs. — Il existe actuellement en Algérie sept barrages-réservoirs, qui ont été construits entre 1850 et 1880. On envisage la construction d’un certain nombre de nouveaux barrages, qui figurent au programme des grands travaux publics de 1920.
- Si tous ont pour objet l’emmagasinement, en périodes pluvieuses, des excédents d’eau qui iraient se perdre à la mer sans profit, les barrages existants et ceux projetés procèdent de deux conceptions différentes, ainsi qu’il ressort de l’exposé ci-après :
- Fig. 6. — Le barrage de dérivation sur le ChèliJJ à Ponleba.
- d’une fertilité légendaire quand on leur procure un arrosage suffisant. Ce type de barrage était familier aux Berbères et aux Arabes, qui ont conservé encore aujourd’hui les anciens procédés rudimentaires de construction en pieux, fascines et terre. Ces digues primitives sont fatalement détruites chaque fois que survient une très forte crue; mais les intéressés les reconstruisent inlassablement, quelquefois sans même attendre la baisse totale des eaux, et les lourdes dépenses qu’ils s’imposent ainsi périodiquement attestent le prix qu’ils attachent aux irrigations.
- L’Administration a reconstruit en maçonnerie un grand nombre de ces barrages et elle poursuit activement cette œuvre qui présente un intérêt capital, tant pour les populations indigènes que pour l’essor économique de la Colonie.
- Les régions sur lesquelles se porte notamment cette activité sont celles du Ilodna, de l’Aurès et l’ensemble des Hauts Plateaux.
- 1" Barrages-réservoirs existants. — Leurs capacités d’emmagasinement sont très inférieures aux débits annuels moyens des cours d’eau qui les alimentent (1/5 à 1/10 de ces débits). Voici les caractéristiques des trois ouvrages les plus importants:
- Le barrage de l’Oued Fergoug, construit en 1865 (’), avait une capacité initiale de 50 millions de mètres cubes, aujourd'hui considérablement réduite par l’envasement. Il mesure 640 mètres de longueur en crête, dont 125 mètres servent de déversoir, et 57 mètres de hauteur. Il assure l’irrigation de 56 000 hectares de cultures riches dans la plaine de Perrégaux.
- Le barrage des Cheurfas, reconstruit en 1866 (2)
- 1. Le premier barrage s'est rompu en 1881, dévastant la plaine du Perrégaux. H a été presque immédiatement reconstruit.
- 2. Le premier barrage, construit en 1849, a été détruit en 1885.
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- —- — L’UTILISATION AGRICOLE
- avec une capacité de 18 millions de mètres cubes, sert à l’arrosage de 8000 hectares de cultures riches dans la fertile région de Saint Denis de Sig.
- Le barrage du llamiz, construit en 1869, a une capacité de 14 millions de mètres cubes II mesure 160 mètres de longueur et 58 mètres de hauteur. Il irrigue 10 000 hectares de vignes et cultures maraîchères dans la partie de la plaine de la Mitidja située au Sud-Est d’Alger.
- Ce type de barrage, qui répondait aux nécessités immédiates du moment, était le seul concevable à
- DE L’EAU EN ALGÉRIE 373
- Enfin, il aggrave les méfaits de l’évaporation et, surtout, de l’envasement, le pire ennemi des barrages réservoirs.
- L’évaporation est d’autant plus active que l’épaisseur d’eau est plus faible. En outre, l’évaporation annuelle d’une tranche d’eau de môme épaisseur, représente une plus grande fraction de la capacité d’un réservoir quand cette capacité est faible.
- Quant à l’envasement, il est particulièrement redoutable en Algérie, à cause de la nature argileuse de la plupart des bassins versants, du régime tor-
- Fig. 7. — Barrage-réservoir de l’Oued-Fergoug.
- une époque où il n’existait aucune digue de grande hauteur. Mais il présente de graves défauts.
- Il ne réalise qu’une utilisai ion partielle des ressources hydrauliques. Un volume très important, atteignant les 2/5 et plus du débit total disponible, passe inutilement sur le déversoir et constitue un véritable gaspillage qui, tolérable quand les besoins de la colonisation étaient très limités, n’est plus admissible aujourd’hui, avec des cultures irriguées en plein essor et dont le développement se heurte de plus en plus au manque d’eau.
- Il est onéreux, car le coût de l’emmagasinement d’un mètre cube d’eau est d’autant plus élevé que la capacité du réservoir est plus petite. La digue d’un barrage réservoir est généralement placée, en effet, en un point où la vallée s’épanouit largement à l’amont, de sorte que la capacité croît très rapidement avec la hauteur de la digue.
- rentiel des pluies et du déboisement. C’est ainsi que le barrage de l’Oued Fergoug a perdu, par l’envasement, les deux tiers de sa capacité initiale et qu’un autre barrage, celui de la Djidiouia, est entièrement colmaté.
- Les débits solides des cours d'eau représentent, en moyenne, 1/200 des débits liquides. Pour l’envasement, plus encore que pour l’évaporation, le danger augmente quand diminue la capacité du réservoir. Toutes les eaux arrivant au réservoir, celles qui continuent leur course vers la mer en passant sur le déversoir, comme celles qui restent emmagasinées, se décantent dans le réservoir, en raison de leur perte de vitesse. Le volume des vases déposées est donc indépendant de la capacité du réservoir; il est exclusivement fonction des débits du cours d’eau à l’emplacement de l’ouvrage. On peut dire que le coefficient d’envasement d’un barrage-
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- 374 -.L’UTILISATION AGRICOLE DE L’EAU EN ALGÉRIE
- réservoir est inversement proportionnel à sa contenance. Si, par exemple, on construisait un barrage capable de retenir seulement le 1/20 du débit annuel, il serait colmaté en 10 ans et ne pourrait être affecté, pendant ces dix années, qu’à des irrigations de céréales ou autres plantes annuelles, avec des canaux provisoires et rudimentaires.
- On s’est ingénié à ralentir la marche de l’envasement des barrages existants en pratiquant, comme en Espagne, des chasses d’automne. L’efficacité de ce palliatif est faible. Il présente, en outre, l'inconvénient de perdre toutes les eaux d’automne, souvent abondantes, alors que l’on risque d’en manquer au
- États-Unis et par le souci d’éviter les graves inconvénients des ouvrages existants.
- L’eau ayant une valeur inestimable, on s’attachera à réaliser une utilisation aussi complète que possible de cette richesse naturelle. À cet effet, les nouveaux barrages devront, en principe, pouvoir emmagasiner l’intégralité des eaux disponibles et être à l’abri des méfaits de l’envasement pendant un très grand nombre d’années.
- Chaque fois que les conditions géologiques et topographiques le permettront, le problème sera résolu en donnant au réservoir une capacité brute égale à sa capacité utile, augmentée du volume présumé
- Fig. 8. — B.irragc-réscrvoir du Ilamiz.
- moment opportun si la sécheresse sévit en hiver et au printemps; La solution paraît devoir être cherchée dans l’extension du boisement des bassins alimentaires et, comme mesure plus immédiate, dans l’établissement, à l’amont, de petits barrages de colmatage dans lesquels les eaux se décantent partiellement avant d’arriver au réservoir. Des essais sont en cours actuellement.
- 2° Barrages-réservoirs projetés. — Une vingtaine de barrages-réservoirs sont prévus au programme de grands travaux publics de 1920. Deux ont déjà été déclarés d’utilité publique : celui de l’Oued Eodda et celui des Gribbs, sur le Cheliff. Les études et formalités administratives sont avancées en ce qui concerne notamment les barrages de la Tafna, de la Mina, du Saf-Saf et de Foum el Gueiss.
- Tous ces barrages sont conçus sur de nouveaux principes, inspirés par l’exemple assez récent des
- des dépôts solides pendant la période envisagée.
- La capacité utile, théoriquement, doit permettre de conserver les excédents des années pluvieuses en vue de combler les déficits des années sèches, autrement dit, de régulariser le débit annuel moyen du cours d’eau. On détermine facilement cette capacité utile par la comparaison, pendant un cycle d’une dizaine d’années, de la courbe des débits du cours d’eau, compte tenu de l’évaporation dans le réservoir, et de celle des quantités susceptibles d’être absorbées par l’irrigation. Cette capacité utile peut, dans certains cas, atteindre deux fois le débit moyen annuel. Si les calculs sont exacts, le déversoir du barrage ne doit jamais fonctionner, sauf dans des circonstances exceptionnelles.
- La capacité utile est augmentée du volume qu’on désire sacrifier à l’envasement pendant une période déterminée, cinquante, cent ans ou davantage. On économise ainsi les quantités d’eau considérables que
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- LE VJOLONJSTA PNEUMATIQUE
- 375
- consomment les chasses d’automne et on conserve la libre disposition de toute la capacité utile.
- Ainsi établis, les barrages sont capables d’assurer pendant une année quelconque, pluvieuse ou sèche, la livraison à l’agriculture du débit annuel moyen. Cette livraison, bien entendu, peut être répartie, aux diverses époques de l’année, suivant les besoins du moment.
- Quand les dispositions naturelles du terrain ne permettront pas de donner au réservoir une capacité suffisante pour assurer, à lui seul, l'utilisation intégrale des eaux, on s'efforcera de lui adjoindre, en amont, un ou plusieurs autres barrages destinés, soit seulement à arrêter les matières solides pour enrayer l’envasement du réservoir, soit aussi à emmagasiner tout ou partie des excédents de débit.
- Utilisation des nappes souterraines. — Les nappes souterraines constituent de véritables réservoirs, soustraits à l’évaporation et à l’envasement.
- Les nappes à faible profondeur et les nappes ascendantes sont mises à jour au moyen de galeries ou de puits, dans lesquels il faut généralement pomper pour amener l’eau au niveau d’utilisation.
- Les nappes artésiennes jaillissantes sont assez rares dans les Territoires du Nord. Elles constituent,
- au contraire, la principale ressource hydraulique des basses régions sahariennes, notamment de l’Oued R’hir, d’Ouargla, de ïidikelt et du Touat.
- A l’origine de l’occupation française, les palmeraies se trouvaient dans un état lamentable du fait delà pénurie d’eau. Le premier forage exécuté dans l'Oued li’hir, en 1856, donna 4000 litres par minute. Depuis celte époque, l’Administration et les particuliers ont multiplié les forages au point qu’une réglementation des eaux souterraines est devenue nécessaire, car certaines nappes sont utilisées jusqu’à la limite de leur puissance et les nouveaux puits tarissent les anciens ou en réduisent notablement le débit.
- Le débit total des puits artésiens existants atteint environ 400 000 litres par minute. Certains forages fournissent des débits remarquables : l’un d’eux, exécuté en 1924 à M’raïer, dans l’Oued R’hir, a donné un débit de 57 000 litres.
- Grâce au développement des irrigations, le nombre des palmiers recensés en 1921 dépasse 7 millions. Dans le cercle de Touggourt (Oued R’hir), on en comptait 400 000 en 1856; le dernier recensement en accuse 1 609000.
- (A suivre.)
- LE VIOLONISTA PNEUMATIQUE
- Depuis longtemps déjà, d'ingénieux mécaniciens ont cherché à réaliser automatiquement le jeu délicat et nuancé des violonistes. L’idée remonte, en tout cas, au commencement du xvne siècle puisque le Père Mersenne, le célèbre condisciple et ami de Descartes, décrit dans son Traité de l'harmonie universelle (1627) un clavecin d’origine allemande capable de produire des sons analogues à ceux du violon. D’après cet ouvrage, l’instrument se composait de cylindres tournants, recouverts de cuir et qui, mis en mouvement par des roues dentées et des ressorts, attaquaient les cordes de la caisse de résonance. Mais, ajoute le savant acousticien, on n’obtenait pas, de la sorte, les mêmes effets qu’avec l’archet. La mécanique d’alors ne parvenait pas à imiter la souplesse manuelle des artistes « qui charment les oreilles par des instruments à manches touchés et non touchés ». Plus près de nous, une Compagnie américaine construisit le Virtuosa avec lequel elle donna des concerts aux États-Unis au cours de l’année 1908. Dans son ensemble, le dispositif de cet appareil musical ressemblait vaguement à une machine à écrire. Un violon de facture courante se trouvait installé sous une boite renfermant un nombreux jeu de clés. Celles-ci actionnées par des électro-aimants touchaient les bordes aux points voulus et, remplaçant les doigts de la main gauche du virtuose, modifiaient convenablement les vibrations qu’imprimait, auxdites cordes, l’archet automatique constitué par des disques mobiles sur
- leurs pivots. Un petit moteur électrique, dissimulé dans l’intérieur du meuble fournissait l’énergie néces-saire au fonctionnement du mécanisme tandis que des bandes flexibles perforées commandaient l’exécution du morceau. Cependant jusqu’ici ces tentatives musico-mécaniques et. d’autres similaires n’eurent pas de lendemain ; elles ne réussirent à supplanter ni les luthiers, ni les violonistes les plus ordinaires.
- Souhaitons donc au Violonista (fig. 1), que deux ingénieurs français, MM. Emile Aubry et Gabriel Boreau, viennent de mettre au point après 15 années de persévérant labeur, un succès moins éphémère I Dans ce nouvel instrument pneumatique, le violon repose sur un pivot qui lui permet de présenter successivement et avec l’orientation convenable, ses 4 cordes à un archet normal. Celui-ci complètement libre à sa pointe, est maintenu au talon par un bras mécanique, qui le manie avec autant de souplesse que les doigts d’un virtuose habile.
- Comme dans les pianolas, les morceaux, inscrits sur des rouleaux de papier perforé, commandent divers organes mécaniques dont nous décrirons plus loin le fonctionnement. D’autre part, au cours d’une exécution musicale, de petites masses de caoutchouc exercent sur la corde, en un point mathématiquement calculé, la pression nécessaire pour produire la hauteur du son désiré. Telle est, grosso modo, la marche du Violonista, qui s’efforce de copier, de la manière la plus exacte, les gestes humains.
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- LE VIOLONISTA PNEUMATIQUE
- Fig. i. — Le violonista.
- Nouvel instrument de musique pneumatique réalisant automatiquement avec un violon et un archet normaux les gestes habituels du violoniste.
- tesse donnée de l’archet, il existe deux pressions critiques : l’une inférieure, l'autre supérieure. Dans le cas où le violoniste appuie trop faiblement un sifflement se produit; s’il exerce une pesée trop forte, on entend un grincement et seul un « as » parvient à donner à son archet des impulsions comprises entre ces limites. Enfin, on peut également constater que les points d’attaque de l’archet et l’inclinaison de ses brins par rapport à la corde doivent varier selon l’intensité et la hauteur des sons.
- Examinons maintenant les dispositifs que MM. Aubry et Boreau ont imaginés pour donner à leur « Stradivarius » mécanique des expressions musicales d’une remar-
- Avant d’aller plus loin, analysons donc le jeu habituel' d’un violoniste afin de nous rendre compte comment les inventeurs sont parvenus à l'imiter mécaniquement. D’ordinaire les doigts de sa main gauche se déplacent sur les cordes de façon à fixer la longueur de la partie vibrante, mais quelquefois sa main glisse sur celle-ci (glissando) ou ses doigts exécutent de petits déplacements en deçà et au delà de la position correspondant à la note exacte (vibrato). En outre, l’archet attaque l’une des \ cordes ou 2 ensemble, à des vitesses différentes; l'amplitude de sa course dépend également des impulsions plus ou moins rapides que lui communique le poignet du violoniste. On observe aussi que, pour fine vi-
- Fig. 2. — Le devant du violonista a été ouvert pour montrer le mécanisme intérieur.
- Aspirateur électrique, soufflets, soupapes, etc.
- Fig. 3. — Musicien accompagnant le violonista avec un piano.
- quable pureté, Le Violonista se présente sous la forme , d’un meuble renfermant un certain nombre d’organes dont. toutes les commandes sont pneumatiques (fig. 2). D’une façon générale, ayant d’arriver au soufflet moteur, l’air provenant d’un aspirateur électrique passe successivement dans un réservoir, un détendeur et une ou plusieurs soupapes (fig. 4). Le fonctionnement du soufflet se règle au moyen d’une de ces dernières, mises elles-mêmes en action par un rouleau perforé, i qui débouche les trous correspondants d’une flûte de Pan. , De son côté, Yarchet (fig. 5) se déplace de la longueur voulue avec des vitesses en
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- LE VIOLONISTA PNEUMATIQUE
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- Archet
- Fig. 4. — Schéma du fonctionnement de l’archet du violonista.
- Le chariot porte-archet V est tire par des câbles, passant sur des poulies d'e renvoi ou de commande p4, pa. P4 Ps sont reliés aux soufflets S! S2 par l’intermédiaire de cames C4 C2. L’air alimentant ces souffleries passe parles détendeurs D4 ou Ds (moteurs ou amortisseurs). Mais entre eux et l’aspirateur électrique s’intercalent divers soufflets et soupapes auxiliaires Dd Di E, Es réglant les pressions, grâce aux clapets des canalisations, des réservoirs AB A' B' ou des petits ' ' soufflets L, L2 Ll() que contrôle le rouleau perforé. • .
- Fig. 5. — Détails du violon et de l’archet.
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- 378 ~..... MODIFICATION DU LITTORAL DU CENTRE-OUEST DE LA FRANCE
- rapport avec les notes à exécuter tandis qu’il exerce sur les cordes des pressions susceptibles de varier à (baque instant, de façon à assurer aux sons une homogénéité absolue du talon à la pointe. Le changement de cordes se fait par la rotation du violon placé dans un support-berceau.
- Le groupe mécanique assurant la pression des touches sur les cordes aux endroits et aux moments voulus, ne participe pas aux mouvements du berceau (fig. 4). Jouant le rôle des doigts de la main gauche du violoniste, il se compose d’une série de marteaux oscillant autour d’axes solidaires du bâti de l’instrument. À leur extrémité supérieure destinée à attaquer la corde, ils portent une garniture en caoutchouc et à leur partie inférieure, un galet, qui vient en contact avec une butée de commande quand la touche s’abaisse sur la corde. Ce déclenchement s’opère, grâce à des soufflets actionnés par des soupapes analogues à celles des pianos pneumatiques. Quant à l’archet, il repose, par l’intermédiaire d’une mâchoire, sur un système de parallélogrammes articulés, porté lui-même par un chariot. Celui-ci peut se déplacer sur un chemin de roulement horizontal sous l’action de deux soufflets fonctionnant alternativement l’un comme moteur, l’autre comme amortisseur. Des détendeurs doubles alimentent ces soufflets à des pressions variables durant leur course, grâce à des canalisations dont le papier musical perforé contrôle les ajutages.
- Comme un des côtés du premier parallélogramme porte-chariot se trouve relié aux deux soufflets antagonistes, ceux-ci lui transmettent des pressions variables à volonté. En réalité, le mécanisme moteur
- MODIFICATION DU LITTORAL DI
- Le littoral de la Vendée, depuis le nord de la Tranche jusqu’à l’Anse de l’Aiguillon, montre un bourrelet de dunes traversé parle petit fleuve Lay, dit aussi la rivière de Saint-Benoit. La largeur des dunes est variable de quelques mètres à 1 km. et plus quelquefois; on peut dire que ces dunes séparent le nord-ouest du Marais poitevin d’avec l’Océan. Elles reposent souvent sur l’argile marine gris bleu du Marais poitevin. Au point de vue géologique, cette dernière est une formation récente, qui continue encore à se déposer dans l’Anse de l’Aiguillon ; il en est de même des dunes littorales ; ce sont des formations contemporaines.
- L’Aiguillon-sur-Mer se trouve sur la rive gauche du Lay, à quelques kilomètres de son embouchure; ce bourg est bâti sur la dune qui se continue au Sud-Est par une langue de sable, dite la Pointe de l'Aiguillon. Sur la rive droite du Lay, on voit une flèche de sable, de même aspect, qui sépare la rivière de l’Océan sur plusieurs kilomètres ; elle porte de petites dunes de sable et va également au / Sud-Est, depuis le village de la Faute, en face l’Aiguillon jusqu’à la pointe de la Roche, dite aussi
- exige des rouages plus compliqués. Les inventeurs ont dû adjoindre aux soufflets pneumatiques des cames, des poulies de commande et de renvoi pour que les câbles puissent imprimer au chariot porte-archet de grands déplacements d’amplitude et de vitesse variables, analogues à ceux du bras du violoniste.
- D’autre part, au système des leviers précédents se rattache un deuxième parallélogramme également articulé qui, grâce toujours aux soufflets moteurs, communique à l’archet de petites oscillations rapides semblables à celles habituellement fournies par le poignet de l’exécutant. Un dispositif de freinage placé sous la commande du soufflet permet, en outre, d’opposer un effort constant aux variations anormales en cours de marche. Enfin un mécanisme dit de « synchronisation » corrige insensiblement les écarts susceptibles de se produire entre les positions exactes que doit occuper l’archet ou positions de référence déterminées préalablement par la perforation et les places successivement prises par l'archet pendant le jeu.
- Au cours d’une audition de l'appareil, nous l’avons entendu avec accompagnement de piano (fig. o). Sous l’impulsion des perforations du rouleau de papier passant devant la flûte de Pan, tous les organes pneumatiques ci-dessus décrits fonctionnaient admirablement. On percevait avec netteté les notes les plus aiguës, les traits les plus rapides. Aussi on avait l’impression que derrière la caisse du Yiolonista se cachait un véritable artiste en chair et en os maniant l’archet avec une étonnante virtuosité !
- Jacques Boyer.
- CENTRE-OUEST DE LA FRANCE
- pointe d’Arçay. En remontant au Nord-Ouest, vers la Tranche, on voit le sable reposer sur l’argile, notamment au lieu dit la Belle Henriette, où la mer a rongé la dune ces dernières années(').
- Ces langues sableuses qui bordent l’embouchure du Lay ont subi des modifications, dans leur grandeur, pendant ces derniers siècles et continuent à s’avancer au Sud-Est; elles finiront par rejoindre la pointe de Saint-Clément dans l’Aunis, et alors le comblement de l’Anse de l’Aiguillon sera à peu près terminé. J’ai étudié au Service hydrographique de la Marine les cartes manuscrites de Sainte-Colombe (1676) et de la Favolière (1677), levées sur nos côtes par ordre de Colbert; de plus, au Ministère de la Guerre, Archives des Cartes, on trouve une partie des cartes manuscrites dressées par Claude Masse, ingénieur du roi, de 1688 à 1721, depuis l’embouchure de la Loire jusqu’au Sud de l’entrée de la Gironde. Ces dernières représentent un travail considérable ; il y a des cartes d’ensemble de la côte et de la région adjacente, ainsi que des cartes de détail à une grande échelle. La reproduction du littoral a
- 1. La Nature, n° 2016, du 13 janvier 1912.
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- Fig. i. — Décalque de la carie de Claude Masse (inédite)
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- été établie scrupuleusement. Sur ces diverses cartes la Pointe de l’Aiguillon est toujours très avancée, celle de la Faute l’est très peu, la racine seule est indiquée de ce qui deviendra la Pointe de la Roche ou Pointe d’Arçay.
- On le voit très bien sur la « Carte générale de partie des costes du Bas Poictou, Pays d'Aunis, Saintonge, et partie de celle du Médoc » terminée vers 1721, à l’échelle 1 : 172 800, c'est-à-dire moitié grandeur de ce que sera la Carte de Cassini('). C’est un véritable monument topographique et cartographique, en qui on peut avoir toute confiance.
- En comparant avec la Carte topographique au 80000°, on s’assure que la Pointe de la Roche arrivait juste, à ce moment, sur l'emplacement actuel du village appelé aujourd'hui la Faute (2).
- 1. Celte échelle 1 : 86 400 de Cassini n’cst pas quelconque; il y a 86 400 secondes dans une journée de 24 heures.
- 2. Sur la Carte de Cassini, il y a deux corps de garde de
- Quant à la langue sableuse de la rive gauche de l’embouchure du Lay, elle porte le Fort de l’Aiguillon, puis se termine au S.-S.-E. par la « Pointe de Coquillon ». Dans le prolongement vient un banc de sable qui ne couvre qu’aux marées extraordinaires, puis une sorte d’ile, avec « Pointe de F Aiguillon ».
- Il y a une carte particulière très détaillée, répon-, dant à une autre carte d’assemblage qui représente le travail fait de 1688 à 1716; c’est le Quarré 15 « Partie du Perluis Breton ». On y voit, sur la rive droite du Lay, la petite presqu’île élargie à son extrémité, avec deux noms : Pointe de la Faute, sur le Lay, et Pointe de la Roche, vers l’Océan (fig, 1).
- Actuellement, un peu au nord du village de la Faute, sur la rive droite du Lay, il y a des marais, limités par les dunes à l’Ouest; cette partie est parfaitement indiquée sur ce « quarré » de Masse.
- En résumé, aucune carte ancienne et sérieuse ne porte la Pointe de la Faute et toutes indiquent celle de l’Aiguillon; il me parait difficile d’admettre que ces cartes aient esquissé l’une et non pas l’autre, si les deux pointes avaient existé au moment de leur exécution. On peut donc dire que la Pointe de la Faute n’a commencé à se former qu’après un certain développement de celle de l’Aiguillon.
- Je crois même qu’à une époque antérieure, le Lay devait aboutir à la mer plus à l'Est, probablement par le chenal de La Raque, s’il est exact que les moines de Saint-Michel-en-l’Herm aient, rejeté ce petit fleuve vers l’emplacement actuel. Dans le Marais poitevin, la surface du sol est très plate, et il a dû y avoir de nombreuses divagations de cours d'eau à sa surface.
- Explication de l'avancement des sables au
- la Faute. La propriété de la Faute avait son siège autrefois plus au Nord, presque en face la ferme appelée aujourd’hui la Belle Henriette.
- Fig. 2. — Les mêmes côtes de Vendée, aujourd’hui.
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- S.-S.-E. — Comme pour tout le littoral de l’Ouest de la France, les vents dominants partent du large à la côte; en ce point particulier, ils viennent de l’Ouest et du Nord. Le vent du N.-N.-W., dit g ale me dans nos régions, est particulièrement sec, malgré que le ciel soit souvent nuageux pendant qu'il souflle; le sable desséché de l’estran (1 ) est alors entraîné vers le Sud-Est.
- De plus, parmi les courants de la mer, il faut distinguer le courant, superficiel absolument littoral dû aux vents que je viens d’indiquer et orienté comme eux ; ce dernier courant de surface a certainement une très grande influence pour transporter le sable vers le Sud et aligner ce sable en longues flèches du Nord-Ouest au Sud-Est (s).
- Il est du reste manifeste que les pointes d’Arçay et de l’Aiguillon progressent; la dune qui porte le bourg de l’Aiguillon s’est formée avant que l’embouchure du Lay se soit portée au sud de cette ville, c’est-à-dire avant que la pointe d’Arçay se soit développée. Celle-ci empêche, avec le Lay, le sable d’atterrir sur la rive gauche.
- 1. C’est la surface qui découvre de la mer liauto à la mer liasse.
- 2. Des exemples analogues peuvent, être retrouvés en d’autres points du littoral atlantique de l’ancien continent; je citerai l'embouchure du Havre de la Gaelière (Vendée); l’allongement du Cap Ferret à l’entrée du bassin d’Aroacbon ; les petites rivières des Landes, comme le courant d’IIucbet, qui ont toutes leur embouchure déviée, etc. La résistance du continent oblige les sables à cheminer du Nord au Sud, dans ces derniers points. Le cas est analogue en Afrique, à l'embouchure de l’Oued Sebou (Maroc), à la Langue de barbarie (Sénégal).
- Actuellement, il n’y a pas de dépôt de sable marin ou éolien, sur les rives du Lay, sauf à l’embouchure; il n’y a que la vase fluvio-marine qui se déplace dans l’estuaire, et qui peut se déposer à mer haute dans les anses et courbes de la rivière ; la dune de sable du bourg de l’Aiguillon n’a pu être formée par les sédiments actuels de la rivière ; elle est d’un moment où les conditions géographiques étaient différentes des conditions actuelles, où la rive droite du Lay n’existait pas en face de l’Aiguillon.
- Ces modifications récentes, qui se sont produites depuis quelques siècles, par apport de matériaux et érosion ultérieure, sont probablement en rapport avec la destruction de bancs de roches sous-marines ou littorales, situées au Nord-Ouest des pointes mentionnées, roches susceptibles de donner les sables siliceux nécessaires.
- Les flèches ont dù être souvent coupées par les flots, comme il arrive encore aujourd’hui à celle du Cap Féret d’Arcachon, ou à celle de la Langue de Barbarie, qui est à l'embouchure du Sénégal. On en trouve la preuve en examinant certaines cartes anciennes, comme celle de Sainte-Colombe. Du reste, cela est à craindre, même aujourd’hui, pour la rive droite du Lay, au lieu dit : la Belle Henriette; pour éviter que la mer achève de couper la dune et envahisse le marais, il a fallu construire une digue
- en maçonnerie. T ^
- Jules Welsch,
- boyeii de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LA CHASSE AUX “ BÉLUGAS ” ET L’UTILISATION DES PETITS CÉTACÉS
- Dans un précédent article (n° 2721), nous avons énuméré les divers Cétacés, petits et gros, qu’on peut rencontrer sur les côtes de France et donné les moyens de les reconnaître. — A cette étude purement zoologique et biologique, il convient d’ajouter ce qu’on sait des « bélugas » dont les pêcheurs se plaignent avec insistance, d’examiner les moyens de les détruire et de les utiliser au besoin.
- .Qu’est-ce qu’un « béluga »? — Sur toutes nos côtes, aussi bien dans l’Atlantique qu’en Méditerranée, les pêcheurs accusent les « bélugas » de multiples méfaits. Notamment, ils disent que les bandes de Cétacés prenant leurs ébats ou poursuivant les bancs de poissons dont ils font leur nourriture font fuir ceux-ci loin des barques de pêche. Ils prétendent que les « bélugas » se précipitent sur les filets très fins employés pour la pêche de la sardine, qu’ils y cueillent les poissons venus s’y mailler; qu’ils passent fréquemment au travers delà nappe de fil, causant ainsi des dégâts coûteux.
- Les dégâts sont partout visibles et il n’est guère de jour, en Bretagne, que les bateaux rentrant au port ne montrent des filets en lambeaux. Etant donné le prix actuel des engins, la dépense de plusieurs centaines de francs que représente souvent
- la réparation, le remmaillage, on comprend les lamentations des pêcheurs et leurs appels répétés à l’aide des pouvoirs publics. Les accrocs aux filets semblent se répéter de plus en plus fréquemment, à tel point que certains pêcheurs hésitent maintenant à continuer de sortir, parlent de renoncer aux pêches de mulets, de sprats, d'anchois, de sardines, ce qui arrêterait en beaucoup de points l’industrie des conserves, créerait un chômage des ouvriers et des femmes qu’elle utilise dans les petites villes du littoral, augmenterait nos importations.
- La question mérite qu'on s’en occupe et c’est ce quia décidé le Sous-Secrétariat d’EtatàlaMarine marchande à constituer une commission chargée d’étudier tous les moyens possibles de lutter contre les « bélugas». Mais, d’abord, à quel ennemi a-t-on affaire?
- « Béluga » est le nom que les pêcheurs russes donnent à un Eétacé, le Delphmapterus leucas, sans nageoire dorsale, long de 5 à 6 mètres, qu’ils rencontrent dans les eaux boréales et qui n’a jamais été signalé dans les mers tempérées.
- Il semble que ce sont des pêcheurs de Douarnenez qui ont baptisé « béluga » un autre Cétacé, probablement le Grampus griseus, apparu en nombre dans leur baie vers 1895.
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- LA CHASSE AUX ‘ BÉLUGAS ” ET L UTILISATION DES PETITS CÉTACÉS * 381
- Le « béluga » des pêcheurs bretons n’est donc pas un vrai béluga. Que peut-il être?
- Il est assez difficile de le savoir. J’ai déjà dit qu’à Concarneau, les seuls petits Cétacés qu’on apporte en nombre au port sont des Dauphins. Sont-ils les coupables? En 1925, le Docteur Johs. Schmidt a bien signalé avoir capturé, pendant la campagne du Thor, au large de la côte méditerranéenne de l’Espagne, un Dauphin dont l’estomac contenait 15191 otolithes, indiquant l’absorption récente d’au moins 7596 poissons, à raison de 2 otolithes (os de l’oreille) par individu, mais ces os examinés par M. G. Allan Frost appartenaient à des espèces du large qu’on ne pêche pas (Scopelus pour la plupart). L’année précédente, j'avais signalé dans un autre estomac de Dauphin une centaine de becs de Céphalopodes et des Pieuvi'es non encore digérées. Depuis, j’ai ouvert bien d’autres Cétacés de même espèce et j’y ai trouvé un peu de tout : des becs de Céphalopodes, des otolithes, des yeux et des arêtes de Poissons, mais pas spécialement des débris de sardines, ou d’autres poissons comestibles. Le Dauphin doit-il donc être mis hors de cause?
- Le Marsouin, avons-nous dit, est surtout l’hôte de la Manche et de la mer du Nord. Il est plus rare en Atlantique. Les pêcheurs, qui l’appellent en Bretagne « poursil », disent qu’il est innocent, trop petit pour être confondu avec leur « béluga ».
- Reste le Grampus, dont la taille (5 mètres et plus), et la couleur grise uniforme coi’respondent mieux au signalement du délinquant. Mais il est rare dans les échouages et les captures. Chose plus grave, Brazil qui en a ouvert un n’a vu dans son estomac que des pieuvres et des petits cailloux. Et les rares fois qu’on en a autopsié d’autres, on a fait même constatation, sauf quelques arêtes de morue reconnues par Eggleton. De plus, son apparition en nombre dans la baie de Douarnenez semble avoir suivi une invasion de pieuvres. Ne mange-t-il donc que des Céphalopodes et est-il donc un auxiliaire méconnu, au lieu d’un ennemi?
- Les récits des pêcheurs sont trop peu précis pour aider à s’y reconnaître. Ils appellent indifféremment « bélugas », les Dauphins, les Marsouins et peut-être aussi les Grampus. Ils les décrivent comme des « poissons malins » qui ne se laissent pas prendre et ne se montrent guère. Je n’ai pas réussi jusqu’ici à m’en faire apporter un! Quelques pêcheurs en font un thon rouge, d’autres prétendent que l’animal se retourne sur le dos pour brouter le fdet, ce qui serait peut-être le fait d’un Sélacien.
- On voit que l’ennemi est bien mal connu et que les pêcheurs, les chasseurs, les amateurs de zoologie peuvent se mettre à la besogne et recueillir d’intéressantes observations.
- Ajoutons que devant la Commission, les délégués
- In g. 2. — Un harpon.
- lng. i. — Aiguilles Bellot fermées (î) et ouvertes (2). (D'après La Nature, Ier septembre 1844.)
- des pêcheurs bretons ont surtout accusé le Grampus qu’ils ont cru reconnaître dans les collections du Muséum d’histoire naturelle, et ceux de la Méditerranée le Dauphin. En outre, les pêcheurs basques ne se plaignent pas, au contraire, des petits Cétacés qui leur montrent, par leurs bonds, la présence des bancs de poissons et leur servent d’indicateurs!
- Les moyens de destruction. — Les pêcheurs, peu enclins à lutter seuls contre le « poisson malin » qui les gêne et leur coûte cher, se retournent vers l’État et lui demandent protection. Ils n’hésitent pas à solliciter les moyens les plus énergiques : le bombardement par avion et même par dirigeable; le tir au fusil et même au canon par des unités de la flotte de guerre mobilisées spécialement; l’emploi d’engins explosifs ou empoisonnés, .la création de barrages, etc.
- Avant de se prononcer sur l’efficacité de pareilles mesures, dont beaucoup seraient encore plus coûteuses que les dégâts subis, il est intéressant de rappeler les essais déjà tentés, puisque les plaintes, si elles se font de plus en plus vives, ne datent cependant pas d’aujourd’hui.
- M. Noirot a présenté à la Commission un rapport très complet et fort intéressant exposant l’historique de la question. Nous lui emprunterons les renseignements suivants :
- Dès 1865, le commandant de la division navale des côtes sud de la France avait demandé au Ministre de la Marine d’alors de recommander aux pêcheurs de se joindre aux propriétaires de thon aires et de seinches pour réunir tous leurs fdets, cerner et pousser à la côte les espèces voraces apparues en bandes. Les pêcheurs réclamèrent aussitôt des fdets spéciaux et des primes de capture. Certaines prud’homies accordèrent ces dernières qui ne furent guère réclamées, puis l’État consentit à indemniser les dégâts aux filets.
- Quelque temps après, les pêcheurs du Midi demandèrent des canonnières munies de torpilles; des essais faits en 1885 et 1884, à l’aide de canons et
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- de torpilles, à Sainl-Rnphaël, éloignèrent les Cétacés pendant une semaine. . et firent fuir les poissons beaucoup plus longtemps.
- En 18.88, on pria le Ministre de la Marine defairè étudier les mœurs et la physiologie des animaux eh cause. Edmond Perrier, chargé du rapport, conclut sagement que « les « marsouins » sont les animaux trop nombreux en haute mer et trop agiles pour qu’on puisse espérer agir sur eux » ; il proposait d’encourager les pécheurs à s^unir pour donner la chasse aces animaux.
- En 1890, le commandant Ramakers suggéra d’empoisonner Iqs Cétacés prédateurs en leur offrant des appâts empoisonnés au moyen d’un toxique violent. Le moyen fut jugé dangereux et ne fut pas adopté.
- En 1892, Rellot, usinier à Douarnenez, eut l’idée d'introduire dans des sardines deux aiguilles d’acier de 8 à 10 cm. tordues autour d’un morceau de caoutchouc et liées par un fil de catgut (fig. 1), puis de les jeter à la mer comme appât. Le Cétacé devait avaler la sardine, puis, la digérant ainsi que le catgut, libérer les deux aiguilles qui. s’écarteraient en croix, perforant l’intestin. On distribua 15 000 de ces engins en 1895, 10000 en 1894 et 10 000 en 1915 sur toutes les côtes. Les résultats, très discordants, ne permirent aucune conclusion.
- De 1895 à 1895, Ocellus proposa dp fixer sur un filet ordinaire une série de pétards à mise de feu électrique, qu’on ferait exploser au inpment où les Cclaeés seraient contre le filet. Les expériences montrèrent que ce moyen est très aléatoire et n’effraie guère les « marsouins » qui peuvent reparaître une demi-heure après-l’explosion.
- En 1896, JDelbreil, de Marseille, iipagina d’attirer les Cétacés par une lumière vive qui les hypnotiserait^). En 1908, le commandant ilalien Parisi inventa une senne à trois nappes mobiles dans laquelle le poisson-appât se tiendrait au milieu, retenu par des mailles fines et les Cétacés se prendraient dans les nappes extérieures beaucoup plus grosses. En 1914, Yicère demanda à se servir de balles explosibles. Depuis, M. Corne présenta une cartouche explosive détonant sous l’action des sucs gastriques, après ingestion dans un appât. Inutile d’ajouter à cette liste l’inoculation de la rage aux marsouins proposée par M Jourdan, leur empoisonnement et leur aveuglement par le procédé Tourty, l’emploi de sardines empoisonnées dû à M. Guivarch et celui de projectiles à dégagement gazeux faisant flotter le cadavre, préconisé par M. Dumas.
- En 1914, M. Lamy, député du Morbihan, demanda que des mines fussent placées en certains parages particulièrement fréquentés par les Cétacés, moyen onéreux et dangereux qui ne fut pas appliqué..., tout au moins pour cet usage!
- Après la guerre, le professeur Yves Delagc recommanda l’emploi de tubes empoisonnés; en 1920, le commandant Rénard essaya des barrages de filets qui coûtèrent 50 000 francs à l’État, mais ne prirent aucun animal.
- Et ce n’est pas tout.
- Depuis une vingtaine d’années, un petit torpilleur a été affecté au port de Douarnenez pour la chasse au fusil des « bélugas » dans la haie. A Concarneau, le garde-pêche Pélrel a été armé d’un canon de 57 et de fusils Gras. On a même à un moment distribué des fusils et des munitions aux pêcheurs. On a essayé de tirs au canon de 75 et à la mitrailleuse. A Saint-Guénolé, on utilisa une pinasse à moteur.
- En 1922, les pêcheurs d’Antibes réclamèrent des hydravions. On alla même jusqu’à songer au dirigeable !
- Enfin, l’Administration de la Marine a accordé, en 1901, une prime de 10 francs par tête de Cétacé rapportée à terre. Ramenée à 5 francs en 1902, puis à 2 fr. 50 en 1910, elle a été rétablie à 10 francs en 1925.
- Comme on le voit, l’imagination des pêcheurs et des chercheurs s’est donnée libre cours dans cette chasse aux « bélugas » : poisons, microbes même; filets simples ou détonants ; fusils, mitrailleuses et canons; bombardements de toutes sortes, rien n’a échappé à l’invention.
- Reste à savoir ce que valent et ce que peuvent donner tous ces projets, dans les conditions réelles d’emploi.
- Nous ne connaissons rien encore de la pathologie des Cétacés et il est fort improbable qu’ils soient sensibles à des microbes terriens.
- Les poisons sont choses imprudentes à manier, sur le pont d’un bateau où les hommes circulent souvent pieds nus, ont les mains écorchées, et où ils risqueraient de mêler les sardines à vendre et les sardines-appâts.
- Les grands filets, avec ou sans pétards, sont des engins fort coûteux, très difficiles à tendre et à relever dès que le temps oublie de rester au beau fixe ; les Cétacés sont forts et agiles et ils savent très bien changer rapidement de route quand ils rencontrent un obstacle ou un danger.
- On ne veut pas chiffrer ici le coût d’un dirigeable, de l’essence et de l’huile nécessaires à sa marche, du gaz pour le maintenir gonflé, du personnel naviguant et de celui du terrain d’atterrissage et des hangars. Cela majorerait singulièrement le prix des poissons qu’on pourrait prendre grâce à la paix qu’il ferait régner sur les flots.
- L’avion, l’hydravion est certes moins ruineux, mais que peut-il faire? Lancer des bombes dont les éclats s’amortissent trop vile dans l’eau, des balles de mitrailleuse qui ricocheront le plus souvent à la surface, des fléchettes peut-être dont la force vive diminuera en s’enfonçant dans la mer : résultats bien faibles, et même problématiques, d’un effort beaucoup trop laborieux, nécessitant une organisation singulièrement complexe.
- Des canons, on ne peut rien espérer, ne serait-ce qu’à cause du temps de pointage sur des buts extraordinairement mobiles et fugitifs. J’ai essayé le canon de 57 du Pélrel et je sais ce qu’on en obtient.
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- LA CHASSE AUX “ BÉLUGAS ” ET L’UTILISATION DES PETITS CÉTACÉS 383
- Des fusils, alors ! Certes, on réussit ainsi à faire quelques mouches. Seulement, on ne connaît jamais ce qu’on a obtenu; l’animal touché coule, disparait et, dans les cas les plus heureux, seule une flaque de sang indique qu’on l'a atteint; mais sans qu’on puisse savoir s’il est mort ou blessé. Si l’on continue quelques jours de suite, dans les mêmes parages, à faire parler la poudre, on ne voit bientôt plus aucune cible à distance convenable. On dirait que les rusés Mammifères ont repéré le bateau et qu’ils ne l’approchent plus. Enfin, rien n’est plus dangereux, pour les voisins, que le tir sur l’eau : les balles ricochent dans les directions les plus imprévues et je me rappelle les cris indignés de l’équipage d’une barque, mouillée presque à angle droit du but visé et dont la voile fut traversée par notre balle. Aussi, ne convient-il pas d’armer les pêcheurs et de tolérer des tirs au milieu d’une flottille, même si ‘fhm ne risquait pas d’autres usages imprévisibles des fusils!
- Ces réserves sont bien décourageantes, direz-vous, et l’on ne voit plus guère quel moyen employer.
- Il en reste un, celui que les pêcheurs ont utilisé, de tous temps, le harpon (fig. 2). C’est l’arme la plus sure et la plus efficace; celle qui, bien maniée, permet de ramener l’animal à bord. Je sais que les pêcheurs prétendent que le « béluga » est bien trop « malin » pour s’y laisser prendre, mais je ne les ai guère vus l’essayer, dans les barques sardinières,
- Pour le marin ou l’amateur auquel le harpon n’est pas familier, et qui n’a pas acquis le geste de le lancer, une autre solution se présente, le fusil lance-harpon. Le canon lance-harpon, couramment employé par les chasseurs de baleines, est un engin trop gros et trop lent à pointer pour être utilisable, mais le fusil, plus maniable, deviendra certainement l’arme de choix.
- Il en existe déjà, en Norvège, un modèle bien mis au point par M. lvrohnstad, assistant des pêcheries au musée de Bergen que M. Le Gall vient de signaler au retour d’un voyage d’études en ce pays. C’est un fusil ordinaire à très gros canon (fig. 5) dans lequel on introduit à frottement doux un petit harpon en acier ; le dard barbelé a plusieurs barbes articulées se repliant le long de la tige où elles sont maintenues par un fil. La tige porte deux bagues, Lune au tiers antérieur, l’autre au bout postérieur, qui axent le projectile et assurent sa propulsion. Le harpon mesure 45 centimètres et pèse 2 kgs ; il porte à l’arrière du dard un anneau sur lequel est fixée une corde d’une cinquantaine de brasses, lovée sur l’avant du bateau; l’autre bout de la corde est amarré sur le pont. Le fusil pèse 10 kgs environ et a une portée d’une quarantaine de mètres.
- D’autres armes du même genre sont actuellement à l'étude dans divers services, au Ministère de la Marine, à la Direction de l’Artillerie du Ministère de la Guerre, à l'Office national des Recherches et Inventions. A titre d’exemple, je fais figurer ici (fig. 4) le fusil lance-harpon sans recul de M. Dela-mare-Maze, basé sur le même principe que le canon
- du même inventeur réalisé pendant la guerre, qui vient de subir ses premières épreuves en Seine, à Bellevue, et qui sera essayé cet été à Concarneau ainsi que d’autres modèles, nolamment celui très réussi du Dr Maurice.
- Le harpon, le fusil lance-harpon, ont l’avantage d’être des armes sans grand danger pour les pêcheurs qui les manipulent et sans risques pour les autres bateaux. Seuls ils permettent de ramener à bord les Cétacés atteints. Enfin, ce ne sont pas des moyens de lutte ruineux. Ils fourniront, j’en suis sûr, de nombreuses captures qui permettront d’élucider l’espèce à laquelle appartiennent les fameux « bélugas », ainsi que de nombreuses questions de biologie dont j’ai énuméré quelques-unes dans mon précédent article.
- De plus, il faut bien le dire, ils pourront intensifior la chasse aux Cétacés, trop mollement conduite, jusqu’ici par les pêcheurs intéressés. L’Administration de l’Inscription maritime a payé en 1921, 678 primes; en 1922, 591; en 1925, 1099; en 1924, 2029; dans les trois premiers trimestres de 1925, 1195. C’est peu, surtout que presque toutes les tètes présentées sont celles de Dauphins harponnés au large.
- On ne peut songer à détruire, même au prix d’une mobilisation, tous les petits Cétacés de nos côtes. Ils sont trop nombreux, trop rapides et trop voyageurs. On ne peut demander à l’Etat de faire, les frais d’une guerre de grande envergure. C’est aux pêcheurs qui rencontrent leurs ennemis et qui subissent leurs dommages à se défendre et à attaquer. La prime de 10 francs qu’on leur accorde est insuffisante pour les décider à agir et ils préfèrent-recourir aux plaintes, aux réclamations, aux demandes de secours. Combien de fois ai-je vu des thonniers, ayant harponné des Dauphins pour se procurer de la viande fraîche au large, négliger d’aller présenter les têtes et toucher les primes une fois rentrés au port, parce que leurs thons (germons), vendus 500 ou 600 francs la douzaine leur fournissent tant d’argent que 10 francs ne comptent plus pour eux !
- Si l’on veut clore ces appels répétés des pêcheurs, suivis chaque fois de vaines dépenses de l’Etat, il faut utiliser les Cétacés de nos côtes, leur créer une valeur marchande qui incite les pêcheurs à faire l’efl’ort nécessaire pour en capturer, tout comme ils s’appliquent à prendre les poissons comestibles. Essayons de chiffrer cette valeur, autant qu’on peut le faire actuellement.
- Valeur économique des petits Cétacés. —- Ce n’est pas dix francs que vaut un « béluga », qu'il soit Dauphin, Marsouin ou Gvctmpm; c’est beaucoup plus. Ce n’est pas l’Etat qui doit l’acheter; c’est l’industrie.
- Je parlerai surtout du Dauphin que je connais bien. La plupart des animaux de celte espèce que j’ai vu apporter à terre mesurent environ 2 mètres de long et pèsent de 80 à 100 kgs.
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- 384 LA CHASSE AUX “ BELUGAS ” ET L'UTILISATION DES PETITS CETACES
- Fig. 3. — Le fusil lance-harpon de M. Kruhnslad et un thon capturé avec cet engin. {D’après Le Gall, la « Pêche en Norvège ». Mémoires de l’Office scientifique des pèches.)
- Ils peuvent fournir une trentaine de kgs d’une chair de couleur rouge noirâtre rappelant celle de la viande de cheval, très tendre, sans aucune odeur ni goût de poisson. J’en ai mangé, grillée, en ragoût, marinée, et l’ai toujours trouvée délicieuse. D’ailleurs, c’était autrefois mets de choix, viande maigre, souvent réservée aux monastères, qu’on expédiait sur les marchés de l’intérieur et qui figura même à des tables royales. Oubliée, elle semble reconquérir aujourd’hui des amateurs, puisqu'on en voit assez souvent à Paris où elle trouve preneur, même à 10 francs le kg. J’ajoute qu’elle se conserve remarquablement et que M. Le Danois en a pu stocker longtemps dans un frigorifique sans qu’elle perde de sa saveur.
- Le lard, qui forme une enveloppe continue entre cuir et chair et protège l’animal contre la déperdition de chaleur, peut être fondu et il donne une dizaine de kgs de graisse blanche, encore peu étudiée, utilisable pour le moins en savonnerie.
- La tête renferme de plus grosses masses de graisse, différente de celle du corps. Chevreul y avait
- reconnu de l’acide phocénique, identique à l’acide valérianique et M. André en a récemment trouvé à Concarneau quelque 200 grammes dans la tête d’un seul Dauphin; c’est un produit qui vaut actuellement 80 francs le kg et dont nous sommes importateurs.
- La peau, tannée, pourrait fournir un cuir très fin, très souple, parfaitement imperméable. Chaque animal en a un bon mètre carré.
- Les os, les tripes, le sang (très abondant) ne diffèrent pas de ceux des autres Mammifères et peuvent avoir les mêmes lisages.
- Je ne veux pas faire le bilan total et ne saurais l’établir exactement. Le Marsouin, plus petit, donnerait moins; le Grampus, plus gros, donnerait plus. Les graisses auraient besoin d’être étudiées plus complètement pour qu’on connaisse toute leur valeur.
- En gros, rien qu’en tablant sur ce qu’on sait, on voit que la chasse aux « bélugas » doit payer aux pêcheurs leur peine tout autant que les pêches habituellement pratiquées par eux.
- La conclusion s’impose donc. Que les pêcheurs chassent les Cétacés au lieu de s’en plaindre; qu’ils emploient le harpon qui seul permet de les capturer.
- Et si, cet été, des amateurs de chasse et de pêche viennent se joindre, par sport, à la bataille qui va se livrer tout au long des côtes, qu’ils en profitent pour enrichir l’histoire naturelle de données nouvelles et précieuses. R.. Legekdre.
- Fig. 4. — Le jusil lance-harpon sans recul de M. Delamare-Maze.
- Le Gérant : P. Masson — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1926-
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- 19 Juin 1926
- SOMMAIRE :
- L'histoire du cacao ; Raoul Lecoq. — A=t-on fabriqué de l’or : A. T. Excursions sur les planètes : Lucien Rudaux. Académie des sciences : Paul B. Poteau imdicateur basculant : P. Maréchal.
- SUPPLÉMENT:
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- LE NUMÉRO
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE-
- N° 2724.
- 19 JUIN 1926
- - L’HISTOIRE DU CACAO
- Chocolat « à cuire » et cacao « solubilisé » ou non se disputent l’honneur de servir à la préparation de notre déjeuner du malin. Tous deux ont aujourd’hui de chauds partisans et leurs mérites respectifs furent plus d’une fois âprement discutés. Auteur des tasses fumantes, pleines de l’épaisse et mousseuse boisson que Linné osait appeler « nourriture des dieux », les adversaires trouvent de si convaincants arguments que nous ne tenterons pas de les départager. Nous nous contenterons d’esquisser rapidement VHistoire du Cacao, essayant de remplir la promesse faite naguère, en rédigeant Y Histoire du Chocolat (l), promesse faite bien imprudemment sans doute, car le cacao —comme les peuples heureux — n’eut que bien peu d’histoire !
- Quand, en 1519, les conquistador s espagnols, ayant à leur tête llernando Cortez et son lieutenant Alvaro, envahirent le Mexique, empire des Aztèques, ils eurent, entre autres surprises, celle de découvrir dans le palais de Montézuma II d’abondantes provisions de graines de cacao. Ces fèves brunâtres (lig. 1) étaient contenues dans d’immenses paniers d’osier, intérieurement recouverts d’un enduit protecteur et alignés comme des cuves, dont ils avaient les dimensions. Il fallait, en effet, plus de six hommes pour déplacer avec peine un seul de ces paniers.
- La provision trouvée fut évaluée à près de quarante mille cargos, mesure correspondant approximativement à vingt-quatre mille fèves. Les Aztèques qui appréciaient cet aliment l’avaient adopté comme monnaie d’échange et s’en servaient pour payer
- 1. R. Lecoq. L'Histoire du Chocolat, Paris, Vigot frères, éditeurs, 1924.
- Lig. 2.
- Melatl et son rouleau (d’après Blanchard).
- Ftg. i.
- Lèves de cacao (d’après A. Gallais).
- J p
- /V "
- h
- . „ eî.o1'
- leur tribut. Deux cents graines de cacao valaient à cette époque un réale de douze sous.
- Pour la consommation, le cacao, grillé dans des vases de terre, était débarrassé de sa coque, pilé au mortier et broyé, plus ou moins linement, sur une pierre dure, appelée nietatl, de forme quadran-gulaire (légèrement excavée et chauffée par le dessous), au moyen d’un rouleau de même matière (fig. 2). On ajoutait alors, pour obtenir le cho-colla II, boisson très réputée, de l’eau, des colorants et des aromates, en particulier de l’achiole ou rocou et du ehilé ou poivre du Mexique, et parfois aussi un peu d’a toile ou bouillie de maïs, pour lui donner de l’épaisseur.
- Le goût délicat des Européens eut quelque peine, à s’accoutumer à cette préparation dont se délectaient cependant les habitants du pays (*). Il est vrai que, pour masquer la saveur amère du cacao, les hautes classes de la société, moins grossières, y ajoutaient du miel ou du magney, jus sucré d’une variété d’agave.
- Les Espagnols eurent alors l’idée d’incorporer à
- 1. A. Gau.,us. Monographie du cacao ou Manuel de Vamateur de chocolat. Paris, 1827, p. 127.
- 25. - 585.
- 64‘ Ann6«. — 1" Semestrn
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- 386
- L'HISTOIRE DU CACAO
- TTafoir- Jeriuint a degra-iffer le Ccpcao,
- Fig. 3. — Presse à cacao (d’après de Blegny).
- la pâte de cacao un peu de sucre, la canne venant d’être importée à Saint-Domingue par rEsticaca(') D’après Barthélemy Marradon, de la ville de Mar-chena, les éléments suivants entraient dans les pré-
- parations les plus courantes :
- Cacao.....................10 livres.
- Sucre.....................2 livres.
- Cannelle..................2 onces.
- Clous de girolle. ... J/2 once.
- P-aivre du Mexique. . . 14 grains.
- Anis......................2 réales.
- Le poivre de Mexique ou poivre de Tabasco, d’un goût « âcre et mordicant » était considéré par les Aztèques, comme le plus agréable des condiments. Dans son traité, notre compatriote P.-S. Dufour le condamne comme très échauffant et rapporte qu'un grand nombre d’Européens à qui « il faisait venir des boutons au visage » exigèrent sa suppression (2).
- Les qualités des autres substances ont été exprimées, par René Moreau (3), sous une forme très poétique ainsi qu’on peut en juger :
- 1. ,E. Relouer. Ilecherches historiques cl chimiques sur le cacao ci ses diverses préparations. Paris, 1857, p- 98.
- 2. P.-S. Dufour. Traitez nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolaté. Lyon, 1085, p. 552.
- 5. R. Moreau. Du chocolaté, discours curieux, divisé en quatre parties. Paris, 1015, p. 25, 18 et 19.-
- « La cannelle est bonne à l’urine,
- Fortiliant les reins qui la vonl produisant;
- Elle éclaircit les yeux, et du venin cuisant Elle détourne la ruine. »
- «... Le girofle rend bonne haleine,
- Resserre le ventre coulant Et va l'estomac consolant Lorsque l'aliment lui fait peine. »
- « L’anis par vertu souveraine Conforte les membres lassés ;
- Il ùte les maux amassés Par le seul effet de sa graine ;
- Le rein et la vessie malade,
- La râtelle et la bouche fade,
- Le love gros de vents mutins,
- La matrice et les intestins,
- Et autres parties engagées,
- Se trouvent par luv soulagées. »
- Par la suite, il advint dans certains cas que la proportion de sucre ajoutée fut telle qu’on put croquer avec agrément les bâtons ainsi préparés. Il s’agissait déjà de véritables « chocolats » où la vanille remplaçait l’anis... et, sans doute aussi, les « imaginaires » fleurs d’orejevala dont il est cependant fait fréquemment mention (').
- i. F. P a max. Histoire générale des Drogues. Paris, 1694, lro partie, p. 207.
- pag. îff
- •S.J-i.fe,
- Cajfteltere de diuerjes former In g. 4.
- Chocolatières (d’après de Blegny).
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- L’HISTOIRE DU CACAO
- 387
- Le cacao torréfié contenant plus de la moitié de beurre, on comprend aisément pourquoi il ne fut pas toujours bien supporté par les estomacs faibles « où flottent des humeurs corrompues ».
- « J’ai oüy dire à une personne de qualité,rapporteP.-S. Dufour(p.405), que, se trouvant en un semblable état, elle avala, à la persuasion de quelque amy, un couple de tasses de chocolaté, croyant y trouver un remède à son mal. Mais cela ne fit que l’augmenter, jusques à ce qu’au bout de dix ou douze jours, il luy survint un vomissement d’humeurs bilieuses et glaireuses, et à la fin d’une espèce de mortier qui avoit encore le goût du chocolaté, qui par conséquent étoit resté tout autant de teins au fonds du ventricule, sans se pouvoir digérer. »
- L'ingéniosité de De Blegny se proposant de résoudre le problème en trouva l’explication et le remède. Il n’était pas facile, écrit-il, « de découvrir que cette graisse du cacao est mucilagineuse, alï’oiblissante, relâchante, et par conséquent contraire à l’estomach, dont la bonne disposi-
- 1. Pu IkiiGSY. Le bon unaç/e du thé, dit café et du chocolat. Paris, 1687, p. 220.
- Fig. h.
- Presses hydrauliques à cacao à un seul boisseau.
- tion dépend de la vertu élastique de ses fibres et de la force de son levain (*). » L’auteur en conclut « qu’il étoit nécessaire pour faire un chocolat aussi saluhre qu’agréable, de supprimer la graisse surabondante du cacao ».
- A cet efiet, de Blegny imagina une sorte de pressoir en bois, assez primitif dont nous donnons ci-joint la reproduction (fig. 5). Les fèves de cacao torréfiées, préalablement broyées sur le metatl, étaient mises dans des sacs de toile neuve et exprimées entre des feuilles de fer-blanc chauffées et recouvertes d’un « quarré de papier gris ». Après quelques tours de vis, on chauffait à nouveau les feuilles de fer-blanc, on remplaçait le papier gris (qui se chargeait ainsi peu à peu de la graisse du cacao) et on recommençait l’expression.
- L’extraction ne devait pas être très importante car la pâte obtenue conservait la propriété de pouvoir s’incorporer au sucre et aux autres ingrédients. Il n’en est pas moins vrai qu’il y eut là la première idée d’un procédé qui devait rapidement se perfectionner.
- Par la suite, le cacao fut soumis à l’action de la vapeur avant d’être exprimé dans des sacs de Un, entre des plaques de zinc également chauffées à la vapeur. Mais on ne devait atteindre une pression suffisante, pour obtenir des tourteaux susceptibles de donner des poudres de cacao par désagrégation, qu’un peu plus tard au moyen de presses hydrauliques (fig. fi). Parallèlement, le metatl était
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- L’HISTOIRE DU CACAO
- remplacé par des appareils plus perfectionnés, tels que meules et broyeuses, permettant d’avoir un meilleur rendement avec moins de peine. Dès le début du xixe siècle, on vendait en Allemagne, sous le nom de cocogna, une préparation pulvérulente dont on avait retiré 20 à 25 pour iOO de beurre.
- Des extractions beaucoup plus fortes et des poudres plus fines sont obtenues avec les presses à 12 boisseaux (fig. 7) et les dispositifs modernes de broyage et de tamisage (fig. 5). Il est possible de retirer ainsi du cacao 40 pour 100 du beurre initial (,). Il ne faut pas craindre de dire qu’un tel excès par défaut s'effectue aux dépens de la qualité. On ne saurait donc trop blâmer cette pratique qui n’est habituelle que dans certains pays étrangers dont les cacaos, peu appréciés, nous parviennent sans marque d’origine.
- L’addition de sucre aux pâtes de cacao, que nous avons signalée précédemment (d’après B. Mar-radon), ne fut pas constante.
- Madahul rapporte, en effet, qu’au xvme siècle on faisait encore aux Antilles des « pains de cacao purs et sans addition(1 2) ».
- La boisson chocolatée se préparait alors « à la manière des isles françoises de l’Amérique ».
- En voici la recette :
- « On ratisse avec un couteau légèrement passé sur les pains de pur cacao, la quantité qu’on en souhaite (par exemple quatre grandes cueillerées combles qui pèsent environ une once), on y mêle deux ou trois pincées de canelle en poudre passée au tamis de soie et environ deux grandes cuillerées de sucre en poudre.
- « On met ce mélange dans une chocolatière avec un œuf frais, c’est-à-dire jaune et blanc, et on mêle bien le tout avec le moulinet, on le réduit en consistance de miel liquide : surquoy ensuite on fait verser la liqueur bouillante (eau ou lait suivant la fantaisie) pendant qu’on fait rouler soi-même le moulinet avec force pour bien incorporer le tout ensemble.
- « Enfin, on met la chocolatière sur le feu ou au bain-marie dans un chauderon plein d’eau bouillante, et dès que le chocolat monte, on en retire la chocolatière et après avoir fortement agité le chocolat avec le moulinet, on le verse à diverses reprises et bien moussé dans les tasses. Pour en relever le goût, on peut avant de le verser, y ajouter une cnil-
- 1. R. Leooq. Cacao, poudres de cacao et farines composées alimentaires avec ou sans cacao. Paris, Vigot frères, éditeurs, 1925, p. 94.
- 2. Madahul (avec l’aide des documents de De Caylus). Histoire naturelle du cacao et du sucre. Paris, 1719, p. 9G.
- lerée d’eau de (leur d’oranger où on a fait dissoudre une goutte ou deux d’essence d’ambre. »
- Les pains de cacao ayant été plus ou moins finement broyés, de telles préparations n’allaient pas sans laisser déposer au fond un « marc » important. Pour éviter cet inconvénient, de Blegny inventa une « caffetière » construite de telle façon qu’elle présente « vers son fond une amplitude qui sert merveilleusement à retenir le marc de la teinture » et « une espèce de filtre à son bec, qui ne donne passage qu’aux seules parties de la liqueur ». Cette chocolatière, accompagnée d’autres types également en usage à cette époque, est reproduite en première place sur la figure 4. .
- Les Mexicains évitaient ce dépôt désagréable par adjonction de petites quantités de féculents, tels que l’atolle ou bouillie de maïs dont l’emploi maintenait en suspension les éléments du cacao. Cette pratique est encore en usage en Angleterre où les « cacaos homœopatiques » sont additionnés d’arrowroot ou de fécule. Plus ingénieux, les Hollandais devaient supprimer cet inconvénient au moyen d’un pro-> cédé nouveau de traitement du cacao.
- Les essais de C.-J. van llou-ten aboutirent en effet, en 1828, à la création d’un « cacao soluble » dont la miscibilité parfaite avec l’eau bouillante était obtenue à l’aide du carbonate de potasse. Le tour de main de cette opération resta longtemps secret.
- Tout se. passa bien, tout d’abord, et le nouveau cacao dont la belle couleur « robe de moine » plaisait au public s’imposa rapidement et devint un sérieux concurrent du chocolat qu’on préparait en tablettes de plus en plus sucrées.
- Mais, en 1895, coup de théâtre, quoi qu’on n’ait pu citer aucun cas de maladie ou même d’indisposition dû à une consommation journalière de « cacao dit soluble », préparé par le système hollandais, les Pouvoirs publics engagèrent des poursuites contre la maison van Houten devant la 8e Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine.
- Il s’agissait de répondre à l’accusation « d’avoir, à diverses reprises, à Paris, depuis moins de trois ans, vendu et mis en vente du cacao falsifié par enlèvement du beurre et par addition de potasse ou autres matières, avec cette circonstance que ledit cacao contenait des mixtions nuisibles à la santé ».
- Les autorités scientifiques les plus considérables vinrent apporter à la barre du Tribunal des opinions divergentes. Les experts de la défense eurent gain de cause et les considérants du jugement reconnurent « que les prévenus ont cherché à augmenter
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- la solubilité de la poudre dans l’eau bouillante ainsi que les propriétés digestives (Q ».
- Les analyses faites par le Prof. Armand Gautier établirent du reste que les sels dépotasse du a cacao soluble » étaient principalement sous forme de cacao-tannates et que deux tasses ordinaires de cacao hollandais préparées avec 12 gr. de poudre, ne paraissaient pas apporter plus de potasse que 75 gr. de pain, 56 gr. de pommes de terre, 95 gr. de viande de bœuf, 155 gr. ou une tasse de lait, 25 centilitres de bouillon ou une demi-bouteille de bordeaux?
- Quelques années plus tard, le Conseil d’IIygiène de Paris, reprenant la question à son compte, nomma une commission chargée d’étudier la réglementation des cacaos solubles. Les conclusions du Prof. Bouchardat, rapporteur, furent les suivantes : exiger pour les poudres de cacao une teneur en matières grasses supérieure à 28 pour 100; substituer à l’expression « cacaoj soluble » la dénomination plus appropriée de « cacao solubilisé » ; réserver enfin le nom de cacao pur au cacao non débeurré et non traité par un agent chimique (2).
- Plus rigoureux encore, le Dr Bordas, s’appuyant sur des analyses personnelles et malheureusement aussi sur les affirmations discutables de l’ouvrage de Zipperer (’), crut devoir proposer de remplacer
- 1. Jugement du 5 mai 1893.
- 2. Bouchardat. Au sujet des cacaos additionnés de sels alcalins. C. B. Séances du Conseil dlhjg. de la Seine, 1906, n° 17, p. 563.
- 5. P. Zipperer. La fabrication du chocolat et des autres préparations à base de. cacao. Paris, 1903.
- l’expression « solubilisé » par « alcalinisé » (*).
- Ce fut alors un toile général et les fabricants de poudres de cacao se trouvant lésés rédigèrent un manifeste virulent intitulé « Les erreurs du rapport officiel » (2). Le décret du 19 décembre 1910, revenant aux conclusions du rapport Bouchardat, leur donna finalement gain de cause et tout rentra dans l’ordre. Le Congrès de 1911, se faisant l’écho de ces discussions, se contenta d’enregistrer cette définition et cette protestation d’ordre platonique :
- « 4. — Le cacao en poudre solubilisé par les carbonates alcalins ou les alcalis, ou par tout autre procédé, est dénommé soluble ou solubilise'.
- « Le traitement par les carbonates alcalins ou les alcalis étant d’ordre exclusivement technique, le cacao en poudre ainsi solubilisé......n’est pas disqua-
- lifié comme aliment pur au sens loyal et marchand du mot. Il a donc le droit d’être qualifié pur. »
- Le mode d’emploi et la proportion d’alcalins pouvant entrer dans la fabrication des poudres de cacao ayant oté officiellement et rigoureusement fixés, les amateurs de cacao peuvent aujourd’hui, en toute tranquillité, se délecter de leur déjeuner favori, léger à l’estomac, agréable au goût et à l’œil — très différent sans doute de l’ancien cacao mexicain.
- Raoul Lecoq.
- Docteur en Pharmacie,
- Ancien directeur de chocolaterie.
- 1. Bordas. Sur l’addition de carbonate de potassium aux cacaos. Ann. des Falsif., 1910, n° 16, p. 61.
- 2. Compte rendu des travaux du Congrès international des Fabrications de Cacao et de Chocolat, tenu à Berne les 21-23 août 1911. Genève, 1911, p. 107.
- A-T-ON FABRIQUÉ DE L’OR
- La science moderne connaît plusieurs exemples de transmutation des éléments, dont la réalité est aujourd’hui universellement admise. Ce sont d’abord les diverses transformations radioactives. Ce sont des transmutations spontanées et nous ne disposons d’aucun moyen pour les influencer, soit pour les accélérer, soit pour les retarder. Rutherford, en bombardant avec les rayons du radium les atomes légers, a mis en évidence des transmutations artificielles ; mais celles-ci ne portent que sur un petit nombre d’atomes ; elles ne peuvent être mises en évidence que par des méthodes indirectes, extrêmement délicates et qui ne sont pas convaincantes pour tous les esprits. En tout cas, les éléments de la transmutation ne sont pas, dans ce cas, décelables par l’analyse chimique, même la plus fine.
- En 1924, une transmutation d’un tout autre ordre était annoncée au monde scientifique par deux savants allemands d’une habileté réputée : MM. Mielhe et Stammreich. Ceux-ci déclaraient avoir transformé, en quantités mesurables et tangibles, du mercure en or, réalisant ainsi le vieux rêve des alchimistes. Le renom de ces deux savants, les détails circonstanciés publiés dans leurs mémoires, forcèrent l’attention du public savant ; et la question souleva bien vite un vif intérêt ainsi que d’ardentes controverses qui durent encore et dont nous
- avons, à diverses reprises, fait connaître les échos. La revue anglaise Nature, publie une excellente mise au point de la question dans son état actuel.
- Nous la résumons ci-dessous.
- Tout d’abord, rappelons l’essentiel de la méthode de Miethe et Stammreich. Une lampe de quart/, à vapeur de mercure contient du mercure soigneusement purifié et où l’absence de l’or a été constatée avec tout le soin désirable ; on y fait passer un courant électrique intense sous 175 volts, pendant un laps de temps allant de 20 à 200 heures. Après quoi, la même analyse chimique, qui démontre l’absence de l’or dans le mercure au début de l’opération, en révèle cette fois la présence à des teneurs dosables. Les deux savants allemands constatèrent notamment que la quantité d’or produite est proportionnelle à l’intensité du courant et au temps, et que cette production est facilitée par l’existence de hautes pressions à l’intérieur de la lampe. Il suffit, en tout cas, d’après eux, que le potentiel de l’arc dépasse une certaine valeur. Dans d’autres expériences, les mêmes observateurs ont constaté l’apparition d’un métal ayant les mêmes propriétés chimiques que l’argent.
- D’autres chercheurs allemands ont fait des constatations analogues, notamment Dechme et Lot/. Des industriels, la Société Siemens et Halske ont imaginé une méthode
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- un peu différente : ils produisent de l’or par bombardement électronique d’une surface de mercure dans le vide. Cette méthode a même fait l’objet de plusieurs brevets d’invention pris en divers pays.
- Nous avons signalé ici même les travaux de Nagaokn qui eux aussi apportent confirmation à ceux de Miethe et Stammreich ; enfin plus récemment le savant hollandais Smits a annoncé la transmutation du plomb en mercure et en thallium par une méthode analogue à celle de Miethe et Stammreich.
- Yoilà donc, à première vue tout au moins, un ensemble impressionnant de recherches et travaux qui paraissent s’étayer solidement les uns les autres.
- La transmutation massive des éléments peut-elle donc être considérée aujourd’hui comme réalisée ? L’homme est-il bien en mesure de fabriquer de l’or ?
- Malgré le soin et le sérieux avec lesquels ont été effectués les travaux que nous venons de rappeler, il ne semble pas qu’il soit dès maintenant permis de donner à cette question une réponse catégoriquement affirmative.
- Voici, en effet, les arguments du camp adverse ; ori verra qu’ils sont redoutables. Nous n’insisterons pas trop sur les objections d’ordre purement théorique ; celles du physicien anglais Aston méritent cependant d’être signalées, parce qu’elles comportent un contrôle expérimental intéressant.
- La transmutation du mercure en or, dit Aston, peut se concevoir soit par addiLion d’un électron au noyau de l’atome de mercure, soit par expulsion d’un proton hors dudit noyau. Dans le premier cas, le poids atomique n’augmenterait pas sensiblement : or, le savant Hônigschmid a déterminé le poids atomique de l’or, soi-disant fabriqué par Miethe et Stammreich ; il a trouvé le poids de 197,2 le même que pour l’or ordinaire ; mais sensiblement différent du poids atomique du mercure.
- Théoriquement, on peut concevoir l’existence d’un isotope de mercure de poids atomique 197, qui absorbant un électron donnerait de l’or. Malheureusement, Aston, qui a étudié les isotopes du mercure et en a caractérisé six, n’en a découvert aucun jusqu’ici dont le poids atomique fût 197. Quant à l’hypothèse de la rupture du noyau de l’atome avec projection d’un proton, Aston la juge insoutenable ; les forces énormes qui assurent la cohésion du noyau ne sauraient être neutralisées par les moyens infiniment faibles mis en æuvre par les savants allemands. D’ailleurs, s’il y avait rupture du noyau, on devrait trouver dans le tube de l’hélium et de l’hydrogène en quantités appréciables. Il ne semble pas que la présence en ait jamais été constatée.
- Ces raisonnements et objections sont fort suggestifs sans doute. Mais quelle est leur force, contre le fait expérimental, la présence de l’or dûment constatée dans le mercure soumis aux traitements de Miethe et Stammreich ?
- Aussi les adversaires des néo-alchimistes font-ils porter leurs critiques et leurs cepticismesurla question suivante, manifestement capitale : le mercure traité par Miethe et Stammreich, ou par Nagaoka, était-il réellement exempt d’or?
- La réponse à cette question, dit Nature, dépend des méthodes analytiques employées et de l’équation personnelle des observateurs. La méthode d’analyse employée par Miethe et Stammreich consiste à dissoudre le mercure dans l’acide azotique, à fondre avec du borax- le résidu non dissous, et à peser à la microbalance le globule d’or restant, s’ily en a un. Ils ont constaté que la concentration limite de l’or décelable par ce moyen dans un amalgame
- est comprise entre 1/107 et 1/1012 ; les proportions d’or trouvées par eux, au cours de leurs expériences de transmutation, ont été de 1000 à 10 000 fois supérieures à ces minima. Dans une de leurs expériences de contrôle, ils prenaient 1 kg. de mercure purifié, y ajoutaient 0,5 mm. d’argent et 0,5 mm. d’or, puis distillaient dans le vide cet amalgame jusqu’à ce qu’il ne restât que l gramme de résidu. Ce résidu se trouvait contenir tout l’argent et tout, l’or introduit dans le mercure.
- La méthode de purification par distillation employée par les savants allemands semble donc digne de confiance, d’autant plus qu’ils ont pris de minutieuses précautions pour éviter, dans leurs appareils, tout entrainement de mercure en gouttelettes liquides qui pourraient être soupçonnées d’èlre chargées de quelques traces d’or.
- D’autres expérimentateurs ont repris des expériences analogues pour rechercher si réellement la purification par distillation est efficace, et leurs affirmations contredisent celles de Miethe et Stammreich; tel est le cas de M. llulett, et de MM. Riesefeld et liasse. Mais leurs expériences ont été, à leur tour, soumises à la critique et il a été démontré qu’ils n’avaient pas pris les minutieuses précautions dont se sont entourés les deux savants berlinois.
- Faut-il donc conclure à la réalité de leurs affirmations?
- Non, pas encore. Tout d’abord on ne peut passer sous silence le fait important que de très nombreux expérimentateurs se sont efforcés, mais en vain, en reproduisant leurs expériences, de retrouver leurs résultats. Nous avons ici même mentionné les résultats négatifs des essais du comité scientifique d’enquête constitué par la revue américaine Scientific American. Sans doute, les expériences négatives sont de peu de poids en matière scientifique ; il n’en est pas moins vrai que les nombreux échecs enregistrés par les émules de Miethe et Stammreich autorisent les sceptiques à réclamer de nouvelles expériences plus décisives et démonstratives, en une matière qui soulève tant d’objections.
- Mais voici enfin la clé du mystère. Elle est donnée par une récente et très convaincante communication du célèbre professeur Ilabcr, dans le n° du 7 mai de la revue Die Naturwissenschafü-n. Le Dr Haber a expérimenté lui-même avec un soin minutieux les soi-disant transmutations de mercure en or.
- Il accorde à Mielhe et Stammreich, et à Nagaoka que l’or présent dans le mercure à la fin de leurs expériences n’y était pas à l’origine. Mais il ne provient nullement d’une transmutation du mercure ; il a été introduit dans le mercure au cours de l’expérience. Haber montre en effet que ledit or provient des métaux aurifères qui constituent les électrodes et autres parties métalliques de l’appareil.
- Le professeur Haber emploie du mercure purifié par distillations successives extrêmement lentes. Il a repris et répété plusieurs fois l’expérience de Nagaoka consistant à faire passer une décharge sous haute tension entre deux électrodes, l’une en tungstène, l’autre en mercure pur, l’huile de paraffine étant employée comme isolant. Cette décharge a été prolongée pendant 50 heures, au bout desquelles on a constaté la présence de 1 /J07 gramme d’or.
- Par contre, la même expérience faite avec 2 électrodes en mercure avec de la paraffine comme isolant n’a donné aucun résultat.
- La méthode de la lampe à vapeur de mercure, modifiée pour donner des électrons de plus grande vitesse que dans les expériences de Mielhe et Stammreich, a fait
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- apparnilre dans les i premières heures de petites quantités d’or. Mais celles-ci n’augmentent plus ensuite; on l’a constaté en prolongeant la décharge pendant .">(* heures.
- Le professeur llaber s’est ensuite servi d’un tube à rayons X, sous 50000 volts, avec cathode en fd de tungstène, anticathode en mercure fortement refroidi ; dans une de ses expériences il a obtenu 'JjfiX'IO-0 gramme d’or.
- Il eut alors l’idée d’examiner les connexions métalliques de ce tube, et il fit une constatation d’une importance capitule ; tandis que les parties de ces connexions qui se trouvent à l'intérieur du tube contiennent à l’origine 2XlO-G grammes d’or, elles ne contiennent plus, une fois l’expérience terminée, que la quarantième partie de cette quantité ; et la différence correspond sensiblement au poids d’or décelé dans le mercure.
- Si l’on emploie des électrodes ne contenant pas d’or, on ne retrouve jamais d’or dans le mercure.
- Le professeur llaber a trouvé de l’or dans les fils de cuivre électrolytique, dans les fils de nickel, dans les vis
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- en acier et dans le fer de Suède; le tilde tungstène, fin s’est montré exempt d’or.
- Ainsi la preuve semble être administrée d’une façon irréfutable : dans les sensationnelles expériences des néor alchimistes, il n’a pas été fabriqué d’or.
- Un résultat intéressant toutefois subsistera : c’est l’extraordinaire sensibilité des méthodes imaginées au cours de ces travaux pour déceler la présence de l’or. Le professeur llaber conte l’amusante anecdote qui suit : un de ses jeunes collaborateurs constate tout à coup la présence de l’or dans une substance qu’il analyse ; mais aucun autre échantillon de la meme substance, examiné par d’autres chimistes, ne confirme l’observation. On enquête, et finalement on s’aperçoit que le jeune chimiste avait l'habitude, avant de faire une observation, de retirer ses lunettes à monture d’or, et qu’en l’occurrence, après les avoir retirées, il avait touché un morceau de plomb pur pour le placer dans le creuset servant à ses analyses. Le simple contact avait suffi pour produire une contamination. A. T.
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- L’homme sera-t-il appelé quelque jour à quitter le modeste globe planétaire à la surface duquel il s’agite?
- Ne nous attardons pas à discuter le pour ou le contre d’une telle possibilité et supposons la question résolue par l’affirmative, autrement dit qu’il soit donné à un habitant de la Terre de prendre pied sur les autres mondes. Tel est le voyage auquel le lecteur va être convié; et pour le simplifier, nous nous abstiendrons de nous lancer dans de savantes spéculations sur les conditions matérielles d’une pareille aventure. Donc faisons fi de tout engin ou procédé de locomotion, trop lent à notre gré d’ailleurs, eu égard aux distances formidables à parcourir. Imaginons-nous transportés instantanément, ce que permet la pensée, sur les différents mondes voisins : la Lune et les planètes du système solaire, les Terres chi Ciel comme les a si expressivement nommées Camille Flammarion.
- Mais tout d’abord, avons-nous la possibilité de nous lancer dans des descriptions qui ne puissent être taxées de fantaisistes? Sans aucun doute. Dans certaines limites déterminées, il est permis, scientifiquement parlant, d’aborder le sujet et de répondre ainsi d’une façon positive à quelques-unes des questions que font naître dans notre esprit la contemplation du ciel. Si malgré la perfection des moyens d’investigation de l’astronomie moderne, bien des problèmes restent encore à élucider quant à la connaissance intime des mondes célestes, nous avons cependant des notions précises grâce auxquelles il est possible de concevoir les caractères généraux des conditions physiques propres à chacun d’eux. Et pour rester dans le domaine"où nous sommes le plus sûr de ne pas nous égarer, nous allons essayer simplement de nous représenter quelles différences essentielles dans les aspects de
- la nature pourraient frapper les regards d’un voyageur humain.
- Commençons par la Lune. On sait que sa surface est criblée de milliers de cirques ou cratères de toutes tailles, de nombreuses montagnes et de vastes plaines improprement dénommées mers. Cet aspect général est si connu que nous n’avons pas à y revenir. Mais il faut nous demander ce que verrait un voyageur prenant pied sur ce sol, en un mot quels paysages s’offriraient à ses yeux émerveillés.
- La connaissance si précise que les astronomes possèdent de la structure du sol lunaire facilite grandement le problème; car géométriquement il est aisé de remetlrc en perspective tous ces détails que le télescope permet de distinguer sous l’aspect d’un plan en relief éclairé obliquement. Rappelons en passant que ce sont les ombres nettement dessinées et que l’on voit s’allonger démesurément au lever et au coucher du soleil pour les différentes régions de la surface lunaire, qui ont permis de déterminer exactement la hauteur des accidents du sol.
- Il est permis de s'étonner que malgré ces éléments précis on ait donné des représentations très fantaisistes des paysages de ce monde. Nombreux sont les traités d’astronomie ayant représenté ces sites comme agrémentés de pics et de montagnes en pains de sucre déchiquetés, aux pieds desquels s’entassent de nombreuses petites cuvettes ayant l’aspect de taupinières volcaniques. En vérité les montagnes lunaires ont des profils comparables, quant aux pentes, à nos montagnes terrestres ; et pour l’immense majorité, les cirques ont des dimensions telles que d’un seul coup d’œil on ne saurait les voir dans leur ensemble : il faudrait tourner sur soi-même pour apercevoir les parois circulaires se
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- Fig. i. — Lever du Soleil sur la Lune.
- Les conditions représentées se rapportent à un lieu situé à l’équateur, vers les régions centrales de la Lune le paysage est illuminé par la Terre, qui est au zénith.
- présentant sous l’aspect d’une longue chaîne de montagnes plus ou moins régulière. Pour nombre d’entre eux ; même si l'on était au centre, leurs remparts trop éloignés seraient invisibles, disparus au-dessous de l’horizon. Il faut d’ailleurs tenir compte que sur la Lune, beaucoup plus petite que la Terre, la courbure plus accentuée de son globe, par rapport à la taille d’un homme, restreint davantage l’étendue de la vision, et de ce fait les objets éloignés se dérobent plus vite derrière l’horizon plus rapproché. Seuls les cirques très petits et très nombreux, dont le diamètre est de l’ordre du kilomètre, pourraient être contemplés dans leur ensemble. Mais nous ne saurions guère les com-
- parer à des volcans classiques dont le cratère s’évase au sommet d’un cône élevé. Les cirques lunaires, malgré le terme de cratère sous lequel on les désigne si souvent, sont des excavations dont le fond est à un niveau très inférieur par rapport à celui du sol environnant, au-dessus duquel les versants extérieurs des remparts s’élèvent assez peu.
- Quant aux grandes plaines grises, ou mers, elles doivent offrir par leur surface unie sur d’immenses étendues, un caractère de remarquable monotonie brusquement interrompue çà et là par d’immenses cassures dont les proportions majestueuses n’ont pas d’équivalent sur Terre.
- Fig. 2. — Un type de petit cirque lunaire.
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- Fig. 3. — La Terre el ses phases, vues des régions polaires centrales de la Lune.
- Tandis que la Terre paraît immobile dans le ciel, le Soleil tourne autour de l'horizon constamment cache par les montagnes dont les sommets restent toujours illuminés, a, époque de la “nouvelle Terre notre globe, entoure de l’anneau brillant de son atmosphère illuminée à contre-jour, se projette sur la couronne de la lumière zodiacale; h, époque du premier quartier; c, époque de la “pleine Terre " ; d, époque du dernier quartier.
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- En possession de ces éléments relativement précis, il est possible de reconstituer des paysages de telle on telle région déterminée de la Lune. Évidemment ces vues ne peuvent prétendre à une rigueur absolue, mais elles sont vraisemblables; elles comportent une certaine dose d’imagination, indispensable pour suppléer le manque de connaissances en ce qui concerne les menus détails, la structure intime du sol, que nous ignorons; mais elles sont capables de nous faire concevoir d’une façon expressive le caractère même de ces sites extra-terrestres.
- Ce ne sont pas en somme les formes mêmes des paysages, leurs grandes lignes qui frapperaient d’étonnement l’œil humain, mais bien les conditions
- Lune ce voile est absent et le ciel se montre dans toute son éclatante splendeur. Si l’œil n’est pas ébloui par les rayons aveuglants du Soleil, l’insondable espace apparaît criblé de plus nombreuses étoiles qu’ici-bas, et ces myriades de feux sont dénués de toute scintillation. Quelle merveilleuse richesse, et quelle facilité d’observation pour l’heureux astronome qui serait sur la Lune ! Grâce à ces conditions également, le lever et le coucher du Soleil offrent des apparences tout à fait inconnues sur Terre. Point d’aurore ni de crépuscule. Lorsque l’astre du jour va se lever, c’est d’abord la gloire rayonnante de la couronne solaire, puis les gigantesques flammes roses, les protubérances, qui
- Fis'. 4. — Variation de la dimension apparente du
- du milieu. Car ce monde, on le sait, est sinon totalement dépourvu d’atmosphère, du moins ne possède pas d’atmosphère sensible à l’appréciation. Comme conséquence, aucune couche gazeuse ne venant diffuser la lumière du soleil, l’astre du jour trône au milieu d’un ciel noir parsemé d’étoiles comme en pleine nuit. Comme conséquence encore, un éclairage brutal dessine tous les détails, lointains ou proches, avec la même netteté vigoureuse et sèche. Quels spectacles différents de ceux des paysages terrestres, dont les plans se perdent si harmonieusement dans de vaporeux estompages. C’est à ce point de vue vraiment que l’œil serait en déroute, même si c’était celui du plus farouche peintre impressionniste. Mais que cet œil soit celui d’un astronome et sort émerveillement sera sans bornes. Notre atmosphère est un obstacle sérieux pour la contemplation du ciel; elle absorbe fortement la lumière des astres, en trouble les images, ou même s’oppose à leur visibilité : c’est comme un véritable voile interposé devant nos regards. Sur la
- Soleil, vu des différentes planètes de son système.
- surgissent de l’horizon (on sait qu’ici-bas ces phénomènes ne peuvent être visibles que pendant les courts instants des éclipses totales de Soleil). S’étendant au loin comme une formidale extension de la couronne, on verrait l’immense fuseau de la lumière zodiacale, phénomène sur lequel nous ne possédons encore que des notions assez confuses à raison de sa difficile observation sur Terre. Et ce prodigieux spectacle, dont la figure 1 ne peut donner qu’une pâle idée, on aurait tout le loisir de l’admirer. Le mouvement de rotation de la Lune s’effectue dans le même temps que celui de sa révolution autour de la Terre (ce pourquoi elle nous présente toujours la même face); cette rotation est 27 fois moins rapide que celle du globe terrestre : le mouvement apparent du ciel est donc ralenti dans les mêmes proportions et ainsi les astres paraissent se lever et se coucher avec une lenteur majestueuse. Mais si le ciel paraît se déplacer d’un mouvement insensible, on y peut contempler un astre qui semble rester immobile : notre propre Terre. Cette immobi-
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- lité n’est d’ailleurs que relative, car en raison du mouvement inéçal de la Lune sur son orbite excentrique, le globe terrestre parait osciller légèrement autour d’une position moyenne. Le Soleil et les étoiles paraissent lentement défiler derrière elle; et pendant ce temps on la voit tourner sur elle-même tout en changeant de phase suivant la position du Soleil qui l’éclaire. La direction suivant laquelle on la voit au ciel change avec celle de l’observateur.
- Pour les régions centrales du disque lunaire visible de la Terre, elle trônerait juste au zénith, de la périphérie on la verrait, à l’horizon (fig. 5). Dans tous les cas elle apparaît comme une Lune 15 fois plus grande en surface que notre astre des nuits, et à l’époque où elle est pleine, elle répand une clarté intense.
- Nous allons maintenant quitter ce monde étrange, si voisin de nous — à 584 000 kilomètres seulement. C’est véritablement l’excursion la plus complète qu’il nous soit donné d’entreprendre hors la Terre. Les précisions que nous possédons sur les autres planètes du système solaire sont moindres et nous devons, sous peine de fantaisie, nous borner à de grandes considérations générales. Précisons de suite qu’au sujet des mondes dont il va être question, si les données relatives aux aspects célestes peuvent être rigoureuses, découlant du calcul et des mesures, les autres ne peuvent offrir qu’un caractère logique basé sur le raisonnement. Ne disons donc pas par exemple : voici un paysage de
- HMi
- Fig. 5. — Caractère probable des paysages sur Vénus.
- Fig. 6. — Le disque solaire déformé par la réfraction atmosphérique a, sur la Tcrie ; Z’, sur Vénus.
- la planète Mars, mais bien : voici un paysage qui
- Fig. p. — Caractère probable d'un paysage dans la planète Mars, vu au crépuscule. Les deux petites lunes et la Terre brillent au ciel comme une belle “ Etoile du Berger”.
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- Fig. 8. — Diamètres apparents comparés de la Lune et des satellites de Mars.
- théoriquement pourrait exister sur la planète Mars, ou mieux encore, qui nous fait concevoir ce que doivent être certains paysages de cette planète.
- Les étoiles sont tellement lointaines que leurs positions relatives restent immuables de quelque planète que nous les pourrions observer. Ainsi donc pour chacun de ces mondes le ciel étoilé est le même que le nôtre; par contre, de chacun aussi, on y voit les autres planètes avec un éclat tout différent, puis diverses lunes, et enfin le Soleil avec de très inégales dimensions (fig. 4).
- Ainsi de Mercure, la planète la plus proche de lui, l’astre central paraît énorme, dans les proportions qu’indique la figure 4 ; cette forte dimension varie notablement, car l’orbite de Mercure est très excentrique, et le diamètre apparent du Soleil, représenté ici (comparativement à celui que nous apercevons de la Terre), se rapporte à l’instant où, au périhélie, Mercure est à sa plus grande proximité de l’astre du jour. Quels paysages sont éclairés par cette colossale fournaise dont certainement nous ne saurions supporter le rayonnement? Et cela d’autant plus qu’elle reste immobile dans le ciel, puisque Mercure tourne autour du Soleil en lui présentant toujours la même face. Pour trouver la fraîcheur de la nuit il faudrait changer d’hémisphère.
- Sur cette planète nos connaissances sont insignifiantes. Nous savons tout au plus que son sol paraît accidenté de hautes montagnes, mais nous ne connaissons pas l’importance de son atmosphère. Sans nous attarder sur ce monde inhospitalier, en raison de l’ardeur du Soleil, nous nous transporterons sur Vénus, plus lointaine, qui vue de Mercure à certaines époques est un astre vraiment éblouissant.
- Voici encore une planète bien mal connue. D'une blancheur éclatante, à laquelle elle doit son magnifique aspect, nous n’y apercevons rien ou à peu près, et il faut en chercher la cause dans son épaisse et trouble
- ’ Fig. 9. — Les Lunes de Jupiter.
- atmosphère dérobant à nos regards le sol même de la planète. Certains astronomes pensent que cette atmosphère est très riche en vapeur d’eau, d’autres estiment qu’elle n’en contient pas !... Toujours est-il que la densité de cette atmosphère est très forte, presque double de celle de l’atmosphère terrestre. A la surface de Vénus, plongée dans cette couche aérienne si dense et diffusant la clarté du Soleil encore énorme vu de là, une sorte de brouillard lumineux et trouble doit limiter singulièrement la portée de la vue, ne permettant sans doute pas d’admirer toute l’étendue des paysages. Quels sont-ils, ces paysages? Faute de mieux, estimons qu’ils comportent comme ici un sol assez mouvementé et
- Fig. 10. — La planète Saturne vue de son premier satellite..
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- EXCURSIONS SUR LES PLANÈTES
- de l’eau en quantité. A travers l’épaisse couche aérienne les astres doivent être peu ou pas visibles et si le Soleil pouvait être aperçu au voisinage de l’horizon, des phénomènes de réfraction, comme nous pouvons en observer sur terre, mais avec plus d’intensité, modifieraient étrangement l’aspect de son disque (fig. 6).
- Plus loin que la Terre maintenant, sur la fameuse planète Mars, nous serions moins dépaysés; les jours et les nuits sont , à peine plus longs que les jours et les nuits terrestres. À travers une atmosphère assez semblable à la nôtre, mais plus raréfiée, le ciel se montre avec splendeur, orné de deux lunes minuscules dont la plus proche se meut avec une grande rapidité et semble marcher à l'encontre
- semble pas comporter une surface solide. Sans doute serait-il bien impossible d’y aborder. Mais pour la circonstance, nous allons nous muer en êtres immatériels quoique munis des organes delà vision. Si Jupiter possède une surface dans un état quelconque, une immense étendue doit s’offrir aux regards par suite des dimensions colossales du globe. Verrait-on le ciel à travers la lourde et épaisse atmosphère dont nous observons d’ici les bouleversements? Supposons-le encore, et nous contemplerons alors le Soleil comme un tout petit disque répandant une clarté 25 fois plus faible que sur la Terre ; c’est peu pour un ciel aussi lourdement chargé. Le globe de Jupiter tournant sur lui-même en 9 h. 55 m., la succession des jours et des nuits est très rapide et
- Fig. ii. — Comment l'anneau est vu de la surface du globe de Saturne, a, d’une latitude élevée ; b, de l’cquateur.
- du mouvement apparent des autres astres ; elle tourne en effet autour de Mars d’un mouvement plus rapide que celui de ce globe sur lui-même. À certaines époques, le matin ou le soir, la Terre se montre comme une belle « Étoile du berger », brillant au-dessus de l’aurore ou du crépuscule, qui sont de courte durée à cause de la moindre densité de l’air. La voûte céleste paraît plus sombre, et le Soleil, un tiers plus petit qu’ici-bas, éclaire moins vivement des paysages sans doute monotones. Les plus précises observations révèlent en effet que la surface de Mars doit être très peu accidentée, sinon presque entièrement nivelée et coupée çà et là de vastes régions marécageuses. À tous égards c’est incontestablement sur cette planète que nous serions, et de beaucoup, le moins dépaysés.
- Continuons plus loin notre excursion vers les planètes géantes. Sur celles-ci : Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, nous ne sommes plus sur un terrain solide, même dans le sens strict du mot ; car il est infiniment probable que ces mondes sont encore fluides, ou tout au moins dans un état qui ne
- il ne s’écoule que 5 heures entre le lever et le coucher du petit Soleil qui semble ainsi traverser le ciel avec rapidité.
- Jupiter possède neuf lunes dont cinq seulement offrent quelque importance aux regards et ne peuvent toutes êtres visibles en' même temps. Leurs dimensions apparentes déterminées par leurs dimensions réelles ou leur distance les rendent pour la plupart comparables à notre propre lune, mais avec un éclat bien plus faible, puisque le Soleil les éclaire moins vivement.
- Mais si maintenant nous quittons Jupiter pour nous arrêter sur la plus proche de ses lunes, par exemple, de là le spectacle de la planète serait prodigieux en raison de la proximité de ce globe géant : vu de son premier satellite, Jupiter offre en effet l’apparence d’une Lune formidable, 100 fois plus grande que la nôtre en diamètre, 10000 fois plus étendue en surface !
- Dans le même ordre d’idées, un plus étonnant spectacle serait réservé ail contemplateur qui prendrait pied sur les satellites de Saturne, le plus
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- proche surtout. Situé dans le plan de l’anneau, celui-ci n’est -visible que comme un fil lumineux barrant l'énorme globe, mais avec des dimensions démesurées par l’effet de la perspective, le tout présentant des proportions relatives très différentes de celles que nous pouvons contempler lorsque de la Terre nous' admirons Saturne au télescope. Ajoutons à cela les éclipses d’une partie du globe par l’ombre du système annulaire (fig. 10) les phases du globe énorme suivant l’éclairement du Soleil (voir la couverture de ce numéro) et nous n’aurons encore qu’une faible idée de ces étonnants spectacles. S’il était possible d’aborder sur Saturne, et en cela la question se pose comme pour Jupiter, le ciel y aurait également un aspect nouveau pour nous. Des différents points du globe ce ciel, constellé de nombreuses lunes, est traversé par l’anneau visible sous des aspects variés. De l’équateur, c’est un fil lumineux allant d’un horizon à l’autre en passant juste par le zénith ; d’une latitude plus ou moins élevée vers les pôles, c’est une arche plus ou moins élevée, déformée quelque peu par la perspective et qui, suivant
- les saisons (lesquelles durent des années terrestres), est coupée au milieu par l’ombre du globe. Cependant à cause du diamètre du système annulaire par rapport au globe de Saturne et par suite de l’aplatissement marqué de ce globe, les points situés vers les pôles au delà des latitudes 65°11' N. ou S., cessent de voir celte merveilleuse arche céleste ; tant et si bien que des habitants polaires de Saturne ignoreraient complètement son existence.
- Nous sommes maintenant bien loin du Soleil qui apparaît dans le ciel saturnien comme un tout petit disque 10 fois plus petit en diamètre que le Soleil terrestre et éclairant 100 fois moins. Pour nous autres, humains, ce serait une mélancolique illumination. Mais que dirions-nous si nous avions la possibilité de nous éloigner davantage, vers les planètes Uranus et Neptune d’où l’astre du jour paraît réduit à l’apparence d’une grosse étoile, ne répandant, respectivement, qu’une clarté 400 et 900 fois plus faible que celle que nous recevons sur notre monde !
- Ll’CIEX Pi (JD AliX .
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars et avril 1926.
- L’argon du sang. — Les expériences de Regnard et Schlœsing qui remontent à l’année 1897 avaient décelé la présence de ce gaz rare dans le sang de cheval en quantité double de celle que peut laisser prévoir son coefficient de solubilité dans l’eau ou le sérum, à la température de 57-à 38°. Les essais de MM. llackspill, Rollet et Nicloux viennent de porter sur du sang de bœuf, recueilli à l’abattoir même, puis sur du caillot desséché dans le vide, en présence d’acide sulfurique. En ramenant les gaz à 0° sous 760 mm, ces auteurs indiquent, par litre de sang, 9,78 cm5 d’azote et 0,254 cm5 d’argon, chiffres en parfait accord avec la loi d’Jlenry, le caillot, brûlé en présence d’oxyde de cuivre n’ayant donné lieu à aucun dégagement de gaz Az.
- U infection cleGalleria mellonella et les hyménoptères. — Une épidémie, qui s’est étendue à un certain nombre de cultures de la mite des abeilles, a permis à MM. Metalnikov et V. Chorine d’isoler, comme agents de la maladie : un bâtonnet épais et allongé, un diplo-ooque et un staphylocoque, donnant tous un Gram positif et ti’ansmis par un hvménoptère de i mm, 5 de longueur, noir et muni d’ailes transparentes, le Dibrachys bouclieanus Ralzb. Cet insecte se pose sur le dos de la chenille, la pique avec sa tarière et lèche le sang qui sort de la blessure. La chenille morte, généralement au bout d’une trentaine d’heures, la femelle de Dibrachys dépose sur ses téguments de petits œufs transparents donnant naissance, après trois ou quatre jours, à des larves qui demandent une semaine.pour devenir chrysalides et se détacher du cadavre. L’insecte adulte n’apparaissant qu’après une dizaine de jours, le cycle évolutif se trouve accompli à peu près en trois semaines.
- La genèse des gneiss granuliiiques dans le massif du Pilai. — Du long mémoire de M. A. Üernay, on
- doit reconnaître que ces roches qui apparaissent dans le granité, les gneiss et même les micaschistes sont postérieures aux écrasements et par suite au charriage du Cristallophyllien. Tantôt, elles ont masqué la continuité des écrasements, tantôt donné naissance aux mvlonites granulitisées — le métamorphisme des gneiss anciens étant lui aussi postérieur aux phénomènes de laminage. Ces faits semblent confirmer les idées générales émises par M. Pierre Termier dès '1889 sur la granulitisation.
- La radioactivité de la Lune. — La faible densité de notre satellite impose l’idée qu’il est formé des mêmes matériaux que la lithosphère terrestre dont les roches contiennent des quantités appréciables d’uranium, de thorium et de leurs dérivés radioactifs. M. Brillouin estime que la surface de la Lune est constituée par les silicates les plus légers et les plus fusibles, surtout, s’il y en a, par ceux qui sont plus denses à l’état fluide qu’à l’état solide. 11 montre le gros intérêt qu’il y aurait à poursuivre des études de radioactivité de tout genre, sur des silicates exposés dans le vide aux radiations les plus diverses, des rayons X aux ondes de T. S. F. Au cas très probable où la Lune serait radioactive, elle exercerait sur la haute atmosphère terrestre une action sensible par une variation rapide à son lever et à son coucher.
- La synthèse de Vammoniaque. — M. G. Claude soumet à l’Académie les résultats acquis par l’ensemble des usines qui emploient son procédé et peuvent ainsi livrer chaque année 40 000 tonnes de sulfate d’ammoniaque SO4 (ÀzlI4)2 à l’agriculture. Leur capacité de production doit représenter une fixation quotidienne de 100 t. d’azote, ce qui les met au troisième rang, derrière les installations qui utilisent les méthodes Gasale ou Brünner et Mond.
- Paul B.
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- POTEAU INDICATEUR BASCULANT
- Il est inutile de revenir sur la question de la circulation dans les grandes agglomérations et sur l’embouteillage des rues à grand trafic. Ce problème fait l’objet d’études constantes, mais le nombre des voitures croit constamment tandis que la largeur des rues est invariable. De là naissent des problèmes de plus en plus difficiles à résoudre.
- La circulation à sens unique, les signaux placés aux croisements des artères importantes remédient assez bien à toutes les difficultés de circulation dans les grandes cités. Les embouteillages existent d’ailleurs non seulement à Paris, mais dans toutes les grandes capitales. Emettons timidement l’idée que les conducteurs étrangers sont souvent plus disciplinés que les nôtres et qu’ils obéissent mieux aux injonctions des agents de service.
- Il est, en effet, fréquent que, malgré le coup de sifflet ou le signal avertisseur de changement de .sens, quelque véhicule cherche* à se faufiler pour passer en fraude la ligne d’arrêt. Il arrive, dans ce cas, qu’il est obligé de s’arrêter au milieu du croisement. Le conducteur écoute dévotement la semonce de l'agent et finalement celui-ci donne Tordre de continuer la route. Ainsi le fraudeur arrive au résultat qu’il a cherché. Trop souvent d’ailleurs, si pour cette incartade une contravention est dressée, le conducteur fautif ou le propriétaire de la voiture savent faire intervenir à temps quelque relation pour qu’il ne soit pas donné suite à la pénalité.
- Cable creux flexible
- Rotule en acier
- Conducteur ! électrique
- Fig. 2. — Mécanisme du poteau basculant.
- Il ne faut donc pas s’étonner que, dans certains cas, les agents, aussi bien en France qu’à l’étranger, plantés au milieu de la chaussée, soient mis à mal par quelque véhicule particulièrement pressé.
- Un appareil extrêmement ingénieux a été imaginé à Minneapolis pour remplacer le planton humain par un appareil si-gnalisateur en forme de poteau. Des indications lumineuses y sont disposées. Le sommet est rouge; des inscriptions : go, stop, apparaissent au moment voulu pour indiquer le sens permis ou la direction à suivre
- Ces signaux lumineux obtenus par des transparents sur les faces du poteau et des lampes électriques, sont changés périodiquement par l’agent régulateur disposant d’un commutateur, cominecela se fait partout normalement. lin mécanisme automatique permet même de se passer de manipulateur. Un petit moteur
- Fig. 3. — Le mécanisme électrique de commande du poteau.
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- 4C0 POTEAU INDICATEUR BASCULANT
- Fig. 4- — Arrêt d’une automobile se heurtant au poteau avertisseur-
- électrique soigneusement réglé fait tourner, au moyen d’une -vis sans fin, un commutateur à plots qui interrompt ou rétablit les divers allumages au moment voulu et cela sans qu’on ait aucunement à s’en occuper, une fois que l’appareil a été réglé pour une cadence donnée.
- Le poteau, pour éviter les accidents graves, aussi bien à lui-mème qu’aux voitures qui entreraient en collision avec lui, est articulé. Il est fixé à l’extrémité d’une boule d’acier sur laquelle il est boulonné. Celle-ci repose sur trois galets disposés à 120° l’un de l’autre; les galets sont dissimulés sous le niveau de la chaussée dans un coffre en tôle d’acier. Le coffre est fermé à la partie supérieure par une plaque protectrice, de laquelle émerge à moitié la grosse boule métallique et le poteau.
- Un cable flexible résistant est fixé par des boulons dans l’intérieur de la boule. Il sort à la partie inférieure.
- Il est terminé dans le bas par une attache robuste sur des ressorLs a boudin, lesquels sont fixés par un crochet au fond du coffre d’acier.
- D’autre part, vers la partie médiane du câble, sont fixés trois ressorts à boudin horizontaux à 120° l’un de l’autre, solidaires des parois d’acier.
- Les câbles électriques qui amènent le courant aux lampes passent au milieu du câble central supportant l’armature et le poteau.
- Lorsque sous l'effet d’un choc quelconque le planton se trouve renversé, il obéit à la force brutale qui lui est appliquée. Les ressorts se détendent dans le sens voulu pour permettre ce déplacement. Dès que l'action de renversement a cessé, le poteau se redresse de lui-mème et continue à jouer le rôle d’une sentinelle vigilante.
- . Ainsi lorsqu’une voiture enfreint la consigne et vient heurter le poteau, même par l’avant directement, le planton se couche et il n’en résulte aucun dommage sensible ni pour l’automobile, ni pour l'appareil articulé. La voiture est naturellement obligée de s’arrêter, il lui est difficile en effet de continuer sa route en passant sur le poteau. Il en est de même lorsque, sur les croisements, deux voitures sont obligées de s’éviter et viennent malgré elles basculer plus ou moins le planton silencieux. Cet appareil a un grand avantage. 11 remplace non seulement l'agent poslé au centre de la chaussée, mais son encombrement est très réduit, ce qui permet de le disposer entre deux files de rails de tramways par exemple oa au croisement de quatre voies ferrées.
- Les signaux lumineux qu’il porte sont également plus visibles pour les conducteurs des voitures, que n’importe quel autre signal placé à une hauteur plus ou moins élevée. C est donc un dispositif ingénieux qui rend d’ailleurs de grands services dans certaines villes des Etats-Unis où il est installé.
- On ne peut évidemment prévoir quels sont les avantages qu’un appareil de ce genre présenterait pour faciliter la circulation parisienne et quel est l’accueil que lui feraient les conducteurs. P. Maréchal.
- Fig 5. — Croisement d’automobiles.
- L’une des automobiles s’arrête devant le poteau avertisseur.
- Imprimerie Luiure, 9, rue de Fleurus, t’aris. — 1926.
- Le Gérant ' I’. Masson.
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- LA NATURE. — N° 2725. ~ .. :. '• .. 26 JUIN 1926
- L’EXPLOITATION DES LIGNITES A LALUQUE
- Il n’est pas inutile de rappeler que les exploitations lignitifères allemandes sont d’une richesse considérable. Leur prospérité, dans un pays très abondamment pourvu de houille, peu t surprendre les personnes qui considèrent le lignite comme un combustible inférieur.
- En réalité, s’il existe bien des gisements composés de troncs d’arbres fossiles ou comprenant des lits à peu près stériles, chargés de matières non combustiles, de soufre ou d’autres impuretés, il se trouve aussi des lignites peu cendreux, faciles à
- de tonnes ont été reconnues à la suite de très nombreux sondages : le même lignite se retrouve d’ailleurs à Rion, à Arjuzaux et Arrengosse, formant ainsi un alignement de 25 km de longueur et l’ensemble de ces filons est évalué sans exagération à 50 millions de torihes. Tout donne à penser d’ailleurs, que, les mêmes circonstances ayant du produire les mêmes effets, une grande partie du terrain pliocène qui forme le département des Landes se trouve ainsi minéralisé.
- Les usines de carbonisation, de distillation et de
- Fig. i. — Le chantier d’extraction de lignite à Laluque.
- agglomérer ou contenant une quantité appréciable d’un goudron spécial riche en paraffine.
- C’est ainsi que le bassin de Cologne fournit à profusion ces briquettes « Union » d’un emploi si commode, que les bassins de Saxe et de Thuringe produisent des cires et des paraffines, sans compter une quantité considérable d'huiles carburantes, combustibles, lubrifiantes.
- L’exploitation est d’autant plus rémunératrice que le lignite se trouve en grandes masses à faible profondeur.
- Toutes ces circonstances favorables se trouvent réunies dans une région autrefois déshéritée. La plantation des pins et le drainage systématique des Landes ont commencé la richesse de ce pays qui est appelé, peut-être, à un grand avenir industriel, grâce à l’existence, sous une faible couche de sable, d’une quantité de lignite d’excellente qualité.
- Le tonnage total est encore inconnu ; mais, dans la concession de Laluque, par exemple, 6 millions
- 54* Année — I" Semestre-
- briquetage, qui ont donné d’excellents résultats à Laluque, sont donc particulièrement intéressantes, cette première installation à grande échelle étant susceptible d’être le modèle des installations futures dans une région assez étendue.
- Nous ne pouvons donner, en détail, la série des opérations (*) qui permettent de tirer, du lignite du bassin de Laluque, toute une série de produits. Parmi ceux-ci nous signalerons seulement : le lignite séché à 6000 calories, le semi-coke à 6600 calories, le benzol du lavage, des gaz de carbonisation, un excellent goudron primaire riche en huiles, paraffines, etc... La Nature a d’ailleurs signalé, à différentes reprises des procédés capables de fournir des produits marchands, notamment des carburants, en partant des lignites. Nous nous bornerons donc à donner une courte description des usines de Laluque
- 1. Yoir Les Lujnites, par En. Marcotte. Gautlner-Villars, éditeur.
- 26. - 401.
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- et des opérations élémentaires qui permettent, d’ores et déjà, la mise en valeur du gisement.
- * *
- La figure 1 est l’un des aspects du chantier d’extraction. En avant des pins, on peut voir plusieurs tranchées et, à l’extrémité de l’une d’elles, deux pelles à vapeur. Ces engins font à hon compte le découvert, c’est-à-dire l’enlèvement de la couche de 5 à 12 mètres de sable qui recouvre le lignite. Ce combustible s’enlève, de même, à l’aide de pelles à vapeur et bien que l’eau — car les sables landais sont aquifères — cause certaines sujétions, le rendement des chantiers est tel que la tonne de lignite sur wagons remorqués par des locomotives revient, au pied des séchoirs de l’usine, à 12 fr. 50 la tonne.
- La figure 5 montre, au premier plan à droite, le bâtiment des séchoirs alors qu’il n’était pas encore achevé.
- Ce bâtiment abrite deux trommels Büttner.
- Le liquide brut contient environ 55 pour 100 d’eau, il convenait donc de le sécher avant de le carboniser afin d’augmenter le rendement des cornues qui servent à cette deuxième opération.
- Notons que le combustible brut humide brûle parfaitement sur des grilles à gradins et qu’il serait possible de produire ainsi 3 kg de vapeur par kg de lignite : les Allemands alimentent de cette façon, avec un lignite presque identique à celui de Laluquc, dos centrales thermiques de l’ordre de 50000 kw.
- D’ailleurs, dans les trommels, les gaz chauds, qui servent au séchage du lignite qui ruisselle d’une armature cruciforme à l’autre, sont obtenus par la combustion directe d’une petite quantité de lignite cru. Simultanément, on utilise les gaz de combustion des poussières produites au cours de l’opération, poussières que l’on brûle très facilement dans un appareil spécial, extrêmement simple, voisin du foyer des grilles inclinées qui consomment le lignite à 55 pour 100.
- Le lignite séché à 15 pour 100 est un combustible d’assez grand pouvoir calorifique (6000 cal.
- environ) que l’on pourrait transporter au loin et utiliser, soit sur grilles mécaniques, soit dans des appareils à combustibles pulvérisés. C’est ainsi d’ailleurs que l’on pourra utiliser l’excédent du tonnage extrait. Le lignite séché peut aussi être aggloméré sous forme de boulets et de briquettes à l’aide de brai.
- * *
- Mais l’utilisation la plus profitable (à cause de la richesse des huiles que l’on peut tirer) c’est la carbonisation à basse température.
- Le lignite séché, transporté et élevé mécaniquement dans le silo qui surmonte le hall des fours, est réparti dans des cornues verticales, autour desquelles règne une température de 600°, obtenue : au départ, à l’aide de gazogènes et ensuite, par la combustion des gaz non condensables provenant de l’opération même.
- Les fours chauffent 24 cornues de carbonisation.
- Ces cornues verticales sont en fonte, elles sont cloisonnées afin que l'épaisseur du lignite, entre deux cloisons circulaires, n’excède pas 20 cm. Il est, en effet, indispensable de carboniser en mince couche si l’on veut éviter les incuits au centre et les surchauffes sur les bords.
- La grande conductibilité calorifique de la fonte assure une répartition convenable de la chaleur dans toutes les cloisons et l’on a ainsi réalisé une cornue de grande capacité fonctionnant comme un compartiment unique de faible épaisseur.
- Ce dispositif s’accommoderait très bien d'une alimentation continue, mais l’inventeur a préféré, pour simplifier le problème, fonctionner d’abord par charges discontinues ; les chargements successifs des 24 cornues, convenablement espacés dans le temps, donnent les mêmes résultats finalement qu’une installation à débit continu Nous avons d’ailleurs imaginé avec M H. Breuillé, Ingénieur-Constructeur E. C. P., une modification très simple qui permettrait de bénéficier de tous les avantages que procurent la stabilité de régime d’un four continu et la possibilité de récupérer les résidus de
- Fig. 2. — Presse à agglomérer les boulets.
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- calories pour le séchage préalable du lignite.
- Les gaz et vapeurs de la carbonisation sont condensés dans divers appareils, groupés autour d’un petit atelier spécial. C’est là que l’on recueille ce goudron jaunâtre ayant l’apparence et la consistance du beurre, produit extrêmement riche en paraffine. Ce qui reste dans les cornues est un semi-coke, que l’on transporte mécaniquement dans un second silo, d’où il est distribué dans l’usine d’agglomération,
- lories, excellent combustible domestique peu cendreux.
- Tous les moteurs nécessaires sont actionnés par du courant triphasé 550 volts produit par 5 alternateurs. Ces alternateurs sont eux-mêmes entraînés par 5 moteurs Diesel.
- La capacité de traitement de l’usine est de 500 tonnes pour le séchage, 120 tonnes pour la carbonisation. La France manque de combustibles solides
- . Fig. 3. — Vue générale extérieure des installations de traitement du lignite brut à Laluque.
- A droite : bâtiment des séchoirs en montage; au centre : bâtiment de la carbonisation; à gauche : bâtiment du briquetage réuni à celui de la carbonisation.
- situé à proximité de la première, l’espace compris entre les deux installations ayant été sagement prévu pour les agrandissements ultérieurs.
- L’agglomération du semi-coke à l’aide de 6 pour 100 environ de brai est une opération classique. La figure 2 montre la presse qui forme des boulets dont le pouvoir calorifique peut atteindre 6000 ca-
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- L’UTILISATION AGRICOLE E
- III. Aménagement d
- L’œuvre d’hydraulique agricole la plus vaste qui ait été envisagée jusqu’ici en Algérie est, sans conteste, l’aménagement, en cours de réalisation, des irrigations de la plaine du Chéliff, dans les départements d’Alger et d’Oran. Quand on parle d’utilisation agricole des eaux, on ne saurait s'abstenir d'en décrire au moins les grandes lignes.
- Exposé de la situation. — La plaine du Chéliff, plus exactement la basse plaine tellienne de ce cours d’eau, est une vaste dépression de 200 kilo-
- ou liquides, de paraffines et de carburants. Les installations de Laluque n’apporteront qu’une goutte aux vastes réservoirs qu’il conviendrait de constituer. Toute une série de moyens ont été proposés et l’on commence heureusement à discerner ceux sur lesquels il faut, d’abord, arrêter son choix.
- Edmond Makcottc
- L’EAU EN ALGÉRIE (Fin).
- la plaine du Chéliff.
- mètres de longueur et de largeur variable, orientée sensiblement de l’Est à l’Ouest. Elle est encerclée par le massif de l’Ouarsenis au Sud, le massif du Zaccar et celui du Dahra au Nord, ce dernier l’isolant de la mer relativement proche. Cette situation lui vaut une pluviosité médiocre, 400 à 500 mm., et une température estivale quasi tropicale, puisqu’elle atteint fréquemment 45° à l’ombre.
- Ce cours d’eau, qui a près de 700 km. de lon-gueur, est alimenté par un immense bassin versant
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- de 35 000 kilomètres carrés, dont 12000 sur les Hauts Plateaux et 23000 dans le Tell. Il descend dans la plaine Tellienne par une longue suite de gorges entre Boghari et Amoura.
- À l’aval de cette dernière localité, il reçoit de nombreux affluents, dont les plus importants proviennent delà rive gauche, savoir :
- , avec un bassin
- versant de
- L’Oued Deurdeur.............. 885 km2
- L’Oued Rouïna................ 755 km2
- L’Oued Fodda.................... 1125 km2
- L’Oued SI y.................. j 575 km2
- La Mina...................... 0 700 km2
- Dans une formule souvent citée, Dombasle disait : « Deux d’eau et deux de soleil font quatre de produit ». La plaine du Chélifl’a du soleil; par contre, elle souffre de la sécheresse quatre années sur cinq. En réalité, l’eau ne manque pas en valeur absolue, car 1 étendue du bassin versant est assez grande, eu égard à la proportion des terres cultivables, pour qu une faible pluviosité et un faible coefficientde ruissellement procurent des quantités d’eau suffisantes.
- Sans faire preuve d’optimisme on peut estimer :
- ii 0 m. 25 la pluviosité moyenne et à 0 m. 05 le coefficient de ruissellement moyen sur la partie du bassin dépendant des Hauts Plateaux ;
- à 0 m. 40 la pluviosité moyenne et à 0 m. 10 le coefficient de ruissellement dans la partie tellienne.
- Le débit annuel moyen du Chéliiï et de ses affluents ressort donc à :
- (12000 x 0,25 X 0,5 X 10e) + (24000 x 0,40 X 0,10 xl06) = 1070 x'10°,
- soit plus d’un milliard de mètres cubes d’eau.
- Ces ressources seraient largement suffisantes pour transformer la plaine du Chéliiï en une seconde « Mitidja », son opulente voisine de l'Est. Mais il faudrait pouvoir les utiliser intégralement, alors que, faute d aménagement convenable, les neuf dixièmes de cette richesse retournent à la mer.
- En fait, les quantités disponibles se réduisent de plus de moitié en années sèches et peuvent doubler en années pluvieuses.
- Régulariser le débit annuel moyen et le distribuer à l’agriculture en saisons opportunes et en proportion des besoins, voilà l’objet du grand programme de travaux projeté.
- La situation des irrigations pratiquées dans la plaine du Chélifl est actuellement la suivante :
- Si l’on distrait la vallée de la Mina, dont l’aménagement fait l’objet d’un projet indépendant^), la plaine se divise géographiquement en trois zones :
- 1° De Lavigerie au seuil de Duperré. Cette zone comprend environ 43000 hectares de terres susceptibles d’être irriguées par le ChélilF et son affluent principal, 1 oued Deurdeur; 1700 hectares sont irrigués actuellement.
- 1. Un barrage-réservoir est projeté sur la Haute Mina. Il permettra d étendre très sensiblement le périmètre irrigable de la plaine de Itelizane.
- 2° De Duperré au barrage de Charon. On peut subdiviser cette zone en deux sections :
- La Ire, qui va de Duperré au barrage de Pontéba, englobe 16000 hectares irrigables par le Chélifl-ou ses affluents, l’oued Rouina et l’oued Fodda; 400- hectares seulement sont irrigués à l’heure actuelle.
- La 2e, comprise entre le barrage de Pontéba, et celui de Charon, englobe 20000 hectares, irrigables par le Chélifl ou ses affluents, l’Oued Fodda èt l’Oued Sly; 7300 hectares sont irrigués actuellement.
- Au total, dans la deuxième zone, 36000 hectares irrigables, dont 7700 déjà irrigués.
- o° Entre le barrage de Charon et le confluent de la Mina. CeLte zone comprend 55000 hectares irrigables par le Chélifl ou ses affluents, l’Oued Riou et la Djidiouia ; 5000 hectares sont irrigués actuellement.
- La surface totale irrigable dans la plaine du Chélifl ressort donc à 114000 hectares, dont 42 000 seulement sont desservis à l’heure actuelle. Encore les irrigations existantes sont-elles, le plus souvent, assez précaires; les 4800 hectares du syndicat d’Or-léansville, seuls, bénéficient d’irrigations d’été permanentes.
- Le projet d’aménagement comporte :
- 1° La création de cinq grands barrages-réservoirs, qui permettront d’emmagasiner les eaux et de les distribuer pendant les périodes d’arrosage (mars à novembre) avec des débits variant suivant les besoins.
- *2° L’établissement des ouvrages nécessaires à la distribution.
- Le tableau suivant résume l’étendue des zones irrigables et la valeur approximative des débits régularisés à fournir annuellement par les différents barrages.
- INDICATION DES ZONES SUltfACIÏS mru- (jAiîuK.s SURFACES ACTUEL- LEMENT initicrcns DA it RAGES-RÉSER- voiRS PROJETES DÉDITS ANNUELS Il ÉO UI.A HISKS
- hoc ta ces hectares mètres cubes
- Lavigcrie-Duperré. 45.000 1 .700 Barrage des GriBBs el, éventuelle-menl, Barrage des Auteurs sur le Chèliir . . . Barrage de l’Oued Deurdeur . . . 140.000.000 00.000.000
- Duperrè-Üarrage de Clniroa. 50.000 7.700 Barrage de l'Oued Bouïna .... Barrage de l’Oued Fodda 70.000.000 100.000.000
- Barrage etc Charon-C o niîu e nt de la'Mina. 35.000 3.000 Barrage de l’Oued siy 70.000.000
- Totaux. 114.000 12,400 440.000.000
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- ======= L'UTILISATION AGRICOLE
- La répartition des eaux accumulées dans les barrages énumérés ci-dessus entre les trois zones irrigables devra faire l'objet d’une réglementation.
- On disposera, en somme, de 440 millions de mètres cubes pour l’irrigation de Tl4000 hectares, ce qui représente une disponibilité brute de 5900 mètres cubes par hectare et par an. Compte tenu des pertes inévitables par évaporation et infiltration, soit 10 pour 100 environ, il restera 5500 nT par hectare en moyenne, ce qui permettra de satisfaire assez largement à tous les besoins prévisibles dans un assez long avenir.
- Accumulation des eaux. — La construction des barrages-réservoirs se fera par étapes. Il s’agit, en effet, d’engager des dépenses considérables qui alourdiraient à l’excès le budget algérien si on ne
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- suffisantes pour l’établissement d’un ouvrage aussi important. En amont, la vallée s'épanouit largement dans des terrains schisteux.
- La hauteur de la retenue a été fixée à 100 m. Le barrage sera donc un des plus hauts du monde à l’heure actuelle. Il créera, à l’amont, une réserve dont la capacité totale atteindra 500 millions de mètres cubes et dont le plan d’eau maximum couvrira une surface de 800 hectares.
- La hauteur de 100 m. a été adoptée en vue de régulariser un débit annuel dont la moyenne est de 95 millions de mètres cubes, pertes par évaporation déduites, et de se réserver une marge de 80 millions de mètres cubes pour l’envasement. La capacité utile est de 220 millions de mètres cubes et pourra absorber les plus gros débits connus, de
- in ta Rouge
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- l^Zone irrigable.
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- Barrage de dérivation.....mm*
- Fig. i.
- Carte de la plaine du Chèliff.
- les échelonnait pas sur une longue période de réalisation. D’autre part, les possibilités immédiates d’emploi de l’eau sont encore assez restreintes, car une grande partie des terres irrigables appartiennent à des indigènes dont l’initiation aux pratiques de l’irrigation et aux bénéfices à en tirer par le choix de cultures riches ne se fera que progressivement et avec lenteur.
- L’ordre d’exécution des barrages-réservoirs paraît devoir être le suivant :
- barrage de l’Oued Fodda
- barrage des Gribbs
- barrage de l’Oued Sly
- barrages des Oueds Rouïna et Deurdeur.
- Barrage de l'Oued Fodda. — Cet ouvrage a été déclaré d’utilité publique par décret du 20 octobre 1925.
- L’emplacement choisi est situé à 10 km. à vol d’oiseau du village de Lamartine et à 18 km. du confluent avec le Chéliff, dans une gorge pittoresque, aux parois abruptes, creusée dans les calcaires jurassiques (fig2). Ces calcaires compacts offrent des garanties de solidité et d’étanchéité
- sorte que le déversoir ne jouera jamais, sauf circonstances tout à fait exceptionnelles. La marge d’envasement correspond à une période de 160 ans, à l’expiration de laquelle l’ouvrage sera encore susceptible de rendre des services dont l’importance décroîtra lentement.
- Le barrage assurera l’irrigation régulière de 25 000 hectares (2e et 5e zones de la plaine du Ché-lilî)-à raison d’une dotation nette moyenne de 5500 m3 par hectare et par an.
- La construction de cet ouvrage exceptionnel a fait l’objet d’un concours entre constructeurs qualifiés, concours qui vient d’être clos par une décision de M. le Gouverneur Général Yiollette confiant le travail à la maison Dufour, de Paris.
- Le projet primé doit subir quelques modifications avant mise à exécution. Tel qu’il a été présenté, il comporte la construction d’une digue en maçonnerie capable de résister par son propre poids à la poussée des eaux et affectant, en plan, la forme d’un arc de cercle de 400 m. de rayon à convexité orientée vers l’amont. La masse de l’ouvrage est prévue en maçonnerie de béton de ciment,
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- avec dosages variables suivant les efforts à supporter; mais le parement amont est constitué avec de la maçonnerie de moellons assises, hourdés avec du mortier riche dosé à 500 kgs de ciment par mètre cube de sable. Le béton contiendra une certaine proportion de grosses pierres, se rapprochant ainsi du type de maçonnerie connu sous la dénomination de « béton cyolopéen ».
- L’étanchéité du réservoir sera renforcée par un mur de garde ancré profondément dans le rocher compact du thalweg. Des galeries de drainage assureront l’évacuation des eaux en cas d’infiltrations accidentelles, de manière à éviter toute sous-pression susceptible de réduire les conditions de stabilité de la digue.
- La dépense envisagée, après moditicatîon du projet, s’élèvera à 45 millions de francs, de sorte que le capital engagé pour emmagasiner 1 m3 d’eau ressort à 0 fr. 20; par mètre cube régularisé, il atteindra 0 fr, 50. Dans ces conditions, chaque mètre cube d’eau livré aux irrigations aura coûté environ 5 centimes, chilfre qui n’est pas excessif.
- Accessoirement, la chute créée par le barrage sera susceptible de produire annuellement 15 millions de kilowatts-heure, après aménagement d’une usine hydro-électrique.
- Le délai d’exécution consenti par l’entrepreneur est de 40 mois seulement. Sauf difficultés imprévues, le barrage pourra donc être mis en service dans le courant de l’année 1929.
- Barrage des Gi'ibbs. — Un décret du 16 septembre 1925 a déclaré l’utilité publique de cet ouvrage, qui, comme le barrage de l’Oued Fodda, fera l’objet d’un concours pour sa construction (').
- L’emplacement adopté est situé dans les défilés par lesquels le Chélilï débouche des Hauts Plateaux dans la basse plaine, à 6 kilomètres en amont du marché indigène d’Amoura. Les conditions géologiques et topographiques sont bien moins favorables qu’à l’Oued Fodda. Lavallée est moins encaissée; le fond et les berges sont constitués par des assises de grès séparées par des lits de marne argileuse. Mais, en poussant les fondations à une assez grande profondeur, on réalisera une bonne étanchéité, la cuvette elle-même ne présentant aucune apparence de couches sous-jacentes perméables.
- L’avant-projet qui a servi de base à la déclaration d’utilité publique prévoit une digue de 60 mètres de hauteur et 400 mètres de longueur en crête.
- Faute de nombreux jaugeages, on connaît mal l’importance et les variations du débit du Chéliff en cet endroit. Pour ne pas engager de grosses dépenses inutilement ou prévoyant de trop loin l’avenir, on s’est borné à envisager une régularisation du débit de l’ordre de grandeur de celle prévue pour l’Oued Fodda, bien que les débits du Chéliff soient incontestablement plus considérables que ceux de son affluent d’aval. On donnera au réservoir une capa-
- 1. Ce concours a été ouvert au mois de février dernier.
- cité de 250 millions de mètres cubes pour en livrer chaque année 100 millions à l’agriculture cl se réserver une marge d’envasement de 20 à 50 ans.
- Plus tard, quand on connaîtra mieux les débits réels du cours d'eau, on s'efforcera de les utiliser intégralement au moyen de travaux de deuxième étape. Dans cet ordre d'idées, on pourra :
- soit surélever le barrage des Gribbs, si une étude approfondie montre que cette surélévation est possible sans risques sérieux,
- soit construire un deuxième barrage à 52 kilomètres en amont, au lieu dit « les Anteurs », où se trouve un autre emplacement favorable.
- Le cas échéant, ce dernier ouvrage jouera un double rôle : il régularisera l’excédent de débit que ne pourrait retenir le barrage des Gribbs et il arrêtera les matières solides, avant leur arrivée à ce barrage.
- Le barrage des Gribbs assurera l’irrigation de 20 000 à 25 000 hectares de la première zone de la plaine du Chéliff. L’utilisation de la chute qu’il créera procurera annuellement une dizaine de millions de kilowatts-heure.
- Autres barrages-réservoirs. — Les études préparatoires se poursuivent pour les trois autres barrages prévus au programme, notamment pour celui de l’Oued Sly, dont la construction intéresse particulièrement l’extrémité Ouest de la plaine, dans le département d’Oran.
- Distribution des eaux emmagasinées. — Les ouvrages de distribution devront assurer, avec le minimum de pertes en route et de dépenses, la répartition des eaux accumulées dans les réservoirs, au fur et à mesure de la mise en service de ceux-ci.
- C’est un problème très vaste et qui ne sera probablement résolu que par la combinaison de systèmes différents, suivant les circonstances.
- On a dit plus haut qu’à l’heure actuelle, les ouvrages de dérivation existants permettent l’irrigation, d’ailleurs imparfaite, de 12 000 hectares. Le barrage de dérivation de Charon et le réseau de canaux qu’il alimentera assureront l’arrosage convenable de 25 000 hectares dans le département d’Oran, partie quand le barrage de l’Oued Fodda sera mis en service, le :>urplus après la construction du barrage de l’Oued Sly ; ces canaux sont en voie d’achèvement.
- 11 restera donc à aménager plus de 70 000 hectares.
- Les deux principaux systèmes de distribution à envisager, systèmes qui peuvent, du reste, se combiner ensemble, sont la dérivation et le pompage.
- Dérivation. — La dérivation de l’eau dans des canaux d’amenée aux zones d’irrigation pourra être obtenue :
- Soit par des prises directes aux bassins réservoirs ;
- Soit par des barrages de dérivation échelonnés le long du cours d’eau, dont le lit servira lui-même de canal principal de distribution.
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- Quand tous les barrages-réservoirs seront construits, les débits seront régularisés en presque totalité et on pourra construire des barrages de dérivation économiques, puisqu’ils ne seront pas exposés à la violence des grandes crues. Les terres riveraines, elles-mêmes, seront à l’abri des dévastations périodiques causées par les crues, et ce résultat, bien qu’accessoire en apparence, ne sera pas un des moindres parmi ceux à provenir de l'aménagement projeté.
- Par contre, les canaux d’amenée issus des barrages de dérivation, seront fatalement très coûteux. Ils devront être bétonnés pour assurer un bon écoulement avec les faibles pentes disponibles et faciliter l’entretien. D’autre part, en raison de cette insuffisance de pente de la plaine et de l’encaissement profond du lit de la rivière, il faudra se résigner à des canaux de très grande longueur pour aboutir à un point suffisamment haut pour dominer le périmètre irrigable.
- Un exemple fera bien comprendre l'importance de cette question :
- La rivière seule a 14 ou 15 mètres en contre-bas du niveau général de la plaine; la pente longitudinale de celle-ci ne dépasse pas 2 mètres par kilomètre, et, si le débit à écouler dans les canaux conduit à donner à ceux-ci une pente de 0.50 par kilomètre, on ne rachètera que 1 m. 50 de hauteur par kilomètre de canal ; il faudra donc un développement de 10 kilomètres pour rattraper le niveau des berges.
- Si, de plus, la pente transversale de la plaine correspond à une différence de niveau de 20 mètres entre les berges et les parties latérales les plus éloignées, le canal devra être allongé encore de 15 kilomètres, soit une longueur totale de 25 kilomètres, pour arriver, obliquement, à un point’ dominant d’où pourront rayonner les canaux de distribution proprement dits.
- Pompages. — Pour éviter les sujétions qui viennent d’être indiquées, on peut concevoir un autre procédé d’alimentation des canaux de distribution, qui consiste à refouler les eaux, au moyen d’engins mécaniques, depuis le barrage de dérivation jusqu’au point dominant le plus rapproché ; la largeur de la plaine sur chaque rive ne dépassant guère 5 kilomètres, la longueur de la canalisation de refoulement sera presque toujours inférieure à 5 kilomètres et la dépense que nécessitera son installation, ainsi que celle de la petite usine éléva-toire, sera notablement inférieure à celle du canal d’amenée par simple gravité.
- Dans chaque cas, il faudra examiner si l’économie ainsi réalisée sur les dépenses d’établissement compensera les frais annuels de refoulement. Ces frais seront réduits au strict minimum en utilisant l’énergie électrique que produiront les usines accolées aux barrages-réservoirs.
- Avec cette conception, les prises d’eau en rivière pourraient être multipliées et les superficies des-
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- servies par chacune d’elles seraient notablement réduites, ce qui diminuerait proportionnellement les sections des canaux de distribution et, par suite, les dépenses de construction correspondantes.
- En dehors de l’alimentation au plus près des réseaux de distribution, les pompages pourront donner lieu à des installations individuelles permettant aux propriétaires riverains d’arroser directement leurs terres sans recourir aux réseaux de canaux de distribution. On peut aussi imaginer des installations de pompage sur ces canaux, soit à titre individuel pour puiser l’eau nécessaire à l’arrosage des terrains en bordure, quand ils sont plus élevés que le fond du canal, soit pour alimenter des réseaux secondaires établis à une plus grande altitude que les réseaux principaux.
- Les combinaisons entre ces divers systèmes présentent une grande souplesse. Dans chaque cas d’espèce, une éLude approfondie des éléments du problème permettra d’adopter la solution la plus rationnelle.
- Pendant longtemps, cependant, une inconnue subsistera, celle du coefficient de perte en route, tant par infiltration que par évaporation, des eaux qui coulent dans le lit même de la rivière. Ce n’est que peu à peu qu’on arrivera à déterminer l’importance réelle de ces pertes ; on ne pourrait les éviter complètement qu’en branchant directement les canaux d’amenée sur les barrages-réservoirs, avec des difficultés topographiques parfois insurmontables, et, toujours, avec des dépenses d’installation considérables.
- Dépenses et résultats escomptés. — 11 est difficile d’estimer, même approximativement, le coût total du programme envisagé. Si l’on prend pour base le prix de revient du mètre cube d’eau emmagasiné dans le réservoir de l’Oued Fodda, soit 0 fr. 50, le capital à engager pour la régularisation de 440 millions de mètres cubes ressort à 220 millions de francs.
- À ce chiffre, il faut ajouter les dépenses qu’occasionneront les ouvrages de distribution, environ 60 millions. La dépense totale ressort donc à 280 millions, soit 2500 francs environ, par hectare irrigué.
- La plus-value directe que les propriétaires tireront de l’irrigation, tant sous forme d’augmentation des rendements que par la possibilité d’entreprendre des cultures riches, justifie à elle seule une pareille dépense. De son côté, la Colonie puisera des profits indirects très intéressants dans le développement de la richesse ’ générale du pays : augmentation des impôts de toutes natures, amélioration du rendement des voies ferrées, etc....
- Les dépenses afférentes à l’accumulation des eaux étant trop importantes pour être mises à la charge des usagers avant qu’ils aient pu retirer de l’irrigation tous les bénéfices escomptés, la Colonie en fera l’avance; elle assurera aussi l’entretien des barrages, dont elle doit rester la maîtresse absolue
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- pour assurer leur conservation et leur bon fonctionnement.
- Mais elle récupérera ses dépenses, en partie tout au moins, par la vente de l’eau aux usagers.
- On a vu, plus haut, qu’au prix de 5 centimes par mètre cube d’eau régularisée, prix qui est nettement au-dessous de sa valeur agricole, l’opération s’équilibrerait financièrement.
- Au contraire, pour les dépenses d’installation des ouvrages de distribution , la Colonie maintiendra sans doute le principe de la participation des intéressés, q u i est actuellement appliqué en matière de travaux d’hydraulique agricole.
- Elle exiger a la formation de syndicats agricoles qui, avec l’appoint de larges subventions, exécuteront les travaux de leurs périmètres respectifs et seront chargés, ensuite, de l’entretien des ouvrages et de la gestion financière des entre-* prises d’irrigation.
- La culture du coton fournit un exemple frappant de la valeur de
- l’eau dans la plaine du GhélilT et des possibilités de vente de cet élément de richesse.
- Après avoir été complètement abandonnée en 1890, la culture du coton est activement reprise depuis quelques années et s’étend avec rapidité dans les plaines du Chélilï et de. l'Habra.
- Elle occupait 1500 hectares environ en 1925-24 et plus de 5000 hectares en 1924-25. Les rendements varient de 12 à 16 quintaux de coton brut à l’hectare, soit 5 à 5 quintaux de fibre. Au prix de 2000 francs, le bénéfice net varie de 4000 cà 8000 francs par hectare.
- _ La production, en 1924, a atteint 1800 quintaux,
- Fig. 2. — Barrage de l’Oued Fodda.
- Les gorges de l’Oued Fodda à l’aval du barrage.
- C’est insignifiant, évidemment, en regard de la production mondiale et, même, de la seule consommation française, qui dépasse 2 millions de quintaux. Mais cette production peut augmenter très rapidement par la mise en valeur de toutes les régions de l’Algérie favorables à cette culture et fournir un appoint non négligeable à celle que la France est en droit d’attendre de toutes ses autres
- colonies.
- Conclusions. — Cette esquisse de la politique de l’eau en Algérie, volontairement incomplète en raison de l’ampleur du sujet, doit suffire cependant à éclairer le public sur les possibilités que comporte la production agricole de l’Algérie.
- Elle ne constitue qu’un très modeste chapitre de la grande question de la politique coloniale de la France, qui est au premier plan des préoccupations de la nation française.
- On ne saurait mieux justifier la nécessité , dans les circonstances angoissantes de l’heure présente, de pratiquer largement et audacieusement cette politique de la mise en valeur des colonies, qu’en citant les propres conclusions du rapporteur de la Commission des Grands Travaux publics instituée par les Assemblées Financières Algériennes, en 1920 :
- « Il semble qu’aujourd’hui les yeux de nos gouvernants soient dessillés et qu’ils aient enfin découvert leur domaine colonial.
- « Ils comprennent que la France ne peut continuer à gaspiller sa fortune au dehors en achetant à l’étranger des produits qu’elle peut trouver dans ses colonies, notamment en Algérie.
- « La France est donc conduite, par la force
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- = LA PHOTOGRAPHIE INTEGRALE
- même des choses, à demander à son empire colonial un effort considérable de production.
- c Une exploitation rationnelle assurera à la France des ressources inépuisables, la libérera à bref délai de coûteuses importations et la dispensera d’acheter à des prix ruineux des blés et des denrées de première nécessité que ses colonies peuvent produire et surproduire. Son salut est dans cette politique, qui lui permettra de ne plus être tributaire de l’étranger.
- « L’Algérie ne demande qu’à apporter son contin-
- gent de ressources et d’énergie à l’œuvre nécessaire, et à mettre sur pied un programme d’ensemble de travaux qui, par l’amélioration de ses transports par terre et par mer, par leur intensification, par le développement de son outillage économique, aura pour résultat de mettre en valeur toutes ses richesses ».
- C’est à la réalisation de ce programme d’intérêt vraiment national que s’emploient actuellement toutes les énergies algériennes.
- X.
- FigXS. — Gorge du Chcliff.
- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE
- Dans notre numéro du 21 mars 1908, p. 252, nous avons tenu nos lecteurs au courant d'un nouveau genre de photographie, imaginé par Gabriel Lippmann, alors professeur à la Sorbonne.
- La conception géniale de Lippmann comportait de nombreuses difficultés dans sa réalisation. Cependant dès la fin mars 1908, l'un des élèves, de Lippmann, M. E. Estanave actuellement secrétaire de la Faculté des Sciences de Marseille, déposait à VAcadémie un pli cacheté où il décrivait un moyen de réalisation.
- Malgré des essais nombreux et répétés, ce n'est quen 1925 qu’il a pu obtenir la vérification qu'il cherchait.
- On ne peut s'empêcher d'admirer la ténacité de ces patientes recherches.
- Dans notre numéro du 27 juin dernier nous avons donné un résumé très succinct de la communication de M. Estanave à l’Académie (*) Comme toute communication, la note présentée n'est qu'un résumé de l’invention sans détails et difficilement accessible au grand public. Nous avons demandé à M. Estanave un article plus détaillé avec des schémas ou des photographies expliquant. le mécanisme de cette vision réalisée dans la photographie intégrale.
- Nous reviendrons plus tard sur un autre pro-1. C R. 27 avril 1925, t. 180, p. 1255 et suiv.
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- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE
- Face lenticulaire du bloc, rien
- Fig. i et 2. — A gauche : Loupe Stanhope.
- A droite : Assemblage des loupes.
- cédé de pnotographie donnant ainsi à vision directe (sans stéréoscope ou lorgnons colorés) le relief du sujet représenté. Ce procédé dû au même inventeur a été réalisé à l'aide de la plaque dite « Autosléréoscopique », dont de remarquables spécimens ont été présentés à diverses expositions, notamment en juillet dernier au Centenaire de la Photographie. Notre confrère, le Bulletin de la Société Française de photographie, jtublie déjà dans son dernier numéro (*) ces diverses applications.
- N. D. K.
- On sait que la meilleure des photographies ordinaires ne donne qu’une perspective sans relief du sujet représenté. C’est en quelque sorte la représentation du sujet vu par un borgne. Cela suffit dans bien des cas; mais la vision binoculaire offre beaucoup plus de variété. Elle montre les objets avec leurs dimensions propres, leur espacement et même, en déplaçant la tête, leur position relative change, tel objet qui était totalement ou partiellement caché se découvre, etc.
- Ce sont ces nouvelles propriétés que j'ai cherché à enregistrer sur la plaque photographique et qui constituent la photographie intégrale.
- Déjà j’avais résolu le problème fort intéressant du relief à vision directe par l’invention delà plaque « Autostéréoscopique ». Grâce à cette plaque en effet, le sujet photographié est perçu directement, sans le secours d’aucun instrument, avec tout son relief.
- Mais malgré ces perfectionnements, la photographie intégrale restait un mystérieux problème, lorsque le 2 mars 1908, Gabriel Lippmannen posait le principe dans une sensationnelle communication à l’Académie des Sciences. Je fus immédiatement (2) incité à me consacrer à ce nouveau problème dont les difficultés étaient sérieuses.
- 'Le problème de la photographie intégrale tel que le pose Lippmann consiste à obtenir une épreuve sur verre contenant une multitude d’images microscopiques du sujet représenté qui, observées, par transparence à travers les très petits objectifs qui ont servi à les enregistrer, reproduit une image unique du sujet, en grandeur naturelle, avec son relief et en plus la variation de champ, c’est-à-dire que l’observateur se déplaçant devant l'épreuve voit des parties nouvelles du sujet, comme s’il se déplaçait autour du sujet lui-même.
- 1. Bulletin Soc. Franc. Phologr., n" janvier 1926, p. lt à 28.
- 2. Pli cacheté enregistré par l'Académie le 25 mars 1908. n» 7517, ouvert en séance le 27 avril 1925.
- On comprend dès lors les nombreuses difficultés du problème notamment dans l’enregistrement de ces nombreuses images du sujet, qui doivent ensuite donner à l’observation la sensation d’une image unique et il n’est pas surprenant que les expérimentateurs qui ont essayé de les surmonter en aient été rebutés au point que la vérification de l’idée géniale de Gabriel Lippmann n’a reçu sa réalisation que dix-sept ans plus tard.
- Je suppose tout d’abord que le lecteur connaît bien les conditions, très précises, qu’il faut remplir pour obtenir à l’aide d'images la sensation de relief que procure la vision binoculaire des objets. Il suffit donc de les rappeler :
- 1° Voir au même endroit de l’espace deux perspectives du sujet photographié;
- 2° Voir chacune de ces perspectives exclusivement l’une avec l’œil droit, l’autre avec l’œil gauche. Bien entendu la perspective correspondant à l’œil droit est vue avec cet œil, car sans cela le relief serait pseudomorphe, c’est-à-dire que l’on verrait en creux ce qui est en’relief et la représentation serait inversée.
- C’est pour satisfaire à cette double condition que dans la pratique usuelle on utilise, pour l’observation des images nécessaires, le stéréoscope dont l’oculaire de gauche a pour effet de donner de la vue de gauche une image déviée vers la droite, pendant que l’oculaire de droite donne de la vue de droite une image déviée vers la gauche, de façon à superposer les images au même endroit.
- Ces conditions ne sont nullement empiriques ; une analyse attentive du phénomène de la vision binoculaire nous montre qu’elles sont indispensables. — En effet, lorsque nous regardons un objet en fermant l’œil gauche par exemple, nous continuons à voir cet objet avec l’œil droit, et inversement, l’œil droit étant obturé, nous voyons encore l’objet avec l’œil gauche. Donc en vision binoculaire on voit deux fois l’objet, une fois avec chaque œil.
- D’où la nécessité d’observer deux images, deux perspectives du sujet. De plus les contours du sujet qu’aperçoivent les yeux se produisent au même endroit de l’espace : l’endroit qu’occupe le sujet en question.
- En quelque sorte, pour prendre une comparaison
- Fig. 3 et 4. — A gauche : Bloc des loupes.
- A droite : Photographie d’une croix (05 images).
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- facile, si le contour du sujet vu par l’œil droit est teinté en rouge, celui vu par l’œil gauche teinté en vert, il est nécessaire que l’œil droit voie exclusivement la teinte rouge, l’œil gauche exclusivement la teinte verte et que cependant, ils voient ces contours au même endroit pour être fusionnés.
- La résultante de ces impressions donne le relief du sujet.
- Dans le problème de la photographie intégrale, ce sera encore deux images que nous observerons chacune avec chaque œil, mais l’image observée par chaque œil proviendra (et c’est là le caractère original) de la juxtaposition d’éléments d’images empruntés à des nombreuses images microscopiques complets du sujet; ces éléments juxtaposés forment une mosaïque pour constituer, par raccordement d’éléments, l'image unique observée.
- Enregistrement des images. —L’objectif multiple que j’ai réalisé pour la photographie intégrale est constitué par un assemblage de nombreuses loupes Stanhope de distance focale d’environ 6 millimètres et ayant une base carrée de 2 millimètres de côté, qui est le plan focal de la lentille (la figure 1 montre une de ces loupes considérablement grossie).
- Ces loupes sont assemblées, comme l’indique la figure 2, par leurs faces latérales et constituent un bloc dont la face antérieure est formée par les portions lenticulaires, la face postérieure du bloc étant plane et constituée par les faces planes de chaque loupe.
- Nous représentons dans la figure 3 une vue de face d’un pareil objectif multiple qui rappelle par son aspect extérieur, l’œil de certains insectes (libellules, sauterelles, etc.).
- Chacune de ces loupes Stanhope, noircie sur les faces latérales, convenablement diaphragmée, est une petite chambre photographique.
- Pour obtenir une photographie avec un pareil bloc, j’ai appliqué sur la surface plane du bloc une plaque photographique ordinaire, de préférence à grain fin (les plaques marque « Collodium » Guille-minot donnent d’assez bons résultats); le tout est enfermé dans un simple châssis photographique. On
- Fig. 6. — Prise de vue d’une photographie intégrale.
- Fig. 5. — Images élémentaires obtenues en une seule pose.
- ouvre le châssis devant le sujet à photographier et on enregistre ainsi sur la plaque autant d’images qu’il y a de loupes Stanhope.Dansles premiers essais, j’avais enregistré soit 56 images, soit 95 images du sujet. Après développement ordinaire ces images négatives constituaient un damier de 56 ou 95 cases carrées ou rondes suivant que les loupes utilisées étaient prismatiques ou cylindriques.
- J’ai depuis obtenu des blocs de loupes contenant jusqu’à 432 loupes, ces blocs conviennent pour une plaque 61/2, 9.
- La figure 4 représente quelques-unes de ces multiples petites images ainsi obtenues, le sujet représenté dans cette expérience était une croix blanche sur fond noir. Dans une autre série d’expériences, le sujet choisi était une statue (fig. 5) dont nous représentons quelques images considérablement grossies. Enfin la figure 6 montre la prise de vue d’une photographie intégrale. On remarquera' que le pied de l’appareil ne supporte pas de chambre photographique encombrante, mais un simple châssis, qui, il est vrai, renferme la plaque contenant plusieurs centaines de petites chambres photographiques.
- La plaque photographique, développée et inversée du noir au blanc, est reportée contre la face du bloc de loupes qui a servi à l’enregistrer dans la position exacte qu’elle avait dans le tirage ; de petites coulisses facilitent ce repérage. Le système est prêt à l’observation, et en regardant par le côté lenticulaire du bloc, on perçoit en vision binoculaire l’image unique représentée avec son relief. Cette image unique paraît localisée derrière la plaque et se déplace par rapport aux bords de la plaque suivant l’orientation des yeux de l’observateur. Comme l'indiquait G.Lippman, le sujet doit apparaître derrière la plaque comme si on l’observait à travers une lucarne dont les bords de la plaque constitueraient l’embrasure. On remarquera toutefois qu’il a été nécessaire, dans l’observation, de faire tourner dans
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- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE
- son plan d’un angle de 180°, le bloc des loupes el plaque, pour avoir le sujet représenté dans sa position normale, car les images étant renversées, le sujet aurait la tête en bas. La figure 7 représente le mode d’observation qui se pratique par transparence, autant que possible sur fond légèrement éclairé, car l’image observée n’est pas toujours très vigoureuse, étant faite d’éléments juxtaposés, bien que les images élémentaires le soient.
- Examinons maintenant par quel mécanisme de vision, un œil observant cà travers le bloc des loupes composant l’objectif multiple arrive à constituer une image unique du sujet photographié, bien que chacune des loupes élémentaires ait derrière elle l’image complète qu’elle a produite. Nous examinerons ensuite comment le relief avec variation de champ se produit par le procédé de la photographie intégrale.
- Supposons (fîg. 9) un point À d’un objet M ; ce point sera enregistré sur la plaque par chaque lentille. Si on éclaire le système plaque et lentille en lumière parallèle par une source L, en vertu du principe de réversibilité de la marche des rayons lumineux, chacun des points a' a" de l’image du point À viendra former son image en A, après avoir traversé la lentille qui lui a donné naissance. Et si même au lieu d’un écran EE' il nous était possible de recevoir les points de convergence des rayons lumineux, nous reproduirions le corps M dans l’espace, mais pour l’explication bornons-nous à recevoir s,ur un écran EE' les images a, a', a" données par un même point À de l’objet M.
- Plaçons l’œil dans la position 0, le rayon lumineux as À entre dans la pupille et cet œil verra a projeté dans la direction os. 11 ne verra pas le point homologue a' de la lentille' s'. Pour cela il faudrait que l’œil fût placé en O' de façon que le rayon a s'A puisse entrer dans la pupille. Mais si nous considérons une lentille voisine de s, celle-ci permet dans
- Plaque Bloc des loupes
- photographique
- big. ç. — Théorie schématique.
- la position de l’œil en O, non de voir l’image du point À de l’objet, mais l’image b d’un point R de l’objet, B étant voisin de A, et ainsi de suite pour les autres lentilles voisines. Donc chaque lentille dont les rayons d’émergence peuvent entrer dans la pupille fournira des images de points différents de l’objet et ainsi l’image de l’objet sera reconstituée par la juxtaposition de ces éléments.
- Ce que j’ai dit pour un œil 0 s’applique à chacun des deux yeux de l’observateur. Celui-ci verra donc avec chaque œil une image unique de l’objet représenté et ces deux images ne sont pas identiques, mais stéréoscopiquement conjuguées. Le relief apparaîtra. C’est d’ailleurs ce que confirme l’expérience.
- 11 va de soi que pour une position des yeux toutes les lentilles ne concourent pas à la formation des images uniques observées. Lorsque les yeux se déplacent, ce sont d’autres lentilles qui jouent le même rôle que les premières et ceci suffit à expli-
- Fig. <9. — Observation d'une photographie.
- quer que l’image unique se déplace par rapport aux bords de la plaque ou par rapport aux objets représentés qui sont dans des plans différents.
- Dans deux positions des yeux peu différentes il arrivera même que certaines lentilles intéressées pourront être communes, mais elles ne donneront pas les mêmes éléments contribuant à la formation de l’image. Ceci serait d’autant plus exact que les éléments seraient plus petits et que les lentilles seraient plus voisines.
- En résumé, comme je l’indiquais dans ma note à l’Académie, l’œil puise dans chaque lentille de l’objectif composite un élément de l’image complète enregistrée par chacune des lentilles pour former une mosaïque d’éléments juxtaposés et constituer par raccordement l’image unique que l’œil aperçoit. Ces éléments vus à travers les lentilles sont grossis et ceci explique que l’image unique représente l’objet en grandeur naturelle.
- La plaque intégrale imaginée par G. Lippman est donc une plaque photographique portant sur
- Fig. “. — L’appareil.
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- UN POISSON QUI PÊCHE DES OISEAUX
- lune des faces une émulsion à grains fins facilement inversable du noir au blanc, l’autre face porte une multitude de demi-sphérules lenticulaires jointives séparées optiquement par un vernis et ayant une courbure telle que le plan focal commun de toutes ces lentilles soit précisément la face qui porte l’émulsion.
- On comprend, d’après ce qui précède, qu’une pareille plaque se suffise à elle-même. Elle n’a pas besoin d’une chambre photographique pour enregistrer les images puisqu’elle possède elle-même une multitude de chambres photographiques, représentées par chaque lentille.
- On l’enferme dans un châssis, émulsion en arrière; on découvre le châssis devant le sujet à photographier, on développe et inverse du noir au blanc, par les procédés ordinaires. La plaque est prête à l’observation par transparence, à vision directe. Le sujet photographié apparaît avec son relief et la variation de champ que l’on obtiendrait dans l’observation directe en se déplaçant devant le sujet.
- Jusqu’ici je n’ai pu obtenir que des plaques- dont les lentilles étaient trop peu régulières pour donner toutes des images nettes. Les plaques étaient en verre et obtenues par moulages. C'est pourquoi j’ai opéré avec des plaques du commerce que j’ai appliquées contre l’objectif composite formé d’une multitude de loupes Stanbope Ce qui d’ailleurs a suffi à montrer une réalisation de la photographie intégrale.
- ' En terminant, qu’il me soit permis d’établir un parallèle entre la plaque intégrale et la plaque à réseau dite « autostéréoscopique » que j’ai imaginée en 1908 et dont plusieurs spécimens ont été présentés à diverses expositions, notamment au Centenaire de la Photographie. Ces deux plaques ont en effet pour résultat de donner la sensation du relief à vision directe, sans le secours d’instruments à placer devant les yeux de l'observateur.
- 4Ï3
- Dans le cas de la plaque « autostéréoscopique », de même que dans le cas de la « plaque intégrale », le relief n’apparaît que par la vision exclusive par un oeil d’une image stéréoscopiquement conjuguée de celle que voit exclusivement l’autre œil. Ce sont les conditions de la vision stéréoscopique.
- Mais alors que par le procédé des réseaux lignés ou quadrillés (autostéréoscopique), il n’est inscrit sur la plaque que deux images : celle destinée à l’œil droit et celle destinée à l’œil gauche, dans le cas de la plaque intégrale on a inscrit sur la plaque une multitude d’images. Cependant, l’œil droit n’en voit qu’une formée d’une mosaïque d’éléments, tandis que 1 ail gauche en aperçoit une autre stéréoscopiquement conjuguée de la première.
- Dans le cas de l’autostéréoscopique à réseaux lignés ou quadrillés, les deux images sont formées de lignes ou de points, et l’œil, examinant à travers le réseau, fait la sommation des lignes ou des points, et reconstitue ainsi l’image qu’il doit voir et celle-là seulement. Mais les éléments filiformes ou punctiformes que voit un œil appartiennent à la même image qui est enregistrée sur la plaque.
- Dans le cas de la plaque intégrale, il n’en est plus ainsi ; l’image unique que voit l’œil n’est pas l’une des nombreuses images complètes inscrites, mais la résultante des éléments de ces images que l’œil puise à travers chaque lentille, pour les assembler par raccordement et pour constituer par cette juxtaposition d’éléments l’image unique qu’il aperçoit.
- De plus, si les yeux se déplacent devant la plaque, ce ne sont plus les mêmes éléments qui contribuent à la constitution de l’image unique, et c’est là un caractère de variation de champ que ne présentent ni les stéréoscopes, ni la plaque autostéréoscopique.
- E. Estasave.
- Docteur ès sciences.
- UN POISSON QUI PÊCHE DES OISEAUX
- Présence de deux oiseaux de mer dans l’estomac d’une Baudroie. (*)
- J’ai déjà signalé (s) l’abondance croissante, en ces dernières années, des bancs de langoustines sur les fonds vaseux qui bordent, à une centaine de mètres de profondeur, les côtes de l’Atlantique, au sud de la Bretagne et de l’embouchure de la Loire. Leur pêche occupe maintenant, pendant une grande partie de l’année, de très nombreux voiliers qui ramènent dans leurs chaluts des spécimens variés de la faune de cette zone. On y trouve fréquemment des Baudroies (Lophius piscatorius L.) de toutes tailles depuis 10 centimètres.
- Un de ces poissons, de près d’un mètre de long, fut ainsi apporté le 20 mai dernier à la criée de Concarneau et, selon l’usage, coupé transversalement afin qu’on n’ait
- 1. Note présentée à l'Academie des Sciences le 7 juin 1925.
- 2. Association française pour /'avancement des Sciences. 48e session. Liège., 1924, p. 987 ; La Nature n° 2627.
- à expédier que la partie postérieure. En sectionnant l’estomac, on y trouva deux oiseaux de mer qui furent remis au Laboratoire maritime du Collège de France. L’un d’eux était un jeune Macareux moine (Fratercula arctica L.) de 27 centimètres de longueur totale, l’autre un Guillemot à capuchon ((Jria Iroille L.) adulte de 44 centimètres. Tous deux étaient en parfait état de fraîcheur : peau ferme, plumes solidement implantées, organes et musculature non altérés, indiquant une déglutition toute récente ; seuls les yeux étaient déjà en partie fondus. Le Guillemot portait une blessure saignante au cou ; des Nématodes vivants logeaient dans son œsophage et son cloaque.
- La présence de poissons dans le tube, digestif des oiseaux de mer est un fait d’observation banale sur toutes les côtes et l’on s’est même préoccupé maintes fois (notamment Mc fntosh) des ravages faits dans les bancs de pois-
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- UN NOUVEAU SONDEUR-COLLECTEUR
- sons par de nombreuses espèces, particulièrement les Guillemots qu’on a accusés d’èlre une cause de dépeuplement de là mer. La présence d’oiseaux dans l’estomac de poissons est par contre une rareté dont la conslala-tion pose plusieurs problèmes qui méritent, je crois, d’ètre indiqués.
- Tout d’abord, il faut écarter l’hypothèse que la Baudroie en question a englouti des proies déjà mortes. Elle est un habitant du fond et les oiseaux tués ne coulent pas immédiatement, si bien que la rencontre eût été impossible. L’état de fraîcheur des proies oblige à admettre qu’elles ont été ingérées vivantes,. On connaît le mode de pêche de la Baudroie, à l’affût, sur le fond, au moyen du long filament à extrémité foliacée que forme le premier rayon de sa nageoire dorsale. On sait aussi sa voracité, et il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des Baudroies ayant avalé des Langoustines entières. À moins donc que,
- par hasard, les oiseaux aient été pris .dans le chalut pendant sa remontée, puis mangés par la Baudroie une fois le contenu de la poche du filet arrivé sur le pont du bateau, il faut admettre que les deux oiseaux étaient venus près du fond, vers 80 à 100 mètres, à portée de la vaste gueule, peut-être attirés par le filament pêcheur qui la surmonte. Dans ce cas, ce serait une indication de la grande profondeur à laquelle peuvent plonger les Macareux et les Guillemots. Je ne connais pas de données précises sur ce point.
- En outre, cette observation sera à retenir par les parasitologues, si constamment embarrassés par les divers stades lai'vaires qu’ils rencontrent dans les animaux marins : un stade observé chez un oiseau pourrait donc continuer son développement dans un poisson.
- B. Lkckniuu:.
- UN NOUVEAU SONDEUR COLLECTEUR
- Une des opérations courantes à bord des navires est le sondage du fond de la mer. Elle suffit souvent à indiquer la position géographique, notamment près des côtes, surtout quand à l’indication de la profondeur, l’appareil ajoute celle de la nature du fond.
- Le plus simple de ces appareils est le plomb de sonde, masse de plomb de 5 à 10 kg, suspendu à un fil de sonde, qu’on file jusqu’à ce qu’une secousse avertisse qu’on touche le fond. La partie inférieure du plomb est creusée d’une cavité remplie de suif auquel adhèrent les éléments du fond : sable, gravier, vase, au moment du contact.
- Jusqu’à 100 m., le plomb de sonde suffit; au delà, on emploie d’autres dispositifs : machines à sonder à fil dont il existe de nombreux modèles, piézomètres, hélice à compteur de tours, appareils à sons et à ultrasons.
- Pour les océanographes, la récolte des échantillons de fonds devient souvent la principale préoccupation et l’on a déjà vu apparaître des sondeurs terminés par une coupe, une chambre, des cuillers, des poches, un tube coupant, etc. (’).
- Pour les faibles profondeurs, M. le professeur Gilson a imaginé un ingénieux sondeur-collecteur (*) spécialement destiné à l’étude du fond de la mer, des lacs et des rivières, per-
- 1. Consulter J. Richaud. L'océanographie. 1 vol. in-4, Yuibert et Nouy, Paris.
- 2. Voir G. Gilsox. Description à’un sondeur-collecteur et remarques sur le prélèvement d’échantillons du fond de la mer. Conseil permanent international pour l'exploration de la mer. Publications de circonstances, n° 55.
- mettant d’obtenir un échantillon de sédiment volumineux et intact, c’cçt-à-dire protégé pendant la remonte contre toute perte ou délavagc par l’action de l’eau ou des chocs. Son poids qui
- A atteint 22 kg, dans les grands mo-
- dèles, assure l’attaque des fonds très durs, meme couverts de galets. Il fournit de bonnes captures d’animaux vivants saisis dans leur milieu sans tramage. Son emploi est encore possible dans les cas où la houle ou un courant trop rapide s’opposent au fonctionnement du « grab » de Petersen.
- Mais, dans bien des cas l’explorateur désire un engin plus léger, permettant de faire rapidement des séries de prises et ne nécessitant pas l’emploi d’un treuil. C’est pour répondre à ces désidérata que l’inventeur vient de faire construire un nouvel instrument d’un type analogue mais simplifié et ne pesant que 7 kg.
- La figure 1 qui le représente ne demande que peu d’explications. On voit que l’appareil est suspendu par l’intermédiaire d’une pièce 1 traversée par la tige. C’est le déclancheur qui, lorsque le sondeur touche le fond, continue son chemin et vient frapper l’attache II, mais sans faire tomber le couvercle qui est maintenu en place à une grande distance de la coupe collectrice IV. L’instrument se couche alors sur le fond et la coupe entaillant le sédiment par son bord se remplit plus ou moins, suivant la consistance du fond. À la remonte il reprend la position verticale et le couvercle tombe, fermant hermétiquement la coupe. Celle-ci remplie rapporte encore 2,2 kg de sable. De plus, la coupe et le couvercle
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- Fig. i.
- Le sondeur-collecteur Gilson.
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- LA VENTILATION DU TUNNEL DE P1TTSBURG ===== 415
- étant amovibles peuvent être remplacés par un récipient beaucoup plus large que celui du modèle moyen figuré, si on désire prélever un échantillon plus volumineux.
- L’appareil, extrêmement simple et robuste, ne comprend aucune pièce délicate. Son maniement est des plus commodes. Il a été conçu spécialement pour l’étude des régions peu profondes de la Mer du Nord, mais il peut s’adapter aux plus grandes
- profondeurs et on pourrait aisément fixer sous lui des dispositifs de sondage à poids perdu. ,
- Ce sondeur répond surtout aux besoins des Services hydrographiques et des explorations océanographiques. Cependant quelques patrons pêcheurs belges dont l’attention s’est particulièrement portée sur la composition des fonds fréquentés par les poissons plats,en expérimentent l’emploi industriel.
- X.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1926.
- La nitruration des aciers ordinaires et spéciaux. — M. Léon Guillet attire l’attention des métallurgistes sur le nouveau procédé de durcissement des produits spéciaux, par chauffage des pièces, dans un courant de gaz ammoniac de 500 à 510°. Au bout de quelque temps, on observe dans le cas des aciers au nickel, au chrome, au manganèse ou au silicium, la formation d’une couche extrêmement dure qui, après quatre jours, atleintjme
- épaisseur de 8/10e mm. Aucun phénomène de trempe n’intervient et la dureté est. obtenue par simple nitruration. Elle se réalise avec des aciers contenant un ou plusieurs éléments qui diminuent la diffusion de l’azote^ particulièrement rapide dans les aciers ordinaires, et cela par suite de la formation d’un azolurc de fer et des éléments ajutés (Cr, Si, Mo, Al.).
- Paul 11.
- LA VENTILATION DU TUNNEL DE PITTSBURG
- Pour assurer la circulation des véhicules et des piétons sous la partie élevée de la ville de Pittsburgh, on a construit un souterrain, le Liberty-Tunnel, de 795 mètres de longueur où la circulation automobile est intense.
- Le tunnel est formé de deux galeries parallèles, dont la section est celle d’une voûte en plein cintre reposant sur deux pieds droits verticaux ; la chaussée a 6 m. 40 de largeur et elle est bordée d’un trottoir étroit. Chaque souterrain a une circulation à sens unique, la vitesse maximum des voitures est de 50 km à l’heure.
- Etant donné les gaz dégagés par l’échappement des automobiles, il a fallu prévoir un système de ventilation très perfectionné pour éviter des accidents. On aspire l’air dans une moitié du souterrain et on refoule de l’air frais dans l’autre moitié, de cette manière le courant d’air se produit dans le même sens que la circulation des voitures.
- L’installation de ventilation est construite à l’aplomb du milieu de la longueur du souterrain, en un point où le sol est à 66 mètres au-dessus de la chaussée du tunnel. Les ventilateurs et les moteurs sont situés à la surface du sol, à côté des cheminées d’aspiration. Les ventilateurs communiquent avec chaque tunnel au moyen de deux puits dont la section est de 4 mètres.
- Chaque puits est diyisé par des cloisons en quatre parties ; les deux compartiments du milieu
- servent à l’aspiration de l’air dans une moitié de la galerie ; les compartiments latéraux livrent passage à l’air soufflé dans le tunnel. Les conduits d’aspiration débouchent directement sous la voûte avec un simple arrondi des angles. Les conduits de refoulement d’air frais sont au contraire contournés dans le sens de la direction du courant d’air et débouchent par une série d’ouvertures verticales dans les parois latérales de la galerie. Malgré le voisinage de l’aspiration et du refoulement, la circulation des gaz est régulière, le mouvement des véhicules contribue d’ailleurs à la répartition.
- Si l’on suppose que la circulation soit telle qu’il y ait à la fois dans chaque tunnel 117 véhicules, chaque voiture dégageant 42 litres d’oxyde de carbone par minute, pour diluer ce gaz de manière que l’atmosphère du tunnel n’en contienne que 5 à 6/10 000, il faut faire circuler, par minute, dans chaque galerie, 7950 mètres cubes d’air, tant par aspiration d’un côté que par refoulement de l’autre.
- Deux ventilateurs débitent normalement 2000 mètres cubes par minute, mais on prévoit l’accélération de la vitesse de rotation des moteurs, de façon à assurer un débit deux fois plus grand à l’entrée et à la sortie du tunnel. On a en outre établi un portail double, afin d’éviter que l'action du vent s’oppose à la ventilation.
- Le tunnel est prolongé sur 20 mètres par deux
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- LA VENTILATION DU TUNNEL DE PITTSBURG
- Fig. i. — Doseur avertisseur automatique d’oxyde de carbone.
- murs verticaux, reliés par un arc à l’extrémité et ayant le profil du tunnel. L’espace entre les murs, l’arc et l’entrée réelle du tunnel est découvert, ce qui permet l’échappement ou l’appel de l’air dans la partie supérieure, si le vent gêne l’écoulement horizontal.
- La distribution de l’oxyde de carbone dans l’atmosphère du tunnel est rendue sensiblement uniforme, grâce au brassage produit par le déplacement des véhicules et tant que la circulation reste moyenne, la dilution du gaz nocif n’est pas inquiétante.
- Si le trafic devient important, la ventilation est au contraire absolument indispensable et pour avoir toute sécurité, on a imaginé une méthode automatique d’accélération des ventilateurs, en rapport avec la concentration de l’oxyde de carbone de l’atmosphère du tunnel.
- Cet appareil, imaginé par MM. S. H Katz et E. G. Meiter, a pour principe de doser automatiquement l’oxyde de carbone. L’appareil comprend une série de flacons sécheurs contenant de l’acide sulfurique et des tubes également sécheurs remplis de
- chlorure de calcium. L’air passe ensuite sur des filtres, dans un régulateur et un indicateur de débit.
- Il arrive enfin dans la cuve à réaction, qui est chauffée à la vapeur.
- Un mélange d’oxyde de cuivre et d’oxyde d.e manganèse joue le rôle de catalyseur, qui réagit sur l’oxyde de carbone et l’oxygène. La combinaison qui se produit dégage une certaine quantité de chaleur, ce qui augmente la température des gaz.
- Ces variations de chaleur interviennent sur des piles thermo-électriques qui, par suite, fournissent un courant envoyé dans un potentiomètre enregistreur.
- Ce dernier appareil est équipé avec une’ sonnerie avertisseuse qui retentit dès que la teneur en oxyde de carbone dépasse une quantité fixée, généralement o à 6/10 000.
- Si l’on atteint cette valeur, le courant produit par les piles thermoélectriques agit sur un relais qui, automatiquement, accroît la puissance fournie au moteur des ventilateurs.
- La vitesse de rotation de ces derniers augmente et l’effet de ventilation s’accélère.
- La ventilation est donc réglée d’après la teneur en oxyde de carbone de l’air qui circule dans l’appareil doseur, lequel fonctionne d’une manière continue.
- C’est à la Station d’Expériences du Bureau des Mines de Pittsburgh que cet appareil a été imaginé et construit.
- E.-II. Weiss.
- liP&i
- air Frais 1
- refoulement
- aspiration
- Fig. 2.
- Coupe et plan de la cheminée de ventilation.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiüre, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1920.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1926
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences : comptes rendus des séances hebdomadaires, 14, 46,
- 59, 94, 175, 191, 222, 238, 269, 287, 300, 314, 351, 7,65, 398.
- Acclimatation de l’omble-chevalier dans les lacs alpins, 60.
- Agronomie coloniale : reconstruction du laboratoire, 188.
- Alcaloïdes : extraction, 57.
- Algérie : utilisation agricole de l’eau, 333, 369, 403.
- Algue floridée : localisation du brome,
- 60.
- Alliages d’argent : influence du traitement thermique, 314
- — fer-sulfure de fer, 238.
- — : variations d’élasticité, 59. Aluminium : cémentation des alliages
- ferreux, 366.
- Amandes : ferments nouveaux dans l’émulsion, 14.
- Ammoniac et chlorures de phosphore, 15. Ammoniaque synthèse, 398.
- Amylogène : seuil de condensation, 314. Anguilles du Pacifique, 113.
- Araignées hissant des coquilles, 239.
- — venimeuses du Brésil, 158.
- Arbres et arbustes : comment les reconnaître, 316.
- Argent : influence du traitement thermique sur les alliages, 314.
- Argon du sang, 598.
- Astronomie stellaire, 278.
- Atlas : reptiles et batraciens, 60.
- — : truite omble, 222.
- Atmosphère : rayons ultra-pénétrants, 4. Aurignacien : homme fossile de Libos,
- 17.
- Autobus à 8 roues sur 2 trucks, 471
- Supplément au 11" 2725 de La Nature
- Automobiles : garages publics, 123. Automotrices à combustion interne, 200, 217.
- Avions : moteurs à refroidissement par air ou par eau, 262.
- Avocettè, 145.
- Azotémie et mal de montagne, 15.
- B
- Bakou : région pétrolifère, 209. Batraciens de l’Atlas, 60.
- Bellol: centenaire, 166.
- Bélugas : chasse, 380.
- Biologie : initiation, 54.
- Bismuth : recherche, séparation, dosage, 14.
- Blé : température et germination, 287. Boues activées, 191, 225.
- Brésil : araignées venimeuses, 158. Breton et français, 273 Brome : localisation dans une algue llo-ridée, 60.
- c
- Câbles à haute tension, 185.
- Cacao : histoire, 385.
- Cachalot : huile et spermaceti, 301. Camranh, navire français à moteurs, 28. Capillarité : mesures, 94.
- Cellule, 212, 241.
- Cémentation des alliages ferreux par l’aluminium, 566.
- — par le tungstène, 288.
- Cendres de Fouqué Kameni, 222. Centenaire du lieutenant Bellot, 166. Cerveau humain : composition, 14.
- du 26 juin 1926.
- Cétacés de nos côtes, 357.
- — ; utilisation, 580.
- Chamoiserie : technique, 538.
- Charbons actifs d’Édouard Urbain, 149.
- — de terre : structure microsco-
- pique, 501,
- Châtelet (Mme du) et la querelle des forces vives, 382.
- Chaussées urbaines modernes, 5, 168. Chloral : préparation, 81.
- Chlorures de phosphore et gaz ammoniac, 15.
- Chronométrie : graissage scientifique, 56. Ciments hydrauliques : durcissement, 222. Cinématographie : édition, 60.
- Cités minières du Nord : reconstruction, 235.
- Climat : témoignages de la faune, 142. Cœur : action de la base tropinc, 14. Ccdfres-forts : récents progrès dans la fabrication, 135.
- Confitures et gelées : technique de fabrication, 253.
- Constructions isothermiques en solomite, 40.
- Coquilles de Murex : particularité de croissance, 134.
- Corse et France : jonction géodésique, 49.
- Courants de haute fréquence à sens constant : effets physiologiques, 60. Couronne lunaire remarquable, 15.
- « Corb'in » : machine trigorifique, 244. Corrosion : franges, 301.
- Cuivre: raffinage et obtention des feuilles, 310,
- Cyprès dans le Tassili des Azdjers, 287.
- D
- Détecteurs : stabilité, 222. Diatomées, 33.
- 27
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-
-
- 418 ...............—
- Distributeurs électro-magnétiques Guur-don,-289.
- Dordogne : bassin houiller, 514.
- E
- Eaux de boisson : épuration, 326.
- — d’égout : épuration par le s boues
- activées, 191, 225.
- — minérales d’HammamMeskoutine:
- radioactivité, 94.
- Eau : utilisation agricole en Algérie, 333, 369, 403.
- Ecrans de fumée, 10.
- Écrouissage : franges, 301.
- Édition cinématographique, 60.
- Élasticité des alliages : variations, 59. Électromètre nouveau, 300.
- Énergie : conquête, 20.
- Engrais azotés nouveaux, 287. Épithéliomas de Rôntgen ulcérés : guérison, 223.
- Épuration des eaux de boisson, 326. Essences de pétrole : analyse, 314. Esquimaux, 305.
- — : chasse et pêche, 231.
- -. industrie et commerce, 97.
- — : organisait sec-aï'.?-
- — : origine et caractéristiques, 1. États-Unis : dernière exploration, 257. Étreehy : foyers magdaléniens, 198.
- F
- Fabrication moderne des perles imitation (G. Dunocniîu), 161.
- Faune : témoignage dans les modili-cations du climat, 142.
- Ferments nouveaux dans l’émulsion des amandes, 14.
- Ferronnerie d’art : sa technique actuelle, 25,
- Feuilles : caractères chimiques, 191.
- — de cuivre : obtention, 311.
- Films : tirage et développement automatiques, 60.
- Flore des sommets du Tibesti, 239.
- Fluor : préparation, 94.
- Fluorescence des matières colorantes végétales, 14.
- Forces vives : querelle et Mme du Châtelet, 332.
- Forster (Johann et Georges), 346.
- Fossiles du Groenland, 269.
- Fouqué Kameni : enclaves et cendres,
- 222.
- Franges d’écrouissage ou corrosion, 301.
- Freinage continu des trains de marchandises, 342.
- Frigorifique : machine a Corblin », 241.
- Fumée : écrans, 10.
- Fusion de la houille : mécanisme, 239.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- G
- Gages : couche moyenne houillère, 366.
- Galleria et hyménoptères, 398.
- Galvanoplastie : industrie actuelle, 119.
- Garages publics pour automobiles, 123.
- Gaz de combat dans l’histoire, 308.
- Gazomètres secs, 223.
- Gel : action sur 1rs végétaux, 156.
- Gelées et confitures : technique de fabrication, 253.
- Géographie : conceptions de M. de Mar-tonne, 221.
- Géodésie : jonction entre la France et la Corse, 49.
- Germination des grains de blé : température, 287.
- Glucinium : préparation du chlorure, 191.
- — : thermochimie, 60.
- Gneiss granitiques du Pilât : origine, 398.
- Golfe de Gascogne : relief sous-marin, 46.
- Gouffre Bertarelli : drame, 68.
- Gourdon : distributeurs électro-magnétiques, 289.
- Gouy, 144.
- Graines : vie dans le vide à froid, 60.
- Graissage scientifique en chronométrie, 56.
- Grisou : indicateur pour lampe de mine, 288.
- Groenland : fossiles, 269.
- Guano péruvien et ses producteurs, 195.
- H
- Hammam Meskoutine : radioactivité des eaux minérales, 96.
- Harmaline : oxydation, 566.
- Hélice Maublanc-Lallié, 351.
- Hommes fossiles de la Denise, 287. Homme fossile de Libos, 17.
- Horloge électrique « Bulle-Clock », 301. Horlogerie : mécanique, 106.
- Houille : mécanisme de fusion, 239. Houiller de la Haute-Dordogne, 314. Houiller de Gages, 366.
- Huiles d’animaux marins, 15.
- Huile de cachalot, 301.
- Hydrogénation des substances organiques, 301.
- Hydrogène atomique : soudure autogène, 282.
- Hyménoptères et Galleria, 398.
- I
- lie Tristan da Cunha, 69.
- Ile de France : paquebot, 353. Imprimerie : machine à composer photographique, 182.
- Immunité : nouvelles conceptions, 291. Inhalateurs d’oxygène pour l’aviation, 193.
- Injections sous-culanées d’oxygène, 14. Ions : mobilité dans les gaz, 314. Isolant électrique nouveau : 238.
- K
- Kaboul : séismes, 59.
- L
- Laboratoire d’Agronomie coloniale : reconstruction, 188.
- Laluque : lignites, 401.
- Lampe de réception de T. S. F. nouvelle, 207.
- Latitude : résultats récents des observations, 260.
- Léman : pisciculture, 177.
- — : plancton, 191.
- Leucite, 314.
- Libos : homme fossile, 17.
- -Lignites de Laluque, 401.
- Limoges : terrains métamorphiques, 239. Littoral centre-ouest de France : modification, 378.
- Loire : phytoplancton, 351.
- Locomotives à combustion interne, 200, 217.
- Lune : couronne remarquable, 15.
- — : radioactivité, 398.
- M
- Madagascar : pegmatites, 365.
- — : roches éruptives, 287.
- — sources thermales, 314. ,
- Mme du Châtelet et la querelle des forces vives (G. Bioche), 332-Magdalénien : foyers à Étreehy, 198 Mal de montagne et azotémie, 15.
- Mal de terré, 350.
- Maroc: gisement de molybdénite, 501. Marteau électro-magnétique, 269. Martonne (de) : conceptions géographiques, 221.
- Malles : sulfate de soude et raffinage, 46. Meunerie française : son outillage actuel, 85, 100.
- Mines: indicateur de grisou pour lampe, 288.
- Mobilité des ions dans les gaz, 314. Molybdénite : gisement au Maroc, 301. Montucla : historien des mathématiques, 42.
- Moteurs d’avions à refroidissement par air ou par eau, 262.
- Murex : particularité paradoxale de croissance, 134.
- Muséums : vélins, 70.
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-
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- N
- Navire français à moteurs, 28.
- Neige : révélation dans les transports, 176.
- Nids des petits oiseaux, 321.
- O
- Observatoire : travaux, 129.
- Œufs des petits oiseaux, 366.
- Oiseaux bagués : trouvailles, 12.
- — : nids, 321.
- — : œufs, 366.
- — : poisson qui pèche, 413. Omble-chevalier : acclimatation dans les
- lacs alpins, 60.
- Or : en a-t-on fabriqué, 389.
- Oxygène: inhalateurs pour l’aviation, 193.
- — : injections sous-cutanées, 14. Oxyhémoglobine du cheval : éléments
- minéraux, 191.
- P
- Papillon qui féconde les yuccas, 255. Paquebot Ile de France, 353.
- Parkings, 123.
- Pegmatites de Madagascar, 365.
- Pellagre : réalisation expérimentale, 269. Perles imitation : fabrication moderne, 161.
- Pétrole de Bakou, 209.
- Phosphorescence des sulfures métalliques, 358.
- Photographie intégrale, 409. Phytoplancton delà Loire, 351.
- Pilât : origine des gneiss granulitiques, 398.
- Pisciculture dans le Léman, 177 Pistons en aluminium, alpax ou magnésium, 315.
- Plancton du Léman, 191.
- Planètes : excursions, 391. Pneumatiques : fabrication, 75.
- Pois secs régénérés et pois verts, 239. Poisson qui pêche des oiseaux, 413. Pompe à condensation nouvelle, 365. Poteau indicateur basculant, 399.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- Prénoms en France, 196.
- Psychologie d’une race primitive, 305.
- R
- Radioactivité des eaux minérales d’Ham-mam Meskoutine, 94.
- Radioactivité de la Lune, 398.
- Raffinage des mattes et sulfate de soude, 46.
- Raffinage du cuivre, 311.
- Raisins sans pépins, 46.
- Rayons ultra-pénétrants de l’atmosphère,
- 4.
- Rayons X et réactions chimiques. 14. Réactions chimiques et rayons X, 1 4. Reconstruction des cités minières du Nord, 235.
- Récurvirostre avocette, 145.
- Reptiles de l’Atlas, 60.
- Réunion : sources thermales, 314. Rhamnodiastase, 175.
- Riz : préparation, 251.
- Roches éruptives du pays sakalave, 287. — : leucitiques, 314.
- S
- Saints de glace en 1926, 550.
- Sang : argon, 598.
- Santorin : llammes du volcan, 223.
- — : volcan, 14.
- Séisnes de Kaboul, 59.
- Silice : action sur les sulfates, 59. Solomite : constructions isothermiques, 40.
- Sondages aérologiques, 191.
- Sondeur collecteur nouveau, 414. Soudure autogène dans l’hydrogène atomique, 282.
- Soufflage du verre : enseignement pratique, 328.
- Sources thermales de Madagascar et la Réunion, 314.
- Spermaceti, 501.
- Sphinx de Gizèh : restauration, 95. Stéréoscopie des déformations, 111.
- — des objets en mouvement, 315. Sulfates : action de la silice, 59.
- Sulfate de soude dans le raffinage des
- mattes, 46.
- Sulfures métalliques : phosphorescence, 358.
- 419
- T
- Tannage au tanin végétal, 172.
- T. S. F. : nouvelle lampe de réception, 207.
- T. S. F. : postes portatifs, 91, 247.
- — : stabilité de certains détecteurs,
- 222.
- Terrains métamorphiques au sud de Limoges, 239.
- Terre : figures, 83, 205.
- Thermochimie du glucinium, 60.
- « Thotmic, », machine à composer photographique, 182.
- Thymol : synthèse, 222.
- Tibesti : flore des sommets, 259.
- Trains de marchandises : freinage continu, 342.
- Transports sur neige : révélation, 176.
- Tristan da Cunha, 69.
- Tropine : action sur le cœur, 14.
- Truite omble du moyen Atlas, 222.
- Tungstène : cémentation des alliages ferreux, 288.
- Tunnel de Pittsburg : ventilation, 415.
- U
- Urée dans la salive, 59.
- V
- Vélins du Muséum, 70.
- Ventilation du tunnel de Pittsburg, 415. Verre : enseignement pratique du soufflage, 328.
- Viande crue et cuite, 16.
- Violonista pneumatique, 375.
- Vision stéréoscopique des objets en mouvement, 315.
- Voiture à hélice sur voie ferrée, 160. Volcan de Santorin, 14.
- — — : flammes, 223.
- Y
- Yuccas : papillon qui féconde, 255.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aron (Dr Max). — Préface à une initiation biologique, 54.
- — La cellule, 212, 241.
- B. (A.). — Distributeurs électro-magnétiques Gourdon, 289.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 14, 46, 59. 94, 175, 191, 222, 238, 269, 287, 300, 314, 351, 365, 398.
- Bertin (Léon). — La pisciculture dans le lac Léman, 177.
- Ridault de l’Isle (G.). — Les saints de glace en 1926, 350.
- BrocHE (Ch.). — Mme du Chatélet et la querelle des forces vives, 332.
- Boccaiidi (Jean). — La fizure de la terre, 83.
- Boübdeix (Pierre).— « Parkings », garages publics pour automobiles, 125.
- Bourgain (A.).-— Les automotrices et locomotives à combustion interne, 200, 217.
- Bousquet (M.). — Chaussées urbaines modernes, 5, 168. — Constructions isothermiques en solomite, 40. — L’horloge électrique « Bulle-Clock », 301. — Procédés d’épuration des eaux de boisson, 321.
- Boiter (Jacqufs). — La ferronnerie d’art et sa technique actuelle, 23. — La meunerie française et son outillage actuel, 85, 100. — L’industrie galvanoplastique actuelle, 119. — Récents progrès dans la fabrication des coffres-forls, 135. — Une révolution dans l’imprimerie, 182. — L’enseignement pratique du soufflage du verre, 328. — Le violoniste pneumatique, 375.
- Boltingaire (Léon). — Les vélins du Muséum, 70.
- Cerisaie (J. de la). — Le laboratoire d’agronomie coloniale vient d’être reconstruit, 188.
- Chaumat (fl.). — Les charbons actifs d’Edouard Urbain, 149.
- Coopman (L.). — Le récurvirostre avocelte, 145. — Les nids des petits oiseaux, 321. — Les œufs des petits oiseaux, 366.
- Coupin (Henri). — Comment on reconnaît les arbres et les arbustes, 316.
- Courty (G.). — Foyers magdaléniens récemment découverts à Etrechy, 198.
- Dauzat (Albert). — Conceptions géographiques deM. de Mar-tonne, 221. — Le breton et le français, 273.
- Debeaupuis (M.). — Le « Camranh », premier grand navire français à moteurs, 28.
- Doublet (E.). — Montucla, l’historien des mathématiques, 42. — Les travaux d’un observatoire, 129. — Le centenaire du lieutenant Bellot, 166. — L’astronomie stellaire, 278. — Johann et Georges Forsler, 346
- Dorocher (P.). — L’extraction des alcaloïdes, 37. — La préparation du chloral, 81. — Fabrication moderne des perles imitation, 161. — La région pétrolifère de Bakou, 209.
- Epstein (Dr S.). — Nouvelles conceptions de l’immunité, 291.
- Estanave (E.)— La photographie intégrale, 409.
- Forbin (Victor). — Origine et caractéristiques des Esquimaux, 1. — L’organisation sociale des Esquimaux, 65. — Restauration du sphinx de Gizeh, 95. — Industrie et commerce chez les Esquimaux, 97. — Chasse et pêche chez , les Esquimaux, 235. — Dernière exploration des Etats-Uni-, 257. — Le guano péruvien et ses producteurs, 295.
- — Psychologie d’une race primitive : les Esquimaux, 305.
- Causaux (D'j. — Inhalateurs d’oxygène pour les hautes alti-
- titudes de l’aviation, 193.
- Gorceix (Cii.). — La ligure de la terre, 205.
- Guntz (A.-A.). — Phosphorescence des sulfures métalliques, 558
- IlÉMARiiiNQUER (P.). — Les postes de T. S. F. portatifs, 91.
- — Nouvelle lampe de réception de T. S. F., 207. — Progrès dans la construction des postes de T. S. F. portatifs, 217.
- Hutin (Albert). — Technique de la fabrication moderne des confitures et gelées, 253.
- Jacqué (M. et L.). — Les gaz de combat dans l’histoire, 308.
- L. (I.). — La fabrication des pneumatiques, 75. — Une révélation dans les transports sur neige, 176. .— Raffinage du cuivre (t obtention des feuilles. 311. — La technique de la chamoiscrie, 548.
- Labadie (Pierre). — Le tannage au tanin végétal, 172.
- Pallié (Norbert). — line hélice nouvelle, 351.
- Lecoq (Raoul). — L’histoire du cacao, 385.
- Lefèvre (M.).' — Lis diatomées, 33.
- Lefiianc (Jean-Abel). — Moteurs d’avions à refroidissement par air ou par eau, 262.
- Legendre (R.). — Les cétacés de nos côtes, 337. — La chasse aux « bélugas » et l’utilisation des petits cétacés, 380. — Un poisson qui pèche des oiseaux, 413.
- Lévy (E. ). —Les prénoms en France, 196.
- M. (L.). — Araignées venimeuses du Brésil, 158.
- M. (R.). — Le mal de terre, 550.
- Maillet (Raymond). — La conquête de l’énergie, 20.
- Marcotte (E.). — L’exploitation des lignites à Laluque, 401.
- Maréchal (P.). — Poteau indicateur basculant, 399.
- Maresciial (G.). — L’édition cinématographique, 60.
- Martel (E.-A.). —Le drame du gouffre Bertarelli, 68.
- Marre (Francis). — Raisins sans pépins, 46.
- Mascart (Jean). — Témoignage de la faune dans les modifications du climat, 142. — Résultats des observations récentes de latitude, 260
- Mayet (Dr Lucien). — L’homme fossile aurignacien de Libos, 17.
- Mercanton (P.-L.). — Stéréoscopie des déformations, 111.
- Mercier (Armand). — Trouvailles d’oiseaux bagués, 12.
- Merle (René). — Araignées hissant des coquilles, 237.
- Netter (J.). — Nouveaux essais de freinage continu des trains de marchandises, 342.
- Pawlowski (Auguste.) —Les câbles à haute tension, 185. — Reconstruction des cités minières du Nord, 235.
- Rabot (Charles). — Les anguilles du Pacifique, 113.
- Rémy (P.). — Particularité paradoxale de la croissance des coquilles de Murex, 134.
- Reverchon (Léopold). — Graissage scientifique en chronométrie, 56. — La mécanique horlogère, 106.
- Rochefort-Luçay (Claude de). — Vision stéréoscopique des objets en mouvement, 315.
- Rolants (E.). — Les boucs activées et l’épuration des eaux d’égout, 225.
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- LISTE DES AUTEURS : ::. = 421
- Rolet (Antonin). — Action du gel sur les végétaux, 156. Rudaüx (Lucïén). — Remarquable couronne lunaire, 15. — Excursions sur les planètes, 391.
- Sauvaire Jourdan (Comman lant). — Le plus grand paquebot français, 353.
- T. (A.). — Les rayons ultra-pénétrants dans l’atmosphère, 4. Troller (A.). — Jon-tion géodésique entre la France et la Corse, 49. — Machine frigorifique « Corblin », 244. — . Soudure autogène dans l'hydrogène atomique, 282.
- Vignon (P.).— Le papillon qui féconde les yuccas, 255.
- Villers (R.). — Les écrans de fumée, 10. — Nouveau marteau électro-mécanique, 269.
- Weiss (E.). — Autobus à 8 roues monté sur 2 trucks, 47. — Voiture à hélice sur voie ferrée, 169. — Les gazomèlres secs, 223. — La préparation du riz, 251. — La ventilation du tunnel de Pittsburg, 415.
- Wei.sch (Jules). — Modification du littoral centre-ouest de la France, 378.
- X. — L’utilisation agricole de l’eau en Algérie, 333, 369, 403.
- X. — Un nouveau sondeur collecteur, 414.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- i. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 14, 46, 59, 94, 175, 191, 222, 238, 269, 287, 300, 514, 351, 365, 398.
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Remarquable couronne lunaire (L. Rudaux)............. 15
- Montucla, l’historien des mathémaliques (E. Doublet) . 42
- Jonction géodésique entre la France et la Corse (A.
- Troll eh)............................................ 49
- La figure de la terre (J. Boccardi).................. 83
- Les travaux d’un observatoire (E. Doublet)...........129
- La ligure de la terre (C. Gorceix)...................208
- Résultats récents des'observations de latitude (J. Mas-
- cart)................................-............260
- L’astronomie stellaire (E. Doublet).....................278
- Johann et Georges Forster (E. Doublet)..................346
- Excursions sur Ips planètes (L. Rudaux).................391
- Radioactivité de la lune,...............................398
- III. — SCIENCES PHYSIQUES
- 1. Physique.
- Conquête de l’énergie (R. Maillet).................. 20
- Gouy (G.)............................................ 144
- Phosphorescence des sulfures métalliques (A.-A. Guntz). 358
- Variations d’élasticité des alliages................... 59
- Application des mesures capillaires.................... 94
- Mobilité des ions dans les gaz.........................314
- Nouvelle pompe à condensation..........................365
- 2. Chimie.
- L extraction des alcaloïdes (P. Durocher)............ 37
- Préparation du chloral (P. Durocher)................. 81
- Les charbons actifs d’Edouard Urbain (H. Chaumat) . . 149
- A-t-on fabriqué de l’or?.............................389
- Rayons X et marche des réactions chimiques ... 14
- Recherche, séparation et dosage du bismuth. ... 14
- Gaz ammoniac et chlorures de phosphore............... 15
- Action du sulfate de soude sur le raffinage des
- malles........................................... 46
- Action de la silice sur les sulfates............... 56
- Thermochimie du glucinium.......................... 60
- Procédé de préparation du fluor.................... 94
- Préparation du chlorure de glucinium................191
- Synthèse du thymol..................................222
- Durcissement des ciments hydrauliques...............222
- Alliages fer-sulfure de fer.........................238
- Mécanisme de la fusion de la houille................259
- Cémentation des alliages ferreux par le tungstène. 288 Hydrogénation des substances organiques ..... 301
- Analyse des essences de pétrole.....................314
- Influence du traitement thermique sur quelques
- alliages d’argent................................314
- Cémentation des alliages ferreux par l’aluminium. 366 Synthèse de l’ammoniaque...........................398
- IV. - SCIENCES NATURELLES
- 1 Géologie. — Physique du globe.
- Témoignage de la faune dans les modifications du climat
- (J. Masc.art)....................................142
- Région pétrolifère de Bakou (P. Durocher)...........209
- Modification du littoral centre-ouest de la France
- (J. Welscii).....................................
- Au sujet du volcan de Sanlorin. .................... 14
- Séismes de la région de Kaboul...................... 59
- Radioactivité des eaux minérales d’Hammam Mes-
- kouline.......................................... . 94
- Enclaves et cendres du Fouqué liameni...............222
- Flammes du volcan de Sanlorin.........................223
- Terrains métamorphiques au sud de Limoges . . . 239.
- Fossiles recueillis au Cap Sleivart.................269
- Roches éruptives du pays Sakalave..........*. . . 287
- Structure microscopique des charbons de terre . . 501
- Gisement de molybdénite au Maroc......................301
- Rassin houiller de la Haute Dordogne................514
- A propos de roches leucitiques........................514
- Sources thermales de Madagascar et la Réunion. . 314
- Pegmatites de Madagascar. .......................... 365
- Couche moyenne houillère de Gages.....................366
- Genèse des gneiss granuliiiques du Pilât............ 398
- 2. Météorologie.
- Les rayons ultra-pénétrants dans l’atmosphère (A. T.) . 4
- Les saints de glacé en 1926 (G. Bidault de l’Isle). . . 350
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-
-
-
- TABLE
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Trouvailles d’oiseaux bagués (A. Mercier)...........
- Préface à une initiation biologique (M. Aron). ....
- Les anguilles du Pacifique (G. Rabot) . ............
- Particularité paradoxale de la croissance des coquilles
- de Murex (P. Remy)..................................
- Le récurvirostre avocelte (L. Cüopman). . ..........
- Araignées venimeuses du Brésil (L. M.) . . ..... . La pisciculture dans le lac Léman (L. Bertin) ....
- La cellule (Dr M. Aron)........................212,.
- Araignées his'ant des coquilles (R. Merle)..........
- Papillon qui féconde les yuccas (P. Yignon) .. .• . . . Le guano péruvien et ses producteurs (V. Fobbin) . . . Vision stéréoscopique des objets en mouvement (C. de
- Rochefort-Luçay).................................
- Les niJs des petits oiseaux (L. Coopman)............
- Les cétacés de nos côtes (R. Lfgendre)..............
- Les œufs des petits oiseaux (L. Coopman)............
- La chasse aux « bélugas » et l’ulilisation des petits cétacés (R. Legendre).................................
- lin poisson qui pêche des oiseaux (R. Legendre). . . .
- Action de la base tropine sur le cœur...............
- Composition du cerveau humain.......................
- Huiles d'animaux marins.............................
- Azotémie au cours du mal de montagne................
- Variations d'urée dans la salive.................... .
- Acclimatation de l’omble-chevalier dans les lacs
- alpins...........................................
- Reptiles et batraciens de l’Atlas...................
- Effets physiologiques des courants de haute fréquence à sens constant..............................
- Eléments minéraux associés à l'oxyhémoglobine du
- sang de cheval...................................
- Plancton du lac Léman...............................
- Truite omble du moyen Allas.........................
- Huile de cachalot et spermaceti.....................
- Oxydation de la harrnaline..........................
- L’argon du sang.....................................
- Infection du Galleria et hyménoptères...............
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les diatomées (M. Lefèvre).........................
- Raisins sans pépins (F. Marre).....................
- Action du gel sur les végétaux (A. Rolet)..........
- Le laboratoire d’agronomie coloniale vient d’être recon-
- truit (J. de la Cerisaie).......................
- Préparation du riz (E.-H. Weiss)...................
- Technique de la fabrication moderne des confitures et
- gelées (A. Hutin)...............................
- Comment on reconnaît les arbres et les arbustes
- (H. Coopin) ....................................
- Fluorescence des matières colorantes végétales. . . Découverte de deux nouveaux ferments dans l'émulsion des amandes . ... ............................
- Vie des graines dans le vide à la température de
- l’hélium liquide................................
- Localisation du brome dans une algue floridée. . .
- Rhamnodiastase.....................................
- Caractères chimiques des feuilles..................
- Pois secs régénérés et pois verts..................
- Flore des sommets volcaniques du Tibesli...........
- Nouveaux engrais azotés............................
- Age des grains de blé et température de germination Présence d'un cyprès dans le Tassili des Azdjers. .
- Seuil de condensation amylogène....................
- Phytoplancton de la Loire . .... . . ..............
- MATIÈRES . ., 423
- V — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Origine et caractéristiques des Esquimaux (V. Forbin). 1 L’homme fossile aurignacien de Libos (L. Mayet) ... 17
- L’organisation sociale dei Esquimaux (V. Forbin) ... 65
- Le drame du gouffre Bcrlarelli (E.tA. Martel) .... 68
- Les vélins du Muséum (L. Bcltingaire) ....... 70
- Restauration du sphinx de Gizèh (V. Forbin)............ 95
- Industrie et commerce chez les Esquimaux(V. Forbin). 97 Le centenaire du lieutenant Bellot (E. Doublet). . . . 166
- Les prénoms en France (X. Lévy). ..... ... 196
- Foyers magdaléniens îécemmint découverts à Etrechy.
- (G. Court y)........................................198
- Conceptions géographiques de M. de Martonne (a.
- Dauzat) . ........................................ 2'2l
- Chasse et pêche chez les Esquimaux (V. Forbin) . . . 251
- Dernière exploration des Etats-Unis (V. Forbin). . . . 257
- Le breton et le français (A. Dauzat)....................275
- Psychologie d’une race primitive : les Esquimaux (Y.
- Forbin).............................................505
- Relief sous-marin du Golfe de Gascogne............... 46
- L’üe la plus isolée du globe : Tristan da Cunha. . 69
- Gisement des hommes fossiles de la Denise .... 287
- VI. — HYGIÈNE. - MÉDECINE
- Les boues activées et l’épuration des eaux d’égout (E.
- Rolants). ..........................................225
- Nouvelles conceptions de l’immunité (ür S. Epstein) . . 291
- Les gaz de combat dans l’bisloire (M. et L. Jacquê). . . 505
- Procédés d’épuration des eaux de boisson (M. Cousquf.t, 321
- Le mal de terre (R. M.)...............................550
- Injections sous-cutanées d'oxygène..................... 14
- Alimentation à la viande crue ou cuite.................. 15
- Epuration des eaux d’égout par les boues activées . 191
- Guérison des épithéliomas de Rôntgen ulcérés . . . 225
- Réalisation expérimentale du syndrome pellagreux. 269
- VII — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Les écrans de fumée (R. Villers)....................... 10
- La ferronnerie d’art, sa technique actuelle (J. Boyer). 25 Graissage scientifique en chronométrie (L. Reverchon). 56 Lai meunerie française et son outillage actuel (J. Boyer)
- 85, 100
- Mécanique horlogère (L. Reverchon)................. 106
- Tannage au tanin végétal (P. Labadie)..................172
- Gazomètres secs (E. Weiss).............................225
- Machine frigorifique « Corblin » (A. Troller). .... 244
- Nouveau marteau électro-mécanique (R. Villers). . . 269
- Raffinage du cuivre et obtention des feuilles (J. L ) . . 511
- Enseignement pratique du soufllage du verre (J. Boyer) 328
- Technique de la chamoiserie (J. L).....................548
- Le violoniste pneumatique (J. Boyer)...................375
- L’histoire du cacao (R. Lecoq).........................385
- Franges d'écrouissage ou de corrosion..................301
- Pistons en aluminium, alpax et magnésium. . . . 315
- 2. Photographie.
- L’édition cinématographique (G. Mareschal)............ 60
- Stéréoscopie des déformations (P.-L. Mercanton) . . . 111
- « Tholmic », machine à composer photographique
- (J. Boyer)........................................182
- Photographie intégrale (E. Estanâve)................ , 409
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 2700. — 2 Janvier 1926
- INFORMATIONS
- L’application du phénomène de Magnus aux ailes d’avion. — L’ Aéropltilc signale qu’un ingénieur viennois, M. Qh. Gligorin, a présenté récemment en divers milieux aeronautiques français une aile dite à « rotor » qui utilise le phénomène de Magnus pour réaliser la sustentation des avions. On sait que ce phénomène a déjà été appliqué par Kletlner pour assurer la propulsion d’un bateau par le vent. Un cylindre placé dans un courant d’air normal à son axe n’éprouve, de la part de l’air, s’il ne tourne pas, qu’une résistance dirigée en sens inverse de la direction du courant d’air. Mais si le cylindre est animé d’un mouvement de rotation autour de son axe, il s’exerce sur le cylindre une force inclinée par rapport au courant d’air. Cette force peut évidemment être utilisée pour produire une sustentation. L’idée, du reste, en a été déjà émise il y a quelques années par le savant norvégien Bjerknes. L’aile préconisée par M. Gligorin est constituée par un cylindre circulaire ou rotor disposé sur l’avion dans le sens transversal au déplacement. En arrière de ce cylindre se trouve une sorte d’aile dont le bord avant, formé par un arc de cercle concentrique à celui de la section du rotor, s’emboîte sur celui-ci, à une très faible distance. La profondeur de cette aile est comparable au diamètre du rotor.
- L’inventeur aurait effectué divers essais avec un modèle réduit monoplan présentant les dimensions habituelles des avions de ce genre, mais dans lequel l’aile usuelle était remplacée par une aile à rotor. S’appuyant sur les résultats de ces expériences, il a conçu le projet d’un avion de grandeur normale ayant les caractéristiques suivantes : envergure g m. 20; longueur totale 6 m. 75 ; diamètre d’un rotor 1 m. 20; envergure de chaque rotor 3 m. 80; surface portante 14 m2 80. Vitesse de rotation des rotors : 800 à 4‘^°o tours par minute. Puissance dit moteur : 100 C. V., poids à vide : 35o kg. Un tel avion, d’après les calculs de M. Gligorin, serait capable de réaliser les performances suivantes : vitesse, 5o© à 600 km/h.; vitesse ascensionnelle, 2000 m. par minute ; durée de vol, i5 heures ; rayon d’action, 7600 km. Ce seraient là des résultats sensationnels. Mais les données expérimentales que l’on possède aujourd’hui sur le phénomène de Magnus ne sont pas encore assez précises ni assez étendues pour que ces conclusions ne paraissent, pour l’instant, entachées de quelque peu de fantaisie.
- Les vols à voile en Russie. —- Le journal Les Ailes donne d’intéressants renseignements sur le concours de vol à voile qui s’est tenu en Crimée du 14 septembre au 10 octobre. Une quarantaine de planeurs russes y ont pris part ; de plus sept planeurs allemands ont participé à la manifestation. En 18 jours de vol effectifs, plus de 4oo vols ont été accomplis. Parmi les performances les plus intéressantes, il convient de signaler les suivantes : le planeur russe K. P. J. R. 1 bis, monté par l’étudiant Jacobtschik, a tenu l’air le ior octobre pendant 9h 55m i5s. C’est un monoplan parasol de 12 m. d’envergure, 5 m. 70 de long, 18 m2 de surface portante, pesant à vide 85 kg. En air c-alme, sa vitesse de descente est de o m. 66 à la seconde. Le même jour le pilote allemand Hesselbach, de Darmstadt, a volé avec un passager 3h 3gm 36s. Le lendemain, le pilote allemand Schulz, sur planeur Moritz, a battu le record du monde de durée en évoluant pendant i2h o6m22s; au cours du vol il a atteint l’altitude de 4o5 m. Le g octobre le pilote allemand Nering, sur planeur Kons/d, a battu le record du monde de distance en parcourant en ligne droite 24 km 4- Ce vol dura 41 minutes et le planeur monta à 435 mètres.
- La signalisation lumineuse par le f« Cataphote ».
- — On procède actuellement à l’aérodrome du Bourget, dit 1 ’ Aérophile, à l’installation d’un nouveau procédé de signalisation lumineuse, imaginé par M. Garbarini. Ce procédé a reçu le nom de « Cataphote ». Le principe de cette méthode réside dans l’association d’une lentille convexe et d’un miroir concave. Un faisceau lumineux frappant la lentille, puis le miroir, est réfléchi dans la même direction, c’est-à-dire sur lui-même. Pour rendre l’éclat du cataphote visible dans le plus fort cercle utile, on a calculé la distance entre le miroir et la lentille de façon que le rayon réfléchi diverge suffisamment. C’est en plus grand, sous le rapport de la visibilité latérale, le phénomène bien connu des yeux phosphorescents des lapins et des chats un instant incendiés par les phares d’une automobile. Par le procédé du cataphote, il est aisé de composer des signaux, lettres ou chiffres qui, installés sur la toiture d’un monument, aideraient la navigation aérienne à contrôler sa route. Il lui suffirait, pour obtenir le renseignement, de projeter sur cette toiture le faisceau du phare de son avion. Il deviendrait donc inutile d’entretenir la nuit ces nombreuses rampes de lampes qui consomment en pure perte du courant.
- Le chauffage électrique par accumulation. — Le
- chauffage électrique est évidemment le chauffage idéal au point de vue de la propreté et de la commodité. Mais il est en général extrêmement onéreux, et la raison en est facile à comprendre.
- L’énergie électrique s’obtient par une transformation de l’énergie mécanique des turbines à vapeur ou hydrauliques : faire du chauffage électrique revient donc à transformer en chaleur de ‘ l’énergie mécanique; or celle-ci est de l’énergie noble et coûteuse; il suffit pour s’en rendre compte de se souvenir qu’un kilogrammètre ne peut donner que 1/426 de calorie et un kw-h. 865 calories. Produire de la chaleur par un tel moyen, c’est recourir, inutilement en apparence, à un matériel et un outillage fort complexe. Les prix usuels de vente du courant électrique prohibent, on peut dire complètement, le chauffage électrique, sauf dans des cas spéciaux : tels que chauffages de fours à des températures élevées et précises, ou chauffages de petits appareils domestiques intermittents.
- Cependant, le chauffage électrique 11’est pas aussi illogique qu’il peut paraître au premier abord. Toutes les usines électriques, qu’elles soient à vapeur ou hydrauliques, ont pour faire face aux pointes un matériel qui reste en partie inutilisé pendant une bonne fraction de la journée et surtout de la nuit. C’est du matériel qui dort en grevant inutilement de ses frais d’amortissement le prix du courant. Dans le cas d’une usine hydroélectrique cette charge s’aggrave encore, puisque non seulement les machines sont mal utilisées, mais l’on perd en outre, sans compensation, une partie de l'énergie de la chute. 11 y a donc un grand intérêt pour les exploitants à trouver un moyen d’utiliser leur courant de nuit, même en le vendant à prix réduit. Le chauffage électrique par accumulation leur offre, à ce point de vue, une solution aussi intéressante pour eux que pour les consommateurs.
- Dans un rapport récemment présenté à la Société française des Electriciens, M. Carpentier, comparant le chauffage électrique aux chauffages domestiques par le charbon ou le gaz, établit qu’il peut lutter avec le chauffage au gaz lorsque le prix de vente de l’énergie électrique est inférieur à o fr. 20 le kw-h.; avec le chauffage au charbon lorsque ce prix est inférieur à o fr. 10. Ce sont là des prix que les producteurs d'électricité.
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- INFORMATIONS
- peuvent souvent consentir, mais seulement aux heures où leur puissance de production est incomplètement utilisée.
- Le chauffage électrique à tarif réduit exige donc des appareils emmagasinant la chaleur aux heures favorables pour la restituer aux heures choisies par le consommateur. Il existe déjà un certain nombre d'appareils répondant à cette condition, et employés dans les régions où les compagnies d’électricité consentent des tarifs spéciaux. Citons, d’après M. Carpentier, les chauffe-eau à accumulation : le rendement de ces appareils est de 85 à 90 pour 100; c’est-à-dire que, entre deux périodes consécutives de chauffage, la déperdition de chaleur ne dépasse 10 à i5 pour 100 de la chaleur emmagasinée ; les poêles à accumulation particulièrement recommandables au point de vue de l’hygiène et de la sécurité : un poêle à accumulation est constitué par un empilage de matériaux réfractaires enrobant les résistances; l’ensemble est disposé dans une caisse calorifuge revêtue extérieurement en faïence ou en ébonite. L’expérience a montré que la pierre ollaire, variété de serpentine riche en silicate de magnésie hydraté, convient particulièrement bien comme matière accumulant la chaleur ; les résistances de chauffage sont en général en nickel-chrome.
- Il existe également des chaudières électriques pour chauffage central, qui jouent d’elles-mêmes le rôle d’accumulateurs de chaleur; il peut du reste leur être adjoint au besoin un réservoir d’accumulation. M. Carpentier estime que l’usage de ces chaudières ne peut se répandre que si le prix courant est inférieur à° o fr. 08 le kw-h. On a construit aussi des cuisinières à accumulation, elles se sont peu répandues jusqu’ici; elles sont faites de blocs de fonte portés à 5oo° C. par des résistances électriques; les ustensiles de cuisine sont placés sur ces blocs. L’interposition de rondelles d’amiante permet de faire varier l’allure de la cuisson. Enfin il existe des fours électriques à accumulation pour boulangers et pâtissiers; ils offrent de grands avantages de commodité et de régularité de cuisson et sont plus économiques que tout autre système de four lorsque le prix du courant est inférieur à o fr. i5 le kw-h.
- L’extraction du brome de la mer par le procédé Chamagne. — Dans un numéro récent, nous avons signalé l’installation à bord d’un navire, par des industriels américains, d’une usine de brome ; la matière première traitée étant l’eau de mer. L’extraction du brome de l’eau de mer n’est pas une nouveauté. Elle a été réalisée en France pendant la guerre par un chimiste de Nancy, le D' Chamagne. La guerre des gaz avait en effet créé chez tous les belligérants de grands besoins de brome. Mais ce corps, découvert cependant par le chimiste français Balarden 1826 dans les eaux mères des marais salants, n’était pas préparé industriellement chez nous. Les deux grands centres de production, du reste associés commercialement pour cette exploitation, étaient, avant la guerre, l’Allemagne et les Etats-Unis. Le brome allemand, le seul qui parvint en France, était un sous-produit de l’exploitation du gisement potassique de Stass-furt. La carnallite brute contient en effet de o,i5 à 0,25 pour 100 de bromure de magnésium. Dès l’année 1915, les besoins de brome se révélèrent en France, et il fallut aviser à le produire avec nos seules ressources. L’eau de mer contient par litre de 70 à 80 milligrammes de brome à l’état de bromure. M. Chamagne proposa la méthode suivante pour extraire le brome de l’eau de mer : on libère tout d’abord le brome de ses combinaisons au moyen de chlore ; celui-ci est fourni par la réaction de l’acide sulfurique sur l’hypochlorite de soude. Le mélange de ces deux réactifs est envoyé dans l’eau à traiter. Le brome libéré est entraîné à l’état de vapeur par un courant d’air qui barbote dans cette eau; il est ensuite fixé par des solutions alcalines ; il suffira de l’extraire de ces lessives parles traitements connus. Sur ce principe on peut aisément établir un appareil de traitement continu. Une usine d’expérience installée à Penn-Lann (Côtes-du-Nord) a montré que l’on pouvait ainsi obtenir du brome très pur, n’exigeant pas comme celui de Stassfurt un raffinage coûteux.
- Le prix de revient du brome préparé par le procédé Chamagne est relativement très bas. L’industrie française possède donc le moyen de se libérer du brome étranger, Même en temps de paix, cette indépendance offre un grand intérêt, car le brome est fort employé dans les laboratoires de chimie et dans la fabrication
- des matières colorantes. Les bromures ont un très important débouché dans l’industrie des produits pharmaceutiques et photographiques.
- La crise ostréicole. — Tous les amateurs jd’huîtres savent qu’une crise grave sévit sur l’huître plate depuis 1921. Alors qu’en 1919-1920, on avait récolté 45o millions d’huîtres de cette espèce, la production est tombée à 25o millions en 1920-1924, puis à 97 millions en 1921-1922 et à 29 millions en 1923-1924. Cette disparition de l’huître plate est due à la mortalité considérable qui a sévi sur les sujets adultes, et à la diminution résultante du naissain aggravée par les températures très froides des mois d’été. La gryphée communément appelée l’huître portugaise a remplacé dans une certaine mesure l’huître plate; sa production qui était de 3 78 millions en 1920-1921 est passée à 660 millions pendant la dernière campagne. Des mesures ont été prises pour remédier à la crise de l’huître plate. L’Office des Pèches maritimes signale en outre que la ponte des huîtres en 192a a été assez régulière et importante. Il semble donc que la crise ostréicole ait atteint désormais son paroxysme et que la situation s’améliorera dans les années qui viennent.
- Nouvelles de T. S. T.
- Le poste Radio-Berne. — On peut entendre assez facilement à Paris le poste Radio-Berne (802 m.) dont la modulation est excellente. Les annonces sont faites généralement par un « speaker » féminin et commencent ainsi : « Hier Radio-Berne in Schweitzerland ». Souvent d’ailleurs les annonces sont également faites en italien ou même en français.
- Yoici l’horaire de cette station d’après la T. S. F. Moderne :
- 11 h. 55 : signaux horaires transmis de Nauen.
- 12 heures : bulletin météorologique, bourse, nouvelles, concert.
- 15 heures : Concert.
- 16 h. 3o : Causerie.
- 18 heures : Nouvelles,
- 19 h. 3o : Concert.
- 20 h. 3o : Concert transmis depuis la salle du Kursaal de Berne.
- 21 h. 3o : Nouvelles.
- 21 heures à 22 heures : Musique de danse le samedi seulement.
- Le dimanche, service religieux de 9 h. 3o et 10 h. 15, et concert de 10 h. 3o à 11 h. 3o.
- La puissance de ce poste est de 6 kilowatts, il a été construit par la Société Marconi. Une station du même type va être prochainement installée à Lausanne.
- Emploi du cristal de quartz pour contrôler la fréquence des émissions radiophoniques. — Il est
- toujours désirable de maintenir très constante la fréquence de l’onde porteuse d’une émission radiophonique. Cette particularité est encore plus désirable dans les pays où le nombre des stations d’émission est très élevé, et par suite les dangers d’interférence plus grands, comme c’est le cas par exemple aux Etats-Unis.
- Pour contrôler rigoureusement cette fréquence, on peut utiliser les propriétés piézoélectriques du cristal de quartz. Un cristal de quartz soumis à une force électrique variable vibre en synchronisme avec celle-ci. Mais, en outre, il a une fréquence de vibration propre qui permet de réaliser des résonances très aigües.
- Le cristal était employé comme contrôleur d’ondes déjà depuis un certain temps, mais on a maintenant trouvé le moyen de réaliser des oscillateurs à quartz capables de contrôler les émissions de longueurs d’onde même très courtes, car plus le quartz est mince, plus sa fréquence est élevée. On admet une moyenne de io5 m. de longueur d’onde par millimètre d’épaisseur.
- domine il serait difficile pratiquement d’obtenir des morceàux de quartz assez minces pour que leur fréquence propre corresponde aux longueurs d’onde inférieures à 200 m., on opère alors sur les harmoniques de l’onde porteuse.
- La première station équipée avec ce système a été le poste W. G. Y. de Shenectady sur 41 m. 88 de longueur d’onde ; le cristal de quartz donnait en réalité une fréquence correspondant à 209 m. 9 et l’on opérait sur la cinquième harmonique de la fréquence fondamentale du cristal.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Les pare-choc de voitures. — L’encombrement des rues des grandes villes devient chaque jour de plus en plus inextricable. La conduite d’une voilure à Paris, par exemple, est une chose délicate et souvent périlleuse. Chaque véhicule est obligé de suivre d’assez près la voiture qui le précède, car il y a derrière lui un autre véhicule qui se trouve également à une distance très faible.
- Il est fatal que de6 tamponnements se produisent, soit par suite d’un fonctionnement tardif du frein, soit par une fraction de seconde d’inattention de la part du conducteur. La voiture qui tamponne a ses ailes d’avant endommagées, parfois son radiateur crevé. La voiture tamponnée a reçu le choc sur les ailes arrière et lorsqu’il se trouve un réservoir sous pression, ce dernier risque d’être défoncé.
- On a imaginé depuis quelque temps de prévenir ces sortes d’accidents en disposant des barres protectrices, perpendiculaires à l’axe de la voiture, situées à une certaine hauteur et empêchant un véhicule marchant à une vitesse normale de causer des avaries par tamponnement à la voiture qui le précède.
- Les premiers systèmes préconisés en Amérique et en Angleterre étaient simplement constitués par des barres relativement rigides, débordant de chaque côté, montées sur des supports fixés au châssis par l’intermédiaire de
- Fig. r. — Pare-choc Repusscau.
- ressorts fixes. L’élasticité relative de la barre et l’action des ressorts contribuaient à amortir le choc et en tout cas à empêcher la voiture de rentrer dans celle qu’elle tamponnait. Ce dispositif primitif a fait l’objet de diverses variantes.
- Le pare-choc Repus s eau (fi g. i) est formé de lames coudées spécialement et disposées de manière qu’elles forment amortisseur élastique. L’ensemble déborde de chaque côté de manière à ne pas former crochet et à plier dans une collision, juste suffisamment pour absorber les chocs.
- Certains modèles sont réglables en hauteur de manière à pouvoir se monter sur des châssis différents, tout en restant à une hauteur réglementaire, ce qui fait qu’en cas de rencontre, les deux pare-chocs viennent en contact.
- Le pare-choc Dickson est également composé de lames métalliques. Il se fait en modèles extrêmement simples,, applicables aux taxis; en modèles moyens présentant également les extrémités recourbées pour éviter les accrochages; son élasticité est due à la forme des lames. Dans les modèles de luxe la barre protectrice est relativement rigide; elle est quelquefois épaulée par une âme perpendiculaire à sa surface et, pour assurer l’élasticité nécessaire en cas de collision, on a disposé sur chaque support [du’pare-chocs un véritable amortisseur.
- Fig. a. — Pare-choc Ballns.
- Le freinage se fait par air comprimé avec ressort compensateur. L’amortisseur est complètement, hermétique de manière à éviter le passage de la poussière et à empêcher tout gripage.
- Le pare-choc Ballas (fig. 2) est lui aussi constitué par une lame simple contournée de façon spéciale et retournée
- à 900 entre les deux supports du pare-choc pour maintenir entre ceux-ci une grande rigidité.
- Il existe aussi des modèles plus élémentaires pour
- Fig. 3. — Pare-choc Jourdain monté sur voiture Renault.
- voitures légères et pour taxis ; légalement des modèles avec appareils amortisseurs spéciaux, les lames étant doubles ou simples. Dans ce cas elles portent une âme comme dans les amortisseurs précédents.
- Tous ces appareils sont évidemment d’un certain prix, car ils nécessitent d’autant plus de travail que la forme des lames est plus étudiée; la présence d’amortisseurs intervient également pour augmenter le prix d’achat.
- Un modèle récent, l’amortisseur Jourdain, se caractérise par sa simplicité de réalisation; on n’a besoin d’aucun profilé spécial sur la barre du pare-choc (fig. 3 et 4).
- La liaison entre la barre du pare-chocs et les supports se fait au moyen de deux dispositifs en ressorts à lames. La lame maîtresse est recourbée à chaque extrémité de manière à enserrer une tige iin peu plus grande que la largeur du ressort. Les extrémités de
- Ensemble de l’appareil Jourdain.
- chaque tige comportent des brides de retenue ; elles se placent dans un logement prévu aux extrémités d’un fer plat fixé à la barre du pare-chocs dont le profil est quelconque.
- Le fer plat est recourbé pour permettre aux extrémités cylindriques du ressort d’y glisser facilement. Elles sont d’ailleurs guidées dans leur déplacement par deux rainures et une clavette. Lorsque la barre reçoit un choc, les extrémités de la barre maîtresse glissent dans leur logement, guidées et maintenues par la clavette.
- Les brides se déplaçant viennent s’ajouter à Faction élastique des ressorts à lames qui sont montés à l’extrémité du ressort du véhicule. Ils peuvent être bien entendu installés d’une façon toute différente, notamment s’il s’agit de châssis avec i*essorts cantilever.
- Ce système est particulièrement simple et d’une grande efficacité, il a l’avantage d’employer des pièces faciles à construire et de diminuer par conséquent dans
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- de grandes proportions le prix de revient de l’appareil, tout en lui communiquant une efficacité aussi grande que ceux des meilleurs modèles montés avec amortisseur. E. W.
- Constructeurs : Repusseau, 77, rue Danton, Leval-lois-Perret; Dickson, 21, rue Saint-Ferdinand, Paris; Balas, 36, rue Marengo, St-Etienne; Jourdain, 7, rue Paul-Déroulède, Asnières.
- On peut d’ailleurs assurer la jonction avec de l’étoupe ou des cordes imprégnées de minium ou de céruse comme s’il s’agissait de tuyauterie’s à eau ou à vapeur.
- La lampe se trouve ainsi isolée à l’intérieur du bocal. Une fois qu’on a placé le couvercle à vis en interposant une rondelle de caoutchouc entre le couvercle et les parois du bocal, on obtient une étanchéité parfaite.
- 'Electricité ^
- Cyclisme <^>^3
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- Support de lampe balladeuse. — On éprouve parfois des difficultés lorsqu’on se sert d’une lampe balladeuse, en particulier si le fil qui relie la lampe à la prise de courant est d’une certaine longueur. Ce fait se présente lorsqu’on utilise la lampe dans une cave, dans un cellier d’assez grande surface.
- On peut alors éviter que le fil ne traîne à terre et se détériore en se servant d’une monture fabriquée simplement avec un fil de fer de gros diamètre. On lui donne la forme indiquée sur le croquis.
- La partie terminée en forme de ressort à boudin
- servira à maintenir la lampe si l’on ne dispose pas d’une grille de protection comme dans les lampes balladeuses habituellement équipées. A l’autre extrémité, la monture porte un crochet qui permettra de la fixer à un clou ou à quelque support.
- La partie coudée et renflée du centre servira à enrouler le fil souple et évitera ainsi une longueur inutile, car on n’en laissera dépasser que la quantité absolument nécessaire pour permettre de fixer la prise de courant dans son socle.
- Fig. 5.
- Fil support.
- Fig. G.
- Support au crochet.
- Pour faire une lanipe étanche. — On peut avoir besoin de disposer d’une lampe étanche, notamment
- dans des endroits humides.
- Le prix de ces montures est généralement assez élevé.
- Si l’on n’a pas besoin de quelque chose de très décoratif, on peut agencer une enveloppe de lampe parfaitement imperméable à l’eau.
- Pour cela on utilise un bocal à fruits "qui porte un couvercle à vis, l’ouverture permettant le passage de la lanipe que l’on veut protéger à l’intérieur du couvercle.
- On soude un disque de laiton de i m/m 1/2 d’épaisseur.
- On perce au centre du isque un trou et l’on soude un tuyau de laiton qui dépasse à l’extérieur à moins que l’on puisse tarauder a rondelle de laiton et visser un tuyau de fer.
- Le tuyau extérieur servira à laisser passer le fil conducteur.
- Généralement, dans les endroits humides, ces fils sont placés sous plomb et il est facile de raccorder le pâble avec le tuyau d’une façon parfaitement étanche.
- Fit
- Schéma de la lampe étanche.
- Remonte-pneu pour vélos. — Le plus désagréable des cauchemars pour le cycliste, c’est la crevaison,
- Fig. 8. — Remonte-pneu pour vélos.
- encore qu’elle soit plus rare que jadis, grâce aux progrès réalisés dans la fabrication du pneu.
- Réparer ou changer une chambre, tout « cycliste moyen » sait le faire assez correctement. Mais remonter vite, bien et correctement une enveloppe, surtout si elle est à tringle et c’est le cas général aujourd’hui, c’est une autre affaire.
- Si on n’agit avec certaines précautions, on risque de mal terminer une manœuvre, cependant très simple; avec un effort trop violent, on casse la tringle et on •rend, de ce fait, l’enveloppe inutilisable : on se dépense en efforts stériles, si on n’agit avec une certaine méthode ; on risque également, si on n’y prend garde, de pincer la chambre à air et de lui infliger, de ce fait, une blessure grave.
- Tous ces désagréments peuvent aujourd’hui être évités grâce à un outil spécialement conçu en vue du remontage des pneus à tringle,
- Ce remonte-pneu est une sorte de clé métallique à deux branches. L’une des branches, qui par une de ses extrémités sert de poignée à l’outil, est à l’autre extrémité incurvée en forme de crosse. L’autre branche, qui est amovible afin de pouvoir s’adapter à toutes les largeurs de jante, forme une sorte'de doigt.
- Pour le réglage, on peut la faire coulisser sur la grande branche, et on la maintient à la place voulue au moyen d’un écrou.
- Quand on veut remonter le pneu, on engage l’une des tringles dans son logement ; l’opération ne comporte aucune difficulté. Puis on appuie le bord en crosse de la clé sur le côté de la jante où l’on vient d’engager la
- Chambre à'air
- Jante
- tringle; on fait appuyer l’autre tringle sur le doigt de l’outil; il suffit alors de soulever la poignée du remonle-pneu en prenant appui avec la crosse sur la jante ; l’autre tringle est soulevée et repoussée dans son logement; l’opération se fait aisément grâce à la commodité de l’outil et à son grand bras de levier.
- Le remonte-pneu est en vente chez G. David, 8, rue du Débarcadère, Paris,
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- VARIÉTÉS
- GÊÊL
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : SAUGE OFFICINALE
- Dans le groupe des Sauges, la plus importante est la Sauge officinale (Salvia officinalis L.) Labiées, qui tire son nom du mot latin « salvare », sauver, rappelant toutes les vertus médicales que lui attribuaient les Anciens pour qui elle était Vherbe sacrée. Ses principaux synonymes sont : Sauge commtfne, Grande Sauge, Herbe sacrée, Thé de la Grèce, Thé d’Europe. On en connaît deux sous-variétés : la Petite Sauge ou Sauge de Provence, la Grande Sauge, qui ne diffèrent que par leurs dimensions. Parmi les autres sauges, je ne mentionnerai que la Sauge Sclarée ISalvia sclarea) ou Toute-Bonne, plus usitée en parfumerie qu’en médecine.
- Habitat. — Indigène dans l’Europe méridionale, elle croît surtout dans le midi de la France. On la cultive depuis longtemps dans les jardins de cette région et sur une petite échelle dans la Loire, Seine, Seine-et-Oise, Aisne et Vaucluse.
- Description sommaire. — Plante vivace de o m. 3o à o m. 80 de hauteur, buissonnante. Tige un peu ligneuse, émettant des rameaux quadrangulaires. Feuilles opposées, blanchâtres, épaisses, rugueuses, oblongues, lancéolées, à odeur camphrée pénétrante. Fleurs apparaissant de juin à juillet, assez grandes, violettes, plus rarement blanches, disposées en épis terminaux.
- Culture. — Elle est assez facile parce que la sauge vient bien dans tous les terrains, même les plus secs ; elle préfère, cependant, ceux qui sont légers, perméables, chauds et calcaires. L’important est que la plantation soit placée dans une position bien saine et plutôt sèche, car, originaire du Midi, elle est subspontanée sur des coteaux secs et calcaires. Elle supporte bien, ordinairement, le climat parisien, surtout si l’on a soin de la mettre à l’abri de l’humidité et de couvrir son pied delitièr.e.
- Multiplication. — Elle a lieu de trois manières différentes : i° Par semis ; 20 par boutures; 3° par éclats de souches.
- i° Par semis. — Les graines de celte sauge sont presque sphériques et d’un brun noir. Un gramme en contient environ 25o, et le litre pèse, en moyenne, 55o gr. La durée germinative est de trois, et quelquefois même de cinq années.
- D’après MM. A. Goris et J. Demilly, on sème les graines vers le mois de mars-avril, sur couches, en ayant soin de ne les enterrer que de leur épaisseur. Celles-ci lèveront au bout d’environ trois semaines et on pourra les repiquer sur de nouvelles couches en les protégeant contre le froid au moyen de châssis. De cette façon, on aura des plants aptes à être mis en pleine terre dans la premièx-e semaine de mai. On plantera en lignes séparées de o m. 80 en mettant les plants à o m. 40 d’écartement.
- 20 Par boutures. — Ce procédé a l'avantage d’être pratique, de fournir des plants plus robustes, plus hâtifs, et d’être entrepris au cours de la belle saison, bien que le mois d’avril soit préférable. On prélève sur de vieux pieds les boutures auxquelles on doit laisser quatre feuilles au-dessus de la section. On les met sous châssis à o m. o3 d’écartement et on leur donne de l’ombre pour éviter que les rayons du soleil ne les fassent faner. Au bout de 20 à 3o jours les boutures sont enracinées. Les plants obtenus de cette façon donnent déjà une petite récolte à la fin de la première année.
- 3° Par éclats de souches. — Ce procédé est recommandé pour les petites exploitations, il convient donc bien pour le Jardin familial dans les régions où l’on peut se procurer de ces souches. Toutefois, il n’est pas sans difficulté, parce que les vieux pieds sont souvent tortueux. On plante les éclats, au printemps, en lignes distantes de o m. 80 avec o m. 40 à o m. 5o sur la ligne ou à o m. 60 en tous sens. On arrose modérément jusqu’à la reprise complète.
- Soins culturaux et durée de la plantation. — Les soins consistent en binages et en sarclages, les premiers au nombre de trois par saison. A l’automne, on fume au fumier de ferme. La plantation peut durer 10 ans, mais il est conseillé de la renouveler tous les 2 ou 3 ans, car, après cette dernière période, le rendement diminue (A. R. et D. B.).
- Récolte et rendement. — La récolte est subordonnée au produit qu’on veuf obtenir : feuilles seules ou som-
- mités fleuries. Dans le premier cas, les feuilles sont cueillies avant la floraison, laquelle arrive, selon les régions, de juin à juillet. Cette façon de faire a pour avantage l’obtention de plus belles feuilles. Quant aux sommités fleuries, on les coupe au début de la floraison. Pour le Jardin familial cette dernière récolte est préférable. _
- Dans les plantations importantes, on peut faire trois coupes par an. Le rendement de la première peut donner à l’hectare i5oo kg, la seconde autant, mais la troisième est moins abondante. (A. G. et J. D.). Dans les petites plantations on ne fait qu’une seule coupe, fin août, sous le climat de Paris et, sous celui du Midi, vers le 24 juin.
- Séchage. —• Les feuilles sont étendues sur des claies ou sur un plancher propre dans un grenier ou un autre endroit bien aéré • on a soin de les remuer souvent pour hâter le séchage. Les sommités fleuries sont réunies en petits bouquets suspendus en guirlandes dans 1 endroit sus-indiqué.
- La plante entière perd la moitié de son poids par la dessiccation; d’autre part, 10 kg de feuilles fraîches donnent 2 kg 200 de feuilles sèches- La dessiccation ne fait rien perdre des propriétés de la plante.
- Composition chimique. — La sauge renferme : acide gallique, extractif, huile essentielle, etc. Cette dernière est jaune verdâtre ou ambrée ; on y a dosé du salviol ou camphre de sauge, des terpènes (salicol, thuyone, etc.).
- Propriétés thérapeutiques. — La sauge est une des plantes les plus renommées de l’antiquité. grecque et romaine par les nombreuses vertus qu on lui attribuait : « diurétique, emménagogue, stomachique, vulnéraire, hémostatique, aphrodisiaque, utile dans la léthargie, la paralysie, propre à favoriser la conception et à faciliter l’accouchement. » L’Ecole de Salerne a résumé l’immense confiance qu’on avait en elle dans ce vers fameux mais quelque peu hyperbolique.
- Cur morietur homo cui Salvia cresçit in horto ? (Pourquoi mourrait-il l’homme qui possède la sauge dans son jardin?)
- Bien que descendue de ce piédestal polychreste, la sauge est encore très populaire dans certaines régions, grâce à ses propriétés toniques, stomachiques et stimulantes dans les affections des voies digestives, les sueurs nocturnes des phtisiques, qui l’ont fait classer parmi les plantes aromatiques antisudorales. Signalées pour la première fois par Yan Swieten, ses propriétés antisudorales ont été confirmées depuis par plusieurs médecins, notamment par le D’ Meurisse qui, d’après M. H. Leclerc, a constaté que son effet se fait sentir rapidement, 2 heures environ après l’ingestion, et que le bénéfice de cette action se conserve quelques jours après qu’on en a suspendu l’emploi. Par son essence, elle est également vulnéraire et résolutive et utilisée en lotions, fumigations et bains.
- Préparations pharmaceutiques. — Les parties employées sont les sommités fleuries et les feuilles. On prépare avec elles, pour l’usage interne, une tisane par infusion de 5 gr. par litre d’eau bouillante, contre les cas d’atonie de l’estomac et, contre les sueurs, une teinture et un extrait fluide de saûge stabilisée. Le DrH. Leclerc qui recommande les deux derniers médicaments prescrit de prendre la teinture par 5o gouttes, 2 heures avant le moment présumé de leur apparition, et le second par cuillerée à café le soir au coucher. Pour l’usage externe, en lotions et fomentations, la dose est de i5 à 60 gr. par litre d eau bouillante, en infusion. Elle entre aussi dans divers alcoolats, notamment dans le Vulnéraire et l’Arquebuse.
- La cuisine se sert de la sauge comme condiment, surtout dans le Midi, pour aromatiser certains mets et légumes, tels la soupe à l’ail, le gibier, les châtaignes, les fèves, les flageolets, etc.
- Observations commerciales. — La Sauge officinale est comprise parmi les plantes dont la culture a été recommandée officiellement par le Ministère de l’Agriculture, dès 1916. A cette époque, le prix du kilogramme de feuilles mondées était fixé ào fr. 5o, avec la mention vente forte. L’an dernier (1924) l’herboristerie de la région de Lyon a payé aux récolteurs 1 fr. à 1 fr. a5 le kilogramme. J’ajouterai, comme indication générale, que la parfumerie, qui emploie la Sauge sclarée pour la distillation de son essence, a offert 5 fr. pour les feuilles mondées et 2 fr. 25 à 2 fr. 5o pour la plante entière, le kilogramme, A- 1 ruelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Coloration du béton. — La Revue des Matériaux de Construction et de Travaux publics recommande, d’après le Manuel de la Construction de l’Association américaine du ciment portland, l’emploi des couleurs minérales suivantes pour teinter le ciment.
- Bleu clair ou foncé : bleu de Prusse ou bleu d’outremer.
- Bruns : terre d’ombre ou oxyde brun de fer.
- Chamois : ocre jaune ou oxyde de fer.
- Gris : noir de manganèse ou noir de fumée de Francfort en petites quantités.
- Yert : outremer bleu verdâtre ou oxyde vert de chrome, ou mélange d’oxyde jaune et d’outremer bleu.
- Rose : oxyde rouge de fer en petites quantités.
- Rouges : oxyde rouge de fer.
- Ardoise : noir de manganèse ou noir de fumée de Francfort.
- La couleur est plus sombre quand le ciment est mouillé que lorsqu’il est sec.
- Les teintes blanches s’obtiennent, sans addition de couleurs, par l’emploi du ciment blanc (i partie) et du sable blanc (3 parties). Les sables jaunes ou bruns, avec du ciment blanc, donnent des nuances variées de crème, jaune et chamois.
- Résinâtes toxiques pour peinture des cales de navires. — Pour protéger le bois et détruire les animalcules marins, on incorpore aux peintures employées pour les cales des navires des composés cuivriques.
- A cet effet, on fait usage de stéarate, de linoléate de cuivre, et aussi, en grande partie, de résinate de cuivre produit avec la colophane. ïLhâ
- Ces composés cuivriques sont ajoutés à la couleur sèche, dans la proportion de 2 à 5 pour 100, avant que cette couleur ne soit broyée avec l’huile; mais on peut aussi les dissoudre dans l’huile de lin cuite et mélanger ensuite avec la couleur sèche.
- Ces résinâtes toxiques constituent un préservatif très efficace. II. B.
- Accumulation d’acide carbonique dans un puits.
- — Parfois, il arrive que de l’acide carbonique s’accumule dans un puits, en plus ou moins grand volume, constituant en tout cas une atmosphère fort dangereuse pour les ouvriers qui auraient à exécuter des travaux.
- Pour obvier à cet inconvénient, M. de Sylvestre propose l’emploi de la chaux vive. En premier lieu on étend et délaye dans un grand baquet d’eau 14 à i5 litres de chaux vive; on verse ce lait sur les pierres formant la paroi interne du puits et au travers de la masse du gaz. En second lieu, on prend 5 à 6 litres de chaux vive que l’on jette tout simplement en morceaux dans le liquide réuni au fond du puits.
- Immédiatement on voit s’élever en abondance des vapeurs. Près de 24 heures après ces deux opéi-ations, une bougie descendue dans le puits doit attester la disparition du gaz.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — A propos de l’huile de castor (n0i 2688 et laGqS). — M. Adolphe Meyer nous signale une autre locution :
- « Alligator pear (littéralement poire d’alligator) qui traduit en anglais le fruit de l’Avocatier, désigné aussi sous le nom de Avocado pear (Persea graiissima, de son nom botanique). C’est un arbre fruitier, delà famille des Lauracées (originaire du Mexique), qui pousse aux Antilles et dans l’Ouest africain.
- On en tire une huile employée pour l’éclairage et en savonnerie et de ses graines.une encre à marquer.
- , Le mot français avocatier est une dénaturation par assonance, par homophonie, du vocable indigène ».
- Réponses. — M. M. P., rue Houdan, à Sceaux.(Seine).
- •— r Propriétés herbicides et fertilisantes du crud ammoniac .-Résidu del’épuration chimique du gaz d’éclairage, le crude ammoniac contient de l’azote sous des formes variées qui sont loin d’avoir toutes la même valeur. A côté du sulfate d’ammoniaque, engrais énergique, il y a des ferrocyanures, des sulfocyanures, dont l’action fertilisante est à peu près nulle. En achetant le çrud d’après le taux d’azote total qu’il contient, on îùsque de payer le prix de l’unité d’azote utile plus élevé que dans le sulfate d’ammoniaque. Le crud renferme aussi du soufre en fortes proportions, jusqu’à 40 et 5o pour 100 à l’état libre; dans certaines conditions, le soufre exerce une action fertilisante réelle.
- 2° La toxicité du crud ammoniac est due surtout aux produits goudronneux qu’il contient toujours en quantité plus ou moins grande, suivant l’imperfection de l’épuration physique du gaz. A concentration égale en sulfocyanures, les cruds sont très inégalement toxiques : certains cruds exempts de sulfocyanures ont cependant une toxicité marquée.
- Les graines ne sont pas très sensibles à l’action des sulfocyanures. C’est aux principes goudronneux que doit être imputé le pouvoir toxique du crud et ses propriétés désherbantes et insecticides. Les sulfocyanures
- peuvent, à doses suffisantes, retarder seulement la germination, mais ils tuent la jeune plante qui est particulièrement sensible à leur action. L’exposition à l’air libre peut amener la disparition des principes goudronneux toxiques qui s’évaporent en effet lorsque le crude épandu sur la terre y reste un certain temps avant d’être enfoui. Cependant, cette élimination est lente ; elle est beaucoup plus rapide au contact de la terre.
- C’est pourquoi il est préférable d’incorporer le crud au sol, soit en hiver, si le crud est fortement goudronneux, soit au printemps, quelque temps avant les semailles; l’épandre à la surface du sol un certain temps avant le labour.
- Il est à remarquer que les progrès réalisés dans l’inr dustrie du gaz tendent à donner lieu à des résidus moins riches en goudron, en sulfocyanures et en ammoniaque. La richesse du crud en azote va donc en diminuant en même temps que ses propriétés herbicides et insecticides tendent à devenir nulles.
- 3" On trouve ce résidu à l’état solide, en scories ou poudre plus ou moins grossière. Dosage 5 à y pour 100 d’azote. Prix : 3 fr. 80 l’unité d’azote. Vous pourrez vou&.procuver du ;crud ammoniac en vous adressant à la Société commerciale Lambert-Rivière, Paris, 16, rue de Miromesnil (8°).
- M. G.-M., avenue de Saint-Simon, Aix-les-Bains (Savoie). — Documentation sur iarchitecture paysagiste et l’ornementation des jardins (tracés de parterres, leur décoration, dessin décoratif, etc.). Voici les ouvrages modernes sur ces questions : Parcs et Jardins (architecture des jardins), 1 vol., par G.-A. et P. Bellair ; Jardins (carnet de plans et dessins), 1 vol. par J.-C.-N. Forestier; Parcs et Jardins (création des parcs et jardins paysagers, culture des arbres d’ornement, etc.), 1 vol. par Gressent; Notes sur T ornementation des jardins (ornementation pittoresque, florale, mosaïculture, application des styles), 1 vol. par Albert Maumené; J.a Mosaïculture pratique (Principes, composition des dessins et de la plantation, modèles de dessins, etc.), 1 vol. parle même ; 1/ ornementation florale des jardins, 1 vol. par le même; Corbeilles, parterres ou traité de mosaïculture (avec dessins), 1 vol. par Nestor-Séghers ; l.e Bon Jardinier, 1 vol (avec plans de jardins de divers styles, roseraies, mosaïculture, etc.); Traité d’horticulture pratique, 1 vol. par Bellair; IJelit Guide pratique I de Jardinage, 1 vol. par Mottet; Nouveau Jardinier
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- BOITE AUX LETTRES |^|
- illustré (Culture des arbres fruitiers, Culture en pleine terre et forcée des légumes, plantes de pleine terre et de serre), i vol. par Ilerincq, Lavallée, Neumann, Yerlot, Courtois-Gérard, Pavard, Cels et Burel (Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
- Sao Paulo Club. — Il est probable que la paille de riz pourrait être employée comme celle d’avoine pour fabriquer des celles. Mais nous ne connaissons pas de recherches effectuées sur ce sujet.
- Compagnie belge de Salubrité et d'Hygiène , à Bruxelles. — iu Nous rie possédons par les renseignements complémentaires que vous demandez au sujet de la fabrication du Vernis Canadien. Vous trouveriez probablement des indications en vous adressant au Laboratoire des matières grasses, Paris, 49» rue des • A’inaigriers (io°), et, d’autre part, à M. André Bodin, à Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge. Le Vernis Canadien n’étant pas préparé en lrrance, nous ne connaissons pas de spécialiste pouvant vous donner les détails que vous recherchez; 20 nous n’avons pas fait l’essai de l'acétate de cellulose, dans les conditions qu’expose votre demande : il faudrait vous renseigner à Bruxelles auprès d’industriels spécialisés dans cqtle fabrication.
- M. Bodart, à Saint-Etienne. — Nous pensons que vous obtiendrez un meilleur résultat en fixant les vitres dans les feuillures métalliques au moyen d’un mastic ainsi préparé :
- Bioxyde de manganèse . . . '200 gr.
- Huile de lin..................i5o —
- Rouge d’Angleterre .... 200 —
- Sulfate de plomb..............200 —
- Délayer d’abord le bioxyde dans l’huile en broyant -finement, puis incorporer peu à peu et dans l’ordre le • rouge d’Angleterre, puis le sulfate de plomb.
- M. L. G., à Arbois. — i° Pour recoller l’albâtre, commencer par faire un mélange à parties égales de plâtre et de poudre de chaux éteinte.
- D’autre part, délayer un blanc d’œuf dans la moitié de son volume d’eau ordinaire froide de façon à avoir un produit bien homogène.
- Verser alors peu à peu la solution de blanc d’œuf sur le premier mélange, en quantité suffisante pour obtenir une pâte semi-fluide, appliquer aussitôt celle-ci sur les parties d’albâtre à joindre, car il faut opérer rapidement ; serrer fortement par une ligature, laisser bien sécher, puis enlever les bavures avec un grattoir;
- 20 Les vernis noirs pour métaux sont effectivement à base d’asphalte ; vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Bitume de Judée.............100 gr.
- Copal de Madagascar. ... 60 —
- Huile de lin cuite..........i5o —
- Essence de térébenthine . . 200 —
- On peut remplacer une partie du bitume de Judée par le bitume égyptien et y ajouter un peu de bleu de Prusse. Ces vernis demandent à être bien cuits avant addition finale de l’essence.
- M. M., à Bizanet. — Dans le cas que vous indiquez, le mastic de fontainier doit convenir pour aveugler votre fuite d’eau. Prendre :
- Brique pilée finement. . . . 906 gr.
- Litharge pulvérisée .... 100 —
- Humecter le mélange avec de l’huile de lin et broyer de manière à former une pâte, appliquer aussitôt sur les fissures et, au cas où il y aurait une forte pression d'eau, maintenir le mastic en place avec une planchette qu’on laisse jusqu’à durcissement complet, ce qui demande toujours un certain temps, mais alors le cimentage présente une solidité extrême.
- M. Coudrar, à Saint-Brieuc. — Pour remettre en état votre baromètre à siphon, il faudrait pouvoir disposer d’une pompe à vide (trompe de Sprengel par exemple), c’est-à-dire qu’après avoir enlevé le mercure il conviendrait de faire dans le tube légèrement chauffé un vide aussi parfait que possible, puis à ce moment d’y faire rentrer du mercure bouilli et encore chaud. Cette manipulation est bien délicate et nécessite l’adaptation à l’extrémité du tube, d’une petite ampoule de forme spéciale. A notre avis le mieux serait de remettre l’appareil entre les mains d’un spécialiste.
- D 128 Caca. — Les bambous refendus pour cannes à pèche sont recollés à la colle de sang qui présente l’avantage de très bien résister à l’eau. lin principe on peut employer le sang frais défibriné par battage avec
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- un petit balai de sorgho, mais, à cause d"ef\a difficulté de conservation du sang frais, il est préférable d’employer l’albumine sèche, à la condition qu’elle ait été bien préparée, c’est-à-dire ait conservé une solubilité d’au moins 90 pour 100. Pour préparer la colle on prend :
- Albumine de sang...................120
- Eau ordinaire à 3o° C..............220
- Ammoniaque liquide D = 0900 . . 5
- Chaux éteinte en poudre............ 2,5 gr.
- On commence par dissoudre l’albumine dans une partie de l’eau douce (ne pas dépasser 3o° C) après trempage préalable dans l’eau froide d’au moins 2 heures sans agitation, puis on ajoute l’ammoniaque peu à peu dans la solution biexi homogène d’albumine. D’autre part, on délaye la chaux en' poudre avec le reste de l’eau pour en former une crème épaisse que l’on incorpore, en remuant toujours, au mélange précédent; on doit ainsi obtenir une colle de bonne consistance, utilisable pendant plusieurs heures sans modification. (Bien observer les proportions et éviter surtout que la chaux ne soit en excès, car le mélange durcirait et formerait une masse compacte.) La colle est appliquée avec un pinceau dans les conditions habituelles ; après réunion des éléments à joindre on ligature fortement, puis laisse sécher un jour ou deux. Pour terminer, on passe à l’étuve à ioo°-xo5°, de manière à provoquer la coagulation de l’albumine; quelques minutes suffisent si les parties les plus profondes du bois ont atteint cette température. 11 ne reste plus qu’à enlever les ligatures, gratter les bavures de colle et polir au papier de verre très fin.
- C. F., à V. — La rouille de votre appareil est due à ce que l’eau de pluie très aérée se trouve riche en oxygène, elle contient en outre des traces de produits nitrés qui favorisent l’oxydation. Ainsi que nous l’avons déjà signalé, on peut dans une certaine mesure remédier à cet inconvénient en faisant passer l’eau, avant entrée dans les récipients métalliques, sur de la braise de boulanger fraîchement préparée, qui a la propriété de fixer les gaz dissous par adsorption en même temps que le charbon exerce une action réductrice sur les nitrates. Quant à Venlèvement de la rouille en suspension dans l’eau à sa sortie, il vous sera facile de le réaliser par le même moyen. En résumé, nous vous conseillons de placer votre appareil entre deux filtres à charbon, l’un préventif de la rouille, l’autre curatif pour éliminer celle qui s’était formée antérieurement.
- M. P., à Iloudan. — Une peinture à l’huile effectuée dans de bonnes conditions est encore le meilleur préservatif du bois placé à l’extérieur, eu observant bien les proportions suivantes entre l’huile et l’essence. La première couche doit être détrempée de trois quarts d’huile et un quart d’essence, la deuxième moitié huile et moitié essence, la troisième détrempe se fait à l’huile pure. Vous pouvez par exemple prendre comme type de peinture pour la première couche :
- Ocre en poudre...............700 gr.
- Huile de lin............
- Essence de térébenthine Siccatif................
- Bien entendu, si vous partiez d’un « fond » de couleur déjà broyée à l’huile (céruse ou blanc de zinc broyé), il faudrait tenir compte de 20 pour 100 d’huile environ que contient le produit.
- M. S., à Nice. — IJ obtention des cristaux de soude ou carbonate de soude cristallisé, que l’on désigne dans le langage ménager simplement sous le nom de cristaux, ne présente aucune difficulté, il suffit de faire dissoudre dans l’eau bouillante le carbonate de soude commercial en poudre (soude Sohvay) de telle manière que cette solution marque 28° à l’aéromètre de Bauiné. On laisse reposer toujours à chaud, afin que les impuretés se déposent, puis ou fait passer le liquide dans des cristallisoirs en tôle à fond incliné portant à l’extrémité inférieure une bonde. Par refroidissement lent, les cristaux se forment en donnant CO3Na3, io llH), sel qui contient 63 pour 100 d’eau. Quand on juge que la cristallisation est terminée au bout d’un temps variable suivant la température du milieu où se trouve le crislallisoir, on enlève la bonde et fait écouler les eaux mères que l’on soumet à une concentration avant nouvelle cristallisation. Les cristaux sont alors détachés, on les égoutt j sur une grille en bois et laisse se dessécher à Pair. Quand ils commencent à s’eftleurir, c’est-à-dire à présenter quelques parties ternes, on les met en barils.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Les Enigmes de la Science, t. Il, par l’abbé Morkux. i vol. in-i(j, 292 p,. Doin, éd. Paris, 1920, Prix : 12 francs.
- La'science, en progressant, pose pins de problèmes qu’elle n’en résout. En d’agréables causeries, l’abbé Moreux aborde quelques-uns de ces problèmes : fixation des dimensions de notre univers, mystères des amas globulaires et des nébuleuses spirales, énigme de l’évolution planétaire, peut-on bombarder la Lune, énigmes du système solaire, pent-on mesurer le temps ? On trouvera aussi dans ce volume le récit pittoresque d’une mission astronomique en Tunisie, une impressionnante vision de fin du monde par collision entre notre Soleil et un astre errant, une dissertation sur les limites de la science, la traduction d’un ancien, mais fort intéressant discours de Newcomb sur l’hy-pérespace, etc.
- La téléphonie automatique, par J. Milhaud, i vol., 336 p., 199 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1925. Broché : 35 francs.
- Ouvragé d’ensemble s’adressant à la fois aux élèves qui ont à apprendre les principes fondamentaux, aux fonctionnaires de l’exploitation qui ont besoin de se rendre compte du fonctionnement des outils utilisés par eux, aux agents mécaniciens qui ont la charge de l’entretien, aux inventeurs qui rêveront de perfectionner ce merveilleux outil. Logiquement composé, clairement écrit, solidement documenté, ce livre, œuvre d’un spécialiste, comble une lacune de notre littérature technique.
- L’Eclairage, par L. Fournier, i vol. in-16, 192 p.,
- 155 fig. Hachette, éd. Paris. Prix 7 fr. 5o.
- Après avoir rappelé les traits essentiels de 1 histoire des éclairages, l’auteur indique les règles auxquelles doit obéir un éclairage satisfaisant et il passe en revue les divers appareils modernes d’éclairage; becs à incandescence par le gaz; emploi du gaz à haute pression, acétylène, alcool, benzol, pétrole, lampes électriques à incandescence, lampes à arc de diverses espèces. Il nous initie au fonctionnement des feux des phares maritimes ou terrestres, des bouées et balises et à celui des projecteurs de tous genres. Un chapitre particulièrement attrayant est consacré aussi à l’éclairage au théâtre. Après avoir décrit un certain nombre d’éclairages spéciaux : éclairage des trains, éclairage des studios de cinémas, lampes de poche, tubes à gaz raréfiés, feux d’artifices, il termine par la lumière vivante, celle encore si mystérieuse des animaux phosphorescents, espoir de la technique de l’avenir. Ouvrage clairement écrit, solidement composé et documenté, d'une lecture aussi agréable qu’instructive.
- La soudure à la portée de tous. Collection « Les livres du Bricoleur ». 1 plaquette, 32 p., 37 fig. E. H. Lemo-non, éditeur, 27, rue d’Enghien, Paris. Prix : 2 francs.
- Cette utile petite brochure nous apprend à souder les métaux en feuilles ou en tubes et à réparer la plupart des ustensiles de ménage; composition des décapants et des soudures, choix et maniement de l’outillage, exécution des travaux, tours de main divers.
- Practical physical and colloïd Chemistry, par L. Mi-ciiaelis, traduit en anglais sur la 20 édition allemande, parT. R. Parsons. 1 vol. in-8, ig5 p.,40 fig- W. Heffer and Sons, Cambridge. Prix : relié 7 sh. 6 d.
- La Nature a signalé en son temps (n° o.5g3 j l’édition française (traduction Chabanier et Lobo-Onell, Masson et Cie, éditeurs) de cet important ouvrage. Son attrait fut tel qu’elle fut très rapidement épuisée. Voici maintenant une édition anglaise qui n’aura pas un moindre succès. Le professeur de l’Université de Berlin y décrit une série de manipulations de physico-chimie et de chimie des colloïdes, la plupart aisées à réaliser, toutes riches d’enseignements pour le médecin et le biologiste. Elles forment un manuel de laboratoire très clair et très précis qui permet d’appliquer les
- plus récentes données des sciences physiques aux multiples problèmes de la physiologie.
- La théorie des phénomènes colloïdaux, par Loek. Traduction de H. Mouton. 1 vol. in-12, 292 p., 58 fig. Nouvelle collection scientifique. F. Alcan. Paris. Prix : to francs.
- Dans les Protéines, traduit l’an dernier dans la même collection, Loeb avait montré que les lois chimiques ordinaires, établies pour les cristalloïdes, sont valables aussi pour les protéines colloïdales, quand on tient compte du degré d’acidité ou d’alcalinité de celles-ci mesuré par le pli. Ce livre-ci est le développement de cette idée. Loeb trouve une vérification mathématique et expérimentale de ses conceptions en étudiant les principales propriétés physicochimiques : potentiel de membrane, pression osmotique, gonflement, viscosité, cataphorèse, stabilité et aboutit à la définition de l’organisme, machine chimique.
- Les bases physico-chimiques de la régénération, par Jacques Loeb. Traduit de l’anglais par Mouton, 1 vol. in-8, 172 p., r 15 fig. Gauthier-Villars et Cio. Paris. Prix : 3o francs.
- La régénération est un des problèmes biologiques qui a soulevé le plus de discussions entre vitalistes et mécanistes. Bien entendu, Loeb lui cherche une solution purement physicochimique et, dans ce but, il a fait toute une série d’expériences fort intéressantes sur une plante des Bermudes. Bryophyllum calyci-num. Son exposé montre une simple relation de masses dans les phénomènes très variés qu’il décrit.
- Angola et Rhodésia (1912-1914). Mission Rohan-Chabot, sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et de la' Société de Géographie. T. IV. Histoire naturelle. Fasc. I. 1 vol. in-40, 177 p., 18 pl. et
- 1 carte. Imprimerie Nationale et Paul Geülhner, Paris.
- On sait que de 1912 à 1914, M. de Rohan-Chabot parcourut l’Angola et la Rhodésia, depuis l’Océan Atlantique jusqu’aux chutes du Zambèze, recueillant de nombreux documents sur l’ethnographie et l’histoire naturelle de ces régions. Les matériaux rapportés ont permis à divers spécialistes du Muséum des études intéressantes. Ce fascicule, consacré aux Vertébrés, comprend un long mémoire de MM. Anthony et Villemin sur le développement des singes de l’espèce Chœropilhèque, basé sur la dissection de deux femelles et de deux fœtus, lequel apporte d’intéressantes contributions à l’histoire des Cynocéphales ; une liste d’oiseaux de MM. Ménégaux et Berlioz, une liste de reptiles par M. Angel, une de poissons par M. Pellegrin. Des espèces nouvelles sont décrites et figurées.
- 3g th Animal Report of the Bureau of American IitJmo-logy, igi7-igi8, 1 vol. in-4, 636 p., 4 fig-, 17 pl. Smith-sonian Institution, Washington.
- Ce volume contient une étude sur la tribu Osage et ses rites par M. Francis La Flesche.
- Découvertes de trois sarcophages mérovingiens du viii° siècle aux Sables d’Olonne, par F. Idikr. tbroch. 56 p., 11 pl. Imprimerie G. Romain, La Roche-sur-Yon, 1926.
- Science économique et pratique industrielle, par P. Dugué. i br., 28 p. Imprimerie J. Bière. Bordeaux, 1925,
- Conférence nourrie d’idées intéressantes. L’auteur y démontre que l’économie politique peut et doit aider l’ingénieur dans son rôle de création technique, et chemin faisant, il met en relief un certain nombre de lois générales, expérimentalement établies, auxquelles est soumise la production industrielle.
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- LA NATURE
- Supplément.
- M° 27Ôi
- 9 Janvier 1926
- INFORMATIONS
- Prix de l’Académie des Sciences en 1925. — La
- séance solennelle de l’Académie des Sciences, du 14 décembre 192.5, a été ouverte par un discours de M. Bouvier. Après avoir rappelé le souvenir des académiciens et correspondants décidés au cours de l’année : MM. Ma-quenne, Rabut, Haller, Gentil, Kilian, Tisserand, Ber-gonié, Depage, Massart, Hildebrand Hildebrandsson, l’éminent savant a exposé l’état actuel des théories transformistes. M. Em. Picard a lu une notice sur le mathématicien Tannery. Puis lecture a été donnée de la liste des prix et subventions accordés pour 1925. Nous résumons ci-dessous la liste des prix.
- Mathématiques. — Prix Francocur, à M. Valiron pour ses travaux sur les fonctions entières.
- Mécanique. — Prix Montyon, à M. R. Risser pour sa thèse : Essai sur la théorie des ondes par émersion; résumé de recherches effectuées sur la question des ondes produites à la surface d’un liquide primitivement au repos par l’action d’une force impulsive telle qu’un coup de vent, ou par l’émersion d’un solide qui déprime cette surface.
- Prix Poncelet, à M. I). Eydoux pour ses travaux d’hydraulique.
- Astronomie. — Prix Lalande, à M. G. Fournier, instituteur et astronome volontaire, pour ses observations sur les surfaces et atmosphères planétaires.
- Prix Valz-, à M. Michkowitch pour ses travaux sur la statistique stellaire.
- Prix P. Guzman, à M. E. Antoniadi pour ses observations des planètes, de Mars, en particulier; à M. Bal-dit pour ses recherches sur la constitution des comètes et l’origine de leur lumière; à M. B. Jekhowski pour ses travaux relatifs à la détermination des petites planètes.
- Prix Pontecoulani, à M. P. Caubet pour son étude des principales inégalités du mouvement de la Lune et le calcul des perturbations de la planète 173 Ino.
- Géographie. — Prix Gay, à M. Léon Lutaud pour son mémoire : Etude tectonique et morphologique de la Provence cristalline.
- Prix Tchihatcheff, à M. Obroutcheff, ingénieur des mines à Moscou, qui a consacré toute une vie de labeur à l’exploration et l’étude physique de la Sibérie orientale et de la Chine septentrionale.
- Navigation. —Prix de la Marine, à M. P. Marti pour ses travaux sur l’application des ondes sonores au repérage et au sondage; à MM. Nègre et Vinsot pour leurs ondes sur la navigation des torpilles.
- Physique. — Prix Kastner-Boursault, à M. Eug'. Dar-mois pour ses travaux sur la polarisation rotatoire et magnétique et ses découvertes dans ce domaine.
- Prix Gaston Planté, à M. J. Bethenod, ingénieur, pour la production et l’utilisation des courants alternatifs à fréquence élevée.
- Prix Hehert, à M. Roth pour son livre Alternateurs et moteurs synchrones.
- Prix H. de Parville, à M. Ribaud pour sa thèse sur l’absorption de la lumière par les gaz et ses travaux sur les fours électriques à induction de haute fréquence.
- Prix Hughes, à M. Cabannes pour ses travaux sur la diffusion moléculaire de la lumière.
- Chimie. — Prix Montyon des Arts insalubres, à M. Javillier pour ses travaux de chimie biologique.
- Prix Jecker, à M. René Locquin pour l’ensemble de ses recherches de chimie organique; à M. Dufraisse pour l’ensemble de ses travaux, notamment ceux relatifs à l’autooxydation.
- Prix Berthelot, à M. Em. André pour ses travaux sur les matières grasses, notamment les huiles de poisson.
- Prix.Houzeau, h M. Bourion pour l’ensemble de ses recherches de chimie pure et de chimie physique.
- Minéralogie et géologie. =— Prix Cuvier, à M. Ivober, de Vienne (Autriche), pour son ouvrage Bau und Ents-ichung des Alpen.
- Prix Delesse, à M. Grandjean pour ses recherches sur les liquides anisotropes et sur la géologie de la Corse.
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- Prix Paulin, à M. G. Dubois pour ses travaux sur le quaternaire du Nord de la France.
- Prix Joseph Labbé, à M. M. Solignac pour ses travaux de géologie tunisienne.
- Botanique. — Prix Montagne, à M. de Puymaly pour ses recherches sur les algues vertes aériennes et à M. A. Loubière pour son travail sur les mueédinées caséicoles.
- Prix Jean Thore, à M. M. Denis pour son travail sur la végétation des mares de la forêt de Fontainebleau.
- Prix de Coincy, à M. Chermezon pour ses études sur les Cypéracées de la Guyane et de Madagascar.
- Anatomie et Zoologie. — Prix Cuvier, à M. Louis Mercier pour son oeuvre zoologique.
- Prix Savigny, à M. Eug. Séguy pour le volume Moustiques de l'Afrique Mineure, de l’Egypte et de la Syrie.
- Médecine et Chirurgie. — Prix Montyon, à MM. Sergent, Donatien, Parrot, Lestoquard, Plantureux, Mlle Rougebief pour l’ouvrage Les Piroplasmoses bovines d’Algérie-, à M. E. Wollman, pour ses mémoires sur la protéolyse et les ferments de défense d’Abder-halden ; à MM. L. Bérard et Ch. Dunet pour l’ouvrage Cancer thyroïdien; à M. Ivohn-Abrest pour l’ouvrage Chimie toxicologique.
- Prix Barbier, à Mlle F. Coupin pour ses travaux sur le système nerveux des vertébrés, et à M, R. Weissen-bach pour l’ouvrage Les Syndromes anémiques.
- Prix Bréant, à M. Ramon pour ses travaux sur le titrage de la toxine et de l’antitoxine diphtériques au moyen de la floculation, sur l’anatoxine diphtérique et les anatoxines en général.
- Prix Godard, à M. R. Courrier pour un mémoire sur le cycle sexuel de la femelle des mammifères.
- Prix Mège, à M. Douris pour son ouvrage sur l’analyse du sang.
- Prix Bellion, à M. Thooris pour son ouvrage La Vie par le stade.
- Prix Larrey, à M. J. Beyne pour ses recherches sur la protection de l’aviateur au moyen d’appareils à inhalation d’oxygène.
- Physiologie. — Prix Montyon, à Mlle F. Gueylard pour ses recherches biologiques et physico-chimiques sur l’épinoche.
- Prix Pourdt, à M. Metalnikov pour ses travaux sur la digestion intracellulaire et l’immortalité des protozoaires.
- Prix Philipeaux, à MM. Mathieu et" Hermann pour leurs recherches sur la fonction respiratoire par l’emploi d'un diviseur d’air trachéal.
- Statistique. — Prix Montyon, à MM. Frechet et Halbwachs.
- Histoire et Philosophie des Sciences. — Prix Binoux, à M. Marie pour sa bibliographie de Pascal savant.
- Ouvrages de Science. — Prix //. de Parville, à M. E. Hegh pour son ouvrage sur les termites.
- Prix Jeanbernat-Ferrari de Doria, à M. G. Bouligand pour ses travaux sur les fonctions harmoniques.
- Prix généraux. — Grand Prix des Sciences Physiques, à M. J. Mouret pour ses études géologiques du Massif Central.
- Prix Lallemand, à Mlle P. Locatelli, de Pavie, pour ses recherches sur l’influence du système nerveux sur la régénération.
- Prix Petit d’Ormoy (Sciences Mathématiqties), à M. j, Drach.
- Prix Petit d’Ormoy (Sciences Naturelles), à M. Caul-lery.
- Prix Saintour (Mathématiques), à M. A. Denjoy.
- Prix Longchampt, à M. Frouin et Mlle Guillaumie pour le mémoire La nutrition carbonée du bacille tuberculeux] à M. Cristol pour son travail sur le» tissus L cancéreux.
- Prix Wilde, à M. R. Jouaust pour ses recherches sur la photométrie et la radiotélégraphie; à M. R. Mesny pour ses recherches sur la radiogoniométrie et les ondes hertziennes courtes.
- Prix G. Roux, à M. Sollaud (embryogénie des crustacés décapodes Palaemoninae).
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- INFORMATIONS
- Circuit d’essai d’automobiles. — La création d’aulo-dromes permet évidemment de réaliser des vitesses élevées et de soumettre ainsi les organes du châssis à des. efforts considérables. De cette manière, on peut arriver, à déterminer plus facilement la nature et la dimension voulue des pièces qui figureront dans des châssis plus modestes que ceux utilisés en course. Les essais d'endurance sur des routes véritables, présentant toute une série d’accidents de terrains analogues à ceux qu on est susceptible de trouver sur des routes ordinaires,_sont peut-être encore préférables aux performances réalisées sur les autodromes.
- A ce point de vue, l’industrie automobile américaine dispose d installations formidables. 11 est vrai que ces industries n ont pas été paralysées, au contraire, par la période de guerre.
- Aux Ltats-Unis, on a créé de vastes laboratoires de recherches qui se consacrent uniquement à l’étude des questions techniques. Les résultats obtenus sont mis en application immédiatement et l’on contrôle l’exactitude des principes suggérés par des essais rigoureux.
- Tout récemment, un groupement puissant a reproduit sur des centaines d hectares toutes les catégories de routes, bonnes et mauvaises, qu’il soit possible d imaginer. Il y circule en ce moment, d’une façon - presque ininterrompue 7 voitures Chevrollet qui totalisent mensuellement 120000 km. Chaque voiture tient la route 20 heures sur 24 et plusieurs équipes de conducteurs se relaient pour assurer le service. Le circuit comprend 5 km de route en gravier, avec des virages courts, des pentes qui "atteignent 11 pour 100.
- Pendant que 1 on pourvoit les châssis de combustible et d’huile, on les examine et tous les ioooo km, les voitures sont conduites à l’atelier en vue de leur entretien, d’une inspection minutieuse dont on note les résultats.
- On peut faire ainsi des observations qui sont d’un grand intérêt ; elles indiquent les points faibles d’une construction et suggèrent des possibilités de nouvelles améliorations. C’est la méthode expérimentale appliquée d’une façon rigoureuse.
- Les électrodes des fours électriques. L’électrode continue Sôderberg. — Les fours électriques ont conquis une place fort importante dans la métallurgie .: ils sont utilisés pour la fabrication d’aciers fins, de ferro-alliages, pour l’élaboration des laitons et des bronzes, pour la fabrication de l’aluminium et du carbure de calcium. Les conducteurs qui amènent le courant dans la région du tour où l’énergie électrique doit se convertir en chaleur sont le plus souvent en carbone amorphe, parfois en graphite ou carbone cristallin. Le carbone a la propriété d’jêtre très réfractaire, tout en restant bon conducteur de l’électricité. La consommation des électrodes en carbone est rapidement devenue très considérable et a donné naissance à une industrie importante qui s’est développée notamment en France. Une récente communication de M. Gall, au Congrès de la houille blanche à Grenoble nous apporte sur cette industrie d’intéressantes précisions et "décrit en détail ses récents progrès, dus à l’invention de l’électrode continue, réalisée par l’ingénieur norvégien Sôderberg.
- Comme matière première pour les électrodes en carbone amorphe, on ^emploie des variétés de charbon aussi riches que possible en carbone fin et aussi denses que possible : charbon de cornue, anthracite, coke de pétrole ou de brai. Ces derniers subissent une calcination préalable.. Le charbon ainsi préparé est broyé à un degré de finesse exactement déterminé.
- Il est ensuite aggloméré avec du brai ou du goudron d’usine à gaz; on obtient, à chaud une pâte plastique. Cette pâte est d’abord paàsée sous des meules qui la rendent plus dense et plus plastique; puis elle est comprimée sous forme de cartouches que l’on introduit dans une presse à filer. La pression à laquelle la pâte est soumise dans cette presse est très élevée; il existe des presses atteignant la pression de 6000 tonnes. Au sortir de la presse, l’électrode pilée est coupée à la longueur voulue, puis elle est cuite dans un four chauffé au gaz; on l’y enfourne dans des creusets verticaux en terre réfractaire. L’espace entre l’électrode et les parois internes du creuset est rempli de grains de charbon qui maintiennent la pièce pendant la cuisson et la protègent contre les oxydations. La température de cuisson est de
- 14000 environ ; le cycle des opérations d’enfournement et de cuisson dure i5 à 20 jours. Tel était jusqu’à ces derniers temps, dans ses grandes lignes, le mode de fabrication universellement employé. Mais en 1919, on commença à parler d’un nouveau procédé permettant de réaliser sans aucun moyen mécanique la fabrication continue d’électrodes, se cuisant sur le four électrique même où elles étaient utilisées. Le procédé Sôderberg venait de faire son apparition en Norvège et il s’affirmait bientôt comme un progrès important dans la technique du four électrique. En 1923, il était pour la première fois appliqué en France, et depuis il a été utilisé avec succès dans diverses usines des Alpes. Voici en quoi il consiste :
- L’électrode Sôderberg se façonne au-dessus du four électrique dans lequel elle sera utilisée, et se cuit directement dans ce four. Elle comporte une longue enveloppe circulaire, verticale, en tôle mince, qui sert d’armature et de moule à l’électrode; à l’intérieur de la tôle on dame de la pâte à électrode. A o m. 70 environ du niveau de la charge du four se trouve le dispositif d’amenée du courant à l’électrode : c’est une couronne en acier moulé enserrant une série de plaques de contact en bronze qui prennent appui contre la pâte de carbone descendant du moule. La couronne et les plaques sont refroidies par une circulation d’eau.
- Au-desssus de la couronne, la pâte est liquide et parfaitement homogène. Elle n’a pas encore subi l’influence de la cuisson. Celle-ci s’opère à la hauteur de la couronne sous l’effet de la chaleur dégagée par le courant électrique qui traverse la masse, et aussi grâce aux chaleurs perdues du four que véhicule le tronçon inférieur'de l’électrode plongeant dans le four. Au-dessous de la couronne l’électrode est cuite ; la cuisson lui a fait subir un léger retrait qui permet de la faire descendre peu à peu dans le four, au fur et à mesure de son usure.
- On utilise aussi en électrothermie des électrodes en graphite ; mais elles sont d’un emploi beaucoup plus restreint. On les obtient par un traitement spécial d’électrodes en carbone amorphe : le procédé le plus employé, celui de Acheson, consiste à chauffer les électrodes jusqu’à zôoo0 par passage d’un courant électrique ; elles, sont entourées au préalable d’une couche uniforme de grains de coke épaisse de quelques centimètres. La cuisson dure i5 à 20 jours. Ces électrodes sont employées aussi dans les appareils à électrolyse. M. Gall évalue à aàoooo tonnes la consommation mondiale annuelle d’électrodes en carbone amorphe (dont i5ooo pour la France) et à 6 ou 8000 tonnes celle des électrodes en graphite.
- - Nouvelles de T. S. F.
- Essais de relais en Angleterre. — De nouveaux essais de relais de programmes européens ont eu lieu en Angleterre le i3 novembre dernier.
- On a relayé uniquement les stations qui sont le mieux entendues en Angleterre, c’est-à-dire : Hilversum, Radio-Paris, Bruxelles et Munster.
- L’essai a très bien réussi, le relais de Bruxelles a seulement été troublé quelque peu par les effets de « fading ».
- La radiophonie en Autriche. — Le nombre des amateuçs de T. S. F. autrichiens est déjà très élevé, puisque plus de iôoooo licences ont été délivrées.
- La taxe d’abonnement payée par les amateurs n’est d’ailleurs pas fixe et varie suivant le revenu de l’amateur. De mèmè, la redevance due pour l’installation de postes récepteurs destinés à donner des auditions en public varie suivant l’importance de la ville où les postes doivent être installés,
- La T. S. F. en Yougo-Slavie. — Une nouvelle réglementation de la T. S. F., beaucoup plus libérale, vient d’être établie en Yougo-Slavie. Désormais l’installation de postes récepteurs peut être réalisée sur tout le territoire yougo-slave, même par des étrangers, après autorisation spéciale toutefois.
- Les émissions de la Tour Eiffel. — En raison d’inteyféi'ences avec des stations d’utilité publique, les émissions de 19 h. 3o de la Tour Eiffel ont lieu sur 2740 m. de longueur d’onde depuis le i“r décembre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Oïf
- *> Physique ^
- Baromètre enregistreur à eau. — Le baromètre connu sous le nom de baromètre suisse est depuis longtemps classique. A’oici cependant quelques détails qui pourraient lui permettre de se répandre davantage. Un appareil de ce genre doit être à la fois bon marché, d’une explication aisée, d’une construction facile.
- Le modèle proposé semble présenter ce triple avantage aux désirs des amateurs.
- Le matériel. — D’abord, il suffit de se procurer :
- Une bonbonne (B) de i5 à 20 litres que l’on remplit d’eau ordinaire en restant un peu en deçà de la moitié de son volume.
- Une éprouvette (E) ayant une ouverture à sa partie inférieure (« éprouvette tubulée ») (inutile de se servir d’une éprouvette graduée, toujours plus chère).
- Un tuyau. d’environ 1/4 de cm de diamètre, en cuivre de préférence, pour réunir la bonbonne à l’éprouvette. La longueur de ce tuyau sera variable selon le local. Pour plus de facilité dans le montage et le réglage de l’appareil, on rend chaque partie indépendante :
- i° Une partie est fixée à l’ouverture de l’éprouvette;
- 20 Une autre plonge verticalement au sein de l’eau de la*bonbonne <gn dépassant d’une vingtaine de centimètres le bouchon qu’elle traverse ;
- 3° Enfin la 3e portion du tuyau s’ajustera aux besoins loeaux'(angles, meubles,etc.).
- Deux joints à oreillettes (/) que l’on trouve chez tous les quincailliers réaliseront ensuite l’unité de l’appareil.
- La théorie est des. plus simples. Supposons notre baromètre ajusté. L’eau est dans la bonbonne. Si nous versons peu à peu de l’eau par l’éprouvette, sa pression finira par s’équilibrer avec la pression qtii va s’exercer à l’intérieur de la bonbonne, et au bout d’un certain temps, l’eau ne s’écoulera plus dans la bonbonne, mais demeurera dans l’éprouvette.
- Soit donc P la pression à l’intérieur de la bonbonne ;
- Soit donc h la pression de la colonne d’eau;
- Soit donc H la pression atmosphérique ; puisque tout s’équilibre, nous avons :
- P = // -f H.
- Or, si par un artifice de construction on arrive à maintenir à l’intérieur de la bonbonne là pression P constante, P = c‘° = h -f- H que l’on expliquera, soit simplement par les 2 équations correspondant à 2 pressions atmosphériques différentes : ,
- cte = H -f h ) H _ TT, _ J h\k cu = H'-j~ h' $ 1 11 , , j.
- C'° = H' + h' y/'T
- soit pour ceux qui sont initiés aux différentielles, c.le — H - ; h
- d’où
- O — d\ ] -f- dh — dR = dh.
- Donc les différences de^pression barométriques sont traduites par les variations de hauteur de la colonne d’eau. Un flotteur de l’éprouvette se charge de le inscrire.
- Dé ces considérations techniques nous pouvons tirer également quelques conséquences pour l’ordre pratique :
- Puisque la hauteur absolue de la colonne d’eau n’intervient que par différence, il n’est pas nécessaire de viser à une grande différence de niveau entre l’eau de la bonbonne et celle de l’éprouvette, d’où possibilité d’installation dans un appartement.
- L’eau présente sur le mercure l’avantage de donner des graphiques à échelle beaucoup plus grande, d’où meilleure visibilité dans une classe ou une étude.
- Fig. 1. — Schéma démonstratif du baromètre enregistreur à eau.
- La construction doit maintenir la pression P dans la bonbonne.
- Trois conditions sont requises, nous permettant ainsi de préciser les détails de montage :
- i° Il ne doit y avoir aucune fuite, c’est-à-dire qu’il faut réaliser la fermeture hermétique de la bonbonne. Plusieurs moyens sont utilisables, mais en voici un parmi les plus simples. On prend un bouchon de liège (P) en parfait état et le traverse en) son milieu par la portion du tube de cuivre qui doit, plonger dans l’eau. On applique sur le liège une rondelle métallique (r), la soude fortement au tuyau et l’adapte solidement au bouchon par une bonne couche de cire fondue. Pour boucher parfaitement la bonbonne, tremper les parois du bouchon dans de la cire chaude et enfoncer dans le goulot (g).
- 10 II faut mettre l’eau de la bonbonne à Yaèri des variations de température. En la plaçant dans une caisse que l’on remplit de sciure tassée, l’isolement est suffisant (principe des marmites norvégiennes). Au cas où il y aurait facilité, enterrer le tout donnerait de meilleurs résultats.
- 3° Enfin le volume de l’eau doit rester sensiblement le même à l’intérieur de la bonbonne, condition pratiquement réalisée, puisque la quantité d’eau introduite ou non selon la poussée atmosphérique est négligeable par rapport à la masse d’eau totale.
- Mais ce point nous amène à préciser la méthode de remplissage. La bonbonne une fois soustraite à l’influence de la température, l’appareil est ajusté par ses deux joints. On verse alors doucement de l’eau dans l’éprouvette, on attend un peu, elle s’écoule dans la bonbonne, on recommence à plusieurs reprises la même opération jusqu’à ce que le niveau semble se stabiliser. Il est bon, à çe moment, d’aspirer légèrement en appliquant la bouche sur l’éprouvette : les bulles d’air, s’il y en a, seront ainsi chassées du tuyau. Amener le niveau de l’eau à peu près à la moitié de l’éprouvette.
- Remarques : I. Si on notait une baisse régulière du niveau de l’eau de l’éprouvette, ce serait un indice qu’il y a fuite dans l’appareil.
- IL Le point capital est de maintenir invariables la température et le volume de l’eau, on voit qu’on y atteindra d’autant plus parfaitement" que la bonbonne sera plus vaste.
- En effet : a) les quelques centimètres de variation dans la colonne d’eau causeront un changement d’autant' moins sensible.
- b) Les différences de température influeront plus dif-, ficilement sur une masse plus considérable.
- L’eau de la bonbonne dans ces conditions joue donc un peu le même rôle qu’un ressort à tension constante dans un manomètre.
- Détails de l’enregistreur. — Le support (S) de l'éprouvette devra être parfaitement horizontal, on ne pourra se contenter d’une étagère ordinaire. Le mieux est d’utiliser une planchette carrée, suffisamment résistante et indéformable aux 4 coins de laquelle on enfonce 4 grandes vis à, bois (v). Ces vis vont nous permettre le réglage horizontal, elles ont eu leur pointe coupée et ont été arrondies à la lime de façon à ne pas faire de dégâts. Avec 3 d’entre elles, 'on tâche d’obtenir le plus exactement possible l’horizontalité, facile à vérifier au niveau d’eau, quand ce résultat est atteint, alors on amène doucement la 4* vis sur le même plan.
- Ainsi a-t-on l’avantage d’un support rigoureusement horizontal, stable et réglable à volonté.
- Le flotteur (F) qui servira à suivre les variations du niveau d’eau sera taillé dans un bois peu poreux et ni ti'op lourd, ni trop léger. La meilleure forme à lui donner est celle de deux cônes ou troncs de cônes égaux opposés par la base et séparés par un cylindre.
- Pour empêcher que ses parois n’adhèrent à celles de ’ l’éprouvette, il est bon de disposer 4 ou 6 petites pointes faisant également saillie pour bien le maintenir au milieu de l’éprouvette. Enfin, pour empêcher que son poids ne varie dans l’immersion ou qu’il ne pourrisse, il faut le laisser tremper après l’avoir taillé dans la
- Fig. 2.—Fermeture de la bonbonne.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- paraffine fondue qui pénétrera entre ses fibres et l’imperméabilisera.
- La poulie (P) doit être choisie légère et très mobile autour de son axe. Une roue à gorge de 4 cm de diamètre conviendrait à merveille; chez un horloger, il est facile de s’en procurer. On la fixe par deux petits mon-
- Fig. 3. — Coupe du baromètre enregistreur.
- tants verticaux et un axe bien, horizontal "sur une couronne dont on surmonte l’éprouvette.
- Deux pièces de bois ont dû être en effet tournées au préalable. L’une pour la base de l’éprouvette, l’autre pour son extrémité supérieure. Leurs dimensions seront soigneusement exécutées de façon qu’elles s’adaptent aux parois de l’éprouvette sans avoir de jeu.
- De plus on les consolidera encore en les rendant solidaires par une tige filetée enfoncée dans leur masse. Diamétralement opposés à cette tige seront tendus les deux fils métalliques (laiton) qui guideront le curseur (/').
- Il va sans dire que dans la construction, les dimensions seront calculées sur le diamètre de la poulie, de façon que ses deux tangentes verticales passent l’une par le centre de l’éprouvette, l’autre au milieu des deux fils conducteurs. Enfin, la couronne de bois devra être évidée complètement en sa partie centrale de façon à laisser libre passage au flotteur et au fil qui vient s’enrouler sur la poulie.
- Le curseur (K) qui glissera le long des fils conducteurs sera formé d’une légère plaque de cuivre découpée comme l’indique la figure 5, et de dimensions calculées selon l’écart des fils : 8 cm par exemple de large sur i cm il‘i de haut. Aux quatre coins, sur les bandes qui font saillie, percer 4 trous qui se correspondent exactement où passeront les fils conducteurs [f, f). Puis de ces trou.s à la partie extérieure, tracer aussi quatre fentes pour retirer à volonté le curseur de ses guides.
- 'Enfin replier à go° la bande inférieure et la bande supérieure pour assurer le parfait glissement du curseuiv
- On dispose ensuite le carré toujours plié suivant sa diagonale, mais légèrement entr’ouvert sur une autre feuille de cuivre plus rigide que l’on a préalablement recouverte d’une couche de soudure (F). On chauffe la plaque par-dessous, la soudure fond et fixe notre premier carré dont la partie creuse fera le réservoir d’encre qui s’écoulera par la fente pratiquée à l’avant. Il ne reste plus qu’à découper la grande lame inférieure pour en faire une tige à cette plume.
- I.e cylindre enregistreur (c) est des plus faciles à se procurer : une boîte de conserve bien calibrée fera parfaitement l’affaire. Elle doit avoir la hauteur de l’éprouvette environ. On la recouvrira d’une feuille de papier à dessin pour que les inscriptions y marquent mieux.
- Pour la monter, on prend une petite planchette : d’un côté sont disposés trois taquets destinés à retenir le mouvement d’horlogerie (H), de l’autre sur un gros clou (c) dont la pointe repose dans une crapaudine est fixée une plate-forme circulaire. En son centre, la tête du clou qui dépasse s’engagera dans le cylindre percé en son centre, puis une autre petite pointe fixée dans la plate-forme correspondant à un autre trou de la base du cylindre le rendra solidaire du mouvement de la plateforme.
- Pour obtenir ce mouvement, une petite gorge sera tracée au tour dans l’épaisseur de la plate-forme (P). Une légère cordelette s’y engagera allant d’un côté se fixer sur la poulie du mouvement d’horlogerie, de l’autre côté passant sur un galet (p) et tendu par un contrepoids (c), comme l’indique la figure 3. Ainsi, tandis que le poids tendra à faire tourner la plate-forme et le cylindre enregistreur, le réveil ralentira et régularisera ce mouvement d’une façon parfaite (il est plus avantageux d’utiliser le mouvement d’horlogerie comme régulateur que comme moteur).
- Pour produire le mouvement d’horlogerie, un réveil ordinaire est suffisant. Il doit cependant réaliser une condition : avoir un remontoir tournant à mesure qu’il marche (cas de la plupart des réveils bon marché).
- Détails du curseur.
- Fig. 4. — Montage du cylindre enregistreur.
- Sur ce remontoir, on creusera une petite gorge pour la cordelette qui s’y viendra fixer.
- De plus, il faudra calculer le diamètre de la plateforme mobile portant le cylindre enregistreur de façon qu’elle ne tourne qu’une fois en a4 heures (par ex. : supposons que le remontoir fasse io tours en un jour et qu’il ait o,5 cm de diamètre, le porte-cylindre ne devant accomplir qu’une révolution dans le même temps, son diamètre devra être :
- i° i j, , io
- —- = — d ou x = —- = 20 cm 1 o,5 x o,5 '
- Grâce à la planchette indépendante qui porte ces divers appareils d’enregistrement, il suffira d’approcher le cylindre de la plume-réservoir pour recueillir les indications barométriques. J. Y.
- Il sera bon de faire des fentes sur la grande surface médiane du curseur pour y adapter ou en retirer facilement la plume.
- La plume (P) d’inscription se fabrique en découpant dans une feuille de cuivre très légère un petit carré (c) d’un 1/2 cm de côté par exemple. On plie ce carré suivant une de ses diagonales. Avec un rasoir on fend légèrement (quelques mm.) une des extrémités de cette diagonale qui sera la pointe de la plume'(n).
- 1. D’ordinaire, il vaut mieux prendre un peu moins du nombre de tours théorique, car les mouvements d’horlogerie sont construits de manière à tourner un peu plus de 24 h.
- Ainsi : dans le cas donné nous compterions 8 tours et
- .8 A x~ — ~ 10 cm. o,5
- On marquera chaque jour par un point de repère sur la courbe la position dé jà plume à heure iixe. Ainsi le même rouleau pourra-t-il servir durant une semaine.
- 'U*'!') ,
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- LES FROIDS DE L’HIVER ET LES INSECTES
- Si le froid est une gêne pour la plupart d’entre nous, le cultivateur, lui, ne voit pas moins approcher l’hiver sans grande appréhension, presque à souhait, même, car il trouve, dans les conditions normales de cette saison, si peu agréables soient-elles pour notre vie courante, comme une sorte de garantie pour ses révoltes prochaines. Une basse température oblige les végétaux à prendre un repos salutaire ; elle arrête la végétation amorcée dans les semis d'automne. La neige protège d’un léger, mais isolant manteau, les jeunes céréales contre les funestes effets d’un froid excessif, contre le cisaillement des racines et le déchaussement du collet, conséquences du soulèvement de la terre gelée, dans les sols calcaires ou argilo-calcaires.
- Le froid rigoureux, dit encore l’habitant des campagnes, fait périr une grande quantité d’insectes dévastateurs des cultures. A l’annonce, cette année, d’un hiver exceptionnel, des arboriculteurs, des viticulteurs, veulent supprimer les traitements employés habituellement pour les combattre. Nous lisons, dans un journal : « Les gelées de décembre ont été bien accueillies par la culture, car elles ont contribué à la destruction des ennemis', rongeurs et insectes, qui, sur bien des points, étaient en grand nombre. Ces froids ont eu aussi, pour conséquence favorable, la destruction des mauvaises herbes, et grâce à leur action, on pourra économiser des traitements à l’acide sulfurique, tout au moins d’ici le printemps. »
- Aujourd’hui, -nombre d’entomologistes et de naturalistes ne croient plus, cependant, que le froid exerce dans le monde des parasites des récoltes les ravages que les agriculteurs escomptent encore. Il est d’opinion courante que, puisque l’homme souffre du froid, et peut même périr sous son action, les insectes doivent, aussi, être anéantis. On oublie que leur sang, n’étant pas à une température constante, ils s’accommodent mieux des abaissements extrêmes du calorique.
- D’après la loi générale de F. Edwards, les animaux résistent d’autant mieux au froid que leur faculté de produire de la chaleur propre est plus faible.
- Peut-être, une période de grands froids plus longue qu’à l’ordinaire retarde-t-elle l’apparition des insectes, qui attendent prudemment des jours meilleurs. Selon Carlisle, les coléoptères ne se meuvent plus qu’avec peine à 36° F (a0,3 G.), et à 34° F, ils sont tout à fait engourdis. Ou encore, à la suite d’un adoucissement anormal de la température hivernale, certains, reprenant leur vie active, peuvent être surpris ensuite, dans des conditions très défavorables, par un retour brusque du froid. Les embryons et les nymphes, dont la transformation a été accélérée, se trouvent alors anéantis. Pictet a constaté que des œufs de fourmi sont tués entre o et moins 5°, et même plus 5°, si l’état larvaire interne est assez avancé.
- De même, des limaces, qui ont profité d’une période de beaux jours pour envahir les prairies, les céréales ou les jardins, peuvent être fort malmenées.
- Devonsmous, cependant, rappeler ici le cas des œufs de vers à soie, que nous signalons plus loin? Sait-on, aussi, que les spores de certains champignons parasites des récoltes, les rouilles, par exemple, ont une meilleure germination après les froids de l’hiver ; que les pommes de terre germent mieux quand elles ont été tenues à une basse température ? On n’ignore pas que l’on a proposé de transporter les poissons djeau douce vivants dans de la glace, puisque R. Pictet a pu ainsi les amener, avec précaution, à moins 8°, moins i5°.
- Certains font remarquer que pendant les hivers rigoureux, les’oiseaux ne peuvent faire là chasse aux insectes dans la terre durcie ; le froid protégerait donc indirectement ces derniers. !
- De même, d’après le Dr P. Maisonneuve, les hivers doux et humides seraient plus dangereux pour la Cochylis et l’Eudémis de la vigne. Des champignons enveloppent leurs cocons, *et au retour des beaux jours on trouve un grand nombre de chrysalides momifiées ; le parasite végétal a tué le parasite animal.
- La nature a doté les insectes d’un instinct de conservation qui les incite à s’installer confortablement dans leurs quartiers d’hiver. Les vers blancs des hannetons,
- les vers gris des noctuelles s’enfoncent plus ou moins en terre, suivant les rigueurs du temps ; les courtilières recherchent les sols tièdes sous le couvert des tas de fumier. Les chenilles de Cossus, dé Zeuzère, les larves de Scolyte restent en expectative, dans les trous des arbres, sous les écorces. La larve du Cèphe comprimé, ou pique-bourgeon du poirier, hiverne dans l’intérieur des jeunes tiges, à la base des pousses. On a vu des œufs de Chématobie, couverts de mucus, dispersés sur les branches du pommier sans autre abri que des lichens, supporter une température de moins i5^, sans que leur pouvoir d’éclosion, au début du printemps, fût diminué. Rappelons, à ce sujet, qu’en sériciculture, pour obtenir des vers à soie plus vigoureux, des cocons plus lourds, les œufs doivent être conservés à une basse température. Raoul Pictet a montré que maintenus à moins 4o°, ils né présentent presque jamais les maladies si fréquentes chez ceux qui sont abandonnés aux fluctuations des températures ambiantes. Spallan-zani a pu les exposer, sans les tuer, à moins 56° F (moins 5o° C.). Suivant Hunter, la matière vivante qu’ils contiennent est gelée à moins i5° F (moins 26° C.). Les sériciculteurs chinois des époques les plus- reculées exposaient les graines aux froids rigpureux de rhiver, ou les plongeaient à plusieurs reprises dans des bains glacés. Aujourd’hui, à défaut de frigorifique, ou d’un dispositif analogue, nos graineurs portent leurs produits à une certaine altitude, par exemple au couvent de la Trappe-des-Neiges, à i5oo m., dans l’Ardèche, sur l’Aigoual, i5oo m., au sommet du Ventoux, 1900 m. Les sériciculteurs de Bergame (Italie) vont dans l’En-gadine, ceux de la Lombardie dans les Alpes.
- Mais les insectes ne se contentent pas toujours d’un abri de fortune, mousses, lichens, écailles de bourgeons, feuilles mortes, écorces, fentes, fissures des troncs, branches, tuteurs, anfractuosités des murs, couvert des chaperons et auvents des espaliers et contre-espaliers, etc. ; ils se confectionnent aussi des dispositifs, même de vrais logements, parfois si soigneusement établis et d’une telle imperméabilité qu’iîs peuvent y braver les plus cruelles intempéries.
- Ne nous étonnons pas si les œufs du Bombyce disparate, ou spongieuse, et ceux du Bombyx neusfria, ou livrée, bagueuse, peuvent traverser l’hiver sans encombre, sur les pruniers, pêchers, pommiers, poiriers, car les premiers sont disposés en plaque feutrée comme de l’amadou (éponge), et les autres, groupés en bague, bracelet, très durs. Les petites chenilles des Hiponomeutes, fileuse du pommier (fliponomeiitus mal-linellus) et fileuse du prunier (II. padellus), passent la mauvaise saison sous l’enduit gommeux, formant croûte, qui protégeait les œufs collés sur l’écoi’ce des petits rameaux; la chenille verte de la Pyrale de la vigne hiverne dans un fourreau de soie grisâtre qu’elle se confectionne dans quelque fente de cep ou d’échalas ; la larve de la Tenthrède. limace du poirier (Selandria atra) passe l’hiver dans le sol, enfermée dans une coque de terre; celle de la Mouche à scie, du même arbre (Lyda piri), une Tenthrède aussi, procède de même en terre, dans un cocon. Les chrysalides de la Piéi’ide du chou, du Grand-paon de nuit, se trouvent déjà, aux approches de l’hiver, dans des conditions de vie ralentie," entourées d’une cuticule cornée imperméable à l’eau.
- Bouvier a signalé qu’à la fin de janvier 1914, le temps s’étant radouci après des gelées de — 6Ô, — 9®, — 120, — x 6°, qui dux'èrent 18 jours, des chrysalides de la Piéride du chou, fixées à 1 m. du sol sur un mur, côté nord, étaient aussi vigoureuses et aussi vivantes que s’il n’y avait jamais eu de froid Un thermomètre avait marqué pendant plusieurs nuits, sur le mur, des températures qui n’avaient jamais dépassé moins xo°, et étaient descendues jusqu’à moins 170.
- Les chrysalides de Cochylis et d’Eudémis de la vigne s’enferment, pour hiverner, dans un épais cocon de soie tissé dans les fentes des ceps, ou sous .les écorces, au pied des souches, dans les fissures des échalas.
- Mais voici les « bourses », si appai’entes à l'extrémité des bi’anches dénudées, qui abritent parfois des dizaines, et même des centaines de chenilles, réunies ainsi en famille comme pour mieux braver les frimas ;. telle" la
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- chenille cul-brnn, ou fausse processionnaire, du Bom-byce cul doré (Bombyx chrysorrhea), qui ravage les poiriers, pommiers, cerisiers, pruniers, amandiers.
- - Lorsque les premiers froids se font sentir, dit H. Fabre, toutes s’enferment; les portes sont barricadées avec de la soie, et c’est fait maintenant, la bise peut souffler, la neige peut tomber! Courbées sur elles-mêmes, serrées l’une contre l’autre, les chenilles dorment du profond sommeil qu’amène le froid ; elles restent engourdies dans leuvmaison de soie jusqu’à ce que la chaleur du printemps les réveille aux premières feuilles. Leur jeûne est de 6 mois. »
- Les chenilles de la (Piéride de l’Aubépine (Leucania crataegi) hivernent aussi sous des toiles, avec des feuilles sèches emprisonnées, à l’extrémité des branches du pommier. Celles de la Piéride de l’Alisier se comportent à peu près de même sur l’Amandier.
- Il est connu que les adultes qui hibernent (ce mot s’applique plus particulièrement à cette forme, hiverner étant réservé pour les métamorphoses) résistent moins que les formes dérivées, œufs, chenilles (ou larves), chrysalides (ou nymphes). Toutefois, ils peuvent supporter, ainsi qu’on va le voir, d’assez basses températures. D’autre part, les chrysalides qui ont besoin de passer l’hiver en terre ou sous un abri quelconque sont plus sensibles que les autres, elles gèlent, dit-on, à moins io°; tandis que celles qui ont coutume de rester nues aux intempéries, celle de Pieris brassicae (Piéride du chou), par exemple, résistent facilement à moins 200.
- Mais voici quelques faits bien plus intéressants encore. Le Dytique bordé, qui vit dans les mares peu profondes, reste pris dans la glace pendant des mois entiers, et ne paraît pas s’en porter plus mal après le dégel. De Geer a vu des cousins revenir à la vie après avoir été tenus quelque, temps dans la même situation. Une chenille (ver gris) de Noctuelle, recueillie sur la route, était littéralement gelée, ayant la Consistance d’un glaçon. Placée dans un local pour la faire dégeler lentement, elle reprit sa mobilité, mangea et donna normalement un papillon. Pendant l’hiver 1899-1900, dit C. de Labonnefon, alors que les branches des arbres se brisaient sous le poids du verglas, nous avions un certain nombre de chenilles d’une espèce rare, la feuille morte du prunier (Lasiocampa pruni); devant passer l’hiver, elles avaient été placées sur un arbre, simplement enfermées dans une poche de gros tulle, pour les garantir des oiseaux. Couvertes de verglas, elles étaient raides, dures et cassantes comme un morceau de verre, et plusieurs ayant été brisées, nous les trouvâmes remplies de petits cristaux de glace. Cet élevage paraissait donc perdu, et cependant, dès le mois de février 1900, toutes les chenilles que nous avions laissées sur l’arbre se mirent en mouvement et produisirent, au mois d’août, de magnifiques papillons.
- Lacordaire a observé des chenilles de la Noctuelle du maïs (Leucania Zeae) gelées, semblables à des larmes de glace, qui en tombant dans un verre rendaient un son métallique; presque toutes, cependant, se métamorphosèrent au printemps et donnèrent leur papillon à l’époque normale.
- Le professeur Bois a tenu des pucerons du pêcher dans de la glace, qui, portés ensuite dans une salle à la température de 140» ont donné signe de vie après
- une heure et demie. M. Bonnet a exposé des chrysalides à un froid de moins 14°> qni lui parurent mortes; elles produisaient, en tombant dans une tasse de porcelaine, le bruit d’une pierre. Or, trois d’entre elles conservèrent encore longtemps la vie ; une quatrième se métamorphosa en papillon. Réaumur a constaté que des chenilles du Bombyce des pommiers et poiriers ont résisté à moins 24°. « Le froid, dit Bouvier, n’exerce aucune action sur les insectes. C’est un fait classique que M. Ilenneguy a mis en lumière dans son traité sur les Insectes. Les larves supportent de très basses températures. Raoul Pictet les a soumises à 4o° de froia sans les détruire ; il aurait pu les soumettre à moins ioo°, que le résultat eût été le même. »
- Milne-Edwards soumit, à quatre reprises différentes, chaque fois pendant une semaine, une trentaine de chenilles d’insectes divers attaquant les arbres et les plantes potagères à une température de moins Toutes furent congelées et se raidirent, mais revinrent à la vie après leur première exposition à l’air. A la deuxième congélation, 23 survécurent ; à la troisième ix ; à la quatrième 2.
- Portier et Marcel Duval ont cherché à déterminer la limite extrême de cette résistance au froid. Des chenilles de Cossus, congelées dans un mélange de glace et de sel marin et maintenues durant une heure entre moins i5° et moins 170, sont rappelées à la vie, même lorsque le réchauffement est très brusque (immersion dans l’eau chaude à plus 4°°)- Une chenille congelée à moins 170, et placée, ensuite, durant quelques minutes seulement, dans l’air liquide à moins 190°, est morte irrémédiablement. Après divers essais, les auteurs sont parvenus à fixer la température mortelle à moins 210. Déjà, à partir de moins i5° une chenille congelée est à tel point durcie qu’on peut la briser comme du verre, sans qu’aucune goutte de liquide ne paraisse. Il y a donc congélation complète, et cependant, à cette température, la chenille est encore vivante.
- Le froid, tueur d’insectes, est-ce donc une légende à déraciner dans nos campagnes ? Nous ne pensons pas qu’il faille être trop absolu; il est fort probable que nombre de bestioles nuisibles sont mises à mal par lés hivers rigoureux, surtout les froids tardifs. Voici, d’ailleurs, un fait montrant qu’il y a des cas d’espèce; il est vi’ai qu’il s’agit d’un sujet exotique.
- M. L. Boutan, étudiant l’action du froid sur le Xylo-trechus quadrupes, dont les larves font des ravages considérables dans les troncs des caféiers, a conclu que le refroidissement momentané de la tige par un agent comme le chlorure d’éthyle ne paraît pas présenter d’inconvénients pour le végétal, mais qu’il suffit pour tuer l’ennemi!
- Il est fâcheux, ajoute l’auteur, que le prix du chlorure d’éthyle ou des corps pouvant jouer un x-ôle analogue soit si élevé dans la colonie et que l’on ne puisse songer, pour le moment, à préconiser le refroidissement comme moyen curatif contre le borev. Mais il est, cependant, intéressant de noter ce résultat ; peut-être pourrait-il guider dans le traitement d’autres arbres que le caféier et êti'e employé en Europe sur certains sujets parasités.
- Antonjn Rolet.
- Ecole pratique d’Antibes.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NaturO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombi'e des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- ^Communications,'— Pour faire périr les arbres sans les abattre, Lnous écrit M. J.-M. Escovar, de Medellin (Colombie), J on retire l’écorce tout autour du tronc. Un mètre de long suffit (Voir n° 2687) à n’importe quelle hauteur du tronc.
- La machine photoélectrique à trier les cigares (n° 2696). ATpropos de l’information que nous avons publiée sur
- cette machine américaine, M. Giltay nous écrit de la Haye: « Il y a environ 20 ans, cette méthode a été appliquée à Berlin, à l’aide d’une pile à sélénium, pour trier suivant leur couleur, les grains de café ».
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- Réponses. — M. i?. L., boulevard Saint-Germain, Paris.— Caractéristiques des miels.— i° Le miel naturel se liquéfie sous l’influence de la chaleur, tandis que le miel falsifié augmente de consistance: L’alcool à 8o° ne dissout ni les mélanges, ni la gélatine inti-oduits frauduleusement dans le miel. Pour déceler la présence de l’amidon ou de la farine de châtaignes pulvérisées, on verse sur le miel [quelques gouttes de teinture d’iode. .
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- Les matières amylacées donnent, de suite, avec ce réactif, une coloration bleue.
- Pour constater la présence du glucose, il suffit de verser, dans un petit verre, i5 à :io gr. de miel, d’ajouter un peu d’eau distillée pour opérer la dissolution, et la valeur d'un dé à coudre d’alcool à 95°. On agite la liqueur : celle-ci se trouble et devient blanchâtre s’il y a du glucose. Le sable, la craie ou le blanc d’Espagne vont au fond du verre quand on fait dissoudre le miel;
- 21 La question de congélation est sous la dépendance de la composition du miel. Pour établir une comparaison, il faudrait connaître les éléments constituants du produit qui n’est pas du miel naturel. Or, la composition des produits dits miels artificiels est très variable ; certaines substances peuvent rendre ces derniers moins facilement congelables;
- 3° On empêche les miels de granuler en les passant au bain-marie ou en les pasteurisant. Cette opération se fait à ixne température variable et, en général, trop élevée. Une chauffe assez prolongée produit des traces de dérivés furfuroliques.
- En ce qui concerne les procédés d’analyse permettant de différencier le miel d’abeilles du miel de sucre, l’avis des chimistes semble contradictoire. Dans presque tous les cas, il est assez difficile de déceler les fraudes. Les adultérations grossières se reconnaissent facilement; l’opération est plus difficile lorsqu’il s’agit de miel de sucre. Le produit dit « miel de sucre » ne contient pas de sels minéraux (phosphates de fer, sels de fer, etc.), que contient le miel naturel, et c’est ce qui permet de reconnaître la fraude.
- M. ./. A., à Void (Meuse).— i°Pour l'arrosage facile et rapide des jardins, il y a des appareils qui nous paraissent aptes à satisfaire au desideratum que vous exprimez : les systèmes sur trépied ou sur chariot. Dans un de ces systèmes, la moto-pompe est montée sur un wagonnet qui avance automatiquement. La pompe centrifuge envoie l’eau dans deux bras sur lesquels sont fixés les diffuseurs, une vanne permet l’arrosage par les deux bras, un seul bras, droit ou gauche, ou la fermeture totale. L’appareil arrose une surface de 25oo ou 5700 m2 à l’heure, suivait vitesse employée. Moteur 2 ch. 1/2 ; longueur des bras variables suivant la largeur du terrain à arroser. Le type de pompe « Yulcano » est une pompe rotative, aspirante et refoulante, sans amorçage, sans joints. Les arroseurs automatiques constituent un perfectionnement qui permettrait probablement de résoudre plus avantageusement que par le projet dont il s’agit, la question de pression. En tout cas, il conviendrait de s’adresser à une firme de construction spécialisée pour les appareils de ce genre. Voici des adresses : Mercier, constructeur, 63, route de Gonesse, à Stains (Seine); Pompe «"Vulcano », i5, rue d'Alleray, Paris (i5°); Arroseurs « Le Progrès », 109, rue La-fayette, Paris (10e); Arroseurs automatiques, Laigle et Cie, à Angers ; Appareil Sander, Brenckmann et Ittel, constructeurs à Colmar (Alsace); Etablissements Rolland, 29, rue Lazare Hoche, à Boulogne-sur-Seine, Arroseur « Idéal », E. Guilbert, fabricant, 160, avenue de la Reine, à Boulogne-sur-Seine; « Express-Pompe », Mantelet, constructeur, 79, rue de Turbigo, Paris (3“). Se renseigner aussi à la Direction de la Station d’Essais de Machines, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris (12°); 20 Pour effectuer mécaniquement les travaux de culture maraîchère (labour, binage, émottage, ratissage, etc.), il y a les petits motoculteurs à fraise rotative et pièces travaillantes interchangeables. Voici des adresses : Bino-tracteur, Bauc-he, Le Cbesnay, près Versailles (Seine-et-Oise) ; Tracteur Béeman, la Traction et le Matériel agraires, 18, rue de Mogador, Paris (90) ; Tracteur « Midwest », Géo Dupuy, 3i, rue Poussin, Paris (160).
- M. T). E. C., Rouen. — Il n’est pas possible de donner satisfaction à votre demande, et il est facile de comprendre la raison de cette impossibilité : le produit dont vous nous parlez a fait l’objet d’un brevet; sa composition est tenue-secrète par l’industriel qui, évidemment, use d’un droit légitime et protégé par la loi, et qui, en vertu d’un* contrat, a dû, en rétrocédant la vente de son produit à la Société dont il s’agit, lui rétrocéder, par là même, l’exclusivité de la fabrication, dans les conditions de composition faisant l’objet du brevet, avec faculté de. vendre le produit sous une dénomination autre que la dénomination primitive. Même avec une analyse, que, d’ailleurs, nous ne possé-
- dons pas et que nous ne pouvons faire, on ne -peut fournir des renseignements de cette nature.
- M. F. C., place de la République, Perpignan. — i° Nous ne possédons pas les détails particuliers que vous demandez au sujet de l’essence de camphre entrant dans la composition du vernis canadien. Mais nous pensons qu’il s’agit sans doute du produit épuré.
- 2" Vous trouverez de l’essence de camphre en vous adressant à une firme vendant des produits chimiques et aromatiques. Voici des adresses : Gomptoir central des produits chimiques, Paris, 10, rue de Turbigo (icr) ; Société française des produits aromatiques, Lyon, 19, rue Camille; Etablissement Antoine Chiris, Grasse (Alpes-Maritimes) : Société commerciale Lambert-Rivière, Paris, 16, rue de Miromesnil (8e) ; Société française des produits pharmaceutiques, Adrian-et Cie, Paris, 9, rue de la Perle (3e); Société chimique des usines "du Rhône, Paris, 21, rue Jean-Goujon (8°).
- 3° En raison des solvants qu’il contient (acétone et alcool), ce vernis ne pourrait être appliqué sur un autre vernis ou une peinture, sur lesquels il exercerait son action : ceux-ci devraient être préalablement éliminés, en vue de l’application du vernis canadien,
- • M. IL T, rue Ivu-Alexandre, Plovdiv (Bulgarie). — Documentation sur la culture et la technologie du tabac. Voici les ouvrages publiés en France : Le Tabac, culture et industrie, par E. Boucaut, 1 vol. ; Culture du tabac, par de Baclcer, 1 vol. : Le Tabac, sa culture, sa préparation, production et consommation dans les divers pays, par L. Laurent, 1 vol.; Le Tabac de Cuba et les cigares de la Havane, par Paul Serre, 1 vol. ; Cultures coloniales, plantes industrielles, par Henri Jumelle, 1 vol. ; Les secrets de la culture du tabac (Traité pratique), par Lucien Fournier. 1 vol.; Le Tabac, culture, fabrication, par Duchesne, 1 vol ; Le Tabac, par de Confevron. 1 vol. ; articles sur le tabac, publiés dans V Agriculture pratique des pays chauds, fascicules noa 14, 96, 114, 115 et 118 de cette revue; Le Tabac, culture et fabrication, par Raymond Brunet, 1 vol. ; Z<? Tabac, par Hofîeld, 1 brochure ; Le Tabac, par Demoor (culture, commerce). 1 vol. Pour ces ouvrages, voir Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°).
- T. S. F- — M. P. S., à Paris. — Le Tropadyne est un appareil américain du type superhétérodyne modifié, que nous avons d’ailleurs décrit dans La Nature. Les résultats que l’on peut obtenir avec cet appareil peuvent être aussi bons qu’avec une superhétérodyne ordinaire, mais la mise au point en est assez délicate pour un amatexir qui veut construire lui-meme.
- M. P. P., à Lisle-sur-Tarn. — Le constructeur du changeur de fréquence bigrille est la maison Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. le D' II., à Cannes. — Nous croyons comprendre d’après votre lettre que vous possédez déjà un poste superhétérodyne. Dans ces conditions, il ne saurait être question d’adjoindre à ce poste un changeur de fréquence bigrille, puisque le changement de fréquence est déjà effectué dans votre appareil à l’aide d’une hétérodyne.
- M. Pujol, à Paris. — i° La réception sur cadre améliorerait certainement l’audition que vous obtenez. Pour entendre les émissions anglaises, il serait alors évidemment nécessaire d’utiliser un poste sensible à plusieurs étages à haute fréquence,
- 2° Vous pourrez consulter La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur) pour le choix d’un appareil à utiliser pour la réception sur cadre.
- 3° Une antenne verticale est moins sensible, en général, à l’action des parasites industriels qu’une antenne horizontale. Un moyen assez peu connu, et qdi donne d’excellents résultats, consiste à employer un cadre en guise d’antenne verticale ; une seule extrémité du cadre est réunie à la borne « antenne », du poste et une prise de terre habituelle est établie.
- M, R. B., à Fontainebleau. — Les deux montages simples les plus employés actuellement pour la réception sur antenne sont la détectrice à réaction suivie ou non d’étages à basse fréquence et le poste à quatre lampes comprenant un étage d’amplification haute fréquence à résonance, une lampe détectrice et deux étages à basse fréquence.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Turbines hydrauliques, (ier vol. ), par A. Bateau, membre de l’Institut. D. Eydoux, et M. Gariel. i vol. 692 p., 178 lig. J.-B. Baillière et fils, éd. Paris, iga5. Prix : 70 francs.
- Voici le premier volume d’un ouvrage fort important qui comblera une grave lacune dans la littérature technique française. La turbine hydraulique, invention française de Fourneyron et de Girard, âme de la houille blanche, a reçu en ces dernières années d’importants perfectionnements et fait l’objet, à l’étranger plus encore qu’en France,rd’études théoriques et pratiques du plus haut intérêt. Cet ensemble de travaux, dont la connaissance est indispensable aux ingénieurs pour suivre et accélérer les progrès de la construction, était resté jusqu’ici épars dans les revues et publications spéciales. L’ouvrage de MM. Rateau, Eydoux et Gariel a pour but de les grouper en un ensemble logiquement coordonné qui formera un précieux livre d’étude. Le premier volume est d’un caractère surtout théorique. Il expose d’abord les lois générales de l’hydrodynamique, leur adaptation à l’analyse des mouvements et de l’écoulement des fluides parfaits, ainsi que des fluides naturels doués de viscosité. Dans cette première partie se trouvent résumées les théories classiques, notamment celle de Helmholtz sur les tourbillons, compte tenu des travaux les plus modernes tels que ceux de Joukowski, Lamb, Prasil, Boussinesq, etc.. Un important chapitre est consacré aux déductions à tirer des formules de similitude en hydrodynamique. La seconde partie du volume 'traite de l’hydrodynamique appliquée aux turbo-machines hydrauliques ; on y trouve les équations fondamentales de ce genre de machines ; on y trouve également l’étude détaillée des turbo-machines, pompes ou machines motrices, par les méthodes de similitude employées pour la première fois par M.Rateau en 1892. Enfin la troisième partie de l’ouvrage est consacrée à l’hydrodynamique des conduites d’alimentation : formules des pertes de charge, régimes d’écoulement, coups de bélier, coups de ressort, élude des cheminées d’équilibre et des réservoirs d’air.
- Usines hydroélectriques, par Charles L. Duval, suivi de Réglage des groupes électrogènes, par J. L. Roulin. 1 vol. grand in-8, 5ia p., 817 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1925. Prix : 65 francs.
- Cet ouvrage montre comment sont construites, équipées et aménagées les usines hydroélectriques : étude du débit des cours d’eau, captage de chutes, description, fonctionnement et choix raisonné, des divers types de turbines, disposition des usines, équipements électriques modernes, étude comparée des prix de construction et,d’exploitation des usines. Ce livre, œuvre d’un technicien expérimenté, condense d’une façon très claire, les enseignements à tirer du développement actuel de la houille blanche.
- Memento à l'usage des grades et sapeurs du 8e régiment du Génie. 1 broch. de 102 p. accompagnée d’une brochure de schémas de 4° P-> 4e édition. Charles Lavau-zelle, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- Ce memento, dont la première édition a été établie pendant la guerre pour faciliter et unifier 1 instruction des télégraphistes et téléphonistes formés à l’impro-viste, est un excellent modèle de vulgarisation élémentaire. Il donne en langage simple les premières notions de télégraphie et téléphonie, la description du matériel militaire et l’explication de son fonctionnement, de son mode d’emploi et de sa mise en œuvre.
- La pose des carreaux et des papiers peints à la portée de tous. Collection « Les livres du Bricoleur ». 1 plaquette 3a p., 22 fig. E. H. Lemonon, éditeur, 27, rue d’Enghien,. Paris. Prix 1 a^franco.
- On trouvera dans cette brochure les explications et les conseils nécessaires pour apprendre à poser soi-même des carreaux et des papiers de tenture.
- Manuel du chimiste de laiterie, par F. Labarre, i vol. in-12, 168 p. Gauthier-Villars et Cie, Paris. Prix : cartonné : 20 francs.
- Recueil très complet des éléments d’analyse nécessaires aux chimistes et aux industriels pour juger la valeur marchande du lait, celle des produits dérivés : crème, beurre, fromages, poudre de lait, et de ses sous-produits : caséine, lactose.
- La Genèse du pétrole, par Pkrcy-Edwin Spielmann. Traduit de l’anglais par E.-E. Wiener. '1 vol. in-16, 80 p., G. Doin, éd. Paris, 1925. Prix : 6 francs.
- De nombreuses théories ont été proposées pour expliquer la genèse du pétrole. M. Spielmann les résume et les confronte, mettant en relief les faits d’expérience sur lesquels elles s’appuient. Cette étude impartiale, solidement documentée, conclut en faveur de la théorie organique.
- L. M. B. C. Memoirs on typical british marine Plants and Animais. XXYII. Aphrodite aculeata, par Mahalàii G. C. Fordham, 1 vol. in-8, 80 p., 14 fig., 10 pi.
- University Press of Liverpool ; llodder and Stoughton, London. Prix cartonné : 5 sh.
- Grâce à W. A. Herdmann, l’Université de Liverpool est un centre très actif de biologie marine. Un comité spécial y publie depuis .1899 des monographies des animaux les plus communs de la côte, pour faciliter les études de ces espèces. Yoici le 27e mémoire, consacré à la plus grosse et l’une des plus fréquentes des annélides polychètes de nos côtes. On y trouve décrits sa forme, ses organes, sa position systématique et ses affinités, et figurés tous les détails de sa structure.
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- Faune de France. 11, Diptères (Nématocères piqueurs) : Chironomidac Ceratopogoninac, par J.-J. Kieffer. i vol. in-8, 139 p., 83 fig. Paul Lechevalier. Paris. Prix : 18 francs.
- Yoici le onzième volume de la Faune de France, dont les volumes continuent de paraître régulièrement et rapidement. Rédigé sur le même plan que les précédents, celui-ci est consacré à un groupe de Diptères dont toutes les espèces de France et des pays voisins sont décrites,» y compris quelques-unes et un genre nouveaux.
- Handbook of the Indians of California, par A. L. Kroe-ber. 1 vol. in-8, 9g5 p., 78 fig., 83 pl. Bulletin 78. Bureau of American Ethnology. Smithsonian Institution, Washington.
- L’évolution de Vornithologie, par Maurice Boubier, i vol. in-16, Nouvelle collection scientifique, Félix Alcan, Paris. Prix : 70 francs.
- L’auteur montre comment au cours des siècles l’ornithologie a rempli son magnifique programme, gauchement ébauché par Aristote et Pline. Toutefois, cette seience est de date relativement récente. En 1555, deux illustres précurseurs, le Français Pierre Belon et le Zurichois Gesner, la lancèrent simultanément sur la grande voie des découvertes, qui dès lors se multiplièrent sans arrêt. M. Boubier montre en passant quelle fut l’influence de Bufïon et de ses collaborateurs sur la grande Ecole française du xixe siècle, à qui sont dues d’excellentes faunes régionales, que complétèrent des avifaunes consacrées à des territoires de plus en plus vastes, cependant que des explorateurs fouillaient les reebins les plus ignorés du globe pour en inventorier les richesses.
- L’auteur fait aussi l’historique des problèmes troublants soulevés par le phénomène des migrations, puis il expose comment l’art délicat de décrire et de dénommer les oiseaux s’est progressivement perfectionné.
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- LÀ NATURÊ
- N° 2702
- Supplément.
- 16 Janvier 1926
- INFORMATIONS
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- Leç inondations. — Le début du mois de décembre a été marqué en France, dans l’Europe du Nord et 1 Europe Centrale, par des froids très vifs, avec de fortes chutes de neige, suivis en France et dans l’Europe Centrale d une période de dégel et de fortes pluies. De violentes inondations ont été la conséquence de cet état de choses. En certains points, elles ont pris un véritable caractère catastrophique. Les régions de France les plus affectées ont été celles du bassin de la Meuse, la région de la Lys et de l’Escaut, les vallées de l’Oise et de 1 Aisne. La crue de la Meuse a dépassé sensiblement celle de 1910; les cités industrielles de la vallée de la Meuse, entre Sedan et Givet, ont été gravement atteintes, surtout Givet où une rupture de digue a provoqué l’envahissement brusque de tout un quartier par les eaux. En Belgique, les villes de Dinant, Namur et Liège ont été envahies par les eaux. Les inondations ont. été également très graves dans la vallée de la Sambre, dans le bassin de Charleroi et dans la vallée de 1 Escaut. La Hollande a1 été encore plus éprouvée par les crues simultanées de la Meuse et du Rhin, qui ont provoqué la rupture de digues et recouvert sous leurs eaux de vastes étendues de territoires. Pour revenir en France, l’Oise a subi une crue supérieure à celle de 1910 et ravagé notamment les villes de Compïègne et de Creil. Le Thérain, affluent de l’Oise, a inondé Beauvais et les régions avoisinantes. L’Aisne a envahi les quartiers bas de Rethel et la ville de Soissons.
- En Normandie, la ville de Caen a été durement éprouvée par une crue de l’Orne ; coïncidant avec un reflux de haute marée ; de nombreux quartiers de cette belle ville ont été ravagés par l’inondation. La Saône a subi'également des crues anormales. On signale aussi de graves inondations dans la vallée du Rhin et dans le Nord de l’Allemagne.
- L’hiver en Scandinavie. — Dans le nord de l’Europe comme dans nos régions, le froid s’est manifesté cette année très tôt et avec une vigueur anormale. Aussi bien,^ en Norvège tout comme en France, annonce-t-on un hiver particulièrement sévère.
- En Suède, dès le 20 octobre, une chute remarquable de température a été observée. A cette date, on a enregistré jusqu’à — 24° dans les parties septentrionales du
- pays-
- A Oslo et dans la Norvège orientale, novembre a commencé par de très abondantes neiges qui, pendant plusieurs jours, ont déterminé l’interruption des communications dans plusieurs districts. Durant tout ce mois, la température est demeurée notablement inférieure à la normale et, dès le début de décembre, cet abaissement s’est .accentué. Le i6r décembre à 8 heures du matin, si on notait — i6°,8 à Oslo, on enregistrait à Rôros — 28° et dans plusieurs localités yoisines de la capitale de la Norvège de véritables froids polaires, allant jusqu’à — 4o° •
- En Danemark également, la température est anormalement basse; le Ier décembre, à 8 heures du matin, dans toute l’étendue du pays elle était négative. Dans le Jutland, le thermomètre descendait même à i5° sous zéro. A.la date du 4 de ce mois, plusieurs fjords de la côte orientale de cette presqu’île, notamment ceux de Randers, Horsens et Ivolding étaient déjà encombrés de glaces épaisses. Bref, dès le milieu de l’automne un régime froid s’est installé en Scandinavie et y a persisté avec une vigueur anormale, rappelant celle du grand hiver de 1879- Charles Rabot;.
- Acier transparent. — Le D' K. Müller, de l’Institut physico-technique de Berlin, est parvenu, rapporte V Electrifiai Review, à fabriquer des tôles d’acier tellement minces qu’elles ont la transparence, du verre ; la structure en est parfaitement régulière et homogène' dans tous les sens; le métal est tellement mince que les atomes le traversent sans peine; les rayons alpha, par exemple, qu’une feuille de papier arrête, n’y sont , pas appréciablement. absorbés; on a calculé que l’épaisseur ne dépasse pas 3o diamètres d’atome; ces tôle.s sont obtenues en faisant un dépôt électrolytique sur: une surface lisse et en le séparant ensuite du support; on
- pense pouvoir en tirer parti dans la fabrication des gaV > vanomètres, des récepteurs de T. S. F., etc.
- Les lignes à haute tension et les cigognes. —
- La revue Mécanique et Electricité signale que les cigognes font courir de sérieux dangers à la ligne électrique à haute tension récemment construite au Maroc, entre Casablanca et Rabat, pour les chemins de fer du Maroc. C’est une ligne à 60000 volts dont les fils conducteurs sont supportés par de hauts pylônes métalliques. Les cigognes séduites par ces pylônes qui leur rappellent sans doute, pendant leur séjour sous les climats chauds, les cheminées et clochers d’Alsace, y’ élisent domicile et édifient un nid confortable au sommet de l’armature métallique. Cette construction supplémentaire est certes fort pittoresque, elle jette une note animée et imprévue au long des pistes désertes qui franchissent les steppes marocaines. Mais elle fait courir un risque grave à la ligne, non pas en raison de la surcharge négligeable qu’elle impose aux pylônes, mais pour un motif purement physiologique : les déjections des oiseaux viennent souiller les isolateurs placés au-dessous du nid et compromettent leurs qualités isolantes. Aux Etats-Lnis, les lignes, électriques ont à souffrir de nombreux accidents provoqués d’une façon analogue par le sans-gêne des oiseaux. Aussi a-t-on étudié des moyens préventifs qui consistent en l’établissement soit de toiture lisse sur les pylônes, empêchant l’oiseau de s’y accrocher, soit même de perchoirs dressés à proximité des lignes.
- çS
- Le dichlorobenzol et ses applications. — Durant la guerre, on a fabriqué ce produit par centaines, voire par milliers de tonnes. Ces temps derniers, les ex-Empires centraux, en proposaient sur le marché, par 5oo tonnes à la fois.
- Ces quantités formidables nous ont incité à rechercher quelles pouvaient être les applications de ce produit; on l’emploie :
- i° Comme exterminateur des insectes de toutes sortes, punaises, mites, puces, blattes, cafards, etc., on le dit sans égal. Comme insecticide en horticulture, il est également employé. Mais c’est surtout en lotion contre les acariens que ce produit- s’est, dit-on, montré intéressant.
- 20 Comme matière première pour la fabrication de la paraphénylène-diamine.
- (Brevet de l’A. C; F. A., brevet allemand 202 170,.)
- 3“ Comme matière première pour la préparation de la paradichloro-2-nitrobenzol.
- 4° D’après Griesheim, il serait un bon solvant des laques, résines, des dérivés de l’anthraquinone. Sans compter d'autres emplois que nous pouvons ignorer.
- 5° Dans la lutte contre le varon ( Hypôderma bovis et H. lineatum) dont les larves, funestes aux bovidés, provoquent des furoncles altérant les peaux en même temps qu’ils diminuent la lactation et la qualité de la viande et arrivent même à décimer des troupeaux.
- On a essayé comme antiseptiques; destructeurs du varon, une foule de produits : les arsenicaux en pédi-luves, le pyrèthre en pulvérisations, le sulfure de carbone, l’anhydride sulfurique, les phénols alcalinisés-, les dérivés divers des pétroles, mais jusqu’ici en vain.
- Drouin a instauré tout récemment le traitement au paradichlorobenzol fi, partie dans 5 : de vaseline). On1 applique cette pommade à la spatule sur la plaie débridée, où se trouve la larve du varon. La larve meurt, se rétracte, et part d’elle-même par l’ouverture, sans suppuration, ni douleur pour la bête. Albert Hutin.
- Un peroxyde d’hydrogène ultra-conçentré et solide, — Chacun sait que l’eau oxygénée officinale dite à io volumes d’oxygène libérable ne contient en réalité que 3 pour 100 d’oxygène. On en vend à 20 volumes, c’est-à-dire à 6 pour 100 d’oxygène. Ces produits sont; suffisants pour les besoins de l’antisepsie, mais ne le sont nullement dès qu’il s’agit des réactions oxydantes du laboratoire. Ils mènent souvent à des liquides trop étendus. En outre ils "contiennent diverses impuretés, des acides libres et des sels alcalins divers.
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- INFORMATIONS
- Tafnatar a constitué un corps appelé « Hypérol », combinaison d’urée et de peroxyded’hydrogène, à 35 pour 100 de H202, exempt de toutes impuretés minérales. Tout au plus y a-t-il un petit excès d’acide citriqiie, provenant de son mode de préparation, d’ailleurs encore tenu secret. Cette petite impureté citrique n’affecte nullement la titration au métbylorange, ni la plupart des titrations courantes.
- La formule de ce produit, est :
- / v H i
- C0\NH* + Hï0i
- Ce nom d’ « Hypérol » a été déposé par les établissements Berk de Londres. Ce produit est stable, même sous les climats tropicaux. Ce n’est qu’à 60 pour ioo qu’il commence à se décomposer en oxygène, eau et ntrce. Au contact de l’eau, il se forme de l’urée et de l’éau oxygénée.
- Un gramme dissous dans io cc. d’eau donne immédiatement une solution à io vol. d’H-O2.
- Il oxyde instantanément les sulfures, les sulfites et hyposul fîtes.
- Le soufre libre converti en sulfure alcalin, par une lessive caustique, se transforme en sulfate sans difficulté et immédiatement.
- C’est en somme un réactif oxydant d’une rare énergie et que nous croyons bon de signaler aux chimistes analystes, qui peuvent l’ignorer encore.
- L’hypérol était déjà connu en 1908, mais sous un autre nom : c’étaient les établissements Baeyer qui le manufacturaient. 11 est employé surtout en Allemagne comme désinfectant et antiseptique.
- Les établissements Baeyer le stabilisent en présence de dextrine et d’amidon et obtiennent un produit fondant à 85°. Alburt Huti.x.
- Apparition d’une nouvelle Annélide. — A la dernière réunion de la Société de Biogéographie, M. Ch. Gravier, professeur au Muséum, a rendu compte de quelques observations récemment faites d’une nouvelle Annélide, Mercievella enigmatica, Fauvel.
- C’est un petit Serpulien queM. L. Mercier, professeur à la Faculté des Sciences de Caen, trouva pour la première fois en 1921, dans le canal de Caen à la mer, à peu de distance en arrière des écluses de Ouistreham, dans une eau saumâtre. 11 fut étudié et déterminé en 1922 par M. P. Fauvel, professeur à l’Institut catholique d’Angers. Ce ver est long de 8 à 10 mm; il loge dans un tube calcaire mince, rond, sinueux et les colonies parfois très étendues forment des amas sur des pierres, des bois, des coquilles, des tiges de Phragmites immergées. En janvier 1924, Monro la retrouvait dans les docks de Londres; en mars 19241 E. Rioja la signalait à Gandia, petit port méditerranéen d’Espagne, entre Valence et Alicante. L’été dernier, Ed. Fischer l’observa au fond de la Rance, en amont de l’éclusê du Chàtelier.
- D’où provient cet animal nouveau pour la science ? Et d’abord est-il réellement apparu depuis peu de temps ou bien l’avait on simplement ignoré ? La deuxième hypothèse est invraisemblable, étant donnée la taille du ver et le nombre de naturalistes compétents qui ont exploré depuis un siècle les côtes françaises et notamment le canal de Caen à la mer. Alors, d’où l’animal a-t-il pu venir et comment a-t-il été introduit dans la faune européenne. Au début, M. Fauvel avait pensé que le ver avait pu être transporté dans la basse rivière de l’Orne, sur la carène de quelque cargo ; les trouvailles de Londres ne contrediraient pas cette hypothèse, mais Gandia, en Espagne, est un port de petit trafic, sans grandes relations extérieures ; aussi M. Rioja a-t-il supposé que les Mercierella y proviendraient plutôt de quelque région voisine de la Méditerranée dont la faune est encore imparfaitement connue.
- Dans tous les cas, il faudrait admettre que l’animal, bien que d’eau saumâtre, peut supporter la salinité de l’eau de mer pure, au moins à un stade de son développement, pour expliquer sa présence en des points aussi différents.
- La question reste ouverte, et elle ne manque pas d’intérêt général. Peut-être quelque lecteur de La Nature, habitant près de la mer, aura-Wl la curiosité de chercher parmi les roseaux du bord ou les pierres du fond, vers l’endroit où l’eau de mer s’arrête, dans les ruis-
- seaux, les rivières, les canaux de sa région, la présence des petits tubes où se logent ces vers. Toute observation de ce genre, après contrôle de la détermination de l’espèce, aiderait à résoudre ce très curieux problème de biogéographie. >
- Le 3e salon des appareils ménagers. — On n’a
- pas oublié le succès qu’obtinrent en 1923 et 1924 les Salons des Appareils Ménagers organisés par l’Office National des Recherches et Inventions. Du 3o janvier au 21 février prochain, un 3' Salon aura lieu au Grand Palais des Champs-Elysées. Plus de 5oo exposants se sont déjà fait inscrire.
- Les visiteurs y verront en fonctionnement les machines à laver le linge et la vaisselle, les appareils à nettoyer, brosser, cirer, balayer, les ustensiles de cuisine, les appareils de chauffage, d’éclairage, d’hygiène, d’hydrothérapie, tout ce qui peut adoucir la tâche quotidienne des maîtresses de maison. On y présentera, notamment, trois maisons, entièrement aménagées selon les lois du confort le plus récent, l’une construite et aménagée par des industriels américains, et qui arrive directement des Etats-Unis, l’autre équipée par le groupe des exposants du gaz, la troisième, enfin, installée par les constructeurs d’appareils électriques.
- C’est assez dire que le 3e Salon des Appareils Ménagers attirera tous ceux qui cherchent à améliorer l’installation matérielle de leur foyer, et que cette exposition remportera un succès que justifient pleinement les circonstances économiques de l’heure présente.
- **> Nouvelles de T. S. F.
- Les appareils de T. S. F. et les projets financiers du Gouvernement. — Les projets financiers de M. Lou-cheur, ancien ministre des.finances, comprenaientune taxe sur les appareils récepteurs de T. S. F. fixée comme suit : 60 francs pour la première année et 5o francs pour les années suivantes s’il s’agit d’appareils à lampes ; 20 francs pour la première année et i5 francs pour les années suivantes s'il s’agit d’un poste à galène; enfin 2 francs sur les lampes de T. S. F.
- Ces taxes seraient accueillies sans trop de résistance parla majorité des amateurs de T. S. F., à condition que leur produit serve au développement de la radiophonie et surtout des postes émetteurs. Mais, si elles constituent simplement un impôt supplémentaire, et comme un prologue à « l’étatisation » de la T. S. F., il faut espérer qu’elles rencontreront assez d’adversaires dans les Chambres et dans le pays tout entier, pour empêcher leur adoption qui risquerait de ruiner définitivement la radiophonie française.
- Transmission de musique d’opéra. — Le poste de Radio-Toulouse a radiodiffusé en novembre un opéra joué au théâtre du Capitole de Toulouse, avec l’assentiment du Syndicat des musiciens.
- Il faut espérer que des accords de ce genre pourront être établis également à Paris, ce-qui accroîtrait dans de grandes proportions l’intérêt des émissions et par suite augmenterait immédiatement le nombre des auditeurs.
- Une expérience curieuse. — On va, paraît-il, tenter en Angleterre une expérience très curieuse. Un appareil récepteur très puissant sera placé dans une salle de bal et. durant toute une nuit, cet appareil permettra de recevoir successivement les émissions de musique de danse de tous les postes européens et américains.
- Les auditeurs auront ainsi la curieuse sensation de danser successivement au son des orchestres de presque toutes les parties du monde.
- Une panne inattendue. — Sous le poids de la neige qui surchargeait les fils d’antenne, la nappe d’antenne du poste de Daventry s’est abattue récemment. Grâce, au dévouement du personnel, la réparation a été effectuée rapidement, mais il est question de prendre des précautions spéciales pour éviter le retour de cet incident fâcheux.
- Un grand poste radiotélégraphique modèle. — La
- grande « superstation » de Rugby (Angleterre) commencera sans doute à fonctionner en janvier 1926. Des précautions spéciales ont été prises pour éviter tout « brouillage » des émissions de brôadcasting », et les résultats obtenus sont, paraît-il, parfaits sous ce rapport.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- L’action du froid sur le départ des moteurs. — L’injecteur Athmos. — C’est souvent un travail infernal que d’être obligé de mettre en marche son moteur, l’hiver, lorsqu’il fait froid.
- Une première cause en est tout d’abord la viscosité de l’huile qui, augmentant quand la température s’abaisse, colle tous les organes ou tout au moins oppose une résistance plus grande à leurs déplacements. Le fait de ne pas pouvoir tourner aisément un moteur en hiver, et par conséquent de ne pas produire une étincelle assez chaude à la bougie, est donc parfois une cause de départ pénible. Mais ce n’est pas la principale.
- La composition du mélange gazeux aspiré par les pistons joue un rôle beaucoup plus important dans ces difficultés de mise en marche.
- Si nous analysons ce qui se passe au moment où l’on commence à tourner le moteur, nous constatons que le premier cylindre qui aspire ne reçoit sensiblement que
- Supposons cependant que l’essence sorte en quantité suffisante. Nous savons qu’elle est mal vaporisée en raison de la température et de la faible dépression des canalisations.
- Elle se présentera donc sous forme de gouttelettes, assez importantes, qui se déposeront le long des parois de la tubulure et n’atteindront pas les cylindres.
- Toutes les parois internes de ces canalisations « s’humidifieront », en quelque sorte, d’essence. Elles présenteront alors à l’air une surface considérable d’où s’échapperont les vapeurs des carbures d’hydrogéné les plus volatils, et ainsi se constituera, à la longue, un mélange explosif assurant le départ du moteur.
- Mais ce mélange n’aura que pendant un moment une composition optimum; il deviendra ensuite trop riche et le moteur, après quelques explosions, se refusera définitivement à partir par suité d’excès d’essence.
- Pour obtenir un départ, il faudra augmenter l’admission d’air, afin de diluer le mélange trop riche.
- Le départ ne s’obtiendra donc qu’après de longs, désagréables et coûteux tâtonnements. Nous allons dé-
- EXHAUSTc.es
- 1.
- Fig. i. — Montage de l’injecteur Athmos, sur moteur, avec longue tubulure d’aspiration extérieure au moteur.
- l’air pur contenu dans lés tubulures, les autres cylindres, une fraction de cet air, auqüel se sont ajoutées quelques très rares vapeurs d’essence.
- L’essence en effet est un composé hétérogène de différents carbures d’hydrogène, dont les tensions de vapeur sont variables avëc la nature du carbure et la température.
- Ces tensions sont d’autant plus faibles que la température est plus basse.
- En outre, dans les mêmes conditions de température et de pression, la vaporisation d'un liquide est proportionnelle à la surface libre qu’il présente à l’air; or, l’essence avant de se vaporiser sort d’un gicleur dont l’orifice est extrêmement petit. . . '
- Cette sortie de l’essence étant fonction de la dépression qui règne dans les tubulures est d’autant plus faible que cette dépression est elle-même moins forte.
- Ainsi, une l’otation lente du moteur ne crée dans les canalisations qu’une dépression insignifiante, compensée d’ailleurs immédiatement par l’air qui passe~toujours dans le carburateur autour du papillon de réglage.
- Pour éviter ces rentrées d’air, on a souvent conseillé de masquer au moment du départ ia prise d’air du carburateur avec un chiffon.
- L’essence seule est ainsi sucée en abondance; mais il ne faut pas oublier que les moteurs marchent avec un mélange convenable d’air et d’essence et que tout excès de l’un ou de l’autre des composants entraîne l’impossibilité de mise en route.
- De plus, cet excès d’essence constitue un gaspillage d’un, onéreux liquide, encrasse les bougies et dilue i’huiie de graissage.
- crire un appareil qui permet de donner à ce problème une solution sûre.
- Pour obtenir un départ Satisfaisant et immédiat, il suffirait de créer artificiellement et momentanément dans les canalisations mêmes Un mélange carburé sëniblable à celui que produit le carburateur lorsque le moteür marché normalement.
- Ce mélange préexistant dans les tubulures indépendamment du carburateur sera aspiré par les pistons, quelque faible que soit leur déplacement; comprimé, il explosera à la première étincelle et le moteur sera aisément mis en route.
- Un semblable dispositif doit avoir aussi l’avantàge de vaincre l’inertie de l’essence.
- Quand, au départ, l’essence sort pat- le gicleur du carburateur, il faut un certain temps pour que l’essence du réservoir vienne remplir le carburateur. Elle a en effet à vaincre le frottement dans les tuyauteries, le passage à travers un filtre,, sous le pointeau du carburateur, toüs obstacles non négligeables et retardant d’autant le remplissage de la cuve du carburateur, et par Conséquent la sortie de l’essence du gicleur.
- Le mélange préexistant dans les tubulures indépendamment du carburateur fournit une solution ldgique et certaine de la question. Lé moteur peut être mis alors en marche sans effort, et au 1/4 de tour.
- L’injecteur d’essence «Athmos», de M. J.-E. Malivert, permet de produire dans les tubulures ce mélange préalable.
- Il sè compose essentiellement d’une pompe aspirante et foulante, qui, au moyen d’un dispositif spécial appelé « atomiseur », envoie à l’intérieur même dès tubulures
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- d’aspiration de l’essence pulvérisée si finement qu’elle se répand en forme de légers nuages et gagne peu à peu l’intérieur même des cylindres.
- Il s’ensuit qu’au moindre déplacement des pistons, ceux-ci aspireront un mélange convenable indépendant du carburateur, mélange détonant à la première étincelle.
- L’inertie du carburateur se trouvera automatiquement vaincue; le départ est assuré par « l’amorçage » du mélange au moyen de l’essence étrangère au carburateur.
- La ligure 1 montre bien comment entrent dans l’intérieur même des cylindres les nuages d’essence émis par les « atomiseurs ».
- Cet appareil, logique dans sa conception, demande à être exécuté avec un soin tout particulier en raison de la difficulté d’établir des pièces fonctionnant convenablement dans l’essence. Il donne des résultats remarquables.
- L’essence aspirée par la pompe est prise sur la canalisation allant du réservoir au carburateur ; il n’y a donc pas de nourrice à installer et l’appareil n’utilise que l’essence fraîche non éventée'; venant du réservoir.
- Les atomiseurs se placent sans difficulté et autant que possible de manière que les nuages d’essence soient envoyés suivant l’axe des tubulures.
- L’Athmos a encore d’autres avantages .intéressants : en premier lieu, il réalise une économie d’essence à cause de la possibilité de régler les carburateurs avec
- haut-parleur branché sur ce réseau au moyen d’une prise de courant à broche.
- L’interrupteur général est du système à couteaux. Il joue le même rôle que l’interrupteur général de distribution de lumière dans un appartement.
- Cette installation est facile à réaliser. Elle est intéressante, car elle permet de brancher le haut parleur
- Boîte de piles à sonneries
- Interrupteur
- Fig. 3. — Sonnerie et, piles portatives.
- CARBURATEUR
- Fig. a. — Montage de l’Athmos dans le cas de tubulures courtes et coudées.
- un mélange pauvre à chaud, le mélange riche à froid étant créé par l’appareil.
- Il diminue aussi la fatigue des accumulateurs, car rien ne détériore plus une batterie et n’abrège plus son existence que les décharges répétées qu’on lui demande pour essayer de faire partir un moteur récalcitrant.
- Cet appareil, déjà très employé à bord des automobiles, l’est aussi sur les avions, tous les 45o GY Lorraine en sont munis.
- Constructeur : M. J.-E. Malivert, 9, rue du Télégraphe, Paris.
- }/L> T. S. ÎF.
- en tous les points où se trouvent disposés des socles de prise de courant. Le nombre de ces socles n’est d’ailleurs pas limité et l’installation peut servir également à un système d’appel par sonnerie.
- Pour cela il suffit de monter dans une caisse de bois deux piles sèches, la caisse portant sur le côté une petite sonnerie trembleuse, et un interrupteur sur la face avant de la boite permet d’interrompre les connexions entre la sonnerie et l’une des bornes de la batterie de pile.
- L’autre pile de la batterie et l’autre borne de la pile servent d’attaches aux deux conducteurs d’un fil souple qui se termine par un bouchon de prise de courant que l’on pourra ainsi fixer à volonté dans l’un quelconque des socles de l’installation.
- On placera ce dispositif de sonnerie près de la personne que l’on veut appeler, par exemple à la cuisine ou à l’office. D’autre part le système de bouton d’appel est réalisé très simplement au moyen d’une poire d’appel qui comporte un cordon souple à deux conducteurs. 11 porte à son autre extrémité un bouchon de prise de courant que l’on placera dans le socle de prise de courant à proximité de l’endroit où l’on se trouve.
- On peut ainsi avoir une installation volante de sonnerie d’appel, oar le nombre des boutons d’appel n’est pas limité. Lorsque le moment des radio-concerts est
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- Interrupteur
- Pour déplacer facilement le haut parleur dans un appartement. — Il est possible d’assurer dans un appartement, dans une villa, une véritable distribution de concerts de T. S. F. au moyen d’un réseau constitué par des fils électriques, établis comme s’il s’agissait d’un réseau de sonnerie. Les fils sont placés à la manière habituelle contre les murs et ils se terminent dans chaque pièce de l’habitation par un socle de prise de courant à broches.
- Au départ ils sont reliés aux bornes du poste de „ T; S. F. où l’on branche habituellement le casque ou le haut parleur. De cette manière, une fois le poste réglé pour une audition correcte, ce qu'il est possible de réaliser en se servant d’un casque, on ferme l’interrupteur général de distribution qui permet d’alimenter le
- à
- Socle
- Fig. ;. — Schéma de l’installation.
- arrivé, ôn débranche très simplement la boîte à piles et la sonnerie ainsi que le bouton d’appel. On règle le poste récepteur de T. S. F. On ferme le commutateur général et l’on peut alors établir le haut parleur à l’endroit voulu.
- Ce dispositif sera utile pour «permettre de changer 1’emplacement du haut parleur sans qu’il soit nécessaire de déplacer en aucune façon le poste récepteur. Il peut être alors disposé d’une façon parfaite dans un endroit où tùus les organes et accessoires ne puissent gêner en aucune façon.
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- VARIÉTÉS
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : SUREAU NOIR
- Le Sureau noir (Sambucus nigra L.) Caprifoliacées est souvent désigné sous le nom de Sureau commun et parfois sous . ses synonymes : Haut-bois, Seuillet, Seuillon, Sullion, Suin, Sambu, Seon.
- Habitat. — Le sureau est commun dans les haies, près des habitations, à la lisière des bois, le long des cours d eau, sur le talus des routes; il grimpe jusque vers 1200 m. d’altitude.
- Description sommaire. — Arbrisseau de 2 à 6 m. de hauteur, à tronc rugueux, écorce grise; bois blanc à canal médullaire rempli d'une moelle blanche très développée. Feuilles opposées à 5-7 segments, presque ses-siles, acuminés, dentés, d’un vert foncé, répandant une odeur désagréable quand on les froisse. Fleurs blanches, juin-juillet, en corymbes ombelliformes très fournis, dont l’odeur, presque nauséeuse quand elles sont fraîches, devient assez agréable par la dessiccation. Baies globuleuses, noires, luisantes, rarement vertes ou blanches, contenant trois petits noyaux.
- Culture. — Elle est facile, car le sureau se plaît dans presque tous les terrains, bien qu’il préfère ceux qui sont frais et légers, à demi ombragés. On doit lui accorder une place assez grande dans les haies du Jardin /amilial où, en raison de son odeur spéciale désagi'éable, il ne sera pas attaqué par les animaux de la ferme.
- Multiplication. — Elle peut se faire de trois façons: par semis, par marcottage, par bouturage, mais comme cette dernière est la plus répandue, je ne parlerai que d’elle seule.
- Bouturage. — On coupe les rameaux ligneux à la chute des feuilles et on les prépare en hiver en leur donnant la longueur voulue, puis on les réunit en petits paquets qu on fait hiverner en jauge dans une terre légère, sèche, en plein air, couverts en entier et placés la tète en bas ou ensablés dans un silo. On les plante en avril et on les recouvie de terre jusqu’à l’œil de tête. On paille de suite et on arrose pour faciliter la végétation.
- Récolte. — Elle comprend surtout les fleurs, les feuilles, les baies et les écorces. Les fleurs sont recueillies quand elles sont bien épanouies mais non mouillées par la rosée ou la pluie. Il ne faut prendre que les ombelles sans les tiges qui les supportent. Là cueillette des feuilles peut avoir lieu au même moment ou peu apres. La récolte des baies a lieu dès le début de leur maturité, en septembre; quant aux écorces des jeunes branches on les enlève à l’automne après la chute des feuilles, lorsque l’épiderme qui est d’abord vert est devenu grisâtre. Il faut avoir soin de racler auparavant cet épiderme avec un instrument assez tranchant; on enlève ensuite par lambeaux l’écorce qui est placée au-dessous et que, pour cette raison, l’on appelle « deuxième écorce ».
- Séchage. — Les fleurs doivent être desséchées aussitôt récoltées et, de préférence, sur des claies tapissées de papier et à l’ombre, de façon à leur conserver leur couleur blanc jaunâtre. Séchées quand elles sont encore mouillées, elles prennent une teinte brune qui leur fait perdre une grande partie de leur valeur marchande. On estime que 10 kg de fleurs fraîches donnent 2 kg 5oo de fleurs sèches. On les conserve dans des sacs ou des boîtes de grandeur proportionnée à l’importance de la récolte, et on les place dans un local sec et aéré. Le séchage des feuilles a lieu à peu près de même. Les baies sont souvent employées à l’état frais; toutefois, leur dessiccation se fait comme celle des baies aqueuses et mucilagineuses ; on les soumet d’abord à une température élevée, puis on les expose au soleil peur les reporter ensuite au four ou dans une étuve modérément chauffée. Les écorces sont mises à sécher au soleil ou au four, elles prennent alors la forme de lanières d’un blanc verdâtre, possédant une odeur faible, une saveur mi-douceàtre, mi:astringente.
- Composition chimique. — Les fleurs contiennent une huile volatile solide; les baies, des acides malique et citrique, du sucre, de la gomme et une matière colorante rouge qui, traitée par un alcali, bleuit d’abord et verdit ensuite quand la proportion de celui-ci est trop forte. L’écorce renferme des acides valérianique et tan-nique, du sucre, de la gomme, une matière extractive, de la pectine et des sels. Berthelot a trouvé que celte écorce est riche en nitrate de potasse et des recherches relativement récentes ont permis à Guignard et à Bour-
- quelot d’y découvrir un alcaloïde, la sambucine, et un glucoside cyanhydrique, la sambunigrine.
- Propriétés thérapeutiques. — Les fleurs de sureau, à l’état frais, sont purgatives; à l’état sec, diaphorétiques, sudorifiques et diurétiques. On les emploie au début des rhumes et des angines pour rappeler la transpiration cutanée; elles agissent aussi contre les inflammations superficielles de la peau. L’Ecole de Salerne leur reconnaissait des propriétés anthelmintiques contre les ascarides et les lombrics. Les baies, sous forme d’extrait Irob de sureau), sont purgatives et sudorifiques. L’eau distillée de la racine et celle de l’écorce étaient connues dès le Moyen Age et utilisées contre 1 hydropisie et, plus tard, contre l’ascite, en raison de leurs vertus diurétiques et hydragogues. Le D1' H. Leclerc relate que, d’après le Dr Lecoq, l’extraitdelaseconde écorce peut être employé comme succédané de la caféine et de la digitale et réussir là où le premier de ces médicaments avait échoué. Les feuilles ont été parfois usitées à l’intérieur comme purgatif, et, à l’extérieur, comme émollientes pour les hémorroïdes et les brûlures. La place du sureau est parmi les médicaments diurétiques ou sudorifiques.
- Préparations pharmaceutiques. — Les parties les plus employées sont, aujourd’hui, dans l’ordre décroissant, les fleurs, l’écorce, les baies, la racine et les feuilles. A l’intérieur, les fleurs forment la base d’une infusion à la dose de 4 à 5 gr. par litre, à prendre par tasse. Elles entrent dans la composition du Thé de Saint-Germain. Les baies de sureau, appelées autrefois grana actes du grec « akten », sureau, ont joui naguère d’une assez grande réputation, sous la forme de rob de sureau qui n’est autre qu’un extrait qu’on préparait en exprimant le suc des fruits et en le concentrant par évaporation au bain-marie en consistance de miel épais. On le faisait prendre à la dose de 4 §r- comme sudorifique contre le rhumatisme chronique, et à la dose de 16 à 24 gr. comme purgatif énergique. Le suc de l’écorce a été administré à la dose de i5 à 60 gr. Le Dr Leclerc conseille, comme diurétique, le vin suivant : Ecorce moyenne de sureau i5o gr., vin blanc 1000 gr. Laisser macérer 48 heures; prendre 100 à i5o gr. par jour.
- A l’extérieur, les fleurs constituent un médicament populaire en compresses, lavages et bains locaux contre la conjonctivite, l’érysipèle, l’eczéma, les panaris, furoncles, etc. L’ancien Codex prescrivait 3o gr. par litre en infusion, mais on peut doubler ce poids.
- La médecine vétérinaire utilise les fleurs et l’écorce du sureau, à la dose, par litre, de i5 à 3o gr. pour les premières et à celle de 60 gr. pour la seconde, comme sudorifique et excitant général.
- En dehors des usages thérapeutiques, les baies de sureau on servi, autrefois, à colorer le vin et à lui communiquer un goût de muscat. Aujourd’hui, on les transforme en gelée, en boisson et en eau-de-vie. La parfumerie fait avec les fleurs un lait et un extrait de fleurs de sureau. Elles passent même, à l’état sec, pour un succédané du tabac. Enfin, la moelle du sureau sert dans les laboratoires de microbiologie et en horlogerie.
- Il existe encore d’autres espèces de sureau parmi lesquelles je ne mentionnerai que le Sureau Yèble (Sambucus Ebulus L., très répandu également dans les lieux incultes, sur le bord des fossés et des chemins. On en utilise les mêmes parties, qui possèdent de semblables propriétés thérapeutiques, pour des emplois identiques.
- Observations commerciales. — Toutes les parties de la plante sont demandées, mais spécialement les fleurs dont la vente est toujours assurée. En 1916, la Feuille d’Informations du Ministère de l’Agriculture cotait le kilo de fleurs o fr. 80 à o fr. 90, avec la mention « vente bonne ». L’année dernière (1924), l’herboristerie en gr.qp a payé le kilo : fleurs en grappes 3 fr. 75 à 4 fr. ; fleurs mondées 4 fr. 7^ à. 5 fr. ; les feuilles mondées 1 fr. 25 à 1 fr. 4<b les baies 1 fr. 25 à 1 fr. 5o ; les racines coupées 1 fr. à 1 fr. 20, et la deuxième écorce également 1 fr. à 1 fr. 20.
- Dans le Midi et le Sud-Est, on récolte les racines, les feuilles et les baies qui, bien que de vente peu courante, atteignent, paraît-il, des prix identiques à ceux du sureau noir. A. Truelle,
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponsés aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison dès recherches le plus souvent nécessaires et du nombi’ê des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiàtéinent
- Adresses relatives âüx appareils décrits.— Société “ Le Solomite", a5,avenue Victor-Emmanuel, Paris (8e).
- Réponses. — M. Nicolini, à Paris.— Habituellement le celluloïd est coloré dans la masse au moment de la fabrication par incorporation de pigments colorés. Eu égard à la faible épaisseur des feuilles que vous voulez traiter, nous pensons qu’il vous suffira de les immerger pendant un temps suffisant, dans une dissolution plus ou moins concentrée d’ün noir diàmine tel que le noir de naphty-lâminé, le nOir méthane, etc., cette solution étant acidifiée par l’acide acétique.
- M. Duvàu, à Paris. — Dans les conditions que vous indiquez, il dbit être assez facile de détruire la végétation qui s’est développée sur votre toiture terrasse de ciment volcanique en utilisant la toxicité pour les plantes des sels de zinc, par exemple le chlorure de zinc commercial que l’on trouve liquide à 45° B- Prendre :
- Chlorure de zinc liquide-, . 3 litres.
- Eau ordinaire.................5o —
- Faire le mélange dans un cuvier en bois et faire également l’épandage au moyen de récipients .non métalliques. Opérer par tin temps sec de manière que le chlorure de zinc ne soit pas entraîné trop rapidement par les pluies.
- 888. Lyon. — Il aürâit été préférable que nous ayons en main un échantillon du produit qui vous intéresse poù'r nous faire une opinion sur sa constitution. Toutes les feuilles transparentes ne sont pas en celluloïd et,dans le câs présent, s’il s’agit d’un article fortement tendu sur cadre, cè pourrait être de la ?gélatine formolée ou même avec beaucoup de probabilités de la viscose, dont la fabrication a pris aujourd’hui une très grande extension.
- Dans cet ordre d’idées, vous pourriez demander à la maison « La Cellophane »* 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antih, si sà fabrication n’est pas déjà appliquée dans cè sens.
- M. M. Depelly, à Paris. — i° Le sol de l’écurie doit être saturé jusqU’à une certaine profondeur, suivant sa perméabilité, par des déjections qui par putréfaction ont ainsi accumulé des sels ammoniacaux, particulièrement du carbonate d’ammoniaque. 11 conviendrait donc, si cette écurie doit prendre une aütre destination* de commencer par dépaver, puis d’enlever la couche dé terre imprégnée de déjections jusqu'à ce qu’un sol sain soit mis à nü. Arroser alors celui-ci avec un lait de chaux, ptiis remblayer avéc de la terre neuve.
- D’autre part passer également les murs au lait de chauic, où mieux encore appliquer le badigeon suivant :
- Pâte de chaux éteinte. ...... io kg.
- Blanc d’Espagne. . ;............. i —
- Sel marin....*.;................. 5 —
- Eau ordinaire ioo litres
- Gélatine. ...................... 5 kg.
- Faire gonfler la gélatine (colle forte) en la mettant macérer pendant lâ heures dans une partie de l’eau (io litres environ), liquéfier ensuite au bain-marie* ajouter successivement la chaux* le blanc d’Espagne et le sel également délayés. Etendre enfin avec le reste de l’eaü. Pour obtenir un bon résultat employer le badigeon encore tiède. — iV.fi, Le repiquagé du sol peut paraître une Opération trop importante, mais pratiquement c’èst le sëul moyen d’obtenir un résultat certain, tout âUtrë procédé në constituerait qu’Un palliatif.
- •i° Lès taches de coaltar s’enlèvent facilement en procédant ainsi : On enduit de beurre là partie tachéç de façon que lé goudron soit bien délayé pàr la matière grasse et laisse au besoin en contact un témps suffisant pôür qu’il en soit ainéi. Il suffit ensuite de savonner dans l’eau tiède pour que la tache disparaisse.
- V. IV. — i° La quantité de matière « dégraissante » à ajouter à l’argile en vue de la fabrication des produits réfractaires né peut être déterminée d’avanee* car elle dépend de la composition de la matière première. Cer-
- taines terres contiennent suffisamment de sable ou gravier quartzeux pour pouvoir être employées directement. D’autres très grasses tèlles que l’argile bleuâtre du bassin de Paris, peuvent être mélangées à deux fois et demi ou trois fois leur poids de matière dégraissante tout en conservant un liant suffisant pour être façonnées à la main en pâte molle ou mécaniquement en pâte demi-ferme. Dans ces fabrications, on emploie de. préférence au sable les débris de cazettes (caisses de cuisson pour la porcelaine), de cornues à gaz, de pièces de four, des cassons de faïences fines, du silex étonné et broyé. Tous ces produits doivent être tamisés aux numéros 7 ou 8 de façon à assurer une répartition parfaite dans la masse.
- •2° Le moyen le plus simple de ramasser les châtaignes est de se servir d’un râteau à dents suffisamment rapprochées. Pour les conserver on procède à une décortication, puis on les stérilise par passage soit à l’étuve, soit au four modérément chaud, on les tient ensuite dans un lieu bien sec, grenier aéré par exemple.
- 3° L’arrachage des vieilles souches de vigne se fait à la pioche, ce qui a en outré pour avantage d’ameublir lé sol, de l’aérer et de permettre ainsi la nitrification des matières azotées en vue de la culture qui doit suivre.
- M. L^esage, à Mayence. — Pour nettoyer les statues en marbre blanc, il suffit de savonner à la brosse dure en employant une eau de savon chaude additionnée d’environ 5 pour 100 de soude caustique (potassium des peintres). Après rinçage, on passé une éponge imbibée d’eau de Javel étendue de dix fois son volume d’eau tiède* oh laisse en contact quelques heures puis, on lave à l’eau claire, le marbre reprend ainsi sa blancheur primitive.
- A. D. — iû La fluatation serait très probablement insuffisante pour donner de la résistance aii frottement à votre carrelage en briques ; à notre avis le mieux serait de faire appliquer à la surface un enduit de ciment.
- 2® Le compost dont vous nous soumettez la formule réalise une transformation de la paille en humus, non par fermentation, mais par l’action caustique de l’ammoniaque mise en liberté sous l’action de la chaux vive sur le sulfate d’ammoniaque. Le gros inconvénient de cettë manière de procéder est qu’il y a une énorme déperdition d’ammoniaque et par conséquent fuite d’un élément fertilisant actuellement coûteux et qu’il serait plus économique d’apporter directement au sol sous la forme primitive de sulfate d’ammoniaque. Quant à la paille dont l’apport en éléments fertilisants est excessivement minime et qui ne joue véritablement un rôle en agriculture qu’au point de vue physique en donnant au sol l’humus grand régulateur dé l’humidité en même temps qu’ameublissant, elle pourrait être incorporée avec un effet au moins égal* après passage au hache-paille au moment des labours profonds.
- 3° Vous trouverez du sang desséché chez tous les marchands d’engrais de votre région ; pour quantités importantes s’adresser aux Etablissements Bourgeois, g, boulevard Denain ou à la Société Générale Commerciale* 17, rue Boissy-d’Anglas, à Paris.
- G. P., à Bamako-Soudan. — i° On prépare le sirop de citron en prenant :
- Sucre blanc. 88 kg.
- Eau non calcaire................4$ litres
- On porte â l’ébullition, écume, puis on introduit dans la masse bouillante les zestes de quarante citrons, on couvre aussitôt au moyen d’un couvercle et laisse refroidir avant de passer à la chausse.
- Si l’on désire obtenir une coloration agréable, on peut ajouter pendant la macération des zestes une quantité suffisante de safran.
- i° L’essence à laquelle vous faites allusion est la Citronnella-oil extraite de YAndropog'on nardus (Linné) surtout cultivée dans l’Inde, les îles dé Geylan et de Java, elle peut s’employer directement sur les parties à protéger, ou diluée dans un peu d’alcool pour en diminuer la consommation. Cette essence.,est un mélange de cam-phène, de dipentène, de méthylheptone, de citron-nellal de bornëol et géraniol, les éléments principaux étant ce dernier et le eitronnellal.
- 3® Un très bon moyen de préserver le cuir contre la moisissure est de l’enduire d’une couche légère d’essenee de térébenthine, l’essence de bouleau d’odeur plus
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- agréable jouerait le même rôle, mais il vous serait peut-être plus difficile de vous la procurer.
- 4° Ouvrages sur l’Horlogerie : « L’Horloger «parPoncet, de la collection « Le Livre de la Profession » chez Eyrolle, 3, rue Thénard.
- « A. B. C. de l’apprenti horloger », par Bourdais etGrall. «Le Mémo de P horloger-bijoutier », par Ch. Gros, L’Horloger à l’établi. « Les dessins de l’Horloger praticien », même auteur, De la Montre et de la Pendule par La-vaivre, tous ces ouvrages édités par Dunod, 92, rue Bonaparte. Enfin « Manuel d'horlogerie de la bibliothèque professionnelle », Dhommée, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. du Chajfaut, Marseille. — Le moyen le plus simple pour enlever les taches d'encre est de se servir d’une dissolution de chlorure de chaux (poudre de chlore) obtenue en faisant digérer pendant quelques heures un ou deux grammes de cette poudre dans dix fois son volume d’eau et en agitant. On laisse reposer, puis on décante le liquide clair que l’on emploie avec un petit tampon de coton fixé à un bout d’allumette.
- Opérer avec précaution en plaçant en dessous de la feuille de papier à traiter un morceau de buvard ; aussitôt que la tache à disparu, absorber l’excès de liquide avec une mèche de coton, puis, comme il reste le plus souvent une tache jaunâtre, déposer de la même façon une goutte de solution d’acide chlorhydrique pur à 5 pour 100 qui dissout le fer. Rincer soigneusement par additions et pompages successifs à l’eau pure pour enlever toutes traces de chlore et d’acide qui seraient susceptibles ultérieurement de détériorer le papier. Puis pour plus de sécurité déposer une goutte d’ammoniaque liquide (anti-chlore) qu’on laisse s’évaporer naturellement sans qu’il soit nécessaire de rincer à nouveau. En observant bien ces précautions, il n’y a rien à craindre et la pratique de l’opération s’acquiert rapidement.
- M. B., à Hachy. — Pour réparer l’ébonite, on fait fondre à feu doux en évitant toute inflammation intempestive 5oo gr. de colophane, puis on y introduit peu à peu en remuant constamment 2Ôo gr. de gutta percha coupée en petits morceaux. Quand la masse est bien homogène, on la coule dons un moule froid de manière à en constituer des bâtonnets de forme quelconque que l’on met ainsi en réserve.
- Pour l’emploi, liquéfier à nouveau la quantité de mastic que l’on jugé nécessaire et enduire du liquide chaud les parties à raccommoder bien sèches, on fait adhérer fortement par compression le ciment pendant qu’il est encore liquide ; on enlève les bavures avec un couteau mousse, puis laisse refroidii .
- M. Morio,à Paris. — Les incrusta tions qui se forment dans les récipients où on a fait bouillir de l'eau sont dues principalemeut au dépôt de carbonate neutre de calcium libéré par le départ de la moitié de l’acide carbonique contenu dans le bicarbonate soluble. Pour les eaux parisiennes on rencontre également dans ce dépôt un peu de sulfate de calcium dont la solubilité a diminué par suite de l'évaporation. Ces deux sels, étant facilement solubles dans l'acide chlorhydrique, il suffit pour enlever le dépôt de verser dans le récipient à nettoyer une solution d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) étendue de quatre à cinq volumes d’eau. Tant qu’il reste du carbonate de calcium, l’attaque du métal n’est pas à craindre; on surveillera donc l’opération et quand le dépôt aura presque disparu on rincera à l’eau pure, un léger grattage permettra alors d’enlever les quelques parcelles de dépôt devenues ainsi peu adhérentes.
- N. -B. — Dans le cas de vases en aluminium, remplacer l’acide chlorhydrique par l’acide nitrique étendu qui est sans action sur ce métal.
- fU. C. A. — à Eygliers (Hautes-Alpes). :— Le tannage des peaux de lapins à l’alun ne présente pas de difficultés.
- Lorsque l’animal est dépouillé, on racle la peau avec une lame mousse pour enlever les débris de chair, puis on la plonge poil en dessus dans un bain tiède dont la température ne dépasse pas 3o° et contenant par litre 100 gr. d’alun et 3o gr. de sel de cuisine.
- On laisse immergé pendant trois à quatre jours”en remuant de temps à autre, alors les peaux sont étendues sur une planche à laquelle on les fixe par de la semence, on laisse sécher à l’ombre et redonne de la souplesse
- en les étirant dans tous les sens ; au besoin, pour augmenter celle-ci, on enduit le côté chair d’un mélange d’eau et de glycérine à parties égales, puis on pratique un palissonnage en étirant la peau sur une planche placée de champ solidement maintenue et dont les arêtes ont été abattues par un coup de rabot.
- M. Jarson, à Antibes. Vous trouverez des couleurs transparentes à appliquer sur verre dans les maisons suivantes : Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs ; Lefranc et Cie, 18, rue de Valois ; Levasseur et Cie, 22, boulevard des Filles-du-Calvaire ; Querolle, 09, rue de Charonne ; Routtand, i33, avenue Jean-Jaurès à Au-bervilliers. S’il s’agit de grandes surfaces à recouvrir employer de préférence l’aérographe, 18, rue Réaumur, à Paris.
- M. Go las, à Palras. — 1” Nous pensons que les publications suivantes vous donneraient satisfaction : Revue de chimie industrielle. Editeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins. Revue des produits chimiques et de l’actualité scientifique, 54, rue Turbigo. Le chimiste droguiste, 19, rue Jean-Jacques-Rousseau.
- 1" La préparation du papier de verre est des plus faciles puisqu’il suffit d’enduire de colle forte chaude l’une des faces d’un papier fort, puis, au moyen d’un tamis, de répandre sur la colle du verre pilé. Suivant le travail auquel on destine le papier ainsi préparé, les débris de verre sont plus ou moins fins, ce que l’on réalise par un classement préalable en divers numéros, en se servant de toiles métalliques à mailles de grosseurs appropriées. Habituellement celte préparation du papier est faite mécaniquement, ce qui assure une grande régularité.
- E. M., à Lille. — Il nous est assez difficile à distance de nous rendre compte de la nature du dépôt existant dans votre récipient en argent ; la connaissance de l’usage qui en a été fait autrement que comme pot à crème aurait peut-être pu nous éclairer. Quoi qu’il en soit, si les alcalis n’ont pas réussi à le décrasser (bain de carbonate de soude bouillant) vous pourriez inversement essayer des acides, par exemple le vinaigre tel quel et chaud, voire l’acide chlorhydrique étendu de huit à dix fois son volume d’eau; au cas où le dépôt serait calcaire, il disparaîtrait rapidement sans qu’il y ait à craindre une attaque du. métal.
- Véritas, à Anvers. — Pour teindre le raphiaf on com-mence-par le faire bouillir dans une solution de carbonate de soude à 2 ou 3 pour 100; on rince soigneusement pour enlever les gommes ainsi solubilisées.
- D’autre part, on monte le bain suivant en choisissant comme colorant une couleur diamine : ...
- Eau non calcaire................ 20 litres.
- Carbonate de soude Solway. . a5 gr. Sulfate de soude cristallisé. . 100 gr.
- Colorant............... ... i5à20gr.
- On ne met d’abord dans le bain que la moitié du colorant et le porte aux environs de 4o-5o°, on y introduit la fibre à teindre et élève progressivement la température à l’ébullition; à ce moment on retire le raphia, on ajoute le reste du colorant et introduit à nouveau la matière dans le bain, on reporte à l’ébullition que l’on maintient à peu près une heure, après quoi on termine par un rinçage.
- N. B. — Tenir compte que la teinte baisse au séchage, par suite la tenir au-dessus de l’effet désiré pendant l’opération de teinture. Comme colorants, employer par exemple : Jaune solide D, Ecarlate 3 B, Violet N, Bleu FF, Vert B, Noir oxydiamine, Sooo, etc. Quant au glycérinage, il dépend de la souplesse que l’on veut obtenir ; en général, une immersion dans une solution aqueuse contenant 5 pour 100 de glycérine est suffisante.
- M. Bouvier, à Casablanca. — Pour distinguer la fonte de l’acier il suffit, après avoir décapé le métal au moyen de toile émeri, de déposer à la surface une goutte de solution saturée de bichromate de potasse et acidulée par un peu d’acide sulfurique. Au bout d’une minute ou deux on lave et laisse sécher. La fonte donne une tache gris cendré, l’acier une tache noire; dans le cas du fer, la coloration serait nulle ou à peine verdâtre. Quelques essais préalables sur des types bien déterminés vous peiunettront d’acquérir rapidement l'expérience nécessaire pour différencier nettement les caractéristiques de chaque sorte de tache.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les mécanismes, par G. Hartmann, i vol. grand in-8, 45a p., 388 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix : 60 francs.
- Les mécanismes sont les organes servant à transmettre ou à transformer le mouvement. M. Hartmann nous donne l’étude cinématique de la plupart des mécanismes connus : engrenages de tous genres et trains d’engrenages, bielle, poulie, transmission par courroies, câbles, chaînes, courbes roulantes, croix de Malte, joints divers, cames et excentriques, systèmes articulés, encliquetages, guidages, roulements à billes, accouplements, embrayages, etc. Cette étude repose sur la connaissance de la cinématique et de la géométrie cinématique; l’ouvrage commence par l’exposé de ces deux branches de la mécanique et de la géométrie, fl se termine par l’étude des appareils propres à déterminer expérimentalement la loi d’un mouvement : cylindres enregistreurs, compteurs de tours, cinémomètres, etc. et par celle des instruments de mesure graphomécaniques : planimètres, intégrateurs, etc.
- La force motrice et l’eau à la campagne, par R. Champly, , i vol. gr. in-8, 431 p., 174 fig- Desforges, Girardot et G10, éditeurs, Paris. Prix : 35 francs.
- Ce livre, à la portée de tous, est un recueil de conseils précis relatifs à la recherche, à l’élévation et à la distribution de l’eau : forages de puits, captage de sources, installation et fonctionnement des pompes de tous systèmes, choix et aménagement de la force motrice, purification de l’eau.
- The Wireless Annual for Amateurs and Expérimenter s, 1926, 1 vol. ill., 180 p., éd. Iliffe and Sons Lt. Dor-set House, Sudor Street, London E. C. G. Prix :
- 1 sh. 6 d.
- Ce volume contient de nombreux et intéressants renseignements : les caractéristiques des diverses lampes en usage en Angleterre, un petit catéchisme pour la recherche des défauts dans les appareils, des tables numériques, la liste, l’adresse et l’indicatif des postes d'émission d’amateurs ou d’études, anglaise français, allemands, suédois, italiens, etc., le tableau des principales émissions de diffusion, une liste classée des principaux constructeurs et fournisseurs anglais.
- Les collecteurs d’ondes, par Paul Delonde. i vol. de 94 p. et 201 fig., éd. Las, y.3, rue du Rocher. Paris. Prix : 10 francs.
- Ce petit ouvrage contient des détails très nombreux et intéressants sur tous les modèles de collecteurs d’ondes utilisés dans les postes récepteurs de T. S. F., antennes extérieures, antennes intérieures, antennes de fortune et cadres.
- Après un chapitre consacré à l’étude générale des principes de réception, Fauteur étudie en détails l’établissement des prises de terre et des antennes extérieures, puis il décrit des modèles curieux, généralement étrangers, d’antennes d’appartement.
- Les derniers chapitres, qui sont peut-être les plus originaux, déterminent des . cas typiques de mauvais rendement d’une installation, des modèles « d’antennes. dangereuses », et enfin les principes de la réception sur cadre. Un appendice consacré à la législation dé la T. S, F. termine le livre.
- Manuel de 'l’Industrie ' du -caoutchouc, par Chaplet. i vol. 247 p., 38. fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1925. Prix : 10 francs.
- Résumé des opérations essentielles de l’industrie caoutchôutière depuis la récolte dxi latex jusqu’à la fabrication dés objets manufacturés. Un chapitre assez étendu est consacré aux succédanés,
- La perfection de l’épreuve photographique. Gomment y. atteindre, par le Br B. . I. J. Glover.- i vol. 118 p.,
- 2 fig. Publications • photographiques Paul Montet, Paris, 1925. Prix : 6 francs.
- L’auteur expose méthodiquement les meilleurs moyens pour déterminer le temps de pose d’une épreuve positive ainsi que le contrôle du développement sur les papiers au chlorure, au chloro-bromure ou au bromure d’argent.
- Météorologie et Physique agricoles, par P. Klein et A. Sanson, i vol. in-16 de 464 p., 107 lig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1925.
- Cet ouvrage est divisé en six parties. Les quatre premières ont pour objet les phénomènes généraux de 1 atmosphère et traitent les diverses questions de météorologie et de physique que soulève cette étude. On y expose successivement les causes astronomiques de ces phénomènes, les propriétés générales de l’atmosphère (composition, température, optique, pression, humidité et électricité), la genèse des vents, les courants généraux et les différentes sortes de précipitations. Les deux dernières parties se rapportent aux effets agricoles de ces phénomènes atmosphériques. On examine d’abord leur mode d’action lorsqu’ils sont envisagés isolément, ainsi que les moyens dont on dispose pour lutter contre eux s’ils deviennent nuisibles, et ensuite leur influence combinée, c’est-à-dire la climatologie. L’ensemble forme un ouvrage d’une lecture aisée et attrayante, il rendra de grands services au public agricole auquel il est destiné.
- Introduction à la Géologie, par J, Leuba. i vol. in-ifl, 216 p., 60 fig. Collection Armand Colin, Paris. Prix : broché, 6 francs; relié, 7 francs.
- .Esquisse, tracée à grands traits, des ères géologiques, des périodes glaciaires, anciennes et récentes, et de l’humanité primitive, qui donne une représentation frappante de l’aspect des continents, des modalités de la vie aux différentes périodes géologiques et de.la continuité de tous ces phénomènes. Pour la première fois, l’ensemble des faits géologiques est introduit dans le cadre de la théorie nouvelle des dé rives continentales. Les théories modernes y sont d’ailleurs confrontées avec les théories anciennes.
- Nul besoin de connaissances spéciales pour aborder la lecture de ce livre : tout y est défini avec clarté et simplicité. Le profane y trouvera ample matière à orner son esprit et à élargir ses horizons.
- Les chasses du sanglier, par Georges Lanorville, i vol*. in-8, 3oo p. Librairie cynégétique Nourry, Paris. Prix :
- •lout ce qu’on sait du sanglier et tout ce qu’il en faut savoir se trouve dans ce livre de notre collabora-teur ; ses caractères, son habitat, ses moeurs, les races de chiens qu’on peut utiliser pour le chasser, Fart de connaître ses traces, les façons de l’attaquer., à courre, aux mâtins, seul ou en nombre. Les chasses d’autrefois sont rappelées en un intéressant chapitre historique ; un autre traite de la cuisine et énumère les plats qu’une chasse peut procurer : un autre encore renseigne des questions de jurisprudence que peuvent soulever pareils exercices. L’ouvrage se termine par un lexique des termes techniques qu’emploient les chasseurs.
- Les Bisons d’argile, par M^x Regouen. Roman, 1 vol, in-16, 25a p., éd. Fayard et Cie, Paris. Prix : 7 fr. 5o,
- M. Max Begouën et ses frères ont découvert, on’le sait, en Ariège, les merveilleuses sculptures de la' caverne du Tue d’Audoubert connues sous le nom de bisons d’argile. Il raconte ici ses recherches, ses découvertes, ses enthousiasmes et ses espoirs, dans lé cadre et la forme du roman. C’est au milieu d’une flore et d’une faune disparues que se déroule l’action de ce singulier récit, dont tous les acteurs vivent d’une vie sauvage et rude, riche en sentiments simples poussés au paroxysme. Cette fSsurrection est née des silhouettes dessinées ou gravées sur lès roches, des reliefs d’argile vus dans les grottes explorées.
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- LA ïNATUftÊ
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- INFORMATIONS
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- N° 2203
- 23 Janvier 1926
- L’examen des machines électriques par les procédés radioélectriques. — Les amateurs de radiophonie ont souvent à se plaindre du voisinage des moteurs électriques; lorsque ceux-ci sont en marche, ils provoquent fréquemment dans les écouteurs téléphoniques des sifflements et des ronflements toujours désagréables.
- Ces troubles proviennent en général de défauts d’isolement, parfois très faibles, dans les enroulements ou de défectuosités légères dans les divers éléments du moteur. On a songé à tirer parti de cette sensibilité des récepteurs radioélectriques pour ausculter les machines électriques. L’Electric Railway Journal, dans un article, querésumele Génie Civil, signale qu’une Compagnie américaine de tramways à Charleston, ayant eu son attention attirée sur ces faits par les plaintes d’amateurs de T. S. F., s’est mise à étudier ces phénomènes. Les ingénieurs reconnurent bien vite que les plaintes étaient justifiées et qu’elles avaient pour cause des défauts dans l’équipement électrique des voitures. Ils furent ainsi amenés à étudier par radio les minimes décharges auxquelles donnent lieu ces défauts et ils s aperçurent alors qu’ils possédaient ainsi un moyen très sensible et très pratique pour déceler ces défectuosités et les réparer avant qu’elles ne s’aggravent. Une installation très simple suffit : une antenne de i5 m. reliée à un poste récepteur avec un seul étage d’amplification et comme écouteur, un simple casque téléphonique. L’antenne est placée à 3o m. environ du passage des voitures au voisinage du dépôt et un opérateur est spécialement chargé de surveiller chaque soir la rentrée des voitures au dépôt, pour se rendre compte des défectuosités qui ont pu se développer dans les équipements au cours de la journée. Les observations faites sont fort intéressantes : on arrive à distinguer parfaitement à l’écoute, les divers bruits par lesquels,se manifestent soit des arcs aux collecteurs, soit des défauts aux roulettes du trolley, aux balais et aux pôles principaux ou aux pôles de commutation des moteurs. On a ainsi constaté, en particulier, que l’inversion d’un pôle de commutation qui se traduisait par un arc très faible au collecteur était extrêmement sensible au casque. On compte pousser attentivement l’étude des phénomènes ainsi observés en vue d’aboutir à une méthode pratique permettant d'effectuer simplement une sorte de révision quotidienne des équipements.
- La transmutation du plomb en imercure et thallium. — M. A. Smits, professeur à l’Université d’Amsterdam, annonce dans une lettre à la revue anglaise Nature qu il aurait réussi à opérer la transmutation du plomb en mercure et en thallium. La méthode employée rappelle celle au moyen de laquelle le Dr Miethe pense avoir réalisé la transmutation du mercure en or.
- Le Dr Smits emploie du plomb pur fourni par la maison Kahlbaum, spécialiste des produits purs.
- Il le débarrasse de l’oxyde dont il aurait pu se recouvrir au moyen d’un chauffage au rouge dans le vide-puis il le fait traverser, toujours dans le vide, par un courant électrique très intense; pendant cette opération on examine le métal au spectroscope. Le D1' Smith a ainsi vu apparaître les raies caractéristiques du mercure et du thallium, et il conclut à une transmutation du plomb. Bien entendu, des précautions minutieuses ont été prises pour assurer le nettoyage préalable des diverses parties du récipient en quartz dans lequel s’effectue l’expérience. Bien entendu également, le vide est fait au moyen d’appareils dont le mercure est rigoureusement exclu; en l’espèce, le D1 Smith s’est servi d’üne pompe métallique, elle-même nettoyée avec les plus grandes précautions. Il s’est assuré aussi, par un examen spectroscopique,- que ni le plomb, ni les diverses parties de son appareil ne contenaient initialement de mercure ou de thallium.
- Extraction de l’iode des goémons par carbonisation en vase clos. — Jusqu’à présent, on extrayait l’iode fies goémons en brûlant ces algues à l’air libre et en traitant les cendres. Il y avait donc une énorme perte
- d’iode par volatilisation. Le rendement ne pouvait dépasser 2 kg 5oo d’iode par tonne de goémon. Déplus, on ne pouvait opérer que pendant l’été, c’est-à-dire pendant la période où les goémons peuvent être facilement séchés sur la côte.
- On vient d’appliquer au traitement des goémons la méthode de pyrogénation continue de M. Mourgeon qui a déjà été appliquée au traitement des pulpes de betteraves. Ce procédé pourra permettre le traitement en toutes saisons et, de plus, le rendement moyen de 4o essais a été de 4 kg 5oo d’iode par tonne de goémon mise en œuvre.
- Ce procédé Charnau et Mourgeon va être appliqué industriellement dans l’île d’Yeu, où la Société des Produits chimiques marins va édifier une usine de traitement. L. R.
- Le port autonome de Strasbourg. — Le port de Strasbourg, créé de toutes pièces par la ville de Strasbourg sous la domination allemande et en dépit de l’opposition de l’Empire allemand, était jusqu’ici la propriété de la Ville. Depuis le icr janvier, il est devenu port autonome. Son trafic, important déjà avant la guerre, mais très sensiblement accru depuis le retour de l’Alsace à la mère patrie, s’est élevé en 1924 à 2730000 tonnes. Strasbourg se classe au quatrième rang des ports maritimes français pour le nombre d arrivée des bateaux et le tonnage des marchandises expédiées.
- Le maïs sucré. — Très en honneur aux Etats-Unis, mais peu connu en France, le maïs sucré constitue un légume fin, laiteux et sucré, de grand rendement, qui commence à produire quand la saison des petits pois se termine et dont la récolte se continue jusqu’à l’arrière-saison.
- Ce maïs, dont la culture est très facile et ne demande aucun soin spécial, est le complément du petit pois et il en est le succédané; comme celui-ci, il se mange axissi en conserve l’hiver. Enfin sa tige et ses feuilles sont une excellente nourriture pour les lapins.
- Les routes préhistoriques de l’Europe et le commerce de l’ambre. — The Geographical Journal vient de publier sur ce sujet une très intéressante étude présentée à la Royal Geographical Society par M. J.-M. de Navarro. Celui-ci a reconnu que l’ambre servant dans la parure avant l’époque de César provenait pour une très grande part du Nord de l Europe, des côtes d’Angleterre, et même du gouvernement de Vladimir en Russie. 11 a alors relevé tous les points entre le Nord de l’Europe et la Méditerranée où ont été trouvés des objets comportant de l’ambre et il a pu ainsi tracer sur une carte une série de routes indiquant igs voies du commerce européen à l’àge du cuivre. Auparavant, à l’époque néolithique, il est possible qu’un trafic ait eu lieu par mer entre l’Angleterre et l’Espagne.
- Les routes continentales sont nettement jalonnées par les trouvailles d’objets; elles forment trois groupes principaux. La route centrale, qui semble la plus ancienne, va du Danemark (où , l’on employait déjà l’ambre à l’époque néolithique) à la vallée du Pô en remontant l’Elbe, et son affluent la Saale ou le Moldau; les deux branches se rejoignent sur le Danube à Passau, puis la route suit l’Inn, franchit les Alpes au col du Brenner, descend l’Adige et entre en Italie.
- Au milieu de l’àge du bronze apparaît une nouvelle roule vers l’ouest qui quitte la Saale, franchit les monts de Thuringe, rejoint le Rhin par le Main et se divise en deux branches, une qui emprunte l’Àar, vers Genève, l’autre qui suit le Neckàr vers le haut Danube.
- Enfin, au début de l’âge du fer, une troisième routé plus orientale apparaît entre les gisements d’ambre de la Baltique et le fond de l’Adriatique, par la Vistule> l’Oder, la Morava, la Drave.
- Nous ne pouvons reproduire ici les détails des recherches de M. Navarrô sur lesquels il a basé ces tracés. Il suffit de faire remarquer l’intérêt de ces x-echerches et de celles déjà entreprises sur la disti’ibu-
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- INFORMATIONS
- tion de l’or et de l’étain et les révélations quelles apportent sur l’importance et l’étendue du commerce à travers l’Europe avant l’ère chrétienne.
- Record de manutention de grain. — Tous les records de manutention de grain ont été battus par le Canadian Pacific Railway au cours de la semaine finissant le 24 novembre; 7006000 boisseaux furent reçus en 48 heures, savoir : 3 447 000 e*' 3 55g oooj boisseaux respectivement en ces deux jours. Le chiffre qui détenait la palme jusqu’ici était celui de l’année 1916, qui avait été de 3406000 boisseaux.... Et nous payons le pain 1 fr. 70 le kilogramme !
- Découverte de sources d’hélium.—-Trois puits voisins d’inglewood, à 64 km de Toronto (Canada), ont donné du gaz contenant une quantité exploitable d’hélium. M. Fer-guson, premier ministre, dit que le gouvernement, avec le concours de M. Mac Lennan, professeur à l’Université de Toronto, a extrait ce précieux gaz en vue d’emplois scientifiques. Des savants des Etats-Unis et d’Allemagne ont déjà demandé du gaz. La découverte est le résultat des recherches poursuivies pendant la guerre par le Département des Mines d’Ottawa. Ces puits donnent, dit-on, la plus forte proportion d’hélium de toutes les sources de l’empire britannique.
- Les « cités instantanées ». — Le cas, même à l’heure actuelle, 11’est pas rare en Amérique. C’est ainsi que Longview (Etat de Washington) a été bâtie en moins de trois ans par un riche fabricant de bois façonnés, M. Long, avec le concours de M. Nichol, créateur du « Country Club District », et de MM. Kisler et Hare, architectes.
- En mars 1922, le futur emplacement de Longview se présentait sous l’aspect d’une vaste plaine encadrée de collines boisées où n’existait aucun bâtiment important ; mais deux mois après, les travaux étaient commencés, le sol retourné, bouleversé, transformé par des centaines d’ouvriers disposant d’un matériel mécanique des plus perfectionnés, des matériaux apportés à pied d’œuvre, etc.
- Les travaux furent menés avec une telle célérité qu’un an après, parmi les nombreux édifices publics ou privés terminés, se trouvait un hôtel de 200 chambres comportant tout le confort moderne. La ville fut alors reconnue officiellement.
- En juillet 1925, les rues, égouts et canalisations diverses (gaz et eaux) représentaient un chiffre considérable de kilomètres et le nombre de maisons, villas et hôtels particuliers atteignait 1400.
- Un théâtre ayant coûté près de 5 000 000 de francs a été construit et un vaste parc de terrain de jeux dessiné et planté.
- Le « Flussiges Harz » ou brai de liqueurs sulfitiques résiduaires. — La fabrication de la pâte de bois, dite pâte au sulfite, intéresse surtout les pays Scandinaves, les Etats-Unis, le Canada, en un mot tous les pays à conifères abondants. Pour qui se rend compte de l’extension prise paroles industries du papier, de l’augmentation du nombre des périodiques, des livres, il est inutile d’insister sur la valeur d’une telle industrie. Pour nous, Français qui recevons les pâtes toutes faites et qui ne sommes en définitive que des transformateurs, cette question delà pâte au sulfite n’est que de deuxième ordre. Certains pays, comme la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne surtout, manufacturent aussi cette pâte provenant des arbres importés par canaux.
- Quoi qu’il en soit, cette industrie a un sous-produit d’une importance capitale et par ses constituants utiles et par l’énorme quantité qui est produite : nous voulons parler des lessives résiduaires de la pâte au sulfite.
- Ôn estime grosso modo qu’il est produit autant de lessive que de pâte vendable séchée.
- Aussi de très nombreux brevets ont éié pris pour l’utilisation rationnelle de ces lessives.
- On a retiré de ces lessives encombrantes (à un certain moment on ne savait où les jeter, puisqu’elles polluaient les rivières et tuaient les poissons) des multitudes de produits intéressants les plus divers : résines, matières colorantes, salins, alcool, etc.
- Ces derniers temps vient de paraître sur le marché un corps appelé « Flussiges Hai'z », « Tallœl », « Brai liquide », qui n’est autre que le produit, extrait comme il suit, des lessives résiduelles sulfitiques.
- Celles-ci sont acidifiées ou concentrées avec soin pour éviter les mousses et le produit surnageant est enlevé; il constitue le Brai liquide.
- Ce produit contient de 85 à 90 pour 100 de matières saponifiables et pourrait avoir de nombreuses utilisations, étant donné son bas prix (i5o à 180 francs le quintal).
- Les données précises manquent sur ce produit, mais étant donné le haut prix actuel des matières grasses les plus ordinaires, il pourrait se faire une place sur le marché, car la moindre huile inférieure (têtes de poissons par exemple) atteint 3oo francs et souvent même les dépasse. Albkkt Hutin.
- .'Nouvelles de T. S. T.
- Essais de la « superstation » américaine de radiodiffusion. — Nous avons déjà entretenu nos lecteurs d’essais de radiodiffusion entrepris aux Etats-Unis avec une station d’émission de 5o kw installée par la « Radio Corporation of America ».
- Cette superstation vient d’être achevée à Boundbroock (New-Jersey); elle va diffuser régulièrement ses programmes radiophoniques sur une longueur d’onde de 455 m. entre ig heures et 23 h. 3o (à noter que l’heure de l’Amérique orientale est en retard de 5 heures sur l’heure française). Son indicatif sera soit WZJ, soit 2 XAR.
- L’inauguration officielle a lieu ces jours-ci avec, un programme de choix où figurent les rapports de réception venus des lieux les plus éloignés et ceux émanant du continent européen.
- Les essais sont dès maintenant en cours "entre 19 h. et 28 h. 3o (heure américaine).
- . La-Radio Corporation serait heureuse qu’ils fussent suivis par les amateurs des différents pays et que ceux-ci lui fissent connaître s’il sont en mesure d’assurer la réception des émissions. Elle désire travailler en collaboration avec les écouteurs et radiophonera tous les renseignements intéressants qui lui parviendront.
- Tous les comptes rendus qui ne seraient pas adressés directement par radio devront parvenir à la Compagnie Radio Corporation of America, i56, rue de .l’Université, Paris (VII0).
- La radiophonie en Allemagne. — D’après le journal Excelsior, une station très puissante de broadeasting (x5o kw ?) sei’ait en construction en Bavière.
- D’autre part les programmes de radiodiffusion sont améliorés sans cesse, il est question de retransmettre régulièrement les opéras de Berlin, Francfort et Munich.
- Les stations à grande puissance. — On annonce la création dans .de nombreux pays d’Europe et aux Etats-Unis de stations d’émission à grande puissance. De nombreuses expériences ont été effectuées afin de déterminer quelle est la longueur d’onde optimum convenant pour ces émissions. Il semble jusqu’à présent que le rendement de réception est bien meilleur lorsqu’on emploie les ondes longues qu’avec les ondes courtes.
- Le poste Radio-Berne. — Nous avons déjà indiqué l’horaire et la longueur d’ondej du nouveau poste de Radio-Berne. Ce poste est situé à Munchenbuchsee à 10 km du « studio » installé dans le Kursall de Berne.
- La station radiophonique se trouve au même endroit que deux postes émetteurs radiotélégraphiques à transmission automatique qui travaillent sur la même antenne. L’antenne du poste de radiophonie a été suspendue entre un des pylônes supportant l’ancienne antenne et un nouveau pylône.
- La radiophonie en Suède. —- L’organisation de la radiodiffusion a été très perfectionnée en Suède.
- Un réseau de lignes aériennes et souterraines a été installé, ces lignes ont pour centre Stockholm et relient la station de cette ville aux stations relais de province. Des transmissions simultanées régulières sont ainsi possibles.
- Nouvelle réglementation en Suisse. — Les formalités pour la demande d’autorisation pour l’établissement d’un poste récepteur ont été simplifiées en Suisse; la demande peut être faite verbalement, par écrit, ou par téléphone. Par contre, des amendes plus élevées sont prévues en cas de contravention et la taxe d’autorisation a été portée à 12 francs.
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- Le Luciol
- Automobilisme
- Appareil de chauffage pour moteur d’automobile.
- — Pendant la période d’hiver, on est souvent fort désappointé, au moment de mettre en marche, en constatant que le radiateur mal vidangé a éclaté sous l’action du fi'oid. Il en résulte une réparation onéreuse du véhicule, parfois le dommage s’étend même à la chemise du cylindre, à la pompe et aux autres tuyauteries.
- Le moyen le plus simple, et celui que l’on préconise, consiste à vider l’eau du radiateur. Cependant ce procédé peut ne pas être efficace, car il est possible qu’il reste de l'eau dans un tube, dans une tuyauterie, dans la pompe, dans la partie inférieure de l’enveloppe des cylindres et cela peut causer les pires dégâts.
- Les produits anti-gel, qui sont généralement à base de glycérine, sont assez vantés. Si le dosage est convenable, ils ont une action efficace, mais momentanée. L’expérience prouve qu’il est préférable de ne pas introduire dans un moteur des substances qui peuvent parfois être néfastes et qui, en tout cas, n’ont pas d’elîet à partir d’une certaine température. De plus, ces produits doivent être renouvelés quand on change l’eau du radiateur et il en résulte une dépense continuelle qui n’est pas négligeable.
- Le système le plus rationnel, celui que le chauffeur applique de lui-même, consiste à empêcher le moteur de se refroidir. Le capot recouvert d’une couverture apporte une amélioration qui n’est pas toujours suffisante.
- Il est bon d’employer un réchauffeur, peu coûteux, simple d’emploi, qui ne risque pas d’allumer les vapeurs d’essence et qui soit commode à mettre en place. L’emploi du courant électrique pour alimenter l’appareil de chauffage est dans ce cas très intéressant. Il ne suffit pas d’avoir une résistance chauffante quelconque, il faut qu’elle soit adaptée à cet emploi bien particulier et que la résistance chauffante ne puisse occasionner d’incendie en allumant les vapeurs d’essence qui subsistent toujours plus ou moins.
- Un appareil nouveau, le « Luciole », a la forme d’un injecteur à graisse et, au moyen d’un crochet placé à la partie supérieure, peut se fixer en tous les points du moteur sous le capot. Le courant est amené à cet appareil au moyen d’une fiche et d’un cordon souple qui se rend jusqu’à une prise de courant.
- La particularité de ce système de chauffage est d’enfermer une résistance chauffante dans un enrobement de
- stéatite,suivant un procédé particulier breveté. On obtient alors une sorte de bougie incandescente qyi est isolée de l’extérieur par un treillis métallique analogue à celui de la lampe des mineurs. La résistance est étudiée de manière qu’elle puisse sans risques supporter de brusques changements de température et le survoltage. On n’a donc pas à craindre la rupture de la résistance. La présence du treillis métallique donne toute sécurité pour l’ininflammation des vapeurs d’essence pouvant subsister sous le capot.
- La consommation de l'appareil est de joo watts-heure et toute la chaleur dégagée est parfaitement utilisée. Une fois mis en place, la chaleur entretenue sous le capot que l’on referme se maintient suffisante et constante. On évite ainsi le gel des radiateurs, les condensations et les retours de flamme qui sont leurs conséquences et le collage des pistons. On assure de cette
- Fig. 2.—Automobile munie du «Luciole ».
- manière la fluidité de l’huile et sa bonne circulation immédiate. Le départ dès le matin, après une nuit glaciale, est aussi facile à la main ou au démarreur que si le moteur venait de s’arrêter pendant quelques minutes après un parcours important.
- Etablissements Someca, 72, avenue des Vosges, Strasbourg.
- Guide-vitesse anti-vol P. B. — Ce petit appareil (fig. 3 et 4) a pour but d’abord de faciliter sur une auto munie d’un changement de vitesse à rotule le passage des vitesses (3 plus la marche arrière) en guidant le levier des vitesses vers la position voulue, et ainsi d’em-
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- Fig. 3. — Guide-vi tesse « PB » Fig, 4 .— Guide-vitesse en position en position i” vitesse. d’antivol,
- pêcher de passer, par suite d’erreur, en marche arrière, au grand dommage des engrenages.
- Son autre but est de préserver l’automobiliste du vol de sa voiture, et cela par le blocage du levier des vitesses au point mort, par un simple tour de clef. Bien entendu, cette clef diffère d’appareil à appareil.
- Robuste, nullement gênant, très propre, extrêmement pratique, le « P. B. » est fait en "série pour les 5 et 10 ch Citroën, les 6 et 10 ch Renault; cependant il peut être fabriqué, à la demande, pour toute autre marque de voiture. Sa pose est simple et facile, et peut être faite en moins d’une heure sur le secteur du frein à main. Pour cela, dévisser la boule du levier des vitesses,passerl’ap-pareil, mettre ledit levier au point mort et l’accrocher avec l’antivol P. B. Tracer les deux trous sur le côté gauche de la plaque en aluminium, percer et fixer à l’aide de deux boulons de 6 mm.
- Percer le tablier dans le prolongement de l’appareil, passer la tige de renfort et Serrer les deux écrous. Scier la planche pour le passage de la tige.
- Fabricant : Gautré,
- 74, rue de Turbigo,
- Paris.
- 'Eclairage <~<n
- Lampe" à pétrole
- P. R. N° 1. — On pourrait croire que tout a été dit et fait des lampes à pétrole, et cependant voici une innovation qui parait fort intéressante. „. . . T , / ^ „
- Il s’agit d’un nouveau F,g- 5. - Lampe a pétrole P. H.
- verre de lampe qui présente de multiples avantages : il ne casse pas, il supprime la fumée, il augmente la lumière, il empêche complètement l’extinction de la flamme.
- Comme le montre la figure 5, il comporte une ga-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lerie à jour, une partie tronconique suivie d'une autre cylindrique, toutes deux en verre Pyrex spécial incassable, séparées par un diaphragme métallique placé au niveau de la llarnme, le tout maintenu en place par trois tirants métalliques et surmonté d'une cheminée nickelée.
- L’ensemble-assure un tirage intense et le diaphragme lamine les couches d’air ascendantes au niveau de la flamme en les cintrant exactement. Or, ou sait que la combustion du pétrole donne d’autant plus de lumière blanche que l’air se renouvelle plus rapidement autour de la flamme. C’est même pour cela que les cheminées de verre habituelles sont étranglées. Mais justement, cet étranglement qui nécessite un recuit est une cause fréquente de casse.
- .Le nouveau verre de lampe, plus complexe et plus scientifique aussi, est rigoureusement incassable ; bien étudié, il donne une bëlle lumière blanche. Il est donc tout indiqué pour les lampes portatives, et notamment à la campagne, sur les signaux de chemins de fer, etc.
- Société Astra-Soleil, 6, rue de Milan, Paris, g®.
- Transformation d’une lampe Pigeon en bougeoir électrique. — Si l’on a à sa disposition une lampe Pigeon ou une autre du même genre hors d’usage, au lieu de la jeter on peut la transformer facilement en
- Ces fils isolés atteignent ensemble à peu près la grosseur de la mèche de la lampe. Au besoin on peut les entourer d’un ruban de toile de manière à constituer un câble analogue à la mèche sur laquelle la clé de la lampe pourra agir pour le faire remonter ou descendre.
- L’un des fils communique avec le pôle positif de la lampe, l’autie avec le pôle négatif et c’est celui qui formera interrupteur. Quand on remonte la mèche, on soulève l’ensemble des fils conducteurs, du bouchon et de la lampe et le contact échappe de l’électrode négative de la pile.
- Ce dispositif est facile à réaliser, il permet de se procurer à bon compte une lampe qui rendra des services pour un éclairage intermittent ,et de peu de durée.
- On pourra d’ailleurs, si l’on est habile, construire soi-même la pile sèche à la dimension exacte du corps de la lampe et l’on trouvera dans La Nature toutes indications utiles sur ce genre de fabrication.
- Agriculture
- Appareil pour ramasser les pierres à la surface des champs et les (mettre en tas. — Dans presque toutes les régions, beaucoup de champs sont chargés d’une quantité plus ou moins grande de pierres de toutes grosseurs. Ces pierres gênent les façons culturales et nuisent à la fertilité des sols qui les contiennent. De plus, elles sont inutilisées et perdues parce que leur ramassage à la main est pratiquement impossible. Et
- Fig. f>. — Lampe électrique l'ig. 7.—Bougeoir ordinaire Fig. 10.— Appareil pour ramasser les pierres
- faite avec une lampe Pigeon. monté en bougeoir électrique. les mettre en tas.
- un petit bougeoir électrique qui rendra quelques services..
- Pour cela on utilise une pile sèche de lampe de poche d’une dimension telle qu’elle puisse rentrer dans le corps de la lampe Pigeon. Il faudra naturellement enlever le fond de la lampe que l’on referme ensuite au
- Fig. 8 et g.
- Détails de la lampe Pigeon et du bougeoir électrique.
- Fausse-
- bougie
- moyen d’une rondelle de carton épais, enfoncée à force ou même d’une petite plaquette de bois,
- L’ampoule, qui sera alimentée par pile sèche, est enfoncée dans un bouchon de liège. Les connexions qui vont à la lampe sont faites avec du fil ordinaire pour installation, deux fils traversent le bouchon, l’un vient au contact de la partie extérieure filetée de la lampe, l’autre au plot central comme d’ailleurs dans toute douille support,
- cependant, les pierres triées sont rares et deviennent de plus en plus chères.
- Combien de chemins et de roules restent impraticables par suite du manque de pierres nécessaires à leur entretien.
- Le ramasse-pierres que M. Geffroy vient de réaliser est précisément destiné à rassembler ces pierres inutilisées à la surface des sols et à les mettre en petits tas pour être ainsi chargées à la fourche, vite et facilement, dans des tombereaux.
- L’appareil est constitué par des sortes de herses à denture très serrée, convenablement disposées pour être entraînées obliquement sur le sol et qui, pour ainsi dire, drainent les pierres et, en les rassemblant dans une espèce de poche à l’arrière de l’instrument, forment des petits tas sur tout le parcours du ramasse-pierres. Il suffit ensuite de charger ces tas à la fourche dans des tombereaux. Des mètres cubes de pierres sont ainsi récupérés en un jour avec un seul cheval et un homme.
- Les cultivateurs, en épierrant leurs champs, y trouveront nombre d’avantages et de bénéfices : ils donneront de la valeur à leurs terres ; ils pourront faire de leurs charrières boueuses des chemins carrossables ; ils assainiront les cours de leurs fermes ou ils vendront les pierres pour en tirer un bénéfice.
- Les ramasse-pierres se conduisent assis ou non assis, se transportent d’un point à un autre sans avoir à être démontés, un système de relevage instantané les met en position de travail ou de transport. Ils se font à traction pour un et deux chevaux.
- Ils sont construits par l’inventeur G Geffroy, Tave-rolles (E.-et-L.),
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- VARIETES
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- PRODUCTION DU CHAMPIGNON DE COUCHE EN CAVE
- La culture bourgeoise ou familiale du champignon de couche, dans les caves, est souvent suivie d’insuccès parce qu’on ignore les principes de cette culture spéciale, les précautions à prendre et les soins à liai donner.
- Il s’agit de l’Agaric champêtre (Agaricus campestris, Lin.) qui, cultivé dans les carrières, les champignonnières, fait l’objet d’une intéressante industrie dont les débouchés sont constants et rémunérateurs.
- Le champignon de couche peut être produit partout et en toutes saisons, pourvu que la champignonnière soit établie dans un local a température constante, ou à peu près, et que le terrain artificiel, très riche, ne laisse rien à désirer, c’est-à-dire qu’il faut, surtout, que le fumier de cheval à employer soit préparé convenablement. Il est difficile de réaliser cette condition essentielle si l’on n’opère pas sur une certaine quantité à la fois ; c’est souvent de là que provient la non-réussite dans la culture bourgeoise ou familiale,
- I. Préparation de la couche. — Pour la parfaite préparation, on ne peut guère traiter convenablement moins d’un mètre cube de fumier. Si la meule à établir en comporte une quantité moindre, il faut néanmoins préparer un mètre cube, quitte à réserver le surplus pour d’autres légumes, au jardin potager.
- On emploie un fumier chaud et pas trop pailleux ni compact, ni chargé d’ammoniaque à l’excès. Une fermentation trop violente, une chaleur excessive seraient contraires ; c’est pourquoi on les modère en mêlant au fumier, aussi intimement que possible, un cinquième ou un .quart de bonne terre de jardin. Les couches ou meules à champignons peuvent être montées avec ce mélange, dont la fermentation lente donne une chaleur régulière et modérée.
- Lorsqu’on fait usage de fumier seul — suivant la méthode habituelle à laquelle ont recours les industriels champignonnistes, dont les cultures se font dans les carrières, il faut, pour avoir un fumier bien homogène, préparer celui-ci de la manière suivante : sur un emplacement suffisamment spacieux, on monte, par couches successives, un tas carré, de i m. de hauteur environ, en ayant soin de mouiller les parties qui paraissent trop sèches, puis on dresse les côtés du tas et on les foule fortement.
- Le fumier reste en cet état jusqu’à ce que la fermentation ait développé une très forte chaleur, dont on a l’indice par la couleur blanche que prennent les parties les plus échauffées, ce qui a lieu après une huitaine de jours. Le tas est alors démoli et remonté de la même façon, en ayant soin de mettre à l’intérieur le fumier qui se trouvait à l’extérieur et de mouiller les parties trop sèches. La fermentation étant redevenue très active, on abat encore le tas. Lorsque le fumier est devenu brun, sans être pourri, et que son odeur rappelle celle du champignon plutôt que l’odeur du fumier frais, on peut l’employer. Ce résultat est obtenu quelques jours après que le las a été abattu pour la troisième fois.
- IL Montage de la meule. — La meule à champignons doit avoir une hauteur de 5o à 60 cm, une largeur à peu près égale à la base. Ces dimensions devraient être réduites dans une cave insuffisamment aérée ou à température élevée. Avec des meules moins volumineuses et dans une cave de peu d’étendue, on a moins à craindre l’excès de température, sous l’influence de la fermentation. Après le montage des meules, la température no doit pas être supérieure à 2a°-a5° C. ; elle ne doit pas être inférieure à xo° C. La température la plus favorable est i2°-i5° C.
- Aax dimensions indiquées ci-dessus, on établit les meules à deux pentes ou « en dos d'àne ». La largeur est moindre que la hauteur lorsque la meule est appuyée d’un côté, c’est-à-dire à une pente ou « en accot ».
- Les meules peuvent être établies aussi soit dans de vieux baquets ou des tonneaux sciés en deux, soit sur de simples planchettes, en leur donnant la forme d’un cône, ou la forme des las de cailloux que l’on voit sur les routes. Ces dispositifs permettent d’introduire les meules toutes faites dans les caves où l'on ne peut introduire le fumier pour préparer et monter les couches.
- III. Lardage de la meule. — Avant de « larder » la meule, c’est-à-dire d’y introduire le « blanc » de champignon, il convient d’attendre quelques jours, afin de s’assurer que la fermentation ne s’y développera pas d’une façon excessive. A cet effet, on introduit dans la masse un thermomètre et l’on met obstacle à l’élévation de la température au-dessus de 3o° C. en faisant échapper la chaleur par des ouvertures pratiquées à l’aide d’un bâton.
- Lorsque la température se maintient entre ao° et a5°, on procède au lardage. Les parcelles de- « blanc » font office de boutures. On doit préférer le « blanc » de champignon vierge, n’ayant jamais fructifié, que l’on trouve sous forme de briquettes dans le commerce. A peu près une huitaine de jours avant de l’employer, on le « fait revenir », préparation qui consiste à l’exposer à l’influence d’une humidité tiède et modérée, soit en cave sur les meules ou sur le sol, entre les meules, soit sur une couche tiède (couche à melons, par exemple), ou bien encore, et si la température le permet, on enterre ce « blanc » dans le jardin, à une profondeur de i5 à uo cm, moyen qui est aussi pratique que les précédents, quoique plus lent.
- Le « blanc » est à point et prêt à entrer en végétation lorsqu’il dégage l’odeur caractéristique du champignon, ce que l’on constate en aspirant fortement l’intérieur des briquettes ou des galettes, et lorsque le fumier garni de mycélium présente un aspect gras et onctueux.
- Voici comment il convient de procéder pour larder les meules : Préparer les « lardons » ou « mises » en divisant les bxûquettes ou les galettes en petits morceaux de
- 10 à i5 cm de longueur sur i à 3 cm d’épaisseur; introduire ces « lardons » sur les faces de la meule en les espaçant de 3o à 40 cm sur le rang.
- Une meule de 5o cm de hauteur reçoit deux rangs de « blanc », les lardons du rang supérieur étant placés au milieu de l’intervalle qui sépare ceux du rang inférieur. D’une main, on écarte le fumier, puis, de l’autre main, on place les lardons] en les. enfonçant dans le sens de leur largeur et les faisant pénétrer de 4 à 5 cm dans l’intérieur de la meule, après quoi on foule légèrement pour assurer le contact plus intime.
- Si la cave est exposée à des changements de température, on recouvre la meule d’une « chemise » formée d’une enveloppe de paille ou de fumier long, qui maintient autour de la meule une température chaude et uniforme. Lorsque la cave a une température constante et suffisamment élevée, cette précaution n’est pas nécessaire.
- La meule étant bien établie et convenablement lardée, la reprise dti'blanc, c’est-à-dire son entrée en végétation, commence 8 à 10 jours après le lardage. La reprise étant indiquée par la présence de filaments blancs dans le fumier qui entoure les lardons, si, au bout de ce laps de temps, on constate que des lardons n’ont pas repris,
- 11 faut les remplacer.
- Quinze jours ou trois semaines après le lardage, le blanc doit avoir envahi en partie la meule, on le voit alors apparaître, sous l’aspect de filaments plus gros, à la surface de celle-ci.
- On retire alors les mises ou lardons qui, non seulement, deviennent inutiles, mais pourraient, parla suite, être cause de maladies.
- On tasse soigneusement la surface de la meule pour combler les vides et on affermit la meule en la débarrassant de toutes les matières qui pourraient nuire à la réussite des champignons.
- 'IV. Gobetage de la meule. — L’opération appelée « gobetage » consiste à recouvrir la meule de terre légère, sableuse, riche en salpêtre, fraîche sans être mouillée. On peut employer de la terre provenant de fouilles, mais bien criblée et mélangée avec du sable calcaire ou de vieux plâtras finement pulvérisés. A l’aide d’une pelle en bois étroite, la terre est appliquée sur la meule, en commençant par la base et en remontant progressivement à la partie supérieure. La couche de terre ne doit pas avoir plus d’un centimètre et demi d’épaisseur; ou la bassine légèrement et on la lisse avec le dos de la pelle.
- Lorsque la « chemise » est nécessaire, elle doit être replacée après le gobetage. On ne donne à la meule
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- que des bassinages modérés et quand la surface de la terre devient tout à fait sèche : parfois même, on se borne à humecter le sol environnant.
- V. Cueillette des champignons. — Les premiers champignons apparaissent trois ou quatre semaines après le gobetage, et plus ou moins rapidement, selon la température. On commence alors la «ueillette et, avec la pointe d’un couteau bien effilé, on enlève les souches laissées par les champignons, puis on rebouche les trous avec la même terre qui a servi à recouvrir la meule.
- Généralement, la production se prolonge pendant deux ou trois mois, non pas d’une façon continue, mais en deux ou trois volées, séparées par des périodes de non-production, pendant lesquelles le mycélium, travaillant à l’intérieur de la meule, puise 'de nouveaux éléments nutritifs pour fructifier une seconde et une troisième fois. Les arrosages à l’eau additionnée de purin et de salpêtre entretiennent plus longtemps la fertilité des meules. On obtient les meilleurs résultats en arrosant avec une eau dont la température est de 200 à 3o° C. ; mais ces arrosages exigent beaucoup de précaution afin de ne pas salir ni endommager les champignons en voie de développement.
- En établissant, dans une cave, trois ou quatre couches par an, on peut obtenir une production continuelle.
- VI. insectes nuisibles et maladies. — Le champignon de couche, comme les autres plantes potagères, a ses ennemis. L’insecte le plus nuisible et le plus commun dans les champignonnières est un petit moucheron noir (Sciara ingenua) qui se multiplie rapidement dans les fumiers en fermentation. 11 pond ses œufs autour des lardons (mises) et au bout de i5 à 20 jours éclosent des petits vers. Après enlèvement des mises et gobetage, ces insectes se réfugient dans l’intérieur du fumier où ils commencent leurs ravages. Les larves, en se dirigeant vers la surface de la meule, labourent et réduisent en poussière toute la terre recouvrant celle-ci; elles détruisent à peu près complètement des bouquets ou « rochers » de petits tubercules, représentant, chacun, un champignon en formation.
- Pour lutter avec succès contre ce parasite, il faut
- aérer la cave quand les meules sont en fermentation avant le gobetage ou, lorsque celui-ci est effectué, par des pulvérisations avec une solution de jus de tabac au dixième, ou de nicotine titrée, ramenée à 1 degré.
- Des cryptogames inférieurs attaquent les champignons, soit dans la meule, soit dans la terre qui la recouvre. De ce nombre est le Mycogone rosea, champignon parasite qui engendre la molle, maladie grave qui attaque les tissus de l’agaric cultivé.
- Sur celui-ci apparaissent les signes caractéristiques de la maladie : l’agaric se couvre d’un duvet rosé et, au moment de la maturité, il s’amollit, tombe en déliquescence et exhale une odeur infecte. Dès le début de la maladie, il faut enlever les champignons atteints de « molle )), les recueillir avec beaucoup de précaution et les détruire par incinération en dehors de la cave.
- Parmi les cryptogames ou les moisissures qui, parfois, disputent la place au champignon de couche, il y a le « vert de gris », moisissure causée par le Mycelio-phtora lutea\ le « plâtre », autre moisissure formant de grandes taches d’un blanc crème étalées à la surface des meules. Ces taches sont les colonies d’une sorte d’oïdium, le Monitia futnicola.
- Parfois aussi se développent les filaments du « chanci », aux dépens des filaments composant le mycélium du champignon cultivé. Le tissu des filaments du chanci forme un ensemble de fils très ténus, entremêlés en réseaux déterminés par la prolifération de deux agarics étrangers : le Clitocyle candicansetle Pleurotus mutilas.
- La lutte contre ces maladies cryptogamiques comporte la désinfection du local ou champignonnière par des aspersions de lysol et des badigeonnages à la chaux. Il est indiqué également de brûler du soufre à raison de 25 à 3o gr. par mètre cube de vide.
- Une préparation défectueuse des fumiers est, le plus souvent, la cause des maladies qui attaquent le champignon de couche.
- Les personnes qui veulent produire le champignon en cave doivent apporter toute leur attention à la méthode que nous indiquons suivant les données de l’expérience pratique. Henri Blin.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des récherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Perret, à Paris. - Les disques de phonographes sont constitués par un mélange complexe d’ébonite, asphalte, brais d’origines diverses, ozokérite ou cérésine, tontisses de laine, etc., et on peut dire que chaque fabricant a sa formule que, bien entendu, il garde secrète. Ce n’est que par des essais systématiques de reconstitution et en possédant une grande pratique de cette industrie que l’on peut espérer obtenir un produit ayant des propriétés analogues. Dans cet ordre d’idées, voyez l’article qui a été publié par notre collaborateur, dans le n° 2481 du 22 octobre 1921 : YEhonite, par Hutin, ainsi que les ouvrages suivants qui pourront vous servir de guides Les matières plastiques, par Clément et Rivière, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères; Manuel du fabricant de boutons moulés, par Schmitt, éditeur, Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. Z. à Marignac. — La température nécessaire pour dorer le pain, la pâtisserie, les rôtis est voisine] de 2000 à 2200, c’est à cette température que commence la décomposition pyrogénée des matières organiques et leur transformation en produits plus odorants et plus savoureux. Si cette question vous intéresse, vous la trouverez traitée avec détails dans l’ouvrage L’Art de cuire, par Jane Revel, éditeur Stock, place du Théâtre Français. Nous vous signalons également que les Etablissements Liotard frères construisent un four-rôtissoire à gaz avec guide cuisson pyrométrique de John Elvas qui permet de régler le chauffage suivant l’impor-
- tance de la pièce à cuire ainsi que sa nature. Adresse du constructeur, 22, rue de Lorraine, vente des appareils Compagnie du gaz, 45, rue Lafayelte et Magasins de la place Clichy.
- M. Pinyanet, à Paris. — Les liquides colorés contenus dans les récipients que l’on voit à la vitrine des pharmaciens sont presque toujours des solutions de sels métalliques, sulfate de cuivre seul ou alcalinisé par l’ammoniaque, chromai e neutre ou bichromate de potasse, permanganate de potasse, sulfate de nickel, etc. Bien entendu, ces solutions doivent être faites dans l’eau distillée et soigneusement filtrées pour être d’une parfaite limpidité, une légère acidulation avec l’acide correspondant assure une plus longue conservation en évitant la formation de sels basiques moins solubles qui causeraient un trouble. Comme aujourd’hui on a à sa disposition une gamme complète de couleurs retirées de la houille, il est beaucoup plus simple d’employer les couleurs dites d’aniline, mais qui présentent parfois le léger inconvénient d’être fugaces à la lumière, c’est pourquoi il faut prendre de préférence les couleurs qualifiées solides en teinture.
- M. Jourdan, à Jersey. — i° Le travail nécessaire, théoriquement, pour la production électrolytique d'un mètre cube d’hydrogène, peut se déterminer ainsi :
- On sait qu’un ampère-heure libère à l’heure o gr.. 0378 d’hydrogène. D’autre part, la force contreélectro-motrice à vaincre pour l’électrolyse de l’eau est de iT,5, par conséquent il est dépensé 1,5 watt pour libérer o gr. 0378 d’hydrogène.
- Comme 1 mètre cube d’hydrogène pèse 89 gr. 7, pour libérer ce mètre cube il faudra :
- iw,5x89.7 ,
- --------— 355q watts-heure.
- 0.0878 y
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- Or, 736 watts-heure représentent un cheval-vapeur heure.
- 3559 __ , o
- 736
- chevaux-heure.
- 2° Vous pourrez vous procurer le matériel nécessaire pour 1 obtention électrolytique de l’hydrogène dans les maisons suivantes : L’Oxyhydrique française, 25, rue Béranger, à Malakoff, Seine. L’Oxylithe, 225, quai Aulagnier, à Asnières, Seine, L’Air liquide, 48, rue Saint-Lazare, Paris. Ducretet, y5, rue Claude-Bernard, dont nous avons exposé le fonctionnement de l’appareil dans le n° 2665 du 2 mai 1925, page 143 de la Boite aux Lettres, réponse à M. Dupuis.
- M. Ferré, à Limoges. — i.a cellophane se colle au moyen d une solution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 environ dans l’acétone, vous trouverez très probablement cette colle toute préparée à la maison de la Cellophane, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin.
- M. Rigaud, à Bagnolet. — i° IJ irrégularité de teinture de vos petits objets en os provient très probablement des matières grasses qui se trouvent à la surface, vous éviterez cet inconvénient en faisant au préalable bouillir les pièces dans un bain contenant 2 à 3 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce) et rinçant soigneusement.
- 2° Les tissus chimiques qui sous l'action d'un fer à repasser se réduisent en poussière et qui sont employés en broderie sont simplement des tissus de nature végétale, coton, lin, chanvre imprégnés d’un acide ou d’un sel métallique. Le principe de cette opération a été imaginé en 1868 par Frézon en vue de débarrasser les tissus de laine des débris végétaux qui peuvent y être retenus (frezonnage) ou encore pour récupérer la laine contenue dans les tissus mixtes laine et coton (épaillage), ce qui donne la laine dite renaissance.
- Dans la pratique industrielle, on imprègne le tissu d’une solution d’acide sulfurique à 3° B. ou d’acide chlorhydrique à 5° B., puis on passe à l’étuve chauffée à iio°-ii5°. Il suffit alors d’une faible intervention mécanique pour réduire en poussière les fibres végétales. Les sels à fonction acide pouvant jouer le même rôle, on peut remplacer les acides précédents soit par le chlorure d’aluminium, soit par le chlorure de zinc à peu près à la^même concentration ; il est fort probable que c’est l’un de ces sels qui a été employé dans la préparation du tissu chimique que vous avez eu en mains.
- L. D., à C, — Les résidus provenant de l’épuration des huiles par l'acide sulfurique et qui portent le nom de fèces acides sont le plus souvent employés dans les industries de fermentation (alcool de mélasse, de betteraves, etc.) pour abattre les mousses lorsque les cuves menacent de déborder lors du dégagement abondant d acide carbonique. Ces résidus peuvent évidemment servir à la préparation de savons de qualité inférieure, mais nous croyons que le débouché le plus intéressant serait la fabrication d’huiles sulfonées ou huiles solubles qui sont employées en quantité considérable par la teinture en rouge grand teint, le travail des métaux avec les machines-outils, l’apprêt des textiles, l’ensimage des laines, etc. Vous pouvez prendre comme type d'une fabrication de ce genre le mode opératoire suivant :
- A 40 kg d’huile réelle mise en œuvre, on incorpore peu à peu, de façon à ne pas échauffer le mélange, 8 kg d acide sulfurique à 66° B., on laisse reposer deux jours, puis on lave trois fois avec de l’eau salée contenant la première fois 5 pour 100 de sel marin, la deuxième, et la troisième fois 4 pour 100. Après décantation, on neutralise avec 2 lit. 5 à 2 lit. y5 d’ammoniaque, le rendement est d’environ 60 à y5 pour 100 d’huile soluble. N. B. — En remplaçant l’ammoniaque par la soude, on obtiendrait un sulfolicate de soude.
- Voici, à titre d’exemples, quelques mélanges dans lesquels entrent les huiles sulfonées pour le travail aux machines-outils :
- A B C D E
- Huilé végétale sulfonée
- Oléine...............
- Huile de résine . , .
- Huile minérale . . .
- Ammoniaque à 220. ,
- Lessive de soude à 200 B
- 100 100 100 100 ioo
- 10 7.5 10 80 15
- 20 » » 10
- 20 » 20 » 20
- 35 » GO )) 40
- 10 1 )) r- 0 »
- » *4 10 i5 15
- Céruse des Flandres, à Heule-les-Courtrai. — L’emploi de robinets en métal ou en bois est en effet contre-indiqué pour la distribution de l’acide acétique. Tout inconvénient disparaît en se servant de robinets en grès, ces articles sont aujourd’hui courants dans le commerce, vous les trouverez chez les entrepositaires de produits chimiques sans qu’il soit nécessaire d’indiquer une maison spéciale, un annuaire industriel de votre région pourra, au besoin, vous fixer à ce sujet.
- M. Agry, à Paris. •— Les imitations de camées et d intailles dont vous voulez parler s’obtiennent très facilement en comprimant dans un moule en acier gravé, disposé comme les anciens moules à balles, une masse de verre coloré encore pâteuse, l’ébarbage et le finissage se faisant à la pince et à la meule.
- On doit, bien entendu, prendre un verre à point de fusion assez bas se rapprochant du cristal ; grâce à la présence du plomb, la masse incolore servant de base à toutes les préparations subséquentes peut être réalisée par fusion de l’un des mélanges suivants :
- A B
- Cristal de roche pulvérisé .... 32 »
- Sable pur......................... » 36
- M inium............................ 49 »
- Carbonate de plomb . ............ » 5y
- Potasse caustique................... 17 5
- Borax calciné....................... 2 2
- 100 i00
- Les matières premières doivent être d’une très grande pureté, bien mélangées par passages répétés au tamis.
- La composition est fondue dans des creusets de bonne qualité en élevant progressivement la température que l’on maintient élevée pendant un certain temps pour produire l’affinage et le dépôt des impuretés, après quoi on laisse refroidir lentement.
- La topaze s’imite en fondant un mélange de 1000 parties de masse incolore, 40 de verre d'antimoine (antimo-niate de potasse) et 2 de poudre de Cassius.
- Le rubis se prépare en fondant une partie de mélange pour topaze avec 8 de masse incolore et maintenant fondu longtemps, le produit obtenu est simplement jaunâtre; on le reprend alors et on le refond doucement au chalumeau, ce qui lui donne la teinte rouge.
- Toujours en partant de 1000 parties de base incolore, si on lui ajoute 8 d’oxyde de cuivre et o,25 d’oxyde do chrome on réalise l’émeraude. En additionnant la même quantité de i5 parties d’oxyde de cobalt on a le saphir. Avec 8 dioxyde de manganèse, 5 d’oxyde de cobalt et 0,2 de pourpre de Cassius, l’améthyste. Enfin l’addition de 7 de verre d’antimoine et 0,4 d’oxyde de cobalt donne le béryl ou aigue-marine.
- M. Chardin, à Pantin. — i° Nous indiquerons, dans les Recettes et Procédés utiles d’un prochain numéro, la formule de la soudure des camelots qui vous pntéresse ;
- 20 Pour colorer le pétrole, il vous suffira d’ajouter à celui-ci une trace de couleur dite au stéarate de la teinte à votre choix : stéarate de brun, de chrysoïdine, d’induline, de jaune amido, de noir NN, de Rhodamine, de Rocelline, dé Safranine, de Violet ou de Vert. Nous vous rappelons que ces couleurs sont également connues sous les noms de couleurs pour corps gras et de céra-sines.
- M. de la Chaux, à Argelès-Gazôst. — i° Vous pourrez vous procurer tous les numéros qui vous intéressent au siège du journal, i3, rue d’Enghien.
- 20 Pour que la dissolution de caoutchouc sèche rapidement, il suffit, après l’avoir appliqué sur les parties à joindre, de badigeonner rapidement avec un pinceau trempé dans une solution à 2 ou 3 pour 100 de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone, puis de réunir'aussitôt en comprimant fortement. Le caoutchouc se trouve ainsi vulcanisé et perd son aspect poisseux. La solution ci-dessus se trouve couramment dans le commerce sous le nom de sulfumate.
- M. A., à Bourbourg, — x° Voir réponse ci-dessus pour la réparation des bottes en caoutchouc. 20 Adresses de fabricants : Speelers, 17, boulevard Garibaldi, i5“ ; Nieuwenhuissen, 5o, boulevard de Strasbourg; Bonorou, i3o, Faubourg Saint-Denis.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Structuré des molécules, par Victor Henri. i vol. nî p., 3 pl. hors texte (publication de la Société de Chimie Physique). J. Hermann, éd. Paris, 1925. Prix : 20 fr.
- Depuis longtemps déjà, en chimie, en chimie organique surtout, on utilise, pour représenter les molécules, des schémas géométriques. Tout le monde connaît le tétraèdre du carbone, l’hexagone du benzène, etc. Ces formules extrêmement commodes et fécondes n ont pas la prétention de donner une image exacte du groupement des atomes dans la molécule. Elles ont été imaginées pour exprimer sous une forme aussi condensée et aussi claire que possible les propriétés chimiques essentielles des constituants de la molécule; elles ne sauraient viser à nous dévoiler sa structure intime.
- La science moderne possède cependant un certain nombre de moyens d’investigation qui lui permettent d’aborder expérimentalement ce problème d un passionnant intérêt. De très nombreux et importants travaux ont été effectués en ces derniers temps sur cette question. L’ouvrage de M. Y. Henri nous offre un exposé très clair et très complet dés méthodes expérimentales employées et des résultats dès maintenant obtenus; une première méthode s’appuie sur le fait que les molécules sont souvent formées par des atomes ionisés, et que ces ions sont déformables sous l’influence d’un champ électrique. Une autre méthode repose sur l’analyse par les rayons X; l’étude des spectres d’absorption en four-nit une troisième. Cette dernière, entre les mains de M. Y. Henri et de ses collaborateurs, a fourni en outre des renseignements précieux sur le mécanisme intime de la combinaison chimique. M. V. Henri montre que la combinaison des molécules chimiques est précédée, dans de nombreux cas, par une prédissociation des molécules qui constitue un véritable stade préalable d’activation chimique, activation due soit à l’absorption de radiations lumineuses, soit à l’énergie cinétique de chocs moléculaires.
- La détermination colorimétrique de la concentration des ions hydrogène, par J. M. Koltiiofi-. Traduit sur la 3e édition allemande par Edmond Yellinger. i vol. in-8, a5o p., 23 fig. Gauthier-Yillars. Paris. Prix : 5o francs.
- La mesure de la concentration des ions H dans les recherches scientifiques les plus diverses, durant ces dix dernières années, a été d’une fécondité extraordinaire. Cette mesure peut se faire avec plusieurs méthodes ; la plus rapide et la plus simple est incontestablement celle aux indicateurs. Sa simplicité et sa rapidité ont permis d'étendre considérablement ses applications.
- M. Kolthofî ne se borne pas à présenter l’ensemble des méthodes utilisant les indicateurs pour la détermination du pu, mais il fait encore une étude approfondie de leur emploi dans les conditions les plus diverses, en particulier dans les titrages. L’auteur a fait un examen minutieux de toutes les causes d’erreur susceptibles d’entacher les résultats des mesures.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1926, par Camille Flammarion,, i vol. 318 p., 86 fig. Ernest Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Yoici la 62° année de publication de cet annuaire si précieux pour tous ceux qui s’intéressent aux spectacles célestes. Pendant 62 années, Camille Flammarion en a assumé la rédaction avec cet enthousiasme juvénile et cette foi d’apôtre qui l’ont animé jusqu’à ses derniers instants. Souhaitons que la publication de cet utile ouvrage se poursuive dans les années à venir. On trouvera dans ce volume le calendrier astronomique de 1926, l’énumération et la description des principaux phénomènes astronomiques à observer en 1926, des cartes du ciel pour chaque mois de l’année, les tableaux astronomiques les plus importants, les dates de Pâques jusqu’en l’an 2200, un résumé des observations météorologiques depuis 200 ans, une revue astronomique et météorologique
- de l’année 192.4, une instruction sur l’usage des instruments pour commencer l’étude pratique du ciel, etc., enfin une biographie de Flammarion par Quénisset.
- La fabrication des ferro-alliages. Fontes électriques ci métaux spéciaux, par A. Coutagne, i vol., 65o p., 76 fig., J.-B. Baillière et fils, Paris, 1924. Prix 60 francs.
- Cet ouvrage vise surtout la fabrication des ferro-alliages, métaux et composés spéciaux qu’utilise la sidérurgie pour l’affinage des fontes et aciers. Celle fabrication est presque entièrement, mais non exclusivement, tributaire du four électrique. L’auteur a été ainsi amené d une part à exposer très complètement les divers procédés d’élaboration des ferro-alliages et métaux spéciaux ; d’autre part à examiner, chemin faisant, diverses applications du four électrique intimement liées aux précédentes, mais qui n’ont pas un rapport immédiat avec la sidérurgie. Il consacre une première partie aux matières premières de ces fabrications : minerais de manganèse, de chrome, de tungstène, de molybdène, de titane, zirconium, vanadium, uranium, et à la fabrication des électrodes de fours électriques. Puis il étudie en les groupant par familles les propriétés générales des produits auxquels l’ouvrage est consacré : carbures métalliques, métaux carburés, ferro-alliages carburés, siliciures métalliques, ferro-alliages siliciés, métaux purs, ferro-alliages décarburés. Il décrit ensuite en détail les procédés de fabrication du ferro-manganèse, du ferrosilicium, du silico-spiegel, du ferro-chrome au haut, fourneau, au creuset, ou au cubilot, ainsi que la fabrication du tungstène en poudre. 11 passe de là aux fabrications electrothermiques. Après des généralités sur le four électrique, il passe en revue la réduction directe du fer au four électrique, la fabrication des fontes dites électriques ou synthétiques, celle du ferro-manganèse, du ferro-nickel, du ferro-silicium, du silico-manganèse, du silico-aluminium, etc., puis celle du carbure de calcium et du carborundum. Les chapitres suivants sont consacrés aux procédés métal-lothermiques basés sur l’emploi d’un réducteur autre que le carbone : c’est-à-dire principalement aux méthodes alumino- et silicothermiques. L’auteur étudie pour terminer les procédés électrolytiques, qui, en dehors, de la fabrication dü cérium, n’ont reçu dans ce domaine à peu près aucune application industrielle. Il conclut en passant brièvement en revue les applications métallurgiques des divers produits ainsi étudiés.
- Eléments de microbiologie générale et d’immunologie, Morphologie et Physiologie des microbes, Pathologie générale des infections microbiennes, parM. Nicolle. 20 édition, revue et augmentée, par A. Boquet. i vol. in-8, 358 p. Gaston Doin et Cio, Paris. Prix : 35 francs.
- Ce livre, substance de son cours à l’Institut Pasteur, a été composé par M. Nicolle à l’intention des étudiants, des médecins, vétérinaires et pharmaciens.
- Cette 2e édition, mise au courant de toutes les découvertes récentes, initie lé lecteur aux propriétés essentielles des germes saprophytes et pathogènes, à leurs effets sür les milieux inertes et sur les êtres vivants, aux réactions organiques qu’ils provoquent, dont le terme est l’immunité, enfin aux moyens de combattre les infections, c’est-à-dire à la thérapeutique spécifique.
- Pour les futures mamans, par le D' L. Devraignk. i vol. in-16,220 p., 120 fig. G. Doin, Paris. Prix : 8 francs.
- L’auteur complète pour les jeunes filles de i5 à 16 ans son cours moyen, paru il y a 2 ans, écrit pour les fillettes de 10 à 12 ans.
- S’adressant à un public un peu plus âgé, il donne sous une forme claire et concise des conseils qui ne permettent pas aux préjugés de prendre place dans l’esprit de ses lectrices. En même temps, il fait une revue générale des principales oeuvres et des lois d’assistance maternelle et infantile.
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- Supplément.
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- 30 Janvier 1926
- Nécrologie. — Hildebrand Hildebrandsson. — Nous reproduisons ci-dessous la notice consacrée à ce savant météorologue suédois et que vient de publier M. H. Des-landres dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences.
- « Hildebrand Hildebrandsson, correspondant de l'Académie des Sciences dans la section de Géographie et de Navigation, s est éteint le 29 juillet rqaô, à Tàge de 87 ans. Il est un des fondateurs de la science météorologique, et son activité dans ce domaine s’est maintenue jusqu’à son dernier jour.
- La météorologie est une science toute nouvelle et, peut-on dire, encore dans l’enfance; Hildebrandsson a été pour elle assurément un grand précurseur. Ses publications sur la matière sont extrêmement nombreuses, d’autant qu’il a dirigé pendant 32 ans l’observatoire météorologique d’Upsala. Mais son œuvre principale peut être résumée facilement; il a donné sa vie entière à la question capitale qui est la circulation générale de l’atmosphère. Comme il l’a noté expressément lui-même, il a étudié le problème par l’observation seule, en écartant toute théorie et toute idée préconçue, et dans un Mémoire récent de 1918, il a pu annoncer que la question posée était sûrement résolue, au moins dans ses grandes lignes.
- On a cru pendant longtemps, d’après la théorie de Halley, à un seul grand courant de circulation méridienne allant de l’équateur aux pôles et des pôles à 1 équateur. Hildebrandsson, en s’appuyant sur des faits très divers, mais tous concordants, a prouvé l’existence dans le sens du méridien de deux courants fermés, plus ou moins déviés par la rotation de la Terre, compris l’un entre l’équateur et les tropiques, et l’autre entre les tropiques et les pôles.
- Lorsqu’il a commencé ses recherches, on connaissait bien la direction générale des vents à la surface de la Terre, mais non dans les hautes régions de l’atmosphère. Pour reconnaître les mouvements généraux de l’air aux grandes altitudes, il a été conduit à entreprendre l’étude systématique des divers nuages, de leurs hauteurs moyennes, de leurs vitesses réelles ; il a organisé une entente internationale dans Tannée dite des nuages (1896-1897), dont les résultats ont fourni une première esquisse de la circulation généi ale et de la circulation cyclonique.
- Plus tard, lorsque notre regretté confrère Teisserenc de Bort a exploré la très haute atmosphère avec des ballons-sonde, il s est associé à lui ; et ils ont organisé ensemble des expéditions de sondages aériens en Danemark (1902) et en Laponie suédoise (1907). La collaboration de ces deux hommes supérieurs a été très fructueuse, et ils ont.publié ensemble un important volume : Les bases de la météorologie dynamique, qui, déjà ancien, est toujours une autorité.
- Hildebrand sson était un ami fidèle de la France, il parlait couramment notre langue et était le représentant de l’alliance française en Suède. Notre pays a été très honoré par l’affection que ce grand homme de science voulait bien lui porter, et il s’associe pleinement au deuil de l’Académie de Suède. »
- Le Centenaire de la publication du Mémoire de Sadi Carnot. — En 1824 paraissait à Paris un opuscule d’une centaine de pages modestement intitulé Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, par Sadi Carnot, ancien élève de l’Ecole Polytechnique. Cette publication, qui passa presque inaperçue, marque en réalité une date de première importance dans l’histoire des sciences ; elle devait entraîner une véritable révolution. L’ouvrage de Sadi Carnot posait en effet, et d’une façon définitive, les fondements d’une science nouvelle, dont les applications n’ont cessé de se développer depuis lors : la thermodynamique.
- L’an dernier, les Etats-Unis ont célébré le centenaire de cette publication. La France se devait de rendre à son tour un éclatant hommage au génie d'un de ses fils. Tel a été l’objet de la séance solennelle tenue, le 12 janvier dernier, par la Société des Ingénieurs Civils, sous la présidence du Président de la République assisté de
- plusieurs ministres. M. Daniel Berthelot a rappelé les traits essentiels de la vie de Sadi Carnot, résumé son œuvre et ses conséquences essentielles. M. Henri Le Chateîier a montré comment les idées de Sadi Carnot appliquées à la chimie ont provoqué la création de la mécanique chimique; dont il a mis en relief l’importance théorique et pratique.
- Sadi Carnot, né en 1796, était le premier fils de Lazare Carnot, l’organisateur de la victoire. Lazare Carnot fut non seulement un grand soldat, un homme politique célèbre, mais encore un savant et un écrivain scientifique de premier ordre. Retiré de la vie politique après le coup d’état de Brumaire, il se consacra à l’éducation de ses enfants. Sadi, instruit presque exclusivement par son père, entre à l’Ecole Polytechnique en 1812, à l’àge de 16 ans. En 1814, il prit une part honorable à la défense de Paris. Il entra dans l’arme du génie qu’il quittait bientôt avec le grade de capitaine ; il vécut alors d une existence assez retirée, entièrement consacrée à 1 étude, à la science et aux arts. En 1824, il publie son célèbre mémoire. En 1882 il meurt victime de l’épidémie de choléra.
- Il laissait des papiers précieux, mais la loi ordonnait leur incinération et Ton n’en put sauver à grand’peine qu’une petite partie. Son frère Hippolyte, le père du président Sadi Carnot, devait y retrouver une note particulièrement importante, publiée en 1878 qui prouve que Sadi Carnot avait, bien avant Mayer, découvert et énoncé avec précision le principe de l’équivalence de la chaleur et du travail mécanique. Mais Tunique ouvrage de Sadi Carnot publié de son vivant, et dans lequel se trouve exprimé le célèbre principe de Carnot, ou second principe de la thermodynamique, suffit à assurer à son auteur une gloire immortelle. « Avec l’admirable clarté du génie, dit M. Langevin, le jeune auteur y a énoncé les lois qui régissent l’obtention du travail mécanique au moyen de la chaleur, fixé les limites qu’il est possible d’atteindre dans ce sens, déterminé les conditions à observer pour obtenir le meilleur résultat possible, tracé le programme exact qu’ont suivi depuis un siècle le développement et le perfectionnement des moteurs thermiques et posé en même temps des principes si fondamentaux que leur application à la physique entière a conduit aux résultats qui restent peut-être les plus certains dans la période si magnifique et si troublée que la science traverse en ce moment ».
- Mais, malgré l’élégance, la rigueur et la lumineuse clarté de son livre, les modes de raisonnement instaui’és par Sadi Carnot étaient si nouveaux, si différents de tout ce qui existait alors dans le domaine de la science mécanique ou physique, que l’auteur resta incompris de ses contemporains. Il inaugurait l’emploi des cycles pour l’étude des machines thermiques, créait la notion de machine thermique parfaite, fonctionnant suivant le cycle dit de Carnot : et celle de la réversibilité. Il faisait cette remarque fondamentale que l’obtention du travail mécanique à partir de la chaleur exigeait l’emploi de deux sources à températures différentes, une source chaude et une source froide, et, s’appuyant sur l’impossibilité du mouvement perpétuel, il démontrait que partout où il existe une différence de température, il peut y avoir production de puissance motrice ; que la puissance motrice de la chaleur est indépendante des agents mis en œuvre pour la réaliser. Sa qualité est fixée par les températures entre lesquelles se fait en dernier résultat le transport du calorique.
- Sadi Carnot, sacrifiant aux idées en faveur à son époque, avait admis un moment l’indestructibilité du calorique. Mais ses raisonnements sont d une telle généralité que cette hypothèse, aujourd’hui abandonnée, ne les altère en rien. Lui-même, du reste, ainsi que le montrent certaines phrases restrictives de son livre, n’était pas très solidement attaché alors à cette hypothèse. Ses notes posthumes prouvent en tout cas qu’il •ne devait pas tarder à l’abandonner, pour énoncer la loi exacte de l’équivalence.
- Un condisciple de Carnot, Clapeyron, avait reconnu l’importance du mémoire si célèbre aujourd’hui; s’appuyant sur lui il publiait en i834 un travail de grand
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- mérite, mais qui ne suscita pas davantage l’attention des savants du temps. En x845, William Thomson, l’illustre savant anglais, grand découvreur de gloires françaises, alors étudiant à Paris, intéressé par le mémoire de Clapeyron, se mit à la recherche de l’opuscule oublié de Sadi Carnot. Il le lut et fut confondu d’admiration. C’est lui qui le fit connaître au monde savant et lui en lit apprécier la valeur. Le nom de Sadi Carnot entre alors et définitivement dans les annales de la science où il restera éternellement inscrit comme le créateur de la science de l’énergie.
- Une triste nouvelle pour les amateurs radios.
- — Le yacht-laboratoire de la Société Française d’Etudes de T. S. F., amarré quai de Tokio, à Paris, a coulé le 8 janvier 1926, vers 8 h. 3o.
- L’accident a été provoqué par le choc d’une épave charriée par les eaux en crue.
- La Société Française d’Etudes de T. S. F. avait acquis et aménagé par ses propres moyens et par son effort considérable le Commandant Tissot qui était le véritable foyer des amateurs. C’est dire combien lui est sensible cette perte morale et matérielle.
- Malgré ce désastre, la Société Française d’Etudes de T. S. F. ne perd pas courage et toute sa volonté est tendue pour l’effort de reconstruction.
- Elle fait appel à tous ses amis et à tous les amis de la T. S. F. pour l’aider à reconstituer son œuvre de propagande scientifique et bien française.
- S’adresser au Secrétariat général, 12, rue Hoche, à Juvisy-sur-Orge ( Seine-et-Oise).
- Le réseau radiotélégraphique colonial français.
- — Le commandant Metz, dans la Revue du génie, donne une étude d’ensemble du réseau radiotélégraphique de nos colonies. Les câbles sous-marins dont la France dispose sont insuffisants pour lui assurer l’indépendance de ses communications avec ses colonies. Aussi, dès l’origine de la"1 télégraphie sans fil, s’est-on préoccupé d’établir un réseau « radiotélégraphique impérial ». Dès 1911, M. Messimy, ministre des colonies, faisait adopter un vaste projet, très audacieux pour l’époque, comportant une chaîne des postes puissants, reliant de proche en proche nos possessions. Depuis lors, les progrès techniques réalisés par la T. S. F. ont permis de simplifier ce programme tout en respectant l’esprit.
- Le commandant Metz distingue trois stades dans l’équipement radiotélégraphique colonial : dès qu’on sut réaliser des postes d’une certaine puissance (10 à i5 kilowatts) on installa des postes côtiers et des stations destinées à former des réseaux locaux, assurant au besoin la liaison réciproque entre colonies voisines. Ce fut le premier stade qui s’étend de 1906 à la guerre.
- Puis on réalisa des liaisons directes de la France avec nos possessions d’outre-mer, en même temps d’ailleurs que l’on commençait à construire les stations coloniales puissantes qui devaient répondre aux émissions des postes puissants de la métropole. Ce service unilatéral commença à fonctionner vers 1920. C’est le deuxième stade. Enfin nous allons entrer dans le troisième stade avec la mise en service des postes émetteurs coloniaux capables de se faire entendre en France.
- Laissons de côté les postes côtiers et locaux, et examinons les liaisons entre la métropole et ses dépendances. Legrand poste de Croix d’Hins, près Bordeaux, inauguré en 1920, est actuellement chargé des émissions destinées à nos diverses possessions, exception faite de l’Afrique du Nord bien desservie par câble et du Maroc desservi par Lyon. Croix d’Hins a pour correspondants : l’Afrique Equatoriale française, Madagascar, Djibouti, la Martinique, la Guyane, l’Afrique Occidentale française, l’Indo-Chine, la Guadeloupe, la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon. L’ordre de cette énumération est celui des dates d’inauguration de service. Nouméa et Tahiti sont également desservis grâce à un transit à Saigon. Croix d’Hins a donc un service très chargé ; il représente environ 100000 mots par mois et fonctionne à la satisfaction générale. Ainsi nos colonies peuvent toutes recevoir les messages de la métropole. Il restait à assurer la réciproque.
- Dès 1917, en pleine guerre, on décida d’installer une chaîne de postes puissants en Algérie, en AOF, en AEF., à Madagascar et en Indo-Chine. Mais, dès 1918,
- sur le vu du fonctionnement des alternateurs à haute fréquence Bethenod-Latour installés au poste de Lyon, on se rendit compte que tous les postes, même les plus éloignés, pourraient être entendus en France, sans relais. Dès lors, quatre postes suffisaient pour assurer l’exécution du programme : Bamako en A. E. F. ; Brazzaville en A.O.F. ; Tananarive à Madagascar et Saïgon en ludo-Chine. Le poste de Saïgon a été inauguré en janvier 1924, ceux de Bamako et Tananarive en novembre 1924. Brazzaville sera achevé dans quelques mois. Saïgon dispose de deux alternateurs de 5oo kilowatts, débitant dans une antenne en nappe de 1200 m. sur 400 m., soutenue par 8 pylônes de a5o m. de haut. Tananarive dispose de 2 alternateurs de i5o kilowatts, et d’une antenne en nappe de 900 m. sur 3oo m. avec 8 pylônes de 200 m. Bamako a 3 alternateurs de 100 kilowatts, son antenne en T dont la nappe horizontale a 1200 m. sur iSo m. est soutenue par 10 pylônes de 120 m. Les émissions de ces postes sont reçues à Ville-juif près Paris. Brazzaville sera équipé avec 2 arcs de 100 kilowatts environ qui lui permettront de se faire entendre en France au moins pendant la bonne saison. Aux autres époques le trafic transitera par Bamako.
- Il restera encore à relier à la France Djibouti, les colonies du Pacifique et les Antilles. Il est probable que l’on cherchera à réaliser ces liaisons au moyen des ondes courtes qui permettent des installations relativement peu onéreuses.
- Un premier essai a été fait entre la France et Djibouti, avec un poste de 5 kilowatts émettant sur longueur d’onde variant entre 5o et 100 m. Les communications ont été excellentes la nuit dans les deux sens. A noter que Nouméa entend parfaitement l’émission de Djibouti (faite sur 75 m. de longueur d’onde), à 12000 km, et qu’il entend même le poste de 5 kilowatts de Paris lorsque l’émission est faite sur 32 m. La distance Paris-Nouméa est de 14000 km. Un poste de 25 kilowatts à ondes courtes va être essayé à Paris pour être écouté à la Martinique. Si, comme il est probable, l’audition est bonne, quelques heures par jour, on installera un poste de ce type aux Antilles. Un poste analogue sera monté à Nouméa pour assurer la liaison avec Saïgon. Enfin un poste de 5 kilowatts identique à celui de Djibouti pourra être installé à Tahiti pour relier Tahiti à Nouméa. Tout ce programme de postes à ondes courtes doit être réalisé en 1926. On pourra alors considérer le réseau colonial français comme achevé. Notons enfin qu’il est question de doubler les postes coloniaux à ondes longues par des postes à ondes courtes, qui pourraient à certains moments décongestionner le poste principal et, aux heures favorables, le suppléer économiquement.
- Les rayons X pour l’étude des charbons. — Dans une conférence à la Société de VIndustrie minérale, M. Mac Laren a exposé le principe d’une méthode mise au point par lui et M. Kemp pour l’étude des charbons au moyen des rayons X. Ceux-ci permettent de se rendre compte de la nature et de la proportion des cendres contenues dans le charbon. Un charbon quelconque contient deux sortes de cendres : les cendres constitutionnelles provenant du débris végétal auquel le charbon doit son origine, et les cendres étrangères introduites plus tard par l’éau infiltrée ou bien provenant des couches de schistes déposées par les eaux au moment de la formation du charbon. Ces cendres étrangères constituent de véritables impuretés dont il convient de débarrasser le charbon dans la mesure du possible, pour lui donner le maximum de valeur commerciale. Cette purification est le but des opérations de triage et de lavage. Or, un charbon pur, c’est-à-dire ne contenant que les cendres constitutionnelles, donne à l’examen radiographique une ombre grise, homogène; les cendres étrangères, au contraire, donnent des taches noires, caractéristiques. La radiographie-donne donc un renseignement que ne saurait fournir l’analyse chimique en permettant de distinguer les deux espèces de cendres, et d’en déterminer, a priori, la teneur et la répartition. On comprend donc que l’examen par les rayons X apporte une aide précieuse pour la direction et le contrôle des opérations de lavage des charbons. MM. Mac Laren et Kemp ont fait construire dans ce but un équipement radiologique spécial avec tube Coolidge et lui ont donné le nom de « Garboscope ».
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- LA VOUTE CELESTE EN MARS 1926 (’)
- Dans le précédent « Bulletin astronomique », nous avons passé en revue les découvertes de comètes faites pendant l’année qui vient de s’achever. Notre relevé était incomplet, car le i3 décembre M. G.-E. Ensor, de l’hôpital de Pretoria, découvrait la onzième comète de 195. Ce sera la comète 1925 l. On doit, en outre, rectifier quelque peu les désignations des comètes données le mois dernier. Certains astronomes étrangers n’employant pas la lettre i ont proposé les lettres j et k pour désigner les 9e et 10e comètes de iqaô. La comète Van Biesbroeek s’appellera donc 1925 / et la comète Wilk-Peltier 1925 k.
- Ce qui fait l’intérêt de la comète découverte par M. Ensor, c’est qu’elle deviendra - probablement très belle vers le milieu de février. Nos lecteurs vont donc pouvoir, si le temps est favorable, observer enfin une importante comète.
- A l’heure présente, deux orbites ont été calculées: en voici les éléments principaux :
- Epoque de passage au
- périhélie...........
- Longitude du périhélie. Longitude du nœud
- ascendant...........
- Inclinaison............
- Distance périhélie, en unité astronomique.
- Orbite de M. A.-C.-D. Orbite
- Crommelin. de M. 11.-K. Wood.
- 1926 fév. 12,5 1926 fév. 12,41
- 5° 16' 353°44'
- 0 x-3- co CS 282°17'
- ia3°ji3' 122° 52'
- 0,2554 o,335o
- Voici maintenant, d’après ces éléments, les positions calculées jusqu’au 5 avril :
- Dalcs tO11 T. II. 1
- Oi-bilc de M. Croimnelin.
- Ai (0
- Orbite de M. Wood.
- A\ (û
- 1926 Janv. 3i — Fév. 16 — Mars 4 — — 20
- — Avril 5
- 211' 53',5
- 2Ih l',I
- 2i'’44',8
- oh 55', 1
- O J 3 , y
- — 3a° i5'
- — 8° 4 2' -I- 29° 21' -f-6l02t' -f- 77°5o'
- 2ih3i"'39s
- 2, h .pn g*
- 20l,59ni 24s
- 2 i1’ 58m 56" ih58“43"
- — 3o°4o'
- — i3°3i' -j- 18010' + 55» 4' -j- 76° 19'
- Ces positions sont reportées sur la petite carte figure x. Il y a d’assez grandes différences, on le voit, dans les deux orbites publiées ; elles disparaîtront lorsque de nouveaux éléments seront calculés sur des positions embrassant un arc bien plus grand de la traj.ee-toire.
- La comète s’approche du Soleil jusqu'au 12 février. Elle sera à son minimum de distance de la Terre entre le 4 et Ie 20 mars. Au moment de sa découverte la comète Ensor était de 8° grandeur. Elle offrait une queue de i5' de longueur. '
- Dans son numéro du 9 janvier 1926, la revue anglaise Nature écrit que, d’après l’éphéméride de M. Crommelin, le 16 février la comète devrait être visible le matin, à i° à l’Est du Soleil et à 4° au Nord. Elle pourrait. avoir une très grande queue. Le 4 mars, elle serait à 35° au Nord du Soleil et se lèverait 411 lj2 avant lui; on pourrait donc l’observer en pleine nuit. Elle deviendrait ensuite circumpolaire, mais son éclat faiblirait rapidement. On peut espérer, ajoute notre confrère anglais, qu’elle deviendra la plus brillante comète que l’on ait observée depuis la comète Mellish (1917 a).
- I. Soleil. — Le Soleil, en mars, s’élève 'rapidement dans le ciel. De —7°46' le ier mars, sa déclinaison arrive à —j— 3° 58' le 3i. La durée du jour augmente également; de ioll56m le xer, elle atteint i2h43m le 3i.
- L’équinoxe de printemps se produira le 21 mars, à 9''. A cette époque de l’année, les jours et les nuits ont la même durée.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- 1. Toutes les heures figurant dans ce Bulletin sont exprimées en Temps Universel (T. U.), c’est-à-dire en temps légal français, compté de oh à 24h à partir de minuit. Voir au n° 2690 la définition du « Temps universel ».
- Vheure d’été sera sans doute mise en vigueur le samedi 27 mars, à 23 heures. A partir de ce moment, il conviendra d’ajouter une heure à toutes les heures mentionnées ici.
- Dates. Heures t du passage T. U.). Dates. Heures du passa (T. U.).
- Mars Ier I2h 3” 16* Mars 17 1 ih 5gm 19*
- — 3 I2b 2m 52* — 19 1 ih 58“ 44"
- — 5‘ I2h 2"’ 26" — 21 1 ih 58“ 9*
- — 7 I2h im 58" — 23 1 ih 57“ 32*
- — 9 I 2 b im 29" — 25 1 ih 56ra 56*
- — 11 I2h om 58" — 27 1 ih 56“ 19*
- — 13 I2h om 26" — 29 11h 55“* 42*
- — 15 II1' 59“ 53" — 3i 1 ih 55“ 6“
- Fig. 1. — Trajectoires probables sur le ciel de la nouvelle comète Ensor (1926 l) : '
- I. D’après l’orbite calculée par M. A.-C.-D. Crommelin;
- II. D’après l’orbite calculée par M. H.-E. Wood.
- Observations physiques. — En décembre 1925, le Soleil a présenté un magnifique groupe de taches solaires, visible à l’œil nu. Cette apparition est bien faite pour engager les observateurs à poursuivre très régulièrement l’étude de la surface de l’astre radieux. En dehors de la statistique des taches, il est intéressant de dessiner les taches, d’en noter les détails, les colorations, etc,
- I lest utile d’orienter exactement les dessins ou photographies du Soleil.
- On y parviendra au moyen des valeurs suivantes, extraites de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, d’après VAmerican Ephemeris. P est l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque. B0 et L0 sont respectivement. la latitude et la longitude héliographiques
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- du centre du disque, c’est-à-dire du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- Dates. P Bo 0
- Mars 2 + 21°, 7 4 4- 70,23 274°, 84
- —. 7 4- 22°,9 lx Q- 70, a5 2o8n,97
- — 12 + 23°,92 — 70,21 i43°,08
- — 17 4- 2-4°,77 -7°D* 770,18
- — 22 -)- 20°,44 — 6°,97 - I l°,26
- — 27 — 23°, g4 -h°,77 3o5°,33
- Lumière zodiacale. — Voici le mois le plus favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. On la trouvera aisément, dans les nuits pures et sans clair de Lune, à l’Ouest, s’étendant dans le zodiaque. 11 est nécessaire, en outre, qu’il n’y ait pas à proximité de source lumineuse intense, éclairant l’atmosphère.
- Les observations consistent à repérer les limites de la lumière zodiacale parmi les constellations, à en dessiner la forme exacte, à noter l’intensité et la coloration des diverses parties de cette lueur, à rechercher des variations possibles d’éclat, etc.
- La meilleure période d’observation sera celle du 5 au i5 mars, à l’époque du Dernier Quartier et de la Nouvelle Lune. On pourra rechercher, en outre, la lueur anti-solaire, vers minuit, le io mars, autour de a Lion; le i3 mars, vers minuit, autour de x Lion.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes :
- D. Q. le 7, à ii1149“ I P. Q. le 21, à 5b 12“
- N. L. le 14, à 3h 20“ | P. L. le 29, à iob o“
- Age de la Lune, le ier mars, à oh=i6j,3; le i5 à oh =oj,g. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le i5 jusqu’au jour considéré. Et pour une heure déterminée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- L’indication de l’àge de la Lune, pour accompagner les dessins lunaires et donner ainsi une idée de la hauteur du Soleil sur un site déterminé, est un renseignement très peu précis. Deux dessins du même site lunaire, pris à des lunaisons différentes, par même âge de la Lune, peuvent différer considérablement d’aspect. Il vaut beaucoup mieux mentionner la position du terminateur au moment où les dessins ont élé effectués. C’est un procédé que nous avons indiqué autrefois et qui fournit des résultats bien plus précis. L'Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, pour la première fois, publie les valeurs de la longitude du terminateur de la Lune, pour chaque jour du mois, à oh. Une interpolation simple permet d'avoir la position du terminateur pour n’importe quelle heure de la journée.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars, le 9=—2i°5o,;le 22 — -f- 210 56’.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 12 mars, à 23\ Parallaxe = 6i'3". Distance
- — 309 180 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 25 mars, à 5h. Parallaxe = 54’ 5". Distance
- — 4o5 445 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4 mars, occultation de i3 Balance (gr. 5,7). Emersion seule visible à 23h iora.
- Le 19, occultation de c Taureau (gr..5,i), de 2ih im à 2ih 58'“.
- Le 26, occultation de l Lion (gr. 5,3), de'23h42“ à oh 36“ le 27.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront tout à fait au début, puis surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 14, moment où elles seront très grandes, enfin, à la fin du mois.
- Le tableau ci-après contient les heures de ces plus grandes marées, pour Brest, avec leur coefficient ;
- Marées du matin. Marées du soir.
- Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- ier 5h 1 lm 0,86 I7h 26“ 0,87
- 5h4im 0,87 17h55m 0,86
- 3 6h iom o,85 i8h 25“ 0,83
- 12 21’ 26” • °-79 i4‘‘53m 0.87
- 13 3” 18“ 0,95 l5h42m 1,02
- i4 411 5“ i ,08 i6h26“ 1,12
- 15 4" 4gm 1,14 i7h 9m 1,14
- 16 5“ 3ora o,i3 17“49m 1,10
- *7 gh jQm i,o5 181’ 29“ P-99
- Marée s du mal in. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Mars 18 6h 49m 0,92 j9h gm 0,84
- — a9 4’- i3m 0,86 1611 27“ 0,89
- — 3o /ik 43“ 0,91 i6h 57"' 0,92
- — 3i 511 i3“ 0,92 I f 29m 0,92
- Connaissant l’heure de la pleine mer à Brest, on peut calculer aisément l’heure de la pleine mer dans un port déterminé, quand on connaît la correction relative à ce port. D’autre part, on peut déterminer la hauteur de la marée, si l’on connaît Y unité de hauteur dudit port. Voici, pour quelques ports de France, les corrections et les unités de hauteur.
- Ports. Correction .Vive eau. Morte eau. Unités de Hauteur
- La Rochelle — oh 27”' 4- oh 36“ 2“,67
- Les Sables d’Olonne. — Oh 24™ . 4- oh io“ 2m,35
- Saint-Nazaire. . . . —oh17” -f- 0h 12“ 2”,63
- Concarneau — oh 38“ — oh i5“ 2“, 31
- Brest o1' o“ o1' 0" 3 “, 2 £
- Saint-Malo -f- Q1' I 1 m + ih44“ 5,n,67
- Granville a1' 16“ -j_ ah 0m 6“,25
- Cherbourg 4- 3“ 58"> 4- 311 5l“ 2 m, 8 2
- Le Havre 5h 6“ + 5h34“ 3“,45
- Dieppe + 6b56“ 4- 6" 43“ 4™,42
- Boulogne ...L rjl' 2 2"' 7h 8“ 4m j17
- Calais -j~ 71' 3 6111 4- 7“ 33“ 3“, 21
- Dunkerque..... + 8K 1“ -j- 8h 5“ 2 “,70
- Exemple : Calculer l’heure et l’amplitude de la marée à Cherbourg, le i5 mars au matin.
- Cherbourg, le i5 mars au matin.
- Heure de la pleine mer à Brest, le i5 mars
- au matin.................................. 4h 49“
- Correction de vive eau pour Cherbourg. . . -f- 3h 58“
- Heure de la pleiue mer à Cherbourg .... 8h 47“
- Coefficient de la marée du i5 mars........... 1,14
- Unité de hauteur à Cherbourg................. 2”,82
- 1/2 amplitude à Cherbourg : 2“ 82 X 1,14. . 3“,2i
- L’amplitude totale sera donc =............... 6“,42
- Le mascaret se produira au moment de la Nouvelle Lune du 14-
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caiulebec.
- Mars 14 1,08 7h 4om 8h 17” 8h 26“
- — 14 1,12 1gh 5gm 20h36ra 20h45m
- — i5 1,14 8h2im 8h 58m g1107“
- --l5 I,l4 20b4l’" 2Ih l8m 2Ih27“
- • — 16 1,13 9ho2m gh3gm gb 48“
- — l6 1,10 21h 22m 2Ih5gm 22h 8m
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mars.
- Mercure, dans les Poissons, sera visible comme étoile du soir du 8 au 20 mars, sa plus grande élongation se produisant le 14, à 180 16' à l’Est du Soleil. Cette élongation sera très favorable, malgré sa faible valeur angulaire (la plus petite de l’année); pour les observations, en raison de la déclinaison relativement forte de Mercure.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 2 0,88 — H
- — 7 0,74 — 0,8
- — 12 o,54 — 0,3
- — *7 o,33 + 0)4
- - — 22 .0,10 4- *3
- — 27 0,04- + 2,3
- Dans les instruments, Mercure àpparaît avec des phases rappelant celles de la Lune. Les observateurs possédant des instruments puissants (lunettes de om,io8 ; om,i6o, etc.) seront bien inspirés de s’attacher à l’observation des taches de la surface. Il y a là, dans cette étude des taches de Mercure, un sujet bien à la portée des amateurs. La durée de rotation de cette planète est encore incertaine et des observations très minutieuses pourraient peut-être la déterminer.
- Vénus est, à présent, visible le matin. Elle s’est trouvée, en février, en conjonction inférieure avec le Soleil (c’est-à-dire sensiblement entre le Soleil et nous). Puis, continuant son mouvement, elle est passée à droite, à l’Ouest du Soleil, donc se lève avant lui.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : MARS Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1) Coucher à . Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 *6h 28“ I2h I7h 38“ 23h 2” 6° 14' 32' i8"o Verseau
- Soleil . . . i5 6 7 11 59 53 17 53 23 39 —- 2 !9 32 12,0 Verseau \ »
- 5 46 11 56 56 18 9 0 15 + I 38 32 7 >3 Poissons
- . 5 6 57 12 57 18 56 23 53 — 0 4i 5,8 29 Poissons 1 Le soir,
- Mercure. . [ 16 6 ,J9 i3 3 *9 36 0 40 + 6 47 7,6 ô Poissons plus grande élongation
- 5 44 IJ, 27 19 10 0 46 + 8 43 10,0 ô Poissons le 14.
- . [ 5 4 36 9 47 i4 58 20 46 — I I 9 46,8 1 eVerseau
- Vénus. . . i5 4 i6 9 24 i4 3i 21 I — 11 43 39,8 v Verseau Le matin.
- f 25 4 9 10 14 *9 21 26 — I I 25 34,0 y Capricorne'
- ‘ 5 4 9 8 16 I r2 ^3 *9 i4 — 23 0 5,4 r] Sagittaire
- Mars. . . . ! 15 3 55 8 8 I 1 20 19 45 — 22 5 5,8 ta Sagittaire Le matin, avant l’aurore
- 25 3 38 7 59 12 !9 20 i5 — 20 49 6,0 a Capricorne'
- Jupiter. . . 15 4 5*i 9 r> h* 33 14 18 21 i3 — 16 4i 31,6 1 Capricorne Un peu visible le matin
- Saturne . . i5 23 *9 4 0 8 41 i5 37 — 17 I i5,8 x Balance Seconde partie de la nuit
- Uranus. . . 15 6 i5 I 2 5 !7 56 23 44 — 2 3i 3,2 20 Poissons Inobservable.
- Neptune. . i5 i4 49 22 0 5 11 9 40 + x4 21 2,4 Lion Toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Elle atteindra son plus grand éclat du matin le 9 mars. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire : Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 2 o,i5 — 4,2
- “ 7 o, 19 — 4,3
- — 12 0,24 -4,3
- __ I 7 0,28 — 4,3
- 22 0,32 - 4,3
- — . 29 0,35 — 4,2
- Au début du mois, comme le montre le tableau ci-dessus, Vénus apparaîtra sous la forme d’un joli croissant,
- La durée de rotation de Vénus est incertaine et les taches de sa surface sont très difficiles à observer.
- On recommande souvent d’effectuer les observations de Vénus en plein jour. La raison est la suivante. Cette planète, quoique s’écartant bien plus du Soleil que Mercure, est, malgré tout, toujours assez voisine de l’horizon, surtout lorsque la nuit est complète. En l’observant en plein jour, elle est donc bien plus élevée dans le ciel et l’on risque d’avoir des images moins agitées. Mais les légères taches de la surface sont estompées par le bleu du ciel et disparaissent. Il y a, tout compte fait, intérêt à employer des verres teintés et à observer à la nuit complète, par air aussi calme que possible.
- En prenant des photographies de Vénus, avec de très grands instruments — et avec des écrans à déterminer — il n’est pas impossible d’obtenir des renseignements intéressants sur les taches de cette planète. M. Qué-nisset, à l’Observatoire de Juvisy, a réalisé, avec un objectif de o”,i6 seulement, des photographies très bonnes de Vénus, montrant une tache qui apparaît dans tous les clichés. Il y a là des essais fort utiles qu’il convient de poursuivre.
- Mars, dans le Sagittaire, est visible le matin, avant l’arrivée du jour (il se lève a heures avant le Soleil). Son diamètre est encore petit, et seuls les grands instruments permettront quelques observations utiles.
- Jupiter est un peu visible le matin, mais, pratiquement, il est inobservable.
- Saturne se lève, le i5, avant minuit. Il est donc visible pendant toute la seconde moitié de la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 mars :
- Grand axe extérieur......................... 3g",g3
- Petit axe extérieur . ......................... i5",g4
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. .............................. -j-23°3i'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l'anneau .......................................... +22°33f
- Rappelons qu’une petite lunette de om,o4 suffit pour permettre de deviner l’anneau de Saturne.
- Titan, le plus brillant des satellites, peut être recherché à l’époque de ses plus grandes élongations. Les voici pour le mois de mars :
- Date. Élongation. Heure.
- Mars 7 Occidentale 5\4
- 15 Orientale i'\3
- — 23 Occidentale 3\8
- — 3o Orientale 23u,5
- Vranus est inobservable, en conjonction avec le Soleil le 16 mars, à igh.
- Neptune est encore visible toute la nuit (ou presque). Voici quelques positions on l’on pourra le rechercher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mars 2 gh42“ -J- 140 i5f 2",4
- — 5 gh 4ira + 140 I7/ 2", 4
- — 15 9h4om '--f-i4°2i/ 2", 4
- 25 9h4oœ + i4° 26' 2", 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions : Le 3, à 5b, Mercure en conjonc. avec Uranus, à o°3o'N
- la Lune, à 2U 9' S. la Lune, à i° 1' S. la Lune, à 70 22' N.
- la Lune, à i° 18' N.
- la Lune, à 4° o'N.
- la Lune, à 70 51' N.
- v Verseau, (gr. 4,6),
- " à o° 4' S.
- Le 22, à 1 ih, Vénus — — Jupiter à 4° 3g' N.
- Le 25, à ii’1, Neptune — — la Lune à 20 9' S.
- Etoiles filantes. — L'Annuaire du Bureau des Longitudes indique, d’après M. W.-F. Denning, les deux radiants suivants pour le mois de mars ;
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Le 5, à a3h, Saturne Le 9, à 23\ Mars Le 11, à 8h, Vénus Le 11, à i4h, Jupiter Le 14, à 5h, Uranus Le i5, à 5h, Mercure Le 17, à ih, Vénus
- Mars 7 233° — 180 fl Scorpion.
- — 7 244° - - + >5° y Hercule.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 17 mars, à 23h54ra; le 20, à qoi*43“.
- Etoile Polaire. — Le tableau suivant donne les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Inférieur 2h 48m 8S 22h 38“ 3s,o
- — 2h 8“42s 23h 17“ 28",6
- — ih29mi8s 23!l 56m 54%i-
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le ier mars à 2ih ou le i5 à 20h est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse ; les Gémeaux ; le Cocher.
- Au Nord ; La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier ; la Vierge ; la Chevelure de Bérénice.
- Au Sud : L’Hydre ; le Corbeau ; la Coupe ; le Petit Chien; le Grand Chien.
- A l’Ouest : Le Taureau; le Bélier; Orion; la Baleine; l’Eridan; le Lièvre. Em. Touchet.
- Dates.
- Mars 2
- — 12
- — 22
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- 70D
- HYGIENE ET SANTE
- LE MÉCANISME DE LA FAIM
- A quoi est due la sensation si caractéristique qu’on éprouve quand l’appétit vient et qu’on sent le besoin de s’alimenter On dit, communément, que l’estomac est vide. Mais cette explication populaire a contre elle beaucoup de faits et d’observations. Souvent, on a l’estomac vide sans avoir d’appétit, même à l’état normal. C’est le cas, en particulier, le matin au réveil, moment où l’envie de manger tarde souvent à venir.
- Cette manière d’expliquer la faim par un phénomène étroitement localisé à l’estomac a été souvent reprise. Tel est le cas du chirurgien anglais Moynihan qui, dans des recherches retentissantes sur les ulcères de l’estomac, et du duodénum, attribuait la faim et particulièrement la faim douloureuse à la production exagérée d’acide chlorhydrique par les glandes gastriques. Mais cette explication pas plus que la précédente n’a réuni les suffrages du monde savant.
- Carlson a eu, lui aussi, recours pour expliquer la faim à des phénomènes localisés à l’estomac. Cet auteur avait pu constater, chez un individu présentant une fistule gastrique, que la sensation de faim est associée aux contractions dont l’estomac est le siège quand il est vide. On éprouve d’ailleurs des grouillements significatifs, quand la faim se fait sentir. Cependant, on a bien l’impression que. Carlson, comme Moynihan, prend les effets pour la cause, que si la faim provoque à la fois la sensation caractéristique que nous connaissons tous, une sécrétion acide dans l’estomac et des contractions vigoureuses de cet organe, il reste encore à expliquer' la laim elle-même.
- Starling a pensé établir une relation entre ce phéno-. mène et l’absence d’éléments nutritifs dans l’intestin grêle. Cet auteur songeait surtout aux graisses qui, on le sait, sont assimilées beaucoup plus lentement que les sucres. Ce n’est que 5 ou 6 heures après un repas moyennement copieux que les graisses disparaissent de l’intestin, moment où le besoin de s’alimenter reparaît souvent. Mais cette explication, bien qu’elle se rapproche beaucoup plus de la vérité que celles que nous avons vues jusqu’ici, n’est pas encore parfaite. On n’a pas nécessairement faim quand l’inteslin est vide, même si on est bien portant.
- Les recherches faites avec l’insuline montrent que la diminution du sucre du sang sous l’influence de ce corps est associée à une sensation de faim impérieuse et de faiblesse en même temps qu’apparaissent des sueurs. Mais il s’agit là d’un phénomène pathologique ou, plus exactement, toxique, car il ne se produit guère spontanément. Il n’explique donc pas la faim normale ni la
- plupart des faims pathologiques que nous connaissons.
- En revanche, la question paraît avoir fait un grand pas avec les travaux récents sur l’équilibre acido-base du sang et sur les rapports de cet équilibre avec la sécrétion gastrique. On sait que la sécrétion gastrique a pour effet de remplir l’estomac d’un liquide acide qui contient par conséquent une grande proportion d’ions H. Ce phénomène se produit naturellement aux dépens des ions H du sang. 11 se traduit, d’ailleurs, par une alcalinisation très marquée à la fois du sang et des urines. Celles-ci, après un bon repas, sont souvent troublées par des précipités dus à la pauvreté des urines en acides à ce moment-là.
- Ces faits ont amené Dresel et Rothmann (') à faire des recherches approfondies sur les rapports de la sensation de faim et de la sensation de plénitude, d’une part, et, d’autre part, le degré d’acidité du sang et son contenu en substances nutritives. Ils ont ainsi montré que, seule, une exagération d’acidité du sang provoque la sensation de faim qui disparaît aussitôt que, par une injection intraveineuse d’alcalins, on a rétabli l’équilibre normal. A ce moment-là, d’alileurs, apparaissent parfois des bâillements particuliers.
- Ces faits ont été confirmés tout récemment encore par Kestner et Plaut (2). Ces auteurs ont montré d’abord que le sang s'alcalinise au fur et à mesure que les glandes gastriques sécrètent leur suc acide et, de plus, que chez l’homme, le travail musculaire prolongé a une action précisément inverse et tend à acidifier le sang. Un repas de viande fait après un travail musculaire prolongé, en provoquant une sécrétion acide de l’estomac, alcalinise le sang et atténue ou supprime la faim tout comme l’injection d’alcalins pratiquée par Dresel et Rothmann.
- Ces faits expliquent mieux que nous ne pouvions le faire jusqu’à maintenant la sensation de faim et aussi la faim anormale parfois douloureuse qu’on obsei-ve dans certains états pathologiques aussi bien dans les affections de l’estomac que chez des nerveux et qui ne correspondent pas nécessairement à un réel besoin de s’alimenter. D' E. Mohiiahdt.
- 1. Drksp.i. und Rothmann. IJberdie-Auslôsnng des llungev-und Siiltigungsgefühls, 3;, Kongress dcr Deutschen Geseîl-schaft fur Innere Medizin. Wiesbaden, ao-23, April, 192a ; Mut.uni. Ueber fHungergefiihl und Magensaure. Deutsche Medizinische Wochenschrift, n.9 3y, 9,5, IX, 192a.
- 2. Kkstxkk und Plaut. Die erfrischende Wirlumg des Essens. P/Iugers Arch. (. d. ges. Physiol. Bd. 20a, H. 1/2, S. 192/,.
- ><
- 3ÈD
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignement:-; qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Le baromètre à eau (« Sciences appliquée », n° 2701 ).
- i° Lire page 11, ire colonne, non pas :
- H — IU —h — h'
- mais i f
- ' H — H ' — h!— h.
- 29 Page 12, 20 colonne, non pas :
- 10 1.
- mais d’où
- Communications. — Pianos automatiques. — M. Jost, de Strasbourg, nous écrit : :
- o,5 x
- 10 X- o,5 = i X x x — 5 cm (au lieu de x — 20 cm).
- Me référant à la note Dr. V. B. à Ravenne (Boîte aux lettres, n° 2698) j’ài l’honneur de vous signaler deux livres en langue allemande qui peut-être contiennent des renseignements sur le sujet demandé :
- Zeilshner J. et II. Gretschel « Der Pianoforle bau » 3e édition de R. Hannemann ( 1909) ou Tæpper J.-G. Die Théorie und Prasis des Orgelbancs. 2e édition de M. Al-lihu (1888).
- Les orages d’hiver. — M. S. Morris Bower, membre de la Royal Meteorological Society, Langley Terrace, Oakes, Huddersfield (Angleterre), nous écrit : 1
- « J’ai l’intention de continuer pendant cette saison le dénombrement annuel des orages dans les Iles Britanniques et les pays avoisinants. Etant donné qu’un grand nombre se produisent dans le voisinage de la Manche et du Pas de Calais, puis-je demander si quelques-uns de vos lecteurs seraient assez aimables pour m’envoyer des détails sur un ou plusieurs orages observés par eux entre lé C janvier et le 31 mars 1926 ? Une simple note indiquant la date, fie temps et l’endroit où se sont produits le tonnerre ou les éclairs, ainsi que la direction d’où venaient ces derniers, me serait très précieuse. »
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- BOITE AUX LETTRES
- Réponses. — M. Guillou, à Coude (Puy-de-Dôme). — Nous donnex-ons dans les « Recettes » la façon de procéder pour fabriquer le sucre d'orge étiré des forains. Le point important ainsi que nous le signalons est la détermination du point voulu de cuisson par l’épreuve au petit cassé, quand le point- d’ébullition du sirop est de x35°. Nous n’osons espérer que vous réussirez du premier coup comme vous le pensez, mais quelques essais vous per-mettront d’acquérir rapidement le tour de main nécessaire.
- M. S. S., à Salonique. — i° Le charbon est complètement insoluble dans tous les réactifs ; lorsqu’on traite le charbon par l’acide sulfurique à l’ébullition, il y a réduction de l’acide sulfurique d’après la réaction : a (SOH2) + C = a SO* + CO2 + a H2 O.
- Autrement dit, le charbon disparaît sous forme d’anhydride carbonique, ainsi que l’acide sulfurique à l’état d’anhydride sulfureux et d’eau ; lorsque la réaction est terminée il n’y a théoriquement aucun résidu, tous les éléments étant partis à l’état gazeux.
- Nous croyons plutôt qu’il est dans votre esprit, non de solubiliser le noir animal, mais de transformer en superphosphate le phosphate tricalcique qu’il contient.
- Le noir animal a une composition voisine de la sui-
- vante :
- . Humidité . .................. 3. oo °/0
- Charbon................ 16.00 -—
- Carbonate de chaux . . . 8.00 —
- Phosphate de chaux . . . 71.00 —
- Silice et silicates .... 2.00 —
- 100.00 —
- La quantité d’acide sulfurique à employer doit être suffisante d’abord pour décomposer tout le carbonate, ensuite pour neutraliser deux molécules de chaux sur trois contenues dans le phosphate tricalcique, soit :
- 56
- Chaux du carbonate = 8 X ------= 4.48.
- 100
- Chaux du phosphate .= 71 x = 38,4 X ~ = 25.6.
- Chaux à neutraliser — 4.48 -f- 25.60 = 3o,o8.
- Or, d’après la réaction CaO -f- SO4 H2= CaSO4 -j- H-O, on voit que 56 de chaux sont saturés par 98 d’acide sulfurique.
- Il faudra donc ajouter à 100 kg de noir :
- 56
- 3oX-g —52k5 d’acide sulfuxûque mononhydrate à 66° Baumé.
- Dans la pratique, il est bon d’augmenter la dose de 1 à 2k de plus pour favoriser l’attaque, on ajoute à cet acide environ la moitié de son poids d’eau, mais on peut remplacer les 5aK5 d’acide à 66° par y8K5 d’acide commercial à 53° B ; dans ce cas il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’eau. L’opération se fait à froid en mélangeant bien les éléments en présence. Habituellement ce ne sont que les noirs usés, c’est-à-dire ayant perdu leur faculté décolorante, malgré des revivifications répétées, qui sont utilisés de celte façon.
- 20 Pour déterminer la quantité d’acide sulfurique resté libre dans la fabrication du cirage avec [la mélasse, il faut procéder à un titrage acidimétrique à la touche, sur un papier de tournesol, jusqu’à ce que celui-ci ne rougisse plus, en versant goutte à goutte une solution titrée exactement de soude caustique que vous vous procurerez chez un bon fouimisseur de laboratoires. Il est d’usage de se servir d’une solution dite normale dont chaque centimètre cube sature o gr. 049 d’acide sulfurique S04H2. Rejeter absolximent pour de semblables déterminations la lessive de soude du commerce à 36° B (potassium des peintres) qui d’abord est trop concentrée, ensuite est de richesse trop variable en soude réellement caustique.
- 3° Adresses de fabricants de noir animal : Chinardet et Figeac, 17, rue Lepeu-projetée, Paris, 12“. Fauchon-Villeplée, i45, route de Choisy à Ivry (Seine). Etablissements Marion, 114, vue .de Bercy; Rouland, 5, square Maubeuge ; Jourdain, 11, rue Pierre-Curie, au Petit-lvry (Seine); Lambert, 48, rue de la Clé, .5® ;'Société Dacag, xi, rue Popincôurt ; Société générale commerciale, 17, rue Boissy-d’Anglas, 8".
- 4° Fabricants de glycérine : Cusinberche, 200, quai de Clichy ; Distillerie Morel, 10, rue de la Marne, Petit-Ivry (Seine); Société anonyme des Explosifs,5, rue du Généx'al-Foy, 8“.
- 5° Vaselines : Compagnie des vaselines françaises, 11 bis, rue du Conservatoire; Bourdois et Weber, dépositaires des vaselines Chesebrough, 172, quai Jem-mapes; Basse, à Courton par Longueville, Seine-et-Marne ; Baillère, 4> rue de Thorigny.
- M. A. F., à Saint-Leu. — i° Il n’existe pas actuellement de procédé pour récupérer à l’état pur le caoutchouc contenu dans les caoutchoucs manufacturés. Tout ce que l’on peut faire est de rendre à ceux-ci une plasticité suffisante, soit en les cuisant ’en autoclaves .avec des, huiles de résines, des polyterpènes, des brais ou des carbures divers ; soit en débarrassant ces manufacturés d’une partie du soufre qu’ils contiennent, celle à l’état libre.
- Dans ces dernières années, on a tenté de procéder par dissolution plus ou moins complète des déchets dans les huiles naphténiques, anthracéniques, les phénols, les paraffines, les amines, etc., puis, précipitation du caoutchouc, en versant dans un liquide susceptible de retenir le solvant initial, mais ne maintenant pas le caoutchouc en dissolution; liquide qui peut être suivant le cas l’acétone,- les alcools ou même l’eau.
- En réalité les produits ainsi obtenus qualifiés de « régénérés » ne sont que des produits améliorés, seulement susceptiblës de rentrer dans des mélanges, ce qui demande une grande habileté technique pour arriver à un résultat convenable.
- Cette « régénération » comporte des installations spéciales et importantes, elle n’est donc pas à la portée de l’amateur qui doit se contenter de ‘céder les déchets dont il peut disposer, aux récolteurs alimentant les usines.
- 20 Le nickelage dont vous parlez est basé sur la substitution d’un métal à un autre, lorsque le premier est plus électropositif. Parmi les métaux usuels, seuls l’aluminium, le fer, le zinc sont, capables de précipiter ainsi le nickel de ses dissolutions ; dans ]>la pratique, c’est surtout ce dernier métal que l’on fait intervenir.
- Par exemple, pour nickeler de petites pièces métalliques, on commence par les décaper soigneusement, d’abord dans un bain de soude chaude, puis dans un autre acidulé par l’acide sulfurique. Dn les suspend alors au moyen d’un fil de zinc dans une solution
- chaude composée de :
- Chlorure de zinc liquide à 45° B . . 25o gr.
- Eau ordinaire....................1000 —
- Sulfate de nickel ammoniacal ... 3oo —
- Laisser en contact quelques heures de manière que le liquide soi-t saturé de sulfate de nickel, filtrer avant emploi.
- L’opération peut également se faire à froid, mais le séjour des objets dans le bain doit naturellement être plus prolongé.
- Dans le cas du nickelage du fer on se trouve bien au préalable de cuivrer légèrement de façon que la couche de nickel déposée ultérieurement soit plus adhérente. Ce cuivrage se réalise par simple immersion
- dans
- Eau ordinaire..................1000 c. c.
- Sulfate de cuivre............... i5 gr.
- Acide sulfurique.................. 5 —
- Après nickelage les pièces doivent être bien rincées et séchées à la sciure de bois chaude.
- M. A.-D.,-h Cormatin (Saone-et-Loire). — i° La préparation du fumier artificiel d’après le procédé usité en Angleterre se fait de la manière suivante : ;
- Former un tas de paillé de 3o cm de hauteur et le saupoudrer de chaux ou de carbonate de chaux finement pulvérisé, dans la proportion de 5o kg pour 1000 kg de paille; arroser légèrement et continuer a établir couches de paille et de chaux ou de carbonate de chaux et faire les arrosages, jusqu’à ce que le tas ait atteint une hauteur de'3 m., par exemple, mais on peut opérer sur des quantités moindres. Laisser au repos durant quatre ou cinq jours, puis arroser une deuxième fois. Au bout de deux jours, ajouter le sulfate d’ammoniaque àla dose de 87 kg 5 dissous daüs.aoo litres d’eau pour 1000 kg de paille. Faire un dernier arrosage pour que cet engrais azoté pénètre bien dans la masse.
- 2° Pour un carrelage en brique, la peinture employée habituellement est indiquée; un entrepreneur ferait ce travail dans de bonnes conditions.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Le relief de la terre, par Paul Soulier. i vol. in-8, 43a p., 68 lîg., 3 pl. Félix Alcan, Paris. Prix : 3o fr.
- En appliquant à l’étude du relief terrestre le principe d’évolution et les lois du hasard, l’auteur reprend les notions générales sur la forme du globe, analyse les structures, leur formation et leur érosion et aboutit à une série d’hypothèses neuves qu’il applique à la terre et à la lune : Contrastes de toutes sortes entre les domaines océaniques et continentaux; fixité et-diminution progressive des mers; extension des terres par foisonnement, érosion et accumulation des sédiments, d’où réalisation de bassins orogéniques circulai res à bords plus ou moins dentés.
- Les dunes du Golfe du Lion (Essai de géographie botanique), par Georges Kuhnholtz-Lordat. i vol. in-8, 307 p., 24 fig., 4 cartes et 3g photographies hors texte. Presses Universitaires de France, Paris.
- La côte montre partout un rapport étroit entre la vie végétale et les conditions du milieu, et les dunes sont l'exemple le plus vivant et le mieux étudié de ces équilibres variables avec les circonstances. L’auteur a choisi les dunes du Golfe du Lion, vaste étendue qui va de Collioure aux bouches du Rhône; il en définit la géologie et la géographie, les conditions météorologiques : vent, pluies, inondations, puis il analyse les divers faciès compris entre le rivage et les terres cultivées, il décrit les plantes qui fixent les dunes, celles qui colmatent les bas fonds (étangs, graus) et montre les passages entre la dune mobile, celle fixée par les oyats, les atterrissements et boisements. Cet essai de dynamique phytogéographique est basé sur une observation attentive et suivie dont font preuve de nombreuses photographies des aspects caractéristiques.
- Les fleurs de la Côte d'Azur (de Toulon à Menton), par Léon Marret. i vol. in-16, 428 p., 45o fig., i5 pl. en noir, 97 pl. en couleurs. Encyclopédie pratique du Naturaliste. Paul Lechevalier, Paris. Prix : cartonné toile, 40 francs.
- L’Encyclopédie pratique du naturaliste, commencée peu avant la guerre, en est à son 21e volume. L’auteur de celui-ci est déjà connu par ses études de flore alpine ; sa nouvelle œuvre est des plus précises, des plus intéressantes et des plus complètes. Après avoir caractérisé le climat général et les climats locaux de la Côte d’Azur, il examine la végétation sous-marine, la végétation côtière, les forêts, le maquis, les garrigues, les plantes des rochers, des sables, des vieux murs, des prairies, des ruisseaux, des talus, des haies, des décombres. Puis, il énumère les associations qu’on trouve dans les divers secteurs, de Toulon à la frontière italienne, et enfin les cultures acclimatées : fleurs, plantes à parfums, arbres fruitiers, primeurs, mûrier. C’est à la fois un guide très sûr et très aisé à consulter et une excellente monographie biogéographique.
- Cacao, poudre de cacao et farines composées alimen-mentaires avec et sans cacao, par Raoul Leooq, r vol. in-8, 180 p., 100 fig. Yigot frères. Paris. Prix: i5 francs.
- Manuel où l’on trouve tous les renseignements utiles sur le cacao : culture, récolte, sortes commerciales, conservation, nettoyage, sélection, torréfaction, concassage, triage, solubilisation, préparation des poudres et des composés, examen microscopique et analyses chimiques. Des tableaux de chiffres, de nombreuses figures complètent heureusement ce recueil.
- The Dinoflagellates of Northern Seas, par Marie V. Lebour, i vol, in-8, a5o p., 53 fig.. 35 pl. Marine biological Laboratory, Plymouth. Dulau and Co, London. Prix : relié ï2 sh. 6 d.
- Les Dinoflagellès ou Péridiniens sont de curieux
- protozoaires marins, pourvus de deux filaments mobiles, souvent enfermés dans une boite, la thèque, plus ou moins ornée, parfois nus comme les Nocti-luques. Leur rôle est important dans l’économie marine du fait de leur nombre. Ce livre est consacré a ceux de l’Atlantique nord européen, jusqu’aux côtes françaises. Il rappelle leur morphologie, leur biologie, explique les termes techniques qui pourraient gêner dans leur étude, puis décrit les formes connues ; de nombreuses figures et planches reproduisent leur aspect et le tout sera un guide précieux pour ceux que tenterait l’étude de ce groupe et pour les biologistes qui rencontrent ces formes dans leurs pèches planc-toniques.
- Tanne de France. 12. Diptères (Nématocères piqueurs) : Ptychopteridae, Orphnephilidae, Simuliidae, Culicidae, Psychodidae, Phlebotomiae, par E. Séguy. i vol. in-8, 109 p., 17g fig. Paul Lechevalier, Paris. Prix : i5 fr.
- 12e volume de l’excellente Faune de France, rédigé sur le même plan que les précédents et consacré à un groupe d insectes particulièrement important au point de vue de la parasitologie.
- Traité d hygiène (de Brouardel, Chantemesse, Mosny, L. Martin), h asc. XX : Epidémiologie, par les DIS Dopter et Vézeaux de Lavergnl, in-8, Paris, J.-B. Baillière, l<asc. XIX et XX. Epidémiologie, ire partie, 936 p. et 77 fig., 1925, prix, 90 francs. 20 partie, 900 p. et 102 fig., 1926, prix : 90 francs.
- Le fascicule XIX étudie d’abord les causes des maladies (conditions de réceptivité, rôles du sol, de 1 air, de 1 eau, du milieu humain, des animaux, des végétaux. Puis il décrit les caractères, l’étiologie, la prophylaxie, etc. : de la rougeole, rubéole, scarlatine, variole, varicelle, oreillons, suette milliaire, infection pneumococcique, infection streptococcique, coqueluche, grippe, méningite, poliomyélie, encéphalite, diphtérie, angine de Vincent, goitre.
- Le fascicule XX traite de l’infection tuberculeuse, la lèpre, la morve, l’infection charbonneuse humaine, la rage, les fièjres typhoïde, paratyphoïdes et leur vaccination préventive, les ictères épidémiques, la dysenterie, le choléra. C’est la mise au point complète de tous ces graves sujets. Il reste à publier 5 fascicules (volumes plutôt) sur 2.4 de cette monumentale encyclopédie de l’hygiène, répartie entre 63 collaborateurs.
- La Bretagne d'hier. 1. L’enchantement breton, par André Chevrillon. i vol. in-16, 235 p. Plon-Nourrit et Cle, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Voici, pour la nouvelle année, la i3° édition de ce chef-d’œuvre d’émotion et de vision de la Bretagne d hier. 11 dépeint les admirables paysages de Cornouailles ; la rivière de Quimper, la baie de la Forêt, Saint-Guénolé, Pont-l’Abbé, Douarnenez et sa baie, mêlant aux notes de couleurs et de formes la peinture des costumes, des mœurs, des idées de ce peuple breton, si loin de nous, si simple et si primitif. C’est, en un style admirable, avec un sentiment juste et fin, un des plus beaux tableaüx qu’on puisse lire de l’un des plus attachants coins de France,
- Quelques informations sur le Siam, par Henri Cuciie-rousset, 1 vol. in-4, 129 fig. et cartes. Eveil économique de l’Indochine, Hanoï. Prix : 1,20 £.
- Le Siam est étroitement accolé à l’Indochine française, qu il borde dans 1 ouest sur toute sa longueur. Des communications étroites vont s’établir entre les deux pays par le chemins de fer de Bangkok à Saigon et peut-être aussi celui de Hanoï à Bangkok. La famille royale siamoise est francophile. Toutes ces raisons nous obligent à connaître ce pays, riche d’ailleurs de sa civilisation autant que de ces terres tropicales. M. Cucherousset le présente d’ensemble, énumère ses richesses, figure ses aspects.
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- LÀ NÀTURë
- Supplément.
- N° 2?ÜS 6 Février 1926
- IgD
- INFORMATIONS
- QSL
- Les explosifs à oxygène liquide. — Nous complétons par les renseignements ci-dessous, que nous devons à l’obligeance de M. llerpin, l’information publiée sur ce sujet dans notre n° du 28 novembre.
- Les cartouches à l’oxygène liquide perdent leurs propriétés explosives au bout d’un temps limité après leur trempage et c’est la brièveté relative de leur vie utile qui a été l’un des principaux obstacles à leur application industrielle.
- A l’heure actuelle, il n’en est plus ainsi. La cartouche de 38 mm peut encore détoner 20 à 20 minutes après son trempage. Il faut toutefois noter qu’au bout de 10 à i5 minutes, l’apparition de l’oxyde de carbone dans les résidus de la combustion n’en permettrait pas l’usage dans les travaux souterrains.
- La même cartouche de 38 mm qui peut, sans inconvénient, être tirée, à ciel ouvert, 20 à 25 minutes après sa sortie de l’oxygène liquide, demande en galeries à être utilisée dans les 10 à i5 minutes quijjsuivent le trempage. Ce délai suffit-il dans les exploitations minières ?
- En travaux souterrains, l'expérience montre qu’il suflit d’une minute seulement au mineur moyen pour charger et bourrer un trou de mine. On voit donc que le délai de 10 à i5 minutes dont on dispose permet de tirer facilement 8 à 10 coups de mine en une même volée.
- Si le front de taille était assez large pour que deux volées lussent chargées en même temps, on pourrait tirer simultanément 18 à 20 coups tout en ne disposant pour les cartouches que de 12 minutes de vie utile.
- L’explosif à oxygène liquide est donc assez maniable pour que ses avantages puissent être utilisés dans la plupart des exploitations minières.
- L’application n’en a jamais été faite encore dans les houillères françaises : le grisou et les poussières y sont jusqu’à présent des obstacles trop sérieux ; mais il a été fréquemment employé pendant la guerre par les Allemands dans les charbonnages silésiens et, après des essais méthodiques, une houillère polonaise vient d’adopter dans ses exploitations une cartouche Weber approuvée par l’Administration des Mines Polonaises.
- Les avantages divers de l’explosif nouveau ont été fréquemment énumérés; la sécurité du transport et de l’emmagasinage, l’absence de fumée nocive après explosion, l’adaptation facile aux divers terrains, etc..., le font conseiller dans beaucoup de cas. Il faut toutefois prendre soin d’interdire au personnel le rechargement des trous ayant fait canon ou des culots. Les traces de matières en ignition qui demeurent assez souvent dans le fond des trous de mine ayant fait canon peuvent, en effet, rester en état de combustion lente pendant très longtemps. Cette combustion est susceptible de s’activer spontanément au contact de l’énorme quantité d’oxygène apportée par l’introduction d’une nouvelle cartouche imprégnée, ce qui risque de provoquer l’explosion prématurée de la nouvelle charge au moment même où le mineur procède à l’opération du bourrage.
- Telle est la seule précaution à prendre ; il suflit de la respecter scrupuleusement pour jouir/par ailleurs, des multiples avantages que le personnel ouvrier est le premier à connaître et à estimer.
- La plus haute chute exploitée de France. — La
- plus haute chute de France, actuellement équipée, est, dit la Journée Industrielle, celle du Bâton, affluent de la rive droite de la Romanche, dans les Alpes du Dauphiné. Elle a battu le record qui appartenait jusqu’ici à la chute de Fond-de-France, utilisant les lacs des Sept-Laux ( i o32 m. ;. La hauteur de chute utilisée sur le Bâton est de io38 m. Le Bâton prend sa source sur les pentes Est du massif de Belledonne à plus de 25oo m. et se précipite dans la Romanche près de Livet par la cascade du Bâton.
- Le ruisseau du Bâton a été dérivé à l’altitude de 1760 m. dans un tunnel de no3 m. de longueur entiè^-rement creusé à grande profondeur dans la roche et aboutissant à une chambre d’eau creusée à 3o m. de profondeur dans le roc. De là part une conduite forcée de i565 m. de longueur et de 545 mm de diamètre, elle est enterrée à 2 m. de profondeur. Les 200 derniers mètres de la conduite, en raison de F à-pic de la mon-
- tagne, sont posés dans une véritable cheminée, forée à 6iu dans le sol rocheux. L’usine elle-même est entièrement taillée dans le rocher. C’est une usine troglodyte, installée dans une véritable grotte artificielle et mise ainsi à l’abri des chutes de pierres fréquentes dans ces parages. Elle est équipée avec deux groupes turbo-alter-nateurs de 33oo ch. chacun. Aux basses eaux, l’usine de Bâton alimentera sur un nombre d’heures réduit le réseau de la ville de Grenoble. Aux hautes eaux, elle alimentera les fours électriques de l’usine Keller, de Livet et servira aussi, en parallèle avec l’énergie des haptes eaux de l’usine des Yernes, à alimenter une station de pompage, à l’ile balcon, au pied du lac Mort (lac de Lafïrey). Cette station de 4800 ch. de groupes moteur-pompes réversibles permettra de remplir la réserve de 4 5oo 000 m3 du lac Mort surélevé de 2 m. 3o, en vue de l’utilisation de cette réserve pendant les mois d’étiage de la Romanche et du Bâton.
- Balancier harmonique pour l’équilibrage des moteurs à explosion. — Tout le monde connaît les diffi-
- cultés d’équilibrage des moteurs à explosion. Elles sont dues aux irrégularités du couple moteur dans chaque cylindre et aux effets d’inertie, dus au mouvement alternatif des pistons et aux mouvements oscillants des bielles. On remédie en partie à ces inconvénients en multipliant le nombre des cylindres et en fixant sur des parties convenables du vilebrequin des pièces additionnelles dites contrepoids^ Mais on ne peut obtenir ainsi un équilibrage théoriquement parfait et il subsiste des efforts de déséquilibre, qui provoquent des vibrations de fréquence élevée dans l’arbre moteur et son bâti. Elles se transmettent en partie au ehâssis. Elles sont désagréables pour les passagers et à la longue elles provoquent l’usure et la détérioration du moteur et de la voiture.
- Ces vibrations sont particulièrement dangereuses à certaines vitesses, dites critiques, pour lesquelles se produisent des effets de résonance.
- La’General Motors Corporation, organe d’études d’un grand nombre de sociétés automobiles américaines, vient de perfectionner l’équilibrage des moteurs en créant un organe qui a reçu le nom de balancier harmonique et dont le but est de neutraliser les vibrations du vilebrequin.
- C’est un appareil d’une simplicité extrême. Il est formé d’une barre légère d’acier qui pivote sur le vilebrequin, lequel traverse la barre au centre. La barre est maintenue sur le vilebrequin au moyen de ressorts rigides. Le poids de l’appareil ainsi que la rigidité des ressorts sont calculés de manière que le balancier harmonique ait une fréquence de vibration naturelle identique à celle du vilebrequin ordinaire.
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- INFORMATIONS
- Par suite, lorsque le vilebrequin tourne et vibre, le balancier harmonique vibre avec la même cadence, mais en sens inverse. Les vibrations du balancier contrarient donc et neutralisent les vibrations du vilebrequin.
- L’organe une fois installé ne nécessite aucun réglage. Il est efficace à toutes les vitesses et il accomplit sa besogne sans bruit. Il en résulte une plus grande douceur de fonctionnement du moteur et la suppression d’une grande part d’efforts nuisibles. E.-H. Weiss.
- Un sauvetage difficile. — Le Journal de la Marine marchande publie le récit qu’il a reçu de M. Ibrahim bey relatif au sauvetage de iooooo livres sterling en pièces d’or qui se trouvaient dans les cales du Yasaka Marie, torpillé pendant la guerre et coulé par 60 m. de fond à une soixantaine de milles de Port-Saïd.
- Ce sauvetage fut entrepris par une société japonaise, le Japan Deep Sea Salvage Office, avec des moyens matériels extrêmement réduits, simplement au moyen de plongeurs entraînés munis d’un appareil respiratoire spécial. Cette société avait déjà effectué au Japon le repêchage des ancres du courrier Paul Lecat par 60 brasses de fond.
- Le directeur de l’entreprise arriva à Port-Saïd aveG six plongeurs japonais entraînés et se procura sur place deux petits vapeurs de 145 et 5o tonnes. Un dragage détermina la position de l’épave sur laquelle fut mouillée une bouée. Le 20 juin, les plongées commencèrent; l’opération fut terminée le 8 août. Des 6 plongeurs, un était mort, trois étaient à l’hôpital, dangereusement malades, les deux derniers avaient tenu jusqu’au bout.
- Ces plongeurs portaient un masque couvrant le nez, les yeux et les oreilles, muni d’un viseur en verre et d’un tube par lequel on envoyait l’air de la surface. Dans la bouche, il tenait une valve pour évacuer Pair en surpression. A la ceinture, une corde serrée permettait de les remonter et un anneau de plomb facilitait la descente. C’est avec ce seul équipement que ces hommes descendirent à 60 m. ! Ils atteignaient le fond en 2 minutes, travaillaient 10 et remontaient en 3 minutes 1/2.
- Ils reconnurent l’épave, puis la chambre des valeurs, y pénétrèrent, retrouvèrent les caisses d’or, les arrimèrent. Les petits vapeurs firent le reste.
- C’est là, certainement, le sauvetage le plus économique et le plus extraordinaire qu’on ait vu; il dépasse les limites de plongée habituellement pratiquées et considérées comme compatibles avec la vie. Il est vrai que les accidents de 4 des 6 plongeurs indiquent qu’on avait atteint la limite, si même elle ne fut pas dépassée.
- Création d’un centre de documentation chimique à Paris. — M. Daniel-Vincent, ministre du Commerce et de l’Industrie, assisté de M. l’Intendant Pineau, directeur de l’Office national des Combustibles liquides et de M. Coville, directeur de l’Enseignement supérieur au Ministère de l’Instruction publique, a présidé une conférence interministérielle chargée d'examiner les conditions dans lesquelles pourrait être organisé à Paris un centre national et international de documentation chimique.
- Au cours de cette conférence, à laquelle assistaient les délégués des principaux ministères et services publics intéressés, MM. Behal et Gabriel Bertrand, membres de l’Institut, ont exposé les grandes lignes dû projet élaboré à ce sujet par la Fédération nationale des Associations de chimie de France. Ce projet doit faire l’objet d'études qui vont être activement poursuivies au Ministère du Commerce.
- *l> Nouveautés de T. S. T. ^
- Modifications apportées aux signaux. Signaux horaires automatiques internationaux. — Les 3 traits qui sont émis actuellement à la fin de chacune des minutes seront remplacés par 6 points, dont le commencement tombera aux secondes 55, 56, 57, 58, 59 et 60 et de telle sorte que le début du dernier point de chacune des 3 séries de points donnera en heures de temps moyen de Greenwich :
- 1 Soit : 07 h. 58, 19 hv 58, 09 h. 28;
- ' Soit : 07 h. 59, -19 h. 59, 09 h. 29;
- Soit.: 08 h. 00, 20 h. 00, 09 h. 3o ; suivant l’émission considérée et le signal préliminaire.
- Les signaux horaires des stations françaises. — Ainsi que nous l’avons indiqué, de très-importants changements ont eu lieu à partir du ior janvier 1926 dans l’ho-
- raire des signaux scientifiques et horaires des stations françaises. A la demande de nombreux lecteurs, nous donnons ci-dessous le tableau complet actuel de ces signaux.
- A dater du ier janvier 1926, la station de Lyon, la Doua (YN), n’émettra plus aucun signal horaire. Les stations de Croix d’Hins (LY) et de la Tour Eiffel (FL) assureront, seules, .ce service avec l’horaire ci-dessous :
- Nature des émissions.
- Heures T. M. G. 7h 56 5 à
- Posles
- émetteurs.
- Caractéristiques
- techniques.
- ll 00 Signaux automatiques internationaux.
- Croix d’Hins
- 81’ 01 à 81* 06 Signaux horaires scientif.
- (rythmés)
- 8ho6, o5 à 8ho8 Envoi des h. Tour Eiffel des signaux rythmés émis parCroixd’Hins,
- 24 h. avant '
- 9h26,'o5 à 9h3o SigDaux au- TourEiffel tomatiques internationaux
- iq'YG, o5 à 2ohoo Signaux au- Croix d’Hins tomatiques internationaux
- 20ho i à 2o''o6 Signaux horaires scientif.
- (rythmés)
- 2oho6, o5 à 20ho8 Envoi des h. Tour Eiffel des signaux rythmés émis parCroixd’Hins,
- 24 h. avant
- 45
- 10 900“ entretenues arc ou alternateur
- 265om étincelles, 75™ entretenues lampes 32™ entretenues lampes 2(35om étincelles
- 18 900” entretenues arc ou alternateur
- 75"’ entretenues lampes 32™ entretenues lampes 265o'u étincelles
- Signaux semi- Tour Eiffel automatiques, tops à 22h. 45,
- 22 h. 47 et22 h. 40
- Notes. — 1" Les émissions de FL à g h. 3o et 22 h. 45 seront supprimées dans 3 ou 4 mois. Les émissions à étincelles de la Tour Eiffel pourront être remplacées prochainement par des émissions à ondes entretenues modulées. A ce moment, la Tour Eiffel enverra aussi les signaux horaires de 19 h. 57 à 22 h. 0.0 sur i65o m. de longueur d’onde (entretenues modulées).
- 20 Après quelques mois d’essais, une des deux émissions à ondes très courtes (jS m. et 3î m.) sera supprimée, la meilleure des deux choisie par expérience et, ’ après avis des intéressés, étant seule conservée.
- Signaux horaires scientifiques (battements rythmés). — L’intervalle des battements sera réglé de manière qu’il y ait 61 battements en 60 secondes de temps moyen.
- Les battements nts 1, 62, vj.3, 184, 245 et 3o6 seront constitués par des traits d’une durée de 0,4 seconde environ. Les débuts de deux traits consécutifs seront donc exactement espacés d’une minute de temps moyen.
- L’émission sera réglée detelle sorte que les débuts de ces traits tombent aux heures exactes (T. M. G.) ci-après :
- 08 h. 01 m. o s.; 20 h. 01 m. o s.
- 08 h. o3 m. o s. ; 20 h. o3 m. o s.
- 08 h. o5 m. o s.; 20 h. o5 m. o s.
- 08 h. 02 m. o s. ; 20 h. 02 m. o s.
- 08 h. 04 m. o s.; 20 h. 04 m. o s.
- 08 h. 06 m. 0 s.; 20 h. 06 m. o s.
- Les traits sont destinés à rendre plus faciles l’application et la méthode des coïncidences ainsi que les mesurés des enregistrements des signaux. Ils permettront également d’utiliser éventuellement dans certains cas les signaux scientifiques comme signaux ordinaires.
- L’heure en temps moyen de Greenwich extrapolée des signaux 1 et 3o6 (début) sera transmise lentement et répétée trois fois dans les conditions suivantes :
- Si le signal considéré 1 ou 3o6 a été passé en retard de o s. 14 par exemple, on transmettra la seconde et fraction de seconde du retard, c’est-à-dire, dans l’exemple considéré, les 3 chiffres : 014. Si, au contraire, le signal a été passé trop tôt, de ô s. 09 par exemple, on transmettra le complément, c’est-à-dire les 3 chiffres 991.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> 'Electricité -r*
- Phonographe électrique L. Rosengart. — La particularité essentielle de cet appareil réside dans le moteur. On sait qu'un phonographe doit tourner à une vitesse rigoureusement constante, d’où nécessité d’avoir des régulateurs mécaniques et des systèmes de freinage spéciaux de prix très élevés, de construction délicate.
- Fig. i. — Phonographe électrique L. Rosengart.
- Le moteur électrique utilisé sur le phonographe L. R. ne comporte ni régulateur d’aucune sorte, électrique ou mécanique, ni charbon, ni balai, ni pièce susceptible d’usure. 11 est du type synchrone. On sait qu’un moteur synchrone est un moteur à vitesse constante quelle que soit la tension de la ligne d’alimentation.
- Les variations de tension sont nombreuses sur les lignes des particuliers; elles sont dues en général aux. variations de charge inévitables de la ligne distributrice.
- Un voisin met en marche un moteur, allume 4 ou 5 lampes, met en marche un autre moteur, éteint ses lampes ou fait fonctionner l’ascenseur, tous ces gestes représentent autant de variations de tension qu’un appareil de précision doit corriger sur le phonographe si l’on ne veut pas en être réduit à entendre une musique fausse et désagréable ; les Etablissements L. Rosengart ont été ainsi amenés à adapter à l’entraînement du phonographe leur petit moteur « alternacycle » bien connu des cyclistes.
- Ce moteur est à 6 pôles et tourne donc à 100® tours exactement sur un réseau de 5o périodes et à 840 t/m sur un réseau de 42 périodes. Il fonctionne sous une tension de 4 volts et sa consommation est de 1 ampère. Un transformateur spécial abaisse la tension du réseau et permet ainsi de le brancher sur n’importe quelle prise de courant de lumière. L’Alternacycle ne fonctionne exclusivement que sur le courant alternatif, de fréquence du reste quelconque.
- La fréquence du courant de secteur est réglée par le réseau distributeur au moyen d’appareils de très grande précision et elle ne peut, de ce fait, varier. Un moteur synchrone branché sur le réseau a une vitesse de rotation, en conséquence, rigoureusement constante.
- L’adaptation du moteur synchrone au phonographe exige encore certaines conditions à remplir.
- i° Facilité de démarrage, puisqu'on sait qu’un moteur synchrone ne démarre pas tout seul, il faut le lancer, c’est-à-dire l’amener par un procédé quelconque à sa vitesse de régime.
- a0 Rapport de vitesses. Les disques phonographiques sont joués à environ 80 à 100 tours à la minute.
- 3“ Variations de vitesses du disque; certains disques doivent être joués plus vite que certains autres. Il faut donc permettre le réglage de la vitesse.
- Ces problèmes ont été résolus d’une façon simple en réalisant l’entraînement du disque phonographique par friction.
- Une poulie de diamètre convenable, calculée suivant la fréquence duTeseau et montée sur l’arbre du moteur électrique, attaque un plateau porte-disque de diamètre suffisant en rapport avec la vitesse du moteur et celle du disque.
- Les variations de vitesses sont obtenues en faisant varier le rapport d’entraînement; plus on rapproche la poulie motrice du centre du plateau, plus celui-ci tournera vite et inversement.
- Cette manœuvre s’effectue au moyen d’un simple bouton moleté fixé sur le châssis porte-moteur, lequel entraîne une vis à pas métrique très lent et permet ainsi d’obtenir avec une facilité exemplaire toutes les vitesses comprises entre 60 et 100 t/m du disque.
- Le démarrage du moteur s’obtient en faisant tourner avec le doigt, comme l’indique la figure, le plateau porte-disque, la poulie du moteur étant en contact sur le plateau. Le plateau étant ainsi amené à environ 100 t/m continuera de tourner tout seul.
- Pour arrêter, il n’est pas nécessaire de couper le courant, il suffit simplement de freiner légèrement avec le doigt le plateau porte-disque, ce qui provoque le décrochage du moteur.
- Constructeur : L. Rosengart, 11, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Fig. 2.
- Bouchon
- Récipient contenant l’eau salée et son bouchon.
- Petit allumoir électrique. — Les allumoirs électriques branchés sur le courant 110 volts font intervenir une résistance entre le secteur et les deux barres sur lesquelles on fait court-circuit avec le frotteur.
- On peut constituer assez simplement un appareil de ce genre en utilisant comme résistance soit une lampe à filaments de carbone, soit une petite résistance liquide. Le montage avec la lampe n’offre rien de particulier, c est celui que l’on pratique lorsqu’on veut installer une sonnerie trem -bleuse alimentée par le courant 1 xo volts.
- Il faut bien entendu dans ce cas prendre des précautions particulières pour l’isolement des conducteurs.
- Si au contraire on choisit une résistance liquide, on peut la constituer très
- simplement en se servant d’un petit pot en grès ou en verre, genre pot à moutarde par exemple. Le bouchon qui s’adapte au pot est percé de deux trous dans lesquels on introduit deux tiges de fer.
- Il est bon, pour plus de sécurité, sans que cela soit absolument obligatoire, de tremper le bouchon dans la paraffine fondue.
- Le pot est rempli presque complètement d’une solution d’eau salée à raison d’une cuillerée à café ordinaire de sel pour 100 cm3 d’eau. Les deux électrodes de fer plongeant dans l’eau salée constituent une résistance qui sera montée en série entre le secteur et l’une des barrettes.
- Les barrettes seront constituées simplement par des plaquettes de laiton qui seront entaillées à la lime de manière à former des dents de scie. On peut d’ailleurs se contenter d’entailler une seule des barrettes.
- Elles sont disposées parallèlement sur un grand socle de bois portant également la résistance liquide fixée par un collier.^.La barrette qui n’est pas réunie à la résistance liquide communique avec l’autx’e fil du secteur. Il est bon d’ailleurs d intercaler des fusibles sur la prise du secteur.
- 11 ne reste plus qu’à établir le réservoir d’essence. Il sera formé d’un tube de verre, par exemple un tube de comprimés d’aspirine. Le bouchon de ce tube est percé d’un trou de manière à être traversé par un petit tube de cuivre contenant à l’intérieur une mèche de "lampe
- Fig. 3. — Tube contenant l’essence et le tube muni de sa mèche.
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- %é
- SCIENCE APPLIQUEE
- ordinaire à essence ou bien une petite tresse d’amiante. Normalement, le bouchon garni du tube obture le tube de verre contenant dans le fond une petite quantité d’essence. Lorsqu’on veut se servir de l’appareil, on serre le
- I u0
- * volts ' | Fusibles
- Fig. 4. — Montage de l’allumoir électrique.
- tube et on frotte la pointe entre deux barrettes de laiton. Les étincelles produites enflamment la mèche imbibée d’essence. On aura des étincelles d’autant plus fortes que la solution saline placée dans le pot sera plus ou moins concentrée et par conséquent sera plus ou moins bonne conductrice.
- On peut naturellement remplacer les divers récipients dont nous nous sommes servis par d’autres plus appropriés ou moins encombrants, en tout cas le principe reste le même.
- Dessin
- Procédé de reproduction « Buri » de plans, gravures, photos, etc. — Ce procédé récent, très simple, rapide et peu coûteux, ne comportant que trois opérations : copie, saupoudrage et séchage, permet de reproduire non seulement en traits, mais en demi-teinte et en toutes couleurs, plans, gravures, photos, etc., et cela sans appareil, simplement par saupoudrage des épreuves à la gélatine bichromatée.
- Voici son mode d’emploi :
- Sensibilisation. —- Faire dissoudre 20 à 3o gr. de bichromate de potassium dans 1 litre d’eau froide ; couper une feuille de papier et la tremper pendant 1 ou a minutes dans le bain en ayant soin d’agiter. Sec, le papier est sensible à la lumière et se conserve durant uné semaine ; préparé et non utilisé, il peut être lavé à l’eau froide et resensibilisé par la suite une seconde fois.
- Exposition. — On peut opérer aussi bien à la lumière du jour qu’à celle de l’électricité. Le papier bichromaté est placé au châssis-presse en évitant toutefois de trop l’exposer à la lumière. La venue de l’image peut parfaitement être suivie au châssis; on s'arrête quand les détails sont visibles (10 secondes à 10 minutes selon la lumière). Une exposition trop courte rend la copie douce; trop longue on perd des demi-teintes.
- Relief. — Pour obtenir le relief indispensable à l’adhérence des couleurs, on laisse tremper l’épreuve de 1 à 5 minutes dans de l’eau tiède à 3o-4o° selon la durée de l’exposition. La feuille légèrement égouttée est étendue bien à plat sur une table propre et unie, et on enlève l’excès d’eau par tamponnement rapide avec un linge doux. -
- Mise en couleur. — Le relief humide est saupoudré avec l’un des colorants spéciaux; on répartit ensuite la poussière colorante sur l’image en la balayant légèrement au moyen d’un tampon d’ouate ou d’un pinceau. Les demi-teintes et finalement les blancs apparaissent sous le passage renouvelé du tampon fréquemment retourné pour enlever l’excès de colorant.
- gi, du premier coup, l’effet désiré n’est pas obtenu,
- il est bon de renouveler l’opération en adaptant la température du bain d’eau tiède au genre d’image à reproduire, en notant toutefois qu’une eau plus chaude donne un relief plus fort et des images plus dures. Le pigment partant facilement dans l’eau tiède, il est possible de l’enlever pour le remplacer par une autre teinte; cette opération est si aisée qu’on peut la renouveler autant de fois qu’il est nécessaire; ainsi pour un dessin au trait, on peut l’effectuer jusqu’à 10 fois sans que l’image s’en ressente. Les retouches peuvent être facilement faites en travaillant les parties à éclaircir au moyen d’un tampon d’ouate ou d’un pinceau humide. On termine tout ce travail par un bain rapide dans de l’eau froide. L’image sèche est inaltérable et d’une vigueur remarquable; elle peut être, au besoin, recouverte d’une couche de laque.
- Ce procédé est donc intéressant pour les artistes, architectes, ingénieurs; également pour les amateurs désireux d’avoir la reproduction d’une gravure ou d’illustrer une étude.
- Fabricant : Etablissements H. Morin, 11, rueDulong, Paris (XVII0).
- *t> Objets utiles
- Pour suspendre un seau à un robinet. — On
- éprouve souvent bien des difficultés lorsqu’on veut remplir un seau, qu’il est nécessaire de fixer à un robinet; par exemple si celui-ci se trouve placé à une hauteur trop grande au-dessus du sol ou du plancher et que le remplissage du seau occasionne des éclaboussures.
- On peut agencer au moyen de fil de fer robuste un dispositif de suspension pour l’anse du seau. Cette monture se compose de deux parties : l'une repliée en forme d’X qui se termine à une extrémité par un bec et à l’autre par deux œils terminant chaque branche. L’autre pièce est seulement destinée à arc-bouter la monture sur le corps du robinet, c’est une pièce en forme d’IJ qui comporte également deux œils.
- On place la monture sur le robinet et on la maintient solidement au moyen d’un boulon avec écrou qui passe dans les quatre œils des extrémités du fil de fer.
- La longueur du dispositif a été prévue de manière que le crochet se trouve à peu près à l’aplomb du bec du robinet, de sorte que le seau est placé en bonne position pour se remplir sans inconvénient.
- Il faut, bien entendu, utiliser du fil de fer d’assez
- — Suspension d’un seau à? un robinet.
- forte section et si l’on veut opérer proprement, il esj presque obligatoire de réaliser le coudage du fil à chaud. Pour rendre ce travail plus facile, on peut préparer à l’avance, en fil de fer de petite section, une sorte de modèle ou gabarit qui évitera tous les tâtonnements dans la fabrication définitive,
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- VARIETES
- PRODUCTION ÉCONOMIQUE DE LA MORILLE
- Par sa forme particulière, la morille ne peut être confondue avec un autre champignon.
- Toutes les variétés de morille sont parfaitement alimentaires.
- Le chapeau de la morille présente l’aspect d’une éponge grossière, avec des cavités irrégulières et enchevêtrées, de couleur blonde, grise, fauve, brune ou noire. Ce chapeau est porté par un pied tubulaire blanc, irrégulier, sortant à peine de terre, ou s’élevant de quelques centimètres pour traverser parfois un lit de mousse ou de feuilles.
- I. Culture. — La morille devant être consommée fraîche, il y a intérêt à produire, près des centres populeux, ce champignon, rare sur les marchés. On peut récolter des morilles dans les champs, mais pour cela, il ;faut s’astreindre à de longs parcours, et avoir des indications précises sur les lieux où l’on peut trouver ce champignon.
- Par une culture toute spéciale, il est possible de récolter, du i5 avril au iS mai, des morilles dans toute leur fraîcheur, condition essentielle de leur qualité.
- La question intéresse donc les cultivateurs-maraîchers de même que les amateurs qui, dans un jardin potager, peuvent disposer d’une petite étendue de terrain, ne serait-ce que de quelques mètres de plate-bande ou de costière.
- On peut produire la morille par la méthode, très simple, quoique spéciale, dont voici les caractéristiques :
- Comme base de culture, on opère, par exemple, sur une plate-bande d’artichauts ou dans une plantation de topinambours. Toutefois, nous observons que le topinambour présente l’inconvénient d'avoir des racines trop longues, pénétrant trop profondément dans le sol.
- Lorsque le terrain est sec, on l’arrose plusieurs fois, pendant l’été, avec de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre du salpêtre, à raison d’une poignée pour un grand arrosoir. Le salpêtre (nitrate de potasse) est nécessaire pour la production de la morille comme pour celle du champignon de couche.
- Le terrain étant bien préparé, on y répand ensuite des morilles fraîches, préférables aux morilles sèches. Huit ou dix morilles suffisent pour trente ou quarante mètres de terrain.
- En automne, avant de couvrir les artichauts, on répand uniformément autour des pieds, et sur une épaisseur d’un centimètre environ, du marc de pommes provenant de la fabrication du cidre; on étend ce marc en l’égalisant avec un râteau, puis on laisse en repos pendant une ou deux semaines, après quoi on recouvre non pas d’engrais, ni de paille, mais avec une couverture de feuilles sèches, en excluant les larges feuilles, telles que les feuilles de platane.
- Cette couverture est maintenue par des branchages afin qu’elle ne soit pas enlevée par le vent.
- Au commencement du mois d’avril de l’année suivante, on enlève les branchages et une partie des feuilles, tout
- en laissant suffisamment de couverture pour entretenir une légère humidité. On voit alors les morilles apparaître vers le i5 avril, la production dure jusqu’au i5 ou au 20 mai.
- II. Récolte. — La récolte des morilles doit se faire quand elles ont atteint une grosseur moyenne.
- La production pourrait être prolongée en arrosant avec de l’eau salpêtrée ou en abritant le terrain avec des toiles humides, placées à 20 ou 3o cm au-dessus du sol; du moins il est facile d’essayer d’augmenter la production en ayant recours à cette sorte de « forçage ».
- Chaque année, la couverture de marc de pommes et de« feuilles sèches doit être renouvelée. Durant plusieurs années, la production devient de plus en plus abondante.
- Dans une plantation d’artichauts de 6 m. de longueur sur 1 m. 60 de largeur, on a récolté 3oo morilles par ce mode de culture économique.
- III. Conservation et consommation. — Quand les produits sont abondants, on peut prolonger leur durée pendant quelques jours en les mettant dans des pots à fleurs et en les recouvrant de sable ou de sciure de bois. Un autre moyen, tout aussi simple, c’est de les essuyer avec un linge très fin, de les envelopper dans une serviette de toile assez fine et de les conserver dans un endroit sec à l’abri des courants d’air.
- Pour conserver les morilles pendant plusieurs mois,-comme les champignons de couche (agaric comestible), il faut les faire sauter au beurre; après avoir éliminé l’eau qui en provient, on les inet dans une demi-gelée de viande et on les met dans des pots de faïence. Les pots à confitures conviennent très bien pour cet usage. Les morilles ainsi rangées, on les couvre de graisse fondue, puis on range les pots dans un endroit frais, pour puiser à la conserve suivant les besoins de la consommation.
- La préparation culinaire des morilles est aussi simple que celle des champignons de couche. On les lave d’abord avec soin, pour les débarrasser de la terre et des graviers qui auraient pu s’introduire dans leurs cavités, puis on les épluche et on les accommode en les faisant cuire avec un morceau de beurre et de la farine ; on ajoute un bouquet de persil et une ciboule; on passe sur le feu et, en ajoutant un peu de farine, on mouille avec de l’eau chaude. On sale ou on saupoudre avec un peu de sucre, selon préférence. Après cuisson et quand la sauce est complètement réduite, on met une liaison de jaunes d’œufs et de crème. Ce ragoût est servi sur un plat au fond duquel on a mis des croûtes de pain frites dans du beurre.
- Les morilles se prêtent à la conserve en boîtes, comme les cèpes. Elles peuvent remplacer les truffes dans les œufs brouillés.
- La culture de la morille est plus simple que celle de l’agaric champêtre, qui exige l’emploi du fumier de cheval, préparé d’une façon spéciale, et, conséquemment, plus de main-d’œuvre et de soins culturaux.
- Henri Blin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- La soudure des camelots. — Qui de nous n’a vu cet opérateur en plein vent, lequel, prenant une vieille casserole ou un vieux seau, chauffait simplement la fissure à reboucher au-dessus d’une bougie et appliquait ensuite un bâton de soudure brillante d’un blanc argenté; celle-ci, malgré la faible température, fondait immédiatement et rebouchait le trou, sans intervention d’aucun décapant.
- A titre de curiosité, nous avons effectué l’analyse du produit et constaté qu’il avait la composition suivante :
- Soufre.................. 93,70 pour 100
- Limaille d’aluminium . . (5,3o —
- 100,00 —
- En réalité, il s’agit donc essentiellement de soufre, dont le point de fusion très bas ( 1140 G.) permet une
- liquéfaction facile. Sur les bords de l’ouverture, le soufre se combine au fer en donnant du sulfure de fer très adhérent; quant à l’aluminium, en même temps qu’il donne à la soudure un aspect métallique agréable, il lui donne du corps et rend le soufre moins fragile.
- En résumé, la formule est à retenir puisqu’elle permet de prolonger le service d’ustensiles qui autrement seraient mis au rebut, mais bien entendu on ne doit y mettre que de l’eau froide, car, si l’on venait à chauffer, la température d’ébullition de l’eau étant trop voisine du point de fusion du soufre, il y aurait à craindre un ramollissement de ce dernier et la libération de l’ouverture, au grand dommage du contenu du récipient qui se répandrait aussitôt. Laboratoire de « La Nature »,
- Le sucre tiré ou sucre d’orge des forains. — Ce
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- sucre d'orge était autrefois entièrement préparé sous les yeux du public qui en suivait attentivement la fabrication, pendant qu’un boniment toujours intéressant charmait les loisirs de l’attente. Aujourd’hui la plupart des forains effectuent l’opération principale dans un réduit placé en arrière de la boutique et ce n’est qu’au moment où la pâte est à point qu’ils viennent la planter dans un crochet sur lequel elle est étirée devant les amateurs grands et petits.
- Pour ceux qui n’ont pu pénétrer dans le « laboratoire », voici la recette de cette préparation qui dorénavant ne sera plus pour eux un secret de métier :
- Dans 2 litres d’eau, on introduit 3 kg de sucre blanc, on fait bouillir, écume, puis ajoute 750 gr. de glucose et couvre pour empêcher l’évaporation jusqu’à dissolution complète. Cela fait, on enlève le couvercle et cuit au petit cassé ; plus la cuisson sera brève, plus le produit final sera blanc.
- On se rend compte que le sirop est à point par sa température d’ébullition qui doit être de i35° C. A ce moment, si après avoir mouillé le doigt on le trempe dans le sirop et aussitôt après dans l’eau pour en détacher le sucre, la boule formée par roulage entre les doigts, étant lancée sur le sol carrelé, doit se casser en se déformant, c’est l'épreuve du petit cassé; si la boule était assez dure pour se briser sans se déformer ce serait le grand cassé.
- La masse chaude est alors versée sur un marbre huilé d’avance, on laisse reposer quelques instants et l’on y met essence et couleur que l’on incorpore au moyen d’une palette en bois; quand le mélange est bien fait, on jette la pâte sur le crochet, puis on l’étire en ramenant constamment l’extrémité retenue dans la main sur ce crochet, cela pendant que la pâte est encore chaude. De temps à autre l’opérateur frotte ses mains avec du talc afin d’éviter que ce sucre chaud n’y adhère et ne le brûle.
- Lorsque la pâte a perdu toute transparence, le sucre doit avoir un beau reflet brillant, on l’étire alors en petits boudins de la grosseur voulue que l’on coupe avec des ciseaux dont les branches ont été légèrement graissées, un morceau de papier enveloppe l’extrémité et l’agréable marchandise est livrée aux gourmands qui s’en régalent.
- Pommade raisin pour les lèvres. — Bien que le raisin n’entre plus en aucune façon dans leur préparation, les pommades pour les lèvres sont encore souvent désignées sous le nom de raisin. A l’origine, le produit se fabriquait ainsi, ce qui en justifie l’appellation. Prendre :
- Beurre frais.......................a5o gr.
- Cire d’abeilles....................ia5 —
- Orcanette.......................... 3o —
- Grains de raisin noir............... 3 grappes.
- Mettre le tout dans un poêlon neuf verni et faire
- bouillir jusqu’à consistance de sirop épais, passer encore chaud dans us linge et exprimer.
- Cette préparation des plus simples devait très probablement son efficacité à la présence du tanin apporté par les pépins, lequel agissant comme astringent permettait une rapide cicatrisation des gerçures en même temps que la cire et les corps gras (beurre et huile des pépins) jouaient un rôle protecteur.
- Conservation des chambres à air en bon état. —
- On admet généralement que le durcissement des articles manufacturés est dû à une continuation de vulcanisation, c’est-à-dire que le soufre, resté libre lors de la fabrication, se fixe peu à peu sous forme de combinaisons sulfurées. L’intervention de la chaleur, au contraire, dépolymérise partiellement ces combinaisons, lorsqu’elles sont encore peu stables; c’est pourquoi if est d’une bonne pratique de tremper une fois par mois, après les avoir gonflées, les chambres à air dans de l’eau chauffée à 5o° C. environ, en prolongeant le bain pendant au moins un quart d’heure. Ce procédé, employé paraît-il couramment en Amérique, retarde le durcissement et permet de conserver le caoutchouc longtemps souple et en bon état.
- Noircissement des timbres-poste de collections.
- — Les timbres-poste de certains pays étrangers, par exemple du Portugal, sont parfois tirés sur un papier « couché » au blanc de céruse, il en résulte que ces papiers noircissent au voisinage d’émanations sulfurées et que les vignettes disparaissent dans le fond noir de sulfure de plomb.
- Un moyen très simple permet de restituer aux timbres leur blancheur primitive : il suffit pour cela de les plonger quelques minutes dans de l’eau oxygénée additionnée d'une trace d’ammoniaque (alcali volatil). Le sulfure de plomb se trouve ainsi peroxydé et transformé en sulfate de plomb blanc, on rince à l’eau pure et la pièce peut alors figurer honorablement dans la collection, sans avoir été en rien modifiée dans ses caractéristiques, en particulier son oblitération.
- Procédé pour teindre le liège dans toute son épaisseur. — Un brevet pris par Badische Anilin und Soda Fabrik pour la teinture du liège comporte le procédé suivant :
- On emploie des colorants dissous dans les solvants organiques, à l’exception de l’alcool.
- On utilise, par exemple, une solution de brun typo-phore F. R. dans le xylol, pour teindre du liège en morceaux ou des déchets de liège, en opérant à température ordinaire ou élevée.
- L’emploi de solvants organiques empêche le gonflement du liège et permet au bain de teinture de pénétrer dans les pores.
- Le liège à teindre est employé tel quel ou bien on le traite préalablement par la vapeur. H. B,
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — A propos du paquebot d’Arta-gnan (Voir n° 2695, 28 novembre 1925). — Un de nos lecteurs, M. Le Pontois, de Vannes, nous signale avec raison dans cet article tout d’abord une faute d’orthographe, ou plutôt une coquille qui a échappé aux correcteurs, puis une impropriété de termes à propos de l’emploi du mot « tonne ».
- (c 1" Mettons deux coquilles! Il s’agit du maître couple et du maître creux et non du mètre couple et du mè,tre creux. Le premier terme, maître couple, est courant quoique lorsque l’on parle de largeur on emploie plutôt maître base ; quant à maîtré creux, qui se comprend,.c’est la première fois que je le rencontre,
- « 20 La seconde impropriété a plus d’importance. Vous écrivez : « Jauge brute totale 14 663 tonnes. » Ce n’est pas tonnes qu’il faut écrire, mais tonneaux. La tonne est une unité de poids (1000 kg pour la tonne française). Or la jauge exprime un volume et non pas ixn poids et dans ce cas spécial, de jauge, l’unité de volume est le tonneau qui est égal à 100 pieds cubes anglais, soit 2 m3 837.
- « La jauge brute d’un navire est le volume total enclos par la coque et les superstructures fermées.
- « La jauge nette est le volume utilisable, pourrait-on dire, du navire, c’est la jauge brute de laquelle on déduit entre autres les volumes occupés par la chambre des machines, la chambre de chauffe, les soutes, les logements de l’équipage, etc., etc.
- « La jauge n’intervient que pour les navires de commerce (aussi pour les yachts, mais là... c’est une autre histoire!), pour les navires de guerre on ne parle que du déplacement qui est égal au poids et s’exprime en tonnes.
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- BOITE AUX LETTRES
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- « Cette confusion des tonneaux de jauge et des tonnes de déplacement date de loin et Duhamel du Monceau, que vous citez au cours de l’article sur le Musée de la Marine, expose à ses lecteurs dès 1798 qu’il ne faut pas confondre (confusion plus facile d'ailleurs à cette époque où le terme tonne n’existait pas et était remplacé par le tonneau de poids, de 2000 livres) avec le tonneau d’arrimage qui est une unité de volume égale à 42 pieds cubes français. Le mot tonneau est resté pour exprimer les volumes, mais vous constaterez qu’il a changé de capacité. »
- A propos des migrations des oiseaux (n° -2700). — Notre collaborateur, M. Armand Mercier, nous informe qu’a la suite de la publication de son article, il a reçu du capitaine Gallet, commandant le centre d’aviation d’Oran, l’annonce que les aviateurs qui voyagent entre cette ville et Gao ont été priés de noter les observations qu’ils pourront faire sur les cigognes et autres oiseaux migrateurs.
- Réponses. — M. Oliver, à Bourg-en-Bresse. — Les premiers ouvrages de E.-A. Martel sont épuisés [Cé-vennes, Abîmes, Bernina, Irlande, Côte-d' Azur russe). Les plus récents sont : Spéléologie au xxe siècle, Paris, P. Lechevalier, 12, rue de Tournon, >5 francs. Evolution souterraine, Paris, Flammarion, 7 fr. 75. Cavernes de Belgique (avec Yan den Broeck et Rahir), Bruxelles, Lamertin, 2 vol. 5o fr. Gouffre de Padirac, Paris, Delagrave, 4 fr. 5o. Nouveau Traité des Eaux souterraines (1921), Paris, G. Doin, 5o francs. Causses et gorges du Tarn (sous presse), Millau (Aveyron), au Syndicat d’initiative, 20 francs. Photographie souterraine, Gauthier-Villars; 2 fr. 5o, etc., etc.
- La bibliographie géographique des îles Baléares est considérable : citons seulement G. Yuillier, Les îles oubliées (Baléares, Corse, Sardaigne). Paris, Hachette, 1898, in-4, épuisé. H. Hermitte, Etudes géologiques sur les îles Baléares, Paris, Savy, 1879. Ch. Fallût, La Sierra de Majorque, thèse de doctorat (récente). Archiduc Louis-Salvator,Zh‘e Balearen (non mis dans le commerce), neuf volumes in-folio, 1869-1892. Rédaction populaire en 2 volumes in-4, chez Wcerl, Stuttgart, etc., etc.
- Pour les cavernes de Majorque, voir les deux mémoires de la Collection Spelunca, n° 32 (en 1902), par E.-A. Martel et n" 67/68 (en 1910), par J.Maheu, 6 francs pièce, chez Paul Lechevalier, libraire, 12, rue de Tournon, Paris.
- Le 14e Congrès géologique international se réunit à Madrid, en 1926, et fera une excursion à Majorque du 3 au 12 juin : écrire au secrétaire du Congrès, Plaza de los Mostenses, 2, à Madrid.
- Yoir aussi : E. Cartailhac, Monuments primitifs des îles Baléares, in-4, Toulouse. Très rare.
- Dv Ch.-C., à-Tours. — Conservation des vins en bouteilles. — Le meilleur moyen d’assurer la parfaite conservation du vin, de l’empêcher de « travailler » lorsqu’on l’a mis en bouteilles et de prévenir toute altération, consiste à le tenir aussi isolé que possible de l’air extérieur, et à le mettre à l’abri de la lumière.
- Les bouteilles doivent être rangées, dans la cave, de façon qu’elles soient dans une position bien horizontale, et que le bouchon soit entièrement couvert par le liquide. Ce sont là toutes les précautions à prendre. Quant à voir dans le fait de couvrir les bouteilles avec des branches de laurier-sauce un moyen d’empêcher le vin de « travailler » et les bouchons de sauter, ce ne peut ètçé qu’un préjugé, du moins nous ne voyons pas l’influence qu’exercerait cette mesure sur du vin en bouteilles, surtout, et convenablement bouché, si ce n’est pour intercepter la lumière. Mais toute autre couverture quelconque donnerait le même résultat. Le vin ne doit être mis en bouteilles que lorsque la fermentation, insensible ou secondaire, est terminée, lorsque le vin est limpide, bien dépouillé sans être sec, puis collé, laissé au repos quelques jours, soutiré et de façon que la mise en bouteilles n’ait lieu qu’après un nouveau repos de trois semaines. Faire cette opération lorsque régnent des vents secs, d’est et de nord-est vers le mois de novembre au moment où se produit la défécation du vin.
- Les mois de mars et de juillet sont aussi deux époques favorables. Grâce à ces précautions, toute fermentation étant évitée, les bouchons ne peuvent sauter.
- M. L.-M., à Léhon (Côtes-du-Nord). — Le vernis
- canadien, dont nous avons donné la formule (La Nature, Recettes et procédés, n° du 21 novembre, page 166), ne se trouve pas, à l’heure attuelle, dans le commerce en France. Ce produit est préparé au Canada; mais, connaissant les composants et leurs proportions, la préparation en peut être réalisée par l’industrie française des vernis et c’est dans ce but que nous l’avons indiquée.
- M. A. Meyer, à Lille. — Pour colorer la paraffine, il faut s’adresser à des couleurs solubles dans ce produit, ce qui est le cas des couleurs dites aux stéarates, couleurs grasses ou cérasines. Nous trouverez des couleurs de ce genre chez la plupart des marchands de produits chimiques de votre ville ; à défaut adressez-vous aux maisons suivantes : Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois ; Pelliot, 24, place des Vosges.
- Commandant de S. A., Poitiers. — Dans beaucoup de cas, on obtient une diminution de la résonance d’une salle en pendant au plafond des fils fins, de soie par exemple, ou en tendant entre les murs des réseaux à' larges mailles qui troublent et amortissent les ondes sonores tendant à faire écho. La position des fils et des réseaux doit être déterminée par une étude du trajet des sons. La salle des fêtes du Trocadéro et bien d’autres ont été améliorées, au point de vue acoxistique, par la maison Pleyel, 22, rue Rochechouart, Paris, 9%
- M. Alessandro Michelini, Torino (Italie). — i° Pour obtenir des détails complets sur la manière d’établir les parquets sans joints, et sur les proportions de produits à employer, le mieux est de vous adresser à l’auteur du procédé, M. Heckly, ingénieur-architecte, dont vous pourriez demander l’adresse à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, à Bordeaux (26, cours du Chapeau-Rouge). Nous ne possédons pas d’indications concernant i’application du procédé, en France, mais l’auteur précité serait à même, croyons-nous, de vous renseigner sur ce point.
- 20 Nous n’avons pas la recette concernant le pavage monolithe à la sciure de bois et ne connaissons pas de livre sur cette question. Voyez aux adresses suivantes : Dunod, éditeur, Paris, 98, rue Bonaparte (6e) ; Baillière, éditeur, Paris, 19, rue Hautefeuille (6°); Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille.
- T. S. P. — M. Hardy, à Paris. — r II est évident qu’avec une antenne de très grande longueur d’onde propre, il est nécessaire d’employer un système d’accord spécial pour la réception des ondes courtes. Un système à primaire apériodique convient bien.
- 20 D’autre part, il serait nécessaire que vous nous donniez la description de votre poste récepteur; peut-être la liaison à haute fréquence est-elle à résistance. Pour transformer votre poste dans ce cas, et le rendre apte à recevoir les émissions sur ondes courtes, vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique par P. llémardinquer.
- M. F.-C.-P., à Sorèze (Tarn). — Les anomalies que vous nous signalez dans les réceptions fournies par votre poste semblent provenir de la trop grande longueur d’onde propre de votre antenne unifilaire. Pour la réception des ondes courtes, vous auriez sans doute intérêt à utiliser un système d’accord à primaire apériodique.
- M. T.afontaine, à Paris. — Un poste superhétérodyne peut être alimenté à l’aide du courant alternatif d’un secteur en construisant une boite d’alimentation séparée.
- La tension plaque est plus facile à obtenir et le montage superhétérodyne lui-même n’est d’ailleurs aucunement modifié. Vous pouvez trouver des détails sur ce sujet dans le livre Les Montages Modernes en Radiophonie (Chiron, éditeur).
- M. P.-L., à Versailles. — Le schéma que vous nous avez soumis est inexact. Il faut, en effet,, relier les bornes de la bobine d’accord, d’une part, à la grille de la lampe détectrice, d’autre part, au pôle positif de la batterie de chauffage. Le primaire du tranformateur à basse fréquence èst 'également relié à la plaque de’la première lampe et au pôle 80 -volts.
- M. J. Fontaine, à Marseille. — Puisque vous possédez une ’bonne antenne, vous pouvez commencer vos essais en construisant une lampe délectrice à réaction, appareil simple qui vous permettra une bonne réception au casque. Pour le choix d’un poste, vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OÊL
- Le Radium, par F. Honoré, i vol. illustré, 145 p. Editeur, Gauthier-Villars.Paris, 1926. Prix-: 18 francs.
- M. Honoré a réuni dans ce volume un certain nombre d’articles de vulgarisation publiés il y a quelque temps dans VIllustration. Dans sa préface, il s’excuse d’avoir traité en journaliste ce sujet scientifique ; il devrait au contraire en être complimenté, car il a ainsi écrit un petit volume, parfaitement documenté, très vivant et à la portée de tous, sans avoir cependant rien sacrifié de l’exactitude et de la précision nécessaires en ces matières. Il montre Gomment la radioactivité et le radium ont été découverts ; il expose les propriétés paradoxales du radium, les transmutations spontanées subies par les divers éléments radioactifs ; il met en relief les points encore obscurs et contestés dans les théories édifiées pour expliquer ces phénomènes ; il étudie l’industrie du radium et les applications de celui-ci, notamment les emplois thérapeutiques.
- Eclairage électrique, par P. Maurek. i vol. in-8 (î5Xi6) de i43 p., 71 fig. Gauthier-Villars et Cie. Paris, 1 g a 5. Prix : 20 francs.
- La première partie de l’ouvrage a trait aux généralités sur l’éclairage et au rappel des éléments de photométrie. La deuxième partie comprend l’étude des différents types de lampes à incandescence et à
- . arc. La troisième partie étudie le nombre et la répartition des foyers lumineux, ainsi que les calculs relatifs à l’éclairage. A cet ensemble sont ajoutées, comme compléments, les données principales sur l’établissement des installations électriques d’éclairage, en se limitant toutefois aux canalisations industrielles : étude de la distribution de l’électricité, du calcul des canalisations et de l’exécution des installations.
- Annuaire de la houille blanche française (1923-1926), par A. Pawlowski et G. Baudoix, i vol. 160 p., en vente à la Revue générale d’électricité, 12, place de Laborde, Paris. Prix : 20 francs.
- En outre des renseignements statistiques habituels et dès notices sur les grandes sociétés de distributions hydroélectriques, cette nouvelle édition contient un exposé de M. Pàwloswki sur les enseignements de l’Exposition et des Congrès de Grenoble, une étude de M. Tochon sur la situation de l’industrie hydroélectrique en 1924, tine note de M. Simon relative au rôle des réservoirs et des retenues d’eau, une étude juridique de M. Mestre sur la loi du 16 octobre 1919, un aperçu sur la marche de l’électrification des réseaux du Midi, de l’Orléans et du P.-L.-M., enfin des notices sur les instituts d’enseignement de la houille blanche : Nancy, Grenoble, Toulouse, Ecole spéciale des travaux publics de Paris.
- Bibliography of bibliographies on Chemistry and Chemical Technology (1900-1924), compiled by G.-J. West and D. D. BeRolzheimer, x vol. 3o8 p. publié par the National Research Council of the National Academy of Sciences. Washington, 1925. Prix : 2,5o dollars.
- Le but de cet ouvrage est d’indiquer aux chimistes les revues ou les livres où ils pourront trouver des bibliographies sur divers sujets : il contient tout d’abord une liste des ouvrages bibliographiques généraux, puis celle des revues chimiques et des annuaires donnant des bibliogi'aphies régulières et classées, enfin, et c’est la partie essentielle du volume puisqu’elle tient 285 pages, une soi'te de dictionnaire alphabétique intitulé Bibliographie de sujets spéciaixx : lés principales substances et les pi'incipaux sujets d’ordre chimique y sont mentionnés avec indication des ouvrages et des travaux auxquels il convient de se référer, pour y trouver des bibliographies de la question. Ce consciencieux travail semble appelé à l’endi’e de sérieux services aux chercheurs.
- Etude climatologique du golfe de Tunis en vue de Vaéronautique et de l’aviation, par G. Ginestous, 1 vol. 218 p., 69 fig. Publication du Service Météo-
- rologique de Tunisie. Imprimerie A. Guénard, 84, rue dix Pacha. Tunis, 1925.
- Le golfe de Tunis, par sa magnifique situation, possède une grande importance : c’est la porte de la Tunisie ; il se trouve à la jonction des deux bassins méditex'ranéens, enfin il se prête à la constitution d'une base excellente pour les communications aériennes. L’étude météorologique très complète que publie le chef du Sei’vice météorologique de Tunisie constitue donc un document de grande utilité pour le présent et pour l’avenir ; elle nous indique le régime des températures, des pluies, des vents et de la nébulosité dans la région de Tunis. L’ouvrage contient en outre une étude climatologique générale de la Tunisie, l’étude en fonction de l’altitude et de l’époque de l’année, des vents régnant sur les routes aériennes qui convergent à Tunis, enfin une étude sur les vents supérieurs observés par sondages aériens à Karouba (près Bizerte) au cours des années 1920-1921-1922-1923.
- Pluie ou beau temps? par J.-C. Lait ont, i vol. 148 p., 55 fig. 11 tableaux, 2 diagrammes. E. Lemonon, éditeur, 27, rue d’Enghien, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Après avoir rappelé les notions élémentaires de météorologie, l’auteur montre, avec de nombreux croquis à l’appui, comment il faut s’y prendre pour construire soi-même, à peu de frais et en s’amusant, tous les instruments de météorologie : baromètres, hygi'omètres, anémomètres, pluviomètres, psychro-mètres, néphoscopes, etc. Il indique ensuite comment il convient d’utiliser ce matériel pour px-évoir le temps qu’il fera demain.
- Nos plantes médicinales de France, 4e série de fiches en couleurs. Office National des Matières premières, 12, avenue du Maine, Paris. Prix : i fr. a5.
- Le Comité Interministériel des Plantes médicinales et à essence poursuit la publication de son intéressante collection d’images en couleurs représentant les principales plantes utiles de France. La 4” série de ces fiches comprend les espèces suivantes : Belladone. Bouillon blanc, Genévrier, Menthe, Myrtille, Gentiane, Aubépine, Nerprun.
- Ces fiches comportent un texte suffisamment détaillé rappelant les caractères botaniques de l’espèce représentée, son mode de récolte, sa prépai’ation . pour la vente, ses principales propriétés et usages, etc.
- Le chanvre. Culture, rouissage, broyage et teillage, par P. F. Lévèque. i brochure in-16, 80 p., 28 fig. Li-brairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Les textiles ont subi des coefficients de majoration de 8 à 10, ce qui fait que, avec de bonnes récoltes moyennes, les bénéfices laissés par leurs cultures atteignent des taux que ne connaissent guère les autres. Le chanvre, presque abandonné, puisque les f superficies qui lui sont consacrées sont passées de 176000 hectares en 1840 à 5ooo hectares aux dernières statistiques, doit donc attirer l’attention des agriculteurs.
- Dans cet ouvrage, les cultivateurs trouveront tous les renseignements utiles pour' mener à bien sa culture : préparation du sol, engrais, semailles, récolte, rouissage, séchage au pré, séchage au four, broyage et teillage, finissage, rendement en filasse, décompte des frais de production, etc.
- Les origines préhistoriques de l’écriture, par R.-M. Gatteeossè. x br. in-8, 3g p., fig. Lyon.*
- Au pays des Manges, par Maurice Ligot, x br. in-8, 63 p., 1 fig. Collection Les Clochers de France, J. Peyronnet et Cie, Paris. Prix : 4 francs.
- « L’Anjou, c’est la Loire » ; c’est aussi d’autres « pays » comme celui des Mauges, la région de Cho-let dont l’auteur résume les caractères avec l’amour du pays natal.
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- 13 Février 1926
- Une nouvelle traversée de l’Atlantique en avion.
- — lin hydravion espagnol, piloté par le commandant Franco, vient de renouveler le bel exploit accompli en 1922 par les aviateurs portugais Coutinho et Cabrai. Il a franchi avec succès l’Atlantique entre l’Espagne et le Brésil. Parti le 22 janvier de Palos, il a fait successivement escale aux Canaries, aux îles du Cap Vert, puis une halte d’une nuit en pleine mer à l’île Fernando-Noronha, pour atterrir enfin à Pernambouc le 31 janvier. Le commandant Franco compte se rendre ensuite à Rio-de-Janeiro, à Buenos-Ayres, traverser le continent américain du sud au nord, visiter les Etats-Unis et franchir à nouveau l’Atlantique, dans sa partie nord, pour regagner l’Europe.
- Encore le « Rayon vert ». — Le remarquable article de M. Touchet (*) sur le « Rayon vert », si heureusement complété par celui de M. Rudaux (2), m’incite à donner plus ample connaissance d’une observation datant
- tifiques de VExpédition suisse au Groenland, 1912-1913, ouvrage d’un accès forcément peu aisé. Cette observation corrobore d’une manière très nette, partant très précieuse, deux points sur lesquels nombre d’auteurs, et spécialement les deux derniers nommés, insistent à juste raison, savoir : 1“ l’apparition du rayon semble liée non à la réfraction atmosphérique dite « normale », laquelle se borne à aplatir un peu le disque solaire à l’horizon, mais bien à des réfractions anormales qui déforment fortement, et irrégulièrement aussi, l’image de l’astre. 20 Examinée à la lunette, la portion de la surface solaire dont le dernier vestige aperçu semblera se réduire finalement à la seule lueur fulgurante du « rayon vert » se présente jusqu’à cet ultime instant comme une plage colorée de la teinte usuelle du soleil couchant, mais frangée de vert à son pourtour.
- C’est exactement ce que j’ai vu le 20 septembre 1912, en revenant du Groenland à bord de Hans Egede, aularge du cap Skagen (Danemark). Le ciel était tout à fait serein, la mer calme, l’atmosphère d’une rare limpidité. J’observais au moyen d’une excellente lorgnette de Zeiss, grossissant huit fois, les aspects changeants du soleil à son coucher. L’astre avait montré, en se rapprochant de l’horizon marin, une teinte franchement orangée et des déformations rapides, qui en dentelaient bizarrement la périphérie. Après que son centre fut descendu sous les flots et à mesure que la surface visible s’amoindrissait, tout en demeurant sous forme de tache lumineuse vaguement elliptique et allongée horizontalement, un liséré vert-émeraude envahit graduellement son pourtour entier, cernant de plus en plus étroitement la plage centrale. Au moment même où l’astre parut s’abîmer dans la mer, ce vert, demeuré seul maître de la surface solaire, atteignit l’intensité
- d’un vif éclair, puis s’éteignit subitement : le soleil était couché !
- Les deux croquis ci-joints faits immédiatement après rendent correctement l’aspect du phénomène un peu avant et à l’instant de son développement final.
- P.-L. Mercauton.
- L’utilisation de l’hydrogène atomique ou hydrogène actif. — La plupart des corps simples que nous
- 1. La Nature, 6 juin 1925,
- 2. La Nature, 7 novembre 1925,
- connaissons se présentent à nous, en général, non pas sous la forme atomique, mais sous la forme de molécules, c’est-à-dire d’agrégats plus ou moins complexes d’atomes. On connaît la définition classique : l’atome est la plus petite particule d’un corps capable d’entrer en combinaison, la molécule est la plus petite particule pouvant exister à l’état libre. On a longtemps admis que ies molécules d’un corps à l’état gazeux, lorsqu’elles sont formées par une association de plusieurs atomes, sont physiquement indestructibles. Ainsi l’hydrogène gazeux a ses molécules formées par la réunion de deux atomes; c’est une substance diatomique (H2), et l’on croyait impossible qu’il existât un gaz formé de particules ne contenant qu’un àtome H. Il n’en est plus de même aujourd’hui.
- En 1911, le physicien américain Langmuir poursuivait ses recherches sur les lampes électriques à incandescence en atmosphère gazeuse, recherches qui ont conduit à la création de la célèbre lampe demi-watt; il fut ainsi amené à étudier, à divers points de vue, la façon dont se comporte un filament de tungstène porté à très haute température au sein de différents gaz. Il eut à examiner en particulier le cas de l’hydrogène; Les anomalies qu’il observa l’amenèrent à conclure que, à la température de 25oo° absolus, l’hydrogène ordinaire se dissocie en grande partie pour donner de l’hydrogène atomique. Etudiant ensuite le phénomène de plus près, il constata que dans une enceinte contenant de l’hydrogène à faible pression et un filament de platine ou de tungstène chauffé électriquement, cette dissociation commence dès i3oo° absolus. Cette conclusion qui, à l'époque, sembla audacieuse, a été entièrement confirmée ultérieurement par les études faites sur les phénomènes d’ionisation dans les tubes à atmosphère raréfiée. L’hydrogène atomique existe bien, et possède même des propriétés remarquables au point de vue chimique; c'est un réducteur extrêmement énergique, qualité qui lui a valu l’épithète d’hydrogène actif.
- Langmuir a pu calculer la chaleur de formation de l’hydrogène moléculaire à partir de l’hydrogène atomique; deux atomes-gramme d’hydrogène en s’unissant pour former l’hydrogène moléculaire usuel dégagent 90 000 petites calories, soit 45 000 calories par gramme. C’est là un chiffre très élevé, en comparaison des agents calorifiques ordinaires. Langmuir en a tiré parti pour une application très curieuse, qui est, paraît-il, aujourd’hui d’un usage courant dans les laboratoires de la General Electric •C°. Il utilise l’hydrogène atomique pour réaliser des soudures métalliques ou des fusions en atmosphère toujours réductrice.
- L’hydrogène atomique est formé en faisant passer un courant d’hydrogène sous pression, à travers un arc électrique de 20 ampères éclatant entre deux électrodes de tungstène de 6 mm de diamètre. Cet arc, de couleur rouge, d’environ 2 mm de longueur, exige un voltage compris entre 3oo et 800 volts. L’hydrogène atomique formé, avec absorption de chaleur pendant la traversée de cet arc, est immédiatement dirigé sur la pièce à souder ou à fondre. Là il se polymérise en hydrogène moléculaire en dégageant la quantité de chaleur absorbée lors de la dissociation; il se forme une flamme extrêmement chaude toujours réductrice et dégageant environ 5o pour 100 de chaleur de plus que la flamme d’un chalumeau oxhydrique.
- On utilise le chalumeau à hydrogène atomique pour fondre du molybdène, du tungstène, du quartz, des alliages de chrome, d’aluminium, de silicium ou de manganèse, et enfin du fer quand on tient à éviter toute introduction de carbone, d’azote et d’oxygène, inévitables avec la plupart des autres procédés de fusion ou de soudure,
- La ventilation des tunnels de l’Hudson à New-York. — On sait que l’on achève actuellement à New-York, sous le fleuve Hudson, la construction de deux tunnels destinés à permettre le passage des véhicules automobiles d’une rive à l’autre du fleuve, sans emprunter la voie du pont suspendu devenue insuffisante. Chacun de ces tunnels mesure 2600 m. de long et 8 m. 85 de diamètre. Ces souterrains seront sans doute par-
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- courus par des files ininterrompues de véhicules mus par des moteurs à explosion, dégageant en masse des gaz d’échappement irrespirables ou toxiques. La ventilation artificielle était donc indispensable ; mais sa réalisation soulevait de difficiles problèmes. Après une étude approfondie, les autorités compétentes ont rejeté la méthode simpliste qui consisterait à insuffler l’air frais à l’une des entrées du tunnel et à le refouler jusqu’à l’autre .extrémité. En effet, ce balayage aurait eu pour effet de pousser devant lui l'air déjà contaminé, en lui faisant traverser toute la longueur du tunnel ; l'assainissement cherché n’eût pas été réalisé sur toute l’étendue du souterrain. A cette méthode de ventilation horizontale, on a préféré une méthode verticale. L’air frais sort, en permanence, d’un grand nombre d’orifices répartis tout le long de la voie; il monte verticalement; il est aspiré dans des tuyaux placés à la partie supérieure de là paroi du tunnel. Ainsi un courant permanent d’air pur balaye constamment et d’une façon identique toutes les parties du tunnel.
- Cette ventilation est assurée au moyen de ventilateurs mus par moteur électrique. On a pris de minutieuses précautions pour éliminer toute possibilité d’arrêt accidentel de la ventilation; le courant électrique est amené par deux circuits indépendants, alimentés par deux usines différentes.
- Un abondant matériel de secours est prévu; chaque bouche de ventilation reçoit son air de deux circuits différents. L’équipement ne comprend pas moins de 84 ventilateurs, mus chacun par un moteur électrique; un tiers de ce matériel doit rester normalement au repos et servir de réserve. La puissance totale des moteurs, fournis par la Westinghouse C°, est de 6260 chevaux-vapeur. Cette installation sera, sans doute, la plus puissante installation de ventilation existant dans le monde.
- Les cartes départementales des réseaux français de distribution d’électricité. — Les réseaux publics d’électricité recouvrent le pays de mailles, chaque jour plus serrées. La connaissance de la situation exacte des lignes de distribution est utile et même indispensable à beaucoup d’organismes ou de services publics et privés : notamment aux ingénieurs des télégraphes, du génie rural, aux aviateurs, etc. Toutes les cartes d’Etat-Major ou dérivées portent la position des routes et des voies ferrées. Jusqu’ici on ne pouvait trouver aucune carte indiquant celle des lignes électriques. Cette lacune est aujourd’hui comblée grâce à l’initiative du Syndicat des Entrepreneurs de Grands Réseaux (25, boulevard Males-herbes, Paris), qui entreprend la publication de cartes électriques détaillées à l’échelle du 400 000e (exceptionnellement au 200000e pour les régions très chargées) à raison d’une par département. Ces cartes portent l’emplacement de toutes les usines thermiques ou hydroélectriques, avec indication de leur puissance, l’emplacement des principaux postes de coupure ou de transformation, le tracé des lignes de distribution avec indication de la nature du courant, l’emplacement et le nom de toutes les communes desservies. Chaque feuille est complétée par une notice qui donne pour chaque commune la nature et la tension du courant distribué dans les immeubles, le nom et l'adresse du concessionnaire ou du vendeur de courant. Cartes et notices sont tenues régulièrement à jour.
- Au xer janvier 1926, les feuilles de 61 départements étaient achevées.
- L’immigration aux Etats-Unis. — La première année d’application de la loi restreignant l’immigration s’est terminée le 3o juin 1925. Cette loi limite le nombre d’émigrants de chaque nation à 2 pour 100 de celui des individus originaires du même pays établis aux Etats-Unis en 1890.
- En 1923-1924. . • 63o.i47 immigrants
- En 1924-1925 . . . . 201.586 —
- Avant la guerre le nombre d’immigrants était de près de 800000 par année.
- En 1924-1925 le nombre d’immigrants italiens a été de 6203 et plus de 27 i5i Italiens sont retournés dans leur pays. Avant la guerre au contraire les Italiens formaient une part importante de l’immigration aux Etats-Unis.
- Il résulte de cet état de elioses une diminution du nombre des travailleurs qui commence à préoccuper les
- industriels, mais réjouit les syndicats ouvriers. Des Mexicains arrivent pour remplir les rôles de manoeuvres dévolus autrelois à des émigrants d’Europe.
- Congrès géologique international. — Le 24 mai prochain, sous la présidence du roi d’Espagne, aura lieu à Madrid la séance solennelle d’ouverture du XIVe Congrès international de Géologie.
- Du 5 au 22 mai auront lieu des excursions extrêmement intéressantes, à la fois géologiques, industrielles et artistiques, à Séville, Ronda, Huelva, Cordoue, Bur-gos, au Maroc et aux îles Canaries. Des excursions semblables se feront pendant le Congrès à Almaden, Aranjuez, à la sierra de Guadarrama, etc., et à partir du ior juin, dans les Asturies, à Bilbao, en Catalogne et aux îles Baléares.
- S’adresser pour renseignements au Secrétaire, plaza de los Mostenses, 2, Madrid, Espagne.
- Nouvelles de T. S. F. ^
- La radiophonie en Suède. — Une nouvelle station-relais vient d’être inaugurée à Karlstadt; le nombre des stations suédoises est maintenant de 14, soient ;
- Stockholm, longueur d’onde : 427 m. ; Gothenburg, 290 m. ; Malmoe, 270 m.; Sundsvall, 545 m.; Falun, 370 m.; Joenkoeping, 265 m. ; Boden, i35om.; Trol-lhattan, 345 m. ; Sforrkoeping, 260 m. ; Karlstadt, 221 m.; Geffle, 325 m.; Linkoeping, 467 m. ;-Eskelstuna, 243 m.; Karlsberg, 1260 mètres.
- L’horaire des émissions, le même pour toutes les stations, est le suivant :
- En semaine : de 18 à 23 h.; le dimanche : de 11 h. à i3 h. et de 17 à 23 heures.
- Ces heures sont exprimées en temps de l’Europe Centrale, qui se trouve en avance d’une heure sur l’heure de Paris.
- Une nouvelle station russe. — D’après le journal Excelsior, une nouvelle station d’émission vient d'être établie à Tuapse dans le Midi de la Russie (Mer Noire). Les essais ont lieu entre 16 et 19 h. T. M. G. avec un indicatif R. A. W. et une puissance de 4 kilowatts. La longueur d’onde est alternativement de 1200 et 1800 m.
- Un nouveau poste régional français. — Une nouvelle station régionale française vient d’être établie à Angers sous le nom de Radio-Anjou.
- Sa puissance est de 200 volts et sa longueur d’onde de 3oo m. Les émissions ont lieu tous les soirs de 20 h. i5 à 22 h.
- Le statut de la radiophonie en Angleterre. — On
- sait que le contrat liant le gouvernement anglais à la a British Broadcasting Company » expire en ,1927. On ne sait encore si ce contrat sera maintenu ou résilié, et la Compagnie fait tous ses efforts pour s’attirer les suffrages des amateurs, et obtenir leur appui.
- Le nombre des émissions a été augmenté, de nombreuses retransmissions et transmissions théâtrales ont été effectuées ou sont annoncées.
- Le statut de la radiophonie en Italie — Le statut italien de la radiophonie vient d’être définitivement fixé par un décret-loi. La radiodiffusion est concédée à des entreprises privées concessionnaires travaillant sous le contrôle de l’Etat.
- Les stations ont le droit de transmettre un programme de leur choix, mais les informations générales et surtout politiques sont soumises à certains contrôles énumérés par contrat.
- La taxe annuelle de redevance envers l’Etat est fixée pour chaque station suivant son importance.
- Les amateurs doivent payer un droit annuel de 3 lire envers l’Etat et un abonnement annuel de 96 lire, ou mensuel de 8 lire, en faveur de l’entVeprise concessionnaire.
- De plus, des taxes assez élevées sont prévues sur tous les appareils récepteurs et leurs accessoires, 10 pour 100 de ces taxes sont perçues en faveur de l’Etat et 90 pour 100 en faveur de la société concessionnaire.
- Enfin les constructeurs d’appareils de T. S. F. sont soumis à une taxe annuelle et doivent tenir un registre de contrôle de la vente des appareils et pièces détachées.
- En somme, ce statut paraît devoir favoriser l’industrie privée, mais on peut penser que les taxes prévues sont assez lourdes pour l'usager.
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- Nouveautés en T. S. F.
- Une station de « broadcasting « régionale. — De
- tous côtés, l’initiative privée tente de réagir en province contre l’inertie des pouvoirs publics pour tout ce qui concerne l’organisation de la radiophonie.
- Ainsi, un constructeur de Saint-Brieuc (Côtes-du-
- Nord), M. Poirier, vient d’établir à ses frais une station d’émission de 5oo watts qui fonctionnera sur 260 m. de longueur d’onde, et permettra de donner régulièrement des émissions intéressantes, fort d ésirées par les amateurs bretons.
- M, Chaye-Dalmar, l’ingénieur quia établi la station, a bien voulu nous en envoyer la description que nous publions ci-dessous.
- Emplacement du poste. — La station est placée à Saint-Brieuc, derrière la gare, sur le sommet d’une petite colline ; sa situation est extrêmement dégagée par rapport aux constructions avoisinantes.
- Antenne en prisme de 27 m. de long, 6 brins de 20/1o mm écartés de o m. 35; descente en tronc de pyramide, 6 brins de 20/10 mm; l’antenne est tendue entre deux mâts de 20 m. de haut.
- Contrepoids sous l’antenne, en éventail à 2 m. 5o de haut, 8 brins de 3o m.; écartement des 2 brins extrêmes i5 mètres.
- > m. 5o de profondeur,
- Prise de terre en éventail
- 3 bandes de zinc de o m. 3o de large, 20 m, de long sous l’antenne.
- La station et ses éléments. — Alimentation ; le chauffage des lampes est fourni par un transformateur alternatif x 10 volts 5o périodes, 6 volts 25 ampères à prise médiane avec rhéostat sur le primaire, la tension continu par une générati'ice Electrolabor, 23oo volts continu avec excitation séparée 3o volts continu, qui est fournie par une excitatrice shunt en bout d’arbre.
- Le chauffage et la tension plaque du groupe modulateur sont fournis par des batteries d’accumulateurs.
- Toutes ces sources de courant ' sont connectées à un tableau général de commande comportant les rhéostats d’excitation, les interrupteurs, disjoncteurs et appareils de mesure, et aussi le démarreur du moteur alternatif triphasé de 3 ch qui commande le tout (fig, 1).
- Oscillateur : l’oscillateur est monté suivant le principe bien connu du « master oscillator ».
- Une lampe S. I. F. de a5o watts est montée en hétérodyne reversed fead-back avec alimentation série. Les oscillations de cette lampe sont amplifiées par 2 amplificatrices S. I. F. de 25o watts en parallèle; la self-plaque de ces lampes est couplée inductive-mentavec l’antenne par l’intermédiaire d’une inductance en spirale de 8 tours ; le circuit antenne-terre contrepoids fonctionne sur sa fondamentale.
- La modulation se fait par variation de résistance de grille des amplificatrices, cette résistance étant constituée par 2 lampes de 20 watts en parallèle. Les grilles de ces lampes sont modulées par deux lampes « superampli », montées en va-et-vient. A la sortie du groupe de modulation, alimenté par 200 wolts plaque et 5 volts filament, on dispose déjà de 20 vatts modulés (fig. 2).
- Le poste met sans modulation 4 ampères dans l’antenne ; en cours de modulation, l’intensité atteint 6 ampères.
- Au milli-plaque on constate que la modulation atteint un pourcentage de 75 pour 100.
- Le microphone est un Gaumont S. E. G.
- La longueur d’onde est de 260 mètres.
- Résultats. — Lors de ses premiers essais, la station a été entendue en Suisse (Lausanne,) et dans toute la France; elle aurait même été entendue en Angleterre sur simple galène, ce qui constituerait un record.
- P. HÉMAJtDINQUKK.
- Automobilisme
- Coffre-magasin pour pneus. — Le logement de l’enveloppe ou de la roue de secours fait l’objet de dispositions extrêmement variées. Lorsqu’il s’agit d’une simple enveloppe, on ne prend pas toujours les précautions suffisantes ' pour sa protection. Cependant, lorsqu’on achète un pneumatique, le fabricant a eu soin de le garantir de la chaleur, de l’huile, de l’humidité, du frottement en le recouvrant avec précaution.
- Il serait donc logique d’adopter la même manière de faire pendant le transport, en plaçant l’enveloppe sur le châssis. Les housses utilisées sont généralement minces ; elles ont l’inconvénient d’être en contact avec le pneu, elles n’évitent pas l’action de la chaleur du soleil qui vient frapper le pneu toujours dans le haut. La partie basse se ti’ouve au contraire trop fréquemment en contact avec la poussière et .l’humidité.
- Aussi lorsqu’on met en place une enveloppe qui a été transportée pendant quelque temps sur le châssis, il est fréquent qu’elle n’ait pas la durée normale et qu’elle s’use beaucoup plus vite sur l’une de ses parties. ;
- L’idéal est évidemment, de transporter l’enveloppe dans un véritable coffre, qui doit avoir un diamètre légèrement supérieur à celui du pneu et une épaisseur suffisante pour le loger commodément. C’est une sorte de carton à chapeau de grandes dimensioirs que l’on fixe à l’arrière de la voiture et qui présente un grand encombrement pour le peu de choses qu’il contient.
- Un inventeur, M. Bloss, a cherché à utiliser cette boîte circulaire contenant l’enveloppe pneumatique. Après trois années de travail, il a mis au point une combinaison véritablement originale. Elle sera certainement fort appréciée des excursionnistes qui pourront ainsi se soustraire aux exigences des hôteliers et qui auront la possibilité d’excursionner dans des en-
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- droits qui n’ont pas encore tentés quelque restaurateur.
- L’enveloppe est constituée par une boîte métallique d’acier qui est fixée à l’arrière de la carrosserie. Elle
- Fig. 3. — Le couvercle du coffre à pneu sert de table.
- est munie d’un couvercle avec poignée, qui est assujetti et maintenu par une serrure de sûreté.
- Le couvercle se transforme instantanément en table.[Pour cela, il suffit de retirer le bouton central en desserrant l’écrou à oreilles qui se trouve à l’intérieur. On déplie les quatre pieds qui sont stables et l’on a une table qui n’est pas branlante, comme la plupart des tables de campement.
- Au centre du coffre à pneumatique se trouve un grand tiroir qui est paid'aitement isolé et qui permet de ranger
- Fig. 4. — L’intérieur du coffre contient des boîtes à outils et tout un matéidel de campement.
- les aliments. Il est complètement séparé des compartiments voisins. On peut y introduire un coffret à glace et l’on aura ainsi, pendant la saison chaude, immédiatement à sa disposition des aliments frais.
- Deux autres compartiments permettent de disposer
- différentes pièces, soit qu’il s’agisse d’ustensiles de cuisine, soit que l’on désire y ranger des outils. En tout cas, le compartiment inférieur est spécialement agencé pour recevoir des clés et le cric. Cette combinaison est fort appréciable en cas de panne, car on n’a pas besoin de déranger les personnes qui se trouvent sur la banquette arrière pour chercher les accessoires
- Fig. 5. — Le coffre monté à l’arrière de l’auto.
- indispensables, comme le fait se présente trop souvent sur la plupart des châssis.
- Le coffre est suffisamment profond pour permettre d’y loger deux pneus de rechange. Aussi, lorsqu’on ne veut transporter qu’une seule enveloppe, on dispose encore d’une place suffisante pour ranger des couvertures ou une tente de campement roulée. On transporte ainsi un campement complet pour de grandes excursions.
- C’est en résumé une installation très ingénieuse, pratique, peu encombrante sur un châssis; elle offre, en outre, l’avantage d’assurer une protection parfaite aux enveloppes et aux chambres à air de rechange.
- Constructeur : Guy-E. Bloss, 879, Alberta Street, Portland, Orégon (Etats-Unis). [E. Weiss.
- Mécanique
- Utilisation d’un réveil-matin comme compte-tours. — Le petit constructeur mécanicien a souvent besoin de connaître exactement le nombre de tours d’un bobinage, pendant qu’il enroule le fil sur l’appareil à bobiner, qu’il a souvent construit de ses mains.
- On peut évidemment se procurer un compte-tours, mais si l’on dispose d’un réveil au rebut, on peut le fiire servir pour cet usage.
- Pour cela on relire le balancier et l’on soude à l’ancre
- Fi! soudé
- rancre
- Fig. 6.
- Transformation d un réveil-matin en compte-tours.
- Roue de la trotteuse
- du mouvement un petit fil d’acier formant levier qui sera déplacé à chaque tour de la machine à bobiner, au moyen d’une petite manivelle ou butée formant âme.
- Il est facile de placer le réveil en position voulue pour que le déplacement occasionné par le choc au fil d’acier et à l’échappement ne soit pas trop grand. Par suite, à chaque tour de l’appareil à bobiner, le fil d’acier est soulevé et fait basculer l’ancre du réveil. Il provoque un échappement et l’on peut calculer facilement alors le nombre de tours d’après le mouvement de l’aiguille trotteuse.
- On peut faire servir à cet emploi n’importe quel vieux mouvement de pendule à ancre, mais c’est généralement un vieux réveil-matin qui se trouve plus facilement à la disposition de l’amateur.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : TILLEUL
- Dans le groupe des Tilleuls, le plus employé de beaucoup comme plante médicinale est le Tilleul d’Europe (Tilia europæa L.). Tiliacées, qu’on appelle parfois Til, Tillet, Tillaut; viennent ensuite ses variétés : Tilleul sauvage, Tilleul à petites feuilles (Tilia sylvestris), Tilleul à larges feuilles ( 'Tilia platyphylla) ; Tilleul argenté (Tilia argentea), sans compter les variétés américaines.
- Habitat. — Tous ces tilleuls sont cultivés en France, mais les premiers, notamment le tilleul sauvage, sont communs dans presque toutes nos forêts; on les rencontre dans les parcs et les jardins publics; quant au tilleul argenté, il est originaire de la Hongrie où il est abondant ainsi que dans l’Europe orientale.
- Description sommaire. — Les tilleuls sont de beaux arbres qui, en dehors de nos forêts, contribuent à l’ornement des avenues et promenades publiques, leur hauteur peut atteindre chez les tilleuls sauvages, quand ils croissent dans des terrains convenables, i5 à 20 m. Ch. Baltet, cite un tilleul de Hollande f Tilia platyphylla) existant à Gérardmer (Vosges), et mesurant 3o m. de hauteur et 8 m. de circonférence du tronc.
- Feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, dentées en scie, velues à l'aisselle. Fleurs apparaissant en juillet, d’un blanc un peu jaune, disposées en corymbes, accolées'à leur base par une bractée dont elles semblent naître; calice à cinq divisions caduques; corolle à cinq pétales 'concaves. Fruit (capule) globuleux, indéhiscent à cinq loges contenant une ou deux graines.
- Culture. — Les tilleuls prospèrent dans les terrains légers, profonds, riches et assez frais, mais à condition de n’être pas trop exposés aux intempéries. Dans le Jardin familial sa place est dans les haies et surtout dans celles de la ferme.
- Multiplication. — Elle peut être effectuée de trois façons différentes : a) par semis; b) par marcottes; c) par greffage ; comme les deux premières sont les plus employées, je ne parlerai que d’elles seules.
- Par semis. — Etant donné que la durée germinative de la graine est très variable en raison de sa qualité, il importe, d’après Baltet, de la stratifier aussitôt après la récolte; on peut alors attendre vingt mois, s’il le faut, pour faire le semis en pleine terre. Il a remarqué que la graine récoltée peu de temps avant sa maturité, si on la stratifie à part, germe souvent plus vite au premier printemps. On sème dru, par rayons, à l’air libre, plutôt au nord, mais en terre légère; on repique au printemps.
- Par marcottage. — On butte la cépée de tilleul au printemps ; on sépare à la fin de l’été ; on met en jauge, immédiatement, et l’on repique en mars avec écimage du plant.
- Le tilleul, même assez développé, subit facilement la transplantation, à condition que l’on ne coupe les racines qu’à une certaine distance du tronc, i m. à i m. 20 environ.
- Récolte. — Elle comprend les fleurs seules qui constituent alors les fleurs mondées, ou, ce qui est le cas le plus fréquent, les fleurs avec la bractée (c’est-à-dire la petite feuille d’où les fleurs semblent sortir), on leur donne le nom de « tilleul bractées ». On procède à la cueillette du i5 juin au i5 juillet, selon la région, en juillet dans celle de Paris, mais toujours avant que toutes les fleurs de l’inflorescence se soient épanouies, et, en tout cas, avant que le fruit ne soit formé, car, autrement, le tilleul ne serait par marchand.
- Il faut, en outre, apporter dans cette récolte une certaine précaution, car le bois de tilleul est assez cassant et, d’autre part, l’on ne peut cueillir sur l’arbre les fleurs une à une à cause du temps que cela demanderait. On recourt, alors, à une échelle double et à un sécateur, ou encore, en raison de la hauteur des branches, à un croissant bien affilé et pourvu d’un long manche afin de pouvoir couper l’extrémité des branches chargées de fleurs. L’émondage terminé, on procède à la cueillette en séparant les fleurs des bractées ou en mélangeant les deux selon le genre de tilleul qu’on veut obtenir.
- Séchage. Rendement. Conservation. — Il importe de faire sécher les fleurs le plus rapidement possible pour éviter qu’elles ne s’échauffent ou brunissent plus ou moins, selon le cas, et n’altèrent sensiblement leur teinte et arôme naturels, Bien séchées, les feuilles
- deviennent vert jaune ambré et les bractées jaune verdâtre, autrement, elles virent à la nuance rougeâtre. Quelques auteurs conseillent de les exposer une heure ou deux au soleil avant de les étaler à l’ombre en une couche peu épaisse, mais on risque davantage ainsi de leur faire perdre une partie de leur agréable odeur naturelle. La dessiccation est généralement rapide et dure tout au plus une semaine.
- On admet comme moyenne de rendement 3 kg 200 à 3 kg 280 de fleurs sèches pour 10 kg de fleurs fraîches.
- On conserve les fleurs ainsi que leur mélange avec les bractées dans des sacs ou des caisses qu’on suspend ou place dans des locaux secs, bien aérés, à l’abri de l’humidité et de la lumière.
- Composition chimique. — Les fleurs de tilleul contiennent : huile volatile (38 pour 100 environ), tanin, glucose, gomme, chlorophylle. On y a trouvé assez récemment une oxydase et une forte proportion de sels de manganèse, et ces éléments joints à l’huile volatile odorante autorisent, avec quelque raison, à leur attribuer les effets antispasmodiques du tilleul considéré toujours comme un de nos remèdes les plus populaires.
- Propriétés thérapeutiques. — Les fleurs de tilleul ont été employées, de tout temps, pour leurs propriétés calmantes, sudorifiques et surtout antispasmodiques. Nul n’a fait ressortir leur action bienfaisante dans toutes les classes de la société avec plus de justesse, d’observation et de charme pénétrant que le Dr FI. Leclerc dans son Précis de Phytothérapie. « La mondaine dont une existence bruyante et vide fait les dents crissantes de névrose, l’homme des champs qui regagne le soir, courbé par un dur labeur, sa chaumière enfumée, le savant dont les veilles prolongées ont ceint le front d’une couronne migraineuse, tous recourent à l’infusion parfumée que son arôme gracieux, sa saveur discrète, ses propriétés tempérantes leur font rechercher. »
- Préparations pharmaceutiques — Parmi ces préparations, la tisane est celle qui l’emporte de beaucoup. Le Codex de 1908 prescrit 10 gr. par litre en une infusion d’une demi-heure. L’eau distillée sert comme véhicule de potions, 60 à 120 gr. Les fleurs entrent dans les espèces antispasmodiques avec les fleurs de camomille, les feuilles d’oranger et de mélisse. Lorsqu’elles sont pourvues de leurs bractées, elles donnent une boisson moins agréable et moins active que les fleurs seules. L’usage a prévalu, mais à tort, d’employer le tilleul-bractées pour la préparation d’un bain calmant à la dose de 5oo gr. pour la quantité d’eau nécessaire, soit 5 pour 100.
- On fait servir quelquefois les feuilles et l’écorce pour la préparation de lotions émollientes. Il n’est pas jusqu’au bois qui ne soit utilisé pour fournir un charbon très léger que l’on a recommandé contre la gastralgie et les dyspepsies.
- Observations commerciales. — La consommation du tilleul est très importante; c’est une des plantes que nous importons le plus de l’étranger. D’après les Services de statistiques de la Direction générale des Douanes, nous avons importé d’Autriche et de Moravie 686 700 kg de fleurs de tilleul. On ne saurait donc trop recommander de récolter celles qui s’épanouissent sur les nombreux tilleuls de nos bois et sur ceux qui font l’ornement de nos avenues et places publiques, et d’autant plus que notre tilleul est bien plus apprécié et coté à un prix plus élevé que celui de l’étranger. Il est juste de dire que, depuis la guerre, l’on s’en préoccupe davantage et qu’on récolte un peu partout le tilleul dit de pays.
- La sorte commerciale la plus estimée provient des départements de Vaucluse, Alpes-Maritimes et Basses-Alpes ; c’est le tilleul de Garpentras recherché pour son parfum très prononcé (A. R. et D. B.).
- Les prix du tilleul sont très variables en raison de sa qualité et de la récolte de l'année. En 1916, la Feuille d’Informations du Ministère de l’Agriculture cotait, au kilogramme, le tilleul-bractées 2 fr. 5o à 2 fr. 75, le tilleul mondé (fleurs seules) 4 fr. 5o à 5 fr. avec mention : vente foi’te. Depuis, les prix ont oscillé, en 1921, de 4 fr. à 5 fr., tilleul-bractées, 8 à 10 fr. sans bractées. L’an dernier (1924) l’herboristerie en gros a payé les
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- VARIÉTÉS
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- prix suivants pour les différentes sortes : tilleul-bractées double 4 fr. à 4 fr. s5 ; tilleul Pays, Alpes ou Auvergne 6 fr. 5o à 7 fr. ; tilleul Carpeutras 7 fr. à 7 fr. 5o. Les écorces coupées de tilleul 1 fr. à 1 fr, i5 le kilogramme.
- Les fleurs du tilleul argenté se vendent également, mais comme leur qualité et leur prix sont inférieurs, il ne faut pas les mélanger avec les sortes précédentes.
- A, Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- ossT
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des rechercher le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. J. F. R., rue Le Fort,' Genève. — On peut appliquer le vernis canadien tout aussi facilement que les autres vernis, au pinceau doux ; il suffit qu’il soit très fluide, et que l’application en soit faite en une seule fois.
- Nous ne savons, quant au produit dont il s’agit, que ce que nous en avons rapporté d’après une note publiée par notre confrère Bois et Résineux, de Bordeaux (26, cours du Chapeau-Rouge). Nous ne possédons pas les détails particuliers que vous demandez, au point de vue du froid, de la chaleur et du séchage. Mais nous pensons qu’il est utile de poncer avant l’application, et qu’en raison de sa composition, ce vernis ne peut être appliqué sur un autre vernis.
- M. C. B., à Airvault (Deux-Sèvres). — Les poils ou soies de lapin angora sont utilisés, très avantageusement, dans l’industrie du tissage. On en confectionne des tissus très chauds, sains et hygiéniques, notamment deç gants, des genouillères, des plastrons, des chaussettes, des caleçons, des ceintures, etc. que recherchent les personnes sujettes aux rhumatismes et au froid. Le tissu fabriqué en poil ou soie, appelé aussi duvet d’angora, est extrêmement doux et fin. La soie d’angora est employée parfois sans mélange, parfois les fils en sont tramés avec des fils de cachemire ou de vigogne.
- L’industrie des fourrures l’associe aux laines fines. C’est un débouché très intéressant pour l’élevage du lapin angora ou de peigne, qui peut donner un bon rendement en poils pendant quatre ans. En Angleterre, on brosse les lapins angoras ; en France, on se sert d’un peigne.
- Pour obtenir des renseignements sur cette industrie spéciale, et notamment des adresses de manufacturiers employant le poil d’angora, vous pourriez vous adresser à la direction des Services agricoles du Calvados, à Caen, aux successeurs de M. Patard-Chàtelain, industriels dans cette ville. C’est dans le canton d’Evrecy (Calvados) que se fait, d’une façon spéciale, l’élevage du lapin angora en vue de ce débouché. Vous pourriez aussi vous adresser à M. Eugène Meslay, éleveur à Sourdeval-la-Barre (Manche), et au Secrétaire de la Section de Guniculiculture de la Société Centrale d’Aviculture de France, à Paris, 34, rue de Lille (70). Pour l’Angleterre, demander des adresses à M. du Halgouët, attaché commercial à l’Ambassade de France, à Londres (Waterloo Place, Londres, S. W. I.) et à l’Office National du Commerce extérieur, Paris, 22, avenue Victor-Emmanuel III (8°).
- Rendement des grandes centrales. — Les grandes centrales électriques ne communiquent pas volontiers les chiffres exacts de leur consommation de charbon. 11 n'est donc pas possible de vous donner des valeurs rigoureusement précises. Cependant on peut arriver à des évaluations approchées. Dans son ouvrage sur Y Evolution visible des centrales, M. Rauber, directeur de la supercentrale de Gennevilliers, indique, pour un cycle à peu près identique à celui employé dans cette usine, qu’il faut, pour obtenir x lcw sur l'arbre de la turbine, produire 2375 calories à la chaudière. Si l’on estime à 70 pour 100 le rendement du système foyer-chaudière, à g5 pour 100 celui de l’alternateur, à 10 pour 100 la puissance nécessaire aux auxiliaires, on arrive au chiffre de 3 65o calories par kw; chiffre théorique évidemment, parce qu’il suppose des conditions de marche parfaites; mais il correspond bien au chiffre de 5oo gr. de charbon par kw que vous indiquez. B|n réalité, il faut sans doute
- tabler sur une dépense comprise entre 600 et 700 gr. Au surplus ces rendements qui vous paraissent élevés pourront être augmentés en accroissant la pression de la vapeur et sa surchauffe; il est impossible dans de petites installations d’arriver à de pareils chiffres, obtenus grâce à l’emploi systématique d’organes de récupération : réchauffeurs d’air, réchauffeurs d’eau d’alimentation, notamment par prises de vapeur à divers étages de turbines, économiseurs, etc.
- N.-L., à M. — i° Le journal Les Ailes hebdomadaire a son siège : 40, quai des Célestins, Paris. Abonnement, 18 francs par an en France, 26 francs pour l’étranger.
- a0 La force ascensionnelle d'un gaz plus léger que l’air est la différence entre le poids de 1m3 d’air et le poids de im5 de ce gaz. A o° et à la pression de 10 lcgr le poids spécifique de Vhydrogène impur, tel qu’il est employé au gonflement des aérostats, est d’environ o kgr 12.
- La force ascensionnelle du m3 d’hydrogène est donc :
- 1,291 — 0,120 =± 1,171 kgr.
- De même la force ascensionnelle du gaz d’éclairage est : 1,291 — 0,570 — 0,721 kgr.
- Celle de l’hélium est de 1,114 kgr.
- Ij.-M., à Lehons-Dinan. — i° Les encres d’imprimerie colorées sont constituées par une couleur, finement broyée maintenue en suspension dans un excipient désigné sous le nom de vernis. Ce dernier, suivant le cas, est "épais et consistant ou bien fluide, mais non collant et doit pouvoir sécher en peu de temps.
- La fabrication type de vernis consiste à chauffer de l’huile de lin, plutôt ancienne et épurée à la terre de Sommières d’abord pendant quelques heures aux environs de i3o-i35°; on élève ensuite progressivement la température à 3oo°, température que l’on maintient pendant quinze heures.
- L’opération s’effectue en général sur 1200 à i5oo kgr en ayant soin de ne pas remplir complètement le récipient, car au début du chauffage, le départ de l’eau produit une mousse abondante qui pourrait provoquer un débordement et l’inflammation de l’huile ; celle-ci au bout de quelque temps passe du brun au vert clair, à partir de ce moment on peut sans inconvénient amener la température entre 295 et 3oo°, comme nous l’avons dit précédemment, et la maintenir constante, ce qui a une très grande importance, tant au point de vue de la consistance que de la teinte du vernis.
- On voit que la préparation est terminée quand une goutte du produit déposée sur une lame de verre et refroidie est filante sous le doigt et ne produit pas de tache grasse sur le papier. »
- Presque toutes les couleurs minérales peuvent être utilisées pour la coloration du vernis; les plus employées sont le vermillon, le minium, l’ocre, les jaunes de cadmium, de chrome, de Naples; les bleus d’outremer, de cobalt-d’indigo, les verts de zinc, de Schweinfurth, d’outremer, la terre de Sienne, le brun Yan Dyck, etc.
- Les couleurs d’aniline sont également utilisées sous forme de laques, la matière colorante étant fixée par précipitation sur un substratum inerte tel que le sulfate de baryte ou l’alumine mais ces couleurs présentent l’inconvénient d’être fugaces [et de s’altérer à la lumière, par contre elles sont d’une grande vivacité de coloris.
- 2° On obtient les couleurs dites à la gouache en broyant un pigment avec de l’eau gommée additionnée parfois de sucre. Cette eau gommée se prépare en faisant digérer de la gomme arabique en excès avec de l’eau de telle façon qu’il y ait saturation. Voici à titre d’exemple quelques formules de gouaches courantes :
- Gouache blanche.
- Blanc d’argent.................... 100 gr.
- Solution gommeuse..................100 —
- Eau ordinaire...................... 20 —
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- BOITE AUX LETTRES
- y?-*' '•,
- Goda eéhe^ ro ug e.
- Ro^e de Venise.................... ioo gr.
- Solution gommeuse.................. 5o —
- EauSordinaire...................... 65 __
- fff&ÊSaune.
- e de chrome...................iocp gr.
- jy-^y^soiution gommeuse. ...... 40 —
- Versailles. — Le papier dont vous nous avez remis échantillon est bien à base d'huile de lin, mais contient en outre de la résine copal qui a pour effet d empêcher l’huile de s’étendre; la formule de préparation doit être voisine de la suivante :
- Résine copal....................... i5 gr.
- Essence de térébenthine .... 5o —
- Huile de lin...................... _______
- Dans le cas qui vous occupe, nous pensons qu’il serait préférable de ne pas faire intervenir l’huile et d’utiliser la gomme laque en opérant ainsi :
- Prendre :
- Gomme [laque blanche............... 80 gr.
- Alcool à g5°..................... 1000 ce.
- Laisser digérer plusieurs jours, en agitant fréquemment, filtrer et plonger dans le liquide le papier à rendre transparent. Faire sécher à l’air ; puis passer à l’étuve chauffée à 8o°G ; immédiatement le papier qui était encore opaque devient transparent et peut être employé aussitôt refroidi. Bien entendu le papier ainsi traité ne doit pas être un papier chargé (kaolin, sulfate de baryte ou autre matière minérale), car dans ces conditions le résultat ne pourrait être qu’imparfait.
- Le passage à l’étuve peut être remplacé par l’applica-tb>n d’un fer à repasser à même température, avec interposition d’une feuille de buvard, mais cette manière de faire amène toujours une certaine distorsion du papier.
- M. Debusschère, à Dunkerque. — T La fibre de coco ou coïr provient surtout d’Extrême-Orient : Ceylan, Annam, Malabar ; le décorticage des enveloppes fibreuses ou husks se fait à la main, soit au moyen d’une lame tranchante, soit à l’aide d’une pointe fichée en terre. Malgré la rusticité de ces moyens, un ouvrier habile peut ainsi décortiquer un millier de noix par jour.
- Lorsque la fibre provient de noix jeunes elle peut être employée telle quelle, non macérée, sous le nom de unsoaked ; pour les autres noix, on fait un rouissage des husks dans l’eau de mer pendant six à huit mois, puis on procède à un teillage en faisant passer les fibres rouies entre deux cylindres cannelés, ensuite on peigne encore humide sur un cylindre garni de dents. La pei-gneuse détache ainsi d’abord la mattress fibre ou fibre courte employée pour les matelas et des tapis, il reste entre les mains de l’ouvrier la bristle fibre, fibre grossière d’environ 16 cm de long servant à la fabrication des brosses. Les débris qui se détachent sont connus sous le nom de cofferdam et servent à obturer les fuites dans les coques de navires ou à transporter les graines dont on veut conserver la faculté germinative.
- Par un travail plus soigné de la fibre grossière, on obtient le yarn destiné à la corderie, la fabrication des cordes se fait habituellement sur place à la main, les machines n’ayant jusqu’ici donné que des résultats imparfaits.
- Les principaux emplois de la fibre de coco sont la corderie et ensuite la préparation de filets et de nattes remarquables par leur grande résistance à l’humidité, la fabrication des paillassons, tapis-brosses ou tapis de coco pour les portes, les vestibules etc., qui ont une grande souplesse et font longue durée. Enfin on utilise cette précieuse fibre pour faire des brosses, des balais ainsi que pour le rembourrage des matelas, des coussins, des selles, etc.
- Les maisons suivantes sont susceptibles de vous offrir un débouché pour la fibre de coco : Comptoir Bordes, 38, rue du Louvre. Girard, 63, rue de Bagnolet 20°. Bindley et C°, 22, rue Saint-Augustin. Paulard, Sq, rue de la Grange-aux-Belles.
- i° L’enlèvement de la fine pelure brune sur l’amande se fait à la brosse circulaire métallique, aussitôt l’extraction de la coque.
- M. E, Barclay, — T Les coquilles servant à la fabrication des camées ne subissent aucune préparation spéciale; elles sont employées telles quelles, en choisissant bien entendu celles qui présentent des couches successives de teintes différentes, par exemple une couche brune et une couche blanche. Tout le travail est
- un travail mécanique; à la meule on dégrossit d’abord pour dégager le sujet en relief, dans le cas précédent en blanc sur fond brun, puis, au moyen de petits outils très fins en acier, on sculpte pour obtenir les détails. En résumé on procède comme pour les camées sur agate avec cette différence que pour ceux-ci il faut opérer avec des forets rotatifs à pointe de diamant ou de bore. Les camées peuvent être également réalisés en creux ou intailles, tout le talent de l’opérateur consiste à utiliser d une fat;,on artistique les différentes veines colorées pour produire un effet heureux. La solidité des camées sur coquilles n’est évidemment pas aussi grande que celle des camées sur agate, mais leur obtention est plus rapide et la mise en forme pour le sertissage plus facile. 20 Vous trouverez des coquilles pour camées chez Borelli et Yitclli, 19, rue d’Hauteville à Paris.
- Cercle Sara, à Rouschouk. — La composition des petits objets moulés, porte-cigarettes, boutons, manches de. parapluies, etc., est trop variable, pour que nous puissions traiter cette question dans la Boîte aux lettres, car on y rencontre le celluloïd, la galalilhe, les résines, voire la bakélite.
- Si cette question vous intéresse, le mieux est de vous reporter aux ouvrages spéciaux, par exemple : Les matières plastiques, par Clément et Rivière, éditeur, Béranger, 15, rue des Saint-Pères. Le manuel clu fabricant de boutons, peignes et articles en celluloïd, gala-lithe, etc., par Schmitt, éditeur Baillière, 19, rue Hau-tefeuille.
- M. Féraud, à Bou-Arada, Tunisie. — Pour entretenir en bon état la peinture des voilures d'autos, il faut éviter d’une façon absolue tout ce qui serait susceptible de dissoudre le vernis (huile, essence), ou de le rayer (blanc d’Espagne ou poudre quelconque). Le mieux est de laver à la lance, puis d’essuyer à la peau de chamois. Quant aux parties nickelées on se trouve bien d’employer pour leur entretien un savon ammoniacal composé par exemple de la façon suivante :
- Savon de Marseille en copeaux . 10 gr.
- Alcool dénaturé..................20 c. c.
- Alcali volatil (ammoniaque) . . 20 —
- Lorsque le savon a été dissous par l’alcool ammoniacal, ajouter peu à peu en remuant :
- Tripoli fin...................... 40 gr.
- Eau ordinaire. ................. 100
- Terminer également en passant à la peau de chamois bien sèche pour brillanter.
- M, Chicot, à Levallois. — Le démontage ou dégra-dage des couleurs sur un tissu est toujours une opération délicate et la composition du bain varie avec la nature de la fibre. Comme vous nous parlez de velours, nous supposons qu’il s’agit de la soie ; dans ce cas on emploie habituellement un bain constitué de la façon suivante :
- Eau ordinaire.................. 10 litres.
- Acide sulfurique............... 400 c. c.
- Acide nitrique. ....... i5oo —
- \erser les acides dans l’eau en suivant l’ordre d énumération, bien mélanger, puis introduire le tissu. En général les couleurs tombent aussitôt, au besoin on peut chauffer au bain-marie. Au sortir du bain on rince à l’eau chaude et on s’assure que la matière colorante est bien détruite en trempant un coin du tissu dans l’eau ammoniacale, si la teinte reparaissait, on rentrerait à nouveau dans le liquide acide.
- M. de Sigalas, à Paris. — Le moyen le plus efficace, en même temps que le plus économique, pour isoler vos chambres et les protéger de la chaleur venant du toit, est de répandre à la surface du plancher supérieur uïie couche de sciure de bois parfaitement sèche, c’est-à-dire qu’il ne faut pas se servir de sciure telle qu’elle proviendrait du sciage de bois encore vert. Il convient donc de la pelleter préalablement au soleil à plusieurs reprises en y ajoutant 200 à 3oo gr. de sulfate de cuivre (vitriol bleu) par 100 kg, cela afin d’éviter toute fermentation dans la masse.
- D’autre part prendre soin que la sciure ne soit pas au contact des coffres de cheminées, ce qui pendant, l’hiver au moment du chauffage présenterait un danger;, par suite disposer autour desdits coffres un cadre en bois à 5o cm de distance environ et de hauteur suffisante pour retenir la sciure avec securité.
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- ^SJ
- K0O
- BIBLIOGRAPHIE
- osr.
- jÜ annuaire du bureau des Longitudes pour 1926, 1 vol. in-iG, xn-658 p., 5 cartes célestes en couleurs, 2 cartes magnétiques et 3 pl. de spectres, Gauthier-\ illars et Ci0. Paris. Prix broché, 8 francs ; relié, 10 francs.
- L'Annuaire des Longitudes pour 1926 est, comme ses devanciers, précieux par le nombre de documents exacts qu’il contient.
- Divisé en cinq chapitres principaux : Calendrier, Terre, Astronomie, Poids et Mesures, Données physiques et chimiques, Statistiques géographiques et démographiques, l’Annuaire étudie les divers calendriers, fait connaître la position relative des astres, indique lés poids et mesures légaux français et étrangers, le tonnage des navires, la densité des minéraux et des pierres précieuses, l’optique, l’acoustique, l’analyse dés alliages industriels et des engrais, la comptfsition moyenne d-eÜ vins, bières, cidres, etc.
- L’Annuaire de 1926 publie en outre les deux notices scientifiques suivantes : T,e Conseil international de recherches astronomiques (1918 à 1925), par M. A. Baillaud ; Iæs raisons géodésiques de l'isostasie terrestre, par M. le colonel Perrier.
- Eléments de géométrie analytique, par A. Tresse, docteur ès sciences, professeur au lycée Buffon. x vol. in-16, 91 fig. Collection Armand Colin, io3, boulevard Saint-Michel, Paris. Relié : 8 fr. 5o ; broché : 7 francs.
- Ce petit livre où se mêlent intimement la rigueur et la clarté est une heureuse et complète initiation à la géométrie analytique qui se trouve à la base des études de mathématiques supérieures.
- L’originalité de ce livre réside dans l’emploi systématique, dès l’origine, dès éléments du calcul vectoriel ; ils simplifient l’exposé et le rendent intuitif. En outre le calcul vectoriel est aujourd’hui indispensable aux ingénieurs, et il est bon de se familiariser le plus vite possible avec son maniement.
- Traité pratique de construction moderne, par Cn.-En. Sée. 2 vol. in-8 de 968 p., avec 428 fig. et table à calculs. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris, 1926, Prix : 110 francs.
- Cet ouvrage qui a le caractère d’une encyclopédie pratique aborde toutes les notions actuellement nécessaires à l’architecte et au constructeur : le choix du terrain, la revue des matériaux naturels ou artificiels et de leurs procédés de fabrication et de leurs propriétés, puis l’assèchement, le chauffage, la ventilation des bâtiments, l’alimentation en eau, les installations sanitaires, l’installation électrique. Après quoi il expose les procédés de construction et de mise en œuvre, avec les calculs indispensables, sans oublier la législation et les réglementations usuelles. Ces deux volumes qui coordonnent, sous une forme claire, une foule de données et de renseignements le plus souvent épars et y adjoignent les conseils dictés par une longue expérience, ne sauraient manquer de rendre de grands services à tous ceux qui ont à s’occuper de construction.
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- Théorie générale sur les courants alternatifs, par M.-E.
- Piernet. Fascicule II : Les alternateurs, 1 vol. in-8 "25 X 16), 1^4 p., avec figures. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 3o francs.
- Ce deuxième fascicule est consacré à l’étude détaillée des alternateurs : données générales de construction, modes de calculs, essais, rendement, établissement d’un avant-projet, étude des harmoniques et de la marche en parallèle des alternateurs.
- Electro-pompes automatiques de petite et moyenne puissances pour distributiojis domestiques et industrielles, par R. Yan Muyden et L. Yadot. i vol. 98 p., 149 fig. Eug. Devillers, éditeurs, Belfort, 1925. Prix : 8 fr. 5o.
- La distribution d’eau joue un rôle essentiel dans toutes les installations domestiques ou industrielles,
- plus essentiel encore que celui du gaz ou de l’électricité. Cependant, alors que ces derniers ont suscité de nombreux ouvrages où l’on trouve assez aisément tous les renseignements nécessaires à leur installation, il n’en est pas de même pour l’eau et les propriétaires, surtout ceux de domaines ou de bâtiments modestes, sont souvent embarrassés à ce sujet, faute de données pratiques. L’ouvrage de MM. Van Muyden et Yadot les tirera de peine. Les deux premiers chapitres fournissent toutes les considérations générales et les données techniques qui doivent guider le calcul et le choix des divers éléments ainsi que l’établissement d’un avant-projet de distribution d’eau : détermination de la puissance motrice nécessaire, choix et pose des canalisations de la robinetterie. Le troisième chapitre est consacré à la description des divers systèmes d’électro-pompes automatiques et notamment du système à air comprimé qui permet des installations souples, peu encombrantes et économiques.
- /.es eaux souterraines en Franche-Comté, par E. Fournier. In-8, 222 p. el Si fig-, Besançon, Imprimerie de l’Est, 1926. 15 l’asc.
- Troisième fascicule de l’importante monographie du Jura souterrain entreprise par l’auteur d’après ses explorations depuis 1897. Les deux précédents traitaient des gouffres, grottes et rivières souterraines. Celui-ci décrit les émergences (sources, résurgences, exsurgences). Le dernier parlera des phénomènes d’érosion et corrosion souterraine, etc., et achèvera une œuvre capitale de plus de 800 pages.
- Cette troisième partie publiée avec des subventions du Conseil général du Doubs et du Touring-Club décrit notamment les grandioses émergences de la Loue, du Lison, du Dessoubre, du Doubs, de l’Ain, de l’Areuse, etc. ; expose tout au long l’histoire des captures de sources par le tunnel du Mont d’Or, et achève de ruiner la fausse hypothèse des nappes d’eau souterraine dans les terrains calcaires.
- The respiratory Function of the Blood, par Joseph Barcroet. 2e édition. I. Lessons from high Altitudes, i vol. in-8, 207 p., 53 fig. Cambridge University Press. Prix : relié 12 sh G d.
- La respiration aux hautes altitudes intéresse non seulement les physiologistes, mais les aviateurs et les alpinistes, comme le prouve le récit du Major Hingston sur les difficultés d’ascension du Mont Everest, joint en appendice à ce livre. Le Dr Barcroft, de Cambridge, l’a expérimentée non seulement au laboratoire, mais sur lui-même dans les Alpes, à Téné-riffe, au Pérou. Il réunit ici le récit de ses voyages et de ses recherches, décrivant le mal des montagnes, analysant ses aspects, ses causes, l’état du cœur, des vaisseaux, de l’esprit. De cette remarquable série d’expériences personnelles, tenant compte de tous les facteurs actuellement connus, même les plus nouveaux comme l’alcalinité du sang, se dégage la notion du rôle primordial joué par la diminution de pression de l’oxygène.
- Guida d’Italia, Roma e d’intorni (Rome et ses environs), éditions du Touring-Club italien, Milan, 1 vol. in-16 cartonné, 867 p. avec 8 cartes, 5 plans de ville, 5g plans de monuments, 4 schémas et un plan de Rome, en annexe, avec la liste des voies publiques.
- Ce volume, qui a coûté une dizaine d’années de travail au T. C. I. et à ses collaborateurs, est précédé de notices historiques et artistiques rédigées par des spécialistes et suivie d’une bibliographie et de deux index. C’est le meilleur guide de Rome qui existe à l'heure actuelle, le plus complet par-la richesse de sa documentation. Cette première édition a été tirée à 35o 000 exemplaires.
- Almanach Vermot pour 1926, 1 vol. in-4, 4°o p-, fig. administration, 38, rue Gay-Lussac, Paris, rue Gay-Lussac, Paris. Prix broché : 4 fr. 75 : relié, 7 fr. 5o.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2707
- 20 Février 1926
- L’activité solaire en janvier 1926.— M. Bidaut de l’Isle nous écrit de son observatoire de la Guette, à la date du 3o janvier :
- « L'activité solaire semble actuellement en vive effervescence. De nombreux groupes de taches se montrent depuis quelque temps sur la surface, parmi ? elles on en voit de considérables. C'est ainsi que dès le 20 janvier, il a pu être observé un très important groupe qui est passé au méridien vers le 24.
- Il a été signalé, dans la soirée du mardi 26 janvier, dans les parties méridionales du département de l’Yonne, une superbe aurore boréale en direction N.-N.-E.
- Les appareils radiotélégraphiques et radiotélépho-niques de l’Observatoire n’ont pu recevoir les communications qu’avec de grandes difficultés, des craquements de même nature que ceux qui ont lieu en été, en temps d’orage, ont été presque constamment perçus. Entre temps une sorte de bruissement continu affectait les écouteurs.
- L’aiguille aimantée a paru affolée, et pendant plusieurs heures (de 20 h. 3o le 26 jusqu’à 1 h. 45 le 27), elle n’a pas eu de réelle fixité. L’amplitude maxima de certaines oscillations horizontales, assez brusques parfois, atteignait 3 à 4°-
- Dans la nuit du 27 au 28, il n’a pas été signalé d’aurore, mais des oscillations de l’aiguille, de moins grande amplitude, ont encore été constatées. Les appareils de T. S. F. ont cependant donné, ce soir-là, des auditions normales.
- A titre d’indication, et sans qu’on jnuisse en tirer des conclusions quelconques, au moins en l’état actuel de nos connaissances, indiquons que la pression barométrique, extrêmement élevée jusque-là, s’est mise à descendre dès midi le 26 (762), jusqu’au lendemain à i3 heures (752), "puis, après être remontée à 757 le 28 à o heure, est redescendue à 744 Ie 29 à 6 heures.
- Dans nos régions du moins, à l’orage magnétique dont l’aurore boréale et les perturbations concomitantes ont été la manifestation tangible, ont succédé une double oscillation barométrique accompagnée de pluies persistantes, par vent dominant du sud, et une notable élévation de température, inhabituelle en cette saison de l’année, puisque la moyenne quotidienne atteignait ô° à 70. »
- Un four électrique de 100000 ampères — Ce four électrique, employé pour-fabriquer du carbure de calcium, et qui représente un record audacieux en cette matière, a été conçu et réalisé par M. Paul Miguet, directeur de la Société Electromélallurgique de Montri-cher. Il fonctionne d’une façon très satisfaisante depuis plus d’un an à Saint-Julien de Maurienne. C’est un four monophasé à une seule électrode fonctionnant sur courant alternatif à 5o périodes. Jusqu’ici, pour réaliser des fours de très grande puissance, on utilisait des montages triphasés, en raison des difficultés éprouvées à faire passer dans les électrodes des courants de très grande intensité. C’est donc dans l’électrode que réside tout d’abord l’originalité du nouveau four. Elle a 2 m. 3o de diamètre et 1 m. 20 de hauteur. Elle est formée de 8 secteurs en carbone soutenus chacun par une entrée de courant et assemblés par un pisé de carbone qui constitue également la partie centrale de l’électrode. Les entrées de courant, en acier coulé, sont scellées au cuivre. Elles sont creuses et refroidies par une circulation d’eau. Il y a une entrée de courant pour chaque secteur de carbone. Chaque conducteur amène donc à l’électrode i2'5oo ampères. Autre originalité : la cuve du four est en ciment armé. Le four est employé surtout pour produire du carbure de calcium, mais aussi des ferro-alliages. La tension du courant employé varie entre 40 et $7 volts suivant les fabrications.
- Les bisons du Canada. — 11 y a quelques années, les naturalistes pensaient que le bison d’Amérique était appelé à disparaître à bref délai comme son congénère d’Europe, dont la race a achevé de s’éteindre au cours de la guerre. Grâce aux mesures de protection prises par le Canada, on peut dire que cette intéressante espèce est désormais sauvée. A Wainwright, dans l’Alberta, on
- a organisé en 1907 un vaste parc de 200 km2 de superficie pour recueillir les derniers survivants d’un troupeau de 709 bisons ayant appartenu à Michael Pablo, du Montana (Etats-Unis). Les bisons ont si bien prospéré que le parc de Wainwright est aujourd’hui surpeuplé et ne peut plus suffire au troupeau dont l’effectif dépasse 12 000 têtes. Il a fallu abattre un certain nombre d’animaux et organiser l’émigration des autres. Plus de 1600 femelles âgées d’un et de deux ans viennent d’être expédiées à plus de 1000 km de Wainwright, à la réserve de bisons des bois de Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest. Cette réserve, primitivement constituée en vue de protéger les bisons sauvages vivantencore dans lesforêts du Nord, couvre plus de 16000 km2. On compte y envoyer régulièrement l’excédent de population du parc de Wainwright qui s’accroît régulièrement de i5oo individus par an. Le premier transport de 1600 bisonnes, effectué cet été, a bien réussi malgré les difficultés évidentes d’une telle opération. Le voyage qui dura. 10 jours s’est effectué par convois de 200 animaux empruntant d’abord la voie ferrée, puis la voie d’eau. Les bisonnes de Wainwright, à peine arrivées dans leur nouveau domaine, ont été fort bien accueillies, au dire des gardes, par les bisons sauvages et tout donne à penser que dans cette région l’espèce bison va désormais croître et multiplier rapidement.
- Production des phosphates et des superphosphates.
- — La production totale de phosphates dans le monde a atteint en 1924 7 218000 tonnes contre 7 169000 en 1923.
- De ces totaux, c’est l’Afrique du Nord qui fournit la plus grosse part : ainsi en 1924 on relève dans l’Annuaire Lambert :
- Tunisie. . . . . , 2 465 000 tonnes.
- Algérie........... 848000 —
- Maroc ...... 43°45o
- Total.........3 738 45o —
- Ensuite le plus important fournisseur du monde est la Floride avec 2144000 tonnes. L’Océanie a fourni 400000 tonnes.
- Enfin la France continentale est loin d'être dépourvue de phosphates : 200000 tonnes en 1924. Quant aux superphosphates, la production du monde s’est élevée au nombre de 11 244 000 tonnes dont 2 3o8 000 pour la France.
- Les scories de déphosphoration ont été produites en France à concurrence de plus de 65o 000 tonnes. Malheureusement on constate une exportation de plus de 470 000 tonnes de cette précieuse matière première.
- D’autre part, la France a exporté, en 1924, 228000 t. de superphosphates.
- Il faut espérer que l’augmentation du prix de vente du blé incitera nos agriculteurs à acheter davantage ces engrais qui pendant plusieurs années étaient à un cours trop élevé pour permettre une utilisation rémunératrice.
- L’archipel des Wallis. — Possessions françaises, ces îles situées en Océanie par 3o° latitude S. et 178 de longitude sont sous le protectorat de la France depuis 1887. Depuis 1913, un traité signé avec le roi Lavuela, qui demanda l’annexion à la France, attend sa ratification par le Sénat. La position géographique de ces îles leur donne une importance politique évidente, et leurs productions agricoles, leurs richesses naturelles en font un domaine de valeur sérieuse.
- Leur sol produit facilement l’ananas, le tabac ; les cocotiers abondent, des forêts riches sont étendues, autant que le permettent quelques lambeaux de terre ferme de 12 km de largeur et de 20 ou de 28 km de longueur. La plus longue a, en effet, un peu moins de 3o km.
- Mais, à six jours de navigation de Nouméa, ce pays de près de 6000 habitants pourrait fournir à la Nouvelle-Calédonie un peu de la main-d’œuvre qui lui fait défaut. Il est possible d’y développer non seulement les cuL tures, mais les pêcheries, les exploitations de nacre, de perles fines, etc. Tout un ensemble de raisons font donc penser aux spécialistes de Y Océanie française ainsi qu’à M. Olivier Pichot (Economiste français, 3i octobre) que l’on doit attacher de l’importance à cet archipel.
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- INFORMATIONS
- L’enregistrement plionocinématographique des bruits du cœur. — L’écoute et l’interprétation des bruits fugitifs des poumons et du cœur, l’auscultation est un art indispensable au médecin. Mais l’enseignement en est difficile; dans les écoles de médecine, de nombreux auditeurs se pressent pour recueillir la leçon du maître; il est manifestement impossible de faire ausculter successivement par chaque élève un même sujet. Et cependant les descriptions verbales sont impuissantes à préciser et définir les diverses nuances des bruits qui caractérisent les divers états pathologiques de l’organe malade. C’est le cœur qui donne lieu aux plus grandes difficultés d’auscultation. Dès l’apparition du phonographe, Potain avait songé à utiliser ces appareils pour enregistrer les bruits du cœur et les reproduire, au cours de ses leçons, devant un auditoire nombreux. Mais le phonographe est un appareil trop infidèle pour cet enregistrement délicat. Le Dr Lutembacher a eu l’idée de substituer à l’enregistrement mécanique du phonographe usuel l’enregistrement optique, suivant la méthode du Film parlant. Rappelons en quoi consiste, en principe, cette méthode : le film cinématographique, en même temps qu’il prend les photographies successives des objets animés, enregistre en quelque sorte la photographie des sons. Ceux-ci sont traduits d’abord en courant électrique variable au moyen d’un microphone ; le courant issu du microphone fera osciller l’organe mobile d’un galvanomètre, cet organe est muni d’un miroir réfléchissant vers l’objectif du cinéma la lumière d’une source punctiforme; le son sera photographié sur le film sous la forme d’un trait en zigzag dont les portions seront plus ou moins opaques. Pour la reproduction on dirige un faisceau de lumière sur le film développé, les variations d’intensité lumineuse du faisceau traversant le film sont retraduites électriquement par une ampoule photoélectrique, puis retransformées en ondes sonores par un téléphone ou un haut-parleur.
- Le Dr Lutembacher, en collaboration avec M. Gaumont et la Société française du « Film Parlant », a ainsi exécuté une collection de films de bruits pathologiques du cœur. Celte méthode d’enregistrement a le grand avantage de permettre la reproduction intégrale d’une leçon; car on peut aussi bien enregistrer en même temps la parole du maître et ses gestes, bref reconstituer cinématographiquement, avec un seul film, toute une leçon orale; une leçon faite à Paris, par exemple, par un professeur illustre, pourrait ainsi être reconstituée à volonté en un endroit quelconque.
- La prophylaxie du goitre. — Cette affection qui sévit dans maintes régions est l’objet de la part de comités d’hygiène d une prophylaxie systématiquement organisée.
- Dans la Yalteline on fait distribuer aux enfants des écoles des bonbons de chocolat contenant i centigr. d’iode, à raison de deux par semaine ; chaque enfant absorbe donc 2 centigr. d’iode. 3700 écoliers ont été traités en 1922, 9535 en 1923. 60 pour 100 des sujets traités manifestent une amélioration lorsqu’ils sont atteints de goitre évident; la proportion d’amélioration est plus faible chez ceux qui ne présentent pas encore de symptômes nets. Les dépenses de ce traitement sont de 1 lire 42 par enfant.
- La Direction générale de la santé publique en Italie mettra en vente du sel iodé dans les régions où le goitre est répandu.
- Le sel iodé a donné d’excellents résultats dans le canton d’Appenzell et en Autriche.
- En Nouvelle-Zélande on a obtenu 35 pour 100 d’améliorations chez les enfants par l’emploi d’iodure de potassium. On faisait prendre pendant 10 semaines 2 à 4 gr. d’iodure de potassium dissous dans de l’eau ou sous forme de pilules.
- Ces renseignements ont été recueillis dans Patholo-'
- gica (i5 novembre 192.4) Par l’Office International d’Hygiène publique.
- Fouilles archéologiques en Mongolie. — L’Anthropologie publie le compte rendu d’une communication présentée à l’Institut français d’Anthropologie par M. le Dr Montandon, de Lausanne, sur les récentes découvertes archéologiques faites en Mongolie par l’expédition russe du Dr Kozlov. Nous lui empruntons les renseignements suivants et la très belle figure ci-jointe.
- Pierre Kouzmitch Kozlov, l’élève du fameux Prjé-valsky, est le dernier représentant encore sur la brèche d’une génération de grands explorateurs de l’Asie centrale. En 1923, il réunissait à Ourga, en Mongolie, une caravane imposante pour la poursuite de ses explorations. Agé de soixante ans, il se contentait de diriger en chef l’expédition, tandis qu’une série de collaborateurs se répartissaient les travaux envisagés.
- Kozlov vient de rentrer à Moscou avec une abondante moisson qui paraît surtout importante dans le domaine de l’archéologie. C’est ainsi que, dans*jles monts Noïn-Oula, dans le sud-ouest de la Mongolie, des kourgan
- ont été découverts et fouillés. Dans chacun d’eux, une cheminée centrale, aujourd’hui bouchée, conduit dans une chambre intérieure entourant une chambre ' plus petite, toutes deux rectangulaires, aux parois faites de troncs équarris.
- La pièce intérieure contient un sarcophage et quantité d’objets de bronze, d’ouvrages de bois, comportant des figurations de rennes, de planchettes munies de trous et de baguettes pour l’obtention du feu par rotation, des selles, des tresses de cheveux noirs paraissant provenir de scalps, de superbes pièces de soie et de tapis représentant par exemple le combat d’un yak contre un carnassier apocalyptique ou l’attaque d’un élan par un lynx muni d’ailes (voir fig.), une céramique très riche, enfin, des objets d’or qui, par leur façon, paraissent indiquer des connexions avec l’Inde et le proche Orient.
- Le détail des objets trouvés permet de fixer l’àge de ces tumulus à environ deux siècles avant l’ère chrétienne.
- Concours pour l’établissement de passages souterrains et garages souterrains destinés à l’amélioration de la circulation. — La Ville de Paris ouvre un concours en vue de l’établissement de passages souterrains destinés à l’amélioration de la circulation. Les primes mises à la disposition du jury s’élèveront à 100 000 francs.
- Les demandes d’inscription à ce concours seront reçues jusqu’au 3i mars 1926 inclus. Les concurrents devront effectuer le dépôt de leurs projets avant le 3o juin 1926, à la Direction des Travaux de Paris, 98, quai de la Râpée, qui adressera le programme sur demande.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *>, 'Nouveautés en T. S. F.
- Les conditions essentielles de succès pour la réalisation d’un poste superhétérodyne. — On connaît les avantages nombreux du dispositif superhétérodyne, avantages que nous avons indiqués à plusieurs reprises aux lecteurs de La Nature.
- Rappelons seulement que ses propriétés essentielles peuvent se ramener à trois, qui sont : la grande puissance d’amplification sur longueurs d’onde courtes et moyennes, la facilité de réglage, et surtout la sélectivité.
- Un poste superhétérodyne, en éléments séparés surtout, est relativement facile à établir malgré sa complexité apparente (fig. 1), puisqu’il se compose dans sa forme la plus compliquée d’un collecteur d’ondes accordé et d’un détecteur pour ondes courtes précédé d’étages à H. F., auquel est couplée une hétérodyne pour ondes courtes. Après changement de fréquence, les oscillations résultantes sont transmises par l’intermédiaire d’un Tesla de liaison à un amplificateur pour grandes ondes.
- Malgré les avantages de son principe, avantages bien connus et constamment reconnus, malgré la simplicité relative de montage et de réglage également, il arrive que beaucoup d’amateurs français ne peuvent obtenir de résultats satisfaisants, du moins d’après leurs dires, alors qu’aux Etats-Unis et en Angleterre le dispositif est de plus en plus employé avec succès.
- Quelles peuvent donc être les causes de ces insuccès relatifs ? C’est ce que nous allons essayer de déterminer.
- Il faut bien préciser d’abord que l’appareil est très sensible. Il est mauvais, par conséquent, de l’utiliser pour recevoir les émissions de postes puissants situés à proximité. Employer une superhétérodyne à Paris dans le but unique d’écouter les radio-concerts parisiens n’a évidemment aucun sens ; un appareil beaucoup plus simple à trois ou quatre lampes au maximum donnerait, dans ce cas, des résultats au moins aussi bons.
- Le poste est très sélectif, ce qui est sa qualité essentielle. Mais cette sélectivité même nécessite un réglage d’accord, facile certes, mais très précis. Il peut donc arriver qu’un débutant, peu familiarisé avec la manoeuvre des appareils de ce genre, éprouve, au début, une certaine difficulté dans la recherche des émissions.
- Enfin et surtout, par son principe même, l’appareil exige l’emploi d’un grand nombre d’étages d’amplification à haute fréquence, ainsi que nous l’avons expliqué dans nos derniers articles de La Nature.
- Il ne saurait donc être question de monter une superhétérodyne avec un amplificateur pour grandes ondes qui ne comprendrait pas d’étages à haute fréquence ou qui n’en comprendrait qu’un. Cet amplificateur doit, au minimum, comprendre deux étages à haute fréquence avant la détection. Il y a d’ailleurs compensation entre le nombre d’étages à haute fréquence pour grandes ondes et le nombre d’étages à haute fréquence pour ondes courtes ;
- Fig. 1. — Schéma de principe d’un poste hétérodyne.
- c’est-à-dire qu’un appareil qui comprend déjà un étage à haute fréquence avant la dëtectrice ondes courtes pourra ne comporter qu’un nombre d’étages d’amplification plus réduit avant la détectrice grandes ondes de l’amplificateur à moyenne fréquence.
- C’est sur ce dernier point essentiel que doit, à notre avis, se porter l’attention des amateurs qui veulent réaliser un poste superhétérodyne, de même évidemment que sur le choix même de ces étages à haute fréquence pour grandes ondes. Ce choix est également essentiel, mais nous l’avons suffisamment étudié déjà dans des articles précédents. P. Hémardinquer,
- sg'î'i. 'Eclairage
- Fig. 2.— Phare d’automobile transformé en lampe balla-deuse de garage.
- Utilisation d’un vieux phare d’automobile. — Lorsqu’un phare d’automobile est détérioré, il n’est plus d’aucune utilité lorsqu’il est installé sur un châssis. Par contre, il peut rendre certains services si on l’emploie comme lampe d’intérieur, de garage en particulier, comme applique mobile ou comme balladeuse.
- Pour cela le phare est monté sur un socle de bois au moyen de la pièce même qui servait à le fixer sur le porte-phare.
- Par exemple c’est un bras muni d’une partie filetée et d’un écrou que l’on peut facilement encastrer au dos du socle. Ce dernier est muni d’un crochet ou piton à œil qui permet d’accrocher la planchette sur une paroi et de constituer une lampe applique puissante, mobile, le courant étant amené par un conducteur
- en fil double comme pour une balladeuse quelconque.
- Si l’on a le courant électrique 110 volts au. garage ou dans l’endroit où l’on veut utiliser le phare, il suffit de disposer une douille convenable 110 volts et d’employer une petite lampe de 10 bougies de forme ronde, qui sera suffisante pour assurer un bon éclairage, étant donnée la puissance du réflecteur.
- 11 sera bon de remplacer la porte, qui généralement est cassée puisque le phare est hors de service, par une grille de protection constituée par du fil de fer, facile à établir si l’on est un peu adroit.
- Dans le cas où l’on ne dispose pas du courant 110 volts dans le garage, on peut naturellement se servir de la batterie d’accumulateurs de la voiture. Dans ce cas, on gardera dans le phare la douille qui se trouvait avec la lampe 6 ou 11 volts, suivant l’importance de la batterie.
- On peut même, si l’on ne dispose pas d’éclairage électrique mais seulement de bouteille à acétylène, utiliser encore le phare comme éclairage de secours, au moment d’une préparation ou d’une visite, en branchant cette balladeuse par un tube de caoutchouc armé sûr la bouteille d’acétylène dissous.
- On obtient ainsi un éclairage puissant, bien supérieur à tout ce qu’on pourrait avoir par les moyens habituels. La possibilité de transporter cette lampe, de la placer comme applique, de l’accrocher à un point du châssis est extrêmement pratique. On peut même poser le socle à plat sur le sol, ce qui facilitera grandement les réparations sous le châssis, l’éclairage du phare étant alors-nettement verticabet ne gênant pas la vue de l’opérateur.
- Pied pour lampe balladeuse. — Les lampes balla-deuses sont employées fréquemment dans les ateliers, les celliers, les garages ou les caves. Elles sont constituées par une poignée qui porte la douille de lampe, 1’extrëmrté de la lampe est entourée par un grillage, et un crochet permet de fixer la balladeuse pour la suspendre commodément.
- S'il s’agit d’éclairer au contraire près du sol, par exemple, pour des réparations sous une voiture, pour la mise en bouteilles d’une pièce de vin, pour chercher au besoin une pièce tombée sous un établi, on éprouve alors des difficultés pour fixer la lampe et pour bien éclairer les parties basses.
- On peut construire un support au moyen d’un tuyau de fer monté sur une bride de joint qui permet de fixer l’ensemble sur un socle de. bois suffisamment épais, de manière à empêcher le renversement de ce chandelier.
- Le tuyau de fer est entaillé sur la plus grande partie de sa longueur, de manière à permettre le passage du câble conducteur de courant allant à la balladeuse. Le diamètre intérieur du tuyau est tel que la poignée de la balladeuse puisse entrer facilement.
- On a soin, bien entendu, d’abattre tous les angles à la lime, notamment ceux de la fente du tube, afin d’éviter
- -É 59 '§fr-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- toute détérioration et toute coupure au câble conducteur. On a ainsi un chandelier pratique et solide.
- On peut le munir d’un réflecteur en utilisant un tuyau de fer-blanc, roulé en forme de demi-cylindre et maintenu par rivures à la partie supérieure du tube. Ce
- sur un plan les divers mouvements, et arriver à une conclusion pratique avant la demande de brevet.
- C’est là une méthode qui est à recommander aux inventeurs d’appareils mécaniques, car elle permet d’établir à peu de frais un premier modèle schématique
- pj g. /,. — Lampe balladeuse et son pied.
- Sond. verticaux
- Zone
- ïêtrolifère
- Fig. 6.
- Coupe d’un sondage incliné.
- réflecteur est d’un diamètre suffisant pour permettre le passage de la grille de la lampe balladeuse.
- On peut pour cet usage se servir d’une boite en fer-blanc quelconque, que l’on sciera de manière à lui donner la forme d’un demi-cylindre. L un des fonds sera enlevé, l’autre sera conservé en partie et percé d’un trou de manière à laisser passer le tube à frottement dur, ce qui permettra de monter rapidement le réflecteur si besoin est et de l’assujettir sans grande complication
- Travaux publics
- Un appareil de sondage incliné. — Un dispositif nouvellement imaginé par un prospecteur, M. Otlet, présente l’intérêt d’effectuer les sondages sous des inclinaisons variables plutôt que de travailler verticalement.
- Ce dispositif est applicable à toutes les recherches minières, plus particulièrement pour la reconnaissance des gîtes pétrolifères en France.
- M. Otlet a étudié depuis longtemps cette question, et il est persuadé que les gîtes de pétrole sont des ramifications souterraines en forme de fissures dans une zone parfois très étroite, c’est ce qui lui a donné l’idée d’imaginer son appareil de sondage incliné. Le sondage vertical risque, en effet, de passer à côté de la zone intéressante, même quand on effectue plusieurs sondages.
- Il est assez curieux de faire connaître la méthode
- Fig. 5. — Maquette d’un appareil de sondage faite avec le « Mécano ».
- imaginée par l’inventeur pour la conception de son appareil. Plutôt que de se cantonner dans l’établissement de plans qui n’auraient pas permis de se rendre compte du fonctionnement possible à première vue, il a construit une maquette avec des pièces d’un jouet « Mécano »,de sorte qu’il a pu ainsi modifier mieux que
- et d’éviter les débours d’établissement d’un appareil d’essai qui procure trop souvent des mécomptes et exige généralement de nombreux certificats d’addition au brevet principal. E. Weiss.
- Objets utiles
- Strapontins et table pour balcons. — Les personnes dont la maison d’habitation ou de plaisance comporte un balcon ou une passerelle éprouvent souvent le désir de s’y reposer ou d’y travailler assis, mais souventla place fait défaut pour placer à cet effet un fauteuil et un petit guéridon. Pour obvier à cet in-convénient et. réduire l’encombrement le plus possible,
- on a imaginé p. — (( f/Idéale » et le « Balconnier ». des strapontins ° et des tables
- s’accrochant facilement et solidement à la main courante (bois ou fer) des balcons. La figure 7 représente en A un strapontin de ce genre dénommé « balconnier » lequel se déplace, se monte et se descend à volonté. Son encombrement extrêmement réduit dans la position verticale (fig. 8) laisse entièrement libre la circulation même sur les balcons les moins larges ; de plus étant mobile, il peut être retiré en cas de mauvais temps. La même figure 7 représente en B « l’idéaie », petite table mobile basée sur le même principe que le balconnier. Gomme ce dernier, elle s’accroche au balcon.
- Ces deux accessoires sont livrés complets, vernis, avec crochets métalliques, siège plaquette bois perforé ou plein. L’un comme l’autre peuvent également se fixer contre des parois de pièces exiguës, telles que salles de bains, cabinets de toilette, chambres noires de photographie, etc. ; dans ce cas, les crochets peuvent être remplacés par des vis.— Constructeurs : Etablissements T. Lafon, rue de Chalon, 42. Paris (XIIe),
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- VARIÉTÉS
- LA COOPÉRATION DANS LES OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES
- Le public qui s’intéresse aux études astronomiques est extrêmement étendu, car l’on peut dire que pas une question scientifique ne passionne autant que la recherche de la structure de l’Univers. Sans doute, il existe des curieux qui vont plus loin dans cette voie et font l’acquisition de quelque lunette : mais, après avoir dirigé plusieurs fois leur instrument vers le ciel, examiné la lune, les planètes et quelques astres remarquables, ils sont souvent déçus et las de cette distraction parce qu’ils ne savent pas ce qu’èl faut regarder.
- Or, il faut bien le reconnaître, un grand nombre de personnes sont pleines de bonne volonté et seraient heureuses de pouvoir coopérer à une œuvre scientifique. C’est là une satisfaction que les amateurs recherchent et trouvent si difficilement : faire quelque chose qui contribue réellement à l’avancement de la science.
- L’astronomie, plus que toute autre branche, offre cette facilité aux amateurs. On peut même dire plus : le champ ouvert est aujourd’hui tellement vaste, il nécessite un si grand nombre de mesures, que les professionnels sont souvent débordés ; et, sans une coopération organisée, les efforts risquent de ne pas correspondre au fruit à en attendre, à cause de la multiplicité des doubles emplois, tandis que, bien groupées, les observations comportent rapidement d’utiles résultats.
- En particulier, au cours de ces dernières .années, les recherches sur les étoiles variables ont pris un développement considérable : la cause de leurs variations reste assez mystérieuse et, pour beaucoup d’astronomes, la connaissance plus complète de ces astres apporterait des indications très utiles dans les questions relatives à la constitution de l’Univers et à l’évolution stellaire. D’autre part, c’est en accumulant une quantité considérable d’observations que nous pourrons trouver les lois qui président à leurs fluctuations d’éclat, souvent étranges et déconcertantes.
- . A Lyon, tandis que nous procédions à une spécialisation de nos travaux, préconisée par les hauts conseils techniques, l’étude des étoiles variables s’offrait à nous d’une façon bien naturelle, soit parce que la question est toute d’actualité, soit à cause de la large documentation qui avait été réunie antérieurement en la matière à l’Observatoire de Lyon, et qu’il était opportun et utile de porter à la connaissance des amateurs et des professionnels. Car il est, en outre, dans cette étude, deux parties bien distinctes : l’une d’elles ne peut être abordée que par le professionnel, grâce à un outillage toujours plus puissant et plus perfectionné ; mais certaines observations, plus simples et non moins précieuses, peuvent être assurées par des amateurs.
- Ainsi, dans le but de faciliter à des collaborateurs bénévoles une participation efficace et très utile à la recherche astronomique, nous étions conduits à fonder à l’Observatoire de Lyon, en 1921, une Association française d’observateurs d’étoiles variables, comme il en existait déjà à l’étranger : grouper les observateurs, centraliser leurs résultats, encourager leurs efforts par la publicité rapide que leur donne le Bulletin que nous publions ; grâce aux cartes que nous fournissons et avec l’action disciplinée de tous, nous procurons aux amateurs les moyens d’apporter une contribution personnelle très efficace et de réelle valeur scientifique, dans une branche de l’astronomie qui leur est particulièrement accessible.
- Ici, tous les concours peuvent être utiles pour le but final; chacun travaille selon ses ressources. Sans frais, le moindre instrument et une première connaissance des constellations suffisent pour apporter une contribution
- personnelle utile : la publication rapide permet à chacun d’apprécier ses résultats, qu’il a la satisfaction de voir porter rapidement à la connaissance de tous ; par comparaison avec les autres, il en apprécie la précision, se passionne de plus en plus pour son travail et cherche à étendre son champ d’activité. Enfin, point essentiel, ce travail n'entraîne aucune servitude, aucune obligation étroite de jour ou d’heure : il s’agit bien d’une distraction organisée pour la rendre féconde.
- Nous établissons la liaison essentielle entre tous nos collaborateurs à l’aide de notre Bulletin. Dans cette publication, qui porte tout d’abord sur l’astronomie et la météorologie, nous leur donnons les moyens de compléter une culture astronomique générale et spéciale-, d’une part, à l’aide d’articles d’exposition et d’information; d’autre part, en donnant une bibliographie rapide de tout ce qui concerne l’astronomie ou la physique du Globe sous sa forme la plus générale. La Science, en effet, se complique de jour en jour et, par le moyen de cette Bibliographie, avec des indications sommaires, nous poursuivons une documentation très importante et précieuse pour tous ceux qui entendent avoir un aperçu du mouvement scientifique moderne.
- Mais nous n’aspirons pas à l’état stable et définitif de l’heure présente et, pour le bon renom des spéculations pures dans notre pays, nous voulons développer sans cesse notre organisation. Or, le public, répétons-le, est animé de la meilleure volonté ; il ne demande qu’à connaître les choses. Par exemple, un article dans un quotidien italien nous a valu un grand nombre d’adhésions : les lecteurs de La Nature ne constituent-ils point, par excellence, un public sélectionné et particulièrement averti des questions scientifiques ?
- Nos résultats, à cette heure, sont les suivants : composé d’une douzaine d’amateurs fervents en 1921, nos observateurs sont aujourd’hui plus de deux cents, répartis dans 26 pays différents, et notre coopération porte d’une manière utile sur plus de 200 étoiles variables, parmi les plus importantes. Nous avons publié près de 5oooo observations de nos collaborateurs, et nous mettons à leur disposition la primeur des 60 000 observations de nos archives.
- Certes, nos efforts ne sont pas méconnus ; l’Académie des Sciences, la Caisse des Recherches scientifiques nous ont facilité nos publications avec une grande bienveillance. Mais il faut vivre, c’est-à-dire progresser, et les temps sont durs.
- Il est des moyens multiples pour nous aider : prendre part à notre groupement d’observateurs ; prêter des instruments pour certains de nos collaborateurs mal outillés et doxlt les ressources trahissent la bonne volonté; s abonner a notre Bulletin ou faire abonner quelque bibliothèque; par relation, nous procurer une annonce.
- L’extrême complication de la science actuelle nécessite, de plus en plus, la discipline de la collaboration. Ici, par la nécessité d’un très grand nombre d’observations, d’une organisation qui centralise, compare, collationne, discute pour pouvoir conclure, une coopération se révèle indispensable : je souhaite que des esprits éclairés trouvent dans ces lignes rapides!1) l’occasion de rendre leurs distractions fécondes.
- Jean Mascart,
- Directeur de l’Observatoire de Lyon.
- 1. Ceux des lecteurs qui peuvent, de quelque manière que ce soit, donner leur concours à l’oeuvi’e dont je viens d’exposer les grandes lignes sont priés d’écrire à l’Observatoire de Lyon, à Saint-Genis Laval (Rhône) ; toutes les indications complémentaires leur seront données.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il estrappeléqu’en raison des recherches
- le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — N. M. — i° Vous pourrez vous procurer du celluloïd transparent en feuilles dans les maisons qui
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- BOITE AUX LETTRES
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- suivent: Aceloïd, 20. boulevard Saint-Denis; Société française du Celluloïd, 6, rue Albouy; Convert, 177, rue de Bagnolet ; Faré, 73, rue Turbigo ; Greenhill, 69, rue de Chabrol; Lafon, 4. passage Moulin, 12“.
- 20 Pour le Collage, se servir d’une colle au celluloïd composée par exemple de :
- Celluloïd en morceaux...............25 gr.
- Acétate d’amyle.....................5o — „
- Acétone . . 5o -
- Laisser digérer plusieurs jours en agitant fréquemment jusqu’à obtention d’un liquide sipupeux.
- M. Jourdan, à Golat. — L‘ enlèvement du tartre qui s’est déposé dans les bouillottes en cuivre rouge ne présente aucune difficulté, il suffit de l’arroser d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique). Dans ces conditions, le sulfate et le carbonate de calcium qui constituent le dépôt se dissolvent très facilement sans que le cuivre soit attaqué. N. B. Eviter toute confusion avec l’acide nitrique ou eau forte dont l’action serait au contraire funeste pour le cuivre. Quand tout le tartre a été dissous par l’acide chlorhydrique, on rince plusieurs fois à l’eau claire avant de remettre en service
- la bouillotte. Noter également que le cuivre jaune ou laiton qui contient du zinc serait attaqué par tous les acides.
- E. L. — i° Le virage des papiers au bromure s’effectue aînsi :
- Ton sépia. On commence par préparer les deux
- solutions :
- A Eau distillée..................... 100 c. c.
- Acide acétique cristallisable. 10 gr;
- Ferricyanure de potassium . 1
- B Eau distillée......................100 c. c.
- s Acide acétique cristallisable. 10 gr.
- Acétate d’urane.................... 1 —
- Au moment de l’emploi, on mélangera suivant le ton que l'on désire obtenir.
- Pour le sépia brun. . . 5o cc de A et 100 cc de B.
- — rouge . . 5o cc de A et 70 cc de B.
- — rouge feu. 5o cc de A et 5o cc de B.
- Ton bleu. Préparer ainsi une troisième solution C.
- Eau distillée....................joo c. c.
- Acide acétique cristallisable. . 10 gr.
- Citrate de fer ammoniacal. . . 1 gr.
- Mélanger 5o c. c. de la solution A précédente et 75 c. c. de la solution C.
- L’image prend d’abord une teinte verdâtre et devient ensuite bleue après lavage ; on avive la teinte en passant l’épreuve dans l'eau ammoniacale au millième.
- Ton pourpre. On commence par préparer les trois
- solutions mères suivantes :
- I Eau distillée................ . 100 c. c.
- Citrate neutre de potassium. 10 gr.
- II Eau distillée...............100 c. c.
- Sulfate de cuivre pur. ... 10 gr.
- III Eau distillée.................. 100 c. c.
- Ferricyanure de potassium . 10 gr.
- Mélanger au moment de l’emploi :
- Solution 1............100 c. c.
- — III................. 6 —
- Plonger l’épreuve dans le bain, suivre le virage et aussitôt que le ton pourpre est obtenu rincer à fond avant de mettre à sécher.
- 20 L’addition d'alun de chrome ou de tout autre alun au bain de fixage n’est pas à conseiller, car elle est sinon nuisible, tout au moins inefficace.
- En effet, lorsque l’on mélange un alun à l’hyposulfite de sodium, ce dernier est décomposé avec précipitation de soufre et d’alumine en même temps qu’il y a dégagement d’acide sulfureux et formation de sulfates de ch rome et de sodium sans action pour le fixage.
- A12(S04)3, Cr9(S04)3 f- 3 (Na9S903) = 3S + A1203 + Cr9(S04)3 -J- 3(Na2S04) -j- 3(S02).
- En réalité, après la réaction, l’hyposulfite et l’alun n’existent plus dans le bain et, pour que le fixage puisse se produire, il faudrait remettre de l’hyposulfite en excès, mais en tout cas l’alun de chrome ayant été décomposé, le sulfate de chrome ne pourrait avoir qu’une faible action tannante.
- Comme conclusion, il faut procéder ainsi : Fixer d’abord la plaque dans le bain habituel à 3o pour 100, bien rincer pour débarrasser la gélatine de la presque totalité de l’hyposulfite et alors seulement immerger
- dans la solution alunée contenant environ 60 à. 70 gr. par litre, soit d’alun ordinaire, soit d’alun de chrome. On laisse la plaque dans le bain 10 minutes, temps suffisant, qu’il est inutile de prolonger, car le lavage subséquent deviendrait difficile par suite du trop grand durcissement de la gélatine.
- M. Corroy, à Charbonnière. — Les qualités que l’on demande à une huile minérale de graissage sont variables et dépendent de l’usage auquel elle est destinée.
- C’est ainsi que pour les moteurs d’autos, on emploie des huiles fluides ou semi-fluides ; pour la boîte de vitesses ou le pont arrière de l’huile épaisse ; pour les graisseurs Stauffer de la graisse consistante, la fluidité déterminée à lTxomètre (nombre de centimètres cubes d’huile s’écoulant à l’heure par l’orifice de l’appareil à la température de l’expérience, en général 35° C.) peut varier de 15 à x 20.
- Quelle que soit l'huile considérée, elle doit être pure, sans mélange d’huile de schiste ou debog-head, d’huiles végétales ou animales, ne pas contenir de matières en suspension, ni d’eau; la densité sera comprise entre 0,890 et 0,910.
- Par refroidissement, l’huile considérée n’abandonnera pas de paraffine, chauffée progressivement elle ne devra pas dégager de vapeurs inflammables avant 135° C. Enfin agitée avec son volume d’alcool, celui-ci séparé et filtré ne présentera pas d’acidité.
- A part la recherche de cette acidité, les autres déterminations nécessitent des appareils spéciaux, par exemple, celui de Blazy et Luchaire pour l’inflammabilité, l’Ixomètre de Barbey ou le viscosimètre d’Engler pour la fluidité. Ces essais sont parfois complétés au moyen des appareils de Mac Naugt et de Thurston-Idenderson qui permettent d’apprécier la lubrification par mesure du frottement de deux disques rodés. Il est évident que ces recherches ne sont pas à la portée de l’amateur, et le mieux pour celui-ci est de s’adresser à un fournisseur séi’ieux, en lui indiquant quels sont les organes à graisser. A titre d’indication, seulement, nous vous citerons la Yacuum Oil Company, 34, rue du Louvre, la Spidoléine André, 8, rue de la Tour-des-Dames, les Huiles Renault, 55, rue Camille-Des-moulins, à Issy-leS-Moulineaux, etc.
- Ecole normale de Clermont-Ferrand. — i° U auréole jaune et les reports de même couleur que donne votre encre sont très probablement dus à ce que cette encre a été préparée avec de l’extrait de bois jaune de’Cuba ou mûi'ier des teinturiers (Morus tinctorial] désigné aussi sous le nom de vieux fustic. Cet cxti’ait apporte en même temps que le tanin une matière colorante jaune, le morin ou acide morintannique qui supprime le reflet bleuâtre et permet d’obtenir un noir noir. Yous pouri’ez vérifier s’il en est bien ainsi en évaporant à sec au bain-marie quelques centimètres cubes de l’encre et épuisant par l’alcool fort l’extrait après refroidissement, le liquide filtré présentera une coloration jaune accentuée caractéristique.
- 2“ La préparation de Vencaustique à Veau ne réussit pas avec certaines cires bon marché, parce que ces dernières sont constituées, non par de la cire d’abeilles, mais par des cires minérales, cire Montané, ozokérite, paraffine. Ces produits n’étant pas saponifiables, ils ne peuvent donner d’émulsions.
- 3° Le léchage est le seul moyen dont disposent le plus souvent les animaux domestiques pour procéder à leur toilette et débarrasser leur peau de la poussière ainsi que des parasites. A l’état de liberté, tous les animaux sans exception usent de bains, il convient donc de baigner fréquemment l’animal dont vous parlez en le savonnant au savon goudron, vous constaterez que si son épiderme est en bon état, il n’éprouvera pas le besoin de se lécher. — N: B. Le léchage présente l’inconvénient d’introduire dans l’estomac et l’intestin des poils provenant de la fourrure, qui s’agglutinent sous forme de pelotes, appelées bezoards, lesquelles peuvent produire une obstimction du tube digestif.
- M. A., à Beaufort-sur-Doron. — Les cuirs employés pour la confection des vêtements sont des cuirs chamoi-sés, dans lesquels l’agent de tannage est de l’huile de poissons à l’exclusion de tout autre corps.
- Il résulte de cette considération que pour remettre votre veste canadienne en bon état de souplesse, il vous suffira de l’enduire d’huile de poissons par applications successives de manière que le cuir soit bien engraissé
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- sans cependant qu’il y ait exsudation de l’huile. Mais le meilleur résultat vous sera donné par l’emploi du moellon ou émulsion qui s’écoule des peaux chamoisées lorsqu’on les débarrasse à la presse hydraulique de l’excès d’huile qu’elles contiennent..
- L’excellente action du moellon est due à ce qu’en outre de l’huile, ce moellon contient des matières organiques provenant des peaux, il constitue ainsi une véritable nourriture pour le cuir, ce qui lui permet tout en conservant sa solidité d’acquérir le maximum de souplesse.
- M. Maurice, à Nantes. — i° Pour peindre sur porcelaine émaillée le mieux est de vous servir de couleurs à l’albumine en ajoutant à l’eau servant au délayage un peu de fiel de bœuf préparé. Après passage à l’étuve à 8o° Jes couleurs seront parfaitement fixées par suite de la coagulation de l’albumine.
- Le fiel préparé s’obtient en prenant :
- Fiel de bœuf.................... 600 gr.
- Noir de quille pulvérisé. . . joo —
- Eau ordinaire...................1000 —
- On fait bouillir environ une heure en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore, puis on laisse refroidir et on ajoute :
- Alcool à 900......................3oo cc.
- Après avoir rendu homogène on filtre et on met en bouteilles.
- 2° Vous trouverez tous les articles employés pour la fabrication des poupées dans les maisons suivantes : Vanner, 2, rue Ilippolyte-Lebas ; Prieur, 19, rue Michel-Le-Comte; Carelte, 16, rue du Pont-aux-choux; Prin-sard, 20, rue de la Folie-Méricourt ; Israël, 63, rue des Archives ; Delcourt, 5 bis, rue Béranger ; Somain, 4o, rue de la Verrerie.
- M. Collin, à Courbevoie. — A notre avis le moyen le plus simple pour bronzer vos petites pièces d'acier est de les enduire d’un mélange de :
- Chlorure d’antimoine...........20 gr.
- Huile de lin...................80 —
- Laisser la coloration se développer jusqu’au ton voulu, essuyer et passer à la brosse légèrement cirée.
- M. Alliaume, à La Varenne. — Il y a effectivement à craindre que le sulfate de cuivre au contact de l’émail de votre baignoire, qui est à base de borate de plomb, ne fasse double décomposition en donnant naissance à du borate de cuivre qui est bleu verdâtre.
- Eu égard à la faible concentration du bain en sulfate de cuivre, il est fort probable que cette coloration serait très minime et négligeable ; si cependant il était nécessaire de la faire disparaître, vous pourriez passer à la surface de l’émail teinté, une éponge fine imbibée d’eau acidulée par 1 à 2 pour 100 d’acide sulfurique, puis rincer à l’eau pure. Mais le mieux, croyons-nous, serait que vous vous serviez d’un récipient en bois, cuvier ou tonneau dont un fond aurait été enlevé, plutôt que de votre baignoire émaillée.
- M Guillemin, à Roubaix. — i° Vous pourrez vous procurer par petites quantités des matières colorantes chez les principaux fournisseurs de^produits de laboratoire, par exemple : Neveu, 16, rue Mônsieur-Le-Prince ; Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne ; Manon-court, 76, boulevard Saint-Germain. 20 Ce sont bien les couleurs dites aux stéarates qui servent à colorer les hydrocarbures, les maisons indiquées ci-dessus vous les fourniront également.
- D. Caudéran. — i* Nous sommes partisans de l’emploi de l’alun dans l’encre à stylo, parce qu’il agit comme fixateur de la matière colorante sur le papier en formant une laque. Il ne faut pas exagérer la crainte d’encrassement par les matières en dissolution ; dans la formule que nous avons donnée, elles représentent, matière colorante comprise, une concentration de huit millièmes du volume total, cela est tout à fait négligeable et nous vous conseillons plutôt de porter votre attention sur la limpidité de l’encre au moment de Son introduction dans le réservoir du stylo, autrement dit prendre bien soin, de la filtrer de manière qu’elle soit exempte de poussières ou débris solides. 20 Quant à l'emploi du formol, il ne nous parait pas justifié, la plupart des matières colorantes sont antiseptiques par elles-mêmes, donc nul besoin de conservateur; d’autre part, le formol étant un réducteur énergique, il peut avoir une action fâcheuse sur les couleurs qui ont été développées en fabrication, par oxydation.
- L’acide acétique peut également amener une modifi-
- cation de teinte, le mieux est de s’abstenir de l’employer.
- M. Bourgade, à Paris. — L’étamage des glaces au mercure ne présente pas de grandes difficultés, mais seulement un peu de dextérité. On met une feuille d’étain pur sur une table d’ardoise ou de marbre bordée de trois côtés seulement au moyen de réglettes de bois de 1 cm de haut environ, cette bordure est mastiquée avec soin de façon que le mercure ne s’infiltre pas dans les jointures. On dispose la table ainsi préparée en pente très douce du côté opposé à celui qui n’est pas bordé, puis on verse du mercure sur la feuille d’étain et avec une patte de lièvre on l’étend légèrement et rapidement sur l’étain. Ensuite on prend la glace parfaitement propre et surtout bien dégraissée et en observant de la tenir parallèle au plan de la table, on la pousse en glissant sur la feuille d’étain amalgamé qui s’attache aussitôt à la glace. On retourne alors celle-ci et, plaçant un coussin sur l’une de ses extrémités, on la met en pente douce pour faire écouler l’excès de mercure, ensuite on met une feuille de papier de chaque côté de la glace et on met sous pression ménagée en chargeant avec quelque objet pesant. Lorsqu’on ne voit plus de gouttelettes de. mercure suinter, la glace peut être montée après avoir appliqué au dos un enduit protecteur généralement à base d’oxyde de fer composé par
- exemple de :
- Essence de térébenthine .... i5o gr.
- Colophane.......................3oo " —
- Rouge d’Angleterre..............55o
- IV. B. On obtient un excellent nettoyage préalable de la glace en se servant de cendres de bois tamisées et porphyrisées.
- S’il ne s’agit que de parties peu étendues de la glace à réparer, vous pourriez essayer du moyen suivant : Bien nettoyer en frottant avec du coton l’endroit où le tain est endommagé de façon qu’il n’y reste ni poussière, ni matières grasses. D’autre part, découper avec la pointe d’un canif sur une vieille glace une surface de tain un peu supérieure à celle à recouvrir, verser sur ce tain une gouttelette de mercure de la valeur d’une tète d’épingle par centimètre carré. Le mercure imbibe la couche jusqu’à la limite tracée par le canif et lorsqu’elle est ramollie on l’enlève et la transporte au point que l’on veut réparer, on la fait adhérer par tamponnement léger avec une houppe de coton et laisse durcir. Si l’opération a été faite avec soin, on peut obtenir un résultat très satisfaisant.
- M. Chosseler, à Bordeaux. — Quelles que soient les précautions prises pour le cimentage de la dalle et des tuyaux de descente, une fosse d’aisances révèle toujours sa présence dans, la cave où elle se trouve. Ce ne sont donc que des palliatifs qui peuvent être appliqués : introduire d’une part dans la fosse un seau d’eau chaude dans laquelle on aura fait dissoudre 1 lcilog. de sulfate de cuivre ou vitriol bleu. (Se servir d’un récipient en bois et non en métal.) D’autre part, épandre sur le sol de la cave à la volée, une poignée ou deux de chlorure de chaux (poudre de chlore). Dans ces conditions, l’odeur désagréable doit rapidement disparaître, mais il n’en faudra pas moins éviter d’une façon absolue d’entreposer du vin même en bouteilles dans ladite cave.
- V. B., & Bruxelles. — i° Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2702, page 23 de la Boîte aux Lettres, sous la rubrique Veritas Anvers. L’échantillon de raphia que vous nous avez soumis contient en outre du chlorure de calcium, ce qui justifie les propriétés hygrométriques que vous avez constatées. Il est probable que ce sel employé en solution à 10 gr. par litre environ vous donnera satisfaction.
- 2° Tous trouverez du raphia tout teinté chez Durand, 18, rue Bichat, et pour grosses quantités àla Compagnie française du coton colonial, 1, rue François-ler, ainsi que chez Paulard frères, .57, rue de la Grange-aux-Belles.
- Réunion des officiers, à Nancy. — Pour entretenir les chaussures en caoutchouc, il faut les laver avec une éponge douce imbibée d’eau ammoniacale, puis essuyer de suite avec une peau de chamois sans laisser sécher. Eviter tout brossage à sec qui aurait pour résultat de rayer le vernis par intervention du sable contenu dans la boue.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- L évolution visible dans la technique des centrales à. vapeur, par E. Rauber. i brochure 56 p. Edité par la Revue Industrielle, 5>yj, rue Pierre-Charron, Pai*is.
- Les centrâtes à vapeur, productrices de courant électrique, ont bénéficié en ces dernières années de progrès très notables. La centrale de Gennevilliers, que dirige l’auteur de cette brcxchure, a montré brillamment la voie dans laquelle il convenait de s’engager pour produire le courant à des prix de plus en plus bas. Mais l’on aurait tort de croire que l’on soit arrivé à la limite des progrès à espérer. M. Rauber, s’appuyant sur l'expérience de Gennevilliers et sur les enseignements tirés des grandes centrales modernes de l’étranger, démontre que, bien au contraire, l’on doit escompter à bref délai de nouvelles améliorations fort importantes ; il indique avec précision les moyens qui peuvent conduire à ce résultat, et il ouvre ainsi de nouvelles et brillantes perspectives qui, il faut l’espérer, provoqueront de nouveaux efforts des techniciens et des praticiens. C’est surtout sur l’emploi de moyens qui ont déjà fait leurs preuves, à savoir : pressions de vapeur de plus en plus élevées, pratique systématique des soutirages de vapeur destinés à réchauffer l’eau d’alimentation, que compte M. Ràuber pour réaliser de nouvelles économies dans la production du courant. Il arrive ainsi à envisager des centrales qui réaliseront 3o pour ioo d’économie par rapport aux meilleures centrales actuelles. Ce serait là un progrès dont il est inutile de souligner l’importance industrielle et sociale.
- Carburation et carburateurs, par Léon Poincaré, i vol. 285 p., 80 fig. (Encyclopédie Léauté). Editeurs : Masson et Cie, Gauthier-Yillars et Ci0, Paris, 1920. Prix : 22 francs.
- Le carburateur du moteur à explosion doit faire face à des tâches nombreuses et complexes. Malgré son apparente simplicité, cet organe essentiel met en jeu, en l’éalité, des phénomènes compliqués qui déroutent souvent l’usager, et qui ont imposé aux inventeurs et constructeurs de grands efforts d’ingéniosité. L’ouvrage de M. Poincaré donne une analyse à la fois claire, méthodique et complète de ces phénomènes qui se rattachent tous à la vaporisation de mélanges complexes d’hydrocarbures ; il précise les divers éléments qui interviennent dans la carburation ; ayant défini exactement les multiples fonctions du carburateur et les conditions, très variables, dans lesquelles elles doivent s'exercer, l'auteur étudie ensuite la constitution des différents modèles de carburateurs ; il montre la raison d’être et le fonctionnement de leurs organes. Il examine enfin l’adaptation du carburateur à deux cas particuliers extrêmement importants : l’automobile et l’avion, et il termine en indiquant comment l’on règle et met au point un carburateur. II est aisé de reconnaître, à la lecture de ce livre, que l’auteur a non seulement une parfaite connaissance théorique de la question traitée, mais encore une grande expérience pratique. Son ouvrage sera un guide précieux pour tous ceux qui veulent comprendre à fond le mécanisme et le fonctionnement d’un carburateur, et utiliser rationnellement cet appareil.
- Atlas Elemental de Nûovols (Atlas élémentaire des nuages), par le prof. Eduard Fonséré, traduit par Wehrlé, préface du général Delcambre, i vol. 5o p., i5 fig. dans le texte, 32 pl. hors texte, Gustave Gili, Editeur, C. Enric Granados, 65, Barcelone. 1925.
- Ce magnifique volume édité par la Fundacio Concep-cio Rabell i Cibils de Barcelone offre une première originalité : il est écrit non en espagnol, mais en catalan. Le choix de cette langue locale eût, sans doute, privé ce livre des nombreux lecteurs qu’il mérite dans tout le monde scientifique, si au texte catalan n’était jointe une excellente traduction française de M. Wehrlé. L’observation des nuages, l’étude de l’évolution des systèmes nuageux forment aujourd’hui un élément essentiel de la météorologie, et en particulier de la prévision du temps. Il importe donc que tous les météorologistes soient exercés à recon-
- naître les diverses formes de nuages, et que, grâce à une classification rigoureuse, les dénominations adoptées soient les mêmes partout. Tel est le double rôle d’un atlas de nuages; l’atlas élémentaire de M. Fonséré, avec ses superbes photographies de nuages et ses très claires descriptions, atteint ce but d’une façon remarquable. C’est un excellent guide pratique dont les services ne se limiteront pas à la région catalane.
- Cours de botanique à l'usage des établissements de Venseignement moyen, par O. Terive et P. Turbot, 5° édition. 1 vol. in-8, 341 p., 492 fig-, 4 pl- en couleurs, Wesmael-Charlier, Namur.
- Livre de classe, belge, remarquablement bien pensé, écrit et présenté. S’appuyant constamment sur les données de l’observation, les auteurs traitent successivement de la cytologie, de l’anatomie, de la physiologie, de la croissance et de la reproduction des plantes. Puis ils passent en revue les grands groupes du règne végétal, esquissent en quelques pages la répartition géographique, spécialement en Belgique. Enfin, des tableaux analytiques permettent la reconnaissance des diverses familles et des arbres les plus communs.
- Lne petite ferme allemande. Doctrines et pratiques agricoles d’outre-Rhin, par Albebt Malpas. 2° édition, 1 vol. in-16, 140 p., 16 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 6 francs.
- Ecrit pour des praticiens, cet ouvrage contient, outre la monographie d’une petite ferme allemande, des illustrations et des notes multiples, recueillies dans les annuaires, les journaux, les ouvrages agricoles théoriques ou pratiques parus en Allemagne au cours des sept dernières années, montrant ce qu’on doit faire pour adapter les principes de la science agronomique à la pratique agricole familiale et le rendement qu’on en peut obtenir.
- Manipulations zoologiques, par Léon Bertin et Amélie Botsselier, 1 vol. in-8, 335 p., 294 fig. Presses universitaires de France, Paris. Prix : 20 francs.
- Ecrit pour les élèves du P. G. N. et des écoles normales, les candidats au brevet supérieur et au professorat des écoles normales, ce livre rendra grand servjce comme initiation aux études zoologiques d’observation. Choisissant un matériel commun, facile à se procurer partout : souris, pigeon, lézard, grenouille, tanche, cœur et cerveau de mouton, œil de bœuf, écrevisse, blatte, abeille, lombric, sangsue, ascaris, moule, escargot, oursin, les auteurs indiquent tout ce qu’on y peut voir, la manière la plus simple de pratiquer les dissections, les observations à la loupe et au microscope*. Tout cela est écrit très clairement, très ordonné et éclairé par de nombreuses figures schématiques; ce livre permet à tous de faire un grand nombre de constatations personnelles et de s’entraîner progressivement à la connaissance réelle des animaux.
- La mort et la biologie. Essais sur la mort, par Henry de Varigny. i vol. in-16, 3og p. Félix Alcan, Paris. Prix : 12 francs.
- Livre fort intéressant et des plus agréables à lire. L’auteur a rassemblé un très grand nombre de faits relatifs à la mort, la longévité, la vieillesse, tant chez l’homme que chez les animaux. Il les a groupés en bel ordre et en a tiré nombre de conclusions très sages sur l’éternelle et angoissante question de la mort, fin inéluctable et mystérieuse de la vie.
- Les mosaïques de Clerval (le « Yelatodurum » de l’Itî-géraire d’Antonin), par A. Huguenotte. i broch. in-8, 12 p., 4 fig. Chez Fauteur, Chaux-les-Clerval (Doubs). Prix : 1 fr. 60.
- Récit d’une importante découverte archéologique : les vestiges d’une habitation gallo-romaine, mis à jour, révélèrent de magnifiques mosaïques. Ces fouilles ont en plus l’intérêt de fixer un point de géographie historique.
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- La naturë
- Supplément.
- .ISO
- Ü” 270S 27 Février 1926
- N^CF<^0gj^«$/A. Witz. — M. Witz, doyen honoraire de lâ^F^î®ë^pDre des Sciences de Lille, vient de mourir le ü5 janvier. Il était né à Cernay le 2.3 avril 1848. M. Witz a attaché son nom à l’étude et à la théorie des moteurs à gaz. Il a, par ses publications et ses recherches, puissamment contribué aux progrès des moteurs à explosion. L’un des premiers, il a montré l’avantage des hautes températures et des pressions élevées. Il a également apporté des perfectionnements importants aux machines à vapeur et aux chaudières. On lui doit plusieurs ouvrages très appréciés.
- L’éclair. — M. Peek, un ingénieur américain spécialisé dans l’étude des phénomènes de haute tension où il fait autorité, a publié il y a quelque temps dans le Journal of the Franklin Inslitute une importante étude sur l'éclair, appuyée par des observations sur le terrain et des expériences de laboratoii e. M. Peek a cherché à dégager des données expérimentales actuellement acquises, des précisions relatives à la différence de potentiel et aux caractéristiques de l’éclair, aux effets de ce météore sur les lignes électriques, à l’efficacité des paratonnerres. M. Peek évalue à cent millions de volts la différence de potentiel donnant lieu à un fort coup de foudre. Le gradient de potentiel peut atteindre 33oooo volts par mètre dans la région où le champ est le plus intense et où, par suite, passera l’éclair. La décharge paraît être généralement d’un caractère non oscillant; l’intensité du courant s’affaiblit' très rapidement en fonction du temps, l’intensité maximum pouvant atteindre jusqu’à 78000 ampères. Lorsque l’éclair se produit au voisinage de lignes de transmission d’énergie électrique, la ligne devient le siège, du fait de la mise en liberté des charges qui y étaient induites par le nuage, d’une variation brusque de potentiel qui peut atteindre 5oo 000 volts et même, mais exceptionnellement, 1 600000.
- La restriction de la production des matières premières. — On sait que depuis longtemps des unions industrielles pratiquent une restriction de leur production pour éviter l’avilissement des cours.
- Aujourd’hui nous assistons à un phénomène nouveau : ce sont les Etats qui se dirigent dans la même voie en interdisant la production au delà de certaines limites des matières premières dont ils ont un monopole de fait.
- La Grande-Bretagne a l’estreint les exportations de ses colonies, c’est le plan Stevenson qui a d’ailleurs déjà à peu près complètement sauvé du marasme les plantations d’Extrême-Oi’ient.
- Les Etats-Unis parlent à leur tour d’appliquer un plan de restriction à la production du pétrole.
- Le Brésil s’apprête par des mesures toutes Spéciales à maintenir le prix de ses cafés.
- Pour le coton on assiste/de la part de l’Egypte, à une application de mesures restrictives sévères. Ainsi dans l’Egypte, on ne pourra plus consacrer à la culture du coton qu’un tiers des terres aptes à cette production. Cette mesure sauvegardera les cultivateurs produisant le coton, mais il semble bien qu’elle n’est pas inspirée par les industriels dès lies Britanniques puisqu’ils s’efforcent de rechercher les terres aptes à porter du coton, et cela avec succès, dans tout l’Empire.
- Il est certain que ces mesures restrictives profiteront aux producteurs, mais, dit l Information financière dans sa revue annuelle, n’est-il pas à craindre que sous l’empire de ces diminutions de la production, de nouvelles concurrences s’établissent, qui seront redoutables pour les producteurs que la restriction aura momentanément avantagés.
- En fait on peut déjà prévoir le développement intensif des plantations de cotonniers dans nombre de colonies françaises et anglaises, et le coton sera peut-être bientôt un exemple de la stimulation de la concurrence produite par des plans de restriction qui auront à merveille servi par conséquent les intérêts d’industriels que l’on cherchait à affamer.
- Plantes connues sous le nom de réglisse —
- Dans le n° 2696 de La Nature, sous 'la rubrique
- « Le jardin familial des plantes médicinales », en une page bien divisée, abondante, aucunement lourde, M. Truelle traite successivement de la culture, des propriétés thérapeutiques, des préparations pharmaceutiques de la réglisse, connue en botanique sous le nom de Glycyrrhiza glabra. Le lecteur n’aurait aucun intérêt dans la réédition de ce qui a été bien dit. Mais peut-être en trouvera-t-il tant soit peu dans ce qu’il nous semble bon d’ajouter comme complément de l’article mentionné.
- Durand, dans Index Generum Phanerogamorum, mentionne du genre réglisse une douzaine d’espèces distribuées dans l’Asie tempérée et subtropicale, la région méditerranéenne, l’Amérique boréale occidentale et australe extra-tropicale, l’Australie; les plus connues et parfois cultivées sont la réglisse hispide (Glycyrrhiza echinata), la réglisse velue (G. hirsuta), la réglisse rude (G. asperrima), dont les produits sont moins estimés, dit Cazin, que ceux de la réglisse glabre ou officinale (G. glabra).
- En dehors de ces réglisses, qu’on pourrait appeler authentiques, parce qu’elles le sont scientifiquement parlant, possédant les caractères du genre Glycyrrhiza, il y a les réglisses par accession, celles qui en portent le nom sans en avoir les caractères génériques, et qui ont pénétré dans celte catégorie par une espèce d’usurpation, tout comme ces oiseaux qui n’étant ni poules ni hirondelles sont pourtant devenues, dans le langage commun, des hirondelles de mer, des poules d’eau.
- Ces réglisses du vulgaire sont trop connues pour être ignorées, et aussi ne sont-elles pas sans quelque utilité.
- Réglisse sauvage, R. bâtarde (Astragalus glycyphyllos). Commune en France et en Europe dans les bois, les buissons, les pâturages à hautes herbes ; elle habite au$,si la Sibérie et la Songarie, l’Arménie, le Lazistan et le Caucase.
- Elle a été employée avec succès contre les dartres, la strangurie, les coliques et autres maladies qui exigent l’usage des adoucissants.
- Réglisse de montagne (Trifolium alpinum). N’abandonnons pas la famille des Papilionacées, qui nous a fourni les Glycyrrhizes, les Astragales, et où nous trouvons aussi les Trèfles; mais élevons-nous, soit dans les Alpes ou les Pyrénées, à l’altitude des Rhododendrons. À côté de ces arbustes aux branches enchevêtrées, tombantes, à feuillage d’un vert sombre luisant égayé de milliers de roses menues réunies en grappes denses, vous ne manquerez pas de remarquer un trèfle à folioles lancéolées finement denticulées, sans tige apparente, d’où s’échappe un pédoncule portant une capitule de grandes fleurs rouges. Ses épaisses racines ou rhizomes s’enfoncent profondément dans le sol : c’est la réglisse des pasteurs et paysans qui vivent aux flancs des grands massifs.
- Ils arrachent ces racines dont ils font de douces tisanes contre la toux, les refroidissements, les coups d’air, lès affections des bronches, des poumons, de la poitrine. C’est leur réglisse à eux, et nous n’hésitons pas à croire que l’estime qu'ils en font est bien méritée. Si cette plante n’était pas reléguée dans le domaine alpin des Pyrénées, des Corbières, du Plateau Central, des Alpes, de l’Apennin, tous les ménages en seraient approvisionnés à F envi. Pour le moins, vous qui vous plaisez durant les plus beaux mois de la flore des montagnes à vous élever lé long des pittoresques vallées jusqu’aux sommets sourcilleux, accordez un regard à ce gracieux trèfle à grandes fleurs, dont l’utilité rehausse la rare élégance. Peut-être, ses longues et fortes racines seront-elles un jour exploitées au même titre que la gentiane, la valériane, la bardane, le chardon roulant.
- Réglisse des villageois, Polypode commun (Polypodium vulgare). Les enfants des villages, dans le Midi et sur la ligne des Cévennes, nomment réglisse une modeste fougère à rhizome épigé horizontal, qui croit, sur les rochers, les murs, les vieux arbres, plus spécialement sur les chênes. Ils l’arrachent avec précaution pour l’avoir dans toute sa longueur, en détachent les frondes oblongues-pennatipartites, les racines, les écailles^ et la
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- INFORMATIONS
- portent à la bouche pour la mâcher et en extraire les principes sucrés ; c'est leur réplisse. Les auteurs anciens : Celse, Galien, Dodonœus, etc., l’avaient en grande estime; les modernes lui reconnaissent plusieurs vertus. Voici ne que nous lisons dans le Traité pratique et raisonné des plantes médicinales de F.-J. Cazin :
- J’ai reconnu que cette racine (du polypode) ne relâche le ventre que fort doucement, même étant administrée à grande dose ; mais comme elle est d’une saveur sucrée, je l’ai donnée aux enfants. Ils la prennent avec plaisir. A une dose élevée, en décoction aqueuse, soit seule, soit mêlée avec un peu de lait, elle les purge suffisamment. La thérapeutique des enfants est très difficile; il faut autant que possible user pour eux du précepte d’Horace Utile dulci. La décoction de souches de polypode m’a paru n’ètre pas inutile dans les affections catarrhales pulmonaires. Les paysans lui reconnaissent cette propriété par tradition et l’emploient avec succès pour se débarrasser des toux chroniques, des vieux rhumes. En résumé, la flore spontanée de nos montagnes nous offre plusieurs plantes officinales connues sous le nom de réglisses : l’Astragalus glycyphyllos, le Trifolium alpinum, le Polypodium vulgare. La première est une papilionacée à feuilles pennées ; la seconde est un trèfle qui n’abandonne pas l'étage alpin; la dernière est une fougère très répandue qui descend par nos coteaux et se montre plutôt amie de l’ombre. F. Sennkrre.
- Consommation du cacao en France. — Jusqu’en i83o, la consommation du cacao en France paraît avoir été très faible. Les statistiques indiquent une consommation de 2 kg pour 100 habitants èn i83i.La progression a été la suivante d’après Y Annuaire statistique de la France.
- i831 ..... 2 kg par 100 habitants
- 1800 5 —
- 1860 12 —
- 1870 3o —
- 1871 22
- 1872 9
- 1878 20
- 1881 3o
- !90° 45 -
- 1905 55 ' —
- 1910 . . 62 —
- 1919 . . . . . 133 —
- I9i° 115 —
- 19?'1 9a — .
- 19 * t 108 —
- Ceci correspond en 1924 à une consommation totale de 43 296000 kg, qui place la France au quatrième rang parmi les consommateurs. Aux premiers rangs se trouvent les Etats-Unis qui absorbent 168000 tonnes, puis l’Allemagne 84 000 tonnes et la Grande-Bretagne 02 ooo tonnes.
- A côté de ces 40 000 tonnes de cacao consommées en France, plaçons les 7200 tonnes récoltées dans les colonies françaises : la comparaison de ccs deux nombres indique nettement que nos colonies pourraient étendre dans une large proportion leurs plantations de cacaoyers. Elles pourraient viser à alimenter complètement notre industrie métropolitaine de la chocolaterie.
- Le droit d’entrée dans les musées et monuments de l’Etat. — Ce droit a été institué par la loi du 3i décembre 1921 ; il donne lieu à des recettes de plus en plus élevéés. En 1924, les recettes ont atteint 2024 104 fr. 25, soit 2.5o 000 francs de plus qu’en 1923.
- Ces recettes comprennent 1 968799 francs pour les entrées, le surplus en peinture ou dessins, photographie, cinématographie (Economiste français, 26 sept. 1925).
- Ces recettes les plus importantes sont :
- Louvre.................442-528 francs.
- Versailles............. 238. o5g —
- Panthéon................. 200.192 —
- Sainte-Chapelle .... 120.366 —
- Mont Saint-Michel . . . 102.335 —
- Musée du Luxembourg . 87.056 —
- Fontainebleau............. 86.g56
- Grand Trianon............. 82.377 —
- Are de Triomphe (Etoile) 74.983 —
- Palais de Pau............. 74.139 —
- Musée de Cluny . . . .- 64.979 —
- Petit Trianon............. 50.869
- Il est intéressant de connaître l’emploi de ces recettes : i38oon francs ont été versés à la Caisse des Monuments historiques ; 443 641 francs à la Caisse des Musées nationaux. Le reste a été attribué à divers musées.
- *> Nouvelles de T. S. r.
- Le programme des stations de Berlin et de Hambourg. — Deux stations sont actuellement installées à Berlin; la première émet avec une puissance de 4,5 kilowatts sur 576 m. de longueur d’onde, la deuxième a une puissance de 10 kilowatts et transmet sur 5o5 m.
- La station à grande puissance de Hambourg a commencé ses transmissions, il y a maintenant deux émissions simultanées, sur 3g5 m. avec 1,5” kilowatts, et sur 460 m. avec 10 kilowatts.
- Les émissions de la Tour Eiffel. — D’après des informations qui paraissent sûres, le poste à arc de la Tour Eiffel, si gênant pour les amateurs parisiens, ne serait plus utilisé que comme poste de secours.
- Les harmoniques des oscillateurs à ondes très courtes. — On sait que M. Mesny, à l'aide de lampes spéciales, est arrivé à obtenir des ondes entretenues de 1 m. 20 de longueur minima, mais il serait fort intéressant d’obtenir des ondes entretenues de longueur d’onde très intérieure au mètre en vue de recherches physiques et d’expériences sur ondes dirigées.
- On n’avait pu obtenir jusqu’à présent que des oscillations de très faible amplitude en dessous de 1 m. 20 de longueur d'onde (Gill et Morell).
- MM. Gutton et Pierret décrivent, dans le Bulletin de la Société de Physique, le procédé qui leur a permis d’obtenir des oscillations assez fortes jusqu’à 21 centimètres de longueur d’onde.
- Le procédé consiste à utiliser les oscillations harmoniques d’un émetteur qui a été justement construit dans ce but. C’est dire que l’on a exagéré toutes les causes qui augmentent la stabilité : couplage serré, dissymétrie, tension de grille, etc....
- Nouvelles taxes pour la radiophonie française. —
- Nous avons déjà indiqué à nos lecteurs les nouvelles taxes prévues dans la loi des finances et qui grèveraient si largement le budget des amateurs de T. S. F.
- Le Ministre des Finances vient, en outre, de rendre un décret frappant les appareils récepteurs d’une taxe de luxe de 12 pour 100 sans avoir consulté aucune des associations radioélectriques.
- Il est à craindre qu’une pareille politique financière n’entrave l’essor de l’industrie radioélectrique française, car, d’autre part, aucun effort n’a été tenté par l’Etat pour organiser définitivement le statut de la radiodiffusion en France.
- La radiophonie aux Etats-Unis. — Il y aura bientôt 5 millions de postes récepteurs en fonctionnement aux Etats-Unis, ce qui correspond à peu près au vingtième de la population. Ce chiffre se passé de commentaires.
- Guidage des avions par T. S. F. — Un service aérien nocturne va être organisé entre Le Bourget et Croydon. Les avions seront guidés au moyen de signaux de T. S. F. émis à intervalles réguliers.
- La radiophonie en Autriche. — La station à grande puissance de Vienne a été inaugurée le i5 janvier d’après L’Antenne. La puissance de cette station serait dé xo kilowatts.
- La radiophonie en Angleterre. — Le poste de Daventry transmet maintenant chaque soir de la musique de danse entre 22 h. 3o et 24 h. (1600 m.).
- Les appartements de l’Hôtel Cecil à Londres ont tous été munis d’appareils de T. S. F.
- Dans un mémoire récent, adressé au Comité gouvernemental de la radiophonie, le dii’ecteur de la British Broadcasting Company a annoncé qu’un projet avait été préparé pour remplacer plusieurs des stations principales par des stations de plus grande puissance encore. De plus, des stations transmettant sur deux longueurs d’onde seraient établies à Manchester, à Glascow et à Cardiff.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- cgr
- LA VOUTE CELESTE EN AVRIL 1926
- L’attention semble devoir se porter sur la comète Ensor (192,5 l) dont nous avons entretenu les observateurs le mois dernier. Comme nous le laissions prévoir, une nouvelle orbite, beaucoup plus précise, a été calculée par MM. A.-C.-D. Crommelin et G. Merton, au moyen des observations faites à l’Observatoire de Johan-nesbourg, les 14, 18 et 21 décembre. Yoici les nouveaux éléments de cette orbite.
- Epoque du passage au périhélie = Longitude du périhélie :
- Longitude du nœud ascendant Inclinaison :
- Distance périhélie :
- uoaGfév. 11,9740 (T. U). = 354° 55'43',o ‘
- = 282° 26' 56",2 £ 1926,0 = 123° x' 5",o = 0,32249.
- Yoici, à présent, l’éphéméride calculée par le D‘ Crommelin d’après les éléments ci-dessus, pour oh (T. U.) :
- Ascension Distances en unités astronomiques.
- Dates. droite. Déclinaison. au Soleil. •Via Terre
- Février 28 20h55m8 ,- I 2° 5' o,564 0,973
- M ars 4 2Ih 4“8 + 21° (\ 0,649 0,920
- — 8 2 x1113“ 4 + 3o°33' 0,735 0,887
- — 12 2Ih28m2 + 4o°i4' 0,819 0,875
- — 16 2Ih48m9 + 49° 36' 0,902 0,885
- 20 22hI7™ 8 + 58° 12' 0,984 0,916
- — 2.4 i2h59ra4 65° 27' 1,062 0,966
- Nous engageons nos lecteurs à reporter ces positions sur la carte que nous avons donnée le mois dernier (n° 2704)- On verra qu’elles se rapprochent, sensiblement, de la trajectoire II, calculée par H.-E. Wood.
- Cette comète pourrait avoir une très grande queue, surtout en février peu après le passage au périhélie. La présence de la Lune gênera les observations à la lin de février et au début de mars.
- L’éclipse de Soleil du 14 janvier 1926, totale à Sumatra, a été observée dans des conditions parfaites par l’expédition britannique. L’astronome royal a reçu un câblogramme de cette mission donnant, avec ce renseignement, l’indication que la p couronne solaire a été du même type que celle de l’éclipse de 1918, dans l’Inde.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en avril, passe + 4° si' Ie l0r à. -j- 140 37' le 3o. Ce rapprochement du Soleil du pôle boréal a pour effet d’augmenter sa durée de présence sur notre horizon, et la durée du jour, qui est de i2h47m le Ier, sera de i4h27m le 3o.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- pourra la rechercher surtout du ier au i5 avril, époque pendant laquelle la Lune ne gênera pas les observations, le soir, dès la fin du crépuscule.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril 1926, seront les suivantes :
- D. Q. le 5, à 20h 5on N. L. le 12, à i2h 56“
- P. Q, le 19, à 23b P. L. le 28, à oh
- 2J
- “17” le i3,
- g. 1.— Occultation, le i5 avril, de 3 Taureau par lu Lune.
- Age de la Lune, le i°r avril, à oh=i8J,9; à oh = oj,5. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter, aux âges ci-dessus, le nombre de jours écoulés entre le i6r ou le i3 et la date considérée. Et pour une heure donnée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril, le 6 —— 220 5' ; le 18 — 22° 12'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le xo avril, à 3'\ Parallaxe = 6o'16". Distance — 363 85o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le .21 avril,, à 23\ Parallaxe = 5/j' 12". Distance = 404570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le i5 avril, occultation de ô Taureau (gr. 3,9), de i7hi4“à x8h25“ (voir fig. 1). — Occultation de 64 Taureau (gr. 4,9). Emersion seule visible à i8h5ora. — Occultation de 68 Taureau (gr. 4,3) de 1911 7m à i9h26m. — Occultation de 119 H3 Taureau (gr. 6,2). Emersion seule visible à 22h 19“.
- Le 16 avril, occultation de 35i B. Taureau (gr. 6,2). Emersion seule visible à
- I9h 2Ira.
- Le 20 avril, occultation de i3g B. Cancer (gr. 6,1). Emersion seule visible à i9u37m.
- Le 26 avril, occultation de 80 Yierge (gr. 5,6) de 20h 53“ à 2ih47™-
- Le 3o avril, occultation de 88 B. Scorpion (gr. 6,4), de oh 38ra à ih55“.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 12 avril.
- Yoici, en centièmes, les valeurs de ces plus grandes marées et les heures de la pleine mer, à Brest :
- Dates. Heures du passage (T. U.). Dates. Meures du passa (T. U.).
- Avi’il ior i xh 54™ 47* Avril x 7 1 ih 5om 241
- - 3 1 ih 54“ 12* — 1 ih49™ 56“
- — 5 xi1*53“ 36' — 21 1 ih49™ 3o*
- — 7 1 ih 53“ is 23 nh49m 6‘
- — 9 1 ih 52“ 27' 25 nh48m43*
- — 11 1ih 5i™ 55s — 27 IIh48ra 22*
- — i3 1ih 5im a3‘ — 29 iih48™ 4‘
- — 15 1 xh 5om 535
- Observations physiques. — Le tableau suivant, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, fait suite à celui publié le mois dernier. Il contient les données les plus importantes pour orienter les dessins ou photographies. Yoir au « Bulletin astronomique » du n° 2704 la définition des termes P, B0, L0 :
- 289°,37 173°,40 io7°,4o 4i°,39 335°,36 269°, 3o
- Lumière zodiacale. -— Le mois d’avril est- encore favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. On
- Dates. P
- Avril 1e1' — 26°, 26 „ — 6°, 5 2
- — 6 — 26°,41 — 6°, 2 3
- — 11 — 26°,37 — 50,89
- — 16 — 26°, 15 — 5°,5Ô
- 21 — 25°, 74 — 5°, 08
- — 26 — 25°,i 5 - 4°,63
- Dates Marées du matin. Heures. Coefficient Marées du soir. Heures. Coefficient
- Avril 1 x 3h 0™ o,q5 i5h 23“ 1,01
- — 12 3'’ 44™ 1,06 x6h 5“ 1,09
- 13 4h 25™ 1,10 i6h46™ 1,10
- — 14 5h 5“ 1,08 i7h 24™ 1 ,o5
- — i5 5h 44“ 1,00 i8h 3“ 0.94
- — 16 6h 2 2“ 0,88 18h4o™ 0,80
- On trouvera, au précédent « Bulletin astronomique », n° 2704, tous les renseignements pour calculer l’heure et l’importance de la marée dans un autre port.
- Yoici, à présent, l’heure de l’arrivée du Mascaret à Quillebeuf, Yillequier et Caudebec :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Yillequier. Caudebec.
- Avril 12 1,06 7h2Im 7h 58™ 8h 7™
- — 12 1,09 i9b 4om 20*' 17™ 2ûh 26™
- — ' 13 1,10 7h 58™ 8h 35™ 8h 44™
- — 13 1,10 20hx8m 20h 55™ 2 1h 4™
- — i4 1,08 gh 3?m 9h i4m 9h 23“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’avril.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du matin, le 28 avril, à 26° 56' Ouest du Soleil. Ce sera la plus importante de l’année. Les conditions d’observation
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées en Temps Universel (T. U.), soit en temps légal français, compté de oh a 24h à partir de minuit. Voir au n° 2695 la définition du « Temps universel ». Pendant la pé-x’iode d’application de Y heure d’été, ajouter une heure à toutes les heures indiquées ici.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : AVRIL Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1) Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- . 6 5h 21m 1 xh 53" x8s i8h 26“ oh 59m
- Soleil . . . 16 5 11 I X 5o 38 18 4i I 35
- 26 4 42 X I 48 33 18 56 2 i3
- 1 6 4 11 11 *7 29 0 *7
- Mercure. . 16 4 24 10 28 16 3i 0 I 2
- ' 26 4 4 10 I I 16 *7' 0 34
- k 6 3 49 9 2 *4 18 22 5
- Vénus . . 16 3 3i 8 59 14 .26 22 42
- f 26 3 *7 8 57 J4 38 2 3 20
- L 6 3 16 7 47 12 18 20 51
- Mars. . . . 16 2 56 7 37 12 18 21 20
- 26 2 34 7 26 12 21 49
- Jupiter. . . 16 3 X 7 53 I 2 45 21 37
- Saturne . . 16 21 6 1 49 6 32 i5 32
- Uranus. . . 16 4 12 10 6 16 0 23 5o
- Neptune. . 16 12 4i *9 5 2 3 4 9 38
- Déclinai- Diamètre Constellation
- et VISIBILITÉ
- son. apparent. étoile voisine.
- + 6° 16' 32y o';o Poissons V f
- + 9 57 3i 55,2 Poissons ! » )>
- + i3 22 3i 49)2 Bélier
- + 3 33 + 0 12 -j- 0 54 x 1,2 10,0 8,2 X Poissons X Poissons S Poissons 1 Le mâtin, à la fin du mois.
- — 9 5i 28,6 0 Verseau j Le matin,
- — 7 38 25,2 pVerseau ] plus grande élongation
- - — 4 44 22,6 14 Poissons le 18.
- — 18 53 6,0 0 Capricorne’ Le matin.
- — 16 58 6,4 y Capricorne!
- — i4-49 6,6 p Capricorne
- — 14 53 33,8 42 Capricorne Un peu visible le matin.
- — 16 3g 16,6 y Balance Seconde partie de la nuit.
- — 1 49 3,2 20 Poissons Inobservable.
- -f- 14 32 2,4 41 Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- * i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- seront très favorables, et l’on pourra suivre Mercure une dizaine de jours avant et après le 28 avril.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire
- de Mercure : Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril ier 0,00 + 3,i-
- “ 6 0,04 + 2,3 .
- — IX 0,13 + *»7
- — 16 0,22 + x,3
- — 21 0,32 + 1,0
- — 26 0,40 + 0,8
- Mercure s’est trouvé en conjonction inférieure avec le Soleil le 3i mars, c’est-à-dire presque entre le Soleil et nous. Il tourne donc, à ce moment, son hémisphère obscur vers la Terre et la portion de son disque illuminé est 0,00. Ces conditions sont sensiblement les mêmes le Ier avril.
- On devra s’attacher à dessiner avec soin les configurations des taches de Mercure, avec des instruments puissants de préférence.
- Vénus est visible le matin, elle atteindra sa plus grande élongation le 18 avril, à 2i\ à 46° ^ à l’Ouest du Soleil. On pourra observer Vénus depuis son lever et poursuivre les observations en plein jour.
- Voici, comme pour Mercure, le tableau de la grandeur stellaire et de la phase :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril 1er 0,3g — 4,2
- — . 6 0,42 — 4.i
- — I X 0,45 —• 4.1 .
- — 16 0,48 — '4,0
- - 21 0,51 — 4,o
- — 26 o,53 -3,9
- Mars revient. Il sera en opposition en Novembre prochain. Son diamètre, lors de l’opposition, ne sera que de 20",4. Il était de 25", 1 en 1924. Par contre, la planète se trouvera dans le Taureau et le Bélier, très élevée sur notre horizon, tandis qu’en 1924 elle était très basse lors de son plus grand rapprochement de la Terre, dans la constellation du Verseau.
- Le diamètre de la planète reste encore inférieur à 7" pendant tout ce mois.. Les observations utiles vont donc pouvoir être bientôt entreprises avec les grands instruments. Voici quelques renseignements sur la pi’ésentation du disque de Mars en avril :
- Angle de Latitude Angle de Éclat
- Dates, position de du position
- (U1*) l’ave de Mars. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Avril Ier 5°,2 - - i5°,3 5", 9 o",6 ‘ 254°,9 + U»
- — 11 o°,7 - 17°,5 6", a °"> 7 252°,7 + 1,0
- ^ 21 356°, 3 - - ??°>3 6",5 o",8 a5o°,7 + °>9
- Jupiter sera en quadrature occidentale avec le Soleil vers le milieu du mois prochain. 11 se lève 2 heures avant lui, le i5 avril; les observations, faites au voisinage de l’horizon, laisseront donc à désirer au point de vue de la qualité des images.
- Saturne, dans la Balance, est visible la plus grande partie de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 17 avril :
- Grand axe extérieur......................... 41”,58
- Petit axe extérieur......................... 16",36
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -)-230 ii'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -j—220 48’
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, lors de ses élongations. En voici la liste pour le mois d’avril :
- Dates. Élongation. Heure
- Avril 8 Occidentale. 1h, 7
- — i5 Orientale 2ih,4
- 23 Occidentale 23l,,3
- Uranus, très près du Soleil, est inobservable ce mois-ci.
- Neptune est visible dès l’arrivée de la nuit. Le ior avril, il se trouvera à environ i5' au Nord-Est de l’étoile 4* du Lion. Voici d’ailleurs quelques positions où on pourra le rechercher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Avril 6 9h 39“ + i4°3o' 2", 4
- — 16 9h 38m + i4°32/ 2", 4
- — 26 9h 38m + x4° 33' 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 3h, Saturne en conjonc. avec la Lune, à 7, à i7h, Mars — — la Lune, à
- Le
- Le 8, à 7h, Jupiter Le 9, à +, Vénus Le 10, à 17h, Uranus
- la Lune, à la Lune, à la Lune, à la Lune, à la Lune, à Jupiter, à la Lune, à
- Le 21, à 20h, Neptune Le 23, à 11\ Mars Le 29, à 6\ Saturne
- Etoiles filantes. — avril :
- - Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- i° 53' S. o®3x'N. i°5a'N. 4° 56'N. 4° 8' N. 5°2X'N. 2° 2x' S. o° 5TS. i°48' S.
- Voici quelques essaims actifs en
- Avril 9 255°
- — i6-3o 206°
- — 19-22 2710
- — 2g-3o 326°
- + 36° % Hercule.
- 4- i3° y) Bouvier.
- + 33° 104 Hercule.
- — 20 a Verseau.
- L’essaim des Jyrides [donne, du 19 au 22 avril, des
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- météores rapides, semblant radier de l’étoile 104 Hercule.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (p de Persée) visible à l’œil nu : le 9 avril, à 22h 27”.
- Etoile Polaire. — Le tableau ci-après donne les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage. Temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Avril ior oh 49m 55“ Inférieur oh36“i9s,6
- — 11 o11 iom 34“ — xh i5m 45% 1
- — i3 oh 2” 43“ —
- — i3 a3h58“ 47“ — —
- — 21 23h 27“ 21s — ih 55m io%7
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le icr avril à ap ou le iS à 2011 est le suivant :
- Au Zénith : X et g Grande Ourse. À peu de distance, la Grande Ourse (Ç, §, v, 23 h, 57); le Lion (y, 54, 90, M. 65) ; le Dragon (v, 0, s, jx, nébuleuse), au Nord-Est.
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, %) ; Céphée et Cassiopée près de l’horizon.
- A l’Est : Arcturus et le Bouvier. La Couronne boréale se lève. Le Serpent, Hercule, (3 Balance apparaissent.
- Au Sud-Est : La Yierge. (L’Epi).
- Au Sud : Le Corbeau (ô, j.SS'jS Lal.); l’Hydre (e, 54, M. 68) ; la Licorne; le Petit Chien. '
- A l’Ouest : Sirius est encore visible, ' le beau ciel d’hiver disparaît peu à peu. Les Gémeaux (a, (3, ô, Ç, x, 38 e). Orion se couche. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Bière russe ou Kwass. — Mettre dans plusieurs vases un mélange de farine de seigle, farine d’avoine et farine d’orge dans la proportion de 10 kgr de chacune de ces farines.
- On délaye peu à peu ce mélange avec de l’eau bouillante et quand il est transformé en bouillie claire, on place les pots à l’entrée d’un four de façon qu’ils soient un peu moins chauffés que pour la cuisson du pain, on les y laisse pendant 3 à 4 heures, en ayant soin de remuer de temps en temps la bouillie qui doit prendre la consistance d’une crème. Alors on la verse dans un grand cuvier et onia délaye dans la quantité d’eau tiède nécessaire pour obtenir environ 200 litres, on ajoute ensuite deux poignées de feuilles de menthe sèches, autant de raisin sec et de levure de bière pétrie avec un peu de farine. La température de la masse doit être d’environ 200 à 25°C, le cuvier est placé à découvert dans un endroit chaud. Au bout de 48 heures, lorsque la fermentation s’est établie, on passe le liquide à travers un tamis dans un tonneau. On laisse en repos dans la cave pendant plusieurs jours, ensuite on met la boisson en bouteille et huit jours après on peut la consommer.
- Préparation du papier à dessin pour pastels. —
- Avec un peu de soin et d’habileté, on peut facilement préparer le papier à dessin pour pastels en opérant ainsi :
- On prend du papier un peu fort ou du carton et on enduit la face supérieure d’une solution de colle forte légère encore chaude, puis, au moyen d’un tamis de soie à mailles fines, on répand sur la colle de la poudre de pierre ponce porphyrisée soit seule, ce qui donne un fond gris, soit associée à des couleurs minérales également bien broyées telles que ocre jaune ou rouge, jaune de Naples, bleus de Prusse et d’outremer, vermillon, minium brun Yan Dyck, vert de Casse!, violet de Mars, etc.
- Lorsque la colle est parfaitement sèche on brosse légèrement pour enlever l’excès de matière colorante.
- Le point essentiel dans cette préparation est de ne pas employer un excès de colle de façon que la surface ainsi préparée reste mate.
- Pour prolonger l’usage des balais de sorgho. — Les
- balais de sorgho sont assez rapidement mis hors d’usage parce que les brins se dessèchent et deviennent ainsi très cassants.
- On peut leur conserver pendant longtemps leur souplesse en utilisant la propriété du chlorure de magnésium d’être très hygrométrique.
- Pour cela, aussitôt après acquisition, il suffit de tremper le balai-dans une solution de chlorure de magnésium à 10 pour 100, sel que l’on trouve dans le commerce au prix de 1 fr. 5o environ le kilogramme, on laisse l’imbibition se faire complètement, puis on fait égoutter et sécher. Le balai ainsi imprégné, non seulement fournit un long service, mais présente l’avantage de soulever beaucoup moins de poussière que s’il était employé sans aucune préparation.
- Comment réparer le rayon métallique d’une roue de bicyclette OU d’auto. — H peut arriver qu’à la
- suite d’un heurt, un rayon métallique se casse. Si cette rupture se produit assez loin de l’une des extrémités du rayon, il est facile alors de réparer ce dernier et de lui rendre sa rigidité, et cela sans être obligé de démonter le pneu.
- On sait que les rayons métalliques des roues de bicyclette, motocyclette- ou d’automobile ne travaillent qu’à la traction, par conséquent dans le sens de l’allongement. Dès lors, en cas de rupture, il suffit, comme l’indique la revue Mécano, de recourber les bouts des deux morceaux en forme de crochets, en ayant soin auparavant d’allonger (par le desserrage de l’écrou) de quelques filets le bout fixé à la jante, juste assez pour qu’il tienne. On réunit les deux crochets formés ainsi par les extrémités recourbées par une solide ligature de plusieurs tours de fil d’acier.
- Ensuite, on resserre l’écrou de jante — le nippe en terme de métier — pour donner la tension et voilà une réparation, sans doute provisoire et pas agréable à l’œil, mais qui permet par sa solidité d’attendre le remplacement du rayon.
- Colle pour la protection des arbres contre les chenilles. — Pour empêcher Pinvasion des arbres par les chenilles, il est indiqué d’étendre sur le tronc une substance gluante, formant comme une ceinture protectrice.
- La colle de Nessler est très recommandable pour cet
- usage :
- Yoici la formule de cette colle :
- Colophane..................... 5 parties.
- Galipot ....................... 5 —
- Huile de stéarine.......... 2 --
- Axonge........................ 2 —
- Térébenthine de Yenise. . . x —
- Une autre formule, dont voici la composition, est aussi efficace :
- Goudron de bois............... 5o parties.
- Colophane................... 106 —
- Huile de poisson............. 25 —
- Savon ordinaire.............. 100 —
- Chauffer, dans un chaudron en fer, le goudron avec la colophane, jusqu’à fusion de cette dernière; ajouter l’huile de poisson, puis le savon ordinaire.
- Avec le mélange ainsi préparé, badigeonner le tronc des arbres et suspendre entre ceux-ci des feuilles de papier enduites de cette colle. H. B.
- Formules de cires à greffer. — Les formules les plus pratiques de cire pour appliquer sur les fentes et plaies des arbres après la greffe sont celles que l’on prépare avec la colophane, l’essence de térébenthine, les graisses, les huiles et les cires en partie dissoutes; dans l’alcool, l’essence de térébenthine ou la benzine. Parfois, ces substances sont d’abord saponifiées à la chaux.
- Les conditions à remplir sont : application facile, résistance à la chaleur, au froid, au dessèchement, au durcissement et à la cassure,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- On applique ces cires à greffer, directement sur l’arbre ou bien on en enduit des tissus employés comme emplâtres.
- Voici diverses formules et la manière de les préparer :
- I. Faire fondre 8 parties en poids de cire jaune, 9 parties de colophane, a de suif et 9 d’essence de térébenthine.
- Ajouter 1 partie de curcuma en poudre humecté d’eau. Agiter le tout jusqu’à refroidissement et rouler la masse en bâtons.
- II. Chauffer un mélange de 4 parties de cire jaune, 2 de colophane et i d’essence de térébenthine.
- Quand la masse est un peu refroidie, la rouler en bâtons sur une table en pierre.
- III. Faire fondre 4 kg de colophane, retirer du feu et ajouter peu à peu un mélange composé de 600 gr. d’alcool à 90 pour 100 et de 4 cuillerées d’huile de lin légèrement chauffée.
- IV. Faire fondre lentement 4 kg de colophane, ajouter 3ao gr. de graisse de bœuf; retirer le mélange du feu, le laisser refroidir quelque peu, y ajouter 2,4 kg d’alcool, en ayant soin d’éviter que celui-ci s’enflamme. Mettre en bocaux, ou en bouteilles hermétiquement fermées, la cire ainsi préparée.
- La graisse de bœuf ajoutée à la colophane lui donne de la souplesse, l’alcool la maintient fluide. Cette cire, appliquée sur l’arbre, perd rapidement son alcool et la masse se solidifie.
- L’évaporation de l’alcool se faisant aussi dans les boîtes qui ne sont pas hermétiquement fermées, il faut prendre des récipients relativement petits, pouvant, à l’usage, être vidés totalement. La masse desséchée dans la boîte est liquéfiée par addition d’une suffisante quantité d’alcool.
- V. La cire à greffer peut être préparée encore par fusion de 18 parties de colophane avec 8 parties de cire jaune, 4 d’essence de térébenthine, 1 partie d’huile d’olive et 1 partie d’axonge.
- VI. Une cire à greffer consistante et économique se prépare d’après la formule suivante :
- Mélanger, en chauffant, i5o parties de colophane, 75 parties d’essence de térébenthine, 75 de cérésine et 37 de sang de bœuf.
- En ajoutant à cette composition 40 parties d’asphalte, on obtient un bon mastic à greffer.
- Par l’une ou l’autre des six formules indiquées cbdessus, on peut préparer aisément les cires à gTeffer, d’usage courant en arboriculture et en horticulture. H. B,
- BOITE AUX LETTRES
- asc
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le pins souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. — Le sérum antivenimeux. — Dans l’article sur cc les Serpents qui ressemblent aux Vipères », paru dans le nc 2675 de La Nature, nous avons écrit que les sérums antivenimeux ne peuvent être vendus que 5 francs le flacon. Or, depuis, les conditions de vente ont été modifiées et l'on vend maintenant des tubes d’une dose de sérum antivenimeux, tubes formant seringues, 10 francs au lieu de 5. F. B.
- A propos de couleuvres. — M. Trannoy nous écrit : « En septembre 1924, j’avais rapporté de Grenoble, où j’avais passé mes vacances, un Zaménis long de 1 m. 20. Cet animal n’a jamais voulu manger les orvets et autres reptiles que j’ai pu me procurer à Paris, parfois à grand’-péine, et est mort en février 1925.
- L’année dernière, j’ai rapporté, encore de Grenoble, un Zaménis long de 1 m. 3o et une Couleuvre d’Escu-lape de 1 m. 5o, avec une provision de lézards pour le Zaménis. Celui-ci a mangé pendant les premiers jours de sa captivité, à Grenoble, mais s’y est absolument refusé depuis mon retour’’ à Paris. Il se peut que la saison y soit pour beaucoup. L’Esculape refuse également toute nourriture.
- Je lis dans Les reptiles et les batraciens de Brehm, à propos des Esculapes, que les habitants de Schlangenhad montrent aux baigneurs : « Les serpents sont généralement remis en liberté à la fin de la saison, car ils passent très mal l’hiver en cage, ne mangent pas et périssent rapidement. » « Je n’ai jamais pu faire manger une couleuvre d’Esculape tenue en liberté », assure Lentz. Link prétend également que les prisonnières ne prennent pas de nourriture. Erber a, de son côté, remarqué que certaines couleuvres d’Esculape mangent parfaitement en captivité. Il se peut que la mienne se mette à manger aux beaux jours, et j’ai des souris à sa disposition; il se peut aussi qu’elle fasse partie de la catégorie des entêtées. Cependant, je voudrais conserver vivants ces deux reptiles jusqu’à l’été, ne serait-ce que pour les relâcher là où je les ai pris, ou dans un endroit moins accessible, car je n’aime guère certains herpé-tologues qui n’hésitent pas à tuer froidement ces pauvres bêtes pour enrichir leur collection. J’ai tourné la difficulté en leur faisant manger de force, une fois par mois, de la viande de bœuf coupée en morceaux de grosseur convenable et plus ou moins hachée. Je maintiens le reptile entre mes genoux, pour avoir les deux mains
- libres. Je lui ouvre la bouche et y place un morceau de viande que je pousse ensuite avec une baguette de bois à extrémité arrondie. Quand le morceau de viande a passé dans l’œsophage, je le fais glisser plus loin par une sorte de massage, comme on enfonce un doigt de gant un peu juste. Le serpent se charge du reste: Pour bien faire avaler une quantité de viande suffisante sans qu’ils la rejettent volontairement un instant après, il faut ne leur en donner que trois ou quatre morceaux à la fois, et attendre une heure ou deux pour recommencer. On a trois jours après, environ, les preuves que la digestion s’est bien effectuée, mais il importe de ne pas laisser le serpent au froid après qu’il a mangé. Naturellement, cette opération ne va pas sans frétillements de la part des patients. Le Zaménis, tout de suite énervé, mord à droite et à gauche, il faut le tenir au cou pour éviter les nombreuses petites aiguilles de ses mâchoires. Habituellement, après quatre mois et demi de captivité, il ne cherche jamais à mordre si on ne fait que le caresser sans le prendre. Quand on le prend, il ne mord pas tout d’abord, mais il s’impatiente assez vite, se met à cingler l’air comme un fouet et finit presque toujours par mordre. L’Esculape n’a jamais cherché à me mordre, si ce n’est au moment de sa capture, quand je la tenais par le cou à l’entrée de la retraite où elle s’accrochait désespérément, dans un vieux mur. Elle n’est pas du tout méchante, mais toujours très défiante, et se recule dès qu’on avance la main vers elle. Cette espèce passe pour assez sociable, mais, sous ce rapport, elle n’approche pas de la couleuvre à collier qui devient très familière en peu de temps. »
- Réponses. — X., Cercle des Officiers, Lille.— Contre les punaises, nous ne connaissons pas de moyens de protection personnels. La destruction peut être effectuée dans les locaux clos au moyen de la chloropicrine (avec certaines précautions d’emploi), ou encore en traitant les boiseries au bas des murs, la literie et en général tous les repaires de ces insectes, par des badigeonnages au tétrachlorure de carbone.
- M. Chaumeil, à Madrid. — Pour la conservation des. bois exposés aux intempéries, tels qu’échalas, piquets, bois de palissades, le mieux-est de se servir du produit désigné sous le nom de carbonyle ou carbolinéum extrait du goudron de houille et riche en phénols. Appliqué chaud, il pénètre profondément dans le bois et ne peut être entraîné par les pluies. D’après les essais effectués à l’Ecole forestière de Nancy, du bois ainsi traité peut rester pendant trois années recouvert de fumier sans s’altérer.
- J. J., à Cannes. — Les goudrons qui encombi'ent les tuyaux de pipes au bout d’un certain temps sont très
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- BOITE AUX LETTRES
- in-
- solubles dans l’alcool; il suffit donc, en opérant de la façon la plus simple, de boucher l’extrémité du tuyau par exemple avec un bout d’allumette taillé, puis de remplir la pipe avec de l’alcool bon goût à 90°-95°. Quand on juge que cet alcool est saturé, on le fait écouler, puis après rebouchage on répète l’opération avec de l’alcool neuf, cela jusqu’à ce que le liquide qui s’écoule ne soit plus coloré que très faiblement. Avoir soin de bien laisser sécher la pipe, avant de la remettre en service, de manière qu’elle ne soit plus imprégnée d’alcool pouvant s’enflammer quand l’allumette s’approcherait du tabac.
- M. Meinville, à Paris. — La condition essentielle à réaliser pour conserver votre plancher, surélevé de i m. au-dessus du sol, est d’assurer une circulation d’air.
- Pour cela ménager dans les murs de soutènement des ouvertures exposées aux vents régnants qui seront ainsi chargés de la ventilation. Eviter que les eaux de pluie ne viennent stagner au pied des murs et encore moins ne pénètrent en dessous de la maison, ménager en conséquence une pente légère pour assurer l’évacuation des eaux, recouvrir le sol d’une couche d’argile afin de le rendre imperméable.
- Si, d’autre part, vous pouvez passer les solives au carbonyle, par en dessous, nous considérerons que le maximum de sécurité aura été obtenu, il vous suffira d’adapter les principes ci-dessus aux conditions locales pour atteindre le résultat cherché.
- M. Clemang, à Paris. — i° Nous avons envisagé le cas le plus fréquent à’obstruction des tuyaux de lavabos par les démêlures et conseillé l’emploi de soude caustique chaude, que notre expérience personnelle nous a montré être très souvent efficace. Il faut donc d'abord essayer ce traitement, s’il ne réussit pas, c’est qu’il s’agit d’un corps étranger et alors il faut faire intervenir le plombier.
- 20 Pour le nettoyage des cuvettes de water-closets jaunies, se servir de l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) employé tel quel avec un chiffon ficelé au bout d’un bâtonnet.
- M. R., à Sablé. — i° La vaseline est soluble dans tous les hydrocarbures, vous pouvez donc employer à volonté suivant l’application que vous avez en vue : l’essence minérale, le pétrole lampant, la gazoline, la benzine, etc.
- 2“ Il est très facile de séparer la vaseline et Veau mélangés, en chauffant jusqu’à fusion ; on laisse reposer de manière que la vaseline gagne la surface, puis on filtre sur un filtre en papier préalablement mouillé, l’eau seule passe au travers du filtre et après refroidissement on trouve la vaseline retenue par le papier.
- 3“ La vaseline est représentée par les huiles lourdes restées dans la chaudière après enlèvement des essences et des huiles lampantes, du pétrole brut. Cette vaseline est successivement traitée par l’acide sulfurique et la soude caustique, puis décolorée soit au noir animal, soit à l’argile. Pour plus de détails consulter Le Pétrole, par Riche et Halphen. Baillière, éditeur, ig, rue Haute-feuille .
- M. F. C. — Pour renseignements sur le maïs sucré, vous pouvez vous adresser à la revue Exportateur amé-ricain, Pence Terminal Building, 370, Seventh Avenue, New York, en la priant de transmettre votre demande aux maisons intéressées ou de vous indiquer directement celles-ci.
- Peut-être certaines maisons françaises pourraient vous renseigner; voyez notamment : Société Clause et CiB, 9, rue du Louvre, à Paris ; Yilmorin-Andrieux, quai de la Mégisserie, 4; Ch. Molin, grains et plantes, 8, place Bellecour, à Lyon.
- T. S. F. — M. L. C., à Paris. — Yous pourrez trouver dans La Pratique Radioélectrique les détails sur les avantages et inconvénients des postes à superréaction. Ce sont essentiellement des postes d'essai, mais ils peuvent être utilisés avec succès pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- M. B., à Yerfeil. — Un variomètre se compose de deux bobinages dont l’un fixe est appelé stator, et l’autre, mobile, est appelé rotor. Ces deux bobinages sont montés en série ou en parallèle, et, en faisant varier leur position mutuelle, on change le coefficient d’induction mutuelle, donc le coefficient de self-induction total de l’ensemble.
- La fabrication d’un variomètre est possible pour un amateur un peu habile. Cet accessoire sert surtout dans le cas de réception des émissions sur ondes courtes.
- On peut construire très simplement un variomètre à l’aide de deux bobinages en fond de panier ou en nid d’abeilles dont l’un est mobile par rapport à l'autre, mais le coefficient de self-induction du système varie trop peu. Il est préférable d’employer un rotor et un stator sphérique bobinés à une seule couche avec une carcasse isolante aussi faible que possible pour éviter les pertes par diélectrique.
- Un variomètre peut servir pour réaliser l’accord dans un poste à galène, si l’on veut de préférence recevoir les émissions sur ondes courtes. On peut alors obtenir un accord suffisamment précis sans l’aide d’un condensateur variable.
- En général, les variomètres sont utiles pour la réception des ondes courtes parce qu’ils permettent d’éviter l’emploi de toute capacité inutile, si nuisible dans ce cas.
- M. E. L., à Dinan (Ille-et-Vilaine), — Les grésillements que vous entendez dans votre amplificateur proviennent probablement des piles de tension-plaque dont la résistance intérieure varie.
- Yous trouverez dans Cent Problèmes pratiques de T. S. F., par Hémardinquer, les procédés vous permettant de déceler la panne de votre amplificateur.
- M. B. C., à Angers. — Nous croyons que le cadre, dont vous nous indiquez les dimensions, pourrait vous donner des résultats suffisants, mais il ne serait pas recommandé de le placer trop près de votre poste superhétérodyne.
- D’après votre lettre, le modèle? de poste récepteur que vous possédez comporte des bobinages que l’on peut mettre facilement en série pour augmenter la longueur d’onde propre du système. Yous pourriez donc recevoir les émissions sur ondes moyennes (Radio-Paris, Daventry) avec une dizaine de spires seulement, disposées en spirale plate. Yous pouvez employer du câble à brins isolés ou simplement du fil de 6/10 mm doublé ou triplé, isolé à la soie ou au coton.
- M. Sevez, à Rixheim (Haut-Rhin). — Nous publierons prochainement dans La Nature un nouvel article complémentaire sur les applications des colloïdes en électrotechnique. Il n’existe pas actuellement d’ouvrage spécial sur cette question.
- Bibliothèque de la Marine, à Brest. — i° Le montage le plus simple à utiliser avec le détecteur à galène est le dispositif d'accord simple en dérivation. Yous pourrez trouver dans La Pratique radioélectrique des renseignements à ce sujet.
- 20 II est assez facile de construire soi-même des bobinages en fond de panier ou en nid d’abeilles. Pi-esque tous les manuels de T. S. F. expliquent la manière de réaliser ces bobinages.
- 3° Une lampe amplificatrice peut être ajoutée à un poste à galène pour obtenir deux buts différents.
- Elle peut d’abord servir à amplifier en haute fréquence les oscillations de T. S. F., et, dans ce cas, est naturellement placée avant le détecteur. La grille de la lampe est reliée à la bobine d’accord (côté antenne) et le. pôle — 4 volts à la terre. Les oscillations amplifiées sont ensuite transmises au détecteur, le plus souvent par l’intermédiaire d’un circuit oscillant accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir (la lampe est alors dite lampe de couplage).
- La lampe peut aussi servir d’amplificateur à basse fréquence, elle est alors placée après le détecteur à galène. Les oscillations à basse fréquence provenant de ce détecteur sont généralement transmises à la lampe au moyen d’un transformateur à basse fréquence à circuit magnétique fermé de rapport égal ou supérieur à 5.
- 4® Nous ne sommes pas encore informés des intentions des établissements en question.
- 5° Nous avons examiné le projet de condensateur variable que vous nous avez soumis. L’appareil est parfaitement réalisable et pourrait donner des résultats suffisants ; nous ne voyons pas, par contre, quels seraient ses avantages sur les modèles à lames mobiles universellement employés. Nous le décrirons sans doute cependant dans La Nature.
- M. H. Seignole, à Brive. — Nous avons indiqué dans La Nature les modifications apportées aux signaux horaires de la Tour Eiffel.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- LanîéTÏÏhique, par J. Fourquet. 2 vol. illustrés. ier vol. Mécanique générale, 3io p., l\oo fig.; 2” vol. Mécanique appliquée, 266 p., a33 fig. L. Eyrolles, éditeur, Paris. Prix : 10 francs le volume.
- Cet ouvrage appartient à une collection destinée à l’enseignement, technique ; il a été rédigé sur le plan adopté d’une façon à peu près uniforme dans les ouvrages de la même collection : petites leçons faciles à saisir, accompagnées de dessins nombreux et clairs, d’exemples et d’exercices empruntés à la profession. Le résultat en est excellent. L’auteur a écrit ainsi une très solide mécanique, 'logiquement composée, appuyée, comme il convient, sur des exemples concrets et tangibles; l’ouvrier qui se donne la peine de suivre ces leçons jpourra comprendre à fond les machines qu’il emploie. Le premier volume traite dune façon générale de cinématique ou étude des mouvements, des mécanismes de transformation des mouvements, de la statique et des éléments de statique graphique, enfin de la dynamique avec les notions fondamentales de travail et d’énergie. Le second volume est consacré aux sujets suivants : transmission du travail, frottement, force centrifuge et ses applications, résistance des matériaux, moteurs hydrauliques, moteurs thermiques, etc.
- The Earth’s Magnetism, by Daniel L. Hazard. 1 broch.,
- p., a3 fig., publiée par U. S. Coast and Geodetic Survey. Government Printing Office, Washington, 1925. Prix : i5 cents.
- Cet excellent exposé de vulgarisation a pour objet de montrer le grand intérêt pratique qui s’attache à l’étude du magnétisme de la terre; il rappelle tout , d’abord l’histoire de la boussole; entrée en usage à la fin du Moyen Age, elle a révolutionné les méthodes de navigation, et permis les grands voyages et la découverte de mondes nouveaux. Ses emplois aujourd’hui sont nombreux et de première importance à terre comme sur mer. L’emploi de la boussole exige l’étude du magnétisme terrestre et de ses variations. L’auteUr fait un bref historique de nos connaissances à cet égard, puis il montre comment s’effectuent les observations et les mesures relatives au magnétisme terrestre, comment se dressent les cartes magnétiques; il résume nos connaissances actuelles sur les variations séculaires et diurnes du magnétisme, ainsi que sur les tempêtes magnétiques. Il indique brièvement les diverses théories avancées pour expliquer le magnétisme terrestre ; mais l’ori-. gine de celui-ci, malgré les efforts des savants, reste un profond mystère.
- The Santa Barbara Earthquake of 29 june 1920. Effects on buildings of varions types. Conclusio?is, by À. C-. Alvarez, i brochure, 6 p., 16 pl. photographiques. University of California Press, Berkeley (Californie).
- L’élégante ville balnéaire de Santa Barbara, sur la côte du Pacifique, a été ravagée l’an dernier par un violent tremblement de terre. M. Alvarez a examiné comment se sont comportées, au cours de ce cataclysme, les diverses constructions ; ses observations apportent une précieuse contribution à la technique de la construction antisismique.
- Documents historiques sur l’origine du nom de la houille blanche, par M. Marcel Mirande (publication de la Société Scientifique de l’Isère). 1 vol. 118 p., 2 pl. hors texte. Imprimerie J. Baratier, Grenoble, 1925.
- L’expression « houille blanche’» a fait une fortune éclatante ; à qui en revient la paternité ? Tout le monde sait que ces termes sont étroitement associés au nom d’Aristide Bergès, l’illustre ingénieur qui, le premier, capta l’énergie des hautes chutes issues des glaciers pour produire et transporter de l’énergie électrique. Certains ont cru pouvoir attribuer à Cavour, le grand homme d’Etat italien, la création1 de cette métaphore. M. Mirande a voulu éclaircir cet intéressant point d’histoire; il n’a trouvé aucun document ou témoignage à l’actif de Gavour. Par contre, il établit, pièces à l’appui, que c’est Berges qui a imaginé le
- nom comme il a créé la chose. L’expression « houille blanche » apparaît pour la première fois, et sous la plume de Bergès, le 18 juillet 1889, dans la revue Le Dauphiné (Xavier Drevet, éditeur à Grenoble) qui publiait, avec une lettre prophétique de Bergès, une notice rédigée par celui-ci, intitulée Houille blanche, et destinée à accompagner un plan en; relief de la vallée de Lancey exposé à l’Exposition Universelle de 1889. A cette époque, Bergès avait déjà capté 2000 chevaux sur le ruisseau de Lancey.
- Les documents présentés par M. Mirande sont pour la plupart des notices ou des rapports de Bergès. Outre la solution qu’ils apportent au problème philologique que s’est posé l’auteur, ils nous montrent avec quelle netteté et quelle vigueur, Bergès, dès l’origine, avait embrassé dans toute leur étendue les problèmes de la houille blanche.
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- National Bureau of Standards, ils Functions and acti-vities. 1 vol. n3 p., 86 fig., 1 plan. Publié par Government Printing Office, Washington, 1925. Prix : 5o cents.
- Le bureau of Standards est un puissant laboratoire officiel des Etats-Unis, dont les fonctions sont multiples. La première, celle pour laquelle il fut fondé, est la fabrication de tous les étalons de mesure. Sur cette fonction primordiale se sont greffés ensuite dés services nombreux, entreprenant des recherches scientifiques de tous genres, et des essais industriels. Cette brochure détaille les divers ordres d’activité du Bureau of Standards, et fait comprendre au lecteur les services qüe cette institution ^rendus aux Etats-Unis.
- Soies artificielles, par A. Ciiaplet (2e édition). 1 vol. 267 p., 62 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1926. Prix : 40 francs.
- La première édition de cet ouvrage a été écrite avant la guerre; l’industrie de la soie artificielle, déjà fort importante à cette époque, a pris depuis lors un développement formidable. L’auteur, dans cette seconde édition, a été ainsi naturellement conduit à présenter de nombreux et nouveaux renseignements qui font en réalité de son livre un ouvrage nouveau. Il expose successivement les différentes techniques de fabrication actuellement en pratique et pour chacune d’elles signale les principaux brevets et travaux originaux qui les concernent. 11 décrit les machines employées pour fabriquer le fil de soie artificielle, les procédés de. blanchiment, de teinture et d’apprêt; enfin il énumère les propriétés et les emplois des soies artificielles.
- Dentition and. Palate of the Australian Aboriginal, par T.-D. Campbell, i vol. in-4, 128 p., 53 pl. Publications of the University of Adélaïde.
- Les indigènes autraliens sont considérés comme d’une race des plus anciennes. Mais on étudie toujours les crânes, négligeant les caractères de la face qui sont peut-être plus importants pour la connaissance des races humaines. L’auteur a entrepris, sur un abondant matériel, l’étude des dents, des mâchoires, du palais et y a joint l’observation ethnogra-phique de la nourriture, des croyances et des coutumes. Il en dégage d’intéressantes conclusions, notamment sur la bonne conformation dentaire des primitifs, comparée à celle des civilisés. '
- The Purpose of Education. An Examination of educa-tional Problems in the light of recent scientific Research, par St George Lane Fox Pitt. 5e édition revue. 1 vol. in-8, 94 p. Cambridge University Press. Prix : relié 4 sh.
- Voici un petit livre qui a un grand succès et qui le mérite, puisque Boutroux le jugeait « petit quant au volume, grand quant à l’importance et à la valeur. » Quelle est la directive à donner à l’éducation? une autorité dogmatique, un éveil de la conscience tolérante, impartiale, la recherche des plaisirs ? L’auteur discute ces problèmes, plus graves encore aujourd’hui que la guerre a troublé le monde et donne sa conception d’une haute valeur morale.
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- LA NATURE
- Supplément^
- N° 27Û9 6 Mars 1926
- Remarquable activite^tTSoîeil. — Une information récente (n° 2707, 20 février 1926] de M. G. Bidault de l’Isle signale la remarquable période d’activité du Soleil, qui s’est traduite par des phénomènes de haut intérêt. Cette activité continue. Notre collaborateur, M. L. Rudaux nous communique une observation du 16 février, montrant l’aspect de l’astre du jour criblé détachés; on en comptait une cinquantaine, de toutes taillés. Par leur nombre ou leur étendue, qu’il s’agisse de taches isolées (la plus importante figurée ici a environ 5o 000 km de diamètre) ou de groupes de petites taches, l’importance de ces phénomènes est comparable à celle qu’ils présentent à l’époque du maximum de la période, époque qui théoriquement est encore assez éloignée.
- Les principaux accidents de la surface solaire, montrés par la figure ci-dessous,^ se trouvent dans l’hémi- j
- , . Aspect, du Soleil le 16 février 1926, à 9 h, 3o m. (Observuiion effectuée' avec Une lunette Secrétan de 95 nnn d'objectif.]
- sphère austral, vers les latitudes de io° et i5°; nous voyons actuellement le Soleil suivant un effet de perspective céleste qui incline légèrement son pôle austral vers la Terre et relève l’équateur au-dessus du centre apparent du disque.
- marqua constamment — 700, tandis que la région du pôle sud, où c’était l’été, atteignit io° ou peut-être plus au moment du solstice d’été martien. Le bord est, où le soleil se lève, est plus froid que le bord ouest où il se couche; on nota —/p et o° au moment de l’opposition du 21 août. A la fin de juin, la température moyenne de tout le disque visible était — 3o°. La température nocturne de Mars descend probablement au-dessous de — 700.
- Voilà de beaux sujets de méditations pour les astronomes et les philosophes!
- L’incendie de la fabrique de poudre de Old Hickory. — Le Mémorial de VArtillerie française raconte, d’après YArmy Ordnance des Etats-Unis, le formidable incendie qui détruisit, le 10 août 1924, la plus grande fabrique et la plus grande réserve de poudre du monde entier.
- ______ Les Etats-Unis avaient fait construire, pendant la guerre, parla Du Pont Engineering Cy, à Old Hickory, sur la rivière Cumberland, dans le Tennessee, une usine couvrant 24,28 hectares destinée à fabriquer chaque jour un demi-million de kilogrammes de poudre sans fumée. A côté s’élevait une véritable ville destinée à loger les travailleurs de l’usine. On jugera de son importance par le fait que l’ensemble occupait 730 hectares et comprenait plus de 200 bâtiments. On y avait installé 86 km de chemins de fer à voie normale, 70 de voies ferrées étroites, 3o de routes macadamisées, 40 de routes cylindrées, 5o de chemins en planches, 100 de tuyaux d’évacuation d’eaux et 70 de tuyaux d’adduction d’eau, 310 de lignes électriques, 75 de lignes d’éclairage, 3 grues-locomotives et 6 locomotives. La réserve d’eau était de 18000 m3 pour l’eau brute et de 70 000 pour l’eau filtrée. On pouvait distribuer 454 320 m3 d’eau par jour, dont 3ooooo épurés.
- Après la guerre, on décida de conserver les installations et d’en faire la réserve des poudres de guerre. 45 3oo tonnes de ' poudre y furent emmagasinées.
- Le dimanche io août 1924, le feu y prit sans qu’on sache comment. L’organisation de la lutte contre l’incendie ayant tardé, il devint impossible de le combattre à cause de la chaleur dégagée et l’on assista à l’inflammation successive de tous les bâtiments sur une surface de 2 km de long et 5oo m. de large.
- 23 000 t. de poudre brûlèrent, dégageant une chaleur suffisante pour évaporer 45 3oo t. d’eau. Le feu s’éteignit de lui-même, et s’arrêta, grâce à l’absence du vent et aux gazons et feuillages verts qui résistèrent remarquablement à la chaleur et à l’action des flammes.
- Les habitations du village n’avaient pas été touchées.
- La température de la planète Mars. — Le Bureau, of Standards des Etats-Unis vient d’étudier les diverses méthodes d’estimation de la température des planètes, au moyen de nouveaux instruments de mesure des radiations spécialement adaptés à ces problèmes. M. W.-W. Coblentz réunit les résultats obtenus dans le n” 5i2 des Scientific Papers.
- Les expériences furent exécutées de juillet à septembre 1924, pendant 24 nuits favorables, à l’Observatoire Lovvell, situé à Itagstoff, dans l’Arizona. Les radiations de la surface de la planète Mars furent recueillies à travers des écrans d’eau, de quartz, de verre, de fluorite et les spectres obtenus analysés par quatre méthodes différentes qui donnèrent des résultats concordants.
- Vers l’équateur de la planète Mars, les parties brillantes auraient une température de — 10 à -f- 5° C., tandis que les surfaces sombres atteindraient 10 à 200 et même plus. La région polaire nord, où c’était l’hiver,
- L’impôt sur les automobiles en France.—Yoici le produit de l’impôt depuis 25 ans :
- 1899........... 90.83i francs.
- • 1900................ 156.498 —
- 1901................. 381.126
- igo5........... 1.763.853 -—
- 1910............... 5.683.o82 —
- 1918............... 8.834.219 —
- 1914. ..... 9.990.479
- 1915 ............. 9.105,864
- 1916 ............. 8.727.204 —
- 1917. ..... 16.570.983
- 1918 ......... 15.522.536
- 1919 ............ 14.957.144
- 1920 ............ 63.486.976
- 1921 ............102.341.695
- 1922 ............i23.332.g66 —
- 1923 ............i48.4o3.o86 —
- 1924 ............206.825.289 —
- 10
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- INFORMATIONS
- TA
- Ces nombres portés sur un graphique donnent la courbe ci-dessous.
- Millions cie francs 200 ______________
- Devant cette progression vertigineuse du produit de l’impôt sur ces puissants auxiliaires de la productivilé nationale, abstenons-nous de tout commentaire.
- Production en France des graines de betteraves à sucre. — On sait qu’avant la guerre, la France était entièrement tributaire de l’Allemagne pour la fourniture des graines nécessaires à la culture betteravière, si bien qu’après le début des hostilités, on se trouva fort embarrassé et qu’il devint nécessaire d’aviser. On s’efforça alors de produire dans le pays même des semences sélectionnées. Les résultats furent si satisfaisants, la sélection si bien conduite qu’aujourd’hui, la France produit sur son sol la totalité des graines de betterave qui lui sont nécessaires.
- En effet, M. Mennesson vient de publier dans le Bulletin de la Société des Agriculteurs de France les données suivantes sur les surfaces occupées par cette culture et leurs rendements en ces dernières années.
- Surface. Production.
- En 1918 . 268 hect. 215 000 kg
- TfUO • 34o — 54o 000 —
- 1920 . 457- — 600000 —
- 1921 . 394 — 720 000 —
- 1922 . 1 255 — 2 000 000 —
- 192.3 . 196: — 3 000 000 —
- 1924 . 2 060 — 3 900 000 —
- La France a donc produit l’an dernier près
- 4 000 000 de kilogrammes de graines de betterav
- c’est-à-dire un chiffre à peu près égal aux besoins de ses ensemencements en betterave sucrière.
- La production du chanvre en France. — La culture du chanvre en France est de plus en plus réduite.
- On comptait en 1840 --------- 1862
- — i892
- — 1914
- 176000 hectares 100000 —
- 40000 —
- 12000 —
- Les dernières statistiques, dit M. Lévêque, directeur des services agricoles de la Sarthe, accusent 5 000 hectares pour l’ensemble du territoire, dont 1 5oo pour la Sarthe.
- Les causes de cette diminution sont nombreuses, mais la principale est la diminution de la main-d’œuvre, car cette culture exige un nombreux personnel assez spécialisé.
- Pour conserver la culture du chanvre en France on préconise une protection douanière.
- Il est certain que si l’on veut garder en France un noyau d’agriculteurs connaissant bien la culture du chanvre, et pouvant servir de cadres en cas de nécessité pour développer cette culture, on sera forcé de recourir à des mesures d’encouragement ou de protection.
- De plus en plus, les succédanés du chanvre sont adoptés et le chanvi’e lui-même peut être produit ailleurs. Ainsi, au Maroc, sa culture paraît avoir une place importante. Ces raisons expliquent parfaitement la diminution
- inéluctable des surfaces consacrées au chanvre en France.
- Les frais de production d’une récolte moyenne de 1 3oo kg de filasse, sur 1 hectare, sont estimés à 4 254 francs en 1924- De kilo de filasse valant 6 francs, la récolte d’un hectare vaut donc 6 X 1 3oo = 7 800 francs. Mais il y a loin des i5 à 20000 kg de chanvre vert récolté aux 1 3oo kg de filasse préparée, après rouissage, par des méthodes extrêmement lentes et dispendieuses.
- iode et brome libres dans des algues. — M. C. Sau-vageau, professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Bordeaux, vient de signaler, dans plusieurs notes parues notamment dans le Bulletin de la Station biologique d’Arcachon, la présence dans certaines algues d’iode et de brome libre.
- Chez deux algues Eoridées habitant depuis peu le golfe de Gascogne : Asparagopsis armata et Falleri-bergia Doubletii ainsi que chez une autre plus anciennement connue, Bonnemaisonia asparagoides, il a trouvé de l’iode libre, facile à caractériser sûrement, dans le suc cellulaire et surtout dans certains organes intracellulaires qu’il a dénommés ioduques. Ces ioduques sont des vacuoles d’accumulation incluses dans le protoplasma.
- L’Antithamnionella sarniensis, récoltée à Cherbourg, a révélé dans des cellules vésiculaires la présence de brome libre que M. Sauvageau a retrouvé sur des exemplaires d’herbier d’Antithamnion plumula. Il a nommé, par analogie, bromuques ces organes accumulateurs de brome.
- Quel peut être le rôle de ces réserves d’iode et de brome pur? Comment l’algue les prépare-t-elle? Et comment des corps aussi actifs peuvent-ils rester en contact avec le protoplasma voisin sans le détruire? Ce sont là mystères qui appellent de nouvelles recherches. Les faits déjà acquis n’en sont pas moins intéressants et extraordinaires.
- La prochaine Exposition de l’Aéronautique. — Le
- Comité de Direction de la Chambre syndicale des industries aéronautiques a décidé que la dixième Exposition Internationale de l’Aéronautique aurait lieu cette année au Grand Palais des Champs-Elysées, en novembre-décembre.
- Nouvelles de T. S. T.
- Un nouveau journal de T. S. F. — On annonce la publication d’un nouveau journal de T. S. F. : Les Annales de la T. S. F. Cette revue mensuelle consacre chacun de ses numéros à l’étude d’une question de T. S. F. pratique ; c’est, en somme, une sorte d’encyclopédie pratique de T. S. F.
- Les projets financiers et la radiophonie. —
- L’établissement d’une taxe de luxe de 12 pour 100 sur les postes et accessoires de radiophonie, l’annonce de taxes annuelles sur les postes de réception suscitent de très vives résistances daus tous les milieux qui s’intéressent à l'avenir de la radiophonie française. Le syndicat professionel des industries radioélectriques a adressé une protestation énergique au Ministre des Finances et aux présidents des commissions des Finances de la Chambre et du Sénat.
- La radiophonie aux Indes. — On annonce qu’une Compagnie va se former aux Indes pour l’organisation de la radiodiffusion dans ce pays. Des stations seraient construites à Calcutta et à Bombay, analogues aux stations anglaises.
- Les amateurs-récepteurs payeraient des droits de licences; sur le produit de ces licences 80 pour 100 seraient versés à la compagnie de broadcasting, et 20 pour ico au Gouvernement.
- La radiophonie en Hollande. — Le statut de la radiophonie va être complètement réorganisé en Hollande. Une station centrale serait installée avec plusieurs stations-relais.
- La radiophonie et le tourisme. — Les postes de radiodiffusion américains consacrent régulièrement des émissions à la transmission des nouvelles concernant les automobilistes et les motocyclistes.
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- JSso
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Travaux d’amateur
- Le collage du papier peint — Il est relativement facile de coller du papier peint si l’on opère avec soin et précautions, surtout sans vouloir exécuter trop rapidement le travail.
- Le papier se trouve dans le commerce en rouleaux de 8 m. de longueur, la largeur étant généralement de 5o cm. 11 en existe de largeur plus grande, mais c’est au détriment de la maniabilité du papier au moment du collage.
- On utilise de la -colle de farine bien liquide, n’ayant pas de grumeaux qui donneraient une surépaisseur une fois le papier en place. On peut faire cette colle soi-même, mais on la trouve à bon compte toute préparée et il faut compter environ 3 leg de colle pour tapisser de papier une pièce de dimensions courantes.
- La colle se place au dos du papier, comme nous l’indiquerons plus loin, au moyen d’un gros pinceau appelé brosse. Ce pinceau doit être de fortes dimensions, rond de préférence et aussi souple que possible. Si l’on ne possède pas un outil de ce genre, indispensable, on
- bordure coupée
- Pointa
- de
- repère
- Fig. i. — Différence de coupe de deux lés voisins.
- peut se contenter d’en louer un chez un marchand de couleurs; la location s’effectue à la journée. Il faut également une brosse spéciale pour bien appliquer le papier contre le mur, mais on peut la remplacer par un balai de soie, auquel on aura, au préalable, enlevé le manche.
- Pour la préparation du papier, il faut une table longue et peu large, une table de cuisine de bonnes dimensions fera l’affaire; on peut également se servir de rallonges de table de salle à manger que l’on place sur la table elle-même.
- Il faut calculer la quantité de papier nécessaire pour tapisser la pièce que l’on veut enjoliver. Il est facile de connaître la surface des murs et de calculer la longueur de papier, si l’on connaît la largeur des rouleaux. Ln général, il y a deux à trois hauteurs de la pièce dans un rouleau, mais il faut toujours tenir compte d’un certain déchet pour les raccords, les recoins. Pour une pièce de 3 m. de hauteur, on compte qu’il faut deux rouleaux de papier de moins que le nombre de mètres constituant le périmètre de la pièce.
- Gela tient compte v des portes, des fenêtres et des cheminées, mais ce n’est évidemment qu’une approximation qui sera loin d’ètre exacte suivant la disposition du local. Le dessin du papier a aussi une influence sur la perte que l’on fait lorsqu’il faut raccorder deux longueurs. En tout cas il est préférable de prendre plus de papier qu’une quantité insuffisante, d’ailleurs les commerçants ne détaillent pas les rouleaux.
- Avant de commencer le travail, il est bon d’enlever de la pièce tout ce qu’elle contient, sauf les meubles trop lourds que l’on rassemble dans le coin opposé à celui par lequel on commence le travail. On pourra placer la table servant à la manipulation au milieu de la pièce.
- Il est évidemment très simple de coller du papier sur un ancien papier déjà en place, à condition bien entendu qu’il ne soit pas décollé par l’humidité et que l’on arrache avec soin les morceaux qui sont détachés. Il est bon de reboucher les trous avec un peu de mastic ou de céruse, s’ils ont une certaine importance. On peut aussi enlever le papier ancien en humectant les murs d’une
- façon régulière avec une grosse éponge, on fait ainsi le tour de la pièce et lorsqu’on a terminé, l’ancien papier se détache facilement.
- On mesure la hauteur du mur qui doit être recouvert de papier.
- Au moyen d’une paire de ciseaux aussi longs que possible, on coupe l’extrémité d’un rouleau perpendiculairement au côté et on mesure sur le papier la hauteur nécessaire pour aller de la corniche au lambris ou à la plinthe. On coupe le rouleau à cet endroit, on s’assure, en présentant le papier à sa place au moyen d’une échelle ou d’un escabeau, que la Ion- „. _
- gueur coupée est bonne. C’est 2' "nc0 a^e'
- ce qu’on appelle un lé.
- On peut ainsi préparer toute une série de lés de même longueur, mais il faut avoir soin de remarquer que tous les lés suivant le motif décoratif ne commencent pas au même endroit sur le rouleau. Il faut que les ornements et les motifs se placent régulièrement. La chose n’a aucune importance s’il s’agit de rayures. D’ailleurs généralement, sur la marge des papiers, se trouvent fixés des points de couleur qui servent de repères.
- On étend le lé sur la table, la partie imprimée en dessous et on le place sur deux autres lés de façon que
- Pour couper la bordure.
- ces derniers débordent de chaque, côté, ce qui permettra d’enduire le papier de colle sans crainte de déborder sur les côtés. On enduit ainsi le lé supérieur complètement sur toute sa surface en tenant le pinceau vertical. De cette manière on ne risque pas de déchirer le papier et la colle pénètre mieux.
- On doit étendre la colle régulièrement et rapidement. On évite d’appliquer trop de colle sur les bords pour qu’il n’y ait pas de bavures. Les papiers, lorsqu’ils sont minces, doivent être comme saisis par la colle, mais non pénétrés. Quelquefois certains papiers se dilatent sur la largeur, mais si la pose est faite normalement cela n’a pas d’inconvénient.
- Généralement il ne faut pas mutiler le motif placé dans le haut. Au contraire, il doit être dégagé de façon que la bande formant frise ou bordure se trouve placée quelques centimètres au-dessus des motifs. S’il s’agit de frise découpée, le motif de la frise doit venir s’intercaler entre ceux du papier.
- Une fois le lé enduit, on replie le bas, colle contre colle et l’on prend le lé en mettant en contact les deux extrémités à la fois ; on le porte ainsi et en montant sur l’escabeau, on l’appliqué sous la corniche.’ La pose du premier lé décide de la bonne exécution des travaux suivants. Il faut qu’il soit d’aplomb et pour cela il est indispensable de vérifier la ligne verticale du bord au moyen d’un fil à plomb. Loi-squ’on est sûr de la bonne mise en place, on applique le haut du papier contre le mur et au moyen de la
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- . 1 coup de brosse
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- Fig. 4, — Mise en place.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- brosse ou du balai dont on dispose, on donne quelques petits coups, sans appuyer, au milieu de la feuille.
- L’aplomb étant vérifié à nouveau, on achève le collage en passant la brosse sur les côtés, en la manœuvrant horizontalement., depuis le centre du lé jusque sur les bords, le bas de la feuille n’a pu se coller puisqu’il est replié. À ce moment, on le déplie et le lé se trouve complètement collé.
- Si la mise en place est défectueuse, on prend délicatement le papier par en bas et on le soulève, il se décolle et on recommence l’application.
- La pose du premier lé doit se faire à partir d’un coin bien éclairé. Le papier placé comporte une petite marge de chaque côté que l’on a laissée. Pour les lés suivants, il est indispensable d’enlever l’une des marges, Celle de droite ou celle de gauche suivant la position du lé par rapport à celui déjà en place.
- Il ne faut pas couper la marge avant d’avoir enduit le papier de colle, comme on l’a fait pour le premier lé. On ramène alors les extrémités l’une contre l’autre, sans marquer de pli, bien entendu. On fait coïncider exactement les bords de la feuille et l’on coupe la bordure avec les ciseaux sur les deux épaisseurs de papier.
- On pose ensuite ce deuxième lé comme le premier, en vérifiant l’aplomb et en regardant si les deux lés
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- Bonne disposition
- Fig. 5. — A gauche, bonne disposition des motifs; ù droite, mauvaise disposition.
- concordent parfaitement au point de vue de la disposition des motifs décoratifs.
- On continue ainsi jusqu’à ce qu’on ait garni l’ensemble des murs. On déplace les meubles au fur et à mesure qu’on chemine et l’on s’arrange pour que le travail se termine dans un coin obscur ou au-dessus d’une fenêtre, car on n’est pas sûr à ce moment que le raccord se fait exactement ; on peut également placer ce raccord sur l’angle d’une porte.
- Lorsqu’il s'agit d’une porte de placard, il faut la traiter comme une porte ordinaire, c’est-à-dire tapisser le mur tout autour. Ensuite on garnit la porte de papier.
- Il y a parfois des différences en haut et en bas, soit parce que le mur n’est pas régulier, soit parce que les lés ne sont pas coupés à la longueur voulue, la pose de la frise dans le haut et celle du galon dans le bas dissimuleront ces petites défectuosités.
- Les parties supérieures des fenêtres ou des portes doivent être garnies avec des rognures des rouleaux, dans lesquels on a coupé les lés à grande longueur. 11 est possible même de faire des raccords horizontaux, si l’on n’a pas suffisamment de papier, mais alors il faut que ceux-ci se trouvent dans des endroits dissimulés par .un meuble.
- Lorsque la colle déborde ou si le papier se trouve taché par cette colle, on l’enlève au moyen d’une éponge humide que l’on pose simplement sur le papier sans frotter.
- Quand on se trouve en présence de clous dans le mur, il faut les enlever pour coller le papier et boucher le trou avec du mastic, du plâtre à modeler ou un peu de cérnse. Cela vaut mieux que de percer le papier pour laisser le passage du clou, bien que souvent ce travail défectueux soit peu visible.
- Au début, il est bon de vérifier si tous les rouleaux
- ont bien la même tonalité. Il y a quelquefois de très légères différences qui sont rendues insensibles, si l’on classe les rouleaux par échelles successives d’intensité de teintes. De même lorsqu’on arrive dans une encoignure, on recommande de couper le papier à chaque
- Frise découpée
- Mauvaise disposition
- Fig. G. — A gauche, bonne disposition; à droite, mauvaise disposition des motifs.
- angle ou tournant, mais il faut continuer le collage en s’aidant à nouveau du fil à plomb, car les angles ne sont pas toujours verticaux.
- Si l’on n’emploie pas de frise ou de bordure, il faut une grande précision dans cette pose de papier, dite à arasement.
- Il est bon de couper le lé légèrement plus long et on assigne une limite fixe à ce papier, en enlevant la longueur supplémentaire avec un tranchet lorsque le papier est en place.
- Automobilisme
- Une nouvelle gaine de ressorts. — Utilisée tout d’abord en Angleterre, la gaine de ressorts est employée
- Fig. 7. — Coupe à travers la gaine « Preserwett ».
- de plus en plus par les automobilistes français, et, à juste titre, car elle comporte de nombreux avantages dus au parfait graissage des ressorts.
- Encore faut-il que ce graissage soit parfaitement réalisé : un constructeur vient de réaliser sous ce rapport un type de gaine qui semble assez ori-ginal.
- Cette gaine en cuir se lace, comme à l’ha-bitude, autour du ressort; elle est doublée en toile et comporte une lame de feutre (fig. 7 et 8).
- L’originalité de cet appareil Consiste dans la présence d’un ressort métallique qui forme un conduit in-
- jecteur souple. Il sert de chemin à l’huile qui est absorbée dans toute la longueur du ressort par les deux bandes de coton qui la retiennent, et la toile qui assure un graissage constant et protège le feutre contre les frottements.
- Constructeur : Preserwett, 10 bis, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Fig. 8. — Coupe du ressort et de sa gaine.
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- VARIÉTÉS
- L'INDUSTRIE MARSEILLAISE DES HUILES COMESTIBLES
- Parmi les industries de l’alimentation qui, depuis l’année 1918, ont pris un nouvel essor sous l’influence des besoins sans cesse croissants de la consommation, l’industrie des huiles comestibles extraites des graines oléagineuses exotiques (arachide, sésame, niger, coprah) se signale par l’importance de sa production, favorisée par les progrès réalisés dans la technique d’extraction.
- L’huilerie marseillaise travaille de grandes quantités de graines oléagineuses exotiques. Jadis, la matière grasse extraite du coprah était réservée exclusivement à la fabrication des savons mousseux (pâtes d’amande). Aujourd hui, les parties les plus concrètes sont livrées à la consommation humaine, sous les noms de végéta -line, beurre de coco, cocose, beurréose, etc., et viennent ainsi concurrencer la margarine.
- Pour 1 industrie marseillaise, le sésame et l’arachide sont les principales graines à huile comestible, les plus avantageuses à traiter.
- On travaille surtout les arachides de Rufisque, qui sont les plus estimées, mais le Sénégal n’est pas le seul fournisseur; on importe aussi des arachides de Gambie.
- Les graines sont importées en coque, car si l’on faisait voyager l’arachide après l’avoir décortiquée, elle rancirait en route et, à son arrivée, elle ne serait utilisable que pour l’extraction de l’huile destinée à la savonnerie. Dans l’Inde, au contraire, il est d’usage, pour diminuer les frais de transport, de décortiquer la graine avant embarquement.
- Cette décortication se fait très simplement, sans appareil mécanique ; on mouille les arachides et on les expose au soleil tropical, les coques éclatent et il suffit de vanner ensuite pour séparer les amandes.
- L Extraction de l’huile d’arachides. — A leur arrivée à l’huilerie, les arachides sont d’abord décortiquées, en passant entre deux cylindres cannelés dont le rapprochement est suffisant pour briser la coque et ouvrir l’amande en ses deux parties.
- Le produit est ensuite mondé par la même machine munie d’un ventilateur et d’un jeu de cribles trépidants. Les coques, entraînées au dehors par le courant d’air du ventilateur, sont brûlées, en guise de charbon, sous le générateur de vapeur, quand on n’en trouve pas meilleure utilisation. Le plus souvent, on les transforme en son d’arachides, utilisable comme excipient dans la préparation des fourrages mélassés.
- Du décortiqueur, les arachides passent dans un laminoir à cylindres lisses qui les écrase, tandis qu’au delà, des tabliers sans fin séparent le restant des débris de coques qui, plus que les fragments d’amandes, n’ont pu passer à travers les trous des tabliers. Enfin, les arachides, complètement épurées, arrivent sous deux meules verticales, analogues à celles des moulins à huile d’olive, lesquelles tournent dans une auge circulaire, en réduisant les arachides en pâte. On porte alors à la presse la matière ainsi obtenue.
- Pour faciliter la sortie de l’huile, la pâte est divisée en petites masses de 4 à 5 kg, logées dans des scourtins, qui diffèrent de ceux employés pour fabriquer l’huile d’oliv-e. Au lieu d’avoir la forme d’un béret, ces scour-tins sont carrés et comprennent quatre langues se repliant en dessus pour les fermer. Ces scourtins sont plus faciles à l'emplir et à vider que les scourtins ronds.
- La pression que subit la pâte d’arachides est deux fois plus forte que celle à laquelle est soumise la pâte d’olive; elle atteint, à la fin de l'opération, a5o kg par centimètre carré, mais elle n’est donnée que progressivement, par la force hydraulique, pour laisser à l’huile le temps de sortir et pour éviter l’éclatement des scourtins. On fait durer la pression une heure et demie, après quoi on défait la pile de scourtins pour donner un second tour de meule et presser à nouveau, mais, cette fois, à chaud. (
- La pâte,'qui a été légèrement humectée d’eau dans le moulin, passe dans un chauffoir à enveloppe de vapeur, où la température est portée à 128°. De là, automatiquement, et par petites masses justes suffisantes pour remplir un scourtin, elle tombe dans des scourtins de même forme que ceux de la première pressée, mais faits d’une autre matière. Les scourtins employés les pre-miers sont en poils de chèvre formant un tissu résistant,
- serré et de longue durée, ne laissant passer qu’une huile bien limpide et sans aucun goût Ces scourtins sont d’un prix élevé et abandonnent, à la surface du tourteau, quelques poils qui le déprécient lorsque ce tourteau est destiné à l’alimentation du bétail. C’est pourquoi la deuxième pression est effectuée avec des scourtins en aloes, qui n’ont pas oet inconvénient, coûtent moins et sont beaucoup plus solides que les scourtins en alfa employés dans les huileries travaillant l’olive, et même que les scourtins en chanvre.
- Les scourtins en aloès pouvant laisser quelque trace d amertume à 1 huile, et l’huile de deuxième pression n ayant pas la valeur de celle de la première pression, on ne fait pas usage des scourtins d’aloès pour obtenir l’huile de première pression.
- On construit des presses supprimant les scourtins. Elles sont formées d’un cylindre perforé de 5o cm environ de diamètre, dans lequel la pâte s’introduit automatiquement, par fractions de 4 à 5 kg, que l’on sépare à l’aide d’une plaque de tôle et d’une étrindelle, disque de tissu qui facilite le cheminement de l’huile vers la paroi évacuatrice du cylindre.
- Toutefois, on doit remarquer que les presses allemandes, malgré leur simplicité et la forte pression à laquelle elles travaillent (3oo kg par centimètre carré), ne donnent pas un aussi bon rendement que les presses à scourtins. L’huile qu’elles donnent manque de limpidité, car une petite quantité de pâte très fine traverse le cylindre, et vient, plus tard, engorger les filtres que l’huile traverse en dernier lieu, avant d’être livrée à la vente. Ces filtres-presses sont à tissus de coton.
- Pour blanchir l’huile, on la bat, parfois, avec un peu de kaolin, avant de la passer au filtre.
- Au sortir du filtre, l’huile d’arachides est brillante, d’une belle couleur jaune clair; elle a une saveur douce et un léger‘goût de haricot. C’est la plus chère des huiles employées au coupage de l’huile d’olives. On la recueille dans des piles, grands bacs cubiques, en tôle.
- L’huile d’arachides craint le froid ; elle se fige plus rapidement que l’huile de sésame et surtout l’huile de pavot qui est infigeable, mais dont la seconde pression n’est pas comestible, parce qu’elle est inférieure; on la livre à la savonnerie.
- Les tourteaux provenant de l’extraction de l’huile d’arachides constituent une excellente nourriture pour le bétail. Ils sont de forme carrée, à coins rognés, à pâte blanche et fine, un peu grasse au toucher (le tourteau de sésame est sec au toucher).
- Les tourteaux d’arachides contiennent encore 9,5 à 10 pour 100 d’huile.
- Les tourteaux provenant d’arachides de Sénégambie, traitées dans de bonnes conditions, sont supérieurs à ceux qui proviennent des arachides du Congo, de Mozambique et des Indes (Bombay, Coromandel). Ils sont d’une blancheur remarquable et la pâte en est très fine. Ces résidus de l’huilerie, par leur teneur élevée en matières nutritives, notamment en matières protéiques, sont utilisés très avantageusement dans l’alimentation du bétail. Leur valeur alimentaire ressort nettement de leur composition chimique comparée à celle du foin de pré.
- Tourteau d’arachides Foin de pré pour 100. pour roo.
- Eau. . . . ,............
- Matières protéiques ou
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- Matières grasses . . . . Matières amylacées . , . Cellulose. , . ... . Cendres...........“T . -
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- Le tourteau d’arachides est donc cinq fois plus riche en matières protéiques et trois fois plus riche en matières grasses que le foin de pré de bonne qualité.
- IL Extraction de l’huile de sésame et de niger. — L’industrie marseillaise travaille les sésames du Levant (Alexandrette), lesquels sont de couleur jaune, passant même au jaune-orange, et les sésames de l’Inde.
- Les sésames du Levant sont d’autant plus estimés
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- VARIÉTÉS
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- que leur couleur est plus pâle, le rendement en huile diminuant à mesure que la coloration augmente.
- Les sésames jaunes du Levant, qui sont supérieurs même aux sésames blancs de l’Inde, donnent 49 à 5o pour 100 d’huile, tandis que les Alexandrette rouges en donnent seulement 46 à 47 pour 100. Les sésames de l’Inde, cai'actérrsés par leurs graines noires, rendent moins que les précédents, soit 42 pour 100 pour les qualités entièrement noires. Leur huile est moins bonne, un peu amère, cela tient au mauvais conditionnement des graines, qui sont poussiéreuses. Néanmoins, les sésames blancs de Bombay, qui ne renferment que 8 pour 100 de noirs, donnent une huile line.
- Le travail du sésame a été amélioré sensiblement par la décortication à l’aide de batteuses, simples cylindres verticaux fixes, à paroi formée d’une tôle d’acier percée de nombreux trous de 2 mm environ de diamètre, dont les bavures intérieures forment râpe et déchirent la pellicule des graines projetées violemment contre le cylindre par la force centrifuge et par le choc de baguettes de fer montées sur l’arbre central et s’entrecroisant pendant la rotation rapide de l’axe avec des tiges métalliques semblables fixées contre la paroi.
- Au bas de la batteuse est un sasseur percé de trous allongés, lequel sépare les débris d’enveloppes.
- L’huile provenant des sésames décortiqués est de meilleure qualité que l’huile de sésames non décortiqués.
- L’extraction se fait suivant le même procédé que pour l’huile d’arachides, avec cette différence que l’on effec-
- tue trois pressées au lieu de deux, quand on traite des sésames du Levant. Il faut avoir soin d’aérer la graine avant le travail si, pendant la traversée, cette graine s’est trouvée à proximité de substances odorantes, telles que des oranges, par exemple, car le sésame absorbant aisément les odeurs, celles-ci se retrouveraient dans l’huile.
- Le niger de l’Inde est une petite graine de tournesol que l’on ne décortique pas et qui subit deux pressions seulement. On obtient 48 pour 100 d’une huile verdâtre, à goût d’herbe et dont la teinte est particulièrement appréciée pour colorer légèrement en vert l’huile d’olives vierge.
- Le tourteau de niger, à cause des nombreux débris de pellicules qu’il contient, ne peut être employé qu’à la fertilisation des terres ; ces pellicules provoquent un échauffement rapide suivi d’altération.
- Lorsqu’on achète des graines d’arachides, de sésame et de niger pour en extraire l’huile, on procède au dosage de l’huile. A cet effet, on écrase la graine et on la lessive, soit avec du sulfure de carbone, soit avec de l’éther. L’emploi de l’éther donne des résultats plus complets, parce que l’éther dissout les résines en même temps que l’huile, ce dont l’industriel doit tenir compte.
- Les perfectionnements apportés à * l’extraction des huiles comestibles et l’importance de la consommation des tourteaux mettent l’industrie marseillaise en situation de satisfaire aux débouchés qui lui sont assurés en France et à l’étranger. Henri Bi.in.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- N ouveaux procédés d’imprégnation du bois. —
- Procédé allemand. — On emploie, depuis quelque temps, en Allemagne un procédé rapide d’imprégnation du bois, imaginé par M. Besenfelder [Chem. Ztg.), qui consiste à expulser complètement l’eau contenue dans le bois, en le soumettant, dans une chaudière close, à l’action dés vapeurs d’un solvant organique, non nuisible à l’eau.
- L’opération terminée, on condense les restes de vapeur contenue dans les pores, en réfrigérant localement la chaudière. Il se produit un vide que l’on utilise pour aspirer le liquide imprégnant dissous dans le solvant organique préalablement utilisé.
- Ce mélange pénètre dans les pores du bois. On chasse ensuite le solvant par la vapeur d’eau, dont les restes sont finalement condensés par réfrigération.
- Ce procédé permet de convertir en trois jours du bois de hêtre vert en billes de chemin de fer réglementaires imprégnées de carbolinéum.
- Cette méthode est employée pour préparer du bois indéformable pour portes et fenêtres.
- Les bois fins, imprégnés de paraffine, de cire minérale, de mélanges de stéarine et de palmitine ou de leurs acides, montrent des nervures,translucides. Des caisses et des récipients pour divers usages, des bois pour constructions maritimes, pour machines agricoles, et le bois pour parquets sont imprégnés par ce procédé.
- On peut combiner l’imprégnation avec la teinture en dissolvant, dans l’agent d’imprégnation, des colorants au gras. Des mâts, des charpentes pour mines peuvent être ainsi imprégnés et en même temps protégés contre des attaques microbiennes.
- On utilise le même procédé pour l’ignifugation du bois.
- Procédés américains. — Aux Etats-Unis, l’imprégnation du bois se fait, en majeure partie, au moyen d’huiles
- de goudron de diverses provenances et au moyen de chlorure de zinc.
- M. R. Nowotny [Ztsch. angew. Chem.) indique que l’huile de créosote de houille est, parmi les huiles de goudron, le plus en usage.
- En 1921, les Etats-Unis ont consommé, pour l’imprégnation, 345 millions de litres d’huile de 'créosote, dont un tiers importé. Lorsque les prix de l’huile de créosote de houille s’élèvent on a recours à l’huile provenant de la fabrication du gaz à l’eau à partir du pétrole et extrait du goudron de pétrole. Les essais d’imprégnation directe avec les pétroles bruts ou mi-raffinés n’ont pas donné de résultats favorables.
- Pour l’imprégnation au chlorure de zinc, les Etats-Unis ont consommé, en 1921, 23 millions de kg. de ce sel, 60 pour 100 de billes de chemins de fer sont imprégnées au chlorure de zinc. Les billes ainsi traitées ont une durée de 12 ans ; dans des régions sèches, cette durée est plus longue.
- On a renoncé à l’emploi du fluorure de sodium, à cause de son prix qui est le double du prix du chlorure de zinc.
- L’imprégnation se fait en traitant des bois bien séchés soit en chaudière et sous pression, soit sans pression, ce procédé étant destiné aux localités éloignées. Le plus pratique des procédés opérant sans pression est la méthode de double cuve. On laisse le bois pendant deux à trois heures dans le bain d’imprégnation chaud'(80 à 93° C.), et ensuite pendant la même durée dans un bain froid (38° C.).
- Dans certains cas, une protection du bois dépassant un à trois ans n’est pas demandée. Elle est alors effectuée par immersion, pendant 5 à i5 minutes, dans de l’huile de goudron de houille ou du carbolinéum portés à la température de 93° C. environ. Le bois est ensuite égoutté. On opère aussi par badigeonnage réitéré.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant lin caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d-’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches
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- le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. Société des Charbons.actif s d'Edouard Urbain, 8, rue du Heldçr, Paris,
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- BOITE AUX LETTRES
- Communication. —Pour écouter la T. S. F. malgré les parasites provoqués par une usine électrique voisine,
- — M. Jacquemin, àSaneourt (Haute-Marne), nous indique le remède efficace contre ces parasites souvent bien gênants :
- « Habitant près d'une usine alimentée par du courant continu, éclairé moi-même par cette usine, il m’était complètement impossible de faire aucune écoute de T. S. F. par suite des parasites BF. du secteur. Après avoir tout essayé : mise à la terre d’une extrémité de toutes les lignes du réseau, condensateurs, selfs, etc., je suis arrivé à supprimer complètement les parasites en logeant tout simplement le poste et tous ses accessoires dans une boîte en bois garnie extérieurement de toile métallique, sauf un côté resté ouvert pour la manœuvre.
- L’antenne connectée à la borne « Antenne » du poste et la prise de terre à la toile métallique seulement.
- Réponses. — M. A.-B., à Epernay (Marne). — Les débouchés pour la vente des cobayes, dont on fait l’élevage d’une façon méthodique et suivie, peuvent se trouver en faisant des offres aux Laboratoires de Physiologie, aux Instituts bactériologiques; aux divers Instituts et Laboratoires Pasteur, à Paris (25, rue Dutot), à Garches (Seine-et-Oise), à Lille, au Havre, à Tunis, etc. ; ces établissements utilisent des cobayes pour leurs expériences et recherches scientifiques.
- Ce sont, précisément ces débouchés offerts à l’élevage des cobayes qui nous ont suggéré 'la publication de l’article auquel vous faites allusion. Il est donc indiqué de faire des offres directes aux établissements précités, et de s’assurer des débouchés, constants, sinon réguliers, avant d’entreprendre cet élevage pour lui donner une certaine importance.
- M. E. M., rue Clauztl, Paris. — Destruction des mauvaises herbes dans les allées de bordures des jardins.
- — On emploie, depuis quelques années, pour détruire les mauvaises herbes, les produits chloratés : Nitroper-chlorine (en solution), phényline (en poudre) (Henri Loyer, Paris, 2, rue de Tournon (6°) ; la nitrocuprine, (Linet à Aubervilliers) ; on peut employer aussi le sulfate de fer, à raison de 3o kg. dans 100 litres d’eau, le sel marin, les huiles lourdes de goudron, le chlorure de zinc. On trouve dans le commerce des produits chimiques herbicides spéciaux. Aroir aux adresses suivantes : Comptoir Parisien d’Engrais et de Produits Chimiques, Paris, 68, rue de la Folie-Méricourt (ncj; G. Truffaut, 90 bis, avenue de Paris, à Versailles; Lambert-Rivière, Paris, 12, rue de Miromesnil (8°). En tout cas, avoir soin de ne pas employer un produit susceptible de détruire en même temps les plantes cultivées.
- M. L. de G., à Blois. — Pour documentation sur VAlfalf'a (luzerne très répandue en Californie), et sur la culture de cette plante, on peut s’adresser à M. E. Prud-hotmne, directeur du Jardin colonial et de l’Ecole supérieure d’Agriculture coloniale, à Nogent-sur-Marne (Seine) ; au Service de Renseignements de l’Office colonial à Paris, Palais-Royal (Galerie d’Orléans) ; à la dii’ection de l’Institut Colonial, à Marseille; à Vilmorin-Andrieux, à Paris, 4, quai de la Mégisserie (ier); à la librairie de la Société d’Editions coloniales à Paris, 17, rue Jacob (6e). Aucune publication détaillée n’a été faite, jusqu’à présent en France, sur cette plante qui, d’ailleurs, n’y est pas cultivée. Mais vous obtiendriez probablement d’autres directives pour vos recherches en vous adressant au Directeur des Services agricoles de votre département, tout près de vous : 1, rue du Haut-Bourg, à Blois.
- Société Indo-Chinoise des cultures tropicales. — Le compte rendu des expériences faites avec un nouvel appareil d’arrachage et de dessouchage des arbres, à Gazinet (Gironde), en 1925, à été publié dans le journal Bois et Résineux, de Bordeaux. Pour obtenir de plus amples renseignements sur cet appareil et l’indication de la firme qui le construit, s’adresser à M. André Bodin, directeur du susdit journal, à Bordeaux (26, cours du Chapeau-Rouge), et au Directeur de la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (12").
- M. G. Remacle, Saint-Mard. — Adresse des montres Zénith, 36, rue Tronchet, Paris.
- M. Marco Dutto, à Mercedès (Uruguay). — i° Pour l'obtention de petites quantités d’ozone, vous poizvez
- effectivement vous servir soit de l’appareil de Berthelot, soit de celui de Houzeau ; 2U Dans le cas d’une production importante, les maisons suivantes seront à même de vous fournir le matériel nécessaire : Compagnie générale de l’Ozone, 80, rue Saint Lazare. Bigot, 5, place de Valois. Société de Purification industrielle, 46, rue Saint-Lazare; 3° Le rendement en ozone varie considérablement suivant les circonstances de l’opération, on a constaté par exemple que les meilleurs rendements s’obtiennent avec du courant alternatif (expériences de Warburg) ayant une fréquence élevée ; c’est pourquoi on monte quelquefois en série avec l’ozoniseur un condensateur dont les armatures sont reliées à la source d’électricité et un éclateur de façon à produire une décharge oscillante. Comme diélectrique, il faut préférer le verre au quartz, la température doit être la plus basse possible, l’oxygène sera bien desséché et sa vitesse de circulation devra être déterminée expérimentalement|pour l’appareil considéré, attendu que le rendement de l’énergie s’élève en tendant vers un maximum lorsque la vitesse de circulation du gaz augmente. Pour les applications ordinaires, on ne dépasse guère une concentration en ozone de 5 g. par mètre cube d’air; dans les bons appareils le rendement de l’énergie est alors voisin d’une production de 5o g. d’ozone pour une dépense de 1 kw-h. ; 4° Nous pensons que l’ouvrage Les méthodes de synthèse, par Hanriot et Carré, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères, vous donnera satisfaction.
- M. Bazin, à Condé-sur-Noireau. — j° Le moyen le plus simple d’éviter la transmission du bruit à travers les plafonds est de bourrer l’entrevous de sciure de bois que l’on peut, par mesure de sécurité, ignifuger en5*" l’imprégnant préalablement du mélange suivant :
- Acide borique...................... 5o g.
- Borax.............................. 60 — |
- Eau ordinaire.....................1000 — ICI
- Bien entendu, on évitera de mettre de la sciure dans les parties voisines du coffrage des cheminées. N
- S’il s’agissait de trépidations de machines, il convien--^. drait en outre d’isoler le bâti de celles-ci du plancher au moyen de plaques de liège ou de caoutchouc ; dans ce cas vous pourriez vous adresser à la maison Prache et Anthoni, 19, rue Blanche, à Paris, qui est spécialisée pour application de dispositifs de ce genre.
- 20 II nous est difficile, sans connaître le but poursuivi, de répondre d’une façon précise ; nous ne pouvons donc vous indiquer qu'une composition pouvant servir de point de départ pour l’obtention de votre alliage fondant vers 6oo°-70o°.
- Zinc.........................5o pour 100
- Cuivre rouge.................20
- Aluminium....................3o —
- Sachant que l’aluminium fond à 6oo°, le zinc à 460°, le cuivre à io5o°, il vous sera facile, en augmentant ou diminuant l’un des constituants, d’obtenir, après quelques tâtonnements, le point de fusion désiré.
- T. S. P. — M. R. B., à Paris. — Un amplificateur à résistances construit suivant les données ordinaires est un très mauvais poste de réception des émissions sur ondes courtes. Vous pourrez trouver dans Cent Problèmes pratiques de T. S. P\ des conseils détaillés pour la modification d’un tel poste en vue de la réception des ondes courtes.
- Mlle L., à Berneuil (Oise). — Il est certainement possible actuellement d’installer un poste récepteur de radiophonie au Gabon. L’avènement pratique des lampes de T. S. F. à faible consommation permet, en effet, d’utiliser facilement des batteries de piles pour l'alimentation complète du poste. Il serait nécessaire d’utiliser un poste à la fois sensible et anti-parasites. 11 semble qu’un poste à changement de fréquence soit particulièrement désigné à cet effet.
- Nous manquons cependant absolument de documentation sur les auditions radiophoniques qu’il est possible d’obtenir dans ces contrées. Sans doute, les constructeurs pourront-ils vous renseigner à ce sujet, voici donc deux adresses."
- Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, à Paris.
- Etablissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Pour comprendre la Mécanique, par l’Abbé Moreux. i vol. in-16, 260 p., 157 fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1926. Prix : 12 francs.
- Avec son habituelle aisance, l’auteur expose d’une façon très élémentaire les notions fondamentales de la mécanique et leurs applications pratiques les plus usuelles.
- Distillation et rectification des liquides industriels, par Ch. Mar.ilx.ier. i vol. 731 p., 144 fig- Dunod, éditeur. Paris, 1925. Prix broché : 87 francs.
- Dans toutes les branches des industries chimiques, un des plus importants problèmes qui s’imposent à 1 attention de l'industriel est celui de la purification économique des produits réclamés par le commerce. L’emploi judicieux des réactifs et des dissolvants, les cristallisations, la dialyse, en fournissent fréquemment la solution, lorsqu’il s’agit de substances fixes.
- Mais, en présence de matières volatiles, c’est ordinairement dans la distillation fractionnée que l’on trouve le meilleur procédé de purification et de séparation des composants contenus dans les matières premières brutes. Des industr-ies d’une puissance considérable sont basées sur la distillation. L’ouvrage de M. Marillier apporte à la fois une importante contribution à la théorie si délicate de la distillation, en même temps qu’une description complète et détaillée des appareils les plus modernes en usage dans les différentes industries qui font appel à la distillation et à la rectification.
- L’étude des lois générales de la distillation et de la condensation constitue les deux premiers chapitres de ce traité. Ensuite il étudie la distillation et la rectification des divers liquides industriels en débutant par les liquides alcooliques. C’est le travail de ces liquides qui a créé l’alambic, a permis de le perfectionner, de créer l’appareillage moderne ; par suite, avant d’étudier les appareils de distillation mis en œuvre dans les diverses industries, il convenait de connaître ceux qui traitent l’alcool. Viennent ensuite toutes les industries spéciales ayant recours a la distillation : hydrocarbures, goudrons, schistes, carbonisation des bois, parfumerie, etc., ainsi que la description des procédés de récupération des solvants. Ce traité très documenté sera un précieux instrument de travail pour tous les praticiens et industriels de ces diverses industries.
- Introduction à l'étude des colloïdes. Etat colloïdal et ses applications, par W. Kopaczewski. i vol. 220 p., 36 fig. 2 portraits hors texte. Gauthier-Villars, éditeurs. Paris, 1925. Prix : 16 francs.
- M. Kopaczewski, à qui l’on doit déjà sur les colloïdes de nombreux ouvrages, d’une solide documentation et pleins d’idées originales, a entrepris ici d’écrire un livre d’initiation et de vulgarisation. Il l’a fait avec beaucoup de clarté et d’intérêt. Il rappelle tout d’abord le développement historique de la science colloïdale et expose les phénomènes essentiels qui caractérisent l’état colloïdal de la matière ; abstraction faite de toute théorie ou de toute hypothèse sur la nature des colloïdes. Puis l’auteur passe rapidement en revue les divers domaines pratiques où interviennent les colloïdes et leurs propriétés ; et l’on s’aperçoit bien vite que ces domaines sont extrême-
- r ment nombreux et vastes : industrie de la cellulose, des matières plastiques et explosifs, des colles et gélatines, des matières alimentaires, étude des terres en agriculture, céramique, biologie, médecine, thérapeutique. L’étude approfondie des colloïdes est une condition du progi’ès de ces diverses branches de l’activité humaine et le petit ouvrage très suggestif de M. Kopaczewski contribuera sans doute à orienter dans cette voie féconde nombre de ses lecteurs.
- Construisez donc vous-mêmes votre poste de Téléphonie sans fil, par I’abbé Th. Moreux, directeur de l’Observatoire de Bourges. Nouvelle édition, revue, mise à jour et très augmentée. 1 vol. in-16 de 240 p. avec X20 fig. dans le texte. G. Doin, Paris, 1925. Prix : 10 francs,
- Tides and Currents of San Francisco Bay, by L. P. Disney et W. H. Overshiner. x broch. i2Ô p., 32 fig. publiée par U. S. Coast and Gecdetic Survey. Government Printing Office. Washington, 1925.
- Résumé des observations faites depuis 1908 sur les marées et les courants dans la baie de San Francisco, accompagné d’une notice générale sur les marées et courants de marée.
- Les professions agricoles. Ce qu elles sont. Comment s’y préparer. Comment y réussir, par Jean Ponsard. i vol. in-16, 404 p. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 12 francs.
- Cet ouvrage trace la marche à suivre pour se préparer à telle ou telle branche de l’Agriculture, renseigne sxxr les écoles à fréquenter et le but à viser suivant que l’on dispose de ressources nulles ou plus ou moins grandes. 11 guide donc fort bien dans l’orientation des professions terriennes.
- Les fastes du Commerce, i vol. 166 p. L’Edition Universelle Illustrée, 3g, rue d’Amsterdam. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Nous avons déjà signalé les premiers volumes de la collection des Fastes, destinée à enregistrer dans les principaxix domaines de l’activité nationale les faits saillants de l’année écoulée. Signalons dans ce fascicule consacré aux questions commerciales, à côté d’études techniques sur les impôts et les lois nouvelles, les articles de M. Elio-Berthet sur « Paris moderne et sa genèse», deM. L.Grocsur les « foires françaises », de M. Croizé sur les « Halles de Paris », de M. B. de Mun sur la « défense du vin », etc.
- Les Fastes de VIndustrie (tome II), 1 vol. illustré 167p. L’Edition Universelle Illustrée, 39, rue d’Amsterdam. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume contient de nombreuses et substantielles études sur les sujets les plus variés : les forces hydrauliques par M. Legouez, questions ferroviaires par MM. Descamps, Cultru, Nanin ; développement de la T. S. F. par M. Savarit, évolution de l’automobile par M. Pépinster, les appareils ménagers par M. Weiss, les écoles techniques industrielles par M. Coupât, l’artisanat par M. Courtier, etc.
- La représentation commerciale. Notions de psychologie professionnelle et appliquée, par J. Sabatié, i vol. 14 X 22 de xvm-272 p. avec 24 pL Dunod, éd. Paris, 1925. Prix : 17 fr. 5o.
- L’auteur, un praticien, a réuni dans cet ouvrage les connaissances techniques et psychologiques requises pour devenir un professionnel accompli en matière de représentation commerciale.
- La route des Dolomites, par Gabriel Faure, i vol. illustré in-8 carré, 140 p., collection « Les beaux pays », J. Rey, Grenoble, 18 francs.
- Un des meilleurs volumes de cette élégante collection, éditée avec art et avec goût. L’auteur nous conduit à travers la région pittoresque qui a fait retour à l’Italie en 1919 : Trente, Meran, Bolzano, la route des Dolomites, Cortina, et termine par le Cadore avec une étude magistrale sur Titien. Le charme de la narration et l’évocation des souvenirs littéraires font particulièrement goûter ce livre, dont une illustration remarquable hausse encore l’intérêt.
- Au pays des, gratte-ciel (Etats-Unis), par Jean Gontakd. 1 vol. in-8°, 272 p., 20 pl. Collection les Pays modernes, Pierre Roger, Paris. Prix : m francs.
- Au cours de cette nouvelle enquête très vivante, résultat d’un séjour de près de dix 9ns aux Etats-Unis, l’auteur décrit les procédés américains d’industrie, de commerce et d’agriculture, les mœurs américaines et les principaux problèmes aujourd’hui pendants chez nos anciens alliés : la question de la « Prohibition », celle du Ku-Klux-Klan, celle de l’éducation, celle de l’immigration et une foule d’autres.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2710 13 Mars 1926
- INFORMATIONS
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- L’aéroplane au service du cinéma. — On sait avec quel luxe de mise en scène sont exécutés certains films modernes. Le dernier cri du genre est probablement la prise de vue en avion. Elle a été employée récemment pour un film américain à grand spectacle de fa Metro-Goldwin, film intitulé Benthir; on y voit des courses de chars romains se déroulant sur la piste d’un gigantesque amphithéâtre ; une partie de ces courses a été cinématographiée du haut d’un avion, ce qui a permis de réaliser des effets entièrement nouveaux.
- Le tannage électro-osmotique. — L’opération du tannage a pour but de faire pénétrer intimement le tanin, matière colloïdale, dans le cuir composé lui-même de substances colloïdales. On a été naturellement conduit, pour antiver la vitesse du tannage, à faire appel aux procédés électro-osmotiques dans l’espoir d’accélérer la réaction réciproque de ces substances colloïdales. M. Sarrot du Bellay, dans la revue Le Cuir, expose le principe, la technique et les avantages du procédé électro-qsmotique, procédé employé avec succès depuis plusieurs années déjà en Autriche et en Allemagne, mais inconnu encore en France. On sait déjà depuis longtemps que le courant électrique active le tannage; mais le tannage purement électrolytique provoque une décomposition du tanin et il est difficile, d’autre part, de prolonger la vie des électrodes. Mais, on peut, et c est^ là le principe de la méthode électro-osmotique, empêcher la décomposition des matières tannantes et protéger les électrodes en séparant le liquide lannique des électrodes par des diaphragmes spécialement adaptés à ce travail. On a pu ainsi accélérer le tannage, sans nuire à la qualité du cuir; les procédés usuels de tannage rapide n’ont pas cet avantage. Le procédé électro-osmotique s’applique à toutes.les peaux, mais exige un tannage végétal et non minéral. Le tannage électro-osmotique s’effectue en 5 à 6 jours et donne un résultat comparable à celui que l’on obtient avec le tannage en fosse qui exige 18 mois à 2 ans. Il économise encore 3 à 4 semaines sur les procédés rapides actuellement en usage. II a encore l’avantage de simplifier le travail, de réduire la main-d’œuvre ainsi que la consorçi-mation des matières tannantes.
- Production et consommation du coton. — On sait que le plus grand producteur du coton est l'Amérique. Voici la production des Etats-Unis dans les 25 dernières années, résumée par le graphique ci-dessous.
- Millions, de Balles, de 500 livres
- Production du Coton
- Etats-Unis
- Voici les nombres exacts de balles de 5oo livres produites dans les trois dernières années :
- 1922.............10.372.230
- iqal. ...... 10.810.160
- 19^4................14.325.491
- L’Egypte, le producteur qui. fournit les plus remarquables qualités, a produit en 1914-1925 plus de 7 millions de cantars ( 1 cantar = 44 k. 228) contre 5 (igfi 000 can-» tars en 1921-1922.
- L’Inde a exporté :
- En 1922-1923 . 3.580.679 balles de 400 livres
- 1923- 1924. . 3.432.584 — —
- 1924- 192,5 . 3.696.690 — '
- La consommation 5oo livres :
- Grande-Bretagne Continent . . . ,
- Total Europe. . Etats-Unis. Total Indes-Orientales
- Japon .........
- Canada .... Mexique. . . . Autres pays . .
- Total du monde .
- a été, en millions de balles de
- 1 yuô 1923-192/, 1922-1923
- 3.15 0 2.7 5 0 a. 7Ôo
- 5.95o 5.3 00 5.ooo
- 9.100 8.o5o -7,75°
- 6.092 6.020 7.068
- i . 800 1 . 5oo 1 .700
- u. 040 1.8o<^ 2.100 '
- 140 i-5o - 241
- 175 120 1 100
- 1 . 9OO 2.000 • 2 . OOO
- 21.247 O . 20.959
- Les statistiques de la consommation publiées par. VEconomiste français, pour les années 1908 à 1926, indiquent un accroissement qui s’accélère. Par ailleurs, comme les pays producteurs traitent de plus en plus leur matière première sur place, les industries coton-, nières plus anciennes se préoccupent de. produire, notamment dans des colonies, l’aliment indispensable à leurs usines.
- Un nouveau puits de pétrole à Gabian. — La Nature a relaté en son temps (n° 2646) le premier sondage effectué à Gabian (Hérault). Un sixième puits, foré au même lieu, vient de rencontrer la couche pétrolifère à la profondeur de 167 m.
- L’extraction à la cuiller adonné lieu, pour une période de 48 heures, à une producliop de 60 tonnes environ.
- Les travaux de recherches de Gabian sont exécutés au moyen des crédits consacrés par l’Office National des Combustibles Liquides à la prospection générale de la Métropole et des Colonies. Effectués sous la Direction du Service des Mines, Ces travaux ont donné lieu à des résultats qui ont motivé le dépôt d’une demande de, concession pour le compte de l’Office National.
- Deux des cinq puits déjà exécutés s’étaient révélés productifs :
- Le puits n" 1 a donné lieu en septembre 1924 à une production initiale journalière d’environ 20 tonnes. Son débit actuel est d’environ 20 tonnes par mois et il a fourni au total i5o tonnes environ.
- Le puits n° 4 a donné lieu *en août 1926 à une production initiale journalière d’enviixm 100 tonnes. Sa production actuelle est d’environ 110 tonnes par mois et il a fourni au total 125o tonnes environ.
- Dans l’ensemble les sondages de Gabian ont ainsi donné, depuis l’origine, plus de 2000 tonnes d’huile brute.
- Contre les vipères. — Les Reptiles sortent de leur repaire pour se chauffer aux premiers rayons de soleil printanier et bientôt on devra penser à éviter la rencontre des dangereuses Vipères.
- A ce propos, on nous a demandé s’il existe un procédé pour détruire ces Serpents, tel qu’un piège, ou tel qu’un poison, qui ne présentât pas de danger pour les animaux domestiques.
- A cela nous répondrons, en écartant la trop difficile question du poison, que nous ne connaissons pas dé piège à Serpent. En effet, on ne peut trouver aucun pôint d’appui sur ces animaux, pas même sur les os de la tête dont la conformation permet le glissement. Reste à envisager une sorte de nasse en fine toile métallique. La difficulté consiste dans l’amorçage : les Vipères ne capturent que des animaux vivants. On croit généralement que le lait est très recherché par les Serpents; en réalité, rien ne justifie cette affirmation. En captivité, on n’oblige les Reptiles à boire du lait qu’en les privant d’eau, qu’ils préfèrent de beaucoup. Peut-être la chose se passerait-elle de même chez les Reptiles libres ? En tout cas, comme les Reptiles ont besoin de boire souvent, dans les li'eux desseches habités ordinairement par les Vipères, le plus simple serait de leur offrir de l’eau pour les. attirer. Ainsi appâtée au moyen d’un récipient rempli d’eau pure, la nasse serait placée à proximité de la demeure d’une Vipère ou dans un lieu où elle se montre habituellement.
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- Mais, jusqu’à présent, la seule façon (l’opérer avec succès pour diminuer le nombre des Vipères, c’est de défricher les fourrés habités par ces Serpents, puis de chercher et de tuer les dits Serpents. Il est rationnel également de lutter contre eux indirectement par l’intermédiaire de'leurs ennemis naturels, parmi lesquels le plus acharné, est le Hérisson. À.- Feuii.lée-Billot.
- Gravures solutréennes. — L'Anthropologie publie les intéressants résultats des fouilles entreprises en 1924 par le Dr Henri Martin, dans la vallée du Roc (Charente), que celui-ci a présentés à l’Institut français d’Anthropologie.
- Grâce à plusieurs tranchées ouvertes dans le talus qui se trouve sou§ l’à-pic des grottes de la Vierge et du Roc, le Dr Henri Martin a mis à jour des restes d’une industrie solutréenne dont les plus imporlants sont quelques gravures sur plaquettes calcaires. On ne connaissait guère encore de dessins et gravures de cette
- époque, les magnifiques frises relevées dans des cavernes à diverses reprises étant de datés postérieures. L’une des gravures, à traits superposés, est d’une interprétation délicate, cependant M. H. Breuil a pu entrèvoir un cheval et une croupe de pachyderme.
- Une autre gravure (fig. 2) représente un petit cheval, le dessin est exécuté avec fermeté, sans reprise ni aucune superposition. La tête est forte, munie d’un toupet en cimier descendant bas sur le front, l’oreille est droite et le corps trapu. Le cheval est en marche et son allure semble bien correspondre à celle de l’amble (bipède latéral). Si cette supposition se confirmait, il faudrait reconnaître à l’artiste solutréen qui a exécuté ce travail sans hésitation une observation étonnante pour cette époque.
- Nous sommes heureux d’avoir obtenu de Y Anthropologie l’autorisation de présenter cette intéressante figure à nos lecteurs.
- “Nouvelles de T. S. F.
- Les améliorations de Radio-Toulouse. — Un projet de modifications importantes, concernant la station de Radio-Toulouse, vient d’êtbe mis à l’étude. La puissancè-anlenne serait portée à i5 kilowatts et la hauteur des pylônes serait augmentée. De plus, les émission» auraient
- lieu de 9 heures du matin à 21 heures, et de 23 heures à 2 heures du matin.
- La T. S. F. dans les expéditions polaires. —
- L’explorateur Roald Amundsen a commandé à la Compagnie Marconi des appareils émetteurs-récepteurs de radiotélégraphie et de radiotéléphonie; ces appareils sont destinés à être placés sur les avions qui prendront part à la prochaine expédition polaire organisée par le célèbre explorateur.
- La radiodiffusion en Suède. — L’enthousiasme pour la radiophonie continue à être très grand en Suède ; il est question d’établir une nouvelle station à grande puissance, de 20 kilowatts au minimum, dont la longueur d’onde serait voisine de i3oo m.
- Essais de radiotéléphonie entre l’Angleterre et l’Amérique. — On sait que des essais de transmissions radiotéléphoniques ont été tentés à plusieurs reprises entre l’Europe et les Etats-Unis; mais, si l’on avait réussi à établir une communication régulière entre les Etats-Unis et l’Angleterre, on n’avait pu, jusqu’à présent, établir inversement la communication entre l’Angleterre et les Etats-Unis.
- Ce résultat vient d’être obtenu très récemment à la nouvelle station de Rugby, dont nous avons indiqué la mise en service à nos lecteurs.
- Les exportations anglaises d'appareils de T. S. F. — Durant l’année ig25 l’industrie radioélectrique anglaise a exporté des appareils pour une somme totale de 1 335 087 livres, ce qui est très remarquable pour une industrie datant à peine de trois ans.
- • Les exportations les plus élevées ont été effectuées au Japon et en Australie ; en Europe, les meilleurs clients de l’Angleterre sont la Hollande, l’Espagne, l’Italie et le Danemark. "
- Exposition de T. S. F. en Angleterre. — La 11e Foire des Industries Britanniques, qui a eu lieu du 15 au 26 février 1926, comportait " pour la première fois une exposition des produits de l’industrie radioélectrique anglaise.
- Des appareils de réception et d’émission pour le broadcasting, des pièces détachées, des types émetteurs et récepteurs destinés à tous les usages commerciaux et des radiogoniomètres ont été présentés à cette exposition.
- La radio au service des Soviets. — Un message de Moscou annonce, d'après le Wireless World, que le comité de l’Internationale Communiste s étudié un projet pour utiliser la radiotéléphonie comme moyen de propagande internationale.
- La nouvelle station de Vienne. — Une nouvelle station d’émission puissante vient d’être installée à Vienne par la « Société Autrichienne de Broadcasting ». Cette station est située à Rosenhugel près de Vienne, et sa longueur d’onde provisoire est de 590 mètres.
- Le rôle de la T. S. F. dans la traversée de l’Atlantique en avion. — La traversée de l’Atlantique en avion, de l’Espagne à l’Amérique du Sud, exécutée par le major Franco et le capitaine Ring Aida, deux officiers espagnols, a été facilitée par les appareils de T. S. F. installés à bord de l’avion. .
- L’équipement était du typé Marconi avec dispositif radiogoniométrique, et la Compagnie Marconi avait Conclu un accord avec ses filiales sud-américaines afin que les aviateurs puissent être en communication avec les stations côtières dès leur approche des côtes, et durant leur voyage de Pernambpuc à Buenos-Aires.
- *î# 82 |££. .
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- Transports < <*
- Le chariot élévateur Dommic. —- Les manutentions dans les ateliers et magasins deviennent de plus en plus nombreuses, coûteuses et délicates, les tonnages à
- Fig. i. — Transport de caisses d’écheveaux au moyen de chariots Dommic, dans une filature.
- stocker augmentant sans cesse et les manœuvres 'qualifiés devenant de plus en plus rares et coûteux; d’autie part, certaines manutentions présentent des dangers, particulièrement s’il s’agit de pièces lourdes et encombrantes; aussi, est-il devenu indispensable de renoncer aux procédés périmés (brouettes, diables, chariots ordinaires) et de recourir à l’emploi d’appareils modernes réduisant la main-d’œuvre au minimum et faisant disparaître les dangers.
- A cette catégorie d’appareils appartiennent les chariots élévateurs, qui ont d’abord été employés en Amérique avec succès.. L’exemple américain n’a pas tardé à être suivi en Europe. Nous nous proposons de décrire dans les lignes qui suivent les chariots élévateurs Dommic, de conception et construction essentiellement française.
- Les chariots élévateurs Dommic permettent d’enlever et de déposer en quelques secondes et automatiquement les charges à déplacer, étant entendu que celles-çi sont déposées à l’avance sur des plates-formes ou supports appropriés ; au contraire, les chariots ordinaires néces-
- Fig. 2. — Transport de pièces à usiner dans un atelier mécanique.
- sitent des manœuvres compliquées à chaque opération (chargement sur plate-forme, transport, déchargement) et sont immobilisés au départ et à l’arrivée pendant le chargement et le déchargement.
- Les chariots élévateurs permettent donc de réduire pratiquement les temps de manutention au temps de roulage des charges.
- Le principe de ce procédé de manutention est le suivant :
- Les objets devant être^manutentionnés sont disposés
- au fur et à mesure sur une plate-forme surélevée ^par-rapport au sol, puis, au moment voulu, le chariot élévateur est engagé sous ladite plate-forme qui est élevée grâce à un levier permettant de lever le châssis mobile de l’appareil.
- Le transport étant effectué, le châssis mobile est libéré et descend avec sa charge, laquelle est revenue a sa position basse et dégage le chariot de la plate-forme,
- .1 appareil est prêt pour une autre manœuvre.
- Ln seul chariot suffit au service de nombreuses plates-formes ou supports.
- La construction du chariot élévateur Dommic a été étudiée minutieusement en raison de l’importance des charges à transporter qui peuvent atteindre 3ooo kg et doivent être levées par un seul homme.
- Les galets du châssis de translation sont montés sur roulements à rouleaux et la fourche du galet avant (directeur) est montée sur butée à billes, les efforts à développer pour la traction et la direction du chariot
- Fig. 3. — Transport de rayons d’étalage à la Devanture d’un magasin, au moyen d’un chariot. Dommic.
- sont donc très faibles ;> le chariot peut tourner surplace.
- La descente des charges s’opère doucement grâce à Un fi'ein à huile indéréglable; les pieds delà plate-forme ne peuvent donc venir heurter brutalement le sol, ce qui est particulièrement intéressant s’il s’agit du transport de pièces fragiles.
- Le montage du châssis mobile des chariots élévateurs Dommic est tel que le châssis étant à sa position haute y est maintenu même en cas de rupture d’une pédale qui permet de libérer les charges par action au pied.
- Ces chariots élévateurs peuvent être employés dans tous les genres d’industries pour manutentionner des charges de toute nature, montées sur des plates-formes de forme et dimensions très différentes.
- Ils servent à la manutention dans les papeteries, imprimeries, du papier en rame, des balles de pâte à papier; dans l’industrie des produits alimentaires et les brasseries, au transport des produits en caisses, des paniers à bouteilles.
- Ils trouvent également leur application dans les filatures (caisses de bobines), bonneteries, teintureries,, tissages. Usine de produits chimiques et de parfumerie et dans l’industrie du bois.
- Les manufactures de tabac les utilisent pour le transport des balles de tabac.
- Le verre à vitre, les glaces peuvent être transportés
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- SdlENCE APPLIQUÉE
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- sur champ, montés sur des pupitres spéciaux libérés par chariots élévateurs Dommic.
- De même les industries mécaniques et de l’électricité utilisent ces chariots pour le transport des grosses pièces à usiner, des pièces de série à faire^ passer, successivement de machine en machine, pour 1 approvisionnement général des ateliers, l’expédition des matières usinées.
- ' Diverses applications originales des chariots élévateurs Dommic peuvent être enfin signalées
- Pour le transport des rayons servant d étalage aux devantures des magasins et qu’il s’agit de déplacer aussi rapidement que possible lors de 1 ouverture ou de la fermeture desdits magasins ;
- Pour la vérification périodique des disjoncteurs qui sont soulevés au:dessus de leur support puis déplacés jusqu’au Heu de vérification;
- Pour la manutention de pianos à queue qui sont transportés sur champ et peuvent être stockés par grande quantité sous un encombrement superficiel très réduit après démontage des pieds.
- Quantité d’autres applications pourraient être signalées et conçues pour chaque spécialité de l’industrie.
- Les chariots élévateurs Dommic constituent donc un perfectionnement remarquable des appareils de manutention entrant dans l’outillage des ateliers et magasins ; .robustes et d’un maniement facile, ils peuvent être .mis entre les mains de n’importe quelle catégorie d ouvriers.
- Constructeur : Société des Transporteurs mécaniques, 14.fer, rue Nouvelle, Paris,. -
- Automobilisme
- Essuie-glace d’autos. —
- proposés et réalisés à l’heure
- Fig. 4. — Essuie-glace International.
- Bien des systèmes sont actuelle. Notre intention n’est pas de les passer en revue, mais seulement d’en citer quel-ques-uns'plus intéressants parce qu’ils laissent au chauffeur plus de latitude dans ses gestes, c’est-à-dire dont le fonctionnement s’effectue par l’intermédiaire du moteur, ou électriquement, ou encore par une manivelle.
- L’essuie-glace International ( fig. 4 ) fonctionne automati -quement par l’aspiration du moteur ; un simple bouton à tourner et l’appareil se met en marche, net-, toyant la glace sur une grande surface.
- Ne pesant que 700 gr., son mécanisme a encore cet autre avantage de permettre le réglage à la cadence ralentie ou
- accélérée. La raclette se trouve à l’extérieur.
- Sa pose est facile. On le fixe au moyen de vis dans le pare-brise du côté du chauffeur, l’axe vertical de l’appareil coïncidant avec celui du volant. On perce ensuite un trou dans le tuyau d’admission allant du carburateur au moteur pour y visser ou souder l’ajutage en cuivre livré avec l’appareil. 11 ne reste plus qu’à relier cet ajutage avec l’es-suie-glace au moyen du tube en caoutchouc, en perçant à cet effet un trou dans le tablier •de la voiture. Le ré-glage de la pression de la raclette en caoutchouc sur la glace du pare-brise s’obtient,’en courbant, à la demande, la tige métallique soutenant la raclette.
- L’essuie-glace Electro-Eyquem (fig. 5) se compose
- Fig. 6. — Essuie-glace semi-automatique Eyquem.
- d’un petit moteur électrique et d’un dispositif de transformation de mouvement ; le tout pèse environ 780 gr. et est d’un encombrement minime. Le frotteur en caoutchouc manœuvré par le bras B décrit sur la glace un angle de 1200. La vitesse de fonctionnement est d’environ 5o battements à la minute.
- Il se fixe sur le pare-brise d’une torpédo très simplement ; une bride à serrer sur la barre de laiton profilé supérieure du pare-brise; pour une conduite intérieure, trois trous à percer dans la partie supérieure du cadre du pare-brise. Au point de vue électrique, l’installation est également simple; il suffit d’amener un fil à la borne P de l’appareil, qui est lui-même généralement fixé sur une partie métallique, par suite à la masse. Différemment, s’il est isolé (monté sur une partie en bois co mine dans lesconduites intérieures), il est facile d’amener le second fil à la borne M
- disposée dans ce but. La mise en marche et l’arrêt de l’appareil s’obtiennent par la simple manœuvre de la manette L ; le bouton moleté R permet de régler la position du bras B, afin qu’il ne gêne pas la vue du chauffeur, quand l’appareil est au repos, sa consommation est, selon le modèle, de 6 ou 12 volts : 2 amp. 5 ou 1 amp. 5.
- Le troisième essuie-glace (fig. 6) envisagé ici est demi-automatique et ne fonctionne ni par l’échappement ou l’aspiration, ni par l’électricité, mais par une commande mécanique sur le volant, manœuvre moins incommode que celle à Ja main de la raclette. Il se compose d’une boîte étanche qui se fixe sur le pare-brise au moyen de deux griffes G, par le simple serrage des boutons moletés B.
- L’axe A supporte le levier C auquel est fixé la raclette E, la bonne position étant obtenue par le serrage d’une vis. La commande de l’appareil s’effectue par la manœuvre de la manette M, fixée sur le volant qu’actionne un double-câble Bowden, c’est-à-dire sans le secours d’aucun ressort.
- La construction de la manette est telle qu’elle permet de l’orienter de trois façons différentes, après fixation sur le,volant, pour être bien à la main du chauffeur.
- Le double-câble de commande peut être raccourci facilement par le simple démontage de l’axe, qui fixe la poignée M à la boîte.
- Pour les conduites intérieures, la boîte se place en dedans de la glace du pare-brise ; les griffes sont alors supprimées.
- Constructeurs : i° Essuie-glace International : établissements F. A. R., 72, Avenue de la Grande-Armée, Paris (XVII*). -
- 20 Essuie-glace Electro-Eyquem et semi-automatique Eyquem : établissements Eyquem, 91, boulevard Pereire, Paris (XVIIe).
- T\ecettes utiles <-«*
- Papier-protecteur pour Fargenterie. — On sait que celle-ci s’abîme souvent à demeurer exposée à l’air extérieur, surtout dans les villes industrielles. Voici, d’après le journâl National Druggist, une recette permettant de préparer soi-même un papier excellent pour envelopper l’argenterie et la protéger efficacement contre les atteintes de ces gaz industriels.
- On fait une solution de 6 parties d’hydrate de soude dans une quantité suffisante d’eau, de telle sorte que le titre soit de 200 Baumé ; on ajoute ensuite 4 parties d’oxyde de zinc, et l’on fait bouillir jusqu’à ce que cet oxyde soit dissous. 11 ne reste plus qu’à ajouter assez d’eau pour ramener le titre à io° B.
- Le bain étant ainsi prêt pour traiter le papier, on en trempe chaque feuille séparément, et on laisse sécher dans un local absolument à l’abri des poussières (le moindre grain suffirait pour produire des rayures£à la surface du métal).
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : VALÉRIANE OFFICINALE
- La Yalériane offieirmle (Valeriaria officinalis L.) Valérianacées paraît tirer son nom du latin « valere » être en bonne santé. Elle a pour synonymes : Valériane sauvage, Herbe aux chats,. Herbe de Saint-Georges, Herbe à la meurtrie. Il existe d’autres espèces dont les deux plus connues sont : la Valériane Phu ou grande valériane ( Valeriana Phu) et la Valériane des marais ou Valériane dioïque (Valeriaria dioïca). Mais bien qu’elles aient, à peu près, les mêmes propriétés que la Valériane officinale, elles ne sont guère employées.
- Habitat. — Très répandue en France, elle croît surtout sur le bord des ruisseaux, des fossés, dans les bois humides, mais parfois aussi au bas des coteaux, dans une terre sèche et sablonneuse qui influe sur la coloration des racines. Elle est cultivée depuis quelques années dans le Nord et un peu sur les bords de la Loire.
- Description sommaire. — Plante vivace, à tige florifère atteignant jusqu’à i m. 5o de hauteur. Racine tronquée brune en dehors, blanchâtre en dedans, inodore à 1 état frais, mais prenant par la dessiccation une odeur très désagréable qui plaît beaucoup aux chats et lui a valu un de ses synonymes. La souche forme des stolons nombreux pouvant donner autant de plantes nouvelles. Feuilles opposées, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, très découpées en segments nombreux et dentés. Fleurs (juillet-août), d’un blanc rosé, réunies en corymbes au sommet dy la tige, à odeur agréable. Coroll# infundibuliforme, à limbe évasé. Fruit (achaine) couronné par une aigrette plumeuse.
- Culture. — La valériane croît dans tous les sols; toutefois, elle préfère ceux qui sont frais, aussi doit-on choisir les terrains bas non inondés et peu ensoleillés. Si le Jardin familial possède un endroit un peu humid.e on le lui accordera de préférence, et, s’il se trouve un fossé dans la ferme, l’on en garnira les bords.
- Multiplication. — Elle a lieu de deux façons : par semis et par éclats de souche, mais la première est bien plus longue que la seconde qu’il convient de préférer pour la rapidité de la production. On consultera avec avantage pour la culture de cette plante (io hectares lui sont attribués à-Etrechy sous la direction de M. J. Demilly) le livre de MM. A. Goris et J. Demilly, La culture des plantes médicinales. En voici un résumé.
- Par semis. — Vers le mois de juillet, récolter dans une bonne plantation les graines provenant d’exemplaires vigoureux et donnant un poids supérieur de racines. Prendre les précautions nécessaires, car les graines très petites et munies d’une aigrette de poils s’envolent rapidement. Les semer immédiatement sur un bon sol que l’on conservera, autant que possible, humide. Semer sur des planches pour que le travail soit plus facile et ne recouvrir les graines que très légèrement de terre. La germination se. fera pendant l’automne et les plants continueront à végéter au cours du printemps. On aura de cette façon, vers le mois d’août de l’année suivante, des touffes déjà d’une certaine vigueur qui pourront alors être replantées à l’automne, mais ce procédé fait perdre un an au point de vue de la récolte, si on le compare à l’emploi de souches.
- Par éclats de souches. — Sur un sol bien préparé, effectuer, vers le ier octobre, la plantation de la façon suivante. Diviser les souches de valériane arrachées dansjes bois ou, de préférence, dans une bonne culture, pour avoir du beau plant. Laisser à chaque segment un œil bien constitué muni de racines à sa base. Une souche de valériane pourra donner suivant sa force i5 à 20 petits plants. Les planter immédiatement en plein champ à o m. 3o en lignes et à o m. 86 d’écartement, en se servant soit de la charrue, soit d’une pioche, à o m. io de profondeur. Recouvrir le plant par un léger hersage, puis rouler pour que les racines adhèrent au sol. Dans le Jardin familial un gros plantoir adroitement manié suffira. v
- On donnera ensuite les soins culturaux nécessaires, binages et sarclages, pour empêcher l’envahissement par les mauvaises herbes. .
- Récolte. — D’après M. J. Demilly, il faut procéder à l'arrachage des racines au mois d’octobre-novembre qui suit la plantation, parce que, d’un£ façon générale, il faut cultiver la valériane comme une plante , annuelle.
- C’est à tort qu’on pourrait croire que les souches prennent chaque année un plus grand développement et donnent une récolte de racines de plus en plus abondantes. Il n’en est rien, parce que la tige élancée formée au moment de la floraison se fane et, en se détruisant, amène la destruction de toutes les racines qui avaient servi à son développement. Mais comme cette tige florifère ne se forme que sur des souches de deux ans, si 1 on arraohe les racines la première année, elles seront naturellement plus abondantes. Néanmoins, certains auteurs sont d’avis de préférer les racines de trois ans au moins.
- Arrachées à la pioche, les racines doivent être nettoyées aussitôt à l’eau courante. Cette opération est très s.imple quand elles proviennent d’un terrain sablonneux, mais devient très difficile lorsqu’elles ont poussé dans un sol argileux ; il faut alors les faire tremper quelque temps auparavant pour que la terre se détache mieux.
- Séchage. Rendement. Conservation. — On étale les racines en couche mince sur des claies placées dans un grenier ou un hangar très aéré et l’on a soin de les remuer fréquemment. Lorsque les racines sont tïop grosses on les fend en deux. La dessiccation ainsi faite est lente et demande au moins une quinzaine de jours ; aussi, quand la récolte est importante, vaut-il mieux recourir à un séchoir à air chaud.
- On estime que le rendement de io kg de racines fraîches varie entre 2 kg 5oo et 2 kg 890 de racines sèches.
- La conservation s effectue dans des sacs ou des caisses placés dans un local très sec et bien aéré. La durée ne doit pas dépasser une année.
- Composition chimique. — Pendant longtemps on a estimé que la racine de valériane ne contenait que : acide valérianique, huile essentielle, matière insoluble dans 1 alcool, gomme, ligneux et sels, mais depuis les travaux de MM. J. Chevalier et G. Pouchet, on sait que l’acide valérianique n’existe que dans la plante sèche où il se forme, sous l’influence d’une oxydase, un glucoside et un alcaloïde qui sont partiellement détruits par la dessiccation. L’action de la valériane est due, non à 1 acide valérianique, mais aux éthers du bornéol et surtout à l’alcaloïde et au glucoside.
- Propriétés thérapeutiques. — La racine de valériane a été considérée, peut-être à tort, par les Anciens, comme guérissant l’épilepsie; aujourd’hui, on la reconnaît surtout comme un puissant antispasmodique possédant une réelle action daris les névroses, l’hystérie, les états neurasthéniques. On 1 a préconisée aussi comme vermifuge et fébrifuge. D’après certains auteurs, la valériane, à petite dose, augmente l’action des organes digestifs, à dose moyenne, elle excite le système nerveux et, à dose trop élevée, elle provoque la sueur et peut occasionner des vertiges et des migraines.
- Préparations pharmaceutiques. — Les nombreuses préparations contenues dans les formulaires reposent encore en grande partie sur l’emploi de la racine sèche. A l’intérieur : extrait 1 à 10 gr. en pilules ; infusion io gr. pour 1000;. poudre 1 à 20 gr. ; sirop 20 gr. ; teinr ture alcoolique à 20 gr. ; teinture éthérée 2 à 5 gr. A l’extérieur : décocté 3o gr. pour 1000.
- Depuis les travaux de Bourquelot, Goris, Perrot, Arnoud, etc., sur la stérilisation ou stabilisation des plantes médicinales, et depuis que l’on connaît l’altérabilité des principes de là valériane pendant sa dessiccation, il faut préférer les préparations obtenues avec là racine fraîche stabilisée dont -voici les principales : extrait mou 1 à 3 gr. ; extrait fluide T o à i5 gr. ; intrait o gr. 20 à 0 gr. 60; alcoolature 2 à 10 gr. ; eau distillée 20 à 40 gr. Cependant, si l’on ne dispose que de racine sèche, le Dp H. Leclerc conseille, non son infusion, mais sa macération à la dose de 10 gr. pour un verre d’eau froide; laisser en contact 12 heures. ,
- La poudre de racine est encore utilisée dans la médecine vétérinaire aux doses suivantes : i5 à 3o gr. pour le cheval, 3o à 80 gr. pour le bœuf, 5 à 10 gr. pour le mouton et le porc et o gr. 5o à 3 gr. pour le chien, sous forme de breuvages, d’électuaires ou de lavements contre certaines maladies nerveuses.
- . Observations commerciales. — La consonlmation et la
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- VARIÉTÉS
- vente de la valériane à l’état sec sont toujours très grandes.
- Avant la guerre nous en importions des quantités notables de la Belgique et de l’Allemagne, aussi sa culture a-t-elle été conseillée, en première ligne, par la Feuille d‘Informations du Ministère de V Agriculture dans ses numéros des 11 juillet et 7 novembre 1916. Cet organe en avait alors établi le prix à o fr. 45 le kilo-
- gramme avec la mention « vente forte ». Ce prix a été souvent dépassé depuis; en 1924, l’herboristerie en gros a payé les racines sèches 2 fr. 25 à 2 fr. 5o. Il y a donc un réel intérêt à cultiver cette plante en grand, et d’en proposer la vente à l’état frais, maintenant que l’activité des préparations faites avec les racinesTraîches est bien établie comme supérieure à celle des produits obtenus avec les-racines sèches. , A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- NOUVEAUX RÉSULTATS DE LA VACCINATION PRÉVENTIVE DES NOUVEAU-NÉS
- CONTRE LA TUBERCULOSE
- La Nature a déjà exposé (nos 2638 et 2678) les recherches de M. le Dr Calmette et de ses collaborateurs sur la vaccination préventive des nouveau-nés contre la tuberculose.
- Le savant sous-directeur de l’Institut Pasteur, aidé par MM. C. Guérin, L. Nègre et A. Boqùet, avec la collaboration de MM. B. Weill-Hallé, Wilbert et rlur-pin, a continué ses essais et il vient de rendre compte de leurs résultats de plus eh plus riches d’espoirs dans un mémoire des Annales de l'Institut Pasteur et dans une communication à l’Académie de Médecine que nous tenons à reproduire intégralement.
- « Aucun des jeunes enfants qui avaient fait l’objet de nos premières expériences de prémunition, en 1921 et 1922, n’a succombé à une maladie présumée tuber-'culeuse. Nous avons pu, au cours de l’année 1925, contrôler l’état de santé de 94 de ces enfants demeurés à Paris ou dans la banlieue. Tous ont eu une croissance normale et sont en bonne santé, bien que 17 d’entre eux soient nés de mères tuberculeuses et aient été élevés par celles-ci.
- Après notre communication du 24 juin 1924 à l’Académie, beaucoup de médecins nous prièrent de leur fournir du vaccin BGG. Nous nous sommes efforcés de répondre à leurs désirs. Mais, comme il nous semblait prématuré d’étendre l'expérience à un trop grand nombre d’enfants, nous avons adressé à nos correspondants une notice par laquelle nous leur demandions d’utiliser ce vaccin de préférence pour les nouveati-nés de mères tuberculeuses ou particulièrement exposés à la contagion dans leur milieu familial.
- Du icr juillet 1924 au 1e1 juillet 1925, 5183 nouveau-nés ont été vaccinés, non seulement à Paris, mais dans toute la France, avec des émulsions de BCG délivrées par l’Institut Pasteur. Aucun incident qui ait pu être attribué à cette vaccination ne nous a été signalé. Les nombreux confrères à qui le vaccin était expédié ont bien voulu, pour la plupart, remplir les feuilles de renseignements que nous leur avons adressées et ils nous ont apporté ainsi le plus précieux concours.
- Sur ces 5180 nouveau-nés déjà prémunis, 1317 l'ont été depuis 6 à 18 mois et ont pu être individuellement contrôlés. Pour ceux-ci il est donc possible de se rendre compte des effets protecteurs de la prémunition pendant la première année de leur existence, en comparant leur mortalité par tuberculose avec celle des enfants de o à x an non vaccinés • -
- L’enquêté que nous avons entreprise au début de Tannée dernière auprès des œuvres antituberculeuses françaises a établi que la mortalité de o à 1 an, chez les enfants nés et demeurés dans un foyer familial contaminé, bien qu’ils soient surveillés par ces œuvres, n’est pas moindre de 25 pour 100; à Paris l’Office public d’Hygiène sociale de la Seine indique le chiffre encore plus élevé dé 32,6 pour 100.
- Parmi les enfants nés dans les mêmes conditions et non surveillés par les institutions d’hygiène sociale, la mortalité est beaucoup plus considérable.
- Léon Bernard et R. Debré estiment qu’elle approche de 80 pour 100. Il en est de même dans beaucoup de pays étrangers. A la clinique pédiatrique de Stockholm, par exemple, le professeur H. Forssner trouve que 70 pour 100 des enfants nés de mères tuberculeuses et élevés par celles-ci meurent avant la lin de leur douzième mois.
- Bien que nous ne disposions pas de statistiques officielles, puisque la déclaration des décès par tuberculose n’ést pas obligatoire, nous possédons donc des indications suffisamment précises pour que nous puissions les utiliser comme termes de comparaison.
- Or, sur nos 1317 enfants, prémunis et contrôlés depuis le ier juillet 1924, 586 sont demeurés de 6 à 18 mois au contact de bacillifères.
- Il s’était produit, parmi ces 1817 prémunis, au total 106 décès dont 96, soit 7,2 pour 100, par maladies non tuberculeuses, ainsi que l’at.testent les diagnostics qui nous ont été indiqués par les médecins traitants5 et 11, soit 0,7 pour 100, par maladies présumées tuberculeuses. Pour trois de ces derniers, le diagnostic a été contrôlé par l’autopsie. Pour les 8 autres, dont 2 sont morts avant l’àge de 2 mois et 3 de 2 à 3 mois, la cause du décès indiqué était « méningite ». Nous les comptons tous au passif de la méthode.
- Si nous calculons le pourcentage des morts par maladies présumées tuberculeuses, non plus sur les 1317 enfants prémunis et contrôlés depuis le ior juillet 1924, mais en faisant porter les 11 décès sur les 586 enfants demeurés 6 à 18 mois au contact de bacillifères, on trouve que la mortalité' de ces derniers par maladies présumées tuberculeuses est, au plus, de 1,8 pour 100 au lieu du minimum de a5 pour 100 qui est, ainsi que nous l’avons précédemment établi, le taux de mortalité de o à 1 an des enfants nés et élevés dans un foyer familial contaminé.
- H semble donc qu'on doive admettre que la prémunition des nouveau-iïés par le BCG permet de sauvegarder au moins g3 pour 100 des enfants qui, sans cette prémunition, succomberaient fatalement à la tuberculose dans la première année de leur existence.
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- . D’autres essais ont été faits en divers- pays suivant la même technique et avec des souches de cultures vaccinales fournies par l’Institut Pasteur. C’est ainsi qu’en Belgique, M. le professeur Malvoz, de Liège, et M. J. Van Beneden nous ont informés que, d’octobre 1924 au icr novembre 192a,117 nourrissons avaient été vaccinés, dont 92 ont pu être très régulièrement suivis. Aucun d’eux n’a succombé à une affection présumée tuberculeuse, bien que 46 fussent nés et demeurés en milieu bacillaire.
- En Indochine, une expérience beaucoup plus vaste a été entreprise par l’Institut Pasteur de Saigon et par les services "d’assistance médicale indigène dans les maternités. A la date du ier octobre 1926, 3352 enfants annamites ou chinois avaient été prémunis et étaient surveillés. « Il n’a jamais été signalé le moindre incident du côté de l’enfant, la moindre protestation de la part de la mère » (Rapport de M. Bablet).
- En Afrique occidentale française, principalement, à Dakar, où fonctionnent d’excellentes consultations de nourrissons auprès d’une maternité modèle, on a vacciné, de mai 1924 à mai 1925, 218 nouveau-nés indigènes qui ont pu être gardés en observation et qui sont tous en parfaite santé. Comme l’état-civil de ces enfants de race noire est généralement imprécis, ils furent tous marqués par un petit tatouage au vermillon, en arrière de l'épaule, afin que, “dans l’avenir, il soit facile de les retrouver.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- L’expérimentation sur les animaux de l'espèce bovine nous a permis d’affirmer qu'au regard de l’infection virulente d’épreuve l’état de prémunition produit par le BCG dure i5 à 18 mois. Il est possible que, vis-à-vis de la contamination naturelle, ce délai soit beaucoup plus long. Nous n’en savons rien. Mais nous savons, par contre, que les revaccinations peuvent être répétées au besoin chaque année sans le moindre incident, et qu’elles renforcent l’état d’immunité, non seulement chez les bovidés, mais aussi chez les singes anthropoïdes.
- En nous basant sur nos observations sur les singes, nous devons donc nous demander s’il n’y aurait pas de grands avantages à renouveler, chez l’enfant, à la fin de la première et de la troisième année, l’ingestion d’une quantité suffisante de BCG pour qu’alors même que la capacité d’absorption de l’intestin pour les corps microbiens est très réduite, on puisse espérer qu’un certain nombre de ceux-ci pénètrent avec le chyle dans la circulation lymphatique et se dispersent dans le système ganglionnaire.
- La réponse à cette question ne pourra être fournie que dans un avenir lointain. Mais dès maintenant, on est en droit de penser que, chez l’enfant prémuni dès sa naissance, l’immunité, .traduite par la résistance aux réinfections, dure plus de trois années, ainsi que paraissent le démontrer nos essais de vaccination de 1922 précédemment rapportés. Aucun des enfants vaccinés à
- cette époque n’a succombé à la tuberculose. C’est un résultat qui parait pratiquement suffisant pour justifier l’emploi de la méthode, puisque l’infection tuberculeuse est surtout redoutable au cours des deux premières années de la vie, et que ceux qui ont échappé pendant cette période se trouvent beaucoup plus rarement exposés, dans la suite, aux infections massives, et ont ainsi beaucoup de chances de rester définitivement indemnes.
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- Des faits expérimentaux et des observations que nous avons pu réunir depuis 1921, c’est-à-dire depuis 5 ans, nous devons donc tirer cette conclusion que la méthode de prémunition des nouveau-nés par le vaccin BCG contre l’infection tuberculeuse est sûrement inoffensive, qu’elle n’entraineni accidents d’aucune sorte, ni réaction fébrile, ni trouble physiologique quelconque, et que son efficacité parait actuellement démontrée.
- En conséquence, nous ne croyons pas enfreindre les règles d’extrême prudence qui s’imposent aux expérimentateurs en encourageant les médecins à utiliser cette méthode et à en conseiller l’emploi, surtout aux familles dont les nouveau-nés sont exposés au contact de bacillifères.
- Il doit être entendu toutefois eque cette vaccination ne saurait dispenser des mesures d’hygiène susceptibles d’empêcher ou de raréfier les contaminations massives. »
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. G. Chabannes, Bordeaux. — Mauvais sol, fondations insuffisantes et sans doute encore des murs légers plus ou moins homogènes, devaient fatalement, un jour ou l’autre, donner lieu à des infiltrations et à des affaissements.
- Dans la cave, votre béton maigre de o m. 08 est insuffisant pour s’opposer aux suintements, alors qu’il repose sur de la terre végétale légèrement battue et que lui-même, de par sa constitution, comporte de nombreux vides. 11 aurait fallu que ce béton reposât sur une bonne épaisseur d’argile fortement battue, que l’épaisseur même de ce béton fût de o m. 10 à o m. 12, plus deux couches dq, carton ou de feutre avec interposition de bitume chaud, enfin d’une chape en ciment de o m. 02.
- Un corroi d’argile bien pilonné, de o m. 40 à o m. 5o d’épaisseur, de o m. 80 à 1 m. de profondeur, régnant extérieurement tout autour de la bâtisse, éloignerait les infiltrations. ,
- Pour les affaissements, il semble qu’il conviendrait" *de donner aux fondations un très large empattement, de telle sorte qu’en reportant la charge sur une grande surface, le sol ne travaille qu’à un faible taux.
- M. Zolonilski, à Moscou. — 10 II est absolument inutile de préparer le bioxyde de manganèse, car on le rencontre dans la nature sous forme de pyrolusite, avec une richesse de 90 pour 100 environ de MnO-. Commercialement on trouve ce . produit au prix de 1 ft*. 75 à 2 francs le kg., il est le point de départ de la fabrication de presque tous les sels manganiques ; ce serait revenir à ce point d’origine que de chercher à le repréparer de nouveau, à moins que vous n’ayez en vue d’obtenir un sel pur.
- 2" Les fils électriques dits émaillés sont simplement recouverts d’une couche d’acétate de cellulose dissous dans un solvant approprié, additionné d’un plastifiant. Vous pouvez prendre comme formule type d’une fabrication de ce genre la suivante :
- Acétate de cellulose ..... 10 pour 100
- Acétone. .........................85 —
- Triacétine....................... 5 —-
- On donne la teinte désirée par addition d’une couleur
- d’aniline et passe le fil en continu dans la solution préalablement tamisée.
- M. Bombois, à Marseille. — i° Les parquets sans .joints sont constitués par un ciment à l’oxychlorure de magnésium servant de liant à de la sciure de bois.
- On commence par mélanger une partie de magnésie calcinée et trois parties et demie de sciure de bois dur, ces proportions étant calculées en volumes, puis on arrose peu à peu avec une solution de chlorure de magnésium à 22°B, jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée sans cependant laisser suinter de liquide.
- La masse ainsi préparée est étendue bien régulièrement, puis lissée à la truelle. Le durcissement demande environ deux ou trois jours, on devra donc pendant ce temps protéger la surface contre toute circulation intempestive. '
- Lorsque l’on désire un revêtement coloré il suffit d’ajouter à la magnésie une matière colorante de préfé-férence minérale telle que la terre de Sienne, l’ocre jaune ou rouge, etc., avant de commencer l’imbibition par le chlorure de magnésium.
- Les deux conditions essentielles de réussite sont :
- a) D’employer une magnésie provenant d’un minerai très pur calciné entre les limites extrêmes de 750° et 95o°.
- b) D’observer la concentration de 220 B pour le chlorure de magnésium, car par exemple avec une solution à 24° B il y aurait une dilatation fâcheuse de l’enduit.
- Dans le mélange indiqué précédemment, on peut remplacer la sciure de bois par du sable lavé, on obtient ainsi un produit plus dense et plus solide ; l’expérience a montré que les meilleurs résultats, étaient obtenus en prenant, toujours en volumes ;
- Magnésie calcinée............. '. .12,0
- Sable lavé.......................87,5
- 20 Fournisseurs de produits magnésiens. — Blanc, 88, boulevard Magenta. Etablissements Tencé, 34, rue des Acacias, à Villemomble (Seine). Société française des produits magnésiens, 20 rue Baudin, Paris, 90. Produits magnésiens de Yilleneùve-d’Aveyron, 146, rue de
- Vau girard. ^ ,
- M. Marti, à Santiago du Chili. — Votre question est posée sous une forme trop vague pour que nous soyons sûrs d’avoir compris votre intention. Comme nous croyons qu’il s’agit d’obtenir des revêtements aux ciments magnésiens (sciure de bois et magnésie calcinée), nous vous prions de vous reporter à la réponse précédant celle-ci, faite à M. Bombois, de Marseille.
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- BIBLIOGRAPHIE
- T. S.- F. Revue, publication mensuelle, >5, rue Tourne-fort, Paris.
- Bien connue et très appréciée pour ses qualités de précision te.chnique., ainsi que par ses articles pratiques détaillés, cette revue paraît désormais chaque semaine sous la direction de M. Savarit. Son format a été changé et le nombre de scs rubriques très augmenté.
- Petit guide pratique de jardinage, par S. Mottet. 6e édition, revue et mise à jour. 1 vol. in-16, 453 p., 391 fig* Gaston Doin et Cle, Paris. Prix : 16 francs*
- Cet ouvrage, dont les cinq éditions attestent l’accueil qu’il a trouvé auprès des amateurs de jardinage, est un des plus pratiques et des plus copieusement illustrés qui aient été publiés sur un sujet intéressant au plus haut point les habitants de la banlieue des grandes villes et les tenanciers des jardins ouvriers. Trois plans de jardins de dimensions et tracés différents permettront d’effectuer ou de modifier celui dont on dispose au mieux de la répartition, des différentes cultures ,et de la commodité du travail. Des notions essentielles sur la vie et le développement des plantes, sur les éléments de culture tels que le sol, l’eau, les arrosements, la chaleur, la lumière, les engrais, les composts, puis les opérations culturales telles que le repiquage, les empotages et rempotages, l’hivernage, la taille, les abris, les couches, enfin la multiplication : les semis, les boutures, les greffes, et les divisions, apprennent au lecteur ce qu’il a besoin de savoir. Viennent ensuite l’énumération, la description succincte, la culture, la multiplication et les emplois des principaux légumes, des al’bres fruitiers et des fleurs de pleine terre, occupent la majeure partie de l’ouvrage.
- Les grandes régions de la France. Description photographique avec notices géographiques. Albums composés par Emmanuel de Martonne, professeur de Géographie à la Sorbonne avec la collaboration de Paul Fveyel et Maurice Teissier, professeurs d’His-toire et de Géographie. « Région Méditerranéenne ». 1 album avec 61 planches et 3 cartes. Payot, Paris. Prix : i5 francs. '
- Voici une collection remarquable de paysages des régions françaises. C’est une description géographique des aspects physiques et économiques au «moyen de photographies choisies dont les plus typiques sont souvent celles prises en avion. Une introduction, des cartes commentent et situent ces vues admirablement reproduites.
- Le premier album nous fait -faire un merveilleux voyage d’un bout à l’autre de la « Région Méditerranéenne », du cap Cerbère à Menton, en passant par les étangs et la mer de vignes“du Languedoc, par les déserts de la Camargue, les forêts des Maures, et cette côte éclatante où fleurissent Marseille et Toulon, Cannes et Nice, pour nous conduire enfin à travers toute la Corse « l’île de beauté » avec ses calanques, ses maquis et ses pics sauvages. C’est la manière la plus agréable et la plus précise de connaître la géographie.
- Sous lè ciel de l'Inde, par Mlle Fia Oiiman. Traduit du suédois par P. Desfeuilles. 1 vol. in-8°, 270 p., 1 carte, 8 photos hors texte. Collection « Les Pays modernes », Pierre Roger, Paris. Prix : 12 francs.
- Le récit de ce voyage à Ceylan et aux Indes a obtenu, tant en Scandinavie qu’en Grande-Bretagne, un vif succès et, grâce à la présente traduction, le public français va pouvoir, guidé par Mlle Fia Ohman, revivre le merveilleux voyage qu’elle a fait au pays des rajahs et dont elle a su évoquer, de la façon à la fois la plus instructive et la plus attrayante, les féeriques splendeurs.
- A Naturalist in East Africa, being Notes made in Uganda, ex-German and Portuguese East Africa, par
- G.-D. Hale Carpenter. i vol. in-8°, 187 p., 3i pl., 3 cartes. Oxford University Press. Prix : relié i5 sh.
- La guerre ayant conduit M. Carpenter à travers l’Afrique orientale, il a profité de ce voyage forcé pour recueillir nombre d'observations sur la faune de ces pays peu explorés et les problèmes biologiques qu’elle pose : mimétisme, variations saisonnières des papillons, mœurs et habitats, nourriture, etc. Son récit, alerte et précis, concerne surtout les insectes qu’il connaît particulièrement.
- Réflexion d’un biologiste sur l’objet, les méthodes et les limites de la psychologie, par R. Anthony, i vol. in-12, 70 pages. Vrin, Paris. Prix : 5 francs.
- Le titre de ce livre indique clairement le but que l’auteur a poursuivi. Par une suite de raisonnements rigoureux, il s’applique à démontrer que si l’on isole de la science en général une psychologie, il est impossible de concevoir une psychologie objective (Betche-rew), une psychologie de l’inconscient, et, surtout, une psychologie animale. Ecrit pour les biologistes et les psychologues, ce très original ouvrage est susceptible d’intéresser tous ceux qui ne méprisent pas les idées générales.
- Practical physiological Chemistry, par S. W. Golf.. 7e édition, 1 vol. in-8°, 481 p., 65 fig. Heffer and Sons, Cambridge. Prix relié : 16 sh.
- Cet ouvrage, classique en Angleterre, vient d’atteindre sa 70 édition. Celle-ci a été considérablement modifiée pour tenir compte des récentes acquisitions de la science : la concentration en ions hydrogènes et son expression, le pH; les phénomènes liés d’oxydation et de réduction qui sont apparus fondamentaux pour l’explication des échanges et des mécanismes cellulaires. L’auteur y a ajouté un excellent chapitre sur l’analyse du sang, utile souvent pour le diagnostic médical, un paragraphe bien à jour sur les pigments sanguins et il décrit une nouvelle méthode rapide qu’il a créée pour l’analyse du sucre. C’est un excellent manuel, très ordonné, très complet, pratique, qui rend de grands services dans les laboratoires de Cambridge et de beaucoup d’autres Universités,
- L’Année psychologique, publiée par Henri Piéron (25e année, 1924)- 1 vol. in-S0", 734 p., Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Alcan, Paris. Prix : 45 fr.
- Grâce à un effort continu et méritoire, M. Piéron réussit chaque année à rendre compte non seulement des travaux de son école, mais aussi de toute l’activité des psychologues du monde entier. L’Année Psychologique forme ainsi un recueil précieux de documentation où l’on trouve classée la bibliographie complète des multiples problèmes dont s’occupe la psychologie d’aujourd’hui, depuis la physiologie nerveuse jusqu’à la métapsychique, en passant par la pédagogie, la sociologie, l’orientation professionnelle, etc. Cette année-ci encore, l’ouvrage comporte' des mémoires originaux sur les sensations de couleur (Ladd Franklin), le rôle du repos dans le travail mental (Foucault), l’établissement de la sensation lumineuse (Kleitman et Piéron), la subduction mentale morbide (Mignard), la sélection psychophysiologique des machinistes (Lahy), le contraste simultané (Ve-linsky), des notes techniques sur l’étalonnage des tests (Mme Piéron) et l’étude de la.sensibilité thermique (François), d’innombrables analyses bibliographiques bien faites et bien classées.
- Les origines de l’humanité, par René Verneàu. i vol, in-8, 80 p., 59 pl. Bibliothèque générale illustrée. F. Rieder etCie, Paris. Prix : i5 francs; relié 18 fr. 5o,
- Ouvrage de vulgarisation, bien présenté et agréablement illustré de 5g planches; L’auteur, professeur au Muséum, résume successivement ce qu’on sait de l’ancienneté de l’homme (quaternaire et peut-être tertiaire), de son évolution et de son origine qu’iPadmet à partir des singes anthropoïdes. Tous les faits actuellement connus sont brièvement et clairement rappelés.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2711 20 Mars 1926
- Nécrologie. — Le professeur H. Kamërlîngh Onnes. —- Le professeui’ Kamerlingh Onnes, né à Gro-ningue (Hollande) en 1853, professeur à l'Université de Leyde, est mort le 21 février dernier. Le professeur Kamerlingh Onnes s'est rendu célèbre par ses recherches sur les propriétés delà matière aux basses tempéra-, tures. On lui doit la création du beau laboratoire cryogénique de Leyde où ont été réalisées les plus basses températures atteintes jusqu’ici. C’est là que Kamer-lingh Onnes a réussi en 1907 à liquéfier l’hélium, le dernier des gaz dits permanents. Cette liquéfaction s’est opérée à la température de 4°,5 absolus. Depuis, grâce à 1 hélium liquide, le laboratoire de Leyde a pu reculer le pôle du froid jusqu’à i° absolu. Kamerlingh Onnes a découvert l’existence à ces basses températures d’une propriété curieuse dont jouissent la plupart des métaux : leur résistivité électrique disparaît. Un courant électrique établi dans un circuit métallique s’y maintient indéfiniment. C’est l’état supraconducteur. Jusqu’ici l’or seul semble être dépourvu de celte propriété. Ivamerlingh Onnes et ses collaborateurs ont étudié, aux basses températures, les propriétés.physiques dès corps : compressibilité gazéuse, viscosité, tension de vapeur, luminescence, piézoêlectricité, etc.
- J.-A. Brinell. — Le métallurgiste suédois Brinell, qui est mort il y a quelques semaines, laisse un nom aujourd’hui universellement connu dans le monde de la mécanique et de la métallurgie. L’essai Brinell ou essai de dureté des métaux à' la bille, imaginé en 1900, est aujourdui en usage dans tous les laboratoires. Pendant la guerre, cette méthode a été appliquée en grand, pour contrôler la fabrication des obusnotamment. M. L. Guillet rappelle à" ce propos, dans là Revue, de Métallurgie, que l’on peut'éValùer à plus de 1 SoôOoo, peut-être à 2 000 000 le nombre d’fessâisT Brinell faits: quotidiennement , en France, de. 1915 à 1918. Brinell était né le 21'juin 1849, ïl a eu une longue carrière industrielle, qui ne l’a pas empêché de poursuivre, sur la texture de l’acier et l'influence des traitements thermiques sur ce métal, des. recherches importantes et très connues des spécialistes de la métallurgie.
- Ùn riduvël ântidétonant:. — Nous avons, à plusieurs reprises, signalé l’importance de la question des antidétonants ; substances que l’on ajoute en très petites quantités au combustible liquide d’un moteur à explosion, et qui ont pour effet d’empêcher le phénomène de l’autordétonàtion du mélangé explosif.
- Grâce aux antidétonants, ori peut' d’une part avec les combustibles usuels augmenter le taux dé compression dans les moteurs, ce qui èn accroît le rendement; on peut, d’autre part, employer dans les moteurs existants des hydrocarbures ayant leur point dé détonation à une pression moins élevée que l’essence usuelle. Ces,hydrocarbure s sont des hydrocarbures moins volatils que l’essence, le pétrole par exémplë. On voit l’avantage économique immédiat qui résulterait de l’emploi d’un antidé.tonant pratique, à une époque où l’essence.devient de plus en plus chère et où l’on est obligé de faire subir aux produits lourds l’opération onéreuse du cracking pour les transformer en. essence.
- Le principal antidétonant a été jusqu’ici le plomb, tétraéthyle exclusivement fabriqué aux États-Unis. C’est un produit extrêmement toxique ; la vente en a été interdite pendant plusieurs mois, aux Etats-Unis, à la suite d’accidents graves survenus en cours de fabrication et. de manutention. Une enquête a été prescrite sur les dangers que ce produit, mélangé aux gaz d’échappement du moteur, poiu rait faire courir à la santé publique.
- Les conclusions de cette enquête ont sans doute été favorables, piiisque, ainsi que le signalait M. Dumanois au cours d’une conférence à la Société de ,Chimie industrielle, la vente de l’essence éthylisée vient d’être à nouveau autorisée.
- Nous avons annoncé, il y a quelque temps, la mise en vente, en Allemagne, d’un nouvel antidé'tonànt par la" Badische Anilin und Soda Fabrik.
- Voici sur ce pi'oduit quelques renseignements donnes
- par M. Guiselin, au cours de la conférence de M. Duma-nois. La substance en question, vendue sous le nom de « Motyl « ou « Motyline », est le fer-carbonjle. Elle n’est pas toxiqué. Ses propriétés antidétonantes seraient analogues à celles du plomb tétraéthyle.
- Emploi des diatomées dans le béton. — Les diatomées sont des dépôts formés par les squelettes de certains infusoires. Dépuis quelques mois* dit la Revue Universelle des Mittes, leur emploi dans le béton a pris une grande extension. Le transport du bétôn ou sa chute dans les goulottes par gravitation a une tendance à le séparer en ses constituants suivant leur densité. Le mélange au béton de faibles proportions de diatomées a pour effet de maintenir une grande uniformité dans le mélange, alors même qu’il est évacué par auge inclinée. Dans le cas où l’on fait le gunitage, c’est-à-dire l’injection du béton par l’air comprimé, on ne constate de même aucune séparation, s’il renferme des diatomées. Celle s-ci forment une gelée colloïdale qui empêche le fractionnement du béton en ses éléments d’une manière plus énergique que ne le fait la silice cristalline finement dispersée dans la masse.
- Ce résultat serait dû à la possibilité que présentent les diatomées, non seulement de remplir les petits vides, mais surtout au pouvoir qu’elles possèdent d’augmenter l’entrelacement de la structure cristalline.
- Ajoutons que dans l’industrie, on fait usage des diatomées comme matière filtrante et décolorante, pour la fabrication de briques légères et comme isolant. Les briques de silice fossile employées daris les fours permettent, d’atteindre un rendement thermique de,88 pour 100, alors que sans isolement, le rendement atteindrait à peine 5o pour 100.
- Pavàgé èn briques grésées. — De nombreuses voies publiques américaines sont pavées avec des briques grésées; ce pavage donnant toute satisfaction, son utilisation serait envisagée en France. M. Yeatman, président du Syndicat des fabricants de produits céramiques, a-dernièrement rendu compte des remarqués qu’il a faites en Amérique, au cours d’un voyage d’études, sur cette brique spéciale fabriquée avec des schistes broyés.
- Comme les schistes américains se rapprochent beaucoup, en ce qui concerne leur composition chimique, de nos Schistes, on peut donc espérer 'que l’industrie de la brique grésée s’implantera chez nous si l’on veut bien adopter la technique de fabrication suivie outre-Atlan-tique.
- * L’alcool de pain. — Aimé Girard a signalé en 1886 la présence de l’alcool dans la pâte de pain levée. Mais la proportion en est si faible (à peine 3/iooo) que personne ne songe à exploiter un si faible rendement. Cependant, tout récemment, un ingénieur italien) M. Mario Andrusiani, assisté de deux ingénieurs russes, a pensé pouvoir utilement récupérer cet alcool dans la buée qui se dégage du four du boulanger. 11 a imaginé à cet effet un appareil spéoial qui a été monté et expérimenté chez un boulanger de la rue de la Rochefoucauld, à Paris, M. Naudin.
- M. Lindet vient de communiquera l’Académie d’Agri-, culture les renseignements qu’il a recueillis sur cette curieuse expérience : la quantité d’alcool récupéré représenterait environ 5 litres d’alcool absolu par 1000 kg de pain, soit 4 pour 1000. M. Lindet fait remarquer que l’alcool recueilli, provenant de la condensation d’une buée alcoolique, est très étendu et ne pèse que o°,5 à o°,8 G. L. ; il faudrait donc le rectifier jusqu’à 90° G. L. aux dépens d’une forte quantité de charbon brûlé. Partant de là, M. Lindet montre qùe le procédé n’est pas suffisamment économique pour offrir un intérêt, et que même dans une boulangerie très importante fabriquant 2opoo à 25 000 kg.de pain par jour, et récupérant 1 hectolitre d’alcool compté à ioè° G. 1^., l’opération ne paierait pas ses frais.
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- Là culture du camphrier en AJgériè. Le camphre est une matière première indispensable pour l’industrie
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- INFORMATIONS
- du celluloïd et qui a en outre d’importants usages pharmaceutiques. La France, à elle seule, consomme annuellement 200 tonnes de camphre pour les usages pharmaceutiques et 900 tonnes pour les usages industriels.
- Or le camphre est aujourd’hui le monopole à peu près exclusif du Japon, grâce à la possession de l’île de Formose annexée en 895. Formose est la terre d’élection du Laurus Campkora, l’arbre qui fournit le camphre, par distillation de ses feuilles et de son bois. Les Japonais, ont sévèrement réglementé l’exploitation du camphre, ér^gé son commerce en monopole d’Etat et, se trouvant les maîtres du marché mondial, ont fait monter les prix du produit à des taux que les consommateurs ont jugés excessifs. A ce monopole tyrannique on a essayé d’opposer le camphre synthétique. En 1911, plusieurs usines, en Amérique, en France, en Allemagne, ont entrepris cette fabrication. Le Japon a répondu en baissant les prix de vente du camphre, et en vendant même à perte jusqu’à ce que la ruine de ces sociétés fût consommée. Au surplus, le camphre synthétique est, au point de vue thérapeutique, différent du camphre naturel, et l’emploi de celui-ci s’impose toujours pour les usages pharmaceutiques.
- Pour lutter contre le monopole de Formose, il faut donc lui opposer des plantations de Laurus Camphora. C’est ce qui a été fait, d.éjà, avec un certain succès en Italie, et aux Etats-Unis, en Floride et Californie. M. Musso, dans la Parfumerie moderne, démontre que l’Algérie se prête parfaitement à des entreprises du même genre. Le camphrier, ainsi que l’a déjà signalé le Dr Trabut, existe depuis longtemps en Algérie à l’état de spécimeng isolés, de superbe apparence, ce qui démontre la possibilité d’acclimater cet arbre dans notre France africaine. Une preuve plus convaincante encore de cette possibilité vient d’être fournie par les essais méthodiques d’acclimatation de jeunes plantes, effectués à partir de 1923 sur cinq lots de plusieurs dizaines de pieds chacun, transplantés dans diverses stations du département d’Alger. La réussite de ces plantations a dépassé toutes les prévisions. Les pieds de camphrier, en majorité, ont très bien prospéré. Les expériences ont permis de déterminer les sols les plus favorables,-ainsi que les conditions les meilleures pour 1 emplacement et l’orientation des plantations.
- Le Laurus Camphora est un arbre à croissance lente, et il faut compter une trentaine d’années avant qu’une plantation donne son plein rendement ; l'exploitation à F origine est réduite à la récolte annuelle et au traitement des feuilles.
- Il conviendrait donc d’entreprendie dès maintenant, en Algérie, des plantations en grand de Laurus Camphora, et M. L. Musso demande que, dans les plantations forestières entreprises par l’administration en vue de la protection du sol et de l’amélioration du climat, une place suffisante soit réservée au camphrier. Il est. à souhaiter que cet appel judicieux soit entendu.
- Les assurances contre l’incendie en 1924. — Les
- Compagnies d’assurances françaises à primes fixes, au nombre de 18, ont assuré en 1924 environ 475 milliards de capitaux. Elles ont payé 176 millions d impôts à l’Etat et remboursé 202 millions de sinistres, soit 17 millions de plus qu’en 1923.
- Il est instructif de constater que la part de l’Etat est comparable à la part du feu : elle en représente 87,23 pour 100. Les statistiques publiées sont muettes sur la part de bénéfices des Compagnies. Maié l’Economiste français constate que le succès des Compagnies à primes fixes va grandissant malgré les tentatives de petites mutuelles qui ne donnent pas toujours satisfaction. .
- La protection des Chauves-souris. — Notre article sur les Rhinolophes de France (voir n° 2694 de La Nature) nous a valu plusieurs demandes de lecteurs, relatives à la multiplication des Chauves-souris, ces précieux destructeurs d’insectes nuisibles.
- A l’heure actuelle, la protection de ces animaux n ayant été tentée que très rarement, l’étude eu est à entreprendre. Il y a quelques années, on entendit parler d’un élevage de Chauves-souris insectivores pratiqué dans une région marécageuse des Etats-Unis. D’autre part, et récemment, un essai aurait été mené à bien dans le
- sud-ouest de la France. Nous manquons de précisions à ce sujet; mais nous avons lieu de supposer que cette protection pratique consiste à offrir aux Chauves-souris des abris, en forme de maisonnettes ou de tours, montées sur des piquets ou sur pilotis. Au. moins deux côtés de 1 abri, bien exposés, sont constitués par des persiennes, à travers les fentes desquelles les Chauves-souris entrent et sortent; une cloison intérieure doit s’opposer aux courants d air. Au faîte de l’abri, intérieurement, des perchoirs doivent être placés afin que les Chéiroptères puissent se suspendre. Un plancher mobile permet le nettoyage, et les déjections, toutes formées de débris d Insectes, pe'Uvênt être recueillies comme guano.
- Il est à remarquer que les Chauves-souris, à la recherche d’un logis, s’établissent parfois, dans les nichoirs que l'on pose pour les Oiseaux : il est donc très probable que ces Chéiroptères accepteraient volontiers des abris spécialement installés pour eux.
- La chose vaut la peine d’être examinée en France, car Futilité des Chauves-souris est incontestable en tant qu’ennemies déclarées des Moustiques, des Phalènes, etc.
- Tant pour cette question que pour la précédente — concernant la destruction des Vipères, — l’Institut de Recherches agronomiques, dont le directeur de la Station des Vertébrés est M. A Chappellier, est tout disposé à faire des essais. Mais si quelques lecteurs voulaient bien nous communiquer leurs observations personnelles ou les résultats de leurs tentatives, ils faciliteraient la tâche qui sera entreprise dans un but utile et profitable à tous. A. FEUri.LKE-BlI.LOT.
- *>> Nouvelles de TS. F.
- L’ingénieur radiotechnicien modèle. — Le Dr Del-linger, du Bureau of Standards américain, a fait remarquer avec raison au cours d’une réunion annuelle des ingénieurs radio-américains que l’ingénieur radiotechnicien modèle devrait être à la fois « un ingénieur électricien, un physicien, un mécanicien, un calculateur, un musicien, et enfin, et peut-être avant tout... un diplo-matè ». On pourrait peut-être aussi remarquer qu’un simple amateur doit avoir de semblables connaissances.
- La radiophonie en Suisse. — La longueur d’onde du poste de Radio-Berne a été modifiée ; elle est maintenant de 435 mètres.
- Les essais de la nouvelle station de Lausanne ont commencé sur 85o m. de longueur d’onde, mais, jusqu’à présent,' les résultats d’audition à grande distance ne sont pas très bons.
- Les étrangers résidant en France et la radiophonie. — Tous les étrangers résidant en Angleterre peuvent facilement obtenir une licence de réception dans un bureau de poste. En France, un étranger éprouve actuellement les plus grandes difficultés pour avoir une autorisation légale, et les formalités nécessaires peuvent, paraît-il, durer près d’une année.
- Les Anglais habitant la France sont particulièrement atteints par cette anomalie, écrit le Wireless World, e.t la Wireless League va protester amicalement à ce sujet auprès du gouvernement français.
- L’influence de la radiophonie sur la vente des livres. — Les réclames radiophonées par les postes anglais_en faveur des livres nouveaux ont, paraît-il, une grande influence sur la vente de ces derniers, et les libraires anglais peuvent rendre grâce'âux « speakers » éloquents des grands postes.
- La radiophonie dans l’Inde. — Nous avons annoncé Ta formation d’une société indienne de broadcasting. La station 5AF de cette compagnie, de 1 kilowatt de puissance, a réussi à se faire entendre dans un rayon de 3ooo km environ jusque vers Ceylan.
- Une stat^m de propagande anti-darwiniste. — Le
- Wireless World annonce la construction aux Etats-Unis d’une station d’émission de 5 kw, installée par une société qui s’est donné 'pour but de combattre la théorie de Darwin au moyen de la propagande radiophonique.
- Une innovation. — Une société hollandaise vient de se former pour la location d’appareils radiophoniques avec haut-parleurs. L’entretien des postes serait égale-* ment assuré à forfait par la. société.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Nouveautés en T. S. F.
- Un poste de réception à réglage automatique. — En même temps que la radiotechnique progresse, les constructeurs s’efforcent, non seulement de perfectionner les caractéristiques électriques des appareils, mais encore de simplifier à l'extrêmele réglage de ces postes,
- appareils, maïs beaucoup d’entre eux présentent rineon-venient fort grave d’exposer l’automobile à des « accrochages » produits par une autre voiture, dont une partie quelconque vient buter sur la portion du pare-chocs faisant saillie de part et d’autre des roues (fig. 3);. '
- Dans ce cas, le pare-chocs ne constitue plus une protection, mais bien un danger, et c’est pour cette cause que l’on est obligé, dans les modèles ordinaires, de ré-
- Fig. i..— Misé -en service dfe l’appareil.
- Fig. 4. •— Pare-chocs articulé.
- afin de rendre de plus en plus facile leur emploi par des usagers delà T'.'S. F . ignorants de toute technique.
- C’est ainsi qu’un constructeur vient de réaliser toute une série de postes à.3 ou 4 lampes, dans lesquels, par un ingénieux dispositif, il suffit d’enfoncer la fiche du jack téléphonique pour' obtenir la mise en service de l’appareil (fig. i). '
- De pins, le réglage proprement dit est extrêmement
- Fig. a. — Réglage du poste récepteur.
- facile à obtenir, simplement par la manœuvre d’un seul cadran, avec points de repère indiqués à l’avance (fig. 2). "Constructeur: Gamma, 12, rue Jacquemont, Paris.
- ei*> Jîutomobiîïsmë <1%
- Un pare-chocs inacçrochable. — Le pare-chocs est devenu un accessoire presque indispensable d’une
- duire les extrémités saillantes de chaque côté des roues.
- Cette dernière disposition a, par contre, évidemment le désavantage de réduire l’étendue de la zone de protection réalisée par le pare-chocs, et des inventeurs ont tenté, grâce à des dispositifs spéciaux, de supprimer
- ' Fig, 5. - Fonctionnement du pare-clioes inaccrochable.
- les dangers d’accrochage tout en conservant au pare-chocs toute son efficacité.
- l'n constructeur vient ainsi de présenter un modèle dont les extrémités sont'articulées (fig. 4). Le pare-chocs se comporte comme un appareil ordinaire et procure une large zone de protection contre tout véhicule.
- Mais dans un encombrement, lorsque les deux véhicules suivent des directions paral-lèlesoumême obliques, aucun accrochage n’est possible, grâce à la mobilité de ces parties saillantes du pare-chocs (fig. 5).
- Les chocs sont amortis, de plus, grâce aux ressorts placés entre la barre pare-chocs et les attaches du châssis. 9 Constructeur : F.A.-P.Â.,, 4°> avenue Emile-Zola, Paris. 15°.
- Accrochage produit; par'un pare-chocs.
- automobile circulant' quotidiennement dans une ville
- encombrée. U existe de très nombreux, modèles de ces
- Objets utiles
- Per à repasser Electric-Lux. — Le fer à repasser électrique présente de tels avantages de commodité et d’hygiène que son emploi se généralise de plus en plus. Il n’a quhm inconvénient pour les personnes qui n’y font pas attention: s’il ne possède pas un interrupteur automatique de pom’ant, il continue de chauffer tout le temps qu’il reste branché sur le circuit. Aussi n’est-il pas rare qu’une repasseuse distraite, quittant un moment sa planche à repasser et laissant le fer posé sur le linge, trouve à son retour le linge brûlé, parfois la planche grillée et-même un commencement d’incendie. On a bien imaginé de mettre'un interrupteur de courant dans là poignée, de, façon que' le circuit, soit coupé dès qu’on ne presse plus sur le fer, mais c’est alors une fatigue d’appuyer constamment sur le coupe-circuit.
- M. L. Féat u imaginé un autre dispositif. Il a fait un plateau porte-fer muni-d’une butée. Dès qu’on cesse de repasser, 011 y pose le fer, tout naturellement, dans l’une ou l’autre des positions représentées sur la figure 7.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- En plaçant le fer verticalement, il appuie sur les ressorts dont sont munis les plots et le courant est coupé ; en le faisant glisser horizontalement, les ressorts sont soulevés par la barre du porte-fer, le courant est également interrompu.
- Le courant de chauffage se rétablit automatiquement dès qu’on reprend le fer à la main pour repasser. De cette façon, on évite tout danger de brûler le linge et de
- Fig. 7. — Fer à repasser Electric-Lux.
- créer un commencement d’incendie ; de plus, on fait une économie sensible de courant, ce qui n’est pas non plus à dédaigner.
- Constructeur : M. L. Féat, a bis, rue de l’Egalité, Yincennes (Seine).
- Dossier classeur familial. — Combien de fois ne regrette-t-on pas de ne pouvoir retrouver de- suite un document intéressant des affaires de famille ou même d’un commerce courant? Le classeur en question a donc pour butr de classer en un seul et même dossier semblables documents ; il comporte, à cet effet, 3o compartiments extensibles numérotés de 1 à 3o ; la page de couverture porte, elle aussi, 3o lignes également numérotées correspondant au compartiment portant le même numéro. Il est donc aisé d’écrire sur ces lignes, par exemple, les rubriques suivantes op d’autres qui intéressent la vie familiale ou journalière : Livret de famille, livret militaire; Caisse, d’épargne, de retraites; actes de naissance, mariage, décès; bail, quittances de loyer; feuilles de contributions; assurances, vie, accidents, incendie, auto ; contrats et quittances gaz, électricité, eaux; titres de propriété, etc.
- Les documents étant classés dans le compartiment portant le même numéro que celui de l’inscription, on se rend facilement compte que si l’on a besoin de ses feuilles de contributions, par exemple, on les trouvera immédiatement et toujours sans recherches dans le compartiment qui aura été titré et numéroté en conséquence
- Ce classeur est solide, chaque compartiment étant fait
- Fig. 8. — Emploi du dossier-classeur familial.
- Appareil à encaustiquer les parquets. — Ce petit appareil (fig. 9) peu compliqué et fort léger est de nature à intéresser bien des ménagères. Son mode d’emploi est extrêmement simple.
- Gn garnit le réservoir d’encaustique liquide ; on règle la tenue de celle-ci au moyen du pointeau à oreilles'; en le tournant à droite s’il s’agit de fermer le réservoir, et à gauche s’il faut l’ouvrir.
- Le feutre est interchangeable et peut se remplacer par un feutre plein, pour faire briller.
- Il faut avoir soin toutefois, lorsque le feutre est neuf, de l’imprégner légèrement d’essence ou d’encaustique. 11 corn- Fig- 9- — Appareil à encaustiquer
- porte deux modèles dont . es Pai<îuets-
- l’un est nickelé.
- Fabricants : MM. Roy frères, 45 bis, rue des Halles, Tours (Indre-et-Loire).
- Fermeture d’un flacon d’huile ou de vernis. —
- Lorsqu’on a égaré le bouchon de fermeture d’un bidon d’huile ou de vernis, on le remplace généralement par un bouchon formé de papier ou de carton roulé, qui ne réalise pas une fermeture bien étanche. 11 est plu* commode de pratiquer de la façon suivante :
- On plie trois fois sur elle-même une feuille de papier de manière à lui donner uné certaine consistance. On roule cette feuille autour de l’embouchure du bidon et on l’assujettit par une petite cordelette fortement serrée. On a ainsi une sorte de cheminée de papier qui dépasse d’une bonne hauteur l’ouverture du récipient. On refoule ensuite les bords dans l’embouchure, à l’intérieur, et on complète le dispositif de fermeture par un bouchon de papier constitué également par une feuille repliée et roulée très serré. ~
- Ce moyen évite que le vieux vernis qui subsiste à l’intérieur, dans le haut du récipient, ne colle après le
- Bord a rentrer
- Bouchon de papier
- Fig. 10. — Bouchage d’un*flacon d’huile ou de vernis.
- de carte forte ; la page de couverture intérieure est, elle aussi, en carte très forte, et lé tout est renfermé dans une seconde couverture en carton très fort recouverte pleine toile noire munie d’une sangle de serrage empêchant tout document de glisser. Son format a4/3a permet de le mettre facilement dans un meuble, coffre-fort, etc.
- Le prix de cet accessoire, utile à tous, est de 19 fr. 75.
- fabricant :L.-N.Chavin,4,rue Bquchardon, Paris ( 10e).
- bouchon, de sorte qu’il est toujours difficile, si l’on n’a pas prévu la garniture que nous indiquons, de déboucher ensuite le bidon.
- On peut évidemment employer le même dispositif en utilisant Un bouchon de liège au lieu d’un bouchon de papier. La garniture mise en place-évite également le collage du bouchon de liège. Il faut simplement que le diamètre de celui-ci soit un peu plus faible que celui du bouchon habituel,
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- VARIÉTÉS
- LE CANNIBALISME CHEZ LES OISEAUX DE PROIE
- Une opinion très répandue et que propagent surtout les compilateurs est que les oiseaux de proie ténus en captivité dans une même volière s’entendent toujours fort mal, qu’ils se livrent sans cesse combat, que les plus forts ne se font nul scrupule de tuer les plus faibles qu’ils s’empressent de dévorer, même si la nourriture ne leur manque pas et que, finalement, la collection primitive se réduit a un unique sujet qui s’est assimilé tous ses compagnons.
- De nombreux récits avaient au surplus semblé confir-mer cette opinion qui n’est cependant pas celle de M. Ernest H. Zollikofer, de Saint-Gall.
- « Est-il bien exact, écrit en effet ce naturaliste, dans un des derniers numéros de la revue suisse der ornitko-logische Beobachter, que le canibalisme existe réellement chez les oiseaux de proie tenus en captivité ? »
- « Certes, il est courant, remarque-t-il d’abord, que l’on affirme qu’en volière, les rapaces vivent rarement en bonne intelligence. Les revues allemandes notamment abondent en déclarations de ce genre, qui cependant cadrent bien peu avec les faits que nous avons personnellement observés en Suisse. »
- Tout récemment- encore plusieurs possesseurs d’oiseaux de proie signalaient les méfaits commis par leurs pensionnaires ou par ceux de leurs amis.
- Une femelle d’autour, dit l’un, âgée d’environ un an, a tué, sans qu’il y ait pour ainsi dire combat, une forte femelle de faucon pèlerin. L’autour captif, ajoute-t-il, tue toujours ses congénères avec qui il est enfermé. On ne peut laisser ensemble soit un couple, soit des adultes et leurs jeunes, sans avoir à enregistrer des meurtres et il finit toujours par ne plus demeurer qu’un seul oiseau dans la cage, le plus fort, qui a mangé tous ses compagnons. Ceci est narré dans Deutschen Jagerzeitung.
- D’autre part, le bulletin du Falkenordens renchérit sur ces notes. Il est à signaler, y est-il dit, que les autours ne peuvent vivre en commun, en captivité. Toujours, si on ne les tient pas isolés, ils s’entretuent.
- Il en est de même lorsqu’il s’agit de faucons pèlerins, qui finissent presque infailliblement par se battre et s'entr’égorger. D’une nichée élevée en captivité, il ne demeure bientôt plus qu’un représentant.
- « Le comte Schmissing relate aussi dans Jagd und Hund qu’il possédait trois autours, deux jeunes et un adulte, attachés séparément à l’aide de lanières fixées à la patte. Or, deux d’entre eux se libérèrent, dont un des jeunes qui attaqua d’abord l’adulte échappé, puis se jetant sur son second compagnon le blessa mortellement.
- Deutschen Jagerzeitung relate d’autre part, en ce qui concerne l’épervier ordinaire, qu’il n’est pas moins féroce que les rapaces de grande taille. A l’appui de ce dire, il signale qu’un épervier mâle ayant, au cours d’une chasse, été démonté, il fut presque aussitôt assailli par une vieille femelle de son espèce qui le tua à coups de bec dans la nuque, puis se mit à le dévorer.
- « Or, tout cela ne concorde guère, prétend ensuite M. Zollikofer,' avec ce que, personnellement, j ai observé. Cependant, alors que je vivais dans les Alpes, j’ai élevé de nombreux rapaces de tous genres, depuis les plus communs jusqu’aux plus rares, y compris le gerfaut, le harfang des neiges, tout aussi bien que des espèces exotiques.
- « Parmi ces oiseaux, il y en avait qui étaient adultes quand ils furent capturés; d’autres avaient été pris au nid.
- « Actuellement, j’ai encore une grande volière en plein air, contenant différentes espèces de prédateurs.
- « J’ai conservé de ces oiseaux des temps variables, tantôt quelques mois, d’autres fois de nombreuses années, mais je dois dire que bien peu souvent j’ai eu l’occasion de constater ce que l’on pourrait appeler des assassinats.
- « Les cas de meurtres que j’ai enregistrés ne peuvent surtout être pris en considération relativement à la question qui nous occupe, tout au moins èn ce qui concerne les oiseaux en bonne santé.
- « P-ar contre, et il faut le dire sans tarder, il n’en est pas de même lorsque les oiseaux sont malades.
- « C’est ainsi que j’ai perdu de nombreuses chevêchettes, vieilles et jeunes, qui s’entre-tuèrent à ma grande stupé-
- faction. Il me fallut de longues recherches, une observation suivie, pour découvrir que la raison de ces agissements résidait dans des crises de saturnisme, d empoisonnement par le plomb, provoquées par les petits projectiles que lesdits nocturnes avalaient en même temps que les moineaux, tués au fusil, que je leur distribuais. Dès que je ne leUr donnai plus que des moineaux et des souris pris au piège, l’épidémie d’assassinats prit fin et j arrivai même à faire se reproduire ces volatiles.
- « En ce qui concerne des individus sains, je n’ai jamais enregistré qu’un fait précis. De quatre jeunes grands-ducs pris au nid et enfermés ensemble, je ne retrouvai que trois spécimens. Du quatrième, il ne demeurait que les restes. > ”
- « Je n’ai observé que ce cas unique, bien que souvent, faute de place, j’aie dû enfermer dans une même volière' plusieurs individus de-même espèce.
- > « Dans une de mes volières, un couple de faucons pèlerins vécut non seulement de nombreuses années en parfaite intelligence, mais en outre esquissa un nid qui ne fut malheureusement pas terminé, l’un des oiseaux ayant succombé à ce moment après avoir dévoré un canard mort de diphtérie. »
- Soit dit en passant, j’ai constaté que cette affection est transmissible aux rapaces à qui on offre des oadavres de bêtes mortes de cette maladie. Par contre les animaux ayant succombé à la tuberculose ou au cancer peuvent être absorbés impunément par les oiseaux de proie, de même que la chair provenant d’animaux empoisonnés ou tués au chloroforme, à condition que les entrailles soient écartées.
- « Relativement aux observations montrant que les rapaces peuvent, en captivité, vivre en bonne intelligence, je citerai, dit encore M. Zollikofer, plusieurs observations faciles à vérifier.
- « Dans lés volières construites en 1892, dans le parc de Saint-Gall, par la Société ornithologique de cette ville, il y a toujours deux compartiments occupés par des oiseaux de proie.
- « Actuellement, l’un contient un grand-duc, une buse pattue, deux buses vulgaires, un autour et trois milans. Dans le second vivent ensemble un milan, un faucon pèlerin, deux faucons hobereaux, deux fausons cresse-relles, deux éperviers, deux effraies, deux hiboux moyens-duos et,, par-dessus le marché, un faisan sauvage.
- « Quelques-uns de ces oiseaux vivent dans les volières depuis 10 ou i5 ans; même il en est qui s’y trouvent depuis plus longtemps. D’autres ont été remplacés plusieurs fois.
- « Le faucon pèlerin habita le premier compartiment très longtemps, avec des autours. L’an dernier, on introduisit dans sa volière un autour qui avait sans doute été pris au piège à poteau, car il avait les pattes en fort mauvais état. En. dépit de cela, le faucon ne lui fit pas le moindre mal et souvent il se perchait auprès de l’estropié sans manifester aucune mauvaise intention. .
- « Le grand-duc est une femelle et elle pond tous les ans trois œufs énormes sans que ses compagnons paraissent vouloir troubler sa quiétude. On n’a jamais pu lui donner un mâle, sans quoi il est hors de doute qu’elle aurait couvé et élevé des jeunes.
- « Les deux effraies ont, d’autre part, montré à suffisance qu’elles pouvaient sans crainte élever des petits en un aussi farouche voisinage, car elles font une couvée par an. Même l’an dernier, elles ont mené à bien, sans accident, deux nichées, ce qui n’avait pas encore été constaté avec précision alors que ces nocturnes vivent en liberté. Ces oiseaux ont généralement eu 7 œufs à chaque peinte, mais n’ont chaque fois élevé que 2 ou 3 jeunes. " ^
- « Des trois cresserelles, une était une femelle. Elle a également pondu, mais n’a pas couvé régulièrement, d’où un insuccès de ce côté.
- « Ajoutons qu’aucune nourriture spéciale n’est donnée
- à ces oiseaux.
- « Dans une autre volière du parc de Saint-G^ll __ et
- ceci montre que tout ce qui a bec crochu n’est pas rapace — il y a une bondrée qui- vit avec différents
- ^93 lût»
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- VARIÉTÉS
- oiseaux de la taille de la grive et jamais l’oiseau de proie ne s’est attaqué à ses petits compagnons.
- « Il est au surplus curieux de voir un de ces menus volatiles posé à côté de ce géant emplumé, tout autant qu'il est intéressant de contempler ,dans la volière voisine un jnilaû perché .tout auprès d’un aigle. •»
- On voit, par ces .exemples que les essais entrepris pour élever ,côte,à. côte des rapaces ont parfaitement réussi.
- « En me qui concerne mes volières, précise M. Zolli-kofer, on peut dire qu’il y xègne une paix paradisiaque. Lo fait est d’autant .plus curieux que ces volières sont de dimensions relativement réduites : 5 m. en hauteur •et en .longueur, 3 m. en largeur, et que rapaces diurnes et nocturnes y sont mêlés. Or, pas Un seul cas de massacre ou d’assassinat n’y :a été constaté. De plus, les .querelles y sont rares. Un jour, cependant, un aigle et une femelle de grand-duc se livrèrent néanmoins bataille. Mais à ce,ci, il y avait quelque raison, tout, au moins à mon sens. a
- « Le grand-duc pondait chaque année, mais on enlevait ses oeufs. Elle n’avait en effet pas de mâle. Or, un jour qu’elle avait pondu sur le sol, l’aigle s’approcha de son
- œuf. L’oiseau de nuit entra aussitôt en fureur et se jeta sur l’aigle à qui elle infligea une sérieuse correction. Elle pouvait en effet le soupçonner de mauvaises intentions et son instinct maternel l’avait fait se dresser contre son co-prisonnier.
- « Durant plusieurs jours, l’aigle évita soigneusement d’approcher du hibou. Mais depuis, avec l’oubli, la paix est rétablie entre les deux oiseaux. »
- La trop grande exiguïté des cages et aussi les conflits qui peuvent naître au sujet de la possession d’une proie sont, pour le surplus, la cause ordinaire des batailles.
- La meilleure nourriture pour les rapaces captifs, dit le narrateur en terminant, consiste en cadavres de chats, de lapins, de cochons d’Inde, d’écureuils, etc. Le chien ne paraît guère être apprécié, par les oiseaux de proie. Il faut, si possible, éviter de les nourrir de déchets d’abattoirs, mais tous les cadavres que l’on obtient chez les empailleurs constituent pour ces oiseaux une nourriture idéale étant donné sa variété.
- Il.iaut enfin veiller à ne pas les nourrir trop copieusement et aussi les faire jeûner une fois par semaine.
- L. Coopmaw.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. —• L’abondance des demandes de renseignements qui .parviennent au Service delà Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement.Tl est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement,
- Réponses. — M. P..-, à Lyon. — T Vous trouverez mn •grand nombre de recettes pour recoller la faïence et la porcelaine dans les ouvrages suivants : Les Recettes de Ja .maison, éditeur Masson, 12.0, boulevard Saint-Germain. Colles .et mastics, par Fritsch, éditeur, Girardot, •27 , quai des Grand s-A u g u si i n s.
- 20 II a dû y avoir un déplacement de la colonne de mercure de votre thermomètre à maximâ-minima, au sein de l’alcool dans lequel elle est noyée. A notre avis le remède le plus simple serait de remettre l’échelle graduée e» concordance avec les températures réelles que vous indiquerait un thermomètre témoin.
- .3° La stérilisation de la plume et du duvet peut effectivement se réaliser par passage dans un four de cuisine, le point important est de pouvoir surveiller la température qui né peut pas dépasser 1200 sans risquer d’altérer la matière organique, ou tout au moins de diminuer la souplesse des plumes.
- 4° Pour recouper votre globe de pendule, le mieux est de procéder ainsi :
- Après avoir fait à la lime tiers-point un trait sur le verre à l’endroit ou l’on vent amorcer la coupure, on applique à cet endroit la pointe d’un charbon spécial dit charbon de B.erzélius que l’on a^ préalablement allumé et sur lequel on souffle pour en activer le combustion ; un petit craquement se produit annonçant qu’il y a séparation des fragments de verre ; il suffit alors de placer le charbon un peu en ayant. de la fêlure ainsi amorcée pour conduire peû à peu celle-ci dans la direction choisie, que l’on aura, pour plus de commodité, traéée d’avance sur le verre avec une plume et de l’encre ordinaire. Bien que cette manière d’opérer ne présente pas de grandes difficultés, il sera bon de vous faire la main sur quelques objets sans valeur avant d’entreprendre le travail principal. . > r >
- Le charbon de Berzélius se prépare en prenait :
- ;. , Noir de fumée. , . . . . 180 gr„
- ..Gomme -v-arabique . ...... 5,6 ; b-
- Benjoin en poudre. . . , . u3j —.
- Gomme adragante. . . - . 23 “
- Laisser gonflër pendant vingt-quatre heures dans un peu d’eau, faire une pâte assez ferme, façonner à la main .en crayons de 1 cm de diamètre, laisser sécher à l’ombre. Une fois allumé il suffit de souffler, comme nous l’avons dit, sur ce charbon pour avoir une pointe assez çhaude permettant de continuer la fente amorcée par le trait de lime. y
- P. A., rue du Yieux-Colombier. — Commencer par décaper, après démontage, les pièces de votre lustre en cuivre dans un bain bouillant contenant environ 5 pour 100 deflessive de soude caustique (potassium des peintres), pour enlever toutes poussières adhérentes et anciens vernis. Rincer ensuite à l’eau claire, sécher dans la sciure de bois, puis passer au pinceau doux uii nouveau vernis composé de :
- Vernis gras ordinaire,. ... . 5oo c. c.
- Jaune au stéarate. ...... o gr.5
- Brun au stéarate, . . traces a
- Laisser enfin sécher à l’abri de la poussière, de préférence à l’étuve ou au four aux envii'ons de 1200-i3onC.
- M. J. de Lima, à Lisbonne. —, L’huile dont il s’agit est la standolie, c’est de l’huile de lin cuite longuement sans l’intervention d’oxydants, comme cela a lieu habituellement. L’emploi de la standolie permet l’obtention des peintures dites laquées qui ont une grande faveur actuellement.
- M. A. Faure, à Saint-Etienne. — On peut effective,-ment se servir, pour garnir les raquettes, des cordelettes de soie désignées spus le nom de crins de Florence et qui sont obtenues par étirage du ver à soie,; ces cordelettes présentent une grande, solidité, mais sont beaucoup plus coûteuses que celles, en boyaux de moutons. Quant aux .cordes à âme d'acier, guipées pag un fil de soie, leur fabrication rentre dans celle des cordes pour instruments de musique et ne comporte que des opérations mécaniques ne présentant rien de particulier. Vous trouverez ces différents articles aux adresses suivantes : Crins de Florence : Chauffour et Marx, 170, rue de Charonne; l’Ibéro-française, 9, rue de Palestro,; Fiant, 11, rue Béranger. Cordes guipées inétal et soie,, Babolat et Maillot,’ 53, rue Tolstoï, à Lyon; Etablissements Witt, La Courneuve (Seine); Fissore, 5i, rue de Chabrol; Morhange, 38, rue Yivienne ; Thibouville, 68, rue Réaumur. . ,,
- M. P., à Paris. — J.a tache de bleu de méthylène étant sur une étoffe teinte, le traitement à employer pour l’enlever doit être fait prudemment pour ne pas altérer la couleur propre du tissu; dans ces conditions l’alcool est tout indiqué, en opérant par tamponnement avec, un .petit morceau dè coton hydrophile et, condition essentielle, en plaçant en dessous de l’étoffe à détacher uû rectangle de bon buvard que l’on déplace à mesure qu’il absorbe l’alcool chargé dè couleur. S’il y a une doublure au vêtement, la découdre pour glisser le buvard. Inutile de prendre de l’alcool bon goût, l’alcool à brûler convient parfaitement.
- M. B., à Lyon. — i° Les mêmes procédés que pour le marbre peuvent être employés pour le nettoyage de l'albâtre, ce n’est que par un séjour très prolongé qu’il y aurait une attaque sensible ; pratiquement,.
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- UU' savonnage rapide dans l’eau tiède sera sans action nuisible.
- 2° Le meilleur moyen de désodoriser les récipients ayant été au contact de l’urine est de les rincer avec de l’eau de Javel étendue, quelques centimètres cubes par litre sont parfaitement suffisants.
- M. Bouts, à Neuilly. — Le perborate de sodium B05Na,4H20, au contact de l’eau, se décompose en borax et eau oxygénée, celle-ci libère elle-même très facilement la moitié de son oxygène sous forme de bulles. C’est pourquoi la poudre dentifrice dont vous parlez produit une mousse abondante en présence du savon qui donne du corps au liqjuide et des matières organiques qui favorisent la dissociation de l’eau oxygénée.
- En résumé, les perborates en solutions aqueuses se comportent comme l’eau oxygénée simple. La dissolution à saturation du perborate de sodium (u5 gr. par litre) donne une eau oxygénée à 2 volumes qui peut
- servir pour le lavage des plaies, la désinfection de la
- bouche et des fosses nasales, le blanchiment des dents, en gargarismes, etc.
- M. Carlo Becetri, à Savone. — i° On peut donner au verre Vaspect dépoli en opérant de la manière suivante :
- Prendre :
- Eau ordinaire .... 100 gr. *
- Gélatine blanche. , . 8 gr. 5
- Chlorure de baryum . 8 gr. 5
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, ajouter le chlorure de baryum, puis liquéfier au bain-marie. ®
- D’autre part, préparer la solution qui suit :
- Eau ordinaire tiède. . 100 gr.
- Sulfate de soude ... 6 gr. 5
- Verser goutte à goutte cette dernière solution dans la première encore chaude, agiter jusqu’à obtention d’un produit bien homogène.
- Appliquer le mélange sur le verre à dépolir également tiède, si possible; laisser refroidir et sécher horizontalement, tremper alors dans l’eau formolée à 5 pour 100 pour rendre la gélatine insoluble, puis sécher définitivement.
- 20 II vous sera facile de constituer une encre blanche pour écrire sur papier ou carton noir en délayant du blanc d’Espagne dans de l’eau gommée à 10 pour 100 environ (Gomme arabique vo gr. Eau 90 gr.). En ajoutant quelques gouttes de silicate de soude commercial, l’écriture après séchage aura acquis une grande solidité.
- P. B., Clermont-Ferrand. — 1“ Voici comment on peut immobiliser le liquide des accumulateurs : On verse rapidement un litre de silicate de soude à 28° B. dans 4 litres d’acide sulfurique également à 28° B., cela en remuant constamment le mélange jusqu’à ce qu’il soit parfaitement homogène. On emplit alors rapidement les éléments jusqu’au-dessus des plaques et on laisse reposer l’accumulateur pendant 24 heures avant de le recharger.
- Il importe que les éléments aient été préalablement déchargés et soient imbibés d’acide pour éviter la pénétration de silice gélatineuse dans les cellules actives des plaques. On doit faire suivre l’emplissage d’une charge à bas régime, soit o,5 ampère, charge que l’on prolonge jusqu’à ce que la tension atteigne 5 volts.
- 20 La composition excitatrice des piles dites sèches se prépare en faisant d’abord gonfler dans un litre d’eau froide 20 gr. d’agar-agar coupé en petits moi'ceaux. On porte ensuite à l'ébullition en remuant avec une spatule, ébullition que l’on maintient jusqu’à dissolution complète en remplaçant au besoin l’eau évaporée. Cela fait, on ajoute 200 gr. de sel ammoniac, on rend homogène et remplit du liquide encore tiède l’espace resté libre dans la pile, après que l’on y a placé le dépolarisant et le zinc. Quand la masse s’est solidifiée par refroidissement, on dépose à sa stirface de la sciure de bois fine que l’on tasse bien et on coule sur cette sciure de la cire à bouteille fondue, en prenant soin de ménager un évent au moyen d’un petit tube de verre pour permettre aux gaz résultant du fonctionnement de la pile de s’échapper au fur et à mesure.
- M. Debusschère, à Dunkerque. — Dans le commerce, les amandes sont blanchies en les exposant à des vapeurs d’acide sulfureux que l’on obtient facilement par simple combustion du soufre. Quant à l’enrobage blanc, il peut être réalisé" en préparant d’abord un empois léger d’amidon à 2 ou . 3 gr. par litre, dans lequel on
- plonge les amandes, celles-ci sont ensuite roulées dans l’amidon sec pulvérisé, puis on laisse sécher sur une claie.
- Bien entendu, avant toutes ces opérations, les amandes doivent être mondées, c’est-à-dire débarrassées de leur épiderme-par trempage de 2 ou 3 minutes dans l’eau bouillante.
- M. G., professeur à Bois-Colombes. — Refroidissement artificiel des appartements. — 11 n’y a, théoriquement, aucune difficulté à refroidir par des moyens mécaniques, l’air des appartements. Mais la difficulté apparaît quand on veut réaliser des dispositifs simples et d’un prix abordable. On peut songer à faire une ventilation avec de l’air refroidi artificiellement; ce serait certainement le meilleur système, à condition que le courant d’air frais ne présente pas d’inconvénients pour la santé des occupants des locaux. Tout le problème résidera dans l’organisation rationnelle de cette ventilation.
- T. S. F. — M. O. Razès, à Alger. — Nous n’avons pas répondujtout de suiteqparce qu’un article complémentaire sur les Colloïdes paraîtra dans La Nature et vous permettra sans douté de comprendre les points délicats de la démonstration. '
- La question de l’emploi des colloïdes en, électrotechnique n’est, d’ailleurs, pas aussi simple que vous semblez le croire, et les appareils redresseurs doivent être soigneusement étudiés et mis au point. Nous croyons fort difficile pour un amateur de réaliser une valve de redressement pratique, sans posséder de connaissances spéciales sur ce genre d’appareils.
- Nous n’avons eu connaissance d’aucun nouveau résultat obtenu avec leS‘« cristaux parlants » en radiophonie. Sans doute avez-vous lu dans La Nature les emplois fréquents des lames de quartz, surtout aux Etats-Unis, pour la construction d’ondemètres où de contrôleurs de longueurs d’onde pour postes d’émission.
- M. A., à Illas-Llénas (Pyrénées-Orientales). — i° Il vaut toujours mieux mesurer les constantes d’une antenne-, vous pourrez d’autre part trouver, dans La Pratique radioélectrique, les détails nécessaires pour le calcul des constantes d’une antenne. Il est probable que la longueur d’onde propre de votre antenne est de i5o à 200 m.
- 2° La résistance d’une lampe monowatt à filament métallique de 5 bougies est d’environ 2200 ohms et celle d’une lampe de 10 bougies de 1100 ohms (sur 110 volts).
- 3° C’est bien à la borne + de la batterie de plaque que l’on doit placer la borne -|- du casque de réception.
- Ecole du Centre, à Libourne. — i° Vous pouvez établir un posté de réception de fonctionnement satisfaisant en réalisant un montage avec des pièces détachées d’excellente qualité.
- Un des modèles de postes les plus faciles à exécuter, et qui est- très employé aujourd’hui, est le poste à quatre lampes comprenant une lampe H F à résonance, une détectrice, et deux lampes BF à transformateurs.
- 20 Voici des titres de livres à consulter.
- La T. S. F. des Amateurs, de Duroquier.
- La Pratique radioélectrique, par Hémardinquer.
- Les Montages modernes en radiophonie.
- 3° Vous ne précisez pas exactement le môdèle de poste dont vous désirez nous entx’etenir. Ces appareils sont cependant, en général, soigneusement construits.
- M. C.-T. C., à Paris. — Nous croyons toujours que les amplificateurs à résistances donnent de bons résultats lorsqu’ils sont employés en moyenne fréquence dans un dispositif superhétérodyne.
- Les transformateurs à haute fréquence apériodiques à noyau de fer semblent cependant fournir des résultats encore supérieurs. Nous croyons qu’il en existe maintenant en France plusieurs modèles, entre autres un type Thomson-Houston et Ferrix.
- Vous pouvez trouver des détails sur la manière de réaliser des transformateurs de ce genre dans La Superhétérodyne et la Superréaclion (Chiron éditeur).
- M. T., à Gornac (Gironde). — Pour recevoir sur cadre et en- haut parleur, à la distance à laquelle vous vous trouvez il vous serait nécessaire d’utiliser deux étages d’amplification à basse fréquence à la suite de votre amplificateur à haute fréquence. Il vaudrait mieux également employer plutôt des étages à selfs qu’à résistances, mais les résistances peuvent suffire pour les longueurs d’onde moyennes.
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- BIBLIOGRAPHIE
- QS^,
- J.es moteurs à explosion, par M. Edmond Marcotte. i vol, in-16, 212 p. 6i fig. Editeur, Armand Colin, Paris. Prix : 7 francs.
- L’auteur s’attache à faire comprendre d’abord les principes fondamentaux sur lesquels reposent la construction et le fonctionnement des « motéurs à explosion ». 11 indique ensuite les particularités des différents types de moteurs et leurs plus récents perfectionnements, moteurs d’avions, d’aéronefs, de vedettes marines, moteurs pour groupes amovibles, moteurs à gaz de ville, moteurs à gaz pauvre, à gaz de hauts fourneaux ou de fours à colce.
- La recherche méthodique des pannes d'automobiles, leurs causes et leurs remèdes, par R. Bardin. 1 br. 46 p. Desforges, Girardot et Cic, éditeurs. Paris, 1926. Prix : 2 fr. So.
- Les grofipes élèctrogènes, par R. Bardin. i vol., i3o p., 70 fig.. Desfô'rges, Girardot et Ci0, éditeurs. Paris, 1926. Prix : i5 francs.
- Résumé, très élémentaire et très sommaire des principes du moteur à explosion, de la dynamo et des accumulateurs qui forment les organes essentiels du groupe électrogëne. Indications également sommaires sur le montage et le réglage du groupe, et sur les schémas de montage de lampes électriques.
- Les Rhéostats et contrôleurs électriques, fonctionnement et schémas de montage, par R. Bardin. i vol. 64 p. 42 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris, 1926. Prix : 7 fr. 5o. ' *
- Les rhéostats ou résistances réglables se rencontrent dans toutes les installations de machines électriques, avec des rôles très divers": rhéostats d’excitation, rhéostats de démarrage, de freinage, contrôleurs de traction, etc.
- L’ouvrage explique sommairement dans les différents cas le principe de fonctionnement de ces appareils. ,
- La fabrication du. cuir au chrome, par M. C. Lamb, traduit de l’anglais par O. Dujardin, i vol, in-8, 3io p:, 90 fig. Gauthier-Villars et Cie, éd. Paris, iijtefi. Prix : 40 francs.
- Ce livre expose avec beaucoup de clarté les diverses opérations du tannage au chrorüe’. Il est rédigé avec là préoccupation de guider, jusque dans les détails la mise en oeuvre pratique des méthodes décrites. L’auteur est un spécialiste réputé et c’est sa- grande expérience qu’il met tout entière au service de ses lecteurs; Ceux-ci, ouvriers, praticiens ou ingénieurs trouveront dans son ouvrage un guide sûr, complet et en même temps de lecture aisée.
- Manuel de broderies et dentelles, par Mlle Y. Paulin, i vol. in-18, 33g p., 4?4 fig* Baillière et fils, Paris. Prix : cartonné 16 francs. *
- La dentelle et la broderie n’exigent pas d’effort physique et ne demandent qu’un matériel peu coûteux et peu encombrant ; le travail peut à tout moment être laissé puis repris ; en outre, il plait par son caractère artistique et son élégance. C’est le travail rêvé pour la femme qui désire rester chez elle. Mais il faut, pour que les brodeuses soient assurées d’un travail régulier et d’une rémunération suffisante, que leurs productions soient réussies.
- Ce manuel expose lés techniques de’s principaux genres de broderie et dé dentelle connus, fait connaître les qualités recherchées,,les défauts à éviter et les petits procédés de travail* les plus pratiques pour obtenir rapidement uxie parfaite exécution. De nombreuses figurés complètent lë texte clair et précis qui intéressera toutes les femmes; professionnelles et amateurs.
- I.es Oiseaux de la Haute-Marne, par G.: Frionnet. i'“ partie (Oscines, Strisores, Brachÿdodes, Pici, Striges, Raptatores), ivol. in-8°, 4*8 p., 208 fig. Chez l’Auteur, 1 bis, rue des Alliés, à Saint-Dizier (Haute-Marne), ou à la Société d’Etudes des Sciences naturelles de la Haute-Marne, 49, rue Toupot-de~Béveaux, Chaumont. Prix : 25 francs, plus le port.
- Après une courte introduction où sont expliqués tous les termes nécessaires à l’intelligence du texte et des tables analytiques très simples accompagnées de figures, l’auteur fait l’étude biologique de chaque espèce, en tout 159 : noms vulgaires, synonymes latins, description succincte mais précise des sexes et des jeunes, nourriture, autopsies et utilité au point de vue agricole’, pontes, œufs, distribution géographique et mœurs (habitat, caractère, vol, nidification,^ chant, etc. ). Les mensurations, les pesées et les observations faites par l’auteur lui-même, résument un travail de plus de trente ans, et l’on peut dire que l’ouvrage entier a été rédigé en pleine campagne, dans les forêts et au long des routes. Ouvrage du plus haut intérêt et de toute utilité pour les ornithologistes, les amis de la nature, les agriculteurs et les chasseurs. .
- The Birds of tlie Riviera, par Collingwood Ingram.
- 1 yol. in-8, 155.p., fig., fi.pl, H. F. uud G. Witherby, London. Prix : relié 22 sh. 6 d.
- Après 20 ans de chasses sur la côte d’Azur, de l’Esterel à la frontière italienne, et dans les montagnes qui la dominent, l’auteur a établi ce catalogue très complet qui parfait les rares renseignements que nous avions sur l’avifaune de cette région. Chaque espèce est exactement dénommée et soigneusement signalée dans ses divers habitats, ses^variétés de plumage, et parfois ses mœurs et son chant. C’est un document précieux pour l’étude de la distribution des oiseaux dans la région niéditerranéenne.
- : Paris et ses environs, par Albert Dauzat et Fernand Boubnon. i vol. in-4, 374 p-, 704 fig-, 28 pl. en noir,
- 2 pl. en couleurs, 3ô cartes dont 2 en couleurs. Larousse. Paris. Prix : broché 85 fr. ; relié izofr.
- On connaît lé luxe des présentations de la Librairie , Larousse : des figures admirablement tirées, à profusion, à chaque page, des planches, des cartes, ajoutant la représentation d’un grand nombre de paysages i et de monuments à la description du sujet.
- . Les auteurs de ce livre sont le regretté Fernand ; Bournon, si compétent pour, tout ce qui touche’ à l’histoire de Paris, et notre collaborateur Albert Dauzat 1 dont nous n’avons pas besoin de faire l’éloge aux lec-| teurs de La Nature. Ils ont écrit une œuvre magistrale, solidement documentée, agréable à lire, qui révélera à tous, même aux vieux Parisiens, nombre de faits et d’aspects admirables de la capitale et de ses environs.
- Ils font d’abord l’histoire de Paris, depuis l’antique île de Lutèce, de la tribu des Parisii, à travers ses croissances et ses vicissitudes successives, jusqu’à la ville d’aujourd’hui et celle de demain, ses fortifications rasées. Puis, ils promènent leur lecteur à tra-. vers les 20 arrondissements, signalant, chemin faisant, tous les vestiges du passé, les monuments, les coins pittoresques, dont beaucoup ne sont encore connus que de quelques-initiés. Ils passent ensuite aux environs et tracent un tableau d’ensemble de l'Ile-de-France, de ses aspects, de ses cultures, de ses pays. Enfin ils’guident les curieux de Paris à Versailles et jusqu’à Rambouillet, Dreux et Chartres, à travers les boucles de la Seine jusqu’à Saint-Germain et Mantes, dans la vallée dé l’Oise, de Pontoise à Beauvais, à travers le Valois, à Chantilly, Senlis, Compïègne,
- ’ dans la vallée de la Marne, sur lé plateau de Brie„ en amont de la Seine jusqu’à Fontainebleau et Moret, parmi les paysages si français du Josas et dii Hurepoix.
- C’est le plus beau monument élevé à la gloire de Paris) et de l’Ile-dè-France, et son iconographie en fait le plus délicieux souvenir des promenades dans cette région capitale.
- Introduction à l’étude de la psyçhogénèse. Essai de , bio-psychologie évolutive, par le Dr Maurice Didiî,
- 1 vol: in-8, 221 p. Masson et Cie, Paris. Prix : 12 francs.
- Essai pour rapprocher les données énergétiques de la physique, celles évolutives de la biologie et les faits de psychologie et de pathologie mentale et expliquer ceux-ci par celles-là. »
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2712
- 27 Man 1926
- Le pétrole de Mossoul et de Mésopotamie. — Il
- est étrange que les grands illustrés anglais n'aient jamais publié la moindre photographie sur ces g^se-
- Fig. i. — Le lac de bitume de Kaiyarah avec son quai pour faciliter l’exploitation des bitumes.
- ments pétrolifères de Mossoul qui ont failli rallumer la guerre entre l’Empire Britannique et la Turquie. Nous n’avons pu, malgré nos recherches persistantes, nous procurer que ces deux documents pris par un explorateur américain, et publiés récemment dans Asia, magazine new-yorkais. C’est à croire que la presse anglaise aurait pour consigne de ne point faire de publicité de ces gisements, qui, d’ailleurs, ne sont pas encore en exploitation.
- L'une des photographies montre le lac de bitume de Kaiyarah, situé à une cinquantaine de kilomètres de Mossoul. On y voit un viaduc construit, on ne sait à quelle époque, par les indigènes, et qui s’avance de la rive vers le centre de la nappe. Ce quai leur servait certainement à l’exploitation et au transport du naphte. La seconde photographie montre un puits de bitume en feu à Hit, dont les gisements de bitume furent célèbres
- Fig. a. — Un puits de-bitume en feu à H-it (Mésopotamie).
- dans l’antiquité,. Une légende veut que Noé ait fait venir de Hit le bitume dont il enduisit la quille de son arche. Un fait beaucoup plus certain, c’est que les architectes assyriens tiraient de ces mêmes gisements un produit dont ils vernissaient leurs briques, et qui les rendaient inaltérables à l’air et à la pluie. Enfin, nous signalerons que les bateliers du Tigre et de l’Euphrate .se servent de ce bitume depuis des milliers d’années pour rendre étanches leurs koufas, grandes bar ques semi sphériques tressées d’osier. ‘
- Tous ces gisements de Mésopotamie étaient tombés plus ou moins dans l’oubli sous lu domination turque, bien que les nomades du désert eussent conservé l’habitude de tirer des lacs de naphte une huile dont ils fabriquaient une pommade pour soigner- les maladies de peau de leurs chameaux. Dans les premières années de ce siècle, des prospecteurs révélèrent l’importance économique des gisements.. Abd-ul-Hamid, le trop célèbre « Sultan Rouge », s’empressa,-de mettre la .main sur des terrains aussi riches de promesses. Bientôt éclatait la révolution de 1909, qui le détrôna. Surgit ensuite un ex-amiral américain, M. Colby M, Chesler, qui produisit un acte de propriété sur ces gisements, acte auquel-les Jeunes-Turcs ne reconnurent aucune validité.
- Quand la guerre éclata, des ingénieurs allemands tentèrent de tirer parti de ces richesses. Ils forèrent notamment des puits sur la rive du lac de Kaiyarah. La défaite des Turcs et la fin des hostilités les surprirent alors qu’ils venaient de recevoir du matériel qu’ils n’eurent pas le temps de déballer. Des officiers du génie britannique prirent immédiatement leur succession, et, depuis deux ans, plusieurs des gisements de la région N.-E. de Mossoul. sont en pleine exploitation par les soins de la Ânglo-Persian.
- Un « arroseur de sable » contre le dérapage. —
- Ce n’est pas émettre une observation inédite que de dire que beaucoup d’accidents de la circulation sont causés, tant dans les rues des villes que sur les routes les mieux entretenues, par une pluie légère ou même par un brouillard, qui transforme pa\é, macadam ou asphalte en une surface-glissante. Les roues n’ont plus prise sur la chaussée, et le moindre détour, la moindre pente, suffit à provoquer le dérapage, avec ses conséquences souvent fatales,
- A Paris, comme dans les autres capitales, on pare à cet inconvénient en lançant à la pelle du sable fin ou du gravier, procédé des plus primitifs qui exige une grande dépense de temps, sans parler du surcroît de besogne qu’il impose aux balayeurs municipaux. Mais ce fléau du dérapage sévit tout particulièrement dans la région de Londres, où les grosses pluies sont rares, mais où les épais brouillards et les pluies fines sont très fréquents.
- Qn ne saurait donc s’étonner que les municipalités de cette région aient stimulé depuis une quinzaine d’années les inventeurs en leur demandant \ des appa-reilsjpratiques . qui conjureraient ce constant danger.
- Fig: 3. — Chargement- de la machine,,
- & fa
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- INFORMATIONS
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- Jusqu’ici, les concours organisés dans ce but n’avaient pas apporté de solutions acceptables. Mais le County-Council (Conseil général) de Middlesex vient, semble-t-il, d’en trouver une, en retenant et en adoptant l’appareil que nous présentons ici à nos lecteurs.
- Rappelons que le Middlesex est, avec ses 734 km1 la plus petite province (ou comté) de l’Angleterre. Il tire son importance de ce fait qu’il comprend sur son territoire une bonne partie de la capitale anglaise. Il est précisément réputé pour son atmosphère humide, et les innombrables autobus et autres véhicules automobiles qui sillonn'ent jour et nuit ses belles roules en savent quelque chose.
- Les inventeurs constructeurs, MM. James W. Glover and Sons, ont donné à leur appareil le nom de sand sprinklçr (littéralement aspergeur de sable). Il se compose d’un corps de trémie, au fond duquel est disposé un transporteur mécanique qui alimente de sable fin le distributeur rotatif placé à l’arrière. Avant d’atteindre cet organe, le sable passe par un goulot à clapet qui règle le débit, selon l’état de la chaussée et sa largeur. Le transporteur est une toile métallique roulant sur des chaînes sans fin. Comme on peut le voir sur l’une de nos photographies, le distributeur, muni d’aubes, projette le sable en jets fins et serrés, sur une aire de dis-
- Fig. — La machine en fonctionnement..
- tribution dont l’ampleur dépend de la vitesse de marche du véhicule. Attelé à un camion automobile, qui transporte le sable dont on l’alimente en cours de route, le sand sprinkler peut asperger une largeur de i5 à 16 m.
- Nous ajouterons qu’il petit, employer indifféremment du sable sec, du sable mouillé ou du granit broyé, et que les constructeurs avaient déjà mis sur le marché, depuis plusieurs années, un modèle hippomobile à débit réduit.
- Un paquebot à moteur Diesel de 35 000 tonnés. —
- Les progrès du moteur Diesel comme organe moteur des navires s’affirment de jour en jour. Après avoir été employé presque exclusivement sur les cargos et les bateaux citernes à marche lente, le Diesel commence à conquérir les paquebots à voyageurs. C’est ainsi que le nouveau paquebot Asturies de la Royal Mail Sleam Pac et C°, destiné au service entre l’Angleterre et l’Amérique du Sud avec escale à Cherbourg, est mû par moteurs Diesel. C’est un bâtiment de 35 ooo tonnes, mesurant 192 m. de long, a3 m. 80 de largeur au maître-bau et i3 m. 7Û de creux. Il possède deux moteurs Diesel de 8 cylindres, à 4 temps et double effe-t, développant au total 20000 ch. Le navire peut recevoir 1740 passagers et hommes d’équipage.
- L’huile de pépins de iraisin. — M. P. Viala vient d’attirer l’attention de l’Académie d’Agriculture sur le développement en France d’une industrie nouvelle, qui entre actuellement dans une phase réellement industrielle Pt commerciale ; nous voulons parler de l’extraction de l’huile des pépins de raisins. De nombreux savants, au premier rang desquels il faut citer M. Em. André, MM. Carrière et Aùmeras, M. Bonnet, se sont attachés à étudier les caractéristiques de cette huile et à en perfectionner les procédés de fabrication. M. Bonnet a mis au point les appareils de triage des pépins (épépi-
- neurs). M. Carrière a trouvé à quelle cause est imputable l’acidité de l’huile de pépins qui peut atteindre jusqu’à 24 pour 100 en acide oléique. Cette acidité qui constitue un inconvénient grave, parfois rédhibitoire, pour nombre d’emplois de cette huile, est due à des moisissures développées sur les graines humides après l’épépinage. On empêche'leur développement en séchant les*? pépins après cette opération, ou en les traitant directement et immédiatement par le trichlorure d’éthylène après leur sortie des calendes des appareils à distiller. L’acidité peut être alors réduite à 2 pour 100 d’acide oléique.
- Un emploi très important qui semble réservé à l’huile de pépins de raisin est le remplacement de l’huile de ricin pour le graissage des moteurs délicats, de moteurs d’avion notamment. Ces deux huilés sont très voisines l’une de l’autre comme propriétés. Mais l’huile de ricin nous est fournie à gros frais par l’étranger, les Indes Anglaises, notamment. Une petite quantité seulement nous vient d’Indo-Chine. L’huile de pépins de raisin au contraire pourrait nous être fournie en abondance sur notre propre territoire et tout en contribuant à l’indépendance de nos approvisionnements militaires, apporterait une source de revenus appréciables à notre viticulture. Déjà, dit M. P. Viala, les usines de Perpignan, Montpellier, Nîmes, Lézignan traitent les pépins d’un ensemble de 10 000 tonnes de marc. Il se monte des usines nou\elles à Boufarik, Oran, Aix, Clermont-l’Ilérault, dans la Crau, le Vaucluse, et l’Aude et bientôt auprès de toutes les coopératives de distillation. De telles usines peuvent fonctionner économiquement dès qu’elles ont à Ira'iter 1000 à 2000 tonnes de marc par campagne.
- 1000 kg de marc donnent environ -i3o kg de pépins d’où l’on extrait 27 à 28 kg d’huile; et laissent 200 kg d’un tourteau utilisé comme engrais. Les autres résidus du marc peuvent également trouver des applications rémunératrices.
- J£> 'Nouvelles de T. S. T.
- La radiophonie en Australie — Le nombre des licences, c’est-à-dire des autorisations d’installation d’un poste de réception, atteint déjà en Australie le chiffre de 77845; ce qui représenté i,3i pour 100 de la population et même plus en réalité, car plusieurs auditeurs peuvent écouter avec le même appareil.
- -De nouvelles stations à grande puissance en Angleterre. — Le directeur de la « British Broadcasting Company » aurait annoncé son intention, d’après le journal Excelsior, de procéder à la construction de quatre stations nouvelles à grande puissance, en différents points .du pays.
- Le « belinographe » et les événements sportifs. — Lors du dernier championnat de tennis de Cannes qui a é'é gagné par Mlle Lenglen contre Mlle Wills, les appareils de téléphotographie de M. E. Belin, employés maintenant officiellement en France, comme on le sait, ont rendu de grands services.
- Les photographies prises lors du match ont pu être transmises immédiatement à Paris et ont été également envoyées plus rapidement à Londres.
- Cette transmission a été faite sur fil télégraphique, mais des essais de transmission sans fil ont également très bien réussi.
- La nouvelle station de Barcelone. — La nouvelle station à grande puissance de Barcelone vient d’être inaugurée. Cette station, qui a pour indicatif EAJt, est placée sur le sommet d’une montagne ; sa longueur d’onde est de 3e5 mètres.
- La « réaction » gênante. — On sait qu’il est formellement défendu, dans la plupart des pays, d’employer des appareils de réception à. réaction capables d’envoyer des oscillations dans l’antenne et de gêner .les malheureux amateurs voisins.
- D’ap rès le Wireless World, le service technique des postes anglaises aurait spécialement équipé une automobile pour déceler les postes gêneurs.
- Cette automobile, qui doif demeurer en communication avec, des postes fixes de radio-goniométrie, patrouillera dans les quartiers où seront signalés ck1.^ troubles de ce genre.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- hsc
- p*
- LA VOUTE CELESTE EN MAI »926 Cl
- Nous parlerons encore des comètes ce mois-ci. Après les onze comètes observées l’année dernière, en voici deux autrse, découvertes depuis le début de la présente année.
- Le Dr Baade, à Bergedorf, a retrouvé la comète périodique Tuttle, le janvier. Elle était très faible = i5,5 grandeur. Elle augmente d’éclat et sera accessible aux instruments moyens. C’est la comète 1926 a.
- D’autre part, un télégramme du professeur Innés, transmis par le Bureau central de Copenhague, a annoncé la découverte, faite par M. Blathwayt, d’une comète de 11e grandeur. Située dans l’hémisphère austral, au moment de sa découverte, la comète Blathwayt (1926 b) s’est élevée rapidement vers le Nord. En mars, la comète se trouvait dans le Cocher, se déplaçant parallèlement à la ligne ff-a Cocher.
- Yoici les éléments de l’orbite de cette comète* déterminés par M. A.-C.-D. Crommelin ;
- Passage au périhélie 1926 janvier 3,120
- Longitude du périhélie = 328° 29' )
- Longitude du nœud ascendant == i36° 5' > 1926,0 Inclinaison =128° 22' )
- Distance périhélie (Terre-Soleil = 1) =1,3467.
- La comète Ensor (1925 l) n’a pas confirmé les espoirs que l’on avait fondés sur son aspect probable lors du périhélie. Malgré toutes les recherches, elle n’a pu être observée au voisinage du Soleil. A présent, elle est observable toute la nuit, mais sa visibilité à l’œil nu est douteuse. Ce sera cependant, très probablement, un objet télescopique facile.
- Yoici quelques positions en mars, les seules que nous possédions au moment où ces lignes sont écrites :
- ' Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- -j- 4o° 13'
- + 49° 36'
- + 580 12'
- Le 1.4 mars, elle était à i° 1/2 à l’Est de l’étoile p du Cygne. Ensuite, la comète traversera la constellation de Céphée, puis la partie nord de la constellation de Cassiopée.
- I. Soleil.'— En mai, la déclinaison du Soleil varie de -f 140 56'le ier, à -j— 2i° 51/ le 3i. Les jours croissent de plus en plus et de 14'1 3om le icp, ils atteignent 151? 47m le 3i. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil sur l'horizon.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Aux heures marquées ci-dessous, l’ombre d’un fil à plomb sur le sol indique exactement la direction du méridien, à Paris.
- Dates. Heures (lu passage (T. U.). Dates. Heures du passag (T. U.).
- Mai Ier uh47"47’- Mai ->17 nh46- 56*
- . — 3 nh47m 33“ — . 19 • iib46m5'9‘
- ...— 5 I I11 ‘47m 20“ — 21 nb47m 5*
- — 7 I Ih 47m IO5 ~ 23 1 ib47“ i3‘
- — 9 nh47m 3* — 25 1 ib 47“ aî*
- — 11 nh46m 58“ — 27 1 ib47“ 35‘-
- — i3 ïih 46^55“ 29 uh47“49'
- ;— i5 1 ih 46“ 54“ — 3i 1 ih48“ 5“
- Observations physiques. — De très nombreuses et très grandes taches ont été récemment visibles sur le Soleil, il importe à présent d’observer régulièrement cet astre et de dessiner les taches et les groupes qui apparaîtront. Le tableau ci-après, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, fait suite à celui publié le mois dernier. Il contient les données les plus importantes pour orienter les dessins ou photographies.
- • Rappelons que P désigne l’angle de position de l’axe
- 1. Toutes les heures exprimées en -ce. Bulletin — sauf exception mentionnée -— sont données en Temps Universel, compté de ou à 241! ù partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à doutes les heures indiquées ici;
- de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque. Un moyen facile de déterminer le point nord consiste à prendre deux photographies du Soleil sur la même plaque, en laissant la lunette absolument immobile entre les deux expositions. On obtient ainsi sur le cliché deux images du Soleil, séparées ou sécantes, suivant l’intervalle de temps entre les clichés. La tangente commune aux deux images, au Nord ou au Sud, indique la direction Est-Ouest. Une perpendiculaire à ces tangentes, menées par le centre du Soleil, rencontre le bord aux points Nord et Sud du disque. C’est du point nord et dans le sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre, que l’on décrira l’angle P.
- B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque solaire.
- Dates. P Bo K
- Mai ier — 240,37 —4°. i4 2o3°,23
- — 6 — 230,42 — 30,62 . 1370,13
- — 11' 2 2°, 2 9 ' 3o,o8 ‘ f*3 O c L>
- - 16 2O0,98 — 2°, 5 2 40,90
- — 21 — ig°,5t — i°,94 2980,76
- — 26 — i7°>89 — 1 °, 35 2 12°,6i
- — 31 — 16°, 13 — 00,76 i66°,45
- Lumière zodiacale. — On peut encore observer la lumière zodiacale en mai, surtout au début. Yers la fin du mois, la grande durée du jour apporte un empêchement à cette observation. Ne rechercher la lumière zodiacale que par les nuits très pures, sans clair de Lune, et loin des sources de lumière artificielle.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- D. Q. le 5, à 3b i3m I P. Q. le 19, à i7b 48“
- • N. L. le 11, à 22]‘55m ) P. L. le 27, à 11b 4g”1
- Age de la Lune, le Ier mai, à oh= i8J,5; le 12 mai, à ob:=oj,o. .On trouvera l’âge de la Lune à une autre date du mois en ajoutant, aux âges ci-dessus, le nombre de jours écoulés depuis le. 1e1' ou le 12 jusqu’à la-date considérée. Pour une heure donnée, ajouter oJ,o4i7par heure écoulée depuis" minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mai : le 2 =— 220 29” ; le 16 = -j- 220 24' ; le 3o == — 220 28'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 7 mai, à 5h. Parallaxe = 69' 27". Distance
- = 368 85o km..
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 mai, à i8\„ Parallaxe = 54' 16". Distance
- — 404080 km.
- Occultations d’étoiles 'par la Lune. — Le 3 mai, occultation de 191 B Sagittaire (gr. 6,5). Emersion seule visible à o1' 52m. - -
- Le i5, occultation de d Gémeaux (gr. 5,2), de 2011 23“ à 2Ih 2om.
- Le 17, occultation de s Cancer (gr. 6,3), de 22’’48“ à 23h im.
- Le 19, occultation de 37 Lion (gr. 5,5), de 22h 5m à 23" 8.
- • Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 11. Leur importance sera, toutefois, assez faible, et le phénomène du mascaret, par suite, n’est pas annoncé ce mois-ci. Yoici le coefficient et l’heure pour Brest de ces plus grandes marées :
- Marées du matin. Marées, du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Mai 9 ih49“ 0,80 i4b i4m o,85
- — 10 2b 37” 0,90 t5h q"1 0,95
- — 11 3b 22m 9 °>97 t5b 42™ 0,99
- — 12 411 2“ 1,00 l6b22“ °>99
- — i3 4" 42“ °>97 i7b- im 0.94
- — i4 51, , m 0,90 17b .jom .0,8 6
- Nous renvoyons au « Bulletin astronomique. >> du n° 2704 pour les divers renseignements permettant de calculer l’heure et l’importanceade la marée dans divers ports de la Manche'et de l’Océan,
- Mars 12 2 ih 28“ i4s
- — 16 2ih 48“ 56“
- — 20 2 2h 17™ 48*
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- III. Planètes. — Le tableau ei-aprës, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1936, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai 1 g >6.
- Nous reviendrons ultérieurement sur les observations que l’on peut faire sur ce monde voisin.
- Jupiter sera en quadrature occidentale le 17 mai, à nh. Pendant tout ce mois, il sera très près de l’étoile p, du Capricorne. On peut l’observer à la fin de la nuit.
- ASTRE Dates : MAI Lever à Paris. Passage au Méridien de Pai-is(1) Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- 6 4* 25m ix* 147mx5s 19' 1 xm 21 5im
- Soleil . . . x6 4 10 11 46 55 19 24 3 3o
- 3 59 I I 47 2 9 19 37 4 10
- 6 3 5o 10 i4 l6 38 I 15
- Mercure. . 16 3 38 10 3i 17 23 2 I 1
- 26 3 36 I I 3 18 3o 3 22
- 6 3 3 8 58 i4 5 2 23 59
- Vénus . . . ï6 2 45 8 59 i5 12 0 40
- 26 2 2 9 9 I i5 33. 1 21
- 6 2 11 7 i5 12 *9 22 *7
- Mars. . . . 16 I 47 7 3 12 »9 22 45
- 26 X 22 6 51 12 ï& 2 3 12
- Jupiter. . . 16 1 12 6 11 11 9 21 53
- Saturne . . 16 18 52 23 38 4 24 i5 24
- Uranus. . . 16 2 »'7 8 i3 14 10 2 3 56
- Neptune. . 16 10 43 17 54 1 6 9 38
- Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 4- 160 24' -(- 18 5q -j- 21 3 3i'44”4 3i 40,8 3i 37,2 Bélier Taureau ( Taureau ” »
- + 4 46 + 10 40 + 17 29 7,o 6,0 5,2 v Poissons J;1 Baleine 5 Taureau Le matin, au début du mois.
- — 1 19 + 2 27 -j- 6 22 20.4 18,6 17,2 29 Poissons ô Poissons J v Poissons Le matin, se lève 1 h. 3o m. avant le Soleil.
- — 12 29 — xo 0 — 7 26 7,o 7,4 7,8 0 Verseau ^Verseau pVerseau ' Le matin, avant l’aurore.
- — i3 41 36,8 g Capricorne Le matin.
- — 16 7 168 x Balance Toute la nuit. Opp. le 14.
- — 1 l7 3,4 29 Poissons Le matin, avant l’aurore.
- + 14 33 2,4 tp Lion Première partie de la nuit
- x. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure est visible le matin au début du mois, sa plus grande élongation ayant eu lieu le 28 avril. On pourra le rechercher du 1" au 8 mai à l’aurore.
- Voici le tableau de la phase de Mercure et de la gran-
- deur stellaire : Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mai Ier ' 0,48 4- 0,6
- . — 6 0,56 + °>3
- — 11 0,64 + 0,1
- — 16 0,72 — 0,2
- — 21 0,81 — 0,6
- — 26 ' 0,90 — 1,1
- — 3x 0,97 — 1,6
- Proüter de l’élongation actuelle de Mercure pour dessiner les détails de sa surface. ,
- Vénus brille d’un magnifique éclat dans le ciel du matin. Sa plus grande élongation a eu lieu le 18 du mois dernier.
- On peut la suivre et l’observer en plein jour. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur'stellaire.
- 3,9 3,8 3,8 3-7 3,7
- 3,6 3,6
- Mars devient de mieux en mieux visible. Son diamètre, à la fin du mois, atteindra près de 8". Il s’élève de plus en plus sur l’horizon et sera bien placé lors de l’opposition, en novembre prochain. Le pôle austral est tourné vers la Terre, et l’on va, peu à peu, assister à la disparition des neiges qui forment la calotte polaire de Mars.
- Voici quelques renseignements sur la présentation du globe de Mars par rapport à la Terre, pour le mois de mai. .
- Dates. Angle de Latitude position de du Angle de position Éclat
- (Uh) l’axe de Mars, centre. Diamètre. Phase, de la phase. stellaire.
- Mai ier 35i°,g — 20°,8 6", 8 o",9 2490-1 + 0,8
- —• 11 347°,6- 22°,0 7",2 i",o 247°,9 + 0,7
- -7- 21 343°,5 — »*°,8 7 *",» 247°,0 -f-0,6
- Les observations de la planète peuvent être dès à présent entreprises avec, des instruments puissants.
- Une petite lunette grossissant seulement 4<> fois montre Jupiter de la grosseur de la Lune vue à l’œil nu.
- Les observateurs possédant de forts instruments seront bien inspirés de s’attacher à l’étude de cet astre énigmatiqxie.
- Les satellites qui l’entourent donnent lieu à de curieux phénomènes (éclipses, conjonctions, occultations, passages, etc.). Jupiter se présente dans le champ télescopique comme une sorte de miniature du système solaire.
- Saturne, dans la Balance, est visible toute la nuit. 11 sera en opposition le '4. à 81'. Saturne ne le cède en rien à Jupiter dans l’oculaire d’un bon instrument. Si le premier paraît un monde plus vivant, le second, entouré de ses anneaux, offre une vision extraordinaire. Architecture élégante et bizarre !
- Sur les huit planètes du système solaire, nous avons la chance de posséder la merveille de Saturne.
- On se demande alors ce qtxe la nature a bien pü produire par ailleurs comme formes et comme combinaisons! dans ces planètes qui circulent autour des étoiles innombrables.
- L’imagination humaine la plus audacieuse n’aurait sans doute jamais conçu autour d’un astre un anneau comme celui de Saturne si cette planète ne nous était pas connue.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 19 mai :
- Grand axe extérieur.................... ^1",oè
- Petit axe extérieur...................... 16",23
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. . ........................ —j—aa° 41 ^
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’an- ^
- neau . . . ............................... -j-23° 2
- Uranus devient visible le matin, avant l’arrivée du jour. Nous en parlerons plus longuement dans les prochains Bulletins astronomiques. Au début du mois, on le trouvera à peu près à égale distance des étoiles 29 et 21 des Poissons. Cette lointaine planète brille comme une étoile bleuâtre, de 6“ grandeur. Avec un assez fort grossissement, on lui voit un diamètre sensible de 4". Uranus peut être suivi à l’œil nu par les personnes ayant une très bonne vue.
- Neptune se trouvera en quadrature orientale le i3 mai à x3h. Il est stationnaire au début du mois, se déplaçant d’ailleurs très peu sur le ciel du V mai au xer juin. On
- Mai isr o,56 —
- — . 6 o,58 —
- —, 11 : 0,60 —-
- — 16 0,62 —
- 21 0,64 ' —
- — 26 0,66 —
- 3i 0,68 ,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- le trouvera à environ 1/2 degré à l’Ouest, et un peu au Nord de l’étoile ^ Lion. Voici d’ailleurs quelques-unes de ses positions où on pourra le rechercher.
- Dates,
- Mai
- Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- 6
- 16
- 26
- 9" 38* 9h 38" 9h39”
- + i4° 34' + 140 33' + i4° 3i'
- 2",4
- 2",4 2", 4
- Neptune apparaît sous l’aspect d’une étoile de 8e à 9* grandeur. Avec un fort grossissement, on lui voit un petit disque, de 2",4 de diamètre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions ;
- Le 4, à i5\ Vénus en conjonc. avec Uranus, ào°2i’S
- Le 5, à 20 , Jupiter Le 6, à 9h, Mars Le 8, à 3h, Uranus Le 8, à ioh, Vénus Le jo, à ih, Mercure Le 19, à 4\ Neptune Le 26, à 1 ïh, Saturne
- — la Lune, à2°2i'N.
- — la Lune, à i0 52'N. la Lune, à 4° 20'N. la Lune, à3°5i'N.
- — la Lune, à2°2i'N.
- — la Lune, à2°35'S..
- — la Lune, à j° 56' S.
- Etoiles filantes. — Peu de radiants sont signalés comme actifs en mai.
- Du xer au 6 mai, météores radiant de la région de a Verseau. Ce sont les Aguarides, qui donnent des étoiles filantes rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes provenant de la région de a Couronne.
- Etoiles variables. — Minimum de l'étoile variable. Algol (p Persée) : le 2 mai, à 2iho“.
- Etoile Polaire. — Le tableau ci-dessous donne les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage. Temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Mai icr Inférieur 22h48m 4S 21* 34m 36%2
- — 11 — 2 2h &“ 5o“ 3h i4m i‘,8
- — 21 — 2Ih 29“ 37s 3h 53“ 27%3
- — 3i — 20h 5o“ 27s 4h 32m 52%9
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ier mai à 2ih 3om ou le i5 à 20h 3om, est le suivant :
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire); Céphée ; le Dragon; le Lézard ; Cassiopée; Andromède (à l’horizon),
- A l’Est : La Lyre; Hercule; le Cygne (se lève).
- Au Zénith : La Grande Ourse
- Au Sud : La Balance; le Scorpion; la Chevelure ; la Vierge; le Corbeau; la Coupe; le Lion; l’Hydre.
- A l’horizcrn sud : Quelques étoiles du Centaure; de la Machine pneumatique; du Navire.
- A l'Ouest : La Licorne; le Petit Chien; les Gémeaux; le Taureau; Orion. Em. Touchet.
- HYGIENE ET SANTÉ
- ?
- EST-CE LA GUÉRISON DE LA MALADIE DU SOMMEIL?
- On connaît, les méfaits de la maladie du sommeil qui dépeuple toute la région équatoriale africaine à l’ouest des grands lacs, du Sénégal à l’Airique occidentale portugaise.
- On sait qu’elle est due à un protozoaire, le Trypanosome de Gambie, inoculé aux hommes et aux animaux domestiques par la mouche tsé-tsé, Glossina palpalis, et qui se multiplie dans le sang.
- Les malades présentent d’abord des accès de fièvre irréguliers ne cédant pas à la quinine ; puis les ganglions gonflent, la fatigue et la faiblesse musculaire surviennent, la céphalée devient fréquente ; on observe de l’amaigrissement, de la torpeur, l’abaissement dés paupières qui donnent un aspect endormi; cet assoupissement, léger au début, devient de plus en plus profond jusqu’à la mort.
- La maladie du sommeil est un terrible fléau qui empêche la colonisation et la mise en valeur de vastes territoires. Aussi a-t-on fait de nombreux efforts pour supprimer les mouches tsé-tsé qui la «.propagent et pour guérir les hommes qui en sont atteints.
- Jusqu’ici, les médicaments les plus efficaces avaient été les sels d’arsenic, notamment i’atoxyl, le salvarsan, le néosalvarsan et les sels d’antimoine, notamment l’émétique. Il y a quelques années, vint s’y ajouter le 2o5 Bayer dont la composition est restée secrète. Mais s’ils sont efficaces contre les trypanosomes du, sang, ils n’atteignent pas ceux déjà passés dans les méninges.
- Voici qu’un nouveau remède vient d’apparaître, le tryparsamide, créé par l’Institut Rockefeller de New York.
- Essayé au Congo belge, au Cameroun et à l’Institut Pasteur de Brazzaville, il s’est montré partout supérieur aux produits précédemment connus en ce sens qu’il pénètre dans le système nerveux...
- Le Dr S. Abbatucci vient de publier dans la Presse Médicale les résultats obtenus à Brazzaville par le Dr Laigret. Ils sont vraiment impressionnants.
- Chez des malades appartenant à la période secondaire avancée avec modifications profondes du liquide céphalorachidien et symptômes cliniques graves (somnolence, paralysies, tremblement, troubles mentaux, etc.), le tryparsamide a amené la disparition des trypanosomes dans le liquide céphalo-rachidien, le retour de la formule albumino-cytologique à la normale et des améliorations cliniques tellement rapides que les indigènes ont
- crié au miracle, comme dans la thérapeutique du pian et de la syphilis par les arsénobenzols.
- Accidents constatés sur 20 cas : une amaurose légèi'e et un décès par suite, sans doute, de l’emploi de trop fortes doses.
- A la période terminale, chez des impotents, cachectiques et gâteux condamnés à une mort rapide, Laigret a obtenu, dans i3 cas sur 18, des survies qui se maintiennent depuis huit mois à un an. La mortalité des grabataires, iscdés au lazaret de Brazzaville, qui variait de 4 à 12 pour 100, avant l’avènement du tryparsamide, est tombée rapidement à 3 pour 100, 2 pour 100 et même à o certains mois.
- S’appuyant sur ses constatations personnelles et celles de Van den Branden qui signale que sur 100 malades à ‘la première période traités, la stérilisation s’est maintenue entière après un an d’observation, Laigret estime qu’il y aurait le plus grand intérêt à substituer le tryparsamide à I’atoxyl dans la pratique courante de la prophylaxie.
- Cette opinion est aussi celle du médecin-major Jamot qui a déclaré avoir obtenu de véritables résurrections dans des cas paraissant désespérés.
- Malheureusement, le tryparsamide est encore rare et cher. 1
- Les Belges commencent à fabriquer un produit analogue, meilleur marché que le produit américain. Le Dr Laigret, en collaboration avec Mme de Trévise, a mis en expérience, à l’Institut Pasteur de Brazzaville, de nouvelles préparations du professeur Fourneau, le 270 et le 273, qui paraissent douées de propriétés comparables à celles du tryparsamide. '
- *Le temps approche donc où l’on pourra, semble-t-il, stériliser, dans l’Afrique centrale, tous les porteurs de trypanosomes, éviter ainsi les nouvelles inoculations par les piqûres de tsé-tsé, et, en combinant ces mesures thérapeutiques avec celles prophylactiques qui consistent à débroussailler, à assécher les gîtes des mouches, à empêcher les déplacements des nègres malades dans-les régions indemnes, réussir à sauvegarder les populations indigènes actuellement décimées par la maladie du sommeil.
- Le problème de la mise en valeur de l’Afrique étant -avant tout une question de main-d'œuvre* on voit l’intérêt de pareils essais et de leurs résultats riches d’espoirs, R. M,
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- BOITE AUX LETTRES
- AV5S. — L’abondance des demandes de renseignements qm parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres préseu- • tant.un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherclies le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement. ,
- Réponses.— M. II., h Dampniat.— Pour qu’une perte aussi importante d'huile se produise, il faut qu’il y ait un jeu très sensible entre le coussinet de bronze et la pièce de fonte. Eu portant votre attention sur ce point, vous devez constater un déplacement relatif de ces deux pièces qui, normalement devraient être solidaires.
- Un premier moyen, de diminuer la perte d’huile serait d’en récupérer la plus, grande partie par le tube que vous avez installé.
- Un second moyen serait .de délayer de la farine de lin dans l’huile de graissage, les particules entraînées viendront obstruer les fissures, s’il n’y à pas eiîet de . meulage.
- Enfin, si vous .voulez essayer un blocage, ce serait à nôtre avis, le plâtre gàçhé. clair qui serait susceptible de donner par injection le meilleur résultat. '
- M. Munsch, h Epinal. — i° Le point essentiel est de conserver au cuir sa souplesse, l’usure se produisant d’autant plus rapidement que le cuir est plus dur. Dans cet ordre d’idées, nous pensons que vous augmenterez notablement la durée de vos garnitures de cylindres, en appliquant de temps à autre avec un pinceau queue de morue une solution légèrement giycérinée. Quelques essais préalables vous permettront de déterminer la concentration optima.
- 2° D’après le brevet Galeorri, publié dans le Moniteur scientifique de juin 1924 page 43 des Brevets, on obtien-di'ait un savon moussant et lavant à l'eau de mer par la préparation suivante :
- Huile de coprah . ................55 à 4°
- Résine.......................... 5 à 8
- Lessive de soude caustique ... 40 à Go
- Bo'rate de soude................. 1 à 6
- Mucilage d’agar-agar............. 8 à i5
- Nous ne possédons pas de données expérimentales sur l’efficacité de ce savon, dans les conditions indiquées.
- 5° Pour effectuer le stoppage, on prend un morceau de tissu de l’objet endommagé de 5 à 6 centimètres plus grand que ne l’exige le vide qui doit êtr^ comblé.
- On effile le tissu des quatre côtés, de façon à ne laisser au milieu de la pièce qu’un carré d'un nombre de fils égal à celui des fils à remplacer et on bâtit ce carré à fil droit sur le vide à remplir.
- Les fils ainsi libérés sont alors passés au moyen d’une aiguille dans l’épaisseur du tissi^en points coulés à peine visibles à l’endroit, mais comme ils sont de faible longueur et que leur maniement est par cela même difficile, il est souvent préférable de se servir comme intermédiaire d’un fil de soie, dont ôn a enfilé les deux bouts dans le chas, il reste ainsi une boucle dans laquelle on passe le brin dégagé du tissu et cette boucle sert «à mettre le brin en place, sans que l’on ait à l’enfiler dans l’aiguille.
- On renouvelle la même opération pour tous les autres effilés jusqu’à ce qu’on les ait fait disparaître dans le •corps de l’étoffe, ou coupe leur extrémité à ras, puis on donne un coup de fér avec chiffon mouillé.
- Lorsque l’on veut fixer de la même manière un morceau dans une étoffe transparente, il faut introduire les fils alternativement plus ou moins avant dans le tissu pour mieux dissimuler les fils doubles.
- R. E. S., à Albi. i” La coloration des substances alimentaires est réglementée par l’arrêté ministériel du 28 juin 1912 qui autorise les colorants végétaux à l’exception de la gomme-gutte et de l’aconit-nape-1, ainsi que 21 colorants dérivés de la houille, à la condition qu’ils soient purs et ne contiennent pas de produits toxiques. '
- Les colorants végétaux autorisés sont : l’Orseille, le Santal, le Campêche, l’Orcanette, la Cochenille, la Myrtille, la Graine de Perse, le Safran, le Curcuina, le Bois jaune, le Bois du Brésil, l’Indigo, PAlizarine naturelle ou synthétique ainsi que leurs dérivés sulfones, enfin le Caramel.
- Les dérivés de la houille dont l’emploi est permis
- sont : 1 Eosine, 1 Erythrosine, le Rose Bengale, les Bordeaux B et S, les Ponceaux, la Nouvelle Coccine, le Bouge solide, l’Ecarlate R, la Fuchsine acide, l’Orangé I, le Jaune naphtol, la Chrysoïdine, l’Auramine, le Tert malachite, le Vert acide J, le Bleu à l’eau, le Bleu patenté, le Violet de Paris et le Violet acide GB. Co mme ouvrages sur cette question, vous pourriez consulter : Res Confiture^, par Roux, éditeur Béranger, r5, rue des Saints-Pères. Le Mémorial du distillateur, par Cuniasse, éditeur Lefrançois, 91, boulevard Saint-Germain. Le Guide de l'expert chimiste, par Pellerin, éditeur Ma-loine, 25, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- 2° A la dose où les colorants sont employés ils sont insipides, par conséquent on peut ne s’inquiéter que de la couleur répondant le mieux aux préférences du consommateur.
- M- P. Reçher, à Manou. — Le principe de la fabrication des éponges en caoutchouc est d’introduire dans la niasse un corps qui a la température de vulcanisation se trouve a 1 état gazeux et développe ainsi des bulles nombreuses mais petites qui se trouveront ainsi fixées dans l’état où elles ont pris naissance. '
- Parmi- les corps qui ont été essayés dans ce but, c’est actuellement le carbonate d ammoniaque qui a donné les meilleurs résultats, mais encore est-il indispensable de posséder une certaine expérience pour réussir et s’arrêter à point dans le développement des bulles.
- La gomme est d’abord travaillée pendant 5 à 6 heures sur des cylindres à peine chauffés, on y ajoute la matière colorante généralement le soufre doré d’antimoine, ainsi que le soufré nécessaire à la vulcanisation. Parfois, pour avoir un mélange plus intime, on dissout préalablement la gomme dans la benzine ; après évaporation de ce solvant, on incorpore le carbonate d’ammoniaque en poudre fine, le malaxage étant pratiqué à très basse température. On tire ainsi à la calandre la masse plastique en feuilles minces en répétani l’opération plusieurs jours de suite, avec repos. Quand on juge que la gomme est « tuée » suivant le terme technique, on superpose les feuilles, en évitant l’occlusion de l’air, qui à la vulcanisation donnerait de_s poches et non des bulles et on découpe les pains rectangulaires devant donner des éponges, en se basant sur une extension futu’re de trois pour un.
- La vulcanisation se fait dans les conditions habituelles soit en laissant les pains libres et légèrement graissés, soit en les plaçant dans des boîtes métalliques saupoudrées de talc. On monte doucement à 2 kg 5 de pression en une heure environ, maintient celle-ci un quart d’heure, redescend à 1 kg et remonte finalement à la pression primitive où la vulcanisation complète demande environ encore une heure.
- Après refroidissement, les éponges sont lavées pour les débarrasser de l’ammoniaque qu’elles contiennent, puis on les sèclie dans un courant d’air.
- Pour fixer les idées, voici quelles peuvent être les proportions types d’un mélange pour fabrication d’é-
- ponges :
- Caoutchouc pur Para.............. 70 kg
- Soufre pulvérisé" ........ 2 -~
- Carbonate d’ammoniaque .... i3 —
- Carbonate de potasse ...... 2 _
- Sulfure d’antimoine............... i3 _
- 100 kg
- Popo J. — iD Les postiches, barbes et moustaches se collent habituellement au moyen d’un vernis à la gomme laque ainsi préparé :
- Gomme laque blanche .... 100 gr.
- Sandaraque..................... 200
- Gomme mastic............. 5o —
- Térébenthine de Venise. . . roo -—
- Alcool à 95°. . ............ 1000 c. c..
- Laisser digérer pendant plusieurs jours en agitant fréquemment, filtrer pour séparer les impuretés insolubles.
- Si vous ne désirez pas entreprendre cette fabrication, vous pourrez trouver chez les marchands de couleurs le produit tout préparé sous le nom commercial de vernis à sculptures.
- u° Les crayons à grimer s’obtiennent en fondant ensemble du suif épuré et. de la cire, puis en incorpo rànt au mélange la matière colorante appropriée, les
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- formules suivantes pourront servir de points de départ à vos préparations que vous modifierez à volonté suivant la consistance que vous jugerez la plus convenable pour l’emploi :
- Suif épuré . . . . . .
- Cire blanche..........
- Talc..................
- Sous-nitrate de bismuth Carmin en poudre . . Outi'emer en poudre . Noir d’ivoire.........
- Blanc. Rose. Rouge. Bleu. Xoir.
- 600 600 600 600 600
- 100 J 00 100 100 100
- 5oo — — -- —
- 5o — -— — —
- 11 70
- — — — “ 5oo —
- — — — — 5oo
- 3° Les nez postiches sont d’ordinaire constitués par un tulle apprêté à la gomme laque et colorié d’une teinte voisine de celle de la peau, la fixation en a lieu comme pour les moustaches avec le vernis indiqué plus haut. — N. B. Quand le grimage doit être enlevé, les postiches se détachent par imbibition à l’alcool (économiquement, sinon agréablement, avec l’alcool à brûler), les fards gras ci-dessus s’enlèvent à sec en imprégnant de vaseline et essuyant avec un chiffon doux.
- M. Texier, à. Cornac. — Un moyen très, simple de teinter le rotin neuf du cannage de vos chaises, est de passer à la surface une solution de permanganate de potasse additionnée d’une pincée de carbonate de soude, (cristaux) pour faciliter le mouillage du rotin. Commencer par une solution pas trop concentrée et obtenir l’intensité voulue par applications successives plutôt qu’en cherchant à réaliser de suite une coloration, laquelle serait le plus souvent dépassée. Il est vrai que si ce petit accident se produisait, on pourrait toujours revenir au ton primitif en imbibant le rotin de bisulfite de soude avec un petit tampon de coton. Ce même remède est applicable si les mains étaient tachées en brun par le permanganate.
- M. Kregner, à Riga. — Pratiquement, il est bien difficile, sans démontage, de blanchir les lames d’ivoire qui constituent les touches de piano. Le moyen qui nous a paru le plus satisfaisant consiste à prendre un chiffon doux que l’on imbibe, d’eau très légèrement afin que du liquide ne pénètre pas entre les touchés, on saupoudre ce chiffon de pèrborate de soude pulvérisé, puis on frotte vivement les parties à blanchir. Dans ces conditions, le perborate de soude est décomposé en oxygène ag.mt de blanchiment et borax dont l’alcalinité provoque la distension des fibres organiques et permet ainsi une pénétration beaucoup plus profonde dans l’épaisseur de la lame d’ivoire. Pour termiaer essuyer avec un linge fin et bien sec.
- T. TV., à Neuilly. — Le traitement du beurre rance doit s’effectuer ainsi :
- Le beurre-altéré est d’abord fondu sur un feu doux de préférence dans un récipient en terre, poêlon par exemple, en présenre de plusieurs fois son volume d’oau préalablement portée à l'ébullition, ce qui a pour but de chasser les ethers butyriques malodorants. On braise énergiquement, puis on projette dans le mélange refroidi à 40<,-5o0 et Par pincées, du bicarbonate de soude, aussi longtemps qu’une effervescence marquée se produit. Après repos, on décante Peau alcaline qui entraîne avec elle le buLyrate de soude ainsi formé par saturation de l’acide butyrique, on la remplace par de l’eau ^chaude, laisse à nouveau refroidir et répète au besoin l’opération. Finalement le beurre froid est égoutté sur un linge propre, fondu à feu doux pour chasser toute humidité et coulé dans des pots en grès que l’on ferme soigneusement pour éviter, 'autant que possible, l’intervention des ‘ferments contenus dans l’atmosphère.
- Fluidor, à Crespin (Nord). — Le dépolissage du verre s’effectue par deux procédés principaux, l’emploi de l’acide fluor-hydrique gazeux, et le jet dè sable.
- Dans le premier procédé on se sert de cuvettes en plomb dans lesquelles on délaye du fluorure de calcium au moyen d’acide sulfurique en excès. Cela fait, on recouvre rapidement la cuvette avec la plaqué de verre à dépolir et on laisse en contact avec les vapeurs qui se dégagent du mélange jusqu’à ce que la morsure du verre soit suffisante. Si le dépolissage ne doit porter que sur «certaines parties, on fait des réserves en appliquant préalablement sur les endroits à protéger, un enduit composé de 80 pour 100 de cire d’abeilles et 20 pour xoo d’essence d" térébenthine.
- Quant au dépolissage au jet de sable, il se comprend facilement par l’action abrasive du sable projeté à la surface du verre au moyen d’un violent courant d’air, cet appareillage est aujourd’hui courant dans l’industrie.
- Comme documentation sur cette question, ainsi que sur celle de l’émaillage, vous pourrez utilement consulter les ouvrages suivants : Le verre et le cristal, par Hanrivaux, directeur de la manufacture de Saint-Gobain; La fabrication des émaux et Pémaillage, par Paul Randau, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Pionian, à Tauris. — i° Vous trouverez des renseignements très précis sur la fabrication électrolytique des chlorates dans le Dictionnaire de TVürtz, 2° Supplément D E à l’article Electro-chimie, également dans l’ouvrage récent d’Albert Levasseur, Electro-chimie, éditeur Dunod ; — 20 L’appareillage pour des fabrications de ce genre pourra vous être fourni par les maisons suivantes : Société d’Electro-chimie, a, rue Blanche ; Strauss frères, 16, boulevard Saint-Denis; Graüer et Weill, 76, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- 3° L’huile de coton renferme effectivement une quantité importante d’acide stéarique, lequel avec la soude fournit un savon dur. Pour obvier à cet inconvénient dans une certaine mesure, il faudrait remplacer la soude par la potasse pour la saponification, d’autre part, ajouter au mélange un peu d’acide oléique, enfin tenir le savon un peu plus aqueux au moment de la mise en forme ;
- 4° Pour préparer le sulfate de cuivre en partant du cuivre métallique et du soufre, on commence par fondre ensemble ces deux éléments, de manière à former du bisulfure de cuivre. La réaction se produit avec dégagement de chaleur et lumière suivant la formule :
- Cu -j- S == CuS 63 32 95
- Pratiquement on 'prend 3 parties de soufre et 4 de cuivre. La masse est alors grillée sur la sole d’un four à réverbère, il y a oxydation de sulfure :
- CuS-j-0* = CuS0*
- Après refroidissement, on lessive à l’eau chaude, concentre et fait cristalliser; les sulfates de fer et dé zinc se^séparent les premiers, on amène enfin à 3o° B. ce qui permet d’obtenir du sulfate de cuivre suffisamment pur.
- Ah B. — La matière insoluble est mélangée à nouveau avec un excès de soufre, une partie du cuivre métallique échappant toujours à la sulfuration, on termine alors par un grillage dans les mêmes conditions que précédemment.
- M. Maillard, à Damvant (Suisse). — Si la question tirage des épreuves photographiques aux encres grasses vous intéresse, vous pourrez la trouver traitée dans toute une série d’articles parus dans la Photo-Revue, 118 bis, rue d’Assas, année 1923; à voir également un article du Moniteur scientifique, novembre même année.
- M. le Dr Craen, à Charleroi.— 1° Le nom de calcidum donné au produit dont vous parlez est fantaisiste et propre à une spécialité que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner. Comme il est conseillé parfois d’ajouter au liquide excitateur des piles Leclanghé soit du chlorure de zinc, soit du chlorure de manganèse, on peut supposer par analogie qu’il s’agit de chlorure de calcium. Eu égard aux qualités hygrométriques de ce sel, il est fort probable que'l’évaporation de4 l’eau sera diminuée; d)autre part, comme il est incristallisable, les grimpéments doivent être presque supprimés. L’expérience vous fixera du reste très nettement sur ces divers points, sans, pensons-nous, qu’il y ait inconvénient pour la batterie ;
- 20 Le catalyseur de votre réchaud est constitué par de l’amiante platinée obtenue en imprégnant celle-ci d’une solution de chlorure double de platine et d’àmmo-nium, puis en portant.au rouge naissant, ce qui met le platine en liberté à l’état de division extrême et lui permet d’amorcer les combustions. Au.bout de quelque temps,, le platine ainsi libéré, perd ses propriétés et il est nécessaire de soumettre l’amiante à un nouveau traitement.
- M. D., ingénieur, Paris, — Une classification des. sciences est de plus en plus complexe à établir et nous ne connaissons aucun auteur récent qui s’en soit occupé. Vous trouveriez une remarquable étude des fondements de la connaissance dans l'ouvrage de Meyerson ; De Vexplication dans les sciences et dans les autres livres du même auteur.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- L’électron en chimie, par Sir J.-J. Thomson, traduit de l’anglais par R. Fric, i vol. 135 p. Albert Blanchard, éditeur. Paris, 19-26. Prix : 16 francs.
- La physique moderne admet aujourd’hui d’une façon presque unanime la constitution électronique de l’atome Bien que l’on ne soit pas encorejd’accord sur le modèle d’atome à adopter, toutes les théories admettent que le nombre et l’arrangement des électrons autour d’un noyau central chargé d’électricité positive détermine les propriétés de l’atome et l’action d’un atome sur des atomes voisins. C’est dire que l’électron est, en principe, le facteur fondamental des phénomènes chimiques. Dans une série de cinq conférences faites au Franklin Institute de Philadelphie, l’illustre savant anglais, sir J.-J. Thomson, s’est attaché à développer une théorie des rapports de l’électron et des phénomènes chimiques, fruit de plusieurs années de recherches et de travaux. Sir J.-J. Thomson établit d’abord un modèle d’atome, à structure électronique, dont la conception lui est personnelle et diffère profondément de celles de Rutherford et Bohr qui a si vivement attiré l’attention en ces derniers temps. Dans la conception de J -J. Thomson, les électrons disposés autour du noyau sont immobiles ; ils sont soumis de la part de celui-ci à des attractions obéissant aune loi assez différente de la loi de Coulomb, qui rend possible cet équilibre stable. Partant de cette hypothèse, le savant anglais bâtit des modèles d’atomes, et cherche par voie déductive, à en prévoir et meme à en calculer numériquement les propriétés physiques et chimiques. Puis il confronte ces résultats avec l’expérience ; les concordances nombreuses qui en résultent montrent que la théonie de J.-J. Thomson possède une grande valeur et constitue un précieux instrument de travail et de recherche.
- Expédition Amundsen-Ellsworth. En avion vers le Pôle Nord, par Roald Amundsen et ses collaborateurs, traduit du norvégien et adapté par Ch. Rabot. 1 vol. a52 p., phot. hors texte. Albin Michel, éditeur? Paris. Prix : 10 francs.
- On se souvient du bel exploit accompli l’an dernier par le grand explorateur Amundsen et ses compagnons. Le 21 mai, deux hydravions portant chacun' trois .hommes et de lourds bagages quittaient le Spitzberg, se dirigeant en droite ligne vers le Pôle Nord. Leur absence devait durer quelques jours à peine; le i5 juin ils n’avaient pas encore reparu et l’on désespérait presque de leur sort. Cependant les audacieux voyageurs avaient réussi à regagner, sur un seul hydravion, la côte Nord du Spitzberg et venaient d’être recueillis à bord d’un baleinier. Ils avaient bien réussi après un vol de 8 heures, à atterrir de conserve, à moins de 20 du pôle Nord, mais aussitôt les avions avaient été emprisonnés dans la banquise, et il fallut plus de 3 semaines d’efforts héroïques pour aménager la glace en vue de rendre possible le départ d’un seul avion. C’est le récit de cette magnifique aventure, bel exemple de courage, d’énergie et dé dévouement mis au service de la science, .que nous présente M. Ch. Rabot dans une élégante'et captivante traduction. Elle comprend plusieurs parties : tout d’abord récit d’Amundsen qui explique les raisons scientifiques de cette expédition aérienne,, les longues études préalables qui ont mûri son projet, et retrace les phases émouvantes du voyage alhfer et retour de l’avion N-tt.5., et du tragique séjour sur la banquise. Dictricbson, pilote du second avion abandonné sur la banquise, narre à son tour ses propres aventures? Riiser-Larsen, commandant en second nous initie aux minutieux préparatifs d’une expédition
- . polaire. Enfin, le célèbre météorologue J. Bjerkn.es relate comment fut organisé le service de prévision du lemps, grâce auquel Amundsen put choisir pour son départ le moment le plus favorable. En résumé, bel et bon livre, du plus haut intérêt scientifique et d’une lecture passionnante.
- Alternateurs et moteurs synchrones, par Edouard Roth, Tome II, 1 vol. in-16, ai5 p., 65 fig. Armand Colin, éditeur, Paris. Prix francs. • ’ .
- L ouvrage de M. Roth sur les machines synchrones est 1 œuvre remarquable d’un savant ingénieur qui joint à une grande pratique industrielle de profondes connaissances théoriques. Il constitue aujourd’hui le meilleur guide pour les ingénieurs qui ont à utiliser ou à calculer des moteurs ou générateurs synchrones. Dans le tome II, l’auteur étudie les alternateurs monophasés, la détermination clés pertes, le moteur synchrone, la mise en parallèle des alternateurs, les effets d’un court-circuit brusque: il -établit à titre d’exemple un projet d'alternateur à pôles saillants et un projet de turboalternateur.
- Tournage mécanique (Eléments, travaux simples), par* R. Jumentier. I vol. 215 p., 294 tig. (Collection des Manuels d’enseignement technique'Nardon). Masson et C"', éditeurs, Paris, 1926. Prix : 9 francs.
- Ce volume, destiné aux apprentis tourneurs, contient une description du tour et de ses accessoires, accompagnée de dessins schématiques liés clairs, et de nombreux exemples pratiques de travaux de tournage divers dont l’explication détaillée fait comprendre à l’élève comment s’exécutent les opérations de tournage. L’exposé est ordonné suivant une progression méthodique; il est à la fois instructif, clair, attrayant et éminemment pratique, il répond parfaitement à son but : aider les apprentis et ouvriers à apprendre et à comprendre leur métier.
- Le problème de chimie, par'J. Duval. 1 vol. 116 p. Albert Blanchard, éditeur, Paris. Prix : 10 francs-
- Recueil de 5o problèmes de chimie, avec leurs solutions. Les exercices bien choisis, montrent comment l’on applique - les lois générales de la chimie; ils seront utiles aux candidats aux examens qui comportent des problèmes de chimie.
- Die natürlichen Pflanzenfamïlien, 20 édition par A. Engler. Yol. xnr. Gymnospermes, par R. Pilger,
- 1 vol. in-8, 447 P-, 240 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : broché, 28 marks; relié, 34 marks.
- Suite de la publication du plus important traité de classification botanique. Le volume XIII qui paraît aujourd’hui est consacré aux Gymnospermes actuelles et fossiles. Les Cycadofilicées du carbonil'érien et du permien sont étudiées par M. W. Golhan qui examine successivement celles dont on connaît tous les organes, puis les débris moins*complets qu’on a rencontrés. Puis viennent les Cycas, les Ginkgos, dont quelques espèces actuelles permettent de mieux comprendre les restes de celles fossiles, les Cordaïtées des terrains houillers. Les deux dernières classes renferment un plus grand nombre de formes actuelles, ce sont les Conifères dont M. Pilger examine la phylogénie et la systématique, M. Engler la distribution géographique, MM. Pilger et Krausel les différents genres, et les Gnétales, dont l’extraordinaire Welwitschia de l’Afrique du Sud, que M. Markgraf présente dans leur anatomie et leur développement.
- T.e Cassis, histoire, culture, débouchés, industrie, par J. YERciBR. i vol. 153 p,, 25- fig. Librairie agricole delà Maison Rustique. Prix : 6 francs.
- La France récolte de 12 à 14 millions de kilogs de cassis valant une quarantaine de millions de francs. M y a donc là un produit intéressant et rémunérateur. L’auteur, fort compétent en cette matière, donne tous les renseignements utiles pour la culture, la taille, la cueillette, l’extraction des pulpes et la préparation
- . des liqueurs, „
- Manuel. d’Organisation commerciale moderne, par M.. Albert Navahri-:. i vol. in-18 de 3 j6 p. avec fig. J.-B, Baillière et fils, éditeur, Paris, 1926. Prix :
- 14 francs.
- L’auteur décrit et résume le fonctionnement d’affaires diverses, expose ' la marche de petites et® moyennes maisons en même temps que les rouages de grandes administrations. Il donne ainsi une série de leçons de choses profitables.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2?l3
- 3 Avril 1926
- La téléphonie sans-fil entre l’Europe et l’Atlantique. — Une expérience remarquable a été réalisée à Londres, au début du mois de mars dernier. Des conversations téléphoniques ont été échangées entre New-York et Londres et ont été nettement perçues de part et d’autre. Ce n’est pas la première tentative heureuse de téléphonie sans fil entre l’ancien et le nouveau Continent; déjà un premier essai avait été effectué avec succès, il y a quelques mois, mais seulement dans le sens Etats-Unis-Angleterre. C’est la première fois que des communications bilatérales sont échangées à pareille distance. Yoici comment ont été effectuées ces transmissions téléphoniques. Partant de Londres, les conversations sont transmises par un câble téléphonique souterrain, et au moyeu de deux stations de relais répéteurs, jusqu’au microphone de la station radioélectrique du Post Office à Rugby. De là, elles franchissent l’Océan au moyen des ondes hertziennes et sont reçues parle poste de Houlton, dans l’Etat du Maine; en ce point, elles sont .a nouveau retransmises sur fil et parviennent à New-York, c’est-à-dire à près de iooo'km du poste récepteur grâce à l’aide de deux stations de relais répéteurs. Les conversations émises de New-York suivent un circuit différent. Elles sont transmises par fil jusqu’au poste radio de Rock-Point, dans Long Island, distant de 112 km, qui leur fait franchir l’Atlantique ; elles sont reçues en Angleterre au poste de Wroughton, près de Swindon, et de là, retransmises sur fil jusqu’à Londres, à i5o km.
- Du côté anglais, la longueur d’onde utilisée est de 5770 m. ; du côté américain 5260 m. La puissance mise en jeu de chaque côté est d’environ 200 kilowatts.
- Nous avons déjà exposé le principe mis en œuvre pour réaliser ces transmissions téléphoniques à grande distance, sans dépenser dans les postes émetteurs une énergie excessive. Il ne sera sans doute pas inutile de le rappeler. Dans la téléphonie sans fil ordinaire, avec laquelj^ aujourd’hui sont familiarisés les innombrables amateurs de concerts et conférences radiodiffusés, on utilise pour 1 émission une onde électrique entretenue, de fréquence constante que l’on module en faisant varier son amplitude à la fréquence acoustique des sons à transmettre. L’onde ainsi modulée, dite onde porteuse, est captée par l’antenne réceptrice; détectée, c’est-à-dire redressée et transformée en courant ondulé d’un seul sens. Les ondulations de ce courant correspondent aux fréquences acoustiques des sons transmis; elles peuvent faire vibrer la membrane d’un téléphone et ainsi reconstituer, tout au moins approximativement, les sons originels.
- On démontre aisément qu’une onde porteuse ainsi modulée se comporte en réalité comme la résultante de trois ondes composantes élémentaires ; l’une a la fréquence fondamentale de Ronde porteuse; les deux autres, dites ondes latérales, ont respectivement une fréquence égale- a celle de l’onde porteuse, augmentée ou diminuée de la fréquence acoustique des sons transmis. Or, pour assurer la transmission téléphonique, il suffit de transmettre l’une des ondes latérales. C’est ce que l’on a fait dans les expériences actuelles de téléphonie transatlantique. L’onde porteuse et l’une des ondes latérales sont étouffées au poste d’émission au moyen de circuits filtres. Au poste récepteur, on reproduit l’onde porteuse en couplant au circuit de réception un oscillateur local; la combinaison de cette onde avec l’onde latérale donne une onde résultante modulée, qui après détection agit correctement sur le téléphone.
- L’expérience remarquable qui vient d’ètre effectuée avec plein succès ne marque pas encore l’ouverture d’un service téléphonique régulier et commercial entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Pour en arriver là, a déclaré M. Sluaghnessy, directeur du Service radioélectrique du Post Office anglais, il reste à résoudre encore de nombreux problèmes, non seulement de téléphonie sans fil, mais aussi et peut-être surtout de téléphonie terrestre.
- La recherche du pétrole en France. — Dans une réunion tenue sous la présidence de M. Charles Barrois,
- membre de l’Institut, le Comité Scientifique du Pétrole a procédé à l’inventaire des travaux de prospection et de sondages poursuivis par l’Office National des Combustibles liquides.
- M. Barrabé a présenté un rapport sur les derniers résultats obtenus dans le champ de Gabian, où la production du puits n° 6 se maintient à près de 5o m3 par jour en moyenne; deux nouveaux forages sont en cours et un troisième va être immédiatement entrepris.
- Le Comité Scientifique a, d’autre part, constitué une nouvelle mission géologique composée de MM. Léon Bertrand, Gignoux et Glangeaud, chargée d’étudier les conditions dans lesquelles les travaux de sondages en Limagne vont être immédiatement poursuivis et développés.
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- Les précurseurs des instruments de musique automatiques. — On sait le développement pris de nos jours par certains instruments de musique automatiques : le piano automatique surtout s’est répandu. Mais l’on a construit aussi des violons automatiques. L’idée en est très ancienne, et les premières réalisations en remontent fort loin. Le Dr Gillay, de la Haye, a bien voulu nous envoyer un travail qu’il a publié en 1918 dans la revue hollandaise La Nature, travail consacré au P. Mersenne, le célèbre ami de Descartes, de Iluy-ghens, et de Fermât, et à ses idées sur le son;, il relève dans l’ouvrage IJ Harmonie Universelle, publié en 162.7, d’intéressants passages sur les instruments de musique automatiques. C’est ainsi que le P. Mersenne décrit un clavecin inventé par un Allemand et qui produit des sons analogues à ceux du violon. Les cordes y sont attaquées par des cylindres tournants dont la surface est recouverte de cuir; ces cylindres sont mis en mouvement par des roues dentées et des ressorts.
- Mais Mersenne ajoute que l’on ne saurait ainsi obtenir les mêmes effets qu’avec l’archet. « On n’a pu suppléer les mouvements de la savante main de ceux qui charment les oreilles par les instruments à manches touchés et non touchés ». Dans le même ouvrage, il parle d’un instrument qui évoque déjà l’idée du piano automatique, et qui est mù par des ressorts. <ç Et je ne doute pas, ajoute-t-il, que l’on ne puisse remplir une ville tout entière de musique, de sorte qu’il n’y aura nulle maison qui n’ait son harmonie, lorsqu’on lâchera quelque ressort » Et M. Giltay nous apprend qu’en Holland.e, à cette époque, un facteur d’instruments de musique d’Amsterdam, du nom de Peter Pampis, construisit un piano automatique qui fut essayé en 1628 par deux organistes.
- Séchage artificiel des bois. — La Société Dyle et Bacalan, à Louvain, emploie, pour le séchage artificiel des bois, un procédé comprenant deux phases :
- i° La phase d'humidification ;
- 20 La phase de séchage.
- Primitivement, l’humidification se faisait par un arrosage continu des pièces de bois pendant un mois.
- Pour augmenter la production, on organisa d’abord un bac-réservoir à eau courante, puis un chenal en ciment dé 40 m. de longueur, sur 1 m. de largeur et 48 cm de profondeur, dans lequel les pièces de bois sont soumises à l’action de l’eau courante. -
- Les bois étant ainsi désévés, il suffit, pour évaporer rapidement l'eau d’imbibition privée de sève, de placer debout les pièces de bois pendant une quinzaine de jours dans un magasin bien aéré.
- On peut alors envoyer de suite le bois aux machines-outils. .
- Les bois ainsi traités conservent leur aspect naturel après rabotage; ils ne se gercent pas ; on ne constate aucun voile appréciable,'même en été, et les joints des assemblages restent en contact complet.
- Ce procédé simple, pratique, est cax'aclérisé surtout par l’élimination de la sève, ce qui facilite et hâte le séchage.
- Production mondiale du riz. — On sait que l’Agence générale des colonies et le Comité d'encouragement aux
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- INFORMATIONS
- AS.
- recherches scientifiques coloniales publient plusieurs revues consacrées aux cultures, dont une s intitule Riz et riziculture. Dans le dernier numéro de celle-ci, on trouve de nombreuses données statistiques, la plupart extraites du Rice Journal. On y voit que la production mondiale de riz a été, en 1924, pour les quinze pays qui ravitaillent-le monde, et à l'exclusion de la Chine, de 60 566 426 short ions (de 907 kg), en augmentation de 8 pour 100 sur la récolte de l'année précédente.
- Les i5 grands pays producteurs se répartissent ainsi :
- Production en short tons.
- Pays 1923 __ 1924
- Etats-Unis. . . . 468.292 4/1 611
- Guyane anglaise . 21.280 28 5oo
- Espagne iG5.049 20 X 104
- Italie ' . 354.437 374 244
- Bulgarie 5.658 6 619
- Egypte i52.4o4 217 5oo
- Indes . . ^ . . . 31 581.610 34 7*9 587
- Japon 8 708.968 8 980 356
- Corée 2 362.256 2 . oi3 612
- Formose. .... 764•a38 958 192
- Siam 3 017.232 3 366 512
- Indo-Chiné. . . . 3 606.340 3 908 000
- Philippines. . . . 1 .35i.568 1 283 290
- Ceylan 148.146 172 840
- Java et Madura. . ï .628.516 . 3 862 •459
- Total . . . 54 .335.996 Go .566 426
- Pour la Chine, les données statistiques manquent, mais on pourra se faire tout au moins une idée de sa consommation par l’étude de M. C. O. Levine, parue dans le même journal. Un Chinois mange par jour 375 gr. de riz, soit par an 13y kg. Comme on compte en Chine 4°° millions d’habitants, la consommation s’élève à 54,8 millions de tonnes métriques, dont la plupart produites dans le pays même. '
- Les palmiers de Louis XI/ au Muséum. — Le
- public parisien connaissait bien les deux grands palmiers (Cnamærops kumilis) en caisse qui ornaient l’entrée de l’Orangerie au jardin des Plantes. Leurs étiquettes portaient qu’ils avaient été offerts à Louis XIY par Charles III, margrave de Bade-Dourlach.
- Chaque printemps, on voyait sortir, les caisses ; chaque automne, on les voyait rentrer. Les arbres étaient devenus si grands qu’il fallait les courber pour leur faire franchir la porte de l’Orangerie. L’un d’eux mesurait 8 m, l’autre atteignait 9 m. Il y a quelques années, leur feuillage avait atteint la toiture du bâtiment qu’on avait exhaussée pour qu’il ne frotte pas; puis on les mit en pleine terre dans le pavillon froid des grandes serres où ils disposaient de plus de hauteur. Malgré ces soins, leurs tiges commencèrent à se courber, menacèrent de se rompre et force fat de les abattre.
- M. C. Bois vient d’établir dans le Bulletin du Muséum l’acte de décès de ces deux arbres célèbres et plus que bicentenaires.
- Ce que peut transporter une fourmi. — M. G.-H.
- Parker, de Harvard University, a profité d’un séjour au laboratoire de l’ile Barro Colorado, dans le lac Gatun, sur le canal de Panama, pour étudier l’activité des fourmis tr opicales en liberté dans la jungle. Il vient de publier dans Psyché les résultats de ses observations.
- Un nid de fourmis de l’espèce Atta columbica fut choisi d’où partaient cinq pistes allant vers la jungle. L’auteur chronométra le nombre d’individus qui passaient sur chaque piste en une minute, se dirigeant vers la fourmilière et chargés de débris de feuilles. Sur la piste la plus fréquentée, il en compta i5i à 184, sur la deuxième Si à 81, sur la troisième 49 à Gi, sur .la quatrième x à 6, et sur la cinquième o à 5. Les moyennes furent 162, 69, 53, 3 et 2, leur total 290. Comme toutés portaient des fragments de feuilles, M. Parker pesa celles-ci et obtint un poids total de 3,35 gr. apportés à la fourmilière par minute. Cela correspond à plus de •200 gr. par heure et plus de 2,4 kg en douze heures de jour. Chaque fourmi parcourait pendant les heures les plus chaudes de 1,2 à i,5 m. par minute. Ces quelques chiffres peuvent donner fine idée de l’activité d'une fourmilière tropicale.
- "Nouvelles de T. S. F.
- La téléphonie sans fil et le Stock Exchange. —
- Les financiers de la Bourse de Londres ont suivi avec un vif intérêt les essais de radiotéléphonie transatlantique qui ont été effectués récemment. Un service régulier de communication transatlantique rendrait, en effet, les plus grands services pour tes opérations de la bourse des valeurs ou des marchandises. 11 serait cependant nécessaire, évidemment, d’établir un système de transmission secrète.
- La radiophonie en Russie. — Un système de taxes sur les postes récepteurs est actuellement institué dans la Russie Soviétique. Ces taxes sont calculées, non pas d’après le genre des appareils récepteurs, mais d’après les catégories d’amateurs. Ces catégories sont au nombre de trois.
- La première comprend : les. soldats et les marins de l’armée rouge, les invalides de la guerre et du travail, les élèves fonctionnaires, les paysans pauvres, etc., le prix de la licence est de 5o kopecks.
- Dans une 2e clqsse sont rangés les ouvriers, les fonctionnaires, les officiers, etc., la taxe est alors d’un rouble pour les appareils à galène, et de 2 roubles pour les appareils à lampes.
- Enfin les autres classes de citoyens : employés, commerçants, etc., versent 5 roubles pour les appareils à galène et 10 roubles pour les appareils à lampes.
- Les clubs d’ouvriers, de paysans, etc., payent 3 roubles pour les appareils à galène et 5 roubles pour les appareils à lampes.
- Les établissements commerciaux payent de To à 3oo roubles, les restaui’ants flottants et les wagons-restaurants 75 roubles, t
- Le succès de la radiophonie en Amérique. — A
- New-York, il y a une famille sur trois qui possède un poste de T. S. F. Dans les autres parties des Etats-Unis la proportion est de 1 sur 5.
- La radiophonie en Tchéco-Slovaquie. — «^1 y a
- maintenant plus de 32 000 amateurs pourvus de licences en Tchéco-Slovaquie. L’inauguration récente de la station de Stranitz a eu une influence très grande sur l’augmentation de ces licences. t
- La T. S. F. dans les mines. — D’après le journal Excelsior un appareil récepteur aurait été installé dans la mine de sel de Kalitcz en Pologne, à i5oo m. au-dessous du_ niveau du sol. Malgré cette position «normale, le poste récepteur a permis d'entendre les radio-concerts de l’Europe centrale.
- Le poste Radio-Toulouse. — Le poste radio-Toulouse continue ses excellentes transmissions avec une puissance qui atteint 2 lcw sur une longueur d’onde de 43o m. Celte station a transmis dernièrement plusieurs actes d’une opérette jouée au théâtre des Variétés de Toulouse. Cette émission a été parfaitement entèndue dans toute l’Europe, .elle présentait la particularité d’avoir été réalisée sans aucune ligne téléphonique.
- Un poste émetteur sur très courtes longueurs d’onde était installé dans le centre même du théâtre et l’émission reçue au poste de Radio-Toulouse était retransmise par les appareils habituels.
- Nouveaux essais de réglementations des longueurs d’onde. — De nouveaux essais réalisés par l’Office international de radiophonie dé Genève consistent à affecter la même longueur d’onde à plusieurs stations d’émission, par exemple à Bruxelles et Borne-mouth' Berlin et Bournemoutli, etc.; le l'ésullat de ces essais sei’a fort intéressant.
- La nouvelle station de Rome. — La nouvelle station à grande puissance de Rome vient de commencer ses essais; sa puissance est de i5 lcw. L’ancien poste de 6 kw va être transporté à Naples.
- La radiophonie en Hollande. — On annoncé que la nouvelle station d’Hilversum de 25 kw a commencé ses essais sur une longueur d’onde de io5o mètres.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Travaux d’amateur
- Pose d’un cordon de tirage. — Le cordon de tirage permet, par une simple manœuvre, d’ouvrir les deux rideaux qui coulissent sur une barre placée à la partie supérieure.
- Les rideaux sont suspendus à des anneaux. Généra-lement le bâton comporte une rainure, d’un bout à l’autre, qui est tournée vers le plafond de la pièce, lorsqu’il est mis en place. Cette rainure est munie, à chaque extrémité, dé roulettes; d’un côté la roulette est horizontale, de l’autre deux roulettes juxtaposées sont verticales et elles se trouvent à l’aplomb d’un trou qui traverse le bâton de part en part, de manière à laisser passer les extrémités du cordon de tirage.
- La fenêtre comporte deux rideaux séparés suspendus à la barre; ils se réunissent au milieu lorsqu’ils sont fermés. Ils sont reliés au bâton au moyen d’anneaux dont le nombre varie suivant la largeur du rideau, de 5 à 7 anneaux en général. Les anneaux d’extrémités sont rendus fixes en étant placés, par rapport au milieu de la barre, de l’autre côté du piton qui la supporte. Ils sont donc ainsi immobilisés et ce sont les anneaux du centre qui jouent le rôle principal, qui détermineront le mouvement du rideau pour l’ouverture et la fermeture.
- Poulie
- horizontale
- Nœud
- Tringle
- Pou/ies
- verticales
- Glands rm
- Fig. i. — Schéma de la pose'du cordon de tirage. .
- Pour mettre lè bâton en placé, il faut d’abord poser la ferrure qui le supporte. Pour une fenêtre de i m- 60 de largeur on prendra un tube ou une barre qui a x m. 70 de trou à trou. Lé décor est généralement placé sous corniche et lorsqu’on a vérifié la longueur des rideaux, on indique sur le mur l’emplacement des ferrures. Il est généralement nécessaire de tamponner le trou eé, pour éviter des dégâts, on dispose sous l’endroit où se fait le tamponnage Un cornet de papier qui servira à l’ecevoir lés débris. Après avoir enfoncé le tampon dê bois au marteau, on pose la ferrure bien d’aplomb en préparant le trou au moyen d’une vrille ou d’une pointe Cassée*
- Il ne reste plus qu’à mettre en place le bâton qui se monte sur des tenons placés à l’extrémité de la ferrure. Après avoir enfilé tous les anneaux et avoir laissé en dehors de la patte lé dernier anneau d’extrémité, on met en place les pommes terminales du tube et il ne reste plus qu’à placer le cordon de tirage.
- Pour-dé terminer la longueur nécessaire, on mesure la distance du bâton au sol, on ajoute la largeur de la fenêtre d’une poulie à l’autre. La somme que l'on obtient est multipliée par deux et l’on ajoute encore a5 à 3o cm pour les nœuds et les attaches au milieu du cordon.
- On fixe au moyen d’un nœud le premier anneau du rideau de droite.
- L’une des extrémités du cordon passe dans l’une des poulies de droite, de manière que ce cordon s’enfile dans tous lés anneaux successivement, mais d’une manière libre.
- L’autre partie du cordon est placée de la même façon dans les anneaux du rideau de gauche»
- On le fait passer ensuite sur la- poulie horizontale, puis dans les anneaux du rideau de gauche à nouveau, de l’autre côté.
- On ferme le rideau bien exactement au milieu et le cordon qui vient de passer dans les anneaux de gauche est fixé au premier anneau du rideau de gauche. .
- -Le cordon étant bien tendu, on fait passer ensuite cette même extrémité de cordon dans les anneaux du rideau de droite du côté opposé au cordon qui s’y trouve déjà et on passe sur la deuxième poulie verticale.
- On a ainsi les extrémités du cordon de tirage qui
- Garnitures c/e pou/ies
- Fig. a. — Matériel nécessaire à la pose du cordon.
- Fit
- 3. — Nœud placé sur anneau.
- descendent verticalement et qui sont libres. On les termine par des glands ou bien on les fait passer sur une poulie placée dans le bas. Dans ce cas, elles doivent être tendues assez fortement.
- Cettë poulie n’est pas nécessaire, il suffit que les extrémités du cordon de tirage se trouvent à portée de la main. Si l’on n’a pas de gland spécial en cuivre ou en bois, on peut utiliser une masse de plomb et on la recouvre d’une passementerie quelconque.
- Généralement on choisit le cordon d’une teinte assortie au rideau, car le cordon est visible s’il se termine pâr des glands, au lieu d’avoir une poulie tendeur généralement placée à l’intérieur du rideau.
- Au lieu d’une barre creuse avec poulie horizontale et deux poulies verticales, on se sert parfois d’un tube étamé qui est soutenu par deux ferrures ' comportant,, l’une la poulie horizontale, l’autre le jeu de deux poulies verticales.
- Le procédé déposé est lemême, mais en général les anneaux sont
- petits et il vaut anieux ne pas faire passer .le cordon dans l’intérieur de ces anneaùx.
- Le cordon de tirage doit être suffisamment résistant et il doit être en rapport avec le poids des rideaux qu’il faut manœuvrer. Il sera d’un seul morceau, c’est-à-dire sans nœuds une fois qu’il est posé. Les nœuds en effet donneraient de la difficulté au passage sur les roulettes et ils pourraient s’accrocher sur les anneaux.
- Le nœud que l’on doit faire pour fixer le cordon sur l’anneau est indiqué par la figure 3. Il enserre l’anneau et la partie épaisse du nœud doit se trouver vers l’intérieur.
- Lorsqu’il s’agit d’un store simple, on peut organiser un système de va-et-vient très facilement.
- Le cordon de tirage est, dans ce cas, fixé à un seul anneau, celui qui se trouve dü côté de la roulette unique.
- Le cordon passe ensuite sur l’une des roulettes verticales à l’intérieur des anneaux. .
- Il est fixé au dernier anneau.
- Il passe sur la roulette horizontale, revient à nouveau à l’intérieur des anneaux et passe sur la seconde roulette verticale.
- On pourrait aussi utiliser un bâton avec une rou’etle unique à chaque extrémité.
- DaüS ce cas, le cordon passe uniquement et les deux
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- Nd‘ud
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- extrémités pendent de chaque côté de la fenêtre. On tire d’un côté pour ouvrir le rideau et de l’autre côté pour le fermer.
- Il est alors obligatoire de munir les extrémités de glands. Ceux-ci sont terminés de part en part par un trou, on enfile le cordon de tirage, on fait un nœud à l’extrémité du cordon qui le retient à l’intérieur du gland. '
- Chauffage
- Appareil broyeur de coke. — L’emploi du coke dans les appareils de chauffage est intéressant, mais
- exige fréquemment que, pour des foyers de petites dimensions, le coke soit suffisamment fragmenté.
- Or, il est difficile de casser de gros morceaux de coke sans perdre une certaine quantité de combustible.
- On a imaginé un petit appareil concasseur à levier, qui est constitué par un bâti fixe formant entonnoir.
- Dans le bas se trouve une mâchoire mobile qui vient presser le coke contre une partie formant broyeur, sous l’action d’un levier à main.
- Cet appareil se fixe commodément contre le mur ou une cloison en planches au moyen de boulons ou de vis.
- On le place à hauteur suffisante pour que la manœuvre du levier soit facile. Sous le broyeur de coke, on pose le seau à charbon et le coke à concasser est simplement versé à la partie supérieure de l’appareil. Par les manœuvres successives du levier, on produit du coke très fragmenté qui tombe dans le seau.
- Lorsqu’on n’utilise pas l’appareil, le levier est désen-clanché et un système de crochet, prévu sur le manche du levier, permet de le fixer au mur, de sorte que l’encombrement de l’appareil hors service est pour ainsi dire nul.
- Ce broyeur de coke peut être placé facilement dans la cave à charbon où les poussières dégagées par le broyage du coke ne présentent pas d’inconvénient.
- Constructeur : Wood, Russell et C°, Oxford Street, London, W. I. '
- Amplificateur de tirage J.-L — Cet appareil, très solide (en tôle galvanisée), se posant sur toutes cheminées ( grandes ou petites ) n’ayant pas suffisamment de tirage, se compose :
- i° d’un tuyau A muni de 3 ou 4 tubulures B formant aspiration suivant la grandeur de la cheminée ; ces tubulures sont disposées sur une collerette C, de grande dimension, afin de maintenir l’air ;
- 2° d’un chapeau D.
- L’air arrivant dans la collerette C passe dans les tubulures B, sort par l’orifice du tuyau A et aspire la fumée intérieure delà cheminée, formant ainsi aspirateur de sortie contre les remous du vent.
- Avec cet amplificateur,- d’un fort rendement, il ne peut y avoir de foyers fumants, puisque la fumée étant refoulée dans le tuyau A ressort par les tubulures.
- Egalement plus d’humidité dans les cheminées en tôle, puisqu’il suffit pour cela de placer l’appareil à o m. 5o environ dg la base de la cheminée.
- L’air froid pénétrant immédiatement à la base refroidit l’air chaud intérieur et l’amène à la température
- Fig. 6.
- Amplificateur J. L.
- extérieure, ce qui empêche la condensation à l’intérieur du conduit.
- Fabricant : J. Lécaillet, 19, rue Jules-Barin, Amiens (Somme).
- Horticulture
- Perfectionnement à l’échenilloir. — Il arrive très fréquemment, lorsqu’on se sert de l’échenilloir, surtout avec un long manche et par conséquent une grande longueur de corde, que celle-ci échappe à la main; lancée brusquement en l’air par la détente soudaine du ressort, elle forme anse molle au-dessus de la poulie dans la gorge de laquelle elle ne retombe que bien rarement.
- Dans la très grande majorité des cas, la corde vient se mettre à cheval sur un des côtés de la chape.
- Si on ne s’en aperçoit pas et qu’on continue à manœuvrer, la corde se coupe sur l’arête vive de la chape. Si on s’en aperçoit, il faut ramener la chape à portée de la main et replacer la corde dans la gorge..
- L’une et l’autre éventualité sont désagréables : pour s’y soustraire, il faut forcer la corde à toujours retomber dans la gorge de la poulie, ou mieux à ne pas la quitter.
- Dans une 1 ôle d’acier de 6 ou 7/10, découpons à la cisaille une pièce telle que figure 7 et arrondissons les coins.
- Courbons avec précaution, dans l’étau sur a' f et b' e, les deux flasques pour obtenir la figure 8, l’écart a b' dépendant de la largeur de la chape„ de la poulie.
- Repoussons au marteau, vers le haut, les arêtes a' b' et e f, puis coiffons nôtre chape de poulie avec la pièce ainsi obtenue.
- Nous avons alors le dispositif de la figure 9, vu par devant, où a" b" dé- aZ
- signe l’ancienne arête a b' qui a été repoussée.
- La figure 10 est une vue de côté.
- Ayant pointé au préalable les deux t trous de rivet r et r' sur une des flasques de -notre pièce, nous l’ajustons paifai- Fig. 9. tement sur le bras de l’échenilloir de . Le dispositif façon que la corde passe librement sous le pont, mais n’ait, entre la poulie et ce pont, qu’un jeu très inférieur à son diamètre. Il est commode, pour faire cet ajustage, de serrer le bras de l’échenilloir dans l’étau.
- Une fois la mise en place obtenue, on serre vigoureusement, pour que rien ne se déplace, la pièce sur le bras avec un étau à main ou une petite presse, puis on perce les trous r et r' et on rive.
- Le dessous du pont doit être bien lisse pour que la corde, si elle vient à sauter, n’éprouve aucun obstacle à sa retombée dans la gorge de la poulie.
- En raison de la variété des échenilloirs, nous ne don-
- par devant.
- ù>"
- r\
- Fig. 7 etj8. — Tôle d’acier découpée et recourbée pour former le pont.
- a" r
- 10. — Échenilloir modifié vu de côté.
- nons pas de cotes : c’est à l’exécutant qu’il appartient de prendre les mesures nécessaires.
- Disons seulement que la confection préalable d’un gabarit en carton facilite grandement la tâche.
- Sexagenarius.
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- VARIETES
- o5$r
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : VIOLETTE ODORANTE
- Le groupe des violettes a pour seul représentant officinal, mais non thérapeutique, la Violette odorante (Viola, odorata L.) Famille des Violariées, appelée parfois Fleur de Mars, Violette de Mars, Violette cultivée. On lui mélange très souvent la Violette bleue d’Auvergne et la Violette des Cévennes ( Viola sudetica) ? la Violette ou mieux la Pensée des Alpes ( Viola calca-rata), ainsi que la Violette à grande fleur ( Viola grandi-flora). On lui substitue même parfois la Violette inodore ou Violette des chiens ( Viola canina) dont l’action, d’ailleurs, est peu différente.
- Habitat. — Elle est assez répandue, en France, dans les bois, les haies et les lieux ombragés.
- Description sommaire. — Petite plante herbacée à rhizome rampant, noueux, produisant des stolons traçants, très allongés. Feuilles radicales ovales, un peu cordiformes, celles des stolons réniformes. Fleurs (mars à mai), violettes ou bleu pourpre, rarement blanches, très odorantes, solitaires à l’extrémité de pédoncules axillaires ou radicaux. Fruit (capsule) globuleux, uniloculaire, polysperme. Graines turbinées et blanchâtres.
- Culture. — Elle réussit à peu près dans tous les sols, excepté dans ceux qui sont trop secs ou trop humides, argileux, calcaires ou légers en excès. Elle prospère surtout dans un terrain bien ameubli, profond, frais, riche en humus et dans une situation à demi ombragée. Un terrain contenant de l’oxyde de fer avive la couleur des fleurs et des feuilles. La violette est très cultivée en Provence comme plante à parfum aux côtés de la violette de .Parme ou violette double ; elle l’est aussi aux environs de Toulouse pour le bouquet et la confiserie.
- Multiplication. — On l’effectue de trois manières différentes : a) par les graines; b) par les stolons ou coulants; c) parla séparation des touffes, mais comme les deux derniers sont à peu près les seuls employés, je ne parlerai que d’eux.
- Le terrain doit être préparé quelques mois à l’avance par un défoncement estimé par certains à o m. 3o à o m. 40 et, par d’autres, entre omJoàom. 70, convenablement fumé, par des engrais à décomposition lente comme le fumier de ferme ; on donne une dernière façon un peu avant la plantation.
- Par stolons et par séparation des touffes. — Les stolons séparés du pied mère sont mis en pépinièi'e en septembre-octobre pour les planter en mars-avril, ou bien, mais plus rarement, on leur réserve un carré ou une planche inclinée au sud, à une bonne exposition. Subordonné à la région, le moment de la plantation varie depuis l’automne jusqu’au printemps. L’espacement entre les pieds est également variable, tantôt en lignes distantes de o m. 5o, tantôt de o m. 40 à o m. 5o dans tous les sens. L’intervalle dans la ligne mesure o m. 25 à o m. 3o; les planches possèdent habituellement 2 m. de largeur et sont séparées par de petits ados. On met souvent plusieurs pieds dans le même trou.
- Soins culturaux. — Ils consistent, comme dans presque toutes les plantations, en arrosages pour faci-- liter, d’une part, la reprise et, d’autre part, le prompt développement de la plante, puis en binages, sarclages et fumures. A l’égard de celles-ci, MM. A. Rolet et Bouret conseillent de répandre après la plantation 15 à 20ggr. de nitrate de soude par mètre carré. A l’automne suivant, si la végétation est languissante, si les plantes sont éprouvées par les maladies et les insectes, on répand encore la même dose de cet engrais. Enfin, en novembre, avant l’arrosage, on sème entre les lignes i5 à 20 gr. de nitrate ou de sulfate d’ammoniaque, 5o à 60* gr. de superphosphate et i5 à 20 gr. de sulfate de potassium.
- Dans le Jardin familial, où l’on ne tient pas autant à la production hivernale des fleurs, on peut se contenter de la première fumure et d’arroser les touffes avec de l’engrais humain mélangé d’eau dans la proportion de 2/3 de celle-ci avec un tiers d’engrais.
- Rendement. — Sur le littoral de la Méditerranée, M. Sauvaigo a observé qu’un pied n’est en plein rap-' port qu’à la deuxième année de sa plantation, et qu’un mètre carré de violettes peut donner, en moyenne, 3oo à 400 gr. de fleurs la troisième année. D’après lui, on
- refait les plantations tous les 4 ans, d’autres reculent à 5 ans; mais, s’il s’agit de fournir en même temps des fleurs d’hiver pour la bouqueterie, en terrain frais ou arrosable, on a intérêt à créer de nouvelles cultures tous les deux ans (A. R. et D. B.).
- Récolte. — Elle se fait, par temps sec. pendant toute la durée de la floraison de mars à mai. On a soin de ne cueillir que les violettes à peine épanouies mais sans leur pédoncule ; c’est ainsi qu’on doit opérer dans le Jardin familial et non pas avec leur queue comme on a tendance à le faire.
- Toutefois, lorsque les fleurs sont abondantes, on a conseillé, dans les Hautes-Alpes, pour aller plus vite, de se servir d’un instrument à la portée de tous, d’un grand peigne ou démêloir qui permet de ramasser une certaine quantité de fleurs à la fois. Comme cet instrument doit ramasser en même temps des débris de feuille, on peut se demander si leur enlèvement, qui est obligatoire, ne fait pas perdre le temps gagné sur la cueillette à la main.
- Dans certaines régions on récolte aussi, mais en bien moindre quantité, les feuilles au moment de la floraison et les racines à l’automne.
- Séchage et conservation. — Il faut sécher les fleurs le plus tôt possible en les étalant en couches minces sur du papier ou sur des toiles dans un grenier ou hangar très aéré, ou de préférence dans une étuve quand la récolte est abondante; il ne faut pas les remuer. D’aucuns ont conseillé la dessiccation au soleil en prenant la précaution de recouvrir les fleurs avec un papier, afin de ne point altérer leur couleur et leur parfum. Aussitôt le séchage terminé, ce qui demande une semaine environ, on met en sacs, ou mieux dans de grands bocaux bien bouchés, les fleurs encore tièdes, et on les garde dans un local sec, sain, à l’abri de la lumière qui, en les décolorant, leur enlèverait une partie de leur valeur marchande.
- Composition chimique. — Les fleurs de violette contiennent \de la violine dont les propriétés se rapprochent beaucoup de celles de l’émétine et lui ont valu le nom d’émétine indigène; en outre, des traces d’acide salicy-lique, un glucoside (viola quercitine), une huile essentielle, deux acides, une matière colorante qui rougit par les acides et verdit par les alcalis.
- Propriétés thérapeutiques. — Si les Modernes ont fait de la violette « l’emblème de la modestie », il n’en est pas de même chez les Anciens qui, entre autres « vertus », lui reconnaissaient celle de dissiper l’ivresse; aussi, comme l’a rappelé le Dr H. Leclerc, dans son « Etude sur la Violette » (Courrier médical, 1920), les Anciens avaient-ils l’habitude de s’en ceindre le front dans les festins. L’Ecole de Salerne la considérait comme le remède (proh pudor!) le plus efficace de la migraine a cràpula...
- De nos' jours les fleurs constituent encore un remède populaire pour leurs propriétés sudorifiques, béchiques-et expectorantes; elles font partie des fleurs pectorales du Codex. Les feuilles sont réputées émollientes et diurétiques, les racines purgatives et vomitives.
- Préparations pharmaceutiques. — On peut employer les fleurs, les feuilles et les racines, mais les premières sont toujours, à vrai dire, les seules très, fréquemment usitées ; toutefois les dernières ont été regardées depuis longtemps comme le meilleur succédané de l’ipéca-cuanha. Le Codex prescrit comme infusion 10 gr. de fleurs dans un litre d’eau bouillante pendant une demi-* heure.
- Le savant thérapeute’1 sus-désigné conseille, comme émétique, de faire bouillir i5 à 20 gr. de racines finement incisées dans 3oo gr. d’eau jusqu’à réduction de moitié, et, comme expectorant, 4 où 5 gr., et d’édulcorer la décoction avec 5o gr. de sirop de fleurs fraîches. Celui-ci est préparé avec 100 gr. de pétales frais de violettes mis à infuser 1% heures dans un litre d’eau bouillante dans un récipient*couvert, L’infusion, après dépôt de quelques heures et décantation, est additionnée de 1B00 gr. de sucre blanc qti’on fait dissoudre au bain-marie couvert. Ce sirop d’un vert foncé, quand il est bien préparé, est de goût agréable. On l’administre aux jeunes enfants par cuillerées à café.
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- En chimie, ce sirop étendu d’eau a servi, pendant quelque temps, comme réactif des alcalis et des acides pour les raisons indiquées plus haut. En teinturerie, les fleurs de violette peuvent donner une couleur bleu-pourpre.
- Observations commerciales. — La culture de la violette odorante est fortement à recommander ainsi que sa récolte à l’état sauvage, car sa consommation est très grande et dépasse la quautité recueillie en France. Le
- commerce français de la droguerie a importé, en 1922, 22000 kg de fleurs.
- Le prix moyen des violettes d’Auvergne, tablie en juillet 1916, était dé 3 à 4 francs le kilogramme. Depuis, il a beaucoup varié; il est monté d’abord entre 6 à 7 fr., et, en 1925, l’herboristerie en gros a payé 10 à 12 fr. les fleurs des Alpes et 12 à 14 fr. celles d’Auvergne. Lés feuilles ont valu 1 fr. 5o à 1 fr. ^5 et les racines 4 fr.' à 4 fr. 5o le kilogramme. A, Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUré oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Ilust rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre dès correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. II..., à Saint-Chely d’Apcher. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur Y extraction du sulfate de fer des solutions acides ayant servi au décapage des iules pour la raison très simple que cette extraction ne nécessite qü’une évaporation du liquide préalablement filtré sur des copeaux, pour en séparer les particules de carbone qui y flottent. Bien entendu l’acide doit avoir épuisé son action, quand le bain est mis hors de service ; s’il n’en était pas ainsi, on y ajouterait de la tournure de fer ou de fonte jusqu’à ce que toute effervescence ait cessé. La concentration peut alors se faire dans des marmites en fonte sans inconvénient ; on s’arrête quand le liquide bouillant marque 3i° à 3a° Beaumé. Par refroidissement, le sulfate ferreux cristallise; on le sépare des eaux mères et laisse égoutter. Î1 est ainsi employé comme désinfectant des fosses d’aisances, destructeur des mousses en agriculture, réducteur en teinture. Le prix du sulfate de fer est actuellement voisin de o fr. 4° Ie kilogramme pris par 100 kg. En principe, il ne doit pas y avoir de résidu à évacuer, les eaux mères rentrant dans la fabrication. Si cependant d’une manière exceptionnelle cela était indispensable, il suffirait d’additionner les résidus de lait de chaux pour leur enlever toute nocivité.
- P. locarno. — Voici une liste d’ouvrages français actuellement en librairie et relatifs à Vacoustique.
- 1. Au point de vue physique, consulter les traités généraux de physique, notamment celui de Ollivier (Hermann, éditeur, rue de la Sorbonne, Paris).
- Fabry. Leçons élémentaires d’acoustique et d’optique, 1898, Gâuthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Bonnier. L’oreille. 5 vol. 1896. Masson et Cie, éditeurs,. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- 20 Au point de vue médical :
- Bellocq. Oreille interne osseuse, 19x9, Masson et C1”, éditeurs. Traité d”anatomie humaine. Les organes des sens, fasc. II, 1912, Masson et C‘e. Laurens. Oto-rhino-laryngologie du praticien. 1921. MasSon et Cie. Lannoir. Précis des maladies de l’oreille, 1908. Doin, place de l’Odéon, Paris. Ilaug. Hygiène] de l’oreille, 1906, Baillière, rue Hautefeuille, Paris. Guisez. Maladies d^s oreilles, 1914* Baillière.
- M. L. T., à( Noirmoiitier (Vendée). — Traitement de la gale des chats. — Il faudrait, évidemment, examiner les caractères de la maladie contagieuse dont vos chats sont atteints. Ce que vous décrivez paraît être là gale, mais il y a deux formes de cette maladie : la gale de l'oreille, déterminée par la pullulation, à l’intérieur de la conque auditive, d’un acare parasite appartenant au genre Otodectes, laquelle est transmissible de chat à chat et au chien, mais pas à l’homme, et là gale du corps, causée pai‘ un acare différent, appai’tenant au genre Notoedres, ordinairement localisée à la tête, débutant à la base du pavillon de l’oreille et qui, parfois, se généralise à tout le corps.
- Il se forme des croûtes épaisses parfois d’un demi-centimètre, et lorsque ces croûtes se détachent le poil tombe. Les lésions gagnent ensuite la face, le nez, le dessus dé là tête, la peau se plisse et s’épaissit, formant de grosses rides longitudinales qui, parfois, se crevassent.
- Cette forme de gale est transmissible non seulement au chat et au chien, mais encore à l’homme.
- Il faut donc, tout d’abord, établir un diagnostic très exact.
- S’il s’agit de la gale de l’oreille, il faut d’abord nettoyer de conduit auditif pour enlever le cérumen, à l’aide d’un petit cure-oreilles en os.
- Le baume du Pérou est l’agent médicamenteux le plus efficace; pour en assurer la pénétration jusque dans le fond de la conque auditive, on l’emploie en solution chloroformique, quelques gouttes, tous des jours d’abord, puis à intervalles plus espacés à l’entrée de ce conduit.
- Isoler les malades pour empêcher la contagion.
- Contre la gale du corps, faire un léger savonnage à l’eau tiède, pour faire tomber les croûtes , et ensuite appliquer sur les lésions et leur périphérie de la pommade d’Helmerich, de la pommade au baume du Pérou, que l’on fait pénétrer par une légère friction.
- Renouveler l’applicafion médicamenteuse tous les deux jours d’abord, moins souvent ensuite à mesure qu’on constate la guérison. Bien nourfir les malades et prendre les précautions nécessaires pour éviter de se contaminer.
- M. L. F. Le Boulleux, Le Caire. — Nous vous remercions pour vos intéressantes observations sur le Hayon Vert, dont nous publierons l’essentiel.
- Vous trouverez dans notre n° 2670, du 6 juin 1925, un article de notre collaborateur M. Em. Touchet, dans lequel il a piis soin de citer toutes les références bibliographiques concernant les notes précédemment parues dans La Nature sur le Rayon Vert.
- M. R. L.ebrun, à Bizerte. — L’expérience que vous l’apportez ne peut rendi’e compte du phénomène du Rayon Vert. Si vous voulez bien vous reporter à l’article de notre collaborateur M. Em. Touchet, vous verrez que les explications basées sur la couleur complémentaire du rouge sont Contredites par certaines observations, telle que celle réalisée par un observateur ayant le dos tourné au Soleil (et dont la rétine est par conséquent reposée), et qui se retourne brusquement au moment de la disparition du soleil, juste pour voir le Rayon Vert! On sait aujourd’hui que là dispersion atmosphérique est la véritable cause de ce beau phénomène.
- M. Aunac, à Làcabrette. — Nous vous remercions pour l’envoi des épreuves du Soleil obtenues avec une lunette construite au moyen des indications parues ici même. Voici les réponses à vos diverses questions :
- i° Tout d’abord, vos épreuves sont bien petites, et, pour tracer l’axe de rotation du Soleil et l’Equateur solaire, il faudrait soit les agrandir, soit en obtenir directement de plus grandes par projection (au moyen d’un oculaire ou d’une, lentille agrandissant l’image focale).
- 20 Si vous connaissiez exactement les points Nord, Est, Sud et Ouest de vos images, vous pourriez utiliser les données P, Boi L0 de nos Bulletins astronomiques. En réalité, sur une image seule vous ne pouvez marquer avec exactitude ces points. Voici un moyen simple et exact pour avoir la direction Est-Ouest ; la lunette restant complètement immobile (ce détail est très important) faire deux images du Soleil sur la même plaque, deux instantanés, à 2 ou 3 minutes d’intervalle, Si le champ de votre instrument ne le permettait pas, diminuez cet intervalle, mais alors les deux imagés du Soleil empiéteront l’une sur l’autre (car, en gros, le Soleil, par suite du mouvement diurne, se déplace de son diamètre en 2 minutes).
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- BOITE AUX LETTRES
- Menez la tangente commune aux deux disques, c’est la direction Est-Ouest. Une perpendiculaire à cette ligne menée par le centre d’une des images rencontre le limbe en ses points Nord et Sud.
- A présent que vous avez les 4 points cardinaux précis %dn disque, il vous sera facile de tracer la direction de l’axe de rotation du Soleil. C’est l’angle P de notre tableau mensuel. Cet angle se compte du centre du Soleil dans le sens Point Nord-Est-Sud-Ouest, c’est-à-dire en sens inverse des aiguilles d’une montre.
- Bü est la latitude héliographique du centre du Soleil, c’est-à-dire l’angle, au centre du Soleil, formé par la ligne centre de la Terre-centre du Soleil avec le pian de l’équateur solaire.
- Pour tracer l’équateur solaire sur vos photographies, le mieux serait d’avoir une série de graphiques préparés à l’avance (projection orthographique des cercles de la sphère pour des inclinaisons de o° à 70, les seules possibles pour le Soleil). Yous trouverez des graphiques de ce genre dans L’Annuaire Astronomique Flammarion, ou encore chez M. Ballot, Bibliothécaire de la Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris. En photographiant ces disques à grands contrastes, en négatif (fond noir) et en les ramenant à la dimension de vos photographies, vous pourriez, après avoir tiré l’épreuve du Soleil, procéder, par surimpression, à la mise en place du graphique correspondant au jour. Ainsi, vous ourriez déterminer les coordonnées des taches solaires gurant sur vos clichés j1).,.
- 3° La quantité L0 est donnée de 5 en 5 jours, pour midi moyen de Greenwich. Une interpolation simple permet de calculer L0 pour l’heure de la photographie. Pour plus amples renseignements, voir l’Annuaire du bureau'des Longitudes, 1926, p. 262 et suivantes.
- 4° L'image du Soleil donnée par la chambre noire que forme la lunette est bien renversée (Nord en bas, Sud en haut, Est à droite, Ouest à gauche), mais l’épreuve du cliché, à condition de la faire tourner de 1800, est droite : c’est le cas d’un-portrait.
- 5° Les défauts dans vos clichés proviennent 'd’une mauvaise manipulation des plaques. Evitez de frotter la gélatine, agitez les cuvettes au cours des opérations, etc.
- M. J. Talon, Lyon. — Quand une balle sort d’un fusil, l’action propulsive des gaz ne cesse pas instantément ; elle se continue jusqu’à une certaine distance de la bouche du canon, distance qui doit dépendre de la température de ces gaz, et, dans une certaine mesure, de la forme de la balle : ce n’est donc pas, en tout cas, immé-diatement à la sortie du canon que le projectile prend sa vitesse maxima. Il continue, pendant un certain parcours, variable suivant les armes et les charges, à recevoir une accélération provenant de la pression exercée par les gaz.
- M. E. M., à Jssoudun (Indre). — Traitement contre la verdeur d'un vin fait avec des raisins insuffisamment mûrs. — C’est plus particulièrement un excès de tanin Ou de bitartrate de potasse qui donne la verdeur au vin, qui a ce caractère astringent, par suite du manque de maturité du raisin.
- Lorsque, au moment de vendanger, le raisin n’étant pas très mûr, on craint un excès de verdeur, on dérâpe et on ne laisse pas cuver longtemps pour empêcher l’absorption, par l’alcool, du tanin contenu dans les râpes et les pépins.
- Le sucrage de la vendange un peu verte est un moyen de prévenir, la verdeur, puisqu’on augmente la quantité cUalcool,* la quantité de bi-tartrate de potasse restant la même.
- On peut aussi diminuer la verdeur d’un vin en le collant à la gélatine blanche ou en le traitant par du carbonate de chaux. Il faut agir alors avec beaucoup de précaution, en tâtonnant. Essayer, par exemple, avec 5 ou 6 gr. de carbonate de chaux sur 10 litres de vin, dans un petit baril mêché ; agiter fortement, et, le lendemain, déguster.
- Si le vin est encore acide, forcer la dose en prenant note du nombre de grammes qu’on ajoute, jusqu’à ce que, par dégustation, on constate que le vin est désaci-difié. Mettre alors, dans le fût à traiter, une proportion de carbonate de chaux égale à celle qui a été utile pour
- i.*On peut, plus simplement, superposer aux épreuves sur papier le graphique nécessaire tiré en positif sur verre, réduit à la dimension convenable.
- les 10 litres d’essai ; agiter fortement plusieurs fois par jour pendant trois jours, puis fouetter avec six blancs d œufs, et, dix jours après, soutirer daus un fût légèrement mêché.
- La verdeur peut aussi être atténuée par coupage avec un vin pauvre en bi-tartrate de potasse, très mûr et riche en alcool.
- M. A. de M., à lverckom Saint-Trond (Belgique). — Sur la culture de la morille. Le procédé auquel vous faites allusion est une particularité intéressante que nous avons signalée à ce litre. Mais les plantes cultivées dans la plate-bande ne sont pas une nécessité, non plus que le marc de pommes qui pourrait être remplacé, d’ailleurs, par de la tannée.
- On nous a cité le cas suivant : dans une serre qui avait été négligée pendant l’hiver, en oubliant de gratter la terre, comme cela se fait ordinairement de temps en temps, pour détruire la végétation, on trouva, au mois d’avril, dans chaque pot, ude quantité de morilles très bien venues, de très bonne qualité et de la grosseur ordinaire. Les pots reposaient sur de la tannée qui avait été répandue sur les tables au moment où l’on rentrait les plantes ; l’épaisseur du tan (écorce de chêne), la grandeur des pots et la composition de la terre qu’ils contenaient étaient ce qu’ils sont ordinairement dans toutes les serres.
- Dans un endroit favorable à la culture des champignons, on fit une couche composée de tan et par-dessus 10 à is cm de terreau et de terre de bruyère mélangés. A la fin de l’hiver, la couçhè était couverte de morilles.
- Il y a là une indication : il serait possible de cultiver la morille comme on cultive le champignon.
- Nous vous indiquons la maison Yilmorin-Andrieux, Paris, 4. quai de la Mégisserie (ier), où vous pourriez demander les renseignements concernant la question dont il s’agit.
- T. S. P. — M. L. Mendot, à Olargues (Hérault). — Nous ne connaissons pas de réglementation de la T. P. S. (télégraphié parle sol), d’ailleurs sa portée est évidemment très faible.
- Une telle installation émettrice pourrait cependant troubler à petite distance les auditions d’une station réceptrice de T. S. F. qui serait munie d’une prise de terre.
- Un abonné, à Beauvais. — i° Le schéma de lampe détectrice destinée à la réception des ondes courtes paraît possible, mais le réglage doit .être assez délicat.
- 20 II est préférable que la grille de l’hétérodyne soit reliée à l’extrémité négative du filament.
- M. Jean Thomas, à Marseille. — i8 L’adresse de la T. S. F. Moderne est g, rue Castex, Paris (4e).
- 20 Cette ville est en Tchéco’-Slovaquie.
- M. leDv Saiment, à Saint-Jean d’Aulph. — Il est bien difficile d’éliminer les bruits de parasites industriels qui vous gênent ; essayez de disposer votre antenne perpendiculairement aux lignes électriques et tentez surtout la réception sur cadre.
- ilI. II. C., à Paris. — Si votre antenne est trop longue pour permettre la réception des émissions sur ondes courtes à l’aide d’un montage d accord en direct, utilisez le système d’accord Bourne à primaire non accordé.
- M. R. Louis, à Lille. — i° Pour la transformation de votre amplificateur à résistances, vous pouvez consulter le livre Cent problèmes pratiques de T. S. F. (Masson éditeur).
- 2° A notre avis les montages de T. S. F. les plus simples convenant à l’amateur débutant sont :
- a) La lampe détectrice à réaction suivie de un ou deux
- étages à basse fréquence. ‘
- b) Le poste à quatre lampes comprenant un étage à résonance ou semi-résonance, une détectrice et deux étages à basse fréquence.
- il/. Quoy, à Decize (Nièvre). — Yous pourrez trouver dans la Pratique Radioélectrique des notions complètes sur le calcul des éléments des postes radiophoniques. Yoici, d’autre part, une liste des livres que vous pourrez consulter pour les montages :
- La T. S. F. des amateurs, par Duroquier (Masson, éditeur).
- Les Montages modernes en radiophonie, par Hémar-diuquer (Chiron, éditeur).
- Cent problèmes pratiques de. T. S. F. (Masson, éditeur).
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- d*to
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les mathématiques de l’apprenti, par P. Mathieu. icr vol. arithmétique algèbre, i vol. 192 p , 34 lig. Prix : 8 fr. 5o. ; vol. Géométrie. 1 vol. 294 p., 337 fig. Prix : 9 fr. 5o. (Manuel d’enseignement technique Nardon).'Masson et Cie éditeurs. Paris, 1916.
- Nous avons déjà signalé les premiers volumes de la collection d’enseignement technique Nardon, qui s’annonce comme devant former un ensemble pédagogique remarquable. Voici dans cette même collection 2 volumes nouveaux dont la rédaction était particulièrement délicate ; le sujet ne souffre pas la peu près, ni l’imprécision ; il fallait cependant le traiter sobrement, de façon à donner aux jeunes élèves des cours d’apprentis les notions mathématiques indispensables, mais seulement celles-là. M. Mathieu s’est acquitté avec grand succès de la tâche qu’il s’était assignée. Le premier volume contient, les éléments d’arithmétique et d’algèbre; le second les notions de géométrie pratique. De nombreux exemples, tous empruntés à la pratique élémentaire des métiers usuels et fort bien choisis, viennent éclairer chaque chapitre. Le volume « géométrie » est à cet égard particulièrement réussi.
- Petite mécanique (Installation d'un atelier. Travaux courants), par M. Chambon. i vol. 24° p., 226 fig. (Manuels d’Enseignement technique Nardon). Masson et C'e, éditeurs, Paris, 1925. Prix : cartonné 9 francs.
- L’installation d’un atelier mécanique : dimensions et montages des transmissions, organisation du travail, régime et surveillance de machines, etc., est soumise à des règles précises et scientifiques, mais souvent trop peu connues des praticiens; l’ignorance en cette matière entraîne le gaspillage. M. Chambon, à l’intention des jeunes élèves de l’enseignement technique, résume avec une remarquable clarté ces règles et préceptes rationnels qui jusqu’ici ne pouvaient guère être puisés que dans de gros volumes de technologie peu accessibles à la masse. Il indique comment se monte une transmission et fournit les données numériques nécessaires pour calculer les” dimensions des arbres, des poulies, des courroies. Il résume les opérations essentielles de l’atelier de mécanique : traçage, exécution et affûtage des outils, meulage, perçage, taraudage, filejtage, sciage, rabotage. Ces descriptions très précises sont toujours accompagnées des données numériques utiles pour la pratique. Ce petit livre, original dans la forme et la conception, constitue un véritable vade-mecum du mécanicien et peut être recommandé à tous les prati-cienso aussi bien à ceux qui ont déjà l’expérience de l’atelier qu'aux apprentis.
- La lumière et les radiations invisibles, par À. Boutaric..
- 1 vol. ‘28<i p., 55 fig. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- L’étude de la lumière constitue un des plus importants chapitres de la physique moderne. En un langage clair, agréable et dégagé de tout appareil mathématique ou trop savant, l’auteur en présente les traits essentiels. Il montre comment de la théorie corpusculaire, il a fallu passer à la théorie ondulatoire, qui elle-même a conduit à là théorie électromagnétique. Il indique comment les différentes radiations peuvent se classer, d’abord par leur couleur, puis d’une façon plus satisfaisante par leur longueur d’onde et il résume leurs propriétés caractéristiques. 11 passe en revue les divers moyens que nous possédons pour produire la lumière, il en compare les rendements, puis analy.se le mécanisme intime de l’émission lumineuse en s’appuyant sur les données modernes fournies par l’analyse spectrale et par l’étude des phénomènes électroniques. Suivent quelques pages sur les actions photochimiques et sur la photoélectricité, sur le bleu du ciel et des mers; enfin l’auteur aborde brièvement un chapitre fort controversé : celui des rapports entre la lumière, la matière et l’énergie, mis à l’ordre du jour de la science moderne par les théories relativistes.
- Pression de la lumière, par P. Lebedeff, traduit du russe par T. Kousmink. i vol. 70 p., 25 fig. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1926. Prix: 7 fr. 5o.
- P. Lebedelf est un physicien russe, des plus distingués, connu en France principalement par ses travaux sur la pression de radiation. L’existence d’une pression due à l’action de la lumière avait été prévue théoriquement par Maxwell et par Bartoli. C’est à*’ Lebedeff que revient l’honneur d’avoir mis expérimentalement en évidence cette pression. M. Kousmine nous donne ici la traduction des deux remarquables mémoires qui contiennent l’exposé des recherches de Lebedeff. G’est un bel exemple d’investigations expérimentales, guidées par la théorie' et exécutées avec une habileté exceptionnelle.
- Agenda Lumière-Jougla, 1926. vol. in-16, 526 p., lig. Gauthier-Villars, Paris.
- Depuis 1905, l’Agenda Lumière-Jougla parait tous les ans et il est devenu si complet, si parfait, qu’il est le livre indispensable à tous les laboratoires de photographie et même à beaucoup d’autres. On y trouve facilement une masse de renseignements sur les poids et mesures, les données physiques et chimiques courantes, des documents précis sur l’optique photographique, la prise des vues en noir et en couleurs, les meilleures formules de développement et de tirage des épreuves par tous les procédés éprouvés, de nombreuses recettes de laboratoires, etc.
- A signaler les nouveautés de cette année : l’hyper-sensibilisation des plaques autochromes, de nouvelles indications de virages pour les papiers et les diapositives, une nouvelle plaque « Opta ».
- Manuel du Faïencier, par M. Maurice Dagot. i vol. in-18, 372 p , 146 fig. J.-B. Baillière et fils. Prix cartonné : i5 francs.
- Yoici un traité simple et pratique, à l’usage de l’apprënti, de l’ouvrier, du contremaître et même de l’industriel encore inexpérimenté. L’ouvrage renseigne et guide le lecteur dans la pratique d’une partie de cet art si passionnant, mais aussi si hérissé de difficultés qu’est celui du céramiste.
- - La classification des faïences a été ramenée aux trois types : poteries tendres vernissées; faïence tendre stannifère ; faïence dure à pâte silexée ou feld-spathique. Ces trois catégories, leurs vernis, leurs couvertes, les matières premières qui,les composent forment les premiers chapitres.
- L’auteur s’est étendu ensuite surtout sur la partie, manuelle de la fabrication, indiquant les tours de mains, les moyens pratiques d’exécution tant dans le façonnage, lé modelage, que pour la décoration et la cuisson.
- Le budget du personnel des recherches scientifiques en France, par Aebert Rang, i vol. in-i6, 151 p. « Chimie et Industrie », 49 rue des Mathurins, Paris. Prix :
- 8 francs.
- Yoici le premier volume des enquêtes de la Société de Chimie industrielle. Après avoir rappelé les origines de l’Académie royale des Sciences et exposé les doléances des savants aux xvm“ siècle, l’auteur dresse la liste des bourses, subventions et prix distribués par les Académies, les Sociétés savantes, l’Etat, les fondations et organisations privées, en y ajoutant celle des traitements pour recherches scientifiques qu’on peut saisir et cataloguer comme tels dans les budgets nationaux, départementaux, communaux ët dans ceux des Universités et établissements libres. Il w discute alors la situation du chexcheur scientifique dans notre société et demande comment on peut accroître son rendement. De nombreux savants connus ont exprimé leurs idées à l’auteur sur ce sujet.
- La Tierra, par le prof. J.-F.''Arias, i vol. 144 p. Montevideo, 1925.
- Elude cosmographique élémentaire de notre globe,
- * L’auteur y traite les points suivants la forme delà Terre et ses représentations géographiques, les différents mouvements de la Terre et les moyens de les mettre en évidence, un aperçu sur la physique du globe et enfin sur la mesure du temps et le calendrier.
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- LAÎNATURË
- Supplément.
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- 10 Avril 1926
- Jteo
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- INFORMATIONS
- Les gisements de pétrole de Mossoul et la France. — Nous recevons de M. L. Pineau, directeur de l'Office national des Combustibles liquides, la lettre suivante : -
- « Dans votre numéro du 27 courant, à la rubrique :
- « Informations », vous voulez bien signaler que plusieurs des gisements de la région de Mossoul sont actuellement en exploitation par les soins de l’Anglo-Persian. .
- Je crois de mon devoir de vous informer que la .concession des pétroles de Mésopotamie a été confirmée au bénéfice de la Turkish Petroleum Company, dàns laquelle des intérêts français, que nous entendons sauvegarder strictement, détiennent une participation de z5 pour 100. »
- Les orages. — Au cours d’une récente réunion de la Royal Society de Londres, entièrement consacrée à l'état électrique de la haute atmosphère, M. C.-T.-R. Wilson, le physicien bien connu, a fait une intéressante communication sur les orages. S’appuyant sur les résultats des statistiques météorologiques, il a montré qu'il y a, à chaque instant, environ 1800 orages évoluant dans l’atmosphère de notre globe, orages accompagnés d’éclairs à la cadence mo'yenne de cent par seconde. On» a mesuré les quantités d’électricité mises en jeu dans les décharges orageuses ; en partant de ces données, M. Wilson arrive à la conclusion que l’énergie électrique ainsi dissipée toutes les secondes correspond à une puissance de 1 milliard de kilowatts. Ce n’est du reste que la dix millième partie de celle que la Terre reçoit du Soleil sous forme de chaleur.
- Les syndicats des communes et les distributions d’eau et d’énergie électrique. — Depuis fort longtemps, on a senti l’intérêt qu’il y avait à grouper les communes, à mettre en commun leurs ressources et leurs efforts pour réaliser d’une façon aussi rationnelle et économique que possible certaines entreprises d’intérêt collectif. Malheureusement en France, la législation a longtemps paralysé toute tentative de coopération entre communes. Elle est,1a cause principale de la situation-défectueuse de nos communes rurales en matière d’adduction d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Des lois récentes, l’une du i3 novembre 1917* l’autre du 26 juin 1925 ont facilité la constitution des syndicats de communes, en la débarrassant de formalités longues et fastidieuses. L’effet bienfaisant n’a pas tardé à s’en faire sentir. Au dernier Congrès de l’Assoèiatipn des techni-' ciens hygiénistes et sanitaires, M. Préaud, ingénieur* en chef du génie rural, a consacré un intéressant rapport à cette question. La nouvelle législation a provoqué une véritable floraison de syndicats, visant surtout à l’organisation et à l’amélioration du village français. On a créé des syndicats intercommunaux pour des objets très divers : établissements sanitaires ou hospitaliers, canaux d’assèchement et d’irrigation, adduction et distribution d’eau potable, distributions rurales d’électricité, etc. C’est surtout dans ces deux derniers domaines : l’eau potable et l’électricité que l’effort a été jusqu’ici le plus intense, et a donné les plus heureux résultats. M. Préaud en cite, pour les adductions d’eau potable, deux exemples caractéristiques : la région du Santerre et le département de Meurthe-et-Moselle.
- Le Santerre est un vaste plateau très fertile; mais ses habitants ne disposaient jadis que de puits médiocres, de citernes et de. mares. La région a été entièrement bouleversée parla guerre; lors de sa reconstitution on s’est attaché à lui assurer une alimentation abondante eh. eau potable de bonne qualité et l’on y a parfaitement réussi. On a établi un petit .nombre de puits à grande section dans le voisinage des vallées. Le rayon d’alimentation de chacun de ces puits a été déterminé de façon à assurer une fourniture journalière d’au moins 200 litres par habitant. Les communes intéressées ont été groupées en syndicats, chaque syndicat correspondant à. un çuits et à une usine élévatoire. On trouve ainsi quatre syndicats groupant respectivement 33, 25, 24 et 7 communes et comptant des populations de a5 000, 11 000, 5 600 et 2 3oo habitants.
- En Meurthe-et-Moselle, département qui compte 25o communes dévastées par la guerre, c’est par une étude d’ensemble des ressources disponibles en eau potable, dans tout le departement, que l’Administration a préparé la reconstitution des œuvres d’alimentation en eau. Cet inventaire établi, on a déterminé à l'avance les solutions les plus économiques, puis pour les appliquer •on a mis en œuvre la formule de l’association communale.' Les études ont porté sur 221 communes, il a été établi 187 avant-projets et prévu une douzaine de projets de syndicats. Les réalisations sont en bonne voie ; dès maintenant les communes de la vallée de la Seille, qui ne possédaient autrefois que des puits superficiels souvent contaminés et fréquemment taris, disposent d’un vaste réseau d’adduction; elles reçoivent les eaux des sources émergeant sur le flanc de la falaise bajocienne dans le Grand Couronné de Nancy. De même les vingt communes du plateau de Haye, région fertile, mais ne disposant que de puits douteux, de citernes et de mares, possèdent aujourd’hui grâce au captage des sources du Trey, fait en commun, une distribution abondante d’eau excellente.
- Chacune des régions ainsi desservies a bénéficié d’une transformation complète, tant au point de vue de l’hy-gième que du développement économique et du progrès agricole.
- Le développement des réseaux ruraux d’électricité, dans lequel on voit avec raison un des grands problèmes actuels de notre économie sociale, mais aussi l’un des plus difficiles, eût été étouffé dans l’œuf, si l'on n’avait pas trouvé dans le syndicat intercommunal un instrument de réalisation, remarquablement adapté aux exigences pratiques de cette grande œuvre. Aujourd’hui i’on voit éclore de toutes parts des syndicats d’électrification rurale.
- Nouveaux phonographes. — M. J.-P. Masfield, attaché^ au laboratoire des téléphones Bell, signale dans Scientific American d’intéressants progrès apportés au phonographe. Ces progrès sont nés des études et recherches électriques et acoustiques faites à propos du téléphone et du haut-parleur. Les laboratoires américains qur travaillent ces questions sont, on le sait, admirablement organisés pour les recherches scientifiques de longue haleine. Leurs succès répétés prouvent l’efficacité de leur formule de travail, aussi profitable à la science pure qu’à l'industrie. Les imperfections bien
- big. 1. — Vue en coupe du nouveau phonographe.
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- INFORMATIONS
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- connues du phonographe tiennent, avant tout, au fait que les sons émis par l’instrument sont compris entre deux limites assez étroites, les sons très graves et les sons très aigus ne sont pas reproduits : la conséquence est que certaines harmoniques, qui donnent leur timbre caractéristique aux sons originels, disparaissent lors de la reproduction phonographique. Les sons graves sont de même supprimés : il fen résulte de sérieuses altérations dans la reproduction d’un discours, d’un chant ou d’un morceau de musique, altérations qui souvent déforment tout le caractère de la parole ou de la musique, et qui choquent les oreilles délicates. Les chercheurs des laboratoires Bell qui se sont attachés,. récemment, à perfectionner le phonographe, se sont efforcés de transposer dans le domaine de la mécanique acoustique les données acquises au cours des études sur
- la transmission des oscillations électriques dans des cirèuits. Il y a des analogies très étroites entre les équations qui régissent ces deux classes de phénomènes et le passage de l’une à l’autre est aisé. On a donc organisé le système de transmission acoustique en s’inspirant des systèmes électriques, et l’on a réussi à faire répéter au phonographe des vibrations sonores dépassant 5ooo périodes par seconde.
- Pour les sons graves, on a constaté que pour une valeur donnée du son le plusgrave à reproduire par le phonographe, il y a un rapport déterminé à observer entre l’angle du sommet du cornet et la dimension de-l’ouverture la plus évasée de ce cornet. Pour satisfaire à cette relation, on est amené à donner, dans la nouvelle machine parlante, un évasement beaucoup plus grand qu’autrefois à cet orifice, et pour y arriver, sans avoir à employer des appareils trop encombrants et disgracieux, ou a été amené à replier le cornet sur lui-même, comme le montre la figure ci-jointe ; ce qui permet de placer le phonographe tout entier dans un meuble de dimensions usuelles. D’après M. Maxfield, les reproductions émises par la nouvelle machine ont des qualités
- de fidélité, d’ampleur et de profondeur jusqu'ici inégalées et d’un caractère réellement artistique
- Pour arriver à ce résultat, il n’a pas suffi de perfectionner la machine parlante proprement dite, il a fallu aussi améliorer le système enregistreur. On a eu recours, dans ce but, à des dispositifs électriques avec microphones sensibles et précis, amplificateurs électroniques sans distorsion, et dispositifs électromagnétiques pour actionner le stylet qui inscrit dans la cire du disque les sillons en lesquels se traduit le son perçu par l’appareil.
- Examen physique et anthropologique des parlementaires américains. — On connaît la vogue actuelle, surtout aux Etats-Unis, des recherches statistiques sur la taille, le poids, les divers caractères anthropologiques des groupes humains. Certains môme veulent se servir de ces mesures pour aboutir à une classification de la valeur physique, intellectuelle et morale des races actuelles et, dans chacune d’elles, de leurs nombreux représentants.
- Jusqu’oîi peut aller cette passion des « tests », on en' aura .une idée par la proposition que M. le D1 Arthur Mac Donald vient de faire dans le Medical 'Times, fl ne s’agit de rien moins que de faire subir à tous les parle-_ mentaircs américains un examen physique portant sur la taille, le poids, la hauteur du tronc, le périmètre thoracique, la longueur du bras (!), la capacité crânienne (!!). En échange de quoi, on leur offrirait gratis un examen rphysique complet, une analyse, du sang, un diagnostic neurologique. Bien entendu, les résultats resteraient secrets et ne donneraient lieu qu’à des publications statistiques, sans indication d’aucun nom .
- Reste à savoir si les parlementaires consentiront à se prêter à ces recherches, par amour de la science, et estimeront à sa juste valeur la révélation qu’on leur promet de leurs qualités et de leurs défauts physiques. Attendons les résultats.
- Cours d’apiculture. — La Société centrale d’Apicul-ture nous informe que, comme chaque année, M. Se-valle fera dans le Jardin du Luxembourg, à Paris, un cours de culture des abeilles les mardis et samedis, à g heures du matin.
- 'Nouvelles de T. S. F.
- Un usage lugubre des microphones. — Les docteurs attachés à la prison de Carson-City (Nevada) out l’intention dê faire une expérience assez lugubre à l’aide de microphones. Trois microphones seront attachés aux forps de trois condamnés à mort qui doivent être exécutés dans « la chambre d’exécution » de la prison. Ces microphones seront reliés par fils avec l’extérieur, et les docteurs pourront écouter les battements des cœurs des trois hommes, lorsque le gaz employé pour l’exécution entrera dans la chambre.
- Réception des émissions dans une chambre blindée. 1— Il semble qu’il soit impossible de recevoir les émissions radiophoniques dans une chambre blindée formant cage de Faraday. La T. S. F. moderne décrit cependant une expérienfce réalisée à la Banque Nationale d’Arkansas et qui prouverait que les ondes hertziennes .traverseraient les parois métalliques sans être entièrement absorbées par ces dernières.
- Le poste récepteur était constitué par une superhétérodyne et un tout petit cadre de réception. La chambre où avait lieu l’expérience était un caveau construit en béton et tapissé entièrement d’acier.
- Malgré ces particularités, les émissions de i5o à î5o m. de longueur d’onde furent parfaitement reçues ; on entendit même la station de broadeasting de Chicago, située à plus de 1200 km de distance.
- La radiophonie en Allemagne. — L'accroissement du nombre des postes réce'pteurs prend chaque jour un développement plus grand en Allemagne, il atteignit récemment un total de plus de 1700 par jour d’après la T. S. F. moderne.
- On doit cependant remarquer que le caractère de la radiophonie dans ce pays demeure essentiellement urbain. Sur un total de près de 1 million de postes, le nombre des installations à la campagne ne dépassait guère en effet le chiffre de xooooo.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- "Nouveautés en T. S. F.
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- Nouveaux modèles de haut-parleurs. — Depuis l'avènement de La radiophonie, le haut-parleur est peut-être l’accessoire du poste-récepteur qui a revêtu les formes les plus multiples.
- Deux modèles originaux, encore inédits, viennent d’être récemment construits (Gg. i et 2}. Le premier
- Fig. 1. — ITaùt-parleur adapté à un encrier.
- affecte l’apparence d’un encrier de bureau de style moderne, en bronze doré. -
- Le haut-parleur proprement dit est un modèle à diffuseur, et ce diffuseur forme, en quelque sorte, le motif central décoratif de l’encrier.
- L’autre haut-parleur est monté dans une lampe en bronze doré ou en fer forgé d’une forme originale, et
- pjg-, 2. — Haut-parleur adapté à une lampe.
- le diffuseur est complètement dissimulé dans l’abat-jour de -cette lampe :
- Constructeur : Maison Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris. -
- ' ' *> Microscopie
- Microscope binoculaire. —• L’examen et la dissection, à faibles grossissements allant jusqu’à 100 diamètres, des objets d’histoire naturelle tels que petits animaux, plancton, des fragments de ' végétaux, dés cristaux, et, aussi, dans l’industrie, des fibres textiles des matériaux de toutes natures, sont considerablqjnent facilités par l’emploi du microscope binoculaire à prismes' redresseurs de"; Porro qui donne des images droites et stéréoscopiques, parfois même à relief exa-
- Des appareils de ce genre ont été réalisés par diverses naisons étrangères Zeiss, Leitz, Spencer, mais.aucun Lavait été jusqu’ici construit en France. Les variations lu change rendaient de plus en plus onéreuse l’acqui-iition de pareils instrumenis. ,
- Il faut donc féliciter la Société française des instru-nents d'optique, établie au Havre., d’avoir mis au point m nouveau microscope binoculaire qui ne le cède en âen aux modèles étrangers.
- Ce nouveau microscope comprend les pièces sui-
- vantes (fig. 3) : le statif, porté par un pied large et stable en forme de fer à cheval, est inclinable, ce qui permet de travailler dans des conditions'très confortables.
- La platine, de forme carrée, est en ébonite armée, absolument inattaquable à tous les réactifs, et peut recevoir n’importe quelle préparation.
- Un miroir, plan ou concave, permet l'éclairement par transparence de la préparation ; on peut également, en coiffant la monture du miroir avec un écran blanc spécialement construit, réaliser un éclairage par lumière diffuse.
- Un disque de sous-platine, dont‘trois tocs fixent les trois positions, permet d’amener sous le centre de la platine soit un orifice circulaire pour l’éclairage par transparence, soit une surface blanche mate, ou une surface noire mate, pour réaliser l’éclairage direct avec des aspects variés (sur fond blanc ou sur fond noir).
- L’orifice central de la platine peut être obturé avec un petit disque ad hoc en ébonite afin de transformer la platine en une table unie, nécessaire pour certains travaux de dissection.
- L’ouverture du disque de sous-platine peut être munie" d'un diaphragmé iris, parfois nécessaire dans les examens par transparence.
- La préparation est maintenue sur la platine par deux valets.
- Une paire d’appuie-mains en acajou verni peuvent être fixés à la platine, pour permettre un appui confortable aux avant-bras et aux mains, pendant la mise en place ou la dissection*.
- La potence porte une glissière qui guide un support de crémaillère, lui-même solidaire des microscopes. Cette crémaillère engrène dans un pignon commandé par deux boutons à tête moletée sur lesquels on agit pour effectuer la mise au point.
- Sur chaque corps de microscope, le Véhicule redresseur de Porro est contenu dans une boîte cylindrique
- Fig. 3. — Le microscope binoculaire de la Société française d’instruments d’opticjue.
- portant à sa partie supérieure l’oculaii'e. Chacune de ces boîtes peut tourner autour de l’axe de l’objectif: de telle sorte qu’on puisse faire varier l’écartement des oculaires pour réaliser . tous les écartements d'yeux rrsuels.
- Les oculaires sont ajustés à frottement gras dans leurs tubes respectifs. Il est donc possible de leur donner des tirages différents pour la mise aù point si les yeux ne sont pas égaux.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Les objectifs sont montés par paires sur des montures à patin rt se trouvent rigoureusement centrés lorsque ces montures sont poussées à fond dans la glissière destinée à les recevoir. -
- Les objectifs sont de cinq types dilîéren.ts. Les caractéristiques de chaque objectif sont gravés sur le patin de monture qui les porte; ce sont la distance focale, seule désignation rationnelle, et le grandissement, c est-à-dire le rapport entre les dimensions linéaires de l’image d'un objet dans le plan focal de l’oculaire et les dimensions correspondantes de cet objet.
- Les quatre types : 55 mm, 45 mm, 37 mm et 28 mm sont des objectifs à sec. Au contraire, l'objectif 20 mm a été corrigé spécialement pour être employé avec 1 eau comme milieu objet et, en conséquence, sa lentille frontale est formée par un verre particulièrement stable et inattaquable. Ce dernier type sert à l’étude des petits organismes dans l’eau, jüne cuve spéciale a été construite pour son emploi.
- Tous ces objectifs ont été calculés de manière à posséder l’ouverture la plus grande possible ne nuisant pas
- Fig. — Le microscope binoculaire monté en dermatoscope.
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- à la meilleure correction des aberrations. Leurs corrections sont telles qu’ils donnent des images parfaites lorsqu’ils, sont employés avec les oculaires.
- L’instrument est muni de quatre paires d’oculaires d’Huyghens. Ils sont désignés par leur grossissement (égal à a5o divisé par la distance focale) qui est la seule désignation rationnelle. Celui-ci est gravé sur la monture du verre d’œil. Les grossissements prévus sont 5, 8, 10 et 1 1. La combinaison des séries d’objectifs et d’oculaires permet d’obtenir des grossissements allant de 7,5 à y,2 et des champs de 11 mm à 1,8.
- La partie supérieure du microscope peut être détachée du socle et lixée sur un pied spécial (lig. 4) pour l’examen de la surface d’objets volumineux et notamment pour l’étude de la peau (dermatoscopie).
- Le nouveau microscope binoculaire est vendu par la Société française des instruments cl’optique, 20, rue de Varenne, Paris, 7e.
- Objets utiles
- Porte-manteau « Le kiply ». — Voici un portemanteau de voyage qui a l’avantage d’être peu encorna
- brant. En effet, il se replie quand on n’en fait pas usage et il prend alors l’aspect d une règle plate munie d un crochet.
- Il se compose (fig. 5) de deux branches tournant autour d’une pièce centrale qui porte le crochet de suspension. Ces deux branches faites d’une feuille de
- métal pliée en U contiennent chacune dans la gorge de l’U une tige qu’on en peut sortir par rotation autour d’un rivet placé auLbout. Quand le porte-manteau est ouvert, les deux liges s’emboîtent l’une dans l’autre et forment alors le troisième côté d’un triangle solide eL résistant.
- Les deux autres côtés constituent le porte-habit, la tringle du bas le porte-pantalon.
- Quand ce porte-manteau ne sert pas, il se replie et n’occupe plus qu’une place réduite qui permet de le loger aisément dans une valise ou de le pendre n'importe où.
- Constructeur : M. René Marnat, n3, boulevard Voltaire, Paris, 11°.
- Eclairage de secours système Lethorre et Boistel.
- — Dans cet éclairage, le contenant est représenté (fig. 6) par un corps de lampe cylindrique en acier embouti, un socle, un globe et une clef, le tout indépendant; le contenu est un gaz spécial, brûlant à l’air libre, sans odeur ni nocivité.
- Chaque lampe, contrôlée et timbrée avant emploi par le Service des mTnes, est en outre munie d’un manomètre dont l’aigüi.le rouge indique le plein ou le vide.
- Le mécanisme d’allumage est très simple : une clef à ouvrir et une allumette enflammée à présenter; cette même clef permet aussi de mettre la lampe en veilleuse.
- La durée d’éclairage varie de 12 à 140 heures, c’est-à-dire suivant le type de lampe (120, 25o, <00 ou 120) litres) et le *lébit du bec employé (7 à 35 litres) ; les temps d’arrêt ne diminuent en rien la durée de l’éclairage. ]
- Dès que l’aiguille du manomètre marque ot^lIoTstel le vide, ]a lampe est immédiatement échangée par les Fabricants (ou leurs dépositaires) contre une lampe pleine pour une somme allant de 7 fr. 5o à 20 francs selon le type de lampe.
- Le .système de lampe de secours assurant une lumière instantanée et résistante à tous les -vents est donc appelé à rendre des services aussi bien à la ville qu’à la campagne. .- . , , ®
- Son fonctionnement est indéréglable.
- Fabricant : Lampe de secours, 18, rue Vignon, Paris (9e).
- Fig. ù. - Lampe
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- LE CARPORAMA DU MUSÉUM
- Le Muséum d’Histoire naturelle de Paris procède à sa toilette et lu collecliou de fruits des pays chauds, autrefois disséminée dans les galeries de Botanique, est maintenant réunie dans une salle unique, tout à l’entrée du Musée de Botanique qui fait suite aux galeries de Géologie.
- Ainsi présenté, le Carporama du Muséum mérite d’attirer l’attention de tous ceux qui s’intéressent aux fruits.
- Ce Carporama est'l’œuvre d’un ofticier français, Pio-billard d Argentelle, qui semble avoir eu plus de""goût pour les.arts que pour les armes. Envoyé aux Indes, ce paradis des artistes, il y trouva sa voie. Des splendeurs de'la nature tropicale, il admira surtout les fruits. A la fois peintre et sculpteur, il eut l'idée de les reproduire par le modelage.
- Robillard d’Argentclle imagina de copier les branches chargées de feuilles, de fleurs et de fruits, en grandeur naturelle, et au moyen d’une matière plastique de son invention, dont il n’a pas laissé le secret. Une armature de fer soutient le travail, modelé en cire, alliée à quelque autre substance plus solide; le tout forme un ensemble tellement résistant que la collection n’eut aucunement à souffrir au cours de longs voyages. Enfin, la matière plastique est teintée ; elle reproduit à merveille les nuances exactes et jusqu’à la transparence des pulpes, jusqu’au velouté des épidermes.
- De l'Inde, l’artiste passa à l’Ile-de-France; là, dans le fameux « Jardin des Pamplemousses », où un planteur de génie avait réuni toutes les. espèces d’arbres fruitiers des tropiques-, il eut l’occasion magnifique d’exercer son talent. Son labeur dura vingt-quatre ans, puisqu'il demeura dans l’ile de 1802 à 1826. Loin des tragédies européennes, Robillard d’Argentelle ne pensait plus qu’à mettre dans quelques fruits de cire un peu de la magie des pays chauds pour en réjouir les yeux de ses compatriotes, Du reste, en 1810, afin de pouvoir poursuivre son œuvre, l’officier quitta l’armée, quand les Anglais prirent possession de l’Ile-dé-France, à laquelle ils donnèrent le nom d’Ile Maurice.
- Quand il revint en France, Robillard d’Argentelle installa sa précieuse collection — qu’il appelait un carporama — à Paris, rue Grange-Batelière. Pour visiter ledit carporama, il fallait payer une entrée de 2 fr. 5o et le catalogue se vendait 5t> centimes. Chaque visiteur donnait donc 3 francs, somme notable, en i83o! Cependant, ce droit d’entrée ne faisait pas reculer les curieux. A l’heure actuelle, quand on peut voir, le Muséum entier pour 2 francs — et même gratuitement le dimanche et le jeudi, — la salle diT Carporama reste le plus souvent déserte : d’où vient cette indifférence qui confine à l'ingratitude ?
- Ce sont les arrière-neveux et nièce de Robillard d’Argentelle qui eurent la bonne idée de donner le Carporama au Muséum de Paris, en 1887.
- Accompagnant les fruits modelés, des peintures attirent lè'regard ; elles représentent également des fruits des pays chauds, mais elles ne sont pas dues à Robillard d’Argentelle, comme on l’a cru loagtemps. Ces tableaux.ont été peints par Michel Garnier, ainsi que nous 1 apprit M. le professeur Lecomte, du Muséum de Paris, au cours d’une séance de la « Société Nationale d’Acclimalatiou de.France » f1). ' ~
- Michel Garnier fit partie d’une expédition aux terres australes : niais l'artiste n’était plus jeune et le voyage sur mer le fatigua tellement qu’on le débarqua à l’Ile-de-France Une fois reposé, Michel Garnier, pour gagner •sa vie, entreprit de peindre les portraits des colons. Puis, lui aussi, il s’extasia devant les beautéA du « Jardin de Pamplemousses » et pour son plaisir personnel, il peiguit- les fruits superbes et élomiauts. il est à peu près certain qu’il rencontra sous les Pamplemousses Robillard d’Argentelle; peut-être même une collaboration s’établil-élie entre les deux artistes également épris de la flore tropicale. Eu tout cas, Michel Garnier dut vivre là son meilleur temps, en pleine activité, sous le ciel enchanteur de la patrie de Paul et "Virginie, mise à la mode par Bernardin de Saint-Pierre. Malheureusement, l’artiste aspirait à revoir sa terre natale et ayant
- 1. Séance du 24 janyier 1926.
- amassé une petite fortune qu’il convertit en. produits coloniaux, emportant soigneusement ses 140 tableaux de fruit*, il s'embarqua à de-tiuation de la France. Alors commencèrent les tribulations de Michel Garnier. En cours de route, le navire qui le portait fut attaqué par les Anglais ; ceux ci s’emparèrent des marchandises et ne laissèrent aux pa-sagers que leurs malles. Michel Garnier se trouva donc ruiné ; au moins, il voulut sauver ses tableaux ; il vida ses malles afin d’y entasser ses toiles.... De retour en France, le pauvre artiste essaya de vendre sa.collection dont il demandait i5ooo francs. O11 pressentit le gouvernement impérial, mais c’éïait eu 1812 et le monde officiel avait autre
- chose en tète.... Si bien qu’eut lieu la dispersion des
- œuvres de Michel Garnier, au grand regret du Muséum de Paris, qui aurait vivement désiré les acquérir. Cependant le Muséum vit son vœu réalisé en septembre 1815 ; l’achat eut lieu en deux fois; une première série, découverte chez un "marchand « d’occasions », coûta 3oo francs ; une seconde série, de 3y 'tableaux -seulement, fut achetée ji l’iïôtel des Ventes pour xoo francs. En sorte que le Muséum a acquis la collection pour 400 francs. Pour être précis, il faut signaler que la collection n’est pas complète ; il y manque une trentaine de toiles qui n’ont pas été retrouvées.
- Quant à Michel Garnier, il mourut en 1819 et, sans doute, la fin de sa vie a-t-elle été bien sombre. ^
- Il est regrettable que le Muséum n’ait pas pu réunir la collection intégrale qui représentait 200 fruits différents. Dans ua. autre ordre d’idées, il est regrettable encore que les tableaux ne soient pas mis en valeur comme iis mériteraient de l’t'tre, et ceci parce que les galeries de Botanique sont beaucoup trop exiguës. A cet égard, quelques-uns çles modelages de Piobillard d’Argentelle ne sont pas plus favorisés : placcs'^jrès du parquet et dans l’ombre, ils sont à peine visibles. Ces réserves faites, il y a lieu de se réjouir de voir la collection de fi’uits des pays chauds présentée du mieux qu’il était possible et parée d’un nouvel éclat.
- Le lieu est très accueillant. A voir « ces beaux fruits blonds mûris à des midis de feu », tantôt on évoque l’Inde : terre -rouge et ciel d'un bleu de rêve, étangs couverts de lotus, et bordés de bambous., frondaison exubérante des cocotiers, ^es papayers, des jacquiers, des figuiers des banians aux multiples arcades traversées par le vol mubicolore des Souïmangas et des Bengalis; tantôt on pense aux repas champêtres pris à l’ombre des Palmiers de l’Ile-de-France.
- Citons d’abord le Manguier de Goa, originaire d’Asie, mais cultivé dans tous les pays tropicaux, car les Mangues gi-effées sont au nombre des meilleurs fruits des pays chauds.
- L’Avocat ou poire Alligator des Anglais,, d’un beau vert foncé, a une pulpe qui est un beurre parfumé et que l’on mange soit assaisonnée de sel, soit aromatisée de citron ou de kirsch.
- La pomme du Janx-Rosa sent fortement la rose; la goyave des savanes, grosse comme un citron, jaune vert, se consomme cuite. ~
- L’Anona-Attier ou « Pomme-Canelle » a un gros fruit vert, mamelonné, qui ressemble à une gigantesque mûre, et dont on mange à la cuiller la pulpe blanche au parfum délicat. Le très gros fruit épineux de l’Anona-Cœur-de-Bœuf se mange cuil; il contient, paraît il, des principes souverains contre la dysenterie.
- Les fraises du Litchi-Ponceau, de Chine, passent pour juteuses e,t d’un parfum exquis. Les Sapotilles d’Amérique, à la chair abondante, tendre et sucrée, sont très estimées. -,
- Enfin le fruit du Mangoustan, delà taille d’uue petite oi’ange, montre sa pulpe blanche au go,ût réputé. Malheureusement, ce fruit xi’est uu régal que s jl est consommé
- deux où trois jours seulement après la cueillette___ Le
- gros fruit du Papayer est peu-agréable, mais il contient une sorte de pepsine végétale ; la papaïne.
- Faut-il nommer le Cocotier figui-é avec un art admirable par Robillard d’Ai'genlelle, depuis la graine germant dans ses étals successifs jusqu’à la coupe du fruit ? Les modelages de cette importante viliûne demandèrent deux années de travail de leur auteur. Ce détail donne
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- une idée du labeur que représente le Carporama.
- A côté des fruits savoureux, il y a les vénéneux et les bizarres. Ainsi, le Cerbera, ou Tanghin de Madagascar, porte un fruit en forme de ligue, rosé, dont l’amande contient yne substance employée jadis comme poison d’épreuve par. la justice (?) indigène. Si le criminel condamné à boire une coupe de liquide empoisonné ne mourait pas, non seulement il était reconnu innocent, mais ses accusateurs devenaient ses esclaves !
- Le Galebassier d’Amérique procure des uslcnsiles de ménage et des remèdes, car la pulpe de Calebasse a passé pour guérir une foule de maladies. En Europe même, le sirop de Calebasse eut du succès contre les affections pulmonaires. Peut-être ce sirop a-t-il été efficace : la mode ne régit-elle pas les remèdes aussi
- bien que le reste? C’est ce qu’a pensé le Dr Trousseau en conseillant à un malade de prendre un produit en vogue : « llàtez-vous d’en prendre pendant qu’il
- guérit ! )>
- Ein et élégant, le Bois-Amerest tonique, stomachique, il guérit les ulcères... et les rhumes de cerveau.
- D’aspect phénoménal, la Marmite de Singe du Brésil, le Jacquier et le Cocotier des Seychelles amusent le regard.
- Mais il faudrait les nommer tous, ces fruits magnifiques ou étranges, avec leur parure de feuilles vernissées dont le rameau terminal est souvent laqué de rose ou de rouge. Tous vaudraient une étude beaucoup trop étendue, le mieux sera d’aller les voir au Muséum.
- A. FkuiliTf.-Biixot.
- BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui pai'viennélit au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfS oblige à limiter strictement les,réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. IL est rappelé qu’en raison des recherche s le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — Observation du rayon vert.
- M. Le Boulleux, ingénieur au Caire, nous communique l’intéressante observation qui suit . ^
- « Le 6 février, ine trouvant sur le pont de YEspena de la Società Italiana Servizi Marittimi faisant route de Syracuse à Alexandrie, j eus 1 idée de saisir de nouveau le fameux rayon.
- A ers le coucher du soleil,-le ciel était clair avec quelques petits nuages disséminée et présentait les colorations normales : depuis la pourpre à l’horizon jusqu’au bleu du firmament en passant par le jaune et le vert, la zone du vert à plusieurs degrés au-dessus de l’horizon.
- Le soleil avait également sa couleur normale rouge. Son éçl.at n’était pas tel qu’on n’eût pu le fixer, toutefois, avec beaucoup de gêne.
- Me souvenant d’une recommandation d’une des notes déjà parues dans La Nature au sujet de l’observation du rayon vert, j’évitai de me fatiguer la'vue à fixer le soleil, me bornant à surveiller sa descente en jetant sur lui de temps en temps un coup d’œil anssi bref que possible et regardant le ciel entre temps.
- Chacun de ces coups d’œil me rendait une tache lumineuse, toujours de la même couleur rouge et du même éclat mais de plus eu plus réduite à mesure que le soleil se couchait. . „ '
- Naturellement, à mesure que la disparition totale approchait, les coups d œil se faisaient de plus en plus rapprochés et, depuis quelques instants, j’observais à la cadence d’environ deux coups d’œifpar seconde lorsque tout à coup au lieu du point rouge, je perçus un point lumineux semblable à une étoile d’un éclat moins vif que les éclats rouges précédents et d’une couleur blanche tirant sür le vert. Par suite du mouvement alternatif rapide que j’imprimais à mon œil, mon regard avait déjà quitté automatiquement ce point brillant. Je l’y ramenai aussitôt dans l’intentiôn de le fixer et je revis l’étoile qui me parut alors d’un blanc légèrement bleuté et s’éteignit aussitôt.
- Le soleil avait disparu, et je n’avais plus devant les yeux que le ciel rouge habituel des couchers de soleil. Tout s'était passé en un clin, ou plutôt en deux clins d’œil.
- La coloration verte et surtout la bleue n&vaient pas été assez vives pour que je ne puisse pais les considérer à la rigueur comme douteuses, mais, ce qui, pour moi, ne fait aucun doute, c’est que, au moment de sa disparition complète, le Soleil jusqu’alors rouge a projeté pendant une durée de l’ordre de grandeur de la seconde un rayon « au moins » blanc, je veux dire par là que, .si ce rayon était teinté,/.-il- l’était non pas de rouge, mais d'une couleur voisine, dans le spectre, du complémentaire du rouge.
- Au moment de l’observation, mes yeux étaient à une altitude de 9 à 10 m. au-dessus du niveau de la mer, et donc à une distance d’environ 11 km de l’horizon.
- La mer était peu agitée. » |
- Réponses. — E. IL S. M. C. — Arous trouverez une bonne description des principaux becs à acétylène dans le nouveau guide pratique de l’usager d'Acétylène. Office Central de l’Acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris.
- M. E. Legrand, à Paris. — i° Pour teindre les cuirs à la brosse on se sert le plus souvent de*colorants dérivés de la houille en solution dans la benzine, le toluène, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone. Quand les colorants ne sont pas solubles dans les conditions précédentes, on utilise les couleurs dites aux stéarates obtenus en dissolvant la matière colorante basique dans l’eau de savon, puis précipitant par un acide, l’acide chlorhydrique par exemple : vous trouverez ces questions traitées, d’une manière plus étendue dans le journal J.e Cuir, 54, rue de Bondy, septembre 1922, ainsi que dans « Les matières animales » Encyclopédie Billon, éditeur Albin Michel rue Huyghens.
- 20 Les gants de daim se teignent en noir de la façon
- suivante :
- Prendre :
- Noir d’aniline soluble à l’alcool. ... i5o gr
- Yésuvine. . . ........................... 40 —
- Alcool à brûler. ...................—, . '200 cc
- Huile d’aniline. ...................... . 5oo —
- Délayer les matières colorantes dans l’alcool, ajouter l’huile d’aniline et chauffer au bain-marie jusqu’à dissolution totale. — N. B. Opérer de préférence avec un ballon de verre surmonté d’un long tube pour éviter perte et inflammation de l’alcool.
- Au moment de î’emploi prendre un peu de la dissolution refroidie au moyen d’une j>elite brosse et appliquer une couche légère sur la partie à teindre.
- Laisser ensuite bien sécher au grand air, s,i possible au soleil, jusqu’à ce que toute trace d’huile d’aniline ait disparu par évaporation. (Précaution indispensable.)
- M. J. A., à Paris. — I^orsqu on veut enlever sur les bois, les enduits qu’ils ont pu recevoir, peintures, vernis, cires, etc., le moyen le plus simple est de se servir de l’eau seconde des peintres qui n’est autre chose que de la lessive soude caustique à 5° Baumé. L’application se fait tîede avec un vieux pinceau ; aussitôt que la couche est ramollie, on gratte avec une lame mousse et rince à l’éponge. Les ébénistes ne craignent pas. de laver franchement les meubles, mais le travail doit être rapide et il faut essuyer immédiatement.
- Un Caladois. — 1“ Un procédé très pratique pour dérouiller le fer et l’acier consiste à frotter l’objet avec un tampon imprégné de la mixture suivante :
- Protochlorure d’étain........ 5o gr.
- Eau ordinaire............. 1000 —
- Acide tartrique .......... 5 —
- Lorsque la rouille a disparu par suite de la réduction de l’oxyde de fer, laver puis polir avec un peu de rouge d’Angleterre délayé dans du pétrole.
- N. B. — Le protochlorure d’étain sè prépare facilement en faisant dissoudre à chaud dans de l’acide chlorhydrique étendu des feuilles de papier à chocolat ancien modèle qu’il ne faut pas confondre avec les feuilles actuelles presque toujours en aluminium que l’on reconnaît facilement à leur sonorité.
- 20 La composition ci-dessous vou,s donnera certaine-
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- BOITE AUX LETTRES
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- •ss-*.
- ni6nt satisfaction pour protéger de lu rouille les objets en fer : ...
- Cire de Carnauba . . 20 gr
- Paraffine - . ÏO
- X aseline . . . . .
- Essence de térébenthine. . . I 5
- Benzine . . . . . 30 —
- Pétrole lampant. .... . . 20 —
- Faire fondre- au bain-marie la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du feu et ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu de la plombagine en poudre line (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur du 1er.
- M. Robi, à Logrono. — A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de mettre au point les questions industrielles; si la question imperméabilisation de tissus vous intéresse, il serait nécesaire de soumettre un échantillon de l’article à un laboratoire compétent que nous pourrions vous indiquer. Il faudrait compter au moins une centaine de francs pour ce travail.
- 2° Nous pensons que l’Electrogène Silicia vous donnerait satisfaction pour l'éclairage intermittent de votre laboraioire photographique. De construc'ion très simple il est constitué par un aggloméré positif et un crayon de zinc amalgamé négatif. Le bac réservoir est en celluloïd garni au fond de godets dans lesquels se lisent les électrodes pour éviter tout contact entre eux. Le. liquide excitateur est de 1 acide sulfurique au soufre de 15° à i8° Baumé.
- Une fois l’élément épuisé, il peut se remettre instantanément en état par remplacement de l’aggloméré positif au moyen d'un neuf et en versant dans le bac un nouveau liquide excitateur. Quant au zinc, il ne se remplace qu après usure. Avec un stock d’aggloméré, que l’on a toujours sous la main, on est certain de ne jamais.manquer de courant.
- Autre, avantage de ce dispositif, l’éloctrogène peut être traité comme un'accumulateur et régénéré avec le courant de secteur, si on dispose de celui-ci. Pour renseignements complémentaires s’adresser à la compagnie Silicia, q, rue du Jura à Paris.
- M. Duflos, à Dunkerque. — A notre avis, il n’existe aucun moyen pour enlever à l’alcool le goût de pétrole qu’il a contracté pur un mélange intempestif. Le mieux que vous ayez à faire est d’envoyer cet alcool à la déna-luralion pour l’employer comme alcool à brûler.
- M. Barthélémy, à Paris. — i” Vous pourrez vous procurer la bibliographie complète sur la question qui vous intéresse à l’Association de Documentation scientifique industrielle et commerciale, 8a, rue Tailbout, Paris, IXe.
- 2° Lorsque Ion chauffe la soudure de deux métaux dissemblables, celte soudure est le siège d une force éléctromotrice qu on nomme force thermoélectrique ; celte force électromolrice est constante tant que la température est constante, elle est, entre de certaines limites et pour chaque paQe de métaux, proportionnelle àl’excès de température de la soudure sur le reste du circuit.
- Le pouvoir thermoélectrique pour deux métaux considérés est la grandeur de la force thermoélectrique pour une différence _de un degré centigrade entre les soudures.
- Le plomb étant pris comme étalon, à une température de 20^ C, voici quels sont les pouvoirs thermoélectriques des différents métaux et métalloïdes, exprimés en inicro-volts par degré centigrade.
- Bismuth du commerce............4- ÿj,o
- Colbat .......................-j- 2a]o .
- Argent du commerce........... 11,75
- Mercure.-....................... .y 0A18
- Plomb................ . . .
- Cuivre de commerce...........
- Etain .......................
- Platine...............
- Or . ................. ; .
- Ajutimoine pur. . ... . . .
- Argent pur . ,.............
- Zinc pur ..... ..............
- Cuivre galvanoplastique.. .
- Antimoine du commerce . .
- Arsenic .....................
- Fer fil de piano.............
- Antimoine crisiallisé. ....
- Phosphore rouge .............
- Tellure...................
- Sélénium.....................
- o
- — o,i
- — 0,1
- ~ °’9,
- — 1,2
- — 2,8
- — 3,o 3,7
- — 3,8
- ;— 6,0
- — i3,56
- — . i7>5°
- 22,60
- — 29,70
- — 5û2,00
- — 807,00
- 3e pans le schéma que vous nous avez soumis l’interposition de la lamelle a b n’appolde aucune perturbation dans le fonctionnement de la pile thermoélectrique si les points a et b sont à la même température; autrement 1 intervention de ce nouveau métal créera un autre couple dont 1 action pourra être additive ou soustractive d’après le tableau ci-dessus.
- 4° Le sulfure de cuivre Cu8S est un composé stable assez fusible et peut alors se couper au couteau. Sa 1 ésistivile est très variable suivant qu’il s’agit du sulfure naturel D = 5,71 ou de sulfure artificiel D = 5,97, il faut donc déterminer chaque fois cette résistivité pour le produit dont on dispose.
- M. Marcadiei\ à Antibes. — i° Vous trouverez des tu) aux d arrosage en fer galvanisé à la maison Allez frères, avenue Xictoria, à Paris. L’aluminium et ses alliages n est pas à conseiller dans ce cas, car il résiste difficilement à l’écrasement sous forme de tubes.
- AL Hortolès, à Montpellier, -— Les camelots n’achèlent pas toute préparée la soudure dont nous avons donné la formule, ils fabriquent eux-mèmes, le soir, le produit qn’ils doivent vendre le lendemain, ce sont presque toujours des préparations très simples dont leur ingéniosité leur permet de tirer parti.
- M.. Zatanan, à San Sébastian. — Pour obtenir des peintures brillantes, il faut faine entrer dans leur composition la Standolie ou huile de lin cuite longuement a l’abri de Pair. Vous pouvez prendre comme type d’excipient la formule suivante :
- Standolie...........................8000 gr.
- Essence de térébenthine . .... 2Q.00 __
- • Siccatif incolore.................... 200
- leinler à volonté de la couleur choisie, préalablement infusée à l’huile, noir d’ivoire, lithopone, etc.
- T. S. F. M. Samaruc, à Narbonne (Aude). — i° Nous vous donnons ci-dessous des adresses de constructeurs pouvant vous fournir les accessoires nécessaires pour l’alimentation d’un poste récepteur sur le courant conûnu d’un secteur :*
- Maison Ferrix, 6 J, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Maison Dubois, 211, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Maison Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris.
- •>.° Nous avons déjà indiqué dans La Nature la description d'appareils pouvant servir à l’alimentation des postes sur le courant d un secteur. Nous ferons paraître à nouveau prochainement un article sur ce sujet?. Vous pourrez, d’ailleurs, trouver des détails sur cette question dans les Annales de la 1\ S. F. (Librairie Eyrolles).
- M. H. C., à Paris. — Nous avons déjà iudiqué dans La Nature le rôle du condensateur shunté de détection utilisé dans les montages de lampes détectrices à réaction. .11 arrive quelquefois, en effet, que l’on puisse obtenir des effets de détection à l’aide d’un condensateur seul non shunté par une résistance, même si l’on utilise une lampe de réception ordinaire. Le fonctionnement d un tel montage est toujours assez irrégulier, de plus il semble bien que ces effets ne s'observent jamais que lorsque la plaquette sur laquelle est monté le poste est de'qualité insuffisante. Ce serait alors l’isolant qui jouerait le rôle de la résistance qui manque et maintiendrait la grille au potentiel nécessaire.
- M. L. Mr, à Lunéville. — Le montage de circuit-filtre le plus simple consiste simplement à intercaler entre 1 antenne et la borne antenne du poste un circuit oscillant accordé sur la longueur d’onde de l’émission à éliminer. Ce circuit oscillant se compose simplement d’une bobme interchangeable et d’un condensateur variable de o,5/roooe à 1/iopo0 de'xnicrofarad.
- .On commencé, d’abord, par accorder - le poste de réception sur l’émissicm à éliminer, sans intercaler le circuit-filtre. Puis on m'onle ce dernier, et on le règle jusqu’à extinction presque complète de celle émission, sans toucher à quoi que ce soit aux l'égiages d’accord du poste. A ce moment on peut se servir du poste et effectuer la recherche des émissions lointaines sans modifier le réglage du circuit-filtre qui demeure invariable et empêche les brouillages.
- 11 est évident que le fait d’intércaler le circuit-filtre modifie le réglage habituel du poste récepteur, et que, d’autre part, le condensateur d’accord ordinaire du poste doit être placé en dérivation et non en série,
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- BIBLIOGRAPHIE
- aàL
- cm:
- Les nouveaux axiomes de iElectronique (mécanique des Electrons), par R. Ferrier. i brochure 64 p. A. Blanchard, éditeur,-Paris,/ig‘25. Prix : 3 francs.
- L’auteur, en collaboration avec M. Le Besnerais, a établi une nouvelle théorie "générale de l'éther, ce milieu hypothétique qui propage les ondulations électro-magnétiques. Il le conçoit comme un ensemble d’électrons. Partant de cette hypothèse, à laquelle il adjoint une loi a priori sur l’action mutuelle de deux électrons, il calcule l’énergie d’une portion d’éther soit immobile, soit en mouvement; il établit les lois de propagation des ondes, et il arrive par des déductions simples à interpréter les phénomènes connus de l’électro-magnétisme, à concilier les phénomènes des quanta avec la théorie électro-magnétique, avec les idées de Maxwell et d’Àmpère. Il y a là un intéressant et original effort de synthèse qui mérite l’attention de physiciens théoriciens.
- Rapports de la société française des électriciens, 3 vol. Chiron, éditeur. Paris.
- La Société française des électriciens, en octobre 1925, a tenu plusieurs séances de discussion, consacrées à l’étude des questions • actuellement le plus à l’ordre du jour en matière électrique. Les rapports rédigés pour étayer la discussion ont été réunis en trois volumes d’un très grand intérêt. Le pi'emier est intitulé : Production, éclairage et chauffage, électrochimie', il contient notamment des études de M. Dar-rieus, de M. Schmilz sur les alternateurs, de M. de Pistoye sur les compensateurs de phase, de M. Fabry sur le rayonnement ultraviolet des lampes à incandescence et sur la photométrie, de M. Marsat sur lés réflecteurs de phares automobiles, de M. Bossu sur les lampes électriques d’automobiles, de M. Carpentier et de .M. d’Aubenton sur le chauffage électrique par accumulation, de M. Jumau, et de M. Delasalle, sur les accumulateurs.
- Le deuxième volume intitulé Appareillage, canalisation, traction, contient les études suivantes : les sous-stations automates, par M. Péridier; l’électrification rurale, par M. Champigny ; l’électricité à la campagne dans le sud-ouest, par M. Ferron ; la protection des grands réseaux, par M. Darrieus.
- Le troisième volume est consacré aux Télécommunications , aux Recherches et aux mesures.
- Signalons les rapports de M. Montoriol sur les perfectionnements de l’appareil Baudot; de M. Doignon, sur les appareils Grunenwald ; de M. Damoiseaux, sur les réseaux téléphoniques urbains ; de M. Dubois, sur la téléphonie par courants porteurs; de M. Dau-villier, sur la définition des différentes décharges électriques ; de M. Saidman, sur les applications thérapeutiques du rayonnement ultra-violet et violet ; de M. Chireix, sur les appareils thermioniques de grande puissance, etc.
- Les véhicules automobiles, par A. Bovkr-Çuillom. i vol. gr. in-8, 377 p., 248 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 55 francs.
- L’ouvrage de M. Boyer-Guillon est un traité résumant l’essentiel de ce qu’il faut connaître pour la construction du véhicule automobile classique. 11 débute par un excellent historique de la locomotion automobile ; il consacre ensuite quelques pages aux traitements et aux essais des métaux employés dans la construction automobile; puis il étudie successivement le châssis, les roues, la direction et les commandes, les essieux, les ressorts, les transmissions, le moteur, le freinage, les essais. Certaines parties sont traitées avec une prédilection évidente, ainsi la question des ressorts et suspensions où l’auteur donne une intéressante étude du ressort à air, dans lequel il voit une solution d’avenir-; il en est de même du chapitre relatif aux essais ; l’auteur est chef de la section de mécanique du Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, il a, pour traiter ce sujet, une compétence toute particulière.
- Bonbons, pastilles, fondants, caramels, chocolats, nougats, berlingots et sucrei'ies de toutes soldes, par
- II. Rousset. i vol. in-i6, 268 p., 29 fig. Desforges, Girardot et Cie. Paris. Prix ; i5 francs.
- Bien que contenant la description des méthodes usitées en bonbonnerie industrielle, ce livre comprend surtout de très nombreuses recettes très faciles à suivre par la ménagère pour la fabrication domestique des dragées, bonbons anglais, caramels, nougats, fondants, chocolats fantaisie, pâtes de fruits, sucreries pharmaceutiques, sucreries exoliqnes.
- Boissons alcooliques, par H. Rousset, i vol. in-16, 224 p.. 5 fig. Prix : i3 fr. 5o.
- Boissons hygiéniques, par II. Rousset, 1 vol. in-16, J92 P- X1 fig- Prix : 12 francs. Desforges, Girardot et Cie, Paris.
- Recueils de recettes d’amateurs, accompagnées de notes critiques et d’utiles indications théoriques, pour épurer l’eau de boisson, pour préparer des « vins » à base des matières les plus diverses (tiges de maïs, navets, myrtilles, oranges, etc.), pour confectionner une infinité de vins apéritifs, de liqueurs digestives, de limonades, de cocktails, etc.
- The Biology of Eishcs, par Harry M. Kyi.k. i vol. in-81', 3g6 p., 77 fig., 17 pl. Sidgwick and Jackson, Londres. Prix ; relié, 16 sh.
- La librairie Sidgwick et Jackson publie actuellement une série de volumes de biologie dont celui-ci est le quatrième. Les précédents traitaient du bord de la mer, des oiseaux et des plantes à fleurs. L’auteur a écrit avec agrément ce livre de références sur les modes de vie des poissons; il y traite de leurs formes et de leurs couleurs, de leurs mœurs et de leurs migrations, de leur développement et de la régulation de leurs structui’es, de leur physiologie, de leurs variations et de leur généalogie, de leur distribution géographique dans le temps et dans l’espace, de leur psychologie, et enfin de leur iôle dans la nature et dans l’alimentation de l’homme. Un synopsis des familles pouvant servir de guide à la classification et une bibliographie assez importante complètent l’ouvrage. Les faitsmentionnés sont nombreux et bien rapportés, mais l’auteur s’est beaucoup plus préoccupé des questions insolubles de filiation et d’évolution que des problèmes purement physiologiques. La nage, par exemple, n’est pas étudiée, malgré les recherches de Marey, Franck, lloussay, etc,
- Plus de 600 jeux et exercices de plein air. Comment les construire et les organiser, par René Laurencont, 1 vol. in-8, 218 p. Maillac, Paris. *
- Pour développer le mouvement en faveur des sports et des jeux de plein air, il faut des' terrains bien appropriés. L’auteur, entrepreneur de constructions, donne tous les renseignements utiles pour les constituer selon les règles des grandes associations et des championnats.
- Notes japonaises. Le pays des frais épis de la luxuriante plaine des roseaux, par Jean Bouchot et Henri Cuciïerou s s et, i vol. in-j, fig-, cartes. L’éveil économique de l’Indochine, Hanoï.
- Bonne monographie, agréablement illustrée, de l’archipel japonais, de ses races, de son histoire, de la religion, des lettres et arts de ses habitants,.de ses richesses agricoles, industrielles et commerciales, du gouvernement, de l’armée et de la marine, des possessions japonaises : Corée, Formose, Sakhaliue, suivie d’une bibliographie sommaire pour amorcer une documentation plus étendue.
- Diane de Brého et l'abbesse de Clefmont, parle Marquis de Foudras. i vol. in-12, 261 p., illustré par Paul Baudier. E. Nourry, Paris. Prix : 18 francs.
- Deux histoires agréablement contées où nous retenons le rôle impôt tant joué par la chasse en forêt que l’auteur connaît bien et qu’il sait évoquer.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2715
- J 7 Avril 1926
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- INFORMATIONS
- L’industrie du secrétage du poil de lapin. — Nous trouvons dans un rapport de M. Jossier à la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale une intéressante étude sur cette vieille et curieuse industrie* aujourd’hui très prospère en France, et sur les dangers professionnels qu’elle fait courir à ses ouvriers.
- « Les poils provenant des peaux de lièvres et de lapins dont la qualité ne permet pas de les apprêter en vue de la pelleterie — un peu plus du tiers de ces peaux de lapins et de lièvres servent à la préparation des fourrures — sont employés pour la fabrication du feutre.
- Le secrétage est une opération que subissent ces peaux; elle a pour but de donner au poil de lapins et de lièvres la propriété feutrante qu’il ne possède que faiblement à l'état naturel.
- Pendant longtemps on a soumis ces poils à une infusion de guimauve et de grande consoude, mais l’action exercée par cette infusion n’était pas assez énergique, et c est en 1730 seulement que le procédé de secrétage au nitrate de mercure, qui donne satisfaction, fut importé d’Angleterre en France par Mathieu.
- Dans la plupart des fabriques françaises, le travail est sensiblement le même. Une fois la liqueur de nitrate de mercure préparée, on étend sur une table les peaux ébarbées ou éjarrées et on les imprègne sur poil de la solution mercurielle au moyen d’une brosse ; puis, placées poil sur poil pour que la liqueur les pénètre profondément, on introduit les peaux une à une dans une étuve, oùle secrétage se produit plus ou moins rapidement suivant la température de l’étuve; les poils après secrétage sont d’une couleur jaune doré.
- Les peaux une fois sèches sont légèrement reverdies, brossées et coupées en lanières au moyen d'une machine très ingénieuse qui sépare la partie cuir, qui sert à préparer la colle dite de peaux de lapins et qui est vendue sous le nom de vermicelle, du poil, qui est destiné à la chapellerie.
- Cette application de la liqueur et la mise ’à l’étuve sont des opérations assez dangereuses au point de vue de l’hygiène des ouvriers ;'elles sont l’une des causes de la maladie professionnelle connue sous le nom d’hydrargyrisme.
- Les poils passent ensuite dans des souffleuses qui les classent par ordre de densité et les séparent des jarres, poils longs, raides et grossiers inutilisables.
- Une loi du a5 octobre 1919 a classé les opérations du secrétage par le-nitrate de mercure parmi celles qui peuvent occasionner une maladie professionnelle assimilable aux accidents du travail.
- Les différentes opérations au sujet desquelles il y a lieu de prendre certaines précautions sont d’abord la préparation du nitrate de mercure; en effet, dans l’acide nitrique chauffé, on introduit peu à peu du mercure ; il se produit un violent dégagement de vapeurs rutilantes de peroxyde d’azote, qui pénètrent dans les poumons d’une manière très dangei'puse, surtout parce que les ouvriers ne prennent aueune précaution pour ne pas les respirer. On peut remédier à cet inconvénient en exigeant que l’attaque de l’acide nitrique par le mercure soit faite dans des locaux spéciaux où les vapeurs acides seraient condensées et neutralisées dans des récipients. »
- L’imprégnation à la main de la peau de lapin par le mélange mercuriel est aussi une cause de danger. On a cherché à l’éviter en faisant exécuter l’opération mécaniquement. MM. Pichard frères en‘igo5, M. Léon Beau-lieu, de Limoges, en 1906, ont imaginé des machines dans ce but. Malgré leur grand intérêt, elles ne sont pas encore assez répandues, et. il serait à souhaiter qu’elles détrônassent à bref délai le travail à la main
- La troisième opération que M. Jossier juge dangereuse est l’introduction dans l’étuve des peaux imprégnées de nitrate de mercure. « Très souvent, dit-il, les ouvriers portent directement dans ces étuves les peaux préparées et respirent ainsi des vapeurs très toxiques ». Il préconise un remède facile à appliquer : installer des étuves ù tiroirs avec des chariots sur rails, qui seraient introduits ensuite.
- Les dangers du nitrate de mercure ont provoqué bien des
- recherches pour lui trouver un succédané. MM. Pichard frères ont proposé le secrétage au moyen de l’iode ; les résultats en sont excellents ; mais l’iode est d’un prix trop élevé pour pouvoir détrôner le nitrate de mercure ; les mêmes industriels ont proposé l’épilage des peaux au moyen de l’air, de l’oxygène, ou de l’azote liquides ; mais c’est un procédé également trop coûteux pour devenir industriel. Plus récemment, MM. Pichard frères ont pris un brevet pour l’épilage des peaux au moyen du froid ; il ne semble pas jusqu’ici avoir été exploité industriellement.
- L’industrie des coupeurs de poils est actuellement très prospère, elle occupe plus de 2 000 ouvriers ; l'exportation qui était de 634 800 kg en 1914 atteint aujourd’hui i3ooooo kg représentant une valeur supérieure à 4o millions de francs.
- Un nouveau mode d’emploi du pneu d’automobile.
- — Les pneus, dits ballons, ont cotiquis la faveur des au’omobüistes ; ils d'ument À la \oiture uni- douceur de suspension et un confort très appréciés. Est-ce la formule d finitive? M. Lucien Lotte, dans la Revue de l’automobile-Club, en propose ine nouvelle qui, d après les considérations théoriques qu il expose, aurait de grands avantages. C’est ce qu’il appelle la formule du « pneu ultra-mince, hypogonflé et chaussé ».
- Les qualités essentielles exigées du pneumatique sont de boire l’obstacle ef de ne provoquer que des réactions aussi faibles que possible sur le châssis. M, Lotte montre que ces deux qualités sont directement fonction de la flexibilité du pneumatique, et que le moyen efficace pour accroître celle-ci, c’est de diminuer la pression de gonflement. C’est ce que l’on a fait dans les pneus ballons. Mais la crainte du talonnement empêche d’abaisser cette pression autant qu’on le voudrait ; d’autre part, on est forcé de donner aux pneus ballons une forte section, parce qu’il faut bien qu’ils supportent le poids de la voiture, et cela nuit à la suspension, tout en provoquant à certaines vitesses des effets de shimmy. M. Lotte propose un artifice qui permet, en parant à cet inconvénient, d’utiliser des pressions de gonflement aussi basses que l’on veut dans des pneus à faible section. Il consiste à faire rouler le pneumatique non plus sur le sol, mais à l’intérieur d’un anneau métallique rigide dont le diamètre intérieur sera supérieur à celui du pneu. On pourrait ainsi abaisser la pression à 5oo gr. et le pneumatique jouerait, outre son rôle habituel, celui d’amortisseur. Il aurait encore l’avantage d’être increvable.
- Le déchargement hydraulique du charbon dans les centrales électriques. — Les centrales électriques à vapeur sont de terribles mangeuses de charbon. C’est ainsi que l’usine de la C. P. D- E. à Saint-Ouen, qui alimente une partie de la capitale, consomme un peu plus de 1000 tonnés par jour ; et ce chiffre augmentera encore d’ici peu, quand seront achevés les agrandissements en cours et que la puissance de cette usine atteindra 400000 kilowatts. Le charbon arrive partie par voie fluviale, partie par voie ferrée. Pour assurer son déchargement il a fallu réaliser des installations de manutention rapide et perfectionnée. Si celles-ci donnaient toute satisfaction, en ce qui concerne les péniches, il ri’en était pas de même pour le déchargement des wagons. Le déchargement rapide des wagons est un problème difficile: il existe bien des appareils qui retournent les wagons et les vident en un clin d’œil ; mais ils exigent des installations énormes et coûteuses, et surtout ils obligent à découpler les wagons. Le temps gagné est reperdu en manœuvre de trains, délicates et complexes. En fait, on avait recours jusqu’ici à des bennes preneuses, qui ne peuvent saisir qu’une partie du chargement et exigent l’intervention de la main-d’œuvre "en proportion importante pour décharger le charbon qui reste dans les coins du wagon.
- Récemment, un ingénieur de laC. P. D. E. a imaginé un ingénieux procédé de déchargement hydraulique qui est entièrement automatique. Il est aujourd’hui en service dans la centrale de Saint-Ouen. M. Calfas, dans le Génie civil, en donne une description détaillée.
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- INFORMATIONS
- Le principe du système est le suivant : on projette sur la masse à décharger de violents jets d eau qui l’entraînent rapidement en dehors du véhicule. On a pris la précaution de donner à la voie lerrée, à 1 emplacement de l’appareil hydraulique, un léger dévers grâce auquel l’eau et le charbon entraîné tombent dans le parc à charbon placé parallèlement à la voie et en contre-bas. Le jet d’eau s’échappe à l’extrémité d une manche mobile que l’on dirige aisément sur tous les points de wagon. L’eau qui sert ainsi à décharger le combustible est puisée dans le parc même et sert donc, en principe, indéfiniment. Le charbon, quel que soit son état, grains ou tout-venant, est entraîné facilement, en raison de sa faible densité. Il faut x m-5 d’eau pour décharger i tonne de charbon en grains lavés. L installation de Saint-Ouen comprend un poste hydraulique qui vient se placer successivement au-dessus de chaque wagon; il vide en trois minutes un wagon de 20 tonnes. La pompe qui crée le jet d’eau est actionnée par un moteur électrique de 20 chevaux.
- Les animaux qui se mangent entre eux. — Récemment, M. le professeur Roule a rendu compte à la réunion des naturalistes du Muséum national d un fait qui venait de se passer dans la galerie des reptiles de cet établissement.
- Le jour où l’on donne la nourriture aux gros serpents, ce qui arrive environ une fois par mois, le gardien de ménagerie introduisit un cochon d Inde vivant dans la cage où se trouvaient deux gros pythons, longs, l’un de 3 m et l’autre de 2 m. On sait, en effet, que ces animaux n’acceptent que des proies vivantes. Immédiatement, le plus petit python se précipita sur le cobaye et commença de l’avaler, sans le mâcher, comme il est de coutume chez les serpents ; le plus gros python saisit la partie postérieure du même cobaye et se mit à 1 engloutir. Bientôt, les deux serpents, avançant progressivement, se trouvèrent nez à nez, très exactement. Or, on sait que la disposition des dents, recourbées, en crochet vers l’arrière, ne leur permet pas d’abandonner leur proie ou de la régurgiter. On assista alors à l’effrayante scène suivante : tandis que le jfletit python continuait d’avaler le cochon d’Inde, le gros commença d’absorber le petit. Peu à peu, celui-ci disparut dans la gueule du grand, si bien qu’au bout de qxxelque temps, cobaye et petit python avaient disparu. Il ne restait plus dans la cage qu’un sexil serpent, immobile, repu, considérablement dilaté. Sa digestion n’en fut pas troublée et seul le Muséum regrette la perte d’un de ses pensionnaires.
- Celte histoire n’est pas unique et d’autres observations du même genre ont déjà été relevées chez des Serpents.
- Nous en rapprocherons le fait suivant, plus rarement observé, que veut bien nous communiquer M. P. Coi-gnet, pharmacien à Saint-Bonnet-le-Château (Loii*e). JVI. Coignet nous écrit :
- « Etant encore collégien, j’avais enfermé dans un bocal de 2 litres environ 5 grenouilles, capturées dans des marais, 4 petites et une grosse. Comme dimensions, les petites avaient à peu près la grosseur d’une phalange d’un pouce d.’homme.
- La grosse grenouille avait 5 à 6 fois le volume d une des petites.
- J’alimentais mes grenouilles avec des mouches vivantes qu’elles happaient fort habilement en bondissant sur la planchette qui flottait à la surface de 1 eau.
- Faute de temps et de mouches, il m’est arrivé quelquefois de laisser assez longtemps sans nourriture mes cinq prisonnières. Leur appétit semblait en être accru.
- Or un jour, après une période de jeûne; j’avais introduit dans le bocal une mouche vivante, que la grosse grenouille s’apprêtait à avaler, lorsque plus leste, Une des petites grenouilles happa la mouche. Je fus alors témoin d’un drame inattendu.
- La grosse grenouille, probablement très affamée, saisit la petite grenouille par la tête. Bientôt on ne vit plus que le ventre et les pattes postérieures delà petite grenouille ; la partie antérieure du corps, y compris les deux pattes, était engloutie dans la bouché de la grosse grenouille. Je m’attendais à voir la gloutonne s’étouffer. Il n’en fut rien. L’absoi’ption complète de la petite grenouille demanda plusieui’s heures. L’abdomen de la grosse gx’enouille était devenu énorme. Mais elle ne fut nullement incommodée d’une proie qui semblait disproportionnée à sa taille.
- Peut-être mise en goût par ce premier (repas, peut-être l’alimentation étant par trop insuffisante, la grosse grenouille en quelques semaines absorba les 3 auti’es petites.
- Elle l’aurait fait peut-être en moins de temps ; mais les petites grenouilles semblaient comprendre le danger et évitaient ses attaques.
- 11 est difficile d’observer dans les marais si les grenouilles se dévorent entre elles. Un fait semble le confirmer. Certains pêcheurs amorcent leurs lignes avec des peaux de grenouilles, sur lesquelles les autres grenouilles se précipitent avec avidité.
- Toute la scène que j’ai décrite s’est passée à la surface de l’eau, sur une planchette flottante. »
- Ces faits peuvent être rapprochés de ceux déjà signalés dans La Nature du 8 août igzà.
- La population de l’Allemagne d’après le recensement du 16 juin 1925. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France résume les résultats du dernier recensement allemand, effectué le 16 juin igzS. Le précédent dénombrement de la population remonte à 1919 et a été effectué à un moment où un nombre assez élevé de prisonniers allemands n’avait pas encore réintégré ses foyers. Le nombre des habitants présents le 16 juin 19-25 était de 62474872 en augmentation de 3 3oo000 unités (5,6 p. 100) sur celui de 1919. Il faut observer toutefois que ce chiffre semble indiquer que le nombre d’habitants fourni par le recensement de 1919 était trop élevé. En effet, depuis cette date l’excédent des naissances sur les décès a été de 3 252000; d’autre part, l’émigi'ation à l’étranger a enlevé 272 000 individus, soit une augmentation nette de 2 980 000 à laquelle il faut ajouter les prisonniers rapatriés et les Allemands ayant abandonné les territoires cédés pour se fixer à l’intérieur des nouvelles frontières : le nombre en est estimé à 670000. Le total des gains, si le précédent recensement avait été exact, aurait donc dû ressortir à 3 65o 000 envii’on. La population allemande s’est, en tout cas, accxme d’une façon considérable : la densité est passée de 125,9 en !9r9 ^ i3‘2>9 habitants par km2 en 1925. Les Etats où la population est le plus dense sont : Saxe (33z par km2) ; Hesse (<76); Bade ( 154) ; Anhalt ( 153) ; Thuringe, Brunswick ( 138) ; Lippe (x36J ; Wurtemberg ( 133) ; Prusse (i3o); ceux où elle est le plus clairsemée sont : Bavière, (97); Oldenbourg (85); Mecklembourg-Schwerin (52) ; Mecklembourg-Strelitz (38). On compte 45 villes de plus de 100000 habitants avec une population totale de 16 millions 1/2 d’habitants (26,2 p. 100 de la population du Reich). En 19x9, on avait compté 46 villes de plus de 100 000 habitants groupant 14060000 habitants (23,8 p. 100 de la population totale).
- Le nombre des grandes villes n’a diminué qu’en apparence. Car dans l’intervalle des deux recensements, Berlin s’est i-altaché ses faubourgs qui comprenaient 5 villes de plus de 100000 habitants. On remarquera que la population des grandes villes a moins augmenté que'celle de l’Empire (5,2 au lieu de 5,6 p. 100); on avait constaté l’inverse dans la période 1910-1919 : accroissement de «2,6 pour 100 dans les grandes villes, contre 2,4 pour 100 pour tout l’Empire.
- Nouvelles de T. S. T.
- Augmentation de la puissance des postes d’émission aux Etats-Unis. — D’après un rapport de M. Hoover, on peut constater aux Etats-Unis non seulement un grand accroissement du nombre des stations de bi’oadcasting, mais encore une augmentation notable de leur puissance.
- On compte actuellement 197 stations dont 32 ont une puissance de 1 kw, 25 ont une puissance de 5 kw et 2 une puissance supérieure. L’augmentation de puissance a été d’environ z5o pour 100 en un an.
- L’expérience a montré qu’une augmentation de puissance accroîtTefficacité des stations, rend la réception plus facile et plus nette, permet d’atténuer les interférences et les parasites.
- Nouvelles stations françaises. — L’administration des P. T. T. annonce l’ouvertux-e prochaine de stations d’émission à Bordeaux, Lille, Angers, Stx-asbourg.
- D’autre part, la puissance de la station de l’Ecole supérieure des P. T. T. sera portée à 10 kilowatts.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Canotage automobile *
- Le microrameur. — Les routes sont encombrées de véhiculés automobiles qui font fuir les paisibles'promeneurs, simples amateurs des beauté-s naturelles. Où se réfugier pour goûter le charme d’une promenade tranquille, loin des bruits et de la poussière, dans des paysages agréables ? Nous avons heureusement à notre disposition les beaux fleuves et les jolies rivières de France; le tourisme nautique est plein d’attraits, mais beaucoup trop peu pratiqué chez nous. 11 est cependant peu coûteux; peut-être lui manque-t-il seulement des embarcations réellement pratiques.
- Le canotage à rames est un sport excellent, mais très fatigant; on ne saurait l'envisager pour de grandes promenade-s. Il existe des canots automobiles excellents; mais ils sont trop coûteux pour le Français moyen. Voici un nouvel engin qui paraît offrir une excellente solution au problème du tourisme nautique automobile. C’est le microrameur. C’est un petit groupe propulseur qui se monte très simplement sur un canot d’un type quelconque et en fait en qüelque sorte un hydroglisseur automobile.
- En effet, le principe de la propulsion est le même que celui des bateaux hydroglisseurs ; c’est une hélice aérienne qui fait mouvoir l’embarcation.
- L’hélice, d’un profil spécial et absolument indéformable, est'mue par un moteur de la marque Micromoteur bien connue; la puissance de ce moteur est de i. cheval; elle est largement suffisante pour remplacer un rameur vigoureux et permettre à une embarcation ordinaire une vitesse de 6 à 8 km à l’heure qui satisfera certainement tous les amateurs de promenades fluviales.
- A cette vitesse, le transport par eau est le plus économique de tous les transports. Par contre, si l’on veut réaliser des vitesses plus élevées, il faut les payer très cher; car, toutes choses égales d’ailleurs, il faut, pour, doubler la vitesse, multipliée par 8 la dépense.
- Les constructeurs du microrameur ont estimé avec raison que les vitesses élevées, qui exigent, par suite, des groupes propulseurs puissants, constituent un luxe inutile et coûteux. Le petit groupe du microrameur consomme en moyenne un demi-litre d’essence à l’heure ; on voit qu’il permet de bonnes parties de canotage à des prix raisonnables.
- Voici quelques détails sur l’appareil : le moteur est à deux temps; sa cylindrée est de 2 7 5 cm3. Il est muni d’un carburateur à niveau constant, avec gicleur réglable et papillon d’étranglement commandé par la manette d’accélération. L’allumage se fait par magnéto.Bosch haute tension. Le refroidissement est assuré par le vent de l’hélice. Celle-ci tourne à l’intérieur d’un cadre grillagé, disposé du reste pour supporter tout l’ensemble du propulseur. Au-dessus de ce cadre est monté le réservoir qui peut recevoir i lit. 5 d’essence et 8 pour ioo d’huile mélangés intimement à l’essence avant l’introduction.
- Le cadre qui porte le propulseur est monté sur une
- Fig. i. — Détail du « Microrameur ».
- crapaudine fixée au bateau ; il peut par suite s’orienter dans tous les sens. Le pilote le fait pivoter au moyen d’une barre gouvernail qui se manœuvre comme un gouvernail ordinaire; les mouvements du cadre sont communiqués au gouvernail du bateau au moyen de
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- a cables à ressort. La barre gouvernail porte en outre i commandes : une manette de vitesse qui agit à la fois sur le carburateur et la magnéto et règle l’allure, une
- manette de décompression qui ouvre le décompresseur et arrête le moteur.
- L ensemble de la partie amovible du propulseur pèse moins de \i kg et est donc aisément transportable.
- Constructeur : Société des hydroglisseurs de Lambert, q5, boulevard de la Seine, Nanterre,!
- 'Economie domestique
- Autolaveuse « Vici ». — Cet appareil à laver est complètement différent de toutes les laveuses mécaniques existantes, car il a pour caractéristique principale de ne comporter aucun élément mécanique quelconque. Il y a ainsi une absence absolue de mouvement au cours du lavage du linge et, par conséquent, on supprime 1 usure du linge venant du frottement, puisque aucun organe ne le travaille, enfin la fatigue de la ménagère. qui n a plus à frotter, à brosser, à tourner aucune manivelle au cours de la cuisson du linge.
- L autolaveuse se compose (fig. 3, 4, 5) : d’une cuve (17) doubla partie supérieure (2) a un diamètre plus grand que celui de la base, d’un panier perforé (10) qui est muni, au centre, d une cheminée (11) et qui est destiné à recevoir le linge.. Un tube (12) doit prendre place à l’intérieur de la cheminée (11). Le panier est coiffé par une cloche (4), qui comporte également une cheminée (9), et qui se fixe sur la cuve par un simple verrouillage. (Non figuré sur le schéma.) L appareil est complété par un couvercle (3).
- Voici, en supposant les-différentes pièces de l’autolaveuse démontées, la manière dont on procède pour effectuer la lessive : - .
- . On place dans la cuve le panier (10) dans lequel on introduit le linge que l’on a préalablement fait tremper la veille. Le linge ne doit pas être tassé, au contraire, il doit y avoir un certain jeu entre les différentes pièces placées dans l’appareil.
- On verse ensuite de l’eau jusqu’à 2 cm du sommet du tube central (12) et on recouvre le tout avec la cloche que 1 on verrouille, et qui doit elle-même être recouverte ensuite d une couche d’eau de 3 cm environ (fig. 3).
- C.est dans cette nappe d’eau que l’on introduit la lessive, le savon, ou les cristaux nécessaires. Il ne reste plus qu’à mettre le couvercle en place et à placer l’auto-laveuse sur le feu.
- . EoncBonnement (fig. 3). — Dès que l’eau entre en ébullition, la vapeur produite s’accumule sous la cloche (4)v Elle ne peut se dégager et par suite produit le refoulement, dans la partie supérieure (2) de la cuve de l’eau- où baigne le panier de linge. Cette eau utilise comme chemin l’espace annulaire (20) resté libre entre (16) et (17). De cette manière le linge se trouve tassé dans le bas du panier (10) et entouré de vapeur (fig. 4).
- Lorsque le niveau de l’eau a suffisamment baissé, I orifice de la cheminée centrale (9) se trouve dégagé d eau et laisse le passage à la vapeur qui s’échappe,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 1 Fig. 3, 4, 5. — Schéma du fonctionnement de l’AutoIaveuse « Yici ».
- arrive contre le brise-jet (i5), se condense au début dans la masse d’eau supérieure.
- Toute la masse d’eau accumulée dans le haut de la cuve se précipite alors dans la partie inférieure de ladite cuve (17) et traverse avec violence le linge de bas en haut (lig. 5).
- Il en résulte que le linge se trouve d’abord baigné et traversé par l’eau, puis ensuite par la vapeur; il est enfin brusquement repris par la violence du courant d’eau dans le sens inverse. Le linge, dans une sorte de mouvement en accordéon, est donc continuellement brassé sur lui-même dans un courant d’eau alternatif et de vapeur à ioo°, et l’on arrive ainsi à un lavage parfait et à une épuration complète.
- Les mouvements alternatifs varient suivant l’intensité du chauffage et se produisent normalement deux à trois fois par minute. Il en résulte qu’au bout de 20 à 3o minutes, le linge a été traversé 120 fois par de l’eau bouillante et 60 fois par de la vapeur, de sorte qu’il se trouve à ce moment complètement lavé sans aucune intervention mécanique.
- En résumé, au lieu de frotter et d’agiter le linge dans l’eau de lessive, c’est cette dernière qui agit par ses déplacements permanents sur le linge qui reste immobile. ,î
- L’autolaveuse « Yici » se construit en quatre modèles différents : les deux premiers pour petites et moyennes familles. Ils sont chauffés comme un récipient quelconque sur une cuisinière ordinaire, ou peuvent être chauffés au gaz.
- Les deux autres appareils plus importants (fig. 6), applicables aux grandes familles, aux fermes,Taux chû-
- Fig. 6. — Autolaveuse « Yici » montée et démontée.
- teaux, sont munis d’un foyer (19) que l’on peut alimenter avec du charbon ou du bois. Ils comportent un réservoir circulaire (5j qui est muni d’un robinet de vidange (14), la chaudière (2) avec son couvercle est munie également d’un' robinet de vidange. Sur cette vue de la machine démontée, on distingue le panier à linge (8)
- et la cloche (4) munie en (8) de la ferrure de verrouillage.
- Constructeur : Guillerme, Sulzer et Cie, 10, avenue de la Liberté, à Charenton. E.-H. Weiss.
- Photographie
- Support de plaques photographiques. — On peut combiner un support de plaques photographiques pratique pour assurer le séchage des clichés. Ce support peut être accroché à une paroi, il ne risque donc pas de tomber ou d’être heurté comme le fait se présente lorsqu’on utilise des supports ordinaires.
- Il est constitué d’un socle formé d’une planche de bois verticale, dont la largeur est approximativement celle du petit côté des clichés que l’on veut sécher. On dispose sur cette planche deux séries de clous sans tête, qui ressortent légèrement du bois, qui sont disposés en deuxsfiles verticales et qui sont deux à deux situés à la même hauteur. C’est sur ces.çlous, placés ainsi par paires, que la plaque viendra prendre appui dans l’appareil.
- Pour maintenir l’autre côté de la plaque etlaisser celle-ci légèrement inclinée, on fixe sur la planchette de bois une sorte de pont. C’est une simple barrette de bois clouée sur deux" supports en formes de triangle, qui à leur tour sont assujettis sur le socle au moyen de vis assurant une solidité plus grande, que l’on monte sous le socle de bois.
- Bien entendu, la hauteur du pont au-dessus du socle est plus petite que le plus grand côté des plaques que l’on veut sécher* Celles-ci sont donc inclinées, butent
- Fig. 7. —Support de plaques photographiques.
- contre le socle et ne peuvent glisser par suite de l’arrêt des cloüs, et s’arc-boutent sur la tringle de bois. On a soin de disposer la face gélatinée en dessous pour éviter l’accumulation des poussières et l’on peut placer dans ce support un assez grand nombre de plaques, dont la quantité dépend, bien entendu, de la longueur de l’appareil.
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- VARIETES
- LE/JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : ANGÉLIQUE^OFFICINALE
- L’Angélique (Angelica Archangelica L.). Ombelli-fères, tire son nom . du grec « aggelos » ange, par allusion à de prétendues propriétés merveilleuses. Elle a pour synonymes : Angélique cultivée, Angélique de Bohème', Herbe aux Anges, Herbe du Saint Esprit.
- Habitat. — Originaire des montagnes du Nord de l’Europe où elle croît naturellement, elle pousse aussi en Autriche dans les Alpes et les Pyrénées, dans les lieux humides, le long des fleuves et des rivières.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle susceptible d’un grand développement. Racine grosse, fusiforme, se divisant en un grand nombre de rameaux s’enfonçant perpendiculairement dans la terre. Tige droite, listuleuse, épaisse, pouvant atteindre i m. 5o à 2 m. de hauteur. Feuilles très grandes, alternes, bipin-natiséquées, à pétiole fistuleux, embrassant par une gaine très large, tombant à l’automne aux premiers froids. Fleurs odorantes, nombreuses, verdâtres, apparaissant en juillet-août. Elles sont réunies en ombelles dont la supérieure très développée peut mesurer o m. 3o de diamètre, les latérales étant beaucoup moins grandes. Fruit (akène), ovoïde, allongé, contenant, des graines nues, aplaties d!un côté, convexes de l’autre.
- Toutes les parties de la plante exhalent une odeur suave et une saveur chaude et aromatique.
- Culture. — L’angélique croît bien partout où le climat n’est pas froid ni humide. Le terrain qui lui convient le mieux est c^lui qui dérive des formations volcaniques, comme dans la Limagne d’Auvergne (A. R. et D. B.). Elle prospère dans les sols d’alluvion profonds, frais et sablonneux, si possible, mais elle craint les sols argileux et compacts. Toutefois, si l’on veut qu’elle prenne tout son développement, il est nécessaire que le sol soit bien fumé, et comme sa racine est pivotante et qu’elle s’enfonce profondément, on devra enfouir par un labour .préalable le fumier bien décomposé. L’angélique est cultivée sur une grande échelle surtout dans deux départements : le Puy-de Dôme, région de Clermont-Ferrand, et les Deux-Sèvres, région de Niort.
- Multiplication. Semis. — Elle a lieu par semis, mais l’époque de celui-ci varie avec les régions. Sous le climat de Paris, on sème en juillet et repique en octobre. Dans les Deux-Sèvres, on sème sur couche en mars, et dans la région de Clermont-Ferrand, le semis se fait en pépinière en décembre ou février avec repiquage de juillet à octobre. D’une façon générale, les graines semées au printemps, vers le mois de mars, lèveront vers le mois de juin et si le semis est*fait à l’automne, la germination aura lieu aù printemps, ce qui est préférable.
- Il importe de semer immédiatement après la maturation des graines qui perdent assez rapidement leur faculté germinative. On y procède en grand en établissant des planches de i m. 3o, environ, en laissant entre chacune d’elles un sentier de o m. 3o de largeur. On trace au cordeau des lignes écartées de o m. io en leur donnant une profondeur d’environ o m. o3, puis on dépose les semences dans les sillons et on les recouvre de terreau sableux. (A. G. et J. D.)
- Plantation ou repiquage. — Le terrain ayant été bien fumé, ameubli, hersé et roulé, on trace des lignes espacées de o m. 80 et on plante au plantoir les petits plants à o m 60 les uns des autres. La reprise est souvent rapide, si l’on a choisi un temps frais ou pluvieux. Dans le Jardin familial, la place 'à accorder à la culture de l’angélique dépendra des emplois qu’on a en tête, et surtout si, en outre de l’usage thérapeutique, on veut confire les tiges.
- Soins culturaux. — Ils consistent d’abord en binages tant que la plante n’a pas atteint la moitié de son développement, puis en arrosages dont la fréquence varie avec la nature du sol et du climat. Il existe un adage : « l’Angélique doit avoir les racines dans l’eau et la tète au soleil ».
- La durée de la plantation est généralement de trois ans et même davantage, si l’on a soin de couper la tige avant la floraison.
- Récolte„ Dessiccation. Rendement. — La récolte comprend les tiges, feuilles, graines et semences. Celle des liges et pétioles peut avoir lieu la première année de
- juin à aoûl, mais il vaut mieux attendre la seconde année. Les tiges sont coupées le matin à la rosée; on les tranche en biseau au ras du sol ; on en enlève les feuilles et on mef les bâtons en bottes qu’on livre de suite aux confiseurs. On sèche les feuilles à l’ombre. Les graines sont récoltées en août au fur et à mesure de la maturité des ombelles qu’il faut surveiller, car si elle est trop avancée elles laissent tomber les graines sur le sol, et si elle est insuffisante, il est nécessaire d’exposer les ombelles coupées quelques jours au soleil pour que les semences se détachent facilement. L’obtention des graines résulte du battage des ombelles avee un. léger fléau; on les passe au crible et au van, puis on complète leur dessiccation. On évalue le poids de l’hectolitre entre 14 et 6 kilogrammes.
- Les racines sont arrachées en hiver. On les nettoie et, après les avoir coupées en deux ou en quatre, on les met sécher en plein soleil : 10 kg de racines fraîches laissent 2 kg 63o à 3 kg de racines sèches. Les meilleures proviennent de plantes d’un an n’ayant donné ni tiges, ni feuilles, ni graines (A. R. et D B.). On les conserve dans des boîtes en bois, ruais Lpur vente doit avoir lieu assez tôt, parce qu’elles perdent facilement leurs propriétés et sdnt attaquées par les insectes.
- Aux environs de Clermont-Ferrand, on estime le produit d’un hectare entre 8000 et 12 5oo kg pour une dépense culturale de 1276 francs. Un hectare peut fournir 1200 kg de semences.
- Composition chimique. — L’angélique contient : huile volatile et acide angélique, angélicine, résine amorphe, acide malique et malate.s, sucre, gomme, amidon, etc.
- Les essences des trois parties de la plante ont une composition un peu différente, bieù qu’elles soient constituées par des terpènes pour une grande partie, mais avec une teneur variable en cymène, phellandrène, acide valérianique, etc. La proportion d’essence est d’environ o,35 à 1 pour 100 dans les racines, 1 à 1,2 pour 100 dans les semences et 0,10 pour 100 dans la plante verte. A noter que l’essence contenue dans les semences renferme 75 pour 100 de térébangélène ; elle se combine dans la racine et dans la tige avec des principes résineux pour former une gomme résine d’odeur musquée très suave : le baume d’angélique.
- Propriétés thérapeutiques. — L’Angélique a joui en son temps d’une certaine réputation près des médecins de la Renaissance qui, d’après l’érudit D1 H. Leclçrc, appelaient sa racine « racine du Saint-Esprit », à cause des « grandes et divines proprielez quelle a contre de très griefves maladies. » Ils îa regardaient comme « céphalique et propre à récréer le cœur ».
- En réalité, elle est stimulante, stomachique, carmi-native et antispasmodique; elle constitue un excellent remède de l’anorexie surtout de cause psychique.
- Préparations pharmaceutiques. — Elles sont peu nombreuses et ne concernent que les racines et les semences. Infusion 20 gr. des unes ou des autres par litre d’eau bouillante; leintüre 2 à 10 gr. en potion; poudre 2 à 6 gr. Ces préparations sont faites avec des racines et des semences sèches, mais on a tendance aujourd’hui à les employer fraîches quand il s’agit d’une infusion.
- L’angélique entre dans la composition du Baume du Commandeur, de l’Eau de mélisse des Carmes.
- La poudre de semences est utilisée pour détruire les poux.
- La liquoristerie l’emploie dans la confection de plusieurs liqueurs de table : Chartreuse, eau et crème d’Angélique, Raspail, Bitter, Vermouth. La confiserie se sert des tiges fraîches sur une grande échelle pour préparer l’Angélique de Niort, de Clermont-Ferrand, de Nevers et de Chàteaubriant. Enfin, dans quelques pays du Nord, on consomme la tige et les pétioles crus ou cuits comme légumes.
- Observations comrtfferciales. — L’Angélique mérite d’être beaucoup plus cultivée qu’elle ne l’est, car nous avons importé de Bohème entre 1 à 2 millions de francs pour des semences et des racines et nous en importons encore. Les dernières sont plus estimées que les nôtres et payées un peu plus cher.
- Cette plante figure d’ailleurs parmi celles dont la culture est officiellement recommandée. L’herboristei'ie
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- a payé, il y a quelques années, les feuilles o fr. 5o à o fr. 60 le kilogramme; les semences i fr. 25 à 2 fr. ; les racines o fr. 75 à 1 fr. En 1924» les prix sont montés entre 1 fr. à 1 fr, 20 pour les feuilles mondées,
- 3 fr. 75 à 4 fr. pour les racines entières, 3 fr. 5o à
- 4 fr. pour les semences criblées, mais la vente n’est réellement forte que pour les deux derniers produits.
- A, Tkuelle,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des marbres. — Pour les marbres foncés, passer dessus une éponge imbibée du mélange suivant : eau, i5o gr. et acide azotique, 3 gr. ; ensuite laver avec de l’eau tiède additionnée de quelques gouttes d’eau de Javel.
- Pour les marbres blancs, frotter avec une brosse dure trempée dans une solution de soude caustique; rincer à l’eau fraîche et laisser sécher. Le citron donne également un bon résultat pour le nettoyage des marbres blancs; après les avoir frottés avec un citron, on les rincera à l’eau savonneuse, puis, pour les polir, on se servira d’une flanelle imprégnée d’huile d'olive.
- Les taches de rouille disparaissent avec du sel d’oseille ; celles de graisse seront recouvertes de blanc d’Espagne défffyé dans de la benzine ; après quelques heures, on frottera et on essuyera.*
- L’éclairage des pièces d’une maison. — Cet éclairage, bien qu’un des éléments le plus important de la décoration des pièces, est, la plupart du temps, le moins étudié, sans doute parce que les constructeurs et les propriétaires disposent les baies en vue de leur effet extérieur plutôt qu’en fonction de leur surface éclairante.
- Au point de vue de l’hygiène, on sait cependant cjue c’est une erreur que d’éclairer trop parcimonieusement lès locaux d’habitation, et au point de vue décoratif, c’en est une autre que de les éclairer trop violemment, les meubles n’étant réellement mis en valeur que dans une certaine lumière tamisée. Reconnaissons que cette seconde erreur est de beaucoup la moins grave, puisqu’il est toujours possible, par des stores ou des rideaux, de diminuer l’intensité lumineuse.
- Mais si le principe à observer en cette manière est qu’il faut proportionner la surface éclairante à la surface éclairée, il y " a cependant des variantes selon la destination et la forme de la pièce. Ainsi les pièces où l’on travaille (bureau, cuisine, lingerie, etc.) ont besoin, en n’importe quel point de leur surface, d’une vive clarté et venant de très haut afin de pouvoir pénétrer jusqu’au fond de la pièce, et cela d’adtant plus haut que cette dernière est plus profonde. Ces baies servent donc exclusivement à éclairer.
- Les pièces de repos (chambre, salon) demandent une lumière moins crue pour cette raison et aussi parce que leur mobilier généralement plus riche s’accorde mieux d’un jour tamisé. Dans ce cas, les baies servent non seulement à éclairer, mais encore à donner de la vue vers l’extérieur.
- Quant aux pièces de service où l’on séjourne peu (salles de bains, W-C., escalier), les dimensions et la forme des baies doivent être établies en fonction de l’établissement de toutes choses : limon d’escalier, gaines d’aération, appareils sanitaires, etc. Ces baies doivent servir autant à la ventilation qu’à l’éclairage.
- Ces trois fonctions nécessaires, parfois distinctes mais souvent confondues d’éclairage, de prisé de vue et de ventilation qu’ont toujours les baies d’appartement, doivent seules guider, comme le dit excellemment la revue Ma Petite Maison, les recherches du constructeur pour leur donner l’importance et la forme leur convenant le mieux : baies à allèges très hautes pour les toilettes et cuisines ; baies toutes en hauteur et assez étroites pour les chambres, ce qui donne le maximum de lumière avec le minimum d’encombrement intérieur; baies en largeur, divisées ou non verticalement en vantaux fixes ou mobiles pour salons et salles à manger, ce qui permet de découvrir de larges espaces d’horizons; enfin, baies à impostes ouvrants dans les entrées, salles de bains, escalier.
- Notre confrère a raison quand il énonce que c’est de la distribution judicieuse de cette lumière que doivent d’abord "procéder toutes recherches de décoration intérieure. - M. B.
- Mastic pour boucher les fentes et nœuds du bois.
- — On emploie avantageusement, pour combler les trous, les fentes et les nœuds des objets en bois, un mastic dont voici la formule.
- Colophane................... 2 kg
- Cire jaune................... 4 —
- Ocre......................... 4 —
- On fait fondre la colophane avec la cire jaune, et à ce mélange, on ajoute l’ocre brûlée, finement pulvérisée.
- ' Le mélange étant obtenu, on coule la masse encore chaude dans les creux et fentes du bois. H. B.
- Mastic pour manches de couteaux. — Un mastic qui donne d’excellents résultats est composé comme suit :
- Soufre. ...............i5o grammes” ~
- Limaille de fer. , . . a5o —
- Colophane fondue . . 600 —
- Le mélange étant préparé, en ajoutant le soufre et la limaille de fer à la colophane, on coule la masse chaude dans le manche préalablement chauffé et l’on y introduit la tige de la lame du couteau, que l’on a eu soin aussi de chauffer pi'éalablement. H. B.
- Graisse pour courroies de machines. — On obtient une graisse très lubrifiante en employant la formule suivante :
- En. poids.
- Colophane.............. 3o parties.
- Cérésine ........ 7,5 —-
- Huile de ricin. .... 12 — L
- Graisse de suint brute . 20 —
- Cette graisse est employée pour courroies de toutes sortes adaptées aux moteurs. H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- OtL
- AVIS. — L'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison dés recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits.;)— Machine frigorifique Corblin : H. Corblin, [78, boulevard Saint-Marcel, Paris.
- Réponses. — M. L. D., à Uzel-près-l’Oust (Côtes-du-Nord). — i° Nous ne possédons pas le document concernant la carbonisation du marc de raisin, dont l’auteur est M. Duplan, et nous n’avons eu connaissance que des renseignements qui ont fait l’objet de l’information parue dans La Nature, n° 2692, du 7 novembre 1925.
- N’ayant pas l’adresse de l’auteur susdit, nous pensons que vous pourriez l’obtenir, probablement, en la demandant au secrétariat de l’Académie d’Agriculture, à Paris,
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- BOITE AUX LEtTRES
- 18, rue de Bellechasse (7°), qui a dû avoir communication d’un rapport sur la question dont il s’agit.
- 20 En ce qui concerne le traitement des marcs de pommes en vue d’obtenir, si possible, des résultats semblables ou similaires, vous pourriez vous adresser pour avis, sur cette question, de même que pour tout ce qui concerne les industries de la pomme, à M. War-collier, directeur de la Station Pomologique du Calvados, à Caen, rue de Gêole. ’
- M. E. B., Syndicat d’Etudes du carburant. Bois. — Nous regrettons de n’avoir pas l’adresse que vous demandez, à propos de la note sur le marc de raisin, publiée l’an dernier.
- Pour tout projet relatif aux appareils de distillation et de carbonisation, en ce qui concerne le traitement du marc de raisin, nous ne pouvons que vous conseiller de vous adresser au Secrétariat de l’Académie d’Agricul-ture, àParis, 18, rue de Bellechasse (7e), qui doit avoir dans ses archives le rapport et par conséquent l’adresse de l’auteur du procédé auquel vous faites allusion. Nous ne connaissons rien autre que ce que nous avons' publié dans le n° 2692 de La Nature.
- M.. P., Bordeaux. — Pour- des analyses médicales, consulter : Guy Laroche, Examens de laboratoire du médecin praticien, Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain; Ginart et Grimbert. Précis de diagnostic, Lamare, éditeur, 4» rue Antoine-Dubois; Deni-gès. Précis de chimie analytique. Maloine, a5, rue de l’Ecole-de-Médecine ; Agasse-Lafont. Les applications pratiques du laboratoire à la clinique. Yigot, 23, place de l’Ecole-de-Médecine; Bertrand et Thomas. Guide pour les manipulations de chimie biologique. Dunod, 47, quai des Grands-Augustins ; Clogue, Analyse de chimie biologique. Le François, 91, boulevard Saint-Germain.
- M. Robert, à Raga. — i° Producteurs de silicate de soude et de Potasse : Société Progil, à Lyon. Ancel, 69, rue de la Goutte-d’Or, à Aubervilliers. Dambreviüe, roi, Avenue de la Reine: Boulogne-sur-Seine. Sellier et Caron, 20, rue N.-D.-de-Nazareth, Paris. Silexore, 7, avenue Trudaine. Paris.
- 20 Ecole de chimie par correspondance : Ecole spéciale des Travaux Publics, 3, rue Thénard, Paris. Ecole Universelle de Paris, 10, rue Chardin. Paris.
- 3° Chaussées modernes, voyez l’ouvrage de M. Le Gavrian, publié chez Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- M. ILoorick, Bruxelles. — L'appareil à décalcariser Veau qui vous intéresse utilise la permutite de soude. Voyez à ce sujet l’article publié dans La. Nature, n° 2663, 18 avril 1925. Variétés sous le titre la décalcarisation des eaux. Le permutite de soude est un silico-aluminate de soude qui, au contact des sels de chaux, fixe la chaux pour se transformer en permutite de chaux. Elle a l’avantage de se régénérer très simplement par addition de sel marin.
- P. P. S,, à Lorient. — La fabrication des cordes de boyaux pour instruments de musique utilise les boyaux definouton, de cheval ou de bœuf auxquels on fait subir, après un nettoyage sommaire deux trempages à l’eau ou dans des lessives alcalines, un raclage qui enlève les parties inutiles, puis ùn refendage après triage. Les caractéristiques de chacune de ces opérations sont les suivantes :
- i° Nettoyage. — Les boyaux encore chauds sont débarrassés de la graisse et du sang qui y adhèrent ainsi que des matières fécales qu’ils contiennent. Pour les petits boyaux on racle simplement avec une lame mousse; pour les gros, le nettoyage se fait à la main, le pouce étant muni d’un dé métallique et l’index d’un anneau de caoutchouc, la pression exercée doit être douce pour ne pas provoquer de déchirures.
- 20 Trempage. — On immerge d’abord pendant douze heures dans l’eau froide, puis quelques heures dans l’eau tiède; après enlèvement des membranes inutiles, on fait macérer dans une lessive de soude ou de potasse à 2° Baumé ou dans une solution ammoniacale, on rince ensuite un grand nombre de fois à l’eau pure.
- 3° Raclage. -— Les intestins étant constitués par trois membranes : l’extérieure péritonéale très mince, l’intérieure muqueuse, l’intermédiaire fibreuse, c’esf seulement cette dernière que l’on conserve. Le raclage est pratiqué sur un plan incliné, la membrane externe est conservée pour fabriquer des fouets, quant aux autres déchets ils servent à faire un engrais azoté.
- 4° Triage et refendage. — Le classement des boyaux
- ainsi nettoyés se fait d’après leur longueur, leur blancheur et leur résistance, après quoi on les fend au couteau dans toute leur longueur,, parfois après injection d’eau dans le boyau qui se présente ainsi mieux au fendeur. Complémentairement, on effectue un blanchiment par les moyens habituels, eau oxygénée, acide sulfureux, parfois en faisant agir successivement le permanganate de potasse et l’acide sulfureux.
- La matière première ainsi mise en bon état on procède au filage qui consiste à donner aux boyaux la torsion voulue, ce que l’on obtient en fixant utte extrémité à un crochet et l’autre à un rouet; le nombre de boyaux servant à former une corde varie avec l’usage auquel elle est destinée.
- Les cordes ainsi tordues sont passées dans un bain alcalin pour enlever les souillures, parfois reblanchies à l’acide sulfureux, rincées, séchées sous tension, polies à la pierre ponce, enfin cirées. Ce finissage est surtout indispensable dans le cas des cordes destinées aux instruments de musique, lesquelles doivent être souples, blanches et très bien calibrées. Les-chanterelles sont transparentes, formées de 4 à 6 fils, le mi et le la sont faits à 3 à 4 fils, ceux du la étant plus gros; pour le ré on prend 5 fils.
- Les cordes de harpes sont constituées par 20 fils, celles de contrebasse en ont jusqu’à 3o. Lorsque les cordes doivent être teintes en bleu ou en rouge, on emploie comme matière colorante le tournesol ou la cochenille. Bibliographie : Le cordier, par Laurent, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille ; Manuel de corderie, bibliothèque professionnelle, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille; Fabrication des cordes, par Renouard, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. II. II., à Bouvres, par Betz. — Dans la série des tensions ou forces électromotrices de contact, qui prennent naissance entre les éléments et les solutions aqueuses, les métaux usuels se placent de la façon suivante par rapport à l’électrode normale à hydrogène: — (K, Na, Ba, Ca, Mg, Al, Mn, Zu, Cd, Fe, Co, Ni, Sn, Pb)
- H
- -f- (Cu, Bi, Sb, Ag, Hg, Pt, Au)
- Par conséquent, les seuls métaux qui ne déplaceraient pas le cuivre de ses solutions salines seraient le bismuth, l’antimoine, l’argent, le mercure, le platine et l’or, métaux qui pratiquement sont inempïoyables comme récipients industriels. En réalité, le cuivre pur op cuivre rouge est le seul métal qui convienne pour emmagasiner les solutimis de sulfate de cuivre-, vous pouvez tourner la difficulté d’emploi, à cause de son prix élevé, en Constituant le récipient par de la tôle, que vous ferez cuivrer à l’intérieur sous épaisseur convenable, soit par électrolyse, soit par le procédé Schoop (Société de métallisation, 48, boulevard Haussmann).
- Ecole de Charleville. — x° Il faut commencer par enlever toute la peinture qui recouvre le bois en appliquant à la surface, au moyen d’un vieux pinceau ou d’un chiffon fixé à l’extrémité d’un morceau de bois, une solution tiède de soude caustique à 5° Baumé (eau seconde des peintres), laver et laisser bien sécher.
- 20 Passer ‘sur Vobjet à bronzer deux couches successives de rouge d’Angleterre broyé avec de l’huile de lin, en attendant, bien entendu, que la première couche soit sèche avant d’appliquer la suivante.
- Enfin, sur la peinture ainsi obtenue et qui constitue le fond, donner une couche de vernis alcoolique à la gomme laque et, avant que ce vernis ne soit tout à fait sec, tamponner la surface avec un pinceau doux ou un tampon de coton, saupoudré d’or mussif (bisulfure d’étain). On laisse bien sécher, puis on épousette afin d’enlever l’excès d’or mussif non adhérent.
- R. Landa, à Paris, -r- i° Malheureusement, il n’est pas possible de rendre aux vieilles peintures Véclat des peintures fraîches, tout ce que l’on peut faire est d’enlever l’ancienne couche obscurcie par les réaetions chimiques (sulfuration de la céruse), ou jaunissement Ide l’huile de lin, et d’en redonner une nouvelle.
- 20 Même observation pour les cadres dorés, dont la couche d’or superficielle a disparu en partie et pour lesquels une remise entre les mains d’un spécialiste est indispensable. Tout au plus peut-on enlever la poussière dans les infractuosités avec un pinceau, puis i’edonner un peu d’éclat en passant à la surface une éponge imbibée d’eau albumineuse (eau froide et blanc d’œuf à parties égales).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Propagation de la . lumière. Théorie de la réflexion vitreuse et métallique, par H. Bouasse. i vol. 480 p., 240 fig. Delagrave, éditeur. Paris, 1925. Prix broché : 35 francs.
- Ce volume,, qui continue la célèbre collection de M. Bouasse, contient deux parties. La première est consacrée à la propagation de la lumière; M. Bouasse y expose et discute, avec l’esprit critique qui fait son originalité, les méthodes de mesure de la vitesse de la lumière de Fizeau, Cornu, Foucault, Michelson; il étudie le principe de Doppler et ses applications, puis la propagation de la lumière dans les corps en mouvement et l’entraînement des ondes par l'a matière, l’aberration des étoiles et l’influence d’un mouvement uniforme d’ensemble sur les phénomènes optiques. Ces chapitres lui donnent l’occasion de rompre, en passant, quelques lances contre les théories relativistes. L’auteur passe ensuite à l’étude de la dispersion, puis à la constitution de la lumière blanche. La seconde partie est consacrée à l’exposé des lois et à la description de nombreuses expériences relatives à la réflexion vitreuse, à la réflexion cristalline et à la réflexion métallique.
- La préface est, comme d’usage, faite de quelques pages de vigoureuse et amusante polémique. Mais „cette fois, M. Bouasse, au lieu de s’en prendre directement à ses contemporains, s’attaque à Condorcet, à son tableau des progrès de l’esprit humain, et à la thèse de la perfectibilité indéfinie de l’esprit humain.
- M. Bouasse veut prouver, et il le fait avec beaucoup d’esprit, que le cerveau d’un Newton vaut celui d'un savant moderne et que pour bien exposer un problème scientifique, il faut se reporter directement aux travaux originaux, fussent-ils anciens, et non aux commentateurs ou- imitateurs. C’est là une sage et utile leçon.
- Atlas magnétique publié sous la direction de M. Ch. Maurain, avec la collaboration de M. Eblé, par Mme de Madiniiac et Mlle Homerÿ. i vol. 16 p., 23 cartes. Editeur : Les Presses universitaires de France. Paris, 1925.
- Cet atlas contient à la date du ier janvier 1921 des cartes représentant la valeur des éléments magnétiques terrestres en France et dans les possessions françaises, et en outre des cartes indiquant la valeur de la déclinaison magnétique pour les différentes contrées d’Europe, enfin des planisphères, de la déclinaison, de l’inclinaison et de la composante horizontale du magnétisme pour l’ensemble du globe. Ce travail, dont l’importance ne doit pas être mesurée au format de l’ouvrage, est du plus haut intérêt pratique, notamment pour les services de navigation aérienne.
- Les grandes étapes de la radio, fasc. I. Les grandes découvertes, par J. Guinohant. i vol. 90 p., 60 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1925.
- M. Guinchant a entrepris d’écrire l’histoire de l’invention et du développement de la télégraphie sans fil. C’est là une tâche doublement utile ; exécutée par un physicien suivant les sûres méthodes de la critique des textes et des documents, cette œuvi e jette une vive lumière sur un domaine qu’ont obscurci à plaisir les vanités nationales et les intérêts particuliers ; en outre, elle met en évidence, d’une façon instructive, le mécanisme de la genèse d’une grande invention. La T. S. F. s’appuie sur une grande découverte physique, celle des ondes hertziennes par l’Allemand Hertz. Mais si Hertz a découvert l’outil essentiel de l’invention future, il ne fut pas et ne songea pas à être inventeur. Quelques précurseurs, notamment Lodge et Popow, tentèrent, mais sans succès, d’utiliser les ondes hertziennes pour transmettre des signaux. La première réalisation effective dans cette voie fut celle de Marconi en 1896. C’est donc bien Marconi qui doit être regardé comme l’inventeur de la T. S. F., -parce que le premier il a su grouper et combiner les moyens nécessaires pour recevoir et transmettre des signaux à grande distance au moyen des ondes
- hertziennes. Une caractéristique essentielle de son système était l’antenne d’émission verticale. On sait qu’il employait comme détecteur le tube à limaille de Branly, ce qui adonné corps à la légende trop répandue en France qui attribue à cet éminent physicien, contre son gré du reste, l’invention de la T. S. F.
- Une fois le premier pas fait par Marconi, les progrès, les parfectionnemrnts se précipitent. C’est une émulation de tous les pays, de tous les savants, de tous les inventeurs. M. Guinchamp rend justice à chacun. Il montre notamment, dans ce premier fascicule, comment ont été élucidés le rôle de l’antenne et de la terre.
- Physique industrielle. Régimes variables de fonctionnement dans les installations de chauffage central, par André Nessi et Léon Nisolle. i vol. de xii-172 p., 29 fig. et i planche hors texte. Dunod, éditeur, Paris, 1926. Prix broché : 32 francs.
- La plupart des installations de chauffage central sont calculées en prévision d’un fonctionnement continu de jour et de nuit, pour l’obtention d’une température déterminée dans les locaux chauffes, tant que la température extérieure ne s’abaisse pas au-dessous d’un certain, nombre de degrés minimum fixé pour la période de 24 heures considérée.
- Mais si l’occupation des locaux doit être intermittente et si la température prévue ne doit être nécessaire que pendant une fraction des 24 heures, la question se pose alors de savoir dans quels cas il y a intérêt, au point de vue de l’exploitation, à ne plus mettre d’une manière continue les appareils en service.
- Dans quelle mesure la production et l’émission de chaleur doivent-elles être, par rapport à la période de non-occupation, réduites ou complètement supprimées? Quelle puissance . supplémentaire doit-on, d’autre part, donner aux appareils de chauffage pour que, par les temps les plus froids, ceux-ci puissent fournir, en un temps relativement court, les calories nécessaires pour atteindre de nouveau la température fixée pour les heures d’occupation. Ce sont ces problèmes que les auteurs ont résolus. Les formules auxquelles ils sont parvenus conduisent, en partant des constantes communément admises, à des résultats présentant un degré de précision suffisant dans la pratique.
- L’étude des régimes périodiques de fonctionnement est particulièrement intéressante. L’emploi de méthodes graphiques permet d’obtenir rapidement les bilans thermiques des installations en marche discontinue.
- Précis de bactériologie, par J. Courmont, 5e édition revue, augmentée et corrigée par P. Courmont, i-vol. in-16, 1278 p., 324 fig. et 40 pl. en couleurs, Gaston Doin, Paris. Prix cartonné toile : 85 francs.
- Le grand succès du Précis de Bactériologie de J. Courmont était dû à sa valeur pratique en même temps qu’à sa haute tenue scientifique. La 5° édition complète les précédentes; des parties entières ont été refondues (sérothérapie), des chapitres nouveaux mettent au point des questions renouvelées : gangrènes, virus filtrants, classifications dès pneumocoques, streptocoques, -.etc. Les dernières découvertes sont résumées à propos de chaque microbe. Le bactériologiste y trouvera ^l’exposé complet de toutes les méthodes et techniques importantes. L’étudiant et le médecin trouveront à propos de chaque microbe pathogène tout ce qu’ils doivent savoir pour l’étiologie, le diagnostic, le pronostic, et enfin le traitement spécifique (sérums, vaccins). La 3e partie est consacrée à la sérothérapie; la 4° à la rage. Les chapitres sur la tuberculose sont particulièrement remarquables^
- Comment Vagriculteur peut aider ses ouvriers, par Ad. Toussaint, i broçh. in-8, 48 p.- Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix ; 3 francs.
- Résumé clair et précis de ce qu’il faut savoir des lois concernant l’assistance aux ouvriers agricoles, leur protection et celle de leur famille, les formes de salaire, l’organisation des habitations à bon marché, des coopératives, du crédit rural.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2716 24 Avril 1926
- Les électrobus à trolley du département du
- Gard. — L’autobus électrique à trolley est un mode de locomotion connu déjà depuis longtemps; mais il a mis un certain temps à se répandre; ses avantages par rapport au tramway électrique sur rails sont manifestes ; mais ceux qu il possédé a 1 égard des autobus à essence sont moins évidents ; toutefois, le prix croissant'de l’essence rend désirable en tout lieu l’emploi comme force motrice de l’énergie électrique fournie directement par les chutes d eau ou par les stations centrales thermiques qui ne consomment que du charbon. On s’explique donc l’intérêt que présentent aujourd’hui les autobus électriques à trolley pour 1 exploitation des petites lignes locales. C est ainsi que le departement du Gard a récemment créé, pour relier Nîmes aux diverses localités de sa banlieue est et nord-est, deux lignes d’électrobus dont, le Génie civil vient de donner une description détaillée. L’une de ces lignes est celle de Nîmes au Pont du Gard par Bezonces et Lafoux (au km a), elle suif une route nationale et un chemin de grande commuai- -cation, l’autre ligne va également de Nîmes au Pont du Gard, mais par Jonquières,. Comps, Montfrin et Lafoux-sa longueur est de 33 km ySci. ’
- L alimentation du réseau de ces électrobus se fait en courant continu ; 55o, 600 volts, au moyen de 4 sous-stations. "
- La ligne de contact est composée de deux fils de cuivre rainures, d une section unitaire de 85 mm^ espacés de o m.ç35. Elle est montée par l’intermédiaire de consoles en tubes d acier sur poteaux en bois avec socles en béton armé. La hauteur moyenne des fils est d’envi-' I)on b m. ào. Chaque autobus a deux trolleys, l’un pour 1 amenée, .1 autre pour la sortie du courant; le châssis est équipé.avec deux moteurs électriques de 20 C. Y. Chaque voiture a un compartiment de voyageurs poux' 27 personnes assises et un compartiment pour 5oo kg de bagages. Des remorques à marchandises de 4 tonnes, .équipées également avec un moteur électrique, peuvent être attelées à l’électrobus.
- Les electrobus de Nîmes ont été mis en service en juillet. 1924 pour les voyageurs, en juin 1925 pour les marchandises. Les vitesses commerciales sont de 3o km/h. pour les services de voyageurs, de 26 km/h. pour les services mixtes. Chaque voitui'e fait un service journalier de 2-5o km.
- Le reseau d électrobus du Gard'est revenu à 71 000 fr. le kilomètre tout compris : matéi'iel fixe et roulant, installations diverses, etc. C est 3 fois moins qu’un réseau de tramways sur rail assurant le même service. La dépense d’électricité représente comme dépense le quart environ.de ce que coûterait l’essence d’autobus assurant le-même service.
- La production de la caséine en France dans les Charentes. Depuis igo4i les laiteries si importantes qui se sont développées en Charente ont entrepris la fabrication de la caséine. D apres les indications récemment publiées par M. Dornic, cette fabrication s’accroît et le lait écrémé qui servait à l’élevage du porc est maintenant absorbé par 1 industrie des matières plastiques. Il y a dans cette utilisation d’une matière première de grande puissance alimentaire un fait sans doute regrettable, niais on ne peut rien contre les lois économiques. Le lait écrémé valait le dixième du prix du lait entier, la préparation de la caséine a doublé sa valeur. Aussi, presque toutes les laiteries des Charentes se sont-elles mises à la fabrication de la caséine, beaucoup plus simple et moins aléatoire que l’élevage du porc.
- En 1 g r 3, i3 laiteries syndiquées vendaient 642000 kg de caséine; en 1915, i5 laiteries vendaient plus d’un million de kilog; en 1924, 33 laiteries dépassent une production de-uSooooo kg valant 13 479 000 francs.
- On produit la caséine industrielle ou lactique par coagulatioîx Spontanée du lait écrémé en 18 ou 20 heures-la caséine pour objets plastiques imitant l’écaille,' l’ivoire,, la. corne, le. celluloïd, etc. par pressurage dû lait écrémé ; la caséine soluble dans l’eau ou caséine alimentaire est la précédente à laquelle on ajoute 1 kg 5oo ou 1 kg-600 de bicarbonate de soude par 100 kg
- de caillebote verte, la caséine de soude obtenue se dissout dans 10 fois son volume d’eau chaude.
- Les emplois, de ces caséines sont très nombreux : matière agglutinante pour des colles, pour des papiers, pour les apprêts, pour le collage des vins.
- .La caséine alimentaire est employée poux* préparer divers produits alimentaires constituant des spécialités . plasmon, nutrosé, sanose, galactogène, caséone, globon, etc.
- La fabrication des objets plastiques résulte de la propriété de la caséine, découverte par Trillat, de donner avec 1 aldéhyde formique une substance plastique qui devient solide : boutons, colliers, porte-plume, peignes, etc., sont couramment fabriqués en caséine. -
- Ces objets ne présentent pas le danger d’incendie du celluloïd.
- L es, tunnels de l’Hudson et les ponts de New-York. — Nous recevons de M. Cru, professeur de français à VYilliamstown, l’intéressante lettre qui suit :
- « Je me permets de vous présenter une légère correction à l’article « La ventilation des tunnels de l’Hud-son à New-York » qui se troxive sous la rubrique Informations, page 49, n° du x3 février.
- Il y est dit que les « de'ux tunnels sont destinés à permettre le passage des véhicules... sans emprunter la voie du pont suspendu devenue insuffisante ».
- , H n y a. pas de pont suspendu, il n’y a aucun pont sur 1 Hxidson à New-York. Les communications avec la rive droite, qui. constitue l’état de New-Jersey, se font par les « ferries » ou bacs à vapeur, par les deux tunnels d un métropolitain et pax* les deux tunnels des grandes lignes du Pennsylvania Railroad. L’Hudson est un obstacle qui a jusqu’ici arrêté les constructeurs de ponts pour les trois raisons suivantes :
- I Le fleuve est une sorte de mer intérieure très large ;
- 2. Cette mer intéi-ieure sert de port aux plus grands
- navires que possèdent les diverses nations maritimes. Aucun obstacle axxx mouvements de ces navires^ ne sau-x*ait être toléré ;
- ; 3° Bien que New-York ne soit pas un port militaire, 1 Hudson en amont de New-York constitue un abri admirable ou la flotte entière des Etats-Unis pourrait ancrei* en cas de besoin. Le Ministère de la Marine a le droit de s opposer à toute construction qui réduirait la valeur de cet abri.
- , Cependant on considère depuis quinze ans le projet d’un pont, suspendu géant, sans piles centrales, qui enjamberait le. fleuve des falaises de New-York aux falaises de la rive opposée. Le tablier serait d’une hauteur telle que les plus grands navires passeraient facilement dessous.
- II y a bien des ponts suspendus à New-York, et voilà
- la cause de votre erreur, mais ils ne sont pas sur l’Hud-son. Considérez un plan de la ville : c’est une longue langue de terre, oïdentée presque Nord-Sud, et séparée du territoire environnant à l’Ouest par l’Hudson, à l’Est par un large chenal ou bras de mer appelé East Hiver, c’est l’East River qui sépare Nèw-York de Brooklyn; c’est l’East River qui a été franchi voici près de 5o ans par le Brooklyn Bridge, construit de 1870 à i883, le plus grand pont suspendu de son temps, et qui semble encore le seul pont de New-York connu en France. Devenu insuffisant, on le doubla par un second pont suspendu, plus grand, le Williamsburgh Bridge construit de 1896 à 1903. Ce fut encore insuffisant et vers 1912 on inaugura deux nouveaux ponts : l’un suspendu, le Mahattan Bridge, l’autre cantilever, le Queensborough (ou blackwell) Bridge. b
- L’East River est donc traversé par quatre ponts gigantesques . trois ponts suspendus qui sont encore les plus grands qu’on ait construits, et un pont métal-ltque cantilever qui est aussi unique en son genre ; s’il est moins long que le pont du Forth en Ecosse, ou que celui de Québec, c est le pont le plus puissant, celui dont le poids au mètre courant est le plus considérable.
- Si je vous donne ces details c est que j’ai toujours eu à coeur de faire connaître d’une part la vraie France aux Américains (et je my emploie tous les jours), d’autre
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- INFORMATIONS
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- part la vraie Amérique aux Français. Il y a longtemps d’ailleurs que je rencontre cette idée accréditée chez nous : qu’il y a un grand pont suspendu à New-York, un seul, et qu’il est sur l’Hudson ».
- L’agave en Algérie. — La Nature a signalé à plusieurs reprises l’intérêt que présenterait l’acclimatation de l’agave sisalvdans nos colonies nord-africaines (Yoir nos a314, 2 février 191B et 2388, 3 janvier 1920). Cette plante fournit une fibre, le sisal, qui a une foule d’emplois en corderie, sparterie, brosserie. Les pulpes, résidus laissés par les feuillessaprès défibrage, peuvent être traitées pour fournir de l’alcool et de la cellulose. Dans une circulaire aux préfets que vient de publier le Journal officiel d'Algérie, le gouvei'neur général affirme son intention de développer, par les moyens en son pouvoir, la culture de l’agave-sisal en Algérie. L’Algérie du Tell, tout au moins dans les basses et moyennes altitudes, paraît lui convenir parfaitement. Le gouverneur général invite ses services à rechercher et à lui signaler les terrains susceptibles de faire l’objet de concessions en vue de la culture et l’exploitation de l’agave : terrains de peu de valeur agricole, perméables (graveleux de préférence ou même sablonneux) , non marécageux et de 1000 à 2000 hectares au minimum d’un seul tenant.
- Le Service des Eaux et Forêts, qui a déjà planté en agave-sisal quelques centaines d hectares, est invité à développer des pépinières pour ravitailler les futurs concessionnaires.
- Perfectionnement aux incubateurs. — La Revue internationale de renseignements agricoles signale, d’après une étude publiée dans Science, qu’un électro-technicien anglais, M. Llewelin B. Atkinson, prenant pour point de départ que, dans les couveuses ordinaires, les œufs sont uniformément chauffés de tous les côtés, tandis que l’on constate sous la poule une différence de 14 à 20° entre la partie de l’œuf en contact avec le ventre du volatile et celle qui se trouve en contact avec le fond du nid, a placé une légère feuille de caoutchouc sur les œufs dans les couveuses. Celte méthode augmente notablement le nombre des œufs éclos. Le D1 A. Jull, technicien aviculteur du Département de l’Agriculture des Etats-Unis, dit que la méthode d’Atkinson constituerait un avantage énorme pour l’aviculture américaine, qui en retirerait un profit de plusieurs millions de dollars par an, et comme un des plus importants facteurs du coût de la production des poussins est leur grande mortalité, les expériences sur la méthode proposée devraient être contrôlées et bien déterminées en vue de leur application pratique.
- L’essai parait aisé et mérite d’ètre entrepris en France également.
- Un tamanoir à l’infirmerie. — Les vétérinaires attachés à des jardins zoologiques de l’importance de celui de Regent’s Park, à Londres, aux collections si variées, sont toujours embarrassés quand on fait appel à leur science pour soigner un pensionnaire. Convenez qu’ils doivent l’être particulièrement, quand le malade est dans l’impossibilité matérielle d’absorber pilules ou tisanes !
- Et c’est bien le cas du tamanoir (Mrrmecophaga jubata), qu’une nature peu généreuse a doté d’une bouche si étroite qu’elle livre tout juste passage à une langue proportionnellement aussi longue que mince, qui, couverte d’un enduit gluant, ne peut lui servir qu’à capturer fourmis et termites.
- Or, un des fourmiliers que possède le jardin zoologique de Londres souffrait d’un mal de gorge, accompagné de fièvre, qui inquiétait la direction. Et l’on tint conseil sur les voies et moyens à employer pour sauver la précieuse créature. t
- On tenta d’abord de lui faire avaler de force des îœmèdes, injectés par la bouche à l’aide d’une seringue. Peine perdue! Ces animaux dont la longueur atteint 2 m. sont très vigoureux, et, bien que d’humeur débonnaire, sont armés de griffes énormes aux pattes antérieures, et dont ils savent se servir pour infliger de dangereuses blessures à qui les dérange.
- Après d'autres tentatives, on eut l’idée de lui offrir du lait chaud, versé dans une bouteille au col étroit, et il s’habitua rapidement à boire le breuvage en introdui-
- sant sa longue langue dans le récipient. Puis, on ajouta au lait quelques gouttes de teinture d’iode que le malade absorba sans trop rechigner. En huit jours de|ce traitement, il était guéri. Ét nous nous faisons un plaisir d’indiquer la recette à ceux de nos lecteurs qui, 'par aventure, élèveraient en chambre des tamanoirs !
- Je dois dire que ces édentés ne sont pas faciles à apprivoiser. Je croyais y avoir réussi en Colombie, avec
- un très jeune animal capturé par un de mes Indiens, et qui s’était habitué à me suivre comme-un chien. Mais, devenu grand, il attaquait tout le monde sans provocation, et, quand il eut blessé plusieurs personnes, je dus le sacrifier.
- Les Hispano-Américains lui ont donné le nom d’ours-fourmis, et le fait est qu’il a parfois des altitudes qui rappellent celles des plantigrades. Par exemple, quand il se croit attaqué, il se campe sur son séant, et, dressant son buste tout droit, s’apprête à se défendre avec ses jambes antérieures, armées, je l’ai dit, de griffes formidables et tranchantes. Y. Forhin.
- L’émigration italienne. — La population de l’Italie s’accroissait de 280000 habitants annuellement avant la guerre. Depuis elle s’est augmentée de Jooooo personnes par an.
- En 1870, elle comptait 29 millions d’habitants, elle én a près de 42 millions à présent, soit 3 millions de plus, que la France. M. le professeur Roberto Michels a exposé devant la Société d’économie politique de Paris les causes et les effets de l’émigration (5 oct. 1925).
- Son intéressante étude a été publiée par VEconomiste. français du 17 octobre.
- En examinant les moyens qui permettent de restreindre l’émigration, il a cité le développement de l’industrie. Mais la houille manque en Italie, aussi la mise en valeur des forces hydrauliques, si remarquablement conduite, comme on pouvait s’en rendre compte à l’Exposition de Grenoble, est de nature à compenser cette pénurie de charbon.
- L’empire colonial italien ne peut pas absorber beaucoup des excédents de population. Ainsi en Erythrée, après 3o années d’occupation, il y a seulement 4000 Ita-liens. En Tripolitaine, 11000 (en 1922).
- C’est vers l’étranger, dans les pays industriellement organisés que vont les émigrants italiens. On peut souligner que, en ig23, sur 400000 émigrants, 182000 sont venus en France, c’était 84 pour 100 de l’émigration italienne en Europe. On sait que l’Amérique a fermé ses frontières aux émigrants.
- *t> 'Nouvelles de T. S. T.
- L’arc de la Tour Eiffel. -- Depuis (quelque temps déjà, les amateurs parisiens ne sont, plus gênés par les émissions sur arc de la Tour Eiffel pour entendre les émissions lointaines. Seuls les harmoniques des ondes radiophoniques continuent à être fort désagréarbles.
- La nouvelle super-station américaine. —- On peut recevoir assez-facilement en France les émissions de la nouvelle super-station américaine W. J. Z. d’une puissance de 5o kilowatts, sur 455 m. de longueur d’onde.. On peut entendre ces émissions à partir de minuit.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Un nouveau piston pour un moteur à haut rendement. — La fabrication des moteurs modernes de faible cylindrée et très « poussés » exige l’emploi de pistons très légers, et dont toutes les qualités mécaniques ont été soigneusement étudiées. On emploie généralement des pistons d’alliage d’aluminium de forme classique, et il en résulte très souvent des inconvénients graves, tant au point de vue de l’homogénéité de la matière que des inégalités de dilatation que l’on peut déplorer quelquefois, la dilatation du piston ayant, on le conçoit, une influence essentielle sur le fonctionnement régulier du moteur.
- Un constructeur vient de réaliser un nouveau modèle de piston très original, qui semble présenter de sérieux avantages sur les modèles similaires.
- Extérieurement, ce piston a un aspect classique (fig. i), mais il est réalisé en alliage léger moulé sous pression, ce qui donne à la matière une homogénéité parfaite.
- De plus, comme le montrent les coupes a et 3, et la vue en dessous 4, les parois supérieures sont soutenues
- COUPE A B
- *' COUPE CD
- VUE PAR EN DESSOUS
- Fig. I à 4. — Le piston « Borgo ».
- par des nervures qui permettent d’obtenir une solidité remarquable, tout en réduisant au minimum l’épaisseur réelle des parois, donc le poids du piston.
- La pression de la bielle n’est plus transmise uniquement par les parois du piston, mais en outre par de fortes nervures de connexion (fig. 2 et 4) qui entourent ainsi l’arbre de la bielle.
- Les ailettes transversales qui garnissent la calotte du piston (fig. 4) permettent de réduire au minimum l’épaisseur de cette calotte, la pression de l’explosion étant transmise à ces nervures. De plus, ces ailettes servent au refroidissement, et ainsi le piston reste relativement froid, et en tout cas se refroidit régulièrement.
- 11 suffit, en conséquence, de prévoir un jeu extrêmement réduit à froid donnant de faibles battements; d’où réduction de l’usure et suppression des ennuis dus à ce jeu anormal : bruits de « claquement », rupture possible des segments, etc. — Constructeur : Piston « Borgo », 1, rue Parmentier à Neuilly-sur-Seine.
- se.v Froid artificiel
- La machine frigorifique domestique Prigor. — Le
- problème de la machine frigorifique domestique ne peut pas être considéré actuellement comme entièrement résolu. Les' machines frigorifiques les plus répandues sont des machines à évaporation d’un liquide plus ou moins volatil; le liquide s’évapore en créant du froid ; les vapeurs sont ensuite ramenées à l’état liquide au moyen d’un compresseur mû mécaniquement. Il existe de nombreuses machines de ce type, réalisées pour les petites puissances qu’exige une installation domestique. Les Américains notamment,'
- pour qm l’usage de la glace est devenue une nécessité alimentaire, ont mis au point, sur .ee principe classique, des modèles bien étudiés et très pratiques. Cependant ces machines ne résolvent pas entièrement le problème tel .qu’il se pose en France : elles sont d’abord très
- Indicateur de
- température
- Bac d'eau
- Soupape de sûreté' Couvercle du condensâtf. Niveau de l’eau dans
- Niveau du liquide
- il inconc/e/able Pot de réfriqération
- v Condensateur
- Liquide inconqe/able
- il~i
- sgMjy.41ip.wc4 q.
- Fig. 5. — Schéma de la machine « Frigor ».
- coûteuses et ne conviennent qu’à des particuliers- jouissant d’une jolie aisance, ou à des commerçants ou industriels pour qui la glace est indispensable : bouchers, crémiers, etc. En outre, elles exigent une organisation mécanique assez®complexe : une source de force motrice est nécessaire ; l’électricité est l’agent le plus commode ; mais en France, dans les localités isolées de la campagne on ne la trouve pas encore partout.
- Enfin les plus petits modèles sont encore souvent trop puissants pour les besoins d’un ménage français, qui considère les aliments ou boissons glacées comme un véritable luxe. Ce que l’on veut, c’est pouvoir diàposer chaque jour de quelques kilogrammes de glace, pour conserver certains aliments en glacière, pour faire face à des besoins médicaux et de temps à autre pour confectionner les entremets glacés. Ces besoins modestes s'accommodent mal d’une installation dont le coût s’élève toujours à plusieurs billets de mille francs.
- La machine Frigor, qui repose sur le principe également classique de l’absorption, permet précisément, dans les cas où une installation relativement importante ne peut être envisagée, de résoudre le problème. Quand il ne s’agit que de produire quelques kilogrammes de glace parrjour, le prix de revient de l’opération est une considération négligeable à côté du prix et de la simplicité de l’installation. Il est donc inutile de chercher un ‘rendement excell eut comme celui qu’on obtient avec les machines usuelles à compression d’ammoniac, d’acide sulfureux, ou de chlorure de méthyle : ce qu’il faut c’est un appareil bon marché, d’un maniement sur et aisé.
- C’est précisément ce qui se réalise avec le Frigor, machine à absorption, à fonctionnement
- intermittent. Elle comporte deux éléments seulement : un condenseur et une chaudière, ce sont des cuves en tôle invariablement reliées par une tuyauterie : il n’y a aucun organe mobile, il suffit de chauffer pour produire le froid.
- Yoici comment l’on procède : avant fonctionnement la chaudière contient une solution convenable, dont elle a été chargée une fois pour toutes. Le constructeur garde le secret sur la composition de cette solution ; il suffit du reste de savoir qu’elle tient en dissolution un gaz volatil, facilement condensable qui s’en échappera dès
- Condensateur
- Fig. 6.
- - L’ensemble de la chaudière et du condensateur.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- que l’on chauffera la chaudière à la température voulue. Et maintenant nous voulons produire de la glace : on place la chaudière sur une source de chaleur quelconque (bois, charbon, pétrole, gaz, etc.), le condenseur étant immergé dans un récipient rempli d’eau.
- On chauffe la chaudière pendant le temps voulu ; un
- Fig. 7. — Mise en charge' du « Frigor».
- 'On chauffe la chaudière et le gaz se dégage de la solution pour se’comlenser dans le condenseur.
- Signalons enfinun type'de machine Frigor rotatif (fig. 8 et g), c’est-à-dire sur lequel l’ensemble chaudière-condenseur est lié à un arbre et la chauffe terminée bascule auto^ matiquement autour de cet arbre, ce qui éteint la source
- Fig- 9- — (< Frigor » rotatif : Position de chauffe.
- indicateur de température signale la fin de l’opération ; le gaz, sous l’influence de la chaleur, a quitté la solution et est venu se liquéfier dans le condenseur.
- L’appareil est prêt désormais pour la production de glace ; il suffit en effet d’immerger la chaudière dans de l’eau froide et de plonger le condenseur dans le récipient où l’on veut produire le froid. Le refroidissement de la chaudière diminue la pression dans le système, le gaz liquéfié dans le condenseur s’évapore en produisant du froid; les vapeurs au fur et à mesure qu’elles se dégagent sont absorbées par le liquide dissolvant contenu dans la chaudière; quand l’évaporation est terminée, l’ensemble chaudière condenseur est revenu à l’état initial et l’on a produitune certaine quantité de glace.
- Le plus petit modèle de machine Frigor, modèle portatif, permet d’obtenir à chaque opération qui dure i h. 1/2 à 3 heures environ, 0 kg 750 de glace, avec une machine qui ne pèse que 11 kg, accessoires non compris bien entendu.
- Oh construit des appareils également portatifs, mais
- Fig. 8.— « Frigor » rotatif: Position pour production du froid.
- de plus grande puissance, donnent 1 kg 5 et 3 kg 5 de glace dans le même; temps ; des appareils fixes plus puissants donnent 10 ou 20 kg en 4 à 5 heures. Ces appareils, comme les machines à compression, s’adaptent aux meubles frigorifiques. Ils conviennent particulièrement aux colonies où la glace est partout indispensable, mais où dans bien des localités il est difficile de transporter des machines lourdes et. complexes et surtout de trouver la force motrice. , ,
- de chaleur et a pour effet en même temps de placer le condenseur, puis ,1a chaudière, chacun à son tour sous un collier d’arrosage qui provoque le refroidissement nécessaire. Les manœuvres sont ainsi rendues automatiques.— Constructeur : Le Frigor, 22 bis, rue de Silly, Boulogne-sur-Seine.
- Objets |utiles
- Infuseur-cafetière « Le Rêve ». — Bien que d’une conception et d’une disposition nouvelles, cet accessoire simple et peu coûteux, non seulement s’applique sans aucun changement à toutes les cafetières et théières actuelles, mais permet de réaliser une économie de café de 3o à 40 pour 100 sans pour cela diminuer la force et la saveur de l’infusion.
- Voici son mode d’emploi ; i° Placer le tampon de telle sorte que la tige se trouve bien au milieu du récipient, avoir soin dnppuyer légèrement sur’cette tige ; ,2° Jeter la poudre de café sur le tampon; 3° Mettre la grille le bord en haut (seulement
- Fig. 10. —• Cafetière « Le Rêve ».
- pour le café) et verser l’eau houillanté; 4° Couvrir et laisser infuser; quand on juge l’infusion suffisante, donner un tour ou deux de bouton du couvercle (comme si l’on voulait visser ce bouton)* le bouton se soulève et l’infusion coule. ,
- Cet infuseur qui petit aussi biéfi,être utilisé pour faire des infusions, de thé., tilleul, camomille, etc., estfabriqué pour 2, 4, 6 ou 8 tasses. —- Fabricants : Aulanier frères, 22, rue des Prairies, Paris (20e).
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- DOIT-ON TAILLER LES ARBRES
- Grave question qui a déjà fait couler beaucoup d’encre sans qu’il en soit encore résulté, cependant, des règles bien précises. Hippocrate dit oui, mais Galien dit non, et le Normand, toujours circonspect, ni oui ni non : la controverse continue. Le théoricien étaye ses arguments de considérations puisées aux lois de la physiologie végétale, et le praticien averti invoque sa longue expérience, où il a appris qu’une règle générale n’est pas un dogme intangible applicable aux questions d’espèce. Mais même dans le camp des grands-maîtres de l’orthodoxie horticole, l’accord est loin de l'égner. Faut-il s’en étonner quand on connaît les multiples éléments du problème?
- Un arbre extrait du sol souffre plus ou moins. Si l’on réduit ses souffrances au minimum et si on lui ménage la transition qui doit l’adapter à son nouveau milieu, point n’est besoin de trop modifier sa ramure pour favoriser sa convalescence. Hélas! tous les végétaux n’ont pas le même degré de résistance.
- Ainsi, soins dans l’arrachage et le transport; état des racines, du chevelu surtout ; saison et conditions atmosphériques ; temps écoulé avant la mise en terre et soins dans la plantation; nature du sol; espèce à laquelle appartient le sujet; mode de végétation; importance de la ramure; état de vigueur; âge et système dé'greffe; forme à donner, etc., sont autant de considérants dont il faut tenir compte. C'est dire que la pratique est ici le meilleur guide.
- Mais il y a les violents,, les extrémistes. Voici un Américain qui' décapite carrément le sujet, et, ayant coupé également ses racines à quelques centimètres de leur point d’attache, plante le jeune arbre ainsi réduit à sa plus simple expression, comme à l’état de bouture, dans un trou fait au plantoir, qui le contient à peine, sans aucune préparation du sol, et enfin tasse: fortement la terre à son pied. C’est simple et expéditif, bien approprié à la crise actuelle de la main-d’œuvre! Ne connaît-on pas ce vieux dicton : « Planterait-on son père, il faut lui couper la tête. » De l’autre côté de la barricade, on répond catégoriquement, non! N’enlevez rien à l’arbre....
- Le premier camp prétend qu’il faut des racines nouvelles et.descendantes, conséquemment, question d’équilibre, la partie aérienne doit disparaître aussi. Dans le second, on objecte que tailler l’arbre c’est supprimer les feuilles futures, c’est-à-dire quantité de pompes aspirantes qui aident non seulement l’absorption des liquides nourriciers par les racines, mais encore capturent elles-mêmes dans l’air des principes alimentaires, pour procéder ensuite à un travail mystérieux d’élaboration des matériaux de croissance, en associant diversement les produits minéraux venus du sol et les ingrédients gazeux qui ont pénétré par les feuilles.
- Voici encore quelques arguments de ces partisans du statu quo.
- Le chevelu qui se développe sur les bourrelets formés par les sucs descendants pousse d’autant moins vite que la partie aérienne de l’arbre est plus réduite, qu’il y a moins de surface par lesquelles s’établissent entre les racines et les feuilles l’accroissement et l’entretien de la
- FRUITIERS EN LES PLANTANT ?
- vie chez les plantes. Les branches en végétation appellent de nouvelles racines. Si une cheminée ne tire pas, va-t-on la décapiter? On ne fait pas autrement en taillant; les feuilles excitent le développement du système radiculaire par l’aspiration qu’elles produisent, par les matériaux qu’elles soutirent à l’air, par la sève élaborée qui tend à rompre l’équilibre des corps dissous dans la sève brute comparativement à ceux de l’eau du sol.
- Les modérés sont, naturellement, plus conciliants; ils croient la vérité dans un juste milieu. Quels que soient les soins pris lors de l’arrachage, disent-ils, l'ensemble des racines se trouve sensiblement réduit, d’autant que l’on doit couper aussi celles qui sont meurtries, desséchées, etc. Or, pour qu’une plante prospère, il faut qu’il y ait équilibre entre la nourriture terrestre et celle qui provient de l’air; cet équilibre n’existe plus, d’où la nécessité de tailler les branches pour mettre en harmonie les deux extrémités du végétal. D’autres, n’envisageant que l’évaporation de l’eau par les feuilles, qui, si elle était trop active, relativement à ce qu’absorbent les racines, .amènerait le dessèchement des tissus, arrivent à la même conclusion : à une diminution des recettes doit correspondre une diminution parallèle dans les dépenses. Ainsi, on le voit, c’est à l’opérateur d’apprécier l’importance des suppressions à faire d’après l’état des racines. Il se peut que l’on n’ait qu'à couper les branches au tiers supérieur de la pousse de l’année précédente. En général, tailler davantage en année sèche, en sol pauvre et les sujets forts.
- Pour d’autres, il faut supprimer les rameaux inutiles et ne conserver que les branches nécessaires à la bonne conformation de l’arbre, dont la longueur sera proportionnée au système radiculaire.
- Taillez si vous plantez au printemps, enseigne encore une autre école, mais contentez-vous de rabattre les branches qui sont cassées ou meurtries, si vous opérez en automne.
- Au lieu de tailler à la plantation, certains-préfèrent ne toucher à l’arbre qu’un peu après sa mise en terre, ou un peu avant l’ascension de la sève, ou encore la deuxième année seulement après la plantation ; on n’a plus à craindre alors de ne voir se développer que des rameaux chétifs, sur lesquels il n’est guère possible d’asseoir la seconde taille.
- En ce qui concerne les arbres d’un certain âge la motte paraît indispensable. A défaut, les avis sont tout aussi partâ^és. Pour notre compte, nous avons vu transplanter en pleins jours du mois de juillet des orangers (feuilles persistantes) d’une quinzaine d’années à ramure abondante, qui, avec la motte et sans aucune suppression dan§ les branches, ont parfaitement repris sans secousse ; mais un paillis entretenait l’humidité donnée par d’abondants arrosages, et le tronc et les grosses bifurcations étaient entourés de paille pour atténuer l’évaporation, mais chez quelques sujets seulement.
- Dans un prochain article nous étudierons la différence à établir entre les arbres à pépins et les arbres à noyaux.
- Antonin Rolet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour rendre les pneumatiques increvables. — On
- prépare une bouillie en faisant désagréger dans l’eau du papier de journal, par exemple, et du papier à gros éléments, du papier de boucher ou du papier d’emballage. On facilite la désagrégation en faisant chauffer et en agitant avec un bâton. *
- Une fois la bouillie obtenue, on la presse dans un linge et on change l’eau plusieurs fois pour éliminer les compo»-sés à base de chlore entrant dans la composition du papier. On ajoute un peu d’eau pour que la solution soit assez liquide et il ne reste plus qu’à en introduire dans la chambre à air un vingtième ou un trentième de son volume. j*tPour procéder à cette opération on desserre l’écrou de la valve et l’on enlève la rondelle de serrage, après
- quoi on enlève la valve elle-même. On introduit un entonnoir dans le trou de la chambre à air, on y verse la bouillie dont on fait passer les parties solides à l’aide d’un fil de fer. Après enlèvement de l’entonnoir on remet la valve en place et on resserre l’écrou; il n’est pas utile d’enduire les parties en contact de dissolution, le simple serrage suffit à assurer l’étanchéité.
- Un pneumatique garni d’une chambre à air n’a rien à craindre, en cours de route, des piqûres d’épingles. Les gros clous obligent à regonfler, mais sans qu’il soit nécessaire de démonter pour réparer.
- La seule précaution à prendre est de ne pas laisser la valve au point bas quand la machine est au repos. (Communiqué par M. Barrai.)
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Réducteur d’intensité des phares à acétylène. —
- II est aisé de réaliser pour quelques francs des réducteurs d’intensité excellents permettant de passer à volonté de l’éclairage plein à l’éclairage réduit par simple manœuvre d’un robinet.
- On intercale sur la canalisation un raccord en T de façon à la dédoubler en 2 parties AA.' et BB' qui se réunissent ensuite en une seule à l’aide d’un second raccord en T. Dans la branche BB' est intercalé un robinet R et dans la branche AA' constituée par un tube de caoutchouc on a introduit à force un ou plusieurs becs à acétylène formant résistance : il est évident que le robinet R étant ouvert, le phare donnera son éclairement plein; tandis que la fermeture de ce robinet oblige le gaz à traverser la branche k.K' où il rencontre une résistance et produit, par conséquent, une diminution d’intensité.
- On choisit les becs à introduire en AA'et leur nombre (un ou deux) suivant l’effet de réduction à obtenir, un seul essai est en général suffisant. (Communiqué par M. Barrai.)
- Procédé pour donner une teinte sombre au bois de noyer, — Pour l’ameublement, on recherche le noyer de teinte très sombre.
- On obtient aisément cette teinte, en employant le procédé suivant :
- Acide pyrogallique.............25 grammes.
- Alcool à go0...................5o centilitres.
- On mélange ces deux substances, puis, avec cè mélange, on badigeonne le meuble, ensuite on laisse sécher. Si l’on ne juge pas là teinte assez foncée, on fait un second badigeonnage.
- Au bout de vingt-quatre heures, on recommence cette opération, mais, cette fois, avec un mélange, à parties égales, d’ammoniaque et d’eau de pluie. On laisse sécher. La teinte est alors bien prise, très nette. Deux jours après, on peut passer le meuble à l’encaustique, comme cela se fait ordinairement. H. B.
- Contre le gel des canalisations. — Notre confrère IJeau reproduit les deux recettes suivantes préconisées par M. G. Varin, dans le journal. Le Lorrain, de Metz.
- La première consiste à recouvrir les tuyaux d’une légère couche de paille ou de sciure. Sur cette couche, on applique des morceaux de chaux vive et l’on recouvre le tout d’une matière quelconque, mais mauvaise conductrice de la chaleur,, qui est elle-même maintenue par des bandes d’étoffe. La chaux, en absorbant l’humidité ambiante, s’échauffe et par suite maintient constamment le tuyau à une température suffisante pour éviter le gel.
- L’autre procédé est surtout préconisé pour dégeler les conduites en plomb. Il suffira d’appliquer sur le tuyau à dégeler de la chaux vive que l’on maintiendra à l’aide d’une enveloppe mince et sur laquelle on versera de l’eau. La chaleur dégagée par la combustion de la chaux rétablira la circulation de l’eau dans le tuyau.
- vers le phare
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- du générateur
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- BOITE *AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à. limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est.rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nouveau marteau électromécanique : Rango C°, 78, Petty France, London, S. W. 1. a ’
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- Communication.” —- A propos de venins. — M. le Dr Marin Ramos Contreras, chef de la Section sanitaire d’un régiment mexicain, nous adresse l’intéressante communication suivante : , *
- « Je viens de lire dans le numéro du 12 décembre 1925 de La Nature une communication de M. Marcel Jung-fleisch sur le traitement des piqûres de scorpion par l’ammoniaque. Il y a quelques années que nous traitons de la même manière les morsures des serpents.
- Dans cette partie de la République mexicaine, qui comprend les Etats de' Chiapas, Tabasco, Yucatan, Campêche et Quintana Roo, il existe deux espèces de serpents venimeux : la Nauyaca et la Coral ou Coralillo (Elaps) qui sont très communs. La morsure de la première est fatalement mortelle pour l’homme. Son venin agit très rapidement et quelquefois l’homme meurt dans le lieu même où il fut attaqué. Cette rapidité varie, d’ailleurs, avec la taille du serpent et la partie du corps mordue, qui est presque toujours le pied. La morsure à la tête ou au cou tue en i5 ou 20 minutes. Le venin du nauyaca contient une hémorragine animale. Après i5 minutes, le malade est pris de vertiges, d’étourdissements, son pas devient chancelant comme celui d’un ivrogne ; l’impossibilité de marcher empêche le malade d’arriver jusqu’à la,ville où il trouverait secours et il meurt en chemin. Après les vertiges apparaissent d’abondantes hémorragies gingivales avec secrétion de salive poisseuse et sanguinolente ; aussitôt surviennent des épistaxis et des hémoptysies, plus rarement des hématémèses et du melæna.i& Finalement, de grandes ecchymoses sous-cutanées s’étendent sur tout le corps. On observe des hématuries ou de l’ânurie et le malheureux succombe en collapsus ou asphyxié. *>
- Le traitement interne consiste en l’administration de 20 gouttes d’ammoniaque liquide en potion dans une tisane faite avec des plantes aromatiques : une demi-heure ou une heure après on répète la dose qu'on peut donner une troisième fois s’il n’y a pas une détente dans la maladie. Localement on applique sur la morsure la moitié d’un citron rôti et très chaud, quelquefois après avoir sucé la blessure.
- Par ce traitement, on obtient la guérison dans le plus grand nombre de cas, quand il est appliqué de bonne heure. Exceptionnellement, il faut y ajouter une ou deux ampoules d’ergotine en injection et 3 gr. de chlorure de calcium en potion, car les sérums ne sont pas encore entrés dans la pratique.
- La mortalité est nulle chez les malades soignés précocement. Seuls meurent ceux qui ne peuvent arriver rapidement à la ville.
- Contre la morsure du serpent corail, le même traitement a le même succès.
- Les piqûres des scorpions n’ont pas la gravité signalée dans d’autres contrées et ne produisent qu’une douleur vive, qu’on calme avec un anesthésique local quelconque ».
- Réponses. — M. Golas, Patras. — T Fabrication des colles et gélatines. Voyez sur ce sujet l’ouvrage de Y. Cambon, publié chez Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris.
- 20 Fournisseurs pour installations de colles : Alfred Filho, 63, route de Noisy à Romainville (Seine) ; Bataille, 11, avenue Malakoff, Paris ; Laurent et Collot, àDij on; Ch. Lumpp, 12, rue Jouffroy, Lyon.
- 3° Astronomie. — Nous vous conseillons vivement la revue Y Astronomie, organe de la Société astronomique de France. . '
- , M. Jurdieu, à Mazagan. — Dans les conditions que vous indiquez, une peinture au silicate serait seule en mesure de résister aux environs de i5o° C. Nous,pen-sons que la formule ci-dessous pourrait vous servir de type pour confectionner cette peinture, afin de protéger les tubes en fer servant à l’échappement des produits de la combustion dans des moteurs Diesel :
- Lithopone,.......................5oo gr.
- Silicate de soude à 4o° B . . . . 200 —
- Eau ordinaire....................200 —
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- BOITE AUX LETTRES
- Teinter si on le désire avec une couleur minérale, ocre j.aune ou rouge, vert de Cassel, etc. à l’exclusion des couleurs dites d’aniline, ou, si l’on préfère le noir, avec tous les noirs de carbone : noir de fumée ou noir de gaz, noir d’ivoire, etc., préalablement infusés dans du silicate.
- Pour l’emploi, donner d’abord une première couche au silicate non teinté à 2a0 B, puis une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus. Enfin terminer par une couche de silicate simple mais à. 26° B. Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- AI. Matière, à Arpajon-sur-Gère. — Pour que l’étain prenne sur la tôle, un décapage est indispensable et seuls les acides sont susceptibles d’enlever économiquement les oxydes qui empêchent l’adhérence. Nous pensons que si vous prenez soin de bien laver les pièces après étamage, puis de sécher à la sciure de bois, vous ne constaterez aucun ternissement, à la condition que l’étain employé soit pur (étain Banka) et ne contienne pas de plomb susceptible de se sulfurer, ce qui arrive trop fréquemment.
- Si la question vous intéresse, vous trouverez quelques données sur l’étamage dans Coloration des métaux, par Michel, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Agnès, à Villeurbanne. — Le regoudronnage de votre terrasse nous paraît en effet tout indiqué, mais à notre avis le goudron de bois employé par les bateliers serait préférable au goudron du gaz. De plus il faudra prendre la précaution de goudronner également sur une hauteur de i5 à.20 cm le petit mur du pourtour, car nous craignons que ce soit par débordement que la neige fondante pénètre dans l’épaisseur du mur et gagne, par des fissures, l’intérieur de la maison.
- Enfin assurez-vous d’autre part que les évacuations d eau de pluie ou de fonte de neige sont parfaitement libres, en visitant les crépines des tuyaux de descente. _ Inutile de rien ajouter au goudron, car s’il était trop liquide il serait trop absorbé en été par les matériaux.
- J. B. T., Ecole d’application d'artillerie. — Nous n’avons pas encore eu en mains la spécialité dont vous nous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Fromennin, à Saint-Leu-d’Esserent. — Vous trouverez tous renseignements sur l’extraction des parfums naturels et sur la fabrication des parfums synthétiques dans l’ouvrage très complet de P. Otto, L’industrie des parfums, 1924, ^ éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. A consulter également avec intérêt : Manuel des parfums, par Durvelle ; éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. La parfumerie, par À. Perret; éditeur, Albin Michel, rue Huyghens. Manuel de Parfumerie, par Lazennec ; éditeur, Baillière, 19, rue ' llautefeuille. Mémorial du parfumeur-chimiste, par Cuniasse, éditeur Lefrançois, 91, boulevard Saint-Germain.
- A. S., à Neuilly. — Le moyen le plus efficace pour conserver les filets de pêche est de les tanner à l’ébullition dans upe décoction d’écorce de Pin d’Alep ou Pin de Jérusalem (Pinus hàlepensis), écorce très riche en matière tannante, environ a5 pour 100. Laisser bien sécher à l’air, puis tremper dans l’alcool à brûler contenant i5 gr. par litre de goudron de Norvège. En opérant ainsi, le tanin est retenu très longtemps sur la fibre, ce qui en assure la conservation.
- T. S. P. — AL. Warlop, à Paris. — Vous pouvez trouver des renseignements sur les lampes à deux grilles dans le livre les Montages modernes en radiophonie (Chiron, éditeur), dans la revue La Radio, ou dans les articles qui paraîtront dans La Nature.
- Sucrerie de Roustchouk (Bulgarie). — Nous avons déjà indiqué dans La Nature les différences qui existaient entre un poste à superréaction et un dispositif super-hétérodyne,
- Un poste superrégénérateur est, avant tout, un montage d’essai ; seul un amateur exercé doit essayer de s’en servir et les résultats de réception ne peuvent pas évidemment avoir une régularité parfaite. On doit constater, d’autre part, qu’un appareil à super-réaction ne permet de recevoir que les émissions sur ondes courtes au-dessous de 600 m. de longueur d’onde'.
- En outre des articles qui ont déjà paru dans La Nature, vous pourrez trouver des détails dans le livre La superhétérodyne et la superréaction (Chiron, éditeur), qui contient également une description des appareils Tropadyne.
- AI. L. Stumberg, à Tours. — lin ondemètre est un appareil extrêmement utile à l’amateur qui désire pouvoir étalonner son poste, et réduire ainsi au minimum la durée des réglages. Cet accessoire permet, de plus, la mesure, avec une précision suffisante, des capacités et inductances que l'amateur utilise constamment.
- \ous pouvez trouver des détails sur la construction et l’usage d’un ondemètre dans La Pratique radioélectrique, par Hémardinquer (Masson, éditeur).
- AI. D. F., à Saint-Sim.on (Haute-Garonne). — Leposte à galène n’est évidemment pas un poste sélectif, et il est difficile, avec cet appareil, de séparer deux émissions de longueurs d’onde voisines provenant de postes rapprochés. Vous pourrez cependant obtenir une amélioration très marquée en employant un système d’accord en Tesla ou un circuit-filtre placé en série entre l’antenne et la borné d’entrée du poste.
- Pour réaliser l’un ou l’autre de ces montages, il vous suffira d’utiliser" un petit condensateur variable de o,ooo5 à 0,001 de microfarad. Ce petit condensateur servira à shunter la bobine primaire du petit Tesla ou la bobine du circuit-filtre. La bobine primaire comme la bobine du circuit-filtre peuvent, d’ailleurs, simplement être réalisées avec des bobinages en fond de paniér.
- Le circuit-filtre formé par cette bobine et le petit condensateur est simplement accordé sur la longueur d’onde de l’émission à éliminer.
- Quant à la bobine employée pour réaliser le primaire du système d’accord en Tesla, elle doit être choisie suivant la longueur de l’antenne que vous ne nous indiquez pas.
- Le problème que vous nous soumettez a d’ailleurs été traité dans le livre Cent problèmes pratiques de T. S. F. (Masson, éditeur).
- M. Beaucamps, à Champagne-sur-Seine. — i° Pour recevoir sur cadre avec l’appareil que vous nous soumettez, il faut connecter les extrémités de l’enroulement aux bornes du condensateur d’accord C en supprimant les bobines d’accord L et L,.
- On place cependant en série, dans le circuit du cadre, un petit bobinage couplé avec la bobine de réaction L2.
- 20 Pour bobiner les enroulements en nids d’abeille, il faut utiliser un mandrin portant deux séries de broches alignées sur deux circonférences parallèles.
- 3° Nous ne comprenons pas l’expression que vous nous indiquez; il faudrait en demander le sens à l’auteur du livre en question. Sans doute s’agit-il d’une boucle permettant la connexion de l’enroulement à la borne T, du montage.
- 4° On peut utiliser une lampe à faible consommation avec le montage indiqué, en prenant soin d’employer un rhéostat de chauffage d’environ 25 ohms, et, de ne pas dépasser pour le chauffage une tension de 3,2 volts à 3,5 volts. Nous ne savons pas cependant quels seraient les résultats d’audition, n’ayant pas essayé nous-même ce montage avec une lampe de ce type.
- M. Stanislas Sarcla, à Karinnen, Pologne. — Vous pouvez, en effet, obtenir de bons résultats en plaçant un amplificateur à moyenne fréquence derrière un changeur de fréquence bigrille, nous vous conseillons cependant d’employer un- appareil à moyenne fréquence comportant au moins deux ou trois étages d’amplification à haute fréquence avant la lampe détectrice.
- Vous pourrez trouver la description complète d’un changeur de fréquence bigrille dans le n° 14 de la revue La T. S. F. pour tous.
- Vous pourriez trouver également des détails sur les changeurs de -fréquence et les amplificateurs à moyenne fréquence dans la Superhétérodyne et la superréaction (Chiron, éditeur).
- AI. P. Lern, à Nancy. '— Il est actuellement inutile de changer le montage intérieur d’un poste à cinq lampes si l’on désire l’alimenter au moyen d'un courant alternatif d’un secteur. Il suffit d’utiliser des lampes à faible' consommation et de chauffer le filament de ces lampes soit au moyen d’un petit accumulateur à liquide immobilisé, rechargé automatiquement par le secteur, «oit au moyen de courant redressé à l’aide d’une valve spéciale et filtré par un circuit comprenant des condensateurs é’ectrolytiques de forte capacité. La tension plaque est obtenue à l’aide de courant redressé par des valves thermo-ioniques et également filtré. Nous consacrerons d’ailleurs un article à cette question dans La Nature.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours de thermodynamique, par G. Bkuhat, i vol., 407 p., 15g fîg. Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1926. Prix : 40 francs.
- Parmi les matières qui font partie du programme de l’enseignement scientifique supérieur, la thermodynamique est sans aucun doute la plus difficile à professer; le caractère abstrait des raisonnements sur lesquels elle s’appuie est un peu déroutant' pour les étudiants. Cependant elle " forme un magnifique ensemble logique qu’il est essentiel de bien comprendre, car ses applications s’étendent à tous les domaines de la science pure ou appliquée. Les bons livres didactiques sont rares en cette matière, aussi faut-il être reconnaissant à M. Brühat d’avoir publié le très beau cours qu’il professe à l’Université de Lille, cours remarquable par sa clarté et par le soin qu’a mis le professeur à marquer l’enchaînement logique des déductions qui découlent des deux principes fondamentaux de la thermodynamique. Après un rappel des notions fondamentales de la mécanique, l’ouvrage débute par la définition très précise de la notion de température ; l’auteur se trouve ainsi conduit à exposer la thermométrie et les lois de compression et de dilatation des gaz, à définir la quantité de chaleur et ’à indiquer les moyens de mesure de cette grandeur.
- Nous arrivons ensuite à là thermodynamique proprement dite, et au premier de ses principes, celui de l’équivalence. L’auteur l’énonce d’abord dans un certain nombre de cas particuliers, qui en font bien
- • comprendre le caractère ; puis il en donne un énoncé très général, et au moyen de la notion d’énergie, il en indique l’expression analytique, il en d,éduit immédiatement des applications aux gaz parfaits, à la oalo-rimétrie, à la thermochimie. Même procédé d’exposition pour le second principe, celui de Carnot; il l’énonce d’abord dans* le cas particulier des transformations isothermes ; puis de là passe aux énoncés plus généraux de Clausius et de Carnot pour les cycles à deux sources de température. Après avoir ainsi introduit la fonction de Cai’not et la température thermodynamique, il démontre les formules de Helhmoltz et de Clapeyron ; puis il arrive à l’expression la plus générale du second principe et aux notions d’entropie et d’énergie utilisable. On voit que l’auteur n’a introduit que le plus tard possible la notion de l’entropie, si abstraite et souvent si impénétrable aux étudiants. Ainsi armé, il aborde les grandes applications de la thermodynamique : l’étude de l’équilibre thermodynamique et des lois du déplacement de l’équilibre ; l’étude des gaz parfaits avec notions de la théorie cinétique des gaz, étude des changements d’état, lois du rayonnement, études de certains appareils industriels : compresseurs, machines à liquéfier les gaz, machines frigorifiques, moteurs thermiques.
- La coupe des aciers au chalumeau, Manuel Pratique du Coupage au jet d’oxygène par R. Granjon, P. Rosèm-bekg, A. Botjtté. i brochure de 80 p.'(0,12 X 0,18;, 89 fig.'Publications de l’Office Central.de l’Acétylène, 104, boulevard de Clichy. Paris. Prix : 3 francs.
- Après un court historique, les auteurs étudient le ^processus du coupage, les flammes de chauffe, le matériel, les chalumeaux coupeurs, le prix de revient des coupes. La mise en route des postes, le réglage de la flamme, fonctionnement et incidents de marche et d’entretien sont ensuite passés en revue.
- Enfin l’amorçage des coupes et quelques exercices sont présentés. La brochure se termine par le coupage à la machine, le coupage sous l’eau, le dérivetage au chalumeau, le coupage de la fonte et les emplois divers du jet d’oxygène.
- "r $
- Le bon emploi des engrais. Ce que tout agriculteur doit savoir, par J. Courtehoux et A. Yauchelet. i broch. in-16, 64 p. Hachette, Paris. Prix : 3 francs.
- Le but dé cette notice élémentaire est d’essayer de convaincre les indifférents et les réfractaires de l’utilité des engrais en général et en particulier des engrais complémentaires sans lesquels il n’est pas de beaux rendements, et, en même temps, de compléter et de mettre au point les quelques notions, malheureu-
- sement insuffisantes, que la plupart de nos cultivateurs possèdent déjà sur cette matière.
- Bon lait, bon beurre [l’Art'de faire le beurre), par Henriette Babet Charton. i broch. in-12, 81 p., 34 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Dans un exposé très simple, comme il convient dans un petit manuel pratique s’adressant aux fermières, l’auteur étudie le lait, les variations de sa composition et de sa production, l’importance des contrôles, les microbes du lait, les maladies du lait, la désinfection des locaux, la traite, l’écrémage soit naturel, soit mécanique, la maturation de la crème, le barattage et le malaxage.
- Précis de microscopie, par M. Langeron, 4e édition, refondue. 1 vol. in-16, io34 p., 316 fig. Collection de Précis médicaux. Masson et Cie, Paris. Prix broché : 40 fr. cartonné, /\6 francs.
- On connaît la valeur de ce Précis, instrument unique et indispensable pour tous les travaux de microscopie. Il est si complet, si bien composé, si clair qu il suffit à lui seul pour renseigner sur toutes les recherches possibles. La première partie est consacrée au microscope et à ses accessoires ; on y trouve les notions d’optique nécessaires1, les conseils pour le choix et l’entretien des appareils, des oculaires et des objectifs, les conditions d’observation correcte, les méthodes de mesures, l’emploi de la lumière polarisée, de l’ultramicroscope et du fond noir, l’usage de la microphotographie. La deuxième partie traite des méthodes d’examen à l’état frais, par colorations vitales, après fixation, inclusion et coupes ; toutes les techniques éprouvées y sont si soigneusement décrites qu’il suffit de suivre les indications du livre pour être certain de la réussite. La troisième partie est réservée aux méthodes spéciales utilisées pour les divers animaux et végétaux, aux recherches de micro-chimie, de -physiologie, aux analyses médico-légales. L’ensemble forme un traité complet; raisonné, parfait de tous les usages du microscope en biologie.
- La nouvelle édition qui vient de paraître a été mise à jour des plus récentes découvertes : simplification de la microphotographie; détermination de la concentration en ions hydrogène, nouveaux colorants, culture des amibes pathogènes grâce à l’étuve à microscope, etc.
- G’est dire que ce livre est l’ouvrage capital pour tous les laboratoires et tous les amateurs de sciences naturelles. Nul ne saurait s’en passer.
- Les préalpes de Savoie, (Genevois, Banger) et leur avant pays, par André Cholley, Paris, Armand Colin, 1925. gr. in-8°, 755 p., avec gravures et. illustrations hors-texte, 55 fr. '
- Cette étude de géographie régionale qui porte sur la basse Savoie (approximativement les arrondissements d’Annecy, Saint-Julien, Chambéry et partie d’Albertville) a l’avantage d’embrasser une région naturelle fort intéressante, par la variété de son relief et de sa formation, de ses cultures et de son habitat, pour les géographes et les géologues comme pour les touristes. Cet important travail, qui est dû à un ancien élève de M. de Martonne; met en œuvre une grande richesse” de documentation et a été exécuté avec une méthode scientifique rigoureuse ;. il comptera parmi nos meilleures monographies géographiques.
- Rome, par Gabriel Faure, in-8° carré, illustré en héliogravure, avec couverture en couleurs, 146 p., Grenoble, édition. J. Rey (collection L.es beaux pays), 18 francs.
- Rome bénéficie décidément d’un retour de faveur. Ce volume, un des plus artistiques de cette jolie col-lection (la couverture est une des meilleures pages de Yignal), se classe à point parmi tous les ouvrages publiés sur la Yille Eternelle. Sous une forme concise, l’auteur a su grouper les renseignements essentiels. pour un visiteur de goût, et lui faire faire, à travers les beautés de Rome, une promenade archéologique et artistique, agrémentée de souvenirs littéraires et d’anecdotes. Un second volume sera consacré aux jardins de Rome et à la campagne romaine.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2?17 1er Mai 1926
- Maisons de construction rapide et économique. —
- Dans les environs de Berlin, on vient de construire des maisons à bon marché, suivant un système nouveau et particulièrement rapide. Les murs de ces maisons sont
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- Fig. i. — Chantier de préparation des plaques (pli. Scherl).
- en ciment, en grandes plaques que l’on coule à plat. Les fenêtres et les portes sont encastrées dans ces plaques pendant la coulée même. La pose de ces plaques s’effectue au moyen d’un pont roulant à portique de grandes
- Fig. 2. — Montage d’une maison (ph. Schçrl).
- dimensions. La construction de la maison se réduit en somme à un simple montage, on peut par ce moyen édifier en 2/j heures une maison pour une famille.
- Le port d’Alger. — Ce port présente une grande activité, et s’il n’a pas repris son trafic d’avant-guerre, il faut constater que l’accroissement de tonnage entré dans ses bassins est considérable. Contre i3ooo navires et 19436700 tonnes en 191.3, on a enregistré 8420 navires et 13978900 tonnes en 1924.
- L’importance d’Alger comme port charbonnier est très grande. La Chambre de Commerce envisage la création d’un môle à charbon, vaste et bien outillé, accostable.
- Les dépôts de charbon atteignent 100000 tonnçs.
- En 1924» Ie mouvement de la navigation accuse : Français, 4880000 tonneaux; Anglais, 3 680 000; Italiens, 1 807000; Hollandais, 1 336 000; Grecs, 536 000 ; Espagnols, 280000; Suédois, 288000; Yougo-Slaves, 280 000 ; Norvégiens, 262000; Danois, 163 oooq Japonais, 117000; Allemands, 109 oqo.
- L'Annuaire de la Chambre de Commerce d'Alger relate encore nombre de données relatives à ce grand port français en Méditerranée. Quelques-unes méritent d’être reproduites. Le port présente une nappe d’eau de
- 90 hectares protégée entre les jetées, dont l’une a 883 m. ; l’autre, coudée à 3oo m. du rivage, mesure 1200 m. de longueur totale. Le port offre pour le commerce 4600 m. de quais. L’outillage pour la manutention est important et la Société des Mines de fer de Rouïna et de Miliana vient d’obtenir l’autorisation d’édifier des appareils pour le chargement du minerai de fer.
- Enfin le nombre des passagers a été en 1924 pour les compagnies françaises 269 097 passagers, pour les compagnies étrangères 8837 passagers. L. R.
- La culture des plantes médicinales en Bretagne.
- — Quand la guerre éclata, on put constater qüe la France, malgré les infinies ressources de son sol, se trouvait tributaire de l’étranger pour une grande partie des plantes médicinales qu’elle consomme. Pour remédier à cette situation paradoxale, on créa en pleine guerre le Comité interministériel des plantes médicinales, auquel fut adjoint en 1919 un organisme d’exécution « l’Office National des Matières Premières ». La propagande menée par ce dernier au moyen du livre, de l’image,, des tracts et des conférences, et appuyée par des distributions gratuites de graines et de plantes, l’organisation de comités régionaux, la collaboration des écoles, établissements hospitaliers, et celle des techniciens, pharmaciens, herboristes, horticulteurs ont eu les plus heureux résultats. Au dernier Congrès national de la culture des Plantes médicinales, tenu à Vannes en juillet 1925, M. le professeur Perrot pouvait signaler que nos importations de plantes médicinales ont diminué de 5o pour 100 depuis 1919, et au contraire nos exportations ont fortement augmenté. On le doit d’une part au développement de la cueillette de plantes médicinales, à laquelle les coopératives scolaires prennent une part de plus en plus active, et d’autre part aux progrès chaque jour plus marqués de la culture de ces plantes. Ici même, notre éminent collaborateur M. Truelle* donne périodiquement de précieux conseils à cet égard aux amateurs de jardinage.
- Des expériences particulièrement intéressantes de culture de plantes médicinales ont été réalisées dans la région de Vannes (Morbihan), grâce à l’initiative d’un groupement local, la Flore médicinale « La Bretonne », à la tête duquel se trouvent MM. Barbedienne, pharmacien à Vannes, F. Petit et La Noe.Ce groupement a créé des champs de plantes médicinales à Trussac aux portes de Vannes (.3 hectares), à Sainte-Anne d’Auray (3 hectares), à Ker-Hostin dans la presqu’île de Quiberon, et à Elven dans le domaine de Kerleau (10 hectares). On y cultive et étudie avec méthode de nombreuses espèces de plantes ; grâce au climat exceptionnel delà Bretagne, la plupart prospèrent à merveille et donnent des produits de toute beauté; citons la camomille, la mauve, les rosiers de Provins, le bouillon blanc,,, la menthe poivrée, le persil, la lavande.
- Des séchoirs à air chaud, créés avec des moyens dë fortune à Trussac et Elven traitent les plantes aussitôt la récolte effectuée et en assurent le séchage d’une façon rapide et impeccable.
- Signalons encore, dans le même ordre d’idées, la belle initiative de M. Bertoye, maire de Pornichet, qui ' s’efforce d’acclimater la lavande des Alpes et le romarin sur le sol jusqu’ici infertile des dunes de Pornichet et Fen-Bron. Les plantations qu’il a réalisées couvrent déjà 20 hectares et donnent mieux que des espérances. Elles laissent espérer à bref délai un succès complet, qui permettra de mettre en valeur de vastes étendues actuellement improductives.
- Concours national et international de bateaux de pêche à moteur à la Rochelle. — Le Sous-Secrétariat d’Etat de la Marine Marchande ouvre un concours national et un concours international de bateaux de pêche à moteur consommant des combustibles liquides d’un poids spécifique supérieur à o kg 810 le litre. Ces deux concours auront lieu à la Rochelle du 14 au 19 septembre 1926. En même temps seront organisés : un concours international de navires de pêche de faible tonnage munis de moteurs à essence, des essais contrôlés de navires de pêche munis
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- INFORMATIONS
- de propulseurs divers, des essais contrôlés d'appareils divers pour navires de pêche (treuils, cabestans, etc.) et une exposition de moteurs marins et d’appareils auxiliaires de toute nature. Pour tous renseignements sur les conditions du concours s’adresser au Secrétaire du concours, Sous-Secrétariat à la Marine Marchande, 24, 1>ue du Boccador, Paris.
- *> Nouvelles de T. S. T. <<#
- Les progrès de la radio-diffusion aux Etats-Unis.
- — M. Lacault donne, dans Radio et Sciences, d’intéressants détails sur les progrès récents de la radiophonie aux Etats-Unis.
- Malgré quelques tentatives infructueuses de taxation, le régime de la liberté la plus complète a été adopté pour l’installation des postes récepteurs. Aucune autorisation, aucune déclaration n’est nécessaire pour posséder et pour utiliser un appareil de réception, aucune taxe ne frappe les appareils complets ou les accessoires.
- Ce régime de liberté a fait atteindre à l’industrie radioélectrique américaine la cinquième place, par ordre d’importance décroissante, parmi les industries essentielles du pays ; elle vient immédiatement après l’industrie minière.
- Le nombre des auditeurs de radio-concerts est estimé à plus de 2.0 millions, et ceux-ci sont tenus au courant des manifestations politiques ou religieuses, des conférences, des cours de collèges ou d’universités, etc., sans compter le grand nombre d’informations destinées spécialement aux agriculteurs.
- Pour les communications d’ordre officiel, il est possible de relier ensemble 26 stations d’émission, et ces communications peuvent être entendues en n’importe quelle localité de cet immense pays.
- La gamme de longueurs d’onde autorisée pour la radiodiffusion est seulement de 200 à 456 m. 11 est-donc absolument nécessaire, étant donné le nombre des stations de diffusion, de garder absolument constantes les longueurs d’onde des différentes stations, afin d’évi-"ter les interférences entre émissions de longueurs d’onde trop voisines.
- La plupart des stations emploient donc ce qu’on appelle un oscillateur principal (master oscillator), c’est-à-dire un petit audion dont les oscillations rigoureusement étalonnées sont ensuite amplifiées par plusieurs autres lampes puissantes.
- Un nouvel appareil phonographique, le Pana-trope. — Au lieu de transmettre directement les vibrations . acou stiques de l’aiguille d’un gramophone à un diaphragme, puis à un pavillon diffuseur, on peut utiliser ces vibrations mécaniques pour engendrer dans un dispositif électro-magnétique des courants électriques à fréquence musicale qui sont transmises ensuite à un haut-parleur de T. S. F., à système électromagnétique.
- Pour obtenir une audition assez forte, on emploie, d’ailleurs, un amplificateur de puissance à lampes à vide. La T. S. F. Moderne donne la description d’un appareil américain de ce genre qui a reçu le nom de Panatrope.
- Cet appareil fournirait, paraît-il, des auditions beaucoup plus pures qu’un gramophone à diaphragme ordinaire.
- Une nouvelle superstation anglaise. — Nous avons tenu nos lecteurs au courant des essais radiotélépho-niques exécutés entre l’Angleterre et l’Amérique par la station de Rugby. Cette station de téléphonie, qui serait la plus puissante du,-monde, commencera sans doute bientôt des essais réguliers.
- Les longueurs d'onde des postes européens. —
- D’après le journal anglais JPopular JFireless, les longueurs d’onde des stations européennes devraient être les suivantes :
- Amsterdam, io55 m. ; Barcelone, 320; Berlin, 53i; Brême, 226; Brünn, 1800; Bruxelles, 266; Breslau, 282 ; Dresde, 276,5; Dortmund, 397,5 ; Elberfeld, 5o4; Francfort;, 382; Hanovre, 220; Hambourg, 097,6; Iîœnigsberg, 472,5 ; Leipzig, 464,5; Ililversum, 1060; Madrid, 392; Munich, 444; Munster, 287; Nuremberg,
- 298,5; Oslo, 38o ; Paris P. T. T., 4-58; Paris Eiffel, 2200; Radio-Paris, 1780; Prague, 555; Stettin, 241; Stockholm', 427; Stuttgart, 368; Rome, 42;> ; La Haye, 1070; Toulouse, 3i5 ; Vienne, 53o; Zurich, 515.
- L’expérience peut montrer si ces conseils seront suivis.
- Les programmes anglais. — Durant les mois de mars et avril 1926, les postes anglais ont transmis de nombreux programmes religieux, des radiodiffusions de manifestations sportives et des représentations du « Covent-Garden » de Londres. Espérons qu’un jour les amateurs français n’auront plus à envier leurs collègues anglais!-
- La radiophonie dans le monde. — La T. S. F. Moderne annonce l’établissement d’une société de radiodiffusion au Yénézuela, l’installation d’un poste d’émission au Caire; les premiers essais du sixième poste de broadcasting de Sydney. Il sera bientôt difficile de découvrir une partie du monde où un poste de broadcasting ne soit pas installé.
- Deux inventions intéressantes. — On sait combien
- il est souvent désagréable pour les amateurs d’èLre gênés dans leurs réceptions par les troubles produits par des amateurs voisins, qui ne savent pas régler leurs appareils, ou qui possèdent un mauvais poste de réception. Dans ce cas, le poste de réception radie dans l’antenne, celle-ci se comporte comme une véritable antenne émet-trice, et peut causer des troubles dans un grand rayon.
- D’un autre côté, même avec des postes dits à réglage automatique, le réglage d’accord varie toujours avec les caractéristiques de l’antenne employée, et il serait fort intéressant de trouver un dispositif qui rende le réglage indépendant de l’antenne, c’est-à-dire absolument automatique.
- D’après le New-York Herald, Sir Oliver Lodge, le radiotechnicien bien connu, aurait découvert deux procédés qui permettraient d’éviter des radiations dans l’antenne et de rendre le réglage d’accord indépendant des constantes de l’antenne.
- Si cette nouvelle se confirme, ces inventions constitueront un grand progrès dans les méthodes de réception.
- Les travaux de l’Union Internationale de radiophonie. — On sait que toutes les sociétés de radiodiffusion européennes ont constitué à Genève un comité international, qui a pour mission d’assurer les liaisons entre les organismes radiophoniques des différents pays, et surtout de réglementer les émissions des différents postes, afin que celles-ci ne puissent causer des interférences nuisibles.
- L’Union Internationale a tenu à Genève une assemblée générale du 21 au 26 mars 1926 sous la présidence de l’amiral Carpendale (Grande-Bretagne). Les pays représentés étaient les suivants : Belgique, Italie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Suède, Tchécoslovaquie, Hollande, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Hongrie, Pologne, Portugal, Roumanie, Suisse, Yougoslavie. «
- L’Union a adopté le rapport présenté par les experts techniques, et relatif à la répartition des longueurs d’onde.
- Le plan proposé classe les stations d’émission en deux catégories.
- i° Les stations principales qui travaillent sur une onde exclusive ne pouvant être répétée dans la zone éuropéenne. ,
- 20 Les. stations secondaires à puissances réduites qui travaillent sur des ondes pouvant être répétées à des distances déterminées.
- : Salles d’audition de T. S. F. — On connaît les salons d’audition de disques phonographiques, qui existent en grand nombre à Paris, et dans lesquels on peut entendre les disques désirés pour une somme modique.
- D’après le journal Excelsior, une société hollandaise se serait constituée à-Amsterdam pour installer .plusieurs salles de concerts radiophoniques, où les amateurs pourraient de même, après avoir payé un droit d’entrée, écouter les concerts de leur choix.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> "Nouveautés en T. S. T.
- pi al eau en bois
- Quelques accessoires utiles. — On est souvent fort embarrassé pour écarter loin des murs d’un appartement le £11 de descente d’antenne d’une installation de
- T. S. F.
- Un constructeur vient d’établir un petit support isolant très
- pince métallique pratique pour obtenir ^ n ce résultat (fig. i). Il r~5 se compose d’un petit
- bras en ébonite monté sur un plateau en bois que l’on fixe le long d’un mur.
- Au bout de ce bras d’ébonite est vissée
- une petite pince métallique qui maintient le fil.
- Le même constructeur a réalisé un petit parafoudre avec ampoule au néon (fig. 2). Ce petit parafoudre supprime tout danger, et en même temps avertit de l’approche d’un orage. Lorsque la tension de l’antenne
- y
- support\n ébonite
- Fig. 1. Support isolant.
- ampoule au néon
- fl. ^ -Ü
- K. 1
- 1 mmmm,
- devient, en effet, trop grande, on voit l’ampoule devenir lumineuse.
- Il n’est rien de plus désagréable, enfin, que de ne pas avoir toujours à portée de sa main toutes les bobines interchangeables nécessaires au fonctionnement d’un poste de réception moderne.
- C’est pour supprimer cet inconvénient qu’a été établi un petit support en bois comportant des douilles correspondantes au nombre et au type des bobines em-
- Fig. 2. — Parafoudre au néon,
- Fig. 3. -— Support pour bobines interchangeables.
- ployées (fig. 3). Il suffit d’enfoncer les branches des bobines dans ces douilles pour avoir toujours à sa portée une collection de bobines bien rangées.
- Constructeur ; Maison Dyna, 43, rue Richer, Paris.
- Chimie
- Générateur à gaz simplifié. — On sait que, dans les laboratoires, on se sert généralement de l’appareil de Kipp ou de celui de Sainte-Claire-Deville pour la production continue de gaz. Le premier est aujourd’hui d’ün prix presque prohibitif, le second présente l’inconvénient d’avoir un tube de caoutchouc qui s’altère plus ou moins vite et qui est difficile à nettoyer. Le Bulletin de la Société chimique de France vient de publier la description d’un nouvel appareil, imaginé par'M. J. Cam-pardou, qui est, beaucoup plus simple, moins coûteux et plus aisé à réaliser.
- Il se compose d’un couvercle et d’un flacon générateur (fig. 4)- Le générateur a la forme d’un flacon à la base duquel sont percés des orifices pour le passage du liquide réactif. Le flacon peut être ep verre et les trous y sont forés au moyen d’une mèche en aciër trempé imbibée d’essence de térébenthine. Son fond est rempli et lesté de matières inattaquables aux acides : graviers siliceux, débris de verre, etc., jusqu’au-dessus des orifices. Le produit à attaquer : carbonate de calcium, zinc, sulfure de fer, carbure de calcium, etc.,'est placé au-dessus jusqu’à remplissage complet. Le goulot du flacon est fermé par un bouchon de caoutchouc muni d’un trou'où passe le robinet de dégagement.
- La cuve peut être en verre, en céramique, en bois doublé de plomb, ou en toute autre matière inattaquable aux acides ; elle est munie d’une tubulure inférieure avec robinet de vidange. Le générateur peut être surélevé
- au-dessus du fond de la d’un tasseau en céramique.
- Si l’on craint de dégager des vapeurs acides, on couvre la cuve par un disque percé d’un trou laissant passer le goulot du générateur.
- On pourrait employer un couvercle à rebord ou même une fermeture hydraulique.
- L’appareil se nettoie très aisément puisqu’il suffit de retirer le générateur de la cuve, de le déboucher et de le placer dans un courant d’eau.
- Le tube de dégagement peut être branché sur une rampe de distribution et alimenter ainsi toute une sérié de paillasses,
- cuve au moyen d’une brique ou
- Fig. 4. — Générateur à gaz simplifié.
- dans un laboratoire d’élèves.
- *> Mécanique
- Le tournevis et serre-écrou pneumatique Globe.
- — La Globe Pneumatic Engineering C°, de Londres, a établi un nouveau modèle de tournevis et serre-écrou pneumatique, dont nous empruntons la description ci-dessous au Génie Civil.
- Cet appareil, facile à manœuvrer, ne pèse que 6 kg et fonctionne à l’air comprimé à 6 kg/cm2. Il se compose essentiellement d’un moteur à air comprimé à quatre cylindres équilibrés ; la distribution est assurée par deux soupapes type Corliss, ayant naturellement une fermeture et une ouverture synchrones. Le vilebrequin entraîné la broche à une vitesse normale de 700 tours par minute ; la broche est terminée par un cône Morse n° 1 susceptible de recevoir tout outil ou mandrin courant. La commande est obtenue par un déclic à poussoir disposé dans le manche de l’outil.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant : l’air comprimé est admis en pressant sur le poussoir A du
- Fig. 5. — Tournevis et serre-écrou pneumatique Globe.
- déclic qui ouvre la soupape B ; l’air pénètre ensuite par le canal C dans une chambre centrale située entre les deux soupapes type Corliss D, puis dans les cylindres par ces soupapes. Les soupapes sont commandées par des excentriques E calés sur le vilebrequin par l’inter-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- më
- médiaire des biellettes F. L’échappement de l’air se produit en G. La broche H est entraînée par le pignon J solidaire du vilebrequin. Cet appareil est d’une grande souplesse, grâce au dispositif des quatre cylindres qui permet d’exercer une pression maximum sur l’un ou l’autre des cylindres, quelle que soit la position du vilebrequin. -En outre, le lpng bras de levier du déclic assure un réglage très sensible, permettant d appliquer la puissance très progressivement. La force nécessaire pour le serrage suffisant des écrous est assurée par la réduction réalisée par le pignon et l’engrenage.
- *-> Objets ménagers
- Laveuse à cuvier de bois chauffé. — L’inconvénient des machines à cuvier de bois était, jusqu’à présent, de ne pas permettre le réchauffage de l’eau de' lessive au cours des opérations. La lessiveuse Alfa comporte un foyer à bois ou à charbon, et ce dispositif fait l’objet d'hm brevet. Le foyer est fixé directement à la cuve, de sorte qu’il n’est plus nécessaire de faire chauffer l’eau à part. On a fixé, au fond de la cuve en bois, une cuvette en tôle épaisse qui est chauffée directement par la flamme du foyer. Des joints en amiante sont placés
- Fig. G. — Coupe de la laveuse.
- 1, Joint d'amiiinle séparant, la cuvette tôle du fond en bois; 2, Foyer an )is et chnrhou ; 5, Porte du foyer ; d, Pieds de la machine ; o, Cendrier ;
- entre la cuvette de tôle et la cuve de bois, de sorte qu’ils éloignent tout danger d’incendie. Des trous percés dans le fond en bois permettent la circulation de l’eau; il n’y a aucun danger de brûler le linge.
- Le chauffage produit des jets puissants d’eau chaude.
- Il s’établit une circulation constante d’eau dans la cuve. Cette circulation brasse fortement le linge et vient s’ajouter à l’action des palettes pour le nettoyage.
- On a ainsi tous les avantages d’une machine en bois ordinaire et le linge se trouve soumis à une action mécanique qui ne le détériore pas, en meme temps qu’à , un brassage dû à la circulation d’eau chaude.
- On supprime le chauffage séparé de l’eau que l’on doit verser ensuite dans la machine, comme dans les laveuses à cuve de bois ordinaire.
- Etablissements Kaufmann, i, rue d’Alger, Paris.
- Laveuse Valentin. — Cette machine lave le linge par la circulation du liquide et par l’action chimique de la lessive chaude; une action mécanique légère suffit alors, elle est d’autant plus efficace que le corps gras sera mieux dissous. La circulation de l’eau est automatique et abondante. L’addition d’une pompe centrifuge permet d’obtenir à froid la même circulation qu’à chaud.
- Cette laveuse se compose d’une cuve de lessiveuse (i) fermée par un couvercle de la forme habituelle (a).
- A l’intérieur de cette cuve s’en trouve une deuxième (3), dont le bord supérieur vient au contact de 1 i grande cuve (i) et qui, étant donné le diamètre plus petit,‘"crée entre les deux cuves un espace annulaire (4), de a cm environ. Le fond de la cuve intérieure est à 7 ou 8 cm au-dessus du fond de la cuve extérieure. Le fond de la cuve intérieure est double : l’un, celui de dessus, est constitué par une grille métallique (5), l’autre, celui de dessous, est formé par un cône tronqué en tôle et renversé, la pointe en bas (<6). La partie tronquée laisse au
- centre un passage de 10 cm environ de diamètre, où peut circuler l’eau de l’intérieur entre les deux fonds. Entre le fond de la cuve extérieure et celui de la cuve
- Pi g. -, — Coupe de la laveuse ôalentin.
- intérieure est montée une turbine (7) commandée de l’extérieur par une manivelle par l’intermédiaire d un train d’engrenages.
- Lorsque l’eau bout, la vapeur formée au contact du fond forme avec la lessive une émulsion qui tend à remonter à travers l’eau, elle rencontre le cône renve r sé, dont l’inclinaison la rejette vers l’extérieur et l’engage. ainsi dans l’espace annulaire réservé en-trelesdeux cônes Elle arrive ainsi en haut de ceUes-pace et sort par les trous réservés vers l’intérieur, en haut de la cuve intérieure arrosant donc copieusement et continuellement le linee olacé à l'intérieur.
- Fig. 8. — Laveuse Valent-ii
- Fig. G. — La même démontée et faisant voir la turbine.
- A froid, la même circulation intense est obtenue en faisant tourner la turbine ; la force centrifuge chasse l’eau dans l’espace annulaire et la fait remonter et éjecter par les trous. On obtient une circulation continue et intense qui donne un lavage régulier et complet.. — Compagnie des anciens établissements Labbé frères, Saint-Florent (Cher).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- es*
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1926
- M. Baldet donne dans T/Astronomie quelques détails complémentaires sur la comète Ensor (1925 /), dont on espérait d’excellentes observations, et qui a subi une forte diminution d’éclat. Les. observations faites en janvier, dans l’hémisphère austral, permettaient d’escompter ici, nous l’avons dit, une brillante comète, lors de l’apparition dans le ciel du matin (après le 16 février). Mais la comète a subi une diminution considérable d’éclat, elle est restée invisible à l’œil nu et, lorsqu’on l’a retrouvée, elle était réduite à l’état de faible nébulosité télescopique.
- A l’observatoire de Meudon, M. Baldet a recherché la comète Ensor, à l’aube, à partir du 16 février, mais sans succès, malgré un ciel d’une transparence exceptionnelle.
- Le D" W.-H. Steavenson l’a également recherchée, sans plus de succès, le 5 mars: aucune trace d’objet cométaire, jusqu’à la grandeur 9,0, ne put être décelée.
- Le 10 mars, M. B.-M. Peck, à Herne Bay (Angleterre), obtint, par une photographie prise avec un objectif à court foyer, une image large et diffuse, qui était probablement la comète. Enfin, les 16 et 20 mars, le professeur Schwassmann et le D' Stobbe l’ont photographiée, avec une exposition de 2 h. 1/2. La comète était alors de 12e à i3° grandeur. Elle montrait une faible queue, saris aucune trace de noyau.
- M. Baldet rappelle qu’une pareille diminution d’éclat a déjà été constatée dans d’autres comètes, notamment dans la comète de Westphal ( 1 q 13' d), dans la comète Holmes ( 1892 f).
- La comète Ensor s’éloigne à présent de la Terre et du Soleil. Elle cessera bientôt d’être visible, même à l’aide des instruments les plus puissants.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juin, passe par son maximum. De -j- 210 5g’ le ier juin, elle atteint + 23° 27' au moment du solstice d’été, le 22 juin, pour redescendre à -f- 23° i3' le 3o. La durée du jour, de iSVjg® le ier, atteint 16'' 8m le 22. Le 3o, elle est réduite à 16“5m.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris, ^.ux heures ci-dessous, l’ombre d’un fil à plomb sur le sol indique exactement la direction du méridien, à Paris.
- Dates. Heures du passage (T. U.). Dates. . Heures du passag (T. U.).
- Juin Ier nh 48m 14* Juin 17 11b 51 “ i5*
- -- 3 1 ib 48ra 32“ — *9 1 ih 5im 4i‘
- — 5 1 ih 48“ 52* 21 11b 5 2m 7‘
- — 7 nh 49ra i3s — 23 11b 52m 3.;*
- '— 9 1 ib 4gm 36* —- 25 nb52ra 58**
- —. 11 iih5o<n 0' — 27 11h 53ra 24*
- — i3 1 ih 5om 2 4s 29 1 ih 53m 48*
- — 15 1 ib 5om 4gs
- Observations physiques. — L’activité solaire a été grande ces derniers mois. De nombreuses taches, de grands groupes visibles, même à l’œil nu, sont apparus à la surface du Soleil. Il importe de poursuivre, chaque jour, l’observation de cet astre. Pour l’orientation des dessins et des photographies, se reporter au précédent Bulletin astronomique (n° 17x1) et au tableau ci-après qui fait suite à celui publié le mois dernier.
- Dates. P B0 L„
- Juin' 5 — i4°,24 — o°,i.5 100°, 28
- — 10 — 12°, 24 -f o°,46 340,10
- — 15 — 10°, 14 -f- i°,o6 327°,92
- 20® — 7°>97 ' + i°,65 261°, 74
- 25 — 5°, 74 -j- 2®-, 2 3 195°,55
- — 3o — 3°, 48 + 2°>79 129°,36
- Lumière zodiacale. — La grande longueur des jours, et l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon, font que la lumière zodiacale est à peu près inobservable, en France,
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sauf exception spécifiée — sont exprimées en Temps Universel, compté de oh à 2411 à partir de minuit. En raison de l’application de Y heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- en cette période dë l’année. La lueur vanti-solaire, très basse au-dessus de l’horizon sud, est aussi inobservable ce moisrci.
- IL Lune. — Les phases de la «Lune, pendant le mois de juin, se produiront dans l’ordre ci-après :
- D. Q. le 3, à 8b 9m I P. Q. le 18, à nb 14”
- N. L. le 10, à ioh 8m | P. L. le 25, à 2ih i3m
- Age de la Lune, le ier juin, à oh=:20J,o; le n juin, = oJ,6. Pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter, aux âges ci-dessus, un jour par jour écoulé depuis le i01' ou le 11. Et pour une heure donnée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin : le 12 =r -j- 220 3o' ; le 26 = — 22° 3o\
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le i°r juin, à 71'. Parallaxe = 5g' 28". Distance
- — 368 750 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 juin, à i2h. Parallaxe == 54’ i3". Distance
- .= 405690 km.
- Périgée de la Lune, le 28 juin, à ioh. Parallaxe = 6o'i4,/- Distance = 365 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 12 juin, occultation de 149 B Gémeaux (gr. 6,4), de 20h3im à 2ih22ni. — Occultation de 63 Gémeaux (gr. 5,3), de 20h 53m à 2ih 45“.
- Marées, Mascaret. —- Les plus grandes marées du mois se .produiront à l’époque de la Pleine Lune du 25. Elles ne seront pas très importantes comme on le verra par le tableau ci-après :
- Dates.
- Juin
- Marées du matin. Marées du soir.
- , Heures. Coefficient Heures. ^"Coefficient
- 24 2b 32m 0,75 i4b 54m °>79
- 25 3h i6m 0,83 i5b 38m 0,87
- 26 4h Onl q,9° l6b 22ra 0,92
- 27 4h 44” 0,93 17h 7m 0.93
- 28 5b 32m 0,92 i7b 55™ o.91
- 29 6h igra 0,89 i8h44ra 0,86
- 3o 7h 9ra o,83 igh36“ °>79
- Le lecteur est prié de se reporter au « Bulletin astronomique » n® 2704 pour tous les renseignements permettant de calculer l’heure et l’importance de la marée dans divers ports de la Manche et de l’Océan.
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juin 1926.
- Mercure est inobservable, eh conjonction supérieure avec le Soleil le 4 juin., à 1711.
- Voici le tableau de la phase de Mercure et de sa grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 ' °>99 — L9
- — 10 0,96 -i,5
- — i5 0,88 — 1,0
- — 20 0,78 — o,5
- 25 0,69 — 0,1
- — 3o 0,60 4- 0,2
- Vénus est visible le malin, se levant, à la fin du mois,
- avant 2 heures du matin. Son diamètre diminue. Yoici
- le tableau de la ph ase et de la grandeu r stellaire’:
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- 1 Juin 5 0,70 — 3,6
- 10 0,72 -— 3,5
- — 15 0,73 1 — 3,5
- — 20 0,y5 — 3,5
- 25 . °-77 — 3,5
- —. 3o 0,78 -3,4
- Mars se présente dans de bonnes conditions pour l’observation, se levant à présent peu après minuit. Son diamètre, compris entre 8 et 9 secondes d’arc, permet maintenant l’emploi d’instruments de moyenne puissance.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : JUIX Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- . son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5- 3h 5i” 1 ih 48n>52! i9h47m 4h 5im + 2 2° 3o' 3i' 34j8 Taureau
- Soleil . . . i5 3*48 11 5o 49 19 54 5 32 + 23 18 3i 32,4 Taureau »
- 25 3 49 11 52 58 19 56 614 •+ 23 25 3i 3i ,2 Gémeanx
- ‘ 5 3 52 11 53 19 53 4 5o + 23 14 5 0 Taureau Inobservable,
- Mercure. . 15 4 33 12 47 21 0 6 23 + 25 i3 5 4 (2 Gémeaux en conionct. avec le Soleil
- 25 5 3o i3 28 21 26 7' 43 + 23 I I 6,0 y. Gémeanx le 4-
- ( 5 2 14 9 4 . i5 55 2 4 + 10 16 16.0 S1 Baleine
- Vénus. . . ï5 1 1 9 9 16 18 2 48 + i3 56 1, 5o 5 Taureau Le matin.
- 25 1 5o 9 16 16 41 3 25 + 17 11 14,0 p. Baleine
- 5 0 57 6 38 12 18 23 38 - 4 48 8,2 y. Poissons
- Mars. . . . ! ^ 0 3i 6 24 12 16 0 4 — 2 11 8,6 u> Poissons Seconde partie de la nuit.
- 25 0 5 6 10 12 14 0 2g + 022 9)2 ô Poissons
- Jupiter. . . i5 23 19 4 „J9 9 19 21 5g — i3 17 40,6 p Capricorne Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . i5 16 44 21 32 2 20 i5 i5 — i5 3g 16,4 '4 Balance Toute la nuit.
- Uranus. . . i5 0 20 6 18 12 16 23 5g — 0 5g 3,4 ‘ 29 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . i5 8 47 i5 58 23 9 9 4o + 14 24 2,4 Lion Première partie de la nuit
- I. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici quelques données sur la présentation du globe de Mars par rapport à la Terre, pendant le mois de juin 1926 : ,
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position de du position Eclat
- (Uh) l’axe de Mars, centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- 2 338°,9 23°,2 8", 1 i",a .246°,3 + 0,4
- 12 335°,4 * 23°,1 8",5 i",3 246°,2 + o,3
- 22 332°,3 22°,6 g",o i",4 246°,4 -j— 0,2
- On peut, à présent, commencer à dessiner les détails de la surface de Mars : l'ère des observations utiles va s’ouvrir.
- Jupiter devient facilement visible, se levant avant minuit. „
- Une lunette grossissant 40 fois montre Jupiter de la grosseur de la Lune vue à l’oeil nu.
- Voici le tableau des phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE ! J uin Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 12 ih 19 I E.,c. 20 oh 26 I 0. c.
- 13 0 49 I O.f. 20 1 35 I P.c.
- i3 1 6 II 0. c. 2 I 1 11 I Em.
- i5 O LO O II Em. 29 0 6 I P.f.
- i5 1 11 III E. c. 29 0 46 II E. c.
- f
- La signification des lettres de la quatrième colonne est la suivante : E. c. = commencement d’une éclipse d’un satellite dans l’ombre de la planète; O. c. = commencement du passage de l’ombre d’un satellite sur la planète; O. f. = fin du passage; Em. = émersion d'un satellite de derrière la planète ; P. c. = commencement du passage d’un satellite devant le disque de Jupiter; P. f. == fin du passage.
- Une petite lunette suffit pour observer ces curieux phénomènes qui donnent à Jupiter un aspect vivant et et+n font une véritable réduction du système solaire.
- Saturne est visible toute la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 12 juin :
- Grand axe extérieur ....................... 41”,54
- Petit axe extérieur.......................... +15", 80
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- Panneau...................'.............. -f-220 ai'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’an- f
- ......................................... -j-a3° i3
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, à l'époque de ses élongations, dont voici la liste, pour juin :
- Dates. Élongation. Heure
- Juin 10 Occidentale i5\4
- — 18 Orientale 1 ih,5
- 26 Occidentale i3h,o
- Uranus, dans les Poissons, sera en quadrature occidentale le 21 juin, Pendant tout ce mois, il sera presque stationnaire, à environ 3° au Nord de l’étoile 29 des Poissons. Uranus brille comme une étoile de 6° grandeur. Une jumelle suffit pour suivre son déplacement sur le ciel.
- Neptune est encore visible, dès l’arrivée de la nuit. Il passera, en juin, très près de l’étoile ^ Lion, tjui constituera un excellent repère pour le trouver. Voici d’ailleurs quelques positions où on pourra le rechercher sur le ciel.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Juin 5 9h 3gm + 140 28' 2",4
- — i5 9i4om +i4°a4' 2",4
- — 25 9h 4im +i4°2o' 2",4
- "Neptune possède un seul satellite connu, Triton, dont
- le nom a été proposé par M. Flammarion. Il faut renoncer à l’observer avec les instruments moyens.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- en conjonc. avec la Lune, à 20 37' N.
- — — la Lune, à 20 43'N.
- — — la Lune, à 4° 3a'N.
- Le 2, à 5\ Jupiter Le 4> à. o\ Mars Le 4, à ioh, Uranus Le 7, à ih, Vénus Le 11, à 2h, Mercure Le 12, à 22h, Mars Le i5, à i3h, Neptune Le 22, à 17h, Saturne Le 27, à i2h, Jupiter
- la Lune, à 20 56' N. la Lune, à 3° 18' N. Uranus, à i° 44' S. la Lune, à 20 47' S, la Lune, à 20 10' S. la Lune, à 20 35' N.
- Etoiles filantes. — L’Annuaire du Bureau des Longitudes n’indique pas de radiant actif en juin. La longueur du jour met d’ailleurs un important obstacle à l’observation de ces météores. Cependant, étant donné qu’il se produit sans arrêt des étoiles filantes toute l’année, on fera bien de poursuivre régulièrement l’étude de ces petits météores, de noter leur apparition, de reporter leur trajectoire sur une carte, etc.
- k Étoiles variables. — L’étoile variable Mira Ceti, 0 de la Baleine, dont l’éclat varie de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8, passera à son minimum d’éclat vers le 3o juin. Malheureusement, l’observation de ce minimum ne pourra se faire, la région de la Baleine étant sous l’horizon, la nuit, en cette époque de l’année.
- Etoile Polaire. — Le tableau ci-après donne les
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : „
- Temps sidéral
- Da tes. Passage. Temps légal. è midi moyen de P;
- Juin 10 Inférieur 20h 1 1m X 7S 5h I2m l8s,5
- — 20 — I q1* 32m 5" 5im 44‘o,
- — 3o — i8h 52m 59s 6h 3im gs,6
- — 3o Supérieur 6" 54m 58s —
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le x5 .juin, à 22h est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités sidérales en évidence pour l’observation) :
- Au Zénith : Le Dragon (v, a, p); Hercule (a, (3, p, 95, 0, M. 13) ; le Bouvier (e, iz, S, 44 h H-)-
- Au Nord : La Petite Ourse (la Polaire) ; Cassiopée (r,, 1, a); Capella est à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin (y, 2 2708); la Flèche; la Lyre (6, s, Ç, v,); l’Aigle (t5 h, *]) ; le Cygne ((3, 0, g, 6i°); le Capricorne; le Sagittaire (X, W, v, 54 e1), ce dernier au Sud-Est.
- Au Sud : La Couronne (Ç, a) ; le Serpent (0, 0, v) ; Ophiuchus (36 À, 70, 67, p, 3g, amas); la Balance (a, ô, P. XIV. 212); le Scorpion (v, w, (3, <r, %, a).
- A l’Ouest : La Grande Ourse (Ç, £, 57, 23 h, a); les Chiens de Chasse (a, 2, M. 5i); la Chevelure; le Lion (y, t, 54, ", 88, 90, M. 65) ; la. Vierge (y, 84, 54, 17, nébuleuses).
- ! Em. Touchet.
- JSSD
- IgD
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’eu raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Ecole du Centre, à Libourne. i° La destruction dès racines de poils encore visibles dans l’épiderme après rasage ne peut s’obtenir que par l’emploi répété d’un dépilatoire. Celui de Boudel, au suif-hydrate de sulfure de calcium, se prépare facilement de la façon suivante.
- Prendre :
- Chaux vive de fabrication récente. . 100 gr.
- Eau ordinaire........................100 —
- Commencer par éteindre la chaux en l’aspergeant seulement de quelques gouttes d’eau, puis lorsqu’elle a fusé et s’est délitée, on ajoute progressivement le reste de l’eau de façon à obtenir un lait bien homogène.
- Dans ce lait on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré préparé suivant la façon classique indiquée dans tous les livres de chimie, par réaction d’un acide étendu, chlorhydrique ou sulfurique, sur le sulfure de fer.
- On se rend, compte que la saturation est réalisée quand la masse prend une teinte bleue verdâtre due aux traces de fer qui existent toujours dans la chaux commune.
- Pour l’emploi on passe un peu de la pâte ainsi pré-» parée en se servant du doigt sur la partie à épiler de manière à déposer une couche de 1 à 2 mm d’épaisseur. On laisse en contact 2 à 3 minutes, puis lave à l’eau tiède, sans frotter et poudre à l’amidon ou à l’oxyde de zinc. N. B. Si on doit opérer au-dessus des lèvres prendre la précaution de vaseliner ces dernières et'de boucher les narines avec des tampons de coton hydrophile alin d’éviter de respirer l’odeur d’hydrogène sulfuré peu agréable.
- Le dépilatoire de Boudet se conserve assez longtemps en flacons bien bouchés, mais son action est d’autant plus^efficace que la préparation est plus récente. •
- 2* Toutes les laines pour rasoirs mécaniques sont aujourd’hui à peu près identiques, par suite de leur fabrication en grand, toute la différence provient de la réussite plus ou moins parfaite de la trempe, ce qui fait que l’on tombe sur une qualité plus ou moins bonne à égalité de prix.
- M.'. Minville, à Paris. — Le laiton étamé et Y argentan ont comme métaux communs le cuivre et le zinc, comme métaux différents le nickel et l’étain. De cette constatation il résulte qu’au lieu de chercher à caractériser le nickel dans l’argentan, il est préférable de s’adresser à l’étain du laiton étamé.
- Or., de tops ces métaux, seul l’étain est complètement insoluble dans l’acide azotique puisqu’il se transforme en acide stannique. Nous pensons que vous pourrez différencier facilement et rapidement les fils d’argentan des fils de laiton étamé en traitant par l’acide nitrique; s’il reste une poudre blanche, ce sera l’article étamé, en l’absence de résidu, de l’argentan.
- E. P. S. M. C. — Les encres violettes sont obtenues
- au moyen du violet de Paris, couleur assez fugace qui passe au jaune sous l’influence des acides. Il suffit donc qu’il se produise une légère acidité, par exemple s’il y a altération de la gomme donnant du corps à l’encre, pour que la couleur violette s’atténue et disparaisse. Nous devons aussi vous signaler que les écoliers, dans un but d’amusement et pour justifier l’impossibilité oii ils sont d’écrire, se contentent d’introduire dans l’encrier un petit morceau de carbure de calcium,, la décoloration est instantanée, la leucobase de la matière çolorante étant précipitée par la chaux qui résulte de la décomposition du carbure de calcium, sous l’influence de l’eau.
- Ca C2 + 2 H2 O — Ga (O H)2 +Call* '
- t'; 11 !>u 1 • <1 de calciiiin Hvdrale de e.al'rilini Arelvlèue.
- L’odeur caractéristique des gaz produits par la réaction permetti a le plus souvent de se rendre compte qu’il s’agit d’une plaisanterie; en outre, le contenu de l’encrier est devenu fortement alcalin au papier de tournesol qui trempé dans le liquide décoloré bleuit instantanément.
- M. Florence, à Montrouge. — Dans le cas que vous indiquez, le moyen le plus simple de reboucher les fissures ou anfractuosités de la porcelaine qui supporte votre inverseur est d’employer la gomme laque blanche. Chauffer les fragments dans les cendres chaudes (disposition des anciennes chaufferettes), puis frotter ces fragments chauds avec un bâton de gomme laque de façon à déposer un peu de celle-ci sur la tranche. Réunir les fragments, serrer et combler au besoin les vides avec la gomme laque. Après refroidissement, le recollage est d’une solidité extrême; s’il y a des bavures on les enlève avec une lame de couteau préalablement chauffée et on lisse^les raccords.
- M. Clémang, à Paris. — Nous avons pris soin dans notre n° 2707, réponse à M. Jourdain, de préciser qu’il s’agissait de détartrer des bouillottes en cuivre rouge et non en autre métal qui pourrait être attaqué par l’acide chlorhydrique. Dans ce cas, le mieux est, de faire bouillir dans le récipient pendant i heure ou 2 une solution de carbonate de soude à 2 ou 3 pour 100, ce qui transforme le sulfate de calcium en carbonate, on rince à plusieurs reprises pour enlever le sulfate de sodium dissous et on attaque alors le dépôt restant par du fort vinaigre, lequel enlève facilement le carbonate de calcium. Aussitôt que celui-ci a disparu on passe à l’eau pure.
- N. B. — Nous vous rappelons que dans le cas parti-
- culier de Valuminium, on peut se servir d’acide nitrique étendu sans inconvénient. *
- M. Nicolas, à Bruxelles. —. Nous avons déjà traité à plusieurs reprises la question de teinture du raphia, \euillez bien vous reporter aux réponses : Yéritas Anvers, n° 2702, page 2.3. VR Bruxelles, n? 2707, page 63 de la Boîte aux Lettres.
- Mme S pie-gel, à Paris. — Le^ sujet que vous nous demandez de traiter,,comporte trop de dévelopjpements pour que nous puissions vous donner satisfaction. Veuillez consulter les ouvrages suivants : Ma tières plastiques, par Clément et Rivière, éditeur Béranger, 15, rue des Saint s-Pères ;Manuel du fabricant de boulons, par Schmitt, éditeur Baillière,, 19, rue llàutefeuille.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Précis de biochimie, par E. Lambling. 3e édition, 2° tirage, revu et corrigé par E. Gley. i vol, in~i6, 723 p. Collection de Précis médicaux. Masson et Cie, Paris. Prix : broché., 3o fr. ; cartonné, 36 fr.
- Comme la plupart des volumes de cette collection, ce Précis est destiné à guider non seulement l’étudiant, mais -le chercheur, parmi la masse des documents accumulés, vers les points principaux de la connaissance des grandes fonctions vitales, tant à l’état normal que pathologique. Nul domaine n’est plus complexe et plus ardu que celui de la chimie de la matière vivante ; nul non plus ne l’a mieux dominé et éclairci que le regretté professeur Lambling. Son ouvrage, devenu classique dès l’apparition, estle guide de tous en cette matière. Chaque nouvelle édition avait été tenue remarquablement à jour de toutes les nouvelles recherches, si bien que la 3B, rapidement épuisée, a pu être rééditée, rien qu’avec quelques additions dues au professeur Gley. En une langue claire et précise, avec une critique line et pénétrante appuyée sur une énorme documentation de première main, l'auteur décrit la circulation de la matière et de l’énergie dans les êtres vivants : leurs sources dans les protéiques, les hydrates de carbone, les graisses, les lipoïdes, les sels minéraux, leurs transformations par les diastases des sucs digestifs et des microorganismes, leur circulation dans le sang, leurs transformations dans les cellules de l’organisme, leur élimination par la respiration et l’urine. Les bilans de ces échanges sont étudiés chez l’adulte, pendant la croissance, ainsi que dans les cas d’alimentation insuffisante ou surabondante.
- Les races et les peuples de la terre, par J. Deniker. ae édition revue et considérablement augmentée.
- 1 vol. in-8,,-750 p., 34o fig., 2 cartes. Masson et Cie, Paris. Prix : broché 65 francs; relié 75 francs.
- Les anthropologistes et les ethnographes ont de la chance : les traités les mieux faits viennent successivement leur apporter des exposés complets de leurs sciences. Après Les hommes fossiles de Boule, Les langues du monde de Meillet et Cohen, voici Les races et les peuples de la terre de Deniker. A vrai dire, celui-ci les avait précédés, mais la première édition de l’oüvrage était épuisée et introuvable. L’auteur venait d’en préparer une deuxième, mise à jour très soigneusement, quand il mourut; sa famille et ses amis ont mené à bien l’impression de son œuvre. Faite avec une érudition qu’admiraient tous ceux qui connaissaient Deniker, elle présente un vaste tableau d’ensemble de tout ce que nous savons des races humaines, d’après toutes les observations et les récits des voyageurs et des explorateurs. Cette multitude de faits épars a été dépouillée, classée systématiquement, groupée en une série de chapitres ordonnés présentant tous les aspects de l’anthropologie et de l’ethnologie. La première partie est consacrée aux caractères somatiques de tous les hommes du globe : taille, indice céphalique, etc., puis Viennent leurs caractères ethniques tirés de leurs langues, leur alimentation, leurs habitations, leurs vêtements, leurs moyens d’existence, leurs jeux, leurs arts, leurs religions, leurs croyances et leurs sciences. La 2e partie passe en revue les races et les peuples de chacune des parties du globe. De nombreuses figures, soigneusement choisies complètent et égaient le texte de
- ce monument de science.
- .♦ • .<
- La pêche en Norvège (notes de mission), par Jean Le Gall. x vol. in-4, 87 p., 58 fig., 1 carte. Mémoire n° 4 de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes. Blondel La Rougery. Paris. Prix : 3o fr.
- Les Norvégiens sont nos maîtres en fait de pêches, maritimes. Chargé de mission par l’Office des Pêches, l’auteur a assisté à des pèches variées, recueilli nombre d’observations et de l’enseignements et il les donne dans ce mémoire. Pour le hareng, la morue, le colin, le sprat, le maquereau, le thon, il résume ce qu’on sait de la biologie de ces poissons, de leurs
- déplacements, de leurs lieux de pèche. Il insiste sur les méthodes de capture, les engins qu’il décrit soigneusement et qu’il figure. Un appendice donne la concordance des noms norvégiens, français et scientifiques. Cet exposé technique fournira nombre de renseignements ^utiles à nos pêcheurs.
- Notions élémentaires de télégraphie et téléphonie sans fil et construction pratique de postes -récepteurs, par J. Rémaur, 3° édition î-evue et augmentée, 1 vol. in-8°, 172 p., 99 fig. Desforges, Girardot et C‘“, éditeurs, Paris, 1926. Prix : x5 francs.
- Le but de l’auteur a été de joindre aux éléments théoriques, suffisants pour comprendre les phénomènes de télégraphie sans fil, .une partie pratique permettant la construction d’appareils i'écepteurs. Les anciennes, éditions ont été complétées par l’indication de nouveaux montages "de postes récepteurs à galène, de tubes à vide, etc.
- Geographical Dictionary of the Virgin Islands of the United States, by J.-W. Mac Guire. 1 vol., 212 p. publié par U. S. Coast and Geodetic Survey. Government Printing Office. Washington, 1925. Prix : a5 cents.
- Les Iles Vierges, archipel voisin de Porto-Rico, autrefois possessions de l’Espagne et du Danemark, appartiennent entièrement depuis 1917 aux Etats-Unis. La brochure éditée par le U. S. Coast and Geodetic Survey contient la liste alphabétique de tous les noms géographiques anciens ou encore en vigueur dans ces îles; chacune de ces désignations est accompagnée de renseignements géographiques, économiques et touristiques. La brochure contient en outre une description générale de l’archipel.
- Annuaire de la Chambre syndicale des constructeurs d’automobiles pour 1926. 1 vol. 672 pages. Edition de la G. S. C. A., 5g, avenue Hoche, Paris.
- Contient, outre la liste des constructeurs adhérents et les renseignements sur leur production, une documentation étendue sur la législation et la réglementation concernant l’automobile, son régime fiscal, celui de l’essence, les tarifs douaniers, etc.
- Nomenclature des Journaux et Revues en langue française paraissant dans le monde entier. 1 vol. 787 p.,
- 1 publié par VArgus de la Presse, 37, rue Bergère, Paris.
- Cette nomenclature fournit les titres et adresses de plus de 10ooo-publications françaises, journaux, revues ou périodiques, paraissant en France et à l’étranger; c’est une compilation qui représente un long et patient labeur. Elle rendra grands services à tous ceux qui ont besoin de. renseignements sur,1a presse française.
- 'Fous nos impôts (bréviaire du contribuable), par Camille Rosier, i vol. Lvin-1021 pages. Société des Annales Commerciales, judiciaires et fiscales. 33, rue Jacob, Paris 1926. Prix : broché, 40 francs.
- Notre fiscalité est devenue si complexe que le contribuable, quelles que soient son attention et sa bonne foi, est bientôt perdu dans le dédale des lois et règlements auxquels il est tenu de se soumettre ; il est censé les connaître ; en fait il les ignore. Un bon guide lui est aujourd’hui indispensable. Il le trouvera dans l’ouvrage de M. Rosier, excellent précis, très clairement composé, qui fixe exactement les obligations multiples et aussi les droits du contribuable. La simple inspection de la table des matières qui occupe 58 pages montre l’étendue de ce travail, où tous les i impôts, de toute nature, leur assiette et leur perception sont passés en revue. Elle met aussi en évidence, avec une aveuglante clarté, l’un des défauts essentiels de notre système fiscal : son incroyable complication, qui fait perdre aux contribuables un temps précieux et impose à l’administration des rouages multiples et coû teux. ; .,
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2718 8 Mai 1926
- Un projet de dirigeable géant. — Les catastrophes répétées .qui ont, en ces dernières années, frappé les grands dirigeables n’ont pas découragé les partisans de ce mode de locomotion aérienne. Popular Science Monthly nous apprend que l’on a commencé à Akron (Etats-Unis), l’étude d’un dirigeable rigide qui, par ses dimensions et sa puissance, dépassera de loin tout ce qui a été fait jusqu'ici. L’étude et la construction de cet engin sont entreprises, sous la direction d’un industriel américain, M. Lichtfield, par un petit groupe d’ingénieurs et techniciens allemands tous émigrés des établissements Zeppelin de Friedrichshafen et à la tête desquels se trouve le Dr Hugo Eckener, celui-là même qui récemment fit traverser l’Atlantique au dirigeable Los Angeles.
- Le GZ-1, telle est la dénomination du futur Léviathan des airs, jaugera 196000 m5 et sera gonflé à l’hélium. Le Shenandoah, dont on connaît la fin récente et tragique, jaugeait 60000 m5. Les deux grands dirigeables que fait construire le gouvernement britannique jaugeront 140 000 m3.
- Le GZ-1 pourra emporter assez de combustible pour effectuer sans arrêt une croisière de 10 oco km. Sa vitesse maxima sera de 166 km à l’heure. Ses 8 moteurs déve-lopperont 4800 HP., soit 3 fois plus que le Shenandoah. Le Dr Arnstein, ingénieur en chef de l’établissement Zeppelin d’Akron, déclare que l’on emploiera pour la construction du GZ-1 une nouvelle sorte de duralumin, qui donnera plus de rigidité et de résistance à la charpente de l’aéronef. La sécurité en sera assurée surtout par un mode de construction radicalement différent de ce qui a été fait jusqu’ici. Tout le long du fond du bâtiment courront deux corridors en charpente à treillis. Sur cette colonne vertébrale seront montées les armatures, également à treillis, qui supporteront l’enveloppe. Ces armatures seront entretoisées par un réseau de fils d’acier qui contribuera à la rigidité du navire tout en maintenant les nervures en place.
- Ce dispositif à corridor aura l’avantage de rendre l’intérieur du ballon accessible de n’importe quel endroit, ce qui facilitera la surveillance, l’entretien et, au besoin, les réparations. Le facteur principal de sécurité, suivant le D' Arnstein, réside dans ce fait que les cabines de contrôle feront partie intégrante de la charpente du dirigeable. Il sera donc désormais impossible de voir se reproduire l’accident qui provoqua la perte du Shenandoah, où l’une de ses cabines se détacha du ballon.
- Le GZ-1 sera équipé en transatlantique ; il aura des cabines pour 100 passagers, des salles à manger et des salons ; il pourra en outre porter une douzaine de tonnes de bagages et 3 à 6 tonnes de courrier postal.
- Un carburant à l’acétylène. — On a souvent proposé l’emploi de l’acétylène comme carburant dans les moteurs d’automobiles; on Ta même essayé pendant la guerre, mais sans grand succès semble-t-il. Certains verraient assez volontiers dans l’acétylène une des formules possibles du carburant national, que Ton cherche aujourd’hui si ardemment dans tous les sens. En effet, le carbure de calcium, qui par simple combinaison avec l’eau donne naissance à l’acétylène, n’exige pour sa fabrication que des substances extraites du sol de notre pays : du charbon et de la chaux, que l’énergie hydroélectrique empruntée aux chutes d’eau oblige à se combiner. Encore faut-il avant tout résoudre le problème technique de l’emploi de l’acétylène dans les moteurs, et d’autce part arriver à des prix de revient acceptables.
- La Société « La Mécanique lyonnaise » vient de faire exécuter, sur l’autodrome de Montlhéry, des essais d’automobiles alimentées par un nouveau carburant, le Gaulois, à base d’acétylène. Ces essais ont été effectués sous le contrôle de la Commission technique de l’Automobile-Club de France. Le procès-verbal d’essai que publie la revue Le Pétrole démontre que ces essais ont été des plus satisfaisants et que du point de vue technique, le problème de la carburation à l'acétylène est désormais résolu.
- Le procédé consiste à alimenter le moteur au moyen
- de deux carburants : i*un carburant gazeux, en l’espèce l’acétylène; 20 un carburant liquide appelé diluant composé de 65 pour 100 de benzol commercial, de a5 pour 100 de gazoil, et 10 pour 100 d’essence de schiste dite « White Spirit ».
- Pour adapter la carburation à l’acétylène sur une voiture, il suffît d intercaler entre la bride du carburateur ordinaire et la bride de la pipe d’admission un appareil mélangeur où se fait le brassage du gaz acétyr lène dans le mélange tonnant provenant du carburateur.
- . En ce qui concerne le côté économique, il est difficile de se prononcer : il convient dès maintenant de remarquer que le diluant entre pour une proportion importante dans la consommation du combustible exigé par ce nouveau, procédé ; or ce diluant est composé de benzol, de gazoil, d’essences de schistes, produits fabriqués dans notre .pays, il est vrai, mais en quantités insuffisantes ; si 1 usage du « Gaulois » se développait pourrait-on les trouver chez nous et à quel prix ?
- Une expérience curieuse sur la corrosion des métaux. — La corrosion des métaux fait l’objet de recherches importantes dans tous les pays industriels. C'est nn problème qui peut paraître simple au premier abord : la corrosion des métaux, la rouille du fer par exemple, n’est-elle pas autre chose qu’un phénomène d’oxydation dû à l’oxygène de l’air ? Cette explication simpliste a dû être abandonnée, depuis longtemps déjà, et la plupart des chercheurs sont d’accord aujourd’hui pour admettre dans les phénomènes de corrosion l’intervention d’un processus électrochimique. Dans une récente conférence à la Liverpool Engineering Society, M. A. R. Evans en donne une preuve déplus en relatant une curieuse expérience relative à la corrosion des métaux immergés dans l’eau.
- Dans les conditions ordinaires, la plupart des métaux immergés dans l’epu sont soustraits à la corrosion, sauf s’il existe dans l’eau de l’oxygène dissous. Dans ce cas, ils peuvept êtreattaqués ; majs, circonstance paradoxale, l’attaque ne se produit précisément pas aux points qui peuvent être facilement atteints par l’oxygène, mais au contraire en des points relativement inaccessibles à ce dernier.
- Comment expliquer cette singularité ? L’expérience suivante décrite par M. Ellis apporte une réponse à cette question. Elle n’exige que deux lames d’acier découpées dans la même plaque, un vase en verre et à l’intérieur de ce dernier un vase, poreux.
- Les deux vases sont remplis d’eau salée et l’on place une lame d’acier dans chacun d’eux; si on réunit à un galvanomètre les extrémités des deux lames, aucun courant ne se manifeste ; la chose était facile à prévoir puisque les deux pôles sont faits du même métal plongé dans la même solution. Mais si l’on insuffle de 1 l’air ou de l’oxygène dans l’un des compartiments, on voit apparaître un courant électrique qui se maintient aussi longtemps que dure le courant de bulles gazeuses. On constate que l’électrode « aérée » forme la cathode et l’électrode non aérée forme l’anode. Le courant ainsi engendré provoque une légère électrolyse de l’eau et l’on se rend compte maintenant pourquoi c’est précisément la partie non en contact avec l’oxygène qui est attaquée ; l’oxygène dégagé par T électrolyse se porte en effet à l’anode et l’attaque. Cette expérience explique bien des particularités qui déroutent souvent les ingénieurs : ainsi les tubes de condenseurs, en laiton, sont exposés à des corrosions aux endroits où des corps étrangers, du sable par exemple, viennent adhérer à la surface métallique et la protègent contre l’oxygène dissous.
- Les vernis à la cellulose pour les carrosseries automobiles. — .# Désormais, dit M/Baudry de Saunier dans l’A. C. B., organe de l’Automobile-Club de France, on ne peint plus une automobile, on l’enduit d’un vernis à l’acétate de cellulose. » Ces vernis, qui ont trouvé déjà tant d’autres applications, en aviation notamment, offrent un grand nombre d’avantages. Leur application se fait par pulvérisation, et n’exige pas, comme là peinture et les vernis usuels, l’intervention de spécia-
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- INFORMATIONS
- listes. Elle ne demande que 3 à 4 jours, alors qu’une peinture à l’huile exige un délai de 5 à 6 semaines. De plus, l’aspect des carrosseries revêtues d’un tel vernis est brillant et doux, et il ne se ternit pas aux intempéries. L’entretien est très aisé et la durée de ce revêtement est très grande, io à 12 ans affirme M. Baudry de Saunier. Les réparations sont également très faciles.
- Le repeuplement du Krakatau. — La Société de Biogéographie vient d’entendre une très intéressante communication de M. R. F. Scharff sur le problème de l’île Krakatau. On sait que cette île, située dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, fut à plusieurs reprises ravagée par des éruptions. Celle de 1680 n’a laissé que peu de souvenirs, notamment en ce qui concerne la destruction des êtres vivants de l’ile à cette époque. Par contre, le dernier cataclysme survenu en 1883 a été beaucoup mieux étudié. L’ile, longue de 9 km et large de >, était alors entièrement couverte d’une exubérante végétation. La première éruption, survenue en mai, recouvrit de 5o cm de cendres toute l’ile, sauf le versant sud du Rakata, principal sommet haut de 800 m. que M. Verbeck vit encore le n août entièrement vert. A la fin d’août, la deuxième éruption, beaucoup plus violente puisqu’elle s’accompagna d’un raz de marée qui fit 36 000 victimes dans les îles voisines, ht disparaître sous la mer un tiers de l’ile; le reste fut couvert d’une couche de 3o m. environ de ponces et de cendres. En 1884, Verbeck ne revit aucune trace de végétation, sauf quelques brins d’herbe. En 1886, Treub, directeur du jardin de Buitenzorg, visita Krakatau et estima qu’aucune trace de la flore précédente n’avait pu persister; il admit donc que les plantes qu’on commençait à apercevoir de nouveau avaient repeuplé l’île de la façon que s’ensemence un banc de corail qui sort de l’eau; il recueillit près de la cote 9 espèces qu’on trouve sur les îles récemment immergées et dans l’intérieur 8 phanérogames et n fougères. En 1897, Krakatau comptait 53 espèces de phanérpgames et 16 fougères. Enfin, en 1923, Docters van Leeuwen y trouva 269 espèces.
- Les zoologistes s’occupèrent moins du Krakatau et la plupart admirent que la faune avait disparu comme la flore. Cependant, Michaelson trouva un ver de terre (d’espèce nouvelle) et se demanda si ce n’était pas une survivance, la chaleur des cendres n’ayant pénétré dans le sol qu’à quelques décimètres au plus. Le même argument est valable pour les larves souterraines d’insectes, et même pour des insectes adultes, des araignées, des mollusques, voire des lézards réfugiés dans des crevasses profondes ou sous des rochers. De plus, il est probable que, pendant le cataclysme, des vagues énormes recouvrirent et refroidirent la couche de cendres. Enfin, le vent ne tarda pas à dénuder le sommet, si bien que les graines survivantes purent germer.
- Si bien que le Krakatau ne peut servir d’exemple et d’expérience de repeuplement. Certes, des graines et des animaux ont pu y être apportés, comme partout, par les vents, les courants, les oiseaux, etc., mais rien ne prouve que l’île avait été préalablement stérilisée totalement par l’éruption.
- Un oiseau bagué traverse l’Atlantique. — Les
- Ressources naturelles du Canada signalent que le Service des Parcs nationaux de ce pays, qui tient le registre de toutes les opérations de baguage des oiseaux sauvages, a été avisé qu’un oiseau, connu dans la localité sous le nom de « ticklace », avait été tué le 12 août 1924 par M. L. Curtiss de Horse Island, district de Sainte-Barbe, Terre-Neuve. L’oiseau avait à la patte une fine bague d’argent portant cette inscription : « Inform Witherby, High Holborn, London ».
- On put ainsi apprendre que cette bague avait été fixée à la patte d’une jeune risse tridactyle (Rissa tridactrla) le 28 juin 1923, sur les îles Farne,. Northumberland, Angleterre, par un des correspondants dé M. Witherby. Le fait mérite d’être noté, car cet oiseau est le premier européen qui ait pu être identifié de l’autre côté de l’Atlantique.
- * L’exportation du caviar en Russie soviétique, —
- La Pêche maritime donne les renseignements suivants sur la situation actuelle de cette production.
- On sait qu’il existe bien des sortes et des qualités de caviar selon sa provenance et sa préparation.
- Le caviar noir provient de gros poissons du genre Esturgeon qu’on ne trouve que dans certains fleuves de la Caspienne, les rivières du Caucase, les bassins de l’Obi, l’Iénisséi, la Léna et l’Amour. On le connaît sous trois aspects différents : caviar frais, granulé, légèrement salé, vendu extrêmement cher en boîtes métalliques de i5oo gr. ; caviar salé vendu en barillets, caviar pressé. Avant la guerre, la Russie exportait en moyenne 33 000 pouds (528 tonnes) par an de caviar noir. Le grand marché était Hambourg. Ce caviar a disparu du marché dès 1914 et n’a reparu qu’à la fin de 1924 ; il est moins rare actuellement qu’autrefois, les guerres ayant arrêté ou ralenti les pêcheries et permis la multiplication du poisson.
- Le caviar rouge provient de petits poissons; il est beaucoup plus commun que le noir; on le consomme couramment en Russie, dans les pays balkaniques et jusqu’en Chine. En 1918. la Russie en avait exporté 10292 tonnes. Son commerce reprit dès 1922-1923 et se fit d’abord à Hambourg, puis à Riga.
- Les prix furent en 1924 de 3j à 35 A le poud de 16 kg pour le caviar noir et de 28 à 3o £ pour le caviar rouge. Les pays importateurs sont avant tout l’Angleterre et la France.
- *»> Nouvelles de T. S. T.
- La radiodiffusion et les concerts. — D'après une enquête menée par le « broadcasting Committee » qui s’est réuni récemment à la Chambre des Lords, les radio-concerts auraient exercé une très heureuse influence non seulement sur la diffusion de l’enseignement musical, mais encore sur l’accroissement du nombre des concerts ordinaires. Il n’y a pas lieu de croire, en effet, que les morceaux transmis par radiodiffusion peuvent remplacer de véritables auditions directes ; au contraire, les auditeurs qui ont déjà entendu des concerts par T. S. F. sont mieux préparés à aller entendre de véritables auditions musicales.
- La T. S. F. en Italie. — Le gouvernement italien semble avoir reconnu toute l’importance que peut avoir la T. S. F. dans une guerre moderne; il vient, en effet, de décider la formation de deux régiments d?opérateurs radio-télégraphistes.
- La propagande des ondes radiophoniques et les aurores boréales. — La récente manifestation d’aurore boréale ne paraît pas avoir affecté les émissions radiophoniques dans le sud de l’Angleterre. Au contraire, dans le nord, beaucoup d’auditeurs annoncent de mauvaises réceptions de Daventry et des autres stations de broadcasting.
- *
- L’emploi de l’espéranto en radiophonie. — Un
- espérantiste distingué a récemment calculé qu’il y avait maintenant 82 stations d’émission à travers le monde qui transmettaient des discours ou des cours d’espéranto. Parmi ces stations, il y a 16 postes anglais, i3 américains et 11 allemands.
- Les aveugles et la radiophonie. —- La radiophonie constitue une distraction particulièrement appréciée des auditeurs aveugles, aussi est-il naturel que dans tous les pays on essaie de faciliter l’installation de postes récepteurs par des amateurs aveugles.
- Ainsi en Angleterre, la British-Broadcasting Company a-t-elle pris la décision d’accorder gratuitement des licences aux aveugles qui veulent monter un poste récepteur.
- Nouvelles stations françaises. — Deux sociétés d’amateurs de province viennent d’établir un poste d’émission à Béziers, et un autre à Toulon.
- Le premier de ces postes a une puissance de 100 watts, et une longueur d’onde de g5 m.; la longueur d’onde du deuxième poste est d’environ 225 mètres.
- On ne peut que féliciter les promoteurs de ces entreprises, et espérer que le gouvernement français établii’a prochainement le statut définitif de la radiophonie, ce qui assurera son développement régulier.
- On annonce, d’autre part, l’installation d’une nouvelle station à Lille par l’Administration des P. T. T.
- Le nombre des auditeurs en Angleterre. — Le
- nombre des auditeurs déclarés vient d’atteindre en Angleterre le chiffre remarquable de 2 millions environ.
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- Le cannage des chaises. — Lorsqu’on désire effectuer cette opération, la première chose consiste à se munir de rotin filé que l’on trouve dans le commerce. On le met à tremper pendant 24 heures durant lesquelles on pourra préparer la chaise pour le cannage. On enlève l’ancien cannage à l’aide d’un couteau et comme il reste toujours dans les trous du siège quelques brins de
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- Fig. 1. — Diverses phases du cannage d’une chaise.
- canne, maintenus par des coins ou des chevilles, on a soin de les enlever à l’aide d’un poinçon.
- Il ne doit y avoir aucune trace de matière dans les trous du bois du siège. On pourra préparer aussi de petits éclats de bois qui serviront à maintenir, momentanément, les brins de cannes avant le chevillage définitif.
- Lorsqu’on a effectué tous ces préparatifs, on prend deux morceaux de rotin filés assez étroits et on les noue ensemble comme l’indique la figure 1. On les maintient en place à l’aide de chevilles. Cette première opération terminée, on la recommence dans l’autre sens en entrelaçant les brins (fig. II).
- On prend ensuite un morceau de rotin en choisissant les plus gi'andes largeurs, et on l’entrelace en partant
- d’un angle pour aller à l’autre, on va ainsi de l’angle droit à l’angle gauche et on enfile des morceaux de canne dans les trous suivants, le siège se trouve ainsi garni diagonalement (fig. III).
- Cela terminé, on opère de même en partant du troisième angle pour aller au quatrième et on garnit également le siège en suivant ainsi des diagonales opposées aux précédentes (fig. IY). On prend alors des nouvelles chevilles plus fortes après avoir enlevé les premières. Oa les enfonce dans les trous qui se trouvent dans le bois du siège en sautant un trou sur deux, on coupe ensuite ces chevilles au ras du bois de la chaise.
- Pour effectuer la bordure, on introduit dans un trou d’angle non garni de cheville deux brins de canne que l’on a choisi parmi les plus larges et dont on a noué l’extrémité. On leur fait suivre le contour de la chaise et pour les maintenir en place, on fait passer par les trous non chevillés un brin de canne, assez mince et on le ramène par le même trou après lui avoir fait enserrer la bordure par une gaine comme l’indique la figure Y.
- Il faut avoir soin d’employer des cannes parfaitement humectées, ce qui les rend plus souples, les brins seront tendus parfaitement, sans exagération toutefois, ce qui les ferait rompre. On choisit de bonnes longueurs afin d’éviter les nœuds, qui doivent toujours s'effectuer en dessous et contre le bois, travail toujours délicat pour un amateur.
- On doit prendre la précaution également de cheviller immédiatement, sans cela le résultat final serait défectueux. En dernière opération seulement, on pourra couper les longueurs qui dépassent le bois. P. M.
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- La préparation des peaux de lapin. — On peut utiliser les peaux de lapin comme doublure pour des vêtements ou des couvertures, sans disposer d’un outillage important. On prépare alors une peau pour ces usages en renonçant bien entendu à donner à la peau de lapin l’aspect de la loutre, comme le font de nombreux fourreurs.
- La peau, après qu’elle a été dépouillée, est trempée immédiatement dans l’eau fraîche contenant une poignée de sel par litre. Elle y reste un jour en été, deux jours en hiver et l’on renouvelle l’eau deux fois par jour pour enlever les souillures de sang. Ce traitement évite la chute des poils. On peut aussi savonner au savon ordinaire ou au savon minéral.
- Avec une lame émoussée on racle le côté chair de manière à éliminer tous les débris musculaires. La peau nettoyée est trempée dans1 de l’eau contenant par litre 100 gr. d’alun et 40 gr. de sel. Les peaux sont froissées deux fois par jour dans ce bain, sans qu’on les sorte du liquide. On obtient ainsi un tannage à l’alun au cœur même de la peau. Ce traitement dure 5 à 6 jours.
- La peau sortie du bain d’alun est essorée entre les mains et on ouvre la peau, de la tête à la queue, en suivant la ligne médiane du venti'e. On coupe la tête, les pattes et on étale la peau sur une planche, le poil en dessus. Tout le pourtour est fixé par des semences ou petits clous de manière que la peau 'soit parfaitement étirée. On laisse lentement sécher à l’ombre.
- On peut substituer à l’alun une solution de ioo gr. de sel par litre d’eau avec 6 gr. d’acide siilfurique, que l’on verse dans la solution. Pour des peaux de lapin ordinaires, il suffit de deux litres, mais il faut que la peau soit complètement immergée. Les peaux sorties du bain deux fois par jour sont rincées, puis replongées dans le bain et le tannage est terminé en trois jours.
- Après ce traitement, on lave à grande eau, on essore et lorsque la peau est étalée, poil en dessus, on l’enduit du côté chair avec de l’huile d’olive, d’œillette ou d’arachide. La peau est repliée en deux, chair contre chair, et on la laisse ainsi sécher à l’ombre pendant deux jours.
- Une autre méthode consiste, après le raclage, à fixer la peau sur une planche comme dans la méthode à l’alun et à imprégner le côté chair avec une décoction de sumac des corroyeurs appliquée avecun tampon.On pique la peau avec une grosse aiguille un peu partout pour faciliter la pénétration du sumac. Cette opération est renouvelée trois fois, chaque application est suivie d’un rinçage à l’eau et d’un séchage.
- Quelle que soit la méthode appliquée on obtient une
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- Partie arrondie
- peau sèche et raide. On l’assouplit en imprégnant d’huile le côté chair et en frottant la peau sur les bords arrondis d’une pièce de bois poli, sorte de mandrin de forme ovale (fig. 2).
- Ce mouvement rapide plie la peau, perce les fibres et l’huile pénètre à l’intérieur, favorisée par la chaleur dégagée par le frottement. Quand la souplesse désirée est obtenue la peau est dégraissée au moyen de son, de sciure de bois, de plâtre ou de talc employés seuls ou mélangés. Le produit dégraissant devant bien pénétrer partout.
- On bat ensuite la peau pour enlever toute cette poudre qui a absorbé les corps gras. Le poil est brossé et
- peigné et il paraîtra brillant. Il retombe immédiatement au pasrage du peigne qui rebrousse les poils. Ceux qui sont longs et grossiers restent droits, on les enlève à la main ou on les coupe aux ciseaux de manière qu’ils ne dépassent pas le duvet.
- Il faut d’ailleurs, si l’on emploie plusieurs peaux différentes pour un même usage, que les longueurs de duvet soient sensiblement les mêmes. On arase donc les peaux. Pour cela, on prend un morceau de bois rond et une réglette disposée parallèlement à une distance qui représente l’épaisseur de la peau augmentée de la'longueur des poils qu’on veut laisser. On introduit la peau entre ces deux pièces de bois et au fur et à mesure qüe les poils sç présentent au niveau de la réglette, on coupe avec des ciseaux tous ceux qui dépassent (fig. 3).
- On obtient ainsi une peau dont le duvet a une hauteur régulière et égale sur toutes les peaux qu’on veut employer.
- Finalement on donne du lustre à la peau au moyen
- d’un mélange d’alcool, de
- Fig. 2. — Mandrin arrondi en bois poli et dur.
- ÉH|i,. Pièce de bois
- WHfaS arrondie
- zPianchette a écou-,'''tement fixe
- glycérine et d’huile par parties égales. On ajoute par litre de ce mélange 5o gr. de gomme laque qu’on a fait dissoudre au préalable dans l’alcool.
- On applique ce produit au moyen d’une brosse légèrement imprégnée.
- S’il s’agit d’appliquer une teinture dont des recettes ont été données maintes fois dans la petite correspondance de La Nature, la teinte est appliquée avant les opérations d’arasage et de lustrage.
- Ces procédés sont facilement réalisables, mais ils demandent du soin et de la patience.
- Fig. 3.- Àrasage aux ciseaux.
- 'Electricité ^
- Résistance électrique en tôle. — Les rhéostats que l’on utilise dans les installations électriques industrielles et spécialement dans la traction électrique sont généralement en fonte. Ils sont fragiles, car les éléments doivent avoir une épaisseur faible. Ils ont une forme de grille et fréquemment il se produit des cassures. Aussi on a cherché à remplacer ces résistances par des pièces moins fragiles.
- Etant données les fonctions mêmes du rhéostat qui s’empare de l’énergie électrique et la transforme en chaleur, il faut que l’appareil ait un grand pouvoir de dispersion tout en étant robuste, choses difficiles à concilier car si l’on réduit la section du conducteur, on diminue sa résistance mécanique.
- La meilleure solution est celle d’un fil aplati verticalement, plié en tronçons suivant un angle aigu, dont les branches sont encastrées dans les faces d’un support. On réalise ainsi une triangulation et l’on peut alors partir d’une tôle de dimensions convenables qui sera cisaillée en zig-zag.
- Entre les fentes, on introduit une pièce métallique en tôle garnie de mica pour éviter les courts-circuits entre les spires successives.
- On tord les extrémités de chaque découpure, suivant
- un angle de /Q° par rapport à la face de la plaque. On constitue la résistance par un nombre plus ou moins grand d’éléments de ce genre, qu’on serre les uns contre les autres avec une interposition de lames de mica entre les points de contact.
- On utilise des tôles en alliage spécial ayant une résis-
- Fig. — Type de résistance de locomotive électrique pour moteur fonctionnant à 1000 volts.
- tance électrique élevée, un coefficient faible de température et une élasticité très grande, même lorsque la température augmente.
- Deux lamelles successives forment avec la pièce isolante médiane, un triangle aigu qui est indéformable. On raccorde chaque grille à la suivante par une soudure électrique. A cet endroit sont prévues des prises pour " des connexions intermédiaires.
- La résistance complète est galvanisée, ce qui empêche , toute oxydation.
- Ce genre de rhéostat peut être utilisé même lorsque la température atteint 25o°. L’encombrement est faible et le poids réduit, beaucoup plus petit que celui des grilles de fonte. On peut ainsi, pour une locomotive électrique, économiser plusieurs tonnes sur le poids des résistances.
- Le peu d’épaisseur de la tôle assure d’ailleurs un refroidissement rapide, ce qui permet, pour un service donné, d’avoir une résistance de capacité plus faible que celle nécessaire pour la résistance en fonte.
- S’il s’agit de traction par exemple, dans un intervalle de cinq minutes entre deux démarrages, la résistance est complètement refroidie, tandis qu’avec les rhéostats en fonte, au bout du même temps, l’appareil n’a plus la même capacité. Il s’échauffe au second démarrage plus qu’au premier et finit par dépasser la limite normale.
- Les essais ont montré qu’avec des résistances en tôle on peut réaliser, dans l’intervalle de 35 minutes^ quatre démarrages successifs, durant 5 minutes chacun et séparés l’un de l’autre par un intervalle de 5 minutes.
- Les grilles résistantes en tôle sont employées couramment en, Angleterre pour tout l’appareillage de traction, pour les moteurs d’aciéries et de laminoirs et pour ceux d’appareils de levage.
- Constructeur : Société Mécano, 10, rue de Rome, Paris. '
- Fig. 5. — Vue en plan et en bout d’un élément de résistance,
- A, est une pièce isolante de séparation.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES
- L’Aunée (Inula Helenium L.) Synanthérées, compte ^de nombreux synonymes dont les principaux sont : Aunéë commune, Aulnée, Grande Aulnée, Inule hélé-nière, etc. La légende la fait naître dans les larmes d’Hélène qui lui aurait découvert la propriété de faire oublier les chagrins et de ramener la gaîté.
- Habitat. — Très répandue dans l'Europe centrale, elle croît spontanément, en France, dans les lieux humides, les bois et les friches, notamment dans les aunaies.
- Description sommaire. — Plante vivace à racine grosse comme une carotte moyenne, jaunâtre au dehors, blanche en dedans, longue de o m. 3o à o m. 4°- Tige rameuse, haute de i à 2 m., en raison de la nature du terrain. Feuilles grandes, bien plus développées à la base qu’au sommet où elles deviennent semi-amplexi-caules, dentées et duveteuses en dessous. Fleurs (juillet-août) d’un jaune vif, réunies en corymbes terminaux. Fruits (akènes) nombreux, tétragones, aigrettés.
- Culture. — L’aunée réclame une terre profonde et fraîche, très meuble ou bien défoncée, afin que sa racine .pivotante puisse y pénétrer facilement et acquérir tout son développement.
- Multiplication. — On la fait de deux façons : par semis et par éclats de pied. La première est la plus employée; cependant, pour le Jardin familial, on peut utiliser les éclats, si l’on a des souches dans le voisinage.
- Par semis. — On l’effectue au mois de mars sous châssis ou en avril-mai en pépinière, et pour éviter l’étiolement des petits plants, on les repique une fois avant de les mettre en pleine terre. Leur plantation assez rapprochée, o m. a5 sur les lignes avec un écartement entre celles-ci de o m. 70, donne un rendement bien supérieur en racines.
- Par éclats de pied. — On les plante en automne ou au printemps à o m. 80 sur les lignes distantes de 1 m. environ. Ce système ne donne pas des sujets très vigoureux, les radicelles ne se développant pas facilement. (A. G. et J. D.).
- Les soins culturaux, en dehors des arrosages pour
- MÉDICINALES : AUNÉE OFFICINALE
- faciliter la reprise et des binages, sarclages et buttages, comportent en hiver un apport de fumier pour faire grossir la racine.
- Récolte. — On arrache les racines âgées de 2 à 3 ans, en octobre ou au printemps, et, après nettoyage, on les coupe en tronçons de 2 cm que l’on fait sécher au soleil ou à une douce chaleur à l’étuve. Le rendement est de
- 1 kg 870 par 10 kg de racines fraîches. Leur odeur, quand elles sont sèches, se rapproche de celle de l'iris et de la violette.
- Composition chimique. — «La racine contient : résine âcre, huile volatile, extrait amer, hélénine constituée par quatre éléments : hélénine proprement dite, camphre d’aunée, l’anhydride alantique et l’alantol, plus l’inuline, fécule qui se colore en jaune par l’iode.
- Propriétés thérapeutiques. — La racine est la seule-partie employée. Sa réputation est ancienne, car Diosco-ride la recommandait déjà contre certaines affections du poumon, ce qui a été confirmé par les médecins modernes. De Korab a reconnu que l’hélénine s'opposait au développement du bacille de Koch ; d’autres lui ont accordé des vertus bactéricides parfois contestées, mais le Prof. Louis Rénon l’a employée avec succès à la dose de o gr. 06 par jour contre la toux des phtisiques. L’aunée est regardée aussi comme tonique, excitant, etc. On lui a donné parfois le nom de quinquina indigène.
- Préparations pharmaceutiques. — L’infusion est prescrite à la dose de 5 pour 100 et la teinture à celle de
- 2 à 5 gr. par jour contre la toux quinteuse et l’expectoration qui succèdent à la grippe. La macération pendant 8 jours de 80 gr. de racines dans un lifre de vin d’Espagne est efficace par ses propriétés béchiques et toniques (Df H. Leclerc). La racine entre dans les sirops d’erysimum et d’armoise composé.
- La médecine vétérinaire l’emploie à l’état de poudre, de décoction ou d’extrait.
- Observations commerciales. — En 1916, la racine sèche et coupée valait o fr. 40 à o fr. 5o le kilogramme ; son prix est passé ensuite à 1 fr. 20 et en 1924, il s’est élevé entre 2 fr. et 2 fr. 25. La vente en est assez forte.
- BARDANE
- Sous ce nom, la racine qu’on trouve dans le commerce peut être fournie par trois variétés mais surtout par deux : la Bardane à grosses têtes (Lappa major) et la B. à petites têtes (Lappa minor. D. G.) Synanthérées. Le mot Bardane dériverait de « Barda » qui, en italien, signifie « couverture de cheval », à cause de l’extrême ampleur des feuilles. Ses principaux synonymes sont : Glouteron, Herbe aux teigneux, Napolier, etc.
- Habitat. — Ces plantes sont très communes sur le bord des routes, dans les lieux incultes et stériles, le voisinage des habitations.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle par sa racine qui est épaisse, charnue, cylindrique, pivotante, noirâtre au dehors et blanche en dedans. Tige de 1 m. à x m. 5o de hauteur, grosse, rameuse, striée, rougeâtre. Feuilles alternes, très larges à la base, pétiolées, vertes en dessus, cotonneuses en dessous. Fleurs (juin-juillet) nombreuses, purpurines, agglomérées en une petite tête globuleuse, armée de pointes recourbées en crochet qui font adhérer ces fleurs aux vêtements ou aux poils des animaux d’où le nom de « grippons » qu’bn leur donne pour cette raison. Fruit (akène) à disque plissé surmonté d’une aigrette.
- Culture. — Très rustique, la bardane s’accommode de tous les terrains; elle préfère cependant ceux quelque peu compacts mais qu’on a défoncés en temps voulu et bien fumés surtout en engrais azotés.
- Multiplication. — Il est bon de savoir qu’un gramme de graines en contient 80, que le litre pèse 63o gr. et que la durée germinative est de cinq ans. On procède au semis du printemps au mois de septembre. On peut opérer en plein champ à cette dernière date en ti’açant des lignes écartées de o m. 60 et profondes de o m. 04 environ. On y dispose les semences au nombre de 3 ou 4 tous les
- 20 cm et on roule le sol. Le roulage fixe et enterre les semences suffisamment.
- Récolte. — On n’arrache les racines à la fin de la première année, en octobre-novembre, que lorsque les plantes ont atteint leur complet développement, mais il est préférable de ne le faire que l’année suivante, c’est-à-dire après 18 mois, d’existence. Il ne faut jamais attendre la floraison, parce qu’elles deviennent ligneuses et perdent toutes leurs propriétés.
- Il est nécessaire d’apporter beaucoup de soin dans l’arrachage qui est assez difficile à cause de la longueur de la racine. L’arrachage terminé, on nettoie les racines et on les coupe en rouelles de 2 cm ; on les fait sécher au soleil ou au four modérément chauffé ou encore à l’étuve. On ne les met en sac que lorsqu’elles sont bien sèches, autrement elles noircissent et se détériorent. Le rendement est de 3 kg 010 par 10 kg de racines fraîches. Les feuilles mondées sont cueillies au moment de l'arrachage et desséchées dans un local aéré, mais on s’en sert surtout à l’état frais. ^
- Composition chimique. — La racine contient de l’inuline, une gomme insoluble qui se gonfle dans l’eau, une huile essentielle, du tanin, des sulfates et des phosphates de potasse, de chaux et de magnésie et une matière oléo-résineuse (Poinsot). 1
- Propriétés thérapeutiques. — Le Dr H. Leclerc, qui a étudié spécialement la bardane, relate : i° qu’ellè eut jadis la réputation d’avoir guéri de la syphilis le roi Henri III ; 20 que le D' Leconte, de Condé-sur-Noireau, l’a utilisée fraîche et récoltée au pi’intemps dans le traitement abortif de la furonculose ; elle faisait cesser la douleur, hâtait la sortie du bourbillon et entravait la formation d’autres furoncles ; 3° qu’il en a lui-même obtenu les mêmes résultats heureux.
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- VARIÉTÉS
- La bardane est un remède populaire considéré comme un dépuratif énergique dans les maladies de la peau, en même temps qu’un diurétique et un sudorifique sérieux.
- Préparations pharmaceutiques. — Pour le docteur précité, comme la dessiccation rend la racine de bardane à peu près inerte, mieux vaut employer l’extrait mou stabilisé à la dose moyenne de i à a gr. par jour, en pilules, ou encore en élixir, 2 à 3 cuillerées à soupe par jour. Le D1 E. Savini préconise l’extrait fluide à la dose de
- 4 à 6 cuillerées à café comme ayant une efficacité constante contre les coliques hépatiques. La racine sèche entre dans les tisanes antiherpétiques et sudorifiques.
- Importée du Japon, la Bardane géante ou Bardane comestible est parfois cultivée chez nous; on mange ses racines à l’état jeune, car elles durcissent rapidement.
- Observations commerciales. — La vente de la racine est*r forte. On l’a payée d’abord, sèche et coupée, 1 fr. 20 à 1 fr. 5o le kilogramme; en 1924, elle a valu 3 fr. à 3 fr. 25. A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic pour ressouder les parties d’un objet de verre brisé. — Faire une bouillie avec du silicate de soude (solution commerciale) et du carbonate de,baryte. Il se forme un silicate de baryte qui après avoir fait prise devient insoluble, adhérent et très dur. Les surfaces à coller doivent être très propres.
- (Communiqué par M. de Beaumont.)
- Stabilité des épreuves photographiques. — Le
- Bulletin de la Société française de photographie publie le résumé d’une étude de M. N.-G. Deck, parue dans Il Corriere fotografico, relatant les expériences acquises pendant un séjour de 8 ans dans les régions tropicales chaudes et humides. Nous en extrayons les renseignements suivants :
- Les épreuves sur papier à développement semblent d’une stabilité parfaite, pourvu qu’elles aient été convenablement traitées : cependant, sur beaucoup d’épreuves au gélatino-bromure, et surtout chlorure (genre Gas-light), l’auteur a dû constater un affaiblissement progressif avec jaunissement des noirs en moins d'une année, principalement les épreuves mises dans le commerce par les professionnels ou les industriels ^photographes. La cause est due à l’oxydation des composés de soufre, notamment de l’hyposulfite retenu dans la couche gélatineuse par suite d’un lavage défectueux et encore plus d’un fixage mal fait dans un bain épuisé.
- L’usage des bains fixateurs à l’alun donne lieu aux mêmes inconvénients. L’oxydation du diamidophénol, dont une épreuve peut encore être imprégnée au moment du fixage, semble favoriser la disparition de l’image, spécialement si le fixage n’est pas acide. L’altération plus rapide du papier au gélatino-chlorure est attribuée à la plus grande finesse des grains d’argent. Les épreuves virées par sulfuration, par n’importe quelle méthode, ont été d’une stabilité absolue. Les épreuves virées au ferrocyanure de cuivre ont été de courte durée alors que d’autres virées à l’urane ont parfaitement résisté, contrairement à l’opinion généralement admise. 11 faut dire que pour le virage à l’urane, on avait eu le soin d’éliminer le ferrocyanure d’argent qui
- se forme simultanément dans l’image à l’aide d’un bain de fixage acide et en procédant ensuite à de copieux lavages, non à l’eau pure qui aurait décomposé l’image, mais à l’eau boriquée qui n’a aucune influence et permet de laver autant qu’il faut.
- Les papiers à noircissement direct, virés aux sels d’or, soit en deux bains, soit en un seul bain, de même que les papiers auto-vireurs à la gélatine, ont subi de graves altérations plus ou moins rapides. Par contre, les* épreuves sur papier auto-vireur au collodion, convenablement traitées et surtout fixées dans un bain neuf (hyposulfite sans adjonction d’autre substance), ont montré une résistance parfaite aux conditions climatiques les plus défavorables.
- Imperméabilisation des soies de pêche. — On
- emploie beaucoup, notamment pour la pêche au lancer, des fils de soie tressée qui ont l’inconvénient de se détériorer assez vite, notamment près du bas de ligne. De plus, il faut les sécher soigneusement après chaque partie, sous peine de les voir pourrir. La Pêche illustrée signale, d’après une lettre qu’elle a reçue de M. A. de Trey, un bon moyen de les imperméabiliser. On fond à feu doux dans une casserole de la stéarine additionnée de 8 à 10 pour 100 de cire d’abeille. On dispose au-dessus le fil de soie enroulé sur un moulinet. Pour l’obliger à plonger dans le bain chaud, on place dans la casserole un objet lourd, tel qu’une plaque de plomb, sous lequel le fil sera obligé de passer. Quand la cire commence à fumer, on tire sur le fil de la main droite, en essuyant le fil de la main gauche couverte d’un chiffon et placée tout près de la casserole. De cette façon, l’excès de cire reste dans le chiffon et en dévidant 3 ou 4 m. par seconde, on imperméabilise le fil. A la sortie il est trop raide et il faut l’assouplir; on le tend entre deux arbres et on le frotte vigoureusement avec un chiffon bien imprégné d’une des graisses qu’on emploie couramment pour les lignes, par exemple la céroline.
- La ligne ainsi traitée dure des années ; elle ne se tord pas, ne s’aplatit pas, ne pourrit pas ; elle est beaucoup plus solide.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qut parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Société des brevets Georges Gourdon, 38, rue du Marché, Mala-koff (Seine).
- Réponses. M. Barrai, à Bouchemaine, — A0 Le moulage au plâtre est très simple comme principe et ne demande qu’un peu de soin. Il consiste à enduire préalablement d’huile avec un pinceau l’objet à mouler, puis à disposer sur celui-ci des fils huilés, fins et résistants, en lin de préférence, de telle manière qu’ils per-
- mettent ultérieurement de séparer le moule encore frais, en fragments convenables à la façon du fil à couper le beurre.
- Autour de l’objet ainsi préparé, on constitue une garde en carton, puis on coule dans l’espace ainsi limité du plâtre fin ou plâtre à modeler, un tube d’évent également en carton étant ménagé pour assurer l’évacuation de l’air.
- Aussitôt qüe le plâtre a fait prise, on relève les fils dont les extrémités étaient débordantes, les fragments du moule sont mis de côté pour sécher d’abord à l’air, puis à l’étuve.
- Il suffit de les réunir par une ficelle pour reconstituer le moule entier que l’on huile à son tour et dans lequel du plâtre coulé redonne le relief initial de l’objet. Pour plus de détail, consulter : L\Art du mouleur, par Lebrun, Magnier et Yalicourt, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
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- 2° Le plâtre ahmé qui porte aussi le nom de ciment anglais a été inventé par Kean, on le prépare en immergeant le plâtre cuit à là façon habituelle dans une solution aqueuse d’alun à 12 pour 100. Après 2 ou 3 heures, on retire le plâtre, laisse égoutter et sèche d’abord sur le four, après quoi le plâtre aluné est cuit à nouveau dans un four à la température du rouge brun. Pour l’usage, la matière ainsi préparée est broyée, tamisée, puis gâchée au moment de l’emploi aveo 55 à 60 p. 100 de son poids d’eau également alunée. La prise très lente demande environ 1 heure, mais le plâtre durci et lissé acquiert le poli du marbre en même temps qu’il en a la transparence. Adresses de fabricants de plâtre aluné : Poliet et Chausson, 125, quai de Yalmy; Morel, 140, rue de Paris, à Montreuil-sous-Bois, Seine; Rapp et Reitenbach, 24, rue Charles-Bassée, à Fontenay-sous-Bois ; Rethaller, à Montmagny, Seine-et-Oise ; Plâ-trières de Grozon, Jura.
- M. JVihn, à Colmar. — La toile à peindre se prépare ainsi : la toile étant bien fixée sur le châssis par de menus clous ou semences, on y passe une couche de colle de peaux et laisse bien sécher. Ensuite on ponce légèrement à la pierre ponce pour faire disparaître les rugosités ; on donne alors une épaisse couche de couleur blanche préparée à l’huile dont le pigment sera constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche, oxyde de zinc et blanc d’Espagne (éviter le blanc de céruse qui noircit aux émanations sulfureuses).
- Après séchage parfait, on donne un dernier ponçage pour uniformiser.
- N. B. Si on désire un ton crème, on peut ajouter au pigment précédent une pointe de terre de Sienne.
- Les cartons à peindre sont apprêtés dé la même façon que les toiles tendues sur cadre.
- M. Benoit-Gonin, à' Septmoncel. — Il n’existe pas d’ouvrage d’ensemble sur la fabrication des produits d’entretien, mais vous pourrez en trouver les éléments dans les livres suivants : Becettes de la maison, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain; Nettoyage, détachage, dégraissage et blanchiment, par Herçay; Coloration des métaux, par Michel; ces deux derniers ouvrages édités par Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Lavanlure, à Paris. — Il existe un moyen très simple pour clarifier les liqueurs qui ne veulent pas « trancher », c’est d’ajouter une ou deux cuillerées à soupe par litre, de lait frais. Au contact de l’alcool, l’albumine du lait est coagulée, elle englobe en même temps toutes les matières en suspension. À ce moment, le liquide a un aspect peu engageant, mais il suffit de le filtrer sur un filtre ordinaire en papier pour obtenir une liqueur d’une limpidité parfaite. N. B. Pendant la filtration, couvrir l’entonnoir chargé de liquide pour éviter l’évaporation de l’alcool.
- C. F. D., à Paris. — i° D’après les recherches de G. Bertrand, Brocq-Rousseau et Bassonville, la destruction des punaises peut être obtenue avec des doses de chloropicrine de 4 à 10 grammes par mètre cube.
- Au cas où les œufs ne seraient pas détruits, la durée d’incubation étant d’environ 8 jours, un nouveau traitement -devra être effectué deux semaines après le premier pour assurer la destruction des générations nouvelles.
- 20 La chloropicrine est un liquide huileux incolore très réfringent, de densité 1,665, qui irrite les muqueuses très fortement; elle peut être portée à i5o° sans se décomposer, mais sa vapeur surchauffée détone violemment. La chloropicrine est neutre aux papiers réactifs, elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, inattaquable par les acides forts même à l’ébullition.
- On obtient facilement la chloropicrine par le procédé d’Hoffmann qui consiste à délayer du chlorure de chaux dans-l’eau froide et à ajouter doucement le dixième de son poids d’acide picrique également dissous dans l’eau froide. L’opération se fait dans une cornue tubulée, on refroidit au besoin, car la réaction est très vive. Lorsque l’on a terminé l’addition d’acide picrique, on chauffe et la chloropicrine distille.
- Le rendement est d’environ ii5 pour 100 d’acide picrique employé.
- La chloropicrine s’emploie soit en fumigations par vaporisation du liquide dans la pièce close, soit en pulvérisations locales d’une solution à” 5 ou 10 pour 100
- dans l’alcool qui peut être dans ce cas le vulgaire alcool à brûler.
- 3° Vous pourrez vous procurer de la chloropicrine par quantité importante en vous adressant au Commandant du Parc d’artillerie de Paris, Fort d’Aubervilliers, et pour petites quantités à la maison Billaut, 22, rue de la Sorbonne.
- 4e’ La Chimie et la Guerre, par Ch. Moureu. Editeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Bugriel, à Vannes. —• i° h’acier inoxydable est essentiellement un acier au chrome renfermant 12 à
- 14 pour 100 de ce métal, avec en outre o,25 à o,35 de carbone et 0,20 à o,4o de manganèse. Il doit être travaillé doux, c’est-à-dire recuit à 7OO°-75o0 et refroidi lentement.
- Pour lui faire acquérir sa propriété d’inoxydabilité, il faut le porter à une température plus élevée, 9000 à iooo0, puis le durcir par une trempe, soit à l’eau, soit à l’huile, soit simplement à l’air pour les pièces minces. Si le durcissement a été trop poussé, on peut pratiquer un revenu, mais il faut se rappeler que ce retour rend à nouveau le métal plus oxydable.
- 20 Nous pensons que vous pourrez trouver ce genre d’acier chez Béguin frères, 108, rue Saint-Maur, ou Briard, 16, rue Pierre-Picard, Paris, 18e.
- Dc Augustin Trigo, à Valencia. — Par la circulaire du
- 15 décembre 1908, le Ministre de l’Agriculture estime que toute matière alimentaire dans laquelle l’analyse révèle la présence d’un produit antiseptique, quel qu’il soit et quelle qu’en soit la dose, est dangereuse pour la santé publique, c’est-à-dire toxique au sens de la loi du Ie' août 1905, les fluorures, fluosilicates et fluoborates sont donc interdits et doivent être recherchés dans toute analyse de produits alimentaires. Seule dérogation est faite pour l’acide sulfureux libre ou combiné, encore la dose en est-elle limitée d’une façon précise.
- M. Wels, à Chahal, Tunisie. — Nous pensons comme vous que le moyen le plus pratique pour nettoyer vos canalisations à huile est d’y faire passer une dissolution très chaude de soude caustique, mais il sera essentiel de rincer à fond, de manière qu’au moment de la fabrication les liquides d’extraction ne soient pas alcalins, ce qui maintiendrait l’émulsion et empêcherait la séparation de l’huile. Au cas où cela se produirait, une légère acidulation à l’acide sulfurique (traces au papier de tournesol) détruirait l’émulsion.
- N. B. Les lessives huileuses pourraient ne pas être perdues et servir à la fabrication de savons.
- M. G. D., à Saint-Raphaël (Var). — 11 est bien difficile de vous indiquer le moyen de prévenir les dégâts causés sur vos jeunes palmiers par un petit rongeur, d’après les explications sommaires que vous nous donnez, puisque vous n’avez pu identifier cet animal nuisible. Il faudrait supposer qu’après avoir creusé une galerie à 25 cm du pied des palmiers, ce rongeur grimpe sur les arbres et en dévore les pousses.
- Il conviendrait, croyons-nous, de s’assurer, tout d’abord, de la cause réelle des dégâts constatés sur les pousses des palmiers, et non pas au pied, ces arbres pouvant être attaqués par des insectes.
- En tout cas et à défaut d’identification du rongeur — identification qui permettrait d’en connaître les mœurs, et sans doute aussi d’envisager un procédé de destruction efficace — il y aurait lieu d’essayer un moyen employé contre les mulots ou rats des champs, en raison des trous et galeries constatés près des arbres.
- Si vous n’avez pas à craindre pour les animaux domestiques, essayez l’empoisonnement à l’aide de la noix
- vomique, préparée comme suit :
- Noix vomique râpée...........180 gr.
- Farine ou mie de pain ..... 98 —
- Graisser en quantité suffisante pour lier le tout et en former une pâte à partager en boulettes de la grosseur d’une aveline. Introduire ces boulettes dans les trous. On peut employer aussi le procédé au pain de baryte,
- selon la formule suivante :
- Farine de 2e qualité. . . ........ 4 gr-
- Carbonate de baryte . ..... 1 —
- Sucre..............................q. s.
- Répandre dans les trous celte poudœ sucrée.
- Enfin, contre les rongeurs (rats, mulots, campagnols), on peut aussi recourir à l’emploi du virus Danysz que l’on se procure au Laboratoire Pasteur (Paris, 35, rue Dutot, i5°j.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Le mouvement scientifique contemporain en France (2e vol.J. Les sciences physico-chimiques et mathématiques, par G. Matisse. i vol, 3i8 p., 3i fig. Payot, éditeur, Paris, 1925. Prix : 10 francs.
- C’est une entreprise audacieuse, pour un seul homme, que celle de résumer tout le mouvement scientifique de son époque. M. Matisse l’a tentée; son œuvre qui forme 2 volumes porte à la fois sur les sciences naturelles, les sciences physiologiques, la physico-chimie, les mathématiques. C’est dire qu elle embrasse un vaste domaine et qu’elle a exigé de son auteur la mise en œuvre de connaissances véritablement encyclopédiques. Elle se lit d’un bout à l’autre avec un vif intérêt; toutefois on est un peu embarrassé par le fait que l’ouvrage ne cite aucune date et que l’on ne peut savoir à quelles périodes de temps il applique exactement l’épithète « contemporain » ; certaines lacunes ou omissions qui surprennent parfois s’expliqueraient sans doute tout naturellement si ce point avait été mieux précisé.
- Quoi qu’il en soit, parmi les sujets divers qui ont attiré les efforts des savants contemporains, M. Matisse retient un petit nombre de questions dominantes, et, de même, il fait une sélection sévère parmi les personnalités 'scientifiques qu’il présente comme caractéristiques de notre pays et de notre époque ; en chimie, trois grandes questions seulement : développement de la chimie physique avec les travaux de Robin, P. Duhem, Le Chatelier, J. Perrin et Raoult, la photochimie représentée par Victor Henri, M. Boll, et Daniel Berthelot, la chimie des terres rares représentée par G. Urbain. Il y a évidemment un peu d’arbitraire dans ce choix. La physique expérimentale est représentée, dans l’ouvrage de M. Matisse, par deux hommes seulement, illustres il est vrai, G. Lipp-mann et le grand Pierre Curie. Leur œuvre, si grande qu’elle soit, ne résume cependant pas toutes les tendances de la physique contemporaine. La physique théorique est limitée à la théorie du magnétisme de Langevin et aux magnétons de P. Weiss. Dans les sciences mathématiques, M. Matisse met en relief les noms de H. Poincaré, J. Boussinesq pour la physique mathématique; P. Appell, P. Painlevé, Duhem, E. et F. Cosserat pour la mécanique rationnelle; Tisserand et H. Poincaré pour la mécanique céleste; Darboux, Poincaré, Hermite, Borel, Lebesgue, R. Baire, Hada-mard, Fréchet, P. Lévy, Cartan pour les mathématiques pures.
- Die exakten Grundlagen der Naturphilosophie. Trdger, Entwicklung und Gesetz der « materiellen » Welt, par A. Eleutheropoulos. i broch. in-8, ïi5 p. Ferdinand Enke, Stuttgart. Prix : 4>8o m. ; relié : 6 marks.
- Report on the Danish Oeeanographical Expéditions 1908-1910, to the Mediterranean and adjacent Seas, par Johs. Schmidt. N° 9. 1 vol. in-4, Andr. Fred. Host and Son, Copenhague. Prix : 35 sh.
- Inutile de présenter aux lecteurs de La JSfature le Dr Johs, Schmidt qui est pour le public l’homme de l’anguille et pour les savants l’un des directeurs de l’Institut Carlsberg de Copenhague et l’un des plus grands biologistes et océanographes de notre époque. Ses expéditions de 1908-1910 à travers l’Atlantique et la Méditerranée ont été particulièrement fertiles et ont recueilli une foule de données et d’animaux que de nombreux spécialistes dépouillent, classent et décrivent. 8 volumes de mémoires ont déjà paru et voici le 9e qui comprend 4 études très diverses. MM. Jes^ persen et Vedel Taning décrivent 8 espèces de pois*-sons de la Méditerranée, de la famille des Ster-noptychidae qui sont parmi les plus curieux des animaux des profondeurs ; les nombreux spécimens recueillis permettent une esquisse de leur développement, de leurs formes larvaires, de leurs migrations saisonnières et sexuelles. M. Eduard Dègner examine ensuite les nombreux céphalopodes pélagiques recueillis dont nombre de formes nouvelles. M. Stephensen continue le dépouillement des Amphipodes du groupe des Hyperiidés et expose leur répartition en surface et en profondeur dans les mers parcourues. Enfin,
- M. Pavillard apporte une très importante contribution à la connaissance des diatomées planctoniques de la Méditerranée. C’est une nouvelle pierre apportée à l’édifice scientifique que bâtit le Dr Schmidt, en attendant les suivantes.
- Constitution orthobiontique des êtres vivants, I, Théorie orthobiontique, par Charles Janet, i brochure in-8, 84 p-, 1 tableau. Chez l’auteur, Yoisinlieu-lès-Beau-vais, par Allonne (Oise).
- Théorie présentant un arrangement systématique de tous les types d’êtres vivants.
- Faune des lacs, de, étangs et des marais, par L. Germain. 1 vol. in-16, 3i5 p., 225 fig., 20 pl. en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste. Leehevalier, Paris. Prix cartonné : 24 francs.
- Voici un livre précieux pour tous les naturalistes qui veulent connaître la faune très riche des eaux douces et qui n’avaient jusqu’ici aucun guide de ce genre à leur disposition. Dans les 5o premières pages 1 auteur expose les problèmes physiques et biologiques de la limnologie. Puis, il passe en revue, selon l’ordre zoologique, tout les animaux qu’on rencontre dans les lacs, les étangs, les marais, depuis les Protozoaires jusqu aux Mammifères. Pour chacun, il décrit les principaux caractères, les mœurs, les métamorphoses, les dates d’apparitions, etc. De nombreuses figures dans le texte et hors texte facilitent la reconnaissance des formes les plus fréquentes.
- Toute la France, par Emile Saillrns, i vol. in-8, 448 p., 49 bg., 1 carte en couleurs, Larousse, Paris. Prix : broché, 18 francs; relié, 25 francs.
- Véritable inventaire de la France présente et passée, de sa vie et de son action dans le monde, et aussi explication de ce pays ancien et complexe. Les titres des chapitres suffisent à montrer l’étendue et la variété des documentations rassemblées ici : le sol, la flore, la faune, les hommes, vieux pays et vieilles villes, les provinces, l’unité, les colonies, la nation, la vie française, 1 état, l’agriculture, l'industrie et le commerce, les sites et monuments, le génie français à travers les âges, la b rance dans le monde. Une liste d’ouvrages à consulter complète ce remarquable ouvrage encyclopédique, bourré de faits et de documents et cependant agréable à lire.
- Contes fantastiques, suivis de : Quelques mots sur l Esprit humain, par Erckmann-Chatrian. Introduction par P. Saintyves. Illustré de dessins de Robert Lan?. 1 vol. in-12. Emile Nourry, Paris. Prix : 3o francs.
- La juste célébrité des romans nationaux d’Erck-mann-Chatrian a fait oublier le conteur ; presque tout le monde aujourd’hui ignore qu’il fut l’émule d’Hoffmann et d’Edgar Poë. Cela tient aussi à ce que ses contes fantastiques ou merveilleux sont dispersés dans des recueils multiple s'parmi des récits d’une' toute autre nature.
- Les contes extraordinaires du grand Vosgien ont d’abord la séduction des histoires surnaturelles dont beaucoup d’entre elles sont vraiment surprenantes ; toutes ont une note émotive intense, assez souvent tragique. Ils ont en plus une saveur familière qui nous fait entrer de plain-pied dans le fantastique en lui donnant la plus admirable vraisemblance. 'D’autre -part, il se dégage de tous ces récits une pensée toute spiritualiste, issue d’une longue méditation qui en est Pâme cachée. L’introduction de M. Saintyves en relie les motifs à tous ceux comparables du folklore qu’il connaît si bien.
- Articles de Paris... et d’ailleturs, par -Gaston Glili.ot, 1 vol. in-16, 200 p, La Pensée latine, Paris. Prix : 8 francs. -
- Suite de chroniques écrites d’une plume alerte et spirituelle par le « Sergines » des Annales, où l’on trouve les renseignements les plus imprévus et les plus variés sur la bibliophilie, la philathélie, la graphologie, les noms des habitants des villes de France et bien d’autres sujets fort intéressants.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2? 19
- 85 Mai 1926
- L’explosion de la Courtine. — Le dernier fascicule paru des Annales de l'Institut de Physique du Globe est entièrement consacré à un Mémoire de M. Ch. Mau-rain exposant les résultats des explosions réalisées au camp de la Courtine en mai 1924. On se rappelle que quatre explosions eurent lieu, les deux premières de 10 tonnes, les deux dernières de 5 tonnes de mélinite. Un grand nombre de services publics prirent part à l’écoute, au moyen d’appareils divers ; la Tour Eiffel repéra les moments des explosions en émettant par T. S. F. des signaux horaires 5 minutes avant et 6 minutes après. Il s’agissait, pour les observateurs, d’entendre ou d’enregistrer les ondes aériennes provoquées et de permettre ainsi l’étude sur une vaste étendue de leur propagation.
- Le Service Géographique de l’Armée avait installé 20 postés d’écoute à microphones enregistreurs. Les Services de la Marine firent de même à Cherbourg, à Gàvres et à Toulon; des appareils furent placés sur des bâtiments en rade, sous l’eau et dans l’air à 1000 m. de haut sous un ballon captif. A Paris, M. Dufour, à
- Meudon, MM. Pérot et Baldet enregistrèrent les ondes par des dispositifs ingénieux dont La Nature a déjà parlé dans ses analyses des séances de l’Académie des Sciences. L’Office national météorologique alerta 82 de ses postes et 78 d’entre eux sondèrent l’atmosphère au moment des explosions. Enfin, un très grand nombre d’observateurs volontaires répondirent, tant en France qu’à l’étranger, à l’appel qui leur avait été adressé, notamment dans La Nature (n° 2598).
- M. Maurain réunit tous les documents recueillis par cette armée de collaborateurs bénévoles. Ce ne fut pas chose aisée. Le temps était en général très exactement noté, grâce au repérage donné par la Tour Eiffel, mais les observations, nombreuses et concordantes au voisi-•nage du point d’explosion et jusqu’à quelques centaines de kilomètres, devenaient de plus en plus discordantes et rares à mesure qu’on s’éloignait, si bien que les données parvenues dè l’étranger n’ont guère été Utilisables. .
- La figure 1 résume les résultats obtenus pour la première explosion. Autour de la Courtine marquée par, une croix, une zone, déformée dans le sens du -vent régnant à ce moment, groupe toutes les observations d’ondes directes, dont la vitesse de propagation est sensiblement égale à celle du son. Autour, en blanc, est une zone de silence. Plus loin, la zone A a entendu le son arrivé à une vitesse normale tandis que les zones B et C l’ont reçu plus lentement. Les trois nombres placés à divers points indiquent le premier la distance kilométrique du lieu d’explosion, le deuxième le temps en secondes entre ie moment de l’explosion et celui de la
- réception, le troisième la vitesse du son qui en résulte. Les cartes dressées pour les autres explosions, tout en gardant la même allure générale, diffèrent par de nombreux détails, par suite notamment des conditions météorologiques différentes.
- M. Maurain a examiné toutes les observations certaines et a spécialement discuté celles indiquant une vitesse de propagation anormale, dans les zones les plus éloignées. Il admet que les ondes sonores revenant au sol à grande distance se sont élevées dans 1’atm.osphère et s'y sont incurvées. Il faut donc admettre qu’au delà des couches de la stratosphère explorées par les ballons-sondes existent des causes générales d’accroissement de la vitesse de propagation avec la hauteur, soit qu’on invoque un enrichissement de la haute atmosphère en gaz légers, soit qu’il y existe un relèvement de la température. Les directions et les vitesses du vent aux diverses hauteurs perturbent certainement la régularité des zones concentriques d’audition.
- Tels sont les principaux résultats de ces importantes expériences qui confirment et complètent les observations, la plupart fortuites, déjà réalisées antérieurement et dont M. Maurain avait exposé les conclusions dans La Nature (n° 2607).
- Un nouveau thermomètre pour hautes tempéra* tures, — Le General Electric C° de Shenectady (Etats-Unis) annonce la construction d’un thermomètre capable de mesurer des températures supérieures à looo0 G. C’est un thermomètre en qüartz, dont le réservoir, aü lieu de mercure, est rempli de gallium. Ce métal doit être employé à l’état de pureté parfaite, sinon il se comporterait comme le mercure sale, il adhérerait en gouttelettes aux parois du tube. Le gallium est un métal très rare, on en a trouvé cependant des quantités appré-ciales dans les résidus plombifères provenant du traitement des minerais de zinc en Oklahoma et MissOürL Jusqu’ici, le gallium n’aÿant aucune valeur commerciale, ces résidus étaient exclusivement traités pour l’extraction du plomb. Il est probable que l’on s’attachera désormais à y récupérer également le gallium qui trouvera désormais dans la construction des thermomètres à haute température un débouché d’une certaine importance.
- Production mondiale du pétrole. — Voici les productions de 1924 et de 1926 publiées par Y Information, d’après les documents des Etats-Unis.
- Milliers de barils de i5g 1. 1924 1925
- Etats-Unis 713.940 768.000
- Mexique . 140.721 1i5.747
- Russie 45.3i2 48.000
- Perse . 3a.373 35.000
- Indes Néerlandaises . . 20.473 21.000
- Vénézuéla 6.686 20.000
- Roumanie. . . . ”. . . 10.3o3 15.000
- Pérou . . .' 7.812 8.600
- Inde 8. i5o 8.000
- Pologne 5.657 5.5oo
- Argentine. . . . . . . 4.669 5.000
- Bornéo 4. i63 4.200
- Trinité .... ... 4.067 4. odo
- Japon (Formose) . . . 1 -959 2.000
- On peut noter qu’aux Etats-Unis la production de 1926 est trois fois celle de 1913. Au Mexique elle est six fois celle de 1913. Certains pays comme le Pérou ont multiplié par 4 leur production de igi3. D’autres comme le Vénézuéla se sont mis à produire. Dans l’ensemble la production mondiale a passé de 62815 milliers de tonnes en igi3 à 140800 en 1924. Cette augmentation est considérable, mais l’accroissement de la consommation menace, lui, de devenir vertigineux.
- Les engrais azotés synthétiques en France. —
- Avant la guerre, deux usines en France produisaient ces engrais, l’une à Notre-Dame de Briançon (Isère), l’autre à Soulom, cette dernière produisant du nitrate de chaux. Nous importions 3oo 000 tonnes de nitrate de soude.
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- INFORMATIONS
- Actuellement les usines en activité en France pour produire la cyanamide sont :
- Société des Produits azotés, Bellegarde (Ain), 25 ooo t.
- Société des Usines de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), 45 000 t.
- Société Fredet Kuhlmann, Brignoud (Isère), 3o 000 t.
- Compagnie d'Electricité industrielle, Marignac (Haute-Garonne) 3o 000 t.
- Compagnie de Saint-Gobain, Modane (Savoie), i5ooo t.
- Ces capacités de production ne sont pas atteintes, la production globale étant à la lin de 1925 de 60000 t.
- Pour la production de l’ammoniaque synthétique, de grosses installations sont en cours. Celle de la poudrerie de Toulouse (Office national de l’azote) donnera 44000 t. d’ammoniaque par le procédé llaber et par le procédé Casale. La Société Ammonia produira 21600 t. à Lens et 5ooo à Roche-la-Molière. Le groupement Anzin-Kuhl-mann produira à Anzin j5oo t.; l’usine de Soulom 6000 t. Enlin celle de Saint-Auban (Basses-Alpes), de la Société Alais-Froges-Camargue, produit déjà 7000 t. par an.
- Ces diverses usines appliquent le procédé Casale.
- Le procédé G. Claude, appliqué à la Compagnie des Mines de Béthune, donne déjà i5 t. par jour. Les Houillères de Saint-Etienne, la Société Commentry-Fourcham-bault-Decazeville, les Mines d’Aniche emploieront ce procédé.
- M. L. de Seynes qui a publié récemment ces intéressantes données estime qu’à bref délai plus de 35o 000 t. d’engrais azotés de synthèse seront fabriquées en France.
- La décalcification des sols. —- Les sols arables perdent constamment une quantité importante de chaux, et quand une terre se décalcifie, il y a une diminution de l’action des engrais. Des discussions qui ont eu lieu au groupe des Ingénieurs agronomes praticiens de la terre, il résulte qu’on doit songer à rendre à la terre la chaux dont elle s’appauvrit sans cesse, surtout dans la culture intensive, par l’emploi de l’acide sulfurique pour la destruction des mauvaises herbes du blé, celui des engrais potassiques, etc., toutes pratiques devenues nécessaires pour tirer de notre sol les rendements élevés exigés par la vie moderne.
- On a beaucoup chaulé les terres au siècle dernier, on a reconnu les bienfaits, puis les méfaits du chaulage : la chaux enrichit le père et ruine les enfants, dit un de ces proverbes agricoles pleins de bon sens. La chaux est très utile, l’excès de chaux vive est très nuisible. Le choix de la dose, les difficultés d’épandage, sont des obstacles assez sérieux au chaulage pour qu’on cherche autre chose : l’emploi des scories de déphosphoration quoique basiques ne donne pas le résultat cherché : elles contiennent du silicate de chaux, indifférent pour la végétation. La cianamide, les phosphates naturels n’apportent pas assez de chaux. Il faut donc revenir aux chaulages ou aux marnages. On doit préférer un amendement à base de carbonate de chaux : c’est la craie broyée dont l’emploi même en excès n’est pas nuisible.
- La dose de eraie broyée à ajouter à un sol varie de 800 à 4000 kg à l’hectare, on ne peut la déterminer que par l’analyse des terres, en demandant combien elles renferment de chaux à l’état actif.
- Destruction des mauvaises herbes des champs de blé. — Une méthode récente due à M. Rabaté pour la destruction des mauvaises herbes consiste' à pulvériser sur le champ de blé une solution d’acide sulfu-^ rique. Après plusieurs années d’emploi en grande culture, on peut maintenant affirmer que ce moyen permet d’augmenter dans une énorme proportion les rendements en blé, car les mauvaises herbes constituent l’une des plus importantes. causes de diminution des récoltes. Aussi le groupe des ingénieurs-agronomes praticiens de la terre a-t-il mis à son ordre du jour cette importante question. Yoici les conclusions.
- Il faut employer une concentration en acide à 54° B. de 10 pour 100 en volume, soit i3 à 14 pour 100 en poids, environ 1000 litres pour un hectare. D’après les observations faites jusqu’à présent, on peut estimer à 70 francs par hectare le prix de revient du traitement, ce coût de l’opération est faible vis-à-vis du bénéfice obtenu, et ces techniciens estiment même qu’avec une dépense double, on ne devrait pas hésiter à y recourir. M. Lierman conclut que, avec un peu de persévérance, |
- en i5 ou 20 ans, on pourrait voir disparaître cette lèpre jaune qui, chaque printemps, déshonore nos plateaux fertiles et consomme en pure perte une bonne partie de leur richesse.
- La difficulté d’application réside dans le fait que la période favorable est courte : il faut que les plantes aient développé leurs premières feuilles, car la jeune plante en cotylédons est réfractaire. Il faut terminer avant la montée de la céréale qui est attaquée lorsque sa végétation est avancée.
- Les octrois en France, en 1924. — Le nombre des octrois existant en France était encore de n i3 en 1924 contre 1119 en *9^3. Six seulement ont disparu; chacun sait que ces institutions ont la vie dure. Au tableau d’honneur des villes qui ont supprimé leurs octrois, on pourrait ajouter Aix-îes-Bains qui n’a conservé qu’une taxe sur l’entrée des viandes.
- Les recettes brutes des octrois se montent à 55o millions dont plus de 210 pour la ville de Paris.
- Les comestibles acquittent plus de 286 millions de droits d’octroi auxquels les boissons et liquides ajoutent un produit de plus de 11 millions. Les combustibles figurent ensuite pour 109 millions, puis les matériaux pour 92 millions.
- En Alsace et en Lorraine 19 octrois ont donné près de 7 millions de recettes.
- La part contributive par habitant pour les villes de plus de 3o 000 habitants est comprise entre 8 fr. 27 (R.oanne) et 99 fr. 78 (Reims).
- Les frais de perception s’élèvent à 34 fr. 48 pour 100 des recettes brutes dans l’ensemble des octrois.
- **> Nouvelles de T. S. T.
- Le théâtre radiophonique. — Les pièces de théâtre transmises jusqu’à présent par radiophonie étaient évidemment des pièces destinées à être jouées normalement sur une scène, et non à être radiodiffusées.
- Aussi la transmission de ces spectacles est-elle quelquefois fort intéressante, mais quelquefois aussi, il faut l’avouer, assez médiocre. II manque encore, d’ailleurs, des œuvres d’un théâtre radiophonique original.
- De même que l’on recherche actuellement des œuvres spéciales destinées à un théâtre cinématographique, de jeunes artistes essayent de déterminer quelles doivent être les directives de l’art théâtral appliqué à la radiophonie.
- Dans un livre intéressant intitulé Le théâtre radiophonique qu’ils viennent de faire paraître, MM Pierre Cusy et Gabriel Germinet donnent sur cette question des exposés très complets.
- Ces auteurs ont d’ailleurs composé le scénario radiophonique Maremoto, dont on se rappelle les essais effectués en France en 1924 et qui, interdit par l’administration des postes en France, a été transmis en Angleterre où il a suscité le plus vif intérêt, non sans un certain succès... d’émotion.
- Les auditeurs de la radiophonie sont privés non seulement de la vue des acteurs, mais encore de l’ambiance si caractéristique des foules, qu’a si bien étudiée le philosophe Durckheim. Le théâtre radiophonique est un théâtre à une dimension, dans lequel l’ouïe doit jouer tous les rôles et faire voir l’auditeur par la pensée. Il faut remplacer dans ce théâtre les décors ordinaires par des décors de bruits.
- Le 3000° concert du poste JRadio-Paris. — Le
- poste Radio-Paris a donné le 20 avril à 20 h. 3o son 3oooc radio-concert, et, à cette occasion, a transmis un concert de gala.
- On peut remarquer, d’ailleurs, qu’actuellement le poste Radio-Paris est le premier poste français par la qualité de ses programmes.
- «S
- Changement d’horaires. — L’émission du soir du poste Radio-Paris commence désormais à 20 h. et le radio-concert débute à 20 h. 3o.
- L’émission du soir de la Tour Eiffel dure de 18 h. 3o à 19 h. 45. Le radio-concert commence à 21 h. 10 et se termine à 23 heures.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Cinématographie <^e&>
- La « Caméra Pathé Baby » pour prises de vues.
- — Nous avons décrit lors de son apparition (n° a553) l’appareil projecteur Pathé Baby, en montrant ce que l’on peut attendre de cet intéressant appareil de « Cinéma chez soi »,
- En plus de la cinémathèque Pathé Baby composée de nombreux films tirés des meilleures productions passées sur les grands écrans, l’amateur aime conserver les souvenirs vécus des différentes époques de son existence.
- La dimension des films Pathé Baby permettant d’arriver à un minimum de prix, la solution du problème depuis longtemps cherché de la cinématographie d’amateur se trouve aujourd’hui résolue puisque tous frais comptés (pellicule, développement, montage) un film tourné par un amateur lui revient à i3 francs environ. L’économie réalisée l’a été surtout par le fait d’avoir adopté le principe de l’inversion n’utilisant ainsi qu’un seul et même film pour la prise de vues et la projection.
- La plus grande partie des amateurs croient à une complication extraordinaire du développement par ce
- Fig. x. — La Caméra Pathé-Baby ouverte.
- système. Cependant rien n’est plus simple et les manipulations se trouvent réduites à leur minimum, car les usines Pathé ont pu supprimer l’emploi pour l’amateur des produits liquides et corrosifs.
- Des préparations de bains en poudre qu’il suffît de dissoudre dans l’eau ont, jusqu’à présent, donné d’excellents résultats. Même en voyage, avec ce système, il est possible de développer sur place sans aucune autre nécessité que la chambre noire.‘Les usines Pathé se chargent du reste de ces développements et même des tirages de positifs d’après négatifs ou positifs types.
- Bien que sorti depuis deux ans seulement, cet appareil a déjà fait ses preuves et nombreux sont les amateurs qui ont réussi de merveilleux petits scénarii parfaits en tous points, tant au point de vue idée qu’au point de vue photographie. D’un avis unanime tous ont reconnu que la cinématographie pratiquée avec la « Caméra Pathé Baby » se trouve être de la photographie simplifiée.
- Chacun connaît les désillusions qu’ont encore bon nombre d’amateurs photographes et le peu de l’ésultats réellement satisfaisants qui sont obtenus avec les appareils actuels de plus en plus compliqués. Un grand nombre de facteurs sont à considérer pour la réussite d’une photo parfaite : temps de pose, diaphragme, mise au point, éclairage du sujet, attitude du sujet, etc....
- Avec cet appareil, aucun de ces soucis n’est à envisager, sauf quelques secondes de précaution au moment du chargement (en plein jour) de la Caméra.
- La Caméra Pathé Baby comprend tous les éléments essentiels des appareils des professionnels :.i° Une boite d’aluminium garni de maroquin, muni d’une porte s’ouvrant latéralement; a0 le mécanisme monté entre deux platines formant carter; 3° un presseur maintenant le film contre la fenêtre et le dégageant automatique-
- ment par l’ouverture de la porte; 40 la chambre destinée à recevoir le chargeur (fig. 1); 5* l’objectif-' extra-lumineux F = 1 : 3,5 à mise au point fixe, 20 mm de longueur focale, combinaison anastigmatique de pre-
- Fig. 2. — Le chargeur de la Caméra,
- mière marque : Laeour-Berthiot, Hermagis, Krauss, Roussel, etc. Tous les sujets se trouvent nets depuis 1 m. 5o jusqu’à l’infini; une bonnette spéciale sur l’objectif permet de prendre avec netteté des portraits à une distance de o m. 80 à 1 m. 00; un diaphragme iris règle l'ouverture de l’objectif. Le système de visée est formé d’un viseur à cadre avec œilleton.
- La pellicule Pathé, si justement réputée, a encore été perfectionnée en vue de cette application nouvelle à la cinématographie en positif direct, par un traitement chimique appelé inversion, transformant le négatif en positif, ce même film convenant toutefois aussi bien à la production des négatifs par les méthodes photogra-
- Fig. 3. — La Caméra fermée.
- phiques ordinaires pour le tirage de plusieurs copies.
- Le film vierge Pathé-Baby, ininflammable, est fourni en boîtes spéciales (fig. a) permettant le chargement en plein jour. Chaque chargeur contient 8 m. 5o de film correspondant approximativement à 1100 images.
- Le temps de pose est toujours le 3o° de seconde envi-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ron puisque la manivelle doit être tournée à 120 tours par minute, ce qui donne la vitesse normale de 16 images à la seconde. L’obturateur étant ouvert à 1800, cela donne un temps d’ouverture de i/32° environ. Pour opérer en intérieur ou par temps sombre, il est même permis de
- Fig. 4. — Une prise de vues.
- tourner à 90 tours, augmentant ainsi le temps de pose de 1/4 environ (1/24).
- De même par temps très ensoleillé, au bord de la mer par exemple, on peut tourner un peu plus vite pour réduire le temps de pose. Il ne faudrait pas cependant exagérer trop cette vitesse, car n’offrant aucun inconvénient pour un cas d’augmentation de temps de pose par la réduction de vitesse (le sujet étant généralement du portrait) il pourrait par suite d’une rotation trop rapide de la manivelle à la prise de vues amener un ralenti assez sensible au moment de la projection.
- Seul, le diaphragme entre en ligne de compte dans l’emploi de la « Caméra Pathé Baby ». En effet il sert de « robinet de lumière » pour la correction de son intensité sur la pellicule.
- C’est la « pupille de l’œil de la Caméra » et c’est lui qui règle le plus exactement possible le degré d’impression de la pellicule, par conséquent il résume la seule précaution à prendre pour obtenir les meilleurs résultats. Pour faciliter encore l’emploi de ce diaphragme et rendre pour ainsi dire automatique son utilisation, l’idée est venue d adapter le « Posographe » déjà connu en photographie à la « Caméra Pathé Baby ».
- Par une simple lecture, il est donc possible de trouver immédiatement le diaphragme à employer suivant l’endroit où l’on se trouve, l’état du ciel, l’éclairage du sujet, l’heure, le mois de la prise de vues, etc., etc....
- La mise au point est inexistante sur la Caméra Pathé Baby. lous les sujets sont nets depuis 1 m. 5o jusqu’à l’infini. Une bonnette spéciale se plaçant instantanément sur le parasoleil de l’objectif permet de faire du portrait animé à o m. 80 ou de la reproduction.
- L appareil conçu avec une mise au point compliquerait beaucoup son emploi pour l’amateur, car les sujets se déplacent continuellement. La prise de vues des professionnels est très délicate surtout sur cette question de mise au point. C’est pourquoi l’objectif, bien que de grande ouverture, a été étudié pour avoir le maximum de profondeur de champ.
- L’éclairage du sujet peut être accepté de toutes les manières possibles. Un sujet éclairé de 3/4 avant ou derrière (à condition toutefois que la lumière ne vienne pas dans 1 objectif, ce qui est facile à éviter avec le para-soleil) est beaucoup plus en relief qu’un sujet éclairé devant. Cependant, ce dernier est plus lumineux.
- L’éclairage joue un rôle très important dans le modelé de la .photographie et doit toujours être judicieusement choisi. Ceci est uniquement une question du goût de l’opérateur.
- 1 ou te s les attitudes des sujets en cinématographie sont bonnes puisque celui-ci est en mouvement. Ici, pas de préparation comme en photographie, et le plus joli scénario est celui qui est le plus naturel.
- En cinéma, il faut cependant éviter les mouvements trop brusques qui ne donnent pas de beaux effets. De même, des sujets se déplaçant rapidement doivent tou-
- jours être pris de 3/4 avant et non passant devant l’appareil dans le sens perpendiculaire à l’axe de l’objectif.
- La Caméra Pathé-Baby mesure 10,5 X 9,5 x 5 mm et pèse 600 grammes.
- Comme on le voit par les dimensions et le poids ci-dessus, cet appareil est facilement transportable dans la poche.
- Son emploi est extrêmement simple et même nous croyons pouvoir annoncer que la maison « Pathé » va sortir prochainement un moteur mécanique entraînant la Caméra dans les cas où il est impossible de se servir du pied ou. pour les prises de vues immédiates.
- La facilité de maniement et le prix réduit du film font prévoir à cet appareil un succès sans cesse grandissant. L’été dernier déjà, bon nombre d’amateurs ont confectionné sur les plages, dans les villes d’eau, à la campagne, etc., de charmants petits scenarii qu’ils ont montés eux-mêmes cet hiver et qu’ils ont projetés en famille pour la joie des petits et des grands.
- En vente dans les grands magasins, chez tous les vendeurs d’appareils photographiques et aux établissements Pathé-Baby, 20 bis, rue Lafayette, Paris.
- Objets utiles
- Gobelet du D' Henry. — Il suffit d’avoir pris un repas dans un wagon-restaurant ou dans un paquebot par mer agitée pour savoir qu’il peut être difficile de boire proprement, sans renverser une partie du contenu de son verre. Le même problème se pose pour les
- Fig. 5. — Gobelet du Dr Henry.
- malades alités. Le D' Henry, de Berck-plage, a étudié ce problème pour ses malades en réalisant une forme de gobelet qui permet de boire sans crainte dans un verre rempli à plein bord, dans n’importe quelle position et dans le milieu le plus" secoué. Le gobelet, en porcelaine translucide, peut être aisément rempli puisqu’il a un
- Fig. 6. — Utilisation du gobelet.
- large orifice ; pour la même raison il peut être facilement nettoyé et même ébouillanté si on veut le stériliser.
- La figure montre son aspect et sa position pendant qu’on boit.
- Fabricants : Céramique d’art de la Madeleine, 5 bis, rue Béranger, Paris, 3*.
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- VARIÉTÉS
- LES ORIGINES DE LA SCIENCE ASTRONOMIQUE CHINOISE
- Nous avons reçu du Dr A. Legendre, l’explorateur connu de la Chine, la lettre suivante :
- « Depuis de longues années, la plupart des « chinoi-sants » s évertuent à démontrer par l’interprétation de textes divers que le fameux système cosmologique de la vieille Chine fut découvert sur place, fut bien sa création. Pour certains même, férus de cette idée, presque mystique pour eux, que toute grande découverte est venue du Céleste Empire, c’est une sorte de sacrilège que d’émettre un doute à cet égard. Aussi, le premier système cosmologique mis sur pied, aux temps anciens, a-t-il été baptisé « chinois » par tous les historiens et déchifïreurs de textes, soit de France, soit d’ailleurs.
- Heureusement, il s’est trouvé un homme, M. Léopold de Saussure, astronome et physicien, qui a étudié le système en lui-même, c’est-à-dire au point de vue scientifique, le seul démonstratif. Il l’a surtout comparé aux autres systèmes connus, élaborés dans l’Inde et les pays de l’Iran ou encore dans l’ancienne Grèce.
- A ce sujet, M. de Saussure est d’autant moins suspect de partialité qu’il a toujours été un grand admirateur de la Chine et connaît aussi bien que quiconque toute sa production intellectuelle. Il avoue même qu’il avait été d abord incliné à croire que le système astronomique iranien avait été importé de Chine, mais il a dû, après études complémentaires, reconnaître le contraire, ainsi qu’il l’explique dans la lettre qu’on va lire.
- J’adhère aussi pleinement à son opinion que l’influence aryenne, dans tous les domaines, imprégna profondément la Chine des premiers âges, la dynastie des Hssia (2000 ans avant J.-C.), comme celle des Tcheou. On en trouve la preuve, en particulier, dans la remarquable doctrine d’Etat, politique et sociale, qui caractérise ces dynasties, et révèle, à n’en point douter, une origine occidentale, iranienne.
- Nous aurons l’occasion, un jour, de parler de l’invention de la poudre à canon et de l’imprimerie, de montrer que ces découvertes ne sont pas plus chinoises que ne le fut celle du premier système cosmologique fondé sur le Zodiaque dit « lunaire ».
- Il convient, en effet, de ne pas [ignorer que, de tout temps, le lettré chinois, dont l’orgueil est proverbial, n’a jamais manqué, par souci de sa « face », de déclarer sienne toute invention venue de l’extérieur. Est-ce que le téléphone n’a pas été inventé par Confucius? Et le télégraphe, n’est-ce pas aussi sa trouvaille? ainsi qu’il vous l’explique avec une belle audace ».
- Et voici la lettre que sur ce sujet M. L. de Saussure adressait le 2 juillet dernier à M. le D' Legendre :
- « Dans le domaine de l’étude de l’astronomie et de la cosmogonie chinoises antiques, je reste un isolé.
- Sous ce rapport, l’article que vous avez publié dans l’Illustration du 27 juin m’intéresse au plus haut point, car il est en connexion intime avec les conclusions auxquelles j’ai été conduit par ma découverte de l’identité complète (dans les détails comme dans les traits généraux) de la cosmologie astronomique iranienne avec celle de la Chine.
- Vous pouvez voir ce que j’ai publié dans le Journal asiatique : le système cosmologique sino-iranien (1923, avril-juin) et « la série septénaire (1924, avril-juin). »
- Tout d abord, j ai incliné à croire le système, importé
- de Chine en Iran, mais j’ai bientôt reconnu le contraire. Les Iranistes allemands ont reconnu l’exactitude de mes constatations (voir les annotations de H. Junker et de H. Lommel, dans l’article précité de 192!).
- Dans le Journal asiatique de janvier 1924, M., Maspéro a publié un article intitulé « Légendes mythologiques dans le Chou Iving », dans lequel, tout en déclinant la discussion d’ordre technique, il affirme que l’astronomie et le système cosmogonique classiques ont été importés postérieurement à Confucius. Il ne me sera pas difficile de réfuter cette assertion et de montrer que, indépendamment des mythes grossiers encore en cours au ve siècle avant notre ère (probablement autochtones, antéhistoriques, communs aux peuplades sauvages indochinoises), le remarquable système indo-iranien avait été déjà implanté en Chine et considéré comme antique, avant l’élaboration préconfucéenne du Chou King. Cette première étape de la démonstration constituera déjà un terrain d’entente, mais je ne puis l’admettre que comme une concession provisoire utile à la dialectique. Car l’importation du système aryen remonte plus haut : à la dynastie des « Ilsia », dont le calendrier incontesté est une évidente application du système indo-iranien. Autant que j’en puis juger actuellement, il y aurait eu une pénétration continue des concepts aryens depuis l’antiquité légendaire chinoise.
- Je résume ainsi les conclusions résultant de l’analyse astronomique comparée :
- Dans la haute antiquité (xxv° siècle environ) s’est constitué un système, foncièrement différent du système babylonien, basé sur la division homologue du ciel et de la terre en cinq régions, dont une centrale, siège du souverain, et 4 périphériques, système essentiellement polaire et. équatorial, fondé sur le Zodiaque dit lunaire, dont le principe établi sur l’observation de là pleine lune au méridien est incompatible avec le principe chaldéo-grec établi sur l’observation sidéro-solaire à l’horizon. Ce système, tant dans l’Inde, dans l’Iran qu’en Chine, a conservé les quatre points cardinaux du ciel identiques, correspondant aux équinoxes et solstices du xxv0 siècle. Ces quatre astérismes cardinaux sont indiqués dans le Chou King et si M. Maspéro peut écarter l’évidence qui en résulte, c’est qu’il s’interdit « de faire l’histoire de l’astronomie ».
- Sur le lien de ce texte du « Yao Tien » avec le calendrier chinois de la première dynastie, voir : « Une interpolation du « Che Ki » dans le prochain numéro du Journal asiatique ».
- Le calendrier des « Hsia » et le texte du « Yao Tien » témoignent d’une science plus avancée que celle d’Hammourabi. On est amené ainsi à admettre que l’Inde a précédé Babylone.
- D’autre part, le symbolisme zoaire, comme vous le signalez, confirme une origine occidentale des symboles chinois. Vous connaissez sans doute les vues de M. d’Ar-denne de Tizac et de-M. Gieseler. Mais ces auteurs ne remontent pas, je crois, aux temps antiques.
- Cet exposé se résume dans la connexion entre nos recherches, lesquelles aboutissent à la constatation d’une importation en Chine des éléments de supériorité de la race aryenne. Mais cette importation, d’après les données du système astronomico-cosmologique, est beaucoup plus ancienne qu’on ne le croit généralement. »
- HYGIENE ET SANTÉ
- |LE SCORBUT MODERNE OU MALADIE DES CONSERVES
- On connaît depuis longtemps le scorbut qui attaque les soldats des armées assiégées, les marins pendant les voyages au long cours, surtout les explorateurs des régions polaires, ceux dont l’alimentation est formée uniquement de conserves et de salaisons. Dès 1*734, le Suédois Bachstrom en^reconnut la cause dans l’absence d’aliments frais.
- Le scorbut débute par de la lassitude, de la pâleur, les yeux se cernent, le teint se plombe, des douleurs apparaissent aux articulations et notamment aux genoux, aux hanches, aux épaules ; des ecchymoses étendues se produi -sent; les gencives gonflent, saignent; l’haleine est fétide. Puis des ulcères naissent sur les jambes, le maxillaire se nécrose; le malade devient rapidement cachectique et meurt.
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- En ces dernières années, on a considéré le scorbut comme une maladie par avitaminose et l'on a expliqué son amélioration par les aliments frais et notamment le jus de citron en invoquant un besoin de vitamines C antiscorbutiques.
- La question semble devenir plus complexe, après les récentes observations du Dr Jean Charcot, le célèbre commandant du Pourquoi-Pas ? que publie le Bulletin de la Société scientifique d'Hygiène alimentaire.
- Pendant sa croisière de 1925, le Dr Charcot a eu l’occasion de porter secours au Groenland à une expédition danoise dont le chef venait de succomber. Celui-ci, tombé malade à la Noël de 1924, d’un œdème léger des jambes, était mort d’affaiblissement le 2 juillet 1925, après avoir été nourri pendant ces six mois de beaucoup de viande fraîche, accompagnée il est vrai de conserves de viande.
- Or, ce fait est à rapprocher de plusieurs autres observés antérieurement par Charcot.
- En 1903-1905, pendant sa première expédition antarctique, un officier de marine de son navire tomba malade et ne guérit — en quelques jours — qu’après avoir renoncé totalement aux conserves de viande et s’être soumis au régime lacté.
- En 1908-1910, pendant sa deuxième expédition, un autre officier et Charcot lui-même présentèrent des symptômes analogues qui continuèrent de s’aggraver tant qu’ils consommèrent des conserves, bien que les menus comprissent une grande proportion de viande fraîche.
- L’expédition du capitaine Scott dans l’Antarctique observa les mêmes faits.
- Amundsen, il est vrai, affirme que les conserves préparées selon une méthode particulière ne présentent aucun danger, et de plus, Charcot n’a observé de troubles que chez certains des membres de son équipage qui paraissaient par conséquent prédisposés, beaucoup d’autres restant indemnes bien qu’ayant le même régime de nourriture.
- Ces accidents peuvent s’observer non seulement pendant des explorations polaires, mais encore pendant des traversées de courte durée. Ainsi, en 1923, pendant un voyage de 11 jours du Pourquoi-Pas ? de Cherbourg à Gibraltar, alors qu’on ne consommait que des conserves, Charcot observa sur lui-même de l’œdème prétibial qui cessa dès que les conserves furent supprimées de son régime; en 1924, en allant à Rockall et aux Feroé, il revit les mêmes accidents.
- Aussi, signale-t-il tous ces faits, d’un réel intérêt aussi bien théorique que pratique et affirme-t-il que la consommation de conserves, même en petites quantités, même si l’on y ajoute de grandes quantités de viandes fraîches, peut provoquer, entretenir, aggraver, les symptômes du scorbut caractérisé au début par l’œdème prétibial.
- 11 reste à ‘souhaiter que des expériences de laboratoire, sur des animaux, expliquent ce phénomène en contradiction apparente avec les théories les plus récentes sur les maladies par carence. R. M.
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qrd parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlïl*® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, Il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Errata. — La figure de la’terre (n0 2712), page 206, avant-dernier alinéa, au lieu de trois fois l’épaisseur du trait, lire trente fois.
- Initiation biologique. La Cellule (n° 2715), lire, p, 243, ligne 2 : deutoplasme, au lieu de dentoplasme ; p. 243, lignes 14 et 18 : ergastoplasme, au lieu d’ergostoplasme ; p. 243, légende de la figure 6 : sécrétion, au lieu de sécrétation.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Portemanteau le Kiply (n° 2714)- Le fabricant est M. Jules Poubeau, 6, cité Dupetit-Thouars, Paris, 3°.
- Epuration des eaux d’égout par les boues activées (n° 2714) : Les installations de Reading, Davyhulme, Withington ont été faites par l’Activated Sludge C°, dont le concessionnaire pour la France est le Comptoir Sanitaire, 8, rue de la Boétie (8°). Le directeur de ce Comptoir nous informe que des travaux du même genre ont été entrepris pour la Ville de Paris à Colombes.
- Réponses. — M. L. Laffort, à Bordeaux. — Pratiquement l’essai de restauration de votre bicyclette ne vous donnera que des résultats imparfaits, attendu que l’émaillage du cadre doit être fait en four spécial et que l’emploi de tout simili-émail ou peinture vous donnerait des surépaisseurs du plus désagréable effet. Le mieux est de remettre la machine entre les mains d'un spécialiste qui se chargera en même temps dn renickelage du guidon, opération qui n’est pas du ressort de l’amateur.
- M. de G., à Beaufort. — Appareils ménagers pour le séchage des fruits ; mode d’emploi. — T Les appareils pratiques, pour le séchage des fruits dans les ménages, sont les évaporateurs à petit ou à moyen débit, selon la quantité de fruits à traiter chaque année, notamment le petit évaporateur vertical de Vermorel, constructeur à Villefranche-sur-Saône (Rhône). Ce modèle tient peu de place, c’est une sorte de calorifère surmonté d’une série de claies destinées à recevoir les fruits et qui constituent l’évaporateur proprement dit.
- L’appareil de ménage peut être chauffé, soit au moyen d’un fourneau de cuisine quelconque, soit au moyen
- d’un petit fourneau rectangulaire monté sur des pieds. L’appareil se compose d’une caisse en tôle, supportant 6 à 10 claies, que l’on peut soulever aisément au moyen d’un levier, et dont les parois forment la chambre de chauffe. La surface de chauffe varie de o m* 43 à 1 m® 25. L’air chaud de la caisse s’élève entre les claies et produit le séchage.
- 20 Quant au mode opératoire, c’est-à-dire à la conduite de. l’évaporateur, à la durée du séchage, etc., il dépend, évidemment, de la nature des fruits à sécher. Au fur et à mesure du séchage, et suivant un cycle régulier, les claies primitivement placées à la partie supérieure passent progressivement à la partie inférieure, tandis que, sur les premières, on remplace les fruits séchés par des fruits frais, lesquelles claies sont empilées à la partie supérieure de l’évaporateur.
- L’industriel précité vous adressera, avec l’appareil, une notice explicative.
- D’autre part, ne pouvant nous étendre longuement dans la Boite aux Lettres, nous vous indiquons le livre de J. Nanot et C.-L. Gatin : Le Séchage des fruits et des légumes, Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6e).
- M. A. D., rue du Regard, Paris. — 1“ Documentation sur la culture de la lavande. Voici les ouvrages se rapportant à cette question : Plantes à parfums et plantes aromatiques, 1 vol., par Antonin Rolet; Culture et industrie des plantes aromatiques et des plantes médicinales de montagne, 1 vol., par R.-M. Galtefossé et L. Lamotte.
- 20 Pour les cultures de plantes à parfums, vous trouverez, dans les ouvrages précités, des renseignements sur les plantes ayant le même habitat que la lavande : aspic, romarin, bysope, menthe, sauge sclarée, thym, camomille, mélisse, basilic, verveine, violette, jasmin, fenouil, cassier, etc.
- 3“ Sur les procédés d’extraction des huiles essentielles. Voici les principaux ouvrages à consulter : Les essences et les parfums, 1 vol., par Antonin Rolet; Fabrication des essences et des parfums, i*vol., par J.-P. Durville ;. Chimie des parfums et fabrication des essences, 1 vol., par S. Piesse ; Histoire des parfums, 1 vol., parle même.
- 4° Sur les cultures de plantes médicinales, voir les ouvrages suivants : Culture des plantes médicinales, x vol., par Rolet et Bouret; Culture des plantes médicinales, x vol., par Poumeyi’ol ; Dictionnaire des plantés
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- médicinales, i vol., par Héraud (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- Voir en outre : ier Congrès national de la culture, des plantes médicinales, 1 broch., par Elbel et E. Poher (1919); 2e Congrès national de la culture des plantes médicinales (mémoires et comptes rendus), par G. Blaque et E. Poher, r broch. ( 1922), (Publications agricoles de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, Paris, i, place Yalhubert, 13e).
- M. J. D., Paris. — Sucraterie. i° Pour le procédé Langen et la sucraterie à la chaux, voir Saillard, Sucraterie de betteraves, dans Y Encyclopédie Wéry (Baillière, éditeur), pour la méthode Deguide, voir La Nature, n° 25io, i3 mai 1922.
- 2° En France, les méthodes les plus en faveur comprennent Yemploi de la baryte et l’on vient de mettre au point le procédé Paul Baud aux usines de la Compagnie de Fives-Lille (siège social, 7, rue Montalivet, Paris. (Voir un prochain numéro du Journal des fabricants de sucre.)
- 3° Il existe encore en Allemagne quatre ou cinq sucrateries à la strontiane à Dussau et à Hildesheim.
- 4° Pour les propriétés des sucrâtes, il faut remonter aux travaux de Peligot, dont on trouve un excellent résumé dans l’ouvrage de S. Maquenne, Les sucres (Naud, éditeur).
- M: C.-G. Golas, à Patras (Grèce). — Utilisations de la réglisse. — Nous pensons qu’il s’agit des produits naturels et dérivés de la réglisse, envisagés au double point de vue thérapeutique et commercial. Ces produits sont : le bois de réglisse, la poudre de réglisse, l’extrait ou suc de réglisse, la pâte de réglisse et la glycyr-rhizine.
- Pour documentation sur les sucs de réglisse anisés et façon Bayonne et les diverses formules de pâtés de réglisse, voyez : Manuel du confiseur, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e). Sur la réglisse officinale (culture, produits, commerce), voyez l’article de notre collaborateur M. A. Truelle, dans la revue La vie agricole et rurale, n° 16, du 19 avril 1919, p. 2.75 et suivantes (Baillière, éditeur, Paris, 19, rue Hautefeuille, 6°). Voir aussi les ouvrages sur les plantes économiques et industrielles en se renseignant à la Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°. La bibliographie sur les applications de la réglisse est assez désuète et ancienne.
- M. Ch. R., rue des Petits-Hôtels, Paris. — Documentation sur l’élevage et l'engraissement du porc. — i° En ce qui concerne l’élevage, voici les ouvrages les plus modernes contenant les indications demandées : Le porc (races, .élevage, exploitation, engraissement, alimentation, hygiène, police sanitaire, production, commerce, etc.), 1 vol., par R. Gouin; Zootechnie du porc (production, exploitation, maladies, etc.), 1 vol., par P. Diffloth ; Elevage intensif des porcs, 1 vo.l, par André Gouin et Pierre Andouard ; Les porcs, 1 vol., par Ch. "Comevin ; Guide pratique pour l’élevage du porc, 1 vol., par J.-M. Foutan; Porcherie, 1 vol., par A. Ducloux; Le porc (races, élevage, engraissement, multiplication, 1 vol., par Paul Dechambre ; Le porc (races, engraissement, maladies), 1 vol., par Emile Thierry; Le porc (élevage, hygiène, engraissement), x vol., par Marcel Vacher. Voir la publication spéciale : Revue porcine, Paris, 9, boulevard Malesherbes (8e); Maladies du porc, 1 vol., par G. Moussu; Le vétérinaire populaire, 1 vol., par J.-E. Gombault .(Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M.-C., rue Notre-Dame, à Vire (Calvados). — Sur la culture de la Morille. L’article que nous avons publié dans le n” du 6 février 1926 se réfère à une méthode particulière sur laquelle nous n’avons pas -d’autres données que celles que nous avons publiées. Cette sorte de culture intercalaire, pratiquée dans une plantation d’artichauts ne nuit pas plus à celle-ci que la culture de l’asperge entre les rangées de vignes cultivées en plein champ; il en est de même pour les pois, les pommes de terre ou autres plantes produites en culture intercalaire.
- En ce qui concerne votre objection au sujet de la production des artichauts, il convient d’observer qu’elle ne peut être amoindrie puisque dans ce mode de culture très particulier, et qui date de loin, il est indiqué de répandre à l’automne, et uniformément autour des pieds d’artichauts, du marc de pommes qui apporte au sol une certaine proportion d’éléments fertilisants.
- En outre, on doit observer que la morille étant cultivée dans une plantation d’artichauts déjà établie, nécessairement ces derniers profitent du fumier de ferme et d’une fumure complémentaire aux engrais chimiques, incorporés au sol avant la mise en place des plants d’artichauts. En tout cas, si ces engrais n’ont pas été appliqués avant la plantation des artichauts, rien ne s’oppose à ce que l’on applique une fumure chimique (engrais phosphaté et un peu de nitrate de soude ou de nitrate de chaux) en couverture, au printemps.
- T- S. P. — M. Millet à Montmirail (Marne). — Voici quelques adresses de constructeurs d’appareils de T. S. F. qui pourront vous établir un poste permettant la réception des émissions de Paris en haut-parleur.
- Etablissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris. Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris. Maison Vitus, 90, rue Damrémont, Paris.
- M. Sauvée, à Sprimont (Belgique). — i° Un appareil portatif sensible et de bonne fabrication doit vous permettre la réception en haut-parleur des grandes stations belges, hollandaises, françaises, anglaises et allemandes, c’est-à-dire de Bruxelles, Hilversum, Radio-Paris, La Tour Eiffel, Radio-Toulouse, Daventry, Londres, Borne-mouth, Kœnigsgawüsterhausen, Berlin, etc., sur cadre.
- 2e Voici des adresses de constructeurs de postes portatifs. Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris. Maison Gamma, 16, rue Jacquemont, Paris.
- M. Carlo Mozzana, Turin (Italie). — Vous pourrez trouver des détails sur la super-régénération et sur les postes à super-réaction dans la super-hétérodyne et la super-réaction. (Chiron, éditeur), 40, rue de Seine, Paris.
- M. R. C., à Paris. — Il est assez économique d’employer de petites batteries d'accumulateurs à faible capacité pour le chauffage des lampes à faible consommation. ,
- On trouve maintenant dans le commerce des petits éléments d’accumulateurs de ce genre à liquide immobilisé et ne nécessitant que des recharges peu fréquentes et un entretien très facile. Vous pourrez trouver dans la Pratique Radio-Electrique (Masson, éditeur) des renseignements complets sur l’entretien des accumulateurs et les procédés de recharge.
- M. Texier, à Gornac (Gironde). — i° Un appareil à résistances est destiné surtout à la réception des ondes moyennes, et, s’il ne peut permettre la réception des émissions sur ondes courtes, nous pensons qu’il est suffisant pour procurer la réception sur cadre des émissions delà Tour Eiffel de Radio-Paris et de Daventry.
- D’un autre côté, il est absolument nécessaire pour obtenir de bons résultats que la construction de l’appareil soit particulièrement soignée et que surtout le dispositif à réaction soit étudié très minutieusement.
- Un poste à quatre lampes à haute fréquence à résistances peut nous permettre une réception suffisante au casque, mais «on en haut-pai'leur. Il est nécessaire de faire suivre vos étages à haute fréquence de un ou deux étages à basse fréquence à transformateurs.
- 20 Vous pouvez utiliser un cadre de 1 m de côté bobiné en tambour et comportant une trentaine de spires de fil de 8/10 de mm isolé au coton.
- Vous pourriez trouver des renseignements sur les différents sujets dans Cent problèmes pratiques de T. S. F. (Masson, éditeur).
- M. Jean Fontaine, à Tours. — Il existe, en effet, déjà des appareils à mono-réglage c’est-à-dire dont la manœuvre peut être commandée par un seul bouton. Une superhétérodyne à monoréglage a été décrite, d’ailleurs, dans La Nature.
- Les avantages de tels postes sont évidents et leur manœuvre est fort agréable, puisqu’en tournant ce seul bouton, on peut entendre immédiatement les émissions désirées.
- De tels postes ont surtout jusqu’à présent été étudiés aux Etats-Unis, et les constructeurs français n’ont pas encore tenté d’essais suivis pour résoudre ce problème. Il ne faut pas se dissimuler, d’ailleurs, que, dans l’état actuel de la Radiotechnique, la construction en série de postes à mono-réglage d’un fonctionnement parfait, est une tâche sinon impossible, du moins extrêmement difficile. Il ne faut donc pas sans doute espérer trouver dans le commerce ces appareils avant fort longtemps.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Cours élémentaire de topographie, par le capitaine Gardan. 2e édition revue et augmentée par L. Zabern. i vol. illustré in-8, 207 p. Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1926. Prix : 9 francs.
- Ce livre contient 10 leçons fort bien conçues au point de vue pédagogique : les 5 premières nous apprennent comment on lit une carte, notamment la carte d’Etat-Major, et nous montrent les divers renseignements qui s’y trouvent condensés. Les 5 autres leçons montrent comment on lève une carte et résument les opérations essentielles à faire sur le terrain.
- Installation et aménagement d’une émaillerie, par Pu. Eyer. Traduit sur la 2e édition allemande, par Marcel Tiiiers. i vol. i3Xai de iv-96 p., 76 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1926. Prix : i3 francs.
- Il existe peu d’ouvrages sur la technique de î’émail-lerie. Celui de M. Eyer traite particulièrement de l’organisation qui doit présider à ce genre de fabrication pour obtenir des prix de revient intéressants. 11 expose la suite des opérations avec les meilleures dispositions à adopter et les types d’appareils à préférer. Dans deux notes en fin de volume, le traducteur traite deux questions particulières qu’il a étudiées personnellement : la calorisation des objets en fer, la description d’un four à fondre, l’émaillage au poudré.
- Eine botanische Tropenreise. Indo-malaüshe Vegeta-tionsbilder und Reiseskïzzen, par G. Haberlandt. 3e édition. 1 vol. in-8, 296 p., 48 fig., 9 pl. en noir et 3 en couleurs. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : broché 9 m. 5o ; relié 12 marks.
- En 1891, le professeur Haberlandt, alors à Graz, aujourd’hui à Berlin, se rendit au jardin de Buitenzorg, à Java, pour y étudier la botanique tropicale. Chemin faisant, il s’arrêta à Bombay, Ceylan, Singapoore, puis il visita les Indes néerlandaises. Son récit de voyage est classique, puisqu’en voici la 3e édition. C’est une introduction à la connaissance de la nature tropicale et de ses merveilles, ses fleurs, ses fruits, ses lianes, ses plantes épiphytes, ses arbres géants. Des photographies, des dessins et des aquarelles évoquent les grandioses et extraordinaires paysages botaniques vus par ce naturaliste de grande valeur^
- Compte rendu du 5e Congrès national de la Culture des plantes médicinales, par G. Blaqoe. i broch. in-8, 5i p., 5 pl. Office national des Matières premières pour la droguerie, 12, avenue du Maine, Paris. Prix : 10 francs.
- Congrès tenu à Nantes et consacré à cette région. Le compte rendu contient d’intéressantes communications sur la culture des plantes à essence dans les dunes, la récolte des algues, l’utilisation des anciens marais salants.
- La faune de France en tableaux synoptiques illustrés, par Rémy Perrier. Vol. IV. Hémiptères, Anoploures. Mallophages, Lépidoptères, avec la collaboration de Léon Bertin et de Louis Gaumont, 1 vol. 12.5Xn, 244 p-, 838 fig. Delagrave, Paris. Prix cartonné : 18 francs.
- On connaît l'effort méritoire de M. Rémy Perrier, professeur à la Sorbonne, pour doter les zoologistes d’une faune comparable aux flores que les botanistes utilisent si commodément, pour la détermination des espèces qu’ils rencontrent. Voici le 3“ volume paru. Comme les précédents, il donne une série de tableaux dichotomiques qui permettent de trouver facilement le nom générique et spécifique des animaux les plus communs de France. De très nombreuses figures éclaircissent et raccourcissent le texte, si bien que des groupes aussi étendus que les Hémiptères et surtout les Lépidoptères ont pu tenir dans ce volume d’un format commode, qui se met dans la (poche et qu’on peut emporter en excursion.
- La, tuberculose pulmonaire. Etudes de phtisiologie cli-
- nique et sociale, par Léon Bernard. 30 édition, 1 vol. in-8°, 40 P-1 16 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 28 fr.
- La 2e édition de la Tuberculose pulmonaire est si complètement remaniée et augmentée qu’elle constitue véritablement un nouveau livre. Après avoir démontré le rôle de la contagion interhumaine, familiale, et surtout maternelle, dans le développement de la primo-infection de l’enfant, et l’importance des surinfections dans l’évolution de la maladie, M. L. Bernard en décrit l’anatomie pathologique et les symptômes. Il étudie minutieusement certains types cliniques : les tuberculoses dites fermées, les scléroses apexiennes, la lobite supérieure droite, les corticopleurites, l’emphysème dans ses rapports avec la tuberculose. Il expose ses idées sur les adénopathies trachéobronchiques chez l’enfant, où elles sont fréquentes, mais de diagnostic difficile, et pas nécessairement tuberculeuses, et chez l’adulte, où elles sont rares, et sans expression clinique. 11 montre comment les altérations des voies respiratoires supérieures déterminent des troubles qui peuvent en imposer pour des lésions pulmonaires. 11 résume ses recherches sur les rapports entre la gestation et la tuberculose, et arrive à cette conclusion, d’importance considérable, qu’une tuberculeuse donne habituellement naissance à un enfant normal et susceptible de demeurer bien portant, si, par la séparation immédiate, il est protégé contre la contagion que lui apporterait sa mère. Après avoir montré l’action thérapeutique bienfaisante du pneumothorax artificiel, il insiste sur l’efficacité des cures climatiques et détaille les ressources qu’à ce point de vue présente notre pays. Hygiéniste averti, il décrit les facteurs sociaux de la tuberculose, causes favorisantes de contagion ou de surinfection. Il montre enfin l’importance des dispensaires, qui, avec leurs médecins spécialisés et leurs infirmières visiteuses, en liaison constante avec les praticiens et les autres rouages de l’armement antituberculeux (plàcements familiaux, sanatoria, etc.), s’efforcent de protéger l’organisme, et surtout celui de l’enfant, contre les contagions massives, et sont par suite les meilleurs agents de prophylaxie sociale.
- La coqueluche, par le Dr Henri Stévenin. i vol. in-16, 2i3 p. Bibliothèque des connaissances médicales, Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Les données récentes relatives à la durée de contagion et à la prophylaxie par la recherche du microbe, par l’injection de vaccins ou de sérum de convalescents n’ont pas été négligées dans cet excellent ouvrage qui apprend aux familles les symptômes, les formes, la prophylaxie et le traitement d’une des maladies les plus communes chez les enfants, contagieuse souvent pour les adultes.
- Aux chutes du Zambèze (Du Cap au Katanga), par Jules Leclercq, i vol. in-8, 238 p., 8 pl., 1 carte. Pierre Roger, Paris. Prix : 12 francs.
- Récit alerte d’un voyage du Cap aux chutes du Zambèze et au Katanga, cette perle du Congo belge. A propos des ruines de Zimbabye, ancienne résidence des rois du Monomotapa, l’auteur attaque la légende qui leur donne une origine phénicienne. La conquête , de la Rhodésie et celle du Katanga sont de curieux chapitres d’histoire coloniale. « La plaie du Congo » est un des plus délicats problèmes de la colonisation.
- Peut-on bolchevïser VAmérique ? par Octavio Fialho. 1 vol. in-16, 223 p. R. Picart, Paris. Prix : 10 francs,
- L’auteur, ancien chargé d’affaires du Brésil à Saint-Pétersbourg, compare, comme il dit, « les improvisations russes » et l’expérience américaine relatives au mouvement général des revendications sociales et oppose leurs méthodes, proposant à l’Europe de connaître et de suivre les principes américains pour écarter le danger qui la menace.
- Le Port-Royal de Normandie : Saint-Himmer en Auge et son prieur : Henri de Roquette (1699-1789), par P. Lepaysant. i broch. in-8, 63 p., 1 fig. Collection des Clochers de France. Peyronnet, Paris. Prix : 4 francs.
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- LÀ NATURE
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- INFORMATIONS
- N° 2720 22 Mai 1926
- Les exportations houillères de l’Angleterre. —
- La grande crise sociale qui vient de secouer l’Angleterre est issue d’une crise charbonnière. La situation des houillères anglaises est très complexe et nous n’essayerons pas de faire ici l’historique détaillé des événements qui ont abouti à la grève générale des mineurs de houille, entraînant par solidarité la grève générale des transports de tous genres. Il suffira d’indiquer que depuis longtemps, et pour des raisons diverses, la situation financière des houillères allait en déclinant. Cette industrie étant d’une importance vitale pour l’Angleterre, car elle conditionne une partie de son trafic maritime, le gouvernement a adopté une solution d’attente en donnant de très fortes subventions pendant quelques mois à l’industrie charbonnière, et en nommant une majestueuse commission d’études. A l’expiration du délai accordé par les subventions, la situation économique ne s’était pas améliorée, les subventions furent supprimées; tandis que, bien entendu, la Commission, comme les Commissions, de tous les pays, n’avait rien décidé. D’où la crise actuelle.
- Les raisons profondes en apparaissent assez clairement si l’on consulte le tableau des exportations anglaises en ces trois dernières années ; pendant les années qui ont suivi la guerre, alors que la pénurie de charbon régnait dans le monde, l’Angleterre a pu au moyen de taxes d’exportation faire payer à ses clients étrangers, à la France en premier rang, les frais somptuaires de l’exploitation de ses charbonnages. Puis est sui'venue la crise économique de 1921 ; il a fallu renoncer aux taxes d’exportation. Néanmoins en 1923, les exportations anglaises s’élèvent encore au chiffre considérable de 79459000 tonnes. Mais c’est l’année de la Ruhr : l’Allemagne achète 14 800 000 t. de charbon anglais, et la Fi'ance dont les mines sont incomplètement restaurées et qui pendant quelque temps ne reçoit plus de charbon allemand importe 18826000 tonnes. Cetté même année et pour les mêmes raisons, la Belgique importe 6 5oo 000 t. et la Hollande 6794 000. Mais en 1924, l’exportation anglaise tombe à 61 651 000 t., diminution due surtout à la diminution des achats des pays que nous venons de nommer : France, x4 534ooo_t. ; Allemagne, 6824071 ; Hollande, 2 743 000 ; Belgique, 3 329 000.
- En 1925, les exportations anglaises diminuent encore d’une fraction importante pour tomber à 50817000 t. La France n’achète plus que 10234000 t. (le même tonnage qu’en 1909), l’Allemagne, 4x64000, la Hollande, 1 528 000, la Belgique, 2 485 000.
- En même temps, la consommation des autres clients de l’Angleterre tend à décroître, en gi-ande partie à cause d’une crise industrielle assez générale, en partie aussi à cause du remplacement de la chauffe au charbon dans la marine par la chauffe au pétrole et du pi’ogrès universel de l’électrification.
- Découverte d’un grand lac au Canada. — Les Ressources naturelles du Canada relatent‘les travaux d’arpentage effectués l’an dernier par le Service topographique dans une région de 60000 milles carrés, encore à peu pi’ès inconnue, qui s’étend entre le lac Athabaska et le Grand Lac de l’Esclave.
- Une équipe dirigée par M. G. II. Blanchet parcourut ainsi en canot les bassins supérieurs des rivières Talt-son, Thelon, Snowdrift, sur lesquels on ne possédait d’autres renseignements que ceux fournis par la traversée de Samuel Hearne en 1772 et les explorations plus récentes de Tyrrell sur la Thelon inférieure et Camsell sur la Taltson inférieure ; elle y découvrit un nouveau chapelet de lacs long de 270 km (en noir sur la figure).
- Partie de Fitzgerald, sur la Slave, l’expédition suivit une piste connue des indigènes pour rejoindi'e la Taltson, avec son embarcation de matériel et son canot indien, puis elle remonte cette rivière. A ce moment les guides indiens l’abandonnèrent et elle dut continuer seule sa route, vivant surtout du produit de sa chasse et de sa pêche. Peu après le départ des guides, l’équipe arriva à une nappe d’eau appelée par les indigènes « Lé Grand Lac ». C’était plutôt une chaîne de lacs longs et étroits, longs de x5o milles, ayant rarement plus de deux milles de largeur et simplement séparés entre eux
- par des cascades aux quelques endroits où des rochers barrent la vallée. Le dernier lac de la chaîne appelé « Nonachoh », mesure 76 milles de longueur; il est de
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- forme très irrégulière, et l’un de ses bi’as s’étend vers le nord sur une distance de 5o milles.
- Après quatre jours de recherches, les membres de l’expédition découvraient l’endroit où la rivière Upper Taltson se déverse dans le lac. Ils remontèrent ce cours d’eau jusqu’au point où la navigation n’était plus possible et constatèrent qu’il pénéti'ait dans une l’égion où l’exploration devenait trop difficile. De retour au lac Nonachoh, ils établirent une base de ravitaillement à son extrémité noi’d-est. L’équipe, emportant avec elle un canot pliant, pénétra ensuite dans l’intérieur des terres et, après quelques recherches, découvrit une ancienne piste indienne de poi’tage, repérée par quelques amas de pierres et conduisant, par plusieurs petits lacs, aux cours d’eau qui se jettent dans la baie d’Hudson. Les exploiteurs atteignii’ent une plaine modérément ondulée à travers laquelle s’étendait un vaste lac de forme irrégulière renfermant de nombreuses îles impoi'-tantes. La rivière Thelon semble s’alimenter surtout à cette nappe d’eau, probablement par son bras ouest que M. Tyrrell remonta en 1900. Après avoir relevé le cours de cette rivière, l’équipe reprit le chemin de la base.
- Elle regagna le grand Lac de l’Esclave en pénétrant dans le bras nord-est du lac Nonachoh au fond duquel elle découvrit un court défilé accidenté qui conduit à la Snowdrift, laquelle arrive au lac par une suite de cascades.
- Cette campagne a révélé un chapelet de lacs de i5o milles de long à l’est du Lac de l’Esclave et de faciles communications entre les cours supérieurs d’un groupe de rivièi’es encore imparfaitementconnues, qui traversent une région riche en minei'ais et digne de prospection.
- Le barrage de Riolunato (Italie). — Parmi les remarquables ouvrages édifiés par nos amis italiens pour la mise en valeur de leurs cours d’eau, le barrage
- Nivüdu Si/puneur (ait 6871
- altitude 663
- éesôtn amortisseur
- P'" • ’
- de Riolunato qui vient d’être déciùt par M. Boudet dans la Houille blanche (janvier-février 1926) méx'ite une attention particulière. Barrage installé sur la Scoltenna, à Riolunato, pour alimenter l’usine de Ponte Strettara, cet édifice est un des premiers construits sur le type à
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- INFORMATIONS
- fl,
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- arches multiples, qui se répand beaucoup en Italie, malgré les accidents que l’on peut redouter d une construction aussi hardie. La catastrophe produite par la rupture du barrage du Gleno dans la province de Ber-gamo n’a pas découragé les ingénieurs italiens.
- Les dimensions de l’ouvrage sont : longueur totale 94 m., hauteur maxima 23 m. 5o, il comporte 8 arches en béton armé.
- A l’aval, pour éviter les afîouillements par la chute d’eau du déversoir, il a été établi un bassin amortisseur formé par une petite digue de 8 m. de hauteur placée à i4 m. du bai'rage. Entre cette digue et le barrage, un radier de 55 cm d’épaisseur constitué par un pavage en granité pose sur un lit de béton. Cette disposition d’une petite digue en aval est heureuse, elle est qualifiée géniale par M. Boudet: L. R.
- Le luc-binh d’Indochine en papeterie — Le luc-binh, Eichhornia speciosa, Ivunth =: Eichhornia cras-sipes, Solms, de la famille des Pontédériacées, qui a envahi les cours d’eau d’Indochine, a donné lieu à de nombreux essais d’utilisation. M. Chalot a résumé dans VAgronomie coloniale (déc. 1925) les essais de fabrications de ficelles et de sacs qui ont été entrepris il y a quelques années et d’où il résulte que la solidité est insuffisante pour donner lieu à une application sérieuse.
- MM. Yidal et Aribert ont fait des essais industriels de fabrication de papier à l’Ecole française de papeterie à Grenoble.
- Yoici ce qui a été observé et les conclusions de leur étude industrielle qui a porté sur deux tonnes de matière première :
- Le luc-binh a été traité par une lessive de soude et l’on a obtenu une pâte très difficile à laver et à blanchir Le traitement par la chaux fut essayé, il donna une pâte beaucoup plus facile à laver, mais aussi réfractaire au blanchiment. Enfin, par un nouvel essai de cuisson avec la lessive de soude en utilisant i3 pour 100 de soude caustique, à la concentration de 160 Baumé, sous 4 kg dépréssion pendant 4 heures, MM. Vidal et Aribert ont pu obtenir une pâte dont le lavage est très difficile, et le blanchiment, quoique pratiquement impossible, fut poussé jusqu’à obtenir un papier de teinte bise. Ce papier n’est pas très beau mais cependant d’une apparence bien supérieure à celle des essais précédents qui n’avaient pas pu être blanchis et dont on n’avait pu faire que des papiers d’emballage brun foncé.
- Yoici quelques-uns des nombres obtenus par ces auteurs lors des essais de résistance de ces papiers.
- Le papier non blanchi, préparé par la soude, papier d’emballage de 65 gr au mètre carré, présente une charge de rupture de 5 kg 3, une résistance au froissement de 245 double-plis, une résistance à la déchirure de 7 gr et une résistance à la perforation de 2 kg 3oo. Rendement 27 pour 100.
- Le papier non blanchi préparé par la chaux, papier d’emballage de 45 gr au mètre carré, présente une charge de rupture de 3 kg 5, une résistance au froissement de 55 double-plis, une résistance à la déchirure de 3 gr 5 et à la perforation de x kg 200. Par la chaux le rendement fut 35 pour 100.
- Le papier obtenu par traitement très énergique par la soude et partiellement blanchi, qui a été additionné de 20 pour 100 de talc, a donné rupture 4 kg, froissement, 7 double-plis, perforation, 1 kg 600.
- Dans leur conclusion, MM. Yidal et Aribert déclarent nettement que la fabrication de papier blanc est pratiquement impossible, que par un lessivage à la chaux on peut obtenir une pâte passable donnant un papier de pliage de valeur moyenne, ma’is avec le rendement de 35 pour 100 alors que la paille traitée de la même façon rendrait 60 à 75 pour 100. Ils pensent qu’il serait téméraire de fonder une usine spécialement pour traiter le luc-binh.
- Ces essais effectués dans les conditions mêmes de la pratique industrielle, avec le^ matériel complet de l’industrie, ce qui est la règle à l’Ecole française de papeterie, ont donc une valeur toute particulière, ils éviteront de fonder des espoirs irréalisables sur lë papier de luc-binh dont on entendait périodiquement parler. L’Institut national d’agronomie coloniale qui a fait procéder à ces essais a donc eu la plus heureuse inspiration. Les techniciens n’avaient d’ailleurs jamais eu d’illusion sur le papier de luc-binh.
- Nouveaux refuges dans l’Oisans. — Dans la vallée de la Pilalte, du haut bassin du Yénéon où est créé le parc National, le Club Alpin vient d’installer, de concert avec l’Administration des Eaux et Forêts, deux nouveaux refuges. L’un d’eux qui figurait l’été dernier à l’Exposition de Grenoble n’est pas encore monté en place, il le sera en été 1926. L’autre est édifié depuis plus d’un an.
- Ce dernier est situé au-dessus du plateau du glacier de la Pilatte, à une altitude d’environ 2400 m. Il est sur la rive gauche du glacier au pied du mont Gioberney. De La Bérarde on met 3 h. 1/2 pour y parvenir. Ce refuge est construit en bois, il contient le mobilier sommaire habituel d’un refuge avec un lit de camp pour 20 personnes. De convention spéciale, l’Administration y a réservé 4 places par priorité, pour ses agents des Eaux et Forêts qui ont de nombreuses tournées à effectuer dans ces parages.
- Du refuge, le panorama est tout à fait remarquable. Il facilite surtout les ascensions des Bans 3668 m. et de l’Ailefroide 3g52 m. Mais, outre les sommets d’accès difficile, il permettra à de nombreux promeneurs l’ascension facile du mont Gioberney (335o m.) qui constitue un belvédère de choix.
- M. Daniel Chalonge, qui donne d’autres détails précieux sur ce refuge et sur les courses qu’il permettra d’effectuer facilement, signale que le refuge figurant à l’Exposition de Grenoble sera monté sur la moraine du glacier du Vallon, au-dessus du Carrelet, il constituera un point de départ pour la traversée de la Barre des Ecrins.
- Découvertes archéologiques au Yucatan sur la chronologie Maya. — Plusieurs expéditions fouillent actuellement les forêts de Yucatan à la recherche des ruines de la civilisation maya qui développa en ce pays une organisation assez semblable à celle de l’ancien Mexique. Les découvertes qu’elles ont déjà faites présentent le plus grand intérêt.
- Le Dr Sylvanus G. Morley, dans le Year Book of the Carnegie Institution, vient de rendre compte des opérations effectuées en 1924 à Chichen Itza, où se trouve un « Temple des Guerriers », qui a été dégagé et réparé par M. R. H. Morris. Il repose sur une pyramide de terre d’environ 26 ares de superficie et présente quatre terrasses s’élevant à 11 m. au-dessus du sol pavé de la base des « Mille colonnes ». Les trois terrasses inférieures ont des corniches très richement sculptées représentant des hommes, des aigles, des jaguars et d’autres figures non encore identifiées. Ces sculptures comme les murs extérieurs et intérieurs étaient peints de vives couleurs. Une tour astronomique surmontait le tout sur laquelle une inscription hiéroglyphique fut découverte. Elle a pu être déchiffrée et interprétée comme donnant la date de 1280 de l’ère chrétienne. Six autres linteaux trouvés à Chichen ltza et deux à Yula portent une date de dédicace qui semble correspondre à 1155 après J.-C. *
- D’autre part, M. Thomas W. Gann fouille actuellement la côte est de la baie Chetumal, à Quintana Roo, dans le même Yucatan. Il vient de signaler dans Man qu’il a trouvé le 6 janvier dernier un bloc couvert d’hiéroglyphes, tombé entre trois vastes pyramides murées entourées d’un mur semi-circulaire. L’inscription déchiffrée donne une date qu’on peut rapporter au 26 octobre 333 de notre ère (fig.).
- Ces remarquables découvertes fixent l’époque de la civilisation Maya dans le Yucatan et posent de nombreux problèmes, tant en ce qui concerne le moment de la migration de ce peuple et de la fondation de son empire qu’en ce qui regarde la fin de cette organisation sociale.
- On sait qu aujourd’hui, les Mayas, en tant que race, occupent encore la région, mais ils ont oublié la riche civilisation introduite par eux au sud du Mexique et jusqu’en Amérique centrale, bien avant l’arrivée des Européens.
- Si les concordances chronologiques admises entre les inscriptions maya et notre calendrier sont exactes, le Y’ucatan aurait donc vu, du ive au xnT siècle de notre ère, une civilisation florissante dont les seules traces seraient jusqu’ici les ruines enfouies dans la forêt équatoriale.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- QÜt,
- Z-tf Radiophonie pratique
- Un beau poste de réception d’amateur. — Un de
- nos lecteurs, M. Robert Bernstein, a bien voulu nous adresser les photographies du poste à grande puissance
- Fig. i. — Poste de réception d’amateur, construit par M. Bernstein.
- Les constructeurs ont donc fait tous leurs efforts pour réaliser des postes à réglage presque « automa-tique »., c est-à-dire permettant de choisir par avance l’émission à recevoir au moyen d’un petit nombre de manœuvres rapides déterminées à l’avance.
- Nous reviendrons prochainement sur cette importante question dans un article de La Nature ; indiquons seulement maintenant un type caractéristique de ces anna-rejls (fig. 3).
- Ce poste comprend généralement quatre étages, dont
- Fig. 3. — Poste re'cepteur à réglage automatique.
- qu’il a construit d’après les indications de La Nature (fig. i et i).
- Ce poste est à 5 lampes. Il comprend un étage d’amplification haute fréquence à résonance et un autre étage à haute fréquence semi-apériodique avant la détectrice.
- L’accord est en dérivation et peut s’effectuer à l’aide d’un variomètre pour la réception des ondes courtes, ou simplement avec un bobinage fractionné et un condensateur variable en série ou en parallèle.
- Un potentiomètre est fort utile pour le réglage optimum de la rétroaction, dont le fonctionnement est ainsi très progressif.
- Enfin, pour obtenir une réception très nette et sans déformation, le premier étage à basse fréquence a été monté à liaison par auto-transformateur et le deuxième à liaison par impédance.
- Les éléments de liaison à basse fréquence employés
- Fig. 2. -'-Le poste de M. Bernstein.
- sont d’ailleurs des transformateurs à basse fréquence blindés du type ordinaire, mais connectés de façon adéquate.
- Un poste récepteur à réglage automatique. — Le
- nombre croissant des émissions rend de plus en plus nécessaire l’emploi d’un poste de réception très sélectif..
- Mais il ne faut pas, par contre, que cette qualité ait pour contre-partie un réglage long et complexe, et les « usagers de la T. S. F. » désirent avant tout un appareil de réception qui leur permette de recevoir un grand nombre d’émissions sans être obligés de consacrer beaucoup de temps à la recherche des réglages.
- un etage d amplification à haute fréquence à résonance, une détectrice et deux étages à basse fréquence à transformation.
- Le dispositif de reaction est à la fois électrostatique et électromagnétique, et disposé de façon à réagir le moins possible sur le réglage du circuit de résonance, ce qui est important pour le réglage préalable de ce circuit.
- Cette particularité, jointe egalement au mode de construction particulier du système d’accord, permet d’étalonner directement en longueur d’onde le circuit de résonance. On voit sur la figure l’aiguille avec alidade de droite qui permet de déterminer à l’avance .ces longueurs d’onde.
- Lorsqu’on veut recevoir une émission déterminée, on met cette aiguille sur la position indiquée sur le cadran; on place la manette de réaction sur une position également déterminée, et il ne reste plus qu’à régler l’accord d’antenne, ce qui est fort rapide.
- Un nouveau détecteur à cristal. — Nous avons déjà décrit un système de détecteur à cristal indéréglable ; voici encore un autre modèle à contact cristal-cristal qui, tout en possédant une sensibilité comparable à celle d’un détecteur à galène, a également l’avantage de ne demander aucun réglage.
- Les deux cristaux qui composent le détecteur sont placés dans une monture à broches de connexion, et protégés par une ampoule de verre
- (fig- 41
- Ce système permet ainsi l’utilisation et le remplacement rapide du détecteur dans le poste, il semble tout spécialement indiqué dans le par galène dans les amplificateurs
- Constructeur ” ”
- Fig. — Détecteur à cristal.
- cas de la détection réflexes ». Radio-Hall, 23, rue du Rocher, Paris.
- Poste fonctionnant sur le courant d’un secteur.
- — Nous avons déjà signalé à nos lecteurs le poste dit « Radio-Secteur » dont les lampes à filament spécial peuvent être alimentées directement avec le courant alternatif d’un secteur.
- Le constructeur de cet appareil vient de perfectionner ses modèles.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Le nouveau poste réalisé permet à volonté la marche sur courant alternatif ou continu d’un secteur, ainsi que le fonctionnement normal à l’aide de piles et
- Fig, 5. — Poste fonctionnant sur le courant d’un secteur.
- blement choisi pour assurer le fonctionnement du système de verrouillage.
- L’ensemble métallique qui vient s’adjoindre aux
- Fig. 7. — Enrouleur « Idéal-Corde ».
- d’accumulateurs. Le réglage a, de plus, été très simplifié (fig. 5).
- Constructeur : Maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, Paris.
- Appareils Ménagers
- Grille-paitl « Tôt ». — Ce grille-pain permet de préparer 4 tranches de pain à la fois, de surveiller le gril-
- Fig. 6. — Grille-pain « Tôt ».
- lage jusqu’au degré voulu sans toucher au pain et sans se brûler.
- L’appareil se place sur un réchaud, et grâce à son système de rotation ib grille alternativement les deux côtés des quatre tranches de pain.
- On place l’appareil sur le foyer d’un réchaud, on dispose dans les supports mobiles les tranches à griller et en manœuvrant le bouton supérieur on les approche le plus possible des flasques de l’appareil. Les plaques perforées rougissent sous l’action de la chaleur dégagée par le réchaud et elles grillent le pain. Dès que la première opération est terminée, on tourne le bouton de commande et les supports mobiles dans leur mouvement de rotation présentent à la chaleur des plaques perforées l’autre côté de la tranche de pain qui n’a pas encore été grillé.
- Ateliers de Villiers, 53, rue Raspail, Levallois-Perret.
- Enrouleur « Idéal-Corde ». — Ce petit appareil, qui fait l’objet d’un brevet, permet d’enrouler automatiquement une longueur de corde déterminée tout en conservant à cette corde sa position tendue, au moyen d’un système de verrouillage.
- Voici la description de l’appareil :
- Il comporte un noyau en bois dur autour duquel vient se fixer et s’enrouler un cordeau en coton tressé lavable, possédant à son autre extrémité un anneau en acier poli et une rondelle amortisseur en caoutchouc.
- Les faces latérales du noyau possèdent : d’une partK un embrèvement destiné à fixer et à loger un ressort en spirale, de section rectangulaire ; d’autre part, huit pieds en acier inscrits dans un cercle de diamètre convena-
- pièces précédentes est formé de deux flasques et d’un carter cylindrique qui permet l’assemblage de l’appareil au moyen d’un écrou borgne moleté.
- Il est à remarquer que l’une des flasques possède un axe rivé sur lequel tourne l’ensemble du noyau. Une mortaise est également pratiquée dans laquelle glissent le bouton et la plaquette de verrouillage rendus solidaires. L’autre extrémité de l’axe est filetée et fendue, pour la fixation du ressort en spirale.
- Le fonctionnement est des plus simples :
- L’appareil étant fixé à l’endroit choisi, il suffit de saisir l’anneau, de le présenter à un crochet quelconque placé vis-à-vis de l’appareil. Ensuite, glisser le bouton de verrouillage afin d’obtenir la position tendue de la corde.
- Après l’emploi, on pousse à fond le bouton de verrouillage, on décroche l’anneau, la corde reprend automatiquement sa position première.
- Cet appareil est simple, il est solide, il a l’avantage d’être léger et peu encombrant. 11 est facile à entretenir en état de propreté et il contribue pour sa part au confort de l’aménagement moderne de la maison.
- Lambert et Cie, Saint-Vrain (Seine-et-Oise).
- Ecailleur de poisson. — Cet appareil permet d’enlever les écailles d’un poisson rapidement.
- Il est composé d’une palette à manche qui comporte des petites pièces tronconiques formant dents très espacées.
- Il suffit avec cet appareil de racler le poisson sans faire pression, car le poids de la plaquette suffit pour que les écailles soient enlevées et elles ne peuvent
- Fig. 8. — Ecailleur de poisson.
- tomber par terre. Ce simple raclage ne coupe pas le poisson.
- Un modèle d’appareil établi en aluminium est léger et incassable, mais il demande alors que l’on fasse légèrement pression sur le poisson au cours du travail.
- Ecailleur Hannebique, 28 bis, rue Guersant, Paris.
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- VARIÉTÉS
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES
- Dans le groupe des Molènes, la plante la plus importante pour la thérapeutique est le Bouillon blanc ( Ver-bas cum Thapsus), Scrofulariacées, ou plutôt sa variété Verbascum Thapsiforme adoptée par le Codex de 1908, à cause de la grandeur de sa corollé. Son nom « Verbascum » est une abréviation de « barbascum », barbu, pour faire allusion aux poils de la plante. Principaux synonymes : Molène officinale, Bouillon mâle, Herbe à Bonhomme, etc.
- Habitat. — Il est commun dans toute la France, notamment dans les lieux incultes et pierreux, les décombres, sur les bords des chemins, dans les champs en jachère.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle, à tige robuste, duveteuse, dont la hauteur varie de 60 cm à 1 m. et en atteint parfois 2. Racine grosse et pivotante. Feuilles épaisses, molles, tomenteuses, les inférieures grandes, oblongues, les supérieures aiguës et lancéolées. Fleurs grandes, jaunes, disposées en un long épi s’épanouissant successivement de bas en haut, de juin en août; corolle de o m. o3 environ de diamètre, divisée en 5 lobes. Fruit (capsule) à deux valves; graines petites et chagrinées.
- Culture. — Le Bouillon blanc n’est pas difficile sur la nature des terrains, quoiqu’il préfère ceux qui sont profonds, meubles, chauds et à une bonne exposition au soleil. D’après la Notice du Ministère de l’Agriculture, on en cultive déjà, depuis quelques années, 20 à 25 hectares dans le département du Nord, surtout dans l’arrondissement de Valenciennes, et une petite surface dans l’Aisne.
- Multiplication. — Elle se fait par semis à l’automne. On consultera avec grand profit, sur ce point, le livre de MM. A. Goris et J. Demilly, La Culture des plantes médicinales, en voici un résumé. Semer à l’automne en planches dans une bonne terre de jardin (ce qui est facile dans le Jardin familial), sous châssis, les graines donneront des plants prêts à repiquer vers le mois d’avril de l’année suivante. Comme chaque pied replanté peut prendre une assez grande extension, mettre une distance de o m. 80 entre les lignes et de o m. 5o entre les pieds. Avec un plantoir, un ouvrier est capable d'en planter 1200 pieds par jour; un arrosage suffit. Les auteurs, contrairement à l’opinion admise, prétendent que les plants s’enracinent rapidement et souffrent peu de la transplantation. On opère quelques binages et sarclages pour détruire les mauvaises herbes.
- Récolte et rendement. — On y procède la deuxième année de la plantation. Elle commence pour les fleurs dans les premiers jours de juillet et se continue tous les jours, jusqu’en octobre, en raison de leur épanouissement successif. Il ne faut l’effectuer, autant que possible, qu’après la tombée de la rosée. On cueille les feuilles lorsque la récolte des fleurs est terminée et l’on arrache ensuite les racines, dans le cas où celles-ci sont acceptées par l’herboristerie de la région.
- MÉDICINALES : BOUILLON BLANC
- Le rendement en fleurs est estimé, dans le Nord, à 5oo kg par hectare.
- Séchage et conservation. — Débarrassées de leur calice et réduites à leur corolle qui s’en détache facilement, les fleurs doivent être desséchées rapidement pour éviter qu’elles ne noircissent, ce qui leur enlèverait une grande partie de leur valeur marchande. Dans ce but, on les étale en couche très mince, dans un local très aéré et chaud ou encore dans une étuve ou un four légèrement chauffé, et l’on a soin de ne pas les remuer. Les feuilles, à cause de leur épaisseur, sont soumises au même traitement, mais leur dessiccation est assez lente. Il en est ainsi pour les racines qu’il faut d’abord couper en rondelles, puis sécher, de préférence, à l’ombre, quand le temps s’y prête.
- Dix kilogrammes de fleurs fraîches laissent 1 kg y5o, environ, de fleurs sèches et 10 kg de feuilles fraîches 2 kg 180 de feuilles sèches. Pour conserver les fleurs sans qu’elles noircissent, il faut les tenir bien tassées en vase clos,'à l’abri de la lumière et de l’humidité.
- Composition chimique. — Les fleurs contiennent : huile volatile jaunàti’e, matière grasse acide, principe colorant jaune, mucilage, sucre incristallisable, sels. Bourquelot et Bridel ont trouvé dans les racines d’un an un sucre cristallisable qu’ils ont nommé verbas-cose.
- Propriétés thérapeutiques. — Leurs propriétés, bé-chiques, émollientes, adoucissantes, sudorifiques et diurétiques sont connues depuis très longtemps. Le Dr H. Leclerc, toujours si bien documenté, rappelle que Dioscoride prescrivait la racine et Pline les feuilles dans les affections pulmonaires, et que la décoction des fleurs était considérée par sainte Hildegarde comme un remède infaillible de l’enrouement. En outre, qu’en 1884, un médecin anglais, Quinlan, a préconisé les fleurs fraîches bouillies dans du lait comme un médicament remarquable de la tuberculose pulmonaire, analogue à l’huile de foie de morue et au koumysl...
- Préparations pharmaceutiques. — Les parties utilisées sont les fleurs et les feuilles, très rarement les racines. On emploie les fleurs en infusion, 5 gr. par litre (Codex 1908); la dose peut être portée à 10 et 3o gr. Passer l’infusion à travers un linge pour retenir les poils qui pourraient irriter la gorge. En décoction, 3o à 60 gr., même dose pour les feuilles qui servent de cataplasmes. Les fleurs font partie des espèces pectorales.
- Observations commerciales. — La culture du Bouillon blanc a été recommandée officiellement en 1916 par la Feuille d’informations du Ministère de l’Agriculture. La vente des fleurs est toujours forte et a un prix qui varie avec leur qualité. De 1 fr. 5o à 2 fr. 5o le kilogramme pour les fleurs ordinaires, il est monté à 5 et 6 fr. pour les plus belles et il a même atteint 8 et 10 fr. en 1924. Les feuilles n’ont qu’une vente moyenne et n’ont été payées que o fr. 5o, x fr. et 1 fr. 5o, au maximum, le kilogramme.
- CENTAURÉE (PETITE)
- La Petite Centaurée, qu’on appelle aussi Erythrée Petite Centaurée (Erythrœa Centaurium) Pers. Gentia-nées, tire son nom de Centaurée de la légende qui lui attribue la guérison d’une plaie faite par Hercule au pied du centaure Chiron. Elle a pour principaux synonymes : Gentianelle, Herbe à la fièvre, Herbe au Centaure, Herbe à Chiron, Herbe élégante, Fiel de terre, etc.
- Habitat. — Elle est très commune dans les bois, les prés, les terres légères et humides, le bord des haies.
- Description sommaire. —Plante élégante, bisannuelle, haute de o m. 25 à o m. 3o, à tige grêle, quadrangulaire, à rameaux dichotomes. Feuilles opposées, sessiles, à trois nervures, les inférieures ovales, en rosette' les supérieures lancéolées et plus étroites que celles de la base. Fleurs (juin-août) d’un beau rose vif insérées sur
- des pédoncules courts, à l’aisselle de petites feuilles ou réunies au sommet de rameaux bifurqués, formant des corymbes terminaux. Fruit (capsule) s’ouvrant en deux valves renfermant beaucoup de graines très petites, jaune orangé et fortement ridées.
- Culture. — La petite centaurée se plaît dans les terres qui ne sont ni trop fortes, ni trop humides.
- Multiplication. —• On l’effectue par semis, en mars-avril, dans une terre légère ou de consistance moyenne, assez fraîche et bien fumée, ce qui est facile à réaliser dans le Jardin familial.
- Récolte et séchage. — Elle comprend les sommités fleuries qu’on coupe en pleine floraison, en juillet-août. On en fait, à ce moment, de petites bottes qu’on enveloppe de papier, afin de conserver la couleur des fleurs.
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- VARIÉTÉS
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- On les dessèche rapidement dans un grenier ou un local très aéré, et non, comme le font souvent les herboristes des villes, en les suspendant à la devanture de leurs boutiques où elles recueillent, avec la poussière des rues, les microgermes nuisibles qui s’y trouvent.
- On estime que io kg de sommités fraîches donnent 2 kg 950, environ, de plante sèche.
- Composition chimique. — La petite centaurée contient un principe cristallisé, Y érythrocentaurine, isolé par Méhu; un glucoside, l’érytaurine ; une matière amère, l’érythramarihe ; une lactone, Yèrytaurone, et des matières cireuses.
- Propriétés thérapeutiques. — Les sommités fleuries ont joui jadis d’une très grande réputation. L’Ecole de Salerne les vantait pour la cicatrisation des plaies. Plusieurs auteurs ont prétendu qu’après le quinquina il n’était pas de meilleur fébrifuge que la petite centaurée. Elle constitue toujours un remède populaire contre les
- fièvres intermittentes ; mais on la considère surtout, aujourd’hui, comme un bon tonique amer qui réveille les fonctions motrices et sécrétoires des voies digestives, en même temps qu’elle exerce une action sédative dans certaines dyspepsies douloureuses.
- Préparations pharmaceutiques. — Le Codex de 1908 la prescrit en infusion à la dose de 10 gr. qu’on a portée à 20 et même à 3o gr. par litre. L’extrait aqueux a été donné au taux de o gr. Go à 1 gr. ; la teinture 2 à 10 gr. par jour. Elle fait partie des espèces amères, du baume vulnéraire, de l’esprit carminatif de Sylvius. Elle entre aussi dans la composition de certains vermouths. Sa décoction a été employée en lavements, en lotions, etc.
- Observations commerciales. — La culture de cettë plante a été recommandée officiellement en juillet et en novembre 1916. À l’état sec, sous forme de bouquets, les sommités fleuries ont varié de 1 l'r. 80 à 2 fr. le kilogramme. A. Trueele.
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- HYGIENE ET SANTE
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- VOYAGES DE PROJECTILES A TRAVERS LE CORPS HUMAIN
- On connaît depuis longtemps des observations précises de migrations très lointaines et parfois extraordinaires de projectiles' ou d’autres corps étrangers à travers l’organisme qu’ils parcourent à l’intérieur des vaisseaux.
- La guerre a provoqué nombre de constatations nouvelles de ce genre chez des blessés dont les balles ou les éclats d’obus n’avaient pu être extraits.
- La Presse Médicale vient de publier sur ce sujet deux études dues, l’une aux D" Léon Binet et Noël Péron, l’autre aux DIS de Saint-Avid et Léonard.
- MM. Binet et Péron ont réuni nombre de faits curieux déjà connus.
- En ce qui concerne la migration à l’intérieur des artères, Rouault a cité le trajet d’une balle pénétrant dans la crosse de l’aorte et tombant dans l’artère fémorale gauche; Mazet, un éclat de grenade à fusil entré par la face antérieure du thorax et retrouvé dans l’artère fémorale profonde droite ; Bœckel, une balle allemande déplacée du ventricule gauche dans l’artère fémorale gauche; Maurizot, la migration d’un projectile du cœur gauche à l’artère fémorale gauche. En Angleterre, O’Neill a publié la description d’une semblable migration.
- Pour les projectiles ayant pénétré dans les veines, déjà, en igo3, Morestin, dans les Archives générales de Médecine, à propos d’un blessé ayant un projectile libre dans le ventricule droit, écrivait que ce projectile avait dû être chassé dans l’artère pulmonaire vers l’un des poumons.
- Pendant la guerre, Albert Debeyre et Lorgnier ont observé, chez un soldat blessé en octobre 1917, la présence du projectile dans la région lombaire d’abord (i5 novembre), dans les cavités cardiaques ensuite, (23 novembre): l’autopsie permit de trouver, dans le cœur-droit, « la balle couchée sur la paroi inférieure du ventricule ; la partie moyenne du projectile se tient au contact du myocarde par la ceinture assez lâche qui lui forme un pilier ».
- Le professeur Pierre Duval a pu , avec Barnsby, suivre de très près, à l’Auto-chir. 31, cette migration dans la veine cave et dans le cœur droit. Chez un blessé ayant reçu une balle de fusil à la hauteur de la 7e côte gauche, on notait, à la radioscopie (c dans la région du cœur, à droite du sternum, une balle extrêmement mobile dont les excursions variaient de 12 cm en hauteur. Elle donnait Vimpression d’un œuf dansant sur un jet d’eau et tournant sur lui-même ». Lors de l’intervention, on restait frappé par le mouvement de va-et-vient de cette balle qui, dans la veine cave inférieure, voyageait sans cesse du diaphragme à l’orifice auriculaire, et P. Duval dut s’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à saisir la balle qui « filait entre les doigts comme une anguille ».
- Grangérard cite une balle de shrapnell entrée par le
- creux sus-claviculaire gauche et trouvée à la radioscopie dans l’oreillette droite, où elle présentait des mouvements rapides et réguliers, « en bille de grelot » ; une heure après, le sujet s’étant levé, la balle est retrouvée dans le triangle de Scarpa, sur le trajet des vaisseaux fémoraux; puis, après quelques minutes de décubitus dorsal, à la hauteur de la symphyse sacro-iliaque, au niveau des vaisseaux iliaques.
- A. Lapointe a observé, dans la veine fémorale droite, un éclat d’obus présentant des mouvements limités de va-et-vient de plusieurs centimètres, « tantôt dans le sens du courant, comme un embolus centripète, tantôt comme un embolus rétrograde, à contre-courant ».
- Fr. Menuet, de Tours, rapporte les migrations d’un projectile qui, ayant pénétré dans la veine cave inférieure, traversa l’oreillette pour aller s’enclaver dans l’extrême pointe du ventricule droit.
- Dans la littérature étrangère, on trouve des observations de même ordre.
- Y. Ascoli parle d’une balle de schrapnell ayant pénétré dans la région lombaire gauche et qu’on retrouve à la radioscopie logée en plein cœur, dans l’oreillette droite.
- H. M. Lyle (de Columbia), à l’autopsie d’un sujet ayant eu une blessure pénétrante de la cuisse par éclat d'obus, trouva libre dans le ventricule droit le projectile pesant 1 gr. 81, mesurant i,5 Xo,g Xo,5 cm et auquel adhéraient des parcelles de vêtements.
- Dans les observations allemandes de Specht, de R. Jaffé, on retrouve dans le cœur droit un éclat d’obus dans le premier cas, une balle russe dans le second, à la suite d’une blessure de la cuisse et du bassin.
- A cette liste déjà longue, MM. Buret et Péron ajoutent le cas d’un malade, blessé en septembre 19r4 d’un éclat d’obus à la veine fémorale droite dont le projectile était logé en 1918 dans le ventricule droit, et MM. de Saint-Avid et Léonard celui d’un autre,. blessé en 1917 à la cuisse gauche dont l’éclat d’obus, transporté dans le poumon droit, provoqua en 1923 des hémoptysies.
- Les projectiles introduits dans les artères y cheminent donc dans le sens centrifuge jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés par le diamètre décroissant des vaisseaux; ils provoquent souvent alors des embolies graves. Ceux introduits dans les veines circulent également dans le sens du courant sanguin, centripète dans ce -cas ; ils se logent dans l’oreillette droite, ou plus rarement la franchissent et s’arrêtent dans le ventricule droit; exceptionnellement ils continuent leur trajet dans les artères pulmonaires.
- MM. Achard et Binet ont pu suivre expérimentalement ces parcours chez des animaux ayant reçu des grains de plomb ou de riz dans les vaisseaux ; ils ont ainsi vu l’influence des changements de position, debout, couché sur l’un ou l’autre côté, sur la mobilisation des corps étrangers arrêtés jusqu’alors dans une cavité. R. M.
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La. Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus sou vent nécessaires et du nombre des correspondances'; il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M,M. C., à Nîmes (Gard). — Traitement contre les chenilles des arbres fruitiers et des rosiers. — 11 conviendrait, tout d’abord, de bien établir l’identité de l’insecte ou chenille qui a rongé les jeunes pousses ou boutons de vos arbres fruitiers ou de vos rosiers.
- On peut employer une solution insecticide à base de chlorure de baryum, suivant une formule ainsi composée :
- Chlorure de baryum ... 2 à 3 kg.
- Savon noir................. 1 kg.
- Eau........................ 100 litres.
- Lorsque l’eau à employer est calcaire, on ajoute 3oo gr. de carbonate de soude.
- A la dose de 2 pour 100, le chlorure de baryum est très efficace contre les chenilles et les coléoptères. Il ne brûle pas les feuilles, mais il faut 1 employer seul, et non pas en l’associant au sulfate de cuivre, car, par suite de ce mélange, il se formerait du sulfate de baryte qui contrarierait l’action insecticide du chlorure. Ce dernier n’étant pas très adhérent aux feuilles, il faut au besoin en renouveler l'emploi à quelques jours d intervalle.
- Voici une autre formule, dans laquelle le chlorure de baryum est rendu plus adhérent par 1 emploi de résine préalablement dissoute dans l’alcool.
- Chlorure de baryum. . . . 200 gr.
- . . 10 —-
- . . Go —
- . . 10 litres
- froid dans l’alcool :
- Piésine jaune Alcool dénaturé à 900.
- Eau.................
- Faire dissoudre la résine à d’autre part, faire fondre le chlorure de baryum dans l’eau, et verser dans ce liquide la solution de résine.
- Le chlorure de baryum remplace économiquement la nicotine et donne des résultats encore plus satisfaisants.
- Pour la détermination des insectes et le mode de destruction correspondant, il est indiqué de s adresser à l’une ou l’autre des stations entomologiques de Montpellier, de Saint-Genis-Laval (Rhône), ou à 1 Insectarium de Menton. . .
- M. G., à Strasbourg. — Documentation sur la sénci-culture. x° Voici les ouvrages les plus modernes : Sériciculture, par P. Vieil, 1 vol.; Traité sur le ver à soie du mûrier et sur le mûrier, par Lambert et Maillot. 1 vol. , Le ver à soie du mûrier, son élevage, par Ed. Zacharewicz, 1 br. ; Mûriers et vers à soie, par Gobin, 1 vol. ; Conseils aux éducateurs de vers à soie, par Boullenois, 1 vol., Manuel pratique de sériciculture, par H.-L. Alph. Blanchon, 1 vol.; Cours de sériciculture pratique, par Laurent de l’Arbousset, x vol. ; Traité du ver a soie, par Malpighi et Maillot, 1 vol. ; Elevage des vers à soie, par U. de Prat, 1 vol. ; Le ver à soie, son élevage et son cocon, par Jean de Loverdo, 1 vol. ; Etudes sur les maladies des vers à soie, par Pasteur, 1 vol.; Désinfection des magnaneries et de leur mobilier, par F. Lambert, 1 br. (Pour ces divers ouvrages s’adresser à la Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6L). . .
- Voir aussi le Rapport de M. Loubet sur la sericicultui e italienne (juin 1924) (Services commerciaux de la Compagnie des Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranee, boulevard Diderot, Paris, 12e).
- 20 La sériciculture pratiquée rationnellement est sûrement lucrative.
- Vous pourriez aussi obtenir des renseignements en vous adressant à Y Office national séricicole, B'j, avenue Victor-Hugo, à Valence (Drôme), et aux directeurs des Stations séricicoles à Alais (Gard), Draguignan (Var) et' Montpellier (Hérault).
- M. J.-G., à Bùne (Algérie). — 1“ Pour le materiel employé à la fabrication des balais en paille de sorgho, nous ne possédons pas les adresses que vous demandez, mais nous vous conseillons de diriger vos recherches dans les centres où existe l’industrie des balais de sorgho, notamment dans la Haute-Garonne, à Grenade, \illemur, dans le Tarn-et-Garonne, à Grisolles, dans le Gard, à Saint-Geniès-de-Comolas, Bagnols. De nombreuses communes de l’arrondissement d’Uzès produisent le sorgho à balai.
- Les renseignements qui vous intéressent pourraient
- être demandés aux directeurs des Services agricoles du Gard, de Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne (au chef-lieu du département), au besoin par l’entremise du directeur des Services agricoles de votre département.
- 20 Nous n’avons pas les prix de ces machines, actuellement.
- 3° Machines pour brosserie. — Voici des adresses :
- Flandre André, constructeur, à Mouy (Oise); R. Petit, 91, rue Dareau, Paris (14e); Georges Thire, à Mouy (Oise); Watteeuw, constructeur, 31, rue de Clermont à Beauvais (Oise) ; P. Despicq, constructeur, à Noailles (Oise); Machines Zahoransky (compagnie internationale de Commerce Youroveta), Paris, 5g, rue du Faubourg-Poissonnièi-e (9e); E. Berry and Son à Birmingham (Angleterre); Rubah, à Zurich (Suisse) ; Jean Pfister et Cie à Wangen S. A. ; üancy, Maguire et Gie, Gravel Lane, Londres E. I.
- 4° Pour tous autres renseignements et notamment adresses de fabricants de balais et brosses, consultez la revue La Brosserie Française et Etrangère (organe officiel de la Chambre syndicale de la Brosserie et des Industries qui s’y rattachent), Paris, 20, rue Turgot (9e).
- M. J.-M.-J., à Montières-lès-Amiens (Somme). — Engrais chimiques pour la floriculture. Les engrais les plus employés sont : le superphosphate, le sulfate de potasse ou le chlorure de potassium, le nitrate de soude, le nitrate de chaux, le sulfate d’ammoniaque. Certaines formules peuvent comprendre aussi le phosphate de potasse, le nitrate de potasse, le phosphate d’ammoniaque, mais les prix de ces engrais sont sensiblement plus élevés. Le sulfate de chaux n’est autre que le plâtre.'Quant au chlorure d’ammonium et au phosphate de soude, ils ne sont pas employés dans les formules courantes et pour cette raison, sans doute, on ne les trouve pas couramment dans le commerce des engrais chimiques, et le prix en est plus élevé que celui des engrais azotés, phosphatés et potassiques les plus employés.
- Si vous ne trouvez pas à vous procurer les engrais dans votre région, voyez aux adresses suivantes : Société commerciale Lambert-Rivière, Paris, 16, rue de Miromesnil (8e); Société des Engrais, à Auby (Nord); Comptoir Parisien d’Engrais et de Produits Chimiques, Paris, 68, rue de la Folie-Méricourt (11e); Derome, à Bavay (Nord) ; Engrais chimiques des manufactures de Saint-Gobain, Paris, 1, place des Saussaies (8e).
- M. Ch., à 13ochefort-sur-Mer. — Champanisation du vin. — Il faut d’abord connaître la quantité de sucre existant dans le vin avant la mise en bouteilles, ce qui se détermine à l’aide du gluco-œnomètre de Dujardin (24, rue Pavée, Paris, 4e) ; on ajoute du suci’e candi afin de donner au vin la proportion de sucre voulue pour obtenir, après fermentation, une pression de 5 atmosphères dans les bouteilles mousseuses, en tenant compte qu’il faut autant de fois 4 gr. de sucre, par bouteille, que l’on veut obtenir d’atmosphères de pression.
- La fermentation transforme en alcool et acide carbonique le sucre originaire et celui que l’on a ajouté. Le gaz ne pouvant s’échapper, reste en dissolution dans le vin et forme la mousse. Pi’océder au tirage en bouteillès dites « champenoises « bien propres, boucher au moyen de bouchons dits « de tirage », retenus à l’aide d’une agrafe spéciale. Mettre les bouteilles sur lattes et les remuer de temps en temps pour activer la fermentation et la rendre plus complète. A la température de 180 à 20°, il faut un mois environ pour la prise de rnousse..
- Les bouteilles sont alors mises sur pointe, c’est-à-dire placées tête en bas sur une table percée de trous (sur pupitres) et inclinées à6o°. Pendant six ou huit semaines, elles sont soumises, chaque jour, à un mouvement circulaire sec et vif. Le dépôt descend sur le bouchon, petit à petit et le liquide devient parfaitement limpide. A ce moment, on dégorge les bouteilles en les tenant, à tour de rôle, nclinées sous le bras gauche, à 45°, d’une main, pendant que l’autre main enlève l’agrafe et fait partir le bouchon, qui entraîne avec lui le dépôt; on relève alors le goulot légèrement, aussitôt, avec assez de précision pour qu’il ne s’échappe que juste la quantité de liquide nécessaire avec le dépôt. On comble le vide avec un peu de bon vin contenant en di-solution du sucre candi pur.-
- Boucher les bouteilles avec bouchons neufs premier choix fixés avec de la ficelle et un fil de fer ou, mieux, avec un système d’agrafe spéciale.
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- BIBLIOGRAPHIE
- O^éT
- Mécanique analytique et théorie des quanta, par B. Juvet, i vol. 156 p. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1926. Prix : 20 francs.
- Dans cet ouvrage d’un caractère mathématique élevé, l’auteur présente tout d’abord les méthodes modernes de la mécanique analytique et de la mécanique céleste, puis il les applique à la dynamique de l’atome de Bohr. Cette seconde partie du mémoire est consacrée à l’établissement des conditions quantiques des orbites, ou états énergétiques stationnaires d’un système quasi périodique. M. Juvet termine en montrant comment on a essayé de quantifier les systèmes quasi périodiques troublés.
- Ventilateurs et compresseurs, par L. Crussakd, i vol. grand in-8, 416 p., 172 fig., J,-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 55 francs.
- Les ventilateurs et compresseurs représentent une classe fort importante de machines, se divisant du reste en deux grandes familles, les machines à pistons et les turbo-compresseurs. Les unes et les autres ont fait l’objet d’inventions et de perfectionnements nombreux, ainsi que de travaux théoriques importants, mais en général dispersés dans des revues techniques spécialisées. L’ouvrage de M. Crussard constitue un remarquable travail de synthèse ; d’une part, il présente d’une façon excellente les considérations théoriques qui président à l’étude et à l’emploi de ces machines; d’autre part, chemin faisant, il décrit sobrement, mais avec précision, les dispositifs essentiels en usage dans les machines actuelles. Il expose tout d’abord les questions générales d’aérodynamique et d’écoulement des fluides qui intéressent l’air comprimé ; ces chapitres, d’une rédaction très claire, nourris des études et investigations les plus modernes sur la question, seront d’une aide précieuse pour les ingénieurs à qui ils révéleront des aspects nouveaux de ces questions si complexes. Il passe ensuite à la technologie des compresseurs à pistons : mécanismes' d’admission et d’échappement, compression humide et refroidissement extérieur, compression étagée, machines soufflantes, analyse expérimentale du fonctionnement de ces machines. Puis il étudie les ventilateurs et turbo-compresseurs, et termine en passant en revue les applications actuelles de l’air comprimé.
- Précis de chimie physique, par H. Vigneron. 2“ édition, revue et augmentée, 1 vol. in-8, 448 p., 134 fig-Masson et Cie, Paris. Prix : 36 francs.
- » En 1923, notre collaborateur avait écrit la première édition de ce Précis pour donner une vue d’ensemble nette et claire de l’évolution actuelle de la chimie physique, des dernières théories proposées et des conceptions les plus récentes de cette jeune science, actuellement la plus vivante et la plus riche d'espoirs. Le succès qu’il obtint l’a obligé d’écrire bientôt une 2e édition.
- Comme la première, elle s’efforce de situer les principales questions. L’auteur expose d’abord les deux points de vue cinétique et thermodynamique, le premier plus concret, plus expérimental, le second plus abstrait, plus mathématique ; puis il rappelle la conception actuelle des molécules, les principes de la théorie cinétique des gaz, les propriétés des états gazeux et liquide, la constitution moléculaire des cristaux, les systèmes de phases, les rapports entre composition chimique et propriétés physiques, les propriétés superficielles, les colloïdes. Les théories de Langmuir sur la nature des phénomènes physiques le conduisent à la conception de l’électron, à la radiochimie, à l’atome ,de Bohr et aux quanta de Plank. Puis, il énumère les principes de la thermodynamique et aborde les solutions dont il étudie les propriétés
- _ générales, la pression osmotique, l’action de masse, l’ionisation, qui le conduisent à la théorie des piles. Un dernier chapitre traite de la thermochimie et de l’affinité.
- Comme on le voit, c’est une revue très complète de toutes les données récentes, une mise èn place des nouveaux points de vue. L’auteur a revu soigneusement son texte primitif, ajouté quelques paragraphes nouveaux et un chapitre entier sur les états méso-
- morphes, remanié nombre de points devenus plus simples ou plus riches de conséquences à la suite de nouvelles recherches.
- C est un livre à jour, unique en son genre et en langue française, qui intéresse tout le monde, depuis les théoriciens de toutes sciences jusqu’aux praticiens de tous ordres, puisque la chimie physique est maintenant une des bases de toutes nos connaissances.
- Traité de géographie physique, par Emm. de Martonne. lome II. Le relief du sol, 4° éd. refondue. 1 vol. in-8, 562 p., 207 fig., 46 pl. Armand Colin. Paris.
- M. Dauzat a rappelé récemment (n° 2713) les idées directrices de M. de Martonne dans son œuvre de révision de la science géographique. Le résultat en est ce monument, glorieux pour l’auteur et pour la France, dont voici la 4° édition. Le ier volume contenant les notions générales, l’étude des climats et de l’hydrographie, est paru l’an dernier; bientôt viendra le tome IIf consacré à là biogéographie; .aujourd’hui paraît le deuxième qui traite du relief du sol.
- Il débute par un chapitre de topographie indiquant les modes de représentation cartographique et les ensembles de cartes utilisables. Puis vient une analyse des divers facteurs du relief continental et un classement des formes observables. Ensuite, les modelés d érosion sont passés en revue : creusement, accumulation, captures, cycles d’érosion, influence des roches, de leur nature (calcaire), de leur structure (plissée, faillée, disloquée, etc.), des accidents volcaniques, qui conditionnent l’évolution des formes du terrain. Des chapitres spéciaux traitent de la glaciation et de la nivation, du modelé désertique et des actions éoliennes, des types de côtes dus aux processus littoraux. Un exposé particulièrement important, traité avec beaucoup de sagesse, est celui des cadres géologiques et de la paléogéographie, encore si obscure.
- L’Afghanistan. Géographie, histoire, ethnographie, voyages, par Raymond Furon. i vol. in-12, 133- p., 3 cartes, 1 planche, 28 photos hors texte. Albert Blanchard, Paris.
- L’auteur a séjourné 2 ans dans ce pays encore fort mal connu ; il a soigneusement noté les multiples aspects de sa situation actuelle, au moment où notre civilisation commence à le pénétrer. Son livre est un bon témoignage, le premier écrit par un Français, qui a vu, sur cet émirat indépendant placé entre les républiques russes et l’Inde anglaise; Le livre comporte une esquisse géographique, la description des diverses régions, des renseignements sur les mœurs, l’organisation sociale, le gouvernement, la pénétration étrangère qui a commencé en 1919.
- Il naturalista viaggiatore, par Gestro et Yincuguerra. 20 édition. 1 vol. in-16, 204 p., 83 fig., Manuels Hoepli, Milan. Prix cartonné : 14 lire.
- Pour guider les voyageurs et explorateurs qui désirent enrichir les collections de leurs récoltes, d’animaux, dë plantes, de minéraux, une brève et claire instruction est nécessaire. Ce petit livre, écrit par deux naturalistes du.Musée civique d’histoire naturelle de Gênes, ,dit tout ce qu’il faut savoir pour la récolte (pièges, filets, etc.), la conservation (séchage, mise en peau, liquides convenables pour les divers groupes), l’étiquetage, l’emballage.
- Le pigeonnier de rapport. Soins. Alimentation. L’engraissement des.pigeonneaux. 1 broch., 20 p., librairie spéciale agricole. Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- Dératisation et désinsectisation des navires par la chlo-ropicrine, par R. Randier. i vol. in-8, 85 p., 4 pl. Imprimerie de Y Ouest-Eclair, Rennes.
- M. P. Randier, pharmacien-chimiste principal de la Marine, a eu l’occasion d’expérimenter l’efficacité de la chloropicrine à bord du navire-atelier « Kronstadt » infesté par des rats pesteux. L’expérience eut lieu à Bizerte et donna de si parfaits résultats que l’auteur recommande la chloropicrine comme le procédé de choix, rapide, peu coûteux, efficace, sans danger, pour la dératisation et la désinsectisation des bâtiments de la flotte.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 222l 29 Mai 1926
- 1*0
- INFORMATIONS
- La conquête du pôle nord. — On sait que toute une série de raids ont été préparés cette année pour survoler le pôle nord.
- On en connaît actuellement pas moins de 5 :
- i° Byrd, américain, en avion, du Spitzberg au pôle et retour ;
- 2° Amundsen, norvégien,en dirigeable, du Spitzberg à l’Alaska ; •
- 3° 'Wilkins, américain, en avion, de Point Barrôw au pôle et retour;
- 4° Wade, américain, en avion, de Point Barrow au pôle, puis en Asie;
- 5° Expédition du gouvernement des Soviets, en avion, de l’est de la Sibérie à la Nouvelle Zemble, par le pôle.
- En outre, le français Darcis se propose d’aller en un original traîneau à moteur de la Terre François-Joseph à l’Alaska.
- D’autres expéditions américaines se proposent d’atteindre le nord du Groenland sans aller jusqu’au pôle.
- Deux de ces projets viennent déjà d’être réalisés.
- Le lieutenant commander Richard E. Byrd, qui dirigea l’an dernier le raid aérien de l’expédition Mac Millan dans les terres arctiques, est parti le 9 mai de King’s Bay, au Spitzberg, à 1 h. 55 du matin, à bord d’un avion B’okker piloté par le lieutenant Bennett. Après i5 h. 3o
- truit en Italie, est commandé par le colonel italien Nobile ; il a à son bord Roald Amundsen son second, l’américain Ellsworth et un équipage de 17 hommes. Pendant une randonnée .d’Italie en Angleterre, de Rome
- à Puthani, puis en Norvège et finalement à la baie du Roi, au Spitzberg, l'expédition fut mise au point.
- Le 11 mai, il partit vers le pôle ; à minuit, il télégraphiait par sans fil qu’il était à 89° de latitude- nord et 11° de longitude ouest.
- Le 12, à une heure, il survolait le pôle, puis continuait sa route vers Nome, en Alaska.
- Ainsi, en 4&'heu-res, un avion et un dirigeable ont vu le pôle nord, rêve de tant d’explorateurs depuis la première tentative de Cook, en 1778, et que seul Peary avait atteint en 1909.
- Le port autonome du Havre. — Le port du Havre a reçu son autonomie à la fin de l’année 1924- Le Conseil d’administration du port autonome nous communique son rapport relatant les résultats de l’année 1925, le premier exercice qui ait vu pratiquer l’autonomie. Ce rapport contient de très intéressants renseignements. On y voit tout d’abord que le nouveau régime, qui concentre tous les services sous une même direction, a permis
- Fig. 2. — Le dirigeable « Norge » en vol.
- de vol, il|revenait à sa base de départ après avoir survolé le pôle.
- Le surlendemain, Amundsen, à bord du dirigeable semi-rigide Norge, survolait le même point. M. Charles Rabot a conté dans La Nature (n° a65o) la série des malchances qui avaient arrêté le grand explorateur dans ses tentatives antérieures pour atteindre le pôle nord. Son dernier essai à bord d’un avion avait encore échoué. Amundsen avait choisi un dirigeable semi-rigide de i8 5oo m3, muni de trois moteurs de 2Ôo ch chacun, donnant une vitesse de tu km à l’heure. Le Norge, cons-
- d’améliorer et d’assouplir l’exploitation de notre grand port. C’est ainsi que grâce à l’organisation d’un service de nuit, le port est désormais ouvert pendant 16 heures sur 24 et a même pour la plupart des ouvrages intérieurs 24 heures sur 24. Le Havi’e en 1925 a reçu 6799 navires d’une jauge nette de 7 o58 568 tonneaux ; il est sorti du port 6832 navires d’une jauge nette de 7 127638 tonneaux. Il a été débarqué 3 060 068 et embarqué 1765381 tonnes de marchandises. Le mouvement des passagers a été de 148425 personnes.
- Des travaux neufs très importants se poursuivent au
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- INFORMATIONS
- AA
- Havre depuis plusieurs années; ils ont pour objet de permettre au port de recevoir en toute sécurité des paquebots du plus fort tonnage. Grâce à eux, le Havre, déjà tête de ligne de la Compagnie transatlantique, semble appelé à devenir en outre port d’escale pour diverses lignes importantes. Ces travaux, exécutés suivant un programme arrêté depuis longtemps, sont continués par le port autonome: le Conseil exprime à cet égard quelques craintes au sujet de l’avenir, en raison des difficultés financières de l’heure présente, et de la faiblesse croissante des crédits alloués par l’Etat à qui incombe la majeure partie des dépenses. Il serait profondément regrettable que les restrictions budgétaires vinssent paralyser l’œuvre d’intérêt national que constitue l’agrandissement du port du Havre. Il est intéressant toutefois de noter que le port autonome, grâce à ses excédents de recettes et à sa faculté d’emprunt, a pu mobiliser des ressources permettant de faire face à une partie des dépenses de travaux neufs.
- Ceux-ci comportent notamment, ainsi que le savent nos lecteurs, l’exécution d’une forme de radoub où les plus grands navires du monde viendront se faire caréner. La maçonnerie de cet ouvrage a été terminée en 1925 ; en outre il a été refoulé hydrauliquement 400000 m5 de remblais autour de la forme pour en constituer les terre-pleins. Le bateau-poste est en cours de montage est le matériel de pompage en cours de fabrication.
- On a travaillé également en 1925 au'prolongement du quai Joannès Couvert le long duquel le tirant d’eau doit être de 12 m. aux plus basses mers. Enfin on a travaillé à l’approfondissement des accès à la cote — 7,5o; il a été dragué à cet effet 161 000 m5 dans la passe extérieure. On se propose de porter dans l’avenir cette profondeur à — 8,5o. De plus, une. compagnie privée, concessionnaire du port autonome, la Compagnie industrielle maritime, a achevé, dans le nouvel avant-port, la construction et l’organisation d’un bassin destiné aux steamers pétroliers.
- Cette Compagnie a actuellement dépensé déjà plus de 3o millions pour cet important ouvrage. Elle trouvera sa rémunération dans le partage ultérieur avec le port autonome du produit des taxes perçues dans cet ouvrage.
- Production de la houille en France en 1925. —
- D’après le rapport annuel du Comité des Houillères, en 1925, la production a été 48o54ooo tonnes. De ce nombre 5 279 000 ont été produites en Lorraine, il reste, pour la production des anciennes frontières un nombre plus élevé que celui de 1913 qui était 40 844 000 tonnes. La restauration des houillères françaises dont beaucoup avaient été détruites par la guerre est donc un fait
- accompli.
- D’autre part, en regard de la consommation, la production de 1925 représente 64pour 100 de ce qui nous était nécessaire, alors qu’en 1918 nous ne produisions que 63 pour 100.
- Parmi les nombres statistiques relatifs à la production houillère de 1925, il y a de très intéressantes comparaisons entre les dividendes, les salaires, les impôts des houillères. En 1913, le dividende servi aux actionnaires était 2,11 la t., il est 4,58, soit une augmentation au coefficient 2,17. Les salaires sont au coefficient 5,35, quant aux impôts, à 4,08 par t., ils sont au coefficient 10 et plus, parfois au coefficient i5 ou même 18. Et le rapport conclut que dans ces conditions l’exploitation des houillères est bien faite surtout au profit de la collectivité et non surtout de l’exploitant détenteur comme beaucoup de personnes pourraient le croire. L. R.
- Epreuves de faucardemeut. — La mise en valeur des étangs par l’élevage intensif des poissons d’eau douce est un problème des plus intéressants au point de
- vue de l’économie nationale, puisque la superficie occupée par les eaux dormantes en France est assez étendue et que la pisciculture en constitue la principale ressource.
- Une des conditions primordiales d’une bonne exploitation est le faucardement ou la destruction des roseaux et des plantes aquatiques qui envahissent toutes les pièces d’eau et finissent par les colmater.
- L’Union nationale des Syndicats de l’Etang vient d’organiser sous le patronage du Ministre de l’Agriculture, avec le concours de l’Office national des Recherches et Inventions, du Ministère des Travaux Publics et des compagnies de chemins de fer, des épreuves de faucardement d’étangs en eau au moyen d’engins de toute nature, actionnés à la main ou mécaniquement, ainsi que des essais de destruction chimique dans des étangs à sec.
- Ces épreuves auront lieu dans les étangs de Belval (Marne) du 7 au 12 juin prochain.
- Pour renseignements, s’adresser à l’Union nationale des Syndicats de l’Etang, 1, rue de Castiglione, Paris.
- I *»> "Nouvelles de T. S. F.
- La radiophonie et la téléphonie. — Le service municipal des téléphones de la Haye aurait l’intention de distribuer par fil à ses abonnés les principales émissions européennes de radiophonie, moyennant rétribution évidemment.
- Cette question fait partie évidemment du problème juridique assez délicat que le comité international de radiophonie de Genève s’efforce actuellement de résoudre.
- II ne sera donné, en tout cas, aucune suite au projet de la municipalité de la Haye avant que cette dernière n’ait conclu une entente avec les compagnies européennes de radio-diffusion représentées à Genève.
- Concours internationaux pour amateurs. — Une
- grande exposition internationale de T. S. F. aura lieu à New-York à l’automne. A cette occasion, un concours d’appareils d’amateurs de tous les pays du monde sera ouvert pour les appareils récepteurs de radiophonie et également pour les appareils de réception sur ondes courtes.
- En même temps, un concours international de réception et d’émission radiotélégraphique en code Morse aura lieu entre les amateurs des deux côtes de l’Atlantique.
- Une nouvelle intéressante. — Le journal Excelsior annonce que les émissions radiophoniques de la Tour Eiffel seraient faites prochainement le soir simultanément sur ondes de 75 m et de 2 65o m.
- Il est évident que de telles émissions permettraient à beaucoup d’amateurs d’étudier la propagation des ondes courtes à grande distance et seraient donc fort intéressantes.
- Les émissions anglaises.— Pendant la saison d’été les deux parties principales des émissions anglaises du soir seront transmises de 20 heures à 21 h. 3o et de 22 heures à 23 heures. La musique de danse continuera à être transmise de 23 heures à 24 heures.
- Les stations américaines de radio-diffusion. —
- D’après de récentes statistiques, le nombre des stations de broadcasting américaines seraient de 648.
- On dit que des essais de relais des émissions américaines seront' tentés tous les mardis par les postes anglais de 23 h. 3o à 24 heures.
- La T. S. F. et l’aviation...— On connaît les services qu’a rendus la T. S. F. à l’aviation pour l’indication des prévisions météorologiques ou de la direction par temps de brume. Désormais presque tous les avions des grandes lignes aériennes vont être munis d’un poste émetteur-récepteur télégraphique et téléphonique. Ce poste permettra non seulement au pilote, mais encore aux passagers de se tenir constamment en communication pendant toute la traversée avec des stations terrestres se trouvant sur la route de l’avion.
- La T. S. F. et les réparations. — Le Gouvernement japonais a décidé de demander à l’Allemagne la fourniture d’appareils de T. S. F. Telefunken de 4 000 000 de livres au titre des réparations.
- Milliers d'employés
- Milliers de tonnes
- Jan vier
- 432S 1324 I32S 1336
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1926 (‘)
- Parmi les phénomènes astronomiques, très nombreux, que présentera ce mois de juillet, il convient de signaler, dès à présent, à l’attention des observateurs, la plus grande élongation de Mercure, qui sera visible, le soir, du 5 au 20; le début de la chute des Perséides ; plusieurs conjonctions; un grand nombre d’occultations d’étoiles par la Lune, et un certain nombre d’éclipses ou d’occultations des satellites de Jupiter. Pour mé-moire, nous mentionnerons une éclipse annulaire de Soleil, qui, en raison de la région du globe où elle se produit, aura très peu d’observateurs,
- I. Soleil. — Les longs jours sont finis, le Soleil descend (pour nos latitudes septentrionales, s’entend). La déclinaison du Soleil, de + 23° 9' le ier juillet, n’est plus que de -j-8°4o' le 31. Et la durée du jour, de le ier, tombe à i5h 7“ le 3i.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure moyenne lorsque le centre du Soleil est au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage Dates. Heures du passage (T. U.).
- Juillet Ier Iih 54m 12* Juillet 17 xih 56® 36*
- —- 3 1ih 54m 35* “ 19 nk 56® 36*
- — 5 1ih 54m 57‘ — 21 1ih 56® 53*
- -r 7 nh 55m *7S — 23 nh56m 5 9*
- — 9 37* — 25 11157“ 2*
- — 11 1ih 55m 54* — 27 111157“ 2*
- — i3 1ih 56m ios — 29 1ih 57® O*
- —• i5 nh 56m — 3i 1ih 56m 56*
- La connaissance du temps moyen à midi vrai est utile pour tracer — par l’ombre d’un fil à plomb — la méridienne sur une surface quelconque.
- Observations physiques. — L’observation du Soleil est une des plus faciles, et une de celles que l’on peut faire avec les plus petits instruments. Un moyen pratique consiste à projeter l’image solaire sur un carton blanc, en plaçant sur la lunette un écran de carton, dont l’ombre sur le carton blanc laisse à l’image solaire tout son éclat.
- Une simple jumelle permet de voir aisément les taches du Soleil, toujours par projection. Il faut, pour cela, et pour que l’observation soit facile, fixer la jumelle sur un pied quelconque, utiliser seulement un des systèmes optiques, en cachant l’autre objectif, et faire la mise au point en écartant les verres suffisamment. Le cône des rayons solaires passant par l’objectif rencontre la lentille divergente et s’allonge considérablement. On peut donc ainsi, avec une simple jumelle, dite de campagne (ou de théâtre même), obtenir des images solaires de plusieurs centimètres de diamètre.
- Si la jumelle est placée sur-un pied stable, en réunissant par un trait les positions successives d’une même tache, se déplaçant par suite du mouvement diurne, on a la direction est-ouest. Et l’on peut, en effectuant un dessin de l’image projetée sur l’écran (ou une photographie), établir les coordonnées des taches. On s’aidera pour cela du tableau que nous publions chaque mois. Pour la signification des lettres P, B0, L0, voir le Bulletin astronomique du N° 2712.
- Dates. P B0 L°
- Juillet 5 . — X°, 20 + 3°, 34 63°,18
- — 10 + i°,o8 + 3°, 86 357°,01
- — i5 + 3°,33 + 4°, 36 2go°,85
- — 20 + 50,54 + 4°, 82 2240,69
- 25 + 7°, 7° + 5.0,26 x58°,54
- — 3o + 9°>78 . +5°, 66 92°,40
- Eclipse annulaire de Soleil. — Encore une éclipse invisible à Paris. Et l’on pourrait même dire invisible de tout pays, pour la phase annulaire surtout, qui, en entier, se passe sur l’Océan Pacifique. L'éclipse générale (premier point de la Terre qui verra l’éclipse)
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin — sauf exception spécifiée — sont exprimées en Temps Universel, compté de oh à 24k à partir de minuit. Pendant la durée d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- commence à 20k 5m le' 9 juillet; le maximum de l’éclipse se produira à 23h 6“ (le 9 juillet) ; la fin (point de la Terre qui voit l’éclipse tout à fait en dernier) à 2h6m le 10 juillet).
- Grandeur maximum de l’éclipse, le diamètre du Soleil étant un = 0,984.
- La plus grande durée de la phase annulaire sera de 3 minutes 5i secondes et se produira pour les lieux compris entre i63°4' et i66°43' de longitude ouest de Greenwich, et + 2503i' et -f-25°38' de latitude, à l’île Layson, à l’Ouest des îles Hawaï, dans l’Océan Pacifique.
- L’éclipse sera visible comme partielle de la partie sud de l’Amérique du Nord, de la partie nord de l’Amérique Centrale, en Corée, au Japon, dans la partie nord-est de l’Australie et de l’Océan Pacifique, comme nous l’avons signalé tout à l’heure.
- Lumière zodiacale. — On pourra la rechercher le matin, avant le lever du Soleil ou plus exactement avant l’arrivée de l’aurore. On sera frappé de la différence d’aspect présentée par la lumière zodiacale du matin, avec celle du soir. Noter les limites de la lueur, sa coloration, son intensité. Une étude photométrique s’impose. La lueur est sans doute variable ? Cette variation, logiquement, peut être liée à la période undécennale des taches solaires. Mais cette corrélation existe-t-elle ? Le fait est encore à démontrer expérimentalement , et avec précision, c’est-à-dire non pas par des estimations faites à l’œil nu, par comparaison avec d’autres lueurs (Voie lactée, etc.), mais par des mesures photométriques très précises et comparables entre elles.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juillet, seront les suivantes :
- D. Q. le 2, à i3b 2œ N. L. le 9, à 23h 6“
- P. Q. le 18, à 2h 55m
- Age de la Lune, le ier juillet, à oh=20,,6; le 10 juillet, à oh = oJ,o. Ajouter un jour par jour écoulé depuis le ier ou le 10 pour avoir l’âge à une autre date du mois. Et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent pour avoir l’âge à une heure donnée.
- L’indication de l’âge de la Lune, pour classer les dessins et photographies de notre satellite, est un renseignement peu précis. Il est de beaucoup préférable de lui substituer la « Longitude du terminateur », comme je l’ai indiqué il .y a plusieurs années. L'Annuaire astronomique Flammarion, depuis le i" janvier 1926, fournit cette donnée particulièrement commode, et le lecteur est prié de s’y reporter.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 9 = -f- 22° 3o' ; le 23 — — 22°3o'.
- Apogée, de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 14 juillet, à 5\ Parallaxe == Sâ' A". Distance
- = 4o5 $70 km. _
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 juillet, à 1 ih. Parallaxe = 6o' 58". Distancé
- = 359670 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le iep juillet, occultation de 336 B Verseau (gr. 6,3). Emersion seule visible à oh 2im.
- Le 21, occultation de 68 B. Ophiuchus (gr. 5,9), de 20h 1 im à 2ihi5m,
- Le 23, occultation de 21 G. Sagittaire (gr. 5,7). Immersion seule visible à oh 48”. — Occul ation de i54 B. Sagittaire (gr. 5,9), de 2oh 17“ à 2ih 17®.
- Le 24, occultation de 329 B. Sagittaire (gr. 6,1), de 2ih 16m à 2ih24m- — Occultation de 336 B. Sagittaire (gr. 6,5), de 221' 2m à 22h 57"'.
- Le 25, occultation de vj Capricorne (gr. 4,8), de 2o1'46® à 2ih27m.
- Le 28, occultation de 3o Poissons (gr. 4,7). Emersion seule visible à 22h gm. — Occultation de 33 Poissons (gr. 4,7), de 231‘2'n à 23h53m.
- Le 31, occultation de g Baleine (gr. 4,4), de a3h 47® à oh4om du ier août,
- Marees, Mascaret. —>. Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 9
- P. L. le 25, à 5hi3m D. Q. le 31, à i9h25m
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- *
- et surtout de la Pleine Lune du q.5. Voici les plus
- importantes : Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- —. — — — —
- Juillet. 24 2h 56m 0,80 15h21m 0,85
- 25 3h45m 0,90 1611 g” 0,94
- — 26 4h 33m 0,97 i6h 57“ 1,00
- —- 27 5h2Im I ,01 17h45ra 1,01
- — 28 6h 8“ 1,00 i8h32“ °’97
- — 29 6h 55m 0,98 I9h 20m 0,89
- — 3o 7h 44m 0,84 20h 9“ °-79
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- IIIr Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet 1926.
- Voici, comme et de la grandeu pour Mercure, le r stellaire : tableau de la phase
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 °>79 -1,4
- — xo 0,81 — 3,4
- — 15 0,82 - 3,4
- — 20 0,84 - 3,4
- — 25 0,85 — 3,4
- — 3o o,8G — 3,4
- En commençant l’observation de Vénus au petit jour, on peut la continuer longtemps après le lever du Soleil, d’autant plus que la planète est visible à l’œil nu, en plein jour, par temps très pur. Nous l’avons souvent vue à l’œil nu, en plein midi, dans des circonstances analogues (forte élongation, déclinaison boréale importante) .
- Mars est à présent favorablement situé et les observations utiles vont commencer. Son diamètre augmente rapidement chaque jour.
- ASTRE Dates : JUILLET Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris + Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- : 5 3h 55m 1 ih 5“ 5ys 191’ 55“ 6h 55m + 22° 5l' 3i 31/2 Gémeanx )
- Soleil . . . x5 4 4 11 5624 19 48 7 36 + 21 37 31 31,2 Gémeaux *
- 06 4 i5 11 5 7 2 19 38 8 16 + !9 46 3i 32,4 Cancer
- 1 5 6 8 i3 44 21 19 {S VT CC + 18 58 7,2 ô Cancer Le soir.
- Mercure. . . i5 6 29 i3 40 20 5i 9 !9 + 1422 8 6 Lion >Plus grande élongation
- 25 6 16 i3 10 20 5 9 3o + n 6 XO , 2 ^ Lion ^ le 10.
- 5 1 45 9 25 17 5 4 23 + 19 48 x3,4 ô Taureau
- Vénus . . . ! *5 1 44 9 35 17 26 5 12 + 2 x 39 126 '( Taureau Le matin;
- * o5 i 5i 9 47 17 43 6 4 + 22 33 X2,2 p Gémeaux
- « 5 23 3 9 5 55 x 2 10 0 53 + 2 5o 9 « 8 t Poissons ^
- Mars. . . . x5 23 i3 5 39 12 5 1 17 + 5 10 10,4 v Poissons > À partir de minuit.
- ( 25 22 46 5 22 11 58 1 40 + 7 19 I 1,0 0 Poissons '
- Jupiter. . . x5 21 I9, 2 6 7 l3 21 54 — i3 5i 4 4,o p Capricorne A pai’tir de 22 heures.
- Saturne . . i5 14 40 19 3o 0 19 i5 11 — x5 27 OO LO ç Balance Première partie de la nuit.
- Uranus. . . i5 22 23 4 21 10 19 23 Sg Cn LO O 1 ’ 3,4 29 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . i5 6 54 14 3 21 i3 9 43 + i4 8 2,4 ^ Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Ce tableau suffirait à lui seul pour trouver les principales planètes. Cependant l’évolution de celles-ci présente des particularités qu’il est bon de signaler. Ainsi :
- Mercure sera visible le soir en de très bonnes conditions du 5 au i5 juillet. Sa plus grande élongation se produira le 10 juillet, à i6\ à 26° 22' à l’Est du Soleil. Ce n’est pas la plus grande élongation de l’année (la grande excentricité de l’orbite de Mercure est cause de ces élongations très différentes), mais en raison de la forte déclinaison boréale de Mercure; c’est une des meilleures de 1926 au point de vue des observations.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,52 + ô,5
- — 10 0,44 + 0,7
- — i5 o,35 + 0,9
- — 20 0,27 + 1,2
- 25 0,18 + g5
- — 3o 0,09 + 2,°
- Mercure apparaît dans les instruments moyens avec une phase qui lui donne tout à fait l’aspect de la Lune. Il y a un très grand intérêt à dessiner avec un instrument puissant les détails de la surface pour déterminer la durée de rotation de la planète sur son axe. Cette durée est encore inconnue.
- Vénus se lève à ih 3/4 du matin, donc de très bonne heure. Elle brille d’un magnifique éclat dans l’aurore, qu’elle paré de ses feux éblouissants. Sa déclinaison boréale est très forte.
- «
- Voici quelques données sur la manière dont le globe de la planète se présente par rapport à la Terre, en juillet 1926.
- Angle de Dates. position de (Uh) l’axe de Mars. Latitude du centre. Angle de position Diamètre. Phase, de la phase. Éclat stellaire.
- Juill. 2 32g0,7 — 1 « I O * OO 9"-6 i",5 246°,9 + 0,1
- — 12 327°,6 — - 20°,7 10", 2 i",6 247°,7 — o,x
- — 22 326°, 0 - - i9°,4 10", 9 i",7 248°,7 — 0,2
- Il est intéressant, après que Von a exécuté un dessin, de pouvoir identifier les détails avec un planisphère de Mars. Le tableau suivant donne les heures et dates du passage du méridien o° de Mars au méridien central de la planète.
- C’est encore les moments où la Terre, pour Mars, passe dans le plan du méridien o°. Ce méridien, origine des ^longitudes martiennes, est celui du Sinus Sabæus (ou baie fourchue du Méridien).
- Dates. Heure de passage. Dates. Heure de passage.
- Juill. 2 ’5h 19“ 4 Juill. 18 16h 1“ 6
- - 4 6h39“9 — 20 1711 21m 6
- — 6 8h om4 — 22 18h 4 xm 4
- - , 8 9h 20”8 — 24 20h 1m 2
- — 10 ioh 41” 1 26 2Ih20m9
- — 12 I2h Im3 — 28 22h 4ora 5
- — i4 13 ^ 01m 5 — 3o —
- — 16 14h 41m 6
- Mars tourne sur son axe en 24h 22%65. En x heure,
- il tourne de i40,6a; en 1 minute de o°,24. Ces éléments
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- succincts permettent de calculer la longitude du point central de Mars à une heure quelconque.
- Pour faire des observations de Mars, plus exactement pour voir les principaux détails de sa surface, les instruments de moyenne puissance suffisent.
- Mais pour effectuer des travaux utiles, permettant de faire avancer nos connaissances sur ce monde voisin* les plus^grands instruments sont nécessaires.
- Jupiter devient très facilement observable.
- Voici le tableau des principaux phénomènes auxquels donnent lieu les quatre grands satellites, et que l’on peut observer avec les plus modestes lunettes.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I oh 34 II p.f. 20 a3h 48 I E. c.
- 5 1 3i I E.c. 2 I 23 i5 I O.f.
- 5 23 37 I P.c. 2 X 23 5i I P.f.
- 6 0 58 I O.f. 23 21 52 IV lin.
- 6 1 53 I P.f. 24 I 41 11 Em.
- 6 23 13 I Em. 28 I 12 III E.c.
- 8 0 3 II P.c. 28 I 42 I E.c.
- 8 1 7 II O.f. 28 2 2 5i I O.c.
- i3 0 35 I O.c. 28 23 18 I P. c.
- 13 I 23 I P.c. 29 1 9 I O.f.
- i3 23 58 III Em. = 9 I 35 I P.f.
- ï4 0 ,5g I Em. 29 22 55 I Em.
- 15 0 5o II 0. c. 3i 0 16 II E.c.
- 16 23 25 II Em.
- Nous renvoyons au « Bulletin astronomique » du n° 2717 pour la signification des lettres de la quatrième colonne.
- Saturne est encore bien placé pour les observations, et pourra être étudié dès l’arrivée de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 juillet :
- Grand axe extérieur ........................ 3g",90
- Petit axe extérieur...................... . -j-i5",o5
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. 4-22° 9'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +23° 26'
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, lors de ses élongations. Les voici, pour ce mois-ci :
- Dates. Élongation. Heure
- Juill. 4 Orientale 9h,4
- — 12 Occidentale I lh,2
- 20 Orientale 7\8
- — 28 Occidentale 9h-8
- Uranus, dans les Poissons, se lève un peu après 22h.
- Il se déplace très peu, pendant tout ce mois, à 3° environ, au Nord de l’étoile 29 des Poissons.
- Neptune sera en conjonction le mois prochain avec le Soleil, il est inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Le Ier, à i6h, Uranus en conj Le 2, à i4b, Mars —
- Le 6, à 23h, Vénus —
- Le 12, à 6h, Mercure —
- Le 1 2, à 22h, Neptune —
- Le 20, à ih, Saturne —
- Le 26, à 7k, Vénus —
- Le 26, à i7h, Jupiter —
- Le 27, à 201, Vénus _ —
- Le 31, à 3h, Mars —
- Conjonctions :
- avec la Lune, à 40 38'N.
- — la Lune, à 20 5a' N.
- — la Lune, à i° 33' N.
- — la Lune, à 3° 18' S.
- — la Lune, à 20 5a' S.
- — la Lune, à 20 20' S.
- avec y) Gémeaux (gr. 3,6), à
- o° 3'N.
- — la Lune, à 20 18'N.
- avec [x Gémeaux (gr. 3,2), à
- 0° 4'N.
- — la Lune, à 20 24' N.
- Etoiles filantes. — Deux essaims célèbres d’étoiles filantes sont actifs ce mois-ci.
- Tout d’abord l’essaim des Perséides commence à donner des météores dès le 7 juillet. Le radiant initial est situé vers 0 Cassiopée. Il se déplace progressivement, pour se trouver vers rj Persée le 10 août.
- Le radiant des Aquarides est actif du 25 au 3o juillet, radiant vers ô Verseau. Il donne des météores lents, à longues trajectoires.
- Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs en juillet :
- Dates. Ascension droite.
- Juill. 23-25 48°
- 25-28 335°
- — 26-29 34a°
- — 27 7°
- — 27-29 341°
- — 27-81 2 90
- — 31 3 io°
- Déclinaison. Étoile voisine.
- -j- 43° P Persée.
- -f- 26° 1 Pégase.
- — 34° ô Poisson austral. 32° ô Andromède.
- — i3° ô Verseau.
- + 36° p Triangle.
- -f- 45° a Cygne.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Persée) ; le 2 juillet, à 2h 5m ; le 25, à oh 34m.
- Etoile Polaire. — Nous donnons ci-après les heures du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Temps sidéral
- Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Juill. 10
- — 20
- — 3o
- Supérieur
- 6h i5m 5o‘ 5h 36“ 4*’ 4h 57“ 34‘
- 7h iom 35‘,2 7h5om o‘,8 8h 29“ 26s,3
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le x'r juillet à 2ib, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; Hercule; le Bouvier.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; le Cocher, à l’horizon.
- A l'Est : Le Dauphin; la Flèche; la Lyre; l’Aigle; le Cygne; le Capricorne.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne; le Serpent; Ophiuchus; la Balance ; le Scorpion.
- A l'Ouest : La Grande Ourse; les Chiens de Chasse, la Chevelure; le Lion; la Vierge. Em. Touchht.
- JfeD
- 1&D
- VARIETES
- O&L
- L’INDUSTRIE DES GALOCHES
- Parmi les industries rurales mettant en œuvre les bois de nos forêts, l’industrie de fabrication des galoches, longtemps exercée par les petits artisans de village, disposant de moyens plus ou moins primitifs, s’est modernisée sous l’influence des progrès du machinisme.
- Sabots e7 galoches étant toujours en usage parmi les populations rurales, on a dû, dans cette fabrication, faire appel à des procédés suppléant au manque de main-d’œuvre et simplifiant beaucoup celle-ci.
- L’outillage des usines s’est modernisé, d’où augmentation de la production et diminution des frais généraux.
- La saboterie villageoise, dans les Vosges et le Jura, acquit au cours des ans une légitime renommée ; c’était au temps heureux où les petits fabricants, installés dans
- les centres riches en hêtre et en noyer pour la galoche, en aulne et en bouleau pour le sabot, savaient se contenter d’un modeste bénéfice, et où on vivait de peu. On utilisait, comme matière première, les branches des grands arbres ou les perches des taillis de vingt ans.
- Toutes les essences conviennent à cette industrie, excepté les bois blancs et les bois trop durs. Par ordre de valeur décroissante, les bois propres à la galocherie et à la saboterie se classent ainsi :
- Noyer, hêtre, aulne, bouleau, merisier.
- L’aulne est l’essence préférée, à cause de la facilité que l’on a de la travailler, et aussi en raison de son prix relativement bas.
- Dans la région des Landes de Gascogne où l’industrie
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- VARIÉTÉS
- des galoches et sabots est encore en honneur dans certaines localités, la fabrication est manuelle. Un ouvrier habile et actif peut fabriquer quatre ou cinq paires de galoches en une journée. On emploie le hêtre, l’ormeau et l’aulne pour faire' le sabot dit « genre Bordeaux », et le noyer pour faire le sabot de luxe.
- Dans certaines régions du Sud-Ouest, notamment dans le Toulousain, on emploie pour cette fabrication la main-d’œuvre pénitentiaire, dont la production, pour la vente sur les marchés ruraux, est relativement importante.
- La fabrication des galoches en série nécessite une main-d’œuvre variée, depuis le scieur jusqu’au sabotier et au cordonnier.
- M. Jean Razous, professeur à l’Ecole de Sylviculture, du Commerce et des Industries du bois de Sainte-Maure-de-Touraine, a étudié particulièrement la modernisation de l’industrie galochière et sabotière par l’emploi d’un outillage mécanique qui a modifié considérablement les conditions de production.
- Dans Bois et Résineux, ce spécialiste fait remarquer que ce qu’il importe d’assurer, dans cette industrie, c’est la continuité des opérations, qui évitera à telle machine, et par suite à l’homme qui la conduit, un travail intermittent.
- Ce résultat est obtenu par une bonne répartition des machines-outils.
- Dans telle usine, on fabrique deux types de galoches (au point de vue semelle) : la galoche Aurillac et la galoche plate.
- La galoche Aurillac diffère de la galoche plate par le contrefort du talon qui est en bois.
- L’emplacement du talon est creusé à même dans le bois qui a fourni la semelle.
- Les bois employés dans la fabrication industrielle proprement dite, c’est-à-dire mécanique, sont exclusivement le hêtre et le noyer. Généralement, on n’utilise que les branches de plus de i5 cm de diamètre.
- Voici la méthode de fabrication :
- Les bois passent d’abord à la tronçonneuse qui les débite en billes de 4° cm de longueur environ. De là, ces billes passent à une scie à ruban. Un ouvrier exercé les découpe (en tenant compte des défauts du bois et du gauchissement des fibres) en parallélépipèdes de 10X n environ de section, en évitant que la moelle de l’arbre, qui est souvent altérée, soit dans le milieu du morceau de bois ainsi obtenu. C’est pour éviter cet inconvénient que l’on préfère les bois de 25 cm environ de diamètre, d’où l’on extrait deux pièces (une de chaque côté du diamètre).
- Ces pièces de bois passent ensuite entre les mains du traceur qui, d’après leur largeur, applique dessus un gabarit qu’il dispose de façon à éviter, dans la semelle, les nœuds, l’aubier trop tendre ou la pourriture sèche. Une pièce de hauteur suffisante (10 cm)
- suffira pour une galoche « Aurillac ». Une pièce de hauteur plus faible ne pourra fournir qu’une semelle ordinaire.
- Les pièces sur lesquelles est dessiné le profil donné par le gabarit passent aux scies à découper. Ces semelles sortent de là ayant, en plan, la forme rectangulaire^ de la pièce de bois qui les a fournies. Elles sont arrondies par deux toupies auxquelles elles passent successivement : la toupie de semelle et la toupie de talon.
- Les semelles ainsi tournées vont de là à la creuseuse (machine composée de couteaux courbes rivés sur un disque vertical tournant à grande vitesse), qui donne à la semelle la cambrure que nécessitent le pied et le talon. Pour la forme « Aurillac », l’emplacement du talon est obtenu par une creuseuse de talon- dont les couteaux sont portés par un axe vertical.
- Pour éviter le travail du bois qui ferait grandir la semelleet, même, parfois, pourrait la faire fendre, on la fait passer à l’étuve où, pendant 8 heures environ, on insuffle de-la vapeur d’eau à ioo°. Cet étuvage se traduit, surtout chez le hêtre, par un changement de couleur du bois, qui passe du blanc au rouge.
- L'étuve fonctionne ensuite comme séchoir, au moyen de radiateurs disposés sous le plancher.
- Les semelles sont retirées après avoir subi une dessiccation toute superficielle, après quoi on les emmagasine dans des locaux bien aérés.
- Au bout de quelque temps, on les porte à l’atelier de finissage où on pratique la feuillure longitudinale qui permettra de fixer le cuir.
- Les semelles qui n’ont pas bien supporté l’étuvage et le séchage sont mises au rebut comme étant inutilisables par telle ou telle façon.
- Avec des semelles ne subissant ni étuvage, ni séchage, on avait, ordinairement, un déchet de io pour ioo. Par l’emploi de l’étuve-séchoir, ce déchet est réduit à 3 pour ioo, ce qui est un très notable progrès.
- La répartition des semelles suivant leur pointure, en pieds droits et pieds gauches, est effectuée avant le passage aux toupies, car la différenciation des pieds nécessite le retournement de la semelle dans la présentation à la toupie de talon.
- Lorsque les semelles sont achevées, on les porte à l’atelier de montage où elles sont façonnées soit en galoches ordinaires, soit en galoches-brodequins de forme et de qualité différentes, suivant les cuirs employés.
- On doit à M. Jean Razous, ingénieur très expert dans les industries du bois, les détails que nous venons d’indiquer sur les grandes améliorations apportées à l’industrie de la galoche et du sabot, détails peu connus du public, en général, et qui montrent l’Importance des progrès réalisés du fait de la modernisation de cette industrie. Henri Blin,
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance de» demandes de renseignement» qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur# oblige & limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d'abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondance», Il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses.'— M. E. P., Arcachon. —"Consulter La pore, de G. Bonnier et G. de Layens, Librairie générale de l’Enseignement, |i, rue Danton, Paris ; Les arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, par C,-L, Gatin, Leehevalier, éditeur, 12, rue de Tournon, Paris.
- M. E. Barclay. — Revues pour antiquaires et amateurs d'œuvres d'art : Gazette de l’Hôtel Drouot, 8, rue Milton; L’antiquaire, i3, rue des Petits-Champs; Chronique des arts et de la curiosité; 106, boulevard Saint-Germain; Moniteur des ventes, ai, rue LePeletier, Paris.
- M. L.~F. L,e Boulleux, à Paris. — Nous avons bien reçu votre nouvelle observation du Rayon Vert faite le 10 février dernier, ainsi que l’observation d’une couronne lunaire. Nous vous remercions de votre envoi.
- M. Loudot, à Chalon-sur-Saône. — i° Si les briques de votre carrelage sont assez dures et que la porosité soit seule en cause, le mieux que vous ayez a faire est de couler à la surface un lait de ciment pour remplir les anfractuosités. (Avoir soin de bien mouiller la brique avant intervention du ciment pour que l’adhérence soit parfaite.) Lisser à la truelle et couvrir de planches pendant le durcissement.
- 2° Nous avons traité avec beaucoup de détails la question des parquets sans joints dans la Boîte aux Lettres du n° 2710, i3 mars 1926, réponse à M. Bom-bois, à Marseille, veuillez bien vous y reporter.
- 3* Pour rendre de l’onctuosité à votre cirage, il faut employer de l’essence de térébenthine s’il est à base de cire d’abeilles, du pétrole dans le cas de cire minérale telle que la cire Montané. Bien entendu il faut chauffer légèrement au bain-marie en prenant les précautions d’usage pour éviter l’inflammation, malaxer en même temps avec une spatule pour mettre toutes les parties du cirage en contact avec le solvant.
- 4” Le tétrachlorure de carbone est aujourd’hui un
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- produit courant que vous trouverez chez tous les marchands de produits chimiques, Chenal et Douillet, 22, rue de la Sorbonne, Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, etc.; le prix actuel est aux environs de 6 à 7 fr. le litre.
- 5° Nous ne connaissons aucune utilisation pratique des vieilles lampes électriques et c’est seulement au titre récréatif que nous signalons parfois quelques emplois originaux.
- A. C., à Vichy. — Lorsque les vêtements ont été repassés avec un fer très chaud il se produit assez souvent un aspect glacé du plus fâcheux effet ou des traînées appelées limaçonnages par les apprêteurs. Il est facile de faire disparaître ce lustrage en recouvrant l’étoffe d’un chiffon mouillé (patte mouille des tailleurs) et en repassant par-dessus, le dégagement de vapeur redresse ainsi les libres qui avaient été feutrées.
- D’une façon générale, pour éviter ce glaçage, il convient donc de repasser à l’envers avec un fer modérément chaud l’endroit étant du côté de la table, le tissu étant au préalable humidifié par aspersion au goupillon quelque temps auparavant.
- A. Pierre, Les Aisses. — i° Toutes les colles non additionnées d’antiseptiques sont condamnées à être envahies au bout de peu de jours par les ferments et les moisissures, car elles constituent un milieu nutritif favorable à leur culture. Nous pensons que la formule sui-
- vante vous donnera satisfaction :
- Colle forte.................... 20 gr.
- Amidon de riz.................. 65 —
- Eau ordinaire..................900 —
- Fluorure de sodium.............. i5 —
- Faire gonfler la gélatine pendant 12 heures en la couvrant d’eau (environ les deux tiers de la quantité ci-dessus), liquéfier au bain-marie.
- D’autre part, délayer l’amidon dans le tiers d’eau restant et verser doucement en remuant constamment le lait ainsi obtenu dans la solution de gélatine, continuer à chauffer jusqu’à formation d’un empois bien lié, ajouter le fluorure destiné à la conservation et mettre’en pots.
- 20 Les taches d'encre sur métal argenté s’enlèveront facilement en frottant avec un tampon de coton imbibé d’acide chlorhydrique étendu de 3 à 4 fois son volume d’eau; rincer finalement à l’eau pure plusieurs fois pour éliminer toute trace d’acidité.
- M. L., à Paris. — Il n’y a corrélation entre le degré Baumé à l’acide et la charge que pour un accumulateur en état de marche normale. Avant de parvenir à cet état, les plaques doivent se saturer d’acide; en conséquence, voici comment il faut opérer ; au bout de cinq à six charges et décharges, ramener le degré de l’acide à 220, en cours de charge, c’est-à-dire qu’il faut d’abord charger les accumulateurs, puis augmenter le degré d’acide jusqu’à 220 et continuer à charger jusqu’à 28°. Si vous ne pouvez pas atteindre ce chiffre, il faudrait ajouter petit à petit de l’acide. Nous supposons, bien entendu, que les accumulateurs, quoique ne tenant pas le degré, tiennent la tension, c’est-à-dire qu’un accumulateur chargé à fond et livré à lui-même ne descendra pas au bout de huit jours sans débit au dessous de 2r,i par élément.
- Dr J. T., à Nice. — L’alun ajouté au badigeon de chaux n’aurait aucune efficacité pour éloigner les mouches, vous pouvez dans ce but employer l’essence de laurier; mais il faut s’attendre à ce que son action aille assez rapidement en diminuant; il conviendrait donc au bout de quelque temps de pulvériser sur les murs une solution alcoolique de cette essence pour raviver cette efficacité. Il serait en outre utile d’asperger les foyers d’éclosion de mouches (fumiers, fosses d’aisances, etc.) avec de l’huile de schiste pour assurer la destruction des bestioles.
- Fassio-Lisboa. —- Le soufre à l'état colloïdal s’obtient généralement en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une solution aqueuse d’acide sulfureux, il se forme des flocons abondants que l’eau sépare et redissoui dans l’eau. En réalilé, il s’agit d’une pseudosolution qui est jaune blanchâtre, opaque, dichroïque et n’est transparente que sous faible épaisseur.
- Nous pensons que les maisons suivantes seraient susceptibles, à Paris, de vous fournir du soufre colloïdal : Société des dérivés du soufre, 56, rue Laffite; Gamard et Lemoine, 8, rue de Thorigny; Bodrero, i5, rue du Louvre; Nicolle Malpas, 2, rue Jules-César (12°);
- Société des Engrais organiques, 11 bis, cité Trévise; Regingaud, 15, rue de Surène (8e); Gouin Macré, 17, rue de Sévigné ; Proteau, 60, boulevard de Strasbourg ; Yasile, 33, rue Saint-Lazare ; Baignières et Dewisme, 36, nie Tronchet; Skawinski, 38, cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux.
- M. Tessandier, à Sainte-Adresse. — A notre connaissance, il n’existe aucun moyen de rendre au caoutchouc devenu cassant sa souplesse primitive.
- M. Libauet, au Mesnil (Eure). — 1° Yous trouverez tous renseignements sur le plomb et ses alliages dans les ouvrages suivants : Le plomb, par Bouchonnet, éditeur Gaston Douin, 8, place de l’Odéon; Plomb, cuivre et mercure, par A. Perret, éditeur Albin Michel, 22, rue Huyghens.
- 20 Dans le cas de réutilisation de vieux clichés d’imprimerie, qui vous intéresse, nous pensons qu’il vous suffira d’effectuer une refonte en maintenant à la surface de l’alliage fondu une couche de braise de boulanger en poudre fine. Bien brasser ensuite avec une tige de bois pour rendre homogène avant mise en moules.
- M. A. Guillebaud, à Pantin. — i° Un moyen très simple pour remettre en état les pinceaux qui après avoir servi au vernissage ou à la peinture se sont desséchés consiste à immerger entièrement le pinceau dans l’ammoniaque désigné parfois sous le nom d’alcali volatil. A mesure que le ramollissement se produit, on malaxe les soies du pinceau, de manière à les séparer les unes des autres et bientôt l’instrument retrouve ses qualités primitives, il ne reste plus qu’à laver à l’eau tiède pour terminer l’opération.
- 20 Pour enlever les excréments de mouches sur votre suspension, commencer par laver à l’eau légèrement ammoniacale, rincer à l’eau pure, puis appliquer avec un tampon de coton la mixture suivante ;
- Eau ordinaire.........................3oo gr
- Acide nitrique......................... 5o —
- Alun................................... 10 —
- Laver à nouveau, laisser sécher et revernir au besoin.
- M Mallet, à Bordeaux. — Pour donner de la fixité aux bandes noires de votre papier de tenture, il vous suffira de répartir à la surface, au moyen d’un pulvérisateur ordinaire, la solution suivante :
- Gomme laque........................ i5 gr
- Colophane.......................... i5 —
- Alcool à 900......................1000 cc.
- Laisser digérer pendant quelques jours, en agitant fréquemment, jusqu’à dissolution, passer à la mousseline doublée pour séparer les impuretés insolubles susceptibles d’obstruer le tube du pulvérisateur.
- N.-B. — L’alcool à brûler convient parfaitement pour cet emploi, son odeur disparaissant rapidement ; faire l’opération de jour pour éviter l’inflammation des vapeurs d’alcool. •
- M. Kuhn, à Iiayange. — Afin de supprimer le suintement au raccord de votre robinet et du réservoir à benzine, il faut dévisser le robinet, puis placer à l’épau-lement du pas de vis une rondelle de carton enduite d’un mélange à parties égales de chaux vive et de fromage blanc, remettre en place et serrer.
- Au cas où le robinet ne pourrait être enlevé complètement le dévisser seulement d’une quantité suffisante pour introduire la rondelle fendue en un point et
- enduite du mélange ci-dessus, que l’on prépare juste au moment de l’emploi.
- M. J. de Lima, à Lisbonne. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 2711 du 20 mars 1926, page 94 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- M. Le D' Burquet, à Montélimar. — La glu pour attraper les mouches se prépare en prenant :
- Huile de lin.......................5oo gr
- Colophane....................... . 600 —
- Miel...............................200 —
- Glycérine........................ 5o —
- On fait bouillir l’huile de lin jusqu’à consistance épaisse en prenant toutes précautions d’usage contre le débordement et l’inflammation, après quoi on y incorpore dans l’ordre indiqué la colophane réduite en poudre, le miel, puis la glycérine. Il ne reste plus qu’à appliquer encore chaud, en couche épaisse sur du papier fort et à laisser sécher.
- Cette mixture exempte d’arsenic présente l’avantage d’être inoffensive et ne peut donner lieu à des accidents comme certains papiers tue-mouches.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Pour comprendre le calcul intégral, par G. Georges Durand, i vol. in-16, 216 p. avec 82 lig. G. Doin, éditeur, Paris, 1926. Prix : 12 francs.
- L’auteur a réussi à expliquer très clairement les principes et les caractères essentiels du calcul intégral, qui est si souvent un épouvantail pour les apprentis mathématiciens ; mais qui rend de signalés services à quiconque sait le manier.
- Emission, Chaleur Solaire, Eclairage, théorie de l’Emission, par H. Bouasse. i vol. in-8°, 44° P-> 200 fig-Delagrave, éditeur. Paris, 1925, Prix broché : 36 fr.
- Les nombreux sujets traités dans cet ouvrage se groupent autour de ce chapitre de la physique que l’on appelait autrefois la chaleur rayonnante. Il rappelle tout d’abord des expériences anciennes, mais fondamentales, de Rumford, de Dulong et Petit, au sujet du refroidissement des corps, et qui permettent de définir les trois modes de transmission de l’énergie calorifique : rayonnement ou émission, convection, conduction. Suivant, dans ses grandes lignes, l’ordre du développement historique de cette branche de la science, l’auteur expose les procédés de mesure qui permettent d’étudier les pouvoirs émissifs, absorbants et diffusants de divers corps ; il décrit un grand nombre d'expériences, souvent fort ‘curieuses, effectuées par divers physiciens surtout dans la première moitié du dernier siècle, à une époque où l’on n’était pas encore convaincu de l’identité des radiations calorifiques et lumineuses, et où l’on ne savait pas encore les caractériser par leur longueur d’onde. Puis il passe à l’étude approfondie, théorique et expérimentale du rayonnement du corps noir. Dans, le chapitre -suivant intitulé thermodynamique du vide il démontre l’existence de la pression de radiation et il aborde la théorie dés quanta de Planck ; après quoi, revenant aux questions purement expérimentales, il résume les recherches modernes de Langley, Paschen, Rubens, etc. sur l’émission et l’absorption et décrit les méthodes et appareils essentiels pour la pyrométrie et la pho-tométrie. Il étudie ensuite le rayonnement solaire, mesure de la constante solaire, absorption atmosphérique, rayonnement nocturne et diurne de la Terre, etc. Puis nous trouvons un excellent résumé de nos connaissances actuelles sur les spectres de raies et de bandes, ainsi que sur les relations numériques qui relient entre elles les séries de raies d’un même spectre. Cet exposé nous amène tout naturellement aux théories i-écentes de Bohr et de Planck, sur le mécanisme électronique et quantîque de rémission. M. Bouasse expose ces théories, si contestées encore, avec une grande lucidité et une parfaite impartialité ; il ne manque pas de mettre en évidence la .contradiction absolue qui existe entre ces théories et celles de l’optique électromagnétique classique. Si les premières expliquent et groupent Un grand nombre de phénomènes, s’il est vrai qu’elles se sont montrées d’une grande fécondité, elles restent impuissantes devant les phénomènes d’interférence qu explique parfaitement l’optique classique. Ce sera la tâche de la science future de ramener l’unité dans cette branche de la science. L’ouvrage se termine par deux chapitres : l’un consacré au phénomène ‘de Zeemann, l’autre aux phénomènes de fluorescence et phosphorescence.
- Le. minerai et les mines de fer en France (Pyrénées, Normandie, Anjou, Bretagne), par A. Pawlowsici. 1 vol. 148 p. Jules Charles et A. Brunet, éditeurs, Paris, 1926.
- L’auteur a entrepris un inventaire détaillé des ressources de la France en minerai de fer, ressources très considérables, tout le monde le sait, mais assez peu connues du grand public, qui sait seulement l’existence du bassin de Lorraine. M. Pawlowski passe en revue les gisements pyrénéens, encore peu explorés, ceux de Normandie qui donnent lieu déjà à une vaste exploitation industrielle dont Caen est le centre, puis ceux d’Anjou, riches eux aussi et exploités mais moins intensivement, enfin ceux de Bretagne gui offrent de sérieuses espérances. M. Pawlowski
- décrit la situation géographique et géologique de chacun de ces gisements ; relate les travaux d’exploration effectués, les concessions accordées, et analyse l’état actuel de l’exploitation, ainsi que ses chances d’avenir.
- Les Progrès de la fonderie (moulage et fusion), par G. Derulle. 1 vol. 256 p., 102 fig. Encyclopédie Léauté, éditeurs : Masson et Cie, Gauthier-Villars et Cio, Paris, 1926.
- L’art du fondeur remonte à la plus haute antiquité, et il a atteint, dès les temps les plus anciens, une perfection dans l’exécution qui n’est pas toujours surpassée par les artisans modernes. Aussi la fonderie est-elle restée longtemps le domaine des tours de main plus ou moins secrets, et par suite de la routine. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui; depuis quelques années, la physico-chimie qui a joué un si grand rôle dans l’évolution des autres branches de la métallurgie pénètre à son tour et fait évoluer la fonderie. D’autre part, le développement des fabrications mécaniques et les difficultés de main-d’œuvre ont obligé la fonderie à modifier profondément son outillage en l’orientant de plus en plus vers l’automatisme et les productions à grand débit. C’est ce dernier aspect de l’évolution moderne de la fonderie qui fait le sujet du livre de M. Derulle. Il y décrit le matériel de moulage et de fusion aujourd’hui en usage dans les établissements modernes ; il explique les raisons et les conditions de leur emploi. C’est tout d’abord la préparation des sables de fonderie, puis la description des divers procédés de moulage ; moulage à la main, moulage à la machine par les différents types de machines aujourd’hui en usage. L’auteur passe ensuite à l’étude du matériel de fusion : fours, convertisseurs, fours électriques, cubilots, matériel et procédés de coulée. Il termine par la description du matériel de nettoyage, finissage, et vérification des pièces fondues.
- Les Huracaties de las Antillas, par Simon Sa'rasola, S.-J. 1 vol. 178 p., 22 fig., publié par l’Observatorio Nacional de San Bartolomé de Bogota, Bogota, 1925.
- Cet important mémoire météorologique offre un double intérêt : un intérêt théorique général et un intérêt pratique particulier qui est celui de la prévision des ouragans dans la mer des Antilles. Dans la première partie, l’auteur s’appuie sur les observations poursuivies depuis plus de 60 ans par l’Observatoire de Belen (Cuba) et sur les remarquables travaux du R. P. Vinès, un précurseur de la météorologie, par l’étude des systèmes nuageux. L’auteur décrit le régime des vents au voisinage de Cuba et expose les principes scientifiques sur lesquels est fondée la prévision des ouragans, telle que la pratique l’Observatoire de Belen, pour le plus grand profit de la navigation dans les Antilles. Ces règles, dues en partie au P. Vinès, s’appuient sur l’observation combinée des successions nuageuses, des variations barométriques, de la houle. Un service radiotélégraphique permet d’aviser les bâtiments en mer des résultats de ces prévisions. L’auteur donne ensuite quelques descriptions de cyclones caractéristiques de la région et discute les diverses théories émises pour les expliquer. Dans la seconde partie du mémoire, il passe en revue les idées nouvelles qui guident la météorologie moderne pour la prévision des perturbations atmosphériques : école norvégienne de Bjerknes, méthode de Guilbert, dont le P. Vines fut un précurseur, analyse harmonique de Vercelli, rapports entre la radiation solaire et les perturbations de l’atmosphère.
- Les problèmes agricoles traités par des ingénieurs agronomes, 1 vol. in-8, 128 p. Association amicale des anciens élèves de l’Institut national agronomique, 5, quai’Voltaire) Paris.
- Série de questions d’actualités traitées par les ingénieurs agronomes les plus en vue : économie rurale, agriculture, génie rural, forêts, haras, industries agricoles. Le tout forme une revue des préoccupations d'aujourd’hui et des progrès récemment réalisés dans les milieux agronomiques.
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- N° 2722 S Juin 1926
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- INFORMATIONS
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- La station de télégraphie sans fil de Rugby. — Le
- nouveau poste de T. S. F. du gouvernement anglais, monté à Rugby, est, dit-on, le plus puissant aujourd’hui en service dans le monde. Il offre un grand nombre de particularités nouvelles. Le Dr Eccles les signale dans un article du périodique anglais Nature. Le poste occupe un terrain de 2400 m. de long sur 1660 m. de large, à 102 m. au-dessus du niveau de la mer. Il possède 12 mâts d’antennes, chacun de 246 m. de hauteur, disposés à la périphérie du terrain du poste ; les bâtiments en occupent le centre. Ceux-ci sont au nombre de deux : l’un est un hall contenant les machines électriques d’une puissance totale de 800 kilowatts ; l’autre bâtiment abrite, au rez-de-chaussée, les lampes thermioniques ; au ier étage, les condensateurs; au 20 étage, les selfs ; il contient, en outre, des salles pour les machines auxiliaires, les bureaux, les ateliers et les salles d’essais.
- Les mâts d’antennes sont isolés de la terre, contrairement à la pratique usuelle. Ils sont montés à 4 m. 80 au-dessus du sol, sur des plates-formes isolantes en granit de Norvège, choisi en raison de ses faibles pertes diélectriques à haute fréquence. L’antenne a également une forme nouvelle. Elle consiste, en définitive, en un conducteur unique porté parles 12 'mâts et faisant tout le tour du terrain du poste. Ce choix a été dicté par le fait qu’une antenne de cette forme a, par rapport à la terre, une capacité électrique presque dù même ordre de grandeur que celle de toute la surface de la courbe fermée dessinée par l’antenne. Le conducteur lui-mème est constitué par 8 fils de bronze phosphoreux, disposés suivant les génératrices d’un cylindre de o m. 3o de diamètre, dont l’axe est un fil d’acier. Des cercles également^spacés maintiennent Ces fils en placé. Des dispositifs mécaniques automatiques permettent de détendre le conducteur, lorsque survient une tempête et de le retendre lorsque la rafale a cessé. La longueur de l’antenne est de près'de 5 kilomètres.
- Le mode d’alimentation de l’antenne en courant électrique oscillant n’est pas moins nouveau et remarquable par la constance de la fréquence produite. La source des oscillations est un électro-diapason donnant exactement 2000 vibrations par seconde, entretenu au moyen d’une petite lampe à trois électrodes. Le courant d’entretien est distordu grâce à l’application d’une tension négative constante sur la grille, puis amplifié par passage à travers deux petites lampes triodes en cascade, chacune ayant une tension plaque de i5o volts. On prélève, au moyen de filtres résonnants, la 8e harmonique de ce courant et l’on obtient ainsi un faible courant à la fréquence 16 000 par seconde; ce sont ces faibles oscillations qui vont régler la fréquence du courant envoyé à l’antenne. A cet effet, on les fait passer dans un premier amplificateur à 3 étages, à 1000 volts de tension plaque; les oscillations renforcées issues de celui-ci passent ensuite dans un triode en verre de 600 watts avec 10 000 volts de tension plaque. Elles sont alors envoyées sur les grilles de 3 triodes à anodes creuses refroidies à l’eau, dont chacun peut fournir 3o kilowatts à haute fréquence. Cette puissance est enfin appliquée aux grilles de 54 triodes analogues, à anodes refroidies à l’eau, montés en parallèle et qui débitent environ 540 kilowatts dans le circuit d’antenne. Les anodes de ces lampes sont alimentés par du courant continu à xo 000 volts, au moyen de groupes moteurs-générateurs débitant de 1000 à i5oo kilowatts à un voltage pouvant varier à volonté de 10000 à 18 000 volts. Le courant thermionique peut dépasser 100 ampères. En somme, ce montage complexe a pour effet d’amplifier, dans des proportions énormes, le courant initial, presque infiniment petit, fourni par l’électro-diapason ; celui-ci se trouve amplifié cent mille millions de fois.
- La fréquence du diapason pourrait être altéi’ée, par exemple, par des changements de température ; des vis de réglage montées sur les branches permettent dans tous les cas de le régler rigoureusement à 2000 par seconde. Les avantages d’une fi’équence d’émission rigoureusement constante sont manifestes ; les postes récepteurs peuvent, en effet, dans ce cas, être dotés
- d’une grande sélectivité et il leur est alors facile d’éliminer toutes les réceptions parasites provenant d’autres postes. Le poste de Rugby se fait très clairement, en* tendre en Chine, à Java et en Autsralie.
- Helice d’avion a récupération. — La revue les Ailes signale que M. Leyat, l’inventeur bien connu des lecteurs de La Nature, poursuit avec le concours de la section technique de l’Aéronautique la mise au point d une hélice d avion à récupération. La récupération en question est celle de l’énergie qui subsiste dans les gaz d échappement du moteur et qui est d’autant plus considérable que 1 altitude est plus élevée. Le principe de cette helice est le suivant : l’échappement du moteur s’effectue par l’extrémité des pales de l’hélice ; il en résulté par réaction un couple supplémentaire sur l’hélice et un gain de puissance pour l’ensemble du système propulsif.
- La laine artificielle de bois. — La Chambre de Commerce française en Suède fait connaître les résultats des essais poursuivis dans ce pays pour fabriquer de la laine artificielle au moyen .de la cellulose, comme on obtient de la soie artificielle.
- D autre part, on fabrique, en Italie, notamment la Snia Viscosa à Turin, de la laine artificielle avec la cellulose fournie par la Société suédoise Billerud.
- Celte société fabrique, annuellement, 3oooo tonnes de cellulose destinée à être transformée en soie artificielle ou en laine artificielle. Le prix de la laine artificielle représente environ la moitié du prix de la laine véritable. On estime que ce produit pourrait faire une sérieuse concurrence au coton américain.
- En ce qui concerne l’industrie en Suède, il y aurait là une garantie contre la diminution éventuelle des demandes de cellulose, résultant d’une crise dans la fabrication de la soie artificielle.
- L’e-xploitation forestière dispose ainsi d’un nouveau débouché offert par l’industrie,de la cellulose.
- Utilisation de la sciure de bois en savonnerie. —
- L’industrie savonnière a la possibilité d’utiliser la sciure de bois très fine en l’incorporant dans la pâte de savon, au moment de la coulée.
- Les différents genres de savons se prêtent à cette adjonction sans que l’on soit obligé de modifier la fabrication. Il suffit, après avoir mêlé la sciure de bois à la pâte, de brasser énergiquement cette pâte afin d’obtenir une parfaite homogénéité.
- La sciure de bois est ajoutée dans la proportion dé 20 pour 100, mais cette quantité peut varier suivant les cas.
- Le savon à la sciure de bois présente l’avantage d’enlever rapidement et facilement les corps huileux ou graisseux, grâce à la sciure de bois, dont la désagrégation s’opère avec la formation de la mousse.
- Cette utilisation met en valeur la sciure de bois considérée, généralement, comme un sous-produit encombrant.
- Disparition de l’arbre à pain. — Dans le Bulletin de l’Agence générale des Colonies, M. Charles Henry signale et regrette la disparition de l’arbre à pain (Arto-carpus incisa} dans les îles du Pacifique.
- Dans nombre de groupes d’îles à l’est des Philippines, dans le nord et le sud du Pacifique, le fruit à pain était la seule nourriture des habitants lorsqu’ils furent découverts par les Européens et il continue d’en être la principale, sauf là où la civilisation blanche a introduit la sienne ; comme la banane, il a une remarquable valeur nutritive et sa production est abondante ; il attira l’attention des premiers explorateurs, plus que n’importe quel autre produit et le nom qu’ils lui donnèrent indique l’importance qu’ils y attachaient.
- Or, la disparition graduelle de l’arbre à pain suit celle des indigènes de quelques archipels du Pacifique ; îles de la Société, Marquises, Fidji ; il est notoire notamment que les Marquises, qui avaient autrefois la réputation de posséder des vallées populeuses, se transfox'-ment en jungle.
- Il est regrettable qu’un arbre de si grande valeur soit en voie de disparition et le Dr T. J. Wester, des îles Philippines, ayant appris qu’aux îles Bahamas l’ai-bre à
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- pain se multiplie par sectionnement des racines, vient d’essayer à Lamas, avec succès, de replanter des fragments de racines préalablement sectionnées. Arrivera-t-on ainsi à sauver une espèce utile qui partout va en diminuant de nombre ?
- Le narcisse des Glénans. — M. Auguste Chevalier, directeur du laboratoire d’agronomie coloniale du
- Muséum, a publié il y a un an et demi dans La Nature (n° 2637, 18 octobre 1924) l’histoire de cette plante, la plus rare de la flore française.
- Nous avons pu au début du mois d’avril dernier, pendant un séjour au laboratoire maritime du Collège de 1 rance à Concarneau, aller visiter l’archipel des Glénans
- au moment de la floraison de ce Narcisse et la photo-phier dans son plein épanouissement.
- La figure 1 représente quelques pieds isolés, en boutons ou en fleurs ; elle renseigne sur le port de la plante et on pourra la comparer au dessin qui illustrait l’article de M. Chevalier.
- La figure 2 donne l’aspect de la lande de l’île Saint-Nicolas, parsemée de très nombreuses fleurs de Narcisses.
- La Société Botanique de France s’était préoccupée
- des moyens d’assurer la conservation de cette espèce rarissime. On voit que pour le moment, il n’y a rien à redouter. IL Leoendre.
- L’ancienneté du ski. — Dans La Montagne de mars 192^, sous les initiales J. G. une courte note signale qu’une mention de ce mode de locomotion se trouve faite par un auteur français, André Thevet <c Cosmographe de quatre rois », dans sa « Cosmographie universelle de iS'jS. D’après lui, les habitants de la Permie, en Moscovie, portent des semelles de bois, longues de trois pieds, ainsi qu’on fait en plusieurs autres lieux de Russie et les appellent artach, avec lesquelles ils vont d’une extrême hastivité et diligence.... »
- Ce point, de l’histoire du ski n’est pas dénué d’intérêt, il établit que l’usage du ski est fort ancien et qu’il a mis très longtemps à se répandre.
- L’exploitation minière à Madagascar en 1925.—
- Le Bulletin des mines de Madagascar résume la situation minière delà grande île en 1925. L’exploitation du graphite, constituant au jourd’huila principale exploitation minière de Madagasca r,ne cesse de faire des progrès. Notre colonie tient désormais sur le marché du graphite une des premières places dans le monde; sa principale rivale est Ceylan. La préparation des graphites de Madagascar va constamment en s’améliorant au point de vue technique ; aussi leur qualité est-elle de plus en pins appréciée, sur le marché américain notamment. Il a été, en 1925, exporté i5 000 tonnes de graphite, représentant une valeur de 37 786 000 fr. Après le graphite, le produit minier le plus important est le mica, dont il a été exporté en tout 267 200 kg en 1920, chiffre un peu inférieur à celui de 1924. qui s’explique par la décroissance de l’exportation du mica moscovite; par contre, le mica phlogopite de Madagascar est de plus en plus apprécié sur le marché mondial pour tous les emplois électriques ; il va bientôt constituer un concurrent sérieux pour le mica ambré du Canada. De nombreuses sociétés de constructions électriques ont envoyé des missions étudier les gisements du sud de l’île. La plus grosse partie de la production phlogopite provient de la province de Fort Dauphin; elle est malheureusement entravée par les difficultés de transport.
- L’or, qui était autrefois, au point de vue de la valeur des exploitations, le premier ou le second produit de la colonie, est passé au 3e rang. Sa production diminue constamment. Elle n’a atteint en 1925 que 197 kg 086, représentant une valeur de 2 6(i3 5oo fr.
- L’exploitation des pierres précieuses est stationnaire : la production des béryls et grenats de joaillerie diminue, celle des grenats pour la pivoterie augmente. L’exportation du corindon est en augmentation (206 tonnes contre 167). Mais la situation des minerais radioactifs qui ne trouvent pas de débouchés en ce moment en France ni à l’étranger est très difficile.
- Enfin, le Bulletin signale la découverte récente, due à M. Jamet, de très importants affleurements de charbon sur la Sakoa, à la limite des provinces de Tulear et de Betroka, à 120 km. à vol d’oiseau de l’embouchure du fleuve Onilahy et à iS km, environ à l’ouest du gisement déjà connu de l’ianapera. Cette découverte ouvre de belles perspectives pour l’avenir économique du sud-ouest de l’île.
- Anvers et les potasses d’Alsace. — La potasse trouve un très important débouché aux Etats-Unis. Les expéditions du précieux engrais se font principalement par le port d’Anvers. La Journée industrielle annonce que la ville d’Anvers, en collaboration avec la Société commerciale des potasses d’Alsace, vient de décider la construction d’une grande installation de stockage et de manutention des sels de potasse, assurant la mise en stock de 5oo tonnes de sel par heure, la reprise et le chargement des grands cargos. L’installation de manutention permet le déchargement des wagons ou des péniches apportant le sel, la mise en stock dans les magasins, la reprise au moyen de gratteurs et la mise en cargo soit directement en vrac, soit en sacs. Une tour d’ensachage, haute de 3o mètres, sera aménagée pour la mise en sacs, avec un débit de 1006 sacs de 1100 kg par heure. Deux grands magasins sont prévus pour le stockage de 100000 tonnes de potasse. Chacun de ces magasins, en béton armé, aura 260 m. de long, 27 m. 5o de large et 18 m. de haut.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 4». Construction
- Pieux à vis en béton armé. — Le problème des fondations est l’un des plus ardus et des plus difficiles à résoudre. La consolidation des terrains insuffisamment résistants pour recevoir des constructions est un des éléments de ce problème; cette amélioration est obtenue par les différents systèmes de pieux ou encore par les puits.
- On a depuis longtemps employé des pieux à vis entièrement ou partiellement métalliques, leur abandon presque total est dû à un prix de revient très élevé.
- Un nouveau pieu à vis en béton armé, le pieu à ,is Grimaud, du nom de son inventeur, a vu le jour en Vendée. Divers travaux y ont été exécutés en très peu de temps.
- Son rôle n’est pas limité à celui de pilotis ordinaire, mais il convient dans maintes applications, telles que la reprise en sous-œuvre, la consolidation des quais qui glissent, etc....
- Le pieu Grimaud est en béton armé, son corps présente une section octogonale, il est muni à sa partie inférieure, sur une hauteur de 80 cm environ, d’une vis à double spire, dont les saillies sont également en béton armé, la partie à vis est terminée par un sabot et une tarière centrale, en fonte. Ce sabot a la hauteur d’un demi-pas.
- Lors de sa création, l’inventeur avait surtout en vue
- Fig. i. —- Quelques types de pieux à vis.
- l’exécution de différents travaux, dans la région vendéenne, qui l’environne. Le sol vendéen est, en effet, constitué de bocages et de marais. Le sol du bocage est, en général, formé d’argile, il est quelquefois sableux, celui de la plaine est composé de calcaires mélangés d'oxyde de fer.
- Le marais vendéen, conquis sur la mer au moyen âge, est à peine surélevé, le sous-sol est constitué d’une couche d’argile, de 5 à 6 m., recouverte elle-même d’un humus végétal d’origine tourbeuse de i m. environ, cette couche d’argile repose sur lé rocher, ce qui indique la solution vers laquelle tendaient les efforts de l’inventeur.
- En effet, cette glaise, insuffisamment compacte pour recevoir des ouvrages, masquait à 6 m. environ une assise idéale, le rocher.
- 11 s’agissait de trouver un moyen autre, moins onéreux, plus élégant, plus rapide que le pieu battu ordinaire, d’où l’idée du pieu à vis en béton armé.
- Différentes constructions et de nombreux ponts érigés sur pieux à vis ont été édifiés dans la région; parmi ces travaux, l’un mérite une mention spéciale, parce qu’il montre le parti à tirer de ce pieu dans certains cas difficiles, c’est la consolidation du pont de Mailiezais sur la rivière Authis en Vendée.
- Les culées de ce pont s’étaient affaissées et inclinées de io° environ, le service départemental appréhendait la nécessité d’interrompre la circulation pour la réfection de ce pont; or, grâce aux pieux à vis, la consolidation put se faire par le sous-œuvre sans gêner le trafic en aucun moment. Douze pieux vissés le long des culées
- des poutres horizontales vinrent consolider définitivement le tablier et les culées de pont.
- Stimulé par ses succès, l’inventeur, désireux d’efîec-
- Fig. a. — Ouvriers fonçant des pieux à vis de 8 mètres sous un pont sans avoir à en enlever le tablier.
- B tuer des travaux dans des terrains plus sableux, songe à utiliser l’eau sous faible pression, afin de permettre un afîouiliement à la pointe; grâce à ce procédé, des résultats remarquables ont été obtenus. En effet, lors du vissage, la tarière et le sabot, écartant les éléments durs, sont grandement aidés par l’afîouillement d’eau qui désunit le meuble du dur et permet même le fichage dans les terrains d’apport.
- Ce pieu est appelé à jouer un grand rôle dans les ouvrages côtiers, la consolidation de digues, la préservation du littoral, etc., diverses expériences ont du reste déjà été couronnées de succès.
- Les pieux à vis écartent tous les engins de battage coûteux; les sonnettes lourdes sont remplacées par une simple bigüe, le matériel de vissage comporte un collier de vissage qui se fixe sur la partie octogonale du pieu, six logements reçoivent des leviers de manœuvre, sur lesquels appuient les hommes. L’enfoncement du pieu se fait par rotation. L’opération de vissage est d’une étonnante rapidité.
- Un trou de 5o cm est ouvert à la bêche, le pieu y est enfoncé verticalement, au moyen d’une bigue à trois branches, et muni d’un collier spécial.
- Le pieu est maintenu en position par son propre poids, la bigue abattue. Les leviers dans les emmanchures du collier, 4 hommes s’y attellent provoquant
- Fig. 3. — Consolidation d’un pont. Le vissage des pieux est terminé.
- par rotation un enfoncement d’environ 8o cm à i m. par minute.
- Cinq minutes suffisent pour atteindre avec un pieu de 38 cm de diamètre une profondeur de 4 m. 5o et la durée
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- SClpNCE APPLIQUÉE }
- totale de l’opération, y compris les opérations préliminaires, ne dépassant pas un quart d’heure.
- La construction du pieu à vis ne présente aucune difficulté; son armature est prévue et calculée pour s’opposer aux. efforts de torsion lors du vissage et aux efforts de compression. Un frettage judicieusement établi donne la solution. Le moulage se fait horizontalement et d’une seule venue. Au moule du corps en bois ou métallique vient s’adapter le moule en fonte de la vis, ce dernier est en quatre coquilles pour faciliter le démontage des parties gauches.
- Ce système, dans certains cas, constituera le seul moyen à employer, par exemple la reprise en sous-œuvre, l’édification d’échafaudages temporaires, en rivières, etc. En outre, son coût réduit permet la récupération de certains travaux abandonnés; fiché sans heurts, il peut être employé au voisinage de vieilles bâtisses.
- Des licences ont été accordées en Egypte et en Indochine. Aux colonies, où la main-d’œuvre spécialisée ne peut s’obtenir des indigènes, les ouvriers européens seront dorénavant superflus, car un simple contremaître suffira pour diriger les travaux de ferraillage et vissage des pieux Grimaud.
- Agent : Josse Wyckmans, 14, rue de Moscou, Paris.
- *> Chauffage
- Gazogène à essence. — Cet appareil se compose d’un réservoir à essence d’une contenance de 10 à 12 litres, qui comporte un indicateur de niveau de précision; d’une série de carburateurs, dont le nombre varie suivant la force de l’appareil, et qui alimentent chacun deux becs; d’un doseur distributeur d’air; d’un collecteur de gaz; d’un compresseur hydraulique qui alimente le distributeur de la quantité d’air nécessaire au fonctionnement et enfin d'un robuste mécanisme d’horlogerie qui actionne le compresseur.
- Lorsque le mécanisme d’horlogerie entre en action, le compresseur envoie, sous une pression déterminée, une certaine quantité d’air qui arrive dans un distributeur alimentant un nombre variable de carburateurs séparés. Du côté opposé se trouve le collecteur de gaz qui est relié par un raccord approprié à la canalisation desservant les divers appareils d'utilisation.
- La communication entre le distributeur d’air et le collecteur de gaz est assurée par l'intermédiaire de tubes de carburation, dans lesquels l’essence du réservoir est
- Fig. 4. — Gazogène à essence.
- amenée par capillarité de mèches spéciales. Chacun de ces tubes est relié de part et d’autre par de petits raccords, dans lesquels il ne passe qu’une très faible quantité d’air ou de gaz, calculée pour l’alimentation d’un ou deux becs par carburateur.
- L’arrivée d’air du distributeur et la sortie de gaz du collecteur étant placées du même côté, on comprend qu’il ne sera pris au distributeur d’air que la quantité de gaz utilisée sur la canalisation et que l’air passera
- du distributeur au collecteur en suivant le plus court chemin de l’un à l'autre.
- Si la consommation de gaz est minime, l’orifice du premier tube de carburation sera seul utilisé et l’air qui traversera cette ouverture se chargera d’une quantité bien déterminée de vapeur d’essence. Si en raison
- Fig. 5. — Les carburateurs et les becs du gazogène à essence.
- d’une plus grande consommation de gaz, une plus grande quantité d’air est prise au distributeur, cet air passera par deux, trois ou plusieurs tubes de carburation et toujours en prenant le plus court chemin, c’est-à-dire en passant par le deuxième, troisième ou quatrième carburateur.
- La particularité de cette disposition est de doser très exactement l’air en vapeur d’essence, selon le gaz utilisé et sans le secours d’aucun moyen mécauique. On ne craint, par conséquent, ni usure, ni déréglage.
- Le fonctionnement du compresseur est automatique, par le fait d’ouvrir le robinet d'un appareil quelconque branché sur la canalisation.
- La fermeture du robinet arrête instantanément le compresseur, il n’y a donc aucune réserve de gaz; celui-ci est fabriqué au fur et à mesure de la consommation. Enfin, le gaz est produit à froid ; il est inasphyxiant et inexplosible et son utilisation est sans le moindre danger.
- On utilise une essence légère; o.5o gr. d’essence donnent 1 m5 de gaz à 3700 calories dont le prix de revient est moins élevé que celui du gaz de houille, qui ne donne souvent pas plus de 3ooo calories au mètre cube.
- L’avantage revient nettement au gaz d’essence produit par un mélange d’air atmosphérique, pour 97 parties d’air et 3 parties d’essence.
- Pour la mise en marche, on place de l’eau dans le compresseur jusqu’à la hauteur du bouchon de niveau, puis io litres d’essence légère dans le réservoir.
- On remonte le mécanisme d’horlogerie, on ouvre le robinet de départ de gaz et celui-ci peut êtreutilisé instantanément dans chacun des appareils de la canalisation.
- L’entretien de l’appareil demande la vérification du niveau d’eau du compresseur, tous les deux ou trois mois environ, et l’approvisionnement en essence tous les mois à peu près. Le mécanisme d’horlogerie est à remonter tous les jours à l aide d’une manivelle de fonctionnement très doux en raison d'un démultiplicateur à engrenages. Ce remontage s’effectue en 3o secondes.
- Il n’y a aucun réglage compliqué, aucun nettoyage; il suffit d’ouvrir un robinet au réchaud de cuisine, aux becs d’éclairage, aux radiateurs et le gaz s’allume instantanément donnant une chaleur et une lumière sans égales.
- Ce gazogène utilise la même canalisation, les mêmes becs d’éclairage, les mêmes radiateurs que ceux employés pour le gaz de houille. Il suffit d’agrandir légèrement les injecteurs des appareils, opération que l’on peut effectuer soi-même.
- Cet appareil rendra de grands services dans les endroits où le gaz de houille n’existe pas : éclairage, cuisine et chauffage domestiques des habitations particulières, châteaux, collèges, hôpitaux, hôtels, etc. ; chauffage industriel pour ateliers, usines, laboratoires, etc.,..
- Constructeur : Brégeault, 18, rue Yolta, Paris.
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- VARIETES
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- LES F^T|ÇuyptITES MÉTÉOROLOGIQUES DE LA SAISON FROIDE Î925-1926
- A PARIS
- Les vicissitudes atmosphériques ayant été parfois si nombreuses et si rapides dans le courant de la saison froide 1925-19016 doivent bien qu’on leur consacre quelques lignes, car elles n’ont pas été sans retenir notre attention.
- Octobre. — Ce mois, dans son ensemble, a été assez chaud et pluvieux, il a présenté une période de sécheresse presque absolue pendant les quinze premiers jours, compensée ensuite par des pluies assez abondantes fournissant en 14 jours de chutes appréciables un total de 79 mm 4, tandis que normalement on en recueille 58 mm 3 en 15 jours pluvieux.
- La première gelée blanche de l’automne a été observée le 10, et le i5 le premier jour de gelée à glace de la saison froide 1925-1926, avec un minimum de — 20,1 et une température moyenne diurne de 3°,90, les plus bas qui se soient produits à pareille date depuis 52 ans (à l'Observatoire du Parc Saint-Maur), tandis qu’au contraire, le 21 et le 22 on enregistrait les températures moyennes les plus élevées, i6°,55 et 150,91, que l’on ait observées à ces mêmes dates depuis également S:>. ans.
- Novembre. — Ce mois a été caractérisé par des froids peu intenses, mais remarquablement prolongés. Il a été pluvieux à son début et à sa lin; les chutes de neige fréquentes (7 journées) mais très faibles; il a de plus été très peu ensoleillé.
- La température moyenne du mois, au Parc Saint-Maur, 4°, • présente un déficit de 1 7, cinq autres mois de novembre, depuis 1872, ont été plus froids encore, notamment ceux de 1915, de 1919 et de 1921. On a noté 14 jours de gelée et le minimum absolu —4°>° noté le 27 n’a rien d'excessif.
- Décembre. — Mois à grandes variations de pression et de température, avec beaucoup de vent et de pluie à la fin, à partir du 19.
- En moyenne générale, ce mois a été caractérisé par une pression barométrique basse (755 mm o au lieu de 758 mm o, moyenne de 5o années), une température un peu supérieure à la normale (3°,78, normale 3°,37), une pluviosité très élevée (85 mm 5 d’eau en 19 jours alors que la moyenne est Si mm 7 en 17 jours), ce total est exceptionnellement élevé et n’a été dépassé que trois fois en décembre depuis le début des observations au Parc Saint-Maur, c’est-à-dire depuis 1873.
- La dépression dont le centre est passé sur nos régions dans la journée du 21 a été accompagnée d’un minimum barométrique de 724 mm o; l’un des plus bas observés depuis 52 ans au Parc Saint-Maur ; ce minimum a été suivi d'une hausse exceptionnellement rapide (10 mm 4 entre i5 h. et 18 h., et 4 mm 7 en 1 h., de i5 h. 45 à 16 h. 45, à Montsouris). Le 4 du mois la pression atteignait un maximum de 773 mm 7, ce qui fait un écart considérable de près de 5o mm (49 mm 7) entre les extrêmes absolus du mois.
- La période froide qui avait commencé le 9 novembre s’est terminée le 8 décembre ; une autre, très courte, mais plus rigoureuse, a eu lieu du i3 au 19 (minimum absolu —n°,i le 16 au Parc Saint-Maur), mais ces assez basses températures ont été plus que compensées par les températures élevées qui ont caractérisé les douze derniers jours du mois. Les maxima des 21, 26 et du 3o surtout (i5°3) sont les plus élevés notés à pareille date depuis 1874 et les températures moyennes diurnes relevées le 21 et le 3o, en excès de plus de. 90, n’avaient jamais été atteintes à ces mêmes dates sous l’abri de l’Observatoire du Parc Saint-Maur. L’amplitude totale de la température pour le mois a été dé 26°,4•
- Importantes chutes de neige les i3 et 14 ; le i5 au matin, la région parisienne était couverte d’une couche atteignant par places de 10 à i3 cm, laquelle n’a été entièrement fondue que le 20.
- Janvier. — A ne considérer que les moyennes et totaux mensuels, ce mois a été plutôt chaud et pluvieux avec pression barométrique inférieure de 2 mm 7 à la normale.
- En réalité, il se divise en trois périodes nettement,, distinctes, deux très chaudes, du xcr au 8 et du 25 au 31, séparées par une période froide qui a débuté le 9 pour
- finir le 22. La température moyenne de ces deux périodes chaudes a été anormalement élevée, la moyenne des écarts des températures journalières, par rapport à leurs normales respectives, atteint-[-4u>9 dans la première et -f- 5°, 1 dans la seconde; la moyenne des écarts à la normale est moins forte pendant la période froide, elle n’est que de — 2°,9. Deux journées très chaudes, le 2 et le 26, ont présenté des écarts supérieurs à + 7(,o, la journée la plus froide du mois, le 14, dont la température présente par rapport à la normale un écart de — 8°,6, on a noté le minimum absolu le plus bas — 7°,6 et la température moyenne la plus faible 5°,95, qui se soient produits à pareille date -depuis le début des observations du Parc Saint-Maur. Par contre, la température moyenne du 26, 9°,89 et le maximum du 27, i3°,3, dépassent les plus élevés notés le 26 et le 27 janvier depuis 1874.
- Plus dé la moitié de la pluie recueillie pendant le mois est tombée dans les huit premiers jours, la journée du 3 est celle qui en a fourni le plus. Des chutes de neige se sont produites à la fin -de la période froide et les plus importantes ont été notées les 16, 17 et 21; l’épaisseur de la couche de, neige au Parc Saint-Maur n’a jamais atteint xo cm au cours du mois, quoique sur certains points de la région elle atteignait de 12 à i5 cm le 17 au matin, d’après le bulletin de l’Observatoire de Montsoui’is. Au total, les précipitations ont fourni, au Parc Saint-Maur, 5a mm 4 d’eau en 20 jours de chutes appréciables, alors qu’en moyenne on ne note en janvier que 14 jours fournissant un total de 38 mm 3.
- Février. — Mois exceptionnellement chaud, humide et très pluvieux. La température moyenne, 8°,6 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, présente sur la normale un excès de 4°,7 et est absolument exceptionnelle; elle dépasse de i°,5 celle du mois de février 1885, le plus chaud que l’on ait observé depuis Si ans. Dans la longue série reconstituée par E. Renou, des températures de la région parisienne et remontant jusqu’à 1757, on ne trouve qu’un seul mois de février, celui de 1767, dont la température ait été plus élevée.
- Pas une seule fois pendant le mois, la température sous l’abri n’est descendue à o°, c’est un fait qui ne se pi-oduit que très rai'ement en févider; c’est en effet la cinquième fois seulement qu’on le constate depuis 1757. 84 mois de mars sur 100 et 12 mois d’avril sur 100 sont plus froids.
- La moyenne diurne est restée constamment en excès depuis le 23 janvier. Il n’a pas gelé à Paris, où la température la plus basse a été de 2°,i (Montsouris) et de i°,7 (Parc Saint-Maur) le 27; la température a donc été équivalente à celle que l’on observe généralement entre le i5 mars et le i5 avril. Aussi les phénomènes de la végétation ont-ils été sensiblement en avance. Dans les environs de Paris, l’abi’icotier était en pleine floraison le 24, le prunellier le 25 et, le 28, on voyait s’ouvrir les premières fleurs de narcisse jonquille, alors que ces floraisons ne s’observent en général que dans les derniers jours de mars ou au début d’avril.
- Les pluies ont été abondantes et fréquentes dans les deux premières décades. La presque totalité de la pluie du mois (63 mm sur 65 mm) est tombée du 1e1' au 19 et, pendant cette période, on n’a noté que trois jours sans précipitation.
- Mars. — Mois relativement doux et sec avec pression barométrique élevée (759 mm 9 au lieu de 756 mm 7 nombre moyen). La température moyenne, 70,3, dépasse la normale de x°,o; mais l’amplitude de da variation diuine (70,7) a été notablement inférieure à celle que l’on constate généralement à cette époque de l’année (9°,4). Cette réduction pi’ovient à la fois de ce que la moyenne des minima a été en excès de i°,3 et que celle des maxima fut en léger déficit de o°,3. Mars qui compte en moyenne 7 jours de gelée à Montsouris n’en a eu cette année que 3. Le minimum absolu sur le sol ga-zonné, noté le 23 au Parc Saint-Maur, n’a été seulement que de — 5°,5.
- Les pluies ont été observées surtout au début (du 4 au xo) et à là fin du "mois (du 27 au 3o) ; elles n’ont été
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- VARIÉTÉS
- ni fréquentes ni abondantes, leur total atteint seulement 28 ram 2 au lieu de 89 mm 5, nombre normal au Parc Saint-Maur. La sécheresse a été presque absolue du 11 au 26. On a entendu, dans la région, le tonnerre faiblement et au loin, un seul jour, le 27.
- Avril. — Ce mois, dont la pression moyenne est en léger déficit, a été assez chaud, humide, orageux, avec excès de .pluie, La hauteur totale de pluie, 69 mm 9, contre 43 mm 5 nombre normal, classe le mois au cinquième rang parmi les mois d’avril les plus pluvieux observés depuis 1874 au Parc Saint-Maur.
- La température a été relativement élevée et sèche pendant la première quinzaine et relativement basse et
- humide pendant la seconde. Dans la première période, l’excès moyen de la température atteint 3°,31, les maxima du 2 et du 3, a3°,7 et 24°,8, dépassent les plus élevés notés à pareille époque depuis le début des observations et la moyenne des 24 heures du 3, 17“,7 est supérieure de i°,2 à la plus haute que l’on ait mesurée au Parc Saint-Maur à la date du 3 avril depuis 62 ans.
- Les gelées blanches ont été peu fréquentes, on n’en a noté que quatre, elles appartiennent à la première pé-i*iode. Les brouillards ont été nombreux. Le tonnerre s’est fait entendre 5 jours à Paris où on ne l’observé en moyenne que 2 jours en avril, l’orage du 22 a été particulièrement violent. E. Roger.
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- BOITE AUX LETTRES
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- . AVIS. -— L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. le Dr Piras, à Paris. — Les résinâtes ou abietates métalliques se préparent par double décomposition entre la résine saponifiée par la soude et un sel métallique soluble. Par exemple, pour obtenir le résinate de cuivre, on précipitera une solution de sulfate de cuivre par le résinate de soude (savon de résiné commercial), le précipité est ensuite lavé à l’eau pure et séché. Ces combinaisons ont l’avantage d’être solubles dans les éléments habituels des peintures et par suite se répartissent dans la masse d’une façon très uniforme.
- M. Hoodrickx, à Bruxelles. — Les poudres servant à produire l’éclair photographique sont toujours à base de magnésium ou d’aluminium dont les produits de combustion sont la magnésie et l’alumine, elles ne peuvent donc brûler sans fumée comme vous le désirez ; avec cette restriction voici deux bonnes formules répondant aux usages courants :
- Magnésium en poudre................200 gr.
- Perchlorate de potasse en poudre . . 100. —
- Au moment de l’emploi on met dans une petite boîte en carton i5 à 20 gr. de chaque poudre et on agite pour mélanger intimement. Cette poudre doit être allumée au moyen d’une mèche en fulmi-colon, 1 gr. donne une pose- suffisante pour un cliché sur plaque ordinaire avec objectif diaphragmé à F/8.
- Si on désire remplacer le magnésium par l’aluminium, prendre :
- Aluminium en poudre................100 gr.
- Permanganate de potasse en poudre. 200 —
- On opère le mélange comme précédemment, il prend feu facilement et brûle avec rapidité ; en faisant légèrement varier la quantité de permanganate on peut également influer sur cette rapidité.
- M. C, de B., à Clermont-Ferrand. — La galalithe étant à base de caséine, ce sont les colles à la caséine qui se prêtent le mieux aux fixations sur ce produit. La formule à laquelle vous faites allusion est très probablement celle du Laboratoire des produits forestiers des Etats-Unis qui a été ainsi publiée :
- Prendre :
- Caséine.............. 100 gr.
- Eau ordinaire . . . . i3o à 280 —
- Cette dernière suivant la consistance désirée.
- Laisser en contact une heure ou deux et ajoutermn mélange de :
- Chaux éteinte tamisée. ... 20 gr.
- Eau ordinaire..........• . 90 —
- Rendre bien homogène, puis y incorporer finalement :
- Silicate de soude à 400 Baumé 70 gr. '
- N. B. Suivant le mode de fabrication de la caséine, celle-ci peut se comporter de façons un peu différentes lors de la confection de la colle, il est donc bon de mettre au point par essais en petit avant préparation définitive.
- A. P-, à Lyon. — Si les objets doivent être soumis au contact de l’eau, le meilleur moyen pour recoller la
- porcelaine est de chauffer les fragments dans la cendre et, après avoir frotté la tranche avec un bàlon de gomme laque blanche, de les serrer énergiquement jusqu’à refroidissement complet.
- Pour les objets qui ne seront pas mouillés, se servir d’un ciment préparé au moment de l'emploi en délayant un peu de craie pulvérisée avec une solution sirupeuse de silicate de soude ou de silicate de potasse.
- Mme de V., à Combes. — Le moyen le plus pratique pour donner de la solidité aux peaux qui ne tiennent plus le point est d’appliquer sur celles-ci de la gaze enduite de gutta-percha. On passe un fer modérément chaud avec interposition d’une feuille de papier et la gaze ainsi fixée solidement permet le travail de réparation comme sur une peau neuve sans avoir modifié en rien sa souplesse.
- M. Robert, à Raga. — j° Nous pensons que vous pourrez assurer une longue conservation de vos feuilles de journaux en les trempant dans une solution d’acétate de cellulose à 5 pour xoo dans l’acétone.
- A notre avis, le mieux serait, pour réaliser un enduisage uniforme, de procéder à cette immersion dans des cu\ettes photographiques de dimensions appropriées.
- 20 L’Office des Brevets, 26 bis, rue de Petrograd à Paris, vous fournira tous renseignements, mémoires descriptifs et dessins sur les brevets pris en France qui peuvent vous intéresser.
- Haut Commissariat, à Beyrouth. — i° D’après les travaux du D‘ Pierre Sée, le formol à l’état gazeux s’est montré le meilleur antiseptique pour la destruction des moisissures papjricoles.
- Les livres ayant été ouverts et les feuilles séparées le mieux possible, on les place dans une caisse en bois munie de tablettes, caisse que l’on peut fermer hermétiquement. Sur le côté de la caisse, on ménage un petit trou dans lequel s’engage un tube relié à un ballon de verre contenant du trioxyméthylène en poudre (formol polymerisé).
- Au moyen d’une lampe à alcool, on chauffe doucement le ballon et son contenu, le trioxyméthylène se décompose et libère du formol gazeux qui se répand dans la caisse. On laisse agir pendant 24 heures et les livres se trouvent ainsi mis à l’abri de la détérioration pour un temps plus ou moins long, suivant les conditions de chaleur et d’humidité où ils sont placés. La dose pratique de formol À employer pour assurer la stérilisation est de 10 gr* par mètre cube de capacité de caisse.
- 20 Vous obtiendrez certainement un bon encollage en vous servant de gélatine plutôt que d’amidon ; prendre :
- Eau ordinaire. ..... 1000 c. c.
- Gélatine blanche. . . . . 12 gr.
- Laisser pendant 12 heures la gélatine se gonfler en présence de l’eau froide, liquéfier ensuite au bain-marie et tremper dans le liquide tiède les feuilles à encoller, faire égoutter en suspendant par un coin et laisser sécher.
- M. V., à Paris. — Le tannage à l’huile porte de préférence le nom de chamoisage, il consiste à imprégner complètement les peaux d’huile de poissons à l’exclusion de tout autre agent de conservation.
- On commence par gratter la peau du côté fleur pour rompre sa contexture unie qui gênerait la pénétration, après quoi on l’asperge d’huile avec les doigts toujours
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- BOITE AUX LETTRES
- du côté fleur jusqu’à ce que l’on juge la quantité suffisante, on porte ensuite à la machine à fouler, puis on expose à l’air les peaux foulées de manière à oxyder l’huile qu’elles contiennent.
- On répète une dizaine de fois ces trois opérations successives de mise en huile, foulage, aération et passe finalement à l’étuve chauffée à a5° C.; il ne reste plus qu’à débarrasser les peaux de l’excès d’huile par lavage à l’eau chaude et pression; ce travail, commencé à la cheville, se termine à la presse hydraulique; l’émulsion d’eau et huile qui s’écoule est recueillie avec soin pour servir sous le nom de moellon à la fabrication des cuirs cirés. Toutes ces opérations ne présentent en elles-mêmes aucune difficulté, elles peuvent donc être facilement exécutées par un amateur soigneux, elles présentent seulement l’inconvénient d’être fastidieuses et salis santés.
- Charles, Suisse, Saint-Genis. — Les vernis isolants pour fils électriques sont le plus souvent à base d’acétate de cellulose additionné d’un plastifiant, tel que la triacétine, et d’un ignifugeant, par exemple le phosphate triphénylique. Vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre la formule suivante :
- Acétate de cellulose............... 3o gr.
- Tétrachlorethane...................36o c. c.
- Alcool à 95°..................* 40 —
- Phosphate triphénylique .... 5 gr.
- Ce vernis peut être employé tel quel, ce qui donne une pellicule transparente invisible, ou être additionné d’une matière colorante. Dans le cas des couleurs minérales, on obtient un vernis opaque, avec les couleurs dérivées de la houille, le veynis reste transparent. Pour l’enduisage, il suffit de passer le fil en continu dans le liquide et de lui faire suivre un chemin suffisant pour l’évaporation des solvants, avant enroulement.
- E. G., à Ax-les-Thermes. — Comme bien vous pensez, ce fabricant de vernis n’a pas publié ses formules et l’analyse seule permettrait de déterminer la nature de l’excipient employé pour maintenir en suspension la poudre de bronze Cependant, on peut supposer qu’il a été employé comme épaississant l’un des trois produits suivants : la nitro-cellulose, l’acétate de cellulose, l’huie de lin cuite.
- Il serait donc nécessaire d’essayer successivement, eu égard aux produits que nous venons d’énumérer : le mélange alcool-éther (1 à 2 en volumes) qui dissoudrait la nitro-cellulose, l’acétone comme solvant de l’acétate de cellulose, la benzine s’il s’agit d’huile de lin. Une fois fixé vous pourrez employer pour la dissolution définitive le véhicule convenable.
- Enfin le dissolvant « omnibus » suivant pourrait être
- essayé :
- Alcool mélhylique .... 35 c. c.
- Acétate d’amyle............. 20 —
- Huile de fusel.............. 10
- Benzine.................... 35 —
- Ercolano Melani, à Bahia LLnca. — La préparation de la craie pour queues de'billard ne présente aucune difficulté, car il suffit de prendre du blanc d’Espagne et de l’argile blanche (kaolin, terre à foulons, terre de Sommières), puis de délayer dans un peu d’eau gommée de façon à faire une pâte que l’on moule, puis laisse sécher à l'air.
- Pour obtenir les craies colorées, on ajoute au mélange des couleurs minérales : bleu de Prusse, vert de Cassel, rouge d’Angleterre, jaune de chrome, etc. Quelques essais préalables vous fixeront rapidement sur les proportions à observer, que nous ne pouvons déterminer d’avance, car elles dépendent de la pureté des produits dont vous disposerez.
- P.-J., à Jersey. — i° Nous avons répondu à vos précédentes questions dans le n° 2712, page 102 de la Boite aux Lettres.
- 2e Yoici, d’après la Photo-Revue, un procédé pour restaurer les épreuves passées, qui a valu à son auteur, M. Laudaurek, la grande médaille de la Société photographique de Vienne.
- On prépare les deux solutions :
- A Eau distillée.......................1000 cc.
- Tüngstate de soude.................. 20 gr
- B Eau distillée . . .................. 4°° ce.
- Carbonate de chaux ...... 4 gr
- Chlorure de chaux................ 4 —
- Chlorure d’or et de sodium. . . 4 —
- Le mélange B doit être préparé au moins vingt-quatre heures à l’avance, puis la solution est filtrée dans un flacon en verre jaune afin d’en assurer la conservation. Les épreuves à traiter sont lavées à fond, puis plon-
- gées dans un bain composé de t
- Solution A....................... 25o cc.
- Solution B.......................6ài2 —
- Au bout de dix minutes environ, et lorsqu’elles sont d’un ton pourpre clair, on les lave et les met à finir dans un bain constitué par une solution de 25 gr d’hypo-sulfite de soude dont iâo cc. de solution A.
- Les épreuves doivent séjourner dans ce bain jusqu’à complète disparition de la teinte jaune, ce qui peut demander parfois deux ou trois heures, puis on lave soigneusement et on sèche.
- M. Henry, au Yunnan. — 1" Les alcalis employés dans les bains de développement jouent le rôle d’accélérateurs en se combinant avec les produits résultant de l’oxydation du révélateur, à mesure de leur formation.
- En outre, comme pendant ce développement il y a mise en liberté d’acide bromhvdrique, ce dernier est saturé par l’alcali en donnant, dans le cas de la soude que vous indiquez, du bromure de sodium, de sorte que le bain ne peut devenir acide ce qui entraverait la fonction révélatrice.
- 20 La concentration du bain que vous avez essayé nous paraît effectivement un peu grande, il vous suffira sans doute de le diluer d’une façon convenable pour obtenir les mêmes résultats qu’avec le bain type vendu par la maison spécialisée.
- 3° Les matières colorantes introduites dans les bains de développement ne jouent qu’un rôle physiq-ue de protection^ elles peuvent donc être quelconques sous les seules réserves d’être inactiniques, de ne pas modifier l’action chimique du bain et de n’être pas altérées par celui-ci.
- 4° Si la modification des blancs de vos épreuves ne se produit pas d’une façon constante, c’est qu’elle n’est pas due aux bains employés ; nous croyons à une intervention accidentelle, dont à distance il nous est impossible, vous le comprendrez, de déterminer la nature.
- /.-il/., à Cordoba. — in Les objets dits en « papier mâché » sont constitués par un mélange de pâte de papier et de matières minérales inertes : kaolin, blanc d’Espagne, plâtre, etc. Le tout est liéjpar une colle, soit à base d’amidon, soit à base de colle forte. Voici, à titre d’exemple, la composition d’une moulure de ce genre que nous avons eu l’occasion d’examiner :
- Pâte de vieux papiers. ... 20 pour 100
- Kaolin...................4° —
- Blanc d’Espagne. ..... 20 —
- Empois de. fécule....... 20 —
- Dans certains cas, la fécule pio>icnt de pulpes sèches de pommes de terre, ce qui permet d’obtenir l’amidon à un prix très bas.
- 20 L’obtention de pâte de papiers ne présente aucune difficulté ; il suffit de faire tremper dans l’eau, pendant 24 heures, de vieux journaux, puis de brasser avec un bâton jusqu’à ce que la masse soit homogène ; faire égoutter sur un tamis, incorporer successivement à la pâte ainsi séparée le kaolin et le blanc d’Espagne, puis finalement le liant, empois d’amidon ou solution de colle forte chaude, mouler en moules huilés, faire sécher à l’étuve et vernir.
- M. Victor, à Cannes. — A notre avis, les gouttelettes d’eau qui retombent de vos canalisations en fer galvanisé ne sont pas dues à un suintement, autrement dit à des fuites; elles proviennent de la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique contenue dans la pièce, le tuyau jouant le rôle de paroi froide.
- Le moyen le plus simple pour éviter cet inconvénient serait de tenir l’air de la pièce assez loin de son point de saturation, en faisant rentrer de l’air sec par de petites ouvertures ménagées dans le mur ou le bois des fenêtres, à la partie supérieure. Si, en outre, vous pouvez garnir les tuyaux d’une bande de feutre, corps mauvais conducteur de la chaleur,, vous supprimerez le contact entre l’air et le tuyau froid, par suite la condensation résultant de l’abaissemenlde température de l’air.
- M. A., à Fougères. — Pour répondre utilement à votre question, il nous serait nécessaire de savoir exactement quels sont les objets en bois que vous désirez réparer, si leur détérioration est due à la vétusté, à des chocs, bref, l’état dans lequel ils se trouvent ; nous ferons alors de notre mieux pour vous renseigner.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La .joie de connaître, par Pierre Termier. i vol. in-8°, 335 p., Nouvelle librairie nationale. Paris. Prix : i5 francs.
- Ce livre est la continuation de l’ouvrage du même auteur, paru, il y a quatre ans, portant le double titre A la gloire de la 'Terre, Souvenirs d’un géologue. Ce sont encore des souvenirs, et d’un géologue qui n’a rien perdu de son amour pour la terre : souvenirs de paysages grandioses, comme la vallée fameuse du Colorado ; souvenirs de savants illustres, dont l’âme était magnifique et perpétuellement chantante ; évocation des phénomènes qui déforment la surface terrestre, déplacent les continents, font surgir les montagnes ; vision, en raccourci, de toute la préhistoire et réflexions stir l’ancienneté de l’Homme et sa mystérieuse origine.
- Tout le livre est écrit pour exalter la culture désintéressée, glorifier la science, montrer que connaître est l’une des raisons de notre vie, proclamer qu’il n’y a pas de joie comparable à celle de la recherche scientifique. Ecrit avec charme, pensé avec une grande sagesse, il donne à le lire de la joie.
- Description du ciel, par André Danjqn, i vol. 80 p., 5g pl. en héliogravure. F. Rieder et Cie éditeurs. Paris, 1926. Prix : i5 francs.
- Dans Ces agréables causeries, débarrassées de tout apppareil scientifique rebutant pour le profane, l’auteur guide son lecteur à travers les beautés et les mystères du monde solaire et de l’univers stellaire. Chêmin faisant, il l’initie aux conceptions les plus modernes sur la constitution et l’évolution des étoiles, sur la structure de l’univers, sur la nature des nébuleuses. Cet excellent ouvrage de vulgarisation est accompagné de magnifiques planches en héliogravure qui en augmentent encore l’attrait.
- La superhétérodyne et la superréaction, par P. Hemar-dinquer. 1 vol. 171 p., 175 fig. E. Chiron, éditeur. Paris, 1926, Prix : 18 francs.
- Les dispositifs à superréaction pour la réception des ondes courtes et surtout les dispositifs superhétérodynes ont pris soudain, en ces derniers mois, une importance pratique considérable. Nos lecteurs ont été mis au courant de cette évolution de la radio-technique par l’auteur même du présent ouvrage et ils ont eu la primeur de certains chapitres de son livre. Celui-ci constitue une véritable encyclopédie des montages à hétérodyne, utile non seulement à l’amateur pour le choix de son poste, mais encore au technicien désireux.de saisir tous les aspects : historique, scientifique et pratique de cette question en réalité fort complexe. L’ouvrage de M. Hemardinquer y projette une vive lumière. Il rappelle tout d’abord le principe de la superhétérodyne, il expose les propriétés essentielles de ce dispositif et décrit les divers montages mis en œuvre en France et à l’étranger pour sa mise en œuvre : superhétérodyne à éléments séparés, monobloc, ultradyne, changeur de fréquence bigrille, autohétérodyne, superhétérodyne,etc.Il étudie ensuite les éléments accessoires de la superhétérodyne : cadres, appareils d’accord, puis la construction des postes superhétérodynes des divers modèles. Il passe ensuite à la superréaction en adoptant dans ses grandes lignes, le même plan pour son exposé. Il en explique très clairement le principe et donne de son fonctionnement une étude approfondie qui a mérité les éloges de M. Blondel, bon juge en la matière. Enfin l’ouvrage se termine par l’impartiale publication de deux lettres, l’une d’un inventeur français, M. Lévy, l’autre d’un inventeur américain, M. Armstrong, qui tous deux revendiquent la paternité de la superhétérodyne, Le lecteur aura ainsi sous les yeux deux pièces importantes du débat et pourra se faire, comme dit M. Blondel dans sa préface, une juste idée de l’historique de ce montage et du rôle capital qu’ont joué les ingénieurs français dans cette technique nouvelle.
- Le vol vertical et la sustentation indépendante (hélicoptères, gyroptëres, avions, hélicoptères), par le Ct Lamé, i vol. 170 p., 60 fig. Librairie de la Vie technique et Industrielle. Paris, 1926. Prix : 3o francs.
- Le problème du vol vertical, plus communément désigné sous l’appellation du problème de l’hélicoptère, a suscité déjà les efforts de beaucoup d’inventeurs. Les. résultats en sont jusqu’ici bien modestes. Mais 1 aviation, ne l’oublions pas, a commencé de même par de longues années de tâtonnements, jusqu’au jour où les premiers vols heureux ont permis d’attaquer expérimentalement le problème. Rien ne prouve qu’il n’en sera pas de même pour l’hélicoptère. Mais il importe, pour les chercheurs, d’être bien au courant des expériences de leurs prédécesseurs et d’être bien pénétrés des lois scientifiques générales que l’on sait, dès maintenant, régir le fonctionnement d’un tel appareil. Le très clair ouvrage du commandant Lamé leur , fournit sous une forme attrayante ce nécessaire enseignement; après un bref historique de la question
- 11 expose la théorie de l’hélicoptère : formules fondamentales des sustentateurs, et leur fonctionnement, résultats des essais de laboratoire à cet égard, translation des sustentateurs, stabilité et qualités des hélicoptères, calcul de ces appareils. Puis il décrit suc-cinctementles principaux hélicoptères réalisés jusqu’ici et indique les résultats obtenus : il passe ainsi en revue les appareils de Cornu, de Breguet-Richet, Papin-Rouilly, Douheret Ellehammer, Petrockzy-Iiarman, Berliner, l’Alerior Lacoin-Damblanc, les hélicoptères Bothezat, Ochmichen, Pescara, l’autogyre La Cierva, l’hélicoptère Hellesen-Kahn, etc.
- Les recherches de pétrole en T'rance (autrefois et aujourd’hui), par A. Pawlowski. 1 vol. 104 p. Editeur, Jules Charles et A. Brunet. Paris, 1926. Prix :
- 12 francs.
- A maintes reprises, il a été déployé des efforts pour rechercher le pétrole en France. Ces recherches infructueuses ont, le plus souvent, sombré dans 1 oubli. Après la guerre, un grand mouvement s’est dessiné, à nouveau, pour l’exploration du sous-sol français en vue de la découverte du pétrole. L’Etat a pris une part importante à ces recherches ; mais une foule de sociétés et de prospecteurs particuliers se sont mis eux aussi à la tâche. On sait le succès du sondage de l’Etat à Gabian; en bien d’autres régions on a relevé des indices favorables et encourageants'. M. Pawlowski nous apporte dans son nouvel ouvrage l’inventaire, par régions, de toutes les explorations tentées depuis 1919, inventaire arrêté à avril 1926. 11 rappelle en même temps, pour chacune des régions étudiées, les recherches qui y furent faites autrefois, et desquelles il est souvent regrettable qu’il n’ait pas été consacré plus de souvenirs précis. Il passe ainsi en revue successivement la région du Languedoc avec les sondages aujourd’hui célèbres de Gabian, la région des Pyrénées Orientales et de l’Aude, le Gard et ses asphaltes, le Yar, le Dauphiné et les Savoies, le Jura et le Lyonnais, avec les asphaltes de Seyssel et l’exploitation de gaz naturel à Vaux-en-Bugey, la Limagne qui donna beaucoup d’espoirs peut-être excessifs ; Salies de Béarn, Orthez et les. Landes, la Bretagne et la Normandie.
- La France au travail. Champagne, Franche-Comté, Jura, par A. Lorbert. i vol. in-8°, 286 p., 10 pl., i carte. Pierre Roger, Paris. Prix : 12 francs.
- On assiste au prodigieux essor économique des trois belles provinces, on mesure avec précision leur force de production actuelle, on suppute leur avenir. C’est une œuvre forte, nullement aride, qui pourra être mise entre toutes les mains et fera mieux comprendre à tous les raisons qu’il y a d’espérer dans le relèvement d’un pays qui présente un tel mouvement d’activité créatrice.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N» 2723 12 Juin 1926
- La photographie par les rayons infra-rouges. —
- Toutes les radiations du spectre n’ont pas une action identique sur les plaques photographiques. On sait que les radiations violettes et ultra-violettes ont sur les émulsions ordinaires de bromure ou d’iodure d’argent une action particulièrement énergique qui leur a valu l’épithète de rayons actiniques. La recherche des tonalités correctes dans la photographie d’art et documentaire, et plus encore peut-être les besoins de la photographie scientifique s’attachant à obtenir des spectrophoto-grammes aussi nets et étendus que possible dans la lumière visible comme dans les lumières invisibles ultra-violettes ou infra-rouges, ont poussé les investigations des photographes sur les moyens de sensibiliser des émulsions pour des régions déterminées du spectre. C’est ainsi que Schumann le premier a su réaliser des émulsions sensibles aux radiations ultra-violettes de courte longueur d’onde. En 1873, Yogel a montré que les émulsions au collodion additionnées d’un colorant jaune, la coralline, devenaient plus sensibles aux rayons jaunes du spectre. Depuis lors, grâce à l’emploi de diverses teintures incorporées aux émulsions : éosine, érythrosine, cyanine, vert malachite, etc., on a réalisé les premières plaques orthochromatiques, c’est-à dire sensibilisées pour le rouge ou pour le vert, et les panchromatiques qui sont sensibilisées à la fois pour le vert, le jaune et le rouge.
- Vers 1904 sont apparues des substances sensibilisantes de nature toute différente des teintures que nous venons d’énumérer; elles étaient remarquables à la fois par leur pouvoir sensibilisateur très élevé et par l’extension qu’elles donnent à la sensibilité des émulsions vers le rouge. Rappelons ici que le spectre visible est compris entre les limites de longueurs d’onde suivantes : 400 p.p. pour le violet et 700 qu. pour le rouge.
- Le pinachrome, le pinaverdol, l’orthochrome T, préparés en 1904 par la Société des matières colorantes de Hcechst, ont permis de sensibiliser les émulsions pour, les radiations vertes et oranges et pour les rouges jusqu’à la longueur d’onde de 65o [up.
- Quelques années plus tard, dans les mêmes établissements, on préparait des sensibilisateurs du .groupe des carbocyanines, notamment le pinacyanol qui permet de réaliser des plaques sensibles à> toute l’étendue du spectre visible, puis le naphtacyanol qui étendait la sensibilité de la plaque'photographique jusqu’à l’infrarouge de 750 pp.
- En France,, en 1920, Lumière et Barbier préparaient, au moyen de la cyanine A ou de la cyanine B, soit du pantachrome, des émulsions dont la sensibilité s’étend jusqu’à 680 pp.
- Plusieurs chercheurs des Etats-Unis.ont, ces derniers temps, consacré d’importants travaux à la sensibilisation des émulsions photographiques pour le rouge et l’infrarouge et ils ont fait faire à cette question de grands progrès dont nous trouvons le résumé dans un mémoire de M. C. E. K. Mees, publié parle Journal of the Franklin Instituiez Ce sont d’abord Meggers du Bureau of Standards et le professeur canadien Mac Lellan, de Toronto, qui pour leurs recherches spectroscopiques utilisent la dicyanine et .réussissent à atteindre dans l’infra-rouge la limite de xooo pp. Mais leur méthode est incertaine, et ils ont à enregistrer de nombreux insuccès.
- En 1919, Adams et Haller, du. Bureau of Chemistry, découvrent une nouvelle teinture : la eryptocyanine obtenue par la condensation de lépidine en présence de formaldéhyde cette teinture a une bande sensibilisante allant de 700 à 800 pp, avec maximum à 770 pp, c’est-à-dire branchement dans l’infra-rouge. La eryptocyanine est une substance stable, facile à manier, et douée d’un pouvoir sensibilisateur extraordinairement élevé il faut l’employer à la dose de 2 pour 1 million.
- En 1925, le D' Clarke, du Laboratoire Eastman Kodak, préparant la Eryptocyanine, nota qu’il se formait au cours de la réaction un autre corps moins soluble. Celui-ci fut essayé comme sensibilisateur par Schœn, Briggs et Dundon qui constatèrent son pouvoir sensibilisant dans l’infra-rouge jusqu’à 900 pp avec maximum à 820 p.p. Ce même colorant, dénommé
- néocranine, hypersensibilisé par l’ammoniaque, a permis d’obtenir très facilement des photographies au moyen de radiations de 1000 pp. Avec des poses prolongées pendant 10 heures, on atteint la limite de 1129 pp.
- Notons que des progrès analogues ont été réalisés à l’autre extrémité du spectre, dans l’ultra-violet et qu’au-jourd’hui on obtient sans difficultés des photographies avec toutes les radiations comprises entre 200 et 900 pp; tandis que les spécialistes entraînés atteignent dans l’ultra-violet 5o pp avec les spectrographes dans le vide et pour l’infra-rouge 1000 pp et davantage.
- 11 est inutile d’insister sur le haut intérêt scientifique de ces progrès qui facilitent singulièrement l’exploration et l’étude des spectres lumineux, questions capitales pour élucider les problèmes que posent les théories modernes sur la constitution de la matière.
- Mais dès maintenant, la photographie par l’infra-rouge, rendue si aisée grâce à la eryptocyanine et à la néocy-nine, a reçu des applications pratiques assez imprévues.
- C’est ainsi qu’on l’utilise en cinématographie pour obtenir les effets de nuit. Les paysages nocturnes projetés au cinéma représentent en général des clairs de lune, ou des éclairages artificiels violents. Us se caractérisent par un éclairage local intense et des ciels noirs. Autrefois pour les obtenir, on opérait la nuit, avec de puissantes et coûteuses batteries de lampes. M. Mees note que pour une scène dont la projection finale sur l’écran durera une demi-minute à peine, les frais de location de l’appareillage électrique de prise de vue ne sont pas inférieurs à 3ooo dollars. Mais aujourd’hui, avec la cinématographie par l’infra-rouge, tout est changé et simplifié. Ôn tourne le jour à la lumière naturelle, on emploie un film sensibilisé à la crypto-cyanine par exemple, devant lequel on interpose un filtre convenable qui arrêtera toutes les radiations visibles plus courtes que 710 pp., suivant la technique préconisée par Wood. On obtient ainsi de magnifiques effets de nuit. Le bleu du ciel vient en noir profond; par contre, la chlorophylle des plantes qui n’absorbe pas l’extrême infra-rouge devient fluorescente lorsqu’elle est frappée par les radiations de cette région du spectre et émet une radiation propre d’environ 700 pg qui impressionne l’émulsion. Les parties vertes du paysage donnent, en conséquence, sur le film des effets de lumière d’une extraordinaire intensité.
- Les photographies par l’infra-rouge peuvent avoir d’autres applications : les radiations infra-rouges ont, on le sait, un pouvoir pénétrant considérable à travers la brume et la vapeur d’eau. Une photographie par infra-rouge révélera donc des détails lointains qui échappent complètement à l’œil nu. Cette propriété peut être précieuse au point de vue militaire ; elle peut l’être aussi pour la sécurité des navires.
- Le Dr Wright, de l’Observatoire Lick, en a fait une curieuse application à la planète Mars. Lors de la dernière opposition, il a photographié la planète sur une plaque ordinaire, c’est-à-dire impressionnée par la lumière violette, et sur une plaque à la eryptocyanine sensible exclusivement à l’infra-rouge. L’image de la planète obtenue par la lumière violette a un diamètre beaucoup plus grand que l’image en lumière infra-rouge.
- Le Dr Wright attribue cet élargissement à la diffraction des ondes lumineuses courtes par l’atmosphère de la planète. La photographie violette représenterait donc l’extérieur de l’atmosphère de Mars, tandis que la photographié infra-rouge représenterait, la surface du sol de la planète. Ces deux photographies démontrent donc la présence sur Mars d’une atmosphère profonde de plusieurs kilomètres, mais à la différence de -Patmosphère terrestre, très pauvre en vapeur d’eau. Le D‘ Wright pense du reste qu’il est possible que la diffraction par l’atmosphère de Mars soit due, non pas aux molécules de vapeur d’eau ou de gaz, mais à des poussières dont la présence s’expliquerait assez aisément au-dessus d’un sol plat, desséché et désertique.
- Les chaudières à vapeur à haute pression. — Nous avons déjà, à plusieurs reprises, signalé la caractéristique de l’évolution actuelle des machines à vapeur, à
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- INFORMATIONS
- savoir l’emploi audacieux de pressions de vapeur de plus en plus élevées. Cette tendance, dictée par les nécessités de l'économie, s’est développée rapidement depuis la guerre. Les pressions de vapeur de 25 kg qui paraissaient hardies, sinon téméraires, en 1914» sont aujourd’hui considérées comme des pressions normales, et il existe maintenant en France des chaudières à 4okg. Le terme haute pression n’est déjà plus appliqué pratiquement qu’aux installations dont le timbre est supérieur à 45 kg. Dans une belle communication de M. Véron à la Société des Ingénieurs civils sur la production industrielle de la vapeur à haute pression, nous trouvons une liste d’installations caractéristiques fonctionnant au-dessus de 45 kg.
- Installations timbrées à 45 kg environ :
- a) Centrales américaines timbrées à 45 kg 7, mais fonctionnant à 39 kg ; Centrale de Philo à l’Ohio Power C° (6 chaudières de i3oo m2); Centrale de la Crawford avenue Station, à la Commonwealth Edison C° (12 chaudières de i45o m2).
- Centrale de la Twin Branch-Power C°, à Mishawaka (Indiana) ; Centrale de la Colombia Power C°, à Cincinnati (6 chaudières de i3go m2).
- La première fonctionne depuis 18 mois d’une façon satisfaisante et a permis d’obtenir un rendement global de 25 pour 100.
- è) Centrale d’Amsterdam (chaudières travaillant à 43 kg 6). ^ ,
- Installation timbrée à 55 kg environ :
- Centrale de Langsbrugge, près de Gand, à la Société électrique des Flandres (3 chaudières de 443 m* timbrées à 56 kg, admission aux turbines à 5o kg).
- Installations timbrées à 84 kg et plus :
- Chaudière de 1460 m2 mise en route en 1925 à la Centrale de Weymouth à Boston.
- De plus, on construit actuellement une chaudière de 2600 m2 à 92 kg pour le Milwaukee Railway and Ltd C" et une chaudière timbrée à 84 kg pour la maison Fibre C" de Laurel (Mississipi).
- Benson en Angleterre et Siemens et Halske en Allemagne ont construit des chaudières fonctionnant à la pression critique de l’eau.
- Grâce aux hautes pressions, les installations de force motrice par la vapeur peuvent désormais escompter des rendements de l’ordre de celui des moteurs Diesel, mais avec des unités beaucoup plus puissantes et plus simples, et avec un combustible meilleur marché. Le résultat de ces progrès techniques est que le courant électrique est une marchandise dont le prix a augmenté beaucoup moins vite que celui des autres marchandises; ou pour mieux dire, si l’on comptait en monnaie d’or, on s’apercevrait que le prix du courant électrique a diminué depuis 1914.
- Les richesses minières du Congo belge. — La
- production minière du Congo belge est telle qu'elle en fait le premier producteur de cobalt et de radium du monde entier, le troisième du cuivre, le troisième des diamants. On ne peut laisser ces faits inaperçus et la conférence faite à la Société belge des ingénieurs industriels, par M. Edouard Sengier, nous renseigne de façon très nette sur la production du Congo belge en 1926. Voici des nombres :
- Cuivre , .......... tonnes 90.000
- Diamants...........carats 98.000
- Or.................kilos 3.8oo
- Minerai d’étain , . tonnes i.5oo
- Cobalt ........... ;— 3oo
- Radium.............grammes 20
- D’autre part, M. Sengier n’a pas manqué de rappeler la production agricole dont l’exportation a été :
- Noix de palme........... 75.000 tonnes
- Huile de palme.............16.000 —
- Coton égrené............ 3.000 —
- Ivoire....................... 3oo —
- Coprah ................. 12.000 —
- Caoutchouc, cacao, etc.
- De plus en plus, le Congo s’affirme un territoire d’une rare valeur aussi bien au point de vue agricole qu’au point de vue minier.
- Le rythme lunaire de l’huître. — Depuis quelques années, en France, MM. Fage et Legendre ont fait connaître toute une série de rythmes lunaires très précis
- observés chez des animaux marins. Voici un nouvel exemple de ces rythmes, celui-ci, à vrai dire, connu depuis fort longtemps, puisque Cicéron, Pline, saint Augustin, Bacon en ont parlé, mais auquel on ne prêtait pas attention. M. le Dr Orton, du Laboratoire de Ply-mouth, vient de signaler, dans le Journal of the marine Biological Association, que les huîtres pondent à-la Pleine Lune. Dans l’estuaire de Fal, il a observé que le naissain est mis en liberté dans la mer en trois périodes, dans la semaine qui suit la Pleine Lune de juin, de juillet et de septembre. Bien entendu, il n’a pu expliquer le phénomène complètement ni par les variations de la marée, ni par celle de la lumière nocturne et il conclut, comme les auteurs français, pan un aveu d’ignorance de son déterminisme.
- Le fait n’en est pas moins intéressant, d’abord parce que les rythmes lunaires bien observés commencent à devenir communs, ensuite parce que celui-ci a une importance pratique, les ostréiculteurs pouvant disposer leurs collecteurs pour fixer le naissain et obtenir de jeunes huîtres au moment favorable.
- Quand cherchera-t-on les mêmes phénomènes dans les eaux douces et parmi les papillons nocturnes ?
- , *»> Nouvelles de T. S. F. «r*
- La radiophonie en Perse. — Le Gouvernement persan aurait l’intention d’installer tout un réseau de stations de radiodiffusion qui ne comprendrait pas moins de sept postes dont un très puissant à Téhéran, et six répartis sur tout le territoire.
- Les indicatifs des stations allemandes. — Pendant les intervalles des morceaux des radioprogrammes, les stations allemandes transmettraient, d’après la T. S. F. Moderne, leurs indicatifs en signaux Morse à rythme régulier conformément au tableau suivant :
- Long, d’onde Station Indicatif.
- 392,5 Hambourg h. a.
- 294 Hanovre (relai) »
- 279 Brême » ».
- 23o Kiel » »
- 410 Munster ms — —
- 283 Dormund (relai) »
- 295 Dresde dr — . .
- 470 F rancfort f . . —.
- 273,5 Cassel (relai) )>
- 504-571 Berlin b —. . ,
- 240 Stettin (relai) )>
- D’autres stations transmettent des indicatifs : Vienne 531 m. (V ...—) et Budapest A46 m. (—.—.—).
- Quelques changements de puissance et de longueur d’onde. — La puissance du poste de Hilversum serait prochainement portée à 2 5 kilowatts. Ce poste èst du reste déjà facilement audible en France.
- La longueur d’onde du poste de Newcastle a été portée à 407 m., celle d’Agen à 3i5 m., de Breslau à 417, de Munich à 487 m. 5, de Munster à 412 m.
- On annonce la mise en service prochaine du nouveau poste de Varsovie, d’une puissance de 8 kilowatts.
- Les progrès du système neutrodyne aux Etats-Unis. — Nos lecteurs connaissent sans doute les principes du . système neutrodyne, qui est en somme un simple dispositif de neutralisation des amplificateurs comportant un grand nombre d’étages à résonance.
- Le dispositif neutrodyne dispute en ce moment là suprématie au dispositif superhétérodyne en Amérique et les constructeurs de ces appareils auraient même l’intention de tenter l’exportation en Europe.
- On doit remarquer à ce propos que le problème de la réception n’est pas le même aux Etats-Unis où la gamme de longueur d’onde est beaucoup plus restreinte ; il faudrait donc apporter des modifications à ces procédés.
- La T. S. F. en Russie. — Le Gouvernement des Soviets apporte toute son attention au développement du service radiotéléphonique et ràdiotélégraphique ; des stations puissantes seront construites en Sibérie et au Ivamchatka. Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, sera reliée à la chaîne des stations soviétiques.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- ««. La T. S. F. pratique
- Nous décrivons sous cette rubrique les idées nouvelles en radiotechnique et tous les petits accessoires ingénieux qui peuvent intéresser l'amateur pour la construction, l’entretien ou la réparation de son poste récepteur. Nous serons heureux, d’ailleurs, de publier à cette place les communications de nos lecteurs.
- Les différentes formes d’antennes en cage. —
- Les antennes en cage ou en prisme sont employées de
- Fig. r. — Antenne en cage en L renversé.
- Les brins de fil de 12/10 mm à 20/10 mm de diamètre sont, tendus sur 2 ou 5 cerceaux en bois C ou en métal léger de 60 cm de diamètre. On enroule le fil autour des cerceaux, s’il s'agit de cerceaux métalliques, ou on le fixe dans des encoches s’il s’agit de cerceaux en bois. La descente de poste L est réalisée M’aide d’un câble de 2/10 mm à 5/10 mm et isolé.
- plus en plus par les amateurs parce qu’elles représentent la forme d’antenne qui donne les meilleurs résultats avec le plus faible encombrement, et permet le mieux la réception des émissions sur ondes courtes.
- Les formes les plus simples d’antennes prismatiques
- Fig. 2. — Antenne en cage en T avec descente de poste prismatique.
- ou en cages ont la forme en L renversé (fig. i et i) et la forme en T (fig. 3).
- La longueur de l’antenne en cage ne doit pas, en général, dépasser i5 à 20 m. et cette longueur est suffisante (lorsque les conditions locales sont normales)
- Fig. 3. — Antenne en cage avec, en II, une vue d’un câble tressé à brins isolés et à âme d’acier, donnant de bons résultats aux points de vue mécanique et électrique.
- pour recevoir presque toutes les émissions européennes à l’aide d’un poste à quatre lampes d’un type classique.
- Le modèle en T a une longueur d’onde propre inférieure à celle du modèle en L renversé, mais c’est plutôt la disposition que doit avoir la descente au poste qui déterminera le choix du modèle d’antenne.
- Le diamètre des antennes en cage est généralement de 60 à 80 cm et les brins sont tendus par des croix en bois ou des cerceaux en bois ou en métal.
- La descente d’antenne peut se faire simplement par un fil isolé comme il est indiqué sur la figure 1, il est cependant préférable lorsqu’on veut recevoir les ondes très courtes d’employer également Une descente en cage (fig. 2).
- Le fil qui constitue l’antenne peut être simplement du fil nu en bronze télégraphique de 12/10 à 20/10° de mm suivant la longueur de l’antenne, ou du câble tressé à brins isolés.
- Les antennes en ruban. — On emploie depuis quelque temps comme collecteur d’onde des rubans métalliques très minces isolés.
- Ces rubans ont une très grande surface et, par suite, -une forte capacité. Ils peuvent être réalisés sous (deux
- Fig. 4. — Antenne à ruban en fil métallique tressé et émaillé.
- Llle est. enroulée sur un tambour isolant, ce qui facilite beaucoup sa pose et sa dépose..
- formes : sous forme de ruban de cuivre très mince, soit nu, ou argenté, soit sous forme d’un ruban souple tissé, formé de fils émaillés tressés.
- Ces antennes en ruban s’emploient surtout pour former des antennes intérieures faciles à installer et d’un bon rendement.
- Il existe, par exemple (fig. 4)> un modèle de ruban tressé A enroulé sur un petit tambour isolant B très léger avec dispositif d’arrêt qui permet de dérouler
- Fig. 5. <— Pose de l’antenne à ruban tressé.
- Il est facile de tendre cette antenne entre deux c.loüs à croche! s. fixés au mur d’une pièce. L’isolement est assuré par un petit isolateur et d’autre part par le tambour isolant lui-même.
- immédiatement la longueur d’antenne nécessaire et isolateur tibia C.
- Grâce à l’isolateur tibia C placé à une extrémité du ruban, et au tambour isolant lui-même, qui suit le deuxième isolateur, la pose de cette antenne intérieure ést immédiate dans une chambre quelconque d’ün appartement, et l’effet n’est pas trop nuisible à l'élégance du « home » (fig. 5).
- Un modèle du même genre est destiné à servir de collecteur d’ondes intérieur. Le ruban qui le forme est également tressé, mais lé fil composant est d’un diamètre plus grand et la couche d’émail protecteur plus épaisse.
- Deux isolateurs tibia avec mousqueton permettent également une pose rapide et deux, ressorts servent à assurer une tension régulière, tout en évitant tout danger de surtension, ce qui risquerait d’amener une rupture des brins.
- Une lampe à faible consommation à deux filaments.
- — Les lampes à faible consommation, à filament thorié sont presque les seules employées actuellement par les amateurs français.
- Leur consommation de 6/100 d’ampère seulement pour 3,2 volts à 3,5 volts permet l’usage des piles, au ligu d’accumulateurs, et a beaucoup contribué à la diffusion de la radiophonie.
- La durée de ces lampes, bien qu’assez longue, paraît encore relativement courte à beaucoup d’usagers de la T. S. F. qui ne sont souvent pas fort experts dans le maniement de leurs rhéostats de chauffage, et réduisent ainsi dans de grandes proportions la durée de la vie de leurs précieuses ampoules.
- Fig. 6.- Aspect d’une lampe à 2 filaments avec culot èn matière moulée.
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- Un constructeur français vient d’établir, après différents essais, un modèle de lampe à deux filaments à faible consommation qui semble assez pratique.
- L’aspect extérieur de la lampe est à peu près le même que celui d’une lampe ordinaire, mais son culot en
- Fig. 7. — Coupe de la lampe avec détail des 2 filaments verticaux tendus par un ressort compensateur.
- matière isolante diffère de celui des modèles classiques (fig. 6).
- Les électrodes sont verticales et les deux filaments sont tendus au moyen d’un ressort compensateur qui empêche tout contact avec la grille (fig. 7).
- Une des extrémités des deux filaments est attachée à un . support commun, mais l’autre extrémité de chacun d’eux sort évidemment d’une façon distincte à travers le culot en verre (fig. 8).
- Lorsque le premier filament
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- Fig. 8. — Les connexions des 2 fila- Fig. 9.
- ments traversent en A, B, C le culot Le remplacement d’un en verre de l’ampoule. filament.
- est brûlé, on le détruit d’abord complètement en faisant passer à travers ses deux tronçons le courant d’une pile de 80 volts ; puis on connecte le deuxième filament comme le montre la figure 9.
- Un câble spécial pour cadres ou antennes intérieures. — Ce qui importe surtout, on le sait/lorsqu’on
- Fig. 10. —• Câble « Tubor ».
- veut construire un cadre ou antenne intérieure pour ondes courtes, c’est d’employer un conducteur de forte section. . .
- On a donc employé des fils en cuivre plein de forte section, du câble à brins tressés et isolés, des rubars pleins ou tressés en fils de cuivre, etc.
- Voici encore un câble d’un autre genre (fig. 10). Il est
- tressé en fils de cuivre isolés, mais il est creux au lieu d’être plein, c’est pourquoi le constructeur lui a donné le nom de « Tubor ».
- Ce conducteur a évidemment l’avantage d’être flexible et fort léger.
- Constructeur : Radio-Hall, 23, rue du Rocher, Paris.
- Nouvelles bobines interchangeables. — Les amateurs de T. S. F. adoptent de plus en plus généralement des bobinages d’accord ou de résonance interchangeables, dont le rendement est très bon quelle que soit la longueur d’onde.
- Un constructeur a réalisé une autre forme debobi-
- Fig.. 12 (II).
- Fig. 12 (III).
- Fig. 11 et 12.— Nouvelles bobines interchangeables.
- nage d’emploi très pratique. Le bobinage proprement dit est du type dit « en sablier » et il est composé de fil isolé au coton et non gommelaqué, ce qui lui assure une capacité propre beaucoup moins éleyée.
- L’enroulement est placé dans un boîtier en matière isolante qui assure une excellente protection et permet une manipulation facile (fig. 11 et 11 bis).
- Ce boîtier porte deux lamelles métalliques reliées aux extrémités de l’enroulement et qui viennent former contact parfois avec deux lames-supports d’une monture correspondante fixée sur le poste lui-même (fig. 12, I et H) ou quelquefois indépendantes pour les montages sur table (fig...12, III;.
- Constructeur Radio-Hall, 23, rue du Rocher, Paris.
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- VARIETES
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- LA DESTRUCTION DES RENARDS
- La vulgarisation des moyens de destruction des renards apparaît d’autant plus nécessaire, urgente même, que, depuis près d’un an, sévit une épizootie de rage parmi ces carnassiers, dans plusieurs cantons du département de la Côte-d’Or, ainsi qu’il résulte des constatations faites par M. Carreau, vétérinaire à Dijon, et M. le professeur Yallée, directeur honoraire de l’Ecole vétérinaire d’Alfort et membre de l'Académie de Médecine.
- L’examen microscopique des ganglions plexiformes de la base du crâne d’un renard supposé enragé a montré qu’effectivement l’animal était mort d’hydrophobie. Ces ganglions étaient congestionnés, les cellules nerveuses en voie de prolifération et de développement anormal présentaient tous les caractères des lésions rabiques. Des lapins, auxquels on inocula le bulbe rachidien de ce renard, moururent enragés.
- La.ragé, chez le renard, paraît être'un fait nouveau. Des cadavres de lièvres paraissant porter, eux aussi, des traces de morsures, laisseraient supposer que les paisibles rongeurs ont succombé à l’épidémie rabique.
- Les chasseurs, les propriétaires de chasses et les agriculteurs sont appelés à appliquer les moyens de destruction des renards suivant les instructions données par les arrêtés préfectoraux.
- I. Les méthodes de destruction. — L’emploi, même au terrier, de gaz ou de liquides asphyxiants (chloro-picrine, sulfure de carbone, etc.), le déterrage, le piochage, présentent des aléas et nécessitent l’intervention des chiens, pour s’assurer que le terrier est habité Ces procédés sont à rejeter, car le contact des chiens avec des renards suspects d’hydrophobie présente de sérieux dangers de contagion.
- Il faut recourir à l’emploi du poison placé aux endroits fréquentés par les renards, c’est-à-dire aux terriers, et où le bétail, les animaux domestiques, le gibier même, ne sont pas exposés à s’empoisonner.
- La substance toxique à employer est le sulfate de strychnine, sous forme de comprimés ou de pilules, ce qui permet d’avoir des doses bien déterminées et d’éviter de disséminer à la surface de l’appât des cristaux de strychnine dont l’amertume éloignerait les renards bien plus que l’odeur trahissant la manipulation par l’homme.
- Ce mode d’emploi de la substance toxique réalise le maximum de garantie et d’efficacité.
- IL Technique de préparation des appâts empoisonnés. — Voici un procédé efficace : Prendre les ingrédients suivants : i° Des pilules de sulfate de strychnine de o gr. io; a0 Une mixture d’huile d’anis, de musc et d’essence de vanille; 3“ Des figues sèches.
- Introduire dans chaque figue une pilule de strychnine.
- Toucher la figue refermée avec un pinceau trempé dans la mixture. Compter les figues, qui constituent autant d’appâts, et les mettre dans un sac en bon état, bien fermé pour n’en pas perdre et éviter les accidents.
- On se munit alors de bâtonnets de io cm de longueur dont les extrémités sont taillées en pointe.
- Lorsqu’on est parvenu aux lieux où se trouvent les terriers, il faut d’abord s’enduire les mains d’un peu de la mixture d’huile d’anis et de musc. Le sac étant ouvert, on y pique une figue à l’extrémité d’un bâtonnet, puis, à la main ou à l’aide de pincettes, on enfonce le bâtonnet en terre par l’autre extrémité et aussi avant que possible dans le terrier, de préférence dans un coin sombre et de manière que la figue empoisonnée ne touche ni le sol, ni les parois du terrier.
- On place aussi deux ou trois figues empoisonnées à chaque entrée du terrier et l’on a soin de bien repérer le nombre et l’emplacement des appâts et d’observer l’ordre des opérations indiquées.
- Les renards qui ont absorbé les appâts empoisonnés périssent tantôt dans le terrier, tantôt au dehors.
- Il convient de prendre de très petites figues, car si on fait usage de figues trop volumineuses, l’animal est obligé de mâcher, de morceler l’appât, et il peut le rejeter quand, en le mâchant, il perçoit le goût de la strychnine. Le principe général pour que les appâts à la strychnine donnent, régulièrement-, des. résultats satisfaisants, est que l’appât soit aussi peu volumineux
- que possible, de façon que l’animal l’avale d’un seul coup, et que la strychnine soit enfouie dans l’intérieur du tube digestif, de telle sorte que les facultés gustatives de l’animal ne soient pour ainsi dire pas éveillées.
- Le critérium, dans la technique de préparation des appâts empoisonnés, se résume dans l’observation des conditions suivantes : appâts ne présentant que le volume le plus réduit; dissimuler le plus possible la saveur de la substance toxique ; faire usage d’une composition qui tout en attirant les bêtes puantes (renards, blaireaux, etc.), éloigne le gibier et les animaux domestiques.
- M. le Dr Dubard, président de la Fédération des chasseurs de la Côte-d’Or, préconise la technique suivante, qui associe la substance toxique aux matières carnées.
- On prend des intestins de volailles (poulets, oies, canards, etc.) ou de lapins; à défaut, on emploie l’intestin grêle de mouton. Ces - intestins sont coupés en fragments de 4 à 5 cm de longueur. A l’aide d’un fil, on les lie à l’une des extrémités, puis, à l’aide d’une pince, on introduit par l’autre bout laissé libre un comprimé ou une pilule de strychnine, tout au fond du sac ainsi formé, qu’une ligature ferme hermétiquement.
- On prépare ainsi la quantité d’appâts nécessaires pour une première pose en ayant soin de compter ces appâts pour n’en pas égarer; ensuite, on trempe chaque appât dans une graisse quelconque, suffisamment chaude pour roussir l’extérieur du boyau et dessécher le pourtour, ce qui permet d’assurer le second temps, le plus important, de la préparation. Le passage des appâts pendant quelques secondes dans la friture chaude suffit pour les roussir légèrement; on les met alors sur une planchette, ou un morceau de carton ou de papier, pour les soumettre à la deuxième phase de la préparation.
- Préalablement, on aura préparé 5oo gr. de graisse dont la consistance tient le milieu entre le suif et le saindoux, en employant, par moitié, du suif frais de mouton et du saindoux ou de la graisse provenant de dégraissage effectué à la cuisine.
- A ce mélange, maintenu liquide à douce chaleur, on ajoute io à i5 gouttes d’essence d’anis. Après avoir mélangé soigneusement, on trempe un à un les appâts dans cette graisse tiédie, puis on les sort, on laisse la graisse figer et l’opération est recommencée ainsi jusqu’à ce que l’appât ait acquis le volume d’une petite noix, par suite de l’accumulation des couches de graisse.
- A défaut d’intestins de volailles, on peut employer, comme appâts, des petits poissons (vérons) en introduisant dans le ventre un comprimé de strychnine,'ou bien des souris des champs, des grains de raisins secs ou des quartiers de figues sèches, fendus sur un côté pour l’introduction du comprimé de strychnine, en prenant la précaution de rétrécir ou de fermer la. brèche, par laquelle le poison a été introduit. Ces diver,s succédanés doivent être enrobés dans la graisse à l’essence d’anis, en suivant la même technique que pour l’utilisation de portions d’intestins.
- Quel que soit le procédé employé, la strychnine doit être soumise à un enrobage par couches successives de graisse qu’on laisse figer ensuite.
- III. Pose des appâts empoisonnés. — Lorsque les appâts sont convenablement apprêtés pour l’usage, il faut les disposer dans une boîte bien close, de façon à n’en pas perdre, en faire le dénombrement très exactement et le noter ; ajouter i ou 2 gouttes d’essence d’anis dans la boîte, selon le nombre d’appâts.
- Ayant repéré les terriers, on dispose alors les appâts à l’ouverture ou même à l’intérieur de ces gîtes à renards.
- Les appâts, préparés comme nous venons de l’indiquer, peuvent durer environ quinze jours, ce qui suffit largement pour obtenir des résultats satisfaisants. Le point essentiel, c’est, évidemment, de les placer là où ils ont le plus de chances d’être avalés par les renards, c’est-à-dire aux terriers.
- Pour réaliser la destruction en masse, il faut, après une quinzaine de joui’s, faire une seconde tournée et une seconde distribution d’appâts empoisonnés, et toujours avant la période durant laquelle la nourriture abonde
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- dans les bois, pour tous les carnassiers (couvées, levreaux, rabouillères, etc., etc.), car, à ce moment, les renards ayant de quoi se nourrir deviennent plus méfiants à l’égard des appâts qu’ils peuvent rencontrer.
- Le fait que nous signalons au début de cet article —
- l’épidémie rabique constatée chez les renards, dans le département de la Côte-d’Or, — doit inciter les muni-, cipalités, les propriétaires de chasses et les agriculteurs à entreprendre une action concertée, méthodique, pour la destruction de ces carnassiers. Henri Blin,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un nouveau procédé de préservation des bois contre les tarets. — Ce procédé, employé d’après les indications d’une revue technique américaine, consiste à enduire les bois de charpente d’une couche de vaseline à laquelle on met le feu à l’aide d’une lampe à souder.
- La surface du bois est ainsi carbonisée sur une certaine épaisseur. Les pieux mis en place dans l’eau de mer, après avoir été soumis à ce traitement, sont à l’abri des attaques des tarets., grâce à la couche protectrice de bois brûlé.
- Des bâtiments sur pilotis et estacades ont été préservés des ravages des tarets par ce traitement très simple des pièces de bois employées à leur construction.
- Emploi du sucre comme retardateur en photographie. — Le Bulletin de la Société française de Photographie signale, d’après le Corriere fotografico, les services que peut rendre le sucre pour modérer l’action trop énergique d’un bain de révélateur neuf qui risquerait de donner des épreuves grises. Il suffit de faire fondre un morceau de sucre dans une cuvette i3X >8
- pour ralentir le développement et permettre de suivre l’apparition de l’image.
- Suppression des voiles sur plaques photographiques. — Certains clichés semblent perdus par l’apparition, au cours du développement, d’un voile d’origine chimique ou dû à la maturation. On peut cependant les sauver en détruisant le voile par le procédé suivant que le Bulletin de la Société française de Photographie indique d’après le Corriere fotografico : on prépare une solution au deux-cent millième de chlorhydrate de para-phénylènediamine et on y plonge pendant 5 minutes l’épreuve préalablement lavée dans l’eau distillée bouillie. On lave ensuite io minutes dans l’eau courante et on laisse sécher. Si le voile est très intense, on prépai’e d’avance la solution :
- Paraphénylènediamine.................. 5 gr.
- Solution normale d’acide chlorhydrique. 200 cc.
- Eau.............................Q. S. pour 10 1.
- On la dilue dix fois au moment de l’emploi.
- Bien utiliser la para-phénylènediamine et non l’ortho ou la méta-phénylènediamine qui sont inefficaces.
- BOITE AUX LETTRES
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- , AVIS. —aJL’abondance des demandes de renseignements qui I parviennsntau Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches la pins souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. de Brandner, à Bruxelles. — i° Les efflorescences qui apparaissent sur les carreaux de votre terrasse doivent être dues à des sels alcalins, sulfates, carbonates, chlorures de sodium ou de magnésium provenant du ciment dans lequel on a encastré les carreaux.
- Nous pensons que vous pourrez arriver à supprimer cès efflorescences en arrosant légèrement lesdits carreaux, puis recouvrant d’une couche de 2 à 3 centimètres de sciure de bois sèche, qui devra absorber pendant quelques heures l’eau chargée de sels alcalins. Enlever la sciure et recommencer les deux opérations successives d’arrosage et épandage de sciure un certain nombre de fois jusqu’à ce que les sels contenus dans les parties profondes soient revenus à la surface par capillarité et aient été éliminés. Avec un peu de patience, vous devez réussir.
- 20 Les carreaux de votre cuisine ont été fabriqués avec-une argile trop sableuse, ce qui a exagéré la porosité de la masse après cuisson. Il est assez difficile de remédier complètement à ce défaut; cependant, vous pourriez peut-être essayer de la fluatation pour durcir la surface et la rendre moins absorbante aux matières grasses.
- Pour cela, passer au pinceau sur le carrelage sec une couche de fluate de magnésie, puis, douze heures après, une autre couche. Enfin, terminer en passant également après douze heures une troisième couche de fluate, mais étendue de 5o pour 100 d’eau. Laisser bien sécher.
- jV", B. — Le fluate de magnésie est vendu par la maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand, sous la forme directement employable.
- M. Mercié, à Bordeaux. — Pour réparer localement Vargenture détériorée des glaces, on opère ainsi :
- L’endroit de la glace où l’argenture se trouve endommagée est frotté] doucement avec un tampon de
- coton imbibé de benzine pour enlever toute trace de poussière ou de matières grasses. Ce travail doit être particulièrement soigné si l’on veut éviter la production de cernes dans la partie réparée.
- On découpe alors avec la pointe d’un canif, sur le tain d’une autre glace, une surface de même forme, mais un peu plus grande, que l’on recouvre d’une gouttelette de mercure de la grosseur d’une tête d’épingle pour une surface de la grandeur de l’ongle. Le mercure s’étend, pénètre la couche jusqu’à la limite tracée au canif, de sorte que le tain peut aisément être détaché, puis porté sur l’endroit où il manque de l’argenture, où on l’applique à l’aide d’un tampon de coton. On laisse le tain durcir quelques heures et la glace reprend ainsi un aspect très satisfaisant.
- M. Morlot-Maury, à Paris. — i* L’encens qui porte aussi le nom d’Oliban est l’exsudation du Broswellia carterii, plante qui croît naturellement sur les, bords du Nil bleu ; pour l’obtenir, on pratique des incisions dans l’écorce de l’arbre ; le suç blanchâtre qui s’écoule se durcit à l’air en larmes transparentes.
- On distingue deux sortes commerciales, l’encens d’Afrique et l’encens de l’Inde qui, en réalité, ne diffèrent entre elles que par le soin apporté dans le triage des morceaux. L’encens d’Afrique est généralement sous forme de larmes et de marrons ; les larmes sont de couleur plus foncée que celles de l’encens de l’Inde, qui sont oblongues ou arrondies, d’un petit volume, se ramollissant à la chaleur de la bouche ; froides, leur cassure est terne et vitreuse. La manne d’encens ou manne thuris est constituée par de petits grains d égale grosseur, les plus appréciés.
- L’encens de l’Inde, embarqué à Calcutta, est presque entièrement formé de larmes jaunes, demi-opaques, sans impuretés ; elles dégagent, en brûlant, flodeur la plus apprécjée, c’est pourquoi l’encens de 1 Inde est commercialement préféré à celui d’Afrique.
- D’après Bracpnnot, l’encens renferme, en moyenne, 56 pour 100 de résine, 3o pour 100 de gomme, 5 pour 100 de matières azotées et 8 pour 100 d’huile volatile à odeur^de citron, le reste étant constitué par l’humidité.
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- BOITE AUX LETTRES
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- Les propriétés thérapeutiques de l’oliban sont celles des résines et des balsamiques; à l’intérieur il est stimulant, anticatarrhal; à l’extérieur on l’emploie en fumigations antirhumatismales. Les principales préparations pharmaceutiques sont les pilules de cynoglosse, la thériaque, les baumes de Fioravanti, du Commandeur, l’emplâtre de Vigo ; le populaire en fait usage contre les maux de dents et les affections charbonneuses, à l’état de poudre que l’on délaye dans la salive, étend sur une toile et applique sur les pustules. Actuellement l’oliban en larmes vaut 10 francs le kilog, les débris ou grains 7 fr. 5o. L’oliban entre enfin dans la composition des pastilles d’encens, que l’on brûle dans les églises, il est alors associé à la colophane et au benjoin,
- in Le bleu 'de blanchisseuse présenté en boules est un mélange d’outremer et de carbonate ou de bicarbonate de.soude, le tout étant lié par un agglutinant tel que solution légère de colle forte ou de gomme arabique.
- E. D., à Paris. — Pour teindre en rouge les billes de billard on commence par faire une dissolution alunée de cochenille en prenant :
- Cochenille pulvérisée ... 3o gr.
- Crème de tartre................. io —
- Alun ordinaire.................. io —
- Eau de pluie....................5oo —
- Le tout est porté à l’ébullition que l’on maintient i5 à 20 minutes en remplaçant au besoin l’eau qui s’évapore, puis on passe au travers d’une mousseline doublée, afin d’obtenir un liquide clair. Pendant cette préparation on laisse tremper la bille dans une eau légèrement alcaline tiède afin d’en bien dégraisser la surface (carbonate de soude à 3 pour ioo). Au moment de teindre on saisit la bille avec des pinces, non avec les doigts, et on l’immerge pendant quelques secondes dans de l’eau acidulée par l’acide nitrique (mêmes proportions). Finalement on introduit la bille dans le liquide coloré maintenu chaud au bain-marie où elle demeuré jusqu’au moment où on juge qu’elle a acquis la teinte rubis désirée. Si on la veut écarlate, il suffit d’ajouter au bain goutte à goutte un peu de chlorure d’étain, sans exagérer la dose, car la teinte passerait à l’orangé, petit accident qu’il serait facile de réparer en ramenant la couleur au ton primitif par addition de carbonate de soude.
- La bille une fois teinte est retirée du bain, essuyée, puis enveloppée dans un linge fin, en plusieurs épaisseurs de manière qu’elle se refroidisse lentement ; faute de cette précaution, l’ivoire serait susceptible de se gercer.
- Ecole du Centre, à Libourne. — D’une manière générale on ne peut attendre des peintures une résistance suffisante pour les objets supportant des frottements répétés. Dans le cas qui vous occupe de pressoirs mécaniques, fouloirs, égrappoirs, le mieux est de laisser le bois tel quel à l’intérieur; quant aux parties extérieures elles peuvent être recouvertes des peintures courantes ou de vernis soit à la nitro-cellulose, soit à l’acétate.
- Mairie de Noisy-le-Sec (Seine).— Pour la destruction des herbes, nous avons indiqué, dans La Nature, de nombreux procédés. Depuis quelques années, on emploie les produits chloratés : nitroperchlorine en solution; phênyline en poudre ; s’adresser pour ces produits à M. Henri Loyer, 2, rue de Tournon, Paris (6°); la nitrocuprine, de Linet, à Aubervilliers. On peut employer aussi le sulfate de fer, à raison de 3o kg dans 100 litres d’eau; le sel marin, les .huiles lourdes de goudron, le chlorure de zinc.
- On trouve, dans le commerce, des produits chimiques herbicides spéciaux, tels que le Mortherbe (Comptoir Parisien d’Engrais et de Produits chimiques, 68, rue de la Folie-Méricourt, Paris, (iib); le Nécrol (G. Truffaut, 90 bis, avenue de Paris, à Versailles); le Tuerbe (F. JBrossy, i5o, avenue Lacassagne, à Lyon) ; YOccysol, herbicide en poudre, se dilue, à raison de 1 kg pour 40 litres d’eau, désherbe 40 mâ de terrain en un seul arrosage (Société des Laboratoires chimiques du Sud-Est, r, quai de Javel, à Grenoble).
- M. A. de la V,, à Saint-Cyr-du-Bailleul (Manche). — Documentation sur la fabrication de la caséine. —Voyez : La caséinerie rurale et industrielle, par Henri Blin, dans le journal La laiterie, noi 23 et 24, du 4 et du 18 décembre 1920 (Paris, 18, rue Clauzel, 9e); L’industrie laitière. Sous-produits et résidus, 1 vol. par Antonin Rolet (Librairie'spéciale agricole, Paris, 58, x’ue Claude-
- Bernard, 5“); Rapport, de M. D. Sidersky au Deuxième Congrès national d’industrie laitière, sur Vextraction et les emplois industriels de la caséine, pages 127 et suivantes, mars 1907 (Société Française d’Encouragement à l’Industrie laitière, Paris, 17, rue de Valois, ior.) Voir aussi, pour autres publications sur la caséine, à la librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob, 6e.
- D’autre part, on peut s’adresser à M. P. Dornic, directeur de l’Ecole d’industrie laitière de Surgères (Charente-Inférieure). Dans le département de la Manche existait, avant la guerre, une caséinerie à Chef-du-Pont.
- M. P. Massias, à Saint-Béat (Haute-Garonne). — Amendement des terres par le carbonate de chaux. — Sur la question que vous nous posez, il faudrait, tout d’abord, élucider deux points essentiels : x° La teneur en chaux des terres auxquelles. vous vous proposez d’appliquer l’amendement calcaire constitué par le carbonate de chaux que vous auriez aisément à votre disposition, près de votre propriété; 20 La teneur en chaux des pierres calcaires dont il s’agit.
- En vous adressant à la Station agronomique départementale, à Toulouse, en lui soumettant, pour analyse calcimétrique, d’une part des échantillons des terres à amender, et, d’autre part, des échantillons des pierres calcaires, vous serez fixé sur ces deux points. Il serait, évidemment, inutile d’apporter du carbonate de chaux en excès si vos terres ne sont pas décalcifiées, si elles contiennent une proportion suffisante de chaux assimilable par les plantes.
- Ces réserves faites, nous ne verrions pas d’inconvénient à utiliser, s’il y a lieu, le carbonate de chaux qui se présente sous la forme dont il s’agit, mais il conviendrait de ne l’incorporer au sol qu’après l’avoir broyé finement, pour l’épândre en poudre impalpable.
- M. A. Bernède, Bordeaux. — Les lunettes de presbyte nous paraissent parfaitement inutiles. Vous êtes myope; retirez vos lunettes de myope, et cherchez à vous en passer; votre œil sera obligé à une gymnastique déjà assez énergique ; si votre myopie est un peu accentuée, vous ne pourrez la supporter , et vous reviendrez vite à l’emploi des verres correcteurs.
- M. Lepas, à Paris.— i° Résistance à la traction du silver spruce du Canada' : 1,1 kg. par mm2 (dans le sens des fibres) ; du sapin de Carme ; 0,9 kg par mm2 (dans le sens des fibres).
- 20 Résistance au cisaillement : du sapin : 0,04 kg. par mm2, du hêtre : 0,06 Kg. par mm2
- 3° On ne doit pas considérer que l’entoilage d’une pièce en bois en modifie les coefficients de résistance ; il faut regarder l’entoilage et la pièce de bois comme se comportant indépendamment. Même observation au sujet des peintures et enduits dont cette pièce pourrait être revêtue.
- On peut, évidemment, concevoir des pièces composites où le bois, le tissu, et tous autres éléments soient associés, par exemple par collage. Nous n’avons pas de données numériques sur les coefficients de résistances de telles pièces.
- 4° La toile d’une aile d’avion est d’un seul morceau de l’avant vers l’arrière. Les extrémités sont cousues ensemble, le plus souvent au bord de fuite, en tendant la toile autant que possible. Une fois toute l’aile recouverte de toile, on procède au lardage, opération qui consiste à fixer la toile de recouvrement sur les nervures au moyen de fil à larder. Un fil spécial passe successivement par dessous ët par dessus la toile en entourant les nervures sur toute leur longueur, de façon à empêcher la toile de se séparer des nervures au cours du vol.
- 5° Pour tendre la [toile, se se sert aujourd’hui de l’émaillite. On en 'étale successivement trois couches, en ayant soin de bien laisser sécher entre la pose de chaque couche. On termine en' mettant une couche de peinture ou une couche de vernis. ^ - ;>r.
- 11 y a quelques années, on se servait comme enduit rétractile d’amidon mêlé d’alun ; mais cet enduit disparaît en service et il faut refaire fréquemment l’enduisage.
- 6° Adresses d’enduits et vernis pour avions. Avionine, chez Dreyfus, frères, 5o, rue du Bois, Chichy ; Nova-via, 5, rue d’Alsace-Lorraine, Malakofï (Seine). Etablissements L. C.II., io5, rue La ‘F'ayette, Paris; Nauton et de Marsaç, i5, rue des Rosiers, Saint-Ouen.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Les économies de combustibles (combustibles artificiels, et de remplacement), par Pierre Appell, i vol. 190 p., 45 fig. (Encyclopédie Léauté). Masson et Cie, Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 20 francs.
- M: P. Appell a déjà consacré, dans la même collection, un premier volume à cette question capitale : l’économiedes combustibles. 11 y étudiait les méthodes à employer pour obtenir, avec un combustible donné, le maximum de rendement des divers appareils de combustion. Dans ce nouveau volume, il montre que l’on peut très bien substituer au charbon et au pétrole, dont les gisements vont en s’épuisant, divers combustibles de remplacement. Il y a d’abord le bois ; l’auteur en examine les conditions d’emploi soit sur les grilles des chaudières, soit dans les gazogènes. Le charbon de bois trouvera son usage pour l’alimentation des automobiles, en remplacement de l’essence. Le coke de gaz est également un excellent combustible domestique ou industriel lorsque l’on connaît la manière de l’utiliser ; on arrive même aujourd’hui, grâce à des grilles spéciales, à tirer parti du poussier de coke. Le lignite dont l’Allemagne fait une immense consommation est également exploité en France, mais sur une très faible échelle. L’auteur indique comment l’on doit utiliser dans les foyers ou dans les gazogènes les diverses espèces de lignites. 11 donne quelques indications sur la distillation du lignite et les produits que l’on en retire. Quelques pages sont consacrées à la tourbe, dont l’emploi pose des problèmes non encore résolus. Les charbons cendreux et les déchets des mines,.autrefois sans usage, trouvent aujourd’hui une utilisation avantageuse grâce, soit à la combustion sous forme pulvérisée, soit au gazogène à fusion de cendres. Enfin une foule de déchets, trop souvent négligés, peuvent être brûlés et assurer ainsi de précieuses économies : sciures, copeaux, déchets de bois, tannées, bagasse, balle de riz, ordures ménagères.
- Le document .aéronautique, revue analytique mensuelle publiée par les soins du Comité français de propagande aéronautique, 40, quai, des Célestins, Paris. Prix du fascicule : 3 francs.
- Nous signalons avec plaisir l’apparition de cette revue documentaire, qui publie sous une forme méthodique et commode les résumés des principaux articles ou études parus dans la presse française ou étrangère. Le Document aéronautique sera un très utile instrument de travail pour tous ceux qui, à un titre quelconque, s’intéressent à la navigation aérienne.
- Les essences de térébenthine, par G. Dupont, i vol., 33a p., 5a fig. (Encyclopédie Léauté),' Masson et Cie, Gauthier-Yillars et Cie, Paris, 1926.
- La France est, après les Etats-Unis, le plus grand producteur de-térébenthine qui soit au monde. Elle le doit à ses belles forêts de pins landaises, dont l’exploitation fournit la colophane et la térébenthine. L’exploitation résinière landaise et le traitement de ses produits perfectionnent sans cesse leur technique, grâce notamment à l’effort scientifique déployé par l’Institut du. Pin de-la Faculté des Sciences de Bordeaux auquel appartient l’auteur du présent ouvrage. Celui-ci est une monographie très complète des essences de térébenthine; il rappelle tout d’abord sommairement comment s’effectue la récolte de la ge/nrne, comment on en sépare la térébenthine brute, il décrit les divers procédés de raffinage par distillation. 11 donne ensuite quelques indications sur le commerce des térébenthines ; puis il étudie les propriétés générales, physiques et chimiques de ses essences, ainsi que. leurs variations suivant leur origine. Il étudie également les essences extraites d’aiguilles de conifère et celles tirées des bois morts. Il aborde ensuite l’étude chimique détaillée des constituants principaux des essences : pinène, nopinène, limonène, dipentène. terpinôlène, terpinène, carène. Il indique les principaux succédanés de la térébenthine et les moyens de
- dépister les fraudes. Puis il examineles divers emplois industriels des essences de térébenthine : vernis, encaustiques, produits pharmaceutiques, préparation du camphre synthétique, du tei’pène, du terpinéol, synthèse de l’isoprène.
- La pratique du yachting, par G. Clerc-Rampal. i vol. in-8, 343 p., 84 fig., 3 pl. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales. Paris. Prix, 20 fr.
- Aucun sport n’est peut-être plus agréable que le yachting, mais certainement aucun ne nécessite un apprentissage aussi complexe. Pour guider les amateurs de voyages en mer, l’auteur a écrit ce manuel pratique, riche d’expérience, qui résume toute l’initiation nécessaire, prévoit toutes les difficultés qu’on peut rencontrer, devine les solutions de tous les problèmes. Il débute par l’étude du bateau, explique ses formes, sa construction, ses voilures, son gréement ; puis c’est la théorie du yacht qui fait comprendre sa flottaison, sa stabilité, les effets du vent, des voiles et du gouvernail. On apprend ensuite la manœuvre, les pratiques de la navigation en vue des côtes et d’après les cartes. Comme beaucoup de bateaux ont aujourd’hui un moteur, tout au moins comme auxiliaire, la deuxième partie enseigne sa structure, son installation, sa mise en marche, ses pannes et le moyen d’y remédier. Ecrit avec beaucoup de sagesse par un marin expérimenté, ce livre intéressera tous ceux qui vont en mer et sera leur guide de tous les instants.
- Leçons de reliure pour amateurs, par J. Bobjeson et R. Grabhorn, augmenté et dessiné par P.-J. Challot. 1 vol. in-8, 122 p., 115 fig. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 25 francs.
- Les amis des livres sont de nos jours bien embarrassés ; si le livre est cher, la reliure, indispensable pour conserver les ouvrages auxquels on tient; est hors de prix ; le coût d’une reliure dépasse parfois le prix d’achat du livre broché. O’ est-ce pas un signe des temps? Le travail intellectuel de nos jours cède le pas devant le travail purement manuel et est brimé par lui. Quoi qu’il en soit, les amis des livres peuvent se défendre en faisant eux-mêmes ces reliures qu’ils ne sont plus assez riches pour commander aux artisans spécialisés. Ils y trouveront en même temps un passe-temps fort agréable. Les leçons très claires de M. Borjeson, maître relieur danois, recueillies par ses élèves Challot et Grabhorn, leur fournissent un guide sûr qui leur permettra, avec un matériel réduit, de faire sans difficultés et économiquement de bonnes et solides reliures, soit en cartonnage à la Bradel, soit en reliure proprement dite. Les professionnels trouveront également dans ce livre des indications et des tours de main fort utiles à connaître.
- Equilibre acido-basique des milieux biologiques, par F. Coste. 1 vol. in-8, 101 p., Masson et Cie, éditeurs. Prix : 9 francs.
- Question de première importance que la notion de concentration en ion hydrogène a permis •d’aborder. Entrois chapitres très clairs, l’auteur expose ce qu’est le pH et comment on le mesure, puis comment l’organisme rétablit constamment son équilibre acide-base et enfin résume les travaux récents sur les états pathologiques liés à un trouble de cet équilibre. C’est uner remarquable initiation à ce problème physico-chimique qui pénètre de plus en plus la physiologie et la pathologie.
- Manueljle poche sur la photographie simple et stéréoscopique en noir et en autochrome. Les vues, les portraits,, par H. Renault et G. Langlois, i vol. in-16, 44 P- Gauthier-Yillars et Ç‘% Paris. Prix : 8 francs.
- Guide sûr sous forme de résumé clair et succinct, des principes reconnus les meilleurs par expérience et qui permettent d’obtenir sûrement des résultats parfaits, tant par le choix des appareils que par les manipulations bien conduites.
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- Supplément.
- N° tïli 19 Juin 1926
- Le canal de Marseille au Rove. — On vient de mettre en eau, le ier juin, le canal souterrain de Marseille.au Rove, dont l’inauguration officielle n’aura lieu du reste que l’an prochain. Ce canal doit réunir, comme on le sait, Marseille à l’étang de Berre. Le souterrain de Rove est un ouvrage gigantesque; largede 22 m., haut de i5 m. 40 à la clef de voûte, il mesure 7200 m. de long. Quant au canal, sa longueur est de 18 kilomètres, sa profondeur de 4 mètres.
- Les déblais nécessaires ont dépassé 2 5oo 000 m5.
- Nouveau procédé de durcissement superficiel des aciers par nitruration, — Ce procédé, dû à M. Fry, a fait récemment l’objet d’une communication de M. L. Guillet à la Société des Ingénieurs Civils. M. Fry, au cours de recherches théoriques, notamment sur le diagramme fer azote, a découvert en chauffant certains aciers spéciaux, surtout les aciers contenant de l’aluminium, qu’on obtient une couche de nitrure complexe, d’une dureté extrêmement élevée, supérieure à celle obtenue par cémentation et trempe des. aciers. Pour obtenir industriellement ce résultat, les pièces complètement terminées sont passées dans un courant d’ammoniaque à 5oo°. Elles sont retirées après quatre ou cinq jours, revêtues d’une couche extrêmement dure, épaisse de 8/10 de millimètre environ. Dans ce traitement, on n’observe qu’un très léger gonflement de la pièce, gonflement toujours constant et dont on doit tenir compte pour pouvoir utiliser les pièces de suite sans rectification.
- L’aluminothermie contre les embâcles déglacés.
- — Les embâcles de glaces qui se forment sur certains fleuves des régions froides peuvent fairè courir les plus graves dangers aux populations riveraines. Aussi les combat-on énergiquement, en cherchant notamment à les détruire par explosifs, de façon à les empêcher de barrçr le cours du fleuve. Leprofesseur H,-T. Barnes, de i’Université Mac Gill à Montréal, s’est consacré depuis de longues années à l’étude de cette question des glaces flottantes. Les nombreuses expériences auxquelles il s’est livré le conduisent à préconiser le thermit comme explosif le plus efficace pour la destruction des glaces. Le thermit n’est pas autre chose que le mélange alumine-thermique imaginé .voici de longues années par Gold-^ schmidt, et qui a trouvé de nombreuses applications, notamment pour la soudure des rails. Il est formé par un mélange pulvérulent d'aluminium et d’oxyde de fer (Fe3 O4). Aux températures ordinaires ce mélange est rigoureusement ininflammable et par suite sans danger; pour provoquer la combinaison de l’aluminium avec l’oxygène de l’oxyde de fer, il faut tout d’abord amorcer la réaction en un point du mélange en le portant à une température d’environ ?4oo° C. Le mélange s’enflamme alors, et la réaction se transmet rapidement de proche en proche avec production d’une température très élevée.
- Si l’on provoque au sein d’une masse de poudre alu-minothermique une détonation au moyen d’une petite masse de dynamite par exemple, le mélange se comporte comme un explosif, et toute la masse déflagre. C’est cet explosif qui, selon le D1' Barnes, présente pour la destruction des barrages de glaces une supériorité manifeste sur tous les explosifs usuels, C’est un explosif beaucoup moins brisant que la dynamite ; la lenteur relative de sa déflagration en même temps que la grande quan-tité de chaleur développée au cours de la réaction ont pour effet de provoquer autour du foyer d’explosion un réseau de craquelures longues, profondes et serrées qui disloquent et désagrègent parfaitement des blocs très homogènes, jusqu’à une assez grande distance de la. charge explosive. Cette méthode a été employée cet hiver pour dégager le cours du Saint-Laurent.
- L’altération des pierres calcaires dans les villes.
- — Dans les villes industrielles, les pierres calcabres qui constituent souvent comme à Paris l’élément principal des belles constructions et des édifices artistiques sont exposées à de graves dégradations provenant des agents atmosphériques. L’action de ceux-ci est multipliée par l’effet des quantités considérables d'acides que les fumées des foyers industriels ou domestiques déversent
- dans l’atmosphère de la ville. Ainsi, l’agglomération parisienne qui consomme 8 millions de tonnes de houille par an, à la teneur moyenne de r pour 100 de soufre, rejette dans l’air environnant une quantité d’acide sulfureux (SOâ) qui après oxydation représente au moins 200000 tonnes d’acide sulfurique - pendant l’année. Cet acide provoque de sérieux dégâts. M. Florentin, en collaboration avec M. Ivling, au Laboratoire de la Préfecture de Police, a étudié cette grave question et il vient dans une communication * à l'Association Franco-Belge pour l’essai des matériaux de faire connaître les premiers résultats de ses recherches.
- Les deux savants ont constaté qu’une eau de pluie recueillie dans le bassin situé sur une des tours de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, renfermait par litrè 84 milligr. d’anhydride sulfurique, SO3 (combiné à la chaux) et i3 milligr. de nitrates exprimés en nitrates de potasse.
- Les acides présents en quantité aussi importante dans l’eau de pluie ont une action marquée sur les matériaux de construction, en particulier sur les pierres.
- Une première preuve en a été fournie par l’examen des altérations profondes que présente le « Monument aux Morts » de Bartholomé, situé au cimetière du Père-Lachaise. Les principales détériorations observées affectaient le groupe des Gisants situé dans une excavation du monument et qui, de ce fait, est à l’abri de la pluie. Elles se présentaient sous la forme de pustules qui cédaient à la moindre pression, Le groupe était taillé dans un calcaire à entroques d’Euville, constitué par du carbonate de chaux à peu près pur, ne renfermant à l’état naturel que des traces imperceptibles de sulfate de chaux. Or, l’analyse chimique a révélé dans les parties effritées des teneurs de 2 à 3 pour 100 de sulfate de chaux. L’examen d’autres tombes du Père-Lachaise, et de divers monuments parisiens : Sainte-Chapelle, Cluny, La Trinité, a donné des résultats analogues, Partout l’on constate dans les parties désagrégées la présence d’une proportion importante de sulfate de chaux. A noter cependant une exception assez curieuse pour Notre-Dame où les prélèvements, il est vrai, ont été faits à une grande hauteur. La teneur en sulfate y est à peine plus élevée dans les parties désagrégées que dans les parties saines,
- MM. Kling et Florentin ont en outre constaté que les parties les plus détériorées étaient le plus souvent placées à l’abri de la pluje directe ; souvent la désagrégation se produit, dans certains calcaires tout au moins,, à la limite des parties qui sont humectées d’eau par capillarité.
- D’autres fois, l’altération correspond aux portions recouvertes de « calcins ». Ce dernier est constitué à Paris par un enduit noirâtre qui recouvre les parties des édifices orientées de façon à ne recevoir la. pluie qu’aeçi-dentellement. L’analyse chimique du calcin recueilli à la Sainte-Chapelle, à là Trinité, à Cluny, a montré que cette substance est constituée essentiellement par du sulfate de chaux, des matières organiques, delà silice et des silicates et une petite quantité de carbonate de chaux.
- L’absençe presque complète de ce dernier ne peut s’expliquer, dit M, Florentin, qu’à la faveur d’un processus de sulfatation très actif de la pierre calcaire au contact du calcin. Et ce processus semble particulier aux villes et aux agglomérations industrielles. Sans doute les calcaires exposés en pleine campagne se recouvrent-ils aussi d’une patine, mais celle-ci est toute différente de la patine des calcaires dans les centres urbains. L’examen microscopique révèle qu’elle est due à la présence de végétaux microscopiques du groupe des lichens, qui du reste finissent par constituer un enduit protecteur. Aucune trace de sulfate n’y apparaît.
- La sulfatation, au contraire, telle qu’elle se manifeste dans les centres urbains, qu’il y ait ou non présence de calcin, constitue un puissant agent de désagrégation des calcaires, bien que les doses d’acide sulfureux mises en jeu soient èn somme assez faibles. L’ampleur de ce; phénomène, d’après M. Florentin, tient à ce que l’acide sulfureux agit sélectivement sur les pierres.
- Il semble s'attaquer de préférence au ciment quille
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- INFORMATIONS
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- les cristaux du .carbonate de chaux. Ce liant, lui-même constitué par du carbonate de chaux, dans les calcaires très purs tout au moins, se transforme, sous l’action de cet acide et de l'humidité atmosphérique, en sulfate de chaux hydraté (S04Ca, 2 H2 O), corps qui foisonne en brisant ou en soulevant une portion de la pierre, et en créant des pustules comme celles qui furent observées sur les calcaires du Père-Lachaise.
- Dans lë cas où la pierre est directement mouillée, il est probable que le sulfate de chaux, qui est soluble, s’accumule de préférence, par suite des phénomènes de capillarité, à la limite des parties mouillées et détermine la détérioration de la pierre, à ce niveau, par un processus analogue.
- Nos beaux monuments parisiens, héritage artistique d’un brillant passé, sont donc, on le voit, exposés à un grave danger de destruction progressive. Le mal a déjà commencé à faire son oeuvre. Par quels moyens arrêter ses ravages ? Jusqu’ici il ne semble pas que l’on ait trouvé des remèdes efficaces. Le meilleur serait certainement de réduire au minimum la consommation des combustibles et surtout de la houille crue dans les agglomérations urbaines, et pour cela développer le chauffage au gaz ou à l'électricité. Pour l’avenir, il conviendra aussi de rechercher et d’étudier scientifiquement des matériaux de construction indifférents aux atmosphères acides des grandes villes.
- L’usure des pneumatiques sur les routes. —
- D’après des essais effectués par plusieurs organismes d’études aux Etats-Unis et notamment par le Bureau of Public Roads (Ministère de l’Agriculture), l’usure des pneumatiques d’automobiles varie énormément suivant la nature et l’état de la route; les routes les plus avantageuses à ce point de vue sont les routes en ciment, elles font réaliser une économie énorme de pneumatiques, l’économie d’essence due à la régularité de leur surface est appréciable également, mais n’est pas d’un ordre comparable à l’économie réalisée sur les pneumatiques. Ainsi l’on a constaté, avec une Ford de tourisme, que l’usure des pneus est 17 fois plus forte sur une bonne route macadamisée que sur une route en ciment. Sur un macadam en mauvais état, l’usure devient 56 fois plus forte que sur la route en ciment.
- La vitesse n’a pas une influence très considérable sur la durée des pneus. A 25 km à l’heure, à une température de i5° C., l’usure est par exemple de 100 gr.par pneu pour 1666 km de parcours; à 5o km à l’heure l’usure, dans les mêmes conditions, n’est accrue que de 20 gr.
- Par contre, la température a une influence considérable sur l’usure des pneus ; celle-ci augmente rapidement quand la température s’élève; toutes choses égales d’ailleurs, l’usure est 7 fois plus forte à 38°,6 qu’à 4°»5.
- On a constaté également que le caoutchouc se coupe plus rapidement quand il est humide que lorsqu’il est sec.
- Empreintes fossiles du Grand Canyon. — M. Charles-W. Gilmore, curateur de paléontologie des vertébrés au National Muséum, vient de publier dans les Smithsonian miscellaneous Collections une importante étude sur les empreintes de pas fossiles trouvées depuis quelques années dans le Grand Canyon.
- Le premier qui les vit et les signala fut le professeur Charles Schuchert, en igi5. Pendant l’été de le
- Dr John-C. Merriam, président delà Carnegie Institution, visita les lieux et il fut alors décidé de relever toutes les traces et d’en faire des moulages pour le National Muséum.
- Ces empreintes s’observent à la surface de blocs de grès inclinés à 3o°, situés à gooou 1000 pieds au-dessous du bord actuel de la falaise. Elles ont donc été imprimées par le passage1 d’animaux sur le sable humide avant le dépôt des sédiments, épais de 3oo m, qui les surplombent, bien avant le creusement du canyon actuel. Presque toutes sont orientées de l’ouest à l’est, comme si elles avaient été tracées au moment de la sortie de l’eau, en arrivant sur le sol.
- Malheureusement, les restes fossiles des animaux qui ont ainsi marqué leurs pistes sont encore inconnus, si bien que leur identification est des plus incertaines. M. Gilmore y a reconnu des invertébrés et des vertébrés et parmi ceux-ci des reptiles et des amphibiens. Par comparaison avec les faunes permiennes du même âge,
- des régions avoisinantes, il a pu rapprocher certaines traces de quelques espèces connues.
- Tout cela est encore forcément peu précis, mais présente cependant un très grand intérêt puisqu’on a pu ainsi savoir que tous les vertébrés de celte station étaient quadrupèdes, qu’ils circulaient sur une plage de sable, à un niveau géologique parfaitement déterminé.
- A titre d’exemple, nous reproduisons ici la photographie d’un bloc où l’on voit .les traces de deux animaux
- différents, traces très nettes qui permettent de compter les nombres des doigts aux membres antérieurs et postérieurs. M. Gilmore a pu identifier douze types différents d’empreintes correspondant à autant d’espèces distinctes.
- Le phytelephas macrocarpa — La noix de corozo, qui donne l’ivoire végétal est la graine de ce palmier indigène en Colombie et à l’Equateur. On a songé à cultiver ce palmier dont le fruit est recherché par l’industrie.
- M. F. Claès, chargé de mission, vient de faire connaître ses observations en Colombie (Agronomie coloniale, décembre ig25).
- Ce palmier peut se rencontrer jusqu’à l’altitude de 800 à goo m. dans le Haut Magdalena. Il se plaît surtout dans les parties basses et humides, et croît de préférence en sous-bois. La distance la plus favorable entre pieds adultes est de 3 à 6 m., cette dernière distance étant d’après l’auteur à adopter pour une plantation.
- La première floi’aison se produirait d’après les indigènes à 5 ou 6 ans ; elle permet alors de différencier les sexes. Les vieux pieds femelles ont un tronc traçant dont le sommet ne dépasse guère 1 m. au-dessus du sol ; la partie couchée atteint 3 à 4 m- On attribue l’inclinaison des pieds femelles au poids des fruits.
- La floraison principale est en avril et mai en Colombie, l’inflorescence mâle est constituée par des chatons de 60 à go cm de longueur et'7 à g de diamètre, au nombre de 4 à 5 par pied. Les fleurs mâle et femelle répandent un parfum exquis. Un amoncellement de feuilles mortes au centre de la plante rend la récolte des fruits difficile, même dangereuse à cause des serpents qui s’y réfugient.
- Un arbre donne 4 à 6 fruits contenant chacun 6 à 12 drupes de 4 à 6 graines (soit environ a5o graines). La maturation, puis des rongeurs friands de la partie charnue des fruits laissent les graines complètement nettoyées, il suffit de les récolter, de les laisser sécher 3 à 4 mois et de les décortiquer, en brisant la coque d’un coup de massue.
- La graine pèse environ 35 grammes. Un palmier en fournit 8 à 10 kg par an. Pour 2.5o pieds à l’hectare, cela ferait un rendement de 225o kg minimum à partir <be la 6° année. L. R.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- '**> Automobilisme
- Détendeur pour pédales d’embrayage et de freins système « Réflexe ». — Le plus souvent, dans les embrayages utilisés dans l’automobile, l’adhérence des surfaces frottantes perd certainement sa valeur maximum dès que celles-ci viennent en contact. Outre que cet entraînement brutal, que seule peut corriger une grande habileté de manœuvre de la pédale, est très préjudiciable aux organes de transmission, il est aussi très gênant dans les démarrages et reprises de vitesses.
- Le détendeur Réflexe a pour but d’obvier à ce double inconvénient. Fixé à l’extrémité de la pédale, cet appareil comporte une plaquette coulissante sur laquelle agit l’effort du pied, cet effort est transmis par l’intermédiaire d’un ressort qui se comprime jusqu’à ce que sa tension soit suffisante pour permettre à la pédale d’actionner la fourchette de débrayage.
- En relâchant la pédale pour embrayer, l’équilibre qui s’est établi entre le ressort du détendeur et celui de l'embrayage se trouve rompu dès que les surfaces frottantes viennent en contact, mais alors la pression est pratiquement nulle et ne prendra sa valeur maximum qu’au fur et à mesure que se détendra le ressort du détendeur.
- Ainsi on a la possibilité de faire varier, à son gré et sans une attention spéciale, l’adhérence de l’embrayage
- Fig. i. — Détendeur «Réflexe» pour pédales d'embrayage - et de freins.
- de manière à démarrer avec la plus grande douceur, ou à reprendre progressivement sa vitesse.
- Très .simple, coninie on le voit, ce détendeur peut se monter également sur la pédale du frein remplissant ainsi le rôle de modérateur de freinage sans toutefois diminuer en quoi que ce soit l’efficacité du frein. On évite par là le dérapage que provoque un coup de frein trop brutal.
- Constructeur : A. Baud, 4» rue des Ecluses-Saint -Martin, Paris, 10e.
- Mécanique
- Système de manutention « Birail ».— Le besoin d’économiser la main-d’œuvre oblige de plus en plus toutes les industries à se préoccuper des problèmes de manutention à travers les ateliers et les magasins. Pour les grosses masses, la solution classique est le pont roulant ; pour les charges moindres, on a préconisé les transporteurs monorails.
- Yoiciun nouveau dispositif, le « Birail », qui. présente un certain nombre de particularités intéressantes. La voie, suspendue, est composée de deux rails parallèles II entre lesquels passe le dispositif de suspension. Celui-ci est porté par deux galets ou même un boggie à quatre galets pour les plus gros poids. Ces galets, de grand diamètre, roulent sur billes. Le « Birail » forme un circuit fermé qu’on petit étendre à toutes les parties d'une usine. Les jonctions et les raccords peuvent être de formes quelconques, en Y, à 3, 4 et même 5 voies, aussi bien qu’en croix à 900. Les aiguilles sont fixes et les changements de direction du chariot sont obtenus simplement par poussée sur la charge suspendue. La même voie peut porter des ponts roulants et des chariots
- isolés et servir au transport à bras dé charges allant de 5o kg à 3 tonnes. Le grand diamère des galets, leur large contact avec les rails, leur travail normal, leurs roulements à billes, assurent un mouvement très doux et une faible usure.
- Une des particularités les plus importantes est la
- Fig. 2. — Dispositif de suspension « Birail ».
- possibilité de faire passer un pont baladeur d’un magasin à un autre, sans déchargement, même à travers des portes ou des ouvertures étroites. Ce pont baladeur Birail se déplace comme un chariot simple, soit parallèlement au chemin de roulement, soit perpendiculairement en empruntant deux voies parallèles. Par exemple, dans un magasin pourvu d’une installation Birail comportant plusieurs travées parallèles d’un écartement uniforme, un seul pont baladeur peut les desservir toutes en se déplaçant de l’une à l’autre, balayant ainsi toute,, la surface, opération qui, jusqu’à présent, n’a pas été réalisée. Un dispositif permet de garer les ponts baladeurs lorsque l’on désire utiliser le réseau pour les chariots simples.
- Le « Birail » a donc sa place marquée dans toutes les industries : abattoirs, entrepôts frigorifiques, gare.s de marchandises, fonderies, chaufferies, usines à gaz, aciéries, entrepôts, docks et magasins de toutes sortes.
- Fig. — pont baladeur « Birail ».
- Il résout en effet le problème du transport sur un unique réseau de toutes chargés dans toutes directions.
- Constructeurs : La Manutention rationnelle, Y6, rue de la Pépinière, Paris, 8°.
- Forge portative Parva. — Cette forge comporte sur un socle triangulaire ventilateur et foyer. Elle est constituée par un vase clos comme un four, sauf à la partie supérieure où l’on dispose les pièces à chauffer.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- L’air comprimé est projeté par la tuyère à travers toute la masse de charbon, directement, sans canalisation. Un dispositif spécial empoche les cendres de passer dans le mécanisme; on les évacue au moyen d’un bouchon situé sur le côté.
- La mise en marche de l’appareil se fait en tournant le
- bois en le tournant comme si on le vissait, sans qu’il soit nécessaire de produire un grand effort.
- La forme en biseau du pilon facilite la pénétration
- volant à l’aide d’une manivelle, l’axe du volant est monté sur une glissière, de sorte qu’on peut régler la tension de la courroie. L’encombrement de la forge est de 36 x '26 cm et son poids minime, 10 kg, en fait un appareil facilement transportable.
- Le foyer et le carter sont en fonte.
- Avec cette forge, oh peut exécuter tous les travaux courants; on l’emploie également comme outil pour la brasure, pour la fonte des métaux fusibles ; elle sert aussi à chauffer des rivets, des fers à souder, des marques à feu, etc., c’est non seulement un outil d’amateur, mais aussi une forge de professionnel qui s’adresse à tous les usagers de la forge portative.
- La Mécanique pratique, 3, rue Mabillon, Paris.
- *>> Objets utiles
- Économiseur Bipoto. — Cet appareil est constitué par une série de disques en aluminium judicieusement établis pour s’adapter sur n’importe quel genre de batterie de cuisine, ce qui permet la superposition de plusieurs casseroles.
- La forme de ces disques est étudiée de manière qu’elle renferme hermétiquement les casseroles sur lesquels ils reposent. De ce fait, la vapeur étant légèrement
- surchauffée et par conséquent sous pression,, surélève la température au-dessus de 100 degrés, ce qui permet de faire cuire dans la deuxième et même dans, la troisième casserole. D’autre part, plus les casseroles sont larges et lourdes, plus la cuisson est rapide.
- Cet appareil permet de réaliser une grande économie sur les notes de chauffage, puisqu’il est possible de préparer plusieurs mets à la fois sur un même foyer. Les mets préparés ainsi sont plus succulents, puisque leur cuisson a été effectuée uniquement à la vapeur.
- Henry, frères, 56, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Fig. 5. — Economiseur Bipoto.
- Passoire « Pilo ». — Cet appareil est formé d’un cylindre perforé reposant sur un récipient au moyen d’une poignée portant deux encoches. Les légumes ou les produits à traiter sont placés dans le cylindre jusqu’aux trois quarts environ et l’on enfonce le pilon de
- et, par le mouvement de rotation qu’on lui imprime, les trous du cylindre se trouvent continuellement dégagés par les arêtes du coin, ce qui explique la facilité de travail. Ce dispositif, original et pratique, fait d’ailleurs l’objet d’un brevet.
- Etablissements Cama, 53, rue des Francs-Bourgeois, Paris (IV6).
- Cafetière automatique Pouget. — Cette cafetière se compose d’un récipient inférieur que l’on remplit d’eau froide, d’un tamis dans lequel on place le café jusqu’à la hauteur d’une rainure. On remet ensuite à leur place le corps du Filtre et le tamis, à la partie supérieure. Le haut du filtre communique avec la partie inférieure au moyen d’une poignée creuse qu’il est facile de mettre en place, en agissant simplement sur un écrou.
- La cafetière ainsi préparée est placée sur le feu, l’eau distille, passe par la poignée et vient se condenser à la partie supérieure sur le café moulu.
- Lorsque le café est préparé complètement, le sifflet qui se trouve en haut du couvercle est actionné par la vapeur et l’appareil siffle plus ou moins" fort, suivant que le feu est plus ou moins vif. De toute manière, dès que le sifflet se fait entendre, c’est l’indication que le café est préparé. L’infusion se fait à l’abri de la vapeur
- Fig. 7. — Cafetière automatique Pouget.
- qui n’a pas d’action sur le café et qui n’est utilisée que pour actionner le sifflet, une fois le café fini.
- Toute l’eau destinée à faire le café est intégralement employée ; la température reste constante pendant l’écoulement du liquide qui sort toujours au degré le plus favorable.
- Le fonctionnement est automatique, puisqu’on est averti du moment où l’infusion est prête.
- Cafetière Pouget, 14, rue de l’Epée-de-Bois, Paris.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : CHICORÉE SAUVAGE
- Il ne s’agit ici que de la chicorée sauvage (Cichorium | Intybus L.), Synanthérées chicoracées, qui a pour syno- | nymes Chicorée amère, Herbe à café, Herbe amère, etc., et non des nombreuses variétés cultivées dans les jardins et provenant du Cichorium Endivia (L.).
- Habitat. — Elle croît partout, dans toute la France, sur les bords des chemins et dans les lieux incultes.
- Description sommaire. — Plante vivace, bisannuelle. Racine longue, pivotante, de la grosseur du doigt, brune au dehors, blanche en dedans, renfermant un suc laiteux. Tige droite, cylindrique, atteignant o m. 80 à i m. Feuilles alternes, velues, les inférieures profondément découpées, les caulinaires petites, lancéolées, entières. Fleurs (juillet-septembre), en capitules sessiles, géminés, d’un beau bleu, rarement blanches ou roses. Graines (achaines), tétragones, surmontées d’une couronne d’écailles. ^
- Culture. — Elle est semblable à celle de la chicorée à café si répandue dans le Nord de la France. Elle demande une terre profonde et saine, bien ameublie, afin de ne point diviser les racines. La terre de jardin argilo-siliceuse, fraîche, sans excès d’humidité, lui convient bien. Il faut, cependant, la fumer à l’automne avec du fumier décomposé ou avec du superphosphate de chaux : 4 kg à l’are ou 3 lcg de nitrate de soude.
- Multiplication. — Elle a lieu par semis qu’on peut faire à toute époque de l’année, mais de préférence à fin avril. Il est bon, d’après MM. A. Goris et J. Demilly, de mettre tremper les graines, comme il est d’usage en Flandre, pendant deux jours avant le semis, afin qu’étant gonflées leur germination soit hâtée. On sème à la volée, en planche ou mieux en lignes espacées de 3o ou de 60 cm selon le cas.
- On emploie a5o à 3oo gr. de graines par are avec le semis en lignes et i litre 5oo avec le semis à la volée (A. R. et D. B.). Elles doivent être semées « claires » quand on vise la production des racines et un peu plus épaisses lorsqu’il s’agit des feuilles. On roule pour fixer les graines au sol; dans le Jardin familial on se contentera de les couvrir légèrement de terre et de les arroser. La levée peut avoir lieu entre 6 et i5 jours.
- Soins culturaux. — On effectue le premier binage lorsque les plantes ont quelques centimètres de hauteur, pour détruire les mauvaises herbes dès leur apparition. Au moment du second binage, qui est fait un mois après, on éclaircit les plantes qui seront laissées à n cm les unes des autres. Il est utile de procéder, en été, à de fréquents arrosages, mais l’important est de tenir le sol
- très propre, afin de favoriser le développement des plantes. La culture peut durer a à 3 ans, mais la production serait plus avantageuse si les semis étaient annuels.
- Récolte. — Elle doit avoir lieu la première année, aussi bien pour les feuilles que pour les racines Les premières, généralement destinées à l’herboristerie, sont plus développées et l'on peut en faire plusieurs coupes de juin à septembre avant que la plante ne monte. Les secondes sont plus charnues et faciles à traiter, tandis qu’elles tendent à devenir ligneuses la seconde année. On les arrache de septembre à octobre.
- Séchage et conservation. — On étale les feuilles en couches minces dans un grenier ou un local très aéré et on les remue peu; elles perdent leur couleur en se desséchant. Comme elles attirent facilement l’humidité; il est indispensable de les conserver dans un endroit sec. Les racines bien nettoyées sont coupées en morceaux de a cm et mises à sécher au soleil ou, de préférence, à l’étuve. On estime que io kg de feuilles fraîches donnent i kg 55o de feuilles sèches.
- Composition chimique. — Les feuilles contiennent : extractif amer, chlorophylle, albumine, sucre, plusieurs sels, entre autres du nitrate de potasse. Les racines renferment de l’inuline. (D1 H.).
- Propriétés thérapeutiques. — Les feuilles constituent toujours un remède populaire comme dépuratif dans les différentes maladies de la peau. En outre, elles sont regardées comme apéritives, digestives, stomachiques, toniques, etc. Elles entrent dans le suc d’herbes, à .parties égales avec le cresson, la fumeterre et la laitue, ainsi que dans la médecine du curé de Deuil. La racine figure dans les sirops de chicorée simple et composé, excellent dépuratif et laxatif pour les enfants. Je rappellerai qu’elle sert de base à l’industrie du « café-chicorée », laquelle fait consacrer dans le Nord de nombreux hectares à sa culture. Les graines entraient dans les 4 semences froides.
- Préparations pharmaceutiques. — Le dernier Codex prescrit une infusion de io gr, pour un litre d’eau bouillante. Racines ao pour xooo; sirop de chicorée composé 4o gr. pour les enfants ; suc dépuré de feuilles 5o à 25o gr. ; extrait i à 5 grammes.
- Observations commerciales. — La vente des feuilles et des racines de chicorée est forte. Les prix payés par l’herboristerie ont varié pour les feuilles'de o fr. 5o à i fr. le kilogramme et, pour les racines, de o fr. 90 à 1 fr. 75.
- COCHLÉARIÀ OFFICINAL
- Le cochléaria officinal (Cochlearia officinalis L.), Crucifères, a pour synonymes, Cranson officinal, Herbe aux cuillers, nom qui lui vient de la forme du limbe de ses feuilles.
- Habitat. — En France, on le rencontre au bord des ruisseaux, sur le rivage de la mer, notamment sur les côtes de Normandie et de Bretagne.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle atteignant o m. ao à o m. 3o de hauteur. Tige ramifiée, vert pâle. Feuilles charnues, longuement pétiolées, courbées en cuiller, les caulinaires petites, sessiles, embrassant la tige. Fleurs (mai-août), blanches, pédonculées, disposées en grappes corymbiformes. Fruit (silicule) ovale; graines peu nombreuses, d’un brun clair.
- Culture. — Elle est facile surtout dans les jardins maraîchers. Le cochléaria demande une terre légère, fraîche, pouvant être arrosée sans difficulté. On lui donnera donc, autant que possible, dans le Jardin familial, la place la plus fraîche, sinon la plus humide et exposée au nord.
- Multiplication. — On y procède par semis à l’automne ou au début du printemps, par une température basse 5° à 120, parce que les graines germent difficile-
- ment par un temps chaud. On nivelle le sol et on sème les graines tous les 25 cm sur des lignes distantes de o m. 70, puis on plombe pour bien fixer les semences. Dans ces conditions, la germination peut avoir lieu en 4 jours (A. G. et J. D.). On donne ensuite les soins culturaux habituels et surtout de fréquents arrosages.
- Récolte et séchage. — On cueille les feuilles un peu avant la floraison, au début de mai, et l’on peut en faire plusieurs coupes. Le séchage doit être fait , rapidement parce que les feuilles sont pleines d’un sucre âcre et piquant. Elles perdent leurs propriétés par la dessiccation.
- Composition chimique. — Les feuilles renferment, après avoir été contusées, une essence qui n’y préexistait pas, mais qui s’y développe sous l’influence de l’eau et d’un principe azoté, très probablement analogue à la myrosine. Cette essence, d’odeur irritante, est composée d’isosulfocyanate de l’alcool butylique, assez proche de l’essence de moutarde, On y trouve également une substance âcre : la cochléarine, un peu d’iode, etc.
- Propriétés thérapeutiques. — Les feuilles fraîches et les sommités fleuries sont antiscorbutiques, dépuratives, stimulantes, stomachiques, etc. On les emploie contre
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- VARIETES
- les scrofules et les maladies de la peau; on les a proposées aussi contre l’obésité.
- Préparations pharmaceutiques. — A l’état frais, les feuilles entrent dans la préparation du sirop antiscorbutique, de la bière et des vins antiscorbutiques ainsi que dans certaines eaux ou alcoolats dentifrices servant aux soins de la bouche.
- On a prescrit l’infusion de feuilles fraîches, 20 gr. pour xooo ; alcoolats simple et composé 10 à 3o gr. ; conserve 5o gr. ; sirop 20 à 60 gr. ; suc frais 16 à 60 gr. ; vin 5o
- à ioo gr. Comme la dessiccation leur fait perdre toute efficacité, il est tout indiqué de n’émployer que le suc frais en nature ou sous forme de sirop.
- Observations commerciales — La vente n’a quelque importance que pour les feuilles fraîches qui entrent dans la préparation du sirop antiscorbulique ; elles sont payées o fr. 25 à o fr. 3o le kilogramme.
- Quant aux feuilles sèches dont la vente est faible, leur prix a varié de 1 fr. 5o à 5 fr. le kilogramme.
- A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS , UTILES
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- Nouvelle méthode de conservation des figues fraîches. — En Californie, on emploie une nouvelle méthode de traitement des figues fraîches, qui consiste en l’emploi de la paraffine, ce qui permet de transporter ces fruits à de longues distances et de les conserver pendant quelque temps sans qu’ils soient exposés à se détériorer,
- La méthode, très simple, consiste à immerger deux fois la figue dans une préparation à base de paraffine, à l’envelopper et à l’expédier de suite à destination.
- Pour des quantités assez importantes, le traitement est effectué au moyen d’unë machine à tapis roulant.
- Le bain de paraffine forme autour du fruit une enveloppe ferme et rigide, qui soutient la structure du fruit et la protège contre les secousses durant le transport ; en outre, le fruit conserve son arôme, l’évaporation étant évitée. Enfin, comme généralement on pèle les figues avant de les manger, l’enveloppe de paraffine <— d’ailleurs substance inoffensive — est enlevée avec la peau.
- Conservation des fruits frais dans le gaz sulfureux et en solutions sulfitées. — Dans le compte rendu des travaux des centres d'expérimentation de VOffice agricole régional de l’Est Central, M. Vercier, professeur d’horticulture et d’arboriculture de la-Côte-d’Or, indique un moyen simple et économique pour conserver à l’état frais les fruits périssables, destinés à la fabrication des confitures, pulpes et jus de fruits.
- Après avoir égrappé les fruits, il suffit de les loger dans des fûts préalablement stérilisés et paraffinés intérieurement, et dans lesquels, après remplissage, on ajoute une solution d’anhydride sulfureux à la dose de 1 gr. 2 par kilogramme de fruits.
- On conserve ainsi, parfaitement, le cassis et la cerise noire jusqu’au quarantième jour, et cette conservation est encore suffisante jusqu’au soixante-cinquième jour ; ensuite, on voit apparaître la moisissure.
- La conservation est sensiblement la même en employant une solution de bisulfite de soude.
- Par ce procédé, très simple* on peut, dans les régions de production de fruits périssables, et en année de mévente ou de surproduction, utiliser pour la consommation des récoltes de fruits qui, sans ce mode de conservation, seraient en grande partie perdues. Il est donc indiqué d’en faire l’application dans les régions fruitières.
- Pour détruire le virage sépia des épreuves photographiques. — La teinte sépia des épreuves sur papier au gélatino-bromure d’argent est souvent recherchée par les amateurs, mais il arrive que le ton obtenu est défectueux. Pour ne pas perdre l’épreuve, le Bulletin de la Société française de Photographie recommande, d’après le Corriere fotografico, de blanchir d’abord l’épreuve dans un bain ainsi composé :
- Permanganate de potasse . . . . ^ 2 gr
- Acide chlorhydrique. ... . . . h io Ce.
- Eau ............... iôoo ec.
- Puis on rince, traite au bisulfite à 20 pour 100 pour enlever l’oxyde de manganèse qui teinte les blancs ; on lavé à nouveau et l’on développe ensuite à la lumière du jour dans un révélateur quelconque, le pyrogallol excepté. L’image redevient alors noire.
- Utilisation du papier au bromure ayant vu la lumière. — Les papiers au bromure coûtent de plus en plus cher; il convient donc de ne point les gâcher. Cependant, à quel amateur n’est-il point arriver d’en perdre en les exposant imprudemment à la lumière?
- Yoici une recette du Corriere fotografico que reproduit le Bulletin de la Société française de Photographie pour utiliser ces papiers « voilés ». On les plonge une ou deux minutes dans une solution de sulfite de soude à 3 pour ioô, on les laisse égoutter un moment, puis on les place dans le châssis comme d’habitude, mais en interposant une feuille transparente de celluloïd entre le papier et le cliché négatif, pour éviter qu’ils adhèrent. L’image apparaît et se développe en 3 à 6 minutes au soleil, comme dans le cas dés papiers au .citrate. On la fixe dans un bain d’hyposulfite de soude.
- Le ton obtenu est désagréable. On le corrige en moinS^ de deux minutes par un bain d’acide sulfurique à 3 pour 100. Quand l’épreuve est devenue d’un beau brün, on la lave à grande eau, puis on laisse sécher.
- Lutte contre les insectes domestiques. —- Le
- Bulletin de l’Agence générale dés colonies reproduit les recettes suivantes publiées par MM. d’Emery de Char» moy et André Monliar, du département d’Agriculture de l’Ile Maurice.
- Contre les fourmis. —- Différentes espèces de fourmis envahissent les maisons et sont une source d’énnuis. Potir s’en débarrasser, il est essentiel de trouver leurs nids et de les détruire en y versant Une émulsion dé pétrole ou tout autre insecticide du même genre. Si le nid ne peut être découvert, on devra attirer les fourmis au moyen d’une éponge ou d’un autre absorbant préalablement imbibé de la mixture arsenicale sucrée que l’on place dans une boîte de fer-blanc à couvercle perforé. Les fourmis pénètrent dans la boite par les troüs mena» gés dans le couvercle et emportent le sirop empoisonné pour en nourrir leurs larves; de cette façon, tout le couvain est empoisonné. Une bonne formule pour la préparation d’une telle mixture sucré© est la suivante :
- Miel ou sirop.................... 100 gr.
- Arséniate de potasse'. ..... 1 —
- Contre les cancrelats. — Sortant en nombre de leurs retraites pendant les nuits chaudes, ils s’attaquent à toutes denrées alimentaires, aussi bien qu’aux vêtements, livres, etc,, èû imprégnant ces articles de l’odeur désagréable « sui generis » qu’ils dégagent.
- On peut les empoisonner avec une mixture d’acide borique et de sirop ou de mélasse, ou avec une mixture de borax en poudre ou de fluorure de soude avec de la
- farine.
- Contre les mouches domestiques. La destruction de ces désagréables insectes est rendue possible par l’emploi des appâts suivants :
- 1“ Lait......................... 35 cc.
- Formol....................... i5 gr.
- Eau.............................. 60 cc.
- 20 Arséniate de soude........... 450 gr.
- Sucre......................... 4^00 gr.
- Eau.............................. 45 1.400
- La formule n® 1 est préférable puisqu’elle n’est pas un poison pour l’homme. On verse ces appâts dans des sou*-coupes ou tous autres récipients de ce genre, et on
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- place ceux-ci aux endroits fréquentés par les mouches.
- Les papiers « tue-mouches » peuvent être fabriqués de la manière suivante :
- Dissoudre dans 60 cm3 d’huile de lin ou de ricin
- 60 gr. de résine, puis ajouter une cuillerée de miel et faire bouillir jusqu’à ce que la mixture prenne la consistance d’une glu; ce mélange est alors étalé sur des feuilles de papier.
- 3feD
- BOITE AUX LETTRES
- 00^
- AVIS — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances.
- 11 ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Correspondance. — Appareils à polycopier à glace dépolie. —Dans la Boîte aux lettres de notre n° 2697, un de nos lecteurs a demandé des renseignements sur les appareils à polycopier constitués par une glace dépolie sur laquelle on applique une matrice écrite avec une (encre spéciale. Nous recevons, à la suite de cette question, la lettre suivante des Etablissements Nardi à loulon.
- « Comme suite à votre article concernant, les appareils de reproduction sur une glace dépolie paru le
- 12 décembre 1925 dans la chronique « Boîte aux Lettres » du supplément n° 2G97 de la revue La Nature, nous vous serions obligés de faire paraître, à la même place, la réponse suivante :
- « Le procédé de reproduction aux encres grasses utilisant comme surface imprimante une plaque de verre dépolie est l'invention d’un français, M. B.-M.-R. Nardi, demeurant 3r, rue de l’Arsenal, à Toulon (Var).
- « Ce procédé,,qui a demandé près de trente années de travaux de laboratoire pour sa mise au point, n a été mis en vente commercialement qu’il y a quelques années par les fils mêmes de l’Inventeur.Cependant, depuis 19'?., cette intéressante invention a été copiée dans les empires centraux.
- « Ce procédé, uniquement basé sur des phénomènes chimiques tout à fait particuliers, ne peut donner satisfaction que si les produits utilisés remplissent certaines conditions chimiques spéciales.
- « L’inventeur se met, gracieusement, à l’entière disposition des personnes intéressées par ce procédé de reproduction pour leur fournir tout renseignement utile. Lui écrire en mentionnant exactement les points sur lesquels on désire recevoir des éclaircissements. »
- Réponses.— M. X.— Nettoyage'des meubles anciens. Pour enlever des taches d’eau, prenez un linge de fil fin, mouillez-le légèrement, puis frottez la tache dans le sens du bois sans appuyer trop fort; étalez ainsi la tache pendant une ou deux minutes, laissez sécher, puis quand toute trace a disparu, badigeonnez toute la surface du meuble avec un pinceau enduit d’un mélange de moitié d’huile de lin et moitié essence de térébenthine.
- Pour enlever des tache5! de graisse ou d’huile, frottez fortement dessus et autour avec le doigt enduit d’essence de térébenthine, puis couvrez l’endroit d’une couche épaisse de poudre d’os calcinés (un centimètre au
- moins). Recouvrez d'un objet pesaut : livre ou fer à repasser. Le lendemain, enlever la poudre; la tache aura disparu et il ne restera qu’à frotter l’emplacement avec une flanelle imbibée d’essence.
- Pour enlever les taches d’encre, décolorer au moyen d’hypochlorite de chaux ou de soude, d’acide oxalique ou d’acide chlorhydrique dilué. Dès que l’encre pâlit, absorbez l’excès de réactif avec un chiffon, rincez à plusieurs reprises à l’eau claire, laissez sécher, puis encaustiquez ou cirez.
- Pour faire disparaître des rayures ou des écorchures du bois, savonnez le meuble s’il est encaustiqué, lavez-le avec un tampon de laine imbibé d’alcool à 900 s’il est verni, puis procédez au ponçage au moyen de papier de verre n" 2, puis o et 00, monté sur un morceau de bois; finissez par un polissage à la pierre ponce très fine, en suivant le fil du bois.
- Pour nettoyer les meubles très sales, les ouvriers ébénistes emploient la « popote » ainsi composée :
- Vinaigre blanc......................5oo cc
- Esprit-de-vin.......................260 —
- Huile de lia........................200 —
- Tripoli de Venise en poudre fine. 125 gr
- On imbibe de cette « popote » un chiffon un peu gros et l’on frotte énergiquement; on finit avec un chiffon doux et sec.
- On encaustique avec le mélange suivant :
- Carbonate de potasse............... i5 gr
- Cire blanche....................... 40 —
- Eau de pluie.......................5oo cc
- qu’on fait fondre, puis qu’on filtre. Le filtrat est réchauffé au bain-marie et étendu au pinceau. On frotte ensuite avec une flanelle ou un lainage jusqu’à brillant parfait.
- On vernit au moyen de vernis à l’alcool dont voici deux formules :
- A £
- Sandaraque..................... 72 i5o
- Mastic.......................... 72 5o
- Térébenthine de Venise ... 42 —
- Alcool à 900...................784 800
- On l’étale au tempon.
- M. G. à Meung. — Dans les jardins, on peut détruire les larves de taupin des moissons en injectant du sulfure de carbone dans le. sol. Les larves proviennent d’œufs pondus sur le collet des plantes, des graminées notamment.
- On injecte le sulfure de carbone à raison de 3o à 40 grammes par mètre carré au moyen d’un pal. Quand le liquide a pénétré, on retire le pal et bouche le trou. La destruction des insectes est généralement complète.
- BIBLIOGRAPHIE
- Revue des questions scientifiques (4° série,f tome IX, 2° fascicule, 20 avril 1926). 1 vol. illustré, 268 p.
- Louvain, Secrétariat de la Société scientifique, et Paris, Les Presses universitaires.
- La Revue des questions scientifiques est sans doute la plus belle revue scientifique d’ordre général qui paraisse en langue française. Elle est, comme l’on sait, publiée par la Société scientifique de Belgique. Celle-ci vient de fêter avec éclat son cinquantenaire en présence d’un grand concours de savants célèbres. La Revue publie la lettre de félicitations
- adressée à cette occasion à la Société par S. S. le Pape Pie XI. « Le but de la Société scientifique, dit le Souverain Pontife, était de confirmer par le fait cet enseignement du Concile du Vatican. Jamais il ne peut exister de désaccord entre la foi et la raison. » Et en effet la Revue a abordé et traité, avec le plus large éclectisme et l’esprit critique le plus libre, toutes les grandes questions posées par la science moderne. (Dans le présent fascicule on lira avec le plus vif intérêt l’éloquente et poétique conférence de l’éminent géologue français P. Termier, président actuel de la Société scientifique, intitulée ; Que faut-il
- 199gfr
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- penser de la Terre? M. Lemaître confronte avec l’expérience la théorie de la relativité pour conclure provisoirement en faveur de celte théorie, malgré l’expérience de Miller que contredit, du reste, une expérience récente de Tomashek. M. Leplae fait une agréable causerie sur le Congo belge ; M. Delassus un résumé saisissant des grandes découvertes de la médecine de 1879 à 19a6 ; enfin M. d’Adhémar expose d’une façon remarquablement claire, attrayante et complète le problème dit « de la balistique extérieure ». M. Ch. Poisson fait un clair exposé de la ' question des variations à court terme de l’activité solaire qui actuellement provoque une ardente controverse parmi les géophysiciens.
- Initiation financière, par Raphael-Georges Lévv, membre de l’Institut, 1 vol. in-16, 242 p. Hachette, éditeur, Paris, 1926, Prix : 10 francs.
- Les questions de finances tiennent aujourd’hui le premier rang aussi bien dans la vie privée que dans la vie politique. Elles sont partout discutées, parfois avec quelle âpreté, au foyer familial, dans les assemblées délibérantes, voire sur-la place publique. Et cependant, malgré la rigueur avec laquelle ces questions s’imposent à l’attention de chacun, force est de constater l’ignorance profonde du public et d’un trop grand nombre de ceux qui s’improvisent ses guides. Aussi chacun trouvera-t-il intérêt à lire la lumineuse initiation financière que vient d'écrire un éminent économiste, M. R.-G. Lévy. On y trouvera exposés avec la plus grande clarté les principes trop méconnus, si simples cependant, qui régissent l’emploi des monnaies, le mécanisme des changes, le fonctionnement des banques de diverses natures et celui des bourses. L’auteur étudie également les éléments des finances privées, ce qui lui fournit l’occasion de donner de sages conseils pour la gestion des fortunes petites, moyennes ou grandes ; il analyse les finances publiques, enfin il dégage les leçons de la guerre en matière financière et conclut en rappelant que la question essentielle est de travailler et de produire.
- Appareillage électrique, par J. Maurec. i vol., 317 p., 198 fig. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1926. Prix : 55 francs, majoration 20 poür 100.
- Les ouvrages sur la construction de l’appareillage électrique, manquent. Celui-ci, reproduction d’un cours professé par l’auteur,c omble donc une [lacune. Il groupe les appareils en 4 classes' : appareillage d’interruption (interrupteurs, sectionneurs, commutateurs), appareillage de protection (fusibles, disjoncteurs, parafoudres et déchargeurs), appareils de réglage, tableaux de distribution. L’auteur décrit le fonctionnement des divers types d’appareils, indique [les conditions auxquelles il doit satisfaire et les données générales qui président à leur établissement et à leur dimensionnement.
- Cuvier et la Science de la nature, par Louis Roule.
- 1 vol. in-16, 246 p. Flammarion, Paris. Prix fr.
- M. Roule, professeur au Muséum, continue la série de ses études sur « l’histoiré de la nature vivante, d’après l’œuvre des grands ’ naturalistes français ». Après Buffon et la description de la nature, Dauben-ton et l’exploitation de la nature, voici le troisième volume, divisé comme les précédents, en trois parties consacrées à l’homme, à son œuvre et à ses principes, consacrés à l’homme, à son œuvre et à ses principes,
- Cuvier est une des grandes figures de la science-française. Professeur au Muséum et au Collège de France, puis conseiller d’Etat, il a su, outre son enseignement, ses fonctions administratives, son rôle politique, créer sur des bases modernes deux des plus riches disciplines : l’anatomie comparée et la Paléontologie. Il a rénové la zoologie descriptive en lui donnant pour base l’anatomie et s’est fait l’historien des naturalistes et des écoles philosophiques qu’ils inspirèrent. M. Roule l’évoque d’une manière très vivante au milieu des événements de son temps (1769-1832) et analyse son œuvre et les conséquences de celle-ci en un récit plein de charme.
- Kleines Praktikum der Végétati0nsb unde, par Friedrich
- Markgrae. 1 vol. in-8, 64 p., 3i fig. Julius Springei^ Berlin. Prix : broché 4 m. 20; relié 5 m. 40.
- Qu’on l’appelle écologie, géobotanique ou phyto-sociologie, une science se crée actuellement qui étudie spécialement les associations végétales et leurs rapports avec le terrain et le climat. Elle emploie des méthodes nouvelles en botanique, telles que les données statistiques ; elle compulse les re nseignements météorologiques; elle observe les associations et leurs successions. Cette brochure, écrite par l’assistant du Musée botanique de Berlin-Dahlem, énumère les données relatives aux plantes de nos climats et les techniques de mesures, de prises d’échantillons, d’analyses qu’on commence à utiliser.
- Grundriss der veigleichenden Physiologie, par W. von Buddenbrock. Theil II : Atmung, Effectoren. 1 vol. in-8, 5u3 p., 96 fig., 3 pl. Gebrûder Borntraeger, Berlin. Prix : 17 m. a5.
- Yoici la deuxième partie du traité de physiologie comparée du professeur de zoologie de l’Université de Kiel. La première traitait du système nerveux et des organes des sens; celle-ci est consacrée à la respiration, à la régulation de la température, à la couleur, à la physiologie musculaire, aux mouvements du protoplasma et des cils, aux organes lumineux et électriques, aux cellules glandulaires. C'est une bonne mise au point, un peu sommaire sur certaines questions, telles que la chimie de la respiration, d?une partialité regrettable en ce qui concerne les travaux français.
- Pathogenesis. Die Unvollkommenheit der Stoffweehsels and die bendenz ziir Stabilitat als Grundprinzipien fur Vergehen und Werden im Kampf ums Dasein, par Carl Jickeli. 1 vol. in-8, 335 p. Friedlander et fils, Berlin.
- L’auteur, président de la Société transylvanienne des sciences naturelles, est mort l’an dernier. Il laisse ce véritable testament dans lequel il émet les principes qui lui semblent gouverner toute la biologie : la tendance à la stabilité d’une part, l’imperfection de l’assimilation et de l’élimination, d’autre part, qui expliqueraient non seulement la vie.et la mort, mais encore l’évolution. >
- Les vertébrés du Sahara. Eléments de zoologie saharienne, par Louis Lavauden, i vol. in-8, 200 p,, 27 pl., 1 carte. Imprimerie Guénard, Tunis.
- Le Sahara commence à être connu et parcouru en tous sens. L'auteur, inspecteur des eaux et forêts à Tunis, qui connaît bien le désert et ses animaux, a écrit ce livre remarquable à l’usage des officiers et des voyageurs qui veulent étudier sa faune. Il rappelle les aspects si variés du Sahara, les caractères des animaux en rapport avec ceux du pays, donne des conseils pour la préparation et la conservation des spécimens, puis énumère et décrit tous les vertébrés connus. Très vivant et fort complet, cet ouvrage,est à la fois un guide de classification, un inventaire faunistique, un recueil d’observations biologiques du plus grand intérêt.
- Le lait desséché, par Ch. Porcher, 2e édition complètement remaniée. 1 vol. in-8, 298 p., 9 fig. Le lait, 2, quai Chauveau, Lyon. Prix : 35 francs.
- Cet ouvrage comporte deux parties : l’une envisage le lait desséché du point de vue industriel, l’autre du point de vue du laboratoire et des applications médicales.
- L’auteur décrit les pi’océdés de fabrication, traite de la composition chimique, des propriétés, de la digestibilité, de la microbiologie, de l’analyse, des fraudes du lait desséché, énumère ses usages en alimentation humaine, dans la fromagerie, dans l’industrie et discute son* emploi pour l’élevage des enfants.
- Flor dé Manigua, par Juan Manoel Planas, i vol. in-8, 269 p. Bouza et Cie, La Havane. Prix : 1 peso.
- Membre de l’Académie des sciences de La Havane, l’auteur, ingénieur connu, a écrit ce roman charmant qui évoque éloquemment les sites, les gens, les mœurs du pays cubain.
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- LA NATURE
- Supplément.
- WO
- N° 2725 26 Juin 1926
- INFORMATIONS
- cw-
- Un nouveau navire à rotors. — Les chantiers YVeser" de Brème viennent de lancer le Barbara, navire de 2800 tonnes qui doit servir à faire des essais définitifs du fameux rotor Flettner. Le Barbara mesure 90 m. de long, i3,2 m. de large, 5,8 m. de creux. Il sera mû normalement par deux moteurs Diesel d’üne puissance totale
- Fig. 1. — Le navire à rotors « Barbara ».
- de 1060 ch actionnant une hélice. En outre, il est muni de trois rotors Èlettner qui remplaceront les voiles et serviront de propulseurs auxiliaires. Les trois rotors mesurent chacun 17 m. de haut et ^ m. de diamètre. Le bâtiment servira, au cours de l'été, à des essais de navigation très sérieusement contrôlés, qui permettront détudier d’une façon impartiale la valeur pratique de 1 invention de Flettner et les conditions de son emploi.
- Les expériences de M. Toussaint sur l’écoulement des fluides. — Le i5 mai dernier, M. Toussaint, directeur de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr, a fait à ~la Société Française ,de Navigation Aérienne un très intéressant exposé des recherches qu’il est en train d’effectuer sur la dynamique des fluides, et en particulier sur l’écoulement des fluides autour des corps.
- L’appareil utilisé pour ces expériences (fig. 2) se compose d’un tunnel plat de 10 millimètres d’épaisseur, 25 centimètres de largeur, et 5ô centimètres de longueur, limité par deux glaces de verre de 9 millimètres d’épaisseur ; un raccord de caoutchouc réunit ce tunnel au tube de sortie de l’eau, fermé par un robinet de réglage.
- Le tunnel est placé horizontalement à l’intérieur d’une cuvé à eau, et éclairé par transparence à l’aide d’un système de lampes à incandescence (5oo bougies).
- Pour rendre visibles les filets liquides, une rampe percée de trous et alimentée par un réservoir contenant
- / / Lampes 500 boùc/iës
- rf Robinet de
- réglage x
- Fig. 2. — Dispositif de M. Toussaint
- pour l'étude de l'écoulement des fluides.
- une solution rouge est fixée devant l’embouchure du tunnel; un robinet permet d’égaliser la vitesse de sortie de la solution colorée et la vitesse de l’eau.
- L’obstacle est placé au voisinage de l’entrée du tunnel : le calcul et l’expérience montrent en effet que le frottement des parois rte produit une modification sensible des; filets liquides qu’à une distance relativement grande de l’entrée.
- L’expérience montre également la nécessité de ne
- mettre en marche l’appareil que quand l’eau de la cuve est parfaitement au repos, ce qui exige un temps appréciable.
- Les films obtenus avec cet appareil montrent avec une parfaite netteté le mouvement des filets liquides, autour de différents obstacles, et pour des vitesses variant de zéro à o m. 75 par seconde. . .
- Aux faibles vitesses, les filets liquides s’appliquent en amont à la surface de l’obstacle, laissant une zone calme en aval; à mesure que la vitesse croît, le filet axial commence à défërler, puis des remous apparaissent en aval. Ces remous prennent un caractère de plus en plus tumultueux, . puis prennént l’allure périodique connue. (L’apparition du phénomène périodique semble d’ailleurs présenter un certain retard). Chaque accélération, posU. tive ou négative du courant d’eau produit des remous très nets, tournant soit dans un sens, soit dans l’autre.
- Ces phénomènes sont montrés pour un cylindre circulaire, ou demi-circulaire, pour une paroi plane, Un profil d’aile dissymétrique, un profil symétrique, enfin, pour une montagne théorique.
- Dans certains cas, la rapidité des remous et la faible vitesse de prise de vues font apparaître les remous comme des zones calmes. Un appareil à plus grande vitesse, permettant de projeter au ralenti, a d’ailleurs été utilisé depuis, donnant toute satisfaction aux expérimentateurs.
- Un appareil d’expérience de même principe, mais fonctionnant dans l’air, est également en essais; les résultats sont, bien entendu, moins nets qu’avec l’eau, mais les phénomènes observés paraissent semblables.
- Tous les films obtenus sont d’une netteté parfaite ; les filets liquides, parfaitement parallèles et rectilignes, en amont de l’obstacle, montrent d’ailleurs la perfection du dispositif employé. Ces essais ne sont que le début d’une longue série de travaux entrepris par M. Toussaint sur la dynamique des fluides, travaux qui promettent au monde scientifique les plus intéressants résultats.
- La vision stéréoscopique avec un seul œil. —
- M. J.-W. Giltay, de la Haye, nous écrit :
- « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de M. de Ro-chefort-Luçay dans le n° 2719 de La Nature.
- « Dans le périodique anglais Nature, 28 juillet 1923, se trouve la description d’une méthode pour obtenir des projections stéréoscopiques, « the Daporte stereoscopicpro-jection-Pulsograph ». Les deux images sont observées l’une après l’autre. Comme les deux yeux reçoivent la même impression, il est possible de voir stéréoscopi-quement avec un œil seulement, comme dans l’expérience de M. de Rochefort Luçay. Le remarquable est qu’une personne, née avec un seul œil, qui n’a jamais vu stéréoscopiquement les objets, verra_pour la première’ fois stéréoscopiquement les images sur l’écran, à supposer qu’elle n’ait jamais fait, dansle chemin de fer, l'expérience de M. de Rochefort Luçay.
- « La possibilité de voir stéréoscopiquement avec un serti œil a été démontrée déjà par un très simple appareil, le « Stereoscopic Thaumatrope », inventé par Drouin, et décrit dans « die binokularen instrumente » par Moritz von Rohr (Julius Springer, h907). Une des deux images est collée à une pièce de carton, l’autre image à l’autre côté du carton. Cette pièce de carton est mise dans un cylindre, pourvu de 2 fentes placées à une distance de 1800 l’une de l’autre. Si l’appareil est alors tourné vivement, on verra une image stéréoscopique. Une forte illumination est nécessaire ».
- Tuyaux de fonte cimentés intérieurement. — On
- sait que le tuyau de fonte est sujet à là rouille dont l'inconvénient est de permettre l'a formation à l’intériertr dé tubercules qui peu à peu diminuent la section du trtvaü, et par conséquent son débit.
- Bien des dispositifs ont été imaginés pour obvier à Cela, notamment le goudronnage. Voici que l’on songe à remplacer ce dernier par un cimentage à surface très lisse.
- Le tuyau ouvert à ses deux extrémités est placé horizontalement sur dés galets. Le ciment est distribué à l’intérieur pendant que lé tuyau est soumis à une rotation très rapide d’une durée d’environ une demi-minute. Non seulement le revêtémént est fin et dense, mais
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- INFORMATIONS
- on a remarqué que la vibration du tuyau faisait refluer une partie de l’eau du ciment vers l'intérieur du tuyau, ce qui rend la surface de l’enduit extrêmement douce.. L’épaisseur de l’enduit serait de moins de 5 millimètres pour des tuyaux allant jusqif’à i5o millimètres de diamètre.
- Ce procédé a été mis à point et essayé avec succès à Charleston (Caroline du Sud), où les conduites d’eau potable de la ville arrivaient à s’encrasser en un mois.
- Le plus haut palmier sous serre. — M. le professeur Tad d’Estreicher, de l’Université de Cracovie, ,a
- Fig'. 3. — Le palmier de Cracovie.
- bien voulu nous adresser la note suivante et la photographie ci-dessus.
- « La très intéressante notice que La Nature a publiée il y a quelques semaines (n0 2713), concernant les deux grands palmiers du Muséum qui ont été abattus à cause de leur âge et de leur taille, me donne l’occasion d’attirer l’attention sur un palmier de dimensions véritablement géantes, étant données les conditions où il se trouve. Il s’agit d’un palmier du Jardin Botanique de l’Université de Cracovie. Est-ce le plus grand palmier existant sous serre en Europe? C’est une Livistona chinensis, plantée jadis en pleine terre dans une serre, qui a dû être depuis exhaussée pour continuer de la contenir. Malheureusement, les dates manquent pour préciser l’histoire de cet-arbre ; il a probablement été apporté à Cracovie au commencement du siècle passé (vers i83o-4o)? D’après ses dimensions, on peut lui attribuer un âge d’approximati-vement deux cents ans. Depuis quelques dizaines d’années, on a été forcé à plusieurs reprises d’adapter la serre à la croissance du palmier, la dernière fois en 192.5-26. L’inauguration des serres restaurées et rebâties a eu lieu le i5 mai dernier; la serre contenant le palmier a été exhaussée de deux mètres et demi, et la Livistona, qui se dresse majestueuse au milieu de la serre jusqu’à la hauteur de 19 m. 5o, aura de cette façon assez d’espace pour les prochaines dit ou quinze années. Heureusement pour la science, mais peut-être moins heureusement pour la caisse de l’Etat, le palmier paraît tout à fait en bonne santé, il ne se courbe pas, et probablement on sera bientôt placé de nouveau devant le problème de rebâtir la serre qui n’a pas été dès le commencement calculée pour ces dimensions, et qui ne supportera peut-être pas un exhaussement plus grand. Mais ce sont les soucis de l’avenir.
- La latitude sous laquelle ce palmier vit est 5o°4k ce qui ne diffère pas trop de la latitude de Paris (48°5o’), mais le climat de Cracovie est beaucoup plus continental et plus rude; les dimensions du palmier et sa vigueurn’en paraissent que plus extraordinaires.
- La photographie ci-jointe représente le sommet du palmier vu du troisième étage de la serre;les conditions locales ne permettent malheureusement pas de le photographier entier.
- Le « Candélabre » des Incas. — Les archéologues n’ont pas encore résolu une énigme qui se rattache manifestement aux origines de la civilisation dans le continent sud-américain : c’est ce gigantesque symbole sculpté sur le promontoire des Andes péruviennes, près de Pasco, et qui, par temps clair, s’aperçoit du large à une distance de plus de 20 kilomètres.
- Les indigènes l’appellent el candelario de las très cruces (le candélabre aux trois croix). Le Dr Robert Cushman Murphy, l’auteur de Bird Jslands of Peru, qui tint, au cours de sa dernière exploration, à s’approcher aussi près que possible du mystérieux monument, constata qu’il était formé de profondes tranchées taillées dans la falaise. Sur la photographie qu’il a eu l’amabilité de nous communiquer, on peut voir que le candélabre a l’air de reposer sur un pied, que la brume rend moins distinct que les branches.
- On sait que la question de l’Atlantide a sa religion et ses dévots. Il en est dans le nombre qui voudraient se persuader (avant de tenter de nous en convaincre) que ce signe fut tracé par les Atlantes, au cours de leurs migrations, hypothèse aussi puérile qu’invraisemblable.
- Comme il est prouvé que le candélabre existait avant l’arrivée des Espagnols dans le Nouveau Monde, et comme les tranchées qui le dessinent sont dans un bon état de conservation, on doit admettre qu’il fut sculpté durant la période incacique, à une époque qui ne doit pas remonter à plus de dix siècles. Les indigènes actuels n’ont aucune légende se rapportant au sujet.
- Mais, d’autre part, tout porte à croire qu’il exista jadis une ville considérable dans les abords de cet étrange symbole, car les terrasses sablonneuses qui s’étagent entre son pied et le rivage du Pacifique sont occupées par de vastes nécropoles dont les tombes renferment des momies bien conservées, encore enveloppées d’étoffes de coton ou de laine, ainsi que des poteries, des perles, des aiguilles d’os ou de bois, et maints autres objets.
- Ne se trouve-t-on pas là en présence d’une « ville d’Ys » péruvienne qui aurait été détruite par un effondrement de terrain ou par un de ces gigantesques raz-de-marée qui, durant la période historique, ont ravagé plusieurs fois le littoral du Pérou et du Chili ? De cette hypothèse en découlerait une seconde: les survivants de la catastrophe auraient gravé ce symbole commeunmemmlo.
- Fig. 4. — Le candélabre des Incas.
- Il convient d’ajouter que la région est absolument stérile, et qu’elle n’est plus habitée que par quelques bandes d’indiens semi-nomades et pêcheurs qui ne sont nullement apparentés aux anciens habitants, à en juger parles crânes des momies, "V. Foubin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT î 926 (*)
- Dates. Heures du passage (T. U.). Date. . Heures du passa (T. U.).
- Août Ier 1 ih 56“ 53’ Août 17 nh 54“ 47*
- — 3 1 tb 56ra 46’ — 19 1 ih 54“ 218
- — 5 1 ih 56m 36* — 21 1 ih 53“ 53“
- — 7 1 ih 56m 23s — 2 3 t ih 53“ 23“
- — 9 iih56ra 9S — 2 5 I Ib 52“ 21*
- — 11 • 1 ih 55“ 523 — 27 I lh 52“ 18*
- — i3 1 ih 55m 32s — 29 1ih5i“ 43*
- — i5 1 ih 55m 1 is — 31 iih5i“ 7*
- Observations physiques du Soleil. —• Nous renverrons à ce que nous avons dit le mois dernier concernant l’exécution pratique de ces observations. Et au N° 2712 pour la définition des lettres P, B0, L0.
- Dates. P B„ L
- ü A'0
- Août 4 + ii°,78 + 6°, ot 26°, 27
- — 9 + i3°,69 4- 6°,33 320°, 16
- — 14 -f- i5°,5o -fi 6°,61 254°,06
- — 19 + 17°>T 9 + 6°, 83 1870,97
- — 24 + t8°,76 + 7°,o t 121°,89
- — 29 -j- 20°,20 + 7°,14 5 5°, 8 3
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale devient mieux visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore. On la recherchera dans le zodiaque, comme une lueur vaporeuse, jaunâtre, ayant la forme d’un cône effilé.
- Nous avons donné le mois dernier quelques indications sur les observations à faire et sur les procédés à employer pour les effectuer.
- La période la plus favorable — absence de la Lune — pour rechercher la lumière zodiacale s’étendra du 8 au 18 août.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois d’août.
- Fig. 1. — Marche de la planète Uranus sur le ciel, d’août à décembre 1926.
- (A, S, 0, D, positions de la planète le 1er août, le 1" septembre, cto.).
- Par une belle nuit de ce mois, lorsque la Lune est couchée et que les étoiles brillent de tout leur éclat sur le fond noir du ciel, dirigeons notre télescope vers les belles régions constellées du Cyg-ne, du Sagittaire nu d’Ophiuchus. Si notre instrument d’étude est bien monté sur un pied stable, que'ce soit une simple jumelle, une longue-vue, une puissante lunette ou un large télescope à miroir argenté, nous irons d’émerveillement en émerveillement! Les myriades de soleils succèdent aux myriades de soleils! Les amas font place à des agglomérations stellaires, les nébuleuses succèdent à d’autres nébuleuses. La région du ciel qui domine ainsi au mois d’août est une des plus riches, les constellations de la Voie lactée : le Cygne, l’Aigle, l’Ecu, le Sagittaire, le Scorpion, etc., comptentles plus nombreux joyaux du ciel.
- L’impression que l’on éprouve est celle d’un anéantissement, d’une admiration mêlée de stupeur. Est-il possible qu’il y ait tant d’étoiles! Et comme chaque étoile est un soleil, que, logiquement, on peut admettre entouré de planètes ainsi l’espace nous apparaît comme un immense organisme vivant, en perpétuel mouvement, qui s’offre à nous comme un merveilleux champ d’étude.
- Le nombre des étoiles visibles avec les plus grands instruments actuels est voisin de deux milliards. Elles appartiennent à notre univers dont l’ensemble forme une vaste nébuleuse spirale.
- Or, actuellement, on connaît environ un million de nébuleuses spirales, d’univers-spirales analogues au nôtre.
- Si dans chacun d’eux le nombre des soleils est du même ordre de grandeur que dans notre propre cosmos, on voit d’ici quel prodigieux domaine est celui du télescope ! Nous n’avons parlé encore que du nombre.
- S’il faut introduire la distance, nous atteignons alors à des chiffres écrasants. On ne peut plus compter par kilomètres.
- L’unité la plus commode est l’année-lumière, c’est-à-dire la distance parcourue par un rayon lumineux en une année. En une seconde, le parcours est déjà de 3ooooo kilomètres ! L’étoile la plus proche est à plus de 4 années de lumière. Le nuage de l’Ecu de Sobieski est à 5ooo années de lumière. Après 100000 années de lumière, il n’y a plus qu’un nombre infime d’étoiles : « A cette distance, dit A. Danjon, dans sa Description du Ciel, les espaces célestes peuvent être considérés comme vides. C’est là, vraisemblablement, que se termine le système stellaire auquel appartient notre Soleil ».
- Et au delà, bien loin, bien loin, sont les nébuleuses spirales dont les distances se comptent en millions d’années de lumière.
- Et voilà pourquoi la contemplation télescopique du ciel nous plonge dans un tel effarement. C’est qu’il nous est impossible d’en séparer le problème de notre propre destinée, qui se pose à nous chaque fois que nous voulons scruter la nature de l’univers.
- I. Soleil. — Pendant ce mois, les jours décroissent rapidement. De 5m le ior, leur durée n’est plus que de de i3h29m le 3i. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris. La déclinaison du Soleil diminue et de -f- i8°9' le ier, elle arrive à + 8° 5o' le 3i.
- Voici, comme tous les mois, le Tableau du Temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil est vraiment au méridien. Ace moment, l’ombre d’un fil à plomb sur le sol indique exactement la direction nord-sud.
- 1. Toutes les heures indiquées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de oh à 24.k à partir de minuit. C’est le temps légal français. Pendant la période d’application de Y heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures publiées ici.
- N. L. le 8, à i3h49“ I P. L. le 23, à i2h38“
- P. Q. le 16, à 1611 39“ | D. Q. le 3o, à 4h4om
- Age de la Lune, le ier août, à oh=22,,o;le q —0^4. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois on sait qu’il suffit d’ajouter un jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 9.
- Et si l’on se donne une heure particulière, on ajoutera, en outre, oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- L’âge de la Lune constitue un moyen très grossier de ranger les dessins ou photographies lunaires.
- Il est de beaucoup préférable de les classer suivant la longitude du terminateur, procédé bien plus précis.
- Depuis le icr janvier 1926, Y Annuaire astronomique Flammarion donne cet utile renseignement, chaque jour, à minuit.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 5 =-|-220 3i'f le 20 = —• 220 34".
- Apogée de la Lune, le 10 août, à i6h. C’est le moment de plus grande distance à la Terre. Parallaxe = 53' 58". Distance =406 3oo km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 août, à 20''. Parallaxe —61' 25". Distancé ==: 357 o35 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 27 août, occultation de Baleine (gr. 4,3) de 23h26“ à 23h59“.
- Le 3o, occultation de 107 Taureau (gr. 6,5), de 23h35ra à oh i6m le 3i.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 23. Elles seront importantes.
- Voici quelques-unes de ces marées, à l’époque où elles seront très fortes :
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Août] 22 2h4im 0,80 i5h 8* 0,87
- — 23 3h 33” 0,94 i5h 56” 1,00
- — 24 4h20“ 1 ,o5 iGh 43“ T09
- — 2Ô 5h 6” 1,11 i7h 29” 1,11
- — 26 5» 49” 1,10 l8h12“ 1,07
- — 27 6h-33” 1,02 i8h 55” 0,96
- — 28 7h i8m 0,89 ig11 4om 0,81
- Voici, à présent, les heures d’arrivée du mascaret, en août, à la suite de ces marées :
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Août 24 1,09 20h l5“ 20h Ô2m 21h Im
- . 23 1,11 811 38” 9h i5m 9h 24”
- 2Ô 1,11 2 1 h I ” 2ih 38” 2Ih47”
- 26 1,10 - 9h ^2m 9h 59m ioh 8”
- — 26 1,07 21h 48” <2 ^ h Ü 5 m 22h 34”
- III, Planètes. — Le tableau suivant, sous une forme concise, contient, d’après Y Annuaire astronomique Flammarion, les renseignements suffisants pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août. La comparaison des colonnes, lever, passage au méridien et coucher permet déjà de se rendre compte si une planète es* visible, si elle est au milieu du ciel ou couchée. La déclinaison, en outre, indique si elle est haut sur l’horizon ou au contraire peu favorablement placée.
- supérieure qui aura lieu en novembre prochain, et son diamètre diminue. Voici, comme pour Mercure, la valeur du disque illuminé et la grandeur stellaire :
- • Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire,
- Août 4 0,87 — 3", 4
- “ 9 0,89 ^ — 3,3
- — 14 0,89 — 3,3
- — 19 0,91 — 3,3
- 24 0,92 —r 3,3
- — 2 9 o,93 — 3,3
- On voit par ce tableau que, pour la Terre, Vénus est de plus en plus éclairée de face.
- Mars devient de mieux en mieux visible, sa distance à la Terre diminue, et son diamètre augmente rapidement. Les observations avec des instruments moyens peuvent être entreprises. Mars brille au-dessus de la constellation de la Baleine, il se rapproche pendant ce mois du Taureau.
- Voici les données se rapportant à la présentation de Mars, c’est-à-dire à l’aspect qu’il offre à l’observateur terrestre, en août 1926 :
- Angle de Dates. position de (Üh) l’axe de Mars.. Latitude du , centre. Diamètre. Angle de position Eclat Phase, de la phase, stellaire.
- Août icr 3 24°, 8 — - 1800, 1i",6 l",8 200°,0 — 0,4
- — 11 324°,0 - - 16°, 5 12", 5 i",9 25i°,3 •—0,5
- — 21 323°,7 - - 15°, 1 i3", 4 l",9 202°,7 ’ —0.7
- Dates : Lever Passage * Coucher Ascen- • Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE AOUT à Paris. au Méridien de Paris C1) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 4h3im 1 ih 56” 3os I9h 22m 9k3“ -f- 160 51 ' > 3i 36,0 Cancer
- Soleil . . .< 16 4 45 11 54 5g 19 5 9 4» + i3 54 3i 38 4 Lion | »
- 26 4 5g 11 52 35 i8.45 10 18 -j- 10 36 3i 43,2 Lion
- Mercure. . 1 6 1 16 26 5 2 3 46 3 20 11 58 10 59 10 41 18 54 18 11 18 2 9 6 8 44 9 4 -f 11 3o + J4 46 -j- 16 22 ii ,2 9 6 7 ) 2 l a Cancer ô Cancer J ôCancer Le matin, à la fin du mois
- ! 6 2 8 • IO 2 17 57 7 6 + 22 i5 11,6 ô Gémeaux
- Vénus. . . 16 2 28 10 14 18 0 7 58 -(- 20 5o 11,2 Ç Cancer Le matin, dans l’aurore.
- * 26 2 53 10 26 17 58 8 48 -j- 18 26 10.8 à Cancer
- 1 . 6 22 13 5 0 11 48 2 5 + 9 36 12.0 U Baleine
- Mars. . . . 1 J6 21 45 4 4o 11 35 2 25 + n 14 i3 0 ç- Baleine Seconde partie de la nuit.
- { 26 21 16 4 18 11 20 2 l\2 +h 14 0 p. Baleine
- Jupiter. . , 16 19 5 23 56 4 46 21 4° — 15 10 45,6- Ô Capricorne Toute la nuit. Opp. le i5.
- Saturne . , 16 12 37 17 2.5 22 13 i5 12 — i5 41 15,0 0 Balance Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 16 20 15 2 12 8 9 23 57 — I 12 3,6 29 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune. . 16 4 54 12 2 *9 9 9 47 i3 46 2,4 4» Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 7 août, à i4b. Il sera donc invisible à ce moment, étant — sensiblement — entre le Soleil et nous.
- Il se dégagera progressivement du rayonnement solaire et deviendra visible le matin. Il atteindra sa plus grande élongation le 25 août, à i2h, à 180 20' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation est une des plus petites de l’année (avec celle du 14 mars dernier). La déclinaison de Mercure étant assez forte, la planète sera, malgré tout, en d’assez bonnes conditions, et on pourra la rechercher du 18 août à la fin du mois.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure, :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Août 4 o,o3 + 2,6
- — 9 0,01 + 2,9
- — 14 0,07 —j— 2,0
- — 19 °D9 + 1,1
- 24 0,37 + o,3
- — 29 o,58 — 0,4
- Vénus est encore bien visible le matin, surtout au début du mois, se levant plus de deux heures avant le Soleil, et ayant une forte déclinaison boréale. Vénus s’éloigne de la Terre, elle s’approche peu à peu de [sa conjonction
- Voici à présent les heures du passage par le centre de Mars du méridien zéro de la planète (voir le dernier « Bulletin astronomique », n° 2721).
- Dates. Heure fie passage. Dates. Heure de passage.
- Août Ier oh 39”7 Août 17 1 c 1 im 7
- — 3 ih 5gmt — *9 I2h 3o“ I
- — 5 3hi8m 3 — 21 i3h48ra4
- — 7 41’37” 5 — 23 i5h 6“6
- — 9 5h56“6 — 2.5 i6h24™ 7
- — 11 7hi5m 5 ’ — 27 42”6
- — i3 8h 24”3 — 29 igh ora 4
- — i5 g1* 53™ I — 3i O OO 3 O
- Mars tourne sur son axe en 24h37” 1 22s, 65. Un calcul
- simple permettra, pour une heure donnée, ne coïncidant pas avec une des heures du tableau, de déterminer le point du disque de Mars tourné vers la Terre.
- Jupiter sera en opposition le i5 août à 201'. Il est donc visible toute la nuit. Les plus petits instruments montrent le disque de Jupiter, aplati aux pôles, et les bandes nuageuses qui traversent le globe de la planète. En outre, ces petits instruments montrent les quatre principaux satellites et permettent de suivre leurs évolutions autour de Jupiter.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I 221 i5 II O.f.
- I 22 58 II p.f.
- 5 0 45 I O.c.
- 5 I 2 I P.c.
- 5 22 6 I E. c.
- 6 0 39 I Em.
- 6 ii 32 I O.f.
- 6 21 45 I P.f.
- 6 22 38 III O.f.
- 6 23 25 III P.f.
- 8 21 58 II O.c.
- 8 22 20 II P.c.
- 9 O 5a 11 O.f.
- 9 I i3 II P.f.
- i3 O 0 I E. c.
- 13 21 8 I 0. c.
- i3 21 11 I P. c.
- i3 2 3 26 I O.f.
- 13 23 29 I P.f.
- 14 20 49 I Em.
- 14 23 1, III O.c.
- i4 23 7 III P.c.
- l6 0 34 II P. c.
- 16 0 35 II O.c.
- DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 17 20b 25 IV O.c.
- *7 2 1 39 II E.f.
- 18 0 42 IV P.f.
- 18 I *7 IV O.f.
- 20 I 49 I Im.
- 20 22 55 I P. c.
- 20 23 3 I 0. c.
- 21 I 12 I P.f.
- 21 I 2 I I O.f.
- 2 I 20 «4 I Im.
- 2 I 2 2 42. I E.f.
- 22 «9 49 I O.f.'
- 24 20 53 II Im.
- 25 0 i5 II E.f.
- 25 20 52 III E.f.
- 28 0 39 I P.f.
- 28 b 58 I O.c.
- 28 2 1 59 I Im.
- 29 O 37 I E f.
- 29 *9 26 I O.c.
- a9 21 23 I P.f.
- «9 21 44 I O.f.
- 3i 23 8 II Im.
- Saturne devient moins facilement observable, se couchant peu après 2Zh. Il faudra le rechercher dès l’arrivée de la nuit. Il sera en quadrature orientale, le i3 août, à 6h.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du i5 août .
- .Grand axe extérieur........................ 37",8//
- Petit axe extérieur.......................... -fi4",4o'
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................. ............. +220 22'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’an-“eau . . ................................... +23° 40
- On pourra encore rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, à l’époque de ses élongations maxima :
- Datés. Élongation. Heure
- Août 5 Orientale 6\6
- — i3 Occidentale 8b,9 5h,g
- — 21 Orientale
- — 29 Occidentale 8“, 4
- Uranus sera en opposition le mois prochain. Il est donc visible presque toute la nuit. On le trouvera aisément sur le ciel à l’aide de la petite carte de la ligure 1.
- Uranus paraît comme une étoile de 6° grandeur, on pourra donc le suivre facilement avec une jumelle.
- Certains observateurs doués d’une bonne vue parviennent à le suivre à l’œil nu. M. Flammarion, dans son Annuaire, disait à ce sujet : « Il'faut, pour cela, une vue exceptionnelle et une attention digne d’éloges. »
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil, le 18 août, à 6h. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- en conj. avec la Lune, à o° 14' S. — — Ô Gémeaux (gr. 3,7).
- à o° 3' S .
- Le 6, à a*1, Vénus, Le 7, à 2ih, Vénus,
- Le 8, à 7h, Mercure Le 9, à 6h, Neptune Le 16, à g*1, Saturne Le 22, à a3h, Jupiter Le 25, à 7h, Uranus Le 28, à ioh, Mars
- la Lune, à 70 17' S„
- la Lune, à 20 54' S.
- la Lune, àa0^',S.
- la Lune, à i° 67' N.
- la Lune, à 4° 27' N.
- la Lune, à i° 43' N.
- Etoiles filantes. — De nombreux essaims d’étoiles filantes sont actifs en août, et donnent lieu, chaque année, à une recrudescence marquée d’étoiles filantes. Voici, d’après le tableau publié par M. W.-F. Denning dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des principaux radiants de ce mois d’août :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août Ier au 4 290 + 360 P Triangle. *
- — 7 au 11 295° + 54° X Cygne.
- — 7 au 12 2920 + 7°° ô Dragon.
- — 8 et 9 5° + 55° a Cassiopée.
- — 9 au 11 44° + 56° y) Persée.
- — 9 au i4 9° — 190 p Baleine.
- — 12 et i3 345° + 5o° , 3o84 Bradley.
- — 12 au 16 6i° + 48° |A Persée.
- — 20 et 25 6° + m0 y Pégase.
- — 21 au 23 291° + 6o° 0 Dragon.
- — 2 3 au 31 282° + 4i° a Lyre.
- — 25 au 3o 237° - + 65° y] Dragon.
- Rappelons que le célèbre essaim des Perséides donne des météores à partir du 7 juillet jusque vers le 22 août. On voit par là sur quelle énorme largeur sont éparpillés les météores puisque la Terre met 1 mois 1/2 à traverser leur épaisseur. La partie la plus dense est celle que rencontre la Terre vers le 10 août. Les étoiles .filantes divergent alors de la région du ciel voisine de y) Persée.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 14, à1 2h i4m ; le 16, à 23h 2m.
- Etoile Polaire. — Nous donnons ci-dessous les heures du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Août 9 Supérieur 4b 18“ 26" g* 8“5i‘,9
- — 19 — 3h 39“ 17' 9h 48“ 17*,4
- — 29 — 3h 0“ 6S ioh 27“ 42%9
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ier août à 21*1, ou le i5 août, à 2oh, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon (v, tp, 0, P) ; la Lyre (e, Ç, §, vj) ; Hercule (a, x, p, g5, ô).
- Au Nord : La Petite Ourse (a == Polaire) ; Cassiopée (y;, t) ; Andromède (y, M. 3i). Le Cocher, est à l’horizon.
- A l’Est : Le Cygne (p, o, p, 61e); l’Aigle, (y, i5 h)\ le Dauphin (y, £ 2073); Pégase (it, e, 1); le Verseau, les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire (ij, v, 54 e1, M. 8); le Scorpion (a, v, p, a1 H) ; Ophiuchus (70, 67).
- A l’Ouest : La Couronne (a); le Bouvier (e, ir,+ p); la Grande Ourse (£, v, 23 h). Em. Touchet.
- / /
- VARIETES
- QSL
- QUELQUES EMPLOIS PEU CONNUS DU LAIT ÉCRÉMÉ ET DE LA CASÉINE
- Etant donné le pouvoir nutritif que conserve encore le lait écrémé, on a pensé substituer celui des centrifuges, par conséquent non encore acidifié, à l’eau, dans la préparation du pain. Le produit ainsi obtenu est d’un bel aspect, mais les personnes encore peu habituées à cette nouveauté lui reprochent son goût trop prononcé, s’alliant mal avec celui des autres aliments.
- Par litre de lait écrémé, il faut 1 kg 55o de farine, ce qui produit 2 kg 5 de pain. Avant la guerre, on estimait que le prix du kg de lait ressortissait ainsi à o fr. 04,
- avec un prix de vente du pain de o fr. 40. Pour certains, même, le lait rendait o fr. 10. L’analyse chimique a montré que le pain en question contient un quart d’azote et un tiers de phosphates de plus que le pain à l’eau.
- Mais il est certain que les boulapgeries doivent être assez rapprochées des lieux de production du lait écrémé, autant pour économiser les frais de transport que pour éviter toute altération du liquide.
- Nous ajouterons encore que le pain au lait, très blanc, très beau, ne se conserve pas longtemps.
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- VARIÉTÉS
- On se sert depuis longtemps du lait écrémé pour le collage des boissons; mais il apporte avec lui du lactose et une certaine quantité de caséine en solution qui, ne se coagulant pas par les acides, reste dans le liquide, et peut servir, comme le lactose d’ailleurs, d’aliment aux microbes.
- On doit l’employer frais, à la dose d’un demi-litre, environ, par hectolitre. Comme il altère la matière colorante, on l’utilise pour les vins blancs, jaunes, roux ou rosés, pour les vins rouges déjà fortement endommagés, et aussi pour ceux qui ont le goût de fût, ou de moisi, pour les eaux-de-vie, etc.
- L’albuminate de chaux, insoluble dans l’eau, peut communiquer ses propriétés adhésives aux bouillies cupriques employées pour combattre les maladies des plantes. Ajouter à celles-ci a litres de lait écrémé par hectolitre (2 kg de sulfate de cuivre et 1 kg à 1 kg 5 de chaux vive).
- Le lait écrémé a été également proposé pour» certaines préparations insecticides. Il contribue, alors, par sa caséine, à émulsionner et p fixer sur les végétaux les principes nuisibles à la vie des parasites. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis on préconise, contre les cochenilles, la pulvérisation d’une émulsion composée de 2 parties de pétrole, 1 partie de lait écrémé, ou de savon noir, et 27 parties d’eau.
- D’après M. Villain, un nouveau mode de fabrication des savors de ménage consiste à remplacer dans les lessives, comme dans les refontes du savon, l’eau par du lait écrémé, ou toute autre préparation physique ou chimique du lait.
- Le lait écrémé est quelquefois employé pour enrober, envelopper certains produits à conserver à l’abri de l’air. Ainsi, en Alsace, on garde, jusqu’à huit jours, la viande et la volaille dans du lait caillé.
- On connaît, depuis longtemps, en Italie, la peinture au lait (pittura con late) : faire éteindre de la chaux grasse en pierre dans du lait écrémé, ou du lait caillé. La chaleur dégagée par l’hydratation de la chaux aide beaucoup l’opération. Il se produit une sorte de crème onctueuse. On ajoute finalement à celle-ci une quantité d’eau suffisante pour lui donner la fluidité voulue, ainsi que les couleurs en poudre. désirées (terres colorées, ocre, oxydes inattaquables chimiquement par la chaux, noir de fumée), Cette peinture, qui atteint, dit-on, une grande dureté, est solide et insoluble. On peut l’employer, par exemple, pour blanchir les étables, les façades des maisons, etc.
- Dans le même ordre d’idées, on a encore donné la recette suivante : broyer et mélanger avec 1 litre de lait écrémé 200 gr. de chaux tamisée et récemment éteinte; ajouter peu à peu i3o gr. d’huile, et, tout en brassant, mélanger encore 2 kg 5 de blanc d’Espagne et un nouveau litre de lait écrémé. Le produit ainsi obtenu peut servir à peindre, en première couche, une surface de $5 mètres carrés.
- Si l’on ajoute aux matières précitées 60 gr. de poix blanche de Bourgogne, 60 gr. de chaux éteinte et 60 centilitres d’huile, on obtient la peinture au lait résineux.
- Cette mixture, qui ne donne aucune odeur, et que l’on peut utiliser à l’extérieur, est susceptible de s'appliquer
- sur d’anciennes peintures, sans qu’il soit nécessaire de lessiver.
- On obtient un mastic pour fissures, vitres, etc., de la façon suivante : cailler un demi-litre de lait écrémé avec un demi-litre de vinaigre ; ajouter 5 blancs d’œufs, et battre le tout. Quand la matière est à point, ajouter de la chaux vive tamisée, pour former une pâte épaisse, qu’on laisse bien ressuyer avant de l’employer.
- La caséine est la matière blanche du fromage. On l’obtient facilement en coagulant le lait écrémé, soit par l’acidification naturelle, soit par la présure ou les acides minéraux. On opère ensuite comme si l’on voulait fabriquer un fromage à pâte ferme et cuite : on divise la masse dans la chaudière et la-chauffe progressivement en la brassant, quand le grain est suffisamment fin. Puis on ramasse le tout dans une toile, et le comprime fortement sous une presse. Le pain de caillé ainsi obtenu, divisé et émietté dans un moulin, donne la caséine fraîche, que l’on emploie dans cet état, ou que l’on sèche dans une étuve, et broie ensuite très finement entre deux cylindres, si on doit la conserver. Dans ce dernier état, pour pouvoir l’utiliser, il faut la redissoudre dans de l’eau alcaline (potasse ou soude).
- On fabrique industriellement la caséine dans des usines placées à proximité des grandes beurreries, par exemple dans les caséineries coopératives des Gharentes et du Poitou.
- La caséine sert à préparer une matière, la galalithe, ou pierre de lait, appelée aussi ladite, qui imite l’ivoire, le marbre, l’onyx, la corne, l’écaille, l'ambre, le corail, et que l’on peut travailler, tourner, limer, polir. Elle sért à la confection de divers objets, en particulier des articles de bazar; elle entre dans une composition de celluloïd ; on en fait encore une sorte d’ébonite.
- Dissoute et associée à divers produits, on emploie la > caséine dans la préparation des colles, des mastics, des vernis, des enduits. On l’utilise dans l’apprêt des dentelles, de la paille, etc., et même en photographie.
- Pour le collage des boissons, on peut'substituer la caséine au lait, au blanc d’œuf, à la gélatine qui altère, plus encore la couleur que la colle de poisson (ichtyo-colle), et la réserver pour les vins âpres, trop chargés en tanin et en couleur, que l’on veut vieillir.
- La caséine commence à être employée dans la pratique courante, en vue d’augmenter l’adhérence des bouillies cupriqües utilisées contre les maladies des plantes. On en emploie 5o gr. par hectolitre de bouillie bordelaise (à la chaux). Citons encore, comme autres usages : peintures, teintures, encollage des papiers et cartons, traitement des peaux teintes, fabrication des agglomérés de liège, des savons de luxe, d’une imitation de crin et de soie, association aux pâtes à poterie, alimentation de l’homme et des animaux, etc.
- Si au lieu de cailler le lait comme il a été dit, on le fait tomber en mince nappe sur des cylindres métalliques chauffés intérieurement et tournant lentement, on obtient une pellicule sèche, qui, réduite en poudre, constitue la poudre de lait écrémé (on prépare de la même façon la poudre de lait entier), que l’on emploie dans l’alimentation de l’homme, des veaux, des chevaux de course, dans la préparation des farines lactées, etc.
- Antonin Rolet.
- AVIS- L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le pins souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- soudeur ^collecteur Gilson est construit par G, Dubois, successeur de J. Didion, maison bien connue spécialisée pour la fabrication des instruments de sondage, 24, rue Jean Stas, Bruxelles. Prix : 200 francs.
- Correspondance. — Les antériorités de la lampe demi-watt. M. Camillerap nous écrit. — Enlisant votre n° du
- Ier mai 1926 que j’ai trouvé très intéressant, j’ai lu notamment avec beaucoup d’intérêt votre article sur la soudure autogène dans l’hydrogène atomique.
- Le rédacteur de cet article a cru bon pour augmenter le mérite des savants américains, toujours vantés sans mesure dans nos journaux français, de citer que M. Lang-muir songea à amener dans l’étude des lampes dites demi-watt, une'atmosphère gazeuse à une pression relativement élevée pour ralentir l’évaporation du métal.
- Votre article déclare également :
- « Les recherches de Langmuir, complétant les vieilles et sommaires expériences de Dulong et Petit, ainsi que les travaux théoriques de Boussinesq, pour ne citer que ] ses précurseurs français, ont abouti dans ce domaine à
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- BOITE AUX LETTRES
- Æi
- des conclusions du plus haut intérêt au point de vue de la science pure. Faut-il rappeler qu’elles l’ont conduit à inventer la célèbre lampe dite demi-watt, à atmosphère gazeuse ?
- Je me permets de vous dire que ceci est absolument faux, que si on veut attribuer à Langmuir d’avoir réalisé la lampe demi watt, il faudrait au moins citer les autres savants, notamment les savants français qui, avant lui, ont inventé la lampe demi-watt.
- Les véritables inventeurs de la lampe demi watt sont deux français, du reste leurs travaux annulant les prétentions de Langmuir et de la G. E. G0 ont été sanctionné par un jugement de la 3° Chambre du Tribunal Civil de la Seine rendu le i'r juin 1923.
- Le tribunal a reconnu en effet que M. Henry, un de nos savants, qui aujourd’hui encore est attaché à l’Office des Poids et Mesures et président d’une Société Scientifique, a pris son brevet le 17 mars 1900N° 298.653, il aindiqué les dispositions actuellement employées dans les lampes demi-watt.
- On peut lire dans ce brevet :
- « La figure 1 représente la lampe électrique composce d’un filament... enroulé en hélice très serrée... le tout placé dans une ampoule en verre dans laquelle on a fait le vide ou que l’on remplit d’un gaz inerte.
- « La Nature a certainement remarqué, lors de la grande Exposition de la Société Française de physique, les essais du docteur Létang qui a commencé ses travaux en 1883 et qui pourtant n’a pris son brevet que le 11 décembre 1907.
- En ce qui concerne la présence d’une atmosphère gazeuse pour empêcher la volatilisation du filament et permettre de porter celui-ci à une température plus élevée, les brevets ne manquent pas; nous citerons : Nothon 1882, Edison i883, Sinding Larsen 1899, Siemens etHalske 1902.
- Soudure pour camelot. — Un de nos lecteurs nous communique l’adresse suivante : « Le Soud express ». René Bourassin fabricant, 27 avenue Lœvendal. Paris (i5°).
- Réponses.—M. JR., avenue de la Liberté, à Courbevoie-Bécon. — Pour documentation sur l’agave, voyez les ouvrages suivants : L’Agave, culture et exploitation, par Félicien Michotte, 1 volume. (Etude de la plante, espèces, zones, terrains, création d’une plantation, récolte, extraction des fibres, machines employées, utilisation); Culture de Maguery [Agave), par L. Watelin, 1 brochure. Dans la revue VAgriculture pratique des pays chauds, le fascicule n° 75 contientune étude de MM. P. Dechambre, A. Hébert et F. Heim, sur la pulpe de défibrage du hennequen (Agave rigida, var Sisalana.) Pour ces ouvrages voir Société d’Edilions géographiques, maritimes et coloniales. Paris, 17, rue Jacob (6e).
- M. M. D. rue de la Tour, Paris. — i0 Pour détruire les campagnols, on peut recourir à l’emploi de l’un ou l’autre des procédés suivants :
- a) Pain de baryte préparé à raison de 60 grammes de farine de 20 qualité, 20 gr. de carbonate de baryte, eau et levure en quantité suffisante. Faire cuire lentement, ce qui donne un pain dur et sec que l’on trempe dans l’eau sucrée au moment de l'emploi. L’addition d’anis attire les rongeurs et éloigne les chiens. Diviser ce pain en petits morceaux et le distribuer ensuite dans les trous des rongeurs.
- Poudre de baryte préparée à raison de 4 grammes de farine de 2e qualité, 1 gramme de carbonate de baryte, sucre en quantité suffisante. Répandre cet appât sous forme de poudre sucrée. ' >
- b) S’il n’y a pas de volailles ou autres animaux domestiques, on peut employer des boulettes empoisonnées avec de la pâte de noix vomique dont voici la formule : Noix vomique râpée, 180 grammes; farine ou mie de pain, 100 gr. ; graisse en quantité suffisante pour lier le tout et former une pâte que l’on partage en boulettes de la grosseur d’une aveline ; introduire ces boulettes dans les trous des rongeurs, les renouveler le lendemain si elles ont été mangées.
- c) Le virus Danysz, que l’on se procure au Laboratoire des virus de l’Institut Pasteur (Paris, 35, rue Du-tot, 15e), est inoffensif pour l’homme, les animaux domestiques et le gibier; il détermine une véritable épidémie chez les campagnols et les fait périr promptement. Répandre par petites pincées, près des trous des rongeurs. et dans leurs galeries, des grains d’avoine-
- imprégnés de ce virus. Indications sur le mode de préparation et d’emploi du virus sont données par le laboratoire précité.
- 20 Pour détruire les mauvaises herbes dans les allées d’un jardin, on peut employer le sulfate de fer en arrosage, à raison de 3o kilogr. dans 100 litres d’eau.
- On trouve dans le commerce des produits chimiques herbicides spéciaux, tels que le Mortherbe (comptoir Parisien d’Engrais et de produits Chimiques, 68, rue de la Folie-Méricourt, Paris, 11e), le Tuerbe (F. Brossy, i5o, avenue Lacassagne, à Lyon) : YOccysol, herbicide en poudre se dilue à raison de 1 lcilog. pour 40 litres d’eau, solution avec laquelle on désherbe 40 mètres carrés de terrain en un seul arrosage (Société des Laboratoires chimiques du Sud-Est, 1, quai de Javel, à Grenoble).
- M. de M., boulevard Carnot, à Troyes —i° Préparation de limonade de ménage. — Avec 10 grammes d’acide tarlrique, 40 grammes de sucre et 3 gouttes d’essence de citron, on prépare un litre de limonade.
- On peut préparer aussi une limonade sèche, avec 5oo grammes de sucre ét 16 grammes d’acide citrique que l’on mêle bien ensemble, au moyen d’un mortier et d’un pilon ; renfermer cette limonade sèche dans une boîte. Une cuillerée à café de cette poudre dans un verre d’eau donne une boisson agréable, bien supérieure aux limonades gazeuses du commerce.
- Voyez le Manuel du Limonadier, par Chryssochoïdès, 1 volume L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille (6e).
- La casse ne provient probablement pas du procédé employé mais de l’insuffisance de résistance des bouteilles, en verre trop mince, en raison de la fermentation, à la tension du gaz carbonique.
- Le livre indiqué ci-dessus vous donnera la marche à suivre pour éviter cet accident.
- 2° Préparation de bière de ménage. — Nous ne connaissons pas de produit en poudre ou de matières solides fermentant en bouteille, pour faire de la bière factice. Pour la fabrication domestique de la bière, il faut opérer par brassage (malt concassé avec eau), cuisson du moût, avec infusion de houblon (45o à 5oo grammes de houblon par hectolitre de malt), ébullition, décantation mise en fermentation lente et régulière avec levure, entonnage et collage à la colle de poisson.
- Dans le N° 2479, du 14 août 1920, de La Nature, nous avons publié un article sur la fabrication domestique de la bière.
- T. S. P. — M. R. B., à Hazebrouck (Nord). — i° Les montages d’amplification à basse fréquence dits pvck-pull sont d’un bon rendement et pourront vous fournir des auditions très intenses en haut-parleur ^avec une pureté très satisfaisante. *
- Vous pourrez trouver des détails sur ces appareils dans le tome II des montages modernes en Radiophonie par Hémardinquer ou dans le n° 16 de la T. S. F. pour tous. (Chiron, éditeur 40, rue de Seine Paris.)
- 20 II est relativement facile de monter un tableau de tension-plaque sur courant alternatif, qui permette le remplacement de la batterie de plaque. Voici l’adresse d’un constructeur : Maison Ferrix, 64,rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- M. Jourdan, à Baugé-Chambalud (Isère). — L’antenne unifilaire de grande longueur peut donner une grande puissance d’audition, mais elle rend difficile la réception des ondes courtes, et surtout n’est guère recommandable pour éviter les parasites, nous vous conseillons donc plutôt une antenne prismatique de 20 à 25 mètres de long.
- M. L. C. à Paris. — L’affaiblissement constaté dans votre audition provient probablement de la décharge de vos accumulateurs. Ce fait expliquerait la diminution d’intensité constatée lorsque vous utilisez deux étages à basse fréquence.
- Puisque ces deux étages sont montés avec des lampes de puissance, l’intensité de chauffage nécessaire est relativement grande ; aussi, en allumant ces dernières lampes, l’intensité du courant augmente, mais alors, par suite de la décharge de la batterie, la tension n’est plus suffisante pour le fonctionnement normal de l’appareil.
- Vous pourrez trouver dans la Pratique Radioélectrique des conseils nombreux pour la recharge et l’entretien de vos accumulateurs.
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- JÉD
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- BIBLIOGRAPHIE
- qHL
- ont'
- Index gèneralis. Annuàire général des universités, ig'>.5-1926, publié sous la direction de R. de Montessus de Ballore, 1 vol; in 12, 1710 p. Edition Spès, Paris,
- Prix' i 100 fr," ^
- Nous,avons déjà signalé toute l’importance de ce répertoire pour le monde intellectuel et savant de tous les pays. Comme le dit dans sa préface M. Appell, -<< Sa disposition heureuse montré avec une clarté toute française le rang de chaque pays au point de vue intellectuel ». C’est un tableau très complet et qui se perfectionne à chaque nouvelle édition. Celle-ci comprend tous les renseignements nécessaires sur iioo universités et grandes écoles, 344 observatoires, 33oo bibliothèquesj 75oinstituts scientitiques, iioo académies et sociétés savantes, 60.000 notabilités intellectuelles, les jardins botaniques et zoologiques, les musées, les observatoires du monde entier. C’est donc un livre indispensable à avoir et à consulter pour tous les professeurs, chercheurs etc., en un mot, le bottin du monde entier qui participe aux progrès des sciences.
- Notes de sismologie (n° 7) de VObservatoire de Zi-Ka-Wei Mouvements sismiques des magnêtomètres à Zi-Ka-Weï et à Lu-Kia-Pang (1877-1924) par le R. P. È. Gherzi, S.-J. 1 broch. 34 pages, 8 planches hors texte. Imprimerie de la Mission Catholique. Zi-Ka-Weï-Chang-Haï, 1926.
- Nous avons eu plusieurs fois déjàl’occasion de signaler les importants travaux sismologiques du R. P. Gherzi, notamment sa récente étude sur les micro-x séismes et leur signification météorologique. Dans le présent mémoire, le savant observateur aborde une question toute différente. Les magnêtomètres, instruments de mesure du champ magnétique terrestre, sont souvent impressionnés par les secousses sismiques. Il serait fort intéressant de savoir si ce phénomène est provoqué par un ébranlement mécanique, ou au contraire par une perturbation magnétique concomitante au tremblement de terre. Dans cette hypothèse, l'enregistrement d’un séisme lointain par le magnéto-mètre devrait vraisemblablement être en grande avance sur celui des sismographes, instruments sensibles à l’effet des ondes élastiques dont la propagation à travers le sol est-relativement lente. Le R. P. Gherzi, pour élucider cette question, a fait le dépouillement et l’analyse critique des observations faites à Zi-Ka-Weï depuis 1877. Il conclut en faveur de la seconde hypothèse, en disant qu’il semble bien que parfois dans les tremblements de terre l’ébranlement des magnétographesest dû à une cause électro-magnétique. Cette cause pourrait agir même à très grande distance et se révéler avec une très grande avance sur les enregistrements des sismographes, et même être perçue dans les cas où les sismographes restent insensibles.
- Dictionnaire de géologie, par Stanislas Meunier, i vol. in*8, 716 p., nombreuses 11g. Dunod, éditeur. Paris.
- Le savant et charmant professeur du Muséum qui donnait si souvent à La Nature ses études de géologie avait préparé, avant sa mort, un dictionnaire de géologie pour rendre service à tous ceux qui abordent cette science ét que l’abondance des termes techniques pourrait rebuter. C’est le premier dictionnaire qu’on ait établi de Cette discipline. A la clarté dé ses définitions, il joint, sur tous les points essentiels, des notes, parfois des études assèz longues qui en font une encyclopédie.
- Petité Industrie chimique (industrie des métalloïdes) par L. Hackspij^l et P. Remy Genneté, i vol. 834 pages, 124 h g. J- B. Baillière et fils. Editeur. Paris. Prix, ^ broché ; 85 fr.
- Cet ouvrage qui constitue une véritable encyclopédie de chimie industrielle est consacré à l'industrie chimique des métalloïdes" et de leurs composés, à l’exclusion de ceux qui se rapportent à ce que l'on appelle la grande industrie chimique, c’est-à-dire le soufre, l’acide sulfurique, l’acide nitrique, la soude, etc. Les auteurs étudientl’hydrogène, l’oxygène, l’eau oxygénée, les gaz rares, le fluor, l’acide fluorhydrique et les fluorures ; le chlore, les chlorures minéraux ét le désétamage; le brome, l’iode et leurs composés, le sélé-
- nium, le phosphore, l’arsenic, le bore, le graphite, le noir de fumée, les charbons décolorants et activés, le gaz carbonique, etc. Pour chacune de ces industries, ils fournissent une documentation extrêmement complète sur les diverses méthodes de préparation employées pratiquement ou proposées; ils indiquent les applications industrielles des diverses substances fabriquées et l’état actuel de leur marché. Ce solide et consciencieux travail, nourri aux meilleurs sources, apportera à notre enseignement chimique et à notre industrie une aide précieuse.
- La Chimie par A. Chaplet, i vol. 192 pages, 91 fig. Hachette, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume de vulgarisation agréable est consacré, non pas à la chimie comme son titre pourrait le faire croire, mais à l’industrie chimique. Il passe en revue successivement Pair et les industries de l’azote et de l’oxygène, l’eau, le carbone et les industries relatives aux combustibles, les acides, les alcalis, les terres rares, les industries céramiques : chaux, plâtre, ciments, porcelaines, etc., les métaux usuels et leur élaboration, les industries alimentaires, les matières plastiques, les matières colorantes, les parfums, l’alcool. Un chapitre est consacré à la chimie des impondérables : diastases, microbes, colloïdes, et l’ouvrage se termine par quelques pages sur la radioactivité et sur les progrès futurs à attendre de la chimie. De lecture facile, ce livre donne une idée d’ensemble des principales industries chimiques.
- Le Monde Islamique par Max Meyerhof, i vol. in-8, 80 p., 5g pl. Bibliothèque générale illustrée. Rieder et Cie. Paris. Prix : i5 fr. ; relié 18 fr. 5o.
- Dans l’ensemble de l’humanité, le monde islamique est une grande enclave, singulièrement homogène. De l’Afghanistan au Maroc il comporte la même foi, les mêmes traditions, la même loi, les mêmes moeurs. 11 gagne sans cesse en Afrique et en Asie. Imperméable au christianisme, il subit aujourd’hui l’influence de la civilisation d’Occident. Mais le premier effet de cette action est de le dresser contre l’Occident. Dans le destin futur de l’humanité il entrera comme une des composantes essentielles.
- Islamisant estimé pour ses travaux sur la civilisation arabe, M. Meyerhof vit depuis longtemps au Caire, près de la Mosquée El Ahzar, véritable centre nerveux de l’Islam. En une synthèse magistrale il décrit les origines du monde islamique, ses institutions essentielle, son état présent.
- Une série de magnifiques photographies inédites montre les divers aspects de cé monde immense et secret.
- Le Relieur pratique, par F. Giraldon. i vol. in-16, broché, 124 p., 108 fig. Hachette, éditeur, Paris, Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur est professeur de reliure à l’Institution Nationale des Sourds-Muets, à Paris. C’est dire que le lecteur peut se confier à ce guide, soit pour apprendre à faire du cartonnage et de la reliure en amateur, soit même pour s’assimiler les premiers principes d’un métier auquel il désirerait se vouer.
- Ze jeune Mécano, par H. de Grafeigny. i vol. 278 p., 173 fig. Garnier frères, éditeurs. Paris, 1926. Prix : 9 francs.
- Recueil de petits travaux de mécanique et d’électricité, bien trop sommairement présentés, pour pouvoir, à notre avis, être fort utiles aux amateurs que l’on prétend guider. Quant aux notions élémentaires de mécanique qui y figurent, elles fourmillent d’hérésies ou de confusions, et ne peuvent qu’égarer le lecteur novice qui chercherait à en saisir le sens.
- Les Loyers, droits des locataires et des propriétaires, par Marcel Cabirol. i vol. in-16, broché. Hachette, éditeur. Paris. Prix ; 5 francs.
- Simple, bref, objectif, complet, ce petit livre tirera d’embarras bien des propriétaires et locataires empêtrés dans le fatras des lois actuelles en la matière. Il est à jour jusqu’à la loi dû 2 avril 1926.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE — 1926
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Académie des sciences : prix en 1925 ................... 9
- Acier : durcissement par nitruration............................193
- Acier transparent............................................. 17
- Aéronautique : exposition....................................... 74
- Aéroplane au service du cinéma.................................. 81
- Agave en Algérie................................................130
- Alcool de pain.................................................. 89
- Alger : port....................................................137
- Algérie : agave............................................... 130
- — : culture du camphrier............................... 89
- Algue : iode et brome........................................ 74
- Allemagne : indicatifs des stations de T. S. F...............186
- — : population...........................................122
- — : radiophonie...................................26, 114
- Alsace : potasse et Anvers...................................178
- Aluminothermie contre les embâcles de glaces................ . 193
- Ambre : routes préhistoriques d’Europe....................... 25
- Amérique : nouvelle super-station...............................130
- — : radio-diffusion.................................... 170
- — : succès de la radiophonie.............................106
- Angers : nouvelle station de T. S. F......................... 50
- Angleterre : émissions..........................................170
- — : essais de relais de T. S. F.......................... 10
- — : exportations houillères..............................161
- — : exposition de T. S. F......... ...................
- — : nombre des auditeurs de T. S. F.....................146
- — : nouvelles stations à grande puissance................ 98
- — : radiophonie........................................ . 66
- — : statut de la radiophonie............................ 5()
- — : superstation de T. S. F. . . ......................138
- Animaux qui se mangent, entre eux............................122
- Annélide nouvelle............................................. 18
- Anthropologie des parlementaires américains.....................114
- Antidétonant nouveau........................................... 89
- Anvers et potasses d’Alsace.....................................178
- Apiculture : cours..............................................114
- Appareils ménagers : 3e Salon................................ 18
- Arbre à pain : disparition...................................177
- Arc de la Tour Eiffel...........................................130
- Archéologie : fouilles en Mongolie.............................. 58
- Archipel des Wallis............................................. 57
- Arroseur de sable contre le dérapage......................... 97
- Assurances contre l’incendie.................................... 90
- Atlantique : traversée en avion................................. 49
- — : traversée en avion et T. S. F...................... 82
- Aurores boréales et radiophonie.................................146
- Australie : radiophonie......................................... 98
- Automobiles : circuit d’esi-ai.................................. 10
- — : impôt en France....................................... 13
- Autriche : radiophonie..................................10, 66
- Aviation et T. S. F.............................................170
- Avion : application du phénomène de Magnus................... 1
- Avions : guidage par T. S. F................................. 66
- Avion : traversée de l’Atlantique............................... 49
- — : traversée de l’Atlantique et T. S. F............... 82
- Azote synthétique : engrais en France...........................153
- balancier harmonique pour l’équilibrage des moLeurs à explosion ........................................................... 41
- Barcelone : nouvelle station.................................... 98
- Barrage de Biolunalo........................................... 161
- Bateaux à moteurs : concours de La Rochelle ....... 137
- Bélinographe et événements sportifs............................. 98
- Berlin : programme de la station de T. S. F..................... 66
- Berne : poste radio.....................................2, 26
- Béton : emploi des diatomées.................................... 89
- Betterave à sucre : production de graines en France .... 74
- Bisons du Canada................................................ 57
- Bois : laine artificielle.......................................177
- — : séchage artificiel....................................105
- Brai de liqueurs sulfitiques résiduaires........................ 26
- Bretagne : culture des plantes médicinales..................... 137
- Brinell : nécrologie............................................ 89
- Briques grésées : pavage........................................ 89
- Brome dans les algues......................................... 74
- — : extraction de la mer................................... 2
- Bruits du cœur : phonocinématographie........................... 58
- Cacao : consommation en France.................................. 66
- Calcaires : altérations dans les villes.........................193
- Camphrier : culture en Algérie.................................. 89
- Canada : bisons................................................. 57
- — : découverte d’un grand lac.............................161
- Canal de Marseille au Rove......................................193
- Candélabre des Incas............................................202
- Canyon : empreintes fossiles................................... 194
- Carburant à l’acétylène.........................................145
- Carnot : centenaire du mémoire............................. 33
- Carrosseries d’automobiles : vernis à la cellulose.........145
- Cartes départementales des réseaux de distribution d’électricité. 50
- Caséine : production en France.................................129
- Cataphole.................................................. 1
- Caviar : exportation de Russie soviétique..................146
- Centenaire du mémoire de Carnot............................ . 33
- Centrales électriques : déchargement hydraulique du charbon. 121 Chamagne : procédé d’extraction du brome de l’eau de mer. 2
- Champs de blé : destruction des herbes.....................154
- Chanvre : production en France................................. 74
- Charbon : déchargement hydraulique dans les centrales électriques ......................................................121
- Charbons : étude par rayons A.............................. 34
- Charentes : production de caséine..............................129
- Chaudières à vapeur à haute pression...........................185
- Chauffage électrique par accumulation........................... 1
- Chauves-souris : protection.................................... 90
- Chimie : centre de documentation............................... 42
- Chronologie maya...............................................162
- Chute la plus haute de France.................................. 41
- Cigognes et lignes à haute tension............................. 17
- Cinéma et aéroplane............................................ 81
- Circuit d'essai d automobiles.................................. 10
- Cités instantanées............................................. 26
- Cœur : enregistrement phonocinématographique des bruits. . 58
- Colonies françaises : réseau radiotélégraphique................ 34
- Communes : syndicats et distributions d’eau et d’énergie électrique ...................................................... 113
- Concours de passages et garages souterrains.................... 58
- Congo belge : richesses minières...............................186
- Congrès géologique international............................... 50
- Construction rapide et économique..............................137
- Corrosion des métaux : expérience curieuse.....................145
- Cours d’apiculture............................................ 114
- Courtine : explosion...........................................153
- Décalcification des sols.......................................154
- Déchargement hydraulique du charbon dans les centrales
- électriques.................................................121
- Dérapage : arroseur de sable................................... 97
- Diatomées : emploi dans le béton............................... 89
- Dichlorobenzol : applications.................................. 17
- Dirigeable géant : projet......................................145
- Distribution d’eau et d’énergie électrique et syndicats des
- communes....................................................113
- Documentation chimique : création d’un centre.................. 42
- Eau de mer : extraction du brome................................ 2
- Eclair........................................................ 65
- Électricité : chauffage par accumulation........................ 1
- Electrobus à trolley du Gard.................................. 129
- Électrode continue Soderberg................................... 10
- Embâcles de glaces et aluminothermie...........................195
- Émigration italienne ..........................................130
- Empreintes fossiles du Grand Canyon........................194
- Engrais azotés"synthétiques en France.................. . 153
- Équilibrage des moteurs à explosion par balancier harmonique. 41
- Espeianto en radiophonie................................. . . 146
- Etats-Unis : augmentation de puissance des postes d’émission. 122
- — : immigration;......................................... 50
- — : progrès de la radiodiffusion........................138
- — : radiophonie.......................................... 66
- Explosifs à oxygène liquide.................................... 41
- Explosion de la Courtine...................................... 153
- Exportations anglaises d’appareils de T. S. F . ........... 82
- Exposition d’Aéronautique...................................... 74
- — de T. S. F. en Angleterre. . ...................... 82
- Faucardement : épreuvis........................................170
- Fluides : expériences de M. Toussaint..........................201
- Flussiges Harz................................................. 26
- Fouilles archéologiques en Mongolie............................ 58
- Four électrique de 100 000 ampères............................. 57
- Fourmi : puissance de transport................................106
- France : consommation du cacao................................. 66
- — : nouvelles stations de T. S. F. . ...................122
- — : octrois en 1924 .................................... 154
- — : production du chanvre................................ 74
- — : production de graines de betteraves à sucre .... 74
- — : production de houille............................... 170
- — : signaux horaires..................................... 42
- Fréquence : contrôle par oristal de quartz...................... 2
- Gabian : nouveau puits de pétrole............................. 81
- Garages souterrains : concours................................. 58
- Gard : électrobus à trolley.................................. 129
- Géologie : Congrès international............................... 50
- Glaces : embâcles et aluminothermie............................193
- 27
- Supplément au n* 2725 de La Nature du 26 juin 1926.
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- PI
- TABLE DU SUPPLEMENT
- GLénans : narcisse..........................................
- Goémons : extraction de l’iode par carbonisation............
- Goitre : prophylaxie........................................
- Grain : record de la manutention............................
- Graines de betterave à sucre : production en France ....
- Gravures solutréennes.......................................
- Hambourg : programme de la station de T. S. F...............
- Harmoniques des oscillations à ondes très courtes...........
- Havre : port autonome.......................................
- Hélice d'avion à récippération..............................
- Hélium : découvertes de sources.............................
- Herbes : destruction........................................
- Hildebrandsson : nécrologie.................................
- Hiver en Scandinavie........................................
- Hollande : radiophonie.................................74,
- Houille : exportations anglaises............................
- — : production en France...............................
- Hudson : tunnels..........................................
- — : ventilation des tunnels............................
- Huile de pépins de raisin...................................
- Huîtres : rythme lunaire....................................
- Hydrogène atomique : utilisation.............................
- llypérol . . . . _..........................................
- Immigration aux Etats-Unis...................................
- Impôt sur les automobiles en France..........................
- Incendie : assurances........................................
- — de Old Hickory.......................................
- Incubateurs : perfectionnement..............................
- Indes : radiophonie....................................74,
- Infra-rouge : photographie.........................
- Ingénieur radiotechnicien modèle............................
- Inondations.................................................
- Instruments de musique automatiques : précurseur............
- Iode dans les algues........................................
- — des goémons : extraction par carbonisation...........
- Italie : émigration.........................................
- — : statut de la radiophonie...........................
- — : T. S. F............................................
- Journal de T. S. F..........................................
- Krakatau : repeuplement.....................................
- Lac nouveau découvert au Canada.............................
- Laine artificielle de bois..................................
- Lapin : secrétage du poil...................................
- Lignes à haute tension et cigognes..........................
- Livres et radiophonie................................
- Longueurs d’onde : nouveaux essais de réglementation . . .
- Luc-binh en papeterie.......................................
- Lune et huître .... ;.....................
- Machines électriques : examen par procédés radioélectriques.
- Madagascar : exploitation minière...........................
- Magnus : application du phénomène aux ailes d’avion. . . .
- Maisons de construction rapide et économique................
- Mars : température..........................................
- Matières premières : restriction de production..............
- Maya : chronologie..........................................
- Mercure : transmutation du plomb............................
- Mésopotamie : pétrole.......................................
- Microphones : usage lugubre................. ...............
- Mines au Congo belge .......................................
- — à Madagascar.........................................
- — : T. S F.............................................
- Mongolie : fouilles archéologiques..........................
- Mossoul : pétrole...........................................
- — : pétroles et la France..........................-. .
- Moteurs à explosion : équilibrage par balancier harmonique .
- Musées : droit d’entrée.....................................
- Muséum : palmiers de Louis XIV..............................
- Musique : instruments automatiques..........................
- Narcisse des Glénans........................................
- Navire à rotors.............................................
- Nécrologie : Brinell........................................
- — : Hildebrandsson.....................................
- — : Kamerlingh Onnes...................................
- — : Witz . ............................................
- Neutrodyne aux États-Unis...................................
- New-York : ponts............................................
- — : ventilation des tunnels de l’Hudson................
- Nitruration : durcissement des aciers.......................
- Octrois en France en 1924 ..................................
- Oisans : nouveaux refuges...................................
- Oiseau bagué à travers l’Atlantique.........................
- Old Hickory : incendie......................................
- Onnes (Kamerlingh) : nécrologie.............................
- Opéra : transmission de musique.............................
- Orages......................................................
- Oscillateurs à ondes très courtes : harmoniques.............
- Oxygène liquide : explosifs . ..............................
- Pain : alcool...............................................
- Palmiers de Louis XIV au Muséum.............................
- Palmier sous serre le plus grand............................
- Panatrope...................................................
- Papeterie : emploi du luc-binh..............................
- Paquebot à moteur Diesel de 35 000 tonnes...................
- Parlementaires américains : examen physique et anthropologique • • • -,...............................................
- Passages souterrains : concours..............................
- Pavage en briques grésées..........................
- Pépins de raisin : huile....................................
- 178
- 25 58
- 26 74 82 66 66
- 169 177
- 26
- 154
- 33
- 17
- 106
- 161
- 170
- 129 49 98
- 186
- 49 17
- 50 73 90
- 73
- 130 90
- 185 90 17
- 105
- 74 25
- 150
- 50
- 146
- 74
- 146
- 161
- 177 121
- 17 90
- 106 162
- 186 25
- 178 1
- 137 73
- 65 162
- 25
- 97
- 114
- 186
- 178
- 106
- 58
- 97 113
- 41
- 66 106
- 105 178 201
- 89
- 33
- 89
- 65 186 129
- 49
- 193
- 154
- 162
- 146
- 73
- 89
- 18
- 113
- 66 41 89
- 106 202
- 138 162
- 98
- 114 58 89 98
- Peroxyde d’hydrogène concentré et solide................... 17
- Perse : radiophonie............................................186
- Pétrole de Gabian : nouveau puits.......................... 81
- Pétroles de Mossoul et la France.............................. 113
- Pétrole de Mossoul et de Mésopotamie....................... 97
- — : production mondiale................................ 153
- — : recherche en France..................................105
- Phonocinématographie des bruits du cœur........................ 58
- Phonographes nouveaux..........................................1J3
- Phosphates : production.................................... 57
- Photographie par les rayons infra-rouges...................185
- Phytelephas macrocarpa.....................................194
- Pierres calcaires : altération dans les villes.............193
- Planète Mars : température..................................... 73
- Plantes connues sous le nom de réglisse.................... 65
- — médicinales : culture en Bretagne......................137
- Plomb : transmutation en mercure et thallium................ 25
- Pneu : nouveau mode d’emploi...................................121
- Pneumatiques : usure sur les routes............................194
- Poil de lapin : secrétage......................................121
- Pôle Nord : conquête.......................................149
- Pôle : T. 8. F. dans les expéditions........................... 82
- Ponts de New-York..........................................129
- Population de l’Allemagne..................................122
- Port d'Alger...................................................137
- — autonome du Havre..................................169
- — autonome de Strasbourg................................. 25
- Potasses d’Alsace et Anvers....................................178
- Poudrerie d’Old Hickory : incendie......................... 73
- Préhistoire : routes de l’ambre............................ 25
- Prophylaxie du goitre...................................... 58
- Protection des chauves-souris.................................. 90
- Quartz : contrôle de la fréquence des émissions radiophoniques. 2
- Radio au service des Soviets............................... 82
- Radio-diffusion et concerts................................146
- — : essai de la super-station américaine................. 26
- — : stations américaines.................................170
- — : progrès aux États-Unis...........................158
- — en Suède............................................... 82
- Radioélectricité : examen des machines électriques. . . .25
- Radio-Paris : 3000e concert................................154
- Radiophonie en Allemagne..............................26, 114
- — en Amérique . . . ....................................106
- — en Angleterre ......................................... 66
- — anti-darwiniste........................................ 99
- — et aurores boréales....................................146
- — en Australie....................................... 98
- — en Autriche.................................... 10, 66
- — et aveugles............................................146
- — et espéranto...........................................146
- — aux ütats-Unis......................................... 66
- — et étrangers résidant en France........................ 90
- — française : nouvelles taxes............................ 66
- — en Hollande.....................................74, 106
- — aux Indes........................................74, 90
- — : influence sur la vente des livres.................... 90
- — dans le monde..........................................138
- — en Perse........................................... 186
- — et projets financiers.................................. 74
- — en Russie............................................ 106
- — : statut en Angleterre................................. 50
- — : statut en Italie..................................... 50
- — en Suède........................................26, 50
- — en Suisse.............................................. 90
- — en Tchécoslovaquie.....................................106
- — et téléphonie..........................................170
- — : théâtre..............................................154
- — et tourisme............................................ 74
- — : travaux de l'union radiophonique.....................138
- — : triste nouvelle...................................... 34
- Radioteclinique : ingénieur modèle......................... 90
- Radiotélégraphie : grand poste modèle...................... 18
- — : réseau colonial français............................. 54
- Radiotéléphonie : essais entre l’Angleterre et l’Amérique. . 82
- Radio-Toulouse.............................................106
- — : améliorations........................................ 82
- Raisin : huile de pépins....................................... 98
- Rayon vert.................................................... 49
- Rayons X pour l’élude des charbons................... 34
- Refuges nouveaux dans l’Oisans.............................162
- Réglisse : plantes......................................... 65
- Réparations et T. S. F.........................................170
- Repeuplement du Krakatau.......................................146
- Réseaux de distribution d’électricité : cartes départementales. 50
- Restriction de production des malières premières............... 65
- Riolunato : barrage............................................161
- Riz : production mondiale......................................105
- Rome : nouvelle station........................................106
- Rotors : nouveau navire....................................201
- Routes préhistoriques de l’ambre.............................. 25
- — : usure des pneumatiques...............................194
- Rove : canal...................................................193
- Rugby : station de T. S. F.....................................177
- Russie : nouvelle station de T. S. F........................... 50
- — : radiophonie..........................................106
- — soviétique : exportation du caviar.....................146
- — : T. S. F..............................................186
- — : vols à voile........................................ 1
- p.2x209 - vue 675/678
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Sable : arroseur contre le dérapage............................. 97
- Salon des appareils ménagers.................................... 18
- Sauvelage difficile............................................. 42
- Savonnerie : utilisation de la sciure de bois.................. 177
- Scandinavie : hiver............................................. 17
- Sciure de bois : utilisation en savonnerie......................177
- Séchage artificiel des bois.................................... 105
- Secrétage du poil de lapin......................................121
- Signalisation lumineuse.......................................... 1
- Signaux horaires automatiques internationaux.................... 42
- — — scientifiques......................................... 42
- — — : des stations françaises............................. 42
- Ski : ancienneté................................................178
- Sôderberg : électrode continue.................................. 10
- Sols : décalcification..........................................154
- Soleil : activité en janvier 1926 .............................. 57
- — : activité remarquable........................... . 73
- Solutréen : gravures............................................ 82
- Soviets : radio................................................. 82
- Stations allemandes : indicatifs................................186
- — à grande puissance...................................... 26
- Stéréoscopie avec un œil....................................... 201
- Strasbourg : port autonome...................................... 25
- Suède : radio-diffusion......................................... 82
- —- : radiophonie....................................26, 50
- Suisse : radiophonie ........................................... 90
- — : réglementation de T. S. F............................. 26
- Sulfite : brai de liqueurs résiduaires...................... . 26
- Superphosphates : production.................................... 57
- T. S. F. : appareils et projets financiers du Gouvernement, 18
- — : arc de la Tour Eiffel.................................130
- — : augmentation de puissance des postes d’émissions aux
- utats-Unis............................................122
- — et aviation.............................................170
- — : changement d’horaires.................................154
- — : changements de puissance et de longueurs d’onde. . 186
- — : concours internationaux pour amateurs.................170
- — : cristal de quarlz pour le contrôle de la fréquence . 2
- — : émissions anglaises...................................170
- — : émissions de la Tour Eiffel....................10, 66
- — : essais de relais eu Angleterre........................ 10
- — dans les expéditions polaires........................... 82
- — : expérience curieuse................................... 18
- — : exportations anglaises d’appareils......................82
- — : exposition en Angleterre.............................. 82
- — : guidage des avions.................................... 66
- — : indicatifs des stations allemandes. . 186
- — : innovation............................................ 90
- — : deux inventions intéressantes.........................138
- — en Italie...............................................146
- — : longueurs d’onde des postes européens.................138
- — dans les mines..........................................106
- — : nombre des auditeurs en Anglelerre....................146
- — : nouveauxessaisderéglementationdeslongueursd’onde. 106
- — : nouvelle intéressante.................................170
- II. - bCIENI
- Allumoir électrique............................................. 43
- Amplificateur de tirage J.-L....................................108
- Antennes en cage................................................187
- — en ruban................................................187
- Antenne : câble.................................................188
- Argenterie : papier protecteur.................................. 84
- Autos : essuie-glaces........................................... 84
- Autolaveuse Vici................................................123
- Automobile : chauffage du moteur................................ 27
- — : coffre-magasin pour pneus............................. 51
- — : gaine de ressorts. 76
- — : guide-vitesse anti-vol................................ 27
- — : injecteur Athmos...................................... 19
- Automobiles : pare-chocs......................................... 3
- Automobile : pare-chocs inaccrochable........................... 91
- Automobiles : utilisation d’un vieux phare...................... 59
- Balcons : strapontins et table.................................. 60
- Baromètre enregistreur à eau.................................... 11
- Birail..................................................... 195
- Bobines interchangeables........................................188
- Bougeoir électrifié............................................. 28
- Broadcasting : station régionale............................... 51
- Broyt ur de coke................................................108
- Câble pour cadres et antennes...................................188
- Cadres : câble................................................. 188
- Cafetière automatique Pouget....................................196
- — « Le Rêve ».............................................132
- Caméra Pathé-Baby pour prises de vups...........................155
- Cannage des chaises.............................................147
- Chariot élévateur Dommic........................................ 85
- Chaises : cannage...............................................147
- Classeur familial............................................... 92
- Coffre-magasin pour pneus....................................... 51
- Coke : appareil broyeur.........................................108
- Collage du papier peint......................................... 75
- Compte-tours par réveil-malin.................................. 52
- Cordon de tirage : pose.........................................107
- Coton : production et consommation.............................. 81
- Détecteur à cristal.............................................163
- Détendeur pour pédales..........................................195
- T. S. F. : nouveau journal................................. 74
- — : nouveau poste régional français....................... 50
- — : nouvelles stations anglaises.......................... 98
- — : nouvelle station de Barcelone......................... 98
- — : nouvelles stations françaises.................. 122, 146
- — : nouvelle station de Rome..............................106
- — : nouvelle station russe................................ 50
- — : nouvelle station de Vienne............................ 82
- — : nouvelle superslation américaine......................130
- — : panne inattendue...................................... 18
- — : poste Radio-Berne.................................2, 26
- — : programmes anglais....................................138
- — : programme des stations de Berlin et Hambourg. . . 66
- — : progrès du système neutrodyne aux États-Unis . . . 186
- — : réaction gênante...................................... 98
- — : réception des émissions dans une cage blindée . . . 114
- — : réglementation nouvelle en Suisse..................... 26
- — et réparations.....................‘.................170
- — en Russie.............................................. 186
- — : salles d’audition.....................................138
- — : signaux horaires automatiques internationaux. ... 42
- — : signaux horaires français............................. 42
- — : signaux horaires scientifiques........................ 42
- — : stations à grande puissance........................... 26
- — : station de Rugby......................................177
- — : superstation anglaise.................................138
- — : transmission de musique d’opéra....................... 18
- — et traversée de l’Atlantique en avion................... 82
- — en Yougoslavie.......................................... 10
- Tamanoir à l’infirmerie........................................ 130
- Tchéco-Slovaquie : radiophonie................................ 106
- Téléphonie et radiophonie.......................................170
- — sans-fil entre l’Europe et l’Atlantique.................105
- — sans-fil et Stock Exchange..............................106
- Température de la planète Mars.................................. 73
- Théâtre radiophonique...........................................154
- Thermomètre nouveau pour hautes températures....................153
- Toulouse : améliorations de Radio............................... 82
- Tour Eiffel : arc.............................................. 130
- — — : émissions......................................10, -66
- Tourisme et radiophonie......................................... 74
- Transmutation du plomb en mercure et thallium................ 25
- Tunnel de l'Hudson..............................................129
- Tunnels de l’Hudson : ventilation............................... 49
- Tuyaux de fonte cimenlés....................................... 201
- Ventilation des tunnels de l’Hudson............................. 49
- Vernis à la cellulose pour carrosseries.........................145
- Vienne : nouvelle station de T. S. F......................... 82
- Vision stéréoscopique avec un œil...............................201
- Vols à voile en Russie........................................... 1
- Wallis : archipel............................................... 57
- Wilz : nécrologie............................................... 65
- Yougoslavie : T. S. F........................................... 10
- Yucatan : chronologie maya......................................162
- APPLIQUÉE.
- Dossier classeur familial...................................... 92
- cailleur de poisson.........................................164
- Echenilloir : perfectionnement.................................108
- Eclairage de secours Lethorre et Boistel....................116
- Économiseur Bipoto.............................................196
- Encausticage des parquets : appareil........................... 92
- Enrouleur Idéal-Corde..........................................164
- Essuie-glaces d’autos.......................................... 84
- Fer à repasser « Électro-Lux »................................. 91
- Fermeture d'un flacon d’huile ou de vernis.................... 92
- Flacon : fermeture............................................. 92
- Forge portative Parva..........................................195
- Frigorifique : machine « Frigor »..............................131
- Gaine de ressorts.............................................. 76
- Gazogène à essence.............................................179
- Générateur à gaz simplifié.................................... 139
- Gobelet du Dr Henry............................................156
- Grille-pain Tôt................................................164
- Guide-vitesse anti-vol P. B.................................... 27
- Haut-parleur : déplacement..................................... 20
- Haut-parleurs : nouveaux modèles............................. 115
- Infuseur cafetière « Le Rêve ».................................132
- Injecteur Athmos............................................... 19
- Lapin : préparation des peaux................................147
- Lampe balladeuse : pied........................................ 59
- — balladeuse : support.................................... 4
- — à deux filaments...................................... 187
- — étanche................................................. 4
- — à pétrole P. R....................................... 27
- — Pigeon : transformation en bougeoir électrique. ... 28
- Laveuse à cuvier de bois chauffé...............................140
- — Valentin...............................................140
- — Vici...................................................123
- Machine frigorifique « Frigor »................................131
- Manutention : système Birail...................................195
- Microrameur....................................................123
- Microscope binoculaire.........................................115
- Moteur d’automobiles : appareil de chauffage................... 27
- — : nouveau piston.......................................131
- Papier peint : collage......................................... 75
- p.2x210 - vue 676/678
-
-
-
- Ptl
- MP
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Papier peint : protecteur pour l’argenterie............... 84
- Pare-chocs inaccrochable..................................... 91
- — de voitures............................................ 3
- Parquets : appareil à encaustiquer........................... 92
- Passoires « Pilo »........................................ . 196
- Palhé-Baby : caméra prises de vues........................155
- Peaux de lapin : préparation.................................147
- Pédales : détendeur « Réflexe »...........................195
- Phare d’automobile : utilisation............................. 59
- Phonographe électrique Rosengart............................. 43
- Photos : reproduction « Ruri »............................ 44
- Photographie : support de plaques............................124
- Pied pour lampe balladeuse................................... 59
- Pierres : ramasseur.......................................... 28
- Pieux à vis en béton armé.................................179
- Piston pour moteur à haut rendement.......................151
- Plans : reproduction « Buri »................................ 44
- Plaques photographiques : support............................124
- Pneus : coffre-magasin........................... . . 51
- Pneumatiques de vélos : remonteur............................. 4
- Poisson : écailleur..........................................164
- Porte-manteau « Kiply »......................................116
- Poste de réception à réglage automatique.................. 91
- Radiophonie : beau poste de réception........................163
- — : poste récepteur à réglage automatique............163
- — : poste sur secteur................................163
- Ramasseur de pierres dans les champs......................... 28
- Remontc-pneus pour vélos...................................... 4
- Reproduction « Buri » de plans, gravures, etc............. 44
- Résistance électrique en tôle..................................148
- Ressorts : gaine............................................... 76
- Réveil-matin, compte-tours..................................... 52
- Robinet : pour suspendre un seau............................... 44
- Seau : pour suspendre à un robinet............................. 44
- Serre-écrou pneumatique Globe..................................139
- Sondage : appareil incliné . , . .............................. 60
- Strapontin pour balcons........................................ 60
- Superhétérodyne : conditions de réa.isation.................... 59
- Support de lampe ballade use.................................... 4
- — de plaques photographiques............................ 124
- Table pour balcons............................................. 60
- Tannage électro-osmotique...................................... 81
- T. S. P- : accessoires utiles................................139
- — : antennes en cage....................................187
- — : antennes en ruban...................................187
- — : bobines interchangeables............................188
- — : câbles pour cadres et antennes......................188
- — : conditions de réalisation d'un poste superhétérodyne. 59
- — : détecteur à cristal..................................163
- — : lampe à deux filaments...............................187
- — : nouveaux modèles de haut-parleurs....................115
- — •. poste de réception à réglage automatique ..... 91
- — : pour déplacer facilement le haut-parleur............. 20
- — : station de broadcisting régionale.................... 51
- Tirage : ampl licateur J.-L...................................108
- Tournevis pneumatique Globe....................................139
- Vélos : remontc-pneus........................................... 4
- Vipères....................................................... 81
- III. — VARIÉTÉS
- Le jardin familial des plantes médicinales (A. Truelle).
- Sauge officinalè.................................................... 5
- Sureau noir. ................................................... 25
- Tilleul. ....................................................... 55
- Valériane officinale. ....................................... 85
- Violette odorante ..............................................109
- Angélique officinale . . ... . . . .... . . , . . 125
- Auuée officinale. .......................................i . . 149
- Bardane........................................................ 149
- Bouillon blanc.............................................,. 165
- Centaurée (petite). ... .... . . . . . . 165
- Chicorée sauvage ............................................. 197
- Cochléaria officinal. .... ... .............................197
- Le cannibalisme ehéz les oiseaux de proie (L. Coopjian). . . 95
- Les froids de l’hiver et les insectes (A. Rolet). ...... 13
- Production du champignon de couche en cave (H. Blin). . . 29
- Production économique de la morille (H. Blin)............... 45
- La coopération dans les observations astronomiques (J. Mas-
- CAKT)............................................... . 61
- L’industrie marseillaise des huiles comestibles (H. Blin) . . 77
- Le carporama du Muséum (A. Feuillée-Billot).................117
- Doit-on tailler les arbres fruitiers en les plantant? (A. Rolet). 133
- Origines de la science astronomique chinoise................157
- L’industrie des galoches (H. Blin)........................ 173
- Particularités météorologiques de la saison froide 1925-1926
- à Paris (E. Roger). . . . ........................... . . . 181
- La destruction des renards (H. Blin)................... . 189
- Quelques emplois peu connus du lait écrémé et de lu caséine
- (A. Rolet). . . .... . . . . ............................... 205
- Bulletin astronomique (E. Touciiet) . 35, 67, 99, 141, 171, 203
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Le mécanisme de la faim ([)>' E. Moriiardt). ....... 38
- Nouveaux résultats de la vaccination préventive des nouveau- ‘ nés contre la tuberculose ............... 86
- V. - RECETTES E
- Acide carbonique, accumulation dans un puits. ...... 6
- Arbres : colle protectrice contre les chenilles............. 69
- Balais de sorgho : pour prolonger l’usage ................ . 69
- Béton : coloration. ..........................................^
- Bière russe................ . . .......................!. . 69
- Bois : imprégnation......................................... 78
- — : mastics pour boucher les fentes..................126
- — de noyer : teinte sombre...........................134
- — : préservation contre les tarets)......................190
- Cales de navires : peinture aux résinâtes............... 6
- Canalisations : contre le gel...............................134
- Cancrelats : lutte..........................................198
- Chambres à air : conservation............................... 46
- Cires à greffer............................................. 69
- Colle pour protéger les arbres contre les chenilles......... 69
- Coloration du béton.......................................... 6
- Conservation des chambres à air............................. 46
- Conservation des figues fraîches............................198
- Conservation des fiuits frais...............................198
- Courroies : graisse........................................ 126
- Couteaux : mastic pour manches..............................126
- Eclairage des pièces d’une maison...........................126
- Figues fraîches : conservation..............................198
- Fourmis : lutte............................................ 198
- Fruits fiais : conservation................................ 198
- Gel des canalisations.......................................134
- Graisse pour courrons.......................................126
- Greffes : cires............................................. 69
- Imperméabilisation des soies de pêche.......................150
- Imprégnation du bois : nouveaux procédés.................... 78
- Insectes domestiques : luttes.............................. 198
- Kwass....................................................... 69
- Liège : teinture............................................ 45
- Manches de couteaux : mastic................................126
- Marbres : nettoyage....................................... 126
- Mastic pour boucher les fentes et nœuds du bois.............126
- Mastic pour manches de couteaux........................... . 126
- FIN DE LA
- Est-ce la guérison de la maladie du sommeil? (R. M.) ... 101 Le scorbut moderne ou maladie des conserves (R. M.) . 157
- Voyages de projectiles à travers le corps humain (R. M.) . 166
- PROCÉDÉS UTILES
- Mastic pour verre.............................................150
- Mouches : lutte...............................................198
- Navire : peinture aux rcsinates pour cales .... ... 6
- Nettoyage des marbres. ...................................126
- Noircissement des timbres-poste. . . ...................... 46
- Noyer : teinte sombre......................................134
- Papier au bromure ayant vu la lumière......................198
- Papier à dessins : préparation pour pastels................ 65
- Pastels : préparation du papier............................ 69
- Peintures toxiques pour cales de navires................... 6
- Phares à acétylène : réducteur d’intensité.................134
- Photographie : destruction du, virage sépia...................198
- Photographie : stabilité des épreuves.........................150
- Photogiaphie : sucre retardateur..............................190
- Plaques photographiques : suppression du voile................190
- Pneumatiques : pour les rendre increvables.................153
- Pommade raisin pour lèvres.................................... 46
- Puits : accumulation d’acide carbonique.................... 6
- Rayons de roue : réparation................................... 69
- Réducteur d’intensité pour phares à acétylène..............154
- Résinâtes toxiques pour peinture des cales de navires. ... 6
- Retardateur photographique : sucre............................190
- Roue de bicyclette ou d’auto : réparer un rayon............ 69
- Soies de pêche : imperméabilisation...........................150
- Soudure des camelots......................................... 45
- Stabilité des épreuves photographiques........................150
- Sucre d’orge des forains...................................... 45
- Sucre retardateur en photographie.............................190
- Sucre tiré................................................... 45
- Sulfite : conservation des fruits frais....................198
- Tarets : préservation du bois.................................190
- Teinte sombre au bois de noyer................................134
- Teinture du liège............................................. 45
- Timbres-poste : noircissement................................. 46
- Verre brisé : mastic........................................ 150
- Virage sépia des épreuves photographiques : destruction. . . 198
- Voile : suppression sur plaques photographiques...............190
- DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Pans. — 192G.
- Hüj 212
- p.2x211 - vue 677/678
-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES
- 3. Électricité
- Postes de T. S. F. portatifs (P. IIémarmnquer) .... 91
- L’industrie galvanoplastique actuelle (J. Boyer) .... 119
- Les câbles à haute tension (A. Pawlowski)...............185
- Nouvelle lampe de réception de T. S. F. (P. Hemar-
- dinquer) . ........................................ 207
- Progrès dans la construction des postes de T. S. F. portatifs (P. Hémardjnquer). ..............................247
- Distributeurs électro-magnétiques Gourdon (A. B.) . . 289
- L’horloge électrique « Bulle-Clock » (M. Bousquet). «. . 501
- Stabilité de certains détecteurs........................222
- Nouvel isolant électrique...............................258
- Nouvel électromètre.................................... 300
- 4 Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Constructions isothermiques en solomite (M. Bousquet). 40 Récents progrès dans la fabrication des coffres-forts
- (J. Boyer) . ........................................ . 135
- Reconstruction des cités minières du Nord (A. Paw-
- lowski)................................................235
- Soudure autogène dans l’hydrogène atomique (A. Trol-
- ler) . ................................................ 282
- Indicateur de gri°ou pour lampe de mine..................288
- Utilisation agricole de l’eau en Algérie. . . 333, 369, 403
- Exploitation des lignites à Laluque (E. Marcotte). . . 401
- 5. Transports.
- Chaussées urbaines modernes (M. Bousquet)............. 5
- Autobus à 8 roues monté sur 2 trucks (E. Weiss). . . 47
- La fabrication des pneumatiques (J. L.)............... 75
- « Parkings d garages publics pour automobiles P. Bour-
- deix)..................................................123
- Voiture à hélice sur voie ferrée (E. Weiss)...........160
- Révélation dans les transports sur neige (J. L.). . . . 176
- Automotrices et locomotives à combustion interne (A.
- Bourgain).................................... 200, 217
- Freinage continu des trains de marchandises (J. Netter) 342
- Poteau indicateur basculant (P. Maréchal)................599
- Ventilation du tunnel de Pittsburg pE. Weiss)............415
- 6 Aviation et aéronautique.
- Les sondages aérologiques.................................191
- Inhalateurs d’oxygène pour les hautes altitudes de l’aviation (Dr Garsaux)................................. 193
- Moteurs d’avions à refroidissement par air ou par eau (J.-À. Lefrakc).....................................262
- 7 Marine.
- Le « Camranh »,' premier grand navire français à moteurs (M. Debeaupuis)............................ 28
- Une hélice nouvelle (N. Lai.lié)......................351
- Le plus grand paquebot français (Commandant Sauvaire
- Jourdan). ..........................................353
- | Nouveau-sondeur collecteur (N.).......................414
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, â Paris. — 1926.
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